,,pi]re ,,villey ,pr(esseur ,adjo9t l',univ]sit de ,ca5 ,montaigne et ,franois ,bacon ,,p>is ,,revue ,,de ,,la ,,r5aissance #ad1 ,rue du ,c>d9al-,lemo9e1 #ad #aiac ,,table ,,des ,,mati,,res ,introduction #e ,,*apitre ,i4--,les donnes objectives du problme #g ,,*apitre ,,ii4--,influ5ce de ,montaigne sur les ,essais de ,bacon #ah #a4--;,edition de #aeig #bj #b4--;,edition de #afab #cj #c--;,edition de #afbe #cg #d--;,conclusion #ej ,,*apitre ,,iii4--,influ5ce de ,montaigne sur le ,de dignitate et augm5tis sci5ti>um #ec #a4--,l',apologie de la ,sci5ce et le ,de dignitate sci5ti>um #ed #b4--,l',objet de la ,sci5ce et le ,de augm5tis sci5ti>um #fb ,,*apitre ,,iv4--,la ,m?ode de la ,sci5ce4--,montaigne et le ,novum ,organum #gg ,montaigne a-t-il eu quelque influ5ce sur ,franois ,bacon8 ,,introduction ,les deux gr&s noms qui figur5t au titre de cette tude s]viront d'excuse son extrme m9utie4 ,on ne saurait tre trop prcis lorsqu'il s'agit de p5seurs qui ont j\ un rle si considrable4 ,depuis quelques annes1 il e/ =t la mode en ,anglet]re et en ,allemagne de re*]*] *ez ,montaigne l'orig9e de nombre d'ides exprimes p> ,%akespe>e et p> ,bacon4 ,un sport d'un g5re n\veau1 plus g]manique1 semble-t-il1 qu'anglo-saxon1 e/ de faire la *asse aux passages de ces trois auteurs qui1 placs en p>allle1 pr\v]ont l'influ5ce du morali/e franais sur les deux gr&s gnies de l',anglet]re qui lui sont presque contempora9s4 ,on e/ all dans cette voie jusqu'aux plus purils rappro*em5ts1 et l'on a montr quelles ridicules fantaisies une m?ode excell5te1 qu& elle e/ mal applique1 peut sembl] autoris]4 ,quelque flatteuse que puisse tre p\r notre orgueil national cette manie d'rudits1 =ce n\s e/ de n\s montr] un peu circonspects4 ,%akespe>e a lu les ,essais2 inconte/ablem5t mme il leur a fait deux ou trois emprunts2 ce sont l nanmo9s des raisons insuffisantes p\r que n\s donnions crdit c5t autres emprunts que lui attribue l'imag9ation de critiques en qute d'9dit1 et p\r que n\s pr5ions en considration les ?ories ambitieuses qu'on btit sur d'aussi fragiles fondem5ts4 ,p\r ,%akespe>e1 je ne saurais discut] les hypo?ses trop insaisissables des ,/$efeld1 des ,jacob ,feis et des ,rob]tson4 ,p\r ,bacon aussi1 la fantaisie s'e/ donn libre c>rire4 ,il m'a p>u cep5dant qu'en ce qui le conc]ne1 les donnes du problme tai5t mo9s fuyantes1 et qu'il y avait lieu de se dem&] si l'on p\vait dgag] de ce c\rant d'op9ion quelque enseignem5t prcis4 ,les rsultats ess5tiels de cette enqute peuv5t se rsum] en deux mots4 ,bacon a c]ta9em5t connu et apprci l'oeuvre de ,montaigne4 ,de cela les preuves abond5t4 ,p\rtant les ,essais de ,bacon ne sont pas1 comme on le supposait1 dans leur =me orig9elle1 imits des ,essais de ,montaigne3 l'exam5 des ditions successives dans lesquelles ils ont p>u et des rappro*em5ts qu'on a signals entre les deux oeuvres ne laisse gure de d\te ce sujet4 ,ils ont peut-tre subi l'influ5ce lo9ta9e des ,essais de ,montaigne1 ils n'en sont pas sortis4 ,d'autre "p1 il e/ probable que ,bacon a prp> p> son comm]ce avec eux cette critique de la raison huma9e qui e/ la base de sa m?ode n\velle4 ,sur ce d]ni] po9t t\tefois1 n\s ne p\vons =mul] qu'une hypo?se vraisemblable1 et il e/ peu croyable qu'on p>vi5ne jamais une c]titude4 ,t\t cela revi5t dire que1 dans les pages de ,bacon o l'on a relev le plus de rappro*em5ts avec ,montaigne1 l'influ5ce de ,montaigne semble tre peu importante1 t&is qu'elle e/ peut-tre trs considrable dans des pages o l'on n'en relevait po9t4 ,concluons une fois de plus que la m?ode qui consi/e jug] l'influ5ce d'une oeuvre sur une autre au moy5 de similitudes v]bales que l'on rem>que entre elles e/ une m?ode dont il convi5t d'us] avec une extrme prud5ce4 ,,*apitre ,,premi] ,,les ,,donn,,es ,,objectives ,,du ,,probl,,me4 ,il y a prs de c9quante ans que1 p\r la premire fois je crois1 on s'e/ avis de se dem&] si ,bacon n'avait pas contract une dette env]s ,montaigne4 ,en #ahfb p>ut en allem&1 dans l',ar*iv de ,h]rig1 un article intitul3 ,montaigne et ,bacon4 ,l'auteur avait t frapp de con/at] que t\s les deux ,montaigne et ,bacon avai5t1 presque en mme temps1 fait usage du titre d',essais4 ,il en pr5ait prtexte p\r in/itu] un p>allle entre le rle littraire de ,montaigne et celui de ,bacon dans une tude d'ailleurs trs gnrale1 dp\rvue de t\t rappro*em5t prcis4 ,aucune conclusion f]me ne s'en dgageait sur les rapports littraires des deux criva9s4 ,presque la mme poque1 en #ahfg probablem5t sans connatre cet article1 un des admirateurs les plus f]v5ts de ,montaigne1 un lecteur assidu des ,essais1 ,ed\>d ,fitzg]ald1 crivait dans une lettre adresse ,wright3 ,me tr\vant avec ,rob]t ,groome1 le mois d]ni]1 je lui dis avoir r5contr du ,bacon *ez ,montaigne4 ,rob]t ,groome me rpondit que v\s aviez fait la mme obs]vation et que v\s tiez effectivem5t en tra9 d'en recueillir des tmoignages4 ,il s'agit1 je crois1 de citations de ,snque employes p> ,bacon de telle manire qu'il les devrait videmm5t ,montaigne444 ,je n'avais pas rem>qu ces r5contres de ,snque mais j'avais obs]v quelques passages de ,montaigne lui-mme qui me semblai5t tre passs dans les ,essais de ,bacon4 ,le fait avait donc frapp en mme temps les deux correspondants4 ,l'inve/igation laquelle ,fitzg]ald songeait se livr] tait bi5 diffr5te de celle du critique allem&4 ,il ne l'entreprit pas1 je p5se1 mais d'autres s'en acquittr5t4 ,on signala des emprunts2 l'impulsion une fois donne1 on n'en releva que trop4 ,on en dc\vrit au-del de t\te mesure4 ,*aque *]*eur t5ait honneur d'en*rir sur son devanci]4 ,reynolds en indiquait un gr& nombre dans son excell5te dition des ,essais de ,bacon4 ,dieck[ les reprit dans une diss]tation inaugurale prs5te l',univ]sit de ,/rasb\rg en #aijca1 et en aj\ta beauc\p auxquels ,reynolds n'avait pas song4 ,une n\velle li/e p>ut encore en #aijh1 dans l'ouvrage de ,miss ,norton intitul3 ,! _s ( ,montaigne4 ,entre temps1 on ne se faisait pas faute d'affirm] que les ,essais de ,montaigne avai5t eu sur les ,essais de ,bacon une influ5ce considrable#b4 ,devant un tel conc]t d'affirmations et d'enqutes1 n\s sommes t5us de n\s dem&] ce qu'elles r5f]m5t de solide4 ,p\r ne p>l] que des enqutes1 con/atons d'abord qu'elles ont le tort de v\loir trop pr\v]4 ,elles multipli5t sans mesure les rappro*em5ts insignifiants1 ceux qui ne rvl5t ni une influ5ce de ,montaigne ni mme une similitude de p5se vraim5t in/ructive4 ,on s'amuse relev] *ez ,bacon jusqu'aux ides les plus banales p\r les faire driv] de ,montaigne4 ,elles ont encore le dfaut1 9vitable il e/ vrai1 celui-l1 de nglig] quelques rappro*em5ts qui m'ont p>u importants4 ,il y avait donc lieu de les rvis] entirem5t#c p\r les complt] et p\r les lagu]4 ,plus encore1 je leur repro*]ai t\tes d'tre de simples li/es trs s*es dans lesquelles aucun ef=t n'e/ t5t p\r montr] la valeur ou l'insignifiance de *aque rappro*em5t1 et p\r dgag] des conclusions d'ensemble4 ,de semblables numrations1 o *aque t]me e/ d'une apprciation si dlicate p>ce que le lecteur e/ priv des contextes et du c\p d'oeil d'ensemble qui seul donne *aque p5se sa vraie porte1 me sembl5t presque /riles si l'auteur ne n\s aide pas les int]prt]4 ,j'av]tis1 au re/e1 que n\s n'ab\tirons qu' des rsultats probables4 ,bacon e/ de ceux p\r lesquels une tude d'influ5ce e/ t\j\rs discutable4 ,il y a bi5 des manires de subir une influ5ce3 c]ta9s reproduis5t les p5ses ou les anecdotes qui les ont frapps presque dans les t]mes mmes o elles se sont prs5tes eux4 ,en travaillant ils ont des livres ouv]ts sur leur table1 ou bi5 des notes trs prcises1 ou encore leur mmoire trs v]bale cons]ve et leur r5d le texte avec le s5s4 ,c'e/ a9si que ,montaigne transcrit presque intgralem5t de nombreux passages de ses auteurs1 du ,plut>que d',amyot surt\t1 qu'il traduit fidlem5t des morceaux de son *] ,sneca1 qu'il cite des v]s de ses potes4 ,son orig9alit e/ alors dans l'*o que ces p5ses veill5t en lui1 dans la mditation qu'il y accro*e4 ,ceux-l n\s aid5t s+ulirem5t dc\vrir leurs dettes4 ,mais il en e/ d'autres1 et ,bacon e/ de ce nombre1 qui se pntr5t d'une p5se trangre la digr5t1 la trans=m5t2 lorsqu'ils l'exprim5t elle e/ dev5ue leur1 elle ne porte plus la signature de l'inv5teur4 ,quelquefois1 elle a f\rni un simple *anon dans un long raisonnem5t1 un argum5t dans une dmon/ration2 quelquefois elle s'e/ enri*ie d'ap]u et de dveloppem5ts inatt5dus4 ,p\r ces d]ni]s surt\t1 la re*]*e d'influ5ce e/ inf9im5t dlicate4 ,bi5 plus1 mme lorsqu'il veut cit]1 ,bacon e/ trs inexact et dfigure ses s\rces4 ,la nglig5ce1 n\s dit ,reynolds#d1 e/ c]ta9em5t un des traits c>actri/iques des ,essais de ,bacon4 ,travaills et polics comme ils le sont p> endroits1 aspirant vivre autant que les livres1 ils n'en f\rmill5t pas mo9s d'erreurs et de citations fausses4 ,avec t\t son dsir de df5dre ,bacon1 ,sp$d+ ne peut qu'excus] ses dfauts1 il lui e/ impossible de les mconnatre4 ,aussi1 p\r donn] une base solide nos hypo?ses1 n\s e/-il p>ticulirem5t ncessaire de re*]*] s'il exi/e quelques preuves inconte/ables de relations entre ,montaigne et ,bacon4 ,dans leur dsir de faire l>ge l'influ5ce de ,montaigne1 les comm5tateurs ont suppos qu'il avait connu p]sonnellem5t ,bacon4 ,la r5contre aurait eu lieu en ,france1 dans l't de #aegg4 ,miss ,grace ,norton#e1 auteur de cette hypo?se1 a relev dans l',hi/oire de la vie et de la mort#f1 un passage o ,bacon dcl>e avoir r5contr ,poiti]s un ,franais qui dev9t clbre p> la suite1 et dans lequel elle croit reconnatre ,montaigne4 ,la *ose e/ possible1 mais ri5 de plus4 ,aucun des faits allgus p> ,miss ,norton n'emporte la conviction4 ,ce juv5is +5uosissimus s$ paululum loquax1 avec lequel ,bacon eut des relations familires1 qui 9 mores s5um inveh]e solitus e/1 atque dic]e3 si d>etur conspici animos s5um1 quemadmodum c]nuntur corpora1 non m9ores app>ituras 9 iisdem de=mitates3 qu9 etiam +5io suo indulg5s1 cont5debat vitia animorum 9 s5ibus vitiis corporum esse quodam modo cons5ti5tia et p>allela4 ,pro ariditate cutis1 sub/ituebat impud5tiam2 pro duritie visc]um1 immis]icordiam2 pro lippitud9e oculorum1 oculum malum et invidiam2 pro imm]sione oculorum et curvatione corporis v]sus t]ram1 a!ismum neque enim coelum1 inquit1 respiciunt1 ut prius2 pro tremore membrorum1 vacillationem decretorum1 et fluxam incon/antiam2 pro inflexione digitorum1 tanquam ad preh5sionem1 rapacitatem et av>itiam2 pro labasc5tia g5uum timiditatem2 pro rugis1 calliditatem et obliquitatem3 et alia qu non occurunt4 ,il e/ vrai que ,montaigne a t dur p\r la vieillesse3 miss ,norton n'a pas eu de mal le montr]4 ,mais bon nombre de ses contempora9s ont pu p5s] comme lui sur ce sujet4 ,anto9e de ,guev>a en p>le avec aussi peu de mnagem5t dans ses ,eptres dores1 et l'on sait de quelle faveur j\issai5t alors les ,eptres dores de ,guev>a4 ,une ide aussi gnrale n'app>ti5t p]sonne4 ,ce qu'il et fallu p\r n\s conva9cre1 'et t de tr\v] dans les ,essais de ,montaigne quelques-unes de ces +nieuses comp>aisons qui avai5t frapp ,bacon dans la conv]sation de son int]locuteur4 ,or1 miss ,norton n'en signale po9t1 et il e/ impossible d'en relev] aucune4 ,n\s ne p\vons pas n\s fi] une conjecture plus sduisante que solide4 ,si ,francis ,bacon n'a pas r5contr ,montaigne1 t\t le mo9s il e/ bi5 probable qu'il a ent5du p>l] de lui p> quelqu'un qui lui t\*ait de prs4 ,c'e/ p> l'int]mdiaire d',antony ,bacon1 le frre de ,francis1 qu'on devait *]*] un li5 entre les deux criva9s4 ,antony a pass en ,france non quelques mois1 mais une gr&e p>tie de sa vie1 plus de d\ze annes4 ,il a voyag dans div]ses prov9ces1 s'occupant p>t\t de n\] des relations avec les prote/ants4 ,arriv ,bordeaux la f9 de #aehc1 il y re/a qu9ze mois4 ,il y rev9t en #aeij p\r y demeur] de n\veau4 ,il tait bi5 probable priori que durant ces sj\rs1 surt\t dans le premi] qui se place au temps de la mairie de ,montaigne1 ,antony ,bacon avait d r5contr] l'auteur des ,essais1 qui comptait des prote/ants dans sa famille4 ,le dictionnaire britannique de biographie nationale#g l'affirmait sans en donn] de preuve4 ,une lettre de ,pi]re de ,bra*#h1 retr\ve dans la volum9euse correspondance du diplomate anglais1 n\s en f\rnit une inconte/able2 elle tmoigne non seulem5t qu'il tait li avec des amis intimes de ,montaigne1 mais qu'il entret5ait un comm]ce pi/olaire avec ,montaigne lui-mme4 ,la d]nire lettre que reut ,montaigne lui v5ait d',antony ,bacon et la mort ne lui p]mit pas d'y rpondre4 ,le diplomate tait r5tr en ,anglet]re depuis quelques mois 7fvri] #aeib74 ,il e/ vraisemblable qu'il y apporta les ,essais et qu'il les fit lire son frre1 s'il n'avait dj pris so9 de les lui envoy]4 ,on peut encore suppos] sans invraisemblance que ,pi]re de ,bra*1 qui prp>a avec ,mlle de ,g\rnay l'dition po/hume p>ue en #aeie1 la premire complte1 t9t lui faire p>v5ir les p5ses encore 9dites de leur ami commun4 ,en t\t cas1 trois faits tabliss5t que ,francis ,bacon a connu et pratiqu les ,essais3 il a fait un emprunt direct ,montaigne2 il a fait une allusion sa p]sonne en le nommant2 il a cit un passage extrait de son livre dont il a indiqu lui-mme la s\rce4 ,ce qu'il emprunte1 c'e/ le titre de son premi] ouvrage1 les ,essais4 ,n\s v]rons t\t l'heure qu'il n'y a pas de conte/ation sur ce po9t4 ,en #afbc1 lorsqu'il traduit en lat9 et remanie sa premire p>tie du ,de augm5tis1 il y insre cette phrase que les confessions de ,montaigne lui inspir5t3 ,ceux qui ont naturellem5t le dfaut d'tre trop la *ose1 trop occups de l'affaire qu'ils ont actuellem5t dans les ma9s1 et qui ne p5s5t pas mme t\t ce qui survi5t 7ce qui1 de l'aveu de ,montaigne1 tait son dfaut71 ces g5s-l peuv5t tre de bons m9i/res1 de bons adm9i/rateurs de ,rpublique1 mais s'il s'agit d'all] leur propre =tune1 ils ne f]ont que boit]#i4 ,enf91 dans l'dition des ,essais1 qui p>ut en #afbe1 t\t la f9 de sa vie1 ,bacon cite textuellem5t une explication psy*ologique de ,montaigne#aj4 ,je ne connais aucun autre passage emprunt textuellem5t p> ,bacon ,montaigne4 ,plusieurs citations d'auteurs lat9s se retr\v5t *ez l'un et *ez l'autre4 ,il e/ prsum] que ,bacon n'e/ pas t\j\rs remont la s\rce antique1 et qu'il a pris quelques textes *ez ,montaigne4 ,je n'ai pu m'en assur] p\r aucun4 ,p\r cela1 il et fallu tr\v] un texte qui1 id5tique *ez ,montaigne et *ez ,bacon1 prs5tt une leon diffr5te de celles que f\rniss5t les ditions de l'poque4 ,alors seulem5t n\s aurions su avec c]titude que ,montaigne e/ la s\rce4 ,etant donn qu'il habille p>fois sa mode ses citations1 on p\vait espr] que p>eille enqute ab\tirait4 ,mais je n'ai ri5 r5contr qui p]mt une affirmation4 ,comme tmoignages objectifs1 inconte/ables1 n\s sommes donc rduits aux trois que j'ai indiqus4 ,de ce nombre1 n\s ne p\vons videmm5t pas conclure que ,montaigne ait t l'un des auteurs prfrs de ,bacon1 c> d'autres noms sont cits beauc\p plus s\v5t que le si52 il ne faudrait p\rtant pas en conclure non plus que son influ5ce e/ ngligeable1 c> l'influ5ce d'un criva9 ne se mesure pas au nombre de fois que son nom se retr\ve m5tionn p> ses successeurs4 ,des motifs v>is peuv5t appel] ces m5tions4 ,si ,bacon nomme si frquemm5t beauc\p d'auteurs anci5s1 t\t p>ticulirem5t ,tacite et ,cs>1 ce n'e/ pas seulem5t p>ce qu'il e/ leur disciple f]v5t et que sa culture classique e/ de premi] ordre1 c'e/ encore p> coquett]ie d'homme de lettres4 ,la mode y tait3 c'e/ elle aussi qui le p\sse orn] son disc\rs de citations de potes lat9s1 comme elle avait conduit ,montaigne multipli] ses allgations1 bi5 qu'il en condamnt l'abus4 ,p>mi les mod]nes1 ,gilb]t et ,ma*iavel sont nomms *acun plus de v+t fois4 ,ma*iavel a t le matre de ,bacon en politique4 ,bi5 qu'il le critique s\v5t1 il a beauc\p admir sa m?ode et son oeuvre1 et il semble que ,gilb]t ait j\1 lui aussi1 un rle important dans la =mation de ses ides4 ,d'autres criva9s ont eu une influ5ce mo9dre sans d\te1 mais bi5 probable1 comme ,baldass>e ,ca/iglione1 ,guazzo1 qui ne sont pas mme nomms p> lui4 ,gui*>d9 semble avoir eu une "p1 lui aussi1 dans l'laboration de ses ides politiques2 or1 je ne tr\ve le nom de ,gui*>d9 qu'une seule fois4 ,ma*iavel en politique1 et ,gilb]t en physique1 tai5t des novateurs audacieux qui ont frapp l'imag9ation de leurs contempora9s p> l'orig9alit de leurs ?ories2 la plup>t de leurs ides1 troitem5t lies l'ensemble de leurs conceptions1 y re/5t en quelque sorte atta*es1 voqu5t le s\v5ir du sy/me et cons]v5t p\r a9si dire la m>que de leur orig9e4 ,montaigne n'a pas de sy/me3 on lui en prt]a un plus t>d1 mais il n'en a pas4 ,sans ordre1 il mdite sur les que/ions que son esprit se pose et jette des vues en t\s s5s2 et ces que/ions encore sont les plus c\rantes1 celles que t\t esprit rfl*i a mdites1 soit en morale soit en logique4 ,on voit plus clair et plus lo9 en le quittant1 lorsqu'on revi5t aux que/ions qu'il a traites1 on y apporte un esprit n\veau1 mais on ne sait plus qui a trans=m le po9t de vue1 on ne sait mme plus que quelqu'un l'a trans=m4 ,ses ides1 trs dta*es les unes des autres1 plus s5ses que neuves1 s'assimil5t aism5t et p]d5t leur tiquette de prov5ance4 ,c'e/ peut-tre une premire raison qui r5d croyable que1 t\t en tant beauc\p mo9s s\v5t nomm que ,ma*iavel1 ,montaigne a pu avoir une influ5ce comp>able la si5ne4 ,il y en a une autre3 c'e/ que1 prcism5t p>ce qu'elles sont mo9s sy/matiques et mo9s inatt5dues1 les ides de ,montaigne appell5t mo9s une contradiction =melle que celles de ,ma*iavel et de ,gilb]t4 ,malgr les app>5ces1 le scepticisme de ,montaigne n'e/ que sur =t peu de po9ts en opposition avec les gigantesques esprances que ,bacon fonde sur la raison1 et n\s aurons lieu de voir que ,bacon accepte presque en enti] la critique de ,montaigne4 ,or1 la rfutation appelle volonti]s le nom de l'auteur rfut1 et c'e/ p>fois p\r les rfut] que ,bacon cite ,ma*iavel et surt\t ,gilb]t4 ,sans en tir] des conclusions de fantaisie1 ou p\r le mo9s prmatures1 ret5ons de ces trois tmoignages ce qu'ils peuv5t inconte/ablem5t n\s appr5dre4 ,ils n\s apport5t la preuve vid5te que ,bacon a lu les ,essais de ,montaigne4 ,p> leurs dates ils n\s enseign5t mme que les ,essais n'ont pas t p\r lui un de ces livres de passage qu'on lit une fois1 au temps de leur publication ou bi5 au mom5t o ils v\s tomb5t s\s la ma91 et auxquels on ne revi5t plus3 l'un d'eux e/ du db de sa c>rire1 les deux autres sont de la f91 probablem5t sp>s l'un de l'autre p> plusieurs annes4 ,notons encore que ,bacon appelle simplem5t notre auteur de son nom lat9is ,montaneus sans y adjo9dre aucun comm5taire1 ce qui p>ait signifi] qu'il lui tait famili]4 ,enf91 la m5tion du ,de augm5tis montre qu'il s'intressait sa p]sonne et son c>actre4 ,voil t\t ce que n\s savons d'inconte/able4 ,n\s y p\vons aj\t] t\tefois 7et c'e/ l une considration de gr& poids71 qu'on lisait beauc\p ,montaigne aut\r de ,bacon1 qu'on faisait gr& cas de ses ,essais1 que l'op9ion publique appelait imprieusem5t sur eux l'att5tion4 ,qu& ,florio eut publi sa traduction en #afjc1 trs vite ,montaigne semble avoir t en ,anglet]re un criva9 d'une gr&e notorit1 d'une notorit comp>able celle des ,boccace et des ,ma*iavel4 ,de nombreux tmoignages#aa1 sur lesquels j'aurai occasion de rev5ir dans un autre ouvrage1 en f\rniss5t la preuve inconte/able4 ,montaigne e/ avant t\t un morali/e3 l'objet de son tude1 il l'a rpt1 c'e/ l'homme dans sa div]sit ondoyante et multiple2 et dans la pe9ture si atta*ante de son moi1 d'une faon gnrale1 n\s p\vons dire que c'e/ l'homme qu'il a t\j\rs *]*4 ,mais1 p\r connatre l'homme1 ,montaigne devait ncessairem5t s'ef=c] de connatre l'orig9e et le fondem5t des ides de l'homme2 il devait encore prcis] la m?ode de son tude4 ,et a9si1 p> une d\ble voie1 il s'e/ tr\v am5 exam9] le problme de la connaissance4 ,comme ,montaigne1 ,bacon1 avant t\t peut-tre1 s'e/ atta* tudi] le problme de la connaissance1 et faire oeuvre de morali/e4 ,il e/ hi/ori5 dans son rcit du rgne de ,h5ri ,,vii1 il e/ mdec9 dans son ,hi/oire de la vie et de la mort1 naturali/e dans sa ,silva silv>um1 romanci] dans sa ,n\velle ,atlantide1 physici5 dans son ,hi/oire des v5ts2 la ?ologie excepte1 il n'e/ pas de sci5ce cultive de son temps dont il ne se soit srieusem5t occup1 mais la gr&e affaire de sa vie 'a t de df9ir l'objet et la m?ode de la connaissance4 ,avec cette t*e1 peut-tre aucune ne lui a p>u atta*ante comme la composition de ses essais de morale4 ,c'e/ sa di/raction favorite1 comme il l'crit lui-mme quelque "p1 il y revi5t avec une notable prdilection2 il enri*it et il gonfle son volume d'dition en dition1 la manire mme de ,montaigne4 ,nos deux philosophes se sont donc proccups des mmes que/ions4 ,on p\rrait signal] un rapport troit entre l'ide que ,montaigne se fait de l'hi/oire et la manire dont ,bacon la traite1 mais il s]ait *imrique de *]*] l une influ5ce2 en matire de sci5ces non plus1 ,montaigne1 qui n'e/ ri5 mo9s qu'un savant1 n'avait ri5 enseign] ,bacon4 ,n\s devons n\s en t5ir aux deux doma9es que je vi5s d'indiqu]4 ,n\s *]*]ons d'abord l'influ5ce de ,montaigne sur l'oeuvre de ,bacon morali/e1 ensuite son influ5ce sur l'oeuvre de ,bacon inv5teur de la m?ode sci5tifique4 #a ,john ,florio's englis*e ,ueb]setzung d] ,essais ,montaigne's und "l ,bacon's ,b5 ,jonson's und ,rob]t ,burton's ,v]hltnis zu ,montaigne--,/rasb\rg1 #aijc4 #b ,voir p> exemple ,ueb]weg-,he9ze3 ,grundniss d] ,ges*i*te d] ,philosophie d] ,neuzeit1 volume ,i1 #h;e d4 ,b]l9 #ahif1 ,s4 #fh2 et aussi ,kuno ,fis*]3 ,francis ,bacon und se9e ,na*tfolg]2 #b;e d4 ,leipzig #ahge2 ,s4 #ah4--,les jugem5ts de ces deux critiques sont reproduits dans la bro*ure de ,dieck[1 p4 #ef4 #c ,il ne s]a peut-tre pas inutile de faire rem>qu] que1 lorsqu'elle a entrepris ses re*]*es1 ,miss ,norton1 ignorait celles de ,m4 ,dieck[1 et que j'ai moi-mme entrepris les mi5nes antrieurem5t la publication de ,miss ,norton et sans connatre celle de ,m4 ,dieck[4 ,nos trois enqutes ont t conduites indp5damm5t les unes des autres4 ,il y a donc quelque *ances p\r que peu de rappro*em5ts ess5tiels n\s ai5t *app4 #d ,voir son dition des ,essais de ,bacon1 #ahij1 introduction4 #e ,miss ,norton3 ,e>ly ,writ+s ( ,montaigne3 ,new-,york1 #aijd1 page #bje4 #f ,ed4 ,sp$d+1 t4 ,,ii1 page #baa4 #g ,article ,antony ,bacon4 #h ,au mom5t o j'ai crit cette tude1 en #aijg1 je devais la connaissance de cette lettre ,m4 ,augu/e ,salles qui me l'avait trs aimablem5t communique et auquel j'exprime ici ma s9cre gratitude4 ,elle a depuis t publie p> ,m4 ,sidney ,lee4 ,en voici le texte tel que le donne ,m4 ,sidney ,lee3 ,monsr42 ,il me s\v5oit tant de l'e/at ou v\s e/iez qu& vo/re desp>t v\s desroba de n\s1 qu'aussito/ que je vy le sieur1 qui me r5di/ la vo/re lettre je luy dem&ay comm5t il v\s alloit1 sans que je pr9s le loisir de l'appr5dre p> v\s-mme4 ,a9si s'enqui]t-on1 s\v5t de savoir et de voir1 ce que le plus s\v5t n\s tr\v]ons contre no/re desirs comme contre mon desir et avec gr&e desplaisir je seus la cont9uation de vo/re mauvais portem5t4 ,il me s\vi5t bi51 que je me deffiois qu'en une saison si fa*euse1 v\s peussiez support] le travail de la m] qui v\s devoit port]4 ,mais v\s e/iez si affam de vo/re air natural1 que ce des9 v\s faisoit mespris] t\t dang]4 ,v\s aviez raison de v\loir s'loign] le no/re p\r la mauvaise qualit1 qu'il a pr9s p> les evaporations de nos tr\bles1 qui l'ont tellem5t infect1 qu'il n'a n\s laiss ri5 de sa91 et n\s enmalad autant de l'esprit que du corps4 ,quant moy1 monsieur1 je me suis retir en ce lieu1 ayant t\t faict quitt ,b\rdeaux1 p\r ce que ,b\rdeaux ne me p\voit r5dre ce que j'y ay p]du1 et je cont9ue en ma solitude de r5dre ce que je dois la mmoire de ma p]te4 ,j'ay icy dress un e/ude aussi plaisant mon desplaisir que n\veau en ses pe9tures et devises1 qui ne sort5t po9t de mon subject4 ,je les v\s descriray1 si j'avois autant de lib]t d'esprit que de volont4 ,mais je suis t\* si au vif d'un n\vel ennuy p> la n\velle de la mort de ,monsr4 de ,montaigne1 que je ne suis po9t moy4 ,j'y ay p]du le meilleur de mes amis2 la ,france le plus enti] et le plus vif esprit qu'elle eut oncques1 t\t le monde le patron et mirroir de la pure philosophie1 qu'il a tesmoigne aux c\ps de sa mort comme aux escrits de sa vie1 et ce que j'ay ent5du ce gr& effect d]ni] n'a peu en luy faire dem5tir ces hautes p>olles4 ,la d]nire lettre missive1 qu'il receut1 fut la vo/re1 que je luy envoiay1 laquelle il n'a respondu1 p\rce-qu'il avoit respondre la ,mort1 qui a emport sur