by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,oeuvres ,,compl,,tes ,,de ,,madame ,,la ,,b>onne ,,de ,,/a,l-,,hol/e9 ,,tome ,,premi] ,,p>is ,,firm9 ,,didot ,,fr,,res1 ,,fils ,,et ,,cie1 ,,libraires ,m ,,dccc ,,lxxi ,,introduction ,,de ,l',,influ5ce ,,des ,,passions ,,sur ,,le ,,bonheur ,,des ,,individus ,,et ,,des ,,nations4 ,qusivit clo lucem1 +emuitque rep]ta4 ,,avant-,,propos4 ,on p5s]a peut-tre qu'il y a de l'empressem5t d'auteur faire p>atre la premire p>tie d'un livre qu& la seconde n'e/ pas encore faite3 d'abord1 malgr la connexion de ces deux p>ties entre elles1 *acune peut tre considre comme un ouvrage sp>2 mais il e/ possible aussi que1 condamne la clbrit sans p\voir tre connue1 j'pr\ve le beso9 de me faire jug] p> mes crits4 ,calomnie sans cesse1 et me tr\vant trop peu d'importance p\r me rs\dre p>l] de moi1 j'ai d cd] l'espoir qu'en publiant ce fruit de mes mditations1 je donn]ais quelque ide vraie des habitudes de ma vie et de la nature de mon c>actre4 ,lausanne1 ce #a;er juillet #agif4 ,,introduction4 ,quelle poque ai-je *oisie p\r faire un trait sur le bonheur des individus et des nations6 ,e/-ce au milieu d'une crise dvorante qui atte9t t\tes les de/9es1 lorsque la f\dre se prcipite dans le fond des valles comme sur les lieux levs8 ,e/-ce dans un temps o il suffit de vivre p\r tre entran p> le m\vem5t univ]sel1 o jusqu'au se9 mme de la tombe le repos peut tre tr\bl1 les morts jugs de n\veau1 et leurs urnes populaires t\r t\r admises ou rejetes dans le temple o les factions croyai5t donn] l'immortalit8 ,oui1 c'e/ dans ce sicle1 c'e/ lorsque l'espoir ou le beso9 du bonheur a s\lev la race huma9e2 c'e/ dans ce sicle surt\t qu'on e/ conduit rfl*ir pr(ondm5t sur la nature du bonheur individuel et politique1 sur sa r\te1 sur ses bornes1 sur les cueils qui sp>5t d'un tel b4 ,honte moi cep5dant si1 durant le c\rs de deux p\vantables annes1 si p5dant le rgne de la t]reur en ,france1 j'avais t capable d'un tel travail2 si j'avais pu concevoir un plan1 prvoir un rsultat l'effroyable mlange de t\tes les atrocits huma9es6 ,la gnration qui n\s suivra exam9]a peut-tre la cause et l'influ5ce de ces deux annes2 mais n\s1 les contempora9s1 les compatriotes des victimes immoles dans ces j\rs de sang1 avons-n\s pu cons]v] alors le don de gnralis] les ides1 de mdit] des ab/ractions1 de n\s sp>] un mom5t de nos impressions p\r les analys]8 ,non1 auj\rd'hui mme encore1 le raisonnem5t ne saurait appro*] de ce temps incomm5surable4 ,jug] ces vnem5ts1 de quelques noms qu'on les dsigne1 c'e/ les faire r5tr] dans l'ordre des ides exi/antes1 des ides p\r lesquelles il y avait dj des expressions4 cette affreuse image1 t\s les m\vem5ts de l'me se r5\vell5t1 on frissonne1 on s'enflamme1 on veut combattre1 on s\haite de m\rir2 mais la p5se ne peut se saisir encore d'aucun de ces s\v5irs2 les s5sations qu'ils font natre absorb5t t\te autre facult4 ,c'e/ donc en c>tant cette poque mon/rueuse1 c'e/ l'aide des autres vnem5ts pr9cipaux de la rvolution de ,france et de l'hi/oire de t\s les peuples1 que j'essay]ai de runir des obs]vations imp>tiales sur les g\v]nem5ts2 et si ces rflexions me conduis5t l'admission des premi]s pr9cipes sur lesquels se fonde la con/itution rpublica9e de la ,france1 je dem&e que1 mme au milieu des fureurs de l'esprit de p>ti qui d*ir5t la ,france1 et p> elle le re/e du monde1 il soit possible de concevoir que l'en?\siasme de quelques ides n'exclut pas le mpris pr(ond p\r c]ta9s hommes#a1 et que l'espoir de l'av5ir se concilie avec l'excration du pass4 ,alors mme que le coeur e/ jamais d*ir p> les blessures qu'il a reues1 l'esprit peut encore1 aprs un c]ta9 temps1 s'lev] des mditations gnrales4 ,on doit considr] prs5t ces gr&es que/ions qui vont dcid] de la de/9e politique de l'homme1 dans leur nature mme1 et non s\s le rapport seul des malheurs qui les ont accompagnes2 il faut exam9] du mo9s si ces malheurs sont de l'ess5ce des in/itutions qu'on veut tablir en ,france1 ou si les effets de la rvolution ne sont pas absolum5t di/9cts de ceux de la con/itution2 enf91 on doit se confi] assez l'lvation de son me p\r ne pas cra9dre1 en exam9ant des p5ses1 d'tre s\ponn d'indiffr5ce p\r les crimes4 ,c'e/ avec la mme indp5dance d'esprit que j'ai t*1 dans la premire p>tie de cet ouvrage1 de pe9dre les effets des passions de l'homme sur son bonheur p]sonnel4 ,je ne sais p\rquoi il s]ait plus difficile d'tre imp>tial dans les que/ions de politique que dans les que/ions de morale3 c]tes1 les passions influ5t autant que les g\v]nem5ts sur le sort de la vie1 et cep5dant dans le sil5ce de la retraite on discute avec sa raison les s5tim5ts qu'on a soi-mme pr\vs2 il me p>at qu'il ne doit pas en cot] plus p\r p>l] philosophiquem5t des avantages ou des inconvni5ts des rpubliques et des mon>*ies1 que p\r analys] avec exactitude l'ambition1 l'am\r1 ou telle autre passion qui a dcid de votre exi/5ce4 ,dans les deux p>ties de cet ouvrage1 j'ai galem5t *]* ne me s]vir que de ma p5se1 la dgag] de t\tes les impressions du mom5t3 on v]ra si j'ai russi4 ,les passions1 cette =ce impulsive qui entrane l'homme indp5damm5t de sa volont1 voil le vritable ob/acle au bonheur individuel et politique4 ,sans les passions1 les g\v]nem5ts s]ai5t une ma*9e aussi simple que t\s les levi]s dont la =ce e/ proportionne au poids qu'ils doiv5t s\lev]1 et la de/9e de l'homme ne s]ait compose que d'un ju/e quilibre entre les dsirs et la possibilit de les satisfaire4 ,je ne considr]ai donc la morale et la politique que s\s le po9t de vue des difficults que les passions leur prs5t5t3 les c>actres qui ne sont po9t passionns se plac5t d'eux-mmes dans la situation qui leur convi5t le mieux2 c'e/ presque t\j\rs celle que le has>d leur a dsigne2 ou s'ils y apport5t quelque *angem5t1 c'e/ seulem5t dans ce qui s'(fre le plus facilem5t leur porte4 ,laissons-les donc dans leur calme heureux1 ils n'ont pas beso9 de n\s2 leur bonheur e/ aussi v>i en app>5ce que les diffr5ts lots qu'ils ont reu de la de/9e2 mais la base de ce bonheur e/ t\j\rs la mme1 c'e/ la c]titude de n'tre jamais ni agit ni dom9 p> aucun m\vem5t plus =t que soi4 ,l'exi/5ce de ces tres impassibles e/ s\mise sans d\te1 comme celle de t\s les hommes1 aux accid5ts matriels qui r5v]s5t la =tune1 dtruis5t la sant1 etc42 mais c'e/ p> des calculs positifs et non p> des p5ses s5sibles ou morales qu'on loigne ou prvi5t de semblables pe9es4 ,le bonheur des c>actres passionns1 au contraire1 tant t\t fait dp5dant de ce qui se passe au-d$ans d'eux1 ils sont les seuls qui tr\v5t quelque s\lagem5t dans les rflexions qu'on peut faire natre dans leur me4 ,leur entranem5t naturel les exposant aux plus cruels malheurs1 ils ont plus beso9 du sy/me qui a p\r b unique d'vit] la d\leur4 ,enf91 les c>actres passionns sont les seuls qui1 p> de c]ta9s po9ts de ressemblance1 puiss5t tre t\s l'objet des mmes considrations gnrales4 ,les autres viv5t un un1 sans analogie comme sans v>it2 leur exi/5ce e/ monotone1 quoique *acun d'eux ait un b diffr5t2 et il y a autant de nuances que d'individus1 sans qu'on puisse dc\vrir une vritable c\leur4 ,si dans un trait sur le bonheur individuel je ne p>le que des c>actres passionns1 il e/ encore plus naturel d'analys] les g\v]nem5ts s\s le rapport de la "p qu'ils laiss5t l'influ5ce des passions4 ,on peut considr] un individu comme exempt de passions2 mais une collection d'hommes e/ compose d'un nombre c]ta9 de c>actres de t\s les g5res qui donn5t un rsultat peu prs p>eil2 il faut obs]v] que les circon/ances les plus dp5dantes du has>d sont s\mises un calcul positif qu& les *ances se multipli5t4 ,dans le canton de ,b]ne1 p> exemple1 on a rem>qu que t\s les dix ans il y avait peu prs la mme quantit de divorces3 il y a des villes d',italie o l'on calcule avec exactitude combi5 d'assass9ats se commett5t rgulirem5t t\s les ans3 a9si les vnem5ts qui ti5n5t une multitude de comb9aisons div]ses ont un ret\r priodique1 une proportion fixe1 qu& les obs]vations sont le rsultat d'un gr& nombre de *ances4 ,c'e/ ce qui doit conduire p5s] que la sci5ce politique peut acqurir un j\r une vid5ce gomtrique4 ,la morale1 *aque fois qu'elle s'applique tel homme en p>ticuli]1 peut se tromp] entirem5t dans ses suppositions p> rapport lui3 l'organisation d'une con/itution se fonde t\j\rs sur des donnes fixes1 puisque le gr& nombre en t\t g5re amne des rsultats t\j\rs semblables et t\j\rs prvus4 ,les passions sont la plus gr&e difficult des g\v]nem5ts3 cette vrit n'a pas beso9 d'tre dveloppe2 on voit aism5t que t\tes les comb9aisons sociales les plus despotiques convi5drai5t galem5t des hommes in]tes1 qui s]ai5t cont5ts de re/] la place que le sort leur aurait fixe1 et que la ?orie dmocratique la plus ab/raite s]ait praticable au milieu d'hommes sages uniquem5t conduits p> leur raison4 ,le seul problme des con/itutions e/ donc de connatre jusqu' quel degr on peut excit] ou comprim] les passions1 sans compromettre le bonheur public4 ,avant d'all] plus lo91 l'on dem&]ait peut-tre une df9ition du bonheur4 ,le bonheur1 tel qu'on le s\haite1 e/ la runion de t\s les contraires3 c'e/ p\r les individus l'espoir sans la cra9te1 l'activit sans l'inquitude1 la gloire sans la calomnie1 l'am\r sans l'incon/ance1 l'imag9ation qui embellirait nos yeux ce qu'on possde1 et fltrirait le s\v5ir de ce qu'on aurait p]du2 enf9 l'ivresse de la nature morale1 le bi5 de t\s les tats1 de t\s les tal5ts1 de t\s les plaisirs1 sp> du mal qui les accompagne4 ,le bonheur des nations s]ait aussi de concili] ensemble la lib]t des rpubliques et le calme des mon>*ies1 l'mulation des tal5ts et le sil5ce des factions1 l'esprit militaire au dehors et le respect des lois au d$ans4 ,le bonheur1 tel que l'homme le conoit1 c'e/ ce qui e/ impossible en t\t g5re2 et le bonheur1 tel qu'on peut l'obt5ir1 le bonheur sur lequel la rflexion et la volont de l'homme peuv5t agir1 ne s'acqui]t que p> l'tude de t\s les moy5s les plus srs p\r vit] les gr&es pe9es4 ,c'e/ la re*]*e de ce b que ce livre e/ de/94 ,deux ouvrages doiv5t se tr\v] dans un seul3 l'un tudie l'homme dans ses rapports avec lui-mme1 l'autre dans les relations sociales de t\s les individus entre eux3 quelque analogie se tr\ve dans les ides pr9cipales de ces deux traits1 p>ce qu'une nation prs5te le c>actre d'un homme1 et que la =ce du g\v]nem5t doit agir sur elle1 comme la puissance de la raison d'un individu sur lui-mme4 ,le philosophe veut r5dre durable la volont passagre de la rflexion2 l'art social t5d p]ptu] l'action de la sagesse2 enf9 ce qui e/ gr& se retr\ve dans ce qui e/ petit1 avec la mme exactitude de proportions3 l'univ]s t\t enti] se pe9t dans *acune de ses p>ties1 et plus il p>at l'oeuvre d'une seule ide1 plus il inspire d'admiration4 ,une gr&e diffr5ce1 cep5dant1 exi/e entre le sy/me du bonheur de l'individu et celui du bonheur des nations2 c'e/ que dans le premi] on peut avoir p\r b l'indp5dance morale la plus p>faite1 c'e/--dire1 l'ass]vissem5t de t\tes les passions1 *aque homme p\vant t\t t5t] sur lui-mme2 mais que1 dans le second1 la lib]t politique doit t\j\rs tre calcule d'aprs l'exi/5ce positive et inde/ructive d'une c]ta9e quantit d'tres passionns faisant p>tie du peuple qui doit tre g\v]n4 ,la premire p>tie e/ uniquem5t consacre aux rflexions sur la de/9e p>ticulire4 ,la seconde p>tie doit trait] du sort con/itutionnel des nations4 ,dans la seconde p>tie1 je compte exam9] les g\v]nem5ts anci5s et mod]nes s\s le rapport de l'influ5ce qu'ils ont laisse aux passions naturelles aux hommes runis en corps politique1 et tr\v] la cause de la naissance1 de la dure et de la de/ruction des g\v]nem5ts1 dans la "p plus ou mo9s gr&e qu'ils ont faite au beso9 d'action qui exi/e dans t\te socit4 ,dans la premire section de la seconde p>tie1 je trait]ai des raisons qui se sont opposes la dure et surt\t au bonheur des g\v]nem5ts o t\tes les passions ont t comprimes4 ,dans la seconde section1 je trait]ai des raisons qui se sont opposes au bonheur et surt\t la dure des g\v]nem5ts o t\tes les passions ont t excites4 ,dans la troisime section1 je trait]ai des raisons qui dt\rn5t la plup>t des hommes de se born] l'ence9te des petits tats o la lib]t dmocratique peut exi/]1 p>ce que l les passions ne sont excites p> aucun b1 p> aucun ?tre propre les enflamm]4 ,enf91 je t]m9]ai cet ouvrage p> des rflexions sur la nature des con/itutions reprs5tatives1 qui peuv5t concili] une p>tie des avantages regretts dans les div]s g\v]nem5ts4 ,ces deux ouvrages conduis5t ncessairem5t l'un l'autre2 c> si l'homme p>v5ait individuellem5t dompt] ses passions1 le sy/me des g\v]nem5ts se simplifi]ait tellem5t qu'on p\rrait alors adopt]1 comme praticable1 l'indp5dance complte1 dont l'organisation des petits tats e/ susceptible4 ,mais qu& cette ?orie mtaphysique s]ait impossible1 au mo9s e/-il vrai que plus l'on travaille calm] les s5tim5ts imptueux qui agit5t l'homme au d$ans de lui1 mo9s la lib]t publique a beso9 d'tre modifie2 ce sont t\j\rs les passions qui =c5t sacrifi] de l'indp5dance p\r assur] l'ordre1 et t\s les moy5s qui t5d5t r5dre l'empire la raison dim9u5t le nombre ncessaire des sacrifices de lib]t4--,j'ai pe9e comm5c la seconde p>tie politique1 dont je ne puis donn] une ide p> ce peu de mots4 ,en m'en occupant1 je vois qu'il faut longtemps p\r runir t\tes les connaissances1 p\r faire t\tes les re*]*es qui doiv5t s]vir de base ce travail2 mais si les accid5ts de la vie ou les pe9es du coeur bornai5t le c\rs de ma de/9e1 je v\drais qu'un autre accomplt le plan que je me suis propos4 ,en voici quelques ap]u incomplets qui ne p]mett5t pas de jug] de l'ensemble3 ,il faudrait d'abord1 en analysant les g\v]nem5ts anci5s et mod]nes1 *]*] dans l'hi/oire des nations ce qui app>ti5t seulem5t la nature de la con/itution qui les dirigeait4 ,montesquieu1 dans son sublime ouvrage ,sur les ,causes de la gr&eur et de la dcad5ce des ,roma9s1 a trait1 t\t ensemble1 les causes div]ses qui ont influ sur le sort de cet empire2 il faudrait appr5dre dans son livre et dml] dans l'hi/oire de t\s les autres peuples1 les vnem5ts qui sont la suite immdiate des con/itutions1 et peut-tre tr\v]ait-on que t\s les vnem5ts driv5t de cette cause3 les nations sont leves p> leurs g\v]nem5ts1 comme les enfants p> l'autorit pat]nelle4 ,et l'effet du g\v]nem5t n'e/ pas inc]ta9 comme celui de l'ducation p>ticulire1 puisque1 comme je l'ai dj dit1 les *ances du has>d subsi/5t p> rapport au c>actre d'un homme1 t&is que dans la runion d'un c]ta9 nombre les rsultats sont t\j\rs p>eils4 ,l'organisation de la puissance publique1 qui excite ou comprime l'ambition1 r5d telle ou telle religion plus ou mo9s ncessaire1 tel ou tel code pnal trop indulg5t ou trop svre1 telle t5due du pays dang]euse ou conv5able2 enf91 c'e/ de la manire dont les peuples conoiv5t l'ordre social que dp5d le de/9 de la race huma9e s\s t\s les rapports4 ,la plus gr&e p]fectibilit dont elle puisse tre susceptible1 c'e/ d'acqurir des ides c]ta9es sur la sci5ce politique4 ,si les nations tai5t en paix au dehors et au d$ans1 les arts1 les connaissances1 les dc\v]tes en div]s g5res f]ai5t *aque j\r de n\veaux progrs1 et la philosophie ne p]drait pas en deux ans de gu]re civile ce qu'elle avait acquis p5dant des sicles tranquilles4 ,aprs avoir bi5 tabli l'importance premire de la nature des con/itutions1 il faudrait pr\v] leur influ5ce p> l'exam5 des faits c>actri/iques de l'hi/oire des moeurs1 de l'adm9i/ration1 de la littrature1 de l'art militaire de t\s les peuples4 ,j'tudi]ais d'abord les pays qui1 dans t\s les temps1 ont t g\v]ns despotiquem5t1 et motivant leurs diffr5ces app>5tes1 je montr]ais que leur hi/oire1 s\s le rapport des causes et des effets1 a t\j\rs t p>faitem5t semblable2 et j'expliqu]ais quel effet doit con/amm5t produire sur les hommes la compression de leurs m\vem5ts naturels p> une =ce au dehors d'eux1 et laquelle leur raison n'a pu donn] aucun g5re de cons5tem5t4 ,dans l'exam5 des an>*ies dmagogiques ou militaires1 il faut montr] aussi que ces deux causes1 qui p>aiss5t opposes1 donn5t des rsultats p>eils1 p>ce que dans les deux tats les passions politiques sont galem5t excites p>mi les hommes p> l'loignem5t de t\tes les cra9tes positives et l'activit de t\tes les esprances vagues4 ,dans l'tude de c]ta9s tats1 qui1 p> leurs circon/ances encore plus que p> leur petitesse1 sont dans l'impossibilit de j\] un gr& rle au dehors1 et n'(fr5t po9t au d$ans de place qui puisse cont5t] l'ambition et le gnie1 il faudrait obs]v] comm5t l'homme t5d l'ex]cice de ses facults1 comm5t il veut agr&ir l'espace en proportion de ses =ces4 ,dans les tats obscurs1 les arts ne font aucun progrs1 la littrature ne se p]fectionne1 ni p> l'mulation qui excite l'loqu5ce1 ni p> la multitude des objets de comp>aison1 qui seule donne une ide fixe du bon gt4 ,les hommes privs d'occupations =tes se ress]r5t t\s les j\rs plus dans le c]cle des ides dome/iques1 et la p5se1 le tal5t1 le gnie1 t\t ce qui semble un don de la nature1 ne se dveloppe cep5dant que p> la comb9aison des socits4 ,le mme nombre d'hommes divis1 sp>1 sans mobile et sans b1 n'(fre pas un gnie suprieur1 une me ard5te1 un c>actre n]gique2 t&is que dans d'autres pays1 p>mi les mmes tres1 plusieurs se s]ai5t levs au-dessus de la classe commune1 si le b avait fait natre l'intrt1 et l'intrt l'tude et la re*]*e des gr&s moy5s et des gr&es p5ses4 ,sans s'arrt] longtemps sur les motifs de la prfr5ce que la sagesse conseill]ait peut-tre de donn] aux petits tats comme aux de/9es obscures1 il e/ ais de pr\v] que p> la nature mme des hommes ils t5d5t sortir de cette situation1 qu'ils se runiss5t p\r multipli] les *ocs1 qu'ils conquir5t p\r t5dre leur puissance2 enf91 que v\lant excit] leurs facults1 recul] en t\t g5re les bornes de l'esprit huma91 ils appell5t aut\r d'eux1 d'un commun accord1 les circon/ances qui second5t ce dsir et cette impulsion4 ,ces div]ses rflexions ne p\rrai5t avoir de prix qu'en les appuyant sur des faits1 sur une connaissance dtaille de l'hi/oire1 qui prs5te t\j\rs des considrations n\velles1 qu& on l'tudie avec un b dt]m91 et que1 guid p> l't]nelle ressemblance de l'homme avec l'homme1 on re*]*e une mme vrit trav]s la div]sit des lieux et des sicles4 ,ces diffr5tes rflexions conduirai5t enf9 au pr9cipal b des dbats actuels1 la manire de con/itu] une gr&e nation avec de l'ordre et de la lib]t1 et de runir a9si la spl5deur des beaux-arts1 des sci5ces et des lettres1 tant vante dans les mon>*ies1 avec l'indp5dance des rpubliques4 ,il faudrait crer un g\v]nem5t qui donnt de l'mulation au gnie1 et mt un fre9 aux passions factieuses2 un g\v]nem5t qui pt (frir un gr& homme un b digne de lui1 et dc\rag] l'ambition de l'usurpateur2 un g\v]nem5t qui prs5tt1 comme je l'ai dit1 la seule ide p>faite de bonheur en t\t g5re1 la runion des contra/es4 ,autant le morali/e doit rejet] cet espoir1 autant le lgislateur doit t*] de s'en rappro*]3 l'individu qui prt5d p\r lui-mme ce rsultat e/ un ins5s2 c> le sort1 qui n'e/ pas dans sa ma91 dj\e de t\tes les manires de telles esprances3 mais les g\v]nem5ts ti5n5t1 p\r a9si dire1 la place du sort p> rapport aux nations2 comme ils agiss5t sur la masse1 leurs effets et leurs moy5s sont assurs4 ,il ne s'ensuit pas qu'il faille croire la p]fection dans l'ordre social1 mais il e/ utile p\r les lgislateurs de se propos] ce b1 de quelque manire qu'ils conoiv5t sa r\te4 ,dans cet ouvrage donc1 que je f]ai1 ou que je v\drais qu'on ft1 il faudrait mettre absolum5t de ct t\t ce qui ti5t l'esprit de p>ti ou aux circon/ances actuelles3 la sup]/ition de la royaut1 la ju/e horreur qu'inspir5t les crimes dont n\s avons t les tmo9s1 l'en?\siasme mme de la rpublique1 ce s5tim5t qui1 dans sa puret1 e/ le plus lev que l'homme puisse concevoir4 ,il faudrait exam9] les in/itutions dans leur ess5ce mme1 et conv5ir qu'il n'exi/e plus qu'une gr&e "q qui divise encore les p5seurs2 savoir1 si dans la comb9aison des g\v]nem5ts mixtes1 il faut1 ou non1 admettre l'hrdit4 ,on e/ d'accord1 je p5se1 sur l'impossibilit du despotisme1 ou de l'tablissem5t de t\t p\voir qui n'a pas p\r b le bonheur de t\s2 on l'e/ aussi1 sans d\te1 sur l'absurdit d'une con/itution dmagogique#b1 qui b\lev]s]ait la socit au nom du peuple qui la compose4 ,mais les uns croi5t que la g>antie de la lib]t1 le ma9ti5 de l'ordre1 ne peut subsi/] qu' l'aide d'une puissance hrditaire et cons]vatrice2 les autres reconnaiss5t de mme la vrit du pr9cipe1 que l'ordre seul1 c'e/--dire1 l'obissance la ju/ice1 assure la lib]t3 mais ils p5s5t que ce rsultat peut s'obt5ir sans un g5re d'in/itutions que la ncessit seule peut faire admettre1 et qui doiv5t tre rejetes p> la raison1 si la raison pr\ve qu'elles ne s]v5t pas mieux que les ides naturelles au bonheur de la socit4 ,c'e/ sur ces deux que/ions1 il me semble1 que t\s les esprits devrai5t s'ex]c]3 il faut les sp>] absolum5t de ce que n\s avons vu1 et mme de ce que n\s voyons1 enf9 de t\t ce qui app>ti5t la rvolution2 c>1 comme on l'a =t bi5 dit1 il faut que cette rvolution f9isse p> le raisonnem5t1 et il n'y a de va9cus que les hommes p]suads4 ,lo9 donc de ceux qui ont quelque valeur p]sonnelle t\tes les dnom9ations d'esclaves et de factieux1 de conspirateurs et d'an>*i/es1 prodigues aux simples op9ions3 les actions doiv5t tre s\mises aux lois1 mais l'univ]s moral app>ti5t la p5se2 quiconque se s]t de cette arme mprise t\tes les autres1 et l'homme qui l'emploie e/ p> cela seul incapable de s'abaiss] d'autres moy5s4 ,plusieurs ouvrages de trs-bons auteurs r5f]m5t des raisons en faveur de l'hrdit modifie1 soit comme en ,anglet]re1 c'e/--dire1 composant deux bran*es du g\v]nem5t1 dont le troisime p\voir e/ purem5t reprs5tatif2 soit comme ,rome1 lorsque la puissance politique tait divise entre la dmocratie et l'ari/ocratie1 le peuple et le snat4 ,il faudrait donc dduire t\s les motifs qui ont fait croire que la balance de ces intrts opposs p\vait seule donn] de la /abilit aux g\v]nem5ts2 que l'homme qui se croit des tal5ts1 ou se voit de l'autorit1 t5dant naturellem5t1 d'abord aux di/9ctions p]sonnelles1 et ensuite aux di/9ctions hrditaires1 il vaut mieux crer lgalem5t ce qu'il conqu]ra de =ce4 ,il faudrait dvelopp] et ces raisons et beauc\p d'autres encore1 en acceptant de "p et d'autre celles qu'on croit tir] du droit p\r ou contre2 c> le droit en politique1 c'e/ ce qui conduit le plus srem5t au bonheur gnral2 mais l'on doit expos] s9crem5t t\s les moy5s de ses adv]saires qu& on les combat de bonne foi4 ,on p\rrait oppos] leurs raisonnem5ts que la pr9cipale cause de la de/ruction de plusieurs g\v]nem5ts a t d'avoir con/itu dans l'tat deux intrts opposs3 on a considr comme le *ef-d'oeuvre de la sci5ce des g\v]nem5ts de mesur] assez les deux actions contraires1 p\r que la puissance ari/ocratique et celle de la dmocratie se balanass5t1 comme deux lutteurs qu'une gale =ce r5d immobiles4 ,en effet1 le mom5t le plus prospre dans t\s ces g\v]nem5ts e/ celui o cette balance1 subsi/ant d'une manire p>faite1 donne le repos qui nat de deux ef=ts cont5us l'un p> l'autre2 mais cet tat ne peut tre durable4 l'in/ant o1 p\r suivre la comp>aison1 l'un des deux lutteurs pr5d un mom5t l'avantage1 il t]rasse l'autre qui se v5ge en le r5v]sant son t\r4 ,a9si l'on a vu la rpublique roma9e d*ire1 ds