de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,ce ,,que ,,vaut ,,une ,,femme ,,trait ,d',,ducation ,,morale ,,et ,,pratique ,,des ,,jeunes ,,filles#a ,ouvrage ayant obtenu le prix ,,doyen-,,doubli 7partag7 ,par ,mlle 4 ,,roch ,,reims ,,imprimerie ,,dubois-,,poplimont ,rue de ,vesle1 #bbj #ahhh ,il faut lever la jeune fille avec la pense constante qu'elle sera un jour la compagne de l'homme4 7,mme de ,stal74 ,une femme riche et dsordonne entrant dans une maison l'appauvrit1 tandis qu'une femme pauvre et conome l'enrichit4 7,mme ,doyen74 ,,appr,,ciation ,,du ,,jury ,ouvrage excellent4 ,esprit moral et lev4 ,questions pratiques traites clairement et fond1 sans extensions inutiles4 ,note #a3 ,ce livre est destin propager dans les classes laborieuses les prceptes de l'conomie domestique1 et faciliter l'accomplissement des devoirs familiaux ,,table ,,des ,,mati,,res ,prface4--7 ,mme ,doyen-,doubli74 ,,ducation ,,morale ,la jeune fille dans la famille4 ,la jeune femme dans son intrieur4--,devoirs envers le mari et les enfants4 ,des qualits qu'il faut acqurir4 ,rapports avec les voisins4 ,,ducation ,,pratique ,considrations morales sur les vertus pratiques de la femme4 ,la journe d'une mnagre4--,tenue personnelle et tenue de la maison4 ,economie domestique4--,la nourriture4--,l'habillement4--,quelques chiffres4 ,conclusion4 ,,pr,,face ,madame ,,doyen-,,doubli ,parmi les questions qui depuis quinze ans n'ont cess de proccuper les esprits et les pouvoirs publics1 il faut citer l'une des premires1 et peut-tre la premire de toutes1 la question de l'enseignement national4 ,quel que soit le jugement que l'histoire portera sur notre poque1 ce sera son ternelle gloire d'avoir compris1 au lendemain de nos dsastres1 que la condition de notre relvement tait dans un enseignement fortement organis1 et de n'avoir recul pour cela devant aucun sacrifice4 ,prenant pour exemple ce qui1 aprs ,ina1 avait si bien russi nos vainqueurs1 on a pens qu'il fallait1 avant tout1 combattre l'ignorance1 relever les caractres1 fortifier les courages1 en un mot faire des citoyens avant de faire des soldats4 ,un effort sans prcdent a t fait sous ce rapport1 d'immenses progrs ont t raliss1 et on peut dire1 sans crainte de contradiction1 que si l'on avait obtenu dans tous les services les mmes amliorations1 notre situation serait aujourd'hui prpondrante4 ,faut-il croire cependant que tout a t fait et qu'il ne reste plus qu' s'endormir sur les rsultats acquis1 sans se proccuper de ce qu'ils pourront produire dans l'avenir4 ,dans la ncessit o l'on s'est trouv de crer de toutes pices un enseignement jusque l trop nglig1 on a oubli d'tablir un point de dpart1 c'est--dire de bien prciser dans quel esprit cet enseignement devrait tre donn4 ,sans entrer ici dans la question du surchargement des programmes dans l'enseignement secondaire1 question qui1 elle seule1 ferait l'objet d'un volume1 nous nous demandons si le but qu'on s'tait propos a vritablement t atteint1 et si la mthode actuelle1 qui consiste donner trop l'instruction proprement dite1 pas assez l'ducation1 ne menace pas de nous affaiblir en nous nervant4 ,s'il est vrai qu'une culture intensive ne saurait convenir tous les terrains1 il est certain aussi qu'une mme culture intellectuelle ne pourrait sans inconvnient s'appliquer tous les individus et qu'il est des cerveaux que ce moyen ne parviendrait qu' atrophier et dsquilibrer4 ,l'ducation1 qui a plutt pour mission de former le caractre1 de dvelopper les qualits du coeur1 ne prsente pas le mme danger2 il serait temps de lui faire1 dans nos programmes1 une place en rapport avec son incontestable utilit4 ,n'avons-nous pas vu des connaissances multiples demeurer sans objet1 ne produire aucun rsultat1 parce que l'ducation morale et pratique tant insuffisamment ou mal dirige1 nous manquons de l'objectif1 de la force de volont ncessaire pour les utiliser8 ,c'est ce point qu'il importe de dgager1 surtout notre poque o les caractres manquent trop souvent de fermet et de consistance4 ,le but de l'enseignement ne doit pas tre de dtourner les individus de leur vocation premire1 mais au contraire de la bien dfinir1 de la leur faciliter en l'largissant4 ,ce but1 en un mot1 doit tre1 en dveloppant galement les intelligences et les caractres1 de donner chacun dans la socit une situation en rapport avec ses aptitudes1 et cela pour le plus grand bien de tous4 ,si l'enseignement n'atteint pas ce but1 il est incomplet2 s'il le dpasse1 il est dangereux4 ,dans le premier cas la communaut se trouvera prive de concours qui auraient pu lui tre prcieux2 dans le second1 des individus1 fourvoys dans un milieu qui n'est pas le leur1 formeront une section de dclasss1 deviendront une non-valeur pour eux-mmes1 leur famille et la socit4 ,si cette situation peut crer un danger pour les garons1 combien ce danger ne sera-t-il pas plus grand en ce qui concerne les jeunes filles4 ,c'est surtout elles qu'il importe de donner une ducation en rapport avec la mission qu'elles sont appeles remplir4 ,qu'adviendrait-il de notre pays le jour o la femme se trouverait dtourne de sa destination naturelle1 o la jeune fille pourrait supposer qu'il existe autre chose pour elle que la mission noble et sainte d'tre pouse1 d'tre mre4 ,c'est la pense de cette mission1 nous dirons plus1 de cet apostolat de la femme dans la famille qui devrait tre l'unique rgle de son ducation1 et rien ne devrait lui tre enseign qui n'ait pour but plus ou moins direct d'en faire la fille dvoue1 la mre sage et prvoyante1 l'pouse tendre et digne1 c'est--dire l'ornement1 la consolation1 le soutien moral de la famille4 ,c'est son coeur autant qu' son intelligence qu'il faut que l'on s'adresse1 c'est en dvelopper les qualits que doivent s'employer les personnes ayant charge de son avenir4 ,aucune connaissance inutile1 mais toutes les connaissances ncessaires1 ce programme est assez vaste pour donner un aliment plus que suffisant leur activit4 ,une femme d'esprit et de coeur demandait que l'on levt la jeune fille en vue de sa destine future4 ,c'est encore une femme l'esprit lev1 au coeur gnreux1 qui1 prs d'un sicle plus tard1 a recherch les moyens pratiques les plus propres lui faciliter sa tche4 ,s'il est une femme qui ait rendu d'incontestables services la famille1 la socit et par suite au pays1 c'est sans contredit la femme suprieure et distingue dont notre cit s'honore4 ,tournant toute sa sollicitude vers les dshrits de la fortune1 vers ceux qui doivent demander au travail les ressources de chaque jour1 ,mme ,doyen s'est mue des souffrances des classes laborieuses4 ,c'est avec la pense noble et gnreuse de leur venir en aide qu'elle cra l'cole ,professionnelle et ,mnagre1 qui restera comme le tmoin de sa sollicitude claire et perptuera sa mmoire4 ,pensant avec raison que ceux qui luttent pour l'existence ont un plus grand besoin de la solidarit intime1 de l'union qui fait la force1 ,mme ,doyen s'est efforce par ses conseils et ses exemples1 par tous les moyens en son pouvoir1 d'inspirer plus particulirement leurs enfants l'amour du foyer domestique1 le dvouement la famille4 ,mais comme il ne saurait suffire que la femme ft aimante et dvoue1 et qu'en certains cas ces vertus doivent donner des rsultats matriels1 elle s'est applique leur inculquer les principes de travail1 d'ordre et d'conomie dont dpendent son bien-tre et celui des siens4 ,car1 il faut bien le reconnatre1 si l'tat de gne1 de misre parfois de l'ouvrier1 provient souvent de l'insuffisance de ses ressources1 il est plus frquemment encore le rsultat de diverses autres causes et plus particulirement de la gestion mauvaise ou mal entendue dont la femme a la charge4 ,plus un budget est restreint1 plus il est difficile de l'quilibrer1 plus il faut dployer pour cela de prudence1 de sage conomie1 d'adroits calculs4 ,combien de femmes en sont incapables1 faute d'y avoir t prpares4 ,c'est cette tche que s'est dvoue ,mme ,doyen2 elle a rendu ainsi la masse des travailleurs des services plus grands que ne l'ont fait beaucoup d'hommes auxquels on a lev des statues4 ,qu'elle soit honore et bnie1 la mmoire de celle qui a consacr le meilleur d'elle-mme l'mancipation morale de la femme4 ,elle n'a pas seulement fait oeuvre de mre1 elle a fait acte de patriote4 ,puissent d'autres femmes suivre son exemple4 ,l'oeuvre des conqurants prira1 parce qu'elle repose sur la ngation de la justice et des droits de l'humanit1 mais la pense qui a prsid son entreprise1 en apparence modeste1 demeurera et produira des fruits pour le relvement de la patrie4 ,les jeunes filles leves d'aprs ses principes deviendront les mres fortes et sages qui apprendront leurs fils le culte du pays1 le respect de la proprit et des croyances d'autrui1 l'accomplissement des devoirs sociaux4 ,elles en feront des hommes courageux1 au caractre fortement tremp1 en un mot de bons citoyens et de fiers dfenseurs4 ,et l'on saura alors ce que vaut une femme1 ce que vaut une ,franaise6 ,,ducation ,,morale ,,la ,,jeune ,,fille ,,dans ,,la ,,famille ,il est de nos obligations et de nos devoirs qui varient suivant la position sociale laquelle nous appartenons1 mais ce qui ne saurait varier1 ce qui est un devoir strict pour toutes1 que nous soyons filles de prince ou de simple artisan1 c'est le dvouement notre famille1 l'attachement au foyer domestique4 ,et plus ceux qui nous entourent ont d peiner et souffrir pour assurer notre existence1 plus nous leur devons de reconnaissance et d'affection4 ,pour bien connatre la valeur d'un bienfait1 il faut1 dit-on1 en avoir t priv2 n'attendons pas que nous ayons le malheur d'tre prives ou loignes des ntres pour comprendre ce que nous devons leur tendresse1 leur sollicitude4 ,abandonnons-nous sans rserve aux douces joies de la famille1 accomplissons-en toutes les obligations1 c'est l qu'est le bonheur1 le vrai1 le seul1 celui que donne le sentiment du devoir accompli4 ,n'oublions pas que notre mission sur la terre est d'aimer1 de nous dvouer1 de nous oublier pour les ntres1 et que le plus grand malheur pour une femme serait de n'avoir personne qui consacrer ce que la nature a mis en elle de tendresse et de dvouement4 ,aimons d'abord ceux qui nous ont aimes les premiers1 qui ont mis en nous leur espoir avant mme que nous ne fussions nes4 ,ils taient jeunes encore lorsque nous tions toutes petites1 ont-ils hsit un seul instant sacrifier leur jeunesse1 se priver de toute distraction et parfois mme des choses les plus ncessaires la vie1 pour ne s'occuper que du cher bb4 ,leurs joies1 c'taient nos premiers pas1 c'taient nos sourires1 nos caresses4 ,quelles angoisses lorsque la maladie nous menaait et que1 penchs sur notre berceau1 ils piaient le moindre de nos mouvements4 ,quelles privations aussi n'ont-ils pas d s'imposer pour nous lever sans que nous manquions de rien1 et quelle douleur pour eux quand1 malgr leurs efforts1 ils ne pouvaient nous procurer tout le bien-tre ncessaire4 ,et lorsque nous avons avanc en ge1 quels soucis de tous les instants pour le prsent et pour l'avenir4 ,ils nous ont fait ce que nous sommes1 veillant sur notre sant1 sur notre ducation1 sur notre conduite1 s'oubliant eux-mmes en toutes circonstances pour ne songer qu' nous4 ,aussi n'insisterons-nous pas sur l'obligation d'aimer nos parents1 il n'existe pas sans doute d'enfant assez dnature qui cette recommandation serait ncessaire1 mais nous dirons qu'il ne suffit pas de les aimer platoniquement1 qu'il faut leur tmoigner notre affection par tous les moyens en notre pouvoir en saisissant avec empressement toutes les occasions de leur tre agrables1 en vitant avec soin tout ce qui pourrait les contrarier1 en les entourant constamment de nos soins1 de nos prvenances et de notre respect4 ,n'oublions pas que de nous seules peuvent leur venir leurs plus grandes peines comme leurs plus grandes joies1 et faisons en sorte de ne leur donner que des satisfactions en change des sacrifices que nous leur avons cots4 ,ce n'est pas seulement pendant nos premires annes que nous devons les respecter et les chrir4 ,si nous pouvions manquer notre devoir sous ce rapport1 la jeunesse et l'irrflexion seraient notre seule excuse4 ,c'est au contraire lorsque nous avanons en ge qu'ils doivent pouvoir compter sur notre reconnaissance et notre affection4 ,aussitt que nous serons en situation de pouvoir travailler et que nos parents seront eux-mmes fatigus par l'ge et le labeur1 mettons-nous l'oeuvre courageusement pour diminuer leurs peines2 c'est notre devoir de travailler pour eux comme ils l'ont fait pour nous4 ,rendons-nous utiles autant que nous le pouvons2 si nos occupations ne nous obligent pas passer la journe au dehors1 soyons pour notre mre un aide constant1 ne lui laissons prendre dans l'intrieur du mnage aucune peine1 aucune fatigue que nous pouvons lui viter4 ,il serait par consquent peu digne d'une jeune fille que sa mre ft oblige d'interrompre ses occupations pour prparer le repas de la famille ou nettoyer la maison1 pendant qu'elle-mme gaspillerait son temps ou s'occuperait de futilits4 ,il nous est donn parfois d'admirer et d'applaudir des jeunes filles qui1 par leur travail1 soutiennent leurs parents gs ou les aident lever leurs frres et soeurs plus jeunes2 suivons leur exemple1 et qu'en toute circonstance notre famille puisse compter sur notre dvouement4 ,nous ne devons1 certes1 mpriser personne1 mais ce serait un mpris juste et mrit que celui que nous aurions pour l'enfant assez dpourvu de conscience et de naturel pour manquer de respect envers ses parents ou leur refuser l'aide et les secours dont ils auraient besoin4 ,n'oublions pas que la dfrence laquelle nous sommes tenues nous interdit de nous poser en juges de leurs actes1 et que ce n'est pas nous qu'il appartient de les critiquer4 ,quels que puissent tre parfois leurs torts et leurs dfauts1 nous n'en devons pas moins les respecter et les aimer1 et nous efforcer de cacher au monde leurs faiblesses4 ,qui sait si par notre tendresse nous ne parviendrons pas les rendre meilleurs1 si la crainte de nous peiner1 de nuire notre avenir1 n'amnera pas en eux de salutaires rflexions1 une amlioration dans leur conduite4 ,les affections et les exemples de la famille sont de tous les plus fortifiants4 ,une femme1 une jeune fille1 qui sauront crer au mari1 au pre1 au frre1 un intrieur tout de tendresse1 de gaiet1 de confort relatif1 auront de grandes chances de les retenir auprs d'elles et d'viter ces divisions1 ces luttes intimes1 qui rendent parfois l'existence en famille si dure et si pnible supporter4 ,il y avait chez mes parents1 et j'en ai fidlement gard le souvenir1 quoique je fusse alors trs jeune1 un ouvrier que l'on renommait pour son habilet et