luy ce qui seulem5t e/oit de son gibi]3 mais le re/e et la meilleure "p1 qui e/ son nom et sa mmoire1 ne m\rra qu'avec la mort de ce t\t1 et demeur]a f]me comme s]a en moy la volont de demeur] t\sj\rs1 ,monsr41 ,vo/re trs humble et affectionn s]viteur4 ,de ,bra*4 #i ,bacon ,de augm5tis1 livre ,,viii1 *4 #b4 #aj ,bacon1 ,essays1 dition ,sp$d+4 t4 ,,vi1 page #cgi4 #aa ,on en tr\v]a dans l'ouvrage de ,miss ,grace ,norton1 ! ,_s ( ,montaigne4 ,,*apitre ,,ii ,,influ5ce ,,de ,,montaigne ,,sur ,,les ,essais ,,de ,,bacon#ab ,dans presque t\s les ouvrages de ,bacon1 des degrs diffr5ts et s\s des =mes div]ses1 on retr\ve des s\cis de morali/e3 il e/ bi5 p> l et de son pays et de son temps4 ,mais l'ouvrage o se montre le mieux en lui le morali/e1 c'e/ assurm5t son recueil d',essais4 ,aussi e/-ce dans ce recueil que1 comme il tait naturel1 les comm5tateurs ont re*]* surt\t l'influ5ce de ,montaigne4 ,je crois qu'ils ont eu le tort de ne pas s'occup] assez des dates et que leurs conclusions en ont t fausses4 ,la premire dition des ,essais de ,bacon a t publie en #aeig4 ,mais dans deux des ditions po/rieures1 donnes en #afab et en #afbe1 ,bacon les a considrablem5t modifis et augm5ts4 ,en volume1 les premi]s ,essais reprs5t5t pe9e la d\zime p>tie des d]ni]s4 ,v+t-huit annes sp>5t la premire oeuvre des d]nires additions1 et ce sont v+t-huit annes d'une extraord9aire activit tant dans la vie politique que dans la contemplation sci5tifique4 ,il e/ trop clair qu'il s]ait artificiel de considr] d'ensemble1 comme si elles =mai5t un bloc1 a9si qu'on l'a fait jusqu' prs5t1 des ides qui ont jailli des poques si diffr5tes1 et qui ont t inspires p> des circon/ances si v>ies4 ,n\s n\s priv]ions a9si du moy5 d'tude le plus prcieux1 celui qui peut n\s donn] les rsultats les plus exacts4 ,il n\s faut donc *]*]1 dans *acune des trois ditions successivem5t1 si l'influ5ce de ,montaigne y e/ s5sible4 ,i4--,pr5ons d'abord la premire dition1 celle de #aeig3 avant de l'ouvrir1 n\s sommes frapps p> le titre ,les ,essais de ,francis ,bacon4 ,voil qui n\s enseigne que c]ta9em5t il avait dj lu les ,essais de ,mi*el de ,montaigne2 cette lecture mme l'a probablem5t frapp puisqu'il en accepte a9si le patronage1 et1 priori1 n\s sommes disposs p5s] qu'il a beauc\p pris l'ouvrage franais4 ,l'hypo?se d'une r5contre =tuite entre ,bacon et ,montaigne1 *acun d'eux ayant indp5damm5t imag9 ce mme titre p\r des ouvrages de mme g5re1 e/ si invraisemblable qu'elle e/ nglig]4 ,celle d'un modle commun1 un modle itali5 p> exemple1 qui aurait suggr t\s les deux cette mme appellation1 s]ait assez probable premire vue tant donne l'abondance des emprunts que1 cette poque1 et la ,france et l',anglet]re font l',italie2 mais malgr de longues re*]*es1 je n'ai ri5 tr\v dans la littrature itali5ne du seizime sicle qui porte le nom de ,saggi ou qui puisse le suggr]4 ,re/e l'hypo?se d'un emprunt ,montaigne1 seule admissible4 ,sans d\te aucune traduction anglaise des ,essais n'exi/ait encore3 la premire1 celle dont se s]vira ,%akespe>e1 e/ celle de ,florio1 qui date de #afjc2 mais ,bacon1 qui tait v5u en ,france1 savait le franais4 ,il nomme dans ses ouvrages ,du ,b>tas#ac1 ,commynes#ad plusieurs reprises1 d'autres encore4 ,plusieurs fois aussi il cite des prov]bes franais1 aussi bi5 dans son ,in/auratio ,magna#ae que dans ses ,essais#af4 ,il crivait mme le franais1 et la littrature franaise tait sa disposition1 non mo9s que l'itali5ne et l'espagnole4 ,or1 s'il n'exi/e pas encore de ,montaigne anglais1 en revan*e1 en #aeif1 le ,montaigne franais e/ dj s+ulirem5t rp&u3 l'dition de #aeie1 la premire complte1 e/ probablem5t la huitime dition publie1 et ds avant cette date l'influ5ce de ,montaigne e/ dj s5sible *ez plusieurs criva9s franais1 tels que ,guillaume ,b\*et1 sa9t ,franois de ,salles1 du ,vair1 ,florimond de ,raimond4 ,on la s5t mme au-del des frontires *ez ,ju/e ,lipse4 ,ri5 de surpr5ant donc ce que les ,essais ai5t dj pntr en ,anglet]re4 ,n\s avons vu qu',antony ,bacon les avait peut-tre rapports de ,bordeaux ou reu de ses amis bordelais#ag1 et qu'il put les faire lire son frre ,francis1 si celui-ci ne les connaissait pas dj4 ,faudrait-il voir un acte de reconnaissance dans ce fait que ,francis lui ddia la premire dition de ses propres ,essais en #aeig8 ,j'insi/e sur ces faits p>ce que1 le livre ouv]t1 une surprise n\s att5d3 n\s n'y tr\vons presque ri5 qui rappelle ,montaigne4 ,trois ou quatre des dix titres de *apitres font p5s]1 il e/ vrai1 quelques-uns des ,essais franais qui sont p>mi les plus connus3 le second1 ,( disc\rse1 qui dans la langue du temps signifie conv]sation2 le septime1 ,( heal?1 qui fait song] aux ironies de ,montaigne contre les mdec9s1 le huitime ,( hon\r & reputation#ah4 ,mais il n'y a gure que les titres qui se ressembl5t4 ,voyez le d]ni] de ces *apitres1 p> exemple1 ,( ,hon\r & ,reputation#ai1 et rappro*ez-le du seizime essai du second livre de ,montaigne1 ,de la gloire3 ,montaigne a p\r f9 de n\s faire s5tir t\te la vanit de la gloire et aj\te que si1 nanmo9s1 on peut tir] quelque pr(it de cette dup]ie p\r cont5ir les mauvais pr9ces1 il le faut faire sans hsit]2 ,bacon se place un t\t autre po9t de vue3 sans exam9] si l'am\r des hommes p\r la gloire e/ raisonnable ou non1 il *]*e et numre les moy5s les plus srs que n\s ayons de l'acqurir1 p>ce qu'il sait que p\r faire son *em9 p>mi les hommes1 elle e/ d'une s+ulire utilit4 ,e/-ce une rplique au *apitre de ,montaigne1 la rplique d'un homme d'action trs ambitieux au philosophe qui plu*e des ides dans la solitude de sa librairie8 ,il e/ possible1 mais ri5 n'invite srieusem5t le croire4 ,en t\s cas1 ici1 ce s]ait uniquem5t p> contra/e et p> opposition d'ides que ,montaigne aurait influ sur ,bacon4 ,p\r ce qui e/ de la sant ,regim5t ( heal?#bj1 ,bacon1 en homme de sci5ce qu'il e/1 croit aux mdec9s et la mdec9e2 il donne des indications p\r bi5 *oisir l'homme qui l'on veut confi] le so9 de son corps1 t&is que ,montaigne prt5d n'en c\t] aucun4 ,montaigne raille les mdicam5ts1 ,bacon croit tellem5t leur efficacit qu'il en pr5d non seulem5t lorsqu'il e/ malade1 mais mme en sant1 af9 qu'en temps de maladie son corps soit dispos les recevoir4 ,sans d\te sur un po9t capital il y a accord entre eux3 c'e/ qu'avant t\t il faut s'obs]v]1 connatre son propre tempram5t1 pr(it] de ses expri5ces individuelles3 peut-tre la lecture de ,montaigne a-t-elle aid ,bacon dgag] cette ide-l1 mais cela non plus1 ri5 n'invite le croire1 et en t\s cas l se limit]ait l'influ5ce sur cette "q qui tait capitale p\r ces deux malades4 ,les autres traces d'influ5ce que je relve sont aussi gnrales1 mo9s prcises encore4 ,faut-il ent5dre un *o de ,montaigne dans des s5t5ces comme celles-ci3 ,on r5contre assez d'hommes qui dans la conv]sation1 sont plus jal\x de faire p>ade de la fcondit de leur esprit et de montr] qu'ils sont en tat de df5dre t\te espce d'op9ion et de p>l] p]t9emm5t sur t\te sorte de sujets1 que de faire preuve d'un jugem5t assez sa9 p\r dml] promptem5t le vrai d'avec le faux3 comme si le vrai tal5t en ce g5re consi/ait plutt savoir t\t ce que l'on peut dire que ce qu'on doit p5s]4 ,il en e/ d'autres qui ont un c]ta9 nombre de lieux communs et de textes famili]s sur lesquels ils ne t>iss5t po9t1 mais qui hors de l sont rduits au sil5ce1 g5re de /rilit qui les fait p>atre monotones et qui les r5d d'abord ennuyeux puis =t ridicules ds qu'on dc\vre en eux ce dfaut4 ,montaigne a fait s\v5t de *>mants portraits de ces pdants qui ne cit5t qu',ari/ote dans la conv]sation1 dont la robe et le lat9 font t\te l'autorit4 ,je ne cite pas1 p>ce qu'il faudrait trop cit]1 et aussi p>ce que je s5s que la s5t5ce de ,bacon se rfre plus au t\r intellectuel de ,montaigne qu' telle phrase p>ticulire#ba4 ,deux ou trois rappro*em5ts de ce g5re au plus1 aussi imprcis que celui-l1 s]ai5t encore possibles1 et voil t\t4 ,p\r le fond notre rcolte e/ donc trs maigre3 visiblem5t trs peu des ides morales exprimes p> ,bacon vi5n5t de ,montaigne4 ,si n\s reg>dons ma9t5ant la =me1 c'e/ une opposition radicale que n\s con/atons4 ,il n'y a ri5 de vivant1 d'anim1 de p]sonnel comme un essai de ,montaigne1 au mo9s dans les deux d]nires =mes1 celles des ditions de #aehh et #aeie4 ,sans cesse un exemple1 une anecdote vi5n5t anim] la diss]tation morale et atta*5t des images concrtes l'att5tion du lecteur4 ,c'e/ t\j\rs sur des faits psy*ologiques soigneusem5t raconts dans le dtail1 tantt pris aux hi/oires1 tantt puiss dans l'obs]vation p]sonnelle que ,montaigne diss]te4 ,les caprices de la composition *ez lui ont t\te la s\plesse et t\te la vie de la conv]sation4 ,les dix essais de ,bacon1 au contraire1 app>aiss5t comme dix collections de petites recettes s*es1 jetes presque ple-mle les unes sur les autres1 sans un fait qui les claire1 sans une anecdote qui repose4 ,il faut en donn] un exemple af9 qu'en s5te le contra/e complet entre les deux manires4 ,qu'on veuille bi5 song]1 en lisant ce db du *apitre ,sur les dp5ses1 ce que ,montaigne a dit du mme sujet dans l'essai ,de la vanit et surt\t au ton sur lequel il en p>le3 il n'e/ beso9 d'aucun comm5taire4 ,des dp5ses#bb4 ,les ri*esses ne sont de vrais bi5s qu'autant qu'on les dp5se1 et que cette dp5se a p\r b l'honneur ou de bonnes actions2 mais les dp5ses extraord9aires doiv5t tre proportionnes l'importance des occasions mmes qui les ncessit5t1 c> il e/ tel cas o il faut savoir se dp\ill] de ses bi5s1 non seulem5t p\r mrit] le ciel1 mais aussi p\r le s]vice et l'utilit de sa patrie4 ,quant la dp5se j\rnalire1 *acun doit la proportionn] ses propres bi5s1 et la rgl] uniquem5t sur ses rev5us en les adm9i/rant de manire qu'ils ne soi5t pas gaspills p> la nglig5ce ou la friponn]ie des dome/iques4 ,il e/ bon aussi de la rgl] dans son imag9ation sur un pi$ beauc\p plus haut que celui o l'on veut la mettre rellem5t1 af9 que le total p>aisse t\j\rs au-dess\s de ce qu'on avait imag94 ,ce n'e/ ri5 mo9s qu'une bassesse de gr&s seigneurs d'entr] dans le dtail de leurs affaires2 et si la plup>t d'entre eux ont tant de rpugnance p\r les so9s de cette espce1 c'e/ beauc\p mo9s p> nglig5ce que p\r ne pas s'expos] au *agr9 qu'ils ress5tirai5t s'ils les tr\vai5t =t dranges4 ,ceux qui ne veul5t pas gr] eux-mmes leurs affaires et veul5t s'p>gn] cet emb>ras1 n'ont d'autres ress\rce que celle de bi5 *oisir les p]sonnes qu'ils *>g5t de leurs intrts1 avec la prcaution de les *ang] de temps en temps1 les n\veaux v5us tant plus timides et mo9s russ4 ,lorsqu'on a desse9 de liquid] son bi51 on peut nuire sa =tune en le faisant trop vite comme en le faisant trop l5tem5t ou trop t>d1 c> on ne p]d pas mo9s en se htant trop de v5dre qu'en empruntant de l'arg5t gros intrts4 ,celui qui a un vrai dsir de rtablir ses affaires ne doit pas nglig] les plus petits objets1 il e/ mo9s honteux de retran*] les petites dp5ses que de s'abaiss] de petits ga9s4 ,a l'g>d de la dp5se j\rnalire1 il faut la rgl] de faon qu'on puisse t\j\rs la s\t5ir sur le mme pi$ qu'en comm5ant2 cep5dant on peut dans les gr&es occasions1 qui sont assez r>es1 se p]mettre un peu plus de magnific5ce qu' l'ord9aire4 ,la traduction un peu diffuse1 ne n\s laisse ap]cevoir que =t imp>faitem5t l'allure trs ramasse1 presque lapidaire du texte anglais1 dans lequel la plup>t de ces conseils affect5t la =me de c\rtes maximes trs d5ses4 ,ce qu'elle p]met de voir t\t le mo9s c'e/ qu'un essai de ,bacon1 j'ent5ds un essai de la premire dition1 n'e/ qu'une collection de s5t5ces pratiques1 t\tes nues1 d*>nes1 dp\illes de t\tes les circon/ances vivantes qui les ont suggres l'auteur1 sans exemples1 sans explications1 sans ju/ifications2 et l on ap]oit la vellx de class] ces s5t5ces s\s div]s *efs1 de rappro*] l'une de l'autre celles qui p> la similitude de leur objet sembl5t s'appel]1 mais elle se dm5t vite3 ce qui frappe dans l'ensemble1 c'e/ l'abs5ce totale d'ordre4 ,*ez ,montaigne il n'y a qu'une composition fragm5taire1 mais les diffr5tes pices s'agrg5t les unes aux autres p> des associations aises1 qui suiv5t le m\vem5t naturel de la p5se2 *ez ,bacon il y a simple juxtaposition de p5ses vraim5t trs peu dp5dantes les unes des autres1 unies seulem5t p> l'ide trs gnrale qu'exprime le titre de l'essai4 ,n\s autres lecteurs du v+time sicle1 pe9e avons-n\s lu deux de ces amas de maximes que la lassitude n\s gagne1 et n\s n\s tonnons qu'on ait dem& une seconde dition d'un p>eil ouvrage4 ,je p>le 7qu'on ne l'oublie pas7 des premi]s essais1 et de ceux-l seulem5t4 ,n\s n'y voyons pas un livre lire mais t\t au plus un recueil de rflexions1 je dirais presque de comprims de raison pratique1 o l'on peut puis] de temps autre un sujet de mditation4 ,si j'avais cit au lieu du *apitre ,des dp5ses1 celui ,des tudes ou celui ,de la conv]sation1 cette impression se dgag]ait plus =tem5t encore4 ,les ides morales ont tant de fois pass et repass dans nos esprits que t\tes s*es elles n'veill5t plus notre curiosit2 elles ne val5t que dans la mesure o l'auteur1 p> des faits1 des dmon/rations1 des explications1 sait les mettre en valeur et comme les ressuscit]4 ,le lecteur collabore t\j\rs avec l'auteur1 mais lui laiss] t\te cette t*e d'illu/ration c'e/ trop lui dem&]3 en somme1 c'e/ dans la mesure o n\s saurons p> notre expri5ce1 p> notre imag9ation1 enri*ir et vivifi] les maximes de ,bacon que *acun de n\s y tr\v]a de l'intrt4 ,sur ce po9t comme sur bi5 d'autres il n\s e/ malais de n\s replac] dans l'tat d'esprit des hommes du seizime sicle4 ,le seizime sicle1 aussi bi5 en ,anglet]re1 o l'on accueille si l>gem5t les littratures itali5ne et franaise1 qu'en ,france et en ,italie1 s'e/ plu mani] les ides morales1 les prs5t] s\s t\tes les =mes4 ,quelques annes aprs ses ,essais1 ,bacon1 imitant en cela les ,itali5s1 crira son ,de ,sapi5tia vet]um1 o il re*]*e avec une +niosit s\v5t plaisante un s5s allgorique dans les my!s antiques2 le plus s\v5t c'e/ un s5s moral qu'il dc\vrira s\s leurs voiles4 ,le mme gt amne p>t\t un r5\veau de jeunesse p\r les fables d',esope et de ses cont9uateurs4 ,et les s5t5ces t\tes s*es n'ont pas mo9s de succs que les apologues et les my!s moraliss1 tmo9 tant de florilegia d'auteurs anci5s qui s'imprim5t p>t\t1 et des oeuvres orig9ales =t bi5 accueillies telles que1 en ,france1 les ,prov]bes de ,baf#bc et les quatra9s /oci5s de ,m4 de ,pibrac#bd4 ,en ,italie les conseils et avis de ,gui*>d9#be1 de ,lott9i#bf1 de ,sansov9o#bg4 ,ceux-l sont les vritables modles de ,bacon1 ce n'e/ pas ,montaigne4 ,bacon e/ bi5 l en accord avec le gt de son temps4 ,ces faits rappels1 on compr5dra trs aism5t1 je crois1 le succs de ces premi]s ,essais4 ,p> le c>actre trs pratique1 trs positif de ses conseils1 qu'on a c]ta9em5t n dans le *apitre ,des dp5ses1 il a r5\vel p\r ses contempora9s un g5re =t en vogue4 ,les s5t5ces morales s'inspirai5t surt\t de la philosophie anci5ne et des ,pres2 elles avai5t une t5dance m>que pr*] surt\t la v]tu1 p>l] de la d\leur1 de la mort1 de la sci5ce2 ,bacon p>le au public de la manire de g\v]n] sa =tune1 il lui dit comm5t on s'assure la rputation1 comm5t il faut rpondre aux solliciteurs4 ,il s'adresse aux intrts les plus immdiatem5t s5sibles4 ,montaigne avait r5\vel la leon morale du seizime sicle2 ,bacon le fait aussi1 mais sa manire1 et sa manire e/ t\t autre que celle de ,montaigne et1 plus que ,montaigne1 il se cont5te des cadres traditionnels du g5re4 ,en rsum1 une =me t\t autre1 qui semble ignor] l'oeuvre de ,montaigne et se ratta*e un m\vem5t diffr5t2 p\r le fonds1 trois titres sur dix et trois ou quatre p5ses qui rappell5t de trs lo9 ,montaigne1 de si lo9 mme qu'il n'y a aucunem5t lieu d'y voir des rm9isc5ces1 voil t\t ce que n\s tr\vons si n\s comp>ons ces deux ouvrages qui port5t le mme titre4 ,aj\tons que deux c\rts traits complt5t le petit volume de ,bacon1 les ,mditations sacres1 et les ,c\leurs du bi5 et du mal3 or1 ni dans l'inspiration biblique de l'un1 ni dans le s\ci de rhteur qui a fait crire le second1 ni dans les matires cont5ues dans l'un et dans l'autre#bh1 je ne tr\ve l'influ5ce de ,montaigne4 ,en somme1 en #aeig1 ,bacon adopte le titre d',essais1 ce qui semble indiqu] qu'il va s'inspir] de ,montaigne1 et nanmo9s il re/e t\t fait indp5dant de lui4 ,a une poque o l'imitation e/ si c\rante1 et s\v5t si s]vile1 n'y-t-il pas l quelque *ose de trs surpr5ant8 ,la raison de cette con/atation inatt5due p\rrait bi5 tre que son ouvrage tait dj crit lorsque ,bacon a lu ,montaigne4 ,si seulem5t n\s avions pu pr\v] que c'e/ l'dition complte1 celle de #aeie1 qu'il a connue1 p> le rappro*em5t des dates l'hypo?se s]ait r5due assez vraisemblable1 c> la prface de ,bacon e/ du mois de janvi] #aeig4 ,elle re/e possible1 mais indmontrable4 ,en t\t cas ce qui me p>at trs probable1 c'e/ que ,bacon avait sa m?ode arrte avant de connatre celle de son devanci]4 ,n'oublions pas qu'il n'e/ plus un adolesc5t3 il a #cf ans2 s'il n'a ri5 publi il a beauc\p travaill4 ,au sixime livre de son ,de ,augm5tis1 celui o il traite de la rhtorique1 il a insr un recueil de lieux communs sur bon nombre de sujets moraux et politiques qui revi5n5t frquemm5t dans les disc\rs4 ,le b e/ de mettre la disposition de l'orateur sur t\t sujet qui se prs5te un trsor d'argum5ts p\r et contre et1 p\r ce motif1 sur *aque matire il donne une srie d'ides p\r et une srie d'ides contre2 p> exemple1 sur le sujet de la ri*esse1 il indiqu]a trois ou quatre lieux communs p\r la df5dre contre ses contempteurs1 autant p\r attaqu] ceux qui la re*]*5t avec une excessive avidit4 ,ce qu'il m'importe de not] p\r l'in/ant1 c'e/ qu'il dcl>e plusieurs reprises et avec insi/ance que c'e/ au temps de sa jeunesse qu'il a runi ces collections2 c'e/ qu'en second lieu *acun de ces lieux communs e/ prs5t s\s =me de s5t5ce1 exactem5t comme sont les conseils de ses ,essais4 ,il en explique lui-mme la raison3 il faut que ces ides soi5t faciles ret5ir et faciles mani]1 et p\r cela qu'elles se prs5t5t comme de petites pelotes de p5ses que1 le cas *ant1 on n'aura plus qu' dvid] avec loqu5ce4 ,voil p\r la =me l'orig9e des ,essais de ,bacon3 il faut que ces conseils1 p\r tre fructueux1 se reti5n5t aism5t eux aussi4 ,on les mettra donc en maximes4 ,et quant au procd de composition1 il s]a le mme3 mesure que1 soit une expri5ce1 soit une lecture lui suggr]a quelque rflexion1 il la plac]a dans sa classe1 avec les autres de mme g5re4 ,voici une s5t5ce qui visiblem5t e/ inspire p> ,snque1 cette autre 7et il en e/ beauc\p de cette sorte dans l'essai ,des dp5ses7 a t suggre p> un accid5t de la vie quotidi5ne4 ,la seule diffr5ce e/ qu'il n'e/ plus "q ici d't(f] des disc\rs d'app>at mais de dirig] la vie4 ,il y faut des p5ses plus solides1 et qui provi5n5t plus de l'expri5ce1 mo9s des livres4 ,je p5se donc que l'ouvrage de ,bacon tait dj dt]m9 dans sa p5se1 peut-tre mme crit1 lorsqu'il a connu celui de ,montaigne4 ,c'e/ s\s d'autres influ5ces qu'il l'a conu4 ,la lecture de ,montaigne ne l'en a pas mo9s frapp2 peut-tre lui a-t-elle suggr quelques maximes comme d'autres lectures l'avai5t fait2 elle a pu mme incl9] ses proccupations v]s c]ta9s sujets1 bi5 que cela soit =t inc]ta92 les morali/es1 quelque illimit que soit leur doma9e1 abord]ont t\j\rs les mmes que/ions1 et il n'y a ri5 conclure de ce que deux d'entre eux ont trait les mmes problmes4 ,c]ta9em5t il a apprci hautem5t l'enqute morale de ,montaigne4 ,il a ap]u que1 comme lui1 ,montaigne donnait au public les fruits de son expri5ce1 de ses mditations1 de ses lectures4 ,il a pu p5s] aussi que la mode/ie du titre imag9 p> ,montaigne convi5drait s+ulirem5t aux dix maigres *apitres qui compos5t cette premire dition1 et c'e/ p\r ces motifs qu'il a adopt l'appellation d',essais4 ,plus t>d l'influ5ce de ,montaigne ne se born]a pas si peu de *ose4 ,n\s allons en suivre le progrs d'dition en dition4 ,,ii4--,dans la deuxime dition#bi qui fut publie qu9ze ans plus t>d1 il n'e/ encore que mdiocrem5t s5sible4 ,les dix *apitres primitifs ont reu quelques additions peu importantes1 et v+t-huit n\veaux essais sont v5us se jo9dre eux4 ,le livre e/ dev5u c9q fois plus volum9eux1 mais dans la plup>t des *apitres le c>actre n'en e/ gure *ang4 ,c'e/ que ,bacon1 enc\rag p> le succs qui appr\vait sa m?ode1 p\r beauc\p de ces enri*issem5ts rec\rut ces petites collections de s5t5ces qu'il avait con/itues dans sa jeunesse et qui tai5t de/9es t(f] des compositions oratoires4 ,il les avait publies1 au mo9s en p>tie1 quelques annes plus tt1 en #afje1 dans son ,advancem5t ( le>n+4 ,cela ne l'emp*a pas de les repr5dre p>fois textuellem5t4 ,presque t\tes portai5t sur des sujets de morale ou de politique1 =t peu sur des que/ions juridiques1 si bi5 qu'elles tai5t t\t fait aptes remplir ce n\vel (fice4 ,sans d\te ces maximes runies en vue de s\t5ir volont le p\r et le contre en t\tes causes1 ne peuv5t pas t\j\rs s'h>monis] p>faitem5t ensemble3 n'importe1 il suffira de rejet] celles qui ne s'adapt5t pas avec l'ide directrice1 ou de les prs5t] comme des op9ions fausses combattre4 ,plusieurs des essais qui p>aiss5t p\r la premire fois dans l'dition de #afab sont btis presque uniquem5t avec ces s5t5ces#cj prises l',advancem5t ( le>n+2 tels sont les essais ,( praise1 ,( delaie1 ,( =tune2 d'autres leur doiv5t beauc\p4 ,on p\rra discut] la valeur de ce procd4 ,il risque de sub/itu] au s\ci de l'obs]vation vraie1 celui de l'expression frappante4 ,l',essai ,des dlais p> exemple vaut bi5 plus p> les tr\vailles de /yle que p> le fond4 ,cela n'e/ pas surpr5ant dans un trait qui sort d'un ex]cice de rhtorique4 ,on s]a t\tefois1 je crois1 oblig de reconnatre que1 le plus s\v5t1 l'esprit trs pratique1 trs positif de ,bacon a su vit] les consqu5ces f*euses que sa m?ode de composition semblait devoir entran]4 ,quoi qu'il en soit1 et quelque jugem5t qu'on porte sur le procd1 le fait e/ l4 ,grce cette circon/ance que les recueils de s5t5ces oratoires tai5t dj publis1 n\s le saisissons cette fois sur le vif4 ,de cette con/atation p\r le sujet qui n\s occupe1 n\s avons deux *oses ret5ir3 d'abord que ,bacon confirme l'hypo?se exprime plus haut4 ,il reconnat implicitem5t une p>5t entre la composition des ,essais et la composition des recueils de lieux communs4 ,n\s sommes ports suppos] que1 comme ceux de #afab1 les ,essais de #aeig prov5ai5t de recueils semblables1 que ,bacon n'a pas publis en #afje1 avec les autres1 prcism5t p>ce qu'il les avait exploits dj4 ,en second lieu1 n\s rem>quons que la ri*esse de ses portefeuilles ti5t en *ec l'influ5ce de ,montaigne4 ,reg>dons-y de plus prs cep5dant3 je crois qu'elle comm5ce se faire j\r4 ,trs vraisemblablem5t cette fois quelques ides morales sont empruntes ,montaigne4 ,j'attire en passant l'att5tion sur les essais intituls ,( religion et ,( "y m5 & age4 ,ils voqu5t s+ulirem5t le s\v5ir de ,montaigne4 ,le second en p>ticuli] qui indique p>alllem5t les dfauts de la jeunesse et ceux de la vieillesse dans l'action p\rrait bi5 tre une rplique aux p]ptuelles critiques dont ,montaigne accable les vieill>ds1 et comme une mise au po9t de la "q4 ,je n'insi/e pas3 aucun rappro*em5t ici ne s]ait probant4 ,voici deux ides encore p\r lesquelles une influ5ce e/ possible1 sans tre c]ta9e4 ,p\r n'tre pas propres ,montaigne1 elles ne sont pas si banales qu'on ne puisse song] avec quelque vraisemblance que ,bacon les lui doit4 ,si l'on s'tudie trop obs]v] les conv5ances monda9es1 n\s dit en sub/ance ,bacon1 on tombe dans une affectation *oquante qui e/ contraire la civilit#ca4 ,c'e/ t\t fait la leon que ,montaigne dgageait la f9 de son essai ,de l'entrevue des rois3 ,j'ay veu s\v5t des hommes incivils p> trop de civilit1 et importuns de c\rtoisie#cb4 ,l'autre e/ dans l'essai ,sur le naturel considr dans l'homme4 ,c'e/ dans la vie prive seulem5t1 y dit ,bacon1 qu'on peut jug] une me avec quit4 ,l l'individu se montre sans affectation2 il e/ lui-mme#cc4 ,*acun reconnat l un ?me *] ,montaigne#cd4 ,il l'a dvelopp surt\t dans son essai ,du rep5tir1 et c'e/ p\r lui comme un pr9cipe directeur qui prside au *oix de ses exemples et qui lui dicte sa m?ode d'inve/igation morale4 ,mais c'e/ surt\t dans trois essais que l'influ5ce de ,montaigne semble probable3 je veux p>l] des essais ,de la mort1 ,des p>5ts et des enfants1 ,de l'a?isme4 ,il e/ vrai qu'en ce qui conc]ne la mort1 ,montaigne doit ,snque beauc\p des rflexions qu'elle lui inspire4 ,bacon a pu puis] directem5t *ez ,snque1 et c]ta9em5t mme il lui a emprunt quelques p5ses sur ce