,,wal!r ,,ra!nau ,,ou ,,va ,,le ,,monde8 ,,consid]ations ,,philosophiques ,,sur ,l',,organisation ,,sociale ,,de ,,dema9 ,,traduction ,,fran,,aise ,,et ,,avant-,,propos ,,de ,s4 ,,jank,l,,vit* ,,payot ,,cie1 ,,p>is #ajf1 ,,b\lev>d ,,sa9t-,,g]ma9 #aibb ,t\s droits rs]vs ,,table ,,des ,,mati,,res ,,avant-,,propos ,,du ,,traducteur ,,introduction ,le b ,le *em9 ,i4--,le *em9 de l'conomie ,,ii4--,le *em9 de la morale ,,iii4--,le *em9 de la volont ,,avant-,,propos ,,du ,,traducteur ,depuis que cet ouvrage a t traduit1 ,wal!r ,ra!nau e/ mort1 assass9 en ple9e activit1 payant a9si de sa vie l'audace de ses ides et sa volont p]svrante d'en p\rsuivre la ralisation dans le cadre de la ,rpublique allem&e4 ,dis-moi quels sont tes ennemis1 et je te dirai qui tu es1 p\rrait-on1 son propos1 p>aphras] l'adage bi5 connu4 ,or1 si1 p5dant sa vie1 il tait p>fois p]mis de se dem&] quel tait le fond de sa p5se et quelles tai5t ses vritables int5tions1 le ge/e homicide1 accompli p> ordre p> quelques sicaires ractionnaires1 ne laisse plus le mo9dre d\te cet g>d4 ,ce ge/e a class ,ra!nau p>mi les adv]saires les plus dcids de l'anci5 rgime1 p>mi les hommes les plus conva9cus que ce sont les fautes de ce rgime qui ont surt\t contribu plong] l',allemagne et1 avec elle1 l',europe entire dans le *aos et le dsordre qui1 si on n'y porte immdiatem5t remde1 m5ac5t d'eng5dr] de n\veaux cataclysmes dont les consqu5ces s]ont encore plus t]ribles4 ,l',allemagne1 d'aprs ,ra!nau1 dans l'tat o l'a laisse la gu]re et qui n'tait son avis qu'une consqu5ce logique de son tat d'avant-gu]re1 avait beso9 d'tre recon/ruite de fond en comble1 mais1 dans son esprit1 la recon/ruction de l',allemagne ne p\vait se faire qu'en fonction de la recon/ruction gnrale de l',europe1 et mme du monde enti]1 la gu]re ayant montr que1 s\s des dehors en app>5ce diffr5ts1 t\s les pays1 t\tes les nations s\ffrai5t des mmes maux1 prs5tai5t les mmes vices et les mmes faiblesses4 ,avant la gu]re1 les ,allem&s tai5t fi]s de ce qu'ils appelai5t leur esprit d'organisation et considrai5t avec mpris les autres peuples1 les peuples lat9s et slaves en p>ticuli]1 qui1 eux1 n'aurai5t pas encore dpass la phase de l'individualisme4 ,ceux-ci1 leur t\r1 objectai5t aux ,allem&s que leur fameuse organisation n'tait qu'une organisation de cas]ne1 une organisation fonde sur la s\mission passive et aveugle1 et vantai5t les mrites de l'initiative individuelle et de l'esprit d'improvisation4 ,la gu]re e/ v5ue rvl] aux uns et aux autres qu'ils avai5t galem5t tort et raison la fois4 ,elle a montr1 d'une "p1 que dans la complication de la vie mod]ne l'initiative individuelle et l'esprit d'improvisation ne peuv5t eng5dr] que le g*is et le dsordre et1 d'autre "p1 que l'organisation l'allem&e n'tait qu'une organisation de surface1 reposant sur une hir>*ie de classes1 voire de ca/es1 qui n'excluait ni l'arbitraire1 ni la plus pr(onde mconnaissance des intrts de la collectivit et de ceux des gnrations futures4 ,le mrite de ,ra!nau consi/e n'avoir pas att5du la f91 ni mme l'explosion1 de la gu]re1 p\r ap]cevoir les vices et les m5songes de l'organisation allem&e1 p\r dcl>] qu'entre cette soi-disant organisation et l'abs5ce d'organisation dans les autres pays il n'y avait gure de diffr5ce1 que l'une et l'autre tai5t galem5t dang]euses p\r la paix du monde1 galem5t p]nicieuses p\r le patrimo9e spirituel de l'humanit1 p>ce que l'une et l'autre se tr\vai5t au s]vice de la mme cause3 le capitalisme1 dans sa =me la plus volue et1 en mme temps1 la plus inhuma9e1 laquelle ,ra!nau lui-mme a donn le nom de mcanisation4 ,ds #aiaj1 c'e/--dire une poque o1 selon sa propre expression1 sa voix se p]dait encore dans le bruit des affaires et des j\issances1 il avait comm5c expos] ses ides1 fruit d'une pr(onde mditation et d'une analyse objective et imp>tiale des faits4 ,gr& b\rgeois1 d\ d'une va/e culture1 plac la tte d'une des plus gr&es affaires de son pays 7l',allgeme9e ,elektrizitaets-,gesells*aft71 la fois homme de p5se et d'action1 ,ra!nau se tr\vait dans une situation exceptionnellem5t favorable p\r jug] sa valeur le sy/me capitali/e1 p\r en reconnatre les avantages et les mrites et en dnonc] les excs et les prils1 p\r indiqu] enf9 ou1 t\t au mo9s1 p\r re*]*] les moy5s susceptibles d'augm5t] ceux-l1 de conjur]1 s9on de supprim] totalem5t1 ceux-ci4 ,t\t en s\mettant le capitalisme une critique pntrante1 t\t en en faisant ressortir sans mnagem5ts t\s les vices et t\s les abus1 t\t en montrant que1 s'il e/ une s\rce de ri*esses et de j\issances p\r quelques-uns1 il e/ une cause d'esclavage et de misre hrditaires p\r le plus gr& nombre1 ,ra!nau n'a donn son adhsion aucune doctr9e conomique et sociale df9ie1 la doctr9e sociali/e mo9s qu' t\te autre4 ses yeux1 le capitalisme e/ une phase ncessaire dans l'volution de l'humanit1 et il subsi/]a tant qu'il re/]a encore un seul co9 de la plante inexplor1 une seule =ce de la nature indompte et inutilise4 ,le capitalisme e/ le seul sy/me p\vant et devant p]mettre l'homme d'affirm] sa matrise de plus en plus gr&e sur les =ces aveugles de la nature4 ,c'e/ p\rquoi il e/1 dans son ess5ce mme1 un sy/me foncirem5t huma94 ,mais s'il affecte les =mes inhuma9es que n\s lui connaissons2 si1 au lieu d'tre un facteur de solid>it entre les peuples1 il les oppose les uns aux autres dans une ho/ilit p]man5te2 si1 au lieu d't5dre ses bi5faits t\s les fils d'un mme peuple1 il cre non seulem5t des classes1 mais de vritables ca/es ennemies1 incapables de se compr5dre les unes les autres1 cela ti5t1 encore une fois1 non au capitalisme comme tel1 mais la fausse direction que des gnrations successives lui ont imprim1 en considrant comme un b ce qui n'tait qu'un moy54 ,oui1 le capitalisme n'e/ qu'un moy5 de/9 affran*ir l'homme de la fatalit naturelle et sociale1 mettre la disposition de *acun une quantit de bi5s suffisante p\r lui assur] une vie huma9e1 au s5s le plus l>ge et le plus pr(ond du mot4 ,au lieu de cela1 que voyons-n\s8 ,des millions d'hommes manquant du plus ncessaire1 au milieu de la production la plus int5se et la plus effrne1 des millions et encore des millions d'hommes v\s un travail d'esclaves qui ne suffit mme pas t\j\rs leur assur] leur pa9 quotidi51 ct de quelques milli]s d'individus monopolisant t\s les bi5s de la t]re4 ,n\s voyons la rp>tition des matires premires1 la production d'objets fabriqus et manufacturs s'effectu] au has>d1 selon les caprices ou les faux calculs des dirigeants de l'indu/rie qui ne ti5n5t aucun compte des beso9s ess5tiels et vritables du pays et s'appliqu5t1 au contraire1 p> la fabrication d'objets et d'articles t\j\rs n\veaux1 ne rpondant le plus s\v5t aucune utilit1 provoqu] des beso9s artificiels1 favoris] la passion du faux luxe1 satisfaire le mauvais gt p> la camelote et l'article de baz>4 ,g*is1 dsordre1 gaspillage de =ces et de ri*esses3 voil ce qui c>actrise le capitalisme contempora9 qui1 p\r se ma9t5ir1 n'a tr\v ri5 de mieux que de crer dans *aque pays1 au se9 de *aque nation1 deux ca/es1 deux peuples1 le peuple des ri*es et le peuple des pauvres1 sp>s p> un foss infran*issable1 mais t\s deux galem5t atta*s au ct purem5t matriel de la vie1 galem5t mcaniss4 ,n\s engageons le lecteur lire att5tivem5t les pages pres et mordantes que ,ra!nau consacre la critique du capitalisme mod]ne4 ,c'e/ un rquisitoire impitoyable1 d'autant plus impressionnant qu'on ne le s5t inspir p> aucune ha9e ou passion de p>ti4 ,les solutions pratiques prconises p> ,ra!nau comme remde l'tat de *oses qu'il vi5t d'analys] se rsum5t en un seul mot3 organisation2 organisation de la rp>tition des matires premires1 organisation de la production1 organisation de la consommation1 au se9 de ce qu'il appelle l'tat populaire1 dont il *]*e bau*] la =me4 ,cette p>tie positive de l'ouvrage e/ beauc\p plus vague que sa p>tie ngative1 et il ne p\vait d'ailleurs en tre autrem5t1 c> ,ra!nau n'tait ri5 mo9s que doctr9aire et ne se vantait pas de possd] la panace infaillible1 propre trans=m] du j\r au l5dema9 notre pauvre monde malade en un sj\r p>adisiaque4 ,il a saisi la premire occasion qui lui fut (f]te de se mettre en contact avec la vie relle1 d'int]v5ir activem5t dans les affaires de son pays1 et il e/ prsum] que si la mort n'tait pas v5ue mettre f9 brutalem5t cette activit pe9e comm5ce1 l'expri5ce acquise lui aurait p]mis de prcis] ses ides sur ce que devait tre cette n\velle ,allemagne1 moralem5t et socialem5t rgnre1 qu'il rvait comme faisant p>tie d'une ,europe solidaire1 pacifique et heureuse4 ,s4 ,j4 ,,introduction ,i ,ce livre traite de *oses matrielles1 mais au nom de l'esprit4 ,s'il p>le de travail1 de ncessit et de ga91 de bi5s1 de droits et de puissance1 d'organisation te*nique1 conomique et politique1 il ne pose ni n'apprcie ces notions titre de valeurs f9ales4 ,il e/ ju/e de dem&] si ce ne sont pas plutt la pauvret1 le beso91 le s\ci et l'inju/ice qui dlivr5t les =ces les plus pr(ondes de l'homme1 affran*iss5t l'me et font desc5dre sur la t]re le royaume des cieux4 ,et il e/ loisible de rpondre que1 lo9 de s'oppos] la lib]t de croyance et au p\voir de *angem5t de l'homme1 on doit plutt enc\rag] l'une et favoris] l'autre1 que le froid de la misre fltrit t\s les g]mes1 que la croissance et l'pan\issm5t ont beso9 de *aleur et de lumire4 ,mais ni cette "q1 ni cette rponse ne sont =mules ici4 ,l'esprit ne se laisse entran] ni appuy] et s\t5ir ce qui exi/e1 ni provoqu] des dsirs et crer des conditions3 sa =ce e/ assez gr&e p\r lui p]mettre t\t mom5t de ralis] l'accord entre l'organisation et l'organisateur4 ,mais ce rapport-l e/ univoque1 comme l'e/ celui qui exi/e entre les =mations organiques et l'ensemble des conditions d'exi/5ce2 *aque n\vel esprit se cre son monde lui1 et *acune de ses volutions se manife/e p> un n\vel essor de la vie4 ,ce n'e/ pas la rev5dication qui prcde l'essor4 ,celui-ci e/ annonc p> une sorte de message1 qui implique dj un comm5cem5t de ralisation4 ,mais ce message1 lo9 d'tre une rv]ie prophtique1 rsulte de la pntration des conditions matrielles p> la c]titude de la loi morale4 ,ce n'e/ donc pas se livr] des discussions oiseuses1 c'e/ plutt s'acquitt] d'un devoir et us] d'un droit que de se dt\rn] mom5tanm5t de la contemplation de l'esprit en m\vem5t1 p\r dirig] son reg>d v]s les jeux d'ombre des in/itutions et des =mes extrieures de la vie3 c'e/ que le rayon et l'ombre se laiss5t expliqu] et dcrire l'un p> l'autre4 ,notre poque1 qui atta*e tant d'importance au mo9dre fait1 n'a pas le c\rage de lire son de/91 tel qu'il e/ inscrit dans son propre coeur2 et lorsque1 se j\ant et se livrant des di/ractions qui n'impliqu5t aucune responsabilit1 elle dirige p>fois sa p5se v]s l'av5ir1 elle en arrive1 p> un r5v]sem5t des s\cis et des mcont5tem5ts quotidi5s1 crer des utopies mcaniques qui1 animes p> la baguette magique de la te*nique1 trans=m5t t\s les j\rs gris de la vieille sema9e en autant de maigres diman*es4 ,o notre poque puise-t-elle encore le c\rage de p>l] de dveloppem5t1 d'av5ir et de f9s1 d'ori5t] la moiti de son activit v]s ce qui n'exi/e pas encore1 de song] la po/rit1 d'inv5t] des lois1 de pos] des valeurs1 d'accumul] des bi5s8 ,elle ne se lasse pas d'exam9] la "q de ses orig9es1 mais elle ne sait pas o elle se tr\ve et ne veut pas savoir o elle va4 ,c'e/ p\rquoi les meilleurs succomb5t la besogne au j\r le j\r2 nombreux sont ceux qui laiss5t le d\te1 la lassitude et le dsespoir envahir leur p5se1 qui prt5d5t j\ir du prs5t et r5onc5t au plus beau de leurs privilges3 l'inquitude4 ,d'autres se t\rn5t v]s la foi dogmatique prime et se rclam5t de ses promesses4 ,ils veul5t faire revivre cette foi l'aide d'in/itutions1 de preuves1 en usant t\r t\r de bont1 de colre1 de promesses et de m5aces4 ,ils ont raison au po9t de vue du s5tim5t1 c> la religion de l'homme ne disp>atra jamais2 mais leur p5se e/ errone1 c> il n'y a pas de foi sans objet1 et celui-ci ne se laisse impos] ni p> la contra9te1 ni p> la p]suasion v]bale4 ,l'ess5ce de la foi consi/e en ce qu'elle cre elle-mme son objet1 avec une assurance aussi infaillible qu'inconsci5te1 et que cet objet correspond l'ensemble des =ces cratrices d'une poque4 ,mais la foi dogmatique a dpri p> la faute de ses suprmes autorits1 trop faibles p\r l'impos] au monde d'une manire exclusive1 mais assez =tes p\r1 p5dant des sicles1 la protg]1 l'aide de v]res fums1 contre l'action des rayons de la vie4 ,le j\r o on lui a violemm5t arra* ces v]res1 la foi a expir4 ,inv5t] des dieux1 provoqu] des prsages1 ordonn] des sacrem5ts3 ri5 de plus va9 que ces pieux artifices4 ,c]tes1 t\t cela suppose l'exi/5ce1 au plus pr(ond de notre tre1 de =ces capables de crer de n\velles ori5tations2 mais quelque habile qu'elle soit1 jamais l'int]prtation huma9e ne russira remplac] p> des notions morales la vieille base faite de miracles palpables2 les convictions transc5dantes surviv5t t\j\rs dans notre coeur1 mais elles exig5t une n\velle langue1 de n\velles reprs5tations et un clairage n\veau4 ,les obscures pr(ondeurs de notre consci5ce la plus intime1 la plus l'abri du monde extrieur1 sont lo9 d'tre vides2 lorsque n\s cons5tons y desc5dre1 n\s y retr\vons *aque fois la c]titude de l'inf9i1 du ct div9 de la cration1 l'annonce de la vocation de notre me et de nos =ces supra-intellectuelles1 le my/re du royaume spirituel4 ,n\s avons trait de ces *oses dans notre livre3 ,zur ,me*anik des ,gei/es4 ,ici n\s ne pr5drons en considration qu'un des pr9cipes =muls dans cet ouvrage1 savoir que t\tes nos actions et aspirations d'ici-bas ne sont lgitimes et ju/ifies que dans la mesure o elles contribu5t au dveloppem5t et l'aff]missem5t de son rgne4 ,,ii ,ce livre s'attaque au coeur mme du socialisme dogmatique4 ,celui-ci e/ le produit d'une volont portant sur les *oses matrielles2 sa doctr9e c5trale e/ celle qui prconise le p>tage des bi5s t]re/res1 et son b consi/e difi] une c]ta9e organisation conomico-tatique4 ,s'il *]*e auj\rd'hui s'incorpor] et s'assimil] des idaux emprunts d'autres conceptions du monde1 il n'en e/ pas mo9s vrai qu'il n'e/ pas un produit de l'esprit mme qui anime ces idaux2 il n'a pas beso9 de ceux-ci1 qui risqu5t mme de le tr\bl]1 c> son *em9 s't5d de la t]re la t]re1 sa foi la plus pr(onde a p\r objet la rvolte1 sa =ce la plus gr&e consi/e dans une ha9e commune1 et son d]ni] espoir e/ celui du bi5-tre matriel4 ,ceux qui l'ont fond croyai5t l'infaillibilit de la sci5ce4 ,plus que cela3 ils croyai5t que la sci5ce possde une =ce rationnelle2 ils croyai5t l'exi/5ce d'9luctables lois matrielles rgissant l'humanit et la possibilit d'un bonheur t]re/re mcanique4 ,mais1 auj\rd'hui1 la sci5ce elle-mme comm5ce se r5dre compte que son tissu le plus p>fait n'e/ p\r la volont huma9e que ce qu'une bonne c>te e/ p\r un voyageur3 ici une *ane de montagnes1 l un fleuve1 plus lo9 une ville et1 plus lo9 encore1 une m]2 si je t\rne droite1 j'arrive tel po9t2 si je t\rne gau*e1 j'ab\tis tel autre po9t2 ce *em9-ci e/ plus c\rt1 cet autre plus plat2 ici rgne l'abondance1 l on respire l'air des montagnes2 ici on e/ en pays primitif1 l en pays civilis4 ,mais une c>te ne peut m'indiqu] le *em9 qui m'e/ prescrit1 celui v]s lequel m'attir5t mon coeur et mon devoir4 ,la sci5ce pse et mesure1 dcrit et explique1 mais elle e/ incapable d'apprci] autrem5t que d'aprs des critres conv5tionnels4 ,or1 sans apprciation et sans *oix1 il e/ impossible de pos] des f9s1 et t\te activit rationnelle tant ori5te v]s des f9s et des ples1 il s'ensuit de n\veau que c'e/ le coeur qui1 en d]ni] lieu1 dcide du dev5ir huma94 ,dans le dr\lem5t fatal que la conception matriali/e de l'hi/oire assigne au dev5ir cosmique1 il n'y a pas place p\r la volont du coeur2 et lorsque la succession probable1 prsume1 des valeurs huma9es subit une modification1 comme ce fut t\j\rs le cas1 le mcanisme aveugle1 qui ex]ce son action sans arrt1 met la volont huma9e en conflit avec elle-mme4 ,pos] des f9s s'appelle croire4 ,mais la vraie foi n'e/ pas celle qui nat d'une inv]sion de dsirs provoque p> une ncessit passagre et qui1 une fois ne1 adopte l'g>d de ce qui exi/e une attitude de ngation et trans=me l'ordre cosmique en un expdi5t4 ,la vraie foi a sa s\rce dans la =ce cratrice du coeur1 dans l'imag9ation n\rrie p> l'am\r2 elle cre une c]ta9e conviction d'o les vnem5ts dc\l5t sans aucune int]v5tion de la volont4 ,jamais les convictions ne sont suggres p> les in/itutions1 et le socialisme1 qui ne lutte que p\r des in/itutions1 re/e une doctr9e politique4 ,il a beau critiqu]1 supprim] des anomalies1 conqurir des droits3 il ne russira jamais trans=m] la vie t]re/re1 c> seule la conception du monde1 la foi1 l'ide transc5dante possd5t la =ce ncessaire p\r opr] cette trans=mation4 ,mais si l'insuffisance du socialisme e/ vid5te1 il ne s'ensuit pas que ceux-l doiv5t s'en rj\ir qui le combatt5t p> atta*em5t commode ce qui exi/e1 p> cra9te de sacrifices1 p> p>esse du coeur4 ,les sacrifices qu'exig5t les temps n\veaux sont plus durs1 les s]vices qu'ils rclam5t sont plus pnibles et la rcomp5se extrieure qu'ils promett5t e/ mo9dre que dans le doma9e social proprem5t dit4 ,ils exig5t1 en effet1 plus que le r5oncem5t aux bi5s matriels3 le r5oncem5t nos vanits les plus *res1 nos faiblesses1 vices et passions1 et cela au pr(it de s5tim5ts et d'actions que n\s vantons en ?orie1 mais que n\s mprisons dans la pratique1 au pr(it de la conviction que ce n'e/ pas le bonheur qui e/ le b de notre exi/5ce1 mais l'accomplissem5t d'une t*e1 que ce n'e/ pas p\r n\s que n\s vivons1 mais p\r remplir les comm&em5ts de ,dieu4 ,et1 cep5dant1 l'humanit f9ira p> s'engag] dans cette voie1 non p>ce qu'elle le doit1 mais p>ce qu'elle le v\dra1 p>ce que l'vid5ce de la foi r5dra t\t ret\r en arrire impossible1 p>ce qu'elle se s5tira envahie p> le bonheur du v\loir div94 ,elle s]a en butte l'ho/ilit1 aux raill]ies1 aux p]scutions2 aucune preuve ne lui s]a p>gne1 pas mme la maldiction de ceux dont elle prp>e la rdemption et qui lui rs]v5t des *tim5ts p\r le tort qu'elle leur cause4 ,l'+ratitude bnira son *em91 des t\rm5ts l'accabl]ont *aque pas1 mais1 humblem5t orgueilleuse1 elle se rj\ira de *aque pas d\l\reux qui la rappro*]a de la lumire4 ,ce ne s]ont ni la cra9te ni l'esprance qui la p\ss]ont agir a9si1 c> ni l'une ni l'autre ne sont de vritables mobiles d'action1 et l'on peut en dire autant de la re*]*e rationnelle de l'quilibre mcanique1 de la bont et mme de la ju/ice4 ,les vrais mobiles d'action1 les seuls capables de n\s dcid] accomplir de gr&es *oses1 sont la foi inspire p> l'am\r1 la pr(onde ncessit et la volont div9e4 ,,iii ,l'poque qui1 dans son ess5ce la plus intime1 aspire acqurir la connaissance d'elle-mme et se libr] de sa propre rudesse1 n'e/ gure favorable la p5se concrte1 fonde sur la prvision ma?matique4 pe9e *appe au l\rd srieux et la plate vid5ce du matrialisme1 elle se dt\rne honteuse de t\t ce qui t\*e la pratique2 mais1 honteuse en mme temps de sa honte1 elle *]*e la dissimul] et1 surmontant sa rpugnance1 elle introduit dans sa vie affective quelques misrables accessoires et +rdi5ts de la vie mod]ne4 ,elle *ante les lampes arcs et autres inv5tions1 dans des rimes d'une audace v\lue1 ce qui ne l'emp*e pas d'tre plus trangre aux *oses de ce monde que ne le fut l'poque prcd5te1 plus grossire1 mais qui du mo9s savait mettre la ma9 la pte et tait au c\rant des *oses huma9es4 ,p\r se pr\v] eux-mmes combi5 ils sont loigns de l'assurance 9branlable qui rgne sur le m>* du monde1 beauc\p de nos contempora9s n'arrt5t leur att5tion que sur l'enveloppe la plus m9ce1 la plus b>iole des phnomnes et se cont5t5t1 non sans une c]ta9e coquett]ie1 d'un exam5 sup]ficiel qui leur rvle ici une ressemblance1 l une contradiction4 ,misrable m5songe6 ,on n'a le droit de rfl*ir sur le monde et de le jug] que dans la mesure o on le pr5d au srieux1 o on e/ conva9cu qu'il a un s5s et qu'il e/ cohr5t2 mais la c\rageuse croyance l'absurdit et la confusion irrmdiable de t\t ce qui exi/e comporte1 titre de consqu5ces1 une vie dp\rvue de t\t lm5t spirituel1 ne connaissant que les j\issances animales1 et une consci5ce morale fonde uniquem5t sur la cra9te de la police4 ,le voleur l'talage de la vie nie la sueur qu'il dp5se p\r russir *acun de ses c\ps2 il ne re/e un hros que p\r ses p>eils1 c> l'humanit n'accepte pas en cadeau le produit d'un misrable vol4 ,sans d\te1 ce n'e/ pas l'aide de connaissances acquises et d'une in/ruction pniblem5t reue que n\s dfri*]ons le *amp qui n\s e/ confi2 l'orgueilleux savoir e/ p> lui-mme infcond4 ,mais t\t ce qui se passe sur la t]re doit tre pris au srieux2 et qu& on a les s5s fidles et l'esprit t\j\rs prt s'ab&onn]1 se fondre avec ce qui l'ent\re1 on arrive saisir le s5s intime des *oses mme les plus j\rnalires et on n'a pas la t5tation de s'accro*] leurs signes extrieurs4 ,si le monde e/ une organisation1 un cosmos1 l'homme a le droit de se faire une ide de ses connexions1 de ses lois1 de ses phnomnes et de les reproduire en lui-mme4 ,si ,platon1 ,lon>d de ,v9ci et ,goe! ont fait des incursions dans le monde solide et f]me des *oses1 ce ne fut pas p> g>em5t pr(ane1 mais p>ce qu'ils y tai5t p\sss p> une ncessit div9e4 ,le pote qui1 incapable d'embrass] le prs5t et l'av5ir de son monde1 ne s'arrte qu' des pisodes intressants et *oisis1 a beau se donn] p\r un visionnaire3 il n'e/ qu'un ordonnateur de div]tissem5ts e/htiques4 ,les ,roma9s disai5t de l'tat qu'il tait la *ose de t\s2 cela e/ d'autant plus vrai de la nature1 qui e/ la fois le monde extrieur1 le ds]t et l'oasis1 l'arne de lutte et le tombeau de l'homme4 ,le romantisme de notre temps1 aux ge/es rali/es et aux s5tim5ts artificiels1 ne t>d]a pas cd] la place une m5talit qui n'a jamais cess d'exi/] *ez les hommes n'ayant pas subi la d=mation de l'esprit3 l'expri5ce littraire et scolaire succd]a l'expri5ce puise dans la connaissance du monde rel2 sur les fondations en pi]res de taille que =m]ont les ralits matrises1 l'difice des ides repos]a plus solidem5t et p\rra s'lev] avec plus de scurit que sur le sable m\vant de pr9cipes trang]s la vie4 ,des hommes robu/es1 guids p> des t5dances pragmatiques1 anims d'un s5tim5t de solid>it1 ayant l'imag9ation n\rrie des leons de la ralit laquelle ils pr5n5t une "p active et dont ils port5t la responsabilit1 arra*]ont la p5se libre et les s5tim5ts indp5dants la s]re *aude des *apelles1 p\r les lanc] sur le *em9 du dev5ir1 de la de/9e et de l'action4 ,les ides et les s5tim5ts du monde s]ont alors solides sans tre sup]ficiels1 dlicats sans tre faibles1 ple9s de fantaisie sans prt5tions1 transc5dants sans bigot]ie1 pragmatiques sans *icane2 la direction spirituelle s]a arra*e aux ma9s de femmes et d'e/htes railleurs et sceptiques1 p\r tre confie des hommes2 aux ma9s d'arti/es et d'enfileurs de phrases1 p\r tre confie des potes et des p5seurs4 ,le nihilisme individuel dont n\s s\ffrons1 qui n\s r5d la gnralisation d\teuse1 la loi suspecte et l'action mprisable1 qui prt5d se repos] dans la contemplation de ce qui e/ incomp>ablem5t unique1 t\t en se n\rrissant en ca*ette de la loi et de l'action2 ce nihilisme1 disons-n\s1 fausse gaiet sans espoir1 morale sans convictions et r5oncem5t contre-coeur1 provi5t d'une s\rce trs pr(onde qui app>at la surface aux poques o les hommes ont p]du la foi4 ,qu'e/-ce qui e/ lgitime1 dem&e cette doctr9e1 puisque t\t ce qui arrive e/ unique8 ,o e/ la p]man5ce1 puisque *aque in/ant e/ n\veau et sans prcd5t8 ,comm5t admettre le dveloppem5t1 tant donn que t\t ce qui exi/e dans le temps n'e/ qu'illusion8 ,il e/ vrai que dans l'ess5ce la plus pr(onde des *oses t\t e/ repos et que1 plus on s'loigne du c5tre1 plus le m\vem5t app>5t devi5t int5se4 t\s les gr&s mom5ts1 l'me a l'intuition de son b sacr et se s5t attire de l'agitation trompeuse de la surface v]s le c5tre immobile4 ,mais ce my/re ne doit pas n\s dta*] de la vie4 ,n\s ne p]cevons sans d\te que les sons isols et sans suite de l'h>monie totale1 et ce qui e/ immuable n\s bl\it p> ses *angem5ts2 il n'en re/e pas mo9s que n\s sommes placs dans cette vie p\r la r5dre p>faite dans le c]cle troit qui n\s e/ assign1 et notre calvaire e/ s\mis la loi du temps4 ,si n\s mprisons cette scne du dev5ir1 t\te p5se devi5t va9e1 t\t s5tim5t suprieur devi5t irrationnel et t\te action se trans=me en absurdit2 mme l'aspiration une p]fection suprieure1 p> le fait mme qu'elle re/e action1 e/ va9e4 ,mais cette conclusion r5f]me sa propre rfutation1 puisque l'ard5te aspiration de l'me subsi/e malgr t\t et con/itue mme l'lm5t le plus rel de notre vie intrieure4 ,ayons donc le c\rage de faire de cet lm5t1 et non de l',absolu imag9aire1 l'axe temporaire de notre vie temporelle1 et n\s v]rons notre exi/5ce retr\v] un s5s4 ,la p5se conc5tre sur l',absolu abolit la volont2 mais le culte du transc5dant f\rnit la p5se des f9s adquates1 anime la volont p> l'am\r des hommes1 de la nature et de la div9it et remet l'action en honneur4 ,bi5 que t\tes les explications hi/oriques et rationnelles sembl5t contr$ire le s5s de cette dduction a priori1 qu'il n\s soit p]mis de =mul] une obs]vation de nature c>t] ure erreur traditionnelle de l'expri5ce4 ,on peut notamm5t1 en p>c\rant le bref int]valle hi/orique accessible notre exploration et en exam9ant1 la lumire des monum5ts qui n\s ont t transmis p> l'art1 la vie affective des ,h9d\s1 des ,hbreux1 des ,grecs et des ,g]ma9s1 conclure que les =ces vritablem5t huma9es n'ont subi1 au c\rs des sicles1 aucun dveloppem5t1 aucun p]fectionnem5t1 p>ce que l'un et l'autre sont t\t simplem5t impossibles4 ,mais en =mulant cette conclusion1 n\s oublions que le pont du s\v5ir ne relie que les sommets et n\s ne t5ons pas compte des =midables rehaussem5ts qu'a subis le niveau des valles4 ,l'hi/oire passe s\s sil5ce les f\les innombrables et anonymes2 elle re/e t\j\rs la *ronique des hros et des va9queurs4 ,et1 cep5dant1 la ,nature e/ loyale2 elle ne f\le pas aux pi$s la crature dpasse1 et le peuple ret>dataire cont9ue de vivre l'c>t de la r\te royale1 au se9 de t\s les cont95ts4 ,la ,nature ne travaille pas comme le *imi/e1 sans laiss] de rsidus2 elle trans=me et dveloppe une p>tie de ses 9puisables matriaux et met le re/e de ct1 p\r s'en s\v5ir en temps v\lu et le trans=m] ins5siblem5t son t\r4 ,dans l'isolem5t du monde africa9 et asiatique viv5t encore auj\rd'hui les pa/eurs de ,*anaan et les porteurs de lances de l',ilion1 comme n\s images de ,dieu1 mais ayant l'me plus jeune et plus faible4 ,mais de ces basses populations1 si vieilles et si pro*es de l'animalit1 sont nes des familles dont la gr&eur d'me ne le cdait en ri5 celle des familles victorieuses et dom9atrices1 depuis longtemps te9tes4 ,celui qui possde vritablem5t une langue1 possde1 sans qu'il puisse t\tefois prt5dre la gnialit de celui qui l'a cre1 son esprit t\t enti]2 celui qui a compris et possde en esprit le legs d'un gr& homme e/ son disciple et son frre1 s9on p> le gnie crateur1 du mo9s p> l'me4 ,le legs de ,b\ddha et du ,*ri/1 de ,platon et de ,goe! tait1 lorsqu'il v9t en contact avec la t]re1 effroyablem5t trang] et ho/ile l'humanit2 mais auj\rd'hui1 et peu import5t les =ces prosaques auxquelles n\s devons ce rsultat1 le bi5 sacr g]me dans des milli]s de coeurs1 et ces coeurs1 soit dans leur simplicit1 soit dans leur ard5te mulation1 sont plus pro*es de l'me que ne l'tai5t jadis les coeurs des quelques disciples lus4 ,la gnialit n'e/ pas la mesure de l'me2 mais le rveil de l'me e/ la mesure de t\te cration4 ,le dveloppem5t e/ la catgorie intellectuelle de t\te notre activit supra-animale1 c> t\t ce que n\s faisons repose sur la notion du temps1 et v\loir l'immobilit e/ *ose aussi absurde que v\loir remont] aux orig9es4 ,c'e/ le propre d'une poque t\rm5te p> le d\te et incapable d'action que d'avoir t\j\rs le reg>d fix sur le pass2 si1 t\tefois1 n\s portons un si vif intrt nos anctres1 si t\t ce qu'ils ont fait et dit n\s p>at plus important et plus famili] que ce que font et dis5t nos contempora9s1 n\s avons p\r excuse le fait que n\s sommes excds p> nos mcanismes1 agacs p> les bav>ds borns et insupportables qui vant5t comme tant un pas v]s la p]fection t\te ncessit mcanise4 ,mais mme l'poque accable1 mme l'poque qui fait fausse r\te e/ digne de respect1 c> elle e/ l'oeuvre1 non des hommes1 mais de l'humanit1 donc de la nature cratrice1 qui peut tre dure1 mais n'e/ jamais absurde4 ,si l'poque que n\s vivons e/ dure1 n\s avons d'autant plus le devoir de l'aim]1 de la pntr] de notre am\r1 jusqu' ce que n\s ayons dplac les l\rdes masses de matire dissimulant la lumire qui luit de l'autre ct4 ,cet am\r e/ dur1 lui aussi2 il ne rduit pas seulem5t en p\ssire les pi]res obtuses que notre temps n\s oppose1 mais il dtruit en mme temps plus d'une affection *re notre coeur2 c'e/ cep5dant p> notre coeur que passe le *em9 qui conduit la lib]t du monde4 ,e/-il prsomptueux de v\loir df9ir ce *em91 d'aprs la seule intuition que n\s p\vons en avoir8 ,ce qui e/ prsomptueux1 c'e/ de v\loir appliqu] l'esprit des temps v5ir les pnibles procds d'inve/igation de la sci5ce4 ,l'expri5ce autorise des dductions1 mais e/ impuissante favoris] le dveloppem5t2 elle me dit que le tilleul qui se tr\ve devant ma f5tre s'e/ dvelopp p>tir d'une gra9e1 mais elle ne me dit pas si la gra9e que j'ai dans ma ma9 devi5dra un j\r arbre ou p\ssire4 ,mais1 mme appliques au prs5t1 les dductions ne sont jamais univoques et ne sont pas exemptes de dang]s1 tant donn que le nombre des =mes t]re/res e/ limit1 que les cont5us s'accroiss5t et que1 sans qu'on s'en ap]oive1 le vieux vase se tr\ve un j\r rempli d'un esprit n\veau4 ,il e/ p]mis de voir dans les jeux pa/oraux l'orig9e de la tragdie1 et dans la danse l'orig9e de la symphonie2 mais l'esprit d',hamlet et la musique de la ,neuvime symphonie de ,bee?ov5 n'ont ri5 voir avec cette re*]*e ar*ologique4 ,c'e/ ici que se tr\ve la valeur-limite de t\te tradition3 elle explique1 elle calme1 elle communique aux *oses m\vantes une in]tie mcanique1 mais elle ne sanctifie ri51 n'excuse ri5 et n'ouvre aucune p]spective d'av5ir4 ,l'hi/oire n\s l'enseigne sur mille exemples une =me d'tat1 une organisation publique1 ont beau s'atta*] leurs orig9es hi/oriques1 se cramponn] au b en vue duquel elles ont t primitivem5t cres2 il arrive t\j\rs un mom5t o elles sont envahies p> un esprit n\veau qui laisse subsi/] la =me in(f5sive1 et en dpit de l'hi/ori5 qui croyait avoir lev en ?orie un difice intangible1 la loi intrieure1 revtant les aspects de l'erreur1 de la fausse int]prtation et de la viol5ce1 infuse dans les vases purifis une vie n\velle4 ,puisque l'expri5ce et la tradition sont incapables d'voqu] et de favoris] l'av5ir1 puisque le calcul dgnre en une plate spculation1 n\s ne devons jamais p]dre de vue que dveloppem5t signifie t\j\rs asc5sion de l'esprit et que p> notre vie intrieure1 vcue en puret et int]prte sans p>ti-pris d'un dsir quelconque1 n\s p>ticipons microcosmiquem5t l'volution du monde4 ,l rside l'explication de t\te prophtie3 de la froide et pratique comprh5sion d'une conjoncture l'int]prtation adquate d'une ncessit politique2 de l'intuition sympa?ique d'une de/9e huma9e la pntration1 visionnaire du tableau de l',univ]s1 t\s les degrs de sympa?ie intellectuelle et intuitive il y a p>alllisme entre l'esprit objectif et l'esprit vcu4 ,t\t in/rum5t organis exprime dans les sons qu'il met l'*o de la symphonie4 ,de cette concordance entre le monde objectif et la vie intrieure n\s possdons une c]titude qui n\s e/ f\rnie p> la =ce irrsi/ible avec laquelle la p5se s'impose n\s1 indp5damm5t de notre volont3 la vracit communicative *appe aux dmon/rations mcaniques4 ,qu'e/-ce qui e/ susceptible de dmon/ration8 pe9e le pass1 pe9e mme la vrit de la gomtrie euclidi5ne2 ni nos s5tim5ts1 ni les faits de notre vie intrieure1 ni nos press5tim5ts ne se laiss5t dmontr]4 ,t\te conception pratique1 t\te mesure d'organisation peut tre discute2 mais ce qui e/ ju/e e/ l'objet d'une confiance sans condition1 c> t\t s5tim5t pr(ond1 relatif au pass1 au prs5t ou l'av5ir1 possde dans sa vracit mme une =ce qui impose l'adhsion et la foi et rsi/e t\te preuve4 ,les s5tim5ts =ts p>l5t une langue =te2 ce qui e/ clairem5t p]u claire son t\r2 l'honntet et la s9crit crent la confiance4 ,la p5se s9cre donne l'impression t\te corporelle de pla/icit et de poids4 ,et il e/ encore un autre signe qui la di/+ue des p>adoxes et des aphorismes du j\r1 lesquels ne sont vrais que lorsqu'on ne les envisage et claire que d'un seul ct3 elle e/ attire v]s le rel1 elle t\*e la vie j\rnalire1 sans y plong] p> ses rac9es1 elle p>at ralisable1 t\t en tant n\rrie d'imag9ation4 ,c'e/ que les g]mes de l'av5ir sont rp&us p>t\t dans le sol2 ce qui e/ en voie de natre p>at m]veilleux1 non p>ce que v5ant du nant1 mais cause des trans=mations qu'en subiss5t les *oses qui ont f9i p> dev5ir familires4 ,t\s nos actes sont plus ou mo9s visionnaires1 c> *acun de nos pas n\s emporte v]s l'av5ir4 ,si n\s croyons l'homme capable d'anticipation1 croyons-y donc f]mem5t4 ,si n\s runissons nos ef=ts en t\te bonne volont1 t\t ce qui e/ trompeur et illusoire ne t>d]a pas s'van\ir devant nos anticipations communes1 et ce qui e/ ju/e app>atra dans t\t son clat4 ,p\r arriv] ce rsultat1 une seule condition e/ ncessaire3 que nos pi$s ne p]d5t jamais contact avec la t]re f]me1 que nos yeux ne p]d5t jamais de vue les toiles4 ,,le ,,b ,considr au po9t de vue phnomnologique1 le m\vem5t univ]sel dont notre poque con/itue l'ab\tissem5t a eu p\r po9t de d"p deux vnem5ts capitaux troitem5t lis l'un l'autre4 ,un surpeuplem5t sans exemple s'e/ produit dans t\tes les p>ties de notre plante accessibles la civilisation2 dans sa p\sse irrsi/ible1 ce surpeuplem5t a d*ir la m9ce enveloppe des c\*es suprieures qui jadis imprimai5t *aque peuple europen sa nuance p>ticulire et entravai5t son asc5sion4 ,l'humanit dcuple a eu beso91 p\r sa protection et sa cons]vation1 d'une n\velle organisation de l'conomie et de la vie2 le dplacem5t des c\*es sociales qui s'e/ opr au se9 de *aque peuple a rvl dans les =ces libres des anci5nes classes infrieures les facteurs intellectuels correspondant la n\velle organisation4 ,le *em9 qu'avait p>c\rir la volont trans=matrice de l'humanit tait long2 il fallait crer la p5se ab/raite1 la sci5ce exacte1 la te*nique1 le g\v]nem5t des masses1 l'organisation2 p\r donn] d'abord une =me l'ordre n\veau1 p\r le ju/ifi] ensuite1 il fallait opr] une trans=mation des dsirs1 ides et f9s huma9s1 introduire une n\velle manire de vivre1 faire surgir un art n\veau1 une conception du monde et une foi n\velles4 ,j'ai dduit et dcrit cet ordre de *oses n\veau dans mon livre ,zur ,kritik des ,gei/es4 ,je l'ai qualifi de mcanisation p\r dsign] son univ]salit et faire ressortir la =ce de contra9te mcanique qui le di/+ue de t\s les rgimes antrieurs4 ,c'e/ que1 t\t bi5 considr1 son ess5ce consi/e en ce qu'il impose l'humanit une organisation unique1 au se9 de laquelle les individus1 dans une ho/ilit s\v5t froce et p\rtant solidaires les uns des autres1 assur5t leur vie et leur av5ir4 ,on a eu de bonne heure l'intuition des li5s qui ratta*5t entre eux les lm5ts con/itutifs de l'poque1 mais on n'a jamais eu le c\rage d'embrass] d'un seul c\p d'oeil l'ensemble de ces lm5ts4 ,c'e/ p\rquoi on ent5d t\j\rs p>l] du capitalisme comme d'un fait qui1 lui seul1 suffirait c>actris] t\te notre poque1 alors qu'il n'e/ que la projection de l'ensemble de notre rgime sur une p>tie de l'conomie4 ,c'e/ p\rquoi aussi la sci5ce cont9ue se livr] inlassablem5t au jeu qui consi/e tablir des rapports entre les div]ses bran*es de la mcanisation1 les dduire les unes des autres3 capitalisme1 dc\v]tes1 gu]res1 calv9isme1 judasme1 luxe1 fm9isme1 t\s ces lm5ts sont ratta*s les uns aux autres p> des li5s v>is et sont c5ss =m] la c\rbe qui reprs5te la m>*e des vnem5ts2 et l'on ne s'ap]oit pas que ce faisant on se cont5te d'expliqu] un miracle p> un autre1 et il ne vi5t l'esprit de p]sonne de remont] la v>iable primitive qui1 indp5damm5t de t\t autre facteur et prise en elle-mme1 dt]m9e l'agitation b>iole des phnomnes et p]met volonti]s de considr] les filles sans p5s] la mre4 ,cette fonction fondam5tale dc\le de l'expri5ce la plus pr(onde du g5re huma92 envisage du dehors1 elle app>at comme une augm5tation quantitative et un *angem5t qualitatif2 vue du d$ans1 elle se prs5te comme un anneau de la *ane de l'volution spirituelle des tres vivants4 ,au degr que n\s occupons dans l'*elle de la cration1 l'esprit *]*e dpass] le doma9e de l'intellect utilitaire qui1 p> ses t5dances1 ses cra9tes et ses dsirs1 rgit le monde vivant1 depuis le protozoaire jusqu' l'homme primitif1 p\r atte9dre l'me1 c'e/--dire le doma9e de la transc5dance ds9tresse et exempte de dsirs4 ,p\r atte9dre ce doma9e1 l'humanit doit runir t\tes ses =ces vitales1 t5dre au plus haut degr l'n]gie de son intellect1 la seule dont elle soit mme de dispos] en t\te lib]t1 et avoir t\j\rs prs5te l'esprit la conviction de l'absurdit de son puissant p5*ant p\r le monde matriel4 ,c'e/ en effet p> l'intellect que passe un des *em9s qui conduis5t l'me3 c'e/ le *em9 de la connaissance et du r5oncem5t1 le *em9 vraim5t royal1 le *em9 de ,b\ddha4 ,comme t\t ce qui s]t discipl9] l'humanit1 cette t*e et cette de/9e s'exprim5t avec la =ce d'une ncessit qui1 spontanm5t surgie1 e/ plus imprieuse que t\tes celles que l'humanit avait eu subir aux priodes glaciaires et dans les habitats ds]tiques4 ,mais1 en mme temps1 cette ncessit e/ gnratrice de l'lan le plus puissant qui se soit manife/ depuis les orig9es de la plante4 ,quel e/ l'homme qui s]ait mme de cit] une folie ou une absurdit de la nature8 ,or1 la mcanisation e/ un sort de l'humanit1 donc oeuvre de la nature1 et non caprice ou erreur d'un individu ou d'un gr\pe4 ,p]sonne ne peut s'y s\/raire1 c> elle exi/e en v]tu de lois inflexibles4 ,c'e/ p\rquoi font preuve de manque de c\rage ceux qui regrett5t le pass1 qui mpris5t ou r5i5t notre poque4 ,en tant que produit de l'volution et oeuvre de la nature1 elle a droit notre respect2 mais en tant que ncessit1 elle e/ notre ennemie4 ,n\s devons reg>d] cette ennemie en face1 mesur] sa =ce1 pi] ses faiblesses1 af9 de p\voir la frapp] la premire occasion favorable4 ,en tant que ncessit1 la mcanisation se tr\ve ds>me1 ds qu'on a mis nu son s5s ca*4 ,il en e/ autrem5t de la mcanisation considre comme =me de la vie matrielle3 comme telle1 elle re/]a indisp5sable l'humanit1 tant que le *iffre de la population ne s]a pas retomb la norme des millnaires pr-*rti5s4 ,trois de ses fonctions suffis5t lui assur] une dom9ation sur la vie t]re/re3 la division du travail1 la matrise des masses et celle des =ces4 ,on ne peut ni dem&] ni admettre raisonnablem5t que l'humanit r5once de son ple9 gr sa dom9ation sur la nature1 en faveur d'une fausse simplicit1 d'une exi/5ce troitem5t borne1 d'un oubli complet de t\te connaissance1 d'un tat artificiellem5t primitif4 ,ri5 de plus absurde que l'op9ion de ces habitants neura/hniques de gr&es villes qui s'imag95t p\voir *app] la mcanisation et mme rompre son j\g1 en se retirant dans une solitude montagneuse et en y m5ant une vie simple et mode/e1 en compagnie de quelques bons livres et d'un lu?4 ,c'e/ que pratiquem5t la mcanisation e/ indivisible3 qui en veut une p>tie1 la veut t\te4 ,si v\s v\lez avoir une ha*e1 il faut que des milli]s de vos semblables f\ill5t dans les pr(ondeurs de la t]re2 p\r qu'il y ait du papi]1 il faut que des =ts entires soi5t broyes p> les m*oires des ma*9es1 et p\r qu'une c>te po/ale arrive de/9ation1 les rails qui sillonn5t la t]re doiv5t tre sec\s p> la locomotive passant en c\p de tonn]re4 ,c'e/ se r5dre c\pable d'une impo/ure involontaire que de v\loir faire un *oix au po9t de vue de la mcanisation4 ,nos mod]nes b]g]s d',arcadie aurai5t beau se dfaire du d]ni] fil tiss1 du d]ni] gra9 de bl cultiv1 de la d]nire pice de monnaie1 ils ne tr\v]ai5t pas sur la t]re le mo9dre co9 o ralis] leurs rob9sonades raff9es4 ,c'e/ que l'univ]salit con/itue l'ess5ce mme de la mcanisation4 ,grce celle-ci1 le monde se tr\ve trans=m en une association =ce1 en une communaut rig\reuse de production et d'conomie4 ,comme elle e/ ne spontanm5t1 et non en v]tu d'une volont consci5te1 comme le travail et la rp>tition n'y sont pas rgls p> des lois et des dcrets1 mais sont imposs p> la ncessit1 cette extraord9aire communaut de travail app>at l'individu1 non comme un rgime de solid>it1 mais comme un tat de lutte4 ,elle e/ solid>it1 p\r autant que les hommes1 p\r se ma9t5ir et p\r se cons]v]1 sont obligs de manife/] une activit raisonnable1 *acun s'appuyant sur le bras du vois92 elle e/ lutte1 p\r autant que *acun ne travaille et ne j\it que dans la mesure o il gagne et conqui]t sur les autres4 ,l'organisation mcani/e prs5te a9si un c>actre brutalem5t in/9ctif et inconsci5t2 elle *appe de ce fait t\te rgle1 et c'e/ ce qui explique le c>actre dsa/reux et malheureux de ses consqu5ces4 ,en tant qu'il repose sur une communaut de lutte p\r et contre les =ces de la nature1 ce phnomne univ]sel n'e/ ni bon1 ni mauvais3 il e/ t\t simplem5t ncessaire4 ,les hommes runis peuv5t plus qu'un seul1 l'organisation et l'association tant seules capables d'assur] le plus gr& r5dem5t des =ces vitales4 ,dans t\te humanit suffisamm5t d5se et ayant atte9t un c]ta9 degr de dveloppem5t intellectuel1 doit app>atre ncessairem5t1 quel que soit son habitat plantaire1 un phnomne collectif correspondant la mcanisation2 mais il dp5dra de la =ce d'me de cette humanit de se s\mettre cette mcanisation comme une volont obscure ou de triomph] de sa contra9te4 ,sur notre plante n\s la mcanisation a dj rempli une bonne p>tie de sa mission4 ,s\s la =me de la civilisation1 elle a tabli une ent5te extrieure1 cr la possibilit d'une vie en commun o les heurts se tr\v5t rduits au m9imum et celle d'une con/ruction organique4 ,en imposant c]ta9es =mes de production et d'*ange1 elle a p]mis d'assur] la population htrogne et en voie d'augm5tation cont9ue1 les moy5s de se n\rrir1 de se vtir et de vivre s\s un abri2 et elle a obt5u ce rsultat1 en r5dant accessibles les ress\rces ca*es du globe t]re/re1 en enseignant c5tralis] la fabrication1 dc5tralis] la di/ribution4 ,s\s la =me du capitalisme1 elle a r5du possible l'association des activits huma9es et leur conv]g5ce v]s des buts communs1 dt]m9s d'avance4 ,en tant qu'organisation politique et civique1 elle a essay d'assur] *aque gr\pe l'expression de sa volont et de r5dre celle-ci p]ceptible la consci5ce collective4 ,au moy5 de la presse1 elle conduit au c5tre de p]ception de la communaut t\te impression reue p> l'tre collectif4 ,p> la politique1 elle s'applique dlimit] la nationalit et tablir la division du travail entre les nations4 ,p> la sci5ce1 elle favorise les re*]*es collectives sur les phnomnes de la nature1 et p> la te*nique elle trans=me la sci5ce en une arme de combat contre les =ces de la nature4 ,aucune rgion de la t]re ne re/e inexplore1 aucune t*e matrielle ne re/e irralisable2 t\t bi5 t]re/re peut tre conquis1 aucune ide ne re/e ca*e1 n'importe quelle entreprise doit tre t5te et peut se prt5dre ralisable2 bref1 en ce qui conc]ne la cration matrielle1 l'humanit a atte9t la phase d'un organisme p>fait qui1 avec ses s5s1 ses troncs n]veux1 ses organes de la p5se1 ses vaisseaux sangu9s et ses in/rum5ts de tact1 s'attaque au globe t]re/re1 s\lve sa crote et aspire ses =ces4 ,il n'y a pas d'volution qui s'effectue de l'organique v]s l'inorganique4 ,on peut concevoir des =mes d'organisation autres que la mcanisation2 mais quelles qu'elles soi5t1 elles ab\tiront1 comme celle-ci1 en v]tu mme de leur c>actre matriel1 une con/ruction matrielle de/9e associ] les =ces huma9es en vue de la conqute des =ces de la nature2 quelles qu'elles soi5t1 elles prs5t]ont p\r la vie les mmes dang]s et l'accabl]ont des mmes t\rm5ts1 tant qu'elles ne s]ont pas dom9es p> les =ces de l'me4 ,on compr5d que le monde soit ple9 d'admiration devant sa premire ralisation de l'unit1 qu'il aille mme jusqu' considr] son difice matriel comme susceptible d'(frir un abri l'esprit1 qu'il mette au s]vice de l'organisation1 ne spontanm5t1 sa p5se et ses connaissances1 ses s5tim5ts et sa volont4 ,et1 cep5dant1 bi5 que l'difice soit lo9 d'tre a*ev1 on voit dj la consci5ce se dress] contre lui4 ,elle ne le fait encore que s\s une =me grossirem5t mcanique2 ce sont notamm5t les d%rits qui s'insurg5t et qui veul5t dtruire cette organisation matrielle et mcanique1 p\r la remplac] p> une autre1 galem5t mcanique et matrielle1 mais qui leur p>at plus ju/e et leur promet davantage4 ,mais les privilgis eux-mmes se s5t5t opprims4 ,ils se r5d5t compte de la baisse des valeurs e/htiques et morales2 ils v\drai5t rev5ir en arrire et sont prts sacrifi] de l'indivisible mcanisation ce qui leur p>at comme n'en faisant pas ncessairem5t p>tie1 ju/e ce qu'ils peuv5t sacrifi] sans ls] leurs intrts et sans tr\bl] leur repos4 ,mais on se r5d surt\t vaguem5t compte qu'il s'agit d'une inju/ice1 que p]sonne1 pas mme le plus heureux1 n'*appe une crise intrieure et que des bi5s suprieurs aux bi5s sacrifis sont en dang]4 ,il ne s'agit encore que d'esc>m\*es se dr\lant aut\r des ouvrages extrieurs1 c> on n'a pas encore ple9em5t compris et reconnu l'ess5ce et la =ce de la mcanisation dans son ensemble4 ,des que/ions relatives la conception du monde1 au capitalisme1 la misre1 la te*nique1 sont agites et discutes sans li5 avec le problme c5tral4 ,on manque d'ori5tation4 ,on pr5d t\r t\r p\r l'axe de l'humanit la ju/ice1 la culture1 l'quilibre1 l'intrt1 la tradition1 la nationalit1 l'e/htique4 ,c'e/ en cela que se manife/5t la mauvaise consci5ce de l'poque et sa proccupation intime4 ,mais aprs n\s tre occups jusqu'ici des =ces con/ructives de la mcanisation1 n\s allons1 dans ce qui va suivre1 mettre s\s les yeux du lecteur les =ces de dcomposition qu'elle recle dans son se94 ,i4--,la mcanisation e/ une organisation matrielle2 cre p> une volont matrielle et l'aide de moy5s matriels1 elle ori5te l'activit t]re/re des hommes dans une direction d'o t\te spiritualit e/ abs5te4 ,p]sonne ne peut se s\/raire entirem5t l'action de cette =ce de direction et1 au po9t de vue mcani/e1 l'homme mme le plus idali/e re/e un sujet conomique qui1 p\r vivre1 doit possd] et acqurir4 ,le monde e/ dev5u une maison de comm]ce1 une int5dance1 et *acun porte l'empre9te et la nuance de son poque4 ,on s'imag9e l'influ5ce qu'ont d ex]c] des sicles de contra9te intellectuelle sur l'esprit huma9 comprim6 ,l're de la division du travail exige la spcialisation4 ,lorsque l'esprit1 enf]m dans les rgles et les pratiques de son doma9e spcial1 reoit p> mille canaux l'image nbuleuse du monde extrieur impitoyablem5t *angeant1 ce qui e/ petit lui app>at facilem5t gr& et le gr& lui donne non mo9s facilem5t l'illusion du petit4 ,l'impression s'e/ompe1 ce qui ne peut que favoris] le jugem5t sup]ficiel1 irresponsable4 ,l'admiration et l'tonnem5t ne vont que v]s ce qui e/ n\veau et s5sationnel4 ,on ne g>de que le critre mesqu91 ayant p\r base le nombre et la mesure4 ,la p5se devi5t dim5sionnelle4 ,si l'on applique aux *oses la mesure1 on ne juge les actes que p> le succs qui t\ffe le s5tim5t moral1 comme la mesure et le poids t\ff5t le s5s de la qualit6 ,c'e/ dans le jugem5t rapide que rside la s\rce du succs2 il s'obti5t au prix de l'erreur et de l'illusion2 on devi5t sceptique4 ,on *]*e pntr]1 non dans les *oses1 mais d]rire les *oses1 d]rire les hommes et les puissances2 on p]d t\te honntet et t\te pudeur4 ,on proclame que savoir1 c'e/ p\voir1 que le temps e/ de l'arg5t2 et c'e/ a9si qu'on sait sans connatre1 qu'on passe son temps sans joie4 ,les *oses elles-mmes1 ngliges et mprises1 ne procur5t plus aucune joie1 c> elles sont dev5ues des moy5s4 ,t\t d'ailleurs e/ moy53 *oses1 hommes1 nature1 ,dieu2 d]rire t\t cela se dresse1 comme un fantme1 comme un tre irrel1 la *ose en soi1 l'objet en soi des aspirations3 le b2 le b qui n'e/ jamais et ne peut jamais tre atte9t1 le b dont on ne possde aucune notion claire1 le b1 vague et complexe reprs5tation dans laquelle on disc]ne un dsir de scurit1 de vie1 de possession1 d'honneur1 de puissance et dont les lm5ts s'van\iss5t ou mom5t mme o on croit les avoir atte9ts2 le b1 image nbuleuse1 aussi lo9ta9e au mom5t de la mort que le j\r o1 p\r la premire fois1 on l'a ap]ue4 ,en face de ce b1 se dresse m5aant1 plus rel1 mais inf9im5t exagr1 le spectre de la ncessit4 ,tiraill entre ces fantmes et p\ss p> eux1 l'homme c\rt d'une irralit une autre4 ,c'e/ l ce qu'il appelle vivre1 agir et crer2 c'e/ l ce qu'il lgue1 la fois comme bndiction et comme maldiction1 ceux qu'il aime4 ,cet tat de l'esprit mcanis n'e/ cep5dant pas autre *ose que l'tat primitif des races infrieures1 pan\i au milieu du tumulte de la gr&e ville2 il e/ la fois le b et l'p\vantail de ceux qui ont cr notre poque4 ,mais il y a l encore quelque *ose de plus qu'un atavisme3 ceux qui ont gt au breuvage ret\rn5t dans l'abme moral o repos5t les tres obscurs qui l'ont fabriqu4 ,et c'e/ a9si que p>v5us au zni? mme de la civilisation1 ils t\t condamns vivre la vie1 pr\v] l'tat d'me1 les angoisses et les joies que leurs anctres avai5t rs]vs aux esclaves4 ,cet tat d'me se c>actrise p> l'ambition et p> l'aveuglem5t4 ,p> l'ambition1 laquelle nul b ne suffit1 qui e/ cep5dant irrationnelle au po9t de trans=m] f9alem5t le travail en f9 en soi1 ramass] sur son *em9 t\t ce qui brille et qui m>*e v]s la tombe1 en tranant d]rire soi le poids mort des moy5s2 p> l'aveuglem5t p\r lequel nul fait n'e/ assez rel1 aucune connaissance trop secondaire1 qui cra9t d'appr(ondir les *oses1 qui dp\ille le monde de son enveloppe *>nelle et de son cont5u spirituel1 qui tue ce qu'il y a en lui de mortel et mprise ce qu'il r5f]me d'immortel4 ,les joies qu'on pr\ve sont celles des enfants d'esclaves et des femmes de condition infrieure3 possession qui brille et cre l'envie1 amusem5ts et ivresse des s5s4 ,la passion de possd] eng5dre une vritable b\limie pa?ologique3 on veut possd] le plus de *oses possible1 cep5dant que le rassasiem5t et la mode dprci5t t\s les ans les trsors accumuls et n\s oblig5t les remplac] p> des futilits n\velles4 ,les joies de la gr&e ville et celles d'une socit qui1 p> une inconsci5te ironie1 se fait qualifi] de meilleure1 sont pr(ondm5t humiliantes et dgradantes4 ,il e/ impossible de quitt] les lieux o ces g5s1 p\r n\s s]vir du mot le plus commun du langage vulgaire1 s'amus5t1 sans tre pris de d\te sur l'av5ir de l'humanit2 et celui qui *appe ce d\te peut dire qu'il a subi avec succs la plus =te preuve qui puisse branl] la confiance dans le monde4 ,gris]ie1 plaisir et crime ont leur s\rce dans des poisons et des excitants qui exig5t une dp5se triple de celle que le monde consacre t\tes les oeuvres de civilisation4 ,,ii4--,la mcanisation1 qui e/ une organisation de contra9te1 e/ att5tatoire la lib]t huma9e4 ,ce n'e/ pas dans les beso9s de sa vie que l'individu tr\ve la mesure de son travail et de ses loisirs1 mais dans une rgle qui lui e/ extrieure3 la concurr5ce4 ,il ne suffit pas qu'il cre dans la mesure de ses =ces et de ses dsirs3 son travail e/ e/im p> comp>aison avec celui d'un autre1 avec ce que font d'autres2 le demi-travail1 le travail l5t n'a pas plus de valeur que l'oisivet4 ,t\t travail1 depuis celui du gr& capita9e jusqu' celui du facteur1 depuis le travail du j\rnali] jusqu' celui du f9anci]1 e/ s\mis au sy/me de l'accord et du record2 on dem&e *acun autant que peut faire le vois94 ,l'artisan de jadis p]fectionnait son travail =ce d'am\r et d'embellissem5t2 la mcanisation1 elle1 produit s\s l'gide de l'adjudication3 on exige un m9imum de qualit et de quantit1 le prix le plus bas e/ le meilleur1 et l'am\r ne tr\ve aucune rcomp5se4 ,c'e/ la lutte entre gr\pes1 entre nations1 qui tablit la limite de l'ef=t1 et l'issue de la lutte dp5d *aque fois des sommes de =ces objectives dp5ses1 l'exclusion de t\te influ5ce individuelle4 ,l'homme n'e/ mme pas libre de dirig] et de concevoir son activit4 ,qu'il se s5te une vocation unique ou des vocations multiples1 l'organisation mcani/e ne l'utilise qu'en vue de la spcialisation4 ,et notre gnration se pliant de bon gr la contra9te1 il s'ensuit que n\s avons le voyageur de comm]ce-n1 l'in/ituteur-n1 t\t comme n\s avons l'+nieur-n et l'entomologi/e-n4 ,mieux que cela3 l'organisation mcani/e f\rnit le nombre et le *oix de types1 en raison directe des beso9s4 ,t\t recul entrane un *tim5t3 si l'on voit surgir de temps autre un homme de la vieille trempe des gu]ri]s1 des av5turi]s1 des artisans1 des prophtes1 on ne t>de pas l'exclure de la communaut1 le mettre au ban de la socit et le *>g] des besognes les plus basses1 les plus indiffr5cies4 ,mais la contra9te ne s'arrte pas l4 ,elle drobe l'homme jusqu'au s5tim5t de la responsabilit env]s lui-mme4 ,la =ce organisatrice1 qui e/ l'ess5ce mme de la mcanisation1 s'ex]ce jusqu' ce que *acune des p>ties de celle-ci1 *aque ensemble de p>ties1 soi5t dev5ues des organismes leur t\r3 c'e/ a9si que dans la nature *aque lm5t1 quelque gr& ou petit qu'il soit1 =me un organe et que l'ensemble des organes =me un t\t cont9u4 ,associations1 unions1 firmes1 socits1 bureaucratie1 organisations pr(essionnelles1 politiques1 religieuses uniss5t et sp>5t les hommes dans un en*evtrem5t inextricable2 p]sonne n'exi/e p\r lui-mme1 *acun e/ subordonn d'autres1 responsable devant d'autres4 ,cet tat1 propre lev] l'me p> la gr&eur de sa conception1 tant qu'il s'agit d'une organisation qui n'e/ pas l'oeuvre de l'homme1 devi5t une odieuse s\mission dans ces imm5ses rgions obscures o le s5tim5t de la responsabilit consci5te e/ remplac p> l'intrt s]vile4 ,l'artisan de l'anci5ne guilde vivait1 lui aussi1 dans un tat de dp5dance1 mais sa dp5dance1 visible1 sans quivoque1 n'tait pas celle d'un employ de magas9 de nos j\rs1 puisqu'elle tait associe au s5tim5t de lib]t intrieure4 ,la dp5dance mcani/e1 elle1 e/ rec\v]te d'une app>5ce de lib]t extrieure2 le mcont5t peut exig] le respect de la =me extrieure1 il peut prote/]1 ab&onn] le travail1 s'en all]1 migr]1 mais t\t cela ne l'emp*e pas de se retr\v] dans la mme situation au b\t de quelques sema9es1 les noms1 les p]sonnes et les localits ayant seuls *ang4 ,l'anonymat de la contra9te opre p> sa magie ce que les despotismes et les olig>*ies de jadis n'ont pas russi ralis]1 malgr leurs janissaires et leurs espions3 l't]nisation de la dp5dance4 ,mais la contra9te individuelle s]ait encore un mal supportable1 sans le phnomne massif qui la rec\vre4 ,la mcanisation1 en tant qu'organisation massive1 a beso9 des =ces huma9es1 non l'tat individuel1 mais runies de faon =m] de va/es ensembles4 ,les multitudes qui ont con/ruit les pyramides des ,ph>aons ne suffirai5t pas fabriqu] t\s les outils dont un pays a beso9 mme p\r une seule j\rne2 les armes de ,napolon ne suffirai5t pas f\rnir le cont+5t d'une seule circonscription m9ire4 ,des populations entires doiv5t se t5ir prtes se gr\p] et se regr\p] sans cesse en armes dont la de/9ation v>ie l'inf9i4 ,des millions de *evaux-vapeurs exig5t des millions d'hommes-c5taures4 ,ce n'e/ pas en v]tu d'une ncessit inhr5te au pr9cipe de la mcanisation1 mais c'e/ grce des circon/ances secondaires accompagnant le dveloppem5t et juges commodes1 que la division1 9vitable en elle-mme1 entre le travail intellectuel et le travail physique e/ dev5ue t]nelle et hrditaire2 il en e/ rsult la division de *aque pays civilis en deux peuples qui1 app>5ts p> le sang et cep5dant sp>s p\r t\j\rs1 se tr\v5t1 l'un p> rapport l'autre1 dans la mme attitude que jadis les c\*es suprieures et les c\*es infrieures dont la sp>ation avait du mo9s p\r excuse la div]sit d'orig9es4 ,ces deux peuples sont sp>s et dom9s p> la contra9te4 ,le suprieur ne peut pas desc5dre1 sans p]dre son rang social et sa consci5ce sociale1 sans r5onc] son ambiance acc\tume1 aux bi5s de j\issance et de culture que lui confre sa supriorit2 et1 inv]sem5t1 un membre des c\*es infrieures ne peut pas mont]1 s'il ne possde pas1 p> un has>d heureux1 un c]ta9 capital ou un c]ta9 degr d'in/ruction p\r po9t de d"p4 ,or1 ab/raction faite des cas d'migration1 les has>ds p>eils sont tellem5t r>es qu'on tr\ve pe9e un desc5dant de proltaires p>mi les milli]s de fonctionnaires dont dispos5t nos entrepr5eurs4 ,cette sp>ation =ce e/ d'une duret in\e p\r le peuple infrieur4 ,ilotisme1 esclavage1 s]vage tai5t des =mes de dp5dance fondes sur les conditions de l'conomie rurale4 ,le travail1 plus dur et mo9s rmunrateur que celui du travailleur libre1 tait cep5dant de mme nature3 il s'accomplissait dans le dcor agrable de la vie rurale qui attnuait les rigueurs de la surveillance et la misrable insignifiance de la rcomp5se4 ,le travail du proltaire de nos j\rs prs5te1 si l'on veut1 les avantages de la dp5dance anonyme2 le proltaire ne reoit pas des ordres1 mais des indications2 il obx1 non un matre1 mais un suprieur hir>*ique2 il ne s]t pas1 mais s'acquitte d'une obligation librem5t accepte2 ses droits huma9s sont les mmes que ceux de ses employeurs2 il e/ libre de *ang] de rsid5ce et de situation2 la puissance qui se tr\ve au-dessus de lui n'a ri5 de p]sonnel1 c> alors mme qu'elle se prs5te s\s l'aspect d'un employeur individuel ou d'une firme1 il s'agit t\j\rs en ralit de la puissance de la socit b\rgeoise4 ,et1 cep5dant1 de quelque manire qu'il l'arrange dans les limites de cette lib]t app>5te1 la vie du proltaire s'c\le tri/e et uni=me1 les j\rs se suiv5t et se ressembl5t1 et cela p5dant des gnrations inf9ies4 ,celui qui a t absorb1 ne s]ait-ce que p5dant deux mois1 de sept heures midi et de une heure six heures1 p> une besogne exclusive de t\t ef=t intellectuel1 dans la seule att5te du c\p de sirne librateur1 sait le degr de r5oncem5t que comporte une vie de travail automatique2 au lieu de *]*] ju/ifi] cette vie l'aide d'argum5ts religieux ou pr(anes1 au lieu de *]*] la prs5t] comme une s\rce de satisfactions1 il v]ra plutt dans t\te t5tative de ce g5re un acte dict p> la convoitise g/e4 ,mais celui qui se r5d compte que cette vie n'a pas de f91 que le proltaire1 en m\rant1 lgue ses enfants et aux enfants de ses enfants le mme sort1 sans p\voir leur f\rnir ou indiqu] aucun moy5 de s'en vad]1 celui-l pr\ve un s5tim5t de faute et d'angoisse4 ,n\s faisons appel l'int]v5tion de l'tat1 lorsque n\s voyons maltrait] un *eval de fiacre1 mais n\s tr\vons ju/e et con=me l'ordre des *oses qu'un peuple soit condamn p5dant des sicles tre l'esclave d'un peuple frre1 et n\s n\s indignons1 lorsque n\s voyons ces malheureux hsit] appr\v] p> un bullet9 de vote le ma9ti5 d'un p>eil rgime4 ,le dogme plat du socialisme e/ un produit de cette m5talit b\rgeoise4 ,que ce dogme soit dev5u l'appui le plus puissant du trne1 de l'autel et de la b\rgeoisie1 c'tait l une ncessit la fois pr(onde et p>adoxale4 ,le spectre de l'expropriation n'a s]vi en effet qu' effray] le libralisme qui1 r5onant t\te p5se libre1 s'e/ mis s\s la protection des =ces de cons]vation4 ,dans les classes dom9antes1 la sp>ation =ce1 impose p> la mcanisation1 sans tre une s\rce de misre1 n'en reprs5te pas mo9s un dang]4 ,c'e/ une loi de la nature que t\t organisme1 plus ou mo9s p>gn p> la lutte p\r l'exi/5ce1 tombe1 aprs une phase d'heureux pan\issem5t1 dans un tat d'affaiblissem5t et de rgression4 ,les peuples victimes de ce sort dev5ai5t jadis la proie de conqurants qui leur imposai5t le contact rgnrateur et salutaire avec la t]re2 mais de nos j\rs la race des conqurants e/ puise1 et une int]v]sion des c\*es sociales aurait p\r effet de r5\vel] le mme jeu avec les rles int]v]tis1 et non avec des =ces n\velles1 p\r l'am5] au mme rsultat dplorable4 ,*ez ces classes privilgies1 l'abs5ce de t\t travail physique se complique d'une con/ante t5sion intellectuelle1 qui e/ p\r nos gr&es villes une cause de /rilit physique et morale et prp>e notre ,occid5t une crise de la population4 ,lorsqu'on embrasse d'un c\p d'oeil d'ensemble ce phnomne de /ratification =ce dont n\s voyons la cause dans la t5dance irrsi/ible de la mcanisation l'organisation et la division du travail1 on con/ate une fois de plus qu'il s'agit somme t\te d'un ret\r l'tat de nos anctres obscurs4 ,n\s n'avons pas r5onc df9itivem5t au primitif esclavage et n\s avons russi1 malgr le *ri/ianisme et la civilisation occid5tale1 t5dre sur les peuples un rgime de sujtion qui1 sans aucune contra9te lgale1 sans p\voir p]sonnel visible1 grce au simple jeu de processus organiques libres en app>5ce1 condamne c]ta9es c\*es sociales1 p> rapport d'autres1 une dp5dance rigide et hrditaire1 bi5 qu'anonyme4 ,,iii4--,la mcanisation n'e/ ni le rsultat d'une conv5tion libre et consci5te1 ni le produit de la volont moralem5t claire de l'humanit2 elle e/ ne automatiquem5t1 voire imp]ceptiblem5t1 des lois dmographiques de l'univ]s4 ,malgr sa /ructure trs rationnelle et casui/ique1 elle con/itue un processus involontaire qui la rappro*e des processus aveugles de la nature4 ,moralem5t fonde sur l'quilibre des =ces1 sur la lutte et la df5se individuelles1 comme la vie des hommes primitifs tait fonde sur l'quilibre vital qui rgnait dans les =ts1 elle rp& dans le monde une m5talit qui1 remontant au-del des premi]s ef=ts du ,*ri/ianisme1 au-del de la morale politique et ?ocratique de la civilisation mdit]ranenne et se rec\vrant du manteau et du masque de la civilisation mod]ne1 n\s ramne la phase de l'humanit primitive2 c> cette m5talit a elle-mme p\r base la lutte et l'ho/ilit4 ,le coeur huma9 a trop beso9 d'une atmosphre *aude1 d'une atmosphre d'am\r et de sympa?ie1 p\r laiss] la ha9e s'p&re comme une flamme vive et dvorante2 mais plus la gnration s\mise la mcanisation e/ rude et endurcie1 et plus la flamme s\rnoise1 qui ne tr\ve pas d'issue1 use les r\ages intrieurs4 ,l'homme d'autrefois faisait pass] t\te sa =ce et t\t son am\r dans ses oeuvres4 ,il tait l p\r la *ose qui sollicitait son travail4 ,ses semblables vivai5t en dehors de lui1 et il n'avait beso9 d'eux que de temps autre1 p\r l'*ange de produits1 p\r la dp5se commune ou le s]vice commun4 ,les si5s1 qu'il avait la *>ge de protg]1 =mai5t aut\r de lui un premi] c]cle2 puis v5ai5t1 =mant un c]cle plus l>ge1 les amis auxquels il avait jur fidlit2 enf91 une di/ance plus gr&e encore1 il tait ent\r p> les ennemis qu'il avait combattre4 ,l'homme de nos j\rs ne vit plus p\r une *ose2 ce qu'il convoite1 c'e/ le bi5 neutre de la possession2 ce qui le guide1 c'e/ l'ide ab/raite d'une sphre de puissance relative1 mais ext5sible volont2 ce qui donne un cont5u sa vie1 ce n'e/ pas la *ose1 laquelle se tr\ve trans=me en simple moy51 mais la c>rire p>c\rir4 ,cette c>rire1 il e/ prt la p\rsuivre1 sans t5ir compte des murailles huma9es qu'il peut tr\v] sur son *em94 ,de quelque ct qu'il reg>de1 quelque place qu'il se tr\ve1 il ap]oit d'autres hommes qui sont ses ennemis4 ,p\r faire des br*es dans ces murailles vivantes1 il se s]t de ses compagnons et de ses cli5ts qui le suiv5t1 non p> am\r1 mais p> intrt1 c> dans ce rgime *acun e/ p\r l'autre un moy5 qu'on ab&onne1 ds qu'il cesse d'tre utile4 ,p\r le producteur1 le vois9 e/ un concurr5t1 donc un ennemi2 ou un a*eteur1 donc un moy52 ou un f\rnisseur1 donc encore un ennemi2 ou un associ1 donc encore un moy54 ,s'il appro*e quelqu'un1 c'e/ p>ce qu'il lui veut quelque *ose2 si d'autres l'appro*5t1 c'e/ encore p>ce qu'ils espr5t quelque *ose de lui2 des deux cts1 on e/ sur ses g>des2 des deux cts1 on obs]ve une attitude de mfiance ho/ile4 ,c'e/ p\rquoi *acun tr\ve qu'il e/ la fois dang]eux et inconv5ant de faire appel au ct huma9 de l'trang]2 il e/ d'usage de le trait] comme un tre sans consi/ance jusqu' ce que la timide conv5tion d'une dsignation nom9ative lui ait assur1 con=mm5t aux c\tumes du pays1 la protection d'un froid respect4 ,le rveur philan?rope1 qui veut s'lev] au-dessus de la =me1 e/ c\t lorsqu'il n'a ri5 d'autre (frir4 ,lorsque1 au contraire1 il peut (frir quelque *ose de dsirable1 il se voit aussitt1 en reconnaissance de sa confiance1 rabaiss l'tat de moy54 ,il p>tage1 en t\te ju/ice1 le sort de ceux qui veul5t trans=m] un ordre de *oses gnral l'aide d'expri5ces isoles1 au lieu de *]*] agir sur la m5talit et la consci5ce4 ,c'e/ p\rquoi les hommes sont si ports s'accus] mutuellem5t1 s'accabl] de repro*es rciproques2 c'e/ p\rquoi ils se vant5t tant de leurs mauvaises expri5ces et se proclam5t pessimi/es la suite de leur prt5due connaissance des hommes4 ,ils ne se r5d5t pas compte qu'en amusant les autres1 ils se condamn5t eux-mmes4 ,c'e/ que l'inimiti et la bassesse ne sont pas inhr5tes la nature huma9e3 le coeur de l'homme e/ t5dre comme sa peau nue1 il e/ accessible aux motions1 la d\leur1 l'affection4 ,ce qui endurcit ce coeur1 c'e/ la dtresse1 c'e/ le f\et d'esclave de la mcanisation1 f\et qui ne re/e jamais inactif et dont le sifflem5t signifie faim1 mpris1 privation de droits1 d\leur et mort4 ,c]tes1 la dtresse en elle-mme1 lo9 d'tre t]rible1 ouvre le *em9 du salut4 ,mais elle ne l'ouvre qu' l'homme ayant la foi4 ,quant la mcanisation1 elle a t assez prvoyante p\r dp\ill] l'homme de sa foi1 moy5nant un peu de connaissance et de magie4 ,l'inimiti d'homme homme s't5d et devi5t inimiti de gr\pe gr\pe1 de tribu tribu1 de peuple peuple4 ,l'homme e/ dev5u un tre dont l'intrt e/ le seul mobile4 ,une pauvre ?orie vi5t lui promettre l'affran*issem5t de t\tes ses s\ffrances4 ,il =me avec d'autres une association qu'on dnomme p>ti ou reprs5tation d'intrts2 les membres de ce p>ti ou de cette reprs5tation d'intrts gnralis5t leurs rev5dications1 les trans=m5t en un idal positif et sont tonns de voir ceux qui sont guids p> des intrts opposs ne pas adhr] leur idal4 notre poque1 si fconde en comb9aisons de t\tes sortes1 ri5 n'e/ plus difficile tr\v] qu'un homme dont la conviction et l'idal ne se confond5t pas avec son intrt4 ,cette tri/e expri5ce a conduit beauc\p de p5seurs srieux voir dans une conception du monde1 dans une conviction transc5dante1 non une =me de la connaissance et un reflet de l't]nel1 mais bi5 plutt une transposition d'un c>actre ou d'un intrt1 un symptme plus ou mo9s morbide1 une s+ul>it idiosyncrasique4 ,telle e/ la confiance dans la nature positive des intrts1 dans la t\te-puissance de l'intellect1 dans les atta*es uniquem5t et exclusivem5t t]re/res du s5tim5t4 ,mais en v]tu1 au nom de quel intrt la mcanisation p\sse-t-elle ses victimes1 trav]s la ncessit et la dtresse1 l'inimiti et la lutte1 f\rnir le r5dem5t maximum8 ,ne s'ap]oit-elle donc pas que t\t ce qu'il y a de plus gr& au monde a t l'oeuvre de l'am\r et de la solid>it frat]nelle8 ,ne sait-elle donc pas que si la ncessit brise le f]1 la foi dplace les montagnes8 ,il se peut qu'elle sa*e t\t cela1 mais1 semblable ,satan1 elle e/ frappe d'impuissance1 lorsqu'elle se tr\ve sur les hauteurs4 ,elle s'e/ engage n\rrir l'humanit indf9im5t multiplie1 p\rvoir son entreti51 l'enri*ir1 et elle remplit son engagem5t4 ,les moy5s dont elle se s]t sont artificieux et +nieux1 mais vulgaires1 c> elle e/ elle-mme fille d'une vulgaire ncessit4 ,elle abaisse l'homme noble et lve sa propre hauteur l'homme infrieur3 c'e/ t\t ce qu'elle peut4 ,elle connat bi5 les matriaux avec lesquels elle travaille2 elle a supprim la foi1 elle n'a aucune confiance dans la bonne volont et elle ralise ses f9s en faisant appel uniquem5t la dtresse et la misre4 ,l o l'mulation ne suffit pas1 elle eng5dre la concurr5ce2 l o l'aide frat]nelle faiblit1 elle provoque la lutte et1 lorsque la solid>it nationale fait dfaut1 elle cre la division en classes4 ,et dans ces moy5s encore on saisit le vieil atavisme de la jal\sie1 de la ha9e1 de l'angoisse et des passions1 atavisme dont la mcanisation elle-mme ne con/itue qu'un aspect4 ,elle se s\vi5t encore de ses orig9es1 lorsqu'elle p]scute les hommes qui ne sont pas faits son image4 ,l'homme l'imag9ation libre1 le rveur du div91 l'ami dv\ des *oses et des cratures1 l'am\reux qui ne se s\cie pas du l5dema9 et ignore la cra9te ne sont ses yeux que des esclaves p>esseux et p]dus dans leurs rves4 ,elle supporte p5dant quelque temps leur prs5ce d]rire la *>rue1 sur le front1 sur des m]s lo9ta9es et1 t\t en les supportant1 elle songe dj remplac] leurs outils p> des ma*9es1 et eux-mmes p> des hommes plus ent5dus4 ,l'ami des hommes qui croit1 selon la p>ole de l'criture1 que l'me e/ lie au sang1 e/ pris de dsespoir en voyant le meilleur de son sang s'c\l] en pure p]te4 ,mais celui qui croit que l'esprit rgne sur le sang1 que les pi]res d',abraham et de ,deucalion peuv5t dev5ir des g]mes de gnrations futures1 celui-l v]ra dans le sang qui s'c\le le sacrifice de/9 libr] l'esprit des li5s de la mcanisation4 ,n\s savons que t\s les bi5s de la t]re ne sont que *oses brutes et amorphes1 ni bonnes ni mauvaises1 ni dignes ni indignes1 tant qu'on ne les a pas rgnres en leur infusant une seconde nature4 ,la bont qui nat de l'habitude et de dispositions amicales n'e/ pas de la bont1 si elle n'a pas t rgnre p> la =ce manant du coeur2 la nature qui n'a pas t reproduite p> un oeil inspir n'e/ pas la vraie nature2 le *ef-d'oeuvre acqui]t t\te sa lib]t1 lorsqu'il a t trans=m p> l'art en une oeuvre de la nature2 l'homme lui-mme1 s'il n'a pas t purifi p> la *ute1 le rep5tir et l'asc5sion1 peut tre considr comme n'tant pas n p\r la vie de l'me4 ,la mcanisation ne connat pas encore la rgnration p> la consci5ce et la volont libre1 en vue d'une vie de devoir et d'am\r2 elle e/ encore une =ce de la nature et une arme de gu]re1 semblable en cela au rgime de la df5se p]sonnelle qui a prcd la naissance de la loi ou au mode d'exi/5ce qui a prcd la reconnaissance de la proprit4 ,et1 cep5dant1 la mcanisation n'e/ pas inaccessible la spiritualisation morale2 son produit le plus noble et le plus lev1 l'tat1 a reu ds les temps prhi/oriques1 grce cette spiritualisation1 un c>actre sacr sans lequel il n'aurait jamais pu s'acquitt] de sa mission4 ,c]tes1 les innombrables attributs de l'tat provi5n5t de s\rces plus honorables que la mcanisation3 am\r du pays1 atta*em5t au clan1 communaut nationale de bi5s culturels et d'vnem5ts vcus1 solid>it cre p> les motions religieuses et ?ocratiques1 t\t a contribu imprim] l'tat un c>actre supra-naturel4 ,mais ce qui e/ dcisif p\r une in/itution1 c'e/ mo9s son orig9e que sa ncessit imman5te2 c'e/ la consci5ce que l'in/itution consacre e/ suprieure aux beso9s individuels1 que l'homme a t cr1 non p\r j\ir d'un bonheur t]re/re1 mais p\r accomplir une mission div9e1 que la communaut huma9e n'e/ pas une association de f9s1 mais une patrie de l'me4 ,cette intuition inexprime1 qui communique une aurole de div9it l'tat mme imp>fait1 doit un j\r s't5dre t\tes les =mes et t\s les actes de la vie matrielle et f9ir p> pntr] la mcanisation elle-mme4 ,dans la sci5ce et dans l'art1 dans l'activit militaire et dans l'activit politique1 on s'e/ t\j\rs r5du compte que nulle oeuvre n'exi/e p\r elle-mme1 qu'aucune n'e/ l'abri de la responsabilit1 mais que *acun1 dans ce qu'il fait et dit1 a des comptes r5dre aussi bi5 lui-mme qu'au monde1 qu'une *ane =ge de devoirs et de ncessits ratta*e les unes aux autres t\tes les crations huma9es1 que l'isolem5t et l'arbitraire sont m>qus p> la honte de l'gsme et de l'esclavage physique4 ,mais n\s devons aussi n\s r5dre compte que t\tes nos activits matrielles et t\t ce qui leur s]t contribu5t difi] l'organisme t]re/re et supra-t]re/re de l'humanit1 que *acun de nos pas1 le mo9dre m\vem5t de nos ma9s1 *acune de nos p5ses et *acun de nos sons dess95t les noyaux et les cellules de cet organisme1 qu'en v]tu d'une responsabilit et d'une reconnaissance div9es la *ose de *acun devi5t la *ose de t\s1 et la *ose de t\s la *ose de *acun1 qu'il n'e/ pas de malheur et de crime dont n\s ne soyons responsables1 qu'il n'e/ pas possible d'acqurir et d'ex]c] un droit1 un devoir1 un bonheur et une puissance1 sans t5ir compte du sort de t\s4 ,le j\r o la mcanisation s]a pntre de ce pr9cipe1 elle cess]a d'tre un tat d'quilibre empirique4 ,elle =m]a alors un organisme dans l'ensemble de la cration1 son coeur communi]a avec celui de la div9it et y puis]a les joies ncessaires1 et la vie plantaire prs5t]a le tableau d'une p>faite ?ocratie organique4 ,envisageons sans cra9te l't5due du phnomne de la mcanisation4 ,le rgime mcanis remplit d'une faon satisfaisante son rle1 qui consi/e n\rrir et cons]v] l'humanit en voie de multiplication4 ,il n\s a mis en contact troit avec les =ces de la nature1 avec le doma9e de la connaissance s5sible4 ,au po9t de vue de la p5se utilitaire1 de l'accumulation et de la di/ribution des =ces1 des progrs ins\ponns ont t accomplis4 ,c'e/ encore la mcanisation qui n\s a p]mis de mobilis] les masses et les esprits4 ,mais le mauvais ct de la mcanisation se manife/e l o la =ce brutale1 dp\rvue de t\te spiritualit1 s'emp>e de la vie1 l o le m\vem5t violemm5t d*an s'affran*it de t\t li5 et1 *appant t\te responsabilit1 p\rsuit sa c\rse1 en faisant de l'homme et de son espce1 c'e/--dire du matre du r\age1 l'esclave de sa propre oeuvre4 ,manque de lib]t1 pe9e dp\rvue de s5s1 ho/ilit1 dtresse et mort spirituelle3 telles sont les consqu5ces de cet tat de *oses4 ,mais il e/ donn l'homme de p\voir se ressaisir et projet] sur le tr\ble et sur la confusion la lumire de son intuition supra-s5sible4 ,il n'ab&onn]a pas la mcanisation1 en tant qu'organisation matrielle1 jusqu' ce que de n\veaux vnem5ts et de n\velles connaissances lui ai5t appris matris] les =ces de la nature autrem5t que p> la re*]*e et le travail organiss4 ,mais quant la mcanisation1 considre comme matresse spirituelle de l'exi/5ce1 il la combattra et p\rra la supprim] le j\r o il se s]a ap]u que la vie pratique n'e/ pas une f91 mais un moy51 le j\r o1 p\r travaill]1 il n'aura plus beso9 de l'aiguillon de la ncessit et du salaire gagn la sueur de son front1 le j\r o il prfr]a donn] de ple9 gr ce qui lui e/ arra* auj\rd'hui p> la contra9te et sacrifi] au bi5 de l'humanit ce qu'il y a de plus mesqu9 dans son bonheur p>ticuli] o il entre si peu de noblesse4 ,ce rsultat peut tre obt5u p> une trans=mation de l'esprit1 et non p> une rvolution mcanique4 ,p\r n\s en conva9cre1 n\s n'avons qu' laiss] de ct1 une fois de plus1 la mcanisation comme phnomne1 p\r l'envisag] du d$ans1 en tant que rvolution spirituelle4 ,elle n\s app>at alors comme une p\sse irrsi/ible de l'tre huma9 v]s la sphre de l'intellect2 p> le nombre incalculable de ses facteurs1 p> l'acuit1 la p]svrance1 l'ori5tation exacte1 la ramification et la comb9aison de ses organes1 celui-ci ma9ti5t en m\vem5t une quantit norme de =ces spirituelles infrieures qui suffit impos] un tat d'quilibre aux =ces aveugles de la nature2 et le premi] m\vem5t de reconnaissance du monde a9si favoris s'exprime dans la conviction que c'e/ aux =ces 9puisables de l'intellect qu'il doit son bonheur et sa lib]t4 ,mais peu peu le dveloppem5t de la p5se a conduit ce jugem5t critique que l'intellect s]t coordonn] les notions1 mais qu'il n'e/ pas un in/rum5t de connaissance2 et ce jugem5t conduit1 son t\r1 reconnatre que le devoir suprme des =ces spirituelles infrieures consi/e cons5tir leur propre limitation et annulation1 r5onc] t\te direction et dom9ation4 ,le t]ra9 se tr\ve alors prp> recevoir la pure sem5ce qui ds les orig9es de la vie gisait lat5te dans les obscures pr(ondeurs du coeur huma94 ,c'e/ l'me qui vi5t alors occup] le premi] plan4 ,si n\s sommes auj\rd'hui mme de dev9] son image1 de n\s ab&onn] ses =ces1 c'e/ aux ncessits nes de l'poque intellectuelle que n\s le devons4 ,aprs avoir donn ce fruit1 cette poque peut m\rir1 ce qui ne veut pas dire que l'humanit doive r5onc] l'av5ir son droit de p5s] et de crer4 ,ce droit1 elle va cont9u] l'ex]c] et l'aff]mir1 sans t\tefois jamais p]dre de vue qu'il s'agit de =ces infrieures1 de/9es s]vir de moy5 et qu'elle doit dirig] dans un pr(ond s5tim5t de responsabilit1 puisqu'en les dirigeant elle remplit une mission div9e4 ,qu& les premi]s rayons de l'me auront t\* le monde intellectuel et sa ralisation t]re/re1 c'e/--dire l'organisation mcani/ique1 quels sont les po9ts rigides de celle-ci qui entr]ont les premi]s en fusion8 ,cela importe peu1 c> ce n'e/ pas la r5contre d'vnem5ts secondaires1 mais la proximit solaire de l'intuition transc5dante qui amn]a le pr9temps4 ,telle e/ la t*e mode/e que se propose la p>tie con/ructive de notre expos4 ,n\s n\s proposons1 en effet1 non de donn] une numration complte de ce qu'il faut faire1 en suivant l'ordre de succession dans le temps1 mais d'indiqu] les =mes de ralisation pragmatique de l'ide1 d'aprs laquelle on peut1 en confiant l'me la direction de la vie et en spiritualisant l'organisation mcani/e1 trans=m] le jeu aveugle des =ces en un cosmos libre1 