ses rares talents4 ,y avait-il un ouvrage press1 exigeant de l'exprience et de l'adresse1 c'tait lui que l'on avait recours4 ,honnte homme1 excellent camarade1 il tait aim de tous l'atelier3 malheureusement il avait ce dfaut1 si frquent parmi les ouvriers des tats libres1 il s'adonnait la boisson1 et alors adieu le travail2 tant que durait l'argent de la quinzaine1 on tait sr de ne pas le revoir4 ,que de fois n'avions-nous pas vu sa pauvre femme1 dsespre1 venir le jour de la paie supplier qu'on lui remt l'argent de son mari1 et mon pre y consentait de grand coeur1 certain que ,b444 n'oserait pas opposer de rsistance et sachant aussi que c'tait le seul moyen de le voir revenir le lundi suivant4 ,depuis1 nous l'avions compltement perdu de vue1 nous avions bien entendu dire qu'il avait une petite fille et nous plaignions la malheureuse femme1 laborieuse et propre pourtant1 que l'inconduite de son mari allait1 pensions-nous1 plonger dans la misre avec son enfant4 ,dernirement1 ayant besoin d'un spcialiste pour un ouvrage de peu d'importance1 je m'informai o je pourrais le trouver1 et celui que l'on m'indiqua fut prcisment notre ancien ouvrier4 ,je m'attendais trouver chez lui la dsunion et la misre4 ,quels ne furent pas mon tonnement et ma satisfaction en le voyant dans une situation telle que je pouvais peine y croire4 ,la maison propre et bien tenue respirait un air de confort1 la mre et la jeune fille paraissaient heureuses et gaies4 ,b444 qui parut me revoir avec plaisir1 m'expliqua qu'il s'tait tabli son compte et qu'ayant beaucoup d'ouvrage il gagnait sa vie largement4 ,c'est ma fille qui m'a sauv1 me dit-il4--,un jour que j'avais dpens tout l'argent de ma paie1 nous tions sans un sou la maison lorsque la petite tomba dangereusement malade4 ,comment faire pour la soigner1 nous tions endetts dans le quartier et le pharmacien ne me connaissait pas4 ,pour la premire fois de ma vie1 je compris toute l'tendue de mes torts et je me fis horreur3 si ma fille tait morte1 certainement je me serais tu4 ,je jurai de ne plus boire1 mais combien d'abord ce fut difficile4 ,je me conduisais mieux cependant1 et plus jamais ne manquais l'atelier4 ,et puis en grandissant ma fillette devenait si caressante et si gentille1 elle avait pour moi tant d'aimables prvenances que je m'attachai elle de plus en plus4 ,je me dis qu'aprs avoir failli ne pas pouvoir la soigner1 il me deviendrait impossible de la bien lever1 de la marier plus tard convenablement4 ,ds que j'eus fait ces rflexions1 je cessai compltement de boire1 et vous1 madame1 qui m'avez connu1 vous pouvez tre tonne de ce changement1 c'est ma femme et ma fille que je le dois4 ,et je sentais qu' l'affection qu'il leur porte se mlait une grande reconnaissance4 ,cet exemple et beaucoup d'autres que bien certainement vous aurez rencontrs1 prouve combien est forte l'influence de la femme dans la famille et combien dans la plupart des cas il lui serait facile de ramener l'homme l'accomplissement de ses devoirs4 ,il n'existe pas1 notre avis1 de plus lgitime fiert que celle de l'enfant qui pourrait avoir cette intime conviction d'avoir moralement sauv ses parents1 de les avoir aids se relever leurs propres yeux et ceux des autres4 ,si nous avons des frres et soeurs1 aimons-les tendrement1 intressons-nous tout ce qui les concerne4 ,s'ils sont plus jeunes que nous1 ayons coeur d'aider nos parents les bien lever1 leur inspirer de bons sentiments1 ne leur donnons nous-mmes que de bons exemples4 ,protgeons-les en toute occasion1 et remplaons auprs d'eux notre mre1 si des circonstances malheureuses viennent les en priver4 ,s'ils sont nos ans reconnaissons-leur une certaine part d'autorit sur nous1 acceptons leurs conseils2 en tous cas vitons de les taquiner1 de leur causer de la peine4 ,n'agissons jamais envers eux avec cette acrimonie qui amne parfois de si regrettables divisions entre les enfants d'une mme famille4 ,habituons-nous de bonne heure supporter et nous pardonner mutuellement nos dfauts de caractre4 ,que de relations gtes ou irrmdiablement perdues qui auraient pu tre les meilleures de notre vie1 parce que nous n'avons pas su resserrer les liens d'amiti que la nature avait crs entre nous1 parce que sous le coup de puriles susceptibilits1 nous avons par gosme1 par orgueil ou par jalousie bless ceux que le ,ciel nous avait donns pour compagnons de notre jeunesse1 pour amis les plus intimes de toute notre existence4 ,ce serait une erreur de croire que les gards1 la politesse1 les convenances n'existent que pour tre pratiqus envers les trangers4 ,nous n'avons pas l'intention d'numrer ici les rgles du savoir-vivre1 cela nous entranerait trop loin3 d'autres1 d'ailleurs1 l'ont fait avant nous avec plus de succs que nous n'en pourrions prtendre4 ,disons seulement que les usages qu'une bonne ducation nous impose envers les indiffrents1 ne doivent tre suivis qu'avec plus d'empressement dans l'intrieur de la famille4 ,nous y gagnerons du reste de toutes faons1 d'abord en nous faisant aimer de notre entourage1 ensuite en contractant l'habitude des bonnes manires qui1 sans cela1 n'tant pratiques que momentanment1 auraient quelque chose d'affect1 c'est--dire de ridicule4 ,lorsque l'on verra une jeune fille respectueuse et dvoue pour ses parents1 polie et bienveillante envers tous1 s'occupant avec diligence des soins du mnage tout en conservant sur elle-mme cette apparence de propret qui la rend si charmante1 l'on sera naturellement dispos envers elle l'estime et la sympathie4 ,c'est alors que ceux qui dsirent fixer leur avenir porteront leurs vues sur elle1 pensant avec raison que celle qui est bonne fille1 bonne soeur1 sera bonne pouse et bonne mre4 ,de tous les actes de la vie1 le mariage est le plus important1 celui qui implique les plus graves consquences et qui demande1 par suite1 le plus de rflexion4 ,de l'union que vous contracterez1 de la manire dont vous vous comporterez1 dpendent le bonheur et la tranquillit de votre existence1 de celle de vos enfants et de toute votre famille4 ,nous ne saurions trop insister sur la ncessit d'arriver cette poque de votre vie avec le sentiment absolu et bien dfini de vos devoirs4 ,le mariage tant l'tat auquel vous tes destines1 il est indispensable que vous soyez instruites des obligations qu'il impose4 ,les prliminaires du mariage ne sont pas les mmes dans toutes les classes de la socit4 ,tandis que1 dans une situation aise1 les parents s'occupent de l'tablissement de leurs enfants et les mettent soigneusement l'abri de toute frquentation dangereuse1 les jeunes filles de la classe ouvrire1 forces par leur travail de sortir seules1 jouissant d'une plus grande libert1 se trouvent exposes des rencontres qui1 pour tre parfois invitables1 n'en prsentent pas moins de srieux inconvnients4 ,nous n'avons pas nous proccuper ici de celles qui trouvent au sein de leur famille conseils et protection1 c'est aux jeunes filles qui1 prives par la ncessit de la surveillance de leurs parents1 sont obliges de se diriger elles-mmes1 que nous voudrions adresser quelques observations4 ,si vous tes soucieuse de votre avenir1 si vous tenez vous marier honorablement1 quoique ne possdant pas de fortune1 faites d'abord en sorte que votre conduite ne donne jamais lieu la moindre critique1 au plus lger soupon4 ,si1 par la ncessit de votre profession1 vous vous trouvez en rapport avec des jeunes gens1 ne vous permettez jamais avec eux la moindre libert1 et sans cesser d'tre aimable et polie1 observez une certaine rserve dans vos manires et votre langage4 ,ne frquentez jamais non plus d'autres jeunes filles dont la conduite ne serait pas irrprochable ou dont le laisser-aller pourrait donner lieu de fcheuses suppositions2 c'est en vous respectant vous-mme que vous vous ferez respecter des autres4 ,mettez toujours au-dessus de toutes choses le soin de votre dignit1 et quelle que soit la situation que puissent vous crer les vnements1 ne vous commettez jamais avec des gens de moeurs dpraves1 d'habitudes et de gots grossiers2 faites en sorte de pouvoir entendre citer sans rougir le vieux dicton3 ,dis-moi qui tu hantes1 je te dirai qui tu es4 ,jamais d'ailleurs un homme de quelque mrite1 ne ft-il qu'un ouvrier1 ne consentira donner son nom une personne dont les frquentations ou la conduite seraient pour lui un sujet de honte4 ,quelle que soit la position sociale de vos parents1 quelles que puissent tre mme leurs fautes et leurs erreurs1 ne songez jamais vous marier contre leur volont4 ,c'est l la plus grande peine que vous puissiez leur faire1 le plus complet manque de respect qu'il vous soit possible de leur infliger4 ,vos parents qui connaissent la vie1 qui en ont l'exprience1 seront meilleurs juges que vous-mme des conditions propres assurer votre bonheur4 ,ils n'ont en vue que le bien de votre avenir1 et s'ils s'opposent des projets qui vous sont chers1 c'est qu'ils prvoient pour vous de cruelles dceptions4 ,les unions contractes dans ces conditions russissent d'ailleurs rarement au gr des intresss1 l'accord des familles tant1 en cette circonstance1 ce qu'il y a de plus profitable4 ,dans le cas o1 au cours de vos absences de la maison paternelle1 vous vous trouveriez recherche par un jeune homme dont les intentions vous paratraient honntes1 faites-en part de suite vos parents4 ,souvenez-vous que vous leur devez compte de vos actions et qu'il vous est interdit de leur cacher quoi que ce soit4 ,votre mre1 en pareille circonstance1 est tout indique pour tre votre confidente4 ,c'est auprs d'elle que vous trouverez les utiles conseils dont a besoin votre inexprience1 c'est dans sa tendresse claire qu'elle puisera les ressources qui loigneront de vous le danger et assureront votre avenir4 ,n'attachez pas trop d'importance la situation pcuniaire d'un prtendant1 ni mme ses avantages physiques2 proccupez-vous surtout de ses qualits morales1 de son intelligence1 de sa conduite1 c'est de cela que dpend votre bonheur4 ,disons-le bien haut1 du reste1 la louange de la classe ouvrire1 ce n'est pas dans son sein que l'on rencontre le plus souvent ces associations o la question d'intrt a tenu plus de place que l'inclination naturelle des futurs poux4 ,en nous rsumant1 nous vous dirons ceci3 regardez un bel homme1 coutez un homme d'esprit1 mais n'aimez jamais qu'un homme de coeur4 ,c'est l'oiseau rare que je vous souhaite4444 ,,la ,,jeune ,,femme ,,dans ,,son ,,int,,rieur4 ,,devoirs ,,envers ,,le ,,mari ,,et ,,les ,,enfants4 ,votre mari a droit toute votre tendresse1 c'est le premier devoir que le mariage vous impose4 ,si quelque chose en lui vous dplaisait1 si vous pensiez ne pas pouvoir l'aimer1 il et mieux valu en faire part votre famille1 et refuser de contracter une union dont serait exclu le sentiment qui en fait le charme et la moralit4 ,mais du jour o vous l'avez librement accept1 votre existence cesse en quelque sorte de vous appartenir et doit tre entirement consacre au bonheur de celui dont vous portez le nom4 ,vous ne cessez pas pour cela d'tre la fille respectueuse et dvoue de vos parents1 vous ne retirez rien votre famille de vos premiers sentiments1 mais vous tes marie et cet tat nouveau s'attache pour vous des obligations nouvelles4 ,vous devez aimer votre mari1 vous lui devez1 nous le rptons1 une tendresse inaltrable et un dvouement sans bornes4 ,n'objectez pas qu'il n'est pas tel que vous l'aviez suppos avant votre mariage1 qu'il ne possde pas telle qualit dont vous le croyiez dou1 qu'il a tel dfaut dont il s'tait bien gard de paratre afflig4 ,vous n'aviez pas1 je suppose1 la prtention d'pouser un homme parfait1 cette exigence ne se justifierait pas1 n'tant pas vous-mme d'une perfection dfiant la critique4 ,en effet1 ne l'avez-vous pas quelque peu tromp1 vous aussi8 ,lorsque vous tiez sa fiance1 n'avez-vous pas dissimul avec soin vos petits travers1 et fait parade de toutes les qualits que vous pensiez lui tre agrables8 ,et si en sa prsence vous aviez laiss brler le rti1 si vous vous tiez laisse aller quelque accs de mauvaise humeur1 tes-vous bien certaine qu'il vous et pouse8 ,ce qui amne le plus souvent de part et d'autre1 au lendemain du mariage1 d'amres dceptions1 c'est cette ide prconue que l'on va jouir d'un bonheur sans mlange1 que l'on n'aura jamais rien se reprocher mutuellement4 ,et comme la ralit est toujours infrieure au rve1 il arrive que l'on se croit ls1 alors que l'on s'tait illusionn seulement4 ,si l'on arrivait au mariage avec ce raisonnement plus pratique1 que rien en ce monde ne saurait tre parfait1 que l'existence des poux doit tre faite de concessions rciproques1 peut-tre se trouverait-on plus heureux4 ,sans doute il a des dfauts1 votre mari1 mais s'il est honnte homme et s'il a pour vous de la tendresse1 il faut l'aimer non-seulement parce qu'il vous aime1 mais aussi pour la confiance qu'il vous tmoigne en s'en remettant vous du soin de l'honneur de son nom et du bonheur de sa vie4 ,songez aussi ce que serait votre existence sans le mari1 qui1 avec une situation rgulire1 vous donne appui et protection8 ,il n'y a pas que du ridicule et des dangers dans la position de vieille fille4 ,quels que puissent tre les motifs qui vous aient loigne du mariage ou les circonstances qui pour vous l'aient rendu impossible1 il viendra toujours un moment pnible entre tous1 le moment cruel de l'isolement1 o vous serez prive de vos parents et o vous regretterez amrement de n'avoir pas de famille4 ,et ce propos laissez-nous vous mettre en garde contre cette prtention exagre qu'ont parfois les jeunes filles de trouver un poux d'une condition relativement suprieure la leur ou celle de leur famille4 ,oh6 nous savons bien que ce n'est pas la question d'intrt qui vous guide3 vous ne demandez pas qu'il ait de la fortune1 mais vous le voudriez dou de toutes sortes d'avantages physiques et intellectuels1 gagnant largement sa vie1 toutes choses enfin qui se trouvant runies en un jeune homme1 lui permettent d'aspirer une union plus brillante et plus fortune4 ,nous ne saurions blmer en vous ce sentiment si lgitime et si naturel1 propre toute me bien ne1 de dsirer que votre mari ne ft pas le premier venu4 ,mais il est certain1 des exemples quotidiens le prouvent1 qu'une jeune fille sage doit souvent renoncer des partis auxquels elle aurait pu raisonnablement prtendre et se contenter d'un autre moindre1 parce qu'en somme l'homme reste toujours le matre de la situation1 et qu'il vaut mieux tre modeste dans ses exigences que de renouveler la msaventure du hron1 qui ayant1 pour son repas1 ddaign le menu fretin1 dut1 son estomac criant famine1 se contenter d'un limaon4 ,nous savons bien qu'il est des circonstances qui rendent difficile1 si ce n'est impossible1 l'tablissement