,,choix ,,de ,,poesies ,a ,,collection ,,of ,,french ,,poetry ,,for ,,memorizing ,,selected ,,for ,,the ,,use ,,of ,,schools ,,and ,,colleges ,m4-,l4 ,,milhau ,,assistant ,,professor ,,of ,,french ,,in ,mc,g,i,l,l ,,university ,,montreal ,,renouf ,,publishing ,,company #aijh ,entered1 according to ,act of ,parliament of ,canada1 in the year one thousand nine hundred and seven1 by ,m4-,l4 ,milhau1 in the office of the ,minister of ,agriculture4 ,,introduction ,this little collection is intended for colleges and secondary schools1 and should serve as a graded course for several years4 ,the pieces being printed in chronological order1 the teacher will have to select the most appropriate to the knowledge of his classes4 ,the editor's aim in selecting these poems for memorizing1 was to acquaint students with standard pieces of ,french literature1 known by any educated ,frenchman4 ,at the same time1 he has been careful to choose such poems as will be of greatest help in connection with prose writing and conversational ,french1 supplying the memory with useful vocabulary1 idioms and model sentences4 ,m4-,l4 ,,milhau4 ,,montreal1 ,july1 #aijg4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,pierre ,,de ,,ronsard ,sonnet pour ,hlne ,,fran,,ois ,,de ,,malherbe ,consolation ,m4 ,du ,perrier ,,pierre ,,corneille ,rcit de ,rodrigue ,,jean ,,racine ,rponse d',iphignie ,agamemnon ,,nicolas ,,boileau ,satire ,,vi ,,jean ,,de ,,la ,,fontaine ,le rat de ville et le rat des champs ,le meunier1 son fils et l'ne ,les animaux malades de la peste ,les deux pigeons ,,florian ,le grillon ,,alfred ,,de ,,vigny ,la mort du ,loup ,,alfred ,,de ,,musset ,la nuit de ,mai ,la chanson de ,fortunio ,impromptu ,,th,,ophile ,,gautier ,premier sourire du ,printemps ,,victor ,,hugo ,oceano ,nox ,aprs la bataille ,le soir ,,jos,,phin ,,soulary ,les deux cortges ,,leconte ,,de ,,lisle ,midi ,,sully-,,prudhomme ,les yeux ,,fran,,ois ,,copp,e ,tableau rural ,dans la rue1 le soir ,,louis ,,fr,,chette ,la ,fort ,,andr ,,theuriet ,la chanson du vannier ,,henri ,,de ,r,,gnier ,ville de ,france ,,pierre-,,jean ,,de ,b,,ranger ,les souvenirs du peuple ,,pierre ,,dupont ,les boeufs ,,gustave ,,nadaud ,carcassonne ,,paul ,d,,roul,,de ,le bon ,gte ,,choix ,,de ,,poesies ,,pierre ,,de ,,ronsard4 7#aebd-aehe7 ,ronsard1 qui fut page de ,jacques ,v1 roi d',ecosse1 entra de bonne heure dans la carrire des armes1 mais frapp de surdit la suite d'une maladie1 il tut oblig de l'abandonner4 ,il connaissait dj l'anglais et l'allemand2 il se mit tudier le latin1 le grec et les belles-lettres sous le clbre ,jean ,daurat4 ,en #aedi ,ronsard fonda1 avec ,antoine de ,baf1 ,joachim du ,bellay1 ,pontus de ,tyard1 ,estienne ,jodelle1 ,remi ,belleau et ,jean ,daurat la fameuse ,pliade4 ,ce groupe de potes trouvait que la langue franaise de l'poque1 trop pauvre et trop nue1 avait besoin d'ornements1 et il demandait l'introduction de mots1 de prfixes1 de suffixes1 et de formes l'imitation du grec et du latin4 ,ronsard y russit mieux que ses amis2 il composa un ,poeme pique1 la ,franciade1 inachev1 des ,odes1 des ,elgies1 des ,eglogues des ,chansons et des ,sonnets2 ces derniers sont de purs chefs-d'oeuvre4 ,ronsard jout de son vivant de la renomme la plus glorieuse en ,france et l'tranger4 ,charles ,,ix1 roi de ,france1 la reine ,elizabeth d',angleterre et ,marie ,stuart le comblrent de leurs faveurs4 ,,sonnet ,,pour ,,helene4 ,quand vous serez bien vieille1 au soir la chandelle1 ,assise auprs du feu1 dvidant et filant1 ,direz chantant mes vers1 en voua merveillant3 ,ronsard me clbrait du temps que j'tais belle4 ,lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle1 ,dj sous le labeur demi sommeillant1 ,qui au bruit de mon nom ne s'aille rveillant1 ,bnissant votre nom de louange immortelle4 ,je serai sous la terre1 et fantme sans os ,par les ombres myrteux je prendrai mon repos3 ,vous serez au foyer une vieille accroupie1 ,regrettant mon amour et votre fier ddain4 ,vivez1 si m'en croyez1 n'attendez demain3 ,cueillez ds aujourd'hui les roses de la vie4 ,,fran,,ois ,,de ,,malherbe4 7#aeee-afbh7 ,malherbe naquit ,caen1 en ,normandie1 mais il habita ,aix en ,provence jusqu'en #afje1 o il vint ,paris pour solliciter la faveur du roi4 ,henri ,,iv l'attacha sa cour2 il y resta aprs la mort du roi1 sous la rgence de ,marie de ,mdicis et le rgne de ,louis ,,xiii4 ,malherbe fit oeuvre de rformateur4 ,par opposition ,ronsard et son cole1 il voulut rgnrer la langue franaise en la dbarrassant des mots grecs et latins1 mais il se donna aussi pour but de dgasconner la cour1 c'est--dire de prohiber les locutions provinciales que les compagnons d'armes du roi avaient apportes du ,midi4 ,cette double censure valut ,malherbe le surnom de tyran des mots et des syllabes4 ,malherbe a crit des ,odes1 consacres le plus souvent clbrer des faits contemporains1 des ,paraphrases de ,psaumes1 des ,sonnets et des ,chansons4 ,sa posie manque d'originalit et d'inspiration1 mais sa langue est simple et impeccable2 il crivait lentement et avec le plus grand soin4 ,,consolation ,a ,m4 ,,du ,,perrier ,,sur ,,la ,,mort ,,de ,,sa ,,fille4 ,ta douleur1 du ,perrier1 sera donc ternelle6 ,et les tristes discours ,que te met en l'esprit l'amiti paternelle1 ,l'augmenteront toujours6 ,le malheur de ta fille au tombeau descendue1 ,par un commun trpas1 ,est-ce quelque ddale o ta raison perdue ,ne se retrouve pas8 ,je sais de quels appas son enfance tait pleine2 ,et n'ai pas entrepris1 ,injurieux ami1 de soulager ta peine ,avecque son mpris4 ,mais elle tait du monde1 o les plus belles choses ,ont le pire destin3 ,et rose elle a vcu ce que vivent les roses1 ,l'espace d'un matin4 ,la mort a des rigueurs nulle autre pareilles2 ,on a beau la prier1 ,la cruelle qu'elle est1 se bouche les oreilles1 ,et nous laisse crier4 ,le pauvre en sa cabane1 o le chaume le couvre1 ,est sujet ses lois2 ,et la garde qui veille aux barrires du ,louvre1 ,n'en dfend point nos rois4 ,de murmurer contre elle1 et perdre patience1 ,il est mal propos3 ,vouloir ce que ,dieu veut1 est la seule science ,qui nous met en repos4 ,,pierre ,,corneille4 7#afjf-afhd7 ,pierre ,corneille naquit ,rouen d'une famille de robe4 ,il y tudia le droit et se fit recevoir avocat1 mais il abandonna bientt sa profession pour le thtre4 ,il dbuta par des comdies3 ,melite 7#afbi71 la ,veuve1 la ,galerie du ,palais1 la ,suivante1 la ,place ,royale4 ,a ,paris1 o il s'tait fix1 il devint un des cinq potes collaborateurs du ,cardinal ,richelieu qui se piquait d'crire des tragdies en vers1 mais son esprit indpendant ne lui permit pas de conserver cette situation4 ,ds lors1 ,corneille crivit des tragdies pour son compte3 ,mde 7#afce71 le ,cid 7#afcf71 qui le rendit clbre du jour au lendemain1 et lui attira la jalousie de ses rivaux2 ,horace1 ,cinna 7#afdj71 ,polyeucte 7#afdc71 ,pompe1 le ,menteur 7comdie7 ,rodogune 7#afdd74 ,les oeuvres de la priode suivante sont fort ingales1 et les dfauts de ,corneille 7complication de l'intrigue1 obscurit1 dclamation7 s'y accusent4 ,en mme temps1 il perdait la faveur du public et voyait avec amertume le succs de son jeune rival1 ,racine4 ,ses autres oeuvres sont3 ,nicomde1 ,pertharite1 ,oedipe1 ,sertarius1 ,othon1 ,titus1 ,agsilas1 ,attila1 ,surna 7#afgd71 et une traduction en vers de l',imitation de ,jsus-,christ4 ,corneille fut le vritable fondateur de la tragdie classique en ,france aprs les essais de ,montchrtien1 de ,hardy et de ,mairet4 ,son thtre1 o l'hrosme domine1 est une cole de volont au service du devoir4 ,,le ,,cid4 7,rcit de ,rodrigue--,acte ,,iv1 scne ,,iii7 7,don ,rodrigue1 qui vient de repousser une invasion de ,mores et a ainsi sauv le royaume de ,castille1 est appel devant le roi pour faire le rcit de son action47 ,nous partmes cinq cents2 mais par un prompt renfort ,nous nous vmes trois mille en arrivant au port1 ,tant1 nous voir marcher avec un tel visage1 ,les plus pouvants reprenaient de courage6 ,j'en cache les deux tiers aussitt qu'arrivs1 ,dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvs2 ,le reste1 dont le nombre augmentait toute heure1 ,brlant d'impatience autour de moi demeure1 ,se couche contre terre1 et sans faire aucun bruit1 ,passe une bonne part d'une si belle nuit4 ,par mon commandement1 la garde en fait de mme1 ,et1 se tenant cache1 aide mon stratagme2 ,et je feins hardiment d'avoir reu de vous ,l'ordre qu'on me voit suivre et que je