de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,physiologie ,,du ,,g,t ,,p> ,,brillat-,,sav>91 ,,illu/r,e ,p> ,,b]tall ,,pr,c,d,e ,d',,une ,,notice ,,biographique ,p> ,,alph4 ,,k>r4 ,dess9s "p du texte1 gravs sur aci] p> ,*4 ,ge(froy1 ,gravures sur bois1 int]cales dans le texte1 p> ,midd]igh4 ,illu/ration ,,gabriel ,,de ,,gonet1 ,,diteur1 ,,rue ,,des ,,beaux-,,arts1 #f4 #ahdh ,illu/ration3 ,,brillat-,,sav>9 ,,physiologie ,,du ,,g,t ,,ou ,m,,ditations ,,de ,,ga/ronomie ,,transc5dante4 ,,ouvrage ,,?,,orique1 ,,hi/orique ,,et ,l',,ordre ,,du ,,j\r ,ddi aux ,ga/ronomes p>isi5s4 ,illu/ration ,,introduction ,,p> ,,alph4 ,,k>r4 99 99 99 99 99 ,,il e/ une *ose dont on ne se dfie pas assez1--c'e/ la grosse morale1 la morale des livres et des prdicateurs2 cette morale qui met la v]tu si haut qu'on se console facilem5t de n'y po9t atte9dre1 et en disant d'elle ce qu'un philosophe anci5 disait du vice3 ,non licet omnibus adire ,cor9?um4 ,aussi la plup>t se cont5t5t d'une imitation de cette v]tu trop ardue1--et cette morale rb>bative ne produit le plus s\v5t que des hypocrites4 ,un homme qui v5drait des casques1 des cuirasses et des pes la taille des hros d',homre1 casques pe9e remplis p> une citr\ille2 cuirasses dont on ne t\*]ait pas les bords et qui s]ai5t comme de petites *ambres2 pes qu'on ne p\rrait s\lev]1--v5drait sans aucun d\te =t peu de ces armes1 fuss5t-elles f\rnies p> ,vulca9 et ciseles sur les propres dess9s de ,m9]ve4 ,le b\lang] v\s donn]a p\r quelques pices de cuivre1 ayant c\rs1 le pa9 qu'il v\s refus]a p\r des mdailles d'or l'effigie de ,titus4--,il ne faut comm&] aux hommes qu'un labeur huma92 il faut que la vraie morale admette les passions et les faiblesses2--elle doit les mond]1 les dirig]1--mais elle ne les arra*]a qu'en dtruisant l'arbre4 ,puisque les ruisseaux exi/5t1 il ne faut pas f]m] les g\ts4 ,c]tes1 je n'ignore pas qu'on rs]ve t\te son indulg5ce p\r les passions qu'on a et qu'on n'en rs]ve pas p\r les passions d'autrui2--je n'avais jamais p>l sans mpris de la g\rm&ise1 jusqu'au mom5t o j'ai lu la ,physiologie du ,gt de ,brillat ,sav>92 j'avais vu dans la g\rm&ise la plus brutale1 la plus g/e1 la plus bte des passions2 la lecture de ,brillat ,sav>9 m'a r5du honteux de ne pas tre g\rm&4 ,en effet1 qu& on a vu tant d'esprit1 de f9esse1 de gat1 de philosophie *ez un g\rm& de pr(ession1 on regrette de ne pas avoir reu de la nature les facults ncessaires p\r s5tir et apprci] les plaisirs de la table2--on s'e/ime afflig d'une infirmit et de la privation d'un s5s2--on se met au rang1--s9on des s\rds et des aveugles1 au mo9s de ceux qui ont l'oreille dure et la vue basse1 et on envisage l'orgueil qu'on a manife/ de ne pas tre g\rm&1 comme on envisage la sotte vanit des g5s qui sont fi]s d'avoir des lunettes d'or1 et qui tois5t avec dda9 ceux qui n'ont pas de lunettes4 ,n'avons-n\s pas t\s nos g\rm&ises8--,e/-ce que je n'ai pas la g\rm&ise des c\leurs et celle des p>fums2--e/-ce que je ne m'enivre pas de *vrefeuille2--e/-ce que je ne m'exalte pas la vue des spl5deurs du soleil c\*ant2--e/-ce que la musique me laisse t\te la froideur de la raison2--e/-ce que s\s ces impressions enivrantes1--semblable aux ivrognes qui tr\v5t les rues trop troites1--il ne m'arrive pas de tr\v] trop troites les voies huma9es1 les r\tes du possible1 les *em9s de la ralit8 ,je sais bi5 que la passion de la g\rm&ise a t p>fois p\sse un peu lo92--mais quelle passion n'a pas ses excs8--,c]tes1 l'emp]eur qui engraissait ses poissons avec de la *air d'esclaves qu'on jetait c\ps en morceaux dans ses vivi]s1 sembl]a t\j\rs avoir dpass les bornes p]mises des plaisirs de la table2 mais les g\rmets roma9s qui reconnaissai5t au gt les poissons pris l'emb\*ure du ,tibre de ceux pris entre deux ponts1 et ne mangeai5t pas les premi]s4 ,ceux qui rejetai5t le foie d'une oie n\rrie de figues s*es et n'admettai5t que le foie de l'oie n\rrie de figues fra*es1 n'avai5t ri5 de dang]eux ni de rebutant2 leur gt ex]c ressemblait l'oreille d',hab5eck qui1 dans un conc]t de deux c5ts in/rum5ts1 rappelle l'ordre une contre-basse qui appuie sur la corde avec l'index au lieu de se s]vir du p\ce4 ,et sans all] *]*] dans les plaisirs des autres s5s des analogies plus ou mo9s ju/es1--n'avons-n\s pas t\s nos j\issances ga/ronomiques n\s rappel]4--,puis-je1 moi1 me rappel] de sang-froid t\s ces gigots l'ail sur des h>icots baigns dans le jus1 que1 p5dant tant d'annes1 j'ai mangs une fois p> sema9e avec un ami que j'avais inv5t et que je croyais avoir8--,e/-ce que je puis1 sans motion1 me s\v5ir de ces excell5ts dn]s de navets crus pris dans les *amps1 avant d'all] le soir consacr] le prix d'un dn] plus luxueux au billet qui me p]mettait d'entr] dans un ?tre o je r5contrais de lo9 un reg>d qui a si longtemps fait ma =ce et ma vie4 ,et qui donn]a aux ananas1 mangs dans des assiettes de ,*9e1 la saveur qu'avai5t les mres des haies1 qu& j'avais dix-huit ans4 ,e/-ce que nos pauvres p*eurs des ctes de ,norm&ie ne se rj\iss5t pas l'avance de mang] un hom>d ou des crevettes cuits dans l'eau de la m]1 qu& ils peuv5t vit] les reg>ds de la d\ane2--c> le fisc df5d de puis] de l'eau la m]1 et l',ocan e/ g>d p> t\te une arme d'hommes vtus de v]t qui v\s f]ait rejet] la m] une cru*e d'eau que v\s auriez subrepticem5t puise3--cela p>gn]ait aux pauvres g5s d'a*et] du sel1 et le sel e/ un impt4 ,le naturel dans les livres a un *>me qui consi/e en ceci qu'on croyait lire un livre et qu'on cause avec un homme4--,le livre de ,brillat ,sav>9 jo9t1 au naturel le plus exquis1 la v]ve la plus s\t5ue1 l'esprit le plus franc1 l'atticisme le plus pur4--,c'e/ un modle de /yle simple sans vulg>it4 ,la g\rm&ise n'e/ pas la go9fr]ie4 ,brillat ,sav>9 fait entr] l'esprit1 la bonne humeur et le bon gt dans les assaisonnem5ts d'un bon dn]4 ,l'esprit qui n'e/ ou doit n'tre que la raison orne et arme e/ peu considr en ,france1--p>ce qu'on pr5d p\r de l'esprit c]ta9s ex]cices de mots p>eils ceux que font les jongleurs avec des b\les4 ,de mme les go9fres et les ivrognes se sont rclame indm5t d',anacron1 d',epicure2 et se sont placs s\s leur invocation sans les consult]4 ,anacron1 dans ses v]s1 recomm&e trs s\v5t de mettre de l'eau dans le v91--et ,epicure v\lait de l noblesse dans le plaisir1 et mettait le plaisir dans la v]tu4 ,le vrai disciple d',epicure compte1 p\r le meilleur plat de son dn]1--le pa9 qu'il a envoy son vois9 pauvre4--,tel autre v\s dira avec les ,allem&s1--en v\s invitant dn]3 ,un seul plat et un visage ami4 ,brillat ,sav>9 dit3 ,ceux qui s'indigr5t ou qui s'enivr5t ne sav5t ni boire ni mang]4 ,je ne sais ce qu'il aurait dit des banquets politiques qui ne faisai5t que po9dre de son temps1--fe/9s o *acun s]t un plat de sa faon1 au moy5 de phrases sonores p>ce qu'elles sont creuses1--et o on s'occupe du g\v]nem5t du pays la f9 du dn]1--c'e/--dire dans une situation de corps et d'esprit o aucun de ces lgislateurs en goguette ne se p]mettrait de trait] la mo9s importante de ses petites affaires p>ticulires4 ,c]tes1 ce n'e/ pas m\rir que de laiss] aprs soi sa p5se vivante au milieu des hommes1 p5se qui a plus de =ce1 et dont la puissance n'e/ plus conte/e depuis qu'elle n'excite plus l'envie contre l'homme qui en tait le dpositaire4 ,t&is que les ri*es et les puissants se disput5t quelques honneurs matriels et quelques avantages grossi]s1 ne sont-ce pas ls vrais matres du monde que ceux qui g\v]n5t encore p> leurs livres les ides des peuples et l p5se huma9e8 ,entre ces illu/res morts1--dev5us des rois immortels1--le s\v5ir fait de s+ulires diffr5ces1--c'e/ la puissance de leur p5se qui assigne leur rang dans votre vnration2 mais il en e/ quelques-uns dont on veut savoir la vie1 sur lesquels on re*]*e prcieusem5t et on recueille avec avidit les mo9dres dtails1--p\r les autres n\s n\s cont5tons de lire leurs crits et de les admir]1 t&is que les premi]s sont nos amis4--,on peut pr5dre p\r type de ces deux impressions ,voltaire et ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,on aime les fleurs qu'aimait ,r\sseau1 et son s\v5ir donne une te9te t\te p>ticulire au paysage des lieux qu'il a habits4--,voltaire e/ t\t dans ses livres et on ne le *]*e pas ailleurs4 ,m4 ,brillat ,sav>9 tait un esprit *>mant1--mais je ne p5se pas qu'on ti5ne savoir quelle tait au ju/e la c\leur de ses *eveux4--,on ne se dem&e pas s'il a t am\reux4--,n\s s]ons donc sobres de dtails biographiques4--,an!lme ,brillat ,sav>9--naquit ,belley1 au pi$ des ,alpes1 le #a;er avril #agee4--;,il tait avocat1 lorsqu'en #aghi il fut dput l',assemble con/ituante4 ,maire de ,belley en #agic1 il fut oblig de se rfugi] en ,suisse p\r *app] la t\rm5te rvolutionnaire4 ,proscrit p5dant quatre ans1 tant en ,suisse qu'aux ,etats-,unis1--pr(esseur de langue franaise1--musici5 l'or*e/re du ?tre de ,new-,york4--s'il dut son exi/5ce matrielle ses tal5ts1--il dut la srnit et le bonheur sa d\ce philosophie4 ,r5tr en ,france en septembre #agif il occupa div]ses fonctions1--jusqu' ce que le *oix du snat l'appelt la c\r de cassation o il a pass les v+t-c9q d]nires annes de sa vie1 qui fut jusqu' la f9 d\ce et calme1 ent\re d'e/ime et d'unites4 ,il tait enrhum lorsqu'il fut nomm membre de la dputation *>ge de reprs5t] la c\r de cassation la crmonie funbre du #ba janvi] dans l'glise de ,sa9t-,d5is2--il y fut atte9t d'une pripneumonie qui emporta en mme temps que lui ,m4 ,rob]t de ,sa9t-,v9c5t et l'avocat-gnral ,m>*angy4--,il m\rut le #b fvri] #ahbf-- l'ge de #ga ans4 ,alph4 ,,k>r4 ,illu/ration ,,aphorismes ,,du ,,pr(esseur ,,p\r ,,s]vir ,,de ,,prol,,gom,,nes ,a ,,son ,,ouvrage ,,et ,,de ,,base ,,t]nelle ,a ,,la ,,sci5ce2 99 99 99 99 99 ,i4 ,l'univ]s n'e/ ri5 que p> la vie1 et t\t ce qui vit se n\rrit4 ,,ii4 ,ls animaux se repaiss5t2 l'homme mange2 l'homme d'esprit seul sait mang]4 ,,iii4 ,la de/9e des nations dp5d de la manire dont elles se n\rriss5t4 ,,iv4 ,dis-moi ce que tu manges1 je te dirai ce que tu es4 ,v4 ,le ,crateur1 en obligeant l'homme mang] p\r vivre1 l'y invite p> l'apptit1 et l'en rcomp5se p> le plaisir4 ,,vi4 ,la g\rm&ise e/ un acte de notre jugem5t1 p> lequel n\s accordons la prfr5ce aux *oses qui sont agrables au gt sur celles qui n'ont pas cette qualit4 ,,vii4 ,le plaisir de la table e/ de t\s les ges1 de t\tes les conditions1 de t\s les pays et de t\s les j\rs2 il peut s'associ] t\s les autres plaisirs1 et re/e le d]ni] p\r n\s consol] de leur p]te4 ,,viii4 ,la table e/ le seul endroit o l'on ne s'ennuie jamais p5dant la premire heure4 ,,ix4 ,la dc\v]te d'un mets n\veau fait plus p\r le bonheur du g5re huma9 que la dc\v]te d'une toile4 ,x4 ,ceux qui s'indigr5t ou qui s'enivr5t ne sav5t ni boire ni mang]4 ,,xi4 ,l'ordre des come/ibles e/ des plus sub/antiels aux plus lg]s4 ,,xii4 ,l'ordre des boissons e/ des plus tempres aux plus fumeuses et aux plus p>fumes4 ,,xiii4 ,prt5dre qu'il ne faut pas *ang] de v9s e/ une hrsie2 la langue se sature2 et aprs le troisime v]re1 le meilleur v9 n'veille plus qu'une s5sation obtuse4 ,,xiv4 ,un dess]t sans fromage e/ une belle qui il manque un oeil4 ,,xv4 ,on devi5t cuis9i]1 mais on nat rtisseur4 ,,xvi4 ,la qualit la plus indisp5sable du cuis9i] e/ l'exactitude3 elle doit tre aussi celle du convi4 ,,xvii4 ,att5dre trop longtemps un convive ret>dataire e/ un manque d'g>ds p\r t\s ceux qui sont prs5ts4 ,,xviii4 ,celui qui reoit ses amis et ne donne aucun so9 p]sonnel au repas qui leur e/ prp>1 n'e/ pas digne d'avoir des amis4 ,,xix4 ,la matresse de la maison doit t\j\rs s'assur] que le caf e/ excell5t2 et le matre1 que les liqueurs sont de premi] *oix4 ,,xx4 ,convi] quelqu'un1 c'e/ se *>g] de son bonheur p5dant t\t le temps qu'il e/ s\s notre toit4 99 99 99 99 99 ,,dialogue ,,entre ,l',,auteur ,,et ,,son ,,ami4 99 99 99 99 99 7,,apr,s ,,les ,,premi]s ,,complim5ts7 ,l',,ami4--,ce mat9 n\s avons1 en djeunant1 ma femme et moi1 arrt dans notre sagesse que v\s f]iez imprim] au plus tt vos ,mditations ga/ronomiques4 ,l',,auteur4--,ce que femme veut1 ,dieu le veut4 ,voil1 en sept mots1 t\te la *>te p>isi5ne4 ,mais je ne suis pas de la p>oisse2 et un clibataire444 ,l',,ami4--,mon ,dieu6 les clibataires sont t\t aussi s\mis que les autres1 et quelquefois notre gr& prjudice4 ,mais ici le clibat ne peut pas v\s sauv]2 c> ma femme prt5d qu'elle a le droit d'ordonn]1 p>ce que c'e/ *ez elle1 la campagne1 que v\s avez crit vos premires pages4 ,l',,auteur4--,tu connais1 *] docteur1 ma dfr5ce p\r les dames2 tu z l\ plus d'une fois ma s\mission leurs ordres2 tu tais aussi de ceux qui disai5t que je f]ais un excell5t m>i444 ,et cep5dant je ne f]ai pas imprim]4 ,l',,ami4--,et p\rquoi8 ,l',,auteur4--,p>ce que1 v\ p> tat des tudes srieuses1 je cra9s que ceux qui ne connatront mon livre que p> le titre ne croi5t que je ne m'occupe que de f>iboles4 ,l',,ami4--,t]reur panique6 ,tr5te-six ans de travaux publics et cont9us ne sont-ils pas l p\r v\s tablir une rputation contraire8 ,d'ailleurs1 ma femme et moi n\s croyons que t\t le monde v\dra v\s lire4 ,l',,auteur4--,vraim5t8 ,l',,ami4--,les savants v\s liront p\r dev9] et appr5dre ce que v\s n'avez fait qu'indiqu]4 ,l',,auteur4--,cela p\rrait bi5 tre4 ,l',,ami4--,les femmes v\s liront1 p>ce qu'elles v]ront bi5 que444 ,l',,auteur4--,*] ami1 je suis vieux1 je suis tomb dans la sagesse3 ,mis]]e mei4 ,l',,ami4--,les g\rm&s v\s liront1 p>ce que v\s leur r5dez ju/ice et que v\s leur assignez enf9 le rang qui leur convi5t dans la socit4 ,l',,auteur4--,p\r cette fois1 tu dis vrai3 il e/ inconcevable qu'ils ai5t t si longtemps mconnus1 ces *]s g\rm&s6 j'ai p\r eux des entrailles de pre2 ils sont si g5tils6 ils ont les yeux si brillants6 ,l',,ami4--,d'ailleurs1 ne n\s avez-v\s pas dit s\v5t que votre ouvrage manquait nos biblio?ques8 ,l',,auteur4--,je l'ai dit1 le fait e/ vrai1 et je me f]ais trangl] plutt que d'en dmordre4 ,l',,ami4--,mais v\s p>lez en homme t\t--fait p]suad1 et v\s allez v5ir avec moi *ez444 ,l',,auteur4--,oh6 que non6 si le mti] d'auteur a ses d\ceurs1 il a aussi bi5 ses p9es1 et je lgue t\t cela mes hriti]s4 ,l',,ami4--,mais v\s d%ritez vos amis1 vos connaissances1 vos contempora9s4 ,en aurez-v\s bi5 le c\rage8 ,l',,auteur4--,mes hriti]s6 mes hriti]s6 j'ai ou dire que les ombres sont rgulirem5t flattes des l\anges des vivants2 et c'e/ une espce de batitude que je veux me rs]v] p\r l'autre monde4 ,l',,ami4--,mais tes-v\s bi5 sr que ces l\anges iront leur adresse8 tes-v\s galem5t assur de l'exactitude de vos hriti]s8 ,l',,auteur4--,mais je n'ai aucune raison de croire qu'ils p\rrai5t nglig] un devoir en faveur duquel je les disp5s]ais de bi5 d'autres4 ,l',,ami4--,auront-ils1 p\rront-ils avoir p\r votre production cet am\r de pre1 cette att5tion d'auteur1 sans lesquels un ouvrage se prs5te t\j\rs au public avec un c]ta9 air gau*e8 ,l',,auteur4--,mon manuscrit s]a corrig1 mis au net1 arm de t\tes pices2 il n'y aura plus qu' imprim]4 ,l',,ami--,et le *apitre des vnem5ts8 ,hlas6 de p>eilles circon/ances ont occasionn la p]te de bi5 des ouvrages prcieux1 et entre autres de celui du fameux ,lecat1 sur l'tat de l'me p5dant le sommeil1 travail de t\te sa vie4 ,l',,auteur4--,ce fut sans d\te une gr&e p]te1 et je suis bi5 lo9 d'aspir] de p>eils regrets4 ,l',,ami4--,croyez que des hriti]s ont bi5 assez d'affaires p\r compt] avec l'glise1 avec la ju/ice1 avec la facult1 avec eux-mmes1 et qu'il leur manqu]a1 s9on la volont1 du mo9s le temps de se livr] aux div]s so9s qui prcd5t1 accompagn5t et suiv5t la publication d'un livre1 quelque peu volum9eux qu'il soit4 ,l',,auteur4--,mais le titre6 mais le sujet6 mais les mauvais plaisants6 ,l',,ami4--,le seul mot ga/ronomie fait dress] t\j\rs les oreilles2 le sujet e/ la mode1 et les mauvais plaisants sont aussi g\rm&s que les autres4 ,a9si voil de quoi v\s tranquillis]3 d'ailleurs1 p\vez-v\s ignor] que les graves p]sonnages ont quelquefois fait des ouvrages lg]s8 ,le prsid5t de ,montesquieu1 p> exemple#a4 ,note #a3 ,m4 de ,montucla1 connu p> une trs bonne ,hi/oire des ,ma?matiques1 avait fait un ,dictionnaire de gographie g\rm&e2 il m'en a montr des fragm5ts p5dant mon sj\r ,v]sailles4 ,on assure que ,m4 ,b]ryat-,sa9t-,prix1 qui pr(esse avec di/9ction la sci5ce de la procdure1 a fait un roman en plusieurs volumes4 ,l',,auteur1 vivem5t4--,c'e/ ma foi vrai6 il a fait le ,temple de ,gnide1 et on p\rrait s\t5ir qu'il y a plus de vritable utilit mdit] sur ce qui e/ la fois le beso91 le plaisir et l'occupation de t\s les j\rs1 qu' n\s appr5dre ce que faisai5t ou disai5t1 il y a plus de deux mille ans1 une paire de morveux dont l'un p\rsuivait1 dans les bosquets de la ,grce1 l'autre qui n'avait gure envie de s'enfuir4 ,l',,ami4--,v\s v\s r5dez donc enf98 ,l',,auteur4--,moi6 pas du t\t2 c'e/ seulem5t le b\t d'oreille d'auteur qui a p>u1 et ceci rappelle ma mmoire une scne de la haute comdie anglaise1 qui m'a =t amus2 elle se tr\ve1 je crois1 dans la pice intitule ,! natural ,daught] 7la ,fille naturelle74 ,tu vas en jug]#b4 ,note #b3 ,le lecteur a d s'ap]cevoir que mon ami se laisse tutoy] sans rciprocit4 ,c'e/ que mon ge e/ au si5 comme d'un pre son fils1 et que1 quoique dev5u un homme considrable t\s g>ds1 il s]ait dsol si je *angeais de nombre4 ,il s'agit de quak]s1 et tu sais que ceux qui sont atta*s cette secte tutoi5t t\t le monde1 sont vtus simplem5t1 ne vont po9t la gu]re1 ne font jamais de s]m5t1 agiss5t avec flegme1 et surt\t ne doiv5t jamais se mettre en colre4 ,or1 le hros de la pice e/ un jeune et beau quak]1 qui p>at sur la scne avec un habit brun1 un gr& *apeau rabattu et des *eveux plats2 ce qui ne l'emp*e pas d'tre am\reux4 ,un fat1 qui se tr\ve son rival1 enh>di p> cet extrieur et p> les dispositions qu'il lui suppose1 le raille1 le p]sifle et l'outrage2 de manire que le jeune homme1 s'*auffant peu peu1 devi5t furieux1 et rosse de ma9 de matre l'imp]t95t qui le provoque4 ,l'excution faite1 il repr5d subitem5t son premi] ma9ti51 se recueille1 et dit d'un ton afflig3 ,hlas6 je crois que la *air l'a emport sur l'esprit4 ,j'agis de mme1 et aprs un m\vem5t bi5 p>donnable1 je revi5s mon premi] avis4 ,l',,ami4--,cela n'e/ plus possible3 v\s avez1 de votre aveu1 montr le b\t de l'oreille2 il y a de la prise1 et je v\s mne *ez le libraire4 ,je v\s dirai mme qu'il en e/ plus d'un qui ont v5t votre secret4 ,l',,auteur4--,ne t'y has>de pas1 c> je p>l]ai de toi2 et qui sait ce que j'en dirai8 ,l',,ami4--,que p\rrez-v\s en dire8 ,ne croyez pas m'intimid]4 ,l',,auteur4--,je ne dirai pas que notre commune patrie#c se glorifie de t'avoir donn la naissance2 qu' v+t-quatre ans tu avais dj fait p>atre un ouvrage lm5taire1 qui depuis lors e/ demeur classique2 qu'une rputation mrite t'attire la confiance2 que ton extrieur rassure les malades2 que ta dextrit les tonne2 que ta s5sibilit les console3 t\t le monde sait cela4 ,mais je rvl]ai t\t ,p>is 7me r$ressant71 t\te la ,france 7me r5gorgeant71 l'univ]s enti]1 le seul dfaut que je te connaisse4 ,l',,ami1 d'un ton srieux4--,et lequel1 s'il v\s plat8 ,l',,auteur4--,un dfaut habituel dont t\tes mes exhortations n'ont pu te corrig]4 ,l',,ami1 effray4--,dites donc enf92 c'e/ trop me t5ir la torture4 ,l',,auteur4--,tu manges trop vite#d4 7,ici1 l'ami pr5d son *apeau1 et sort en s\riant1 se d\tant bi5 qu'il a pr* un conv]ti74 ,note #c3 ,belley1 capitale du ,bugey1 pays *>mant o l'on tr\ve de hautes montagnes1 des coll9es1 des fleuves1 des ruisseaux limpides1 des cascades1 des abmes1 vrai j>d9 anglais de c5t lieues c>res1 et o1 avant la rvolution1 le ti]s-tat avait1 p> la con/itution du pays1 le veto sur les deux autres ordres4 ,note #d3 ,hi/orique4 99 99 99 99 99 ,,biographie ,le docteur que j'ai introduit dans le dialogue qui prcde n'e/ po9t un tre fanta/ique comme les ,*loris d'autrefois1 mais un docteur bel et bi5 vivant2 et t\s ceux qui me connaiss5t auront bi5tt dev9 le docteur ,,ri*]&4 ,en m'occupant de lui1 j'ai remont jusqu' ceux qui l'ont prcd1 et je me suis ap]u avec orgueil que l'arrondissem5t de ,belley1 au dp>tem5t de l',a91 ma patrie1 tait depuis longtemps en possession de donn] la capitale du monde des mdec9s de haute di/9ction2 et je n'ai pas rsi/ la t5tation de leur lev] un mode/e monum5t dans une c\rte notice4 ,dans les j\rs de la ,rg5ce1 les docteurs ,,g59 et ,,civoct fur5t des pratici5s de premire classe1 et fir5t reflu] dans leur patrie une =tune honorablem5t acquise4 ,le premi] tait t\t--fait hippocratique1 et procdait en =me3 le second1 qui soignait beauc\p de belles dames1 tait plus d\x2 plus accommodant3 ,res novas moli5tem1 et dit ,tacite4 ,v]s #agej1 le docteur ,,la ,,*apelle se di/+ua dans la c>rire prilleuse de la mdec9e militaire4 ,on a de lui quelques bons ouvrages1 et on lui doit l'importation du traitem5t des fluxions de poitr9e p> le beurre frais1 m?ode qui gurit comme p> en*antem5t1 qu& on s'en s]t dans les premires tr5te-six heures de l'invasion4 ,v]s #agfj1 le docteur ,,dubois obt5ait les plus gr&s succs dans le traitem5t des vapeurs1 maladie p\r lors la mode1 et t\t aussi frqu5t que les maux de n]fs qui l'ont remplace4 ,la vogue qu'il obt9t tait d'autant plus rem>quable1 qu'il tait lo9 d'tre beau g>on4 ,malheureusem5t il arriva trop tt une =tune indp5dante1 se laissa c\l] dans les bras de la p>esse1 et se cont5ta d'tre convive aimable et conteur t\t--fait amusant4 ,il tait d'une con/itution robu/e1 et a vcu plus de quatre-v+t-huit ans1 malgr les dn]s ou plutt grce aux dn]s de l'anci5 et du n\veau rgime#e4 ,note #e3 ,je s\riais en crivant cet article3 il rappelait mon s\v5ir un gr& seigneur acadmici51 dont ,font5elle tait *>g de faire l'loge4 ,le dfunt ne savait autre *ose que bi5 j\] t\s les jeux2 et l-dessus1 le secrtaire p]ptuel eut le tal5t d'asseoir un pangyrique trs bi5 t\rn et de longueur conv5able4 7,voyez au surplus la ,mditation sur le plaisir de la table1 o le docteur e/ en action47 ,sur la f9 du rgne de ,l\is ,,xv1 le docteur ,,co/e1 natif de ,*tillon1 v9t ,p>is2 il tait porteur d'une lettre de ,voltaire p\r ,m4 le duc de ,*oiseul1 dont il eut le bonheur de gagn] la bi5veillance ds les premires visites4 ,protg p> ce seigneur et p> la du*esse de ,grammont sa soeur1 le jeune ,co/e p]a vite1 et1 aprs peu d'annes1 ,p>is comm5a le compt] p>mi les mdec9s de gr&e esprance4 ,la mme protection qui l'avait produit l'arra*a cette c>rire tranquille et fructueuse1 p\r le mettre la tte du s]vice de sant de l'arme que la ,france envoyait en ,amrique au sec\rs des tats-,unis1 qui combattai5t p\r leur indp5dance4 ,aprs avoir rempli sa mission1 le docteur ,co/e rev9t en ,france1 passa peu prs inap]u le mauvais temps de #agic1 et fut lu maire ,v]sailles1 o l'on se s\vi5t encore de son adm9i/ration la fois active1 d\ce et pat]nelle4 ,bi5tt le ,directoire le rappela l'adm9i/ration de la mdec9e militaire1 ,bonap>te le nomma l'un des trois inspecteurs gnraux du s]vice de la mdec9e des armes2 et le docteur y fut con/amm5t l'ami1 le protecteur et le pre des jeunes g5s qui se de/9ai5t cette c>rire4 ,enf9 il fut nomm mdec9 de l'htel royal des ,invalides1 et en a rempli les fonctions jusqu' sa mort4 ,d'aussi longs s]vices ne p\vai5t re/] sans rcomp5se s\s le g\v]nem5t des ,b\rbons1 et ,l\is ,,xviii fit un acte de t\te ju/ice en accordant ,m4 ,co/e le cordon de ,sa9t-,mi*el4 ,le docteur ,co/e e/ mort il y a quelques annes1 en laissant une mmoire vnre1 une =tune t\t--fait philosophique1 et une fille unique1 p\se de ,m4 de ,lalot1 qui s'e/ di/+u la *ambre des dputs p> une loqu5ce vive et pr(onde1 et qui ne l'a pas emp* de sombr] s\s voiles4 ,un j\r que n\s avions dn *ez ,m4 ,favre1 le cur de ,sa9t-,laur5t1 notre compatriote1 le docteur ,co/e me raconta la vive qu]elle qu'il avait eue1 ce j\r mme1 avec le comte de ,cessac1 alors le m9i/re directeur de l'adm9i/ration de la gu]re1 au sujet d'une conomie que celui-ci v\lait propos] p\r faire sa c\r ,napolon4 ,cette conomie consi/ait retran*] aux soldats malades la moiti de leur portion d'eau pane1 et faire lav] la *>pie qu'on tait de dessus les plaies1 p\r la faire s]vir une seconde ou une troisime fois4 ,le docteur s'tait lev avec viol5ce contre des mesures qu'il qualifiait d'abom9ables1 et il tait encore si ple9 de son sujet1 qu'il se remit en colre1 comme si l'objet de son c\rr\x et encore t prs5t4 ,je n'ai jamais pu savoir si le comte avait t rellem5t conv]ti et avait laiss son conomie en portefeuille2 mais ce qu'il y a de c]ta91 c'e/ que les soldats malades pur5t t\j\rs boire volont1 et qu'on cont9ua jet] t\te *>pie qui avait s]vi4 ,v]s #aghj1 le docteur ,,bordi]1 n dans les environs d',amb]ieux1 v9t ex]c] la mdec9e ,p>is4 ,sa pratique tait d\ce1 son sy/me expectant et son diagno/ic sr4 ,il fut nomm pr(esseur en la ,facult de mdec9e2 son /yle tait simple1 mais ses leons tai5t pat]nelles et fructueuses4 ,les honneurs v9r5t le *]*] qu& il n'y p5sait pas1 et il fut nomm mdec9 de l'impratrice ,m>ie-,l\ise4 ,mais il ne j\it pas longtemps de cette place3 l',empire s'cr\la1 et le docteur lui-mme fut emport p> suite d'un mal de jambe contre lequel il avait lutt t\te sa vie4 ,le docteur ,bordi] tait d'une humeur tranquille1 d'un c>actre bi5faisant et d'un comm]ce sr4 ,v]s la f9 du dix-huitime sicle p>ut le docteur ,,bi*at444 ,bi*at1 dont t\s les crits port5t l'empre9te du gnie1 qui usa sa vie dans des travaux faits p\r avanc] la sci5ce1 qui runissait l'lan de l'en?\siasme la pati5ce des esprits borns1 et qui1 mort tr5te ans1 a mrit que des honneurs publics fuss5t dc]ns sa mmoire4 ,plus t>d1 le docteur ,,mont,,gre porta dans la cl9ique un esprit philosophique4 ,il rdigea avec savoir la ,gazette de sant1 et m\rut qu>ante ans1 dans nos les1 o il tait all af9 de complt] les traits qu'il projetait sur la fivre jaune et le vomito negro4 ,dans le mom5t actuel1 le docteur ,,ri*]& e/ plac sur les plus hauts degrs de la mdec9e opratoire1 et ses lm5ts de physiologie ont t traduits dans t\tes les langues4 ,nomm de bonne heure pr(esseur en la facult de ,p>is1 il e/ inve/i de la plus augu/e confiance4 ,on n'a pas la p>ole plus consolante1 la ma9 plus d\ce1 ni l'aci] plus rapide4 ,le docteur ,,recami]#f1 pr(esseur en la mme facult1 sige ct de son compatriote444 ,note #f3 ,filleul de l'auteur2 c'e/ lui qui l'a soign p5dant sa d]nire et c\rte maladie4 ,le prs5t a9si assur1 l'av5ir se prp>e2 et s\s les ailes de ces puissants pr(esseurs s'lv5t des jeunes g5s du mme pays1 qui promett5t de suivre d'aussi honorables exemples4 ,dj les docteurs ,,jan9 et ,,manjot brl5t le pav de ,p>is4 ,le docteur ,manjot 7rue du ,bac1 n #ci7 s'adonne pr9cipalem5t aux maladies des enfants2 ses inspirations sont heureuses1 il doit bi5tt en faire "p au public4 ,j'espre que t\t lecteur bi5 n p>donn]a cette digression un vieill>d1 qui tr5te-c9q ans de sj\r ,p>is n'ont fait oubli] ni son pays ni ses compatriotes4 ,il m'en cote dj assez de pass] s\s sil5ce tant de mdec9s dont la mmoire subsi/e vnre dans le pays qui les vit natre1 et qui1 p\r n'avoir pas eu l'avantage de brill] sur le gr& ?tre1 n'ont eu ni mo9s de sci5ce ni mo9s de mrite4 ,,pr,,face4 ,p\r (frir au public l'ouvrage que je livre sa bi5veillance1 je ne me suis pas impos un gr& travail1 je n'ai fait que mettre en ordre des matriaux rassembls depuis longtemps2 c'e/ une occupation amusante1 que j'avais rs]ve p\r ma vieillesse4 ,en considrant le plaisir de la table s\s t\s ses rapports1 j'ai vu de bonne heure qu'il y avait l-dessus quelque *ose de mieux faire que des livres de cuis9e1 et qu'il y avait beauc\p dire sur des fonctions si ess5tielles1 si cont9ues1 et qui influ5t d'une manire si directe sur la sant1 sur le bonheur1 et mme sur les affaires4 ,cette ide-mre une fois arrte1 t\t le re/e a c\l de s\rce3 j'ai reg>d aut\r de moi1 j'ai pris des notes1 et s\v5t1 au milieu des fe/9s les plus somptueux1 le plaisir d'obs]v] m'a sauv des ennuis du conviviat4 ,ce n'e/ pas que1 p\r remplir la t*e que je me suis propose1 il n'ait fallu tre physici51 *imi/e1 physiologue1 et mme un peu rudit4 ,mais1 ces tudes1 je les avais faites sans la mo9dre prt5tion tre auteur2 j'tais p\ss p> une curiosit l\able1 p> la cra9te de re/] en arrire de mon sicle1 et p> le dsir de p\voir caus]1 sans dsavantage1 avec les savants1 avec qui j'ai t\j\rs aim me tr\v]#g4 ,note #g3 ,v5ez dn] avec moi jeudi pro*a91 me dit un j\r ,m4 ,greffuble1 je v\s f]ai tr\v] avec des savants ou avec des g5s de lettres1 *oisissez4--,mon *oix e/ fait1 rpondis-je2 n\s dn]ons deux fois4 ,ce qui eut effectivem5t lieu1 et le repas des g5s de lettres tait notablem5t plus dlicat et plus soign4 7,voyez la ,mditation ,x47 ,je suis surt\t mdec9-amateur2 c'e/ *ez moi presque une manie1 et je compte p>mi mes plus beaux j\rs celui o1 entr p> la porte des pr(esseurs et avec eux la ?se de conc\rs du docteur ,cloquet1 j'eus le plaisir d'ent5dre un murmure de curiosit p>c\rir l'amphi?tre1 *aque lve dem&ant son vois9 quel p\vait tre le puissant pr(esseur trang] qui honorait l'assemble p> sa prs5ce4 ,il e/ cep5dant un autre j\r dont le s\v5ir m'e/1 je crois1 aussi *]3 c'e/ celui o je prs5tai au conseil d'adm9i/ration de la socit d'enc\ragem5t p\r l'indu/rie nationale1 mon irrorateur1 in/rum5t de mon inv5tion1 qui n'e/ autre *ose que la fonta9e de compression approprie p>fum] les app>tem5ts4 ,j'avais apport dans ma po*e ma ma*9e bi5 *>ge2 je t\rnai le rob9et1 et il s'en *appa1 avec sifflem5t1 une vapeur odorante qui1 s'levant jusqu'au plafond1 retombait en g\ttelettes sur les p]sonnes et sur les papi]s4 ,c'e/ alors que je vis avec un plaisir inexprimable les ttes les plus savantes de la capitale se c\rb] s\s mon irroration1 et je me pmais d'aise en rem>quant que les plus m\ills tai5t aussi les plus heureux4 ,en songeant quelquefois aux graves lucubrations auxquelles la latitude de mon sujet m'a entran1 j'ai eu s9crem5t la cra9te d'avoir pu ennuy]2 c>1 moi aussi1 j'ai quelquefois bill sur les ouvrages d'autrui4 ,j'ai fait t\t ce qui a t en mon p\voir p\r *app] ce repro*e2 je n'ai fait qu'effleur] t\s les sujets qui ont pu s'y prt]3 j'ai sem mon ouvrage d'anecdotes1 dont quelques-unes me sont p]sonnelles2 j'ai laiss l'c>t un gr& nombre de faits extraord9aires et s+uli]s1 qu'une sa9e critique doit faire rejet]2 j'ai rveill l'att5tion en r5dant claires et populaires c]ta9es connaissances que les savants semblai5t s'tre rs]ves4 ,si1 malgr tant d'ef=ts1 je n'ai pas prs5t mes lecteurs de la sci5ce facile digr]1 je n'en dormirai pas mo9s sur les deux oreilles1 bi5 c]ta9 que la majorit m'abs\dra sur l'int5tion4 ,on p\rrait bi5 me repro*] encore que je laisse quelquefois trop c\rir ma plume1 et que1 qu& je conte1 je tombe un peu dans la g>rulit4 ,e/-ce ma faute moi si je suis vieux8 ,e/-ce ma faute si je suis comme ,ulysse1 qui avait vu les moeurs et les villes de beauc\p de peuples8 ,suis-je donc blmable de faire un peu de ma biographie8 ,enf9 il faut que le lecteur me ti5ne compte de ce que je lui fais grce de mes ,mmoires politiques1 qu'il faudrait bi5 qu'il lt comme tant d'autres1 puisque1 depuis tr5te-six ans1 je suis aux premires loges p\r voir pass] les hommes et les vnem5ts4 ,surt\t qu'on se g>de bi5 de me rang] p>mi les compilateurs3 si j'en avais t rduit l1 ma plume se s]ait repose1 et je n'en aurais pas vcu mo9s heureux4 ,j'ai dit1 comme ,juvnal3 ,semp] ego auditor tantum6 nunquamne reponam6 et ceux qui s'y connaiss5t v]ront facilem5t qu'galem5t acc\tume au tumulte de la socit et au sil5ce du cab9et1 j'ai bi5 fait de tir] p>tie de l'une et de l'autre de ces positions4 ,enf91 j'ai fait beauc\p p\r ma satisfaction p>ticulire2 j'ai nomm plusieurs de mes amis qui ne s'y att5dai5t gure1 j'ai rappel quelques s\v5irs aimables1 j'en ai fix d'autres qui allai5t m'*app]2 et1 comme on dit dans le /yle famili]1 j'ai pris mon caf4 ,peut-tre bi5 qu'un seul lecteur1 dans la catgorie des allongs1 s'cri]a3 ,j'avais bi5 beso9 de savoir si444 ,a quoi p5se-t-il1 en disant que444 etc41 etc48 ,mais je suis sr que t\s les autres lui impos]ont sil5ce1 et qu'une majorit imposante accueill]a avec bont ces effusions d'un s5tim5t l\able4 ,il me re/e quelque *ose dire sur mon /yle1 c> le /yle e/ t\t l'homme1 dit ,buffon4 ,et qu'on ne croie pas que je vi5ne dem&] une grce qu'on n'accorde jamais ceux qui en ont beso93 il ne s'agit que d'une simple explication4 ,je devrais crire m]veille1 c> ,voltaire1 ,jean-,jacques1 ,fnlon1 ,buffon1 et plus t>d ,co*9 et d',aguesseau1 ont t mes auteurs favoris1 je les sais p> coeur4 ,mais peut-tre les dieux en ont-ils ordonn autrem5t2 et s'il e/ a9si1 voici la cause de la volont des dieux4 ,je connais1 plus ou mo9s bi51 c9q langues vivantes1 ce qui m'a fait un rp]toire imm5se de mots de t\tes livres4 ,qu& j'ai beso9 d'une expression1 et que je ne la tr\ve pas dans la case franaise1 je pr5ds dans la case vois9e1 et de l1 p\r le lecteur1 la ncessit de me traduire ou de me dev9]3 c'e/ son de/94 ,je p\rrais bi5 faire autrem5t1 mais j'en suis emp* p> un esprit de sy/me auquel je ti5s d'une manire inv9cible4 ,je sais intimem5t p]suad que la langue franaise1 dont je me s]s1 e/ comp>ativem5t pauvre4 ,que faire en cet tat8 ,emprunt] ou vol]4 ,je fais l'un et l'autre1 p>ce que ces emprunts ne sont pas sujets re/itution1 et que le vol de mots n'e/ pas puni p> le ,code pnal4 ,on aura une ide de mon audace1 qu& on saura que j'appelle volante 7de l'espagnol7 t\t homme que j'envoie faire une commission1 et que j'tais dt]m9 francis] le v]be anglais to sip1 qui signifie boire petites reprises1 si je n'avais exhum le mot franais sirot]1 auquel on donnait peu prs la mme signification4 ,je m'att5ds bi5 que les svres vont cri] ,bossuet1 ,fnlon1 ,rac9e1 ,boileau1 ,pascal1 et autres du sicle de ,l\is ,,xiv2 il me semble les ent5dre faire un vac>me p\vantable4 ,a quoi je rponds posm5t que je suis lo9 de disconv5ir du mrite de ces auteurs1 tant nomms que s\s-ent5dus2 mais que suit-il de l8444 ,ri51 si ce n'e/ qu'ayant bi5 fait avec un in/rum5t +rat1 ils aurai5t incomp>ablem5t mieux fait avec un in/rum5t suprieur4 ,c'e/ a9si qu'on doit croire que ,t>t9i aurait encore bi5 mieux j\ du violon1 si son ar*et avait t aussi long que celui de ,baillot4 ,je suis donc du p>ti des nologues1 et mme des romantiques2 ces d]ni]s dc\vr5t les trsors ca*s2 les autres sont comme les navigateurs qui vont *]*] au lo9 les provisions dont on a beso94 ,les peuples du ,nord1 et surt\t les ,anglais1 ont sur n\s1 cet g>d1 un imm5se avantage3 le gnie n'y e/ jamais gn p> l'expression2 il cre ou emprunte4 ,aussi1 dans t\s les sujets qui admett5t la pr(ondeur et l'n]gie1 nos traducteurs ne font-ils que des copies ples et dcolores #h4 ,note #h3 ,l'excell5te traduction de "l ,byron1 p> ,m4 ,b5jam9 ,l>o*e1 fait exception cette rgle1 mais ne la dtruit pas4 ,c'e/ un t\r de =ce qui ne s]a pas recomm5c4 ,j'ai autrefois ent5du1 l',in/itut1 un disc\rs =t gracieux sur le dang] du nologisme et sur la ncessit de s'en t5ir notre langue telle qu'elle a t fixe p> les auteurs du bon sicle4 ,comme *imi/e1 je passai cette oeuvre la cornue2 il n'en re/a que ceci3 ,n\s avons si bi5 fait qu'il n'y a pas moy5 de mieux faire1 ni de faire autrem5t4 ,or1 j'ai vcu assez p\r savoir que *aque gnration en dit autant1 et que la gnration suivante ne manque jamais de s'en moqu]4 ,d'ailleurs1 comm5t les mots ne *ang]ai5t-ils pas1 qu& les moeurs et les ides pr\v5t des modifications cont9uelles8 ,si n\s faisons les mmes *oses que les anci5s1 n\s ne les faisons pas de la mme manire1 et il e/ des pages entires1 dans quelques livres franais1 qu'on ne p\rrait traduire ni en lat9 ni en grec4 ,t\tes les langues ont eu leur naissance1 leur apoge et leur dcl92 et aucune de celles qui ont brill depuis ,sso/ris jusqu' ,philippe-,augu/e1 n'exi/e plus que dans les monum5ts4 ,la langue franaise aura le mme sort1 et en l'an #bhbe on ne me lira qu' l'aide d'un dictionnaire1 si t\tefois on me lit444 ,j'ai eu ce sujet une discussion c\ps de canon avec l'aimable ,m4 ,&rieux1 de l',acadmie franaise4 ,je me prs5tai en bon ordre1 je l'attaquai vig\reusem5t2 et je l'aurais pris1 s'il n'avait fait une prompte retraite1 laquelle je ne mis pas trop d'ob/acle1 m'tant s\v5u1 heureusem5t p\r lui1 qu'il tait *>g d'une lettre dans le n\veau lexique4 ,je f9is p> une obs]vation importante2 aussi l'ai-je g>d p\r la d]nire4 ,qu& j'cris et p>le de moi au s+uli]1 cela suppose une confabulation avec le lecteur2 il peut exam9]1 discut]1 d\t] et mme rire4 ,mais qu& je m'arme du r$\table n\s1 je pr(esse2 il faut se s\mettre4 ,i am1 ,sir1 oracle1 ,&1 :5 ,i op5 my lips1 let no dog b>k4 7,,%akespe>e1 ,m]*ant ( ,v5ice1 act4 ,i1 sc4 #a47 99 99 99 99 99 ,illu/ration3 ,les ,s5s ,illu/ration ,m,,ditation4 ,i ,des ,s5s4 ,les s5s sont les organes p> lesquels l'homme se met en rapport avec les objets extrieurs4 ,nombre des ,s5s4 #a4 ,,on doit en compt] au mo9s six3 ,la vue1 qui embrasse l'espace et n\s in/ruit1 p> le moy5 de la lumire1 de l'exi/5ce et des c\leurs des corps qui n\s environn5t2 ,l'oue1 qui reoit1 p> l'int]mdiaire de l'air1 l'branlem5t caus p> les corps bruyants ou sonores2 ,l'odorat1 au moy5 duquel n\s flairons les odeurs des corps qui en sont d\s2 ,le gt1 p> lequel n\s apprcions t\t ce qui e/ sapide ou escul5t2 ,le t\*]1 dont l'objet e/ la consi/ance et la surface des corps2 ,enf9 le gnsique ou am\r physique1 qui entrane les sexes l'un v]s l'autre1 et dont le b e/ la reproduction de l'espce4 ,il e/ tonnant que1 presque jusqu' ,buffon1 un s5s si important ait t mconnu1 et soit re/ confondu ou plutt annex au t\*]4 ,cep5dant la s5sation dont il e/ le sige n'a ri5 de commun avec celle du tact2 il rside dans un app>eil aussi complet que la b\*e ou les yeux2 et ce qu'il y a de s+uli]1 c'e/ que *aque sexe ayant t\t ce qu'il faut p\r pr\v] cette s5sation1 il e/ nanmo9s ncessaire que les deux se runiss5t p\r atte9dre au b que la nature s'e/ propos4 ,et si le gt1 qui a p\r b la cons]vation de l'individu1 e/ inconte/ablem5t un s5s1 plus =te raison doit-on accord] ce titre aux organes de/9s la cons]vation de l'espce4 ,donnons donc au gnsique la place s5suelle qu'on ne peut lui refus]1 et reposons-n\s sur nos neveux du so9 de lui assign] son rang4 ,mise en action des ,s5s4 #b4--,s'il e/ p]mis de se port]1 p> l'imag9ation1 jusqu'aux premi]s mom5ts de l'exi/5ce du g5re huma91 il e/ aussi p]mis de croire que les premires s5sations ont t purem5t directes1 c'e/--dire qu'on a vu sans prcision1 ou confusm5t1 flair sans *oix1 mang sans sav\r1 et j\i avec brutalit4 ,illu/ration ,mais t\tes ces s5sations ayant p\r c5tre commun l'me1 attribut spcial de l'espce huma9e1 et cause t\j\rs active de p]fectibilit1 elles y ont t rfl*ies1 comp>es1 juges2 et bi5tt t\s les s5s ont t am5s au sec\rs les uns des autres1 p\r l'utilit et le bi5-tre du moi s5sitif1 ou1 ce qui e/ la mme *ose1 de l'individu4 ,a9si1 le t\*] a rectifi les erreurs de la vue2 le son1 au moy5 de la p>ole articule1 e/ dev5u l'int]prte de t\s les s5tim5ts2 le gt s'e/ aid de la vue et de l'odorat2 l'oue a comp> les sons1 apprci les di/ances2 et le gnsique a envahi les organes de t\s les autres s5s4 ,le torr5t des sicles1 en r\lant sur l'espce huma9e1 a sans cesse am5 de n\veaux p]fectionnem5ts1 dont la cause1 t\j\rs active1 quoique presque inap]ue1 se tr\ve dans les rclamations de nos s5s1 qui1 t\j\rs et t\r t\r1 dem&5t tre agrablem5t occups4 ,a9si1 la vue a donn naissance la pe9ture1 la sculpture et aux spectacles de t\te espce2 ,le son1 la mlodie1 l'h>monie1 la danse et la musique1 avec t\tes ses bran*es et ses moy5s d'excution2 ,l'odorat1 la re*]*e1 la culture et l'emploi des p>fums2 ,le gt1 la production1 au *oix et la prp>ation de t\t ce qui peut s]vir d'alim5t2 ,le t\*]1 t\s les arts1 t\tes les adresses1 t\tes les indu/ries2 ,le gnsique1 t\t ce qui peut prp>] ou embellir la runion des sexes1 et1 depuis ,franois ,i]1 l'am\r romanesque1 la coquett]ie et la mode2 la coquett]ie surt\t1 qui e/ ne en ,france1 qui n'a de nom qu'en franais1 et dont l'lite des nations vi5t *aque j\r pr5dre des leons dans la capitale de l'univ]s4 ,cette proposition1 t\t trange qu'elle p>aisse1 e/ cep5dant facile pr\v]2 c> on ne p\rrait s'exprim] avec cl>t1 dans aucune langue anci5ne1 sur ces trois gr&s mobiles de la socit actuelle4 ,j'avais fait sur ce sujet un dialogue qui n'aurait pas t sans attraits2 mais je l'ai supprim1 p\r laiss] mes lecteurs le plaisir de le faire *acun sa manire3 il y a de quoi dploy] de l'esprit1 et mme de l'rudition1 p5dant t\te une soire4 ,n\s avons dit plus haut que le gnsique avait envahi les organes de t\s les autres s5s2 il n'a pas influ avec mo9s de puissance sur t\tes les sci5ces2 et en y reg>dant d'un peu plus prs1 on v]ra que t\t ce qu'elles ont de plus dlicat et de plus +nieux e/ d au dsir1 l'espoir ou la reconnaissance1 qui se rapport5t la runion des sexes4 ,telle e/ donc1 en bonne ralit1 la gnalogie des sci5ces1 mme les plus ab/raites1 qu'elles ne sont que le rsultat immdiat des ef=ts cont9us que n\s avons faits p\r gratifi] nos s5s4 ,p]fectionnem5t des ,s5s4 #c4 ,,ces s5s1 nos favoris1 sont cep5dant lo9 d'tre p>faits1 et je ne m'arrt]ai pas le pr\v]4 ,j'obs]v]ai seulem5t que la vue1 ce s5s si ?r1 et le t\*]1 qui e/ l'autre b\t de l'*elle1 ont acquis avec le temps une puissance additionnelle trs rem>quable4 ,p> le moy5 des bsicles1 l'oeil *appe1 p\r a9si dire1 l'affaiblissem5t snile qui opprime la plup>t des autres organes4 ,le tlescope a dc\v]t des a/res jusqu'alors inconnus et inaccessibles t\s nos moy5s de m5suration2 il s'e/ enfonc des di/ances telles que des corps lum9eux et ncessairem5t imm5ses ne se prs5t5t n\s que comme des ta*es nbuleuses et presque imp]ceptibles4 ,le microscope n\s a initis dans la connaissance de la configuration intrieure des corps2 il n\s a montr une vgtation et des plantes dont n\s ne s\ponnions pas mme l'exi/5ce4 ,enf91 n\s avons vu des animaux c5t mille fois au-dess\s du plus petit qu'on ap]oit l'oeil nu2 ces animalcules se meuv5t cep5dant1 se n\rriss5t et se reproduis5t3 ce qui suppose des organes d'une tnuit laquelle l'imag9ation ne peut pas atte9dre4 ,d'un autre ct1 la mcanique a multipli les =ces2 l'homme a excut t\t ce qu'il a pu concevoir1 et a remu des f>deaux que la nature avait crs inaccessibles sa faiblesse4 ,a l'aide des armes et du levi]1 l'homme a subjugu t\te la nature2 il l'a s\mise ses plaisirs1 ses beso9s1 ses caprices2 il en a b\lev]s la surface1 et un faible bipde e/ dev5u le roi de la cration4 ,la vue et le t\*]1 a9si agr&is dans leur puissance1 p\rrai5t app>t5ir une espce bi5 suprieure l'homme2 ou plutt l'espce huma9e s]ait t\te autre1 si t\s les s5s avai5t t a9si amliors4 ,il faut rem>qu] cep5dant que1 si le t\*] a acquis uni gr& dveloppem5t comme puissance musculaire1 la civilisation n'a presque ri5 fait p\r lui comme organe s5sitif2 mais il ne faut dsespr] de ri51 et se ress\v5ir que l'espce huma9e e/ encore bi5 jeune1 et que ce n'e/ qu'aprs une longue srie de sicles que les s5s peuv5t agr&ir leur doma9e4 ,p> exemple1 ce n'e/ que depuis environ quatre sicles qu'on a dc\v]t l'h>monie1 sci5ce t\te cle/e1 et qui e/ au son ce que la pe9ture e/ aux c\leurs #i4 ,note #i3 ,n\s savons qu'on a s\t5u le contraire2 mais ce sy/me e/ sans appui4 ,si les anci5s avai5t connu l'h>monie1 leurs crits aurai5t cons]v quelques notions prcises cet g>d1 au lieu qu'on ne se prvaut que de quelques phrases obscures1 qui se prt5t t\tes les inductions4 ,d'ailleurs1 on ne peut suivre la naissance et les progrs de l'h>monie dans les monum5ts qui n\s re/5t2 c'e/ une obligation que n\s avons aux ,arabes1 qui n\s fir5t prs5t de l'orgue1 qui1 faisant ent5dre la fois plusieurs sons cont9us1 fit natre la premire ide de l'h>monie4 ,sans d\te les anci5s savai5t *ant] accompagns d'in/rum5ts l'unisson2 mais l se bornai5t leurs connaissances2 ils ne savai5t ni dcompos] les sons ni en apprci] les rapports4 ,ce n'e/ que depuis le qu9zime sicle qu'on a fix la tonalisation1 rgl la m>*e des accords1 et qu'on s'en e/ aid p\r s\t5ir la voix et r5=c] l'expression des s5tim5ts4 ,cette dc\v]te1 si t>dive et cep5dant si naturelle1 a dd\bl l'oue1 elle y a montr deux facults en quelque sorte indp5dantes1 dont l'une reoit les sons et l'autre en apprcie la rsonance4 ,les docteurs allem&s dis5t que ceux qui sont s5sibles l'h>monie ont un s5s de plus que les autres4 ,quant ceux p\r qui la musique n'e/ qu'un amas de sons confus1 il e/ bon de rem>qu] que presque t\s *ant5t faux2 et il faut croire1 ou que *ez eux l'app>eil auditif e/ fait de manire ne recevoir que des vibrations c\rtes et sans ondulations1 ou plutt que les deux oreilles n'tant pas au mme diapason1 la diffr5ce en longueur et en s5sibilit de leurs p>ties con/ituantes fait qu'elles ne transmett5t au c]veau qu'une s5sation obscure et indt]m9e1 comme deux in/rum5ts qui ne j\]ai5t ni dans le mme ton ni dans la mme mesure1 et ne f]ai5t ent5dre aucune mlodie suivie4 ,les d]ni]s sicles qui se sont c\ls ont aussi donn la sphre du gt d'importantes ext5sions3 la dc\v]te du sucre et de ses div]ses prp>ations1 les liqueurs alcooliques1 les glaces1 la vanille1 le ?1 le caf1 n\s ont transmis des saveurs d'une nature jusqu'alors inconnue4 ,qui sait si le t\*] n'aura pas son t\r1 et si quelque has>d heureux ne n\s ouvrira pas1 de ce ct l1 quelque s\rce de j\issances n\velles8 ce qui e/ d'autant plus probable que la s5sibilit tactile exi/e p> t\t le corps1 et consquemm5t peut p>t\t tre excite4 ,puissance du ,gt4 #d4--,on a vue que l'am\r physique a envahi t\tes les sci5ces3 il agit en cela avec cette tyrannie qui le c>actrise t\j\rs4 ,le gt1 cette facult plus prud5te1 plus mesure1 quoique non mo9s active2 le gt1 disons-n\s1 e/ p>v5u au mme b avec une l5teur qui assure la dure de ses succs4 ,n\s n\s occup]ons ailleurs en considr] la m>*e2 mais dj n\s p\rrons rem>qu] que celui qui a assi/ un repas somptueux1 dans une salle orne de glaces1 de pe9tures1 de sculptures1 de fleurs1 embaume de p>fums1 enri*ie de jolies femmes1 remplie des sons d'une d\ce h>monie2 celui-l1 disons-n\s1 n'aura pas beso9 d'un gr& ef=t d'esprit p\r se conva9cre que t\tes les sci5ces ont t mises contribution p\r rehauss] et encadr] conv5ablem5t les j\issances du gt4 ,illu/ration ,b de l'action des ,s5s4 #e4--;,jetons ma9t5ant un c\p d'oeil gnral sur le sy/me de nos s5s pris dans leur ensemble1 et n\s v]rons que l'auteur de la cration a eu deux buts1 dont l'un e/ la consqu5ce de l'autre1 savoir3 la cons]vation de l'individu et la dure de l'espce4 ,telle e/ la de/9e de l'homme1 considr comme tre s5sitif3 c'e/ cette d\ble f9 que se rapport5t t\tes ses actions4 ,l'oeil ap]oit les objets extrieurs1 rvle les m]veilles dont l'homme e/ environn1 et lui appr5d qu'il fait p>tie d'un gr& t\t4 ,l'oue p]oit les sons1 non-seulem5t comme s5sation agrable1 mais encore comme av]tissem5t du m\vem5t des corps qui peuv5t occasionn] quelque dang]4 ,la s5sibilit veille p\r donn]1 p> le moy5 de la d\leur1 avis de t\te lsion immdiate4 ,la ma91 ce s]viteur fidle1 a non-seulem5t prp> sa retraite1 assur ses pas1 mais encore saisi1 de prfr5ce1 les objets que l'in/9ct lui fait croire propres rp>] les p]tes causes p> l'entreti5 de la vie4 ,l'odorat les explore2 c> les sub/ances dltres sont presque t\j\rs de mauvaise odeur4 ,alors le gt se dcide1 les d5ts sont mises en action1 la langue s'unit au palais p\r sav\r]1 et bi5tt l'e/omac comm5c]a l'assimilation4 ,dans cet tat1 une langueur inconnue se fait s5tir1 les objets se dcolor5t1 le corps plie1 les yeux se f]m5t2 t\t disp>at1 et les s5s sont dans un repos absolu4 ,a son rveil1 l'homme voit que ri5 n'a *ang aut\r de lui2 cep5dant un feu secret f]m5te dans son se91 un organe n\veau s'e/ dvelopp2 il s5t qu'il a beso9 de p>tag] son exi/5ce4 ,ce s5tim5t actif1 inquiet1 imprieux1 e/ commun aux deux sexes2 il les rappro*e1 les unit et qu& le g]me d'une exi/5ce n\velle e/ fcond1 les individus peuv5t dormir en paix3 ils vi5n5t de remplir le plus sa9t de leurs devoirs en assurant la dure de l'espce #aj4 ,tels sont les ap]u gnraux et philosophiques que j'ai cru devoir (frir mes lecteurs1 p\r les am5] naturellem5t l'exam5 plus spcial de l'organe du gt4 ,note #aj3 ,m4 de ,buffon a pe9t1 avec t\s les *>mes de la plus brillante loqu5ce1 les premi]s mom5ts de l'exi/5ce d've4 ,appel trait] un sujet presque semblable1 n\s n'avons prt5du donn] qu'un dess9 au simple trait2 les lecteurs sauront bi5 y aj\t] le coloris4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,ii4 ,du ,gt4 ,illu/ration ,df9ition du ,gt4 #f4 ,,le gt e/ celui de nos s5s qui n\s met en relation avec les corps sapides1 au moy5 de la s5sation qu'ils ex]c5t dans l'organe de/9 les apprci]4 ,le gt1 qui a p\r excitateurs l'apptit1 la faim et la soif1 e/ la base de plusieurs oprations dont le rsultat e/ que l'individu crot1 se dveloppe1 se cons]ve et rp>e les p]tes causes p> les vaporations vitales4 ,les corps organiss ne se n\rriss5t pas t\s de la mme manire2 l'auteur de la cration1 galem5t v>i dans ses m?odes et sr dans ses effets1 leur a assign div]s modes de cons]vation4 ,les vgtaux1 qui se tr\v5t au bas de l'*elle des tre vivants1 se n\rriss5t p> des rac9es qui1 implantes dans le sol natal1 *oisiss5t1 p> le jeu d'une mcanique p>ticulire1 les div]ses sub/ances qui ont la proprit de s]vir leur croissance et leur entreti54 ,en remontant un peu plus haut1 on r5contre les corps d\s de la vie animale1 mais privs de locomotion2 ils naiss5t dans un milieu qui favorise leur exi/5ce1 et des organes spciaux en extrai5t t\t ce qui e/ ncessaire p\r s\t5ir la portion de vie et de dure qui leur a t accorde2 ils ne *]*5t pas leur n\rriture1 la n\rriture vi5t les *]*]4 ,un autre mode a t fix p\r la cons]vation des animaux qui p>c\r5t l'univ]s1 et dont l'homme e/ sans contr$it le plus p>fait4 ,un in/9ct p>ticuli] l'av]tit qu'il a beso9 de se repatre2 il *]*e1 il saisit les objets dans lesquels il s\ponne la proprit d'apais] ses beso9s2 il mange1 se re/aure1 et p>c\rt a9si1 dans la vie1 la c>rire qui lui e/ assigne4 ,le gt peut se considr] s\s trois rapports3 ,dans l'homme physique1 c'e/ l'app>eil au moy5 duquel il apprcie les saveurs4 ,considr dans l'homme moral1 c'e/ la s5sation qu'excite1 au c5tre commun1 l'organe impressionn p> un corps sav\reux2 enf91 considr dans sa cause matrielle1 le gt e/ la proprit qu'a un corps d'impressionn] l'organe et de faire natre la s5sation4 ,le gt p>at avoir deux usages pr9cipaux3 #a ,il n\s invite1 p> le plaisir1 rp>] les p]tes cont9uelles que n\s faisons p> l'action de la vie2 #b ,il n\s aide *oisir1 p>mi les div]ses sub/ances que la nature n\s prs5te1 celles qui n\s sont propres n\s s]vir d'alim5ts4 ,dans ce *oix1 le gt e/ puissamm5t aid p> l'odorat1 comme n\s le v]rons plus t>d2 c> on peut tablir1 comme maxime gnrale1 que les sub/ances nutritives ne sont rep\ssantes ni au gt ni l'odorat4 ,mcanique du ,gt4 #g4--;,il n'e/ pas facile de dt]m9] prcism5t en quoi consi/e l'organe du gt4 ,il e/ plus compliqu qu'il ne p>at4 ,c]tes1 la langue j\e un gr& rle dans le mcanisme de la dgu/ation2 c>1 considre comme d\e d'une =ce musculaire assez fran*e1 elle s]t g*]1 ret\rn]1 pressur] et aval] les alim5ts4 ,de plus1 au moy5 des papilles plus ou mo9s nombreuses dont elle e/ p>seme1 elle s'imprgne des p>ticules sapides et solubles des corps avec lesquels elle se tr\ve en contact2 mais t\t cela ne suffit pas1 et plusieurs autres p>ties adjac5tes conc\r5t complt] la s5sation1 savoir1 les j\es1 le palais et surt\t la fosse nasale1 sur laquelle les physiologi/es n'ont peut-tre pas assez insi/4 ,les j\es f\rniss5t la salive1 galem5t ncessaire la ma/ication et la =mation du bol alim5taire2 elles sont1 a9si que le palais1 d\es d'une portion de facults apprciatives2 je ne sais pas mme si1 dans c]ta9s cas1 les g5cives n'y p>ticip5t pas un peu2 et sans l'odoration qui s'opre dans l'arrire-b\*e1 la s5sation du gt s]ait obtuse et t\t fait imp>faite4 ,les p]sonnes qui n'ont pas de langue1 ou qui elle a t c\pe1 ont encore assez bi5 la s5sation de gt4 ,le premi] cas se tr\ve dans t\s les livres2 le second m'a t assez bi5 expliqu p> un pauvre diable auquel les ,algri5s avai5t c\p la langue1 p\r le punir de ce qu'avec quelques-uns de ses cam>ades de captivit1 il avait =m le projet de se sauv] et de s'enfuir4 ,cet homme1 que je r5contrai ,am/]dam1 o il gagnait sa vie faire des commissions1 avait eu quelque ducation1 et on p\vait facilem5t s'entret5ir avec lui p> crit4 ,aprs avoir obs]v qu'on lui avait enlev t\te la p>tie antrieure de la langue jusqu'au filet1 je lui dem&ai s'il tr\vait encore quelque saveur ce qu'il mangeait1 et si la s5sation du gt avait survcu l'opration cruelle qu'il avait subie4 ,il me rpondit que ce qui le fatiguait le plus tait d'aval] 7ce qu'il ne faisait qu'avec quelque difficult72 qu'il avait assez bi5 cons]v le gt2 qu'il apprciait comme les autres ce qui tait un peu sapide2 mais que les *oses =tem5t acides ou amres lui causai5t d'intolrables d\leurs4 ,il m'apprit encore que l'abscision de la langue tait commune dans les royaumes d',afrique2 qu'on l'appliquait spcialem5t ceux qu'on croyait avoir t *efs de quelque complot1 et qu'on avait des in/rum5ts qui y tai5t appropris4 ,j'aurais v\lu qu'il m'en ft la description2 mais il me montra1 cet g>d1 une rpugnance tellem5t d\l\reuse1 que je n'insi/ai pas4 ,je rfl*is sur ce qu'il me disait1 et1 remontant aux sicles d'ignorance1 o l'on p]ait et c\pait la langue des blasphmateurs1 --et l'poque o ces lois avai5t t faites1 je me crus en droit de conclure qu'elles tai5t d'orig9e africa9e1 et imports p> le ret\r des croiss4 ,on a vu plus haut que la s5sation du gt rsidait pr9cipalem5t dans les papilles de la langue4 ,or1 l'anatomie n\s appr5d que t\tes les langues n'en sont pas galem5t munies2 de sorte qu'il en e/ telle o l'on en tr\ve trois fois plus que dans telle autre4 ,cette circon/ance explique p\rquoi1 de deux convives assis au mme banquet1 l'un e/ dlicieusem5t affect1 t&is que l'autre a l'air de ne mang] que comme contra9t3 c'e/ que ce d]ni] a la langue faiblem5t outille1 et que l'empire de la saveur a aussi ses aveugles et ses s\rds4 ,illu/ration ,s5sation du ,gt4 #h4--,on a ouv]t c9q ou six avis sur la manire dont s'opre la s5sation du gt2 j'ai aussi le mi51 et le voici3 ,la s5sation du gt e/ une opration *imique qui se fait p> voie humide1 comme n\s disions autrefois1 c'e/--dire qu'il faut que les molcules sapides soi5t diss\tes dans un fluide quelconque1 p\r p\voir ensuite tres absorbes p> les h\ppes n]veuses1 papilles ou suoirs1 qui tapiss5t l'intrieur de l'app>eil dgu/ateur4 ,ce sy/me1 neuf ou non1 e/ appuy de preuves physiques et presque palpables4 ,l'eau pure ne cause po9t la s5sation du gt1 p>ce qu'elle ne conti5t aucune p>ticule sapide4 ,dissolvez-y un gra9 de sel1 quelques g\ttes de v9aigre1 la s5sation aura lieu4 ,les autres boissons1 au contraire1 n\s impressionn5t p>ce qu'elles ne sont autre *ose que des solutions plus ou mo9s *>ges de p>ticules apprciables4 ,va9em5t la b\*e se remplirait-elle de p>ticules divises d'un corps insoluble1 la langue pr\v]ait la s5sation du t\*]1 et nullem5t celle du gt4 ,quant aux corps solides et sav\reux1 il faut que les d5ts les divis5t1 que la salive et les autres fluides gu/uels les imbib5t1 et que la langue les presse contre le palais p\r en exprim] un suc qui1 p\r lors suffisamm5t *>g de sapidit1 e/ apprci p> les papilles dgu/atrices1 qui dlivr5t au corps a9si tritur le passeport qui lui e/ ncessaire p\r tre admis dans l'e/omac4 ,ce sy/me1 qui recevra encore d'autres dveloppem5ts1 rpond sans ef=t aux pr9cipales que/ions qui peuv5t se prs5t]4 ,c>1 si on dem&e ce qu'on ent5d p> corps sapides1 on rpond que c'e/ t\t corps soluble et propre tre absorb p> l'organe du gt4 ,et si on dem&e comm5t le corps sapide agit1 on rpond qu'il agit t\tes les fois qu'il se tr\ve dans un tat de dissolution tel qu'il puisse pntr] dans les cavits *>ges de recevoir et de transmettre la s5sation4 ,en un mot1 ri5 de sapide que ce qui e/ dj diss\s ou pro*a9em5t soluble4 ,des saveurs4 #i4 ,,le nombre des saveurs e/ inf9i1 c> t\t corps soluble a une saveur spciale1 qui ne ressemble entirem5t aucune autre4 ,les saveurs se modifi5t en outre p> leur agrgation simple1 d\ble1 multiple2 de sorte qu'il e/ impossible d'en faire le tableau1 depuis la plus attrayante jusqu' la plus insupportable1 depuis la fraise jusqu' la coloqu9te4 ,aussi t\s ceux qui l'ont essay ont-ils peu prs *\4 ,ce rsultat ne doit pas tonn]2 c> tant donn qu'il exi/e des sries indf9ies de saveurs simples qui peuv5t se modifi] p> leur adjonction rciproque en t\t nombre et en t\te quantit1 il faudrait une langue n\velle p\r exprim] t\s ces effets1 et des montagnes d'9-folio p\r les df9ir1 et des c>actres numriques inconnus p\r les tiquet]4 ,or1 comme jusqu'ici il ne s'e/ encore prs5t aucune circon/ance o quelque saveur ait d tre apprcie avec une exactitude rig\reuse1 on a t =c de s'en t5ir un petit nombre d'expressions gnrales1 telle que d\x1 sucr1 acide1 ac]be1 et autres p>eilles1 qui s'exprim5t1 en d]nire analyse1 p> les deux suivantes3 agrable ou dsagrable au gt1 et suffis5t p\r se faire ent5dre et p\r indiqu] peu prs la proprit gu/uelle du corps sapide dont on s'occupe4 ,ceux qui vi5dront aprs n\s en sauront davantage1 et il n'e/ dj plus p]mis de d\t] que la *imie ne leur rvle les causes ou les lm5ts primitifs des saveurs4 ,influ5ce de l'odorat sur le gt4 #aj4--,l'ordre que je me suis prescrit m'a ins5siblem5t am5 au mom5t de r5dre l'odorat les droits qui lui app>ti5n5t1 et de reconnatre les s]vices importants qu'il n\s r5d dans l'apprciation des saveurs2 c>1 p>mi les auteurs qui me sont tombs s\s la ma91 je n'en ai tr\v aucun qui me p>aisse lui avoir fait ple9e et entire ju/ice4 ,p\r moi1 je suis non seulem5t p]suad que1 sans la p>ticipation de l'odorat1 il n'y a pas de dgu/ation complte1 mais encore je suis t5t de croire que l'odorat et le gt ne =m5t qu'un seul s5s1 dont la b\*e e/ le laboratoire et le nez la *em9e1 ou1 p\r p>l] plus exactem5t1 dont l'un s]t la dgu/ation des corps tactiles1 et l'autre la dgu/ation des gaz4 ,ce sy/me peut tre rig\reusem5t df5du2 cep5dant1 comme je n'ai po9t la prt5tion de faire secte1 je ne le has>de que p\r donn] p5s] mes lecteurs1 et p\r montr] que j'ai vu de prs le sujet que je traite4 ,ma9t5ant je cont9ue ma dmon/ration au sujet de l'importance de l'odorat1 s9on comme p>tie con/ituante du gt1 du mo9s comme accessoire oblig4 ,t\t corps sapide e/ ncessairem5t odorant3 ce qui le place dans l'empire de l'odorat comme dans l'empire du gt4 ,on ne mange ri5 sans le s5tir avec plus ou mo9s de rflexion2 et p\r les alim5ts inconnus1 le nez fait t\j\rs fonction de s5t9elle avance1 qui crie3 ,qui va l8 ,qu& on int]cepte l'odorat1 on p>alyse le gt2 c'e/ ce qui se pr\ve p> trois expri5ces que t\t le monde peut vrifi] avec un gal succs4 ,,premi,,re ,,exp,,ri5ce3 ,qu& la membrane nasale e/ irrite p> un viol5t coryza 7rhume de c]veau71 le gt e/ entirem5t oblitr2 on ne tr\ve aucune saveur ce qu'on avale1 et cep5dant la langue re/e dans son tat naturel4 ,,seconde ,,exp,,ri5ce3 ,si on mange en se s]rant le nez1 on e/ t\t tonn de n'pr\v] la s5sation du gt que d'une manire obscure et imp>faite2 p> ce moy5 les mdicam5ts les plus rep\ssants pass5t presque inap]u4 ,,troisi,,me ,,exp,,ri5ce3 ,on obs]ve le mme effet1 si1 au mom5t o l'on avale1 au lieu de laiss] rev5ir la langue sa place naturelle1 on cont9ue la t5ir atta*e au palais2 en ce cas1 on int]cepte la circulation de l'air1 l'odorat n'e/ po9t frapp1 et la gu/ation n'a pas lieu4 ,ces div]s effets dp5d5t de la mme cause1 le dfaut de coopration de l'odorat3 ce qui fait que le corps sapide n'e/ apprci que p\r son suc1 et non p\r le gaz odorant qui en mane4 ,analyse de la s5sation du ,gt4 #aa4 ,,les pr9cipes tant a9si poss1 je reg>de comme c]ta9 que le gt donne lieu des s5sations de trois ordres diffr5ts1 savoir3 la s5sation directe1 la s5sation complte et la s5sation rfl*ie4 ,la s5sation directe e/ ce premi] ap]u qui nat du travail immdiat des organes de la b\*e1 p5dant que le corps apprciable se tr\ve encore sur la langue antrieure4 ,la s5sation complte e/ celle qui se compose de ce premi] ap]u et de l'impression qui nat qu& l'alim5t ab&onne cette premire position1 passe dans l'arrire-b\*e1 et frappe t\t l'organe p> son gt et p> son p>fum4 ,enf9 la s5sation rfl*ie e/ le jugem5t que porte l'me sur les impressions qui lui sont transmises p> l'organe4 ,mettons ce sy/me en action1 en voyant ce qui se passe dans l'homme qui mange ou qui boit4 ,celui qui mange une p*e1 p> exemple1 e/ d'abord frapp agrablem5t p> l'odeur qui en mane2 il la met dans sa b\*e1 et pr\ve une s5sation de fra*eur et d'acidit qui l'engage cont9u]2 mais ce n'e/ qu'au mom5t o il avale et que la b\*e passe s\s la fosse nasale que le p>fum lui e/ rvl1 ce qui complte la s5sation que doit caus] une p*e4 ,enf91 ce n'e/ que lorsqu'il a aval que1 jugeant ce qu'il vi5t d'pr\v]1 il se dit lui-mme3 ,voil qui e/ dlicieux6 ,p>eillem5t1 qu& on boit3 tant que le v9 e/ dans la b\*e1 on e/ agrablem5t1 mais non p>faitem5t impressionn2 ce n'e/ qu'au mom5t o l'on cesse d'aval] qu'on peut vritablem5t gt]1 apprci]1 et dc\vrir le p>fum p>ticuli] *aque espce2 et il faut un petit int]valle de temps p\r que le g\rmet puisse dire3 ,il e/ bon1 passable ou mauvais4 ,pe/e6 c'e/ du *amb]t96 ,o mon ,dieu6 c'e/ du surne6 ,illu/ration ,on voit p> l que c'e/ consquemm5t aux pr9cipes1 et p> suite d'une pratique bi5 ent5due1 que les vrais amateurs sirot5t leur v9 7!y sip x72 c>1 *aque gorge1 qu& ils s'arrt5t1 ils ont la somme entire du plaisir qu'ils aurai5t pr\v s'ils avai5t bu le v]re d'un seul trait4 ,la mme *ose se passe encore1 mais avec bi5 plus d'n]gie1 qu& le gt doit tre dsagrablem5t affect4 ,voyez ce malade que la ,facult contra9t s'+r] un norme v]re d'une mdec9e noire1 telle qu'on les buvait s\s le rgne de ,l\is ,,xiv4 ,l'odorat1 moniteur fidle1 l'av]tit de la saveur rep\ssante de la liqueur tratresse2 ses yeux s'arrondiss5t comme l'appro*e d'un dang]2 le dgt e/ sur ses lvres1 et dj son e/omac se s\lve4 ,cep5dant on l'exhorte1 il s'arme de c\rage1 se g>g>ise d'eau-de-vie1 se s]re le nez et boit444 ,tant que le breuvage empe/ remplit la b\*e et tapisse l'organe1 la s5sation e/ confuse et l'tat supportable2 mais la d]nire gorge1 les arrire-gts se dvelopp5t1 les odeurs nausabondes agiss5t1 et t\s les traits du pati5t exprim5t une horreur et un gt que la peur de la mort peut seule faire affront]4 ,s'il e/ "q1 au contraire1 d'une boisson insipide1 comme1 p> exemple1 un v]re d'eau1 on n'a ni gt ni arrire-gt2 on n'pr\ve ri51 on ne p5se ri52 on a bu1 et voil t\t4 ,ordre des div]ses impressions du ,gt4 #ab4--,le gt n'e/ pas si ri*em5t dot que l'oue2 celle-ci peut ent5dre et comp>] plusieurs sons la fois3 le gt1 au contraire1 e/ simple en activit1 c'e/--dire qu'il ne peut tre impressionn p> deux saveurs en mme temps4 ,mais il peut tre d\ble1 et mme multiple p> succession1 c'e/--dire que1 dans le mme acte de gutturation1 on peut pr\v] successivem5t une seconde et mme une troisime s5sation1 qui vont en s'affaiblissant graduellem5t1 et qu'on dsigne p> les mots1 arrire-gt1 p>fum ou fragrance2 de la mme manire que1 lorsqu'un son pr9cipal e/ frapp1 une oreille ex]ce y di/+ue une ou plusieurs sries de consonances1 dont le nombre n'e/ pas encore p>faitem5t connu4 ,ceux qui mang5t vite et sans att5tion ne disc]n5t pas les impressions du second degr2 elles sont l'apanage exclusif du petit nombre d'lus2 et c'e/ p> leur moy5 qu'ils peuv5t class]1 p> ordre d'excell5ce1 les div]ses sub/ances s\mises leur exam54 ,ces nuances fugitives vibr5t encore longtemps dans l'organe du gt2 les pr(esseurs pr5n5t1 sans s'en d\t]1 une position approprie1 et c'e/ t\j\rs le c\ allong et le nez bbord qu'ils r5d5t leurs arrts4 ,j\issances dont le ,gt e/ l'occasion4 #ac4 ,,jetons ma9t5ant un c\p d'oeil philosophique sur le plaisir ou la pe9e dont le gt peut tre l'occasion4 ,n\s tr\vons d'abord l'application de cette vrit malheureusem5t trop gnrale1 savoir3 que l'homme e/ bi5 plus =tem5t organis p\r la d\leur que p\r le plaisir4 ,effectivem5t1 l'injection des sub/ances ac]bes1 cres ou amres au d]ni] degr1 peut n\s faire essuy] des s5sations extrmem5t pnibles ou d\l\reuses4 ,on prt5d mme que l'acide hydrocianique ne tue si promptem5t que p>ce qu'il cause une d\leur si vive que les =ces vitales ne peuv5t la support] sans s'te9dre4 ,les s5sations agrables ne p>c\r5t1 au contraire1 qu'une *elle peu t5due1 et s'il y a une diffr5ce assez s5sible entre ce qui e/ insipide et ce qui flatte le gt1 l'int]valle n'e/ pas trs gr& entre ce qui e/ reconnu p\r bon et ce qui e/ rput excell5t2 ce qui e/ clairci p> l'exemple suivant3 premi] t]me1 un b\illi sec et dur2 deuxime t]me1 un morceau de veau2 troisime t]me1 un faisan cuit po9t4 ,cep5dant le gt1 tel que la nature n\s l'a accord1 e/ encore celui de nos s5s qui1 t\t bi5 considr1 n\s procure le plus de j\issances3 #a ,p>ce que le plaisir de mang] e/ le seul qui1 pris avec modration1 ne soit pas suivi de fatigue3 #b ,p>ce qu'il e/ de t\s les temps1 de t\s les ges et de t\tes les conditions2 #c ,p>ce qu'il revi5t ncessairem5t au mo9s une fois p> j\r1 et qu'il peut tre rpt1 sans inconvni5t1 deux ou trois fois dans cet espace de temps2 #d ,p>ce qu'il peut se ml] t\s les autres et mme n\s consol] de leur abs5ce2 #e ,p>ce que les impressions qu'il reoit sont la fois plus durables et plus dp5dantes de notre volont4 #f ,enf91 p>ce qu'en mangeant n\s pr\vons un c]ta9 bi5-tre indf9issable et p>ticuli]1 qui vi5t de la consci5ce in/9ctive2 que1 p> cela mme que n\s mangeons1 n\s rp>ons nos p]tes et n\s prolongeons notre exi/5ce4 ,c'e/ ce qui s]a plus amplem5t dvelopp au *apitre o n\s trait]ons spcialem5t du plaisir de la table1 pris au po9t o la civilisation actuelle l'a am54 ,suprmatie de l'homme4 #ad4 ,,n\s avons t levs dans la d\ce croyance que1 de t\tes les cratures qui m>*5t1 nag5t1 ramp5t ou vol5t1 l'homme e/ celle dont le gt e/ le plus p>fait4 ,cette foi e/ m5ace d'tre branle4 ,le docteur ,gall1 fond sur je ne sais quelles inspections1 prt5d qu'il e/ des animaux *ez qui l'app>eil gu/uel e/ plus dvelopp1 et p>tant plus p>fait que celui de l'homme4 ,cette doctr9e e/ malsonnante et s5t l'hrsie4 ,l'homme1 de droit div91 roi de t\te la nature1 et au pr(it duquel la t]re a t c\v]te et peuple1 doit ncessairem5t tre muni d'un organe qui puisse le mettre en rapport avec t\t ce qu'il y a de sapide *ez ses sujets4 ,la langue des animaux ne passe pas la porte de leur intellig5ce3 dans les poissons1 ce n'e/ qu'un os mobile2 dans les oiseaux1 gnralem5t1 un c>tilage membraneux2 dans les quadrupdes1 elle e/ s\v5t revtue d'cailles ou d'asprits1 et d'ailleurs elle n'a po9t de m\vem5ts circonflexes4 ,la langue de l'homme1 au contraire1 p> la dlicatesse de sa contexture et des div]ses membranes dont elle e/ environne et avois9e1 annonce assez la sublimit des oprations auxquelles elle e/ de/9e4 ,j'y ai1 en outre1 dc\v]t au mo9s trois m\vem5ts inconnus aux animaux1 et que je nomme m\vem5ts de spication1 de rotation et de v]rition 7 v]ro1 lat41 je balaye74 ,le premi] a lieu qu& la langue sort en =me d'pi d'entre les lvres qui la comprim5t2 le second1 qu& la langue se meut circulairem5t dans l'espace compris entre l'intrieur des j\es et le palais2 le troisime1 qu& la langue1 se rec\rbant en dessus ou en dess\s1 ramasse les portions qui peuv5t re/] dans le canal demi-circulaire =m p> les lvres et les g5cives4 ,les animaux sont borns dans leurs gts3 les uns ne viv5t que de vgtaux1 d'autres ne mang5t que de la *air2 d'autres se n\rriss5t exclusivem5t de gra9es3 aucun d'eux ne connat les saveurs composes4 ,l'homme1 au contraire1 e/ omnivore2 t\t ce qui e/ mangeable e/ s\mis son va/e apptit2 ce qui entrane1 p\r consqu5ce immdiate1 des p\voirs dgu/ateurs proportionns l'usage gnral qu'il doit en faire4 ,effectivem5t1 l'app>eil du gt e/ d'une r>e p]fection *ez l'homme1 et p\r bi5 n\s en conva9cre1 voyons-le manoeuvr]4 ,ds qu'un corps escul5t e/ introduit dans la b\*e1 il e/ confisqu1 gaz et sucs1 sans ret\r4 ,les lvres s'oppos5t ce qu'il rtrograde2 les d5ts s'en emp>5t et le broi5t2 la salive l'imbibe2 la langue le g*e et le ret\rne2 un m\vem5t aspiratoire le p\sse v]s le gosi]2 la langue se s\lve p\r le faire gliss]2 l'odorat le flaire en passant1 et il e/ prcipit dans l'e/omac p\r y subir des trans=mations ultrieures1 sans que1 dans t\te cette opration1 il se soit *app une p>celle1 une g\tte ou un atome1 qui n'ait pas t s\mis au p\voir apprciateur4 ,c'e/ aussi p> suite de cette p]fection que la g\rm&ise e/ l'apanage exclusif de l'homme4 ,cette g\rm&ise e/ mme contagieuse1 et n\s la transmettons assez promptem5t aux animaux que n\s avons appropris notre usage1 et qui font en quelque sorte socit avec n\s1 tels que les lphants1 les *i5s1 les *ats et mme les p]roquets4 ,si quelques animaux ont la langue plus grosse1 le palais plus dvelopp1 le gosi] plus l>ge1 c'e/ que cette langue1 agissant comme muscle1 e/ de/9e remu] de gr&s poids1 le palais press]1 le gosi] aval] de plus grosses portions2 mais t\te analogie bi5 ent5due s'oppose ce qu'on puisse en induire que le s5s e/ plus p>fait4 ,d'ailleurs1 le gt ne devant s'e/im] que p> la nature de la s5sation qu'il porte au c5tre commun1 l'impression reue p> l'animal ne peut pas se comp>] celle qui a lieu dans l'homme2 cette d]nire1 tant la fois plus claire et plus prcise1 suppose ncessairem5t une qualit suprieure dans l'organe qui la transmet4 ,enf91 que peut-on dsir] dans une facult susceptible d'un tel po9t de p]fection1 que les g\rm&s de ,rome di/+uai5t1 au gt1 les poissons pris entre les ponts de celui qui avait t p* plus bas8 ,n'en voyons-n\s pas1 de nos j\rs1 qui ont dc\v]t la saveur p>ticulire de la cuisse sur laquelle la p]drix s'appuie en dormant8 ,et ne sommes-n\s pas environns de g\rmets qui peuv5t indiqu] la latitude s\s laquelle un v9 a mri1 t\t aussi srem5t qu'un lve de ,biot ou d',arago sait prdire une clipse8 ,que s'ensuit-il de l8 qu'il faut r5dre ,cs> ce qui e/ ,cs>1 proclam] l'homme le gr& g\rm& de la nature1 et ne pas s'tonn] si le bon docteur fait quelquefois comme ,homre3 ,au* zuweil] s*laff]t d] gut] ,g9999994 ,m?ode adopte p> l'auteur4 #ae4 ,,jusqu',,ici n\s n'avons exam9 le gt que s\s le rapport de sa con/itution physique2 et quelques dtails anatomiques prs1 que peu de p]sonnes regrett]ont1 n\s n\s sommes t5us au niveau de la sci5ce4 ,mais l ne f9it pas la t*e que n\s n\s sommes impose2 c> c'e/ surt\t de son hi/oire morale que ce s5s rp>ateur tire son importance et sa gloire4 ,n\s avons donc rang1 suivant un ordre analytique1 les ?ories et les faits qui compos5t l'ensemble de cette hi/oire1 de manire qu'il puisse en rsult] de l'in/ruction sans fatigue4 ,c'e/ a9si que1 dans les *apitres qui vont suivre1 n\s montr]ons comm5t les s5sations1 =ce de se rpt] et de se rfl*ir1 ont p]fectionn l'organe et t5du la sphre de ses p\voirs2 comm5t le beso9 de mang]1 qui n'tait d'abord qu'un in/9ct1 e/ dev5u une passion influ5te1 qui a pris un asc5dant bi5 m>qu sur t\t ce qui ti5t la socit4 ,n\s dirons aussi comm5t t\tes les sci5ces qui s'occup5t de la composition des corps se sont accordes p\r class] et mettre "p ceux de ces corps qui sont apprciables p> le gt1 et comm5t les voyageurs ont m>* v]s le mme b1 en s\mettant nos essais les sub/ances que la nature ne semblait pas avoir de/9es jamais se r5contr]4 ,n\s suivrons la *imie au mom5t o elle a pntr dans nos laboratoires s\t]ra9s p\r y clair] nos prp>ateurs1 pos] des pr9cipes1 crer des m?odes et dvoil] des causes qui jusque l tai5t re/es occultes4 ,enf9 n\s v]rons comm5t1 p> le p\voir comb9 du temps et de l'expri5ce1 une sci5ce n\velle n\s e/ t\t c\p app>ue1 qui n\rrit1 re/aure1 cons]ve1 p]suade1 console1 et1 non cont5t de jet] ple9e ma9s des fleurs sur la c>rire de l'individu1 contribue encore puissamm5t la =ce et la prosprit des empires4 ,si1 au milieu de ces graves lucubrations1 une anecdote piquante1 un s\v5ir aimable1 quelque av5ture d'une vie agite1 se prs5te au b\t de la plume1 n\s la laiss]ons c\l] p\r repos] un peu l'att5tion de nos lecteurs1 dont le nombre ne n\s effraie po9t1 et avec lesquels au contraire n\s n\s plairons confabul]2 c> si ce sont des hommes1 n\s sommes srs qu'ils sont aussi indulg5ts qu'in/ruits2 et si ce sont des dames1 elles sont ncessairem5t *>mantes4 ,illu/ration ,ici le pr(esseur1 ple9 de son sujet1 laissa tomb] sa ma91 et s'leva dans les hautes rgions4 ,il remonta le torr5t des ges1 et prit dans leur b]ceau les sci5ces qui ont p\r b la gratification du gt3 il en suivit les progrs trav]s la nuit des temps2 et voyant que1 p\r les j\issances qu'elles n\s procur5t1 les premi]s sicles ont t\j\rs t mo9s avantags que ceux qui les ont suivis1 il saisit sa lyre1 et *anta sur le mode dori5 la ,mlope hi/orique qu'on tr\v]a p>mi les ,,v>i,t,s4 7,voyez la f9 du volume47 ,illu/ration ,illu/ration ,m,,ditation #c ,de la ,ga/ronomie ,orig9e des sci5ces4 #af4--,les sci5ces ne sont pas comme ,m9]ve1 qui sortit t\t arme du c]veau de ,jupit]2 elles sont filles du temps1 et se =m5t ins5siblem5t1 d'abord p> la collection des m?odes indiques p> l'expri5ce1 et plus t>d p> la dc\v]te des pr9cipes qui se dduis5t de la comb9aison de ces m?odes4 ,illu/ration ,a9si1 les premi]s vieill>ds que leur prud5ce fit appel] auprs du lit des malades1 ceux que la compassion p\ssa soign] les plaies1 fur5t aussi les premi]s mdec9s4 ,les b]g]s d'gypte1 qui obs]vr5t que quelques a/res1 aprs une c]ta9e priode1 v5ai5t correspondre au mme en droit du ciel1 fur5t les premi]s a/ronomes4 ,celui qui1 le premi]1 exprima p> des c>actres cette proposition si simple3 deux plus deux gal5t quatre1 cra les ma?matiques1 cette sci5ce si puissante1 et qui a vritablem5t lev l'homme sur le trne de l'univ]s4 ,dans le c\rs des soixante d]nires annes qui vi5n5t de s'c\l]1 plusieurs sci5ces n\velles sont v5ues pr5dre place dans le sy/me de nos connaissances1 et entre autres la /rotomie1 la gomtrie descriptive et la *imie des gaz4 ,t\tes ces sci5ces1 cultives p5dant un nombre inf9i de gnrations1 f]ont des progrs d'autant plus srs que l'imprim]ie les affran*it du dang] de recul]4 ,eh6 qui sait1 p> exemple1 si la *imie des gaz ne vi5dra pas b\t de matris] ces lm5ts jusqu' prs5t si rebelles1 de les ml]1 et d'obt5ir p> ce moy5 des sub/ances jusqu'ici non t5tes1 et d'obt5ir p> ce moy5 des sub/ances et des effets qui recul]ai5t de beauc\p les limites de nos p\voirs6 ,orig9e de la ga/ronomie4 #ag4 ,,la ga/ronomie s'e/ prs5te son t\r1 et t\tes ses soeurs se sont appro*es p\r lui faire place4 ,eh6 que p\vait-on refus] celle qui n\s s\ti5t de la naissance au tombeau1 qui accrot les dlices de l'am\r et la confiance de l'amiti1 qui ds>me la ha9e1 facilite les affaires1 et n\s (fre1 dans le c\rt trajet de la vie1 la seule j\issance qui1 n'tant pas suivie de fatigue1 n\s dlasse encore de t\tes les autres6 ,sans d\te1 tant que les prp>ations ont t exclusivem5t confies des s]viteurs sal>is1 tant que les cuis9i]s seuls se sont rs]v cette matire et qu'on n'a crit que des disp5saires1 les rsultats de ces travaux n'ont t que les produits d'un art4 ,mais enf91 trop t>d peut-tre1 les savants se sont appro*es4 ,ils ont exam91 analys et class les sub/ances alim5taires1 et les ont rduites leurs plus simples lm5ts4 ,ils ont sond les my/res de l'assimilation1 et1 suivant la matire in]te dans ses mtamorphoses1 ils ont vu comm5t elle p\vait pr5dre vie4 ,ils ont suivi la dite dans ses effets passag]s ou p]man5ts1 sur quelques j\rs1 sur quelques mois1 ou sur t\te la vie4 ,ils ont apprci son influ5ce jusque sur la facult de p5s]1 soit que l'me se tr\ve impressionne p> les s5s1 soit qu'elle s5te sans le sec\rs de ses organes2 et de t\s ces travaux ils ont dduit une haute ?orie1 qui embrasse t\t l'homme et t\te la p>tie de la cration qui peut s'animalis]4 ,t&is que t\tes ces *oses se passai5t dans les cab9ets des savants1 on disait t\t haut dans les salons que la sci5ce qui n\rrit les hommes vaut bi5 au mo9s celle qui enseigne les faire tu]2 les potes *antai5t les plaisirs de la table1 et les livres qui avai5t la bonne *re p\r objet prs5tai5t des vues plus pr(ondes et des maximes d'un intrt plus gnral4 ,telles sont les circon/ances qui ont prcd l'avnem5t de la ga/ronomie4 ,df9ition de la ga/ronomie4 #ah4--,la ga/ronomie e/ la connaissance raisonne de t\t ce qui a rapport l'homme1 en tant qu'il se n\rrit4 ,son b e/ de veill] la cons]vation des hommes1 au moy5 de la meilleure n\rriture possible4 ,elle y p>vi5t en dirigeant1 p> des pr9cipes c]ta9s1 t\s ceux qui re*]*5t1 f\rniss5t ou prp>5t les *oses qui peuv5t se conv]tir en alim5ts4 ,a9si1 c'e/ elle1 vrai dire1 qui fait m\voir les cultivateurs1 les vign]ons1 les p*eurs1 les *asseurs et la nombreuse famille des cuis9i]s1 quel que soit le titre ou la qualification s\s laquelle ils dguis5t leur emploi la prp>ation des alim5ts4 ,la ga/ronomie ti5t3 l'hi/oire naturelle1 p> la classification qu'elle fait des sub/ances alim5taires2 ,a la physique1 p> l'exam5 de leurs compositions et de leurs qualits2 ,a la *imie1 p> les div]ses analyses et dcompositions qu'elle leur fait subir2 ,a la cuis9e1 p> l'art d'apprt] les mets et de les r5dre agrables au gt2 ,au comm]ce1 p> la re*]*e des moy5s d'a*et] au meilleur m>* possible ce qu'elle consomme1 et de dbit] le plus avantageusem5t ce qu'elle prs5te v5dre2 ,enf91 l'conomie politique1 p> les ress\rces qu'elle prs5te l'impt1 et p> les moy5s d'*ange qu'elle tablit entre les nations4 ,la ga/ronomie rgit la vie t\t entire2 c> les pleurs du n\veau-n appell5t le se9 de sa n\rrice2 et le m\rant reoit encore avec quelque plaisir la potion suprme qu'hlas6 il ne doit plus digr]4 ,illu/ration ,elle s'occupe aussi de t\s les tats de la socit2 c> si c'e/ elle qui dirige les banquets des rois rassembls1 c'e/ encore elle qui a calcul le nombre de m9utes d'bullition qui e/ ncessaire p\r qu'un oeuf soit cuit po9t4 ,le sujet matriel de la ga/ronomie e/ t\t ce qui peut tre mang2 son b direct1 la cons]vation des individus1 et ses moy5s d'excution1 la culture qui produit1 le comm]ce qui *ange1 l'indu/rie qui prp>e1 et l'expri5ce qui inv5te les moy5s de t\t dispos] p\r le meilleur usage4 ,objets div]s dont s'occupe la ga/ronomie4 #ai4 ,,la ga/ronomie considre le gt dans ses j\issances comme dans ses d\leurs2 elle a dc\v]t les excitations graduelles dont il e/ susceptible2 elle en a rgul>is l'action1 et a pos les limites que l'homme qui se respecte ne doit jamais outrepass]4 ,elle considre aussi l'action des alim5ts sur le moral de l'homme1 sur son imag9ation1 son esprit1 son jugem5t1 son c\rage et ses p]ceptions1 soit qu'il veille1 soit qu'il dorme1 soit qu'il agisse1 soit qu'il repose4 ,c'e/ la ga/ronomie qui fixe le po9t d'escul5ce de *aque sub/ance alim5taire2 c> t\tes ne sont pas prs5tables dans les mmes circon/ances4 ,les unes doiv5t tre prises avant que d'tre p>v5ues leur enti] dveloppem5t1 comme les cpres1 les asp]ges1 les co*ons de lait1 les pigeons la cuill]1 et autres animaux qu'on mange dans leur premi] ge2 d'autres1 au mom5t o elles ont atte9t t\te la p]fection qui leur e/ de/9e1 comme les melons1 la plup>t des fruits1 le m\ton1 le boeuf1 et t\s les animaux adultes2 d'autres1 qu& elles comm5c5t se dcompos]1 telles que le nfles1 la bcasse1 et surt\t le faisan2 d'autres1 enf91 aprs que les oprations de l'art leur ont t leurs qualits