d'une jeune fille1 et que telle personne leve en vue d'une certaine position1 se rsoudra difficilement1 mme aprs des revers de fortune1 se marier dans des conditions dont sa fiert souffrirait2 mais ce cas est tout--fait accidentel1 et si vous n'en tes pas les victimes1 vous n'avez pas en subir les consquences4 ,en somme1 le mariage1 pour n'tre pas toujours un tat parfait1 est encore le moins imparfait que vous puissiez choisir4 ,vous devez aussi a votre mari fidlit et obissance4 des jeunes filles qui seront d'honntes femmes1 nous n'avons rien dire du premier point1 mais nous appelons votre attention sur le second4 ,l'obissance que vous devez votre poux n'est pas celle laquelle vous tiez accoutume envers vos parents4 ,tandis qu'alors vous n'encouriez aucune responsabilit et qu' ceux-ci vous deviez obir sans discuter1 il vous faudra1 dans la soumission que vous accorderez votre mari1 conserver le sentiment de vos droits1 de vos intrts et de ceux de vos enfants1 si parfois il venait les mconnatre4 ,faudra-t-il donc1 nous direz-vous1 obir aveuglment et toujours8 ,eh bien1 dussions-nous tre lapide par le sexe fort1 nous vous dirons3 non1 il ne faut pas obir malgr tout et en toute occasion1 mais il ne faut dsobir que lorsque vous avez cent fois raison de le faire1 c'est--dire dans des cas absolument graves1 dans des circonstances exceptionnelles4 ,une femme qui1 par un sot orgueil1 prendrait plaisir contrecarrer en toute occurrence les ides de son mari pour faire prvaloir les siennes1 ou qui mconnatrait son autorit au point d'entrer avec lui en lutte ouverte pour des futilits1 sur des questions de peu d'importance n'impliquant en rien l'avenir1 non-seulement cette personne manquerait tous ses devoirs1 mais elle commettrait la plus insigne folie1 perdrait tout jamais la paix de son mnage et s'exposerait aux plus graves dsagrments4 ,d'ailleurs une femme aimant son mari et possdant quelque peu de tact1 sait gnralement1 le cas chant1 sauvegarder les intrts communs de la famille sans troubler la bonne harmonie de son intrieur1 et donner la soumission requise le caractre qui lui convient4 ,pour viter des froissements toujours dsagrables1 parfois pnibles et gros de consquences1 nous vous conseillons fort1 pendant les premiers temps de votre mariage1 de bien tudier le caractre de celui auquel vous tes unie4 ,c'est peut-tre cette poque1 qu' tort ou raison l'on qualifie de lune de miel1 qui sera pour vous la plus difficile4 ,en effet1 vous ne connaissez pas encore votre mari1 et lui-mme n'a pas eu le temps de vous apprcier2 il faudra vous observer constamment pour lui donner de vous-mme la meilleure opinion possible et achever par l'estime de conqurir son coeur4 ,pendant cette priode d'observation1 vous rencontrerez en lui des qualits srieuses1 des dons naturels que vous pourrez dvelopper encore1 et des dfauts dont il faudra bien vous garder de paratre offusque1 ni tmoigner trop tt l'intention de l'en corriger4 ,n'agissez en ce dernier point qu'avec la plus grande circonspection1 car autrement1 la question d'amour-propre s'en mlant1 vous risqueriez de n'y pas russir4 ,c'est graduellement1 par le raisonnement et par l'exemple1 qu'il faudra vous efforcer de combattre ce qui vous dplat en lui4 ,ne laissez pas paratre1 autant que possible1 la diffrence de gots et d'humeur qui pourrait exister entre vous2 allez au-devant de ses dsirs1 mme s'ils sont en opposition avec les vtres1 de manire lui tre agrable en toutes choses1 sans vous trouver dans l'obligation de cder4 ,il vous sera toujours moins pnible de sacrifier vos prfrences que de crer un conflit dont vous ne sortiriez que froisse dans votre amour-propre4 ,ce n'est pas seulement votre mari qu'il faudra vous efforcer de plaire4 ,par le fait de votre mariage1 ses parents1 sa famille deviendront les vtres1 et sous peine des plus grandes perturbations dans votre intrieur1 il faudra1 par tous les moyens en votre pouvoir1 chercher vous les attacher4 ,pour viter de froisser qui que ce soit1 traitez en tout1 au moins en apparence1 les parents de votre mari comme vous le faites des vtres4 ,soyez avec vos beau-pre et belle-mre ce que vous tes avec vos parents2 coutez leurs avis avec dfrence1 et s'ils vous paraissent sages et conformes vos intrts1 mettez-les profit4 ,si1 au contraire1 vous croyez devoir n'en pas tenir compte1 expliquez vos raisons de manire ne les pas blesser1 et toujours avec douceur et amnit4 ,ces qualits1 loin d'exclure une fermet parfois ncessaire1 en attnuent la rudesse et la font plus facilement accepter4 ,en effet1 le respect que vous leur devez ne saurait vous faire oublier que vous tes matresse dans votre maison1 et qu' vous seule en appartient la direction4 ,il y a l une nuance qu'il vous faudra observer sans cesse3 condescendre toujours1 mais n'abdiquer jamais4 ,soyez certaine que sous le bnfice de cette rserve votre mari vous saura gr des gards que vous aurez pour les siens1 ce qui est tout naturel et plaide en sa faveur4 ,ne seriez-vous pas vous-mme froisse dans votre amour filial s'il tmoignait vos parents de la froideur1 s'il les recevait sans empressement8 ,ne perdez pas de vue que sa famille1 ses amis mme1 ayant sur lui une influence plus ancienne que la vtre1 il importe au plus haut point1 quoi qu'il advienne1 d'viter de vous en faire des ennemis4 ,gardez-vous aussi de cette manie particulire aux femmes de n'tre jamais satisfaites1 de trouver redire tout4 ,rien n'est aussi dplaisant que d'entendre faire tout propos des observations1 surtout si elles sont prsentes d'un ton aigre et acrimonieux2 le portrait de ,mme ,bougon n'a rien du reste de bien sduisant4 ,il arrivera ceci3 ou votre mari s'y habituera et n'y prtera plus la moindre attention1 ou il en sera nerv1 vous rpondra mal et vous imposera silence4 ,plus vous saurez supporter patiemment des dsagrments de peu d'importance1 plus vos observations auront de poids et d'autorit dans les circonstances graves4 ,c'est un de nos torts et une de nos faiblesses de ne voir les choses que par le petit ct1 d'en ngliger souvent la partie srieuse et d'attacher trop d'importance des vtilles4 ,nous avons souvent remarqu que telle femme qui fait son mari une scne pour une assiette casse1 est prcisment celle-l qui laissera dilapider sa dot sans rien dire et qui sera incapable de la dfense la plus lmentaire de ses intrts4 ,une dame de nos amies1 femme de beaucoup d'esprit1 est marie depuis peu un homme qui n'a pas eu se fliciter de son premier mariage4 ,d'une nature acerbe et acaritre1 sa femme lui faisait tout propos des observations dsagrables1 de sorte que le calme et la bonne harmonie taient souvent bannis de leur intrieur4 ,ayant accept une invitation dner chez eux dans les premiers temps de leur union1 j'tais au salon avec la matresse de la maison1 lorsque de la salle manger partit un grand bruit4 ,c'est moi1 ma chre amie1 dit le mari sa femme accourue en toute hte1 c'est moi qui viens de commettre cette maladresse4 ,la bonne avait mis sur la table un siphon presqu'entirement vide et dont elle avait nglig de nettoyer la monture2 j'ai voulu l'en retirer et l'ai laiss choir44 ,en disant cela1 il observait malicieusement la physionomie de sa nouvelle pouse1 et il ajouta3 ,tu vas sans doute me gronder bien fort4 7,il avait quelque raison de craindre cela1 avant eu pendant son premier mariage une forte scne pour un sujet analogue47--,c'est un petit malheur1 rpondit notre amie1 et j'aurais grand tort de gronder un homme qui1 en une seconde1 gagne quinze centimes4--,comment cela1 dit-il1 tout tonn8--,sans doute1 reprit-elle1 tu pouvais aussi bien le casser tant plein1 et puisqu'il est vide1 c'est autant d'pargn4 ,le mari se montra fort satisfait de la rponse1 et nous avons constat depuis combien il est heureux de la diffrence de caractre qu'il rencontre entre elle et sa prcdente pouse1 femme trs-recommandable pourtant et d'un grand mrite sous d'autres rapports4 ,nous reviendrons sur la ncessit de surveiller notre humeur1 de pondrer notre caractre1 mais en ce qui concerne le mariage nous vous dirons que les plus minentes qualits ne serviront de rien si elles ne sont rehausses par l'amabilit qui en fait la grce et le charme4 ,par exemple1 une femme qui ferait rgner dans son mnage l'ordre et l'conomie1 perdrait le bnfice de ses peines si elle ne savait pas rendre le sjour auprs d'elle plaisant et agrable4 ,savoir retenir votre mari auprs de vous par la seule force de l'estime et de l'affection que vous lui inspirerez est encore une des formes du dvouement1 car il n'a aucune chance de se trouver nulle part plus heureux1 et s'il tait oblig de chercher ailleurs la tendresse et les encouragements dont il a besoin1 c'est vous seule qui seriez coupable4 ,soyez pour lui la compagne aimante et douce1 la femme forte et digne qui soutient l'homme dans l'infortune et dont la fermet du caractre1 la droiture de la conscience1 lui donnent force et courage dans les circonstances les plus difficiles de la vie4 ,certaines jeunes femmes1 partant de ce principe que l'homme doit subvenir aux besoins de la famille1 pensent1 une fois maries1 pouvoir se dispenser de travailler4 ,elles abandonnent alors la profession dont leurs parents les avaient pourvues1 souvent au prix des plus durs sacrifices1 sans songer que c'est prcisment pendant les premiers temps de leur mariage1 alors qu'elles n'ont pas d'enfant1 qu'il leur serait le plus facile de s'occuper utilement4 ,elles ne rflchissent pas non plus au surcrot d'aisance que leur gain1 si modeste ft-il1 apporterait dans leur mnage1 ni aux longues heures d'ennui qu'elles auront supporter pendant l'absence de leur mari1 leur maison trop peu considrable ne pouvant les occuper constamment1 ni aux funestes habitudes qui en seront la consquence4 ,souvent mme1 surtout en pareil cas1 une autre erreur vient s'ajouter celle-ci3 c'est qu'tant maries1 elles n'ont plus besoin de plaire4 ,ce propos1 que nous citons textuellement1 combien de fois ne l'avons-nous pas entendu dans la bouche de femmes dont la tenue plus que nglige trahissait le dsoeuvrement et l'insouciance4 ,mais1 nous direz-vous1 ces pauvres cratures taient peut-tre malheureuses dans leur intrieur1 et puis une conduite aussi blmable n'est pas celle de toutes les femmes2 la plupart comprennent mieux leurs devoirs et leurs intrts4 ,sans doute1 nous le savons1 ce n'est l qu'une exception1 mais une exception encore trop nombreuse1 que l'on rencontre chaque pas1 et en prsence de laquelle une femme vraiment digne de ce nom se sent prise d'un insurmontable sentiment de honte pour son sexe4 ,sous aucun prtexte1 sachez-le bien1 la femme ne doit renoncer la possibilit de gagner quelque argent2 tout au plus serait-elle excusable si elle avait apport une dot dont le revenu pourrait compenser l'absence de son salaire4 ,quant celle qui arguerait qu'elle n'a plus trouver un poux pour se relcher des habitudes de soin et de propret qu'elle avait ou feignait d'avoir avant son mariage1 sa conduite serait tout simplement ignoble1 son mari le lui ferait bien voir4 ,la ,fontaine raconte que de deux chevaux attels un mme chariot1 l'un ne voulut pas prendre sa part de labeur1 de sorte que l'autre1 tranant lui seul toute la charge1 fut bientt extnu et hors d'tat de travailler4 ,le conducteur remit alors sa place dans les limons le premier cheval2 mais celui-ci1 que son compagnon trop fatigu ne pouvait plus aider1 succomba son tour la peine4 ,cette comparaison peut fort bien s'appliquer un mnage dans lequel le mari travaillerait consciencieusement1 rapporterait sa femme son salaire1 tandis que celle-ci1 au lieu de chercher contribuer1 dans la mesure de ses forces1 au bien-tre commun1 gaspillerait son temps en futilits et en commrages4 ,or1 le temps c'est de l'argent4 ,habituons-nous donc1 ds notre jeunesse1 nous occuper srieusement1 ne jamais perdre une minute2 aimons le travail pour tous les bienfaits dont il nous comble1 pour tous les maux qu'il carte de nous4 ,le travail est le plus grand mdecin du monde1 il gurit de la misre1 cet ennui matriel1 et de l'ennui1 cette misre morale4 ,si nous sommes pauvres1 travaillons pour amliorer notre situation3 depuis que le monde existe1 on n'a pas encore trouv de moyen plus sr4 ,si nous sommes riches1 faisons du travail la premire de nos distractions1 il est de toutes la plus saine4 ,quelle qu'en soit la nature ou l'objet1 il nous procure des satisfactions infinies1 et c'est toujours lui que nous reviendrons1 car1 en mme temps que la sant1 il nous conserve la bonne humeur4 ,travaillez1 mes toutes belles1 ,employez bien votre temps2 ,vos maris seront fidles ,et vos coeurs toujours contents4 ,la femme qui n'a pas en elle l'amour du travail est vritablement bien plaindre4 ,outre l'intime satisfaction que donne le sentiment du devoir accompli1 dont son coeur est sevr1 elle se voit prive de tous les avantages matriels que le travail procure4 ,et considrez combien est juste cette maxime que la paresse1 il faut bien l'appeler par son nom1 est la mre de tous les vices1 l'on peut ajouter de tous les maux4 ,quand une femme travaille elle-mme pour gagner quelque argent1 elle en connat mieux le prix1 le dpense moins facilement1 de l l'conomie4 ,quand une femme est conome et travailleuse1 elle prend soin de son mobilier1 de son linge1 de ses vtements1 fait chaque chose au moment convenable1 de l l'ordre et la propret4 ,tandis que celle-ci jouit d'un bien-tre en apparence suprieur sa position sociale1 parce qu'elle sait1 comme disaient nos grand'mres1 faire de trois francs cent sous1 telle autre que la paresse afflige sera voue pour toute sa vie la misre et l'abjection4 ,pendant que l'une1 satisfaite d'elle-mme1 fire de son existence bien remplie1 est calme et tranquille1 l'autre1 malheureuse par sa faute1 mcontente de tout1 sent gronder en elle les plus mauvais sentiments4 ,voyez ces deux jeunes femmes que la fortune n'a pas favorises4 ,maries chacune depuis deux ans1 elles habitent dans la mme maison un petit appartement d'un prix modique1 car leurs maris1 cavistes tous deux1 n'ont que des gains trs-restreints2 mais quelle diffrence vous observez ds le seuil de leur modeste demeure6 ,tandis que les deux pices dont elle se compose sont chez l'une tenues avec la plus exquise propret1 que tout chez elle est clair et luisant1 chez l'autre tout est en dsordre1 et les quelques meubles qu'elle possde accusent la ngligence avec laquelle on les entretient4 ,tout chez elle crie le dnment et la misre1 pendant que sa voisine1 avec cet art propre la femme qui aime son infrieur1 sait donner sa maison une apparence de confort et de gaiet4 ,travaillant sans relche pour les magasins de confections et gagnant en moyenne un franc vingt-cinq