qu'une gu]re1 un homme1 ou le temps seul a rompu l'quilibre4--,on dira qu'en ,anglet]re il y a trois intrts1 et que cette comb9aison plus savante rpond de la tranquillit publique4 ,il n'y a jamais trois intrts dans un tel g\v]nem5t2 les privilgis hrditaires et ceux qui ne le sont pas peuv5t tre revtus de noms diffr5ts2 mais la division se fait t\j\rs sur ces deux bases3 l'on se sp>e et l'on se rallie d'aprs ces deux gr&s motifs d'opposition4 ,ne s]ait-il pas possible que le g5re huma91 tmo9 et victime de ce pr9cipe de ha9e1 de ce g5re de mort qui a dtruit tant d'tats1 p>vnt tr\v] la f9 du combat de l'ari/ocratie et de la dmocratie1 et qu'au lieu de s'atta*] la comb9aison d'une balance qui1 p> son avantage mme1 p> la "p qu'elle accorde la lib]t1 f9it t\j\rs p> tre r5v]se1 on exam9t si l'ide mod]ne du sy/me reprs5tatif n'tablit pas dans le g\v]nem5t un seul intrt1 un seul pr9cipe de vie1 en rejetant nanmo9s t\t ce qui peut conduire la dmocratie pure8 ,supposez d'abord un trs-petit nombre d'hommes extraits d'une nation imm5se1 une lection comb9e1 et p> deux degrs1 et p> l'obligation d'avoir pass successivem5t dans les places qui font connatre les hommes1 et exig5t de l'indp5dance de =tune et des droits l'e/ime publique p\r s'y ma9t5ir4 ,cette lection1 a9si modifie1 n'tablirait-elle pas l'ari/ocratie des meilleurs1 la prm95ce des tal5ts1 des v]tus et des proprits8 ce g5re de di/9ction qui1 sans faire deux classes de droit1 c'e/--dire deux ennemis de fait1 donne aux plus clairs la conduite du re/e des hommes1 et faisant *oisir les tres di/+us p> la f\le de leurs infrieurs1 assure au tal5t sa place1 et la mdiocrit sa consolation2 donne une "p l'am\r-propre du vulgaire dans les succs des g\v]nants qu'ils ont *oisis2 ouvre la c>rire t\s1 mais n'y amne que le petit nombre8 ,l'avantage de l'ari/ocratie de naissance1 c'e/ la runion des circon/ances qui r5d5t plus probables dans une telle classe les s5tim5ts gnreux3 l'ari/ocratie de l'lection doit1 alors que sa m>*e e/ sagem5t gradue1 appel] avec c]titude les hommes di/+us p> la nature aux places m95tes de la socit4--,ne s]ait-il pas possible que la division des p\voirs donnt t\s les avantages et aucun des inconvni5ts de l'opposition des intrts2 que deux *ambres1 un directoire excutif1 quoique temporaire1 fuss5t p>faitem5t di/9cts dans leurs fonctions2 que *acun prt un p>ti diffr5t p> sa place1 mais non p> esprit de corps2 ce qui e/ d'une t\t autre nature8 ,ces hommes1 sp>s p5dant le c\rs de leurs magi/ratures1 p> les ex]cices div]s du p\voir public1 se runirai5t ensuite dans la nation1 p>ce qu'aucun intrt contraire ne les sp>]ait d'une manire inv9cible4 ,ne s]ait-il pas possible qu'un gr& pays1 lo9 d'tre un ob/acle un tel tat de *oses1 ft p>ticulirem5t propre sa /abilit8 p>ce qu'une conspiration1 un homme1 peuv5t s'emp>] t\t c\p de la citadelle d'un petit tat1 et p> cela seul *ang] la =me de son g\v]nem5t1 t&is qu'il n'y a qu'une op9ion qui remue la fois tr5te millions d'hommes2 que t\t ce qui n'e/ produit que p> des individus1 ou p> une faction qui n'e/ po9t rallie au m\vem5t publie1 e/ t\ff p> la masse qui se porte sur *aque po9t4 ,il ne peut pas y avoir d'usurpation dans un pays o il faudrait que le mme homme rallit l'op9ion lui1 depuis le ,rh9 jusqu'aux ,pyrnes2 l'ide d'une con/itution1 d'un ordre lgal cons5ti p> t\s1 peut seule runir et frapp] di/ance4 ,le g\v]nem5t1 dans un gr& pays1 a p\r appui la masse norme des hommes paisibles2 cette masse e/ beauc\p plus considrable proportion mme1 dans une gr&e nation1 que dans un petit pays4 ,les g\v]nants1 dans un petit pays1 sont beauc\p plus multiplis p> rapport aux g\v]ns1 et la "p de *acun une action quelconque e/ plus gr&e et plus facile4 ,enf9 si l'on rptait d'une manire vague qu'on n'a jamais vu une con/itution fonde sur de telles bases1 qu'il vaut mieux adopt] celles qui ont exi/ p5dant des sicles1 on p\rrait dem&] de s'arrt] une rflexion qui mrite1 je crois1 une att5tion p>ticulire4 ,dans t\tes les sci5ces huma9es1 on dbute p> les ides complexes2 en se p]fectionnant1 l'on arrive aux ides simples2 l'ignorance absolue dans ces comb9aisons naturelles e/ mo9s loigne du d]ni] t]me des connaissances que les demi-lumires4 ,une comp>aison f]a mieux s5tir ma p5se4 la r5aissance des lettres1 les premi]s crits qu'on a composs ont t ple9s de re*]*e et d'affectation4 ,les gr&s criva9s1 deux sicles aprs1 ont admis et fait admettre le g5re simple2 et le disc\rs du sauvage qui s'criait3 ,dirons-notes aux ossem5ts de nos pres3 ,levez-v\s1 et m>*ez notre suite8 ce disc\rs avait plus de rapport avec la langue de ,voltaire que les v]s amp\ls de ,brbeuf ou de ,*apela94 ,en mcanique1 on avait d'abord tr\v la ma*9e de ,m>ly1 qui1 avec des frais normes1 levait l'eau sur le sommet d'une montagne2 aprs cette ma*9e1 on a dc\v]t des pompes qui produis5t le mme effet avec inf9im5t mo9s de moy5s4 ,sans v\loir faire d'une comp>aison une preuve1 peut-tre que1 lorsqu'il y a c5t ans en ,anglet]re1 l'ide de la lib]t rep>ut sur la t]re1 l'organisation comb9e du g\v]nem5t anglais tait le plus haut po9t de p]fection o l'on pt atte9dre alors2 mais auj\rd'hui des bases plus simples peuv5t donn] en ,france1 aprs la rvolution1 des rsultats p>eils quelques g>ds1 et suprieurs d'autres4 ,indp5damm5t de t\s les crimes p>ticuli]s qui ont t commis1 l'ordre social a t m5ac de sa de/ruction p5dant cette rvolution p> le sy/me politique mme qu'on avait adopt3 les moeurs b>b>es sont plus prs des in/itutions simples mal ent5dues1 que des in/itutions compliques2 mais il n'en e/ pas mo9s vrai que l'ordre social1 comme t\tes les sci5ces1 se p]fectionne mesure qu'on dim9ue les moy5s1 sans affaiblir le rsultat4 ,ces considrations1 et beauc\p d'autres1 conduirai5t un dveloppem5t complet de la nature et de l'utilit des p\voirs hrditaires faisant p>tie de la con/itution1 et de la nature et de l'utilit des con/itutions composes uniquem5t de magi/ratures temporaires2 c>1 il faut bi5 se le rpt]1 l'on e/ ma9t5ant oppos sur ce po9t seul2 le re/e des op9ions despotiques et dmagogiques sont des songes exalts ou crim9els1 dont t\t ce qui p5se s'e/ rveill4 ,on f]ait quelque bi51 je crois1 en traitant d'une manire purem5t ab/raite des que/ions dont les passions contraires se sont t\r t\r emp>es4 ,en exam9ant la vrit1 "p des hommes et des temps1 on arrive une dmon/ration qui se reporte ensuite avec mo9s de pe9e sur les circon/ances prs5tes4 la f9 d'un semblable ouvrage1 cep5dant1 s\s quelque po9t de vue gnral que ces gr&es que/ions fuss5t prs5tes1 il s]ait impossible de ne pas f9ir p> les p>ticul>is] dans leur rapport avec la ,france et le re/e de l',europe4 ,t\t invite la ,france re/] rpublique2 t\t comm&e l',europe de ne pas suivre son exemple3 l'un des plus spirituels crits de notre temps1 celui de ,b5jam9 ,con/ant1 a p>faitem5t trait la "q qui conc]ne la position actuelle de la ,france4 ,deux motifs de s5tim5t me frapp5t surt\t3 v\drait-on s\ffrir une n\velle rvolution p\r r5v]s] celle qui tablit la rpublique8 et le c\rage de tant d'armes1 et le sang de tant de hros s]ait-il v]s au nom d'une *imre dont il ne re/]ait que le s\v5ir des crimes qu'elle a cots8 ,la ,france doit p]si/] dans cette gr&e expri5ce dont le dsa/re e/ pass1 dont l'espoir e/ v5ir4 ,mais peut-on assez inspir] l',europe l'horreur des rvolutions8 ,ceux qui dte/5t les pr9cipes de la con/itution de ,france1 qui se montr5t les ennemis de t\te ide librale1 et font un crime d'aim] jusqu' la p5se d'une rpublique1 comme si les sclrats qui ont s\ill la ,france p\vai5t d%onor] le culte des ,caton1 des ,brutus et des ,sidney3 ces hommes intolrants et fanatiques ne p]suad5t po9t1 p> leurs vhm5tes dclamations1 les trang]s philosophes2 mais que l',europe c\te les amis de la lib]t1 les amis de la rpublique franaise1 qui se sont hts de l'adopt]1 ds qu'on l'a pu sans crime1 ds qu'il n'en cotait pas du sang p\r la dsir]4 ,aucun g\v]nem5t mon>*ique ne r5f]me assez d'abus1 ma9t5ant1 p\r qu'un j\r de rvolution n'arra*e plus de l>mes que t\s les maux qu'on v\drait rp>] p> elle4 ,dsir] une rvolution1 c'e/ dv\] la mort l'innoc5t et le c\pable2 c'e/1 peut-tre1 condamn] l'objet qui n\s e/ le plus *]6 et jamais on n'obti5t soi-mme le b qu' ce prix affreux on s'tait propos4 ,nul homme1 dans ce m\vem5t t]rible1 n'a*ve ce qu'il a comm5c2 nul homme ne peut se flatt] de dirig] une impulsion dont la nature des *oses s'emp>e2 et cet ,anglais qui v\lut desc5dre dans sa b>que la *ute du ,rh9 ,s*aff\se1 tait mo9s ins5s que l'ambitieux qui croirait p\voir se conduire avec succs trav]s une rvolution t\t entire4 ,laissez-n\s en ,france combattre1 va9cre1 s\ffrir1 m\rir dans nos affections1 dans nos p5*ants les plus *]s2 r5atre ensuite1 peut-tre1 p\r l'tonnem5t et l'admiration du monde4 ,mais laissez un sicle pass] sur nos de/9es2 v\s saurez alors si n\s avons acquis la vritable sci5ce du bonheur des hommes2 si le vieill>d avait raison1 ou si le jeune homme a mieux dispos de son doma9e1 l'av5ir4 ,hlas6 n'tes-v\s pas heureux qu'une nation t\t entire se soit place l'avant-g>de de l'espce huma9e p\r affront] t\s les prjugs1 p\r essay] t\s les pr9cipes8 ,att5dez1 v\s1 gnration contempora9e2 loignez encore de v\s les ha9es1 les proscriptions et la mort2 nul devoir ne p\rrait exig] de tels sacrifices1 et t\s les devoirs1 au contraire1 font une loi de les vit]4 ,qu'on me p>donne de m'tre laiss entran] au del de mon sujet2 mais qui peut vivre1 qui peut crire dans ce temps1 et ne pas s5tir et p5s] sur la rvolution de ,france8 ,j'ai trac l'esquisse imp>faite de l'ouvrage que je projette4 ,la premire p>tie que j'imprime prs5t e/ fonde sur l'tude de son propre coeur1 et les obs]vations faites sur le c>actre des hommes de t\s les temps4 ,dans l'tude des con/itutions1 il faut se propos] p\r b le bonheur1 et p\r moy5 la lib]t3 dans la sci5ce morale de l'homme1 c'e/ l'indp5dance de l'me qui doit tre l'objet pr9cipal2 ce qu'on peut avoir de ,bonheur en e/ la suite4 ,l'homme qui se v\]ait la p\rsuite de la flicit p>faite s]ait le plus in=tun des tres2 la nation qui n'aurait en vue que d'obt5ir le d]ni] t]me ab/rait de la lib]t mtaphysique1 s]ait la nation la plus misrable4 ,les lgislateurs doiv5t donc compt] et dirig] les circon/ances1 et les individus *]*] s'en r5dre indp5dants2 les g\v]nem5ts doiv5t t5dre au bonheur rel de t\s1 et les morali/es doiv5t appr5dre aux individus se pass] de bonheur4 ,il y a du bi5 p\r la masse dans l'ordre mme des *oses1 et cep5dant il n'e/ pas de flicit p\r les individus2 t\t conc\rt la cons]vation de l'espce1 t\t s'oppose1 aux dsirs de *acun1 et les g\v]nem5ts1 quelques g>ds1 reprs5tant l'ensemble de la nature1 peuv5t atte9dre la p]fection dont l'ordre gnral (fre l'exemple2 mais les morali/es1 p>lant aux hommes individuellem5t1 t\s ces tres emports dans le m\vem5t de l'univ]s1 ne peuv5t leur promettre avec c]titude aucune j\issance p]sonnelle1 que dans ce qui dp5d t\j\rs d'eux-mmes4 ,il y a de l'avantage se propos] p\r b de son travail sur soi1 la plus p>faite indp5dance philosophique2 les essais1 mme inutiles1 laiss5t encore aprs eux des traces salutaires2 agissant la fois sur son tre t\t enti]1 on ne cra9t pas1 comme dans les expri5ces sur les nations1 de disjo9dre1 de sp>]1 d'oppos] l'une l'autre t\tes les p>ties div]ses du corps politique4 ,l'on n'a po9t1 au d$ans de soi1 de transactions faire avec des ob/acles trang]s2 l'on mesure sa =ce1 on triomphe ou l'on se s\met2 t\t e/ simple1 t\t e/ possible mme2 c> s'il e/ absurde de considr] une nation comme un peuple de philosophes1 il e/ vrai que *aque homme en p>ticuli] peut se flatt] de le dev5ir4 ,je m'att5ds aux div]ses