sujet4 ,il y a risque ici de confondre l'influ5ce de ,montaigne avec celle de son matre4 ,les gmissem5ts1 dit ,bacon1 les convulsions1 la pleur du visage1 des amis dsols1 une famille en pleurs1 le lugubre app>eil des obsques1 voil ce qui r5d la mort si t]rible#ce4 ,qui n'e/ pas t5t de reconnatre ici du ,montaigne8 ,n'a-t-il pas crit la f9 d'un de ses plus clbres essais3 ,je croy1 la vrit1 que ce sont ces m9es et app>eils effroyables dequoy n\s l'ent\rnons qui n\s font plus de peur qu'elle3 une t\te n\velle =me de vivre1 les cris des mres1 des femmes et des enfans1 la visitation de p]sonnes e/onnes et transies1 l'assi/ance d'une nombre de valets pasles et plors1 une *ambre sans j\r1 des ci]ges allumez1 no/re *evet assig de mdec9s et de pres*eurs1 somme t\te horreur et t\t effroy aut\r de n\s#cf4 ,il e/ vrai que de "p et d'autre l'ide e/ la mme1 mais elle se retr\ve encore la ,x,x,i,vme ptre de ,snque1 et ,bacon dans ce passage cite textuellem5t une phrase de cette ptre4 ,visiblem5t elle e/ prs5te son esprit4 ,il n'e/ p\rtant pas tmraire peut-tre de croire que le /ocisme de ,montaigne envisag] la mort1 l'acco9t]1 qui avait si =t frapp en ,france les ,florimond de ,raimond1 les du ,vair1 a attir l'att5tion de ,bacon et l'a aid dgag] ce qu'il a ret5u de ,snque4 ,qu'on lise les *apitres de ,montaigne#cg aprs celui de ,bacon#ch1 on s]a t\t dispos le croire4 ,voici en t\t cas une p5se que p]sonne n'avait exprime plus =tem5t que ,montaigne3 ,les /oci5s se donn5t trop de so9 p\r excit] les hommes mpris] la mort1 et t\s leurs prp>atifs ne font que la r5dre plus t]rible2 j'aime mieux celui qui a dit que la mort e/ la d]nire fonction et le d]ni] acte ou le dn\em5t de la vie#ci4 ,on reconnat l'ide qui emplit t\t le *apitre ,de la physionomie1 qui y e/ rpte s\s t\tes les =mes#dj4 ,de mme ,bacon a peut-tre eu prs5t l'esprit le *apitre de ,montaigne intitul ,de l'affection des pres aux enfants#da en crivant son essai ,( p>5ts & *ildr5#db4 ,sans d\te ce n'e/ pas dans ,montaigne qu'il a tr\v ces analyses trs pntrantes1 des joies et des pe9es que n\s caus5t nos enfants1 mais c'e/ ,montaigne qui a d suggr] la comp>aison des enfants de la *air avec les enfants de la p5se 7son *apitre s'a*ve p> un long dveloppem5t sur ce sujet7 et ce sont probablem5t encore ses rem>ques et les exemples qu'il cite qui attir5t l'att5tion de ,bacon sur les dang]s de l'av>ice des pres#dc4 ,enf9 dans l'essai ,( ,a!ism je relve cette ide qu'un peu de philosophie incl9e l'esprit ni] l'exi/5ce de ,dieu1 mais que beauc\p de philosophie ramne lui4 ,c'e/ une op9ion *re ,montaigne que l'extrme sagesse se r5contre avec l'ignorance1 et que *ez les demi-savants pullul5t les erreurs4 ,des esprits simples mo9s curieux et mo9s in/ruits il s'en faict de bons *re/i5s1 qui p> rev]5ce et obeissance croi5t simplem5t et se ma9ti5n5t s\bs les loix4 ,en la moy5ne vigueur des esprits et moy5ne capacit1 s'eng5dre l'erreur des op9ions3 ils suyv5t l'app>5ce du premi] s5s1 et ont quelque tiltre d'int]pret] niais]ie et be/ise que n\s soyons arre/ez en l'anci5 tra91 reg>dant n\s qui n'y sommes pas in/ruicts p> e/ude4 ,les gr&s esprits1 plus rassis et clairvoians1 font un autre g5re de bi5 croians2 lesquels1 p> longue et religieuse inve/igation p5etr5t une plus pr(onde et ab/ruse lumi]e s ,escriptures1 et s5t5t le mi/]ieux et div9 secret de no/re police ecclesia/ique#dd4 ,sans d\te les rm9isc5ces que je relve a9si sont des rm9isc5ces de dtail1 mais p>mi ces maximes trs s*es de ,bacon on ne peut att5dre que cela#de4 ,a t\t le mo9s quelques-unes de ces ides sont peu c\rantes dans la littrature morale du temps2 elles sont assez propres ,montaigne2 elles n\s invit5t donc p5s] que ,bacon e/ re/ en relation avec ces ,essais dont la lecture l'avait t\t d'abord frapp4 ,cette impression se =tifi]a encore si n\s rem>quons que quelques apophtegmes1 citations1 images emprunts aux anci5s se retr\v5t la fois *ez ,montaigne et *ez ,bacon4 ,bi5 videmm5t ri5 ne pr\ve que ,bacon les doive ,montaigne4 ,il vivait dans un comm]ce intime avec l'antiquit et a =t bi5 pu les puis] directem5t leur s\rce4 ,il e/ probable p\rtant qu'il n'y a pas l pure concid5ce4 ,a t\t le mo9s ,montaigne les a fait pass] une fois de plus devant son esprit4 ,il les lui a prs5ts1 comm5ts1 illu/rs p> le contexte1 mis en ple9e valeur et1 comme il disait1 en place m>*&e1 et a9si l'a invit en faire usage son t\r4 ,?ales1 disait-il p> exemple dans une diss]tation sur l'ge auquel il convi5t de se m>i]1 y donna les plus vrayes bornes1 qui1 jeune1 respondit sa mre1 le pressant de se m>i]1 qu'il n'e/oit pas temps1 et1 dev5u sur l'age1 qu'il n'e/oit plus temps4 ,il faut refus] l'opportunit t\te action importune#df4 ,et ,bacon repr5d ,les anci5s n'ont pas laiss de mettre au nombre des sages celui auquel on dem&ait quel ge il fallait se m>i]1 et qui fit cette rponse3 qu& on e/ jeune il n'e/ pas encore temps1 et qu& on e/ vieux il n'e/ plus temps#dg4 ,d'autres rappro*em5ts#dh1 sans tre plus dcisifs que celui-l1 incl95t nos esprits v]s la mme op9ion4 ,aussi y a-t-il quelque vraisemblance attribu] l'influ5ce s\rde de ,montaigne une modification de =me1 de m?ode d'exposition1 qui comm5ce se faire s5tir lgrem5t dans cette seconde dition4 ,la phrase s'allonge2 les ides se li5t entre elles2 des transitions conduis5t de l'une l'autre2 quelques-uns des n\veaux essais1 ceux surt\t qui ne sont pas sortis des maximes de jeunesse1 prs5t5t p>fois de vritables petits dveloppem5ts2 jusque dans ceux qui sont btis de maximes c\sues ensemble1 il y a mo9s de morcellem5t qu'en #aeig2 mme p>fois dans des essais de la premire dition sont aj\ts c]ta9s dtails1 c]ta9s enri*issem5ts de p5se1 qui t(f5t des rem>ques aup>avant trs s*es3 voyez comme le db de l'essai ,( negociat+ t5d *ang] d'allure4 ,il e/ manife/e que la m?ode d'exposition de ,bacon e/ en voie de se trans=m]3 la maxime t\te nue1 la =mule s*e comm5c5t lui p>atre insuffisantes p\r l'expression des ides morales4 ,,iii4--,mais c'e/ en #afbe seulem5t que cette trans=mation s]a complte4 ,alors l'exemple de ,montaigne agit davantage sur lui4 ,son influ5ce se m>que d'abord p> l'app>ition de quelques s\v5irs p]sonnels1 en petit nombre1 il e/ vrai4 ,ri5 n'tait plus objectif que les premi]s ,essais2 jamais le ,moi de ,bacon n'app>aissait au milieu de ces p5ses gnrales1 t\tes uni=mm5t la troisime p]sonne4 ,ma9t5ant il lui arrive de racont] un mot qu'il a ent5du1 une anecdote dont il a t le tmo94 ,jamais t\tefois dans aucun *apitre il ne se pr5dra lui-mme p\r sujet1 et ses allusions des s\v5irs p]sonnels re/5t trop r>es p\r modifi] s5siblem5t la c\leur de l'oeuvre4 ,la multiplication des images et des comp>aisons1 des phrases incid5tes1 des explications et des ju/ifications1 des indications de lieu et de temps et de circon/ances de t\t g5re1 enf9 de t\t ce qui nuance et prcise l'expression des ides psy*ologiques e/ d'une importance bi5 plus considrable4 ,t\t cela1 n\s savons combi5 il le tr\vait dans la p5se s\ple et ondoyante de ,montaigne4 ,mais ce qu'il tr\vait surt\t *ez ,montaigne c'tait l'emploi con/ant des exemples2 il en a s5ti t\te la valeur4 ,dans ces ,essais de #aeig je n'en relve aucun2 la seconde dition en prs5te un petit nombre2 dans la d]nire il en insre presque t\s les *apitres4 ,voyez le *apitre ,de la gr&eur des ,etats#di3 t\s les exemples hi/oriques que n\s y lisons sur ,rome1 sur ,a?nes1 sur l',anglet]re1 l',espagne1 la ,turquie1 etc4 ont t aj\ts aprs #afab3 combi51 grce eux1 les ides ab/raites exprimes l p> ,bacon ont pris de relief1 combi5 l'intellig5ce en e/ plus vive1 plus lum9euse6 ,dans l'essai ,de la ,mort#ej1 au lieu d'allusions rapides aux morts de ,cs>-,augu/e1 de ,tibre1 de ,vespasi51 n\s avons des dtails nombreux1 prcis1 exacts2 leurs mots mmes sont l1 et avec eux seulem5t pntre en n\s ce s5tim5t du mpris de la mort que ,bacon veut n\s faire pr\v]4 ,ces trois lm5ts n\veaux1 s\v5irs p]sonnels1 exemples1 procds de /yle et t\rs de phrase capables de nuanc] et de prcis] les ides1 rvl5t une trans=mation radicale dans la manire de ,bacon4 ,le sy/me qui avait prsid la con/ruction des premi]s ,essais e/ ma9t5ant ab&onn4 ,ce qui en eux n\s avait p>u1 au mo9s p\r n\s lecteurs du v+time sicle1 p>ticulirem5t frappant1 l'auteur y a r5onc4 ,il n'y a pas l seulem5t une "q de composition1 il y a une manire n\velle de concevoir les ides morales3 au lieu de les concevoir s\s leur =me la plus gnrale1 il les voit plus concrtes1 plus ri*es2 il p\rra a9si saisir des ralits psy*ologiques plus prcises1 et ces n\velles conceptions1 beauc\p mo9s s*es1 sont bi5 plus intressantes p\r des esprits comme les ntres4 ,bacon a pass l5tem5t du g5re des maximes au g5re de la mditation4 ,bi5 qu'il ne soit pas f\rni dans les ,essais de ,montaigne d'exemples et d'images1 ma conviction e/ que ,montaigne e/ p\r beauc\p dans cette trans=mation4 ,quiconque song]a que1 depuis la traduction de ,florio1 le livre de ,montaigne tait dev5u trs populaire en ,anglet]re1 s]a t\t dispos le croire4 ,p> le titre qu'il avait adopt d'ailleurs1 l'essayi/e ,anglais n'avait-il pas m>qu son admiration8 ,ne s'tait-il pas montr encl9 subir l'influ5ce de son devanci]8 ,cela n'e/ pas dire qu' aucun mom5t ,bacon s'e/ propos comme modle la =me des ,essais de ,montaigne4 ,en aucune faon4 ,il aurait eu trop de *em9 faire p\r le rejo9dre4 ,il n'a v\lu que se rappro*] p> degrs de sa manire t\t en re/ant trs diffr5t de lui4 ,voyez avec quel so91 en bon disciple de ses matres1 les orateurs lat9s1 ma9t5ant qu'il n'crit plus des maximes mais des diss]tations1 il s'atta*e m>qu] la composition1 et1 ce que ,montaigne dte/ait tant1 il annonce les p>ties de son plan4 ,l'essai ,( ,judicature#ea tait dj trs rgulirem5t compos en #afab2 en #afbe il y insre quatre phrases1 l'une p\r annonc] son plan1 en trois p>ties1 les autres au db de *acune d'elles p\r m>qu] les articulations du raisonnem5t4 ,il a d'ailleurs son b1 t\t autre que celui de ,montaigne3 on l'ap]oit dans quelques essais1 dans les plus a*evs4 ,deux ans avant cette d]nire dition des ,essais1 il avait publi son ,de augm5tis1 o plus nettem5t que dans ,! advancem5t ( le>n+1 il df9issait sa conception de la sci5ce morale1 et proposait p\r la con/itu] de faire des monographies sur *aque passion1 *aque v]tu1 *aque espce de c>actre1 etc4 ,clairem5t1 dans plusieurs des essais composs cette poque1 on dev9e l'int5tion de donn] de petits modles de ces monographies4 ,de mme ses hi/oires des v5ts1 de la d5sit1 de la vie et de la mort1 sont des modles des tudes d'hi/oire naturelle qu'il dem&e4 ,ses apophtegmes sont des modles de ces recueils qu'il dsire voir extraire des hi/oires4 ,ses essais ,de l',envie1 ,de l'audace1 de la dissimulation1 sont a9si de vritables petits traits organiss1 qui vis5t p\ss] des enqutes4 ,ri5 n'e/ plus contraire la manire de ,montaigne qu'une tude sy/matique de ce g5re4 ,bacon re/e donc bi5 indp5dant de ,montaigne2 il a sa conception lui1 il ne se propose pas d'imit] son devanci]4 ,je crois seulem5t que la lecture de ,montaigne a t l'une des causes qui ont bris les anci5s m\les o il c\lait ses obs]vations morales1 qui lui ont appris se reprs5t] autrem5t ses ides1 les v\loir plus concrtes4 ,a lire ,montaigne il a pr\v le beso9 d'us] d'exemples lui aussi1 de comm5t]1 de s]r] l'ide de plus prs1 d'en nuanc] l'expression4 ,si n\s reg>dons ma9t5ant non plus la =me de l'essai1 mais son cont5u1 c'e/ encore la mme rem>que qu'il n\s faudra faire3 ,bacon subit inconte/ablem5t l'influ5ce de ,montaigne1 mais son orig9alit re/e entire1 sa p]sonnalit se dresse vig\reusem5t en face de celle de ,montaigne et s'oppose elle4 ,n\s v5ons de voir que le m\le n\veau que ,bacon con/ruit v]s la f9 de sa vie p\r y c\l] ses rflexions morales e/ bi5 lui1 trs diffr5t de t\s les m\les de ,montaigne1 et p\rtant ,montaigne l'a aid en =m] quelques pices4 ,de mme ,montaigne aide ,bacon dgag] quelques ides de dtail1 mais dans l'ensemble sa p5se se dveloppe trs librem5t1 et sa philosophie e/ t\te diffr5te4 ,comp>] leurs deux oeuvres1 c'e/ en m>qu] le contra/e4 ,au trav]s de ses diss]tations imp]sonnelles c'e/ le ,moi de ,bacon que n\s dc\vrons2 ce sont ses proccupations qui dict5t le *oix des sujets1 ses habitudes qui leur donn5t leur c>actre4 ,il n'e/ pas expos t\s les reg>ds1 comme celui de ,montaigne1 mais on le dev9e1 on s5t qu'il e/ l'me du livre1 qu'il tablit comme une p>5t entre les diffr5ts *apitres et leur confre une sorte d'unit4 ,mais ,bacon ne s'e/ pas retir dans son *teau p\r y *]*] la sagesse antique au milieu des livres1 il a lutt longtemps p\r arriv] aux honneurs et rp>] le tort que la =tune lui avait fait en le privant prmaturm5t de son pre1 il a fait conv]g] t\te sa volont et t\te son intellig5ce v]s les affaires publiques1 et d'*elon en *elon il e/ arriv la premire *>ge2 il a eu se p\ss] dans le monde1 se ma9t5ir aux affaires dans des circon/ances difficiles1 il e/ tomb du p\voir s\s le c\p des plus rudes attaques2 *acune de ces tapes1 il a pu obs]v] les hommes et les *oses avec un s5s pratique trs pntrant et une r>e sagacit4 ,ce sont les rflexions de l'homme d'action que beauc\p de ses essais n\s expos5t1 les rsultats de son expri5ce qu'ils n\s apport5t4 ,s'il recomm&e d'avoir gr& s\ci des bonnes manires1 c'e/ avant t\t p>ce que p> elles n\s acqurons un bon r5om qui s]t notre avancem5t4 ,il a propos dans le ,de augm5tis de con/itu] un art de s'avanc] dans le monde#eb3 on p\rrait presque dire que quelques *apitres en sont traits dans les ,essais4 ,s\s les titres que voici3 ,de la ruse et de la f9esse1 ,de l'expdition dans les affaires1 ,des ngociations1 ,des solliciteurs et des po/ulants et beauc\p d'autres on tr\v]a des rem>ques d'une psy*ologie trs pntrante1 trs prcise sur la manire de trait] les affaires4 ,il accumule l une collection de petites recettes dont il a pu pr\v] la valeur1 p> exemple sur la manire d'appr5dre une mauvaise n\velle son pr9ce sans risqu] de lui dplaire1 sur les cas o il e/ plus prud5t de ngoci] p> lettre plutt que p> int]mdiaire ou de vive voix4 ,l'expri5ce qu'il a acquise dans les que/ions politiques lorsqu'il a mis la ma9 au p\voir se dpose dans une srie de *apitres peut tre plus nombreux encore et dont l'obs]vation n'e/ pas mo9s prcise2 tels sont p\r ne pr5dre que les plus significatifs3 ,de la noblesse1 ,des tr\bles et des sditions1 ,de la s\v]a9et et de l'art de comm&]1 ,du conseil et des conseils d',etat1 ,de la vritable gr&eur des ,etats et des royaumes1 ,des colonies ou plantations de peuples1 ,des devoirs d'un juge4 ,il apporte la mme prcision d'esprit aux que/ions d'conomie prive3 n\s avons vu une p>tie de ses prceptes sur la manire de rgl] sa dp5se2 il a des rem>ques (frir sur la manire de dess9] les j>d9s1 sur les btim5ts1 sur t\tes les matires auxquelles son att5tion s'applique4 ,joignez ce s5s des ralits pratiques un s5tim5t moral trs vig\reux sans cesse replong aux s\rces bibliques c> ,bacon lit con/amm5t la ,bible1 n\s avons l les deux traits dom9ants de sa p]sonnalit que ses ,essais laiss5t dev9]4 ,montaigne1 qui se df5d avant t\t de l'ambition1 qui cultive son moi dans des voyages ou dans des mditations solitaires que ses bon amis du temps pass vi5n5t lui suggr]1 qui se laisse surpr5dre1 si n\s l'en croyons1 ignorant qu'on met du leva9 dans son pa9#ec1 a une manire t\t autre d'envisag] les *oses4 ,sa morale1 ou plutt ses morales1 c> il en a en plusieurs1 re/5t le plus s\v5t individuelles1 ineptes la socit publique#ed1 comme il se plat le rpt]3 il vise pass] sur cette t]re aussi d\cem5t et aussi agrablem5t que possible4 ,ent5dez-le p>l] de l'am\r3 il se rappelle avec une d\ce volupt et avec une po9te de vanit aussi1 les passions et les succs de sa jeunesse2 plus les annes rappro*5t du tombeau1 plus ce s\v5ir lui e/ *]4 ,ce sont d'exquises passions qui vi5n5t a9si *at\ill] sa vieille me poisante et lui r5dre encore aimable son d]ni] re/e de vie4 ,il n\s met en g>de contre leur excs1 p>ce que1 excessives1 elles apport5t plus de dang]s que de plaisirs1 mais il n\s enseigne les bi5 mnag]1 en j\ir longuem5t p> la p5se1 t5dre sagem5t t\tes les volupts4 ,p\rvu que n\s sa*ions y cons]v] la mesure et la prud5ce1 il e/ime que c'e/ un d\x comm]ce que le comm]ce des femmes1 et qu'en somme les plus rels plaisirs de la vie corporelle sont l4 ,p\r ,bacon1 l'am\r e/ l'ennemi qui suce t\te la volont de l'homme et tr\ble les affaires1 et quelque *ose des f\dres du *ri/ianisme semble pass] dans les t]mes o il l'accuse de n'tre qu'une ridicule hyp]bole1 bonne p\r le ?tre1 sans ralit1 un enfant de la folie qui b\lev]se le jugem5t#ee1 ru9e les situations les mieux tablies1 et fait draisonn] jusqu' la sagesse la plus pratique4 ,comp>ez surt\t la manire dont ils p>l5t l'un et l'autre de l'amiti#ef ri5 n'e/ plus c>actri/ique4 ,montaigne1 dans la solitude de sa librairie1 j\it longuem5t du s\v5ir de ,la ,botie mort dj depuis bi5 des annes2 il le rem*e1 il le ret\rne en lui-mme1 il l'idalise au contact des beaux exemples d'amiti que l'antiquit n\s a lgus4 ,il crit alors les pages immortelles que l'on sait1 si sublimes que peut-tre il y faut voir plutt le regret d*irant de l'ami qui a laiss en s'arra*ant ses bras une plaie t\j\rs ouv]te1 qu'une pe9ture relle de ses rapports avec ,la ,botie4 ,les deux mes1 p\r lui1 sont mesles et confondues d'une union si univ]selle qu'elles effac5t la c\ture qui les a jo9tes2 la volont de l'ami s'abme si entirem5t dans celle de son ami qu'elles s'id5tifi5t l'une l'autre et sont mues p> les mmes ressorts4 ,bacon n'imag9e pas une df9ition aussi saisissante3 il se cont5te1 ou peu prs1 d'numr] les avantages de l'amiti4 ,ce sont p\r lui d'abord qu'un ami n\s p]met de s\lag] notre coeur p> des confid5ces qui allg5t les d\leurs et d\bl5t les joies2 ensuite qu'il n\s aide claircir nos propres ides en n\s c\tant les expos]1 qu'il n\s donne de bons conseils tant p\r n\s bi5 conduire que p\r faire prospr] nos affaires2 en troisime lieu l'amiti e/ ple9e de petits sec\rs de t\t g5re comme une gr5ade e/ ple9e de gra9s3 p> exemple notre ami peut sollicit] p\r n\s dans les cas o notre dignit n\s df5d de le faire1 il peut faire valoir nos mrites et l'occasion les exagr]1 ce que la mode/ie n\s int]dit n\s-mmes1 etc41 etc4 ,on s]ait t5t de conclure que ,bacon ne voit dans l'amiti qu'une association d'intrts3 je crois que ce s]ait une erreur absolue4 ,l'en?\siasme du texte anglais1 l'abondance presque lyrique des images et des comp>aisons prs]v5t de la commettre qu& on ne s'en ti5t pas un rsum d*>n4 ,c]ta9em5t ,bacon a connu la d\ceur de l'amiti2 p\r lui comme p\r ,montaigne c'e/ un s5tim5t trs lev4 ,s'il numre surt\t les avantages pratiques qu'elle n\s apporte1 c'e/ que1 en homme d'action1 c'e/ dans l'action1 au milieu de ses affaires1 qu'il l'a gte1 t&is que ,montaigne1 homme de cab9et1 en a j\i dans ses mditations4 ,c'e/ dans la s5sation de l'ef=t fait en commun o la prs5ce de l'ami d\ble l'n]gie1 dans la joie du succs p>tag que ,bacon a surt\t l'occasion d'pr\v] les *>mes de l'amiti3 cela ne veut en aucune faon dire que le plaisir qu'il y tr\ve ne dpasse pas le sec\rs matriel1 mais cela explique qu'il en p>le t\t autrem5t que ,montaigne4 ,ce contra/e de leurs tempram5ts et de leurs oeuvres n'a cep5dant pas emp* ,bacon de tir] quelquefois pr(it de la lecture de ,montaigne et de pr5dre en lui le g]me de quelques-unes de ses ides4 ,du mo9s c'e/ ce que r5d5t trs vraisemblable les rappro*em5ts qui vont suivre4 ,ici t\tefois1 comme prcdemm5t1 on ne peut p>l] que de probabilit4 ,a l'exception d'une ou deux peut-tre1 aucune de ces rm9isc5ces proposes n'e/ c]ta9e1 aucune ne rvle un emprunt direct et inconte/able4 ,p\r l'poque qui n\s occupe1 il faut d'abord not] que quelques rflexions sur lesquelles ,bacon n'insi/e pas1 qui sont exprimes p> lui en passant1 avai5t t dgages aup>avant p> ,montaigne3 cette ide1 p> exemple1 que bi5 s\v5t nos qu]elles religieuses ne sont que des qu]elles de mots#eg2 cette autre encore qu'il e/ bi5 s\v5t malais de di/+u] les aptitudes natives des enfants1 et que dans l'inc]titude le mieux e/ de *oisir p\r eux la meilleure voie sans *]*] p]c] le my/re de leur nature#eh4 ,cette d]nire vi5t se jo9dre des rem>ques que prs5tai5t les ditions antrieures sur les relations des p>5ts et des enfants1 et enri*it la psy*ologie de ,bacon sur ce po9t2 la premire taye =t heureusem5t d'un argum5t puissant ses exhortations la concorde et l'union en matire religieuse4 ,montaigne et ,bacon lutt5t aussi contre la crdulit de leur temps1 la foi aux prophties et prono/ics de t\t g5re1 et ,bacon se s\vi5t peut-tre d'avoir lu une ide t\te semblable *ez ,montaigne qu& il crit3 ,lorsque l'vnem5t prdit e/ con=me la prdiction1 les hommes rem>qu5t cette con=mit2 mais dans le cas oppos1 ils ne rem>qu5t po9t du t\t le dfaut d'accord3 g5re de mprise o il tomb5t galem5t p> rapport aux songes et t\t autre g5re de prdictions sup]/itieuses#ei4 ,c'e/ l une des causes aux yeux de l'un et de l'autre1 qui accrdit5t de p>eilles fables4 ,p]sonne1 dit ,montaigne1 ne ti5t regi/re de leur mecomtes1 d'autant qu'ils sont ord9aires et inf9is1 et fait-on valoir leurs div9ations de ce qu'elles sont r>es1 incroiables et prodigieuses4#fj ,voici encore *ez ,bacon une ide laquelle ,montaigne a consacr un petit essai t\t enti]1 ,:atsoev] is some:]e gott5 is some:]e lo/#fa4 ,c'e/ peu prs la traduction de la phrase franaise3 ,il ne se fait aucun pr(it qu'au dommage d'autrui4#fb ,ailleurs ,montaigne1 en f\rnissant des exemples et des tmoignages probants1 a aid ,bacon conduire telle ide sa maturit et son d]ni] dveloppem5t3 trois des faits#fc p> lesquels ,bacon r5d s5sible la puissance de l'habitude ont t vulg>iss p> ,montaigne1 et peut-tre c'e/ ,montaigne qui l'engage tir] p>ti1 dans l'ducation1 de cette puissance de l'habitude1 en faisant appr5dre les langues trangres ds la premire enfance#fd4 ,voici t\tefois qui peut tre plus intressant3 il se p\rrait que ,montaigne lui ait suggr des ides assez importantes ses yeux p\r qu'il en fasse le sujet d'essais n\veaux4 ,je ne p5se pas ici surt\t l'essai intitul3 ,des innovations#fe1 des n\vellets1 comme aurait dit ,montaigne3 sans d\te ,bacon connaissait les condamnations vig\reuses que le philosophe avait crites contre ces n\vellets1 qui avai5t tr\bl l',etat1 m5ac si rudem5t sa vie1 sa tranquillit et son indp5dance1 attri/ son coeur trs pitoyable et trs huma91 quoi qu'on en ait dit1 d'affreux spectacles2 peut-tre elles ont contribu lui inspir] son extrme prud5ce4 ,mais enf91 la "q1 pose trs nettem5t p> les anci5s dj1 avait t trop dbattue dans t\te la littrature politique du ,x,v,ie sicle1 p\r que n\s puissions affirm] que ,montaigne e/ p\r beauc\p dans les mditations de ,bacon sur ce sujet#ff4 ,mais dans l'essai ,de la ,vrit#fg1 dirig contre la mode de scepticisme de son temps1 il e/ clair qu'il a ,montaigne prs5t la p5se1 il le nomme1 il le cite textuellem5t4 ,malheureusem5t il ne n\s dit pas comm5t il juge le d\te de ,montaigne2 on peut p5s] t\tefois que1 s'il l'a e/im sceptique1 il a t frapp p> son scrupuleux beso9 de vrit1 et a vu que son scepticisme lui n'tait pas affaire de mode4 ,l'essai ,des voyages#fh surt\t me semble devoir son ide premire ,montaigne4 ,les voyages en pays trang]s1 n\s dit ,bacon en comm5ant1 font1 durant la premire jeunesse1 une p>tie de l'ducation1 et dans l'ge mr une p>tie de l'expri5ce#fi4 ,ce sont ces deux ides qu'il veut mettre en relief4 ,montaigne a =tem5t m>qu t\t ce que l'enfant peut tir] des voyages p\r la =mation de son jugem5t1 combi5 frott] et lim] sa c]velle#gj celle des trang]s peut lui tre pr(itable1 et plus t>d1 aprs son long t\r en ,suisse1 en ,allemagne et en ,italie1 il a dit dans ses ,essais quels avantages il y avait tr\vs et de quelle utilit il e/1 p\r un homme fait de voir du pays#ga4 ,c'e/ lui1 je crois1 qui a vulg>is ces notions4 ,et dans le dveloppem5t1 et l n\s retr\vions des ides de dtail que ,montaigne a pu suggr]3 celle-ci1 p> exemple1 qu'en voyage il faut vit] avec so9 la compagnie de ses compatriotes1 re*]*] les trang]s1 int]rog] des g5s de t\tes sortes4 ,bacon t\tefois ne se cont5te pas de rpt] les ides de ,montaigne4 ,il va plus avant que son devanci]4 ,avec son s5s pratique trs avis1 et sa prcision habituelle1 il indique t\tes les prcautions pr5dre p\r que les voyages soi5t vraim5t pr(itables1 il crit une sorte de petit manuel du voyageur4 ,on devrait1 n\s dit-il1 savoir dj un peu la langue du pays o l'on