centimes par jour1 elle a pu acheter le mobilier modeste mais convenable1 et aussi le linge ncessaire au mnage que ses parents1 trop pauvres1 n'avaient pu lui donner4 ,le mari se plat dans sa maison que lui aussi s'ingnie embellir2 ne craignez pas que la journe termine il s'attarde dans quelque mauvais endroit4 ,il s'empresse de rentrer chez lui3 n'a-t-il pas toujours quelques clous planter1 et soigner les rieurs1 presque toutes rapportes des bois1 qui donnent un si coquet aspect sa demeure8 ,il a hte surtout de retrouver sa compagne1 toujours gaie1 frache et pimpante dans la petite robe dix sous le mtre1 confectionne de ses mains4 ,il aime et estime cette jeune femme auprs de laquelle1 revenu de son travail1 il trouve le calme et la tendresse2 il lui est reconnaissant du bonheur qu'elle lui donne1 il en est fier2 et lorsque le dimanche elle part son bras pour ,une promenade bien mrite1 il ne changerait pas sa place contre celle d'un empereur4 ,c'est son plus grand plaisir d'aller ainsi1 en compagnie de sa femme1 une petite campagne voisine1 respirer l'air pur des champs ou des bois1 ou bien de s'installer sous les beaux marronniers des promenades pour entendre la srnade4 ,au milieu de tout ce monde lgant1 auprs duquel il s'aperoit qu'il ne fait pas tache1 il songe la diffrence de sa vie tranquille avec celle de beaucoup de ses camarades moins favoriss4 ,il se dit qu'avant son mariage lui aussi allait au cabaret1 et il se demande maintenant comment il pouvait s'enfermer dans cet affreux trou puant et noir1 pendant qu'il y a ailleurs de l'air1 du soleil1 des oiseaux et des fleurs4 ,il est ainsi toujours satisfait1 parce qu'il n'a rien reprocher ni lui-mme1 ni aux autres4 ,il est sans souci du lendemain1 car l'existence rgulire qui est la sienne lui conserve la sant1 et il sait qu'il y a toujours en rserve chez lui de quoi parer toute ventualit4 ,le voisin1 lui1 n'est pas d'aussi bonne humeur4 ,aussitt rentr de son ouvrage1 on l'entend crier1 et ce ne sont pas de tendres paroles qu'il adresse sa compagne4 ,c'est le repas1 peu confortable1 qui n'est jamais prt l'heure1 ou quelque vtement dont il a besoin qui n'est ni raccommod ni blanchi4 ,sa femme inactive et dpensire gaspille l'argent qu'il gagne avec tant de peine et cre partout des dettes4 ,parfois un commerant1 perdant patience1 s'adresse lui pour tre pay1 et ce sont alors dans le mnage des scnes sans fin1 des querelles scandaliser le voisinage4 ,n'ayant rien qui le retienne chez lui1 ne ressentant plus pour sa femme ni affection ni respect1 il s'adonne la boisson4 quoi bon me gner1 dit-il1 je n'en aurai jamais davantage4 ,sur ce il part au cabaret et revient ivre1 aussi l'existence de la malheureuse est-elle la plus triste que l'on puisse imaginer4 ,si du moins elle pouvait profiter de l'exemple que lui donne cette autre jeune femme1 si courageuse et si digne1 mais au contraire elle la jalouse1 la hait1 et pourtant elle n'est pas ne mchante4 ,en la voyant heureuse et estime de tous1 il lui semble qu'elle lui fait du tort1 elle ne veut pas convenir qu'il et pu en tre de mme pour elle1 et qu'en ngligeant ses devoirs elle a caus sa perte4 ,de l ce sentiment d'envie1 de basse jalousie1 qui fait de si cruelles blessures au coeur des femmes4 ,voyez l1 le dimanche1 aprs que son mari1 las et dcourag1 est parti en lui adressant de durs reproches4 ,les cheveux en dsordre1 la figure dcompose1 versant des larmes de rage1 elle s'installe sa fentre1 soulve son rideau et pie le moment auquel va partir celle qu'elle considre comme son ennemie4 ,elle veut voir sa toilette4 ,elle sort enfin au bras de son mari1 charmante et distingue dans le frais costume de coton bon march qu'elle porte l't depuis son mariage1 et qu'elle-mme a confectionn4 ,rien dans sa mise n'est ni extravagant ni coteux1 mais tout est agenc avec got et dispos avec art4 ,elle ne se doute gure que l1 tout prs d'elle1 quelqu'un l'observe d'un oeil malveillant1 car elle ne s'occupe pas des voisins et n'a jamais fait de mal personne4 ,puis1 pendant qu'elle s'loigne1 l'autre s'en va auprs des voisines4 --,l'avez-vous vue8444 ,est-elle d'une coquetterie8444 ,elle n'a pas toujours t comme cela444 etc41 etc4 ,et les commentaires d'aller leur train1 et les commrages stupides1 les inventions odieuses de continuer jusqu'au moment o il faudra rentrer pour attendre le mari qui va revenir ivre et abruti4 ,ainsi1 non-seulement cette femme souffre de tous les maux qu'entrane l'oisivet1 mais sous leur influence son caractre s'aigrit1 son coeur devient mauvais4 ,l'envie1 la jalousie1 la mdisance1 le mensonge font cortge l'ennui et au dcouragement2 elle devient capable des plus mchantes actions1 et l'on frmit en pensant au gouffre de vices et d'avilissement vers lequel la malheureuse s'achemine lentement1 moins que quelque circonstance fortuite1 un enfant peut-tre1 ne vienne l'en dtourner4 ,ce tableau est bien noir1 nous direz-vous4 ,il est triste1 nous en convenons1 mais il est vrai1 l'exprience de la vie vous le dmontrera4 ,sans le travail qui acquiert1 sans l'conomie qui conserve1 l'ouvrier est fatalement vou la misre et forc de renoncer tout espoir d'amliorer sa situation matrielle et morale4 ,c'est en cela que l'influence de la femme se fait le plus directement sentir1 influence bienfaisante si elle est doue de cette qualit indispensable au mnage1 l'conomie1 et dsorganisatrice si1 par malheur1 elle en est prive4 ,mme ,doyen l'a dit avec beaucoup de raison3 une femme pauvre et conome entrant dans une maison l'enrichit1 tandis qu'une femme riche et prodigue l'appauvrit4 ,en effet1 il n'est pas de fortune1 si considrable soit-elle1 qui puisse rsister au gaspillage4 ,que de fois1 parmi les besoigneux1 n'avez-vous pas rencontr de gens1 autrefois dans une situation prospre1 pendant que d'autres1 partis des derniers rangs1 sont1 fourmis conomes et laborieuses1 parvenus une honorable aisance4 ,l'conomie est une des qualits indispensables la femme dans toutes les situations de fortune4 ,elle est relative1 bien entendu1 et consiste rgler strictement nos dpenses d'aprs les ressources dont nous disposons4 ,la femme vraiment conome est celle qui1 sur ses revenus ou sur son salaire1 sait prlever une part pour parer aux ventualits qui peuvent se produire4 ,ne faut-il pas compter1 si l'on est commerant1 avec les pertes possibles2 si l'on est capitaliste1 avec les diminutions de revenu2 si l'on est ouvrier1 avec le chmage2 et1 en tout tat de cause1 avec la maladie1 le surcrot de charges et tous les vnements fcheux impossibles conjurer8 ,et o trouvera-t-on les ressources ncessaires pour y faire face1 si on a nglig d'pargner pendant des temps meilleurs8 ,le femme la plus conome n'est pas prcisment celle qui dpense le moins1 c'est celle qui1 en raison des ressources dont elle dispose1 sait procurer aux siens le plus de bien-tre et de confort4 ,par exemple1 il se pourra que de deux femmes dpensant chacune trois francs par jour1 l'une soit trs conome et l'autre trs dsordonne4 ,si l'une1 dont le mari gagne quatre francs par jour1 n'en dpense que trois1 elle fera preuve d'une sage prvoyance pour l'avenir1 tandis que si l'autre dont le mari ne gagne que trois francs les dpense entirement1 elle risquera de se trouver dans une bien pnible situation4 ,l'conomie nous oblige avoir de l'ordre2 ces deux qualits sont inhrentes l'une l'autre4 ,ainsi1 une femme conome1 si elle est commerante1 tiendra exactement ses comptes1 de manire ne rien omettre et tre toujours renseigne sur l'tat de ses affaires4 ,si elle emploie des ouvriers ou des domestiques1 elle veillera ce qu'ils occupent consciencieusement le temps qu'elle leur paie4 ,elle ne laissera pas celui-ci ngliger son service ou tenir l'outillage en mauvais tat1 et supplera son mari si1 trop occup1 il ne peut avoir l'oeil tout4 ,elle ne permettra pas celle-l de lui manger ses conserves ou de prodiguer l'clairage et le chauffage4 ,en aucun cas1 elle ne lui confiera la bourse de la maison1 et fera autant que possible ses provisions elle-mme1 de manire les acheter des conditions plus avantageuses2 c'est l de l'ordre4 ,si elle a la chance de pouvoir se passer d'auxiliaires1 elle sera ainsi dbarrasse d'une surveillance souvent gnante et ennuyeuse1 ainsi que d'une onreuse dpense4 ,une femme srieuse prfrera toujours tenir elle-mme sa maison1 moins d'impossibilit absolue1 plutt que d'en confier le soin des trangers4 ,n'imitez pas ces petites femmes vaniteuses et sottes qui mettent tout leur amour-propre avoir une bonne1 dpensant ainsi ce qu'elles pourraient pargner des gains de leur mari1 petit employ gnralement1 ne gagnant pas toujours de quoi mettre du beurre sur le pain de la pauvre fille1 peu surcharge de besogne la vrit4 ,laissez-nous vous mettre en garde contre cette folle vanit qui pousse tant de jeunes femmes vouloir vivre d'une faon si peu conforme en tout leur position sociale4 ,combien agissent ainsi par gloriole plutt que par amour du confortable1 se rendant1 par leur ostentation1 ridicules aux yeux des gens senss qui se demandent combien de temps cela pourra durer4 ,une des maladies de notre sicle1 c'est que tout le monde veuille vivre comme si l'on tait riche1 dplorable systme dont le moindre dfaut est d'empcher qu'on le devienne4 ,un peu de bon sens et de rflexion suffirait pourtant pour dissiper cette erreur et nous faire comprendre cette vrit qu'il ne faut pas manger son bl en herbe ni confondre le point de dpart avec l'arrive4 ,il est certain que si nous voulons vivre d'une manire suprieure notre situation pcuniaire1 nous ne pouvons rationnellement y arriver qu'en amliorant cette situation elle-mme4 ,il est donc indispensable de savoir borner nos gots notre position prsente1 c'est un des moyens de l'amliorer dans l'avenir et de jouir d'une vraie tranquillit1 de ce bonheur du sage qui se contente de peu4 ,nous reviendrons plus loin sur la ncessit pour la femme de pratiquer les vertus qui assurent la paix du foyer domestique1 mais en ce qui concerne l'conomie1 prenez pour rgle de conduite que le travailleur n'est assur du ncessaire qu'autant qu'il sait se refuser le superflu4 ,ces considrations sur lesquelles nous insistons1 vous seront utiles dans l'avenir1 pour soutenir le grand combat de la vie4 ,elles vous serviront d'arguments pour ramener des ides plus saines ce grand gamin qui est votre mari1 dont le coeur n'est pas mauvais1 mais dont la tte1 peut-tre un peu folle1 s'est laiss garer par les lucubrations d'crivains sans scrupules ou les extravagances d'orateurs qui mriteraient qu'on leur jett des pommes cuites et des bottes de foin4 ,ils sont bien coupables ces gens qui1 dans un but d'intrt personnel1 exploitent la crdulit et l'ignorance de l'ouvrier1 et jettent le trouble dans sa conscience4 ,peu leur importent les rsultats de leurs inepties1 pourvu qu'ils en profitent2 ils savent fort bien1 du reste1 que ce n'est pas eux qui en subiront les consquences4 ,c'est vous1 jeunes femmes1 qu'il appartient de combattre les funestes doctrines qui1 si vous n'y preniez garde1 iraient jusqu' compromettre l'existence mme de votre foyer1 car ces gens1 ennemis de la proprit1 sont en mme temps les dtracteurs de la famille4 ,si1 par malheur1 votre mari pouvait devenir leur dupe1 si au lieu des gais propos qu'il apportait autrefois la table de la famille1 il faisait entendre de folles revendications1 il faudrait user de votre influence pour clairer sa conscience et sa raison1 et le dtourner de la voie prilleuse au bout de laquelle il ne trouverait que mcomptes et dceptions4 ,il vous sera facile de rfuter les ides fausses qu'il aura contractes par la lecture de journaux qui s'intitulent socialistes1 sans que cette dnomination soit bien comprise de la plupart de ceux qui l'emploient1 ou au sein de certaines assembles de travailleurs ainsi que se nomment souvent les ouvriers qui ne travaillent pas4 ,il est de toute vidence que nous ne pouvons tre tous gaux dans le sens absolu de ce mot1 l'chelle sociale serait ainsi la seule qui n'aurait qu'un chelon4 ,cela ne signifie pas que l'ouvrier doive renoncer amliorer sa position1 mais que de moyens s'offrent lui plus honntes et plus srs que celui qui consisterait dpouiller de leur proprit ceux qui lgitimement la possdent4 ,il est un fait prouv1 c'est que la fortune change de mains au bout de cinq gnrations4 quoi cela tient-il1 si ce n'est que l'enfant du riche1 habitu au luxe et l'oisivet1 diminue ainsi son patrimoine et transmet de pre en fils une situation amoindrie1 tandis que l'ouvrier1 dsireux de sortir de son infriorit1 conquiert une position meilleure par la seule force de sa volont1 de son travail opinitre1 de son conomie4 ,et lors mme que1 par impossible1 le partage des biens parviendrait s'effectuer entre tous les citoyens1 ainsi que certains le demandent1 savez-vous quelle serait la part de chacun8 ,les conomistes ont calcul qu'elle s'lverait la somme de deux francs soixante centimes1 de sorte qu'au lieu de trouver des capitalistes et des patrons pour faire vivre l'ouvrier1 nous serions tous gaux444 dans la misre2 c'est l probablement ce qu'on entend par la suppression du proltariat4 ,si mme1 contestant cette valuation1 l'on admet que le partage puisse produire des rsultats plus apprciables1 il arriverait ceci3 c'est qu'au bout de quinze ans1 de vingt ans peut-tre1 le grand gnie qui se nomme ,travail aurait encore chang la face de la nouvelle socit4 ,de la part reue les uns n'auraient plus rien et seraient redevenus misrables1 pendant que les autres se seraient enrichis1 de sorte que l'effroyable tuerie serait toujours recommencer4 ,ils se gardent bien1 ceux qui prchent le dsordre et la guerre civile1 de faire valoir ces arguments2 c'est vous1 jeunes femmes1 qu'il appartient de les produire4 ,dites votre mari1 votre frre1 que c'est par la paix et la concorde qu'ils pourront arriver la ralisation de leurs voeux1 et qu'il faut que les ouvriers s'unissent1 non pour dtruire1 mais pour difier4 ,un des meilleurs moyens1 pour l'ouvrier1 d'amliorer sa situation prsente et d'assurer l'avenir1 c'est sa participation aux socits mutuelles4 ,fondes pour la plupart par d'anciens ouvriers1 hommes intelligents comprenant la ncessit de l'union et de la solidarit1 elles offrent leurs adhrents des facilits de toute nature1 des combinaisons diverses qui leur permettent de se mettre l'abri de la maladie1 du chmage1 de la chert de la vie1 et d'assurer en mme temps le pain de leur vieillesse4 ,le but de ces bienfaisantes associations n'est pas seulement pratique et humanitaire1 il est aussi moral4 ,ceux qui en font partie apprennent se connatre et s'estimer1 en mme temps qu' s'entr'aider et se soutenir4 ,ils forment1 dans la grande famille franaise1 une