malfaisantes1 telles que la pomme de t]re1 le manioc1 et d'autres4 ,c'e/ encore la ga/ronomie qui classe ces sub/ances d'aprs leurs qualits div]ses1 qui indique celles qui peuv5t s'associ]1 et qui1 mesurant leurs div]s degrs d'alibilit1 di/+ue celles qui doiv5t faire la base de nos repas d'avec celles qui n'en sont que les accessoires et d'avec celles encore qui1 n'tant dj plus ncessaires1 sont cep5dant une di/raction agrable1 et devi5n5t l'accompagnem5t oblig de la confabulation conviviale4 ,elle ne s'occupe pas avec mo9s d'intrt des boissons qui n\s sont de/9es1 suivant le temps1 les lieux et les climats4 ,elle enseigne les prp>]1 les cons]v]1 et surt\t les prs5t] dans un ordre tellem5t calcul que la j\issance qui en rsulte aille t\j\rs en augm5tant1 jusqu'au mom5t o le plaisir f9it et o l'abus comm5ce4 ,c'e/ la ga/ronomie qui inspecte les hommes et les *oses1 p\r transport] d'un pays l'autre t\t ce qui mrite d'tre connu1 et qui fait qu'un fe/9 savamm5t ordonn e/ comme un abrg du monde1 o *aque p>tie figure p> ses reprs5tants4 ,utilit des connaissances ga/ronomiques4 #bj4--,les connaissances ga/ronomiques sont ncessaires t\s les hommes1 puisqu'elles t5d5t augm5t] la somme du plaisir qui leur e/ de/9e3 cette utilit augm5te en proportion de ce qu'elle e/ applique des classes plus aises de la socit2 enf9 elles sont indisp5sables ceux qui1 j\issant d'un gr& rev5u1 reoiv5t beauc\p de monde1 soit qu'en cela ils fass5t acte d'une reprs5tation ncessaire1 soit qu'ils suiv5t leur incl9ation1 soit enf9 qu'ils obiss5t la mode4 ,ils y tr\v5t cet avantage spcial1 qu'il y a de leur "p quelque *ose de p]sonnel dans la manire dont leur table e/ t5ue2 qu'ils peuv5t surveill] jusqu' un c]ta9 po9t les dpositaires =cs de leur confiance1 et mme les dirig] en beauc\p d'occasions4 ,le pr9ce de ,s\bise avait un j\r l'int5tion de donn] une fte2 elle devait se t]m9] p> un s\p]1 et il en avait dem& le m5u4 ,le matre d'htel se prs5te son lev] avec une belle panc>te vignettes1 et le premi] article sur lequel le pr9ce jeta les yeux fut celui-ci3 c9quante jambons2 ,eh quoi1 ,b]tr&1 dit-il1 je crois que tu extravagues2 c9quante jambons6 veux-tu donc rgal] t\t mon rgim5t8--,non1 mon pr9ce2 il n'en p>atra qu'un sur la table2 mais le surplus ne m'e/ pas mo9s ncessaire p\r mon espagnole1 mes blonds1 mes g>nitures1 mes444--,b]tr&1 v\s me volez1 et cet article ne pass]a pas4--,ah6 monseigneur1 dit l'arti/e1 p\vant pe9e ret5ir sa colre1 v\s ne connaissez pas nos ress\rces6 ,ordonnez1 et ces c9quante jambons qui v\s (fusqu5t1 je vais les faire entr] dans un flacon de cri/al pas plus gros que le p\ce4 ,que rpondre une ass]tion aussi positive8 ,le pr9ce s\rit1 baissa la tte1 et l'article passa4 ,influ5ce de la ga/ronomie dans les affaires4 #ba4 ,on sait que *ez les hommes encore vois9s de l'tat de nature1 aucune affaire de quelqu'importance ne se traite qu' table2 c'e/ au milieu des fe/9s que les sauvages dcid5t la gu]re ou font la paix2 et sans all] si lo91 n\s voyons que les villageois font t\tes leurs affaires au cab>et4 ,cette obs]vation n'a pas *app ceux qui ont s\v5t trait] les plus gr&s intrts2 ils ont vu que l'homme repu n'tait pas le mme que l'homme jeun2 que la table tablissait une espce de li5 entre celui qui traite et celui qui e/ trait2 qu'elle r5dait les convives plus aptes recevoir c]ta9es impressions1 se s\mettre de c]ta9es influ5ces2 de l e/ ne la ga/ronomie politique4 ,les repas sont dev5us un moy5 de g\v]nem5t1 et le sort des peuples s'e/ dcid dans un banquet4 ,ceci n'e/ ni un p>adoxe ni mme une n\veaut1 mais une simple obs]vation de faits4 ,qu'on ouvre t\s les hi/ori5s1 depuis ,hrodote jusqu' nos j\rs1 et on v]ra que1 sans mme en except] les conspirations1 il ne s'e/ jamais pass un gr& vnem5t qui n'ait t conu1 prp> et ordonn dans les fe/9s4 ,acadmie des ga/ronomes4 #bb4 ,tel e/1 au premi] ap]u1 le doma9e de la ga/ronomie1 doma9e f]tile en rsultats de t\te espce1 et qui ne peut que s'agr&ir p> les dc\v]tes et les travaux des savants qui vont le cultiv]2 c> il e/ impossible que1 avant le laps de peu d'annes1 la ga/ronomie n'ait pas ses acadmici5s1 ses c\rs1 ses pr(esseurs1 et ses propositions de prix4 ,d'abord1 un ga/ronome ri*e et zl tablira *ez lui des assembles priodiques1 o les plus savants ?orici5s se runiront aux arti/es1 p\r discut] et appr(ondir les div]ses p>ties de la sci5ce alim5taire4 ,bi5tt 7et telle e/ l'hi/oire de t\tes les acadmies71 le g\v]nem5t int]vi5dra1 rgul>is]a1 protg]a1 in/itu]a1 et saisira l'occasion de donn] au peuple une comp5sation p\r t\s les orphel9s que le canon a faits1 p\r t\tes les ,arianes que la gnrale a fait pleur]4 ,heureux le dpositaire du p\voir qui atta*]a son nom cette in/itution si ncessaire6 ,ce nom s]a rpt d'ge en ge avec ceux de ,no1 de ,bac*us1 de ,triptolme1 et des autres bi5faiteurs de l'humanit2 il s]a1 p>mi les m9i/res1 ce que ,h5ri ,,iv e/ p>mi les rois1 et son loge s]a dans t\tes les b\*es1 sans qu'aucun rglem5t en fasse une ncessit4 ,illu/ration3 ,le ,nanan ,g4 de ,,gonet diteur4 ,m,,ditation #d ,de l',apptit ,df9ition de l',apptit4 #bc4--,le m\vem5t et la vie occasionn5t dans le corps vivant une dp]dition cont9uelle de sub/ance2 et le corps huma91 cette ma*9e si complique1 s]ait bi5tt hors de s]vice1 si la ,provid5ce n'y avait plac un ressort qui l'av]tit du mom5t o ses =ces ne sont plus en quilibre avec ses beso9s4 ,ce moniteur e/ l'apptit4 ,on ent5d p> ce mot la premire impression du beso9 de mang]4 ,l'apptit s'annonce p> un peu de langueur dans l'e/omac et une lgre s5sation de fatigue4 ,en mme temps1 l'me s'occupe d'objets analogues ses beso9s1 la mmoire se rappelle les *oses qui ont flatt le gt2 l'imag9ation croit les voir2 il y a l quelque *ose qui ti5t du rve4 ,cet tat n'e/ pas sans *>mes2 et n\s avons ent5du des milli]s d'adeptes s'cri] dans la joie de leur coeur3 ,quel plaisir d'avoir un bon apptit1 qu& on a la c]titude de faire bi5tt un excell5t repas6 ,cep5dant l'app>eil nutritif s'meut t\t enti]3 l'e/omac devi5t s5sible2 les sucs ga/riques s'exhal5t2 les gaz intrieurs se dplac5t avec bruit2 la b\*e se remplit de sucs1 et t\tes les puissances dige/ives sont s\s les armes1 comme des soldats qui n'att5d5t plus que le comm&em5t p\r agir4 ,encore quelques mom5ts1 on aura des m\vem5ts spasmodiques1 on bill]a1 on s\ffrira1 on aura faim4 ,on peut obs]v] t\tes les nuances de ces div]s tats dans t\t salon o le dn] se fait att5dre4 ,elles sont tellem5t dans la nature1 que la politesse la plus exquise ne peut en dguis] les symptmes2 d'o j'ai dgag cet apoph!gme3 ,de t\tes les qualits du cuis9i]1 la plus indisp5sable e/ l'exactitude4 ,anecdote4 #bd4 ,j'appuie cette grave maxime p> les dtails d'une obs]vation faite dans une runion dont je faisais p>tie1 ,quorum p>s magna fui1 et o le plaisir d'obs]v] me sauva des angoisses de la misre4 ,j'tais un j\r invit dn] *ez un haut fonctionnaire public4 ,le billet d'invitation tait p\r c9q heures et demie1 et au mom5t indiqu t\t le monde tait r5du2 c> on savait qu'il aimait qu'on ft exact1 et grondait quelquefois les p>esseux4 ,je fus frapp1 en arrivant1 de l'air de con/]nation que je vis rgn] dans l'assemble3 on se p>lait l'oreille1 on reg>dait dans la c\r trav]s les c>reaux de la croise2 quelques visages annonai5t la /upeur4 ,il tait c]ta9em5t arriv quelque *ose d'extraord9aire4 ,je m'appro*ai de celui des convives que je crus le plus en tat de satisfaire ma curiosit1 et lui dem&ai ce qu'il y avait de n\veau1 ,hlas6 me rpondit-il avec l'acc5t de la plus pr(onde affliction1 monseigneur vi5t d'tre m& au conseil d'tat2 il "p en ce mom5t1 et qui sait qu& il revi5dra8--,n'e/-ce que cela8 rpondis-je d'un air d'ins\ciance qui tait bi5 lo9 de mon coeur4 ,c'e/ t\t au plus l'affaire d'un qu>t-d'heure2 quelque r5seignem5t dont on aura eu beso92 on sait qu'il y a ici auj\rd'hui dn] (ficiel2 on n'a aucune raison p\r n\s faire jen]4 ,je p>lais a9si2 mais au fond de l'me1 je n'tais pas sans inquitude1 et j'aurais v\lu tre bi5 lo94 ,la premire heure se passa bi51 on s'assit auprs de ceux avec qui on tait li2 on puisa les sujets banaux de conv]sation1 et on s'amusa faire des conjectures sur la cause qui avait pu faire appel] aux ,tuil]ies notre *] amphitryon4 la seconde heure1 on comm5a ap]cevoir quelques symptmes d'impati5ce3 on se reg>dait avec inquitude1 et les premi]s qui murmurr5t fur5t trois ou quatre convives qui1 n'ayant pas tr\v de place p\r s'asseoir1 n'tai5t pas en position commode p\r att5dre4 la troisime heure1 le mcont5tem5t fut gnral1 et t\t le monde se plaignait4 ,qu& revi5dra-t-il8 disait l'un4--,a quoi p5se-t-il8 disait l'autre4--,c'e/ en m\rir6 disait un troisime4 ,et on se faisait1 sans jamais la rs\dre1 la "q suivante3 ,s'en ira-t-on8 ne s'en ira-t-on pas8 la quatrime heure1 t\s les symptmes s'aggravr5t3 on t5dait les bras1 au has>d d'borgn] les vois9s2 on ent5dait de t\tes p>ts des billem5ts *antants2 t\tes les figures tai5t empre9tes des c\leurs qui annonc5t la conc5tration2 et on ne m'c\ta pas qu& je me has>dai de dire que celui dont l'abs5ce n\s attri/ait tant tait sans d\te le plus malheureux de t\s4 ,l'att5tion fut un in/ant di/raite p> une app>ition4 ,un des convives1 plus habitu que les autres1 pntra jusque dans les cuis9es2 il en rev9t t\t ess\ffl2 sa figure annonait la f9 du monde1 et il s'cria d'une voix pe9e articule et de ce ton s\rd qui exprime la fois la cra9te de faire du bruit et l'envie d'tre ent5du3 ,monseigneur e/ p>ti sans donn] d'ordre1 et1 quelle que soit son abs5ce1 on ne s]vira pas qu'il ne revi5ne4 ,il dit3 et l'effroi que causa son allocution ne s]a pas surpass p> l'effet de la trompette du jugem5t d]ni]4 ,p>mi t\s ces m>tyrs1 le plus malheureux tait le bon d',aigrefeuille1 que t\t ,p>is a connu2 son corps n'tait que s\ffrance1 et la d\leur de ,laocoon tait sur son visage4 ,ple1 g>1 ne voyant ri51 il v9t se hu*] sur un fauteuil1 croisa ses petites ma9s sur son gros v5tre1 et f]ma les yeux1 non p\r dormir1 mais p\r att5dre la mort4 ,illu/ration3 page #fc ,elle ne v9t cep5dant pas4 ,v]s les dix heures on ent5dit une voiture r\l] dans la c\r2 t\t le monde se leva d'un m\vem5t spontan4 ,l'hil>it succda la tri/esse1 et aprs c9q m9utes on tait table4 ,mais l'heure de l'apptit tait passe4 ,on avait l'air tonn de comm5c] dn] une heure si indue2 les m*oires n'eur5t po9t ce m\vem5t iso*rone qui annonce un travail rguli]2 et j'ai su que plusieurs convives en avai5t t incommods4 ,la m>*e indique en p>eil cas e/ de ne po9t mang] immdiatem5t aprs que l'ob/acle a cess2 mais d'aval] un v]re d'eau sucre1 ou une tasse de b\illon1 p\r consol] l'e/omac2 d'att5dre ensuite d\ze ou qu9ze m9utes1 s9on l'organe convuls se tr\ve opprim1 p> le poids des alim5ts dont on le sur*>ge4 ,gr&s apptits4 #be4 ,qu& on voit1 dans les livres primitifs1 les apprts qui se faisai5t p\r recevoir deux ou trois p]sonnes1 a9si que les portions normes que l'on s]vait un seul hte1 il e/ difficile de se refus] croire que les hommes qui vivai5t plus prs que n\s du b]ceau du monde ne fuss5t a9si d\s d'un bi5 plus gr& apptit4 ,cet apptit tait c5s s'accrotre en raison directe de la dignit du p]sonnage2 et celui qui on ne s]vait pas mo9s que le dos enti] d'un taureau de c9q ans tait de/9 boire dans une c\pe dont il avait pe9e support] le poids4 ,quelques individus ont exi/ depuis1 p\r port] tmoignage de ce qui a pu se pass] autrefois1 et les recueils sont ple9s d'exemples d'une voracit pe9e croyable1 et qui s't5dait t\t1 mme aux objets les plus immondes4 ,je f]ai grce mes lecteurs de ces dtails quelquefois assez dgtants1 et je prfre leur cont] deux faits p>ticuli]s1 dont j'ai t tmo91 et qui n'exig5t pas de leur "p une foi bi5 implicite4 ,j'allai1 il y a environ qu>ante ans1 faire une visite volante au cur de ,bregni]1 homme de gr&e taille1 et dont l'apptit avait une rputation bailliagre4 ,illu/ration ,quoiqu'il ft pe9e midi1 je le tr\vai dj table4 ,on avait emport la s\pe et le b\illi1 et ces deux plats obligs avai5t succd un gigot de m\ton la royale1 un assez beau *apon et une salade copieuse4 ,ds qu'il me vit p>atre1 il dem&a p\r moi un c\v]t1 que je refusai1 et je fis bi52 c>1 seul et sans aide1 il se db>rassa trs le/em5t de t\t1 savoir3 du gigot jusqu' l'ivoire1 du *apon jusqu'aux os1 et de la salade jusqu'au fond du plat4 ,on apporta bi5tt un assez gr& fromage blanc1 dans lequel il fit une br*e angulaire de quatre-v+t-dix degrs2 il arrosa le t\t d'une b\teille de v9 et d'une c>afe d'eau1 aprs quoi il se reposa4 ,ce qui m'en fit plaisir1 c'e/ que1 p5dant t\te cette opration qui dura peu prs trois qu>ts d'heure1 le vnrable pa/eur n'eut po9t l'air affair4 ,les gros morceaux qu'il jetait dans sa b\*e pr(onde ne l'emp*ai5t ni de p>l] ni de rire2 et il expdia t\t ce qu'on avait s]vi devant lui sans y mettre plus d'app>eil que s'il n'avait mang que trois mauviettes4 ,c'e/ a9si que le gnral ,bisson1 qui buvait *aque j\r huit b\teilles de v9 son djeun]1 n'avait pas l'air d'y t\*]2 il avait un plus gr& v]re que les autres1 et le vidait plus s\v5t2 mais on et dit qu'il n'y faisait pas att5tion1 et1 t\t en humant a9si seize livres de liquide1 il n'tait pas plus emp* de plaisant] et de donn] ses ordres que s'il n'et d boire qu'un c>afon4 ,le second fait rappelle ma mmoire le brave gnral ,p4 ,sibuet1 mon compatriote1 longtemps premi] aide de camp du gnral ,massna1 et mort au *amp d'honneur en #ahac1 au passage de la ,bob]4 ,prosp] tait g de dix-huit ans1 et avait cet apptit heureux p> lequel la nature annonce qu'elle s'occupe a*ev] un homme bi5 con/itu1 lorsqu'il entra un soir dans la cuis9e de ,g591 aub]gi/e *ez lequel les anci5s de ,belley avai5t c\tume de s'assembl] p\r mang] des m>rons et boire du v9 blanc n\veau qu'on appelle v9 b\rru4 ,on v5ait de tir] de la bro*e un magnifique d9don1 beau1 bi5 fait1 dor1 cuit po9t1 et dont le fumet aurait t5t un sa9t4 ,les anci5s1 qui n'avai5t plus faim1 n'y fir5t pas beauc\p d'att5tion2 mais les puissances dige/ives du jeune ,prosp] en fur5t branles2 l'eau lui v9t la b\*e1 et il s'cria3 ,je ne fais que sortir de table1 je n'en gage pas mo9s que je mang]ai ce gros d9don moi t\t seul4--,sez vosu mes1 z'u payo1 rpondit ,b\vi] du ,b\*et1 gros f]mi] qui se tr\vait prs5t2 sez vos caca en rotaz1 i-zet vos ket pair et may ket mez]ai la re/az#aa4 ,l'excution comm5a immdiatem5t4 ,le jeune a?lte dta*a proprem5t une aile1 l'avala en deux b\*es1 aprs quoi il se nettoya les d5ts en grugeant le c\ de la volaille1 et b un v]re de v9 p\r s]vir d'entracte4 ,bi5tt il attaqua la cuisse1 la mangea avec le mme sang-froid1 et dp*a un second v]re de v91 p\r prp>] les voies au passage du surplus4 ,aussitt la seconde aile suivit la mme r\te3 elle disp>ut1 et l'(ficiant1 t\j\rs plus anim1 saisissait dj le d]ni] membre1 qu& le malheureux f]mi] s'cria d'une voix dol5te3 ,hai6 ze vaie pra\ qu'izet fotu2 m'ez1 mon*e ,*ib\et1 poez kaet zu daive paiet1 less m'en a m'en mesiet on mo*o#ab4 ,note #aa3 ,si v\s le mangez1 je v\s le paie2 mais si v\s re/ez en r\te2 c'e/ v\s qui pai]ez1 et moi qui mang]ai le re/e4 ,note #ab3 ,hlas6 je vois bi5 que c'en e/ f9i2 mais1 monsieur ,sibuet1 puisque je dois le pay]1 laissez-m'en au mo9s mang] un morceau4 ,je cite avec plaisir cet *antillon du patois du ,bugey1 o l'on tr\ve le ? des ,grecs et des ,anglais1 et1 dans le mot pra\ et autres semblables1 une diphtongue qui n'exi/e en aucune langue1 et dont on ne peut pe9dre le s\ p> aucun c>actre connu4 7,voyez le #c;e volume des ,mmoires de la ,socit royale des ,antiquaires de ,france74 ,prosp] tait aussi bon g>on qu'il fut depuis bon militaire2 il cons5tit la dem&e de son anti-p>t5aire1 qui eut1 p\r sa "p1 la c>casse encore assez opime1 de l'oiseau en consommation1 et paya ensuite de =t bonne grce et le pr9cipal et les accessoires obligs4 ,le gnral ,sibuet se plaisait beauc\p racont] cette pr\esse de son jeune ge2 il disait que ce qu'il avait fait1 en associant le f]mi]1 tait de pure c\rtoisie2 il assurait que1 sans cette assi/ance1 il se s5tait t\te la puissance ncessaire p\r gagn] la gageure2 et ce qui1 qu>ante ans1 lui re/ait d'apptit1 ne p]mettait pas de d\t] de son ass]tion4 ,illu/ration3 page #jfg ,m,,ditation #e ,des ,alim5ts en ,gnral4 ,,section ,,premi,,re4 ,df9itions4 #bf4 ,qu'ent5d-on p> alim5ts8 ,rponse populaire3 ,l'alim5t e/ t\t ce qui n\s n\rrit4 ,rponse sci5tifique3 ,on ent5d p> alim5t les sub/ances qui1 s\mises l'e/omac1 peuv5t s'animalis] p> la dige/ion1 et rp>] les p]tes que fait le corps huma9 p> l'usage de la vie4 ,a9si1 la qualit di/9ctive de l'alim5t consi/e dans la proprit de subir l'assimilation animale4 ,travaux analytiques4 #bg4--,le rgne animal et le rgne vgtal sont ceux qui1 jusqu' prs5t1 ont f\rni des alim5ts au g5re huma94 ,on n'a encore tir des m9raux que des remdes ou des poisons4 ,depuis que la *imie analytique e/ dev5ue une sci5ce c]ta9e1 on a pntr trs avant dans la d\ble nature des lm5ts dont notre corps e/ compos1 et des sub/ances que la nature semble avoir de/9es en rp>] les p]tes4 ,ces tudes avai5t entre elles une gr&e analogie1 puisque l'homme e/ compos en gr&e p>tie des mmes sub/ances que les animaux dont il se n\rrit1 et qu'il a bi5 fallu *]*] aussi dans les vgtaux les aff9its p> suite desquelles ils devi5n5t eux-mmes animalisables4 ,on a fait dans ces deux voies les travaux les plus l\ables et en mme temps les plus m9utieux1 et on a suivi1 soit le corps huma91 soit les alim5ts p> lesquels il se rp>e1 d'abord dans leurs p>ticules secondaires1 et ensuite dans leurs lm5ts1 au-del desquels il ne n\s a po9t encore t p]mis de pntr]4 ,ici j'avais l'int5tion de plac] un petit trait de *imie alim5taire1 et d'appr5dre mes lecteurs en combi5 de millimes de c>bone1 d'hydrogne1 etc41 on p\rrait rduire eux et les mets qui les n\rriss5t2 mais j'ai t arrt p> le rflexion que je ne p\vais gure remplir cette t*e qu'en copiant les excell5ts traits de *imie qui sont entre les ma9s de t\t le monde4 ,j'ai cra9t encore de tomb] dans des dtails /riles1 et me suis rduit une nom5clature raisonne1 sauf faire pass] p>-ci p>-l quelques rsultats *imiques1 en t]mes mo9s hrisss et plus intelligibles4 ,osmazme4 #bh4 ,le plus gr& s]vice r5du p> la *imie la sci5ce alim5taire e/ la dc\v]te ou plutt la prcision de l'osmazme4 ,l'osmazme e/ cette p>tie m9emm5t sapide des vi&es1 qui e/ soluble l'eau froide1 et qui se di/+ue de la p>tie extractive en ce que cette d]nire n'e/ soluble que dans l'eau b\illante4 ,c'e/ l'osmazme qui fait le mrite des bons potages2 c'e/ lui qui1 en se c>amlisant1 =me le r\x des vi&es2 c'e/ p> lui que se =me le rissol des rtis1 enf9 c'e/ de lui que sort le fumet de la v5aison et du gibi]4 ,l'osmazme se retire surt\t des animaux adultes *airs r\ges1 noires1 et qu'on e/ conv5u d'appel] *airs faites2 on n'en tr\ve po9t ou presque po9t dans l'agneau1 le co*on de lait1 le p\let1 et mme dans le blanc des plus grosses volailles3 c'e/ p> cette raison que les vrais connaisseurs ont t\j\rs prfr l'entre-cuisse2 *ez eux l'in/9ct du gt avait prv5u la sci5ce4 ,illu/ration3 ,,les ,,alim5ts ,g4 de ,,conet1 diteur ,c'e/ aussi la presci5ce de l'osmazme qui a fait *ass] tant de cuis9i]s1 conva9cus de di/raire le premi] b\illon3 c'e/ elle qui fit la rputation des s\pes de primes1 qui a fait adopt] les crotes au pot comme con=tatives dans le ba91 et qui fit inv5t] au *ano9e ,*evri] des m>mites f]mantes clef2 c'e/ le mme qui l'on ne s]vait jamais des p9>ds le v5dr$i qu'autant qu'ils avai5t t cuits ds le diman*e1 et remis *aque j\r sur le feu avec une n\velle addition de beurre frais4 ,enf9 c'e/ p\r mnag] cette sub/ance1 quoique encore inconnue1 que s'e/ introduite la maxime que1 p\r faire de bon b\illon1 la m>mite ne devait que s\rire1 expression =t di/+ue p\r le pays d'o elle e/ v5ue4 ,l'osmazme1 dc\v]t aprs avoir fait si longtemps les dlices de nos pres1 peut se comp>] l'alcool1 qui a gris bi5 des gnrations avant qu'on ait su qu'on p\vait le mettre nu p> la di/illation4 l'osmazme succde1 p> le traitem5t l'eau b\illante1 ce qu'on ent5d plus spcialem5t p> matire extractive3 ce d]ni] produit1 runi l'osmazme1 compose le jus de la vi&e4 ,pr9cipe des alim5ts4 ,la fibre e/ ce qui compose le tissu de la *air et ce qui se prs5te l'oeil aprs la cuisson4 ,la fibre rsi/e l'eau b\illante1 et cons]ve sa =me1 quoique dp\ille d'une p>tie de ses enveloppes4 ,p\r bi5 dpec] les vi&es1 il faut avoir so9 que la fibre fasse un angle droit1 ou peu prs1 avec la lame du c\teau3 la vi&e a9si c\pe a un aspect plus agrable1 se gte mieux1 et se m*e plus facilem5t4 ,les os sont pr9cipalem5t composs de glat9e et de phosphate de *aux4 ,la quantit de glat9e dim9ue mesure qu'on avance en ge soixante-dix ans1 les os ne sont plus qu'un m>bre imp>fait2 c'e/ ce qui les r5d si cassants1 et fait une loi de prud5ce aux vieill>ds d'vit] t\te occasion de *ute4 ,l'album9e se tr\ve galem5t dans la *air et dans le sang2 elle se coagule une *aleur au dess\s de #dj degrs3 c'e/ elle qui =me l'cume du pot-au-feu4 ,la glat9e se r5contre galem5t dans les os1 les p>ties molles et c>tilag9euses2 sa qualit di/9ctive e/ de se coagul] la temprature ord9aire de l'atmosphre2 deux p>ties et demie sur c5t d'eau *aude suffis5t p\r cela4 ,la glat9e e/ la base de t\te les geles grasses et maigres1 blancs-mang]s1 et autres prp>ations analogues4 ,la graisse e/ une huile concrte qui se =me dans les int]/ices du tissu cellulaire1 et s'agglomre quelquefois en masse dans les animaux que l'art ou la nature y prdispose1 comme les co*ons1 les volailles1 les ortolans et les becs-figues2 dans quelques-uns de ces animaux1 elle p]d son insipidit1 et pr5d un lg] arme qui la r5d =t agrable4 ,le sang se compose d'un srum album9eux1 de fibr9e1 d'un peu de glat9e et d'un peu d'osmazme2 il se coagule l'eau *aude1 et devi5t un alim5t trs n\rrissant 7v4 g4 le b\d974 ,t\s les pr9cipes que n\s v5ons de pass] en revue sont communs l'homme et aux animaux dont il a c\tume de se n\rrir4 ,il n'e/ donc po9t tonnant que la dite animale soit m9emm5t re/aurante et =tifiante2 c> les p>ticules dont elle se compose1 ayant avec les ntres une gr&e similitude et ayant dj t animalises1 peuv5t facilem5t s'animalis] de n\veau lorsqu'elles sont s\mises l'action vitale de nos organes dige/eurs4 ,rgne vgtal4 #bi4 ,cep5dant le rgne vgtal ne prs5te la nutrition ni mo9s de v>its ni mo9s de ress\rces4 ,la fcule n\rrit p>faitem5t1 et d'autant mieux qu'elle e/ mo9s mlange de pr9cipes trang]s4 ,on ent5d p> fcule la f>9e ou p\ssire qu'on peut obt5ir des gra9es crales1 des lgum9euses et de plusieurs espces de rac9es1 p>mi lesquelles la pomme de t]re ti5t jusqu' prs5t le premi] rang4 ,la fcule e/ la base du pa91 des ptiss]ies et des pures de t\te espce1 et entre a9si p\r une trs gr&e p>tie dans la n\rriture de presque t\s les peuples4 ,on a obs]v qu'une p>eille n\rriture amollit la fibre et mme le c\rage4 ,on en donne p\r preuve les ,indi5s1 qui viv5t presque exclusivem5t de riz et qui se sont s\mis quiconque a v\lu les ass]vir4 ,presque t\s les animaux dome/iques mang5t avec avidit la fcule1 et ils sont1 au contraire1 s+ulirem5t =tifis1 p>ce que c'e/ une n\rriture plus sub/antielle que les vgtaux secs ou v]ts qui sont leur pture habituelle4 ,le sucre n'e/ pas mo9s considrable1 soit comme alim5t1 soit comme mdicam5t4 ,cette sub/ance1 autrefois relgue aux ,indes ou aux colonies1 e/ dev5ue indigne au comm5cem5t de ce sicle4 ,on l'a dc\v]te et suivie dans le rais91 les navets1 la *taigne1 et surt\t dans la bett]ave2 de sorte que1 rig\reusem5t p>lant1 l',europe p\rrait1 s\s ce rapport1 se suffire et se pass] de l',amrique ou de l',inde4 ,c'e/ un s]vice m95t que la sci5ce a r5du la socit1 et un exemple qui peut avoir dans la suite des rsultats plus t5dus4 7,voyez ci-aprs1 article ,,sucre74 ,le sucre1 soit l'tat solide1 soit dans les div]ses plantes o la nature l'a plac1 e/ extrmem5t n\rrissant2 les animaux en sont fri&s1 et les ,anglais1 qui en donn5t beauc\p leurs *evaux de luxe1 ont rem>qu qu'ils en s\ti5n5t bi5 mieux les div]ses preuves auxquelles on les s\met4 ,le sucre1 qu'aux j\rs de ,l\is ,,xiv on ne tr\vait que *ez les apo?icaires1 a donn naissance div]ses pr(essions lucratives1 telles que les ptissi]s du petit-f\r1 les confiseurs1 les liquori/es et autres m>*&s de fri&ises4 ,les huiles d\ces provi5n5t a9si du rgne vgtal2 elles ne sont escul5tes qu'autant qu'elles sont unies d'autres sub/ances1 et doiv5t surt\t tre reg>des comme un assaisonnem5t4 ,le glut51 qu'on tr\ve p>ticulirem5t dans le from5t1 conc\rt puissamm5t la f]m5tation du pa9 dont il fait p>tie2 les *imi/es ont t jusqu' lui donn] une nature animale4 ,on a fait ,p>is1 p\r les enfants et les oiseaux1 et p\r les hommes dans quelques dp>tem5ts1 des ptiss]ies o le glut5 dom9e1 p>ce qu'une p>tie de la fcule a t s\/raite au moy5 de l'eau4 ,le mucilage doit sa qualit nutritive aux div]ses sub/ances auxquelles il s]t de vhicule4 ,la gomme peut dev5ir1 au beso91 un alim5t2 ce qui ne doit pas tonn]1 puisqu' trs peu de *ose prs elle conti5t les mmes lm5ts que le sucre4 ,la glat9e vgtale qu'on extrait de plusieurs espces de fruits1 notamm5t des pommes1 des groseilles1 des co+s1 et de quelques autres1 peut aussi s]vir d'alim5t3 elle en fait mieux la fonction1 unie au sucre1 mais t\j\rs beauc\p mo9s que les geles animales qu'on tire des os1 des cornes1 des pi$s de veau et de la colle de poisson4 ,cette n\rriture e/ en gnral lgre1 ad\cissante et salutaire4 ,aussi la cuis9e et l'(fice s'en emp>5t et se la disput5t4 ,diffr5ce du gras au maigre4 ,au jus prs1 qui1 comme n\s l'avons dit1 se compose d'osmazme et d'extractif1 on tr\ve dans les poissons la plup>t des sub/ances que n\s avons signales dans les animaux t]re/res1 telles que la fibr9e1 la glat9e1 l'album9e3 de sorte qu'on peut dire avec raison que c'e/ le jus qui sp>e le rgime gras du maigre4 ,ce d]ni] e/ encore m>qu p> une autre p>ticul>it3 c'e/ que le poisson conti5t en outre une quantit notable de phosphore et d'hydrogne1 c'e/--dire ce qu'il y a de plus combu/ible dans la nature4 ,d'o il suit que l'i*?yophagie e/ une dite *auffante3 ce qui p\rrait lgitim] c]ta9es l\anges donnes jadis quelques ordres religieux1 dont le rgime tait directem5t contraire celui de leurs voeux dj rput le plus fragile4 ,obs]vations p>ticulires4 #cj4--;,je n'en dirai pas davantage sur cette "q de physiologie2 mais je ne dois pas omettre un fait dont on peut facilem5t vrifi] l'exi/5ce3 ,il y a quelques annes que j'allai voir une maison de campagne1 dans un petit hameau des environs de ,p>is1 situ sur le bord de la ,se9e1 en avant de l'le de ,sa9t-,d5is1 et consi/ant pr9cipalem5t en huit cabanes de p*eurs4 ,je fus frapp de la quantit d'enfants que je vis f\rmill] sur la r\te4 ,j'en m>quai mon tonnem5t au bateli] avec lequel je trav]sai la rivire4 ,monsieur1 me dit-il1 n\s ne sommes ici que huit familles1 et n\s avons c9quante-trois enfants1 p>mi lesquels il se tr\ve qu>ante-neuf filles et seulem5t quatre g>ons1 et de ces quatre g>ons1 en voil un qui m'app>ti5t4 ,en disant ces mots1 il se r$ressait d'un air de triomphe1 et me montrait un petit m>mot de c9q six ans1 c\* sur le devant du bateau1 o il s'amusait grug] des crevisses crues4 ,ce petit hameau s'appelle444 ,illu/ration ,de cette obs]vation qui remonte plus de dix ans1 et de quelques autres que je ne puis pas aussi facilem5t indiqu]1 j'ai t am5 p5s] que le m\vem5t gnsique caus p> la dite i*?yaque p\rrait bi5 tre plus irritant que pl?orique et sub/antiel2 et j'y p]si/e d'autant plus volonti]s que1 t\t rcemm5t1 le docteur ,bailly a pr\v1 p> une suite de faits obs]vs p5dant prs d'un sicle1 que t\tes les fois que1 dans les naissances annuelles1 le nombre des filles e/ notablem5t plus gr& que celui des g>ons1 la surabondance des femelles e/ t\j\rs due des circon/ances dbilitantes2 ce qui p\rrait bi5 n\s indiqu] aussi l'orig9e des plaisant]ies qu'on a faites de t\t temps au m>i dont la femme acc\*e d'une fille4 ,il y aurait encore beauc\p de *oses dire sur les alim5ts considrs dans leur ensemble1 et sur les div]ses modifications qu'ils peuv5t subir p> le mlange qu'on peut en faire2 mais j'espre que ce qui prcde suffira1 et au-del1 p\r le plus gr& nombre de mes lecteurs4 ,je r5voie les autres au trait ex pr(esso1 et je f9is p> deux considrations qui ne sont pas sans quelque intrt4 ,la premire e/ que l'animalisation se fait peu prs de la mme manire que la vgtation1 c'e/--dire que le c\rant rp>ateur =m p> la dige/ion e/ aspir de div]ses manires p> les cribles ou suoirs dont nos organes sont p\rvus1 et devi5t *air1 ongle1 os ou *eveu1 comme la mme t]re arrose de la mme eau produit un radis1 une laitue ou un piss5lit1 selon les gra9es que le j>d9i] lui a confies4 ,la seconde e/ qu'on n'obti5t po9t1 dans l'organisation vitale1 les mmes produits que dans la *imie absolue2 c> les organes de/9s produire la vie et le m\vem5t agiss5t puissamm5t sur les pr9cipes qui leur sont s\mis4 ,mais la nature1 qui se plat s'envelopp] de voiles et n\s arrt] au second ou au troisime pas1 a ca* le laboratoire o elle fait ses trans=mations2 et il e/ vritablem5t difficile d'expliqu] comm5t1 tant conv5u que le corps huma9 conti5t de la *aux1 du phosphore1 du f] et dix autres sub/ances encore1 t\t cela peut cep5dant se s\t5ir et se r5\vel] p5dant plusieurs annes avec du pa9 et de l'eau4 ,,m$itation ,,vi ,des ,spcialits4 ,,section ,,ii4 #ca4 ,lorsque j'ai comm5c d'crire1 ma table des matires tait faite1 et mon livre t\t enti] dans ma tte2 cep5dant je n'ai avanc qu'avec l5teur1 p>ce qu'une p>tie de mon temps e/ consacre des travaux plus srieux4 ,durant cet int]valle de temps1 quelques p>ties de la matire que je croyais m'tre rs]ve ont t effleures2 des livres lm5taires de *imie et de matire mdicale ont t mis entre les ma9s de t\t le monde2 et des *oses que je croyais enseign] p\r la premire fois sont dev5ues populaires3 p> exemple1 j'avais employ la *imie du pot-au-feu plusieurs pages dont la sub/ance se tr\ve dans deux ou trois ouvrages rcemm5t publis4 ,en consqu5ce1 j'ai d revoir cette p>tie de mon travail1 et l'ai tellem5t ress]re qu'elle se tr\ve rduite quelques pr9cipes lm5taires1 des ?ories qui ne saurai5t tre trop propages1 et quelques obs]vations1 fruit d'une longue expri5ce1 et qui1 je l'espre1 s]ont n\velles p\r la gr&e p>tie de mes lecteurs4 ,i]4--,pot-au-feu1 ,potage1 etc4 #cb4 ,on appelle pot-au-feu un morceau de boeuf de/9 tre trait l'eau b\illante lgrem5t sale1 p\r en extraire les p>ties solubles4 ,le b\illon e/ le liquide qui re/e aprs l'opration consomme4 ,enf9 on appelle b\illi la *air dp\ille de sa p>tie soluble4 ,l'eau diss\t d'abord une p>tie de l'osmazme2 puis l'album9e1 qui1 se coagulant avant le #ej;e degr de ,raumur1 =me l'cume qu'on enlve ord9airem5t2 puis1 le surplus de l'osmazme avec la p>tie extractive ou jus2 enf91 quelques portions de l'enveloppe des fibres1 qui sont dta*es p> la cont9uit de l'bullition4 ,p\r avoir de bon b\illon1 il faut que l'eau s'*auffe l5tem5t1 af9 que l'album9e ne se coagule pas dans l'intrieur avant d'tre extraite2 et il faut que l'bullition s'ap]oive pe9e1 af9 que les div]ses p>ties qui sont successivem5t diss\tes puiss5t s'unir intimem5t et sans tr\ble4 ,on jo9t au b\illon des lgumes ou des rac9es p\r en relev] le gt1 et du pa9 ou des ptes p\r le r5dre plus n\rrissant3 c'e/ ce qu'on appelle un potage4 ,le potage e/ une n\rriture sa9e1 lgre1 n\rrissante1 et qui convi5t t\t le monde2 il rj\it l'e/omac1 et le dispose recevoir et digr]4 ,les p]sonnes m5aces d'obsit n'en doiv5t pr5dre que le b\illon4 ,on convi5t gnralem5t qu'on ne mange nulle "p d'aussi bon potage qu'en ,france1 et j'ai tr\v dans mes voyages la confirmation de cette vrit4 ,ce rsultat ne doit po9t tonn]2 c> le potage e/ la base de la dite nationale franaise1 et l'expri5ce des sicles a d le port] sa p]fection4 ,,ii4--,du ,b\illi4 #cc4 ,le b\illi e/ une n\rriture sa9e1 qui apaise promptem5t la faim1 se digre assez bi51 mais qui seul ne re/aure pas beauc\p1 p>ce que la vi&e a p]du dans l'bullition une p>tie des sucs animalisables4 ,on ti5t comme rgle gnrale en adm9i/ration que le boeuf b\illi a p]du la moiti de son poids4 ,n\s compr5ons s\s quatre catgories les p]sonnes qui mang5t le b\illi3 #a ,les r\t9i]s1 qui en mang5t p>ce que leurs p>5ts en mangeai5t1 et qui1 suivant cette pratique avec une s\mission implicite1 espr5t bi5 aussi tre imits p> leurs enfants2 #b ,les impati5ts1 qui1 abhorrant l'inactivit table1 ont contract l'habitude de se jet] immdiatem5t sur la premire matire qui se prs5te 7mat]iam subjectam72 #c ,les inatt5tifs1 qui1 n'ayant pas reu du ciel le feu sacr1 reg>d5t les repas comme les heures d'un travail oblig1 mett5t sur le mme niveau t\t ce qui peut les n\rrir1 et sont table comme l'hutre sur son banc2 #d ,les dvorants1 qui1 d\s d'un apptit dont ils *]*5t dissimul] l't5due1 se ht5t de jet] dans leur e/omac une premire victime p\r apais] le feu ga/rique qui les dvore1 et s]vir de base aux div]s envois qu'ils se propos5t d'a*em9] p\r la mme de/9ation4 ,les pr(esseurs ne mang5t jamais de b\illi1 p> respect p\r les pr9cipes et p>ce qu'ils ont fait ent5dre en *aire cette vrit inconte/able3 ,le b\illi e/ de la *air mo9s son jus#ac4 ,note #ac3 ,cette vrit comm5ce p]c]1 et le b\illi a disp>u dans les dn]s vritablem5t soigns2 on le remplace p> un filet rti1 un turbot ou une matelote4 ,,iii4--,volailles4 #cd4 ,je suis gr& p>tisan des causes secondes1 et crois f]mem5t que le g5re enti] des gall9acs a t cr uniquem5t p\r dot] nos g>de-mang]s et enri*ir nos banquets4 ,effectivem5t1 depuis la caille jusqu'au coq-d',inde1 p>t\t o on r5contre un individu de cette nombreuse famille1 on e/ sr de tr\v] un alim5t lg]1 sav\reux1 et qui convi5t galem5t au convalesc5t et l'homme qui j\it de la plus robu/e sant4 ,c> quel e/ celui d'entre n\s qui1 condamn p> la ,facult la *re des ,pres du ds]t1 n'a pas s\ri l'aile de p\let proprem5t c\pe1 qui lui annonait qu'enf9 il allait tre r5du la vie sociale8 ,illu/ration ,n\s ne n\s sommes pas cont5ts des qualits que la nature avait donnes aux gall9acs2 l'art s'en e/ emp>1 et s\s prtexte de les amlior]1 il en a fait des m>tyrs4 ,non seulem5t on les prive des moy5s de se reproduire1 mais on les ti5t dans la solitude1 on les jette dans l'obscurit1 on les =ce mang] et on les amne a9si un embonpo9t qui ne leur tait pas de/94 ,il e/ vrai que cette graisse ultra-naturelle e/ aussi dlicieuse1 et que c'e/ au moy5 de ces pratiques damnables qu'on leur donne cette f9esse et cette succul5ce qui en font les dlices de nos meilleures tables4 ,a9si amliore1 la volaille e/ p\r la cuis9e ce qu'e/ la toile p\r les pe9tres1 et p\r les *>latans le *apeau de ,=tunatus2 on n\s la s]t b\illie1 rtie1 frite1 *aude ou froide1 entire ou p> p>ties1 avec ou sans sauce1 dsosse1 cor*e1 f>cie1 et t\j\rs avec un gal succs4 ,trois pays de l'anci5ne ,france se disput5t l'honneur de f\rnir les meilleures volailles savoir3 le pays de ,caux1 le ,mans et la ,bresse4 ,relativem5t aux *apons1 il y a du d\te1 et celui qu'on ti5t s\s la f\r*ette doit p>atre le meilleur2 mais p\r les p\l>des1 la prfr5ce app>ti5t celles de ,bresse1 qu'on appelle p\l>des f9es1 et qui sont rondes comme une pomme2 c'e/ gr& dommage qu'elles soi5t r>es ,p>is1 o elles n'arriv5t que dans des b\rri*es votives4 ,,iv4--,du ,coq-d',inde4 #ce4 ,le d9don e/ c]ta9em5t un des plus beaux cadeaux que le n\veau monde ait faits l'anci54 ,ceux qui veul5t t\j\rs en savoir plus que les autres ont dit que le d9don tait connu aux ,roma9s1 qu'il en fut s]vi un aux noces de ,*>lemagne1 et qu'a9si c'e/ mal propos qu'on attribue aux jsuites l'honneur de cette sav\reuse importation4 ces p>adoxes on p\rrait n'oppos] que deux *oses3 #a ,le nom de l'oiseau1 qui atte/e son orig9e2 c> autrefois l',amrique tait dsigne s\s le nom d',indes occid5tales2 #b ,la figure du coq-d',inde1 qui e/ videmm5t t\t trangre4 ,un savant ne p\rrait pas s'y tromp]4 ,mais1 quoique dj bi5 p]suad1 j'ai fait ce sujet des re*]*es assez t5dues1 dont je fait grce au lecteur1 et qui m'ont donn p\r rsultat3 #a ,que le d9don a p>u en ,europe v]s la f9 du dix-septime sicle4 #b ,qu'il a t import p> les jsuites1 qui en levai5t une gr&e quantit1 spcialem5t dans une f]me qu'ils possdai5t aux environs de ,b\rges4 #c ,que c'e/ de l qu'ils se sont rp&us peu peu sur la surface de la ,france3 c'e/ ce qui fait qu'en beauc\p d'endroits1 et dans le langage famili]1 on disait autrefois et on dit encore un jsuite1 p\r dsign] un d9don2 #d ,que l',amrique e/ le seul endroit o on a tr\v le d9don sauvage et dans l'tat de nature 7il n'en exi/e pas en ,afrique72 #e ,que dans les f]mes de l',amrique sept5trionale o il e/ =t commun1 il provi5t1 soit des oeufs qu'on a pris et fait c\v]1 soit des jeunes d9donneaux qu'on a surpris dans les bois et apprivoiss3 ce qui fait qu'ils sont plus prs de l'tat de nature1 et cons]v5t davantage leur plumage primitif4 ,et va9cu p> ces preuves1 je cons]ve aux bons pres une d\ble "p de reconnaissance1 c> ils ont aussi import le qu9qu9a1 qui se nommait en anglais ,jsuit's b>k 7corce des jsuites74 ,les mmes re*]*es m'ont appris que l'espce du coq-d',inde s'acclimate ins5siblem5t en ,france avec le temps4 ,des obs]vateurs clairs m'ont appris que v]s le milieu du sicle prcd5t1 sur v+t d9dons clos1 dix pe9e v5ai5t bi52 t&is que ma9t5ant1 t\tes *oses gales1 sur v+t on en lve qu9ze4 ,les pluies d'orage leur sont surt\t fune/es4 ,les grosses g\ttes de pluie1 *asses p> le v5t1 frapp5t sur leur tte t5dre et mal abrite1 elles font prir4 ,des ,d9doniphiles4 #cf4--,le d9don e/ le plus gros1 et s9on le plus f91 du mo9s le plus sav\reux de nos oiseaux dome/iques4 ,il j\it encore de l'avantage unique de runir aut\r de soi t\tes les classes de la socit4 ,qu& les vign]ons et les cultivateurs de nos campagnes veul5t se rgal] dans les longues soires d'hiv]1 que voit-on rtir au feu brillant de la cuis9e o la table e/ mise8 un d9don4 ,qu& le fabricant utile1 qu& l'arti/e laborieux rassemble quelques amis p\r j\ir d'un rel*e d'autant plus d\x qu'il e/ plus r>e1 quelle e/ la pice oblige du dn] qu'il leur (fre8 un d9don f>ci de saucisses ou de m>rons de ,lyon4 ,et dans nos c]cles les plus m9emm5t ga/ronomiques1 dans ces runions *oisies1 o la politique e/ =ce de cd] le pas aux diss]tations sur le gt1 qu'att5d-on8 que dsire-t-on8 que voit-on au second s]vice8 une d9de truffe6444 ,et mes mmoires secrets conti5n5t la note que son suc re/aurateur a plus d'une fois clairci des faces m9emm5t diplomatiques4 ,influ5ce f9ancire du d9don4 #cg4--,l'importation des d9dons e/ dev5ue la cause d'une addition importante la =tune publique1 et donne lieu un comm]ce assez considrable4 ,au moy5 de l'ducation des d9dons1 les f]mi]s acquitt5t plus facilem5t le prix de leurs baux2 les jeunes filles amass5t s\v5t une dot suffisante1 et les citad9s qui veul5t se rgal] de cette *air trangre sont obligs de cd] leurs cus en comp5sation4 ,dans cet article purem5t f9anci]1 les d9des truffes dem&5t une att5tion p>ticulire4 ,j'ai quelque raison de croire que depuis le comm5cem5t de novembre jusqu' la f9 de fvri]1 il se consomme ,p>is trois c5ts d9des truffes p> j\r3 en t\t tr5te-six mille d9des4 ,le prix commun de *aque d9de1 a9si conditionne1 e/ au mo9s de #bj fr41 en t\t #gbj1jjj fr42 ce qui fait un =t joli m\vem5t d'arg5t4 quoi il faut jo9dre une somme p>eille p\r les volailles1 faisans1 p\lets et p]drix p>eillem5t truffs1 qu'on voit *aque j\r tals dans les magas9s de come/ibles1 p\r le supplice des contemplateurs qui se tr\v5t trop c\rts p\r y atte9dre4 ,exploit du pr(esseur4 #ch4 ,p5dant mon sj\r ,h>t=t dans le ,connecticut1 j'ai eu le bonheur de tu] une d9de sauvage4 ,cet exploit mrite de pass] la po/rit1 et je le cont]ai avec d'autant plus de complaisance que c'e/ moi qui en suis le hros4 ,un vnrable propritaire amrica9 7am]ican f>m]7 m'avait invit all] *ass] *ez lui2 il demeurait sur les d]rires de l'tat 7back gr\nds71 me promettait des p]drix1 des cureuils gris1 des d9des sauvages 7wild cocks71 et me donnait la facult d'y m5] avec moi un ami ou deux mon *oix4 ,illu/ration3 page #jhd ,en consqu5ce1 un beau j\r d'octobre #agid1 n\s n\s a*em9mes1 ,m4 ,k+ et moi1 monts sur deux *evaux de l\age1 avec l'espoir d'arriv] v]s le soir la f]me de ,m4 ,bul[1 situe c9q mortelles lieues de ,h>t=t1 dans le ,connecticut4 ,m4 ,k+ tait un *asseur d'une espce extraord9aire2 il aimait passionnm5t cet ex]cice2 mais qu& il avait tu une pice de gibi]1 il se reg>dait comme un meurtri]1 et faisait sur le sort du dfunt des rflexions morales et des lgies qui ne l'emp*ai5t pas de recomm5c]4 ,quoique le *em9 ft pe9e trac1 n\s arrivmes sans accid5t1 et n\s fmes reu avec cette hospitalit cordiale et sil5cieuse qui s'exprime p> des actes1 c'e/--dire qu'en peu d'in/ants t\t fut exam91 c>ess et hb]g1 hommes1 *evaux et *i5s suivant les conv5ances respectives4 ,deux heures environ fur5t employes exam9] la f]me et ses dp5dances3 je dcrirais t\t cela si je v\lais1 mais j'aime mieux montr] au lecteur quatre beaux br9s de fille 7buxum lasses7 dont ,m4 ,bul[ tait pre1 et p\r qui notre arrive tait un gr& vnem5t4 ,leur ge tait de seize v+t ans2 elles tai5t rayonnantes de fra*eur et de sant1 et il y avait dans t\te leur p]sonne tant de simplicit1 de s\plesse et d'ab&on1 que l'action la plus commune suffisait p\r leur prt] mille *>mes4 ,peu aprs notre ret\r de la prom5ade1 n\s n\s assmes aut\r d'une table abondamm5t s]vie4 ,un sup]be morceau de corn'd beef 7boeuf mi-sel71 une oie daube 7/ew'd71 et une magnifique jambe de m\ton 7gigot71 puis des rac9es de t\te espce 7pl5ty71 et aux deux b\ts de la table deux normes pots d'un cidre excell5t dont je ne p\vais pas me rassasi]4 ,qu& n\s emes montr notre hte que n\s tions de vrais *asseurs1 du mo9s p> l'apptit1 il s'occupa du b de notre voyage3 il n\s indiqua de son mieux les endroits o n\s tr\v]ions du gibi]1 les po9ts de reconnaissance qui n\s guid]ai5t au ret\r1 et surt\t les f]mes o n\s p\rrions tr\v] de quoi n\s rafra*ir4 ,p5dant cette conv]sation1 les dames avai5t prp> d'excell5t ?1 dont n\s avalmes plusieurs tasses2 aprs quoi on n\s montra une *ambre deux lits1 o l'ex]cice et la bonne *re n\s procurr5t un sommeil dlicieux4 ,le l5dema91 n\s n\s mmes en *asse un peu t>d2 et p>v5us au b\t des dfri*em5ts faits p> les ordres de ,m4 ,bul[1 je me tr\vai1 p\r la premire fois1 dans une =t vi]ge1 et o la cogne ne s'tait jamais fait ent5dre4 ,je m'y prom5ais avec dlices1 obs]vant les bi5faits et les ravages du temps qui cre et dtruit1 et je m'amusais suivre t\tes les priodes de la vie d'un *ne1 depuis le mom5t o il sort de la t]re avec deux feuilles1 jusqu' celui o il ne re/e plus de lui qu'une longue trace noire1 qui e/ la p\ssire de son coeur4 ,m4 ,k+ me repro*a mes di/ractions1 et n\s n\s mmes *ass]4 ,n\s tumes d'abord quelques-unes de ces jolies petites p]drix grises qui sont si rondes et si t5dres4 ,n\s abattmes ensuite six ou sept cureuils gris1 dont on fait gr& cas dans ce pays2 enf9 notre heureuse toile n\s am5a au milieu d'une compagnie de coqs-d',inde4 ,ils p>tir5t peu d'int]valle les uns des autres1 d'un vol bruyant1 rapide1 et en faisant de gr&s cris4 ,m4 ,kang tira sur le premi]1 et c\rut aprs3 les autres tai5t hors de porte2 enf91 le plus p>esseux s'leva dix pas de moi2 je le tirai dans une clairire1 et il tomba raide mort4 ,il faut tre *asseur p\r concevoir l'extrme joie que me causa un si beau c\p de fusil4 ,j'empoignai la sup]be volatile1 et je la ret\rnais en t\t s5s depuis un qu>t d'heure1 qu& j'ent5dis ,m4 ,k+ qui criait l'aide2 j'y c\rus1 et je tr\vai qu'il ne m'appelait que p\r l'aid] dans la re*]*e d'un d9don qu'il prt5dait avoir tu1 et qui n'en avait pas mo9s disp>u4 ,je mis mon *i5 sur la trace2 mais il n\s conduisit dans des halli]s si pais et si p9eux qu'un s]p5t n'y aurait pas pntr2 il fallut donc y r5onc]2 ce qui mit mon cam>ade dans un accs d'humeur qui dura jusqu'au ret\r4 ,le surplus de notre *asse ne mrite pas les honneurs de l'impression4 ,au ret\r1 n\s n\s g>mes dans ces bois indf9is1 et n\s c\rions gr& risque d'y pass] la nuit1 sans les voix arg5t9es des demoiselles ,bul[ et la pdale de leur papa1 qui avait eu la bont de v5ir au-devant de n\s1 et qui n\s aidr5t n\s en tir]4 ,les quatre soeurs s'tai5t mises s\s les armes3 des robes trs fra*es1 des ce9tures neuves1 de jolis *apeaux et une *aussure soigne annoncr5t qu'on avait fait quelques frais p\r n\s2 et j'eus1 de mon ct1 l'int5tion d'tre aimable p\r celle de ces demoiselles qui v9t pr5dre mon bras1 t\t aussi propritairem5t que si elle et t ma femme4 ,en arrivant la f]me1 n\s tr\vmes le s\p] s]vi2 mais1 avant que d'en pr(it]1 n\s n\s assmes un in/ant auprs d'un feu vif et brillant qu'on avait allum p\r n\s1 quoique le temps n'et pas indiqu cette prcaution4 ,n\s n\s en tr\vmes trs bi51 et fmes dlasss comme p> en*antem5t4 ,cette pratique v5ait sans d\te des ,indi5s1 qui ont t\j\rs du feu dans leur case4 ,peut-tre aussi e/-ce une tradition de sa9t ,franois de ,sales1 qui disait que le feu tait bon d\ze mois de l'anne4 7,non liquet47 ,n\s mangemes comme des affams2 un ample b[l de pun* v9t n\s aid] f9ir la soire1 et une conv]sation o notre hte mit bi5 plus d'ab&on que la veille n\s conduisit assez avant dans la nuit4 ,n\s p>lmes de la gu]re de l'indp5dance1 o ,m4 ,bul[ avait s]vi comme (fici] suprieur2 de ,m4 de ,la ,fayette1 qui gr&it sans cesse dans le s\v5ir des ,amrica9s1 qui ne le dsign5t que p> sa qualit 7! m>quis72 de l'agriculture1 qui1 en ce temps1 enri*issait les tats-,unis1 et enf9 de cette *re ,france1 que j'aimais bi5 plus depuis que j'avais t =c de la quitt]4 ,p\r repos] la conv]sation1 ,m4 ,bul[ disait de temps autre sa fille ane3 ,m>iah6 give u a song4 ,et elle n\s *anta sans se faire pri]1 et avec un emb>ras *>mant1 la *anson nationale ,yankee dudde1 la compla9te de la re9e ,m>ie et celle du major ,&r1 qui sont t\t--fait populaires en ce pays4 ,m>ia avait pris quelques leons1 et1 dans ces lieux levs1 passait p\r une virtuose2 mais son *ant tirait surt\t son mrite de la qualit de sa voix1 qui tait la fois d\ce1 fra*e et acc5tue4 ,le l5dema9 n\s "pmes malgr les in/ances les plus amicales3 c> l aussi j'avais des devoirs remplir4 ,p5dant qu'on prp>ait les *evaux1 ,m4 ,bul[1 m'ayant pris "p1 me dit ces p>oles rem>quables3 ,v\s voyez en moi1 mon *] monsieur1 un homme heureux1 s'il y en a un s\s le ciel3 t\t ce qui v\s ent\re et ce que v\s avez vu *ez moi sort de mes proprits4 ,ces bas1 mes filles les ont tricots2 mes s\li]s et mes habits provi5n5t de mes tr\peaux2 ils contribu5t aussi1 avec mon j>d9 et ma basse-c\r1 me f\rnir une n\rriture simple et sub/antielle2 et ce qui fait l'loge de notre g\v]nem5t1 c'e/ qu'on compte dans le ,connecticut des milli]s de f]mi]s t\t aussi cont5ts que moi1 et dont les portes1 de mme que les mi5nes1 n'ont pas de s]rures4 ,les impts ici ne sont presque ri52 et tant qu'ils sont pays n\s p\vons dormir sur les deux oreilles4 ,le congrs favorise de t\t son p\voir notre indu/rie naissante2 des facteurs se crois5t en t\t s5s p\r n\s db>rass] de ce que n\s avons v5dre2 et j'ai de l'arg5t comptant p\r longtemps1 c> je vi5s de v5dre1 au prix de v+t-quatre doll>s le tonneau1 la f>9e que je donne ord9airem5t p\r huit4 ,t\t n\s vi5t de la lib]t que n\s avons conquise et fonde sur de bonnes lois4 ,je suis matre *ez moi1 et v\s ne v\s en tonn]ez pas qu& v\s saurez qu'on n'y ent5d jamais le bruit du tamb\r1 et que1 hors le #d juillet1 anniv]saire glorieux de notre indp5dance1 on n'y voit ni soldats1 ni uni=mes1 ni baonnettes4 ,p5dant t\t le temps que dura notre ret\r1 j'eus l'air absorb dans de pr(ondes rflexions3 on croira peut-tre que je m'occupais de la d]nire allocution de ,m4 ,bul[2 mais j'avais bi5 d'autres sujets de mditation3 je p5sais la manire dont je f]ais cuire mon coq-d',inde1 et je n'tais pas sans emb>ras1 p>ce que je craignais de ne pas tr\v] ,h>t=d t\t ce que j'aurais dsir2 c> je v\lais m'lev] un trophe en talant avec avantage mes dp\illes opimes4 ,je fais un d\l\reux sacrifice en supprimant les dtails du travail pr(ond dont le b tait de trait] d'une manire di/+ue les convives amrica9s que j'avais engags4 ,il suffira de dire que les ailes de p]drix fur5t s]vies en papillote1 et les cureuils gris c\rb\illonns au v9 de ,madre4 ,quant au d9don1 qui faisait notre unique plat de rti1 il fut *>mant la vue1 flatteur l'odorat et dlicieux au gt4 ,aussi1 jusqu' la consommation de la d]nire de ses p>ticules1 on ent5dait t\t aut\r de la table3 ,v good6 exce$+ly good6 oh6 de> sir1 :at a glori\s bit6 ,trs bon1 extrmem5t bon6 mon *] monsieur1 quel glorieux morceau #ad6 ,v4--,du ,gibi]4 #ci4 ,on ent5d p> gibi] les animaux bons mang] qui viv5t dans les bois et les campagnes1 dans l'tat de lib]t naturelle4 ,n\s disons bons mang]1 p>ce que quelques-uns de ces animaux ne sont pas compris s\s la dnom9ation de gibi]4 ,tels sont les r5>ds1 blaireaux1 corbeaux1 pies1 *ats-huants et autres3 on les appelle btes puantes4 ,n\s divisons le gibi] en trois sries3 ,la premire comm5ce la grive et conti5t1 en desc5dant1 t\s les oiseaux de mo9dre volume1 appels petits oiseaux4 ,note #ad3 ,la *air de la d9de sauvage e/ plus colore et plus p>fume que celle de la d9de dome/ique44 ,j'ai appris avec plaisir que mon e/imable collgue1 ,m4 ,bosc1 en avait tu dans la ,c>ol9e1 qu'il les avait tr\ves excell5tes1 et surt\t bi5 meilleures que celles que n\s levons en ,europe4 ,aussi conseille-t-il ceux qui en lv5t de leur donn] le plus de lib]t possible1 de les conduire aux *amps1 et mme dans les bois1 p\r en rehauss] le gt et les rappro*] d'autant de l'espce primitive4 7,annales d',agriculture1 cah4 du #bh fvri] #ahba47 ,la seconde comm5ce en remontant au rle de g5t1 la bcasse1 la p]drix1 au faisan1 au lap9 et au livre2 c'e/ le gibi] proprem5t dit3 gibi] de t]re et gibi] de m>ais1 gibi] de poil1 gibi] de plume4 ,la troisime e/ plus connue s\s le nom de v5aison2 elle se compose du sangli]1 du *evreuil et de t\s les autres animaux fissipdes4 ,le gibi] fait les dlices de nos tables2 c'e/ une n\rriture sa9e1 *aude1 sav\reuse1 de haut gt1 et facile digr] t\tes les fois que l'individu e/ jeune4 ,mais ces qualits n'y sont pas tellem5t inhr5tes qu'elles ne dp5d5t beauc\p de l'habilet du prp>ateur qui s'en occupe4 ,jetez dans un pot du sel1 de l'eau et un morceau de boeuf1 v\s en retir]ez du b\illi et du potage4 ,au boeuf1 sub/ituez du sangli] ou du *evreuil1 v\s n'aurez ri5 de bon2 t\t l'avantage1 s\s ce rapport1 app>ti5t la vi&e de b\*]ie4 ,mais s\s les ordres d'un *ef in/ruit1 le gibi] subit un gr& nombre de modifications et trans=mations savantes1 et f\rnit la plup>t des mets de haute saveur qui con/itu5t la cuis9e transc5dante4 ,le gibi] tire aussi une gr&e p>tie de son prix de la nature du sol o il se n\rrit2 le gt d'une p]drix r\ge du ,prigord n'e/ pas le mme que celui d'une p]drix r\ge de ,sologne2 et qu& le livre tu dans les pla9es des environs de ,p>is ne p>at qu'un plat assez insignifiant1 un levreau n sur les coteaux brls du ,valromey ou du ,haut-,dauph9 e/ peut-tre le plus p>fum de t\s les quadrupdes4 ,p>mi les petits oiseaux1 le premi]1 p> ordre d'excell5ce1 e/ sans contr$it le becfigue4 ,il s'engraisse au mo9s autant que le r\ge-gorge ou l'ortolan1 et la nature lui a donn en outre une am]tume lgre et un p>fum unique si exquis1 qu'ils engag5t1 rempliss5t et batifi5t t\tes les puissances dgu/atrices4 ,si un becfigue tait de la grosseur d'un faisan1 on le pai]ait c]ta9em5t l'gal d'un arp5t de t]re4 ,c'e/ gr& dommage que cet oiseau privilgi se voie si r>em5t ,p>is3 il en arrive la vrit quelques-uns1 mais il leur manque la graisse qui fait t\t leur mrite1 et on peut dire qu'ils ressembl5t pe9e ceux qu'on voit dans les dp>tem5ts de l'e/ ou du midi de la ,france #ae4 ,note #ae3 ,j'ai ent5du p>l] ,belley1 dans ma jeunesse1 du jsuite ,fabi1 n dans ce diocse1 et du gt p>ticuli] qu'il avait p\r les becfigues4 ,ds qu'on en ent5dait cri]1 on disait3 ,voil les becfigues1 le pre ,fabi e/ en r\te4 ,effectivem5t1 il ne manquait jamais d'arriv] le #a;er septembre avec un ami3 ils v5ai5t s'en rgal] p5dant t\t le passage2 *acun se faisait un plaisir de les invit]1 et ils p>tai5t v]s le #be4 ,tant qu'il fut en ,france1 il ne manqua jamais de faire son voyage orni?ophilique1 et ne l'int]rompit que qu& il fut envoy ,rome1 o il m\rut pnit5ci] en #afhh4 ,le pre ,fabi 7,honor7 tait un homme de gr& savoir2 il a fait div]s ouvrages de ?ologie et de physique1 dans l'un desquels il *]*e pr\v] qu'il avait dc\v]t la circulation du sang avant ou du mo9s aussitt qu',h>vey4 ,peu de g5s sav5t mang] les petits oiseaux2 en voici la m?ode telle qu'elle m'a t confid5tiellem5t transmise p> le *ano9e ,*>cot1 g\rm& p> tat et ga/ronome p>fait1 tr5te ans avant que le nom ft connu4 ,pr5ez p> le bec un petit oiseau bi5 gras1 saup\drez-le d'un peu de sel1 tez-en le gsi]1 enfoncez-le adroitem5t dans votre b\*e1 mordez et tran*ez t\t prs de vos doigts1 et m*ez vivem5t3 il en rsulte un suc assez abondant p\r envelopp] t\t l'organe1 et v\s gt]ez un plaisir inconnu au vulgaire4 ,odi pr(anum vulgus1 et arceo4 ,,horace4 ,la caille e/1 p>mi le gibi] proprem5t dit1 ce qu'il y a de plus mignon et de plus aimable4 ,une caille bi5 grasse plat galem5t p> son gt1 sa =me et sa c\leur4 ,on fait acte d'ignorance t\tes les fois qu'on la s]t autrem5t que rtie ou en papillotes1 p>ce que son p>fum e/ trs fugace1 et t\tes les fois que l'animal e/ en contact avec un liquide1 il se diss\t1 s'vapore et se p]d4 ,la bcasse e/ encore un oiseau trs di/+u1 mais peu de g5s en connaiss5t t\s les *>mes4 ,une bcasse n'e/ dans t\te sa gloire que qu& elle a t rtie s\s les yeux d'un *asseur1 surt\t du *asseur qui l'a tue2 alors la rtie e/ confectionne suivant les rgles v\lues1 et la b\*e s'inonde de dlices4 ,au-dessus des prcd5ts1 et mme de t\s1 devrait se plac] le faisan2 mais peu de mortels sav5t le prs5t] po9t4 ,un faisan mang dans la premire huita9e de sa mort ne vaut ni une p]drix ni un p\let1 c> son mrite consi/e dans son arme4 ,la sci5ce a considr l'expansion de cet arme1 l'expri5ce l'a mise en action1 et un faisan saisi p\r son infocation e/ un morceau digne des g\rm&s les plus exalts4 ,on tr\v]a dans les ,v>its la manire de rtir un faisan la sa9te alliance4 ,le mom5t e/ v5u o cette m?ode1 jusqu'ici conc5tre dans un petit c]cle d'amis1 doit s'pan*] au dehors p\r le bonheur de l'humanit4 ,un faisan aux truffes e/ mo9s bon qu'on ne p\rrait le croire2 l'oiseau e/ trop sec p\r o9dre le tub]cule2 et d'ailleurs le fumet de l'un et le p>fum de l'autre se neutralis5t en s'unissant1 ou plutt ne se convi5n5t pas4 ,,vi4--,du ,poisson4 #dj4 ,quelques savants1 d'ailleurs peu or?odoxes1 ont prt5du que l',ocan avait t le b]ceau commun de t\t ce qui exi/e2 que l'espce huma9e elle-mme tait ne dans la m]1 et qu'elle ne devait son tat actuel qu' l'influ5ce de l'air et aux habitudes qu'elle a t oblige de pr5dre p\r sj\rn] dans ce n\vel lm5t4 ,quoi qu'il en soit1 il e/ au mo9s c]ta9 que l'empire des eaux conti5t une imm5se quantit d'tres de t\tes les =mes et de t\tes les dim5sions1 qui j\iss5t des proprits vitales dans des proportions trs diffr5tes1 et suivant un mode qui n'e/ po9t le mme que celui des animaux sang *aud44 ,il n'e/ pas mo9s vrai qu'il prs5te1 en t\t temps et p>t\t une masse norme d'alim5ts1 etc41 et que1 dans l'tat actuel de la sci5ce1 il introduit sur nos tables la plus agrable v>it4 ,le poisson1 mo9s n\rrissant que la *air1 plus succul5t que les vgtaux1 e/ un mezzo t]m9e qui convi5t presque t\s les tempram5ts1 et qu'on peut p]mettre mme aux convalesc5ts4 ,les ,grecs et les ,roma9s1 quoique mo9s avancs que n\s dans l'art d'assaisonn] le poisson1 n'en faisai5t pas mo9s trs gr& cas1 et p\ssai5t la dlicatesse jusqu' p\voir dev9] au gt en quelles eaux ils avai5t t pris4 ,ils en cons]vai5t dans des vivi]s2 et l'on connat la cruaut de ,vadius ,pollion1 qui n\rrissait des murnes avec les corps des esclaves qu'il faisait m\rir3 cruaut que l'emp]eur ,domiti5 dsappr\va hautem5t1 mais qu'il aurait d punir4 ,un gr& dbat s'e/ lev sur la "q de savoir lequel doit l'emport]1 du poisson de m] ou du poisson d'eau d\ce4 ,le diffr5d ne s]a probablem5t jamais jug1 con=mm5t au prov]be espagnol1 sobre los gu/os1 no hai disputa4 ,*acun e/ affect sa manire3 ces s5sations fugitives ne peuv5t s'exprim] p> aucun c>actre connu1 et il n'y a pas d'*elle p\r e/im] si un cabillaud1 une sole ou un turbot val5t mieux qu'une truite saumonne1 un bro*et de haut bord1 ou mme une tan*e de six ou sept livres4 ,,ii e/ bi5 conv5u que le poisson e/ beauc\p mo9s n\rrissant que la vi&e1 soit p>ce qu'il ne conti5t po9t d'osmazme1 soit p>ce qu'tant bi5 plus lg] en poids1 s\s le mme volume il conti5t mo9s de matire4 ,le coquillage et spcialem5t les hutres f\rniss5t peu de sub/ance nutritive1 c'e/ ce qui fait qu'on en peut mang] beauc\p sans nuire au repas qui suit immdiatem5t4 ,on se s\vi5t qu'autrefois un fe/9 de quelque app>at comm5ait ord9airem5t p> des hutres1 et qu'il se tr\vait t\j\rs un bon nombre de convives qui ne s'arrtai5t pas sans en avoir aval une grosse 7d\ze d\za9es1 c5t qu>ante-quatre74 ,j'ai v\lu savoir quel tait le poids de cette avant-g>de1 et j'ai vrifi qu'une d\za9e d'hutres 7eau comprise7 pesait quatre onces1 poids m>*&3 ce qui donne p\r la grosse trois livres4 ,or1 je reg>de comme c]ta9 que les mmes p]sonnes1 qui n'en dnai5t pas mo9s bi5 aprs les hutres1 euss5t t compltem5t rassasies si elles avai5t mang la mme quantit de vi&e1 qu& mme 'aurait t de la *air de p\let4 ,anecdote4 ,en #agih1 j'tais ,v]sailles1 en qualit de commissaire du ,directoire1 et j'avais des relations assez frqu5tes avec le sieur ,lap]te1 greffi] du tribunal du dp>tem5t2 il tait gr& amateur d'hutres et se plaignait de n'en avoir jamais mang satit1 ou1 comme il le disait3 t\t son sl4 ,je rsolus de lui procur] cette satisfaction1 et cet effet je l'invitai dn] avec moi le l5dema94 ,il v9t2 je lui t9s compagnie jusqu' la troisime d\za9e1 aprs quoi je le laissai all] seul4 ,il alla a9si jusqu' la tr5te-deuxime1 c'e/--dire p5dant plus d'une heure1 c> l'ouvreuse n'tait pas bi5 habile4 ,illu/ration3 page #jid ,cep5dant j'tais dans l'inaction1 et comme c'e/ table qu'elle e/ vraim5t pnible1 j'arrtai mon convive au mom5t o il tait le plus en tra93 ,mon *]1 lui dis-je1 votre de/9 n'e/ pas de mang] auj\rd'hui votre sl d'hutres1 dnons4 ,n\s dnmes1 et il se comporta avec la vigueur et la t5ue d'un homme qui aurait t jeun4 ,muria4--,g>um4 #da4 ,les anci5s tirai5t du poisson deux assaisonnem5ts de trs haut gt1 le muria et le g>um4 ,le premi] n'tait que la saumure de ?on1 ou1 p\r p>l] plus exactem5t1 la sub/ance liquide que le mlange de sel faisait dc\l] de ce poisson4 ,le g>um1 qui tait plus *]1 n\s e/ beauc\p mo9s connu4 ,on croit qu'on le tirait p> expression des entrailles m>9es du scombre ou maqu]eau2 mais alors ri5 ne r5drait raison de ce haut prix4 ,il y a lieu de croire que c'tait une sauce trangre1 et peut-tre n'tait-ce autre *ose que le soy qui n\s vi5t de l',inde1 et qu'on sait tre le rsultat de poissons f]m5ts avec des *ampignons4 ,c]ta9s peuples1 p> leur position1 sont rduits vivre presque uniquem5t de poisson2 ils en n\rriss5t p>eillem5t leurs animaux de travail1 que l'habitude f9it p> s\mettre ces alim5ts insolites2 ils en fum5t mme leurs t]res1 et cep5dant la m] qui les environne ne cesse pas de leur en f\rnir t\j\rs la mme quantit4 ,on a rem>qu que ces peuples ont mo9s de c\rage que ceux qui se n\rriss5t de *air2 ils sont ples1 ce qui n'e/ po9t tonnant1 p>ce que1 d'aprs les lm5ts dont le poisson e/ compos1 il doit plus augm5t] la lymphe que rp>] le sang4 ,on a p>eillem5t obs]v p>mi les nations i*?yophages des exemples nombreux de longvit1 soit p>ce qu'une n\rriture peu sub/antielle et plus lgre leur sauve les inconvni5ts de la pl?ore1 soit que les sucs qu'elle conti5t1 n'tant de/9s p> la nature qu' =m] au plus des artes et des c>tilages qui n'ont jamais une gr&e dure1 l'usage habituel qu'en font les hommes ret>de *ez eux de quelques annes la solidification de t\tes les p>ties du corps1 qui devi5t enf9 la cause ncessaire de la mort naturelle4 ,quoi qu'il en soit1 le poisson1 entre les ma9s d'un prp>ateur habile1 peut dev5ir une s\rce 9puisable de j\issances gu/uelles2 on le s]t enti]1 dpec1 trononn1 l'eau1 l'huile1 au v91 froid1 *aud1 et t\j\rs il e/ galem5t bi5 reu2 mais il ne mrite jamais un accueil plus di/+u que lorsqu'il p>ait s\s la =me d'une matelotte4 ,ce ragot1 quoiqu'impos p> la ncessit aux m>9i]s qui p>c\r5t nos fleuves1 et p]fectionn seulem5t p> les cab>eti]s du bord de l'eau1 ne leur e/ pas mo9s r$evable d'une bont que ri5 ne surpasse2 et les i*?yophiles ne les voi5t jamais p>atre sans exprim] leur ravissem5t1 soit cause de la fran*ise de son gt1 soit p>ce qu'il runit plusieurs qualits1 soit enf9 p>ce qu'on peut en mang] presque indf9im5t sans cra9dre ni la satit ni l'indige/ion4 ,la ga/ronomie analytique a *]* exam9] quels sont1 sur l'conomie animale1 les effets du rgime i*?yaque1 et des obs]vations unanimes ont dmontr qu'il agit =tem5t sur le gnsique1 et veille *ez les deux sexes l'in/9ct de la production4 ,l'effet une fois connu1 on en tr\va d'abord deux causes tellem5t immdiates qu'elles tai5t la porte de t\t le monde1 savoir3 #a div]ses manires de prp>] le poisson1 dont les assaisonnem5ts sont videmm5t irritants1 tel que le cavi>1 les h>5gs saurs1 le ?on m>91 la morue1 le /ock-fi%1 et autres p>eils2 #b les sucs div]s dont le poisson e/ imbib1 qui sont m9emm5t inflammables1 et s'oxygn5t et se ranciss5t p> la dige/ion4 ,une analyse plus pr(onde en a dc\v]t une troisime encore plus active1 savoir3 la prs5ce du phosphore qui se tr\ve t\t =m dans les laites1 et qui ne manque pas de se montr] en dcomposition4 ,ces vrits physiques tai5t sans d\te ignores de ces lgislateurs ecclsia/iques qui imposr5t la dite quadragsimale div]ses communauts de mo9es1 telles que les ,*>treux1 les ,rcollets1 les ,trappi/es et les ,c>mes ,d*aux r=ms p> sa9te ,?rse2 c> on ne peut pas suppos] qu'ils ai5t eu p\r b de r5dre encore plus difficile l'obs]vance du b de *a/et1 dj si antisocial4 ,sans d\te1 dans cet tat de *oses1 des victoires clatantes ont t remportes1 des s5s bi5 rebelles ont t s\mis2 mais aussi que de *utes6 que de dfaites6 ,il faut qu'elles ai5t t bi5 avres1 puisqu'elles f9ir5t p> donn] un ordre religieux une rputation semblable celle d',h]cule *ez les filles de ,danas1 ou du m>*al de ,saxe auprs de mademoiselle ,lec\vreur4 ,au re/e1 ils aurai5t pu tre clairs p> une anecdote dj anci5ne1 puisqu'elle n\s e/ v5ue p> les croisades4 ,le sultan ,salad91 v\lant pr\v] jusqu' quel po9t p\vait all] la cont95ce des d]vi*es1 en prit deux dans son palais1 et p5dant un c]ta9 espace de temps les fit n\rrir des vi&es les plus succul5tes4 ,bi5tt la trace des svrits qu'ils avai5t ex]ces sur eux-mmes s'effaa1 et leur embonpo9t comm5a rep>atre4 ,dans cet tat1 on leur donna p\r compagnes deux odalisques d'une beaut t\te puissante1 mais elles *\r5t dans leurs attaques les mieux diriges1 et les deux sa9ts sortir5t d'une preuve aussi dlicate1 purs comme le diamant de ,visap\r4 ,le sultan les g>da encore dans son palais1 et p\r clbr] leur triomphe1 leur fit faire p5dant plusieurs sema9es une *re galem5t soigne1 mais exclusivem5t en poisson4 peu de j\rs1 on les s\mit de n\veau au p\voir runi de la jeunesse et de la beaut2 mais cette fois1 la nature fut la plus =te1 et les trop heureux cnobites succombr5t444 tonnamm5t4 ,dans l'tat actuel de nos connaissances1 il e/ probable que1 si le c\rs des *oses ram5ait quelque ordre monacal2 les suprieurs *>gs de les dirig] adopt]ai5t un rgime plus favorable l'accomplissem5t de leurs devoirs4 ,rflexion philosophique4 #db4--,le poisson1 pris dans la collection de ses espces1 e/ p\r le philosophe un sujet 9puisable de mditation et d'tonnem5t4 ,les =mes v>ies de ces tranges animaux1 les s5s qui leur manqu5t1 la re/riction de ceux qui leur ont t accords1 leurs div]ses manires d'exi/]1 l'influ5ce qu'a d ex]c] sur t\t cela la diffr5ce du milieu dans lequel ils sont de/9s vivre1 respir] et se m\voir1 t5d5t la sphre de nos ides et des modifications indf9ies qui peuv5t rsult] de la matire1 du m\vem5t et de la vie4 ,quant moi1 j'ai p\r eux un s5tim5t qui ressemble au respect1 et qui nat de p]suasion intime o je suis que ce sont des cratures videmm5t antdiluvi5nes2 c> le gr& cataclysme1 qui noya nos gr&s-oncles v]s le dix-huitime sicle de la cration du monde1 ne fut p\r les poissons qu'un temps de joie1 de conqute1 de fe/ivit4 ,,vii4--,des ,truffes4 #dc4 ,qui dit truffe prononce un gr& mot qui rveille des s\v5irs rotiques et g\rm&s *ez le sexe portant jupes1 et des s\v5irs g\rm&s et rotiques *ez le sexe portant b>be4 ,cette duplication honorable vi5t de ce que cet m95t tub]cule passe non-seulem5t p\r dlicieux au gt2 mais encore p>ce qu'on croit qu'il lve une puissance dont l'ex]cice e/ accompagn des plus d\x plaisirs4 ,l'orig9e de la truffe e/ inconnue3 on la tr\ve1 mais on ne sait ni comm5t elle nat ni comm5t elle vgte4 ,les hommes les plus habiles s'en sont occups3 on a cru en reconnatre les gra9es1 on a promis qu'on en sm]ait volont4 ,ef=ts inutiles6 promesses m5songres6 jamais la plantation n'a t suivie de la rcolte1 et ce n'e/ peut-tre pas un gr& malheur2 c>1 comme le prix des truffes ti5t un peu au caprice1 peut-tre les e/im]ait-on mo9s si on les avait en quantit et bon m>*4 ,rj\issez-v\s1 *re amie1 disais-je un j\r madame de ,ville-,pla9e2 on vi5t de prs5t] la ,socit d'enc\ragem5t un mti] au moy5 duquel on f]a de la d5telle sup]be1 et qui ne cot]a presque ri54--,eh6 me rpondit cette belle avec un reg>d de s\v]a9e indiffr5ce1 si la d5telle tait bon m>*1 croyez-v\s qu'on v\drait port] de semblables gu5illes8 ,de la ,v]tu rotique des ,truffes4 #dd4 ,les ,roma9s ont connu la truffe2 mais il ne p>at pas que l'espce franaise soit p>v5ue jusqu' eux4 ,celles dont ils faisai5t leurs dlices leur v5ai5t de ,grce1 d',afrique1 et pr9cipalem5t de ,libye2 la sub/ance en tait blan*e et r\getre1 et les truffes de ,libye tai5t les plus re*]*es1 comme la fois plus dlicates et plus p>fumes4 ,libid9is alim5ta p] omnia qurunt4 ,juvnal4 ,des ,roma9s jusqu' n\s il y a eu un long int]rgne1 et la rsurrection des truffes e/ assez rc5te2 c> j'ai lu plusieurs anci5s disp5saires o il n'en e/ pas m5tion3 on peut mme dire que la gnration qui s'c\le au mom5t o j'cris en a t presque tmo94 ,v]s #aghj1 les truffes tai5t r>es ,p>is2 on n'en tr\vait1 et seulem5t en petite quantit1 qu' l'htel des ,amrica9s et l'htel de ,prov5ce1 et une d9de truffe tait un objet de luxe qu'on ne voyait qu' la table des plus gr&s seigneurs1 ou *ez les filles entret5ues4 ,n\s devons leur multiplication aux m>*&s de come/ibles1 dont le nombre s'e/ =t accru1 et qui1 voyant que cette m>*&ise pr5ait faveur1 en ont fait dem&] dans t\t le royaume1 et qui1 les payant bi5 et les faisant arriv] p> les c\rri]s de la malle et p> la dilig5ce1 en ont r5du la re*]*e gnrale2 c>1 puisqu'on ne peut pas les plant]1 ce n'e/ qu'en les re*]*ant avec so9 qu'on peut en augm5t] la consommation4 ,on peut dire qu'au mom5t o j'cris 7#ahbe7 la gloire de la truffe e/ son apoge4 ,on n'ose pas dire qu'on s'e/ tr\v un repas o il n'y aurait pas eu une pice truffe4 ,quelque bonne en soi que puisse tre une entre1 elle se prs5te mal si elle n'e/ pas enri*ie de truffes4 ,qui n'a pas s5ti sa b\*e se m\ill] en ent5dant p>l] de truffes la prov5ale8 ,un saut de truffes e/ un plat dont la matresse de la maison se rs]ve de faire les honneurs2 bref1 la truffe e/ le diamant de la cuis9e4 ,j'ai *]* la raison de cette prfr5ce2 c> il m'a sembl que plusieurs autres sub/ances avai5t un droit gal cet honneur2 et je l'ai tr\ve dans la p]suasion assez gnrale o l'on e/ que la truffe dispose aux plaisirs gnsiques2 et1 qui plus e/1 je me suis assur que la plus gr&e p>tie de nos p]fections1 de nos prdilections et de nos admirations provi5n5t de la mme cause1 tant e/ puissant et gnral le s]vage o n\s ti5t ce s5s tyrannique et capricieux6 ,cette dc\v]te m'a conduit dsir] de savoir si l'effet e/ rel et l'op9ion fonde en ralit4 ,une p>eille re*]*e e/ sans d\te scabreuse et p\rrait prt] rire aux mal9s2 mais honni soit qui mal y p5se6 t\te vrit e/ bonne dc\vrir4 ,je me suis d'abord adress aux dames1 p>ce qu'elles ont le c\p d'oeil ju/e et le tact f92 mais je me suis bi5tt ap]u que j'aurais d comm5c] cette disquisition qu>ante ans plus tt1 et je n'ai reu que des rponses ironiques ou vasives3 une seule y a mis de la bonne foi1 et je vais la laiss] p>l]2 c'e/ une femme spirituelle sans prt5tion1 v]tueuse sans bgueul]ie1 et p\r qui l'am\r n'e/ plus qu'un s\v5ir aimable4 ,monsieur1 me dit-elle1 dans le temps o l'on s\pait encore1 je s\pai un j\r *ez moi en trio avec mon m>i et un de ses amis4 ,v]seuil 7c'tait le nom de cet ami7 tait beau g>on1 ne manquait pas d'esprit1 et v5ait s\v5t *ez moi2 mais il ne m'avait jamais ri5 dit qui pt le faire reg>d] comme mon amant2 et s'il me faisait la c\r1 c'tait d'une manire si enveloppe qu'il n'y a qu'une sotte qui et pu s'en f*]4 ,il p>aissait1 ce j\r-l1 de/9 me t5ir compagnie p5dant le re/e de la soire1 c> mon m>i avait un r5dez-v\s d'affaires1 et devait n\s quitt] bi5tt4 ,notre s\p]1 assez lg] d'ailleurs1 avait cep5dant p\r base une sup]be volaille truffe4 ,le subdlgu de ,prigueux n\s l'avait envoye4 ,en ce temps1 c'tait un cadeau2 et d'aprs son orig9e1 v\s p5sez bi5 que c'tait une p]fection4 ,les truffes surt\t tai5t dlicieuses1 et v\s savez que je les aime beauc\p3 cep5dant je me cont9s2 je ne bus aussi qu'un seul v]re de ,*ampagne2 j'avais je ne sais quel press5tim5t de femme que la soire ne se pass]ait pas sans quelqu'vnem5t4 ,bi5tt mon m>i p>tit et me laissa seule avec ,v]seuil1 qu'il reg>dait comme t\t fait sans consqu5ce4 ,la conv]sation r\la d'abord sur des sujets indiffr5ts2 mais elle ne t>da pas pr5dre une t\rnure plus s]re et plus intressante4 ,v]seuil fut successivem5t flatteur1 expansif1 affectueux1 c>essant1 et voyant que je ne faisais que plaisant] tant de belles *oses1 il dev9t si pressant que je ne pus plus me tromp] sur ses prt5tions4 ,alors je me rveillai comme d'un songe1 et me df5dis avec d'autant plus de fran*ise que mon coeur ne me disait ri5 p\r lui4 ,il p]si/ait avec une action qui p\vait dev5ir t\t--fait (f5sante2 j'eus beauc\p de pe9e le ram5]2 et j'av\e ma honte que je n'y p>v9s que p>ce que j'eus l'art de lui faire croire que t\te esprance ne lui s]ait pas int]dite4 ,enf9 il me quitta1 j'allai me c\*] et dormir t\t d'un somme4 ,mais le l5dema9 fut le j\r du jugem5t3 j'exam9ai ma conduite de la veille et je la tr\vai rprh5sible4 ,j'aurais d arrt] ,v]seuil ds les premires phrases et ne pas me prt] une conv]sation qui ne prsageait ri5 de bon4 ,ma fi]t aurait d se rveill] plus tt1 mes yeux s'arm] de svrit2 j'aurais d sonn]1 cri]1 me f*]1 faire enf9 t\t ce que je ne fis pas4 ,que v\s dirai-je monsieur8 je mis t\t cela sur le compte des truffes2 je suis rellem5t p]suade qu'elles m'avai5t donn une prdisposition dang]euse2 et si je n'y r5onai pas 7ce qui et t trop rig\reux71 du mo9s je n'en mange jamais sans que le plaisir qu'elles me caus5t ne soit ml d'un peu de dfiance4 ,illu/ration3 page #aja ,un aveu1 quelque franc qu'il soit1 ne peut jamais faire doctr9e4 ,j'ai donc *]* des r5seignem5ts ultrieurs2 j'ai rassembl mes s\v5irs1 j'ai consult les hommes qui1 p> tat1 sont inve/is de plus de confiance individuelle2 je les ai runis en comit1 en tribunal1 en snat1 en sanhdr91 en aropage1 et n\s avons r5du la dcision suivante p\r tre comm5te p> les littrateurs du v+t-c9quime sicle4 ,la truffe n'e/ po9t un aphrodisiaque positif2 mais elle peut1 en c]ta9es occasions1 r5dre les femmes plus t5dres et les hommes plus aimables4 ,on tr\ve en ,pimont les truffes blan*es1 qui sont trs e/ims2 elles ont un petit gt d'ail qui ne nuit po9t leur p]fection1 p>ce qu'il ne donne lieu aucun ret\r dsagrable4 ,les meilleures truffes de ,france vi5n5t du ,prigord et de la ,haute-,prov5ce2 c'e/ v]s le mois de janvi] qu'elles ont t\t leur p>fum4 ,il en vi5t aussi en ,bugey1 qui sont de trs haute qualit2 mais cette espce a le dfaut de ne pas se cons]v]4 ,j'ai fait1 p\r les (frir aux flneurs des bords de la ,se9e1 quatre t5tatives dont une seule a russi2 mais p\r lors ils j\ir5t de la bont de la *ose et du mrite de la difficult va9cue4 ,les truffes de ,b\rgogne et du ,dauph9 sont de qualit infrieure2 elles sont dures et manqu5t d'avo9e2 a9si2 il y a truffes et truffes1 comme il y a fagots et fagots4 ,on se s]t le plus s\v5t1 p\r tr\v] les truffes1 de *i5s et de co*ons qu'on dresse cet effet2 mais il e/ des hommes dont le c\p d'oeil e/ si ex]c1 qu' l'inspection d'un t]ra9 ils peuv5t dire1 avec quelque c]titude1 si on y peut tr\v] des truffes1 et quelle en e/ la grosseur et la qualit4 ,les ,truffes sont-elles indige/es8 ,il ne n\s re/e plus qu' l'exam9] si la truffe e/ indige/e4 ,n\s rpondrons ngativem5t4 ,cette dcision (ficielle et en d]ni] ressort e/ fonde3 #a ,sur la nature de l'objet mme exam9] 7la truffe e/ un alim5t facile m*]1 lg] de poids1 et qui n'a en soi ri5 de dur ni de coriace72 #b ,sur nos obs]vations p5dant plus de c9quante ans qui se sont c\ls sans que n\s ayons vu en indige/ion aucun mangeur de truffes2 #c ,sur l'atte/ation des plus clbres pratici5s de ,p>is1 cit admirablem5t g\rm&e1 et truffivore p> excell5ce2 #d ,enf91 sur la conduite j\rnalire de ces docteurs de la loi qui1 t\tes *oses gales1 consomm5t plus de truffes qu'aucune autre classe de citoy5s2 tmo91 entre autres1 le docteur ,mal\et1 qui en absorbait des quantits indigr] un lphant1 et qui n'en a pas mo9s vcu jusqu' quatre-v+t-six ans4 ,a9si on peut reg>d] comme c]ta9 que la truffe e/ un alim5t aussi sa9 qu'agrable1 et qui1 pris avec modration1 passe comme une lettre la po/e4 ,ce n'e/ pas qu'on ne puisse tre indispos la suite d'un gr& repas o1 entre autres *oses1 on aurait mang des truffes2 mais ces accid5ts n'arriv5t qu' ceux qui s'tant dj1 au premi] s]vice1 b\rrs comme des canons1 se crv5t encore au second1 p\r ne pas laiss] pass] intactes les bonnes *oses qui leur sont (f]tes4 ,alors ce n'e/ po9t la fautes des truffes2 et on peut assur] qu'ils s]ai5t encore plus malades si1 au lieu de truffes1 ils avai5t1 en p>eilles circon/ances1 aval la mme quantit de pommes de t]re4 ,f9issons p> un fait qui montre combi5 il e/ facile de se tromp] qu& on n'obs]ve pas avec so94 ,j'avais un j\r invit dn] ,m4 ,simon>d1 vieill>d =t aimable1 et g\rm& au plus haut de l'*elle4 ,soit p>ce que je connaissais ses gts1 soit p\r pr\v] t\s mes convives que j'avais leur j\issance coeur1 je n'avais pas p>gn les truffes1 et elles se prs5tai5t s\s l'gide d'un d9don vi]ge avantageusem5t f>ci4 ,m4 ,s444 en mangea avec n]gie2 et comme je savais que jusque-l il n'en tait pas mort1 je le laissai faire1 en l'exhortant ne pas se press]1 p>ce que p]sonne ne v\lait att5t] la proprit qui lui tait acquise4 ,t\t se passa trs bi51 et on se sp>a assez t>d2 mais1 arriv *ez lui1 ,m4 ,simon>d fut saisi de viol5tes coliques d'e/omac1 avec des envies de vomir1 une t\x convulsive et un malaise gnral4 ,cet tat dura quelque temps et donnait de l'inquitude2 on criait dj l'indige/ion de truffes1 qu& la nature v9t au sec\rs du pati5t1 ,m4 ,simon>d ouvrit sa l>ge b\*e1 et ructa violemm5t un seul fragm5t de truffes qui alla frapp] la tapiss]ie1 et rebondit avec =ce1 non sans dang] p\r ceux qui lui donnai5t des so9s4 ,au mme in/ant t\s les symptmes f*eux cessr5t1 la tranquillit rep>ut1 la dige/ion reprit son c\rs1 le malade s'endormit1 et se rveilla le l5dema9 dispos et t\t--fait sans rancune4 ,la cause du mal fut bi5tt connue4 ,m4 ,simon>d mange depuis longtemps2 ses d5ts n'ont pas pu s\t5ir le travail qu'il leur a impos2 plusieurs de ces prcieux osselets ont migr1 et les autres ne cons]v5t pas la concid5ce dsirable4 ,dans cet tat de *oses1 une truffe avait *app la ma/ication1 et s'tait1 presque entire1 prcipite dans l'abme2 l'action de la dige/ion l'avait porte v]s le pylore1 o elle s'tait mom5tanm5t engage3 c'e/ cet engagem5t mcanique qui avait caus le mal1 comme l'expulsion en fut le remde4 ,a9si il n'y eut jamais indige/ion1 mais seulem5t supposition d'un corps trang]4 ,c'e/ ce qui fut dcid p> le comit consultatif qui vit la pice de conviction1 et qui v\lut bi5 m'agrer p\r rapporteur4 ,m4 ,simon>d n'en e/ pas1 p\r cela1 re/ mo9s fidlem5t atta* la truffe2 il l'aborde t\j\rs avec la mme audace2 mais il a so9 de la m*] avec plus de prcision1 de l'aval] avec plus de prud5ce2 et il rem]cie ,dieu1 dans la joie de son coeur1 de ce que cette prcaution sanitaire lui procure une prolongation de j\issances4 ,,viii4--,du ,sucre4 #de4 ,au t]me o la sci5ce e/ p>v5ue auj\rd'hui1 on ent5d p> sucre une sub/ance d\ce au gt1 cri/allisable1 et qui1 p> la f]m5tation1 se rs\t en acide c>bonique et en alcool4 ,autrefois on ent5dait p> sucre le sucre paissi et cri/allis de la canne 7arundo sac*>if]a74 ,ce roseau e/ orig9aire des ,indes2 cep5dant il e/ c]ta9 que les ,roma9s ne connaissai5t pas le sucre comme *ose usuelle ni comme cri/allisation4 ,quelques pages des livres anci5s peuv5t bi5 faire croire qu'on avait rem>qu1 dans c]ta9s roseaux1 une p>tie extractive et d\ce1 ,luca9 a dit3 ,quique bibunt t5]a dulces ab arund9e succos4 ,mais d'une eau dulcore p> le sucre et la canne1 au sucre tel que n\s l'avons1 il y a lo92 et *ez les ,roma9s l'art n'tait po9t encore assez avanc p\r y p>v5ir4 ,c'e/ dans les colonies du ,n\veau-,monde que le sucre a vritablem5t pris naissance2 la canne y a t importe il y a environ deux sicles2 elle y prospre4 ,on a *]* utilis] le d\x jus qui en dc\le1 de ttonnem5ts en ttonnem5ts on e/ p>v5u en extraire successivem5t du ves\1 du sirop1 du sucre t]r1 de la mlasse1 et du sucre raff9 diffr5ts degrs4 ,la culture de la canne sucre e/ dev5ue un objet de la plus haute importance2 c> elle e/ une s\rce de ri*esse1 soit p\r ceux qui la font cultiv]1 soit p\r ceux qui comm]c5t de son produit1 soit p\r ceux qui l'labor5t1 soit enf9 p\r les g\v]nem5ts qui le s\mett5t aux impositions4 ,du ,sucre indigne4 ,on a cru p5dant longtemps qu'il ne fallait pas mo9s que la *aleur des tropiques p\r faire labor] le sucre2 mais v]s #agdj1 ,m>graff le dc\vrit dans quelques plantes des zones tempres1 et entre autres dans la bett]ave2 et cette vrit fut p\sse jusqu' la dmon/ration1 p> les travaux que fit ,b]l9 le pr(esseur ,a*>d4 ,au comm5cem5t du dix-neuvime sicle1 les circon/ances ayant r5du le sucre r>e1 et p> consqu5t *] en ,france1 le g\v]nem5t en fit l'objet de la re*]*e des savants4 ,cet appel eut un ple9 succs3 on s'assura que le sucre tait assez abondamm5t rp&u dans le rgne vgtal2 on le dc\vrit dans le rais91 dans la *taigne1 dans la pomme de t]re1 et surt\t dans la bett]ave4 ,cette d]nire plante dev9t l'objet d'une gr&e culture et d'une f\le de t5tatives qui pr\vr5t que l'anci5 monde p\vait1 s\s ce rapport1 se pass] du n\veau4 ,la ,france se c\vrit de manufactures qui travaillr5t avec div]s succs1 et la sac*>ication s'y naturalisa3 art n\veau1 et que les circon/ances peuv5t quelque j\r rappel]4 ,p>mi ces manufactures1 on di/+ua surt\t celle qu'tablit ,passy1 prs ,p>is1 ,m4 ,b5jam9 ,deless]t1 citoy5 respectable dont le nom e/ t\j\rs uni ce qui e/ bon et utile4 ,p> une suite d'oprations bi5 ent5dues1 il p>v9t db>rass] la pratique de ce qu'elle avait de d\teux1 ne fit po9t my/re de ses dc\v]tes1 mme ceux qui aurai5t t t5ts de dev5ir ses rivaux1 reut la visite du *ef du g\v]nem5t1 et demeura *>g de f\rnir la consommation du palais des ,tuil]ies4 ,des circon/ances n\velles1 la re/auration et la paix1 ayant ram5 le sucre des colonies des prix assez bas1 les manufactures de sucre de bett]ave ont p]du une gr&e p>tie de leurs avantages4 ,cep5dant il en e/ encore plusieurs qui prospr5t2 et ,m4 ,b5jam9 ,deless]t en fait *aque anne quelques milli]s1 sur lesquels il ne p]d po9t1 et qui lui f\rniss5t l'occasion de cons]v] des m?odes auxquelles il peut dev5ir utile d'avoir rec\rs#af4 ,note #af3 ,on peut aj\t] qu' sa sance gnrale1 la ,socit d'enc\ragem5t p\r l'indu/rie nationale a dc]n une mdaille d'or ,m4 ,crespel1 manufacturi] d',arras1 qui fabrique *aque anne plus de c5t c9quante milli]s de sucre de bett]ave1 dont il fait un comm]ce avantageux1 mme lorsque le sucre de canne desc5d #b francs #bj c5times le kilogramme3 ce qui provi5t de ce qu'on e/ p>v5u tir] p>ti des m>cs1 qu'on di/ille p\r en extraire les esprits1 et qu'on emploie ensuite la n\rriture des be/iaux4 ,lorsque le sucre de bett]ave fut dans le comm]ce1 les g5s de p>ti1 les roturi]s et les ignorants tr\vr5t qu'il avait mauvais gt1 qu'il sucrait mal2 quelques-uns mme prt5dir5t qu'il tait malsa94 ,des expri5ces exactes et multiplies ont pr\v le contraire2 et ,m4 le comte ,*aptal en a insr le rsultat dans son excell5t livre3 ,la *imie applique l'agriculture1 tome ,,ii1 pag4 #ac1 #are dition4 ,les sucres qui provi5n5t de ces div]ses plantes1 dit ce clbre *imi/e1 sont rig\reusem5t de mme nature et ne diffr5t en aucune manire1 lorsqu'on les a ports p> le raff9age au mme degr de puret4 ,le gt1 la cri/allisation1 la c\leur1 la pesanteur1 sont absolum5t id5tiques1 et l'on peut dfi] l'homme le plus habitu jug] ces produits ou les consomm] de les di/+u] l'un de l'autre4 ,on aura un exemple frappant de la =ce des prjugs et de la pe9e que la vrit tr\ve s'tablir1 qu& on saura que1 sur c5t sujets de la ,gr&e-,bretagne pris indi/9ctem5t1 il n'y en a pas dix qui croi5t qu'on puisse faire du sucre avec de la bett]ave4 ,div]s usages du sucre4 ,le sucre e/ entr dans le monde p> l'(fic9e des apo?icaires4 ,il devait y j\] un gr& rle2 c>1 p\r dsign] quelqu'un qui il aurait manqu quelque *ose ess5tielle1 on disait3 ,c'e/ comme un apo?icaire sans sucre4 ,il suffisait qu'il vnt de l p\r qu'on le ret avec dfaveur3 les uns disai5t qu'il tait *auffant2 d'autres1 qu'il attaquait la poitr9e2 quelques-uns1 qu'il disposait l'apoplexie2 mais la calomnie fut oblige de s'enfuir devant la vrit1 et il y a plus de quatre-v+ts ans que fut pr(r ce mmorable apoph!gme3 ,le sucre ne fait mal qu' la b\rse4 ,s\s une gide aussi impntrable1 l'usage du sucre e/ dev5u *aque j\r plus frqu5t1 plus gnral1 et il n'e/ pas de sub/ance alim5taire qui ait subi plus d'amalgames et de trans=mations4 ,bi5 des p]sonnes aim5t mang] le sucre pur1 et1 dans quelques cas1 la plup>t dsesprs1 la ,facult l'ordonne s\s cette =me1 comme un remde qui ne peut nuire1 et qui n'a du mo9s ri5 de rep\ssant4 ,ml l'eau1 il donne l'eau sucre1 boisson rafra*issante1 sa9e1 agrable1 et quelquefois salutaire comme remde4 ,ml l'eau en plus =te dose1 et conc5tr p> le feu1 il donne les sirops1 qui se *>g5t de t\s les p>fums1 et prs5t5t t\te heure un rafra*issem5t qui plat t\t le monde p> sa v>it4 ,illu/ration ,ml l'eau1 dont l'art vi5t ensuite s\/raire le calorique1 il donne les glaces1 qui sont d'orig9e itali5ne1 et dont l'importation p>at due ,ca!r9e de ,mdicis4 ,ml au v91 il donne un cordial1 un re/aurant tellem5t reconnu1 que1 dans quelques pays1 on en m\ille des rties qu'on porte aux n\veaux m>is la premire nuit de leurs noces1 de la mme manire qu'en p>eille occasion on leur porte en ,p]se des pi$s de de m\ton au v9aigre4 ,ml la f>9e et aux oeufs1 il donne les biscuits1 les mac>ons1 les croquignoles1 les babas1 et cette multitude de ptiss]ies lgres1 qui con/itu5t l'art assez rc5t du ptissi] petit-f\rni]4 ,ml avec du lait1 il donne les crmes1 les blancs-mang]s1 et autres prp>ations d'(fice qui t]m95t si agrablem5t un second s]vice1 en sub/ituant au gt sub/antiel des vi&es un p>fum plus f9 et plus ?r4 ,ml au caf1 il en fait ressortir l'arme4 ,ml au caf au lait1 il donne un alim5t lg]1 agrable1 facile se procur]1 et qui convi5t p>faitem5t ceux p\r qui le travail de cab9et suit immdiatem5t le djeun]4 ,le caf au lait plat aussi s\v]a9em5t aux dames2 mais l'oeil clairvoyant de la sci5ce a dc\v]t que son usage trop frqu5t p\vait leur nuire dans ce qu'elles ont de plus *]4 ,ml aux fruits et aux fleurs1 il donne les confitures1 les m>melades1 les cons]ves1 les ptes et les c&is1 m?ode cons]vatrice qui n\s fait j\ir du p>fum de ces fruits et de ces fleurs longtemps aprs l'poque que la nature avait fixe p\r leur dure4 ,peut-tre1 envisag s\s ce d]ni] rapport1 le sucre p\rrait-il tre employ avec avantage dans l'art de l'embaumem5t1 encore peu avanc p>mi n\s4 ,enf9 le sucre1 ml l'alcool1 donne des liqueurs spiritueuses1 inv5tes1 comme on sait1 p\r r*auff] la vieillesse de ,l\is ,,xiv1 et qui1 saisissant le palais p> leur n]gie1 et l'odorat p> les gaz p>fums qui y sont jo9ts1 =m5t en ce mom5t le nec plus ultra des j\issances du gt4 ,l'usage du sucre ne se borne pas l4 ,on peut dire qu'il e/ le condim5t univ]sel1 et qu'il ne gte ri54 ,quelques p]sonnes en us5t avec les vi&es1 quelquefois avec les lgumes1 et s\v5t avec les fruits la ma94 ,il e/ de rigueur dans les boissons composes le plus la mode1 telles que le pun*1 le ngus1 le sillabub1 et autres d'orig9e exotique2 et ses applications v>i5t l'inf9i1 p>ce qu'elles se modifi5t au gr des peuples et des individus4 ,telle e/ cette sub/ance que les ,franais du temps de ,l\is ,,xiii connaissai5t pe9e de nom1 et qui1 p\r ceux du ,x,i,xe sicle1 e/ dev5ue une d5re de premire ncessit2 c> il n'e/ pas de femme1 surt\t dans l'aisance1 qui ne dp5se plus d'arg5t p\r son sucre que p\r son pa94 ,m4 ,delacroix1 littrateur aussi aimable que fcond1 se plaignait ,v]sailles du prix du sucre1 qui1 cette poque1 dpassait #e francs la livre4 ,ah6 disait-il d'une voix d\ce et t5dre1 si jamais le sucre revi5t tr5te s\s1 je ne boirai jamais d'eau qu'elle ne soit sucre4 ,ses voeux ont t exaucs2 il vit encore1 et j'espre qu'il se s]a t5u p>ole4 ,,ix4--,orig9e du ,caf4 #df4--,le premi] cafi] a t tr\v en ,arabie1 et malgr les div]ses transplantations que cet arbu/e a subies1 c'e/ encore de l que n\s vi5t le meilleur caf4 ,illu/ration ,une anci5ne tradition porte que le caf fut dc\v]t p> un b]g]1 qui s'ap]ut que son tr\peau tait dans une agitation et une hil>it p>ticulires1 t\tes les fois qu'il avait br\t les baies du cafi]4 ,quoi qu'il en soit de cette vieille hi/oire1 l'honneur de la dc\v]te n'app>ti5drait qu' moiti au *evri] obs]vateur2 le surplus app>ti5t inconte/ablem5t celui qui1 le premi]1 s'e/ avis de torrfi] cette fve4 ,effectivem5t la dcoction du caf cru e/ une boisson insignifiante2 mais la c>bonisation y dveloppe un arme1 et y =me une huile qui c>actris5t le caf tel que n\s le pr5ons1 et qui re/]ai5t t]nellem5t inconnus sans l'int]v5tion de la *aleur4 ,les ,turcs1 qui sont nos matres en cette p>tie1 n'emploi5t po9t de m\l9 p\r tritur] le caf2 ils le pil5t dans des morti]s et avec des pilons de bois2 et qu& ces in/rum5ts ont t longtemps employs cet usage1 ils devi5n5t prcieux et se v5d5t de gr&s prix4 ,il m'app>t5ait1 plusieurs titres1 de vrifi] si1 en rsultat1 il y avait quelque indiffr5ce1 et laquelle des deux m?odes tait prfrable4 ,en consqu5ce1 j'ai torrfi avec so9 une livre de bon moka2 je l'ai sp>e en deux portions gales1 dont l'une a t m\lue1 et l'autre pile la manire des ,turcs4 ,j'ai fait du caf avec l'une et l'autre des p\dres2 j'en ai pris de *acune p>eil poids1 et j'y ai v]s p>eil poids d'eau b\illante1 agissant en t\t avec une galit p>faite4 ,j'ai gt ce caf1 et l'ai fait dgu/] p> les plus gros bonnets4 ,l'op9ion unanime t que celui qui rsultait de la p\dre pile tait videmm5t suprieur celui prov5u de la p\dre m\lue4 ,*acun p\rra rpt] l'expri5ce4 ,en att5dant1 je puis donn] un exemple assez s+uli] de l'influ5ce que peut avoir telle ou telle manire de manipul]4 ,monsieur1 disait un j\r ,napolon au snateur ,laplace1 comm5t se fait-il qu'un v]re d'eau dans lequel je fais fondre un morceau de sucre me p>aisse beauc\p meilleur que celui dans lequel je mets p>eille quantit de sucre pil8--,sire1 rpondit le savant1 il exi/e trois sub/ances dont les pr9cipes sont exactem5t les mmes1 savoir3 le sucre1 la gomme et l'amidon2 elles ne diffr5t que p> c]ta9es conditions1 dont la nature s'e/ rs]v le secret2 et je crois qu'il e/ possible que1 dans la collision qui s'ex]ce p> le pilon1 quelques portions sucres pass5t l'tat de gomme ou d'amidon1 et caus5t la diffr5ce qui a lieu en ce cas4 ,ce fait a eu quelque publicit1 et des obs]vations ultrieures ont confirm la premire4 ,div]ses manires de faire le caf4 ,il y a quelques annes que t\tes les ides se portr5t simultanm5t sur la meilleure manire de faire le caf2 ce qui prov5ait1 sans presque qu'on s'en d\tt1 de ce que le *ef du g\v]nem5t en pr5ait beauc\p4 ,on proposait de le faire sans le brl]1 sans le mettre en p\dre1 de l'infus] froid1 de le faire b\illir p5dant trois qu>ts d'heure1 de le s\mettre l'autoclave1 etc4 ,j'ai essay dans le temps t\tes ces m?odes et celles qu'on a proposes jusqu' ce j\r1 et je me suis fix1 en connaissance de cause1 celles qu'on appelle la ,dubelloy1 qui consi/e v]s] de l'eau b\illante sur le caf mis dans un vase de porcela9e ou d'arg5t1 p]c de trs petit tr\s4 ,on pr5d cette premire dcoction1 on la *auffe jusqu' l'bullition1 on la repasse de n\veau1 et on a un caf aussi clair et aussi bon que possible4 ,j'ai essay entre autres de faire du caf dans une b\illoire haute pression2 mais j'ai eu p\r rsultat un caf *>g d'extractif et d'am]tume1 bon t\t au plus gratt] le gosi] d'un ,cosaque4 ,effets du caf4 ,les docteurs ont mis div]ses op9ions sur les proprits sanitaires du caf1 et n'ont pas t\j\rs t d'accord entre eux2 n\s pass]ons ct de cette mle1 p\r ne n\s occup] que de la plus importante1 savoir1 de son influ5ce sur les organes de la p5se4 ,il e/ hors de d\te que le caf porte une gr&e excitation dans les puissances crbrales3 aussi t\t homme qui en boit p\r la premire fois e/ sr d'tre priv d'une p>tie de son sommeil4 ,quelquefois cet effet e/ ad\ci ou modifi p> l'habitude2 mais il e/ beauc\p d'individus sur lesquels cette excitation t\j\rs lieu1 et qui1 p> consqu5t1 sont obligs de r5onc] l'usage du caf4 ,j'ai dit que cet effet tait modifi p> l'habitude1 ce qui ne l'emp*e pas d'avoir lieu d'une autre manire2 c> j'ai obs]v que les p]sonnes que le caf n'emp*e pas de dormir p5dant la nuit en ont beso9 p\r se t5ir veilles p5dant le j\r1 et ne manqu5t pas de s'endormir p5dant la soire qu& elles n'en ont pas pris aprs leur dn]4 ,il en e/ encore beauc\p d'autres qui sont soporeuses t\te la j\rne qu& elles n'ont pas pris leur tasse de caf ds le mat94 ,voltaire et ,buffon pr5ai5t beauc\p de caf2 peut-tre devai5t-ils cet usage1 le premi]1 la cl>t admirable qu'on obs]ve dans ses oeuvres2 le second1 l'h>monie en?