entre1 tre accompagn d'un g\v]neur qui le connaisse bi5 et qui soit capable de *oisir ce qui mrite d'tre vu1 t5ir un j\rnal1 s'tre soigneusem5t muni avant le d"p de c>tes de gographie et d'indications topographiques1 *ang] s\v5t de lieu1 de manire de vivre1 de relations1 af9 que ri5 ne v\s *appe2 il dresse des li/es des objets qui doiv5t avant t\t attir] l'att5tion1 des p]sonnes dont il e/ p>ticulirem5t utile de faire la connaissance4 ,en t\t cela il e/ con=me la p5se de ,montaigne1 mais il aj\te son devanci]2 il complte ses indications2 ses habitudes d'homme trs pratique1 trs m?odique1 exigeai5t davantage4 ,ici n\veau n\s le voyons orig9al1 et c'e/ ,montaigne peut-tre qui lui f\rnit son ?me4 ,je me dem&e encore si le titre inatt5du que ,bacon de/9ait la traduction lat9e de ses ,essais1 ,s]mones fideles1 n'e/ pas un *o de la premire phrase de ,montaigne3 ,c'e/ icy un livre de bonne foy1 lecteur4 ,il y aurait lieu d'aj\t] aussi que1 dans l'dition de #afbe1 les s\v5irs de l'antiquit communs aux deux auteurs se multipli5t encore s5siblem5t#gb4 ,pas plus qu'en #afab il n'en e/ aucun dont on puisse dire avec c]titude que ,bacon l'a pris ,montaigne1 mais leur nombre ne manque pas de les faire pr5dre en considration4 ,aussi bi51 p>mi t\s les rappro*em5ts qu'on a pu faire1 il en e/ assez peu p\r lesquels il soit p]mis d'tre affirmatif et qui pr\v5t une inconte/able influ5ce4 ,j'ai d multipli] les peut-tre4 ,je crois bi5 que si je n'avais cra9t leur monotonie1 j'en aurais encore aj\t quelques-uns4 ,ce qui seul e/ indiscutable1 c'e/ l'opposition des deux oeuvres4 ,p\rtant je crois que l'influ5ce de ,montaigne n'e/ gure d\teuse4 ,elle e/ seulem5t beauc\p mo9s importante et surt\t trs diffr5te de ce qu'on l'a suppose a priori1 ou1 ce qui revi5t au mme1 d'aprs des enqutes t\tes diriges et fausses p> des ides a priori4 ,elle n'a pas dt]m9 *ez ,bacon la conception de l'essai4 ,cela e/ vid5t4 ,,iv4--,une conclusion se dgage1 en effet1 trs nettem5t de cette tude1 c'e/ que si l'essai1 p\r ,bacon comme p\r ,montaigne e/ une enqute morale1 ,bacon a fait cette enqute sa manire1 sans pr5dre ,montaigne1 au mo9s l'orig9e1 ni ses ides1 ni mme ses cadres4 ,le vritable imitateur des ,essais de ,montaigne1 celui qui a introduit le g5re dans la littrature anglaise1 suivant le type que ,montaigne avait faonn1 ce n'e/ pas ,bacon1 mais son contempora9 sir ,william ,cornwallis1 qui1 trois ans aprs ,bacon1 en #afjj1 a publi1 lui aussi1 des ,essais#gc1 o l'auteur ne ca*ait po9t son admiration p\r ,montaigne1 et o le nom de ,montaigne rev5ait jusqu' sept fois4 ,le disciple que n\s donnons a9si notre philosophe e/ mo9s fameux sans d\te que celui que n\s lui conte/ons3 il ne gagne pas au *ange4 ,mais si les ,essais de ,cornwallis n'ont pas eu p\r s\t5ir leur succs et p\r trav]s] les sicles le sec\rs d'un gr& nom1 au temps de leur app>ition ils ne sembl5t pas avoir r5contr beauc\p mo9s de faveur dans le public que ceux de ,bacon4 ,quoi qu'il en soit1 en #aeig1 ,bacon n'a pas pris ,montaigne p\r modle4 ,il semble ne lui devoir cette poque que le titre de son livre4 ,probablem5t qu& il l'a connu1 son petit ouvrage 7c> il ne s'agissait encore que d'un =t petit ouvrage71 tait dj dt]m9 dans sa p5se4 ,il l'avait conu d'aprs d'autres modles4 ,je crois mme qu'il l'avait crit dj4 ,le titre seul y manquait peut-tre4 ,en adoptant celui de ,montaigne1 il a montr qu'il en apprciait la mode/ie1 peut-tre aussi qu'il tait gagn p> l'oeuvre t\t entire4 ,t\j\rs e/-il qu'il y e/ rev5u et div]ses reprises4 ,il a d p>tag] l'eng\em5t de ses compatriotes qui a suivi la traduction de ,florio4 ,*aque fois qu'il a fait des additions ses propres ,essais1 il y a insr quelques rm9isc5ces de leur prcurseur franais4 ,montaigne a d aid] la g]m9ation de quelques ides1 surt\t dans la d]nire dition4 ,ins5siblem5t aussi il a p\ss ,bacon donn] une =me plus concrte1 mo9s gnrale ses obs]vations1 se dta*] de la m?ode trop s*e de la premire dition4 ,l s'e/ born son rle4 ,quelle que ft la vogue des ,essais de ,montaigne aut\r de lui1 quelle que ft la lib]t avec laquelle c]ta9s contempora9s les imitai5t1 jamais ,bacon n'a sub/itu son essai le type de l'essai t\t p]sonnel1 qui tait c>actri/ique de la manire de ,montaigne1 jamais non plus il n'a rpt les ides de son devanci]4 ,en dpit des app>5ces1 et quelque p>adoxal que cela puisse sembl]1 c'e/ donc au mom5t o il lui a emprunt son titre qu'il a le mo9s imit ,montaigne1 et c'e/ dans sa d]nire dition qu'il e/ le plus vois9 de lui4 ,il a tr\v un /imulant dans les ,essais franais1 mais jusqu' la f9 son livre e/ re/ t\t fait orig9al3 la philosophie dont il l'a empli1 dans ses gr&es lignes1 e/ bi5 l'expression de son expri5ce p]sonnelle1 et la =me d]nire qu'il a donne l'essai1 quoique ,montaigne p>aisse y avoir apport sa contribution1 lui app>ti5t en propre4 ,si cette tude n\s a un peu du en ne donnant pas ,montaigne la "p que n\s tions en droit d'espr]1 du mo9s n\s a-t-elle f\rni l'occasion de jet] une lumire n\velle sur l'orig9e et l'volution des ,essais de ,bacon4 ,elle n\s laisse aussi cette impression trs =te que1 s'il n'a pas proprem5t p>l] imit ,montaigne1 du mo9s ,bacon a gt son livre1 et qu'il l'a probablem5t tudi avec une gr&e att5tion4 ,peut-tre dans quelque autre ouvrage sa p5se devait-elle en tir] plus de pr(it4 #ab ,rappelons quelques dates qu'il e/ indisp5sable d'avoir prs5tes l'esprit p\r suivre cette tude4 ,les ,essais de ,bacon ont p>u en trois fois3 l'dition de #aeig ne compte que dix c\rts essais2 celle de #afab en porte le nombre #ch2 celle de #afbe #eg4 ,l',advancem5t ( le>n+ 7en anglais71 qui e/ la premire =me de l',in/auratio magna1 e/ de #afje4 ,l',in/auratio magna compr5d deux p>ties3 le ,novum organum1 en deux livres1 presque entirem5t n\veaux qui p>ur5t en #afbj2 le ,de augm5tis qui reproduit en lat9 l',advancem5t ( le>n+ en y insrant quelques additions importantes et en divisant la matire en neuf livres au lieu de deux2 il e/ de #afbc4 ,n\s n\s rfrons p\r ,bacon1 l'dition de ,james ,sp$d+1 ,rob]t ,leslie1 ,ellis1 ,duglas ,d5om ,hea?1 de #aheh1 ,londres4 ,p\r les ,essais on tr\v]a au tome ,,vi de cette dition les textes de #aeig1 #afab et #afbe1 que n\s n\s proposons d'tudi] successivem5t4 ,les citations sont empruntes la traduction ,riaux 7,p>is #ahdc71 mais n\s aurons so9 d'y introduire la di/9ction entre les trois ditions successives dont le traducteur n'a pas t5u compte4 ,je ne connais aucune traduction franaise de la premire dition2 la seconde a t traduite p> ,beaud\9 en #afai 7,p>is1 #a vol4 9-#h74 ,rimprim en #afbf 9-#ab1 #afcc1 #afcf1 #afcg1 antrieurem5t l'app>ition de la troisime3 la troisime se tr\ve dans t\tes les traductions de ,bacon4 #ac ,ed4 ,sp$d+1 tome ,i1 #ddi4 #ad ,id41 ,,vi1 #dci4 #ae ,cf4 ,livre ,,vi1 *4 #c4 #af ,cf4 ,les essais3 ( ,=tune1 ( ,va9 glory4 #ag ,aucun emprunt n'e/ assez prcis p\r qu'on puisse dt]m9] quelle dition de ,montaigne ,bacon avait entre les ma9s lors de la composition de ses premi]s essais4 ,t\tefois si l'essai ,( disc\rse a quelque relation avec l'essai de ,montaigne1 ,de la conv]sation1 qui e/ le huitime du troisime livre1 il en rsulte qu'il a connu une des d]nires ditions p>ues alors1 soit celle de #aehh soit celle de #aeie1 puisque ce sont les seules qui conti5n5t le troisime livre4 #ah ,comp>] *ez ,montaigne les essais ,,iii1 ,,viii1 ,de l'art de confr]2 ,,ii1 ,,xxxvii1 ,de la ressemblance des enfants aux pres2 ,,ii1 ,,xvii1 ,de la gloire4 #ai ,bacon1 dit4 ,sp$d+1 t4 ,,vi1 p4 #eca4 #bj ,bacon1 dit4 ,sp$d+4 t4 ,,vi1 p4 #ecj4 #ba ,sur ce sujet de la conv]sation1 outre cet essai ,cf4 le ,de ,augm5tis #a;er *ap4 livre ,,viii et des ,%ort notes = civil conv]sation1 ouvrage po/hume qu'on e/ime tre de ,bacon et qu'on tr\v]a dans l'd4 ,sp$d+1 tome ,,vii1 page #aje4 ,on se conva9cra aism5t qu' propos de ce sujet ,bacon ne doit pas gr&'*ose ,montaigne4 ,il semble qu'il s'inspire davantage d'criva9s ,itali5s spcialem5t de ,baldass>e ,ca/iglione dans son ,cortegiano4 ,les ge/es1 les =mes1 voil surt\t ce qui p>at attir] son att5tion4 #bb ,bacon1 d4 ,sp$d+1 tome ,,vi1 p4 #ebi1 traduction ,riaux1 tome ,,ii1 page #cad4 #bc ,les mimes1 enseignem5s et prov]bes de ,jan ,anto9e de ,baf1 ,p>is #aegf1 9-#ab1 l'd4 de #aeig e/ augm5te du d\ble4 #bd ,c9quante quatra9s1 cont5ant prceptes et enseignem5s utiles p\r la vie de l'homme4 ,p>is et ,lyon #aegd4 #be ,piu consigli e avv]tim5ti1 9 mat]ia di republica et di privata4 ,p>is ,morel #aegf1 9-#d4 #bf ,avv]tim5ti civili di ,m4 ,gioc4 ,franc4 ,lott9i3 ,fir5ze #aegd1 9-#d4 #bg ,sansov9o runit les deux oeuvres prcd5tes et y jo9t ses propres maximes dans un ouvrage publi ,v5ise en #aehh s\s le titre de3 ,propositioni3 ov]o consid]ationi di /ato444 #bh ,peut-tre cep5dant e/-ce avec raison que ,fitzg]ald a t frapp de la ressemblance des deux expressions que voici3 ,bacon3 ,proce$+ & resolv+ 9 all actions is necess>y3 =1 z he saye? well1 n to resolve is to resolve 7,col\rs ( good & evil1 ,,iv74 ,montaigne3 p>fois c'e/ bi5 *oisir de ne *oisir pas 7,,iii1 ,,ix1 t4 ,,vi4 #ahb74 ,voir miss ,norton1 ,! ,_s ( ,montaigne p4 #aa et ,bacon1 d4 ,sp$d+1 t4 ,,vii1 p4 #ha4 #bi ,j'ent5ds l'd4 augm5te de #afab1 dont on tr\v]a la reproduction dans l'd4 ,sp$d+1 tome ,,vi1 page #edc4 #cj ,on tr\v]a les s5t5ces dans le ,de augm5tis1 l4 ,,vi1 *4 ,,iii4 #ca ,bacon1 ,essais1 d4 #afab1 no ,,xxx1 d4 ,sp$d+1 tome ,,vi4 p4 #egf4 #cb ,montaigne1 ,i1 ,,xiii1 la f94 #cc ,bacon1 trad4 ,riaux1 tome ,,ii1 p4 #cdj1 d4 ,sp$d+1 p\r le texte de #afab1 tome ,,vi1 p4 #egb4 #cd ,montaigne1 ,,iii1 ,,ii4 #ce ,groanes & ,convulsions1 & a discol\r$ face1 & fri5ds' weep+s1 & ,blakes & obsequies1 & ! l1 %ew dea? t]rible4 7,essai ,,ii v]s le db74 #cf ,montaigne ,i1 ,,xx1 t4 ,i1 p4 #acb4 ,de mme qu& ,bacon dit3 ,il n'e/ po9t dans le coeur de l'homme de passion si faible qu'elle ne puisse surmont] la cra9te de la mort1 il peut p5s] aussi bi5 la ,v,ie ptre de ,snque qu' cette phrase de ,montaigne3 ,t\te op9ion e/ assez =te p\r se faire esp\s] au prix de la mort 7,i1 ,,xiv74 ,les exemples qu'il allgue ce sujet peuv5t tre suggrs p> l'un des modles aussi bi5 que p> l'autre4 #cg ,t\t p>ticulirem5t le *ap4 #bj du premi] livre ,que ,philosoph] c'e/ appr5dre m\rir et le ,x,i,ie *ap4 du livre ,,iii ,de la physionomie4 #ch ,outre l'essai de ,bacon 7,essai ,,ii7 on peut voir dans le ,de augm5tis1 livre ,,vii1 *ap4 ,,ii1 un passage o les mmes ides sont exprimes4 #ci ,! ,/oikes be/[$ too mu* co/ ^u dea?1 & by _! great prep>ations made x appe>e m fe>efull4 ,bett] sai? he1 qui f9em vit extremum int] mun]a ponat natur 7,essai ,,iii74 ,je ne rappro*e ici que l'ide4 ,celui dsigne non ,montaigne1 mais ,juvnal1 dont la phrase e/ cite en lat9 dans le texte anglais4 #dj ,montaigne ,,iii1 ,,xii1 t4 ,,vi1 p4 #bib4 ,ils s'en v5t]ont tant qu'il leur plaira1 tota philosophorum vita comm5tatio mortis e/1 mais il m'e/ advis que c'e/ bi5 le b\t1 non p\rtant le b de la vie444 ,au nombre de plusieurs autres (fices que compr5d le gnral et le pr9cipal *apitre de savoir vivre e/ cet article de savoir m\rir1 et des plus leg]s si no/re cra9te ne luy donnoit poids4 #da ,montaigne1 ,essais ,,ii1 ,,viii4 #db ,bacon1 d4 ,sp$d+ ,essay ,,vi4 t4 ,,vi1 page #edh4 #dc ,! illib]ality ( ,p>5ts 9 all[ance t[>ds _! *ildr5 is an h>mefull error3 makes !m base1 acqua9ts !m ) %ifts1 makes !m sort ) meane companie1 & makes !m surfet m1 :5 !y come to pl5ty4 7,essay ,,vi47 ,comp>] *ez ,montaigne ,essais ,,ii1 ,,viii1 tome ,,iii1 page #he4 #dd ,montaigne ,essais ,i1 ,,liv1 tome ,,ii1 page #bha sqq4 #de ,y a-t-il lieu de t5ir compte encore du p>allle que voici signal p> ,dieck[ 7p4 #fg78 ,montaigne3 ,il y en a plusieurs en ce temps qui disc\r5t de p>eille faon1 s\haitons que cette esmotion *aleureuse1 qui e/ p>my n\s1 se peu/ d]iv] quelque gu]re vois9e1 de peur que ces humeurs peccantes1 qui dom95t p\r cette heure no/re corps1 si on ne les esc\lle ailleurs1 ma9ti5n5t no/re fiebvre t\sj\rs en =ce1 et apport5t en f9 no/re entire ru9e4 ,et de vray1 une gu]re e/rangre e/ un mal bi5 plus d\x que la civile4 ,p> fois aussi ils ont esci5t n\rry des gu]res avec aucuns leurs ennemis1 non seulem5t p\r t5ir leurs hommes en hale9e1 de peur que l'oysivet mre de corruption ne leur apporta/ quelque pire inconv5i5t3 ,et patimur long pacis mala svior armis ,luxuria incumbit4 7,,ii1 ,,xxiii74 ,bacon3 ,a civil w> inde$ is l ! heat ( a fev]1 b a =eign w> is l ! heat ( ex]cice1 & s]ve? to keep ! body 9 heal?1 = 9 a slo?ful peace bo? c\rages wil effem9ate & mann]s corrupt4 7,greatness ( k+doms1 d4 ,sp$d+1 t4 ,,vi1 p4 #ehf47 #df ,montaigne ,,ii1 ,,viii1 t4 ,,iii1 p4 #hh4 #dg ,yet hee 0 reput$ "o ( ! wise m51 t made answ]e to ! "q3 :5 a man %\ld m>rie4--,a "y man n yet1 an eld] man n at all4 ,ed4 ,sp$d+1 tome ,,vi1 p4 #egi4 #dh ,cf4 p> exemple cette image d',ari/ote3 ,nei!r is ! anci5t ruse amisse1 to b5d nature z a w&1 to a contr>y extreame1 :]eby to set x "r4 7,essai ,,xxvi1 ,montaigne ,,iii1 ,x au db74 ,une citation de ,m>tial3 ,pr9cipis e/ virtus maxima nosse suos4 7,bacon d4 ,sp$d+1 t4 ,,vi4 p4 #eee1 ,montaigne ,,iii4 #h1 t4 ,,vi1 p4 #ii74 #di ,bacon4 ,essai4 ,,xxix1 d4 ,sp$d+1 t4 ,,vi1 page #edd4 #ej ,bacon4 ,essai ,,ii4 d4 ,sp$d+1 t4 ,,vi1 page #cgi4 #ea ,bacon1 ,essai ,,xxxvi1 d4 ,sp$d+1 t4 ,,vi1 p4 #ehb4 #eb ,de augm5tis1 livre ,,viii1 *ap4 #b4 #ec ,montaigne1 ,essai ,,ii1 ,,xviii1 t4 ,,iv1 p4 #bdf4 #ed ,montaigne1 ,essai ,,iii1 ,,ix4 #ee ,bacon1 ,essai ,x1 d4 ,sp$d+1 t4 ,,vi1 p4 #cig4 #ef ,montaigne1 ,essai ,i1 ,,xxviii4--,bacon1 ,essai ,,xxvii1 d4 ,sp$d+1 ,,vi4 p4 #dch4 #eg ,bacon1 ,essai ,,iii1 ( ,unity 9 ,religion2 ,montaigne ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iv4 p4 #cj4 #eh ,cf4 ,bacon1 ,essai ,,vii1 d4 ,sp$d+1 t4 ,,vi1 p4 #cia4 ,montaigne ,i1 ,,xxvi1 t4 ,,ii1 p4 #bf4 #ei ,m5 m>k :5 !y 7pr$ictions7 hit1 & nev] m>k :5 !y miss1 z !y d g5]ally also ( dreams4 7,essai ,,xxxv47 #fj ,montaigne ,i1 ,,xi1 t4 ,i1 p4 #ed4 #fa ,bacon1 ,essai ,,xv4 #fb ,montaigne ,i1 ,,xxii1 t4 ,i1 p4 #adi4 ,il e/ clair qu'il s]ait facile de multipli] les rappro*em5ts de cette sorte3 bon nombre d'ides morales sont communes aux deux auteurs4 ,je n'ai ret5u que les plus significatives1 celles qui ont quelque *ance d'avoir t suggres ,bacon p> ,montaigne4 ,on tr\v]a d'autres rappro*em5ts1 qui me p>aiss5t sup]flus1 dans les ouvrages ci-dessus m5tionns1 de ,reynolds1 de ,dieck[ et de miss ,grace ,norton4 #fc ,ce sont le mpris des gymnosophi/es indi5s p\r la d\leur1 les conte/ations qui dans c]ta9s pays s'lv5t entre les veuves qui aura l'honneur d'tre brle avec le corps du m>i dfunt1 l'endurance des jeunes g>ons de ,sp>te1 qui se laiss5t f\ett] devant l'autel de ,diane sans p\ss] un cri4 ,cf4 ,bacon1 ,essai ,,xxxix ,( ,cu/om & education2 ,montaigne ,i1 ,,xiv et ,,ii1 ,,xxxii4 ,il faut aj\t] t\tefois que ,cicron avait runi ces exemples dans ses ,tusculanes ,v1 #bf4 #fd ,bacon1 ,essai ,,xxxviii4--,montaigne ,i1 ,,xxvi1 t4 ,,ii1 p4 #cd4 ,l'ide sans d\te n'e/ pas trs orig9ale1 si je la note nanmo9s c'e/ qu'elle tait mo9s banale au ,x,v,ie sicle qu'auj\rd'hui1 c'e/ aussi qu'il y a dans les t]mes dont use ,bacon un mot qui rappelle trs prcism5t ,montaigne3 ,si v\s ne la =mez de bon heure1 dit ,montaigne1 la langue ne se peut pli] au langage des nations vois9es1 et ,bacon3 ,we see1 9 languages1 ! tongue is m pliant to expressions & s\nds444 #fe ,essai ,,xxiv1 d4 ,sp$d+1 t4 ,,iv1 p4 #dcc4 #ff ,a not] t\tefois que dans une p5se comme celle-ci1 ,bacon considre la "q t\t fait au mme po9t de vue que ,montaigne dans son essai ,de la vanit3 ,il e/ vrai que ce qui e/ tabli depuis longtemps et enrac9 p> l'habitude peut1 sans tre trs bon en soi-mme1 tre du mo9s plus conv5able1 et que les *oses qui ont longtemps m>* ensemble se sont aju/es et1 p\r a9si dire1 m>ies les unes aux autres1 au lieu que les in/itutions n\velles ne s'aju/5t pas si bi5 aux anci5nes1 et1 quelque utiles qu'elle puiss5t tre en elles-mmes1 elles sont t\j\rs un peu nuisibles p> ce dfaut de conv5ance et de con=mit4 7,essai ,,xxiv1 f974 ,voir aussi ,novum organum1 livre ,i1 aphorisme #ij4 #fg ,bacon1 ,essai ,i4 ,!re=e ,montaigne sai? prettily1 :5 he inquir$ ! reason1 :y ! ^w ( ! lie %\ld be su* a disgrace & su* an odi\s *>ge8 ,sai? he1 ,if x be well weigh$1 to say t a man lie?1 is z mu* to say1 z t he is brave t[>ds ,god & a c[>d t[>ds m54 7,essai ,i47 #fh ,bacon1 ,essai ,,xviii4 #fi ,travel1 9 ! y\ng] sort1 is a "p ( education2 9 ! eld]1 a "p ( exp]i5ce4 7,essai ,,xviii47 #gj ,montaigne1 ,essais ,i1 ,,xxvi1 t4 ,,ii1 p4 #cc4 #ga ,montaigne1 ,essais ,,iii1 ,,ix1 t\te la premire moiti du *apitre4 #gb ,voici p> exemple ce mot de ,platon que peu d'a?es sont assez f]mes dans leur a?sme p\r qu'un dang] pressant ne suffise les ram5] la religion4 ,bacon1 ,essai ,,xvi1 ,montaigne ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iii1 p4 #ahb4--,montaigne avait dit en franais ce mot rpt p> ,cicron dans ses ,tusculanes et son de ,f9ibus que ceux mmes qui criv5t du mpris de la gloire mett5t leur nom en tte de leur ouvrage et sacrifi5t a9si au dsir de la rputation 7,livre ,i1 ,essai ,,xli74 ,bacon cite en lat9 le passage de ,cicron4 ,essai ,,liv 7,( va9 glory74--,montaigne avait rappel le mot d',agsilas que l'am\r et la prud5ce ne peuv5t ensemble4 7,essais1 ,,iii1 ,v1 t4 ,,vi1 p4 #cb74 ,bacon semble bi5 y faire allusion lorsqu'il dit dans son essai de l'am\r1 p4 #bfj1 traduct4 ,riaux3 ,aussi a-t-on raison de dire qu'il e/ impossible d'tre en mme temps am\reux et sage4--,le ,hoc age que l'on r5contre plusieurs fois *ez ,montaigne se retr\ve au ,x,xe essai de ,bacon4--,voir aussi de "p et d'autre une allusion l'le fabuleuse dont ,platon p>le dans son ,time1 s\s le nom d',atlantide3 ,montaigne ,i1 ,,xxxi1 db2 ,bacon1 ,essai ,,lvii4 #gc ,la premire p>tie des ,essais de ,cornwallis p>ut en #afjj1 la seconde p>tie en #afja4 ,t\s tai5t donc publis antrieurem5t la traduction des ,essais de ,montaigne p> ,florio1 qui date seulem5t de #afjc4 ,mais de son aveu mme ,cornwallis avait lu en manuscrit cette traduction de ,florio4 ,je revi5drai ailleurs sur les ,essais de ,cornwallis et sur leurs emprunts ,montaigne4 ,,*apitre ,,iii ,,influ5ce ,,de ,,montaigne ,,sur ,,le ,de dignitate et augm5tis sci5ti>um ,l'oeuvre capitale de ,bacon1 celle qui lui assure une place considrable dans l'hi/oire de la p5se huma9e1 ce n'e/ pas son recueil d'essais1 c'e/ son admirable ,in/auratio magna1 ce plan gigantesque d'une dom9ation complte de la nature p> l'homme au moy5 de la sci5ce exprim5tale4 ,l aussi l'influ5ce de ,montaigne1 quoique mo9s app>5te1 e/1 je crois1 d'un intrt beauc\p plus gr&4 ,on d\t]a c]ta9em5t de cette influ5ce1 on s'tonn]a que celui que plusieurs gnrations en ,france ont reg>d comme un des matres du scepticisme1 celui qui a si vivem5t rabaiss les prt5tions de la raison huma9e1 ait pu prp>] les voies au p5seur qui1 le premi] dans les temps mod]nes1 a dev9 le p\voir de la sci5ce et qui a fond sur elle les plus ambitieuses esprances4 ,son action t\tefois me semble trs probable4 ,je vais essay] de montr] comm5t elle s'e/ ex]ce4 ,il e/ bi5 ent5du que je n'ai pas p>l] des oeuvres proprem5t sci5tifiques de ,bacon3 ,montaigne n'a ri5 voir avec elles4 ,il ne s'agit que des oeuvres philosophiques o ,bacon dgage l'ide de la sci5ce exprim5tale4 ,dans cette p>tie de l'oeuvre de ,bacon on peut di/+u] trois tapes3 avant t\t il lui faut affirm] sa foi en l'efficacit de la sci5ce1 et c'e/ p\rquoi il dbute p> un pangyrique de/9 en montr] la dignit et l'excell5ce4 ,c'e/ la matire qui remplit le premi] livre de son ,advancem5t ( le>n+ p>u en #afje4 ,ensuite1 dans un second livre du mme ouvrage qui fut plus t>d remani et divis en huit livres1 il df9it le b de la sci5ce1 dt]m9e les objets auxquels l'esprit huma9 devra s'atta*] et les rsultats qu'il doit espr] de ses ef=ts4 ,enf91 qu9ze ans plus t>d1 il expose la m?ode que la sci5ce doit suivre p\r ralis] la gr&e mission dont il l'a inve/ie4 ,dans *acune de ces trois p>ties1 apologie de la sci5ce1 dt]m9ation de son objet et exposition de sa m?ode1 il n\s faut re*]*] si l'influ5ce de ,montaigne e/ s5sible4 ,les deux premires con/itu5t le ,de ,dignitate et ,augm5tis sci5ti>um#gd4 ,la d]nire porte le titre de ,novum organum4 ,i4--,l',,apologie ,,de ,,la ,,sci5ce ,,et ,,le ,de dignitate sci5ti>um ,jusque dans l'apologie de la sci5ce on a cru relev] quelques rm9isc5ces de ,montaigne1 et l'on a pu se dem&] si ,bacon n'avait pas eu p\r objet de donn] la rplique ,montaigne1 l'illu/re contempteur des sci5ces4 ,je crois que cette hypo?se1 quelque sduisante qu'elle puisse tre1 n'e/ pas plus fonde que celle qui voit dans ,hamlet une critique du scepticisme de ,montaigne4 ,comme dans le cas des ,essais1 ici encore n\s sommes tromps p> notre ignorance de la littrature contempora9e4 ,elle n\s porte t\j\rs multipli] les dp5dances des gr&es oeuvres entre elles4 ,ne voyant plus qu'elles1 n\s supposons t\j\rs qu'elles se donn5t la rplique les unes aux autres ou qu'elles sont composes l'imitation les unes des autres1 et n\s ngligeons l'influ5ce des oeuvres secondaires et de c\rants littraires que n\s ne connaissons plus qu'au prix de laborieuses re*]*es4 ,cette apologie de la sci5ce e/ c]ta9em5t la mo9s intressante et la mo9s orig9ale des trois p>ties de l'oeuvre philosophique de ,bacon4 ,l'auteur avait donn une gr&e att5tion l'tude de la rhtorique3 ses ambitions politiques l'y invitai5t2 n\s l'avons vu compos] des recueils de lieux communs qui devai5t tre des manuels p\r les orateurs1 et en ma9ts endroits de ses crits le s\ci de la phrase ample1 ri*em5t cad5ce1 fatigue le lecteur mod]ne4 ,t\tefois1 dans aucun endroit de ses crits philosophiques plus que dans ce premi] livre du ,de ,dignitate et ,augm5tis sci5ti>um il n'a tant accord l'loqu5ce4 ,en plusieurs passages n\s croyons ent5dre une vritable dclamation d'cole4 ,bacon df5d d'abord les sci5ces et les lettres contre les ?ologi5s qui voi5t en elles des f]m5ts de libre p5se1 contre les politiques qui les accus5t d'n]v] les c\rages1 d'tre inutiles p\r l'action et de dvor] un temps prcieux2 enf9 contre les savants et les lettrs eux-mmes qui1 p> l'humilit de leur condition1 p> les c>ts de leur conduite1 dans leurs oeuvres p> un s\ci excessif de la =me1 p> la frivolit des que/ions auxquelles ils s'arrt5t1 p> la lgret de leurs affirmations1 p> mille autres dfauts encore1 expos5t au mpris du vulgaire l'objet de leurs travaux4 ,c'e/ la meilleure p>tie du plaidoy]4 ,il passe ensuite au pangyrique4 ,a vrai dire ,bacon rejette le nom de pangyrique1 il prt5d s'ab/5ir de t\te hyp]bole1 et dire seulem5t la valeur relle de la sci5ce4 ,mais son argum5tation1 ord9airem5t si vig\reuse1 se fait ici plus abondante et spcieuse que s]re et utile4 ,c'e/ d'abord dans l'exam5 des *oses div9es qu'il voit la preuve de la dignit de la sci5ce3 ,dieu a cr la matire en un in/ant1 il a mis six j\rs lui donn] sa =me2 c'e/ dcl>] qu'il place la sagesse au-dessus de la puissance1 les oeuvres de l'intellig5ce au-dessus de celles de la =ce4 ,d'aprs ,d5ys l',aropagite les anges de sagesse et de lumire sont plus levs dans la hir>*ie cle/e que les anges de la puissance et de l'action4 ,la mission d',adam dans le p>adis tait t\te contemplative1 'a t sa d*ance d'tre condamn des besognes actives4 ,dans les *oses huma9es ,bacon ap]oit la mme hir>*ie3 les hommes n'ont-ils pas des inv5teurs des arts1 ,bac*us1 ,crs et tant d'autres1 fait des dieux1 t&is que les fondateurs de nations dev5ai5t seulem5t des hros8 ,le my! d',orphe n'exprime-t-il pas t\t le pre/ige que l'humanit spontanm5t accorde la spculation8 ,enf9 il indique les avantages innombrables que la culture des lettres trane avec elle1 il montre qu'elle contribue faire les gr&s politiques et les gr&s gu]ri]s1 qu'elle fait fleurir t\tes les v]tus1 qu'elle apporte les ri*esses et les plaisirs les plus exquis4 ,et il conclut en citant le mot de l'vangli/e3 ,la sagesse a t ju/ifie p> ses enfants4 ,telle e/ en sub/ance cette apologie4 ,n\s n'y retr\vons ri5 de la m?ode prcise de ,montaigne4 ,cette fois encore ,bacon cont9ue une tradition dont n\s ne connaissons plus auj\rd'hui les pr9cipaux reprs5tants1 il obx une mode littraire qui explique le c>actre trangem5t sup]ficiel de son plaidoy]4 ,ce n'e/ pas ,montaigne qui gonfle a9si d'argum5ts et d'exemples d'app>at la phrase cicroni5ne de ,bacon4 ,des manies de fausse rudition ps5t ici l\rdem5t sur sa p5se4 ,il clt une conte/ation ouv]te depuis bi5 longtemps1 et1 p\r la clore1 il subit la m?ode de discussion dont ses devanci]s ont u4 ,p5dant t\t le ,x,v,ie sicle la "q de la valeur des sci5ces et des lettres a t l'ordre du j\r4 ,il n'e/ pas tonnant que la rsurrection des doctr9es anci5nes et la dc\v]te de l'imprim]ie l'ai5t rveille4 ,la culture littraire1 jusqu'alors conf9e dans le monde des cl]cs1 prt5dait conqurir la socit laque4 ,comm5t n'et-on pas discut de son utilit8 ,de l des pangyriques en?