objections de s5tim5t et de raisonnem5t qu'on p\rra faire contre le sy/me dvelopp dans cette premire p>tie4 ,ri5 n'e/ plus contraire1 il e/ vrai1 aux premi]s m\vem5ts de la jeunesse1 que l'ide de se r5dre indp5dant des affections des autres2 on veut d'abord consacr] sa vie tre aim de ses amis1 captiv] la faveur publique4 ,il semble qu'on ne s'e/ jamais assez mis la disposition de ceux qu'on aime2 qu'on ne leur ait jamais assez pr\v qu'on ne p\vait exi/] sans eux2 que l'occupation1 les s]vices de t\s les j\rs ne satisfass5t pas assez au gr de la *aleur de l'me1 le beso9 qu'on a de se dv\]1 de se livr] en enti] aux autres4 ,on se fait un av5ir t\t compos des li5s qu'on a =ms2 on se confie d'autant plus leur dure que l'on e/ soi-mme plus incapable d'+ratitude2 on se sait des droits la reconnaissance2 on croit l'amiti a9si fonde plus qu' aucun autre li5 de la t]re3 t\t e/ moy51 elle seule e/ le b4 ,l'on veut aussi de l'e/ime publique1 mais il semble que vos amis v\s en sont les g>ants2 on n'a ri5 fait que p\r eux1 ils le sav5t1 ils le diront3 comm5t la vrit1 et la vrit du s5tim5t1 ne p]suad]ait-elle pas8 comm5t ne f9irait-elle pas p> tre reconnue8 ,les preuves sans nombre qui s'*app5t d'elle de t\tes p>ts doiv5t enf9 l'emport] sur la fabrication de la calomnie4 ,vos p>oles1 votre voix1 vos acc5ts1 l'air qui v\s environne1 t\t v\s semble empre9t de ce que v\s tes rellem5t1 et l'on ne croit pas la possibilit d'tre longtemps mal jug3 c'e/ avec ce s5tim5t de confiance qu'on vogue ple9es voiles dans la vie4 ,t\t ce qu'on a su1 t\t ce qu'on v\s a dit de la mauvaise nature d'un gr& nombre d'hommes1 s'e/ class dans votre tte comme l'hi/oire1 comme t\t ce qu'on appr5d en morale sans l'avoir pr\v4 ,on ne s'avise d'appliqu] aucune de ces ides gnrales sa situation p>ticulire2 t\t ce qui v\s arriv]a1 t\t ce qui v\s ent\re doit tre une exception4 ,ce qu'on a d'esprit n'a po9t d'influ5ce sur la conduite3 l o il y a un coeur1 il e/ seul c\t4 ,ce qu'on n'a pas s5ti soi-mme e/ connu de la p5se1 sans jamais dirig] les actions4 ,mais v+t-c9q ans1 cette poque prcise o la vie cesse de crotre1 il se fait un cruel *angem5t dans votre exi/5ce3 on comm5ce jug] votre situation2 t\t n'e/ plus av5ir dans votre de/9e2 beauc\p d'g>ds votre sort e/ fix1 et les hommes rfl*iss5t alors s'il leur convi5t d'y li] le leur4 ,s'ils y voi5t mo9s d'avantages qu'ils n'avai5t cru1 si de quelque manire leur att5te e/ trompe1 au mom5t o ils sont rsolus s'loign] de v\s1 ils veul5t se motiv] eux-mmes leur tort env]s v\s2 ils v\s *]*5t mille dfauts p\r s'abs\dre du plus gr& de t\s3 les amis qui se r5d5t c\pables d'+ratitude v\s accabl5t p\r se ju/ifi]2 ils ni5t le dv\em5t1 ils suppos5t l'exig5ce1 ils essai5t enf9 de moy5s sp>s1 de moy5s contradictoires p\r envelopp] votre conduite et la leur d'une sorte d'inc]titude que *acun explique son gr4 ,quelle multitude de pe9es assige alors le coeur qui v\lait vivre dans les autres1 et se voit tromp dans cette illusion6 ,la p]te des affections les plus *res n'emp*e pas de s5tir jusqu'au plus faible tort de l'ami qu'on aimait le mo9s4 ,votre sy/me dvie e/ attaqu1 *aque c\p branle l'ensemble3 celui-l aussi s'loigne de moi1 e/ une p5se d\l\reuse1 qui donne au d]ni] li5 qui se brise un prix qu'il n'avait pas aup>avant4 ,le public aussi1 dont on avait pr\v la faveur1 p]d t\te son indulg5ce2 il aime les succs qu'il prvoit1 il devi5t l'adv]saire de ceux dont il e/ lui-mme la cause2 ce qu'il a dit1 il l'attaque2 ce qu'il enc\rageait1 il veut le dtruire3 cette inju/ice de l'op9ion fait s\ffrir aussi de raille manires en un j\r4 ,tel individu qui v\s d*ire n'e/ pas digne que v\s regrettiez son suffrage2 mais v\s s\ffrez de t\s les dtails d'une gr&e pe9e dont l'hi/oire se dr\le vos yeux3 et dj c]ta9 de ne po9t vit] son pnible t]me1 v\s pr\vez cep5dant la d\leur de *aque pas4 ,enf9 le coeur se fltrit1 la vie se dcolore2 on a des torts son t\r qui dgt5t de soi comme des autres1 qui dc\rag5t du sy/me de p]fection dont on s'tait d'abord enorgueilli2 on ne sait plus quelle ide se repr5dre1 quelle r\te suivre dsormais2 =ce de s'tre confi sans rs]ve1 on s]ait prt s\ponn] inju/em5t4 ,e/-ce la s5sibilit1 e/-ce la v]tu qui n'e/ qu'un fantme8 et cette pla9te sublime *appe ,brutus dans les *amps de ,philippes1 doit-elle g>] la vie1 ou comm&] de se donn] la mort8 ,c'e/ cette poque fune/e o la t]re semble manqu] s\s nos pas1 o1 plus inc]ta9s sur l'av5ir que dans les nuages de l'enfance1 n\s d\tons de t\t ce que n\s croyions savoir1 et recomm5ons l'exi/5ce avec l'espoir de mo9s4 ,c'e/ cette poque o le c]cle des j\issances e/ p>c\ru1 et le ti]s de la vie pe9e atte9t1 que ce livre peut tre utile2 il ne faut pas le lire avant1 c> je ne l'ai moi-mme ni comm5c1 ni conu qu' cet ge4 ,on m'object]a1 peut-tre aussi1 qu'en v\lant dompt] les passions1 je *]*e t\ff] le pr9cipe des plus belles actions des hommes1 des dc\v]tes sublimes1 des s5tim5ts gnreux3 quoique je ne sois pas entirem5t de cet avis1 je convi5s qu'il y a quelque *ose de gr& dans la passion2 qu'elle aj\te1 p5dant qu'elle dure1 l'asc5dant de l'homme2 qu'il accomplit alors presque t\t ce qu'il projette1 tant la volont f]me et suivie e/ une =ce active dans l'ordre moral3 ,l'homme alors1 emport p> quelque *ose de plus puissant que lui1 use sa vie1 mais s'en s]t avec plus d'n]gie4 ,si l'me doit tre considre seulem5t comme une impulsion1 cette impulsion e/ plus vive qu& la passion l'excite4 ,s'il faut aux hommes sans passions l'intrt d'un gr& spectacle1 s'ils veul5t que les gladiateurs s'entre-dtruis5t leurs yeux1 t&is qu'ils ne s]ont que les tmo9s de ces affreux combats1 sans d\te il faut enflamm] de t\tes les manires ces tres in=tuns dont les s5tim5ts imptueux anim5t ou r5v]s5t le ?tre du monde3 mais quel bi5 en rsult]a-t-il p\r eux8 quel bonheur gnral peut-on obt5ir p> ces enc\ragem5ts donns aux passions de l'me8 ,t\t ce qu'il faut de m\vem5t la vie sociale1 t\t l'lan ncessaire la v]tu exi/]ait sans ce mobile de/ructeur4 ,mais1 dira-t-on1 c'e/ dirig] les passions et non les va9cre qu'il faut consacr] ses ef=ts4 ,je n'ent5ds pas comm5t on dirige ce qui n'exi/e qu'en dom9ant2 il n'y a que deux tats p\r l'homme3 ou il e/ c]ta9 d'tre le matre au d$ans de lui1 et alors il n'a po9t de passions2 ou il s5t qu'il rgne en lui-mme une puissance plus =te que lui1 et alors il dp5d entirem5t d'elle4 ,t\s ces traits avec la passion sont purem5t imag9aires2 elle e/1 comme les vrais tyrans1 sur le trne ou dans les f]s4 ,je n'ai po9t imag9 cep5dant de consacr] cet ouvrage la de/ruction de t\tes les passions2 mais j'ai t* d'(frir un sy/me de vie qui ne ft pas sans quelques d\ceurs1 l'poque o s'van\iss5t les esprances de bonheur positif dans cette vie3 ce sy/me ne convi5t qu'aux c>actres naturellem5t passionns1 et qui ont combattu p\r repr5dre l'empire2 plusieurs de ces j\issances n'app>ti5n5t qu'aux mes jadis ard5tes1 et la ncessit de ces sacrifices ne peut tre s5tie que p> ceux qui ont t malheureux4 ,en effet1 si l'on n'tait pas n passionn1 qu'aurait-on cra9dre1 de quel ef=t aurait-on beso91 que se pass]ait-il en soi qui pt occup] le morali/e1 et l'inquit] sur la de/9e de l'homme8 ,p\rrait-on aussi me repro*] de n'avoir pas trait sp>m5t les j\issances atta*es l'accomplissem5t de ses devoirs1 et les pe9es que font pr\v] le remords qui suit le tort1 ou le crime de les avoir braves8 ,ces deux ides premires dans l'exi/5ce s'appliqu5t galem5t t\tes les situations1 t\s les c>actres2 et ce que j'ai v\lu montr] seulem5t1 c'e/ le rapport des passions de l'homme avec les impressions agrables ou d\l\reuses qu'il ress5t au fond de son coeur4 ,en suivant ce plan1 je crois de mme avoir pr\v qu'il n'e/ po9t de bonheur sans la v]tu2 rev5ir ce rsultat p> t\tes les r\tes e/ une n\velle preuve de sa vrit4 ,dans l'analyse des div]ses affections morales de l'homme1 il se r5contr]a quelquefois des allusions la rvolution de ,france2 nos s\v5irs sont t\s empre9ts de ce t]rible vnem5t3 d'ailleurs j'ai v\lu que cette premire p>tie ft utile la seconde2 que l'exam5 des hommes un un pt prp>] au calcul des effets de leur runion en masse4 ,j'ai espr1 je le rpte1 qu'en travaillant l'indp5dance morale de l'homme1 on r5drait sa lib]t politique plus facile1 puisque *aque re/riction qu'il faut impos] cette lib]t e/ t\j\rs comm&e p> l'eff]vesc5ce de telle ou telle passion4 ,enf91 de quelque manire que l'on juge mon plan1 ce qui e/ c]ta91 c'e/ que mon unique b a t de combattre le malheur s\s t\tes ses =mes1 d'tudi] les p5ses1 les s5tim5ts1 les in/itutions qui caus5t de la d\leur aux hommes1 p\r *]*] quelle e/ la rflexion1 le m\vem5t1 la comb9aison1 qui p\rrai5t dim9u] quelque *ose de l'int5sit des pe9es de l'me3 l'image de l'in=tune1 s\s quelque aspect qu'elle se prs5te1 et me p\rsuit1 et m'accable4 ,hlas6 j'ai tant pr\v ce que c'tait que s\ffrir1 qu'un att5drissem5t inexprimable1 une inquitude d\l\reuse s'emp>5t de moi1 la p5se des malheurs de t\s et de *acun2 des *agr9s 9vitables et des t\rm5ts de l'imag9ation2 des rev]s de l'homme ju/e1 et mme aussi des remords du c\pable2 des blessures du coeur1 les plus t\*antes de t\tes1 et des regrets dont on r\git sans les pr\v] mo9s2 enf91 de t\t ce qui fait v]s] des l>mes1 ces l>mes que les anci5s recueillai5t dans une urne consacre1 tant la d\leur de l'homme tait augu/e leurs yeux4 ,ah6 ce n'e/ pas assez d'avoir jur que1 dans les limites de son exi/5ce1 de quelque inju/ice1 de quelque tort qu'on ft l'objet1 on ne caus]ait jamais volontairem5t une pe9e1 on ne r5onc]ait jamais volontairem5t la possibilit d'en s\lag] une2 il faut essay] encore si quelque ombre de tal5t1 si quelque facult de mditation ne p\rrait pas faire tr\v] la langue dont la mlancolie branle d\cem5t le coeur1 ne p\rrait pas aid] dc\vrir quelle hauteur philosophique les armes qui bless5t n'atte9drai5t plus4 ,enf91 si le temps et l'tude appr5ai5t comm5t on peut donn] aux pr9cipes politiques assez d'vid5ce p\r qu'ils ne fuss5t plus l'objet de deux religions1 et p> consqu5t des plus sanglantes fureurs1 il semble que l'on aurait du mo9s (f]t un exam5 complet de t\t ce qui livre la de/9e de l'homme la puissance du malheur4 ,,section ,,premi,,re4 ,,des ,,passions4 ,,*apitre ,,premi]4 ,de l'am\r de la gloire4 ,de t\tes les passions dont le coeur huma9 e/ susceptible1 il n'en e/ po9t qui ait un c>actre aussi imposant que l'am\r de la gloire3 on peut tr\v] la trace de ses m\vem5ts dans la nature primitive de l'homme1 mais ce n'e/ qu'au milieu de la socit que ce s5tim5t acqui]t sa vritable =ce4 ,p\r mrit] le nom de passion1 il faut qu'il absorbe t\tes les autres affections de l'me1 et ses plaisirs comme ses pe9es n'app>ti5n5t qu'au dveloppem5t enti] de sa puissance4 ,aprs cette sublimit de v]tu1 qui fait tr\v] dans sa propre consci5ce le motif et le b de sa conduite1 le plus beau des pr9cipes qui puisse m\voir notre me e/ l'am\r de la gloire4 ,je laisse au s5s de ce mot sa propre gr&eur en ne le sp>ant pas de la valeur relle des actions qu'il doit dsign]4 ,en effet1 une gloire vritable ne peut tre acquise p> une clbrit relative2 on en appelle t\j\rs l'univ]s et la po/rit p\r confirm] le don d'une si augu/e c\ronne2 elle ne doit donc re/] qu'au gnie ou la v]tu4 ,c'e/ en mditant sur l'ambition que je p>l]ai de t\s les succs phmres qui peuv5t imit] ou rappel] la gloire2 mais c'e/ d'elle-mme1 c'e/--dire1 de ce qui e/ vraim5t gr& et ju/e1 que je veux d'abord m'occup]2 et p\r jug] son influ5ce sur le bonheur1 je ne cra9drai po9t de la faire p>atre dans t\te la sduction de son clat4 ,le digne et s9cre amant de la gloire propose un beau trait au g5re huma92 il lui dit3 ,je consacr]ai mes tal5ts