\sia/ique qu'on tr\ve dans son /yle4 ,il e/ vid5t que plusieurs pages des ,traits sur l'homme1 sur le *i51 le tigre1 le lion et le *eval1 ont t crites dans un tat d'exaltation crbrale extraord9aire4 ,l'insomnie cause p> le caf n'e/ pas pnible2 on a des p]ceptions trs claires1 et nulle envie de dormir3 voil t\t4 ,on n'e/ pas agit et malheureux comme qu& l'insomnie provi5t de t\te autre cause3 ce qui n'emp*e pas que cette excitation intempe/ive ne puisse la longue dev5ir trs nuisible4 ,autrefois1 il n'y avait que les p]sonnes au mo9s d'un ge mr qui priss5t du caf2 ma9t5ant t\t le monde en pr5d1 et peut-tre e/-ce le c\p de f\et que l'esprit en reoit qui fait m>*] la f\le imm5se qui assige t\tes les av5ues de l',olympe et du ,temple de ,mmoire4 ,le cordonni]1 auteur de la tragdie de la ,re9e de ,palmyre1 que t\t ,p>is a ent5du lire il y a quelques annes1 pr5ait beauc\p de caf3 aussi s'e/-il lev plus haut que le m5uisi] de ,nev]s1 qui n'tait qu'ivrogne4 ,illu/ration ,le caf e/ une liqueur beauc\p plus n]gique qu'on ne croit communm5t4 ,un homme bi5 con/itu peut vivre longtemps en buvant deux b\teilles de v9 *aque j\r4 ,le mme homme ne s\ti5drait pas aussi longtemps une p>eille quantit de caf2 il devi5drait imbcile1 ou m\rrait de consomption4 ,j'ai vu1 ,londres sur la place de ,leice/]1 un homme que l'usage immodr du caf avait rduit en b\le 7cripple72 il avait cess de s\ffrir1 s'tait acc\tum cet tat1 et s'tait rduit c9q ou six tasses p> j\r4 ,c'e/ une obligation p\r t\s les papas et mamans du monde d'int]dire svrem5t le caf leurs enfants1 s'ils ne veul5t pas avoir de petites ma*9es s*es1 rab\gries et vieilles v+t ans4 ,cet avis e/ surt\t =t propos p\r les ,p>isi5s1 dont les enfants n'ont pas t\j\rs autant d'lm5ts de =ce et de sant que s'ils tai5t ns dans c]ta9s dp>tem5ts1 dans celui de l',a91 p> exemple4 ,je suis de ceux qui ont t obligs de r5onc] au caf2 et je f9is cet article en racontant comme quoi j'ai t un j\r rig\reusem5t s\mis son p\voir4 ,le duc de ,massa1 p\r lors m9i/re de la ju/ice1 m'avait dem& un travail que je v\lais soign]1 et p\r lequel il m'avait donn peu de temps2 c> il le v\lait du j\r au l5dema94 ,je me rsignai donc pass] la nuit2 et p\r me prmunir contre l'envie de dormir1 je =tifiai mon dn] de deux gr&es tasses de caf1 galem5t =t et p>fum4 ,je rev9s *ez moi sept heures p\r y recevoir les papi]s qui m'avai5t t annoncs2 mais je n'y tr\vai qu'une lettre qui m'appr5ait que1 p> suite de je ne sais qu'elle =malit de bureau1 je ne les recevrais que le l5dema94 ,a9si dsappo9t1 dans t\te la =ce du t]me1 je ret\rnai dans la maison o j'avais dn1 et j'y fis une p>tie de piquet sans pr\v] aucune de ces di/ractions auxquelles je suis ord9airem5t sujet4 ,j'en fis honneur au caf2 mais1 t\t en recueillant cet avantage1 je n'tais pas sans inquitude sur la manire dont je pass]ais la nuit4 ,cep5dant je me c\*ai l'heure ord9aire1 p5sant que1 si je n'avais pas un sommeil bi5 tranquille1 du mo9s je dormirais quatre c9q heures1 ce qui me conduirait t\t d\cem5t au l5dema94 ,je me trompai3 j'avais dj pass deux heures au lit1 que je n'en tais que plus rveill2 j'tais dans un tat d'agitation m5tale trs vive1 et je me figurais mon c]veau comme un m\l9 dont les r\ages sont en m\vem5t sans avoir quelque *ose m\dre4 ,je s5tis qu'il fallait us] cette disposition1 sans quoi le beso9 de repos ne vi5drait po9t2 et je m'occupai mettre en v]s un petit conte que j'avais lu depuis peu dans un livre anglais4 ,j'en v9s assez facilem5t b\t2 et comme je n'en dormais ni plus ni mo9s1 j'en entrepris un second1 mais ce fut inutilem5t4 ,une d\za9e de v]s avai5t puis ma v]ve potique1 et il fallut y r5onc]4 ,je passai donc la nuit sans dormir1 et sans mme tre ass\pi un seul in/ant2 je me levai et passai la j\rne dans le mme tat1 sans que ni les repas1 ni les occupations y apportass5t aucun *angem5t4 ,enf91 qu& je me c\*ai mon heure acc\tume1 je calculai qu'il y avait qu>ante heures que je n'avais pas f]m les yeux4 ,x4--,du ,*ocolat4--,son orig9e4 #dg4 ,ceux qui1 les premi]s1 abordr5t en ,amrique1 y fur5t p\sss p> la soif de l'or4 cette poque1 on ne connaissait presque de valeurs que celles qui sortai5t des m9es3 l'agriculture1 le comm]ce1 tai5t dans l'enfance1 et l'conomie politique n'tait pas encore ne4 ,les ,espagnols tr\vr5t donc des mtaux prcieux1 dc\v]te peu prs /rile1 puisqu'ils se dprci5t en se multipliant1 et que n\s avons bi5 des moy5s plus actifs p\r augm5t] la masse des ri*esses4 ,mais ces contres1 o un soleil de t\tes les *aleurs fait f]m5t] des *amps d'une extrme fcondit1 se sont tr\ves propres la culture du sucre et du caf2 on y a1 en outre1 dc\v]t la pomme de t]re1 l'indigo1 la vanille1 le qu9a1 le cacao1 etc42 et ce sont l de vritables trsors4 ,si ces dc\v]tes ont eu lieu1 malgr les b>rires qu'opposait la curiosit une nation jal\se1 on peut raisonnablem5t espr] qu'elles s]ont dcuples dans les annes qui vont suivre1 et que les re*]*es que f]ont les savants de la vieille ,europe dans tant de pays inexplors enri*iront les trois rgnes d'une multitude de sub/ances qui n\s donn]ont des s5sations n\velles1 comme a fait la vanille1 ou augm5t]ont nos ress\rces alim5taires1 comme le cacao4 ,on e/ conv5u d'appel] *ocolat le mlange qui rsulte de l'am&e du cacao grille avec le sucre et la cannelle3 telle e/ la df9ition classique du *ocolat4 ,le sucre en fait p>tie intgrante2 c> avec du cacao t\t seul1 on ne fait que de la pte de cacao et non du *ocolat4 ,quant au sucre1 la cannelle et au cacao1 on jo9t l'arme dlicieux de la vanille1 on atte9t le nec plus ultra de la p]fection laquelle cette prp>ation peut tre porte4 ,c'e/ ce petit nombre de sub/ances que le gt et l'expri5ce ont rduit les nombreux +rdi5ts qu'on avait t5t d'associ] au cacao1 tels que le poivre1 le pim5t1 l'anis1 le g+embre1 l'aciole et autres1 dont on a successivem5t fait l'essai4 ,le cacaoy] e/ indigne de l',amrique mridionale2 on le tr\ve galem5t dans les les et sur le cont95t3 mais on convi5t ma9t5ant que les arbres qui donn5t le meilleur fruit sont ceux qui croiss5t sur les bords du ,m>acabo1 dans les valles de ,c>acas et dans la ri*e prov9ce de ,sokomusco4 ,l'am&e y e/ plus grosse1 le sucre mo9s ac]be et l'arme plus exalt4 ,depuis que ces pays sont dev5us plus accessibles1 la comp>aison a pu se faire t\s les j\rs1 et les palais ex]cs ne s'y tromp5t plus4 ,les dames espagnoles du n\veau monde aim5t le *ocolat jusqu' la fureur1 au po9t que1 non cont5tes d'en pr5dre plusieurs fois p> j\r1 elles s'en font quelquefois apport] l'glise4 ,cette s5sualit leur a s\v5t attir la c5sure des vques2 mais ils ont f9i p> f]m] les yeux2 et le rvr5d pre ,escob>1 dont la mtaphysique fut aussi subtile que sa morale tait accommodante1 dcl>a =mellem5t que le *ocolat l'eau ne rompait pas le jene1 tirant a9si1 en faveur de ses pnit5tes1 l'anci5 adage3 ,liquidum non frangit jejunium4 ,le *ocolat fut apport en ,espagne v]s le dix-septime sicle1 et l'usage en dev9t promptem5t populaire1 p> le gt trs prononc que m>qur5t1 p\r cette boisson aromatique1 les femmes et surt\t les mo9es4 ,les moeurs n'ont po9t *ang cet g>d2 et encore auj\rd'hui1 dans t\te la ,pn9sule1 on prs5te du *ocolat dans t\tes les occasions o il e/ de la politesse d'(frir quelques rafra*issem5ts4 ,le *ocolat passa les monts avec ,anne d',autri*e1 fille de ,philippe ,,ii et p\se de ,l\is ,,xiii4 ,les mo9es espagnols le fir5t aussi connatre p> les cadeaux qu'ils en fir5t leurs confrres de ,france4 ,les div]s ambassadeurs d',espagne contribur5t aussi le mettre en vogue2 et au comm5cem5t de la ,rg5ce1 il tait plus univ]sellem5t en usage que le caf1 p>ce qu'alors on le pr5ait comme un alim5t agrable1 t&is que le caf ne passait encore que comme une boisson de luxe et de curiosit4 ,on sait que ,l9ne appelle le cacao cacao !obroma 7boisson des dieux74 ,on a *]* une cause cette qualification emphatique3 les uns l'attribu5t ce que ce savant aimait passionnm5t le *ocolat2 les autres1 l'envie qu'il avait de plaire son confesseur2 d'autres enf9 sa galant]ie1 en ce que c'e/ une re9e qui en avait la premire introduit l'usage4 7,inc]tum74 ,proprits du ,*ocolat4 ,le *ocolat a donn lieu de pr(ondes diss]tations dont le b tait d'en dt]m9] la nature et les proprits1 et de le plac] dans la catgorie des alim5ts *auds1 froids ou temprs2 et il faut av\] que ces doctes crits ont peu s]vi la manife/ation de la vrit4 ,mais avec le temps et l'expri5ce1 ces deux gr&s matres1 il e/ re/ p\r dmontr que le *ocolat1 prp> avec so91 e/ un alim5t aussi salutaire qu'agrable2 qu'il e/ n\rrissant1 de facile dige/ion2 qu'il n'a pas p\r la beaut les inconvni5ts qu'on repro*e au caf1 dont il e/ au contraire le remde1 qu'il e/ trs conv5able aux p]sonnes qui se livr5t une gr&e cont5tion d'esprit1 aux travaux de la *aire ou du b>reau1 et surt\t aux voyageurs2 qu'enf9 il convi5t aux e/omacs les plus faibles2 qu'on en a eu de bons effets dans les maladies *roniques1 et qu'il devi5t la d]nire ress\rce dans les affections du pylore4 ,ces div]ses proprits1 le *ocolat les doit ce que1 n'tant vrai dire qu'un eleosac*>um1 il e/ peu de sub/ances qui conti5n5t1 volume gal1 plus de p>ticules alim5taires3 ce qui fait qu'il s'animalise presque en enti]4 ,p5dant la gu]re le cacao tait r>e1 et surt\t trs *]3 on s'occupa de le remplac]2 mais t\s les ef=ts fur5t va9s1 et un des bi5faits de la paix a t de n\s db>rass] de ces div]s br\ets1 qu'il fallait bi5 gt] p> complaisance1 et qui n'tai5t pas plus du *ocolat que l'infusion de *icore n'e/ du caf moka4 ,quelques p]sonnes se plaign5t de ne p\voir digr] le *ocolat2 d'autres1 au contraire1 prt5d5t qu'il ne les n\rrit pas assez et qu'il passe trop vite4 ,il e/ trs probable que les premi]s ne doiv5t s'en pr5dre qu' eux-mmes1 et que le *ocolat dont ils us5t e/ de mauvaise qualit ou mal fabriqu2 c> le *ocolat bon et bi5 fait doit pass] dans t\t e/omac o il re/e un peu de p\voir dige/if4 ,quant aux autres1 le remde e/ facile3 il faut qu'ils r5=c5t leur djeun] p> le petit pt1 la ctelette ou le rognon la bro*ette2 qu'ils v]s5t sur le t\t un bon b[l de sokomusco1 et qu'ils rem]ci5t ,dieu de leur avoir donn un e/omac d'une activit suprieure4 ,ceci me donne occasion de consign] ici une obs]vation sur l'exactitude de laquelle on peut compt]4 ,qu& on a bi5 et copieusem5t djeun1 si on avale sur le t\t une ample tasse de bon *ocolat1 on aura p>faitem5t digr trois heures aprs1 et l'on dn]a qu& mme444 ,p> zle p\r la sci5ce et =ce d'loqu5ce1 j'ai fait t5t] cette expri5ce bi5 des dames1 qui assurai5t qu'elles en m\rrai5t2 elles s'en sont t\j\rs tr\ves m]veille1 et n'ont pas manqu de glorifi] le pr(esseur4 ,les p]sonnes qui font usage de *ocolat sont celles qui j\iss5t d'une sant plus con/amm5t gale1 et qui sont le mo9s sujettes une f\le de petits maux qui nuis5t au bonheur de la vie2 leur embonpo9t e/ aussi plus /ationnaire3 ce sont deux avantages que *acun peut vrifi] dans sa socit1 et p>mi ceux dont le rgime e/ connu4 ,c'e/ ici le vrai lieu de p>l] des proprits du *ocolat l'ambre1 proprits que j'ai vrifies p> un gr& nombre d'expri5ces1 et dont je suis fi] d'(frir le rsultat mes lecteurs#ag4 ,note #ag3 ,voyez aux ,v>its4 ,or donc1 que t\t homme qui aura bu quelques traits de trop la c\pe de la volupt2 que t\t homme qui aura pass travaill] une p>tie notable du temps qu'on doit pass] dormir2 que t\t homme d'esprit qui se s5tira temporairem5t dev5u bte2 que t\t homme qui tr\v]a l'air humide1 le temps long et l'atmosphre difficile port]2 que t\t homme qui s]a t\rm5t d'une ide fixe qui lui t]a la lib]t de p5s]3 que t\s ceux-l1 disons-n\s1 s'adm9i/r5t un bon demi-litre de *ocolat ambr1 raison de soixante soixante-d\ze gra9s d'ambre p> demi-kilogramme1 et ils v]ront m]veilles4 ,dans ma manire p>ticulire de spcifi] les *oses1 je nomme le *ocolat l'ambre *ocolat des affligs1 p>ce que1 dans *acun des div]s tats que j'ai dsigns1 on pr\ve je ne sais quel s5tim5t qui leur e/ commun1 et qui ressemble l'affliction4 ,difficults p\r faire de bon *ocolat4 ,on fait en ,espagne de =t bon *ocolat2 mais on s'e/ dgt d'en faire v5ir p>ce que t\s les prp>ateurs ne sont pas galem5t habiles1 et que1 qu& on l'a reu mauvais1 on e/ bi5 =c de le consomm] comme il e/4 ,les *ocolats d',italie convi5n5t peu aux ,franais1 en gnral1 le cacao en e/ trop rti2 ce qui r5d le *ocolat am] et peu n\rrissant1 p>ce qu'une p>tie de l'am&e a pass l'tat de *>bon4 ,le *ocolat tant dev5u t\t fait usuel en ,france1 t\t le monde s'e/ avis d'en faire2 mais peu sont arrivs la p]fection1 p>ce que cette fabrication e/ bi5 lo9 d'tre sans difficult4 ,d'abord il faut connatre le bon cacao et v\loir en faire usage dans t\te sa puret1 c> il n'e/ pas de caisse de premi] *oix qui n'ait ses infriorits1 et un intrt mal ent5du laisse s\v5t pass] des am&es av>ies1 que le dsir de bi5 faire devrait faire rejet]4 ,le rtissage du cacao e/ encore une opration dlicate2 elle exige un c]ta9 tact presque vois9 de l'inspiration4 ,il e/ des ouvri]s qui le ti5n5t de la nature et qui ne se tromp5t jamais4 ,il faut encore un tal5t p>ticuli] p\r bi5 rgl] la quantit de sucre qui doit entr] dans la composition2 elle ne doit po9t tre inv>iable et r\t9ire1 mais se dt]m9] en raison compose du degr d'arme de l'am&e et de celui de torrfaction auquel on s'e/ arrt4 ,la trituration et le mlange ne dem&5t pas mo9s de so9s1 en ce que c'e/ de la p]fection absolue que dp5d en p>tie le plus ou mo9s de dige/ibilit du *ocolat4 ,d'autres considrations doiv5t prsid] au *oix et la dose des aromates1 qui ne doit pas tre la mme p\r les *ocolats de/9s tre pris comme alim5ts1 et p\r ceux qui sont de/9s tre mangs comme fri&ise4 ,elle doit v>i] aussi suivant que la masse doit ou ne doit pas recevoir de la vanille2 de sorte que1 p\r faire du *ocolat exquis1 il faut rs\dre une quantit d'quations trs subtiles1 dont n\s pr(itons sans n\s d\t] qu'elles ont eu lieu4 ,depuis quelque temps on a employ les ma*9es p\r la fabrication du *ocolat2 n\s ne p5sons pas que cette m?ode aj\te ri5 sa p]fection1 mais elle dim9ue de beauc\p la ma9 d'oeuvre1 et ceux qui ont adopt cette m?ode p\rrai5t donn] la m>*&ise meilleur m>*4 ,cep5dant ils v5d5t ord9airem5t plus *]3 ce qui n\s appr5d trop que le vritable esprit comm]cial n'e/ po9t encore naturalis en ,france2 c>1 en bonne ju/ice1 la facilit procure p> les ma*9es doit pr(it] au m>*& et au consommateur4 ,amateur de *ocolat1 n\s avons peu prs p>c\ru l'*elle des prp>ateurs1 et n\s n\s sommes fixs ,m4 ,debauve1 rue des ,sa9ts-,pres1 n #bf1 *ocolati] du roi1 en n\s rj\issant de ce que le rayon solaire e/ tomb sur le plus digne4 ,il n'y a pas s'en tonn]3 ,m4 ,debauve1 ph>maci5 trs di/+u1 apporte dans la fabrication du *ocolat des lumires qu'il avait acquises p\r en faire usage dans une sphre plus t5due4 ,ceux qui n'ont pas manipul ne se d\t5t pas des difficults qu'on pr\ve p\r p>v5ir la p]fection1 en quelque matire que ce soit1 ni ce qu'il faut d'att5tion1 de tact et d'expri5ce p\r n\s prs5t] un *ocolat qui soit sucr sans tre fade2 f]me sans tre ac]be1 aromatique sans tre malsa91 et li sans tre fcul5t4 ,tels sont les *ocolats de ,m4 ,debauve3 ils doiv5t leur suprmatie un bon *oix de matriaux1 une volont f]me que ri5 d'infrieur ne sorte de sa manufacture1 et au c\p d'oeil du matre qui embrasse t\s les dtails de la fabrication4 ,en suivant les lumires d'une sa9e doctr9e1 ,m4 ,debauve *]*e en outre (frir ses nombreux cli5ts des mdicam5ts agrables contre quelques t5dances maladives4 ,a9si aux p]sonnes qui manqu5t d'embonpo9t il (fre le *ocolat analeptique au salep2 celles qui ont les n]fs dlicats1 le *ocolat antispasmodique la fleur d'orang]2 aux tempram5ts susceptibles d'irritation1 le *ocolat au lait d'am&es2 quoi il aj\t]a sans d\te le *ocolat des affligs1 ambr et dos secundum artem4 ,mais son pr9cipal mrite e/ surt\t de n\s (frir1 un prix modr1 un excell5t *ocolat usuel1 o n\s tr\vons le mat9 un djeun] assez suffisant1 qui n\s dlecte1 dn]1 dans les crmes1 et n\s rj\it encore1 sur la f9 de la soire1 dans les glaces1 les croquettes et autres fri&ises de salon1 sans compt] la di/raction agrable des pa/illes et diablot9s1 avec ou sans devises4 ,n\s ne connaissons ,m4 ,debauve que p> ses prp>ations1 n\s ne l'avons jamais vu2 mais n\s savons qu'il contribue puissamm5t affran*ir la ,france du tribut qu'elle payait autrefois l',espagne1 en ce qu'il f\rnit ,p>is et aux prov9ces un *ocolat dont la rputation crot sans cesse4 ,n\s savons encore qu'il reoit j\rnellem5t de n\velles comm&es de l'trang]3 c'e/ donc s\s ce rapport1 et comme membre fondateur de la ,socit d'enc\ragem5t p\r l'indu/rie nationale1 que n\s lui accordons ici un suffrage et une m5tion dont on v]ra bi5 que n\s ne sommes pas prodigue4 ,manire (ficielle de prp>] le *ocolat4 ,les ,amrica9s prp>5t leur pte de cacao sans sucre4 ,lorsqu'ils veul5t pr5dre du *ocolat1 ils font apport] de l'eau b\illante2 *acun rpe dans sa tasse la quantit qu'il veut du cacao1 v]se l'eau *aude dessus1 et aj\te le sucre et les aromates comme il juge conv5able4 ,cette m?ode ne convi5t ni nos moeurs ni nos gts1 et n\s v\lons que le *ocolat n\s arrive t\t prp>4 ,en cet tat1 la *imie transc5dante n\s a appris qu'il ne faut ni le racl] au c\teau ni le broy] au pilon1 p>ce que la collision s*e qui a lieu dans les deux cas amidonise quelques portions de sucre1 et r5d cette boisson plus fade4 ,a9si1 p\r faire du *ocolat1 c'e/--dire p\r le r5dre propre la consommation immdiate1 on en pr5d environ une once et demie p\r une tasse1 qu'on fait diss\dre d\cem5t dans l'eau1 mesure qu'elle s'*auffe1 en la remuant avec une spatule de bois2 on la fait b\illir p5dant un qu>t d'heure1 p\r que la solution pr5ne consi/ance1 et on s]t *audem5t4 ,monsieur1 me disait1 il y a plus de c9quante ans1 madame d',are/rel1 suprieure du c\v5t de la ,visitation ,belley1 qu& v\s v\drez pr5dre du *ocolat1 faites-le faire1 ds la veille1 dans une cafetire de faence1 et laissez-le l4 ,le repos de la nuit le conc5tre et lui donne un vel\t qui le r5d bi5 meilleur4 ,le bon ,dieu ne peut pas s'(f5s] de ce petit raff9em5t1 c> il e/ lui-mme t\t excell5ce4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,vii ,?orie de la ,friture4#ah #dh4 ,c'tait un beau j\r du mois de mai3 le soleil v]sait ses rayons les plus d\x sur les toits enfums de la ville aux j\issances1 et les rues 7*ose r>e71 ne prs5tai5t ni b\e ni p\ssire4 ,les l\rdes dilig5ces avai5t depuis longtemps cess d'branl] le pav2 les tomb]eaux massifs se reposai5t encore1 et on ne voyait plus circul] que ces voitures dc\v]tes1 d'o les beauts indignes et exotiques1 abrites s\s les *apeaux les plus lgants1 ont c\tume de laiss] tomb] des reg>ds tant ddaigneux sur les *tifs1 et tant coquets sur les beaux g>ons4 ,il tait donc trois heures aprs midi qu& le pr(esseur v9t s'asseoir dans le fauteuil aux mditations4 ,note #ah3 ,ce mot friture s'applique galem5t l'action de frire1 au moy5 employ p\r frire et la *ose frite4 ,sa jambe droite tait v]ticalem5t appuye sur le p>quet2 la gau*e1 en s't5dant1 =mait une diagonale2 il avait les re9s conv5ablem5t adosss1 et ses ma9s tai5t poses sur les ttes de lion qui t]m95t les s\s-bras de ce meuble vnrable4 ,son front lev indiquait l'am\r des tudes svres1 et sa b\*e le gt des di/ractions aimables4 ,son air tait recueilli1 et sa pose telle1 que t\t homme qui l'eut vu n'aurait pas manqu de dire3 ,cet anci5 des j\rs doit tre un sage4 ,a9si tabli1 le pr(esseur fit appel] son prp>ateur en *ef1 et bi5tt le s]viteur arriva1 prt recevoir des conseils1 des leons ou des ordres4 ,allocution4 ,matre ,la ,plan*e1 dit le pr(esseur avec cet acc5t grave qui pntre jusqu'au fond des coeurs1 t\s ceux qui s'assei5t ma table v\s proclam5t potagi/e d premire classe1 ce qui e/ =t bi51 c> le potage e/ la premire consolation de l'e/omac besogneux2 mais je vois avec pe9e que v\s n'tes encore qu'un frituri] inc]ta94 ,je v\s ent5dis hi] gmir sur cette sole triomphale que v\s n\s s]vtes ple1 mollasse et dcolore4 ,mon ami ,r444#ai jeta sur v\s un reg>d dsapprobateur2 ,m4 ,h4 ,r4 porta l'oue/ son nez gnomonique1 et le prsid5t ,s444 dplora cet accid5t a l'gal d'une calamit publique4 ,ce malheur v\s arriva p\r avoir nglig la ?orie dont v\s ne s5tez pas t\te l'importance4 ,v\s tes un peu op9itre1 et j'ai de la pe9e v\s faire concevoir que les phnomnes qui se pass5t dans votre laboratoire ne sont autre *ose que l'excution des lois t]nelles de la nature2 et que c]ta9es *oses que v\s faites sans att5tion1 et seulem5t p>ce que v\s les avez vu faire d'autres1 n'en driv5t pas mo9s des plus hautes ab/ractions de la sci5ce4 ,note #ai3 ,m4 ,r4441 n ,seyssel1 di/rict de ,belley1 v]s #ageg4 lecteur du gr& collge1 on peut le propos] t\s comme exemple des rsultats heureux d'une conduite prud5te jo9te la plus inflexible probit4 c\tez donc avec att5tion1 et in/ruisez-v\s1 p\r n'avoir plus dsormais r\gir de vos oeuvres4 #a;er4 ,*imie4 ,les liquides que v\s exposez l'action du feu ne peuv5t pas t\s se *>g] d'une gale quantit de *aleur2 la nature les y a dposs 9galem5t3 c'e/ un ordre de *oses dont elle s'e/ rs]v le secret1 et que n\s appelons capacit du calorique4 ,a9si1 v\s p\rriez tremp] impunm5t votre doigt dans l'esprit-de-v9 b\illant1 v\s le retir]iez bi5 vite de l'eau-de-vie1 plus vite encore si c'tait de l'eau1 et une imm]sion rapide dans l'huile b\illante v\s f]ait une blessure cruelle2 c> l'huile peut s'*auff] au mo9s trois fois plus que l'eau4 ,c'e/ p> une suite de cette disposition que les liquides *auds agiss5t d'une manire diffr5te sur les corps sapides qui y sont plongs4 ,ceux qui sont traits l'eau se ramolliss5t1 se dissolv5t et se rduis5t en b\illie2 il en provi5t du b\illon ou des extraits3 ceux au contraire qui sont traits l'huile se ress]r5t1 se color5t d'une manire plus ou mo9s fonce1 et f9iss5t p> se *>bonn]4 ,dans le premi] cas1 l'eau diss\t et entrane les sucs intrieurs des alim5ts qui y sont plongs2 dans le second1 ces sucs sont cons]vs1 p>ce que l'huile ne peut pas les diss\dre2 et si ces corps se dess*5t1 c'e/ que la cont9uation de la *aleur f9it p> en vaporis] les p>ties humides4 ,les deux m?odes ont aussi des noms diffr5ts1 et on appelle frire l'action de faire b\illir dans l'huile ou la graisse des corps de/9s tre mangs4 ,je crois dj avoir dit que1 s\s le rapport (fic9al1 huile ou graisse sont peu prs synonymes1 la graisse n'tant qu'une huile concrte1 ou l'huile une graisse liquide4 ,,ii4 ,application4 ,les *oses frites sont bi5 reues dans les fe/9s2 elles y introduis5t une v>iation piquante2 elles sont agrables la vue1 cons]v5t leur gt primitif1 et peuv5t se mang] la ma91 ce qui plat t\j\rs aux dames4 ,la friture f\rnit encore aux cuis9i]s bi5 des moy5s p\r masqu] ce qui a p>u la veille1 et leur donne au beso9 des sec\rs p\r les cas imprvus2 c> il ne faut pas plus de temps p\r frire une c>pe de quatre livres que p\r cuire un oeuf la coque4 ,t\t le mrite d'une bonne friture provi5t de la surprise2 c'e/ a9si qu'on appelle l'invasion du liquide b\illant qui c>bonise ou r\ssit1 l'in/ant mme de l'imm]sion1 la surface extrieure du corps qui lui e/ s\mis4 ,au moy5 de la surprise1 il se =me une espce de vote qui conti5t l'objet1 emp*e la graisse de le pntr]1 et conc5tre les sucs1 qui subiss5t a9si une coction intrieure qui donne l'alim5t t\t le gt dont il e/ susceptible4 ,p\r que la surprise ait lieu1 il faut que le liquide brlant ait acquis assez de *aleur p\r que son action soit brusque et in/antane2 mais il n'arrive ce po9t qu'aprs avoir t expos assez longtemps un feu vif et flamboyant4 ,on connat p> le moy5 suivant que la friture e/ *aude au degr dsir3 ,v\s c\p]ez un morceau de pa9 en =me de m\illette1 et v\s le tremp]ez dans la pole p5dant c9q six secondes2 si v\s le retirez f]me et color1 oprez immdiatem5t l'imm]sion1 s9on il faut p\ss] le feu et recomm5c] l'essai4 ,la surprise une fois opre1 modrez le feu1 af9 que la coction ne soit pas trop prcipite1 et que les sucs que v\s avez enf]ms subiss5t1 au moy5 d'une *aleur prolonge1 le *angem5t qui les unit et en rehausse le gt4 ,v\s avez sans d\te obs]v que la surface des objets bi5 frits ne peut plus diss\dre ni le sel ni le sucre dont ils ont cep5dant beso9 suivant leur nature div]se4 ,a9si v\s ne manqu]ez pas de rduire ces deux sub/ances en p\dre trs f9e2 af9 qu'elles contract5t une gr&e facilit d'adhr5ce1 et qu'au moy5 du saup\droir la friture puisse s'en assaisonn] p> juxtaposition4 ,je ne v\s p>le pas du *oix des huiles et ds graisses3 les disp5saires div]s dont j'ai compos votre biblio?que v\s ont donn l-dessus des lumires suffisantes4 ,cep5dant n'oubliez pas1 qu& il v\s arriv]a quelques-unes de ces truites qui dpass5t pe9e un qu>t de livre1 et qui provi5n5t des ruisseaux d'eau vive qui murmur5t lo9 de la capitale2 n'oubliez pas1 dis-je1 de les frire avec ce que v\s aurez de plus f9 en huile d'olive3 ce mets si simple1 dm5t saup\dr et rehauss de tran*es de citron1 e/ digne d'tre (f]t une m95ce#bj4 ,note #bj3 ,m4 ,auliss91 avocat napolita9 trs in/ruit et joli amateur violoncelli/e1 dnait un j\r *ez moi1 et1 mangeant quelque *ose qui lui p>ut son gr1 me dit3 ,que/o un v]o boccone di c>d9ale6--,p\rquoi1 lui rpondis-je dans la mme langue1 ne dites-v\s pas comme n\s3 un morceau de roi8--,monsieur1 rpliqua l'amateur1 n\s autres ,itali5s1 n\s croyons que les rois ne peuv5t pas tre g\rm&s1 p>ce que leurs repas sont trop c\rts et trop sol5nels2 mais les c>d9aux6 eh666 ,et il fit le petit hurlem5t qui lui e/ famili]2 h\1 h\1 h\1 h\1 h\1 h\6 ,traitez de mme les p]lans1 dont les adeptes font tant de cas4 ,l'p]lan e/ le becfigue des eaux2 mme petitesse1 mme p>fum1 mme supriorit4 ,ces deux prescriptions sont encore fondes sur la nature des *oses4 ,l'expri5ce a appris qu'on ne doit se s]vir d'huile d'olive que p\r les oprations qui peuv5t s'a*ev] en peu de temps ou qui n'exig5t pas une gr&e *aleur1 p>ce que l'bullition prolonge y dveloppe un gt empyreumatique et dsagrable qui provi5t de quelques p>ties de p>5*yme dont il e/ trs difficile de la db>rass] et qui se *>bonn5t4 ,v\s avez essay mon enf]1 et le premi]1 v\s avez eu la gloire d'(frir l'univ]s tonn un imm5se turbot frit4 ,il y eut ce j\r-l gr&e jubilation p>mi les lus4 ,allez3 cont9uez soign] t\t ce que v\s faites1 et n'oubliez jamais que du mom5t o les convives ont mis le pi$ dans mon salon1 c'e/ n\s qui demeurons *>g du so9 de leur bonheur4 ,illu/ration ,m,,ditation #h ,de la ,soif4 #di4 ,la soif e/ le s5tim5t intrieur du beso9 de boire4 ,une *aleur d'environ tr5te-deux degrs de ,raumur vaporisant sans cesse les div]s fluides dont la circulation entreti5t la vie1 la dp]dition qui en e/ la suite aurait bi5tt r5du ces fluides inaptes remplir leur de/9ation1 s'ils n'tai5t s\v5t r5\vels et rafra*is3 c'e/ ce beso9 qui fait s5tir la soif4 ,n\s croyons que le sige de la soif rside dans t\t le sy/me dige/eur4 ,qu& on a soif 7et en notre qualit de *asseur n\s y avons s\v5t t expos71 on s5t di/9ctem5t que t\tes les p>ties inhalantes de la b\*e1 du gosi] et de l'e/omac sont entreprises et nrtises2 et si quelquefois on apaise la soif p> l'application des liquides ailleurs qu' ses organes1 comme p> exemple le ba91 c'e/ qu'aussitt qu'ils sont introduits dans la circulation1 ils sont rapidem5t ports v]s le sige du mal1 et s'y appliqu5t comme remdes4 ,div]ses espces de ,soif4 ,en envisageant ce beso9 dans t\te son t5due1 on peut compt] trois espces de soif3 la soif lat5te1 la soif factice et la soif adurante4 ,la soif lat5te ou habituelle e/ cet quilibre ins5sible qui s'tablit entre la vaporisation transpiratoire et la ncessite d'y f\rnir2 c'e/ elle qui1 sans que n\s pr\vions quelque d\leur1 n\s invite boire p5dant le repas1 et fait que n\s p\vons boire presque t\s les mom5ts de la j\rne4 ,cette soif n\s accompagne p>t\t et fait en quelque faon p>tie de notre exi/5ce4 ,la loi factice1 qui e/ spciale l'espce huma9e1 provi5t de cet in/9ct inn qui n\s porte *]*] dans les boissons une =ce que la nature n'y a pas mise et qui n'y survi5t que p> la f]m5tation4 ,elle con/itue une j\issance artificielle plutt qu'un beso9 naturel3 cette soif e/ vritablem5t inext+uible1 p>ce que les boissons qu'on pr5d p\r l'apais] ont l'effet immanquable de la faire r5atre2 cette soif1 qui f9it p> dev5ir habituelle1 con/itue les ivrognes de t\s les pays2 et il arrive presque t\j\rs que l'impotation ne cesse que qu& la liqueur manque1 ou qu'elle a va9cu le buveur et l'a mis hors de combat4 ,illu/ration ,qu&1 au contraire1 on n'apaise la soif que p> l'eau pure1 qui p>at en tre l'antidote naturel1 on ne boit jamais une gorge au-del du beso94 ,la soif adurante e/ celle qui survi5t p> l'augm5tation du beso9 et p> l'impossibilit de satisfaire la soif lat5te4 ,on l'appelle adurante1 p>ce qu'elle e/ accompagne de l'ardeur de la langue1 de la s*]esse du palais1 et d'une *aleur dvorante dans t\t le corps4 ,le s5tim5t de la soif e/ tellem5t vif1 que le mot e/1 presque dans t\tes les langues1 le synonyme d'une appt5ce excessive et d'un dsir imprieux2 a9si on a soif d'or1 de ri*esses1 de p\voir1 de v5geance1 etc41 expressions qui n'euss5t pas pass1 s'il ne suffisait pas d'avoir eu soif une fois dans sa vie p\r en s5tir la ju/esse4 ,l'apptit e/ accompagn d'une s5sation agrable1 tant qu'il ne va pas jusqu' la faim2 la soif n'a po9t de crpuscule1 et ds qu'elle se fait s5tir il y a malaise1 anxit1 et cette anxit e/ affreuse qu& on n'a pas l'espoir de se dsaltr]4 ,p> une ju/e comp5sation1 l'action de boire peut1 suivant les circon/ances1 n\s procur] des j\issances extrmem5t vives2 et qu& on apaise une soif haut degr1 ou qu' une soif modre on oppose une boisson dlicieuse1 t\t l'app>eil papillaire e/ en titillation1 depuis la po9te de la langue jusque dans les pr(ondeurs de l'e/omac4 ,on meurt aussi beauc\p plus vite de soif que de faim4 ,on a des exemples d'hommes qui1 ayant de l'eau1 se sont s\t5us p5dant plus de huit j\rs sans mang]1 t&is que ceux qui sont absolum5t privs de boissons ne pass5t jamais le c9quime j\r4 ,la raison de cette diffr5ce se tire de ce que celui-ci meurt seulem5t d'puisem5t et de faiblesse1 t&is que le premi] e/ saisi d'une fivre qui le brle et va t\j\rs en s'exasprant4 ,on ne rsi/e pas t\j\rs si longtemps la soif2 et en #aghg1 on vit m\rir un des c5t suisses de la g>de de ,l\is ,,xvi1 p\r tre re/ seulem5t v+t-quatre heures sans boire4 ,il tait au cab>et avec quelques-uns de ses cam>ades3 l1 comme il prs5tait son v]re1 un d'entre eux lui repro*a de boire plus s\v5t que les autres et de ne p\voir s'en pass] un mom5t4 ,c'e/ sur ce propos qu'il gagea de demeur] v+t-quatre heures sans boire1 p>i qui fut accept1 et qui tait de dix b\teilles de v9 consomm]4 ,ds ce mom5t le soldat cessa de boire1 quoiqu'il re/t encore plus de deux heures voir faire les autres avant que de se retir]4 ,la nuit se passa bi51 comme on peut croire2 mais ds la po9te du j\r1 il tr\va trs dur de ne p\voir pr5dre son petit v]re d'eau-de-vie1 a9si qu'il n'y manquait jamais4 ,t\te la mat9e il fut inquiet et tr\bl2 il allait1 v5ait1 se levait1 s'asseyait sans raison1 et avait l'air de ne savoir que faire4 une heure il se c\*a1 croyant tre plus tranquille3 il s\ffrait1 il tait vraim5t malade2 mais va9em5t ceux qui l'ent\rai5t l'invitai5t-ils boire1 il prt5dait qu'il irait bi5 jusqu'au soir2 il v\lait gagn] la gageure1 quoi se mlait sans d\te un peu d'orgueil militaire qui l'emp*ait de cd] la d\leur4 ,il se s\t9t a9si jusqu' sept heures2 mais sept heures et demie1 il se tr\va mal1 t\rna la mort1 et expira sans p\voir gt] un v]re de v9 qu'on lui prs5tait4 ,je fus in/ruit de t\s ces dtails ds le soir mme p> le sieur ,s*neid]1 honorable fifre de la compagnie des c5t suisses1 *ez lequel je logeais ,v]sailles4 ,causes de la soif4 #ej4--;,div]ses circon/ances unies ou sp>es peuv5t contribu] augm5t] la soif4 ,n\s allons en indiqu] quelques-unes qui n'ont pas t sans influ5ce sur nos usages4 ,la *aleur augm5te la soif2 et de l le p5*ant qu'ont t\j\rs eu les hommes fix] leurs habitations sur le bord des fleuves4 ,les travaux corporels augm5t5t la soif2 aussi les propritaires qui emploi5t des ouvri]s ne manqu5t jamais de les =tifi] p> des boissons2 et de l le prov]be que le v9 qu'on leur donne e/ t\j\rs le mieux v5du4 ,la danse augm5te la soif2 et de l recueil des boissons corroborantes ou rafra*issantes qui ont t\j\rs accompagn les runions dansantes4 ,la dclamation augm5te la soif2 de l le v]re d'eau que t\s les lecteurs s'tudi5t boire avec grce1 et qui se v]ra bi5tt sur les bords de la *aire ct du m\*oir blanc#ba4 ,note #ba3 ,le *ano9e ,dele/ra1 prdicateur =t agrable1 ne manquait jamais d'aval] une noix confite1 dans l'int]valle de temps qu'il laissait ses auditeurs1 entre *aque po9t de son disc\rs1 p\r t\ss]1 cra*] et m\*]4 ,les j\issances gnsiques augm5t5t la soif2 de l ces descriptions potiques de ,*ypre1 ,ama?onte1 ,gnide et autres lieux habits p> ,vnus1 o l'on ne manque jamais de tr\v] des ombrages frais et des ruisseaux qui s]p5t5t1 c\l5t et murmur5t4 ,les *ants augm5t5t la soif2 et de l rputation univ]selle qu'ont eue les musici5s d'tre infatigables buveurs4 ,musici5 moi-mme1 je m'lve contre ce prjug1 qui n'a plus ma9t5ant ni sel ni vrit4 ,les arti/es qui circul5t dans nos salons boiv5t avec autant de discrtion que de sagacit2 mais ce qu'ils ont p]du d'un ct1 ils le regagn5t de l'autre2 et s'ils ne sont plus ivrognes1 ils sont g\rm&s jusqu'au troisime ciel1 tellem5t qu'on assure qu'au ,c]cle d'h>monie transc5dante1 la clbration de la fte de sa9te ,ccile a dur quelquefois plus de v+t-quatre heures4 ,exemple4 #ea4--,l'exposition un c\rant d'air trs rapide e/ une cause trs active de l'augm5tation de la soif2 et je p5se que l'obs]vation suivante s]a lue avec plaisir p> les *asseurs4 ,on sait que les cailles se plais5t beauc\p dans les hautes montagnes1 o la russite de leur ponte e/ plus assure1 p>ce que la rcolte s'y fait beauc\p plus t>d4 ,lorsqu'on moissonne le seigle1 elles pass5t dans les orges et les avo9es2 et qu& on vi5t fau*] ces d]nires1 elles se retir5t dans les p>ties o la maturit e/ mo9s avance4 ,c'e/ alors le mom5t de les *ass]1 p>ce qu'on tr\ve dans un petit nombre d'arp5ts de t]re1 les cailles qui1 un mois aup>avant1 tai5t dissm9es dans t\te une commune1 et que1 la saison tant sa f91 elles sont grosses et grasses satisfaction4 ,c'e/ dans ce b que je me tr\vais un j\r avec quelques amis sur une montagne de l'arrondissem5t de ,nantua1 dans le canton connu s\s le nom de ,plan d',hotonne1 et n\s tions sur le po9t de comm5c] la *asse1 p> un des plus beaux j\rs du mois de septembre et s\s l'influ5ce d'un soleil brillant inconnu aux cockneys#bb4 ,note #bb3 ,c'e/ le nom p> lequel on dsigne les habitants de ,londres qui n'en sont pas sortis2 il quivaut celui de badauds4 ,mais1 p5dant que n\s djeunions1 il s'leva un v5t du nord extrmem5t viol5t et bi5 contraire nos plaisirs2 ce qui ne n\s emp*a pas de n\s mettre en campagne4 pe9e avions-n\s *ass un qu>t d'heure1 que le plus d\illet de la tr\pe comm5a dire qu'il avait soif2 sur quoi on l'aurait sans d\te plaisant1 si *acun de n\s n'avait pas aussi pr\v le mme beso94 ,n\s bmes t\s1 c> l'ne cant9i] n\s suivait2 mais le s\lagem5t ne fut pas long4 ,la soif ne t>da pas rep>atre avec une telle int5sit1 que quelques-uns se croyai5t malades1 d'autres prts le dev5ir1 et on p>lait de s'en ret\rn]1 ce qui n\s aurait fait un voyage de dix lieues en pure p]te4 ,j'avais eu le temps de recueillir mes ides1 et j'avais dc\v]t la raison de cette soif extraord9aire4 ,je rassemblai donc les cam>ades1 et je leur dis que n\s tions s\s l'influ5ce de quatre causes qui se runissai5t p\r n\s altr]3 la dim9ution notable de la colonne qui pesait sur notre corps1 qui devait r5dre la circulation plus rapide2 l'action du soleil qui n\s *auffait directem5t2 la m>*e qui activait la transpiration2 et1 plus que t\t cela1 l'action du v5t qui1 n\s p]ant j\r1 enlevait le produit de cette transpiration1 s\tirait le fluide1 et emp*ait t\te moiteur de la peau4 ,j'aj\t]ai que1 sur le t\t1 il n'y avait aucun dang]2 que l'ennemi tant connu1 il fallait le combattre3 et il demeura arrt qu'on boirait *aque demi-heure4 ,la prcaution ne fut cep5dant qu'insuffisante1 cette soif tait inv9cible3 ni le v91 ni l'eau-de-vie1 ni le v9 ml d'eau1 ni l'eau mle d'eau-de-vie1 n'y pur5t ri54 ,n\s avions soif mme en buvant1 et n\s fmes mal notre aise t\te la j\rne4 ,cette j\rne f9it cep5dant comme une autre3 le propritaire du doma9e de ,lat\r n\s donna l'hospitalit1 en joignant nos provisions aux si5nes4 ,illu/ration ,n\s dnmes m]veilles2 et bi5tt n\s allmes n\s ent]r] dans le fo9 et y j\ir d'un sommeil dlicieux4 ,le l5dema9 ma ?orie reut la sanction de l'expri5ce4 ,le v5t tomba t\t--fait p5dant la nuit2 et quoique le soleil ft aussi beau et mme plus *aud que la veille1 n\s *assmes encore une p>tie de la j\rne sans pr\v] une soif incommode4 ,mais le plus gr& mal tait fait3 nos cant9es1 quoique remplies avec une sage prvoyance1 n'avai5t pu rsi/] aux *>ges rxres que n\s avions faites sur elles2 ce n'tait plus que des corps sans me1 et n\s tombmes dans les futailles des cab>eti]s4 ,il fallut bi5 s'y rs\dre1 mais ce ne fut pas sans murmur]2 et j'adressai au v5t dessicateur une allocution ple9e d'invectives1 qu& je vis qu'un mets digne de la table des rois1 un plat d'p9>ds la graisse de cailles1 allait tre arros d'un v9 pe9e aussi bon que celui de ,surne#bc4 ,note #bc3 ,surne1 village =t agrable1 deux lieues de ,p>is4 ,il e/ r5omm p> ses mauvais v9s4 ,on dit prov]bialem5t que1 p\r boire un v]re de v9 de ,surne il faut tre trois1 savoir3 le buveur et deux acolytes p\r le s\t5ir et emp*] que le coeur ne lui manque4 ,on en dit autant du v9 de ,prieux2 ce qui n'emp*e pas qu'on ne le boive4 ,m,,ditation ,,ix ,des ,boissons4#bd #eb4 ,on doit ent5dre p> boisson t\t liquide qui peut se ml] nos alim5ts4 ,l'eau p>at tre la boisson la plus naturelle4 ,elle se tr\ve p>t\t o il y a des animaux1 remplace le lait p\r les adultes1 et n\s e/ aussi ncessaire que l'air4 ,eau4 ,l'eau e/ la seule boisson qui apaise vritablem5t la soif1 et c'e/ p> cette raison qu'on n'en peut boire qu'une assez petite quantit4 ,la plup>t des autres liqueurs dont l'homme s'abreuve ne sont que des palliatifs1 et s'il s'en tait t5u l'eau1 on n'aurait jamais dit de lui qu'un de ses privilges tait de boire sans avoir soif4 ,note #bd3 ,ce *apitre e/ purem5t philosophique2 le dtail des div]ses boissons connues ne p\vait pas entr] dans le plan que je me suis =m3 c'et t n'en plus f9ir4 ,illu/ration3 ,les ,boissons ,prompt effet des ,boissons ,les boissons s'absorb5t dans l'conomie animale avec une extrme facilit2 leur effet e/ prompt et le s\lagem5t qu'on en reoit en quelque sorte in/antan4 ,s]vez un homme fatigu les alim5ts les plus sub/antiels1 il mang]a avec pe9e et n'en pr\v]a d'abord que peu de bi54 ,donnez-lui un v]re de v9 ou d'eau-de-vie1 l'in/ant mme il se tr\ve mieux1 et v\s le voyez r5atre4 ,je puis appuy] cette ?orie sur un fait assez rem>quable que je ti5s de mon neveu1 le colonel ,guign>d1 peu conteur de son naturel2 mais sur la vracit duquel on peut compt]4 ,il tait la tte d'un dta*em5t qui rev5ait du sige de ,jaffa1 et n'tait loign que de quelques c5ta9es de toises du lieu o l'on devait s'arrt] et r5contr] de l'eau1 qu& on comm5a tr\v] sur la r\te les corps de quelques soldats qui devai5t le prcd] d'un j\r de m>*e1 et qui tai5t morts de *aleur4 ,p>mi les victimes de ce climat brlant se tr\vait un c>ab9i]1 qui tait de la connaissance de plusieurs p]sonnes du dta*em5t4 ,il devait tre mort depuis plus de v+t-quatre heures1 et le soleil1 qui l'avait frapp t\te la j\rne1 lui avait r5du le visage noir comme un corbeau4 ,quelques cam>ades s'en appro*r5t1 soit p\r le voir une d]nire fois1 soit p\r en hrit]1 s'il y avait de quoi1 et ils s'tonnr5t en voyant que ses membres tai5t encore flexibles et qu'il y avait mme encore un peu d *aleur aut\r de la rgion du coeur4 ,donnez-lui une g\tte de sacr-*i51 dit le lu/ig de la tr\pe2 je g>antis que1 s'il n'e/ pas encore bi5 lo9 dans l'autre monde1 il revi5dra p\r y gt]4 ,effectivem5t1 la premire cuill]e de spiritueux le mort ouvrit les yeux2 on s'cria1 on lui en frotta les tempes1 on lui en fit aval] encore un peu1 et au b\t d'un qu>t d'heure il put1 avec un peu d'aide1 se s\t5ir sur un ne4 ,on le conduisit a9si jusqu' la fonta9e2 on le soigna p5dant la nuit1 on lui fit mang] quelques dattes1 on le n\rrit avec prcaution2 et le l5dema91 remont sur un ne1 il arriva au ,caire avec les autres4 ,boissons =tes4 #ec4 ,une *ose trs digne de rem>que e/ cette espce d'in/9ct1 aussi gnral qu'imprieux1 qui n\s porte la re*]*e des boissons =tes4 ,le v91 la plus aimable des boissons1 soit qu'on le doive ,no1 qui planta la vigne1 soit qu'on le doive ,bac*us1 qui a exprim le jus du rais91 date de l'enfance du monde2 et la bire1 qu'on attribue ,osiris1 remonte jusqu'aux temps au-del desquels il n'y avait ri5 de c]ta94 ,t\s les hommes1 mme ceux qu'on e/ conv5u d'appel] sauvages1 ont t tellem5t t\rm5ts p> cette appt5ce des boissons =tes1 qu'ils sont p>v5us s'en procur]1 quelles qu'ai5t t les bornes de leurs connaissances4 ,ils ont fait aigrir le lait de leurs animaux dome/iques1 ils ont extrait le jus de div]s fruits1 de div]ses rac9es1 o ils ont s\ponn les lm5ts de la f]m5tation1 et p>t\t o on a r5contr les hommes en socit1 on les a tr\vs munis de liqueurs =tes dont ils faisai5t usage dans leurs fe/9s1 dans leurs sacrifices1 leurs m>iages1 leurs funrailles1 enf9 t\t ce qui avait p>mi eux quelque air de fte et de sol5nit4 ,on a bu et *ant le v9 p5dant bi5 des sicles1 avant de se d\t] qu'il ft possible d'en extraire la p>tie spiritueuse qui en fait la =ce2 mais les ,arabes n\s ayant appris l'art de la di/illation1 qu'ils avai5t inv5te p\r extraire le p>fum des fleurs1 et surt\t de la rose tant clbre dans leurs crits1 on comm5a croire qu'il tait possible de dc\vrir dans le v9 la cause de l'exaltation de saveur qui donne au gt une excitation si p>ticulire2 et de ttonnem5ts en ttonnem5ts1 on dc\vrit l'alcool1 l'esprit-de-v91 l'eau-de-vie4 ,l'alcool e/ le mon>que des liquides et porte au d]ni] degr l'exaltation palatale3 ces div]ses prp>ations ont ouv]t de n\velles s\rces de j\issances#be2 il donne c]ta9s mdicam5ts#bf une n]gie qu'ils n'aurai5t pas sans cet int]mde2 il e/ mme dev5u dans nos ma9s une arme =midable1 c> les nations du n\veau monde ont t presque autant domptes et dtruites p> l'eau-de-vie que p> les armes feu4 ,la m?ode qui n\s a fait dc\vrir l'alcool a conduit encore d'autres rsultats importants2 p> comme elle consi/e sp>] et mettre nu les p>ties1 qui con/itu5t un corps et le di/+u5t de t\s les autres1 elle a d s]vir de modle ceux qui se sont livrs des re*]*es analogues1 et qui n\s ont fait connatre des sub/ances t\t fait n\velles1 telles que la qu99e1 la morph9e1 la /ry*n9e et autres semblables1 dc\v]tes et dc\vrir4 ,note #be3 ,les liqueurs de table4 ,note #bf3 ,les lixirs4 ,illu/ration ,quoi qu'il en soit1 cette soif d'une espce de liquide que la nature avait enveloppe de voiles1 cette appt5ce extraord9aire qui agit sur t\tes les races d'hommes1 s\s t\s les climats et s\s t\tes les tempratures1 e/ bi5 digne de fix] l'att5tion de l'obs]vateur philosophe4 ,j'y ai song comme un autre1 et je suis t5t de mettre l'appt5ce des liqueurs f]m5tes1 qui n'e/ pas connue des animaux1 ct de l'inquitude de l'av5ir1 qui leur e/ galem5t trangre1 et de les reg>d] l'une et l'autre comme des attributs di/9ctifs du *ef-d'oeuvre de la d]nire rvolution sublunaire4 ,m,,ditation ,x ,et pisodique sur la f9 du monde4 #ed4 ,j'ai dit3 la d]nire rvolution sublunaire1 et cette p5se1 a9si exprime1 m'a entran bi5 lo91 bi5 lo94 ,des monum5ts irrcusables n\s appr5n5t que notre globe a dj pr\v plusieurs *angem5ts absolus1 qui ont t autant de f9s du monde2 et je ne sais quel in/9ct n\s av]tit que d'autres rvolutions doiv5t se succd] encore4 ,dj1 s\v5t1 on a cru ces rvolutions prtes arriv]1 et bi5 des g5s exi/5t que la comte aqueuse prdite p> le bon ,jrme ,lal&e envoya jadis confesse4 ,d'aprs ce qui a t dit cet g>d1 on e/ t\t dispos environn] cette cata/rophe de v5geances1 d'anges ext]m9ateurs1 de trompettes1 et autres accessoires non mo9s t]ribles4 ,hlas6 il ne faut pas tant de fracas p\r n\s dtruire1 n\s ne valons pas tant de pompes2 et si la volont du ,seigneur e/ telle1 il peut *ang] la surface du globe sans y mettre tant d'app>eil4 ,supposons1 p> exemple1 qu'un de ces a/res errants1 dont p]sonne ne connat la r\te ni la mission1 et dont l'app>ition a t\j\rs t accompagne d'une t]reur traditionnelle2 supposons1 dis-je1 qu'une comte passe assez prs du soleil p\r se *>g] d'un calorique surabondant1 et n\s appro*e assez p\r caus] sur la t]re six mois d'un tat gnral de #fj degrs de ,raumur 7une fois plus *aud que celui de la comte de #ahaa74 la f9 de cette saison funrale1 t\t ce qui vit ou vgte aura pri1 t\s les bruits auront cess2 la t]re r\l]a1 sil5cieuse1 jusqu' ce que d'autres circon/ances ai5t dvelopp d'autres g]mes2 et cep5dant la cause de ce dsa/re s]a re/e p]due dans les va/es *amps de l'air et ne n\s aura pas seulem5t appro*s de plusieurs millions de lieues4 ,cet vnem5t1 t\t aussi possible qu'un autre1 m'a t\j\rs p>u un beau sujet de rv]ie1 et je n'ai pas hsit un mom5t de m'y arrt]4 ,il e/ curieux de suivre1 p> l'esprit1 cette *aleur asc5sionnelle1 d'en prvoir les effets1 le dveloppem5t1 l'action1 et de se dem&]3 ,quid p5dant le premi] j\r1 p5dant le second1 et a9si de suite jusqu'au d]ni]8 ,quid sur l'air1 la t]re et l'eau1 la =mation1 le mlange et la dtonation des gaz8 ,quid sur les hommes1 reg>ds dans le rapport de l'ge du sexe de la =ce1 de la faiblesse8 ,quid sur la subord9ation aux lois1 la s\mission l'autorit1 le respect des p]sonnes et des proprits8 ,quid sur les moy5s *]*] ou les t5tatives faire p\r se drob] au dang]8 ,quid sur les li5s d'am\r1 d'amiti1 de p>5t sur l'gsme1 le dv\em5t8 ,quid sur les s5tim5ts religieux1 la foi1 la rsignation1 l'esprance1 etc41 etc48 ,l'hi/oire p\rra f\rnir quelques donnes sur les influ5ces morales2 c> dj plusieurs fois la f9 du monde a t prdite1 et mme indique un j\r dt]m94 ,j'ai vritablem5t quelque regret de ne pas appr5dre mes lecteurs comm5t j'ai rgl t\t cela dans ma sagesse2 mais je ne veux pas les priv] du plaisir de s'en occup] eux-mmes4 ,cela peut abrg] quelques insomnies p5dant la nuit1 et prp>] quelques sie/as p5dant le j\r4 ,le gr& dang] diss\t t\s les li5s4 ,on a vu1 dans la gr&e fivre jaune qui eut lieu ,philadelphie v]s #agib1 des m>is f]m] leurs femmes la porte du domicile conjugal1 des enfants ab&onn] leur pre1 et autres phnomnes p>eils en gr& nombre4 ,quod a nobis ,deus av]tat6 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xi ,de la ,g\rm&ise4 #ee4 ,j'ai p>c\ru les dictionnaires au mot ,g\rm&ise1 et je n'ai po9t t satisfait de ce que j'y ai tr\v1 n'e/ qu'une confusion p]ptuelle de la g\rm&ise proprem5t dite avec la gl\tonn]ie et la voracit3 d'o j'ai conclu que les lexicographes1 quoique trs e/imables d'ailleurs1 ne sont pas de ces savants aimables qui emb\*5t avec grce une aile de p]drix au suprme p\r l'arros]1 le petit doigt en l'air1 d'un v]re de v9 de ,laffitte ou du clos ,v\geot4 ,ils ont oubli1 compltem5t oubli la g\rm&ise sociale qui runit l'lgance a?ni5ne1 le luxe roma9 et la dlicatesse franaise1 qui dispose avec sagacit1 fait excut] savamm5t1 sav\re avec n]gie1 et juge avec pr(ondeur3 qualit prcieuse1 qui p\rrait bi5 tre une v]tu1 et qui e/ du mo9s bi5 c]ta9em5t la s\rce de nos plus pures j\issances4 ,df9itions4 ,df9issons donc et ent5dons-n\s4 ,la g\rm&ise e/ une prfr5ce passionne1 raisonne et habituelle p\r les objets qui flatt5t le gt4 ,la g\rm&ise e/ ennemie des excs2 t\t homme qui s'indigre ou s'enivre c\rt risque d'tre ray des contrles4 ,la g\rm&ise compr5d aussi la fri&ise1 qui n'e/ autre que la mme prfr5ce applique aux mets lg]s1 dlicats1 de peu de volume1 aux confitures1 aux ptiss]ies1 etc4 ,c'e/ une modification introduite en faveur des femmes et des hommes qui leur ressembl5t4 ,illu/ration ,s\s quelque rapport qu'on envisage la g\rm&ise1 elle ne mrite qu'loge et enc\ragem5t4 ,s\s le rapport physique1 elle e/ le rsultat et la preuve de l'tat sa9 et p>fait des organes de/9s la nutrition4 ,au moral1 c'e/ une rsignation implicite aux ordres du ,crateur1 qui1 n\s ayant ordonn de mang] p\r vivre1 n\s y invite p> l'apptit1 n\s s\ti5t p> la saveur1 et n\s en rcomp5se p> le plaisir4 ,avantages de la ,g\rm&ise4 ,s\s le rapport de l'conomie politique1 la g\rm&ise e/ le li5 commun qui unit les peuples p> l'*ange rciproque des objets qui s]v5t la consommation j\rnalire4 ,c'e/ elle qui fait voyag] d'un ple l'autre1 les v9s1 les eaux-de-vie1 les sucres1 les pic]ies1 les m>9ades1 les salaisons1 les provisions de t\te espce1 et jusqu'aux oeufs et aux melons4 ,c'e/ elle qui donne un prix proportionnel aux *oses soit mdiocres1 bonnes ou excell5tes1 soit que ces qualits leur vi5n5t de l'art1 soit qu'elles les ai5t reues de la nature4 ,c'e/ elle qui s\ti5t l'espoir et l'mulation de cette f\le de p*eurs1 de *asseurs1 horticulteurs et autres1 qui rempliss5t j\rnellem5t les (fices les plus somptueux du rsultat de leur travail et de leurs dc\v]tes4 ,c'e/ elle enf9 qui fait vivre la multitude indu/rieuse des cuis9i]s1 ptissi]s1 confiseurs et autres prp>ateurs s\s div]s titres1 qui1 leur t\r1 emploi5t p\r leurs beso9s d'autres ouvri]s de t\te espce1 ce qui donne lieu en t\t tempe et t\te heure1 une circulation de fonds dont l'esprit le plus ex]c ne peut ni calcul] le m\vem5t ni assign] la quotit4 ,et rem>quons bi5 que l'indu/rie qui a la g\rm&ise p\r objet prs5te d'autant plus d'avantage qu'elle s'appuie1 d'une "p1 sur les plus gr&es in=tunes1 et de l'autre1 sur des beso9s qui r5aiss5t t\s les j\rs4 ,dans l'tat de socit o n\s sommes ma9t5ant p>v5us1 il e/ difficile de se figur] un peuple qui vivrait uniquem5t de pa9 et de lgumes4 ,cette nation1 si elle exi/ait1 s]ait infailliblem5t subjugue p> les armes c>nivores1 comme les ,ind\s1 qui ont t successivem5t la proie de t\s ceux qui ont v\lu les attaqu]2 ou bi5 elle s]ait conv]tie p> les cuis9es de ses vois9s1 comme jadis les ,boti5s1 qui dev9r5t g\rm&s aprs la bataille de ,leuctres4 ,suite4 #ef4--,la g\rm&ise (fre de gr&es ress\rces la fiscalit3 elle alim5te les octrois1 les d\anes1 les impositions indirectes4 ,t\t ce que n\s consommons paie le tribut1 et il n'e/ po9t de trsor public dont les g\rm&s ne soi5t le plus f]me s\ti54 ,p>l]ons-n\s de cet essaim de prp>ateurs qui depuis plusieurs sicles1 s'*app5t annuellem5t de la ,france p\r exploit] les g\rm&ises exotiques8 ,la plup>t russiss5t1 et1 obissant ensuite un in/9ct qui ne meurt jamais dans le coeur des ,franais1 rapport5t dans leur patrie le fruit de leur conomie4 ,cet apport e/ plus considrable qu'on ne p5se1 et ceux-l1 comme les autres1 auront aussi un arbre gnalogique4 ,mais si les peuples tai5t reconnaissants1 qui mieux que les ,franais aurait d lev] la ,g\rm&ise un temple et des autels8 ,p\voir de la ,g\rm&ise4 #eg4--;,en #ahae1 le trait du mois de novembre imposa la ,france la condition de pay] aux allis sept c5t c9quante millions en trois ans4 cette *>ge se joignit celle de faire face aux rclamations p>ticulires des habitants des div]s pays dont les s\v]a9s runis avai5t /ipul les intrts1 montant plus de trois c5t millions4 ,enf9 il faut aj\t] t\t cela les rquisitions de t\te espce faites en nature p> les gnraux ennemis1 qui en *>geai5t des f\rgons qu'ils faisai5t fil] v]s les frontires1 et qu'il a fallu que le trsor public payt plus t>d2 en t\t1 plus de qu9ze c5t millions4 ,on p\vait1 on devait mme cra9dre que des paiem5ts aussi considrables1 et qui s'effectuai5t j\r p> j\r en numraire n'am5ass5t la gne dans le trsor1 la dprciation dans t\tes les valeurs fictives1 et p> suite t\s les malheurs qui m5ac5t un pays sans arg5t et sans moy5s de s'en procur]4 ,hlas6 disai5t les g5s de bi5 en voyant pass] le fatal tomb]eau qui allait se remplir dans la rue ,vivi5ne1 hlas6 voil notre arg5t qui migre en masse2 l'an pro*a9 on s'ag5\ill]a devant un cu2 n\s allons tomb] dans l'tat dplorable d'un homme ru92 t\tes les entreprises re/]ont sans succs2 on ne tr\v]a po9t emprunt]2 il y aura tisie1 m>asme1 mort civile4 ,l'vnem5t dm5tit ces t]reurs2 et au gr& tonnem5t de t\s ceux qui s'occup5t de f9ances1 les paiem5ts se fir5t avec facilit1 le crdit augm5ta1 on se jeta avec avidit v]s les emprunts1 et p5dant t\t le temps que dura cette sup]purgation1 le c\rs du *ange1 cette mesure infaillible de la circulation montaire1 fut en notre faveur3 c'e/--dire qu'on eut la preuve ari?mtique qu'il entrait en ,france plus d'arg5t qu'il n'en sortait4 ,quelle e/ la puissance qui v9t notre sec\rs8 quelle e/ la div9it qui opra ce miracle8 la ,g\rm&ise4 ,qu& les ,bretons1 les ,g]ma9s1 les ,teutons1 les ,cimmri5s et les ,scy!s fir5t irruption en ,france1 ils y apportr5t une voracit r>e et des e/omacs d'une capacit peu commune4 ,ils ne se cont5tr5t pas longtemps de la *re (ficielle que devait leur f\rnir une hospitalit =ce2 ils aspirr5t des j\issances plus dlicates2 et bi5tt la ville-re9e ne fut plus qu'un imm5se rfectoire4 ,ils mangeai5t1 ces intrus1 *ez les re/aurateurs1 *ez les traiteurs1 dans les cab>ets1 dans les tav]nes1 dans les *oppes1 et jusque dans les rues4 ,ils se gorgeai5t de vi&es1 de poissons1 de gibi]1 de truffes1 de ptiss]ies1 et surt\t de nos fruits4 ,ils buvai5t avec une avidit gale leur apptit1 et dem&ai5t t\j\rs les v9s les plus *]s1 esprant y tr\v] des j\issances in\es1 qu'ils tai5t ensuite t\t tonns de ne pas pr\v]4 ,les obs]vateurs sup]ficiels ne savai5t que p5s] de cette mang]ie sans faim et sans t]me2 mais les vrais ,franais riai5t et se frottai5t les ma9s en disant3 ,les voil s\s le *>me1 et ils n\s auront r5du ce soir plus d'cus que le trsor public ne leur en a compt ce mat94 ,cette poque fut favorable t\s ceux qui f\rnissai5t aux j\issances du gt4 ,vry a*eva sa =tune2 ,a*>d comm5a la si5ne2 ,beauvilli]s en fit une troisime1 et madame ,sullot1 dont le magas91 au ,palais-,royal1 n'avait pas deux toises c>res1 v5dait p> j\r jusqu' d\ze mille petits pts#bg4 ,cet effet dure encore3 les trang]s afflu5t de t\tes les p>ties de l',europe1 p\r rafra*ir1 durant la paix1 les d\ces habitudes qu'ils contractr5t p5dant la gu]re2 il faut qu'ils vi5n5t ,p>is2 qu& ils y sont1 il faut qu'ils se rgal5t t\t prix4 ,et si nos effets publics ont quelque faveur1 on le doit mo9s l'intrt avantageux qu'ils prs5t5t qu' la confiance d'in/9ct qu'on ne peut s'emp*] d'avoir dans un peuple *ez qui les g\rm&s sont heureux#bh4 ,portrait d'une jolie g\rm&e4 #eh--,la g\rm&ise ne messi$ po9t aux femmes3 elle convi5t la dlicatesse de leurs organes1 et leur s]t de comp5sation p\r quelques plaisirs dont il faut bi5 qu'elles se priv5t1 et p\r quelques maux auxquels la nature p>at les avoir condamnes4 ,note #bg3 ,qu& l'arme d'invasion passa en ,*ampagne1 elle prit six c5t mille b\teilles de v9 dans les caves de ,m4 ,moet1 d'p]nay1 r5omm p\r la beaut de ses caves4 ,il s'e/ consol de cette p]te norme qu& il a vu que les pill>ds en avai5t g>d le gt1 et que les comm&es qu'il reoit du ,nord ont plus que d\bl depuis cette poque4 ,note #bh3 ,les calculs sur lesquels cet article e/ fond m'ont t f\rnis p> ,m4 ,m ,b4441 ga/ronome aspirant1 qui les titres ne manqu5t pas1 c> il e/ f9anci] et musici54 ,ri5 n'e/ plus agrable voir qu'une jolie g\rm&e s\s les armes3 sa s]viette e/ avantageusem5t mise2 une de ses ma9s e/ pose sur la table2 l'autre voiture sa b\*e de petits morceaux lgamm5t c\ps1 ou l'aile de p]drix qu'il faut mordre2 ses yeux sont brillants1 ses lvres v]nisses1 sa conv]sation agrable1 t\s ses m\vem5ts gracieux2 elle ne manque pas de ce gra9 de coquett]ie que les femmes mett5t t\t4 ,avec tant d'avantages1 elle e/ irrsi/ible2 et ,caton-le-,c5seur lui-mme se laiss]ait m\voir4 ,illu/ration ,anecdote4 ,ici cep5dant se place p\r moi un s\v5ir am]4 ,j'tais un j\r bi5 commodm5t plac table ct de la jolie madame ,m444d1 et je me rj\issais intrieurem5t d'un si bon lot1 qu&1 se t\rnant t\t c\p v]s moi3 votre sant6 me dit-elle4 ,je comm5ai de suite une phrase d'actions de grces2 mais je n'a*evai pas2 c> la coquette se portant v]s son vois9 de gau*e3 ,tr9quons6444 ,ils tr9qur5t1 et cette brusque transition me p>ut une p]fidie1 qui me fit au coeur une blessure que bi5 des annes n'ont pas encore gurie4 ,les ,femmes sont g\rm&es4 ,le p5*ant du beau sexe p\r la g\rm&ise quelque *ose qui ti5t de l'in/9ct1 c> la g\rm&ise e/ favorable la beaut4 ,une suite d'obs]vations exactes et rig\reuses a dmontr qu'un rgime succul5t1 dlicat et soign1 rep\sse longtemps et bi5 lo9 les app>5ces extrieures de la vieillesse4 ,il donne aux yeux plus de brillant1 la peau plus de fra*eur et aux muscles plus de s\ti52 et comme il e/ c]ta91 en physiologie1 que c'e/ la dpression des muscles qui cause les rides1 ces r$\tables ennemis de la beaut1 il e/ galem5t vrai de dire que1 t\tes *oses gales1 ceux qui sav5t mang]1 sont comp>ativem5t de dix ans plus jeunes que ceux qui cette sci5ce e/ trangre4 ,les pe9tres et les sculpteurs sont bi5 pntrs de cette vrit1 c> jamais ils ne reprs5t5t ceux qui font ab/95ce p> *oix ou p> devoir1 comme les av>es et les ana*ortes1 sans leur donn] la pleur de la maladie1 la maigreur de la misre et les rides de la dcrpitude4 ,effets de la g\rm&ise sur la sociabilit4 #ei4--,la g\rm&ise e/ un des pr9cipaux li5s de la socit2 c'e/ elle qui t5d graduellem5t cet esprit de convivialit qui runit *aque j\r les div]s tats1 les fond en un seul t\t1 anime la conv]sation1 et ad\cit les angles de l'9galit conv5tionnelle4 ,c'e/ elle aussi qui motive les ef=ts que doit faire t\t amphitryon p\r bi5 recevoir ses convives1 a9si que la reconnaissance de ceux-ci1 qu& ils voi5t qu'on s'e/ savamm5t occup d'eux2 et c'e/ ici le lieu de honnir jamais ces mangeurs /upides qui aval5t avec une indiffr5ce c\pable les morceaux les plus di/+us1 ou qui aspir5t avec une di/raction sacrilge un nect> odorant et limpide4 ,loi gnrale4 ,t\te disposition de haute intellig5ce ncessite des loges explicites1 et une l\ange dlicate e/ oblige p>t\t o s'annonce l'envie de plaire4 ,influ5ce de la g\rm&ise sur le bonheur conjugal4 #fj4--;,enf91 la g\rm&ise1 qu& elle e/ p>tage1 a l'influ5ce la plus m>que sur le bonheur qu'on peut tr\v] dans l'union conjugale4 ,illu/ration ,deux p\x g\rm&s ont1 au mo9s une fois p> j\r1 une occasion agrable de se runir2 c>1 mme ceux qui font lit "p 7et il y en a un gr& nombre7 mang5t du mo9s la mme table2 ils ont un sujet de conv]sation t\j\rs r5aissant2 ils p>l5t non-seulem5t de ce qu'ils mang5t1 mais encore de ce qu'ils ont mang1 de ce qu'ils mang]ont1 de ce qu'ils ont obs]v *ez les autres1 des plats la mode1 des inv5tions n\velles1 etc41 etc42 et on sait que les caus]ies familires 7*it *at7 sont ple9es de *>mes4 ,la musique a sans d\te aussi des attraits bi5 puissants p\r ceux qui l'aim5t2 mais il faut s'y mettre1 c'e/ une besogne4 ,d'ailleurs1 on e/ quelquefois enrhum1 la musique e/ g>e1 les in/rum5ts sont discords1 on a la migra9e1 il y a du *mage4 ,au contraire1 un beso9 p>tag appelle les p\x table1 le mme p5*ant les y reti5t2 ils ont naturellem5t l'un p\r l'autre ces petits g>ds qui annonc5t l'envie d'oblig]1 et la manire dont se pass5t les repas entre p\r beauc\p dans le bonheur de la vie4 ,cette obs]vation1 assez neuve en ,france1 n'avait po9t *app au morali/e anglais ,field+1 et il l'a dveloppe en peignant1 dans son roman de ,pamla1 la manire div]se dont deux c\ples m>is f9iss5t leur j\rne4 ,le premi] e/ un "l1 l'an1 et p> consqu5t le possesseur de t\s les bi5s de la famille4 ,le second e/ son frre pun1 p\x de ,pamla1 d%rit cause de ce m>iage1 et vivant du produit de sa demi-paie1 dans un tat de gne assez vois9 de l'indig5ce4 ,le "l et sa femme arriv5t de diffr5ts cts1 et se salu5t froidem5t1 quoiqu'ils ne se soi5t pas vus de la j\rne4 ,ils s'assoi5t une table spl5didem5t s]vie1 ent\rs de laquais brillants d'or1 se s]v5t en sil5ce et mang5t sans plaisir4 ,cep5dant1 aprs que les dome/iques se sont retirs1 une espce de conv]sation s'engage entre eux2 bi5tt l'aigreur s'en mle3 elle devi5t qu]elle1 et ils se lv5t furieux p\r all]1 *acun dans son app>tem5t1 mdit] sur la d\ceur du veuvage4 ,son frre1 au contraire1 en arrivant dans son mode/e app>tem5t1 e/ accueilli avec le plus t5dre empressem5t et les plus d\ces c>esses4 ,il s'assi$ prs d'une table frugale2 mais les mets qui lui sont s]vis peuv5t-ils ne pas tre excell5ts6 ,c'e/ ,pamla elle-mme qui les a apprts6 ,ils mang5t avec dlices1 en causant de leurs affaires1 de leurs projets1 de leurs am\rs4 ,une demi-b\teille de madre leur s]t prolong] le repas et l'entreti52 bi5tt le mme lit les reoit2 et aprs les transports d'un am\r p>tag1 un d\x sommeil leur f]a oubli] le prs5t et rv] un meilleur av5ir4 ,honneur la g\rm&ise1 telle que n\s la prs5tons nos lecteurs1 et tant qu'elle ne dt\rne l'homme ni de ses occupations ni de ce qu'il doit sa =tune6 c>1 de mme que les dissolutions de ,s>danapale n'ont pas fait pr5dre les femmes en horreur1 a9si les excs de ,vitellius ne peuv5t pas faire t\rn] le dos un fe/9 savamm5t ordonn4 ,la g\rm&ise devi5t-elle gl\tonn]ie1 voracit1 crapule1 elle p]d son nom et ses avantages1 *appe nos attributions1 et tombe dans celles du morali/e1 qui la trait]a p> ses conseils1 ou du mdec91 qui la gurira p> les remdes4 ,la g\rm&ise1 telle que le pr(esseur l'a c>actrise dans cet article1 n'a de nom qu'en franais2 elle ne peut tre dsigne ni p> le mot lat9 gula1 ni p> l'anglais gluttony1 ni p> l'allem& lu/]nheit2 n\s conseillons donc ceux qui s]ai5t t5ts de traduire ce livre in/ructif1 de cons]v] le sub/antif1 et de *ang] seulem5t l'article2 c'e/ ce que t\s les peuples ont fait p\r la coquett]ie et t\t ce qui s'y rapporte4 ,,note ,d',,un ,,ga/ronome ,,patriote4 ,je rem>que avec orgueil que la coquett]ie et la g\rm&ise1 ces deux gr&es modifications que l'extrme sociabilit a apportes nos plus imprieux beso9s1 sont t\tes deux d'orig9e franaise4 ,m,,ditation #ab ,des ,g\rm&s4 ,n'e/ pas g\rm& qui veut4 #fa4 ,il e/ des individus qui la nature a refus une f9esse d'organes1 ou une t5ue d'att5tion sans lesquelles les mets les plus succul5ts pass5t inap]u4 ,la physiologie a dj reconnu la premire de ces v>its1 en n\s montrant la langue de ces in=tuns mal p\rvue des h\pes n]veuses de/9es inhal] et apprci] les saveurs4 ,elles n'veill5t *ez eux qu'un s5tim5t obtus2 ils sont p\r les saveurs ce que les aveugles sont p\r la lumire4 ,la seconde se compose des di/raits1 des babill>ds1 des affairs1 des ambitieux et autres1 qui veul5t s'occup] de deux *oses la fois1 et ne mang5t que p\r se remplir4 ,napolon4 ,tel tait entre autres ,napolon3 il tait irrguli] dans ses repas1 et mangeait vite et mal2 mais l se retr\vait aussi cette volont absolue qu'il mettait t\t4 ,ds que l'apptit se faisait s5tir1 il fallait qu'il ft satisfait1 et son s]vice tait mont de manire qu'en t\t lieu et t\te heure on p\vait1 au premi] mot1 lui prs5t] de la volaille1 des ctelettes et du caf4 ,g\rm&s p> prde/9ation4 ,mais il e/ une classe privilgie qu'une prde/9ation matrielle et organique appelle aux j\issances du gt4 ,j'ai t de t\t temps ,lavatri5 et ,galli/e je crois aux dispositions innes4 ,puisqu'il e/ des individus qui sont videmm5t v5us au monde p\r mal voir1 mal m>*]1 mal ent5dre1 p>ce qu'ils sont ns myopes1 boiteux ou s\rds1 p\rquoi n'y en aurait-il pas d'autres qui ont t prdisposs pr\v] plus spcialem5t c]ta9es sries de s5sations8 ,d'ailleurs1 p\r peu qu'on ait du p5*ant l'obs]vation1 on r5contre *aque in/ant dans le monde des physionomies qui port5t l'empre9te irrcusable d'un s5tim5t dom9ant1 tel qu'une imp]t95ce ddaigneuse1 le cont5tem5t de soi-mme1 la misan?ropie1 la s5sualit1 etc41 etc4 la vrit1 on peut port] t\t cela avec une figure insignifiante2 mais qu& la physionomie a un ca*et dt]m91 il e/ r>e qu'elle soit trompeuse4 ,illu/ration ,les passions agiss5t sur les muscles2 et trs s\v5t1 quoiqu'un homme se taise1 on peut lire sur son visage les div]s s5tim5ts dont il e/ agit4 ,cette t5sion1 p\r peu qu'elle soit habituelle1 f9it p> laiss] des traces s5sibles1 et donne a9si la physionomie un c>actre p]man5t et reconnaissable4 ,prde/9ation s5suelle4 #fb4--,les prde/9es de la g\rm&ise sont en gnral d'une /ature moy5ne2 ils ont le visage rond ou c>r1 les yeux brillants1 le front petit1 le nez c\rt1 les lvres *>nues et le m5ton arrondi4 ,les femmes sont poteles1 plus jolies que belles1 et visant un peu l'obsit4 ,celles qui sont pr9cipalem5t fri&es ont les traits plus f9s1 l'air plus dlicat1 sont plus mignonnes1 et se di/+u5t surt\t p> un c\p de langue qui leur e/ p>ticuli]4 ,c'e/ s\s cet extrieur qu'il faut *]*] les convives les plus aimables3 ils accept5t t\t ce qu'on leur (fre1 mang5t l5tem5t1 et sav\r5t avec rflexion4 ,ils ne se ht5t po9t de s'loign] des lieux o ils ont reu une hospitalit di/+ue2 et on les a p\r la soire1 p>ce qu'ils connaiss5t t\s les jeux et passe-temps qui sont les accessoires ord9aires d'une runion ga/ronomique4 ,ceux1 au contraire1 qui la nature a refus l'aptitude aux j\issances du gt1 ont le visage1 le nez et les yeux longs2 quelle que soit leur taille1 ils ont dans leur t\rnure quelque *ose d'allong4 ,ils ont les *eveux noirs et plats1 et manqu5t surt\t d'embonpo9t2 ce sont eux qui ont inv5t les pantalons4 ,illu/ration ,les femmes que la nature a affliges du mme malheur sont anguleuses1 s'ennui5t table1 et ne viv5t que de bo/ons et de mdisance4 ,cette ?orie physiologique ne tr\v]a1 je l'espre1 que peu de contradicteurs1 p>ce que *acun peut la vrifi] aut\r de soi3 je vais cep5dant encore l'appuy] p> des faits4 ,je sigeais un j\r un trs gr& repas1 et j'avais en face une trs jolie p]sonne dont la figure tait t\t fait s5suelle4 ,je me p5*ai v]s mon vois91 et lui dis t\t bas qu'avec des traits p>eils il tait impossible que cette demoiselle ne ft pas trs g\rm&e4 ,quelle folie6 me rpondit-il2 elle a t\t au plus qu9ze ans2 ce n'e/ pas encore l'ge de la g\rm&ise444 ,au surplus1 obs]vons4 ,les comm5cem5ts ne me fur5t pas favorables3 j'eus peur de m'tre compromis2 c>1 p5dant les deux premi]s s]vices1 la jeune fille fut d'une discrtion qui m'tonnait1 et je craignais d'tre tomb sur une exception1 c> il y en a p\r t\tes les rgles4 ,mais enf9 le dess]t v9t1 dess]t aussi brillant que copieux1 et qui me r5dit l'esprance4 ,mon espoir ne fut pas du3 non-seulem5t elle mangea de t\t ce qu'on lui (frit1 mais encore elle se fit s]vir des plats qui tai5t les plus loigns d'elle4 ,enf9 elle gta t\t2 et le vois9 s'tonnait de ce que ce petit e/omac p\vait cont5ir tant de *oses4 ,a9si fut vrifi mon diagno/ic1 et la sci5ce triompha encore une fois4 deux ans de l1 je r5contrai encore la mme p]sonne2 c'tait huit j\rs aprs son m>iage3 elle s'tait dveloppe t\t fait son avantage2 elle laissait po9t] un peu de coquett]ie1 et talant t\t ce que la mode p]met de montr] d'attraits1 elle tait ravissante4 ,son m>i tait pe9dre3 il ressemblait un c]ta9 v5triloque qui savait rire d'un ct et pleur] de l'autre1 c'e/--dire qu'il p>aissait trs cont5t de ce qu'on admirait sa femme2 mais ds qu'un amateur avait l'air d'insi/]1 il tait saisi du frisson d'une jal\sie trs app>5te4 ,ce d]ni] s5tim5t prvalut2 il emporta sa femme dans un dp>tem5t loign1 et l1 p\r moi1 f9it sa biographie4 ,je fis une autre fois une rem>que p>eille sur le duc ,decrs1 qui a t si longtemps m9i/re de la m>9e4 ,on sait qu'il tait gros1 c\rt1 brun1 crpu et c>r2 qu'il avait le visage au mo9s rond1 le m5ton relev1 les lvres paisses et la b\*e d'un gant2 aussi je le proclamai sur-le-*amp amateur prde/9 de la bonne *re et des belles4 ,cette rem>que physiognomonique1 je la c\lai bi5 d\cem5t et bi5 bas dans l'oreille d'une dame =t jolie et que je croyais discrte4 ,hlas6 je me trompai6 elle tait fille d've1 et mon secret l'et t\ffe4 ,aussi1 dans la soire1 l'excell5ce fut in/ruite de l'induction sci5tifique que j'avais tire de l'ensemble de ses traits4 ,c'e/ ce que j'appris le l5dema9 p> une lettre =t aimable que m'crivit le duc1 et p> laquelle il