\sia/es de/9s emport] les suffrages4 ,ils se heurtr5t p\rtant un c\rant de raction4 ,c]ta9s esprits1 trs atta*s au *ri/ianisme1 s'inquitr5t du f]m5t de libre-p5se que les livres antiques semai5t aut\r d'eux4 ,on dc\vrait t\t un monde qui s'tait pass de la foi dans le ,*ri/ et de l'autorit de l',eglise1 qui1 p> la seule =ce de la raison1 avait prt5du btir une morale et dc\vrir t\tes sortes de vrits3 n'tait-il pas cra9dre qu'on v\lt imit] ces anci5s tant admirs qu'on =tifit sa raison leur contact1 et qu'on prt5dt la libr] de t\te entrave8 ,les deux pr9cipaux reprs5tants de cette manire de voir sont ,franois ,pic de la ,mir&ole#ge et ,corneille ,agrippa4 ,agrippa surt\t a j\i d'une gr&e vogue4 ,dans son ,de inc]titud9e et vanitate sci5ti>um1 exam9ant t\tes les sci5ces l'une aprs l'autre1 il montre la fragilit et l'inanit de *acune d'elles1 surt\t les dang]s que le savoir prs5te p\r notre prsomptueuse nature1 et il t]m9e en conjurant ses contempora9s de lire sans cesse les sa9tes ,ecritures1 et de se t5ir conva9cus que l sont ramasses t\tes les connaissances que ,dieu n\s a p]mis d'acqurir4 ,le srieux de sa ?se e/ t\ff s\s un amas d'argum5tations puriles1 d'allgations pdantesques et d'affirmations fantaisi/es4 ,cet ouvrage1 qui fut trs rp&u au ,x,v,ie sicle1 reprs5tait dans le gr& public ce qu'on peut appel] l'opposition ?ologique la sci5ce4 ,ce ne fut pas la seule4 ,la noblesse1 en ,anglet]re comme en ,france1 rsi/a longtemps avant de cd] l'idal n\veau4 ,elle affectait volonti]s de mpris] les savants4 ,elle opposait la gr&eur des lettres la dignit des armes qui1 seule1 lui semblait conv5ir des hommes bi5 ns4 ,il y avait l un po9t de vue p\r conte/] la valeur des sci5ces1 et il semble avoir j\i d'une gr&e faveur dans les c]cles lettrs du temps4 ,on discuta p]te de vue sur les mrites respectifs des lettres et des armes4 ,c$ant arma tog1 avait crit ,cicron4 ,il f\rnissait quelques argum5ts aux deux p>tis4 ,le ,c\rtisan de ,baldass>e ,ca/iglione avait repris ce ?me4 ,on p\rrait dress] une =t longue li/e d'crits o on le retr\ve1 et la f9 du sicle l'intrt qu'on y pr5d ne semble pas encore puis4 ,on n'apportait pas plus de srieux ces dbats qu'aux dbats sur la bont et la mauvaiseti de la femme1 sur le m>iage1 et autres que/ions similaires1 qui n'tai5t pas mo9s en faveur4 ,a dvelopp] ces lieux communs1 qu'on se transmettait de ma9 en ma91 une sorte de tradition se =mait4 ,on leur dem&ait non de la n\veaut1 mais de l'abondance1 un /yle amp\l1 quelques exemples pris l'antiquit4 ,les auteurs se rptai5t l'un l'autre avec une s]vilit inconcevable4 ,c]ta9s argum5ts et c]ta9s exemples se retr\v5t presque uni=mm5t dans t\tes les diss]tations de ce g5re4 ,il en e/ que ,bacon a repris son t\r3 l'anecdote du c(fret prcieux de ,d>ius1 qu',alex&re rs]ve ,homre1 le mot qu'on lui prte sur le tombeau d',a*ille4 ,il rappelle aprs tant d'autres que ,cs> a t l'un des plus fameux criva9s de ,rome1 et qu',alex&re a reu les leons d',ari/ote1 p\r en infr] que la culture des lettres e/ prcieuse ceux mmes qui s'adonn5t aux armes4 ,il dcl>e quelque "p qu'il nglig]a c]ta9es considrations1 comme1 p> exemple1 que p> la sci5ce n\s n\s levons au-dessus des brutes et autres tels argum5t rebattus1 dit-il4 ,c'e/ indiqu] que les diss]tations sur ce lieu commun lui sont familires2 mais1 en dpit de ses int5tions1 il a fait trop de place aux argum5tations rebattues4 ,malgr des obs]vations intressantes et des analyses prcises1 la diss]tation de ,bacon rappelle t\te cette tradition1 elle s'y ratta*e troitem5t4 ,elle a cons]v beauc\p de sa frivolit4 ,montaigne1 sans d\te1 n'tait pas re/ trang] ce dbat4 ,il s'tait rang rsolum5t p>mi les adv]saires de la sci5ce4 ,il n'a pas ddaign de faire quelques emprunts1 lui aussi1 aux fatras d'argum5ts et d'exemples que lui (fre ,corneille ,agrippa4 ,il e/ vrai que son scepticisme l'g>d de la sci5ce repose sur des raisons plus solides#gf4 ,ri5 p\rtant ne donne suppos] que ,bacon ait v\lu lui rpondre4 ,les ef=ts qu'on a t5ts p\r tablir des rappro*em5ts entre ce premi] livre de ,bacon et les ,essais de ,montaigne n'ont ab\ti qu' des rsultats bi5 peu conva9cants4 ,l'image que voici se retr\ve sans d\te *ez ,montaigne1 mais elle y e/ pe9e indique1 et il e/ bi5 peu croyable qu'elle ait t suggre p> lui4 ,aux yeux de qui contemple l'imm5sit des *oses et la totalit de l'univ]s1 dit ,bacon1 le globe t]re/re1 avec t\s les hommes qui l'habit5t1 ne sembl]a ri5 de plus qu'un petit gr\pe de f\rmis1 dont les unes *>ges de gra91 les autres portant leurs oeufs1 d'autres vide ramp5t et trott5t aut\r d'un petit tas de p\ssire#gg4 ,montaigne disait en p>lant des tr\bles de la gu]re qui n\s meuv5t si =t3 ,ce n'e/ que f\rmilli]e esmeue ete es*auffe#gh4 ,cette image tait t\t au long *ez ,luci5#gi et c'e/ *ez ,luci5 sans d\te que ,bacon l'a prise1 bi5 plutt que *ez ,montaigne4 ,les autres rappro*em5ts qu'on p\rrait tablir ne sont gure de mme que des s\v5irs de l'antiquit qui sont communs aux deux auteurs4 ,il en e/ dans le nombre qui prs5t5t des div]g5ces telles que ,montaigne n'e/ videmm5t pas la s\rce de ,bacon#hj4 ,d'autres tai5t trop vulg>iss p\r qu'il y ait lieu d'en ri5 infr]#ha4 ,a reg>d] les *oses de plus haut et comp>] les ides qui sont dveloppes p> nos deux auteurs1 ,montaigne avait insi/ sans d\te sur les inconvni5ts de la culture des lettres1 qui1 son avis1 met en pril la foi religieuse1 qui effm9e les c\rages et que dcrie le pdantisme de ses p>tisans4 ,on retr\ve donc bi5 *ez lui t\s les repro*es dont ,bacon prt5d la lav]4 ,mais ils sont p>t\t ailleurs encore1 et ri5 dans la =me que ,bacon donne l'expression de ses ides ne rvle qu'il ait eu le desse9 de pr5dre ,montaigne p>tie plutt que t\t autre dtracteur des sci5ces4 ,l'opposition mme de leurs p5ses n'e/ pas aussi complte qu'on p\rrait d'abord le suppos]1 et il n'y a pas que des contradictions signal] entre elles4 ,si ,montaigne avait fait la critique du pdantisme1 ,bacon ne l'entrepr5d pas avec mo9s d'a*>nem5t af9 de montr] aux pdants p> quels dfauts ils s'alin5t la considration publique1 et af9 de dgag] la vraie sci5ce de la fausse op9ion qu'ils en donn5t#hb4 ,montaigne avait t\rn en ridicule ceux *ez qui le s\ci des mots t\ffe celui des p5ses#hc1 il avait dnonc la vanit des que/ions agites p> les savants1 qui ne s]v5t de ri5 au bonheur ou la sagesse des hommes#hd1 les gloses p\rsuivies jusqu' l'inf9i1 gloses p> de n\velles gloses qui sont ensevelissant le s5s du texte#he au lieu de l'claircir2 il avait repro* aux savants leurs dsaccords augm5ts plaisir et p> vanit1 dsaccords dont le vulgaire pr5d prtexte p\r conclure que t\s se tromp5t galem5t4 ,t\s ces mmes dfauts sont signals et invectivs p> ,bacon4 ,avant ,bacon1 mais sans en faire comme ,bacon un repro*e aux g5s de lettres1 il avait rem>qu que l'tude les r5d p>fois incapables du maniem5t des affaires1 en plaant trop haut leur idal#hf4 ,il s'tait mme *>g quelquefois de df5dre les vrais savants contre des repro*es inju/es3 en p>lant de son *] ,turnbe1 n'avait-il pas rpondu ceux qui font un crime aux hommes de cab9et de leur gau*]ie et de quelque faon ext]ne qui peut n'tre pas civilise la c\rtisane1 que ce sont l *oses de nant1 et que ce n'e/ pas la rvr5ce1 au ma9ti5 et aux bottes d'un homme qu'on reg>de quel il e/#hg4 ,n'avait-il pas dit que la vraie sci5ce n'e/ pas contraire la religion1 ide *re ,bacon1 puisque 7n\s l'avons vu7 il doit la repr5dre dans ses ,essais8 ,si peu de sci5ce c>te de la religion1 dit ,bacon aprs ,montaigne1 beauc\p de sci5ce y ramne4 ,bue longs traits1 la philosophie1 qui avait d'abord conduit l'a?isme1 n\s r5d la foi#hh4 ,en t\t cela ,montaigne a-t-il aid ,bacon dgag] ses propres op9ions8 ,il e/ possible4 ,nulle "p cep5dant les expressions des deux auteurs ne sont assez vois9es les unes des autres p\r que n\s ayons pr\v le beso9 de cit]4 ,nulle "p on ne r5contre ces similitudes v]bales qui dcl5t une influ5ce directe4 ,en somme1 je ne tr\ve dans l'apologie de la sci5ce ni une opposition complte au po9t de vue de ,montaigne1 ni des rm9isc5ces qui soi5t de nature n\s pr\v] qu'en crivant ,bacon avait le texte des ,essais prs5t l'esprit4 ,s'il s'tait propos de rpondre ,montaigne1 je ne d\te pas que son apologie y et gagn4 ,lorsqu'en la lisant1 en effet1 il n\s arrive de p5s] ,montaigne1 ce n'e/ que dans les passages les plus solides1 dans ceux o l'analyse se fait le plus pntrante4 ,la p5se d'un p>eil adv]saire1 le plus srieux assurm5t des adv]saires avec lesquels sur un p>eil t]ra9 il p\vait se mesur]1 et pu l'invit] donn] un peu de poids son plaidoy]4 ,en ralit1 ,montaigne ne lui a pas du t\t masqu la tradition du ,x,v,ie sicle4 ,le gt des amplifications faciles1 des argum5ts spcieux1 sans consi/ance1 des exemples us1 e/ v5u jusqu' lui et l'on retr\ve encore *ez lui t\t un bric--brac de dclamations vides1 qui peut-tre ne lassai5t pas encore4 ,malgr des pages prcises1 dont il ne faut pas mconnatre la valeur1 cette introduction de ,bacon re/e un morceau d'app>at autant qu'une pr(ession de foi s9cre4 ,,ii4--,l',,objet ,,de ,,la ,,sci5ce ,,et ,,le ,de augm5tis sci5ti>um ,bacon a df5du la sci5ce contre ses adv]saires4 ,il a ni une p>tie des dfauts qu'on lui impute1 reconnu les autres1 mais en dmontrant qu'ils ti5n5t des circon/ances passagres1 qu'ils ne sont pas inhr5ts son ess5ce4 ,quelle se ressaisisse et s'organise1 elle f]a voir qu'elle e/ capable de ralis] des prodiges4 ,elle n'a beso9 que de deux *oses1 que ,bacon va lui donn]3 un objet bi5 df9i1 et une m?ode rationnelle4 ,j'essay]ai de montr] t\t l'heure que ,montaigne a peut-tre une "p importante dans la conception de la m?ode de la sci5ce *ez ,bacon1 mais n\s allons con/at] d'abord qu'il e/ p\r peu de *ose dans la dt]m9ation de son objet4 ,une fois de plus n\s n\s tr\v]ons en prs5ce de rappro*em5ts assez nombreux1 mais1 les pes]1 n\s v]rons qu'ils pr\v5t peu1 et qu'ils ne con/itu5t pas au passif de ,bacon une dette bi5 importante env]s son devanci]4 ,c'e/ assi/] l'une des plus r>es m]veilles que n\s (fre l'hi/oire des lettres huma9es que de voir ,bacon1 au milieu de l'an>*ie intellectuelle du temps1 appliqu] avec une prodigieuse puissance son concept de sci5ce t\s les objets de la nature et de la p5se1 organis] rationnellem5t aussi bi5 l'tude de l'hi/oire que celle de la mdec9e1 de la philosophie1 de la logique1 de la morale1 de la politique1 con/itu] enf9 ce globe intellectuel1 globe de cri/al1 o t\s les lm5ts du globe rel sont reflts4 ,p>t\t aut\r de lui la raison ttonne1 elle n'a encore aucune m?ode f]me2 et du premi] c\p ,bacon prvoit et organise t\tes les conqutes qu'elle t5t]a dans l'av5ir4 ,a div]ses reprises1 ,bacon rpte qu'on s]a tonn qu'un homme ait pu p5s] tant de *oses si n\velles3 on peut tr\v] dplaisant de le lui ent5dre dire2 l'loge e/ ju/ifi nanmo9s4 ,a le lire1 n\s avons p>fois l'impression d'ent5dre une prophtie1 un oracle qui lve le voile de l'av5ir4 ,il sait qu'il faudra des sicles p\r ralis] l'oeuvre qu'il projette4 ,il e/ p5* t\t enti] sur cet av5ir de conqutes sci5tifiques4 ,c]tes1 ce n'e/ pas ,montaigne1 le timide ,montaigne t\j\rs occup raill] les prt5tions de la raison1 qui lui inspire de si va/es esprances4 ,si l'on *]*e lev] le my/re d'une si puissante conception1 on reconnatra1 je crois que1 comme les ,essais de ,bacon et son apologie de la sci5ce1 l'ide qu'il se fait du b de la sci5ce s'explique en p>tie p> les s\v5irs d'un pass qu'on ne songe gure voqu] qu& on p>le d'une oeuvre aussi mod]ne d'allure4 ,bacon doit beauc\p aux al*imi/es et aux pseudo-savants qu'il attaque et dont son oeuvre prp>e la ru9e4 ,lisez les premi]s aphorismes1 un peu arides peut-tre mais trs clairs1 du second livre du ,novum organum#hi1 v\s y v]rez nettem5t que la prt5tion de ,bacon1 c'e/ de dom9] la nature tel po9t qu'une sub/ance quelconque tant donne1 n\s puissions la trans=m] notre gr en une autre sub/ance4 ,voil les applications qu'il att5d des sci5ces physiques et naturelles bi5 con/itues4 ,n'tait-ce pas l la rv]ie des al*imi/es qui se faisai5t =ts de fabriqu] de l'or dans leurs creusets8 ,avec mo9s de navet et une rigueur rationnelle dans l'exposition1 ,bacon aspire au mme p\voir sur la nature2 il espre1 lui aussi1 fabriqu] de l'or4 ,les applications qu'il fait de cette notion aux div]ses spcialits s'expliqu5t surt\t p> la vigueur d'une p5se qui1 d'une ide1 sait dduire jusqu'au b\t t\tes les consqu5ces qu'elle comporte1 qui sait embrass] un pr9cipe dans t\te sa ri*esse et t\te sa complexit4 ,il y a t aid t\tefois p> c]ta9s spciali/es qui avai5t su recueillir avant lui l'hritage de l'antiquit et dans des adaptations et des travaux orig9aux donn] un c]ta9 corps leurs sci5ces respectives4 ,ceux-l lui ont s+ulirem5t prp> les voies4 ,en politique1 p> exemple1 ,ma*iavel a eu une influ5ce considrable4 ,dans son ,pr9ce1 et plus encore dans ses ,disc\rs sur la premire dcade de ,tite-,live1 il unit ses expri5ces p]sonnelles celles que lui avai5t lgues les anci5s dans leurs hi/oires4 ,c'e/ bi5 des faits1 d'une psy*ologie trs relle des passions huma9es1 qu'il e/ p>ti2 c'e/ aussi des =mules gnrales de/9es aux applications pratiques qu'il prt5d ab\tir4 ,bacon tr\vait en lui l'esprit sci5tifique tel qu'il le concevait4 ,c]ta9em5t la lecture de ,ma*iavel l'a beauc\p aid t5dre sa notion de la sci5ce au doma9e des faits politiques#ij4 ,si aucune lecture tait capable de dc\rag] ,bacon de sa gigantesque entreprise1 de lui c\p] les ailes1 c'tait bi51 semble-t-il1 la lecture des ,essais de ,montaigne3 propos de la logique1 de la rhtorique1 de la mdec9e1 il avait se prmunir contre sa p5se dissolvante4 ,plus encore il avait se g>d] de la contagion de cet esprit critique qui se dfie de t\te ide ambitieuse1 qui exam9e t\t la l\pe4 ,une p5se aussi s\ple que celle de ,montaigne1 sans d\te1 pntre p>t\t1 prs5te des bau*es de t\tes les ides4 ,on p\rrait cit] tel passage o il pe9t avec son bonheur habituel d'expression le progrs cont9u des sci5ces qui ne se jett5t pas en m\le1 mais se =m5t et se figur5t peu peu en les maniant et polissant comme l'ours l*e ses petits4 ,ce n'e/ qu'une *appe3 dans un in/ant1 il se ret\rn]a contre la sci5ce1 et montr]a que son prt5du progrs n'e/ qu'un passage d'une hypo?se une autre hypo?se aussi peu solide4 ,mais ,montaigne e/ un spciali/e1 lui aussi2 c'e/ dans le doma9e de sa spcialit seul1 et p\r con/itu] l'ide de la sci5ce morale1 qu'il a pu second] ,bacon4 ,nul au ,x,v,ie sicle n'a p\ss si lo9 que lui l'enqute morale4 ,nul n'y a apport un esprit aussi prcis4 ,son oeuvre e/ p>allle celle de ,ma*iavel3 il contrle son expri5ce p]sonnelle p> celle des gr&s criva9s de l'antiquit1 et *]*e dgag] a9si des rgles morales comme ,ma*iavel pose des rgles politiques4 ,on p\rrait tre t5t de croire que l'action de ,montaigne a t semblable celle de ,ma*iavel4 ,je p5se qu'elle a t analogue1 mais mo9s efficace4 ,n\s n'avons que peu d'enseignem5t tir] d'une diza9e de s\v5irs antiques qu'on s'e/ plu retr\v] la fois dans les ,essais de ,montaigne et dans le ,de augm5tis4 ,p\r quatre de ces r5contres1 la v]sion de ,bacon diffre de celle de ,montaigne#ia4 ,dans deux autres cas1 ,bacon n\s r5voie directem5t la s\rce anci5ne#ib4 ,il e/ vrai que1 t\t en indiquant une rfr5ce la s\rce premire1 il peut faire usage d'un int]mdiaire1 et il e/ vrai encore que les d=mations lui sont =t habituelles2 il s]ait bi5 tmraire nanmo9s de prt5dre que ,montaigne a suggr ces allgations4 ,re/5t quatre ou c9q cas o ,bacon n'indique pas de s\rce#ic1 et o son allgation e/ con=me celle de ,montaigne4 ,aj\tons que dans son recueil d'apophtegmes1 qui a t compos p\r ralis] un des po9ts du programme trac dans le ,de augm5tis1 une d\za9e de mots fameux de l'antiquit sont repris sur lesquels ,montaigne avait insi/ dj4 ,ces faits incl95t nos esprits admettre une relation entre les deux oeuvres4 ,il s]ait has>deux t\tefois d'en tir] une conclusion autre que celle-ci3 que ,bacon s'intresse aux mmes exemples que ,montaigne1 que sa curiosit e/ attire p> les mmes objets4 ,quelques similitudes d'ides entre nos deux criva9s sont signal]4 ,bi5 ent5du1 n\s les *]*]ons surt\t dans les livres ,,vii et ,,viii de ,bacon1 o il e/ trait de la morale et de la sci5ce civile4 ,n'oublions pas1 au re/e1 que ,bacon n'expose pas ses ides morales4 ,il l'a fait dans les ,essais et n'y revi5t qu'accessoirem5t ici4 ,son objet e/ de fray] la voie une sci5ce des moeurs4 ,n\s ne sommes donc pas en droit d'att5dre un gr& nombre de similitudes4 ,l'idal de la sant du corps1 p\r ,bacon#id1 e/ la sant qui met en tat de support] t\tes sortes de *angem5ts et de s\t5ir t\tes espces de *oses4 ,c'e/ exactem5t l'idal que ,montaigne proposait son disciple qu& il lui donnait comme modle la m]veilleuse nature d',alcibiades qui savait se trans=m] si aisem5t faons si div]ses1 sans int]e/ de sa sant surpassant tanto/ la somptuosit et pompe p]si5ne1 tanto/ l'au/]it et frugalit lac$emoni5ne1 autant re=m en ,sp>te comme voluptueux en ,ionie#ie4 ,montaigne revi5t frquemm5t sur cette ide4 ,dans les d]ni]s jugem5ts qu'il a ports sur ,alex&re#if1 sur ,cs>#ig1 sur ,socrate#ih1 on con/ate que c'e/ avant t\t cette flexibilit de leur me1 cette s\plesse s'adapt] t\tes les circon/ances de la vie qui l'ont sduit4 ,bacon raille la *imre de la sagesse /oque et les prt5tions des philosophes3 ,voyez sur quel ton t\t fait tragique ,snque n\s dit3 ,quoi de plus gr& que de voir un tre aussi fragile que l'homme atte9dre la scurit d'un ,dieu6#ii ,montaigne a *oisi *ez ,snque un autre passage1 d'ailleurs dta* de la mme ptre#ajj1 p\r le t\rn] en drision#aja1 mais l'esprit qui l'anime e/ le mme et1 comme ,bacon1 les rodomontades /oci5nes le div]tiss5t bi5 s\v5t4 ,bacon repro*e en p>ticuli] aux sectateurs de ,znon de tr\bl] les esprits et de les t]roris] avec leurs remdes contre la peur de la mort4 ,c]tes la plup>t des doctr9es des philosophes n\s p>aiss5t tre trop timides et pr5dre1 en faveur des hommes1 plus de prcautions que la nature ne le veut1 p> exemple1 lorsque1 v\lant remdi] la cra9te de la mort1 ils ne font que l'augm5t]4 ,comme ils ne font de la vie huma9e qu'une sorte de prp>ation sa f91 d'appr5tissage de la mort1 il e/ =c qu'un ennemi contre lequel on fait tant de prp>atifs p>aisse bi5 t]rible et bi5 r$\table#ajb4 ,montaigne avait d'abord p5s que la mort devait tre notre proccupation con/ante1 mais il avait si bi5 *ang d'op9ion qu' la f9 de sa vie il avait prote/ aussi n]giquem5t que ,bacon contre cette m?ode contre nature4 ,son essai ,de la physionomie e/ ple9 de cette p5se4 ,il y critique le mot de ,cicron tota philosophorum vita comm5tatio mortis e/1 et rplique que la mort n'e/ po9t le b mais seulem5t le b\t de la vie#ajc4 ,p> de nombreux exemples1 il montre que t\te cette va9e prp>ation n\s effraie au lieu de n\s tranquillis]1 et n\s r5d insupportable la mort que l'homme de la nature s\ffre sans motion4 ,aprs ,montaigne1 ,bacon e/ si pntr de cette ide que 7n\s l'avons con/at7 il la repr5dra dans ses ,essais quelques annes plus t>d4 ,d'autres ides communes aux deux auteurs1 qui doiv5t rep>atre dans les ,essais de #afab1 tr\v5t dans l',advancem5t ( le>n+ leur premire expression4 ,sans y rev5ir1 je me cont5te d'indiqu] le fait4 ,a titre d'exemple on p\rra voir1 au *ap4 ,,iii du livre ,,vi1 ce que ,bacon dit de la mort et de l'esprit d'innovation4 ,bacon#ajd et ,montaigne#aje s'accord5t dcl>] que1 p\r bi5 connatre les moeurs d'un homme1 c'e/ ses dome/iques et ceux qui viv5t familirem5t avec lui qu'il convi5t de s'adress]4 ,t\s deux voi5t dans les reprs5tations ?trales un excell5t ex]cice p\r la jeunesse1 et ils les recomm&5t aux ducateurs#ajf4 ,qu& on ent5d ,bacon proclam] ,epitomes are ! mo?s & corruptions ( le>n+#ajg1 le mot de ,montaigne revi5t la mmoire3 ,t\t abrg sur un bon livre e/ un sot abrg#ajh4 ,ces d]ni]s rappro*em5ts t\tefois sont peu significatifs4 ,il e/ plus intressant peut-tre de con/at] que1 de mme que ,montaigne#aji1 ,bacon donne l'assass9 de ,guillaume d',orange comme un modle de f]met dans la d\leur#aaj4 ,une image aussi leur e/ commune qui p\rrait bi5 trahir une rm9isc5ce4 ,bacon3 ,s z ,diog5es' op9ion is to be accept$1 :o comm5d$ n !m :i* ab/a9$1 b !m :i* su/a9$ & c\ld refra9 _! m9d 9 praecipitio1 & c\ld give unto ! m9d 7z is us$ 9 horseman%ip7 ! %orte/ /op or turn#aaa4 ,montaigne3 ,c'e/ *ose difficile de f]m] un propos et de le c\pp] despuis qu'on e/ arr\t1 et n'e/ ri5 o la =ce d'un *eval se cognoi/ plus qu' faire un arre/ rond et net#aab4 ,p\r la plup>t1 ces textes de ,bacon figur5t dj dans l'dition anglaise de #afje4 ,il convi5t de rappel] encore qu'en #afbc1 au mom5t o ,bacon complte son oeuvre et la traduit en lat91 le p]sonnage de ,montaigne e/ prs5t son esprit1 non pas seulem5t l'auteur1 mais l'homme qui s'e/ dcrit dans ses ,essais3 ,ceux qui1 n\s dit-il1 ont naturellem5t le dfaut d'tre trop la *ose1 trop occups de l'affaire qu'ils ont actuellem5t dans les ma9s1 et qui ne p5s5t pas mme t\t ce qui survi5t 7ce qui1 de l'aveu de ,montaigne1 tait son dfaut71 ces g5s-l peuv5t tre de bons m9i/res1 de bons adm9i/rateurs de rpubliques1 mais s'il s'agit d'all] leur propre =tune1 ils ne f]ont que boit]#aac4 ,l'ide ici exprime ne rpond que bi5 imp>faitem5t celle que ,montaigne donne de lui-mme dans le *apitre intitul ,de l'utile et de l'honne/e#aad4 ,ma conviction e/ qu'il n'y a pas lieu de *]*] un texte prcis1 que ,bacon n'en avait aucun dans la p5se4 ,il y a l sans d\te un effet de sa nglig5ce habituelle4 ,mais e/-il p>adoxal de voir dans l'imprcision de cette allgation s9on une preuve1 du mo9s une invitation croire que ,montaigne tait familirem5t connu de ,bacon8 ,on fait une allusion prcise un texte qu'on vi5t de lire1 ne l'et-on p>c\ru qu'une seule fois4 ,s'agit-il1 au contraire1 d'un ouvrage auquel on revi5t de temps autre1 on en p>le d'aprs les s\v5irs et les impressions qu'il a laisss4 ,on apprcie le c>actre de l'auteur qui s'y pe9t d'aprs l'ide globale qui se dgage de son livre4 ,on s'y trompe d'ailleurs quelquefois4 ,j'aj\te que dans le mme passage1 ,bacon dveloppe des recomm&ations qui sont p>ticulirem5t *res ,montaigne#aae1 celle-ci1 p> exemple1 qu'il faut vit] de se ml] inconsidrm5t de trop de *oses2 cette autre surt\t que le premi] des prceptes1 p\r bi5 agir1 e/ de se connatre soi-mme4 ,l'oracle qui n\s dit3 ,connais-toi toi-mme1 n'e/ pas seulem5t une rgle gnrale de prud5ce1 mais un prcepte qui ti5t le premi] rang en politique4 ,on sait quelle l>ge place lui a t faite dans les ,essais4 ,si l'on rappro*e ces indications des con/atations que n\s avons faites en tudiant les ,essais de ,bacon1 on s]a port croire que ,montaigne e/ l'un des morali/es dans la famili>it desquels ,bacon a =tifi et /imul sa propre rflexion morale4 ,voici qui e/ plus prcis3 avant ,bacon1 ,montaigne avait indiqu les s\rces de la sci5ce morale2 il avait dit que les ouvrages des potes et des hi/ori5s tai5t ses livres prfrs1 ceux dont il n\rrissait sa p5se#aaf4 ,au *apitre ,de l'in/itution des enfans1 il a montr quel pr(it p\r la vie pratique on p\vait tir] des hi/oires1 et p>ticulirem5t des biographies de ,plut>que4 ,les hi/ori5s1 dit-il encore1 sont ma droitte bale3 c> ils sont plaisans et aysez2 et quant l'homme en gnral1 de qui je *]*e la congnoissance1 y p>oi/ plus vif et plus enti] qu'en nul autre lieu2 la v>it et vrit de ses conditions int]nes1 en gros et en dtail1 la div]sit des moy5s de son assemblage et des accid5ts qui le m5ac5t4 ,or ceux qui escriv5t les vies1 d'autant qu'ils s'amus5t plus aux conseils qu'aux vnem5s1 plus ce qui "p du d$ans qu' ce qui arrive au dehors1 ceux-l me sont plus propres3 voyl p\rquoy en t\tes sortes1 c'e/ mon homme que ,plut>que#aag4 ,bacon n'avait qu' recueillir des indications aussi nettes4 ,s'il faut dire ce que n\s p5sons sur ce po9t1 crit-il au sujet de la connaissance des passions huma9es1 les vritables matres en cette sci5ce1 ce sont les hi/ori5s et les potes2 eux seuls1 en n\s donnant une sorte de pe9ture vive et d'anatomie1 n\s enseign5t