donne tous4 ,cette obscure clart qui tombe des toiles ,enfin avec le flux nous fait voir trente voiles2 ,l'onde s'enfle dessous1 et d'un commun effort ,les ,mores et la mer montent jusques au port4 ,on les laisse passer2 tout leur parat tranquille2 ,point de soldats au port1 point aux murs de la ville4 ,notre profond silence abusant leurs esprits1 ,ils n'osent plus douter de nous avoir surpris2 ,ils abordent sans peur1 ils ancrent1 ils descendent1 ,et courent se livrer aux mains qui les attendent4 ,nous nous levons alors1 et tous en mme temps ,poussons jusques au ciel mille cris clatants4 ,les ntres1 ces cris1 de nos vaisseaux rpondent2 ,ils paraissent arms1 les ,mores se confondent1 ,l'pouvante les prend demi-descendus2 ,avant que de combattre1 ils s'estiment perdus4 ,ils couraient au pillage1 et rencontrent la guerre2 ,nous les pressons sur l'eau1 nous les pressons sur terre1 ,et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang1 ,avant qu'aucun rsiste ou reprenne son rang4 ,mais bientt1 malgr nous1 leurs princes les rallient1 ,leur courage renat1 et leurs terreurs s'oublient3 ,la honte de mourir sans avoir combattu ,arrte leur dsordre1 et leur rend leur vertu4 ,contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges1 ,de notre sang au leur font d'horribles mlanges3 ,et la terre1 et le fleuve1 et leur flotte1 et le port1 ,sont des champs de carnage o triomphe la mort4 ,o combien d'actions1 combien d'exploits clbres1 ,sont demeurs sans gloire au milieu des tnbres1 ,o chacun1 seul tmoin des grands coups qu'il donnait1 ,ne pouvait discerner o le sort inclinait6 ,j'allais de tous cts encourager les ntres1 ,faire avancer les uns et soutenir les autres1 ,ranger ceux qui venaient1 les pousser leur tour1 ,et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour4 ,mais enfin sa clart montre notre avantage3 ,le ,more voit sa perte et perd soudain courage1 ,et vovant un renfort oui nous vient secourir1 ,l'ardeur de vaincre cde a la peur de mourir4 ,ils gagnent leurs vaisseaux1 ils en coupent les cbles1 ,poussent jusques aux cieux des cris pouvantables1 ,font retraite en tumulte1 et sans considrer ,si leurs rois avec eux peuvent se retirer4 ,pour souffrir ce devoir leur frayeur est trop forte3 ,le flux les apporta1 le reflux les remporte1 ,cependant que leurs rois1 engags parmi nous1 ,et quelque peu des leurs1 tous percs de nos coups1 ,disputent vaillamment et vendent bien leur vie4 ,a se rendre moi-mme en vain je les convie3 ,le cimeterre au poing ils ne m'coutent pas2 ,mais voyant leurs pieds tomber tous leurs soldats1 ,et que seuls dsormais en vain ils se dfendent1 ,ils demandent le chef3 je me nomme1 ils se rendent4 ,je vous les envoyai tous deux en mme temps2 ,et le combat cessa faute de combattants4 ,,jean ,,racine4 7#afci-afii7 ,racine1 orphelin d'e bonne heure1 fut lev par les solitaires de ,port ,royal qui lui communiqurent leur got pour l'tude des langues mortes et les oeuvres de l'antiquit4 ,sa famille et ses amis ne russirent pas lui faire abandonner la carrire des lettres que l',eglise n'approuvait pas4 ,connu ds #affj par une ode1 la ,nymphe de la ,seine1 compose pour le mariage du roi1 ,racine fit bientt reprsenter la ,thbade on les ,frres ennemis 7#affd71 ,alexandre 7#affe71 tragdies qui montrent l'influence fcheuse de la prciosit ambiante1 puis vinrent ,andromaque 7#affg71 les ,plaideurs 7comdie71 ,britannieus 7#affi71 ,brnice 7#afgj71 ,bajazet 7#afgb71 ,mithridate 7#afgc71 ,iphignie 7#afgd71 ,phdre 7#afgg74 ,les cabales montes contre ,racine par ses rivaux et leurs puissants protecteurs jointes aux reproches de ses anciens matres qui lui reprochaient de s'tre engag dans une voie de perdition1 dtournrent ,racine de la scne4 ,il n'y revint qu'en #afhi1 quand il crivit sur la demande de ,madame de ,maintenon deux tragdies religieuses1 ,esther et ,athalis pour les jeunes filles du pensionnat de ,st-,cyr4 ,la tragdie de ,racine se distingue de celle de ,corneille par la simplicit du ton et de l'intrigue2 c'est une tragdie de passions et d'impulsions plutt que d'actions raisonnes1 et ses personnages1 moins hroques1 sont beaucoup plus humains4 ,aprs ,racine la tragdie classique ne sut pas se maintenir la hauteur o il l'avait place4 ,,iphigenie4 7,rponse ,agamemnon--,acte ,,iv1 scne ,,iv47 7,l'oracle ,calchas a annonc ,agamemnon que les dieux veulent le sang d'une jeune princesse de sa famille2 ce prix1 ils accorderont les vents favorables pour transporter l'arme des ,grecs devant ,troie qu'ils veulent assiger4 ,agamemnon a fait venir sa fille ,iphignie sous prtexte de la marier ,achille1 mais le stratagme a t dcouvert ,iphignie1 qui se soumet volontairement au dsir de son pre47 ,mon ,pre1 ,cessez de vous troubler1 vous n'tes point trahi4 ,quand vous commanderez1 vous serez obi4 ,ma vie est votre bien4 ,vous voulez le reprendre3 ,vos ordres sans dtour pouvaient se faire entendre4 ,d'un oeil aussi content1 d'un coeur aussi soumis ,que j'acceptais l'poux que vous m'aviez promis1 ,je saurai1 s'il le faut1 victime obissante1 ,tendre au fer de ,calchas une tte innocente1 ,et respectant le coup par vous-mme ordonn1 ,vous rendre tout le sang que vous m'avez donn4 ,si pourtant ce respect1 si cette obissance ,parat digne vos yeux d'une autre rcompense1 ,si d'une mre en pleurs vous plaignez les ennuis1 ,j'ose vous dire ici qu'en l'tat o je suis ,peut-tre assez d'honneurs environnaient ma vie ,pour ne pas souhaiter qu'elle me ft ravie1 ,ni qu'en me l'arrachant un svre destin ,si prs de ma naissance en et marqu la fin4 ,fille d',agamemnon1 c'est moi qui la premire1 ,seigneur1 vous appelai de ce doux nom de pre2 ,c'est moi qui si longtemps le plaisir de vos yeux1 ,vous ai fait de ce nom remercier les ,dieux1 ,et pour qui tant de fois prodiguant vos caresses1 ,vous n'avez point du sang ddaign les faiblesses4 ,hlas6 avec plaisir je me faisais conter ,tous les noms des pays que vous allez dompter2 ,et dj1 d',illion prsageant la conqute1 ,d'un triomphe si beau je prparais la fte4 ,je ne m'attendais pas que pour le commencer1 ,mon sang ft le premier que vous dussiez verser4 ,non que la peur du coup dont je suis menace ,me fasse rappeler votre bont passe4 ,ne craignez rien3 mon coeur de votre honneur jaloux1 ,ne fera point rougir un pre tel que vous2 ,et si je n'avais eu que ma vie dfendre1 ,j'aurais su renfermer un souvenir si tendre1 ,mais mon triste sort1 vous le savez1 ,seigneur1 ,une mre1 un amant attachaient leur bonheur4 ,un roi digne de vous a cru voir la journe ,qui devait clairer notre illustre hymne4 ,dj sr de mon coeur sa flamme promis1 ,il s'estimait heureux3 vous me l'aviez permis4 ,il sait votre dessein2 jugez de ses alarmes4 ,ma mre est devant vous et vous voyez ses larmes4 ,pardonnez aux efforts que je viens de tenter ,pour prvenir les pleurs que je leur vais coter4 ,,nicolas ,,boileau4 7#afcf-agaa7 ,boileau1 dont le pre tait commis au greffe au ,parlement de ,paris fit ses humanits et son droit en vue de lui succder2 mais attir par les lettres1 il s'y consacra entirement ds #afeg4 ,une troite amiti l'unissait ,racine1 ,la ,fontaine1 et ,molire1 qu'il retrouvait aux cabarets de la ,pomme de ,pin ou du ,mouton blanc4 ,il discutait et critiquait les ouvrages de ses amis et de ses contemporains en gnral avec cette clart de vue et ce bon got qui font de lui un des premiers et des plus grands critiques littraires franais4 ,son oeuvre est presque exclusivement satirique et didactique2 elle comprend douze ,satires1 douze ,epitres1 un ,art potique en quatre chants1 un pome satirique en six chants1 le ,lutrin1 des posies diverses et des essais en prose4 ,boileau se fait l'aptre de la raison1 c'est--dire du naturel et de la mesure4 ,dtest et craint de la plupart de ses contemporains1 il jouit nanmoins de la faveur royale2 ,louis ,,xiv se l'attacha comme historiographe4 ,,satire ,,vi4 7,sur les embarras de ,paris4 ,fragment74 ,qui frappe l'air1 bon ,dieu1 de ces lugubres cris8 ,est-ce d'onc pour veiller qu'on se couche ,paris8 ,et quel fcheux ,dmon1 durant les nuit entires1 ,rassemble ici les chats de toutes les gouttires8 ,j'ai beau sauter du lit1 plein de trouble et d'effroi1 ,je pense qu'avec eux tout l'enfer est chez moi3 ,l'un miaule en grondant comme un tigre en furie1 ,l'autre1 roule sa voix comme un enfant qui crie4 ,ce n'est pas tout encore3 les souris et les rats ,semblent1 pour m'veiller1 s'entendre avec les chats1 ,plus importuns pour