se df5dait avec mode/ie de possd] les deux qualits1 d'ailleurs =t e/imables1 que j'avais dc\v]tes en lui4 ,je ne me t9s pas p\r battu4 ,je rpondis que la nature ne fait ri5 en va92 qu'elle l'avait videmm5t =m p\r de c]ta9es missions2 que1 s'il ne les remplissait pas1 il contr>iait son voeu2 qu'au re/e1 je n'avais aucun droit de p>eilles confid5ces1 etc41 etc4 ,la correspondance re/a l2 mais peu de temps aprs1 t\t ,p>is fut in/ruit p> la voie des j\rnaux de la mmorable bataille qui eut lieu entre le m9i/re et son cuis9i]1 bataille qui fut longue1 dispute1 et o l'excell5ce n'eut pas t\j\rs le dessus4 ,or1 si aprs une p>eille av5ture le cuis9i] ne fut pas r5voy 7et il ne le fut pas71 je puis1 je crois1 en tir] la consqu5ce que le duc tait absolum5t dom9 p> les tal5ts de cet arti/e1 et qu'il dsesprait d'en tr\v] un autre qui st flatt] aussi agrablem5t son gt2 sans quoi il n'aurait jamais pu surmont] la rpugnance t\te naturelle qu'il devait pr\v] tre s]vi p> un prpos aussi belliqueux4 ,comme je traais ces lignes p> une belle soire d'hiv]1 ,m4 ,c>ti]1 anci5 premi] violon de l',opra et dmon/rateur habile1 entre *ez moi et s'assi$ prs de mon feu4 ,j'tais ple9 de mon sujet1 et le considrant avec att5tion3 ,*] pr(esseur1 lui dis-je1 comm5t se fait-il que v\s ne soyez pas g\rm&1 qu& v\s en avez t\s les traits8--,je l'tais trs =t1 rpondit-il1 mais je m'ab/i5s4--,s]ait-ce p> sagesse8 lui rpliquai-je4 ,il ne rpondit pas1 mais il p\ssa un s\pir la ,walt] ,scott1 c'e/--dire t\t semblable un gmissem5t4 ,g\rm&s p> tat4 #fc4--,s'il e/ des g\rm&s p> prde/9ation1 il en e/ aussi p> tat2 et je dois en signal] ici quatre gr&es ?ories3 les f9anci]s1 les mdec9s1 les g5s de lettres et les dvots4 ,les f9anci]s4 ,les f9anci]s sont les hros de la ,g\rm&ise4 ,ici1 hros e/ le mot propre1 c> il y avait combat2 et l'ari/ocratie nobiliaire et cras les f9anci]s s\s le poids de ses titres et de ses cussons1 si ceux-ci n'y euss5t oppos une table somptueuse et leurs c(fres-=ts4 ,les cuis9i]s combattai5t les gnalogi/es1 et quoique les ducs n'att5diss5t pas d'tre sortis p\r p]sifl] l'amphitryon qui les traitait1 ils tai5t v5us1 et leur prs5ce atte/ait leur dfaite4 ,d'ailleurs t\s ceux qui amass5t beauc\p d'arg5t et avec facilit1 sont presque indisp5sablem5t obligs d'tre g\rm&s4 ,l'9galit des conditions entrane l'9galit des ri*esses1 mais l'9galit des ri*esses n'amne pas l'9galit des beso9s2 et tel qui p\rrait pay] *aque j\r un dn] suffisant p\r c5t p]sonnes1 e/ s\v5t rassasi aprs avoir mang une cuisse de p\let4 ,il faut donc que l'art use de t\tes ses ress\rces p\r ranim] cette ombre d'apptit p> des mets qui le s\ti5n5t sans dommage et le c>ess5t sans l't\ff]4 ,c'e/ a9si que ,mondor e/ dev5u g\rm&1 et que de t\tes p>ts les g\rm&s ont acc\ru auprs de lui4 ,aussi dans t\tes les sries d'apprts que n\s prs5t5t les livres de cuis9e lm5taire1 il y en a t\j\rs un ou plusieurs qui port5t p\r qualification3 la f9ancire4 ,et on sait que ce n'tait pas le roi1 mais les f]mi]s gnraux qui mangeai5t autrefois le premi] plat de petits pois qui se payait t\j\rs huit c5ts francs4 ,les *oses ne se pass5t pas autrem5t de nos j\rs3 les tables f9ancires cont9u5t (frir t\t ce que la nature a de plus p>fait1 les s]res de plus prcoce1 l'art de plus exquis2 et les p]sonnages les plus hi/oriques ne ddaign5t po9t de s'asseoir ces fe/9s4 ,les ,mdec9s4 #fd4--;,des causes d'une autre nature1 quoique non mo9s puissantes1 agiss5t sur les mdec9s3 ils sont g\rm&s p> sduction1 et il faudrait qu'ils fuss5t de bronze p\r rsi/] la =ce des *oses4 ,illu/ration ,les *]s docteurs sont d'autant mieux accueillis que la sant1 qui e/ s\s leur patronage1 e/ le plus prcieux de t\s les bi5s2 aussi sont-ils enfants gts dans t\te la =ce du t]me4 ,t\j\rs impatiemm5t att5dus1 ils sont accueillis avec empressem5t4 ,c'e/ une jolie malade qui les engage2 c'e/ une jeune p]sonne qui les c>esse2 c'e/ un pre1 c'e/ un m>i1 qui leur recomm&5t ce qu'ils ont de plus *]4 ,l'esprance les t\rne p> la droite1 la reconnaissance p> la gau*e2 on les embecque comme des pigeons2 ils se laiss5t faire1 et en six mois l'habitude e/ prise1 ils sont g\rm&s sans ret\r 7pa/ r$emption74 ,c'e/ ce que j'osai exprim] un j\r dans un repas o je figurais1 moi neuvime1 s\s la prsid5ce du docteur ,corvis>t4 ,c'tait v]s #ahjf3 ,v\s tes1 m'criai-je du ton inspir d'un prdicateur purita91 v\s tes les d]ni]s re/es d'une corporation qui jadis c\vrait t\te la ,france4 ,hlas6 les membres en sont anantis ou disp]ss3 plus de f]mi]s gnraux1 d'abbs1 de *evali]s1 de mo9es blancs2 t\t le corps dgu/ateur rside en v\s seuls4 ,s\t5ez avec f]met un si gr& poids1 dussiez-v\s essuy] le sort des trois c5ts ,sp>tiates au pas des ,!rmopyles4 ,je dis1 et il n'y eut pas une rclamation3 n\s agmes en consqu5ce1 et la vrit re/e4 ,je fis ce dn] une obs]vation qui mrite d'tre connue4 ,le docteur ,corvis>t1 qui tait =t aimable qu& il v\lait1 ne buvait que du v9 de ,*ampagne frapp de glace4 ,aussi1 ds le comm5cem5t du repas et p5dant que les autres convives s'occupai5t mang]1 il tait bruyant1 conteur1 anecdoti]4 ,au dess]t1 au contraire1 et qu& la conv]sation comm5ait s'anim]1 il dev5ait srieux1 taciturne et quelquefois morose4 ,de cette obs]vation et de plusieurs autres con=mes1 j'ai dduit le ?orme suivant ,le v9 de ,*ampagne1 qui e/ excitant dans ses premi]s effets 7ab initio71 e/ /upfiant dans ceux qui suiv5t 79 recessu72 ce qui e/ au surplus un effet notoire du gaz acide c>bonique qu'il conti5t4 ,objurgation4 #fe4--,puisque je ti5s les docteurs diplme1 je ne veux pas m\rir sans leur repro*] l'extrme svrit dont ils us5t env]s leurs malades4 ,ds qu'on a le malheur de tomb] dans leur ma9s1 il faut subir une kyrielle de df5ses1 et r5onc] t\t ce que nos habitudes ont d'agrable4 ,je m'lve contre la plup>t de ces int]dictions comme inutiles4 ,je dis inutiles1 p>ce que les malades n'appt5t presque jamais ce qui leur s]ait nuisible4 ,le mdec9 rationnel ne doit jamais p]dre de vue la t5dance naturelle de nos p5*ants1 ni oubli] que si les s5sations d\l\reuses sont fune/es p> leur nature1 celles qui sont agrables dispos5t la sant4 ,on a vu un peu de v91 une cuill]e de caf1 quelques g\ttes de liqueur1 rappel] le s\rire sur les faces les plus hippocratiques4 ,au surplus1 il faut qu'ils sa*5t bi51 ces ordonnateurs svres1 que leurs prescriptions re/5t presque t\j\rs sans effet2 le malade *]*e s'y s\/raire2 ceux qui l'environn5t ne manqu5t jamais de raisons p\r lui complaire1 et on n'en meurt ni plus ni mo9s4 ,la ration d'un ,russe malade1 en #ahae1 aurait gris un =t de la halle1 et celle des ,anglais et rassasi un ,lim\s94 ,et il n'y avait pas de retran*em5t y faire1 c> des inspecteurs militaires p>c\rai5t sans cesse nos hpitaux1 et surveillai5t la fois la f\rniture et la consommation4 ,j'mets mon avis avec d'autant plus de confiance qu'il e/ appuy sur des faits nombreux1 et que les pratici5s les plus heureux se rappro*5t de ce sy/me4 ,le *ano9e ,rollet1 mort il y a environ c9quante ans1 tait buveur1 suivant l'usage de ces temps antiques2 il tomba malade1 et la premire phrase du mdec9 fut employe lui int]dire t\t usage de v94 ,cep5dant1 la visite suivante1 le docteur tr\va le pati5t c\*1 et devant son lit un corps de dlit presque complet2 savoir3 une table c\v]te d'une nappe bi5 blan*e1 un gobelet de cri/al1 une b\teille de belle app>5ce1 et une s]viette p\r s'essuy] les lvres4 cette vue il entra dans une viol5te colre et p>lait de se retir]1 qu& le malheureux *ano9e lui cria1 d'une voix lam5table3 ,ah6 docteur1 s\v5ez-v\s que qu& v\s m'avez df5du de boire1 v\s ne m'avez pas df5du le plaisir de voir la b\teille4 ,le mdec9 qui traitait ,m4 de ,montlus9 de ,pont-de-,veyle fut bi5 encore plus cruel1 c> non-seulem5t il int]dit l'usage du v9 son malade1 mais encore il lui prescrivit de boire de l'eau gr&es doses4 ,peu de temps aprs le d"p de l'ordonnateur1 madame de ,montlus91 jal\se d'appuy] l'ordonnance et de contribu] au ret\r de la sant de son m>i1 lui prs5ta un gr& v]re d'eau la plus belle et la plus limpide4 ,le malade le reut avec docilit1 et se mit le boire avec rsignation2 mais il s'arrta la premire gorge1 et r5dant le vase sa femme3 ,pr5ez cela1 ma *re1 lui dit-il1 et g>dez-le p\r une autre fois3 j'ai t\j\rs ou dire qu'il ne fallait pas bad9] avec les remdes4 ,les g5s de lettres4 #ff4--;,dans l'empire ga/ronomique1 le qu>ti] des g5s de lettres e/ t\t prs de celui des mdec9s4 ,s\s le rgne de ,l\is ,,xiv1 les g5s de lettres tai5t ivrognes2 ils se con=mai5t la mode1 et les mmoires du temps sont t\t fait difiants ce sujet4 ,ma9t5ant ils sont g\rm&s3 en quoi il y a amlioration4 ,je suis bi5 lo9 d'tre de l'avis du cynique ,ge(froy1 qui disait que si les productions mod]nes manqu5t de =ce1 cela vi5t de ce que les auteurs ne boiv5t que de l'eau sucre4 ,je crois1 au contraire1 qu'il a fait une d\ble mprise1 et qu'il s'e/ tromp sur le fait et sur la consqu5ce4 ,l'poque actuelle e/ ri*e en tal5ts2 ils se nuis5t peut-tre p> leur multitude2 mais la po/rit1 jugeant avec plus de calme1 y v]ra bi5 des sujets d'admiration3 c'e/ a9si que n\s-mmes avons r5du ju/ice aux *efs-d'oeuvre de ,rac9e et de ,molire1 qui fur5t froidem5t reu p> les contempora9s4 ,jamais la position des g5s de lettres dans la socit n'a t plus agrable4 ,ils ne log5t plus dans les rgions leves qu'on leur repro*ait autrefois2 les doma9es de la littrature sont dev5us plus f]tiles2 les flots de l',hippocrne r\l5t aussi des paillettes d'or3 gaux de t\t le monde1 ils n'ent5d5t plus le langage du protectorat1 et1 p\r comble de bi5s1 la ,g\rm&ise les comble de ses plus *res faveurs4 ,on engage les g5s de lettres cause de l'e/ime qu'on fait de leurs tal5ts1 p>ce que leur conv]sation a en gnral quelque *ose de piquant1 et aussi p>ce que depuis quelque temps il e/ de rgle que t\te socit doit avoir son homme de lettres4 ,ces messieurs arriv5t t\j\rs un peu t>d2 on ne les accueille que mieux1 p>ce qu'on les a dsirs2 on les affri&e p\r qu'ils revi5n5t2 on les rgale p\r qu'ils t9cell5t2 et comme ils tr\v5t cela =t naturel1 ils s'y acc\tum5t1 devi5n5t1 sont et demeur5t g\rm&s4 ,les *oses mme ont t si lo9 qu'il y a eu un peu de sc&ale4 ,quelques furets ont prt5du que c]ta9s djeuneurs s'tai5t laiss sduire1 que c]ta9es promotions tai5t issues de c]ta9s pts1 et que le temple de l'immortalit s'tait ouv]t la f\r*ette4 ,mais c'tai5t de m*antes langues2 ces bruits sont tombs comme tant d'autres3 ce qui e/ fait e/ bi5 fait2 et je n'en fais ici m5tion que p\r montr] que je suis au c\rant de t\t ce qui ti5t mon sujet4 ,les dvots4 #fg4--;,enf9 la ,g\rm&ise compte beauc\p de dvots p>mi ses plus fidles sectateurs4 ,n\s ent5dons p> dvots ce qu'ent5dai5t ,l\is ,,xiv et ,molire1 c'e/--dire ceux dont t\te la religion consi/e en pratiques extrieures2 les g5s pieux et *>itables n'ont ri5 faire l4 ,voyons donc comm5t la vocation leur vi5t4 ,p>mi ceux qui veul5t faire leur salut1 le plus gr& nombre *]*e le *em9 le plus d\x2 ceux qui fui5t les hommes1 c\*5t sur la dure et revt5t le cilice1 ont t\j\rs t et ne peuv5t jamais tre que des exceptions4 ,or1 il e/ des *oses damnables sans quivoque1 et qu'on ne peut jamais se p]mettre1 comme le bal1 les spectacles1 le jeu et autres passe-temps semblables4 ,p5dant qu'on les abom9e1 a9si que ceux qui les mett5t en pratique1 la ,g\rm&ise se prs5te et se glisse avec une face t\t fait ?ologique4 ,de droit div91 l'homme e/ le roi de la nature1 et t\t ce que la t]re produit a t cr p\r lui4 ,c'e/ p\r lui que la caille s'engraisse1 p\r lui que le moka a un si d\x p>fum1 p\r lui que le sucre e/ favorable la sant4 ,comm5t donc ne pas us]1 du mo9s avec la modration conv5able1 des bi5s que la ,provid5ce n\s (fre surt\t si n\s cont9uons les reg>d] comme des *oses prissables1 surt\t si elles exalt5t notre reconnaissance env]s l'auteur de t\tes *oses6 ,des raisons non mo9s =tes vi5n5t encore r5=c] celles-ci4 ,peut-on trop bi5 recevoir ceux qui dirig5t nos mes et n\s ti5n5t dans la voie du salut8 ,ne doit-on pas r5dre aimables1 et p> cela mme plus frqu5tes1 des runions dont le b e/ excell5t8 ,quelquefois aussi les dons de ,comus arriv5t sans qu'on les *]*e3 c'e/ un s\v5ir de collge1 c'e/ le don d'une vieille amiti1 c'e/ un pnit5t qui s'humilie1 c'e/ un collatral qui se rappelle1 c'e/ un protg qui se reconnat4 ,comm5t rep\ss] de p>eilles (fr&es8 comm5t ne pas les assortir8 ,c'e/ une pure ncessit4 ,d'ailleurs les *oses se sont t\j\rs passes a9si3 ,les m\ti]s tai5t de vrais magas9s des plus adorables fri&ises2 et voil p\rquoi c]ta9s amateurs les regrett5t si amrem5t#bi4 ,plusieurs ordres mona/iques1 les ,b]n>d9s surt\t1 faisai5t pr(ession de bonne *re4 ,les cuis9i]s du cl]g ont recul les limites de l'art2 et qu& ,m4 de ,pressigny 7mort ar*evque de ,besanon71 rev9t du conclave qui avait nomm ,pie ,,vi1 il disait que le meilleur dn] qu'il et fait ,rome avait t *ez le gnral des ,capuc9s4 ,les *evali]s et les abbs4 #fh4--,n\s ne p\vons mieux f9ir cet article qu'en faisant une m5tion honorable de deux corporations que n\s avons vues dans t\te leur gloire1 et que la rvolution a clipses3 les *evali]s et les abbs4 ,qu'ils tai5t g\rm&s1 ces *]s amis6 il tait impossible de s'y mpr5dre leurs n>9es ouv]tes1 leurs yeux c>quills1 leurs lvres v]nisses1 leur langue prom5euse2 cep5dant *aque classe avait une manire de mang] qui lui tait p>ticulire4 ,illu/ration ,note #bi3 ,les meilleures liqueurs de ,france se faisai5t la ,cte1 *ez les ,visit&9es2 celles de ,niort ont inv5t la confiture d'anglique2 on vante les pa9s de fleur d'orange des soeurs de ,*teau-,?i]ry2 et les ,ursul9es de ,belley avai5t p\r les noix confites une recette qui en faisait un trsor d'am\r et de fri&ise4 ,il e/ a cra9dre1 hlas6 qu'elle ne soit p]due4 ,les *evali]s avai5t quelque *ose de militaire dans leur pose2 ils s'adm9i/rai5t les morceaux avec dignit1 les travaillai5t avec calme1 et prom5ai5t horizontalem5t1 du matre la matresse de la maison1 des reg>ds approbateurs4 ,les abbs1 au contraire1 se pelotonnai5t p\r se rappro*] de l'assiette2 leur ma9 droite s'arrondissait comme la patte du *at qui tire les m>rons du feu2 leur physionomie tait t\te j\issance1 et leur reg>d avait quelque *ose de conc5tr qu'il e/ plus facile de concevoir que de pe9dre4 ,comme les trois qu>ts de ceux qui compos5t la gnration actuelle n'ont ri5 vu qui ressemble aux *evali]s et aux abbs que n\s v5ons de dsign]1 et qu'il e/ cep5dant indisp5sable de les reconnatre p\r bi5 ent5dre beauc\p de livres crits dans le dix-huitime sicle2 n\s emprunt]ons l'auteur du ,trait hi/orique sur le duel quelques pages qui ne laiss]ont ri5 dsir] ce sujet47,voyez les ,v>its1 n#bj47 ,longvit annonce aux ,g\rm&4 #fi4--;,d'aprs mes d]nires lectures1 je suis heureux1 on ne peut pas plus heureux1 de p\voir donn] mes lecteurs une bonne n\velle1 savoir1 que la bonne *re e/ bi5 lo9 de nuire la sant1 et que1 t\tes *oses gales1 les g\rm&s viv5t plus longtemps que les autres4 ,c'e/ ce qui e/ ari?mtiquem5t pr\v dans un mmoire trs bi5 fait1 lu d]nirem5t l',acadmie des ,sci5ces p> le docteur ,vill]met4 ,il a comp> les div]s tats de la socit o l'on fait bonne *re avec ceux o l'on se n\rrit mal1 et en a p>c\ru l'*elle t\t entire4 ,il a galem5t comp> entre eux les div]s arrondissem5ts de ,p>is o l'aisance e/ plus ou mo9s gnralem5t rp&ue1 et o l'on sait que1 s\s ce rapport1 il exi/e une extrme diffr5ce1 comme1 p> exemple1 entre le faub\rg ,sa9t-,m>ceau et la ,*ausse d',ant94 ,enf9 le docteur a p\ss ses re*]*es jusqu'aux dp>tem5ts de la ,france1 et comp>1 s\s le mme rapport1 ceux qui sont plus ou mo9s f]tiles3 p>t\t il a obt5u p\r rsultat gnral que la mortalit dim9ue dans la mme proportion que les moy5s qu'on a de se bi5 n\rrir augm5t5t1 et qu'a9si ceux que la =tune s\met au malheur de se mal n\rrir peuv5t du mo9s tre srs que la mort les en dlivr]a plus vite4 ,les deux extrmes de cette progression sont que1 dans l'tat de la vie le plus favoris1 il ne meurt dans un an qu'un individu sur c9quante1 t&is que1 p>mi ceux qui sont les plus exposs la misre1 il en meurt un sur quatre dans le mme espace de temps4 ,ce n'e/ pas que ceux qui font excell5te *re ne soi5t jamais malades2 hlas6 ils tomb5t aussi quelquefois dans le doma9e de la facult1 qui a c\tume de les dsign] s\s la qualification de bons malades2 mais comme ils ont une plus gr&e dose de vitalit1 et que t\tes les p>ties de l'organisation sont mieux entret5ues1 la nature a plus de ress\rces1 et le corps rsi/e incomp>ablem5t mieux la de/ruction4 ,cette vrit physiologique peut galem5t s'appuy] sur l'hi/oire qui n\s appr5d que t\tes les fois que des circon/ances imprieuses1 telles que la gu]re1 les siges1 le drangem5t des saisons1 ont dim9u les moy5s de se n\rrir1 cet tat de dtresse a t\j\rs t accompagn de maladies contagieuses et d'un gr& surcrot de mortalit4 ,la caisse ,laf>ge1 si connue des ,p>isi5s1 aurait sans d\te prospr1 si ceux qui l'ont tablie avai5t fait entr] dans leurs calculs la vrit de fait dveloppe p> le docteur ,vill]met4 ,ils avai5t calcul la mortalit d'aprs les tables de ,buffon1 de ,p>cieux et autres1 qui sont t\tes tablies sur des nombres pris dans t\tes les classes et dans t\s les ges d'une population4 ,mais comme ceux qui plac5t des capitaux p\r se faire un av5ir ont en gnral *app aux dang]s de l'enfance1 et sont acc\tums un ord9aire rgl1 soign1 et quelquefois succul5t1 la mort n'a pas donn1 les esprances ont t dues1 et la spculation a manqu4 ,cette cause n'a sans d\te pas t la seule2 mais elle e/ lm5taire4 ,cette d]nire obs]vation n\s a t f\rnie p> ,m4 le pr(esseur ,p>dessus4 ,m4 du ,belloy1 ar*evque de ,p>is1 qui a vcu prs d'un sicle1 avait un apptit assez prononc2 il aimait la bonne *re1 et j'ai vu plusieurs fois sa figure patri>cale s'anim] l'arrive d'un morceau di/+u4 ,napolon lui m>quait1 en t\te occasion1 dfr5ce et respect4 ,m,,ditation ,,xiii4 pr\vettes ga/ronomiques4 #gj4--,on a vu dans le *apitre prcd5t que le c>actre di/9ctif de ceux qui ont plus de prt5tions que de droits aux honneurs de la g\rm&ise1 consi/e en ce qu'au se9 de la meilleure *re leurs yeux re/5t t]nes et leur visage inanim4 ,ceux-l ne sont pas dignes qu'on leur prodigue des trsors dont ils ne s5t5t pas le prix3 il n\s a donc p>u trs intressant de p\voir les signal]1 et n\s avons *]* les moy5s de p>v5ir une connaissance si importante p\r l'assortim5t des hommes et p\r la connaissance des convives4 ,n\s n\s sommes occup de cette re*]*e avec cette suite qui =ce le succs1 et c'e/ notre p]svrance que n\s devons l'avantage de prs5t] au corps honorable des amphitryons la dc\v]te des pr\vettes ga/ronomiques1 dc\v]te qui honor]a le dix-neuvime sicle4 ,n\s ent5dons p> pr\vettes ga/ronomiques1 des mets d'une saveur reconnue et d'une excell5ce tellem5t indisputable1 que leur app>ition seule doit m\voir1 *ez un homme bi5 organis1 t\tes les puissances dgu/atrices2 de sorte que t\s ceux *ez lesquels1 en p>eil cas1 on n'ap]oit ni l'clair du dsir1 ni la radiance de l'extase1 peuv5t ju/em5t tre ns comme indignes des honneurs de la sance et des plaisirs qui y sont atta*s4 ,la m?ode des pr\vettes1 dm5t exam9e et dlibre en gr& conseil1 a t inscrite au livre d'or dans les t]mes suivants1 pris d'une langue qui ne *ange plus4 ,utcumque f]culum1 eximii et b5e noti saporis1 appositum fu]it1 fiat auptosia conviv2 et nisi facies ejus ac oculi v]tantur ad ec/asim1 notetur ut indignus4 ,ce qui a t traduit comme il suit p> le traducteur jur du gr& conseil3 ,t\tes les fois qu'on s]vira un mets d'une saveur di/+ue et bi5 connue1 on obs]v]a att5tivem5t les convives1 et on not]a comme indignes t\s ceux dont la physionomie n'annonc]a pas le ravissem5t4 ,la =ce des pr\vettes e/ relative1 et doit tre approprie aux facults et aux habitudes des div]ses classes de la socit4 ,t\tes circon/ances apprcies1 elle doit tre calcule p\r caus] admiration et surprise3 c'e/ un dynamomtre dont la =ce doit augm5t] mesure qu'on monte dans les hautes zones de la socit4 ,a9si l'pr\vette de/9e un petit r5ti] de la rue ,coqu5>d ne fonctionn]ait dj plus *ez un second commis1 et ne s'ap]cevrait mme pas un dn] d'lus 7select few7 *ez un f9anci] ou un m9i/re4 ,dans l'numration que n\s allons faire des mets qui ont t levs la dignit d'pr\vettes1 n\s comm5c]ons p> ceux qui sont plus basse pression2 n\s mont]ons ensuite graduellem5t1 p\r en clair] la ?orie1 de manire non seulem5t que *acun puisse s'en s]vir avec fruit1 mais qu'il puisse encore en inv5t] de n\velles sur le mme pr9cipe1 y donn] son nom1 et en faire usage dans la sphre o le has>d l'a plac4 ,n\s avons eu un mom5t l'int5tion de donn] ici1 comme pices ju/ificatives1 la recette p\r confectionn] les div]ses prp>ations que n\s indiquons comme pr\vettes2 mais n\s n\s en sommes ab/5u2 n\s avons cru que ce s]ait faire inju/ice aux div]s recueils qui ont p>u depuis et y compris celui de ,beauvilli]s1 et t\t rcemm5t le ,cuis9i] des cuis9i]s4 ,n\s n\s cont5tons d'y r5voy]1 a9si qu' ceux de ,vi>t et d',app]t1 en obs]vant qu'on tr\ve dans ce d]ni] div]s ap]u sci5tifiques aup>avant inconnus dans les ouvrages de cette espce4 ,il e/ regrett] que le public n'ait pas pu j\ir de la relation ta*ygraphique de ce qui fut dit au conseil1 lorsqu'il dlibra sur les pr\vettes4 ,t\t cela e/ re/ dans la nuit du secret1 mais il e/ du mo9s une circon/ance qu'il m'a t p]mis de rvl]4 ,quelqu'un#cj proposa des pr\vettes ngatives et p> privation4 ,a9si1 p> exemple1 un accid5t qui aurait dtruit un plat d'une haute saveur1 une b\rri*e devant arriv] p> le c\rri] et qui aurait t ret>de1 soit que le fait ft vrai1 soit qu'il ne ft qu'une supposition1 ces f*euses n\velles1 on aurait obs]v et notre tri/esse graduelle imprime sur le front des convives1 et on aurait pu se procur] a9si une bonne *elle de s5sibilit ga/rique4 ,mais cette proposition1 quoique sduisante au premi] c\p d'oeil1 ne rsi/a pas un exam5 plus appr(ondi4 ,le prsid5t obs]va1 et obs]va avec gr&e raison1 que de p>eils vnem5ts1 qui n'agirai5t que sup]ficiellem5t sur les organes disgracis des indiffr5ts1 p\rrai5t ex]c] sur les vrais croyants une influ5ce fune/e1 et peut-tre leur occasionn] un saisissem5t mortel4 ,a9si1 malgr quelque insi/ance de la "p de l'auteur1 la proposition fut rejete l'unanimit4 ,n\s allons ma9t5ant donn] l'tat des mets que n\s avons jugs propres s]vir d'pr\vettes2 n\s les avons diviss en trois sries d'asc5sion graduelle1 suivant l'ordre et la m?ode ci-devant indiqus4 ,note #cj3 ,m4 ,f444 ,s444 qui1 p> sa physionomie classique1 la f9esse de son gt et ses tal5ts adm9i/ratifs1 a t\t ce qu'il faut p\r dev5ir un f9anci] p>fait4 pr\vettes ga/ronomiques4 ,,premi,,re ,s,,rie4 ,,rev5u ,,pr,,sum3 #e1jjj ,,francs 7,m,,diocrit74 ,une =te r\elle de veau pique de gros l>d et cuite dans son jus2 ,un d9don de f]me f>ci de m>rons de ,lyon2 ,des pigeons de volire gras1 b>ds et cuits propos2 ,des oeufs la neige2 ,un plat de *\cr\te 7saur-kraut7 hriss de saucisses et c\ronn de l>d fum de ,/rasb\rg4 ,expression3 ,pe/e8 voil qui a bonne m9e3 allons1 il faut y faire honneur6444 ,i,ie ,s,,rie4 ,,rev5u ,,pr,,sum3 #ae1jjj ,,fr4 7,,aisance74 ,un filet de boeuf coeur ros piqu1 et cuit dans son jus2 ,un qu>ti] de *evreuil1 sauce ha*e aux corni*ons2 ,un turbot au naturel2 ,un gigot de prsal la prov5ale2 ,un d9don truff2 ,des petits pois en primeur4 ,expression3 ,ah6 mon ami1 quelle aimable app>ition6 il y a vraim5t nopces#ca et fe/9s4 ,i,i,ie ,s,,rie4 ,,rev5u ,,pr,,sum3 #cj1jjj ,,fr4 ,,et ,,plus4 7,,ri*esse74 ,une pice de volaille de sept livres1 b\rre de truffes du ,prigord jusqu' sa conv]sion en sphrode2 ,note #ca3 ,p\r que cette phrase soit conv5ablem5t articule1 il faut faire s5tir le p4 ,un norme pt de foie gras de ,/rasb\rg1 ayant =me de ba/ion2 ,une grosse c>pe du ,rh9 la ,*ambord1 ri*em5t dote et p>e2 ,illu/ration ,des cailles truffes la moelle1 t5dues sur des toa/s beurrs au basilic2 ,un bro*et de rivire piqu1 f>ci et baign d'une crme d'crevisses1 secundum artem2 ,un faisan son po9t1 piqu en t\pet1 gisant sur une rtie travaille la sa9te-alliance2 ,c5t asp]ges de c9q six lignes de diamtre1 en primeur1 sauce l'osmazme2 ,deux d\za9es d'ortolans la prov5ale1 comme il e/ dit dans le ,secrtaire et le ,cuis9i]2 ,une pyramide de m]+ues la vanille et la rose4 7,cette pr\vette n'a d'effet ncessaire que sur les dames et sur les hommes mollets d'abb1 etc47 ,expression3 ,ah6 monsieur ou monseigneur1 que votre cuis9i] e/ un homme admirable6 on ne r5contre ces *oses-l que *ez v\s6 ,obs]vation gnrale4 ,p\r qu'une pr\vette produise c]ta9em5t son effet1 il e/ ncessaire qu'elle soit comp>ativem5t en l>ge proportion3 l'expri5ce1 fonde sur la connaissance du g5re huma91 n\s a appris que la r>et la plus sav\reuse p]d son influ5ce qu& elle n'e/ pas en proportion exubrante2 c> le premi] m\vem5t qu'elle imprime aux convives e/ ju/em5t arrt p> la cra9te qu'ils peuv5t avoir d'tre mesqu9em5t s]vis ou d'tre1 dans c]ta9es positions1 obligs de refus] p> politesse3 ce qui arrive s\v5t *ez les av>es fa/ueux4 ,j'ai eu plusieurs fois occasion de vrifi] l'effet des pr\vettes ga/ronomiques2 j'en rapporte un exemple qui suffira3 ,j'assi/ais un dn] de g\rm&s de la quatrime catgorie1 o n\s ne n\s tr\vions que deux pr(anes1 mon ami ,r444 et moi4 ,aprs un premi] s]vice de haute di/9ction1 on s]vit entre autres *oses un norme coq vi]ge#cb de ,b>bezieux1 truff t\t rompre1 et un gibralt> de foie gras de ,/rasb\rg4 ,note #cb3 ,des hommes1 dont l'avis peut faire doctr9e1 m'ont assur que la *air de coq vi]ge e/ s9on plus t5dre1 du mo9s c]ta9em5t de plus haut gt que celle du *apon4 ,j'ai trop d'affaires en ce bas monde p\r faire cette expri5ce1 que je dlgue mes lecteurs3 mais je crois qu'on peut d'avance se rang] cet avis1 p>ce qu'il y a dans la premire de ces *airs un lm5t de sapidit qui manque dans la seconde4 ,une femme de beauc\p d'esprit m'a dit qu'elle connat les g\rm&s la manire dont ils prononc5t le mot bon dans les phrases3 ,voil qui e/ bon1 voil qui e/ bi5 bon1 et autres p>eilles2 elle assure que les adeptes mett5t ce monosyllabe si c\rt un acc5t de vrit1 de d\ceur et d'en?\siasme auquel les palais disgracis ne peuv5t jamais atte9dre4 ,cette app>ition produisit sur l'assemble un effet m>qu1 mais difficile dcrire1 peu prs comme le rire sil5cieux indiqu p> ,coop]2 et je vis bi5 qu'il y avait lieu obs]vation4 ,effectivem5t1 t\tes les conv]sations cessr5t p> la plnitude des coeurs2 t\tes les att5tions se fixr5t sur l'adresse des protecteurs2 et qu& les assiettes de di/ribution eur5t pass1 je vis se succd] t\r--t\r1 sur t\tes les physionomies1 le feu du dsir1 l'extase de la j\issance1 le repos p>fait de la batitude4 ,illu/ration ,illu/ration ,m,,ditation ,,xiv4 ,du plaisir de la table4 #ga4--,l'homme e/ inconte/ablem5t1 des tres s5sitifs qui peupl5t notre globe1 celui qui pr\ve le plus de s\ffrances4 ,la nature l'a primitivem5t condamn la d\leur p> la nudit de sa peau1 p> la =me de ses pi$s1 et p> l'in/9ct de gu]re et de de/ruction qui accompagne l'espce huma9e p>t\t o on l'a r5contre4 ,les animaux n'ont po9t t frapps de cette maldiction2 et sans quelques combats causs p> l'in/9ct de la reproduction1 la d\leur1 dans l'tat de nature1 s]ait absolum5t inconnue la plup>t des espces3 t&is que l'homme1 qui ne peut pr\v] le plaisir que passagrem5t et p> un petit nombre d'organes1 peut t\j\rs1 et dans t\tes les p>ties de son corps1 tre s\mis d'p\vantables d\leurs4 ,cet arrt de la de/9e a t aggrav1 dans son excution1 p> une f\le de maladies qui sont nes des habitudes de l'tat social3 de sorte que le plaisir le plus vif et le mieux conditionn que l'on puisse imag9] ne peut1 soit en int5sit1 soit en dure1 s]vir de comp5sation p\r les d\leurs atroces qui accompagn5t c]ta9s drangem5ts1 tels que la g\tte1 la rage de d5t1 les rhumatismes aigus1 la /rangurie1 ou qui sont causs p> les supplices rig\reux en usage *ez c]ta9s peuples4 ,c'e/ cette cra9te pratique de la d\leur qui fait que1 sans mme s'en ap]cevoir1 l'homme se jette avec lan du ct oppos1 et s'atta*e avec ab&on au petit nombre de plaisirs que la nature a mis dans son lot4 ,c'e/ p\r la mme raison qu'il les augm5te1 les tire1 les faonne1 les adore enf91 puisque1 s\s le rgne de l'idoltrie1 et p5dant une longue suite de sicles1 t\s les plaisirs ont t des div9its secondaires1 prsides p> des dieux suprieurs4 ,la svrit des religions n\velles a dtruit t\s ces patronages3 ,bac*us1 l',am\r et ,cornus1 ,diane1 ne sont plus que des s\v5irs potiques2 mais la *ose subsi/e3 et s\s la plus srieuse de t\tes les croyances1 on se rgale l'occasion des m>iages1 des baptmes et mme des spultures4 ,orig9e du plaisir de la table4 #gb4--,les repas1 dans le s5s que n\s donnons ce mot1 ont comm5c avec le second ge de l'espce huma9e1 c'e/--dire au mom5t o elle a cess de se n\rrir de fruits4 ,les apprts et la di/ribution des vi&es ont ncessit le rassemblem5t de la famille1 les *efs di/ribuant leurs enfants le produit de leur *asse1 et les enfants adultes r5dant ensuite le mme s]vice leurs p>5ts vieillis4 ,ces runions1 bornes d'abord aux relations les plus pro*es1 se sont t5dues peu peu celles de vois9age et d'amiti4 ,plus t>d1 et qu& le g5re huma9 se fut t5du1 le voyageur fatigu v9t s'asseoir ces repas primitifs1 et raconta ce qui se passait dans les contres lo9ta9es4 ,a9si naquit l'hospitalit1 avec ses droits rputs sacrs *ez t\s les peuples2 c> il n'en e/ aucun si froce qui ne se fit un devoir de respect] les j\rs de celui avec qui il avait cons5ti de p>tag] le pa9 et le sel4 ,c'e/ p5dant le repas que dur5t natre ou se p]fectionn] les langues1 soit p>ce que c'tait une occasion de rassemblem5t t\j\rs r5aissante1 soit p>ce que le loisir qui accompagne et suit le repas dispose naturellem5t la confiance et la loquacit4 ,diffr5ce entre le plaisir de mang] et le plaisir de la table4 #gc4--,tels dur5t tre1 p> la nature des *oses1 les lm5ts du plaisir de la table1 qu'il faut bi5 di/+u] du plaisir de mang]1 qui e/ son antcd5t ncessaire4 ,le plaisir de mang] e/ la s5sation actuelle et directe d'un beso9 qui se satisfait4 ,le plaisir de la table e/ la s5sation rfl*ie qui nat de div]ses circon/ances de faits1 de lieux1 de *oses et de p]sonnes qui accompagn5t le repas4 ,le plaisir de mang] n\s e/ commun avec les animaux1 il ne suppose que la faim et ce qu'il faut p\r la satisfaire4 ,le plaisir de la table e/ p>ticuli] l'espce huma9e2 il suppose des so9s antcd5ts p\r les apprts du repas1 p\r le *oix du lieu et le rassemblem5t des convives4 ,le plaisir de mang] exige1 s9on la faim1 au mo9s de l'apptit2 le plaisir de la table e/ le plus s\v5t indp5dant de l'un et de l'autre4 ,ces deux tats peuv5t t\j\rs s'obs]v] dans nos fe/9s4 ,au premi] s]vice1 et en comm5ant la session1 *acun mange avidem5t1 sans p>l]1 sans faire att5tion ce qui peut tre dit2 et quel que soit le rang qu'on occupe dans la socit1 on oublie t\t p\r n'tre qu'un ouvri] de la gr&e manufacture4 ,mais qu& le beso9 comm5ce tre satisfait1 la rflexion nat1 la conv]sation s'engage1 un autre ordre de *oses comm5ce1 et celui qui jusque-l n'tait que consommateur1 devi5t convive plus ou mo9s aimable1 suivant que le matre de t\tes *oses lui en a disp5s les moy5s4 ,effets4 #gd4--,le plaisir de la table ne comporte ni ravissem5ts1 ni extases1 ni transports1 mais il gagne en dure ce qu'il p]d en int5sit1 et se di/+ue surt\t p> le privilge p>ticuli] dont il j\it1 de n\s dispos] t\s les autres1 ou du mo9s de n\s consol] de leur p]te4 ,effectivem5t1 la suite d'un repas bi5 ent5du1 le corps et l'me j\iss5t d'un bi5-tre p>ticuli]4 ,au physique1 en mme temps que le c]veau se rafra*it1 la physionomie s'pan\it1 le coloris s'lve1 les yeux brill5t1 une d\ce *aleur se rp& dans t\s les membres44 ,au moral1 l'esprit s'aiguise1 l'imag9ation s'*auffe1 les bons mots naiss5t et circul5t2 et si ,la ,f>re et ,sa9t-,aulaire vont la po/rit avec la rputation d'auteurs spirituels1 ils le doiv5t surt\t ce qu'ils fur5t convives aimables4 ,d'ailleurs1 on tr\ve s\v5t rassembles aut\r de la mme table t\tes les modifications que l'extrme sociabilit a introduites p>mi n\s3 l'am\r1 l'amiti1 les affaires1 les spculations1 la puissance1 les sollicitations1 le protectorat1 l'ambition1 l'intrigue1 voil p\rquoi le conviviat t\*e t\t2 voil p\rquoi il produit des fruits de t\tes les saveurs4 ,accessoires ,indu/riels4 #ge4--;,c'e/ p> une consqu5ce immdiate de ces antcd5ts que t\te l'indu/rie huma9e s'e/ conc5tre p\r augm5t] la dure et l'int5sit du plaisir de la table4 ,des potes se plaignir5t de ce que le c\ tant trop c\rt s'opposait la dure du plaisir de la dgu/ation2 d'autres dplorai5t le peu de capacit de l'e/omac2 et on en v9t jusqu' dlivr] ce viscre du so9 de digr] un premi] repas1 p\r se donn] le plaisir d'en aval] un second4 ,ce fut l l'ef=t suprme t5t p\r amplifi] les j\issances du gt2 mais si1 de ce ct1 on ne put pas fran*ir les bornes poses p> la nature1 on se jeta dans les accessoires1 qui du mo9s (frai5t plus de latitude4 ,on orna de fleurs les vases et les c\pes2 on en c\ronna les convives2 on mangea s\s la vote du ciel1 dans les j>d9s1 dans les bosquets1 en prs5ce de t\tes les m]veilles de la nature4 ,au plaisir de la table1 on joignit les *>mes de la musique et le son des in/rum5ts4 ,a9si1 p5dant que la c\r du roi des ,phaci5s se rgalait1 le *antre ,phmius clbrait les faits et les gu]ri]s des temps passs4 ,s\v5t des danseurs1 des bateleurs et des mimes des deux sexes et de t\s les co/umes1 v5ai5t occup] les yeux sans nuire aux j\issances du gt2 les p>fums les plus exquis se rp&ai5t dans les airs2 on alla jusqu' se faire s]vir p> la beaut sans voile1 de sorte que t\s les s5s tai5t appels une j\issance univ]selle4 ,je p\rrais employ] plusieurs pages pr\v] ce que j'avance4 ,les auteurs grecs1 roma9s1 et nos vieilles *roniques1 sont l prts tre copis2 mais ces re*]*es ont dj t faites1 et ma facile rudition aurait peu de mrite3 je donne donc p\r con/ant ce que d'autres ont pr\v3 c'e/ un droit dont j'use s\v5t et dont le lecteur doit me savoir gr4 ,dix-huitime et dix-neuvime sicle4 #gf4--,n\s avons adopt1 plus ou mo9s1 suivant les circon/ances1 ces div]s moy5s de batification1 et n\s y avons jo9t encore ceux que les dc\v]tes n\velles n\s ont rvls4 ,sans d\te la dlicatesse de nos moeurs ne p\vait pas laiss] subsi/] les vomitoires des ,roma9s2 mais n\s avons mieux fait1 et n\s sommes p>v5us au mme b p> une voie av\e p> le bon gt4 ,on a inv5t des mets tellem5t attrayants1 qu'ils font r5atre sans cesse l'apptit2 ils sont en mme temps si lg]s1 qu'ils flatt5t le palais1 sans presque sur*>g] l'e/omac4 ,snque aurait dit3 ,nubes escul5tas4 ,n\s sommes donc p>v5us une telle progression alim5taire1 que si la ncessit des affaires ne n\s =ait pas n\s lev] de table1 ou si le beso9 du sommeil ne v5ait pas s'int]pos]1 la dure des repas s]ait peu prs indf9ie1 et on n'aurait aucune donne c]ta9e p\r dt]m9] le temps qui p\rrait s'c\l] depuis le premi] c\p de madre jusqu'au d]ni] v]re de pun*4 ,au surplus1 il ne faut pas croire que t\s ces accessoires soi5t indisp5sables p\r con/itu] le plaisir de la table4 ,on gte ce plaisir dans presque t\te son t5due1 t\tes les fois qu'on runit les quatre conditions suivantes3 *re au mo9s passable1 bon v91 convives aimables1 temps suffisant4 ,c'e/ a9si que j'ai s\v5t dsir avoir assi/ au repas frugal qu',horace de/9ait au vois9 qu'il aurait invit1 ou l'hte que le mauvais temps aurait contra9t *]*] un abri auprs de lui2 savoir3 un bon p\let1 un *evreau 7sans d\te bi5 gras71 et1 p\r dess]t1 des rais9s1 des figues et des noix4 ,en y joignant du v9 rcolt s\s le consulat de ,manlius 7nata mecum consule ,manlio71 et la conv]sation de ce pote voluptueux1 il me semble que j'aurais s\p de la manire la plus con=table4 ,at mihi cm longum po/ tempus v5]at hospes ,sive op]um vacuo1 longum conviva p] imbrem ,vic9us1 b5 erat1 non piscibus urbe petitis1 ,s$ pullo atque hs$o1 tum#cc p5silis uva secundas ,et nux ornabat m5sas1 cum duplice ficu4 ,note #cc3 ,le dess]t se tr\ve prcism5t dsign et di/+u p> l'adv]be tum et p> les mots secundas m5sas4 ,c'e/ encore a9si qu'hi] ou dema9 trois paires d'amis se s]ont rgals du gigot l'eau et du rognon de ,pontoise1 arross d'orlans et de mdoc bi5 limpides2 et qu'ayant f9i la soire dans une caus]ie ple9e d'ab&on et de *>mes1 ils auront totalem5t oubli qu'il exi/e des mets plus f9s et des cuis9i]s plus savants4 ,au contraire1 quelque re*]*e que soit la bonne *re1 quelque somptueux que soi5t les accessoires1 il n'y a pas plaisir de table si le v9 e/ mauvais1 les convives ramasss sans *oix1 les physionomies tri/es et le repas consomm avec prcipitation4 ,esquisse4 ,mais dira peut-tre le lecteur impati5t1 comm5t donc doit tre fait1 en l'an de grce #ahbe1 un repas p\r runir t\tes les conditions qui procur5t au suprme degr le plaisir de la table8 ,je vais rpondre cette "q4 ,recueillez-v\s1 lecteurs1 et prtez att5tion3 c'e/ ,ga/]ea1 c'e/ la plus jolie des muses qui m'inspire2 je s]ai plus clair qu'un oracle1 et mes prceptes trav]s]ont les sicles4 ,que le nombre des convives n'excde pas d\ze1 af9 que la conv]sation puisse tre con/amm5t gnrale2 ,qu'ils soi5t tellem5t *oisis1 que leurs occupations soi5t v>ies1 leurs gts analogues1 et avec de tels po9ts de contact qu'on ne soit po9t oblig d'avoir rec\rs l'odieuse =malit des prs5tations2 ,que la salle mang] soit claire avec luxe1 le c\v]t d'une propret rem>quable1 et l'atmosphre la temprature de treize seize degrs au !rmomtre de ,raumur2 ,que les hommes soi5t spirituels sans prt5tion1 et les femmes aimables sans tre trop coquettes#cd2 ,note #cd3 ,j'cris ,p>is1 entre le ,palais-,royal et la ,*ausse-d',ant94 ,que les mets soi5t d'un *oix exquis1 mais en nombre ress]r2 et les v9s de premire qualit1 *acun dans son degr2 ,que la progression1 p\r les premi]s1 soit des plus sub/antiels aux plus lg]s2 et p\r les seconds1 des plus lampants aux plus p>fums2 ,que le m\vem5t de consommation soit modr1 le dn] tant la d]nire affaire de la j\rne2 et que les convives se ti5n5t comme des voyageurs qui doiv5t arriv] ensemble au mme b2 ,que le caf soit brlant1 et les liqueurs spcialem5t de *oix de matre2 ,que le salon qui doit recevoir les convives soit assez spacieux p\r organis] une p>tie de jeu p\r ceux qui ne peuv5t pas s'en pass]1 et p\r qu'il re/e cep5dant assez d'espace p\r les colloques po/-mridi5s2 ,que les convives soi5t ret5us p> les agrm5ts de la socit et ranims p> l'espoir que la soire ne se pass]a pas sans quelque j\issance ultrieure2 ,que le ? ne soit pas trop *>g2 que les rties soi5t arti/em5t beurres1 et le pun* fait avec so92 ,que la retraite ne comm5ce pas avant onze heures1 mais qu' m9uit t\t le monde soit c\*4 ,si quelqu'un a assi/ un repas runissant t\tes ces conditions1 il peut se vant] d'avoir assi/ sa propre apo?ose1 et on aura d'autant mo9s de plaisir qu'un plus gr& nombre d'entre elles auront t oublies ou mconnues4 ,j'ai dit que le plaisir de la table1 tel que je l'ai c>actris1 tait susceptible d'une assez longue dure2 je vais le pr\v] en donnant la relation vridique et circon/ancie du plus long repas que j'aie fait en ma vie3 c'e/ un bonbon que je mets dans la b\*e du lecteur1 p\r le rcomp5s] de la complaisance qu'il a de me lire avec plaisir4 ,la voici3 ,j'avais1 au fond de la ru du ,bac1 une famille de p>5ts1 compose comme il suit3 le docteur1 soixante-dix-huit ans2 le capita9e1 soixante-seize ans2 leur soeur ,jeannette1 soixante-quatorze4 ,je les allais voir quelquefois1 et ils me recevai5t t\j\rs avec beauc\p d'amiti4 ,illu/ration ,p>bleu6 me dit un j\r le docteur ,dubois en se levant sur la po9te des pi$s p\r me frapp] sur l'paule1 il y a longtemps que tu n\s vantes tes fondues 7oeufs br\ills au fromage71 tu ne cesses de n\s en faire v5ir l'eau la b\*e2 il e/ temps que cela f9isse4 ,n\s irons un j\r djeun] *ez toi1 le capita9e et moi1 et n\s v]rons ce que c'e/4 7,c'e/1 je crois1 v]s #ahja1 qu'il me faisait cette agac]ie47 ,trs-volonti]s1 lui rpondis-je1 et v\s l'aurez dans t\te sa gloire1 c> c'e/ moi qui la f]ai4 ,votre proposition me r5d t\t--fait heureux4 ,a9si1 dema9 dix heures1 heure militaire#ce4 ,note #ce3 ,t\tes les fois qu'un r5dez-v\s e/ annonc a9si1 on doit s]vir l'heure sonnante3 les ret>dataires sont rputs ds]teurs4 ,au temps indiqu1 je vis arriv] mes deux convives1 rass de frais1 bi5 peigns1 bi5 p\drs3 deux petits vieill>ds encore v]ts et bi5 portants4 ,ils s\rir5t de plaisir qu& ils vir5t la table prte1 du l+e blanc1 trois c\v]ts mis1 et *aque place deux d\za9es d'hutres1 avec un citron luisant et dor4 ,aux deux b\ts de la table s'levait une b\teille de v9 de ,saut]ne1 soigneusem5t essuye1 =s le b\*on1 qui indiquait d'une manire c]ta9e qu'il y avait longtemps que le tirage avait eu lieu4 ,hlas6 j'ai vu disp>atre1 ou peu prs1 ces djeun]s d'hutres1 autrefois si frqu5ts et si gais1 o on les avalait p> milli]s2 ils ont disp>u avec les abbs1 qui n'en mangeai5t jamais mo9s d'une grosse1 et les *evali]s1 qui n'en f9issai5t plus4 ,je les regrette1 mais en philosophe3 si le temps modifie les g\v]nem5ts1 quels droits n'a-t-il pas eus sur de simples usages6 ,aprs les hutres1 qui fur5t tr\ves trs fra*es1 on s]vit des rognons la bro*ette1 une casse de foie gras aux truffes1 et enf9 la fondue4 ,on en avait rassembl les lm5ts dans une cass]ole1 qu'on apporta sur la table avec un r*aud l'esprit-de-v94 ,je fonctionnai sur le *amp de bataille1 et les c\s9s ne p]dir5t pas un de mes m\vem5ts4 ,ils se rcrir5t sur les *>mes de cette prp>ation1 et m'en dem&r5t la recette1 que je leur promis1 t\t en leur contant ce sujet deux anecdotes que le lecteur r5contr]a peut-tre ailleurs4 ,aprs la fondue v9r5t les fruits de la saison et les confitures1 une tasse de vrai moka fait la ,dubelloy1 dont la m?ode comm5ait se propag]1 et enf9 deux espces de liqueurs1 un esprit p\r dt]g]1 et une huile p\r ad\cir4 ,le djeun] bi5 f9i1 je proposai mes convives de pr5dre un peu d'ex]cice1 et p\r cela de faire le t\r de mon app>tem5t1 app>tem5t qui e/ lo9 d'tre lgant1 mais qui e/ va/e1 con=table1 et o mes amis se tr\vai5t d'autant mieux que les plafonds et les dorures dat5t du milieu du rgne de ,l\is ,,xv4 ,je leur montrai l'argile orig9ale du bu/e de ma jolie c\s9e ,mme ,rcami] p> ,*9>d1 et son portrait en m9iature p> ,augu/92 ils en fur5t si ravis1 que le docteur1 avec ses grosses lvres1 baisa le portrait1 et que le capita9e se p]mit sur le bu/e une lic5ce p\r laquelle je le battis2 c> si t\s les admirateurs de l'orig9al v5ai5t en faire autant1 ce se9 si voluptueusem5t cont\rn s]ait bi5tt dans le mme tat que l'orteil de sa9t ,pi]re de ,rome1 que les pl]9s ont racc\rci =ce de le bais]4 ,je leur montrai ensuite quelques pltres des meilleurs sculpteurs antiques1 des pe9tures qui ne sont pas sans mrite1 mes fusils1 mes in/rum5ts de musique et quelques belles ditions tant franaises qu'trangres4 ,dans ce voyage polyma?ique1 ils n'oublir5t pas ma cuis9e4 ,je leur fis voir mon pot-au-feu conomique1 ma coquille rtir1 mon t\rnebro*e p5dule1 et mon vaporisateur4 ,ils exam9r5t t\t avec une curiosit m9utieuse1 et s'tonnr5t d'autant plus1 que *ez eux t\t se faisait encore comme du temps de la rg5ce4 ,au mom5t o n\s r5trmes dans mon salon1 deux heures sonnr5t4 ,pe/e6 dit le docteur1 voil l'heure du dn]1 et ma soeur ,jeannette n\s att5d6 ,il faut all] la rejo9dre4 ,ce n'e/ pas que je s5te une gr&e envie de mang]1 mais il me faut mon potage4 ,c'e/ une si vieille habitude1 que qu& je passe une j\rne sans en pr5dre1 je dis comme ,titus3 ,diem p]didi4--,*] docteur1 lui rpondis-je1 p\rquoi all] si lo9 p\r tr\v] ce que v\s avez s\s la ma98 ,je vais envoy] quelqu'un la c\s9e1 p\r la prv5ir que v\s re/ez avec moi1 et que v\s me faites le plaisir d'accept] un dn] p\r lequel v\s aurez quelque indulg5ce1 p>ce qu'il n'aura pas t\t le mrite d'un impromptu fait loisir4 ,il y eut ce sujet1 entre les deux frres1 dlibration oculaire1 et ensuite cons5tem5t =mel4 ,alors j'expdiai un volante p\r le faub\rg ,sa9t-,g]ma92 je dis un mot mon matre queux2 et aprs un int]valle de temps t\t--fait modr1 et p>tie avec ses ress\rces1 p>tie avec celles des re/aurateurs vois9s1 il n\s s]vit un petit dn] bi5 retr\ss et t\t--fait apptissant4 ,illu/ration ,ce fut p\r moi une gr&e satisfaction que de voir le sang-froid et l'aplomb avec lequel mes deux amis s'assir5t1 s'appro*r5t de la table1 talr5t leurs s]viettes1 et se prp>r5t agir4 ,ils pr\vr5t deux surprises auxquelles je n'avais pas moi-mme p5s2 c> je leur fis s]vir du p>mesan avec le potage1 et leur (fris aprs un v]re de madre sec4 ,c'tai5t deux n\veauts importes depuis peu p> ,m4 le pr9ce de ,talleyr&1 le premi] de nos diplomates1 qui n\s devons tant de mots f9s1 spirituels1 pr(onds1 et que l'att5tion publique a t\j\rs suivi avec un intrt di/9ct1 soit dans sa puissance1 soit dans sa retraite4 ,le dn] se passa trs bi51 tant dans sa p>tie sub/antielle que dans ses accessoires obligs1 et mes amis y mir5t autant de complaisance que de gat4 ,aprs le dn]1 je proposai un piquet1 qui fut refus2 ils prfrr5t le f> ni5te des ,itali5s1 disait le capita9e2 et n\s n\s con/itumes en petit c]cle aut\r de la *em9e4 ,malgr les dlices du f> ni5te1 j'ai t\j\rs p5s que ri5 ne donne plus de d\ceur la conv]sation qu'une occupation quelconque1 qu& elle n'absorbe pas l'att5tion2 a9si je proposai le ?4 ,le ? tait une tranget p\r des ,franais de la vieille ro*e2 cep5dant il fut accept4 ,je le fis en leur prs5ce1 et ils en prir5t quelques tasses avec d'autant plus de plaisir qu'ils ne l'avai5t jamais reg>d que comme un remde4 ,une longue pratique m'avait appris qu'une complaisance en amne une autre1 et que qu& on e/ une fois engag dans cette voie on p]d le p\voir de refus]4 ,aussi c'e/ avec un ton presque impratif que je p>lai de f9ir p> un b[l de pun*4 ,mais tu me tu]as1 disait le docteur4--,mais v\s n\s gris]ez1 disait le capita9e4 quoi je ne rpondais qu'en dem&ant gr&s cris des citrons1 du sucre et du rhum4 ,je fis donc le pun*1 et p5dant que j'y tais occup1 on excutait des rties 7toa/7 bi5 m9ces1 dlicatem5t beurres et sales po9t4 ,cette fois il y eut rclamation4 ,les c\s9s assurr5t qu'ils avai5t bi5 assez mang1 et qu'ils n'y t\*]ai5t pas2 mais comme je connais l'attrait de cette prp>ation si simple1 je rpondis que je ne s\haitais qu'une *ose1 c'e/ qu'il y en et assez4 ,effectivem5t1 peu aprs le capita9e pr5ait la d]nire tran*e1 et je le surpris reg>dant s'il n'en re/ait pas ou si on n'en faisait pas d'autres2 ce que j'ordonnai l'in/ant4 ,cep5dant le temps avait c\l1 et ma p5dule m>quait plus de huit heures4 ,sauvons-n\s1 dir5t mes htes2 il faut bi5 que n\s allions mang] une feuille de salade avec notre pauvre soeur1 qui ne n\s a pas vus de la j\rne4 cela je n'eus pas d'objections2 et1 fidle aux devoirs de l'hospitalit vis--vis de deux vieill>ds aussi aimables1 je les accompagnai jusqu' leur voiture1 et je les vis p>tir4 ,on dem&]a peut-tre si l'ennui ne se c\la pas quelques mom5ts dans une aussi longue sance4 ,je rpondrai ngativem5t3 l'att5tion de mes convives fut s\t5u p> la confection de la fondue1 p> le voyage aut\r de l'app>tem5t1 p> quelques n\veauts dans le dn]1 p> le ?1 et surt\t p> le pun*1 dont ils n'avai5t jamais gt4 ,d'ailleurs le docteur connaissait t\t ,p>is p> gnalogies et anecdotes2 le capita9e avait pass une p>tie de sa vie en ,italie1 soit comme militaire1 soit comme envoy la c\r de ,p>me2 j'ai moi-mme beauc\p voyag2 n\s causions sans prt5tion1 n\s c\tions avec complaisance4 ,il n'en faut pas tant p\r que le temps fuie avec d\ceur et rapidit4 ,le l5dema9 mat9 je reu une lettre du docteur2 il avait l'att5tion de m'appr5dre que la petite dbau*e de la veille ne leur avait fait aucun mal2 bi5 au contraire1 aprs un premi] sommeil des plus heureux1 ils s'tai5t levs frais1 dispos1 et prts recomm5c]4 ,illu/ration3 ,,la ,,*asse ,,et ,,la ,p,,*e4 ,g de4 ,,gonet1 ,editeur ,m,,ditation ,,xv4 ,des haltes de *asse4 #gg4--;,de t\tes les circon/ances de la vie o le mang] e/ compt p\r quelque *ose1 une des plus agrables e/ sans d\te la halte de *asse2 et1 de t\s les entr'actes connus1 c'e/ encore la halte de *asse qui peut le plus se prolong] sans ennui4 ,aprs quelques heures d'ex]cice1 le *asseur le plus vig\reux s5t qu'il a beso9 de repos2 son visage a t c>ess p> la brise du mat92 l'adresse ne lui a pas manqu dans l'occasion2 le soleil e/ prs d'atte9dre le plus haut de son c\rs2 le *asseur va donc s'arrt] quelques heures1 non p> excs de fatigue1 mais p> cette impulsion d'in/9ct qui n\s av]tit que notre activit ne peut pas tre indf9ie4 ,un ombrage l'attire2 le gazon le reoit1 et le murmure de la s\rce vois9e l'invite y dpos] le flacon de/9 le dsaltr]#cf4 ,note #cf3 ,j'invite les cam>ades prfr] le v9 blanc2 il rsi/e mieux au m\vem5t et la *aleur1 et dsaltre plus agrablem5t4 ,a9si plac1 il sort avec un plaisir tranquille les petits pa9s crote dore1 dvoile le p\let froid qu'une ma9 amie a plac dans son sac1 et pose t\t auprs le c>r de gruyre ou de roque=t de/9 figur] t\t un dess]t4 ,illu/ration ,p5dant qu'il se prp>e a9si1 le *asseur n'e/ pas seul2 il e/ accompagn de l'animal fidle que le ciel a cr p\r lui3 le *i5 accr\pi reg>de son matre avec am\r2 la coopration a combl les di/ances1 ce sont deux amis1 et le s]viteur e/ la fois heureux et fi] d'tre le convive de son matre4 ,ils ont un apptit galem5t inconnu aux monda9s et aux dvots3 aux premi]s1 p>ce qu'ils ne laiss5t po9t la faim le temps d'arriv]2 aux autres1 p>ce qu'ils ne se livr5t jamais aux ex]cices qui le font natre4 ,le repas a t consomm avec dlices2 *acun a eu sa "p2 t\t s'e/ pass dans l'ordre et la paix4 ,p\rquoi ne donn]ait-on1 pas quelques in/ants au sommeil8 l'heure de midi e/ aussi une heure de repos p\r t\te la cration4 ,ces plaisirs sont dcupls si plusieurs amis les p>tag5t2 c> alors1 en ce cas1 un repas plus copieux a t apport dans ces cant9es militaires1 ma9t5ant employes de plus d\x usages4 ,on cause avec enj\em5t des pr\esses de l'un1 des solcismes de l'autre1 et des esprances de l'aprs-midi4 ,que s]a-ce donc si des s]viteurs att5tifs arriv5t *>gs de ces vases consacrs ,bac*us1 o un froid artificiel fait glac] la fois le madre1 le suc de la fraise et de l'ananas1 liqueurs dlicieuses1 prp>ations div9es1 qui font c\l] dans les ve9es une fra*eur ravissante1 et port5t dans t\s les s5s un bi5-tre inconnu aux pr(anes#cg4 ,note #cg3 ,c'e/ mon ami ,alex&re ,deless]t qui1 le premi]1 a mis en usage cette pratique ple9e de *>mes4 ,n\s *assions ,vill5euve p> un soleil ard5t1 le !rmomtre de ,raumur m>quant #bf a l'ombre4 ,a9si placs s\s la zone torride1 il avait eu l'att5tion de faire tr\v] s\s nos pas des s]viteurs potophores#ch qui avai5t1 dans des seaux de cuir ple9s de glace1 t\t ce que l'on p\vait dsir]1 soit p\r rafra*ir1 soit p\r con=t]4 ,on *oisissait1 et on se s5tait revivre4 ,je suis t5t de croire que l'application d'un liquide aussi frais des langues arides et des gosi]s dess*s1 cause la s5sation la plus dlicieuse qu'on puisse gt] en sret de consci5ce4 ,note #ch3 ,m4 ,h(fmann condamne cette expression a cause de sa ressemblance avec pot-au-feu2 il vi5t sub/itu] o5ophore1 mot dj connu4 ,mais ce n'e/ po9t encore le d]ni] t]me de cette progression d'en*antem5ts4 ,les ,dames4 #gh4--;,il e/ des j\rs o nos femmes1 nos soeurs1 nos c\s9es1 leurs amies1 ont t invites v5ir pr5dre "p nos amusem5ts4 l'heure promise1 on voit arriv] des voitures lgres et des *evaux fr+ants1 *>gs de belles1 de plmes et de fleurs4 ,la toilette de ces dames a quelque *ose de militaire et de coquet2 et l'oeil du pr(esseur peut1 de temps autre1 saisir les *appes de vue que le has>d seul n'a pas mnages4 ,bi5tt le flanc des cal*es s'entr\vre et laisse ap]cevoir les trsors du ,prigord1 les m]veilles de ,/rasb\rg1 les fri&ises d',a*>d1 et t\t ce qu'il y a de transportable dans les laboratoires les plus savants4 ,on n'a po9t oubli le *ampagne f\gueux qui s'agite s\s la ma9 de la beaut2 on s'assi$ sur la v]dure1 on mange1 les b\*ons vol5t2 on cause1 on rit1 on plaisante en t\te lib]t2 c> on a l'univ]s p\r salon et le soleil p\r lumire4 ,d'ailleurs l'apptit1 cette manation du ciel1 donne ce repas une vivacit inconnue dans les enclos1 quelque bi5 dcors qu'ils soi5t4 ,cep5dant comme il faut que t\t f9isse1 le doy5 donne le signal2 on se lve1 les hommes s'arm5t de leurs fusils1 les dames de leurs *apeaux4 ,on se dit adieu1 les voitures s'avanc5t1 et les beauts s'envol5t p\r ne plusse montr] qu' la *ute du j\r4 ,voil ce que j'ai vu dans les hautes classes de la socit o le ,pactole r\le ses flots2 mais t\t cela n'e/ pas indisp5sable4 ,j'ai *ass au c5tre de la ,france et au fond des dp>tem5ts2 j'ai vu arriv] la halte des femmes *>mantes1 des jeunes p]sonnes rayonnantes de fra*eur1 les unes en cabriolets1 les autres dans de simples c>rioles1 ou sur l'ne mode/e qui fait la gloire et la =tune des habitants de ,montmor5cy2 je les ai vues les premires rire des inconvni5ts du transport2 je les ai vues tal] sur la pel\se la d9de gele transp>5te1 le pt de mnage1 la salade t\te prte tre ret\rne2 je les ai vues dans] d'un pi$ lg] aut\r du feu du biv\ac allum en p>eille occasion2 j'ai pris "p aux jeux et aux foltr]ies qui accompagn5t ce repas nomade1 et je suis bi5 conva9cu qu'avec mo9s de luxe on ne r5contre ni mo9s de *>mes1 ni mo9s de gat1 ni mo9s de plaisir4 ,eh6 p\rquoi qu& on se sp>e1 n'*ang]ait-on pas quelques bais]s avec le roi de la *asse p>ce qu'il e/ dans sa gloire2 avec le culot1 p>ce qu'il e/ malheureux2 avec les autres1 p\r ne pas faire de jal\x8 il y a d"p1 l'usage l'autorise1 il e/ p]mis et mme enjo9t d'en pr(it]4 ,cam>ades6 *asseurs prud5ts1 qui visez au solide1 tirez droit et soignez les b\rri*es avant l'arrive des dames2 c> l'expri5ce a appris qu'aprs leur d"p il e/ r>e que la *asse soit fructueuse4 ,on s'e/ puis en conjectures p\r expliqu] cet effet4 ,les uns l'attribu5t au travail de la dige/ion1 qui r5d t\j\rs le corps un peu l\rd2 d'autres1 l'att5tion di/raite qui ne peut plus se recueillir2 d'autres1 des colloques confid5tiels qui peuv5t donn] l'envie de ret\rn] bi5 vite4 ,quant n\s1 ,dont jusqu'au fond des coeurs le reg>d a pu lire1 n\s p5sons que1 l'ge des dames tant l'ori5t1 et les *asseurs matire inflammable1 il e/ impossible que1 p> la collision des sexes1 il ne s'*appe pas quelque t9celle gnsique qui eff>\*e la *a/e ,diane1 et qui fait que dans son dplaisir elle retire1 p\r le re/e de la j\rne1 ses faveurs aux dl9quants4 ,n\s disons p\r le re/e de la j\rne1 c> l'hi/oire d',endymion n\s a appris que la desse e/ bi5 lo9 d'tre svre aprs le soleil c\*4 7,voyez le tableau de ,girodet47 ,les haltes de *asse sont une matire vi]ge que n\s n'avons fait qu'effleur]2 elle p\rrait tre l'objet d'un trait aussi amusant qu'in/ructif4 ,n\s le lguons au lecteur intellig5t qui v\dra s'en occup]4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xvi ,de la ,dige/ion4 #gi4--,on ne vit pas de ce qu'on mange1 dit un vieil adage1 mais de ce qu'on digre4 ,il faut donc digr] p\r vivre2 et cette ncessit e/ un niveau qui c\*e s\s sa puissance le pauvre et le ri*e1 le b]g] et le roi4 ,mais combi5 peu sav5t ce qu'ils font qu& ils digr5t6 ,la plup>t sont comme ,m4 ,j\rda91 qui faisait de la prose sans le savoir2 et c'e/ p\r ceux-l que je trace un hi/oire populaire de la dige/ion1 p]suad que je suis que ,m4 ,j\rda9 fut bi5 plus cont5t2 qu& le philosophe l'eut r5du c]ta9 que ce qu'il faisait tait de la prose4 ,p\r connatre la dige/ion dans son ensemble1 il faut la jo9dre ses antcd5ts et ses consqu5ces4 ,+e/ion4 #hj4--,l'apptit1 la faim et la soif n\s av]tiss5t que le corps a beso9 de se re/aur]2 et la d\leur1 ce moniteur univ]sel1 ne t>de pas n\s t\rm5t]1 si n\s ne p\vons pas y obir4 ,alors vi5n5t le mang] et le boire1 qui con/itu5t l'+e/ion1 opration qui comm5ce au mom5t o les alim5ts arriv5t la b\*e1 et f9it celui o ils entr5t dans l'oesophage4#ci ,note #ci3 ,l'oesophage e/ le canal qui comm5ce d]rire la tra*e-artre1 et conduit du gosi] l'e/omac3 son extrmit suprieure se nomme ph>ynx4 ,p5dant ce trajet1 qui n'e/ que de quelques p\ces1 il se passe bi5 des *oses4 ,les d5ts divis5t les alim5ts solides2 les gl&es de t\tes espces qui tapiss5t la b\*e intrieure les humect5t1 la langue les g*e p\r les ml]2 elle les presse ensuite contre le palais p\r en exprim] le jus et en sav\r] le gt2 en faisant cette fonction1 la langue runit les alim5ts en masse dans le milieu de la b\*e2 aprs quoi1 s'appuyant contre la m*oire infrieure1 elle se s\lve dans le milieu1 de sorte qu'il se =me sa rac9e une p5te qui les entrane dans l'arrire-b\*e1 o ils sont reu p> le ph>ynx1 qui1 se contractant son t\r1 les fait entr] dans l'oesophage1 dont le m\vem5t pri/altique les conduit jusqu' l'e/omac4 ,une b\*e a9si dbite1 une seconde lui succde de la mme manire2 les boissons qui sont aspires dans les entr'actes pr5n5t la mme r\te1 et la dglutition cont9ue jusqu' ce que le mme in/9ct qui avait appel l'+e/ion n\s av]tisse qu'il e/ temps de f9ir4 ,mais il e/ r>e qu'on obisse la premire injonction2 c> un des privilges de l'espce huma9e e/ de boire sans avoir soif2 et dans l'tat actuel de l'art1 les cuis9i]s sav5t bi5 n\s faire mang] sans avoir faim4 ,p> un t\r de =ce trs rem>quable1 p\r que *aque morceau arrive jusqu' l'e/omac1 il faut qu'il *appe deux dang]s3 ,le premi] e/ d'tre ref\l dans les arrire-n>9es2 mais heureusem5t l'abaissem5t du voile du palais et la con/ruction du ph>ynx s'y oppos5t2 ,la second dang] s]ait de tomb] dans la tra*e-artre1 au-dessus de laquelle t\s nos alim5ts pass5t1 et celui-ci s]ait beauc\p plus grave2 c>1 ds qu'un corps trang] tombe dans la tra*e-artre1 une t\x convulsive comm5ce1 p\r ne f9ir que qu& il e/ expuls4 ,mais1 p> un mcanisme admirable1 la glotte se ress]re p5dant qu'on avale2 elle e/ df5due p> l'piglotte1 qui la rec\vre1 et n\s avons un c]ta9 in/9ct qui n\s porte ne pas respir] p5dant la dglutition2 de sorte qu'en gnral on peut dire que1 malgr cette trange con=mation1 les alim5ts arriv5t facilem5t dans l'e/omac1 o f9it l'empire de la volont et o comm5ce la dige/ion proprem5t dite4 ,(fice de l'e/omac4 #ha4 ,la dige/ion e/ une opration t\t fait mcanique1 et l'app>eil dige/eur peut tre considr comme un m\l9 g>ni de ses blutoirs1 dont l'effet e/ d'extraire des alim5ts ce qui peut s]vir rp>] nos corps1 et de rejet] le m>c dp\ill de ses p>ties animalisables4 ,on a longtemps et vig\reusem5t disput sur la manire dont se fait la dige/ion dans l'e/omac1 et p\r savoir si elle se fait p> coction1 maturation1 f]m5tation1 dissolution ga/rique1 *imique ou vitale1 etc4 ,on y peut tr\v] un peu de t\t cela2 et il n'y avait faute que p>ce qu'on v\lait attribu] un ag5t unique le rsultat de plusieurs causes ncessairem5t runies4 ,effectivem5t1 les alim5ts1 imprgns de t\s les fluides que leur f\rniss5t la b\*e et l'oesophage1 arriv5t dans l'e/omac1 o ils sont pntrs p> le suc ga/rique dont il e/ t\j\rs ple93 ils sont s\mis p5dant plusieurs heures une *aleur de plus de tr5te degrs de ,raumur2 ils sont sasss et mls p> le m\vem5t organique de l'e/omac1 que leur prs5ce excite3 ils agiss5t les uns sur les autres p> l'effet de cette juxtaposition1 et il e/ impossible qu'il n'y ait pas f]m5tation1 puisque presque t\t ce qui e/ alim5taire e/ f]m5tescible4 ,p> suite de t\tes ces oprations1 le *yle s'labore2 la c\*e alim5taire1 qui e/ immdiatem5t sup]pose1 e/ la premire qui e/ approprie2 elle passe p> le pylore et tombe dans les inte/9s3 une autre lui succde1 et a9si de suite1 jusqu' ce qu'il n'y ait plus ri5 dans l'e/omac1 qui se vide1 p\r a9si dire1 p> b\*es1 et de la mme manire dont il s'tait rempli4 ,le pylore e/ une espce d'entonnoir *>nu1 qui s]t de communication entre l'e/omac et les inte/9s2 il e/ fait de manire ce que les alim5ts ne puiss5t1 du mo9s que difficilem5t1 remont]4 ,ce viscre important e/ sujet quelquefois s'ob/ru]1 et alors on meurt de faim1 aprs de longues et effroyables d\leurs4 ,l'inte/9 qui reoit les alim5ts au sortir du pylore e/ le duodnum2 il a t a9si nomm p>ce qu'il e/ long de d\ze doigts4 ,le *yle arriv dans le duodnum y reoit une laboration n\velle p> le mlange de la bile et du suc pancratique2 il p]d la c\leur gristre et acide qu'il avait aup>avant1 se colore en jaune1 et comm5ce contract] le fumet /]coral1 qui va t\j\rs en s'aggravant mesure qu'il s'avance v]s le rectum4 ,les div]s pr9cipes qui se tr\v5t dans ce mlange agiss5t rciproquem5t les uns sur les autres3 le *yle se prp>e1 et il doit y avoir =mation de gaz analogues4 ,le m\vem5t organique d'impulsion qui avait fait sortir le *yle de l'e/omac1 cont9uant1 le p\sse v]s les inte/9s grles3 l se dgage le *yle1 qui e/ absorb p> les organes de/9s cet usage1 et qui e/ port v]s le foie p\r s'y ml] au sang1 qu'il rafra*it en rp>ant les p]tes causes p> l'absorption des organes vitaux et p> l'exhalation transpiratoire4 ,il e/ assez difficile d'expliqu] comm5t le *yle1 qui e/ une liqueur blan*e et peu prs insipide et inodore1 peut s'extraire d'une masse dont la c\leur1 l'odeur et le gt doiv5t tre trs prononcs4 ,quoi qu'il en soit1 l'extraction du *yle p>at tre le vritable b de la dige/ion1 et aussitt qu'il e/ ml la circulation1 l'individu en e/ av]ti p> une augm5tation de =ce vitale et p> une conviction intime que ses p]tes sont rp>es4 ,la dige/ion des liquides e/ bi5 mo9s complique que celle des alim5ts solides1 et peut s'expos] en peu de mots4 ,la p>tie alim5taire qui se tr\ve susp5due se sp>e1 se jo9t au *yle1 et en subit t\tes les vicissitudes4 ,la p>tie purem5t liquide e/ absorbe p> les suoirs de l'e/omac et jete dans la circulation3 de l elle e/ porte p> les artres mulg5tes v]s les re9s1 qui la filtr5t et l'labor5t1 et1 au moy5 des uretres #dj1 la font p>v5ir dans la vessie s\s la =me d'ur9e4 ,note #dj3 ,ces uretres sont deux conduits de la grosseur d'un tuyau de plume crire1 qui p>t5t de *acun des re9s1 et ab\tiss5t au col po/rieur de la vessie4 ,arrive ce d]ni] rcipi5t1 et quoique galem5t ret5ue p> un sph9ct]1 l'ur9e y rside peu2 son action excitante fait natre le beso92 et bi5tt une con/riction volontaire la r5d la lumire et la fait jaillir p> les canaux d'irrigation que t\t le monde connat et qu'on e/ conv5u de ne jamais nomm]4 ,la dige/ion dure plus ou mo9s de temps1 suivant la disposition p>ticulire des individus4 ,cep5dant on peut lui donn] un t]me moy5 de sept heures1 savoir3 un peu plus de trois heures p\r l'e/omac1 et le surplus p\r le trajet jusqu'au rectum4 ,illu/ration3 page #bjh ,illu/ration3 ,,influ5ces ,g4 de ,,gonet1 ,editeur ,au moy5 de cet expos1 que j'ai extrait des meilleurs auteurs1 et que j'ai conv5ablem5t dgag des aridits anatomiques et des ab/ractions de la sci5ce1 mes lecteurs p\rront dsormais assez bi5 jug] de l'endroit o doit se tr\v] le d]ni] repas qu'ils auront pris1 savoir3 p5dant les trois premires heures1 dans l'e/omac2 plus t>d1 dans le trajet inte/9al2 et aprs sept ou huit heures1 dans le rectum1 en att5dant son t\r d'expulsion4 ,influ5ce de la dige/ion4 #hb4 ,la dige/ion e/ de t\tes les oprations corporelle celle qui influe le plus sur l'tat moral de l'individu4 ,cette ass]tion ne doit tonn] p]sonne1 et il e/ impossible que cela soit autrem5t4 ,les pr9cipes de l plus simple psy*ologie n\s appr5n5t que l'me n'e/ impressionne qu'au moy5 des organes qui lui sont s\mis et qui la mett5t en rapport avec les objets extrieurs2 d'o il suit que1 qu& ces organes sont mal cons]vs1 mal re/aurs1 ou irrits1 cet tat de dgradation ex]ce une influ5ce ncessaire sur les s5sations1 qui sont les moy5s int]mdiaires et occasionnels des oprations intellectuelles4 ,a9si1 la manire habituelle dont la dige/ion se fait1 et surt\t se t]m9e1 n\s r5d habituellem5t tri/es1 gais1 taciturnes1 p>leurs1 moroses ou mlancoliques1 sans que n\s n\s en d\tions1 et surt\t sans que n\s puissions n\s y refus]4 ,on p\rrait rang] s\s ce rapport1 le g5re huma9 civilis en trois gr&es catgories3 les rguli]s1 les rs]vs et les rel*s4 ,il e/ d'expri5ce que t\s ceux qui se tr\v5t dans ces div]ses sries1 non seulem5t ont des dispositions naturelles semblables et des prop5sions qui leur sont communes1 mais encore qu'ils ont quelque *ose d'analogue et de similaire dans l manire dont ils rempliss5t les missions que le has>d leur a dp>ties dans le c\rs de la vie4 ,p\r me faire compr5dre p> un exemple1 je le pr5drai dans le va/e *amp de la littrature4 ,je crois que les g5s de lettres doiv5t le plus s\v5t leur e/omac le g5re qu'ils ont prfrablem5t *oisi4 ,s\s ce po9t de vue1 les potes comiques doiv5t tre dans les rguli]s1 les tragiques dans les ress]rs1 et les lgiaques et pa/\reaux dans les rel*s3 d'o il suit que le pote le plus lacrymal n'e/ sp> du pote que p> quelque degr de coction dige/ionnaire4 ,c'e/ p> application de ce pr9cipe au c\rage que1 dans le temps o le pr9ce ,eugne de ,savoie faisait le plus gr& mal la ,france1 quelqu'un de la c\r de ,l\is ,,xiv s'criait3 ,oh6 que ne puis-je lui envoy] la foire p5dant huit j\rs6 ,j'en aurais bi5tt fait le plus gr& j444-f44444de l',europe4 ,htons-n\s1 disait un gnral anglais1 de faire battre nos soldats p5dant qu'ils ont encore le morceau de boeuf dans l'e/omac4 ,la dige/ion1 *ez les jeunes g5s1 e/ s\v5t accompagne d'un lg] frisson1 et *ez les vieill>ds d'une assez =te envie de dormir4 ,dans le premi] cas1 c'e/ la nature qui retire le calorique des surfaces1 p\r l'employ] dans son laboratoire2 dans le second1 c'e/ la mme puissance qui1 dj affaiblie p> l'ge1 ne peut plus suffire la fois au travail de la dige/ion et l'excitation des s5s4 ,dans les premi]s mom5ts de la dige/ion1 il e/ dang]eux de se livr] aux travaux de l'esprit1 plus dang]eux encore de s'ab&onn] aux j\issances gnsiques4 ,le c\rant qui porte v]s les cimetires de la capitale y entrane *aque anne des c5ta9es d'hommes qui1 aprs avoir trs bi5 dn1 et quelquefois p\r avoir trop bi5 dn1 n'ont pas su f]m] les yeux et se b\*] les oreilles4 ,cette obs]vation conti5t un avis1 mme p\r la jeunesse1 qui ne reg>de ri52 un conseil p\r les hommes faits1 qui oubli5t que le temps ne s'arrte jamais2 et une loi pnale p\r ceux qui sont du mauvais ct de c9quante ans 7on ! wrong side ( fifty74 ,quelques p]sonnes ont de l'humeur p5dant t\t le temps qu'elles digr5t2 ce n'e/ le temps alors ni de leur prs5t] des projets1 ni de leur dem&] des grces4 ,de ce nombre tait spcialem5t le m>*al ,aug]eau2 p5dant la premire heure aprs son dn]1 il tuait t\t1 amis et ennemis4 ,je lui ai ent5du dire un j\r qu'il y avait dans l'arme deux p]sonnes que le gnral en *ef tait t\j\rs matre de faire fusill]1 savoir3 le commissaire ordonnateur en *ef et le *ef de son tat-major4 ,ils tai5t prs5ts l'un et l'autre2 le gnral ,*r9 rpondit en cl9ant1 mais avec esprit2 l'ordonnateur ne rpondit ri51 mais il n'en p5sa probablem5t pas mo9s4 ,j'tais cette poque atta* son tat-major1 et mon c\v]t tait t\j\rs mis sa table2 mais j'y v5ais r>em5t1 p> la cra9te de ces b\rrasques priodiques2 j'avais peur que1 sur un mot1 il ne m'envoyt digr] en prison4 ,je l'ai s\v5t r5contr depuis ,p>is2 et comme il me tmoignait obligeamm5t le regret de ne m'avoir pas vu plus s\v5t1 je ne lui en dissimulai po9t la cause2 n\s en rmes ensemble2 mais il av\a presque que je n'avais pas eu t\t--fait tort4 ,n\s tions alors ,(f5b\rg1 et on se plaignait l'tat-major de ce que n\s ne mangions ni gibi] ni poisson4 ,cette pla9te tait fonde2 c> c'e/ une maxime de droit public1 que les va9queurs doiv5t faire bonne *re aux dp5s des va9cus4 ,a9si1 le j\r mme1 j'crivis au cons]vateur des =ts une lettre =t polie p\r lui indiqu] le mal et lui prescrire le remde4 ,le cons]vateur tait un vieux retre1 gr&1 sec et noir1 qui ne p\vait pas n\s s\ffrir1 et qui sans d\te ne n\s traitait pas bi51 de peur que n\s ne prissions rac9e dans son t]ritoire4 ,sa rponse fut donc peu prs ngative et ple9e d'vasions4 ,les g>des s'tai5t enfuis1 de peur de nos soldats2 les p*eurs ne g>dai5t plus de subord9ation2 les eaux tai5t grosses1 etc41 etc4 de si bonnes raisons je ne rpliquai pas2 mais je lui envoyai dix gr5adi]s p\r les log] et n\rrir discrtion jusqu' n\vel ordre4 ,le topique fit effet3 le surl5dema91 de trs gr&-mat91 il n\s arriva un *>iot bi5 et ri*em5t *>g2 les g>des tai5t sans d\te rev5us1 les p*eurs s\mis1 c> on n\s apportait1 en gibi] et en poisson1 de quoi n\s rgal] p\r plus d'une sema9e3 *evreuils1 bcasses1 c>pes1 bro*ets2 c'tait une bndiction4 ,a la rception de cette (fr&e expiatoire1 je dlivrai de ses htes le cons]vateur mal5contreux4 ,il v9t n\s voir2 je lui fis ent5dre raison2 et p5dant le re/e de notre sj\r en ce pays1 n\s n'emes qu' n\s l\] de ses bons procds4 ,illu/ration3 glyph ,m,,ditation ,,xvii4 ,du ,repos4 #hc4 ,l'homme n'e/ pas fait p\r j\ir d'une activit indf9ie2 la nature ne l'a de/9 qu' une exi/5ce int]rompue1 il faut que ses p]ceptions f9iss5t aprs un c]ta9 temps4 ,ce temps d'activit peut s'allong] en v>iant le g5re et la nature des s5sations qu'il lui fait pr\v]2 mais cette cont9uit d'exi/5ce l'amne dsir] le repos4 ,le repos conduit au sommeil1 et le sommeil produit les rves4 ,ici n\s n\s tr\vons aux d]nires limites de l'humanit3 c> l'homme qui dort n'e/ dj plus l'homme social2 la loi protge encore1 mais ne lui comm&e plus4 ,ici se place naturellem5t un fait assez s+uli]2 qui m'a t racont p> dom ,duhaget1 autrefois prieur de la *>treuse de ,pi]re-,*tel4 ,dom ,duhaget tait d'une trs-bonne famille de ,gascogne1 et avait s]vi avec di/9ction1 il avait t v+t ans capita9e d'infant]ie2 il tait *evali] de ,sa9t-,l\is4 ,je n'ai connu p]sonne d'une pit plus d\ce et d'une conv]sation plus aimable4 ,illu/ration3 a monk ,n\s avions1 me disait-il1 44441 o j'ai t prieur avant que de v5ir ,pi]re-,*tel1 un religieux d'une humeur mlancolique1 d'un c>actre sombre1 et qui tait connu p\r tre somnambule4 ,quelquefois1 dans ses accs1 il sortait de sa cellule1 et y r5trait seul2 d'autres fois il s'g>ait1 et on tait oblig de l'y reconduire4 ,on avait consult et fait quelques remdes2 ensuite les re*utes tant dev5ues plus r>es1 on avait cess de s'en occup]4 ,un soir que je ne m'tais po9t c\* l'heure ord9aire1 j'tais mon bureau1 occup exam9] quelques papi]s1 lorsque j'ent5dis ouvrir la porte de mon app>tem5t1 dont je ne retirais presque jamais la clef1 et bi5tt je vis entr] ce religieux dans un tat absolu de somnambulisme4 ,il avait les yeux ouv]ts1 mais fixes1 n'tait vtu que de la tunique avec laquelle il avait d se c\*]1 et t5ait un gr& c\teau la ma94 ,il alla droit mon lit1 dont il connaissait la position1 eut l'air de vrifi]1 en ttant avec la ma91 si je m'y tr\vais effectivem5t2 aprs quoi1 il frappa trois gr&s c\ps tellem5t f\rnis1 qu'aprs avoir p]c les c\v]tures la lame entra pr(ondm5t dans le matelas1 ou plutt la natte qui m'en t5ait lieu4 ,lorsqu'il avait pass devant moi1 il avait la figur contracte et les s\rcils froncs4 ,qu& il eut frapp1 il se ret\rna1 et j'obs]vai que son visage tait dt5du et qu'il y rgnait quelque air de satisfaction4 ,l'clat des deux lampes qui tai5t sur mon bureau ne fit aucune impression sur ses yeux1 et il s'en ret\rna comme il tait v5u1 ouvrant et f]mant avec discrtion deux portes qui conduisai5t ma cellule1 et bi5tt je m'assurai qu'il se retirait directem5t et paisiblem5t dans la si5ne4 ,v\s p\vez jug]1 cont9ua le prieur1 de l'tat o je me tr\vai p5dant cette t]rible app>ition4 ,je frmis d'horreur la vue du dang] auquel je v5ais d'*app]1 et je rem]ciai la ,provid5ce2 mais mon motion tait telle1 qu'il me fut impossible de f]m] les yeux le re/e de la nuit4 ,le l5dema9 je fis appel] le somnambule1 et lui dem&ai sans affectation quoi il avait rv la nuit prcd5te4 cette "q1 il se tr\bla4 ,mon pre1 me rpondit-il1 j'ai fait un rve si trange1 que j'ai vritablem5t quelque pe9e v\s le dc\vrir3 c'e/ peut-tre l'oeuvre du dmon1 et444--,je v\s l'ordonne1 lui rpliquai-je2 un rve e/ t\j\rs involontaire2 ce n'e/ qu'une illusion4 ,p>lez avec s9crit4--,mon pre1 dit-il alors1 pe9e tais-je c\* que j'ai rv que v\s aviez tu ma mre2 que son ombre sanglante m'tait app>ue p\r dem&] v5geance1 et qu' cette vue j'avais t transport d'une telle fureur1 que j'ai c\ru comme un =c5 votre app>tem5t2 et v\s ayant tr\v dans votre lit1 je v\s y ai poign>d4 ,peu aprs1 je me suis rveill t\t en sueur1 en dte/ant mon att5tat1 et bi5tt j'ai bni ,dieu qu'un si gr& crime n'e/ pas t commis4444--,il a t plus commis que v\s ne p5sez1 lui dis-je avec un air srieux et tranquille4 ,alors je lui racontai ce qui s'tait pass1 et lui montrai la trace des c\ps qu'il avait cru m'adress]4 cette vue1 il se jeta mes pi$s1 t\t en l>mes1 gmissant du malheur involontaire qui avait p5s arriv]1 et implorant telle pnit5ce que je croyais devoir lui inflig]4 --,non1 non1 m'criai-je1 je ne v\s punirai po9t d'un fait involontaire2 mais dsormais je v\s disp5se d'assi/] aux (fices de la nuit1 et v\s prvi5s que votre cellule s]a f]me en dehors1 aprs le repas du soir1 et ne s'ouvrira que p\r v\s donn] la facilit de v5ir la messe de famille qui se dit la po9te du j\r4 ,si1 dans cette circon/ance laquelle il n'*appa que p> miracle1 le prieur et t tu1 le mo9e somnambule n'et pas t puni1 p>ce que c'et t de sa "p un meurtre involontaire4 ,temps du repos4 #hd4--,les lois gnrales imposes au globe que n\s habitons ont d influ] sur la manire d'exi/] de l'espce huma9e4 ,l'alt]native de j\r et de nuit qui se fait s5tir sur t\te la t]re avec c]ta9es v>its1 mais cep5dant de manire qu'en rsultat de compte l'un et l'autre se comp5s5t1 a indiqu assez naturellem5t le temps de l'activit comme celui du repos2 et probablem5t l'usage de notre vie n'et po9t t le mme si n\s eussions eu un j\r sans f94 ,quoi qu'il en soit1 qu& l'homme a j\i1 p5dant une c]ta9e dure1 de la plnitude de sa vie1 il vi5t un mom5t o il ne peut plus y suffire2 son impressionnabilit dim9ue graduellem5t2 les attaques les mieux diriges sur *acun de ses s5s demeur5t sans effet1 les organes se refus5t ce qu'ils avai5t appel avec plus d'ardeur1 l'me e/ sature de s5sations1 le temps du repos arriv4 ,il e/ facile de voir que n\s avons considr l'homme social1 environn de t\tes les ress\rces et du bi5-tre de la haute civilisation2 c> ce beso9 de se repos] arrive bi5 plus vite et bi5 plus rgulirem5t p\r celui qui subit la fatigue d'un travail assidu dans son cab9et1 dans son ateli]1 en voyage1 la gu]re1 la *asse ou de t\te autre manire4 ce repos1 comme t\s les actes cons]vateurs1 la nature1 cette excell5te mre1 a jo9t un gr& plaisir4 ,l'homme qui se repose pr\ve un bi5-tre aussi gnral qu'indf9issable2 il s5t ses bras retomb] p> leur propre poids1 ses fibres se di/5dre1 son c]veau se rafra*ir2 ses s5s sont calmes1 ses s5sations obtuses2 il ne dsire ri51 il ne rfl*it plus2 un voile de gaze s't5d sur ses yeux4 ,encore quelques in/ants1 et il dormira4 ,illu/ration3 page #bah ,m,,ditation #ah ,du ,sommeil4 #he4--,quoiqu'il y ait quelques hommes tellem5t organiss qu'on peut presque dire qu'ils ne dorm5t pas1 cep5dant il e/ de vrit gnrale que le beso9 de dormir e/ aussi imprieux que la faim et la soif4 ,les s5t9elles avances l'arme s'endorm5t s\v5t1 t\t en se jetant du tabac dans les yeux2 et ,pi*egru1 traqu p> la police de ,bonap>te1 paya #cj1jjj fr4 une nuit de sommeil p5dant laquelle il fut v5du et livr4 ,df9ition4 #hf4--,le sommeil e/ cet tat d'eng\rdissem5t dans lequel l'homme1 sp> des objets extrieurs p> l'inactivit =ce de ses s5s1 ne vit plus que de la vie mcanique4 ,le sommeil1 comme la nuit1 e/ prcd et suivi de deux crpuscules1 dont le premi] conduite l'in]tie absolue1 et le second ramne la vie active4 ,t*ons d'exam9] ces div]s phnomnes4 ,au mom5t o le sommeil comm5ce1 les organes des s5s tomb5t peu peu dans l'inaction3 le gt d'abord1 la vue et l'odorat ensuite2 l'oue veille encore1 et le t\*] t\j\rs2 c> il e/ l p\r n\s av]tir p> la d\leur des dang]s que le corps peut c\rir4 ,le sommeil e/ t\j\rs prcd d'une s5sation plus ou mo9s voluptueuse3 le corps y tombe avec plaisir p> l c]titude d'une prompte re/auration2 et l'me s'y ab&onne avec confiance1 dans l'espoir que ses moy5s d'activit y s]ont retremps4 ,c'e/ faute d'avoir bi5 apprci cette s5sation1 cep5dant si positive1 que des savants de premi] ordre ont comp> le sommeil la mort1 laquelle t\s les tres vivants rsi/5t de t\tes leurs =ces1 et qui e/ m>que p> des symptmes si p>ticuli]s et qui font horreur mme aux animaux4 ,comme t\s les plaisirs1 le sommeil devi5t une passion2 c> on a vu des p]sonnes dormir les trois qu>ts de leur vie2 et1 comme t\tes les passions1 il ne produit alors que des effets fune/es1 savoir3 la p>esse1 l'indol5ce1 l'affaiblissem5t1 la /upidit et la mort4 ,l'cole de ,sal]ne n'accordait que sept heures de sommeil1 sans di/9ction d'ge ou de sexe4 ,cette doctr9e e/ trop svre2 il faut accord] quelque *ose aux enfants p> beso91 et aux femmes p> complaisance2 mais on peut reg>d] comme c]ta9 que t\tes les fois qu'on passe plus de dix heures au lit1 il y a excs4 ,dans les premi]s mom5ts du sommeil crpusculaire1 la volont dure encore3 on p\rrait se rveill]1 l'oeil n'a pas encore p]du t\te sa puissance4 ,non omnibus dormio1 disait ,mcnes1 et dans cet tat plus d'un m>i a acquis de f*euses c]titudes4 ,quelques ides naiss5t encore1 mais elles sont incohr5tes2 on a des lueurs d\teuses2 on croit voir voltig] des objets mal t]m9s4 ,cet tat dure peu2 bi5tt t\t disp>at1 t\t branlem5t cesse1 et on tombe dans le sommeil absolu4 ,que fait l'me p5dant ce temps8 elle vit en elle-mme2 elle e/ comme le pilote p5dant le calme1 comme un miroir p5dant la nuit1 comme un lu? dont p]sonne ne t\*e2 elle att5d de n\velles excitations4 ,cep5dant quelques psy*ologues1 et entre autres ,m4 le comte de ,r$]n1 prt5d5t que l'me ne cesse jamais d'agir2 et ce d]ni] en donne p\r preuve que t\t homme que l'on arra*e son premi] sommeil pr\ve la s5sation de celui qu'on tr\ble dans une opration laquelle il s]ait srieusem5t occup4 ,cette obs]vation n'e/ pas sans fondem5t1 et mrite d'tre att5tivem5t vrifie4 ,au surplus cet tat d'anantissem5t absolu e/ de peu de dure 7il ne passe presque jamais c9q ou six heures72 peu peu les p]tes se rp>5t2 un s5tim5t obscur d'exi/5ce comm5ce r5atre1 et le dormeur passe dans l'empire des songes4 ,illu/ration3 page #bba ,m,,ditation ,,xix ,des ,rves4 ,les rves sont des impressions unilatrales qui arriv5t l'me sans le sec\rs des objets extrieurs4 ,ces phnomnes1 si communs et en mme temps si extraord9aires1 sont cep5dant encore peu connus4 ,la faute en e/ aux savants1 qui ne n\s ont pas encore laiss un corps d'obs]vations suffisant4 ,ce sec\rs indisp5sable vi5dra avec le temps1 et la d\ble nature de l'homme en s]a mieux connue4 ,dans l'tat actuel de la sci5ce1 il doit re/] p\r conv5u qu'il exi/e un fluide aussi subtil que puissant1 qui transmet au c]veau les impressions reues p> les s5s2 et que c'e/ p> l'excitation que caus5t ces impressions que naiss5t les ides4 ,le sommeil absolu e/ d la dp]dition et l'in]tie de ce fluide4 ,il faut croire que les travaux de la dige/ion et de l'assimilation1 qui sont lo9 de s'arrt] p5dant le sommeil1 rp>5t cette p]te1 de sorte qu'il e/ un temps o l'individu1 ayant dj t\t ce qu'il faut p\r agir1 n'e/ po9t encore excit p> les objets extrieurs4 ,alors le fluide n]veux1 mobile p> sa nature1 se porte au c]veau p> les conduits n]veux2 il s'ins9ue dans les mmes endroits et dans les mmes traces1 puisqu'il arrive p> la mme voie1 il doit donc produire les mmes effets1 mais cep5dant avec mo9s d'int5sit4 ,la raison de cette diffr5ce me p>ut