consci5t et digne de l'homme auquel il s]t d'abri4 99 99 99 ,encore voile et innomme1 la t*e plane au-dessus de nos ttes4 ,n\s avons explor l'tat du monde qui n\s ent\re2 n\s avons reconnu le *em9 qui mne la lib]t1 et l'toile que n\s suivons n\s guide v]s la rgion de l'me4 ,n\s devons ma9t5ant exam9] la =me pragmatique que la p5se transc5dante revt dans la ralit matrielle2 la t*e mtaphysique doit n\s rvl] son image physique4 ,mais1 au pralable1 quelques mots encore sur les in/itutions et les projets purem5t matriels4 ,i4--,quel bnfice retire notre vie intrieure des conditions et des =mes de la vie et de leurs *angem5ts en gnral8 ,d'aprs la conception matriali/e1 l'homme devrait t\t ses tats et aux circon/ances2 le sang1 l'air et la t]re1 la situation et la possession dt]m9]ai5t l'homme d'une faon tellem5t complte qu' *aque *angem5t des conditions extrieures correspondrait un *angem5t quival5t de l'tat intrieur4 ,cette ide errone =me le pili] le plus solide du matrialisme qui en voit la confirmation d'un b\t l'autre de l'hi/oire4 ,ne sont-ce pas les modifications de la crote t]re/re qui ont provoqu l'volution des tres vivants8 ,les migrations et dplacem5ts des peuples ne sont-ils pas dt]m9s p> des lois physiques8 ,la nature et les de/9es des nations ne s'expliqu5t-elles pas p> leurs orig9es1 p> le pays et le milieu extrieur8 ,l'individu lui-mme n'e/-il pas une cration de ses anctres et des circon/ances de sa vie8 ,sans d\te1 les c5tres de la plus haute culture concid5t t\j\rs avec ceux de puissance1 de d5sit de la population1 de ri*esse1 et n'e/-il pas vrai que la solitude1 la pauvret1 la misre ces s\rces sacres d'lvation morale1 n'ont jamais cr *ez un peuple arts et ides8 ,l',hellade1 ,rome1 ,v5ise1 la ,holl&e1 l',anglet]re doiv5t leur puissance la m]2 l',allemagne e/ dev5ue =te1 grce la qualit de son sang2 la ,france1 grce son sol2 l',amrique1 grce sa situation gographique4 ,t\t cela semble vrai4 ,mais si n\s appr(ondissons cette ?orie l'aide de ses propres moy5s1 n\s la voyons aussitt p]dre de son assurance4 ,quelle fut donc la =ce qui1 *aque cata/rophe gologique1 avait p\ss en avant les tres vivants8 ,fut-ce la volont de vivre8 ,elle n'aurait pas suffi1 elle seule1 crer des nageoires1 faire p\ss] des ailes1 appr5dre p>l] et p5s]4 ,fut-ce le sang8 ,celui-ci1 son t\r1 n'a pu acqurir sa noblesse que grce l'int]v5tion de cette my/rieuse volont3 l'anctre de l',ary5 tait une misrable crature1 bi5 infrieure au ,mongol et au ,ngre4 ,fut-ce le sol8 ,mais ce sol1 *acun tait libre de l'occup]1 et ce fut le plus =t et le plus intellig5t qui s'en e/ emp>4 ,n\s retr\vons donc l'action de la =ce et du sang1 et n\s sommes obligs d attribu] au has>d la supriorit qui a pu se manife/] s\s le rapport de l'une et de l'autre4 ,mais assez de ces argum5ts4 ,ils prsuppos5t ce qu'ils doiv5t dmontr]1 savoir que le corps e/ suprieur l'esprit1 que la matire =me l'esprit4 ,si n\s croyons que n\s sommes avant t\t des tres de *air1 n\s devons n\s atta*] avant t\t ad\cir et flatt] la vie2 alors la lutte p\r ,dieu et p\r notre me devi5t une oeuvre va9e1 et la raison e/ du ct de ceux qui prt5d5t que les *oses ne val5t que p> leur utilit4 ,mais si n\s croyons que c'e/ l'esprit qui =me son corps1 que c'e/ la volont dirige v]s le haut qui mne le monde1 que l't9celle de la div9it e/ enf]me en *acun de n\s1 alors l'homme lui-mme1 sa de/9e et son monde app>aiss5t comme l'oeuvre de l'homme4 ,alors le peuple m>9 n'e/ pas celui qui a reu la m] en p>tage1 mais celui qui a v\lu la m]2 le peuple tabli sur un sol fcond n'e/ pas celui qui a fait une heureuse tr\vaille1 mais un peuple de conqurants2 et le peuple qui a atte9t une d5sit favorable la culture n'e/ pas une horde pullulante1 mais une race qui veut avoir une po/rit et assur] cette po/rit un pays habitable4 ,alors1 enf91 le sang noble n'e/ pas un simple has>d de la nature1 mais le rsultat d'une slection ex]ce p> un esprit qui *]*e ralis] sa propre p]fection4 ,il ne s'agit donc pas d'oppos] une "q une autre4 ,il ne s'agit pas de dem&] notamm5t3 p\rquoi devons-n\s e/im] et cultiv] les =mes et les bi5s de la vie1 puisque ce n'e/ pas ces =mes et bi5s1 mais au calme et la mditation que n\s devons nos acquisitions les plus leves8 ,la vie t]re/re f\rnit l'esprit le milieu et les armes qui lui p]mett5t de lutt] p\r son droit1 son exi/5ce et son av5ir2 si l'esprit e/ bon p\r la lutte invisible1 il doit l'tre aussi p\r le combat visible4 ,la crature noble cre sa beaut1 la crature sa9e son bonheur1 la crature =te sa puissance4 ,et ces bi5s sont crs1 non p\r eux-mmes1 mais en tant que revtem5t t]re/re de l'exi/5ce spirituelle2 non p> la cupidit et la convoitise1 mais d'une faon ds9tresse et spontane4 ,et si le porteur e/ le matre de son arme1 l'arme ragit son t\r sur le porteur2 le peuple qui a eu la =ce de dev5ir beau1 tr\ve dans sa beaut une n\velle s\rce de noblesse intrieure4 ,c]tes1 au pauvre et l'humili les portes du royaume de l'esprit sont d\blem5t ouv]tes2 mais sa volont de les *]*] se tr\ve /imule1 lorsqu'un peuple noble lui prte un peu de sa =ce et de son ardeur4 tre volontairem5t pauvre p>mi les ri*es e/ vangliquem5t beau2 mais un m5diant au milieu d'un peuple de m5diants ne =me aucun contra/e et ne fait preuve d'aucun mrite spcifiquem5t moral4 ,l'individu =me un b f9al2 en lui f9it la srie des crations visibles et comm5ce la srie de l'me4 ,lorsque la =ce de l'me e/ veille en lui1 il n'a plus beso9 de privilges et avantages t]re/res4 ,la pauvret1 la maladie1 la solitude doiv5t le s]vir et le bnir4 ,mais le peuple e/ sa propre mre qui survit t\s ses enfants dans l'exi/5ce t]re/re1 et il a beso9 de beaut1 de sant et de =ce p\r sa mission d't]nel enfantem5t4 ,ici se rs\t la contradiction3 p\rquoi ne devons-n\s ri5 dsir] p\r n\s-mmes1 alors que n\s devons song] au pro*a9 qui1 son t\r1 ne doit ri5 dsir] p\r lui-mme8 ,les plus pro*es et les plus loigns sont la fois nos mres et nos frres t\s2 et notre vie individuelle e/ de peu de prix1 lorsqu'il s'agit d'assur] l'accomplissem5t de leur mission1 qui consi/e vivre et enfant]4 ,c'e/ p\rquoi il n'e/ ni indigne ni matriellem5t contradictoire de s\hait] p\r la communaut et de lui ab&onn] les bi5s et les =ces qu'on ddaigne p\r soi-mme4 ,,ii4--,la deuxime "q pralable e/ celle-ci3 p> quelles raisons se ju/ifi5t des projets visant amlior] le sort de l'humanit8 ,quelle e/ la =ce de p]suasion qui leur e/ inhr5te et quelle e/ celle que n\s devons exig] d'eux8 ,n\s avons dit que la sci5ce doit r5onc] au droit de pos] des f9s4 ,mais p\r t\te p5se cratrice1 ce qui e/ dcisif1 c'e/ la f91 et non le moy52 et la "q e/ plus difficile que la rponse4 ,encore e/-il plus facile de la tr\v] que de la *]*]4 ,c'e/ qu'ici la =ce de l'intellect ne n\s e/ d'aucun sec\rs3 l'intellect peut en effet runir une srie de misres et d'inju/ices et dire3 ceci ne devrait pas exi/] 7bi5 qu'il soit incapable de faire une di/9ction entre l'preuve et la misre1 entre la ncessit bi5faisante et la ncessit malfaisante71 mais il ne peut jamais dire3 ceci e/ le bi5 suprme de l'humanit1 le bi5 que n\s devons conqurir4 ,c> t\t notre v\loir1 dans la mesure o il n'e/ pas de nature animale1 jaillit des s\rces de l'me1 et t\s ceux qui s'incl95t sans rs]ves devant la p5se intellectuelle1 on ne devrait pas se lass] de rpt] que c'e/ le v\loir qui =me la p>tie la plus leve et la plus noble de la vie4 ,mais le v\loir se rduit l'am\r et la prfr5ce qui *app5t t\te dmon/ration2 il e/ la p>tie spirituelle de notre exi/5ce1 et ct de lui se ti5t1 tel un caissi] de ?tre l'entre de la scne du monde1 l'intellect froid qui compte1 mesure et s\pse4 ,t\t ce que n\s crons nat d'une t5dance pr(onde et inconsci5te2 ce que n\s aimons1 n\s aspirons avec une =ce div9e2 ce qui n\s proccupe1 app>ti5t au monde inconnu de l'av5ir2 ce quoi n\s croyons1 vit dans le royaume de l',inf9i4 ,ri5 de t\t cela ne peut tre dmontr et1 cep5dant1 *aque acte de notre vie1 digne de ce nom1 s'accomplit au nom de cet ,inexprimable4 ,que faisons-n\s du mat9 au soir8 ,n\s vivons p\r ce que n\s v\lons4 ,et que v\lons-n\s8 ,ce que n\s ne connaissons ni ne savons1 mais en quoi n\s avons une foi 9branlable4 ,cette foi a une vid5ce plus =te que celle que lui prt]ait la dmon/ration intellectuelle4 ,le premi] *icaneur v5u peut rfut] ce que ,platon1 le ,*ri/ et sa9t ,paul ont avanc sans preuves1 et cep5dant ce que ,platon1 le ,*ri/ et sa9t ,paul ont dit ne m\rra jamais1 et *acune de leurs p>oles a suscit une vie plus con=me la vrit et plus de foi que n'importe quelle ?orie physique1 hi/orique ou sociale4 ,la gomtrie euclidi5ne elle-mme ne rsi/]ait pas l'preuve1 si n\s v\lions la s\mettre la dmon/ration au s5s le plus rig\reux du mot4 ,mais puisqu'un pr(ond s5tim5t de vrit ne cesse d'anim] le monde1 quel e/ donc le signe de la vrit vivante8 ,c'e/ la =ce avec laquelle elle fait appel notre coeur4 ,*aque p>ole s9cre possde une =ce de rsonance1 et *aque p5se qui e/ ne1 non dans le labyr9! de l'ent5dem5t dialectique1 mais dans le milieu *aud de la s5sation1 eng5dre vie et foi4 ,c'e/ p\rquoi t\te dmon/ration1 n'e/ que p]suasion1 m5songe fait de bonne foi4 ,lorsqu'un homme se croit appel rvl] au monde une vrit1 non p>ce qu'il la p5se1 mais p>ce qu'il la voit et la vit1 p>ce que le monde qu'il s5t s'agit] dans son esprit e/ p\r lui plus rel que le monde qu'il voit avec ses yeux1 alors il peut p>l]4 ,s'il e/ un g>1 sa p\ssire s]vira du mo9s aplanir le *em9 de ceux qui vi5dront aprs lui1 p\sss p> la vrit4 ,mais s'il lui e/ donn de prononc] ne ft-ce qu'un seul mot porteur de vie1 ce mot1 lanc dans le monde tel quel et mme sans df5se1 f]a une moisson d'mes4 ,ceci e/ vrai du b4 ,mais lorsque1 ne se cont5tant pas d'avoir dc\v]t et rvl le b1 on veut encore indiqu] le s5ti] t]re/re qui y conduit1 ce ne s]a pas encore1 sur ce plan plus pr(ond de la pragmatique1 la p]suasion et la dmon/ration qu'on dem&]a la lumire susceptible d'clair] la r\te l'initiateur et sa suite4 ,jamais un *ef ou un prcurseur n'a t capable de dr\l] la *ane in9t]rompue des dmon/rations1 et l'et-il fait1 qu'on n'aurait pas manqu de lui jet] la face le mot naf de ,!rsite3 ,cela ne va pas6 ,la seule *ose qui cont9ue agir dans le monde aprs l'apaisem5t de la tempte des disc\rs contradictoires1 c'e/ l'appel la consci5ce4 ,il p>le bas et rpte dans le sil5ce de la nuit ce que le bruit du j\r emp*e d'ent5dre2 il p>le1 non au nom d'un homme1 mais au nom de ce qui vit4 ,et t\t en indiquant le *em9 droit et simple1 il r5d vid5t que ce dont il s'agit n'e/ pas un projet plus ou mo9s +nieux1 mais un appel du devoir qui1 en la circon/ance1 se confond avec notre p\voir4 ,un projet pragmatique peut n\s conva9cre1 mais e/ incapable de n\s sduire4 ,la froide proposition de l'homme d'affaires et le cri de bataille du prophte se ressembl5t cep5dant en ceci que dans l'une et dans l'autre on s5t une irrsi/ible ncessit qui rsonne dans l'esprit et dont les sons vont s'amplifiant4 ,ici encore t\te dmon/ration e/ abs5te2 mais l'intuition devi5t conviction intime1 et ce qui n'a t entrevu que p> les yeux de l'esprit devi5t concret4 ,une explication1 laquelle manque cette =ce enfant9e1 re/e1 malgr les notes1 les preuves et les tableaux qui l'accompagn5t1 un jeu savant de l'esprit ou un amusem5t d'e/hte4 ,c'e/ a9si que le b n\s e/ dict p> le coeur1 t&is que le *em9 qui y conduit n\s e/ indiqu p> la consci5ce4 ,dans les deux cas1 il s'agit d'un svre av]tissem5t1 fait p\r consol] l'criva91 lorsqu'il se tr\ve impuissant devant la faiblesse du mot1 et p\r le r5dre humble1 lorsqu'il se tr\ve entran p> ses ides favorites4 ,mais le lecteur doit se mfi] des ides qui s'appui5t sur des dmon/rations et ne se laiss] guid] que p> la voix intrieure qui lui p>le avec svrit1 mais ne lui dit que la vrit4 ,,iii4--,et enf91 si notre vie1 au s5s le plus lev du mot1 *appe l'emprise des conditions extrieures1 si des in/itutions sont incapables de crer des manires de p5s] et de s5tir1 si t\te exi/5ce extrieure n'e/ que la coquille1 le m\le de la vie intrieure1 e/-il digne et conv5able de scrut] l'av5ir de l'image1 du reflet1 au lieu de suivre en t\te confiance le *em9 de l'esprit1 avec la c]titude qu'il e/ galem5t accessible aux pas du corps8 ,l'exi/5ce corporelle e/ p\r n\s une image que n\s devons compr5dre1 une lutte dont n\s devons remport] le prix4 ,ce qui n\s vi5t de l'esprit1 devi5t ralit de la vie1 et *acune de ces ralits e/ une m>*e de pi]re de/9e facilit] notre asc5sion ultrieure4 ,tant qu'il re/e matre de son mti] et de son outil1 l'arti/e e/ capable d'extrioris] ses s5sations les plus intimes et les plus pr(ondes1 sans leur faire subir la mo9dre corruption ou d=mation2 mais c'e/ le monde qui con/itue et la matire et l'outil de celui qui p5se2 et la p5se n'acqui]t t\te sa =ce de vrit que lorsque le monde1 confront avec elle1 se rvle organique et possible4 ,celui qui a essay d'implant] dans le sol de la ralit des ides nes dans la libre rgion des convictions1 celui qui connat l'ef=t dur1 jamais rcomp5s1 qu'exige ce travail1 p]d t\t respect p\r les ?ormes symtriquem5t arrondis et les belles erreurs de p5se qui ont leur s\rce dans la dprciation des phnomnes s5sibles4 ,l'vangile s]ait mort depuis longtemps1 s'il avait t consign sur du p>*em91 s\s la =me d'une loi ab/raite2 et si son annonciateur rev5ait p>mi n\s1 il ne n\s p>l]ait pas comme un pa/eur rudit dans une langue ar*aque1 maille de mtaphores syri5nes3 il n\s p>l]ait plutt de politique et de socialisme1 d'indu/rie et d'conomie1 de re*]*e et de te*nique1 et cela non en report] considrant t\tes ces *oses comme p>faites et dignes d'admiration1 mais le reg>d fix sur la loi des toiles laquelle obiss5t nos coeurs4 ,aprs ces considrations1 faisons au ret\r rapide la "q que n\s avons dj =mule plus haut3 comm5t la t*e transc5dante se trans=me-t-elle en t*e pragmatique8 ,la t*e transc5dante se rsume dans les mots3 croissance de l'me4 ,en quoi consi/e la t*e pragmatique8 ,elle ne consi/e c]ta9em5t pas dans l'augm5tation du bi5-tre4 ,supprim] la misre et la pauvret qui dprim5t e/ un devoir huma9 naturel et facile remplir4 ,les dp5ses d'une anne de paix arme suffirai5t te9dre la dette de la socit qui supporte auj\rd'hui encore dans son se9 la faim1 avec t\tes les s\ffrances qu'elle entrane4 ,mais cette t*e e/ tellem5t simple1 tellem5t mcanique et1 malgr sa tri/e urg5ce1 tellem5t triviale qu'elle e/ plutt du ressort de la police que de celui de la morale4 ,t\t ce qui s'y ratta*e e/1 au fond1 indiffr5t4 ,la t]re e/ t\j\rs assez gnreuse p\r (frir la collectivit suffisamm5t de n\rriture1 de vtem5ts1 d'outils et de loisirs1 la condition qu'on sa*e produire1 consomm] et j\ir dans une ju/e mesure4 ,que la ri*esse soit une condition d'une =me de vie leve1 p]sonne ne le conte/e2 une collectivit compose de millions d'hommes producteurs e/ inf9im5t plus ri*e que les clbres petites cits de l'antiquit et du moy5 ge2 la con/ruction d'une g>e exige un travail c5tuple de celui qui a t dp5s btir le ,p>?non2 et l'esprit qui aspire une vie plus noble tr\v]a t\j\rs1 p\r la ralis]1 matriaux et outils4 ,pas plus que le bi5-tre1 l'galit ne =me l'exig5ce extrieure de nos mes4 ,il faut avoir le s5tim5t de la ju/ice bi5 fauss1 p\r se faire le *ampion de l'galit4 ,que n\s savons peu de la vie la plus intime de nos pro*a9s6 ,les mmes mots s]v5t dsign] s\v5t des *oses diamtralem5t opposes2 v\s et moi1 n\s appelons r\ge la c\leur qui mane de c]ta9s objets1 mais n\s ne savons pas si ma s5sation de r\ge ne correspond pas votre s5sation de v]t4 ,le c\rage e/ *ez l'un l'effet d'une tmrit irrfl*ie1 *ez un autre la dcision la plus t]rible de la lutte de l'me1 m5ace de deux dang]s4 ,la v]tu e/ *ez l'un l'effet d'une vie heureuse1 s\/raite t\te t5tation1 et elle e/ p\r un autre un trsor p]du de bonne heure et qu'on aspire retr\v]4 ,le bonheur e/ p\r celui-ci un c\rant div9 manant de t\tes les rvlations de la nature1 et p\r celui-l un difice artificiel1 jamais a*ev1 fait de milli]s de dsirs jamais satisfaits4 ,la nature a ca* t\s ces contra/es d]rire les fronts huma9s2 et af9 de les attnu]1 elle (fre *acun de n\s la possibilit de ralis] une inf9ie v>it de modes d'exi/5ce1 de cration et de s\ffrance1 ce qui p]met *aque t5dance de tr\v] son quilibre1 et t\t ce qui e/ unilatral de tr\v] un milieu qui le complte4 ,quoi de plus inju/e que de v\loir introduire dans ce plan une ju/ice mcanique8 ,de mme que l'9galit de deux hauteurs s'acc5tue nos yeux1 lorsqu'on les contemple d'une base gale1 de mme l'9galit des cratures vivantes ne peut que pr5dre des proportions c>icaturales la suite d'une galisation =ce des conditions de leurs vies respectives4 ,cont5tons-n\s des mcanismes de la vie qui1 tels que le droit pnal et polici]1 les rgles de l'*ange et du comm]ce1 s]v5t assur] l'ordre radical et ralis5t a9si une p>tie t\t au mo9s de l'galit1 laquelle1 au fond1 n'a p\r b que de protg] les mauvais contre les bons2 t\t ce qui dpasse ce doma9e1 n'e/ qu'une aspiration irrfl*ie d'un faux s5tim5t d'galit qui a sa s\rce dans la jal\sie et ne ti5t pas compte des responsabilits4 ,jamais l'galit ne p\rra satisfaire les exig5ces t]re/res de notre vie intrieure4 ,en s]ait-il autrem5t de la lib]t8 ,lib]t6 ct du mot am\r1 c'e/ le vocable le plus div9 de notre langue et1 p\rtant1 malheur celui qui1 confiant et inspir1 le laisse ret5tir dans notre pays sans rs]ve ni re/riction4 ,il v]ra se ru] sur lui t\s les matres d'cole et t\s les polici]s qui1 arms de t\tes les di/9ctions des philosophes et de t\s les prjugs de l'tat polici]1 lui pr\v]ont que la suprme lib]t rside dans le manque de lib]t et que t\te lutte p\r la lib]t ne peut que dgnr] en gu]re civile4 ,mais qui donc confondrait la lib]t avec la lic5ce8 ,celui cep5dant qui *]*e me p]suad] qu'en f9 de compte ma volont elle-mme n'e/ pas libre1 que l'autorit et le p>ti dont je suis membre ragiss5t sur moi en limitant ma lib]t1 que l'adv]saire que je combats e/ p\r moi un ob/acle1 que l'tat d'quilibre huma9 comporte des re/rictions1 celui-l jongle avec les demi-vrits et grne des pis vides4 ,un arbre p\sse en lib]t4 ,cela ne veut pas dire qu'il puisse p\ss] droite et gau*e ou gr&ir jusqu' t\*] le ciel4 ,il en e/ emp* p> les limitations de sa nature4 ,cela ne veut pas dire non plus qu'une cellule de son tronc puisse migr] dans la cime1 ni qu'une feuille puisse se trans=m] en b\rgeon1 ni qu'une bran*e puisse s'accrotre aux dp5s de t\tes les autres3 t\t cela e/ impossible1 en v]tu d'une loi organique intrieure4 ,cette loi rgne en t\te lib]t1 et au moy5 de limitations4 ,elle ordonne au tronc de support] et de n\rrir1 aux feuilles de respir]1 aux rac9es d'aspir] les sucs nutritifs2 elle ordonne que l'anne solaire soit salue p> des g]mes et des b\rgeons1 bnie p> des fruits et t]m9e dans le recueillem5t4 ,mais voil que l'arbre e/ ent\r d'une clture4 ,le dveloppem5t des rac9es et des bran*es s'en tr\ve entrav1 le v5t et le soleil ne pntr5t plus jusqu' lui1 dont la croissance languissante obx une n\velle loi2 quelque vieux qu'il soit1 il n'e/ plus lui-mme1 il n'e/ plus l'expression d'une ncessit organique intrieure2 la limitation qu'il subit n'e/ plus une limitation cons5tie1 mais lui e/ impose p> un sort extrieur1 viol5t2 la lib]t a cd la place la contra9te4 ,si la lib]t e/ difficile dcrire et df9ir1 son contraire1 la contra9te1 e/ facile reconnatre4 ,p\r *aque organisme1 qu'il s'agisse de l'homme1 d'un peuple ou d'un tat1 la contra9te n'e/ autre *ose qu'une entrave impose p> une loi extrieure ou intrieure1 une entrave qui ne rsulte pas de ncessits inhr5tes l'ess5ce mme de l'organisme ou celle de l'organisme plus va/e dont il fait p>tie4 ,c'e/ donc la ncessit qui f\rnit le critre aussi bi5 de la contra9te que de la lib]t4 ,les avocats des subord9ations1 des s\missions soi-disant v\lues de ,dieu n\s doiv5t1 dans *aque cas donn1 la preuve que la ncessit exi/e rellem5t et dans une mesure telle que la suppression de l'entrave entran]ait la d*ance ou la ru9e de l'organisme4 ,c'e/ faire preuve d'une insol5te prsomption que de prt5dre que la s\mission e/ une f9 en soi4 ,cette prsomption conduit t\t droit l'esclavage4 ,seule la ncessit organique peut tre v\lue de ,dieu4 ,lorsque la cause de la limitation et de la dp5dance rside1 non dans une ncessit vitale de l'organisme ou du corps plus va/e dont il fait p>tie1 mais dans la volont et la =ce d'un organisme trang]1 on se tr\ve en prs5ce d'un tat d'esclavage4 ,le s]vage et l'esclavage ne sont pas contraires au s5s du *ri/ianisme4 ,ce sont des sorts qui entrav5t la vie extrieure1 mais sans s'oppos] au dveloppem5t des =ces de l'me1 sans f]m] l'accs du royaume des cieux4 ,la =ce d'me d'pictte a gr&i dans l'esclavage2 l'pan\issem5t du moy5 ge *rti5 a t l'oeuvre des c\v5ts4 ,mais notre "q se pose autrem5t3 n\s ne *]*ons pas savoir comm5t tel ou tel individu surmonte un sort inflexible et immuable p> la grce de la lib]t intrieure1 mais n\s v\lons tr\v] la vritable =me de la vie1 celle qui ouvre l'humanit le *em9 de l'me4 ,or1 ce *em9 ne peut tre suivi que p> ceux qui j\iss5t de la possibilit du dveloppem5t organique1 p> ceux qui sont capables de se dt]m9] d'une faon autonome et de port] la responsabilit de leurs actes4 ,ce *em9 ne peut pas tre celui de la contra9te1 de la s\mission prde/9e4 ,n\s savons ceci3 l'esclavage e/ aux antipodes de ce qui con/itue l'exig5ce de l'me4 ,il n'y a ri5 dont notre poque soit aussi fire que de l'abolition de l'esclavage4 ,p]sonne n'e/ plus s]f2 le titre de sujet lui-mme ne figure plus que dans les actes (ficiels2 l'homme lui-mme se nomme citoy51 j\it d'innombrables droits p]sonnels et politiques1 n'obx qu'aux autorits de l'tat1 =me des syndicats1 lit et adm9i/re4 ,il n'e/ au s]vice de p]sonne1 mais il conclut des contrats de travail2 il n'e/ ni s]f1 ni compagnon1 mais il fait p>tie de ce qu'on nomme le p]sonnel1 il accepte du travail1 il e/ employ4 ,il ne reconnat pas de matre1 mais il travaille p\r un employeur1 qui n'a le droit ni de l'injuri] ni de le punir4 ,il peut donn] cong1 s'en all] o il veut2 il peut se mettre en grve1 se prom5] les bras croiss3 il e/1 comme il le dit lui-mme1 libre4 ,mais *ose biz>re6 ,s'il ne fait pas p>tie de la classe de ceux qu'on appelle in/ruits et possdants1 il se retr\ve1 au b\t de quelques j\rs1 dans les locaux d'un autre employeur1 se livrant au mme travail de huit heures p> j\r1 s\s la mme surveillance1 avec le mme salaire et les mmes j\issances1 avec la mme lib]t et les mmes droits4 ,p]sonne n'ex]ce de contra9te sur lui1 p]sonne ne lui oppose d'ob/acles1 et p\rtant il vieillit avant l'ge et mne une vie sans loisirs et sans recueillem5t4 ,le monde mcanis lui app>at comme une nigme complique dont le j\rnal de son p>ti n'claire p\r lui qu'un seul ct2 le monde suprieur lui app>at trav]s l'extrait d'un s]mon ou d'une description populaire2 l'homme lui app>at comme un ennemi1 lorsqu'il app>ti5t un c]cle trang] au si52 comme un cam>ade taciturne1 lorsqu'il fait p>tie du mme c]cle que lui2 l'employeur e/ un exploiteur1 l'ateli] un bagne4 ,les droits civiques subsi/5t1 avant t\t le droit lectoral s\s ses deux =mes4 ,mais1 *ose biz>re encore3 dans ses rapports avec les autorits1 l'homme re/e t\j\rs un objet4 ,les sujets1 ce sont les *efs militaires qui le tutoi5t1 les juges qui le condamn5t ou l'acquitt5t1 la police et les fonctionnaires qui le malmn5t et le maltrait5t1 l'int]rog5t et lui intim5t des ordres4 ,il peut se syndiqu] et s'organis]1 se runir et faire des dmon/rations2 il re/e t\j\rs celui qui e/ g\v]n et qui obx1 alors que les siges dors sont rs]vs ceux qui habit5t dans de belles av5ues plantes d'arbres1 se promn5t en voiture et se salu5t4 ,ce sont ces d]ni]s qui sont revtus des responsabilits1 des dignits et de la puissance4 ,mais la vie b\rgeoise e/ libre4 ,ici rgne la concurr5ce2 l'homme =t et rus peut risqu] et gagn]1 s\s la rs]ve de quelques lois et rgles insignifiantes2 cette arne e/ ouv]te t\s4 ,mais1 encore une fois1 t\s ne russiss5t pas y pntr]4 ,le c]cle e/ jal\sem5t f]m1 il a p\r consigne l'arg5t4 ,on ne donne qu' celui qui a dj quelque *ose2 ce qu'on possde peut tre augm5t et multipli1 mais il faut1 avant t\t1 possd]4 ,on possde ce qui avait app>t5u aux aeux1 ce que ceux-ci ont laiss et transmis s\s la =me soit de l'ducation1 soit d'un capital4 ,il se peut que dans les pays ri*es1 encore peu exploits1 un pf5nig d'p>gne devi5ne le po9t de d"p d'une =tune2 mais plus un pays e/ vieux et improductif1 et plus il faut pay] *] son entre dans la classe de ceux qui possd5t4 ,c'e/ a9si que de t\s cts s'lv5t des murailles de v]re1 transp>5tes et infran*issables1 au-del desquelles se tr\v5t lib]t1 indp5dance1 bi5-tre et puissance4 ,les clefs qui ouvr5t l'accs dans le pays df5du1 s'appell5t in/ruction et =tune1 l'une et l'autre tant des bi5s hrditaires4 ,aussi bi5 l'exclu se voit-il priv du d]ni] espoir3 celui de voir ses enfants j\ir un j\r de ce qui lui e/ refus lui-mme4 ,il quitte ce monde1 ple9em5t consci5t du fait que son travail n'a t utile ni lui1 ni ses enfants1 mais d'autres et aux desc5dants de ces autres1 dont le sort tait galem5t hrditaire1 prde/9 et 9vitable4 ,que signifie t\t cela8 ,cela ne ressemble videmm5t pas l'anci5 esclavage qui tait p]sonnel et qui1 runissant 7ce qui1 il e/ vrai1 n'tait pas t\t fait naturel7 les de/9es de deux hommes ou de deux familles s\s le mme toit1 sauveg>dait la d]nire communaut huma9e o *acun s'intressait encore au sort de ceux avec lesquels il tait appel vivre4 ,l'tat de *oses dont n\s p>lons con/itue1 s\s les app>5ces de la lib]t et de l'indp5dance1 une subord9ation anonyme1 non d'homme homme1 mais de peuple peuple2 subord9ation o les rles peuv5t tre int]v]tis t\t in/ant1 mais qui n'en e/ pas mo9s l'expression de la loi infrangible de la dom9ation unilatrale4 ,cette s]vitude hrditaire exi/e dans t\s les pays de vieille civilisation2 ceux qui la subiss5t ont les mmes orig9es1 p>l5t la mme langue1 pr(ess5t la mme foi que ceux qui en bnfici5t4 ,ils =m5t ce qu'ils nomm5t eux-mmes le prolt>iat4 ,qu'une moiti de l'humanit ma9ti5ne dans un tat de s]vitude t]nelle l'autre qui1 cep5dant1 prs5te la mme con=mation physique et possde les mmes aptitudes intellectuelles qu'elle1 voil ce qui e/ incompatible avec la lib]t de l'me et la possibilit de son asc5sion4 ,qu'on ne vi5ne pas n\s dire qu'aucune de ces moitis n'agit p\r son propre pr(it1 mais que l'une et l'autre travaill5t p\r le bi5 de la communaut4 ,il re/e t\j\rs que la moiti suprieure agit en ple9e indp5dance et directem5t1 t&is que l'infrieure1 sans avoir devant elle un b visible1 agit indirectem5t et s\s la contra9te de la suprieure4 ,on ne voit jamais un membre de la c\*e suprieure desc5dre volontairem5t dans les rangs de la c\*e infrieure2 quant l'asc5sion des membres de cette d]nire1 elle se heurte1 faute d'in/ruction et de =tune1 des ob/acles tellem5t =midables que r>es sont p>mi les hommes libres1 ceux qui puiss5t cit] un de leurs congnres comme ayant app>t5u soit lui-mme1 soit p> ses asc5dants1 aux classes infrieures4 ,l'in]tie et l'intrt sont de gr&es =ces1 lorsqu'elles s'appliqu5t la df5se de ce qui exi/e4 ,l'abolition de l'esclavage en ,amrique1 du s]vage en ,russie a suscit une vive sympa?ie1 surt\t *ez ceux qui n'ont pas t lss p> ces mesures2 les propritaires de btail dome/ique huma9 allguai5t1 p\r la df5se de leurs in/itutions1 les mmes raisons que celles dont font usage auj\rd'hui des ecclsia/iques1 des hommes d'tat et des capitali/es p\r df5dre la ncessit de la non-lib]t3 dp5dance v\lue de ,dieu1 s]vice n'importe quel po/e1 humilit1 modration2 mais il re/e bi5 ent5du que t\s ces argum5ts ne sont valables que p\r les autres4 ,ceux qui j\iss5t de t\s les droits et de la possession de bi5s matriels df5d5t leurs convictions g/es avec la plus entire bonne foi1 c> ce qui exi/e leur p>at d'une lgitimit tellem5t absolue1 fond sur des bases tellem5t solides1 tellem5t immuable et irremplaable qu' leur avis ri5 ne p\rrait tre trans=m ou modifi sans qu'il en rsultt un effondrem5t gnral4 ,ce jugem5t troit1 dict en gr&e p>tie p> un endurcissem5t involontaire1 ri5 n'a tant contribu le provoqu] et l'aff]mir que la lutte et le plan de lutte du m\vem5t sociali/e4 ,ce m\vem5t se ress5t du vice orig9el de son promoteur qui n'tait pas un prophte1 mais un savant1 qui mettait sa confiance1 non dans le coeur huma91 qui e/ la vraie s\rce de t\t ce qui se fait de gr& dans le monde1 mais dans la sci5ce4 ,cet homme puissant et malheureux a p\ss l'erreur jusqu' attribu] la sci5ce le p\voir de dt]m9] des valeurs et de pos] des f9s2 il mprisait ces =ces que sont la conception transc5dante du monde1 l'en?\siasme et la ju/ice t]nelle4 ,c'e/ p\rquoi le socialisme n'a jamais pu acqurir la =ce de btir2 alors mme que1 sans le v\loir et sans le savoir1 il suscitait *ez ses adv]saires cette =ce de con/ruction1 il ne compr5ait pas les plans qui tai5t proposs et les rejetait4 ,il n'a jamais t capable d'indiqu] un b clair2 ses disc\rs passionns n'tai5t qu'accusations et rquisitoires1 son activit se bornait l'agitation et des procds polici]s4 la place de la conception gnrale du monde1 il a dress la "q des bi5s1 et mme le tri/e mi5 et ti5 du problme du capital devait1 d'aprs lui1 tre rsolu d'aprs les simples procds pratiques de la sci5ce conomique et politique4 ,on voyait de temps autre un p5seur insatisfait t5t] des incursions dans le doma9e de la morale1 de ce qui e/ purem5t huma91 de l',absolu3 t\tes ces =ces n'tai5t jamais considres comme les c5tres solaires du m\vem5t2 c'tai5t des foy]s lum9eux ples et exc5triques1 auxquels on accordait un intrt e/htique4 ,au c5tre de l'arne se dressait le matrialisme sans ,dieu1 le matrialisme dont la =ce consi/ait1 non dans l'am\r1 mais dans la discipl9e1 et qui pr*ait l'utile la place de l'idal4 ,d'une ngation peut natre un p>ti1 mais non un m\vem5t univ]sel qui1 lui1 e/ prcd de visions et de p>oles prophtiques1 et non d'un programme4 ,la p>ole prophtique e/ t\j\rs un mot unique1 idal3 ,dieu1 foi1 patrie1 lib]t1 humanit1 me2 la proprit et la rp>tition de la proprit sont p\r le prophte *oses secondaires1 illusoires2 et mme la vie et la mort1 le bonheur huma91 la misre1 la maladie et la gu]re ne sont ses yeux ni f9s d]nires1 ni dang]s suprmes4 ,jamais le socialisme n'a suscit d'en?\siasme dans les coeurs des hommes2 jamais une gr&e et heureuse action n'a t accomplie en son nom4 ,il a veill des intrts et inspir la peur1 mais intrts et peur peuv5t j\] un rle dans la vie d'un j\r1 non dans celle d'une poque4 ,enf]m dans le fanatisme d'un sci5tisme aride1 dans le t]rible fanatisme de la raison1 il s'e/ cri/allis en un p>ti1 dans la conviction inconcevablem5t errone qu'il suffisait de mettre en oeuvre une seule =ce p\r obt5ir un rsultat df9itif4 ,le m>teau-pilon cond5se un bloc de f]1 sans le dtruire2 celui qui veut trans=m] le monde1 doit le saisir du d$ans1 au lieu d'ex]c] sur lui une pression du dehors4 ,les hommes sont accessibles au mot qui tr\ve un *o1 aussi timide soit-il1 dans t\s les coeurs et leur f\rnit un s\ti52 l'agitation aveugle d'un p>ti dom9 p> des intrts ass\rdit et fait b\*] les oreilles4 ,si l'on considre1 dans ses traits les plus saillants1 l'action sociali/e1 telle qu'elle s'e/ dr\le au c\rs de trois gnrations1 on tr\ve qu'ab/raction faite de ses manife/ations pratiques et organisatrices1 cette organisation a eu p\r pr9cipal effet d'acc5tu] dans une mesure extraord9aire l'esprit de raction1 de dtruire l'ide librale et de dprci] le s5tim5t de la lib]t4 ,le j\r o le socialisme a fait de l'affran*issem5t des peuples une "q d'arg5t et de bi5s et o il a russi attir] les masses s\s cette bannire1 l'ide qui tait sa base se tr\va brise2 l'aspiration l'indp5dance e/ dev5ue convoitise4 ,plus d'un homme cultiv s'e/ dt\rn de ce m\vem5t2 la b\rgeoisie s'e/ mise trembl]2 la raction possdante a vu ses =ces d\bl]1 grce l'afflux de n\velles recrues et des mesures de prcaution opportunes1 et elle riait dans son = intrieur de ces pauvres diables de proltaires qui1 t\t en lui v\lant du mal1 lui faisai5t tant de bi51 qui1 t\t en acclamant la rpublique et le communisme1 consolidai5t le trne et l'autel4 ,intrieurem5t association d'intrts1 extrieurem5t hir>*ie de fonctionnaires1 le socialisme1 qui devait dev5ir un m\vem5t mondial1 d*ut au rang d'un simple p>ti1 dev9t la proie de la manie du nombre1 de la populaire =mule unitaire2 contrairem5t t\t ce qui s'tait vu aux poques =tes1 il p]dait en efficacit1 mesure que le nombre de ses adeptes et adhr5ts augm5tait4 ,n\s devons n\s arra*] cette in]tie de la consci5ce qu'a laisse au coeur de l',europe la rsi/ance aux tri/es p>adis utilitaires1 aux idaux de trteaux et de foire1 aux phrases effet lances sans conviction et aux invectives m5aantes4 ,si n\s russissons n\s r5dre compte de t\te l'indignit que n\s vaut la s]vitude de millions d'hommes faits1 comme n\s1 l'image de ,dieu1 ayant t\s les droits notre am\r1 n\s n'pr\v]ons aucune rpugnance faire une p>tie du *em9 cte cte avec le socialisme1 t\t en dsav\ant ses f9s4 ,si n\s aspirons1 dans le monde intrieur1 au dveloppem5t de l'me1 n\s aspirons1 dans le monde visible1 la disp>ition de l'esclavage hrditaire4 ,si n\s v\lons l'affran*issem5t de ceux qui ne sont pas libres1 cela ne veut pas dire que n\s considrions une c]ta9e rp>tition des bi5s comme une *ose ess5tielle en soi1 une c]ta9e hir>*ie des droits de j\issance comme une *ose dsirable1 une c]ta9e =mule utilitaire comme dcisive4 ,il ne s'agit ni de faire disp>atre les 9galits des de/9es et exig5ces huma9es1 ni de r5dre t\s les hommes indp5dants ou aiss ou heureux1 ni d'accord] t\s les hommes les mmes droits3 il s'agit de mettre la place d'une in/itution aveugle et inv9cible l'autonomie et la responsabilit p]sonnelles1 d'ouvrir aux hommes le *em9 de la lib]t1 au lieu de leur impos] une lib]t t\te faite4 ,peu import5t les sacrifices huma9s et moraux qu'exige cette r=me1 c> le b que n\s p\rsuivons consi/e1 non obt5ir une utilit ou un avantage quelconques1 mais rang] le monde s\s la loi div9e4 ,et alors mme que le rgne de cette loi devrait dim9u] la somme du bonheur t]re/re1 sa valeur re/]ait intacte2 et s'il devait ral5tir la m>*e de la civilisation et les progrs de la culture1 ce s]ait l un effet t\t fait secondaire4 ,n\s exam9]ons sans passion la "q de savoir si la loi div9e dont n\s p>lons comporte t\s ces inconvni5ts2 et si n\s tr\vons qu'il n'en e/ pas a9si1 n\s ne tir]ons de ce rsultat ngatif aucun enc\ragem5t supplm5taire p\rsuivre notre *em94 ,c'e/ que1 p\r le p\rsuivre1 n\s n'avons beso9 d'aucune ju/ification1 d'aucune promesse2 notre t*e n\s e/ dicte p> des raisons extrieures tires de la dignit et de la ju/ice de notre exi/5ce1 a9si que de l'am\r des hommes1 et p> une raison intrieure qui n'e/ autre que la loi de l'me4 ,puisque n\s allons1 dans les pages qui suiv5t1 n\s occup] p5dant quelque temps des *oses du j\r1 sans t\tefois obs]v] cette manire prud5te1 fonde sur la dmon/ration et la p]suasion et si *re l'homme politique qui la qualifie de concrte1 n\s croyons devoir attir] l'att5tion sur la di/9ction suivante3 il y a des ouvrages qui s'v]tu5t f\rnir des argum5ts une conviction rp&ue et la r5dre irrfutable1 jusqu'au j\r o une n\velle conviction vi5t la supplant]2 et il y a des ouvrages qui tir5t de prmisses donnes les consqu5ces les plus utiles4 ,malgr t\te la c]titude ma?matique de leur m?ode1 il manque gnralem5t ces deux catgories d'ouvrages la c]titude du b qui1 elle1 n'e/ jamais ma?matique1 mais e/ t\j\rs intuitive4 ,c'e/ p\rquoi1 lo9 de prt5dre une c]titude quelconque1 n\s *]*]ons seulem5t =mul]1 dans les pages qui suiv5t1 des s5tim5ts et apprciations clairs p> la p5se4 ,c'e/ que cet ouvrage ne se propose pas d'in/itu] des discussions pratiques1 mais seulem5t de pos] des f9s4 ,si ces f9s correspond5t dans une mesure quelconque1 si m9ime soit-elle1 aux exig5ces de l'esprit objectif1 l'apprciation des ralits se tr\v]a s\mise de ce fait mme1 et sans que n\s ayons int]v5ir1 au critre de la p5se4 ,or1 la f9 laquelle n\s aspirons s'appelle lib]t huma9e4 ,,le ,,*em9 ,i ,,le ,,*em9 ,,de ,l',,conomie ,p5dant un sicle1 notre p5se s'tait s]vie de la m?ode hi/orique2 auj\rd'hui1 cette m?ode e/ en voie de dgnresc5ce et devi5t nuisible1 surt\t dans ses applications aux in/itutions4 ,les productions de la nature se trans=m5t1 t\t en ma9t5ant leur s5s et leur b ou en ne leur faisant subir que des modifications l5tes2 les in/itutions1 au contraire1 t\t en cons]vant leur nom et leurs attributs ess5tiels1 *ang5t de cont5u1 voire de raison d'tre3 une crature n\velle s'in/alle dans la vieille coquille4 ,on peut1 p> abrviation1 appel] ce phnomne sub/itution de la raison d'tre4 ,cette sub/itution ti5t ce que le nombre de =mes que peut revtir une in/itution e/ limit1 que p> p>esse et p> conomie l'esprit se s]t volonti]s de =mules dj exi/antes et que la cont9uit du progrs dans le temps ne p]met de reconnatre que difficilem5t le mom5t o s'impos5t le *oix d'une n\velle notion1 ou d'un n\veau nom1 l'lim9ation d'organismes morts et l'introduction de n\velles manires de voir4 ,la m?ode hi/orique n'en re/e pas mo9s dans t\s les cas attrayante et /imulante1 p>ce qu'elle p]met d'expliqu] c]ta9es qualifications1 de dmontr] l'volution de g5res littraires1 de mettre en lumire des m\vem5ts et *angem5ts fonctionnels2 mais elle ab\tit des erreurs dang]euses1 lorsqu'elle entrepr5d d'expliqu] l'organisme actuel1 vivant et agissant1 et de trac] d'avance son dveloppem5t ultrieur4 ,il peut tre intressant de savoir qu'il exi/e une relation entre le pontificat et la con/ruction de ponts1 mais il s]ait dang]eux de tir] de l'art de l'+nieur des conclusions relatives aux in/itutions ecclsia/iques2 il e/ trs in/ructif de savoir que la comdie de salon franaise se ratta*e p> un dveloppem5t in9t]rompu aux ,dionysies attiques1 mais on ne saurait recomm&] un entrepr5eur de spectacles de se laiss] guid] dans le *oix de ses pices p> des considrations ar*ologiques4 ,on raille la conception contractuelle de l'tat1 qui avait t =mule p> les ,franais du ,x,v,i,i,ie sicle1 et on lui oppose des dductions tires de la prhi/oire2 et1 cep5dant1 la nature d'un organisme qui repose sur un quilibre de =ces comporte plus de rapports contractuels que de fonctions totmiques ou patri>cales1 et les trans=mations que subit un p>eil organisme s'effectu5t s\s des =mes qui se rappro*5t beauc\p de celles qu'affect5t les modifications de rapports contractuels4 ,nulle "p la sub/itution de la raison d'tre n'e/ aussi manife/e que dans la nature de l'tat2 d'o la vanit des ef=ts t5dant tr\v] une df9ition hi/oriquem5t comprh5sive de cet organisme4 ,s\s une app>5te immutabilit et sans *ang] de nom1 celui-ci se r5\velle *aque gnration et ne peut tre envisag au po9t de vue de la cont9uit que s\s sa =me mtaphysique1 en tant que manife/ation volontaire de l'esprit collectif3 conception qui re/e en dehors du temps et sans aucune influ5ce possible sur un dveloppem5t ultrieur4 ,de la fausse application du po9t de vue hi/orique dc\le la fausse apprciation du fait hi/orique1 comme tant valeur absolue1 et de la tradition1 comme tant une =ce positive4 ,la valeur du fait hi/orique consi/e dans son c>actre hi/oriquem5t passag] et provisoire2 n titre de n\veaut rvolutionnaire1 il disp>at1 ds qu'il devi5t dsuet et qu'il se tr\ve dpass p> d'autres faits2 il ne russit se ma9t5ir qu'aussi longtemps et que dans la mesure o il e/ capable de r5dre s]vice et o il s'accorde avec les autres faits4 ,la valeur de la tradition rside en ce qu'elle ral5tit le m\vem5t qui1 grce elle1 gagne a9si en /abilit2 le nom mo9s emphatique de mom5t d'in]tie df9it trs bi5 cette =ce purem5t ngative qui1 malgr sa gr&e importance pratique1 ne peut jamais avoir la valeur d'une objection ?orique4 ,elle avait possd jadis cette valeur l'g>d de convictions religieuses et philosophiques1 et elle y prt5d encore auj\rd'hui l'g>d de conceptions sociales et politiques4 ,mais t\t en lui refusant cette valeur ?orique1 n\s devons reconnatre qu'elle possde en plus de sa valeur pratique1 en tant que facteur de ral5tissem5t1 une valeur e/htique1 qui s'exprime en =mules1 co/umes1 crmonies et ftes et communique c\leur1 allure et c>actre la vie de t\s les j\rs qui se s\vi5t volonti]s1 et avec un orgueil ju/ifi1 de ses orig9es plus nobles4 ,mais p\r les nations ple9es de vitalit1 la tradition doit re/] ce qu'elle e/3 un simple spectacle1 et non l'ess5ce mme de leur vie4 ,c'e/ p\r n\s une sol5nit *>mante que de voir le roi de ,prusse se prs5t] s\s l'aspect de l'lecteur de ,br&eb\rg2 mais il s]ait dang]eux de conclure1 s\s l'impression de cette crmonie1 que la prov9ce actuelle de ,br&eb\rg a le droit de prt5dre des privilges politiques au prjudice de la ,silsie ou des pays rhnans4 ,ces rem>ques prlim9aires tai5t ncessaires p\r faire compr5dre notre m?ode de travail et expliqu] ce que n\s ent5dons p> sub/itution de la raison d'tre4 99 99 99 ,l'exi/5ce de l'anci5 fodalisme tait ju/ifie pratiquem5t p> l'habitude de port] les armes1 p> la supriorit huma9e1 p> l'organisation et le droit d'occupation des conqurants du pays2 elle tait ju/ifie tlogiquem5t p> l'aptitude l'adm9i/ration et la protection1 qui reposait sur des proprits hrditaires4 ,cette hrdit1 son t\r1 tait cre p> l'ducation1 dont le b pr9cipal consi/ait appr5dre le maniem5t des armes et entret5ir l'esprit gu]ri]1 p> la culture de proprits corporelles et m5tales adaptes cet esprit1 p> la conscration religieuse de ces proprits1 p> l'lim9ation de t\t mlange de sang1 p> le ma9ti5 des classes infrieures dans un tat de sujtion et de tranquillit =ces4 ,l'augm5tation de la population1 l'int5sit croissante de l'conomie ont emp* la c\*e sociale suprieure de s't5dre dans les mmes proportions que la c\*e infrieure4 ,les fils cadets ne p\vant tre suffisamm5t dots entrai5t dans les rangs de l'glise ou migrai5t1 des proprits se morcelr5t1 d'autres fusionnr5t ensemble1 des doma9es ecclsia/iques et t]ritoriaux se =mr5t1 la b\rgeoisie des villes fit son app>ition1 et la c\*e suprieure1 immobile au milieu de t\tes ces trans=mations1 ne fut plus bi5tt en tat de rec\vrir la c\*e infrieure4 ,au d]ni] mom5t1 lorsque la *>ge de port] les armes fut galem5t t5due celle-ci1 l'organisation fodale avait p]du son d]ni] droit l'exi/5ce4 ,une n\velle classe sociale tait v5ue s'insr] dans le corps de la nation2 ce fut la classe1 elle aussi hrditaire1 de ceux qui possd5t4 ,les proprits nobiliaires et ecclsia/iques1 les colonies1 les monopoles1 l'exploitation de m9es et l'usure fur5t autant de s\rces d'accumulation de capitaux2 la mcanisation des mti]s1 de la te*nique1 des moy5s de transports1 de la p5se et de la re*]*e avait trans=m la vie1 et le m\vem5t gnral du monde s'tait ori5t dans la direction de la fructification du capital4 ,la puissance hrditaire du capital fut une consqu5ce de l'hrdit de l'tat social1 du sol et des bi5s mobili]s2 comme sa lgitimit n'tait pas mise en d\te1 p]sonne n'pr\vait le beso9 de lui f\rnir des raisons ?oriques4 ,on aurait pu1 la rigueur1 lui tr\v] au db une c]ta9e ju/ification int]ne3 le capital se prs5tait pr9cipalem5t s\s la =me de l'entreprise4 ,or l'entreprise survit aux gnrations et exige une srie in9t]rompue de guides et directeurs compt5ts1 srie qui ne p\vait tre assure que p> l'hrdit et qui tait un phnomne c\rant dans l'conomie rurale4 ,p\r =m] ces guides et directeurs1 l'in/ruction et l'ducation disp5ses p> la communaut tai5t p>ticulirem5t insuffisantes2 la maison du propritaire tait un c5tre o l'on p\vait recevoir une ducation intellectuelle de beauc\p suprieure celle de la communaut et reposant sur une base exprim5tale inf9im5t plus l>ge4 ,il y avait l une g>antie p\r la c5tralisation des moy5s qui ne p\vai5t tre efficaces qu' la faveur de leur accumulation entre les mmes ma9s4 ,trois circon/ances aurai5t pu port] atte9te au c>actre hrditaire de la puissance capitali/e3 l'cole populaire1 p> le nivellem5t de l'in/ruction2 la cration de l'association de capitaux qui devait r5dre l'entreprise imp]sonnelle et l'affran*ir de la ncessit d'une direction hrditaire2 l'mancipation politico-militaire1 p> la diffusion de l'aptitude adm9i/r] et p> l'l>gissem5t de l'horizon intellectuel4 ,si ces trois circon/ances n'ont pas produit l'effet qu'on aurait pu en att5dre1 cela ti5t l'accroissem5t incroyablem5t rapide de la puissance du capital1 qui1 grce son alliance avec les puissances t]ritoriales et fodales encore exi/antes1 la multiplication des relations et des intrts1 l'ducation et au g5re de vie1 grce l'influ5ce ex]ce p> la presse et grce aussi au fait qu'elle tait dev5ue politiquem5t indisp5sable1 s'tait cri/allise en une classe bi5 dlimite qui df5dait collectivem5t son droit contre les attaques qu'elle croyait dictes1 non p> la raison1 mais p> des intrts opposs4 ,la =mation de cette n\velle c\*e a eu p\r effet1 non la de/ruction et la disp>ition des c\*es anci5nes1 mais1 au contraire1 leur consolidation4 ,voici en effet ce qui s'tait pass3 la n\velle c\*e de possdants qui v5ait1 non du dehors1 mais d'en bas1 tait incapable de se crer une vie p]sonnelle2 elle fut oblige d'emprunt] la =me de sa n\velle vie ses prdcesseurs1 dont elle dev9t a9si la dbitrice et la subordonne4 ,en outre1 les dyna/ies cont9uai5t rs]v] t\tes leurs sympa?ies la c\*e fodale qui leur tait familire depuis plus longtemps1 possdait une expri5ce adm9i/rative et militaire1 re/ait atta*e au sol et immuable1 s'en remettait volonti]s la c\ronne quant aux conditions de sa vie matrielle et semblait a9si (frir un appui plus sr aux exig5ces mon>*iques immdiates4 ,en troisime lieu1 enf91 *acune des c\*es dom9antes avait ses conv5ances3 la noblesse ri*e possdait un d\ble avantage qu'elle faisait int5tionnellem5t valoir au pr(it de sa ca/e1 plutt qu'au pr(it de sa classe4 ,c'e/ a9si que la socit europenne reprs5te comme une image brise rsultant de la d\ble rfraction de deux axes4 ,la c\*e fodale1 t\j\rs ess5tielle1 s'affirme la faveur de la c\*e capitali/e1 plus app>5te1 les deux re/5t hrditaires et s'accord5t en ce qu'elles provoqu5t1 p> raction1 un tat de s\ffrance qui1 du ct capitali/e1 devi5t le sort 9luctable des masses4 ,si n\s avons reconnu1 p> une svre anticipation1 que ce sort e/ incompatible avec les exig5ces de la vie spirituelle1 il devi5t p\r n\s vid5t que l'organisation future1 malgr sa possible diffr5ciation et hir>*isation1 ne p\rra plus tre fonde sur la p]ptuit hrditaire4 ,quelle que soit sa loi fondam5tale et directrice1 elle ne p\rra plus repos] sur la contra9te et la viol5ce2 elle aura p\r base morale l'accord entre la volont collective et la volont individuelle et devra laiss] une place assez l>ge la dt]m9ation autonome1 la responsabilit et au dveloppem5t spirituel4 ,c'e/ a9si que la r5aissance que n\s rvons ne n\s app>at plus seulem5t s\s l'aspect de l'affran*issem5t d'une seule classe sociale dt]m9e2 n\s concevons plutt cette r5aissance comme une moralisation de l'organisation sociale et conomique1 s\s la loi de la responsabilit p]sonnelle4 ,n\s tr\vons le *em9 du dveloppem5t1 en n\s laissant guid] p> la ngation de l'inju/ice3 la division des classes reposant sur l'exagration des oppositions conomiques1 la puissance du succs accid5tel ou immoral1 la monopolisation de l'in/ruction p> une classe donne crent les puissances d'oppression auxquelles l'hrdit assure une dure indf9ie4 ,notre *em9 e/ le *em9 ju/e1 s'il conduit la suppression des =ces ho/iles1 t\t en assurant le ma9ti5 de l'organisation huma9e1 des bi5s de la civilisation et de la lib]t spirituelle4 ,la =me la plus nave de l'action curative consi/e *]*] un s\lagem5t immdiat4 ,l'arbre a un beso9 immdiat de lumire1 d'espace1 d'air1 d'eau et de t]re2 il pr5d ce qu'il lui faut1 le vois9 en dprit1 le t]ra9 devi5t /rile1 la =t lutte tant qu'elle peut contre la m\sse et les br\ssailles et f9it p> m\rir1 en entranant dans sa mort le plus heureux des arbres4 ,le =e/i] et l'ducateur1 le mdec9 et l'homme d'tat ont depuis longtemps ab&onn la m?ode de la satisfaction immdiate4 ,le mdec9 ne *]*e plus gurir les membres gels p> des enveloppem5ts *auds1 et l'homme d'tat ne *]*e pas remdi] la soif de l'alcoolique en multipliant les brass]ies4 ,l'un et l'autre ti5n5t compte de l'ensemble des conditions vitales de l'organisme protg] et s'attaqu5t1 non au symptme1 mais au noyau mme de la maladie4 ,l'un et l'autre font le bilan des =ces vitales qu'ils rp>tiss5t1 d'aprs un plan dt]m91 entre t\s les organes1 p> un dosage rig\reux4 ,le socialisme1 cette doctr9e qui met t\j\rs en avant son c>actre sci5tifique et qui1 p\r re/] populaire1 e/ con/amm5t oblige de r5i] ce c>actre1 le socialisme1 disons-n\s n'a jamais su s'lev] au-dessus de la m?ode de s\lagem5t immdiat4 ,il a fait si5 ce raisonnem5t populaire3 ,quel e/ le b8 ,une augm5tation des salaires4 ,qu'e/-ce qui abaisse le niveau des salaires8 ,la r5te du capital4 ,comm5t augm5t] les salaires8 ,en supprimant la r5te4 ,comm5t supprim] celle-ci8 cette d]nire "q1 il s]ait logique de rpondre3 en p>tageant le capital4 ,mais il e/ plus sci5tifique de dire3 en faisant du capital la proprit de l'tat4 ,ces deux rponses sont galem5t fausses4 ,l'une et l'autre mconnaiss5t la loi du capital dans sa pr9cipale et dcisive fonction actuelle1 qui e/ celle d'un organisme canalisant le c\rant mondial du travail v]s les po9ts o le beso9 s'en fait s5tir le plus4 ,rappelons-n\s ici notre proposition relative la sub/itution de la raison d'tre2 elle montre qu'il importe mo9s de connatre les causes et les beso9s qui ont eng5dr un organisme dt]m9 que les ncessits auxquelles il rpond dans la ralit et dans le prs5t4 ,supposons la rvolution sociale accomplie4 ,*icago rside le prsid5t mondial qui trne cette anne sur t\tes les rpubliques faisant p>tie de la confdration univ]selle et dirige l'aide de ses organes t\tes les affaires int]nationales4 ,c'e/ lui1 qui1 en d]nire analyse1 dispose du capital du globe4 ,auj\rd'hui son dp>tem5t des entreprises se tr\ve en prs5ce de sept c5t mille propositions absurdes et de trois srieuses3 un *em9 de f] trav]s le ,?ibet1 une exploitation ptrolifre dans la ,t]re de ,feu et un sy/me d'irrigation dans l',afrique ,ori5tale4 ,au po9t de vue politique et te*nique1 les trois projets sont galem5t irrpro*ables1 au po9t de vue conomique1 ils p>aiss5t galem5t dsirables2 mais vu les moy5s dont on dispose1 un seul d'entre eux peut tre excut4 ,lequel s]a-ce8 ,se con=mant un vieil usage de l'poque capitali/e1 on consulte les tables de r5dem5t1 dont l'exactitude e/ reconnue comme irrpro*able1 et on tr\ve que l'entreprise du ,?ibet rapport]ait #e1 celle de la ,t]re de ,feu #g1 et celle de l',afrique ,ori5tale #ad4 ,et l'on a si bi5 cons]v les habitudes de l'anci5ne poque capitali/e que le prsid5t autorise le dp>tem5t se dcid] p\r l'excution des travaux d'irrigation de l',afrique ,ori5tale4 ,ceci fait1 il ne re/]ait plus1 semble-t-il1 qu' envoy] au pilon les calculs de r5dem5t1 expdi] dans l',afrique ,ori5tale des moy5s de travail d'une valeur d'un milli>d et s'ab/5ir de t\t n\veau calcul4 ,le calcul du r5dem5t cons]v]ait a9si le c>actre d'un anci5 ex]cice scolaire et n'aurait s]vi qu' la dt]m9ation du degr de beso91 sans aucune consqu5ce matrielle4 ,malheureusem5t1 voil que six tats lv5t des objections contre le projet adopt4 ,ils dcl>5t3 la prfr5ce accorde aux habitants de l',afrique ,ori5tale prs5te p\r ceux-ci de gr&s avantages1 tant donn qu'ils s]ont les seuls pr(it] de l'augm5tation de l'immigration1 de l'amlioration des conditions de la vie matrielle1 du climat1 etc4 ,le ,portugal att5d depuis longtemps telle *ose1 le ,japon telle autre1 et voil que la caisse mondiale que t\s ont contribu remplir va se vid] au pr(it d'un seul4 ,il e/ impossible au prsid5t de dcid] qu' l'av5ir *aque t]ritoire aura p\rvoir lui-mme ses beso9s1 c> p5dant c9quante annes beauc\p de travaux importants n'ont pu tre excuts1 faute de moy5s univ]sels4 ,il ne lui re/e donc qu' proclam] que le projet s]a excut1 mais que l'conomie e/-africa9e aura v]s] la caisse mondiale une plus-value dt]m9e4 ,c'e/ la rsurrection de la r5te4 ,dans une ville indu/rielle allem&e il s'agit de dmolir une us9e d'tat4 ,c'e/ un btim5t vieux et inutilisable4 ,il se prs5te un habile entrepr5eur qui s'engage le remettre en tat en vue d'une n\velle de/9ation2 il ne peut g>antir aucun r5dem5t1 mais assume volonti]s les risques de la trans=mation4 ,la prfecture prov9ciale dcl9e l'expri5ce4 ,l'adm9i/ration locale ne veut pas y r5onc]2 en outre1 l'entrepr5eur (fre1 titre de cautionnem5t1 c5t montres en arg5t1 mises sa disposition p> des amis1 et c9q pianos4 ,on appr5d que de nombreux adm9i/rateurs locaux en ont fait autant1 et l'entrepr5eur e/ f9alem5t autoris comm5c] les travaux4 ,l'us9e e/ aff]me1 et c'e/1 encore une fois1 la rsurrection de la r5te4 ,sauf dans les cas de fondations ds9tresses1 l'emploi du capital ne s]a jamais assur autrem5t que s\s la condition d'une r5te aussi leve que possible4 ,p\r c\vrir les risques p\vant rsult] d'une fausse e/imation et de la canalisation du capital v]s un seul b dt]m91 il n'y aura jamais d'autre moy5 que celui qui consi/e lev] la r5te rellem5t1 et non seulem5t sur le papi]4 ,si t\t le capital de l',univ]s dev5ait auj\rd'hui proprit d'tat1 il s]ait dema9 rp>ti entre d'innombrables propritaires4 ,la ncessit de la r5te dc\le de la ncessit de *oisir l'inve/issem5t4 ,elle e/ l'expression des beso9s d'inve/issem5t les plus urg5ts et les plus avantageux4 ,la ncessit de la r5te dc\le encore d'une autre considration1 plus indp5dante et plus l>ge4 ,qu& on embrasse d'un c\p d'oeil l'ensemble d'une indu/rie nationale1 de l'indu/rie allem&e1 p> exemple1 af9 de se r5dre compte du m\vem5t des capitaux1 on se tr\ve en prs5ce d'un fait surpr5ant3 malgr sa gr&e prosprit et son gr& r5dem5t1 cette puissante organisation1 dans son ensemble1 absorbe des moy5s1 au lieu d'en re/itu]2 l'augm5tation de capital et l'accroissem5t de dettes dpass5t la r5te paye4 ,l'indu/rie ne travaille qu' accrotre son propre corps2 mais les autres bran*es de l'conomie doiv5t f\rnir leurs p>gnes p\r la s\t5ir4 ,ce fait1 surpr5ant premire vue1 e/ cep5dant facile expliqu]3 que devi5n5t en effet les p>gnes du monde8 ,dans la mesure o elles ne crent pas des in/itutions culturelles1 elles s]v5t fond] des organismes de production4 ,des rs]ves de f] et des trsors d'or sont runis en quantits modres p> les tats2 le re/e disp>at en placem5ts productifs1 et avec lui augm5te le nombre de valeurs en papi]1 de billets de circulation imprims4 ,cette augm5tation des placem5ts productifs doit se prolong]1 tant que les populations augm5t5t et tant que *aque individu possde mo9s de produits susceptibles d'tre a*ets qu'il n'en dsire4 ,les placem5ts mondiaux augm5t5t en consqu5ce4 ,ils augm5t5t t\s les ans exactem5t de la somme qui e/ p>gne sur les salaires et les rev5us1 aprs qu'ont t satisfaits les beso9s de consommation de vie civilise1 les beso9s de dp5se4 ,l'p>gne ralise sur les salaires e/ relativem5t m9ime2 il e/ d\teux qu'elle augm5te proportionnellem5t l'lvation des salaires1 tant que le beso9 de consommation moy5 n'e/ pas satisfait4 ,les placem5ts annuels qui ont lieu dans le monde enti] sont donc reprs5ts pr9cipalem5t p> la r5te du capital1 dduction faite des dp5ses que ncessit5t les beso9s de consommation du capitali/e4 ,cette consommation dp5d d'une srie de facteurs qui n'ont ri5 voir avec le niveau de la r5te totale3 elle dp5d de la rp>tition des tran*es de rev5us1 des exig5ces moy5nes impliques p> le g5re de vie1 de valeurs morales4 ,si t\t le capital du monde tait conc5tr entre les ma9s d'un seul individu1 la consommation se tr\vant a9si rduite au m9imum1 la r5te et1 avec elle1 le taux d'intrt moy5 dans le monde enti] ne p\rrai5t pas1 sans dang] de ru9e p\r l'conomie1 donc rellem5t1 tre infrieurs aux dp5ses dont l'conomie mondiale a beso9 p\r complt] et agr&ir ses in/allations4 ,c'e/ a9si que1 dans son ess5ce et en ce qui conc]ne son niveau1 la r5te e/ dt]m9e p> les placem5ts dont l'conomie mondiale a beso92 elle e/ le fonds de rs]ve obligatoire1 s]vant au ma9ti5 de l'conomie mondiale2 elle e/ un impt que prlve la production1 p>t\t o des bi5s sont produits et un impt qui vi5t avant t\s les autres2 elle s]ait indisp5sable1 alors mme que t\s les moy5s de production s]ai5t conc5trs entre les ma9s d'un seul1 ce seul ft-il un individu1 un tat ou un ensemble d'tats2 elle ne peut tre dim9ue que du montant reprs5tant la satisfaction des beso9s du capitali/e4 ,c'e/ p\rquoi l'tatisation des moy5s de production e/ sans porte au po9t de vue conomique2 au contraire1 la runion du capital entre les ma9s d'un petit nombre prs5te un dang] conomique qui dc\le de l'arbitraire auquel peuv5t tre s\mises la consommation et la =me de placem5t2 or1 comme cette d]nire1 tant donne la concurr5ce qui exi/e entre les r5tes1 e/ re/e jusqu' prs5t l'abri de t\t repro*e1 le so9 purem5t conomique d'une rp>tition ju/e ne peut avoir p\r objet que la consommation4 ,la r5te en elle-mme e/ indisp5sable1 en tant qu'elle s]t satisfaire les beso9s annuels d'inve/issem5t dans le monde enti]2 peu importe1 en outre1 la "q de savoir qui la t\*e p\rvu qu'elle remplisse sa mission f9ale1 qui consi/e tre inve/ie dans des entreprises2 mais ce qui importe1 en revan*e1 c'e/ de savoir si et dans quelle mesure le bnficiaire d'une r5te a le droit de s'en s]vir1 au prjudice de la collectivit1 p\r des emplois infructueux ou de la dissip] en j\issances4 ,la politique conomique se trans=me en politique de la consommation4 ,mais les ju/es proccupations doiv5t s't5dre d'autres objets encore1 et avant t\t la "q de puissance4 ,si t\t le capital tait conc5tr entre les ma9s d'un homme raisonnable1 sa consommation relative s]ait insignifiante2 t\te la r5te p>gne s]ait canalise1 la suite d'un *oix judicieux1 v]s les entreprises1 af9 d'augm5t] leur r5dem5t1 et s'il agissait a9si1 cet homme p\rrait tre considr comme un utile adm9i/rateur de l'conomie mondiale4 ,mais il n'en s]ait pas de mme s\s d'autres rapports4 ,c'e/ que de son bon plaisir dp5drai5t t\tes les affaires huma9es3 conomiques1 politiques et aussi1 en d]ni] lieu1 les intrts culturels4 ,sur un signe de lui1 tel s]ait lev1 tel autre abaiss2 telle rgion s]ait privilgie1 telle autre laisse l'ab&on2 il impos]ait t\tes les conv5tions un esprit con=me ses propres conv5ances2 la lib]t du monde s]ait dtruite3 c'e/ que1 s\s sa =me actuelle1 possession implique puissance4 cela se ratta*e une autre "q3 celle des rev5dications inju/ifies4 ,alors mme qu'on russirait1 p> la limitation du gaspillage1 dim9u] la r5te1 ri5 ne pr\ve qu'on augm5t]ait a9si la p>ticipation des classes infrieures la ri*esse gnrale4 ,monopoles1 rev5us tirs de l'agiotage1 escroqu]ie1 autant de comp5sations qui peuv5t int]v5ir p\r palli] la dim9ution de la r5te2 des r5ti]s et des hriti]s se laiss]ont n\rrir p> la collectivit1 sans lui f\rnir aucun s]vice en *ange3 des b\rdons =m]ai5t un tat dans l'tat4 ,si l'on lim9e le moy5 sociali/e1 qui consi/e dans l'tatisation du capital1 mesure irralisable et inefficace1 on se tr\ve en prs5ce d'une ant9omie en app>5ce insoluble3 l'accumulation des =tunes dim9ue la consommation relative et1 avec elle1 la r5te1 mais e/ une m5ace p\r l'quilibre de puissance2 la rp>tition des =tunes dim9ue l'accumulation de puissance1 mais augm5te la consommation et dim9ue la productivit de la r5te4 ,dans l'une et l'autre de ces alt]natives1 n\s sommes m5acs de rev5dications inju/ifies4 ,la /ructure de la t]re1 dans son gr& sy/me d'irrigation1 n\s (fre un exemple d'un dilemme de ce g5re4 ,un sy/me exclusif de torr5ts viol5ts emp*]ait l'puisem5t des masses d'eau1 mais1 impossible dompt]1 il laiss]ait les pla9es dess*es2 un rseau troit de s\rces et de ruisseaux e/1 c]tes1 susceptible d'puisem5t et d'vaporation1 mais arrose prairies et bas-fonds et se laisse facilem5t mani]2 la nature cep5dant a aj\t ces deux sy/mes un troisime3 p> l'vaporation1 elle ma9ti5t les masses d'eau en susp5sion2 les cont95ts et les bass9s m>itimes doiv5t sans cesse *>g] l'atmosphre de c\rants1 plus puissants que les c\rants visibles de la t]re et rp>tissant leur humidit sur t\t le sol n\rrici]4 ,ici1 o le problme consi/e tablir une fconde rp>tition des ri*esses mondiales1 il s'agit galem5t de tr\v] la troisime =ce1 capable de crer un m\vem5t d'asc5sion et de desc5te des masses1 dans une direction p]p5diculaire la direction prdt]m9e et inaltrable du c\rant1 de s'emp>] des excd5ts et de combl] les lacunes1 de faire entr] dans la circulation le cont5u du rs]voir de l'tat en trans=mant celui-ci1 d'un t]ra9 /rilis p> le f>deau des dettes1 en un sol fcond1 luxuriant1 disp5sateur de vie4 ,mais assez de comp>aisons6 ,n\s savons que ce n'e/ pas p> la rp>tition mom5tane et mcanique des ri*esses mondiales qu'on peut tablir les normes morales et ju/es du problme de la possession2 n\s aurons s\mettre l'preuve nos reprs5tations relatives la proprit1 la consommation et aux rev5dications1 af9 de re*]*] quel droit prim1 quel vieil hritage de fautes et d'erreurs se dissimul5t s\s ces notions1 af9 de n\s r5dre compte de la voie dans laquelle la ralit rationnelle et inaccessible l'erreur s'engag]a1 p\r n\s rappro*]1 mme dans le doma9e matriel1 du b qui s'appelle moralit ici-bas1 et me dans l'au-del4 ,proprit1 consommation et rev5dication ne sont pas *oses prives4 ,tant que le monde tait gr& et que les populations tai5t r>es1 tant que les doma9es conomiques tai5t sp>s les uns des autres1 *acun enf]m dans des limites infran*issables1 *aque homme p\vait pr5dre la nature ce qu'il v\lait en fait de proie vgtale1 animale et huma9e1 employ] cette proie selon son bon plaisir1 l'*ang]1 l'ass]vir1 la dtruire4 ,auj\rd'hui1 la t]re1 qui possde une population d5se1 reprs5te un organisme aux articulations artificielles1 trav]s de nombreux vaisseaux1 n]fs1 p>ois1 comp>tim5ts1 visibles et invisibles1 entret5u1 protg1 surveill et rgl p> d'innombrables =ces vives et in]tes2 *aque pas cre des droits1 impose des devoirs1 comporte des frais1 implique des dang]s1 t\*e aux droits la proprit1 la sphre vitale d'autrui4 ,*acun a beso9 de la protection commune1 des in/itutions communes qu'il n'a pas cres1 du bl qu'il n'a pas sem1 de la toile qu'il n'a pas tisse4 ,le toit s\s lequel il dort1 la rue qu'il trav]se1 l'outil qu'il s\lve1 t\t cela a t cr p> la communaut1 et la mesure dans laquelle il y a droit lui e/ indique p> la conv5tion et p> la tradition4 ,l'air mme qu'il respire1 n'e/ pas libre2 il e/ protg et ma9t5u l'abri d'exhalaisons et d'vaporations1 de g]mes morbides et de poisons4 ,qu& on se r5d compte de cette inf9it de li5s et d'obligations1 on a pe9e compr5dre le degr de lib]t conomique qui e/ laiss *acun4 ,p\r la communaut1 laquelle il doit t\t1 *acun peut travaill] autant ou si peu que bon lui semble1 il e/ libre de *oisir son travail1 qu'il soit utile ou inutile3 de ce qui lui e/ accord titre de proprit1 il peut us] et abus]1 il peut le laiss] priclit]1 il peut le dtruire2 et il peut rclam] la socit la g>antie de sa proprit1 il peut mme exig] qu'elle veille1 aprs sa mort1 l'excution de ses d]nires volonts4 ,dans les temps v5ir on compr5dra difficilem5t que la volont d'un mort pt li] des vivants2 qu'un homme et pu tre autoris ent\r] de cltures des kilomtres de t]ra92 qu'il et pu1 sans avoir p\r cela beso9 de l'autorisation de l'tat1 laiss] des *amps en ja*re1 dmolir ou con/ruire des btim5ts1 mutil] des paysages1 supprim] ou pr(an] des oeuvres d'art2 qu'il ait pu se croire autoris1 moy5nant c]ta9es taxes1 exploit]1 p\r son pr(it p]sonnel1 telle ou telle p>tie du patrimo9e commun2 qu'il ait pu pr5dre son s]vice autant d'hommes que bon lui semblait et leur impos] le travail qu'il v\lait1 la seule condition exige de lui tant de n'insr] dans les contrats aucune clause contraire la loi2 qu'il ait pu ex]c] n'importe quelle pr(ession ou comm]ce1 dans la mesure o il ne s'agissait pas d'un monopole ou d'une de ces pr(essions que le code qualifie d'escroqu]ie2 qu'il ait pu se p]mettre des dp5ses somptuaires1 prjudiciables la communaut1 la condition seulem5t que ces dp5ses ne dpass5t pas les limites de sa solvabilit4 ,au c\rs de ces d]nires dcades1 n\s avons vu la b\rgeoisie trait] t\tes les que/ions qui sortai5t des limites d'une laborieuse conomie individuelle1 d'art /rile et d'amusem5t politique2 elle ne dev5ait att5tive que lorsque v5ait en discussion une loi conomique dont elle p\vait att5dre des pr(its ou des p]tes4 ,mais ds la deuxime anne de gu]re1 l'ide comm5ait se faire j\r que t\te la vie conomique repose sur la base =me p> l'tat1 que la politique pratique p> l'tat vi5t avant les affaires et que *acun e/ r$evable t\s de ce qu'il possde et de ce qu'il peut4 ,dans le doma9e conomique avait trop longtemps dur un tat de *oses tel que l'activit individuelle1 guide p> l'ide rationali/e du droit individuel et de la lib]t illimite1 et se s\v5ant des inju/ices dont elle a t victime1 ne cdait que pas pas et contre-coeur aux exig5ces de la collectivit1 comme on cde un solliciteur importun et dont ri5 ne ju/ifie les prt5tions4 ,la collectivit doit se dem&] quelles rev5dications elle peut =mul] au nom d'un droit suprieur1 p\r laiss] l'conomie ce qui re/e1 aprs que ce droit a t satisfait1 et ce qui e/ ncessaire la cons]vation du mcanisme et p\r assur] un g5re de vie conv5able ceux qui en ont la *>ge4 ,aprs cet exam5 comp>atif des droits de l'individu et de la collectivit1 n\s attir]ons l'att5tion sur le fait que la rglem5tation de la consommation con/itue le seul moy5 d'augm5t] volont la quantit des matriaux conomiques disponibles2 c>1 contrairem5t ce que croi5t de nombreuses p]sonnes1 l'augm5tation naturelle des quantits de bi5s produites ou produire ne dp5d pas de notre volont2 elle e/ limite1 *aque mom5t donn1 p> le niveau des moy5s de travail et des =ces de travail crs4 ,au db de notre poque conomique avait rgn le pr9cipe3 le luxe e/ utile1 p>ce qu'il fait gagn] de l'arg5t au pays4 ,ceci s'applique1 la rigueur1 une activit indu/rielle ses dbuts1 qui a beso9 d'tre /imule p> des moy5s extrieurs4 ,une vie conomique ayant atte9t son ple9 dveloppem5t repose sur une association organise de t\tes les =ces1 et ce n'e/ pas sans raison que le mot conomie ou t5ue de maison implique l'ide de mticulosit mesure4 ,lorsqu'un ,roma9 envoyait c9q c5ts esclaves p*] un poisson r>e1 lorsque l'gypti5ne faisait diss\dre ses p]les dans du v91 l'un et l'autre p\vai5t croire de bonne foi que leur luxe tait ju/ifi1 c> les esclaves tai5t n\rris p5dant leurs j\rnes de travail et les p*eurs de p]les ddommags p\r les annes de dang]s4 ,mais n\s devons n\s faire de ces *oses une ide diffr5te4 ,les j\rnes ou annes de travail dp5ses en vue d'un clat ou d'un plaisir mom5tan1 sont des j\rnes ou annes irrmdiablem5t p]dues4 ,elles sont prises sur les moy5s de travail limits1 et leur produit e/ s\/rait au rev5u dj sans cela insuffisant de la plante4 ,*acun a droit une "p du travail que t\s f\rniss5t dans un en*anem5t invisible4 ,les annes de travail employes produire une prcieuse brod]ie1 une t(fe curieuse1 sont irrvocablem5t s\/raites la production de ce qu'il faut p\r habill] les plus pauvres4 ,les pel\ses d'un p>c au gazon six fois ras aurai5t pu1 avec un ef=t mo9dre1 produire du bl1 et le ya*t vapeur1 avec son capita9e1 son quipage et ses provisions e/ s\/rait p5dant une gnration aux moy5s de transport utiles4 ,considr au po9t de vue conomique1 le monde e/1 dans une mesure plus gr&e que la nation1 une association de crateurs2 quiconque gaspille travail1 temps de travail ou moy5s de travail1 vole la collectivit4 ,la consommation n'e/ pas une affaire prive3 elle e/ affaire de la collectivit1 de l'tat1 de la morale1 de l'humanit4 ,ici surgit une ant9omie4 ,t\t ce qui e/ produit disp>at1 et disp>at p> la consommation4 ,dans le cas le plus favorable1 ce qui e/ produit s]t la production de n\velles *oses qui1 leur t\r1 disp>aiss5t p> la consommation4 ,si *aque bi5 n'e/ produit qu'en vue de la consommation et si *aque consommation s]t la cons]vation de la vie et l'lvation de son niveau1 p\rquoi tablirions-n\s une di/9ction entre la consommation ju/ifie et la consommation inju/ifie8 ,si t\s les produits suiv5t le mme *em91 il ne re/e que la "q de l'ordre dans lequel ils devrai5t le suivre4 ,c'e/1 en effet1 l'ordre des beso9s qui tablit une hir>*ie de notions s't5dant de la consommation ncessaire au luxe frivole4 ,t\te consommation e/ de luxe1 tant que re/e insatisfait un beso9 primordial qui aurait pu tre satisfait la place du beso9 de luxe4 ,n\s n'avons l'int5tion de donn] ici ni un manuel ni une casui/ique du luxe2 il e/ galem5t inconte/able que la notion du beso9 lm5taire et ncessaire e/ assez vague4 ,mais ceci importe peu4 ,p]sonne n'aura l'ide d'exig] une df9ition mcanique et ma?matique de cette notion4 ,lorsque la fam9e rgne dans une prov9ce1 il s]ait absurde de qualifi] de dp5se somptuaire celle que ncessite le tra9 spcial qui emporte l'homme d'tat responsable au milieu des habitants affams4 ,ce n'e/ pas faire du gaspillage que de mettre le travailleur intellectuel l'abri des frictions et des beso9s j\rnali]s1 alors mme que la collectivit devrait sacrifi] p\r cela un peu de travail et d'espace4 ,ce qui e/ une dp5se de luxe1 c'e/ ce que la f\le1 incapable de p5s]1 dsigne s\s le nom de ftes de bi5faisance et qui n'e/ au fond qu'une dp5se g/e1 abusant du pr9cipe de l'am\r du pro*a9 et inscrivant1 avec une froide piti1 au nom de ses victimes1 la valeur des b\teilles de *ampagne vides4 ,il n\s suffit de savoir qu'il re/e une hir>*ie des beso9s et que cette hir>*ie peut tre saisie p> un sa9 jugem5t2 et c'e/ a9si que l'ant9omie de la consommation se tr\ve rsolue4 ,si l'on considre la production mondiale au po9t de vue de cette hir>*ie1 on recule effray devant l'absurdit de notre conomie4 ,des *oses sup]flues1 insignifiantes1 nuisibles1 mprisables sont accumules dans nos magas9s3 frivolits de la mode1 de/9es brill] p5dant quelques j\rs d'un faux clat1 sub/ances enivrantes1 excitantes1 /upfiantes1 p>fums rep\ssants1 imitations inconsi/antes et mal comprises de modles arti/iques1 u/5siles s]vant1 non r5dre s]vice1 mais bl\ir1 niais]ies qui sont comme la petite monnaie c\rante de l'*ange =c de cadeaux4 ,t\tes ces non-valeurs rempliss5t magas9s et dpts o elles sont r5\veles t\s les trois mois4 ,leur production1 leur transport et leur cons]vation exig5t le travail de millions de bras1 des matires premires1 du *>bon1 des ma*9es1 des in/allations d'us9es et accap>5t peu prs le ti]s de l'indu/rie et du comm]ce du monde4 ,celui qui1 l'aub]ge1 a vant l'incomp>able gr&eur de notre civilisation1 f]ait bi51 p5dant qu'il r5tre *ez lui1 de jet] un c\p d'oeil sur les devantures des magas9s qui bord5t nos rues3 il lui s]a facile de se conva9cre que notre culture entreti5t des exig5ces biz>res2 celui qui voit une pel\se d%onore p> des gnomes1 des livres et des *ampignons en t]re glaise qu'un hum\r /upide y a placs titre de soi-disant dcoration1 celui-l peut se faire une ide concrte de l'conomie errone de notre temps4 ,si la moiti seulem5t du travail gaspill tait employe judicieusem5t1 t\s les pauvres des pays civiliss p\rrai5t tre n\rris1 habills et logs4 ,n\s p>l]ons plus lo9 de ce qu'il y a de c\pable dans la fausse direction imprime notre conomie et de la "p qui1 malheureusem5t1 revi5t nos femmes dans cet inexcusable abus4 ,qu'il n\s suffise de dire ici qu'en imposant des re/rictions au gaspillage de notre poque1 n\s f\rnirions l'poque v5ir des moy5s dont elle p\rra et devra se s]vir p\r rp&re sur t\s un ju/e bi5-tre4 ,notre t*e consi/e reconnatre le mal et *]*] des remdes1 guids que n\s sommes p> la conviction que la consommation de bi5s n'e/ pas une affaire prive1 que cette consommation puise dans des rs]ves de =ces et de matriaux qui n'exi/5t qu'en quantits limites et dont n\s avons la responsabilit4 ,c'e/ p\rquoi aussi les m?odes de production et de fabrication ne sont pas1 leur t\r1 une affaire prive1 mais prs5t5t un intrt gnral4 ,considr en gros1 le bi5-tre de notre poque1 qu'il soit une fonction de la production ou des moy5s de transport1 dp5d en d]nire analyse de la plus noble sub/ance de notre plante3 du *>bon4 ,ce que des milli]s de sicles ont produit en fait de prcieuse vgtation1 ce qu'ils ont cond5s en baumes et ess5ces de diffr5te composition et accumul au se9 de la t]re1 notre gnration l'arra*e aux flancs de celle-ci p\r en faire le mo9s noble des usages3 p\r le livr] la combu/ion4 ,notre poque conomique mrit]ait d'tre un j\r dnomme d'aprs cette rs]ve c>bonifre d'o elle a tir ses trsors4 ,n\s avons trop t>d reconnu la valeur de cette vritable pi]re philosophale1 et trop t>d comm5ons-n\s la mnag]4 ,c'e/ la t*e de la lgislation d'exig] une sp>ation scrupuleuse de la sub/ance fossile p> la di/illation et la dcomposition et de n'autoris] l'utilisation calorique que des produits les mo9s prcieux2 la lgislation incombe galem5t le so9 d'emp*]1 en mme temps que le gaspillage du travail1 celui de la =ce1 p> suite de mauvaises in/allations et du manque d'conomie4 ,si le *>bon tait honor1 comme le sont le bl et le pa91 n\s s]ions d'ores et dj db>rasss du s\ci des frais de revi5t et1 avec lui1 de la lutte p\r les salaires dans les us9es4 ,de mme qu'on a cr une inspection du travail1 de/9e veill] l'excution de mesures de scurit et de bi5-tre1 n\s avons beso9 d'une protection lgislative des doma9es d'exploitation1 af9 d'emp*] le gaspillage inconsidr et ru9eux4 ,que la considration ma?matique de la consommation soit impuissante n\s faire entrevoir les conditions de l'lvation du niveau de culture des nations1 c'e/ l un fait qui n'a beso9 d'aucune explication4 ,et1 cep5dant1 il e/ bon d'tablir entre la consommation et le niveau de culture une relation assez nette1 p\r que des conclusions opposes puiss5t se ratta*] notre dduction4 ,n\s avons tabli la hir>*ie des beso9s1 af9 de faire ressortir la relativit du luxe1 considr comme une gr&eur-indice4 ,mais n\s avons jusqu'ici lud la "q de savoir quel e/ le b d]ni] de la consommation1 quelle f9 elle s]t4 ,si n\s croyions que la cons]vation et la reproduction de la vie con/ituai5t le s5s d]ni] du travail mondial et de la production de bi5s1 on devrait considr] la piti et la re*]*e du plaisir comme les seules =ces capables d'ori5t] v]s l'av5ir notre volont1 dp\rvue de conviction et de passion4 ,or1 la volont ard5te et conva9cue1 qui aspire la p]fection1 suppose et dmontre l'exi/5ce de valeurs absolues2 en entrevoyant et en annonant la croissance des mes1 n\s prp>ons la voie que doit suivre cette volont3 n\s le faisons1 en difiant le monde int]mdiaire qui repose sur la matire et s'lance dans le sublime4 ,ce monde e/ appel dur]2 t\tes les oeuvres d'am\r1 d'art1 de foi et de p5se que l'humanit a conues et vcues re/]ont imprissables2 le songe de ,jacob se tr\ve ralis2 n\s entrevoyons l'oeuvre t]nelle de l'humanit accomplissant sa mission4 ,le s5s d]ni] de t\te conomie t]re/re consi/e dans la production de valeurs idales4 ,c'e/ p\rquoi le sacrifice des bi5s matriels signifie1 non une consommation c>actrise p> le gaspillage1 mais la ralisation df9itive de la de/9e huma9e4 ,c'e/ p\rquoi t\tes les vraies valeurs culturelles *app5t l'apprciation conomique2 elles sont incomm5surables avec le bi5 et avec la vie2 elles sont des valeurs libres1 ne sont jamais payes trop *]1 mo9s qu'on les *ange contre des idalits suprieures2 elles sont1 non des moy5s et des gr&eurs de calcul1 mais des entits portant leur ju/ification en elles-mmes4 ,en ret\rnant la "q1 n\s abordons le doma9e de la rp>tition1 et n\s n\s tr\vons en prs5ce d'un problme qui peut se =mul] a9si3 p> quels moy5s p\rrions-n\s augm5t] l'afflux de bi5s matriels v]s les lieux de sacrifices o les *oses matrielles1 en se sublimant1 se trans=m5t en valeurs spirituelles8 ,ce problme devra tre discut "p3 il s'agit de la trans=mation du s5tim5t moral qui prcde et accompagne la n\velle conception de l'conomie4 ,ici n\s ent5dons dj rsonn] ce triple pr9cipe3 l'conomie e/1 non une affaire prive1 mais une affaire collective2 non une f9 en soi1 mais un moy5 p\r atte9dre l'absolu2 non une rev5dication1 mais une responsabilit4 ,il y aurait lieu de p>l] des moy5s mcaniques1 des mesures et des lois susceptibles de favoris] la ralisation des ides fondam5tales dans un pays dt]m91 et en premi] lieu en ,allemagne4 ,n\s ne le f]ons que dans la mesure o il s'agit de notions n\velles sur ce sujet1 de notions qui sembl5t se p]dre dans les nuages1 lorsqu'on ne peut pas pr\v] leur rapport avec ce qui exi/e et avec ce qui e/ huma91 c'e/--dire leur ralit4 ,n\s n'oublions pas que n\s avons des f9s pos]2 mais de mme l'ar*itecte1 t\t en tant capable d'expos] la ?orie de la con/ruction en vote et d'apprci] sa valeur1 se refuse tablir des dess9s1 avant de connatre la gr&eur et l'emplacem5t1 l'ent\rage et les moy5s de con/ruction1 de mme n\s devons n\s born] dire que des f9s reconnues et gnralem5t admises peuv5t tre ralises p> des moy5s inf9im5t nombreux1 suffisamm5t connus dans la pratique et dont le *oix dp5d des circon/ances de temps et des donnes mcaniques4 ,mais1 ici1 il s'agit de s\/raire l'action dissolvante du prjug des matriaux de con/ruction dont la valeur e/ mconnue et de les mettre df9itivem5t l'abri en vue de l'dification de /ructures conomiques futures3 n\s avons jet] un c\p d'oeil sur la notion de lgislation somptuaire4 ,les impts de consommation et les droits sur le luxe prs5t5t cette c>actri/ique1 dev5ue un lieu commun1 que leurs produits sont dcevants1 puisqu'ils re/reign5t la consommation4 ,ils p>aiss5t donc inefficaces1 si1 en les considrant au po9t de vue f9anci]1 on ti5t leur action secondaire p\r la *ose pr9cipale1 et si on considre leur action pr9cipale comme un effet secondaire nuisible4 ,si on ret\rne la "q1 de faon mettre pr9cipalem5t en vid5ce le ct se rapportant la re/riction de la consommation inutile1 la rponse conc]nant l'efficacit se tr\ve donne ipso facto4 ,si l'on songe que *aque colli] de p]les import correspond ce qu'il faut p\r mettre en valeur un doma9e ou n\s r5d tributaires du rev5u d'un ri*e doma9e trang]2 que *aque milli] de b\teilles de *ampagne que n\s faisons v5ir de ,france absorbe les frais de =mation d'un savant ou d'un te*nici52 que la valeur de nos importations de soies1 de plumes1 d'ornem5ts1 de p>fums et autres m>*&ises de cette catgorie1 suffirait faire disp>atre t\te misre et t\te privation dans le pays2 que l'excd5t de ce que n\s dp5sons en spiritueux1 p> rapport ce que dp5se p\r le mme objet l',amrique1 reprs5te peu prs les *>ges de nos dettes de gu]re3 lorsqu'on p5se t\t cela et mille autres exemples du mme g5re1 on conoit difficilem5t que la socit tolre le gaspillage du patrimo9e national1 sans se ddommag] p> le lgitime moy5 des impts et des droits4 ,on vit t\j\rs dans l'illusion que le luxe fait vivre beauc\p de monde1 que la consommation e/ une affaire prive1 que les hommes s]ai5t privs de travail1 si on remplaait t\tes les pr(essions de/ructrices en pr(essions cratrices4 ,on considre *ez n\s l'imposition du rev5u comme une mesure naturelle4 ,on e/ mme port y ratta*] une satisfaction morale1 p>ce qu'on admet que celui qui reoit beauc\p1 peut sans pe9e donn] une p>tie de ce qu'il reoit4 ,allant plus lo9 dans cette direction1 on convi5t que puisque l'p>gne s]t arrondir la =tune1 il e/ lgitime aussi de prlev] quelque *ose sur cette augm5tation4 ,mais on s'arrte devant la consommation qui1 elle1 doit re/] intangible4 ,cette conception b\rgeoise considre la prt5tion de la collectivit comme un dsagrable rationnem5t auquel on peut *app] peu de frais4 ,c]tes1 le rev5u doit tre impos1 et l'p>gne1 pas plus que le rev5u1 ne doit *app] l'impt2 mais le plus c\pable1 c'e/ la consommation1 et elle devrait tre impose de telle sorte qu'au-dessus d'un m9imum suffisant1 calcul p> tte1 l'tat devrait prlev] au mo9s un m>k sur *aque m>k de consommation supplm5taire4 la facile objection qu'une p>eille mesure s]virait avant t\t facilit] l'p>gne et favoris] l'accroissem5t et l'9galit des =tunes1 on p\rra donn] une rponse qui s]a en fonction du sort rs]v aux =tunes prives4 ,il exi/e assez d'autres moy5s1 et de plus efficaces1 d'emp*] l'accroissem5t de l'9galit2 en outre1 l'imposition de l'p>gne n'a jamais eu p\r b de dim9u] celle-ci1 mais visait plutt r5dre l'imposition mo9s s5sible1 alors que n\s admettons que l'imposition p\rra tre r5due aussi s5sible qu'on le v\dra1 p\rvu qu'elle agisse avec efficacit sur le mal dont la socit s\ffre le plus1 en am5ant une dim9ution de la consommation effrne4 ,de ces considrations1 plus d'un p\rrait tre t5t de conclure que n\s pr*ons une sorte de puritanisme rigide qui ne comporte que le travail assidu1 une n\rriture suffisante1 des vtem5ts et des u/5siles solides et1 dans le cas le plus favorable1 une solide ducation moy5ne et un atta*em5t univ]sel l'glise4 ,mais n\s avons dj rpondu cette apprh5sion1 en disant que t\te vie intrieure doit s]vir l'enri*issem5t de l'me1 t\te vie extrieure l'augm5tation des bi5s idaux2 aj\tons encore que la socit future ne s]a pas ncessairem5t prive de cette enveloppe multicolore de la ri*esse matrielle1 du luxe1 de la magnific5ce et de la reprs5tation qui1 auj\rd'hui1 ne drobe que trop nos yeux affaiblis la vritable beaut du monde4 ,p>t\t o la socit app>atra comme matresse1 elle p\rra1 en signe de sa lib]t et de sa libralit1 s'ent\r] d'clat1 comme l'ont fait les matres de ,rome et d',a?nes1 de ,v5ise et d',augsb\rg1 de ,v]sailles et de ,potsdam4 ,mais on p5s]a autrem5t du raff9em5t de l'isolem5t1 de l'insatiabilit qui1 d]rire les grillages et les rideaux1 d]rire les vitres et les portes deux battants1 enf\it des ri*esses dans les matelas et les c(fres-=ts4 ,notre poque e/ famili>ise jusqu' l'abus avec la notion de la magnific5ce1 mais semble avoir p]du celle de la di/9ction4 ,la magnific5ce et la reprs5tation agiss5t sur une f\le lo9ta9e1 condamne l'admiration bate1 et laiss5t le coeur froid2 la di/9ction exprime la noblesse intrieure dans une calme rs]ve1 elle e/ r5onciation2 t\t en semblant cd] avec d\ceur1 elle entrane et emporte4 ,sp>te et la vieille ,prusse tai5t di/+ues1 ,p>is et ,rome des d]ni]s sicles montr5t l'association insp>able de la pompe et de la vulg>it4 ,l'poque arti/ique peu connue de la r5aissance prussi5ne d'il y a c5t ans n\s montre que la beaut nat1 mo9s de l'imitation de ce qui e/ pompeux et fa/ueux1 que du calme et consci5cieux accomplissem5t de la plus mode/e des t*es4 ,n\s avons a9si fait ressortir la gr&e importance de la consommation et la ncessit de sa rglem5tation dans la vie conomique de l'av5ir1 et n\s avons en mme temps bau*1 comme condition prlim9aire de cette rglem5tation1 une n\velle conception ?ique et conomique1 a9si que la manire dont elle doit s'inc>n] dans la /ructure lgislative de l'tat4 ,en abordant la "q de la rp>tition des bi5s1 n\s devons pr5dre un n\vel lan et *]*] la direction des a/res1 c> l'ori5tation que n\s avons suivie lors de la discussion du problme de la consommation ne peut plus n\s s]vir4 ,n\s avons vu que l'extrme 9galit des =tunes e/ de nature corrig]1 plutt qu' aggrav]1 les excs de la consommation2 si t\te la =tune de l'univ]s tait conc5tre entre les ma9s d'un seul et adm9i/re d'une faon quelque peu rationnelle1 la dim9ution de prix des bi5s de consommation s]ait tellem5t considrable que le rapport entre salaires et traitem5ts1 d'un ct1 et les bi5s en circulation1 de l'autre1 re/ant le mme1 la "p de consommation de *acun suffirait lui assur] une vie conv5ablem5t b\rgeoise4 notre poque1 cette "p ne peut en gnral pas augm5t]1 et les ?orici5s qui att5d5t de c]ta9es mesures sociales et politiques une s\da9e augm5tation de la quantit de produits1 avec baisse correspondante de leurs prix1 nag5t en ple9e illusion1 c> la quantit de bi5s produits un mom5t donn dp5d de la quantit de moy5s de production exi/ant au mme mom5t1 et une rapide augm5tation des moy5s de production ne peut tre obt5ue que p> une int5se re/riction mom5tane de la consommation4 ,ce que le monde peut *aque anne absorb] et consomm]1 reprs5te donc une quantit f]me2 l'effet1 a9si que n\s l'avons vu1 ne peut tre attnu que p> une rorganisation de la production telle que l'absurde gaspillage se tr\ve trans=m en consommation utile4 ,si on peut1 grce cette rorganisation1 augm5t] d'un ti]s la somme des bi5s produits1 la rp>tition de ceux-ci entre les habitants des pays civiliss assur]ait *acun une vie b\rgeoise moy5ne qui1 calcule en notre arg5t1 comport]ait une dp5se annuelle de #c4jjj m>ks environ p> famille4 ,si la ?orie de la consommation ne peut plus s]vir de ligne directrice la rp>tition des bi5s1 comme si le po9t #j3j se tr\vait ici dpass1 la rev5dication de l'affran*issem5t prolt>i51 quelque biz>re que cela puisse p>atre1 semble se comport] d'une manire indiffr5te l'g>d de la "q de la rp>tition4 ,c'e/ que l'attitude du prolt>iat1 p\r autant qu'elle s'exprime dans les rapports conomiques1 e/ mo9s une affaire de possession qu'une rev5dication conc]nant la consommation4 ,supposons ici encore un cas extrme d'9galit4 ,supposons notamm5t que t\te la =tune de l'univ]s soit conc5tre entre les ma9s d'un seul 7et ce cas ne diffre que moralem5t1 et non conomiquem5t1 du cas-limite de l',utopie1 o ce seul s'appelle tat73 dans ce cas hypo?tique1 le possesseur univ]sel p\rrait =t bi5 ne pas avoir en face de lui un prolt>iat4 ,n\s s]ions c]tes t\s ses subordonns1 mais la rp>tition des bi5s produits *aque anne dp5drait uniquem5t de notre s5tim5t collectif et de notre int]v5tion4 ,en supposant t\j\rs que le possesseur dirige intelligemm5t la production mondiale1 il peut faire des bi5s produits c9q p>ts3 n\s ab&onn] une "p n\s1 qui sommes ses ouvri]s et employs1 en vue d'une ju/e rp>tition2 il doit rs]v] une deuxime "p au r5\vellem5t et l'int5sification de son app>eil de production et l'entreti5 d'autres in/itutions utiles la collectivit2 il peut mettre de ct une troisime "p1 en vue d'une future pnurie v5tuelle2 il peut enf9 rs]v] sa propre consommation une quatrime "p et1 s'il e/ m*ant1 dtruire arbitrairem5t la c9quime4 ,n\s ne voyons pas de sixime emploi4 ,les quatrime et c9quime cas p\vant tre ngligs et le troisime n'tant pas ess5tiel1 n\s n'aurons trait] avec notre matre qu'en ce qui conc]ne le p>tage entre les deux premi]s emplois4 ,s'il prtexte nos devoirs env]s les gnrations v5ir1 n\s rpliqu]ons que n\s v\lons vivre1 n\s aussi1 et que nos desc5dants n'auront qu' s'occup] eux-mmes de leurs affaires4 ,et notez bi5 ceci3 les p\rp>l]s en "q se p\rsuivront dans le mme esprit1 que le matre s'appelle ,rockfell] ou qu'il soit reprs5t p> l'tat social univ]sel4 ,l'accord f9it p> s'tablir4 ,la "p de rs]ve e/ fixe2 elle s]a p\r le mo9s aussi importante1 peut-tre mme plus importante1 que dans l'conomie actuelle et1 tant qu'il ne se produit ni mcont5tem5t1 ni av]sion p\r le travail1 notre patron peut se ds9tress] compltem5t de la manire dont n\s rp>tissons entre n\s la "p de/9e la consommation4 ,et pr5ant une fois de plus p\r base le niveau de production actuel1 n\s supposons que la rp>tition s]a telle qu'elle comport]a une dp5se annuelle moy5ne de #c4jjj m>ks1 au taux d'auj\rd'hui4 ,sommes-n\s p\r cela proltaires8 ,en aucune faon4 ,l'in/ruction et l'entreti5 de nos enfants sont assurs4 ,p]sonne au monde1 l'exception de l',unique1 qui peut t\t aussi bi5 tre reprs5t p> le p\voir d'tat1 n'a plus de droits sur n\s2 t\te la p>tie des produits du monde1 de/9e la consommation1 e/ notre disposition2 n\s en avons n\s-mmes assum le p>tage4 ,s+ulire contradiction3 la possession individuelle tant p\sse sa plus extrme expression1 l'tat proltaire disp>at6 ,or1 il e/ t\t fait naturel de gnralis] notre conclusion1 en l'appliquant deux propritaires1 puis dix1 c5t1 mille1 et de montr] que la rp>tition de la proprit e/ sans aucune influ5ce sur la =mation du prolt>iat qui1 considre au po9t de vue conomique1 se ratta*e davantage au droit de consommation qu'au droit de proprit4 ,cette dduction e/ cep5dant prmature1 c> elle ne ti5t pas compte de deux *oses3 du c>actre de classe du prolt>iat et de la puissance qui s'atta*e la possession4 ,la puissance d'un unique propritaire univ]sel s]ait imm5se1 mais ne se manife/]ait gure ple9em5t que dans son ent\rage immdiat1 surt\t si ce propritaire avait en face de lui une unit organise4 ,ses intrts privs s]ai5t pe9e plus prjudiciables aux intrts de cette unit que ne le sont les intrts dome/iques ord9aires d'un dyna/e intellig5t qui ne se proccupe pas de favoris] telle classe aux dp5s d'une autre2 et t\s ses ef=ts t5drai5t pr9cipalem5t ma9t5ir sa puissance et assur] sa transmission hrditaire4 ,ces deux buts tant atte9ts1 il n'a plus aucun intrt refus] ses ouvri]s in/ruction1 droit et responsabilits4 ,lorsque les propritaires sont1 au contraire1 nombreux et j\iss5t de droits hrditaires1 ils se runiss5t et =m5t une classe4 ,ils *]*5t non seulem5t assur] leur scurit1 mais se prmunir aussi contre des intrus3 ils peuv5t se combattre entre eux1 mais c'e/ le subordonn qui re/e le pr9cipal adv]saire1 surt\t lorsqu'il n'e/ pas absolum5t exclu du droit de proprit1 lorsqu'il peut acqurir ou possde dj4 ,l'intrt le plus urg5t consi/e alors ma9t5ir le d%rit dans l'impuissance1 lui enlev] les moy5s d'in/ruction1 d'organisation1 de possession1 ne lui accord] que les droits et les responsabilits compatibles avec le ma9ti5 du ju/e quilibre un mom5t donn4 ,la "q de la rp>tition de la proprit devi5t importante4 ,bi5 que la non-uni=mit de la rp>tition favorise l'organisation plus quitable de la consommation1 deux circon/ances1 prjudiciables cette quit1 surgiss5t dans le cas dont n\s n\s occupons3 la puissance1 qui e/ insp>able de la possession et acqui]t avec le temps une importance de plus en plus gr&e2 l'hrdit1 ma9t5ue p> une longue tradition et1 peut-tre1 mo9s insp>able de la puissance que celle-ci ne l'e/ de la possession4 ,puissance et hrdit runies =m5t le p\voir d'une classe4 ,ces rapports entrevus1 n\s ne p\rrons plus jamais n\s dcl>] p>tisans du libre jeu des =ces1 en ce qui conc]ne aussi bi5 l'accumulation que la rp>tition des bi5s privs4 ,n\s avons effleur la notion de l'ducation intellectuelle et avons n ce propos que la classe dom9ante ne peut faire autrem5t que d'accord]1 contre-coeur1 ce dcisif bi5fait ses subordonns4 ,notre poque1 qui n'ose pas p5s] syn?tiquem5t1 p>ce qu'elle exagre la valeur du savoir et e/ incapable de s'lev] l'ide d'organisation1 ne dispose que du c\p d'oeil du pratici5 p\r les 9galits immdiates4 ,elle ne peut pas mconnatre1 et e/ lasse de se le dissimul]1 que c'e/ commettre un vol l'g>d d'un citoy5 et l'g>d de l'tat1 que de ne pas mettre la disposition de *acun1 ds son enfance1 les moy5s d'in/ruction de notre poque4 ,aussi notre temps1 qui tr\ve facilem5t rponse t\t1 s'e/-il dcid rclam] le nivellem5t de l'ducation1 l'in/ruction univ]selle et obligatoire4 ,si l'int5tion e/ bonne1 sa ralisation ne peut tre que relative4 ,en l'abs5ce mme de l'expri5ce qui se p\rsuit depuis des annes dans des pays vois9s1 on p\rrait se d\t] que ce rappro*em5t immdiat des enfants app>t5ant div]ses classes sociales1 lo9 d'attnu] l'ari/ocratisme b\rgeois et la supriorit intellectuelle1 ne font qu'acc5tu] l'une et l'autre4 ,on va *]*] dans les maisons de faub\rgs et dans les palais les jeunes enfants1 sp>s p> des ho/ilits de classe1 p\r en faire des cam>ades d'cole4 ,les uns1 bi5 soigns et consci5ts de la situation qu'ils occup5t1 habitus aux conv]sations polies qu'ils ent5d5t de la b\*e de gr&es p]sonnes1 ayant de bonnes manires1 s'exprimant facilem5t1 en possession d'une c]ta9e culture f\rnie p> le comm]ce avec les bons livres et les oeuvres d'art1 p> les voyages et1 l'occasion1 p> une c]ta9e in/ruction reue pralablem5t1 frais1 bi5 n\rris1 ayant le corps ass\pli p> des ex]cices1 dormant leur suffisance2 les autres1 privs de t\s ces avantages et vivant mme dans des conditions t\t opposes4 ,or1 voil qu'on veut impos] aux uns et aux autres une n\velle cont5ance1 une n\velle manire de p>l] et d'envisag] les *oses2 voil qu'on leur dem&e de fran*ir leur c]cle habituel et d'acqurir pniblem5t1 la suite de cette trans=mation qui exige un gr& ef=t d'n]gie et de volont1 de n\velles connaissances que les bi5 vtus n'auront aucune pe9e s'assimil]1 puisqu'ils les possd5t dj en p>tie4 ,obscurm5t et d\l\reusem5t1 l'enfant de petit b\rgeois comm5ce ress5tir l'abme qui le sp>e1 lui et ses congnres1 des heureux de ce monde2 il en rsulte p\r lui un tat de p]plexit et d'impuissance qui ab\tit s\v5t l'enttem5t et la mauvaise volont4 ,il lui faut un ef=t de volont et des dons extraord9aires p\r ne pas succomb] s\s le poids de ces s5tim5ts2 et lorsqu'il russit ragir1 c'e/ le plus s\v5t sans aucun effet pratique p\r l'av5ir2 mais la plup>t de ces enfants retomb5t1 aprs un c\rt contact1 dans un dsespoir d'autant plus pr(ond qu'ils attribu5t leur infriorit1 non plus seulem5t aux circon/ances extrieures1 mais leur incapacit intr9sque4 ,si au contraire1 l'in/ruction et l'ducation sont guides p> l'intrt p\r le plus faible et le mo9s d\1 leur adaptation au degr de comprh5sion de ces lves plus arrirs ne peut qu'ex]c] une action ral5tissante1 nivelante1 dprimante sur t\s les autres4 ,la mortelle ho/ilit de l'cole l'g>d de t\t enfant d\1 la misrable efficacit1 l'abs5ce de contact avec le monde extrieur1 la dsesprante s*]esse1 qui c>actris5t notre enseignem5t1 qui ont empoisonn notre jeunesse et qui ont leur s\rce dans le mcont5tem5t d'une classe sociale d%rite et surm5e1 ne peuv5t contribu] qu' faire baiss] encore davantage le niveau de l'in/ruction et in/aur] le rgne d'une mdiocrit intellectuelle4 ,l'inscription ne peut tre gale que p\r les enfants prov5ant du mme milieu familial et social1 vivant dans des conditions extrieures id5tiques4 ,elle devi5t alors une ncessit morale4 ,elle e/ impuissante supprim] les oppositions de classes1 quelque bas que soit le niveau auquel elle se place4 ,n\s voil ram5s la ncessit morale d'une politique de nivellem5t conomique1 ncessit qui devi5t encore plus urg5te1 lorsque n\s envisageons l'attitude conomique de l'tat l'g>d de ses t*es huma9es suprieures4 ,les tats de nos j\rs sont des m5diants1 endetts jusqu'au c\4 ,les in/itutions puissantes et suprieures1 de/9es runir les rameaux de l'humanit s\s la =me d'une organisation de la volont1 qui ont le droit de supprim] t\s les ob/acles s'opposant au libre dveloppem5t de la volont et de *]*]1 p> des trans=mations successives1 adapt] leur =me et celle de leurs lm5ts aux beso9s et aux aspirations de l'poque2 ces in/itutions1 qui reprs5t5t ici-bas comme la plus haute expression et la c]titude exprim5tale de l'unit spirituelle de la collectivit1 se heurt5t auj\rd'hui1 quant la possibilit de leur exi/5ce1 la plus triviale de t\tes les que/ions3 quel en e/ le prix8 cela en vaut-il la pe9e8 ,elles sont l'enjeu de la tri/e lutte conomique qui se p\rsuit entre pres et fils et se dissimule d]rire *aque proposition de loi2 cette lutte ab\tit soit de n\veaux impts1 qui sont le sacrifice des p>5ts p\r le bi5 des fils1 soit p> de n\velles dettes1 auquel cas les fils pai]ont ce que les pres auront consomm4 ,ces deux solutions sont galem5t f*euses1 et l'on voit peu peu s'affirm] l'absurde conception d'aprs laquelle les dp5ses publiques s]ai5t un mal1 que l'tat le plus heureux s]ait celui qui dp5se le mo9s1 que l'conomie ralise sur le ncessaire1 lo9 d'tre un crime1 con/itu]ait une v]tu et que les obligations morales de l'tat devrai5t tre juges au po9t de vue des intrts d'une classe4 ,le *mage1 la misre1 les maladies endmiques p\rrai5t tre supprimes1 mais cela cot]ait trop *]4 ,une p>tie du peuple habite des logem5ts indignes d'un tre huma91 alors qu'elle p\rrait1 moy5nant une dp5se d'une c5ta9e de millions1 habit] des cits-j>d9s2 mais o pr5dre cet arg5t8 ,l'ducation1 cette t*e la plus noble de la collectivit1 e/ confie des fonctionnaires quelconques1 mal pays1 travaillant s\v5t contre-coeur2 l'enseignem5t agricole e/ dfectueux1 faute de moy5s4 ,il faudrait en outre favoris] le progrs de la sci5ce1 l'essor des arts1 cultiv] l'am\r huma92 mais t\tes ces t*es sont ab&onnes l'initiative prive1 au has>d des s\scriptions ou la vanit b\rgeoise sy/matiquem5t entret5ue4 ,un ti]s des frais qu'avait cots la gu]re europenne aurait suffi assur] la s\v]a9et conomique des tats p5dant un demi-sicle4 ,l'hi/oire1 qui disp5se ses enseignem5ts avec svrit et d'une faon concrte1 f]a ent5dre sa voix1 lorsque le bruit des batailles aura cess4 ,elle n\s p>l]a dans le langage imag des consqu5ces et n\s laiss]a le so9 de tir] les conclusions2 et cette occasion1 plus d'un de ces mots dont n\s sommes prodigues auj\rd'hui1 n\s revi5dra avec une intonation *ange4 ,mais il e/ un enseignem5t de l'hi/oire qui s]a p>ticulirem5t pr(itable nos ,p>lem5ts petits-b\rgeois1 lesquels1 p> mfiance p\r les g\v]nem5ts auxquels ils ont confi le p\voir1 p> troitesse d'esprit pr(essionnel1 p> cra9te de l'lecteur1 considr5t l'tat comme une affaire qui doit tre conduite avec une responsabilit et des moy5s limits3 n\s v\lons p>l] de l'enseignem5t qui dit que #ax#aa4 ,si les moy5s des p>ticuli]s dim9u5t et que le ?al] en arrive n'avoir plus que la valeur d'un m>k1 il y a l p\r l'tat une raison de plus de pr5dre p\r unit de ses calculs le milli>d la place du million4 ,notre vie collective ne p\rra acqurir de n\velles =ces lui p]mettant de faire face aux difficults intrieures et extrieures que si n\s n\s dcidons1 en ces temps de re/rictions1 s]vir le bi5 commun avec plus de gnrosit que n\s ne l'avons fait autrefois1 au temps du sup]flu4 ,mais le b atte9dre1 c'e/ l'tat ne connaissant pas de limitation matrielle1 c'e/ l'tat allant au-devant des beso9s1 au lieu de les suivre pniblem5t1 l'tat se dem&ant non3 ,o pr5drai-je l'arg5t8 mais3 quoi vais-je le de/9]8 ,il doit p\voir int]v5ir p>t\t o il y a des misres s\lag]1 t\tes les fois qu'il s'agit d'assur] la scurit du pays2 il doit contribu] t\te gr&e oeuvre de culture1 avoir sa "p dans t\t acte de beaut et de bont4 ,ce sont la puissance1 la ri*esse1 l'exubrance de l'tat qui doiv5t tre p\r le citoy5 un objet de joyeuse fi]t1 et non son propre ,mammon enf]m dans un c(fre-=t3 celui qui considre cette int]v]sion des =ces comme fondalem5t impossible1 manque de confiance dans son peuple et en lui-mme2 dans son peuple1 puisqu'il ne croit pas l'exi/5ce de la f\le passionne de ceux qui ne se laiss5t pas t\rdir p> le bruit de l'or2 en lui-mme1 p>ce qu'il dsespre de lui et de ses semblables1 alors qu'il faut beauc\p de foi et de p]svrance p\r ralis] une =me de g\v]nem5t o seuls les ju/es et les =ts soi5t *>gs de responsabilit4 ,une nation n'a jamais d'autre g\v]nem5t que celui qu'elle dsire et1 p> consqu5t1 qu'elle mrite4 ,si donc l'tat doit vraim5t tre le plus ri*e et le plus puissant disp5sateur de bi5s dans le pays1 il ne faut pas qu'il le devi5ne aux dp5s des pauvres4 ,n\s savons dj qu' *aque mom5t donn la somme des bi5s1 des droits de consommation e/ mesure et limite et que c'e/ tomb] dans la plus folle des utopies que de croire qu'il suffit d'un *angem5t dans les exig5ces et les droits p\r augm5t] la production mondiale dj porte au plus haut degr d'int5sit4 ,le surplus de moy5s et de droits que possde le ri*e e/ prcism5t ce qui manque l'tat et cre entre lui et la collectivit un antagonisme irrductible4 ,on n'a jamais os appr(ondir srieusem5t cette ide1 bi5 qu'on se r5de compte qu'elle e/ la base de t\te r=me sociale dont elle =me mme le noyau le plus sa94 ,la =ce d'attraction du socialisme rside mo9s dans sa ?se incolore du ret\r des capitaux l'tat que dans son b f9al1 concret1 qui e/ la suppression1 p> un moy5 ou p> un autre1 de la ri*esse excessive1 en vue de l'amlioration du sort de t\s4 ,on s'tait cru oblig de compliqu] ce noyau l'aide d'une ?orie sup]flue1 p>ce qu'on n'a pas t capable de surmont] les app>5tes contradictions morales et conomiques4 ,ds l'in/ant o *acun e/ libre de s'enri*ir1 mieux que cela3 ds l'in/ant o *acun e/ enc\rag s'enri*ir et que nulle loi ne s'y oppose1 il semblait malhonnte de dp\ill] des produits de son travail celui qui a russi4 ,il semblait de mme scabreux de s'expos]1 en plaidant p\r un pr9cipe qui *oquait la socit b\rgeoise de nos rvolutionnaires eux-mmes1 lesquels aurai5t cru1 en le proclamant1 sanctionn] l'inju/ice1 voire le vol1 et se laiss] guid] p> un mobile aussi anti-sci5tifique que l'envie4 ,on croyait1 en outre1 dans son = intrieur1 que la ri*esse tait indisp5sable la =mation du capital1 aux risques conomiques et te*niques1 aux gr&es entreprises1 aux oprations f9ancires longue *ance4 ces scrupules il ne p\vait arriv] ri5 de meilleur que d'tre englobs dans une va/e ?orie qui1 sans les absorb]1 les a t\t au mo9s r5dus invisibles4 ,il faut1 proclamait cette ?orie1 frapp] le capital jusqu' en faire une proprit de l'tat1 la disp>ition du capital devant entran] celle de la ri*esse4 ,cette tatisation devait avoir p\r consqu5ce une augm5tation de la valeur du travail1 alors que n\s avons vu qu'il n'y a entre ces deux faits aucune relation de cause effet4 ,mais on laissait sans solution et insoluble la "q de savoir comm5t1 en l'abs5ce de t\te concurr5ce1 de t\t /imulant int]ne1 de t\te norme de comp>aison1 p> la seule m?ode bureaucratique1 la collectivit s]ait mme de suppler au pr9cipe fondam5tal sans lequel la gr&e ,nature elle-mme e/ incapable de s'acquitt] des t*es qu'implique son volution3 n\s p>lons du pr9cipe de la lutte p\r l'exi/5ce1 de la slection1 de la joie de va9cre4 ,si l'on reconnat sans rs]ves qu'on doit t5dre au nivellem5t de la proprit1 c'e/--dire la limitation des ri*esses individuelles1 on con/ate que la doctr9e de la lib]t sociale e/ de =ce rs\dre ce problme1 en faisant t\tefois une di/9ction entre les trois =mes s\s lesquelles se manife/e l'action de la proprit3 le droit la j\issance1 le droit la puissance1 le droit la responsabilit4 ,cette di/9ction une fois opre1 il e/ possible de tr\v] des =mes d'organisation conomique qui concili5t le sy/me traditionnel avec les exig5ces de la lib]t1 de la ju/ice et de la dignit huma9e et supprim5t t\te entrave au dveloppem5t ultrieur4 ,n\s voluons t\j\rs dans les limites de la "q du nivellem5t des =tunes1 mais n\s comm5ons n\s ap]cevoir que les exig5ces immdiates de la morale projett5t leurs ombres sur nos considrations conomiques4 ,c]tes1 l'me ne prt5d pas p\r elle-mme au bonheur1 la puissance et aux honneurs temporels1 elle n'exige pas p\r elle-mme de ju/ice t]re/re4 ,elle s'veille au bonheur de la s\ffrance1 elle vit dans la solitude du r5oncem5t1 elle puise ses =ces dans le bonheur du sacrifice4 ,et1 cep5dant1 en tant que notion huma9e1 la ju/ice ne lui e/ pas trangre4 ,que s]ait la piti1 si l'on prt5dait que la privation e/1 p\r notre pro*a9 aussi1 une s\rce de bonheur plus gr&e que l'abondance8 ,que s]ait la ju/ice1 si l'on prt5dait que l'inju/ice e/ un moy5 de r5dre nos pro*a9s plus =ts8 ,l'importance objective de ces v]tus consi/e en ce que ceux qui en sont porteurs attir5t v]s eux le mal et les s\ffrances du monde1 dt\rn5t v]s leurs propres coeurs les po9tes de lances ho/iles2 mais ils sont trs lo9 de v\loir le mal ou de le mnag]4 ,n\s aurons bi5tt exam9] jusqu' quel po9t *aque individu e/ en droit de rev5diqu] une "p des bi5s du monde1 et n\s aurons alors l'occasion de con/at] que c'e/ la p>tie la plus mdiocre1 la plus mesqu9e de sa nature qui p\sse l'homme rev5diqu] la possession au s5s troit du mot1 c'e/--dire en tant que s\rce de j\issance4 ,mais ici il s'agit de savoir de quel droit un homme peut prt5dre une vie qui1 p> ses empitem5ts et p> les de/ructions qu'elle cause1 p> son isolem5t et son mpris de t\t ce qui l'ent\re1 f\le aux pi$s l'exi/5ce et la =ce d'exi/5ce d'innombrables individus4 ,la vieille habitude de dom9ation1 ne de prrogatives qui tai5t accordes en *ange de c]ta9s s]vices1 tels que la protection et la df5se1 et s't5dai5t aux femmes et la desc5dance1 =me la seule base traditionnelle d'un g5re de vie luxueux et prt5tieux4 ,on peut voir une expression symbolique de ce rapport dans la p>odie du crmonial des seigneurs d'autrefois1 p>odie laquelle se livr5t les n\veaux ri*es qui a*t5t des canons p\r les plac] sur la t]rasse de leur *teau1 orn5t de bannires leur ve/ibule1 po/5t des dome/iques p\drs *aque t\rnant de l'escali]1 susp5d5t aux murs de faux portraits d'aeux1 obs]v5t dans leur s]vice de table1 dans leurs rceptions1 la *asse1 des c\tumes ar*aques1 s'ent\r5t de panoplies1 de livres1 de c\pes4 ,auj\rd'hui p]sonne1 en dehors de l'tat1 n'e/ *>g de la t*e de df5dre et de protg]1 p]sonne n'a recevoir df5se et protection de qui que ce soit1 si ce n'e/ des fonctionnaires de l'tat et au nom de celui-ci4 ,juges1 magi/rats1 pr9ces d'glise1 dyna/es ont beau s'ent\r] de pompe et d'clat1 p\r honor] le pass1 se donn] l'occasion en spectacle aux b\rgeois et p\r en impos] la f\le1 ils ont beau faire preuve de tact1 de faon ne pas tomb] dans la masc>ade et la comdie3 de nos j\rs1 comme t\tes les poques antrieures1 la dignit de l'homme et de sa situation se mesure sa responsabilit2 l'homme e/ d'autant plus reprs5tatif que la responsabilit dont il e/ *>g e/ plus gr&e2 usages et crmonial sont des mots qui n'ont de s5s qu'aussi longtemps que subsi/5t les =ces qu'ils reflt5t1 et lorsque ces =ces sont puises1 il ne re/e plus que la s*e enveloppe de la =mule et de l'tiquette4 ,la supriorit conomique du bi5-tre b\rgeois ne repose cep5dant sur aucune in/itution2 comme tant d'autres =tes ralits1 elle app>at ds le db comme un phnomne secondaire qui re/e in(f5sif et inap]u1 tant qu'il se ma9ti5t dans les limites raisonnables et sans effet sur la vie publique4 ,qu& un patri>*e ori5tal russissait1 p> un heureux levage1 c5tupl] ses tr\peaux1 c'tait p\r la tribu un beau facteur de scurit2 et tant que les autres n'tai5t pas lss dans leur droit de j\issance des s\rces1 il ne s'agissait l que d'une affaire prive4 ,qu& un m>*& d'pices du moy5 ge russissait dans ses affaires1 il p\vait se faire btir une maison con=table1 la remplir de toiles et de vaisselle1 entass] de l'arg5t]ie dans ses bahuts4 ,son bi5-tre cessait d'tre une affaire prive1 p>tir du j\r o il comm5ait s'en prvaloir p\r conqurir des privilges municipaux4 ,la ri*esse ne devi5t une puissance sociale que lorsque1 la d5sit de la population ayant augm5t1 l'organisation collective de l'conomie en arrive con/itu] un c]cle f]m d'actions et de ractions rciproques auxquelles ri5 ni p]sonne n'*app5t4 ,c'e/ ce qui s'e/ produit en p>tie aux d]nires priodes de l',empire ,roma9 et1 d'une faon complte et irrsi/ible1 ds le db de l'poque mcanise qu'on dsigne aussi1 un peu unilatralem5t1 s\s le nom de capitali/e4 conomiquem5t p>lant1 l'ensemble du monde civilis d'auj\rd'hui vit s\s la dom9ation d'une puissante pl\tocratie qui1 dans c]ta9s tats1 a russi s'emp>] de t\t le p\voir politique1 de la lgislation et de l'adm9i/ration1 du droit de dcid] la paix et la gu]re et1 dans c]ta9s autres1 p>tage le p\voir politique avec les puissances traditionnelles1 t\t en disposant sans re/riction de l'organisation du travail du pays4 ,il s]ait inju/e de mconnatre les s]vices r5dus p> la puissance mondiale de la pl\tocratie4 ,elle a a*ev le m\vem5t de mcanisation3 elle a1 dans l'espace de plusieurs gnrations1 russi enri*ir la plante au-del de t\te prvision1 elle a f\rni aux tats de puissants moy5s de df5se1 r5=ant a9si1 contrairem5t sa nature intime1 le nationalisme4 l'poque de sa =mation1 elle a1 p> un gnreux *oix1 accept dans son se9 t\s les =ts tempram5ts de la nation1 en imposant leur esprit1 a9si qu' l'esprit de l'ensemble de la nation1 la manire de p5s] nationali/e1 mcani/e1 en dveloppant *ez eux le gt de l'entreprise1 en drac9ant de leur m5talit les d]ni]s re/es des conceptions patri>cales1 fodales1 corporatives et en crant a9si une n\velle atmosphre spirituelle1 c]tes t\t aussi troite1 mais m9emm5t favorable l'action4 ,elle a contribu donn] la politique mondiale une ori5tation conomique et1 sans le v\loir et sans s'en d\t]1 elle a port les oppositions un degr d'acuit tel que la succession des cata/rophes nationales qu'elle a a9si provoques met sa propre exi/5ce en dang]4 ,n\s p>l]ons de t\s ces effets1 lorsque n\s aurons n\s occup] des rev5dications politiques2 ici n\s v\lons seulem5t pos] la "q morale et =mul] son sujet quelques propositions f9ales4 ,la pl\tocratie e/ une dom9ation de gr\pe1 une olig>*ie et1 de t\tes les =mes olig>*iques1 la plus condamnable1 p>ce que ne se ratta*ant aucune conception idale1 aucun sacrem5t4 ,les vieilles ?ocraties de l',ori5t tirai5t leur droit de la div9it2 elles ont p]du ce droit le j\r o elles sont dev5ues des s9cures sac]dotales4 ,les ari/ocraties grecques se rclamai5t de leur qualit de filles de dieux4 ,grce la culture hrditaire de la m5talit royale et de la beaut corporelle1 la noblesse des conqurants avait russi s'assur] une suprmatie sur le bas-fonds =m p> les tribus auto*tones1 jusqu'au j\r o elle a t absorbe p> celles-ci1 p> suite de mlanges de sang4 ,la noblesse rurale des ,roma9s avait dom91 p>ce qu'elle tait seule en possession des aptitudes politiques et gu]rires2 elle a t supplante plus t>d p> une autre noblesse1 une noblesse neutre1 dp\rvue d'idal1 celle des fonctionnaires2 puis surv9t le mlange de races et la dcad5ce4 ,l'glise du moy5 ge1 ayant t appele faire pntr] la =ce de la foi dans un monde paen1 tait dev5ue une olig>*ie organisatrice4 ,aprs la conv]sion de l',europe1 cette mission avait dgnr en une politique d'tat1 et l'glise qui la reprs5tait s'e/ engage dans une voie qui l'a conduite de sa situation de puissance mondiale celle d'une organisation int]nationale politiquem5t reconnue4 ,le fodalisme europen reposait sur la notion idale de la fidlit du vassal l'g>d du suz]a91 notion laquelle tai5t v5ues s'aj\t] plus t>d celle de la responsabilit env]s le peuple des sujets et1 plus t>d encore1 le devoir de df5dre la foi4 ,le *ri/ianisme ayant f9i p> dev5ir le patrimo9e commun1 la population ayant pris un c>actre homogne1 le fodalisme a cd la place la s\v]a9et t]ritoriale et1 en p>tie aussi1 la dmocratie1 et la dom9ation de la noblesse n'a pu se ma9t5ir que l o elle a russi prs]v] intacte la notion de la fidlit au roi1 du devoir militaire et du patri>cat rural1 ce qui fut pr9cipalem5t le cas dans le ,nord et dans l',e/ slavo-g]ma9s4 ,la pl\tocratie1 au contraire1 s'appuie1 non sur des idaux gnraux1 mais sur des intrts gnraux4 ,elle n'a pas surgi l'tat collectif1 comme une tribu de conqurants ou une communaut de fidles1 mais elle s'e/ =me p> la runion progressive d'individus isols qui1 l'un aprs l'autre1 ont russi s'lev]1 grce des dons accid5tels1 p> suite d'un has>d ou d'un risque heureux4 ,elle ne *]*e pas autre *ose qu' s'enri*ir et se ma9t5ir2 elle ne se considre pas =ce ou moralem5t oblige d'adhr] une communaut spirituelle quelconque3 sa =ce rside dans son opportunisme4 ,elle se complte p> l'hrdit et1 ayant une claire conception de son intrt1 elle a rec\rs1 t\tes les fois que cela e/ ncessaire1 la cooptation2 la prfr5ce du pre e/ contre-balance p> la prud5ce de l'associ4 ,en fait de bi5s spirituels1 elle possde avant t\t l'in/ruction1 ensuite une c]ta9e culture conomique et le gt de l'entreprise1 qui comm5ce se dvelopp] de bonne heure1 s\s l'influ5ce de la tradition familiale4 ,sans l'afflux incessant de sang n\veau1 cette influ5ce re/]ait sans efficacit1 c> l'habitude de la vie de luxe et l'troitesse intellectuelle d'un ct1 l'imitation extrieure des usages ari/ocratiques1 de l'autre1 lim95t1 dans l'espace de *aque gnration1 des exi/5ces en p>tie affaiblies1 en p>tie1 selon l'expression en usage1 ru9es4 ,l'adoption int]mitt5te de n\veaux lm5ts1 l'lim9ation occasionnelle d'lm5ts natifs n'enlv5t la ca/e pl\tocratique ri5 de son unit f]me4 ,t\te olig>*ie e/ s\mise c]ta9s *angem5ts et *anges1 et le m\vem5t dont n\s n\s occupons en ce qui conc]ne la pl\tocratie ne porte aucune atte9te son c>actre1 tant donn que grce une slection rig\reuse1 l'accroissem5t se fait t\j\rs aux dp5s des classes les plus rappro*es1 l'exclusion de t\tes les autres3 c'e/ que la manire id5tique de concevoir la vie con/itue une condition ncessaire et que les lm5ts hrditairem5t fixs assur5t la prdom9ance des t5dances fondam5tales et font mme natre1 p> l'imitation des usages et c\tumes du fodalisme1 la notion hybride de noblesse d'arg5t4 ,l'imp]fection huma9e trans=mant en oppositions extrieures les diffr5ces d'aptitudes1 de c>actres et de =ces psy*iques1 t\te organisation sociale prs5te la hir>*ie des responsabilits1 des beso9s et des rev5dications galem5t s\s la =me d'oppositions4 ,quelle que soit la =me qu'affecte cette hir>*ie et quelle que soit la place qu'occupe *acune des c\*es dont elle se compose1 on p\rra t\j\rs con/at] une ressemblance avec l'organisation olig>*ique4 ,selon qu'on pr(esse telle ou telle conception morale1 on appr\v]a ou tolr]a une p>eille organisation1 on acc5tu]a et p]ptu]a les oppositions1 en ma9t5ant l'exclusivit du privilge1 en l>gissant les droits de la classe privilgie et les fixant p> les li5s de l'hrdit2 ou bi5 on favoris]a le m\vem5t d'galisation1 en re/reignant l'9galit des droits et en facilitant l'osmose sociale4 ,dans ce d]ni] cas1 le dveloppem5t t5dra v]s le po9t indiffr5t qui1 t\t en =mant le cont5u de la notion d'ari/ocratisme1 contribue sa dissociation3 lorsque les natures les plus =tes et les plus nobles1 quelles que soi5t leur orig9e et leur con=mation1 se considr5t responsables env]s leurs frres infrieurs1 la c\*e suprieure1 t\t en re/ant f]me p> sa nature1 n'en subit pas mo9s dans sa sub/ance des *angem5ts incessants2 la dnom9ation3 g\v]nem5t des meilleurs se tr\ve alors ju/ifie et notre reprs5tation d'une conomie de ca/e ne correspond plus ri5 de rel4 ,je d\te =t que telle soit la conception idale de ceux de nos e/htes qui1 les yeux fixs sur ,a?nes et ,v5ise1 considr5t que n\s devrions avoir p\r objectif la =mation d'une c\*e hrditaire s'imposant p> son degr d'in/ruction et p> sa =ce de c>actre4 ,l'olig>*ie hrditaire e/ incompatible avec la dignit et la lib]t auxquelles t\t homme a le droit de prt5dre et ne peut jamais tre une notion idale p\r celui qui p5se1 p\r celui qui adhre la doctr9e pr*ant l'lan de t\tes les mes4 ,l'olig>*ie pl\tocratique1 en outre1 ne se rappro*e s\s aucun rapport de cette indiffr5te notion-limite dont n\s avons p>l plus haut1 et n\s devons la considr] comme moralem5t mauvaise4 ,alors mme que n\s admettrions l'9galit des rev5dications1 alors mme que1 contrairem5t au socialisme1 n\s v]rions dans la multiplicit des beso9s1 dans l'aff9em5t auquel t5d une exi/5ce spirituelle1 dans la v>it des c\leurs que notre p5*ant arti/ique *]*e ralis] p\r sa propre joie et p\r celle des autres1 une des bases de la civilisation mondiale1 n\s ne p\rrions pas n\s rsign] au libre jeu des =ces qui1 sur le sol de notre organisation conomique1 a eng5dr la pl\tocratie hrditaire1 titre d'effet secondaire1 imprvu et indiscut4 ,l'homme n'a pas t cr p\r succomb]1 en v]tu d'un sort prde/91 s\s le poids de puissances accid5telles1 eng5dres p> le jeu arbitraire de la lutte conomique irrfrne4 ,la rp>tition des bi5s n'e/ pas plus une affaire prive que le droit la consommation4 ,n\s n'avons aucune raison de suivre le conseil radical du socialisme et de dtruire l'difice rig p> un millnaire de travail organique1 p\r mettre la place de la concurr5ce un bureaucratisme polici]1 et la place de la lib]t civile des s\pes populaires obligatoires p\r t\t le monde et le droit univ]sel la pauvret2 mais n\s voyons de n\veau et df9itivem5t la ncessit d'une r=me susceptible d'difi] un n\veau rgne de lib]t sociale sur la base d'un plus ju/e droit la consommation1 d'une plus quitable rp>tition des bi5s de possession et d'une plus gr&e aisance de l'tat4 ,une digression qui1 en mme temps qu'elle f]me le c]cle des considrations qui prcd5t1 en supprimant la d]nire contradiction entre la conclusion et les prmisses1 n\s p]mettra d'abord] les considrations empiriques qui vont suivre4 ,n\s avons vu que la consommation exagre atte9t un m9imum dans le cas-limite ?orique o t\te la =tune se tr\ve conc5tre entre les ma9s d'un seul4 ,s]ait-il cra9dre qu'une plus gr&e galisation des =tunes ait p\r effet une augm5tation de la consommation telle qu'il en rsulte un srieux dang] p\r les rs]ves dont n\s avons beso9 p\r l'ext5sion et le r5\vellem5t de l'activit mondiale8 ,ce dang] n'e/ que relatif4 ,sans d\te1 la consommation moy5ne des bi5s s]vant la cons]vation et l'lvation de la vie s]a augm5te2 mais on sait p> expri5ce que le surcrot de consommation de ces bi5s e/ suivi d'une augm5tation de la quantit de travail et d'une amlioration de sa qualit4 ,la consommation de gr& luxe se tr\v]a dim9ue1 alors mme que la collectivit possd]a le droit de s'ent\r] de pompe et de magnific5ce4 ,quant l'individu qui cd]a un p5*ant irrsi/ible v]s l'clat et v]s le luxe1 il s]a oblig de rtablir l'quilibre en re/reignant sa consommation j\rnalire4 ,la seule possibilit susceptible de tr\bl] cet tat de *oses s]ait f\rnie p> le gaspillage de moy5s de consommation s\s la =me d'inutiles articles de baz> et d'ornem5ts banals4 ,mais la =ce de consci5ce conomique1 dont l'veil s]a la fois la cause et l'effet de la n\velle poque et dont n\s aurons p>l] propos de la morale conomique1 f9ira p> inculqu] l'humanit trans=me le plus pr(ond mpris p\r t\s nos bibelots mascul9s et fm99s et p> ab&onn] aux populations sauvages et demi-civilises l'usage de t\tes les futilits1 frivolits1 imitations1 de t\s les articles de n\veaut1 de modes1 de bij\t]ie1 de coquett]ie1 de t\s les articles spciaux et autres *oses indignes portant des noms affreux4 ,une p>tie =midable du travail mondial1 que le manque d'ducation et de gt absorbe de nos j\rs1 s]a a9si p>gne4 ,et c'e/ a9si que la =me conomique fonde sur le pr9cipe de l'galisation des =tunes f\rnira une base naturelle et morale un autre m9imum1 celui de la consommation somptuaire et sup]flue2 et il app>at avec vid5ce que notre organisation actuelle1 pl\tocratique et ple9e de contradictions1 mrite encore sa condamnation1 du fait de la fausse direction qu'elle imprime la consommation4 ,n\s abordons ma9t5ant le doma9e de la pratique4 ,mais avant de n\s occup] de l'ordre n\veau1 n\s avons exam9] la lgitimit du droit la prfr5ce que l'individu rev5dique p]sonnellem5t en sa faveur1 en ce qui conc]ne la consommation et la possession des bi5s de la collectivit4 ,qu& n\s aurons vu quels sont ceux qui lv5t cette prt5tion la ri*esse et la =tune1 au nom de quel droit ils exig5t la g>antie de la socit et de l'tat1 quels sont les moy5s de protection dont l'tat dispose p\r se df5dre contre les exig5ces exagres et l'inju/ice1 n\s ap]cevrons plus nettem5t les bases conomiques et morales d'une organisation plus libre et plus ju/e4 ,qui e/ ri*e et de quel droit8 ,qui peut dire3 sur l'ensemble de la =tune et du rev5u du monde1 j'ai droit une "p de consommation et de possession dix fois1 c5t fois1 mille fois plus gr&e que celle de l'humanit moy5ne8 ,d'o provi5t la ri*esse p]sonnelle et comm5t e/-elle acquise8 ,la naissance de =tunes dans le pass ne n\s intresse pas ici4 ,il suffit que leurs possesseurs actuels les ai5t reues p> hritage4 ,la notion de transmission hrditaire n\s occup]a plus t>d1 mais p\r le mom5t voyons comm5t naiss5t les ri*esses de nos j\rs4 ,la ri*esse reprs5te-t-elle l'p>gne8 tant donne la brve dure de la vie huma9e1 les ga9s obt5us p> un travail rguli] peuv5t la rigueur p]mettre d'p>gn] de quoi s'assur] un bi5-tre moy54 ,les rev5us dont l'accumulation =m5t la ri*esse1 ne sont pas des rev5us procurs p> le travail1 mais app>ti5n5t d'autres catgories4 ,l'op9ion populaire1 d'aprs laquelle l'p>gne s]ait une s\rce de ri*esse1 e/ totalem5t errone4 ,l'enri*issem5t p> les tr\vailles e/ possible1 bi5 que peu frqu5t4 ,la re*]*e de trsors ne convi5t plus notre poque1 mo9s qu'il ne s'agisse de buts sci5tifiques1 et les dc\v]tes de tableaux de ,rembr&t dans des b\tiques de brocanteurs n'enri*ir5t que les report]s de j\rnaux2 il faut dire cep5dant que la dc\v]te de trsors m9raux a cr plus d'une =tune canadi5ne1 africa9e et allem&e4 ,p\r que naisse la ri*esse en gnral1 il faut que des milli]s d'individus cons5t5t ab&onn] une p>tie de ce qu'ils possd5t2 et ils n'y cons5t5t que si c'e/ seulem5t au prix de ce sacrifice qu'ils peuv5t satisfaire un beso9 urg5t4 ,on appelle ce beso9 urg5t1 raisonnable ou absurde1 beso9 conomique4 ,donc1 quiconque veut dev5ir ri*e doit satisfaire un beso9 gnral4 ,mais cette proposition n'e/ pas encore suffisante1 c> il y a concurr5ce entre ceux qui s'(fr5t satisfaire ce beso92 le pr(it s'en tr\ve dim9u et1 f9alem5t1 *aque entrepr5eur1 au lieu des trsors esprs1 ne rcolte qu'une mode/e r5te ou un mdiocre rev5u de travail4 ,le problme de l'enri*issem5t ne se tr\ve donc rsolu que lorsque l'entrepr5eur e/ mme de limit] la concurr5ce1 de fix] sa guise le taux du rev5u ou d't5dre volont le c]cle de ceux qui sont prts faire le sacrifice ncessaire4 ,ces conditions se tr\v5t ralises dans le monopole reconnu ou impos4 ,l'heureux inv5teur use du monopole du brevet ou du secret de fabrication4 ,quiconque imite son inv5tion ou corrompt son contre-matre1 e/ puni4 ,l'extraction de c]ta9s m9raux f\rnit un monopole naturel1 notamm5t lorsque les m9es sont r>es ou en nombre limit4 ,la gr&e banque1 l'entrept1 l'entreprise gigantesque indu/riellem5t ramifie us5t du monopole de l'avance4 ,quiconque v\drait les imit]1 devrait1 p5dant de nombreuses annes1 travaill] p]te et avec de puissants capitaux1 p\r crer des organisations concurr5tes4 ,or1 peu nombreux sont ceux qui sont disposs lanc] leurs capitaux dans des essais de ce g5re4 ,les indu/ries *imiques s'appui5t sur le monopole de la situation3 le plus s\v5t il n'y a qu'un seul po9t gographique qui se tr\ve une di/ance favorable du c5tre des matires premires1 des s\rces d'n]gie1 de la ma9-d'oeuvre et des db\*s4 ,le gr& tnor porte le monopole de la r>et dans son gosi]2 les ?tres d'opra sont plus nombreux que les voix d'hommes aigus1 bi5 =mes4 ,associations et syndicats s'assur5t le monopole l'aide de c>tels1 en s\mettant l'ensemble d'une indu/rie une direction unique et en lim9ant la concurr5ce4 ,le propritaire d'une maison de rapport vit du monopole que lui assure un t]ra9 de gr&e ville3 c]ta9es affaires et p]sonnes tant p> la =ce des *oses localises dans des qu>ti]s dt]m9s d'une ville1 la dem&e augm5te1 alors que l'emplacem5t re/e re/re9t4 ,le m>*& de modes vit du monopole de son nom1 c> il y a des g5s qui s]ai5t dsols de port] un *apeau ou d'avoir la ma9 un p>apluie ne sortant pas d'une maison en vogue4 ,le propritaire d'un *em9 de f]1 d'une canalisation d'eau1 d'un port reoit son monopole directem5t de l'tat ou de la commune2 le droit dont il j\it quivaut un droit rgali54 ,t\s ces monopoles et nombre d'autres enri*iss5t leurs dt5teurs2 il n'exi/e pas d'autres moy5s de s'enri*ir4 ,c'e/ que le jeu1 le risque1 la spculation donn5t1 en v]tu mme du calcul des probabilits1 des rsultats qui1 la longue1 f9iss5t p> s'quilibr]1 et l'on peut nglig] les r>es cas o l'heureux bnficiaire e/ mme de pr(it] de son ga91 en s'arrtant temps1 ou d'en faire pr(it] ses desc5dants1 p>ce que la mort tait v5ue mettre f9 ses oprations en ple9e priode de russite4 ,si n\s int]rogeons1 en t\te imp>tialit1 notre s5tim5t intrieur au sujet de la ju/ice ou de l'inju/ice de l'enri*issem5t p> le monopole1 n\s p]cevons la rponse suivante3 il y a quelque *ose d'immoral dans la fixation arbitraire des prix1 dans la puissance matrielle1 dp\rvue de scrupules1 que le monopole assure l'individu sur la collectivit4 ,cette immoralit semble un peu attnue dans le monopole qu'assure la priorit et dans celui de la te*nique1 surt\t lorsqu'ils sont ex]cs1 non p> une seule p]sonne1 mais p> une association1 c> ici l'utilit du s]vice r5du e/ vid5te et malgr la situation exceptionnelle de l'organe privilgi1 ce privilge peut tre plus avantageux p\r la collectivit que si la fonction en "q tait ab&onne la libre concurr5ce4 ,le monopole app>at d'autant plus insupportable qu'il a t mo9s mrit1 que son ex]cice dem&e mo9s de pe9e et se fait avec mo9s de scrupules3 c'e/ a9si que le monopole du propritaire de t]ra9s dans une gr&e ville e/ des mo9s rj\issants4 ,on ap]oit en mme temps qu'il suffit d'un app>eil lgislatif insignifiant p\r rgl] ou1 lorsque cela p>at ncessaire1 f]m] les s\rces de la ri*esse p]sonnelle4 ,n\s rs]vons cette "q pragmatique p\r la f9 de nos dductions conomiques4 ,n\s allons n\s occup] de l'autre ct1 qui e/ le plus dcisif1 de la rev5dication du droit la ri*esse4 ,seule une p>tie insignifiante de ce qu'il possde auj\rd'hui a t acquise p> le propritaire2 la plus gr&e p>tie de sa =tune lui e/ v5ue p> hritage4 ,si la vue de la ri*esse acquise1 ram5e ses vritables s\rces et orig9es1 veille en n\s un s5tim5t de dsapprobation qui n\s la fait qualifi] d'inju/ice1 ce n'e/ gnralem5t plus le mme s5tim5t qui prside notre critique de l'hritage4 ,la transmission de la proprit de gnration en gnration app>at la s5sibilit actuelle comme une *ose intangible4 ,cette con/atation r5d ncessaire une rem>que pralable1 d'ordre m?odologique4 ,t\t progrs social et politique rsulte de la lutte entre la tradition et la n\veaut4 ,nulle poque ne s'e/ applique1 dans une mesure aussi gr&e que la ntre1 appr(ondir cette opposition1 avec la t5dance inconte/able1 bi5 que subconsci5te1 pr5dre p>ti p\r la tradition1 comme c'e/ le cas de t\te poque atte9te d'impuissance cratrice4 ,et1 p\rtant1 l'opposition dont il s'agit1 lo9 d'tre absolue1 e/ seulem5t fonction de notre manire de voir3 ce qui e/ rvolutionnaire auj\rd'hui devi5t consacr p> la tradition le l5dema91 et ce qui e/ ractionnaire auj\rd'hui fut rvolutionnaire hi]4 ,lors donc qu'on oppose la tradition1 envisage comme un produit organique et naturel1 le n\veau comme tant quelque *ose d'arbitraire1 comme tant une inv5tion dogmatique ne reposant sur aucune expri5ce1 n'ayant aucune p>ticul>it ju/ifie1 on opre une confusion entre ce qui c>actrise les contra/es de dveloppem5t et les c>actri/iques des hommes dans lesquels ces contra/es s'inc>n5t4 ,on confond la nature de l'homme1 p>tisan de la cons]vation1 avec la nature de la tradition2 la nature du novateur avec celle de la n\veaut4 ,la n\veaut1 dev5ue fait1 e/ aussi organique et se ratta*e aussi troitem5t l'homme et aux circon/ances que la tradition2 elle devi5t elle-mme1 au b\t de peu de temps1 tradition1 habitude1 vnrable antiquit1 *ose anci5ne1 dj dpasse4 ,l'homme1 au contraire1 qui a un p5*ant p\r la tradition1 diffre de celui qui annonce et cre le n\veau4 ,celui-l s'appuie sur l'expri5ce et l'obs]vation complaisante de ce qui exi/e1 p>fois aussi sur des privilges et des prjugs dev5us *]s1 celui-ci sur la =ce du beso91 sur son don de clairvoyance1 sur des idaux1 p>fois aussi sur son propre mcont5tem5t et sur des dsirs p]sonnels4 ,les v]tus de l'un rsid5t dans la fidlit et dans la froide comprh5sion1 celles de l'autre dans la =ce cratrice et dans l'intuition2 les dang]s auxquels e/ expos le premi] sont l'troitesse de vues et la p>esse1 l'autre risque de tomb] dans le dogmatisme et la lgret4 ,on peut dire que *aque n\veaut prs5te plus ou mo9s ces dang]s4 ,elle comm5ce p> tre dogmatique1 rationali/e et agressive1 incapable de compr5dre les p>ticul>its fondes4 ,mais1 l'usage1 les angles s'm\ss5t1 les tons cri>ds pliss5t1 l'outil s'ass\plit dans la ma94 ,un miracle1 dis5t les ,ori5taux1 ne dure pas plus de trois j\rs4 ,la cra9te ju/ifie des vices et de la frocit populaires et le pr(ond p5*ant des ,slavo-,g]ma9s p\r la commode obs]vation de ce qui exi/e g>5t notre manire de concevoir l'hi/oire1 jusqu' n\s faire voir dans t\te n\veaut subite un crim9el b\lev]sem5t4 ,le m\vem5t de la gr&e rvolution franaise e/1 et non sans raison1 trang] notre s5sibilit2 et p\rtant1 au c\rs de tant de nuits agites1 l'imag9ation des rvolutionnaires en travail a fait natre des notions capitales conc]nant l'adm9i/ration communale1 l'ducation populaire1 la df5se nationale4 ,la s5sibilit politique des ,allem&s e/ mon>*ique1 et en cela rside une de ses r>es =ces2 n\s sommes passionnm5t ports dtruire t\te vellx rpublica9e comme une haute trahison2 il e/ t\tefois heureux que n\s ayons g>d assez d'objectivit p\r ne pas voir dans t\t ,suisse un desc5dant de rgicides et de nihili/es sans foi et de ne pas p\rsuivre s\s l'accusation de jacob9isme t\t ,allem& tabli ,ble4 ,au po9t de vue gnral du m\vem5t hi/orique1 l'opposition subjective entre la tradition et la n\veaut app>at a9si comme une =ce ral5tissante1 quelque *ose de semblable au mom5t d'in]tie physique4 ,dans l'conomie de l'hi/oire univ]selle1 la t*e qui incombe au traditionalisme consi/e assur] la rgul>it du m\vem5t1 emp*] la voiture de v]s]1 limit] les expri5ces arbitraires4 ,mais il ne faut jamais oubli] que c'e/ l une =ce ngative4 ,le cons]vatisme1 qui e/ en app>5ce l'approbation de ce qui exi/e1 e/ en ralit la ngation de la vie et de son dveloppem5t4 ,dans des considrations consacres aux *oses v5ir1 il faut t\j\rs rev5ir cette attitude1 dont le c>actre ngatif mme r5f]me p\r n\s un enseignem5t4 ,elle n\s met notamm5t en prs5ce de la "q3 quel e/ le critre qui n\s p]met de di/+u] une fantaisie utopique d'une n\veaut organique1 bi5 que se rclamant de c]ta9s pr9cipes8 ,ce n'e/ pas la pratique qui peut n\s f\rnir les lm5ts de cette dcision1 c> mme l'imp>fait et l'absurde peuv5t p5dant un c]ta9 temps recevoir une ralisation pratique4 ,les seuls facteurs dcisifs sont l'unit et la =ce de la conception gnrale4 ,lorsqu'une contradiction se manife/e entre la conception gnrale et les lm5ts affectifs acquis s\s l'influ5ce de telle ou telle conception p>ticulire1 c'e/ cette d]nire qui doit tre c>te4 ,quant la conception gnrale1 sa validit e/ proclame1 non p> le tribunal de la gnration qui la voit natre1 mais p> l'aropage des temps4 la lumire de ces notions1 abordons de n\veau la conception s5tim5tale de l'hritage et exam9ons-la de prs4 ,contrairem5t l'enri*issem5t p> les monopoles et la spculation1 qui blesse notre s5tim5t moral1 l'enri*issem5t p> l'hritage comme tel ne *oque gnralem5t pas la majorit des g5s4 ,n\s voyons les *amps de c\rses et les lieux de plaisir d'une gr&e ville remplis de jeunes g5s bi5 levs1 p>faitem5t consci5ts de ce qu'ils sont1 de jeunes g5s qui1 p\r une danseuse ou un *eval1 dp5s5t plus d'arg5t en une heure qu'un pauvre tudiant1 un pote ou un musici5 n'en gagn5t en une anne p\r subv5ir leurs beso9s les plus lm5taires4 ,ce qu'ils exig5t du pays p\r leur consommation p]sonnelle reprs5te une valeur suprieure celle du traitem5t du prsid5t du ,conseil des m9i/res et du *anceli]4 ,la seule comp5sation qu'ils sont capables de f\rnir consi/e dans la j\issance et la reprs5tation4 ,selon la m5talit et les intrts de *acun1 ils sont traits avec politesse1 dfr5ce ou s\mission1 affabilit1 condesc5dance4 ,ils tr\v5t t\t naturel que le jeune savant ou comm]ant leur fasse place1 lorsqu'ils se prs5t5t p\r dp5s] ou faire une comm&e2 le s5tim5t populaire juge p>fois leur attitude arrogante1 leur inactivit regrettable1 mais voit dans leur situation privilgie un fait auquel on ne peut ri5 *ang]1 l'expression d'une tradition consacre1 la manife/ation d'un clat et d'une puissance hrditaires4 ,on juge svrem5t la femme de moeurs lgres qui1 re/e veuve d'un homme ri*e et vieux1 se complat dans le luxe pr9ci]4 ,on lui repro*e ses orig9es1 mais on ne conte/e pas son droit de dp5s] les rev5us d'une pr9cipaut1 tant donn qu'ils lui app>ti5n5t p> droit d'hritage4 ,une grosse entreprise indu/rielle e/ hrite p> un fils majeur1 mais incapable2 les directeurs gnraux lui font les rapports les plus s\mis1 *]*5t s'adapt] ses lubies1 dem&5t des augm5tations de traitem5t et des p\voirs2 une f\le de contre-matres aux *eveux blancs se prcipite au-devant de la voiture du jeune patron1 *acun disputant son vois9 l'honneur d'ouvrir la portire4 ,un homme ais meurt1 laissant femme et quatre enfants ,t\s les c9q dcid5t de vivre de leurs r5tes2 les fils p\s5t des femmes1 et les filles p\s5t des m>is se tr\vant dans la mme situation4 ,voil donc l'tat enri*i de quatre familles qui1 p5dant un sicle1 n'auront ri5 cr1 mo9s que tel ou tel desc5dant n'ait l'ide d'appr5dre un j\r l'hi/oire ou la diplomatie4 ,combi5 sont-ils1 les hommes bi5 portants1 gs de mo9s de soixante ans1 qui viv5t de leurs r5tes dans un tat civilis8 ,que de jeunes g5s fond5t leur exi/5ce sur le m>iage avec une ri*e hritire6 ,que de familles improductives que l'tat doit n\rrir p5dant de nombreuses gnrations6 ,t\s ces phnomnes sont lo9 d'app>atre la consci5ce de la collectivit comme tant contraires la ju/ice2 on les considre quelquefois comme f*eux1 mais1 *ose tonnante6 jamais comme immoraux4 ,laissons de ct t\te objection tire des ncessits de la civilisation4 ,si les bi5s consomms p> les improductifs tai5t rp>tis entre ceux qui crent1 on p\rrait ralis] des missions culturelles suprieures2 si les =ces des improductifs tai5t mises au s]vice de la socit1 de n\velles valeurs spirituelles et conomiques p\rrai5t tre cres4 ,la notion morale de l'hritage e/ pr(ondm5t enrac9e p> l'habitude sculaire1 ce qui emp*e le monde de se r5dre compte que la sub/itution de la raison d'tre s'e/ effectue depuis longtemps et que les prmisses sur lesquelles reposait l'hritage ont depuis longtemps disp>u4 ,aux poques primitives1 les u/5siles tai5t aussi s\v5t ent]rs avec leur propritaire que transmis en hritage ses desc5dants4 ,c'e/ qu'ils tai5t des objets insp>ables de l'homme et de sa cabane1 survivai5t la gnration et =mai5t les attributs de l'individu collectif1 c'e/--dire de la famille4 ,il p\vait en tre de mme des tr\peaux1 dont les gnrations animales se succdai5t p>alllem5t aux gnrations huma9es2 il p\vait encore en tre de mme du *amp et des outils agricoles1 lorsque1 la proprit prive tant ne1 c'tait la famille qu'tait incombe la t*e d'assur] la cont9uit de la culture du sol4 ,puissance1 autorit1 fonctions gu]rires et privilges se transmettai5t hrditairem5t dans la mme c\*e sociale4 ,la tribu subordonne1 c'e/--dire prive de sa noblesse1 ne devait plus jamais dom9] ou dcid] elle-mme de ses de/9es2 la df5se extrieure1 le g\v]nem5t de la noblesse l'intrieur1 ne p\vai5t se ma9t5ir que p> l'hrdit1 qui a f9i p> s't5dre au sac]doce1 la royaut1 aux rangs4 ,de l'poque de l'hrdit fodale e/ ne ins5siblem5t l'poque du capitalisme qui1 sans exam9] la *ose et sans int]rog] sa consci5ce1 cdant uniquem5t la =ce de la tradition et faute d'autre analogie1 avait emprunt au fodalisme le c>actre inde/ructible de l'hrdit4 ,les raisons ess5tielles de celle-ci avai5t disp>u2 alors que la noblesse hrditaire impliquait des droits et des devoirs1 imposait aux gnrations successives l'obligation de la df5se et du s]vice1 la ri*esse hrditaire comportait seulem5t droits1 puissance et j\issance1 sans aucune rciprocit4 ,la collectivit politique des ,roma9s fut la premire ress5tir1 bi5 qu'inconsciemm5t1 ce qu'il y avait d'intolrablem5t p>adoxal dans le fait d'un homme disposant arbitrairem5t aprs sa mort de la puissance1 du sol1 d'une entreprise et du droit de j\issance2 aussi a-t-elle f9i p> difi] sur les fondations discutables de ce fait une sup]/ructure1 s9on organique1 t\t au mo9s organi/ique4 ,et jusqu' nos j\rs1 t\s les tats civiliss us5t de t\te leur puissance et de t\te leur autorit1 p\r obt5ir que le mort ma9ti5ne ses droits sur les vivants1 que *acune de ses lubies1 ds l'in/ant o elle e/ con=me la loi1 soit valable1 qu'un p>5t loign et inconnu puisse recevoir sa "p d'hritage1 que les hriti]s1 quels qu'ils soi5t1 du fait seul qu'ils sont protgs p> la tradition et p> la dsignation1 ne p]d5t pas une p>celle des trsors et des droits accumuls p> des moy5s s\v5t peu ju/ifiables4 ,si un homme russissait de nos j\rs s'emp>] de la totalit du sol d'un pays1 de t\tes ses oeuvres d'art1 de t\s ses monum5ts crits et qu'il lui plt de ne laiss] l'tat1 aprs sa mort1 que deux r\tes et quelques btisses1 l'tat s]ait oblig1 ds l'in/ant o c]ta9es =malits aurai5t t remplies et c]ta9es taxes payes1 de dploy] t\t l'app>eil de =ce dont il dispose p\r remettre intact ce mon/rueux hritage entre les ma9s du lgataire univ]sel1 quelque mauvaise que soit sa rputation2 il doit lui reconnatre le droit de b>r] et de laiss] en ja*re des proprits1 de dfigur] des paysages1 de s\/raire l'usage public des oeuvres d'art1 de rduire des ouvri]s la fam9e1 de dtruire des monum5ts1 mo9s que cet tat ne se dcide1 p> des lois spciales1 s'attaqu] au c>actre p>adoxal de l'hritage4 ,ce d]ni] exemple suffit n\s montr] que le pr9cipe de l'hrdit des bi5s et de la puissance ne tr\ve pas place p>mi les notions morales de l'humanit1 p>mi celles qui sont intangibles et au-dessus de t\te critique4 ,le pr9cipe de l'hrdit n\s e/ famili]1 p>ce qu'il fait p>tie des *oses dont n\s avons l'habitude2 mais il n'e/ ri5 mo9s que sacro-sa9t2 il con/itue t\t simplem5t une p>ticul>it e?nologique1 adopte sans exam5 et ayant acquis une importance exagre4 ,les raisons qui ju/ifiai5t sa naissance ont disp>u2 quant ses effets1 ils ab\tiss5t t\t simplem5t l'ant9omie4 ,et c'e/ cep5dant sur ce pr9cipe que repos5t l'ess5ce mme de notre hir>*ie sociale1 la con/ance rigide de la rp>tition des =ces nationales4 ,le joyeux m\vem5t d'asc5sion et de desc5te qui c>actrise la vie1 le jeu organique qui r5d les organes t\r t\r subordonns et dirigeants1 la pluie d'abondance que rp&5t avec une gnreuse prodigalit les seaux d'or1 t\t cela se ptrifie et s'immobilise devant la rigidit du sort auquel sont condamnes les gnrations et qui e/ une oeuvre huma9e4 ,cette rigidit condamne le proltaire la s]vitude t]nelle1 le ri*e la j\issance t]nelle4 ,elle *>ge de responsabilit l'homme las qui la rep\sse1 et elle t\ffe la =ce cratrice de l'homme inutilis qui aspire la responsabilit4 ,la visqueuse c\*e huileuse de la tradition s'int]pose1 p\r les sp>]1 entre les deux solutions aff9es qui *]*5t se pntr] mutuellem5t1 et augm5te la t5sion d'une volont dp\rvue d'activit4 ,n\s avons surpris les comm5cem5ts d'une n\velle consci5ce morale4 ,il y a dans notre s5sibilit un co9 qui se refuse accept] sans exam5 l'affirmation d'un droit une "p des ri*esses matrielles1 tel que ce droit e/ rsult du libre jeu des =ces dans les doma9es neutres1 univ]sellem5t respects1 du droit civil et du droit comm]cial4 ,aux prt5tions1 d'une moralit d\teuse1 du spculateur et du dt5teur d'un monopole s'aj\t5t celles du gros hriti]1 dp\rvu de t\t mrite et qui se prvaut de son droit r\t9i]4 ,n\s avons fait le t\r des doma9es conomiques de la consommation1 de la possession et de la rev5dication1 et il ne s]ait pas inutile de rsum] les rsultats que n\s avons obt5us s\s la =me de propositions faciles ret5ir4 #a ,le r5dem5t total du travail huma9 e/ limit *aque in/ant donn4 ,la consommation1 comme l'conomie en gnral1 e/ une affaire1 non prive1 mais collective4 ,le luxe et l'isolem5t doiv5t tre subordonns la volont gnrale et tolrs seulem5t dans la mesure o il s'agit de la satisfaction d'un beso9 immdiat et vritable4 #b ,l'galisation de la possession et du rev5u e/ une exig5ce de la morale et de l'conomie4 ,dans l'tat1 il ne doit y avoir qu'un propritaire dmesurm5t ri*e3 l'tat lui-mme4 ,il doit possd] les moy5s ncessaires p\r p\voir supprim] t\te misre4 ,on peut admettre une c]ta9e div]sit des rev5us et des =tunes1 mais cette div]sit ne doit pas impliqu] une rp>tition de la puissance et des droits de j\issance telle que les uns possd5t t\t et les autres ri54 #c ,les s\rces actuelles de la ri*esse sont les monopoles au s5s l>ge du mot1 la spculation et l'hritage4 ,dans l'organisation conomique de l'av5ir1 il n'y aura place ni p\r les dt5teurs de monopoles1 ni p\r les spculateurs1 ni p\r les gros hriti]s4 #d ,la limitation du droit de succession1 l'galisation et l'lvation du niveau de l'ducation populaire supprim]ont les diffr5ces entre les classes conomiques et mettront f9 l'ass]vissem5t hrditaire des classes infrieures4 cet effet contribu]a encore la limitation de la consommation somptuaire1 limitation qui ori5t]a le travail mondial v]s la production de bi5s ncessaires et rduira la valeur de ces bi5s une proportion plus ju/e avec la somme de travail qu'ils reprs5t5t4 ,c'e/ sur ces pr9cipes que repose le sy/me de l'galisation conomique et de la lib]t sociale4 ,l'actualisation lgislative de ce sy/me e/ une "q d'importance secondaire4 ,en considrant les in/itutions lgislatives des diffr5ts tats1 on con/ate1 en effet1 que t\tes les solutions pratiques prs5t5t un c>actre ambigu4 ,les =mes que revt la vie se ressembl5t en gnral beauc\p plus que les sy/mes lgislatifs2 les buts viss sont les mmes1 les rsultats obt5us sont galem5t analogues1 seules les in/itutions diffr5t4 ,ce qui importe avant t\t1 c'e/ de *ang] les buts1 les conceptions idales2 les in/itutions suivront1 t\j\rs en revtant des =mes pratiques v>ies4 ,ce qui importe inf9im5t plus1 c'e/ que les trans=mations futures soi5t prcdes de trans=mations dans les ides et dans les valeurs morales1 ce qui s'e/ d'ailleurs t\j\rs produit au c\rs de l'hi/oire1 lorsque de n\velles voies tai5t indiques4 ,les ides att5d5t que ces trans=mations leur soi5t imposes4 ,p> elles-mmes1 elles ont bi5 la =ce d'ab&onn] l'ornire qu'elles suiv5t1 mais elles ne manife/5t aucune t5dance le faire2 le c>actre dsuet des f9s s'exprime1 non p> un *angem5t in/antan des ides1 mais p> le fait qu'elles devi5n5t inc]ta9es et hsitantes4 ,cette hsitation a prcd t\s les gr&s b\lev]sem5ts et si1 dans notre = intrieur1 n\s l'pr\vons auj\rd'hui avec une int5sit p>ticulirem5t gr&e1 c'e/ p>ce qu'elle e/ associe aux t5dances obscures de notre mauvaise consci5ce4 ,c'e/ p\rquoi n\s avons accept la gu]re avec une vritable passion qui n'avait sa s\rce ni dans la politique ni mme dans le s5tim5t national3 elle v5ait de bi5 plus lo91 c> on esprait que la gu]re imprim]ait une n\velle direction aux ides et donn]ait un n\veau s5s la vie4 ,mais la gu]re1 qui a pu dtruire et balay] beauc\p de *oses1 fut incapable de donn] satisfaction sur ce d]ni] po9t4 ,c'e/ qu'elle a t provoque1 non p> des ncessits sociales et purem5t1 mais pr(ondm5t huma9es1 mais p> des conflits nationaux4 ,or le nationalisme n'e/ que la surface de la s5sibilit et de la consci5ce collectives1 dont le noyau int]ne re/e transc5dant et se manife/e dans ce qui e/ moral et social4 ,la gu]re a branl plus d'une valeur prime1 dans la mesure t\tefois o il ne s'e/ agi que des manife/ations extrieures de la volont populaire2 la consci5ce intime du peuple n'a t affecte p> la gu]re que dans ses rapports avec cette volont extrieure4 ,si on fait de celle-ci le c5tre de la vie1 le *em9 p>c\rir devi5t c\rt1 la gu]re se trans=me en une f9 en soi et la paix en un rve las et oiseux4 ,la gu]re sans passion et sans ha9e n'e/ qu'une b\*]ie cynique1 inhuma9e2 mais1 d'autre "p1 la passion et la ha9e ne peuv5t jamais tre des f9s d]nires1 l'am\r seul tant capable de satisfaire l'me4 ,la trans=mation de la m5talit f]a l'objet d'un *apitre spcial de ce livre2 ici n\s donn]ons quelques exemples brefs et concrets de la manire simple et unique dont peut tre rsolue la casui/ique des in/itutions4 ,i4--,le moy5 le plus indiqu de rglem5t] la consommation consi/e en un va/e sy/me1 dont les limites vont p>fois jusqu' la prohibition1 de droits1 de d\anes1 de taxes et d'impts frappant le luxe et la consommation exagre4 ,ce sy/me ne doit pas avoir un c>actre f9anci]2 le montant de son produit n'e/ que *ose t\t fait secondaire2 il vaut uniquem5t p> les re/rictions qu'il impose4 ,les taxes doiv5t tre d'autant plus leves que le produit import ou fabriqu sur place e/ plus *]4 ,il ne faut pas oubli] que t\te importation ne peut tre paye que p> une exportation4 ,p\r pay] quelques colli]s de p]les1 il faut export] le produit j\rnali] de dix annes de travail de c9q familles ouvrires allem&es4 ,le tabac et les liqueurs alcooliques1 les tissus prcieux1 les f\rrures1 les plumes d'ornem5t1 les pi]res prcieuses et les bois r>es1 mais surt\t les m>*&ises de luxe manufactures doiv5t tre frappes de taxes et d'impts reprs5tant le multiple de leur valeur2 les joyaux1 dont l'importation e/ difficile contrl]1 doiv5t1 en plus de la taxe d'entre1 pay] un impt annuel lev4 ,il y a des rgions en ,allemagne o la consommation de la bire reprs5te en moy5ne plus de trois litres p> j\r et p> tte d'adulte4 ,p\r les liqueurs alcooliques et le tabac1 nos dp5ses annuelles se *iffr5t p> milli>ds4 ,sans s'occup] des intrts des brasseurs1 des tonneli]s1 des fabricants et des dtaillants1 qui peuv5t d'ailleurs tre l>gem5t ddommags1 t\s ces objets de consommation doiv5t dev5ir une s\rce abondante d'impts levs4 ,des taxes sur le *iffre d'affaires doiv5t tre exiges p\r t\s les objets de luxe1 de toilette1 de mode et de n\veaut qui se fabriqu5t dans le pays et p\r autant qu'ils ne sont pas de/9s l'exportation4 ,t\te j\issance excessive de l'espace doit tre frappe d'impt4 ,p>cs clos1 maisons et app>tem5ts luxueux1 remises et g>ages doiv5t contribu] aux *>ges du pays4 ,la dome/icit doit tre frappe d'un impt =tem5t progressif et proportionnel au nombre des dome/iques employs et leurs gages2 *evaux de luxe1 quipages et automobiles1 dp5ses excessives d'clairage1 mobili]s prcieux1 rangs et titres sont des objets imposables1 non en vue d'un rev5u f9anci]1 mais en vue de la re/riction4 ,,ii4--,les in/itutions connues de l'impt sur la =tune et sur le rev5u s]v5t l'galisation des =tunes2 mais elles ne doiv5t pas tre considres comme de/9es satisfaire un beso9 urg5t de l'tat1 c> alors ces impts sont appliqus regret et acquitts contre-coeur4 ,on doit plutt voir dans ces taxes la conscration du pr9cipe en v]tu duquel t\t acqureur n'e/ qu'un co-propritaire conditionnel de t\t ce qu'il possde au-dessus d'un c]ta9 rev5u b\rgeois et que l'tat e/ libre de lui laiss] ce qu'il veut de cet excd5t4 ,lorsqu'on obs]ve le dveloppem5t des entreprises conomiques dites mixtes ou en rgie1 qui1 p\r c]ta9es exploitations monopolises1 reconnaiss5t au fisc le droit de prlev] la plus gr&e p>tie des bnfices1 dduction faite d'un rev5u e/im suffisant1 on ne tr\ve nullem5t absurde l'v5tualit p\r l'tat de mettre la ma91 jusqu' concurr5ce d'une c]ta9e proportion1 sur les =tunes et les rev5us excessifs4 ,l'objection d'aprs laquelle on crerait1 p> ces mesures1 une prime l'exportation des capitaux ne signifie ri51 c> les in/itutions que n\s prconisons ne s]ont cres qu'au mom5t prcis o leur ju/ification et leur ncessit s]ont reconnues1 et ne s'appro*]ont que l5tem5t de leur phase f9ale4 ,cette reconnaissance ne re/]a d'ailleurs pas limite une nation donne2 au contraire1 le pays qui aura adopt ces mesures en recevra un surcrot de =ces tel que t\s les autres pays se s5tiront enc\rags suivre son exemple et1 en prs5ce des effets bi5faisants du sacrifice1 ti5dront honneur de fix] davantage les =tunes au sol sur lequel elles sont nes4 ,cette conviction n\s app>atra s\s un j\r n\veau1 lorsque n\s aurons n\s occup] de la trans=mation des notions morales4 ,une objection mo9s solide encore e/ celle qui prt5d que ces mesures s]ai5t de nature enc\rag] la prodigalit4 ,qu& un homme e/ possd de cette passion s+ulire et encore inexplique d'accumulation1 qui c>actrise notre poque et con/itue un des plus puissants ressorts de l'activit conomique1 il ne p]d pas cette passion1 du fait que sa satisfaction e/ r5due difficile2 jamais encore l'appauvrissem5t n'a trans=m un av>e en prodigue4 ,lorsqu'un homme e/ dp\rvu du p5*ant l'p>gne1 lorsqu'il e/ naturellem5t port la dp5se1 il ne s]a pas plus conome avec un gr& rev5u qu'avec un petit4 ,il e/1 en revan*e1 une troisime objection qui1 elle1 mrite un exam5 spcial3 quelle comp5sation tr\v]a l'esprit d'entreprise qui1 de nos j\rs1 e/ presque exclusivem5t alim5t p> des capitaux privs et auquel l'tat mme le plus ri*e ne p\rra pas f\rnir les moy5s et les enc\ragem5ts que la libre concurr5ce p\r des f9s n\velles fait natre avec tant d'+niosit et de joyeuses promesses8 ,,iii4--,la lutte contre les monopoles privs et p]sonnels e/ une t5dance qui1 une fois reconnue univ]sellem5t et s9crem5t1 tr\v]a son application lgislative ou pratique dans *aque cas p>ticuli]4 ,inexprime1 en p>tie conte/e1 cette t5dance a dj pris son lan et n'att5d plus que le signal de d"p4 ,dj de nos j\rs les brevets d'inv5tion1 les concessions fiscales1 les exploitations de =ces naturelles n'ont plus qu'une dure limite1 l'extraction de gisem5ts r>es1 l'utilisation monopolise de valeurs foncires sont subordonnes des considrations fiscales4 ,p\r l'conomie des s]vices publics on a tr\v des =mes qui font int]v5ir l'esprit d'entreprise1 sans tre s\mises cet esprit4 ,on n'a presque pas encore t\* aux importants monopoles de la priorit1 de l'organisation et du capital2 il e/ d'ailleurs trs difficile de les supprim] radicalem5t1 c> ils enc\rag5t et consolid5t l'conomie1 grce leur c5tralisation2 mais il e/ possible de tr\v] des =mes1 et il en s]a "q plus lo91 qui assur5t l'avantage de la collectivit1 sans enri*ir les p>ticuli]s outre mesure4 propos des monopoles et des remdes contre eux1 il convi5t de m5tionn] un g5re de pr(ession t\t fait spcial qui1 sans tre gnralem5t une s\rce de gr&e ri*esse n'en tire pas mo9s de l'ensemble de la nation des rev5us relativem5t considrables et la met la m]ci de p]sonnalits dont les exig5ces ne sont pas en rapport avec leur valeur et avec les s]vices qu'elles r5d5t4 ,il s'agit ici ni des maisons de comm]ce ni des maisons de commission1 suivant l'anci5ne =mule1 qui1 elles1 r5d5t de gr&s s]vices4 ,je fais seulem5t allusion aux affaires occasionnelles de gr&e env]gure1 telles que spculations1 ag5ces de prts et de fonds de comm]ce1 a*at et v5te de brevets et de bi5s fonci]s1 ag5ces secrtes de placem5ts de capitaux et comm]ce illgal de valeurs4 ,on p\rrait frapp] t\s ces bnficiaires accid5tels d'un droit de timbre efficace1 de taxes p>ticulires2 on p\rrait leur impos] une lic5ce1 l'enregi/rem5t de la raison sociale1 un contrle de revision de leur comptabilit4 ,il faut encore m5tionn] un g5re d'activit qui1 honorable et de bonne foi au fond1 repose sur des procds dont le c>actre arrir e/ plus prjudiciable l'conomie que ne l'a jamais t aucune mesure1 si importune ft-elle1 depuis les dbuts de l'organisation capitali/e4 ,ce sont1 en effet1 des procds qui absorb5t des c5ta9es de milli]s d'exi/5ces actives et aptes produire et crer1 p\r leur impos] une t*e que quelques milli]s suffirai5t remplir4 ,voici une veuve qui se tr\ve1 la mort de son m>i1 la tte d'un comm]ce de la9ages4 ,elle exige que ses f\rnisseurs de gros lui envoi5t c9quante fois p> an de jeunes voyageurs1 qui vi5n5t bav>d] avec elle p5dant une heure ou deux1 lui racont] ce qui se fait de n\veau1 lui montr] des *antillons et s'en vont1 *acun emportant la promesse d'une comm&e v5tuelle4 ,p\r *acune de ses trois ou quatre visites qu'il ca*e soigneusem5t ses concurr5ts1 *aque voyageur e/ oblig de s'impos] un dplacem5t spcial qui augm5te le prix de la m>*&ise et immobilise p\r une j\rne sa =ce productive4 ,des millions de j\rnes de travail sont a9si p]dues t\s les ans1 grce ces soi-disant voyages d'affaires1 j\rnes qui p\rrai5t tre conomises1 s'il y avait dans *aque ville de prov9ce plus ou mo9s importante un dpt d'*antillons in/all p> les grossi/es et que les comm]ants de la rgion visit]ai5t deux ou trois fois p> an4 ,une =te imposition des bran*es de comm]ce qui1 faute d'organisation1 gaspill5t la =ce du peuple en t\rnes de voyages inutiles et disp5dieuses1 s]ait de nature provoqu] cette r=me du petit comm]ce et d'augm5t] a9si dans une proportion incroyable la =ce de production4 ,tant qu'il y a dans une collectivit conomique des produits qui1 avant d'arriv] du producteur au consommateur1 subiss5t une augm5tation de plus d'un ti]s1 d'un qu>t1 p>fois de la moiti et dans c]ta9s cas mme1 du d\ble de leur prix1 le sy/me comm]cial exige des r=mes pr(ondes4 ,ce qu'il faut *]*] pr9cipalem5t1 c'e/ mnag] le consommateur2 ce qu'il faut cra9dre avant t\t1 ce n'e/ pas l'enri*issem5t du m>*&3 ce qu'il faut supprim]1 c'e/ l'inutile va-et-vi5t de la m>*&ise1 c'e/ la multiplication excessive et coteuse des b\tiques1 ce sont les (fres1 les transactions1 les m>*&ages qui ont lieu d'une phase l'autre du trajet accompli p> la m>*&ise1 c'e/ avant t\t la p>esse exagre de l'a*eteur1 qui tr\ve trop longue la di/ance qui le sp>e de la b\tique du co91 qui veut avoir sa disposition sept dtaillants1 alors qu'un seul suffirait p> qu>ti] et qu'il faut plusieurs rappels p\r faire pay] ce seul suppos] qu'il f9isse p> pay]4 ,tontes ces complications du comm]ce peuv5t et doiv5t tre supprimes1 c> elles exig5t une dp5se exagre de travail national et un emploi inutile de capitaux1 travail et capitaux dont on p\rrait faire un emploi vraim5t productif4 ,ce n'e/ pas une "q indiffr5te1 mais une "q d'conomie nationale et de lgislation que celle de savoir s'il faut f\rnir un travail reprs5tant celui d'un corps d'arme1 p\r assur] dans une gr&e ville la di/ribution du tabac1 du papi] lettres et du savon4 ,,iv4--,au-dessus d'une c]ta9e unit raisonnable de =tune1 t\t hritage app>ti5t l'tat4 ,la limite suprieure de la =tune p\vant tre transmise p> hritage e/ f\rnie p> la =me conomique de l'agriculture dont la cont9uit et le succs ne peuv5t1 d'aprs l'tat actuel de nos connaissances1 tre assurs que