moi1 durant la nuit obscure1 ,que jamais1 en plein jour1 ne fut l'abb de ,pure4 ,tout conspire la fois troubler mon repos4 ,et je me plains ici du moindre de mes maux2 ,car1 peine les coqs1 commenant leur ramage1 ,auront de cris aigus frapp le voisinage1 ,qu'un affreux serrurier1 laborieux ,vulcain1 ,qu'veillera bientt l'ardente soif du gain1 ,avec un fer maudit1 qu' grand bruit il apprte1 ,de cent coups de marteau va me fendre la tte4 ,j'entends del partout les charrettes courir1 ,les maons travailler1 les boutioues s'ouvrir2 ,tandis que1 dans les airs1 mille cloches mues1 ,d'un funbre concert font retentir les nues1 ,et1 se mlant au bruit de la grle et des vents1 ,pour honorer les morts font mourir les vivants4 ,encor1 je bnirais la bont souveraine1 ,si le ciel ces maux avait born ma peine6 ,mais1 si seul en mon lit je peste avec raison1 ,c'est encor pis vingt fois en quittant la maison4 ,en quelque endroit que j'aille1 il faut fendre la presse ,d'un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse4 ,l'un me heurte d'un ais1 dont je suis tout froiss2 ,je vois d'un autre coup mon chapeau renvers2 ,l1 d'un enterrement la funbre ordonnance1 ,d'un pas lugubre et lent vers l'glise s'avance2 ,et plus loin des laquais1 l'un l'autre s'agaant1 ,font aboyer les chiens et jurer les passants4 ,des paveurs1 en ce lieu1 me bouchent le passage2 ,l1 je trouve une croix de sinistre prsage2 ,et des couvreurs1 grimps au toit d'une maison1 ,en font pleuvoir l'ardoise et la tuile foison4 ,l1 sur une charrette1 une poutre branlante ,vient1 menaant de loin la foule qu'elle augmente3 ,six chevaux attels ce fardeau pesant ,ont peine l'mouvoir sur le pav glissant2 ,d'un carrosse1 en tournant1 il accroche la roue1 ,et du choc le renverse en un grand tas de boue2 ,quand un autre l'instant s'efforant de passer ,dans le mme embarras se vient embarrasser4 ,vingt carrosses bientt arrivant la file ,y sont en moins de rien suivis de plus mille2 ,et1 pour surcrot de maux1 un sort malencontreux ,conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs2 ,chacun prtend passer2 l'un mugit1 l'autre jure2 ,des mulets en sonnant augmentent le murmure2 ,aussitt1 cent chevaux dans la foule appels ,de l'embarras qui crot ferment les dfils1 ,et partout1 des passants enchanant les brigades1 ,au milieu de la paix font voir les barricades4 ,on n'entend que des cris pousss confusment4 ,dieu pour s'y faire our tonnerait vainement4 ,moi donc1 qui dois souvent en certain lieu me rendre1 ,le jour dj baiss1 et qui suis las d'attendre1 ,he sachant plus tantt quel saint me vouer1 ,je me mets au hasard de me faire rouer1 ,je saute vingt ruisseaux1 j'esquive1 je me pousse2 ,gunaud sur son cheval en passant m'clabousse2 ,et n'osant plus paratre en l'tt o je suis1 ,sans songer o je vais1 je me sauve o je puis4 ,,jean ,,de ,,la ,,fontaine4 7#afbc-afie7 ,la ,fontaine naquit dans la petite ville de ,chteau-,thierry1 en ,champagne1 o son pre tait matre des eaux et forts4 ,en courant travers les champs et les bois il apprit connatre la nature et les animaux qu'il dpeint si bien dans ses fables4 ,aprs s'tre tromp sur sa vocation religieuse et sa vocation juridique1 il sollicita comme pote la faveur du ,surintendant des fnances1 ,fouquet1 qui se l'attacha4 ,aprs la disgrce de ce dernier1 ,la ,fontaine passa de protecteur en protecteur1 tant trop distrait et trop insouciant pour pourvoir lui-mme son existence4 ,les ,fables1 empruntes aux auteurs de l'antiquit1 du moyen-ge et de l'tranger1 forment son oeuvre capitale2 et s'il prend a et l son bien o il le trouve1 la composition1 la langue et la versification1 qui donnent leur valeur ces petits ,chefs-d'oeuvre1 lui appartiennent en propre4 ,on l'a appel l',inimitable4 ,a part les ,fables divises en douze livres1 ,la ,fontaine a crit de nombreux ,contes en vers et des morceaux lyriques4 ,,le ,,rat ,,de ,,ville ,,et ,,le ,,rat ,,des ,,champs4 ,autrefois le rat de ville ,invita le rat des champs1 ,d'une faon fort civile1 ,a des reliefs d'ortolans4 ,sur un tapis de ,turquie ,le couvert se trouva mis4 ,je laisse penser la vie ,que firent ces deux amis4 ,le rgal fut fort honnte2 ,bien ne manquait au festin3 ,mais quelqu'un troubla la fte ,pendant qu'ils taient en train4 ,a la porte de la salle ,ils entendirent du bruit4 ,le rat de ville dtale2 ,son camarade le suit4 ,le bruit cesse1 on se retire3 ,rats en campagne aussitt2 ,et le citadin de dire3 ,achevons tout notre rt4 ,c'est assez1 dit le rustique2 ,demain vous viendrez chez moi1 ,ce n'est pas que je me pique ,de tous vos festins de roi3 ,mais rien ne vient m'interrompre2 ,je mange tout loisir4 ,adieu donc4 ,fi du plaisir ,que la crainte peut corrompre6 7,livre ,i4 ,fable ,,ix474 ,,le ,,meunier1 ,,son ,,fils ,,et ,l',,ane4 ,j'ai lu dans quelque endroit qu'un meunier et son fils1 ,l'un vieillard1 l'autre enfant1 non pas des plus petits1 ,mais garon de quinze ans1 si j'ai bonne mmoire1 ,allaient vendre leur ne un certain jour de foire4 ,afin qu'il ft plus frais et de meilleur dbit1 ,on lui lia les pieds1 on vous le suspendit2 ,puis cet homme et son fils le portent comme un lustre4 ,pauvres gens6 idiots6 couple ignorant et rustre6 ,le premier qui les vit de rire s'clata3 ,quelle farce1 dit-il1 vont jouer ces gens-l8 ,le plus ne des trois n'est pas celui qu'on pense4 ,le meunier1 ces mots1 connat son ignorance2 ,il met sur pied sa bte et la fait dtaler4 ,l'ne1 qui gotait fort l'autre faon d'aller1 ,se plaint en son patois4 ,le meunier n'en a cure2 ,il fait monter son fils1 il suit1 et d'aventure1 ,passent trois bons marchands4 ,cet objet leur dplut ,le plus vieux au garon s'cria tant qu'il put3 ,oh l6 descendez1 que l'on ne vous le dise1 ,jeune homme1 qui menez laquais barbe grise4 ,c'tait vous de suivre1 au vieillard de monter4 --,messieurs1 dit le meunier1 il faut vous contenter4 ,l'enfant met pied terre1 et puis le vieillard monte1 ,quand trois filles passant1 l'une dit3 ,c'est grand'honte ,qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils1 ,tandis que ce nigaud1 comme un vque assis1 ,fait le veau sur son ne1 et pense tre bien sage4 --,il n'est1 dit le meunier1 plus de veaux mon ge3 ,passez votre chemin1 la fille1 et m'en croyez4 ,aprs maints quolibets coup sur coup renvoys1 ,l'homme crut avoir tort1 et mit son fils en croupe4 ,au bout de trente pas1 une troisime troupe ,trouve encore gloser4 ,l'un dit3 ,ces gens sont fous6 ,le baudet n'en peut plus2 il mourra sous leurs coups4 ,eh quoi6 charger ainsi cette pauvre bourrique8 ,n'ont-ils point de piti de leur vieux domestique8 ,sans doute qu' la foire ils vont vendre sa peau4 ,pardieu6 dit le meunier1 est bien fou du cerveau ,qui prtend contenter tout le monde et son pre4 ,essayons toutefois si par quelque manire ,nous en viendrons bout4 ,ils descendent tous deux2 ,l'ne se prlassant marche seul devant eux4 ,un quidam les rencontre1 et dit3 ,est-ce la mode ,que baudet aille l'aise1 et meunier s'incommode8 ,qui1 de l'ne ou du matre est fait pour se lasser8 ,je conseille ces gens de le faire enchsser4 ,us usent leurs souliers et conservent leur ne4 ,nicolas au rebours1 car1 quand il va voir ,jeanne1 ,il monte sur sa bte1 et la chanson le dit4 ,beau trio de baudets4 ,le meunier repartit3 ,je suis ne1 il est vrai1 j'en conviens1 je l'avoue2 ,mais que dornavant on me blme1 on me loue1 ,qu'on dise quelque chose ou qu'on ne dise rien1 ,j'en veux faire ma tte4 ,il le fit1 et fit bien4 ,quand vous1 suivez ,mars1 ou l',amour1 ou le ,prince1 ,allez1 venez1 courez2 demeurez en province2 ,prenez femme1 abbaye1 emploi1 gouvernement2 ,les gens en parleront1 n'en doutez nullement4 7,livre ,,iii4 ,fable ,i74 ,,les ,,animaux ,,malades ,,de ,,la ,,peste4 ,un mal qui rpand la terreur1 ,mal que le ciel en sa fureur ,inventa pour punir les crimes de la terre1 ,la peste 7puisqu'il faut l'appeler par son nom7 ,capable d'enrichir en un jour l',achron1 ,faisait aux animaux la guerre2 ,ils ne mouraient pas tous1 mais tous taient frapps3 ,on n'en voyait point d'occups ,a chercher le soutien1 d'une mourante vie2 ,nul mets n'excitait leur envie2 ,ni loups ni renards n'piaient ,la douce et l'innocente proie2 ,les tourterelles se fuyaient3 ,plus d'amour1 partant plus de joie4 ,le lion tint conseil1 et dit3 ,mes chers amis1 ,je crois que le ciel a permis ,pour nos pchs cette infortune4 ,que le plus coupable de nous ,se sacrifie aux traits du cleste courroux 3 ,peut-tre il obtiendra la