famille d'lite1 honorable entre toutes1 dont les membres s'cartent si rarement de la voie du devoir1 qu'un de nos mutualistes les plus distingus1 ,m4 ,h4 ,maze1 dput de ,seine-et-,oise1 disait que parmi eux il n'en avait presque pas rencontr ayant un casier judiciaire4 ,cela s'explique par le fait que chacun tient conserver l'estime de tous1 et aussi par la force et la tranquillit que donne l'assurance du lendemain4 ,nous ne saurions trop insister auprs de vous pour vous engager faire partie de quelque socit mutuelle1 dans votre intrt et celui des vtres4 ,c'est si peu de chose que d'pargner un ou deux sous par jour1 et on en dpense tant d'autres pour des choses inutiles1 parfois nuisibles4 ,si modeste que soit votre salaire1 un prlvement aussi insignifiant ne peut vous gner beaucoup1 il vous sera au contraire favorable en vous accoutumant l'conomie4 ,des personnes gnreuses autant qu'claires ont pris1 depuis quelques annes1 la louable habitude de distribuer aux lves les plus mritants de nos coles des livrets de caisse d'pargne ou de quelque socit mutuelle4 ,vous tes peut-tre parmi ces heureux laurats1 mais si vous n'avez pas eu ce plaisir1 la somme verser est tellement minime que vous mettrez votre amour-propre ne pas vouloir rester en arrire4 ,de grce1 ne laissez pas passer le collecteur sans lui donner l'obole qu'il rclame1 faites-vous vous-mme l'aumne que vous retrouverez plus tard4 ,nous voudrions vous donner sur les socits mutuelles de notre ville1 tous les renseignements ncessaires concernant leur but spcial et leur fonctionnement1 mais cela nous entranerait trop loin et sortirait quelque peu des limites que nous nous sommes assignes4--,toutefois1 plusieurs de ces socits s'occupant de l'alimentation bon march1 nous vous engageons vivement leur donner la prfrence sur les commerants ordinaires4 ,on ne s'expliquerait pas1 en effet1 que l'on allt chez l'picier ou le charcutier payer une marchandise un certain prix tandis que d'autres tablissements l'offrent qualit gale ou meilleure des conditions plus avantageuses4 ,l'on ne comprendrait pas davantage que vous attachiez quelque importance ce fait que ces commerants peuvent vous offrir quelque crdit1 car il faut toujours le solder 7nous ne pouvons supposer que vous ayez l'intention d'agir autrement71 et alors vous en aurez chrement pay l'intrt4 ,il faut bien1 du reste1 qu'il en soit ainsi pour compenser les pertes occasionnes par les malhonntes gens qui ne paient pas4--,dans tous les cas1 les socits mutuelles ont une influence essentiellement moralisatrice1 puisqu'elles assurent le bien-tre et exigent en change la probit4 99 99 99 ,une des raisons d'tre de notre existence et qui en consacre l'utilit1 c'est d'tre mre4 ,de mme que sur l'arbre on cherche le fruit1 auprs de la femme on cherche les enfants1 sans lesquels il semble qu'il lui manque quelque chose4 ,quoi de plus noble et de plus doux que de voir s'entr'ouvrir ces jeunes intelligences et de les diriger vers le bien8 ,si nous ne reconnaissions la ncessit de faire en toutes choses notre devoir pour les diffrentes raisons que nous venons d'numrer1 il faudrait encore y rester fidle pour les chers petits tres auxquels nous devons1 avec la subsistance1 l'exemple d'une vie irrprochable et digne4 ,nous n'avons jamais rencontr une mre n'aimant pas ses enfants1 mais nous en connaissons un grand nombre qui croient avoir rempli leurs obligations maternelles quand elles les ont combls de caresses et satisfait tous leurs caprices4 ,votre premier devoir envers vos enfants en bas ge est de leur donner tous les soins propres leur assurer une bonne sant pour le prsent et pour l'avenir4 ,si vos occupations ni aucune autre circonstance ne s'y opposent1 et sauf avis contraire du mdecin1 nourrissez-les de votre lait1 votre sant s'en trouvera bien et outre une srieuse conomie1 vous en retirerez des satisfactions de toute nature4 ,votre enfant sera ainsi plus avenant et l'abri de la plupart des causes de mortalit qui font tant de petites victimes1 surtout pendant la priode estivale4 ,quelle que soit la manire dont vous les nourrissiez1 n'oubliez pas que la propret1 les soins hyginiques et le grand air leur sont indispensables4 ,la premire anne est toujours la plus difficile2 mais que de douces joies lorsque le petit tre commence comprendre1 vouloir vivre6 ,ses petites jambes s'agitent1 il veut marcher2 sa bouche bgaie les mots qu'il entend le plus souvent1 et c'est vous la premire qu'il appelle4 ,sans tre partisan de la thorie de ,darwin qui nous fait descendre du singe1 il est vraiment intressant d'observer la facult d'imitation inne chez l'homme ds son berceau4 ,voyez votre petit enfant encore incapable de marcher1 s'il peut s'chapper de vos bras1 ce sera pour se traner jusqu' l'endroit o vous dposez votre balai1 votre essuie1 votre brosse ou tout autre objet dont vous vous servez frquemment1 et pour essayer d'en faire l'usage qu'il vous en voit faire vous-mme4 ,cette disposition naturelle s'accentuera au fur et mesure qu'il avancera en ge1 c'est pourquoi il importe de ne lui donner que de bons exemples4 ,ne faites rien1 ne dites rien devant lui que vous ne voudriez lui voir faire ou lui entendre rpter4 tudiez avec soin les premires manifestations de sa volont naissante1 de ce qui sera son caractre propre2 appliquez-vous le diriger1 en corriger les dfauts4 ,gardez-vous de cet excs de sensiblerie qui porte tant de mres fausser l'ducation de leurs enfants dans la crainte de leur causer un lger dsagrment1 facile supporter cet ge4 ,de mme qu'il est plus ais d'arracher un bourgeon qu'un vieil arbre1 vous extirperez plus facilement un dfaut ds son apparition1 que si vous le laissez s'enraciner4 ,ce qui1 ds le dbut1 n'est qu'un petit dfaut1 finit gnralement par devenir un grand vice2 or1 les vices sont comme les gens de mauvaise compagnie1 il ne faut leur laisser prendre pied nulle part1 ds qu'ils paraissent1 chassez-les au plus tt4 ,votre enfant vous saura gr dans l'avenir des efforts que vous aurez faits pour le bien lever1 pour former son caractre et son coeur et lui inspirer de bons sentiments4 ,les enseignements d'une mre ne sont jamais perdus4 ,l'enfant tourdi plutt que mauvais peut parfois n'en pas tenir compte1 mais plus tard1 devenu homme1 il se souviendra avec attendrissement des soins dont vous entouriez son enfance1 des sages conseils que vous prodiguiez sa jeunesse et qui seront dans la vie son guide le plus sr4 ,cette mission1 la plus noble que nous puissions tre appeles remplir1 demande de notre part les plus srieuses rflexions1 nous ne saurions y apporter trop de zle et de sagesse4--,une grande dame romaine se trouvant au milieu de femmes futiles occupes se faire voir leurs bijoux1 fut sollicite de montrer aussi les siens4 ,elle se fit amener ses trois enfants qu'elle avait levs avec le plus grand soin pour l'honneur de la patrie et leur dit3 ,voici mes bijoux1 ma plus belle parure4 ,imitons l'exemple de cette noble femme1 apprenons nos enfants aimer notre ,france humilie et amoindrie1 et vouloir contribuer son relvement1 afin que1 quand sonnera l'heure de la justice1 elle trouve des dfenseurs prts la venger4 ,parlons-leur souvent de son histoire1 de sa gloire passe1 de ses malheurs1 et inspirons ces jeunes coeurs un patriotisme ardent et clair jusqu'au jour o tous les peuples seront frres par la libert4 ,,des ,,qualit,s ,,qu',,il ,,faut ,,acqu,,rir ,pour remplir convenablement les devoirs que la famille nous impose1 ainsi que nos autres obligations sociales1 il est indispensable que nous possdions les qualits morales qui font le charme de la jeune fille1 de la femme1 et l'agrment du foyer domestique4 ,et parmi ces qualits nous citerons plus particulirement l'amabilit1 la bienveillance et l'galit d'humeur4 ,nous ne reviendrons pas sur la question de l'affection et du dvouement que nous devons ceux qui nous entourent1 mais nous dirons que ces sentiments eux-mmes paratraient imparfaits s'ils taient pratiqus avec des manires brusques et un air grincheux4 ,mais1 nous direz-vous1 ce sont l des qualits natives que l'on ne saurait acqurir4 ,c'est une erreur2 une femme d'esprit l'a dit avec beaucoup de raison3 l'on apprend tout1 mme tre bon#b4 ,non pas que d'un temprament froid et dissimul l'on puisse faire une nature franche et gnreuse1 nous ne le pensons pas2 mais que de fois nos dfauts sont-ils plus apparents que rels et ne paraissons-nous mauvaises que parce que nous sommes irrflchies4 ,de mme que par le travail nous pouvons nous procurer le bien-tre matriel1 nous pouvons galement1 par la rflexion1 qui est un travail intellectuel1 acqurir les qualits qui1 au premier abord1 paraissent nous manquer compltement4 ,note #b3 ,marie ,vallire 7,les ,heures ,grises74 ,habituons-nous donc pondrer notre caractre1 surveiller notre humeur2 ne faisons rien par emportement ni par caprice4 ,n'agissons pas et ne disons rien avant d'avoir mrement pes les consquences de nos actes et de nos paroles4 ,croyez-vous que telle jeune femme se laisserait si facilement aller la mdisance1 si elle rflchissait l'inconsquence de sa conduite8 ,nos pres1 dans leur langage imag1 disaient qu'il faut se mordre la langue sept fois avant de parler1 pour indiquer que nous ne saurions trop rflchir avant d'incriminer les actions de notre prochain2 aussi l'obligation de veiller sur notre langue est-elle la premire que nous devons nous imposer4 ,toutes les fois que nous entendons une femme faire sur quelqu'un des observations dfavorables1 nous sommes invariablement porte supposer qu'elle a beaucoup de choses se reprocher1 et qu'elle imite ainsi ce charbonnier qui1 pour se nettoyer1 se frotte contre le mur2 il ne russit pas se blanchir1 mais seulement salir le mur4 ,de mme la personne qui n'a pour les autres que blme et condamnation se fera svrement juger2 elle ne rencontrera aucune sympathie1 mme dans les circonstances les plus pnibles4 ,que de fois n'avez-vous pas entendu dire3 ,c'est vrai1 c'est un grand malheur qui lui arrive1 mais1 aprs tout1 c'est bien fait pour elle1 elle tait trop mdisante6 elle avait une langue de vipre6 ,soyons donc1 en toutes circonstances1 bienveillantes et bonnes2 si quelqu'un devant nous cause inconsidrment1 laissons parler et cherchons1 s'il se peut1 des excuses ceux que l'on critique4 ,pratiquons envers les autres la tolrance et l'indulgence dont nous-mme1 peut-tre1 aurons besoin plus tard4 ,disons-nous que si telle personne agit mal1 nous ignorons dans quelle situation elle s'est trouve1 quelles difficults elle a rencontres1 et ce qu' sa place nous eussions fait nous-mme4 ,une femme d'esprit ne trouvera donc aucune raison pour mdire1 et toutes sortes de raisons pour l'viter4 ,si nous ne sommes pas doue d'un caractre gal et facile1 ce sera un grand dsagrment pour nous-mme et pour notre entourage1 mais il ne faut pas pour cela dsesprer4 ,en nous observant sans cesse1 en nous y appliquant1 nous arriverons facilement nous corriger de ce dfaut1 ne serait-ce que par amour-propre1 pour ne pas donner aux autres le spectacle d'une girouette tournant tout vent1 ne sachant ni ce qu'elle veut1 ni ce qu'elle a4 ,rien ne saurait excuser un changement non motiv dans notre humeur1 pas mme l'tat de notre sant4 ,notez qu'il est maintenant de trs-mauvais ton d'avoir ses nerfs1 c'est ridicule et compltement dmod4 ,la bonne humeur nous sera d'un grand secours dans les circonstances difficiles de la vie1 et nous donnera une grande force d'me pour en supporter les preuves4 ,jeunes filles qui voulez tre jolies et qui vous dsolez parfois de ne pouvoir vous procurer une vaine parure1 il en est une que la nature vous offre1 c'est le franc et gai sourire qui est1 dit le pote1 comme l'panouissement d'une fleur4 ,prenez garde de vous laisser aller faire la moue1 votre physique n'y gagnerait rien4 ,nous connaissons des personnes tellement rageuses1 toujours mcontentes des autres et d'elles-mmes1 que lorsqu'un sourire vient par hasard s'garer sur leur physionomie1 il fait l'effet d'une grimace4 ,est-il rien de plus dplaisant qu'une femme acaritre1 revche1 capricieuse1 et quel vilain type que celui de pie-griche6 ,l'on nous reproche souvent1 et non sans raison1 d'attacher trop d'importance notre toilette1 et de trop sacrifier pour la parure4 ,aussi sommes-nous intrieurement bien flattes quand1 passant auprs de quelqu'un1 nous entendons murmurer discrtement3 ,voyez cette jeune personne1 est-elle charmante8 ,ce mot rsume l'une des aspirations les plus naturelles de la femme3 tre charmante1 que ne ferions-nous pas pour cela1 et quel plaisir de l'entendre dire4 ,mais tes-vous bien certaine que ce compliment s'adresse seulement votre toilette8 ,ce serait vraiment trop de modestie de votre part4 ,l'on vous trouve charmante pour votre tenue soigne et dcente1 pour votre air souriant1 pour l'ensemble de votre personne dont se dgagent l'amabilit1 la gaiet1 plaisants attributs de la jeunesse4 ,essayez de vous montrer avec une figure maussade et en parlant durement aux personnes de votre socit1 vous verrez si vous obtiendrez le mme succs4 ,ainsi donc1 si nous n'tions aimable par nature1 par devoir ou par raison1 il faudrait l'tre par cette coquetterie inne chez la femme1 par cette assurance que l'amabilit donne plus de grce et de charme notre visage que la plus jolie toilette n'en saurait donner notre corps4 ,cette qualit rehausse la moindre de nos actions et donne du prix au plus lger service4 ,elle est indispensable au mme titre que la politesse1 qui sans elle paratrait ou froide ou banale4 ,il faut la pratiquer tout ge1 dans toutes les positions de fortune1 dans toutes les circonstances de la vie4 ,elle dispose en notre faveur1 aide aplanir bien des difficults et sert nous faire aimer1 mme si nous ne sommes pas jolies et si nous avons cess d'tre jeunes1 car elle nous donne l'apparence de la bont1 et il n'y a que la bont qui puisse faire aimer une vieille femme4 ,si ces qualits nous joignons quelques avantages intellectuels1 notre socit sera ainsi la plus plaisante et la plus agrable que l'on puisse souhaiter4 ,notre mari et les autres membres de notre famille n'auront plus pour nous dlaisser cette excuse1 que nous ne savons rien1 que nous sommes incapable de raisonner des questions l'ordre du jour1 qu'en un mot nous ne sommes pas dans le mouvement1 et que pour causer et se distraire il faut aller au caf4 ,pour tre une femme distingue1 il ne suffit pas d'avoir bonne tournure2 si nous ambitionnons ce titre1 il faut nous appliquer1 dans la mesure du possible1 augmenter nos connaissances1 lever notre niveau intellectuel1 de sorte que si quelqu'un des ntres cause devant nous des grandes questions conomiques et sociales qui intressent tout le monde1 il n'ait pas