p> l'exploitation prive et p> la transmission successorale4 ,en revan*e1 t\tes les raisons qu'on cite en faveur de la cons]vation des latifundia repos5t soit sur des jugem5ts de circon/ance1 soit sur des vues errones1 att5du que le fonctionnem5t de n'importe quelle bran*e conomique1 te*nique et capitali/e de la gr&e exploitation peut tre assur p> l'association4 ,le passage progressif des hritages dans la possession de l'tat peut tre obt5u p> une imposition leve1 progressive1 t5ant compte de l'importance de la =tune et du degr de p>5t4 ,le sc&ale des hritages rev5ant des p]sonnes ne faisant pas p>tie de la famille du dfunt1 au s5s le plus re/re9t du mot1 doit tre supprim aussi tt que possible4 ,dans une c]ta9e mesure p\rront tre s\/raits la ma9mise de l'tat des legs *>itables1 c]ta9es fondations au s5s l>ge du mot1 sur le rle desquels n\s aurons encore rev5ir4 ,mme des fondations familiales p\rront tre admises jusqu' un c]ta9 degr1 p\r autant qu'elles s]ont de/9es l'in/ruction et l'ducation1 des f9s morales et culturelles4 ,les plus belles oeuvres et les plus beaux monum5ts de la nature1 de l'art et de l'hi/oire ne p\rront pas tre hrits4 ,t\tes ces mesures ex]c]ont sur l'ensemble des rapports ?ico-sociaux une influ5ce plus gr&e que celle qu'ont jamais ex]ce les plus gr&es trans=mations enregi/res p> l'hi/oire mod]ne4 ,la vie extrieure app>at s\s un n\veau po9t de vue4 ct des li5s qui le ratta*5t sa classe1 on v]ra natre des rapports pr(onds entre l'individu et la collectivit qui il doit ses orig9es et laquelle il revi5t1 une fois sorti de sa maison4 ,l'exi/5ce isole1 mais s'appuyant en mme temps sur la masse1 devi5dra une absurdit4 ,la vie civique ne reprs5te une ralit que p\r autant qu'elle s]t et qu'elle r5d des s]vices2 elle devi5t une illusion1 ds qu'elle a av\ son inutilit4 ,l'exi/5ce de luxe1 vide de t\t cont5u1 disp>at et1 avec elle1 disp>at l'assujettissem5t cr p> l'hritage2 les conceptions p>ticulires se rappro*5t les unes des autres1 jusqu' se fondre en un s5tim5t national4 ,la dom9ation ex]ce p> des natures vaniteuses1 crim9elles1 irrespectueuses du bi5 d'autrui devi5t une r>e exception2 l'action t5d se pntr] de plus en plus du s5tim5t de respect4 ,l'ducation revt de n\velles =mes et acqui]t une n\velle efficacit2 lg] quipem5t jadis1 elle devi5t ma9t5ant une arme vitale4 ,la ncessit devi5t de plus en plus vid5te de re*]*] et d'enc\rag] t\tes les aptitudes2 la rcomp5se qu'en retire la socit consi/e dans une t]nelle moisson de =ces spirituelles1 comme on n'en a vu que p5dant les priodes de gr&s b\lev]sem5ts4 ,la femme reconqui]t sa dignit de mre et sa responsabilit dome/ique qui ont failli sombr] dans l'gsme monda91 dans une vie faite de corves va9es et sans intrt4 ,devant t\t homme de bonne volont s'ouvr5t une p]spective et une possibilit d'asc5sion2 p]sonne n'e/ rep\ss ni mpris2 seuls sont exclus ceux qui mpris5t4 ,une d]nire contradiction doit encore tre claircie4 ,lorsqu'on considre le fonctionnem5t actuel des gr&es =tunes prives1 en se plaant au po9t de vue purem5t mcani/e et sans t5ir compte du ct ?ico-social du problme1 on con/ate que ces =tunes rempliss5t une mission1 trangre leur nature1 mais importante au po9t de vue conomique3 elles assum5t le risque de l'conomie mondiale4 ,t\tes les entreprises du sy/me de travail capitali/e ont ceci de commun qu'elles exig5t de gr&s moy5s et sont dang]euses4 ,t\te adm9i/ration fiscale e/ capable de crer des moy5s2 mais elle e/ incapable de support] les risques1 c> il lui manque la /imulation passionne1 grce laquelle on surmonte les s\cis de la responsabilit1 de mme qu'elle ne possde pas le jugem5t in/9ctif qui1 dans ses espoirs et prvisions1 voit lo9 au-del du dang]4 ,les pr(anes se tromp5t1 lorsqu'ils croi5t que ce jugem5t peut tre remplac p> l'tude et la compt5ce pr(essionnelles3 ces moy5s ne sont d'aucun sec\rs1 lorsqu'il s'agit de rs\dre de gr&es que/ions qui engag5t l'av5ir2 les op9ions des autorits se contr$is5t alors les unes les autres et1 lorsqu'elles se tr\v5t enf9 rappro*es dans une c]ta9e mesure1 le mom5t d'agir e/ pass4 ,le capital priv s'adapte la gr&eur de la t*e p> l'association2 il fait face aux risques de ses entreprises1 grce la re*]*e inlassable du succs et du pr(it2 il s'applique *app] aux repro*es de l'av5ir1 grce au *oix consci5cieux de ses collaborateurs et au gr& nombre de ses essais4 ,jusqu' prs5t1 cet emploi tait rs]v aux seuls capitaux en excd5t1 c'e/--dire ceux qui1 aprs la satisfaction des beso9s p]sonnels des g5s ri*es et aiss1 tai5t susceptibles d'inve/issem5t et de multiplication2 les plus petites p>gnes se cont5tai5t volonti]s d'une plus gr&e scurit et d'un mo9dre am\r d'av5tures4 ,la "q qui se pose ma9t5ant e/ celle-ci3 quelles sont les n\velles =mes capitali/es1 susceptibles de remplac] les moy5s s]vant aux entreprises prives1 lorsque les gr&es ri*esses prives auront disp>u1 p\r faire place leur t\r1 au bi5-tre gnral uni=me8 ,jetons un c\p d'oeil sur le gr& nombre d'entreprises p\vant vraim5t tre considres comme des modles du g5re1 non sur celles que n\s a lgues l'hi/oire1 mais sur celles qui exi/5t et sont en voie de dev5ir 7c> la sub/itution de la raison d'tre s'obs]ve p>t\t71 et n\s con/at]ons ceci3 ,presque sans exception1 t\tes ces entreprises prs5t5t la =me imp]sonnelle d'une socit4 ,aucune d'elles n'a un propritaire p]man5t2 la composition de l'ensemble multi=me1 qui e/ le matre de l'entreprise1 v>ie sans cesse4 ,la =me primitive que revtait une entreprise1 lorsque plusieurs ngociants aiss se runissai5t p\r fond] une affaire dont les *>ges dpassai5t les =ces d'un seul1 cette =me e/ dev5ue une fiction hi/orique4 ,c'e/ presque en passant qu'un tel ou un tel acqui]t plusieurs p>ts d'une entreprise1 p>ts qu'il appelle d'une manire trs significative papi]s2 il att5d un rev5u ou une hausse de valeur2 dans beauc\p de cas1 il songe la v5te aussi rapide que possible de ces papi]s4 ,il a pe9e consci5ce du fait qu'il e/ dev5u membre d'une socit f]me2 le plus s\v5t1 il s'e/1 p\r a9si dire1 cont5t de j\] sur la prosprit de telle ou telle bran*e d'indu/rie1 les papi]s qu'il a a*ets tant le symbole de ce jeu4 ,mais le mme individu possde encore d'autres1 peut-tre beauc\p d'autres1 papi]s2 il devi5t comme le po9t de croisem5t de nombreux droits de possession1 et il peut *ang] volont la composition de ces droits4 ,p>fois il ne connat que de nom les entreprises dont il e/ le co-propritaire2 on lui a conseill l'a*at de telle ou telle autre valeur2 il a acquis telle ou telle valeur1 sur la foi d'une notice favorable qu'il a lue dans les j\rnaux2 il a suivi1 dans beauc\p de ses a*ats1 le m\vem5t gnral4 ,c'e/ la dp]sonnalisation de la proprit4 ,les rapports p]sonnels qui exi/ai5t primitivem5t entre l'homme et un objet saisissable1 exactem5t connu1 se sont trans=ms en un droit imp]sonnel un rev5u ?orique4 ,mais la dp]sonnalisation de la possession signifie en mme temps l'objectivation de la *ose4 ,les droits de possession sont tellem5t diviss et mobiles que l'entreprise en acqui]t une vie indp5dante1 comme si elle n'app>t5ait p]sonne1 une exi/5ce objective1 comme autrefois dans l'tat et dans l'glise1 dans l'adm9i/ration communale corporative ou dans celle des ordres religieux4 ,ce rapport entre la proprit et les ayants-droit s'exprime dans le processus vital de l'entreprise comme un dplacem5t du c5tre de gravit4 ,le c5tre de l'entreprise e/ con/itu p> les organes dirigeants d'une hir>*ie de fonctionnaires2 c'e/ l'ensemble des propritaires qui g>de le droit s\v]a9 de dcision1 mais ce droit devi5t de plus en plus ?orique1 la plup>t confiant la df5se de leurs droits d'autres organismes1 tels que les banques1 qui devi5n5t de ce fait les adm9i/rateurs directs de l'entreprise4 ,ds auj\rd'hui il e/ possible d'imag9] le cas p>adoxal d'une entreprise dev5ant son propre propritaire3 il lui suffit d'employ] ses rev5us ra*et] les p>ts des porteurs de titres4 ,la loi allem&e a apport des re/rictions cette procdure1 en exigeant que le porteur auquel a t ra*ete sa "p cons]ve son droit de vote2 il n'exi/e cep5dant pas de contradiction organique1 int]ne1 dans le fait de la sp>ation complte entre le propritaire et la proprit4 ,la dp]sonnalisation de la possession1 l'objectivation de l'entreprise1 la dissolution de la proprit n\s ori5t5t v]s un po9t o l'entreprise se trans=me en une sorte de fondation ou1 plutt1 en une sorte d'adm9i/ration d'tat4 ,cet tat de *oses1 que je dsign]ai s\s le nom d'autonomie1 peut tre ralis p> plusieurs moy5s4 ,n\s avons dj m5tionn le moy5 qui consi/e remb\rs] le capital4 ,un autre moy5 consi/e rp>tir la possession entre les employs et les fonctionnaires de l'entreprise2 il a t p>tiellem5t appliqu p> un indu/riel allem&4 ,la possession peut tre ratta*e c]ta9es in/itutions g\v]nem5tales1 des univ]sits1 des adm9i/rations communales ou prov9ciales1 comme ce fut le cas des premires exploitations m9ires en ,allemagne4 ,il suffit alors que des rglem5ts suffisants et efficaces assur5t l'entreprise une direction aussi p>faite que le p]mett5t les circon/ances du mom5t4 ,si l'adm9i/ration de l'entreprise e/ bi5 conue1 elle s]a mme de faire face l'av5ir t\s les beso9s de capitaux1 quelque gr&s qu'ils soi5t4 ,elle dispose d'abord de la r5te qu'elle avait jusqu'alors pay] t\s les ans ses propritaires4 ,elle peut ensuite faire des emprunts c\rt ou long t]me4 ,elle peut1 en cas de beso91 faire un pas en arrire et mettre des titres reprs5tant des p>ts amortissables2 place s\s la protection d'un tat 9puisablem5t ri*e et s\mise au contrle de cet tat1 elle p\rra avant t\t compt] sur l'aide de celui-ci1 cette aide ayant p\r contre-p>tie c]ta9es obligations4 ,plus que cela3 l'tat lui-mme s\hait]a et exig]a que les entreprises autonomes soi5t prtes *aque in/ant le d*>g] et utilis]1 s\s une surveillance spciale1 les capitaux qui se tr\v5t en excd5t dans ses caisses4 la t5dance objective l'autonomie correspond le dveloppem5t psy*ologique subjectif de l'entreprise et de ses organes4 ,les entrepr5eurs privs qui exi/5t encore ont depuis longtemps pris l'habitude de considr] leur entreprise1 s\s la =me objective d'une firme1 comme une entit indp5dante4 ,cette entit a sa propre comptabilit1 elle travaille1 s'accrot1 conclut des contrats et des alliances1 se n\rrit de son propre rev5u1 vit comme une f9 en soi4 ,elle n\rrit son propritaire1 il e/ vrai3 si ce n'e/ pas l t\j\rs un effet secondaire1 il n'en re/e pas mo9s que ce n'e/ pas l non plus son b pr9cipal4 ,un homme d'affaires intellig5t aura t\j\rs une t5dance re/re9dre sa propre consommation et celle de sa famille1 en la rduisant au /rict ncessaire1 af9 de laiss] sa firme des moy5s suffisants p\r sa consolidation et son ext5sion4 ,la croissance et la puissance de cet organisme sont p\r son possesseur une s\rce de joies plus gr&es que celles que lui procure le rev5u4 ,l'avidit cde le pas l'ambition ou la joie de crer4 ,cette manire de voir atte9t son ple9 pan\issem5t *ez les dirigeants de grosses entreprises collectives4 ,d'ores et dj1 on y voit rgn] le mme idalisme de fonctionnaires que dans les adm9i/rations de l'tat4 ,les organes dirigeants se proccup5t d'un av5ir1 o1 d'aprs les prvisions huma9em5t possibles1 ils ne f]ont plus p>tie de l'entreprise4 ,presque t\s1 sans exception1 ils lutt5t p\r assur] l'entreprise la plus gr&e p>tie des bnfices1 p\r en dim9u] autant que possible les frais gnraux1 et cela sans se s\ci] de leur propre intrt et sans se laiss] arrt] p> cette considration que ce sont leurs successeurs qui pr(it]ont des effets de leur adm9i/ration4 ,un fonctionnaire suprieur de haute valeur1 ayant *oisir entre le d\blem5t de ses rev5us et son entre dans la direction1 prfr]a la responsabilit la ri*esse4 ,la puissance et la p]fection de l'in/itution s]ont dev5ues le b absolu de la vie extrieure2 en tant que mobile d'action1 le s5tim5t de la responsabilit aura df9itivem5t remplac l'am\r du ga94 ,c'e/ a9si que les facteurs psy*ologiques de l'entreprise agiss5t dans la mme direction que le dveloppem5t du rgime de la possession1 c'e/--dire dans le s5s d'une autonomie croissante4 ,mais le s5s conomique du m\vem5t dans son ensemble e/1 en df9itive1 celui-ci3 ce n'e/ plus l'am\r du ga9 du ri*e capitali/e qui cre l'entreprise2 c'e/ l'entreprise elle-mme1 dev5ue une p]sonne objective1 qui se ma9ti5t t\te seule1 cre ses propres moy5s1 se pose des buts1 empruntant les moy5s dont elle a beso9 ses propres rev5us1 des placem5ts temporaires1 des prts accords p> l'tat1 des fondations1 l'p>gne ralise p> ses employs1 fonctionnaires1 ouvri]s1 etc4 ,c'e/ a9si qu'entre les adm9i/rations de l'tat et les entreprises prives vi5t s'int]cal] une c\*e de =mations int]mdiaires1 d'entreprises autonomes qui1 nes de l'initiative prive et diriges p> l'initiative prive1 sont s\mises au contrle de l'tat1 viv5t d'une vie indp5dante et reprs5t5t1 p> leurs c>actres ess5tiels1 une phase de transition de l'conomie prive l'conomie d'tat4 ,t\t p]met de prsum] que cette possession1 dev5ue objective et imp]sonnelle1 s]a1 dans les sicles v5ir1 la pr9cipale modalit d'exi/5ce de t\s les bi5s p]man5ts2 ct de cela1 les bi5s de consommation re/]ont proprit prive1 et les bi5s d'utilit gnrale proprit de l'tat2 les monopoles des s]vices publics affect]ont la =me d'entreprises conomiques mixtes4 ,la lgislation relative la proprit devra t5ir compte des conditions des entreprises autonomes1 au mme titre que des fondations dont l'importance e/ galem5t appele gr&ir avec le temps4 ,entreprises autonomes et fondations devront tre autorises accept] des legs1 p\r autant qu'il s'agira dans les deux cas de buts univ]sellem5t reconnus comme tant d'utilit publique4 ,c'e/ a9si que la possibilit s]a donne au fondateur d'un organisme conomique de ralis] son dsir ayant p\r objet la cont9uation de son oeuvre1 sans que des gnrations oisives se voi5t gratifies de droits de proprit et de r5tes2 le v\loir conomique e/ p]ptu1 dans la mesure o il e/ productif2 il disp>at dans la mesure o il n'avait p\r objet que l'accumulation de bi5s4 ,la fondation objective devi5t le vritable monum5t d'une vie se manife/ant au dehors2 une fois difi1 le monum5t se dta*e de la p]sonnalit qui l'a cr et comm5ce m5] une vie indp5dante2 et1 s9on p> son cont5u spirituel1 du mo9s p> son exi/5ce absolue1 il acqui]t une analogie avec la cration idale d'une oeuvre d'art4 ,le fait que *ez n\s autres ,allem&s1 qui sommes cep5dant un peuple t\rn v]s ce qui e/ ess5tiel et idal1 les oeuvres de fondation1 ne s]vant pas des f9s troitem5t familiales1 sont beauc\p mo9s nombreuses qu'en ,amrique ou mme en ,grce1 pr\ve que l'ide de l'entreprise n'e/ pas d'orig9e purem5t allem&e et n'a p> consqu5t pas pu1 jusqu' ce j\r1 manife/] t\s ses effets4 ,mais ces effets1 qui ne doiv5t tre de/9s s]vir ni l'intrt individuel1 ni l'intrt de la famille1 p>ce que nul organisme bti sur des intrts g/es ne saurait subsi/] la longue1 se manife/]ont ple9em5t ds que l'hritage qui1 p> une fausse analogie cre p> l'habitude1 a t appliqu ces oeuvres1 aura p]du son c>actre4 ,ce qui n'e/ auj\rd'hui qu'une r>e exception1 s]a dev5u la rgle2 ce qu'une gnration aura cr1 recevra une valeur gnrale et s]vira aux gnrations v5ir2 ce n'e/ plus la famille qui =m]a l'unit conomique1 mais la collectivit1 non seulem5t la collectivit s*matique de l'tat1 mais encore1 ct d'elle1 un peuple idal =m p> des individualits conomiques1 envisages non en tant qu'hommes1 mais en tant qu'inc>nant *acune une volont huma9e4 ,ri5 ne s'oppose d'ailleurs au pr9cipe des fondations familiales1 de/9es assur] la desc5dance une c]ta9e culture et une c]ta9e prp>ation matrielle en vue de la future c>rire1 mais cela dans la mesure o les s]vices r5dus p> ces fondations ne s]ont pas incompatibles avec l'intrt gnral2 ce qu'il ne faudra jamais admettre1 c'e/ que ces fondations trans=m5t leurs bnficiaires en r5ti]s et qu'elles devi5n5t des pp9ires de classes privilgies4 ,si1 ma9t5ant1 n\s jetons un c\p d'oeil sur un pays suppos avoir russi ralis] les pr9cipes de cet ordre n\veau1 n\s con/at]ons les effets suivants4 ,la production a *ang d'aspect4 ,t\tes les =ces du pays sont dev5ues actives2 ne re/5t oisifs que les malades et les vieill>ds4 ,l'importation et la fabrication de produits sup]flus1 laids et nuisibles1 sont rduites au m9imum2 un ti]s du travail national se tr\ve conomis de ce fait1 la production des objets ncessaires e/ dev5ue meilleur m>* et plus abondante4 ,la limitation de la production du pays aux objets ncessaires et utiles augm5te l'efficacit du travail huma9 p> rapport ces produits qui devi5n5t de plus en plus suffisants4 ,la population consomme davantage et1 travail gal1 le niveau de vie s'lve de plus en plus4 ,alors que le bi5-tre total du pays augm5te du d\ble et du triple1 grce au travail impos aux bras jusqu'alors oisifs et grce la rationalisation de la production1 l'accumulation de ri*esses prives se tr\ve entrave1 ce dont la proprit collective ne peut que pr(it]4 ,cette proprit collective augm5te en effet1 et cela dans deux directions4 ,en premi] lieu1 l'tat devi5t incroyablem5t ri*e4 ,il peut suffire t\tes ses t*es dans une mesure de plus en plus gr&e4 ,il peut supprim] t\te misre et t\t *mage1 s]vir les intrts gnraux un degr qui n'avait jamais t atte9t1 et cela sans *>g] les citoy5s de n\veaux impts4 ,les fonctions dont l'tat ne s'acquitte auj\rd'hui qu' l'aide d'une fiscalit m9emm5t prjudiciable aux intrts conomiques du pays1 p\rront tre remplies sans aucune re*]*e de bnfices4 ,ce pr9cipe1 appliqu au seul problme des communications et des transports1 signifie une multiplication de la =ce de production et une baisse incroyable du cot de la production1 c> pratiquem5t t\t le doma9e des communications devi5t gratuit1 et l'effet e/ le mme que si t\tes les us9es et t\s les moy5s de production tai5t conc5trs dans un c5tre unique4 ,on peut en dire autant de la production et de la rp>tition des =ces4 ,l'tat devi5t le g>di5 et l'adm9i/rateur de gr&s moy5s de placem5t qu'il met1 moy5nant un bnfice modr1 la disposition des artisans1 la condition qu'ils accept5t un rev5u de travail normalis4 ,une n\velle classe moy5ne se =me1 grce l'enc\ragem5t f9anci] que l'tat accorde ces pr(essions1 dont le ma9ti5 ct de la gr&e indu/rie e/ t\j\rs utile4 ,l'int]v5tion des capitaux d'tat dim9ue le taux d'intrt qui grve l'indu/rie du pays et p]met la fondation d'entreprises moy5nes4 ,l'tat se tr\ve en mme temps en mesure de sp>] le travail intellectuel du mcanisme de la vie matrielle et de lui assur] un rev5u digne de lui1 indp5dant du has>d de la russite brutale4 ,l'arti/e1 le savant et le p5seur devi5n5t indp5dants du jugem5t et des dcisions d'un m>* qui1 en pr9cipe1 ne rcomp5se le mrite rel que lorsqu'il a la *ance de se prs5t] comme app>5t4 ct de la prosprit de l'tat1 on voit augm5t] celle du peuple1 non s\s la =me de gr&es =tunes prives1 mais s\s celle de l'aisance b\rgeoise4 ,les oppositions de classes ont disp>u1 l'indp5dance et la responsabilit sont accessibles t\s et les moy5s de s'in/ruire sont la porte de t\t homme capable d'en pr(it]4 ,p]sonne n'a plus lutt] contre la phalange f]me des privilgis2 la sp>ation des classes a succd un mlange con/ant1 un m\vem5t in9t]rompu d'asc5sion et de desc5te1 grce auquel les g\v]ns d'hi] devi5n5t les g\v]nants d'auj\rd'hui et *acun *]*e se r5dre1 et le devi5t1 utile son t\r4 mesure que l'accumulation de l'p>gne et1 avec elle1 l'obt5tion de crdits conomiques devi5n5t plus faciles et que le fait de n\velles exi/5ces comm5ant leur c>rire dans les colonnes des travailleurs mo9s qualifis entre de plus en plus dans les moeurs1 les luttes p\r les salaires p]d5t leur c>actre aigu1 et cela d'autant plus que les fonctions et la vocation sont dt]m9es1 p\r la plus gr&e "p1 p> les qualits morales et intellectuelles4 ,mais ce qui a surt\t *ang1 ce sont les conditions de l'(fre de travail4 ,l'abondance et la facile obt5tion de capitaux1 l'augm5tation de la production p]mett5t de gagn] une avance sur l'(fre de travail3 alors qu'il arrive p>fois de nos j\rs que des bras re/5t sans emploi1 cep5dant que les ma*9es et les moy5s de travail fonctionn5t sans rel*e1 on v]ra1 dans le rgime n\veau1 ma*9es et capitaux att5dre l'afflux de bras1 ce qui assure ceux qui v\dront travaill] une plus gr&e "p de la valeur de travail4 ,la c\*e des n\velles =mations1 des entreprises autonomes qui s'int]cal]ont entre l'conomie prive et l'tat1 contribu]a dans une gr&e mesure produire cet effet4 ,c'e/ que l'organe conomique autonome ne voit pas uniquem5t dans les gros bnfices les raisons dcisives de son exi/5ce et de son fonctionnem5t2 il n'accumule les excd5ts que dans la mesure o il en a beso9 p\r se r5\vel] et s't5dre2 l'opposition qui exi/ait entre son intrt et celui du salaire se tr\ve de ce fait notablem5t attnue4 ,bi5 plus3 c]ta9es de ces =mations adopt5t le pr9cipe de la p>ticipation des collaborateurs au produit du travail2 d'autres *]*]ont obt5ir les avantages d'une =me conomique indp5dante des intrts pcuniaires des actionnaires et capitali/es1 en amliorant la quantit et l'efficacit du travail p> la con/itution d'une catgorie d'ouvri]s l>gem5t rmunrs4 ,l'exi/5ce et la concurr5ce de ces tablissem5ts autonomes ex]c]ont une raction /imulante sur le m>* du travail4 ,dans un p>eil rgime conomique on p\rra ralis] l'galit de l'ducation et la slection consci5cieuse des vocations1 ce qui contribu]a la consolidation de l'difice national1 alors que de nos j\rs les vellxs les plus s9cres d'ducation populaire imp>tiale se bris5t contre la b>rire s\v5t infran*issable qu'oppos5t les diffr5ces d'orig9e1 de prdispositions physiques et intellectuelles4 ,mais un peuple ne peut manife/] t\te sa maturit1 t\t l'ensemble de ses =ces morales et intellectuelles que si l'on utilise t\tes les gra9es et que si l'on assure *aque b\rgeon des possibilits de dveloppem5t compatibles avec la dignit et la de/9ation div9e de l'esprit huma94 ,af9 que nulle conclusion errone ne vi5ne fauss] l'expos en app>5ce utopique d'un ordre de *oses ralisable1 n\s allons le rsum] dans les propositions suivantes3 #a ,il faut lev] le niveau de la production et du bi5-tre du pays1 ce qui aura p\r effet3 ,la suppression du gaspillage2 ,la trans=mation de la production sup]flue en production utile2 ,la suppression de l'oisivet et l'utilisation de t\tes les =ces disponibles1 en vue de la production intellectuelle et matrielle2 ,le ma9ti5 de la libre concurr5ce et de l'esprit d'initiative *ez les p>ticuli]s2 ,la responsabilit entre les ma9s des hommes moralem5t et intellectuellem5t d\s4 #b ,l'accumulation de ri*esses excessives et improductives e/ r5due impossible4 #c ,les cloisons tan*es qui sp>ai5t les classes sociales sont abattues2 la division en membres supportant les *>ges et en membres imposant les *>ges1 e/ remplace p> un m\vem5t de va-et-vi5t qui c>actrise la vie et p> une osmose organique4 #d ,a9si s'accroiss5t3 ,la puissance de l'tat1 sa =ce matrielle et sa =ce de nivellem5t2 ,et1 en mme temps1 nat un bi5-tre moy5 uni=me qui pntre t\tes les classes1 supprime les oppositions et conduit la nation la plus haute manife/ation imag9able de ses =ces spirituelles et conomiques4 ,,ii ,,le ,,*em9 ,,de ,,la ,,morale ,c'e/ une erreur de notre poque de ni] cette notion de dveloppem5t progressif qui a t tant vante p5dant un sicle4 ,c]tes1 le dveloppem5t s'effectue dans le temps et dans l'espace1 et lorsque n\s osons lev] notre reg>d v]s l',absolu1 t\t ce qui e/ relatif dans le temps et dans l'espace disp>at4 ,n\s sommes libres de qualifi] d'immobile t\t ce qui se tr\ve au-del1 bi5 que cette notion elle-mme n'*appe pas au temps et l'espace1 qu'elle p\sse v]s le po9t zro1 et bi5 que n\s procdions beauc\p plus radicalem5t1 en mettant la base de nos symboles des contra/es =ms p> des catgories inconnues4 ,il se =me a9si un tableau du monde insuffisant et qui peut tre s*matis a9si3 repos au c5tre de l'tre1 m\vem5t croissant mesure qu'on avance v]s la priphrie du monde phnomnal4 ,ce raisonnem5t p]d cep5dant t\te son importance1 ds que n\s abordons la scne sur laquelle se dr\l5t les phnomnes4 ,n\s sommes placs dans ce monde phnomnal p\r agir2 ce monde e/ dom9 p> la p5se intellectuelle2 ici les fantmes espace1 temps et m\vem5t devi5n5t des *oses relles4 ,la lumire que reoit la scne lui vi5t d'autres rgions2 cette lumire e/ la morale4 ,la rgion d'o elle vi5t n'e/ plus celle de l'intellect3 la =ce spirituelle qui p]met l'homme de pntr] dans cette rgion1 c'e/ son me4 ,ici se rvle la nave erreur de t\te philosophie qui avait prt5du1 avec la seule =ce de l'intellect1 de la logique1 de la table de multiplication1 pntr] dans t\tes les rgions1 sans jamais se dem&] si cette =ce1 reprs5te p> la p5se intellectuelle1 e/ vraim5t une =ce absolue1 si elle e/ mme la seule =ce de l'esprit1 si *aque monde que n\s v\lons s\mettre notre connaissance n'exige pas des =ces spirituelles diffr5tes de celles qui n\s p]mett5t de connatre un monde vois9 et si ces =ces spirituelles1 autres que la p5se intellectuelle1 ne se manife/5t pas dans notre vie intuitive et dans l'am\r qui anime notre me4 ,p5dant des millnaires on a vu se p\rsuivre des ef=ts ayant p\r b de dvoil] les my/res l'aide de la table de multiplication1 ef=ts infructueux1 puisqu'ils n'ont jamais russi procur] la mo9dre satisfaction aux aspirations de l'me4 ,ici se tr\ve le po9t de p>tage de deux considrations fondam5tales3 devons-n\s *]*] dcrire l'absolu dans le langage de l'intellect1 et le monde phnomnal dans le langage de l'me8 ,au po9t de vue de l'me1 le monde phnomnal n'e/ qu'une image1 une scne sur laquelle n\s sommes placs p\r crer et subir des de/9es mobiles1 selon la volont du dramaturge2 au po9t de vue de l'intellect1 l'au-del exige une monte4 ,le po9t d'indiffr5ce de ces deux considrations e/ =m p> notre devoir moral qui n\s rvle la ncessit de les ratta*] l'une l'autre1 qui n\s dit qu'il n'e/ pas p]mis de voir dans le phnomne soit uniquem5t une f9 en soi1 soit uniquem5t un jeu4 ,c'e/ p> l'int]mdiaire du devoir moral que l'me in/ruit l'intellect et se rvle comme tant d'orig9e suprieure4 ,tr\bl] la vie relle p> la considration transc5dante de l'immobilit1 ou la rgion transc5dante p> l'introduction de proccupations t]re/res1 c'e/ opr] une confusion inadmissible4 ,en considrant le monde des phnomnes au po9t de vue intellectuel1 n\s avons le droit et le devoir d'envisag] l'int]v5tion de l'me comme le po9t de d"p d'une asc5sion et d'un dveloppem5t1 bi5 qu'au po9t de vue transc5dant l'ess5ce de l'me n'ait ni comm5cem5t ni f94 ,celui qui considre les *oses conomiques1 hi/oriques et sociales ne doit jamais p]dre de vue qu'il volue sur la scne des phnomnes4 ,il doit pr5dre la vie relle telle qu'elle e/1 croire la sci5ce et au dveloppem5t1 dans les limites de la t*e qu'il s'impose et p\r autant qu'il s'agit de ce qui exi/e4 ,mais ds qu'on se tr\ve en prs5ce de f9s1 c'e/ la notion morale qui assume la direction4 ,sans dev5ir secondaire1 ce qui exi/e cesse alors d'tre dcisif2 bi5 que v5ant de trs lo91 l'exig5ce morale agit avec une gr&e puissance1 semblable en cela l'action que la =ce des a/res ex]ce sur les m>es4 ,la ralit subsi/e1 mais devi5t pla/ique comme un mtal aff94 ,et n\s devons n\s en remettre au dveloppem5t du so9 d'am5] un tat plus clair et plus p>fait1 de rappro*] de la rgion de l'me t\t ce qui e/ rebelle1 t\t ce qui semble devoir dur] t]nellem5t1 alors mme qu'il s'agirait des passions1 des erreurs1 des dsirs huma9s4 ,si le monde a pu1 depuis l'ext9ction des idaux dogmatiques et absolus1 avanc] de quelques pas1 malgr sa l\rde armure mcanique1 cela s'explique p> le fait que l'humanit a cons]v1 dans quelque reco9 de sa consci5ce1 des re/es de ses croyances de jadis1 d'orig9e transc5dante1 my?ologique1 fti*i/e1 animi/e1 re/es qui1 bi5 qu'isols les uns des autres1 n'en ex]c5t pas mo9s une action d'ensemble1 de direction et d'ori5tation4 ,c'e/ un fait incomprh5sible et qui dpasse l'imag9ation qu'on soit oblig de se reprs5t] ce monde dans lequel circule une quantit de =ces spirituelles comme on n'en a jamais vu1 comme tant ab&onn aux con/ellations accid5telles de beso9s matriels1 d'quilibres physiques1 d'aspirations concurr5tes1 sans le contre-poids d'une seule t5dance morale 9branlable1 sans la conviction de la ncessit d'un bi5 absolu1 sans la croyance une f9 commune qui enlace la vie et la mort1 sans un critre valable qui dise3 ceci e/ bon et cela e/ mauvais4 ,c]tes1 les intrts peuv5t1 eux aussi1 eng5dr] la foi4 ,un agr>i5 lve son pr(it annuel la hauteur d'une conception religieuse et politique4 ,un p>tisan du libre *ange confre sa conception comm]ciale la dignit d'un disme lucratif4 ,le savant se cre une transc5dance pr(essorale qui le flatte dans sa spcialit4 ,un dyna/e *ange des s]vices avec sa div9it4 ,le pauvre diable se v5ge et de/itue l'un et l'autre4 ,comm5t ne s'e/-on pas encore ap]u que dans ce va/e monde il n'y a p]sonne dont les convictions soi5t en opposition avec ses intrts8 ,devons-n\s donc ab&onn] l'ori5tation du monde1 son v\loir spirituel la diagonale des =ces qui rsulte de l'innombrable quantit d'intrts transc5dantaliss8 ,et p\rtant la rgion de l'me s't5d devant les yeux de t\s et1 avec elle1 le monde des idaux et des f9s1 rangs d'une faon plus organique et plus claire que le monde tr\ble des ralits4 ,un autre fait1 bi5 que mo9s important et qu'on s'tonne de con/at]1 tant donnes les t5dances pragmatiques de notre poque1 e/ celui-ci3 l'homme1 qui *]*e explor] t\tes les rgions du ciel et de la t]re1 e/ t\j\rs dans l'ignorance absolue quant la valeur de l'homme2 il ne connat ni n'apprcie son pro*a91 son semblable4 ,des sy/mes d'apprciation prims prov5ant de t\tes les poques et de t\tes les zones s'entre-crois5t dans la consci5ce de l'humanit1 aucun d'eux ne russissant assum] la direction1 faute d'une conception gnrale et fondam5tale du monde et de la vie4 ,dans la consci5ce des peuples occid5taux et dans leur conception e/htique dom9e la pol>it g]manique du c\rage et de la peur4 ,e/ e/ime t\te qualit qui atte/e le c\rage2 e/ mpris et ha t\t dfaut qui repose sur la peur4 ,t\te action viol5te e/ excusable1 lorsqu'elle e/ compatible avec la fran*ise1 la fidlit1 le c\rage2 la l*et du m5songe1 de la ruse1 de la tratrise e/ considre comme une honte qui d%onore4 ,le repro*e et le blme ne s'adress5t qu' la l*et2 l'honneur1 c'e/ le c\rage reconnu4 ,le c\rage dont on fait preuve dans un combat s+uli] gurit l'honneur attaqu4 ,intellig5ce1 n]gie1 pit1 piti sont des qualits indiffr5tes1 utiles ou nuisibles1 qu'on peut1 suivant les cas et selon leurs rapports avec les sy/mes de valeurs vois9s1 e/im] ou non1 mais qui n'ont aucune valeur propre au po9t de vue du critre subconsci5t et dcisif4 ,dans la posie1 les manife/ations du c\rage et de la s9crit provoqu5t des s5tim5ts de sympa?ie et d'approbation4 ,un p]sonnage potique peut1 malgr sa p>esse1 sa viol5ce1 son manque d'intellig5ce1 son ignorance et son gsme1 provoqu] la sympa?ie du lecteur2 mais un p]sonnage foncirem5t l*e1 m5teur et p]fide ne tr\ve pas place dans la posie2 c'e/ d'ailleurs p\rquoi le p]sonnage pr9cipal d'une oeuvre potique porte le nom significatif de hros4 ,le conflit tragique porte sa plus haute expression cette ant9omie1 inconsci5te p\r le s5tim5t populaire2 le hros e/ c\rageux et veille la plus vive sympa?ie2 quant aux qualits indiffr5tes1 il les dpasse ou il en e/ dp\rvu1 et c'e/ p\rquoi1 lorsqu'il a lutt] contre un monde ou contre un sort auquel ces qualits ne sont p> has>d pas indiffr5tes1 il succombe1 emportant avec lui la sympa?ie et l'admiration du spectateur dont le coeur bat l'unisson du si54 ,dans la posie franaise il suffit que le hros soit brave et1 l'occasion1 gnreux2 il peut ensuite se montr] m5teur1 ombrageux1 intriguant1 comme ,juli5 ,sorel dans le clbre roman de ,/5dhal1 sans ri5 p]dre de la sympa?ie des lecteurs2 au contraire1 dans la posie allem&e et anglo-saxonne1 la sympa?ie n'e/ acquise qu'aux p]sonnages dont le c\rage et la brav\re ne sont pas obscurcis p> des ta*es d'ombre4 ,on n\s a inculqu une consci5ce ?orique qui n\s fait atta*] de la valeur1 ct du c\rage1 aux qualits purem5t ori5tales de la piti et de la prud5ce1 l'idal patri>cal qui rpugnait au moy5 ge allem& et a emp* nos potes de *]*] leur inspiration dans la ,bible4 ,le c>actre pr(essionnel que l'art avait revtu au c\rs du sicle d]ni] a cr les lm5ts d'une *elle de valeurs d'ordre intellectuel4 ,l'assimilation de l'aptitude spirituelle au tal5t et de l'aptitude intuitive au gnie e/ dev5ue un fait dcisif qui a f9i p> dta*] compltem5t ces aptitudes des conditions morales auxquelles elles doiv5t tre subordonnes4 ,la p5se mcanise e/ime le succs4 ,on a vu alors app>atre une n\velle hir>*ie de valeurs qui p\ssait des rac9es de plus en plus pr(ondes dans la consci5ce populaire4 ,ce fut la hir>*ie amrica9e de la =ce de travail1 de la p]svrance1 de l'esprit de dcision et de la volont impati5te de t\te contra9te extrieure4 ,l'enregi/rem5t successif des conceptions morales sur le p>*em9 des lois correspond1 dans son insuffisante coord9ation1 la confusion des sy/mes4 ,le m5songe e/ admis1 mme devant le tribunal1 mais le faux s]m5t e/ df5du4 ,les att5tats contre la proprit sont svrem5t punis1 surt\t lorsqu'ils trahiss5t la l*et et la flonie4 ,la preuve du c\rage dans le combat s+uli] e/ galem5t df5due1 mais1 p\r donn] satisfaction au s5tim5t populaire et au s5tim5t de classe1 il e/ tolr dans c]ta9es limites4 ,les valeurs sociales rvl5t la mme confusion utilitaire4 ,la l*et et les procds frauduleux sont proscrits1 lorsqu'ils sont dev5us manife/es et de notorit publique4 ,le m5songe1 la rapacit1 la flonie1 la mauvaise foi1 la calomnie1 la m*ancet1 le manque de piti1 l'orgueil1 la vanit1 l'+ratitude1 l'av>ice1 la p>esse1 la convoitise1 la grossiret1 t\s ces vices et t\s ces dfauts sont tolrs1 tant qu'ils ne sont pas prjudiciables au succs dans la vie de t\s les j\rs4 ,l'application1 l'n]gie1 la =ce de volont1 la promptitude1 le tal5t1 l'esprit1 la mmoire1 sont des qualits reconnues1 mais p>ticulirem5t admires1 lorsqu'elles conduis5t au succs4 ,la bont1 la noblesse de s5tim5ts1 l'esprit de sacrifice1 les dons naturels sont l\s et appr\vs1 ds l'in/ant o ils port5t l'e/ampille de la conscration publique4 ,tel e/1 peu prs1 l'inv5taire des valeurs huma9es de notre poque1 telles qu'elles exi/5t dans la subconsci5ce et dans la consci5ce1 telles qu'elles sont reconnues lgalem5t et socialem5t4 ,il y a cep5dant en ,europe un milli] d'hommes qui s'ignor5t et dont les yeux se sont ouv]ts la lumire4 ,ils port5t en eux une n\velle *elle de valeurs2 bi5 plus3 ils possd5t ce c\p d'oeil fatal qui voit trav]s les *oses huma9es comme trav]s un cri/al4 ,ils lis5t non seulem5t sur les livres et dans les yeux1 mais aussi sur le front1 sur le visage1 sur les ma9s2 le *oix et l'intonation d'un mot prononc au has>d1 la p>tie inexprime d'une association d'ides1 le m\vem5t involontaire1 t\t *oix1 t\te prfr5ce et t\te av]sion manife/es l'g>d de *oses1 d'ides et d'hommes1 le mo9dre li5 qui ratta*e l'homme son milieu et son ent\rage1 la mo9dre nuance dans sa manire d'agir et de vivre1 sont autant de signes1 grce auxquels ces porteurs de valeurs n\velles ap]oiv5t l'ess5ce de l'tre avec une p]spicacit et une c]titude qui ne sont accessibles la f\le qu' trav]s la l5tille de la vision potique4 ,on p>le s\v5t de la connaissance des hommes1 et nombreux sont ceux qui se reprs5t5t ce don s\s la =me d'une ruse mfiante qui *]*e dc\vrir les mobiles ca*s1 les dfaillances et les faiblesses huma9s1 p\r p\voir d'autant plus facilem5t exploit] leurs semblables4 ,cette fausse v]tu1 qui e/ une v]tu d'esclaves1 ne peut procur] que de petits avantages immrits1 c> elle n'e/ la porte que de natures infrieures4 ,la vritable connaissance des hommes e/ le don de natures ayant une consci5ce pr(onde de leur responsabilit1 de natures de matres1 qui n'ont d'ailleurs nullem5t beso9 d'tre gniales4 ,la confiance royale de ,guillaume ,i] dans les hommes reposait sur une =ce de ce g5re et a sauv p\r un sicle l'ide rig\reusem5t mon>*ique4 ,la pr(onde connaissance des hommes ne conduit jamais ni au mpris des autres1 ni l'exagration de sa propre valeur4 ,le s5tim5t organique sur lequel elle repose conoit la ncessit de la cration complte qui tr\ve sa ralisation dans l'h>monie simultane de t\tes les possibilits1 dans l'dification vivante de t\s les degrs successifs4 ,mpris]1 c'e/ tre d\blem5t aveugle3 env]s soi-mme et env]s la multiplicit et la v>it de la nature4 ,ici l'*elle des valeurs p]d le c>actre ph>isaque qui1 inhr5t t\te morale borne1 la r5d insupportable aux natures cratrices4 ,il ne s'agit plus de savoir ce qui e/ meilleur et pire1 ce qui e/ ju/e et mprisable1 ce qui e/ rdim et condamn2 mais la "q qui se pose e/ plutt celle-ci3 qu'e/-ce qui fait p>tie du pass et qu'e/-ce qui app>ti5t l'av5ir8 qu'e/-ce qui doit tre cons]v et qu'e/-ce qui doit tre p>gn8 quelles sont les *oses qui aspir5t la vie1 et quelles sont celles qui p5*5t v]s la mort8 ,mais si l'on dem&e ces hommes1 qui ont appris voir clair dans les *oses huma9es1 v]s quels ples se dirige leur apprciation inconsci5te et infaillible1 ils ne sav5t que rpondre4 ,n\s le savons et n\s v\lons le confirm] une fois de plus3 ils s'ori5t5t d'aprs la di/ance qui les sp>e de l'me4 ,ces hommes ont eu l'intuition de l'opposition qui exi/e entre l'homme sans me et l'homme d\ d'me1 et ils voi5t dans t\tes les manife/ations huma9es autant de degrs et de phases de cette opposition4 ,dans des ouvrages antrieurs j'ai1 en en indiquant l'orig9e1 expos cette opposition fondam5tale3 d'une "p1 les esprits qui ont leur c5tre de gravit dans l'absolu1 qui *]*5t leur quilibre dans la transc5dance1 l'intuition et l'am\r2 d'autre "p1 ceux dont le c5tre de gravit e/ dans le monde des phnomnes et qui *]*5t leur quilibre dans les dsirs et les angoisses4 ,l'esprit transc5dant s'ab&onne l'invisible dont il cons5t tre le s]viteur2 il recre le monde des phnomnes et il le dom9e1 non p> l'arbitraire et en vue de la j\issance1 mais avec la consci5ce de sa mission et de sa responsabilit4 ,l'esprit atta* la t]re e/ dom9 p> le monde1 p> les beso9s du corps1 p> les joies et les s\ffrances1 p> les *oses et les hommes4 ,croyant s'affran*ir1 il lutte p\r la vie et la j\issance1 af9 de satisfaire ses s5s1 p\r le savoir et la possession1 af9 de se r5dre matre des *oses1 p\r la puissance et la dom9ation1 af9 de subordonn] les hommes4 ,triple erreur1 dm5tie p> l'insatisfaction1 le d\te et la mort4 ,les notes dom9antes de cet esprit sont con/itues p> le dsir et p> la cra9te2 leur objectivation e/ ce qu'on appelle f94 ,sa =ce consi/e dans l'intellect analytique pur2 les t5tatives dsespres de cette =ce unilatrale1 incapable de s'lev] la transc5dance et de dpass] des buts utilitaires1 de crer une image du monde ou une doctr9e morale1 =m5t le cont5u de t\te la philosophie antrieure4 ,ces t5tatives n'ont jamais pu all] au-del d'une limitation et d'une abdication de l'intellect2 lorsque1 p> has>d1 elles russissai5t faire un pas au-del1 on voyait aussitt se gliss] honteusem5t p> la porte entr'ouv]te les =ces intuitives dont on avait ni l'exi/5ce4 ,rem>quables au po9t de vue psy*ologique sont les phnomnes d'effroi qu'on voit se produire t\tes les fois que la =ce intellectuelle se heurte aux murs de cri/al du doma9e vois91 a9si que les dsignations v>ies qu'elle lui applique1 t\t en le niant4 ,t\te morale reposant sur l'intellect qui p\rsuit des buts devait ncessairem5t ab\tir l'utilit>isme2 la honte provoque p> cet atta*em5t aux *oses t]re/res1 le dsespoir de tr\] une ju/ification dialectique d'utilits n'ayant aucun c>actre obligatoire ont eng5dr des solutions palliatives s+ulires et bt>des4 ,utilitaires avant t\t re/5t la morale et la religion pratiques de l'esprit intellectuel4 ,ni l'une ni l'autre ne dpass5t le d ut des du comm]ce4 ,en admettant la possibilit d'une foi sans preuves1 l'intellect e/ de n\veau accul l'abdication1 p\r autant qu'effray p> sa propre re*]*e il ne s'en ti5t pas la rvlation hi/orique4 ,et alors mme qu'il agr&it le monde phnomnal1 en lui sup]posant un au-del ?ocratique1 et la vie huma9e1 en lui donnant un prolongem5t po/hume1 ce sont t\j\rs l'espoir ou la cra9te1 l'action et le b qui re/5t les facteurs dcisifs4 ,nommez cet ensemble comme v\s v\drez3 la seule notion qui l'anime e/ celle d'utilit4 ,c'e/ un fait rem>quable que mme les religions les plus pures1 les plus inconte/ablem5t transc5dantes se matrialis5t1 ds qu'elles devi5n5t l'apanage de populations intellectuellem5t utilitaires2 qu'elles ab\tiss5t la r\e1 aux prires ou aux reliques1 elles suiv5t t\j\rs la voie qui les conduit de la foi exempte de dsirs l'action prud5te et avise4 ,p\r l'esprit transc5dant il exi/e1 non une conduite morale1 mais plutt un tat moral4 ,l'me pure1 exempte de dsirs1 plonge dans la contemplation de la foi1 ne peut se tromp]1 quoiqu'elle fasse2 elle ne connat pas de prceptes4 ,elle ne possde aucun moy51 et ne dsire en possd] aucun1 de dev5ir plus heureuse qu'elle n'e/2 elle le devi5t p> l'afflux des =ces qu'elle respire4 ,ici f9it t\te compromission entre le vice et la v]tu1 entre la volont et la satisfaction2 le processus moral se dta*e de l'ordre intellectuel et se rfugie dans sa propre ess5ce4 ,j'ai dj montr plusieurs reprises ce dont la connaissance manque le plus notre poque4 ,elle a un beso9 urg5t de savoir p> quelles radiations huma9es reconnaissables se manife/e l'ess5ce de ce qui e/ intellectuel1 de ce qui n'e/ guid que p> la cra9te et p> des considrations utilitaires2 comm5t le s\ci et l'atta*em5t la t]re tr\v5t leur expression dans un mode de p5s] et de s5tir goc5trique2 notre dp5dance p> rapport aux hommes1 dans l'ambition et les faux dsirs1 le bav>dage et le m5songe2 notre dp5dance p> rapport aux *oses dans l'avidit et le beso9 de connatre2 l'ensemble de l'ori5tation1 dp\rvue de t\te transc5dance de notre esprit1 dans une attitude critique1 inju/e1 froide l'g>d du monde et de ses cratures1 dans une conduite inc]ta9e1 qu'aucun in/9ct ne guide1 dans le mpris du mom5t qui passe1 dans l'obsession de l'av5ir1 dans l'am\r de t\t ce qui frappe les s5s1 de t\t ce qui e/ dclamatoire et pa?tique1 dans le p5*ant la sup]/ition et la pit intresse4 ,jamais aucun de ces c>actres ne se prs5te l'tat isol2 jamais son expression n'*appe l'oeil s5sible4 ,ces c>actres =m5t la mesure extrieure de la di/ance qui sp>e l'individu et le peuple de l'me4 ,ils p]mett5t de mesur] le passage progressif aux manife/ations de la transc5dance1 l'am\r crateur1 la vrit1 l'objectivit1 l'intuition1 la lib]t p> rapport aux *oses1 aux hommes et au moi1 la communion avec les *oses p\r les *oses elles-mmes1 avec l'am\r p\r l'am\r lui-mme1 la piti que ne s\ille aucun dsir1 la gratitude1 au dv\em5t4 ,c'e/ l la vritable voie huma9e2 qu'elle soit suivie p> l'individu ou p> un peuple1 ce sont l1 en mme temps que les tapes de cette voie1 les critres vritables et c]ta9s du dveloppem5t huma94 ceux qui possd5t inconsciemm5t ces critres1 ce que n\s disons l n'appr5dra ri5 de n\veau2 c'e/ t\t au plus si notre expos leur f]a app>atre avec plus de cl>t des rapports qui s'impos5t la p5se consci5te4 ,mais il e/ de la plus haute importance de savoir enf9 d'avance quel g5re de discipl9e implique l'adoption p> l'humanit d'une *elle de valeurs gnrales3 elle implique la disp>ition des re/es morts de sy/mes ?iques contradictoires1 de sy/mes l\ant et recomm&ant des *oses diffr5tes1 ce qui fait que *acun envisage son sort avec suffisance et assurance1 comme un numro de lot]ie qui doit ncessairem5t sortir lors d'un tirage quelconque1 aprs quoi la ju/ice rgn]a dans le monde4 ,c'e/ un signe rj\issant qu'une m9orit1 qui n'a subi l'influ5ce ni de prophtes ni de zlateurs1 ait adopt de nos j\rs1 p> un accord inexprim1 cette *elle de valeurs et *]*e1 sans ha9e et sans zle de proslyte1 en retr\v] les lm5ts dans *aque individualit2 et il ne se pass]a pas beauc\p de temps1 avant que l',allemagne1 du mo9s1 retr\ve la voie huma9e1 avec ses buts et son *elle de valeurs4 ,l'intellect e/ d'une antiquit prhuma9e4 ,l'humanit a vieilli son cole2 la faveur d'une hrdit transmise p> des gnrations innombrables1 elle manie avec une matrise inconsci5te ses rgles de p5se et ses enseignem5ts utilitaires4 ,l'me e/ jeune2 *acun de n\s doit1 p\r son propre compte1 appr5dre s'en s]vir2 son langage e/ encore un balbutiem5t2 p> rapport elle1 n\s sommes encore des enfants4 ,les nations1 ces jeunes =mations dont l'exi/5ce ne dpasse pas quelques milli]s d'annes1 se sont1 dans leur consci5ce collective1 emp>es des m?odes collectives et les ont fait s]vir leur organisation intrieure1 leur df5se extrieure2 leur consci5ce psy*ique1 encore ses dbuts1 ne s'e/ exprime jusqu' prs5t que dans des =mations collectives telles que la langue1 les moeurs1 la tradition1 le my!1 plus t>d dans des oeuvres d'art collectives1 dans la con/ruction de villes et de ca?drales1 dans la fabrication d'u/5siles1 dans la *anson populaire2 quant la transc5dance religieuse1 la consci5ce collective n'a jamais manqu de l'intellectualis] et de la rabaiss] un ensemble de rites et d'in/itutions ecclsia/iques2 une consci5ce politique se manife/ant au dehors n'e/ pas encore ne1 et les tats se comport5t les uns l'g>d des autres comme des tres amoraux4 ,une des oeuvres les plus =midables de l'intellect pur avait consi/ dans la cration de la sci5ce europenne et dans sa matrialisation1 qui a ab\ti la priode mcani/e de l'hi/oire mondiale4 ,n\s avons dj numr1 et n\s n'y revi5drons pas ici1 t\tes les circon/ances intrieures et extrieures1 augm5tation de la population1 actions rciproques ex]ces les unes sur les autres p> des c\*es de population opposes1 luttes entre l'esprit intuitif et l'esprit intellectuel1 qui ont d contribu] provoqu] ce m\vem5t4 ,ici je ti5s seulem5t relev] le fait que l'poque mcani/e1 encore loigne de son apoge1 comm5ce eng5dr] d'elle-mme les =ces opposes qui1 sans tre de/9es dtruire la mcanisation dans ses manife/ations pratiques 7c>1 en tant que levi] contre la =ce de gravit des masses mortes1 elle demeure indisp5sable71 sont de nature lui enlev] la dom9ation sur l'esprit et faire d'elle la s]vante de l'humanit4 ,plus1 en effet1 les =mes de p5se1 les m?odes de re*]*e et d'action qui c>actris5t la mcanisation1 qu'il s'agisse de leur application la sci5ce1 la te*nique1 l'conomie ou la politique1 devi5n5t le patrimo9e commun et le bi5 hrditaire des civilisations1 aprs avoir t p5dant deux sicles le moy5 secret et le privilge d'une m9orit intellectuelle1 plus ces =mes et ces m?odes1 assimiles p> l'inconsci5t1 cess5t de confr] ceux qui les mani5t une supriorit et des prrogatives spciales1 et plus l'esprit purem5t crateur1 intuitif et responsable1 s'affirme efficacem5t et imprieusem5t1 dans ses div]ses manife/ations1 et rev5dique la direction4 ,dj de nos j\rs1 dans la politique et l'conomie d'abord1 dans la te*nique et dans la sci5ce ensuite1 il y a pl?ore de =ces intellectuelles et (fre insuffisante de =ces intuitives1 de ce qu'on appelle les c>actres4 ,l'intellect comm5ce tre considr comme une condition naturelle et indisp5sable2 ce qui compte1 c'e/ l'lvation que lui confr5t des lm5ts plus nobles4 ,les dfauts et les insuffisances de l'intellig5ce comm5c5t dev5ir vid5ts2 la dsesprante ressemblance qui exi/e entre t\tes les *oses p5ses ou faites1 qu'il s'agisse de gr&es ou de petites1 fraie le *em9 la supriorit in\e de ceux qui hiss5t ,pelion sur ,ossa1 qui c\ronn5t la =ce de l'ent5dem5t p> l'intuition4 ,un c]ta9 degr normal d'intellectualisme e/ accessible t\s1 mme dans des *oses qui ne peuv5t s'enseign]2 on peut mme arriv] produire une oeuvre d'art mdiocre1 pe9dre un tableau supportable1 crire un roman lisible3 t\t cela n'exige qu'une in/ruction moy5ne1 associe une c]ta9e facult d'imitation qu'on ne confond que trop s\v5t avec le tal5t crateur4 ,la signification morale de l'apprciation exacte des facults huma9es devi5t une ncessit sociale1 c> seules les qualits huma9es suprieures sont capables de va9cre la tyrannie de la mcanisation et de donn] ses =ces une ori5tation salutaire4 ,un j\r vi5dra o l'on aura de la pe9e compr5dre que n\s ayons pu1 faute de disc]nem5t1 ab&onn] la direction1 la responsabilit et la puissance la libre concurr5ce de facults et de dons dp\rvus de noblesse1 voire dp\rvus d'honntet2 que n\s ayons pu e/im] de confiance des qualits telles que l'adresse1 la promptitude1 le mpris tranquille de la vrit1 le bav>dage1 la brutalit1 l'gsme1 l'empressem5t1 la prud5te bassesse1 l'arrivisme1 l'obsquiosit1 t\tes les fois que les possesseurs de l'une ou de l'autre de ces qualits russissai5t se s]vir avec quelque succs de l'un des levi]s de la mcanisation2 que n\s ayons pu p]mettre aux =ces diaboliques1 comme s'il s'tait agi d'une ncessit 9luctable1 d'accap>] la plus gr&e p>tie du respect et de l'e/ime t]re/res2 que n\s n'ayons pas eu honte de laiss] prir de nobles natures1 p>ce qu'elles ne pratiquai5t pas le manque de scrupules dans le *oix des moy5s de lutte2 que n\s n'ayons mme pas t capables de reconnatre les signes extrieurs qui se manife/5t avec le premi] reg>d1 avec le premi] mot1 et cela malgr que le nombre de ceux qui sont capables de voir et de reconnatre ft suffisant p\r fond] une sci5ce de l'homme qui1 rp&ue dans les coles et les salles de confr5ces1 aurait pu ouvrir la jeunesse les yeux et les oreilles4 ,au lieu de n\s tre ef=cs de fond] cette sci5ce1 n\s n\s en t5ons t\j\rs aux prceptes illusoires de sy/mes moraux ?oriques1 de prov5ance et d'ori5tation div]ses1 se contr$isant et se rfutant rciproquem5t1 au po9t d'eng5dr] l'indiffr5ce complte et de n\s accul] n\s cont5t]1 p\r t\t critre d'application1 de l'exig5ce m9ima de ce qu'on appelle les conv5ances4 ,un homme conv5able1 au s5s de ce qui re/e de la morale europenne1 e/ celui qui paie ses dettes les plus urg5tes1 ne se laisse pas pr5dre en flagrant dlit de m5songe1 ne cause pas de sc&ale en public1 conduit ses affaires de faon ne pas se mettre en opposition avec le ,code pnal1 v]se son obole aux s\scriptions publiques1 ne refuse pas le duel1 porte de bons habits1 possde des connaissances moy5nes et peut pr\v] que son pre possdait les mmes qualits4 ,auj\rd'hui1 en #aiae1 dans t\s les pays civiliss1 p\r autant qu'il s'agit du s5tim5t moral1 ces qualits donn5t droit1 celui qui les possde1 l'e/ime de t\s1 t\te rev5dication conomique1 t\te responsabilit1 et celui qui possde1 en plus de ces qualits1 quelque disposition ou connaissance utile plus ou mo9s prononce1 peut mme prt5dre l'ex]cice du p\voir4 ,si l'on admet que t\te sci5ce conomique et sociale n'e/ que de la morale applique2 qu'un tat1 une conomie1 une socit mrit5t de disp>atre1 lorsqu'ils ne signifi5t qu'un tat d'quilibre d'intrts rfrns1 lorsqu'ils ne sont que des associations de production et de consommation1 armes ou ds>mes2 que seul le cont5u psy*ique de la vie a le droit d'exi/]2 que ce cont5u se cre lui-mme sa =me et son revtem5t dans les *oses et les in/itutions qui retomb5t en p\ssire1 ds que le s\ffle en e/ p>ti2 si l'on admet t\t cela1 disons-n\s1 et si on l'admet d'un accord unanime1 on se tr\ve plac devant la t*e qui consi/e re*]*] les ractions rciproques se produisant entre le lit du ruisseau et le ruisseau lui-mme1 entre la volont cratrice et l'in/itution cre4 ,n\s avons dj donn la description des in/itutions que n\s avons1 dans le ,*em9 de l'conomie1 dduites d'une loi gnrale4 ,ici n\s allons considr] les v>iations de la consci5ce qui doiv5t accompagn]1 prcd] et suivre l'volution des in/itutions4 ,un rapide c\p d'oeil n\s a rvl la confusion de la consci5ce mtaphysique et morale1 la mconnaissance de l'homme et l'abs5ce de t\t critre de son apprciation4 ,les exig5ces qui en rsult5t doiv5t tre satisfaites1 et les satisfactions qu'elles recevront devront tre intgres dans le tableau de l'av5ir4 ,c'e/ dans le r5oncem5t que n\s avons dc\v]t le rayon de lumire de/9 clair] la moralit sociale2 dans le r5oncem5t au culte du sup]flu1 aux *oses en tant que s\rce de puissance1 l'gsme familial2 dans l'aspiration ce qu'il y a d'ess5tiel dans la vie extrieure1 la solid>it1 la s\mission au bi5 collectif2 dans le rejet de t\te rev5dication inju/e et immorale2 dans le transf]t de la responsabilit des puissances spirituelles et morales4 ,si tel e/ le *em9 visible1 il n\s incombe de dcrire le *em9 invisible1 de montr] la c\rbe des s5tim5ts huma9s qui doit rgl] le trajet du m\vem5t extrieur4 ,n\s savons que la consci5ce d'auj\rd'hui e/ rebelle cette c9tique2 on ne russirait qu' s]r]1 comprim]1 voire dtruire le mcanisme de la vie extrieure1 si on v\lait lui impos] de =ce1 prmaturm5t et sans aucune prp>ation pralable1 des ry?mes n\veaux4 ,connatre e/ la premire *ose qui importe2 la =mation d'une n\velle manire de s5tir vi5t ensuite1 l5tem5t1 mais irrsi/iblem5t4 ,et1 alors1 le sy/me rigide devi5t t\t c\p fluide1 *]*e un quilibre n\veau1 en mme temps que naiss5t des exig5ces et des problmes suprieurs qui1 leur t\r1 s'impos5t la connaissance4 ,n\s devons exam9] les mobiles spirituels qui ma9ti5n5t l'organisation actuelle et s'oppos5t l'ordre futur2 n\s p\rrons alors n\s r5dre compte si1 et dans quelle mesure1 ils sont en voie de disp>ition ou de trans=mation en d'autres1 ayant plus de rapports avec la vie de l'me4 ,n\s aurons p>l] de p>esse1 de s5sualit1 de passion1 de vanit1 d'ambition et des =ces qui les neutralis5t et les inhib5t2 si n\s acqurons la conviction qu'une n\velle consci5ce sociale e/ capable de ralis] l'quilibre n\veau1 n\s y tr\v]ons une confirmation de la futilit des ?ormes qui att5d5t des in/itutions la ralisation de la paix et de la ju/ice ou po/ul5t la possibilit de supprim] les contradictions ou de bris] les rvoltes de la nature huma9e p> la viol5ce ou p> des disc\rs4 ,c]tes1 notre facult de v>iation devra tre porte au plus haut degr1 mais il ne faut pas s'ab&onn] la croyance illusoire que cette maturation de notre facult de v>iation p\rra tre obt5ue p> une brusque adaptation1 p> la cration htive de modles1 voire p> des m>tyres individuels4 ,il e/ impossible d'abrg] le *em9 de la connaissance1 en s'engageant dans des *em9s de trav]se4 ,en revan*e1 il ne s'agit pas non plus de visions lo9ta9es et brumeuses2 les deux d]ni]s sicles ont vu se produire de plus gr&es v>iations de la consci5ce que celle que n\s exigeons4 ,les s]fs de jadis qui baisai5t le bord de l'habit de leur matre et craignai5t les v]ges1 sont dev5us soit des hommes ayant la m5talit b\rgeoise1 soit des adv]saires organiss des b\rgeois4 ,tr5te annes avai5t suffi autrefois p\r faire natre1 des classes solides de la b\rgeoisie et des paysans1 un prolt>iat ab&onn1 condamn la pauvret et l'ass]vissem5t2 et il a fallu seulem5t trois sicles p\r faire surgir1 sur les ru9es des *aumires misrables et des villes d*ues1 les esprits de nos *]*eurs et de nos p5seurs1 de nos potes et de nos guides4 ,surgie du sol dans l'espace de quelques gnrations seulem5t1 la classe des fonctionnaires et des (fici]s prussi5s a acquis une consci5ce morale sans exemple1 d'une rigidit et d'une =ce de r5oncem5t qui dpass5t t\t ce que n\s p\vons exig] ici4 ,dans le bref int]valle d'une priode gu]rire1 l'esprit sp>tiate du peuple arm1 avec t\t ce qu'il comporte de dv\em5t1 de sacrifices et de s5tim5t d'honneur1 s'e/ rp&u sur t\t le pays1 subissant a9si un essor beauc\p plus gr& que celui que n\s p\vons att5dre d'une n\velle v>iation4 ,quelque inv>iables que n\s p>aiss5t les s5tim5ts les plus pr(onds du coeur1 am\r et ha9e1 joie et s\ffrance1 passion et connaissance1 il n'en re/e pas mo9s que ri5 n'e/ plus v>iable que les apprciations et les op9ions1 le *oix des =ces inhibitrices et /imulantes1 les convictions4 ,il y a l une sorte de m\vem5t auquel n\s devons cep5dant les l5tes modifications qui n\s ont conduits de l'animalit l'humanit et n\s conduiront de l'humanit la div9it4 ,ce que n\s att5dons et s\haitons1 c'e/ seulem5t1 t\tes proportions g>des1 une de ces lgres trans=mations de nos valeurs et de notre v\loir1 soit en plus1 soit en mo9s1 comme il s'en e/ produit tant p5dant les deux millnaires de l'hi/oire de l',allemagne4 ,si l',allemagne n'e/ pas le pays o t\te action pratique con/itue l'application v\lue de valeurs morales transc5dantes1 et ne con/itue que cela1 alors n\s devons dire que n\s n\s sommes tromps sur la mission de l',allemagne4 ,si n\s croyons au devoir et au droit absolus1 n\s devons faire comme ,kepl]3 au lieu d'admettre que les p5*ants et in/9cts huma9s demeur5t immobiles et intangibles au c5tre du m\vem5t pragmatique1 n\s po/ul]ons un m\vem5t primordial et ncessaire de t\te t]nit1 accompli p> la t]re et les plantes aut\r d'un c5tre =m p> le soleil de la transc5dance4 ,ce n'e/ pas le caprice de nos vanits qui dt]m9e la m>*e du monde4 ,la connaissance vi5t en premi] lieu1 les in/itutions la suiv5t2 et de celle-l celles-ci1 l'humanit accomplit son calvaire le plus pnible qui la conduit au sacrifice et la lib]t4 ,n\s avons donc n\s dem&] quelle e/ la v>iation du s5tim5t moral collectif qui doit prcd] et accompagn]1 tre la fois la cause et l'effet de l'ordre n\veau que n\s rvons4 ,n\s savons dj quels sacrifices s'impos5t n\s dans l'ordre conomique3 r5oncem5t t\t un ensemble de j\issances que procure l'arg5t2 r5oncem5t une p>tie considrable du rev5u acquis p> le travail ou en v]tu d'une prescription2 r5oncem5t t\te c>rire qui1 p\r conduire au b1 n'exige qu'un s]vice lg]1 une t5sion m9ime de l'esprit et peu de c>actre2 r5oncem5t1 enf91 t\t privilge conomique p]man5t1 rsultant d'une situation de famille assure4 ces quatre exig5ces fondam5tales dans l'ordre conomique1 correspond5t des mobiles1 soit de /imulation1 soit d'inhibition4 ,la s5sualit1 l'ambition1 la passion d'accumul] sont pr9cipalem5t en opposition avec les deux premires de ces exig5ces2 l'ambition et l'orgueil de famille avec les deux d]nires2 la connaissance insuffisante des hommes et l'abs5ce d'une *elle de valeurs avec la troisime1 alors que le dveloppem5t insuffisant du s5tim5t collectif et de la consci5ce des li5s qui ratta*5t *acun de n\s l'tat se tr\ve en opposition avec t\tes les quatre exig5ces4 ,n\s n'allons pas entr] dans des dtails propos de la s5sualit1 de la non*alance et de la p>esse4 ,ce n'e/ pas que n\s considrions comme inv>iables ces mobiles /imulants et p]man5ts1 mais ils se rappro*5t tellem5t de notre nature physique que la connaissance ne peut les atte9dre qu'indirectem5t4 ,n\s devons s\mettre une analyse d'autant plus pr(onde le gr\pe des mobiles de puissance qui sont les seuls mobiles vraim5t mauvais de l'me huma9e4 ,les bons mobiles dis5t3 je veux crer et tre2 les mauvais3 je veux avoir et p>atre4 ,que veux-tu avoir8 ,d'abord1 le ncessaire3 ce qui s\lage la misre1 calme les s5s1 abrge le travail1 consolide la lib]t4 cela1 ri5 r$ire4 ,tant que les s5s et la p>esse ne sont pas sans fre91 tant que la lib]t se confond avec l'quilibre intrieur1 ces exig5ces ne signifi5t pas gr&'*ose4 ,les deux ti]s de ses pe9es s]ai5t p>gnes au monde1 si t\s v\lai5t se cont5t] de ce sort4 ,que veux-tu de plus8 ,ce qui donne la scurit1 ce qui e/ de nature assur] moi et aux mi5s la j\issance indf9ie de ces premi]s bi5s4 ,et p\rquoi8 ,p>ce que je p5se l'av5ir et que je le r$\te4 ,s'assur] contre les tri/es effets de la vieillesse et contre la maladie1 cela peut tre une prcaution raisonnable1 tant que l'insuffisance de nos moeurs e/ telle que les malades et les vieill>ds sont honteusem5t ab&onns4 notre poque1 si ri*e1 ri5 ne s]ait plus facile que de r5dre cette prcaution inutile4 ,seulem5t1 ici n\s p]cevons p\r la premire fois un s\ffle v5ant de l'abme3 la peur1 s\rce de t\t ce qui e/ mauvais et m*ant1 maldiction orig9elle1 legs de l'animalit1 ligne de sp>ation entre le sang noble et le sang vulgaire4 ,ta subsi/ance et ta scurit sont assures2 que veux-tu de plus8--,ce qui manque aux autres1 ce qui fait impression1 inspire le respect1 disp5se la puissance4 ,et p\rquoi le veux-tu8--,je n'en sais ri54 ,tu z raison3 tu n'en sais ri51 c> t\t ce que tu p\rrais exprim] p> des mots3 ambition1 passion d'accumul]1 volont de puissance1 t\t cela ne s]ait que la transcription d'une seule et mme *ose3 de l'nigme4 ,ce ct le plus obscur de la nature huma9e e/ tellem5t rp&u1 tellem5t inn et insondable que n\s le considrons1 non plus comme problmatique1 mais comme vid5t4 ,ne confondons pas les va9s p5*ants1 tels que l'ambition1 le dsir de dom9ation1 la mauvaise joie et l'am\r des app>5ces1 avec la vraie =ce de volont qui cre et organise1 qui dom9e1 t\t en s]vant et s]t1 t\t en g\v]nant2 ne les confondons pas avec la =ce organique de la responsabilit qui tr\ve son repos dans la direction1 et cela seulem5t dans la mesure o elle e/ oblige1 elle aussi1 de s'incl9] devant une loi et un tre suprieurs2 ne les confondons pas avec la =ce du sacrifice qui se donne sans att5dre une rcomp5se et qui1 si elle en reoit une1 r5once en j\ir1 mais v]se son obole intacte dans le circuit de l'ordre ncessaire4 ,si n\s donnons cette =ce cratrice le nom de responsabilit et si1 p\r ne pas atta*] un s5s unique au mot ambition1 qui a un d\ble s5s1 n\s appelons soif de p\voir cette =ce va9e qui s'atta*e aux signes extrieurs et aux app>5ces de la dom9ation1 n\s voyons surgir une "q qui peut tre =mule a9si3 comm5t la passion1 qui s'appelle soif de p\voir1 a-t-elle pu natre et subjugu] le monde1 au po9t de f\rnir son appui l'in/itution de l'esclavage8 ,le connaisseur des peuples1 des races et des hrdits n\s dira que cette passion n'a pu natre que *ez des hommes et dans des tribus obsds p> la peur et qui ne p\vai5t oppos] au j\g de l'oppresseur qu'un seul espoir1 celui d'tre mme un j\r de ret\rn] la page et de mettre le pi$ sur la nuque de l'oppresseur3 c'e/ a9si que de nos j\rs encore on voit se dvelopp] une ambition effrne *ez des enfants tyranniss1 plus ou mo9s d\s4 ,il peut1 ce connaisseur1 expliqu] la psy*ose de la peur p> les s\v5irs laisss p> les s\ffrances de l'esclavage1 voire p> c]ta9es raisons tires de la vie sexuelle1 et attir] notre att5tion sur les s+uli]s rapports qui exi/5t entre la soif de puissance et la faible virilit4 ,il peut enf9 n\s montr] comm5t l'asc5sion et le dveloppem5t des classes infrieures des tats europens ont mis au j\r les proprits les plus t]ribles qui rempliss5t le canevas de l'hi/oire huma9e4 ce connaisseur de la socit n\s p\vons rpondre3 le phnomne mondial que n\s appelons mcanisation1 lorsque n\s l'envisageons du dehors1 a d ncessairem5t eng5dr] une c]ta9e s5sibilit1 une c]ta9e attitude affective l'g>d du monde et de l'poque1 aussi unilatrale1 dure et tonne que le m\vem5t lui-mme4 ,celui qui vole ou nage pr\ve le s5tim5t de vol] et de nag]1 le pl]9 pr\ve la s5sation de la m>*e tranquille2 le ton affectif de la mcanisation consi/e dans la soif de puissance1 avec ses subdivisions3 soif de n\veaut1 soif de savoir1 soif d'arg5t1 am\r de la critique1 manie du d\te et du rapetissem5t4 ,il n\s suffit d'tablir que la soif de puissance doit tre considre comme la ngation pragmatique de t\te transc5dance4 ,celui qui voit dans l'app>5ce1 laquelle n\s donnons gnralem5t le nom de ralit1 l'ess5ce de t\t tre1 rv]a sans d\te au bonheur prsomptueux qui consi/e se s\mettre t\t ce jeu captivant de c\leurs1 de tons et de *>mes1 af9 de le possd] et de le dom9]1 de mme que l'enfant v\drait saisir de ses ma9s de/ructrices une toile et un papillon4 ,mais celui qui conoit l'exi/5ce comme suprieure l'app>5ce ne p]dra pas son temps se livr] ce jeu meurtri]2 il s5t que la possession e/ une s\rce de de/ruction1 lorsqu'elle e/ et veut ralis] autre *ose que le devoir et la protection2 que la puissance corrompt1 lorsqu'elle e/ et *]*e tre autre *ose que la responsabilit2 il sait qu'il ne doit pas sacrifi] ses =ces les plus sacres la volupt d'un rve1 que celui-l ne mrite pas d'exi/] qui nie la s\mission au monde et rit avec condesc5dance1 lorsqu'on lui p>le de s\mission ce qui dpasse le monde4 ,n\s montrons ailleurs qu'il y a1 non une activit morale1 mais un tat moral4 ,la volont ayant son c5tre de gravit dans l'me1 l'esprit atta* au transc5dant1 t\t l'tre ori5t v]s le div93 voil ce qui e/ la fois la morale et le bonheur1 et ct de t\t cela l'activit a peu de poids2 seule la bona voluntas1 la s9crit intrieure1 f\rnit un critre de jugem5t4 ,la soif de dom9ation1 lorsqu'elle mane d'une conviction1 signifie qu'il e/ ju/e qu'un homme int]vi5ne dans l'ordre de la cration p\r c\vrir de son ombre ce qu'il e/ incapable de crer et de protg]2 qu'il e/ ju/e d'abaiss] hommes et *oses l'tat de moy5s1 de dlimit] suivant son caprice et sa passion l'espace sur lequel doit volu] la vie de *acun1 de prt5dre ex]c] une tutelle sur des hommes majeurs4 ,la mauvaise joie e/ celle qui a saisi *ez ses semblables le g]me mortel de dsirs t]re/res insatisfaits1 d'une irrmdiable ccit p\r ce qui e/ t]nel1 d'une jal\sie dvorante4 ,elle *]*e entret5ir cette maladie et l'aggrav]1 jusqu' provoqu] une explosion de l'am]tume accumule ou de la s]vilit qui dtruira la dignit de l'image de ,dieu et la mettra la m]ci de la puissance ho/ile4 ,elle *]*e exploit] la faiblesse de l'homme1 jusqu' la de/ruction de son me4 ,ce faisant1 elle prononce sa propre condamnation et rvle sa satanique nature4 ,ce qui1 mme la plate lumire de la ralit de t\s les j\rs1 atte/e l'ant9omie de ces deux =ces que sont la possession et la puissance1 c'e/ la t]rible irralit de l'une et de l'autre4 ,ab/raction faite des aises corporelles et de la satisfaction des s5s1 qu'e/-ce que la possession8 ,c'e/ un ensemble de *oses qu'on peut impunm5t dplac]1 enf]m]1 dtruire ou *ang] contre d'autres *oses qu'on peut1 leur t\r1 dplac]1 enf]m] ou dtruire4 ,ces *oses acquir5t une vie p\r a9si dire morte1 et leur propritaire ne les connat et1 dans une c]ta9e mesure1 ne les possde que lorsqu'elles sont peu nombreuses1 lorsqu'il peut s'en s]vir dans le s5s de ses passions4 ,elles n'acquir5t une vie vivante que lorsqu'on s'en s]t p\r des f9s de cration1 d'organisation1 d'adm9i/ration1 avec un s5tim5t de responsabilit4 ,mais alors elles cess5t d'tre une proprit2 elles ne sont qu'un bi5 confi2 elles sont au crateur1 sans lui app>t5ir2 elles app>ti5n5t un propritaire1 sans tre ses *oses4 ,la notion de proprit devi5t t\t fait relative4 ,la =t app>ti5t au =e/i]1 non la commune2 le paysage app>ti5t au prom5eur1 non au propritaire fonci]2 la gal]ie de tableaux app>ti5t l'amateur d'art1 non au fisc4 ,l'oeuvre d'art dure1 en tant que proprit1 non de celui qui l'a a*ete1 mais de l'arti/e qui l'a cre4 ,puissance6 ,oublions c]ta9s accs qu'elle n\s facilite1 la satisfaction qu'elle n\s procure de ne pas tre exclus de c]ta9s c]cles1 indiffr5ts au fond4 ,qu'en re/e-t-il8 ,c]ta9es =mes et =mules honteuses dont on se s]t p\r p\ss] l'homme s'humili]1 s'incl9] devant le puissant1 le plus s\v5t p>ce que ces hommes veul5t quelque *ose qu'ils sont incapables de crer4 qui s'adresse la jubilation de la f\le lors de l'entre d'un triomphateur8 une enveloppe huma9e1 *eval ou en voiture1 qui s'incl9e et salue4 ,l'homme lui-mme e/ assis rveur1 et une vague rumeur1 qui s'adresse une =me et une reprs5tation dont il ne sait ri51 vi5t frapp] son oreille4 ,entre les b\*es dont man5t les cris joyeux et son oreille1 il y a un abme infran*issable1 et le soir1 avant de s'endormir1 notre triomphateur re/e avec son dieu dans un tte--tte aussi isol que le d]ni] de ses suivants4 ,seul l'am\r peut arra*] la puissance son isolem5t2 mais malheur au puissant qui pr5d p\r de l'am\r les effusions de ceux qui ont beso9 de lui2 pr(ondm5t mpris1 il se s5t1 lui aussi1 rabaiss l'tat de moy5 et1 ne v\lant pas confondre ses flatteurs1 il leur disp5se des faveurs1 en feignant de croire leurs assurances4 ,et n\s ne disons ri5 de l'irralit qui f9it p> rvl]1 trop t>d p>fois1 l'homme consci5t de sa puissance la relativit des puissances en gnral2 plus1 en effet1 il monte1 et plus il devi5t dp5dant de ce qui e/ au-dessus et au-dess\s1 de sorte que f9alem5t le tyran n'obx plus qu' la plbe1 sur les paules de laquelle il s'e/ lev4 ,mais son asc5sion lui a valu une d\ble proscription3 la ha9e de ceux qu'il a dpasss1 le mpris de ceux auxquels il v\lait se jo9dre4 ,il ne re/e de la puissance1 comme de la proprit1 que la cration responsable1 laquelle d'ailleurs n'a pas beso9 de la puissance1 celle-ci n'en tant qu'en effet indsirable2 elle dp\ille la puissance de t\tes les =mes qui r5d5t l'ambitieux heureux1 qui sont la seule *ose dont il se cont5t]ait1 et ne g>de que les s\cis1 les d\leurs et les pe9es qu'il a en horreur4 ,la puissance e/ remplace p> l'action2 la dom9ation p> la responsabilit2 le bruit p> le s\ci4 ,la ralisation complte de la puissance quivaut sa suppression4 ,l'am\r de la puissance et la rapacit sont des passions sans objet et sans effet4 l'irralit ?orique correspond l'irralit pratique4 ,tant que la civilisation s]a dom9e p> la mconnaissance la plus grossire de ce qui e/ huma91 il p\rra arriv] et il arriv]a que des hommes portant sur le front et sur le visage sur la tte et sur les membres le signe de rprobation visible t\s les yeux1 que des hommes dont la mise et la p>ole1 les m\vem5ts et les attitudes rvl5t au premi] c\p d'oeil la vulg>it de c>actre et l'abs5ce d'me1 que ces hommes tr\v]ont ouv]ts devant eux t\s les *em9s qui conduis5t l'e/ime et la confiance1 alors que des natures nobles1 auxquelles ne manque que la ruse de s]p5t1 s]ont honnies et mprises et priront punies et d%onores4 ,tant que nos yeux s]ont affects de cette ccit plbi5ne qui doit comm5c] disp>atre1 les hommes avides et pres au ga9 auront beau jeu de faire leur *em9 en s'aidant de leurs dons naturels3 impudicit1 m5songe1 ruse1 importunit1 p]suasion sophi/ique1 m5dicit1 expdi5ts malpropres2 et lorsqu'ils s]ont arrivs leurs f9s1 ils s]ont accueillis avec des honneurs comme des modles de sagesse1 d'+niosit1 d'activit4 ,mais1 mme favoriss p> la mcanisation effrne1 p> l'an>*ique jeu de =ces de son poque1 ils ne p\rront pas all] plus lo91 ils s]ont incapables d'atte9dre la cration objective1 de dev5ir les s]viteurs utiles du monde4 ,la proprit d'un tel homme peut s'accrotre et sa puissance augm5t]2 mais ce qu'il dsire comme c\ronnem5t de ses ef=ts1 savoir que son exi/5ce devi5ne une ncessit1 lui s]a refus4 ,le mal qu'il cause1 en *]*ant accap>] le plus d'espace possible1 en talant sa corruption1 n\s tait un devoir de n\s df5dre contre sa nature et ses effets3 mais la puissance d]nire et responsable n'a beso9 d'aucune protection contre lui1 c> elle app>ti5t ceux qui s]v5t et sont loyaux1 ceux qui possd5t la =ce du r5oncem5t et la =ce cratrice de la fantaisie4 ,e/-il donc prsomptueux d'affirm] que la passion du p\voir et celle de la possession1 ces pr9cipaux moteurs de la vie mcani/e du monde1 sont mortelles et mme que1 bi5 qu'elles soi5t actuellem5t leur zni? mridi51 elles sont dj en voie de disp>ition8 ,n'e/-il pas plus dsesprm5t prsomptueux de croire que l'humanit1 qui se r5d compte de leur vide1 soit condamne jamais tre dupe et ass]vie p> les puissances de m5songe1 dans lesquelles n\s voyons des puissances ho/iles au ciel1 pr(ondm5t c\pables1 irrelles et inefficaces8 ,si n\s ne devons pas croire que la connaissance et la volont morale suffis5t *ass] le vice acquis et dtruire la m>que d'esclavage hrditaire1 il ne re/e plus au rveur moral qu'une issue3 se retir] du monde sans bruit et le plus rapidem5t possible4 ,or d'aucuns vi5dront n\s dire3 comm5t une humanit vieillie peut-elle *ang]8 ,avons-n\s jamais vu quelqu'un sacrifi] une passion8 quoi n\s rpondrons3 n\s avons vu des *oses bi5 plus gr&es4 ,n\s avons vu plus d'une *ute et plus d'une trans=mation de *oses bonnes et mauvaises4 ,n\s avons vu natre et disp>atre les sacrifices huma9s1 le meurtre de vieill>ds1 l'ince/e1 l'idoltrie1 la v5geance sanglante et beauc\p d'autres horreurs4 *aque poque1 t\tes les passions1 t\s les p*s et t\tes les folies sommeill5t dans l'homme2 *aque passion1 *aque p*1 *aque folie peut tre rveill ou rprim4 ,la rpression peut v5ir de l'individu1 p\ss p> la peur1 lorsqu'il a une me basse1 ou p> les exig5ces morales1 lorsqu'il a une me noble2 la rpression peut aussi v5ir de la socit1 g>di5ne des moeurs4 ,c'e/ p\rquoi il faut t\j\rs le rpt]3 le mal mortel de notre poque vi5t du manque d'une =ce d'ori5tation1 de ce qu'elle a cru p\voir se compos] une consci5ce sans convictions1 en utilisant les s\v5irs m\rants des poques antrieures2 et la n\velle conception du monde e/ appele augm5t] l'inf9i la t5sion des =ces qu'elle se propose d'organis] et de r$ress]4 ,t\s ceux qui sacrifi5t de nos j\rs l'am\r et donn5t leur vie sont-ils naturellem5t des hros et des hommes remplis d'am\r8 ,s'ils ne le sont pas1 ils appr5n5t l'tre1 et cela grce au r$ressem5t subit d'une collectivit qui a encore le c\rage d'ordonn] des sacrifices dans des mom5ts difficiles4 ,ce qui n'e/ pas cr p> la volont libre1 e/ cr p> la connaissance1 qui devi5t un jugem5t de valeur gnral4 ,la consci5ce collective qui1 auj\rd'hui1 ne mprise encore que le m5songe et la l*et1 condamn]a dema9 la passion du p\voir et l'avidit1 la re*]*e des plaisirs et la vanit1 la mauvaise joie et la bassesse4 ,cela ne veut pas dire que *acun s]a aussitt db>rass de ses vices1 mais leur dom9ation s]a brise2 ce qui1 auj\rd'hui1 tale un orgueil provocant1 s]a libr1 et sa lib]t agira sur *aque me1 en la modelant et en l'incitant crer4 ,le monde s]a vritablem5t libre1 p>ce qu'exempt de t\s les a*>nem5ts de la lutte4 ,n'oublions pas ceci3 ce qui empoisonne la vie1 ce n'e/ pas la lutte p\r l'exi/5ce1 mais la lutte p\r le sup]flu1 la lutte p\r le nant4 ,en amortissant les deux moteurs sur*auffs des fausses joies1 n\s v]rons aussitt *aque membre du corps contractur de l'humanit repr5dre sa t5sion normale4 'en s]a f9i du culte sanglant de l'arg5t1 qui fait que *acun df5d et ca*e ce qu'il possde et ce qu'il a acquis1 comme un sanctuaire de sa vie4 ,l'air et l'eau1 bi5 que plus indisp5sables1 sont libres1 facilem5t accords et di/ribus1 p>ce que p]sonne ne cra9t de manqu] de ces lm5ts1 p>ce que p]sonne n'e/ assez sot p\r les accumul] et que p]sonne ne ddaigne le lg] ef=t qu'il faut faire p\r s'en approvisionn]4 ,le j\r o n\s saurons n\s procur] notre subsi/ance sans passion et avec modration1 comme n\s n\s procurons l'eau pure1 qui n'e/ pas contam9e p> des pe/ifrs1 le culte sanglant disp>atra4 ,mais l'approvisionnem5t devi5t libre et facile1 lorsque ma propre avidit cesse de rclam] le sup]flu et que l'avidit des autres cesse de vid] t\tes les s\rces1 p\r gaspill] en futilits et frivolits un ti]s du travail mondial4 ,l'homme qui rfl*it ne peut se df5dre d'une c]ta9e /upfaction la vue des innombrables b\tiques1 magas9s1 dpts de m>*&ises1 us9es et ateli]s qui encombr5t les rues4 ,la plup>t des objets qui y sont accumuls1 avantageusem5t exposs et (f]ts des prix levs sont horriblem5t laids1 de/9s satisfaire des gts vulgaires1 absurdes et nuisibles1 insignifiants et caducs4 ,e/-il vrai et possible que des millions d'hommes soi5t occups produire ces objets1 les transport]1 les v5dre1 fabriqu] et runir les outils1 ma*9es et matires premires de/9s leur fabrication2 que d'autres millions soi5t condamns acqurir ces objets et d'autres millions encore les dsir] et tre dsols de ne p\voir les possd]8 ,il faut une foi robu/e1 p\r ne pas dsespr] d'une humanit qui vit de *oses p>eilles et p\r des *oses p>eilles4 ,qu'en fait-on8 ,on les accumule dans les maisons1 on les consomme l'excs1 on s'en s]t p\r c\vrir les corps1 p\r orn] les *eveux et les oreilles1 p\r remplir les po*es2 puis elles *\5t *ez les brocanteurs1 dans les salles de v5te1 dans les monts-de-pit1 p\r recomm5c] un deuxime et un troisime cycle1 p\r f9alem5t *\] quelque "p en ,afrique1 qu& elles n'ont pas t jetes au rebut ou qu'elles n'ont pas subi une trans=mation aprs refonte4 ,quel e/ le b que p\rsuit une humanit civilise1 en donnant libre c\rs cette fr+ale de m>*&ises1 cette passion p\r les objets qui se v5d5t et s'a*t5t8 ,elle *]*e1 sans d\te1 se procur] quelques aises et quelques plaisirs4 ,mais elle *]*e surt\t1 et avant t\t1 l'app>5ce1 encore et t\j\rs l'app>5ce4 ,il faut que l'objet ait l'air de quelque *ose4 ,on a vu quelque "p une *ose sup]be et on v\drait en avoir une p>eille2 dfaut1 on se cont5t]ait d'une autre *ose qui lui ressemble4 ,on veut faire impression1 tonn]1 r5dre les autres jal\x4 ,on v\drait p>atre plus ri*e qu'on ne l'e/1 c>1 dans la t]rible manire de voir de notre poque1 l'honneur e/ associ la ri*esse4 ,ce rgne de la sottise1 cette joie d'esclaves ne peuv5t pas dur]1 et ne dur]ont pas t]nellem5t4 ,s'il devait en tre autrem5t1 il faudrait r5onc] t\t espoir de voir natre une humanit fire et digne4 ,cette situation