gurison commune1 ,l'histoire nous apprend qu'en de tels accidents ,on vit de pareils dvoments4 ,ne nous flattons donc point2 voyons sans indulgence ,l'tat de notre conscience ,pour moi1 satisfaisant mes apptits gloutons1 ,j'ai dvor force moutons4 ,que m'avaient-ils fait8 nulle offense2 ,mme il m'est arriv quelquefois de manger ,le berger4 ,je me dvorai donc1 s'il le faut2 mais je pense ,qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi2 ,car on doit souhaiter1 selon toute justice1 ,que le plus coupable prisse4 --,sire1 dit le renard1 vous tes trop bon roi4 ,vos scrupules font voir trop de dlicatesse4 ,eh bien6 manger moutons1 canaille1 sotte espce1 ,est-ce un pch8 ,non1 non4 ,vous leur ftes1 seigneur1 ,en les croquant beaucoup d'honneur2 ,et quant au berger1 l'on peut dire ,qu'il tait digne de tous maux1 ,etant de ces gens-l qui sur les animaux ,se font un chimrique empire4 ,ainsi dit le renard2 et flatteurs d'applaudir4 ,on n'osa trop approfondir ,du tigre1 ni de l'ours1 ni des autres puissances1 ,les moins pardonnables offenses2 ,tous les gens querelleurs1 jusqu'aux simples mtins ,au dire de chacun1 taient de petits saints4 ,l'ne vint son tour1 et dit3 ,j'ai souvenance ,qu'en un pr de moines passant1 ,la faim1 l'occasion1 l'herbe tendre1 et1 je pense1 ,quelque diable aussi1 me poussant1 ,je tondis de ce pr la largeur de ma langue2 ,je n'en avais nul droit1 puisqu'il faut parler net4 ,a ces mots1 on cria haro sur le baudet4 ,un loup1 quelque peu clerc1 prouva par sa harangue ,qu'il fallait dvouer ce maudit animal1 ,ce pel1 ce galeux1 d'o venait tout le mal4 ,sa peccadille fut juge un cas pendable4 ,manger l'herbe d'autrui6 quel crime abominable6 ,rien que la mort n'tait capable ,d'expier son forfait4 ,on le lui fit bien voir4 ,selon que vous serez puissant ou misrable1 ,les jugements de cour vous rendront blanc ou noir4 7,livre ,,vii4 ,fable ,i474 ,,les ,,deux ,,pigeons4 ,deux pigeons s'aimaient d'amour tendre3 ,l'un d'eux1 s'ennuyant au logis1 ,fut assez fou pour entreprendre ,un voyage en lointain pays4 ,l'autre lui dit3 ,qu'allez-vous faire8 ,voulez-vous quitter votre frre8 ,l'absence est le plus grand des maux3 ,non pas pour vous1 cruel6 ,au moins que les travaux1 ,les dangers1 les soins du voyage1 ,changent un peu votre courage4 ,encor1 si la saison s'avanait davantage4 ,attendez les zphirs3 qui vous presse8 un corbeau ,tout l'heure annonait malheur quelque oiseau4 ,je ne songerai plus que rencontre funeste1 ,que faucons1 que rseaux4 ,hlas1 dirai-je1 il pleut3 ,mon frre a-t-il tout ce qu'il veut1 ,bon souper1 bon gte et le reste8 ,ce discours branla le coeur ,de notre imprudent voyageur3 ,mais le dsir de voir et l'humeur inquite ,l'emportrent enfin4 ,il dit3 ,ne pleurez point2 ,trois jours au plus rendront mon me satisfaite3 ,je reviendrai dans peu conter de point en point ,mes aventures mon frre2 ,je le dsennurai4 ,quiconque ne voit gure1 ,n'a gure dire aussi4 ,mon voyage dpeint ,vous sera d'un plaisir extrme4 ,je dirai3 ,j'tais l2 telle chose m'advint3 ,vous y croirez tre vous-mme4 ,a ces mots1 en pleurant ils se dirent adieu4 ,le voyageur s'loigne3 et voil qu'un nuage ,l'oblige de chercher retraite en quelque lieu4 ,un seul arbre s'offrit1 tel encor que l'orage1 ,maltraita le pigeon en dpit du feuillage4 ,l'air devenu serein1 il part tout morfondu1 ,sche du mieux qu'il peut son corps charg de pluie2 ,dans un champ l'cart voit du bl rpandu1 ,voit un pigeon auprs3 cela lui donne envie2 ,i y vole1 il est pris3 ce bl couvrait d'un lacs ,les menteurs et tratres appts4 ,le lacs tait us2 si bien que1 de son aile1 ,de ses pieds1 de son bec1 l'oiseau le rompt enfin3 ,quelque plume y prit2 et le pis du destin ,fut qu'un certain vautour1 la serre cruelle1 ,vit notre malheureux1 qui tranant la ficelle ,et les morceaux du lacs qui l'avait attrap1 ,semblait un forat chapp4 ,le vautour s'en allait le lier1 quand des nues ,fond son tour un aigle aux ailes tendues4 ,le pigeon profita du conflit des voleurs1 ,s'envola1 s'abattit auprs d'une masure1 ,crut pour ce coup que ses malheurs ,finiraient par cette aventure2 ,mais un fripon d'enfant 7cet ge est sans piti7 ,prit sa fronde1 et du coup tua plus d' moiti ,la volatile malheureuse1 ,qui1 maudissant sa curiosit1 ,tranant l'aile1 et tirant le pied1 ,demi-morte1 et demi-boteuse1 ,droit au logis s'en retourna3 ,que bien1 que mal1 elle arriva ,sans autre aventure fcheuse4 ,voil nos gens rejoints2 et je laisse juger ,de combien de plaisirs ils payrent leurs peines4 7,livre ,,ix4 ,fable ,,ii47 ,,florian4 7#agee-agid7 ,florian publia en #agib un recueil de ,fables qui sont infrieures celles de son devancier1 ,la ,fontaine1 mais ui sont empreintes de dlicatesse et de fracheur4 ,il fut d'abord connu par une traduction de ,don ,quichotte et des pastorales en prose dans le got du temps1 ,galate1 ,estelle1 etc4 ,florian fut jet en prison pendant la ,rvolution franaise2 il en sortit la mort de ,robespierre1 mais mourut bientt aprs du contrecoup de ces terribles motions4 ,,le ,,grillon4 ,un pauvre petit grillon1 ,cach dans l'herbe fleurie1 ,regardait un papillon ,voltigeant dans la prairie4 ,l'insecte ail brillait des plus vives couleurs3 ,l'azur1 le pourpre et l'or clataient sur ses ailes3 ,jeune1 beau1 petit-matre1 il court de fleurs en fleurs1 ,prenant et quittant les plus belles4 ,ah6 disait le grillon1 que son sort et le mien4 ,sont diffrents6 ,dame nature1 ,pour lui fit tout1 et pour moi rien4 ,je n'ai ploint de talent1 encor moins de figure2 ,nul ne prend garde moi1 l'on m'ignore ici-bas2 ,autant vaudrait n'exister pas4 ,comme il parlait1 dans la prairie ,arrive une troupe d'enfants4 ,aussitt les voil courants ,aprs ce papillon dont ils ont tous envie4 ,chapeaux1 mouchoirs1 bonnets1 servent l'attraper4 ,l'insecte vainement cherche leur chapper1 ,il devient bientt leur conqute4 ,l'un le saisit par l'aile1 un autre par le corps3 ,un troisime survient et le prend par la tte4 ,il ne fallait pas tant d'efforts ,pour dchirer la pauvre bte4 ,oh6 ,oh6 dit le grillon1 je ne suis plus fch3 ,il en cote trop cher pour briller dans le monde4 ,combien je vais aimer ma retraite profonde6 ,pour vivre heureux vivons cach4 ,,alfred ,,de ,,vigny4 7#agii-ahfc7 ,alfred de ,vigny1 qui appartenait une famille de bonne noblesse1 fut officier jusqu'en #ahcj2 mais1 fait plutt pour la vie contemplative que pour la vie active1 il donna sa dmission et se consacra aux lettres en philosophe et en penseur4 ,dans ,grandeur et ,servitude ,militaires 7#ahce7 il montre sous un nouvel aspect la vie de devoir et de renoncement du soldat4 ,son drame ,chatterton met en scne les souffrances du pote incompris aux prises avec les amoindrissantes ralits de l'existence4 ,dans ses ,pomes antiques et modernes1 ,vigny exhale son pessismisme1 qui ne manque pas de noblesse lorsqu'il prche1 comme dans la ,mort du ,loup1 une stoque rsignation4 ,,la ,,mort ,,du ,,loup4 ,les nuages couraient sur la lune enflamme ,comme sur l'incendie on voit fuir la fume1 ,et les bois taient noirs jusques l'horizon4 ,nous marchions1 sans parler1 dans l'humide gazon1 ,dans la bruyre paisse et dans les hautes brandes1 ,lorsque sous des sapins pareils ceux des ,landes1 ,nous avons aperu les grands ongles marqus ,par les loups voyageurs que nous avions traqus4 ,nous avons cout1 retenant notre haleine ,et le pas suspendu4 ,ni le bois ni la plaine ,ne poussaient un soupir dans les airs2 seulement ,la girouette en deuil criait au firmament2 ,car le vent1 lev bien au-dessus des terres1 ,n'effleurait de ses pieds que les tours solitaires1 ,et les chnes d'en bas1 contre les rocs penchs1 ,sur leurs coudes semblaient endormis et couchs4 ,rien ne bruissait donc1 lorsque baissant la tte1 ,le plus vieux des chasseurs qui s'tait mis en qute ,a regard le sable en s'y couchant2 bientt1 ,lui que jamais ici l'on ne vit en dfaut1 ,a dclar tout bas que ces marques rcentes ,annonaient la dmarche et les griffes puissantes ,de deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux4 ,nous avons tous alors prpar nos couteaux1 ,et1 cachant nos fusils et les lueurs trop blanches1 ,nous allions pas pas en cartant les branches4 ,trois s'arrtent1 et moi1 cherchant ce qu'ils voyaient1 ,j'aperois tout coup deux yeux qui flamboyaient1 ,et je vois au-del quatre formes lgres ,qui dansaient sous la lune au milieu des bruyres1 ,comme font chaque jour1 grand bruit sous nos yeux1 ,quand le matre revient1 les lvriers