l'air de parler grec4 ,nous en retirerons des avantages de toutes sortes1 d'abord en nous trouvant plus facilement en conformit de vues avec notre mari1 ensuite en devenant capable de comprendre et d'apprcier les volutions et les progrs qui s'accomplissent autour de nous4 ,il n'est pas ncessaire pour cela d'tre savante2 l'instruction la plus lmentaire1 celle qu'a consacre l'obtention de notre certificat d'tudes1 y suffit largement1 surtout si nous savons l'tendre par la rflexion et d'utiles lectures4 ,cela ne saurait nuire l'accomplissement de nos devoirs familiaux2 car1 de mme que l'on peut tre une femme charmante sans connatre la chimie et une bonne mre sans rien comprendre aux volutions des astres1 l'on peut tre galement bonne fille1 bonne pouse1 bonne mre en s'occupant des choses de l'esprit1 et on le sera mme d'autant plus que l'intelligence sera mieux cultive4 ,car nous devons toujours garder le sentiment de notre dignit2 si la nature et plus encore la ncessit font de nous la servante de l'homme1 nous ne saurions lui permettre de nous considrer absolument comme une machine faire la soupe et raccommoder les chaussettes4 ,si donc nos occupations nous laissent quelques instants de loisir1 c'est sans contredit la lecture que nous les emploierons le plus utilement4 ,gardons-nous de cette littrature frivole1 de ces romans plus ou moins stupides qui fausseraient notre esprit1 troubleraient notre coeur sans aucun profit pour notre intelligence4 ,donnons la prfrence aux ouvrages srieux1 oeuvres d'auteurs de talent1 il n'en manque pas1 dont les observations1 quelle qu'en soit la nature1 serviront de complment notre instruction1 ou aux organes de la presse modre1 qui refltent le mieux l'opinion du pays et qui nous tiendront au courant de ce qui se fait autour de nous4 ,tirons aussi de l'oubli o souvent nous les laissons nos livres d'ducation1 ce serait une erreur de croire qu'ils ne peuvent tre ncessaires qu' notre premire jeunesse2 nous serons tout tonnes1 en les relisant1 du profit que nous en pouvons tirer encore1 et des sages conseils1 des utiles remarques qui1 autrefois1 avaient chapp notre inexprience4 ,ayons sans cesse devant les yeux le but atteindre1 qui consiste nous lever en capacits1 en intelligence et en vertu pour tre la hauteur de la mission que nous sommes appeles remplir4 ,la femme moderne ne doit tre ni frivole1 ni vulgaire2 il lui faut savoir se tenir gale distance de ces deux choses qui la rendraient indigne1 et mettre son orgueil se rendre utile elle-mme1 sa famille et la socit4 ,,rapports ,,avec ,,les ,,voisins ,l'on a crit sur le savoir-vivre1 la politesse1 la faon de se conduire dans le monde et avec le monde1 des ouvrages d'une incontestable utilit1 pleins de bon sens et de raison4 ,ces ouvrages et les rgles qui y sont exposes s'adressent gnralement la classe riche ou aise de la socit2 il n'en existe pas1 notre connaissance1 qui puisse servir de guide dans la plupart des cas aux personnes de la classe ouvrire4 ,nous n'avons pas l'intention de faire double emploi avec ces crits1 cela nous entranerait hors de notre sujet2 nous ne pouvons que vous engager les lire2 vous y trouverez de prcieuses indications4 ,mais il est une lacune que nous voudrions combler en vous disant quelques mots des usages que vous ferez bien d'observer dans vos rapports avec le voisinage4 ,tout le monde ne peut avoir une habitation particulire2 vous serez probablement oblige1 pour des motifs d'conomie1 de vous loger dans une maison habite par plusieurs locataires1 de l une promiscuit souvent dsagrable et gnante2 il faudra vous armer de patience et vous apprter supporter philosophiquement les ennuis qui en rsultent4 ,dans la plupart de ces maisons1 o la place est mesure avec parcimonie et o l'on ne peut se mouvoir sans incommoder quelqu'un1 il faudra vous resserrer le plus possible et viter en toute occasion de gner les autres4 ,quel que soit le tapage qui dchire vos oreilles ou la malpropret qui offusque vos yeux1 il faudra vous rsigner et ne jamais trouver redire quoi que ce soit1 pour viter des contrarits sans cesse renaissantes4 ,si les dsagrments dont vous souffrez taient vraiment trop graves1 il vaudrait mieux chercher un appartement ailleurs que de vous exposer vous faire des ennemis de vos voisins2 ce qui serait pour vous un supplice intolrable4 ,il faut d'ailleurs savoir se supporter mutuellement et ne pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'ils nous fissent nous-mmes4 ,certaine socit mutuelle1 qui s'occupe de l'amlioration du logement de l'ouvrier1 vous procurera une habitation saine et bon march2 ce qui vous permettra d'viter en partie ces inconvnients4 ,le meilleur moyen pour rester en bons termes avec vos voisins est d'observer envers eux la plus grande rserve en mme temps que la plus exquise politesse4 ,ne passez jamais auprs d'eux sans les saluer1 adressez-leur l'occasion quelque parole aimable1 rendez-leur service toutes les fois que vous le pouvez1 mais vitez avec soin les frquentations et les commrages2 ils sont dangereux tous les points de vue et amnent avec eux des montagnes de dsagrments4 ,si quelqu'un d'entre eux parat vouloir entrer dans cette voie1 vous trouverez toujours quelque prtexte poli pour vous en dbarrasser1 vos occupations de mnagre conome et srieuse ne vous permettent d'ailleurs pas de perdre votre temps4 ,si c'est une voisine qui vous gne par sa prsence1 vous aurez quelque course faire au moment opportun1 et si c'est une conversation laquelle on vous a convie qui menace de se prolonger outre mesure1 vous trouverez toujours une excuse plausible1 un travail pressant faire ou votre graisse qui risque de brler1 pour vous y soustraire4 ,il est toujours gnant d'avoir auprs de soi des trangers qui commentent vos actions2 votre mari1 qui aime tre libre chez lui1 s'en montrerait peu satisfait1 d'autant plus que ce ne sont pas toujours de sages conseils ni de bons exemples que vous pouvez en retirer4 ,il va sans dire qu'une personne bien leve ne se permettra jamais la moindre ingrance dans les affaires personnelles de ses voisins1 ni la plus petite observation ayant trait leur vie prive4 ,vous devez feindre d'ignorer ce qui se passe chez les autres1 et si vous les blmez intrieurement1 n'en rien laisser paratre4 ,gardez-vous de vous laisser aller l'envie et la jalousie1 c'est l gnralement la cause de la malveillance avec laquelle les femmes se jugent entre elles4 ,si vous tes afflige de ces mauvais sentiments1 il faut les dissimuler avec soin et veiller particulirement ne jamais manquer de politesse envers la personne qui en est l'objet1 car alors vous feriez preuve de sottise1 de grossiret et d'un manque absolu d'ducation4 ,nous avons t tmoin dernirement ce sujet d'un petit fait qui nous donna une triste opinion du caractre de celle qui en fut l'auteur4 ,nous allions rendre visite une de nos amies1 jeune femme lgante et distingue1 habitant avec sa famille un quartier des plus paisibles de notre ville1 lorsqu'arrive une petite ruelle trs proche de sa maison1 nous apermes assez loin devant nous sa mre revenant de la boulangerie4 ,nous vmes galement une jeune femme que nous avions dj rencontre cet endroit et qu' sa tenue nous avions prise pour la servante d'une ferme voisine4 ,elle regarda venir la mre de notre amie1 et au moment o elle passait1 au lieu de la saluer poliment ou tout au moins de ne rien laisser paratre1 elle rentra en fermant violemment la porte1 sans que cette vieille dame l'et en rien provoque4 ,et comme nous en faisions l'observation notre amie2 celle-ci nous dit3 ,c'est toujours ainsi2 croirais-tu1 que cette femme1 que nous ne connaissons pas1 nous tmoigne en toute occasion de la malveillance4 ,lorsque je passe devant sa porte elle sort de chez elle pour me regarder et elle reoit impoliment les personnes qui par mgarde s'adressent elle et demandent notre adresse2 que serait-ce donc si nous devions vivre ensemble dans la mme maison6 ,mais1 rpondmes-nous1 frue de notre ide que ce devait tre quelque domestique1 ses matres devraient la tancer svrement pour son inconvenance4--,ses matres6 mais c'est elle qui est la matresse1 c'est mme1 ce qu'il parat1 la fille d'un instituteur4 ,elle ne nous aime pas1 je n'en connais pas la raison4 ,va1 j'en suis bien dsole1 j'en perds l'apptit et srement j'en mourrai1 s'cria notre amie1 enfant terrible1 avec une mimique faire clater de rire un moellon4 ,nous ne pmes nous empcher de faire cette rflexion que cette personne avait fort peu profit des leons de biensance que bien certainement son pre avait d lui donner4 vitons donc de nous rendre ridicules par de pareilles sottises2 soyons aimables autant que possible et polies toujours1 mme envers les voisins que nous n'aimons pas1 c'est l un des moyens de nous faire respecter4 ,,ducation ,,pratique ,,consid,,rations ,,morales ,,sur ,,les ,,vertus ,,pratiques ,,de ,,la ,,femme ,nous avons dit quelques mots des qualits morales indispensables toutes les femmes dans toutes les classes de la socit1 permettez-nous maintenant d'aborder le chapitre non moins urgent des vertus pratiques ncessaires toutes et indispensables aux jeunes filles1 aux jeunes femmes dans une situation peu fortune4 ,pardonnez-nous si ce sujet1 que nous voudrions traiter pour votre profit1 nous entrane certaines considrations tout intimes que vous serez tentes de qualifier de petits dtails4 ,nous sommes persuade qu'en ce qui concerne notre mnage il n'y a pas de dtails inutiles1 et qu'il en est en tout cas de trs utiles rappeler1 puisque la plupart des personnes les oublient si facilement4 ,si nous sommes spirituelles1 aimables1 d'gale humeur1 nous serons certainement charmantes1 mais cela ne saurait suffire4 ,ventre affam n'a pas d'oreilles1 dit-on4 ,notre pre1 notre mari1 si sensibles nos prvenances1 nos caresses1 ne le seront pas moins un bon dner1 leur habitation bien tenue4 ,ils apprcieront mme d'autant mieux les agrments de notre esprit et de notre caractre que nous saurons les faire jouir d'un plus grand bien-tre1 d'une aisance relative4 ,le travail1 l'ordre et l'conomie sont les vertus indispensables toute femme soucieuse de son bonheur et de celui des siens4 ,bien souvent1 les gains du chef de la famille sont insuffisants pour subvenir a tous les besoins2 notre devoir est alors vident3 il nous faut travailler pour gagner quelque argent et augmenter nos ressources4 ,nous vous ferons remarquer qu'il est prfrable de travailler1 mme durement1 que de s'exposer subir des privations dont les consquences seraient d'altrer notre sant et d'assombrir notre humeur1 car on ne peut tre ni bien portant1 ni gai1 quand on manque du ncessaire4 ,lors mme que les ressources dont nous disposons pourraient suffire notre existence1 il faudrait travailler encore pour raliser quelques conomies1 ne serait-ce que pour donner satisfaction au brave travailleur qui ne nous marchande ni ses sueurs1 ni ses peines4 ,l'homme qui gagne convenablement sa vie n'aime pas penser qu' la moindre adversit il peut tomber dans la misre4 ,s'il peut dire3 je gagne tant par jour et il n'en reste rien1 ce n'est pas encourageant pour lui2 n'est-il pas craindre qu'il se croie autoris dtourner une partie de son salaire1 se relcher de ses habitudes d'conomie1 en arguant1 pour ne pas se gner1 que nous ne nous gnons pas nous-mme8 ,ce raisonnement serait peut-tre excusable de sa part1 si nous y donnions lieu par quelque ngligence dans l'accomplissement de nos devoirs4 ,nous devons donc travailler dans la mesure du possible1 moins que1 surcharges de famille1 le soin de nos enfants et de notre mnage ne nous en laisse pas le temps4 ,toutefois1 nous estimons qu'une femme ayant moins de trois enfants1 doit pouvoir gagner quelque argent4 ,il ne manque pas1 dans notre grande ville1 de mtiers faciles exercer1 mme si nous n'avons pas de profession1 ou si celle-ci1 trop minutieuse1 ne peut se concilier avec nos obligations de mre de famille4 ,ne vous laissez pas dcourager par la modicit de votre salaire1 ne dites pas3 quoi bon se donner tant de peine pour gagner si peu8 ,votre gain ne serait-il que de cinquante centimes par jour en moyenne1 cela fait quinze francs par mois1 de quoi payer une petite location1 et n'est-ce pas l ce qui1 gnralement1 embarrasse le plus les petits mnages8 ,l'on se nourrit toujours1 l'on s'habille comme on peut1 mais lorsqu'il faut jour fixe trouver l'argent du loyer1 que de gne et de contrarit1 et quelle vilaine figure on trouve son propritaire quand on n'a pu conomiser de quoi le payer4 ,si donc vous pouvez par votre travail subvenir cette obligation ou toute autre1 vous auriez grand tort de vous en dispenser4 ,le travail acquiert et l'conomie conserve3 ces deux qualits nous sont donc indispensables si nous voulons amliorer notre situation4 ,nous ajouterons qu'elles sont inhrentes l'une l'autre1 surtout chez la femme1 moins expose que l'homme aux entranements du dehors4 ,la femme qui travaille et qui sait combien de peines reprsente une pice de monnaie1 y regardera plusieurs fois avant de la dpenser inutilement4 ,de mme si1 par extraordinaire1 une femme pouvait tre conome sans tre travailleuse1 elle le deviendrait en raison du profit qu'elle en peut retirer4 ,la vritable conomie ne consiste pas1 comme certaines personnes paraissent le croire1 nous refuser les choses ncessaires la vie2 c'est l une erreur qui constitue ce que l'on est convenu d'appeler une conomie coteuse4 ,il faut au contraire chercher nous procurer tout le bien-tre compatible avec nos ressources1 condition toutefois de ne les pas absorber compltement1 et d'pargner toujours quelque chose pour la vieillesse et les moments difficiles4 ,le bien-tre est un besoin inn chez l'homme1 et plus ou moins dvelopp selon son degr d'intelligence et d'ducation4 ,il exerce une influence considrable sur notre sant1 notre caractre1 nos moeurs et les conditions gnrales de notre existence4 ,nous ne pouvons nous le procurer1 si nous sommes pauvres1 qu' des conditions dtermines4 ,la premire est de savoir en rgler galement toutes les parties1 car il ne consiste pas seulement bien manger1 se bien vtir1 se loger confortablement1 mais en toutes ces choses runies dans la mesure du possible4 ,si vous dpenser trop pour l'une d'entre elles1 vous serez forcment oblige de vous restreindre sur les autres1 et vous n'aurez pas un bien-tre complet4 ,c'est en cela que consiste l'art de la vraie mnagre2 il lui faut1 pour raliser cet idal1 une certaine intelligence et une assez longue pratique du mnage4 ,cette exprience pouvant faire dfaut la plupart des jeunes personnes1 c'est pour y suppler et en vue de faciliter votre tche que nous vous donnerons plus loin quelques conseils appuys de quelques chiffres4 