doit pr5dre f92 il suffit que la conviction de la nullit des joies impures1 acquises prix d'arg5t1 de leur nocivit et laideur radicales s'emp>e seulem5t de quelques milli]s de consci5ces1 p\r que la fleur diabolique p]de t\tes ses feuilles4 ,on ress5tira de la joie devant la beaut non convoite2 la nature et l'art pur1 la =ce et la noblesse du corps huma91 le culte de l'esprit et l'adoration du div9 devi5dront des ralits et des vrits2 la camelote et le fatras qui n\s r5dront ridicules aux yeux de nos petits-enfants1 se rfugi]ont sur des cont95ts obscurs o ils p\rront tran] leur exi/5ce jusqu'au j\r du d]ni] jugem5t4 ,ce n'e/ pas sans hsitation que n\s opposons cette assurance une obs]vation qui1 sans tre faite p\r n\s dc\rag]1 n'en mrite pas mo9s d'tre prise en srieuse considration3 elle conc]ne les femmes4 ,j'ai montr dans d'autres ouvrages dans quelle norme mesure la mcanisation a b\lev]s la vie des femmes4 ,les occupations dome/iques de la femme b\rgeoise ont disp>u depuis c5t ans4 ,la division du travail lui a enlev le filage et le tissage et s'e/ *>ge de lui assur] le vtem5t1 de lui f\rnir la lumire1 le *auffage et la n\rriture2 le j>d9 et la c\r ont disp>u2 il ne lui re/a plus que la direction de la maison1 l'ducation des enfants et la cuis9e4 ,le bi5-tre accru a cr la dame b\rgeoise2 le travail a t remplac p> l'in/ruction4 ,dans les classes leves1 on a vu natre les comm5cem5ts de la sociabilit2 aux conv]sations dans la rue avec des vois9es et aux ftes populaires1 ont succd des visites et des rceptions dans des salons qui comm5ai5t dev5ir une des pices indisp5sables de la maison b\rgeoise4 ,l'ateli] se sp>a de la maison d'habitation1 la maison de comm]ce de la proprit familiale2 la dure du travail e/ dev5ue plus longue2 l'homme d'affaires1 le fonctionnaire1 le savant comm5ai5t tre abs5ts de *ez eux t\te la j\rne1 et le cadre de la communaut in9t]rompue fut bris4 ,deux sphres se tr\vr5t a9si con/itues3 une extrieure et une intrieure2 l'extrieure1 qui e/ la sphre de l'activit pr(essionnelle1 g\v]ne p> l'homme2 l'intrieure1 qui e/ la sphre de l'ordre et de la cons]vation1 confie la femme1 laquelle e/ dev5ue la matresse de maison1 l'adm9i/ratrice et1 a9si que l'exige l'conomie base sur l'arg5t1 l'a*eteuse4 ,l'homme gagne1 la femme dp5se4 ,jadis la femme a*etait bi5 de temps autre un plat de cuis9e1 plus r>em5t un vtem5t1 exceptionnellem5t un meuble3 c'e/ le m>i qui avait affaire aux artisans1 aux ouvri]s4 ,auj\rd'hui1 la femme e/ la seule a*eteuse1 et elle a*te jet cont9u2 les femmes rempliss5t les magas9s1 les rues et les moy5s de transport des villes2 elles font des comm&es et des calculs1 dcor5t1 organis5t1 font con/ruire4 ,l'effrayante dcad5ce des mti]s manuels1 qui se produit depuis quatre-v+ts ans et que les plus srieux ef=ts sont impuissants enray]1 a p\r cause mo9s la ma*9e que la femme a*eteuse4 ,c'e/ qu'il manque celle-ci le c\p d'oeil capable d'ap]cevoir dans ce qui e/ fait la ma9 les qualits de solidit1 d'au!nticit1 d'adaptation p>faite l'usage2 elle manque galem5t de f]met p\r v\loir le ncessaire1 p\r pr5dre des dcisions irrvocables2 elle e/ incapable de rsi/] la premire impression1 la vague ressemblance avec l'au!nticit1 l'occasion1 la brillante app>5ce1 au calcul trompeur1 au bav>dage du v5deur4 ,t\tes les honteuses habitudes du comm]ce de dtail sont nes du fait qu'il ne s'adresse gure qu'aux femmes2 ce qui exaspre l'homme qui a eu la mal*ance de s'g>] dans un magas9 quelconque1 con/itue le plus s\v5t un moy5 d'exploit] les faiblesses de la femme a*eteuse4 ,disons encore ici en passant ce que n\s avons expos ailleurs avec plus de dtails3 depuis que les hommes pr(essionnels ont1 p\r favoris] la femme1 r5onc au srieux de l'in/ruction2 depuis que les salles de ?tres et de conc]ts1 les collections de tableaux et les confr5ces sont dev5us le doma9e de la femme1 depuis que les femmes sont dev5ues lectrices de livres et de dbats1 amies des arti/es et protectrices de leurs oeuvres1 l'art et la critique d'art se sont leur t\r engags sur la p5te de la dcad5ce et sont galem5t m5acs dans leur exi/5ce4 ,la s5tim5talit /rile de la littrature po/-romantique a t le premi] produit des salons1 et c'e/ peut-tre p>ce qu'ils ont eu l'intuition de ce rapport que les deux d]ni]s esprits libres de notre poque1 ,s*op5hau] et ,nietzs*e1 ont conu une ho/ilit l'g>d des femmes4 ,c'e/ a9si que la femme du n\vel ordre conomique s'e/ tr\ve place sans transition1 d'une faon viol5te1 dans des situations jusqu'alors in\es3 p\sse hors de l'ence9te dome/ique1 *>ge d'in/ruction1 ayant s'acquitt] d'obligations sociales1 entret5ir des relations utiles1 assur] la t5ue extrieure de la vie1 s\v5t engage dans des pr(essions mascul9es1 elle a t5u tte aux exig5ces les plus dures auxquelles ait jamais eu satisfaire la nature huma9e1 et cela sans aucune prp>ation4 ,elle n'a pas succomb la t*e et a donn notre sicle un aspect mixte1 masculo-fm994 ,mais de graves effets secondaires devai5t se manife/] 9vitablem5t4 ,les habitudes prises p> les femmes de calcul]1 d'a*et]1 de circul] dans les rues1 de vivre d'une vie extrieure1 de ne dp5dre que d'elles-mmes n'tai5t pas faites p\r r5dre plus pr(ond le ct mat]nel de la nature fm99e4 ,l'am\r extra-conjugal que l'homme savait rprim] autrefois devait fatalem5t pr5dre un gr& dveloppem5t1 et l'on a vu surgir une des p>ticul>its les mo9s rj\issantes de notre civilisation3 la femme de luxe4 ,les anci5s devoirs de reprs5tation des femmes de la noblesse tai5t en voie de disp>ition1 en mme temps que disp>aissai5t les devoirs de protection qui incombai5t autrefois aux hommes leur g>d3 ce qui re/ait de cet anci5 crmonial v]sait de plus en plus dans la c>icature4 ,la socit n\vellem5t enri*ie dem&ait une facilit de relations exclusive de t\te contra9te1 af9 de s'ex]c] dans la ri*esse et j\ir de t\s les avantages que peut prs5t] la vie de socit4 ,ce jeu dang]eux et risqu tait dev5u une sorte de devoir1 une occupation1 un g5re de vie4 ,on passait le temps en conv]sations d'o le coeur tait abs5t4 ,on n'tait proccup que d'habitations luxueuses1 de dome/icit1 de bij\x1 de robes1 de so9s du corps1 de bonne *re1 de rceptions d'invits de m>que4 ,des intrigues am\reuses1 s\v5t lucratives1 animai5t seules cette vie2 les conv]sations r\lai5t sur des *evaux1 des *asses1 des voyages1 sur les arts ravals au niveau des int]locuteurs2 quelques actes de *>it1 des rapports avec la c\r1 des cabales politiques1 f\rnissai5t cette vie un semblant de ju/ification2 l'ducation et la direction de la maison tai5t assures p> un p]sonnel m]c5aire et1 en dehors de quelques discussions avec le m>i sur les intrts communs1 la femme croyait avoir rempli t\s ses devoirs en mettant au monde1 s\s la n>cose1 deux ou trois enfants4 ,cette vie dprave de la femme fut non seulem5t tolre1 mais mme glorifie1 au sommet de l'*elle de la socit mcanise2 les femmes du peuple supportai5t t\t le f>deau du travail et f\rnissai5t les cont+5ts de la pro/itution2 celles des classes moy5nes ne connaissai5t que les s\cis et les calculs2 celles des classes suprieures luttai5t p\r la reprs5tation1 p\r l'in/ruction1 p\r la conqute des pr(essions mascul9es4 ,ces d=mations de la vie mcanise ont affect la nature mme de nos femmes4 ,la convoitise1 l'am\r des app>5ces1 le dsir d'en impos]1 la coquett]ie sont dev5us leurs traits dom9ants1 alors que l',allemagne d'autrefois n'avait connu ces traits que s\s la =me de biz>r]ies in(f5sives1 vite rprimes4 ,les consqu5ces morales de ces vices sont graves1 leurs effets conomiques et sociaux sont t\t simplem5t dsa/reux4 la jal\sie pr\ve l'g>d d'une vois9e1 au reg>d voluptueux d'un passant1 la faiblesse et la condesc5dance des hommes n\s sacrifions le travail de j\r et de nuit de millions d'ouvri]s4 ,qu'e/-ce qu'on tr\ve dans le comm]ce de dtail8 ct du tabac et des boissons alcooliques1 on y tr\ve surt\t des *oses qu'a*t5t les femmes1 des objets inutiles1 laids1 caducs1 qu'on veut avoir1 p>ce que d'autres en ont1 p>ce qu'ils sont la mode1 p>ce qu'on en a vu de p>eils de lo91 sur des tableaux1 *ez des g5s qu'on croit di/+us2 on les croyait alors d'un prix inabordable1 et voil qu'on les (fre ici des prix dont le bon m>* e/ dconc]tant3 ce sont des vtem5ts et des p>ures conu de faon excit] la s5sualit mascul9e1 vtem5ts et p>ures qu'on porte aussi longtemps que le p]mett5t la faible solidit des matriaux avec lesquels ils sont fabriqus et le bon dsir du m>*&2 ce sont des objets sans nom1 dits articles1 qu'on a*te p\r a*et] et qu'on donne ensuite p\r s'en db>rass]4 ,et la loi de la mode exige qu' des priodes dt]m9es t\te cette camelote soit reconnue inutile et sans valeur1 p\r tre remplace p> une autre1 t\t aussi inutile et sans valeur4 ,ce jeu p\vait encore tre tolr1 tant qu'il n'tait qu'une affaire prive d'une organisation dome/ique absurde4 ,mais ds l'in/ant o n\s n\s r5dons compte que cette fr+ale de m>*&ises1 cette passion d'a*et] con/itue une des plaies les plus dang]euses de notre vie conomique1 l'extirpation de ces vices devi5t un affaire d'tat et d'humanit4 ,ce s]ait (f5s] les femmes que de leur annonc] avec un s\rire complaisant qu'elles sont responsables des misres de notre poque4 ,n\s devons leur dire que si elles arriv5t1 p> leurs actions *>itables1 faire s*] quelques l>mes1 elles en font c\l] inf9im5t plus p> leur atta*em5t ces ri5s in(f5sifs qu'elles a*t5t et emport5t *ez elles1 enf]ms dans des botes ou des paquets ou qu'elles se font livr] p> des voitures4 ,si la mre e/ responsable de ce qu'il y a de mauvais dans l'homme1 l'amant et le m>i sont responsables des erreurs et des g>em5ts de la femme4 ,le g>on f9it p> *app] la mre1 et ses erreurs de jadis re/5t irrp>ables2 mais la femme peut t\j\rs tre modele p> l'am\r1 et les portes du rep5tir cle/e lui sont t\j\rs ouv]tes4 ,c'e/ l'homme de lui montr] le *em91 c> c'e/ lui qui e/ le plus responsable1 le plus c\pable du t]rible ds>roi dans lequel se dbat la femme d'auj\rd'hui4 ,grce la mcanisation de la vie1 l'homme a arra* la femme son foy] protecteur1 l'a lance dans le monde et dans la vie conomique1 a fait tomb] les clefs de ses ma9s et lui a confi la b\rse2 il l'a mise en demeure de *oisir entre les comptes de mnage1 la coquett]ie1 le travail au dehors et la vie solitaire4 ,le plus c\pable1 ce n'e/ pas le tyran dome/ique1 l'g/e ou le seigneur fodal1 mais l'homme oisif1 le c\reur de femmes qui a fait de la femme un j\et1 un objet de bonheur1 une s\rce de plaisirs1 qui a veill l'in/9ct hsitant qui sommeille dans *aque femme1 p\r le trans=m] en vice1 p\r tu] l'me4 ,si les t5dances sexuelles primitives qu'on avait russi rprim] p5dant des sicles se sont de n\veau manife/es dans la vie des femmes de notre poque1 avec un cynisme qui tonn]a nos arrire-petits-enfants1 la faute en e/ l'homme4 ,n\s devons tre reconnaissants aux femmes de ce que leurs re*]*es dsespres d'une solution ai5t fait natre et ai5t favoris un m\vem5t qui se trompe seulem5t quant au b4 n\s incombe le devoir de dvoil] ce b qui ne peut avoir ri5 de commun avec la dom9ation extrieure4 ,il ne s'agit pas d'impos] la femme le ret\r la c\r et au j>d9 ds]ts1 la qu5\ille et au mti] hors d'usage1 et il ne s'agit pas davantage de lui r5dre plus facile l'accs des *ancell]ies et des tribunaux4 ,il faut s'appliqu] avant t\t lui donn] une haute ide de sa dignit huma9e1 de lui inculqu] le mpris du bonheur qui s'a*te1 de l'ornem5t absurde1 de l'oisivet1 s\rce de t\s les vices2 il faut *]*] ensuite lui faire compr5dre que c'e/ elle qui e/ responsable du bonheur intrieur et de l'ordre du gr& mnage que =me la collectivit huma9e4 ,plus la socit devi5dra responsable du bi5-tre et de l'ducation1 de la culture et de l'ornem5t de la vie1 plus purs et plus importants s]ont les n\veaux devoirs de la femme2 et p\rvu que le cont5u de ces devoirs re/e fm99 et naturel au s5s le plus lev du mot1 n\s ne devrons pas recul] devant les =mes qu'ils p\rront revtir1 alors mme qu'il faudrait1 p\r les obt5ir1 faire int]v5ir c]ta9s moy5s d'organisation1 un plan de con/ruction rationnel1 c]ta9es entraves4 ,n\s allons ma9t5ant exam9] le d]ni] des moteurs qui ma9ti5n5t le fonctionnem5t de notre monde mcanis3 l'gsme familial4 ,il faut comm5c] p> lim9] l'erreur morbidem5t inconsci5te1 qui consi/e expliqu] et ju/ifi] la my/rieuse passion d'accumulation p> le dsir d'assur] l'av5ir des desc5dants1 ce qui n'emp*e pas les possesseurs de la =tune de la g>d] jal\sem5t jusqu' leur mort1 en rduisant p>fois leurs enfants la portion congrue et en rs]vant la j\issance complte de l'hritage des desc5dants plus loigns4 ,il faut galem5t lim9] la vanit po/hume1 trs rp&ue1 de ces ambitieux qui sav\r5t d'avance1 comme une volupt1 l'tonnem5t de l'excuteur te/am5taire la lecture des clauses du te/am5t4 ,seuls mrit5t de n\s occup] ici la =me vraie et noble de l'orgueil familial1 la joie qui se ratta*e au ma9ti5 d'un nom sonore1 le joyeux s\v5ir des mrites des anctres1 le s\ci affectueux d'assur] le bonheur de la po/rit4 ,les effets de la division millnaire de l',europe en deux c\*es font1 p\r a9si dire1 p>tie de notre sang4 ,n\s ne sommes t\j\rs pas un peuple1 n\s sommes pe9e un tat4 ,mais une noblesse vritablem5t dirigeante1 un patriciat ex]ant le p\voir1 doit re/] f]m2 son mlange avec d'autres c\*es sociales m>que sa dcad5ce1 son appauvrissem5t1 entrane sa ru9e4 ,la noblesse expirante du ,x,v,i,i,ie sicle a eu un d]ni] sursaut de mpris p\r le b\rgeois et le s]f p\r lesquels elle a inv5t les noms de roture et de canaille4 ,le temps s]ait v5u de n\s s5tir un peuple1 et il y a des mom5ts o le s5tim5t de la communaut devi5t puissant4 ,lorsque n\s voyons m>*] et m\rir nos armes1 n\s n\s s5tons t\s unis p> l'am\r et n\s croyons *acun s5tir le feu qui doit n\s fondre en une seule masse2 mais ce n'e/ l qu'un rve1 c> les peuples diviss ne s'uniss5t jamais4 ,une noblesse1 hauta9e dans la ri*esse1 s\ple lorsqu'elle a subi des rev]s1 r5\vele de multiples faons1 ayant subi t\tes sortes de mlanges1 app>5te aux classes indu/rieuses1 une noblesse dont une moiti porte des noms b\rgeois1 l'autre des noms hi/oriques3 telle e/ la classe qui g\v]ne et ex]ce les p\voirs militaire et politique4 ,une classe de ri*es contrle les gr&es indu/ries1 ex]ce une influ5ce occulte et ouv]te1 *]*e pntr] dans la noblesse g\v]nem5tale et foncire1 se complte p> une troite slection intellectuelle opre sur ce qui re/e des classes moy5nes et se df5d contre une dsagrgation p> en bas4 ,une classe moy5ne en voie de dprissem5t1 qui voit les mti]s manuels lui *app]1 son t]ra9 se rtrcir1 qui se df5d contre la *ute dans le prolt>iat1 *]*e entr] dans la hir>*ie des fonctionnaires de la pl\tocratie1 se met la suite de la classe ri*e et se cont5te f9alem5t d'tre1 au se9 de cette classe1 une sorte de prolt>iat d'opposition1 de prolt>iat spcial1 impuissant et ds>m1 p>ce qu'il n'ose pas s'attaqu] aux bases de sa propre exi/5ce b\rgeoise1 d'un niveau relativem5t lev4 ,et t\t fait en bas1 un prolt>iat pr(ondm5t remu1 t]riblem5t sil5cieux1 un peuple "p1 une m] insondable d'o sort p>fois un reg>d ou un cri qui arriv5t jusqu'au sommet3 syn?se de t\s les p*s et de t\tes les fautes de la socit mcanise4 ,c'e/ cet ensemble1 compos de quatre p>ties1 que n\s appelons peuple4 ,il y eut des aveugles p\r ni] qu'au mom5t d'un dang] national1 la communaut de langue1 de pays1 d'vnem5ts vcus soi5t capables de ralis] l'unit du v\loir2 il y a des aveugles p\r espr] que la communaut de sacrifice suffira trans=m] un dv\em5t passag] en une rsignation durable4 ,n\s qui mettons au-dessus de t\t l'humble responsabilit du p\voir et la fire joie de la s\mission1 n\s qui voyons dans ces deux facteurs des =ces organiques1 complm5taires l'une de l'autre1 n\s ne p\vons e/im] que comme tant contraires la nature1 comme tant un mal et une inju/ice1 le s]vice anonyme de la ca/e hrditaire1 la condamnation irrvocable d'un peuple des corves dp\rvues de t\t lm5t spirituel1 des dsirs et des joies d'o l'me e/ abs5te4 ,l'unit du peuple e/ incompatible avec sa division en classes3 qui veut l'une doit s'lev] contre l'autre4 ,celui qui veut voir se =m] l'homme allem& doit s'oppos] l'exi/5ce du proltaire allem& immobilis dans son sort4 ,n\s savons cep5dant que c'e/ seulem5t p> la pntration cont9uelle1 p> l'alt]nance incessante de la direction et de la s\mission que se =me un peuple2 et n\s savons aussi que l'hrdit des droits et des devoirs1 des de/9es et des manires de vivre dsagrge un peuple et =me des ca/es4 ,l'antipa?ie l'g>d du peuple1 la volont d'impos] aux hommes de basse extraction une s\mission et un esclavage sans nom1 la t5dance rompre les li5s qui ratta*5t entre eux les fils d'un mme peuple1 t\s ces s5tim5ts ont leur s\rce dans l'gsme et l'orgueil familiaux4 gsme1 en tant qu'on ne se cont5te pas de transmettre un nom noble1 avec t\s les avantages que procure l'ducation et le fait d'app>t5ir un c]ta9 c]cle social1 mais qu'on rclame en plus la c]titude de ne jamais tre tr\bl dans la possession des bi5s acquis et de p\voir en acqurir con/amm5t de n\veaux1 p5dant que les autres pe9]ont la sueur de leur front4 ,celui qui s'e/ r5du compte qu'il n'y a pas de j\issance hrditaire sans qu'il y ait1 d'autre "p1 esclavage hrditaire1 que la multiple nature huma9e ne supporte impunm5t aucun abus hrditaire1 qu'il s'agisse de celui de la lib]t de ne pas travaill] ou de celui du travail impos1 celui-l dc\vrira dans l'gsme de ca/e le p* radical de la socit huma9e2 si1 au contraire1 il p]svre dans la t5dance l'isolem5t g/e1 il n'os]a plus p>l] de l'unit et de la frat]nit d'un peuple1 mais av\]a fran*em5t son mpris p\r une plbe m>que p> le sort et affirm]a sa volont de la dom9] t]nellem5t4 ,l'gsme de maison1 de famille ou de classe ne peut donc en aucune faon tre considr comme un des moteurs naturels1 moralem5t ju/ifis1 de la socit huma9e1 et le monde e/ libre de r5\vel] *aque poque le *oix de ses esprits dirigeants et des =ces qui doiv5t le conduire4 ,l'hrdit corporelle et matrielle doit cd] la place l'hrdit spirituelle qui rgne dj auj\rd'hui dans les doma9es immatriels2 ce ne s]ont plus les fils qui hrit]ont des pres1 mais les disciples des matres1 et le npotisme s]a remplac p> l'lection4 ,notions morales et ides ?oriques devi5dront la proprit du peuple1 l'ducation s]a une fonction de la collectivit2 le peuple1 promu lui-mme la noblesse1 la fois son propre s]viteur et son propre matre1 devi5dra l'auteur de ses propres de/9es et le g>di5 de ses lus4 ,mais p\r qu'il en soit vraim5t a9si1 p\r qu'aucun lm5t trang] ne vi5ne altr] la noblesse du peuple1 p\r que la responsabilit concide vraim5t avec la =ce morale et intellectuelle1 p\r que les mauvais b]g]s1 les esclaves s\ples soi5t mis dans l'impossibilit de se gliss] jusqu'au p\voir1 il faut la prs5ce d'un facteur dont n\s avons dj p>l plusieurs reprises et dont on comm5ce ap]cevoir l'int]v5tion3 la connaissance et l'apprciation infaillibles des qualits huma9es et des valeurs qu'elles reprs5t5t4 ,c> il e/ un dang] que n\s ne devons pas p]dre de vue3 mesure que les de/9es devi5n5t plus mobiles et indp5dantes de t\te pression et dt]m9ation extrieures1 que les li5s rsultant de la tradition et de la naissance se rel*5t et p]d5t leur p\voir d'ori5tation imprieuse1 l'arne sur laquelle lutt5t les =ces spirituelles et morales devi5t de plus en plus libre et1 en mme temps1 de plus en plus expose tre envahie p> des *evali]s d'indu/rie1 des m5teurs intellectuels et des hypocrites moraux4 ,dj le rgime pl\tocratique de nos j\rs enc\rage une slection immorale au plus haut degr1 puisque fonde sur le succs2 il exi/e t\t un ensemble de c>rires moy5nes o le m5teur et le bav>d1 le rus et l'arrivi/e1 l'incompt5t et l'homme pre au ga91 l'hypocrite et le flatteur1 l'insol5t et l'escroc l'emport5t inconte/ablem5t sur les hommes d\s de qualits morales et compt5ts4 ,dj de nos j\rs n\s c\rons le dang] de voir la vie conomique envahie p> des flibu/i]s1 l'op9ion publique dev5ir un in/rum5t entre les ma9s des avocats et les qualits nobles et mode/es tre condamnes la misre et la mort4 ,mais les =ces opposes comm5c5t se rveill]4 ,lorsqu'un de ces r>es hommes qui sont dev5us clairvoyants entre p> has>d dans une sol5nelle runion de reprs5tants de nos classes intellectuelles et dirigeantes1 il e/ t\t tonn de saisir sur leurs visages des signes de proccupation1 d'ent5dre dans c]ta9es p>oles des acc5ts de rep5tir et de remords1 signes et acc5ts qui s'effac]ont et disp>atront l'in/ant d'aprs1 mais qui1 sur le mom5t1 *app5t aux *efs et la f\le malgr eux1 indp5damm5t de leur volont et en dehors de leur consci5ce4 ,lorsque deux hommes clairvoyants se r5contr5t1 ils conoiv5t pe9e que leur clair savoir et leur claire vision re/5t p\r la f\le un my/re444 ,ils s\ri5t mlancoliquem5t1 lorsqu'ils voi5t des clbrits reconnues tal] leur nudit morale1 leur abs5ce d'me1 et cela au premi] mot p> lequel elles exprim5t leur assurance satisfaite et qui ne d\te de ri54 ,ils se s5t5t remplis de joie1 lorsqu'ils croi5t saisir dans le reg>d ou l'exclamation d'un homme moy5 la manife/ation d'une me pr(onde1 pure1 ple9e de dignit4 ,auj\rd'hui1 un homme e/ mpris1 p>ce qu'il a subi la fltrissure de la prison p\r un crime ou un dlit commis dans un mom5t d'g>em5t1 ou p>ce que la pauvret l'oblige de se livr] un travail humiliant2 mais d'autres1 qui port5t bi5 plus visiblem5t les m>ques de l'esclavage sur leurs visages1 leurs membres et dans leur coeur1 prononc5t des jugem5ts revtus de robes r\ges1 bniss5t s\s des dais1 dirig5t des de/9es huma9es et g>d5t le sceau de la puissance4 ,dans les temps v5ir on ne connatra pas le mpris1 c> le mpris e/ un crime contre la dignit div9e4 ,au lieu de mpris] et tortur] l'homme re/ en arrire1 encore esclave de corps et d'me1 on t*]a de l'lev] p> l'am\r4 ,seulem5t1 on ne le *>g]a d'aucune responsabilit1 avant qu'il ait atte9t l'tat de puret2 on n'aura pas confiance en lui1 avant qu'il ait conquis la vrit2 on rsi/]a impitoyablem5t t\tes ses prote/ations et raill]ies1 t\s ses subt]fuges et accs d'exaspration1 t\tes ses flatt]ies et supplications4 ,il faut que les enfants soi5t dj mme de reconnatre et de t5ir l'c>t ces poisons qui devront tre dsigns p> des noms clairs et intelligibles4 ,les vocations qui ont beso9 de ces qualits1 les g5res de vie1 les dispositions1 les plaisirs qu'elles trahiss5t1 ri5 de t\t cela ne p\rra tre considr comme honorable2 on e/im]a davantage le travail d'un vidangeur que celui d'un bav>d2 les g>em5ts morbides s]ont punis mo9s svrem5t que le luxe provocant et l'app>at2 on mpris]a mo9s les maisons de tolrance que les endroits o l'on pr(ane et d=me l'art4 ,p\r se r5dre compte de la =ce de direction que peut imprim] un peuple une conviction consci5te1 il faut t\rn] ses reg>ds v]s un pays qui ne doit pas n\s s]vir de modle et o les notions troites et inconsci5tes de dignit seigneuriale et de tradition de ca/e sont dev5ues le canon de t\t jugem5t huma94 ,le mot m5aant3 ceci n'e/ pas con=me la dignit d'un seigneur1 et ceci n'e/ pas dans la tradition1 ma9ti5t des millions dans les limites d'une conduite con=me1 la rigueur1 c]ta9es exig5ces intellectuelles et morales4 ,mais au devoir et aux beso9s transc5dants de notre av5ir ce maigre impratif ne p\rra plus suffire4 ,la "q qui se pos]a alors e/ celle ci3 ,qu'e/-ce qui e/ con=me la dignit de l'me huma9e et conciliable avec cette dignit82 et devant le mot d'ordre catgorique1 qui laisse lo9 d]rire lui t\s les devoirs empiriques1 intellectuels et utilitaires1 on v]ra plir c>actres et vocations1 tal5ts et droits1 t\t ce qui dom9e et g\v]ne le monde d'auj\rd'hui1 et l'on v]ra s'tablir un tat de paix et de tranquillit dans lequel les hommes1 les *oses et la div9it retr\v]ont les droits qui leur sont dus4 ,n\s appro*ons de notre d]nire analyse1 qui e/ aussi la plus srieuse4 ,les puissants mobiles de nos actes volontaires1 passion p\r l'app>5ce et la reprs5tation1 p\r le cl9quant et les futilits1 gsme et isolem5t familiaux1 ont disp>u3 n'e/-il pas cra9dre que le mcanisme de la socit1 prive de t\tes ces =ces motrices1 s'arrte son t\r1 que le travail de civilisation qui s'tait p\rsuivi jusqu'ici sur la t]re se tr\ve int]rompu et que les bi5s matriels et spirituels de l'humanit priss5t8 ,ou bi51 aprs la disp>ition de ces =ces1 en re/]a-t-il d'autres susceptibles d'assur] l'volution plantaire dans des conditions plus pures8 ,s'il tait vrai que la f9 ju/ifie non seulem5t les moy5s1 mais aussi les mobiles1 que la vie de l'humanit sur la t]re n'a pu s'difi] et se ma9t5ir qu' la faveur d'in/9cts mauvais et absurdes1 on p\rrait dire sans hsitation qu'une vie qui e/ ne et se ma9ti5t dans des conditions p>eilles ne mrite qu'un sort3 disp>atre4 ,mais c'e/ seulem5t si n\s sommes pntrs de la foi sacre en l't]nelle moralit du devoir univ]sel1 que n\s avons le droit d'tre moraux autrem5t que p> l*et et que n\s savons que p\r vivre n\s n'avons beso9 d'aucun mobile mauvais1 d'aucune action m*ante4 ,on s'explique difficilem5t p\rquoi le travail bi5faisant doit affect] de nos j\rs la =me d'une lutte p\r l'exi/5ce1 d'une lutte *>ge de ha9e et d'animosit1 dans une arne inonde de l>mes et de sang4 ,qu'elle e/ inhuma9e1 l'indiffr5ce avec laquelle la socit reg>de le jeune lutteur desc5dre sans conseils et sans prp>ation dans cette arne p\r disput] *aque in/ant aux convoitises et l'gsme des autres le droit la vie civique1 la n\rriture1 l'abri1 la culture p\r lui et les si5s6 ,un reg>d g>1 un pas irrfl*i1 une dfaillance mom5tane suffis5t p\r le faire abattre2 et si l'homme intrieur e/ incapable de rsi/] au sort1 la *ute peut entran]1 en mme temps que la mort du corps1 la de/ruction de l'me4 ,la socit doit assur] la scurit *acun de ses membres2 elle a aboli la scurit assure autrefois p> les mti]s qui tai5t1 en mme temps qu'un moy5 de subsi/ance1 une s\rce d'inspiration cratrice1 et elle a cr1 la place du c]cle de devoirs =m p> les anci5s mti]s1 une arne de combat d'o ne sort5t va9queurs que ceux qui sav5t attaqu] en tratres et us] d'armes empoisonnes4 ,aussi la socit a-t-elle le devoir urg5t de sacrifi] les dp5ses d'un mois de gu]re p\r enlev] la lutte p\r l'exi/5ce son c>actre grossirem5t meurtri]4 ,alors seulem5t disp>atront la pr(onde angoisse et l'am]tume avec laquelle des milli]s d'huma9s p5s5t au l5dema92 alors seulem5t disp>atront et le poison de la s]vitude qui fausse les convictions et la passion impure qui s'atta*e aux que/ions du mi5 et du ti54 ,alors seulem5t on aura fait place aux =mes pures1 de/9es dt]m9] les manife/ations de la volont future4 ,ces =ces ne sont cep5dant ni n\velles1 ni trangres4 ,de nos j\rs dj t\te cration suprieure leur obx4 ,ce qu'on dem&e1 c'e/ qu' l'av5ir elles prsid5t t\te cration1 de faon ce qu'il n'y ait plus de cration infrieure4 ,t\te cration e/ noble1 lorsqu'elle n'a pas d'autre b que de crer2 t\te cration e/ sans valeur1 lorsqu'elle s'effectue s\s l'aiguillon du dsir1 s\s le f\et de l'angoisse1 lorsque1 au lieu de se suffire elle-mme1 elle s]t une f94 ,c'e/ l'am\r admirable1 pat]nellem5t div9 p\r les *oses cres qui communique aux vieux objets de l'poque des mti]s manuels vie et sub/ance1 beaut et langage2 les m>*&ises en srie1 fabriques p> nos indu/ries utilitaires1 manqu5t d'me et de vie1 brill5t d'un clat trompeur et sont de/9es f9ir leur vie phmre sur le tas d'immondices le plus pro*e4 ,l'am\r sans bornes qui communiquait l'u/5sile du vieux temps une beaut ds9tresse et une ornem5tation approprie sa =me a t remplac p> la phrase calcule de l'ornem5tation mcanique4 ,levons nos reg>ds des misrables travaux effectus en vue d'un ga9 utilitaire1 v]s un de ces travaux de cration qui imprim5t leur m>que notre poque4 ,n\s con/ations que la vie cratrice n'exi/e que l o on travaille et produit indp5damm5t d'un b ou d'une int5tion quelconque1 p\r l'objet lui-mme4 ,l'arti/e e/ p\ss p> l'am\r et p> le beso9 de crer des =mes1 le savant p> le beso9 de connatre et l'esprit d'ordre1 l'homme d'tat p> la =ce de sa volont et la contra9te qu'ex]c5t sur lui les ides1 et mme les pr(essions les plus atta*es la t]re *]*5t ralis] des *oses p5ses1 anim] ce qui se prte l'organisation4 ,le f9anci] et l'organisateur1 qui crent p\r s'enri*ir1 sont des ignorants et des b\tiqui]s2 jamais une gra9e fconde n'e/ tombe de leurs ma9s1 c> la p>ole et l'oeuvre qui s]v5t deux matres1 la *ose et le pr(it p]sonnel1 sont sans =ce aucune et succomb5t s\s la puissance de la p>ole et de l'oeuvre libres qui ne s]v5t que la *ose et sont1 de ce fait1 plus simples4 ,la seule *ose dont n\s ayons donc beso9 e/ celle-ci3 il faut que le libre esprit1 inhr5t l'am\r p\r la *ose1 qui guide auj\rd'hui t\te cration suprieure1 russisse anim] galem5t les crations moy5nes et infrieures4 ,il n'e/ pas un seul travail sur la t]re qui ne puisse tre anim p> l'am\r1 ennobli p> l'esprit et la volont4 ,la nature huma9e prs5te autant de v>its que les vocations huma9es1 elle cre non seulem5t le soldat-n et l'ecclsia/ique-n1 mais aussi l'imprimeur1 le bicycli/e1 le j\eur d'*ecs1 le /notypi/e4 ,il faut que l'homme soit libr de corves hrditaires et de misre4 ,il faut que *acun soit libre de *oisir sa pr(ession4 ,ce sont des conditions dont n\s avons dj p>l2 elles sont ralisables4 ,et qu& elles s]ont remplies1 n\s n'aurons plus beso9 de la /imulation de =ces d'ordre infrieur1 du c\p de f\et despotique de la convoitise et de l'angoisse2 ce qui ma9ti5t vivante la /ructure huma9e1 ce ne sont ni la faim1 ni la luxure3 c'e/ l'am\r4 ,mais d'o vi5dra l'impulsion passionne1 susceptible de mettre en oeuvre les =ces de direction et de dom9ation8 ,dans une socit qui mpris]a la vanit et aura dompt l'ambition1 quel e/ celui qui v\dra assum] le d\ble travail et les d\bles s\cis de la lutte et de l'asc5sion de la vie p\r lui-mme et p\r les autres8 ,le monde peut-il se pass] de ces d]ni]s levi]s qui sont aussi les plus =ts1 de ce moy5 automatique de slection8 ,dj auj\rd'hui il peut s'en pass] et jamais plus il n'en aura beso94 ,pas plus que l'am\r du ga9 ne cre les vritables valeurs conomiques1 l'am\r de la puissance p]sonnelle n'e/ capable de ralis] la dom9ation vritable4 ,le dom9ateur vaniteux e/ le plus faible2 il e/ plus faible que le dom9ateur born1 plus expos que le m*ant4 ,la vanit tue la *ose4 ,la vanit exige une vie "p1 une seconde vie1 ct de celle consacre la cration1 une vie qui absorbe les =ces de l'homme un tel po9t qu'il ne lui re/e plus une heure consacr] la contemplation1 la mditation1 la cration solitaire et ds9tresse1 dgage de t\te proccupation trangre4 ,le respect de la vrit et de la ncessit disp>at1 hommes et *oses cess5t d'tre des f9s en soi1 p\r dev5ir des moy5s1 les dcisions n'ont plus de c>actre et de direction et devi5n5t un jeu4 ,on n'arrive au b qu'en suivant la direction droite et en sa*ant clairem5t ce que l'on veut2 quelle que soit la direction suivie1 p\rvu qu'elle soit droite1 on arrive t\j\rs trav]s] le taillis et revoir la claire lumire du j\r2 en t\rnant dans un c]cle1 on s'g>e et on se p]d4 ,on s'c>te de la bonne direction1 ds qu'on veut s]vir la fois la *ose et la p]sonne4 celui qui a consacr des annes de sa vie au travail pnible qui lui fut impos p> les ncessits et les beso9s quotidi5s1 le monde et la vie app>aiss5t1 non plus comme le j>d9 du ,seigneur1 mais comme une e/rade en plan*es sur laquelle la cabale et l'intrigue se donn5t libre jeu4 ,jamais son oeil n'ap]cevra plus le pur clat1 jamais son bras n'pr\v]a la =ce n]veuse1 jamais son coeur ne ress5tira la volont enfant9e qui bnit la sem5ce et la moisson4 ,la *ose exige l'homme enti]1 elle veut l'avoir elle j\r et nuit1 et en prs5ce de cette exig5ce le plus =t et le mieux d\ succombe1 s'il ne sait s'ab/raire de sa propre vie et de son bi5-tre p]sonnel4 ,jamais un ambitieux n'a cr quelque *ose de df9itif4 ,celui qui cit]ait l'exemple du puissant dmon qui f]ma d]rire lui la porte du vieux monde et s'engagea sur le *em9 du n\veau1 dans lequel il pntra sans le reconnatre1 celui-l pr\v]ait qu'il n'a pas compris l'esprit du ,corse ambitieux4 ,ce fanatisme de l'objectivit ne peut exi/] que *ez celui qui vit1 non p\r lui-mme1 mais p\r l'objet2 et alors mme que l'objet e/ une idole1 le dami] o se j\e une volont furieuse1 irraisonne1 il n'en e/ pas mo9s royal1 puisqu'il ennoblit l'homme1 en l'arra*ant lui-mme et aux vulgaires plaisirs4 ,ce n'e/ pas p\r la p>ade et la reprs5tation1 mais p\r la conqute du p\voir imprial1 qu' ,notre-,dame et ,erfurt ,napolon a dp\ill son coeur de t\t lm5t huma94 ,mais il a succomb1 p>ce qu'il fut impuissant all] jusqu'au b\t1 tablir une sp>ation complte entre l'ide et l'homme4 ,la responsabilit e/ la seule =ce qui puisse prt5dre la dom9ation et soit capable de la ju/ifi]4 ,elle ne rclam]a jamais la dom9ation cause de ses attributs extrieurs1 elle ne rclam]a jamais le p\voir cause des joies huma9es qu'il procure4 ,le p\voir responsable e/ un s]vice1 non un s]vice my/ique s'adressant un dieu despotique1 non un s]vice arbitraire comme ce dieu1 exigeant qu'on s'incl9e devant lui comme lui-mme se pro/]ne devant son dieu3 c'e/ un s]vice au nom d'une ide idale et qui dem&e la p>ticipation de t\s l'oeuvre commune4 ,le p\voir responsable trans=me le roi en esclave1 l'esclave en roi1 non p\r humili] l'un et lev] l'autre1 mais p\r r5dre t\s gaux en esprit4 ,il exige1 non la s\mission et l'obissance1 mais la collaboration et l'adhsion2 il mprise gnuflexions et intrigues1 il a en horreur la pompe et l'idoltrie4 ,celui qui veut rgn] sur des esclaves e/ lui-mme un esclave vad2 n'e/ libre que celui qui e/ volonti]s suivi p> des hommes libres et s]t volonti]s des hommes libres4 ,la joie que procure le despotisme dc\le du s5tim5t exagr de sa propre valeur et de l'humiliation qu'on inflige aux autres4 ,on aime encore le despotisme p\r les aises qu'il procure1 p\r l'clat et la gloire qui y sont associs1 p\r la jal\sie qu'il suscite2 et lorsque1 p> has>d1 on sacrifie les aises1 c'e/ t\j\rs en *ange d'autres joies du mme g5re4 ,la joie que procure la responsabilit dc\le de la consci5ce du dang]1 du travail et des proccupations3 c'e/ la joie de la cration4 ,mais la cration1 p\r autant qu'elle comporte des sacrifices1 e/ am\r actif et1 comme tel1 la plus haute g>antie de notre droit transc5dant4 ,si jamais l'humanit de la plante tellurique devait comp>atre devant le tribunal univ]sel1 il lui suffirait de dire3 ,j'ai *]* mon bonheur dans l'am\r crateur1 p\r tre juge et abs\te4 ,grce la responsabilit1 se tr\ve lim9e du nombre des mobiles huma9s cette fausse /imulation qu'on appelle re*]*e des honneurs2 grce elle1 se tr\ve ralise cette t5sion passionne de t\tes les =ces de l'me et de l'esprit dont le monde a beso9 p\r ne pas manqu] de direction4 ,la responsabilit comporte non seulem5t la p]svrance laquelle ri5 ne re/e refus au c\rs d'une vie1 mais aussi la ju/ice d'une slection qu'aucun facteur extrieur ne vi5t influ5c]4 ,l'ambition favorise les faibles et les sots qui sacrifi5t le gr& mom5t la c\rse aprs des mirages1 t&is que la re*]*e de la responsabilit dsigne le capable et l'lu3 c'e/ que *acun n'aime que ce qu'il peut1 et ne peut que ce qu'il aime d'un am\r vritable et ds9tress4 ,n\s avons vu natre de n\velles =mes de morale sociale1 n\s avons vu s'opr] des trans=mations des =ces dt]m9antes1 des valeurs et des f9s4 ,or1 nos exig5ces et leur ralisation n'ont ri5 qui soit trang] l'humanit1 ri5 qui se ratta*e une aspiration utopique1 c> *acun de nos espoirs se tr\ve dj ralis1 sans qu'ils en ai5t consci5ce1 dans t\s les esprits honntes et purs de notre poque4 ,qu'e/-ce qui e/ plus prsomptueux3 att5dre jusqu' ce que le gr& nombre f9isse p> compr5dre ce qui n'e/ encore compris de nos j\rs que p> quelques natures exceptionnelles1 ou ni] jamais la possibilit p\r les hommes de s'lev] au s5tim5t libre8 ,le ngateur devrait au mo9s avoir le c\rage de reconnatre que t\te p5se et t\t acte qui port5t la m>que du v\loir moral1 impliqu5t la confirmation d'une prrogative t]nelle p\r leurs auteurs et d'une rprobation t]nelle p\r les autres4 ,la con/ance du progrs1 le dveloppem5t des g]mes qu'abrite notre poque n\s devi5dront de n\veau visibles1 si n\s essayons d'envisag] la lumire des lois entrevues l'ensemble des symptmes qui tmoign5t en faveur d'une volution morale du monde4 ,la vie extrieure devi5t plus calme1 les grossires sductions et t5tations ayant cess d'agir1 n'ex]ant pas plus d'attrait que les sucr]ies1 les p]les en v]re1 les pois fulm9ants2 les (fres insi/antes et bruyantes1 l'insol5te rclame du v5deur ne sont plus considres comme *oses naturelles et conv5ables2 l'homme ne peut plus retomb] dans la misre et son enri*issem5t con/itue un fait indiffr5t4 ,la hte e/ angoissante2 la b\sculade et l'affolem5t des hommes1 auj\rd'hui excusables en tant que moy5s d'*app] la ru9e et au dsespoir1 devi5dront indignes le j\r o la vie et le bi5-tre de *acun s]ont assurs2 le dsir de se p\ss]1 d'arriv] t\t prix s\lv]a l'indignation gnrale4 ,la manie1 l'obsession des a*ats s]ont te9tes et1 avec elles1 la dtresse mortelle de l'indu/rie1 avec ses luttes d'intrts4 ,le travail devi5t srieux1 calme et digne2 le s\v5ir de notre poque app>at s\s l'image d'une poque de brocante et de bric--brac4 ,les c5tres du luxe empoisonneur et des joies empoisonnes1 des plaisirs matriels et des grossires excitations se dplac5t1 se tr\v5t transfrs d'abord dans les faub\rgs et les cits indu/rielles1 ensuite dans les ,balkans et f9alem5t dans les rgions tropicales4 ,t\s ceux qui sont en opposition avec la collectivit civilise sont libres d'y migr] ou de les visit]2 il n'en demeure pas mo9s que la dbau*e et la corruption n'os5t plus s'tal] avec la mme audace qu'autrefois4 ,il y aura peut-tre encore des femmes qui se promn]ont dans les rues1 ornes1 comme des ngresses1 de *iffons b>iols1 de plumes d'oiseaux1 de pi]r]ies clatantes2 qui1 p> des dhan*em5ts provocants et des danses lascives1 *]*]ont attir] des prt5dants2 qui b\d]ont dans des co9s capitonns et p>fums et s'emploi]ont sduire les d]ni]s commis voyageurs en v9s ou en modes2 mais ces femmes sauront ce qu'elles font1 c> la consci5ce collective aura depuis longtemps reconnu la fonction cratrice de la femme4 ,des f\rnisseurs enri*is auront beau accumul] et dissip] d]rire des grilles et des murs des objets prcieux1 des meubles1 des provisions de b\*e1 ils auront beau gaspill] des =ces huma9es1 rs]v] leur usage exclusif des oeuvres d'art et des beauts naturelles3 ils ne s]ont envis et admirs que p> quelques r>es individus ayant la mme m5talit qu'eux1 mettant consciemm5t les anci5nes joies associes au dsir de possd] et de p>atre au-dessus du jugem5t de la collectivit qui s'e/ leve une culture suprieure4 ,la sur5*re matrielle qui1 p> la vulg>it dont elle a su m>qu] les faades des maisons1 les vitr9es d'talage1 les objets d'usage c\rant et les co/umes1 tait un p]ptuel dfi au bon s5s et au bon gt1 a disp>u2 l'enri*issem5t a cess d'tre une f9 gnrale1 naturelle1 appr\ve2 le luxe1 au lieu d'tre admir1 suscite un tonnem5t attri/4 ,la te*nique re/e t\j\rs au s]vice de la vie1 mais son b ne consi/e plus uniquem5t r5dre l'accomplissem5t de t\tes les fonctions plus rapide et plus facile4 ,son devoir consi/e t\j\rs dompt] les masses1 spiritualis] le travail1 libr] l'homme des f>deaux et des corves incompatibles avec sa dignit1 assur] la subsi/ance de la population sans cesse croissante de la t]re4 ,il e/ enfant9 de tomb] en admiration devant t\te int5sification des excitations et des actions di/ance2 ce sont l des joies qu'il faut rs]v] p\r quelque temps encore aux ,amrica9s2 mais elles ne convi5n5t pas une communaut spirituelle4 ,la note qui dom9e auj\rd'hui dans les relations huma9es e/ celle de la division et de l'ho/ilit4 ,on ne doit pas adress] la p>ole celui qu'on ne connat pas4 ,on doit t\t au plus lui oppos] la rudesse des intrts1 mitige p> une politesse t\te de surface4 ,dans les affaires d'arg5t1 a dit un m9i/re prussi51 il n'y a pas place p\r la cordialit4 ,lorsqu'on se connat mieux1 la politesse s'exagre jusqu' la b\ffonn]ie1 mais l'ho/ilit p]si/e1 c> elle a sa raison pr(onde et t]rible dans les dang]s dont la lutte conomique m5ace la vie de *acun4 ,le j\r o l'homme s]a assur contre le manque d'abri et la faim1 contre la misre et la maladie1 comme il e/ df5du auj\rd'hui contre le meurtre et le vol1 l'inimiti p]dra t\s ses droits1 et celui qui cont9u]a n\rrir des s5tim5ts ho/iles contre ses semblables pr\v]a qu'il e/ dvor p> l'avidit et l'gsme4 ,la mfiance1 la mo9s *re de t\tes les sagesses1 e/ auj\rd'hui p\r plus d'un d'entre n\s un fruit de notre expri5ce de la vie1 et il se peut qu'une gnration qui e/ incapable d'apprci] les qualits huma9es1 d'int]prt] leurs signes1 ne se heurte que trop s\v5t l'abus de confiance1 au m5songe et la p]fidie2 n'e/-ce pas1 en effet1 cette mme gnration qui prte une oreille att5tive aux m5songes de milli]s de bav>ds1 se laisse bl\ir p> la rclame du v5deur et e/ incapable de rsi/] aux plus grossi]s moy5s de sduction8 ,le j\r o l'humanit s]a affran*ie de l'angoisse et de la convoitise1 elle rec\vr]a sa facult de jugem5t1 retr\v]a sa dignit et sa confiance en elle-mme2 et qu& l'homme aura acquis l'habitude1 sans exagration ni mpris1 de jug] imp>tialem5t les qualits physiques et spirituelles de son pro*a91 il saura dans quelle mesure il doit se fi] lui1 ce qu'il peut lui dem&]1 ce qu'il e/ en droit d'en att5dre et ce qu'il lui doit lui-mme4 ,la mfiance troite et aveugle aura disp>u2 l'homme reg>de dans les yeux de l'homme et reconnat en lui son frre4 ,s\s l'aiguillon de la cupidit et de l'ambition1 l'ho/ilit sociale s'exac]bait p\r dev5ir une lutte froce p\r les bi5s de la vie extrieure4 ,le cri furieux3 r5once1 p\r que je possde2 sacrifie1 p\r que je j\isse2 meurs1 p\r que je vive6 a p\ss les peuples s'entre-d*ir] et s'entre-tu] et a trans=m l'unit du peuple frat]nel en une gu]re hrditaire de classes et de ca/es4 ,t\te rflexion1 t\te considration huma9e tait fausse p> la "q du mi5 et du ti54 ,on e/ arriv un po9t tel qu'aucune considration politique n'tait plus capable de dirig] les =ces du peuple v]s une f9 pure1 que l'unit du v\loir1 si =te ft-elle1 tait impuissante imprim] l'int5sit d'une =ce de la nature l'aspiration de la ju/ice intrieure3 t\tes les valeurs ont t remises en "q1 et au-dessus de t\t s'lve1 tacitem5t reconnue1 la =ce fatale des intrts4 ,seuls le nivellem5t et la dprciation de la ri*esse1 la rconciliation des ho/ilits hrditaires1 la suppression de la division en membres t]nellem5t passifs et membres t]nellem5t actifs1 l'unification de la socit huma9e en un organisme vivant1 s\ple1 se r5\velant lui-mme2 seule1 disons-n\s1 cette trans=mation ayant sa s\rce dans les pr(ondeurs de la consci5ce morale1 telle que la conoit notre n\velle doctr9e1 p\rra arrt] et arrt]a la lutte fratricide des hommes et des peuples4 ,il ne s'agit pas de crer des p>adis t]re/res1 de r5dre la vie plus d\ce celui-ci1 d'p>gn] des blessures celui-l1 d'assur] le triomphe de la ju/ice ou1 mo9s encore1 de la piti3 ce dont il s'agit1 c'e/ de remplir l't]nel devoir qui consi/e appel] les hommes des luttes n\velles et dures1 af9 d'emp*] le monde de m\rir dans sa prison matrielle1 de lui r5dre sa dignit1 de lui montr] le *em9 d'un vie plus difficile conqurir1 de la vie de la communaut et de l'me1 s\s la protection de ,dieu4 ,c'e/ le s5tim5t de la solid>it qui devi5t alors le s5tim5t le plus intime de la vie huma9e4 ,si1 de nos j\rs1 t\t ce qui n'e/ pas df5du e/ p]mis1 si1 auj\rd'hui1 *acun *]*e atte9dre les limites des droits qui lui sont accords1 un j\r vi5dra o *acun *]*]a atte9dre les extrmes limites de ses =ces utiles4 ,la vie1 affran*ie de l'angoisse de la s\ffrance et de la cupidit des j\issances1 cess]a d'tre un jeu froid ou un sport ennuyeux des membres et des c]veaux2 n\s aurons g>d la =ce royale de la volont1 qui1 au lieu d'tre au s]vice de f9s se dtruisant elles-mmes1 s]a anime p> la consci5ce d'un devoir env]s la div9it qui n\s a mis dans cette vie1 qui n\s r5d responsables de t\s nos actes extrieurs1 de t\s nos s5tim5ts intrieurs et qui veut que1 n\s con=mant la loi de la div9isation1 n\s *]*ions n\s lev] de l'exi/5ce animale l'exi/5ce spirituelle et de celle-ci la vie de l'me4 ,qu'il e/ facile de se dt\rn] avec un s\rire de cette sa9te assurance et1 allguant avec rsignation l't]nelle immutabilit de la nature huma9e1 de remettre les f9s suprieures un av5ir brumeux et insondable1 af9 de p\voir s'occup] avec d'autant plus de lib]t des que/ions du j\r6 ,ces que/ions du j\r1 auxquelles v\s sacrifiez vos j\rs et vos nuits1 que sont-elles8 ,elles ressembl5t aux *em9s que suiv5t les s\rces et les ruisseaux non capts2 en l'abs5ce de t\te volont spirituelle1 susceptible de dirig] leur c\rs1 ils trans=m5t le t]ra9 en m>cage o une p\tre ou un bloc de pi]re1 jets et l1 sont de/9s f\rnir au pi$ hsitant un appui qui s'enfonce s\s les pas4 ,s'ab&onn] aux que/ions du j\r1 c'e/ r5onc] p\rsuivre l'idal d'une humanit meilleure1 que n\s portons cep5dant en n\s-mmes2 c'e/ se livr] l'arbitraire de l'poque qui1 aprs avoir gaspill des milli]s de vies1 branle un quilibre in/able qui t\ffe t\tes les =ces1 jusqu' ce que l'avalan*e se dta*e et se mette r\l]1 la re*]*e d'un po9t de repos1 en dtruisant et en crasant t\t sur son *em94 ,ne s'occup] que des que/ions du j\r1 c'e/ pratiqu] une politique du mo9dre ef=t1 c'e/ *]*] ralis] ce qui e/ le plus facile et le plus possible1 et non ce qui e/ le plus ncessaire1 le plus difficile et le plus pnible2 c'e/ tablir un compromis entre les volonts exi/antes1 non p>ce qu'on reconnat t\tes des droits gaux1 mais uniquem5t p>ce qu'il e/ impossible de les dtruire ou qu'elles sont trop nombreuses4 ,le monde laisse ces sottises1 vanits et petits beso9s le so9 de dcid] de l'ordre dans lequel ils s]ont satisfaits1 et la premire place e/ prise p> celui qui crie le plus =t4 ,aucune des poques hi/oriques qui ont prcd la ntre n'a jamais r5onc s\mettre ses aspirations un jugem5t de valeur et les con=m] son idal intuitif2 c'e/ n\s1 qui sommes dom9s p> l'intellect ple9 de sagesse et de sci5ce1 qu'il a t rs]v de livr] notre vie t]re/re et div9e au jeu des =ces du has>d1 de la majorit1 des orig9es1 des d]ni]s prjugs et des valeurs clectiques et de discut] les que/ions du j\r avec une gravit quasi snatoriale4 ,immutabilit de la nature huma9e6 ,quel d\x prtexte p\r ceux qui possd5t1 qui ont t\t p]dre et ri5 gagn]1 qui d\t5t de l'av5ir et inflig5t eux-mmes un dm5ti ce d\te1 en se plongeant dans des travaux et des que/ions du j\r4 ,c]tes1 le rire et les pleurs1 l'am\r et la ha9e1 le plaisir et la d\leur sont de t\tes les poques et de t\s les peuples4 ,et1 cep5dant1 le ,bos*iman et le ,pap\ ne sont plus que le s\v5ir d'poques que l'humanit a dpasses2 et1 cep5dant1 le ,*ri/ a divis l'exi/5ce huma9e en deux phases2 et1 cep5dant1 il a suffi de trois sicles p\r fond] sur la p5se t\te l'activit des peuples occid5taux1 de quatre gnrations p\r faire d'une masse obscure une b\rgeoisie capable des plus gr&es actions et p\r r5\vel] du d$ans l'organisme national allem&2 et1 cep5dant1 il a suffi d'une volont royale p\r faire de la ,prusse l'organe *>g de l'adm9i/ration et de la df5se du pays4 notre poque qui1 p> p>esse intellectuelle et aveuglem5t volontaire1 a pris l'habitude de refus] des peuples enti]s le droit l'exi/5ce1 bi5 qu'elle sa*e que dans *aque collectivit p>ricides et m5teurs1 f\s et malades1 p5seurs1 gu]ri]s1 sa9ts1 travailleurs1 j\isseurs et crateurs1 se retr\v5t en nombre gal1 dans des proportions gales et dans le mme ordre2 notre poque1 disons-n\s1 il e/ difficile de faire compr5dre que le *angem5t de l'aspect hi/orique comporte1 non la trans=mation univ]selle1 mais seulem5t l'asc5sion de n\velles c\*es1 la revalorisation des pr9cipales valeurs1 l'ext5sion de la sphre dans laquelle se manife/e l'action de la p5se directrice1 de l'ide4 ,la nature n'aime pas les trans=mations radicales2 elle prs]ve les ve/iges du pass dans des comp>tim5ts de plus en plus loigns et isols2 le mollusque primitif et l'homme de l'ge de pi]re viv5t t\j\rs1 et l'homme intellectuel de nos j\rs1 rempli d'angoisse et de convoitise1 vivra encore dans des milli]s d'annes1 mais la matrise du monde ne lui app>ti5dra plus4 ,la nature ne s'emb>rasse pas de considrations tires du temps et du nombre2 elle ne p\sse pas les hommes comme un tr\peau v]s les portes du p>adis1 mais elle cre1 comme le fait un arti/e qui n'anime du s\ffle de son me que le bloc de pi]re qu'il a *oisi4 ,la m] re/e une t5due immuable1 tablie une fois p\r t\tes1 et cep5dant elle *ange de c\leur et d'aspect t\te heure s\s l'influ5ce des vapeurs qui s't5d5t sa surface1 des v5ts qui la remu5t1 des nuages qui la rec\vr5t de leurs ombres1 des toiles qui s'y reflt5t4 ,c'e/ a9si que dans *aque nation t\tes les croyances et t\tes les connaissances1 t\tes les p5ses et t\tes les volonts exi/5t et agiss5t simultanm5t1 mais ce qui donne une poque sa c\leur spirituelle1 ce n'e/ pas la dcision de la majorit1 mais l'organisation et la cohsion plus ou mo9s =tes de la nation4 ,la puissance la mieux organise et la plus unie devi5t la puissance dom9ante1 et sa dom9ation une fois assure1 elle acqui]t le p\voir majoritaire d'assimil] elle les lm5ts incolores et indiffr5ts et de trans=m] peu peu sa prdom9ance en un p\voir reconnu et appr\v p> la majorit4 ,t\te action assimilatrice repose sur cette loi2 et c'e/ p\rquoi ne sont capables de colonis] et de civilis] que les nations ayant ralis *ez elles l'unit morale et l'accord des volonts4 ,ce n'e/ pas une trans=mation morale radicale1 rapide et s'effectuant simultanm5t *ez t\tes les nations1 qui =me le b et la prmisse de notre doctr9e et la condition de la phase future de l'humanit3 c'e/ d'abord une asc5sion et une ext5sion imp]ceptibles de la puissance spirituelle dom9ante1 puissance d'union et de cohsion2 c'e/ ensuite le brusque rveil et la l5te amplification de l'appel et de l'accord de l'me qui f9iront un j\r p> faire rsonn] les vases mme les mo9s h>monieux4 ,le premi] son e/ mis2 il e/ encore trs faible2 mais il ne s'te9dra plus jamais2 il s]a repris p> des voix hsitantes1 et dj de nos j\rs l'appel devi5t p]ceptible4 ,qu& il aura fran*i le seuil de la consci5ce1 ne ft-ce que d'une seule collectivit nationale1 on v]ra se dclan*] la srie de trans=mations de la vie morale1 et qu& ces trans=mations auront1 en v]tu de la loi de la dom9ance1 acquis leur ple9e efficacit1 n\s assi/]ons aux dbuts d'une poque c>actrise p> des exig5ces n\velles et rig\reuses4 ,d'o n\s vi5t cette c]titude8 ,telle e/ la "q qui se dresse ici et n\s oblige de rev5ir1 p\r le confirm] d'ailleurs1 notre po9t de d"p4 ,d'o n\s vi5t1 p\r la premire fois depuis des sicles1 l'assurance ju/ificative que n\s p\vons arriv] une n\velle unit de la foi et des valeurs1 alors que ce monde intellectualis et mcanis ne connat que des convictions p>tielles1 s'int]dit t\te apprciation absolue1 en l't\ffant s\s le poids des comp>aisons1 a rompu t\te obligation et n'a consolid que la volont individuelle8 ,ne sommes-n\s pas1 en ple9e incompatibilit avec une foi ard5te1 ab&onns au caprice aveugle des m\vem5ts de majorits1 aux tri/es compromis des intrts et beso9s matriels1 qui doiv5t en f9 de compte1 a9si que l'exige la conception matriali/e de l'hi/oire1 se pli] aux lois anonymes des =ces naturelles et les aid] triomph] de la p5se huma9e8 ,n'avons-n\s pas1 en d]nire analyse1 sacrifi l'autonomie de l'esprit au sort mcanique de l'quilibre8 ,le triomphe de l'unit des volonts huma9es et de la c]titude morale sur les faits matriels tait assur1 tant que la religion rvle dt]m9ait t\tes les manife/ations du v\loir collectif4 ,ce triomphe s'e/ van\i le j\r o le miracle a disp>u de la vie quotidi5ne1 p\r cd] la place la loi2 le j\r o le soleil et la lune ont cess de se con=m] aux ordres de ,dieu1 p>ce que la p5se leur a impos un repos agit et un m\vem5t mort4 ,ce triomphe devait s'van\ir1 p>ce que la religion rvle1 une fois disp>ue1 ne revi5t plus1 mo9s de se consolid] t\s les j\rs1 comme c'e/ le cas en ,ori5t1 p> des annonces et des signes4 ,le miracle primitif devi5t un fait hi/orique1 la foi devi5t dogmatique et le message se trans=me en loi4 ,la div9it se clricalise4 ,la communaut des initis devi5t glise mcanise1 la pit se mue en politique1 la transc5dance primitive se trans=me1 la faveur d'int]prtations successives1 en une puissance t]re/re1 faite p\r lutt] contre des ralits1 aprs tre dev5ue incapable d'en crer4 ,la dom9ation d'une religion rvle suppose un peuple qui n'a pas encore fran*i le *em9 inf]nal qui ab\tit l'intellect2 elle suppose le r5\vellem5t cont9uel l'aide de signes et de miracles qui ma9ti5n5t vivant le cont5u transc5dant primitif et f\rniss5t con/amm5t une int]prtation n\velle et irrfutable des rapports exi/ant entre ce cont5u et la m>*e de la ralit4 ,ce ne sont ni les dits de prtres ni les conciles qui ma9ti5n5t et r5\vell5t l'unit religieuse et prs]v5t sa primaut3 ce sont les prophtes4 ,la primaut de la religion a t ru9e p> la raison4 ,le c\rage et la consci5ce des peuples de s\*e g]manique n'ont pu s'accommod] des consolations matrialises de la my/ique et *]*ai5t tablir un accord entre la foi et la p5se4 ,ces peuples ont cr une =me religieuse qui devait p5dant des sicles s]vir l'humanit de compagnon de r\te1 p>ce qu'elle r5dait accessible au reg>d la transc5dance primitive de l'vangile2 mais elle n'eut pas la =ce ncessaire p\r dev5ir une puissance spirituelle univ]selle1 p>ce qu'elle tait s*ismatique1 ne reposait pas sur une prophtie1 laissa t\te lib]t la p5se scrutatrice et se mit ds le premi] j\r s\s la protection du p\voir politique auquel elle devait son exi/5ce4 ,au fond1 le prote/antisme a t\j\rs vcu d'une vie prive1 alors mme qu'il a russi1 grce la protection (ficielle1 acqurir dans c]ta9s tats mon>*iques une influ5ce politique2 il n'a ni pu ni v\lu conqurir le p\voir suprme qui consi/e fix] des valeurs p\r t\tes les circon/ances de la vie2 le prdicateur de c\r n'tait nullem5t dispos suivre le *em9 des prophtes et des m>tyrs4 ,l'esprit intellectualis des peuples tait dom9 p> la raison4 ,une fois de plus1 comme l'poque de la nave p5se pr-*rti5ne1 c'e/ la philosophie qu'e/ *ue la mission de fix] les valeurs4 ,elle fut peu c\te1 c> le monde allait tre absorb p5dant des sicles p> le travail sans exemple de la mcanisation4 ,sci5ce1 te*nique1 capital1 *anges1 organisation de l'tat1 art de la gu]re1 division en classes1 conduite de la vie1 art3 t\t cela devait tre adapt au surpeuplem5t du globe1 aux trans=mations surv5ues au se9 de *aque peuple4 ,la plus viol5te de t\tes les rvolutions t]re/res avait p\r corollaire la lib]t individuelle illimite2 des =ces et des nationalits opposes tai5t appeles pr5dre "p au travail mondial1 lequel n'aurait jamais pu tre m5 bonne f9 sans la lib]t illimite de la p5se et de ses m?odes4 ,9vitablem5t devait natre la gr&e erreur1 d'aprs laquelle l'analyse triomphante p\vait os] le d]ni] pas3 pos] des f9s l'humanit4 ,erreur analogue celle qui consi/]ait prt5dre que l'imprimeur doit montr] le *em9 au pote1 le mcanici5 de locomotive au voyageur1 le m>*& de c\leurs au pe9tre ou le canonni] au gnral en *ef4 ,fidle son devoir et inquite1 la philosophie se remettait sans cesse runir les fils disp]ss1 imag9] des directions1 des lois1 des impratifs t]nels4 ,va9 travail6 ,elle a abord t\tes les que/ions critiques1 elle a appris d\t] de t\tes les notions et du monde lui-mme1 de ,dieu et de l'exi/5ce1 mais sa raison pure ne l'a pas emp*e de pass]1 sans l'ap]cevoir1 ct de la plus simple des que/ions pralables1 savoir si l'intellect qui p5se1 mesure et comp>e1 si l'art du deux fois deux et du p\rquoi con/itu5t et re/5t les seules =ces dont l'esprit t]nel dispose p\r pntr] ce qui e/ la fois huma9 et div94 ,elle e/ re/e philosophie intellectuelle4 ,elle s'e/ comporte comme le f]ait un ?orici5 des vibrations qui v\drait expliqu] l'aide de c\rbes et de diagrammes l'motion que fait natre en n\s une symphonie2 comme le f]ait un mtorologi/e qui v\drait1 l'aide de c>tes du temps1 r5dre compte de l'tat d'me que suscite une mat9e de pr9temps2 comme le f]ait un hydraulici5 qui v\drait expliqu] l'aide de calculs la s5sation que n\s pr\vons la vue de la m] se brisant contre les falaises4 ,elle n'a pas vu que les agitations de notre me ne se laiss5t pas expliqu] p> des procds logiques et ma?matiques et que l'obs]vation et l'analyse des notions ne sont pas applicables aux faits les plus intimes4 ,elle n'a pas t frappe p> la mesqu9]ie et la platitude de ses df9itions1 lorsqu'elle se has>dait abord] les =ces int]nes de l'am\r1 de la nature1 de la div9it4 ,elle ne s'e/ jamais dem& p\rquoi ses doctr9es morales tai5t dp\rvues du c>actre d'obligation absolue1 et elle se dem&ait encore mo9s quelles sont en gnral les conditions de l'obligation absolue4 ,c'e/ qu' l'argum5t tir de l'utilit gnrale1 *acun e/ en droit de rpondre3 ,je r5once2 et t\te con/ruction ?orique de devoirs3 ,je m'y s\/rais1 s\s ma ple9e et entire responsabilit4 ,la p5se logique peut lgitim] le droit et les moeurs1 mais jamais les valeurs et la morale absolues1 dfiant t\te objection4 ,ces valeurs et cette morale ne peuv5t avoir leur s\rce que dans l',absolu1 dans ce qui e/ impalpablem5t div91 et l'homme n'aurait le droit de se cont5t] de =mules morales conv5tionnelles tablies p> sa raison scrutatrice que si le *em9 qui mne la transc5dance lui tait f]m et inaccessible4 ,mais ce *em9 lui e/ l>gem5t ouv]t2 ce n'e/ pas le *em9 des glises et des c\v5ts1 des dogmes et des rites1 mais celui de la vie intrieure et de l'intuition1 celui-l mme qui a t suivi1 en p>tie du mo9s1 p> t\s ceux qui1 n'c\tant pas les av]tissem5ts utilitaires de la p5se intellectuelle1 ont pu1 ne ft-ce que p5dant un in/ant1 s'ab&onn] sans dsirs et en sil5ce l'am\r1 la nature1 au div94 ,sans d\te1 en n\s engageant sur ce *em9 n\s devons pr5dre cong de la vieille sagesse1 de l'expri5ce pratique qui ne s'tonne de ri5 et qui n\s accompagne sur les *em9s battus de l'intellect1 t\j\rs les mmes et dont n\s connaissons les mo9dres dt\rs4 ,n\s n\s g>ons1 n\s balbutions1 n\s n\s arrtons frapps d'tonnem5t devant les portes de ce royaume dont la description *appe notre langue2 mais une t]nelle c]titude n\s p\sse t\j\rs en avant1 et lorsque n\s r5trons *ez n\s1 n\s avons les yeux ple9s d'images ineffaables dont n\s retr\vons l'expression dans les prceptes et doctr9es des plus gr&s d'entre n\s qui ont t\s dit et annonc la mme *ose3 le comm&em5t de l'am\r1 le royaume de l'me1 la communion avec ,dieu4 ,ces mots sembl5t vieux et us2 ils *app5t t\te analyse4 ,et1 cep5dant1 il n'e/ pas une "q vitale1 il n'e/ pas une "q1 mme de celles se ratta*ant aux *oses les plus lo9ta9es et les plus mesqu9es de la vie1 qui1 trempe dans cette s\rce1 ne laisse app>atre le lum9eux rayon de sa vrit et de sa gravit4 ,il n'e/ pas d'ensemble si embr\ill1 d'erreur si complique qui ne se laiss5t facilem5t dml] la lumire de la vrit entrevue4 ,t\tes les valeurs vi5n5t1 grce elle1 se rang] dans l'ordre hir>*ique1 t\s les jugem5ts devi5n5t des s5tim5ts vcus et pr\vs1 et mme la vie t]re/re1 si fugitive1 se tr\ve lgitime1 non en tant que d]nire in/ance ayant le droit de faire de ses beso9s le critre du bi5 et du mal1 mais en tant que ,orbis pictus que n\s *]*ons dpass]4 cole du coeur et de la volont1 pale/re de notre corps prissable1 la vie1 a9si comprise1 lo9 d'tre une f9 en soi1 la s\rce du suprme bonheur et de la suprme tri/esse1 lo9 de mrit] d'tre l'objet de nos suprmes passions et de notre suprme dsespoir1 se prs5te n\s comme un devoir1 un legs1 une de/9e passagre que n\s devons accept] avec gravit et dignit1 voire avec am\r4 ,ce n'e/ pas la philosophie de l'intellect qui n\s a montr le d\ble *em91 l'anci5 et le n\veau1 qui conduit v]s le monde et v]s ,dieu3 c'e/ la =ce d'intuition1 qui avait dj reu aup>avant plusieurs noms et que n\s appelons connaissance intime4 ,c'e/ elle qui se *>g]a de conduire l'humanit1 *>ge dont la religion ne peut plus s'acquitt] et que la philosophie intellectuelle e/ incapable de remplir1 et comme n\s vivons et m\rons avec la foi dans cette connaissance1 la "q relative la c]titude de la doctr9e se tr\ve puise4 ,on p\rrait croire que le monde et la vie a9si conu devi5n5t presque un jeu2 que si le monde et la vie tai5t a9si faits1 beauc\p de =ces actives et de passions efficaces s]ai5t p]dues et que l'humanit1 satisfaite et rassasie1 pass]ait son temps dans une contemplation quiti/e4 ,sans d\te1 la convoitise et l'angoisse1 l'arrogance et la tri/esse dsespre ne j\]ai5t plus le mme rle que dans le pass4 ,mais ce ne sont pas ces passions qui ont cr ce qu'il y a de gr& sur la t]re4 ,l'admiration devant l'intellect mcani/e et ses exploits aura dim9u1 c> n\s comm5ons dj n\s r5dre compte qu'il con/itue une =ce d'une uni=mit r\t9ire et facile acqurir1 une =ce capable de nivel]1 non de crer1 une =ce p]spicace1 mais non claire4 ,mais malgr le discrdit dans lequel s]a tomb l'intellect1 le monde ne devi5dra pas mo9s sage4 ,il fut un temps o les actes de m>*] et de p>l] tai5t n\veaux et exigeai5t la t5sion de t\tes les =ces spirituelles des hommes2 auj\rd'hui1 ces actes n\s sont famili]s1 et n\s sommes mme de p>l] en m>*ant et de m>*] en p>lant4 ,la p5se quotidi5ne n\s e/ dev5ue1 elle aussi1 familire2 elle remplit nos j\rnes et pas mal de nos nuits2 il y a mme des mom5ts o n\s v\drions arrt] le c\rant de nos p5ses impitoyables et indsirables4 ,n\s n\s plongeons dans le sommeil1 p>fois dans la mditation4 ,le fait que n\s sommes bi5 plus consci5ts de nos p5ses1 mme ab/raites1 et de nos rsolutions capitales que de notre respiration1 pr\ve quel po9t n\s sommes encore coli]s1 combi5 fragile e/ encore notre matrise dans cet art insignifiant4 ,plus n\s accord]ons de place l'intuition mditative1 exempte de dsirs1 plus n\s s\mettrons nos pnibles jugem5ts au contrle et aux corrections de la connaissance pure et ds9tresse1 et plus notre travail intellectuel devi5dra sil5cieux et sr et pntr]a dans la sphre des *oses dpasses4 ,comp>ez la cl>t1 la puret et la c]titude qui c>actris5t les rsolutions des hommes libres et ayant reu une heureuse ducation avec le travail born et ple9 d'ef=t auquel se livr5t1 dans l'inc]titude qui les ent\re1 les c>actres purem5t intellectuels1 et v\s aurez une ide de la matrise inconsci5te et mode/e laquelle peut atte9dre un j\r le travail intellectuel et qui r5dra l'humanit des s]vices inf9im5t plus gr&s que l'avantage insignifiant et p\rtant si envi dont j\iss5t nos quelques natures dresses dans l'art de p5s]4 ,cet av5ir que n\s entrevoyons s]a c>actris1 non p> l'abs5ce de sagesse1 mais p> l'abs5ce de t\te sagesse banale et p> la c]titude du jugem5t intime4 ,l'inc]titude dont font preuve notre poque et ses reprs5tants les plus sages dans leurs apprciations et jugem5ts e/ sans exemple1 c> jamais aup>avant les hommes n'ont connu un p>eil dbordem5t de l'intellect1 dp\rvu de t\t fre91 d*anant et ju/ifiant sans disc]nem5t les s5tim5ts les plus arbitraires4 ,nos am\rs et nos ha9es1 dans leurs *angem5ts incessants1 nos jugem5ts relatifs ce qui e/ admissible1 ju/e et exigible1 ne sont pas mo9s hsitants et dp\rvus d'in/9ct que nos jugem5ts e/htiques qui n'ont p\r effet que de dp>] et de dfigur] le monde4 ,comme t\t peut tre dmontr1 t\t e/ dmontr t\s les j\rs1 et *aque dmon/ration e/ accepte4 ,et1 p\rtant1 *aque j\r apporte1 quelques-uns du mo9s1 la preuve qu'il y a ds ma9t5ant quelques r>es hommes qui faonn5t le monde en crateurs1 p>ce qu'ils puis5t leur tre et leur jugem5t dans les pr(ondeurs de l'intuition1 et que ces hommes1 qui sont les meilleurs d'entre n\s1 s5t5t et annonc5t1 quelles que soi5t leurs orig9es et leur vocation1 la mme *ose dans t\tes les gr&es que/ions1 la gloire et la l\ange de la vrit absolue4 ,il n'y a ri5 d'extraord9aire espr] qu'un temps vi5dra o le nombre aura augm5t de ceux qui s]ont capables d'int]rog] leur coeur et leurs s5tim5ts et de se laiss] guid] dans t\tes les *oses de la vie j\rnalire1 du monde et de l't]nit p> des jugem5ts puiss dans leur fond le plus intime4 ,la vie ne devi5dra pas p\r cela un jeu froid1 alors mme que l'angoisse1 les app>5ces1 les futilits en auront disp>u et1 avec elles1 quelques joies /upides1 quelques plaisirs inav\ables4 ,la volont suprieure /imul]a les passions les plus =tes et1 comme le doma9e de cette volont ne s]a plus fond sur la misre1 la contra9te et l'animalit1 il port]a la m>que de la lib]t4 ,ce n'e/ pas v]s l'indiffr5ce l'g>d des hommes1 v]s la froide piti et v]s l'loignem5t poli que n\s n\s a*em9ons1 c> lorsque les moy5s qui s]v5t dans la lutte brutale p\r le pa9 et la considration s]ont puiss1 lorsqu'auront disp>u notamm5t la concurr5ce et la fraude1 la jal\sie mortelle et la mauvaise joie1 l'hypocrisie et le dsir de dom9]1 on v]ra natre1 comme c'e/ dj le cas auj\rd'hui *ez les meilleurs d'entre n\s et comme ce fut le cas p5dant t\tes les gr&es poques1 la responsabilit1 le s\ci de la collectivit1 le s5tim5t social et la solid>it4 ,n\s n'avons cra9dre ni l'une ni l'autre de ces deux manires de p5s] opposes et galem5t t]re t]re3 le nihilisme et la crdulit matrielle1 c> le dsespoir qui mne la ngation aura disp>u1 t\t comme la misre qui croit t\tes les fausses prires et t\s les rites sup]/itieux1 de/9s procur] des avantages t]re/res4 ,et c'e/ alors que l'esprit de la reconnaissance et de la s\mission1 du sil5ce et de l'am\r s'lv]a la transc5dance vritable4 ,la triple devise3 foi1 esprance1 am\r a t annonce p> le d]ni] prophte aux millnaires v5ir1 et t\t ce qui conc]ne les rapports entre l'homme1 le div9 et la vie t]re/re e/ rsum dans ces trois mots4 ,une poque morte1 prive de rvlation1 a pu les rejet] dans l'ombre4 ,la foi e/ considre comme un devoir dsagrable1 mais ncessaire1 de t5ir p\r vraies des *oses dont on sait p]t9emm5t qu'elles ne le sont pas2 de sacrifi] non seulem5t l'intellect1 mais aussi la consci5ce1 un comm&em5t4 ,l'esprance1 mal int]prte1 consi/e s'att5dre ce que1 en v]tu du pr9cipe de la rciprocit1 le sacrifice ne re/e pas va91 mais rapporte des avantages4 ,quant au comm&em5t de l'am\r1 il y a longtemps qu'il e/ mort2 ce qui en re/e1 c'e/ la piti et une int]v5tion froidem5t mesure en faveur de la dim9ution de la misre3 c'e/ la seule oasis de paix dans la lutte des convoitises4 ,l'am\r huma9 actif n'a pas russi s'attnu] ct de l'am\r sexuel1 de l'am\r des pro*es et des amis4 ,n\s p>l]ons de la foi future dans un autre ouvrage4 ,ici il e/ "q de la socit huma9e4 ,aussi n'int]prt]ons-n\s les p>oles de sa9t ,paul qu'en leur donnant un s5s social1 en t5ant compte des beso9s de notre poque et de l'volution que n\s v5ons d'esquiss]4 ,a9si int]prtes1 voici ces p>oles3 lib]t autonome et responsable1 solid>it et transc5dance4 ,lorsque nos successeurs jett]ont un j\r un c\p d'oeil rtrospectif sur notre poque1 ils se dem&]ont avec un tonnem5t effray comm5t les quelques sicles au c\rs desquels s'e/ effectu le mlange des peuples europens ont pu suffire la p5se intellectuelle p\r atte9dre son apoge et imprim] au monde enti] la m>que de la mcanisation4 ,n\s pr\vons un s5tim5t analogue1 lorsque n\s n\s reportons l'aube du g5re huma91 ses dbuts qui ont c]ta9em5t dur des c5ta9es de milli]s d'annes1 et que n\s p5sons ses premires conqutes1 telles que la m>*e bipde1 le langage1 le feu2 seulem5t1 au s5tim5t que n\s pr\vons ne se mle pas l'am]tume dont ne p\rront se df5dre nos futurs juges4 ,c'e/ seulem5t p> l'arrive au premi] plan des c\*es infrieures1 ass]vies depuis un temps immmorial1 qu'ils p\rront expliqu] ce qu'il y avait de bas et de primitif dans notre poque1 savoir la passion p\r les futilits *ez les hommes et *ez les femmes1 le manque de c\rage devant la vie1 l'ho/ilit rciproque1 la passion d'accumul] les moy5s de subsi/ance1 l'inconsi/ance dans les apprciations1 l'abs5ce de morale obligatoire1 de responsabilit1 de s5tim5ts de dignit1 de solid>it4 ,comme t\tes les poques de rupture de s]vage et d'asc5sion brusque des c\*es infrieures de la population1 comme l'poque de la ,grce dcad5te et celle de l',empire ,roma91 notre temps peut tre considr la fois comme une f9 et comme un comm5cem5t2 mais ce qui re/]a titre de mrite sans exemple de nos gnrations1 c'e/ que la rgnration s]a l'effet1 non d'une s\mission un j\g trang]1 mais d'un v\loir intime et pr(ond4 ,et1 ma9t5ant1 e/-il possible et utile de ht] ce qui doit v5ir1 d'acclr] le dev5ir l'aide de lois et d'in/itutions1 de symboles et de manife/ations8 ,n'oublions pas que ce qui anime les in/itutions1 c'e/ la m5talit qui les cre2 les ides du temps1 l'volution du monde s'impos5t aux esprits qui obiss5t1 t\t en rsi/ant1 comme le ressort d'une montre4 ,le m\vem5t d'horlog]ie vi5t aprs1 c> on a beau faire avanc] les aiguilles de la montre1 le m\vem5t ne s'en tr\ve pas acclr4 ,une poque mrit l5tem5t1 et c'e/ auj\rd'hui seulem5t qu'elle comm5ce tre t\*e dans sa consci5ce la plus pr(onde4 ,ni les orages pr9tani]s de la gu]re1 ni les rayons *auds de la paix ne sont mme de tr\bl] le calme pr(ond de la t]re o g]me la gra9e de la vie4 ,c'e/ l'esprit qui eng5dre l'esprit1 c'e/ une *ose qui s]t de po9t de d"p d'autres *oses4 ,l'esprit ne dp5d mme pas de la volont1 laquelle ne peut ni le crer1 ni le dtruire4 ,qu& le mom5t s]a v5u1 les voix rclamant une n\velle ju/ice devi5dront de plus en plus nombreuses et ne se tairont plus1 jusqu' ce que la c]titude de n\velles valeurs1 de vrits inattaquables naisse de la nuit du d\te4 ,mais ces valeurs et vrits1 que notre poque comm5ce entrevoir1 sont des bi5s de l'me4 ,l'annonce de leur rgne e/ faite auj\rd'hui1 comme il y a mille ans2 leur s5s n'a pas *ang2 seule leur =me temporelle e/ autre4 ,mais ce rgne comm5ce dans les pr(ondeurs de la consci5ce1 et c'e/ seulem5t aprs s'y tre pan\i1 qu'il app>at la lumire du j\r4 ,n'obissant qu' sa volont du mom5t1 l'individu1 ple9 de d\te ou de confiance1 peut bi5 se fray] tel ou tel *em9 trav]s les paisses br\ssailles m\rantes4 ,peu importe6 ,la rsi/ance de masses mortes e/ impuissante ral5tir quoi que ce soit1 et le sacrifice portant sur des *oses matrielles ne peut ri5 acclr]4 ,qu'une consci5ce veille fasse un sacrifice de ce g5re3 n\s devrons y voir un tmoignage1 un symptme1 mais non un acte dcisif1 c> une n\velle inju/ice pr(it]a de ce sacrifice4 la lumire du j\r1 l'veil de la consci5ce conomique s]a complet1 lorsque la proprit ne s]a plus envisage que comme un bi5 confi dont on doit r5dre compte1 lorsque l'arbitraire du possdant s]a remplac p> la responsabilit1 lorsque la vie et le travail n'auront plus p\r b l'acquisition et la j\issance4 ,le s5s du dveloppem5t consi/e donc en ceci3 l'ide et la foi qui supprim5t l'isolem5t de l'activit politique et morale de l'individu et subordonn5t la vie d'une unit suprieure t\tes les conv5tions p>ticulires1 a9si que les limites de l'activit de *acun et sa responsabilit1 cette mme foi et cette mme ide1 disons-n\s1 auront pntr l'exi/5ce conomique et sociale et remplac la lib]t infrieure p> une lib]t suprieure4 ,la lib]t individuelle se manife/]a dans l'intuition et la vie intrieure1 dans les crations inspires p> l'une et p> l'autre1 dans les oeuvres de transc5dance1 du coeur1 de l'art et de la p5se4 ,le j\r o ce d]ni] doma9e de l'activit huma9e1 la vie conomique et sociale1 s]a affran*i de l'arbitraire qui le c>actrisait p5dant la priode pr-tatique1 le j\r o il s]a s\mis1 lui aussi1 la loi de la responsabilit commune1 de la volont div9e1 et lev au niveau suprieur de l'me1--bref1 le j\r o le v\loir le plus matriel de l'humanit s]a anim d'une n\velle morale et s\mis un dt]m9isme plus spirituel1 ce j\r-l il s]a impossible de confi] n'importe quelle =me politique la *>ge et la responsabilit d'une limitation aussi gr&e et d'une dom9ation aussi s]re4 ,on v]ra alors se pos] la "q politique de la n\velle organisation de l'tat4 ,c'e/ l une proccupation qui a t considre p5dant des sicles comme la fonction la plus leve et la plus importante de la p5se ?orique1 de la religion et de la philosophie et qui a f9i p> dev5ir1 ds le db de l'poque mcani/e et nationali/e1 une affaire de r\t9e hi/orique et e?nique1 d'quilibre entre la tradition et l'utilit du j\r4 ,si1 p\r remdi] l'abs5ce de fre9 et de direction qui c>actrise encore le m\vem5t huma9 et les modes d'association huma9s1 il faut ratta*] celui-l et ceux-ci l'absolu et au transc5dant1 les trans=m] con=mm5t une n\velle morale et des moeurs n\velles1 on e/ oblig de conv5ir qu'un tat se rclamant de la tradition et vivant au j\r le j\r ne saurait suffire cette t*e4 ,aussi notre expos comporte-t-il une suite qui doit tre consacre au *em9 politique4 ,n\s avons suivi le *em9 de la morale jusqu'au b\t3 il a son po9t de d"p dans la loi de l'me et ab\tit la loi de la responsabilit et la conception d'une vie consacre la re*]*e1 non du bonheur et de la puissance1 mais de la ju/ice et de ,dieu4 ,,iii ,,le ,,*em9 ,,de ,,la ,,volont ,au mom5t o je me propose de m'engag] dans le troisime *em91 qui e/ celui de la volont1 de la volont collective1 base et mobile de t\te activit politique1 je dois faire une confession p]sonnelle1 et ce s]a p\r la premire fois depuis des annes que je p>l]ai de moi-mme4 ,j'cris ces mots dans l'aprs-midi du #ca juillet #aiaf1 la veille du deuxime anniv]saire de la gu]re europenne4 ,dans des milli]s de villes s]ont lues et c\tes des rflexions fires et graves1 srieuses et rassurantes1 et les comm5cem5ts imp]ceptibles de la lassitude s'van\iront devant l'espoir prometteur de victoire1 de puissance et de bonheur4 ,p>-dessus les cimes des arbres qui sont devant ma f5tre j'ap]ois dans le lo9ta9 les prs bleutres1 les *amps d'un blond ple1 la ligne de coll9es l'horizon4 ,la moisson e/ abondante1 et l'approvisionnem5t de l'anne e/ assur4 ,au dehors1 sur les frontires sanglantes de l',e/ et de l',oue/1 la folle attaque de l'ennemi faiblit de n\veau1 n\s dit-on2 cette attaque tait d'ailleurs la d]nire2 aprs elle vi5dra la paix4 ,devons-n\s exig] beauc\p ou peu8 ,c'e/ que les p>tis en prs5ce lutt5t p\r le comm5t1 et non p\r le si4 ,il y a auj\rd'hui deux ans que je me suis sp> de la manire de p5s] de mon peuple qui voyait dans la gu]re un vnem5t salutaire4 ,il y a des annes que j'ai ap]u le crpuscule du peuple et que je l'ai dnonc p> la p>ole et p> la plume4 ,j'en ai ap]u les signes dans l'insol5te dbau*e qui s'tale dans les rues des gr&es villes1 dans l'arrogance de la vie matrialise1 dans la folie des milli>ds de la fte sculaire de #ahac1 dans l'ironie des pigrammes hi/oriques de ,koep5ick et de ,sav]ne1 et surt\t dans la mortelle indol5ce de notre b\rgeoisie fuyant les responsabilits1 noye dans les affaires4 ,un an avant l'explosion de la gu]re1 j'ai1 p\r la d]nire fois1 attir l'att5tion sur l'issue qui appro*ait3 le malheur devait v5ir1 non p>ce qu'il tait une ncessit politique1 mais en v]tu d'une loi transc5dante1 la ,prusse n'ayant jamais ri5 appris autrem5t que s\s les c\ps4 ,dans le bonheur e/ival du soleil de juillet1 le peuple de ,b]l91 ri*e et heureux de vivre1 rpondait avec joie l'appel de la gu]re4 ,les vivants et ceux qui tai5t dj m>qus p\r la mort1 en habits clairs1 l'oeil joyeux1 se s5tai5t au sommet de la puissance vivante et l'apoge de l'exi/5ce politique4 ,une ombre de ha9e trav]sa t\t c\p la m] huma9e en m\vem5t3 le bruit s'e/ rp&u qu'un espion russe a t arrt sur les m>*es de la ca?drale2 dguis en facteur des po/es1 il a t tr\v porteur de projectiles4 ,mais les yeux ne t>dr5t pas s'claircir1 la ha9e disp>ut dans la t5sion extraord9aire produite p> l'espoir de la victoire et la soif de la lutte4 ,je ne p\vais que p>tag] l'orgueil du sacrifice et de la =ce2 mais cet enivrem5t m'tait app>u comme une fte de la mort1 comme le prlude symphonique d'une tragdie que je dev9ais obscure et t]rible1 d'autant plus t]rible qu'elle p>alysait en moi l'en?\siasme4 ,et p5dant que se dr\lait la m>*e victorieuse v]s l',oue/1 qu'on s'appro*ait de ,p>is et qu'on comm5ait entret5ir un second c\ronnem5t victorieux ,v]sailles1 je p5sais3 ce qui importe1 c'e/ de n\s sauv] de la dtresse1 de l'tre9te de f]1 de la ha9e mortelle qui va se prolong] jusque dans la paix4 ,je sigeais alors au m9i/re de la ,gu]re1 p\r aid] de mes conseils neutralis] les effets du blocus2 et p\r pr\v] que ce ne sont pas des s\v5irs trompeurs qui me font exagr] les proccupations que j'avais cette poque-l1 je rappell]ai seulem5t les mesures qui1 proposes p> moi1 ont t appliques p5dant des annes avec une efficacit laquelle des exp]ts ont r5du ju/ice4 ,je croyais1 et j'y crois encore1 la possibilit d'un salut honorable et provid5tiel2 mais quant au bonheur dans la paix1 je n'y crois pas plus que je n'y croyais p5dant ces j\rs ple9s d'en?