facile saisir4 ,qu& l'homme veill e/ impressionn p> un objet extrieur1 la s5sation e/ prcise1 s\da9e et ncessaire2 l'organe t\t enti] e/ en m\vem5t4 ,qu&1 au contraire1 la mme impression lui e/ transmise p5dant son sommeil1 il n'y a que la p>tie po/rieure des n]fs qui soit en m\vem5t2 la s5sation doit ncessairem5t tre mo9s vive et mo9s positive2 et p\r tre plus facilem5t ent5du1 n\s disons que *ez l'homme veill il y a p]cussion de t\t l'organe1 et *ez l'homme dormant il n'y a qu'branlem5t de la p>tie qui avois9e le c]veau4 ,cep5dant on sait que dans les rves voluptueux la nature atte9t son b peu prs comme dans la veille2 mais cette diffr5ce nat de la diffr5ce mme des organes2 c> la gnsique n'a beso9 que d'une excitation quelle qu'elle soit1 et *aque sexe porte avec soi t\t le matriel ncessaire p\r la consommation de l'acte auquel la nature l'a de/94 ,re*]*e faire4 #hg4--,qu& le fluide n]veux e/ a9si port au c]veau1 il y afflue t\j\rs p> les c\loirs de/9s l'ex]cice de quelqu'un de nos s5s1 et voil p\rquoi il y rveille c]ta9es s5sations ou sries d'ides prfrablem5t d'autres4 ,a9si1 on croit voir qu& c'e/ le n]f optique qui e/ branl1 ent5dre qu& ce sont les n]fs auditifs1 etc42 et rem>quons ici1 comme s+ul>it1 qu'il e/ au mo9s trs r>e que les s5sations qu'on pr\ve en rvant se rapport5t au gt et l'odorat3 qu& on rve d'un p>t]re o d'une prairie1 on voit des fleurs sans en s5tir le p>fum2 si l'on croit assi/] un repas1 on en voit les mets sans en sav\r] le gt4 ,ce s]ait un travail digne des plus savants que de re*]*] p\rquoi deux de nos s5s n'impressionn5t po9t l'me p5dant le sommeil1 t&is que les quatre autres j\iss5t de presque t\te leur puissance4 ,je ne connais aucun psy*ologue qui s'en soit occup4 ,rem>quons aussi que plus les affections que n\s pr\vons en dormant sont intrieures1 plus elles ont de =ce4 ,a9si1 les ides les plus s5suelles ne sont ri5 auprs des angoisses qu'on ress5t si on rve qu'on a p]du un enfant *ri ou qu'on va tre p5du4 ,on peut se rveill]1 en p>eil cas1 t\t tremp de sueur ou t\t m\ill de l>mes4 ,nature des songes4 #hh4 ,,quelle que soit la biz>r]ie des ides qui quelquefois n\s agit5t en dormant1 cep5dant en y reg>dant d'un peu prs1 on v]ra que ce ne sont que des s\v5irs ou des comb9aisons de s\v5irs4 ,je suis t5t de dire que les songes ne sont que la mmoire des s5s4 ,leur tranget ne consi/e donc qu'en ce que l'association de ces ides e/ insolite1 p>ce qu'elle s'e/ affran*ie des lois de la *ronologie1 des conv5ances et du temps2 de sorte que1 en d]nire analyse1 p]sonne n'a jamais rv ce qui lui tait aup>avant t\t--fait inconnu4 ,on ne s'tonn]a pas de la s+ul>it de nos rves1 si l'on rfl*it que1 p\r l'homme veill1 quatre puissances se surveill5t et se rectifi5t rciproquem5t2 savoir3 la vue1 l'oue1 le t\*] et la mmoire2 au lieu que1 *ez celui qui dort1 *aque s5s e/ ab&onn ses seules ress\rces4 ,je s]ais t5t de comp>] ces deux tats du c]veau un piano prs duquel s]ait assis un musici5 qui1 jetant p> di/raction les doigts sur les t\*es1 y =m]ait p> rm9isc5ce quelque mlodie1 et qui p\rrait y aj\t] une h>monie complte s'il usait de t\s ses moy5s4 ,cette comp>aison p\rrait se p\ss] beauc\p plus lo91 en aj\tant que la rflexion e/ aux ides ce que l'h>monie e/ aux sons1 et c]ta9es ides en conti5n5t d'autres1 t\t comme un son pr9cipal en conti5t aussi d'autres qui lui sont secondaires1 etc41 etc4 ,sy/me du docteur ,gall4 #hi4 ,,en me laissant d\cem5t conduire p> un sujet qui n'e/ pas sans *>mes1 me voil p>v5u aux conf9s du sy/me du docteur ,gall1 qui enseigne et s\ti5t la multi=mit des organes du c]veau4 ,je ne dois donc pas all] plus lo91 ni fran*ir les limites que je me suis fixes2 cep5dant1 p> am\r p\r la sci5ce1 laquelle on peut bi5 voir que je ne suis pas trang]1 je ne puis m'emp*] de consign] ici deux obs]vations que j'ai faites avec so91 et sur lesquelles on peut d'autant mieux compt]1 que1 p>mi ceux qui me liront1 il exi/e plusieurs p]sonnes qui p\rrai5t en atte/] la vrit4 ,,premi,,re ,,obs]vation4 ,v]s #agij1 il exi/ait1 dans un village appel ,gevr91 arrondissem5t de ,belley1 un comm]ant extrmem5t rus1 il s'appelait ,l&ot1 et s'tait arrondi une assez jolie =tune4 ,il fut t\t--c\p frapp d'un tel c\p de p>alysie1 qu'on le crut mort4 ,la ,facult v9t son sec\rs1 et il s'en tira1 mais non sans p]te1 c> il laissa peu prs d]rire lui t\tes les facults intellectuelles1 et surt\t la mmoire4 ,cep5dant1 comme il se tranait encore1 tant bi5 que mal1 et qu'il avait repris l'apptit1 il avait cons]v l'adm9i/ration de ses bi5s4 ,qu& on le vit dans cet tat1 ceux qui avai5t eu des affaires avec lui crur5t que le temps tait v5u de pr5dre leur revan*e2 et s\s prtexte de v5ir lui t5ir compagnie1 on v5ait de t\tes p>ts lui propos] des m>*s1 des a*ats1 des v5tes1 des *anges1 et autres de cette espce qui avai5t t jusque-l l'objet de son comm]ce habituel4 ,mais les assaillants se tr\vr5t bi5 surpris1 et s5tir5t bi5tt qu'il fallait dcompt]4 ,le madr vieill>d n'avait ri5 p]du de ses puissances comm]ciales1 et le mme homme qui quelquefois ne connaissait pas ses dome/iques et oubliait jusqu' son nom1 tait t\j\rs au c\rant du prix de t\tes les d5res1 a9si que de la valeur de de t\t arp5t de prs1 de vignes ou de bois trois lieues la ronde4 ,s\s ces div]s rapports1 son jugem5t tait re/ intact2 et comme on s'en dfiait mo9s1 la plup>t de ceux qui ttr5t le m>*& invalide fur5t pris aux piges qu'eux-mmes avai5t prp>s p\r lui4 ,,deuxi,,me ,,obs]vation4 ,il exi/ait ,belley un ,m4 ,*irol1 qui avait s]vi longtemps dans les g>des-du-corps1 tant s\s ,l\is ,,xv que s\s ,l\is ,,xvi4 ,son intellig5ce tait t\t ju/e la hauteur du s]vice qu'il avait eu faire t\te sa vie2 mais il avait au suprme degr l'esprit des jeux1 de sorte que1 non-seulem5t il j\ait bi5 t\s jeux anci5s1 tels que l'hombre1 le piquet1 le :i/1 mais encore que1 qu& la mode en introduisait un n\veau1 ds la troisime p>tie il en connaissait t\tes les f9esses4 ,or1 ce ,m4 ,*irol fut aussi frapp d'une p>alysie1 et le c\p fut tel qu'il tomba dans un tat d'ins5sibilit presque absolue4 ,deux *oses cep5dant fur5t p>gnes1 les facults dige/ives et la facult de j\]4 ,il v5ait t\s les j\rs dans la maison o depuis plus de v+t ans il avait c\tume de faire sa p>tie1 s'asseyait en un co91 et y demeurait immobile et somnol5t1 sans s'occup] en ri5 de ce qui se passait aut\r de lui4 ,le mom5t d'arrang] les p>ties tant v5u1 on lui proposait d'y pr5dre "p2 il acceptait t\j\rs1 et se tranait v]s la table2 on p\vait se conva9cre que la maladie qui avait p>alys la plus gr&e p>tie de ses facults ne lui avait pas fait p]dre un po9t de son jeu4 ,peu de temps avant sa mort1 ,m4 ,*irol donna une preuve au!ntique de l'intgrit de son exi/5ce comme j\eur4 ,il n\s surv9t ,belley un banqui] de ,p>is qui s'appelait1 je crois1 ,m4 ,del9s4 ,il tait porteur de lettres de recomm&ation2 il tait trang]1 il tait ,p>isi53 c'tait plus qu'il n'en fallait dans une petite ville p\r qu'on s'empresst faire t\t ce qui p\vait lui tre agrable4 ,m4 ,del9s tait g\rm& et j\eur4 ,s\s le premi] rapport on lui donna suffisamm5t d'occupation en le t5ant *aque j\r c9q ou six heures table2 s\s le second rapport1 il tait plus difficile amus]3 il avait un gr& am\r p\r le piquet1 et p>lait de j\] six francs la fi*e1 ce qui excdait de beauc\p le taux de notre jeu le plus *]4 ,p\r surmont] cet ob/acle1 on fit une socit o *acun prit ou ne prit pas intrt1 suivant la nature de ses press5tim5ts3 les uns en disant que les ,p>isi5s en sav5t bi5 plus long que les prov9ciaux2 d'autres s\t5ant1 au contraire1 que t\s les habitants de cette gr&e ville ont t\j\rs1 dans leur individu1 quelques atomes de badaud]ie4 ,quoi qu'il en soit1 la socit se =ma2 et qui confia-t-on le so9 de df5dre la masse commune8444 ,m4 ,*irol4 ,qu& le banqui] p>isi5 vit arriv] cette gr&e figure ple1 blme1 m>*ant de ct1 qui v9t s'asseoir en face de lui1 il crut d'abord que c'tait une plaisant]ie2 mais qu& il vit le spectre pr5dre les c>tes et les battre en pr(esseur1 il comm5a croire que cet adv]saire avait autrefois pu tre digne de lui4 ,il ne fut pas longtemps se conva9cre que cette facult durait encore2 c>1 non seulem5t cette p>tie1 mais encore un gr& nombre d'autres qui se succdr5t ,m4 ,del9s fut battu1 opprim1 plum tellem5t1 qu' son d"p il eut n\s compt] plus de six c5ts francs qui fur5t soigneusem5t p>tags entre t\s les associs4 ,illu/ration ,avant de p>tir1 ,m4 ,del9s v9t n\s rem]ci] du bon accueil qu'il avait reu de n\s3 cep5dant il se rcriait sur l'tat caduc de l'adv]saire que n\s lui avions oppos1 et n\s assurait qu'il ne p\rrait jamais se consol] d'avoir lutt avec tant de dsavantage contre un mort4 ,rsultat ,la consqu5ce de ces deux obs]vations e/ facile dduire3 il me semble vid5t que le c\p qui1 dans ces deux cas1 avait b\lev]s le c]veau1 avait respect la portion de cet organe qui avait si longtemps t employe aux comb9aisons du comm]ce et du jeu3 et sans d\te cette portion d'organe n'avait rsi/ que p>ce qu'un ex]cice cont9uel lui avait donn plus de vigueur1 ou encore p>ce que les mmes impressions1 si longtemps rptes1 y avai5t laiss des traces plus pr(ondes4 ,influ5ce de l'ge4 #ij4--- ,l'ge a une influ5ce m>que sur la nature des songes4 ,dans l'enfance1 on rve jeux1 j>d9s1 fleurs1 v]dure et autres objets riants2 plus t>d1 plaisirs1 am\rs1 combats1 m>iages2 plus t>d1 tablissem5ts1 voyages1 faveurs du pr9ce ou de ses reprs5tants2 plus t>d enf91 affaires1 emb>ras1 trsors1 plaisirs d'autrefois et amis morts depuis longtemps4 ,phnomnes des songes4 #ia4--;,c]ta9s phnomnes peu communs accompagn5t quelquefois le sommeil et les rves3 leur exam5 peut s]vir aux progrs de l'an?roponomie2 et c'e/ p> cette raison que je consigne ici trois obs]vations prises p>mi plusieurs que1 p5dant le c\rs d'une assez longue vie1 j'ai eu occasion de faire sur moi-mme dans le sil5ce de la nuit4 ,,premi,,re ,,obs]vation4 ,je rvai une nuit que j'avais tr\v le secret de m'affran*ir des lois de la pesanteur1 de manire que mon corps tant dev5u indiffr5t mont] ou desc5dre1 je p\vais faire l'un ou l'autre avec une facilit gale et d'aprs ma volont4 ,cet tat me p>aissait dlicieux2 et peut-tre bi5 des p]sonnes ont rv quelque *ose de p>eil2 mais ce qui devi5t plus spcial1 c'e/ que je m'expliquais moi-mme trs clairem5t 7ce me semble du mo9s7 les moy5s qui m'avai5t conduit ce rsultat1 et que ces moy5s me p>aissai5t tellem5t simples1 que je m'tonnais qu'ils n'euss5t pas t tr\vs plus tt4 ,en m'veillant1 cette p>tie explicative m'*appa t\t--fait1 mais la conclusion m'e/ re/e2 et depuis ce temps1 il m'e/ impossible de ne pas tre p]suad que tt ou t>d un gnie plus clair f]a cette dc\v]te1 et t\t has>d je pr5ds date4 ,,deuxi,,me ,,obs]vation4 #ib4--;,il n'y a que peu de mois que j'pr\vai1 en dormant1 une s5sation de plaisir t\t--fait extraord9aire4 ,elle consi/ait en une espce de frmissem5t dlicieux de t\tes les p>ticules qui compos5t mon tre4 ,c'tait une espce de f\rmillem5t ple9 de *>mes qui1 p>tant de l'pid]me depuis les pi$s jusqu' la tte1 m'agitait jusque dans la moelle des os4 ,il me semblait voir une flamme violette qui se j\ait aut\r de mon front4 ,lamb]e flamma comas1 et circum tempora pasci4 ,j'e/ime que cet tat1 que je s5tis bi5 physiquem5t1 dura au mo9s tr5te secondes1 et je me rveillai rempli d'un tonnem5t qui n'tait pas sans quelque mlange de frayeur4 ,de cette s5sation1 qui e/ encore trs prs5te mon s\v5ir1 et de quelques obs]vations qui ont t faites sur les extatiques et sur les n]veux1 j'ai tir la consqu5ce que les limites du plaisir ne sont encore ni connues ni poses1 et qu'on ne sait pas jusqu' quel po9t notre corps peut tre batifi4 ,j'ai espr que dans quelques sicles la physiologie v5ir s'emp>]a de ces s5sations extraord9aires1 les procur]a volont comme on provoque le sommeil p> l'opium1 et que nos arrire-neveux auront p>-l des comp5sations p\r les d\leurs atroces auxquelles n\s sommes quelquefois s\mis4 ,la proposition que je vi5s d'nonc] a quelque appui dans l'analogie2 c> j'ai dj rem>qu que le p\voir de l'h>monie1 qui procure des j\issances si vives1 si pures et si avidem5t re*]*es1 tait totalem5t inconnu aux ,roma9s3 c'e/ une dc\v]te qui n'a pas plus de c9q c5ts ans d'antiquit4 ,,troisi,,me ,,obs]vation4 #ic4--;,en l'an ,,viii 7#ahjj71 m'tant c\* sans aucun antcd5t rem>quable1 je me rveillai v]s une heure du mat91 temps ord9aire de mon premi] sommeil2 je me tr\vai dans un tat d'excitation crbrale t\t--fait extraord9aire2 mes conceptions tai5t vives1 mes p5ses pr(ondes2 la sphre de mon intellig5ce me p>aissait agr&ie4 ,j'tais lev sur mon sant et mes yeux tai5t affects de la s5sation d'une lumire ple1 vaporeuse1 indt]m9e1 et qui ne s]vait en aucune manire faire di/+u] les objets4 ne consult] que la f\le des ides qui se succdr5t rapidem5t1 j'aurais pu croire que cette situation et dur plusieurs heures2 mais1 d'aprs ma p5dule1 je suis c]ta9 qu'elle ne dura qu'un peu plus d'une demi-heure4 ,j'en fus tir p> un incid5t extrieur et indp5dant de ma volont2 je fus rappel aux *oses de la t]re4 l'in/ant la s5sation lum9euse disp>ut1 je me s5tis d*oir2 les limites de mon intellig5ce se rappro*r5t2 en un mot1 je r$ev9s ce que j'tais la veille4 ,mais comme j'tais bi5 veill1 ma mmoire1 quoique avec des c\leurs t]nes1 a ret5u une p>tie des ides qui trav]sr5t mon esprit4 ,les premires eur5t le temps p\r objet4 ,il me semblait que le pass1 le prs5t et l'av5ir tai5t de mme nature et ne faisai5t qu'un po9t1 de sorte qu'il devait tre aussi facile de prvoir l'av5ir que de se s\v5ir du pass4 ,voil t\t ce qui m'e/ re/ de cette premire intuition2 qui fut en p>tie efface p> celles qui suivir5t4 ,mon att5tion se porta ensuite sur les s5s2 je les classai p> ordre de p]fection1 et tant v5u p5s] que n\s dvions en avoir autant l'intrieur qu' l'extrieur1 je m'occupai en faire la re*]*e4 ,j'en avais dj tr\v trois1 et presque quatre1 qu& je retombai sur la t]re4 ,les voici3 #a ,la compassion1 qui e/ une s5sation prcordiale qu'on pr\ve qu& on voit s\ffrir son semblable2 #b ,la prdilection1 qui e/ un s5tim5t d prfr5ce non seulem5t p\r un objet1 mais p\r t\t ce qui ti5t cet objet1 ou en rappelle le s\v5ir2 #c ,la sympa?ie1 qui e/ aussi un s5tim5t de prfr5ce qui entrane deux objets l'un v]s l'autre4 ,on p\rrait croire1 au premi] aspect1 que ces deux s5tim5ts ne sont qu'une seule et mme *ose2 mais ce qui emp*e de les confondre1 c'e/ que la prdilection n'e/ pas t\j\rs rciproque1 et que la sympa?ie l'e/ ncessairem5t4 ,enf91 en m'occupant de la compassion1 je fus conduit une induction que je crus trs ju/e1 et que je n'aurais pas ap]ue en un autre mom5t1 savoir3 que c'e/ de la compassion que drive ce beau ?orme1 base premire de t\tes les lgislations3 ,,ne ,,fais ,,pas ,,aux ,,autres ,,ce ,,que ,,tu ,,ne ,,v\drais ,,pas ,,qu',,on ,,te ,f,t4 ,d z y w done by4 ,,alt]i ,,ne ,,facias ,,quod ,,tibi ,,fi]i ,,non ,,vis4 ,telle e/1 au surplus1 l'ide qui m'e/ re/e de l'tat o j'tais et de ce que j'pr\vai dans cette occasion1 que je donn]ais volonti]s1 s'il tait possible1 t\t le temps qui me re/e vivre p\r un mois d'une exi/5ce p>eille4 ,les g5s de lettres me compr5dront bi5 plus facilem5t que les autres2 c> il en e/ peu qui il ne soit arriv1 un degr sans d\te trs infrieur1 quelque *ose de semblable4 ,on e/1 dans son lit1 c\* bi5 *audem5t1 dans une position horizontale1 et la tte bi5 c\v]te2 on p5se l'ouvrage qu'on a sur le mti]1 l'imag9ation s'*auffe1 les ides abond5t1 les expressions les suiv5t2 et comme il faut se lev] p\r crire1 on s'habille1 on quitte son bonnet de nuit1 et on se met son bureau4 ,mais voil que t\t--c\p on ne se retr\ve plus le mme2 l'imag9ation s'e/ refroidie1 le fil des ides e/ rompu1 les expressions manqu5t2 on e/ oblig de *]*] avec pe9e ce qu'on avait si facilem5t tr\v1 et =t s\v5t on e/ contra9t d'aj\rn] le travail un j\r plus heureux4 ,t\t cela s'explique facilem5t p> l'effet que doit produire sur le c]veau le *angem5t de position et de temprature3 on retr\ve encore ici l'influ5ce du physique sur le moral4 ,en creusant cette obs]vation1 j'ai t conduit trop lo9 peut-tre2 mais enf9 j'ai t conduit p5s] que l'exaltation des ,ori5taux tait due en p>tie ce que1 tant de la religion de ,mahomet1 ils ont t\j\rs la tte *audem5t c\v]te1 et que c'e/ p\r obt5ir l'effet contraire que t\s les lgislateurs des mo9es leur ont impos l'obligation d'avoir cette p>tie du corps dc\v]te et rase4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xx4 ,de l'influ5ce de la dite sur le repos1 le sommeil et les songes4 #id4--,que l'homme se repose1 qu'il s'endorme ou qu'il rve1 il ne cesse d'tre s\s la puissance des lois de la nutrition1 et ne sort pas de l'empire de la ga/ronomie4 ,la ?orie et l'expri5ce s'accord5t p\r pr\v] que la qualit et la quantit des alim5ts influ5t puissamm5t sur le travail1 le repos1 le sommeil et les rves4 ,effets de la dite sur le travail4 #ie4--,l'homme mal n\rri ne peut longtemps suffire aux fatigues d'un travail prolong2 son corps se c\vre de sueur2 bi5tt ses =ces l'ab&onn5t2 et p\r lui le repos n'e/ autre *ose que l'impossibilit d'agir4 ,s'il s'agit d'un travail d'esprit1 les ides naiss5t sans vigueur et sans prcision2 la rflexion se refuse les jo9dre1 le jugem5t les analys]2 le c]veau s'puise dans ces va9s ef=ts1 et l'on s'endort sur le *amp de bataille4 ,j'ai t\j\rs p5s que les s\p]s d',auteuil1 a9si que ceux des htels de ,ramb\illet et de ,soissons1 avai5t fait gr& bi5 aux auteurs du temps de ,l\is ,,xiv2 et le mal9 ,ge(froy 7si le fait et t vrai7 n'aurait pas tant eu tort qu& il plaisantait les potes de la f9 du dix-huitime sicle sur l'eau sucre1 qu'il croyait leur boisson favorite4 ,d'aprs ces pr9cipes1 j'ai exam9 les ouvrages de c]ta9s auteurs connus p\r avoir t pauvres et s\ffreteux1 et je ne leur ai vritablem5t tr\v d'n]gie que qu& ils ont d tre /imuls p> le s5tim5t habituel de leurs maux ou p> l'envie s\v5t assez mal dissimule4 ,au contraire1 celui qui se n\rrit bi5 et qui rp>e ses =ces avec prud5ce et disc]nem5t1 peut suffire une somme de travail qu'aucun tre anim ne peut support]4 ,la veille de son d"p p\r ,b\logne1 l'emp]eur ,napolon travailla p5dant plus de tr5te heures1 tant avec son conseil d'tat qu'avec les div]s dpositaires de son p\voir1 sans autre rfection que deux trs c\rts repas et quelques tasses de caf4 ,br[n p>le d'un commis de l'amiraut d',anglet]re qui1 ayant p]du p> accid5t des tats auxquels seul il p\vait travaill]1 employa c9quante-deux heures conscutives les refaire4 ,jamais1 sans un rgime appropri1 il n'et pu faire face cette norme dp]dition2 il se s\t9t de la manire suivante3 d'abord de l'eau1 puis des alim5ts lg]s1 puis du v91 puis des consomms1 enf9 de l'opium4 ,je r5contrai un j\r un c\rri] que j'avais connu l'arme1 et qui arrivait d',espagne o il avait t envoy en dp*e p> le g\v]nem5t 7correo gan&o horas4--,esp472 il avait fait le voyage en d\ze j\rs1 s'tant arrt ,madrid seulem5t quatre heures2 quelques v]res de v9 et quelques tasses de b\illon1 voil t\t ce qu'il avait pris p5dant cette longue suite de sec\sses et d'insomnie2 et il aj\tait que des alim5ts plus solides l'euss5t infailliblem5t mis dans l'impossibilit de cont9u] sa r\te4 ,sur les rves4 #if4--,la dite n'a pas une mo9dre influ5ce sur le sommeil et sur les rves4 ,celui qui a beso9 de mang] ne peut pas dormir2 les angoisses de son e/omac le ti5n5t dans un rveil d\l\reux1 et si la faiblesse et l'puisem5t le =c5t s'ass\pir1 ce sommeil e/ lg]1 inquiet et int]rompu4 ,celui qui1 au contraire1 a pass dans son repas les bornes de la discrtion1 tombe immdiatem5t dans le sommeil absolu3 s'il a rv1 il ne lui re/e aucun s\v5ir1 p>ce que le fluide n]veux s'e/ crois en t\s s5s dans les canaux s5sitifs4 ,p> la mme raison son rveil e/ brusque3 il revi5t avec pe9e la vie sociale2 et qu& le sommeil e/ t\t--fait dissip1 il se ress5t encore longtemps des fatigues de la dige/ion4 ,on peut donc donn] comme maxime gnrale1 que le caf rep\sse le sommeil4 ,l'habitude affaiblit et fait mme totalem5t disp>atre cet inconvni5t2 mais il a infailliblem5t lieu *ez t\s les ,europens1 qu& ils comm5c5t en pr5dre4 ,quelques alim5ts1 au contraire1 provoqu5t d\cem5t le sommeil3 tels sont ceux o le lait dom9e1 la famille entire des laitues1 la volaille1 le p\rpi]1 la fleur d'orang]1 et surt\t la pomme de re9ette1 qu& on la mange immdiatem5t avant de se c\*]4 ,suite #ig4--,l'expri5ce1 assise sur des millions d'obs]vations1 a appris que la dite dt]m9e les rves4 ,en gnral1 t\s les alim5ts qui sont lgrem5t excitants font rv]3 telles sont les vi&es noires1 les pigeons1 le can>d1 le gibi]1 et surt\t le livre4 ,on reconnat encore cette proprit aux asp]ges1 au cl]i1 aux truffes1 aux sucr]ies p>fumes1 et p>ticulirem5t la vanille4 ,ce s]ait une gr&e erreur de croire qu'il faut bannir de nos tables les sub/ances qui sont a9si somnifres2 c> les rves qui en rsult5t sont en gnral d'une nature agrable1 lgre1 et prolong5t notre exi/5ce1 mme p5dant le temps o elle p>at susp5due4 ,il e/ des p]sonnes p\r qui le sommeil e/ une vie "p1 une espce de roman prolong1 c'e/--dire que leurs songes ont une suite1 qu'ils a*v5t dans la seconde nuit celui qu'ils avai5t comm5c la veille1 et voi5t en dormant c]ta9es physionomies qu'ils reconnaiss5t p\r les avoir dj vues1 et que cep5dant ils n'ont jamais r5contres dans le monde rel4 ,rsultat4 #ih4--,l'homme qui a rfl*i sur son exi/5ce physique1 et qui la conduit d'aprs les pr9cipes que n\s dveloppons1 celui-l prp>e avec sagacit son repos1 son sommeil et ses rves4 ,il p>tage son travail de manire ne jamais s'excd]2 il le r5d plus lg] en le v>iant avec disc]nem5t1 et rafra*it son attitude p> de c\rts int]valles de repos1 qui le s\lag5t sans int]rompre la cont9uit1 qui e/ quelquefois un devoir4 ,si1 p5dant le j\r1 un repos plus long lui e/ ncessaire1 il ne s'y livre jamais que dans l'attitude de session3 il se refuse au sommeil1 mo9s qu'il n'y soit inv9ciblem5t entran1 et se g>de bi5 surt\t d'en contract] l'habitude4 ,qu& la nuit a am5 l'heure du repos diurnal1 il se retire dans une *ambre are1 ne s'ent\re po9t de rideaux qui lui f]ai5t c5t fois respir] le mme air1 et se g>de bi5 de f]m] les volets de ses croises1 af9 que1 t\tes les fois que son oeil s'entr'ouvrirait1 il soit consol p> un re/e de lumire4 ,il s't5d dans un lit lgrem5t relev v]s la tte2 son oreill] e/ de cr92 son bonnet de nuit e/ de toile2 son bu/e n'e/ po9t accabl s\s le poids des c\v]tures2 mais il a so9 que ses pi$s soi5t *audem5t c\v]ts4 ,il a mang avec disc]nem5t1 ne s'e/ refus la bonne ni l'excell5te *re2 il a bu les meilleurs v9s1 et avec prcaution1 mme les plus fameux4 ,au dess]t1 il a plus p>l de galant]ie que de politique1 et a fait plus de madrigaux que d'pigrammes2 il a pris une tasse de caf1 si sa con/itution s'y prte1 et accept1 aprs quelques in/ants1 une cuill]e d'excell5te liqueur1 seulem5t p\r p>fum] sa b\*e4 ,en t\t il s'e/ montr convive aimable1 amateur di/+u1 et n'a cep5dant outrepass que de peu la limite du beso94 ,illu/ration ,en cet tat1 il se c\*e cont5t de lui et des autres1 ses yeux se f]m5t2 il trav]se le crpuscule1 et tombe1 p\r quelques heures1 dans le sommeil absolu4 ,bi5tt la nature a lev son tribut2 l'assimilation a remplac la p]te4 ,alors des rves agrables vi5n5t lui donn] une exi/5ce my/rieuse2 il voit les p]sonnes qu'il aime1 retr\ve ses occupations favorites2 et se transporte aux lieux o il s'e/ plu4 ,enf91 il s5t le sommeil se dissip] p> degrs et r5tre dans la socit sans avoir regrett] de tempe p]du1 p>ce que1 mme dans son sommeil1 il a j\i d'une activit sans fatigue et d'un plaisir sans mlange4 ,m,,ditation ,,xxi ,de l',obsit4 #ii4--,si j'avais t mdec9 avec diplme1 j'aurais d'abord fait une bonne monographie de l'obsit2 j'aurais ensuite tabli mon empire dans ce reco9 de la sci5ce2 et j'aurais eu le d\ble avantage d'avoir p\r malades les g5s qui se port5t le mieux1 et d'tre j\rnellem5t assig p> la plus jolie moiti du g5re huma92 c> avoir une ju/e portion d'embonpo9t1 ni trop ni peu1 e/ p\r les femmes l'tude de t\te leur vie4 ,ce que je n'ai pas fait1 un autre docteur le f]a2 et s'il e/ la fois savant1 discret et beau g>on1 je lui prdis des succs miracles4 ,exori>e aliquis no/ris ex ossibas ho]es6 ,en att5dant1 je vais ouvrir la c>rire2 c> un article sur l'obsit e/ de rigueur dans un ouvrage qui a p\r objet l'homme en tant qu'il se repat4 ,j'ent5ds p> obsit cet tat de conge/ion graisseuse o1 sans que l'individu soit malade1 les membres augm5t5t peu peu en volume1 et p]d5t leur =me et leur h>monie primitives4 ,il e/ une sorte d'obsit qui se borne au v5tre2 je ne l'ai jamais obs]ve *ez les femmes3 comme elles ont gnralem5t la fibre plus molle1 qu& l'obsit les attaque1 elle n'p>gne ri54 ,j'appelle cette v>it ga/rophorie1 et ga/rophores ceux qui en sont atte9ts4 ,je suis mme de ce nombre2 mais1 quoique porteur d'un v5tre assez prom95t1 j'ai encore le bas de la jambe sec1 et le n]f dta* comme un *eval arabe4 ,illu/ration ,je n'en ai pas mo9s t\j\rs reg>d mon v5tre comme un ennemi r$\table2 je l'ai va9cu et fix au maje/ueux2 mais p\r le va9cre1 il fallait le combattre3 c'e/ une lutte de tr5te ans que je dois ce qu'il y a de bon dans cet essai4 ,je comm5ce p> un extrait de plus de c9q c5ts dialogues que j'ai eus autrefois avec mes vois9s de table m5acs ou affligs de l'obsit4 ,l',,ob,,se4--,dieu6 quel pa9 dlicieux4 ,o le pr5ez-v\s donc8 ,,moi4--,*ez ,m4 ,limet1 rue de ,ri*elieu3 il e/ le b\lang] de ,,ll4 ,,aa4 ,,rr4 le duc d',orlans et le pr9ce de ,cond2 je l'ai pris p>ce qu'il e/ mon vois91 et je le g>de p>ce que je l'ai proclam le premi] panificateur du monde4 ,l',,ob,,se4--,j'en pr5ds note2 je mange beauc\p de pa91 et avec de p>eilles fltes je me pass]ais de t\t le re/e4 ,,autre ,,ob,,se4--,mais que faites-v\s donc l8 ,v\s recueillez le b\illon de votre potage1 et v\s laissez ce beau riz de la ,c>ol9e4 ,,moi4--,c'e/ un rgime p>ticuli] que je me suis fait4 ,l',,ob,,se4--,mauvais rgime1 le riz fait mes dlices a9si que les fcules1 les ptes et autres p>eilles3 ri5 ne n\rrit mieux1 meilleur m>*1 et avec mo9s de pe9e4 ,,un ,,ob,,se r5=c4--,faites-moi1 monsieur1 le plaisir de me pass] les pommes de t]re qui sont devant v\s4 ,au tra9 dont on va1 j'ai peur de ne pas y tre temps4 ,,moi4--,monsieur1 les voil votre porte4 ,l',,ob,,se4--,mais v\s allez sans d\te v\s s]vir8 il y en a assez p\r n\s deux1 et aprs n\s le dluge4 ,,moi4--,je n'en pr5drai pas2 je n'e/ime la pomme de t]re que comme prs]vatif contre la fam9e2 cela prs1 je ne tr\ve ri5 de plus m9emm5t fade4 ,l',,ob,,se4--,hrsie ga/ronomique6 ri5 n'e/ meilleur que les pommes de t]re2 j'en mange de t\tes les manires2 et s'il en p>at au second s]vice1 soit la lyonnaise1 soit au s\ffl1 je fais ici mes prote/ations p\r la cons]vation de mes droits4 ,,une ,,dame ,,ob,,se4--,v\s s]iez bi5 bon si v\s envoyiez *]*] p\r moi de ces h>icots de ,soissons que j'ap]ois au b\t de la table4 ,,moi1 aprs avoir excut l'ordre en *antant t\t bas bas un air connu3 ,les ,sossonnais sont heureux1 ,les h>icots sont *ez eux444 ,l',,ob,,se4--,ne plaisantez pas2 c'e/ un vrai trsor p\r ce pays-l4 ,p>is en tire p\r des sommes considrables4 ,je v\s dem&e grce aussi p\r les petites fves de m>ais1 qu'on appelle fves anglaises2 qu& elles sont encore v]tes1 c'e/ un mang] des dieux4 ,,moi4--,ana?me aux h>icots6 ana?me aux fves de m>ais4 ,l',,ob,,se1 d'un air rsolu4--,je me moque de votre ana?me2 ne dirait-on pas que v\s tes v\s seul t\t un concile8 ,,moi1 une autre4--,je v\s flicite sur votre belle sant2 il me semble1 madame1 que v\s avez un peu engraiss depuis la d]nire fois que j'ai eu l'honneur de v\s voir4 ,l',,ob,,se4--,je le dois probablem5t mon n\veau rgime4 ,,moi4--,comm5t donc8 ,l',,ob,,se4--,depuis quelque temps je djeune avec une bonne s\pe grasse1 un b[l comme p\r deux et quelle s\pe encore6 la cuill] y ti5drait droite4 ,,moi1 une autre4--,madame1 si vos yeux ne me tromp5t pas1 v\s accept]ez un morceau de cette *>lotte8 et je vais l'attaqu] en votre faveur4 ,l',,ob,,se4--,eh bi56 monsieur1 mes yeux v\s tromp5t3 j'ai ici deux objets de prdilection1 et ils sont t\s du g5re mascul93 c'e/ ce gteau de riz ctes dores1 et ce gigantesque biscuit de ,savoie2 c> v\s saurez p\r votre rgle que je raffole des ptiss]ies sucres4 ,,moi1 une autre4--,p5dant qu'on politique l-bas1 v\lez-v\s1 madame1 que j'int]roge p\r v\s cette t\rte la frangipane8 ,l',,ob,,se4--,trs volonti]s3 ri5 ne me va mieux1 que la ptiss]ie4 ,n\s avons un ptissi] p\r locataire2 et1 entre ma fille et moi1 je crois bi5 que n\s absorbons le prix de la location1 et peut-tre au-del4 ,,moi1 aprs avoir reg>d la jeune p]sonne4--,ce rgime v\s pr(ite m]veille2 mademoiselle votre fille e/ une trs belle p]sonne1 arme de t\tes pices4 ,l',,ob,,se4--,eh bi56 croiriez-v\s que ses compagnes lui dis5t quelquefois qu'elle e/ trop grasse8 ,,moi4--,c'e/ peut-tre p> envie444 ,l',,ob,,se4--,cela p\rrait bi5 tre4 ,au surplus1 je la m>ie1 et le premi] enfant arrang]a t\t cela4 ,illu/ration ,c'e/ p> des disc\rs semblables que j'claircissais une ?orie dont j'avais pris les lm5ts hors de l'espce huma9e2 savoir que la corpul5ce graisseuse a t\j\rs p\r pr9cipale cause une dite trop *>ge d'lm5ts fcul5ts et f>9eux1 et que je m'assurais que le mme rgime e/ t\j\rs suivi du mme effet3 ,effectivem5t1 les animaux c>nivores ne s'engraiss5t jamais 7voyez les l\ps1 les *acals1 les oiseaux de proie1 le corbeau1 etc474 ,les h]bivores s'engraiss5t peu1 du mo9s tant que l'ge ne les a pas rduits au repos2 et au contraire ils s'engraissant vite et en t\t temps1 aussitt qu'on leur a fait mang] des pommes de t]re1 des gra9s et des f>9es de t\te espce4 ,l'obsit ne se tr\ve jamais ni *ez les sauvages1 ni dans les classes de la socit o on travaille p\r mang] et o on ne mange que p\r vivre4 ,causes de l'obsit4 #ajj4--;,d'aprs les obs]vations qui prcd5t1 et dont *acun peut vrifi] l'exactitude1 il e/ facile d'assign] les pr9cipales causes de l'obsit4 ,la premire e/ la disposition naturelle de l'individu4 ,presque t\s les hommes naiss5t avec c]ta9es prdispositions dont leur physionomie porte l'empre9te4 ,sur c5t p]sonnes qui meur5t de la poitr9e1 quatre-v+t-dix ont les *eveux bruns1 le visage long et le nez po9tu4 ,sur c5t obses1 quatre-v+t-dix ont le visage c\rt1 les yeux ronds et le nez obtus4 ,il e/ donc vrai qu'il exi/e des p]sonnes prde/9es en quelque sorte p\r l'obsit1 et dont1 t\tes *oses gales1 les puissances dige/ives labor5t une plus gr&e quantit de graisse4 ,cette vrit physique1 dont je suis pr(ondm5t conva9cu1 influe d'une manire f*euse sur ma manire de voir en c]ta9es occasions4 ,qu& on r5contre dans la socit une demoiselle bi5 vive1 bi5 rose1 au nez fripon1 aux =mes arrondies1 aux ma9s rondelettes1 aux pi$s c\rts et grass\illets1 t\t le monde e/ ravi et la tr\ve *>mante1 t&is que1 in/ruit p> l'expri5ce1 je jette sur elle des reg>ds po/rieurs de dix ans1 je vois les ravages que l'obsit aura faits sur ces *>mes si frais1 et je gmis sur des maux qui n'exi/5t pas encore4 ,cette compassion anticipe e/ un s5tim5t pnible1 et f\rnit une preuve entre mille autres1 que l'homme s]ait plus malheureux s'il p\vait prvoir l'av5ir4 ,la seconde des pr9cipales causes de l'obsit e/ dans les f>9es et fcules dont l'homme fait la base de sa n\rriture j\rnalire4 ,n\s l'avons dj dit1 t\s les animaux qui viv5t de f>9eux s'engraiss5t de gr ou de =ce2 l'homme suit la loi commune4 ,la fcule produit plus vite et plus srem5t son effet qu& elle e/ unie au sucre3 le sucre et la graisse conti5n5t l'hydrogne1 pr9cipe qui leur e/ commun2 l'un et l'autre sont inflammables4 ,avec cet amalgame1 elle e/ d'autant plus active qu'elle flatte plus le gt et qu'on ne mange gure les entremets sucrs que qu& l'apptit naturel e/ dj satisfait1 et qu'il ne re/e plus alors que cet autre apptit de luxe qu'on e/ oblig de sollicit] p> t\t ce que l'art a de plus raff9 et le *angem5t de plus t5tatif4 ,la fcule n'e/ pas mo9s incrassante qu& elle e/ *>roye p> les boissons1 comme dans la bire et autres de la mme espce4 ,les peuples qui en boiv5t habituellem5t sont aussi ceux o on tr\ve les v5tres les plus m]veilleux1 et quelques familles p>isi5nes qui1 en #ahag1 bur5t de la bire p> conomie1 p>ce que le v9 tait =t *]1 en ont t rcomp5ses p> un embonpo9t dont elles ne sav5t plus que faire4 ,suite4 #aja4--,une d\ble cause d'obsit rsulte de la prolongation du sommeil et du dfaut d'ex]cice4 ,le corps huma9 rp>e beauc\p p5dant le sommeil2 et dans le mme temps il p]d peu1 puisque l'action musculeuse e/ susp5due4 ,il faudrait donc que le sup]flu acquis fut vapor p> l'ex]cice2 mais1 p> cela mme qu'on dort beauc\p1 on limite d'autant le temps ou l'on p\rrait agir4 ,p> une autre consqu5ce1 les gr&s dormeurs se refus5t t\t ce qui leur prs5te jusqu' l'ombre d'une fatigue2 l'excdant de l'assimilation e/ donc emport p> le torr5t de la circulation2 il s'y *>ge1 p> une opration dont la nature s'e/ rs]v le secret2 de quelques c5times additionnels d'hydrogne1 et la graisse se tr\ve =me1 p\r tre dpose p> le mme m\vem5t dans les capsules du tissu cellulaire4 ,suite4 #ajb4--,une d]nire cause d'obsit consi/e dans l'excs du mang] et du boire4 ,on a eu raison de dire qu'un des privilges de l'espce huma9e e/ de mang] sans avoir faim et de boire sans avoir soif2 et1 en effet1 il ne peut app>t5ir aux btes2 c> il nat de la rflexion sur le plaisir de la table et du dsir d'en prolong] la dure4 ,on a tr\v ce d\ble p5*ant p>t\t o l'on a tr\v des hommes2 et on sait que les sauvages mang5t avec excs et s'enivr5t jusqu' l'abrutissem5t1 t\tes les fois qu'ils en tr\v5t l'occasion4 ,quant n\s1 citoy5s des deux mondes1 qui croyons tre l'apoge de la civilisation1 il e/ c]ta9 que n\s mangeons trop4 ,je ne dis pas cela p\r le petit nombre de ceux qui1 s]rs p> l'av>ice ou l'impuissance1 viv5t seuls et l'c>t3 les premi]s1 rj\is de s5tir qu'ils amass5t2 les autres1 gmissant de ne p\voir mieux faire2 mais je le dis avec affirmation p\r t\s ceux qui1 circulant aut\r de n\s1 sont t\r--t\r amphitryons ou convives1 (fr5t avec politesse ou accept5t avec complaisance2 qui1 n'ayant dj plus de beso91 mang5t d'un mets p>ce qu'il e/ attrayant1 et boiv5t d'un v9 p>ce qu'il e/ trang]2 je le dis1 soit qu'ils sig5t *aque j\r dans un salon1 soit qu'ils ft5t seulem5t le diman*e et quelquefois le lundi2 dans *aque majorit imm5se1 t\s mang5t et boiv5t trop1 et des poids normes en come/ibles sont *aque j\r absorbs sans beso94 ,cette cause1 presque t\j\rs prs5te1 agit diffremm5t suivant la con/itution des individus2 et p\r ceux qui ont l'e/omac mauvais1 elle a p\r effet non l'obsit1 mais l'indige/ion4 ,anecdote4 #ajc4--,n\s en avons s\s les yeux un exemple que la moiti de ,p>is a pu connatre4 ,m4 ,lang avait une des maisons les plus brillantes de cette ville2 sa table surt\t tait excell5te1 mais son e/omac tait aussi mauvais que sa g\rm&ise tait gr&e4 ,il faisait p>faitem5t les honneurs1 et mangeait surt\t avec un c\rage digne d'un meilleur sort4 ,t\t se passait bi5 jusqu'au caf inclusivem5t2 mais bi5tt l'e/omac se refusait au travail qu'on lui avait impos1 les d\leurs comm5ai5t1 et le malheureux ga/ronome tait oblig de se jet] sur un canap1 o il re/ait jusqu'au l5dema9 expi] dans de longues angoisses le c\rt plaisir qu'il avait gt4 ,ce qu'il y a de trs rem>quable1 c'e/ qu'il ne s'e/ jamais corrig2 tant qu'il a vcu1 il s'e/ s\mis cette trange alt]native1 et les s\ffrances de la veille n'ont jamais influ sur le repas du l5dema94 ,*ez les individus qui ont l'e/omac actif1 l'excs de nutrition agit comme dans l'article prcd5t4 ,t\t e/ digr1 et ce qui n'e/ pas ncessaire p\r la rp>ation du corps se fixe et se t\rne en graisse4 ,*ez les autres1 il y a indige/ion p]ptuelle3 les alim5ts dfil5t sans faire pr(it1 et ceux qui n'en connaiss5t pas la cause s'tonn5t que tant de bonnes *oses ne produis5t pas un meilleur rsultat4 ,on doit bi5 s'ap]cevoir que je n'puise po9t m9utieusem5t la matire2 c> il e/ une f\le de causes secondaires qui naiss5t de nos habitudes1 de l'tat embrass1 de nos manies1 de nos plaisirs1 qui second5t et activ5t celles que je vi5s d'indiqu]4 ,je lgue t\t cela au successeur que j'ai plant en comm5ant ce *apitre1 et me cont5te de prlib]1 ce qui e/ le droit du premi] v5u en t\te matire4 ,il y a longtemps que l'intemprance a fix les reg>ds des obs]vateurs4 ,les philosophes ont vant la temprance2 les pr9ces ont fait des lois somptuaires1 la religion a moralis la g\rm&ise2 hlas6 on n'en a pas mang une b\*e de mo9s1 et l'art de trop mang] devi5t *aque j\r plus florissant4 ,je s]ai peut-tre plus heureux en pr5ant une r\te n\velle1 j'expos]ai les inconvni5ts physiques de l'obsit2 le so9 de soi-mme 7self-pres]vation7 s]a peut-tre plus influ5t que la morale1 plus p]suasif que les s]mons1 plus puissant que les lois1 et je crois le beau sexe t\t dispos ouvrir les yeux la lumire4 ,inconvni5ts de l'obsit4 #ajd4--,l'obsit a une influ5ce f*euse sur les deux sexes en ce qu'elle nuit la =ce et la beaut4 ,elle nuit la =ce1 p>ce qu'en augm5tant le poids de la masse m\voir1 elle n'augm5te pas la puissance motrice2 elle y nuit encore en gnant la respiration1 ce qui r5d impossible t\t travail qui exige un emploi prolong de la =ce musculaire4 ,illu/ration3 ,l',,ob,,sit ,,et ,,la ,,maigreur4 ,l'obsit nuit la beaut en dtruisant l'h>monie de proportion primitivem5t tablie2 p>ce que t\tes les p>ties ne grossiss5t pas d'une manire gale4 ,elle y nuit encore en remplissant des cavits que la nature avait de/9es faire ombre3 aussi1 ri5 n'e/ si commun que de r5contr] des physionomies jadis trs piquantes et que l'obsit r5dues peu prs insignifiantes4 ,le *ef du d]ni] g\v]nem5t n'avait pas *app cette loi4 ,il avait =t engraiss dans ses d]nires campagnes1 de ple il tait dev5u blaf>d1 et ses yeux avai5t p]du une p>tie de leur fi]t4 ,l'obsit entrane avec elle le dgt p\r la danse1 la prom5ade1 l'quitation1 ou l'inaptitude p\r t\tes les occupations ou amusem5ts qui exig5t un peu d'agilit ou d'adresse4 ,elle prdispose aussi div]ses maladies1 telles que l'apoplexie1 l'hydropisie1 les ulcres aux jambes1 et r5d t\tes les autres affections plus difficiles gurir4 ,exemples d'obsit4 #aje4--,p>mi les hros corpul5ts1 je n'ai g>d le s\v5ir que de ,m>ius et de ,jean ,sobieski4 ,m>ius1 qui tait de petite taille1 tait dev5u aussi l>ge que long1 et c'e/ peut-tre cette normit qui effraya le ,cimbre *>g de le tu]4 ,quant au roi de ,pologne1 son obsit p5sa lui tre fune/e1 c>1 tant tomb dans un gros de caval]ie turque devant lequel il fut oblig de fuir1 la respiration lui manqua bi5tt1 et il aurait t infailliblem5t massacr1 si quelques-uns de ses aides-de-camp ne l'avai5t s\t5u1 presque van\i sur son *eval1 t&is que d'autres se sacrifiai5t gnreusem5t p\r arrt] l'ennemi4 ,si je ne me trompe1 le duc de ,v5dme1 ce digne fils du gr& ,h5ri1 tait aussi d'une corpul5ce rem>quable4 ,il m\rut dans une aub]ge1 ab&onn de t\t le monde1 et cons]va assez de connaissance p\r voir le d]ni] de ses g5s arra*] le c\ss9 sur lequel il reposait au mom5t de r5dre le d]ni] s\pir4 ,les recueils sont ple9s d'exemples d'obsit mon/rueuse2 je les y laisse p\r p>l] en peu de mots de ceux que j'ai moi-mme recueillis4 ,m4 ,rameau1 mon condisciple1 maire de la ,*aleur1 en ,b\rgogne1 n'avait que c9q pi$s deux p\ces1 et pesait c9q c5ts4 ,m4 le duc de ,luynes1 ct duquel j'ai s\v5t sig1 tait dev5u norme2 la graisse avait dsorganis sa belle figure1 et il avait pass les d]nires annes de sa vie dans une somnol5ce presque habituelle4 ,mais ce que j'ai vu de plus extraord9aire en ce g5re tait un habitant de ,new-,york1 que bi5 des ,franais encore exi/ants ,p>is peuv5t avoir vu dans la rue de ,broadway1 assis sur un norme fauteuil dont les jambes aurai5t pu port] une glise4 d\>d avait au mo9s c9q pi$s dix p\ces1 mesure de ,france1 et comme la graisse l'avait gonfl en t\s s5s1 il avait au mo9s huit pi$s de circonfr5ce4 ,ses doigts tai5t comme ceux de cet emp]eur roma9 qui les colli]s de sa femme s]vai5t d'anneaux2 ses bras et ses cuisses tai5t tubuls1 de la grosseur d'un homme de moy5ne /ature1 et il avait les pi$s comme un lphant1 c\v]ts p> l'augm5tation de ses jambes2 le poids de la graisse1 avait entran et fait bill] la paupire infrieure2 mais ce qui le r5dait hideux voir1 c'tait trois m5tons en sphrodes qui lui p5dai5t sur la poitr9e dans la longueur de plus d'un pi$1 de sorte que sa figure p>aissait tre le *apiteau d'une colonne torse4 ,dans cet tat1 d\>d passait sa vie assis prs de la f5tre d'une salle basse qui donnait sur la rue1 et buvant de temps en temps un v]re d'ale1 dont un pit*] de gr&e capacit tait t\j\rs auprs de lui4 ,une figure aussi extraord9aire ne p\vait pas manqu] d'arrt] les passants2 mais il ne fallait pas qu'ils y miss5t trop de temps1 d\>d ne t>dait pas les mettre en fuite1 en leur disant d'une voix spulcrale3 ,wat h y to />e l wild cats6444 ,g y\r way y lazy body444 ,be gone y good =t no?+ dogs444 7,qu'avez-v\s reg>d] d'un air eff>1 comme des *ats sauvages8444 ,passez votre *em91 p>esseux444 ,allez-v\s-en1 *i5s de vauri5s67 et autres d\ceurs p>eilles4 ,l'ayant s\v5t salu p> son nom1 j'ai quelquefois caus avec lui2 il assurait qu'il ne s'ennuyait po9t1 qu'il n'tait po9t malheureux1 et que si la mort ne v5ait po9t le drang]1 il att5drait volonti]s a9si la f9 du monde4 ,de ce qui prcde il rsulte que si l'obsit n'e/ pas une maladie1 c'e/ au mo9s une indisposition f*euse1 dans laquelle n\s tombons presque t\j\rs p> notre faute4 ,il en rsulte encore que t\s doiv5t dsir] de s'en prs]v] qu& ils n'y sont pas p>v5us1 ou d'en sortir qu& ils y sont arrivs2 et c'e/ en leur faveur que n\s allons exam9] quelles sont les ress\rces que n\s prs5te la sci5ce aide de l'obs]vation4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xxii ,traitem5t prs]vatif ou curatif de l',obsit4#da ,note #da3 ,il y a environ v+t ans que j'avais entrepris un trait ex pr(esso sur l'obsit4 ,mes lecteurs doiv5t surt\t en regrett] la prface3 elle avait la =me dramatique1 et j'y pr\vais un mdec9 que la fivre e/ bi5 mo9s dang]euse qu'un procs1 c> ce d]ni]1 aprs avoir fait c\rir1 att5dre1 m5tir1 pe/] le plaideur1 aprs l'avoir indf9im5t priv de repos1 de joie et d'arg5t1 f9issait encore p> le r5dre malade et le faire m\rir de malemort3 vrit t\t aussi bonne propag] qu'aucune autre4 #ajf4--;,je comm5ce p> un fait qui pr\ve qu'il faut du c\rage1 soit p\r se prs]v]1 soit p\r se gurir de l'obsit4 ,m4 ,l\is ,greffulhe1 que sa maje/ honora plus t>d du titr de comte1 v9t me voir un mat91 et me dit qu'il avait appris que je m'tais occup de l'obsit2 qu'il en tait =tem5t m5ac1 et qu'il v5ait me dem&] des conseils4 ,monsieur1 lui dis-je1 n'tant pas docteur diplme1 je suis matre de v\s refus]2 cep5dant je suis vos ordres1 mais une condition3 c'e/ que v\s donn]ez votre p>ole d'honneur de suivre1 p5dant un mois1 avec une exactitude rig\reuse1 la rgle de conduite que je v\s donn]ai4 ,m4 ,greffulhe fit la promesse exige1 en me pr5ant la ma91 et ds le l5dema9 je lui dlivrai mon fetva1 dont le premi] article tait de se pes] au comm5cem5t et la f9 du traitem5t1 l'effet d'avoir une base ma?matique p\r en vrifi] le rsultat4 un mois de l1 ,m4 ,greffulhe rev9t me voir1 et me p>la peu prs en ces t]mes3 ,monsieur1 dit-il1 j'ai suivi votre prescription comme si ma vie en avait dp5du1 et j'ai vrifi que dans le mois1 le poids de mon corps a dim9u de trois livres1 mme un peu plus4 ,mais1 p\r p>v5ir ce rsultat1 j'ai t oblig de faire t\s mes gts1 t\tes mes habitudes1 une telle viol5ce1 en un mot1 j'ai tant s\ff]t1 qu'en v\s faisant t\s mes rem]ciem5ts de vos bons conseils1 je r5once au bi5 qui peut m'en prov5ir1 et m'ab&onne p\r l'av5ir ce que la ,provid5ce en ordonn]a4 ,aprs cette rsolution1 que je n'ent5dis pas sans pe9e1 l'vnem5t fut ce qu'il devait tre2 ,m4 ,greffulhe dev9t de plus en plus corpul5t1 fut sujet aux inconvni5ts d l'extrme obsit1 et1 pe9e g de qu>ante ans1 m\rut des suites d'une maladie suffocatoire laquelle il tait dev5u sujet4 ,gnralits4 #ajg4--,t\te cure de l'obsit doit comm5c] p> ces trois prceptes de ?orie absolue3 discrtion dans le mang]1 modration dans le sommeil1 ex]cice pi$ ou *eval4 ,ce sont les premires ress\rces que n\s prs5te la sci5ce3 cep5dant j'y compte peu1 p>ce que je connais les hommes et les *oses1 et que t\te prescription qui n'e/ pas excute la lettre ne peut pas produire d'effet4 ,or1 #a il faut beauc\p de c>actre p\r sortir de table avec apptit2 tant que ce beso9 dure1 un morceau appelle l'autre avec un attrait irrsi/ible2 et en gnral on mange tant qu'on a faim1 en dpit des docteurs1 et mme l'exemple des docteurs4 #b ,propos] des obses de se lev] mat91 c'e/ leur p]c] le coeur3 ils v\s diront que leur sant s'y oppose2 que qu& ils se sont levs mat91 ils ne sont bons ri5 t\te la j\rne2 les femmes se pla9dront d'avoir les yeux battus2 t\s cons5tiront veill] t>d1 mais il se rs]v]ont de dormir la grasse mat9e2 et voil une ress\rce qui *appe4 #c ,mont] *eval e/ un remde *]1 qui ne convi5t ni t\tes les =tunes1 ni t\tes les positions4 ,proposez une jolie obse de mont] *eval1 elle y cons5tira avec joie1 mais trois conditions3 la premire1 qu'elle aura la fois un beau *eval1 vif et d\x2 la seconde1 qu'elle aura un habit d'amazone frais et c\p dans le d]ni] gt2 la troisime1 qu'elle aura un cuy] d'accompagnem5t complaisant et beau g>on4 ,il e/ assez r>e que t\t cela se tr\ve1 et on n'q pas4 ,l'ex]cice pi$ donne lieu bi5 d'autres objections3 il e/ fatigant m\rir1 on transpire et on s'expose une fausse pleursie2 la p\ssire abme les bas1 les pi]res p]c5t les petits s\li]s1 et il n'y a pas moy5 de p]si/]4 ,enf9 si1 p5dant ces div]ses t5tatives1 il survi5t le plus lg] accs de migra9e1 si un b\ton gros comme la tte d'une p+le p]ce la peau1 on le met sur le compte du rgime1 on l'ab&onne1 et le docteur enrage4 ,a9si1 re/ant conv5u que t\te p]sonne qui dsire voir dim9u] son embonpo9t doit mang] modrm5t1 peu dormir1 et faire autant d'ex]cice qu'il lui e/ possible1 il faut cep5dant *]*] une autre voie p\r arriv] au b4 ,or1 il e/ une m?ode infaillible p\r emp*] la corpul5ce de dev5ir excessive1 ou p\r la dim9u]1 qu& elle en e/ v5ue ce po9t4 ,cette m?ode1 qui e/ fonde sur t\t ce que la physique et la *imie ont de plus c]ta91 consi/e dans un rgime dittique appropri l'effet qu'on veut obt5ir4 ,de t\tes les puissances mdicales1 le rgime e/ la premire1 p>ce qu'il agit sans cesse1 le j\r1 la nuit1 p5dant la veille1 p5dant le sommeil2 que l'effet s'en rafra*it *aque repas1 et qu'il f9it p> subjugu] t\tes les p>ties de l'individu4 ,or1 le rgime antiobsique e/ indiqu p> la cause la plus commune et la plus active de l'obsit1 et puisqu'il e/ dmontr que ce n'e/ qu' =ce de f>9es et de fcules que les conge/ions graisseuses se =m5t1 tant *ez l'homme que *ez les animaux2 puisque1 l'g>d de ces d]ni]s1 cet effet se produit *aque j\r s\s nos yeux1 et donne lieu au comm]ce des animaux engraisss1 on peut en dduire1 comme consqu5ce exacte1 qu'une ab/95ce plus ou mo9s rigide de t\t ce qui e/ f>9eux ou fcul5t conduit la dim9ution de l'embonpo9t4 mon ,dieu6 allez-v\s t\s v\s cri]1 lecteurs et lectrices1 mon ,dieu6 mais voyez donc comme le pr(esseur e/ b>b>e6 voil que d'un seul mot il proscrit t\t ce que n\s aimons1 ces pa9s si blancs de ,limet1 ces biscuits d',a*>d1 ces galettes de444 et tant de bonnes *oses qui se font avec des f>9es et du beurre1 avec des f>9es et du sucre1 avec des f>9es1 du sucre et des oeufs6 ,il ne fait grce ni aux pommes de t]re1 ni aux mac>onis6 ,aurait-on d s'att5dre cela d'un amateur qui p>aissait si bon8 ,qu'e/-ce que j'ent5ds l8 ai-je rpondu en pr5ant ma physionomie svre1 que je ne mets qu'une fois l'an2 eh bi56 mangez1 engraissez2 dev5ez laids1 pesants1 a/hmatiques1 et m\rez de gras-fondu2 je suis l p\r en pr5dre note1 et v\s figur]ez dans ma seconde dition444 ,mais que vois-je8 une seule phrase v\s a va9cus2 v\s avez peur1 et v\s priez p\r susp5dre la f\dre444 ,rassurez-v\s2 je vais trac] votre rgime1 et v\s pr\v] que quelques dlices v\s att5d5t encore sur cette t]re o l'on vit p\r mang]4 ,v\s aimez le pa93 eh bi51 v\s mang]ez du pa9 de seigle3 l'e/imable ,cadet de ,vaux en a depuis longtemps prconis les v]tus2 il e/ mo9s n\rrissant1 et surt\t il e/ mo9s agrable3 ce qui r5d le prcepte plus facile remplir4 ,c> p\r tre sr de soi1 il faut surt\t fuir la t5tation4 ,ret5ez bi5 ceci1 c'e/ de la morale4 ,v\s aimez le potage1 ayez-le la juli5ne1 aux lgumes v]ts1 aux *\x1 aux rac9es2 je v\s int]dis pa91 ptes et pures4 ,au premi] s]vice1 t\t e/ votre usage1 peu d'exceptions prs3 comme le riz aux volailles et la crote des pts *auds4 ,travaillez1 mais soyez circonspects1 p\r ne pas satisfaire plus t>d un beso9 qui n'exi/]a plus4 ,le second s]vice va p>atre1 et v\s aurez beso9 de philosophie4 ,fuyez les f>9eux1 s\s quelque =me qu'ils se prs5t5t2 ne v\s re/e-t-il pas le rti1 la salade1 les lgumes h]bacs8 et puisqu'il faut v\s pass] quelques sucr]ies1 prfrez la crme au *ocolat et les geles au pun*1 l'orange et autres p>eilles4 ,voil le dess]t4 ,n\veau dang]3 mais si jusque-l v\s v\s tes bi5 conduits1 votre sagesse ira t\j\rs croissant4 ,dfiez-v\s des b\ts de table 7ce sont t\j\rs des brio*es plus ou mo9s p>es72 ne reg>dez ni aux biscuits ni aux mac>ons2 il v\s re/e des fruits de t\te espce1 des confitures1 et bi5 des *oses que v\s saurez *oisir si v\s adoptez mes pr9cipes4 ,aprs dn]1 je v\s ordonne le caf1 v\s p]mets la liqueur1 et v\s conseille le ? et le pun* dans l'occasion4 ,au djeun]1 le pa9 de seigle de rigueur1 le *ocolat plutt que le caf4 ,cep5dant je p]mets le caf au lait un peu =t2 po9t d'oeufs2 t\t le re/e volont4 ,mais on ne saurait djeun] de trop bonne heure4 ,qu& on djeune t>d1 le dn] vi5t avant que la dige/ion soit faite2 on n'en mange pas mo9s2 et cette mang]ie sans apptit e/ une cause de l'obsit trs active1 p>ce qu'elle a lieu s\v5t4 ,suite du rgime4 #ajh4--;,jusqu'ici je v\s ai trac1 en pre t5dre et un peu complaisant1 les limites d'un rgime qui rep\sse l'obsit qui v\s m5ace3 aj\tons-y encore quelques prceptes contre celle qui v\s a atte9ts4 ,buvez1 *aque t1 tr5te b\teilles d'eau de ,seltz1 un trs gr& v]re le mat91 deux avant le djeun]1 et autant en v\s c\*ant4 ,ayez l'ord9aire des v9s blancs1 lg]s et aciduls1 comme ceux d',anj\4 ,fuyez la bire comme la pe/e1 dem&ez s\v5t des radis1 des arti*auts la poivrade1 des asp]ges1 du cl]i1 des c>dons4 ,p>mi les vi&es1 prfrez le veau et la volaille2 du pa91 ne mangez que la crote2 dans le cas d\teux1 laissez-v\s guid] p> un docteur qui adopte mes pr9cipes2 et quel que soit le mom5t o v\s aurez comm5c les suivre1 v\s s]ez avant peu frais1 jolis1 le/es1 bi5 portants et propres t\t4 ,aprs v\s avoir a9si placs sur votre t]ra91 je dois aussi v\s en montr] les cueils1 de peur que1 emports p> un zle obsifuge1 v\s n'outrepassiez le b4 ,l'cueil que je veux signal] e/ l'usage habituel des acides que des ignorants conseill5t quelquefois1 et dont l'expri5ce a t\j\rs dmontr les mauvais effets4 ,dang]s des acides4 #aji4--;,il circule p>mi les femmes une doctr9e fune/e1 et qui fait prir *aque anne bi5 des jeunes p]sonnes1 savoir3 que les acides1 et surt\t le v9aigre1 sont des prs]vatifs contre l'obsit4 ,sans d\te l'usage cont9u des acides fait maigrir1 mais c'e/ en dtruisant la fra*eur1 la sant et la vie2 et quoique la limonade soit le plus d\x d'entre eux1 il e/ peu d'e/omacs qui y rsi/5t longtemps4 ,la vrit que je vi5s d'nonc] ne saurait tre r5due trop publique2 il e/ peu de mes lecteurs qui ne puss5t me f\rnir quelque obs]vation p\r l'appuy]1 et dans le nombre je prfre la suivante qui m'e/ en quelque sorte p]sonnelle4 ,en #aggf1 j'habitais ,dijon2 j'y faisais un c\rs de droit en la facult2 un c\rs de *imie s\s ,m4 ,guyton de ,morveau1 p\r lors avocat-gnral1 et un c\rs de mdec9e dome/ique s\s ,m4 ,m>et1 secrtaire p]ptuel de l',acadmie1 et pre de ,m4 le duc de ,bassano4 ,j'avais une sympa?ie d'amiti p\r une des plus jolies p]sonnes dont ma mmoire ait cons]v le s\v5ir4 ,je dis sympa?ie d'amiti1 ce qui e/ rig\reusem5t vrai et en mme temps bi5 surpr5ant1 c> j'tais alors gr&em5t en fonds p\r des aff9its bi5 autrem5t exigeantes4 ,cette amiti1 qu'il faut pr5dre p\r ce qu'elle a t et non p\r ce qu'elle aurait pu dev5ir1 avait p\r c>actre une famili>it qui tait dev5ue1 ds le premi] j\r1 une confiance qui n\s p>aissait t\te naturelle1 et des *u*otem5ts ne plus f9ir1 dont la maman ne s'al>mait po9t1 p>ce qu'ils avai5t un c>actre d'innoc5ce digne des premi]s ges4 ,l\ise tait donc trs jolie1 et avait surt\t1 dans une ju/e proportion1 cet embonpo9t classique qui fait le *>me des yeux et la gloire des arts d'imitation4 ,quoique je ne fusse que son ami1 j'tais bi5 lo9 d'tre aveugle sur les attraits qu'elle laissait voir ou s\ponn]1 et peut-tre aj\tai5t-ils1 sans que je pusse m'en d\t]1 au *a/e s5tim5t qui m'atta*ait elle4 ,quoi qu'il en soit1 un soir que j'avais considr ,l\ise avec plus d'att5tion qu' l'ord9aire3 ,*re amie1 lui dis-je1 v\s tes malade2 il me semble que v\s avez maigri4--,oh6 non1 me rpondit-elle avec un s\rire qui avait quelque *ose de mlancolique1 je me porte bi52 et si j'ai un peu maigri1 je puis1 s\s ce rapport1 p]dre un peu sans m'appauvrir4--,p]dre1 lui rpliquai-je avec feu2 v\s n'avez beso9 ni de p]dre ni d'acqurir2 re/ez comme v\s tes1 *>mante croqu]2 et autres phrases p>eilles qu'un ami de v+t ans t\j\rs comm&em5t4 ,depuis cette conv]sation1 j'obs]vai cette jeune fille avec un intrt ml d'inquitude1 et bi5tt je vis son te9t plir1 ses j\es se creus]1 ses appas se fltrir444 ,oh6 comme la beaut e/ une *ose fragile et fugitive6 ,enf9 je la joignis au bal o elle allait encore comme l'ord9aire2 j'obt9s d'elle qu'elle se repos]ait p5dant deux contr$anses2 et mettant ce temps pr(it1 j'en reu l'aveu que1 fatigue des plaisant]ies de quelques-unes de ses amies qui lui annonai5t qu'avant deux ans elle s]ait aussi grosse que sa9t ,*ri/ophe1 et aide p> les conseils de quelques autres1 elle avait *]* maigrir1 et1 dans cette vue1 avait bu p5dant un mois un v]re de v9aigre *aque mat92 elle aj\ta que jusqu'alors elle n'avait fait p]sonne confid5ce de cet essai4 ,je frmis cette confession3 je s5tis t\te l't5due du dang]1 et j'en fis "p ds le l5dema9 la mre de ,l\ise1 qui ne fut pas mo9s al>me que moi2 c> elle adorait sa fille4 ,on ne p]dit pas de temps2 on s'assembla1 on consulta1 on mdicam5ta4 ,pe9es inutiles6 les s\rces de la vie tai5t irrmdiablem5t attaques2 et au mom5t o on comm5ait s\ponn] le dang]1 il ne re/ait dj plus d'esprance4 ,a9si1 p\r avoir suivi d'imprud5ts conseils1 l'aimable ,l\ise1 rduite l'tat affreux qui accompagne le m>asme1 s'endormit p\r t\j\rs1 qu'elle avait pe9e dix-huit ans4 ,elle s'teignit en jetant des reg>ds d\l\reux v]s un av5ir qui ne devait pas exi/] p\r elle2 et l'ide d'avoir1 quoique involontairem5t1 att5t sa vie1 r5dit sa f9 plus d\l\reuse et plus prompte4 ,c'e/ la premire p]sonne que j'aie vue m\rir2 c> elle r5dit le d]ni] s\pir dans mes bras1 au mom5t o1 suivant son dsir1 je la s\levais p\r lui faire voir le j\r4 ,huit heures environ aprs sa mort1 sa mre dsole me pria de l'accompagn] dans une d]nire visite qu'elle v\lait faire ce qui re/ait de sa fille2 et n\s obs]vmes avec surprise que l'ensemble de sa physionomie avait pris quelque *ose de radieux et d'extatique qui n'y p>aissait po9t aup>avant4 ,je m'en tonnai3 la maman en tira un augure consolateur4 ,mais ce cas n'e/ pas r>e4 ,lavat] en fait m5tion dans son ,trait de la physionomie4 ,ce9ture antiobsique4 #aaj4--,t\t rgime antiobsique doit tre accompagn d'une prcaution que j'avais oublie1 et p> laquelle j'aurais d comm5c]3 elle consi/e port] j\r et nuit une ce9ture qui conti5ne le v5tre1 en le s]rant modrm5t4 ,p\r en bi5 s5tir la ncessit1 il faut considr] que la colonne v]tbrale1 qui =me une des p>ois de la caisse inte/9ale1 e/ f]me et inflexible3 d'o il suit que t\t l'excdant de poids que les inte/9s acquir5t1 au mom5t o l'obsit les fait dvi] de la ligne v]ticale1 s'appuie sur les div]ses enveloppes qui compos5t la peau du v5tre1 et celles-ci1 p\vant se di/5dre presque indf9im5t#db1 p\rrai5t bi5 n'avoir pas assez de ressort p\r se retraire qu& cet ef=t dim9ue1 si on ne leur donnait pas un aide mcanique qui1 ayant son po9t d'appui sur la colonne dorsale elle-mme1 devnt son antagoni/e et rtablit l'quilibre4 ,a9si1 cette ce9ture produit le d\ble effet d'emp*] le v5tre de cd] ultrieurem5t au poids actuel des inte/9s1 et de lui donn] la =ce ncessaire p\r se rtrcir qu& ce poids dim9ue4 ,on ne doit jamais la quitt]2 autrem5t le bi5 produit p5dant le j\r s]ait dtruit p> l'ab&on de la nuit2 mais elle e/ peu gnante1 et on s'y acc\tume bi5 vite4 ,note #db3 ,mirabeau disait d'un homme excessivem5t gros1 que ,dieu ne l'avait cr que p\r montr] jusqu' quel po9t la peau huma9e p\vait s't5dre sans rompre4 ,la ce9ture1 qui s]t aussi de moniteur p\r indiqu] qu'on e/ suffisamm5t repu1 doit tre faite avec quelque so91 sa pression doit tre la fois modre et t\j\rs la mme1 c'e/--dire qu'elle doit tre faite de manire se ress]r] mesure que l'embonpo9t dim9ue4 ,on n'e/ po9t condamn la port] t\te la vie2 on peut la quitt] sans inconvni5t qu& on e/ rev5u au po9t dsir1 et qu'on y a demeur /ationnaire p5dant quelques sema9es4 ,bi5 ent5du qu'on obs]v]a une dite conv5able4 ,il y a au mo9s six ans que je n'en porte plus4 ,du ,qu9qu9a4 #aaa4--;,il exi/e une sub/ance que je crois activem5t antiobsique2 plusieurs obs]vations m'ont conduit le croire2 cep5dant1 je p]mets encore de d\t]1 et j'appelle les docteurs exprim5t]4 ,cette sub/ance doit tre le qu9qu9a4 ,dix ou d\ze p]sonnes de ma connaissance ont eu de longues fivres int]mitt5tes2 quelques-unes se sont guries p> des remdes de bonne femme1 des p\dres1 etc42 d'autres p> l'usage cont9u du qu9qu9a1 qui ne manque jamais son effet4 ,t\s les individus de la premire catgorie1 qui tai5t obses1 ont repris leur anci5ne corpul5ce2 t\s ceux de la seconde sont re/s dgags du sup]flu de leur embonpo9t3 ce qui me donne le droit de p5s] que c'e/ le qu9qu9a qui a produit ce d]ni] effet1 c> il n'y a eu de diffr5ce entre eux que le mode de gurison4 ,la ?orie rationnelle ne s'oppose po9t cette consqu5ce2 c>1 d'une "p1 le qu9qu9a1 levant t\tes les puissances vitales1 peut bi5 donn] la circulation une activit qui tr\ble et dissipe les gaz de/9s dev5ir de la graisse2 et1 d'autre "p1 il e/ pr\v qu'il y a dans le qu9qu9a une p>tie de tann9 qui peut f]m] les capsules de/9es1 dans les cas ord9aires1 recevoir des conge/ions graisseuses4 ,il e/ mme probable que ces deux effets conc\r5t et se r5=c5t l'un l'autre4 ,c'e/ d'aprs ces donnes1 dont *acun peut apprci] la ju/esse1 que je crois p\voir conseill] l'usage du qu9qu9a t\s ceux qui dsir5t se db>rass] d'un embonpo9t dev5u incommode4 ,a9si1 dummodo annu]9t 9 omni m$icationis g5]e doctissimi ,facultatis pr(essores1 je p5se qu'aprs le premi] mois d'un rgime appropri1 celui ou celle qui dsire se dgraiss] f]a bi5 de pr5dre p5dant un mois1 de deux j\rs l'un1 sept heures du mat91 deux heures avant le djeun]1 un v]re de v9 blanc sec1 dans lequel on aura dlay environ une cuill]e caf de bon qu9qu9a r\ge1 et qu'on en pr\v]a de bons effets4 ,tels sont les moy5s que je propose p\r combattre une incommodit aussi f*euse que commune4 ,je les ai accommods la faiblesse huma9e1 modifie p> l'tat de socit dans lequel n\s vivons4 ,je me suis p\r cela appuy sur cette vrit exprim5tale que1 plus un rgime e/ rig\reux1 mo9s il produit d'effet1 p>ce qu'on le suit mal ou qu'on ne le suit pas du t\t4 ,les gr&s ef=ts sont r>es2 et si on veut tre suivi1 il ne faut propos] aux hommes que ce qui leur e/ facile1 et mme1 qu& on le peut1 ce qui leur e/ agrable4 ,m,,ditation ,,xxiii4 ,de la maigreur4 ,df9ition4 #aab4--,la maigreur e/ l'tat d'un individu dont la *air musculaire1 n'tant pas r5fle p> la graisse1 laisse ap]cevoir les =mes et les angles de la *>p5te osseuse4 ,espces4 ,il y a deux sortes de maigreur3 la premire e/ celle qui1 tant le rsultat de la disposition primitive du corps1 e/ accompagne de la sant et de l'ex]cice complet de t\tes les fonctions organiques2 la seconde e/ celle qui1 ayant p\r cause la faiblesse de c]ta9s organes o l'action dfectueuse de quelques autres1 donne celui qui en e/ atte9t une app>5ce misrable et *tive4 ,j'ai connu une jeune femme de taille moy5ne qui ne pesait que soixante-c9q livres4 ,effets de la maigreur4 #aac4--,la maigreur n'e/ pas un gr& dsavantage p\r les hommes2 ils n'en ont pas mo9s de vigueur1 et sont beauc\p plus dispos4 ,le pre de la jeune dame dont je vi5s de faire m5tion1 quoique t\t aussi maigre qu'elle1 tait assez =t p\r pr5dre avec les d5ts une *aise pesante1 et la jet] d]rire lui1 en la faisant pass] p>-dessus sa tte4 ,mais elle e/ un malheur effroyable p\r les femmes2 c> p\r elles la beaut e/ plus que la vie1 et la beaut consi/e surt\t dans la rondeur des =mes et la c\rbure gracieuse des lignes4 ,la toilette la plus re*]*e1 la c\turire la plus sublime1 ne peuv5t masqu] c]ta9es abs5ces1 ni dissimul] c]ta9s angles2 et on dit assez communm5t que1 *aque p+le qu'elle te1 une femme maigre1 quelque belle qu'elle p>aisse1 p]d quelque *ose de ses *>mes4 ,avec les *tives il n'y a po9t de remde1 ou plutt il faut que la ,facult s'en mle1 et le rgime peut tre si long que la gurison arriv]a bi5 t>d4 ,mais p\r les femmes qui sont nes maigres et qui ont l'e/omac bon1 n\s ne voyons pas qu'elles puiss5t tre plus difficiles engraiss] que les p\l>des2 et s'il faut y mettre un peu plus de temps1 c'e/ que les femmes ont l'e/omac comp>ativem5t plus petit1 et ne peuv5t pas tre s\mises un rgime rig\reux et ponctuellem5t excut comme ces animaux dv\s4 ,cette comp>aison e/ la plus d\ce que j'aie pu tr\v]2 il m'en fallait une1 et les dames la p>donn]ont1 cause des int5tions l\ables dans lesquelles le *apitre e/ mdit4 ,prde/9ation naturelle4 #aad4--,la nature1 v>ie dans ses oeuvres1 a des m\les p\r la maigreur comme p\r l'obsit4 ,les p]sonnes de/9es tre maigres sont con/ruites dans un sy/me allong4 ,elles ont les ma9s et les pi$s m5us1 les jambes grles1 la rgion du coccyx peu t(fe1 les ctes app>5tes1 le nez aquil91 les yeux en am&e1 la b\*e gr&e1 le m5ton po9tu et les *eveux bruns4 ,tel e/ le type gnral3 quelques p>ties du corps peuv5t y *app]2 mais cela arrive r>em5t4 ,on voit quelquefois des p]sonnes maigres qui mang5t beauc\p4 ,t\tes celles que j'ai pu int]rog] m'ont av\ qu'elles digrai5t mal1 qu'elles444 et voil p\rquoi elles re/5t dans le mme tat4 ,les *tifs sont de t\s les poils et de t\tes les =mes4 ,on les di/+ue en ce qu'ils n'ont ri5 de saillant1 ni dans les traits ni dans la t\rnure2 qu'ils ont les yeux morts1 les lvres ples1 et que la comb9aison de leurs traits indique l'9n]gie1 la faiblesse1 quelque *ose qui ressemble la s\ffrance4 ,on p\rrait presque dire d'eux qu'ils ont l'air de n'tre pas f9is1 et que *ez eux le flambeau de la vie n'e/ pas encore t\t--fait allum4 ,rgime ,incrassant4 #aae4--,t\te femme maigre dsire engraiss]3 c'e/ un voeu que n\s avons recueilli mille fois2 c'e/ donc p\r r5dre un d]ni] hommage ce sexe t\t-puissant que n\s allons *]*] remplac] p> des =mes relles ces appas de soie ou de coton qu'on voit exposs avec pr(usion dans les magas9s de n\veauts1 au gr& sc&ale des svres1 qui pass5t t\t eff>\*s1 et se dt\rn5t de ces *imres avec autant et plus de so9 que si la ralit se prs5tait leurs yeux4 ,t\t le secret p\r acqurir de l'embonpo9t consi/e dans un rgime conv5able3 il ne faut que mang] et *oisir ses alim5ts4 ,avec ce rgime1 les prescriptions positives relativem5t au repos et au sommeil devi5n5t peu prs indiffr5tes1 et on n'en arrive pas mo9s au b qu'on se propose4 ,c> si v\s ne faites pas d'ex]cice1 cela v\s dispos]a engraiss]2 si v\s en faites v\s engraiss]ez encore1 c> v\s mang]ez davantage2 et qu& l'apptit e/ savamm5t satisfait1 non-seulem5t on rp>e1 mais encore on acqui]t qu& on a beso9 d'acqurir4 ,si v\s dormez beauc\p1 le sommeil e/ incrassant2 si v\s dormez peu1 votre dige/ion ira plus vite1 et v\s mang]ez davantage4 ,il ne s'agit donc que d'indiqu] la manire dont doiv5t t\j\rs se n\rrir ceux qui dsir5t arrondir leurs =mes2 et cette t*e ne peut tre difficile1 aprs les div]s pr9cipes que n\s avons dj tablis4 ,p\r rs\dre le problme1 il faut prs5t] l'e/omac des alim5ts qui l'occup5t sans le fatigu]1 et aux puissances assimilatives des matriaux qu'elles puiss5t t\rn] en graisse4 ,essayons de trac] la j\rne alim5taire d'un sylphe ou d'une sylphide qui l'envie aura pris de se matrialis]4 ,rgle gnrale4 ,on mang]a beauc\p de pa9 frais et fait dans la j\rne2 on se g>d]a bi5 d'en c>t] la mie4 ,on pr5dra avant huit heures du mat91 et au lit1 s'il le faut1 un potage au pa9 ou aux ptes1 pas trop copieux1 af9 qu'il passe vite1 ou1 si on veut1 une tasse de bon *ocolat4 onze heures1 on djen]a avec des oeufs frais1 br\ills ou sur le plat1 des petits pts1 des ctelettes1 et ce qu'on v\dra2 l'ess5tiel e/ qu'il y ait des oeufs4 ,la tasse de caf ne nuira pas4 ,l'heure du dn] aura t rgle de manire ce que le djeun] ait pass avant qu'on se mette table2 c> n\s avons c\tume de dire que qu& l'+e/ion d'un repas empite sur la dige/ion du prcd5t1 il y a malv]sation4 ,aprs le djeun]1 on f]a un peu d'ex]cice3 les hommes1 si l'tat qu'ils ont embrass le p]met1 c> le devoir avant t\t2 les dames iront au bois de ,b\logne1 aux ,tuil]ies1 *ez leur c\turire1 *ez leur m>*&e de modes1 dans les magas9s de n\veauts1 et *ez leurs amies1 p\r caus] de ce qu'elles auront vu4 ,n\s t5ons p\r c]ta9 qu'une p>eille caus]ie e/ m9emm5t mdicam5teuse1 p> le gr& cont5tem5t qui l'accompagne4 dn]1 potage1 vi&e et poisson volont2 mais on y jo9dra les mets au riz1 les mac>onis1 les ptiss]ies sucres1 les crmes d\ces1 les *>lottes1 etc4 ,au dess]t1 les biscuits de ,savoie1 babas1 et autres prp>ations qui runiss5t les fcules1 les oeufs et le sucre4 ,ce rgime1 quoique circonscrit en app>5ce1 e/ cep5dant susceptible d'une gr&e v>it2 il admet t\t le rgne animal2 et on aura gr& so9 de *ang] l'espce1 l'apprt et l'assaisonnem5t des div]s mets f>9eux dont on f]a usage et qu'on relv]a p> t\s les moy5s connus1 af9 de prv5ir le dgt1 qui oppos]ait un ob/acle inv9cible t\te amlioration ultrieure4 ,on boira de la bire p> prfr5ce1 s9on des v9s de ,bordeaux ou du midi de la ,france4 ,on fuira les acides1 except la salade1 qui rj\it le coeur4 ,on sucr]a les fruits qui en sont susceptibles1 on ne pr5dra pas de ba9s trop froids2 on t*]a de respir] de temps en temps l'air pur de la campagne2 on mang]a beauc\p de rais9 dans la saison2 on ne s'extnu]a pas au bal =ce de dans]4 ,on se c\*]a v]s onze heures dans les j\rs ord9aires1 et pas plus t>d qu'une heure du mat9 dans les extra4 ,en suivant ce rgime avec exactitude et c\rage1 on aura bi5tt rp> les di/ractions de la nature2 la sant gagn]a autant que la beaut2 la volupt f]a son pr(it de l'un et de l'autre1 et des acc5ts de reconnaissance ret5tiront agrablem5t l'oreille du pr(esseur4 ,on engraisse les m\tons1 les veaux1 les boeufs1 la volaille1 les c>pes1 les crevisses1 les hutres2 d'o je dduis la maxime gnrale3 ,t\t ce qui mange peut s'engraiss]1 p\rvu que les alim5ts soi5t bi5 et conv5ablem5t *oisis4 ,illu/ration ,m,,ditation #bd ,du ,jene4 ,df9ition4 #aaf4--,le jene e/ une ab/95ce volontaire d'alim5ts dans un b moral ou religieux4 ,quoique le jene soit contraire un de nos p5*ants1 ou plutt de nos beso9s les plus habituels1 il e/ cep5dant de la plus haute antiquit4 ,orig9e du jene4 ,voici comm5t les auteurs en expliqu5t l'tablissem5t4 ,dans les afflictions p>ticulires1 dis5t-ils1 un pre1 une mre1 un enfant *ri1 v5ant m\rir dans une famille1 t\te ta maison tait en deuil3 on le pleurait1 on lavait son corps1 on l'embaumait1 on lui faisait des obsques con=mes son rang4 ,dans ces occasions1 on ne songeait gure mang]3 on jenait sans s'en ap]cevoir4 ,de mme1 dans les dsolations publiques1 qu& on tait afflig d'une s*]esse extraord9aire1 de pluies excessives1 de gu]res cruelles1 de maladies contagieuses1 en un mot1 de ces flaux o la =ce et l'indu/rie ne peuv5t ri51 on s'ab&onnait aux l>mes1 on imputait t\tes ces dsolations la colre des dieux2 on s'humiliait devant eux1 on leur (frait les mortifications de l'ab/95ce4 ,les malheurs cessai5t1 on se p]suada qu'il fallait en attribu] les causes aux l>mes et au jene1 et on cont9ua d'y avoir rec\rs dans des conjonctures semblables4 ,a9si1 les hommes affligs de calamits publiques ou p>ticulires se sont livrs la tri/esse1 et ont nglig de pr5dre de la n\rriture2 ensuite ils ont reg>d cette ab/95ce volontaire comme un acte de religion4 ,illu/ration ,ils ont cru qu'en macrant leur corps qu& leur me tait dsole1 ils p\vai5t m\voir la misricorde des dieux2 et cette ide saisissant t\s les peuples1 leur a inspir le deuil1 les voeux1 les prires1 les sacrifices1 les mortifications et l'ab/95ce4 ,enf91 ,jsus-,*ri/ tant v5u sur la t]re a sanctifi le jene1 et t\tes les sectes *rti5nes l'ont adopt avec plus ou mo9s de mortifications4 ,comm5t on jenait4 #aag4--;,cette pratique du jene1 je suis =c de le dire1 e/ s+ulirem5t tombe en dsutude2 et1 soit p\r l'dification des mcrants1 soit p\r leur conv]sion1 je me plais racont] comm5t n\s faisions v]s le milieu du dix-huitime sicle4 ,en temps ord9aire1 n\s djeunions avant neuf heures avec du pa91 du fromage1 des fruits1 quelquefois du pt et de la vi&e froide4 ,entre midi et une heure1 n\s dnions avec le potage et le pot-au-feu (ficiels1 plus ou mo9s bi5 accompagns1 suivant les =tunes et les occurr5ces4 ,v]s quatre heures on gtait3 ce repas tait lg]1 et spcialem5t de/9 aux enfants et ceux qui se piquai5t de suivre les usages des temps passs4 ,mais il y avait des gt]s s\patoires1 qui comm5ai5t c9q heures et durai5t indf9im5t2 ces repas tai5t ord9airem5t =t gais1 et les dames s'en accommodai5t m]veille2 elles s'en donnai5t mme quelquefois entre elles1 d'o les hommes tai5t exclus4 ,je tr\ve dans mes ,mmoires secrets qu'il y avait l =ce mdisances et cancans4 ,v]s huit heures1 on s\pait avec entre1 rti1 entremets1 salade et dess]t3 on faisait une p>tie1 et l'on allait se c\*]4 ,il y a t\j\rs eu ,p>is des s\p]s d'un ordre plus relev1 et qui comm5ai5t aprs le spectacle4 ,ils se composai5t1 suivant les circon/ances1 de jolies femmes1 d'actrices la mode1 d'impures lgantes1 de gr&s seigneurs1 de f9anci]s1 de lib]t9s et de beaux esprits4 ,l1 on contait l'av5ture du j\r1 on *antait la *anson n\velle2 on p>lait politique1 littrature1 spectacles1 et surt\t on faisait l'am\r4 ,voyons ma9t5ant ce qu'on faisait les j\rs de jene4 ,on faisait maigre1 on ne djeunait po9t1 et p> cela mme on avait plus d'apptit qu' l'ord9aire4 ,l'heure v5ue1 on dnait tant qu'on p\vait2 mais le poisson et les lgumes pass5t vite2 avant c9q heures on m\rait de faim2 on reg>dait sa montre1 on att5dait1 et on enrageait t\t en faisant son salut4 ,v]s huit heures1 on tr\vait1 non un bon s\p]1 mais la collation1 mot v5u du mot clotre1 p>ce que1 v]s la f9 du j\r1 les mo9es s'assemblai5t p\r faire des confr5ces sur les ,pres de l'glise1 aprs quoi on leur p]mettait un v]re de v94 la collation1 on ne p\vait s]vir ni beurre1 ni oeufs1 ni ri5 de ce qui avait eu vie4 ,il fallait donc se cont5t] de salade1 de confitures1 de fruits2 mets1 hlas6 bi5 peu consi/ants1 si on les comp>e aux apptits qu'on avait en ce temps-l2 mais on pr5ait pati5ce p\r l'am\r du ciel1 on allait se c\*] et t\t le long du c>me on recomm5ait4 ,quant ceux qui faisai5t les petits s\p]s dont j'ai fait m5tion1 on m'a assur qu'ils ne jenai5t pas et n'ont jamais jen4 ,le *ef-d'oeuvre de la cuis9e de ces temps anci5s tait une collation rig\reusem5t apo/olique1 et qui cep5dant et l'air d'un bon s\p]4 ,la sci5ce tait v5ue b\t de rs\dre ce problme au moy5 de la tolrance du poisson au bleu1 des c\lis de rac9es et de la ptiss]ie l'huile4 ,l'obs]vance exacte du c>me donnait lieu un plaisir qui n\s e/ inconnu1 celui de se dc>m] en djeunant le j\r de ,pques4 ,en y reg>dant de prs1 les lm5ts de nos plaisirs sont la difficult1 la privation1 le dsir de la j\issance4 ,t\t cela se r5contrait dans l'acte qui rompait l'ab/95ce2 j'ai vu deux de mes gr&s-oncles1 g5s sages et braves1 se pm] d'aise au mom5t o1 le j\r de ,pques1 ils voyai5t entam] un jambon ou v5tr] un pt4 ,ma9t5ant1 race dgnre que n\s sommes6 n\s ne suffirions pas de si puissantes s5sations4 ,orig9e du rel*em5t4 #aah4--;,j'ai vu natre le rel*em5t2 il e/ v5u p> nuances ins5sibles4 ,les jeunes g5s jusqu' un c]ta9 ge n'tai5t pas a/re9ts au jene2 et les femmes ence9tes1 ou qui croyai5t l'tre1 en tai5t exemptes p> leur position1 et dj on s]vait p\r eux du gras et un s\p] qui t5tait violemm5t les jeneurs4 ,ensuite1 les g5s faits v9r5t s'ap]cevoir que le jene les irritait1 leur donnait mal la tte1 les emp*ait de dormir4 ,on mit ensuite sur le compte du jene t\s les petits accid5ts qui assig5t l'homme l'poque du pr9temps1 tels que les ruptions v]nales1 les bl\issem5ts1 les saignem5ts de nez1 et autres symptmes d'eff]vesc5ce qui signal5t le r5\vellem5t de la nature4 ,de sorte que l'un ne jenait pas p>ce qu'il se croyait malade1 l'autre p>ce qu'il l'avait t1 et un troisime p>ce qu'il craignait de le dev5ir2 d'o il arrivait que le maigre et les collations dev5ai5t t\s les j\rs plus r>es4 ,ce n'e/ pas t\t3 quelques hiv]s fur5t assez rudes p\r qu'on craignt de manqu] de rac9es2 et la puissance ecclsia/ique elle-mme se rel*a (ficiellem5t de sa rigueur1 p5dant que les matres se plaignai5t du surcrot de dp5ses que leur causait le rgime du maigre1 que quelques-uns disai5t que ,dieu ne v\lait pas qu'on expost sa sant1 et que les g5s de peu de foi aj\tai5t qu'on ne pr5ait pas le p>adis p> la fam9e4 ,cep5dant le devoir re/ait reconnu1 et presque t\j\rs on dem&ait aux pa/eurs des p]missions qu'ils refusai5t r>em5t1 en aj\tant t\tefois la condition de faire quelques aumnes p\r remplac] l'ab/95ce4 ,enf9 la rvolution v9t1 qui1 remplissant t\s les coeurs de so9s1 de cra9tes et d'intrts d'une autre nature1 fit qu'on n'eut ni le temps ni l'occasion de rec\rir des prtres1 dont les uns tai5t p\rsuivis comme ennemis de l'tat1 ce qui ne les emp*ait pas de trait] les autres de s*ismatiques4 cette cause1 qui heureusem5t ne subsi/e plus1 il s'en e/ jo9t une autre non mo9s influ5te4 ,l'heure de nos repas a totalem5t *ang3 n\s ne mangeons plus ni aussi s\v5t1 ni aux mmes heures que nos anctres1 et le jene aurait beso9 d'une organisation n\velle4 ,cela e/ si vrai1 que quoique je ne frqu5te que des g5s rgls1 sages1 et mme assez croyants1 je ne crois pas1 en v+t-c9q ans1 avoir tr\v1 hors de *ez moi1 dix repas maigres et une seule collation4 ,bi5 des g5s p\rrai5t se tr\v] =t emb>rasss en p>eil cas2 mais je sais que sa9t ,paul l'a prvu1 et je re/e l'abri s\s sa protection4 ,au re/e1 on se tromp]ait =t1 si on croyait que l'intemprance a gagn en ce n\vel ordre de *oses4 ,le nombre des repas a dim9u de prs de moiti4 ,l'ivrogn]ie a disp>u p\r se rfugi]1 en de c]ta9s j\rs1 dans les d]nires classes de la socit4 ,on ne fait plus d'orgies3 un homme crapuleux s]ait honni4 ,plus du ti]s de ,p>is ne se p]met1 le mat91 qu'une lgre collation2 et si quelques-uns se livr5t aux d\ceurs d'une g\rm&ise dlicate et re*]*e1 je ne vois pas trop comm5t on p\rrait leur en faire le repro*e1 c> n\s avons vu ailleurs que t\t le monde y gagne et que p]sonne n'y p]d4 ,ne f9issons pas ce *apitre sans obs]v] la n\velle direction qu'ont prise les gts des peuples4 ,*aque j\r des milli]s d'hommes pass5t au spectacle ou au caf la soire que qu>ante ans plutt ils aurai5t passe au cab>et4 ,sans d\te l'conomie ne gagne ri5 ce n\vel arrangem5t1 mais il e/ trs avantageux s\s le rapport des moeurs4 ,les moeurs s'ad\ciss5t au spectacle2 on s'in/ruit au caf p> la lecture des j\rnaux2 et on *appe c]ta9em5t aux qu]elles1 aux maladies et l'abrutissem5t1 qui sont les suites infaillibles de la frqu5tation des cab>ets4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xxv4 ,de l'puisem5t4 #aai4--,on ent5d p> puisem5t un tat de faiblesse1 de langueur et d'accablem5t caus p> des circon/ances antcd5tes1 et qui r5d plus difficile l'ex]cice des fonctions vitales4 ,on peut1 en n'y compr5ant pas l'puisem5t caus p> la privation des alim5ts1 en compt] trois espces4 ,l'puisem5t caus p> la fatigue musculaire1 l'puisem5t caus p> les travaux de l'esprit1 et l'puisem5t caus p> les excs gnsiques4 ,un remde commun aux trois espces d'puisem5t e/ la cessation immdiate des actes qui ont am5 cet tat1 s9on maladif1 du mo9s trs vois9 de la maladie4 ,traitem5t4 #abj4--;,aprs ce prlim9aire indisp5sable1 la ga/ronomie e/ l1 t\j\rs prte prs5t] des ress\rces4 l'homme excd p> l'ex]cice trop prolong de ses =ces musculaires1 elle (fre un bon potage1 du v9 gnreux1 de la vi&e faite et le sommeil4 ,au savant qui s'e/ laiss entran] p> les *>mes de son sujet1 un ex]cice au gr& air p\r rafra*ir son c]veau1 le ba9 p\r dt5dre ses fibres irrites1 la volaille1 les lgumes h]bacs et le repos4 ,enf9 n\s appr5drons1 p> l'obs]vation suivante1 ce qu'elle peut faire p\r celui qui oublie que la volupt a ses limites1 et le plaisir ses dang]s4 ,cure opre p> le pr(esseur4 #aba4--;,j'allai un j\r faire visite un de mes meilleurs amis 7,m4 ,rubat72 on me dit qu'il tait malade1 et effectivem5t je le tr\vai en robe de *ambre auprs de son feu1 et en attitude d'affaissem5t4 ,sa physionomie m'effraya3 il avait le visage ple1 les yeux brillants et sa lvre tombait de manire laiss] voir les d5ts de la m*oire infrieure1 ce qui avait quelque *ose de hideux4 ,je m'enquis avec intrt de la cause de ce *angem5t subit2 il hsita1 je le pressai1 et aprs quelque rsi/ance3 ,mon ami1 dit-il en r\gissant1 tu sais que ma femme e/ jal\se1 et que cette manie m'a fait pass] bi5 des mauvais mom5ts4 ,depuis quelques j\rs1 il lui en a pris une crise effroyable1 et c'e/ en v\lant lui pr\v] qu'elle n'a ri5 p]du de mon affection et qu'il ne se fait son prjudice aucune drivation du tribut conjugal1 que je me suis mis en cet tat4--,tu z donc oubli1 lui dis-je1 et que tu z qu>ante-c9q ans1 et que la jal\sie e/ un mal sans remde8 ,ne sais-tu pas fur5s quid fem9a possit8 ,je t9s encore quelques autres propos galants1 c> j'tais en colre4 ,voyons1 au surplus1 cont9uai-je3 ton p\ls e/ petit1 dur1 conc5tr2 que vas-tu faire8--,le docteur1 me dit-il1 sort d'ici2 il a p5s que j'avais une fivre n]veuse1 et a ordonn une saigne p\r laquelle il doit incessamm5t m'envoy] le *irurgi54--,le *irurgi56 m'criai-je1 g>de-t'en bi51 ou tu es mort2 *asse-le comme un meurtri]1 et dis-lui que je me suis emp> de toi1 corps et me4 ,au surplus1 ton mdec9 connat-il la cause occasionnelle de ton mal8--,hlas6 non1 une mauvaise honte m'a emp* de lui faire une confession entire4--,eh bi51 il faut le pri] de pass] *ez toi4 ,je vais te faire1 une potion approprie ton tat2 en att5dant pr5ds ceci4 ,je lui prs5tai un v]re d'eau sature de sucre1 qu'il avala avec la confiance d',alex&re et la foi du *>bonni]4 ,alors je le quittai et c\rus *ez moi p\r y mixtionn]1 fonctionn] et labor] un magi/] rp>ateur qu'on tr\v]a dans les ,v>its#dc1 avec les div]s modes que j'adoptai p\r me ht]2 c>1 en p>eil cas1 quelques heures de ret>d peuv5t donn] lieu des accid5ts irrp>ables4 ,note #dc3 ,voyez la f9 du volume1 n #aj4 ,je rev9s bi5tt arm de ma potion1 et dj je tr\vai du mieux2 la c\leur rep>aissait aux j\es1 l'oeil tait dt5du2 mais la lvre p5dait t\j\rs avec une effrayante dif=mit4 ,le mdec9 ne t>da pas rep>atre2 