tablissez donc votre budget de manire avoir de tout un peu1 si vous ne pouvez davantage1 sans oublier de porter une certaine somme la rserve4 ,ne dites pas3 j'pargnerai s'il m'en reste2 mais1 au contraire1 je ne dpenserai que ce qui me restera aprs avoir prlev sur mon salaire de chaque mois ou de chaque semaine quelque chose pour l'avenir4 ,cette question de l'avenir est celle qui sans cesse doit nous proccuper4 ,nous ne serons malheureusement pas toujours jeunes et valides1 la vieillesse arrivera1 amenant avec elle son cortge d'infirmits4 ,peut-tre mme1 jeunes encore1 serons-nous accabls par la maladie1 par des adversits de toutes sortes2 peut-tre aurons-nous souffrir du chmage ou d'une diminution de notre salaire4 ,ce sont l toutes choses qu'il convient de prvoir1 car1 il faut bien l'avouer1 l'imprvoyance de l'ouvrier est souvent la cause de ses maux4 ,combien parmi eux qui1 aprs avoir eu pendant longtemps des gains relativement levs1 se sont trouvs1 dans leur vieillesse ou au moindre revers1 prcipits dans la plus profonde misre4 ,epargnons donc pendant que nous le pouvons2 si nous sommes dans une situation relativement aise1 profitons-en pour raliser des conomies plus apprciables1 et si nous nous trouvons dans une condition difficile1 songeons qu'elle peut le devenir encore davantage4 ,epargnons toujours si peu que ce soit4 ,la sage conomie dont vous ferez preuve sera d'un bon exemple pour votre mari1 qui osera moins se permettre des dpenses inutiles4 ,encourag d'ailleurs par les bons rsultats de votre prvoyance1 il aura coeur de contribuer votre oeuvre1 sa conduite sera meilleure1 la paix de votre mnage plus assure4 ,ainsi1 l'conomie1 l'ordre et le travail vous procurent tous les points de vue d'incontestables avantages4 ,,la ,,journ,e ,d',,une ,m,,nag,,re4--,,tenue ,,de ,,la ,,maison ,,et ,,tenue ,,personnelle ,il ne suffit pas1 dit un vieux proverbe1 de se lever matin1 il faut arriver l'heure4 ,nous ne vous conseillerons donc pas de suivre l'exemple de certaines personnes qui1 debout ds l'aube et se couchant tard1 ne produisent nanmoins qu'une somme de travail tout--fait insuffisante4 ,ce rgime ne tarderait pas altrer votre sant2 vous avez tout intrt vous occuper srieusement pendant la journe et ne pas la prolonger outre mesure4 ,il sera gnralement suffisant que vous vous leviez cinq heures en t1 six heures en hiver1 et quant continuer fort tard votre travail1 nous ne saurions vous y engager4 ,votre vue s'affaiblirait bientt et les dpenses de lumire et de chauffage en hiver qu'occasionneraient vos veilles absorberaient la plus grande partie de votre supplment de gain1 vous auriez ainsi travaill sans profit2 le mieux est de ne pas prolonger votre journe au del de neuf heures du soir4 ,vous ne pouvez du reste pas faire davantage1 la force humaine a une limite qu'il ne faut pas dpasser2 nous risquerions1 en voulant l'excder1 de compromettre notre sant1 de contracter quelque maladie qui coterait fort cher soigner et nous empcherait de gagner notre vie4 ,le soin de notre sant est sans contredit la meilleure conomie que nous puissions faire2 il faut chercher le concilier avec nos autres obligations4 ,il existe une hygine spciale pour tous les actes de la vie1 il faut s'y conformer rigoureusement1 c'est le moyen de conserver ce grand bien1 la sant1 qui tient lieu de beaucoup d'autres1 et sans lequel les autres ne sont rien4 ,vous agirez donc sagement en occupant consciencieusement votre temps1 en ne perdant pas une minute pendant la journe et en prenant d'autre part le repos ncessaire pour rcuprer vos forces4 ,de cette faon1 vous travaillerez mieux et plus vite4 ,votre premire occupation1 aprs que vous serez lave et peigne et que vous aurez pris votre premier repas du matin1 sera de vaquer aux soins de votre mnage4 ,vous remettrez d'abord en ordre votre literie1 qu'en vous levant vous aurez pris soin d'exposer l'air1 puis vous brosserez votre parquet1 secouerez vos tapis et essuierez vos meubles4 ,il sera bon qu'aprs chaque repas vous laviez votre vaisselle1 afin d'viter l'encombrement et de l'avoir toujours propre votre disposition4 ,si votre mnage est entretenu avec soin1 il ne vous demandera chaque jour que peu de temps4 ,il suffira qu'une fois par semaine1 c'est gnralement le samedi que les mnagres choisissent pour cela1 vous fassiez le grand nettoyage1 c'est--dire laver vos carreaux et vos glaces1 rcurer vos cuivres et votre ferblanterie1 remettre en cire vos parquets1 si telle est votre habitude4 ,nous vous engageons cirer votre plancher plutt qu' le laver1 ce dernier moyen ayant l'inconvnient de donner de l'humidit et d'clabousser les meubles4 ,l'humidit est ennemie de la propret autant que de la sant2 dans une maison humide1 rien ne reste en bon tat1 pas mme notre corps1 puisque nous y pouvons contracter des douleurs et des rhumatismes4 ,c'est pourquoi il faut prendre soin d'arer le plus possible votre appartement2 ne craignez pas1 lorsque le temps le permet1 de laisser vos fentres ouvertes1 au risque de voir pntrer chez vous la poussire1 ce qui est dsagrable1 nous en convenons1 mais de deux inconvnients il faut choisir le moindre4 ,il serait superflu de vous dire que les recoins de votre appartement doivent tre aussi propres que l'endroit le plus visible1 et ne doivent en aucune faon servir de rceptacle toutes sortes d'objets dont la place est ailleurs4 ,une fois votre mnage remis en ordre1 il vous restera gnralement un peu de temps en attendant l'heure de prparer votre djeuner4 ,vous l'emploierez soit a laver1 confectionner ou raccommoder le linge et les vtements de la famille1 soit a exercer votre profession4 ,ne manquez jamais d'changer contre des vtements plus convenables ceux qui1 sans tre malpropres1 vous servent depuis votre lever pour procder votre nettoyage4 ,il est indispensable que vous soyez en tenue propre et soigne pour l'heure laquelle doivent revenir vos parents ou votre mari1 ainsi que pour le cas o vous auriez sortir pour acheter quelques provisions4 ,une jeune fille1 une femme qui se respecte1 ne se montrera jamais1 ne serait-ce que sur le seuil de sa porte1 sans tre coiffe et vtue proprement4 ,il n'est pas ncessaire d'tre lgante1 mais si modeste1 si pauvre mme que soit votre mise1 elle peut1 elle doit tre toujours d'une rigoureuse propret4 ,lorsque vous aurez termin votre djeuner et remis en place votre vaisselle1 il vous restera tout le temps de l'aprs-midi pendant lequel vous pourrez vous occuper srieusement4 ,ne perdez pas une minute de ce temps si prcieux et malheureusement si court1 songez que l'heure de prparer le repas du soir arrivera vite4 ,s'il vous est possible de travailler pour le monde1 calculez ce que vous pouvez gagner en ces quelques heures1 et combien cette somme1 chaque jour rpte1 peut vous tre utile dans votre maison4 ,si vous avez beaucoup d'enfants et que vous perdiez votre temps1 songez que ceux-ci seront les premiers en souffrir2 votre ouvrage ne se fera pas1 vous serez dborde2 le linge1 les vtements ne seront pas entretenus convenablement2 il faudra les renouveler plus souvent et se priver pour cela d'autres choses non moins indispensables4 ,ne manquez pas de prparer le repas pour l'heure laquelle doivent rentrer ceux des vtres que leurs occupations appellent au dehors4 ,ceux-ci1 qui1 souvent1 reviennent harasses de fatigue1 seront heureux de se rconforter par une bonne nourriture1 de se reposer auprs de vous1 aimante et douce1 dans leur habitation saine et bien tenue4 ,ils vous sauront gr des efforts que vous ferez pour leur procurer ce bien-tre qui leur donnera du courage et de la force pour recommencer le lendemain leur pnible labeur4 ,aussitt votre repas du soir termin1 vous rangerez votre vaisselle1 balaierez votre maison et veillerez soigneusement ce qu'aucune manation1 soit de cuisine1 soit de chauffage1 ne s'y concentre2 il faudra pour cela laisser vos fentres ouvertes pendant un certain temps avant de vous coucher4 ,lorsque vous aurez ainsi1 pendant toute la semaine1 rempli vos obligations de bonne mnagre1 vous aurez mrit de prendre le dimanche quelque distraction4 ,choisissez de prfrence une promenade au grand air1 il n'est rien de plus hyginique1 mais gardez-vous bien de dpenser ce jour-l ce que vous avez eu tant de peine gagner pendant la semaine4 ,c'est pourquoi nous vous faisons observer qu'il est prfrable de sortir le dimanche1 qui est le jour consacr au repos du plus grand nombre1 et pendant lequel vous trouverez des distractions peu coteuses4 ,,conomie ,,domestique--,,la ,,nourriture ,l',,habillement ,trois jeunes sens1 excellents camarades pourtant1 se querellaient entre eux4 ,moi1 disait l'an1 je vous surpasserai tous1 je serai mdecin1 je deviendrai clbre et riche4--,moi aussi1 dit le plus jeune1 je serai mdecin1 mais comme j'aurai plus de talent que toi1 je te prendrai ta clientle1 il ne te restera d'autre ressource que d'essayer de te faire lire dput4--,vous vous trompez1 mes bons amis1 dit le troisime1 vous ne ferez rien ni l'un ni l'autre1 car moi1 je serai cuisinier--,fi donc1 monsieur le gte-sauce1 s'crirent en choeur les deux premiers6--,oui1 reprit-il1 je serai cuisinier1 et puisque vous comptez sur les malades pour faire votre position1 j'empcherai qu'il y en ait4 ,la plupart des mdicaments1 presque toujours rpugnants1 que vous rvez1 d'imposer vos clients1 je les donnerai aux gens bien portants sous la forme d'une nourriture confortable et saine4 vos reconstituants1 a vos dpuratifs1 j'opposerai d'excellent bouillon1 d'apptissants rosbifs1 des plantes alimentaires sagement employes1 je leur conserverai ainsi la sant1 ils n'auront pas besoin de vos soins et il ne vous restera plus soigner que les maux de dents et les jambes casses4 ,ce jeune homme avait videmment raison1 une bonne nourriture dispense souvent d'aller chez le mdecin1 car elle prvient un grand nombre de maladies1 et mme dans bien des cas1 la nourriture dirige par une personne intelligente1 ayant quelques notions d'hygine1 peut constituer elle seule tout un traitement4 ,cette question des connaissances hyginiques se rattachant l'alimentation a1 notre avis1 une importance trs grande1 tant au point de vue sanitaire qu' celui de l'conomie domestique4 ,par exemple une jeune femme ayant ces connaissances ne couchera pas ses enfants aprs leur avoir donn pour dner de la ptisserie ou une tartine de beurre4 ,elle usera d'autre part de toute son influence pour proscrire de sa maison l'usage des boissons alcooliques qui produisent de si funestes rsultats4 ,elle fera une part gale aux mets reconstituants1 tels que potages gras1 viandes saignantes1 et aux plantes dpuratives et rafrachissantes1 de manire prvenir la fois l'anmie et l'chauffement4 ,la nourriture1 qui constitue la plus forte dpense du mnage1 demande tre rgle d'une faon particulirement srieuse2 la plupart des jeunes personnes ne nous paraissent pas y attacher toute l'importance qu'elle comporte4 ,mais1 nous direz-vous1 tout le monde ne peut avoir une bonne nourriture1 pour la raison bien simple que l'on ne peut pas toujours y mettre le prix4 ,nous vous ferons remarquer que l'alimentation1 pour tre saine et confortable1 n'a pas besoin d'tre compose de mets recherchs2 c'est au contraire la nourriture la plus simple1 la plus naturelle1 qui est la meilleure4 ,n'avez-vous pas souvent entendu dire bien des gens qu'ils prfrent une fricasse de pommes de terre bien faite un plat de viande mal russi1 c'est--dire que la nourriture tire son principal agrment du talent de la cuisinire et de la rgularit avec laquelle elle est dirige8 ,il serait en effet trs mauvais tous les points de vue que vous fissiez excs de table pendant que votre bourse est bien garnie1 au risque de vous imposer de dures privations en attendant d'autres ressources4 ,c'est donc savoir parfaitement faire la cuisine que toute bonne mnagre devra s'ingnier4 ,elle ralisera ainsi d'importantes conomies1 car il est prouv qu'une bonne cuisinire fait mieux peu de frais qu'une autre avec une forte dpense4 ,ce talent n'est pas fort difficile acqurir1 il suffit d'y apporter quelque attention2 si vous n'avez pas russi quelque mets ou si l'assaisonnement vous en a paru trop coteux1 faites une autre fois d'une manire diffrente et toujours ainsi jusqu' entire satisfaction4 ,nous n'avons pas l'intention d'empiter ici sur les attributions des livres de cuisine1 nous nous permettrons nanmoins de vous donner quelques conseils concernant l'conomie de la nourriture1 conseils que ces publications ne sauraient relater4 ,nous l'avons dit1 l'ouvrier n'est assur du ncessaire qu'autant qu'il sait se refuser le superflu2 cette rgle1 que vous devrez observer en toute circonstance1 il faudra l'appliquer galement la nourriture4 ,bannissez de votre alimentation toutes les choses dont vous pouvez vous passer sans altrer votre sant2 le superflu est d'ailleurs aussi nuisible en toutes choses que l'insuffisance4 ,vous ferez bien de rserver pour votre dner le meilleur morceau dont vous pourrez disposer1 c'est ce repas dont l'influence1 bonne ou mauvaise1 se fait le mieux sentir4 ,pour le repas de midi1 une fricasse de pommes de terre ou de lgumes quelconques1 avec ou sans viande1 et autant que possible une salade1 constitueront un djeuner suffisant4 ,nous vous engageons choisir de prfrence1 pour votre salade1 le pissenlit1 le cresson et la laitue1 en raison de leurs proprits particulires4 ,les lgumes verts ou secs1 selon la saison1 vous permettront de servir un plat abondant et peu coteux2 vous donnerez toujours la prfrence la pomme dterre2 il n'est pas de lgume qui puisse vous fournir un aliment plus sain1 plus conomique et d'autant plus agrable qu'on peut l'assaisonner de tant de manires diffrentes4 ,les oeufs et le poisson1 au moment o ils sont bon march1 vous serviront varier le menu de votre semaine4 ,votre dner se composera soit d'un potage gras avec la pice de boeuf1 soit d'un potage maigre avec un plat de viande4 ,le potage gras se fait avec du boeuf de premire qualit et de premire fracheur2 nous insistons sur ce dernier point d'autant plus qu'il n'en cote pas plus cher4 ,si vous voulez obtenir un excellent bouillon1 il est indispensable de le laisser cuire pendant six heures au moins1 partir du moment o-vous avez cume2 vous trouverez peut-tre votre boeuf trop cuit1 mais on ne peut tout avoir4 ,si vous n'tes que trs peu de monde1 trois personnes par exemple1 vous aurez intrt faire du bouillon pour plusieurs jours1 il sera ainsi meilleur avec une moindre quantit de viande4 ,en ce cas1 un kilog4 de boeuf vous fournira du bouillon de bonne qualit pour quatre jours1 ce qui fait #bej grammes par jour2 or1 avec cette quantit employe sparment1 il est impossible d'obtenir un