\siasme de notre hi/oire nationale4 ,et1 une fois de plus1 les raisons qui me dictai5t ma croyance tai5t d'ordre1 non politique et militaire1 mais transc5dant4 ,je ne crois pas notre droit1 ni au droit de qui que ce soit de rg5t] df9itivem5t le monde1 c> ni n\s1 ni aucun autre peuple n'avons mrit ce droit4 ,aucun titre ne n\s autorise rgl] les de/9es du monde1 c> n\s n'avons pas encore appris rgl] les ntres4 ,n\s n'avons pas le droit d'impos] aux nations civilises de la t]re nos p5ses et nos s5tim5ts1 c> quelles que soi5t les faiblesses des autres nations1 il e/ au mo9s une *ose qui n\s manque encore1 n\s3 l'acceptation v\lue de notre propre responsabilit4 ,je crois f]mem5t et avec c]titude une heureuse issue2 mais je r$\te ce qui vi5dra aprs4 ,c> cette gu]re n'e/ pas un comm5cem5t1 mais une f91 et elle laiss]a aprs elle des ru9es4 ,et t\s vont se disput] ces ru9es3 peuples1 p>tis1 classes1 familles1 glises4 ,si t\te dcad5ce ne portait en elle les g]mes d'une vie n\velle1 n\s s]ions auj\rd'hui incapables de respir]4 ,mais la vie n\velle ne peut rsult] que du rveil de l'me1 et ce rveil e/ annonc2 c'e/ le seul g]me qui re/e capable de b\rgeonn]1 alors que t\s les autres sont crass s\s les pi$s4 ,si nul de n\s autres vivants ne doit voir la ralisation de la promesse1 en quoi cela importe-t-il8 ,cela importe beauc\p et peu3 n\s sommes srs de l'av5ir1 mais n\s m\rrons comme une gnration de transition1 comme une gnration sacrifie1 de/9e s]vir d'engrais1 indigne de voir la moisson4 ,quel rapport y a-t-il entre ces confessions et les p]spectives d'av5ir8 ,ce que n\s v5ons de dire signifie le passage du libre royaume de la p5se1 dans lequel n\s avons volu1 aux misres du j\r4 ,il e/ impossible de se s\/raire l'obligation de ratta*] la ralit les ensembles d'ides dont l'objectif et la possibilit de ralisation ne sont lis aucune poque dt]m9e2 c> si ces ides sont vraies1 il faut1 alors mme qu'elles sembl5t en contradiction avec ce qui exi/e1 re*]*]1 dans la solide /ructure du prs5t1 les jo9ts1 pratiqu] les br*es p> o puisse pntr] le premi] s\ffle du monde n\veau4 ,c'e/ l un travail pnible1 un travail de re*]*e portant sur le donn1 sur ce qui e/ li au temps1 au lieu1 au has>d1 un travail au c\rs duquel on p]d p>fois la nettet des ides1 le contact avec l'air4 ,ce travail exige des in/rum5ts rsi/ants2 frapp] les murs de c\ps lg]s1 en p]sonnes bi5 leves1 ne suffit plus2 la ha*e devra s'attaqu] beauc\p de *oses dev5ues *res4 ,puisque1 en quittant la lumire du j\r p\r desc5dre dans les bas-fonds1 on pr\ve un s5tim5t d'oppression1 n'e/-il pas presque inhuma9 de montr] auj\rd'hui un peuple1 le plus pur de t\s1 un peuple c\v]t de plaies saignantes1 trans=m en une arme et accomplissant des exploits incroyables1 n'e/-il pas inhuma91 disons-n\s1 de lui p>l] avec une duret qui ressemble de l'+ratitude et qui1 au fond1 n'e/ que de l'am\r1 en lui rvlant les cts sombres et dfectueux de son tre8 ,n'e/-il pas plus dur encore1 alors que la trve de ,dieu pniblem5t ma9t5ue s'e/ trans=me en une gu]re de t\s contre t\s1 d'lev] la voix1 non p\r annonc] la paix1 mais p\r condamn] des oeuvres et des valeurs qui semblai5t t]nelles8 ,p5dant une anne1 cette d\l\reuse rflexion m'avait emp* de cont9u] mon travail4 ,je le repr5ds auj\rd'hui1 c> le devoir m'oblige ne pas taire ce qui m'e/ dict p> ma consci5ce1 et p>ce que dans le dsaccord entre une considration relative et une aspiration absolue1 le *oix qui fait ab/raction des cont+5ces ne peut pas conduire l'inju/ice4 ,il n\s faut lucid] une srie de que/ions pralables qui n'ont pu qu'tre effleures prcdemm5t4 #a4 ,tradition et idal4--,depuis c5t ans1 on se s]t1 en ,allemagne1 dans les que/ions politiques1 de la seule m?ode hi/orique4 ,aussi ne s]ait-il peut-tre pas hors de propos de combattre cette m?ode1 en l'opposant elle-mme4 ,dans la mesure o nos f9s gnralem5t reconnues ne reprs5t5t pas uniquem5t des intrts matriels dguiss1 elles ne sont pas le produit du travail hrditaire d'esprits politiques qui1 dans les pays occid5taux1 s'objective dans le g\v]nem5t de p>ti et1 dans les pays ori5taux1 dans la tradition dyna/ique1 mais elles rsult5t uniquem5t de la pratique pr(essorale des savants allem&s4 ,c'e/ que nos p>tis sont jeunes1 dp\rvus d'expri5ce responsable1 absorbs p> des intrts matriels urg5ts2 t&is que notre c\ronne1 qui a t\j\rs df5du une =me de g\v]nem5t dt]m9e1 n'a t elle-mme jusqu' prs5t qu'un p>ti4 ,or1 le savant1 p> ses dispositions ess5tielles1 se tr\ve en opposition radicale avec l'homme d'action1 avec le politique et l'homme d'affaires1 qui1 eux1 sont en contact direct avec la ralit4 ,son vhicule consi/e dans la dmon/ration1 qui e/ l'oppos de l'in/9ct indmontrable1 de l'intuition4 ,au c\rs de l'action1 il s'agit mo9s de savoir si un fait donn e/ vrai que de savoir lequel de deux ou plusieurs faits ou ensemble de faits prs5te plus d'importance ou de poids4 ,faire des inve/igations sci5tifiques1 c'e/ *]*]2 et *]*]1 ce n'e/ pas pes]4 ,sans d\te1 le savant consci5cieux aura s\v5t l'occasion1 lui aussi1 dans la sphre de son travail1 de faire des peses1 comme dans les cas o il s'agit de probabilits docum5taires2 mais il le f]a que dans les limites des usages consacrs et admis1 la pese tant p\r lui un expdi5t auxiliaire1 et non un procd fondam5tal4 ,or1 bi5 qu'important1 le procd de la pese n'e/ pas le procd ultime4 ,ce qui importe plus que t\t le re/e1 c'e/ ceci3 s5tir en soi des f9s qui sont donnes1 non p> la re*]*e et l'rudition1 mais p> une conception du monde obt5ue p> une intuition consci5te ou inconsci5te4 ,des connaissances solides1 une bonne mmoire et des m?odes de p5se typiques et pr\ves sont1 p\r le savant1 des moy5s de travail indisp5sables4 ,p\r l'homme d'action1 ce ne sont que des moy5s occasionnels4 ,l'homme d'action travaille sur des faits incessamm5t r5\vels1 sa mmoire doit *aque in/ant se vid] et se remplir de n\veau4 ,les m?odes qui prsid5t sa p5se et ses dcisions doiv5t t\t in/ant *ang]1 et s\v5t l'improvi/e1 c> son activit e/ une lutte4 ,seul le b qu'il p\rsuit doit cons]v] une direction inv>iable4 ,celui qui e/ fait p\r l'action1 n'e/ pas fait p\r la re*]*e1 et l'obligation de se r5dre dp5dant de la p5se des autres et des matriaux accumuls p> d'autres ne p\rrait que p>alys] ses m\vem5ts4 ,et1 inv]sem5t1 celui qui e/ fait p\r la re*]*e ne peut que voir un lm5t irrationnel1 une preuve de prsomption dans la t5sion con/ante qui ab\tit des rsolutions indmontrables4 ,le doma9e de l'action se rappro*e inf9im5t plus de la cration arti/ique que de l'rudition4 ,lorsque le savant veut se livr] l'action politique1 il doit *]*] dduire ses f9s de ce qui e/ donn1 et cela1 p> exemple1 s\s la =me de l'extrapolation d'une c\rbe4 ,si la ,provid5ce avait suivi ces m?odes1 l'hi/oire n'aurait jamais connu de gr&s t\rnants et de gr&s c>ts3 *aque in/ant donn1 la direction1 p> de lgres oscillations asymptotiques1 aurait t5du v]s le po9t zro1 sans jamais l'atte9dre4 ,au po9t de vue subjectif1 la politique des savants app>at comme une t5dance av\e se con=m] la tradition1 t\t dduire de conditions de lieu et de temps1 de conditions physiques et huma9es2 elle manife/e une antipa?ie p\r t\t ce qui e/ immdiat et p\r l'idal1 lequel e/ volonti]s qualifi de dogmatique et de spculatif4 premire vue1 la cont9uit du pass semble ju/ifi] la conception politique des hi/ori5s rudits4 ,mais il y a l une triple illusion optique4 ,en premi] lieu1 il y a la pat9e du temps qui semble rappro*]1 ratta*] les unes aux autres des *oses dissemblables1 en attribuant un c>actre local et hi/orique mme aux faits p>adoxaux4 ,dans deux mille ans1 si t\s les docum5ts qui s'y rapport5t sont dtruits1 la campagne de ,russie de ,napolon s]a peut-tre considre1 dans sa p>adoxalit1 comme un my! solaire2 mais n\s1 qui en connaissons les dtails1 elle app>at comme une entreprise franaise p> excell5ce4 ,en deuxime lieu1 la cont9uit elle-mme e/ une illusion1 c> on ne l'tablit qu'aprs c\p4 ,lorsque quelqu'un att5d l'pan\issem5t inconnu d'une n\velle plante1 il peut1 d'aprs le tronc et les feuilles1 imag9] plusieurs =mes possibles2 c'e/ seulem5t lorsqu'il se tr\ve en prs5ce du fait accompli que la ncessit de la =me et de la c\leur v\lues p> la nature lui app>at vid5te4 ,il ap]oit a po/]iori une cont9uit qui lui semble univoque1 jusqu' ce qu'il ait con/at qu'une plante de la mme espce peut donn] une v>it de fleurs1 s'assurant a9si qu'une seule et mme fonction e/ susceptible d'ab\tir des rsultats multiples4 ,et1 enf91 le c\p d'oeil rtrospectif modifie les prmisses4 ,lorsqu'il se produit quelque *ose d'absolum5t imprvu1 il e/ facile au spectateur de dc\vrir1 dans les nuages qui rec\vr5t les vnem5t antcd5ts1 de n\velles conditions ayant jusqu'ici *app au reg>d et qui1 une fois dc\v]tes1 trans=m5t et le pass et ses prmisses4 ,l'image du prs5t e/ presque aussi subjective que celle de l'av5ir1 et le pass lui-mme1 si objectif en app>5ce1 e/ sujet aux *angem5ts4 ,objectivem5t considr1 le traditionalisme e/ l'lm5t d'in]tie et1 comme tel1 lgitime4 ,la labilit des in/itutions et des de/9es d'un peuple ne doit pas dpass] un c]ta9 degr1 faute de quoi n\s aurions le tableau d'une rpublique ngre4 ,sans d\te1 les pr(ondes rac9es de l'intrt suffis5t ma9t5ir ce qui exi/e2 lorsque vi5t s'y aj\t] l'action ret>dante de la tradition1 le degr d'in]tie augm5te1 et lorsque la tradition devi5t prdom9ante1 le sy/me se survit lui-mme4 ,qu& ce cas se prs5te dans un pays comme le ntre1 qui manque dj d'initiative politique et ne possde pas assez d'imag9ation p\r tr\v] des =mes n\velles1 il faut un gr& ef=t d'idalisme spculatif et un gr& essor intuitif1 p\r sec\] le f>deau de ce qui exi/e4 ,et c'e/ en ceci que se rs\t l'ant9omie entre la tradition et l'ide3 la tradition aura t\j\rs la =ce matrielle ncessaire p\r attir] son niveau et s'assimil] ce qui vi5t de l'ide et p\r assur] a9si la cont9uit du dev5ir2 quant aux lm5ts ayant leur s\rce dans les ides1 quelque ab/raits et inacc\tums qu'ils puiss5t p>atre1 ils sont de/9s insuffl] de n\velles t5dances ce qui e/ ptrifi et ossifi4 #b4 ,la notion allem&e de la lib]t1 qui e/1 elle aussi1 un produit de l'rudition1 signifie1 lorsqu'on la dp\ille de son app>eil mtaphysique1 peu prs ceci3 ,tu ne dois pas dsir] la lic5ce effrne2 entre celle-ci et la lib]t il y a la limitation organique2 tu n'es s\mis aucune autre re/riction qu' cette limitation organique1 v\lue de ,dieu 7,ce syllogisme e/ r>em5t dmontr et1 le plus s\v5t1 on se tire d'affaire1 en disant qu'il n'en va pas autrem5t ailleurs74 ,si tu es pntr de cette vrit1 tu possdes la lib]t intrieure2 il te re/e1 en outre1 la lib]t transc5dantale1 morale1 e/htique et religieuse4 ,il e/ c]ta9 qu'on peut1 l'aide de cet en*anem5t d'ides1 ju/ifi] aussi bi5 l'esclavage anci5 et mod]ne que l'inquisition1 l'absolutisme1 le s]vage1 le sweat+ sy/em et les excs coloniaux1 c> n'avons-n\s pas la proposition int]mdiaire1 en v]tu de laquelle les individus s\mis la tutelle se voi5t accord] la lib]t transc5dante8 ,mais ce qui e/ dcisif dans cette proposition1 c'e/ la notion de l'organique1 et ce qui pr\ve que cette notion reoit des p>tisans de ce raisonnem5t une int]prtation trs t5due1 c'e/ qu'ils rang5t p>mi les *oses v\lues de ,dieu la dp5dance hrditaire d'homme homme1 de classe classe1 de religion religion1 et mme1 l'occasion1 de peuple peuple4 ,mais si la dp5dance soi-disant v\lue de ,dieu n'a en ralit ri5 d'organique1 elle se trans=me en une contra9te arbitraire qui ne se laisse ram5] aucune notion de lib]t1 quelque philosophiquem5t qu'elle soit conue2 et le c>actre intolrable de la contra9te s'acc5tue1 en mme temps que l'arbitraire ne tr\ve plus sa ju/ification ni dans la tradition hi/orique ni dans l'autorit4 ,les savants pr(essionnels1 ceux-l mmes qui ont cr la notion allem&e de lib]t1 ayant en outre l'habitude de se prononc] sur sa casui/ique et ses critres1 il e/ trs in/ructif d'exam9]1 dans leurs rapports avec les conceptions en vigueur1 les aptitudes civiques de ces savants4 ,la situation sociale d'un savant en place e/ uniquem5t fonction de l'e/ime dont il j\it auprs de ses pairs4 ,il ne dp5d ni d'un public1 comme un arti/e pr(essionnel1 ni de la lgislation et des rgles auxquelles obiss5t les indu/riels1 ni de p>lem5ts1 de *efs et de s\v]a9s comme l'homme d'tat1 ni d'une classe d'entrepr5eurs1 comme le proltaire4 ,intellectuellem5t et socialem5t1 le savant vit dans une rpublique de savants1 dans une sorte d'tat dans l'tat1 dans lequel ne pntr5t que la ,provid5ce1 la lgislation fiscale et la trs d\ce autorit du m9i/re des cultes4 ,une l>ge autorit sur ceux qui sont au-dess\s assure la rputation de la *aire2 des relations cordiales avec ceux qui sont au-dessus assur5t au titulaire de la *aire les honneurs acadmiques1 les faveurs de la ,c\r et une influ5ce politique4 ,flottant a9si l'tat d'quilibre la/ique l'intrieur du corps fluide de la socit1 nos savants sont dp\rvus de t\t dsir1 et leur situation peut tre considre comme la p>faite expression de la lib]t politique4 ,ici une contra9te organique se montre compatible avec la mobilit spirituelle et civique2 l'autorit et la dom9ation avec une subord9ation tolrable4 ,faire l'loge de la c>rire d'un savant allem&1 c'e/ faire l'apologie de la lib]t allem&e4 ,admettons cep5dant1 ce qui n'e/ d'ailleurs pas cra9dre1 que le savant se dcl>e un j\r emb>rass p\r =mul] son avis sur l'int]prtation de la notion de lib]t dans un cas donn3 quelle possibilit aurions-n\s encore de =mul] un jugem5t p]sonnel8 ,sans d\te1 le critre de la contra9te organique n'a ri5 d'absolu2 mais il ne s'en laisse pas mo9s enf]m] dans c]ta9es limites4 ,une contra9te cesse d'tre organique1 lorsqu'elle n'e/ plus ncessaire4 ,et elle n'e/ plus ncessaire1 lorsqu'il e/ possible de dmontr] qu'on peut atte9dre le mme b avec des moy5s mo9s limits4 ,mais le b dc\le de notre manire de concevoir le monde1 c'e/--dire de la conception qui =me l'in/ance dcisive1 p>ce que1 indp5dante des dsirs et intrts p]sonnels1 elle e/ dicte p> la pr(onde conviction qui rside dans le coeur des hommes4 ,mais1 dirait-on1 remplac] l'nigme de la lib]t p> l'nigme de la conception du monde1 on ne gagne pas gr&'*ose4 ,erreur6 ,on gagne beauc\p1 c> p>tir de ce mom5t ce ne sont plus l'hi/ori51 le juri/e et l'adm9i/rateur qui sont *>gs de se prononc] sur ce qui e/ lib]t ou oppression3 c'e/ l'homme d'tat pratique qui e/ appel dcid] si les *anes sont indisp5sables et qui emprunte ses lumires ceux qui ont cr et adopt la conception du monde donne4 ,t\te contra9te individuelle cesse alors d'tre une f9 en soi1 v\lue de ,dieu1 intangible4 ,le problme de la lib]t r$evi5t vivant2 il devi5t le problme du dveloppem5t et des faits les plus levs de notre exi/5ce4 ,celui qui =mule des rev5dications ne peut plus tre r5voy du seuil1 au nom d'une consci5ce morale suprieure3 c'e/ aux privilgis et aux favoriss qu'incombe la t*e de ju/ifi] p> des preuves et leur conception du monde et leur conduite pratique4 ,mais une conception du monde n'e/ pas un ensemble d'intrts quelconque ayant reu une c]ta9e int]prtation3 elle e/ une croyance h>monieuse1 =mant un t\t complet et plongeant p> ses rac9es dans ce qu'il y a de plus pr(ondm5t huma9 et div94 ,celui qui rep\sse cette croyance1 en br&issant l'pe de sa puissance1 df5d le droit la viol5ce et se place en dehors des luttes de l'esprit1 sur l'arne o se combatt5t les intrts4 ,il peut recrut] des complices ayant les mmes intrts que lui1 mais il se prive du droit de conva9cre huma9em5t4 ,de t\tes les conceptions politiques de nos j\rs1 il en e/ une qui s'appuie sur une vue d'ensemble du monde3 c'e/ la conception cons]vatrice1 p\r autant qu'elle se fonde sur le *ri/ianisme1 considr1 non comme une confession1 mais comme une croyance absolue4 ,c'e/ ce qui explique la belle unit de s5tim5ts que fait natre cette conception et la =ce ducative des convictions qu'elle comporte4 ,p\r ju/ifi] cep5dant les contra9tes exi/antes1 elle doit quitt] le c]cle des vrits vangliques1 s'ab/raire des s5tim5ts du *ri/ianisme du moy5 ge1 p\r se plac] sur le t]ra9 des intrts4 ,en opposition avec la manire de p5s] traditionnelle1 cet ouvrage *]*e dduire ses po/ulats1 qui dpass5t en p>tie le doma9e de la politique pratique et =m5t a9si une politique transc5dantale1 d'une conception du monde =mant un ensemble complet et fonde sur l'ess5ce et le dev5ir de l'me4 une rs]ve prs3 les t*es pragmatiques de cette d]nire p>tie exig5t1 si n\s v\lons pntr] plus pr(ondm5t la nature des *oses et des in/itutions exi/antes1 une prmisse empirique4 ,cette prmisse n'e/ autre que le pr9cipe de la puissance de l'tat1 pr9cipe qui ne se prte pas une dmon/ration transc5dantale absolue4 ,n\s en faisons l'objet de notre troisime "q pralable4 #c4 ,la croissance intrieure d'un tat exige-t-elle l'accroissem5t de sa puissance extrieure8 ,si la rponse affirmative cette "q app>at t\te naturelle1 lorsqu'on se place au po9t de vue des intrts politiques1 elle ne peut tre que d\teuse au po9t de vue purem5t huma94 ,p]sonne ne s'avis]ait de mpris] un citoy5 de la ,confdration ,suisse ou des ,pays-,bas1 p>ce que son tat n'e/ pas une gr&e puissance1 n'entreti5t pas d'ambassadeurs et n'e/ pas t\j\rs appel pr5dre "p des ,congrs4 mesure que se p\rsuivra le morcellem5t national de l',europe1 on v]ra de plus en plus s\v5t des cas o des tats moy5s1 petits1 voire insignifiants s]ont plus vivem5t sollicits p> les gr&es ,puissances que les tats impriali/es1 difficiles mettre en m\vem5t1 et cela p>ce qu'il suffit s\v5t d'un trs petit poids p\r rtablir l'quilibre dans les conflits4 ,si la balkanisation de l',europe se p\rsuit encore p5dant quelques gnrations1 on v]ra se produire une telle mobilit de gr\pes d'tats1 l*es ou s]rs1 qu' l'exception de quelques r>es tats /rictem5t nationaux1 *aque nationalit =m]a une sorte d'unit fractionnaire1 entrant dans des comb9aisons multiples et v>iables4 ,et c'e/ seulem5t dans la mesure o elle f]a p>tie d'une de ces comb9aisons que *acune de ces units j\ira d'une puissance en rapport avec ses conditions gographiques et physiques4 ,on ne peut admettre non plus l'affirmation ab/raite1 d'aprs laquelle il exi/]ait1 dans l'conomie spirituelle du monde1 une culture tellem5t indisp5sable qu'elle doit1 p\r le salut de t\s les autres1 tre importe et implante p>t\t4 ,la civilisation possde une =ce d'ext5sion et d'expansion qui repose sur l'unit1 la similitude du g5re de vie4 ,mais la culture ne possde pas de =ce de ce g5re1 c> elle exprime prcism5t l'orig9alit et l'unit d'un ensemble de manife/ations spirituelles4 ,la plus =te et la plus immortelle de t\tes les cultures que n\s connaissions1 la culture grecque1 tait l'poque de son apoge1 le patrimo9e d'une population libre1 mo9s nombreuse que celle d'une moy5ne ville de prov9ce allem&e4 ,aprs la disp>ition physique de ses crateurs1 cette culture e/ dev5ue la matresse de leurs va9queurs et s'e/ t5due1 sans propag&e1 au-del de l',europe1 jusqu'en ,*9e1 en ,amrique et en ,au/ralie4 ,la culture morale de la ,pale/9e s'e/ emp>e du monde aprs l'ext9ction politique du pays o elle e/ ne1 et cela tant qu'elle n'tait lie aucune confession3 c'e/ auj\rd'hui seulem5t qu'elle comm5ce tr\v] un contre-poids dans les =mes de croyance libres4 ,on dirait presque que le phnomne de la culture ressemble au soleil qui n'embrase l'horizon qu'au mom5t o il disp>at4 ,mais il e/ c]ta9 que ce phnomne n'e/ jamais p]du p\r le monde4 ,lorsqu'une nation a dpass l'poque de son pan\issem5t1 elle n'e/ plus capable1 mo9s de r5\vel] compltem5t son sang1 que de se rpt]1 se p>odi] elle-mme2 mais ce qu'elle a cr entre dans la consci5ce de l'esprit plantaire1 malgr la de/ruction de p>*em9s1 de bronzes et de pi]res4 ,l'essor de la vie re/e cep5dant irrpressible4 ,mais si t\te crature a une vie limite1 l'esprit collectif d'une nation1 comme t\t autre esprit1 exprime visiblem5t sa volont de vivre p> la croissance et la multiplication4 ,la croissance implique la volont de la de/ruction1 c> la vie se ma9ti5t p> la mort1 et seule l'me1 ds sa premire bau*e1 *appe p> l'am\r cette loi orig9elle4 ,des esprits collectifs qui1 comme ceux des nations1 prs5t5t un degr de con/itution lev1 sont jeunes1 de c5ta9es de milli]s d'annes plus jeunes1 et plus primitifs que les app>5ts esprits individuels des hommes2 et alors mme qu'on russirait un j\r purifi] leur v\loir-vivre1 en l'affran*issant de l'in/9ct du meurtre1 la lutte pacifique ou passionne p\r les moy5s ncessaires la vie f\rnira ici1 comme dans t\te la nature organique1 la preuve irrfutable et de ce v\loir-vivre et du droit la vie4 ,si n\s admettons ce v\loir-vivre des nations et la faon combative dont il s'exprime et se manife/e p\r assur] sa df5se1 l'volution sculaire de la vie des peuples1 volution dont il n\s e/ impossible de faire ab/raction1 n\s oblige reconnatre aux nations le droit d'aspir] l'accroissem5t de leur puissance4 ,n\s devons ma9t5ant c>actris] la manife/ation de la volont de puissance1 propre notre poque4 ,sa dsignation p> les deux t5dances du nationalisme et de l'imprialisme peut tre ma9t5ue1 bi5 que ces t5dances n'exprim5t que le d\ble aspect de la mcanisation de la vie politique4 ,v]s la f9 du ,x,v,i,i,ie sicle1 un m\vem5t qui avait dur depuis un milli] d'annes a pris f9 en ,europe3 la fusion des deux c\*es de population dont se composai5t les nations hi/oriques4 ,jusqu'alors l'hi/oire avait t exclusivem5t celle de la c\*e suprieure4 ,ce qui se passait dans la c\*e infrieure tait s\/rait l'hi/oire1 comme *ez les peuples ori5taux4 ,c'e/ p\rquoi n\s ne savons peu prs ri5 de la vie et des orig9es de ces hommes infrieurs1 non-libres1 qui n'tai5t peut-tre pas nombreux au db de l'poque hi/orique1 mais se sont multiplis plus rapidem5t que leurs matres1 en absorbant1 entre autres1 les lm5ts prolt>i>iss de la c\*e suprieure4 ,de leur manire de vivre1 de p5s] et de s5tir n\s savons peu1 et ce peu e/ p\r la plup>t ngatif4 ,ils n'avai5t ni consci5ce nationale1 ni volont politique4 ,plus ou mo9s protgs p> l'tat ou privs de droits1 ils con/ituai5t une proprit4 ,que leur matre ft un ,itali51 un ,franais1 un ,polonais ou un ,sudois1 qu'il ft un seigneur ou un pr9ce de l'glise orig9aire du pays ou trang] au pays1 peu leur importait4 ,lorsque de nos j\rs c]ta9s cons]vateurs romantiques qualifi5t cet tat de patri>cal1 n\s ne devons pas oubli] que1 malgr les quelques so9s qu'ils recevai5t1 dans le g5re de ceux qu'on prodigue aux animaux utiles1 ces hommes p\vai5t tre v5dus comme une m>*&ise et que leurs propritaires les traitai5t p>fois t\t simplem5t de canaille1 sans atta*] ce mot un s5s pjoratif4 ,ce sont les desc5dants de ces hommes infrieurs qui1 p\r la plus gr&e p>tie1 =m5t le corps et con/itu5t la =ce de l',europe4 ,ils ont dtruit le v]nis dont les c\*es suprieures1 d'orig9e g]manique1 ont c\v]t les pays europens1 ils ont dg]manis les peuples et cr une n\velle communaut de c>actre qui se manife/a dans l'aspect extrieur1 dans la =mation intellectuelle et dans le g5re de vie4 ,en opposition avec le g]manisme1 ils ont introduit les n\velles =mes de p5se de l'poque mcanise1 ils ont inv5t de n\velles langues1 de n\veaux arts et mti]s1 de n\velles conceptions de la vie ayant leurs rac9es dans la vieille sagesse populaire1 dans l'obissance discipl9e1 dans l'activit dp\rvue de t\t ca*et d'individualit4 ,une intuition populaire1 qualitativem5t exacte1 mais errone quant l'explication causale1 a s\v5t r5du les ,juifs responsables des rvolutions spirituelles les plus viol5tes de notre poque et des poques prcd5tes3 c'e/ qu'on se r5dait compte que la manire de p5s] des ,juifs s'h>monisait s+ulirem5t avec celle de l'poque mcanise4 ,mais ce s]ait faire des ,juifs les matres du monde et considr] les peuples europens comme dp\rvus de t\te valeur que d'attribu] aux quelques c5ta9es de mille ,juifs le mrite et le tort de la mcanisation1 et cela surt\t dans des pays qu'ils n'habitai5t pas et des poques o ils ne j\issai5t d'aucun droit civique4 ,le m\vem5t univ]sel dont n\s p>lons n'e/ n que p>ce que le monde occid5tal avait *ang d'aspect2 et le monde occid5tal devait fatalem5t *ang] d'aspect1 lorsque la vague huma9e violemm5t grossie a fait clat] l'enveloppe ari/ocratique et g]manique1 dev5ue trop m9ce1 et qu'une n\velle population s'tait rp&ue sur l',occid5t1 p\r la premire fois depuis la gr&e migration des peuples4 ,notre hi/oriographie1 se s\v5ant de la prosprit qu'elle devait la protection (ficielle1 envisage la ,rvolution ,franaise pr9cipalem5t trav]s le prisme de la ,re/auration4 ,au lieu de la considr] comme un phnomne capital de l'hi/oire de la population1 elle y voit un incid5t hi/orique de nature suspecte1 occasionn p> de mauvaises affaires et une mauvaise rcolte1 provoqu p> la plbe d'une gr&e ville2 et elle la dcrit comme un vnem5t malheureux qui a t suivi d'une srie d'expri5ces surpr5antes1 dogmatico-rationali/es1 et fut p\r les peuples bi5 p5sants une s\rce d'ennuis sans nombre4 cette manire de voir1 qui vise pr9cipalem5t l'intimidation1 s'oppose t\j\rs la conception d'aprs laquelle le b\lev]sem5t en "q signifiait t\t simplem5t l'annonce brusque1 explosive1 p\r a9si dire1 de l'a*vem5t du processus d'int]v5tion des c\*es sociales en ,france4 ,cette explosion a provoqu des dtonations successives dans les pays vois9s et a eu p\r consqu5ce indirecte l'tablissem5t d'un n\vel quilibre1 mme dans des pays autres que la ,france4 ,ce qui e/ trs spcifique de notre c>actre allem&1 c'e/ que n\s n'avons pr\v les effets de ce gr& vnem5t que d'une faon indirecte1 que la rvolution e/ re/e *ez n\s l'tat lat5t et ne s'e/ manife/e que sporadiquem5t p> des *auff\res et des congrs1 p> des luttes de p>tis et des gu]res civiles4 ,c'e/ l une preuve de plus que n\s manquons du s5tim5t de responsabilit politique1 dfaut qui1 a9si que n\s le v]rons plus t>d1 con/itue une des causes les plus pr(ondes de la gu]re actuelle4 ,quoi qu'il en soit1 l'int]v]sion des c\*es sociales s'e/ produite galem5t *ez n\s1 et c'e/ sur elle que repose le phnomne qui n\s occupe ici3 le nationalisme4 ,la c\*e suprieure de la population europenne1 d'orig9e g]manique1 tait homogne1 en v]tu d'une sorte de p>5t int]nationale1 dans le g5re de celle qui relie les unes aux autres les dyna/ies actuelles et les familles de haute noblesse1 p>-del les frontires et malgr les diffr5ces de confession religieuse4 ,ces dyna/ies et familles actuelles =m5t en effet comme une seule famille cosmopolite qui ne connat qu'une frontire1 laquelle leur e/ d'ailleurs impose p> les lois rgissant leur con/itution intrieure3 la frontire qui les sp>e des classes infrieures4 ,c'e/ seulem5t lorsque1 p> hritage1 p> m>iage ou la suite d'une comb9aison politique quelconque1 l'une de ces familles ou dyna/ies se tr\ve porte au p\voir ou la s\v]a9et1 qu'elle s'approprie et prt5d tre la seule reprs5t] t\tes les p>ticul>its nationales et confessionnelles1 telles qu'elles sont df9ies p> la conv5tion4 ,cette lib]t de dplacem5t dont j\issai5t les suprieurs1 cette lib]t d'adhr] telle ou telle nation1 tel ou tel culte1 ne se heurtait d'ailleurs pas des oppositions dc\lant de diffr5ces de culture4 ,p>t\t o ils se t\rnai5t1 les suprieurs retr\vai5t la mme dom9ation spirituelle de l'glise1 les mmes usages de *eval]ie1 la mme langue de g5s raff9s1 la mme in/ruction et la mme culture4 ,c'e/ seulem5t avec l'int]v]sion des c\*es sociales qu'on a vu natre la b\rgeoisie des villes et1 avec elle1 les divisions sociales qui ont f9i p> s't5dre jusqu' la religion4 ,lorsque les c\*es infrieures eur5t acquis une influ5ce dcisive sur les de/9es des peuples1 elles tr\vr5t ces divisions accomplies et a*eves et s'en s]vir5t p\r crer le s5tim5t national4 ,l'homme de basse extraction n'a qu'une patrie1 qu'une langue1 qu'une foi1 qu'une tradition3 celles de ses pres4 ,t\t ce qui e/ trang] lui e/ incomprh5sible et hassable4 ,il ent\re de cltures sa propre maison2 t\t ce qui e/ au-del de ces cltures excite son mpris2 la tribu vois9e lui e/ suspecte2 le peuple vois9 p>lant une autre langue que la si5ne e/ son ennemi-n4 ,les cailles de la ha9e aveugl5t comme celles de l'am\r2 seul celui qui reg>de au-del e/ capable de concili] les contra/es et de saisir les traits communs4 ,un s5tim5t national1 qui embrasse t\t un pays1 suppose ou une gr&e uni=mit des c>actres physiques et psy*iques ou un l>gissem5t de l'horizon intellectuel2 n\s autres ,allem&s comm5ons seulem5t auj\rd'hui possd] un s5tim5t national pur et complet4 ,le nationalisme politique a mo9s beso9 de ce s5tim5t que de l'expri5ce consci5te ou reprs5te de l'ho/ilit qui l'oppose aux autres peuples4 ,il e/ possible1 l'aide de moy5s bi5 simples1 de r5dre cette expri5ce agissante *aque complication et avant t\te entre en campagne1 et cela bi5 au-del de la limite des faits contrlables4 ,n\s compr5ons difficilem5t que les gu]res d'autrefois n'ai5t laiss d]rire elles ni ha9es nationales1 ni mme1 dans beauc\p de cas1 s\v5irs am]s1 sauf lorsqu'il s'e/ agi d'atrocits inconnues et inacc\tumes4 ,il e/ vrai aussi que n\s n\s r5dons difficilem5t compte que les gu]res allem&es des trois d]ni]s sicles n'ont gure t que des gu]res civiles4 ,les gu]res d'autrefois dp5dai5t de la volont d'un matre ou de l'app>ition d'une comte2 seuls les pr(essionnels entrai5t en campagne2 les moissons p\vai5t tre broyes et les maisons inc5dies1 aussi bi5 p> le compatriote et l'ami que p> l'ennemi3 c'tait le has>d qui dcidait4 ,ce sont les gu]res napoloni5nes qui ont t la gr&e cole du nationalisme4 ,l'adv]saire tait un ,franais inf]nal1 en *air et en os1 son peuple a caus des ravages impitoyables et les armes m]c5aires de l',europe tai5t impuissantes t5ir tte la nation franaise arme4 ,les pr9ces se sont vu obligs de se ml] leurs peuples1 de dev5ir leurs frres d'armes1 t\t en se r5dant vaguem5t compte qu'ils ne faisai5t a9si qu'a*ev] l'int]v]sion des c\*es sociales en ,europe ou1 p\r p>l] leur langage1 que s]vir la rvolution4 ,mais en ,france mme1 dans le pays qui p5dant presque une gnration entire1 a bu la c\pe de l'en?\siasme national1 le nationalisme proprem5t dit tait si peu veill1 si peu diffr5ci que le tz> a t salu comme un librateur et qu'on n'a g>d aucune ha9e contre les conqurants de ,p>is4 ,les peuples sont dev5us1 s9on les auteurs de leurs de/9es1 les porteurs de leur idal politique4 la place de l'ambition et de l'arbitraire1 ils se sont mis exig] la responsabilit ou1 t\t au mo9s1 l'affran*issem5t de la dom9ation trangre et l'unit nationale4 ,en ,allemagne1 l'ide d'unit n'a tr\v des p>tisans que dans une p>tie de la classe in/ruite2 aussi a-t-elle pu tre ralise1 non p> le peuple1 mais p> le va9queur agissant en dictateur1 la suite d'une gu]re civile et d'une gu]re de conqute4 ,c'e/ a9si que le ,x,i,xe sicle e/ dev5u l'poque des gr&es divisions et unifications nationales4 ,c'e/ ce m\vem5t que l',empire ottoman tait r$evable de son exi/5ce europenne et africa9e1 et c'e/ lui qui =me l'vnem5t c5tral de la politique occid5tale1 vnem5t qui a eng5dr t\tes les crises europennes1 l'exception du rglem5t de comptes franco-allem&4 ,ne sont re/es intactes jusqu' prs5t que les deux agglomrations =mes p> la ,russie et p> l',autri*e1 *acune *]*ant actuellem5t ht] p> la =ce la dsagrgation de l'autre4 ,ce qui a1 plus que t\t le re/e1 contribu exalt] l'ide nationali/e1 ce fur5t les consqu5ces conomiques mondiales du processus d'int]v]sion des c\*es sociales4 ,l'augm5tation de la population1 l'accroissem5t du bi5-tre1 le beso9 croissant de *oses ne s]vant pas la satisfaction de ncessits immdiates1 t\t cela a r5du insuffisante1 dans les tats civiliss1 population d5se1 une /ructure conomique reposant sur l'agriculture4 ,on comm5a dem&] des produits mcaniss1 dont la fabrication exige des matires premires prov5ant de t\tes sortes de s\rces m9rales et organiques4 ,nul pays europen ne possde un s\s-sol et un climat suffisamm5t ri*es et v>is1 p\r p\voir tir] de ses propres ress\rces t\s les moy5s dont il a beso93 ceux-ci doiv5t1 en gr&e p>tie1 tre a*ets au dehors et pays4 ,le paiem5t s'effectue d'abord avec l'excd5t des produits de fabrication locale2 mais ceci fait1 les pays du cont95t europen ont encore beauc\p a*et] et pay]4 ,comm5t s'effectue le paiem5t dans ce d]ni] cas8 l'aide du travail sal>i4 ,on a*te plus de matires premires que n'en exige la propre consommation du pays1 on les travaille et on exporte le produit manufactur1 comp5sant a9si1 p> la diffr5ce entre la valeur de ce produit et celle des matires premires ayant s]vi sa fabrication1 les frais de la consommation locale4 ,on devi5t l'ouvri] sal>i du monde1 le pays se trans=me en un va/e ateli] travaillant p\r le dehors4 ,et comme *aque pays se s5t capable de pr5dre "p au travail commun1 il en rsulte une concurr5ce de t\s les pays sur le m>* mondial du travail1 concurr5ce qui affecte les =mes d'une lutte p\r l'exportation4 ,envisage1 en effet1 au po9t de vue conomique1 l'exportation n'e/ pas seulem5t l'expression de l'avidit de l'indu/riel ou d'une t5dance irrsi/ible des indu/ries s\ffrant de la surproduction3 elle p\rsuit un autre b encore1 qui consi/e v5dre les produits du travail indigne1 af9 de c\vrir les dettes que *acun contracte en a*etant des m>*&ises4 ,c'e/ que *acun s'habille avec de la la9e v5ant du dehors1 consomme des produits d'alim5tation v5ant de l'trang]1 se s]t de ma*9es fabriques avec du mtal de prov5ance trangre ou de produits de ces ma*9es faits1 eux aussi1 avec des sub/ances d'orig9e trangre4 ,seuls les pays anglo-saxons se ti5n5t1 impassibles1 en dehors de cette concurr5ce p\r les db\*s3 les ,amrica9s1 p>ce que leur gigantesque ,empire cont95tal con/itue la seule rgion de la ,t]re qui se suffise peu prs elle-mme2 les ,anglais1 p>ce que leurs anctres1 devanant extraord9airem5t le c\rs du dveloppem5t1 ont fond un ,empire colonial qui f\rnit t\t ce qu'on peut dsir] et accepte t\t ce qu'on lui (fre2 et1 en mme temps1 le contrle que l',anglet]re ex]ait sur le comm]ce europen lui p]mettait de recevoir t\s les ans1 en m>*&ises en quantit v\lue1 les intrts des capitaux qu'elle avait engags dans les indu/ries d'autres pays4 ,il se peut que les autres tats n'ai5t pas eu consci5ce1 jusqu'en ces d]ni]s temps1 de la vritable signification de leur concurr5ce a*>ne p\r le m>* du travail 7l'action collective obx gnralem5t des in/9cts obscurs et les peuples n'en ap]oiv5t qu'aprs c\p les raisons logiques72 il n'en re/e pas mo9s que ces pays agissai5t con=mm5t aux beso9s ns des circon/ances n\velles4 ,p\rquoi l'autre s'enri*irait-il du travail qu'il n\s drobe8 ,s'il veut n\s a*et] ce qui lui e/ ncessaire1 il faut qu'il le paie *]3 et n\s dim9u]ons1 en outre1 la valeur de ses moy5s de paiem5t1 en lui r5dant difficile le paiem5t p> *ange4 ,on appelait cette manire d'agir protection du travail national et1 effectivem5t1 les sy/mes de droits protecteurs ont p\r consqu5ce de consolid] les conomies naissantes et d'amlior] les conditions de la vie nationale4 ,la conc5tration du s5tim5t national sur des que/ions en rapport avec les intrts conomiques3 telle fut la =me affective laquelle a ab\ti imp]ceptiblem5t la logique de la lutte conomique4 ,mais ce ne fut pas t\t1 c> le beso9 de matires premires de prov5ance trangre subsi/ait1 et ce beso9 faisait t\j\rs de l'a*eteur1 p\ss p> la ncessit1 un humble solliciteur auprs de son cranci]4 ,seule p\vait remdi] cette situation la =mule anglaise1 c> la =mule amrica9e re/ait inaccessible3 =mule de l'tat colonial1 affran*i de l'importation trangre1 impliquant la possession d'une flotte qui a s]vi acqurir les colonies et s]t les protg]1 la possession de r\tes1 de ports et de po9ts d'appui de/9s tay] l',empire4 ,deux n\velles notions sont nes la suite de l'ext5sion l'conomie nationale des =mes de vie et de p5se mcani/es3 le nationalisme conomique1 se manife/ant s\s la =me d'une concurr5ce ho/ile sur le m>* limit de la plante1 avec ori5tation d'une gr&e p>tie de la politique extrieure des tats v]s des buts conomiques2 l'imprialisme1 le beso9 insatiable1 irrsi/ible d't5dre le p\voir de l'tat t\te rgion accessible1 *acune p\vant dev5ir une pi]re angulaire ou1 t\t au mo9s1 f\rnir une valeur d'*ange dans l'difice idal de l'univ]salit se suffisant elle-mme4 ,le vieil difice idal de l'conomie classique s'tait effondr4 ,que *acun apporte sa contribution l'conomie mondiale1 en ne produisant que ce qu'il peut fabriqu] dans les meilleures conditions de qualit et de prix2 qu'un libre *ange de bi5s1 qu'une circulation sans entraves soi5t de nature faire r5dre au mo9dre ef=t les plus gr&s effets3 ces pr9cipes dogmatiques se tr\vr5t dpasss4 ,quel mal y a-t-il ce qu'un produit soit pay plus *]1 ds l'in/ant o il e/ fabriqu p> des =ces nationales1 p> des hommes de *ez n\s8 ,le pays conomiquem5t le plus =t doit f9alem5t re/] victorieux1 c> il dispose des s\rces de matires premires du monde et peut pay] comme bon lui semble le peu qui lui manque4 ,si le f\rnisseur ne peut pas produire assez bon m>* p\r v5dre bnfice1 qu'il v5de1 la rigueur1 p]te3 tant pis p\r lui s'il devi5t tributaire1 et tant mieux p\r l'a*eteur triomphant4 ,l'imprialisme et le nationalisme sont des t5dances cont+5tes4 ,mais ces t5dances dom95t compltem5t la p5se politique et1 surt\t1 la vie affective de notre poque3 elles sont la cause int]ne qui a prp> et provoqu la gu]re actuelle2 elles ont entret5u l'ide des armem5ts1 qui a t5u les tats sur le qui-vive1 et l'ide de la concurr5ce1 qui a aggrav la mo9dre opposition entre peuples gaux4 ,et c'e/ seulem5t aprs la gu]re que n\s v]rons ces t5dances atte9dre leur apoge4 ,bi5 qu'il s'agisse d'une "q subsidiaire1 n\s avons consacr l'exam5 des orig9es et de la nature de ces t5dances plus de temps que ne semblait devoir le comport] notre rapide expos4 ,mais si n\s l'avons fait1 c'e/ p>ce que n\s aurons beso9 dans la suite des notions obt5ues grce cet exam54 ,qu'il n\s suffise de dire p\r l'in/ant qu'tant donne l'action prpondrante que ces pr9cipes peuv5t encore ex]c] p5dant une dure indt]m9e et en prs5ce d'une politique visant au ralisme1 la "q relative au beso9 de puissance des tats ne peut recevoir qu'une solution positive4 ,ayant a9si liquid les que/ions pralables1 =mules plus haut1 exam9ons brivem5t les t5dances politiques que p\rra manife/] l'organisation sociale que n\s avons esquisse4 ,*acune des exig5ces que n\s avons =mules1 en p>tant de considrations d'ordre moral1 social et conomique1 ne peut que r5=c] la puissance de l'tat et augm5t] son ampleur4 ,ces exig5ces ralises1 l'tat devi5t le c5tre de t\te la vie conomique2 t\t ce que la socit produit et cre ne se fait que p> lui et p\r lui2 il dispose des =ces et des moy5s de ses membres plus librem5t que les anci5nes puissances purem5t t]ritoriales2 il reoit la plus gr&e p>tie de l'excd5t conomique2 en lui s'inc>ne le bi5-tre du pays4 ,la division en classes conomiques et sociales ayant disp>u1 c'e/ l'tat qui conc5tre entre ses ma9s t\te la puissance de la classe auj\rd'hui dom9ante2 les =ces spirituelles dont il dispose se multipli5t2 la production cesse d'tre absurde et la consommation d'tre irresponsable1 p\r tre ori5tes l'une et l'autre dans de n\velles directions1 p\r tre mises l'une et l'autre au s]vice des beso9s de cons]vation et1 en cas de ncessit1 des beso9s de df5se4 ,c'e/ que l'tat1 dev5u l'inc>nation visible de la volont populaire1 ne peut pas tre un tat de classe4 ,si1 t\tefois1 il p]si/e accord] sa prfr5ce une classe donne1 s'il e/ g\v]n p> des puissances hrditaires1 mme l'exclusion du p\voir mon>*ique1 le manque de lib]t qui en rsult]a devi5dra insupportable1 de/ructif de t\te vie intrieure1 ple9 de dang]s p\r l'exi/5ce extrieure4 ,la rev5dication qui s'lve e/ celle d'un tat populaire4 ,l'tat populaire suppose la p>ticipation de t\s les gr\pes du peuple2 il englobe les organisations dans lesquelles se reflte l'orig9alit du peuple2 il sait utilis] t\tes les intellig5ces1 en imposant *acune la t*e qui lui convi5t4 ,comme dans une maison g\v]ne d'aprs de sa9s pr9cipes1 le travail1 l'autorit1 les rapports rciproques des membres1 la responsabilit1 le s5tim5t de solid>it1 la confiance1--t\s ces facteurs1 bi5 qu'ayant *acun sa sphre d'action propre1 sont runis dans une syn?se h>monieuse4 ,l'tat populaire ne ressemble ni une us9e se composant de propritaires qui encaiss5t les rev5us1 d'employs qui adm9i/r5t et d'ouvri]s qui travaill5t1 ni une colonie o1 s\s la protection d'une =ce arme1 un gr\pe d'hommes libres rgne sur une masse d'ilotes4 ,l'tat populaire ne correspond ni au g\v]nem5t populaire1 ni mme la notion ?orique de s\v]a9et populaire3 il semble inutile d'insi/] sur ce fait1 une poque qui connat t\s les secrets d'une organisation1 quelle qu'elle soit4 ,qui song]ait confi] une assemble gnrale la ge/ion des affaires ou l'adm9i/ration d'une association ou d'une socit p> actions8 ,les units collectives sont des lm5ts spirituels aux m\vem5ts l5ts et1 dans *aque cas p>ticuli]1 aux jugem5ts rudim5taires qui ne devi5n5t des conceptions sres et solides qu'au b\t d'un temps p>fois trs long4 ,les adm9i/rations et les affaires comport5t des t*es compliques1 exig5t une comprh5sion pr(onde et des dcisions promptes qu'on ne peut att5dre que de l'individu4 ,c'e/ le propre de l'esprit collectif de manife/] sa p5se et son v\loir les plus pr(onds p> des =ces qui1 brutes au db1 ne s'aff95t que peu peu4 ,ce n'e/ pas l'acte mcanique de l'lection qui con/itue la =me exclusive ou mme ess5tielle de la manife/ation de ces =ces4 ,il exi/e une opposition radicale entre le processus organique qui se reflte dans la /ructure de t\t tre capable de p5s]1 et les actions rciproques qui s'ex]c5t entre des lm5ts trang]s les uns aux autres et qui1 s'opposant sans cesse comme lm5ts dirigeants et lm5ts dirigs1 f9iss5t p> s'puis] et s'us] rciproquem5t4 ,c'e/ pos] une "q dplace que de dem&] si l'ide de l'tat populaire a dj t ralise ailleurs4 ,et1 de mme1 la "q de savoir si1 t\t bi5 considr1 les affaires vont mieux ou plus mal *ez tel ou tel autre peuple1 ne mrite pas une discussion appr(ondie4 ,*aque peuple cre son prs5t et son idal et e/ responsable de l'un et de l'autre4 ,v\loir clips] ou supprim] l'idal de l'un p> la ralit prs5te d'un autre1 c'e/ se plac] au po9t de vue du mom5t1 et celui qui le fait1 qui confronte sa rev5dication1 non avec l'ide1 mais avec la ralit trangre1 extrieurem5t et sup]ficiellem5t comprise1 ne fait que se rabaiss] lui-mme4 ,ni les in/itutions ni les p>agraphes d'une con/itution1 ni les lois ne sont mme de crer l'tat populaire2 celui-ci e/ un produit de l'esprit et de la volont4 ,il faut d'abord acqurir la m5talit ncessaire2 les in/itutions vi5dront ensuite t\tes seules1 suppos] qu'elles soi5t ncessaires4 ,il y a des lois anci5nes1 =mellem5t mortes1 mais ayant un cont5u libre et vivant2 et il y a des con/itutions mod]nes1 s\ples1 mais qui1 p> la volont mme de ceux qui les ont conues1 sont dev5ues rigides et incompatibles avec la lib]t4 ,ce n'e/ pas en *angeant un mot crit que n\s abolirions la dom9ation du fodalisme1 du capitalisme et du bureaucratisme3 n\s n'avons beso9 p\r cela que de la volont1 mais v5ant des pr(ondeurs mmes de l'me populaire1 s\t5ue p> la =ce mme de la nation et p> la connaissance claire des ob/acles abattre4 ,n\s montr]ons plus t>d1 propos de ce qui s'e/ pass en ,allemagne1 p\rquoi cette volont a fait dfaut jusqu'ici4 ,mais disons t\t de suite que ce qui n\s gne et n\s t\ffe1 ce ne sont ni les hommes ni les *oses1 ni la volont consci5te1 ni les in/itutions faciles dnombr]2 c'e/ ce quelque *ose qui plane entre les hommes et les *oses1 qui p>at insaisissable et n'en e/ pas mo9s p]u *aque m\vem5t de la respiration--c'e/ l'atmosphre spirituelle4 ,cela p>at vague et nbuleux4 ,n\s russirons cep5dant saisir cet tre ari51 le press] et le filtr]1 jusqu' ce qu'il soit db>rass de ses lm5ts malsa9s2 et1 p\r arriv] ce rsultat1 n\s ne devrons pas hsit] desc5dre jusqu' la trivialit des vnem5ts de t\s les j\rs4 ,cet lm5t atmosphrique1 n\s p\vons le dire sans t>d]1 se compose de traditions et de conceptions hrites2 il comporte l'ide de df5se de classe1 le *oix p> cooptation1 la drogation aux lois1 les relations de famille1 les privilges dc\lant de la ri*esse1 les convoitises1 les prsomptions et les s\missions4 des exceptions insignifiantes prs1 t\tes ces *oses n'ont ri5 voir avec des normes lgales ou con/itutionnelles2 elles sont des produits du c>actre et du milieu d'orig9e1 produits qui1 faute de po9ts de comp>aison et d'exemples contraires1 pass5t inap]u p\r la plup>t d'entre n\s4 ,la comp>aison avec une autre atmosphre s'impose p\rtant1 ne s]ait-ce que p\r la raison que l'air mme que n\s respirons n\s app>at comme un lm5t famili] et *appant t\te critique1 jusqu'au mom5t o un *angem5t d'air ait r5du notre muqueuse nasale et nos p\mons plus s5sibles4 ,n\s n\s dem&ons sans cesse p\rquoi des ,allem&s migrs ne ret\rn5t pas dans leur patrie d'orig9e1 alors que leur am\r de la patrie e/ plus pr(ond et plus vivant que *ez des orig9aires d'autres pays1 lesquels cep5dant se dcid5t plus difficilem5t m\rir l'trang]4 ,n\s r5controns de ces migrs au c\rs de nos voyages2 n\s con/atons *ez eux l'veil de la facult de comp>aison1 et n\s sommes t\t tonns d'appr5dre qu'ils ont plus de repro*es adress] leur n\velle patrie qu' l'anci5ne4 ,mais p\rquoi ne r5trez-v\s pas *ez v\s8 ,ils sec\5t la tte3 ,non2 n\s ne p\rrions plus vivre dans ces conditions4 ,c'e/ t\t ce qu'on peut tir] d'eux4 ,ils ne sav5t pas davantage1 c> ils sont incapables d'analys] l'atmosphre laquelle ils sont ma9t5ant s5sibles4 ,irl&ais1 ,allem&s et ,russes enri*iss5t le sol des tats-,unis4 ,que des milli]s de nos frres1 p]dus p\r n\s1 vi5n5t =m] la meilleure =ce de ces tats lo9ta9s1 voil ce qui pe9t suffisamm5t notre atmosphre spirituelle4 ,en tudiant les lois de la franc-maonn]ie et de l'ordre des ,jsuites1 n\s p\vons bi51 d'aprs les mots crits1 n\s faire une c]ta9e ide de la nature et du b de l'une et de l'autre2 mais leur c>actre et leur activit intimes ne s]ont comprh5sibles qu' ceux qui sont capables de pntr] l'esprit vivant hrditaire et acquis1 de leurs in/itutions4 ,les /atuts de nos entreprises conomiques se ressembl5t t\s1 l'exception des deux ou trois premi]s p>agraphes consacrs la df9ition du b de l'entreprise2 mais combi5 diffr5ts sont les cont5us vivants1 les traditions et les habitudes1 l'esprit et la volont qui inspir5t ces organisations6 ,nos rflexions politiques prs5t5t cette lacune dplorable qu'ab/raction faite des c>actres communs telle ou telle classe sociale1 elles prt5t plus d'att5tion et consacr5t plus de critiques aux in/itutions qu' l'esprit qui les anime4 ,ce que n\s devons ne pas p]dre de vue1 lorsque n\s c>actrisons l'tat populaire1 c'e/ que ce ne sont pas des lois qui prsid]ont sa cration1 mais la libre volont qui1 elle1 ne doit pas tre gne p> les re/es fantomatiques d'organisations primes et trangres1 mais doit se manife/] sans p>ti-pris1 avec ju/ice1 compt5ce et confiance4 ,ce n'e/ pas seulem5t p> antipa?ie p\r les intrigues lectorales et l'arrivisme1 p\r les bav>dages d'avocats et de publici/es que je suis p>tisan de l'ide mon>*i/e3 c'e/ p> s5tim5t inn et p>ce que je suis conva9cu qu'au sommet du p\voir de l'tat doit se tr\v] un homme pr(ondm5t responsable1 trang] et suprieur aux dsirs1 t5dances et t5tations de la vie ord9aire2 un homme initi1 et non hiss cette dignit p> les has>ds d'une heureuse c>rire4 ,la pr(ondeur de ma conviction me donne le droit d'indiqu] les conflits p\vant surgir entre le mon>*isme et l'tat populaire4 ,au se9 de la famille int]nationale1 =me p> les dyna/ies europennes1 il y a t\j\rs eu des ides qui se rappro*5t des notions de classe de c]ta9s gr&s propritaires fodaux2 il y a notamm5t t\j\rs eu une t5dance considr] les prov9ces conquises ou reues en hritage ou acquises la suite de m>iages1 comme une proprit de la maison1 et les soi-disant sujets comme un mobili] vivant2 il y a t\j\rs eu une t5dance n\]1 p>-dessus la tte de ces sujets1 qui tai5t p>fois des co-nationaux1 p>fois des trang]s1 des li5s de communaut de ca/e avec les s\v]a9s vois9s1 rivalis] avec eux de ri*esses1 de droits et de p\voir1 discut] avec eux des intrts communs1 pr5dre de conc]t des mesures contre des dang]s communs4 ,les lois gnalogiques semblai5t confirm] la conception de la p>5t des pr9ces et de l'opposition irrductible qui les sp>ait des masses3 t\t mlange avec le sang populaire proprem5t dit signifiait p\r la desc5dance a9si mtisse la privation des droits la s\v]a9et1 alors que le mlange avec le sang le plus trang] tait autoris1 ds l'in/ant o ce sang tait celui d'une dyna/ie *rti5ne4 ,des dyna/es intellig5ts et l>ges d'esprit ont russi s'affran*ir du s5tim5t physique d'opposition au peuple2 il fut beauc\p plus difficile de va9cre une autre opposition1 idale celle-l1 dont les effets n'ont pu tre supprims que dans un trs petit nombre de mon>*ies4 ,en jetant un c\p d'oeil en arrire1 le dyna/e con/ate que *acune des gnrations qui se sont succdes d]nirem5t a impos sa maison c]ta9es re/rictions de p\voir2 il en fut de mme d'autres maisons d'ailleurs2 c]ta9es dyna/ies ont t remplaces1 d'autres ont t r5v]ses2 des con/itutions ont t arra*es p> la =ce ou obt5ues l'amiable2 enf9 on a vu natre et l des rpubliques4 ,il y a c5t ans1 la =ce anti-dyna/ique s'appelait jacob9isme1 rvolution ou bonap>tisme2 auj\rd'hui1 elle s'appelle dmocratie ou radicalisme4 ,et comme c'e/ le peuple ou une p>tie du peuple1 le plus s\v5t la p>tie la plus intellig5te du peuple1 qui e/ l'auteur et le promoteur de ce m\vem5t ho/ile de limitation du p\voir dyna/ique1 il se =me1 entre le peuple et le mon>que1 une opposition ple9e de prils qui peut influ] pr(ondm5t sur la vie dyna/ique4 ,on a beau1 dans les docum5ts (ficiels1 ignor] cette opposition ho/ile et exalt] l'accord h>monieux exi/ant soi-disant entre le pays et son protecteur pat]nel2 on a beau trait] cette "q avec les plus gr&es prcautions1 mme devant les s]viteurs les plus dignes de confiance3 il n'en re/e pas mo9s que cette opposition occupe une l>ge place dans les conv]sations entre les dyna/es eux-mmes1 qui s'entreti5n5t de la hausse et de la baisse du s5tim5t mon>*ique1 et que la possibilit de c\ps d'tat et de rvolutions e/ discute1 au c\rs de leurs r5contres et dans leurs runions1 dans des occasions et s\s des =mes dont le sujet moy5 n'a aucune ide4 ,n\s savons p> ,bism>ck quelle influ5ce les discussions de ce g5re ont ex]ce sur les dcisions qui ont t prises jusque dans la maison de ,guillaume ,i] et de son fils4 ,en ce qui conc]ne les fonctions publiques1 le b\rgeois moy5 considre que t\te *>ge doit tre remplie avec un dv\em5t passionn1 tant qu'elle e/ impose1 mais que p]sonne ne doit s'octroy] lui-mme une *>ge1 qu'on doit mme *]*] s'y s\/raire1 t\tes les fois que ne se fait pas s5tir d'une faon urg5te la ncessit d'assum] une *>ge comportant une re/riction de la lib]t p]sonnelle4 ,cette manire de voir ne peut s'appliqu] la *>ge dyna/ique4 ,le droit con/itutionnel en vigueur fait1 en effet1 du dyna/e1 non ce qu'on appelle le premi] s]viteur de l'tat1 mais un associ1 p\r a9si dire1 de la nation1 ayant les mmes droits qu'elle2 si donc1 tant donne l'in/abilit des *oses huma9es1 le c5tre de gravit qui exi/e entre le mon>que et la nation ne peut tre considr comme ayant une fixit absolue1 il n'y a aucune raison de ne pas admettre qu'il puisse tre dplac1 le cas *ant1 au prjudice de la nation4 ,ici1 comme dans t\tes les circon/ances compliques en app>5ce1 la meilleure solution du conflit me p>at tre celle qui repose sur la conception purem5t huma9e des *oses4 ,lorsque les fils d'une famille sont dev5us assez gr&s p\r p\voir fond] leurs propres foy]s1 l'autorit pat]nelle ne s'en tr\ve pas ncessairem5t dim9ue4 ,elle revt seulem5t une =me qui repose1 au lieu de la contra9te1 sur l'quilibre naturel4 ,si les fils ont une nature sa9e et s'ils ont confiance en leur pre1 ils cont9u]ont le consult] t\tes les fois qu'ils auront des dcisions pr5dre4 ,si le pre1 de son ct1 a une nature sa9e et possde une expri5ce et une l>geur de vue suffisantes1 il re/]a le guide de ses fils1 mme aprs qu'ils se s]ont sp>s de lui4 ,et ces rapports entre pre et fils s]ont d'autant plus solides qu'ils s]ont mo9s consci5ts et plus spontans4 ,si1 au contraire1 ils repos5t sur des /ipulations dictes p> la jal\sie et la mfiance1 ils s]ont dp\rvus de t\te =ce int]ne4 ,on p>le beauc\p1 *ez n\s surt\t1 de mon>*ie =te4 ,or une mon>*ie e/ =te lorsque1 au lieu de j\ir de privilges sans nombre et de responsabilits extraord9airem5t gr&es1 elle a su gagn] l'adhsion de la p>tie la plus =te de la population4 ,et elle e/ p>ticulirem5t =te1 lorsqu'elle s'appuie sur un s5tim5t pr(ond et indfectible du peuple c>1 en d]nire analyse1 ce p\voir suprme repose1 non sur des clauses crites et sur des droits qu'il s'agit de faire valoir mais sur l'accord huma9 et la confiance huma9e4 ,un mon>que absolu1 qui e/ libre de ralis]1 dans les dtails1 le mo9dre de ses caprices1 peut1 dans les *oses ess5tielles1 se montr] totalem5t impuissant1 incapable de ralis] une volont =te ou capable de ne la ralis] que grce l'int]v5tion d'un ti]s qui se s]t de lui comme d'un in/rum5t4 ,p> contre1 le dt5teur d'un p\voir limit en app>5ce peut en ralit ex]c] un p\voir presque illimit1 lorsqu'il sait que dans *aque conflit p\vant surgir1 il aura la nation ses cts et qu'il a la consci5ce de n'agir qu'au pr(it de la collectivit4 ,ces *oses impondrables et ces t5dres *anes1 qui ne sont pas t\j\rs manies avec t\te l'objectivit et t\te l'imp>tialit ncessaires1 n\s intress5t et n\s t\*5t au po9t de vue de l'action qu'elles peuv5t ex]c] sur les ides du mon>que et sur l'atmosphre de l'tat populaire4 ,si le mon>que s'occupe davantage de ce qui le sp>e du peuple que de ce qui l'unit au peuple1 s'il p5se au pass avec regret et envisage l'av5ir avec apprh5sion1 si son esprit e/ proccup p> la df5se de ses droits et la /abilisation de sa maison1 au lieu de *]*] r5dre inde/ructibles les li5s qui le ratta*5t l'ensemble de la nation1 ses p5ses et rsolutions assum]ont cette duplicit qui confre s\v5t au c>actre dyna/ique des traits ind*iffrables et problmatiques4 ,*aque pas devi5t un pas d\ble1 comme celui du pion sur le dami]1 c> il doit s]vir la fois la *ose et la maison4 ,t\tes les attitudes l'g>d des hommes devi5n5t des attitudes d\bles3 ,quelle e/ l'utilit de cet homme p\r la *ose1 quelle e/ son utilit p\r moi8 ,t\te manife/ation revt un aspect d\ble3 elle doit tre la fois efficace et utile4 ,ce sont les rapports avec les hommes et le milieu qui1 dans leur nature et leurs suites1 n\s intress5t ici plus p>ticulirem5t et se ratta*5t plus intimem5t nos considrations sur l'tat populaire4 ,n\s allons donc les exam9] d'un peu plus prs4 ,malgr ses p>5ts et ses amitis int]nationales1 la famille dyna/ique n'en re/e pas mo9s une famille nationale4 ,elle a beso9 de relations1 peut-tre de relations reprs5tatives1 et elle a le droit de les *oisir4 ,mais ici int]vi5t un lm5t de df5se3 la dyna/ie reprs5te une ca/e tellem5t f]me1 tellem5t lo9ta9e que1 p\r elle1 les diffr5ces de gr&eurs disp>aiss5t dans la p]spective3 *aque enfant du peuple lui app>at comme un type dlimit ou comme un spciali/e avec lequel on ne peut avoir que des relations uniquem5t en rapport avec sa spcialit4 ,une gradation nat cep5dant du fait que les gr&es familles du pays sont plus rappro*es de la c\r et =m5t une socit dont les membres1 se connaissant entre eux et tant connus de la dyna/ie1 pr(ess5t les mmes ides1 conoiv5t la vie de la mme faon et ont les mmes habitudes qu'elle4 ,dans les cas donc o la dyna/ie croit avoir beso9 d'une df5se p>ticulire contre les t5dances de/ructives de la population et ne peut se dcid] s'appuy] sur l'ensemble de la nation1 elle se t\rne rsolum5t v]s la noblesse hrditaire1 foncire et militaire1 p>ce qu'elle sait que cette p>tie de la nation a autant r$\t] la dmocratisation que la dyna/ie elle-mme1 que son clat1 sa position et son sort en gnral dp5d5t troitem5t de la c\ronne1 que cette classe e/ t\j\rs et t\j\rs en mesure de f\rnir l'tat-major de l'arme et des gr&es adm9i/rations1 de surveill] l'une et les autres1 d'y ma9t5ir l'esprit et l'organisation que comm&5t ses intrts4 ,il nat a9si1 entre la dyna/ie et la noblesse une communaut d'intrts exclusive et de plus en plus troite communaut qui1 si elle e/ p>fois tr\ble p> quelques conflits isols1 ne peut jamais disp>atre1 communaut dont les effets sont pe9e visibles aux pr(anes et dont aucune con/itution crite ne limite la dure et l'ext5sion4 ,en d'autres t]mes1 t\te dyna/ie qui ne t5d pas consciemm5t1 avec le libralisme le plus l>ge et un dv\em5t confiant1 v]s la ralisation de l'tat populaire vritable1 cre une ari/ocratie agraire et militaire1 dont l'atmosphre pntre la /ructure de l'tat et dont les t5dances dom95t la nation4 ,n\s aurons l'occasion d'exam9] ailleurs la "q de savoir si et dans quelle mesure la ,prusse a cons]v des lm5ts de fodalisme1 visibles ou invisibles2 ici n\s allons p\rsuivre nos considrations gnrales sur l'tat populaire4 ,p\r assur] la ca/e fodale la prdom9ance absolue1 il n'e/ pas ncessaire que t\te l'arme et t\tes les adm9i/rations se compos5t uniquem5t de membres de cette ca/e4 ,il faut1 p\r obt5ir cet effet1 le conc\rs de quatre lm5ts4 ,en premi] lieu1 la socit qui gravite aut\r de la c\r1 la socit dirigeante de la nation1 doit tre ari/ocratique1 p\r =m] la pp9ire et l'cole p]man5te des ides et des habitudes1 p\r (frir un *oix suffisant et appropri de p]sonnalits pr\ves et reprs5tatives1 p\r s]vir de modle auquel le re/e de la nation n'aurait qu' se con=m]4 ,en deuxime lieu1 bon nombre de gnraux et d'(fici]s des rgim5ts d'lite doiv5t app>t5ir cette socit4 ,la proportion doit tre assez gr&e et con/ante1 la prfr5ce accorde aux rgim5ts en "q assez prononce1 p\r provoqu] l'mulation et l'imitation jusque dans les rgions les plus recules du pays2 et p\r cette raison les tr\pes d'lite ne doiv5t pas tre conc5tres dans un seul endroit4 ,en troisime lieu1 l'adm9i/ration doit tre p\rvue1 du mo9s dans les po/es les plus levs et importants1 de *efs ari/ocratiques4 ,en quatrime lieu1 enf91 les adm9i/rations c5trales de la politique intrieure et extrieure doiv5t1 dans les po/es les plus en vue et les plus responsables1 tre diriges p> des membres de l'ari/ocratie4 ,inutile de p\ss] la complication plus lo94 ,il arriv]a sans d\te que mme dans les po/es adm9i/ratifs secondaires1 dans les g>nisons de prov9ce1 dans les tablissem5ts d'in/ruction1 dans les adm9i/rations autonomes1 la ca/e fodale f9ira p> occup] une situation prpondrante4 ,mais ce s]a l un rsultat subsidiaire qui n'aura plus une gr&e importance p\r la collectivit4 ,du fait que la t5dance fodale possde des atta*es dyna/iques1 qui sont une g>antie de son ma9ti5 et de sa p]si/ance1 du fait encore que t\s les po/es de quelque importance sont s\mis un contrle ayant p\r b d'en emp*] l'accs aux lm5ts de l'opposition et que le pays e/ p>sem d'un nombre suffisant de modles auxquels *acun peut se con=m]1 s'il le veut2 du fait enf9 7et c'e/ l le po9t le plus important67 qu'une ca/e1 dont t\s les membres sont unis entre eux p> d'troits li5s de p>5t et sociaux1 ex]ce dans son ensemble une influ5ce p]sonnelle tellem5t illimite qu'elle e/ mme de supprim] t\te opposition et de faire occup] t\t po/e plus ou mo9s m5ac p> un titulaire sr1--de l'ensemble de ces faits1 disons-n\s1 dc\le un phnomne t\t fait n\veau et qui saute aux yeux1 mais auquel on ne prte pas t\te l'att5tion qu'il mrite1 c> ceux-l mmes qu'il affecte ne s'en r5d5t pas t\j\rs compte3 le phnomne de l'adaptation1 de l'imitation fodale4 ,des hommes qui1 tant donnes leurs orig9es1 leurs prdispositions1 leur conception du monde et de la vie1 n'ont pas la mo9dre raison de p5s] et de s5tir en ari/ocrates1 sont pris dans l'engr5age de la ma*9e politique et militaire4 ,on utilise leur pla/icit juvnile1 p\r leur inculqu]1 la faveur d'une longue ducation (ficielle1 les ides et habitudes rgnantes1 le respect des in/itutions et situations fodales4 ,ceux qui se montr5t totalem5t rfractaires sont lim9s et obligs s\v5t de sacrifi] un av5ir des plus brillants2 d'autres devi5n5t indiffr5ts2 d'autres encore1 et ils ne sont pas les mo9s nombreux1 comm5c5t p> pr\v] l'impression pnible d'tre suspects eux-mmes et aux autres1 de *]*] exagr] la manire de p5s] et de se conduire qu'on exige d'eux2 ils =m5t la classe des ari/ocrates savants1 aux m\vem5ts mo9s libres que ceux des ari/ocrates de naissance1 et ils sont lo9 de j\ir des avantages runis des deux classes dont ils font p>tie4 ,il arrive s\v5t1 lorsqu'ils sont dj avancs dans leur c>rire1 que le contrle intrieur et extrieur auquel ils tai5t s\mis se rel*e1 p\r cd] la place l'indol5ce et l'ab&on3 les in/9cts d'indp5dance1 jusqu'alors ref\ls1 se rveill5t1 p\ssant l'homme soit une lasse rsignation1 soit une lutte sans issue4 ,cep5dant1 comme l'homme connat r>em5t son c>actre vritable et ne connat jamais son c>actre fictif1 ceux qui ont subi l'ducation et l'adaptation dans cette atmosphre conf9e auront l'illusion de se s5tir t\t fait leur aise et prote/]ont avec n]gie contre la qualification d'inorganique applique une manire de p5s] qui1 faute de comp>aison1 leur app>at comme absolue4 ceux qui repro*]ont l'tat pntr de l'atmosphre fodale d'tre dom9 p> l'ari/ocratie1 on oppos]a le fait que les b\rgeois occupant des situations (ficielles sont beauc\p plus nombreux que les fodaux4 ,et comme l'objection tire de l'esprit dom9ant et de l'atmosphre dcisive ne s'applique pas aux lm5ts b\rgeois1 le contradicteur qui avait os le repro*e se dcl>]a va9cu et cont5t4 ,les critiques v5ant de l'trang] revt5t p>fois des =mes tellem5t ha9euses que le s5tim5t d'honneur int]dit d'en t5ir compte2 en outre1 elles tmoign5t d'une ignorance des faits1 appell5t les *oses p> de faux noms et ne s]v5t f9alem5t qu' consolid] l'ordre de *oses exi/ant4 ,c'e/ a9si que1 contrairem5t d'autres puissances invisibles1 telles que le jsuitisme et la franc-maonn]ie1 dont l'activit e/ connue1 s\v5t mme exagre1 l'tat de *oses dont n\s p>lons re/e pr(ondm5t dissimul4 ,de temps autre1 un m9i/re r5v]s se dem&]a o tel p>ticuli]1 bi5 qu'occupant une haute situation pr9cire1 a pu puis] la =ce et le p\voir de le r5v]s]1 ce qui f]a app>atre sa consci5ce c]ta9s li5s et rapports qui jusqu'alors lui avai5t *app2 plus s\v5t1 des j\rnaux de nuance radicale oppos]ont cet tat de classe l'tat juridique1 mais recul]ont impuissants et ds>ms1 lorsqu'on leur dem&]a des preuves4 ,un tat juridique peut se concili] avec l'atmosphre fodale1 mais un tat populaire ne le peut pas1 c> cette atmosphre f]a t\j\rs d'une p>tie du peuple la matresse hrditaire de l'autre2 elle aura t\j\rs une t5dance crer deux peuples1 dont le plus gr& aura t\j\rs des raisons de mcont5tem5t et de rvolte4 ,et c'e/ a9si que se ref]me le c]cle1 la dyna/ie con/atant une fois de plus qu'elle peut s'appuy] seulem5t sur la ca/e1 et non sur le peuple4 ,elle peut rompre ce c]cle p> un acte de confiance absolue et contribu] a9si l'dification de l'tat populaire4 ,la contribution exige du peuple dans le mme b n'e/ pas mo9dre4 ,il ne doit pas voir dans l'tat une association utilitaire1 association arme de production et d'*ange1 ou association qui1 en *ange des quelques droits sans valeur qu'elle lui confre1 lui impos]ait des devoirs pnibles et des *>ges coteuses et dont il s]ait condamn faire p>tie t\te sa vie durant1 sans espoir de s'en *app]4 ,encore mo9s l'tat doit-il app>atre au peuple comme un p\voir polici] l>gi1 int]v5ant dans t\tes les circon/ances de la vie huma9e1 p> l'int]mdiaire d'organes qui1 p>t\t o ils app>aiss5t1 affirm5t hautem5t leur supriorit qui les place en dehors de la morale b\rgeoise et p\sse les citoy5s se s\/raire leur atte9te p> t\s les moy5s possibles4 ,mais1 surt\t1 l'tat ne doit pas dev5ir ce qu'il e/ dans les pays lat9s dcad5ts o *acun *]*e rus] avec lui et s'en s]vir p\r ses f9s g/es1 o l'tat se tr\ve trans=m en une sorte de m>* sur lequel les cot]ies font comm]ce de leurs s]vices1 se v5d5t et se laiss5t a*et]1 en une caisse commune qui s]t enri*ir les habiles aux dp5s des sots4 ,l'tat doit tre le second moi de l'homme1 son moi l>gi et j\issant d'une immortalit t]re/re1 l'inc>nation du v\loir commun1 moral et agissant4 ,une pr(onde responsabilit doit li] l'homme t\s les actes de son tat1 au po9t que *aque acte accompli p> celui-l puisse tre considr comme tant un acte de celui-ci4 ,de mme qu'au reg>d d'une puissance transc5dante il n'y a pas de p5se ou d'action indiffr5te ou insignifiante1 de mme1 au se9 de l'tat1 il n'e/ pas de doma9e d'o la responsabilit soit abs5te4 ,la triple responsabilit1 la responsabilit env]s la puissance div9e1 env]s soi mme et env]s l'tat1 cre cet admirable quilibre de la lib]t dont l'homme seul e/ appel j\ir et qui l'lve jusqu'aux conf9s du monde plantaire4 ,lorsque la t5dance ori5t] t\tes nos ides et t\s nos actes v]s l'tat s]a dev5ue =te au po9t de desc5dre dans l'inconsci5t et de =m]1 p\r a9si dire1 notre seconde nature1 ce j\r-l s]a cre cette consci5ce politique qui fait d'une nation une vritable unit supra-p]sonnelle et la r5d immortelle4 ,mais ce rsultat1 son t\r1 ne peut tre obt5u que dans l'tat populaire1 et c'e/ p\rquoi celui-ci doit tre cr en premi] lieu4 ,ce s]ait1 en effet1 se tromp] soi-mme et tromp] les autres que de v\loir obt5ir dans un tat de classe ou de ca/e1 p> la prire ou la p]suasion1 p> des m5aces ou des promesses1 une consci5ce collective pure4 ,l'tat fond sur la =ce possde la puissance dont il peut se s]vir p\r contra9dre ses sujets2 mais qu'il ait du mo9s le c\rage de ne pas exig] la reconnaissance et le dv\em5t de ceux qu'il exploite4 ,aprs cette analyse gnrale1 consacre aux idaux politiques1 analyse qui ne vise aucune nation p>ticulire et s'applique t\tes1 t\rnons-n\s v]s les *oses de *ez n\s et exam9ons-les la lumire des ides que n\s v5ons de dvelopp]4 mesure que n\s avanc]ons dans ce travail1 il devi5dra de plus en plus difficile3 en p>tie p>ce que n\s devrons pr5dre g>de de ne pas n\s laiss] dbord] p> la multitude des dtails et que n\s aurons *]*] un quilibre entre les exig5ces du j\r et les f9s absolues2 en p>tie1 et surt\t1 p>ce que l'poque d\l\reusem5t gr&e de la gu]re n\s met en prs5ce d'un conflit de s5tim5ts4 ,s'il fut un temps o1 plus que p> la comp>aison avec des normes absolues1 nos critiques n\s tai5t dictes p> l'att5te s\cieuse d'vnem5ts 9vitables qui devai5t v5ir mettre f9 t\t ce que n\s avons difi et m>qu] p\r nos successeurs seulem5t le comm5cem5t d'une re n\velle1 et si1 cette poque-l1 n\s avions facilem5t la b\*e des mots de repro*e et mme de colre1 il e/ on ne peut plus huma9 et naturel que les nobles exploits1 les s\ffrances salutaires de notre peuple veill5t en n\s auj\rd'hui un am\r exclusif de t\t autre s5tim5t1 un am\r qui n\s bl\it et n\s r5d incapables d'ap]cevoir une =me quelconque aux cont\rs nets4 ,et1 cep5dant1 n\s avons plus que jamais beso9 de la =me1 de la mesure1 de cont\rs1 p>ce que n\s v\lons btir4 ,les ar*itectures idales1 qui ne sont pas fixes au sol1 qui n'ont pas de cont\rs nets1 sont des *teaux en ,espagne4 ,en *]*ant entrevoir la possibilit la plus heureuse de notre av5ir1 n\s devons t5ir compte des limites naturelles de notre c>actre1 limites dont n\s n'avons pas avoir honte1 c> elles sont assez l>ges et peuv5t encore tre recules p> la connaissance4 ,sans d\te1 le plan sur lequel elles sont traces ne peut (frir qu'un rseau de lignes sombres1 de nuances dgrades2 mais le reg>d intrieur ap]oit un dess9 aux c\leurs clatantes4 ,a9si que n\s l'avons dj dit plusieurs reprises1 l',allemagne1 surt\t celle du ,nord et du ,c5tre1 qui r5f]me les pr9cipales rgions1 e/ un produit de fusion de c\*es sociales4 ,lorsque n\s racontons son pass1 n\s p>lons surt\t de la c\*e suprieure1 d'orig9e g]manique1 dont la dom9ation s't5dait galem5t aux autres pays occid5taux4 ,n\s connaissons son hi/oire1 ses noms et subdivisions e?niques1 sa vieille langue1 sa culture religieuse et l'art de son moy5-ge4 ,n\s connaissons les trans=mations qu'a subies ce monde f]m1 p>tir du mom5t o ont comm5c les mlanges et p>tir de la cration de la culture allem&e mod]ne1 cration qui a t1 au c\rs du ,x,i,ve et du ,x,ve sicles1 l'oeuvre des paysans aiss1 des habitants des villes et des patrici5s allem&s4 ,cette priode avait dur jusqu' l'poque romantique1 et mme les oeuvres et les actes de notre poque classique ont eu p\r pr9cipaux auteurs des reprs5tants de la classe noble et patrici5ne de notre population4 ,de temps autre seulem5t on voyait surgir un homme au nom roturi]1 qui disait et crait des *oses biz>res1 s+ulirem5t intemporelles4 ,et1 cep5dant1 v]s la f9 du ,x,v,i,ie sicle la c\*e suprieure1 am9cie1 tait t5due jusqu' clat]3 les hriti]s de noms1 de proprits1 d'un fonds de culture et d'in/ruction ne se *iffrai5t que p> milli]s1 alors que les anonymes se *iffrai5t p> millions4 ,au ,x,i,xe sicle1 les membres de la classe infrieure font leur entre dans l'hi/oire1 et alors comm5ce la d]nire trans=mation de la manire de vivre et de p5s]1 de la langue et de l'activit allem&es4 ,on ne peut pas tudi] le pass1 sans ap]cevoir le pr(ond foss qui sp>e l'anci5 du n\veau2 et1 p\rtant1 on se rsigne difficilem5t l'ide que n\s sommes dev5us un peuple n\veau4 ,plus d'un prfr]ait faire p>tie du monde de ,goe!1 ,kant et ,bee?ov51 que n\s comm5ons auj\rd'hui seulem5t compr5dre1 que de ce monde de masses et de *oses matrielles qu'e/ dev5u le ntre4 ,plus d'un aim]ait mieux tre hriti] et successeur qu'anctre et pionni]4 ,il en e/ qui v\drai5t expliqu] le phnomne fondam5tal de notre poque1 la mcanisation1 p> des influ5ces trangres1 p> une contagion extrieure4 ,et1 cep5dant1 les hommes qui ex]c5t auj\rd'hui une action dcisive sur notre vie et notre poque ne sont pas les fils des hommes d'autrefois4 ,ce ne sont pas les milli]s de jadis qui ont produit les millions d'auj\rd'hui3 il suffit1 p\r s'en conva9cre1 de jet] un c\p d'oeil sur les noms et les visages1 de comp>]1 surt\t dans les petites rgions1 re/es l'abri de mlanges1 les reprs5tants des millions d'auj\rd'hui avec ceux des milli]s d'autrefois4 ,ces millions1 plus pro*es qu'ils ne le p5s5t des millions d'autres pays1 ayant avec eux plus de ressemblance extrieure et intrieure qu'ils ne v\drai5t le reconnatre1 ces millions1 disons-n\s1 =m5t un peuple n\veau et peuv5t le proclam] avec fi]t et joie1 c> un comm5cem5t e/ plus difficile et comporte plus de responsabilits qu'une f94 ,sans d\te1 notre comm5cem5t ne fut pas seulem5t difficile3 il fut aussi1 en quelque sorte1 tri/e et dp\rvu de t\t c>actre sacr4 ,ceux qui ont apport la mcanisation ont imprim leur poque le ca*et de l'anci5ne s\mission4 ,l'avidit et l'ambition1 l'application au travail et la pati5ce sans limites ont rempli les =mes ab/raites1 mcaniques et massives des crations de cette poque de l'esprit du primitif t]re--t]re4 ,le peuple n\veau tait un peuple primitif1 au milieu de la civilisation la plus raff9e et de l'essor intellectuel le plus int5se4 ,si l'avnem5t de la c\*e infrieure s'tait produit *ez n\s avec une viol5ce volcanique1 rvolutionnaire1 comme *ez d'autres peuples1 la responsabilit du p\voir lui et incomb ds le db4 ,mais tant arrive la surface avec une l5teur hydraulique et sans mme s'en r5dre compte1 elle a reu les droits qui s'atta*5t au p\voir1 sans en assum] les devoirs4 ,de la ca/e dom9ante1 disp>ue en gr&e p>tie1 pr9cipalem5t subm]ge p> le nombre1 des noyaux puissants se sont cons]vs et ma9t5us1 surt\t en ,prusse4 ,ils se sont vu obligs de p>tag] la dom9ation conomique avec la pl\tocratie plbi5ne1 d'ab&onn] en p>tie les p\voirs adm9i/ratifs une ca/e d'employs1 assimils la noblesse1 en g>dant p\r eux la dom9ation rurale et cons]vant1 grce leurs atta*es avec la dyna/ie1 le contrle des affaires politiques et militaires4 ,mais1 avant t\t1 ces re/es de la noblesse1 s'ils n'ont pu russir ma9t5ir la puret de leur sang1 ont soign leur type physique1 au po9t que dans nul autre pays la diffr5ce n'app>at1 premire vue1 aussi pr(onde entre le type moy5 du noble et le type moy5 des autres classes du peuple4 ,cette diffr5ce se rvle d'une manire symbolique1 lorsqu'on assi/e au dfil d'un rgim5t d'lite4 ,les seigneurs qu'on qualifie d'ailleurs volonti]s de ce nom1 se di/+u5t p> la f9esse plus gr&e de leurs t(fes et la c\pe de leur uni=me1 p> l'lgance de leurs armes1 p> leurs insignes plus discrets et plus *oisis4 ,leurs *evaux1 plus gracieux1 port5t un h>na*em5t arg5t et des selles lgres4 ,mais l'aspect extrieur de ces seigneurs frappe plus encore que leur quipem5t3 tte troite1 pr(il tran*1 *eveux f9s et blonds2 le c\1 c\rt et enfonc *ez l'homme du peuple1 e/ mobile et s\ple *ez le seigneur1 le dos e/ long et troit1 t\t le corps e/ d'une flexibilit d'aci]4 ,les ma9s sont di/+ues et blan*es1 les cuisses et les jambes f9es et bi5 dess9es3 le cavali] se ti5t en selle sans la mo9dre contra9te4 ct de ce type vraim5t noble1 l'homme du peuple1 l'exception peut-tre des orig9aires du ,hol/e9 ou de la ,frise1 app>at l\rd1 l>ge1 ramass4 ,de cette diffr5ce physique1 qui e/ un des lm5ts d'opposition entre le seigneur et le s]viteur1 l'homme du peuple se r5d pr(ondm5t compte4 ,il adore la ma9 blan*e et obx volonti]s au robu/e poignet qui le remet sa place2 au toi1 qui lui e/ jet amicalem5t1 il rpond respectueusem5t dans la troisime p]sonne du s+uli]2 il exprime avec t\t son corps les m>ques extrieures de son respect4 ,s'il lui arrive de v\] le mme culte1 moiti inconsci5t1 un *ef in/ruit sortant de ses propres rangs1 il ne le fait pas naturellem5t1 in/9ctivem5t1 comme lorsqu'il s'agit d'un noble1 mais p>ce que ce *ef a su1 p> ses mrites p]sonnels1 gagn] son e/ime4 ,son pre a dj ador le pre du seigneur actuel1 et le vieux1 t\t en grondant et punissant ses propres enfants1 reg>dait le jeune seigneur avec un pieux att5drissem5t4 ,et ce petit comte1 g de sept ans1 se comportait dj1 comme s'il avait une expri5ce c9q fois sculaire1 comme un patron bi5veillant et consci5t de sa supriorit1 traitant ses g5s comme des protgs1 sauf le diman*e o il les traitait en gaux2 sa*ant ce qui leur tait utile et nuisible1 ce qui p\vait les r5dre malades ou prsomptueux2 leur donnant ce qui leur conv5ait et exigeant d'eux ce qui lui rev5ait3 le respect1 en *ange de la confiance2 la s\mission1 en *ange de la bi5veillance4 ,le seigneur n'a pas avoir honte devant ses g5s2 il peut faire ce que bon lui semble1 c> ses petits vices et ses petites faiblesses sont considrs comme des droits seigneuriaux2 celui qui ne les possde pas devi5t suspect1 et celui qui1 leur place1 fait preuve de v]tus b\rgeoises1 gt p\r la sci5ce1 p\r les affaires1 p\r le travail1 n'e/ pas un noble au!ntique4 ,depuis des sicles1 *acune des deux ca/es a f9i la longue p> s'adapt]1 la langue1 aux attitudes1 aux manires1 aux sujets de conv]sation1 aux actes de bi5veillance et de malveillance de l'autre4 ,t\tes les =mes et v>its de c>actre1 p]mises et possibles1 sont connues et df9ies1 t\te attitude tolrable e/ prvue4 ,sont considrs comme intolrables1 lorsqu'ils vi5n5t d'en haut1 la m*ancet1 l'orgueil1 le mpris et l'ironie2 et lorsqu'ils vi5n5t d'en bas1 la critique1 l'enttem5t1 le mcont5tem5t et la rvolte4 ,cette consci5ce de sujets s\mis et dv\s remplit en ,prusse des millions d'mes et pntre mme plus haut1 jusque dans la b\rgeoisie libre1 o elle pr5d des =mes corrompues et moralem5t dang]euses4 ,dans sa =me la plus pure1 elle se manife/e p> de beaux traits enfant9s et rappelle l'heureuse vie patri>cale qui n\s sduit tant dans la jeunesse de *aque peuple4 ,au po9t de vue de la psy*ologie des peuples1 ces traits ont une gr&e valeur3 ils crent la masse qui se prte le plus la discipl9e et l'organisation2 un organisme collectif qui1 sans se laiss] influ5c] p> des s5tim5ts et des ides1 f\rnit1 jusqu' la d]nire limite de ses =ces1 l'ef=t qui lui e/ dem&2 un esprit collectif qui suit avec une confiance 9branlable t\t guide autoris agissant et p>lant d'une faon comprh5sible et avec sympa?ie4 ,ce guide n'a pas beso9 d'excit] l'en?