je l'in/ruisis de ce que j'avais fait et le malade fit ses aveux4 ,son front doctoral prit d'abord un aspect svre2 mais bi5tt n\s reg>dant avec un air o il y avait un peu d'ironie3 ,v\s ne devez pas tre tonn1 dit-il mon ami1 que je n'aie pas dev9 une maladie qui ne convi5t ni votre ge ni votre tat1 et il y a de votre "p trop de mode/ie en ca*] la cause1 qui ne p\vait que v\s faire honneur4 ,j'ai encore v\s grond] de ce que v\s m'avez expos une erreur qui aurait pu v\s tre fune/e4 ,au surplus1 mon confrre1 aj\ta-t-il en me faisant un salut que je lui r5dis avec usure1 v\s a indiqu la bonne r\te2 pr5ez son potage1 quel que soit le nom qu'il y donne1 et si la fivre v\s quitte1 comme je le crois1 djeunez dema9 avec une tasse de *ocolat dans laquelle v\s f]ez dlay] deux jaunes d'oeufs frais4 ces mots il prit sa canne1 son *apeau et n\s quitta1 n\s laissant =t t5ts de n\s gay] ses dp5s4 ,bi5tt je fis pr5dre mon malade une =te tasse de mon lixir de vie2 il le b avec avidit1 et v\lait r$\bl]2 mais j'exigeai un aj\rnem5t de deux heures1 et lui s]vis une seconde dose avant de me retir]4 ,le l5dema9 il tait sans fivre et presque bi5 portant2 il djeuna suivant l'ordonnance1 cont9ua la potion1 et put vaqu] ds le surl5dema9 ses occupations ord9aires2 mais la lvre rebelle ne se releva qu'aprs le troisime j\r4 ,peu de temps aprs1 l'affaire transpira1 et t\tes les dames en *u*otai5t entre elles4 ,quelques-unes admirai5t mon ami1 presque t\tes le plaignai5t1 et le pr(esseur ga/ronome fut glorifi4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xxvi4 ,de la ,mort4 ,omnia mors poscit2 lex e/1 non po5a1 p]ire4 #abb4--,le ,crateur a impos l'homme six gr&es et pr9cipales ncessits1 qui sont3 la naissance1 l'action1 le mang]1 la reproduction et la mort4 ,la mort e/ l'int]ruption absolue des relations s5suelles et l'anantissem5t absolu des =ces vitales1 qui ab&onne le corps aux lois del dcomposition4 ,ces div]ses ncessits sont t\tes accompagnes et ad\cies p> quelques s5sations de plaisir1 et la mort elle-mme n'e/ pas sans *>mes qu& elle e/ naturelle1 c'e/--dire qu& le corps a p>c\ru les div]ses phases de croissance1 de virilit1 de vieillesse et de dcrpitude auxquelles il e/ de/94 ,si je n'avais pas rsolu de ne faire ici qu'un trs c\rt *apitre1 j'appell]ais mon aide les mdec9s qui ont obs]v p> quelles nuances ins5sibles les corps anims pass5t l'tat de matire in]te4 ,je cit]ais des philosophes1 des rois1 des littrateurs1 qui1 sur les bornes de l't]nit1 lo9 d'tre en proie la d\leur1 avai5t des p5ses aimables et les ornai5t du *>me de la posie4 ,je rappell]ais cette rponse de ,font5elle m\rant1 qui1 int]rog sur ce qu'il s5tait1 rpondit3 ,ri5 autre *ose qu'une difficult de vivre4 ,mais je prfre n'annonc] que ma conviction1 fonde non-seulem5t sur l'analogie1 mais encore sur plusieurs obs]vations que je crois bi5 faites1 et dont voici la d]nire3 ,j'avais une gr&'tante ge de quatre-v+t-treize ans1 qui se m\rait4 ,quoique g>dant le lit depuis quelque temps1 elle avait cons]v t\tes ses facults1 et on ne s'tait ap]u de son tat qu' la dim9ution de son apptit et l'affaiblissem5t de sa voix4 ,elle m'avait t\j\rs montr beauc\p d'amiti1 et j'tais auprs de son lit1 prt la s]vir avec t5dresse1 ce qui ne m'emp*ait pas de l'obs]v] avec cet oeil philosophique que j'ai t\j\rs port sur t\t ce qui m'environne4 ,es-tu l1 mon neveu8 me dit-elle d'une voix pe9e articule4--,oui1 ma tante2 je suis vos ordres1 et je crois que v\s f]iez bi5 de pr5dre un peu de bon v9 vieux4--,donne1 mon ami2 le liquide va t\j\rs en bas4 ,je me htai2 et la s\levant d\cem5t1 je lui fis aval] un demi-v]re de mon meilleur v94 ,elle se ranima l'in/ant2 et t\rnant sur moi des yeux qui avai5t t =t beaux3 ,gr& m]ci1 me dit-elle1 de ce d]ni] s]vice2 si jamais tu vi5s mon ge1 tu v]ras que la mort devi5t un beso9 t\t comme le sommeil4 ,ce fur5t ses d]nires p>oles1 et une demi-heure aprs elle s'tait endormie p\r t\j\rs4 ,le docteur ,ri*]& a dcrit avec tant de vrit et de philosophie les d]nires dgradations du corps huma9 et les d]ni]s mom5ts de l'individu1 que mes lecteurs me sauront gr de leur faire connatre le passage suivant3 ,voici l'ordre dans lequel les facults intellectuelles cess5t et se dcompos5t4 ,la raison1 cet attribut dont l'homme se prt5d le possesseur exclusif1 l'ab&onne la premire4 ,il p]d d'abord la puissance d'associ] des jugem5ts1 et bi5tt aprs celle de comp>]1 d'assembl]1 de comb9]1 de jo9dre ensemble plusieurs ides p\r prononc] sur leurs rapports4 ,on dit alors que le malade p]d la tte1 qu'il draisonne1 qu'il e/ en dlire4 ,celui-ci r\le ord9airem5t sur les ides les plus familires l'individu2 la passion dom9ante s'y fait aism5t reconnatre3 l'av>e ti5t sur ses trsors enf\is les propos les plus indiscrets2 tel autre meurt assig de religieuses t]reurs4 ,s\v5irs dlicieux de la patrie abs5te1 v\s v\s rveillez alors avec t\s vos *>mes et t\te votre n]gie4 ,aprs le raisonnem5t et le jugem5t1 c'e/ la facult d'associ]1 des ides qui se tr\ve frappe de la de/ruction successive4 ,ceci arrive dans l'tat connu s\s le nom de dfaillance1 comme je l'ai pr\v sur moi-mme4 ,je causais avec un de mes amis1 lorsque j'pr\vai une difficult insurmontable jo9dre deux ides sur la ressemblance desquelles je v\lais =m] un jugem5t2 cep5dant la syncope n'tait pas complte2 je cons]vais encore la mmoire et la facult de s5tir2 j'ent5dais di/9ctem5t les p]sonnes qui tai5t aut\r de moi dire3 ,il s'van\it1 et s'agit] p\r me faire sortir de cet tat1 qui n'tait pas sans quelque d\ceur4 ,la mmoire s'te9t ensuite4 ,le malade1 qui dans son dlire reconnaissait encore ceux qui l'appro*ai5t1 mconnat enf9 ses pro*es1 puis ceux avec lesquels il vivait dans une gr&e intimit4 ,enf91 il cesse de s5tir2 mais les s5s s'teign5t dans un ordre successif et dt]m93 le gt et l'odorat ne donn5t plus aucun signe de leur exi/5ce2 les yeux se c\vr5t d'un nuage t]ne et pr5n5t une expression s9i/re2 l'oreille e/ encore s5sible aux sons et au bruit4 ,voil p\rquoi sans d\te les anci5s1 p\r s'assur] de la ralit de la mort1 tai5t dans l'usage de p\ss] de gr&s cris aux oreilles du dfunt4 ,le m\rant ne flaire1 ne gte1 ne voit et n'ent5d plus4 ,il lui re/e la s5sation du t\*]1 il s'agite dans sa c\*e1 promne ses bras au dehors1 *ange *aque in/ant de po/ure2 il ex]ce1 comme n\s l'avons dj dit1 des m\vem5ts analogues ceux du ftus qui remue dans le se9 de sa mre4 ,la mort qui va le frapp] ne peut lui inspir] aucune frayeur2 c> il n'a plus d'ides1 et il f9it de vivre comme il avait comm5c1 sans en avoir la consci5ce4 7,,ri*]&1 ,n\veaux lm5ts de ,physiologie1 neuvime dition1 tome ,,ii1 page #fjj47 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xxvii4 ,hi/oire philosophique de la ,cuis9e4 #abc4--,la cuis9e e/ le plus anci5 des arts2 c> ,adam naquit jeun1 et le n\veau-n1 pe9e entr dans ce monde1 p\sse des cris qui ne se calm5t que sur le se9 de sa n\rrice4 ,c'e/ aussi de t\s les arts celui qui n\s a r5du le s]vice le plus important p\r la vie civile2 c> ce sont les beso9s de la cuis9e qui n\s ont appris appliqu] le feu1 et c'e/ p> le feu que l'homme a dompt la nature4 ,qu& on voit les *oses d'en haut1 on peut compt] jusqu' trois espces de cuis9e3 ,la premire1 qui s'occupe de la prp>ation des alim5ts1 a cons]v le nom primitif2 ,la seconde s'occupe les analys] et en vrifi] les lm5ts3 on e/ conv5u de l'appel] *imie2 ,et la troisime1 qu'on peut appel] cuis9e de rp>ation1 e/ plus connue s\s le nom de ph>macie4 ,si elles diffr5t p> le b1 elles se ti5n5t p> l'application du feu1 p> l'usage des f\rneaux et p> l'emploi des mmes vases4 ,a9si1 le mme morceau de boeuf que le cuis9i] conv]tit en potage et en b\illi1 le *imi/e s'en emp>e p\r savoir en combi5 de sortes de corps il e/ rsoluble1 et le ph>maci5 n\s le fait violemm5t sortir du corps1 si p> has>d il y cause une indige/ion4 ,ordre d'alim5tation4 #abd4--,l'homme e/ un animal omnivore2 il a des d5ts incisives p\r divis] les fruits1 des d5ts molaires p\r broy] les gra9es1 et des d5ts can9es p\r d*ir] les *airs3 sur quoi on a rem>qu que plus l'homme e/ rappro* de l'tat sauvage1 plus les d5ts can9es sont =tes et faciles di/+u]4 ,il e/ extrmem5t probable que l'espce fut longtemps frugivore1 et elle y fut rduite p> la ncessit2 c> l'homme e/ le plus l\rd des animaux de l'anci5 monde1 et ses moy5s d'attaque sont trs borns1 tant qu'il n'e/ pas arm4 ,mais l'in/9ct de p]fectionnem5t atta* sa nature ne t>da pas se dvelopp]3 le s5tim5t mme de sa faiblesse le porta *]*] se faire des armes2 il y fut p\ss aussi p> l'in/9ct c>nivore1 annonc p> ses d5ts can9es2 et ds qu'il fut arm1 il fit sa proie et sa n\rriture de t\s les animaux dont il tait environn4 ,cet in/9ct de de/ruction subsi/e encore2 les enfants ne manqu5t presque jamais de tu] les petits animaux qu'on leur ab&onne2 ils les mang]ai5t s'ils avai5t faim4 ,il n'e/ po9t tonnant que l'homme ait dsir se n\rrir de *air2 il a l'e/omac trop petit1 et les fruits ont trop peu de sub/ances animalisables p\r suffire ple9em5t sa re/auration2 il p\rrait se n\rrir mieux de lgumes2 mais ce rgime suppose des arts qui n'ont pu v5ir qu' la suite des sicles4 ,les premires armes dur5t tre des bran*es d'arbres1 et plus t>d on eut des arcs et des fl*es4 ,il e/ trs digne de rem>que que p>t\t o on a tr\v l'homme1 s\s t\s les climats1 t\tes les latitudes1 on l'a t\j\rs tr\v arm d'arcs et de fl*es4 ,cette uni=mit e/ difficile expliqu]4 ,on ne voit pas comm5t la mme srie d'ides s'e/ prs5te des individus s\mis des circon/ances si diffr5tes2 elle doit prov5ir d'une cause qui s'e/ ca*e d]rire le rideau des ges4 ,la *air crue n'a qu'un inconvni5t2 c'e/ de s'atta*] aux d5ts p> sa viscosit2 cela prs1 elle n'e/ po9t dsagrable au gt4 ,assaisonne d'un peu de sel1 elle se digre trs bi51 et doit tre plus n\rrissante que t\te autre4 ,me9 ,god1 me disait1 en #ahae1 un capita9e de ,croates qui je donnais dn]1 il ne faut pas tant d'apprts p\r faire bonne *re4 ,qu& n\s sommes en campagne et que n\s avons faim1 n\s abattons la premire bte qui n\s tombe s\s la ma92 n\s en c\pons un morceau bi5 *>nu1 n\s le saup\drons d'un peu de sel1 que n\s avons t\j\rs dans la sabre-tas*e#dd2 n\s le mettons s\s la selle1 sur le dos du *eval2 n\s donnons un temps de galop1 et 7faisant le m\vem5t d'un homme qui d*ire belles d5ts7 gnian1 gnian1 gnian1 n\s n\s rgalons comme des pr9ces4 ,note #dd3 ,la sabre-tas*e1 ou po*e de sabre1 e/ cette espce de sac cussonn qui e/ susp5du au baudri] d'o p5d le sabre des tr\pes lgres2 elle j\e un gr& rle dans les contes que les soldats font entre eux4 ,qu& les *asseurs du ,dauph9 vont la *asse dans le mois de septembre1 ils sont galem5t p\rvus de poivre et de sel4 ,s'ils tu5t un becfigue de haute graisse1 ils le plum5t1 l'assaisonn5t1 le port5t quelque temps sur leurs *apeaux et le mang5t4 ,ils assur5t que cet oiseau a9si trait e/ encore meilleur que rti4 ,d'ailleurs1 si nos trisaeux mangeai5t leurs alim5ts crus1 n\s n'en avons pas t\t--fait p]du l'habitude4 ,les palais les plus dlicats s'arrang5t trs bi5 des saucissons d',arles1 des mortadelles1 du boeuf fum d',hamb\rg1 des an*ois1 des h>5gs secs1 et d'autres p>eils1 qui n'ont pas pass p> le feu et qui n'en rveill5t pas mo9s l'apptit4 ,dc\v]te du feu4 #abe4--;,aprs qu'on se fut rgal assez longtemps la manire des ,croates1 on dc\vrit le feu2 et ce fut encore un has>d2 c> le feu n'exi/e pas spontanm5t sur la t]re2 les habitants des les ,m>iannes ne le connaissai5t pas4 ,cuisson4 #abf4--,le feu une fois connu1 l'in/9ct de p]fectionnem5t fit qu'on en appro*a les vi&es1 d'abord p\r les s*]1 et ensuite on les mit sur des *>bons p\r les cuire4 ,la vi&e a9si traite1 fut tr\ve bi5 meilleure1 elle pr5d plus de consi/ance1 se m*e avec beauc\p plus de facilit1 et l'osmazme1 en se rissolant1 s'aromatise et lui donne un p>fum qui n'a pas cess de n\s plaire4 ,cep5dant on v9t s'ap]cevoir que la vi&e cuite sur les *>bons n'e/ pas exempte de s\illure2 c> elle entrane t\j\rs avec elle quelques p>ties de c5dre ou de *>bon dont on la db>rasse difficilem5t4 ,on remdia cet inconvni5t en la p]ant avec des bro*es qu'on mettait au-dessus des *>bons ard5ts1 en les appuyant sur des pi]res d'une hauteur conv5able4 ,c'e/ a9si qu'on p>v9t aux grillades1 prp>ation aussi simple que sav\reuse1 c> t\te vi&e grille e/ de haut gt1 p>ce qu'elle se fume en p>tie4 ,les *oses n'tai5t pas beauc\p plus avances du temps d',homre2 et j'espre qu'on v]ra ici avec plaisir la manire dont ,a*ille reut dans sa t5te trois des plus considrables d'entre les ,grecs1 dont l'un tait roi4 ,je ddie aux dames la n>ration que j'en vais faire1 p>ce qu',a*ille tait le plus beau des ,grecs1 et que sa fi]t ne l'emp*a pas de pleur] qu& on lui enleva ,brisis2 c'e/ aussi p\r elles que je *oisis la traduction lgante de ,m4 ,dugas-,montbel1 auteur d\x1 complaisant1 et assez g\rm& p\r un hellni/e3 ,majorem jam crat]am1 ,mo5etii fili1 appone1 ,m]acisque misce1 poculum autem p>a unicuique2 ,*>issimi enim i/i viri meo sub tecto4 ,sic dixit3 ,patroclus dilecto ob$ivit socio2 ,s$ cacabum +5tem posuit ad ignis jub>2 ,t]gum 9 ipso posuit ovis et p+uis capr4 ,apposuit et suis sag9ati scapulam abundantem p+u$9e4 ,huic t5ebat c>nes ,autom$on1 secabatque nobilis ,a*illes1 ,eas quidem m9ute secabat1 et v]ubus afligebat4 ,ignem ,mo5etiades acc5debat magnum1 deo similis vir2 ,s$ po/quam ignis deflagravit1 et fiamma ex/9cta e/1 ,prunas /]n5s1 v]ua desup] ext5dit4 ,insp]sit autem sale cacro1 a lapidibus elevans4 ,at po/quam assavit et 9 m5sas cul9>ias fudit1 ,patroclus quidem1 panem accipi5s1 di/ribuit 9 m5sas ,pul*ris 9 cani/ris1 s$ c>nem di/ribuit ,a*illes4 ,ipse autem adv]sus s$it ,ulyssi div9o1 ,ad p>ietem alt]um4 ,diis autem sacrific>e jussit ,patroclum suum socium4 ,is 9 ignem jecit libam5ta4 ,hi 9 cibos p>atos appositos manus immis]unt2 ,s$ po/quam pots et cibi desid]ium exem]unt1 ,innuit ,ajax ,pho5ici3 intellexit autem div9us ,ulysses1 ,impl5sque v9o poculum1 prop9avit ,a*illi#de1 etc4 ,,ii4 ,,ix1 #bjb4 ,note #de3 ,je n'ai pas copi le texte orig9al1 que peu de p]sonnes aurai5t ent5du3 mais j'ai cru devoir donn] la v]sion lat9e1 p>ce que cette langue1 plus rp&ue1 se m\lant p>faitem5t sur le grec1 se prte mieux aux dtails et la simplicit de ce repas hroque4 ,aussitt ,patrocle obx aux ordres de son compagnon fidle4 ,cep5dant ,a*ille appro*e de la flamme t9celante un vase qui r5f]me les paules d'une brebis1 d'une *vre grasse2 et le l>ge dos d'un porc succul5t4 ,automdon ti5t les vi&es que c\pe le div9 ,a*ille2 celui-ci les divise en morceaux1 et les p]ce avec des po9tes de f]4 ,illu/ration ,patrocle1 semblable aux immortels1 allume un gr& feu4 ,ds que le bois consum ne jette plus qu'une flamme languissante1 il pose sur le brasi] deux longs d>ds s\t5us p> deux =tes pi]res1 et rp& le sel sacr4 ,qu& les vi&es sont prtes1 que le fe/9 e/ dress1 ,patrocle di/ribue le pa9 aut\r de la table dans de ri*es corbeilles2 mais ,a*ille veut lui-mme s]vir les vi&es4 ,ensuite il se place vis--vis d',ulysse1 l'autre extrmit de la table1 et comm&e son compagnon de sacrifi] aux dieux4 ,patrocle jette dans les flammes les prmices du repas1 et t\s port5t bi5tt les ma9s v]s les mets qu'on leur a s]vis et prp>s4 ,lorsque dans l'abondance des fe/9s ils ont *ass la faim et la soif1 ,ajax fait un signe ,phnix2 ,ulysse l'ap]oit1 il remplit de v9 sa l>ge c\pe1 et s'adressant au hros3 ,salut1 ,a*ille1 dit-il444 ,a9si1 un roi1 un fils de roi1 et trois gnraux grecs1 dnr5t =t bi5 avec du pa91 du v9 et de la vi&e grille4 ,il faut croire que si ,a*ille et ,patrocle s'occupr5t eux-mmes des apprts du fe/91 c'tait p> extraord9aire1 et p\r honor] d'autant plus les htes di/+us dont ils recevai5t la visite2 c> ord9airem5t les so9s de la cuis9e tai5t ab&onns aux esclaves et aux femmes3 c'e/ ce qu',homre n\s appr5d encore en s'occupant1 dans l',odysse1 des repas des p\rsuivants4 ,on reg>dait alors les entrailles des animaux f>cies de sang et de graisse comme un mets trs di/+u 7c'tait du b\d974 cette poque1 et sans d\te longtemps aup>avant1 la posie et la musique s'tai5t associes aux dlices des repas4 ,des *antres vnrs clbrai5t les m]veilles de la nature1 les am\rs des dieux et les hauts faits des gu]ri]s2 ils ex]ai5t une espce de sac]doce1 et il e/ probable que le div9 ,homre lui-mme tait issu de quelques-uns de ces hommes favoriss du ciel2 il ne se ft po9t lev si haut si ses tudes potiques n'avai5t pas comm5c ds son enfance4 ,madame ,daci] rem>que qu',homre ne p>le de vi&e b\illie en aucun endroit de ses ouvrages4 ,les ,hbreux tai5t plus avancs1 cause du sj\r qu'ils avai5t fait en gypte2 ils avai5t des vaisseaux qui allai5t sur le feu2 et c'e/ dans un vase p>eil que fut faite la s\pe que ,jacob v5dit si *] son frre sa4 ,il e/ vritablem5t difficile de dev9] comm5t l'homme e/ p>v5u travaill] les mtaux2 ce fut1 dit-on1 ,tubal-,can qui s'en occupa le premi]4 ,dans l'tat actuel de nos connaissances1 des mtaux n\s s]v5t trait] d'autres mtaux2 n\s les assujettissions avec des p9ces en f]1 n\s les =geons avec des m>teaux de f]2 n\s les taillons avec des limes d'aci]2 mais je n'ai encore tr\v p]sonne qui ait pu m'expliqu] comm5t fut faite la premire p9ce et =g le premi] m>teau4 ,fe/9s des ,ori5taux4--,des ,grecs4 #abg4--,la cuis9e fit de gr&s progrs qu& on eut1 soit en aira91 soit en pot]ie1 des vases qui rsi/r5t au feu4 ,on put assaisonn] les vi&es1 faire cuire les lgumes2 on eut du b\illon1 du jus1 des geles2 t\tes ces *oses se suiv5t et se s\ti5n5t4 ,les livres les plus anci5s qui n\s re/5t font m5tion honorable des fe/9s des rois d',ori5t4 ,il n'e/ pas difficile de croire que des mon>ques qui rgnai5t sur des pays si f]tiles en t\tes *oses1 et surt\t en pic]ies et en p>fums1 euss5t des tables somptueuses2 mais les dtails n\s manqu5t4 ,on sait seulem5t que ,cadmus1 qui apporta l'criture en ,grce1 avait t cuis9i] du roi de ,sidon4 ,ce fut *ez ces peuples voluptueux et m\s que s'introduisit la c\tume d'ent\r] de lits les tables des fe/9s1 et de mang] c\*s4 ,ce raff9em5t1 qui ti5t de la faiblesse1 ne fut pas p>t\t galem5t bi5 reu4 ,les peuples qui faisai5t un cas p>ticuli] de la =ce et du c\rage1 ceux *ez qui la frugalit tait une v]tu1 le rep\ssr5t longtemps2 mais il fut adopt ,a?nes1 et cet usage fut longtemps gnral dans le monde civilis4 ,la cuis9e et ses d\ceurs fur5t en gr&e faveur *ez les ,a?ni5s1 peuple lgant et avide de n\veauts3 les rois1 les p>ticuli]s ri*es1 les potes1 les savants1 donnr5t l'exemple1 et les philosophes eux-mmes ne crur5t pas devoir se refus] des j\issances puises au se9 de la nature4 ,aprs ce qu'on lit dans les anci5s auteurs1 on ne peut pas d\t] que leurs fe/9s ne fuss5t de vritables ftes4 ,la *asse1 la p*e et le comm]ce leur procurai5t une gr&e p>tie des objets qui pass5t encore p\r excell5ts1 et la concurr5ce les avait fait mont] un prix excessif4 ,t\s les arts conc\rai5t l'ornem5t de leurs tables1 aut\r desquelles les convives se rangeai5t1 c\*s sur des lits c\v]ts de ri*es tapis de p\rpre4 ,on se faisait une tude de donn] encore plus de prix la bonne *re p> une conv]sation agrable1 et les propos de table dev9r5t une sci5ce4 ,les *ants1 qui avai5t lieu v]s le troisime s]vice1 p]dir5t leur svrit antique2 ils ne fur5t plus exclusivem5t employs clbr] les dieux1 les hros et les faits hi/oriques3 on *anta l'amiti1 le plaisir et l'am\r1 avec une d\ceur et une h>monie auxquelles nos langues s*es et dures ne p\rront jamais atte9dre4 ,les v9s de la ,grce1 que n\s tr\vons encore excell5ts1 avai5t t exam9s et classs p> les g\rmets1 comm5c] p> les plus d\x jusqu'aux plus fumeux2 dans c]ta9s repas1 on en p>c\rait l'*elle t\t entire1 et1 au contraire de ce qui se passe auj\rd'hui1 les v]res gr&issai5t en raison de la bont du v9 qui y tait v]s4 ,les plus jolies femmes v5ai5t encore embellir ces runions voluptueuse3 des danses1 des jeux et des div]tissem5ts de t\te espce prolongeai5t les plaisirs de la soire4 ,on respirait la volupt p> t\s les pores2 et plus d'un ,ari/ippe1 arriv s\s la bannire de ,platon1 fit retraite s\s celle d'picure4 ,illu/ration ,les savants s'empressr5t l'envi d'crire sur un art qui procurait de si d\ces j\issances4 ,platon1 ,a?ne et plusieurs autres n\s ont cons]v leurs noms4 ,mais hlas6 leurs ouvrages sont p]dus2 et s'il faut surt\t en regrett] quelqu'un1 ce doit tre la ,ga/ronomie d',a*e/rade1 qui fut l'ami d'un des fils de ,pricls4 ,ce gr& criva91 dit ,?otime1 avait p>c\ru les t]res et les m]s p\r connatre p> lui-mme ce qu'elles produis5t de meilleur4 ,il s'in/ruisait dans ses voyages1 non des moeurs des peuples1 puisqu'il e/ impossible de les *ang]2 mais il entrait dans les laboratoires o se prp>5t les dlices de la table1 et il n'eut de comm]ce qu'avec les hommes utiles ses plaisirs4 ,son pome e/ un trsor de sci5ce1 et ne conti5t un v]s qui ne soit un prcepte4 ,tel fut l'tat de la cuis9e en ,grce2 et il se s\t9t a9si jusqu'au mom5t o une poigne d'hommes1 qui tai5t v5us s'tablir sur les bords du ,tibre1 t5dit sa dom9ation sur les peuples vois9s1 et f9it p> envahir le monde4 ,fe/9s des ,roma9s4 #abh4--,la bonne *re fut inconnue aux ,roma9s tant qu'ils ne combattir5t que p\r assur] leur indp5dance ou p\r subjugu] leurs vois9s1 t\t aussi pauvres qu'eux4 ,alors leurs gnraux conduisai5t la *>rue1 vivai5t de lgumes1 etc4 ,les hi/ori5s frugivores ne manqu5t pas de l\] ces temps primitifs1 o la frugalit tait alors en gr& honneur4 ,mais qu& leurs conqutes se fur5t t5dues en ,afrique1 en ,sicile et en ,grce2 qu& ils se fur5t rgals aux dp5s des va9cus dans des pays o la civilisation tait plus avance1 ils emportr5t ,rome des prp>ations qui les avai5t *>ms *ez les trang]s1 et t\t porte croire qu'elles y fur5t bi5 reues4 ,les ,roma9s avai5t envoy ,a?nes une dputation p\r en rapport] les lois de ,solon2 ils y allai5t encore p\r tudi] les belles-lettres et la philosophie4 ,t\t en polissant leurs moeurs1 ils connur5t les dlices des fe/9s2 et les cuis9i]s arrivr5t ,rome avec les orateurs1 les philosophes1 les rhteurs et les potes4 ,avec le temps et la srie de succs qui fir5t afflu] ,rome t\tes les ri*esses de l'univ]s1 le luxe de la table fut p\ss un po9t presque incroyable4 ,on gta de t\t1 depuis la cigale jusqu' l'autru*e1 depuis le loir jusqu'au sangli]#df2 t\t ce qui put piqu] le gt fut essay comme assaisonnem5t ou employ comme tel1 des sub/ances dont n\s ne p\vons pas concevoir l'usage1 comme l'assa fetida1 la rue1 etc4 ,note #df3 ,,glires ,,fabsi4--,glires isicio porc9o1 item pulpis ex omni glirium membro tritis1 cum pip]e1 nucleis1 las]e1 liquam9e1 f>cies glires1 et sutos 9 tegul positos1 mittes 9 furnum1 an f>sos 9 clibano coques4 ,les loirs passai5t p\r un mets dlicat3 on apportait quelquefois des balances sur la table p\r en vrifi] le poids4 ,on connat cette pigramme de ,m>tial1 au sujet des loirs1 ,,xiii1 #ei4 ,tota mihi dormitur hiems1 et p+uior illo ,tempore sum1 quo me nil nisi somnus alit4 ,li/]1 mdec9 g\rm& d'une re9e trs g\rm&e 7la re9e ,anne71 s'occupant des avantages qu'on peut tir] p\r la cuis9e de l'usage des balances1 obs]ve que si d\ze al\ettes ne ps5t po9t d\ze onces1 elles sont pe9e mangeables1 qu'elles sont passables si elles ps5t d\ze onces1 mais que si elles ps5t treize onces1 elles sont grasses et excell5tes4 ,l'univ]s connu fut mis contribution p> les armes et les voyageurs4 ,on apporta d',afrique les p9tades et les truffes1 les lap9s d',espagne1 les faisans de la ,grce1 o ils tai5t v5us des bords du ,phase1 et les paons de l'extrmit de l',asie4 ,les plus considrables d'entre les ,roma9s se fir5t gloire d'avoir de beaux j>d9s o ils fir5t cultiv] non-seulem5t les fruits anci5nem5t connus1 tels que les poires1 les pommes1 les figues1 le rais91 mais encore ceux qui fur5t apports de div]s pays1 savoir3 l'abricot d',armnie1 la p*e de ,p]se1 le co+ de ,sidon1 la framboise des valles du mont ,ida1 et la c]ise1 conqute de ,lucullus dans le royaume de ,pont4 ,ces importations1 qui eur5t ncessairem5t lieu dans des circon/ances trs div]ses1 pr\v5t du mo9s que l'impulsion tait gnrale1 et que *acun se faisait une gloire et un devoir de contribu] aux j\issances du peuple-roi4 ,p>mi les come/ibles1 le poisson fut surt\t un objet de luxe4 ,il s'tablit des prfr5ces en faveur de c]ta9es espces1 et ces prfr5ces augm5tai5t qu& la p*e avait eu lieu dans c]ta9s p>ages4 ,le poisson des contres loignes fut apport dans des vases ple9s de miel1 et qu& les individus dpassr5t la gr&eur ord9aire1 ils fur5t v5dus des prix considrables1 p> la concurr5ce qui s'tablissait entre des consommateurs1 dont quelques-uns tai5t plus ri*es que des rois4 ,les boissons ne fur5t pas l'objet d'une att5tion mo9s suivie et de so9s mo9s att5tifs4 ,les v9s de ,grce1 de ,sicile et d',italie fir5t les dlices des ,roma9s2 et comme ils tirai5t leur prix soit du canton1 soit de l'anne o ils avai5t t produits1 une espce d'acte de naissance tait inscrit sur *aque amphore4 ,o nata mecum consule ,manlio4 ,,horace4 ,ce ne fut pas t\t4 ,p> une suite de cet in/9ct d'exaltation que n\s avons dj indiqu1 on s'appliqua r5dre les v9s plus piquants et plus p>fums2 on y fit infus] des fleurs1 des aromates1 les drogues de div]ses espces1 et les prp>ations que les auteurs contempora9s n\s ont transmises s\s le nom de condita1 devai5t brl] la b\*e et violemm5t irrit] l'e/omac4 ,c'e/ a9si que dj1 cette poque1 les ,roma9s rvai5t l'alcool1 qui n'a t dc\v]t qu'aprs plus de qu9ze sicles4 ,mais c'e/ surt\t v]s les accessoires des repas que ce luxe gigantesque se portait avec plus de f]veur4 ,t\s les meubles ncessaires p\r les fe/9s fur5t faits avec re*]*e1 soit p\r la matire1 soit p\r la ma9-d'oeuvre4 ,le nombre des s]vices augm5ta graduellem5t jusques et pass v+t1 et *aque s]vice on enlevait t\t ce qui avait t employ aux s]vices prcd5ts4 ,des esclaves tai5t spcialem5t atta*s *aque fonction conviviale1 et ces fonctions tai5t m9utieusem5t di/+ues4 ,les p>fums les plus di/+us embaumai5t la salle du fe/94 ,des espces de hrauts proclamai5t le mrite des mets dignes d'une att5tion spciale2 ils annonai5t les titres qu'ils avai5t cette espce d'ovation2 enf9 on n'oubliait ri5 de ce qui p\vait aiguis] l'apptit1 s\t5ir l'att5tion et prolong] les j\issances4 ,ce luxe avait aussi ses ab]rations et ses biz>r]ies4 ,tels tai5t ces fe/9s o les poissons et les oiseaux s]vis se comptai5t p> milli]s1 et ces mets qui n'avai5t d'autre mrite que d'avoir cot *]1 tel que ce plat compos de la c]velle de c9q c5ts autru*es21 et cet autre o l'on voyait les langues de c9q mille oiseaux qui t\s avai5t p>l4 ,d'aprs ce qui prcde1 il me semble qu'on peut facilem5t se r5dre compte des sommes considrables que ,lucullus dp5sait sa table et de la *]t des fe/9s qu'il donnait dans le salon d',apollon1 o il tait d'tiquette d'puis] t\s les moy5s connus p\r flatt] la s5sualit de ses convives4 ,rsurrection de ,lucullus4 #abi4--,les j\rs de gloire p\rrai5t r5atre s\s nos yeux1 et p\r en r5\vel] les m]veilles il ne n\s manque qu'un ,lucullus4 ,supposons donc qu'un homme connu p\r tre puissamm5t ri*e v\lt clbr] un gr& vnem5t politique ou f9anci]1 et donn] cette occasion une fte mmorable1 sans s'inquit] de ce qu'il en cot]ait4 ,supposons qu'il appelle t\s les arts p\r orn] le lieu de la fte dans ses div]ses p>ties1 et qu'il ordonne aux prp>ateurs d'employ] p\r la bonne *re t\tes les ress\rces de l'art1 et d'abreuv] les convives avec ce que les caveaux conti5n5t de plus di/+u2 ,qu'il fasse reprs5t] p\r eux1 en ce dn] sol5nel1 deux pices j\es p> les meilleurs acteurs2 ,que1 p5dant le repas1 la musique se fasse ent5dre1 excute p> les arti/es les plus r5omms1 tant p\r les voix que p\r les in/rum5ts2 ,qu'il ait fait prp>]1 p\r entr'actes1 entre le dn] et le caf1 un ballet dans dans t\t ce que l',opra a de plus lg] et de plus joli2 ,que la soire se t]m9e p> un bal qui rassemble deux c5ts femmes *oisies p>mi les plus belles1 et quatre c5ts danseurs *oisis p>mi les plus lgants2 ,que le buffet soit con/amm5t g>ni de ce qu'on connat de mieux en boissons *audes1 fra*es et glaces2 ,que1 v]s le milieu de la nuit1 une collation savante vi5ne r5dre t\s une vigueur n\velle2 ,que les s]vants soi5t beaux et bi5 vtus1 l'illum9ation p>faite2 et1 p\r ne ri5 oubli]1 que l'amphitryon se soit *>g d'envoy] *]*] et de reconduire commodm5t t\t le monde4 ,cette fte ayant t bi5 ent5due1 bi5 ordonne1 bi5 soigne et bi5 conduite1 t\s ceux qui connaiss5t ,p>is1 convi5dront avec moi qu'il y aurait dans les mmoires du l5dema9 de quoi faire trembl] le caissi] mme de ,lucullus4 ,en indiquant ce qu'il faudrait faire auj\rd'hui p\r imit] les ftes de ce ,roma9 magnifique1 j'ai suffisamm5t appris au lecteur ce qui se pratiquait alors p\r les accessoires obligs des repas1 o l'on ne manquait pas de faire int]v5ir les comdi5s1 les *anteurs1 les mimes1 les grimes1 et t\t ce qui peut contribu] augm5t] la joie des p]sonnes qui n'ont t convoques que dans le b de se div]tir4 ,ce qu'on avait fait *ez les ,a?ni5s1 ensuite *ez les ,roma9s1 plus t>d *ez n\s dans le moy5 ge1 et enf9 de nos j\rs1 pr5d sa s\rce dans la nature de l'homme1 qui *]*e avec impati5ce la f9 de la c>rire o il e/ entr1 et dans c]ta9e inquitude qui le t\rm5te tant que la somme totale de vie dont il peut dispos] n'e/ pas entirem5t occupe4 ,lecti/]nium et ,incubitatium4 #acj4--;,comme les ,a?ni5s1 les ,roma9s mangeai5t c\*s2 mais ils n'y arrivr5t que p> une voie en quelque faon dt\rne4 ,ils se s]vir5t d'abord des lits p\r les repas sacrs qu'on (frait aux dieux2 les premi]s magi/rats et les hommes puissants en adoptr5t ensuite l'usage1 et en peu de temps il dev9t gnral et s'e/ cons]v jusque v]s le comm5cem5t du quatrime sicle de l're *rti5ne4 ,ces lits1 qui n'tai5t d'abord que des espces de bancs remb\rrs de paille et rec\v]ts de peaux1 p>ticipr5t bi5tt au luxe qui envahit t\t ce qui avait rapport aux fe/9s4 ,ils fur5t faits des bois les plus prcieux1 incru/s d'ivoire1 d'or1 et quelquefois de pi]r]ies2 ils fur5t =ms de c\ss9s d'une mollesse re*]*e1 et les tapis qui les rec\vrai5t fur5t orns de magnifiques brod]ies4 ,on se c\*ait sur le ct gau*e1 appuy sur le c\de2 et ord9airem5t le mme lit recevait trois p]sonnes4 ,cette manire de se t5ir table1 que les ,roma9s appelai5t lecti/]nium1 tait-elle plus commode1 tait-elle plus favorable que celle que n\s avons adopte1 ou plutt reprise8 ,je ne le crois pas4 ,physiquem5t envisage1 l'incubitation exige un c]ta9 dploiem5t de =ces p\r g>d] l'quilibre1 et ce n'e/ pas sans quelque d\leur que le poids d'une p>tie du corps porte sur l'articulation du bras4 ,s\s le rapport physiologique1 il y a bi5 aussi quelque *ose dire3 l'imbuccation se fait d'une manire mo9s naturelle2 les alim5ts c\l5t avec plus de pe9e et se tass5t mo9s dans l'e/omac4 ,l'+e/ion des liquides ou l'action de boire tait surt\t bi5 plus difficile encore2 elle devait exig] une att5tion p>ticulire p\r ne pas rp&re mal propos le v9 cont5u dans ces l>ges c\pes qui brillai5t sur la table des gr&s2 et c'e/ sans d\te p5dant le rgne du lecti/]nium qu'e/ n le prov]be qui dit que de la c\pe la b\*e il y a s\v5t bi5 du v9 p]du4 ,il ne devait pas tre plus facile de mang] proprem5t1 qu& on mangeait c\*1 surt\t si l'on fait att5tion que plusieurs des convives portai5t la b>be longue1 et qu'on se s]vait des doigts1 ou t\t au plus du c\teau1 p\r port] les morceaux la b\*e1 c> l'usage des f\r*ettes e/ mod]ne2 on n'en a po9t tr\v dans les ru9es d',h]culanum1 o l'on a cep5dant tr\v beauc\p de cuill]s4 ,il faut croire aussi qu'il se faisait p>-ci p>-l quelques outrages la pudeur1 dans des repas o l'on dpassait frquemm5t les bornes de la temprance1 sur des lits o les deux sexes tai5t mls1 et o il n'tait pas r>e de voir une p>tie des convives endormie4 ,nam pransus jaceo1 et satur sup9us ,p]tundo tunicamque1 palliumque4 ,aussi c'e/ la morale qui rclama la premire4 ,ds que la religion *rti5ne1 *appe aux p]scutions qui ensanglantr5t son b]ceau1 eut acquis quelque influ5ce1 ses m9i/res levr5t la voix contre les excs de l'intemprance4 ,ils se rcrir5t contre la longueur des repas1 o l'on violait t\s leurs prceptes en s'ent\rant de t\tes les volupts4 ,v\s p> *oix un rgime au/re1 ils placr5t la g\rm&ise p>mi les p*s capitaux1 critiqur5t amrem5t la promiscuit des sexes1 et attaqur5t surt\t l'usage de mang] sur des lits1 usage qui leur p>ut le rsultat d'une mollesse c\pable et la cause pr9cipale des abus qu'ils dplorai5t4 ,leur voie m5aante fut ent5due3 les lits cessr5t d'orn] la salle des fe/9s1 on rev9t l'anci5ne manire de mang] en tat de session2 et p> un r>e bonheur1 cette =me1 ordonne p> la morale2 n'a po9t t\rn au dtrim5t du plaisir4 ,posie4 #aca4-- l'poque dont n\s n\s occupons1 la posie conviviale subit une modification n\velle1 et prit1 dans la b\*e d',horace1 de ,tibulle1 et autres auteurs peu prs contempora9s1 une langueur et une mollesse que les ,muses grecques ne connaissai5t pas4 ,dulce rid5tem ,lalagem amabo1 ,dulce loqu5tem4 ,,hor4 ,qua]is quot mibi batiationes ,tuae1 ,lesbia1 s9t satis sup]que4 ,,cat4 ,p&e1 puella1 p&e capillulos ,flavos1 luc5tes ut aurum nitidum4 ,p&e1 puella1 collum c&idum ,productum b5e c&idis hum]is4 ,,gallus4 ,irruption des b>b>es4 #acb4--,les c9q ou six sicles que n\s v5ons de p>c\rir en un petit nombre de pages fur5t les beaux temps p\r la cuis9e1 a9si que p\r ceux qui l'aim5t et la cultiv5t2 mais l'arrive1 ou plutt l'irruption des peuples du ,nord1 *angea t\t1 b\lev]sa t\t2 et ces j\rs de gloire fur5t suivis d'une longue et t]rible obscurit4 l'app>ition de ces trang]s1 l'art alim5taire disp>ut avec les autres sci5ces dont il e/ le compagnon et le consolateur4 ,la plup>t des cuis9i]s fur5t massacrs dans les palais qu'ils dess]vai5t2 les autres s'enfuir5t p\r ne pas rgal] les oppresseurs de leur pays2 et le petit nombre qui v9t (frir ses s]vices eut la honte de les voir refus]4 ,ces b\*es froces1 ces gosi]s brls1 tai5t ins5sibles aux d\ceurs d'une *re dlicate4 ,d'normes qu>ti]s de vi&e et de v5aison1 des quantits incomm5surables des plus =tes boissons1 suffisai5t p\r les *>m]2 et comme les usurpateurs tai5t t\j\rs arms1 la plup>t de ces repas dgnrai5t en orgies1 et la salle des fe/9s vit s\v5t c\l] le sang4 ,cep5dant il e/ dans la nature des *oses que ce qui e/ excessif ne dure pas4 ,les va9queurs se lassr5t enf9 d'tre cruels2 ils s'allir5t avec les va9cus1 prir5t une te9te de civilisation1 et comm5cr5t connatre les d\ceurs de la vie sociale4 ,les repas se ress5tir5t de cet ad\cissem5t4 ,on invita ses amis mo9s p\r les repatre que p\r les rgal]2 les autres s'ap]ur5t qu'on faisait quelques ef=ts p\r leur plaire2 une joie plus dc5te les anima1 et les devoirs de l'hospitalit eur5t quelque *ose de plus affectueux4 ,ces amliorations1 qui aurai5t eu lieu v]s le c9quime sicle de notre re dev9r5t plus rem>quables s\s ,*>lemagne2 et on voit1 p> ses capitulaires1 que ce gr& roi se donnait des so9s p]sonnels p\r que ses doma9es puss5t f\rnir au luxe de sa table4 ,illu/ration ,s\s ce pr9ce et s\s ses successeurs1 les ftes prir5t une t\rnure la foi galante et *eval]esque2 les dames v9r5t embellir la c\r2 elles di/ribur5t le prix de la valeur2 et l'on vit le faisan aux pattes dores et le paon la queue pan\ie ports sur les tables des pr9ces p> des pages *am>rs d'or1 et p> de g5tes pucelles *ez qui l'innoc5ce n'excluait pas t\j\rs le dsir de plaire4 ,rem>quons bi5 que ce fut p\r la troisime fois que les femmes1 sque/res *ez les ,grecs1 *ez les ,roma9s et *ez les ,francs1 fur5t appeles faire l'ornem5t de leurs banquets4 ,les ,ottomans ont seuls rsi/ l'appel2 mais d'effroyables temptes m5ac5t ce peuple insociable1 et tr5te ans ne s'c\l]ont pas sans que la voix puissante du canon ait proclam l'mancipation des odalisques4 ,le m\vem5t une fois imprim a t transmis jusqu' n\s1 en recevant une =te progression p> le *oc des gnrations4 ,les femmes1 mme les plus titres1 s'occupr5t1 dans l'intrieur de leurs maisons1 de la prp>ation des alim5ts1 qu'elles reg>dr5t comme faisant p>tie des so9s de l'hospitalit1 qui avait encore lieu en ,france v]s la f9 du dix-septime sicle4 ,s\s leurs jolies ma9s les alim5ts subir5t quelquefois des mtamorphoses s+ulires3 l'anguille eut le d>d du s]p5t1 le livre les oreilles d'un *at1 et autres joyeusets p>eilles4 ,elles fir5t gr& usage des pices que les ,vniti5s comm5c]ait tir] de l',ori5t1 a9si que des eaux p>fumes qui tai5t f\rnies p> les ,arabes1 de sorte que le poisson fut quelquefois cuit l'eau de rose4 ,le luxe de la table consi/ait surt\t dans l'abondance des mets2 et les *oses allr5t si lo91 que nos rois se crur5t obligs d'y mettre un fre9 p> des lois somptuaires qui eur5t le mme sort que celles r5dues en p>eille matire p> les lgislateurs grecs et roma9s4 ,on en rit1 on les luda1 on les oublia1 et elles ne re/r5t dans les livres que comme monum5ts hi/oriques4 ,on cont9ua donc faire bonne *re tant qu'on put1 et surt\t dans les abbayes1 c\v5ts et m\ti]s1 p>ce que les ri*esses affectes ces tablissem5ts tai5t mo9s exposes aux *ances et aux dang]s des gu]res intrieures qui ont si longtemps dsol la ,france4 tant bi5 c]ta9 que les dames franaises se sont t\j\rs plus ou mo9s mles de ce qui se faisait dans leurs cuis9e1 on doit en conclure que c'e/ leur int]v5tion qu'e/ due la prm95ce indisputable qu'a t\j\rs eue en ,europe la cuis9e franaise1 et qu'elle a pr9cipalem5t acquise p> une quantit imm5se1 de prp>ations re*]*es1 lgres et fri&es1 dont les femmes seules ont pu concevoir l'ide4 ,j'ai dit qu'on faisait bonne *re tant qu'on p\vait2 mais on ne p\vait pas t\j\rs4 ,le s\p] de nos rois eux-mmes tait quelquefois ab&onn au has>d4 ,on sait qu'il ne fut pas t\j\rs assur p5dant les tr\bles civils2 et ,h5ri ,,iv et fait un soir un bi5 maigre repas1 s'il n'et eu le bon esprit d'admettre sa table le b\rgeois possesseur heureux de la seule d9de qui exi/t dans une ville o le roi devait pass] la nuit4 ,cep5dant la sci5ce avanait ins5siblem5t3 les *evali]s croiss la dotr5t de l'*alote arra*e aux pla9es d',ascalon2 le p]sil fut import d',italie2 et longtemps avant ,l\is ,,ix1 les *>cuti]s et saucisseurs avai5t fond sur la manipulation du porc un espoir de =tune dont n\s avons eu s\s les yeux de mmorables exemples4 ,les ptissi]s n'eur5t pas mo9s de succs2 et les produits de leur indu/rie figurai5t honorablem5t dans t\s les fe/9s4 ,ds avant ,*>les ,,ix ils =mai5t une corporation considrable2 et ce pr9ce leur donna des /atuts o l'on rem>que le privilge de fabriqu] le pa9 *ant] messe4 ,v]s le milieu du dix-septime sicle1 les ,holl&ais apportr5t le caf en ,europe#dg4 ,soliman ,aga1 ce ,turc puissant dont raffolr5t nos trisaeules1 leur en fit pr5dre les premires tasses en #affj2 un ,amrica9 en v5dit publiquem5t la foire de ,sa9t-,g]ma9 en #afgj2 et la rue ,sa9t-,&r-des-,arcs eut le premi] caf orn de glaces et de tables de m>bre1 peu prs comme on le voit de nos j\rs4 ,note #dg3 ,p>mi les ,europens1 les ,holl&ais fur5t les premi]s qui tirr5t d',arabie des plants du cafi]1 qu'ils transportr5t ,batavia1 et qu'ils apportr5t ensuite en ,europe4 ,m4 de ,reiss\t1 lieut5ant-gnral d'artill]ie1 en fit v5ir un pi$ d',am/]dam1 et en fit cadeau au ,j>d9 du roi3 c'e/ le premi] qu'on ait vu ,p>is4 ,cet arbre1 dont ,m4 ,jussieu a fait la description1 avait1 en #afac1 un p\ce de diamtre et c9q pi$s de hauteur3 le fruit e/ =t joli1 et ressemble un peu une c]ise4 ,alors aussi le sucre comm5a po9dre#dg2 et ,sc>ron1 en se plaignant de ce que sa soeur avait1 p> av>ice1 fait rtrcir les tr\s de son sucri]1 n\s a du mo9s appris que de son temps ce meuble tait usuel4 ,note #dh3 ,quoi qu'ait dit ,lucrce les anci5s ne connur5t pas le sucre4 ,le sucre e/ un produit de l'art2 et sans la cri/allisation1 la canne ne donn]ait qu'une boisson fade et sans utilit4 ,c'e/ encore dans le dix-septime sicle que l'usage de l'eau-de-vie comm5a se rp&re4 ,la di/illation1 dont la premire ide avait t apporte p> les croiss1 tait jusque-l demeure un arcane qui n'tait connu que d'un petit nombre d'adeptes4 ,v]s le comm5cem5t du rgne de ,l\is ,,xiv1 les alambics comm5cr5t dev5ir communs1 mais ce n'e/ que s\s ,l\is ,,xv que cette boisson e/ dev5ue vraim5t populaire2 et ce n'e/ que depuis peu d'annes que de ttonnem5ts en ttonnem5ts on e/ v5u obt5ir de l'alcool en une seule opration4 ,c'e/ encore v]s la mme poque qu'on comm5a us] du tabac2 de sorte que le sucre1 le caf1 l'eau-de-vie et le tabac1 ces quatre objets si importants1 soit au comm]ce1 soit la ri*esse fiscale1 ont pe9e deux sicles de date4 ,sicle de ,l\is ,,xiv et de ,l\is ,,xv4 #acc4--;,ce fut s\s ces auspices que comm5a le sicle de ,l\is ,,xiv2 et s\s ce rgne brillant la sci5ce des fe/9s obx l'impulsion progressive qui fit avanc] t\tes les autres sci5ces4 ,on a po9t encore p]du la mmoire de ces ftes qui fir5t acc\rir t\te l',europe1 ni de ces t\rnois o brillr5t p\r la d]nire fois les lances que la baonnette a si n]giquem5t remplaces1 et ces armures *eval]esques1 faibles ress\rces contre la brutalit du canon4 ,t\tes ces ftes se t]m9ai5t p> de somptueux banquets1 qui en tai5t comme le c\ronnem5t2 c> telle e/ la con/itution de l'homme1 qu'il ne peut po9t tre t\t--fait heureux qu& son gt n'a po9t t gratifi2 et ce beso9 imprieux a s\mis jusqu' la grammaire1 tellem5t que1 p\r exprim] qu'une *ose a t faite avec p]fection1 n\s disons qu'elle a t faite avec gt4 ,p> une consqu5ce ncessaire1 les hommes qui prsidr5t aux prp>ations de ces fe/9s dev9r5t des hommes considrables1 et ce ne fut pas sans raison2 c> ils dur5t runir bi5 des qualits div]ses1 c'e/--dire le gnie p\r inv5t]1 le savoir p\r dispos]1 le jugem5t p\r proportionn]1 la sagacit p\r dc\vrir1 la f]met p\r se faire obir1 et l'exactitude p\r ne pas faire att5dre4 ,ce fut dans ces gr&es occasions que comm5a se dploy] la magnific5ce des surt\ts1 art n\veau qui1 runissant la pe9ture et la sculpture1 prs5te l'oeil un tableau agrable et quelquefois un site appropri la circon/ance ou au hros de la fte4 ,c'tait l le gr& et mme le gigantesque de l'art du cuis9i]2 mais bi5tt des runions mo9s nombreuses et des repas plus f9s exigr5t une att5tion plus raisonne et des so9s plus m9utieux4 ,ce fut au petit c\v]t1 dans le salon des favorites1 et aux s\p]s f9s des c\rtisans et des f9anci]s1 que les arti/es fir5t admir] leur savoir1 et1 anims d'une l\able mulation1 *]*r5t se surpass] les uns les autres4 ,sur la f9 de ce rgne1 le nom des cuis9i]s les plus fameux tait presque t\j\rs annex celui de leurs patrons3 ces d]ni]s en tirai5t vanit4 ,ces deux mrites s'unissai5t2 et les noms les plus glorieux figurr5t dans les livres de cuis9e ct des prp>ations qu'ils avai5t protges1 inv5tes ou mises au monde4 ,cet amalgame a cess de nos j\rs3 n\s ne sommes pas mo9s g\rm&s que nos anctres1 et bi5 au contraire2 mais n\s n\s inquitons beauc\p mo9s du nom de celui qui rgne dans les s\t]ra9s4 ,l'applaudissem5t p> incl9ation de l'oreille gau*e e/ le seul tribut d'admiration que n\s accordons l'arti/e qui n\s en*ante2 et les re/aurateurs1 c'e/--dire les cuis9i]s du public1 sont les seuls qui obti5n5t une e/ime nom9ale qui les place promptem5t au rang des gr&s capitali/es4 ,utile dulci4 ,ce fut p\r ,l\is ,,xiv qu'on apporta des *elles du ,levant l'p9e d't1 qu'il appelait la bonne poire2 et c'e/ sa vieillesse que n\s devons les liqueurs4 ,ce pr9ce pr\vait quelquefois de la faiblesse1 et cette difficult de vivre qui se manife/e s\v5t aprs l'ge de soixante ans2 on unit l'eau-de-vie au sucre et aux p>fums1 p\r lui en faire des potions qu'on appelait1 suivant l'usage du temps1 potions cordiales4 ,telle e/ l'orig9e de l'art du liquori/e4 ,il e/ rem>qu] qu' peu prs v]s le mme temps l'art de la cuis9e florissait la c\r d',anglet]re4 ,la re9e ,anne tait trs g\rm&e2 elle ne ddaignait pas de s'entret5ir avec son cuis9i]1 et les disp5saires anglais conti5n5t beauc\p de prp>ations dsignes 7aft] que5's ,ann fa%ion7 la manire de la re9e ,anne4 ,la sci5ce1 qui tait re/e /ationnaire p5dant la dom9ation de madame de ,ma9t5on1 cont9ua sa m>*e asc5sionnelle s\s la rg5ce4 ,le duc d',orlans1 pr9ce spirituel et digne d'avoir des amis1 p>tageait avec eux des repas aussi f9s que bi5 ent5dus4 ,des r5seignem5ts c]ta9s m'ont appris qu'on y di/+uait surt\t des piqus d'une f9esse extrme1 des matelotes aussi apptissantes qu'au bord de l'eau1 et des d9des glorieusem5t truffes4 ,des d9des truffes666 dont la rputation et le prix vont t\j\rs croissant6 ,a/res bn9s dont l'app>ition fait sc9till]1 radi] et tripudi] les g\rm&s de t\tes les catgories4 ,le rgne de ,l\is ,,xv ne fut pas mo9s favorable l'art alim5taire4 ,dix-huit ans de paix gurir5t sans pe9e t\tes les plaies qu'avai5t faites plus de soixante ans de gu]re2 les ri*esses cres p> l'indu/rie1 et rp&ues p> le comm]ce ou acquises p> les traitants1 fir5t disp>atre l'9galit des =tunes1 et l'esprit de convivialit se rp&it dans t\tes les classes de la socit4 ,illu/ration ,c'e/ dat] de cette poque#di qu'on a tabli gnralem5t dans t\s les repas plus d'ordre1 de propret1 d'lgance1 et ces div]s raff9em5ts qui1 ayant t\j\rs t en augm5tant jusqu' nos j\rs1 m5ac5t ma9t5ant de dpass] t\tes les limites et de n\s conduire au ridicule4 ,note #di3 ,d'aprs les in=mations que j'ai prises auprs des habitants de plusieurs dp>tem5ts1 v]s #agdj un dn] de dix p]sonnes se composait comme il suit3 le b\illi2 #a;er s]vice444 une entre de veau cuit dans son jus2 un hors d'oeuvre1 un d9don2 #b;e s]vice444444 un plat de lgumes2 une salade2 une crme 7quelquefois74 du fromage2 ,dess]t4444444444 du fruit2 un pot de confitures4 ,on ne *angeait que trois fois d'assiettes1 savoir3 aprs le potage1 au second s]vice et au dess]t4 ,on s]vait trs r>em5t du caf1 mais assez s\v5t du ratafia de c]ises ou d'oeillets1 qu'on ne connaissait que depuis peu de temps4 ,s\s ce rgne encore1 les petites maisons et les femmes entret5ues exigr5t des cuis9i]s des ef=ts qui t\rnr5t au pr(it de la sci5ce4 ,on a de gr&es facilits qu& on traite une assemble nombreuse et des apptits robu/es2 avec de la vi&e de b\*]ie1 du gibi]1 de la v5aison et quelques grosses pices de poisson1 on a bi5tt compos un repas p\r soixante p]sonnes4 ,mais p\r gratifi] des b\*es qui ne s'ouvr5t que p\r m9aud]1 p\r all*] des femmes vaporeuses1 p\r m\voir des e/omacs de papi] m* et faire all] des efflanqus *ez qui l'apptit n'e/ qu'une vellx t\j\rs prte s'te9dre1 il faut plus de gnie1 plus de pntration et plus de travail que p\r rs\dre un des plus difficiles problmes de gomtrie de l'inf9i4 ,l\is ,,xvi4 #acd4--;,arriv ma9t5ant au rgne de ,l\is ,,xvi et aux j\rs de la rvolution1 n\s ne n\s tran]ons pas m9utieusem5t sur les dtails des *angem5ts dont n\s avons t tmo9s2 mais n\s n\s cont5t]ons de signal] gr&s traits les div]ses amliorations qui1 depuis #aggd1 ont eu lieu dans la sci5ce des fe/9s4 ,ces amliorations ont eu p\r objet la p>tie naturelle de l'art1 ou les moeurs et in/itutions sociales qui s'y ratta*5t2 et quoique ces deux ordres de *oses agiss5t l'un sur l'autre avec une rciprocit cont9uelle1 n\s avons cru devoir1 p\r plus de cl>t1 n\s en occup] sp>m5t4 ,amlioration s\s le rapport de l'art4 #ace4--,t\tes les pr(essions dont le rsultat e/ de prp>] ou de v5dre des alim5ts1 telles que cuis9i]s1 traiteurs1 ptissi]s1 confiseurs1 magas9s de come/ibles et autres p>eils1 se sont multiplies dans des proportions t\j\rs croissantes2 et ce qui pr\ve que cette augm5tation n'a lieu que d'aprs des beso9s rels1 c'e/ que leur nombre n'a po9t nui leur prosprit4 ,la physique et la *imie ont t appeles au sec\rs de l'art alim5taire3 les savants les plus di/+us n'ont po9t cru au-dess\s d'eux de s'occup] de nos premi]s beso9s1 et ont introduit des p]fectionnem5ts depuis le simple pot-au-feu de l'ouvri] jusqu' ces mets extractifs et transp>5ts qui ne sont s]vis que dans l'or ou le cri/al4 ,des pr(essions n\velles se sont leves2 p> exemple1 les ptissi]s de petit f\r1 qui sont la nuance entre les ptissi]s proprem5t dits et les confiseurs4 ,ils ont dans leurs doma9es les prp>ations o le beurre s'unit au sucre1 aux oeufs1 la fcule1 telles que les biscuits1 les mac>ons1 les gteaux p>s1 les m]+ues1 et autres fri&ises p>eilles4 ,l'art de cons]v] les alim5ts e/ aussi dev5u une pr(ession di/9cte1 dont le b e/ de n\s (frir dans t\s les temps de l'anne1 les div]ses sub/ances qui sont p>ticulires *aque saison4 ,l'horticulture a fait d'imm5ses progrs1 les s]res *audes ont mis s\s nos yeux les fruits des tropiques2 div]ses espces de lgumes ont t acquises p> la culture ou l'importation1 et entre autres l'espce de melons cantal\ps qui1 ne produisant que de bons fruits1 donne aussi un dm5ti j\rnali] au prov]be#ej4 ,note #ej3 ,il faut en essay] c9quante ,avant que d'en tr\v] un bon4 ,il p>at que les melons tels que n\s les cultivons n'tai5t pas connus des ,roma9s2 ce qu'ils appelai5t melo et fispo n'tai5t que des concombres qu'ils mangeai5t avec des sauces extrmem5t releves4 ,,apicius1 ,de re coqu9>ia4 ,on a cultiv1 import et prs5t dans un ordre rguli] les v9s de t\s les pays3 le madre qui ouvre la tran*e1 les v9s de ,france qui se p>tag5t les s]vices1 et ceux d',espagne et d',afrique qui c\ronn5t l'oeuvre4 ,la cuis9e franaise s'e/ appropri des mets de prp>ation trangre1 comme le k>ik et le beef/eak2 des assaisonnem5ts1 comme le cavi> et le soy2 des boissons1 comme le pun*1 le ngus et autres4 ,le caf e/ dev5u populaire3 le mat9 comme alim5t1 et aprs dn] comme boisson exhil>ante et tonique4 ,on a inv5t une gr&e div]sit de vases1 u/5siles et autres accessoires1 qui donn5t au repas une te9te plus ou mo9s m>que de luxe et de fe/ivit2 de sorte que les trang]s qui arriv5t ,p>is tr\v5t sur les tables beauc\p d'objets dont ils ignor5t le nom et dont ils n'os5t s\v5t pas dem&] l'usage4 ,et de t\s ces faits on peut tir] la conclusion gnrale que1 au mom5t o j'cris ces lignes1 t\t ce qui prcde1 accompagne ou suit les fe/9s1 e/ trait avec un ordre1 une m?ode et une t5ue qui m>qu5t une envie de plaire t\t--fait aimable p\r des convives4 ,d]ni]s p]fectionnem5ts4 #acf4--,on a ressuscit du grec le mot de ga/ronomie2 il a p>u d\x aux oreilles franaises2 et quoiqu' pe9e compris1 il a suffi de le prononc] p\r port] sur t\tes les physionomies le s\rire de l'hil>it4 ,on a comm5c sp>] la g\rm&ise de la voracit et de la go9fr]ie2 on l'a reg>de comme un p5*ant qu'on p\vait av\]1 comme une qualit sociale1 agrable l'amphitryon1 pr(itable au convive1 utile la sci5ce1 et on a mis les g\rm&s ct de t\s les autres amateurs qui ont aussi un objet connu de prdilection4 ,un esprit gnral de convivialit s'e/ rp&u dans t\tes les classes de la socit2 les runions se sont multiplies1 et *acun1 en rgalant ses amis1 s'e/ ef=c de leur (frir ce qu'il avait rem>qu de meilleur dans les zones suprieures4 ,p> suite du plaisir qu'on a tr\v tre ensemble1 on a adopt p\r le temps une division plus commode1 en donnant aux affaires le temps qui s'c\le depuis le comm5cem5t du j\r jusqu' sa *ute1 et en de/9ant le surplus aux plaisirs qui accompagn5t et suiv5t les fe/9s4 ,illu/ration ,on a in/itu les djeun]s la f\r*ette1 repas qui a un c>actre p>ticuli] p> les mets dont il e/ compos1 p> la gat qui y rgne1 et p> la toilette nglige qui y e/ tolre4 ,on a donn des ?s1 g5re de comessation t\t--fait extraord9aire1 en ce que1 tant (f]te des p]sonnes qui ont bi5 dn1 elle ne suppose ni l'apptit ni la soif2 qu'elle n'a p\r b que la di/raction et p\r base que la fri&ise4 ,on a cr les banquets politiques1 qui ont con/amm5t eu lieu depuis tr5te ans t\tes les fois qu'il a t ncessaire d'ex]c] une influ5ce actuelle sur un gr& nombre de volonts2 repas qui exig5t une gr&e *re1 laquelle on ne fait pas att5tion1 et o le plaisir n'e/ compt que p\r mmoire4 ,enf9 les re/aurateurs ont p>u3 in/itution t\t--fait n\velle qu'on n'a po9t assez mdite1 et dont l'effet e/ tel1 que t\t homme qui e/ matre de trois ou quatre pi/oles peut immdiatem5t1 infailliblem5t1 et sans autre pe9e que celle de dsir]1 se procur] t\tes les j\issances positives dont le gt e/ susceptible4 ,m,,ditation #bh4 ,des ,re/aurateurs4 #acg4--,un re/aurateur e/ celui dont le comm]ce consi/e (frir au public un fe/9 t\j\rs prt1 et dont les mets se dtaill5t en portions prix fixe1 sur la dem&e des consommateurs4 ,l'tablissem5t se nomme re/aurant2 celui qui le dirige e/ le re/aurateur4 ,on appelle simplem5t c>te l'tat nom9atif des mets1 avec l'indication du prix1 et c>te pay] la note de la quantit des mets f\rnis et de leur prix4 ,p>mi ceux qui acc\r5t en f\le *ez les re/aurateurs1 il en e/ peu qui se d\t5t qu'il e/ impossible que celui qui cra le re/aurant ne ft pas un homme de gnie et un obs]vateur pr(ond4 ,n\s allons aid] la p>esse1 et suivre la filiation des ides dont la succession dut am5] cet tablissem5t si usuel et si commode4 tablissem5t4 #ach4--,v]s #aggj1 aprs les j\rs glorieux de ,l\is ,,xiv1 les r\]ies de la rg5ce et la longue tranquillit du m9i/re du c>d9al de ,fleury1 les trang]s n'avai5t encore ,p>is que bi5 peu de ress\rces s\s le rapport de la bonne *re4 ,ils tai5t =cs d'avoir rec\rs la cuis9e des aub]gi/es1 qui tait gnralem5t mauvaise4 ,il exi/ait quelques htels avec table d'hte1 qui1 peu d'exceptions prs1 n'(frai5t que le /rict ncessaire1 et qui d'ailleurs avai5t une heure fixe4 ,on avait bi5 la ress\rce des traiteurs2 mais ils ne livrai5t que des pices entires1 et celui qui v\lait rgal] quelques amis1 tait =c de comm&] l'avance1 de sorte que ceux qui n'avai5t pas le bonheur d'tre invits dans quelque maison opul5te1 quittai5t la gr&e ville sans connatre les ress\rces et les dlices de la cuis9e p>isi5ne4 ,un ordre de *oses qui blessait des intrts si j\rnali]s ne p\vait pas dur]1 et dj quelques p5seurs rvai5t une amlioration4 ,enf9 il se tr\va un homme de tte qui jugea qu'une cause active ne p\vait re/] sans effet2 que le mme beso9 se reproduisant *aque j\r v]s les mmes heures1 les consommateurs vi5drai5t en f\le l o ils s]ai5t c]ta9s que ce beso9 s]ait agrablem5t satisfait2 que1 si l'on dta*ait une aile de volaille en faveur du premi] v5u1 il ne manqu]ait pas de s'en prs5t] un second qui se cont5t]ait de la cuisse2 que l'abscision d'une premire tran*e dans l'obscurit de la cuis9e ne d%onor]ait pas le re/ant de la pice2 qu'on n'en reg>d]ait pas une lgre augm5tation de paiem5t qu& on aurait t bi51 promptem5t et proprem5t s]vi2 qu'on n'en f9irait jamais dans un dtail ncessairem5t considrable1 si les convives p\vai5t disput] sur le prix et la qualit des plats qu'ils aurai5t dem&s2 que d'ailleurs la v>it des mets1 comb9e avec la fixit des prix1 aurait l'avantage de p\voir conv5ir t\tes les =tunes4 ,cet homme p5sa encore beauc\p de *oses qu'il e/ facile de dev9]4 ,celui-l fut le premi] re/aurateur1 et cra une pr(ession qui comm&e la =tune t\tes les fois que celui qui l'ex]a de la bonne foi1 de l'ordre et de l'habilet4 ,avantages des ,re/aurants4 #aci4--,l'adoption des re/aurateurs1 qui de ,france a fait le t\r de l',europe1 e/ d'un avantage extrme p\r t\s les citoy5s1 et d'une gr&e importance p\r la sci5ce4 ,illu/ration l ,p> ce moy51 t\t homme peut dn] l'heure qui lui convi5t1 d'aprs les circon/ances o il se tr\ve plac p> ses affaires ou ses plaisirs4 #b ,il e/ c]ta9 de ne pas outrepass] la somme qu'il a jug propos de fix] p\r son repas1 p>ce qu'il sait d'avance le prix de *aque plat qui lui e/ s]vi4 #c ,le compte tant une fois fait avec sa b\rse1 le consommateur peut1 sa volont1 faire un repas solide1 dlicat ou fri&1 l'arros] des meilleurs v9s franais ou trang]s1 l'aromatis] de moka et le p>fum] des liqueurs des deux mondes1 sans autres limites que la vigueur de son apptit ou la capacit de on e/omac4 ,le salon d'un re/aurateur e/ l'd5 des g\rm&s4 ,illu/ration #d ,c'e/ encore une *ose extrmem5t commode p\r les voyageurs1 p\r les trang]s1 p\r ceux dont la famille rside mom5tanm5t la campagne1 et p\r t\s ceux1 en un mot1 qui n'ont po9t de cuis9e *ez eux1 ou qui en sont mom5tanm5t privs4 ,avant l'poque dont n\s avons p>l 7#aggj71 les g5s ri*es et puissants j\issai5t presque exclusivem5t de deux gr&s avantages3 ils voyageai5t avec rapidit et faisai5t con/amm5t bonne *re4 ,l'tablissem5t des n\velles voitures qui font c9quante lieues en v+t-quatre heures a effac le premi] privilge2 l'tablissem5t des re/aurateurs a dtruit le second3 p> eux1 la meilleure *re e/ dev5ue populaire4 ,t\t homme qui peut dispos] de qu9ze v+t francs1 et qui s'assi$ la table d'un re/aurateur de premire classe1 e/ aussi bi5 et mme mieux trait que s'il tait la table d'un pr9ce2 c> le fe/9 qui s'(fre lui e/ t\t aussi spl5dide1 et ayant en outre1 t\s les mets comm&em5t1 il n'e/ gn p> aucune considration p]sonnelle4 ,exam5 du salon4 #adj4--,le salon d'un re/aurateur1 exam9 avec un peu de dtail1 (fre l'oeil scrutateur du philosophe un tableau digne de son intrt p> la v>it situations qu'il rassemble4 ,le fond e/ occup p> la f\le des consommateurs solidaires1 qui comm&5t haute voix1 att5d5t avec impati5ce1 mang5t avec prcipitation1 pai5t et s'en vont4 ,on voit des familles voyageuses qui1 cont5tes d'un repas frugal1 l'aiguis5t cep5dant p> quelques mets qui leur tai5t inconnus1 et p>aiss5t j\ir avec plaisir d'un spectacle t\t--fait n\veau p\r elles4 ,prs de l sont deux p\x p>isi5s3 on les di/+ue p> le *apeau et le s*all susp5dus sur leur tte2 on voit que1 depuis longtemps1 ils n'ont plus ri5 se dire2 ils ont fait la p>tie d'all] quelque petit spectacle1 et il y a p>i] que l'un des deux y dormira4 ,plus lo9 sont deux amants2 on en juge p> l'empressem5t de l'un1 les petites mign>dises de l'autre et la g\rm&ise de t\s les deux4 ,le plaisir brille dans leurs yeux2 et p> le *oix qui prside la composition de leur repas1 le prs5t s]t dev9] de pass et prvoir l'av5ir4 ,au c5tre e/ une table meuble d'habitus qui1 le plus s\v5t1 obti5n5t un rabais et dn5t prix fixe4 ,ils connaiss5t p> leur nom t\s les g>ons de salle1 et ceux-ci leur indiqu5t en secret ce qu'il y a de plus frais et de plus n\veau2 ils sont l comme un fonds de magas91 comme un c5tre aut\r duquel les gr\pes vi5n5t se =m]1 ou1 p\r mieux dire1 comme les can>ds privs dont on se s]t en ,bretagne p\r attir] les can>ds sauvages4 ,on y r5contre aussi des individus dont t\t le monde connat la figure1 et dont p]sonne ne sait le nom4 ,ils sont l'aise comme *ez eux1 et *]*5t assez s\v5t engag] la conv]sation avec leurs vois9s4 ,ils app>ti5n5t quelques-unes de ces espces qu'on ne r5contre qu' ,p>is1 et qui1 n'ayant ni proprit1 ni capitaux1 ni indu/rie1 n'en font pas mo9s une =te dp5se4 ,enf91 on ap]oit et l des trang]s1 et surt\t des ,anglais2 ces d]ni]s se b\rr5t de vi&es portions d\bles1 dem&5t t\t ce qu'il a de plus *]1 boiv5t les v9s les plus fumeux1 et ne se retir5t pas t\j\rs sans aides4 ,on peut vrifi] *aque j\r l'exactitude de ce tableau2 et s'il e/ fait p\r piqu] la curiosit1 peut-tre p\rrait-il afflig] la morale4 ,inconvni5ts4 #ada4--,nul d\te que l'occasion et la t\te-puissance des objets prs5ts n'entran5t beauc\p de p]sonnes dans des dp5ses qui excd5t leurs facults4 ,peut-tre les e/omacs dlicats lui doiv5t-ils quelques indige/ions1 et la ,vnus infime quelques sacrifices intempe/ifs4 ,mais ce qui e/ bi5 plus fune/e p\r l'ordre social1 c'e/ que n\s reg>dons comme c]ta9 que la rfection solidaire r5=ce l'gsme1 habitue l'individu ne reg>d] que soi1 s'isol] de t\t ce qui l'ent\re1 se disp5s] d'g>ds2 et p> leur conduite avant1 p5dant et aprs le repas1 dans la socit ord9aire1 il e/ facile de di/+u] p>mi les convives1 ceux qui viv5t habituellem5t *ez le re/aurateur#ea4 ,note #ea3 ,entre autres1 qu& on fait c\rir une assiette ple9e de morceaux t\t dc\ps1 ils se s]v5t et la pos5t devant eux sans la pass] au vois91 dont ils n'ont pas c\tume de s'occup]4 mulation4 #adb4--,n\s avons dit que l'tablissem5t des re/aurateurs avait t d'une gr&e importance p\r l'tablissem5t de la sci5ce4 ,effectivem5t1 ds que l'expri5ce a pu appr5dre qu'un seul ragot m9emm5t trait suffisait p\r faire la =tune de l'inv5teur1 l'intrt1 ce puissant mobile1 a allum t\tes les imag9ations et mis en oeuvre t\s les prp>ateurs4 ,l'analyse a dc\v]t des p>ties escul5tes dans des sub/ances jusqu'ici rputes inutiles2 des come/ibles n\veaux ont t tr\vs1 les anci5s ont t amliors1 les uns et les autres ont t comb9s de mille manires4 ,les inv5tions trangres ont t importes2 l'univ]s enti] a t mis contribution1 et il e/ tel de nos repas o l'on p\rrait faire un c\rs complet de gographie alim5taire4 ,re/aurateurs prix fixe4 #adc4--,t&is que l'art suivait a9si un m\vem5t d'asc5sion1 tant en dc\v]tes qu'en *]t 7c> il faut t\j\rs que la n\veaut se paie71 le mme motif1 c'e/--dire l'espoir du ga91 lui donnait un m\vem5t contraire1 du mo9s relativem5t la dp5se4 ,quelques re/aurateurs se proposr5t p\r b de jo9dre la bonne *re l'conomie1 et en se rappro*ant des =tunes mdiocres1 qui sont ncessairem5t les plus nombreuses1 de s'assur] a9si de la f\le des consommateurs4 ,ils *]*ai5t dans les objets d'un prix peu lev1 ceux qu'une bonne prp>ation peut r5dre agrables4 ,ils tr\vai5t dans la vi&e de b\*]ie1 t\j\rs bonne ,p>is1 et dans le poisson de m] qui y abonde1 une ress\rce 9puisable2 et1 p\r complm5t1 des lgumes et des fruits1 que la n\velle culture donne t\j\rs bon m>*4 ,ils calculai5t ce qui e/ rig\reusem5t ncessaire p\r remplir un e/omac d'une capacit ord9aire et apais] une soif non cynique4 ,ils obs]vai5t qu'il e/ beauc\p d'objets qui ne doiv5t leur prix qu' la n\veaut ou la saison1 et qui peuv5t tre (f]ts un peu plus t>d et dgags de cet ob/acle2 enf91 ils sont v5us peu peu un po9t de prcision tel1 qu'en gagnant #be ou #cj p\r c5t1 ils ont pu donn] leurs habitus1 p\r deux francs1 et mme mo9s1 un dn] suffisant1 et dont t\t homme bi5 n peut se cont5t]1 puisqu'il cot]ait au mo9s mille francs p> mois p\r t5ir1 dans une maison p>ticulire1 une table aussi bi5 f\rnie et aussi v>ie4 ,les re/aurateurs1 considrs s\s ce d]ni] po9t de vue1 ont r5du un s]vice signal cette p>tie intressante de la population de t\te gr&e ville qui se compose des trang]s1 des militaires et des employs1 et ils ont t conduits p> leur intrt la solution d'un problme qui y semblait contraire1 savoir3 de faire bonne *re1 et cep5dant prix modr1 et mme bon m>*4 ,les re/aurateurs qui ont suivi cette r\te n'ont pas t mo9s bi5 rcomp5ss que leurs autres confrres3 ils n'ont pas essuy autant de rev]s que ceux qui tai5t l'autre extrmit de l'*elle2 et leur =tune1 quoique plus l5te1 a t plus sre2 c>1 s'ils gagnai5t mo9s la fois1 ils gagnai5t t\s les j\rs1 et il e/ de vrit ma?matique que1 qu& un nombre gal d'units sont rassembles en un po9t1 elles donn5t un total gal1 soit qu'elles ai5t t runies p> diza9es1 soit qu'elles ai5t t rassembles une une4 ,les amateurs ont ret5u les noms de plusieurs arti/es qui ont brill ,p>is depuis l'adoption des re/aurants4 ,on peut cit] ,beauvilli]s1 ,mot1 ,rob]t1 ,rose1 ,legacque1 les frres ,vry1 ,h5neveu et ,bale9e4 ,quelques-uns de ces tablissem5ts ont d leur prosprit des causes spciales1 savoir3 le ,veau qui tette1 aux pi$s de m\ton2 le444 au gras-d\ble sur le gril2 les ,frres ,prov5aux1 la morue l'ail2 ,vry1 aux entres truffes2 ,rob]t1 aux dn]s comm&s2 ,bale9e1 aux so9s qu'il se donnait p\r avoir d'excell5t poisson2 et ,h5neveu1 aux b\doirs my/rieux de son quatrime tage4 ,mais de t\s ces hros de la ga/ronomie1 nul n'a plus le droit une notice biographique que ,beauvilli]s1 dont les j\rnaux de #ahbj ont annonc la mort4 ,beauvilli]s4 #add4--;,beauvilli]s1 qui s'tait tabli v]s #aghb1 a t1 p5dant plus de qu9ze ans1 le plus fameux re/aurateur de ,p>is4 ,le premi]1 il eut un salon lgant1 des g>ons bi5 mis1 un caveau soign et une cuis9e suprieure3 et qu& plusieurs de ceux que n\s avons nomms ont *]* l'gal]1 il a s\t5u la lutte sans dsavantage1 p>ce qu'il n'a eu que quelques pas faire p\r suivre les progrs de la sci5ce4 ,p5dant les deux occupations successives de ,p>is1 en #ahad et #ahae1 on voyait con/amm5t devant son htel des vhicules de t\tes les nations3 il connaissait t\s les *efs des corps trang]s et avait f9i p> p>l] t\tes leurs langues1 autant qu'il tait ncessaire son comm]ce4 ,beauvilli]s publia1 v]s la f9 de sa vie1 un ouvrage en deux volumes 9-#h1 intitul3 l',art du cuis9i]4 ,cet ouvrage1 fruit d'une longue expri5ce1 porte le ca*et d'une pratique claire1 et j\it encore de t\te l'e/ime qu'on lui accorda dans sa n\veaut4 ,jusque-l l'art n'avait po9t t trait avec autant d'exactitude et de m?ode4 ,ce livre1 qui a eu plusieurs ditions1 a r5du bi5 faciles les ouvrages qui l'ont suivi1 mais qui ne l'ont pas surpass4 ,beauvilli]s avait une mmoire prodigieuse3 il reconnaissait et accueillait1 aprs v+t ans1 des p]sonnes qui n'avai5t mang *ez lui qu'une fois ou deux3 il avait aussi1 dans c]ta9s cas1 une m?ode qui lui tait p>ticulire4 ,qu& il savait qu'une socit de g5s ri*es tait rassemble dans ses salons1 il s'appro*ait d'un air (ficieux1 faisait ses baise-ma9s2 et il p>aissait donn] ses htes une att5tion t\te spciale4 ,il indiquait un plat qu'il ne fallait pas pr5dre1 un autre p\r lequel il fallait se ht]1 en comm&ait un troisime auquel p]sonne ne songeait1 faisait v5ir du v9 d'un caveau dont lui seul avait la clef2 enf91 il pr5ait un ton si aimable et si engageant1 que t\s ces articles extra avai5t l'air d'tre autant de gracieusets de sa "p4 ,mais ce rle d'amphitryon ne durait qu'un mom5t2 il s'clipsait aprs l'avoir rempli2 et peu aprs1 l'enflure de la c>te et l'am]tume du qu>t d'heure de ,rabelais montrai5t suffisamm5t qu'on avait dn *ez un re/aurateur4 ,beauvilli]s avait fait1 dfait et refait plusieurs fois sa =tune2 n\s ne savons pas quel e/ celui de ces div]s tats o la mort l'a surpris2 mais il avait de tels exutoires que n\s ne p5sons pas que sa succession ait t une dp\ille opime4 ,le ,ga/ronome *ez le ,re/aurateur4 #ade4--;,il rsulte de l'exam5 des c>tes de div]s re/aurateurs de premire classe1 et notamm5t de celle des frres ,vry et des ,frres ,prov5aux1 que le consommateur qui vi5t s'asseoir dans le salon a s\s la ma91 comme lm5ts de son dn]1 au mo9s3 #ab potages1 #bd hors-d'oeuvre1 #ae ou #bj entres de boeuf1 #bj entres de m\ton1 #cj entres de volaille et gibi]1 #af ou #bj de veau1 #ab de ptiss]ie1 #bd de poisson1 #ae de rts1 #ej entremets1 #ej dess]ts4 ,en outre1 le bi5heureux ga/ronome peut arros] t\t cela d'au mo9s tr5te espces de v9s *oisir1 depuis le v9 de ,b\rgogne jusqu'au v9 de ,tokai ou du ,cap2 et de v+t ou tr5te espces de liqueurs p>fumes2 sans compt] le caf et les mlanges2 tels que le pun*1 le ngus1 le sillabud1 et autres p>eils4 ,p>mi ces div]ses p>ties con/ituantes du dn] d'un amateur1 les p>ties pr9cipales vi5n5t de ,france1 telles que la vi&e de b\*]ie1 la volaille1 les fruits2 d'autres sont d'imitation anglaise1 telles que le beef/eak1 le wel*rabbet1 le pun*1 etc42 d'autres vi5n5t d',allemagne1 comme le sau]kraut1 le boeuf de ,hamb\rg1 les filets de la =t ,noire2 d'autres d',espagne1 comme l'olla-podrida1 les g>banos1 les rais9s secs de ,malaga1 les jambons au poivre de ,x]ica1 et les v9s de liqueur2 d'autres d',italie1 comme le mac>oni1 le p>mesan1 les saucissons de ,bologne1 la pol5ta1 les glaces1 les liqueurs2 d'autres de ,russie1 comme les vi&es dess*es1 les anguilles fumes1 le cavi>2 d'autres de ,holl&e1 comme la morue1 les fromages1 les h>5gs-secs1 le curaao1 l'anisette2 d'autres d',asie1 comme le riz de l',inde1 le sag\1 le k>rik1 le soy1 le v9 de ,s*iraz1 le caf2 d'autres d',afrique1 comme le v9 du ,cap2 d'autres enf9 d',amrique1 comme les pommes de t]re1 les patates1 les ananas1 le *ocolat1 la vanille1 le sucre1 etc43 ce qui f\rnit suffisance la preuve de la proposition que n\s avons mise ailleurs1 savoir3 qu'un repas tel qu'on peut l'avoir ,p>is e/ un t\t cosmopolite o *aque p>tie du monde comp>at p> ses productions4 ,illu/ration ,m,,ditation ,,xxix4 ,la ,g\rm&ise classique ,,mise ,,en ,,action4 ,hi/oire de ,m4 de ,borose4 #adf4--,m4 de ,borose naquit v]s #aghj4 ,son pre tait secrtaire du roi4 ,il p]dit ses p>5ts en bas ge1 et se tr\va de bonne heure possesseur de qu>ante mille livres de r5tes4 ,c'tait alors une belle =tune2 ma9t5ant ce n'e/ que ce qu'il faut t\t ju/e p\r ne pas m\rir de faim4 ,un oncle pat]nel soigna son ducation4 ,il apprit le lat91 t\t en s'tonnant que1 qu& on p\vait t\t exprim] en franais1 on se donnt tant de pe9e p\r appr5dre dire les mmes *oses en d'autres t]mes4 ,cep5dant il fit des progrs2 et qu& il fut p>v5u jusqu' ,horace1 il se conv]tit1 tr\va un gr& plaisir mdit] sur des ides si lgamm5t revtues1 et fit de vritables ef=ts p\r bi5 connatre la langue qu'avait p>le ce pote spirituel4 ,il apprit aussi la musique2 et aprs plusieurs essais1 se fixa au piano4 ,il ne se jeta po9t dans les difficults indf9ies de cet outil musical#eb1 et1 le rduisant son vritable usage1 il se cont5ta de dev5ir assez =t p\r accompagn] le *ant4 ,note #eb3 ,le piano e/ fait p\r facilit] la composition de la musique et p\r accompagn] le *ant4 ,j\ seul1 il n'a ni *aleur ni expression4 ,les ,espagnols indiqu5t p> bordone> l'action de j\] des in/rum5ts qui se p9c5t4 ,mais1 s\s ce rapport1 on le prfrait mme aux pr(esseurs1 p>ce qu'il ne *]*ait pas se mettre sur le premi] plan2 ne faisait ni les bras ni les yeux#ec2 et qu'il remplissait consci5cieusem5t le devoir impos t\t accompagnateur1 de s\t5ir et faire brill] la p]sonne qui *ante4 ,note #ec3 ,t]me d'argot musical3 faire les bras1 c'e/ s\lev] les c\des et les arrire-bras1 comme si on tait t\ff p> le s5tim5t3 faire les yeux1 c'e/ les t\rn] v]s le ciel1 comme si on allait se pm]2 faire des brio*es1 c'e/ manqu] un trait1 une intonation4 ,s\s l'gide de son ge1 il trav]sa sans accid5t les temps les plus t]ribles de la rvolution2 mais il fut conscrit son t\r1 a*eta un homme qui alla bravem5t se faire tu] p\r lui2 et bi5 muni de l'extrait mortuaire de son ,sosie1 se tr\va conv5ablem5t plac p\r clbr] nos triomphes1 ou dplor] nos rev]s4 ,m4 de ,borose tait de taille moy5ne1 mais il tait p>faitem5t bi5 fait4 ,quant sa figure1 elle tait s5suelle1 et n\s en donnons une ide en disant que1 si on et rassembl avec lui dans le mme salon1 ,gavaudan des ,v>its1 ,mi*ot des ,franais1 et le vaudevilli/e ,dsaugi]s1 ils aurai5t t\s quatre eu l'air d'tre de la mme famille4 ,sur le t\t1 il tait conv5u de dire qu'il tait joli g>on1 et il eut p>fois quelque raison d'y croire4 ,pr5dre un tat fut p\r lui une gr&e affaire3 il en essaya plusieurs2 mais1 y tr\vant t\j\rs quelques inconvni5ts1 il se rduisit une oisivet occupe1 c'e/--dire qu'il se fit recevoir dans quelques socits littraires2 qu'il fut du comit de bi5faisance de son arrondissem5t1 s\scrivit quelques runions philan?ropiques2 et1 en aj\tant cela le so9 de sa =tune1 qu'il rgissait m]veille1 il eut t\t comme un autre1 ses affaires1 sa correspondance et son cab9et4 ,arriv v+t-huit ans1 il crut qu'il tait temps de se m>i]1 ne v\lut voir sa future qu' table1 et1 la troisime entrevue1 se tr\va suffisamm5t conva9cu qu'elle tait galem5t jolie1 bonne et spirituelle4 ,le bonheur conjugal de ,borose fut de c\rte dure3 pe9e y avait-il dix-huit mois qu'il tait m>i1 qu& sa femme m\rut en c\*es1 lui laissant un regret t]nel de cette sp>ation si prompte1 et p\r consolation une fille qu'il nomma ,h]m9ie1 et dont n\s n\s occup]ons plus t>d4 ,m4 de ,borose tr\va assez de plaisirs dans les div]ses occupations qu'il s'tait faites4 ,cep5dant il s'ap]ut la longue que1 mme dans les assembles *oisies1 il y a des prt5tions1 des protecteurs1 quelquefois un peu de jal\sie4 ,il mit t\tes ces misres sur le compte de l'humanit qui n'e/ p>faite nulle "p1 n'en fut pas mo9s assidu1 mais obissant1 sans s'en d\t]1 a l'ordre du de/9 imprim sur ses traits1 v9t peu peu se faire une affaire pr9cipale des j\issances du gt4 ,m4 de ,borose disait que la ga/ronomie n'e/ autre *ose que la rflexion qui apprcie1 applique la sci5ce qui amliore4 ,il disait avec picure#ed3 ,l',homme e/-il donc fait p\r ddaign] les dons de la nature8 ,n'arrive-t-il sur la t]re que p\r y cueillir des fruits am]s8 ,p\r qui sont les fleurs que les dieux font crotre aux pi$s des mortels8444 ,c'e/ complaire la ,provid5ce que de s'ab&onn] aux div]s p5*ants qu'elle n\s suggre2 nos devoirs vi5n5t de ses lois2 nos dsirs1 de ses inspirations4 ,note #ed3 ,,alib]t1 ,physiologie des passions1 t4 ,i1 p4 #bda4 ,il disait avec le pr(esseur sbusi51 que les bonnes *oses sont p\r les bonnes g5s2 autrem5t il faudrait tomb] dans l'absurdit1 et croire que ,dieu ne les a cres que p\r les m*ants4 ,le premi] travail de ,borose eut lieu avec son cuis9i]1 et eut p\r b de lui montr] ses fonctions s\s leur vritable po9t de vue4 ,il lui dit qu'un cuis9i] habile1 qui p\vait tre un savant p> la ?orie1 l'tait t\j\rs p> la pratique2 que la nature de ses fonctions le plaait entre le *imi/e et le physici52 il alla mme jusqu' lui dire que le cuis9i] *>g de l'entreti5 du mcanisme animal1 tait au-dessus du ph>maci51 dont l'utilit n'e/ qu'occasionnelle4 ,il aj\tait1 avec un docteur aussi spirituel que savant#ee1 que le cuis9i] a d appr(ondir l'art de modifi] les alim5ts p> l'action du feu1 art inconnu aux anci5s4 ,cet art exige de nos j\rs des tudes et des comb9aisons savantes1 il faut avoir rfl*i longtemps sur les productions du globe p\r employ] avec habilet les assaisonnem5ts1 et dguis] l'am]tume de c]ta9s mets1 p\r en r5dre d'autres plus sav\reux1 p\r mettre en oeuvre les meilleurs +rdi5ts4 ,le cuis9i] europen e/ celui qui brille surt\t dans l'art d'opr] ces m]veilleux mlanges4 ,l'allocution fit son effet1 et le *ef#ef1 bi5 pntr de son importance1 se t9t t\j\rs la hauteur de son emploi4 ,note #ee3 ,,alib]t1 ,physiologie des passions1 t4 ,i1 p4 #aif4 ,note #ef3 ,dans une maison bi5 organise1 le cuis9i] se nomme *ef4 ,il a s\s lui l'aide aux entres1 le ptissi]1 le rtisseur et les f\ille-au-pot 7l'(fice e/ une in/itution "p74 ,les f\ille-au-pot sont les m\sses de la cuis9e3 comme eux1 ils sont s\v5t battus3 et comme eux1 ils font quelquefois leur *em94 ,un peu de temps1 de rflexion et d'expri5ce apprir5t bi5tt ,m4 de ,borose que1 le nombre des mets tant peu prs fix p> l'usage1 un bon dn] n'e/ pas de beauc\p plus *] qu'un mauvais2 qu'il n'en cote pas c9q c5ts francs de plus p> an p\r ne boire jamais que de trs bon v92 et que t\t dp5d de la volont du matre1 de l'ordre qu'il met dans sa maison et du m\vem5t qu'il imprime t\s ceux dont il paie les s]vices4 p>tir de ces po9ts fondam5taux1 les dn]s de ,borose prir5t un aspect classique et sol5nel3 la r5omme en clbr]a les dlices2 on se fit une gloire d'y avoir t appel2 et tels en vantr5t les *>mes1 qu'ils n'y avai5t jamais p>u4 ,il n'engageait jamais ces soi-disant ga/ronomes qui ne sont que des gl\tons1 dont le v5tre e/ un abme1 et qui mang5t p>t\t1 de t\t et t\t4 ,il tr\vait s\hait1 p>mi ses amis1 dans les trois premires catgories1 des convives aimables qui1 sav\rant avec une att5tion vraim5t philosophique1 et donnant cette tude t\t le temps qu'elle exige1 n'oubliai5t jamais qu'il e/ un in/ant o la raison dit l'apptit3 ,non proc$es amplius 7tu n'iras pas plus lo974 ,il lui arrivait s\v5t que des m>*&s de come/ibles lui apportai5t des morceaux de haute di/9ction1 et qu'ils prfrai5t les lui v5dre un prix modr1 p> la c]titude o ils tai5t que ces mets s]ai5t consomms avec calme et rflexion1 qu'il en s]ait bruit dans la socit1 et que la rputation de leurs magas9s s'en accrotrait d'autant4 ,le nombre des convives *ez ,m4 de ,borose excdait r>em5t neuf1 et les mets n'tai5t pas trs nombreux2 mais l'insi/ance du matre et son gt exquis avai5t f9i p> les r5dre p>faits4 ,la table prs5tait en t\t temps ce que la saison p\vait (frir de meilleur1 soit p> la r>et1 soit p> la primeur2 et le s]vice se faisait avec tant de so9 qu'il ne laissait ri5 dsir]4 ,la conv]sation p5dant le repas tait t\j\rs gnrale1 gaie et s\v5t in/ructive2 cette d]nire qualit tait due une prcaution trs p>ticulire que pr5ait ,borose4 ,*aque sema9e1 un savant di/+u1 mais pauvre1 auquel il faisait une p5sion1 desc5dait de son septime tage1 et lui remettait une srie d'objets propres tre discuts table4 ,l'amphitryon avait so9 de les mettre en avant qu& les propos du j\r comm5ai5t s'us]1 ce qui ranimait la conv]sation et racc\rcissait d'autant les discussions politiques qui tr\bl5t galem5t l'+e/ion et la dige/ion4 ,deux fois p> sema9e1 il invitait les dames1 et il avait so9 d'arrang] les *oses de manire que *acune tr\vait p>mi les convives un cavali] qui s'occupait uniquem5t d'elle4 ,cette prcaution jetait beauc\p d'agrm5t dans sa socit1 c> la prude mme la plus svre e/ humilie qu& elle re/e inap]ue4 ces j\rs seulem5t1 un mode/e c>t tait p]mis2 les autres j\rs1 on n'admettait que le piquet et le :i/1 jeux graves1 rfl*is1 et qui indiqu5t une ducation soigne4 ,mais le plus s\v5t ses soires se passai5t dans une aimable caus]ie1 entremle de quelques romances n\velles que ,borose accompagnait avec ce tal5t que n\s avons dj indiqu1 ce qui lui attirait des applaudissem5ts auxquels il tait bi5 lo9 d'tre ins5sible4 ,le premi] lundi de *aque mois1 le cur de ,borose v5ait dn] *ez son p>oissi52 il tait sr d'y tre accueilli avec t\tes sortes d'g>ds4 ,la conv]sation1 ce j\r-l1 s'arrtait sur un ton un peu plus srieux1 mais qui n'excluait cep5dant pas une innoc5te plaisant]ie4 ,le *] pa/eur ne se refusait pas aux *>mes de cette runion1 et il se surpr5ait quelquefois dsir] que *aque mois et quatre premi]s lundis4 ,c'e/ au mme j\r que la jeune ,h]m9ie sortait de la maison de madame ,mign]on#eg1 o elle tait en p5sion3 cette dame accompagnait le plus s\v5t sa pupille4 ,celle-ci annonait1 *aque visite1 une grce n\velle2 elle adorait son pre1 et qu& il la bnissait en dposant un bais] sur son front incl91 nuls tres au monde n'tai5t plus heureux qu'eux4 ,note #eg3 ,madame ,mign]on ,remy dirige1 rue de ,valois1 faub\rg du ,r\le1 n #d1 une maison d'ducation s\s la protection de ,madame la du*esse d',orlans3 le local e/ sup]be1 la t5ue p>faite1 le ton excell5t1 les matres les meilleurs de ,p>is1 et ce qui t\*e surt\t le pr(esseur1 c'e/ que1 avec tant d'avantages1 le prix e/ tel que des =tunes presque mode/es peuv5t y atte9dre4 ,borose se donnait des so9s cont9uels p\r que la dp5se qu'il faisait p\r sa table pt t\rn] au pr(it de la morale4 ,il ne donnait sa confiance qu'aux f\rnisseurs qui se faisai5t connatre p> leur loyaut dans la qualit des *oses et leur modration dans les prix2 il les prnait et les aidait au beso91 c> il avait encore c\tume de dire que les g5s trop presss de faire leur =tune sont s\v5t peu dlicats sur le *oix des moy5s4 ,son m>*& de v9 s'enri*it assez promptem5t p>ce qu'il fut proclam sans mlang1 qualit dj r>e mme *ez les ,a?ni5s du temps de ,pricls1 et qui n'e/ pas commune au dix-neuvime sicle4 ,on croit que c'e/ lui qui1 p> ses conseils1 dirigea la conduite d',hurba91 re/aurateur au ,palais-,royal2 ,hurba91 *ez qui l'on tr\ve p\r deux francs un dn] qu'on pai]ait ailleurs plus du d\ble1 et qui m>*e la =tune p> une r\te d'autant plus sre que la f\le crot *ez lui en raison directe de la modration de ses prix4 ,les mets enlevs de dessus la table du ga/ronome n'tai5t po9t livrs la discrtion des dome/iques2 amplem5t ddommags d'ailleurs2 t\t ce qui cons]vait une belle app>5ce avait une de/9ation indique p> le matre4 ,in/ruit1 p> sa place au comit de bi5faisance1 des beso9s et de la moralit d'un gr& nombre de ses adm9i/rs2 il tait sr de bi5 dirig] ses dons1 et des portions de come/ibles1 encore trs dsirables1 v5ai5t de temps en temps *ass] le beso9 et faire natre la joie2 p> exemple1 la queue d'un gras bro*et1 la mitre d'un d9don1 un morceau de filet1 de la ptiss]ie1 etc4 ,mais p\r r5dre ces envois encore plus pr(itables1 il avait att5tion de les annonc] p\r le lundi mat91 ou p\r le l5dema9 d'une fte1 obviant a9si la cessation du travail p5dant les j\rs fris1 combattant les inconvni5ts de la sa9t lundi#eh1 et faisant de la s5sualit l'antidote de la crapule4 ,note #eh3 ,la plup>t des ouvri]s1 ,p>is1 travaill5t le diman*e mat9 p\r f9ir l'ouvrage comm5c1 le r5dre qui de droit1 et en recevoir le prix3 aprs quoi ils p>t5t et vont se div]tir le re/e du j\r4 ,le lundi mat91 ils s'assembl5t p> cot]ies1 mett5t en commun t\t ce qui leur re/e d'arg5t1 et ne se quitt5t pas que t\t ne soit dp5s4 ,cet tat de *oses qui tait rig\reusem5t vrai il y a dix ans1 s'e/ un peu amlior p> les so9s des matres d'ateli]s et p> les tablissem5ts d'conomie et d'accumulation2 mais le mal e/ encore trs gr&1 et il y a beauc\p de temps et de travail p]du au pr(it des ,tivolis1 rp>ateurs1 cab>eti]s et tav]ni]s des faub\rgs et la banlieue4 ,qu& ,m4 de ,borose avait dc\v]t dans la troisime ou quatrime classe des comm]ants un jeune mnage bi5 uni1 et dont la conduite prud5te annonait les qualits sur lesquelles se fonde la prosprit des nations1 il leur faisait la prv5ance d'une visite1 et se faisait un devoir de les engag] dn]4 ,au j\r indiqu1 la jeune femme ne manquait pas de tr\v] des dames qui lui p>lai5t des so9s intrieurs d'une maison1 et le m>i1 des hommes p\r caus] de comm]ce et de manufactures4 ,ces invitations1 dont le motif tait connu1 f9ir5t p> dev5ir une di/9ction1 et *acun s'empressa de les mrit]4 ,p5dant que t\tes ces *oses se passai5t1 la jeune ,h]m9ie croissait et se dveloppait s\s les ombrages de la rue de ,valois1 et n\s devons nos lecteurs le portrait de la fille1 comme p>tie intgrante de la biographie du pre4 ,mademoiselle ,h]m9ie de ,borose e/ gr&e 7#e pi$s #a p\ce7 et sa taille runit la lgret d'une nymphe la taille d'une desse4 ,fruit unique d'un m>iage heureux1 sa sant e/ p>faite1 sa =ce physique rem>quable2 elle ne cra9t ni la *aleur ni le hle1 et les plus longues prom5ades ne l'p\vant5t pas4 ,de lo9 on la croirait brune1 mais en y reg>dant de plus prs1 on s'ap]oit que ses *eveux sont *ta9 fonc1 ses cils noirs et ses yeux bleu d'azur4 ,la plup>t de ses traits sont grecs1 mais son nez e/ gaulois2 ce nez *>mant fait un effet si gracieux1 qu'un comit d'arti/es1 aprs en avoir dlibr p5dant trois dn]s1 a dcid que ce type t\t franais e/ au mo9s aussi digne que1 t\t autre d'tre immortalis p> le p9ceau1 le ciseau et le bur94 ,le pi$ de cette jeune fille e/ rem>quablem5t petit et bi5 fait2 le pr(esseur l'a tant l\e et mme cajole ce sujet1 qu'au j\r de l'an #ahbe1 et avec l'approbation de son pre1 elle lui a fait cadeau d'un petit s\li] de sat9 noir1 qu'il montre aux lus1 et dont il se s]t p\r pr\v] que l'extrme sociabilit agit sur les =mes comme sur les p]sonnes2 c> il prt5d qu'un petit pi$ tel que n\s le re*]*ons ma9t5ant1 e/ le produit des so9s et de la culture1 ne se tr\ve presque jamais p>mi les villageois1 et indique presque t\j\rs une p]sonne dont les aeux ont longtemps vcu dans l'aisance4 ,qu& ,h]m9ie a relev sur son peigne la =t de *eveux qui c\vre sa tte et s]r une simple tunique avec une ce9ture de rubans1 on la tr\ve *>mante1 et on ne se figure pas que des fleurs1 des p]les ou des diamants puiss5t aj\t] sa beaut4 ,illu/ration ,sa conv]sation e/ simple et facile1 et on ne se d\t]ait pas qu'elle connat nos meilleurs auteurs2 mais dans l'occasion elle s'anime1 et la f9esse de ses rem>ques trahit son secret3 aussitt qu'elle s'en ap]oit elle r\git1 ses yeux se baiss5t1 et sa r\geur pr\ve sa mode/ie4 ,mademoiselle de ,borose j\e galem5t bi5 du piano et de la h>pe2 mais elle prfre ce d]ni] in/rum5t p> je ne sais quel s5tim5t en?