joyeux4 ,leur forme tait semblable et semblable la danse2 ,mais les enfants du ,loup se jouaient en silence1 ,sachant bien qu' deux pas1 ne dormant qu' demi1 ,se couche dans ses murs l'homme1 leur ennemi4 ,le pre tait debout1 et plus loin1 contre un arbre1 ,sa louve reposait comme celle de marbre ,qu'adoraient les ,romains1 et dont les flancs velus ,couvaient les demi-dieux ,rmus et ,romulus4 ,le ,loup vient et s'assied1 les deux jambes dresses1 ,par leurs ongles crochus dans le sable enfonces4 ,il s'est jug perdu1 puisqu'il tait surpris1 ,sa retraite coupe et tous ses chemins pris1 ,alors il a saisi1 dans sa gueule brlante1 ,du chien le plus hardi la gorge pantelante1 ,et n'a pas desserr ses mchoires de fer1 ,malgr nos coups de feu1 qui traversaient sa chair1 ,et nos couteaux aigus qui comme des tenailles1 ,se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles1 ,jusqu'au dernier moment o le chien trangl1 ,mort longtemps avant lui1 sous ses pieds a roul4 ,le ,loup le quitte alors et puis il nous regarde4 ,les couteaux lui restaient au flanc jusqu' la garde1 ,le clouaient au gazon tout baign de son sang2 ,nos fusils l'entouraient en sinistre croissant4 ,il nous regarde encore1 ensuite il se recouche1 ,tout en lchant le sang rpandu sur sa bouche1 ,et1 sans daigner savoir comment il a pri1 ,refermant ses grands yeux1 meurt sans jeter un cri4 ,hlas6 ai-je pens1 malgr ce grand nom d',hommes1 ,que j'ai honte de nous1 dbiles que nous sommes6 ,comment on doit quitter la vie et tous ses maux1 ,c'est vous qui le savez1 sublimes animaux4 ,a voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse1 ,seul le silence est grand2 tout le reste est faiblesse4 --,ah6 je tai bien compris1 sauvage voyageur1 ,et ton dernier regard m'est all jusqu'au coeur4 ,il disait3 ,si tu peux1 fais que ton me arrive1 ,a force de rester studieuse et pensive1 ,jusqu' ce haut degr de stoque fiert ,o1 naissant dans les bois1 j'ai tout d'abord mont4 ,gmir1 pleurer1 prier1 est galement lche4 ,fais nergiquement ta longue et lourde tche ,dans la voie o le sort a voulu t'appeler1 ,puis1 aprs1 comme moi1 souffre et meurs sans parler4 ,,alfred ,,de ,,musset4 7#ahaj-aheg7 ,alfred de ,musset1 n et lev ,paris1 fut parmi les jeunes auteurs qui crrent le mouvement romantique franais2 mais trop indpendant pour se rallier une cole quelconque1 il se contenta bientt de suivre son inspiration1 sa ,muse4 ,jeune1 beau et assez fortun1 il s'abandonna aux jouissances et aux facilits de la vie qui lui apporta les douloureuses dceptions racontes dans les ,nuits 7,nuit de ,mai1 ,nuit de ,dcembre1 #ahce2 ,nuit d',aot1 #ahcf2 ,nuit d',octobre1 #ahcg74 ,a part ses posies1 dont beaucoup1 telles que les ,stances la ,malibran1 l',espoir en ,dieu1 le ,saule1 ,souvenir1 sont justement clbres1 ,musset crivit des pices de thtre en prose et en vers1 des ,contes et ,nouvelles1 et une autobiographie3 ,confession d'un enfant du sicle4 ,,la ,,nuit ,,de ,,mai4 7,fragment74 ,lorsque le plican1 lass d'un long voyage1 ,dans les brouillards du soir retourne ses roseaux1 ,ses petits affams courent sur le rivage ,en le voyant au loin s'abattre sur les eaux4 ,dj1 croyant saisir et partager leur proie1 ,ils courent leur pre avec des cris de joie ,en secouant leurs becs sur leurs gotres hideux4 ,lui1 gagnant pas lents une roche leve1 ,de son aile pendante abritant sa couve1 ,pcheur mlancolique1 il regarde les cieux4 ,le sang coule longs flots de sa poitrine ouverte ,en vain il a des mers fouill la profondeur3 ,l',ocan tait vide et la plage dserte2 ,pour toute nourriture il apporte son coeur4 ,sombre et silencieux1 tendu sur la pierre1 ,partageant ses fils ses entrailles de pre1 ,dans son amour sublime il berce sa douleur4 ,et1 regardant couler sa sanglante mamelle1 ,sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle1 ,ivre de volupt1 de tendresse et d'horreur4 ,mais parfois1 au milieu du divin sacrifice1 ,fatigu de mourir dans un trop long supplice1 ,il craint que ses enfants ne le laissent vivant4 ,alors1 il se soulve1 ouvre son aile au vent1 ,et1 se frappant le coeur avec un cri sauvage1 ,il pousse dans la nuit un si funbre adieu ,que les oiseaux des mers dsertent le rivage1 ,et que le voyageur attard sur la plage1 ,sentant passer la mort se recommande ,dieu4 ,pote1 c'est ainsi que font les grands potes4 ,ils laissent s'gayer ceux qui vivent un temps2 ,mais les festins humains qu'ils servent leurs ftes ,ressemblent la plupart ceux des plicans4 ,quand ils parlent ainsi d'esprances trompes1 ,de tristesse et d'oubli1 d'amour et de malheur1 ,ce n'est pas un concert dilater le coeur4 ,leurs dclamations sont comme des pes3 ,elles tracent dans l'air un cercle blouissant1 ,mais il y pend toujours quelques gouttes de sang4 ,,la ,,chanson ,,de ,,fortunio4 ,si vous croyez que je vais dire ,qui j'ose aimer1 ,je ne saurais pour un empire ,vous la nommer4 ,nous allons chanter la ronde1 ,si vous voulez1 ,que je l'adore et qu'elle est blonde ,comme les bls4 ,je fais ce que sa fantaisie ,veut m'ordonner1 ,et je puis s'il lui faut ma vie1 ,la lui donner4 ,du mal qu'une amour ignore ,nous fait souffrir1 ,j'en porte l'me dchire ,jusqu' mourir4 ,mais j'aime trop pour que je die ,qui j'ose aimer1 ,et je veux mourir pour ma mie ,sans la nommer4 ,,impromptu4 7,en rponse cette question3 ,qu'est-ce que la posie87 ,chasser tout souvenir et fixer la pense1 ,sur un bel axe d'or la tenir balance1 ,incertaine1 inquite1 immobile pourtant2 ,eterniser peut-tre un rve d'un instant2 ,aimer le vrai1 le beau1 chercher leur harmonie2 ,ecouter dans son coeur l'cho de son gnie2 ,chanter1 rire1 pleurer1 seul1 sans but1 au hasard2 ,d'un sourire1 d'un mot1 d'un soupir1 d'un regard ,faire un travail exquis1 plein de crainte et de charme1 ,faire une perle d'une larme2 ,du pote ici-bas voil la passion1 ,voil son bien1 sa vie et son ambition4 ,,th,,ophile ,,gautier4 7#ahaa-ahgb7 ,thophile ,gautier1 n ,tarbes 7,hautes-,pyrnes71 vint de bonne heure ,paris1 o il tudia la peinture tout en frquentant la jeunesse littraire et artistique de son temps4 ,il fut un des promoteurs du mouvement romantique dont il a racont l'histoire1 et il garda toujours une prdilection pour les auteurs indpendants et les novateurs4 ,il est remarquable par la couleur1 le relief et le fini de sa posie2 ses principales oeuvres en vers sont ses ,posies publies en #ahde1 et ses ,emaux et ,cames publis en #aheh4 ,il a galement crit un roman13 le ,capitaine ,fracasse1 et de nombreuses critiques4 ,,premier ,,sourire ,,du ,,printemps4 ,tandis qu' leurs oeuvres perverses ,les hommes courent haletants1 ,mars qui rit malgr les averses1 ,prpare en secret le beau tempe4 ,pour les petites pquerettes1 ,sournoisement1 lorsque tout dort1 ,il repasse des collerettes ,et cisle des boutons d'or4 ,dans le verger et dans la vigne ,il s'en va1 furtif perruquier1 ,avec une houppe de cygne1 ,poudrer frimas l'amandier4 ,la nature au lit se repose2 ,lui1 descend au jardin dsert ,et lace les boutons de rose ,dans leur corset de velours vert4 ,tout en composant des solfges1 ,qu'aux merles il siffle mi-voix1 ,il sme aux prs les perce-neiges ,et les violettes aux bois4 ,sur le cresson de la fontaine ,o le cerf boit1 l'oreille au guet1 ,de sa main cache il grne ,les grelots d'argent du muguet4 ,sous l'herbe1 pour que tu la cueilles1 ,il met la fraise au teint vermeil1 ,et te tresse un chapeau de feuilles ,pour te garantir du soleil4 ,puis lorsque sa besogne est faite ,et que son rgne va finir1 ,au seuil d'avril tournant la tte1 ,il dit3 ,printemps1 tu peux venir6 ,,victor ,,hugo4 7#ahjb-ahhe7 ,victor ,hugo1 le plus grand pote franais du ,x,i,xe sicle1 naquit ,besanon2 son pre tait un officier suprieur qui fit les campagnes du premier empire et dsirait lui voir embrasser la carrire militaire4 ,victor ,hugo se prpara ,paris pour l',ecole ,polytechnique1 mais les lettres l'attiraient plus que les sciences2 les succs qu'il remporta quinze ans dans un concours de posie lui firent abandonner ses premiers projets4 ,il commena des tudes de droit1 fit du journalisme et publia vingt ans les ,odes et ,ballades qui lui valurent une pension du roi ,louis ,,xviii4 ,bientt1 il fut reconnu comme chef du mouvement romantique dont il crivit le manifeste dans la prface de son drame3 ,cromwell4 ,il voulait remplacer la tragdie classique avec ses conventions dmodes par le drame tel que ,shakespeare l'avait conu2 c'est d'aprs cet illustre