comm5t on peut d'abord excit] et allum] les passions1 puis les modr] et les ass\pir2 comm5t aussi on peut les cont5ir1 les rprim]1 emp*] qu'elles ne se produis5t au dehors p> des actes2 comm5t encore1 malgr les ef=ts qu'on fait p\r les comprim] et les t5ir ca*es1 elles se dcl5t et se trahiss5t2 quels actes elles enfant5t4441 et une inf9it d'autres *oses de cette espce#aah4 ,bacon revi5t div]ses reprises sur cette ide1 et il ne mconnat pas non plus la valeur du g5re biographique4 ,ce sont les biographies qui s]viront surt\t con/ruire la sci5ce des affaires4 ,comme c'e/ l'hi/oire des temps qui f\rnit les meilleurs matriaux p\r les diss]tations sur la politique1 ce sont aussi les vies p>ticulires qui f\rniss5t les meilleurs docum5ts p\r les affaires1 p>ce qu'elles embrass5t t\te la v>it et t\t le dtail des affaires et des occasions tant gr&es que lgres#aai4 ,l t\tefois s'arrte la ressemblance4 ,l'usage que ,montaigne a fait de ces s\rces e/ trs diffr5t de celui que ,bacon en v\lait faire4 ,ce que ,bacon dem&e1 c'e/ une enqute m?odique qui ab\tisse une vritable ?rapeutique de l'me4 ,il veut qu'au moy5 des lettres1 des papi]s des ngociateurs1 au traits ess5tiels les pr9cipaux types de c>actres af9 de les catalogu]4 ,cela fait1 avec la mme prcision1 on entrepr5dra l'tude des affections1 des passions1 on en dt]m9]a les causes1 on en mesur]a les effets1 on en dress]a un inv5taire raisonn et pratique4 ,enf91 et c'e/ une troisime enqute faire *ez les hi/ori5s et les potes1 il faudra exam9] t\tes les =ces p> lesquelles on peut agir sur les mes2 la c\tume1 l'ducation1 la l\ange1 la frqu5tation1 l'amiti2 il faudra prcis] les conditions dans lesquelles elles agiss5t1 l'int5sit et la dure de leur action4 ,a9si1 qu& la sci5ce morale s]a con/itue1 si n\s n\s tr\vons en face d'un homme1 n\s n'aurons qu' reconnatre quel type app>ti5t son tempram5t1 quelles sont les passions qui l'agit5t1 et n\s connatrons les remdes qui n\s p]mettront de le gurir de ses dfauts1 les ressorts qui le f]ont agir notre volont4 ,peut-tre j'exagre1 en le prcisant1 le dt]m9isme de ,bacon2 peut-tre il n'a pas l'illusion que sa mdec9e morale puisse tre jamais si rig\reuse2 nanmo9s dans l'ensemble telle e/ bi5 sa p5se4 ,on s5t quel abme sp>e un p>eil tat d'esprit de celui de ,montaigne4 ,montaigne a analys avec pntration c]ta9es de ces =ces morales dont ,bacon dem&e l'tude3 la c\tume1 p> exemple1 l'amiti1 la gloire1 et de t\tes ces analyses un disciple de ,bacon p\rrait tir] gr& pr(it2 il a dit des *oses =t ju/es sur la plup>t des passions huma9es1 mais jamais il ne l'a fait avec la m?ode que rclame ,bacon1 je veux dire avec l'int5tion d'clair] t\tes les faces de la "q qu'il traite1 de subordonn] son tude une f9 dt]m9e4 ,il a bi5 employ quelque "p avant ,bacon le mot de sci5ce morale1 mais dans sa b\*e ce mot avait un s5s diffr5t1 le s5s habituel du seizime sicle1 et n'entranait aucune autre ide que celle de connaissance4 ,de c>actres1 il a dcl> hautem5t qu'il tudiait le si5 et ri5 que le si51 qu'il ne jetait un reg>d sur les autres que p\r clair] p> le contra/e sa propre pe9ture4 ,surt\t il n'a jamais eu la prt5tion de fix] des =mules univ]selles4 ,il ne donne pas de recettes infaillibles p\r agir sur les esprits4 ,il aide seulem5t ses lecteurs se mieux connatre et mieux connatre les autres4 ,je ne dirai pas1 c]tes1 que ,ma*iavel a conu1 lui non plus1 les sci5ces morales avec le mme dt]m9isme que ,bacon2 je crois cep5dant qu'il s'en e/ appro*4 ,il df9it1 p> exemple1 les c9q prcautions qu'un pr9ce doit pr5dre lorsqu'il aj\te un ,etat n\veau ses ,etats hrditaires2 il dt]m9e les conditions dans lesquelles telle ou telle de ces prcautions peut dev5ir sup]flue2 il exprime ses conclusions en t]mes impratifs1 s\s =me de lois4 ,ri5 que le /yle de ,ma*iavel devait avoir une action sur ,bacon4 ,aussi1 qu& ,bacon prescrit la m?ode dont il convi5t d'us] p\r extraire des hi/oires1 la sci5ce des affaires et la sci5ce morale1 c'e/ *ez ,ma*iavel1 non *ez ,montaigne1 qu'il en tr\ve le modle4 ,la manire d'crire qui convi5t le mieux un sujet aussi div]sifi et aussi t5du que l'e/ un trait des affaires et sur les occasions p>ses1 la plus conv5able1 dis-je1 s]ait celle qu'a *oisie ,ma*iavel p\r trait] la politique1 je veux dire celle qui procde p> obs]vations1 et1 p\r me s]vir d'une expression commune1 p> diss]tations sur l'hi/oire et sur les exemples1 c> la sci5ce qui se tire des faits p>ticuli]s t\t rc5ts et qui se sont p\r a9si dire passs s\s nos yeux e/ celle qui montre le mieux le *em9 et qui appr5d le plus aism5t repass] p> les faits4 ,or1 c'e/ suivre une m?ode beauc\p plus utile1 dans la pratique1 de faire milit] la diss]tation s\s l'exemple que de faire m>*] d'abord la diss]tation et d'y jo9dre ensuite l'exemple4 ,et il ne s'agit pas ici simplem5t de l'ordre1 mais du fond mme du sujet1 c> lorsqu'on expose d'abord l'exemple comme base de la diss]tation1 on le prs5te ord9airem5t avec t\t l'app>eil de ses circon/ances1 lesquelles peuv5t quelquefois rectifi] la diss]tation1 et quelquefois aussi la suppler#abj444 ,autant que ,ma*iavel1 je crois1 ,montaigne se montre docile au fait4 ,il subordonne la diss]tation l'exemple4 ,mais il le fait d'in/9ct1 p> beso9 de vrit1 non p> sy/me et d'une manire o/5sible comme ,ma*iavel dans ses ,disc\rs sur ,tite-,live4 ,il semble bi5 qu' l'orig9e1 dans ses premi]s ,essais1 il avait adopt le mme cadre4 ,mais trop s\ple1 trop dfiant de lui-mme et des =ces de la raison huma9e1 il dsespra vite d'enf]m] la ralit dans des =mules4 ,si les autres se reconnaiss5t en lui1 s'ils peuv5t pr(it] de ses rem>ques1 c'e/ que t\t homme porte en soi la =me de l'huma9e nature2 ce n'e/ pas qu'il ait la prt5tion de dcrire les diffr5ts types huma9s1 de les class]1 de f\rnir de sres recettes p\r agir sur *acun d'eux et modifi] volont les passions et les activits4 ,il a donc prs5t ,bacon une collection de faits moraux1 telle qu'aucun mod]ne ne p\vait lui en (frir4 ,je ne dirai pas que ,bacon lui doit des ides morales qu'il n'aurait pas eues sans lui3 ces que/ions d'orig9e sont trop dlicates p\r que n\s puissions n\s prononc] leur sujet4 ,du mo9s p]sonne ne p\vait mieux que ,montaigne donn] l'habitude de l'analyse psy*ologique1 enseign] voir les faits moraux sans les d=m]1 les not] scrupuleusem5t4 ,la lecture d'une oeuvre o tant de sujets moraux tai5t abords1 o l'tude du tempram5t individuel et des passions tait entreprise avec un esprit si positif1 tait un /imulant p\r ,bacon4 ,c'tait quelque *ose1 p\r suscit] un con/ructeur1 que d'entass] tant de matriaux de la sci5ce morale4 ,mais aux yeux de ,bacon1 ,montaigne a su pe9e comm5c] la con/ruction4 ,il a trs bi5 explor les s\rces o l'on devait puis]2 mais l'ess5tiel de la doctr9e baconi5ne1 l'objet de la sci5ce future1 sa m?ode1 ses p>titions1 t\te cette conception d'une sci5ce rigide que le philosophe anglais1 pntr qu'il e/ des m?odes des sci5ces physiques1 prt5d impos] aux tudes morales1 t\t cela e/ absolum5t trang] ,montaigne4 #gd ,il s]ait sans intrt de di/+u] ici1 comme n\s l'avons fait p\r les ,essais1 les deux rdactions successives de cet ouvrage1 la rdaction anglaise de #afje 7,advancem5t ( le>n+7 et la rdaction lat9e de #afbc 7,de ,augm5tis sci5ti>um74 ,je r5v]rai uni=mm5t cette d]nire4 #ge ,dans son ,exam5 vanitatis doctr9 g5tium et v]itatis discipl9 *ri/ian4 #gf ,voir mon ouvrage sur les ,s\rces et l',evolution des ,essais de ,montaigne1 t4 ,,ii1 p4 #bab4 #gg ,c]ta9ly1 if a man m$itate mu* ^u ! univ]sal frame ( nature1 ! e>? ) m5 ^u x444 w n seem mu* o!r ?an an ant-hill1 :]eas "s ants c>ry corn1 & "s c>ry _! "y1 & "s g empty1 & all to & f a little heap ( du/ 7,advancem5t ( le>n+1 ,i1 ,,viii1 #a74 #gh ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iii1 p4 #bcd4 #gi ,dialogues ,,xlvi1 #ai4 #hj ,p> exemple1 le mot d'un anci5 sur le nombre de s]viteurs que n\rrit ,homre1 mot qui e/ diffremm5t rapport *ez ,bacon1 ,i1 ,,viii1 #d1 et *ez ,montaigne1 ,,ii1 ,,xxxvi4 #ha ,telle e/ cette ide div]ses reprises exprime p> ,cicron que ,socrate a ram5 la philosophie du ciel sur la t]re3 ,bacon ,i1 ,v1 ,,ii2 ,montaigne ,,iii1 ,,xii1 t4 ,,vi1 p4 #aga4 ,voici encore deux traits pris ,plut>que3 le mot d'un musici5 ,philippe3 ,bacon ,i1 ,,vii1 #f2 ,montaigne ,i1 ,,xl2 le mot de ,solon sur les lois qu'il a donnes aux ,a?ni5s3 ,bacon ,i1 ,,iii1 #e2 ,montaigne ,,iii1 ,,ix1 t4 ,,vi1 p4 #ach4 ,peut-tre y a-t-il plus de compte faire de ce d]ni] rappro*em5t qui porte sur un trait mo9s vulg>is1 semble-t-il1 et aussi de cette ide1 p\rtant inspire p> ,cicron et p> ,platon1 que l'tonnem5t e/ le g]me du savoir3 ,bacon ,i1 ,,iii1 #c2 ,montaigne ,,iii1 ,,xi1 t4 ,,vi4 p4 #bei4 ,le nombre de ces rappro*em5ts e/ peut-tre aussi pr5dre en considration4 ,p\rtant ces indications re/5t vagues4 #hb ,voir en p>ticuli]1 dans ,i1 ,v1 de longs dveloppem5ts sur ce sujet4 #hc ,voir surt\t l'essai ,du pdantisme4 #hd ,i1 ,,xxxix1 p4 #ahb3 ,cettuy-cy1 t\t pituiteux1 *assieux et crasseux444 #he ,,iii1 ,,xiii au db4 #hf ,db de ,i1 #be et ,,iii1 #a4 #hg ,i1 ,,xxiv1 t4 ,,ii1 p4 #ab4 #hh ,a f>!r proce$+ !re9 79 philosophy7 do? br+ ! m9d back aga9 to religion4 7,( ! advancem5t ( le>n+1 liv4 ,i2 d4 ,sp$d+1 p4 #bfg47 7,voir ci-dessus p4 #ce47 #hi ,cf4 ,novum organum1 livre ,,ii1 aphorisme #e4 #ij ,p\r la sci5ce du g\v]nem5t dont il indique seulem5t la matire dans son ,de augm5tis1 qu'on lise dans les ,essais les *apitres qu'il lui a consacrs2 on v]ra combi5 d'ides sont inspires de ,ma*iavel2 et ici mme qu'on p>c\re les deux p>ties qu'il di/+ue dans la sci5ce des affaires1 la fois ce qui conc]ne l'art des occasions p>ses1 et l'art de se p\ss] dans le monde1 on s5tira nettem5t que son matre n'e/ ni l'idali/e ,?omas ,morus1 ni l'auteur des ,six livres de la ,rpublique1 ,jean ,bod91 mais le politique rali/e de ,flor5ce4 #ia ,l'av5ture de ,?als qui1 reg>dant les toiles1 tombe dans un puits3 ,bacon1 ,,ii1 #b2 ,montaigne1 ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iv1 p4 #dg2 le mot de ,py?agore sur les jeux ,olympiques3 ,bacon1 ,,vii1 #a2 ,montaigne1 ,i1 ,,xxvi1 t4 ,,ii1 p4 #db2 le mot de ,bias sur l'amiti1 que ,montaigne1 d'aprs ,aulu-,gelle attribue ,*ilon3 ,bacon1 ,,viii1 #b2 ,montaigne1 ,i1 ,,xxviii1 t4 ,,ii1 p4 #id2 le mot de ,/atilius l'occasion du meurtre de ,cs>3 ,bacon ,,vii1 #b2 ,montaigne1 ,i4 ,l1 t4 ,,ii1 p4 #bga4 #ib ,l'image emprunte ,snque sur les j\eurs de passe-passe3 ,bacon1 ,v1 #b2 ,montaigne1 ,,iii1 ,,viii1 t4 ,,vi1 p4 #ij2 un mot sur l'loqu5ce pris la ,,lii ptre de ,s5que3 ,bacon1 ,,vii1 #a2 ,montaigne1 ,i1 ,,xl1 t4 ,,ii1 p4 #aih4 #ic ,faits allgus de "p et d'autre p\r pr\v] que les animaux n\s ont enseign div]s arts3 ,bacon ,v1 #a2 ,montaigne1 ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iii1 p4 #baa2 exemples de raison raisonnante *ez les animaux3 ,bacon1 ibid42 ,montaigne1 ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iii1 p4 #bah p\r les corbeaux de ,b>b>ie1 p4 #bca p\r les f\rmis qui rong5t les extrmits du gra9 de bl af9 de l'emp*] de g]m]2 op9ion de ,platon qui met la raison au c]veau1 l'ire au coeur1 la cupidit au foie3 ,bacon1 ,,iv1 #a1 la f92 ,montaigne1 ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iv1 p4 #fb2 allusion au rmora3 ,bacon1 ,,iii1 #d2 ,montaigne1 ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iii1 p4 #bbc4 ,aj\t] encore le mot de ,cs> qui prfre tre le premi] dans un village tre le second dans ,rome3 ,bacon1 ,,viii1 #b2 ,montaigne n'y fait qu'une allusion1 ,,iii1 ,,vii1 t4 ,,vi1 p4 #gd4 ,la citation du ,tr9ummus de ,plaute 7,,ii4 #hd71 que ,bacon reproduit en la modifiant ,nam pol' sapi5s f+it =tunam sibi peut avoir t suggre p> ,montaigne1 ,i1 ,,xlii1 t4 ,,ii1 p4 #bjh1 ou encore p> ,ju/e ,lipse1 ,politiques1 ,i1 ,,vii4 #id ,,vii1 #a1 f91 trad4 ,riaux1 p4 #cce4 #ie ,i1 ,,xxvi1 t4 ,,ii1 p4 #eg4 #if ,,iii1 ,,xiii1 t4 ,,vii1 p4 #gh4 #ig ,ibid4 #ih ,,iii1 ,,xiii1 t4 ,,vii1 p4 #ha4 #ii ,,vii1 #a1 trad4 ,riaux1 p4 #ccj4 #ajj ,eptres ,lucilius1 ,,liii4 #aja ,,ii1 ,,xii1 t4 ,,iii1 p4 #bfa4 #ajb ,,vii1 #b1 trad4 ,riaux1 p4 #cci4 #ajc ,,iii1 ,,xii1 t4 ,,vi4 p4 #bib4 #ajd ,,viii1 #b1 trad4 ,riaux1 p4 #cic4 #aje ,,iii1 ,,ii4 #ajf ,bacon1 ,,vi4 #d1 la f92 ,montaigne1 ,i1 ,,xxvi1 la f94 #ajg ,,iii1 #f4 #ajh ,,iii1 ,,viii1 t4 ,,vi1 p4 #aab4 #aji ,essais1 ,,ii1 ,,xxix4 #aaj ,,iv1 #a4 #aaa ,,vii1 #a1 la f94 #aab ,i1 ,,ix1 t4 ,i4 p4 #da4 #aac ,,viii1 #b4 trad4 ,riaux1 p4 #cih4 #aad ,essais1 ,,iii1 #a1 auquel ,sp$d+ r5voie dans une note de son dition4 #aae ,notons t\tefois que ces dveloppem5ts sont de #afje1 t&is que la phrase sur ,montaigne a t aj\te en #afbc4 #aaf ,,ii1 ,x et ,i1 #bf1 t4 ,,ii4 p4 #ba4 #aag ,,ii1 ,x1 t4 ,,iii1 p4 #ace4 #aah ,,vii1 #c1 trad4 ,riaux1 p4 #cej4 #aai ,,viii1 #b1 trad4 ,riaux1 p4 #che4 #abj ,,viii1 #b1 trad4 ,riaux1 p4 #che4 ,,*apitre ,,iv ,,la ,m,,?ode ,,de ,,la ,,sci5ce4 ,,montaigne ,,et ,,le ,novum organum ,jusqu' prs5t n\s ne sommes arrivs dml] qu'une influ5ce de peu d'importance4 ,montaigne a pu aid] ,bacon dgag] quelques ides de dtail1 dvelopp] en lui l'habitude de l'analyse psy*ologique4 ,il ne lui a ni donn un g5re littraire1 comme le titre d',essais p\vait le faire suppos]1 ni suggr son apologie de la sci5ce1 ni f\rni sa conception de la morale4 ,n\s avons seulem5t con/at1 et cela p>t\t o n\s avons port notre inve/igation1 des prsomptions trs srieuses p\r admettre que son livre a t =t tudi p> ,bacon4 ,tant de similitudes ne peuv5t gure s'expliqu] autrem5t4 ,c'e/ dans la composition du ,novum organum1 si je ne me trompe1 que les fruits de cette tude vont se faire voir4 ,il me faut av\] t\tefois que c'e/ l seulem5t une hypo?se4 ,mme ici n\s ne t\*ons pas une influ5ce c]ta9e2 elle n'e/ que vraisemblable1 aucune m5tion de ,montaigne1 aucune communaut d'expression *ez les deux criva9s ne p]mett5t d'tre affirmatif4 ,je ne puis qu'indiqu] les raisons qui me r5d5t cette op9ion trs probable4 ,et d'abord comm5t une p>eille influ5ce e/-elle possible8 ,comm5t se peut-il que ,montaigne qui1 n\s v5ons de le voir1 ne con/ruit pas une sci5ce1 qui1 au lieu d'enc\rag] l'esprit huma9 la fond]1 critique sans cesse ses prt5tions et lui tale ses faiblesses1 ait pu prp>] la cration d'une m?ode8 ,bacon se *>ge de n\s l'expliqu] lui-mme4 ,il a dcl> que sa m?ode avait les mmes comm5cem5ts que l'acatalepsie1 qu'on lui repro*]ait d'n]v] l'esprit1 de lui t] t\te confiance en soi-mme4 ,dans la suite seulem5t il doit sortir du d\te et f\rnir des lm5ts de connaissance positive4 ,son b e/ de plac] l'esprit en face des faits1 de lui appr5dre les exam9] sans les d=m]1 en tir] t\te la leon qu'ils comport5t4 ,p\r cela il lui faut en arra*] les mauvaises habitudes qui l'emp*5t de voir les *oses dans leur intgrit1 il lui faut dnonc] les vices natifs qui l'ont p\ss contract] ces mauvaises habitudes af9 qu'il les vite l'av5ir4 ,t\te cette prp>ation de la m?ode remplit le premi] livre du ,novum organum4 ,a premire vue on ap]oit combi5 elle e/ con=me ce qu'on e/ conv5u d'appel] le scepticisme de ,montaigne4 ,l'ide matresse de t\t le livre1 c'e/ cette con/atation faite p> ,bacon que l'esprit huma9 a beso9 d'tre assujetti une m?ode4 ,livr lui-mme1 il ne sait pas exam9] les faits ni s'y ass]vir4 ,il e/ trop htif1 trop s\ple1 il c\rt aux conclusions aveuglm5t2 il a trop de confiance en lui1 il se fie ses =ces2 il e/ le j\et de ses prjugs et de ses habitudes4 ,la s\rce de t\s les abus1 n\s dit ,bacon1 c'e/ l'admiration p\r l'esprit huma9#aba2 c'e/ elle qui n\s emp*e de p5s] aux vrais sec\rs dont n\s aurions beso94 ,et ailleurs3 c'e/ du plomb qu'il n\s faut atta*] l'esprit1 non des ailes#abb2 il n'e/ que trop actif p> lui-mme4 ,cette ide-l e/ exprime s\s bi5 des =mes dans le premi] livre du ,novum organum2 elle y e/ s\s-ent5due plus s\v5t encore1 elle e/ le pr9cipe de presque t\tes les rem>ques p>ticulires4 ,or1 t\t pr5dre1 c'e/ bi5 aussi l'ide capitale de la critique de ,montaigne4 ,il e/ vrai qu'il hsite sur la manire de brid] cette raison si fuyante2 p\r les que/ions qui n'intress5t que la spculation1 c'e/ au fait que1 lui aussi1 veut l'assujettir4 ,p\r les que/ions pratiques1 comme il ne conoit pas l'ide qu'on p\rrait dduire des faits une politique et une morale1 c'e/ l'autorit qu'il a rec\rs2 autorit de l',eglise p\r la religion1 autorit de la c\tume p\r la politique et la morale4 ,mais quoi qu'il puisse p5s] des remdes1 en t\s cas1 *aque in/ant1 il signale le mal4 ,la raison e/ un in/rum5t de plomb et de cire1 allongeable1 ployable et accommodable t\s biais#abc1 dit-il quelque "p2 l'esprit e/ un outil drgl1 dang]eux et tmraire4 ,la raison va t\j\rs1 torte1 boiteuse et dhan*e#abd4 ,n\s n'exam9ons pas le fond des *oses2 n\s dcrtons ju/e ce qui e/ con=me notre c\tume1 inju/e ce qui lui e/ contraire4 ,n\s voyons le doigt de ,dieu dans la victoire de la ,ro*elabeille2 et que dirons-n\s aprs la dfaite de ,mont-,cont\r#abe8 ,il s]ait ais d'accumul] un gr& nombre de passages o ,montaigne se plat montr] le drglem5t de la raison1 o il oppose un fait un jugem5t htif4 ,c'e/ l dans les ,essais son attitude habituelle4 ,or l'hypo?se que je prs5te se rduit ceci3 la plup>t des critiques que ,bacon va adress] l'esprit huma9 avai5t t dgages p> ,montaigne4 ,puisque n\s savons que les ,essais de ,montaigne j\issai5t d'une trs gr&e faveur au temps de ,bacon1 puisque n\s avons con/at que ,bacon lui-mme s'en inspirait frquemm5t1 il e/ bi5 probable que la critique de ,montaigne a prp> celle de ,bacon et l'a facilite4 ,la lecture des ,essais a =tifi le po9t de vue de l'auteur du ,novum organum4 ,mais s'il en e/ a9si1 comm5t s'expliqu] un fait t\t le mo9s p>adoxal8 ,les rappro*em5ts de texte1 qui jusqu' prs5t se sont (f]ts n\s en abondance1 vont ma9t5ant n\s faire dfaut4 ,dans le ,novum organum les comm5tateurs ne n\s en propos5t plus4 ,ne s]ait-ce pas que la m?ode qui consi/e mesur] l'influ5ce d'un criva9 au nombre de rappro*em5ts qu'on peut tablir entre ses oeuvres et les oeuvres de ses successeurs e/ une m?ode dfectueuse8 ,c]tes1 relev] des similitudes de ce g5re e/ ncessaire1 c> s\v5t elles f\rniss5t la seule base solide de semblables tudes4 ,mais1 p> la =ce des *oses1 elles signal5t l'att5tion des ressemblances de mots et de faits plus que des ressemblances d'ides4 ,elles se tr\v5t p> l s\v5t trs incompltes1 et t\j\rs elles dem&5t tre manies avec une extrme prud5ce4 ,l'int]prtation des rsultats qu'apporte une semblable m?ode ncessite une extrme circonspection4 ,plusieurs raisons n\s expliqu5t que dans le ,novum organum on n'ait pas signal de rm9isc5ces de ,montaigne4 ,p\r faire la critique de l'esprit huma91 les deux philosophes ne se plac5t pas au mme po9t de vue4 ,bacon catalogue et classe les dfauts inhr5ts la raison huma9e2 sans esprit de sy/me et sans plan1 ,montaigne qui1 l'occasion de ses lectures1 veut montr] son jugem5t1 *aque fois qu'il se heurte quelque prjug le signale et en dc\vre la rac9e4 ,on conoit p> suite que la frqu5tation de ,montaigne ait pu aid] ,bacon dans son enqute1 et d'autre "p que la div]sit de leurs buts n\s ca*e un peu son influ5ce4 ,de plus ,bacon1 t\t proccup qu'il e/1 aut\r de #afbj1 de comm5c] sa btisse p> la plus fructueuse des sci5ces1 son avis1 la sci5ce des *oses naturelles1 qui doit s]vir de base une philosophie de la nature1 signale de prfr5ce les illusions que caus5t les fantmes dans l'exam5 des *oses physiques4 ,montaigne s'atta*e surt\t la morale3 c'e/ dans l'int]prtation des faits de la vie quotidi5ne1 r5contrs soit dans son expri5ce p]sonnelle1 soit dans les hi/oires1 qu'il *]*e voir bron*] les jugem5ts huma9s4 ,aussi c'e/ seulem5t s\s leur =me la plus gnrale et dans leur application aux phnomnes moraux qu'il dnonce les vices de l'esprit4 ,lorsque ,montaigne1 p> exemple1 dcl>e que nos habitudes entrav5t notre jugem5t1 ce qui le frappe p>ticulirem5t1 c'e/ que notre ide de ju/ice n'e/ pas fonde en raison2 elle n'a ri5 d'absolu et d'univ]sel1 elle e/ relative aux c\tumes de *aque pays4 ,le ju/e1 c'e/ ce que n\s sommes habitus considr] comme tel#abf4 ,bacon fait la mme obs]vation sur la f*euse influ5ce de l'habitude1 mais ce qui l'intresse1 lui1 ce s]a p> exemple que dans les tudes les plus v>ies le spciali/e apporte ses habitudes d'esprit au lieu de s'adapt] son sujet4 ,ari/ote re/e logici5 en physique#abg4 ,ce s]a encore que1 lorsque n\s pr5ons l'habitude de l'analyse1 n\s dev5ons incapables de syn?se1 et inv]sem5t la syn?se n\s fait nglig] l'analyse4 ,dmocrite ne voit que les lm5ts1 et les autres philosophes ne considr5t que les ensembles4 ,enf91 ici peut-tre plus que jamais1 ,bacon rep5se sa manire les ides qui lui sont suggres p> ses devanci]s4 ,en trav]sant son c]veau1 elles subiss5t une sorte de refonte1 au po9t qu'elles ne cons]v5t plus aucune trace des lm5ts qui les ont =mes4 ,bacon les enf]me af9 de les r5dre plus frappantes et plus faciles ret5ir1 dans une srie d'aphorismes d'allure trs lapidaire qui m>qu5t avec une gr&e nettet les artes de la p5se1 mais qui la dp\ill5t aussi des nuances d'expression qu'elle revtait p>fois *ez l'auteur qui a pu la suggr]4 ,n'oublions pas surt\t les magnifiques mtaphores dont il les p>e4 ,bacon a comp> les dfauts naturels l'esprit huma9 autant de fantmes qui le hant5t et qui lui ca*5t la ralit4 ,les uns tr\bl5t la tribu huma9e t\t entire1 d'autres s'atta*5t *acun de n\s et ne frqu5t5t que notre antre p>ticulire1 d'autres se ti5n5t sur la place publique4 ,d]rire ces crations potiques qui sont bi5 lui1 il faut reconnatre des erreurs de t\s les temps qui1 en t\s les temps1 ont t plus ou mo9s di/9ctem5t ap]ues4 ,une sy/matisation m?odique1 une application con/ante de ses ides l'activit sci5tifique1 une t]m9ologie trs neuve et expressive qui rec\vre sa p5se d'un ri*e manteau potique1 voil en somme ce qui app>ti5t en propre ,bacon dans sa critique de l'esprit4 ,cela n'emp*e pas que les ides dom9antes de cette critique n'ai5t t aup>avant trs vig\reusem5t mises en vid5ce p> ,montaigne1 et que ,bacon1 qui lisait familirem5t ,montaigne1 n'ait d tre aid p> lui donn] corps sa doctr9e4 ,selon ,bacon1 quatre sortes de fantmes hant5t les c]veaux des hommes3 les fantmes de race1 les fantmes de l'antre1 les fantmes de la place publique et les fantmes du ?tre4 ,sans les catalogu] ni les nomm] a9si1 ,montaigne s'e/ attaqu t\s les quatre4 ,les fantmes de race l'ont occup plus que les autres4 ,les fantmes de race1 dit ,bacon1 ont leur s\rce dans la nature mme de l'homme2 c'e/ un mal inhr5t la race huma9e1 un vrai mal de famille1 c> ri5 n'e/ plus dnu de fondem5t que ce pr9cipe3 ,le s5s huma9 e/ la mesure de t\tes les *oses4 ,il faut dire au contraire que t\tes les p]ceptions1 soit des s5s1 soit de l'esprit1 ne sont que des relations l'homme1 et non des relations l'univ]s4 ,l'ent5dem5t huma91 semblable un miroir faux1 fl*issant les rayons qui jailliss5t des objets1 et mlant sa propre nature celle des *oses gte t\t1 p\r a9si dire1 et dfigure t\tes les images qu'il rfl*it#abh4 ,on reconnat l ds l'abord une ide *re ,montaigne4 ,c'e/ une des ides directrices de l',apologie de ,raimond ,sebonde1 peut-tre la pr9cipale4 ,l ,montaigne a1 lui aussi1 comm5t le mot de ,protagoras qui fait l'homme mesure des *oses4 ,t\te la d]nire p>tie du *apitre1 qui traite des p]ceptions des s5s1 t5d faire voir combi5 elles n\s fauss5t la ralit1 combi51 au lieu de n\s transmettre la nature dans son intgrit1 elles n\s projett5t dans cette nature1 n\s ml5t elles1 et ne n\s rfl*iss5t qu'une image trs altre du monde4 ,voil p\r les p]ceptions des s5s4 ,quant aux inductions de l'esprit1 relisez les pages qu'il consacre l'ide que l'homme se fait de la div9it4 ,ce qu'il lui repro*e1 c'e/1 au lieu de la log] en son c]veau telle qu'elle e/1 de la con/ruire d'lm5ts purem5t huma9s3 n\s lions la puissance de ,dieu avec nos lois physiques et intellectuelles1 n\s l'honorons de ce qui n\s honore1 n\s lui donnons une "p de nos plaisirs1 n\s l'ass]vissons nos caprices4 ,et ce mme an?ropomorphisme qui n\s donne de ,dieu une ide si fanta/ique1 vicie dans leur pr9cipe t\tes nos ides des *oses3 ,il n\s faut not] qu' *aque *ose il n'e/ ri5 plus *] et plus e/imable que son e/re et que *acun raporte les qualitez de t\tes autres *oses ses propres qualitez1 lesquelles n\s p\vons bi5 e/5dre et rac\rcir1 mais c'e/ t\t1 c> hors de ce raport et de ce pr9cipe no/re imag9ation ne peut all]1 ne peut ri5 div9] autre1 et e/ impossible qu'elle sorte de l et passe au del4#abi ,donc1 p\r ,montaigne comme p\r ,bacon1 nos p]ceptions1 