\siasme ni de f\rnir des explications2 aucune critique n'e/ ex]ce son g>d4 ,il ne s'agit pas l1 proprem5t p>l]1 de la consci5ce du devoir1 c> il n'y a pas conflit2 il s'agit encore mo9s d'obissance passive1 c> la masse suit le *ef de son ple9 gr2 on se tr\v]ait plutt en prs5ce d'une docilit quasi enfant9e4 ,c'e/ la pla/icit des masses qui a r5du possibles les deux gr&es organisations prussi5nes3 l'arme et la social-dmocratie1 la premire d'orig9e rurale et primaire1 la seconde d'orig9e urba9e et mcanise4 ,les traits de c>actre que n\s v5ons de pass] en revue ne sont pas g]maniques4 ,ils sont en contradiction avec t\tes les anci5nes descriptions qui p>l5t de la nature altire1 hauta9e1 individuali/e des ,g]ma9s1 de leur soif d'indp5dance et de leur ho/ilit t\te organisation4 ,ils sont en contradiction avec ce que l'hi/oire n\s enseigne conc]nant l'activit des ,g]ma9s1 et surt\t avec le tableau que n\s prs5t5t les noyaux g]maniques ayant survcu dans la ,sude du ,sud1 dans la ,frise1 en ,we/phalie1 ,franconie et ,allemanie1 et mme avec les traits de la classe noble et patrici5ne de ces rgions4 ,la description que n\s avons donne e/ plutt celle du c>actre slave ayant reu une lgre empre9te g]manique qui a trans=m sa mollesse fm99e et sa tri/esse mi-ori5tale en gaiet enfant9e et son obissance passive en zle actif1 p> le s\v5ir de l'anci5ne fidlit librem5t cons5tie4 ,il e/ difficile de dire dans quelle mesure les gr&s traits de l'anci5ne classe suprieure allem&e--beso9 de crer1 passion my/ique1 pr(ondeur et transc5dance--ont pntr dans l'me des masses4 ,t\j\rs e/-il que ces traits n'ont pas encore beauc\p contribu faire natre une vie spirituelle suprieure3 le *ant populaire a disp>u1 l'art populaire n'exi/e pas encore1 les plaisirs ref\l5t les joies4 ,n\s n'avions pas beso9 de la gu]re p\r savoir que notre peuple tait capable1 comme aucun autre1 d'am\r1 de dv\em5t1 de sacrifice et de c\rage4 ,l'intellig5ce1 la pati5ce et l'application ont cr la mcanisation4 ,n\s avons dj eu plus d'une fois l'occasion de p>l] de ces qualits et d'en apprci] la valeur morale4 ,ici n\s allons envisag] leur porte politique1 en n\s plaant uniquem5t au po9t de vue de l'av5ir national4 ,si la s\plesse et la docilit1 le respect de l'autorit et le s5tim5t de dp5dance crent les associations de sujets les plus maniables1 il n'en re/e pas mo9s que la =mation de sujets ne con/itue pas la f9 d]nire de l'tat4 ,comme dans les gr&es con/ructions1 t\s doiv5t la fois *>g] les autres et port] eux-mmes4 ,si notre vois9 de l',oue/ n\s (fre le spectacle d'un organisme in/able o *acun veut dom9] et o p]sonne ne veut s]vir1 mo9s qu'on ait rec\rs1 p\r obt5ir des s]vices1 la ruse ou l'en?\siasme artificiel1 l',ori5t1 de son ct1 n\s effraie p> la mortelle apa?ie des masses qui1 *>ges de f>deaux crasants1 succomb5t ou ab\tiss5t des explosions de viol5ce4 ,le dang] qui n\s m5ace consi/e dans le manque d'indp5dance1 de consci5ce de nos =ces et de notre dignit1 dans l'abs5ce de jugem5t p]sonnel et dans la cra9te de la responsabilit4 ,si l'+nuit et le manque d'indp5dance sont les matires premires politiques que nos masses1 encore incultes1 f\rniss5t en vue de l'dification de l'tat1 les dfectuosits de ces matriaux app>aiss5t s+ulirem5t nombreuses1 lorsqu'on envisage les masses t\*es p> la mcanisation3 prolt>iat urba9 et classes moy5nes4 ,il e/ vrai qu'on retr\ve1 dans ce monde mcanis1 cette situation de dp5dance qui semble dcidm5t 9vitable4 ,ici encore1 l'tat e/1 non la *ose de t\t le monde1 mais un doma9e confi l'adm9i/ration des hommes les plus notables4 ,ici encore il y a un pullulem5t d'autorits dont on ne fait ni ne f]a jamais p>tie4 ,mais ces autorits1 lo9 d'tre d'orig9e nobiliaire1 lo9 d'tre reprs5tes p> des p]sonnalits patri>cales1 sont des g5s ord9aires occupant des po/es et emplois anonymes3 c'e/ le capital reprs5t p> le directeur1 l'+nieur de l'exploitation1 le fond de p\voirs1 le contre-matre1 p> des commettants1 des cli5ts1 des f9anci]s2 c'e/ la bureaucratie1 reprs5te p> le p]cepteur1 le polici]1 l'employ de gui*et4 ,on doit1 en outre1 accomplir deux annes de s]vice militaire1 s\s les ordres de la classe fodale1 reprs5te p> le lieut5ant et le s\s-(fici]4 ,l'obissance t\tes ces puissances n'e/ plus indiffr5cie et in/9ctive3 elle n'e/ pas non plus accorde contre-coeur1 c> on manque de t]mes de comp>aison1 dans le g5re de ceux qui s'(fr5t aux nationaux migrs l'trang]4 ,l'obissance e/ accepte comme une pnible ncessit de la vie1 et avec le s5tim5t d'une obligation laquelle il n'e/ pas p]mis de se s\/raire4 ,c'e/ p\rquoi la rvolte contre cet tat de *oses app>at1 non comme une rev5dication du droit la lib]t1 mais comme un acte d'insubord9ation qu'on commet avec une nuance de remords4 ,la consonnance brutale du mot subord9ation e/ faite p\r n\s r5dre s5sible la rsignation dsespre une dom9ation anonyme4 ,lorsque la rvolte e/ organise1 comme dans la social-dmocratie1 elle affecte son t\r1 tant donn que la relation de dp5dance ti5t notre tre p> de pr(ondes rac9es1 la =me de la subord9ation4 ,et lorsqu'elle ne le fait pas1 elle dgnre en cancans de dome/iques et en discussions de brass]ie4 ,il n'y a pas de *em9 qui conduise des classes infrieures aux suprieures4 ,la ri*esse et l'in/ruction rig5t aut\r de ceux qui les possd5t des murailles de v]re1 et le pr(ond foss qui exi/e entre les =mes de vie en de et au-del de ces murailles ne peut pas tre fran*i la faveur de l'imitation et de l'ins9uation1 comme c'e/ le cas *ez les peuples mridionaux4 ,une pr(ondeur rveuse1 le s5s de l'ess5tiel dont les *oses ne sont que le reflet1 une =te p]sonnalit et une univ]salit sy/matique qui voit la contre-possibilit de t\te possibilit et en ti5t compte3 telles sont les gr&es1 les plus gr&es qualits qui ont1 ds l'orig9e1 fait de l',allem& un adv]saire de la =me4 ,c'e/ qu'en effet t\te =me e/ dlimitation et unilatralit4 ,elle repose sur la suffisance1 sur l'op9ion enfant9e qu' ct de ce qui e/ bon exi/e quelque *ose de p>fait qui ne peut tre dpass1 et qu' ct de ce qui e/ pr\v il ne peut pas y avoir autre *ose4 ,sans d\te1 l'am\r de la =me a sa s\rce dans l'aspiration p>adisiaque de l'homme l'accord pur1 l'h>monie p>faite1 dans ce s5tim5t classique de l'quilibre qui fait recul] l'homme devant les abmes cle/es et inf]naux4 ,on a beau p>c\rir les doma9es de l'art1 de la sci5ce1 de la vie p]sonnelle1 sociale et politique1 on n'y tr\v]a pas une seule =me fondam5tale qui soit ne dans notre pays4 ,les =mes de l'ar*itecture et des /yles1 des u/5siles dome/iques1 des tableaux1 de la musique1 du roman et du drame1 de l'organisation militaire1 du culte1 de la manufacture1 du comm]ce et de l'indu/rie1 des entreprises p> actions et des con/itutions1--t\tes ces productions et =mations extrieures1 qui port5t encore auj\rd'hui des noms trang]s1 ce sont d'autres qui les ont conues p\r n\s4 ,et1 cep5dant1 l'esprit allem& s'e/ emp> de ces vases1 l'un aprs l'autre1 a complt d'une ma9 pure et avec une comprh5sion sympa?ique l'ide qui a prsid leur =me et a ensuite rempli leurs creux avec un breuvage enivrant tellem5t ri*e et abondant que les vases se sont tr\vs dbords et qu'il a fallu crer de n\velles =mes p\r le trop-ple9 du liquide4 ,cela n\s a port bonheur et a enri*i le monde4 ,mais n\s sommes re/s pauvres en =mes1 p>ce que n\s les mprisons4 ,en revan*e1 les crateurs de =mes1 qui se moquai5t de n\s1 se sont appauvris spirituellem5t4 ,cep5dant1 comme la politique n'e/ pas une entit absolue1 mais une lutte entre =ces et contre-=ces1 n\s devons t5ir compte d'une c]ta9e abs5ce de =me qui n\s e/ nuisible4 ,n\s avons p>l plus haut des oppositions qui exi/5t entre diffr5tes manires de voir1 et n\s devons conv5ir que la ntre manque de t\te rgul>it et conf9e1 grce notre non*alance inne et notre indiffr5ce dcl>e p\r t\te app>5ce1 un in=me laiss]-all]4 ,n\s p]dons a9si cette =ce civilisatrice qui repose sur le ma9ti5 rsolu de =mes de vie pr\ves4 ,plus que cela3 si les rapports de dp5dance dans lesquels n\s vivons et qui s'exprim5t p> la subord9ation ce qui e/ au-dessus1 p> le comm&em5t dirig v]s ce qui e/ au-dess\s1 si ces rapports1 dp\rvus de noblesse1 s'oppos5t dj ce que n\s dev5ions un peuple de matres1 l'abs5ce de =me contribue de son ct dim9u] notre consci5ce de matres l'intrieur de notre pays1 l'efficacit de notre activit de matres hors du pays4 ,si n\s n\s sommes montrs1 dans les pays trang]s1 aussi mauvais colonisateurs que dans notre propre pays1 si n\s n'avons su n\s atta*] ni les nations que n\s avons n\rries avec notre sang1 ni les peuples qui se rappro*5t de n\s p> leurs orig9es1 cela ti5t mo9s nos in/itutions qu'au fait que n\s ne sommes pas des matres-ns4 ,mais tre matres ne veut pas dire affi*] des prt5tions prsomptueuses1 ce qui ne peut tre le fait que de natures ignorant l'indp5dance int]ne et pr(ondm5t dprimes4 ,non1 ce qui c>actrise un peuple de matres1 c'e/ l'quilibre in/9ctif1 tabli en dehors de t\te rflexion1 des droits et des devoirs1 c'e/ l'intuition des di/ances1 c'e/ le r5oncem5t des exig5ces mesqu9es1 c'e/ la facult de saisir l'ess5tiel et de s'y t5ir1 c'e/ une supriorit qui r5d capable de sacrifi] ses aises sa dignit1 c'e/ enf91 et surt\t1 la ju/ice inflexible1 libre1 trangre aux prjugs et ignorant le mpris4 ,lorsque l'tat de dp5dance se complique d'une situation matrielle gne1 c'e/ la mesqu9]ie qui guette les g5s qui en sont victimes4 ,en elle-mme1 la privation la plus dure e/ compatible avec la srnit et la lib]t consci5te4 ,mais celui qui sait s'accommod] de la dp5dance involontaire1 succombe facilem5t la t5tation de *]*] dans l'app>5ce une comp5sation ce dont il e/ priv4 ,or1 l'app>5ce et la privation sont difficiles concili]1 et cette incompatibilit ronge la vie dome/ique1 accable les femmes de s\cis et prp>e des gnrations leves dans la s]vitude4 ,celui qui a la s]vitude1 p\r a9si dire1 dans le sang1 celui1 qui1 sans s'en r5dre compte1 s'incl9e devant la dom9ation d'une ca/e qu'il n'aime plus1 mais qu'il envie1 celui qui sait que son sort et celui de ses enfants e/ 9luctable1--celui-l tr\ve sa consolation dans le fait que ses semblables sont logs exactem5t la mme enseigne que lui4 ,il aime mieux support] une contra9te plus =te de la "p de ses suprieurs-ns que de voir un homme de son propre sang s'lev] et se r5dre libre4 ,le fait que quelqu'un de son milieu et de son ent\rage a acquis un c]ta9 degr de bi5-tre ou de puissance1 lo9 de le r5dre fi] et ple9 d'espoir1 l'aigrit1 c> il sait que ce quelqu'un e/ prs5t mme de s'asseoir aux tables olympiques et de considr] ceux qui sont re/s en arrire avec mpris et dda94 ,la joie nave des ,amrica9s qui ne se lass5t pas de vant] les milli>ds de leur compatriote1 en aj\tant qu'il a db comme v5deur de j\rnaux1--cette joie n'e/ possible que dans un pays o t\t e/ ouv]t t\s4 ,l'idal du mcont5t de *ez n\s ne consi/e c]ta9em5t pas dans l'acquisition pure et simple de ri*esses matrielles qui t5t5t surt\t le citoy5 d'outre-m]2 mais il ne consi/e pas davantage dans la libre asc5sion spirituelle4 ,non1 son idal1 c'e/ une utopie des plus t]re--t]re1 et en mme temps des plus irrelles et dang]euses3 c'e/ l'utopie de l'galit1 mme de celle qui ne peut tre ralise que p> l'abaissem5t de t\s4 ,il s]ait inju/e d'appliqu] cet ensemble de s5tim5ts la qualification mprisante d'envie4 ,mais n\s devons t5ir compte des dang]s que ces s5tim5ts prs5t5t au po9t de vue de la politique idale4 ,si1 en effet1 t\t tat libre et dsirable repose1 non sur une dmocratie immobile1 mais sur le va-et-vi5t cont9u de =ces spirituelles1 il e/ c]ta9 que l'envie e/ la =ce qui s'oppose le plus au m\vem5t d'asc5sion et contribue le plus ma9t5ir au p\voir1 p> simple habitude1 des puissances expirantes4 ,si l'on jette un c\p d'oeil sur l'ensemble des gr&es et belles qualits qui c>actris5t nos classes moy5nes et infrieures1 --infaillible honntet1 compt5ce et fidlit au devoir1 ardeur au travail1 c\rage devant le dang] et la s\ffrance1 s5tim5t calme1 pr(ond et pieux que leur inspir5t ,dieu1 l'homme et la nature1 am\r de la patrie et oubli de soi-mme1 soif de savoir1 de compr5dre et de p\voir1--les t*es sombres de notre tableau app>aiss5t insignifiantes au po9t de vue huma91 et notre nation peut encore se vant] heureusem5t de possd] si peu de dfauts4 ,mais si n\s n\s plaons au po9t de vue des idaux politiques1 qui =m5t la pi]re de t\*e de notre analyse1 n\s ne p\vons plus n\s cont5t] de cette considration1 c> les quelques dfauts que prs5te notre c>actre sont malheureusem5t de ceux qui peuv5t r5dre1 et ont r5du p5dant longtemps1 un peuple a-politique4 ,ce dont n\s avons beso91 c'e/ l'indp5dance1 le s5tim5t de noblesse1 la m5talit de matres1 le dsir de responsabilit1 la gnrosit2 n\s avons beso9 de n\s affran*ir de l'esprit de s\mission et de comm&em5t1 de mesqu9]ie et d'envie4 ,telle e/ la condition de t\te la politique allem&e et de t\te la politique de l'av5ir1 et cette condition s]a ralise1 non p> les in/itutions1 mais p> une trans=mation de notre c>actre4 l'av5ir1 t\t homme politique1 p\r autant qu'il ne reprs5t]a ni puissance1 ni intrts quelconques1 devra tre pntr de cette vrit que c'e/ l'veil de n\velles =ces morales qui con/itue la condition fondam5tale de notre organisation et que les in/itutions huma9es suiv5t docilem5t la m>*e du dveloppem5t1 comme l'corce suit la croissance du tronc4 ,si n\s sommes dev5us une nation il y a c5t ans1 si n\s sommes dev5us un tat il y a c9quante ans1 n\s devons ds ma9t5ant1 p> une r5aissance intrieure1 comm5c] dev5ir une nation politique1 un tat populaire4 ,c]tes1 il y a quelques annes pe9e1 le plus gr& connaisseur de notre hi/oire n\s donnait peu d'espoir4 ,il l\ait le peuple p\r sa fidlit ses seigneurs t]ri5s et p\r sa s\mission2 mais il s'emportait1 ds qu'il tait "q d'op9ion publique1 de c\rants politiques et de responsabilit4 ,aux publici/es1 aux savants1 aux pr(essionnels de la politique et aux dilettanti il attribuait la responsabilit des erreurs populaires qui m5aai5t son oeuvre4 ,l'immaturit du peuple tait p\r lui un axiome1 puisqu'il allait jusqu' refus] au peuple un s5tim5t national direct2 ce n'e/ qu'indirectem5t1 d'aprs lui1 p> l'int]mdiaire du s5tim5t dyna/ique1 qu'un s5tim5t national allem& p\rrait s'affirm]4 ,c]ta9es =mes de patriotisme que n\s avons connues p5dant les annes d'agr&issem5t qui ont prcd la gu]re semblai5t confirm] cet impitoyable jugem5t4 ,n\s avons r>em5t connu les explosions spontanes de fi]t virile qu'aurai5t d n\s inspir] notre peuple1 notre pays1 notre communaut4 ,n\s n\s cont5tions d'hommages symboliques1 et plus d'une fois1 p\r n\s s5tir unis1 n\s avions beso9 d'tre /imuls p> une ha9e commune4 ,notre dc\ragem5t s'aggrave encore1 mesure que n\s n\s levons v]s les c\*es de la gr&e b\rgeoisie1 v]s les lm5ts puissants1 dom9ants1 s9on t\j\rs dirigeants1 de notre socit capitali/e4 ,cette puissance politique c5trale n\s (fre une image concrte de ce dont elle e/ capable dans l'attitude du p>ti qui la reprs5te au ,rei*/ag allem&3 du p>ti national-libral4 ,ce p>ti ne peut pas obt5ir gr&'*ose1 mais il e/ capable de t\t emp*]2 il porte une responsabilit plus gr&e que celle dont il a consci5ce4 ,il reprs5te les lm5ts cultivs de la gr&e b\rgeoisie1 mais aussi les intrts du capitalisme2 il cons]ve les vieux idaux du libralisme1 mitigs cep5dant p> des compromis avec les p\voirs tablis2 il e/ p>tisan du jugem5t libre et exempt de prjugs1 mais il a beso9 aussi des =ces et des moy5s dont dispos5t les df5seurs privilgis de l'tat4 ,il p\rrait ex]c] une action dcisive et1 cep5dant1 lorsqu'on jette un c\p d'oeil sur les quelques d]nires diza9es d'annes1 on con/ate que1 malgr lui et sans en avoir jamais t rem]ci1 il a t au s]vice du fodalisme4 ,comme le p>ti1 la classe qu'il reprs5te manque de =ce directive4 ,les intrts sont mis avant et au-dessus des idaux1 les dang]s v5ant d'en bas m5ac5t la proprit2 or1 y a-t-il un intrt suprieur la proprit8 ,n'e/-il pas malheureux que la voix de ceux qui ne possd5t pas se fasse ent5dre dans la reprs5tation nationale1 lorsqu'il s'agit de rgl] l'emploi de la =tune nationale8 ,aussi doit-on combattre t\t d'abord le pril du communisme2 le re/e vi5dra aprs4 ,et1 d'ailleurs1 qu'e/-ce que la politique1 d'une manire gnrale8 ,une p]te de temps4 ,la m>*e de l'adm9i/ration et des affaires extrieures e/ assure p> des spciali/es1 s9on t\j\rs d'une faon p>faite1 du mo9s aussi bi5 que p>t\t ailleurs4 ,on peut les critiqu] et1 lorsqu'ils p5s5t trop leurs intrts p]sonnels1 les rappel] l'ordre4 ,mais le plus urg5t1 ce sont les t*es j\rnalires3 le bnfice annuel1 l'agr&issem5t de l'entreprise1 le divid5de sont *oses qui ne peuv5t att5dre4 ,v\s dites que t\tes ces *oses repos5t sur une base pr(onde1 l'abri de t\t dang] et de t\te m5ace1 savoir sur la puissance de l'tat et sur le bi5-tre du pays8 ,laissez-n\s d'abord mettre de l'ordre dans ceci et cela2 peut-tre n\s re/]a-t-il ensuite un peu de temps p\r n\s occup] d'autre *ose que les affaires4 ,sans d\te1 t\t irait mieux si444 suiv5t des jugem5ts durs sur des p]sonnes responsables et irresponsables1 c> on e/ incapable de compr5dre 7et qu& on le peut1 on ne le veut pas7 que c'e/ le sy/me qui e/ responsable1 et non les p]sonnes1 et que c'e/ la nation qui e/ responsable du sy/me4 ,si encore il n'y avait que cette indiffr5ce6 ,mais plus on s'lve dans la hir>*ie b\rgeoise1 et plus on s'enfonce dans l'ombre d'une dp5dance volontaire dont le mo9s qu'on puisse dire e/ qu'elle e/ une sorte de vnalit ds9tresse4 ,il faut faire honneur sa situation et sa c>rire4 ,on ne v\drait pas sacrifi] les relations qu'on entreti5t avec des hauts dignitaires4 ,un gr& tra9 de maison exige des invits de m>que4 ,on a quelquefois combl] c]ta9es lacunes de l'ducation et de l'in/ruction2 or1 ri5 ne les comble mieux qu'une bonne c\*e d'ides t\tes faites4 ,le rgim5t et le corps dont fait p>tie le fils1 les amis et p>5ts du g5dre exig5t des g>ds4 ,on ne doit jamais nglig] les relations3 avanc] en grade1 pass] d'une classe une classe suprieure1 c'e/ s'ouvrir des p]spectives ple9es de joie2 et mme les satisfactions mo9s importantes de la vanit b\rgeoise exig5t1 en plus de c]ta9s ef=ts matriels1 des ides de t\t repos1 sans ri5 de subv]sif4 ,sans d\te1 il y a encore des patrici5s dont le c>actre se refuse sollicit] et recevoir2 des patrici5s qui1 s'appuyant sur quelques droits et devoirs1 ti5n5t prs]v] leur p]sonnalit et r5onc5t recevoir des invits qui1 se r5contrant p> has>d la porte de votre maison1 ont l'air de s'excus] les uns devant les autres de cultiv] une p>eille relation4 ,ces exemples sont p>ticulirem5t frqu5ts dans les villes et dans les maisons de la b\rgeoisie aise4 ,quant aux n\veaux ri*es1 qui sont plus nombreux en ,allemagne que dans n'importe quel autre pays europen1 il faut les excus] si1 griss p> leur asc5sion1 ils ne tr\v5t plus ri5 impossible et croi5t cont9u] mont]1 alors qu'ils ne font que s'infiltr]4 ,la sagesse rancunire de ,l\is ,,xiv a russi dompt] la noblesse1 en assignant son culte un objet n\veau3 la c\r4 ,sans s'en r5dre compte1 notre sy/me fodal a prp> le mme sort notre b\rgeoisie montante3 il lui a ouv]t une n\velle p]spective1 en lui dem&ant en *ange le sacrifice de ses ides4 ,le rsultat de cette imitation de la manire de p5s] fodale a t plus complet qu'on n'aurait pu le croire de prime abord3 il manque notre b\rgeoisie ce lg] mlang de scepticisme qui convi5t si bi5 la noblesse au!ntique1 laquelle1 se sa*ant telle1 ne cra9t ni les critiques ni les preuves4 ,c'e/ p\rquoi n\s voyons nos b\rgeois avanc] avec une conviction1 une mfiance et une pompe qui sont trop exagres p\r tre naturelles4 ,on peut atta*] ces faiblesses une importance morale plus ou mo9s gr&e2 mais ce qui e/ c]ta91 c'e/ qu'en faisant d'une classe la pupille d'une autre1 elles la dmoralis5t au po9t de vue politique4 ,c'e/ a9si que dans la ,prusse allem&e il ne subsi/e qu'un seul p\voir politique vritable3 le fodalisme cons]vateur4 ,le peuple suit l'autorit2 celle-ci fut d'abord clricale et fodale2 lorsqu'il s'en dt\rna1 ce fut p\r suivre l'autorit des agitateurs4 ,le socialisme dispose des masses et p\rsuit des intrts1 mais il lui manque une conception spirituelle du monde4 ,le ca?olicisme organis place les intrts confessionnels au-dessus des intrts politiques4 ,le fodalisme seul possde une conception du monde1 d'un c>actre hi/orique et religieux1 qui se concilie trs heureusem5t avec ses intrts politiques et matriels4 ,il dispose du p\voir excutif1 il a p>tie lie avec la plup>t des puissances dyna/iques1 militaires et familiales et entrane dans son sillage la p>tie la plus puissante de la b\rgeoisie4 ,le succs con/itue l'argum5t le plus =t en faveur de ce qui exi/e4 ,si la gu]re actuelle se t]m9ait p> une victoire complte1 rapide1 absolue1 la ralisation de l'tat populaire s'en tr\v]ait considrablem5t ret>de4 ,et1 d'un autre ct1 il n'e/ pas un ,allem& qui1 aimant son pays et son peuple1 ne prfr]ait mille fois support] la raction1 mme aggrave1 de #ahae1 plutt que d'admettre la mo9dre dim9ution de la puissance et de l'honneur de l',allemagne4 ,mais quelle que soit l'issue de la lutte mondiale1 une *ose e/ c]ta9e3 p\r les f9s suprmes de la nation1 qui n\s intress5t ici1 cette gu]re con/itue une prp>ation1 et non une dcision4 ,n\s devons cep5dant n\s att5dre ce qu'elle se rp]cute dans l'av5ir p> trois effets plus ou mo9s lo9ta9s1 dont l'un1 le troisime1 f]a ici l'objet d'une analyse et d'une discussion spciales4 ,en premi] lieu3 cette gu]re con/itue la premire preuve vraim5t collective du peuple allem&1 dont les c\*es infrieures =m5t auj\rd'hui le noyau pr9cipal4 ,les armes combattantes du ,x,i,xe sicle reprs5tai5t une petite fraction de la population1 surt\t de la population rurale1 de la haute b\rgeoisie et de la noblesse4 ,auj\rd'hui1 on se tr\ve p\r la premire fois en prs5ce du peuple arm1 du peuple t\t enti] s\s les armes4 ,et ce n'e/ pas seulem5t l'arme qui combat1 qui pe9e et qui s\ffre3 c'e/ t\te me vivante du pays4 ,et cette fusion1 ce ne sont pas les j\rnes d'aot qui l'ont opre1 quelque magnifique et imm5se que ft alors l'en?\siasme3 celui-ci ne fut en effet qu'un enivrem5t de fte1 au s5s le plus lev du mot1 et si l'on avait pu alors jet] un reg>d d]rire le voile qui ca*ait l'av5ir1 cet en?\siasme se ft c]ta9em5t calm1 comme *ez les quelques r>es clairvoyants dont l'attitude fut1 s9on plus froide1 beauc\p plus grave4 ,ce qui n\s unit auj\rd'hui e/ mo9s joyeux1 mo9s lum9eux1 mais l'abri de t\te m5ace et de t\te dception future3 ce sont le devoir et la responsabilit qui ont rsi/ victorieusem5t t\tes les preuves4 ,auj\rd'hui n\s p]cevons l'unit du d\ble son3 s\cis et d\leurs1 d'un ct2 espoir et confiance1 de l'autre4 ,cette communaut de vie et de s\ffrances con/itue un cim5t plus puissant de la nationalit que les orig9es1 la langue1 les moeurs et les croyances4 ,ce qui s'e/ uni s\s une pression p>eille1 re/e uni p\r t\j\rs4 ,ce qui s'e/ divis1 re/e divis jamais4 ,jusqu'alors la c\*e infrieure tait une p>tie con/itutive de la nation et1 il faut le dire1 la plus gr&e2 p>tir d'auj\rd'hui1 elle e/ un membre de la nation1 et le membre le plus puissant1 dans la mesure du mo9s o elle e/ consci5te de sa responsabilit4 ,c'e/ en effet cette responsabilit du corps de la nation qui dcide t\t2 si n\s p\vons l'acqurir et la cons]v]1 n\s sommes et re/ons une nation et un tat populaire2 si n\s sommes incapable de l'acqurir1 n\s re/ons la classe subordonne dans une association politique4 ,ce qui n\s re/e de notre manque d'indp5dance1 de notre immaturit1 de notre abs5ce de s5s politique1 disp>at ds que n\s avons saisi et ret5u ceci3 l'tat1 et le pays sont res publica1 la *ose de t\s1 et non la *ose de p>ticuli]s1 de classes ou de ca/es2 *acun e/ responsable de cette *ose1 comme il l'e/ de lui-mme1 de sa femme et de ses enfants1 de sa maison et de son foy]1 de sa famille et de son nom4 ,en deuxime lieu3 la dim9ution du bi5-tre europen1 conscutive la gu]re1 le dplacem5t de la proprit et l'aggravation des *>ges que la gu]re aura occasionnes dom9]ont p>t\t l'ampleur et les =ces contributives de la classe moy5ne suprieure4 ,on aura beau impos] la ri*esse jusqu'aux extrmes limites compatibles avec la =me actuelle de la vie conomique1 on russira sans d\te dim9u] d'une faon notable son total1 mais non le nombre de ri*es1 malgr le *angem5t de p]sonnes qui peut rsult] d'appauvrissem5ts occasionnels et de la =mation de n\velles =tunes4 ,l'agriculture1 malgr les difficults d'exploitation passagres1 v]ra son niveau s'lev]1 grce l'int]v5tion du capitalisme et1 vu la situation gnrale1 ses *>ges ne s]ont pas augm5tes d'une manire excessive4 ,la classe moy5ne infrieure et la classe ouvrire russiront1 p> la lutte p\r les salaires1 ma9t5ir leurs conditions d'exi/5ce normales1 malgr l'accroissem5t des *>ges4 ,en revan*e1 le r5ti]1 le propritaire d'une maison de rapport1 le comm]ant moy5 ne tr\v]ont pas de comp5sation3 ils s]ont affaiblis1 prolt>iss en p>tie1 et les c\*es infrieures de la classe pl\tocratique ne s]ont pas elles-mmes assez ri*es en hommes et en =tunes p\r les remplac]4 ,cette classe moy5ne1 cep5dant1 recle dans son se9 des savants1 des publici/es1 des bureaucrates d'un tal5t non ngligeable1 et dans ces d]nires annes c'e/ elle qui f\rnissait la vie conomique des adm9i/rateurs suprieurs ayant reu une culture sci5tifique et possdant le s5s de la responsabilit comm]ciale4 ,la d*ance d'une classe indisp5sable au po9t de vue intellectuel1 ne re/]a pas seulem5t p\r ses membres un av]tissem5t d\l\reux et ne con/itu]a pas seulem5t une p]te s5sible p\r l'organisme social3 elle n\s apport]a surt\t la preuve que1 t\t comme notre corps g\v]nem5tal1 le corps des reprs5tants de notre travail intellectuel repose sur une base trop troite4 ,cette preuve n\s fait t\*] du doigt le vice fondam5tal de notre organisation sociale o rgne encore l'usage primitif de confi] les responsabilits des ca/es hrditaires1 alors mme qu'elles sont frappes d'puisem5t quantitatif et qualitatif1 cep5dant qu'en bas grossit la masse du peuple qui n'a pas encore donn sa mesure1 qui s'use dans l'uni=mit d'un travail mcanique et se tr\ve exclu du s]vice national et de l'ess5ce mme de la nation4 ,n\s avons l une vritable leon des *oses qui n\s montre d'une faon irrfutable qu'un corps vivant ne peut se r5\vel] et se recrer intrieurem5t que grce au va-et-vi5t organique des =ces et des sucs1 et que la rigidit inorganique doit cd] la place au pr9cipe organique du m\vem5t et de la croissance4 ,en troisime lieu3 cette gu]re porte un c\p dcisif au pr9cipe de la lib]t de la proprit individuelle et prp>e les =mes futures de l'conomie collective1 en montrant sur le fait que les affaires conomiques ne sont pas *ose prive1 mais la *ose de t\s4 ,jusqu' prs5t1 l'int]v5tion de l'tat dans les intrts conomiques privs tait m9ime4 ,des lois sanitaires et sociales fixai5t les limitations et les obligations les plus indisp5sables2 des lois sur le comm]ce et sur les socits p> actions prs]vai5t contre les abus les plus immdiats en matire de contrats2 quelques monopoles tai5t s\/raits l'indu/rie libre2 des traits de comm]ce rglai5t les *anges extrieurs4 ,jugeant ces int]v5tions au po9t de vue du libre jeu des =ces1 beauc\p s'en plaignai5t et les supportai5t contre-coeur4 ,elles sont cep5dant insignifiantes et primitives1 si on les considre au po9t de vue d'une conomie collective rationnelle4 ,p>mi les jugem5ts ports sur notre conomie de gu]re1 qui a surgi sans prp>ation1 mais dont l'improvisation a t somme t\te assez heureuse sur les po9ts ess5tiels1 on ent5d s\v5t des pla9tes sur l'excs d'organisation1 et nombreux sont ceux qui att5d5t avec impati5ce une pro*a9e dt5te4 ,n\s s\ffrons sans d\te d'un excs d'organisation1 en ce s5s que n\s sommes s\mis des rglem5tations contradictoires1 portant s\v5t sur des dtails sans importance aucune1 c> on confond s\v5t notre s\plesse qui n\s r5d facilem5t organisables avec la facult d'organisation proprem5t dite1 et on croit avoir t\t fait1 lorsqu'on a accumul rglem5ts et prescriptions4 ,n\s croyons s\v5t possd] l'aptitude l'organisation1 p>ce que n\s sommes t\s passs p> l'cole de la p5se sy/matique et s*matique2 mais1 en ralit1 cette aptitude e/ excessivem5t r>e1 c> p\r savoir ce qui e/ dcisif1 p\r lim9] ce qui n'e/ pas ess5tiel1 p\r connatre les hommes et p\voir les jug]1 il faut des dons spciaux et une longue expri5ce4 ,n\s aurions cep5dant srieusem5t beso9 de cette aptitude1 c>1 malgr les mille s5s que les pdants s\s-ent5d5t1 lorsqu'ils p>l5t de *angem5t de m?ode1 il e/ c]ta9 que n\s sommes en tra9 d'opr] un *angem5t de m?ode dans un s5s qui1 lui1 n'admet aucune quivoque3 jamais1 en effet1 n\s ne p\rrons plus rev5ir en arrire1 v]s cette lib]t illimite de l'conomie prive dont l'gsme naf veill]a *ez nos successeurs un s5tim5t analogue celui que n\s pr\vons au rcit des pratiques du temps de ,rob]t ,macaire4 ,le troisime effet loign de la gu]re1 la trans=mation de l'conomie con=mm5t au pr9cipe3 l'conomie e/ la *ose de t\s1 signifie le premi] pas important v]s l'organisation de l'av5ir2 et il ne s]ait pas inutile d'en analys] l'une aprs l'autre les conditions et les consqu5ces4 #a4 ,c'e/ la ma*9e qui j\e un rle dcisif dans la gu]re mcanise2 la ma*9e1 c'e/--dire les munitions et les moy5s de transport4 ,la trans=mation de t\te l'indu/rie d'un pays belligrant en indu/rie de gu]re e/ une condition indisp5sable4 ,dsormais1 en p>lant d'armem5ts1 on n'ent5d pas seulem5t une rs]ve d'armes3 l'armem5t1 c'e/ le pays t\t enti]1 trans=m en un ars5al dans lequel t\s ceux qui ne sont pas s\s les armes =g5t des armes p\r ceux qui se batt5t4 ,or1 l'armem5t comporte t\tes les sub/ances imag9ables que la t]re produit1 et1 comme il e/ de/9 dtruire et tre dtruit1 son remplacem5t con/itue le problme te*nique fondam5tal de la gu]re4 ,le problme de l'armem5t devi5t a9si un problme de travail et de matriaux2 et il e/ d'un srieux angoissant1 lorsque le pays belligrant e/ bloqu p> ses ennemis4 ,il importe donc l'tat de savoir exactem5t ce qui se produit et se consomme dans ses doma9es1 de connatre la manire dont tels et tels produits sont obt5us1 de possd] l'inv5taire des sub/ances dont il peut dispos]4 ,il doit pntr] jusqu' la trame la plus int]ne de la production1 dans l'ateli] du fabricant1 dans la caisse du propritaire fonci]1 dans les bureaux du comm]ant4 ,il dresse des plans de mobilisation p\r la campagne conomique1 rp>tit ouvri]s et employs1 contrle les m?odes de travail2 il ne peut pas admettre le gaspillage de place1 de =ces1 d'in/rum5ts de travail2 il se proccupe de la dp5se de matires premires et de sub/ances auxiliaires de prov5ance trangre2 il veille ce que ces matires et sub/ances soi5t conomises ou remplaces dans la mesure du possible1 que leur rapprovisionnem5t soit assur1 qu'il en exi/e t\j\rs une rs]ve suffisante et qu'elles soi5t rp>ties selon les beso9s et les ncessits4 ,un n\veau pr9cipe nat1 celui de la protection des matires premires1 qui n'a ri5 de commun avec celui de la protection de l'indu/rie4 ,dans la consommation1 on doit accord] la prfr5ce aux matires premires de prov5ance intrieure1 alors mme que cela ne correspond pas aux calculs fonds sur les seuls intrts1 alors mme que le prix de revi5t de ces matires e/ plus lev3 des conomies ralises sur la fabrication1 des subv5tions v5tuelles combl]ont la diffr5ce4 ,l'la/icit des indu/ries1 et notamm5t leur facult d'ext5sion et la possibilit de leur trans=mation en cas de gu]re1 doiv5t tre s\v5t vrifies et ralises titre d'essai et d'preuve4 ,lorsque les sacrifices exigs p> ces expri5ces sont trop gr&s1 dpass5t une ju/e mesure1 il faudra encore avoir rec\rs aux subv5tions et1 en d]ni] lieu1 la cration d'indu/ries d'tat4 ,a9si se tr\ve affect le pr9cipe de la lib]t conomique1 d'aprs lequel *acun s]ait libre de se procur] de l'arg5t ou du crdit1 de fond] une firme p> un acte not>ial et de dispos] ensuite son gr de la quantit limite des in/rum5ts de travail et des moy5s de travail disponibles1 de la ma9-d'oeuvre du pays1 des matires premires de prov5ance intrieure ou obt5ues1 la suite d'*anges1 de pays trang]s1 voire d'utilis] les v>iations de *ange1 et t\t cela en ne t5ant compte que des conclusions subjectives1 telles qu'elles lui sont dictes p> ses intrts1 qu'il tire de la situation telle qu'elle se prs5te un mom5t donn4 ,sans d\te1 capital1 ma9-d'oeuvre1 matires premires ne sont ni ne s]ont1 comme le v\drai5t les sociali/es1 proprit collective2 mais ils s]ont s\mis la protection collective4 #b4 ,lorsque l'poque des gr&es luttes politiques et conomiques s]a close1 le nationalisme conomique devra cd] la place des conceptions plus rationnelles4 ,il ne faut pas exagr] l'importance de ce progrs1 c> la priode de l'exaltation nationali/e 7et c'e/ en cela que p\rrait consi/] sa mission hi/orico-conomique7 apport]a peut-tre la preuve qu'on peut1 grce une int5sification correspondante de la te*nique1 r5dre n'importe quel sol capable de f\rnir ses habitants1 dans des conditions conomiques avantageuses1 t\s les produits ncessaires ou simplem5t dsirables4 ,s'il y avait dficit1 on p\rrait le combl]1 en *angeant les produits dont le pays a le monopole contre ceux qui lui manqu]ai5t4 ,les droits sur les exportations et les monopoles d'exportation remplac]ont1 dans les futures ngociations entre tats1 les anci5s droits sur les importations4 ,t\tes ces mesures auront1 sans d\te1 p\r effet de dress] entre les pays des b>rires qui n\s p>aiss5t auj\rd'hui absurdes2 mais ces b>rires auront des effets e/htiques inconte/ables1 en ce s5s qu'elles oppos]ont une digue au nivellem5t1 la /&>disation mcani/e des bi5s de consommation4 ,et de mme que le voyageur de jadis tr\vait dans *aque pays1 dans *aque ville des fruits1 des gteaux1 des u/5siles1 des co/umes et des con/ructions qui n'avai5t leurs p>eils dans nul autre pays et nulle autre ville1 de mme1 l'av5ir1 les produits de *aque pays auront leur c>actre local p>ticuli]1 et n\s ne s]ons plus condamns subir la monotonie de produits id5tiquem5t p>eils dans t\s les pays et s\s t\tes les latitudes4 ,un j\r vi5dra1 peut-tre1 o nos desc5dants loigns envisag]ont le ret\r au libre-*ange mondial avec plus de srnit que n\s n'envisageons auj\rd'hui l'isolem5t4 ,il n'en re/e pas mo9s que n\s devons t5ir compte du fait que cet isolem5t nationali/e1 quelle que soit sa dure1 se f]a s5tir avec une =ce croissante et1 mme en tant qu'tat de transition1 ne manqu]a pas de modifi] pr(ondm5t la conception rgnante qui voit dans l'conomie une affaire prive4 ,les causes du nationalisme conomique1 dont n\s voyons les dbuts1 sont vid5tes4 ,la gu]re1 quelle que soit son issue1 ne satisf]a les dsirs et ne comp5s]a les sacrifices d'aucune des nations belligrantes4 ,aux anci5nes causes de ha9e vi5dront s'en aj\t] de n\velles1 aggraves p> les que/ions des dettes1 c> il n'y a pas auj\rd'hui deux peuples qui1 dans cette t]rible preuve o sont engages t\tes leurs =ces1 n'ai5t pas quelque *ose se repro*] rciproquem5t4 ,le nationalisme r5at non seulem5t dans le doma9e politique1 mais aussi1 et surt\t1 dans le doma9e conomique4 ,*acun repro*e l'autre d'avoir lab\r avec ses boeufs1 de l'avoir combattu avec ses capitaux1 avec ses sub/ances1 avec les ri*esses acquises sur son sol4 ,*acun se r5d compte que la possession pure et simple1 la =ce conomique brutale aurai5t suffi1 sans le rec\rs la gu]re1 assur]1 au b\t de quelques diza9es d'annes1 la supriorit celui qui la mritait4 ,*acun se dem&e3 comm5t des avantages aussi normes qu'on n'aurait jamais pu les s\ponn] ont-ils pu tre obt5us sur le t]ra9 conomique8 ,et *acun de rpondre3 j'y ai contribu p\r ma "p4 ,*acun prvoit que dans l'conomie isole il y aura plus d'une *ose qu'il faudra pay] plus *]1 qu'il faudra r5onc] plus d'un avantage du comm]ce4 ,mais la gu]re n\s a habitus deux *oses3 aux privations et aux gr&s nombres1 et l'on prfre p]dre plutt que de vivre dans la cra9te des bnfices p\vant tre raliss p> d'autres et susceptibles d'tre p]nicieux au po9t de vue politique4 ,alors mme que la conclusion de la paix comport]a des promesses d'accords1 les hommes de mauvaise foi tr\v]ont t\j\rs des prtextes *icane4 ,*aque tat re/]a libre d'adopt] des mesures sanitaires1 te*niques1 adm9i/ratives1 grce auxquelles villes1 pays1 ports1 canaux1 /ations de *>bon re/]ont ouv]ts aux amis et inaccessibles aux ennemis4 ,on n'aura mme pas beso9 de rec\rir ces mesures1 c> la ha9e de peuple peuple suffira l>gem5t t\t4 ,n\s sommes a9si au seuil d'une poque o le nationalisme conomique1 sans peut-tre ab\tir au trafic exclusivem5t intrieur1 n'en connatra pas mo9s une =te dim9ution des *anges int]nationaux4 ,la balance du comm]ce et des paiem5ts acqu]ra de ce fait une importance inf9im5t suprieure celle que1 p\r d'autres raisons de pr9cipe1 on lui attribuait l'poque de l'anci5 m]cantilisme franais4 ,on v]ra natre une sorte de no-m]cantilisme4 ,il n'e/ pas de pays qui1 s'il ne dti5t pas des valeurs trangres1 productives de r5te1 soit mme1 la longue1 de pay] ses importations autrem5t qu'en m>*&ises1 c> le montant total de ses moy5s fiduciaires suffit pe9e rgl] ses comptes d'un trime/re4 ,l'exportation n'e/ donc1 ni une f9 en soi1 ni1 comme d'aucuns le croi5t1 un dfi conomique1 mais t\t simplem5t un moy5 de paiem5t de dettes4 ,ce n'e/ pas l'exportation1 mais l'importation qui con/itue l'lm5t primaire et dcisif de l'activit conomique4 ,si1 p\r une raison quelconque1 l'exportation tait contr>ie1 alors que l'importation de produits indisp5sables se ma9ti5drait au niveau normal1 le pays s]ait oblig d'export] ses valeurs et ses titres de proprit1 ab&onnant a9si peu peu des trang]s la suprmatie conomique4 ,ce s]ait p\r lui la dcad5ce4 ,la rgle valable p\r les dp5ses faites en objets de consommation et p\r leur paiem5t s'applique galem5t au cas dont n\s n\s occupons3 je puis dt]m9] ce que j'ai beso9 d'import] p\r ma consommation2 quant aux produits que je dois export] en *ange1 titre de paiem5t1 c'e/ l'autre qui en dcide4 ,cet autre e/ libre de refus] les m>*&ises que je lui (fre1 p>ce que leur g5re ou leur orig9e lui dplat2 il peut les dprci]1 en leur opposant des b>rires d\anires qui ls5t le v5deur1 dans la mesure t\tefois o il ne s'agit pas de produits dont celui-ci a le monopole4 ,plus efficaces encore que les b>rires d\anires sont les b>rires cres p> la *icane1 p> les ob/acles de t\tes sortes de/9s entrav] le comm]ce et les relations entre peuples1 p> le s5tim5t national exalt qui fait prfr]1 mme un prix lev1 les produits du pays ceux de l'trang]4 ,mais la dprciation des moy5s de paiem5t signifie le r5*rissem5t des produits qu'on veut a*et]1 et comme il s'agit gnralem5t de produits de premire importance et de premire ncessit1 le pays victime de ces manoeuvres se tr\ve plac dans une situation qui l'oblige produire mo9s conomiquem5t que les autres1 ce qui ne peut que dim9u] davantage sa facult d'exportation4 ,c'e/ a9si que1 comme il y a deux c5ts ans1 bi5 que p\r des raisons diffr5tes1 l'intrt de l'conomie nationale se tr\ve de n\veau conc5tr sur la balance comm]ciale4 ,guid p> la t5dance s'enf]m] dans les limites de l'conomie intrieure1 t5dance qui lui a t impose p> les circon/ances1 le no-m]cantilisme place au c5tre de ses proccupations1 non plus l'exportation et l'acquisition d'or1 mais l'importation4 ,alors qu'il semblait naturel1 jusqu'en ces d]ni]s temps1 que *acun ft libre d'a*et] l'trang]1 p\r import] dans son pays1 t\t ce que bon lui semblait1 on comm5ce auj\rd'hui se r5dre compte que *aque ma*9e1 *aque p]le1 *aque b\teille de *ampagne importes1 outre qu'elles s]v5t n\rrir la ma9-d'oeuvre trangre1 aux dp5s de la =tune nationale1 ont encore p\r effet de r5dre plus difficile la future production collective1 puisque celle-ci1 au lieu de p\voir produire ce qui lui convi5t1 ce qui lui p>at utile et ncessaire1 e/ oblige de se con=m] des indications trangres1 de travaill] p\r pay] des dettes4 ,dans le cas extrme1 il peut arriv] que des g5s ri*es import5t des m>*&ises de luxe en quantit telle qu'il en rsulte une vritable pnurie de sub/ances alim5taires et de matires premires1 lorsque ce sont notamm5t ces sub/ances et matires que l'trang]1 pr(itant de diffr5ces de *anges1 exige en paiem5t4 ,de t\tes ces considrations no-m]cantiles dc\le la ncessit d'in/itu]1 ct de la protection agricole et indu/rielle1 ct de la protection des matires premires dont n\s avons p>l plus haut1 une surveillance gnrale de l'importation1 surveillance qui doit s't5dre t\tes les m>*&ises non indisp5sables ou p\vant tre remplaces1 t\s les produits dont les succdans plus ou mo9s appro*s peuv5t tre fabriqus dans le pays1 mais surt\t t\s les articles de luxe4 ,n\s avons p>l plus haut des avantages e/htiques de l'conomie rduite ses ress\rces intrieures4 ,n\s devons ma9t5ant1 propos du contrle de l'importation1 signal]1 au contraire1 un inconvni5t e/htique qui s]a p>ticulirem5t s5sible p5dant la priode de transition4 ,si dj de nos j\rs les produits de consommation artificiels sont1 l'exception des produits te*niques1 d'une fabrication dfectueuse et d'un gt plus que d\teux1 et cela p\r des raisons que n\s avons numres prcdemm5t1 n\s assi/]ons trs vraisemblablem5t1 dans un pro*e av5ir1 la naissance d'une conomie fonde sur la fabrication d'articles bon m>*1 de produits succdans1 d'imitations trompeuses auxquelles manqu]ont la navet et l'abs5ce de prt5tions de l'conomie purem5t dome/ique4 ,mais ici encore n\s devons avoir confiance dans la bonne volont des hommes et dans le bon s5s national et espr] que1 p> une adaptation progressive1 la ncessit f]a natre une v]tu ayant une tonalit et une c>actri/ique n\velles4 #c4 ,aucun des effets loigns de la gu]re1 y compris les trans=mations politiques1 n'gal]a en importance le dplacem5t de =tunes qui se s]a effectu dans *aque pays et l'appauvrissem5t temporaire des nations europennes4 ,n\s avons dj p>l des consqu5ces sociales de la gu]re4 ,cette fois n\s n\s tr\vons de n\veau en prs5ce du problme conomique de la =mation de capitaux1 =mation que r5dront difficile et la naissance de t\te une catgorie de r5ti]s d'tat1 et les p]tes en ma9-d'oeuvre et en intellig5ces1 et les ob/acles auxquels se heurt]ont les relations int]nationales et les tr\bles qui ne p\rront que s'aggrav] et crotre l'intrieur de *aque tat4 ,la ncessit d'un ef=t de travail plus prolong et plus s\t5u app>atra avec vid5ce1 mais cet ef=t a des limites4 ,ce qui importe davantage et e/ plus dsirable1 c'e/ l'augm5tation du r5dem5t dans l'utilisation de la ma9-d'oeuvre1 des matires premires1 des in/rum5ts de travail1 des m?odes conomiques et des capitaux4 ,t\tes ces que/ions1 y compris en p>tie la d]nire1 n'tai5t rsolues jadis que con=mm5t l'intrt p]sonnel de *acun et au pr9cipe de la libre concurr5ce1 et il devait en tre a9si1 tant que l'augm5tation du bi5-tre dpassait les exig5ces et beso9s possibles de *acun4 ,mais comme auj\rd'hui la puissance nationale dp5d plus que jamais de l'quipem5t matriel et que le degr de cet quipem5t1 ab/raction faite du bi5-tre mom5tan1 dp5d1 son t\r1 de la concurr5ce entre les ,puissances1 telle qu'elle s'e/ manife/e au c\rs de la gu]re1 la recon/itution et l'augm5tation de la ri*esse nationale ont acquis une importance politique dont la responsabilit incombe l'tat4 ,l'int]v5tion de l'tat devra se produire soit l o1 grce des circon/ances p>ticulirem5t favorables1 la libre concurr5ce n'a pas encore ralis l'extrme t5sion des ef=ts1 soit dans les cas o les =ces individuelles ne suffis5t pas trans=m] le cycle conomique1 soit enf9 dans les cas o l'intrt mom5tan de l'individu se tr\ve en opposition avec l'intrt p]man5t de la collectivit4 ,il importe t\t d'abord d'pr\v]1 au po9t de vue de leur r5dem5t utile1 les exploitations te*niques et agricoles4 ,des tablissem5ts vieillis1 gaspilleurs de =ces1 de matires et de travail1 peuv5t tre mod]niss ou1 lorsque leur trans=mation n'e/ pas possible1 ils devront tre f]ms et ab&onns4 ,les s\rces de production de =ces devront tre c5tralises4 ,des syndicats s]ont s\mis au contrle3 s'ils s]vai5t entret5ir artificiellem5t1 au prjudice des consommateurs1 des indu/ries p>pilles1 mal situes1 mal adm9i/res1 on p\rrait les oblig] leur retir] leur appui4 ,on p\rra fond] des unions qui s]ont responsables de la consommation conomique des matires premires et de t\tes les rcuprations possibles4 ,quant aux petites indu/ries qui manqu5t d'in/allations p]fectionnes1 elles p\rront tre gr\pes en associations4 ,plus importante et plus difficile que l'organisation d'entreprises individuelles e/ la trans=mation1 dans le s5s d'une plus gr&e efficacit1 de l'ensemble des m?odes et usages qui sont entrs pr(ondm5t dans les habitudes du consommateur4 ,qu'un cig>e ou une p+le *eveux augm5te d'une p>tie ou plusieurs fois de sa valeur1 avant d'arriv] du producteur au consommateur1 c'e/ l une *ose indiffr5te en elle-mme4 ,ce fait n'a pas d'importance1 mme lorsqu'il s'agit d'un tissu1 p\r autant qu'il ne s]t pas la satisfaction ess5tielle d'un pauvre4 ,en ce qui conc]ne les m>*&ises de luxe1 ce r5*rissem5t e/ mme dsirable1 en tant que moy5 de re/re9dre leur consommation4 ,mais il importe ess5tiellem5t1 au po9t de vue de l'intrt gnral1 que des milli]s de c]veaux et de bras ne soi5t pas affects cette besogne inutile qui consi/e suivre les m>*&ises dans leur trajet1 p]dre le temps att5dre1 faire la rclame1 rang]1 voyag]1 palabr]1 p]suad]4 ,il importe que des milli>ds du patrimo9e national ne soi5t pas accumuls improductivem5t et inutilem5t1 dans d'innombrables magas9s de gros1 de demi-gros et de dtail4 ,on consomm]ait peut-tre mo9s de tabac1 si *aque co9 de rue deux employs insuffisamm5t occups n'att5dai5t pas le cli5t dans des b\tiques et des magas9s coteux1 dont le p>quet p\rrait tre rec\v]t t\s les ans d'une n\velle c\*e d'arg5t reprs5tant leur prix de location4 ,on v5drait peut-tre mo9s de savons et de papi] lettres1 si l'a*eteur devait faire deux c5ts pas de plus p\r s'en procur]4 ,le comm]ce de tissus en dtail s]ait peut-tre plus fatigant1 si telle b\tiquire tait oblige de visit] deux fois p> an un dpt de gros1 au lieu de recevoir deux fois p> sema9e la visite d'un voyageur loquace4 ,il e/ possible que des dames tr\v5t r$ire1 en con/atant une dim9ution s5sible des n\veaux modles d't(fes qui tai5t autrefois lancs sur le m>* en nombre illimit et dont une bonne moiti1 refuse p> le public1 devait tre v5due bas prix1 ce qui avait p\r rsultat de grev] d'autant la consommation normale4 ,il e/ possible que la concurr5ce p> la rclame1 rige en sy/me et portant1 somme t\te1 sur des articles de consommation exactem5t id5tiques1 tr\ve une comp5sation aux millions dp5ss cet effet dans une lgre augm5tation de la v5te3 cette "q et beauc\p d'autres du mme g5re conc]n5t les intrts p>ticuli]s1 mais n'ont ri5 voir avec ceux de la collectivit4 celle-ci il importe avant t\t de sauv] et d'p>gn] les =ces de travail et les capitaux de la nation4 ,elle aura dcid] si des coopratives de producteurs1 de m>*&s et de consommateurs1 si des ent5tes sur la limitation des modles1 sur des dpts collectifs1 sur la normalisation du crdit1 si la rationalisation des c5tres du comm]ce de dtail1 la fixation de la dure moy5ne du travail et des bnfices moy5s ne s]ai5t pas de nature modifi] les m?odes et usages comm]ciaux du pays1 de faon r5dre productives des =ces innombrables1 emp*] la multiplication de dpts1 la p]te et le r5*rissem5t des m>*&ises4 ,le droit que possde la collectivit de dispos] des =ces ouvrires du pays peut tre t5du4 ,auj\rd'hui1 t\t homme ais e/ libre de vivre sans travaill]1 c'e/--dire de se faire n\rrir p> la socit1 en se cont5tant t\t simplem5t de pay] les s]vices qu'il reoit2 il e/ libre1 sans possd] aucun don ni titre spcial1 d'embrass] telle c>rire librale et1 s\s le prtexte qu'il occupe une situation sociale leve1 il peut m5] une vie oisive que ne ju/ifie mme pas son p5*ant la mditation4 ,plus que cela3 *acun e/ libre de s\/raire au pays autant de ma9-d'oeuvre qu'il juge conv5able et1 p\rvu qu'il la paie1 de l'employ] dans telle ou telle indu/rie1 sans que p]sonne s'occupe de savoir si celle-ci e/ utile ou sup]flue2 et1 lorsqu'il s'e/ suffisamm5t enri*i1 il peut encore s\/raire la rs]ve de ma9-d'oeuvre du pays autant de travailleurs que bon lui semble1 p\r son s]vice p]sonnel4 ,dans les cas d'urg5ce1 ces usages devront1 eux aussi1 tre exam9s de prs et subir des re/rictions4 ,en revan*e1 il faudra sans ret>d supprim] les anomalies qui rsult5t de la libre circulation des capitaux4 ,on ent5d p> l le droit que *acun possde auj\rd'hui de plac] sa "p de la =tune nationale l'intrieur ou l'trang]1 selon ses conv5ances4 ,il rsulte de ce droit que p>ticuli]s1 tablissem5ts de crdit et socits indu/rielles sont libres1 en ne t5ant compte que de la situation du m>* du capital1 de v5dre et d'a*et] leur conv5ance des valeurs intrieures ou trangres1 sans autre contrle que celui d'une scurit juge suffisante et d'un exam5 politique sup]ficiel des relations exi/ant entre le pays auquel app>ti5t le prteur et le pays trang] emprunteur4 ,lorsque ce d]ni] passait quelques comm&es indu/rielles au pays prteur1 on ne songeait pas que le bnfice p\vant en rsult] ne se traduisait que p> une dim9ution infime du prix d'a*at des titres1 et l'on ne voyait nul inconvni5t ce que le pays bnficiaire de l'emprunt fondt avec le capital mis sa disposition une indu/rie susceptible d'enri*ir ses ouvri]s et employs1 de favoris] ses productions1 au prjudice peut-tre du pays prteur4 ,on tait1 au contraire1 cont5t1 p>ce que le capital a9si s\/rait l'conomie nationale rapportait un intrt lgrem5t suprieur celui qu'il aurait rapport1 s'il avait t plac dans le pays mme4 ,en rfl*issant bi5 aux conditions qui prsid5t la =mation de n\veaux capitaux1 on arrive la conclusion que les placem5ts ne doiv5t pas tre subordonns la seule considration du taux d'intrt4 ,il faut galem5t t5ir compte des beso9s conomiques gnraux du pays1 beso9s qui tr\v5t leur expression dans le niveau de la r5te2 et ce niveau doit tre envisag d'une faon gnrale1 c> si on ne t5ait compte que de *aque cas en p>ticuli]1 une banque de spculation app>atrait comme un des beso9s les plus urg5ts du pays4 ,quant l'exportation de capitaux1 elle ne devrait jamais tre une "q de taux d'intrt2 mais1 subordonne des comp5sations politiques et conomiques des plus srieuses1 elle ne devrait tre autorise p> les autorits politiques que dans des cas exceptionnels4 la place de la libre protection des capitaux1 il faut mettre la protection du capital national4 #d4 ,le dplacem5t des =tunes qui s'e/ produit la suite de la gu]re tr\ve son expression dans l'accroissem5t de la dette publique4 ,des rev5us dont le total gale celui de l'p>gne nationale doiv5t tre f\rnis p\r tre remis aux porteurs de r5te qui1 de leur ct1 contribu5t con/itu] ces rev5us4 ,en d'autres t]mes3 le montant total de l'p>gne passe entre les ma9s de l'tat qui lui assigne une n\velle rp>tition4 ,il va sans dire que des rev5us de cette importance ne peuv5t plus tre obt5us p> les moy5s en vigueur jusqu' ce j\r4 ,qu'on ait rec\rs une confiscation p>tielle des =tunes1 des impts sur les successions1 des monopoles1 des impts sur la r5te1 sur les *anges et la production1 ou t\s ces moy5s f9anci]s la fois1 on ab\tira au mme rsultat3 l'branlem5t du pr9cipe de la =tune prive4 ,la conviction se fait de plus en plus j\r que l'tat n'e/ pas le p5sionnaire des p>ticuli]s1 env]s lequel on e/ quitte1 qu& on lui a ab&onn quelques s\s1 mais que c'e/ lui qui dispose de la =tune et des rev5us de ses membres1 selon des beso9s dont lui seul e/ juge4 ,si1 de plus1 l'tat1 aprs avoir opr la confiscation p>tielle des =tunes ou con/itu des monopoles1 devi5t le propritaire et l'adm9i/rateur d'innombrables intrts p>ticuli]s dont il peut1 s'il le juge utile1 remettre la ge/ion des in/itutions mi-(ficielles ou d'un c>actre conomique mixte1 la d]nire b>rire qui sp>ait l'conomie prive de la *ose de l'tat se tr\ve supprime2 et de mme que t\tes les activits matrielles1 l'activit conomique devi5t une fonction directe ou indirecte de l'tat4 ,seules la dure et l'issue de la gu]re dcid]ont des dlais dans lesquels s]ont effectues les trans=mations que n\s envisageons ici et leur t5due4 ,n\s sommes p>tis de ce po9t de vue qu'elles ne doiv5t tre considres que comme des phnomnes prp>atoires1 c> un phnomne extrieur1 s\mis aux conditions du temps1 quelle que soit son ampleur1 peut bi5 agir comme facteur d'acclration1 de prp>ation1 de dclan*em5t1 mais e/ impuissant trans=m] le coeur huma94 ,or1 les gr&s progrs de l'humanit rsult5t surt\t de *angem5ts intrieurs1 obiss5t aux m\vem5ts des lois d]nires4 ,s'il e/ une puissance s\mise la volont et ayant ses rac9es dans les pr(ondeurs les plus intimes de l'me huma9e1 c'e/ la connaissance4 suppos] que celle-ci soit1 son t\r1 une illusion1 qu'au lieu de possd] une =ce motrice1 /imulante1 elle suive seulem5t1 telle une h>monie d'accompagnem5t1 le m\vem5t exi/ant de t\te t]nit1 notre devoir ne s'en tr\ve nullem5t modifi3 n\s devons1 dans la simple association h>monique1 *]*] la cl>t de la connaissance1 avec la mme lib]t et le mme s5tim5t de responsabilit que si notre voix f\rnissait la note pr9cipale4 tant admis que les suites de la gu]re1 quelque favorables ou graves qu'elles soi5t1 s]ont autant de phnomnes prp>atoires1 leur t5dance assur] l'tat une prdom9ance crasante sur la volont des individus ne p\rra tr\v] sa ralisation que dans l'tat populaire1 c> une p>eille puissance1 d'un ct1 une p>eille subord9ation1 de l'autre1 ne peuv5t pas exi/] dans un tat divis en classes1 mais sont seulem5t possibles dans un tat o c'e/ le peuple lui-mme qui la fois comm&e et obx4 ,ce s]ait commettre une suprme inju/ice et assum] la plus =midable responsabilit que de p]mettre1 la manire ori5tale1 des ca/es hrditaires de s'arrog] une puissance quasi-div9e et de rclam]1 au nom de la div9it1 des sacrifices jets en pture aux prtres4 ,n\s avons reconnu que l'tat populaire con/itue p\r l',allemagne une ncessit actuelle et 9luctable4 ,n\s avons analys les aptitudes pratiques des ,allem&s et1 en premi] lieu1 leurs aptitudes ngatives4 ,n\s avons expos les suites immdiates de la gu]re et ses suites loignes1 et n\s avons con/at que t\t ce qui p>aissait en repos dev5ait mobile4 ,avant d'abord] la d]nire p>tie de notre t*e politique1 savoir l'exam5 des dcisions et mesures propres contribu] la ralisation du b1 n\s devons faire une rs]ve que beauc\p tr\v]ont s+ulire et qu'il n\s s]a cep5dant facile de ju/ifi]3 n\s dirons notamm5t que1 malgr son app>5te simplicit1 cet exam51 d'ordre purem5t pratique1 n'a nos yeux ri5 de dcisif4 ,n\s irons mme plus lo9 et n\s essai]ons de discut]1 *em9 faisant1 quelques-uns des pr9cipes politiques les plus anci5s1 les plus populaires et les plus fondam5taux4 ,lorsque quelqu'un dsire plant] une =t1 il *oisit une situation sa9e et un sol appropri4 ,il adapte aux conditions locales les ess5ces cultiv] et se g>de bi5 de plant] dans une m>*e des olivi]s et des cyprs4 ,il *>ge un p]sonnel =e/i] compt5t de protg] les arbres contre les plantes nuisibles1 d'assur] les rs]ves et une exploitation rgulire4 ,il ab&onne le re/e la lumire et au soleil1 la pluie et la gele et1 sans int]v5ir dans la lutte entre plantes et insectes1 entre troncs et cimes1 il laiss]a se =m] le dme de v]dure dont j\iront ses enfants et ses petits-enfants4 ,lorsque quelqu'un porte la responsabilit d'un c]ta9 nombre d'entreprises conomiques1 il s'appliqu]a leur dblay] le t]ra91 leur pos] des buts1 leur inculqu] les pr9cipes qui lui p>aiss5t importants1 conomie ou exploitation en gr&1 exploitation int5sive ou ext5sive1 mais jamais il n'int]vi5dra1 sans ncessit urg5te1 dans les ramifications de l'difice dont il a confi l'organisation des adm9i/rations compt5tes4 plusieurs reprises1 n\s avons p>l de l'atmosphre de l'tat1 en l'opposant ses in/itutions rigides4 ,cette atmosphre e/ faite d'impulsions volontaires1 de convictions1 d'apprciations1 d'attitudes du peuple4 ,c'e/ s\s sa pression qu'in/itutions et lois primes disp>aiss5t1 t&is que d'autres se rempliss5t d'un cont5u n\veau et que d'autres encore voi5t le j\r p\r la premire lois4 ,elle n'e/ cep5dant pas produite elle-mme p> les in/itutions qui le plus s\v5t ne peuv5t que la contr>i] et l'assombrir4 ,c'e/ une erreur de croire que les in/itutions rpond5t une ncessit unique3 une entreprise1 qui p]d le *ef qui l'a cre1 peut1 s\s son successeur1 tre ori5te dans des directions n\velles2 la tempte a abattu la bran*e pr9cipale d'un arbre3 la bran*e secondaire se dveloppe1 jusqu' dev5ir son t\r une bran*e pr9cipale2 un tat va9cu dans une gu]re voit se dress] devant lui des t*es n\velles et surgir des organismes n\veaux4 ,la =ce vitale et le monde extrieur =m5t les conditions ncessaires2 le cont5u de la consci5ce et la volont ex]c5t une action dcisive2 quant la /ructure et la croissance1 elles peuv5t bi5 s'effectu] dans plusieurs directions1 mais conduis5t t\j\rs au b fix p> le de/94 ,c'e/ p\rquoi on se trompe1 lorsqu'on considre comme des phnomnes primaires et dcisifs c]ta9es =mes de g\v]nem5t prt5dues fondam5tales3 ari/ocratie et dmocratie1 p>lem5t>isme et absolutisme4 ,qu& quelqu'un me dem&e si je suis ari/ocrate ou dmocrate1 il me fait le mme effet que s'il me dem&ait si je suis rali/e ou nom9ali/e1 au s5s de la philosophie scola/ique3 je ne puis lui oppos] que le non1 non6 vdique4 ,une dmocratie radicale peut se rvl] comme un absolutisme dissimul ou une olig>*ie pl\tocratique2 un g\v]nem5t absolu peut se manife/] s\s la =me d'une dom9ation effrne1 pe9e voile1 de la multitude4 ,*acune de ces catgories1 rduite sa =me la plus pure1 devi5t totalem5t absurde3 jamais un individu ne peut possd] la totalit de la puissance1 mo9s d'tre inf9i2 jamais le demos ne saurait g\v]n]1 au s5s propre du mot1 mo9s de cess] d'tre le demos4 ,les in/itutions des tats civiliss1 malgr les diffr5ces de noms et de =mes extrieures1 se ressembl5t plus qu'on ne le croit1 quant la composition de leurs quilibres complexes2 elles ne diffr5t que p> l'esprit qui les anime4 ,on peut dire1 d'une faon gnrale1 que les in/itutions mriss5t1 mesure qu'elles s'loign5t de leurs orig9es3 les rpubliques1 en dev5ant cons]vatrices2 les mon>*ies1 en dev5ant librales4 ,il suffirait d'une =te et pr(onde conviction du peuple allem& p\r que t\tes les exig5ces de l'tat populaire en voie de =mation soi5t satisfaites1 et cela sans qu'il y ait beso9 de *ang] une seule ligne du droit crit1 y compris le droit lectoral prussi54 ,si l'appel la responsabilit et la lib]t qui inspire ce livre p\vait1 repris et int5sifi p> mille voix plus =tes que la ntre1 pntr] jusqu'au coeur des ,allem&s1 ceux que n'anime que l'esprit de p>ti en pr\v]ai5t une frayeur tellem5t =te qu'ils en oubli]ai5t t\s les intrts matriels p>ticuli]s et qu'on v]rait aussitt surgir1 indp5damm5t de t\te gomtrie et ari?mtique lectorales1 les hommes qui convi5n5t la n\velle situation1 en mme temps que se ralis]ai5t les ides en rapport avec cette situation4 ,les p>tis1 s'ils cont9uai5t d'exi/]1 ne s]ai5t plus alors ce qu'ils sont auj\rd'hui1 c'e/--dire des associations d'intrts faisant figur] sur leur programme une excuse phrasologique1 mais des oppositions naturelles portant sur les modalits de ralisation d'un idal commun4 ,je me r5ds bi5 compte que ce que je vi5s de dire conc]nant le peu d'importance des =mes de g\v]nem5t1 con/itue un =t argum5t p\r ceux qui1 p> p>esse ou p> in]tie1 se cont5t5t de ce qui exi/e4 ,mais je l'ai dit sans hsitation1 c> je suis ple9 de confiance dans la =ce juvnile de notre peuple qui vi5t de subir de n\velles sec\sses et de n\velles preuves1 qui atta*e plus d'importance au v9 qu'aux outres qui le conti5n5t1 mais qui n'en jug]a pas mo9s utile de rp>] quelques-uns des rcipi5ts p> trop us1 sans quoi trop de v9 s'vapor]ait sans pr(it p\r p]sonne4 ,arrire donc1 les spectres r$\ts de la dmocratie et du p>lem5t>isme1 de l'olig>*ie et de l'absolutisme6 ,l'absolutisme le plus rig\reux e/ encore de la dmocratie1 bi5 que s\s des =mes fausses4 ,le dyna/e absolu a le p\voir et le droit de f\l] aux pi$s et d'cras] t\s ceux qui tomb5t s\s son reg>d4 ,mais ceux qui ne sont pas crass 7et t\s ne peuv5t pas l'tre71 le dom95t et se s]v5t de lui p\r dom9]1 en obs]vant1 il e/ vrai1 c]ta9es =mes byzant9es4 ,l'absolutisme e/ la dom9ation ex]ce p> une p>tie du peuple sur l'autre1 et cette dmocratie p>tielle prs5te des gradations qui vont jusqu' la dom9ation fodale ou pl\tocratique des mon>*ies con/itutionnelles4 ,qu'on ne dise pas que la p]sonne du dyna/e con/itue dans une c]ta9e mesure un troisime p\voir1 ayant les app>5ces de l'indp5dance4 ,c'e/ seulem5t aux mom5ts dcisifs de la gu]re et de la paix que cette p]sonne peut affirm] librem5t son p\voir1 p\r le bonheur ou le malheur de son peuple2 mais la /ructure de l'tat mod]ne e/ tellem5t complique que ce troisime p\voir se tr\ve dans l'impossibilit d'ex]c] une activit durable1 alors mme qu'il s]ait l'inc>nation p]man5te du gnie de l'indp5dance4 ,jadis1 le mon>que p\vait bi5 pratiqu] la troisime politique qui tait celle de sa maison ou de l'glise ou d'un tat trang]1 ou encore la politique con=me aux pr9cipes qui lui ont t inculqus p> l'ducation3 auj\rd'hui1 il e/ un in/rum5t dont une p>tie du peuple se s]t p\r dom9] l'autre4 ,il n'en va pas autrem5t dans une olig>*ie qui1 elle aussi1 ne peut affirm] et impos] son pl\tocratisme que si elle a des p>tisans2 elle doit avoir d]rire elle une p>tie du peuple qu'elle croit dom9]1 mais qui1 en ralit1 la dom9e1 si elle veut p\voir ass]vir la masse re/ante4 ,la dmocratie1 comme pr9cipe pur1 e/ galem5t impossible1 sauf p5dant ces r>es et c\rtes priodes de transition o une plbe1 au fond olig>*ique1 dom9e le peuple1 alors que l'autorit traditionnelle a subi une clipse mom5tane4 ,s'il exi/e en gnral des =mes de g\v]nem5t fondes sur l'ordre1--et sans l'ordre aucun tat civilis de nos j\rs ne saurait se ma9t5ir1 mme p5dant quelques mois1--ce n'e/ pas le peuple qui e/ capable d'en assur] le fonctionnem5t4 ,il ne lui re/e qu' remettre ses p\voirs d'autres1 notamm5t des hommes de confiance1 et1 ce faisant1 il cre un p\voir olig>*ique ou absoluti/e auquel il e/ oblig1 bon gr mal gr1 d'accord] les droits les plus t5dus sur lui-mme4 ,et alors surgiss5t ces nombreux inconvni5ts qui app>aiss5t n\s autres ,allem&s comme spcifiquem5t dmocratiques et n\s inspir5t la plus pr(onde antipa?ie p\r ce pr9cipe illusoire4 ,le peuple peut1 aussi s\v5t qu'il le veut1 tr\bl] ses hommes de confiance dans leur travail pr(essionnel1 les fatigu] p> des contrles incompt5ts1 les rvoqu] mal propos1 confi] des emplois des favoris incapables4 ,la lutte p\r le p\voir comm5ce et ne t>de pas dev5ir effrne4 ,on assi/e de bruyantes campagnes lectorales1 avec corruption des lecteurs qu'on paie avec de l'arg5t acquis galem5t p> la corruption4 ,savants et hurleurs1 av5turi]s et ri*>ds1 avocats1 j\rnali/es1 spculateurs et gnraux se disput5t le p\voir et l'arg5t4 ,peu n\s importe que les mmes *oses1 s\s d'autres noms1 puiss5t se produire galem5t dans les mon>*ies3 r5v]sem5t incessant de m9i/res1 dilettantisme1 tr\bles apports la cont9uit g\v]nem5tale1 intrigues1 s]vilit1 bluff1 corruption1 cam>illa1 prdom9ance militaire1 ju/ice de classe et autres vices du mme g5re4 ,peu n\s importe que des dyna/es exceptionnels soi5t capables d'endigu]1 dans une c]ta9e mesure1 ces vices ou que de bonnes dmocraties1 comme celles de la ,suisse1 des ,pays-,bas1 du royaume de ,sude1 des villes hansatiques et de beauc\p d'adm9i/rations communales allem&es russiss5t les rprim]4 ,ces *oses reprs5t5t1 non la =me1 mais le fond1 les traits spirituels des peuples *ez lesquels elles se manife/5t4 ,ce qui n\s intresse1 c'e/ ceci3 la dmocratie reprs5te1 elle aussi1 non le g\v]nem5t du peuple p> le peuple1 mais celui d'une p>tie du peuple p> l'autre3 le plus s\v5t de la population rurale p> la population des villes1 de la population pauvre p> la population ri*e1 de la population non in/ruite p> la population mi-in/ruite et se disant civilise4 ,les diffr5ces1 si pr(ondes en app>5ce1 qui exi/5t entre les div]ses =mes de g\v]nem5t sont donc t\t fait sup]ficielles4 ,si leurs =mules et leurs rites diffr5t1 leurs v]tus et leurs vices se ressembl5t2 elles peuv5t tre bonnes ou mauvaises1 =tes ou faibles1 mais elle se ressembl5t t\tes p> la scission du peuple en une masse dom9e et une masse dom9ante4 ,comme une n\velle reprs5tation acqui]t plus de nettet et se grave davantage dans les esprits1 lorsqu'elle e/ atta*e un vocable n\veau1 n\s donn]ons le nom d'organocratie la =me de g\v]nem5t laquelle doit prt5dre l'tat populaire1 que cette =me prs5te les app>5ces extrieures de la dmocratie ou celles de la mon>*ie dyna/ique4 ,mais n\s f]ons aussitt rem>qu] que1 mme la lumire de cette n\velle notion1 ce n'e/ pas la lettre qui doit dcid]1 mais l'esprit populaire4 ,cette notion signifie cep5dant1 non l'tablissem5t d'un quilibre de repos entre les masses dom9antes et les masses dom9es1 mais le m\vem5t organique de la vie dans un va-et-vi5t incessant des esprits et des =ces4 ,*aque membre de la nation doit tre appel dom9] et s]vir la fois1 assum] simultanm5t ou t\r t\r des responsabilits et des *>ges4 ,on ne doit laiss] nulle "p l'esprit se dgrad] et se consum]4 ,t\t homme d\ d'aptitudes suffisantes a le droit de prt5dre l'in/ruction et un travail adapt ses aptitudes4 ,il doit rgn]1 non une galit de droits et de devoirs1 mais une galit d'accs aux uns et aux autres4 ,le *oix doit repos]1 non sur la faveur1 mais sur la vocation4 ,sans g\v]n] ni rgn]1 le peuple n'en =me pas mo9s la s\rce t\j\rs r5\vele o se recrut5t ceux qui g\v]n5t et qui rgn5t1 l'exception de la mon>*ie enf]me dans l'isolem5t de son cadre hrditaire1 bi5 que ri5 ne doive s'oppos] ce qu'elle r5\velle sa race p> le mlange de sang sa9 emprunt au peuple4 ,des avantages hrditaires subsi/]ont t\j\rs1 c> manires de p5s]1 expri5ces1 culture et dons peuv5t se transmettre hrditairem5t4 ,mais1 p\r tre efficaces1 ces avantages auront beso9 d'une preuve1 vu qu'il ne suffit pas que quelqu'un app>ti5ne telle ou telle s\*e1 p\r qu'on soit autoris conclure qu'il possde soit des v]tus et des dons1 soit des vices et des dfauts hrditaires4 ,l'in/ruction et l'ducation du peuple con/itu]ont la t*e la plus importante2 le *oix judicieux et le dveloppem5t de t\t don naturel s]ont la base de t\t le travail social4 ,la religion et l'art j\iront de la protection de l'tat1 s\s la rs]ve du libre dveloppem5t de leurs doctr9es4 ,p]sonne n'aura le droit d'utilis] les bi5s spirituels de la nation p\r l'assujettissem5t d'individus ou de classes4 ,l'objection d'utopisme que n\s sommes sr de voir n\s oppos] sur ce po9t1 ne peut jamais tre rfute dialectiquem5t4 ,celui qui e/ habitu dans la vie pr5dre et ralis] des dcisions s\levant des critiques et donnant lieu t\tes sortes de prdictions1 sait que l'implacable impossible6 a t\j\rs t oppos t\te ide ple9e de promesses et d'espoirs4 ,plans *imriques1 *amp trop va/e1 gr&iose1 mais irralisable3 tels sont les cli*s des pr9cipales objections /riles qui ont t\ff plus d'une dcision4 ,on peut donc se dem&] s\s la rs]ve de quel accueil il e/ p]mis de lanc] dans le monde quelque *ose de =t et de bon4 ,ce ne peut tre s\s la rs]ve d'un cons5tem5t gnral1 c> *acun ne donne son cons5tem5t qu' ce qui lui e/ famili]2 or1 s'il n'y a que son exig5ce qui lui soit familire1 elle e/ fausse1 c>1 si elle ne l'tait pas1 elle s]ait ralise depuis longtemps1 p> le cons5tem5t unanime4 ,et c'e/ a9si que les qualifications mprisantes que n\s avons cites plus haut ont t\j\rs exprim le salut que le monde adressait t\t ce qui e/ bon1 et ceux qui ont *]* ralis] quelque bi5 en sav5t quelque *ose4 ,aussi peut-on dire1 sans risque de se tromp]1 que ce qui n'e/ pas accueilli p> ce salut e/ dp\rvu de valeur4 ,je sais bi5 que l'inv]se de cette proposition n'e/ pas t\j\rs vrai3 il y a des plans qui p>aiss5t *imriques et qui le sont effectivem5t4 ,il vaut cep5dant la pe9e1 lorsque1 dfaut de preuves1 on possde la c]titude int]ne1 de ju/ifi] cette c]titude qui puise dans quelques expri5ces la =ce de ne pas pli] le g5\ au premi] cri d'al>me3 utopie6 ,sans d\te1 n\s n'avons aucun moy5 de pr\v] la possibilit de fond] un tat qui1 tel un organisme vivant1 attire lui les =ces les plus nobles de t\tes les c\*es du peuple et s'impose la t*e de =m] avec ses soixante millions d'habitants un ensemble de gnies1 de tal5ts et de c>actres qui soit de nature clips] les moissons napoloni5nes2 d'un tat qui1 malgr les diffr5ces de dons et de devoirs huma9s1 ne se compose que d'hommes libres1 dcidant eux mmes de leur sort4 ,mais si les preuves de cette possibilit n\s manqu5t1 n\s avons du mo9s des analogies4 ,de t\tes les gr&es et florissantes =mations huma9es1 se r5\velant elles-mmes d'une faon organique1 je n'en cit]ai et n'en exam9]ai qu'une3 l'arme prussi5ne4 ,qu'il ne suffise pas d'avoir la vocation p\r se voir accord] libre accs dans cet organisme1 c'e/ ce que t\t le monde sait1 et n\s ne n\s appesantirons pas l-dessus4 ,ce qui n\s intresse ici1 c'e/ la slection libre et indp5dante qui s'y opre depuis le grade de lieut5ant jusqu' ceux d'(fici] d'tat-,major1 de comm&ant de rgim5t et de gnral de brigade4 ,au-dessus de ces grades1 la slection s'effectue d'aprs des pr9cipes diffr5ts dont n\s n'avons pas n\s occup]4 ,on connat le sy/me d'preuves et d'obs]vations auxquelles sont s\mis les futurs (fici]s1 a9si que le sy/me qui prside leur =mation acadmique1 pratique et te*nique4 ,*acun se r5d compte que1 grce cette =mation1 ce sont presque uniquem5t les meilleurs et les plus =ts qui sont appels assum] des responsabilits dcisives1 t&is que les inaptes sont lim9s et que les mdiocres sont *>gs de t*es moy5nes4 ,comme le pr9cipe fodal a dj pu j\] librem5t lors du premi] *oix des admissibles1 assurant a9si d'avance une unit morale et intellectuelle du futur corps d'(fici]s1 la slection ultrieure s'effectue indp5damm5t de t\te considration de classe2 elle e/1 quelque biz>re que cela puisse p>atre1 dmocratique1 mais non au s5s dt\rn du mot4 ,n\s v\lons dire p> l qu'au lieu d'tre fonde sur le pr9cipe de l'lection la majorit des voix1 cette slection e/ organise de telle sorte qu'une catgorie de suprieurs se complte et se r5\velle con/amm5t1 en appelant dans son se91 la suite d'un *oix judicieux1 des reprs5tants d'une catgorie de subalt]nes qui j\it des mmes privilges qu'elle2 et1 ce qui e/ le plus important1 elle le fait sans aucune pression du dehors1 sans accord] le monopole l'anci5net et sans limit] la concurr5ce des dix mille c&idats une fois admis4 ,mme s\s les deux rois non militaires1 ,frdric-,guillaume ,,ii et ,frdric-,guillaume ,,iv1 l'esprit de l'arme s'tait ma9t5u intact2 le corps e/ si sa91 la m?ode si p>faite1 que la croissance organique se p\rsuit1 alors mme que la cime de l'arbre e/ entame4 ,avant de clore cette brve analyse critique de quelques pr9cipes politiques fondam5taux1 exam9ons rapidem5t l'ess5ce du p>lem5t>isme1 c>1 malgr la dfaveur dont j\iss5t les reprs5tations nationales dans t\s les tats1 elles vont se tr\v] en prs5ce de t*es n\velles et importantes4 ,des runions d'tats qui1 primitivem5t1 n'avai5t p\r t\te attribution que le vote et la rp>tition des impts1 sont dev5ues1 p> la sub/itution de la raison d'tre1 des assembles lgislatives et1 dans les tats p>lem5taires1 des assembles g\v]nem5tales4 ,de l'poque o elles ne reprs5tai5t que des intrts locaux et pr(essionnels1 elles ont cons]v le mode d'lection1 dev5u absurde et nuisible1 ayant p\r noyau la circonscription1 ce qui supprime les m9orits1 morcelle le pays en d'innombrables atomes qui en donn5t une fausse reprs5tation et enlv5t l'acte lectoral t\te signification4 ,l'activit des ,p>lem5ts1 telle qu'on se la reprs5te1 se manife/e dans le transf]t des p\voirs3 le peuple transfre le p\voir lgislatif1 dans la mesure o il en dispose1 une assemble1 laquelle1 dans le sy/me p>lem5taire1 transfre1 son t\r1 le p\voir lgislatif un m9i/re4 ,?oriquem5t1 il exi/e entre le p\voir lgislatif et le p\voir excutif une sp>ation nette2 mais1 en ralit1 il e/ difficile de les sp>]1 tant donn que1 d'une faon gnrale1 c'e/ le g\v]nem5t qui a l'initiative en matire de lgislation1 alors que la reprs5tation nationale int]vi5t con/amm5t dans les affaires de l'excutif p> son vote et son contrle4 ,dans les deux cas1 les ,p>lem5ts ont le droit de critique et d'opposition1 ce qui1 le plus s\v5t1 ne fait que gt] les projets de lois et tr\bl] l'adm9i/ration4 ,les ,p>lem5ts sont cep5dant indisp5sables p\r beauc\p de raisons dont une1 d'ordre mcanique1 saute aux yeux3 ils assur5t la publicit et le contrle des actes g\v]nem5taux1 et cela en v]tu d'un c]ta9 accord extrieur avec une =te p>tie de l'op9ion publique4 ,c'e/ l une fonction ncessaire1 mais le mme effet p\rrait tre obt5u p> d'autres moy5s1 plus simples4 ,n\s ap]cevons la vritable raison de la ncessit des ,p>lem5ts1 lorsque1 faisant ab/raction de t\te phrasologie ?orique1 n\s obs]vons leur mode d'activit pratique1 sur des exemples emprunts des tats p>lem5taires4 ,la de/9ation prsume des ,p>lem5ts e/ de s]vir d'ag5ces de consultation3 le peuple1 reprs5t en racc\rci et comme dans une sorte de rsum1 s'occupe de ses affaires4 ,en ralit1 tel n'e/ jamais et nulle "p le cas4 ,il y a bi5 la m9iature du peuple1 s\s la =me d'une image ari?mtique plus ou mo9s exacte4 ,cette image ari?mtique d'intrts grossirem5t bau*s se cond5se en majorits et =me a9si une sorte de filtre primitif dont on dit qu'il laisse pass] les propositions de lois rpondant la volont et l'intrt de la majorit nationale du mom5t4 ,ceci encore e/ une fiction1 tant donn que1 d'une faon gnrale1 la "p du peuple dans l'laboration de propositions de lois e/ nulle2 de n\velles lections1 conscutives une dissolution du ,p>lem5t1 donn5t s\v5t une image modifie1 mais1 dans sa composition1 la majorit du ,p>lem5t concide r>em5t avec celle du peuple1 p\r autant que1 dans les que/ions concrtes1 il e/ encore p]mis de p>l] de majorit populaire4 ,il exi/e donc une c]ta9e image ari?mtique1 bi5 que le plus s\v5t inexacte1 et cette image manife/e son action p> le vote4 ,mais on ne peut pas dire qu'elle dlibre et labore4 ,le ,p>lem5t p>le4 ,le disc\rs e/ une recomm&ation ou une prote/ation1 une critique1 un expos de motifs ou une ?orie1 mais il ne se propose nullem5t de conva9cre les collgues4 ,il e/ considr comme une dmon/ration politique et e/ de/9 agir sur le g\v]nem5t1 sur l'op9ion publique ou sur les lecteurs4 ,c'e/ seulem5t dans des cas exceptionnels qu'on voit1 dans les pays lat9s1 la s9crit l'emport] sur le calcul2 *ez n\s1 ce phnomne s'obs]ve dans les in/ants de gr& en?