exemple qu'il crivit en vers3 ,hernani 7#ahcj71 ,le ,roi s'amuse 7#ahcb71 ,marion ,delorme1 ,ruy ,blas 7#ahch71 ,les ,burgraves2 et en prose3 ,lucrce ,borgia1 ,marie ,tudor1 ,angelo4 ,ces drames o ,v4 ,hugo n'a pas su galer son modle sont surtout remarquables par la beaut des vers4 ,les recueils de vers publis aprs les ,odes et ,ballades sont3 les ,orientales 7#ahbh71 les ,feuilles d',automne 7#ahca71 les ,chants du ,crpuscule 7#ahce71 les ,voies ,intrieures 7#ahcg71 les ,rayons et les ,ombres 7#ahdj71 ,les ,chtiments 7#ahec71 les ,contemplations 7#ahef71 ,la ,lgende des sicles 7#ahei71 les ,chansons des rues et des bois 7#ahfe71 l',anne terrible 7#ahgb74 ,dans sa prodigieuse activit1 ,v4 ,hugo crivit aussi des romans de longue haleine qui sont de vritables tudes historiques et sociales3 7,notre ,dame de ,paris1 les ,misrables1 les ,travailleurs de la ,mer74 ,v4 ,hugo1 qui avait pris part au mouvement rvolutionnaire de #ahdh1 dut s'exiler quand le prince ,louis ,napolon se fit proclamer empereur sous le nom de ,napolon ,,iii4 ,le pote resta l'tranger1 en ,belgique1 puis l'le ,jersey1 jusqu' la chute du second empire1 en #ahgj4 ,aprs avoir rempli le sicle de son activit littraire1 politique et sociale1 ,v4 ,hugo mourut en #ahhe1 pleur de la ,france entire4 ,on lui a fait des funrailles nationales4 ,il repose au ,panthon4 ,,oceano ,,nox4 ,oh6 combien de marins1 cfombien de capitaines1 ,qui sont partis joyeux pour des courses lointaines1 ,dans ce morne horizon se sont vanouis6 ,combien ont disparu1 dure et triste fortune6 ,dans une mer sans fond1 par une nuit sans lune1 ,sous l'aveugle ,ocan jamais enfouis6 ,combien de patrons morts avec leurs quipages6 ,l'ouragan de leur vie a pris toutes les pages1 ,et d'un souffle il a tout dispers sur les flots6 ,nul ne saura leur fin dans l'abme plonge4 ,chaque vague en passant d'un butin s'est charge2 ,l'une a saisi l'esquif1 l'autre les matelots4 ,nul ne sait votre sort1 pauvre ttes perdues6 ,vous roulez travers les sombres tendues1 ,heurtant de vos fronts morts des cueils inconnus4 ,oh6 que de vieux parents qui n'avaient plus qu'un rve1 ,sont morts en attendant tous les jours sur la grve ,ceux qui ne sont pas revenus6 ,on demande3 ,o1 sont-ils8 sont-ils rois dans quelque le8 ,nous ont-ils dlaisss pour un bord plus fertile8 ,puis votre souvenir mme est enseveli4 ,le corps se perd dans l'eau1 la nom dans la mmoire4 ,le temps1 qui sur toute ombre en verse une plus noire ,sur le sombre ,ocan jette le sombre oubli4 ,bientt des yeux de tous votre ombre est disparue4 ,l'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue8 ,seules1 durant ces nuits o l'orage est vainqueur1 ,vos veuves aux fronts blancs1 lasses de vous attendre ,parlent encore de vous en remuant la cendre ,de leur foyer et de leur coeur6 ,et quand la tombe enfin a ferm leur paupire1 ,rien ne sait plus vos noms1 pas mme une humble pierre ,dans l'troit cimetire o l'cho nous rpond1 ,pas mme un saule vert qui s'effeuille l'automne1 ,pas mme la chanson nave et monotone ,que chante un mendiant l'angle d'un vieux pont6 ,o sont-ils les marins sombres dans les nuits noires8 ,o flots1 que vous savez de lugubres histoires6 ,flots profonds1 redouts des mres genoux6 ,vous vous les racontez en montant les mares1 ,et c'est ce qui vous fait ces voix dsespres ,que vous avez le soir quand vous venez vers nous4 7,les ,rayons et les ,ombres7 ,,apres ,,la ,,bataille4 ,mon pre1 ce hros au sourire si doux1 ,suivi d'un grand housard qu'il aimait entre tous ,pour sa grande bravoure et pour sa haute taille1 ,parcourait cheval1 le soir d'une bataille1 ,le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit4 ,il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit4 ,c'tait un ,espagnol de l'arme en droute ,qui se tranait sanglant sur le bord de la route1 ,rlant1 bris1 livide1 et mort plus qu' moiti1 ,et qui disait3 ,a boire1 boire par piti6 ,mon pre1 mu1 tendit son housard fidle ,une gourde de rhum qui pendait sa selle1 ,et dit3 ,tiens1 donne boire ce pauvre bless4 ,tout coup1 au moment o le housard baiss ,se penchait vers lui1 l'homme1 une espce de ,maure1 ,saisit un pistolet qu'il treignait encore1 ,et vise au front mon pre en criant3 ,caramba1 ,le coup passa si prs que le chapeau tomba1 ,et que le cheval fit un cart en arrire4 ,donne-lui tout de mme boire1 dit mon pre4 7,la ,lgende des sicles47 ,,saison ,,des ,,semailles1 ,,le ,,soir4 ,c'est le moment crpusculaire4 ,j'admire1 assis sous un portail1 ,ce reste de jour dont s'claire ,la dernire heure du travail4 ,dans les terres1 de nuit baignes4 ,je contemple1 mu1 les haillons ,d'un vieillard qui jette poignes ,la moisson future aux sillons4 ,sa haute silhouette noire ,domine les profonds labours4 ,on sent quel point il doit croire ,a la fuite utile des jours4 ,il marche dans la plaine immense1 ,va1 vient1 lance la graine au loin1 ,rouvre sa main1 et recommence4 ,et je mdite1 obscur tmoin1 ,pendant que1 dployant ses voiles1 ,l'ombre1 o se mle une rumeur1 ,semble largir jusqu'aux toiles ,le geste auguste du semeur4 7,chassons des rues et des bois47 ,,jos,,phin ,,soulary4 7#ahae-ahia7 ,josphin ,soulary1 tour tour soldat1 employ et bibliothcaire1 devint clbre la publication de ses ,sonnets humoristiques1 en #aheh4 ,il crivit par la suite bon nombre d'autres recueils de posie1 revenant toujours la forme du sonnet qu'il affectionnait par dessus toutes et o il tait pass matre4 ,,les ,,deux ,,corteges4 ,deux cortges se sont rencontrs l'glise4 ,l'un est morne3--il conduit le cercueil d'un enfant2 ,une femme le suit1 presque folle1 touffant ,dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise4 ,l'autre1 c'est un baptme3--au bras qui le dfend ,un nourrisson gazouille une note indcise2 ,sa mre1 lui tendant le doux sein qu'il puise1 ,l'embrasse tout entier d'un regard triomphant6 ,on baptise1 on absout1 et le temple se vide4 ,les deux femmes alors1 se croisant sous l'abside1 ,echangent un coup d'oeil aussitt dtourn2 ,et--merveilleux retour qu'inspire la prire-- ,la jeune mre pleure en regardant la bire1 ,la femme qui pleurait sourit au nouveau-n6 ,,leconte ,,de ,,lisle4 7#ahah-ahid7 ,charles-,marie-,ren ,leconte de ,lisle naquit l'le ,bourbon1 o son pre avait migr1 et vint ,paris vingt ans pour taire ses tudes de droit4 ,il s'adonna encore plus l'tude de la posie4 ,le clbre critique ,sainte-,beuve1 auquel il vint rciter sa pice intitule ,midi1 fut frapp par la beaut de ces vers et fit immdiatement connatre leur auteur4 ,les oeuvres de ,leconte de ,lisle sont3 ,pomes antiques 7#ahec71 ,pomes barbares 7#ahei71 ,pomes tragiques 7#ahhd71 ,derniers pomes1 publis aprs sa mort en #ahie2 sa posie est plastique et non sentimentale ou personnelle2 c'est le culte de la forme belle voquant l'image4 ,,midi4 ,midi1 roi des ts1 pandu sur la plaine1 ,tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu1 ,tout se tait4 ,l'air flamboie et brle sans haleine2 ,la terre est assoupie en sa robe de feu4 ,l'tendue est immense1 et les champs n'ont point d'ombre1 ,et la source est tarie o buvaient les troupeaux2 ,la lointaine fort1 dont la lisire est sombre1 ,dort l-bas1 immobile1 en un pesant repos4 ,seuls1 les grands bls mris1 tels qu'une mer dore1 ,se droulent au loin1 ddaigneux du sommeil2 ,pacifiques enfants de la terre sacre1 ,ils puisent sans peur la coupe du soleil4 ,parfois1 comme un soupir de leur me brlante1 ,du sein des pis lourds qui murmurent entre eux1 ,une ondulation majestueuse et lente ,s'veille1 et va mourir l'horizon poudreux4 ,non loin1 quelques boeufs blancs1 couchs parmi les herbes1 ,bavent avec lenteur sur leurs fanons pais4 ,et suivent de leurs yeux languissants et superbes ,le songe intrieur qu'ils n'achvent jamais4 ,homme1 si1 le coeur plein de joie ou d'amertume1 ,tu passais vers midi dans les champs radieux4 ,fuis6 la nature est vide et le soleil consume3 ,rien n'est vivant ici1 rien n'est triste ou joyeux4 ,mais si1 dsabus des larmes et du rire1 ,altr de l'oubli de ce monde agit4 ,tu veux1 ne sachant plus pardonner ou maudire1 ,goter une suprme et morne volupt1 ,viens4 ,le soleil te parle en paroles sublimes2 ,dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin2 ,et retourne pas lents vers les cits infimes1 ,le coeur tremp sept fois dans le nant divin4 ,,sully-,,prudhomme4 ,m4 ,sully-,prudhomme1 n ,paris en #ahci1 joint la perfection de la forme l'motion sentimentale et la pense philosophique2 c'est le plus grand