tant celles de l'esprit que celles des s5s1 sont des relations l'homme beauc\p plus que des relations l'univ]s2 t\s les lm5ts de notre connaissance sont tellem5t imprgns de n\s qu'ils n\s r5seign5t =t difficilem5t sur les *oses4 ,il ne s'e/ pas cont5t d'exprim] s\s cette =me gnrale ce vice capital de l'esprit huma94 ,avant ,bacon il avait1 trs nettem5t1 dvoil quelques-uns de ces fantmes de la premire espce contre lesquels le philosophe de la sci5ce met en g>de les futurs savants4 ,je ne dis pas qu'il les ait t\s dvoils3 il en e/ un ou deux que n\s tr\vons *ez ,bacon1 et que ,montaigne n'a pas clairem5t dgags3 celui-ci p> exemple que l'esprit fausse la ralit en y introduisant de l'ordre et de la symtrie#acj4 ,p\r la plup>t ils sont l nanmo9s1 p>fois avec plus de relief que *ez ,bacon4 ,bacon insi/e beauc\p sur ce dfaut commun de t\t ram5] nos ides#aca4 ,c'e/ p> l1 dit-il1 que s'explique le crdit extraord9aire des prophties et des songes1 le monde n'en reti5t que ce qui se ralise1 ce qui flatte ses ides4 ,t\t ce qui e/ contraire notre manire de voir1 n\s n'en t5ons aucun compte4 ,l'ent5dem5t1 une fois famili>is avec c]ta9es ides qui lui plais5t1 soit comme gnralem5t reues1 soit comme agrables en elles-mmes1 s'y atta*e ob/9m5t2 il ramne t\t ces ides de prdilection1 il veut que t\t s'accorde avec elles2 il les fait juges de t\t2 et les faits qui contr$is5t ces op9ions favorites ont beau se prs5t] en f\le1 ils ne peuv5t les branl] dans son esprit2 ou il n'ap]oit po9t ces faits1 ou il les ddaigne1 ou il s'en db>rasse l'aide de quelque frivole di/9ction1 ne s\ffrant jamais qu'on manque de respect ces premires maximes qu'il s'e/ faites4 ,elles sont p\r lui comme sacres et inviolables4 ,cette critique tait dj trs vive *ez ,montaigne4 ,je crois mme que p\r la "q des prophties et des songes1 ,bacon a d avoir prs5t l'esprit le onzime essai du premi] livre#acb3 v\s y tr\v]ez la mme explication dans des t]mes analogues2 un mme exemple l'illu/re *ez l'un et *ez l'autre1 celui de ,diagoras qui1 comme on prt5d le conva9cre de l'exi/5ce des dieux p> le gr& nombre des ex-voto placs dans le temple p> des voyageurs *apps au naufrage1 rpond judicieusem5t que ri5 ne tmoigne le nombre de ceux qui1 en dpit de leurs prires et de leurs voeux1 ont t engl\tis p> les temptes4#acc ,en t\s cas ,montaigne a dit combi5 nos ides sont t5aces1 qu'elles habit5t une rgion de notre esprit o le libre exam5 ne pntre pas1 et il a repro* l'homme de les pr5dre comme pi]re de t\*e au lieu de l'expri5ce4 ,on reoit comme un j>gon ce qui en e/ communem5t t5u2 on reoit cette v]it avec t\t son ba/im5t et son attelage d'argum5s et de preuves comme un corps f]me et solide qu'on n'esbranle plus1 qu'on ne juge plus4 ,au contraire1 *acun qui mieux mieux va pla/rant et con=tant cette creance reeue de t\t ce que peut sa raison qui e/ un util s\ple1 cont\rnable et accommodable t\te figure4 ,a9si se remplit le monde et se confit en fadesse et en m5songe4 ,ce qui fait qu'on ne d\te de gures de *oses1 c'e/ que les communes op9ions on ne les essaye jamais4#acd ,et ailleurs il montre que jamais1 quoi qu'elle fasse1 l'expri5ce n'e/ capable de n\s t] notre confiance native en nos ides3 ,que la =tune n\s remue c9q c5s fois de place1 qu'elle ne face que vuyd] et remplir sans cesse1 comme dans un vaisseau1 dans no/re croyance autres et autres op9ions1 t\j\rs la pres5te et la d]ni]e c'e/ la c]ta9e et infayllible2 p\r cette cy il faut ab&onn] les bi5s1 l'honneur1 la vie1 et le salut1 et t\t4#ace ,plusieurs de ses essais n'ont d'autre objet que de n\s enseign] n\s prs]v] de ce vice commun4 ,il veut que n\s sa*ions voir et compr5dre les vnem5ts qui contr$is5t nos ides aussi bi5 que ceux qui sembl5t les confirm]4 ,pr5ons p\r exemple le *apitre intitul3 ,qu'il faut sobrem5t se mesl] de pug] des ordonnances div9es#acf4 ,c'e/ une brillante victoire1 n\s dit ,montaigne1 que la *re/i5t vi5t de remport] ,lpante sur les ,turcs2 n\s y voyons le doigt de ,dieu3 ,dieu ne peut que protg] les *rti5s1 il manife/e sa prdilection p\r notre sa9te religion1 disons-n\s4 ,mais pr5ez g>de1 si une autre fois les infidles1 comme il leur e/ arriv dj si s\v5t1 triomph5t de n\s1 que dirons-n\s8 ,arrius et ,lon1 deux gr&s hrtiques1 sont morts ignom9ieusem5t dans des latr9es3 ,dieu a v\lu les confondre en face du monde1 dites-v\s4 ,peut-tre1 rpond ,montaigne1 mais n'oubliez pas qu',irne e/ mort de mme4 ,g>dez-v\s des ides a priori1 et surt\t qu& v\s v\lez les pr\v] p> des faits1 voyez bi5 si d'autres faits ne les infirm5t pas4 ,et c'e/ a9si qu' plusieurs reprises ,montaigne met en pratique ses prceptes de critique4 ,c'tait (frir ,bacon des exemples1 plus puissants que des rgles1 p\r l'aid] pr5dre consci5ce de sa m?ode4 ,un autre fantme de race1 n\s dit ,bacon1 c'e/ cette manie qu'a l'esprit huma9 de re*]*] t\j\rs des causes4 ,mme si les lm5ts de cette enqute lui font dfaut1 il va de l'avant1 il ne peut s'arrt]4 ,c'e/ a9si qu'il eng5dre ces vi]ges /riles qu'on nomme les causes f9ales#acg4 ,montaigne ne s'e/ pas p>ticulirem5t attaqu aux causes f9ales1 bi5 qu'il semble les critiqu] quelquefois2 en revan*e il a bi5 nettem5t signal le vice initial qui n\s conduit elles4 ,dans deux endroits surt\t1 au *apitre ,des co*es#ach et au *apitre ,des boteux#aci1 il s'e/ amus montr] la lgret avec laquelle les philosophes les plus autoriss se piqu5t de tr\v] les causes de t\tes *oses4 ,les problmes d',ari/ote surt\t lui ont prt rire sur ce po9t4 ,inv5tez-n\s un fait de t\tes pices1 n\s dit-il1 ft-il invraisemblable1 avant mme de song] le conte/]1 n\s lui aurons tr\v trois ou quatre explications4 ,no/re disc\rs e/ capable d'e/(f] c5t autres mondes et d'en tr\v] les pr9cipes et la contexture4 ,il ne lui faut ny matire ny baze3 laissez-le c\rre2 il ba/it aussi bi5 sur le vuide que sur le pla91 et de l'inanit que de la mati]e4 ,d>e corpus idonea fumo444 #adj ,et il revi5t volonti]s sur cette flexibilit de no/re inv5tion =g] des raisons t\te sorte de songes1 la s\plesse de cet esprit que ri5 ne conti5t1 son impati5ce faire j\] ses r\ages1 ft-ce vide4 ,nos passions donn5t naissance un troisime fantme1 qui e/ encore signal p> nos deux philosophes4 ,les passions1 dit ,bacon1 pntr5t et teign5t t\te la sub/ance de l'ent5dem5t#ada4 ,montaigne insi/e sur cette ide en morali/e4 ,les faits qui se prs5t5t son esprit1 ce sont ses expri5ces am\reuses3 il se rappelle combi5 diffremm5t il jugeait les mmes *oses lorsqu'une image *re le possdait et lorsque la crise tait passe4 ,bacon en p>le en savant3 notre beso9 de croire ce que n\s s\haitons1 notre p>esse entrepr5dre une enqute difficile1 creus] jusqu'au fond les que/ions1 notre timidit en face de t\t rsultat p>adoxal1 notre mpris p\r le travail exprim5tal1 notre vaniteuse fi]t t\t tir] de notre raison1 voil les exemples qu'il en allgue4 ,montaigne se ti5t t\t p>ticulirem5t en g>de contre ce fantme4 ,sa coquett]ie e/ d'avoir le jugem5t libre4 ,l e/ ses yeux la pr9cipale qualit de son esprit#adb4 ,il e/ sans cesse occup dc\vrir les impressions fugitives qui p\rrai5t surpr5dre sa bonne foi#adc4 ,plus l'homme s\haite qu'une op9ion soit vraie1 disait ,bacon1 plus il la croit aism5t4 ,et ,montaigne3 ,aux prono/iques ou ev5em5ts s9i/res des affaires1 ils veul5t que *acun en son p>ty soit aveugle ou hbet2 que no/re p]suasion et jugem5t s]ve non la v]it1 mais au project de no/re desir4 ,je faudrois plu/o/ v]s l'autre extremit1 tant je cra9s que mon desir me suborne4 ,jo9ct que je me deffie un peu t5drem5t des *oses que je s\haite#add4 ,la figure de ,montaigne1 p>t\t prs5te dans son oeuvre1 tait une invitation p]ptuelle p\r ,bacon se dfi] de ce fantme4 ,il en signale mme expressm5t une des =mes que n\s v5ons de retr\v] *ez ,bacon4 ,l'oeil de l'ent5dem5t444 disait ,bacon1 rejette444 la lumire de l'expri5ce p> mpris1 p> orgueil1 et de peur de p>atre occup] son esprit de *oses basses et prissables4 ,il e/ vrai que dans un c\rt passage ,montaigne semble tomb]1 lui aussi1 dans ce prjug et mettre la dduction bi5 au-dessus de l'expri5ce en dignit#ade4 ,ce n'e/ qu'une b\tade4 ,en pratique1 c'e/ l'expri5ce1 bi5 que plus vile qu'il a sans cesse rec\rs1 et il prt5d faire admettre ses contempora9s que d'obs]v] p> soi-mme et de collectionn] de petits faits n'e/ aucunem5t une occupation mprisable4 ,que f]ons-n\s ce peuple qui ne fait recepte que de tesmoignages imprimez1 qui ne croit les hommes s'ils ne sont en livre1 ny la v]it si elle n'e/ d'aage competant44444 ,mais moy444 j'allegue aussi volonti]s un mi5 amy que ,aulugelle et que ,macrobe1 et ce que j'ay veu que ce qu'ils ont escrit4 ,je dis s\v5t que c'e/ pure sottise qui n\s fait c\rir aprs les exemples e/rang]s et s*ola/iques3 leur f]tilit e/ p>eille1 cette heure1 celle du temps d',hom]e et de ,platon4 ,mais n'e/-ce pas que n\s *]*ons plus d'honneur de l'allegation que la v]it du disc\rs8 comme s'il e/oit plus d'emprunt] de la b\tique de ,vascosan ou de ,plant9 nos preuves que de ce qui se voit en no/re village2 ou bi51 c]tes1 que n\s n'avons pas l'esprit d'esplu*] et faire valoir ce qui se passe devant n\s1 et le jug] assez vifvem5t p\r le tir] en exemple3 4444des plus ord9aires *oses et plus communes et cogneus1 si n\s savions tr\v] leur j\r1 se peuv5t =m] les plus gr&s miracles de nature et les plus m]veilleux exemples1 notamm5t sur le subject des actions huma9es4#adf ,c'e/ dire p\r l'expri5ce morale ce que ,bacon dira de l'expri5ce sci5tifique en gnral4 ,l'orig9alit pr9cipale des ,essais de ,montaigne p>mi les productions morales de son temps consi/e peut-tre surt\t en ce que1 aux faits rapports dans les livres et aux ides reues il a jo9t les faits de son expri5ce quotidi5ne et ses ides p]sonnelles grce la l>ge place qu'il a rs]ve la pe9ture du moi4 ,deux fantmes de race sont encore signals p> ,bacon3 l'un ti5t la con=mation de nos s5s#adg1 l'autre la con=mation de notre esprit#adh4 ,nos s5s n\s tromp5t3 ils altr5t les images des *oses2 ils manqu5t d'acuit et n\s r5seign5t incompltem5t sur les phnomnes qui sont de leur doma9e2 enf9 il e/1 dans la nature1 des ordres de phnomnes dont ils n'ont aucune p]ception4 ,ces ides avai5t t exprimes p> les ,sceptiques et p> les ,acadmici5s de l'antiquit1 p> aucun t\tefois plus nettem5t que p> ,sextus ,empiricus4 ,bacon avait lu ,sextus assurm5t1 mais ,montaigne avait rsum avec vigueur les ides pr9cipales de ,sextus sur ce po9t2 *aque fois que ,bacon relisait l',apologie de ,sebonde il les retr\vait l claires et succ9ctes4 ,quant notre esprit1 sa t5dance naturelle c'e/ de faire des ab/ractions1 c'e/ de crer l'occasion des ralits concrtes des =mes artificielles dans lesquelles il les arrte et les fige4 ,montaigne1 il e/ vrai1 n'a pas aussi nettem5t dnonc ce vice1 mais il e/ impliqu p>fois dans sa critique4 ,voyez la belle page emprunte au ,plut>que d',amyot qui s]t de conclusion l',apologie3 c'e/ ce contra/e qu'elle met en vid5ce entre ce beso9 natif de l'esprit d'arrt] la ralit et le monde des phnomnes qui e/ dans un c\lem5t p]ptuel4 ,n\s n'avons aucune communication l'e/re1 p> ce que t\te huma9e nature e/ t\sj\rs au milieu entre le nai/re et le m\rir1 ne baillant de soy qu'une obscure app>5ce et ombre et une inc]ta9e et debile op9ion4 ,et si1 de =tune1 v\s fi*ez vo/re p5se v\loir pr5dre son e/re1 ce s]a ne plus ne mo9s que qui v\droit empoign] l'eau3 c> tant plus il s]r]a et press]a ce qui de sa nature c\le p> t\t1 tant plus il p]dra ce qu'il v\loit t5ir et empoign]4 ,a9s91 e/ant t\tes *oses subjectes pass] d'un *angem5t en autre1 la raison1 y *]*ant une reelle subsi/ance1 se tr\ve deceue1 ne p\vant ri5 appreh5d] de subsi/ant et p]man5t1 p> ce que t\t ou vi5t en e/re et n'e/ pas encore du t\t1 ou comm5ce m\rir avant qu'il soit nay4#adi4 ,l'une des causes de ce qu'on a appel le scepticisme de ,montaigne1 c'e/ prcism5t le s5tim5t qu'il a eu de cette ant9omie entre la nature du monde psy*ologique et la nature du monde rel1 s5tim5t qui s'exprime avec tant de =ce dans cette f9 de l',apologie de ,sebonde4 ,les fantmes de race sont les plus univ]sels puisque p> df9ition ils ti5n5t la nature mme de l'esprit huma92 les fantmes de l'antre1 au contraire1 dp5d5t des circon/ances p>ticulires la vie de *acun de n\s ou du milieu social dans lequel n\s sommes plongs4 ,bi5 s\v5t ce ne s]ont pas les mmes dont auront se dfi] l'homme de sci5ce que ,bacon prp>e1 et le sage que =me ,montaigne4 ,t\s les deux s'en sont occups *acun sa manire4 ,montaigne les a attaqus frquemm5t4 ,il se df5d1 p> exemple1 de p>ticip] cette erreur commune de jug] d'autruy selon luy et de rapport] la condition des autres hommes la si5ne4#aej ,t\s les vices de l'esprit que ,bacon dsigne s\s ce nom de fantme de l'antre revi5n5t1 en somme1 des habitudes que des dispositions naturelles et des circon/ances =tuites n\s font contract]4 ,or sans cesse ,montaigne s'lve contre l'habitude1 contre la c\tume qui rtrciss5t l'esprit et aveugl5t l'oeil de la raison4 ,ou que je vueille donn]1 n\s dit-il1 il me faut =c] quelque b>ri]e de la c\/ume1 tant ell' a soigneusem5t brid t\tes nos av5ues4#aea4 ,bacon a relev les pr9cipaux dang]s des habitudes individuelles *ez le savant3 elles risqu5t de lui faire port] dans t\tes ses tudes le t\r d'esprit de sa spcialit#aeb1 de l'atta*] telles autorits plutt qu' telles autres#aec4 ,et ,montaigne de mme analyse les dang]s que ses gts et ses habitudes font c\rir au morali/e4 ,c'e/ l'habitude qui fausse t\te notre critique des faits moraux et psy*ologiques3 ent5dons-n\s cit] un fait1 c'e/ d'aprs notre seule suffisance que n\s prt5dons dcid] s'il e/ possible ou non3 or notre suffisance e/ /rictem5t limite p> notre expri5ce4 ,t\t ce qui sort du c]cle de nos habitudes n\s p>at incroyable2 t\t ce qui y r5tre e/ clair p\r n\s#aed4 ,a9si1 au lieu d'int]rog] notre raison1 n\s confondons les limites du possible avec les limites de notre expri5ce c\rante4 ,dans l'apprciation des faits moraux1 mme vice3 ce que n\s appelons ju/e n'e/ pas ce que la raison n\s dmontre tre ju/e1 c'e/ ce que la c\tume n\s prs5te comme ju/e4 ,les usages des cannibales n\s p>aiss5t b>b>es non p>ce qu'ils le sont effectivem5t1 mais p>ce qu'ils diffr5t des ntres#aee4 ,enf9 t\t le sy/me d'ducation labor p> ,montaigne vise prcism5t t5dre dans t\s les s5s au moy5 de lectures1 de conv]sations1 de frqu5tations1 de voyages1 l'expri5ce de l'enfant1 af9 de ne le laiss] assujettir son esprit aucune habitude qui le g>rotte dans des prjugs individuels ou sociaux#aef4 ,les fantmes de la place publique sont ceux qui naiss5t du langage4 ,au lieu d'tre m\ls sur les *oses1 de les revtir exactem5t1 les mots correspond5t des notions grossires1 imprcises1 mal labores p> le vulgaire4 ,il s'en suit que t\te phrase prte au d\te1 et que les hommes se compr5n5t difficilem5t4 ,de l naiss5t une masse de disputes oiseuses entre les savants3 ils veul5t discut] des *oses1 mais l'ambiguit des mots les emp*e de s'ent5dre1 il leur faut s'arrt] l'corce4 ,le seul remde e/ de donn] des df9itions exactes4 ,encore1 aj\te ,bacon1 ce remde e/-il trs insuffisant c> les df9itions se compos5t de mots qui leur t\r ont beso9 d'tre df9is1 et a9si de suite444 ,or ces trois ides3 imprcision du langage1 frqu5ce des disputes qu'elle entrane1 impuissance o n\s sommes de df9ir exactem5t1 ont t mises en vid5ce p> ,montaigne4 ,il n'e/ aucun s5s ny visage1 dit-il1 ou droict1 ou am]1 ou d\x1 ou c\rbe1 que l'esprit huma9 ne tr\ve aux escrits qu'il entrepr5d de f\ill]4 ,en la p>ole la plus nette1 pure et p>faicte qui puisse e/re1 combi5 de faucet et de m5songe l'on faict nai/re8 quelle h]esie n'y a tr\v des fondem5s assez et tesmoignages p\r entrepr5dre et p\r se ma9t5ir8 ,c'e/ p\r cela que les au!urs de telles erreurs ne se veul5t jamais dep>tir de cette preuve du tesmoignage de l'int]pretation des mots4#aeg4 ,et1 au *apitre ,de l'expri5ce#aeh1 rev5ant sur ce mme sujet de l'obscurit des crits huma9s et de l'9puisable s\rce de comm5taires qu'ils font jaillir1 plus explicitem5t cette fois il n\s dira que cette inc]titude vi5t sans d\te en p>tie de ce qu'une mme ide ne saurait se retr\v] deux fois id5tique elle-mme dans des c]veaux huma9s1 mais que la raison en e/ aussi dans l'insuffisance de no/re langage4 ,no/re conte/ation e/ v]bale3 je te dem&e que c'e/ que ,nature1 ,volupt1 ,c]cle et ,sub/itution4 ,la "q e/ de p>olles et se paye de mesme4 ,une pi]re1 c'e/ un corps2 mais qui press]oi3 ,et corps1 qu'e/-ce8--,sub/ance4--,et sub/ance1 quoi8 a9si de suitte1 accul]oit en f9 le respondant au b\t de son calep94 ,on es*ange un mot p\r un autre mot1 et s\v5t plus incogneu3 je say mieux que c'e/ qu',homme1 que je ne say que c'e/ ,animal1 ou ,mortel1 ou ,raisonnable4 ,p\r satisfaire un d\bte ils m'en donn5t trois3 c'e/ la te/e de ,hydra4#aei4 ,c'e/ presque dans les mmes t]mes que ,bacon dira l'inefficacit de la df9ition p\r remdi] cet tat de *oses4 ,et si ,montaigne n'avait pas analys avec autant de prcision que lui les causes du mal1 il en avait aussi =tem5t m>qu les fune/es consqu5ces3 ,la plus "p des occasions des tr\bles du monde sont grammairi5nes4 ,nos procez ne naiss5t que du dbat de l'int]pretation des loix2 et la plus "p des gu]res de cette impuissance de n'avoir sceu clairem5t exprim] les conv5tions et traitez d'accord des pr9ces4 ,combi5 de qu]elles et combi5 importantes a produit au monde le d\bte du s5s de cette syllabe3 ,hoc6#afj ,re/5t les fantmes du ?tre4 ,ce sont les prjugs qu'impos5t nos esprits les doctr9es des div]ses sectes de la philosophie anci5ne4 ,p> le pre/ige de leur autorit elles n\s ass]viss5t c]ta9es croyances et c]ta9es m?odes qui entrav5t notre lib]t d'exam5 des faits4 ,c'e/ contre l'assujettissem5t de l'esprit une autorit que ,bacon s'lve ici1 et surt\t l'autorit qui a le plus l\rdem5t pes sur le seizime sicle1 celle de la sci5ce antique4 ,il v\drait pr5dre une une les doctr9es des philosophes anci5s et les rfut] af9 de leur ot] leur pre/ige1 et r5dre la raison son indp5dance4 ,a dfaut de cet exam5 critique qui l'entran]ait trop lo91 il range ces philosophies en trois catgories selon les m?odes de p5se dont elles procd5t et il analyse les vices fondam5taux de *acune d'elles4 ,n\s n'avons ri5 de si m?odique *ez ,montaigne4 ,il n'avait pas d'ailleurs une connaissance suffisante des sy/mes anci5s p\r les critiqu] avec cette pntration4 ,aussi les sugge/ions qu'il a pu f\rnir ,bacon sont sur ce po9t mo9s nombreuses que sur les prcd5ts4 ,mais l'attitude critique e/ la mme de "p et d'autre4 ,il a beau n\s dire qu'il plie volonti]s sa fantaisie aux imag9ations de ces gr&es mes du temps pass et n\s rpt] s\s bi5 des =mes l'admiration qu'elles lui inspir5t1 il n'e/ plus de la gnration qui se jetait sans disc]nem5t la dp\ille de l'antiquit2 ,il e/ dj de ceux qui n'accept5t aucune op9ion sans la contr]oll]1 sans la faire pass] p> l'e/am9e de leur jugem5t#afa2 il dem&e l'antiquit non de lui f\rnir des ides trangres1 mais de lui mettre en ma9 ses propres ides dj =mes1 de lui en donn] la j\issance4 ,il s]ait ais de relev] dans son oeuvre un bon nombre de =mules o cette indp5dance s'affirme4 ,s'il n'a pas m?odiquem5t critiqu les diffr5tes doctr9es philosophiques1 il s'e/ trs nettem5t attaqu au plus autoris des philosophes1 ,ari/ote1 et sa critique n\s la retr\vons presque id5tique *ez ,bacon3 ,le dieu de la sci5ce scola/ique1 c'e/ ,ari/ote1 c'e/ religion de debatre de ses ordonnances1 comme celles de ,lycurgus ,sp>te4 ,sa doctr9e n\s s]t de loy magi/rale1 qui e/ l'avanture autant faulse que une autre4 ,je ne say pas p\rquoy je n'acceptasse autant volonti]s ou les ides de ,platon1 ou les atomes d',epicurus ou le pla9 et le vuide de ,leucippus et ,democritus1 ou l'eau de ,?ales1 ou l'inf9it de nature d',anaxim&]1 ou l'air de ,diog5es1 ou les nombres et symmetrie de ,py?agoras1 444ou t\t autre op9ion1 de cette confusion inf9ie d'advis et de s5t5ces que produit cette belle raison huma9e p> sa c]titude et clair-voyance en t\t ce de quoy elle se mesle1 comme je f]oy l'op9ion d',ari/ote1 sur ce subject des pr9cipes des *oses naturelles3 lesquels pr9cipes il ba/it de trois pieces1 matire1 =me et privation4 ,et qu'e/-il plus va9 que de faire l'inanit mesme cause de la production des *oses8 ,la privation1 c'e/ une ngative2 de quelle humeur en a il peu faire la cause et l'orig9e des *oses qui sont#afb4 ,bacon1 lui aussi1 numre les pr9cipes physiques de plusieurs philosophes1 et il conclut3 ,or1 dans t\tes ces op9ions-l1 on voit une c]ta9e te9te de physique1 on y reconnat quelque peu de la nature et de l'expri5ce1 cela s5t le corps et la matire2 au lieu que la physique d',ari/ote n'e/ qu'un fracas de t]mes de dialectique2 et cette dialectique il l'a remanie dans sa mtaphysique s\s un nom plus imposant444 #afc ,mais la physique n'e/ pas le doma9e ord9aire de la p5se de ,montaigne4 ,si n\s le *]*ons *ez lui1 en morale1 n\s con/at]ons1 je crois1 que1 d'abord sduit p> la pre/igieuse lvation du /ocisme qui flatte son imag9ation1 ,montaigne se dgage peu peu de cette autorit3 il pr5d possession de son moi1 et c'e/ en opposition avec cette arrogance /oci5ne un mom5t p>tage qu'il affirme sa doctr9e lui1 trs p]sonnelle4 ,sans d\te1 ,bacon n'a pas re*]* l'hi/oire de la p5se de ,montaigne1 il n'a pas pu dml] cette asc5sion progressive v]s la lib]t2 mais il en a connu les effets1 et cela suffit3 il a pu voir qu'au *apitre ,de la vanit#afd1 si ,montaigne dveloppe si complaisamm5t son gt p\r les voyages1 c'e/ af9 de critiqu] la prt5tion qu'ont les /oci5s de bannir t\te frivolit de notre vie2 au *apitre ,de la physionomie#afe1 s'il n\s montre avec tant de vivacit le c\rage des paysans en face de la mort1 c'e/ p\r critiqu] t\s les ef=ts infructueux que font ces mmes /oci5s n\s y prp>]4 ,entran p> leur autorit1 il a p>tag leurs erreurs2 il en e/ d'autant plus ard5t les combattre4 ,enf91 l'ombre de sa critique contre l'autorit des anci5s1 ,bacon en glisse une autre contre l'autorit de l',ecriture ,sa9te en matire sci5tifique4 ,ce n'e/ pas *ez lui m>que d'incrdulit1 c'e/ beso9 d'un esprit sci5tifique dj s+ulirem5t vig\reux de puis] ses connaissances la seule s\rce des faits4 ,il prt5d sp>] totalem5t le doma9e de la sci5ce du doma9e de la foi4 ,or1 *ez ,montaigne1 il avait r5contr trs nette cette mme t5dance4 ,montaigne l'avait porte dans la sci5ce morale1 entreprise plus h>die que s'il se ft agi de sci5ce physique4 ,j'ay veu aussi1 de mon temps1 faire pla9te d'aucun escris1 de ce qu'ils sont purem5t huma9s et philosophiques1 sans meslange de !ologie4 ,qui diroit au contraire1 ce ne s]oit p\rtant sans quelque raison3 ,que la doctr9e div9e ti5t mieux son rang "p1 comme royne et dom9atrice2 qu'elle doibt e/re pr9cipale p>t\t1 po9ct suffragante et subsidiaire444 ,que les raisons div9es se consid]5t plus v5]ablem5t et rev]amm5t seules et en leur /ile qu'app>ies aux disc\rs huma9s2 ,qu'il se voit plus s\v5t cette faute que les !ologi5s escriv5t trop huma9em5t1 que cette autre que les humani/es escriv5t trop peu !ologalem5t3 la philosophie1 dict sa9ct ,*ryso/ome1 e/ piea banie de l'escole sa9te1 comme une s]vant inutile1 et e/ime indigne de voir seulem5t en passant1 de l'entre1 le sacraire des sa9ts ?resors de la doctr9e cle/e444 #aff4 ,bacon n'e/ pas mo9s respectueux dans les =mes qu'il pr5d p\r relgu] *ez elles les ,ecritures3 prt5dre tabli la physique sur le premi] livre de la ,g5se3 ,c'e/1 dit-il1 s'il e/ p]mis d'employ] le langage des ,sa9tes ,ecritures1 *]*] les *oses mortes p>mi les vivantes4#afg4 ,et ma9t5ant1 que signifi5t ces nombreux rappro*em5ts que n\s v5ons d'tablir8 ,il importe d'en limit] le s5s1 af9 qu'on ne leur fasse pas dire ce qu'ils ne dis5t pas4 ,bacon n'a c]tes pas pris de t\tes pices1 *ez ,montaigne1 sa critique de l'esprit huma91 la manire o1 p> exemple1 ,montaigne a cueilli *ez ,plut>que une l>ge "p de ses ides morales3 ri5 de p>eil4 ,jamais1 en somme1 l'expression de ,bacon ne manife/e un s\v5ir direct de ,montaigne4 ,ce que n\s montre ce p>allle1 c'e/ que la plup>t des ides que n\s tr\vons dans la ,critique des fantmes tai5t dj p>ses dans les ,essais de ,montaigne1 qu'aucun criva91 peut-tre1 ne les prs5tait ,bacon aussi bi5 runies et aussi =tem5t mises en oeuvre4 ,or1 comme n\s savons d'ailleurs 7t\t l'ensemble de cette tude n\s l'a dmontr7 que ,bacon pratiquait ,montaigne1 qu'il le lisait dj au mom5t o il publiait sa premire oeuvre1 et qu'il e/ rev5u lui div]ses poques de sa vie1 n'e/-il pas naturel de p5s] que ,montaigne