\sia/ique p\r les h>pes cle/es dont sont arms les anges1 et p\r les h>pes d'or tant clbres p> ,ossian4 ,sa voix e/ aussi d'une d\ceur et d'une rectitude cle/es2 ce qui ne l'emp*e pas d'tre un peu timide2 cep5dant elle *ante sans se faire pri]1 mais elle ne manque pas1 en comm5ant1 de jet] sur son auditoire un reg>d qui l'ensorcelle1 de sorte qu'elle p\rrait *ant] faux comme tant d'autres1 qu'on n'aurait pas la =ce de s'en ap]cevoir4 ,elle n'a po9t nglig les travaux de l'aiguille1 s\rce de j\issances bi5 innoc5tes et ress\rces t\j\rs prtes contre l'ennui2 elle travaille comme une fe1 et *aque fois qu'il p>at quelque *ose de n\veau en ce g5re1 la premire ouvrire du ,pre de famille e/ habituellem5t *>ge de v5ir le lui appr5dre4 ,le coeur d',h]m9ie n'a po9t encore p>l1 et la pit filiale a jusqu'ici suffi son bonheur2 mais elle a une vritable passion p\r la danse1 qu'elle aime la folie4 ,qu& elle se place une contr$anse1 elle p>ait gr&ir de deux p\ces1 et on croirait qu'elle va s'envol]2 cep5dant sa danse e/ modre1 et ses pas sans prt5tion2 elle se cont5te de circul] avec lgret1 en dveloppant ses =mes aimables et gracieuses2 mais quelques *appes on dev9e ses p\voirs1 et on s\ponne que si elle usait de t\s ses moy5s1 madame ,montessu aurait une rivale4 ,mme qu& l'oiseau m>*e on voit qu'il a des ailes4 ,auprs de cette fille *>mante qu'il avait retire de sa p5sion1 j\issant d'une =tune sagem5t adm9i/re et d'une considration ju/em5t mrite1 ,m4 de ,borose vivait heureux1 et ap]cevait encore devant lui une langue c>rire p>c\rir2 mais t\te esprance e/ trompeuse1 et on ne peut pas rpondre de l'av5ir4 ,v]s le milieu du mois de m>s d]ni]1 ,m4 de ,borose ft invit all] pass] une j\rne la campagne avec quelques amis4 ,on tait un de ces j\rs prmaturm5t *auds1 avant-c\reurs du pr9temps1 et on ent5dait aux bornes de l'horizon quelques-uns de ces grondem5ts s\rds qui font dire prov]bialem5t que l'hiv] se casse le c\3 ce qui n'emp*a pas qu'on se mt en r\te p\r la prom5ade4 ,cep5dant bi5tt le ciel prit une face m5aante1 les nuages s'amoncelr5t1 et un orage p\vantable clata avec tonn]re1 pluie et grle4 ,*acun se sauva comme il put et o il put2 ,m4 de ,borose *]*a un asile s\s un peupli] dont les bran*es infrieures1 incl9es en p>asol1 p>aissai5t devoir le g>antir4 ,asile fune/e6 la po9te de l'arbre allait *]*] le fluide lectrique jusque dans les nuages1 et la pluie en tombant le long des bran*es1 lui s]vait de conducteur4 ,bi5tt une dtonnation effroyable se fit ent5dre1 et l'in=tun prom5eur tomba mort sans avoir eu le temps de p\ss] un s\pir4 ,enlev a9si p> ce g5re de mort que dsirait ,cs>1 et sur lequel il n'y avait pas moy5 de glos]1 ,m4 de ,borose fut ent]r avec les crmonies du rituel le plus complet4 ,son convoi fut suivi jusqu'au cimetire du ,pre-,la*aise p> une f\le de g5s pi$ et en voiture2 son loge tait dans t\tes les b\*es1 et qu& une voix amie pronona sur sa tombe une allocution t\*ante1 il y eut *o dans le coeur de t\s les assi/ants4 ,h]m9ie fut att]re d'un malheur si gr& et si inatt5du2 elle n'eut pas de convulsions1 elle n'eut pas de crises de n]fs1 elle n'alla pas ca*] sa d\leur dans son lit2 mais elle pleura son pre avec tant d'ab&on1 de cont9uit et d'am]tume1 que ses amis esprr5t que l'excs de sa d\leur en devi5drait le remde1 c> n\s ne sommes pas assez =tem5t tremps p\r pr\v] p5dant longtemps un s5tim5t si vif4 ,le temps a donc fait sur ce jeune coeur son effet immanquable2 ,h]m9ie peut nomm] son pre sans fondre en l>mes2 mais elle en p>le avec une pit d\ce1 un regret si +nu1 un am\r si actuel et un acc5t si pr(ond1 qu'il e/ impossible de l'ent5dre et de ne pas p>tag] son att5drissem5t4 ,heureux celui qui ,h]m9ie donn]a le droit de l'accompagn] et de port] avec elle une c\ronne funraire sur la tombe de leur pre6 ,dans une *apelle latrale de l'glise de444 on rem>que *aque diman*e1 la messe de midi1 une gr&e et belle jeune p]sonne accompagne p> une dame ge4 ,sa t\rnure e/ *>mante1 mais un voile pais ca*e son visage4 ,il faut cep5dant que les traits en soi5t connus1 c> on rem>que t\t aut\r de cette *apelle une f\le de jeunes dvots de fra*e date1 t\s =t lgamm5t mis1 et dont quelques-uns sont =t beaux g>ons4 ,cortge d'une hritire4 #adg4--,passant un j\r de la rue de la ,paix la place ,v5dme1 je fus arrt p> le cortge de la plus ri*e hritire de ,p>is1 p\r lors m>i] et rev5ant du bois de ,b\logne4 ,il tait compos comme il suit3 #a ,la belle1 objet de t\s les voeux1 monte sur un trs beau *eval bai1 qu'elle maniait avec adresse3 amazone bleue longue queue1 *apeau noir plumes blan*es2 #b ,son tuteur1 m>*ant ct d'elle avec la physionomie grave et le ma9ti5 important atta* ses fonctions2 #c ,gr\pe de d\ze qu9ze p\rsuivants1 *]*ant t\s se faire di/+u]1 qui p> son empressem5t1 qui p> son adresse hippiatrique1 qui p> sa mlancolie2 #d ,un en cas magnifiquem5t attel1 p\r s]vir en cas de pluie ou de fatigue2 co*] corpul5t1 jokey pas plus gros que le po+2 #e ,dome/iques *eval de t\tes les livres1 en gr& nombre et ple-mle4 ,ils passr5t444 et je cont9uai de mdit]4 ,m,,ditation #cj ,b\quet4 #adh4--;,,ga/,r,a e/ la dixime muse3 elle prside aux j\issances du gt4 ,elle p\rrait prt5dre l'empire de l'univ]s2 c> l'univ]s n'e/ ri5 sans la vie1 et t\t ce qui vit se n\rrit4 ,elle se plat p>ticulirem5t sur les coteaux o la vigne fleurit1 sur ceux que l'orang] p>fume1 dans les bosquets o la truffe s'labore1 dans les pays abondants en gibi] et en fruits4 ,qu& elle daigne se montr]1 elle app>at s\s la figure d'une jeune fille3 sa ce9ture e/ c\leur de feu2 ses *eveux sont noirs1 ses yeux bleu d'azur1 et ses =mes ple9es de grces2 belle comme ,vnus1 elle e/ surt\t s\v]a9em5t jolie4 ,elle se montre r>em5t aux mortels2 mais sa /atue les console de son invisibilit4 ,un seul sculpteur a t admis contempl] tant de *>mes1 et tel a t le succs de cet arti/e aim des dieux1 que quiconque voit son ouvrage1 croit y reconnatre les traits de la femme qu'il a le plus aime4 ,de t\s les lieux o ,ga/ra a des autels1 celui qu'elle prfre e/ celle ville1 re9e du monde1 qui emprisonne la ,se9e entre les m>bres de ses palais4 ,son temple e/ bti sur cette montagne clbre laquelle ,m>s donn son nom2 il e/ pos sur un socle imm5se de m>bre blanc1 sur lequel on monte de t\s cts p> c5t m>*es4 ,c'e/ dans ce bloc rvr que sont p]cs ces s\t]ra9s my/rieux o l'art int]roge la nature et la s\met ses lois4 ,c'e/ l que l'air1 l'eau1 le f] et le feu1 mis en action p> des ma9s habiles1 divis5t1 runiss5t1 tritur5t1 amalgam5t et produis5t les effets dont le vulgaire ne connat pas la cause4 ,c'e/ de l enf9 que s'*app5t1 des poques dt]m9es1 des recettes m]veilleuses dont les auteurs aim5t re/] inconnus1 p>ce que leur bonheur e/ dans leur consci5ce1 et que leur rcomp5se consi/e savoir qu'ils ont recul les bornes de la sci5ce et procur aux hommes des j\issances n\velles4 ,le temple1 monum5t unique d'ar*itecture simple et maje/ueuse1 e/ support p> c5t colonnes de jaspe ori5tal et clair p> un dme qui imite la vote des cieux4 ,n\s n'entr]ons pas dans le dtail des m]veilles que cet difice r5f]me1 il suffira de dire que les sculptures qui en orn5t les frontons1 a9si que les bas-reliefs qui en dcor5t l'ence9te1 sont consacres la mmoire des hommes qui ont bi5 mrit de leurs semblables p> des inv5tions utiles1 telles que l'application du feu aux beso9s de la vie1 l'inv5tion de la *>rue1 et autres p>eilles4 ,bi5 lo9 du dme et dans le sanctuaire1 on voit la /atue de la desse3 elle a la ma9 gau*e appuye sur un f\rneau1 et ti5t de la droite la production la plus *re ses adorateurs4 ,le baldaqu9 de cri/al qui la c\vre e/ s\t5u p> huit colonnes de mme matire2 et ces colonnes1 cont9uellem5t inondes de flamme lectrique1 rp&5t dans le lieu sa9t une cl>t qui a quelque *ose de div94 ,le culte de la desse e/ simple3 *aque j\r1 au lev] du soleil1 ses prtres vi5n5t enlev] la c\ronne de fleurs qui orne sa /atue1 en plac5t une n\velle et *ant5t en *oeur un des hymnes nombreux p> lesquels la posie a clbr les bi5s dont l'immortelle comble le g5re huma94 ,ces prtres sont au nombre de d\ze1 prsids p> le plus g3 ils sont *oisis p>mi les plus savants2 et les plus beaux1 t\tes *oses gales1 obti5n5t la prfr5ce4 ,leur ge e/ celui de la maturit2 ils sont sujets la vieillesse1 mais jamais la caducit2 l'air qu'il respir5t dans le temple les en df5d4 ,les ftes de la desse gal5t le nombre des j\rs de l'anne2 c> elle ne cesse jamais de v]s] ses bi5faits2 mais p>mi ces j\rs il en e/ un qui lui e/ spcialem5t consacr3 c'e/ le ,,v+t-,,un ,,septembre1 appel le gr& halel ga/ronomique4 ,en ce j\r sol5nel1 la ville-re9e e/1 ds le mat91 environne d'un nuage d'enc5s2 le peuple1 c\ronn de fleurs1 p>c\rt les rues en *antant les l\anges de la desse2 les citoy5s s'appell5t p> les titres de la plus aimable p>5t2 t\s les coeurs sont mus des plus d\x s5tim5ts2 l'atmosphre se *>ge de sympa?ie1 et propage p>t\t l'am\r et l'amiti4 ,une p>tie de la j\rne se passe dans ces pan*em5ts1 et l'heure dt]m9e p> l'usage1 la f\le se porte v]s le temple o doit se clbr] le banquet sacr4 ,dans le sanctuaire1 aux pi$s de la /atue1 s'lve une table de/9e aux collge des prtres4 ,une autre table de d\ze c5ts c\v]ts a t prp>e s\s le dme p\r des convives des deux sexes4 ,t\s les arts ont conc\ru l'ornem5t de ces tables sol5nelles2 ri5 de si lgant ne p>ut jamais dans le palais des rois4 ,les prtres arriv5t d'un pas grave et d'un air prp>2 ils sont vtus d'une tunique blan*e de la9e de ca*emire1 une brod]ie inc>nat en orne les bords1 et une ce9ture de mme c\leur en ramasse les plis2 leur physionomie annonce la sant et la bi5veillance2 ils s'assey5t aprs s'tre rciproquem5t salus4 ,dj des s]viteurs1 vtus de f9 l91 ont plac les mets devant eux3 ce ne sont po9t des prp>ations communes faites p\r apais] des beso9s vulgaires2 ri5 n'e/ s]vi sur cette table augu/e qui n'en ait t jug digne1 et qui ne ti5ne la sphre transc5dante1 tant p> le *oix de la matire que p> la pr(ondeur du travail4 ,les vnrables consommateurs sont au-dessus de leurs fonctions3 leur conv]sation paisible et sub/antielle r\le sur les m]veilles de la cration et la puissance de l'art2 ils mang5t avec l5teur et sav\r5t avec n]gie2 le m\vem5t imprim leur m*oire quelque *ose de moelleux2 on dirait que *aque c\p de d5t a un acc5t p>ticuli]1 et s'il leur arrive de prom5] la langue sur leurs lvres v]nisses1 l'auteur des mets en consommation en acqui]t une gloire immortelle4 ,les boissons1 qui se succd5t p> int]valles1 sont dignes de ce banquet2 elles sont v]ses p> d\ze jeunes filles *oisies1 p\r ce j\r seulem5t1 p> un comit de pe9tres et de sculpteurs2 elles sont vtues l'a?ni5ne1 co/ume heureux qui favorise la beaut sans al>m] la pudeur4 ,les prtres de la desse n'affect5t po9t de dt\rn] des reg>ds hypocrites1 t&is que de jolies ma9s font c\l] p\r eux les dlices des deux mondes2 mais t\t en admirant le plus bel ouvrage du ,crateur1 la ret5ue de la sagesse ne cesse pas de sig] sur leur front3 la manire dont ils rem]ci5t1 dont ils boiv5t1 exprime ce d\ble s5tim5t4 ,aut\r de cette table my/rieuse on voit circul] des rois1 des pr9ces et d'illu/res trang]s1 arrivs exprs de t\tes les p>ties du monde2 ils m>*5t en sil5ce et obs]v5t avec att5tion3 ils sont v5us p\r s'in/ruire dans le gr& art de bi5 mang]1 art difficile1 et que des peuples enti]s ignor5t encore4 ,p5dant que ces *oses se pass5t dans le sanctuaire1 une hil>it gnrale et brillante anime les convives placs aut\r de la table du dme4 ,cette gat e/ due surt\t ce qu'aucun d'entre eux n'e/ plac ct de la femme laquelle il a dj t\t dit4 ,a9si l'a v\lu la desse4 cette table imm5se ont t appels1 p> *oix1 les savants des deux sexes qui ont enri*i l'art p> leurs dc\v]tes1 les matres de maisons qui rempliss5t avec tant de grce les devoirs de l'hospitalit franaise1 les savants cosmopolites qui la socit doit des importations utiles ou agrables1 et ces hommes misricordieux qui n\rriss5t le pauvre des dp\illes opimes de leur sup]flu4 ,le c5tre en e/ vid1 et laisse un gr& espace qui e/ occup p> une f\le de prosecteurs et de di/ributeurs qui (fr5t et voitur5t des p>ties les plus loignes t\t ce que les convives peuv5t dsir]4 ,l se tr\ve plac avec avantage t\t ce que la nature1 dans sa prodigalit1 a cr p\r la n\rriture de l'homme4 ,ces trsors sont c5tupls1 non seulem5t p> leur association1 mais encore p> les mtamorphoses que l'art leur a fait subir4 ,cet en*anteur a runi les deux mondes1 confondu les rgnes et rappro* les di/ances2 le p>fum qui s'lve de ces prp>ations savantes embaume l'air et le remplit de gaz excitateurs4 ,cep5dant de jeunes g>ons1 aussi beaux que bi5 vtus1 p>c\r5t le c]cle extrieur1 et prs5t5t incessamm5t des c\pes remplies de v9 dlicieux1 qui ont tantt l'clat du rubis1 tantt la c\leur plus mode/e de la topaze4 ,de temps en temps1 d'habiles musici5s1 placs dans les gal]ies du dme1 font ret5tir le temple des acc5ts mlodieux d'une h>monie aussi simple que savante4 ,alors les ttes s'lv5t1 l'att5tion e/ entrane1 et p5dant ces c\rts int]valles1 t\tes les conv]sations sont susp5dues2 mais elles recomm5c5t bi5tt avec plus1 de *>me2 il semble que ce n\veau prs5t des dieux ait donn l'imag9ation plus de fra*eur1 et t\s les coeurs plus d'ab&on4 ,lorsque le plaisir de la table a rempli le temps qui lui e/ assign1 le collge des prtres s'avance1 sur le bord de l'ence9te2 ils vi5n5t pr5dre "p au b\quet1 se ml] avec les convives1 et boire avec eux le moka que le lgislateur de l',ori5t p]met ses disciples4 ,la liqueur embaume fume dans des vases rehausss d'or2 et les belles acolytes du sanctuaire p>c\r5t l'assemble p\r di/ribu] le sucre qui en ad\cit l'am]tume4 ,elles sont *>mantes1 et cep5dant telle e/ l'influ5ce de l'air qu'on respire dans le temple de ,ga/ra1 qu'aucun coeur de femme ne s'ouvre la jal\sie4 ,enf9 le doy5 des prtres entonne l'hymne de reconnaissance2 t\tes les voix s'y joign5t1 les in/rum5ts s'y confond5t3 cet hommage des coeurs s'lve v]s le ciel1 et le s]vice e/ f9i4 ,alors seulem5t comm5ce le banquet populaire1 c> il n'e/ po9t de vritables ftes qu& le peuple ne j\it pas4 ,des tables1 dont l'oeil n'ap]oit pas la f91 sont dresses dans t\tes les rues1 sur t\tes les places1 au-devant de t\s les palais4 ,on s'assi$ o l'on se tr\ve2 le has>d rappro*e les rangs1 les ges1 les qu>ti]s3 t\tes les ma9s se r5contr5t et se s]r5t avec cordialit2 on ne voit que des visages cont5ts4 ,quoique la gr&e ville ne soit alors qu'un imm5se rfectoire1 la gnrosit des p>ticuli]s assure l'abondance1 t&is qu'un g\v]nem5t pat]nel veille avec sollicitude p\r le ma9ti5 de l'ordre1 et p\r que les d]nires limites de la sobrit ne soi5t pas outrepasses4 ,bi5tt une musique vive et anime se fait ent5dre2 elle annonce la danse1 cet ex]cice aim de la jeunesse4 ,des salles imm5ses1 des e/rades la/iques qui ont t prp>es1 et des rafra*issem5ts de t\te espce1 ne manqu]ont pas4 ,on y c\rt en f\le1 les uns p\r agir1 les autres p\r enc\rag] et comme simples spectateurs4 ,on rit en voyant quelques vieill>ds1 anims d'un feu passag]1 (frir la beaut un hommage phmre2 mais le culte de la desse et la sol5nit du j\r excus5t t\t4 ,p5dant longtemps ce plaisir se s\ti5t2 l'allgresse e/ gnrale1 le m\vem5t univ]sel1 et on ent5d avec pe9e la d]nire heure annonc] le repos4 ,cep5dant p]sonne ne rsi/e cet appel2 t\t s'e/ pass avec dc5ce2 *acun se retire cont5t de sa j\rne1 et se c\*e ple9 d'espoir dans les vnem5ts d'une anne qui a comm5c s\s d'aussi heureux auspices4 ,illu/ration ,,physiologie ,,du ,,g\t ,,seconde ,,p>tie4 ,,transition4 ,si l'on m'a lu jusqu'ici avec cette att5tion que j'ai *]* faire natre et s\t5ir1 on a d voir qu'en crivant j'ai eu un d\ble b que je n'ai jamais p]du de vue3 le premi] a t de pos] les bases ?oriques de la ga/ronomie1 af9 qu'elle puisse se plac]1 p>mi les sci5ces1 au rang qui lui e/ inconte/ablem5t d2 le second1 de df9ir avec prcision ce qu'on doit ent5dre p> g\rm&ise1 et de sp>] p\r t\j\rs cette qualit sociale de la gl\tonn]ie et de l'intemprance1 avec lesquelles on l'a si mal propos confondue4 ,cette quivoque a t introduite p> des morali/es intolrants qui1 tromps p> un zle outr1 ont v\lu voir des excs l o il n'y avait qu'une j\issance bi5 ent5due2 c> les trsors de la cration ne sont pas faits p\r qu'on les f\le aux pi$s4 ,il a t ensuite propag p> des grammairi5s insociables1 qui df9issai5t en aveugles et jurai5t 9 v]ba magi/ri4 ,il e/ temps qu'une p>eille erreur f9isse1 c> ma9t5ant2 t\t le monde s'ent5d2 ce qui e/ si vrai1 qu'en mme temps qu'il n'e/ p]sonne qui n'av\e une petite te9te de g\rm&ise et ne s'en fasse gloire1 il n'e/ p]sonne non plus qui ne prit grosse injure l'accusation de gl\tonn]ie1 de voracit ou d'intemprance4 ,sur ces deux po9ts c>d9aux1 il me semble que ce que j'ai crit jusqu' prs5t quivaut la dmon/ration1 et doit suffire p\r p]suad] t\s ceux qui ne se refus5t pas la conviction4 ,je p\rrais donc quitt] la plume et reg>d] comme f9ie la t*e que je me suis impose2 mais en appr(ondissant des sujets qui t\*5t t\t1 il m'e/ rev5u dans la mmoire beauc\p de *oses qui m'ont p>u bonnes crire1 des anecdotes c]ta9em5t 9dites1 des bons mots ns s\s mes yeux1 quelques recettes de haute di/9ction et autres hors-d'oeuvre p>eils4 ,sems dans la p>tie ?orique1 ils en euss5t rompu l'ensemble2 runis1 j'espre qu'ils s]ont lus avec plaisir1 p>ce que1 t\t en s'amusant1 on p\rra y tr\v] quelques vrits exprim5tales et dveloppem5ts utiles4 ,il faut bi5 aussi1 comme je l'ai annonc1 que je fasse p\r moi un peu de cette biographie qui ne donne lieu ni discussion ni comm5taires4 ,j'ai *]* la rcomp5se de mon travail dans cette p>tie o je me retr\ve avec mes amis4 ,c'e/ surt\t qu& l'exi/5ce e/ prs de n\s *app] que le moi n\s devi5t *]1 et les amis en font ncessairem5t p>tie4 ,cep5dant1 en relisant les endroits qui me sont p]sonnels1 je ne dissimul]ai pas que j'ai eu quelques m\vem5ts d'inquitude4 ,ce malaise prov5ait de mes d]nires1 t\t--fait d]nires lectures1 et des gloses qu'on a faites sur des mmoires qui sont dans les ma9s de t\t le monde4 ,j'ai cra9t que quelque mal91 qui aura mal digr et mal dormi1 ne vi5ne dire3 ,mais voil un pr(esseur qui ne se dit pas d'injures6 voil un pr(esseur qui se fait sans cesse des complim5ts6 voil un pr(esseur qui444 voil un pr(esseur que4446 quoi je rponds d'avance1 en me mettant en g>de1 que celui qui ne dit de mal de p]sonne a bi5 le droit de se trait] avec quelque indulg5ce2 et que je ne vois pas p> quelle raison je s]ais exclu de ma propre bi5veillance1 moi qui ai t\j\rs t trang] aux s5tim5ts ha9eux4 ,aprs cette rponse1 bi5 fonde en ralit1 je crois p\voir tre tranquille1 bi5 abrit dans mon manteau de philosophe2 et ceux qui insi/]ont1 je les dcl>e mauvais c\*eurs4 ,mauvais c\*eurs6 injure n\velle1 et p\r laquelle je veux pr5dre un brevet d'inv5tion1 p>ce que1 le premi]1 j'ai dc\v]t qu'elle conti5t en soi une vritable excommunication4 ,,v>i,t,s4 ,i4 ,l',omelette du ,cur4 ,t\t le monde sait que madame ,r999999 a occup p5dant v+t ans1 sans contradiction1 le trne de la beaut ,p>is4 ,on sait aussi qu'elle e/ extrmem5t *>itable1 et qu' une c]ta9e poque elle pr5ait intrt dans la plup>t des entreprises qui avai5t p\r b de s\lag] la misre1 quelquefois plus poignante dans la capitale que p>t\t ailleurs#ei4 ,note #ei3 ,ceux-l surt\t sont pla9dre1 dont les beso9s sont ignors2 c> il faut r5dre ju/ice aux ,p>isi5s1 et dire qu'ils sont *>itables et aumni]s4 ,je faisais1 en l'an x1 une petite p5sion hebdomadaire une vieille religieuse qui gisait un sixime tage1 p>alyse de la moiti du corps4 ,cette brave fille recevait assez de la bi5faisance des vois9s p\r vivre peu prs con=tablem5t et p\r n\rrir une soeur conv]se qui s'tait atta*e son sort4 ,ayant confr] ce sujet avec ,m4 le cur de444 elle se r5dit *ez lui v]s les c9q heures de l'aprs-midi1 et fut =t tonne de le tr\v] dj table4 ,la *re habitante de la rue du ,mont-,blanc croyait que t\t le monde1 ,p>is1 dnait six heures1 et ne savait pas que les ecclsia/iques comm5c5t en gnral de bonne heure1 p>ce qu'il en e/ beauc\p qui font le soir une lgre collation4 ,madame ,r999999 v\lait se retir]2 mais le cur la ret9t1 soit p>ce que l'affaire dont ils avai5t caus] n'tait pas de nature l'emp*] de dn]1 soit p>ce qu'une jolie femme n'e/ jamais un tr\ble-fte p\r qui que ce soit1 ou bi5 enf9 p>ce qu'il v9t s'ap]cevoir qu'il ne lui manquait qu'un int]locuteur p\r faire de son salon un vrai lyse ga/ronomique4 ,effectivem5t1 le c\v]t tait mis avec une propret rem>quable2 un v9 vieux t9celait dans un flacon de cri/al2 la porcela9e blan*e tait de premi] *oix2 les plats t5us *auds p> l'eau b\illante2 et une bonne1 la fois canonique et bi5 mise1 tait l prte recevoir les ordres4 ,le repas tait limitrophe entre la frugalit et la re*]*e4 ,un potage au c\lis d'crevisses v5ait d'tre enlev1 et on voyait sur la table une truite saumone1 une omelette et une salade4 ,mon dn] v\s appr5d ce que v\s ne savez peut-tre pas1 dit le pa/eur en s\riant2 c'e/ auj\rd'hui j\r maigre suivant les lois de l'glise4 ,notre amie s'incl9a en signe d'ass5tim5t2 mais des mmoires p>ticuli]s assur5t qu'elle r\git un peu1 ce qui n'emp*a pas le cur de mang]4 ,l'excution avait comm5c p> la truite1 dont la p>tie suprieure tait en consommation2 la sauce indiquait une ma9 habile et une satisfaction intrieure p>aissait sur le front du pa/eur4 ,aprs ce premi] plat1 il attaqua l'omelette1 qui tait ronde1 v5true1 et cuite po9t4 ,au premi] c\p de la cuill]1 la panse laissa *app] un jus li qui flattait la fois la vue et l'odorat2 le plat en p>aissait ple9 et la *re ,juliette av\ait que l'eau lui en tait v5ue la b\*e4 ,le m\vem5t sympa?ique n'*appa pas au cur1 acc\tum surveill] les passions des hommes2 et ayant l'air de rpondre une "q que madame ,r999999 s'tait bi5 g>de de faire3 ,c'e/ une omelette au ?on1 dit-il2 ma cuis9ire les ent5d m]veille1 et peu de g5s y gt5t sans m'en faire complim5t4--,je n'en suis pas tonne1 rpondit l'habitante de la ,*ausse-d',ant92 et jamais omelette si apptissante ne p>ut sur nos tables monda9es4 ,illu/ration3 page #ced ,la salade surv9t4 7,j'en recomm&e l'usage t\s ceux qui ont confiance en moi1 la salade rafra*it sans affaiblir1 et con=te sans irrit]3 j'ai c\tume de dire qu'elle rajeunit47 ,le dn] n'int]rompit pas la conv]sation4 ,on causa de l'affaire qui avait occasionn la visite1 de la gu]re qui faisait alors rage1 des affaires du temps1 des esprances de l'glise1 et autres propos de table qui font pass] un mauvais dn] et en embelliss5t un bon4 ,le dess]t v9t en son lieu2 il consi/ait en un fromage de ,septmoncel1 trois pommes de calville et un pot de confitures4 ,enf91 la bonne appro*a une petite table ronde1 telle qu'on en avait autrefois et qu'on nommait guridon1 sur laquelle elle posa une tasse de moka bi5 limpide1 bi5 *aud1 et dont l'arme remplit l'app>tem5t4 ,aprs l'avoir sirot 7sip$7 le cur dit ses grces et aj\ta en se levant3 ,je ne pr5ds jamais de liqueurs =tes2 c'e/ un sup]flu que j'(fre t\j\rs mes convives1 mais dont je ne fais aucun usage p]sonnel4 ,je me rs]ve a9si un sec\rs p\r l'extrme vieillesse1 si ,dieu me fait la grce d'y p>v5ir4 ,p5dant que ces *oses se passai5t1 le temps avait c\ru1 six heures arrivai5t2 madame ,r999999 se hta donc de remont] en voiture1 c> elle avait ce j\r-l dn] quelques amis dont je faisais p>tie4 ,elle arriva t>d1 suivant sa c\tume2 mais enf9 elle arriva1 encore t\t mue de ce qu'elle avait vu et flair4 ,il ne fut "q1 p5dant t\t le repas1 que du m5u du cur et surt\t de son omelette au ?on4 ,madame ,r999999 eut so9 de la l\] s\s les div]s rapports de la taille1 de la rondeur1 de la t\rnure1 et t\tes ses donnes tant c]ta9es1 il fut unanimem5t conclu qu'elle devait tre excell5te4 ,c'tait une vritable quation s5suelle que *acun fit sa manire4 ,le sujet de la conv]sation puis1 on passa d'autres et on n'y p5sa plus4 ,quant moi1 propagateur de vrits utiles1 je crus devoir tir] de l'obscurit une prp>ation que je crois aussi sa9e qu'agrable4 ,je *>geai mon matre-queux de s'en procur] la recette avec les dtails les plus m9utieux1 et je la donne d'autant plus volonti]s aux amateurs que je ne l'ai tr\ve dans aucun disp5saire4 ,prp>ation de l'omelette au ?on4 ,pr5ez1 p\r six p]sonnes1 deux laitances de c>pes bi5 laves que v\s f]ez blan*ir1 en les plongeant p5dant c9q m9utes dans l'eau dj b\illante et lgrem5t sale4 ,ayez p>eillem5t gros comme un oeuf de p\le de ?on n\veau1 auquel v\s jo9drez une petite *alote dj c\pe en atomes4 ,ha*ez ensemble les laitances et le ?on1 de manire les bi5 ml]1 et jetez le t\t dans une cass]ole avec un morceau suffisant de trs bon beurre1 p\r l'y saut] jusqu' ce que le beurre soit fondu4 ,c'e/ l ce qui con/itue la spcialit de l'omelette4 ,pr5ez encore un second morceau de beurre discrtion1 m>iez-le avec du p]sil et de la cib\lette1 mettez-le dans un plat pisci=me de/9 recevoir l'omelette2 arrosez-le du jus d'un citron1 et posez-le sur la c5dre *aude4 ,battez ensuite d\ze oeufs 7les plus frais sont les meilleurs72 le saut de laitance et de ?on y s]a v]s et agit de manire que le mlange soit bi5 fait4 ,confectionnez ensuite l'omelette la manire ord9aire1 et t*ez qu'elle soit allonge1 paisse et molette4 talez-la avec adresse sur le plat que v\s avez prp> p\r la recevoir1 et s]vez p\r tre mange de suite4 ,ce mets doit tre rs]v p\r les djeun]s f9s1 p\r les runions d'amateurs o l'on sait ce qu'on fait et o l'on mange posm5t2 qu'on l'arrose surt\t de bon v9 vieux1 et on v]ra m]veilles4 ,notes ?oriques p\r les prp>ations4 ,on doit saut] les laitances et le ?on sans les faire b\illir1 af9 qu'ils ne durciss5t pas2 ce qui les emp*]ait de se bi5 ml] avec les oeufs2 #b ,le plat doit tre creux1 af9 que la sauce se conc5tre et puisse tre s]vie la cuill]2 #c ,le plat doit tre lgrem5t *auff2 c> s'il tait froid1 la porcela9e s\/rairait t\t le calorique de l'omelette1 et il ne lui en re/]ait pas assez p\r fondre la matre-d'htel1 sur laquelle elle e/ assise4 ,,ii4 ,les oeufs au jus4 ,je voyageais un j\r avec deux dames que je conduisais ,melun4 ,n\s n'tions pas p>tis trs mat91 et n\s arrivmes ,montg]on avec un apptit qui m5aait de t\t dtruire4 ,m5aces va9es3 l'aub]ge o n\s desc5dmes1 quoique d'une assez bonne app>5ce1 tait dp\rvue de provisions2 trois dilig5ces et deux *aises de po/e avai5t pass1 et1 semblables aux saut]elles d'gypte1 avai5t t\t dvor4 ,a9si disait le *ef4 ,cep5dant je voyais t\rn] une bro*e *>ge d'un gigot t\t--fait comme il faut1 et sur lequel les dames1 p> habitude1 jetai5t des reg>ds trs coquets4 ,hlas6 elles s'adressai5t mal2 le gigot app>t5ait trois ,anglais qui l'avai5t apport1 et l'att5dai5t sans impati5ce en buvant du *ampagne 7prat+ ov] a bottle ( *ampa974 ,mais du mo9s1 dis-je d'un air moiti *agr9 et moiti suppliant ne p\rriez-v\s pas n\s br\ill] ces oeufs dans le jus de ce gigot8 ,avec ces oeufs et une tasse de caf la crme n\s n\s rsign]ons4--,oh6 trs volonti]s1 rpondit le *ef1 le jus n\s app>ti5t de droit public1 et je vais de suite faire votre affaire4 ,sur quoi il se mit cass] les oeufs avec prcaution4 ,qu& je le vis occup1 je m'appro*ai du feu1 et tirant de ma po*e un c\teau de voyage1 je fis au gigot df5du une qu9za9e de pr(ondes blessures1 p> lesquelles le jus dut s'c\l] jusqu' la d]nire g\tte4 cette premire opration1 je joignis l'att5tion d'assi/] la concoction des oeufs1 de peur qu'il ne ft fait quelque di/raction notre prjudice4 ,qu& ils fur5t po9t1 je m'en emp>ai et les portai l'app>tem5t qu'on n\s avait prp>4 ,l1 n\s n\s en rgalmes1 et rmes comme des f\s de ce qu'en ralit n\s avalions la sub/ance du gigot1 en ne laissant nos amis les ,anglais que la pe9e de m*] le rsidu4 ,,iii4 ,victoire nationale4 ,p5dant mon sj\r ,new-,york1 j'allais quelquefois pass] la soire dans une espce de caf-tav]ne t5u p> un sieur ,little1 *ez qui on tr\vait le mat9 de la s\pe la tortue1 et le soir t\s les rafra*issem5ts d'usage aux tats-,unis4 ,j'y conduisais le plus s\v5t le vicomte de la ,massue et ,jean-,rodolphe ,fehr1 anci5 c\rti] de comm]ce ,m>seille1 l'un et l'autre migrs comme moi2 je les rgalais d'un wel* rabbet#fj que n\s arrosions d'ale ou de cidre1 et la soire se passait t\t d\cem5t p>l] de nos malheurs1 de nos plaisirs et de nos esprances4 ,note #fj3 ,les ,anglais appell5t pigrammatiquem5t wal* rabbet 7lap9 gallois71 un morceau de fromage grill sur une tran*e de pa94 ,c]tes1 cette prp>ation n'e/ pas si sub/antielle qu'un lap92 mais elle invite a boire1 fait tr\v] le v9 bon1 et ti5t =t bi5 sa place au dess]t en petit comit4 ,l je fis connaissance avec ,m4 ,wilk9son1 planteur la ,jamaque1 et avec un homme qui tait sans d\te un de ses amis1 c> il ne le quittait jamais4 ,ce d]ni]1 dont je n'ai jamais su le nom1 tait un des hommes les plus extraord9aires que j'aie r5contrs3 il avait le visage c>r1 les yeux vifs1 et p>aissait t\t exam9] avec att5tion2 mais il ne p>lait jamais1 et ses traits tai5t immobiles comme ceux d'un aveugle4 ,seulem5t1 qu& il ent5dait une saillie ou un trait comique1 son visage s'pan\issait1 ses yeux se f]mai5t1 et ouvrant une b\*e aussi l>ge que le pavillon d'un cor1 il en faisait sortir un son prolong1 qui t5ait la fois du rire et du h5nissem5t appel en anglais horse laugh1 aprs quoi t\t r5trait dans l'ordre1 et il retombait dans sa taciturnit habituelle3 c'tait l'effet de la dure de l'clair qui d*ire la nue4 ,quant ,m4 ,wilk9son1 qui p>aissait g d'environ c9quante ans1 il avait les manires et t\t l'extrieur d'un homme comme il faut 7( a g5tleman74 ,illu/ration ,ces deux ,anglais p>aissai5t faire cas de notre socit1 et avai5t dj p>tag plusieurs fois1 de =t bonne grce1 la collation frugale que j'(frais mes amis1 lorsqu'un soir ,m4 ,wilk9son me prit "p1 et me dcl>a l'int5tion o il tait de n\s engag] t\s trois dn]4 ,je rem]ciai1 et me croyant suffisamm5t fond de p\voir dans une affaire o j'tais videmm5t la p>tie pr9cipale1 j'acceptai p\r t\s1 et l'invitation re/a fixe au surl5dema9 trois heures4 ,la soire se passa comme l'ord9aire2 mais au mom5t o je me retirais1 le g>on de salle 7wait]7 me prit "p et m'apprit que les ,jamaca9s avai5t comm& un bon repas2 qu'ils avai5t donn des ordres p\r que les liquides fuss5t soigns1 p>ce qu'ils reg>dai5t leur invitation comme un dfi qui boirait le mieux1 et que l'homme la gr&e b\*e avait dit qu'il esprait bi5 qu' lui seul il mettrait les ,franais s\s la table4 ,cette n\velle m'aurait fait rejet] le banquet (f]t1 si je l'avais pu avec honneur2 c> j'ai t\j\rs fui de p>eilles orgies2 mais la *ose tait impossible4 ,les ,anglais aurai5t t cri] p>t\t que n\s n'avions pas os n\s prs5t] au combat1 que leur prs5ce seule avait suffi p\r n\s faire recul]2 et1 quoique bi5 in/ruits du dang]1 n\s suivmes la maxime du m>*al de ,saxe3 le v9 tait tir1 n\s n\s prp>mes le boire4 ,je n'tais pas sans quelques s\cis2 mais en vrit1 ces s\cis ne m'avai5t pas p\r objet4 ,je reg>dais comme c]ta9 qu'tant la fois plus jeune1 plus gr& et plus vig\reux que nos amphitryons1 ma con/itution1 vi]ge d'excs ba*iques1 triomph]ait facilem5t de deux ,anglais1 probablem5t us p> l'excs des liqueurs spiritueuses4 ,sans d\te1 re/ seul au milieu des quatre autres rs]vs1 on m'aurait proclam va9queur2 mais cette victoire qui m'aurait t p]sonnelle1 aurait t s+ulirem5t affaiblie p> la *ute de mes deux compatriotes1 qu'on aurait emports avec les va9cus dans l'tat hideux qui suit une p>eille dfaite4 ,je dsirais leur p>gn] cet affront2 en un mot1 je v\lais le triomphe de la nation et non celui de l'individu4 ,en consqu5ce je rassemblai *ez moi ,fehr et la ,massue1 et leur fis une allocution svre et =melle p\r leur annonc] mes cra9tes2 je leur recomm&ai de boire petits c\ps autant que possible1 d'en esquiv] quelques uns p5dant que j'attir]ais l'att5tion de mes antagoni/es1 et surt\t de mang] d\cem5t et de cons]v] un peu d'apptit p5dant t\te la sance1 p>ce que les alim5ts mls aux boissons en tempr5t l'ardeur et les emp*5t de se port] au c]veau avec tant de viol5ce2 enf9 n\s p>tagemes une assiette d'am&es amres1 dont j'avais ent5du vant] la proprit p\r modr] les fumes du v94 ,a9si arm au physique et au moral1 n\s n\s r5dmes *ez ,little1 o n\s tr\vmes les ,jamaca9s1 et bi5tt aprs le dn] fut s]vi4 ,il consi/ait en une norme pice de ro/beef1 un d9don cuit dans son jus1 des rac9es b\illies1 une salade de *\x crus1 et une t>te aux confitures4 ,on b la franaise1 c'e/--dire que le v9 fut s]vi ds le comm5cem5t3 c'tait du =t bon clairet qui tait alors bi5 meilleur m>* qu'en ,france1 p>ce qu'il en tait arriv successivem5t plusieurs c>gaisons dont les d]nires s'tai5t trs mal v5dues4 ,m4 ,wilk9son faisait ses honneurs m]veille1 n\s invitant mang] et n\s donnant l'exemple2 son ami p>aissait abm dans son assiette1 ne disait mot1 reg>dait de ct1 et riait du co9 des lvres4 ,p\r moi1 j'tais *>m de mes deux acolytes4 ,la ,massue1 quoique d\ d'un assez va/e apptit1 mnageait ses morceaux comme une petite matresse2 et ,fehr escamotait de temps en temps quelques v]res de v91 qu'il faisait pass] avec adresse dans un pot bire qui tait au b\t de la table4 ,de mon ct1 je t5ais rondem5t tte aux deux ,anglais1 et plus le repas avanait1 plus je me s5tais ple9 de confiance4 ,aprs le clairet v9t le porto1 aprs le porto le madre1 auquel n\s n\s tnmes longtemps4 ,le dess]t tait arriv1 compos de beurre1 de fromage1 de noix de coco et d'ycory4 ,ce fut alors le mom5t des toa/s2 et n\s bmes amplem5t au p\voir des rois1 la lib]t des peuples et la beaut des dames2 n\s portmes1 avec ,m4 ,wilk9son1 la sant de sa fille ,m>iah1 qu'il n\s assura tre la plus belle p]sonne de t\te l'le de la ,jamaque4 ,aprs le v9 arrivr5t les spirits1 c'e/--dire le rhum et les eaux-de-vie de v91 de gra9s et de framboises2 avec les spirits1 les *ansons2 et je vis qu'il allait faire *aud4 ,je craignais les spirits2 je les ludai en dem&ant du pun*2 et ,little lui-mme1 n\s en apporta un b[l1 sans d\te prp> d'avance1 qui aurait suffi p\r qu>ante p]sonnes4 ,n\s n'avons po9t en ,france de vases de cette dim5sion4 ,cette vue me r5dit le c\rage2 je mangeai c9q six rties d'un beurre extrmem5t frais1 et je s5tis r5atre mes =ces4 ,alors je jetai un c\p d'oeil scrutateur sur t\t ce qui m'environnait2 c> je comm5ais tre inquiet sur la manire dont t\t cela f9irait4 ,mes deux amis me p>ur5t assez frais2 ils buvai5t en plu*ant des noix d'ycory4 ,m4 ,wilk9son avait la face r\ge-cramoisi1 ses yeux tai5t tr\bles1 il p>aissait affaiss2 son ami g>dait le sil5ce2 mais sa tte fumait comme une *audire b\illante1 et sa b\*e imm5se s'tait =me en cul de p\le4 ,je vis bi5 que la cata/rophe appro*ait4 ,effectivem5t1 ,m4 ,wilk9son1 s'tant rveill comme en sursaut1 se leva et entonna d'une voix assez =te l'air national ,rule ,britannia2 mais il ne put jamais all] plus lo92 ses =ces le trahir5t2 il se laissa retomb] sur sa *aise1 et de l c\la s\s la table4 ,son ami1 le voyant dans cet tat1 laissa *app] un de ses plus bruyants ricanem5ts1 et s'tant baiss p\r l'aid]1 tomba ct de lui4 ,il e/ impossible d'exprim] la satisfaction que me causa ce brusque dn\em5t et le poids dont il me db>rassa4 ,je me htai de sonn]4 ,little monta1 et aprs lui avoir adress la phrase (ficielle3 ,voyez ce que ces g5tlem5 soi5t conv5ablem5t soigns1 n\s bmes avec lui un d]ni] v]re de pun* leur sant4 ,bi5tt le wait] arriva1 aid de ses s\s-ordres1 et ils s'emp>r5t des va9cus1 qu'ils transportr5t *ez eux les pi$s les premi]s1 suivant la rgle ! feet =emo/#fa1 l'ami g>dant une immobilit absolue1 et ,m4 ,wilk9son essayant t\j\rs de *ant] l'air ,rule ,britannia4 ,note #fa3 ,on se s]t1 en anglais1 de cette expression p\r dsign] ceux qu'on emporte morts ou ivres4 ,le l5dema9 les j\rnaux de ,new-,york1 qui fur5t ensuite successivem5t copis p> t\s ceux de l',union1 racontr5t avec assez d'exactitude ce qui s'tait pass1 et ayant aj\t que les deux ,anglais avai5t t malades des suites de cette av5ture1 j'allai les voir4 ,je tr\vai l'ami t\t /upfi p> les suites d'une =te indige/ion1 et ,m4 ,wilk9son ret5u sur sa *aise p> un accs de g\tte que notre lutte ba*ique avait probablem5t rveille4 ,il p>ut s5sible cette att5tion1 et me dit1 entre autres *oses3 ,oh6 de> sir1 y are v good company inde$1 b too good a dr9k] = u#fb4 ,note #fb3 ,mon *] monsieur1 v\s tes en vrit de trs bonne compagnie1 mais v\s tes trop =t buveur p\r n\s4 ,illu/ration ,,iv4 ,les ,ablutions4 ,j'ai crit que le vomitoire des ,roma9s rpugnait la dlicatesse de nos moeurs2 j'ai peu d'avoir en cela commis une imprud5ce et d'tre oblig de *ant] la pal9odie4 ,je m'explique4 ,il y a peu prs qu>ante ans que quelques p]sonnes de la haute socit1 presque t\j\rs des dames1 avai5t c\tume de se r9c] la b\*e aprs le repas4 cet effet1 au mom5t o elles quittai5t la table1 elles t\rnai5t le dos la compagnie2 un laquais leur prs5tait un v]re d'eau2 elles en pr5ai5t une gorge qu'elles rejetai5t bi5 vite dans la s\c\pe2 le valet emportait le t\t2 et l'opration tait peu prs inap]ue de la manire dont elle se faisait4 ,n\s avons *ang t\t cela4 ,illu/ration ,dans la maison o l'on se pique des plus beaux usages1 des dome/iques1 v]s la f9 du dess]t1 di/ribu5t aux convives des b[ls ple9s d'eau froide1 au milieu desquels se tr\ve un gobelet d'eau *aude4 ,l1 en prs5ce les uns des autres1 on plonge les doigts dans l'eau froide1 p\r avoir l'air de les lav]1 et on avale l'eau *aude1 dont on se g>g>ise avec bruit1 et qu'on vomit dans le gobelet ou dans le b[l4 ,je ne suis pas le seul qui se soit lev contre cette innovation1 galem5t inutile1 indc5te et dgtante4 ,inutile1 c> *ez t\s ceux qui sav5t mang]1 la b\*e e/ propre la f9 du repas2 elle s'e/ nettoye soit p> le fruit1 soit p> les d]ni]s v]res qu'on a c\tume de boire au dess]t4 ,quant aux ma9s on ne doit pas s'en s]vir de manire les salir2 et d'ailleurs *acun n'a-t-il pas une s]viette p\r les essuy]8 ,indc5te1 c> il e/ de pr9cipe gnralem5t reconnu que t\te ablution doit se ca*] dans le secret de la toilette4 ,innovation dgtante surt\t2 c> la b\*e la plus jolie et la plus fra*e p]d t\s ses *>mes qu& elle usurpe les fonctions ds organes vacuateurs3 que s]a-ce donc si cette b\*e n'e/ ni jolie ni fra*e8 ,mais que dire de ces *ancrures normes qui s'vid5t p\r montr] des abmes qu'on croirait sans fond1 si on n'y dc\vrait des pics uni=mes que le temps a corrods8 ,proh pudor6 ,telle e/ la position ridicule o n\s a placs une affectation de propret prt5tieuse qui n'e/ ni dans nos gts ni dans nos moeurs4 ,qu& on a une fois pass c]ta9es limites1 on ne sait plus o l'on s'arrt]a1 et je ne puis dire quelle purification on ne n\s impos]a pas4 ,depuis l'app>ition (ficielle de ces b[ls innovs1 je me dsole j\r et nuit4 ,n\veau ,jrmie1 je dplore les ab]rations de la mode1 et1 trop in/ruit p> mes voyages1 je n'entre plus dans un salon sans trembl] d'y r5contr] l'abom9able *amb]pot#fc4 ,note #fc3 ,on sait qu'il exi/e ou qu'il exi/ait il y a peu d'annes1 en ,anglet]re1 des salles mang] o l'on p\vait faire son petit t\r sans sortir de l'app>tem5t3 facilit trange1 mais qui avait un peu mo9s d'inconvni5ts dans un pays o les dames se retir5t aussitt que les hommes comm5c5t boire du v94 ,v4 ,my/ification du ,pr(esseur et dfaite d'un ,gnral4 ,il y a quelques annes que les j\rnaux n\s annoncr5t la dc\v]te d'un n\veau p>fum1 celui de l'hmrocallis1 plante bulbeuse qui a effectivem5t une odeur =t agrable1 ressemblant assez celle du jasm94 ,je suis =t curieux et passablem5t mus>d1 et ces deux causes comb9es me p\ssr5t jusqu'au faub\rg ,sa9t-,g]ma91 o je devais tr\v] le p>fum1 *>me des n>9es1 comme dis5t les ,turcs4 ,l je reu l'accueil d un amateur1 et on tira p\r moi du tab]nacle d'une ph>macie trs bi5 g>nie une petite bote bi5 enveloppe1 et p>aissant cont5ir deux onces de la prcieuse cri/allisation3 politesse que je reconnus p> le dlaissem5t de trois francs1 suivant les rgles de comp5sation dont ,m4 ,azas agr&it *aque j\r la sphre et les pr9cipes4 ,un t\rdi aurait sur-le-*amp dploy1 ouv]t1 flair et dgu/4 ,un pr(esseur agit diffremm5t3 je p5sai qu'en p>eil cas le retirem5t tait indiqu2 je me r5dis donc *ez moi au pas (ficiel2 et bi5tt cal dans mon s(a1 je me prp>ai pr\v] une s5sation n\velle4 ,je tirai de ma po*e la bote odorante1 et la db>rassai des langes dans lesquels elle tait encore enveloppe2 c'tai5t trois imprims diffr5ts1 t\s relatifs l'hmrocallis1 son hi/oire naturelle1 sa culture1 sa fleur1 et aux j\issances di/+ues qu'on p\vait tir] de son p>fum1 soit qu'il ft conc5tr dans des pa/illes1 soit qu'il ft ml des prp>ations d'(fice1 soit enf9 qu'il p>t sur nos tables1 diss\s dans des liqueurs alcooliques ou ml des crmes glaces4 ,je lus att5tivem5t les trois imprims accessoires3 #a p\r m'indemnis] d'autant de la comp5sation dont j'ai p>l plus haut2 #b p\r me prp>] conv5ablem5t l'apprciation du n\veau trsor extrait du rgne vgtal4 ,j'ouvris donc1 avec due rvr5ce1 la bote que je supposais ple9e de pa/illes4 ,mais1 surprise6 1 d\leur6 j'y tr\vai1 en premi] ordre1 un second exemplaire des trois imprims que je v5ais de dvor]1 et1 seulem5t comme accessoires1 environ deux d\za9es de ces tro*isques dont la conqute m'avait fait faire le voyage du noble faub\rg4 ,avant t\t1 je dgu/ai2 et je dois r5dre hommage la vrit en disant que je tr\vai ces pa/illes =t agrables2 mais je n'en regrettai que plus =t que1 contre l'app>5ce extrieure1 elles fuss5t en si petit nombre1 et vritablem5t plus j'y p5sais1 plus je me croyais my/ifi4 ,je me levai donc avec l'int5tion de report] la bote son auteur1 dt-il en ret5ir le prix2 mais ce m\vem5t1 une glace me montra mes *eveux gris2 je me moquai de ma vivacit1 et me rassis1 rancune t5ante3 on voit qu'elle a dur longtemps4 ,d'ailleurs une considration p>ticulire me ret9t3 il s'agissait d'un ph>maci51 et il n'y avait pas quatre j\rs que j'avais t tmo9 de l'extrme imp]turbabilit des membres de ce collge respectable4 ,c'e/ encore une anecdote qu'il faut que mes lecteurs connaiss5t4 ,je suis auj\rd'hui 7#ag ju9 #ahbe7 en tra9 de cont]4 ,dieu veuille que ce ne soit pas une calamit publique6 ,or donc1 j'allai un mat9 faire une visite au gnral ,b\vi] des clats1 mon ami et mon compatriote4 ,je le tr\vai p>c\rant son app>tem5t d'un air agit1 et froissant dans ses ma9s un crit que je pris p\r une pice de v]s4 ,pr5ez1 dit-il en me le prs5tant1 et dites-moi votre avis2 v\s v\s y connaissez4 ,je reu le papi]1 et1 l'ayant p>c\ru1 je fus =t tonn de voir que c'tait une note de mdicam5ts f\rnis3 de sorte que ce n'tait po9t en ma qualit de pote que j'tais requis1 mais comme ph>maconome4 ,ma foi1 mon ami1 lui dis-je en lui r5dant sa proprit1 v\s connaissez l'habitude de la corporation que v\s avez mise en oeuvre2 les limites ont bi5 t peut-tre un peu outrepasses2 mais p\rquoi avez-v\s un habit brod1 trois ordres1 un *apeau gra9es d'p9>ds8 ,voil trois circon/ances aggravantes1 et v\s v\s en tir]ez mal4--,taisez-v\s donc1 me dit-il avec humeur1 cet tat e/ p\vantable4 ,au re/e1 v\s allez voir mon cor*eur1 je l'ai fait appel]2 il va v5ir1 et v\s me s\ti5drez4 ,il p>lait encore qu& la porte s'ouvrit1 et n\s vmes entr] un homme d'environ c9quante-c9q ans1 vtu avec so92 il avait la taille haute1 la dm>*e grave1 et t\te sa physionomie aurait eu une te9te uni=me de svrit1 si le rapport de sa b\*e ses yeux n'y avait pas introduit quelque *ose de s>donique4 ,il s'appro*a de la *em9e1 refusa de s'asseoir1 et je fus tmo9 auditeur du dialogue suivant1 que j'ai fidlem5t ret5u3 ,,le ,g,n,,ral4--,monsieur2 la note que v\s m'avez envoye e/ un vritable compte d'apo?icaire1 et444 ,l',,homme ,,noir4--,monsieur1 je ne suis po9t apo?icaire4 ,,le ,g,n,,ral4--,et qu'tes-v\s donc1 ,monsieur8 ,l',,homme ,,noir4--,monsieur1 je suis ph>maci54 ,,le ,g,n,,ral4--,eh bi51 monsieur le ph>maci51 votre g>on a d v\s dire444 ,l',,homme ,,noir4--,monsieur1 je n'ai po9t de g>on4 ,le ,g,n,,ral4--,qu'tait donc ce jeune homme8 ,l',,homme ,,noir4--,monsieur1 c'e/ un lve4 ,,le ,g,n,,ral4--,je v\lais donc v\s dire1 ,monsieur1 que vos drogues444 ,l',,homme ,,noir4--,monsieur1 je ne v5ds po9t de drogues444 ,,le ,g,n,,ral4--,que v5dez-v\s donc1 ,monsieur8 ,l',,homme ,,noir4--,monsieur1 je v5ds des mdicam5ts4 ,l f9it la discussion4 ,le gnral1 honteux d'avoir fait tant de solcismes et d'tre si peu avanc dans la connaissance de la langue ph>maceutique1 se tr\bla1 oublia ce qu'il avait dire1 et paya t\t ce qu'on v\lut4 ,illu/ration ,,vi4 ,le ,plat d',anguille4 ,il exi/ait ,p>is1 rue de la ,*ausse-d',ant91 un p>ticuli] nomm ,briguet1 qui1 ayant d'abord t co*]1 puis m>*& de *evaux1 avait f9i p> faire une petite =tune4 ,il tait n ,talissieu2 et ayant rsolu de s'y retir]1 il p\sa une r5tire qui avait autrefois t cuis9ire *ez mademoiselle ,!v591 que t\t ,p>is a connue p> son surnom d',z de pique4 ,l'occasion se prs5ta d'acqurir un petit doma9e dans son village natal2 il en pr(ita1 et v9t s'y tablir avec sa femme v]s la f9 de #agia4 ,dans ces temps-l1 les curs de *aque arrondissem5t ar*i-presbytral avai5t c\tume de se runir une fois p> mois *ez *acun d'entre eux t\r--t\r p\r confr] sur les matires ecclsia/iques4 ,on clbrait une gr&'messe1 on confrait1 ensuite on dnait4 ,le t\t s'appelait la confr5ce2 et le cur *ez qui elle devait avoir lieu ne manquait pas de se prp>] l'avance p\r bi5 et dignem5t recevoir ses confrres4 ,or1 qu& ce fut le t\r du cur de ,talissieu1 il arriva qu'un de ses p>oissi5s lui fit cadeau d'une magnifique anguille prise dans les eaux1 limpides de ,s]ans1 et de plus de trois pi$s de longueur4 ,illu/ration ,ravi de possd] un poisson de p>eille s\*e1 le pa/eur craignit que sa cuis9ire ne ft pas en tat d'apprt] un mets de si haute esprance2 il v9t donc tr\v] madame ,briguet1 et r5dant hommage ses connaissances suprieures1 il la pria d'imprim] son ca*et un plat digne d'un ar*evque1 et qui f]ait le plus gr& honneur son dn]4 ,l'ouaille docile y cons5tit sans difficult1 et avec d'autant plus de plaisir1 disait-elle1 qu'il lui re/ait encore une petite caisse de div]s assaisonnem5ts r>es dont elle faisait usage *ez son anci5ne matresse4 ,le plat d'anguille fut confectionn avec so9 et s]vi avec di/9ction4 ,non-seulem5t il avait une t\rnure lgante1 mais encore un fumet en*anteur2 et qu& on l'eut gt1 les expressions manquai5t p\r en faire l'loge2 aussi disp>ut-il1 corps et sauce jusqu' la d]nire p>ticule4 ,mais il arriva qu'au dess]t les vnrables se s5tir5t mus d'une manire inacc\tume1 et que1 p> suite de l'influ5ce ncessaire du physique sur le moral1 les propos t\rnr5t la gaill>dise4 ,les uns faisai5t de bons contes de leurs av5tures du sm9aire2 d'autres raillai5t leurs vois9s sur quelques on dit de *ronique sc&aleuse2 bref1 la conv]sation s'tablit et se ma9t9t sur le plus mignon des p*s capitaux2 et ce qu'il y eut de trs rem>quable1 c'e/ qu'ils ne se d\tr5t mme pas du sc&ale1 tant le diable tait mal94 ,ils se sp>r5t t>d1 et mes mmoires secrets ne vont pas plus lo9 p\r ce j\r-l4 ,mais la confr5ce suivante1 qu& les convives se revir5t1 ils tai5t honteux de ce qu'ils avai5t dit1 se dem&ai5t excuse de ce qu'ils s'tai5t repro*1 et f9ir5t p> attribu] le t\t l'influ5ce du plat d'anguille1 de sorte que1 t\t en av\ant qu'il tait dlicieux1 cep5dant ils conv9r5t qu'il ne s]ait pas prud5t de mettre le savoir de madame ,briguet une seconde preuve4 ,j'ai *]* va9em5t m'assur] de la nature du condim5t qui avait produit de si m]veilleux effets1 d'autant qu'on ne s'tait pas pla9t qu'il ft d'une nature dang]euse ou corrosive4 ,l'arti/e av\ait bi5 un c\lis d'crevisses =tem5t pim5t2 mais je reg>de comme c]ta9 qu'elle ne disait pas t\t4 ,,vii ,l',asp]ge4 ,on v9t dire un j\r monseigneur ,c\rtois de ,qu9cey1 vque de ,belley1 qu'une asp]ge d'une grosseur m]veilleuse po9tait dans un des c>rs de son j>d9 potag]4 l'in/ant1 t\te la socit se transporta sur les lieux p\r vrifi] le fait2 c> dans les palais piscopaux aussi1 on e/ *>m d'avoir quelque *ose faire4 ,la n\velle ne se tr\va ni fausse ni exagre4 ,la plante avait p]c la t]re1 et p>aissait dj au-dessus du sol2 la tte en tait arrondie1 v]nisse1 diapre1 et promettait une colonne plus que de ple9e ma94 ,on se rcria sur ce phnomne d'horticulture3 on conv9t qu' monseigneur seul app>t5ait le droit de le sp>] de sa rac9e1 et le c\teli] vois9 fut *>g de faire immdiatem5t un c\teau appropri cette haute fonction4 ,p5dant les j\rs suivants1 l'asp]ge ne fit que crotre en grce et en beaut2 sa m>*e tait l5te1 mais cont9ue1 et bi5tt on comm5a ap]cevoir la p>tie blan*e o f9it la proprit escul5te de ce lgume4 ,le temps de la moisson a9si indiqu1 on s'y prp>a p> un bon dn]1 et on aj\rna l'opration au ret\r de la prom5ade4 ,alors monseigneur s'avana arm du c\teau (ficiel1 se baissa avec gravit1 et s'occupa sp>] de sa tige le vgtal orgueilleux1 t&is que t\te la c\r piscopale m>quait quelque impati5ce d'en exam9] les fibres et la contexture4 ,mais1 surprise6 dsappo9tem5t6 d\leur6 le prlat se releva les ma9s vides444 ,l'asp]ge tait de bois4 ,cette plaisant]ie1 peut-tre un peu =te1 tait du *ano9e ,rosset1 qui1 n ,sa9t-,claude1 t\rnait m]veille et peignait =t agrablem5t4 ,il avait conditionn de t\t po9t la fausse plante1 l'avait enfonce en ca*ette1 et la s\levait un peu *aque j\r p\r imit] la croissance naturelle4 ,monseigneur ne savait pas trop de quelle manire il devait pr5dre cette my/ification 7c> c'en tait bi5 une72 mais voyant dj l'hil>it se pe9dre sur la figure des assi/ants1 il s\rit2 et ce s\rire fut suivi de l'explosion gnrale d'un rire vritablem5t homrique3 on emporta donc le corps du dlit1 sans s'occup] du dl9quant2 et p\r cette soire du mo9s1 la /atue-asp]ge fut admise aux honneurs du salon4 ,,viii ,le ,pige4 ,le *evali] de ,langeac avait une assez belle =tune qui s'tait c\le p> les exutoires obligs qui environn5t t\t homme qui e/ ri*e1 jeune et beau g>on4 ,il en avait rassembl les dbris1 et au moy5 d'une petite p5sion qu'il recevait du g\v]nem5t1 il avait ,lyon une exi/5ce agrable dans la meilleure socit1 c> l'expri5ce lui avait donn de l'ordre4 ,quoique t\j\rs galant1 il s'tait cep5dant retir de fait du s]vice des dames1 il se plaisait encore faire leur p>tie t\s les jeux de comm]ce1 qu'il j\ait galem5t bi52 mais il df5dait contre elles son arg5t1 avec le sang-froid qui c>actrise ceux qui ont r5onc leurs bonts4 ,la g\rm&ise s'tait enri*ie de la p]te de ses autres p5*ants2 on peut dire qu'il en faisait pr(ession2 et comme il tait d'ailleurs =t aimable1 il recevait tant d'invitations qu'il ne p\vait y suffire4 ,lyon e/ une ville de bonne *re2 sa position y fait abond] avec une gale facilit les v9s de ,bordeaux1 ceux de l',ermitage et ceux de ,b\rgogne2 le gibi] des coteaux vois9s e/ excell5t2 on tire des lacs de ,g5ve et du ,b\rget les meilleurs poissons du monde1 et les amateurs se pm5t la vue des p\l>des de ,bresse dont cette ville e/ l'entrept4 ,illu/ration ,le *evali] de ,langeac avait donc sa place m>que aux meilleures tables de la ville2 mais celle o il se plaisait spcialem5t tait celle de ,m4 ,a9999991 banqui] =t ri*e et amateur di/+u4 ,le *evali] mettait cette prfr5ce sur le compte de la liaison qu'ils avai5t contracte en faisant ensemble leurs tudes4 ,les mal9s 7c> il y en a p>t\t7 l'attribuai5t ce que ,m4 ,a999999 avait p\r cuis9i] le meilleur lve de ,rami]1 traiteur habile qui florissait dans ces temps reculs4 ,quoi qu'il en soit1 v]s la f9 de l'hiv] de #aghj1 le *evali] de ,langeac reut un billet p> lequel ,m4 ,a999999 l'invitait s\p] dix j\rs de l 7c> on s\pait alors71 et mes mmoires secrets assur5t qu'il tressaillit de joie en p5sant qu'une citation si longs j\rs indiquait une sance sol5nelle et une fe/ivit de premi] ordre4 ,il se r5dit au j\r et l'heure fixs1 et tr\va les convives rassembls au nombre de dix1 t\s amis de la joie et de la bonne *re2 le mot ga/ronome n'avait pas encore t tir du grec1 ou du mo9s n'tait pas usuel comme auj\rd'hui4 ,bi5tt un repas sub/antiel leur fut s]vi2 on y voyait entr'autres un norme aloyau dans son jus1 une fricasse de p\let bi5 g>nie1 une tran*e de veau de la plus belle app>5ce1 et une trs belle c>pe f>cie4 ,t\t cela tait beau et bon1 mais ne rpondait pas1 aux yeux du *evali]1 l'espoir qu'il avait conu d'aprs une invitation ultra-dcadaire4 ,une autre s+ul>it le frappait3 les convives1 t\s g5s de bon apptit1 ou ne mangeai5t pas1 ou ne mangeai5t que du b\t des lvres2 l'un avait la migra9e1 l'autre se s5tait un frisson1 un troisime avait dn t>d1 a9si des autres4 ,le *evali] s'tonnait du has>d qui avait accumul sur cette soire des dispositions aussi anticonviales1 attaquait h>dim5t1 tran*ait avait prcision1 et mettait en action un gr& p\voir d'intussusception4 ,le second s]vice ne fut pas assis sur des bases mo9s solides2 un norme d9don de ,crmieu faisait face un trs beau bro*et au bleu1 le t\t flanqu de six entremets obligs 7salade non comprise71 p>mi lesquels se di/+uait un ample mac>oni au p>mesan4 cette app>ition1 le *evali] s5tit se ranim] sa valeur expirante1 t&is que les autres avai5t l'air de r5dre les d]ni]s s\pirs4 ,exalt p> le *angem5t de v9s1 il triomphait de leur impuissance1 et toa/ait leur sant des nombreuses rasades dont il arrosait un tronon considrable de bro*et qui avait suivi l'entre-cuisse du d9don4 ,les entremets fur5t fts leur t\r1 et il f\rnit glorieusem5t sa c>rire1 ne se rs]vant1 p\r le dess]t1 qu'un morceau de fromage et un v]re de v9 de ,malaga2 c> les sucr]ies n'entrai5t jamais dans son budget4 ,on a vu qu'il avait dj eu deux tonnem5ts dans la soire3 le premi]1 de voir une *re p> trop solide2 l'autre1 de tr\v] des convives trop mal disposs2 il devait en pr\v] un troisime bi5 autrem5t motiv4 ,effectivem5t1 au lieu de s]vir le dess]t1 les dome/iques enlevr5t t\t ce qui c\vrait la table1 arg5t]ie et l+e1 en donnr5t d'autres aux convives1 et y posr5t quatre entres n\velles1 dont le fumet s'leva jusqu'aux cieux4 ,c'tai5t des ris de veau au c\lis d'crevisses1 des laitances aux truffes1 un bro*et piqu et f>ci1 et des ailes de b>tavelles la pure de *ampignons4 ,semblable ce vieill>d magici5 dont p>le l',ario/e qui1 ayant la belle ,armide en sa puissance1 ne fit p\r la d%onor] que d'impuissants ef=ts1 le *evali] fut att]r la vue de tant de bonnes *oses qu'il ne p\vait plus ft]1 et comm5a s\ponn] qu'on avait eu de m*antes int5tions4 ,p> un effet contraire1 t\s les autres convives se s5tir5t ranims3 l'apptit rev9t1 les migra9es disp>ur5t1 un c>tem5t ironique semblait agr&ir leurs b\*es2 et ce fut leur t\r de boire la sant du *evali]1 dont les p\voirs tai5t f9is4 ,il faisait cep5dant bonne cont5ance1 et semblait v\loir faire tte l'orage2 mais la troisime b\*e1 la nature se rvolta1 et son e/omac m5aa de le trahir4 ,il fut donc =c de re/] inactif1 et1 comme on dit en musique1 il compta des pauses4 ,que ne ress5tit-il pas1 au troisime *angem5t1 qu& il vit arriv] p> d\za9es des beccass9es1 blan*es de graisse1 dormant sur des rties (ficielles2 un faisan1 oiseau trs r>e alors et arriv des bords de la ,se9e2 un ?on frais1 et t\t ce que la cuis9e du temps et le petit-f\r prs5tai5t de plus lgant en entremets6 #aa dlibra1 et fut sur le po9t de re/]1 de cont9u]1 et de m\rir bravem5t sur le *amp de bataille3 ce fut le premi] cri de l'honneur bi5 ou mal ent5du4 ,mais bi5tt l'gsme v9t son sec\rs1 et l'am5a des ides plus modres4 ,il rfl*t qu'en p>eil cas la prud5ce n'e/ pas l*et2 qu'une mort p> indige/ion prte t\j\rs au ridicule1 et que l'av5ir lui g>dait sans d\te bi5 des comp5sations p\r ce dsappo9tem5t2 il prit donc son p>ti1 et jetant sa s]viette3 ,monsieur1 dit-il au f9anci]1 on n'expose pas a9si ses amis2 il y a p]fidie de votre "p1 et je ne v\s v]rai de ma vie4 ,il dit1 et disp>ut4 ,son d"p ne fit pas une trs gr&e s5sation2 il annonait le succs d'une conspiration qui avait p\r b de le mettre en face d'un bon repas dont il ne p\rrait pas pr(it]1 et t\t le monde tait dans le secret4 ,cep5dant le *evali] b\da plus longtemps qu'on n'aurait cru2 il fallut quelques prv5ances p\r l'apais]2 enf9 il rev9t avec les becfigues1 et il n'y p5sait plus l'app>ition des truffes4 ,,ix4 ,le ,turbot4 ,la ,discorde avait t5t un j\r de s'introduire dans le se9 d'un des mnages les plus unis de la capitale4 ,c'tait ju/em5t un sam$i1 j\r de sabbat3 il s'agissait d'un turbot cuire2 c'tait la campagne1 et cette campagne tait ,villecrne4 ,ce poisson1 qu'on disait arra* une de/9e bi5 plus glorieuse1 devait tre s]vi le l5dema9 une runion de bonnes g5s dont je faisais p>tie2 il tait frais1 dodu1 brillant satisfaction2 mais ses dim5sions excdai5t tellem5t t\s les vases dont on p\vait dispos]2 qu'on ne savait comm5t le prp>]4 ,eh bi51 on le p>tag]a en deux1 disait le m>i4--,os]ais-tu bi5 d%onor] a9si cette pauvre crature8 disait la femme4--,il le faut bi51 ma *re2 puisqu'il n'y a pas moy5 de faire autrem5t4 ,allons1 qu'on apporte le c\p]et1 et bi5tt ce s]a *ose faite4--,att5dons encore1 mon ami1 on y s]a t\j\rs temps2 tu sais bi5 d'ailleurs que le c\s9 va v5ir2 c'e/ un pr(esseur1 et il tr\v]a bi5 le moy5 de n\s tir] d'affaire4--,un pr(esseur444 n\s tir] d'affaire444 ,bah6444 ,et un rapport fidle assure que celui qui p>lait a9si ne p>aissait pas avoir gr&e confiance au pr(esseur2 et cep5dant ce pr(esseur c'tait moi6 ,s*w]no?6 ,illu/ration ,la difficult allait probablem5t se t]m9] la manire d',alex&re1 lorsque j'arrivai au pas de *>ge1 le nez au v5t1 et avec l'apptit qu'on a t\j\rs qu& on a voyag1 qu'il e/ sept heures du soir1 et que l'odeur d'un bon dn] salue l'odorat et sollicite le gt4 mon entre1 je t5tai va9em5t de faire les complim5ts d'usage2 on ne me rpondit po9t1 p>ce qu'on ne m'avait pas c\t4 ,bi5tt la "q qui absorbait t\tes les att5tions me fut expose peu prs en duo2 aprs quoi les deux p>ties se tur5t comme de conc]t2 la c\s9e me reg>dant avec des yeux qui semblai5t dire3 ,j'espre que n\s n\s en tir]ons2 le c\s9 ayant au contraire l'air moqueur et n>quois1 comme s'il et t sr que je ne m'en tir]ais pas1 t&is que sa ma9 droite tait appuye sur le r$\table c\p]et1 qu'on avait apport sur sa rquisition4 ,ces nuances div]ses disp>ur5t p\r faire place l'empre9te d'une vive curiosit1 lorsque1 d'une voix grave et oraculeuse1 je prononai ces p>oles sol5nelles3 ,le turbot re/]a enti] jusqu' sa prs5tation (ficielle4 ,dj j'tais sr de ne pas me compromettre1 p>ce que j'aurais propos de le faire cuire au f\r2 mais ce mode p\vant prs5t] quelques difficults1 je ne m'expliquai po9t encore1 et me dirigeai en sil5ce v]s la cuis9e1 moi ouvrant la procession1 les p\x s]vant d'acolytes1 la famille reprs5tant les fidles1 et la cuis9ire 9 fioc*i f]mant la m>*e4 ,les deux premires pices ne me prs5tr5t ri5 de favorable mes vues2 mais1 arriv la bu&]ie1 une *audire1 quoique petite1 bi5 enca/re dans son f\rneau1 s'(frit mes yeux2 j'en jugeai de suite l'application2 et me t\rnant v]s ma suite3 ,soyez sans inquitude1 m'criai-je avec cette foi qui transporte les montagnes1 le turbot cuira enti]2 il cuira la vapeur1 il va cuire l'in/ant4 ,effectivem5t1 quoiqu'il ft t\t--fait temps de dn]1 je mis immdiatem5t t\t le monde en oeuvre4 ,p5dant que quelques-uns allumai5t le f\rneau1 je taillai1 dans un pani] de c9quante b\teilles1 une claie de la gr&eur prcise du poisson gant4 ,sur cette claie1 je fis mettre un lit de bulbes et h]bes de haut gt1 sur lequel il fut t5du1 aprs avoir t bi5 lav1 bi5 s* et conv5ablem5t sal4 ,un second lit du mme assaisonnem5t fut plac sur le dos4 ,on posa la claie1 a9si *>ge1 sur la *audire demi ple9e d'eau2 on c\vrit le t\t d'un petit cuvi] aut\r duquel on amassa du sable sec1 p\r emp*] la vapeur de s'*app] trop facilem5t4 ,bi5tt la *audire fut en bullition2 la vapeur ne t>da pas remplir t\te la capacit du cuvi]1 qu'on enleva au b\t d'une demi-heure1 et la claie fut retire de dessus la *audire avec le turbot cuit po9t1 bi5 blanc1 et de la plus aimable app>5ce4 ,l'opration f9ie1 n\s c\rmes n\s mettre table avec des apptits aiguiss p> le ret>d1 p> le travail et p> le succs1 de sorte que n\s employmes assez de temps p\r arriv] ce mom5t heureux1 t\j\rs indiqu p> ,homre1 o l'abondance et la v>it des mets avai5t *ass la faim4 ,le l5dema91 dn]1 le turbot fut s]vi aux honorables consommateurs1 et on se rcria sur sa bonne m9e4 ,alors le matre de la maison rapporta p> lui-mme la manire inespre dont il avait t cuit2 et je fus l\ non-seulem5t p\r l'-propos de l'inv5tion1 mais encore p\r son effet2 c>1 aprs une dgu/ation att5tive1 il fut dcid l'unanimit que le poisson apprt de cette manire tait incomp>ablem5t meilleur que s'il et t cuit dans une turbotire4 ,cette dcision n'tonna p]sonne1 puisque1 n'ayant pas pass dans l'eau b\illante1 il n'avait ri5 p]du de ses pr9cipes1 et avait au contraire pomp t\t l'arme de l'assaisonnem5t4 ,p5dant que mon oreille se saturait satisfaction des complim5ts qui m'tai5t prodigus1 mes yeux en *]*ai5t encore d'autres plus s9cres dans l'autopsie des convives1 et j'obs]vai1 avec un cont5tem5t secret1 que le gnral ,labasse tait si cont5t qu'il s\riait *aque morceau1 que le cur avait le c\ t5du et les yeux fixs au plafond en signe d'extase3 et que1 de deux acadmici5s aussi spirituels que g\rm&s qui se tr\vai5t p>mi n\s1 le premi] ,m4 ,aug]1 avait les yeux brillants et la face radieuse comme un auteur qu'on applaudit1 t&is que le deuxime1 ,m4 ,villema91 avait la tte p5*e et le m5ton l'oue/ comme quelqu'un qui c\te avec att5tion4 ,t\t ceci e/ bon ret5ir1 p>ce qu'il e/ peu de maisons de campagne o l'on ne puisse1 tr\v] t\t ce qu'il e/ ncessaire p\r con/itu] l'app>eil dont je me s]vis dans cette occasion1 et qu'on peut y avoir rec\rs t\tes les fois qu'il e/ "q de faire cuire quelque objet qui survi5t inop9m5t et qui dpasse les dim5sions ord9aires4 ,cep5dant mes lecteurs aurai5t t privs de la connaissance de cette gr&e av5ture1 si elle ne m'avait pas p>u devoir conduire des rsultats d'une utilit plus gnrale4 ,effectivem5t1 ceux qui connaiss5t la nature et les effets de la vapeur sav5t qu'elle gale en temprature le liquide qu'elle ab&onne2 qu'elle peut mme s'lev] de quelques degrs p> une lgre conc5tration1 tant qu'elle ne tr\ve pas d'issue4 ,il suit de l que1 t\tes *oses re/ant les mmes1 en augm5tant seulem5t la capacit du cuvi] qui c\vrait le t\t dans mon expri5ce1 et en y sub/ituant p> exemple un tonneau vide1 on p\rrait1 au moy5 de la vapeur1 faire cuire promptem5t et peu de frais plusieurs boisseaux de pommes de t]re1 des rac9es de t\te espce1 enf9 t\t ce qu'on aurait empil sur la claie et rec\v]t du tonneau1 soit p\r les hommes1 soit l'usage des be/iaux2 et t\t cela s]ait cuit avec six fois mo9s de temps et six fois mo9s de bois qu'il n'en faudrait p\r mettre seulem5t en bullition une *audire de la cont5ance d'un hectolitre4 ,je crois que cet app>eil si simple peut tre de quelque importance p>t\t o il exi/e une manut5tion un peu considrable1 soit la ville1 soit la campagne2 et voil p\rquoi je l'ai dcrit de manire que t\t le monde puisse l'ent5dre et en pr(it]4 ,je crois encore qu'on n'a po9t assez t\rn au pr(it de nos usages dome/iques la puissance de la vapeur2 et j'espre bi5 que1 quelque j\r1 le bullet9 de la ,socit d'enc\ragem5t appr5dra aux agriculteurs que je m'en suis ultrieurem5t occup4 ,p4 ,s4 ,un j\r que n\s tions assembls en comit de pr(esseurs1 rue de la ,paix1 n #ad1 je racontai l'hi/oire vritable du turbot la vapeur4 ,qu& j'eus f9i1 mon vois9 de gau*e se t\rna v]s moi3 ,n'y tais-je donc pas8 me dit-il d'un air de repro*e4 --,et moi donc1 n'ai-je donc pas op9 t\t aussi bi5 que1 les autres8--,c]ta9em5t1 lui rpondis-je1 v\s tiez l t\t prs du cur1 et1 sans repro*e1 v\s en avez bi5 pris votre "p2 ne croyez pas que444 ,le rclamant tait ,m4 ,lorra91 dgu/ateur =tem5t papill1 f9anci] aussi aimable que prud5t1 qui s'e/ bi5 cal dans le port p\r jug] plus sa9em5t des effets de la tempte1 et consquemm5t digne plus d'un titre de la nom9ation en t\tes lettres4 ,x4 ,div]s ,magi/res re/aurants1 ,,p> ,,le ,,pr(esseur4 ,improviss p\r le cas de la ,mditation ,,xxv4 ,a4 ,pr5ez six gros oignons1 trois rac9es de c>ottes1 une poigne de p]sil2 ha*ez le t\t et le jetez dans une cass]ole1 o v\s le f]ez *auff] et r\ssir au moy5 d'un morceau de bon beurre frais4 ,qu& ce mlange e/ bi5 po9t1 jetez-y six onces de sucre c&i1 v+t gra9s d'ambre pil1 avec une crote de pa9 grill et trois b\teilles d'eau1 que v\s f]ez b\illir p5dant trois qu>ts d'heure en y aj\tant de n\velle eau p\r comp5s] la p]te qui se fait p> l'bullition1 de manire qu'il y ait t\j\rs trois b\teilles de liquide4 ,p5dant que ces *oses se pass5t1 tuez1 plumez et videz un vieux coq1 que v\s pil]ez *air et os1 dans un morti]1 avec le pilon de f]2 ha*ez galem5t deux livres de *air de boeuf bi5 *oisie4 ,cela fait1 on mle ensemble ces deux *airs1 auxquelles on aj\te suffisante quantit de sel et de poivre4 ,on les met dans une cass]ole1 sur un feu bi5 vif1 de manire se pntr] de calorique2 et on y jette de temps en temps un peu de beurre frais1 af9 de p\voir bi5 saut] ce mlange sans qu'il s'atta*e4 ,qu& on voit qu'il a r\ssi1 c'e/--dire que l'osmazne e/ rissole1 on passe le b\illon qui e/ dans la premire cass]ole4 ,on en m\ille peu peu la seconde2 et qu& t\t y e/ entr1 on fait b\illir gr&es vagues p5dant trois qu>ts d'heure1 en ayant t\j\rs so9 d'aj\t] de l'eau *aude p\r cons]v] la mme quantit de liquide4 ,au b\t de ce temps1 l'opration e/ f9ie1 et on a une potion dont l'effet e/ c]ta9 t\tes les fois que le malade1 quoique puis p> quelqu'une des causes que n\s avons indiques1 a cep5dant cons]v un e/omac faisant ses fonctions4 ,p\r en faire usage1 on en donne1 le premi] j\r1 une tasse t\tes les trois heures1 jusqu' l'heure du sommeil de la nuit2 les j\rs suivants1 une =te tasse seulem5t le mat91 et p>eille quantit le soir1 jusqu' l'puisem5t de trois b\teilles4 ,on ti5t le malade un rgime dittique lg]1 mais cep5dant n\rrissant1 comme des cuisses de volaille1 du poisson1 des fruits d\x1 des confitures2 il n'arrive presque jamais qu'on soit oblig de recomm5c] une n\velle confection4 ,v]s le quatrime j\r il peut repr5dre ses occupations ord9aires1 et doit s'ef=c] d'tre plus sage l'av5ir1 s'il e/ possible4 ,en supprimant l'ambre et le sucre c&i1 on peut1 p> cette m?ode1 improvis] un potage de haut gt et digne de figur] un dn] de connaisseurs4 ,on peut remplac] le vieux coq p> quatre vieilles p]drix1 et le boeuf p> un morceau de gigot de m\ton3 la prp>ation n'en s]a ni mo9s efficace ni mo9s agrable4 ,la m?ode de ha*] la vi&e et de la r\ssir avant que de la m\ill] peut tre gnralise p\r t\s les cas o l'on e/ press4 ,elle e/ fonde sur ce que les vi&es traites a9si se *>g5t de beauc\p plus de calorique que qu& elles sont dans l'eau3 on s'en p\rra donc s]vir t\tes les fois qu'on aura beso9 d'un bon potage gras1 sans tre oblig de l'att5dre c9q ou six heures1 ce qui peut arriv] trs s\v5t surt\t la campagne4 ,bi5 ent5du que ceux qui s'en s]viront glorifi]ont le pr(esseur4 ,b4 ,il e/ bi5 que t\t le monde sa*e que si l'ambre1 considr comme p>fum1 peut tre nuisible aux pr(anes qui ont les n]fs dlicats1 pris intrieurem5t il e/ s\v]a9em5t tonique et exhil>ant2 nos aeux en faisai5t gr& usage dans leur cuis9e1 et ne s'en portai5t pas plus mal4 ,j'ai su que le m>*al de ,ri*elieu1 de glorieuse mmoire1 m*ait habituellem5t des pa/illes ambres2 et p\r moi1 qu& je me tr\ve dans quelqu'un de ces j\rs o le poids de l'ge se fait s5tir1 o l'on p5se avec pe9e et o l'on se s5t opprim p> une puissance inconnue1 je mle avec une =te tasse de *ocolat gros comme une fve d'ambre pil avec du sucre1 et je m'en suis t\j\rs tr\v m]veille4 ,au moy5 de ce tonique1 l'action de la vie devi5t aise1 la p5se se dgage avec facilit1 et je n'pr\ve pas l'insomnie qui s]ait la suite infaillible d'une tasse de caf l'eau1 prise avec l'int5tion de produire le mme effet4 ,c4 ,le magi/re ,a e/ de/9 aux tempram5ts robu/es1 aux g5s dcids1 et ceux en gnral qui s'puis5t p> action4 ,j'ai t conduit p> l'occasion en compos] un autre beauc\p plus agrable au gt1 d'un effet plus d\x et que je rs]ve p\r les tempram5ts faibles1 p\r les c>actres indcis1 p\r ceux1 en un mot1 qui s'puis5t peu de frais2 le voici3 ,pr5ez un j>ret de veau pesant au mo9s deux livres1 f5dez-le en quatre sur sa longueur1 os et *air1 faites-le r\ssir avec quatre oignons c\ps en tran*es et une poigne de cresson de fonta9e1 et qu& il s'appro*e d'tre cuit1 m\illez-le avec trois b\teilles d'eau que v\s f]ez b\illir p5dant deux heures avec la prcaution de remplac] ce qui s'vapore1 et dj v\s aurez un bon b\illon de veau3 poivrez et salez modrm5t4 ,faites pil] sp>m5t trois vieux pigeons et v+t-c9q crevisses bi5 vivantes3 ,runissez le t\t p\r faire r\ssir comme j'ai dit au numro ,a1 et qu& v\s voyez que la *aleur a pntr le mlange et qu'il comm5ce grat9]1 m\illez avec le b\illon de veau et p\ssez le feu p5dant une heure2 on passe ce b\illon a9si enri*i1 et on peut en pr5dre mat9 et soir1 ou plutt le mat9 seulem5t1 deux heures avant djeun]4 ,c'e/ aussi un potage dlicieux4 ,j'ai t conduit ce d]ni] magi/re p> une paire de littrateurs qui1 me voyant dans un tat assez positif1 ont pris confiance en moi1 et comme ils disai5t1 ont eu rec\rs mes lumires4 ,ils en ont fait usage et n'ont pas eu lieu de s'en rep5tir4 ,le pote qui tait simplem5t lgiaque1 e/ dev5u romantique2 la dame1 qui n'avait fait qu'un roman assez ple et cata/rophe malheureuse1 en a fait un second beauc\p meilleur1 et qui f9it p> un beau et bon m>iage4 ,on voit qu'il y a eu1 dans l'un et l'autre cas1 exaltation de puissances1 et je crois1 en consci5ce1 que je puis m'en glorifi] un peu4 ,illu/ration ,,xi4 ,la ,p\l>de de ,bresse4 ,un des premi]s j\rs de janvi] de l'anne c\rante #ahbe1 deux jeunes p\x1 ,madame et ,m4 de ,v]sy1 avai5t assi/ un gr& djeun] d'hutres scell et brid2 on sait ce que cela veut dire4 ,ces repas sont *>mants1 soit p>ce qu'ils sont composs de mets apptissants1 soit p> la gat qui ord9airem5t y rgne2 mais ils ont l'inconvni5t de drang] t\tes les oprations de la j\rne4 ,c'e/ ce qui arriva dans cette occasion4 ,l'heure du dn] tant v5ue1 les p\x se mir5t table2 mais ce ne fut que p\r la =me4 ,madame mangea un peu de potage1 monsieur b un v]re d'eau r\gie2 quelques amis surv9r5t1 on fit une p>tie de :i/1 la soire se passa1 et le mme lit reut les deux p\x4 ,v]s deux heures du mat91 ,m4 de ,v]sy se rveilla2 il tait mal son aise1 il billait2 il se ret\rnait tellem5t que sa femme s'en inquita et lui dem&a s'il tait malade4 ,non1 ma *re1 mais il me semble que j'ai faim1 et je songeais cette p\l>de de ,bresse si blan*ette1 si joliette1 qu'on n\s a prs5te dn]1 et laquelle cep5dant n\s avons fait un si mauvais accueil4 --,s'il faut te dire ma confession1 je t'av\]ai1 mon ami1 que j'ai t\t autant d'apptit que toi1 et puisque tu z song la p\l>de1 il faut la faire v5ir et la mang]4--,quelle folie6 t\t dort dans la maison et on se moqu]a de n\s4--,si t\t dort1 t\t se rveill]a1 et on ne se moqu]a pas de n\s p>ce qu'on n'en saura ri54 ,d'ailleurs1 qui sait si d'ici dema9 l'un de n\s ne m\rra pas de faim8 je ne veux pas en c\rir la *ance4 ,je vais sonn] ,ju/9e4 ,aussitt dit1 aussitt fait1 et on veilla la pauvre s\brette1 qui1 ayant bi5 s\pe1 dormait comme on dort dix-neuf ans qu& l'am\r ne t\rm5te pas #fd4 ,note #fd3 ,a pi]na t5dida4 7,esp47 ,elle arriva t\t en dsordre1 les yeux b\ffis1 billant1 et s'assit en t5dant les bras4 ,mais ce n'tait l qu'une t*e facile2 il s'agissait d'avoir la cuis9ire et ce fut une affaire4 ,celle-ci tait cordon bleu1 et p>tant s\v]a9em5t re*igneuse2 elle gronda1 h5nit1 grogna1 rugit et r5cla2 cep5dant elle se leva la f91 et cette circonfr5ce norme comm5a se m\voir4 ,sur ces entrefaites1 madame de ,v]sy avait pass une camisole1 son m>i s'tait arrang tant bi5 que mal1 ,ju/9e avait t5du sur le lit une nappe1 et apport les accessoires indisp5sables d'un fe/9 improvis4 ,illu/ration ,t\t tant a9si prp>1 on vit p>atre la p\l>de1 qui fut l'in/ant dpece et avale sans misricorde4 ,aprs ce premi] exploit1 les p\x se p>tagr5t une grosse poire de ,sa9t-,g]ma91 et mangr5t un peu de confitures d'oranges4 ,dans les entr'actes1 ils avai5t creus jusqu'au fond une b\teille de v9 de ,grave1 et rpt plusieurs fois1 avec v>iations1 qu'ils n'avai5t jamais fait un plus agrable repas4 ,ce repas f9it p\rtant2 c> t\t f9it dans ce bas monde4 ,ju/9e ta le c\v]t1 fit disp>atre les pices de conviction1 regagna son lit1 et le rideau conjugal tomba sur les convives4 ,le l5dema9 mat91 madame de ,v]sy c\rut *ez son amie madame de ,franval1 et lui raconta t\t ce qui s'tait pass1 et c'e/ l'indiscrtion de celle-ci que le public doit la prs5te confid5ce4 ,elle ne manquait jamais de rem>qu] qu'en f9issant son rcit1 madame de ,v]sy avait t\ss deux fois et r\gi trs positivem5t4 ,,xii4 ,le ,faisan4 ,le faisan e/ une nigme dont le mot n'e/ rvl qu'aux adeptes2 eux seuls peuv5t le sav\r] dans t\te sa bont4 ,*aque sub/ance a son apoge d'escul5ce3 quelques-unes y sont dj p>v5ues avant leur enti] dveloppem5t1 comme les cpres1 les asp]ges1 les p]dreaux gris1 les pigeons la cuill]1 etc42 les autres y p>vi5n5t au mom5t o elles ont t\te la p]fection d'exi/5ce qui leur e/ de/9e1 comme les melons1 la plup>t des fruits1 le m\ton1 le boeuf1 le *evreuil1 les p]drix r\ges2 d'autres enf9 qu& elles comm5c5t se dcompos]1 telles que les nfles1 la bcasse et surt\t le faisan4 ,ce d]ni] oiseau1 qu& il e/ mang dans les trois j\rs qui suiv5t sa mort1 n'a ri5 qui le di/+ue4 ,il n'e/ ni si dlicat qu'une p\l>de1 ni si p>fum qu'une caille4 ,pris po9t1 c'e/ une *air t5dre1 sublime et de haut gt1 c> elle ti5t la fois de la volaille et de la v5aison4 ,ce po9t si dsirable e/ celui o le faisan comm5ce se dcompos]2 alors son arme se dveloppe et se jo9t une huile qui1 p\r s'exalt]1 avait beso9 d'un peu de f]m5tation1 comme l'huile du caf1 que l'on n'obti5t que p> la torrfaction4 ,ce mom5t se manife/e aux s5s des pr(anes1 p> une lgre odeur et p> le *angem5t de c\leur du v5tre de l'oiseau2 mais les inspirs le dev95t p> une sorte d'in/9ct qui agit en plusieurs occasions1 et qui fait1 p> exemple1 qu'un rtisseur habile dcide1 au premi] c\p d'oeil1 qu'il faut tir] une volaille de la bro*e ou lui laiss] faire encore quelques t\rs4 ,illu/ration ,qu& le faisan e/ arriv l1 on le plume et non plus tt1 et on le pique avec so91 en *oisissant le l>d le plus frais et le plus f]me4 ,il n'e/ po9t indiffr5t de ne pas plum] le faisan trop tt2 des expri5ces trs bi5 faites ont appris que ceux qui sont cons]vs dans la plume sont bi5 plus p>fums que ceux qui sont re/s longtemps nus1 soit que le contact de l'air neutralise quelques portions de l'arme1 soit qu'une p>tie du suc de/9 n\rrir les plumes soit rsorb et s]ve relev] la *air4 ,l'oiseau a9si prp>1 il s'agit de l't(f]1 ce qui se fait de la manire suivante3 ,ayez deux bcasses1 dsossez-les et videz-les de manire en faire deux lots3 le premi] de la *air1 le second des entrailles et des foies4 ,v\s pr5ez la *air et v\s en faites une f>ce en la ha*ant avec de la moelle de boeuf cuite la vapeur1 un peu de l>d rp2 poivre1 sel1 f9es h]bes1 et la quantit de bonnes truffes suffisante p\r remplir la capacit intrieure du faisan4 ,v\s aurez so9 de fix] cette f>ce de manire ce qu'elle ne se rp&e pas en dehors1 ce qui e/ quelquefois assez difficile1 qu& l'oiseau e/ un peu avanc4 ,cep5dant on y p>vi5t p> div]s moy5s1 et entre autres en taillant une crote de pa9 qu'on atta*e avec un ruban de fil et qui fait l'(fice d'obturateur4 ,prp>ez une tran*e de pa9 qui dpasse de deux p\ces de *aque ct le faisan c\* dans le s5s de sa longueur2 pr5ez alors les foies1 les entrailles de bcasses1 et pilez-les avec deux grosses truffes1 un an*ois1 un peu de l>d rp1 et un morceau conv5able de bon beurre frais4 ,v\s t5dez