v\s s]vir2 ma passion dom9ante m'excit]a sans cesse faire j\ir un plus gr& nombre d'hommes des rsultats heureux de mes ef=ts2 le pays1 le peuple qui m'e/ inconnu1 aura des droits aux fruits de mes veilles2 t\t ce qui p5se e/ en relation avec moi2 et1 dgag de la puissance environnante des s5tim5ts individuels1 c'e/ l't5due seule de mes bi5faits que je mesur]ai mon bonheur3 p\r prix de ce dv\em5t1 je ne v\s dem&e que de le clbr]2 *>gez la r5omme d'acquitt] votre reconnaissance4 ,la v]tu1 j'en convi5s1 sait j\ir d'elle-mme2 moi1 j'ai beso9 de v\s p\r obt5ir le prix qui m'e/ ncessaire p\r que la gloire de mon nom soit unie au mrite de mes actions4 ,quelle fran*ise1 quelle simplicit dans ce contrat6 comm5t se peut-il que les nations n'y soi5t jamais re/es fidles1 et que le gnie seul en ait accompli les conditions8 ,c'e/1 sans d\te1 une j\issance enivrante que de remplir l'univ]s de son nom1 d'exi/] tellem5t au del de soi1 qu'il soit possible de se faire illusion et sur l'espace et sur la dure de la vie1 et de se croire quelques-uns des attributs mtaphysiques de l'inf9i4 ,l'me se remplit d'un orgueilleux plaisir p> le s5tim5t habituel que t\tes les p5ses d'un gr& nombre d'hommes sont diriges sur v\s2 que v\s exi/ez en prs5ce de leur espoir2 que *aque mditation de votre esprit peut influ] sur beauc\p de de/9es2 que de gr&s vnem5ts se dvelopp5t au d$ans de v\s1 et comm&5t1 au nom du peuple1 qui compte sur vos lumires1 la plus vive att5tion vos propres p5ses4 ,les acclamations de la f\le remu5t l'me1 et p> les rflexions qu'elles font natre1 et p> les commotions qu'elles excit5t3 t\tes ces =mes animes1 enf91 s\s lesquelles la gloire se prs5te1 doiv5t transport] la jeunesse d'esprance et l'enflamm] d'mulation4 ,les r\tes qui conduis5t un si gr& b sont remplies de *>mes2 les occupations que comm&e l'ardeur d'y p>v5ir sont elles-mmes une j\issance2 et1 dans la c>rire des succs1 ce qu'il y a s\v5t de plus heureux1 c'e/ la suite d'intrts qui les prcd5t et s'emp>5t activem5t de la vie4 ,la gloire des crits et celle des actions sont s\mises des comb9aisons diffr5tes2 la premire1 empruntant quelque *ose des plaisirs solitaires1 peut p>ticip] leurs bi5faits2 mais ce n'e/ pas elle qui r5d s5sibles t\s les signes de cette gr&e passion2 ce n'e/ pas ce gnie dom9ateur qui dans un in/ant sme1 recueille et se c\ronne2 dont l'loqu5ce entranante1 ou le c\rage va9queur dcid5t in/antanm5t du sort des sicles et des empires2 ce n'e/ pas cette motion t\te-puissante dans ses effets1 qui comm&e en inspirant une volont p>eille1 et saisit dans le prs5t t\tes les j\issances de l'av5ir4 ,le gnie des actions e/ disp5s d'att5dre la t>dive ju/ice que le temps trane sa suite2 il fait m>*] sa gloire en avant comme la colonne enflamme qui jadis clairait la m>*e des ,isralites4 ,la clbrit qu'on peut acqurir p> les crits e/ r>em5t contempora9e2 mais alors mme qu'on obti5t cet heureux avantage1 comme il n'y a ri5 d'in/antan dans ses effets1 d'ard5t dans son clat1 une telle c>rire ne peut1 comme la gloire active1 donn] le s5tim5t complet de sa =ce physique et morale1 assur] l'ex]cice de t\tes ses facults1 enivr] enf9 p> la c]titude de la puissance de son tre4 ,c'e/ donc au plus haut po9t de bonheur que l'am\r de la gloire puisse donn]1 qu'il faut s'atta*] p\r en mieux jug] les ob/acles et les malheurs4 ,la premire des difficults1 dans t\s les g\v]nem5ts o les di/9ctions hrditaires sont tablies1 c'e/ la runion des circon/ances qui donn5t de l'clat la vie2 les ef=ts que l'on fait p\r sortir d'une situation obscure1 p\r j\] un rle sans y tre appel1 dplais5t la plup>t des hommes4 ,ceux que leur de/9e appro*e des premires places1 croi5t voir une preuve de mpris p\r eux dans l'esprance que l'on conoit de fran*ir l'espace qui en sp>e1 et de se mettre1 p> ses tal5ts1 au niveau de leur de/9e4 ,les individus de la mme classe que soi1 qui se sont rsigns n'en pas sortir1 attribuant bi5 plutt cette rsolution leur sagesse qu' leur mdiocrit1 appell5t folie une conduite diffr5te1 et sans jug] la div]sit des tal5ts1 se croi5t faits p\r les mmes circon/ances4 ,dans les mon>*ies ari/ocratiquem5t con/itues1 la multitude se plat quelquefois1 p> un esprit dom9ateur1 relev] celui que le has>d a dlaiss2 mais ce mme esprit ne lui p]met pas d'ab&onn] ses droits sur l'exi/5ce qu'elle a cre2 le peuple reg>de cette exi/5ce comme l'oeuvre de ses ma9s2 et si le sort1 la sup]/ition1 la magie1 une puissance1 enf91 indp5dante des hommes1 n'entre pas dans la de/9e de celui qui1 dans un tat mon>*ique1 doit son lvation l'op9ion du peuple1 il ne cons]v]a pas longtemps une gloire que les suffrages seuls crent et rcomp5s5t1 qui puise la mme s\rce son exi/5ce et son clat2 le peuple ne s\ti5dra pas son ouvrage1 et ne se pro/]n]a pas devant une =ce dont il se s5t le pr9cipal appui4 ,ceux qui1 s\s un tel ordre de *oses1 sont ns dans la classe privilgie1 ont quelques g>ds beauc\p de donnes utiles2 mais d'abord la *ance des tal5ts se ress]re1 et proportion du nombre1 et plus encore p> l'espce de nglig5ce qu'inspir5t de c]ta9s avantages3 mais qu& le gnie lve celui que les rangs de la mon>*ie avai5t dj sp> du re/e de ses concitoy5s1 indp5damm5t des ob/acles communs t\s1 il en e/ qui sont p]sonnels cette situation4 ,des rivaux en plus petit nombre1 des rivaux qui se croi5t vos gaux plusieurs g>ds1 se press5t davantage aut\r de v\s1 et lorsqu'on veut les c>t]1 ri5 n'e/ plus difficile que de savoir jusqu' quel po9t il faut se livr] la popul>it1 en j\issant de di/9ctions impopulaires4 ,il e/ presque impossible de connatre t\j\rs avec c]titude le degr d'empressem5t qu'il faut montr] l'op9ion gnrale3 c]ta9e de sa t\te-puissance1 elle en a la pudeur1 et veut du respect sans flatt]ie2 la reconnaissance lui plat1 mais elle se dgte de la s]vitude1 et rassasie de s\v]a9et1 elle aime le c>actre indp5dant et fi]1 qui la fait d\t] un mom5t de son autorit1 p\r lui en r5\vel] la j\issance4 ,ces difficults gnrales r$\bl5t p\r le noble1 qui dans une mon>*ie veut obt5ir une gloire vritable2 s'il ddaigne la popul>it1 il e/ ha3 un plbi5 dans un tat dmocratique peut obt5ir l'admiration en bravant la popul>it2 mais si un noble adopte une telle conduite dans un tat mon>*ique1 au lieu de se donn] l'clat du c\rage1 il ne f]a croire qu' son orgueil2 et si cep5dant1 p\r vit] ce blme1 il re*]*e la popul>it1 il e/ sans cesse prs du s\pon ou du ridicule4 ,les hommes ne veul5t pas qu'on r5once totalem5t ses intrts p]sonnels1 et ce qui e/1 un c]ta9 po9t1 contre leur nature1 e/ dj\ p> eux3 il n'y a que la vie qu'on puisse sacrifi] avec clat2 l'ab&on des autres avantages1 quoique bi5 plus r>e et plus e/imable1 e/ reprs5t comme une sorte de dup]ie2 et quoique ce soit le plus haut degr du dv\em5t1 ds qu'il e/ nomm dup]ie1 il n'excite plus l'en?\siasme de ceux mme qui sont l'objet du sacrifice4 ,les nobles donc1 placs entre la nation et le mon>que1 entre leur exi/5ce politique et l'intrt gnral1 obti5n5t difficilem5t de la gloire ailleurs que dans les armes4 ,la plup>t de ces considrations ne peuv5t s'appliqu] aux succs militaires2 la gu]re ne laisse l'homme1 de sa nature1 que ses facults physiques2 p5dant que cet tat dure1 il se s\met la valeur1 l'audace1 au tal5t qui fait va9cre1 comme les corps les plus faibles suiv5t l'impulsion des plus =ts4 ,l'tre moral n'e/ de ri5 dans la bataille1 et voil p\rquoi les soldats ont plus de con/ance dans leur atta*em5t p\r leurs gnraux1 que les citoy5s dans leur reconnaissance p\r leurs adm9i/rateurs4 ,dans les rpubliques1 si elles sont con/itues sur la seule base de l'ari/ocratie1 t\s les membres d'une mme classe sont un ob/acle la gloire de *acun d'eux2 cet esprit de modration qu'avec tant de raison ,montesquieu a dsign comme le pr9cipe des rpubliques ari/ocratiques1 cet esprit de modration ne s'accorde pas avec les lans du gnie3 un gr& homme1 s'il v\lait se montr] tel1 prcipit]ait la m>*e gale et s\t5ue de ces g\v]nem5ts2 et comme l'utilit e/ le pr9cipe de l'admiration1 dans un tat o les gr&s tal5ts ne peuv5t s'ex]c] d'une manire avantageuse t\s1 ils ne se dvelopp5t pas1 ou sont t\ffs1 ou sont cont5us dans une c]ta9e limite qui ne leur p]met pas d'atte9dre la clbrit4 ,on ne sait pas au dehors un nom propre du g\v]nem5t de ,v5ise1 du g\v]nem5t sage et pat]nel de la rpublique de ,b]ne2 un mme esprit dirige1 depuis plusieurs sicles1 des individus diffr5ts2 et si un homme lui donnait son impulsion p>ticulire1 il natrait des *ocs dans une organisation dont l'unit fait t\t la fois le repos et la =ce4 ,p\r les rpubliques populaires1 il faut di/+u] deux poques t\t fait diffr5tes1 celle qui a prcd l'imprim]ie1 et celle qui e/ contempora9e du plus gr& dveloppem5t possible de la lib]t de la presse4 ,celle qui a prcd l'imprim]ie devait tre favorable l'asc5dant d'un homme sur les autres hommes4 ,les lumires n'tant po9t dissm9es1 celui qui avait reu des tal5ts suprieurs1 une raison =te1 avait de gr&s moy5s d'agir sur la multitude2 le secret des causes n'tait pas connu1 l'analyse n'avait pas *ang en sci5ce positive la magie de t\s les effets2 enf91 l'on p\vait tre tonn1 p> consqu5t entran2 et des hommes croyai5t qu'un d'entre eux tait ncessaire t\s4 ,de l les gr&s dang]s que c\rait la lib]t2 de l les factions t\j\rs r5aissantes2 c> les gu]res d'op9ions f9iss5t avec les vnem5ts qui les dcid5t1 avec les discussions qui les clair5t2 mais la puissance des hommes suprieurs se r5\velle avec *aque gnration1 et d*ire ou ass]vit la nation qui se livre sans mesure cet en?\siasme4 ,mais lorsque la lib]t de la presse1 et1 ce qui e/ plus encore1 la multiplicit des j\rnaux1 r5d publiques *aque j\r les p5ses de la veille1 il e/ presque impossible qu'il exi/e dans un tel pays ce qu'on appelle de la gloire2 il y a de l'e/ime1 p>ce que l'e/ime ne dtruit pas l'galit1 et que celui qui l'accorde1 juge au lieu de s'ab&onn]2 mais l'en?\siasme p\r les hommes en e/ banni4 ,il y a dans t\s les c>actres des dfauts qui jadis n'tai5t dc\v]ts que p> le flambeau de l'hi/oire1 ou p> un trs-petit nombre de philosophes contempora9s que le m\vem5t gnral n'avait po9t enivrs2 auj\rd'hui celui qui veut se di/+u] e/ en gu]re avec l'am\r-propre de t\s2 on le m5ace du niveau *aque pas qui l'lve1 et la masse des hommes clairs pr5d une sorte d'orgueil actif1 de/ructeur des succs individuels4 ,si l'on veut exam9] la cause du gr& asc5dant que dans ,a?nes1 qu' ,rome1 des gnies suprieurs ont obt5u1 de l'empire presque aveugle que dans les temps anci5s ils ont ex]c sur la multitude1 on v]ra que l'op9ion n'a jamais t fixe p> l'op9ion mme1 que c'e/ quelques p\voirs diffr5ts d'elle1 l'appui de quelque sup]/ition que sa con/ance a t due4 ,tantt ce sont des rois1 qui jusqu' la f9 de leur vie ont cons]v la gloire qu'ils avai5t obt5ue2 mais les peuples croyai5t alors que la royaut avait une orig9e cle/e3 tantt on voit ,numa inv5t] une fable p\r faire accept] des lois que la sagesse lui dictait1 se fiant plus la crdulit qu' l'vid5ce4 ,les meilleurs gnraux roma9s1 qu& ils v\lai5t donn] une bataille1 dcl>ai5t que l'exam5 du vol des oiseaux les =ait la livr]4 ,c'e/ a9si que les hommes habiles de l'antiquit ont ca* le conseil de leur gnie s\s l'app>5ce d'une sup]/ition1 vitant ce qui peut avoir des juges1 quoique c]ta9s d'avoir raison4 ,enf91 *aque dc\v]te des sci5ces1 en enri*issant la masse1 dim9ue l'empire individuel de l'homme4 ,le g5re huma9 hrite du gnie1 et les vritables gr&s hommes sont ceux qui ont r5du leurs p>eils mo9s ncessaires aux gnrations suivantes4 ,plus on laisse all] sa p5se dans la c>rire future de la p]fectibilit possible1 plus on y voit les avantages de l'esprit dpasss p> les connaissances positives1 et le mobile de la v]tu plus efficace que la passion de la gloire4 ,on tr\v]a peut-tre que ce sicle ne donne encore l'ide d'aucun progrs en ce g5re2 mais il faut dans l'effet actuel voir la cause future1 p\r jug] un vnem5t t\t enti]4 ,celui qui n'ap]oit dans les m9es1 o les mtaux se prp>5t1 que le feu dvorant qui semble t\t consum]1 ne connat po9t la m>*e de la nature1 et ne sait se pe9dre l'av5ir qu'en multipliant le prs5t4 ,mais de quelque manire qu'on juge ces rflexions1 je revi5s aux considrations gnrales qui s'appliqu5t t\s les pays et t\s les temps sur les ob/acles et les malheurs atta*s la passion de la gloire4 ,qu& les difficults des premi]s pas sont va9cues1 il se =me l'in/ant deux p>tis sur une mme rputation2 non p>ce qu'il y a deux manires de la considr]1 mais p>ce que l'ambition p>ie p\r ou contre4 ,celui qui veut tre l'adv]saire des gr&s succs re/e passif tant que dure leur clat2 et c'e/ p5dant ce temps1 au contraire1 que les amis ne cess5t d'agir en votre faveur2 ils arriv5t dj fatigus l'poque du malheur1 lorsqu'il suffit au public du mobile seul de la curiosit1 p\r se lass] des mmes loges2 les ennemis p>aiss5t avec des armes t\tes n\velles1 t&is que les amis ont m\ss les leurs1 en les faisant inutilem5t brill] aut\r du *> de triomphe4 ,on se dem&e p\rquoi l'amiti a mo9s de p]si/ance que la ha9e2 c'e/ qu'il y a plusieurs manires de r5onc] l'une1 et que p\r l'autre le dang] et la honte sont p>t\t ailleurs que dans le succs4 ,les amis peuv5t si aism5t attribu]1 la bont de leur me l'exagration de leur en?