l'a s+ulirem5t aid mrir1 dgag] ces ides qu'il expose t\t la f9 de sa c>rire8 ,la p5se de ,montaigne e/ t\t imprgne de cette cra9te des fantmes4 ,son exemple tait peut-tre plus in/ructif que ses prceptes4 ,il signale s\v5t les cueils1 mais plus s\v5t encore on le voit g\v]n] de manire les vit]4 ,le comm]ce d'un philosophe aussi scrupuleux tait m9emm5t propre inspir] de la prud5ce au h>di p5seur qui se promettait tant de la sci5ce1 et lui faire crire la premire p>tie de son ,novum organum4 ,a propos d'un sujet vois91 n\s allons saisir peut-tre d'une manire plus prcise cette influ5ce4 ,outre cette psy*ologie des fantmes de l'esprit huma91 la premire p>tie du ,novum organum conti5t une srie de critiques sur la m?ode employe jusqu'alors dans l'enqute sci5tifique4 ,ici encore1 la =me trs s*e des aphorismes1 qui ne comporte ni exemples1 ni comm5taires1 ne n\s laisse ri5 dev9] t\*ant la prov5ance de ces ides4 ,si n\s n'avions que ces aphorismes1 sans d\te n\s p\rrions p5s] que ,montaigne e/ p\r quelque *ose dans leur =mation2 il s]ait t\tefois malais de le montr]4 ,mais ,bacon avait exprim dj ces mmes ides aup>avant4 ,n\s les tr\vons dans son oeuvre1 p\r a9si dire en =mation1 avant leur ple9e maturit4 ,p> l1 n\s p\vons avoir quelques indications sur leur hi/oire4 ,le deuxime *apitre du livre ,v du ,de augm5tis s'ouvre p> un passage dont 7la *ose e/ vid5te premire vue7 les aphorismes que n\s n\s proposons d'tudi] sont le d]ni] pan\issem5t4 ,je vais en reproduire les pr9cipaux passages4 ,bacon y prt5d montr] que la dialectique1 seule m?ode employe jusqu' lui1 e/ impuissante dc\vrir les arts4 ,la dialectique444 p>le aux hommes comme en passant et les congdie en leur criant qu'il faut s'en rapport]1 sur *aque art1 ceux qui l'ex]c5t444 ,ceux qui ont p>l des premi]s inv5teurs en t\t g5re et de l'orig9e des sci5ces en ont fait honneur au has>d plutt qu'aux hommes1 et ont reprs5t les animaux brutes1 quadrupdes1 oiseaux1 poissons1 reptiles1 comme ayant t1 plus que les hommes1 nos matres dans les sci5ces4 ,en sorte que1 comme les anci5s tai5t dans l'usage de consacr] les inv5teurs des *oses utiles1 il n'e/ nullem5t tonnant que1 *ez les ,egypti5s1 nation anci5ne1 les temples fuss5t t\t remplis d'effigies d'animaux1 et presque vides d'effigies d'hommes444 ,que si1 d'aprs la tradition des ,grecs1 v\s aimez mieux faire honneur aux hommes de l'inv5tion des arts1 encore n'os]iez-v\s dire que ,prom?e dut ses mditations la connaissance de la manire d'allum] du feu1 et qu'au mom5t o il frappait un caill\ p\r la premire fois1 il s'att5dait voir jaillir des t9celles1 mais v\s av\]ez bi5 qu'il ne dut cette inv5tion qu'au has>d et que1 suivant l'expression des potes1 il fit un l>c9 ,jupit]2 en sorte que1 p> rapport l'inv5tion des arts1 c'e/ la *vre sauvage que n\s devons celle des empltres1 au rossignol celle des modulations de la musique1 la cigogne celle des lavem5ts1 ce c\v]cle de m>mite qui saute en l'air celle de la p\dre canon4 ,une m?ode d'inv5tion qui ne diffre pas beauc\p de celle dont n\s p>lons ici1 c'e/ celle dont ,virgile donne l'ide lorsqu'il dit3 ut v>ios usu m$it&o extund]et artes paulatim4 ,c> la m?ode qu'on n\s propose ici n'e/ autre que celle dont les brutes mmes sont capables et qu'elles emploi5t frquemm5t2 je veux dire une att5tion s\t5ue1 une p]ptuelle sollicitude1 un ex]cice sans rel*e p> rapport une seule *ose2 m?ode dont le beso9 mme de se cons]v] fait ces animaux une loi et une ncessit444 ,quel tait le conseill] de ce corbeau qui1 durant une gr&e s*]esse1 jetait de petits caill\x dans le creux d'un arbre1 o il avait ap]u de l'eau1 p\r faire mont] le niveau porte de son bec8 ,qui a montr le *em9 aux abeilles qu'on voit trav]sant les pla9es de l'air1 comme un va/e ocan1 et p>c\rant les *amps fleuris1 quoique =t loigns de leurs ru*es1 puis rev5ant leurs rayons4 ,qui a appris la f\rmi rong] d'abord t\t aut\r le gra9 qu'elle s]re dans son petit magas91 de peur que ce gra91 v5ant g]m]1 ne trompe a9si ses esprances8 ,et aprs une critique de la conception que les dialectici5s se faisai5t de l'induction et de la dduction1 le morceau conclut que ce n'e/ pas sans app>5ce de raison que des philosophes se sont prononcs p\r le d\te des ,sceptiques et des ,acadmici5s tr\vant cette dialectique va9e4 ,p>mi ces philosophes qui se dcl>5t sceptiques1 bi5 probablem5t c'e/ ,montaigne que ,bacon p5se t\t p>ticulirem5t4 ,la page qu'on vi5t de lire semble bi5 prs5t] quelques rm9isc5ces des ,essais4 ,ces exemples de leons de mdec9e donnes l'homme p> les animaux1 ces contes qui mett5t en vid5ce l'intellig5ce animale1 vi5n5t sans d\te de ,plut>que#afh1 mais ,montaigne les avait repris et r5dus famili]s#afi4 ,n\s retr\vons *ez lui les animaux inv5teurs1 le corbeau qui jette des caill\x dans un arbre creux1 la f\rmi qui ronge son gra9 p\r l'emp*] de g]m]4 ,il avait longuem5t comp> la raison de l'animal celle de l'homme1 comme fait ici ,bacon1 et qu&1 dans un aphorisme du ,novum organum#agj1 n\s ent5drons ,bacon concd] qu'il y a *ez les animaux des rudim5ts de syllogismes1 ,montaigne a si =t atta* son nom cette ide que n\s s]ons trs t5ts de voir l une influ5ce de son ,apologie de ,sebonde4 ,quelques pages plus lo91 dans la mme ,apologie1 il avait repro* aux savants d'avoir pris p\r arg5t comptant ce prcepte que *aque exp]t doit e/re creu en son art#aga4 ,enf91 l'objet de t\t le morceau de ,bacon e/ de montr] que1 faute de m?ode1 la re*]*e sci5tifique n'a pu donn] aucun rsultat1 que les quelques progrs accomplis sont dus au has>d et qu'il n'en faut en aucune sorte faire honneur l'esprit huma91 que la situation re/]a la mme tant que l'expri5ce ne s]a pas guide p> une m?ode4 ,or1 dans son *apitre sur la mdec9e#agb1 ,montaigne1 il e/ vrai1 n'avait pas p>l de la possibilit de guid] l'expri5ce1 mais1 en revan*e1 il avait montr avec une s+ulire =ce combi5 elle tait incapable de donn] des rsultats p> elle seule1 de dml] aucune application pratique dans l'extrme complexit des phnomnes4 ,et avant ,bacon1 il avait dit que les rsultats obt5us tai5t dus1 non une enqute rationnelle1 mais au has>d4 ,en telles preuves1 celles qu'ils dis5t avoir acquises p> l'inspiration de quelque dmon1 je suis cont5t de les recevoir 7c> quant aux miracles je n'y t\*e jamais72 ou bi5 encore1 les preuves qui se tir5t des *oses qui1 p\r autre consid]ation1 tomb5t s\v5t en no/re usage1 comme si en la la9e1 dequoy n\s avons acc\/um de n\s ve/ir1 il s'e/ tr\v p> accid5t quelque occulte proprit dessicative qui gu]isse les muscles au talon1 et si au ref=t1 que n\s mangeons p\r la n\rriture1 il s'e/ r5contr quelque opration app]itive1 t\t a9si comme ,gal5 recite qu'il adv9t un ladre de recevoir gu]ison p> le moy5 du v9 qu'il beut1 d'autant que de =tune une vip]e s'e/oit c\lee dans le vaisseau4 ,n\s tr\vons en ce/ exemple le moy5 et une conduite vray-semblable ce/e exp]i5ce1 comme aussi en celles ausquelles ils dis5t avoir e/ a*em9ez p> l'exemple d'aucunes be/es4 ,mais1 en la plup>t des autres exp]i5ces quoy ils dis5t avoir e/ conduis p> la =tune et n'avoir eu d'autre guide que le haz>d1 je tr\ve le progrez de ce/e in=mation incroyable4 ,j'imag9e l'homme reg>dant aut\r de luy le nombre inf9y des *oses1 plantes1 animaux1 metaux4 ,je ne say o luy faire comm5c] son essay2 et qu& sa premi]e fantasie se jett]a sur la corne d'un elan1 quoy il faut pre/] une creance bi5 molle et aise1 il se tr\ve encore autant empes* en sa seconde opration4 ,il luy e/ propos tant de maladies et tant de circon/ances1 qu'avant qu'il soit v5u la c]titude de ce po9t o doit jo9dre la p]fection de son exp]i5ce1 le s5s huma9 y p]d son lat92 et avant qu'il ait tr\v p>mi cette inf9it de *oses que c'e/ cette corne1 p>my cette inf9it de maladies l'epilepsie1 tant de complexions au melancolique1 tant de saisons en hyv]1 tant de nations au ,franois1 tant d'aages en la vieillesse1 tant de mutations cele/es en la conjonction de ,v5us et de ,saturne1 tant de p>ties du corps au doigt3 t\t cela n'e/ant guid ny d'argum5t1 ny de conjecture1 ny d'exemple1 ny d'inspiration div9e1 a9s du seul m\vem5t de la =tune1 il faudroit que ce fu/ p> une =tune p>faitem5t artificielle1 regle et me?odique4 ,et puis1 qu& la gu]ison fut faicte1 comm5t se peut-il asseur] que ce ne fu/ que le mal e/oit arriv sa p]iode1 ou un effect du has>d1 ou l'op]ation de quelque au/re *ose qu'il eu/ ou mange1 ou beu1 ou t\* ce j\r-l1 ou le mrite des pri]es de sa m]e'gr&8 ,davantage1 qu& cette preuve auroit e/ p>faicte1 combi5 de fois fut-elle reit]e1 et cette longue corde de =tunes et de r5contres r'enfile1 p\r en conclure une regle8 ,qu& elle s]a conclue p> qui e/-ce8 ,de tant de millions1 il n'y a que trois hommes qui se mesl5t d'enregi/r] leurs exp]i5ces4 ,le sort aura-il r'encontr po9t nomm l'un de ceux-cy8 ,quoy1 si un autre et si c5ts autres ont faict des exp]i5ces contraires8#agc ,a9si1 ,montaigne indique deux moy5s p> lesquels la sci5ce mdicale a progress3 l'imitation des animaux et les rvlations =tuites de l'expri5ce4 ,ce sont les deux mmes que n\s avons tr\ves *ez ,bacon4 ,les exemples que ,bacon allgue p\r illu/r] le premi]1 les cly/res de cigognes et autres m]veilles de ce g5re1 se r5contrai5t dans d'autres passages des ,essais4 ,quant au second1 l'exemple de ,prom?e frappant p> has>d sa pi]re e/ bi5 l'quival5t du ladre de ,gali5 qui tr\ve une vipre au fond de son v]re de v94 ,bacon p\sse plus pr(ondm5t l'analyse en comm5tant le mot de ,virgile1 et voil t\t2 encore tr\ve-t-il probablem5t *ez ,montaigne les faits sur lesqueles il taye son comm5taire4 ,ensuite1 ,montaigne1 t\t en esquissant1 lui aussi1 la critique de l'induction des dialectici5s1 montre qu'tant donne l'extrme complexit des phnomnes de la nature1 il e/ f\ d'espr] qu'on p\rra =mul] des rgles mdicales si la re*]*e de l'esprit n'e/ guide et dirige p> ri54 ,c'e/ prcism5t la conclusion laquelle ,bacon veut arriv]1 et qu'il t5dra de la m$ec9e t\s les ordres de sci5ces4 ,qu'il aille au del1 qu'il pose la ncessit de tr\v] un guide p\r cette expri5ce1 de con/itu] une m?ode1 t&is que ,montaigne s'en ti5t cette con/atation1 cela n'emp*e en aucune faon que l'analyse critique de ,montaigne ait pu second] la p5se de ,bacon4 ,a9si1 la page o ,bacon1 en #afje1 prs5te au public1 p\r la premire fois1 les ides qui1 dans le premi] livre du ,novum organum1 con/itu]ont sa critique de la sci5ce telle qu'on l'a comprise avant lui1 semble bi5 port] la m>que de l'influ5ce de ,montaigne4 ,elle prs5te des ressemblances frappantes avec une page de son essai sur la mdec9e2 elle rpte des ides et des faits que son ,apologie de ,raimond ,sebonde a vulg>iss4 ,dans les aphorismes trs nus ou ces p5ses s'en*ss]ont plus t>d1 ri5 ne p\rra n\s dire si ,montaigne e/ p\r quelque *ose dans leur =mation2 n\s s]ons en droit cep5dant de suppos] qu'il y a contribu4 ,je p\rrais encore exam9] quelques aphorismes du premi] livre du ,novum organum et en rappro*] des passages semblables de ,montaigne2 mais cela n\s f]ait rev5ir sur des ides dj vues propos du ,de augm5tis#agd4 ,les deux pices matresses de ce livre1 celles qui en donn5t vraim5t la signification et en mesur5t la porte1 ce sont la critique de l'esprit huma9 et la critique de la m?ode des sci5ces lgue p> les anci5s1 au seizime sicle2 or1 t\tes deux1 n\s l'avons vu1 ont des *ances de devoir beauc\p ,montaigne4 ,ici t\tefois s'arrt5t les obligations de ,bacon env]s lui4 ,n\s n'avons plus qu'un pas faire p\r arriv] la m?ode propre de ,bacon4 ,l'expos de cette m?ode remplit le second livre du ,novum organum4 ,on se s\vi5t comm5t ,bacon en fait connatre d'abord le b1 qui e/ d'agir sur la nature et de la trans=m] au gr de la volont huma9e2 comm5t1 ensuite1 il tablit ses tables d'expri5ce1 d'o presque ma?matiquem5t devra jaillir l'axiome sci5tifique2 comm5t il classe en catgories div]ses les expri5ces1 af9 d'atta*] l'esprit aux plus fructueuses4 ,de t\t cela1 il n'y a ri5 *]*] *ez son devanci]4 ,mais si ,montaigne n'entre pas avec ,bacon dans la m?ode1 il l'accompagne t\tefois jusqu' la porte4 ,l'axiome dont dc\le t\te la ?orie baconi5ne1 c'e/ l'axiome de la puissance absolue du fait4 ,c'e/ la pi]re d'assise sur laquelle repose t\t l'difice4 ,montaigne avait s5ti cette puissance du fait4 ,il avait eu l'impression nette que c'tait l le seul fondem5t solide sur lequel on pt btir4 ,j'ai montr ailleurs#age que ,montaigne n'e/ pas un sceptique4 ,un mom5t1 il a t saisi d'un v]tige de pyrrhonisme4 ,c'tait le ds>roi d'une consci5ce qui1 t\t c\p1 s5t la plup>t de ses croyances se drob]4 ,bi5tt1 il s'e/ ressaisi4 ,ce qui lui a *app dans cette crise1 ce sont les ides *imriques auxquelles le monde1 aut\r de lui1 e/ ass]vi1 et qui ne repos5t sur aucun fondem5t4 ,le rsultat en a t de lui faire reconnatre que l'expri5ce seule mrite sa confiance4 ,dsormais1 il ne veut plus pli] que devant le fait4 ,il ne btira que sur des faits4 ,il limite son desse9 la pe9ture du moi1 af9 de bi5 s'assur] de son objet et p\r ne pas risqu] de s'g>] lo9 des faits4 ,con=mm5t cette conviction que les faits seuls mrit5t notre confiance1 il trace les bornes du connaissable4 ,les vrits de la religion ne peuv5t pas tre confirmes ou critiques p> l'expri5ce3 elles ne sont donc pas du doma9e de la raison4 ,la politique e/ plus prs de n\s4 ,la raison a bi5 une c]ta9e compt5ce en matire politique4 ,elle peut corrig] des dfauts de dtail4 ,mais elle doit se df5dre des ?ories ambitieuses et ne jamais oubli] qu'elle e/ incapable de con/ruire un ,etat de t\tes pices4 ,il e/ intressant de relev] des rs]ves de mme g5re *ez le rationali/e ,bacon4 ,n\s avons vu qu'il se dfie lui aussi des n\veauts politiques#agf4 ,en religion1 il creuse1 mo9s pr(ondm5t que ,montaigne peut-tre1 le foss qui sp>e la foi de la raison1 en ce qu'il e/ime la raison capable de rfut] l'a?isme4 ,mais1 comme ,montaigne1 il croit qu'elle ne peut pas dmontr] les vrits religieuses1 et que prt5dre attaqu] ou df5dre la foi p> des argum5ts huma9s1 c'e/ se has>d] dans une entreprise des plus dang]euses1 qui enfant]a fatalem5t l'erreur#agg4 ,c'e/ le mme agno/icisme qui provi5t de la mme confiance exclusive dans les faits4 ,on conoit de quelle importance1 p\r assur] l'indp5dance de la sci5ce1 e/ une telle ligne de dm>cation entre la rvlation et les con/ructions de la raison huma9e4 ,p>t\t o l'expri5ce peut s]vir de guide1 ,montaigne se p]met de jug]4 ,il juge1 avec prud5ce sans d\te1 mais avec f]met4 ,il lit les hi/ori5s p\r tri] dans leurs oeuvres des faits sur lesquels se faonn]ont et se modl]ont ses ides4 ,c'e/ dans l'obs]vation directe de la nature qu'il puise les argum5ts dont il combat le /ocisme4 ,il affirme4 ,il btit un sy/me de pdagogie4 ,lisez ,montaigne en v\s plaant ce po9t de vue3 v\s v]rez que1 *ez lui1 presque t\j\rs1 le fait--vrai ou faux d'ailleurs1 l n'e/ pas la "q--e/ la base de l'ide1 et qu'il s'y assujettit avec docilit4 ,son esprit e/ s+ulirem5t rali/e et positif p\r son temps1 bi5 fait p\r sduire un ,bacon4 ,comm5t ,montaigne n'a-t-il pas t au del8 ,p\rquoi1 lui qui avait une =me d'esprit somme t\te si sci5tifique1 n'a-t-il pas su dt]m9] la m?ode des sci5ces8 ,il en a bi5 l'intuition3 il accumule des faits2 sa raison sait p>faitem5t s'assujettir eux4 ,un pas seulem5t lui re/e faire4 ,s'il ne l'a pas fran*i1 c'e/1 je crois1 p>ce que son activit s'e/ limite la sci5ce morale4 ,en physique1 un fait e/ relativem5t peu complexe2 on peut le trait] comme une unit1 le c\*] sur des tables en classes aism5t di/9ctes1 l'additionn]1 le s\/raire4 ,dans l'ordre psy*ologique1 il faut une audacieuse ab/raction p\r l'assimil] aux faits de mme espce4 ,un psy*ologue1 et surt\t un psy*ologue trs adonn1 comme ,montaigne1 l'obs]vation intrieure1 n'tait pas port =mul] la m?ode2 c'tait bi5 plutt l'affaire d'un physici54 ,qu& ,bacon l'appliqu]a aux sci5ces morales1 n\s aurons l'impression qu'il transporte dans ces sci5ces la m?ode des sci5ces positives4 ,dans son essai ,de l',expri5ce1 ,montaigne a bi5 indiqu sa manire lui d'int]prt] l'expri5ce4 ,c'e/ celle d'un morali/e4 ,il a trs vif le s5tim5t que *aque fait e/ s+uli]1 et c'e/ ce qui l'arrte4 ,la raison1 n\s dit-il1 a tant de =mes que n\s ne savons laquelle n\s pr5dre2 l'exp]i5ce n'en a pas mo9s4 ,la consequ5ce que n\s v\lons tir] de la conf]5ce des ev5em5s e/ mal seure1 d'autant qu'ils sont t\j\rs dissemblables4 ,il n'e/ aucune qualit si univ]selle en cette image des *oses que la div]sit et v>it444 ,la ressemblance ne faict pas tant un1 comme la diff]5ce faict autre444 ,qu'ont gaign nos legislateurs *oisir c5t mille espces et faicts p>ticuli]s1 et y atta*] c5t mille loix8 ,ce nombre n'a aucune proportion avec l'inf9ie div]sit des actions huma9es44444 ,jamais deux hommes ne jug]ont p>eillem5t de mesme *ose2 et e/ impossible de voir deux op9ions semblables exactem5t1 non seulem5t en div]s hommes1 mais en mesme homme en div]ses heures4#agh ,et ailleurs encore3 ,l'exemple e/ un patron libre1 univ]sel et t\t s5s4 ,sans nul d\te on peut tir] pr(it de l'expri5ce1 c> ces faits trs diffr5ts1 ont p\rtant quelques ressemblances qui les rappro*5t4 ,a la raison de saisir ces analogies fugitives d'int]prt]1 de jug]3 sa t*e e/ inf9im5t dlicate4 ,n\s re/ons a9si lo9 de la conception de ,bacon qui prt5d r5dre presque mcaniques les applications de la m?ode et rduire une sorte de ma*9isme le rle de l'esprit dans la re*]*e de la vrit4 ,elle ne p\vait gure clore dans le c]veau d'un morali/e4 ,ce n'e/ que p> un excs manife/e de l'esprit de sy/matisation que ,bacon en a t5du l'application la sci5ce morale4 ,mme dans les sci5ces physiques et naturelles il ne semble pas que les dc\v]tes se soi5t jamais faites suivant les procds mcaniques imag9s p> ,bacon4 ,l'induction et l'intuition y ont t\j\rs j\ un rle capital4 ,p\rtant c'e/ l'obs]vation des phnomnes physiques et naturels qui seuls p\vai5t les suggr]4 ,aussi d'autres savants1 physici5s et naturali/es1 prdcesseurs de ,bacon ou ses contempora9s1 bau*ai5t-ils v]s le mme temps les gr&es lignes de la m?ode exprim5tale4 ,c'e/ d'eux1 c'e/ des milieux sci5tifiques qu'e/ v5ue l'impulsion4 ,mais l'attitude de ,montaigne en face des faits n\s expliqu5t que ,bacon ait s5ti en lui1 une p5se soeur de la si5ne4 ,il a compris que leurs t5dances tai5t les mmes3 t\te la critique de ,montaigne ne l'a pas effray2 elle l'a attir1 p>ce qu'elle n'tait pas ngative1 p>ce qu'elle purait la notion du fait et habituait l'esprit considr] le fait dans sa nudit4 ,je crois donc que1 contrairem5t l'op9ion qui t5d s'accrdit]1 l'influ5ce de ,montaigne sur l'essayi/e qui e/ en ,bacon a t de peu d'importance4 ,mais si les rem>ques qui prcd5t1 d'ailleurs hypo?tiques1 je le rpte1 ne sont pas sans fondem5t1 il se p\rrait que ,montaigne1 lu de bonne heure p> ,bacon1 et veill et aiguis son esprit critique1 que lui montrant la pauvret des m?odes en usage et la faiblesse de la raison huma9e ab&onne ses seules =ces1 il l'et incit con/ruire sa m?ode4 ,voil ce que les savants ne faisai5t pas1 ce que p]sonne1 je crois1 au ,x,v,ie sicle ne p\vait faire aussi bi5 que ,montaigne4 ,ce s]ait alors dans le premi] livre du ,novum organum1 qui e/ la base de t\te l',in/auratio magna1 qu'il faudrait *]*] son influ5ce4 ,elle s]ait comp>able celle qu'on s'accorde lui reconnaitre sur la p5se de ,desc>tes1 qui "p du d\te m?odique1 ou sur celle de ,pascal qui crase l'orgueil de la raison4 ,t\te m?ode s'appuie sur une critique des dm>*es spontanes de l'esprit huma94 ,c'e/ cette critique de la raison que ,montaigne aurait prp>e la fois p\r ,bacon1 p\r ,desc>tes et p\r ,pascal4 ,rem>quons t\tefois qu'il e/ bi5 plus prs de ,bacon que des deux autres4 ,c'e/ p> l'obs]vation des faits qu'il *appe au d\te2 ce n'e/ pas p> l'vid5ce qui s]a le refuge de ,desc>tes1 et ri5 ne lui e/ plus trang] que le my/icisme de ,pascal4 #aba ,cf4 ,nov4 ,org41 ,i1 aphor4 #i4 #abb ,cf4 ,nov4 ,org41 ,i1 aphor4 #ajd4 #abc ,montaigne1 ,essais1 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 p4 #if4 #abd ,montaigne1 ,essais1 ,,ii1 ,,xiii1 tome ,,iv1 p4 #ie4 #abe ,montaigne1 ,essais1 ,i1 ,,xxxii4 #abf ,montaigne1 ,essais1 ,,ii1 ,,xii1 passim4 #abg ,nov4 org4 ,i1 aphor4 #ed4 #abh ,novum organum1 ,i1 aphor4 #da4 #abi ,montaigne3 ,essais1 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 p4 #ch4 #acj ,novum organum1 ,i1 aphor4 #de4 ,encore p\rrait-on rappro*] l'essai 7,i1 ,,xxxviii7 de ,montaigne intitul3 ,comme n\s pleurons et rions d'une mesme *ose4 ,il y critique ceux qui n'apport5t pas assez de s\plesse jug] les actions des hommes1 ceux qui d\t5t p> exemple que les l>mes de ,cs> en voyant la tte de ,pompe mort ai5t pu tre des l>mes s9cres4 ,ici et en plusieurs autres *apitres 7,i1 ,,ii1 *4 #a p> exemple de l',incon/ance de nos actions71 il accuse l'esprit huma9 de v\loir ram5] t\tes les actions d'un mme homme un petit nombre de pr9cipes1 c'e/--dire de d=m] la ralit psy*ologique p> un beso9 naturel d'ordre4 #aca ,novum organum1 ,i1 aphor4 #df4 #acb ,voir ci-dessus1 p4 #de et #df4 #acc ,montaigne1 ,essais1 ,i1 ,,xi1 tome ,i1 p4 #ed4 #acd ,montaigne1 ,essais1 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 p4 #di4 #ace ,montaigne1 ,essais1 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 p4 #ib4 #acf ,montaigne1 ,essais1 ,i1 ,,xxxii4 #acg ,novum organum1 ,i4 aphor4 #dh4 #ach ,montaigne4 ,essais1 ,,iii4 ,,vi4 #aci ,ibid41 ,,iii4 ,,xi4 #adj ,ibid41 ,,iii1 ,,xi1 tome ,,vi4 p4 #beb4 #ada ,montaigne1 ,essais1 ,,ii4 ,,xvii4 #adb ,voir l'essai ,i1 ,,xxxviii et aussi ce que ,montaigne dit des gu]res civiles1 dans l'essai ,,iii1 ,x4 #adc ,nov4 org41 ,i1 aphor4 #di4 #add ,montaigne1 ,essais1 ,,iii1 ,x1 t4 ,,vi1 p4 #bca4 #ade ,montaigne1 ,essais ,,iii1 ,,xiii1 db4 #adf ,montaigne1 ,essais ,,iii4 ,,xiii1 tome ,,vii4 p4 #cj4 #adg ,novum organum ,i1 apho4 #ej4 #adh ,ibid41 ,i1 apho4 #ea4 #adi ,montaigne1 ,essais ,,ii4 ,,xii2 tome ,,iv4 p4 #afa4 #aej ,montaigne1 ,essais1 ,i1 ,,xxxvii4 #aea ,ibid41 ,i1 ,,xxxvi1 tome ,,ii1 page #afa4 #aeb ,novum organum1 ,i1 apho4 #ed4 #aec ,ibid41 ,i1 apho4 #ef4 #aed ,montaigne1 ,essais1 ,i1 ,,xxxvii4 #aee ,ibid41 ,i1 ,,xxxi4 #aef ,ibid41 ,i1 ,,xxvi4 #aeg ,montaigne1 ,essais1 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 p4 #acc4 #aeh ,ibid41 ,,iii1 ,,xiii4 #aei ,montaigne1 ,essais1 ,,iii1 ,,xiii1 tome ,,vii1 p4 #i4 #afj ,ibid41 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 p4 #cj4 #afa ,ibid41 ,i1 ,,xxvi1 tome ,,ii1 p4 #ca4 #afb ,montaigne1 ,essais1 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 p4 #ej4 #afc ,novum organum1 ,i1 apho4 #fc4 ,trad4 ,riaux1 tome ,,ii1 p4 #be4 ,bi5 ent5du je ne p5se pas qu'il y ait ici plus que dans les textes prcd5ts une rm9isc5ce consci5te de ,montaigne4 #afd ,montaigne1 ,essais1 ,,iii1 ,,ix4 #afe ,ibid41 ,,iii1 ,,xii4 #aff ,montaigne1 ,essais ,i1 ,,lvi1 tome ,,ii1 p4 #big4 #afg ,novum organum1 ,i1 #fe1 ,ed4 ,riaux1 tome ,,ii1 p4 #bf4 #afh ,de ,augm5tis1 ,v4 ,,ii4 ,traduct4 ,riaux1 tome ,i1 p4 #bbd4 #afi ,montaigne1 ,essais ,,ii1 ,,xii1 t\te la premire p>tie du *apitre4 #agj ,novum organum ,,ii1 #be3 ,on croit avoir fait une division bi5 exacte lorsqu'on les a divises en raison huma9e et in/9ct des brutes4 ,cep5dant il e/ telles actions qu'on voit faire ces brutes et qui port]ai5t p5s] qu'elles sont capables aussi de faire des espces de syllogismes1 surt\t si l'on en veut croire ce qu'on rapporte de c]ta9 corbeau qui1 durant une gr&e s*]esse1 tant presque mort du soif1 ap]ut de l'eau dans le creux d'un tronc d'arbre et n'y p\vant entr] p>ce que l'ouv]ture tait trop troite1 ne cessa d'y jet] de petits caill\x jusqu' ce que le niveau de l'eau s'levt assez haut p\r qu'il pt boire son aise1 et ce fait a depuis pass en prov]be4 #aga ,ibid41 ,,ii1 ,,xii1 tome ,,iv1 page #ea4 #agb ,ibid41 ,,ii1 ,,xxxvii4 #agc ,montaigne1 ,essais ,,ii1 ,,xxxii1 tome ,v1 page #aee4 #agd ,cf4 p> exemple l'aphorisme #ga sur les /riles disputes des philosophes4 #hc3 ide que c'e/ rabaiss] la maje/ de l'esprit que de l'atta*] aux vulgaires expri5ces4 #hd3 ide que la vrit e/ fille du temps1 non de l'autorit4 #ij3 manque absolu de jugem5t dans les ex]cices d'cole4441 etc4 #age ,p\r t\tes ces ides voir mon ouvrage sur les ,s\rces et l',evolution des ides de ,montaigne1 ,p>is1 ,ha*ette #aijh1 t4 ,,ii1 pp4 #bjf1 #cji1 #cbc1 etc4 #agf ,voir ci-dessus p4 #df4 #agg ,de ,augm5tis 7liv4 ,,ix7 ,! doctr9e ( religion1 z well moral z my/ical1 is n to be atta9$ b by inspiration & revelation f ,god4 #agh ,essai ,,iii1 ,,xiii2 tome ,,vii4