avec galit cette pte sur la rtie2 et v\s la placez s\s le faisan prp> comme dessus1 de manire tre arrose en enti] de t\t le jus qui en dc\le p5dant qu'il rtit4 ,qu& le faisan e/ cuit1 s]vez-le c\* avec grce sur sa rtie2 environnez-le d'oranges amres1 et soyez tranquille sur l'vnem5t4 ,ce mets de haute saveur doit tre arros1 p> prfr5ce1 de v9 du cr de la haute ,b\rgogne2 j'ai dgag cette vrit d'une suite d'obs]vations qui m'ont cot plus de travail qu'une table de log>i?mes4 ,un faisan a9si prp> s]ait digne d'tre s]vi des anges1 s'ils voyageai5t encore sur la t]re comme du temps de ,lo?4 ,que dis-je6 l'expri5ce a t faite4 ,un faisan t(f a t excut1 s\s mes yeux1 p> le digne *ef ,pic>d au *teau de la ,grange1 *ez ma *>mante amie madame de ,ville-,pla9e1 apport sur la table p> le majordome ,l\is1 m>*ant pas processionnels4 ,on l'a exam9 avec autant de so9 qu'un *apeau de madame ,h]bault2 on l'a sav\r avec att5tion1 et p5dant ce docte travail1 les yeux de ces dames brillai5t comme des toiles1 leurs lvres tai5t v]nisses de corail1 et leur physionomie t\rnait l'extase4 7,voyez les pr\vettes ga/ronomiques47 ,j'ai fait plus3 j'en ai prs5t un p>eil un comit de magi/rats de la c\r suprme1 qui sav5t qu'il faut quelquefois dpos] la toge snatoriale1 et qui j'ai dmontr sans pe9e que la bonne *re e/ une comp5sation naturelle des ennuis du cab9et4 ,aprs un exam5 conv5able1 le doy5 articula1 d'une voix grave1 le mot excell5t6 ,t\tes les ttes se baissr5t en signe d'acquiescem5t1 et l'arrt passa l'unanimit4 ,j'avais obs]v1 p5dant la dlibration1 que les nez de ces vnrables avai5t t agits p> des m\vem5ts trs prononcs d'olfaction1 que leurs fronts augu/es tai5t pan\is p> une srnit paisible1 et que leur b\*e vridique avait quelque *ose de jubilant qui ressemblait un demi-s\rire4 ,au re/e ces effets m]veilleux sont dans la nature des *oses4 ,trait d'aprs la recette prcd5te1 le faisan1 dj di/+u p> lui-mme1 e/ imbib1 l'extrieur1 de la graisse sav\reuse du l>d qui se c>bonise2 il s'imprgne1 l'intrieur1 des gaz odorants qui s'*app5t de la bcasse et de la truffe4 ,la rtie1 dj si ri*em5t p>e1 reoit encore les sucs triple comb9aison qui dc\l5t de l'oiseau qui rtit4 ,a9si de t\tes les bonnes *oses qui se tr\v5t rassembles1 pas un atome n'*appe l'apprciation1 et att5du l'excell5ce de ce mets1 je le crois digne des tables les plus augu/es4 ,p>ve1 nec invideo1 s9e me lib] ibis 9 aulam4 ,,xiii4 ,indu/rie ga/ronomique des migrs4 ,t\te ,franaise1 ce que j'imag9e1 ,sait1 bi5 ou mal1 faire un peu de cuis9e4 ,belle ,arsne1 act4 ,,iii4 ,j'ai expos dans un *apitre prcd5t les avantages imm5ses que la ,france a tirs de la g\rm&ise dans les circon/ances de #ahae4 ,cette prop5sion si gnrale n'a pas t mo9s utile aux migrs2 et ceux d'entre eux qui avai5t quelques tal5ts p\r l'art alim5taire en ont tir de prcieux sec\rs4 ,en passant ,bo/on1 j'appris au re/aurateur ,juli5#fe faire des oeufs br\ills au fromage4 ,ce mets1 n\veau p\r les ,amrica9s1 fit tellem5t fureur1 qu'il se crut oblig de me rem]ci]1 en m'en voyant1 ,new-,york1 le d]rire d'un de ces jolis petits *evreuils qu'on tire en hiv] du ,canada1 et qui fut tr\v exquis p> le comit *oisi que je convoquai en cette occasion4 ,note #fe3 ,juli5 florissait en #agid4 ,c'tait un habile g>on1 qui avait1 disait-il1 t cuis9i] de l'ar*evque de ,bordeaux4 ,il a d faire une gr&e =tune1 si ,dieu lui a prt vie4 ,le capita9e ,collet gagna aussi beauc\p d'arg5t ,new-,york en #agid et #agie1 en faisant p\r les habitants de cette ville comm]ante des glaces et des sorbets4 ,les femmes surt\t ne se lassai5t pas d'un plaisir si n\veau p\r elles2 ri5 n'tait plus amusant que de voir les petites m9es qu'elles faisai5t en y gtant4 ,elles avai5t surt\t pe9e concevoir comm5t cela p\vait se ma9t5ir si froid p> une *aleur de v+t-six degrs de ,raumur4 ,en passant ,cologne1 j'avais r5contr un g5tilhomme breton qui se tr\vait trs bi5 de s'tre fait traiteur1 et je p\rrais multipli] indf9im5t les exemples2 mais j'aime mieux cont]1 comme plus s+ulire1 l'hi/oire d'un ,franais qui s'enri*it ,londres p> son habilet faire de la salade4 ,il tait ,lim\s91 et si ma mmoire e/ fidle1 il s'appelait d',aubignac ou d',albignac4 ,quoique sa pitance ft =tem5t re/re9te p> le mauvais tat de ses f9ances1 il n'en tait pas mo9s un j\r dn] dans une des plus fameuses tav]nes de ,londres2 il tait de ceux qui ont p\r sy/me qu'on peut bi5 dn] avec un seul plat1 p\rvu qu'il soit excell5t4 ,p5dant qu'il a*evait un succul5t ro/beef1 c9q six jeunes g5s des premires familles 7d&ies7 se rgalai5t une table vois9e1 et l'un d'eux s'tant lev s'appro*a1 et lui dit d'un ton poli3 ,monsieur le ,franais1 on dit que votre nation excelle dans l'art de faire la salade#ff2 v\driez-v\s n\s favoris] et en accommod] une p\r n\s8 ,note #ff3 ,traduction mot mot du complim5t anglais qui doit tre fait dans cette occasion4 ,d',albignac y cons5tit aprs quelque hsitation1 dem&a t\t ce qu'il crut ncessaire p\r faire le *ef-d'oeuvre att5du1 y mit t\s ses so9s et eut le bonheur de russir4 ,p5dant qu'il tudiait ses doses1 il rpondait avec fran*ise aux que/ions qu'on lui faisait sur sa situation actuelle2 il dit qu'il tait migr et av\a1 non sans r\gir un peu1 qu'il recevait les sec\rs du g\v]nem5t anglais1 circon/ance qui autorisa sans d\te un des jeunes g5s lui gliss] dans la ma9 un billet de c9q livres /]l+s qu'il accepta aprs une molle rsi/ance4 ,il avait donn son adresse2 et quelque temps de l il ne fut que mdiocrem5t surpris de recevoir une lettre p> laquelle on le priait1 dans les t]mes les plus honntes1 de v5ir accommod] une salade dans un des plus beaux htels de ,grosv5or-,squ>e4 ,d',albignac1 comm5ant prvoir quelque avantage durable1 ne balana pas un in/ant1 et arriva ponctuellem5t aprs s'tre muni de quelques assaisonnem5ts n\veaux qu'il jugea conv5ables p\r donn] son ouvrage un plus haut degr de p]fection4 ,il avait eu le temps de song] la besogne qu'il avait faire2 il eut donc le bonheur de russir encore1 et reut1 p\r cette fois1 une gratification telle qu'il n'et pas pu la refus] sans se nuire4 ,les premi]s jeunes g5s p\r qui il avait opr avai5t1 comme on peut le prsum]1 vant jusqu' l'exagration le mrite de la salade qu'il avait assaisonne p\r eux4 ,la seconde compagnie fit encore plus de bruit1 de sorte que la rputation de d',albignac s't5dit promptem5t3 on le dsigna s\s la qualification de fa%ionable salat-mak]2 et dans ce pays avide de n\veauts1 t\t ce qu'il y avait de plus lgant dans la capitale des trois royaumes se m\rait p\r une salade de la faon du g5tleman franais3 ,i die = x1 c'e/ l'expression consacre4 ,dsir de nonne e/ un feu qui dvore1 ,dsir d',anglaise e/ c5t fois pire encore4 ,d',albignac pr(ita en homme d'esprit de l'eng\em5t dont il tait l'objet2 bi5tt il eut un c>rik p\r se transport] plus vite dans les div]s endroits o il tait appel1 et un dome/ique portant1 dans un ncessaire d'acaj\1 t\s les +rdi5ts dont il avait enri*i son rp]toire1 tels que des v9aigres diffr5ts p>fums1 des huiles avec ou sans gt de fruit1 du soy1 du cavi>1 des truffes1 des an*ois1 du cal*up1 du jus de vi&es1 et mme des jaunes d'oeufs1 qui sont le c>actre di/9ctif de la mayonnaise4 ,plus t>d1 il fit fabriqu] des ncessaires p>eils1 qu'il g>nit compltem5t1 et qu'il v5dit p> c5ta9es4 ,enf91 en suivant avec exactitude et sagesse sa ligne d'opration1 il v9t b\t de ralis] une =tune de plus de #hj1jjj fr4 qu'il transporta en ,france qu& les temps fur5t dev5us meilleurs4 ,r5tr dans sa patrie1 il ne s'amusa po9t brill] sur le pav de ,p>is2 mais il s'occupa de son av5ir4 ,il plaa #fj1jjj fr4 dans les fonds publics1 qui p\r lors tai5t c9quante p\r c5t1 et a*eta p\r #bj1jjj fr4 une petite g5tilhommire situe en ,lim\s91 ou probablem5t il vit encore1 cont5t et heureux1 puisqu'il sait born] ses dsirs4 ,ces dtails me fur5t donns dans le temps p> un de mes amis qui avait connu d',albignac ,londres et qui l'avait t\t n\vellem5t r5contr lors de son passage ,p>is4 ,illu/ration ,,xiv4 ,autres s\v5irs d'migration4 ,le ,tiss]&4 ,en #agid1 n\s tions en ,suisse1 ,m4 ,ro/a+#fg et moi1 montrant un visage s]e9 la =tune contraire1 et g>dant notre am\r la patrie qui n\s p]scutait4 ,note #fg3 ,m4 le b>on ,ro/a+1 mon p>5t et mon ami1 auj\rd'hui int5dant militaire ,lyon4 ,c'e/ un adm9i/rateur de premire =ce4 ,il a dans ses c>tons un sy/me de comptabilit militaire tellem5t clair1 qu'il faudra bi5 qu'on y vi5ne4 ,n\s vnmes a ,mondon1 o j'avais des p>5ts1 et fmes reu p> la famille ,trolliet avec une bi5veillance dont j'ai g>d *rem5t le s\v5ir4 ,cette famille1 une des plus anci5nes du pays1 e/ ma9t5ant te9te1 le d]ni] bailli n'ayant laiss qu'une fille1 qui elle-mme n'a po9t eu d'enfant mle4 ,on me montra1 en cette ville1 un jeune (fici] franais qui y ex]ait la pr(ession de tiss]&2 et voici comm5t il en tait v5u l3 ,ce jeune homme1 d'une trs bonne famille1 trav]sant ,mondon p\r se r5dre l'arme de ,cond1 se tr\va table ct d'un vieill>d porteur d'une de ces figures la fois graves et animes1 telle que les pe9tres la donn5t aux compagnons de ,guillaume ,tell4 ,au dess]t1 on causa3 l'(fici] ne dissimula pas sa position1 et reut div]ses m>ques d'intrt de la "p de son vois94 ,celui-ci le plaignait d'tre oblig de r5onc]1 si jeune1 t\t ce qu'il devait aim]1 et lui fit rem>qu] la ju/esse de la maxime de ,r\sseau qui v\drait que *aque homme st un mti] p\r s'en aid] dans l'adv]sit et se n\rrir p>t\t4 ,quant lui1 il dcl>a qu'il tait tiss]&1 veuf sans enfants1 et qu'il tait cont5t de son sort4 ,la conv]sation en re/a l2 le l5dema9 l'(fici] p>tit1 et peu de temps aprs se tr\va in/all dans les rangs de l'arme de ,cond4 ,mais t\t ce qui se passait1 tant au d$ans qu'au dehors de cette arme1 il jugea facilem5t que ce n'tait pas p> cette porte qu'il p\vait espr] de r5tr] en ,france4 ,il ne t>da pas y pr\v] quelques-uns de ces dsagrm5ts qu'y ont quelquefois r5contrs ceux qui n'avai5t d'autres titres que leur zle p\r la cause royale2 et plus t>d on lui fit un passe-droit1 ou quelque *ose de p>eil1 qui lui p>ut d'une inju/ice criante4 ,alors le disc\rs du tiss]& lui rev9t dans la mmoire2 il y rva quelque temps2 et ayant pris son p>ti1 quitta l'arme1 rev9t ,mondon1 et se prs5ta au tiss]&1 en le priant de le recevoir comme appr5ti4 ,je ne laiss]ai pas *app] cette occasion de faire une bonne action1 dit le vieill>d2 v\s mang]ez avec moi2 je ne sais qu'une *ose1 je v\s l'appr5drai2 je n'ai qu'un lit1 v\s le p>tag]ez2 v\s travaill]ez a9si p5dant un an1 et au b\t de ce temps v\s travaill]ez votre compte1 et v\s vivrez heureux dans un pays o le travail e/ honor et provoqu4 ,ds le l5dema91 l'(fici] se mit l'ouvrage1 et y russit si bi51 qu'au b\t de six mois son matre lui dcl>a qu'il n'avait plus ri5 lui appr5dre1 qu'il se reg>dait comme pay des so9s qu'il lui avait donns1 et que dsormais t\t ce qu'il f]ait t\rn]ait son pr(it p>ticuli]4 ,qu& je passai ,mondon1 le n\vel artisan avait dj gagn assez d'arg5t p\r a*et] un mti] et un lit2 il travaillait avec une assiduit rem>quable1 et on pr5ait lui un tel intrt1 que les premires maisons de la ville s'tai5t arranges p\r lui donn] t\r--t\r dn] *aque diman*e4 ,ce j\r-l1 il endossait son uni=me1 repr5ait ses droits dans la socit2 et comme il tait =t aimable et =t in/ruit1 il tait ft et c>ess p> t\t le monde4 ,mais le lundi1 il r$ev5ait tiss]&1 et1 passant le temps dans cette alt]native1 ne p>aissait pas trop mcont5t de son sort4 ,l'affam4 ce tableau des avantages de l'indu/rie j'en vais accol] un autre d'un g5re absolum5t oppos4 ,je r5contrai ,lausanne un migr lyonnais1 gr& et beau g>on1 qui1 p\r ne pas travaill]1 s'tait rduit ne mang] que deux fois p> sema9e4 ,il s]ait mort de faim de la meilleure grce du monde1 si un brave ngociant de la ville ne lui avait pas ouv]t un crdit *ez un traiteur1 p\r y dn] le diman*e et le m]cr$i de *aque sema9e4 ,l'migr arrivait au j\r indiqu1 se b\rrait jusqu' l'oesophage et p>tait1 non sans emport] avec lui un assez gros morceau de pa92 c'tait *ose conv5ue4 ,il mnageait le mieux qu'il p\vait cette provision supplm5taire1 buvait de l'eau qu& l'e/omac lui faisait mal1 passait une p>tie de son temps au lit dans une rvass]ie qui n'tait pas sans *>mes1 et gagnait a9si le repas suivant4 ,il y avait trois mois qu'il vivait a9si qu& je le r5contrai3 il n'tait pas malade2 mais il rgnait dans t\te sa p]sonne une telle langueur1 ses traits tai5t tellem5t tirs1 et il y avait entre son nez et ses oreilles quelque *ose de si hippocratique1 qu'il faisait pe9e voir4 ,je m'tonnai qu'il se s\mt de telles angoisses plutt que de *]*] utilis] sa p]sonne1 et je l'invitai dn] dans mon aub]ge1 o il (ficia faire trembl]4 ,mais je ne rcidivai pas1 p>ce que j'aime qu'on se raidisse contre l'adv]sit1 et qu'on obisse1 qu& il le faut1 cet arrt port contre l'espce huma9e3 ,tu travaill]as4 ,le ,lion d',arg5t4 ,quels bons dn]s n\s faisions en ce temps ,lausanne1 au ,lion d',arg5t6 ,moy5nant qu9ze batz 7#b fr4 #be c47 n\s passions en revue trois s]vices complets1 o l'on voyait1 entre autres1 le bon gibi] des montagnes vois9es1 l'excell5t poisson du lac de ,g5ve1 et1 n\s humections t\t cela1 volont et discrtion1 avec un petit v9 blanc limpide comme eau de ro*e1 qui aurait fait boire un enrag4 ,le haut b\t de la table tait t5u p> un *ano9e de ,notre-,dame de ,p>is 7je s\haite qu'il vive encore71 qui tait l comme *ez lui1 et devant qui le kell] ne manquait pas de plac] t\t ce qu'il y avait de meilleur dans le m5u4 ,il me fit l'honneur de me di/+u] et de m'appel]1 en qualit d'aide-de-camp1 dans la rgion qu'il habitait2 mais je ne pr(itai pas longtemps de cet avantage2 les vnem5ts m'entranr5t1 et je p>tis p\r les tats-,unis1 o je tr\vai un asile1 du travail et de la tranquillit4 ,sj\r en ,amrique4 ,bataille4 ,je f9is ce *apitre en racontant une circon/ance de ma vie qui pr\ve bi5 que ri5 n'e/ sr en ce bas monde1 et que le malheur peut n\s surpr5dre au mom5t o on s'y att5d le mo9s4 ,je p>tais p\r la ,france1 je quittais les tats-,unis aprs trois ans de sj\r1 et je m'y tais si bi5 tr\v que t\t ce que je dem&ai au ciel 7et il m'a exauc7 dans ces mom5ts d'att5drissem5t qui prcd5t le d"p1 fut de ne pas tre plus malheureux dans l'anci5 monde que je ne l'avais t dans le n\veau4 ,ce bonheur1 je l'avais pr9cipalem5t d ce que1 ds que je fus arriv p>mi les ,amrica9s1 je p>lai comme eux#fh1 je m'habillai comme eux1 je me g>dai bi5 d'avoir plus d'esprit qu'eux1 et je tr\vai bon t\t ce qu'ils faisai5t2 payant a9si l'hospitalit que je tr\vais p>mi eux p> une condesc5dance que je crois ncessaire et que je conseille t\s ceux qui p\rrai5t se tr\v] en p>eille position4 ,note #fh3 ,je dnais un j\r ct d'un crole qui demeurait ,new-,york depuis deux ans1 et qui ne savait pas assez d'anglais p\r dem&] du pa93 et je lui en tmoignai mon tonnem5t4 ,bah6 dit-il en levant les paules1 croyez-v\s que je sois assez bon p\r me donn] la pe9e d'tudi] la langue d'un peuple aussi maussade8 ,je quittais donc paisiblem5t un pays o j'avais vcu en paix avec t\t le monde1 et il n'y avait pas un bipde sans plumes dans t\te la cration qui et plus actuellem5t que moi l'am\r de ses semblables1 qu& il surv9t un incid5t t\t--fait indp5dant de ma volont1 et qui faillit me rejet] dans les vnem5ts tragiques4 ,j'tais sur le paquebot qui devait me conduire de ,new-,york ,philadelphie2 il faut savoir que1 p\r faire ce voyage avec sret et c]titude1 il faut pr(it] du mom5t o la m>e desc5d4 ,or la m] tait tale1 c'e/--dire qu'elle allait desc5dre1 et le mom5t de p>tir tait v5u sans qu'on se mt le mo9s du monde en m\vem5t p\r dm>r]4 ,n\s tions l beauc\p de ,franais1 et entre autres un sieur ,gau?i]1 qui doit tre encore en ce mom5t ,p>is2 brave g>on qui s'e/ ru9 en v\lant btir ultra vires la maison qui fait l'angle sud-oue/ du palais du m9i/re des f9ances4 ,la cause du ret>d fut bi5tt connue2 elle prov5ait de deux ,amrica9s qui n'arrivai5t po9t1 et qu'on avait la bont d'att5dre2 ce qui n\s mettait en dang] d'tre surpris p> la m>e basse1 et de mettre le d\ble de temps p\r arriv] notre de/9ation2 c> la m] n'att5d p]sonne4 ,de l gr&s murmures1 et surt\t de la "p des ,franais1 qui ont les passions bi5 autrem5t vives que les habitants de l'autre bord de l',atlantique4 ,non seulem5t je ne m'en mlais pas1 mais pe9e m'en ap]cevais-je1 c> j'avais le coeur gros1 et je p5sais au sort qui m'att5dait en ,france2 de sorte que je ne sais pas bi5 ce qui se passa4 ,mais bi5tt j'ent5dis un bruit clatant1 et je vis qu'il prov5ait de ce que ,gau?i] avait appliqu sur la j\e d'un ,amrica9 un s\fflet assomm] un rh9ocros4 ,cet acte de viol5ce am5a une confusion p\vantable4 ,les mots franais et amrica9s ayant t plusieurs fois prononcs en opposition1 la qu]elle dev9t nationale2 et il n'tait pas mo9s "q que de n\s jet] t\s la m]2 ce qui et t cep5dant une opration difficile1 c> n\s tions huit contre onze4 ,j'tais1 p> mon extrieur2 celui qui annonait devoir faire le plus de rsi/ance la transbordation2 c> je suis c>r1 de haute taille2 et je n'avais alors que tr5te-neuf ans4 ,ce fut sans d\te p> cette raison qu'on dirigea sur moi le gu]ri] le plus app>5t de la tr\pe ennemie1 qui v9t me faire en face une attitude ho/ile4 ,il tait haut comme un clo*]1 et gros en proportion2 mais qu& je le toisai avec ce reg>d qui pntre jusqu' la moelle des os1 je vis qu'il tait d'un tempram5t lymphatique1 qu'il avait le visage b\rs\fl1 les yeux morts1 la tte petite et des jambes de femme4 ,m5s non agitat molem1 dis-je en moi-mme2 voyons ce qu'il ti5t1 et on m\rra aprs1 s'il le faut4 ,alors voici textuellem5t ce que je lui dis1 la manire des hros d',homre3 ,d y believe#fi to bully me8 y damn$ rogue4 ,by ,god6 x w n be s444 & ,i'll ov]bo>d y l a dead cat444 ,if ,i f9d y too heavy1 ,i'll cl+ to y ) h&s1 legs1 tee?1 nails1 e ?+1 & if ,i _c d bett]1 we w s9k toge!r to ! bottom2 my life is no?+ to s5d su* dog to hell4 ,n[1 j n[444 ,croyez-v\s m'effray]1 damn coqu98444p> ,dieu6 il n'en s]a ri51 et je v\s jett]ai p>-dessus le bord comme un *at crev4 ,si je v\s tr\ve trop l\rd1 je m'atta*]ai v\s avec les ma9s1 avec les jambes1 avec les ongles1 avec les d5ts1 de t\tes les manires1 et n\s irons ensemble au fond4 ,ma vie n'e/ ri5 p\r envoy] en enf] un *i5 comme v\s4 ,allons444#gj ,note #fi3 ,on ne se tutoie pas en anglais2 et un *>reti] t\t en r\ant son *eval de c\ps de f\et1 lui dit3 ,g1 sir2 g1 sir2 ,i say 7allez1 monsieur2 allez1 monsieur1 v\s dis-je74 ,note #gj3 ,dans t\s les pays rgis p> les lois anglaises1 les batt]ies sont t\j\rs prcdes de beauc\p d'injures v]bales1 p>ce qu'on y dit que les injures ne cass5t pas les os 7high words break no bones74 ,s\v5t aussi on s'en ti5t l1 et la loi fait qu'on hsite p\r frapp]2 c> celui qui frappe le premi] rompt la paix publique1 et s]a t\j\rs condamn l'am5de1 quel que soit l'vnem5t du combat4 ces p>oles1 avec lesquelles t\te ma p]sonne tait sans d\te en h>monie 7c> je me s5tais la =ce d',h]cule71 je vis mon homme se racc\rcir d'un p\ce1 ses bras tombr5t1 ses j\es s'aplatir5t2 en un mot1 il donna des m>ques si vid5tes de frayeur1 que celui qui l'avait sans d\te am5 s'en ap]ut1 et v9t comme p\r s'int]pos]2 et il fit bi51 c> j'tais lanc1 et l'habitant du n\veau monde allait s5tir que ceux qui se baign5t dans le ,fur5s#ga ont les n]fs durem5t tremps4 ,note #ga3 ,rivire limpide qui pr5d sa s\rce au-dessus de ,rossillon1 passe prs de ,belley1 et se jette dans le ,rhne au-dessus de ,peyrieux4 ,les truites qu'on y pr5d ont la *air c\leur de rose et les bro*ets l'ont comme ivoire4 ,gut6 gut6 gut6 7autem74 ,cep5dant quelques p>oles de paix s'tai5t fait3 ent5dre dans l'autre p>tie du navire3 l'arrive des ret>dataires fit div]sion2 il fallut s'occup] mettre la voile2 de sorte que1 p5dant que j'tais en attitude de lutteur1 le tumulte cessa t\t d'un c\p4 ,les *oses se passr5t mme au mieux2 c> lorsque t\t fut apais1 m'tant occup *]*] ,gau?i] p\r le grond] de sa vivacit1 je tr\vai le s\fflet assis la mme table1 en prs5ce d'un jambon de la plus aimable app>5ce et d'un pit*] de bire d'une c\de de hauteur4 ,illu/ration ,,xv4 ,la botte d'asp]ges4 ,passant au ,palais-,royal1 p> un beau j\r du mois de fvri]1 je m'arrtai devant le magas9 de madame ,*evet1 la plus fameuse m>*&e de come/ibles de ,p>is1 qui m'a t\j\rs fait l'honneur de me v\loir du bi52 et y rem>quant une botte d'asp]ges dont la mo9dre tait plus grosse que mon doigt indicateur1 je lui en dem&ai le prix4 --,qu>ante francs1 monsieur1 rpondit-elle4--,elles sont vraim5t =t belles2 mais ce prix1 il n'y a gure que le roi ou quelque pr9ce qui p\rront en mang]4--,v\s tes dans l'erreur1 de p>eils *oix n'abord5t jamais les palais2 on y veut du beau et non du magnifique1 ma botte d'asp]ges n'en p>tira pas mo9s1 et voici comm5t3 ,au mom5t o n\s p>lons1 il y a dans cette ville au mo9s trois c5ts ri*>ds1 f9anci]s1 capitali/es1 f\rnisseurs et autres1 qui sont ret5us *ez eux p> la g\tte1 la peur des cat>rhes1 les ordres du mdec91 et autres causes qui n'emp*5t pas de mang]2 ils sont auprs de leur feu se creus] le c]veau p\r savoir ce qui p\rrait les ragot]1 et qu& ils se sont bi5 fatigus sans russir1 ils envoi5t leur valet de *ambre la dc\v]te2 celui-ci vi5dra *ez moi1 rem>qu]a ces asp]ges1 f]a son rapport2 et elles s]ont enleves t\t prix4 ,ou bi5 ce s]a une jolie petite femme qui pass]a avec son amant1 et qui lui dira3 ,ah6 mon ami1 les belles asp]ges6 a*etons-les2 v\s savez que ma bonne en fait si bi5 la sauce6 ,or1 en p>eil cas1 un amant comme il faut ne refuse ni ne m>*&e4 ,ou bi5 c'e/ une gageure1 un baptme1 une hausse subite de la r5te444 ,que sais-je1 moi8 ,en un mot1 les objets trs *]s s'c\l5t plus vite que les autres1 p>ce qu' ,p>is le c\rs de la vie amne tant de circon/ances extraord9aires qu'il y a t\j\rs motifs suffisants p\r les plac]4 ,comme elle p>lait a9si1 deux gros ,anglais1 qui passai5t en se t5ant s\s le bras s'arrtr5t auprs de n\s1 et leur visage prit l'in/ant une te9te admirative4 ,l'un d'eux fit envelopp] la botte miraculeuse1 mme sans en dem&] le prix1 la paya1 la mit s\s son bras et l'emporta en sifflant l'air3 ,god save ! k+4 ,illu/ration ,voil1 monsieur1 me dit en riant madame ,*evet1 une *ance t\t aussi commune que les autres1 dont je ne v\s avais pas encore p>l4 ,,xvi4 ,de la fondue ,la fondue e/ orig9aire de la ,suisse4 ,ce n'e/ autre *ose que des oeufs br\ills au fromage1 dans c]ta9es proportions que le temps et l'expri5ce ont rvles4 ,j'en donn]ai la recette (ficielle4 ,c'e/ un mets sa91 sav\reux1 apptissant1 de prompte confection1 et p>tant t\j\rs prt faire face l'arrive de quelques convives inatt5dus4 ,au re/e1 je n'en fais m5tion ici que p\r ma satisfaction p>ticulire1 et p>ce que ce mot rappelle un fait dont les vieill>ds du di/rict de ,belley ont g>d le s\v5ir4 ,v]s la f9 du dix-septime sicle1 un ,m4 de ,madot fut nomm l'v* de ,belley1 et y arrivait p\r en pr5dre possession4 ,ceux qui tai5t *>gs de le recevoir et de lui faire les honneurs de son propre palais avai5t prp> un fe/9 digne de l'occasion1 et avai5t fait usage de t\tes les ress\rces de la cuis9e d'alors p\r ft] l'arrive de monseigneur4 ,p>mi les entremets brillait une ample fondue1 dont le prlat se s]vit copieusem5t4 ,mais1 surprise6 se mpr5ant l'extrieur et la croyant une crme1 il la mangea la cuill]1 au lieu de se s]vir de la f\r*ette1 de temps immmorial de/9e cet usage4 ,t\s les convives1 tonns de cette tranget1 se reg>dr5t du co9 de l'oeil1 et avec un s\rire imp]ceptible4 ,cep5dant le respect arrta t\tes les langues1 c> t\t ce qu'un vque v5ant de ,p>is fait table1 et surt\t le premi] j\r de son arrive1 ne peut manqu] d'tre bi5 fait4 ,mais la *ose s'bruita1 et ds le l5dema9 on ne se r5contrait po9t sans se dem&]3 ,eh bi51 savez-v\s comm5t notre n\vel vque a mang hi] au soir sa fondue8--,eh6 oui1 je le sais2 il l'a mange avec une cuill]4 ,je le ti5s d'un tmo9 oculaire1 etc4 ,la ville transmit le fait la campagne2 et aprs trois mois il tait public dans t\t le diocse4 ,ce qu'il y a de rem>quable1 c'e/ que cet incid5t faillit branl] la foi de nos pres4 ,il y eut des novateurs qui prir5t le p>ti de la cuill]1 mais ils fur5t bi5tt oublis3 la f\r*ette triompha2 et aprs plus d'un sicle1 un de mes gr&s-oncles s'en gayait encore et me contait1 en riant d'un rire imm5se1 comme quoi ,m4 de ,madot avait une fois mang1 de la fondue avec une cuill]4 ,recette de la fondue4 ,telle qu'elle a t extraite des papi]s de ,m4 ,,trollet1 bailli de ,mondon1 au canton de ,b]ne4 ,pesez le nombre d'oeufs que v\s v\drez employ] d'aprs le nombre prsum de vos convives4 ,v\s pr5drez ensuite un morceau de bon fromage de ,gruyre pesant le ti]s1 et un morceau de beurre1 pesant le sixime de ce poids4 ,v\s cass]ez et battrez bi5 les oeufs dans une cass]ole2 aprs quoi v\s y mettrez le beurre et le fromage rp ou m9c4 ,posez la cass]ole sur un f\rneau bi5 allum1 et t\rnez avec une spatule1 jusqu' ce que le mlange soit conv5ablem5t paissi et mollet2 mettez-y un peu ou po9t de sel1 suivant que le fromage s]a plus ou mo9s vieux1 et une =te portion de poivre1 qui e/ un des c>actres positifs de ce mets antique2 s]vez sur un plat lgrem5t *auff2 faites apport] le meilleur v91 qu'on boira rondem5t1 et on v]ra m]veilles4 ,,xvii ,dsappo9tem5t4 ,t\t tait tranquille un j\r dans l'aub]ge de l'cu de ,france1 ,b\rg en ,bresse1 qu& un gr& r\lem5t se fit ent5dre1 et qu'on vit p>atre une sup]be b]l9e1 =me anglaise1 quatre *evaux1 rem>quable surt\t p> deux trs jolies ,abigails qui tai5t ca*es sur le sige du co*]1 bi5 ployes dans une ample enveloppe de drap c>late1 d\ble et brode en bleu4 cette app>ition1 qui annonait un milord voyageant petites j\rnes1 ,*icot 7c'tait le nom de l'aub]gi/e7 acc\rut1 le bonnet la ma93 sa femme se t9t sur la porte de l'htel2 les filles faillir5t se rompre le c\ en desc5dant l'escali]1 et les g>ons d'curie se prs5tr5t1 comptant dj sur un ample p\r-boire4 ,on dballa les suivantes1 non sans les faire r\gir un peu1 att5du les difficults de la desc5te2 et la b]l9e acc\*a3 #a d'un milord gros1 c\rt1 enlum9 et v5tru2 #b de deux miss1 longues1 ples et r\sses2 #c d'une milady p>aissant entre le premi] et le second degr de la consomption4 ,illu/ration ,ce fut cette d]nire qui prit la p>ole3 ,monsieur l'aub]gi/e1 dit-elle1 faites bi5 soign] mes *evaux2 donnez-n\s une *ambre p\r n\s repos]1 et faites rafra*ir mes femmes de *ambre2 mais je ne veux pas que le t\t cote plus de six francs2 pr5ez vos mesures l-dessus4 ,aussitt aprs la prononciation de cette phrase conomique1 ,*icot remit son bonnet1 madame r5tra1 et les filles ret\rnr5t leur po/e4 ,cep5dant les *evaux fur5t mis l'curie1 o ils lur5t la gazette2 on montra aux dames une *ambre au premi] 7up /airs71 et on (frit aux suivantes des v]res et une c>afe d'eau bi5 claire4 ,mais les six francs obligs ne fur5t reu qu'en re*ignant1 et comme une mesqu9e comp5sation p\r l'emb>ras caus et p\r les esprances dues4 ,,xviii4 ,effets m]veilleux d'un dn] classique4 ,hlas6 que je suis pla9dre6 disait d'une voix lgiaque un ga/ronome de la c\r royale de la ,se9e4 ,esprant ret\rn] bi5tt ma t]re1 j'y ai laiss mon cuis9i]3 les affaires me reti5n5t ,p>is1 et je suis ab&onn aux so9s d'une bonne (ficieuse dont les prp>ations m'affadiss5t le coeur4 ,ma femme se cont5te de t\t1 mes enfants n'y connaiss5t encore ri53 b\illi peu cuit1 rti brl1 je pris la fois p> la bro*e et p> la m>mite1 hlas6 ,il p>lait a9si1 en trav]sant d'un pas d\l\reux la place ,dauph9e4 ,heureusem5t p\r la *ose publique1 le pr(esseur ent5dit de si ju/es pla9tes1 et dans le plaignant reconnut un ami4 ,v\s ne m\rrez pas mon *]1 dit-il d'un ton affectueux au magi/rat m>tyr2 non1 v\s ne m\rrez pas d'un mal dont je puis v\s (frir le remde4 ,veuillez accept] p\r dema9 un dn] classique1 en petit comit3 aprs dn] une p>tie de piquet que n\s arrang]ons de manire ce que t\t le monde s'amuse2 et comme les autres1 cette soire se prcipit]a dans l'abme du pass4 ,l'invitation lut accepte2 le my/re s'accomplit suivant les c\tumes1 rites et crmonies v\lus2 et depuis ce j\r 7#bc ju9 #ahbe71 le pr(esseur se tr\ve heureux d'avoir cons]v la c\r royale un de ses plus dignes s\ti5s4 ,,xix4 ,effets et dang]s des liqueurs =tes4 ,la soif factice dont n\s avons fait m5tion 7,mditation ,,viii71 celle qui appelle les liqueurs =tes comme s\lagem5t mom5tan1 devi5t1 avec le temps1 si int5se et si habituelle1 que ceux qui s'y livr5t ne peuv5t pas pass] la nuit sans boire1 et sont obligs de quitt] leur lit p\r l'apais]4 ,cette soif devi5t alors une vritable maladie2 et qu& l'individu en e/ l on peut prono/iqu] avec c]titude qu'il ne lui re/e pas deux ans vivre4 ,j'ai voyag en ,holl&e avec un ri*e comm]ant de ,dantzick qui t5ait1 depuis c9quante ans1 la premire maison de dtail en eaux-de-vie4 ,monsieur1 me disait ce patri>*e1 on ne se d\te pas en ,france de l'importance du comm]ce que n\s faisons1 de pre en fils1 depuis plus d'un sicle4 ,j'ai obs]v avec att5tion les ouvri]s qui vi5n5t *ez moi2 et qu& ils s'ab&onn5t sans rs]ve au p5*ant1 trop commun *ez les ,allem&s1 p\r les liqueurs =tes1 ils arriv5t leur f9 t\s peu prs de la mme manire4 ,d'abord ils ne pr5n5t qu'un petit v]re d'eau-de-vie le mat91 et cette quantit leur suffit p5dant plusieurs annes 7au surplus1 ce rgime e/ commun t\s les ouvri]s1 et celui qui ne pr5drait pas son petit v]re s]ait honni p> t\s les cam>ades72 ensuite ils d\bl5t la dose1 c'e/--dire qu'ils en pr5n5t un petit v]re le mat9 et autant v]s le midi4 ,ils re/5t ce taux environ deux ou trois ans2 puis ils en boiv5t rgulirem5t le mat91 midi et le soir4 ,bi5tt ils en vi5n5t pr5dre t\te heure1 et n'en veul5t plus que de celle dans laquelle on a fait infus] du gir(le2 aussi1 lorsqu'ils en sont l1 il y a c]titude qu'ils ont t\t au plus six mois vivre2 ils se dess*5t1 la fivre les pr5d1 ils vont l'hpital1 et on ne les revoit plus4 ,,xx4 ,les *evali]s et les abbs4 ,j'ai dj cit deux fois ces deux catgories g\rm&es que le temps a dtruites4 ,comme elles ont disp>u depuis plus de tr5te ans1 la plus gr&e p>tie de la gnration actuelle ne les a pas vues4 ,elles rep>atront probablem5t v]s la f9 de ce sicle2 mais comme un p>eil phnomne exige la concid5ce de bi5 des futurs cont+5ts1 je crois que bi5 peu1 p>mi ceux qui viv5t actuellem5t1 s]ont tmo9s de cette pal+nsie4 ,illu/ration ,il faut donc qu'en ma qualit de pe9tre de moeurs je leur donne le d]ni] c\p de p9ceau2 et p\r y p>v5ir plus commodm5t1 j'emprunte le passage suivant un auteur qui n'a ri5 me refus]4 ,rgulirem5t1 et d'aprs l'usage1 la qualification de *evali] n'aurait d s'accord] qu'aux p]sonnes dcores d'un ordre1 ou aux cadets des maisons titres2 mais beauc\p de ces *evali]s avai5t tr\v avantageux de se donn] l'accolade eux-mmes#gb1 et si le porteur avait de l'ducation et une bonne t\rnure1 telle tait l'ins\ciance de cette poque que p]sonne ne s'avisait d'y reg>d]4 ,note #gb3 ,self creat$4 ,les *evali]s tai5t gnralem5t beaux g>ons1 ils portai5t l'pe v]ticale1 le j>ret t5du1 la tte haute et le nez au v5t2 ils tai5t j\eurs1 lib]t9s1 tapageurs1 et faisai5t p>tie ess5tielle du tra9 d'une beaut la mode4 ,ils se di/+uai5t encore p> un c\rage brillant et une facilit excessive mettre l'pe la ma94 ,il suffisait quelquefois de les reg>d] p\r se faire une affaire4 ,c'e/ a9si que f9it le *evali] de ,s4441 l'un des plus connus de son temps4 ,il avait *]* une qu]elle gratuite un jeune homme t\t n\vellem5t arriv de ,*>olles1 et on tait all se battre sur les d]rires de la ,*ausse-d',ant91 presque entirem5t occupe alors p> des m>ais4 la manire dont le n\veau v5u se dveloppa s\s les armes1 ,s444 vit bi5 qu'il n'avait pas faire un novice3 il ne se mit pas mo9s en devoir de le tt]2 mais au premi] m\vem5t qu'il fit1 le ,*>ollais p>tit d'un c\p de temps1 et le c\p fut tellem5t f\rni que le *evali] tait mort avant d'tre tomb4 ,un de ses amis1 tmo9 du combat1 exam9a longtemps en sil5ce une blessure si f\droyante et la r\te que l'pe avait p>c\rue3 ,quel beau c\p de qu>te dans les armes1 dit-il t\t--c\p1 en s'en allant1 et que ce jeune homme a la ma9 bi5 place6444 ,le dfunt n'eut pas d'autre oraison funbre4 ,au comm5cem5t ds gu]res de la rvolution1 la plup>t de ces *evali]s se placr5t dans les bataillons1 d'autres migrr5t1 le re/e se p]dit dans la f\le4 ,ceux qui surviv5t1 en petit nombre1 sont encore reconnaissables l'air de tte2 mais ils sont maigres et m>*5t avec pe9e2 ils ont la g\tte4 99 99 99 99 99 ,qu& il y avait beauc\p d'enfants dans une famille noble1 on en de/9ait un l'glise3 il comm5ait p> obt5ir les bnfices simples qui f\rnissai5t aux frais de son ducation2 et dans la suite1 il dev5ait pr9ce1 abb1 comm5dataire ou vque1 selon qu'il avait plus ou mo9s de dispositions l'apo/olat4 ,illu/ration ,c'tait l le type lgitime des abbs2 mais il y en avait de faux2 et beauc\p de jeunes g5s qui avai5t quelque aisance1 et qui ne se s\ciai5t pas de c\rir les *ances de la *eval]ie1 se donnai5t le titre d'abb en v5ant ,p>is4 ,ri5 n'tait plus commode3 avec une lgre altration dans la toilette1 on se donnait t\t--c\p l'app>5ce d'un bnfici]3 on se plaait au niveau de t\t le monde2 on tait ft1 c>ess1 c\ru2 c> il n'y avait pas de maison qui n'et son abb4 ,les abbs tai5t petits1 trapus1 rondelets1 bi5 mis1 cl9s1 complaisants1 curieux1 g\rm&s1 al]tes1 ins9uants2 ceux qui re/5t ont t\rn la graisse2 ils se sont faits dvots4 ,illu/ration ,il n'y avait pas de sort plus heureux que celui d'un ri*e prieur ou d'un abb comm5dataire2 ils avai5t de la considration1 de l'arg5t2 po9t de suprieurs1 et ri5 faire4 ,les *evali]s se retr\v]ont si la paix e/ longue1 comme on peut l'espr]2 mais mo9s d'un gr& *angem5t dans l'adm9i/ration ecclsia/ique1 l'espce des abbs e/ p]due sans ret\r2 il n'y a plus de s9cures2 et on e/ rev5u aux pr9cipes de la primitive glise3 b5eficium propt] (ficium4 ,,xxi4 ,miscellanea4 ,monsieur le conseill]1 disait un j\r d'un b\t d'une table l'autre1 une vieille m>quise du faub\rg ,sa9t-,g]ma91 lequel prfrez-v\s du b\rgogne ou du bordeaux8--,madame1 rpondit d'une voix druidique le magi/rat a9si int]rog1 c'e/ un procs dont j'ai tant de plaisir visit] les pices que j'aj\rne t\j\rs huita9e la prononciation de l'arrt4 99 99 99 99 99 ,un amphitryon de la ,*ausse-d',ant9 avait fait s]vir sur sa table un saucisson d',arles de taille hroque4 ,acceptez-en une tran*e1 disait-il sa vois9e2 voil un meuble qui1 je l'espre1 annonce une bonne maison4--,il e/ vraim5t trs gros1 dit la dame en le lorgnant d'un air mal92 c'e/ dommage que cela ne ressemble ri54 99 99 99 99 99 ,ce sont surt\t les g5s d'esprit qui ti5n5t la g\rm&ise honneur3 les autres ne sont pas capables d'une opration qui consi/e dans une suite d'apprciations et de jugem5ts4 ,madame la comtesse de ,g5lis se vante1 dans ses ,mmoires1 d'avoir appris une ,allem&e qui l'avait bi5 reue la manire d'apprt] jusqu' sept plats dlicieux4 ,c'e/ ,m4 le comte de la ,place qui a dc\v]t une manire trs releve d'accommod] les fraises1 qui consi/e les m\ill] avec le jus d'une orange d\ce 7pomme des ,hesprides74 ,un autre savant a encore en*ri sur le premi]1 en y aj\tant le jaune de l'orange1 qu'il enlve en la frottant avec un morceau de sucre2 et il prt5d pr\v]1 au moy5 d'un lambeau *app aux flammes qui dtruisir5t la biblio?que d',alex&rie1 que c'e/ a9si assaisonn que ce fruit tait s]vi dans les banquets du mont ,ida4 99 99 99 99 99 ,je n'ai pas gr&e ide de cet homme1 disait le comte de ,m444 en p>lant d'un c&idat qui v5ait d'attrap] une place2 il n'a jamais mang de b\d9 la ,ri*elieu1 et ne connat pas les ctelettes la ,s\bise4 99 99 99 99 99 ,un buveur tait table1 et au dess]t on lui (frit du rais94 ,je v\s rem]cie1 dit-il en rep\ssant l'assiette2 je n'ai pas c\tume de pr5dre mon v9 en pilules4 99 99 99 99 99 ,on flicitait un amateur qui v5ait d'tre nomm directeur des contributions directes ,prigueux2 on l'entret5ait du plaisir qu'il aurait vivre au c5tre de la bonne *re1 dans le pays des truffes1 des b>tavelles1 des d9des truffes1 etc41 etc4 ,hlas6 dit en s\pirant le ga/ronome contri/1 e/-il bi5 sr qu'on puisse1 vivre dans un pays o la m>e n'arrive pas8 ,,xxii ,une j\rne *ez les ,b]n>d9s4 ,il tait prs d'une heure du mat92 il faisait une belle nuit d't et n\s tions =cs en cavalcade1 non sans avoir donn une vig\reuse srnade aux belles qui avai5t le bonheur de n\s intress] 7c'e/ v]s #aghb74 ,n\s p>tions de ,belley1 et n\s allions ,sa9t-,sulpice1 abbaye de ,b]n>d9s situe sur une des plus hautes montagnes de l'arrondissem5t1 au mo9s c9q mille pi$s au-dessus du niveau de la m]4 ,j'tais alors *ef d'une tr\pe de musici5s amateurs1 t\s amis de la joie et possdant haute dose t\tes les v]tus qui accompagn5t la jeunesse et la sant4 ,monsieur1 m'avait dit un j\r l'abb de ,sa9t-,sulpice1 en me tirant1 aprs dn]1 dans l'embrasure d'une croise1 v\s s]iez bi5 aimable si v\s v5iez avec vos amis n\s faire un peu de musique le j\r de ,sa9t-,b]n>d2 le sa9t en s]ait plus compltem5t glorifi1 nos vois9s en s]ai5t rj\is1 et v\s auriez l'honneur d'tre les premi]s ,orphes qui aurai5t pntr dans ces rgions leves4 ,je ne fis pas rpt] une dem&e qui promettait une p>tie agrable1 je promis d'un signe de tte1 et le salon en fut branl4 ,annuit1 et totum nutu tremefecit olympum4 ,t\tes prcautions tai5t prises d'avance2 et n\s p>tions de bonne heure1 p>ce que n\s avions quatre lieues faire p> des *em9s capables d'effray] mme les voyageurs audacieux qui ont brav les hauteurs de la puissante butte ,montm>tre4 ,le mona/re tait bti dans une valle f]me l'oue/ p> le sommet de la montagne1 et l'e/ p> un coteau mo9s lev4 ,le pic de l'oue/ tait c\ronn p> une =t de sap9s o un seul c\p de v5t en r5v]sa un j\r tr5te-sept mille#gc4 ,le fond de la valle tait occup p> une va/e prairie1 o des buissons de htres =mai5t div]s comp>tim5ts irrguli]s1 modles imm5ses de ces petits j>d9s anglais que n\s aimons tant4 ,note #gc3 ,la matrise des eaux et =ts les compta1 les v5dit2 le comm]ce en pr(ita1 les mo9es en pr(itr5t1 de gr&s capitaux fur5t mis en circulation1 et1 p]sonne ne se plaignit de l'ouragan4 ,n\s arrivmes la po9te du j\r1 et n\s fmes reu p> le pre cellri]1 dont le visage tait quadrangulaire et le nez en oblisque4 ,illu/ration3 page #dag ,messieurs1 dit le bon pre1 soyez les bi5v5us3 notre rvr5d abb s]a bi5 cont5t qu& il saura que v\s tes arrivs2 il e/ encore dans son lit1 c> hi] il tait bi5 fatigu2 mais v\s allez v5ir avec moi1 et v\s v]rez si n\s v\s att5dions4 ,il dit1 se mit en m>*e1 et n\s le suivmes1 supposant avec raison qu'il n\s conduisait v]s le rfectoire4 ,l t\s nos s5s fur5t envahis p> l'app>ition du djeun] le plus sduisant1 d'un djeun] vraim5t classique4 ,au milieu d'une table spacieuse1 s'levait un pt gr& comme une glise2 il tait flanqu au nord p> un qu>ti] de veau froid1 au sud p> un jambon norme1 l'e/ p> une pelote de beurre monum5tale1 et l'oue/ p> un boisseau d'arti*auts la poivrade4 ,on y voyait encore div]ses espces de fruits1 des assiettes1 des s]viettes1 des c\teaux1 et de l'arg5t]ie dans des corbeilles2 et au b\t de la table1 des frres lais et des dome/iques prts s]vir1 quoique tonns de se voir levs si mat94 ,en un co9 du rfectoire1 on voyait une pile de plus de c5t b\teilles1 cont9uellem5t arrose p> une fonta9e naturelle1 qui s'*appait en murmurant ,evohe ,bac*e2 et si l'arme du moka ne *at\illait pas nos n>9es1 c'e/ que dans ces temps hroques on ne pr5ait pas encore de caf si mat94 ,le rvr5d cellri] j\it quelque temps de notre tonnem5t2 aprs quoi il n\s adressa l'allocution suivante1 que1 dans notre sagesse1 n\s jugemes avoir t prp>e3 ,messieurs1 dit-il1 je v\drais p\voir v\s t5ir compagnie1 mais je n'ai pas encore dit ma messe1 et c'e/ auj\rd'hui j\r de gr& (fice4 ,je devrais v\s invit] mang]2 mais votre ge1 le voyage et l'air vif de nos montagnes doiv5t m'en disp5s]4 ,acceptez avec plaisir ce que n\s v\s (frons de bon coeur2 je v\s quitte et vais *ant] mat9es4 ces mots1 il disp>ut4 ,ce fut alors le mom5t d'agir2 et n\s attaqumes avec l'n]gie que supposai5t en effet les trois circon/ances aggravantes si bi5 indiques p> le cellri]4 ,mais que p\vai5t de faibles enfants d',adam contre un repas qui p>aissait prp> p\r les habitants de ,sirius6 nos ef=ts fur5t impuissants2 quoique ultra-repus1 n\s n'avions laiss de notre passage que des traces imp]ceptibles4 ,a9si1 bi5 munis jusqu'au dn]1 on se disp]sa2 et j'allai me tapir dans un bon lit1 o je dormis en att5dant la messe1 semblable au hros de ,rocroy et d'autres encore1 qui ont dormi jusqu'au mom5t de comm5c] la bataille4 ,je fus rveill p> un robu/e frre1 qui faillit m'arra*] le bras1 et je c\rus l'glise1 o je tr\vai t\t le monde son po/e4 ,n\s excutmes une symphonie l'(f]toire2 on *anta un motet l'lvation1 et on f9it p> un quatuor d'in/rum5ts v5t4 ,et malgr les mauvaises plaisant]ies contre la musique d'amateurs1 le respect que je dois la vrit m'oblige d'assur] que n\s n\s en tirmes =t bi54 ,je rem>que cette occasion que t\s ceux qui ne sont jamais cont5ts de ri51 sont presque t\j\rs des ignorants qui ne tran*5t h>dim5t que p>ce qu'ils espr5t que leur audace p\rra leur faire suppos] des connaissances qu'ils n'ont pas eu le c\rage d'acqurir4 ,n\s remes avec bnignit les loges qu'on ne manqua pas de n\s prodigu] en cette occasion1 et1 aprs avoir reu les rem]ciem5ts de l'abb1 n\s allmes n\s mettre table4 ,le dn] fut s]vi dans le gt du qu9zime sicle2 peu d'entremets1 peu de sup]fluits2 mais un excell5t *oix de vi&es1 ds ragots simples1 sub/antiels1 une bonne cuis9e1 une cuisson p>faite et surt\t des lgumes d'une saveur inconnue dans les m>ais1 emp*ai5t de dsir] ce qu'on ne voyait pas4 ,on jug]a1 au surplus de l'abondance qui rgnait en ce bon lieu1 qu& on saura que le second s]vice (frit jusqu' quatorze plats de rt4 ,le dess]t fut d'autant plus rem>quable qu'il tait compos en p>tie de fruits qui ne croiss5t po9t cette hauteur1 et qu'on avait apports du pays bas2 c> on avait mis contribution les j>d9s de ,ma*uraz1 la ,morfl5t1 et autres endroits favoriss de l'a/re pre de la *aleur4 ,les liqueurs ne manqur5t pas2 mais le caf mrite une m5tion p>ticulire4 ,il tait limpide1 p>fum1 *aud m]veille2 mais surt\t il n'tait pas s]vi dans ces vases dgnrs qu'on os appel] tasses sur les rives de la ,se9e1 mais dans de beaux et pr(onds b[ls o se plongeai5t s\hait les lvres paisses des rvr5ds1 qui en aspirai5t le liquide vivifiant avec un bruit qui aurait fait honneur des ca*alots avant l'orage4 ,aprs dn]1 n\s allmes vpres1 et n\s y excutmes1 entre les psaumes1 des antiphones que j'avais composs exprs4 ,c'tait de la musique c\rante comme on en faisait alors2 et je n'en dis ni bi5 ni mal1 de peur d'tre arrt p> la mode/ie1 ou influ5c p> la pat]nit4 ,la j\rne (ficielle tant a9si t]m9e1 les vois9s comm5cr5t dfil]2 les autres s'arrangr5t p\r faire quelques p>ties des jeux de comm]ce4 ,p\r moi1 je prfrai la prom5ade2 et ayant runi quelques amis1 j'allai f\l] ce gazon si d\x et si s]r qui vaut bi5 les tapis de la ,savonn]ie1 et respir] cet air pur des hauts lieux1 qui rafra*it l'me et dispose l'imag9ation la mditation et au romantisme#gd4 ,note #gd3 ,j'ai con/amm5t pr\v cet effet dans les mmes circon/ances1 et je suis port croire que la lgret de l'air1 dans les montagnes1 laisse agir c]ta9es puissances crbrales que sa pesanteur opprime dans la pla9e4 ,il tait t>d qu& n\s r5trmes4 ,l'abb v9t a moi p\r me s\hait] le bon soir et une bonne nuit4 ,je vais1 me dit-il1 r5tr] *ez moi1 et v\s laiss] f9ir la soire4 ,ce n'e/ pas que je croie que ma prs5ce pt tre importune nos pres2 mais je veux qu'ils sa*5t bi5 qu'ils ont lib]t plnire4 ,ce n'e/ pas t\s les j\rs ,sa9t-,b]n>d2 dema9 n\s r5tr]ons dans l'ordre acc\tum3 oras it]abimus quor4 ,effectivem5t1 aprs le d"p de l'abb1 il y eut plus de m\vem5t dans l'assemble2 elle dev9t plus bruyante1 et on fit plus de ces plaisant]ies spciales aux clotres qui ne v\lai5t pas dire gr&'*ose1 et dont on riait sans savoir p\rquoi4 ,v]s neuf heures1 le s\p] fut s]vi3 s\p] soign1 dlicat1 et loign du dn] de plusieurs sicles4 ,on mangea sur n\veaux frais1 on causa1 on rit1 on *anta des *ansons de table2 et un des pres n\s lut quelques v]s de sa faon1 qui vraim5t n'tai5t pas mauvais p\r avoir t faits p> un tondu4 ,sur la f9 de la soire1 une voix s'leva et cria3 ,pre cellri]1 o e/ donc votre plat8--,c'e/ trop ju/e1 rpondit le rvr5d2 je ne suis pas cellri] p\r ri54 ,il sortit un mom5t1 et rev9t bi5tt aprs1 accompagn de trois s]viteurs1 dont le premi] apportait des rties d'excell5t beurre1 et les deux autres tai5t *>gs d'une table sur laquelle se tr\vait une cuve d'eau-de-vie sucre et brlante3 ce qui quivalait presque au pun*1 qui n'tait po9t encore connu4 ,les n\veaux v5us fur5t reu avec acclamation2 on mangea les rties1 on b l'eau-de-vie brle1 et qu& l'horloge de l'abbaye sonna m9uit1 *acun se retira dans son app>tem5t p\r y j\ir des d\ceurs d'un sommeil auquel les travaux de la j\rne lui avai5t donn des dispositions et des droits4 ,n4 ,b4 ,le pre cellri] dont il e/ fait m5tion dans cette n>ration vritablem5t hi/orique1 tant dev5u vieux1 on p>lait devant lui d'un abb n\vellem5t nomm qui arrivait de ,p>is1 et dont on r$\tait la rigueur4 ,je suis tranquille son g>d1 dit le rvr5d2 qu'il soit m*ant tant qu'il v\dra1 il n'aura jamais le c\rage d't] un vieill>d ni le co9 du feu ni la clef de la cave4 ,,xxiii4 ,bonheur en voyage4 ,j'tais un j\r mont sur mon *eval la ,joie1 et je p>c\rais les coteaux riants du ,jura4 ,c'tait dans les plus mauvais j\rs de la rvolution2 et j'allais ,dle1 auprs du reprs5tant ,prt1 p\r en obt5ir un sauf-conduit qui devait m'emp*] d'all] en prison1 et probablem5t ensuite l'*afaud4 ,en arrivant1 v]s onze heures du mat91 une aub]ge du petit b\rg ou village de ,mont-s\s-,vaudrey1 je fis d'abord bi5 soign] ma monture2 et de l1 passant la cuis9e1 j'y fus frapp d'un spectacle qu'aucun voyageur n'et pu voir sans plaisir4 ,devant un feu vif et brillant t\rnait une bro*e admirablem5t g>nie de cailles1 rois de cailles1 et de ces petits rles pi$ v]ts qui sont t\j\rs si gras4 ,ce gibi] de *oix r5dait ses d]nires g\ttes sur une imm5se rtie1 dont la facture annonait la ma9 d'un *asseur2 et t\t auprs1 on voyait dj cuit un de ces levrauts ctes rondes1 que les ,p>isi5s ne connaiss5t pas1 et dont le fumet embaum]ait une glise4 ,bon6 dis-je en moi-mme1 ranim p> cette vue1 la ,provid5ce ne m'ab&onne pas t\t--fait4 ,cueillons encore cette fleur en passant2 il s]a t\j\rs temps de m\rir4 ,alors1 en m'adressant l'hte qui1 p5dant cet exam5 sifflait1 les ma9s d]rire le dos1 en prom5ant dans la cuis9e sa /atue de gant1 je lui dis3 ,mon *]1 qu'allez-v\s me donn] de bon p\r mon dn]8--,ri5 que de bon1 monsieur2 bon b\illi1 bonne s\pe aux pommes de t]re1 bonne paule de m\ton et bons h>icots4 cette rponse inatt5due1 un frisson de dsappo9tem5t p>c\rut t\t mon corps2 on sait que je ne mange po9t de b\illi1 p>ce que c'e/ de la vi&e mo9s son jus2 les pommes de t]re et les h>icots sont obsignes2 je ne me s5tais pas des d5ts d'aci] p\r d*ir] l'clan*e2 ce m5u tait fait exprs p\r me dsol]1 et t\s mes maux retombr5t sur moi4 ,l'hte me rgalait d'un air s\rnois1 et avait l'air de dev9] la cause de mon dsappo9tem5t444 ,et p\r qui rs]vez-v\s donc t\t ce joli gibi]8 lui dis-je d'un air t\t--fait contr>i4--,hlas6 monsieur1 rpondit-il d'un ton sympa?ique1 je ne puis en dispos]2 t\t cela app>ti5t des messieurs de ju/ice qui sont ici depuis dix j\rs1 p\r une exp]tise qui intresse une dame =t ri*e2 ils ont f9i hi] et se rgal5t p\r clbr] cet vnem5t heureux2 c'e/ ce que n\s appelons ici faire la rvolte4--,monsieur1 rpliquai-je aprs avoir mus quelques in/ants1 faites-moi le plaisir de dire ces messieurs qu'un homme de bonne compagnie dem&e1 comme une faveur1 d'tre admis dn] avec eux1 qu'il pr5dra sa "p de la dp5se1 et qu'il leur en aura surt\t une extrme obligation4 ,je dis1 il p>tit1 et ne rev9t plus4 ,mais1 peu aprs1 je vis entr] un petit homme gras1 frais1 j\fflu1 trapu1 guill]et1 qui v9t rd] dans la cuis9e1 dplaa quelques meubles1 leva le c\v]cle d'une cass]ole et disp>ut4 ,bon1 dis-je en moi-mme1 voil le frre tuileur qui vi5t me reconnatre6 ,et je comm5ai espr]1 c> l'expri5ce m'avait dj appris que mon extrieur n'e/ pas rep\ssant4 ,le coeur ne m'en battit pas mo9s comme un c&idat sur la f9 du dp\illem5t du scrut91 qu& l'hte rep>ut et v9t m'annonc] que ces messieurs tai5t trs flatts de ma proposition1 et n'att5dai5t que moi p\r se mettre table4 ,je p>tis en entre*ats2 je reu l'accueil le plus flatteur1 et au b\t de quelques m9utes j'avais pris rac9e4 ,quel bon dn]666 ,je n'en f]ai pas le dtail2 mais je dois une m5tion honorable une fricasse de p\lets de haute facture1 telle qu'on n'en tr\ve qu'en prov9ce1 et si ri*em5t dote de truffes1 qu'il y en avait assez p\r retremp] le vieux ,ti?on4 ,on connat dj le rt2 son gt rpondait son extrieur3 il tait cuit po9t1 et la difficult que j'avais pr\ve m'en appro*] en rehaussait encore la saveur4 ,le dess]t tait compos d'une crme la vanille1 de fromage de *oix et de fruits excell5ts4 ,n\s arrosions t\t cela avec un v9 lg] et c\leur de gr5at2 plus t>d avec du v9 de l',ermitage2 plus t>d encore1 avec du v9 de paille1 galem5t d\x et gnreux3 le t\t fut c\ronn p> de trs bon caf1 confectionn p> le tuileur guill]et1 qui eut aussi l'att5tion de ne n\s laiss] pas manqu] de c]ta9es liqueurs de ,v]dun1 qu'il sortit d'une espce de tab]nacle dont il avait la clef4 ,non seulem5t le dn] fut bon1 mais il fut trs gai4 ,aprs avoir p>l avec circonspection des affaires du temps1 ces messieurs s'attaqur5t de plaisant]ies qui me mir5t au fait d'une p>tie de leur biographie2 ils p>lr5t peu de l'affaire qui les avait runis2 on dit quelques bons contes1 on *anta2 je m'y joignis p> quelques c\plets 9dits2 j'en fis mme un en impromptu1 et qui fut =t applaudi suivant l'usage2 le voici3 ,,air3 du m>*al f]rant4 ,qu'il e/ d\x p\r les voyageurs ,de tr\v] d'aimables buveurs3 ,c'e/ une vraie#ge batitude4 ,ent\r d'aussi bons enfants1 ,ma foi je pass]ais cans1 ,libre de t\te inquitude1 ,quatre j\rs1 ,qu9ze j\rs1 ,tr5te j\rs1 ,une anne1 ,et bnirais ma de/9e4 ,note #ge3 ,il y a ici une faute que n\s cons]vons p> respect p\r le texte de l'auteur1 le passage qui suit le c\plet fait voir d'ailleurs que n\s ne faisons en cela que suivre son int5tion4 ,si je rapporte ce c\plet1 ce n'e/ pas que je le crois excell5t1 j'en ai fait1 grce au ciel6 de meilleurs1 et j'aurais refait celui-l si j'avais v\lu2 mais j'ai prfr lui laiss] sa t\rnure d'impromptu af9 que le lecteur convi5ne que celui qui1 avec un comit rvolutionnaire en cr\pe1 p\vait se j\] a9si1 celui-l1 dis-je1 avait bi5 c]ta9em5t la tte et le coeur d'un ,franais4 ,il y avait bi5 quatre heures que n\s tions table1 et on comm5ait s'occup] de la manire de f9ir la soire2 on allait faire une longue prom5ade p\r aid] la dige/ion1 et en r5trant on f]ait une p>tie de bte hombre p\r att5dre le repas du soir qui se composait d'un plat de truites en rs]ve1 et des reliefs du dn] encore trs dsirables4 t\tes ces propositions je fus oblig de rpondre p> un refus1 le soleil p5*ant v]s l'horizon m'av]tissait de p>tir4 ,ces messieurs insi/r5t autant que la politesse le p]met1 et s'arrtr5t qu& je leur assurai que je ne voyageais pas t\t--fait p\r mon plaisir4 ,on a dj dev9 qu'ils ne v\lur5t pas ent5dre p>l] de mon cot3 a9si1 sans me faire de que/ions importunes1 ils v\lur5t me voir mont] *eval1 et n\s n\s sp>mes aprs avoir fait et reu les adieux les plus affectueux4 ,si quelqu'un de ceux qui m'accueillir5t si bi5 exi/e encore1 et que ce livre tombe entre ses ma9s1 je dsire qu'il sa*e1 qu'aprs plus de tr5te ans1 ce *apitre a t crit avec la plus vive gratitude4 ,un bonheur ne vi5t jamais seul2 et mon voyage eut un succs que je n'aurais presque pas espr4 ,je tr\vai1 la vrit1 le reprs5tant ,prt =tem5t prv5u contre moi3 il me reg>da d'un air s9i/re2 et je crus qu'il allait me faire arrt]2 mais j'en fus quitte p\r la peur1 et aprs quelques claircissem5ts1 il me sembla que ses traits se dt5dai5t un peu4 ,je ne suis po9t de ceux que la peur r5d cruels1 et je crois que cet homme n'tait pas m*ant2 mais il avait peu de capacit et ne savait que faire du p\voir r$\table qui lui avait t confi3 c'tait un enfant arm de la massue d',h]cule4 ,m4 ,amondru1 dont je retrace ici le nom avec bi5 du plaisir1 eut vritablem5t quelque pe9e lui faire accept] un s\p] o il tait conv5u que je me tr\v]ais2 cep5dant il y v9t et me ret d'une manire qui tait bi5 lo9 de me satisfaire4 ,je fus un peu mo9s mal accueilli de madame ,prt1 qui j'allai prs5t] mon hommage4 ,les circon/ances o je me prs5tais admettai5t au mo9s un intrt de curiosit4 ,ds les premires phrases1 elle me dem&a si j'aimais la musique4 ,oh bonheur inespr6 elle p>aissait en faire ses dlices1 et comme je suis moi-mme trs bon musici51 ds ce mom5t nos coeurs vibrr5t l'unisson4 ,n\s causmes avant s\p]1 et n\s fmes ce qu'on appelle une ma9 fond4 ,elle me p>la des traits de composition1 je les connaissais t\s2 elle me p>la des opras les plus la mode1 je les savais p> coeur2 elle me nomma les auteurs les plus connus1 je les avais vus p\r la plup>t4 ,elle ne f9issait pas1 p>ce que depuis longtemps elle n'avait r5contr p]sonne avec qui trait] ce *apitre1 dont elle p>lait en amateur1 quoique j'aie su depuis qu'elle avait pr(ess comme matresse de *ant4 ,aprs s\p] elle envoya *]*] ses cahi]s2 elle *anta1 je *antai1 n\s *antmes2 jamais je n'y mis plus de zle1 jamais je n'y eus plus de plaisir4 ,m4 ,prt avait dj p>l plusieurs fois de se retir] qu'elle n'en avait pas t5u compte1 et n\s sonnions comme deux trompettes le duo de la ,fausse ,magie4 ,v\s s\vi5t-il de cette fte4 qu& il fit ent5dre l'ordre du d"p4 ,il fallut bi5 f9ir2 mais au mom5t o n\s n\s quittmes1 madame ,prt me dit3 ,citoy51 qu& on cultive comme v\s les beaux-arts1 on ne trahit pas son pays4 ,je sais que v\s dem&ez quelque *ose mon m>i3 v\s l'aurez2 c'e/ moi qui v\s le promets4 ce disc\rs consolant1 je lui baisai la ma9 du plus *aud de mon coeur2 et effectivem5t ds le l5dema9 mat9 je reu mon sauf-conduit bi5 sign et magnifiquem5t ca*et4 ,a9si fut rempli le b de mon voyage4 ,je rev9s *ez moi la tte haute2 et grce l'h>monie1 cette aimable fille du ,ciel1 mon asc5sion fut ret>de d'un bon nombre d'annes4 ,illu/ration ,,xxiv4 ,potique4 ,nulla plac]e diu1 nec viv]e c>m9a possunt1 ,quae scribuntur aqu potoribus4 ,ut male sanos ,adscripsit ,lib] ,satyris ,faunisque poetas1 ,v9a f]e dulces olu]unt mane ,camo54 ,laudibus arguitur v9i v9osus ,hom]us2 ,ennius ipsr pat] nunquam1 nisi potus1 ad arma ,prosiluit dic5da3 ,=um putealque ,libonis ,m&abo siccis2 adimam cant>e sev]is4 ,hoc simul edixit1 non cessav]e poet ,nocturno c]t>e m]o1 dot>e diurno1 ,,horat4 ,epirt4 ,i1#ai4 ,si j'avais eu assez de temps j'aurais fait un *oix raisonn de posies ga/ronomiques depuis les ,grecs et les ,lat9s jusqu' nos j\rs1 et je l'aurais divis p> poques hi/oriques1 p\r montr] l'alliance intime qui a t\j\rs exi/ entre l'art de bi5 dire et l'art de bi5 mang]4 ,ce que je n'ai pas fait1 un autre le f]a#gf4 ,n\s v]rons comm5t la table a t\j\rs donn le ton la lyre1 et on aura une preuve additionnelle de l'influ5ce du physique sur le moral4 ,note #gf3 ,voil1 si je ne me trompe1 le troisime ouvrage que je dlgue aux travailleurs3 #a ,monographie de l',obsit2 #b ,trait ?orique et pratique des ,haltes de *asse2 #c ,recueil *ronologique de ,posies ga/ronomiques4 ,jusque v]s le milieu du dix-huitime sicle1 les posies de ce g5re ont eu surt\t p\r objet de clbr] ,bac*us et ses dons1 p>ce qu'alors boire du v9 et en boire beauc\p tait le plus haut degr d'exaltation gu/uelle auquel on et pu p>v5ir4 ,cep5dant1 p\r rompre la monotonie et agr&ir la c>rire1 on y associait l',am\r1 association dont il n'e/ pas c]ta9 que l'am\r se tr\ve bi54 ,la dc\v]te du n\veau monde et les acquisitions qui en ont t la suite ont am5 un n\vel ordre de *oses4 ,le sucre1 le caf1 le ?1 le *ocolat1 les liqueurs alcooliques et t\s les mlanges qui en rsult5t ont fait de la bonne *re un t\t plus compos1 dont le v9 n'e/ plus qu'un accessoire plus ou mo9s oblig2 c> le ? peut trs bi5 remplac] le v9 djeun]#gg4 ,note #gg3 ,les ,anglais et les ,holl&ais mang5t djeun] du pa91 du beurre1 du poisson1 du jambon1 des oeufs1 et ne boiv5t presque jamais que du ?4 ,illu/ration ,a9si une c>rire plus va/e s'e/ ouv]te aux potes de nos j\rs2 ils ont pu *ant] les plaisirs de la table sans tre ncessairem5t obligs de se noy] dans la tonne1 et dj des pices *>mantes ont clbr les n\veaux trsors dont la ga/ronomie s'e/ enri*ie4 ,comme un autre j'ai ouv]t les recueils1 et j'ai j\i du p>fum de ces (fr&es ?res4 ,mais1 t\t en admirant les ress\rces du tal5t et gtant l'h>monie des v]s1 j'avais une satisfaction de plus qu'un autre en voyant t\s ces auteurs se coordonn] mon sy/me favori2 c> la plup>t de ces jolies *oses ont t faites p\r dn]1 en dnant ou aprs dn]4 ,j'espre bi5 que les ouvri]s habiles exploit]ont la p>tie de mon doma9e que je leur ab&onne1 et je me cont5te en ce mom5t d'(frir mes lecteurs un petit nombre de pices *oisies au gr de mon caprice1 accompagnes de notes trs c\rtes1 p\r qu'on ne se creuse pas la tte p\r *]*] la raison de mon *oix4 ,,*anson ,,de ,d,,moc>es ,,au ,,fe/9 ,,de ,,d5ias4 ,cette *anson e/ tire du ,voyage du jeune ,ana*>sis3 cette raison suffit4 ,buvons1 *antons ,bac*us1 ,il se plat nos danses1 il se plat nos *ants2 il t\ffe l'envie1 la ha9e et les *agr9s4 ,aux ,grces sduisantes1 aux ,am\rs en*anteurs1 il donna la naissance4 ,aimons1 buvons2 *antons ,bac*us4 ,l'av5ir n'e/ po9t encore2 le prs5t n'e/ bi5tt plus2 le seul in/ant de la vie e/ l'in/ant de la j\issance4 ,aimons1 buvons2 *antons ,bac*us4 ,sages de nos folies1 ri*es de nos plaisirs1 f\lons aux pi$s la t]re et ses va9es gr&eurs2 et dans la d\ce ivresse que des mom5ts si beaux font c\l] dans nos mes1 ,buvons1 *antons ,bac*us4 7,voyage du jeune ,ana*>sis en ,grce1 tom4 ,,ii1 *ap4 #be47 ,celle-ci e/ de ,mot91 qui1 dit-on1 fit le premi] en ,france des *ansons boire4 ,elle e/ du vrai bon temps de l'ivrogn]ie1 et ne manque pas de v]ve4 ,,air3 ,que j'aime en t\t temps la tav]ne6 ,que librem5t je m'y g\v]ne6 ,elle n'a ri5 d'gal soi2 ,j'y vois t\t ce que je dem&e3 ,et les tor*ons y sont p\r moi ,de f9e toile de ,holl&e4 ,p5dant que le *aud n\s outrage1 ,on ne tr\ve po9t de bocage ,agrable et frais comme elle e/2 ,et qu& la froidure m'y mne1 ,un malheureux fagot m'y plat ,plus que t\t le bois de ,v9c5ne4 ,j'y tr\ve s\hait t\tes *oses2 ,les *>dons m'y sembl5t des roses1 ,et les tripes des ortolans2 ,l'on n'y combat jamais qu'au v]re4 ,les cab>ets et les brelans ,sont les p>adis de la t]re4 ,c'e/ ,bac*us que n\s devons suivre2 ,le nect> dont il n\s enivre ,a quelque *ose de div91 ,et quiconque a cette l\ange ,d'tre homme sans boire du v91 ,s'il en buvait1 s]ait un ange4 ,le v9 me rit1 je le c>esse2 ,c'e/ lui qui bannit ma tri/esse1 ,et rveille t\s mes esprits3 ,n\s n\s aimons de mme =ce4 ,je le pr5ds1 aprs j'en suis pris2 ,je le porte1 et puis il m'emporte4 ,qu& j'ai mis qu>te dessus p9te1 ,je suis gai1 l'oreille me t9te1 ,je recule au lieu d'avanc]3 ,avec le premi] je me frotte1 ,et je fais1 sans savoir dans]1 ,de beaux entre*ats dans la crotte4 ,p\r moi1 jusqu' ce que je meure1 ,je veux que le v9 blanc demeure1 ,avec le clairet dans mon corps1 ,p\rvu que la paix les assemble3 ,c> je les jett]ai dehors1 ,s'ils ne s'accord5t bi5 ensemble4 ,la suivante e/ de ,racan1 un de nos plus anci5s potes2 elle e/ ple9e de grce et de philosophie1 a s]vi de modle beauc\p d'autres1 et p>at plus jeune que son extrait de naissance4 ,,mayn>d4 ,p\rquoi se donn] tant de pe9e8 ,buvons plutt p]dre hale9e1 ,de ce nect> dlicieux1 ,qui1 p\r l'excell5ce1 prcde ,celui mme que ,ganymde ,v]se dans la c\pe des dieux4 ,c'e/ lui qui fait que les annes1 ,n\s dur5t mo9s que les j\rnes4 ,c'e/ lui qui n\s fait rajeunir1 ,et qui bannit de nos p5ses ,le regret des *oses passes ,et la cra9te de l'av5ir4 ,buvons1 ,mayn>d1 ple9e tasse ,l'ge ins5siblem5t se passe1 ,et n\s mne nos d]ni]s j\rs2 ,l'on a beau faire des prires1 ,les ans1 non plus que les rivires1 ,jamais ne rebr\ss5t leur c\rs4 ,le pr9temps1 vtu de v]dure1 ,*ass]a bi5tt la froidure4 ,la m] a son flux et reflux2 ,mais1 depuis que notre jeunesse ,quitte la place la vieillesse1 ,le temps ne la ramne plus4 ,les lois de la mort sont fatales ,aussi bi5 au maisons royales ,qu'aux taudis c\v]ts de roseaux2 ,t\s nos j\rs sont sujets aux ,p>ques2 ,ceux des b]g]s et des mon>ques ,sont c\ps des mmes ciseaux4 ,leurs rigueurs1 p> qui t\t s'efface1 ,raviss5t1 en bi5 peu d'espace1 ,ce qu'on a de mieux tabli1 ,et bi5tt n\s mn]ont boire1 ,au-del de la rive noire1 ,dans les eaux du fleuve d'oubli4 ,celle-ci e/ du pr(esseur qui l'a aussi mise en musique4 ,il a recul devant les emb>ras de la gravure1 malgr le plaisir qu'il aurait eu de se savoir sur t\s les pianos2 mais p> un bonheur in\1 elle peut se *ant] et on la *ant]a sur l'air du vaudeville de ,fig>o4 ,,le ,,*oix ,,des ,,sci5ces4 ,me p\rsuivons plus la gloire2 ,elle v5d *] ses faveurs2 ,t*ons d'oubli] l'hi/oire3 ,c'e/ un tissu de malheurs4 ,mais appliquons-n\s boire ,ce v9 qu'aimai5t nos aeux4 ,qu'il e/ bon1 qu& il e/ vieux6 7bis47 ,j'ai quitt l'a/ronomie1 ,je m'g>ais dans les cieux2 ,je r5once la *imie1 ,ce gt devi5t trop coteux4 ,mais p\r la ga/ronomie ,je veux suivre mon p5*ant4 ,qu'il e/ d\x d'tre g\rm&6 7bis47 ,jeune1 je lisais sans cesse2 ,mes *eveux en sont t\t gris6 ,les sept sages de la ,grce ,ne m'ont p\rtant ri5 appris4 ,je travaille la p>esse3 ,c'e/ un aimable p*1 ,ah6 comme on e/ bi5 c\*6 7bis47 ,j'tais =t en mdec9e ,je m'en tirais plaisir4 ,mais t\t ce qu'elle imag9e ,ne fait qu'aid] m\rir4 ,je prfre la cuis9e3 ,c'e/ un art rp>ateur4 ,quel gr& homme qu'un traiteur6 7bis47 ,ces travaux sont un peu rudes1 ,mais sur le dcl9 du j\r1 ,p\r gay] mes tudes1 ,je laisse appro*] l'am\r4 ,malgr les caquets des prudes1 ,l'am\r e/ un joli jeu3 ,j\ons-le t\j\rs un peu6 7bis47 ,j'ai vu natre le c\plet suivant1 et voil p\rquoi je l'ai plant4 ,les truffes sont la div9it du j\r1 et peut-tre cette idoltrie ne n\s fait-elle pas honneur4 ,,impromptu4 ,buvons la truffe noire1 ,et ne soyons po9t +rats2 ,elle assure la victoire ,dans les plus *>mants combats4 ,au sec\rs ,des am\rs1 ,du plaisir1 la ,provid5ce ,envoya cette sub/ance3 ,qu'on en s]ve t\s les j\rs4 ,p> ,m4 ,b444 de ,v4441 amateur di/+u1 et lve *ri du pr(esseur4 ,je f9is p> une pice de v]s qui app>ti5t la ,mditation ,,xxvi4 ,j'ai v\lu la mettre en musique1 et n'ai pas russi mon gr2 un autre f]a mieux1 surt\t s'il se monte un peu la tte4 ,l'h>monie doit en tre =te1 et m>qu] au deuxime c\plet que le malade expire4 ,l',,agonie4 ,romance physiologique4 ,dans t\s mes s5s6 hlas6 faiblit la vie1 ,mon oeil e/ t]ne et mon corps sans *aleur4 ,l\is en pleurs1 et cette t5dre amie ,en frmissant met la ma9 sur mon coeur4 ,des visiteurs la tr\pe fugitive ,a pris cong p\r ne plus rev5ir ,le docteur "p et le pa/eur arrive3 ,je vais m\rir4 ,je veux pri]1 ma tte s'y refuse1 ,je veux v>i]1 et ne puis m'exprim]1 ,un t9tem5t m'inquite et m'abuse1 ,je ne sais quoi me p>ait voltig]4 ,je ne vois plus4 ,ma poitr9e oppresse ,va s'puis] p\r =m] un s\pir3 ,il err]a sur ma b\*e glace444 ,je vais m\rir4 ,p> le ,,pr(esseur4 ,illu/ration ,,xxv ,m4 ,h5rion de ,p5sey ,je croyais de bonne foi tre le premi] qui et conu1 de nos j\rs1 l'ide de l',acadmie des ,ga/ronomes2 mais je cra9s bi5 d'avoir t devanc2 comme cela arrive quelquefois4 ,on peut en jug] p> le fait suivant1 qui a prs de qu9ze ans de date4 ,m4 le prsid5t ,h5rion de ,p5sey1 dont l'enj\em5t spirituel a brav les glaces de l'ge1 s'adressant trois des savants les plus di/+us de l'poque actuelle 7,,mm4 de ,laplace1 ,*aptal et ,b]?olet71 leur disait1 en #ahab3 ,je reg>de la dc\v]te d'un mets n\veau1 qui s\ti5t notre apptit et prolonge nos j\issances1 comme un vnem5t bi5 plus intressant que la dc\v]te d'une toile2 on en voit t\j\rs assez4 ,je ne reg>d]ai po9t1 cont9uait ce magi/rat1 les sci5ces comme suffisamm5t honores1 ni comme conv5ablem5t reprs5tes1 tant que je ne v]rai pas un cuis9i] sig] la premire classe de l',in/itut4 ,ce *] prsid5t tait t\j\rs en joie qu& il songeait l'objet de mon travail2 il v\lait me f\rnir une pigraphe1 et disait que ce ne fut pas l',esprit des ,lois qui ouvrit ,m4 de ,montesquieu les portes de l',acadmie4 ,c'e/ de lui que j'ai appris que le pr(esseur ,b]riat ,sa9t-,prix avait fait un roman2 et c'e/ encore lui qui m'a indiqu le *apitre o il e/ p>l de l'indu/rie alim5taire des migrs4 ,aussi1 comme il faut que ju/ice se fasse1 je lui ai rig le quatra9 suivant qui conti5t a la fois son hi/oire et son loge4 ,,v]s ,,p\r ,,tre ,,mis ,,au ,,bas ,,du ,,portrait ,,de ,m4 ,,h5rion ,,de ,,p5sey4 ,dans ses doctes travaux il fut infatigable2 ,il eut de gr&s emplois1 qu'il remplit dignem5t3 ,et quoiqu'il ft pr(ond1 rudit et savant1 ,il ne se crut jamais disp5s d'tre aimable4 ,m4 le prsid5t ,h5rion reut1 en #ahad1 le portefeuille de la ju/ice1 et les employs de ce m9i/re ont g>d la mmoire de la rponse qu'il leur fit1 lorsqu'ils v9r5t en corps lui prs5t] un premi] hommage4 ,messieurs1 leur dit-il avec ce ton pat]nel qui si$ si bi5 sa haute taille et son gr& ge1 il e/ probable que je ne re/]ai pas avec v\s assez de temps p\r v\s faire du bi52 mais du mo9s soyez assurs que je ne v\s f]ai pas de mal4 ,,xxvi4 ,indications4 ,voil mon ouvrage f9i2 et cep5dant1 p\r montr] que je ne suis pas hors d'hale9e1 je vais faire d'une pi]re trois c\ps4 ,je donn]ai mes lecteurs de t\s les pays des indications dont ils f]ont leur pr(it2 je donn]ai mes arti/es de prdilection un s\v5ir dont ils sont dignes1 et je donn]ai au public un *antillon du bois dont je me *auffe4 #a ,madame ,,*evet1 magas9 de come/ibles1 ,palais-,royal1 #bbj1 prs du ,?tre-,franais4 ,je suis p\r elle un cli5t plus fidle que gros consommateur3 nos rapports dat5t de son app>ition sur l'horizon ga/ronomique1 et elle a eu la bont de pleur] ma mort2 ce n'tait heureusem5t qu'une mprise p> ressemblance4 ,madame ,*evet e/ l'int]mdiaire oblig entre la haute come/ibilit et les gr&es =tunes4 ,elle doit sa prosprit la puret de sa foi comm]ciale3 t\t ce que le temps a atte9t disp>at de *ez elle comme p> en*antem5t4 ,la nature de son comm]ce exige qu'elle fasse un ga9 assez prononc2 mais le prix une fois conv5u1 on e/ sr d'avoir de l'excell5t4 ,cette foi s]a hrditaire2 et ses demoiselles1 pe9e *appes l'enfance1 suiv5t dj inv>iablem5t les mmes pr9cipes4 ,madame ,*evet a des *>gs d'affaires dans t\s les pays o peuv5t atte9dre les voeux du ga/ronome le plus capricieux2 et plus elle a de rivaux1 plus elle s'e/ leve dans l'op9ion4 #b ,m4 ,,a*>d1 ptissi]-petit-f\rni]1 rue de ,grammont1 n #i1 ,lyonnais1 tabli depuis environ dix ans1 a comm5c sa rputation p> des biscuits de fcule et des gaufres la vanille qui ont t longtemps inimites4 ,t\t ce qui e/ dans son magas9 a quelque *ose de f9i et de coquet qu'on *]*]ait va9em5t ailleurs2 la ma9 de l'homme n'y p>at pas4 ,on dirait des productions naturelles de quelque pays en*ant3 aussi1 t\t ce qui se fait *ez lui e/ enlev le j\r mme1 on peut dire qu'il n'a po9t de l5dema94 ,dans les beaux j\rs qu9oxiaux1 on voit arriv] *aque in/ant rue de ,grammont quelque brillant c>ricle1 ord9airem5t *>g d'un beau titus et d'une jolie emplume4 ,le premi] se prcipite *ez ,a*>d1 o il s'arme d'un gros cornet de fri&ises4 son ret\r1 il e/ salu p> un3 mon ami6 que cela a bonne m9e6 ou bi51 #j de>6 h[ x looks good6 my m\?6444 ,et vite le *eval "p1 et mne t\t cela au bois de ,b\logne4 ,les g\rm&s ont tant d'ardeur et de bont1 qu'ils ont support p5dant longtemps les asprits d'une demoiselle de b\tique disgracieuse4 ,cet inconvni5t a disp>u2 le comptoir e/ r5\vel et la jolie petite ma9 de mademoiselle ,anna ,a*>d donne un n\veau mrite des prp>ations qui se recomm&5t dj p> elles-mmes4 #c ,m4 ,,limet1 rue de ,ri*elieu1 n #gi1 mon vois91 b\lang] de plusieurs altesses1 a aussi fix mon *oix4 ,acqureur d'un fonds assez insignifiant1 il l'a promptem5t lev un haut degr de prosprit et de rputation4 ,ses pa9s taxs sont trs beaux2 et il e/ difficile de runir dans les pa9s de luxe tant de blan*eur1 de saveur et de lgret4 ,les trang]s1 aussi bi5 que les habitants des dp>tem5ts1 tr\v5t t\j\rs *ez ,m4 ,limet le pa9 auquel ils sont acc\tums2 aussi les consommateurs vi5n5t en p]sonne1 dfil5t et font quelquefois queue4 ,ces succs n'tonn]ont pas qu& on saura que ,m4 ,limet ne se trane pas dans l'ornire de la r\t9e1 qu'il travaille avec assiduit p\r dc\vrir de n\velles ress\rces1 et qu'il e/ dirig p> des savants du premi] ordre4 ,,xxvii ,les ,privations lgie hi/orique4 ,premi]s p>5ts du g5re huma91 dont la g\rm&ise e/ hi/orique1 qui v\s p]dtes p\r une pomme1 que n'auriez-v\s pas fait p\r une d9de aux truffes8 mais il n'tait dans le p>adis t]re/re ni cuis9i]s ni confiseurs4 ,que je v\s pla9s6 ,rois puissants qui ru9tes1 la sup]be ,troie1 votre valeur pass]a d'ge en ge2 mais votre table tait mauvaise4 ,rduits la cuisse de boeuf et au dos de co*on1 v\s ignortes t\j\rs les *>mes de la matelotte et les dlices de la fricasse de p\lets4 ,que je v\s pla9s6 ,aspasie1 ,*lo1 et v\s t\tes dont le ciseau des ,grecs t]nisa les t]mes p\r le dsespoir des belles d'auj\rd'hui1 jamais votre b\*e *>mante n'aspira la suavit d'une m]+ue la vanille ou la rose2 pe9e v\s levtes-v\s jusqu'au pa9 d'pice4 ,que je v\s pla9s6 ,d\ces prtresses de ,ve/a1 combles la fois de tant d'honneurs et m5aces de si horribles supplices1 si du mo9s v\s aviez gt ces sirops aimables qui rafra*iss5t l'me1 ces fruits confits qui brav5t les saisons1 ces crmes p>fumes1 m]veilles de nos j\rs4 ,que je v\s pla9s6 ,f9anci]s roma9s qui pressurtes t\t l'univ]s connu1 jamais vos salons si r5omms ne vir5t p>atre ni ces geles succul5tes1 dlices des p>esseux2 ni ces glaces v>ies1 dont le froid brav]ait la zone torride4 ,que je v\s pla9s6 ,palad9s inv9cibles1 clbrs p> des *antres gabeurs1 qu& v\s auriez p\rf5du des gants1 dlivr des dames1 ext]m9 des armes1 jamais1 hlas6 jamais une captive aux yeux noirs ne v\s prs5ta le *ampagne m\sseux1 le malvoisie de ,madre1 les liqueurs1 cration du gr& sicle2 v\s en tiez rduits la c]voise ou au surne h]b4 ,que je v\s pla9s6 ,abbs crosss1 mitrs1 disp5sateurs des faveurs du ciel2 et v\s1 templi]s t]ribles1 qui armtes vos bras p\r l'ext]m9ation des ,s>raz9s1 v\s ne conntes pas les d\ceurs du *ocolat qui re/aure ou de la fve arabique qui fait p5s]4 ,que je v\s pla9s6 ,sup]bes *tela9es1 qui1 p5dant le vide des croisades1 leviez au rang suprme vos aumni]s et vos pages1 v\s ne p>tagetes po9t avec eux les *>mes du biscuit et les dlices du mac>on4 ,que je v\s pla9s6 ,et v\s enf91 ga/ronomes de #ahbe1 qui tr\vez dj la satit au se9 de l'abondance1 et rvez des prp>ations n\velles1 v\s ne j\irez pas des dc\v]tes que les sci5ces prp>5t p\r l'an #aijj1 telles que les escul5ces m9rales1 les liqueurs1 rsultat de la pression de c5t atmosphres2 v\s ne v]rez pas les importations que des voyageurs qui ne sont pas encore ns f]ont arriv] de cette moiti du globe qui re/e encore dc\vrir ou explor]4 ,que je v\s pla9s6 ,illu/ration ,,envoi ,,aux ,,ga/ronomes ,,des ,,deux ,,mondes4 ,,excell5ces6 ,le travail dont je v\s fais hommage a p\r b de dvelopp] t\s les yeux les pr9cipes de la sci5ce dont v\s tes l'ornem5t et le s\ti54 ,j'(fre aussi un premi] enc5s la ,ga/ronomie1 cette jeune immortelle1 qui1 pe9e p>e de sa c\ronne d'toiles1 s'lve dj au-dessus de ses soeurs1 semblable ,calypso1 qui dpassait de t\te la tte le gr\pe *>mant des nymphes dont elle tait ent\re4 ,le temple de la ,ga/ronomie1 ornem5t de la mtropole du monde1 lv]a bi5tt v]s le ciel ses portiques imm5ses2 v\s les f]ez ret5tir de vos voix2 v\s les enri*irez de vos dons2 et qu& l'acadmie promise p> les oracles s'tablira sur les bases immuables du plaisir et de la ncessit1 g\rm&s clairs1 convives aimables1 v\s en s]ez les membres ou les correspondants4 ,en att5dant1 levez v]s le ciel vos faces radieuses2 avancez dans votre =ce et votre maje/2 l'univ]s escul5t e/ ouv]t devant v\s4 ,travaillez1 ,excell5ces1 pr(essez p\r le bi5 de la sci5ce2 digrez dans votre intrt p>ticuli]2 et si1 dans le c\rs de vos travaux1 il v\s arrive de faire quelque dc\v]te importante1 veuillez en faire "p au plus humble de vos s]viteurs4 ,l',auteur des ,mditations ga/ronomiques4 ,illu/ration ,,table ,,des ,,mati,,res4 ,,physiologie ,,du ,,g,t4 ,,introduction1 ,,p> ,,alphonse ,,k>r4 i ,,aphorismes du ,pr(esseur1 p\r s]vir de prolgomnes son ouvrage et de base t]nelle la sci5ce4 ,,dialogue ,,entre ,l',,auteur ,,et ,,son ,,ami4 ,,biographie4 ,,pr,,face4 ,m,,ditation ,i4 ,,des ,,s5s4 ,nombre des ,s5s4 ,mise en action des ,s5s4 ,p]fectionnem5t des ,s5s4 ,puissance du ,gt4 ,b de l'action des ,s5s4 ,m,,ditation ,,ii4 ,,du ,,g,t4 ,df9ition du ,gt4 ,mcanique du ,gt4 ,s5sation du ,gt4 ,des ,saveurs4 ,influ5ce de l',odorat sur le ,gt4 ,analyse de l s5sation du ,gt4 ,ordre des div]ses impressions du ,gt4 ,j\issances dont le ,gt e/ l'occasion4 ,suprmatie de l',homme4 ,m?ode adopte p> l',auteur4 ,m,,ditation ,,iii4 ,,de ,,la ,,ga/ronomie4 ,orig9e des sci5ces4 ,orig9e de la ,ga/ronomie4 ,df9ition de la ,ga/ronomie4 ,objets div]s dont s'occupe la ,ga/ronomie4 ,utilit des connaissances ga/ronomiques4 ,influ5ce de la ,ga/ronomie dans les affaires4 ,acadmie des ,ga/ronomes4 ,m,,ditation ,,iv4 ,,de ,l',,app,,tit4 ,df9ition de l',apptit4 ,anecdote4 ,gr&s ,apptits4 ,m,,ditation ,v4 ,,des ,,alim5ts ,,en ,g,n,,ral4 ,section premire4 ,d,,f9itions3--,des ,alim5ts4 ,travaux analytiques4 ,osmazme4 ,pr9cipe des alim5ts4 ,rgne vgtal4 ,diffr5ce du gras au maigre4 ,obs]vations p>ticulires4 ,m,,ditation ,,vi4 ,section ,,ii4 ,,sp,,cialit,s4 ,i] -- ,pot-au-feu1 ,potage1 etc ,,ii4 -- ,du b\illi4 ,,iii4 -- ,volailles4 ,,iv4 -- ,du ,coq-d',inde4 -- ,d9doniphiles4 -- ,influ5ce f9ancire du ,d9don4 -- ,exploit du ,pr(esseur4 ,v4 --,du ,gibi]4 ,,vi4 -- ,du ,poisson4 --,anecdote4 --,muria4--,g>um4 --,rflexion philosophique4 ,,vii4 --,des ,truffes4 --,de la v]tu rotique des ,truffes4 --,les ,truffes sont-elles indige/es8 ,,viii4 --,du ,sucre4 --,du ,sucre indigne4 --,div]s usages du ,sucre4 ,,ix4 --,orig9e du ,caf4 --,div]ses manires de faire le ,caf4 --,effets du ,caf4 ,x4 --,du ,*ocolat4 --,son orig9e4 --,proprits du ,*ocolat4 --,difficults p\r faire du bon ,*ocolat4 --,manire (ficielle de prp>] le ,*ocolat4 ,m,,ditation ,,vii4 ,,?,,orie ,,de ,,la ,,friture4 ,allocution4 ,i]--,*imie4 ,,ii4--,application4 ,m,,ditation ,,viii4 ,,de ,,la ,,soif4 ,div]ses espces de ,soif4 ,causes de la ,soif4 ,exemple4 ,m,,ditation ,,ix4 ,,des ,,boissons4 ,eau4 ,prompt effet des ,boissons4 ,boissons =tes4 ,m,,ditation ,x ,,et ,,pisodique4 ,,sur ,,la ,,f9 ,,du ,,monde4 ,m,,ditation ,,xi4 ,,de ,,la ,,g\rm&ise ,df9itions4 ,avantages de la ,g\rm&ise4 ,suite4 #abc ,p\voir de la ,g\rm&ise4 ,portrait d'une jolie ,g\rm&e4 ,anecdote4 ,les femmes sont g\rm&es4 ,effets de la ,g\rm&ise sur la ,sociabilit4 ,influ5ce de la ,g\rm&ise sur le bonheur conjugal4 ,note d'un ,ga/ronome patriote4 ,m,,ditation ,,xii4 ,,des ,,g\rm&s4 ,n'e/ pas g\rm& qui veut44 ,napolon44 ,g\rm&s p> prde/9ation44 ,prde/9ation s5suelle4 ,g\rm&s p> tat4 ,les ,f9anci]s4 ,les ,mdec9s4 ,objurgation4 ,les ,g5s de lettres4 ,les ,dvots4 ,les ,*evali]s et les ,abbs4 ,longvit annonce aux ,g\rm&s4 ,m4 du ,belloy1 ar*evque de ,p>is4 ,m,,ditation ,,xiii4 ,,pr\vettes ,,ga/ronomiques4 #are srie4 #e1jjj fr4 7,mdiocrit74 ,rev5u #b;e srie4 #ae1jjj;fr4 prsum4 7,aisance74 #c;e srie4 #cj1jjj fr4 7,ri*esse74 ,obs]vation gnrale4 ,m,,ditation ,,xiv4 ,,du ,,plaisir ,,de ,,la ,,table4 ,orig9e du plaisir de la ,table4 ,diffr5ce entre le plaisir de mang] et le plaisir de la ,table4 ,effets4 ,accessoires indu/riels4 ,dix-huitime et dix-neuvime sicle4 ,esquisse4 ,m,,ditation ,,xv4 ,,des ,,haltes ,,de ,,*asse4 ,les ,dames4 ,m,,ditation ,,xvi4 ,,de ,,la ,,dige/ion4 ,+e/ion4 ,(fice de l',e/omac4 ,influ5ce de la ,dige/ion4 ,m,,ditation ,,xvii4 ,,du ,,repos4 ,temps du ,repos4 ,m,,ditation ,,xviii4 ,,du ,,sommeil4 ,df9ition4 ,m,,ditation ,,xix2 ,,des ,r,,ves4 ,re*]*e faire4 ,nature des ,songes4 ,sy/me du docteur ,gall4 ,premire ,obs]vation4 ,deuxime ,obs]vation4 ,rsultat4 ,influ5ce de l'ge4 ,phnomne des ,songes4 ,premire ,obs]vation4 ,deuxime ,obs]vation4 ,troisime ,obs]vation4 ,m,,ditation ,,xx4 ,,de ,l',,influ5ce ,,de ,,la ,,di,,te ,,sur ,,le ,,repos1 ,,le ,,sommeil ,,et ,,les ,,songes4 ,effets de la ,dite sur le ,travail4 ,effets del ,dite sur les ,rves4 ,suite4 ,rsultat4 ,m,,ditation ,,xxi4 ,,de ,l',,ob,,sit4 ,causes de l',obsit4 ,suite4 ,suite4 ,anecdote4 ,inconvni5ts de l',obsit4 ,exemples d',obsit4 ,m,,ditation ,,xxii4 ,,traitem5t ,,pr,,s]vatif ,,ou ,,curatif ,,de ,l',,ob,,sit4 ,gnralits4 ,suite du rgime4 ,dang] des ,acides4 ,ce9ture antiobsique4 ,du ,qu9qu9a4 ,m,,ditation ,,xxiii4 ,,de ,,la ,,maigreur4 ,df9ition4 ,espces4 ,effets de la ,maigreur4 ,prde/9ation naturelle4 ,rgime incrassant ,m,,ditation ,,xxiv4 ,,du ,,jeune4 ,df9ition4 ,orig9e du ,jene4 ,comm5t on jenait4 ,orig9e du rel*em5t4 ,m,,ditation ,,xxv4 ,,de ,l',,puisem5t4 ,traitem5t4 ,cure opre p> le ,pr(esseur4 ,m,,ditation ,,xxvi4 ,,de ,,la ,,mort4 ,m,,ditation ,,xxvii4 ,,hi/oire ,,philosophique ,,de ,,la ,,cuis9e4 ,ordre d'alim5tation4 ,dc\v]te du feu4 ,cuisson4 ,fe/9s des ,ori5taux4--,des ,grecs4 ,fe/9s des ,roma9s4 ,rsurrection de ,lucullus4 ,lecti /]nium et ,incubitatium4 ,posie4 ,irruption des ,b>b>es4 ,sicles de ,l\is ,,xiv et de ,l\is ,,xv4 ,l\is ,,xvi4 ,amlioration s\s le rapport de l'art4 ,d]ni]s p]fectionnem5ts4 ,m,,ditation ,,xxviii4 ,,des ,,re/aurateurs4 ,etablissem5t4 ,avantages des ,re/aurants4 ,exam5 du ,salon4 ,inconvni5ts du ,salon4 mulation4 ,re/aurateurs prix fixe4 ,beauvilli]s4 ,le ,ga/ronome *ez le ,re/aurateur4 ,m,,ditation ,,xxix4 ,,la ,,g\rm&ise ,,classique ,,mise ,,en ,,action4 ,hi/oire de ,m4 de ,borose4 ,cortge d'une ,hritire4 ,m,,ditation ,,xxx4 ,,b\quet4 ,my?ologie ga/ronomique4 ,,seconde ,,p>tie4 ,,transition4 ,,v>i,t,s4 ,prp>ation de l',omelette au ?on4 ,notes ?oriques p\r les prp>ations4 ,i4 ,l',omelette du ,cur4 ,,ii4 ,les ,o,eufs au jus4 ,,iii4 ,victoire nationale4 ,,iv4 ,les ,ablutions4 ,v4 ,my/ification du ,pr(esseur et dfaite d'un ,gnral4 ,,vi4 ,le plat d',anguille4 ,,vii4 ,l',asp]ge4 ,,viii4 ,le ,pige4 ,,ix4 ,le ,turbot4 ,x4 ,div]s ,magi/res re/aurants1 p> le ,pr(esseur1 improviss p\r le cas de la ,mditation ,,xxv4 ,a4 ,b4 ,c4 ,,xi4 ,la ,p\l>de de ,bresse4 ,,xii4 ,le ,faisan4 ,,xiii4 ,indu/rie ga/ronomique des ,emigrs4 ,,xiv4 ,autres s\v5irs d'migration4 ,le ,tiss]&4 ,l',affam4 ,le ,lion d',arg5t4 ,sj\r en ,amrique4 ,bataille4 ,,xv4 ,la ,botte d',asp]ges4 ,,xvi4 ,de la ,fonde4 ,recette de la ,fondue4 ,,xvii4 ,dsappo9tem5t4 ,,xviii4 ,effets m]veilleux d'un ,dn] classique4 ,,xix4 ,effets et dang]s des liqueurs =tes4 ,,xx4 ,les ,*evali]s et les ,abbs4 ,,xxi4 ,miscellanea4 ,,xxii4 ,une ,j\rne *ez les ,b]n>d9s4 ,,xxiii4 ,bonheur en ,voyage4 ,,xxiv4 ,potique4 ,*anson de ,dmoc>s au fe/9 de ,dnias4 ,*anson de ,mol94 ,*anson de ,racan ,mayn>d4 ,le ,*oix des ,sci5ces1 *anson p> le ,pr(esseur4 ,impromptu1 p> ,m4 ,bosc>y de ,villepla9e4 ,l',agonie1 romance physiologique1 p> le ,pr(esseur4 ,,xxv4 ,m4 ,h5rion de ,p5sey4 ,,xxvi4 ,indications4 ,,xxvii4 ,les ,privations4--,elgie hi/orique4 ,envoi aux ,ga/ronomes des deux ,mondes4 ,,f9 ,,de ,,la ,,table ,,p>is4--,typographie de ,a4 ,,lac\r1 rue ,/-,hyac9!-,/-,mi*el1 #cc4