\siasme1 l'oubli qu'on a fait de leurs conseils1 les d]ni]s rev]s qu'on a pr\vs2 il y a tant de manires de se l\] en ab&onnant son ami1 que les plus lgres difficults dcid5t pr5dre ce p>ti3 mais la ha9e1 ds ses premi]s pas1 engage sans ret\r1 se livre t\tes les ress\rces des situations dsespres2 de ces situations dont les nations1 comme les individus1 *app5t presque t\j\rs1 p>ce que l'homme faible mme ne voit alors de sec\rs possible que dans l'ex]cice du c\rage4 ,en tudiant le petit nombre d'exceptions l'incon/ance de la faveur publique1 on e/ tonn de voir que c'e/ des circon/ances1 et jamais au tal5t seul1 qu'on doit les rapport]4 ,un dang] prs5t a pu contra9dre le peuple ret>d] son inju/ice2 une mort prmature en a quelquefois prcd le mom5t2 mais la runion des obs]vations1 qui font le code de l'expri5ce1 pr\ve que la vie si c\rte des hommes e/ encore d'une plus longue dure que les jugem5ts et les affections de leurs contempora9s4 ,le gr& homme qui arrive la vieillesse doit p>c\rir plusieurs poques d'op9ions div]ses ou contraires4 ,ces oscillations cess5t avec les passions qui les produis5t2 mais on vit au milieu d'elles1 et leur *oc1 qui ne peut ri5 sur le jugem5t de la po/rit1 dtruit le bonheur prs5t qui e/ expos t\s les c\ps4 ,les vnem5ts du has>d1 ceux qu'aucune des puissances de la p5se ne peut s\mettre1 sont cep5dant placs1 p> la voix publique1 sur la responsabilit du gnie4 ,l'admiration e/ une sorte de fanatisme qui veut des miracles2 elle ne cons5t accord] un homme une place au-dessus de t\s les autres1 r5onc] l'usage de ses propres lumires p\r le croire et lui obir1 qu'en lui supposant quelque *ose de surnaturel qui ne peut se comp>] aux facults huma9es4 ,il faudrait1 p\r se df5dre d'une telle erreur1 tre mode/e et ju/e1 reconnatre la fois les bornes du gnie et sa supriorit sur n\s2 mais ds qu'il devi5t ncessaire de raisonn] sur les dfaites1 de les expliqu] p> des ob/acles1 de les excus] p> des malheurs1 c'en e/ fait de l'en?\siasme3 il a1 comme l'imag9ation1 beso9 d'tre frapp p> les objets extrieurs2 et la pompe du gnie1 c'e/ le succs4 ,le public se plat donn] celui qui possde2 et1 comme ce sultan des ,arabes qui s'loignait d'un ami p\rsuivi p> l'in=tune1 p>ce qu'il craignait la contagion de la fatalit1 les rev]s loign5t les ambitieux1 les faibles1 les indiffr5ts1 t\s ceux enf9 qui tr\v5t1 avec quelque raison1 que l'clat de la gloire doit frapp] involontairem5t2 que c'e/ elle comm&] le tribut qu'elle dem&e2 que la gloire se compose des dons de la nature et du has>d2 et que p]sonne n'ayant le beso9 d'admir]1 celui qui veut ce s5tim5t ne l'obti5t po9t de la volont1 mais de la surprise1 et le doit aux rsultats du tal5t1 bi5 plus qu' la propre valeur de ce tal5t mme4 ,si les rev]s de la =tune ds5*ant5t l'en?\siasme1 que s]a-ce s'il s'y mle des torts qui1 cep5dant1 se tr\v5t s\v5t runis aux qualits les plus m95tes8 ,quel va/e *amp p\r les dc\v]tes des esprits mdiocres6 comme ils sont srs d'avoir prvu ce qu'ils compr5n5t encore pe9e6 comme le p>ti qu'ils aurai5t pris et t meilleur6 que de lumires ils puis5t dans l'vnem5t6 que de ret\rs satisfaisants dans la critique d'un autre6 ,comme p]sonne ne s'occupe d'eux1 p]sonne ne songe les attaqu]3 eh bi51 ils pr5n5t ce sil5ce p\r le g>ant de leur supriorit3 p>ce qu'il y a une bataille p]due1 ils p5s5t qu'ils l'ont gagne3 et les rev]s d'un gr& homme se *ang5t en palmes p\r les sots4 ,quoi donc6 l'op9ion se compos]ait-elle de leurs suffrages8444 ,oui1 la gloire contempora9e leur e/ s\mise1 c> c'e/ l'en?\siasme de la multitude qui la c>actrise2 le mrite rel e/ indp5dant de t\t1 mais la rputation acquise p> ce mrite n'obti5t le nom de gloire qu'au bruit des acclamations de la f\le4 ,si les ,roma9s sont ins5sibles l'loqu5ce de ,cicron1 son gnie n\s re/e2 mais o1 p5dant sa vie1 tr\v]a-t-il sa gloire8 ,les gomtres1 ne p\vant tre jugs que p> leurs pairs1 obti5n5t d'un petit nombre de savants des titres inconte/ables l'admiration de leurs contempora9s2 mais la gloire des actions doit tre populaire4 ,les soldats jug5t leur gnral1 la nation ses adm9i/rateurs3 quiconque a beso9 du suffrage des autres a mis t\t la fois sa vie s\s la puissance du calcul et du has>d1 de manire que le travail du calcul ne peut lui rpondre des *ances du has>d1 et que les *ances du has>d ne peuv5t le disp5s] du travail du calcul4 ,non1 p\rrait-on dire1 le jugem5t de la multitude e/ imp>tial1 puisque aucune passion envieuse et p]sonnelle ne l'inspire2 son impulsion t\j\rs vraie doit tre ju/e4 ,mais1 p> cela mme que ses m\vem5ts sont naturels et spontans1 ils app>ti5n5t l'imag9ation2 un ridicule dtruit ses yeux l'clat d'une v]tu2 un s\pon peut la dom9] p> la t]reur2 des promesses exagres l'emport5t sur des s]vices prud5ts2 les pla9tes d'un seul l'meuv5t plus =tem5t que la sil5cieuse reconnaissance du gr& nombre2 enf91 mobile p>ce qu'elle e/ passionne2 passionne1 p>ce que les hommes runis ne se communiqu5t qu' l'aide de cette lectricit1 et ne mett5t en commun que leurs s5tim5ts3 ce ne sont pas les lumires de *acun1 mais l'impulsion gnrale qui produit un rsultat1 et cette impulsion1 c'e/ l'individu le plus exalt qui la donne4 ,une ide peut se compos] des rflexions de plusieurs2 un s5tim5t sort t\t enti] de l'me qui l'pr\ve2 la multitude qui l'adopte a p\r op9ion l'inju/ice d'un homme ex]ce p> l'audace de t\s2 p> cette audace qui se fonde et sur la =ce1 et plus encore sur l'impossibilit d'tre atte9t p> aucun g5re de responsabilit individuelle4 ,le spectacle de la ,france a r5du ces obs]vations plus s5sibles1 mais1 dans t\s les temps1 l'amant de la gloire a t s\mis au j\g dmocratique2 c'e/ de la nation seule qu'il recevait ses p\voirs2 c'e/ p> son lection qu'il obt5ait sa c\ronne2 et quels que fuss5t ses droits la port]1 qu& le peuple retirait ses suffrages au gnie1 il p\vait prote/]1 mais il ne rgnait plus4 ,n'importe1 s'cri]ont quelques mes ard5tes1 n'exi/t-il qu'une *ance de succs contre mille probabilits de rev]s1 il faudrait t5t] une c>rire dont le b se p]d dans les cieux1 et donne l'homme aprs lui ce que la mmoire des hommes peut conqurir sur le pass3 un j\r de gloire e/ si multipli p> notre p5se qu'il peut suffire t\te la vie4 ,les plus nobles devoirs s'accompliss5t en p>c\rant la r\te qui conduit la gloire2 et le g5re huma9 s]ait re/ sans bi5faiteurs si cette mulation sublime n'et pas enc\rag leurs ef=ts4 ,d'abord1 je crois que l'am\r de l'clat a r5du mo9s de s]vices aux hommes que la simple impulsion des v]tus obscures ou des re*]*es p]svrantes4 ,les plus gr&es dc\v]tes ont t faites dans la retraite de l'homme savant1 et les plus belles actions1 inspires p> les m\vem5ts spontans de l'me1 se r5contr5t s\v5t dans l'hi/oire d'une vie inconnue2 c'e/ donc seulem5t dans son rapport avec celui qui l'pr\ve qu'il faut considr] la passion de la gloire4 ,p> une sorte d'ab/raction mtaphysique1 on dit s\v5t que la gloire vaut mieux que le bonheur2 mais cette ass]tion ne peut s'ent5dre que p> les ides accessoires qu'on y atta*e3 on met alors en opposition les j\issances de la vie prive avec l'clat d'une gr&e exi/5ce2 mais donn] quelque *ose la prfr5ce sur le bonheur1 s]ait un contre-s5s moral absolu4 ,l'homme v]tueux ne fait de gr&s sacrifices que p\r fuir la pe9e du remords1 et s'assur] des rcomp5ses au d$ans de lui3 enf91 la flicit de l'homme lui e/ plus ncessaire que sa vie1 puisqu'il se tue p\r *app] la d\leur4 ,s'il e/ donc vrai que *oisir le malheur e/ un mot qui implique contradiction en lui-mme1 la passion de la gloire1 comme t\s les s5tim5ts1 doit tre juge p> son influ5ce sur le bonheur4 ,les amants1 les ambitieux mmes peuv5t se croire1 dans quelques mom5ts1 au comble de la flicit2 comme le t]me de leurs esprances leur e/ connu1 ils doiv5t tre heureux du mo9s l'in/ant o ils l'atteign5t3 mais cette rapide j\issance mme ne peut jamais app>t5ir l'homme qui prt5d la gloire2 ses limites ne sont fixes p> aucun s5tim5t1 ni p> aucune circon/ance4 ,alex&re1 aprs la conqute du monde1 s'affligeait de ne p\voir faire p>v5ir jusqu'aux toiles l'clat de son nom4 ,cette passion ne connat que l'av5ir1 ne possde que l'esprance2 et si on l'a s\v5t prs5te comme l'une des plus =tes preuves de l'immortalit de l'me1 c'e/ p>ce qu'elle semble v\loir rgn] sur l'inf9i1 de l'espace et l't]nit des temps4 ,si la gloire e/ un mom5t /ationnaire1 elle recule dans l'esprit1 des hommes1 et aux yeux mme de celui qui s'en voyait l'objet3 sa possession meut l'me si =tem5t1 exalte un tel degr t\tes les facults qu'un mom5t de calme1 dans les objets extrieurs1 ne s]t qu' dirig] sur soi t\te l'agitation de sa p5se3 le repos e/ si lo91 le vide e/ si prs1 que la cessation de l'action e/ t\j\rs le plus gr& malheur cra9dre4 ,comme il n'y a jamais ri5 de suffisant dans les plaisirs de la gloire1 l'me ne peut tre remplie que p> leur att5te1 ceux qu'elle obti5t ne s]v5t qu' la rappro*] de ceux qu'elle dsire2 et si l'on tait p>v5u au fate de la gr&eur1 une circon/ance inap]ue1 un obscur hommage refus1 devi5drai5t l'objet de la d\leur et de l'envie4 ,aman1 va9queur des ,juifs1 tait malheureux de n'avoir pu c\rb] l'orgueil de ,m>do*e4 ,cette passion conqurante n'e/ime que ce qui lui rsi/e2 elle a beso9 de l'admiration qu'on lui refuse1 comme de la seule qui soit au-dessus de celle qu'on lui accorde2 t\te la puissance de l'imag9ation se dveloppe en elle1 p>ce qu'aucun s5tim5t du coeur ne la ramne p> int]valles la vrit2 qu& elle atte9t un b1 ses t\rm5ts s'accroiss5t2 son plus gr& *>me tant l'activit qu'elle assure *aque mom5t du j\r1 l'un de ses pre/iges e/ dtruit qu& cette activit n'a plus d'alim5t4 ,t\tes les passions1 sans d\te1 ont des c>actres communs1 mais aucune ne laisse aprs elle autant de d\leurs que les rev]s de la gloire4 ,il n'y a ri5 d'absolu p\r l'homme dans la nature1 il ne juge que p>ce qu'il comp>e2 la d\leur physique mme e/ s\mise cette loi3 ce qu'il y a de plus viol5t dans le plaisir ou dans la d\leur e/ donc caus p> le contra/e2 et quelle opposition plus t]rible que la possession ou la p]te de la gloire6 ,celui dont la r5omme p>c\rait le monde