bouillon suffisant4 ,il est toutefois indispensable1 pour le conserver1 de le passer au travers d'une passoire trs fine et de le mettre dans une soupire de porcelaine2 vous le garderez ainsi pendant trois jours en t et jusqu' six jours en hiver4 ,il faut bien observer de ne mettre les lgumes qu'une heure et demie au plus avant de servir4 ,il est ncessaire de varier autant que possible votre nourriture afin de la rendre plus agrable1 et dans ce but vous agirez sagement en faisant des conserves de lgumes au moment opportun4 ,si vos ressources ne vous le permettent pas1 vous pourrez toujours conserver de l'oseille1 un panier de un franc vingt-cinq centimes suffit un petit mnage pour passer l'hiver3 vous la ferez cuire petit feu avec #ejj grammes de sel4 ,elle vous servira faire d'excellent potage appritif et nourrissant1 surtout si vous y joignez une pure de pommes de terre4 ,vous ferez1 aussi des potages aux poireaux1 l'oignon1 aux choux4 ,la soupe au lard ou au jambon avec des choux et autres lgumes1 constitue un mets agrable et peu coteux2 si vos enfants ont l'estomac dlicat1 vous pourrez rserver votre plat pour le lendemain midi et le remplacer par de la viande4 ,si vous avez beaucoup de monde nourrir1 nous vous engageons faire votre potage pour le soir et le premier repas du lendemain1 il remplacera avantageusement le caf au lait trop dbilitant et peu convenable pour certains tempraments1 ainsi que le chocolat trop coteux4 ,si les ressources dont vous disposez vous permettent d'ajouter quelque chose votre ordinaire1 le mieux sera de vous procurer un vin de qualit convenable que vous mettrez en bouteilles2 par ce moyen1 il s'amliorera avec le temps au lieu de se dtriorer4 ,les crus de l',hrault1 ainsi que le petit ,bordelais1 le ,saint-,georges1 vous fourniront un vin agrable et supportant l'eau1 par consquent conomique1 au prix net de cinquante-cinq soixante centimes le litre4 ,il sera bien prfrable que vous buviez du vin vos repas plutt que de sacrifier une somme parfois quivalente pour des choses nuisibles telles que l'alcool1 le caf4 ,il va sans dire1 du reste1 que vous ne pouvez risquer cette dpense qu'autant que vos gains vous le permettent4 ,nous avons tabli1 pour vous servir d'exemple1 l'tat des dpenses de deux mnages composs3 l'un1 du pre1 de la mre et de deux enfants dont l'an a trois ans1 l'autre1 un an et demi4 ,l'autre1 du pre1 de la mre1 de leurs parents et de quatre enfants dont l'an a douze ans1 le plus jeune cinq ans1 soit en tout huit personnes4 ,ces donnes que nous vous proposons ne sauraient constituer une rgle absolue2 mais1 soit que vous puissiez aller au-del1 soit qu'il vous faille rester en-de des chiffres qui y sont consigns1 elles pourront vous indiquer d'une manire gnrale la tenue de votre maison4 99 99 99 #a;er4--,le mari1 petit employ1 gagne cent francs par mois4--,sa femme1 travaillant pour la fabrique1 aide d'une apprentie1 gagne en moyenne un franc cinquante centimes par jour1 soit par mois1 quarante-cinq francs4 ,pour logement1 une pice sur le devant servant de chambre coucher1 une autre la suite faisant office de cuisine1 de salle manger et de travail1 pour quinze francs par mois4 ,,menu ,,de ,,la ,,semaine 7,,en ,,octobre7 ,,samedi ,djeuner4 ,pommes de terre au lard1 salade4 ,dner4 ,potage gras4 ,,dimanche ,djeuner4 ,le reste du boeuf1 salade4 ,dner4 ,potage gras1 veau rti aux carottes4 ,,lundi ,djeuner4 ,fricasse de haricots1 pches de vigne4 ,dner4 ,le reste du potage gras au vermicelle1 le reste du veau4 ,,mardi ,djeuner4 ,omelette au lard1 fromage4 ,dner4 ,potage poireau1 gigot brais4 ,,mercredi ,djeuner4 ,choux au lard1 noix et raisin4 ,dner4 ,potage gras4 ,,jeudi ,djeuner4 ,fricasse de pommes de terre1 salade4 ,dner4 ,le reste du potage gras1 rosbif4 ,,vendredi ,djeuner4 ,harengs1 salade4 ,dner4 ,potage l'oseille1 foie de veau4 99 99 99 ,voici maintenant le prix approximatif de ce menu3 ,,samedi ,djeuner4 #a kil4 de pommes de terre longues rouges1 #j4ae ,lard1 oignons1 #j4ae ,salade1 #j4ae ,dner4 #gej grammes boeuf1 #a4ce ,lgumes1 #j4ae #a4ie ,,dimanche ,djeuner4 ,le reste du boeuf1 ,salade1 #j4ae ,dner4 ,le potage de la veille1 ,veau1 #a_/b kil41 #a4 ,carottes1 oignons1 lard1 etc41 #j4dj #a4ee ,,lundi ,djeuner4 #a kil4 haricots1 #j4be ,lard1 etc41 #j4ae ,pches1 #j4aj ,dner4 ,le reste du potage et du veau1 vermicelle1 #j4aj #j4fj ,,mardi ,djeuner4 #e oeufs1 #j4ej ,lard1 #j4aj ,fromage1 #j4aj ,dner4 ,beurre et poireaux1 #j4bj #cge grammes gigot1 #j4ij #a4hj ,,mercredi ,djeuner4 ,choux1 #j4be ,lard1 etc41 #j4be ,dessert1 #j4ae ,dner4 #a_/b kil4 boeuf1 #j4ij ,lgumes1 #j4aj #a4fe ,,jeudi ,djeuner4 ,pommes de terre jaunes1 #a kil41 #j4aj ,lard1 farine1 etc41 #j4ae ,salade1 #j4ae ,dner4 ,le reste du potage1 #cge grammes boeuf #a4bj1 #j4ij #a4cj ,,vendredi ,djeuner4 #f harengs1 #j4de ,salade1 #j4ae ,dner4 ,beurre1 oseille et pure1 #j4be #cge grammes foie de veau1 #j4ij #a4ge ----- #aj4fj ,pour #g jours1 #aj fr4 #fj1 soit par jour1 #a4ej ,goter de #d heures1 #j4ae ,premier repas du matin1 consistant en chocolat1 #j4cj #a kil4 de pain1 #j4cj ---- ,par jour1 #b4be ,soit par mois1 #fg4ej ,rserve pour socit mutuelle1 #ae4 ,loyer1 #ae4 ,chauffage en moyenne1 #e4 ,eclairage id4 #b4ej ---- ,dpenses1 #aje4jj ,gains1 #ade4 ------ ,il reste #dj4 fr4 par mois1 soit #dhj fr4 par an1 pour l'habillement et les menus frais4 ,il est remarquer que nous vous prsentons un devis d'une nourriture trs confortable et de premire qualit4 ,voici maintenant l'tat des dpenses d'une assez forte famille1 d'une robuste sant4 ,le pre1 menuisier1 gagne #d fr4 #ej par jour1 soit pour #bf jours de travail #aag fr4 par mois4 ,son vieux pre1 ancien ouvrier de la maison1 employ de petits ouvrages1 ne gagne en moyenne que #b fr41 soit #fj fr4 par mois4 ,la femme1 aide de sa mre1 gagne en moyenne #a fr4 #be cent1 par jour1 soit #cg fr4 ,en tout1 par mois1 #bad fr4 ,la famille occupe un petit rez-de-chausse compos d'une pice sur le devant servant aux parents de chambre a coucher4 ,une autre pice plus grande1 dans laquelle couchent les enfants sous la garde de leur grand'mre1 et qui sert aussi la mre pour son travail2 le grand-pre a un lit portatif dans la cuisine4 ,ce logement cote #be fr4 par mois4 ,,menu ,,de ,,la ,,semaine ,,samedi ,djeuner4 ,pois au lard1 fromage campagne4 ,dner4 ,potage gras4 ,,dimanche ,djeuner4 ,fricasse de pommes de terre1 salade4 ,dner4 ,potage l'oseille1 lapin rti aux pommes de terre4 ,,lundi ,djeuner4 ,fricasse de haricots1 salade4 ,dner4 ,potage gras4 ,,mardi ,djeuner4 ,pommes de terre au lard1 salade4 ,dner4 ,potage poireaux1 mouton au riz4 ,,mercredi ,djeuner4 ,choux au lard1 fromage campagne4 ,dner4 ,potage gras4 ,,jeudi ,djeuner4 ,fricasse de poitrine de veau1 pommes de terre1 fruits4 ,dner4 ,soupe au jambon et lgumes4 ,,vendredi ,djeuner4 ,pommes de terre au blanc1 salade4 ,dner4 ,potage l'oseille1 veau rti aux carottes4 ,,prix ,,de ,,ce ,,menu ,,samedi ,djeuner4 ,pois1 #j4dj ,lard1 etc4 #j4bj ,fromage1 #j4ae ,dner4 ,boeuf1 #a kil41 #a4hj ,choux et lgumes1 #j4be #b4hj ,,dimanche ,djeuner4 #bk#ejj pommes de terre1 #j4bj ,lard1 farine1 etc41 #j4bj ,salade1 #j4cj ,dner4 ,lapin1 #gej grammes1 #a4ej ,pommes de terre1 oignons1 lard1 #j4cj ,beurre1 oseille et pure pour potage1 #j4cj #b4hj ,,lundi ,djeuner4 ,haricots1 #j4ej ,lard1 etc41 #j4bj ,salade1 #j4cj ,dner4 ,boeuf1 #a kil41 #a4hj ,lgumes1 #j4be #c4je ,,mardi ,djeuner4 ,pommes de terre rouges1 #b kil4 #ejj1 #j4cj ,lard1 oignons1 #j4bj ,salade1 #j4cj ,dner4 ,beurre1 poireaux1 #a4cj ,mouton1 #gej gram4 #a4ce ,riz1 lard1 farine1 etc41 #j4dj #b4he ,,mercredi ,djeuner4 ,choux1 #j4cj ,lard1 etc41 #j4cj ,fromage1 #j4ae ,dner4 ,boeuf1 #a kil41 #a4hj ,lgumes1 #j4bj #b4hj ,,jeudi ,djeuner4 ,poitrine de veau1 #gej grammes1 #a4bj ,pommes de terre1 lard1 oignons1 #j4cj ,pommes1 #j4aj ,dner4 ,jambon ou lard maigre #j4hj ,lgumes1 #j4cj #b4gj ,,vendredi ,djeuner4 ,pommes de terre jaunes1 #b kil4 #ejj1 #j4bj ,beurre1 farine1 oeuf1 etc41 #j4cj ,salade1 #j4cj ,dner4 ,beurre1 oseille1 pure1 #j4cj ,veau1 #gej grammes1 #a4ej ,carottes1 lard1 oignons1 #j4ej #c4aj ---- #bj4aj ,pour #g jours1 #bj fr4 #aj1 soit par jour #b4he ,goter des enfants et supplment pour les hommes au potage du matin1 #j4cj #c kil4 pain1 #j4ij ------ ,par jour1 #d4je ,soit par mois1 #aba4ej ,rserve1 #ae4 ,loyer1 #be4 ,chauffage1 en moyenne1 #e4jj ,eclairage1 id4 #b4ej -------- ,dpenses1 #afi4jj ,gains1 #bad4jj -------- ,il reste #de fr4 par mois1 soit #edj fr4 par an pour l'habillement et les menus frais4 ,nous avons banni1 et pour cause1 toute dpense inutile4 ,il reste le devis d'une nourriture abondante1 confortable et saine4 ,toutes les obligations sont remplies4 ,il reste quelque chose la rserve qui pourrait servir en cas d'adversit4 ,et cela malgr la modicit du salaire de ces deux mnages4 ,l',,habillement ,nous ne pouvons vous offrir1 concernant l'habillement1 des donnes absolument prcises1 car il est subordonn diffrentes considrations3 notre situation sociale et pcuniaire d'abord1 notre profession1 nos relations dans le monde et aux habitudes que nos parents ont cru devoir nous faire contracter4 ,il est vident qu'une ouvrire ne peut ni ne doit s'habiller comme une personne riche1 de mme qu'une jeune fille employe chez une modiste ou dans un magasin quelconque est oblige plus de tenue qu'une personne travaillant en fabrique4 ,nous devrons donc1 en ce qui concerne cet article de notre budget1 consulter avant tout notre bourse1 c'est le plus sr moyen de ne pas nous tromper4 ,faisons d'abord la part des choses indispensables1 telles que linge1 chaussures1 vtements pour ceux des ntres qui vont au dehors1 pour les enfants allant l'cole4 ,ne dsirons rien de plus pour eux et pour nous qu'une absolue propret4 ,gardons-nous bien de faire1 pour notre toilette1 des dpenses en disproportion avec nos ressources4 ,il est d'ailleurs facile une femme intelligente d'tre fort bien habille peu de frais4 ,il est indispensable pour cela que la femme sache confectionner ses vtements et ceux de sa famille1 ce talent fait partie essentielle des connaissances que doit acqurir toute personne qui veut tre une mnagre srieuse4 ,nous raliserons ainsi d'importantes conomies1 car le cot de faon d'une robe dpasse souvent le prix d'achat2 et puis il est une bonne fe qui prend plaisir allonger entre nos mains le mtrage de l'toffe1 tandis qu'un mauvais gnie le rtrcit entre celles de nos couturires4444 pas toujours cependant1 mais si souvent4444 ,nous avons vu cet t1 au prix de #fe centimes le mtre1 un choix d'toffes de coton1 de diffrents dessins1 faciles assortir1 dont avec quelque habilet on et pu faire une toilette ravissante4 ,en prenant #ah mtres d'toffe pour le costume1 y compris la fausse jupe1 ,soit #aa4gj ,doublure1 #b4 ,baleines1 crin1 cerceaux1 boutons1 etc41 #c4 #af4gj soit pour #ag fr4 une toilette que vous porterez facilement pendant deux ts1 et qui sera des plus distingues selon l nuance que vous aurez choisie1 le bon got qui aura prsid sa confection et l'assortiment de tous les objets composant votre habillement4 ,lorsqu'elle sera hors d'tat de vous servir comme toilette1 vous en ferez une robe d'intrieur que vous porterez l'aprs-midi1 aprs que vous aurez termin votre mnage1 puis un jupon de dessous1 puis des doublures2 c'est ainsi que vous utiliserez vos toffes jusqu' usure complte4 ,si vous pouvez avoir pour l'hiver une robe de sortie1 choisissez-l de prfrence noire ou de nuance trs fonce3 elle sera ainsi toujours la mode1 surtout si vous avez adopt une faon la fois lgante et simple1 ne datant pas4 ,il faudra prendre1 autant que possible1 pour ce costume1 une toffe de bonne qualit1 se brossant bien et pouvant tre longtemps porte4 toffe noire1 largeur #a mtre #bj1 #h mtres1 #c fr4 #bd4 #c mtres #ej alpaga1 pour fausse jupe1 #a fr41 #c4ej ,faux ourlet1 #a4ej ,doublure1 #b4ej ,baleines1 crin1 cerceaux1 boutons1 etc41 #c4ej #ej centimtres velours ou fantaisie1 pour col et manches1 #d4 #ci4 ,soit pour #dj francs un costume solide et srieux4 ,en vertu de cet axiome qu'il cote moins cher d'entretenir que de btir1 vous raccommoderez soigneusement votre linge et vos vtements1 de faon ce qu'ils soient toujours propres et les renouveler le moins souvent possible4 ,en appliquant il votre habillement la sage conomie avec laquelle vous rglez les autres dpenses de votre maison1 vous arriverez remplir exactement vos obligations et vous jouirez d'un vritable bien-tre4 ,,conclusion ,nous ne savons1 chres lectrices1 si malgr notre dsir de vous tre utile1 nous avons rpondu d'une manire satisfaisante a l'attente des personnes autorises qui veulent vous doter d'un livre utile et srieux1 pouvant vous servir de guide dans toutes les circonstances de la vie4 ,nous avons pens que le meilleur moyen de vous disposer bien remplir tous vos devoirs tait de vous en dmontrer les avantages1 ainsi que les inconvnients qui pourraient rsulter de la ngligence dans leur accomplissement4 ,nous nous sommes inspire en cela des ides mmes de ,mme ,doyen1 trop heureuse si1 par notre concours1 nous pouvons apporter une petite pierre ce grand difice1 oeuvre de cette bienfaitrice de vos familles4 ,laissez-nous toutefois1 en terminant1 vous adresser une prire3 ,peut-tre y en aura-t-il parmi vous qui1 ayant mis en pratique les sages leons qu'elles ont reues et favorises par les circonstances1 parviendront une meilleure situation de fortune4 ,ne vous refusez pas alors la satisfaction la plus noble et la meilleure qui puisse exister4 ,faites le bien1 il n'est pas de plaisirs1 pas de ftes qui laisseront dans vos coeurs un sentiment plus rconfortant et plus doux4 ,faites le bien1 imitez en cela le noble exemple que nous a lgu ,mme ,doyen1 et rendez d'autres1 s'il se peut1 les sages conseils et les encouragements que vous-mmes avez reus4 ,il appartient ceux qui ont gravi les degrs de l'chelle sociale de tendre la main ceux qui restent1 c'est la meilleure manire de pratiquer la solidarit4 ,vous verrez autour de vous des gens qui1 parvenus une position meilleure1 seront moins heureux que par le pass1 parce que leur coeur ne sera pas la hauteur de leur intelligence et qu'ils auront cherch le bonheur dans les apparences trompeuses d'une vie de luxe1 dans de vaines satisfactions d'amour-propre4 ,peut-tre mme1 par cette drogation leurs habitudes premires1 auront-ils jamais compromis le fruit de leurs travaux4 ,quant vous1 compatissantes et bonnes1 vous trouverez1 le bonheur dans le noble usage que vous ferez de votre fortune1 selon cette parole du grand pote ,v4 ,hugo1 que la plus belle fte1 comme le plus bel autel1 c'est l'me d'un malheureux soulag qui remercie ,dieu4 4 ,,roch ,,imp4 ,,dubois-,,poplimont1 ,,rue ,,de ,,vesle1 #bbj1 ,,reims4