\siasme4 ,mais si le ,p>lem5t ne dlibre1 ni ne travaille1 s'il se cont5te de p>l] et de vot]1 comm5t se fait le travail p>lem5taire8 ,il e/ accompli p> trois organisations semi-(ficielles3 le p>ti1 la fraction1 les commissions4 ,dans les pays de rgime p>lem5taire1 il y a une commission pr9cipale et p]man5te qui1 s\s le nom de cab9et1 e/ *>ge des so9s du g\v]nem5t4 ,dans les pays con/itution mi-p>lem5taire1 les commissions dlibr5t avec le g\v]nem5t et dans leur propre se91 mo9s que les *efs de p>tis ne rgl5t les affaires dans des entreti5s p]sonnels4 ,le ,p>lem5t app>at a9si1 non comme la reprs5tation solidaire et le lieu des dlibrations du peuple1 mais comme une ,b\rse des p>tis1 tant bi5 ent5du qu'il s'agit1 non de la df5se d'intrts p]sonnels et matriels1 mais d'un compromis gnral entre des intrts diffr5ts ou opposs1 obt5u la suite de p\rp>l]s et de discussions1 comme lorsqu'on traite une affaire4 ,ceux des reprs5tants du peuple qui1 ab/raction faite de disc\rs d'occasion et de h>angues lectorales1 n'ex]c5t aucune activit df9ie dans les organisations int]mdiaires1 j\5t un rle purem5t /ati/ique4 ,dans beauc\p de pays lat9s1 ils se ddommag5t en se consacrant aux affaires1 dans d'autres ils assur5t des *>ges bnvoles1 en s'intressant1 p> exemple1 des bureaux de rclamations prives qui1 p\r des motifs ds9tresss1 mais non sans rec\rs la pression1 talonn5t les autorits4 ,les vrais ag5ts du peuple ou1 plus exactem5t1 du p>ti sont les *efs dont le nombre e/ d'autant plus gr& et l'autorit d'autant plus =te que les t*es qui leur sont imposes p> l'organisme de l'tat engag5t davantage leur responsabilit4 ,ce tableau1 qui app>at biz>re premire vue1 se rvle cep5dant comme rationnel1 lorsqu'on l'envisage de plus prs4 ,si l'on a le c\rage de ne pas se dt\rn] des ralits donnes1 on con/ate la prs5ce d'lm5ts susceptibles de trans=m] l'app>eil p>lem5taire1 d'un mal ncessaire qu'il e/ actuellem5t1 en un organisme fcond et susceptible de dveloppem5t4 ,arrtons-n\s donc un in/ant encore la "q du mal ncessaire4 ,ab/raction faite du pr9cipe idal de l'tat populaire1 on peut affirm] qu'une hir>*ie de fonctionnaires 7et un g\v]nem5t normal n'e/ pas autre *ose71 livre ses propres =ces1 e/ incapable de ma9t5ir longtemps sa vitalit4 ,la comp>aison avec l'arme ne j\e pas dans ce cas1 c> si l'arme a une mission plus troite et plus con/ante remplir1 elle dispose d'une rs]ve de =ces responsables inf9im5t plus gr&e et se r5\velant avec une extraord9aire rapidit2 et elle e/1 en outre1 /imule p> la concurr5ce des armes trangres p> lesquelles elle ne doit pas se laiss] di/anc]1 alors que l'activit d'un g\v]nem5t ne peut tre comp>e celle d'un g\v]nem5t trang] que dans ses rsultats1 et non dans les mesures qui les prcd5t et qui peuv5t p>fois ab\tir des rsultats diffr5ts4 ,autrefois1 lorsque l'adm9i/ration d'un royaume tait conue sur le modle d'un doma9e1 un mon>que pat]nel p\vait surveill] p]sonnellem5t son pays et se faire une ide de l'ensemble d'aprs les *antillons qu'il voyait au c\rs de ses inspections4 ,il p\vait impos] aux organes de son g\v]nem5t ses propres critres de jugem5t et transmettre ses successeurs les pr9cipes d'conomie1 d'incorruptibilit et d'exactitude dont il s'tait lui-mme inspir dans sa c>rire4 ,de nos j\rs1 un seul dp>tem5t1 comme celui de la tlgraphie ou de l'hygine sociale1 dpasse en importance et en t5due t\t l'ensemble de l'adm9i/ration frdrici5ne4 ,un mon>que d\1 qui v\drait tre au c\rant ne ft-ce que des plus importantes affaires g\v]nem5tales1 risqu]ait d'tre dbord1 cras p> les faits1 alors mme qu'il se born]ait ex]c] l'app>5ce seulem5t d'un contrle efficace4 ,mais un g\v]nem5t spcialis1 dta* du re/e de la nation1 alors mme qu'il ne s'te9drait pas1 faute de r5\vellem5t l'aide d'lm5ts extrieurs1 f9irait p> se trans=m] en un m&>9at immobile1 impuissant faire face un rgime conomique plus ou mo9s dvelopp et combattre l'op9ion qui ne t>d]ait pas se dress] contre lui4 ,le g\v]nem5t a donc beso9 de l'appui et de la collaboration d'une deuxime in/ance1 j\issant de t\te son indp5dance4 ,pas plus que p> un individu1 cette in/ance ne peut tre reprs5te ni p> un ,snat1 ni p> un ,tribunal1 qui n'ont pas la lib]t complte de leurs m\vem5ts1 ni p> des corporations qui1 elles1 sont proccupes avant t\t p> des intrts pr(essionnels1 d'ordre matriel4 ,il y a des sicles1 c'tait l'glise qui =mait cette in/ance indp5dante2 auj\rd'hui1 ce rle ne peut tre rempli que p> le peuple4 ,mais ici se prs5te une difficult d'un autre ordre4 ,une f\le n'e/ capable ni de g\v]n]1 ni mme de dlibr]4 ,d'elle on peut att5dre1 non des rsolutions rfl*ies et raisonnables1 mais des dcisions impulsives et vagues4 ,mme le sy/me consi/ant dsign] des hommes de confiance et qui peut encore tr\v] place dans un organisme communal1 n'e/ pas compatible avec l'organisme de l'tat4 ,un p\voir c5tral1 en effet1 ne peut pas repos] sur des hommes de confiance locaux3 il a beso9 d'hommes politiques1 d'hommes d'tat4 ,or1 la f\le lectorale e/ incapable de disc]n] les qualits que doiv5t possd] les hommes politiques et les hommes d'tat *ez ceux qui sollicit5t ses suffrages4 ,elle e/1 en revan*e1 p>faitem5t capable de se faire une ide sur un programme de p>ti1 lorsque ce programme lui e/ prs5t d'une manire intelligible et familire4 ,n\s voil ram5s au p>adoxe des sy/mes lectoraux qui1 t\t en ordonnant des lections locales1 provoqu5t des lections de p>ti4 ,n\s revi5drons plus t>d sur ce po9t4 ,signalons en att5dant ce fait saillant3 des v\loirs atomiques qui pr5n5t "p l'lection mane bi5 une reprs5tation nationale1 mais non un corps capable de travaill]1 de contrl] et de g\v]n]4 ,le transf]t des p\voirs e/ un procd peu efficace4 ,il doit tre remplac ou complt p> un n\veau mode de dlgation1 et notamm5t p> une dlgation dont les bnficiaires s]ai5t les p>tis1 lesquels1 leur t\r1 dlgu]ai5t leurs p\voirs aux *efs politiques4 ,le p>ti =me un ensemble reprs5tant une p>tie df9ie du peuple1 une unit morale1 intellectuelle et physique1 une unit de v\loir4 ,il e/ un peuple dans le peuple4 ,rgions1 prov9ces1 di/ricts1 villes peuv5t cri/allis] c]ta9s de leurs intrts locaux communs et1 la faveur de ces intrts1 rejo9dre indirectem5t la politique d'tat4 ,le p>ti1 au contraire1 se tr\ve en relation directe avec la volont c5trale et1 comme il e/ d'une composition locale1 il n'exclut pas les intrts de circonscription1 sans t\tefois repos] sur eux4 ,le p>ti e/ susceptible d'organisation1 prs5te une cohr5ce int]ne1 e/ capable d'un travail de longue hale9e4 ,on peut donc lui reconnatre un jugem5t suffisant p\r dirig] les organes et les =ces individuels4 ,c'e/ a9si que sans bruit1 et indp5damm5t des con/itutions crites1 s'e/ =m cet organisme int]mdiaire qui r5d les peuples gigantesques de notre poque capables de v\loir4 ,cette fantaisie1 ne spontanm5t1 e/ sa9e et organique et ne se tr\ve1 p> consqu5t1 nullem5t en opposition avec l'tat populaire4 ,aussi bi51 en dsignant le mcanisme propre de la reprs5tation populaire dans des t]mes emprunts aux transactions f9ancires telles qu'elles s'effectu5t la ,b\rse1 n'avions-n\s nullem5t l'int5tion de m>qu] notre mpris p\r ce mcanisme3 n\s v\lions t\t simplem5t us] d'une expression pigrammatique1 de/9e attir] l'att5tion sur une ralit susceptible d'amlioration ultrieure4 ,en s]rant cette ralit de plus prs1 n\s reconnaissons la vritable signification des reprs5tations populaires de notre temps1 p\r autant qu'elles sont correctem5t comprises et normalem5t composes4 ,l'image ari?mtique incomplte1 mais plus ressemblante1 des volonts populaires1 qui se reflte dans la composition d'un p>ti1 indique dans quelle mesure celui-ci puise son dynamisme1 ses =ces vives1 dans le peuple4 ,il suffirait presque1 lors de *aque priode lectorale1 d'affi*] dans la salle ce rapport de =ces et multipli] le total des voix obt5ues p> *aque *ef1 p> le nombre des membres dont se compose son p>ti4 ,mais le biz>re et s\v5t peu rj\issant app>eil p>lem5taire e/ indisp5sable1 en tant que moy5 de slection et cole de =mation d'hommes d'tat et d'hommes politiques4 ,c'e/ du mo9s ce qu'il devrait tre4 ,dans les pays g\v]nem5t p>lem5taire1 il l'e/ dans une mesure plus gr&e que *ez n\s1 bi5 que mme dans ces pays-l on ne semble pas t\j\rs se r5dre bi5 compte de cette circon/ance4 ,le dynamisme y e/ beauc\p plus prononc1 ce qui ne va pas t\j\rs sans gr&s dommages1 puisqu'il se manife/e p> des *angem5ts frqu5ts de g\v]nem5ts1 *angem5ts sans rapports avec les dispositions du pays et apportant des tr\bles dans la m>*e des affaires4 tant donn le niveau intellectuel moy5 de ces pays1 la slection et la =mation donn5t des rsultats beauc\p plus heureux1 puisqu'elles tir5t d'un sol plus pauvre des moissons intellectuelles plus abondantes et s\v5t meilleures4 ,en prs5ce de l'tat de *oses que n\s v5ons d'esquiss]1 il e/ facile de saisir les raisons du peu de popul>it1 de la faible sub/ance1 de l'insuffisante efficacit des ,p>lem5ts allem&s1 et plus p>ticulirem5t du ,p>lem5t prussi54 ,on r$\te l'acte lectoral local4 ,faire surgir une majorit absolue dans une circonscription qui n'a pas t\j\rs une =te expri5ce politique1 cela suppose l'emploi de moy5s qui1 eux aussi1 ne sont pas t\j\rs purem5t politiques4 ,s'il manque une voix p\r p>faire la majorit1 les diza9es de mille de bullet9s dposs dans les urnes re/5t sans effet1 et une m9orit =te1 d'un niveau intellectuel peut-tre trs lev1 re/e sans reprs5tation4 ,les avantages sont acquis aux localits en raison de leur importance numrique4 ,les lecteurs locaux ent5d5t s\v5t racont] et promettre des *oses qui n'ont ri5 voir avec la p5se intime de l'orateur4 ,ce ne sont pas t\j\rs les natures les plus nobles et les plus honntes qui s'accommod5t de ces procds4 ,la vie des p>tis1 l'exception des p>tis agr>i5 et sociali/e1 e/ mal organise et d'une faon mesqu9e4 ct des habitus de tables d'hte1 des politici5s amateurs et pr(essionnels et des lecteurs de j\rnaux1 t\te la p>tie p5sante1 intellig5ts et agissante du pays devrait se retr\v] dans des clubs et des associations1 dans des runions lectorales et autres1 p\r dlibr] sur le sort de l'tat2 les =ces politiques les plus m95tes du peuple devrai5t se tr\v] en contact p]man5t avec leurs amis et m&ants2 les propos de cab>et et les critiques p]sonnelles devrai5t cd] la place une collaboration fran*e et intime4 ,s'asseoir sur des banquettes dans une salle moiti vide1 faire pass] des motions1 c\t] des disc\rs lectoraux et1 l'occasion1 int]v5ir en faveur d'un *em9 de f] d'intrt local qui intresse l'arrondissem5t de l'orateur1 t\t cela ne con/itue pas1 p\r t\t le monde1 un bilan suffisant d'une anne de travail4 ,on n'pr\ve pas un gr& beso9 de *efs de fraction et d'hommes capables de travaill] dans les commissions1 et en prs5ce de l'indiffr5ce et de la lassitude p>lem5taires du pays1 plus d'un doit se pos] cette scabreuse "q3 qu& la f98 ,dans les tats p>lem5taires1 *aque reprs5tant du peuple se voit d'avance nanti d'un portefeuille1 et p>fois de *oses mo9s av\ables4 ,si ces mobiles ne sont pas nobles1 ils sont du mo9s =ts4 ,bism>ck a abaiss1 et non sans raison1 le ,rei*/ag1 le j\r o cette crature qui lui devait la vie a v\lu se dress] contre lui4 ,notre ,p>lem5t s'e/ s\v5t lui-mme condamn s'puis] en critiques /riles2 il a r>em5t tr\v des p>oles et des actes qui sauv5t4 ,aussi sa puissance cratrice ne s'e/-elle pas accrue1 alors que c'e/ seulem5t p> l'activit cratrice qu'on peut attir] soi1 gagn] sa cause les esprits reprs5tatifs du pays4 cela s'aj\te encore l'attitude p>ticulire du peuple allem&1 qui n'aime pas l'loqu5ce et la propag&e1 qui ne se s5t pas sr dans ses op9ions politiques1 qui se dc\rage t\tes les fois qu'on lui fait une n\velle promesse sans la t5ir1 mais qui possde une sa9e intuition des qualits huma9es et accorde plus d'e/ime l'honnte travail du g\v]nem5t qu'il a devant ses yeux qu' la dialectique de ceux qui le critiqu5t4 ,une pr(onde r=me du p>lem5t>isme allem& s'impose1 non seulem5t en vue de la ralisation de l'tat populaire1 mais aussi en raison de la ncessit de donn] l'exi/5ce politique une base sre4 ,la premire mesure urg5te consi/e dans la suppression de l'lection locale et dans son remplacem5t p> un bon et sa9 sy/me proportionnel4 ,cette mesure e/ plus importante que t\tes les autres modifications des droits lectoraux dans t\s les tats1 y compris la ,prusse et le ,meckl5burg4 ,la deuxime mesure consi/e dans la con/itution et l'organisation de p>tis4 ,la troisime mesure1 enf91 doit t5dre donn] aux ,p>lem5ts allem&s un cont5u positif et la possibilit de se livr] un travail crateur1 en dehors de la confection de lois et de l'approbation de dp5ses4 ,n\s ne po/ulons pas la ncessit absolue du sy/me p>lem5taire qui1 en lui-mme1 n'e/ ni bon ni mauvais1 mais inspire de nos j\rs l',allem& moy5 une froide horreur4 ,si les reprs5tations populaires mod]nes doiv5t s]vir de correctif la hir>*ie des fonctionnaires et contribu] la =mation d'hommes d'tat et d'hommes politiques1 il e/ galem5t vrai que l'appr5tissage ne doit pas dev5ir p\r l'lve une f9 en soi1 avec1 en p]spective1 le faible espoir d'obt5ir un j\r des succs critico-dialectiques et d'acqurir l'influ5ce g\v]nem5tale tolre d'un *ef de fraction4 ,ce s]ait trop dem&] la =ce de ds9tressem5t de natures normales que de s'att5dre ce que des hommes de tal5t et ple9s d'activit1 appels contrl] les actes g\v]nem5taux1 se cont5t5t1 au lieu d'une int]v5tion active1 d'une obs]vation plus ou mo9s bi5 in=me1 suivie d'une approbation4 ,une p>eille attitude e/ faite p\r eng5dr] un tat d'esprit nuisible3 elle se trans=me trop facilem5t en un pessimisme outrance qui voit t\t en noir et enlve au g\v]nem5t1 sy/matiquem5t blm et contrl1 ce qui lui re/e de joie de crer4 ,mais1 surt\t1 l'homme d'tat1 lev dans une atmosphre et dans des habitudes de critique1 n'appr5d jamais l'ess5tiel1 savoir la responsabilit de celui qui agit1 inv5te et cre1 mais seulem5t les m?odes p>lem5taires et le travail =mel4 ,on n'e/ pas mme de jug] ce qu'on ignore et ce qu'on e/ soi-mme incapable de faire4 ,p\r tre un homme d'tat1 il faut port] ou avoir port une responsabilit de crateur2 celui qui ne j\e que sur un clavi] muet ne devi5dra jamais un arti/e2 le critique irresponsable oublie ses propres erreurs et succombe au s5tim5t de son infaillibilit4 ,la vocation n'attire l'homme ni en haut1 ni en bas2 elle attire t\t simplem5t l'homme qui elle convi5t et qui lui convi5t4 ,et voil que le c]cle se ref]me de n\veau3 notre ,p>lem5t n'e/ pas fait p\r crer des hommes d'tat vritables2 ceux que n\s possdons ne sont pas mme de se fray] des voies indp5dantes et d'aspir] des buts df9itifs2 l'imp]fection des s]vices que r5d le ,p>lem5t dt\rne de lui les lutteurs capables et aimant la responsabilit1 la slection t>it et le cycle recomm5ce4 ,cet tat de *oses ne peut avoir p\r effet que d'loign] de plus en plus de la politique le peuple reprs5t dans cette organisation p>tielle des volonts qu'on appelle p>ti4 ,si les hommes qui sont la tte d'un p>ti avai5t l'expri5ce des responsabilits1 s'ils avai5t une connaissance p>faite des vnem5ts intrieurs antcd5ts1 des mobiles et des ob/acles1 s'ils possdai5t l'aptitude disc]n] ce qui e/ ralisable et dsirable1 ce qui e/ *imrique et dang]eux1 s'ils connaissai5t et compr5ai5t les acteurs de la scne europenne1 il e/ c]ta9 que les dlibrations d'un p>ti ne se ress5tirai5t pas de l'atmosphre cre p> des jugem5ts impulsifs et p> la politique de brass]ie3 elles aurai5t une valeur pragmatique4 ,si1 en outre1 l'homme politique qui e/ la tte d'un p>ti savait qu'il se tr\v]ait un j\r appel assum] de n\velles responsabilits actives1 cela s]ait une g>antie contre les tr\bles /riles dont s\ffre la politique d'tat1 en mme temps que s]ait tabli le pr9cipe de la responsabilit de p>ti1 pr9cipe qui ne p\rrait agir que dans le s5s de la modration et de la politique rali/e4 la faveur de cette responsabilit1 on v]rait alors natre un bi5 indisp5sable et inapprciable sur l'importance duquel n\s aurons encore rev5ir3 un ensemble de f9s concrtes1 se transmettant de gnration en gnration1 passes au crible de la rflexion1 la fois rali/es et idali/es1 et cela aussi bi5 dans le doma9e de la politique intrieure que dans celui de la politique extrieure4 ,cet ensemble de f9s1 remplaant la phrasologie incolore et vide des programmes de nos p>tis1 avec ses int]prtations v>iant d'un j\r l'autre1 apport]ait notre activit politique ce qui lui manque le plus3 la /abilit4 ,le manque de /abilit1 soit dit en passant1 le dang] de surprises que peuv5t crer des f9s surgissant l'improvi/e1 le t\t associ une puissance militaire des plus =tes1 une atmosphre fodale et la docilit d'un peuple confiant l'extrme3 tel e/ l'ensemble de conditions que nos adv]saires dsign5t improprem5t s\s le nom de milit>isme4 ,il n'e/ pas con=me notre dignit d'organis] notre vie selon le dsir de nos ennemis2 mais il e/ con=me la dignit huma9e1 au s5s le plus lev du mot1 d'exam9] *aque jugem5t1 ft-ce mme le jugem5t d'un ennemi1 de le dp\ill] de ce qu'il a d'inju/e et d'en tir] des conclusions pratiques4 ,n\s n'avons pas beso9 absolum5t du sy/me p>lem5taire que r$\t5t tant les intresss du fodalisme1 du capitalisme mobili] et immobili]1 les savants fonctionn>iss1 les politici5s qui ne se s5t5t pas capables de rsi/] l'preuve et la p>tie in/ruite du peuple qui subit leur influ5ce4 ,sans d\te1 les raisons allgues port5t faux3 le morcellem5t des p>tis e/ un argum5t en faveur du sy/me1 plutt que contre lui1 c> il exige des m9i/res de coalition1 ce qui implique des compromis con/ants et r5d mme possible la prdom9ance des vieux pr9cipes de g\v]nem5t4 ,les *angem5ts d'tats d'esprit et l'in/abilit m9i/rielle prs5t]ai5t mme en ,allemagne mo9s d'int5sit qu'ailleurs1 c> n\s avons un tempram5t politique plus froid4 ,la corruption et la politique p]sonnelle1 en jug] d'aprs les expri5ces que n\s (fr5t les adm9i/rations communales1 ne sont gure cra9dre4 ,quant la slection des hommes d'tat et leur niveau intellectuel moy51 nos esprances s\s ce rapport se tr\v]ai5t dpasses1 si seulem5t il s'tablissait entre la masse et ses lus la mme proportion qualitative que dans les autres tats p>lem5taires4 ,ici il faut avant t\t c>t] un argum5t acadmique1 dev5u un lieu commun1 d'aprs lequel la position gographique peu sre de l',allemagne exig]ait une /ructure g\v]nem5tale cons]vative1 rigide dans une c]ta9e mesure4 ,c'e/ prcism5t ce pril rsultant de la position gographique de notre pays qui r5d ncessaires la plus gr&e mobilit et la plus gr&e s\plesse1 la slection des =ces la plus rig\reuse2 c'e/ ce pril encore qui exige1 en opposition avec le dogmatisme politique1 l'aptitude l'adaptation et l'opportunisme mom5tan1 c> ce n'e/ pas en faisant preuve d'une rigide prud]ie qu'on peut faire face aux difficults extrieures4 ,mais peu importe3 n\s avons beso91 non d'une dom9ation p>lem5taire absolue1 mais de ,p>lem5ts et d'hommes d'tat levs dans le s5tim5t de la ralit1 de la responsabilit et du p\voir3 n\s avons beso9 de p>tis ayant le gt et l'habitude du travail rel1 le s5s de la tradition et des f9s politiques2 n\s avons beso91 enf91 d'un peuple lev p\r la politique et capable de tr\v] en lui-mme les lm5ts1 les mobiles de ses dcisions et rsolutions4 ,les possibilits de ralisation de ces desid]ata sont nombreuses et simples et ne dp5d5t pas d'une loi crite4 ,le comm5cem5t le plus facile et en mme temps1 vu notre indol5ce ass\pie1 le plus difficile consi/]ait exig] que les m9i/res se compos5t en p>tie de membres du ,p>lem5t4 ,le comm5cem5t1 au contraire1 qui p>at le plus indiqu et qui e/ le plus inefficace consi/]ait dans l'application de notre expdi5t univ]sel3 nom9ation de commissions ou de comits p>lem5taires1 p\rvus de p\voirs indiscrets1 irresponsables1 susceptibles d't\ff] t\te initiative et t\te joie de cration *ez les fonctionnaires qui s]ai5t obligs de pass] leur temps r5dre compte de *acun de leurs pas1 se ju/ifi]1 se df5dre contre des projets et des rsolutions irralisables4 ,on ne peut que pla9dre les esprits qui pass5t leur vie se dsol] des erreurs des autres et ne peuv5t va9cre leur hsitation mettre la ma9 la pte p\r rp>] ces erreurs ou faire mieux4 ,n\s avons1 plusieurs reprises1 anticip sur la d]nire p>tie de nos dductions qui devait f\rnir une syn?se de notre vie politique future et tablir la manire dont n\s ent5dons les rapports entre cette vie et ce que con/itue l'ess5ce mme de l'tat populaire4 ,p\r bi5 m>qu] que n\s n\s tr\vons au coeur mme de la vie pratique1 o n\s avons t am5s ins5siblem5t p> des considrations ab/raites et plus leves et o n\s n\s att>dons1 non p>ce que n\s considrons cette vie pratique comme un b1 mais p>ce qu'elle n\s app>at comme une confirmation rationnelle du passage et du ratta*em5t un av5ir n\veau1 p\r bi5 m>qu] ce po9t1 disons-n\s1 n\s n\s s]virons dsormais de prfr5ce du raisonnem5t pragmatique1 utilitaire1 c>1 dans ce doma9e1 t\t pas v]s ce qui e/ df9itif doit tre en mme temps un pas v]s ce qui e/ digne d'tre l'objet de nos aspirations actuelles4 ,c'e/ la condition mme de son efficacit4 ,or les pr9cipes de la puissance et de la /abilit de l'tat se sont montrs1 l'preuve1 comme remplissant cette d]nire condition4 ,en v]tu de la loi de la lutte p\r l'exi/5ce et d'aprs le tableau que n\s (fre t\te vie individuelle et collective1 l'tat1 ab&onn lui-mme1 se tr\ve impuissant et ds>m et n'e/ protg que p> son gnie contre ses adv]saires et concurr5ts4 ,son patrimo9e hrditaire e/ con/itu p> la =ce qu'il puise dans son sol1 dans son peuple1 dans sa position gographique4 ,ces ralits sont limites1 comme e/ limit le lot passag] d'un homme1 d'un animal1 d'un tr\peau ou d'une =t1 comme sont d'ailleurs galem5t limites les bases sur lesquelles s'appui5t les adv]saires de tel tat donn4 ,mais ce qui e/ illimit1 c'e/ l't5due de l'action1 t5due que le p\voir spirituel peut accrotre presqu' l'inf9i4 ,plus que cela3 ce p\voir e/ capable de modifi] les conditions physiques3 il dcuple le r5dem5t du sol1 arra*e la t]re ses trsors1 se r5d matre des =ces de la nature2 il faonne les ctes1 modle la t]re f]me1 dirige son gr le c\rs des eaux1 gurit les maladies1 =tifie le sang et le r5d plus abondant1 =me et p]fectionne des gnrations qui sont encore natre4 ,il trans=me les masses en organismes d\s de s5s1 de p5se1 de volont et de membres actifs4 ,mais il fait int]v5ir dans la lutte p\r l'exi/5ce trois g5res de =ces3 deux extrieures1 qui sont les =ces de direction et d'assaut1 et la =ce de rsi/ance intrieure4 ,lorsque deux organismes de =ce gale lutt5t entre eux1 celui-l f9it p> va9cre la longue qui sait ce qu'il veut4 ,=ces1 privilges1 droits intangibles =m5t une vgtation naissant de gra9es insignifiantes1 indsirables1 mobiles4 ,le *ne millnaire1 que nulle =ce huma9e ne peut faire recul] d'un p\ce1 e/ n d'un fruit tomb de la ma9 d'un enfant2 le c\rant primitif doit sa direction un tas de caill\x3 un gr& ,empire d'outre-m] doit sa naissance la fausse direction d'un navire2 plus d'une famille doit sa noblesse l'tat d'ivresse d'un seigneur2 un caprice de jeune fille dcide du sort de dyna/ies4 ,le temps et la direction inv>iable1 p]si/ante1 con/itu5t les deux lm5ts d'une =ce laquelle ri5 ne rsi/e4 ,mais *aque in/ant rp& de n\veau des g]mes de *oses imprissables1 *aque in/ant sme les gra9es de de/9es futures1 et c'e/ la volont ori5te t\j\rs dans la mme direction qui opre le *oix entre les gra9es qui doiv5t lev] et celles qui sont appeles re/] /riles4 ,cep5dant le meilleur moy5 d'cras]1 de dtruire t\tes les gra9es1 bonnes et mauvaises1 consi/e t\rn] sans f9 dans t\s les s5s sur le mme t]ra91 remu] sans cesse la t]re1 y plant] sans *oix tantt tel fruit1 tantt tel autre4 ,un gr& homme d'action e/ un semeur infatigable1 qui ab&onne d'autres le bnfice de la moisson4 ,celui qui p5se auj\rd'hui ce qui s]a une ralit1 et une ralit efficace1 dans un an1 dans dix ans ou dans c5t ans et qui agit con=mm5t l'ide qu'il a de cette ralit1 celui-l cre librem5t et sans entraves2 on le raille1 mais il mprise raill]ie et ob/acles2 il s]a plus t>d mal compris et on ne lui tmoign]a aucune reconnaissance1 mais ce qu'il fait1 il le fait magi/ralem5t et p\ss p> une ncessit purem5t intrieure4 ,la cration la plus relle e/ celle du visionnaire1 p\r autant qu'elle produise1 non des fantmes nbuleux1 sortis d'une imag9ation malsa9e1 mais des images d'une ralit visible et palpable4 ,pntr] intuitivem5t la ralit et lui insuffl] une me2 r5dre les rves concrets1 grce un ef=t de volont1 et les ratta*] la t]re3 c'e/ en cela que consi/e le my/re de la cration4 ,c'e/ t\ff] t\te =te cration que de limit] son horizon au j\r qui passe4 ,celui qui re*]*e des succs rapides et faciles1 qui veut se faire pass] p\r un gr& homme aux yeux de ses compagnons et se donn] l'illusion de crer et de vivre des mom5ts hi/oriques2 celui qui1 au lieu de creus] et de plant]1 gte t\s les j\rs aux fruits mrissants2 celui que t\t vnem5t n\veau met en mauvaise humeur1 p>ce que1 au lieu de s'atta*] re*]*] ce qu'il a de bon1 il n'y voit qu'une cause de tr\ble et de p]te de temps2 celui1 enf91 qui s'acquitte pniblem5t de ses t*es j\rnalires1 qui fuit les rsi/ances et1 au lieu de crer1 se cont5te d'excut]3 celui-l peut1 dans le cas le plus favorable1 df5dre une position et ret>d] un cr\lem5t1 mais il e/ incapable de crer de la vie1 de contribu] au dveloppem5t de ce qui exi/e1 c> t\t ce qui e/ naturel meurt1 lorsqu'il e/ rduit uniquem5t la df5sive4 ,ins\ciance1 au s5s le plus lev du mot1 dta*em5t de t\t dsir p]sonnel1 indp5dance de t\te pression extrieure1 surabondance de =ces s'exprimant dans l'hum\r et la s\v]a9et spirituelle1 libre disposition du temps qu'on a devant soi1 sans cra9te de *ute ni de comptition3 telles sont les conditions de la =ce de direction politique longue porte4 ,dans la /ructure de nos tats1 qui donc inc>ne cette =ce8 ,des lignes hrditaires1 dans lesquelles on voit alt]n] inv>iablem5t des ,cs> et des ,*>les1 des ,frdric et des ,bonap>te1 ne suffis5t pas lev] une dyna/ie la hauteur de la t*e qui lui incombe4 ,la cont9uit de la politique dyna/ique e/ en gr&e p>tie fonction de la ncessit o se tr\ve la dyna/ie de df5dre sa propre p]man5ce2 elle subit le contre-c\p des dang]eux *angem5ts qui se produis5t dans les relations de familles et d'amiti2 a9si que l'a dit ,bism>ck1 elle subit surt\t l'influ5ce de femmes et de favoris1 de t5tations d'agr&ir la puissance t]ritoriale4 ,encore mo9s p\vons-n\s n\s att5dre une /abilit politique de la "p de nos ,p>lem5ts irresponsables qui1 a9si que n\s l'avons vu1 born5t leur activit aux t*es j\rnalires1 la critique et la confection de lois1 ne prs5t5t aucune cohsion int]ne1 sont morcels en fractions ho/iles qui1 de leur ct1 dploi5t des drapeaux sans c\leur1 se ressemblant jusqu' l'id5tit et l'ombre desquels s'labor5t les intrts du j\r1 les intrts conomiques dont on leur a confi la df5se4 ,re/5t les m9i/res1 avec leur art de manoeuvr]4 ,ce qui leur assure une c]ta9e /abilit traditionnelle1 c'e/ la con=mit de leurs convictions politiques aux ides ambiantes4 ,ils ne sont et ne peuv5t dev5ir ce qu'ils sont1 qu'en s'appuyant sur le cons]vatisme (ficiel1 que grce leur p>faite adaptation cette atmosphre fodalo-pr(essorale dont n\s avons p>l plus haut4 ,si leur pass e/ te9t de libralisme ou de ca?olicisme1 ils doiv5t *]*] l'occasion de se mettre en rgle avec les ides rgnantes1 sans quoi il leur s]ait impossible de se ma9t5ir1 ne ft-ce que p5dant quelques sema9es1 dans une atmosphre ho/ile4 ,mais cette con=mit aux ides politiques rgnantes ne suffit pas leur assur] p5dant un temps assez long la =ce de direction intrieure et extrieure2 et t\tes les autres conditions requises cet effet sont d'ordre ngatif4 ,portez la dure moy5ne d'un m9i/re de c9q dix annes3 elle s]a la fois trop longue et trop c\rte4 ,trop longue1 p>ce qu'un homme1 qui a fait pass] dans l'esprit de l'tat t\tes ses propres ides ess5tielles1 f9it s\v5t p> s'enfonc] et s'endormir dans la r\t9e g\v]nem5tale2 trop c\rte1 lorsqu'il s'agit de concevoir des projets longue porte1 s't5dant sur une gnration entire4 ,quel crateur se cont5t]ait de comm5cem5ts qu'un successeur1 appr\v p> des cam>ades1 c>t]ait avec un s\rire ddaigneux ou bi5 s'appropri]ait1 aprs les avoir modifis jusqu' les r5dre mconnaissables8 ,et si la ralisation de ses ides exigeait des sacrifices1 comm5t p\rrait-il les obt5ir8 ,il e/ talonn p> une politique au j\r le j\r contre laquelle il doit se df5dre de trois ou quatre cts la fois3 le mon>que en haut1 le ,p>lem5t en bas1 l'op9ion publique et peut-tre mme l'trang] droite ou gau*e4 ,ce s]ait un miracle1 s'il tr\vait une diagonale p\r s'*app]1 et ce s]ait un d\ble miracle si1 en suivant cette diagonale1 il p\vait faire quelques pas v]s l',absolu4 ,l'activit e/ encore entrave p> le manque de temps3 la moiti de l'anne e/ absorbe p> les travaux p>lem5taires1 p> la re*]*e de preuves1 de ju/ifications1 de matriaux1 p> les ngociations et les pactisations avec les commissions et les *efs du ,p>lem5t qui ne se lass5t pas de pr5dre au srieux son rle de critique1 qui n'e/ pas habitu aux conditions du travail crateur et remplace une volont suivie et cohr5te p> des impulsions saccades dont le rejet mcont5te et dont l'acceptation n'engage ri54 ,il manque notre vie politique l'organe qui assure la =ce de direction4 ,et tant que n\s manqu]a la p]man5ce de cette =ce1 tant que nos buts s]ont rgls d'aprs les conv5ances du j\r et non d'aprs celles de gnrations et de sicles1 n\s re/]ons t\j\rs1 r5dem5t gal1 infrieurs nos concurr5ts qui voi5t plus lo9 et agiss5t avec plus de con/ance et de suite1 et il app>atra la longue que n\s sommes incapables de s\t5ir la lutte dans la concurr5ce des nations4 ,l'effet utile1 incroyablem5t insignifiant1 de notre politique extrieure1 malgr la dp5se norme de travail et de moy5s1 s'explique en gr&e p>tie p> le manque de direction4 ,la mfiance in\e et incomprh5sible que les trang]s n\s ont tmoigne p5dant des diza9es d'annes1 n\s qui croyions tre srs de notre humeur calme et pacifique1 de notre loyaut1 du c>actre in(f5sif de nos actes1 e/ une des consqu5ces de notre attitude hsitante1 donc incomprh5sible et suspecte4 ,des tats o rgne le p>lem5t>isme le plus effrn1 aux dcisions brusques en app>5ce1 aux *angem5ts de g\v]nem5ts incessants1 n\s ont dpass p> la con/ance et l'esprit de suite de leurs rsolutions1 et cela malgr l'incohr5ce app>5te de leur volont4 ,c'e/ que la direction1 mme unilatrale1 mme biz>re1 mme fanatique1 e/ c\ronne de succs1 lorsqu'elle e/ con/ante4 ,il n'e/ pas d'organe (ficiel1--hauts emplois1 commissions1 ,snats1 ,p>lem5ts1--qui soit la longue capable d'imprim] une direction l'tat2 la dyna/ie elle-mme ne peut y suffire4 ,la plus incapable s\s ce rapport e/ la classe des savants fonctionn>iss qui n'exi/]ait pas1 si ses membres tai5t ns p\r l'action1 et non p\r la mditation4 ,le peuple seul e/ mme de donn] la direction1 le peuple1 non en tant que plbe triomphante ou masse in=me1 mais le peuple en tant que giron de l'esprit dans lequel les poques successives puis5t leurs sem5ces2 le peuple ayant le s5s de la politique1 capable de rflexion1 ayant ses organes spirituels dans les p>tis reprs5ts p> leurs organisations1 en premi] lieu p> leurs *efs1 leurs hommes d'tat et leurs p5seurs4 ,qu'on se g>de bi5 d'invoqu] contre cette ide l'tat lam5table et misrable de nos p>tis actuels4 ,tant que les p>tis tai5t des organisations utilitaires ayant p\r b d'lev] ou d'abaiss] les droits de d\ane1 le taux des impts ou le niveau des salaires1 la consommation ou l'abolition de c]ta9s privilges1 la protection ou l'affaiblissem5t de c]ta9es classes de p]sonnes2 tant qu'ils n'tai5t que des associations utilitaires affi*ant des pr9cipes phrasologiques auxquels p]sonne ne croyait1 des organisations se composant1 d'une "p1 de g5s intresss et de bailleurs de fonds et1 d'autre "p1 de dilettanti1 de phili/9s de brass]ie et de comp>ses2 tant que la vie politique de la nation avait son po9t culm9ant dans le conflit d'intrts reprs5t p> la confection de lois et tant que la c>rire politique n'tait envisage que comme l'art de dompt] les runions publiques et de dev5ir un homme de p>ti pr(essionnel2 tant que le peuple1 priv de t\te responsabilit1 ab&onnait la direction de son hi/oire une ca/e g\v]nem5tale qui mconnaissait la communaut et l'unit de ses f9s suprmes et se grisait p> la lutte des intrts intrieurs3 tant que1 disons-n\s1 cet tat de *oses avait dur1 l'tat populaire tait impossible1 t\te expression objective de la volont collective tait illusoire1 la vie politique de la nation ne p\vait pas dpass] le niveau d'un comice agricole ou d'une socit de tir4 ,la gu]re1 ses dbuts1 a montr qu'une vie plus leve e/ possible2 et les difficults qui appro*5t montr]ont que cette vie peut dur]4 ,ces difficults1 qui m'effrayai5t et me proccupai5t1 je les ai1 depuis des annes1 appeles et rep\sses la fois4 ,mais ma voix se p]dait dans le bruit des affaires et des plaisirs4 p>tir d'auj\rd'hui et jamais1 il n\s app>at nettem5t que1 malgr nos div]g5ces d'op9ions1 n\s ne =mons1 t\s tant que n\s sommes1 qu'une seule maison et que c'e/ n\s-mmes1 et non d'autres1 qu'incombe le so9 de protg] nos bi5s et notre sang4 ,jamais plus n\s ne devrons accord] l'intrt et au ga9 la premire place1 la nation et l'tat la deuxime et p5s] ,dieu en troisime lieu seulem5t2 jamais plus notre sort ne devra tre entre les ma9s de g\v]nants hrditaires pr(essionnels1 ni notre maison adm9i/re p> des phili/9s de brass]ie4 ,s'il en tait autrem5t1 n\s s]ions mrs p\r une n\velle migrations de peuples4 ,la difficult1 la ncessit3 tel e/ le d]ni] facteur qui puisse et doive n\s donn] le s5s politique1 n\s dot] d'un tat populaire1 s\mis au rgne de l'esprit4 ,cet av]tissem5t s'applique plus p>ticulirem5t au p>ti et indique le s5s dans lequel il doit tre r=m4 ,les sages et les =ts1 en*ans leurs travaux1 ne p5sai5t jusqu' prs5t qu' acqurir puissance et ri*esse ou se laissai5t absorb] entirem5t p> la cration intellectuelle et p> la mditation4 ,quant l'tat1 ils le considrai5t comme une in/itution trangre dont on doit ab&onn] l'adm9i/ration des pr(essionnels1 comme on le fait d'une us9e gaz1 d'une glise ou d'un ?tre2 et lorsqu'il leur arrivait p>fois de jet] un c\p d'oeil sur ce qui s'y passait et de con/at] que1 malgr la mauvaise adm9i/ration1 les *oses n'en allai5t pas mo9s leur tra91 ils sec\ai5t la tte et se remettai5t leurs travaux4 ,ces hommes vont enf9 se s5tir la volont d'int]v5ir et d'assum] des responsabilits1 non avec l'ambition1 facile satisfaire1 du lion de brass]ie1 mais avec la f]me dcision d'agir4 ,ils jett]ont dans la balance ce qu'ils sav5t et ce qu'ils possd5t et p\rront a9si comp>] leur propre valeur celle des habitus d'aub]ges qui pass5t p\r des gr&s hommes dans leur *ef-lieu de canton4 ,la vie politique cess]a d'tre un jeu d'intrts et un in/rum5t de compromis1 p\r dev5ir une organisation inc>nant la volont de l'tat populaire4 ,une suffisance sup]ficielle prt5d que l',allemagne prs5te une trop gr&e v>it d'op9ions et de volonts1 p\r qu'une direction unique puisse se dgag] t\te seule de cet ensemble compliqu de =ces2 d'o la conclusion que n\s avons beso9 d'tre in/ruits et guids p> une sagesse patri>cale1 hrditaire4 ,jamais une surabondance de v>its et de nuances ne saurait =m] un ob/acle p>alysant1 tant que t\tes les directions ont une ori5tation positive1 tant que la cons]vation et la croissance con/itu5t leur seul objectif4 ,une diagonale des =ces peut tre obt5ue avec des composantes en nombre illimit1 et elle s]a d'autant plus fixe et /able que les lm5ts v>is qui entr5t dans sa composition y s]ont plus solidem5t incorpors4 ,seule e/ in/able et inc]ta9e la =ce qui *]*e elle-mme son ori5tation1 au gr des influ5ces du j\r4 ,le pl]9 qui1 du mat9 au soir1 suit la direction de sa propre ombre1 t\rne dans un c]cle4 ,lorsqu'un peuple1 dont les entraves intrieures ont t va9cues p> l'organisation1 n'a plus la =ce de *oisir et de fix] lui mme sa direction1 son ori5tation dans le monde1 d'aprs des raisons int]nes1 il peut considr] que son hi/oire e/ close et il ne mrite plus qu'un sort3 dev5ir l'in/rum5t d'une volont trangre4 ,je rappelle ici une fois de plus qu'en p>lant de la volont d'un peuple1 je ne p5se ni au brutal arbitraire physique qui se manife/e dans un vote1 ni aux m\vem5ts impulsifs d'une f\le1 mais la syn?se consci5te qui runit et spiritualise t\tes les =ces du corps collectif4 ,ce qui dt]m9e ma volont et mes actes1 ce ne sont ni une lassitude mom5tane1 ni une s5sation de faim1 ni la =ce de gravit de mes membres3 c'e/ le noyau mme de mon tre1 spiritualis au contact de mon me et qui doit d'ailleurs t\s mes membres aide et protection4 ,l'abs5ce de =ce dirigeante dans notre pays a eu p\r effet que n\s avons t incapables de dvelopp] au dehors et en d$ans l'hritage que n\s avons reu de ,bism>ck3 un tat autoritaire1 rigide1 articul l'anci5ne manire1 fond sur la =ce militaire1 arbitre de l',europe4 ,n\s avons p]mis des alliances tolres1 et mme enc\rages p> n\s1 d'arra*] cet tat l'hgmonie4 ,n\s avons t abs5ts dans t\tes les p>ties du monde o se passai5t des vnem5ts importants4 ,l'abs5ce de plan dont n\s s\ffrions et laquelle p]sonne ne croyait1 notre mauvaise humeur dont t\t le monde n\s en v\lait n\s ont r5du suspects4 ,le corps de notre tat a t envahi p> la graisse qui lui v5ait du dveloppem5t trop exclusif de la te*nique et des f9ances et que la gu]re e/ en tra9 de faire fondre4 ,plus graves encore tai5t les consqu5ces qui dc\lai5t de l'abs5ce d'une =ce d'assaut1 du manque d'hommes capables d'tre des guides4 ,t\te action et t\te transaction devai5t *\]1 t\te rsolution ab\tir un compromis4 ,aucune des innombrables ides mises en avant ne p\vait acqurir une importance objective1 les problmes tai5t biffs et c>ts avec un ho*em5t de tte4 ,ce pays1 dont les rac9es tai5t tellem5t sa9es qu'il comm5ait ignor] les situations ambigus et quivoques1 pr\va de n\veau le s5tim5t de la p]plexit4 ,les s\cis p]sonnels et les difficults inhr5tes aux situations et obligations p]sonnelles usai5t les =ces vives du peuple4 ,la rp>tition des responsabilits avait comm5c sans disc]nem5t et a f9i p> des dceptions4 ,se laiss] entran] p> une =te volont et une audacieuse fantaisie1 tait considr comme le trait d'une poque romantique dpasse2 la pose photographique1 l'effet bruyant de mom5ts soi-disant hi/oriques1 la proccupation des matriaux p]sonnels f\rnir au futur hi/oriographe et l'loqu5ce monum5tale ont pris la place du travail organique et tai5t en rapport avec les ar*itectures emphatiques que les hommes avides de ga9s matriels rp&ai5t aut\r d'eux pr(usion4 ,la =ce d'assaut et la =ce de direction1 ces deux armes dans la lutte p\r l'exi/5ce des nations1 sont des =ces populaires4 ,elles ne peuv5t tre f\rnies ni p> une famille1 ni p> une ca/e4 ,la concurr5ce exige que la collectivit1 si elle veut enri*ir son esprit et =tifi] sa volont1 fasse appel t\tes les =ces huma9es disponibles4 ,la =ce de direction se dgage de l'ensemble des ides qui flott5t dans l'air2 la =ce d'assaut se dgage de t\tes les gnialits huma9es disponibles et accessibles4 ,rduire la s\rce de ces deux =ces un c]cle limit de quelques c5ta9es ou milli]s de p]sonnes1 c'e/ se condamn] volontairem5t l'appauvrissem5t de l'esprit et de la volont1 appauvrissem5t dont un peuple meurt1 lorsque des vois9s peuv5t lui oppos] des ress\rces con/itues p> l'ensemble de la nation4 ,un peuple compos de millions d'mes a l'obligation mtaphysique de manife/] *aque in/ant et dans *aque doma9e une volont =te et de provoqu] le plus gr& nombre possible de dons suprieurs4 ,s'il en e/ autrem5t ou si ces =ces sont dt\rnes de leur de/9ation p> la passion du ga91 p> la te*nique ou p> le dsoeuvrem5t1 ou encore si on ne russit pas les dc\vrir1 soit p> indol5ce politique1 soit p>ce qu'on n'a pas consci5ce de la responsabilit qui incombe s\s ce rapport1 le peuple c\pable de ces mfaits signe lui-mme sa s5t5ce de mort4 ,avant de n\s occup] des conditions de la =ce d'assaut1 laquelle app>at d'ores et dj comme rsultant de la slection autonome portant sur t\s les dons disponibles de l'esprit et de la volont1 n\s allons c>actris] la =me intellectuelle de l'esprit1 telle qu'elle se rvle dans la vie politique4 ,au c\rs de l'avant-d]ni] sicle1 le g\v]nem5t tait considr comme un travail d'adm9i/ration4 ,un seul organe1 le plus lev1 c'e/--dire le p\voir royal1 suffisait assur] l'initiative1 l'inv5tion1 les dcisions cratrices4 ,le g\v]nem5t de cab9et tait l'expression1 non arbitraire1 mais organique1 de cet tat de *oses4 ,ce qui1 dans la paix comme dans la gu]re1 suffisait assur] la m>*e des affaires1 c'tait la trs gr&e habitude d'adm9i/ration patri>cale dont n\s avons un modle dans l'exploitation d'un doma9e rural4 ,l'adm9i/ration pure e/1 comme le travail agricole et l'anci5 mti] manuel1 un travail au s5s le plus primitif1 non-mcani/e1 du mot4 ,il e/ plac s\s l'autorit des dcisions ayant =ce de loi et e/ protg p> une sollicitude pat]nelle4 ,il a p\r c>actri/ique la tradition4 ,les normes et les buts sont poss une fois p\r t\tes2 les conditions locales et huma9es re/5t con/antes4 ,aucun problme n'e/ n\veau4 ,n'importe quelle solution peut tre apprise4 ,mme de ce qui arrive r>em5t on peut avoir raison1 grce l'expri5ce1 d'o le respect et l'e/ime qu'on accorde l'ge4 ,le vieill>d e/ rfl*i et pondr et se trompe plus r>em5t2 le jeune homme manque d'expri5ce et doit tre t5u en laisse4 ,le pays et le peuple1 objets de l'adm9i/ration1 sont dociles3 jamais le paysan et l'artisan n'os]ai5t oppos] leur op9ion celle de l'adm9i/rateur4 ,c'e/ qu'ils connaiss5t bi5 le c]cle traditionnel et troit de leurs attributions1 et jamais il ne leur vi5drait l'esprit qu'il puisse y avoir des dcisions v5ant d'une s\rce extrieure et n\velle4 ,la vie reprs5te un c]cle dans lequel les vnem5ts se rpt5t et se reproduis5t1 t\j\rs les mmes3 naissance et mort1 semailles et moisson1 bi5-tre et privations1 inc5dies et s*]esse1 gu]res et pidmies1 crimes et *tim5ts4 ,une n\velle con/ruction1 une visite pr9cire1 l'arrive d'une mnag]ie1 un procs de sorcell]ie ou un voyage3 tels sont les quelques r>es et gr&s vnem5ts qui vi5n5t rompre l'uni=mit de cette vie4 ,procs1 attr\pem5ts1 rquisition de soldats1 rires de foire sont des di/ractions un peu plus frqu5tes4 ,on sait ce qui doit arriv] dans *aque cas2 le travail e/ d\x3 on n'e/ pas press p> le temps4 ,l'adm9i/ration e/ p>faite1 lorsqu'elle e/ incorruptible1 ti5t les yeux ouv]ts et possde de l'expri5ce4 ,les vnem5ts uniques n'ont p\r auteurs ni les adm9i/rs ni les adm9i/rateurs3 les dcisions conc]nant la gu]re et la paix1 la conqute et la r=me1 l'glise1 la ju/ice et les impts1 la con/ruction de r\tes et la colonisation vi5n5t d'en haut3 du roi1 mo9s que ce ne soit du ciel4 ,les conditions intellectuelles de l'art de l'adm9i/ration sont3 l'autorit p]sonnelle1 la consci5ce de la dignit1 la fidlit et l'expri5ce4 ,il a ses rac9es dans la tradition3 traditions de famille1 ides et pratiques traditionnelles4 ,ce sont l les c>actri/iques de la vieille noblesse foncire4 ,inv5tion1 imag9ation1 =ce cratrice1 t5dance l'expansion3 autant de *oses trangres et mme opposes ce c]cle d'ides2 *oses subv]sives qui p\ss5t la rvolte1 la re*]*e de ce qui e/ n\veau1 la dang]euse asc5sion4 ,n\s connaissons un bel exemple de ce conflit naturel3 c'e/ celui de ,bism>ck1 dont la jeunesse b\illonnante1 emprisonne la campagne1 se consume et consume son ent\rage4 ,avec la naissance du monde n\veau1 du monde de la mcanisation1 t\t travail se trans=me en lutte et en p5se4 ,la te*nique1 les *anges1 la concurr5ce pr5n5t une allure prcipite4 ,ce qui tait bon hi]1 e/ auj\rd'hui prim4 ,ce qui p>at impossible auj\rd'hui1 s]a ralit dema9 et oubli aprs-dema94 ,l'expri5ce ne signifie plus ri52 elle e/ mme dang]euse1 c> elle p\sse l'imitation de modles pr-exi/ants4 ,t\te situation e/ n\velle1 t\te rsolution e/ sans prcd5t1 l'action s't5d du prs5t ,l'av5ir4 ,la victoire n'e/ pas celui qui reg>de en arrire1 mais celui qui reg>de en avant4 ,dans la lutte1 dont l'a*>nem5t et le ry?me sont dt]m9s p> l'ennemi1 la tradition n'e/ d'aucun sec\rs1 et elle disp>at p\r faire place l'intuition4 ,le s5s et la signification de l'ouragan napoloni5 rsid5t en ce que la p5se mcanise1 ho/ile l'expri5ce1 s'e/ p\r la premire fois *appe des ateli]s et laboratoires p\r s'emp>] de la politique1 non seulem5t de la politique c5trale1 de la politique de direction et de conception qui s'tait dj depuis longtemps sp>e de la tradition1 mais de t\s les organes auxiliaires et subordonns1 te*niques1 f9anci]s1 adm9i/ratifs4 ,devant cette =ce explosive1 l',europe traditionnelle s'e/ cr\le1 et le monde n'a retr\v sa /abilit qu'aprs s'tre assimil les n\velles m?odes de p5se et d'action1 du mo9s dans leurs rudim5ts4 ,encore en automne #ahac1 les allis se sont tr\vs immobiliss p5dant des mois devant le ,rh91 p>ce que1 d'aprs un vieux manuel d'hi/oire militaire1 un fleuve con/ituait une ligne de sp>ation devant laquelle on devait se recueillir et repr5dre des =ces4 ,si l'art de g\v]n] avait autrefois la tradition p\r base1 la =ce active de la politique mod]ne e/ con/itue p> les aptitudes qui c>actris5t l'organisateur1 l'entrepr5eur1 le colonisateur1 le conqurant4 ,ce qui e/ propre t\s ces hommes1 c'e/ la facult de se reprs5t] ce qui n'exi/e pas encore1 de se s5tir comme en communication avec le monde organique et d'en subir l'influ5ce pr(onde1 de saisir et de comp>] intuitivem5t des effets et des mobiles incomm5surables1 de faire surgir l'av5ir dans leur propre esprit4 ,ce qui c>actrise leur mode d'action1 c'e/ l'imag9ation rali/e1 c'e/ la =ce de dcision1 c'e/ l'audace et ce mlange de scepticisme et d'optimisme qui app>at absurde et antipa?ique aux natures simples et qui a valu l'impopul>it t\te leur vie durant aux matres de la politique4 ,il ne faut pas s'tonn] de ce que la langue allem&e ne possde pas de mot p\r dsign] la syn?se1 l'ensemble de ces =ces4 ,je *oisis l'expression art des affaires1 en appuyant sur l'anci5ne signification du mot affaire 7,ges*ft7 qui vi5t du mot crer 7,s*aff574 ,la ca/e de la noblesse foncire qui1 devant ses m&ants1 ses p>tisans et ses imitateurs1 porte la responsabilit du g\v]nem5t en ,prusse1 possde auj\rd'hui1 comme au temps de ,frdric1 la matrise incomp>able dans l'art de g\v]n] selon la m?ode traditionnelle1 et cela aussi bi5 sur ses propres doma9es qu'au s]vice de l'tat4 ,intgrit et idalisme1 quit et di/9ction1 fidlit au devoir et loyaut1 c\rage et virilit font auj\rd'hui1 comme autrefois1 de cette classe la ca/e la plus noble de l'hi/oire4 ,dans t\t ce que n\s savons du pass et du prs5t1 n\s ne retr\vons pas le p>eil de l'(fici] subalt]ne prussi54 ,grce ses qualits1 le s\s-prfet prussi5 a fait d'une fonction ?oriquem5t sup]flue une in/itution d'tat de la plus haute importance1 presque indisp5sable4 ,p>mi les belles qualits de cette p>tie de la noblesse1 dans laquelle se recrut5t nos fonctionnaires1 figure l'aptitude1 non seulem5t dirig] une adm9i/ration1 mais aussi la r5dre efficace et mod]ne1 l'aide de t\tes les m?odes sci5tifiques et te*niques1 mme celles d'orig9e trangre1 et cela au prix d'un gr& ef=t que ncessite la lutte contre l'av]sion naturelle l'g>d de t\t ce qui e/ n\veau4 ,mais1 trang]s l'improvisation1 nos fonctionnaires n'arriv5t ce rsultat que l5tem5t1 aprs une longue acc\tumance et une longue famili>isation4 ,leur initiative ne va d'ailleurs pas plus lo94 ,ce qui e/ unique1 ce qui n'a pas encore exi/1 e/ inaccessible l'esprit du fonctionnaire prussi54 ,rs\dre s\s sa propre responsabilit1 sans prjug ni p>ti-pris1 une situation embr\ille1 emb>rassante1 crer des *oses et des situations n\velles1 ht] celles qui sont en voie de =mation1 t\t cela n'e/ pas son affaire4 ,il se heurte d'ailleurs ici un ob/acle notoire3 ses actes se tr\v5t s\s une dp5dance tellem5t troite du cons]vatisme politique et subiss5t son influ5ce un po9t tel que le *oix des solutions1 en prs5ce d'une situation donne1 s'en tr\ve p\r lui =tem5t re/re9t4 ,il lui e/ difficile de r5dre si5ne la conception d'un autre1 de se mettre m5talem5t dans la situation d'un autre2 c'e/ p\rquoi il e/ mauvais ngociateur et mauvais colonisateur4 ,il lui manque le c\p d'oeil qui porte lo9 et p]ce l'av5ir4 ,il lui manque cette aspiration l'illimit sans laquelle le *amp de ce qui e/ ralisable se tr\ve rtrci et rduit aux seules possibilits t]re--t]re4 ,ce n'e/ pas p> un simple has>d que1 depuis la mort de ,frdric1 la ,prusse n'a pas produit d'hommes d'tats europens1 l'exception d'un seul1 qui n'tait d'ailleurs pas d'une noblesse pure4 ,on a dit que la gu]re a f\rni la preuve de l'extraord9aire esprit d'organisation de la ,prusse4 ,il e/ vrai que les organisations exi/antes de l'arme1 des *em9s de f]1 de la ,banque ,c5trale se sont montres1 dans leur /ructure et leur fonctionnem5t1 la hauteur de t\tes les exig5ces4 ,mais t\t ce qui a d tre cr et improvis1 comme n'ayant pas t prvu 7p\rquoi87 et t\t ce qui1 une fois cr et improvis1 a rsi/ l'preuve1 n'a pas t l'oeuvre de l'tat4 ,rev5ons la "q de la =ce d'assaut4 ,la slection portant sur les aptitudes adm9i/ratives traditionnelles ne suffit pas4 ,n\s avons beso9 de port] notre slection sur les aptitudes politiques absolues1 en ne t5ant compte que des exig5ces de l'art de g\v]n]1 au s5s mod]ne du mot4 ,la classe qui1 jusqu' prs5t1 tait seule *>ge de responsabilit politique n'e/ pas seulem5t trop petite1 puisqu'elle se compose de c9q mille individus sur une population de soixante c9q millions2 on peut dire1 en outre1 que cette classe e/ lo9 d'tre la plus apte remplir les t*es qui dpass5t les limites du doma9e purem5t adm9i/ratif4 ,l'objection que l'appel des reprs5tants d'autres classes de la nation n'a pas donn les rsultats v\lus e/ sans valeur1 c> tant que rgn]a l'atmosphre dont n\s avons p>l1 il y aura1 non pas une seule raison1 mais quatre p\r que les n\veaux arrivants se montr5t au-dess\s de leur t*e3 gnralem5t il entr]a dans la c>rire adm9i/rative1 p>ce qu'il n'aura pas russi dans une c>rire antrieure2 p\r se faire bi5 voir de ses n\veaux collgues1 il *]*]a leur ressembl] autant que possible et se comport] comme eux2 le t\r s\v5t m]cantile de la manire de p5s] de ces n\veaux arrivants donne s\v5t l'illusion de la pr(ondeur dont on att5d en va9 des *oses n\velles2 ils se tr\v5t non mo9s s\v5t dans l'obligation de faire des concessions qui1 t\t en tant indisp5sables1 dans les limites de leur n\velle c>rire1 n'en sont pas mo9s de nature dim9u] leurs *ances de russite4 ,dans les pr9cipaux tats occid5taux1 grce la longue pratique du p>lem5t>isme1 sont nes des m?odes de slection qui agiss5t d'une faon p\r a9si dire automatique1 sans l'int]v5tion de la lgislation et presque l'insu des nations qui considr5t les rsultats de cette slection comme une *ose t\te naturelle1 sans se dem&] comm5t et p\rquoi ils se produis5t4 ,de ces m?odes1 qui ont t\j\rs *app notre tude sci5tifique1 p>ce que le problme de la slection n'a jamais t pris au srieux *ez n\s1 il ne s]a pas "q ici4 ,qu'il n\s suffise de dire que t\tes ces m?odes ont leurs rac9es dans la vie p>lem5taire1 qu'elles repos5t en ,anglet]re sur le *oix et l'ducation v\lus et consci5ts de *efs au se9 des p>tis1 en ,france sur la pratique p>lem5taire et j\rnali/ique1 en ,amrique sur une base pl\tocrato-dmagogique4 ,la m?ode anglaise e/ difficile imit]1 c> en ,anglet]re le futur *ef de p>ti e/ dj1 p\r a9si dire1 reconnu p> ses cam>ades de collge comme possdant une supriorit physique et intellectuelle2 il e/ ensuite rem>qu p> un m9i/re qui1 sans t5ir compte de la filire hir>*ique1 fait de lui son secrtaire ou auxiliaire1 le fait pass] trav]s les cribles de plus en plus f9s de l'lection p>lem5taire1 de la pratique p>lem5taire1 le *>ge titre d'essai et d'preuve1 de responsabilits de plus en plus gr&es et lui transmet1 lorsqu'il a rsi/ victorieusem5t t\tes ces preuves1 son expri5ce1 sa connaissance des hommes et de la socit1 son influ5ce et son po/e4 ,on prt5d que1 dans ce pays1 il n'e/ pas de tal5t politique qui ne soit pas dc\v]t et qui1 une fois dc\v]t1 re/e inutilis4 ,la ,france1 lorsqu'elle e/ entre dans l'arne de l'hi/oire contempora9e1 tait un tat meurtri1 branlant sur ses bases1 tellem5t faible et dprim que son ambassadeur faisait appel la *eval]ie de l',emp]eur allem& p\r obt5ir la paix4 ,or1 grce son habilet politique1 la ,france a1 dans l'espace de qu>ante annes1 p5dant que l',allemagne p]dait son hgmonie1 rtabli sa =ce df5sive1 conquis trois ,empires coloniaux et conclu les plus =tes alliances en ,europe qui1 contrairem5t deux de nos alliances n\s1 ont victorieusem5t support l'preuve de la gu]re4 ,un pays1 qui tait oblig de faire v5ir de l'trang] ses f9anci]s et ses employs d'indu/rie1 p>ce qu'il n'avait pas *ez lui suffisamm5t de =ces et de tal5ts1 a pu1 grce une slection approprie1 satisfaire son norme beso9 et sa non mo9s norme consommation d'hommes d'tat et mme s'assur] des rs]ves telles qu'il disposait p\r t\t n\veau problme d'organisation ou d'ordre f9anci]1 diplomatique et p>lem5taire d'hommes de t\tes les nuances1 alors que *ez n\s il a fallu r5onc] plus d'un *angem5t ou remplacem5t1 p>ce qu'il tait impossible de tr\v] un successeur4 ,si l'on comp>e les deux pays au po9t de vue du *iffre de la population1 de l'tat de l'in/ruction1 de la =ce de production1 du niveau de culture et des conditions favorables au dveloppem5t de tal5ts1 on tr\ve1 avec un trs gr& degr de probabilits1 que l',allemagne aurait pu1 *aque in/ant1 dispos] de tal5ts politiques1 quantitativem5t et qualitativem5t de beauc\p suprieurs ceux dont dispose la ,france1 si elle avait connu les moy5s de slection automatiques dans le g5re de ceux dont n\s avons p>l plus haut4 ,mais ces moy5s1 n\s ne les connaissons pas4 ,bi5 mieux3 n\s usons de m?odes diamtralem5t opposes4 ,ce que nulle direction d'une socit p> actions1 nul conseil d'adm9i/ration d'une indu/rie1 nulle socit locale ne v\drai5t jamais admettre1 n\s le supportons1 alors qu'il s'agit du bi5 suprme de la collectivit3 n\s confions des responsabilits1 sans la conviction d'avoir *oisi les hommes les meilleurs et les plus =ts4 ,l'entreprise indu/rielle la plus puissante s]ait ru9e dans l'espace d'une gnration1 si elle tait oblige1 de p> ses /atuts1 de *oisir ses *efs responsables dans un c]cle d'un milli] de familles ou dans leur ent\rage4 ,et1 cep5dant1 on tr\ve ces m?odes bonnes1 lorsqu'il s'agit de la df5se spirituelle de l',empire contre une concurr5ce a*>ne1 intrieure et extrieure1 lorsque la "q en jeu n'e/ autre que celle de l'exi/5ce mme de notre peuple6 ,ce fait inconcevable tr\ve son explication dans un autre fait1 non mo9s inconcevable3 les notions de concurr5ce1 de travail organique1 de dons naturels n'ont pas encore pntr dans les rgions o se dcid5t nos de/9es4 ,l o il y a tant de *oses qui se transmett5t hrditairem5t1 on croit l'inspiration puise dans les fonctions mmes qu'on remplit1 la supriorit inne sur les masses1 aux annales de l'hi/oire dont *aque ligne relate un gr& mom5t1 sans qu'il y p>aisse ri5 de l'norme dp5se de travail et de gnie qui e/ inscrite entre les lignes4 ,l'hi/oire univ]selle se dr\le comme un feuilleton dans lequel *aque n\velle figure1 aprs s'tre acquitte de son rle emploie le temps qui lui re/e se dp5s] en h>angues1 en ap]u1 en actions d'tat4 ,c'e/ ce qui explique la manire ins5se dont on gaspille le temps de nos fonctionnaires1 et il faut dire que les ,p>lem5ts ne sont pas les mo9s c\pables de ces gaspillages4 ,celui qui e/ appel rs\dre de graves problmes a beso9 de #cfe fois #bd heures p\r lui et p\r son travail et doit laiss] d'autres le so9 de r5dre compte1 sa place1 de son m&at1 d'assi/] des ftes1 de procd] des inaugurations4 ,la conception anecdotique de l'hi/oire n'a eu qu'un seul mom5t de vogue1 et cela surt\t auprs des *roniqueurs (ficiels3 ce fut p5dant le c\rt apoge du long rgne de ,l\is ,,xiv1 alors que l',empire franais n'avait pas encore compt] avec des concurr5ts de la mme =ce que lui4 ,un jeune fonctionnaire brigue un po/e dans la c>rire diplomatique4 ,il porte un titre de noblesse1 a une belle pre/ance1 possde des rev5us de millionnaire1 fait p>tie d'une association d'tudiants des plus cotes1 d'un des rgim5ts les plus privilgis1 pr(esse des ides politiques traditionnelles et e/ nanti de hautes recomm&ations4 ,il e/ difficile d'oppos] un refus un po/ulant de cette qualit qui1 s'il p]dait sa =tune ou tait oblig de quitt] son s]vice1 devrait peut-tre se cont5t] de la pr(ession de m>*& d'automobiles4 ,il se p\rrait1 sans d\te1 que ce po/ulant privilgi ft d\ d'un gnie politique1 c> la nature se complat p>fois disp5s] ses dons sans *oix ni disc]nem5t4 ,mais le froid calcul des probabilits1 qui s'applique impitoyablem5t de longs int]valles de temps1 n\s enseigne qu'en ce qui conc]ne les dons suprieurs1 ceux du mo9s qui ne sont pas indisp5sables dans la vie matrielle1 le c]cle dj assez limit sur lequel porte la slection se rtrcit d'autant plus que les dons exigs sont de qualit plus leve1 de sorte qu'en f9 de compte le sort et l'exi/5ce de l'tat repos5t1 non sur le jeu complet des =ces nationales1 mais sur quelques c>tes seulem5t4 ,on p\rrait n\s oppos] l'objection tire de la prs5ce d'un gr& nombre de reprs5tants non-nobles dans les emplois importants4 ,mais1 encore une fois1 cette objection e/ sans valeur1 c> ces reprs5tants1 obligs de s'adapt] une atmosphre donne1 plus =te qu'eux1 f9iss5t p> prs5t] la fois les dfauts de la classe qu'ils ont quitte et de celle qu'ils imit5t1 et leur cas s'aggrave encore du fait que1 *]*ant se faire p>donn] leur intrusion dans un milieu qui n'e/ pas le leur1 ils p\ss5t l'assimilation jusqu' l'exagration4 ,lorsque le *oix de la matire premire intellectuelle e/ fait d'aprs des pr9cipes faux1 le dang] augm5te d'autant plus que les fonctions p\r lesquelles il s'agit de faire le *oix et la dsignation comport5t plus de responsabilit4 ,lorsqu'il s'agit des responsabilits les plus leves1 on ne se cont5te pas1 comme p\r les fonctions adm9i/ratives sans gr&e importance politique1 de l'avancem5t hir>*ique1 l'anci5net3 les nom9ations se font au *oix1 en conseil de cab9et4 ,mais le pr9cipe de la compt5ce des p\voirs suprieurs en ces matires1 pr9cipe qui e/ la base des nom9ations au *oix1 peut suffire aux poques de con/ellations huma9es p>ticulirem5t favorables4 ,on a vu surgir1 au c\rs de l'hi/oire1 des dyna/ies et des premi]s m9i/res possdant une connaissance des hommes et une compt5ce telles que nulle autre m?ode n'aurait pu donn] des rsultats aussi heureux que ceux qu'ils ont obt5us la suite de leurs *oix intuitifs4 ,mais les in/itutions d'un tat doiv5t tre prvues p\r des sicles1 et leur mo9dre fl*issem5t peut avoir les consqu5ces les plus graves4 ,c'e/ p\rquoi il faut compt] avec la possibilit de *oix incompt5ts1 arbitraires1 dicts p> la faveur1 et n\s connaissons des poques1 p\r ne ri5 dire de la ntre1 o des dons purem5t extrieurs1 les bonnes manires1 l'adaptation aux usages de la ,c\r1 des s]vices et des r5contres occasionnels ont j\ un rle dcisif dans le *oix des hauts dignitaires de l'tat4 ,la signification vritable des ,p>lem5ts rside1 a9si que n\s l'avons reconnu1 dans le fait qu'ils s]v5t1 non rg5t] les masses1 mais spiritualis] le peuple1 assign] la p5se et au v\loir de la nation des f9s qui dpass5t les beso9s et les occupations t]re--t]re et de t\s les j\rs4 ,t\t en j\ant leur rle traditionnel et mcanique de b>omtre de la nation1 ils devront l'av5ir tre l'cole o se =m]ont les hommes d'tat4 ,si n\s russissons1 et n\s y russirons1 lev] les ,p>lem5ts la hauteur de ce rle1 n\s aurons cr en mme temps l'organe qui1 au nom du peuple1 s]a en quelque sorte le rgulateur des *oix aux fonctions responsables4 ,il n'e/ pas absolum5t ncessaire que les ,p>lem5ts nomm5t directem5t les plus hauts magi/rats de l'tat2 mais il e/ absolum5t ncessaire qu'ils r5f]m5t dans leur se9 les tal5ts et compt5ces qu'exig5t ces hautes fonctions1 et il e/ non mo9s ncessaire que les p>tis qui f\rniront ces tal5ts et compt5ces s\ti5n5t leurs hommes de confiance de faon leur facilit] t\te n\velle organisation ou t\te rorganisation de leurs s]vices1 au po9t de vue de leur composition bureaucratique4 ,cette r=me et ce p\voir de rgul>isation reconnus au ,p>lem5t ne port]ont nul prjudice ni la bureaucratie1 ni la classe fodale1 p\r autant que les dons de l'une et de l'autre rsi/]ont l'preuve de la concurr5ce1 tant donn que les reprs5tants de ces deux catgories s]ont ligibles dans les mmes conditions que les autres et p\rront1 une fois lus1 faire pr(it] l'tat de leur expri5ce et de leur compt5ce traditionnelles4 ,mais la r=me du ,p>lem5t1 dont on peut att5dre ces effets1 doit tre l'oeuvre de la nation4 ,c'e/ la nation qui doit am5] au j\r t\tes ces vellxs intellig5tes des p\voirs qui g]m5t auj\rd'hui un peu p>t\t1 et cela en crant des sy/mes lectoraux appropris1 en donnant un cont5u pr(ond et srieux la vie des p>tis1 en imprimant ceux-ci une ori5tation n\velle4 ,il n\s re/e encore dire quelques mots d'une troisime =ce qui1 ct de la =ce de direction et de la =ce d'assaut1 assure la /abilit et la solidit de l'tat3 la =ce de rsi/ance4 ,t\te politique d'tat e/ une preuve p]man5te de ses =ces1 et la t5sion extrme de la politique1 celle qui culm9e dans la gu]re1 e/ une preuve qui s't5d t\s les doma9es1 physique1 psy*ique et intellectuel1 et qui1 normalem5t1 n'e/ pas t]m9e1 tant que la d]nire des que/ions sur lesquelles porte le conflit n'a pas reu sa solution4 ,la sance du ,rei*/ag du #d aot #aiad a rvl ce que n\s savions dj p> intuition1 savoir que t\t malheur qui atte9t notre pays ralise l'unit du peuple4 ,mais cette sance a rvl en mme temps que l'unit en "q1 lo9 d'tre l'effet de nos in/itutions1 signifie notre victoire sur celles-ci4 ,lorsqu'on voit des classes du peuple j\issant de droits re/re9ts1 considres comme incapables d'adaptation sociale et traites volonti]s en ennemies de l'tat1 de sans-patrie1 de tratres au pays1 lorsqu'on voit ces classes se lanc] dans la lutte p\r la patrie avec le mme en?\siasme que ceux auxquels cette patrie app>ti5t et obx aussi bi5 lgalem5t qu'conomiquem5t1 t\s ceux qui sont anims de s5tim5ts allem&s tr\v5t cette abngation naturelle4 ,mais on ne btit un tat1 en lui donnant p\r base l'abngation et le privilge4 ,n\s avons int5tionnellem5t laiss de ct1 dans cette p>tie de notre ouvrage1 consacr aux problmes urg5ts d'ordre politique1 la "q de l'lvation de niveau du prolt>iat hrditaire4 ,mais n\s sommes obligs de dcl>] que de simples raisons utilitaires r5d5t inacceptable la conception d'un tat se composant de classes dom9antes et de classes dom9es1 c> un tat prs5tant une p>eille /ructure politique manque d'quilibre et1 p> consqu5t1 de solidit4 ,n\s sommes tellem5t habitus l'ide que l'tat e/ une *ose qui n'intresse que les spciali/es privilgis1 qu'il e/ la proprit hrditaire de c]ta9es associations familiales et de c]ta9es comb9aisons de p>tis1 qu'il n'e/ compatible qu'avec c]ta9es ides et conceptions1 l'exclusion de t\tes les autres1 qu'il e/ un tre despotique1 int]v5ant p> ses innombrables ramifications dans la vie1 les droits1 la proprit de *acun de n\s1 un tre devant lequel on s'incl9e1 soit p> contra9te1 soit p>ce qu'il remplit plus ou mo9s bi5 c]ta9es fonctions publiques et politiques2 n\s sommes tel po9t levs dans l'ide que *acun de n\s doit se consacr] t\t enti] sa pr(ession1 qu'il s'agisse du comm]ce ou de l'indu/rie1 d'un emploi ou d'une fonction quelconque ou du travail intellectuel1 en levant les yeux le mo9s possible v]s les autorits privilgies1 en r5onant t\te critique importune et incompt5te1 s\s la seule rs]ve du droit reconnu *acun de remplir de temps autre un bullet9 de vote qui disp>at dans le t\rbillon de millions de voix2 ces ides1 disons-n\s1 n\s sont dev5ues tellem5t familires1 ont p\ss dans nos esprits des rac9es tellem5t pr(ondes que n\s sommes pe9e capables de n\s reprs5t] l'tat comme tant res publica1 la *ose de t\s1 l'expression commune de nos v\loirs t]re/res4 ,n\s manquons de po9ts de comp>aison1 et ceux que n\s (fr5t l'hi/oire et le monde extrieur se rapport5t des images d=mes p> l'exagration des dfauts3 c'e/ que ces images n\s sont prs5tes p> des pr(esseurs1 des comm]ants1 des voyageurs et des j\rnali/es1 c'e/--dire p> des g5s qui ne sont pas capables d'ori5t] librem5t leur volont4 ,n\s ne craignons pas d'exclure de t\te p>ticipation la vie publique et d'accul] l'agitation et la critique du travail p>lem5taire une moiti de notre peuple1 celle notamm5t qui voit dans nos =mes de vie et d'conomie une contra9te ho/ile4 ,n\s croyons p\voir n\s df5dre contre cette p>tie du peuple l'aide de lois1 la r5dre in(f5sive en la s\mettant des essais d'amlioration dont n\s confions le so9 l'glise et l'cole4 ,n\s ne n\s r5dons pas compte de ce qu'il y a d'inorganique dans le fait qu'une classe intellig5te1 expansive et ple9e d'aspirations soit dom9e sans rs]ves p> une classe possdante et re/rictive4 ,n\s considrons comme lgitime et politiquem5t admissible le fait d'un g\v]nem5t autoritaire1 pratiquant une politique de p>ti1 une politique qui *]*e tablir la dom9ation d'une classe sur une autre1 d'un gr\pe sur la masse4 ,n\s appelons cette politique cons]vatrice1 n\s disons qu'elle vise la cons]vation de l'tat4 ,mais qu'e/-ce qui se cons]ve et se ma9ti5t indf9im5t dans la vie organique8 ,c'e/ la vie elle-mme1 la vie qui se r5\velle sans cesse1 grce ses propres ress\rces1 et non ses =mes individuelles et passagres4 ,le prt5du cons]vateur n'e/1 au fond1 qu'un homme qui combat la vie1 qui l'entrave et favorise le vieillissem5t et la dcrpitude4 ,mais ce qui e/ plus grave encore1 c'e/ que t\te politique qui n'e/ pas une politique au s]vice de t\s1 mais une politique de p>ti1 e/ oblige de s]vir1 p\r a9si dire1 deux matres3 son b objectif extrieur et les ides intimes et secrtes du p>ti4 ,elle n'e/ donc pas libre dans ses m\vem5ts et succombe1 la longue1 t\te politique adv]se1 lorsque celle-ci e/ libre d'entraves et indp5dante dans le *oix de ses moy5s4 ,on *]*e depuis deux ans les raisons intimes1 mtaphysiques du sort qui n\s a conduits la gu]re mondiale4 ,la seule raison qui n\s ait valu ce sort e/ celle-ci3 une politique in/able et sans succs n'a pas russi conva9cre le peuple allem& qu'il e/ oblig de port] la responsabilit de sa vie et de ses de/9es4 ,le peuple1 absorb p> les s\cis de l'enri*issem5t1 des affaires et des p]fectionnem5ts de la te*nique1 se cont5tait de quelques vagues s\pirs propos de l'insuffisance avec laquelle sont remplies c]ta9es fonctions et ne v\lait pas se r5dre compte des vices fondam5taux dont il considrait les symptmes extrieurs comme accid5tels1 secondaires4 ,deux annes heureuses de succs p]sonnel avai5t1 aux yeux de *acun1 plus d'importance que les affaires de la collectivit qu'on laissait se ma9t5ir et se dbr\ill] tant bi5 que mal4 ,je n'ai pas cess1 cette poque1 d'attir] l'att5tion1 p> la p>ole et p> la plume1 sur la logique int]ne1 ple9e de m5aces1 qui1 indp5damm5t de tel ou tel cas politique p>ticuli]1 n\s entranait v]s l'heure fatale4 ,la gu]re1 qu'on *]*e encore auj\rd'hui ratta*] des causes secondaires1 devait v5ir1 p\r n\s conduire1 trav]s les malheurs communs1 la responsabilit commune et la solid>it nationale4 ,c'e/ une belle v]tu que celle des natures nes p\r s]vir et p\r v\] leur exi/5ce1 non au bi5 de l'humanit1 mais la df5se de la vie et des bi5s d'un matre1 p\r se confondre avec sa maison1 avec son sort et son c>actre et report] cette fidlit sur la desc5dance du matre4 ,cette qualit et cette exi/5ce sont c]ta9em5t l\ables4 ,elles peuv5t mme tre trs dignes de respect1 c> t\te attitude1 qu'il s'agisse de cration ou de subord9ation1 p> laquelle s'exprime la p]fection de relations int]-huma9es1 con/itue une f9 en soi4 ,tel e/ le sort de ceux qui sont incapables d'tre matres eux-mmes1 de ceux auxquels il n'e/ pas donn d'avoir une maison soi1 d'aspir] la lib]t1 de vivre et d'agir en t\te indp5dance et autonomie individuelles4 ,mais le peuple allem& ne peut pas tre v\ vivre dans une association politique qui ne soit pas si5ne dans t\s les s5s du mot1 subir le sort que lui impose une ca/e hrditaire1 s]vir de p>av5t des in/itutions fondes sur les privilges de quelques-uns4 ,ce peuple1 le plus indp5dant de t\s ceux qui exi/5t et ont exi/1 doit avoir la responsabilit de ce qu'il veut et de ce qu'il fait4 ,s'il e/ possible1 d'une faon gnrale1 de runir en un seul faisceau politique les innombrables dispositions individuelles1 les multiples et fcondes oppositions de natures et d'intrts qui s'entre-crois5t dans t\s les s5s dans notre pays1 il faut que l'organe c5tral qui pr5d des dcisions soit reli t\s les organes priphriques1 physiques et intellectuels1 p> des n]fs et des vaisseaux sa9s et robu/es3 c'e/ la seule condition de la ju/e rp>tition des droits et devoirs et du rveil des =ces libres4 ,n\s avons indiqu les voies qui conduis5t ce b3 r=me de la vie politique et p>lem5taire1 *oix des hommes les plus capables1 collaboration de la p>tie intellectuelle du peuple au travail d'adm9i/ration et la politique de l'tat4 ,p\r assur] la =ce de rsi/ance de l'tat1 n\s ne voyons pas d'autre moy5 que l'tablissem5t d'un quilibre entre les t5sions int]nes qui1 telles qu'elles s'oppos5t auj\rd'hui1 r5d5t le corps fragile4 ,ri5 de plus solide que le corps organique1 s\t5u p> des muscles sa9s1 rgulirem5t disposs4 ,lui seul e/ capable de support] le f>deau de la pression extrieure et la *>ge de sa propre df5se1 c> *acun de ses lm5ts sa9s ne peut v\loir que la cons]vation de l'ensemble et1 p\r ralis] cette f91 il accept]a la responsabilit des moy5s et *]*]a acqurir la =ce ncessaire4 ,c'e/ sur lui que repose la scurit et la protection de la c\ronne mon>*ique1 leve au-dessus des buts de p>ti et joyeusem5t supporte1 p>ce qu'en elle s'inc>ne le seul bi5 gnral que n'assombrit aucun dsir p]sonnel et qu'en elle *acun reconnat la ju/ice imp>tiale1 ds9tresse1 au s]vice de t\s1 sans exception1 sans prfr5ce d'aucune sorte4 ,c'e/ sur lui encore que repose le plus gr& de t\s les bi5s politiques1 le s5tim5t actif et agissant qui anime *aque citoy51 en tant que membre d'un tat qui e/ la proprit de t\s1 dont p]sonne ne peut tre exclu p\r quelque raison que ce soit1 qu'on s]t1 sans tre opprim p> l'obscure consci5ce qu'on ne travaille qu'au pr(it d'une classe privilgie et ruse3 ici1 au contraire1 *acun se r5d compte de la solid>it qui le ratta*e aux autres membres de la communaut et de la responsabilit qu'il p>tage avec eux1 solid>it et responsabilit dans lesquelles il puise le noble orgueil de faire p>tie de son tat et de son royaume1 orgueil qui n\s t\*e1 mme de lo91 et qui e/ inconnu dans un pays o il n'y a que de simples sujets4 ,c'e/ a9si que des considrations politiques et cont+5tes n\s amn5t cet tat populaire que des considrations morales et absolues n\s ont dj fait entrevoir4 ,si n\s avons fait tat des circon/ances p>ticulires notre pays1 un mom5t prcis et donn de son hi/oire1 ce ne fut pas1 malgr que ces circon/ances n\s t\*5t de trs prs1 p\r y puis] les pr9cipaux argum5ts en faveur de notre ?se1 mais uniquem5t p\r1 selon l'exemple d',ante1 insuffl] l'ide qui lutte p\r son exi/5ce la =ce de la ralit1 en la mettant en contact avec la t]re natale4 ,et ma9t5ant1 avant de clore notre expos1 jetons un d]ni] c\p d'oeil sur le tableau d'ensemble de notre vie sociale4 ,n\s sommes emports p> le m\vem5t le plus v]tig9eux que notre humanit plantaire ait jamais connu3 le m\vem5t mcani/ique4 ,ses dbuts ont t p]u1 il y a des milli]s d'annes1 p>t\t o le g5re huma91 dev5u sd5taire1 s'e/ tabli p> gr\pes de plus en plus compacts1 de plus en plus nombreux3 dans les pla9es abondamm5t arroses1 sur les ctes m>9es et le long des c\rs de fleuves3 sur l',euphrate et sur le ,nil1 aut\r de la ,mdit]rane et dans l',asie ,ori5tale4 ,les populations n'ont pas cess d'augm5t] et de se rp&re sur trois cont95ts1 dtruisant t\s les ob/acles qui s'opposai5t leur expansion3 =ts1 animaux4 ,la lutte de l'individu1 de la horde1 de la tribu p\r les bi5s de la nature s'e/ rvle inefficace et a d tre remplace p> la lutte de conqute m5e p> l'humanit entire contre l'ensemble des =ces de la nature4 ,c'e/ cette lutte que n\s avons donn le nom de mcanisation4 ,n\s vivons dans l're mondiale de la mcanisation4 ,en tant que lutte contre la nature1 elle n'a pas encore atte9t son po9t culm9ant2 en tant qu'poque intellectuelle1 elle l'a dpass1 puisqu'elle e/ dev5ue consci5te4 ,considre au po9t de vue physique1 notre poque app>at comme une poque primitive1 puisqu'elle e/ absorbe p> la lutte p\r la n\rriture1 la vie et le bonheur4 ,considre au po9t de vue mtaphysique1 elle ne rvle ri5 de df9itif1 c> elle e/ c>actrise p> la prdom9ance d'une =ce spirituelle d'ordre infrieur3 l'intellect4 ,la mcanisation s'e/ emp>e de t\tes les =ces huma9es1 de t\tes les p5ses et activits huma9es4 ,p\r se recrer elle-mme1 elle a produit la sci5ce et la philosophie intellectuelles2 p\r se cons]v]1 elle a beso9 de la te*nique1 des *anges1 de l'organisation et de la politique4 ,t\te la p5se pratique lui a emprunt ses =mes2 elle volue uniquem5t p>mi les notions de pol>it1 d'ab/raction1 de dveloppem5t1 de loi et de f91 en se s]vant d'in/rum5ts de mesure et d'obs]vation4 ,t\te la p5se mtaphysique s'e/ ins5siblem5t adapte ces =mes et a imit les m\vem5ts de l'intellect utilitaire4 ,le s5tim5t religieux lui-mme a adopt1 dans les glises1 dans les in/itutions d'dification et de rdemption1 la =me de la mcanisation et concili ses orig9es transc5dantales avec la ncessit d'organisation des masses1 aussi bi5 dans la vie t]re/re que dans l'au-del4 ,les quelques r>es voix qui1 v5ant de l',inde et de la ,pale/9e1 de la ,grce intuitive ou du rveur moy5-ge g]manique1 ont trav]s l'atmosphre de la p5se intellectuelle1 n'ont ab\ti1 au c\rs des sicles1 qu' crer un compromis mcanis4 ,mais la p5se elle-mme1 cette =ce gigantesque1 mais dompte1 de la t]re1 *]*e dpass] la volont utilitaire et aspire la lib]t4 ,elle reconnat la puissance ncessaire de la mcanisation1 puissance d'ordre exclusivem5t physique1 et se r5d compte de sa pauvret transc5dante4 ,et elle reconnat aussi la puissance intuitive de l'me qui p]ce l'av5ir1 son unit inv9cible1 et ne recule pas devant son propre sacrifice4 ,la mcanisation1 mise nu1 se rvle dans t\te son impuissance t]re/re2 elle a fait appel t\tes les =ces de la plante et de ses soleils1 mais uniquem5t p\r crer de n\velles masses et se procur] un n\veau travail2 elle a en*an t\s les hommes1 en leur imposant un s]vice commun1 mais uniquem5t p\r les r5dre plus ho/iles les uns aux autres1 s\s le c\v]t d'une app>5te solid>it2 elle a faonn t\tes nos manires de p5s]1 de s5tir et d'agir1 mais n'a russi qu' prcipit] nos s5tim5ts1 nos p5ses et nos actions dans l'abme de l'irrel4 ,l'esprit de la t]re inconnu1 dont n\s tions les s]viteurs doit dev5ir s]viteur son t\r4 ,si la mcanisation a ab\ti des rsultats in\s1 en ori5tant notre vie spirituelle1 matrielle et sociale v]s la lutte contre la nature1 elle n'a russi ni n\s faire compr5dre le s5s de la lutte1 ni matris] nos in/9cts primitifs4 ,bi5 mieux3 ces in/9cts1 la peur1 la convoitise1 l'gsme1 la ha9e1 elle les a /imuls et elle en a abus4 ,elle a favoris t\s les att5tats contre l'esprit t]nel1 p\r n\s procur] l'illusion du moi et de sa dom9ation4 ,elle a p]ptu1 en en faisant une vague ncessit anonyme1 t\tes les =mes du vol1 du brig&age1 de la lutte et de la s]vitude4 ,en guise d'appt et de sanction1 elle n\s a (f]t la j\issance et la privation1 les impratifs froids et les misrables expdi5ts de la philosophie intellectuelle1 l'image cle/e de notre enf] t]re/re1 autrem5t dit le nant4 ,c'e/ indp5damm5t de t\te f9 et de t\te p5se utilitaire que le s5s de notre exi/5ce s'e/ rvl n\s3 dev5ir1 croissance et vie de l'me4 ,indp5damm5t de t\te f9 et de t\t v\loir utilitaires1 n\s n\s p5*ons sur l'ess5ce mme de la mcanisation1 et n\s reconnaissons dans cet a*>nem5t t]re/re matris] la nature un bi5 vritable qui n\s tait *u1 mais dont la puret n\s a *app jusqu' prs5t1 cause du c>actre tr\ble de ses manife/ations4 ,la lutte contre la nature l'aide de la mcanisation e/ une lutte qui intresse l'humanit entire4 ,t\t ce qui a t fait avant la mcanisation tait l'oeuvre de l'individu1 de la famille1 de la ca/e1 de la tribu3 victoire sur le monde animal et sur la sauvag]ie1 ass]vissem5t du sol et des t5dues m>9es4 ,mais la lutte de t\tes les =ces huma9es contre t\tes les =ces de la nature exige la collaboration de t\tes les exi/5ces huma9es3 l'esprit plantaire lutte en tant qu'unit4 ,c'e/ d'aprs ce pr9cipe que la mcanisation a agi dans la pratique3 elle a runi les units huma9es en d'innombrables organisations2 elle a tabli des communications entre t\tes les rgions de la t]re1 en utilisant l'!r1 l'air1 l'eau et le mtal2 elle a associ les membres et les esprits les plus loigns les uns des autres1 en vue d'actions et de travaux communs4 ,mais le ct spirituel de l'association et de l'action commune lui a *app4 ,elle se s]t t\j\rs des /imulations primitives et des in/9cts d'esclaves1 p\r entret5ir et favoris] la lutte et la division4 ,convoitise et gsme1 ha9e1 envie et ho/ilit1 t\s les sombres et mauvais in/9cts des temps primitifs et de l'animalit anim5t le mcanisme de notre monde et dress5t homme contre homme1 collectivit contre collectivit4 ,les l>mes de la foi s*5t la flamme du v\loir mcani/e1 et les p>oles des prtres doiv5t se prt] bnir la ha9e4 ,rivs la galre1 n\s sommes condamns avoir le corps meurtri p> les *anes1 bi5 que le vaisseau que font avanc] nos rames soit notre vaisseau n\s et que la lutte dans laquelle n\s sommes engags soit une lutte dont l'enjeu e/ notre propre sort4 ,mais de mme que n\s savons avec c]titude que l'me qui se rveille e/ une *ose div9em5t sacre p\r laquelle n\s vivons et qui n\s app>ti5t1 que l'am\r e/ la =ce rdemptrice qui libre notre bi5 le plus intime et n\s entrane t\s v]s une unit suprieure1 de mme n\s disc]nons infailliblem5t dans la lutte mondiale 9vitable1 inaugure p> la mcanisation1 une seule *ose ess5tielle3 l'aspiration l'unit4 ,en opposant la mcanisation le signe qui la fait plir1 savoir la conception transc5dante du monde qu'elle a su obscurcir1 grce l'aide puissante que lui a prte la philosophie intellectuelle1 en lui opposant le culte de l'me1 la foi dans l'absolu2 en projetant sur son ess5ce des flots de lumire et en pntrant jusqu' son noyau ca*1 qui n'e/ autre que le dsir d'unit1 n\s la dp\illons de son p\voir et de sa puissance1 n\s cessons d'tre ses s]viteurs p\r dev5ir ses matres4 ,n\s comm5ons voir clair3 n\s ne cons5tons plus r5onc] notre dignit huma9e et la vie de l'me p\r un salaire de fam9e et p\r le bonheur inf]nal que n\s procur5t quelques j\issances et quelques vanits satisfaites1 p> p>esse1 p> gsme1 p> cra9te des responsabilits4 ,n\s aspirons l'unit et la solid>it de la communaut huma9e1 l'unit dont les li5s sont con/itus p> la responsabilit intime et la confiance div9e4 ,malheur la gnration qui *]*e t\ff] la voix de sa consci5ce1 qui ne voit ri5 au-del de ses intrts matriels1 qui vit dans l'am\r des app>5ces et ne sait pas s'arra*] aux li5s de l'gsme et de la ha9e6 ,elle se prp>e un tri/e av5ir4 ,n\s ne sommes ici-bas ni p\r possd] des bi5s matriels1 ni p\r ex]c] le p\voir1 ni mme p\r j\ir du bonheur4 ,le seul b de notre exi/5ce consi/e dgag] de l'esprit huma9 son ess5ce div9e4 ,,f9 ,,may5ne1 ,,imprim]ie ,,*>les ,,col9