enti] ne voit aut\r de lui qu'un va/e oubli3 un amant n'a de l>mes v]s] que sur les traces de ce qu'il aime2 t\s les pas d'hommes retrac5t1 celui qui jadis occupait l'univ]s1 l'+ratitude et l'ab&on4 ,la passion de la gloire excite le s5tim5t et la p5se au del de leurs propres =ces2 mais lo9 que le ret\r l'tat naturel soit une j\issance1 c'e/ une s5sation d'abattem5t et de mort3 les plaisirs de la vie commune ont t us sans avoir t s5tis2 on ne peut mme les retr\v] dans ses s\v5irs2 ce n'e/ po9t p> la raison ou la mlancolie qu'on e/ ram5 v]s eux1 mais p> la ncessit1 fune/e puissance qui brise t\t ce qu'elle c\rbe4 ,l'un des c>actres de ce long malheur e/ de f9ir p> s'accus] soi-mme3 tant qu'on en e/ encore aux repro*es que mrit5t les autres1 l'me peut sortir d'elle-mme2 mais le rep5tir conc5tre t\tes les p5ses1 et1 dans ce g5re de d\leur1 le volcan se ref]me p\r consum] en d$ans4 ,tant d'actions compos5t la vie d'un homme clbre1 qu'il e/ impossible qu'il ait assez de =ce dans la philosophie ou dans l'orgueil1 p\r ne repro*] aucune faute son esprit3 le pass pr5ant dans sa p5se la place qu'occupait l'av5ir1 son imag9ation vi5t se bris] contre ce temps immuable1 et lui fait p>c\rir1 en arrire1 des abmes aussi va/es que l'tai5t1 en avant1 les heureux *amps de l'esprance4 ,l'homme1 jadis combl de gloire1 qui veut abdiqu] ses s\v5irs1 et se v\] aux relations p>ticulires1 ne saurait y acc\tum] ni lui1 ni les autres2 on ne j\it po9t p> ef=t des ides simples2 il faut1 p\r tre heureux p> elles1 un conc\rs de circon/ances qui loign5t naturellem5t t\t autre dsir4 ,l'homme acc\tum compt] avec l'hi/oire ne peut plus tre intress p\r les vnem5ts d'une exi/5ce commune2 on ne retr\ve en lui aucun des m\vem5ts qui le c>actrisai5t2 il ne s5t plus la vie1 il s'y rsigne4 ,on confie longtemps les pe9es du coeur1 p>ce que leur dure mme e/ honorable1 p>ce qu'elles rpond5t trop de s\v5irs dans l'me des autres1 p\r que ce soit p>l] de soi que d'en entret5ir2 mais comme la philosophie et la fi]t doiv5t va9cre ou ca*] les regrets causs mme p> la plus noble ambition1 l'homme qui les pr\ve ne s'ab&onne po9t les av\] entirem5t4 ,l'att5tion con/ante sur soi e/ un dtail de j\issance p5dant la prosprit1 c'e/ une pe9e habituelle qu& on e/ retomb dans une situation prive4 ,enf91 aim]6 ce bi5 dont la nature cle/e e/ seule en disp>ate avec t\te la de/9e huma9e2 aim]6 n'e/ plus un bonheur accord celui que la passion de la gloire a dom9 longtemps3 ce n'e/ pas que son me soit endurcie1 mais elle e/ trop va/e p\r tre remplie p> un seul objet2 d'ailleurs1 les rflexions que l'on e/ conduit faire sur les hommes en gnral1 lorsqu'on entreti5t avec eux des rapports publics1 r5d5t impossible la sorte d'illusion qu'il faut1 p\r voir un individu une di/ance inf9ie de t\s les autres4 ,lo9 aussi que de gr&es p]tes atta*5t au g5re de bi5 qui re/e1 elles affran*iss5t de t\t la fois2 on ne se supporte que dans une indp5dance absolue1 sans aucun po9t de comp>aison entre le prs5t et le pass4 ,le gnie1 qui sut ador] et possd] la gloire1 rep\sse t\t ce qui v\drait occup] la place de ses regrets mmes2 il aime mieux m\rir que drog]4 ,enf91 quoique cette passion soit pure dans son orig9e et noble dans ses ef=ts1 le crime seul drange plus qu'elle l'quilibre de l'me2 elle la fait sorti violemm5t de l'ordre naturel1 et ri5 ne peut jamais l'y ram5]4 ,en m'atta*ant avec une sorte d'au/rit l'exam5 de t\t ce qui doit dt\rn] de l'am\r de la gloire1 j'ai eu beso9 d'un gr& ef=t de rflexion2 j'tais di/raite p> l'en?\siasme2 tant de noms clbres s'(frai5t ma p5se1 tant d'ombres glorieuses1 qui semblai5t s'(f5s] de voir brav] leur clat1 p\r pntr] jusqu' la s\rce de leur bonheur4 ,c'e/ de mon pre enf91 c'e/ de l'homme de ce temps qui a recueilli le plus de gloire1 et qui en retr\v]a le plus dans la ju/ice imp>tiale des sicles1 que je craignais surt\t d'appro*]1 en dcrivant t\tes les priodes du c\rs clatant de la gloire4 ,mais ce n'e/ pas l'homme qui a montr1 p\r le premi] objet de ses affections1 une s5sibilit aussi r>e que son gnie2 ce n'e/ pas lui que peut conv5ir un seul des traits dont j'ai compos ce tableau2 et si je m'aidais des s\v5irs que je lui dois1 ce s]ait p\r montr] combi5 l'am\r de la v]tu peut apport] de *angem5t dans la nature et les malheurs de la passion de la gloire4 ,p\rsuivant le projet que j'ai embrass1 je ne *]*e po9t dt\rn] l'homme de gnie de rp&re ses bi5faits sur le g5re huma92 mais je v\drais retran*] des motifs qui l'anim5t le beso9 des rcomp5ses de l'op9ion2 je v\drais retran*] ce qui e/ l'ess5ce des passions1 l'ass]vissem5t la puissance des autres4 ,,*apitre ,,ii4 ,de l'ambition4 ,en p>lant de l'am\r de la gloire1 je ne l'ai considr que dans sa plus p>faite sublimit1 alors qu'il nat du vritable tal5t1 et n'aspire qu' l'clat de la r5omme4 ,p> l'ambition1 je dsigne la passion qui n'a p\r objet que la puissance1 c'e/--dire la possession des places1 des ri*esses1 ou des honneurs qui la donn5t2 passion que la mdiocrit doit aussi concevoir1 p>ce qu'elle peut en obt5ir les succs4 ,les pe9es atta*es cette passion sont d'une autre nature que celles de l'am\r de la gloire2 son horizon tant plus ress]r1 et son b positif1 t\tes les d\leurs qui naiss5t d'un agr&issem5t de l'me en disproportion avec le sort de l'humanit1 ne sont pas pr\ves p> les ambitieux4 ,l'intime p5se des hommes n'e/ po9t l'objet de leur inquitude2 le suffrage des trang]s n'enflamme po9t leurs dsirs3 le p\voir1 c'e/--dire1 le droit d'influ] sur les p5ses extrieures et d'tre l\ p>t\t o l'on comm&e1 voil ce qu'obti5t l'ambition4 ,elle e/1 s\s beauc\p de rapports1 en contra/e avec l'am\r de la gloire4 ,en les comp>ant donc1 je donn]ai naturellem5t un n\veau dveloppem5t au *apitre que je vi5s de f9ir4 ,t\t e/ fix d'avance dans l'ambition2 ses *agr9s et ses plaisirs sont s\mis des vnem5ts dt]m9s2 l'imag9ation a peu d'empire sur la p5se des ambitieux1 c> ri5 n'e/ plus rel que les avantages du p\voir4 ,les pe9es donc qui naiss5t de l'exaltation de l'me ne sont po9t connues p> les ambitieux2 mais si le vague de l'imag9ation (fre un *amp la d\leur1 elle prs5te aussi beauc\p d'espace p\r s'lev] au-dessus de t\t ce qui n\s ent\re1 vit] la vie1 et se p]dre dans l'av5ir4 ,dans l'ambition1 au contraire1 t\t e/ prs5t1 t\t e/ positif2 ri5 n'app>at au del du t]me1 ri5 ne re/e aprs le malheur1 et c'e/ p> l'inflexibilit du calcul et le nant du pass qu'on doit e/im] ses avantages et ses p]tes4 ,obt5ir et cons]v] le p\voir1 voil t\t le plan d'un ambitieux4 ,il ne peut jamais s'ab&onn] aucun de ses m\vem5ts1 c> il e/ r>e que la nature soit un bon guide dans la r\te de la politique2 et1 p> un contra/e cruel1 cette passion1 assez viol5te p\r va9cre t\s les ob/acles1 condamne la rs]ve cont9uelle qu'exige la contra9te de soi-mme2 il faut qu'elle agisse avec une gale =ce p\r excit] et p\r ret5ir4 ,l'am\r de la gloire peut s'ab&onn]2 la colre1 l'en?\siasme d'un hros ont quelquefois aid son gnie2 et qu& ses s5tim5ts tai5t honorables1 ils le s]vai5t assez2 mais l'ambition n'a qu'un seul b4 ,celui qui prise a9si le p\voir e/ ins5sible t\t autre g5re d'clat2 cette disposition suppose une sorte de mpris p\r le g5re huma91 une p]sonnalit conc5tre qui f]me l'me aux autres j\issances4 ,le feu de cette passion dess*e2 il e/ pre et sombre1 comme t\s les s5tim5ts qui1 v\s au secret p> notre propre jugem5t sur leur nature1 sont d'autant plus puissants que jamais on ne les exprime4 ,l'homme ambitieux sans d\te1 alors qu'il a atte9t ce qu'il re*]*e1 ne ress5t po9t ce dsir inquiet qui re/e aprs les triomphes de la gloire1 son objet e/ en proportion avec lui2 et comme en le p]dant il ne lui re/]a po9t de ress\rces p]sonnelles1 en le possdant il ne s5t po9t de vide4 ,le b de l'ambition e/ c]ta9em5t aussi plus facile obt5ir que celui de la gloire2 et comme le sort de l'ambitieux dp5d d'un mo9s gr& nombre d'individus que celui de l'homme clbre1 s\s ce rapport il e/ mo9s malheureux4 ,il importe1 cep5dant bi5 plus de dt\rn] de l'ambition que de l'am\r de la gloire4 ,ce d]ni] s5tim5t e/ presque aussi r>e que le gnie1 et presque jamais il n'e/ sp> des gr&s tal5ts qui font son excuse2 comme si la ,provid5ce1 dans sa bont1 n'avait pas v\lu qu'une telle passion pt tre unie l'impossibilit de la satisfaire1 de peur que l'me n'en fut dvore3 mais l'ambition au contraire e/ la porte de la majorit des esprits1 et ce s]ait plutt la supriorit que la mdiocrit qui en loign]ait2 il y a d'ailleurs une sorte de rflexion philosophique qui p\rrait faire illusion aux p5seurs mmes sur les avantages de l'ambition1 c'e/ que le p\voir e/ la mo9s malheureuse de t\tes les relations qu'on peut entret5ir avec un gr& nombre d'hommes4 ,la connaissance p>faite des hommes doit m5]1 ou s'affran*ir de leur j\g1 ou les dom9] p> la puissance4 ,ce qu'ils att5d5t de v\s1 ce qu'ils en espr5t1 efface leurs dfauts1 et fait ressortir t\tes leurs qualits4 ,ceux qui ont beso9 de v\s sont si +nieusem5t aimables1 leur dv\em5t e/ si v>i1 leurs l\anges pr5n5t si facilem5t un c>actre d'indp5dance1 leur motion e/ si vive1 qu'en assurant qu'ils aim5t1 c'e/ eux-mmes qu'ils tromp5t autant que v\s4 ,l'action de l'esprance embellit tellem5t t\s les c>actres1 qu'il faut avoir bi5 de la f9esse dans l'esprit et de la fi]t dans le coeur1 p\r dml] et rep\ss] les s5tim5ts que votre propre p\voir inspire3 si v\s v\lez donc aim] les hommes1 jugez-les p5dant qu'ils ont beso9 de v\s2 mais cette illusion d'un in/ant e/ paye de t\te la vie4 ,les pe9es de la c>rire de l'ambition comm5c5t ds ses premi]s pas1 et son t]me vaut encore mieux que la r\te qui doit y conduire4 ,si c'e/ avec un esprit born qu'on veut atte9dre une place leve1 e/-il un tat plus pnible que ces av]tissem5ts cont9uels donns p> l'intrt l'am\r-propre8 ,dans les situations communes de la vie1 on se fait illusion sur son propre mrite2 mais un s5tim5t actif fait dc\vrir l'ambitieux la mesure de ses moy5s1 et sa passion l'claire sur lui-mme1 non comme la raison qui dta*e1 mais comme le dsir qui s'inquite2 alors1 il n'e/ plus occup qu' tromp] les autres1 et p\r y p>v5ir il ne se p]d pas de vue3 l'oubli d'un in/ant lui s]ait fatal2 il faut qu'il arrange avec art ce qu'il sait et ce qu'il p5se1 que t\t ce qu'il dit ne soit de/9 qu' indiqu] ce qu'il e/ c5s ca*]2 il faut qu'il *]*e des in/rum5ts habiles qui le second5t1 sans trahir ce qui lui manque1 et des suprieurs ple9s d'ignorance et de vanit1 qu'on puisse dt\rn] du jugem5t p> la l\ange2 il doit faire illusion ceux qui dp5d5t de lui p> de la rs]ve1 et tromp] ceux dont il espre p> de l'exagration2 enf91 il faut qu'il vite sans cesse t\s les g5res de dmon/rations du vrai3 aussi agit qu'un c\pable qui cra9t la rvlation de son secret1 il sait qu'un homme d'un esprit f9 peut dc\vrir dans le sil5ce de la gravit1 l'ignorance qui se compose1 et dans l'en?