pote franais depuis ,victor ,hugo4 ,ses oeuvres sont3 ,les ,stances et ,pomes 7#ahfe71 les ,epreuves1 les ,solitudes 7#ahfi71 ,la ,france 7#ahgd71 les ,vaines tendresses 7#ahge71 la ,justice 7#ahgh71 le ,prisme 7#ahhf71 ,le bonheur 7#ahhh71 ,les solitudes 7#ahid71 ,testament potique 7#aija71 etc4 ,,les ,,yeux4 ,bleus ou noirs1 tous aims1 tous beaux1 ,des yeux sans nombre ont vu l'aurore2 ,ils dorment au fond des tombeaux1 ,et le soleil se lve encore4 ,les nuits1 plus douces que les jours1 ,ont enchant des yeux sans nombre2 ,les toiles brillent toujours4 ,et les yeux se sont remplis d'ombre4 ,oh6 qu'ils aient perdu le regard1 ,non1 non1 cela n'est pas possible6 ,ils se sont tourns quelque part1 ,vers ce qu'on nomme l'invisible2 ,et comme les astres penchante ,nous quittent mais au ciel demeurent1 ,les prunelles ont leurs couchants1 ,mais il n'est pas vrai qu'elles meurent2 ,bleus ou noirs1 tous aims1 tous beaux1 ,ouverts quelque immense aurore4 ,de l'autre ct des tombeaux ,les yeux qu'on ferme voient encore4 ,,francois ,,copp,e4 ,m4 ,franois ,coppe1 n ,paris en #ahdb1 publia en #ahfg son premier recueil de posies1 le ,reliquaire4 ,depuis se sont succd3 les ,intimits1 les ,pomes modernes1 les ,humbles1 etc4 ,comme ce dernier titre l'indique1 ,m4 ,coppe s'est tourn1 en suivant l'exemple de ,victor ,hugo1 vers les travailleurs et les pauvres gens1 mais il lui est malheureusement arriv de tomber dans la banalit2 sa posie n'est parfois que de la prose potique4 ,m4 ,coppe a aussi crit des pices de thtre1 dont l'une1 le ,passant1 a acquis une certaine clbrit1 et des romans4 ,,tableau ,,rural4 ,au village en juillet4 ,un soleil accablant4 ,ses lunettes au nez1 le vieux charron tout blanc ,rpare1 prs du seuil1 un timon de charrue4 ,le cur1 tout l'heure a travers la rue ,nu-tte4 ,les trois quarts ont sonn1 puis plus rien1 ,sauf monsieur le marquis1 un gros richard terrien1 ,qui passe en berlingot et la pipe la bouche1 ,et qui1 pour dlivrer sa jument d'une mouche4 ,lance des claquements de fouet trs campagnards ,et fait fuir1 effars1 coq1 poules et canards4 ,,ii4 ,le soir1 au coin du feu1 j'ai song bien des fois ,a la mort d'un oiseau1 quelque part1 dans les bois3 ,pendant les tristes jours de l'hiver monotone1 ,les pauvres nids dserts1 les nids qu'on abandonne1 ,se balancent au vent sur le ciel gris de fer4 ,oh6 comme les oiseaux doivent mourir l'hiver6 ,pourtant1 lorsque viendra le temps des violettes1 ,vous ne trouverons pas leurs dlicats squelettes ,dans les gazons d'avril o nous irons courir4 ,est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir8 ,,louis ,,fr,,chette4 ,m4 ,louis ,frchette1 pote canadien1 a publi plusieurs recueils de vers1 dont deux3 les ,fleurs borales 7#ahhj71 et les ,oiseaux de ,neige 7#ahhj71 ont t couronns par l',acadmie franaise4 ,ses autres oeuvres potiques sont3 ,mes ,loisirs 7#ahfc71 ,la ,vox d'un exil 7#ahfg71 ,la lgende d'un peuple 7#ahhh71 o ,m4 ,frchette a su voquer dans des accents qui rappellent parfois ,victor ,hugo1 un pass de gloires nationales et d'hroque grandeur4 ,,la ,,foret4 ,chnes au front pensif1 grands pins mystrieux4 ,vieux troncs penchs au bord des torrents furieux1 ,dans votre rverie ternelle et hautaine1 ,songez-vous quelquefois l'poque lointaine ,o le sauvage cho des dserts canadiens ,se connaissait encor que la voix des ,indiens ,qui1 groups sous l'abri de vos branches compactes1 ,mlaient leurs chants de guerre au bruit des cataractes8 ,sous le ciel toil1 quand les vents assidus ,balancent dans la nuit vos longs bras perdus4 ,songez-vous ces temps glorieux o nos pres ,domptaient la barbarie au fond de ses repaires8 ,quand pris d'un seul but1 le coeur plein d'un seul voeu1 ,ils passaient sous votre ombre1 en criant3 ,dieu le veut6 ,dfrichaient la fort1 craient des mtropoles1 ,et1 le soir1 runis sous vos vastes coupoles1 ,toujours proccups de mille ardents travaux4 ,soufflaient dans leurs clairons l'esprit des jours nouveaux8 ,oui1 sans doute2 tmoins vivaces d'un autre ge1 ,vous avez survcu tout seuls au grand naufrage ,et1 sans souci du temps qui brise les petits1 ,votre ramure1 aux coups des sicles chappe1 ,a tous les vents du ciel chante notre pope6 ,,andr ,,the,,riet2 7#ahcc-aijg7 ,aindr ,theuriet appartenait une famille lorraine2 il entra comme son pre dans le service de l'enregistrement1 ce qui ne l'empcha pas de publier de #ahfg jusqu' sa mort plus de soixante-dix volumes de prose et de posie4 ,dans ses romans comme dans ses vers1 ,andr ,theuriet s'est fait le chantre de la vie rustique et de la province4 ,,la ,,chanson ,,du ,,vannier4 ,brins d'osier1 brins d'osier1 ,courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier4 ,brins d'osier1 vous serez le lit frle o la mre ,berce un petit enfant aux sons d'un vieux couplet3 ,l'enfant1 la lvre encor toute blanche de lait1 ,s'endort en souriant dans sa couche lgre4 ,vous serez le panier plein de fraises vermeilles ,que les filles s'en vont cueillir dans les taillis4 ,elles rentrent le soir1 rieuses au logis1 ,et l'odeur des fruits mrs s'exhale des corbeilles4 ,vous serez le grand van o la fermire alerte ,fait bondir le froment qu'ont battu les flaux1 ,tandis qu' ses cts des bandes de moineaux ,se disputent les grains dont la terre est couverte4 ,lorsque s'empourpreront les vignes l'automne1 ,lorsque les vendangeurs descendront des cteaux1 ,brins d'osier1 vous lierez les cercles des tonneaux ,o le doux vin rougit les douves et bouillonne4 ,brins d'osier1 vous serez la cage o l'oiseau chante1 ,et la nasse perfide au milieu des roseaux1 ,o la truite qui monte et file entre deux eaux1 ,s'enfonce et1 tout coup1 se dbat frmissante4 ,et vous serez aussi1 brins d'osier1 l'humble claie ,o1 quand le vieux vannier tombe et meurt1 on l'tend1 ,tout prt pour le cercueil4--,son convoi se rpand1 ,le soir1 dans les sentiers o verdit l'oseraie4 ,brins d'osier1 brins d'osier1 ,courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier4 ,,henri ,d ,r,,gnier4 ,henri de ,rgnier naquit ,honfleur en #ahfd4 ,il se rallia d'abord au groupe des potes symbolistes et publia ,les ,lendemains1 ,pomes anciens et romanesques1 ,tel qu'en songe1 tout en collaborant diverses revues4 ,dans un genre plus classique1 il crivit ensuite ,les ,jeux rustiques et divins et ,les ,mdailles d'argile1 et il se rapproche des potes de la ,vie dans ses deux derniers recueils1 ,la ,cit des ,eaux et ,la ,sandale aile4 ,m4 ,henri de ,rgnier est galement un romancier renomm4 ,,ville ,,de ,,france4 ,le matin1 je me lve1 et je sors de la ville4 ,le trottoir de la rue est sonore mon pas1 ,et le jeune soleil chauffe les vieilles tuiles1 ,et les jardins troits sont fleuris de lilas4 ,le long du mur moussu que dpassent les branches1 ,un cho que l'on suit vous prcde en marchant1 ,et le pav pointu mne la route blanche4 ,qui commence au faubourg et s'en va vers les champs4 ,et me voici bientt sur la cte gravie ,d'o l'on voit1 au a'oleil et couche ses pieds1 ,calme1 petite1 pauvre1 isole1 engourdie1 ,la ville maternelle aux doux toits familiers4 ,elle est l1 tendue et longue3 ,sa rivire ,par deux fois1 en dormant1 passe sous ses deux ponts2 ,les arbres de son mail sont vieux comme les pierres ,de son clocher qui pointe au-dessus des maisons4 ,dans l'air limpide1 gai1 transparent et sans brume ,elle fait un long bruit qui monte jusqu' nous3 ,le battoir bat le linge et le marteau l'enclume1 ,et l'on entend des cris d'enfants1 aigres et doux4 4 4 ,elle est sans souvenirs de sa vie immobile1 ,elle n'a ni grandeur1 ni gloire1 ni beaut2 ,elle n'est jamais qu'une petite ville2 ,elle sera pareille ce qu'elle a t4 ,elle est semblable ses autres soeurs de la plaine1 ,a ses soeurs des plateaux1 des landes et des prs2 ,la mmoire1 en passant1 ne retient qu'avec peine1 ,parmi tant d'autres noms son humble nom franais2 ,et1 pourtant1 lorsque1 aprs un de ces longs jours graves ,passs de l'aube au soir marcher devant soi1 ,le soleil disparu derrire les emblaves ,assombrit le chemin qui traverse les bois2 ,lorsque la nuit qui vient rend les choses confuses ,et que sonne la route dure au pas gal1 ,et qu'on coute au loin le gros bruit de l'cluse1 ,et que le vent murmure aux arbres du canal2 ,quand l'heure peu peu ramne vers la ville1 ,ma course fatigue et qui va voir bientt ,la premire fentre o brle l'or de l'huile ,dans la lampe1 travers la vitre sans rideau1 ,il me semble1 tandis que mon retour s'empresse ,et tte du bton les bornes du chemin1 ,sentir1 dans l'ombre1 prs de moi1 avec tendresse1 ,la patrie aux doux yeux qui me prend par la main4 7,la ,sandale aile474 ,,pierre-,,jean ,,de ,b,,ranger4 7#aghj-aheg7 ,branger1 n ,paris dans la boutique d'un tailleur1 assista au dbut de la ,rvolution franaise4 ,aprs une priode de mauvaise chance1 il fut protg par ,lucien ,bonaparte1 frre de ,napolon4 ,les ,chansons satiriques qu'il composa sous tous les gouvernements lui firent perdre sa place2 il fut mme poursuivi devant la justice et emprisonn deux fois4 ,ses talents de chansonnier joints sa rputation d'intgrit le rendirent populaire dans toute la ,france4 ,,les ,,souvenirs ,,du ,,peuple4 ,on parlera de sa gloire ,sous le chaume bien longtemps3 ,l'humble toit1 dans cinquante ans1 ,ne connatra plus d'autre histoire4 ,l1 viendront les villageois ,dire alors quelque vieille3 ,par des rcits d'autrefois1 ,mre1 abrgez notre veille4 ,bien1 dit-on1 qu'il nous ait nui1 ,le peuple encor le rvre1 ,oui1 le rvre4 ,parlez-nous de lui1 grand'mre1 ,parlez-nous de lui4 --,mes enfants1 dans ce village1 ,suivi de rois1 il passa3 ,voil bien longtemps de a3 ,je venais d'entrer en mnage4 ,a pied grimpant le cteau ,o pour voir je m'tais mise1 ,il avait petit chapeau ,avec redingote grise4 ,prs de lui je me troublai6 ,il me dit3 ,bonjour1 ma chre4 ,bonjour1 ma chre4 ,il vous a parl1 grand'mre1 ,il vous a parl6 --,l'an d'aprs1 moi1 pauvre femme1 ,a ,paris tant un jour1 ,je le vis avec sa cour3 ,il se rendait ,notre-,dame4 ,tous les coeurs taient contents2 ,on admirait le cortge6 ,chacun disait3 ,quel beau temps6 ,le ciel toujours le protge4 ,son sourire tait bien doux3 ,d'un fils ,dieu le rendait pre1 ,le rendait pre4 --,quel beau jour pour vous1 grand'mre6 ,quel beau jour pour vous4 --,mais quand la pauvre ,champagne ,fut en proie aux trangers2 ,lui1 bravant tous les dangers1 ,semblait seul tenir la campagne4 ,un soir1 tout comme aujourd'hui1 ,j'entends frapper la porte4 ,j'ouvre3 bon ,dieu6 c'tait lui1 ,suivi d'une faible escorte6 ,il s'assied o me voil1 ,s'criant3 ah6 quelle guerre6 ,ah6 quelle guerre6 --,il s'est assis l1 grand'mre1 ,il s'est assis l4 --,j'ai faim1 dit-il2 et bien vite1 ,je sers piquette et pain bis4 ,puis il sche ses habits3 ,mme dormir le feu l'invite4 ,au rveil1 voyant mes pleurs1 ,il me dit3 ,bonne esprance6 ,je cours de tous ses malheurs1 ,sous ,paris venger la ,france4 ,il part2 et comme un trsor ,j'ai depuis gard son verre4 ,gard son verre4 --,vous l'avez encor1 grand'mre1 ,vous l'avez encor8 --,le voici4 ,mais sa perte ,le hros fut entran4 ,lui1 qu'un pape a couronn1 ,est mort dans une le dserte4 ,longtemps aucun ne l'a cru2 ,on disait3 ,il va paratre2 ,par mer il est accouru3 ,l'tranger va voir son matre4 ,quand d'erreur on nous tira1 ,ma douleur fut bien amre1 ,fut bien amre4 --,dieu vous bnira1 grand'mre1 ,dieu vous bnira4 ,,pierre ,,dupont4 7#ahba-ahgj7 ,pierre ,dupont1 chansonnier et musicien1 naquit ,lyon4 ,le rle politique qu'il joua en #ahea faillit le faire exiler comme ,v4 ,hugo4 ,ses chansons glorifient les classes laborieuses2 ce sont3 les ,paysans et le ,chant des ,ouvriers4 ,ses chansons parurent en #ahfj4 ,,les ,,boeufs4 ,j'ai deux grands boeufs dans mon table1 ,deux grands boeufs blancs1 marqus de roux2 ,la charrue est en bois d'rable1 ,l'aiguillon en branche de houx2 ,c'est par leurs soins qu'on voit la plaine ,verte l'hiver1 jaune l't2 ,ils gagnent dans une semaine ,plus d'argent qu'ils n'en ont cot4 ,s'il me fallait les vendre1 ,j'aimerais mieux me pendre2 ,j'aime ,jeanne1 ma femme1 eh bien6 j'aimerais mieux ,la voir mourir que voir mourir mes boeufs4 ,les voyez-vous1 les belles btes1 ,creuser profond et tracer droit1 ,bravant la pluie et les temptes1 ,qu'il fasse chaud1 qu'il fasse froid8 ,lorsque je fais halte pour boire1 ,un brouillard sort de leurs naseaux1 ,et je vois sur leur corne noire ,se poser les petits oiseaux4 ,s'il me fallait les vendre1 ,j'aimerais mieux me pendre2 ,j'aime ,jeanne1 ma femme1 et bien6 j'aimerais mieux ,la voir mourir que voir mourir mes boeufs4 ,ils sont forts comme un pressoir d'huile1 ,ils sont doux comme des moutons4 ,tous les ans on vient de la ville ,les marchander dans nos cantons1 ,pour les mener aux ,tuileries ,au mardi-gras1 devant le roi1 ,et puis les vendre aux boucheries4 ,je ne veux pas1 ils sont moi4 ,s'il me fallait les vendre1 ,j'aimerais mieux me pendre2 ,j'aime ,jeanne1 ma femme1 et bien6 j'aimerais mieux ,la voir mourir que voir mourir mes boeufs4 ,quand notre fille sera grande1 ,si le fils de notre rgent ,en mariage la demande1 ,je lui promets tout mon argent2 ,mais si pour dot il veut qu'on donne ,les grands boeufs blancs marqus de roux1 ,ma fille1 laissons la couronne1 ,et ramenons les boeufs chez nous4 ,s'il me fallait les vendre1 ,j'aimerais mieux me pendre2 ,j'aime ,jeanne1 ma femme1 et bien6 j'aimerais mieux ,la voir mourir que voir mourir mes boeufs4 ,,gustave ,,nadaud4 7#ahbj-ahic7 ,gustave ,nadaud1 originaire de ,roubaix 7,nord71 tait destin au commerce et s'y livra avec succs pendant quelque temps4 ,il tait1 comme ,pierre ,dupont1 chansonnier et musicien la fois4 ,certaines de ses chansons1 telles que les ,deux ,gendarmes1 ,carcassonne1 etc4 sont devenues populaires4 ,,carcassonne4 ,je me fais vieux1 j'ai soixante ans1 ,j'ai travaill toute ma vie ,sans avoir1 durant tout ce temps1 ,pu satisfaire mon envie4 ,je vois bien qu'il n'est ici-bas ,de bonheur complet pour personne4 ,mon voeu ne s'accomplira pas3 ,je n'ai jamais vu ,carcassonne6 ,on voit la ville de l-haut1 ,derrire les montagnes bleues2 ,mais1 pour y parvenir1 il faut1 ,il faut faire cinq grandes lieues2 ,en faire autant pour revenir6 ,ah6 si la vendange tait bonne4 ,le raisin ne veut pas jaunir3 ,je ne verrai pas ,carcassonne6 ,on dit qu'on y voit tous les jours1 ,ni plus ni moins que les dimanches ,des gens s'en aller sur le cours1 ,en habits neufs1 en robes blanches ,on dit qu'on y voit des chteaux ,grands comme ceux de ,babylone1 ,un vque et deux gnraux6 ,je ne connais pas ,carcassonne6 ,le vicaire a cent fois raison3 ,c'est des imprudents que nous sommes4 ,il disait dans son oraison ,que l'ambition perd les hommes4 ,si je pouvais trouver pourtant ,deux jours sur la fin de l'automne4 4 4 4 ,mon ,dieu1 que je mourrais content ,aprs avoir vu ,carcassonne6 ,mon ,dieu6 mon ,dieu6 pardonnez-moi ,si ma prire vous offense2 ,on voit toujours plus haut que soi1 ,en vieillesse comme en enfance4 ,ma femme1 avec mon fils ,aignan1 ,a voyag jusqu' ,narbonne2 ,mon filleul a vu ,perpignan1 ,et je n'ai pas vu ,carcassonne6 ,ainsi chantait1 prs de ,limoux1 ,un paysan courb par l'ge4 ,je lui dis3 ,ami1 levez-vous2 ,nous allons faire le voyage4 ,nous partmes le lendemain2 ,mais 7que le bon ,dieu lui pardonne67 ,il mourut moiti chemin3 ,il n'a jamais vu ,carcassonne6 ,,paul ,d,,roul,,de4 ,m4 ,paul ,droulde1 n ,paris en #ahdf1 commena son droit1 qu'il abandonna pour la littrature et les voyages4 ,il s'engagea dans l'arme pendant la guerre de #ahgj1 dmissiona plus tard la suite d'un accident1 mais garda un amour passionn de la carrire militaire et de tout ce qui s'y rapporte4 ,il a jou par la suite un rle politique4 ,ses principales oeuvres sont3 les ,chants du paysan1 les ,chants du soldat 7#ahgb71 ,marches et ,sonneries 7#ahha71 ,refrains militaires 7#ahhh71 etc4 ,,le ,,bon ,,gite4 ,bonne vieille1 que fais-tu l8 ,il fait assez chaud sans cela4 ,tu peux laisser tomber la flamme4 ,mnage ton bois1 pauvre femme1 ,je suis sch1 je n'ai plus froid4 ,mais elle1 qui ne veut m'entendre1 ,jette un fagot1 range la cendre3 ,chauffe-toi1 soldat1 chauffe-toi4 ,bonne vieille1 je n'ai pas faim4 ,garde ton jambon et ton vin2 ,j'ai mang la soupe l'tape4 ,veux-tu bien ter cette nappe6 ,c'est trop bon et trop beau pour moi4 ,mais elle1 qui n'en veut rien faire1 ,taille mon pain1 remplit mon verre3 ,refais-toi1 soldat1 refais-toi4 --,bonne vieille1 pour qui ces draps8 ,par ma foi1 tu n'y penses-pas6 ,et ton table8 et cette paille8 ,o l'on fait son lit sa taille8 ,je dormirai l comme un roi4 ,mais elle qui n'en veut dmordre1 ,place les draps1 met tout en ordre3 ,couche-toi1 soldat1 couche-toi6 ,le jour vient1 le dpart aussi4-- ,allons6 adieu4 4 4 4 ,mais qu'est ceci8 ,mon sac est plus lourd que la veille4 4 4 ,ah6 bonne htesse1 ah6 chre vieille1 ,pourquoi tant me gter1 pourquoi8 ,et la bonne vieille de dire1 ,moiti larme et moiti sourire3 ,j'ai mon gars soldat comme toi4