\siasme de la flatt]ie1 la froideur qui s'exalte4 ,la p5se d'un ambitieux e/ con/amm5t t5due la re*]*e des symptmes d'un tal5t suprieur2 il pr\ve t\t la fois et les pe9es de ce travail et son humiliation2 et p\r arriv] au t]me de ses esprances1 il doit con/amm5t rfl*ir sur les bornes de ses facults4 ,si v\s supposez1 au contraire1 l'homme ambitieux un gnie suprieur1 une me n]gique1 sa passion lui comm&e de russir2 il faut qu'il c\rbe1 qu'il en*ane t\s les s5tim5ts qui lui f]ai5t ob/acle2 il n'a pas seulem5t cra9dre la pe9e des remords qui suiv5t l'accomplissem5t des actions qu'on peut se repro*]1 mais la contra9te mme du mom5t prs5t e/ une vritable d\leur4 ,on ne brave pas impunm5t ses propres qualits2 et celui que son ambition entrane s\t5ir la tribune une op9ion que sa fi]t rep\sse1 que son humanit condamne1 que la ju/esse de son esprit rejette1 celui-l pr\ve alors un s5tim5t pnible1 indp5dant encore de la rflexion qui peut l'abs\dre ou le blm]4 ,il se s\ti5t1 peut-tre1 p> l'espoir de se montr] lui-mme alors qu'il aura atte9t son b2 mais s'il faisait naufrage avant d'arriv] au port1 s'il tait banni1 p5dant qu' l'imitation de ,brutus il contrefait l'ins5s1 va9em5t v\drait-il expliqu] quelle fut son int5tion1 son esprance3 les actions sont t\j\rs plus en relief que les comm5taires1 et ce qu'on a dit sur le ?tre n'e/ jamais effac p> ce qu'on crit dans la retraite4 ,c'e/ dans la lutte de leurs intrts1 et non dans le sil5ce de leurs passions qu'on croit dc\vrir les vritables op9ions des hommes3 et quel plus gr& malheur que d'avoir mrit une rputation oppose son propre c>actre6 ,l'homme qui s'e/ jug comme la voix publique1 qui cons]ve au d$ans de lui t\s les s5tim5ts levs qui l'accus5t1 et peut pe9e s'oubli] dans l'enivrem5t du succs1 que devi5dra-t-il l'poque du malheur8 ,c'e/ p> la connaissance intime des traces que l'ambition laisse dans le coeur aprs ses rev]s1 et de l'impossibilit de fix] sa prosprit1 qu'on peut jug] surt\t de l'effroi qu'elle doit inspir]4 ,il ne faut qu'ouvrir l'hi/oire p\r connatre la difficult de ma9t5ir les succs de l'ambition2 ils ont p\r ennemis la majorit des intrts p>ticuli]s1 qui t\s dem&5t un n\veau tirage1 n'ayant po9t eu de lots dans le rsultat actuel du sort4 ,ils ont p\r ennemi le has>d1 qui a une m>*e trs-rgulire qu& on le calcule dans un c]ta9 espace de temps et avec une va/e application2 le has>d qui ramne peu prs les mmes *ances de succs et de rev]s1 et semble s'tre *>g de rp>tir galem5t le bonheur entre les hommes4 ,ils ont p\r ennemi le beso9 qu'a le public de jug] et de crer de n\veau1 d'c>t] un nom trop rpt1 d'pr\v] l'motion d'un n\vel vnem5t4 ,enf91 la multitude1 compose d'hommes obscurs1 veut que d'clatantes *utes relv5t de temps en temps le prix des conditions prives1 et prt5t une =ce agissante aux raisonnem5ts ab/raits qui vant5t les paisibles avantages des de/9es communes4 ,les places m95tes se p]d5t aussi p> le *angem5t qu'elles produis5t sur ceux qui les possd5t4 ,l'orgueil ou la p>esse1 la dfiance ou l'aveuglem5t1 naiss5t de la possession cont9ue de la puissance2 cette situation o la modration e/ aussi ncessaire que l'esprit de conqute1 exige une runion presque impossible2 et l'me qui se fatigue ou s'inquite1 s'enivre ou s'p\vante1 p]d la =ce ncessaire p\r se ma9t5ir4 ,je ne p>le ici que des succs rels de l'ambition2 il y en a beauc\p d'app>5ts1 et c'e/ p> eux qu'on devrait comm5c] l'hi/oire de ses rev]s4 ,quelques hommes ont cons]v1 jusqu' la f9 de la vie1 le p\voir qu'ils avai5t acquis2 mais p\r le ret5ir1 il leur en a cot t\s les ef=ts qu'il faut p\r arriv]1 t\tes les pe9es que cause la p]te3 l'un e/ condamn suivre le mme sy/me de dissimulation qui l'a conduit au po/e qu'il occupe2 et plus tremblant que ceux qui le pri5t1 le secret de lui-mme pse sur t\te sa p]sonne2 l'autre se c\rbe sans cesse devant le matre quelconque1 peuple ou roi1 dont il ti5t sa puissance4 ,dans une mon>*ie1 il e/ condamn l'adoption de t\tes les ides reues1 l'importance de t\tes les =mes tablies3 s'il tonne1 il fait ombrage2 s'il re/e le mme1 on croit qu'il s'affaiblit4 ,dans une dmocratie1 il faut qu'il devance le voeu populaire1 qu'il lui obisse en rpondant de l'vnem5t2 qu'il j\e *aque j\r t\te sa de/9e1 et n'espre ri5 de la veille p\r le l5dema94 ,enf91 il n'e/ po9t d'homme qui ait t possesseur paisible d'une place m95te2 le plus gr& nombre en a m>qu la p]te p> une *ute clatante2 d'autres ont a*et sa possession p> t\s les t\rm5ts de l'inc]titude et de la cra9te2 et cep5dant1 tel tait l'effroi que causait le ret\r l'exi/5ce prive1 qu'un seul homme ambitieux1 ,sylla1 ayant volontairem5t abdiqu le p\voir1 et survcu paisiblem5t cette gr&e rsolution1 le p>ti qu'il a pris e/ encore l'tonnem5t des sicles1 et le problme dont les morali/es se propos5t t\s la solution4 ,*>les-,qu9t se plongea dans la contemplation de la mort1 alors que1 cessant de rgn]1 il crut cess] de vivre4 ,victor-,amde v\lut remont] sur le trne qu'une imag9ation g>e lui avait fait ab&onn]4 ,enf91 nul n'e/ desc5du sans d\leur d'un rang qui le plaait au-dessus des autres hommes2 nul ambitieux du mo9s1 c> que sont les de/9es sans l'me qui les c>actrise8 ,les vnem5ts sont l'extrieur de la vie2 sa vritable s\rce e/ t\t entire dans nos s5tim5ts4 ,dioclti5 peut quitt] le trne1 ,*>les ,,ii peut le cons]v] en paix3 l'un e/ un philosophe1 l'autre e/ un picuri53 ils possd5t t\s deux cette c\ronne objet des voeux des ambitieux2 mais ils font du trne une condition prive2 et leurs qualits1 comme leurs dfauts1 les r5d5t absolum5t trang]s l'ambition dont leur exi/5ce s]ait le b4 ,enf91 qu& il exi/]ait une *ance de prolong] la possession des bi5s (f]ts p> l'ambition1 e/-il une entreprise dont l'avance soit si norme8 ,l'me qui s'y livre se r5d jamais incapable de t\te autre manire d'exi/]3 il faut brl] t\s les vaisseaux qui p\rrai5t ram5] dans un sj\r tranquille1 et se plac] entre la conqute et la mort4 ,l'ambition e/ la passion qui1 dans ses malheurs1 pr\ve le plus le beso9 de la v5geance2 preuve assure que c'e/ elle qui laisse aprs elle le mo9s de consolation4 ,l'ambition dnature le coeur3 qu& on a t\t jug p> rapport soi1 comm5t se transport] dans un autre8 qu& on n'a exam9 ceux qui n\s ent\rai5t que comme des in/rum5ts ou des ob/acles1 comm5t voir en eux des amis8 ,l'gsme1 dans le c\rs naturel de l'hi/oire de l'me1 e/ le dfaut de la vieillesse1 p>ce que c'e/ celui dont on ne peut jamais se corrig]4 ,pass] de l'occupation de soi celle de t\t autre objet e/ une sorte de rgnration morale dont il exi/e bi5 peu d'exemples4 ,l'am\r de la gloire a tant de gr&eur dans ses succs1 que ses rev]s en pr5n5t aussi l'empre9te2 la mlancolie peut se plaire dans leur contemplation1 et la piti qu'ils inspir5t a des c>actres de respect qui s]v5t s\t5ir le gr& homme qui s'en voit l'objet4 ,on sait que son espoir tait de s'immortalis] p> des s]vices publics1 que les c\ronnes de la r5omme fur5t le seul prix dont il p\rsuivit l'honneur2 il semble que les hommes1 en l'ab&onnant1 c\r5t des risques p]sonnels4 ,quelques-uns d'eux craign5t de se tromp] en r5onant au bi5 qu'il v\lait leur faire2 aucun ne peut mpris] ni ses ef=ts1 ni son b2 il lui re/e sa valeur p]sonnelle et l'appel la po/rit2 et si l'inju/ice le r5v]se1 l'inju/ice aussi s]t de rec\rs ses regrets4 ,mais l'ambitieux1 priv du p\voir1 ne vit plus qu' ses propres yeux3 il a j\1 il a p]du2 telle e/ l'hi/oire de sa vie4 ,le public a gagn contre lui1 c> les avantages qu'il possdait sont r5dus l'espoir de t\s1 et le triomphe de ses rivaux e/ la seule s5sation vive que produise sa retraite4 ,bi5tt celle-l mme s'efface1 et la meilleure *ance de bonheur p\r cette situation1 c'e/ la facilit qu'on tr\ve se faire oubli]2 mais1 p> une runion cruelle1 le monde qu'on v\drait occup] ne se rappelle plus votre exi/5ce passe1 et ceux qui v\s appro*5t ne peuv5t en p]dre le s\v5ir4 ,la gloire d'un gr& homme jette au lo9 un noble clat sur ceux qui lui app>ti5n5t2 mais les places1 les honneurs dont disposait l'ambitieux atteign5t t\s les intrts de t\s les in/ants4 ,les palmes du gnie ti5n5t une respectueuse di/ance de leur va9queur2 les dons de la =tune rappro*5t1 press5t aut\r de v\s1 et comme ils ne laiss5t aprs eux aucun droit l'e/ime1 lorsqu'ils v\s sont ravis1 t\s vos li5s sont rompus2 ou si quelque pudeur reti5t encore quelques amis1 tant de regrets p]sonnels revi5n5t leur p5se1 qu'ils repro*5t sans cesse celui qui p]d t\t1 la "p qu'ils avai5t dans ses j\issances3 lui-mme ne peut *app] ses s\v5irs2 les privations les plus d\l\reuses sont celles qui t\*5t la fois l'ensemble et aux dtails de t\te la vie4 ,les j\issances de la gloire1 p>ses dans le c\rs de la de/9e1 poques dans un gr& nombre d'annes1 acc\tum5t1 dans t\s les temps1 de longs int]valles de bonheur2 mais la possession des places et des honneurs tant un avantage habituel1 leur p]te doit se ress5tir t\s les mom5ts de la vie4 ,l'amant de la gloire a une consci5ce1 c'e/ la fi]t2 et quoique ce s5tim5t r5de beauc\p mo9s indp5dant que le dv\em5t la v]tu1 il affran*it des autres1 s'il ne donne pas de l'empire sur soi-mme4 ,l'ambitieux n'a jamais mis la dignit du c>actre au-dessus des avantages du p\voir2 et comme aucun prix ne lui a p>u trop *] p\r l'acqurir1 aucune consolation ne doit lui re/] aprs l'avoir p]du4 ,p\r aim] et possd] la gloire1 il faut des qualits tellem5t m95tes1 que si leur plus gr&e action e/ au dehors de n\s1 cep5dant elles peuv5t encore s]vir d'alim5t la p5se dans le sil5ce de la retraite2 mais la passion de l'ambition1 les moy5s qu'il faut p\r russir dans ses dsirs1 sont nuls p\r t\t autre usage3 c'e/ de l'impulsion plutt que de la vritable =ce2 c'e/ une sorte d'ardeur qui ne peut se n\rrir de ses propres ress\rces2 c'e/ le s5tim5t le plus ennemi du pass1 de la rflexion1 de t\t ce qui retombe sur soi-mme4 ,l'op9ion1 blmant les pe9es de l'ambition trompe1 y met le comble en se refusant les pla9dre3 et ce refus e/ inju/e1 c> la piti doit avoir une autre de/9ation que l'e/ime2 c'e/ l't5due du malheur qu'il faut la proportionn]4 ,enf91 les malheurs de l'ambition sont d'une telle nature1 que les c>actres les plus =ts n'ont jamais tr\v en eux-mmes la puissance de s'y s\mettre4 ,le c>d9al ,albroni v\lait encore dom9] la rpublique de ,lucques qu'il avait *oisie p\r retraite4 ,on voit des vieill>ds tran] la c\r l'inquitude qui les agite1 bravant le ridicule et le mpris p\r s'atta*] la d]nire ombre du pass4 ,la passion de la gloire ne peut tre trompe sur son objet2 elle veut1 ou le possd] en enti]1 ou rejet] t\t ce qui s]ait un dim9utif de lui-mme2 mais l'ambition a beso9 de la premire1 de la seconde1 de la d]nire place dans l'ordre du crdit et du p\voir1 et se ratta*e *aque degr1 cdant l'horreur que lui inspire la privation absolue de t\t ce qui peut combl] ou satisfaire1 ou mme faire illusion ses dsirs4 ,ne peut-on pas1 dira-t-on1 vivre aprs avoir possd de gr&es places1 comme avant de les avoir obt5ues8 ,non2 jamais un ef=t impuissant ne laisse rev5ir au po9t dont il v\lait v\s sortir1 la raction fait r$esc5dre plus bas2 et le gr& et cruel c>actre des passions1 c'e/ d'imprim] leur m\vem5t t\te la vie1 et leur bonheur peu d'in/ants4 ,si ces considrations gnrales suffis5t p\r montr] l'influ5ce c]ta9e de l'ambition sur le bonheur1 les auteurs1 les tmo9s1 les contempora9s de la rvolution de ,france1 doiv5t tr\v] au fond de leur coeur de n\veaux motifs d'loignem5t p\r t\tes les passions politiques4 ,dans les temps de rvolution1 c'e/ l'ambition seule qui peut obt5ir des succs4 ,il re/e encore des moy5s d'acqurir du p\voir1 mais l'op9ion qui di/ribue la gloire n'exi/e plus2 le peuple comm&e au lieu de jug]2 j\ant un rle actif dans t\s les vnem5ts1 il pr5d p>ti p\r ou contre tel ou tel homme4 ,il n'y a plus dans une nation que des combattants2 l'imp>tial p\voir1 qu'on appelle le public1 ne se montre nulle "p4 ,ce qui e/ gr& et ju/e1 d'une manire absolue1 n'e/ donc plus reconnu2 t\t e/ valu suivant son rapport avec les passions du mom5t2 les trang]s n'ont aucun moy5 de connatre l'e/ime qu'ils doiv5t une conduite que t\s les tmo9s ont blme2 aucune voix mme1 peut-tre1 ne la rapport]a fidlem5t la po/rit4 ,au milieu d'une rvolution1 il faut en croire ou l'ambition ou la consci5ce2 nul autre guide ne peut conduire son b4 ,et quelle ambition6 quel horrible sacrifice elle impose6 quelle tri/e c\ronne elle promet6 ,une rvolution susp5d t\te autre puissance que celle de la =ce2 l'ordre social tablit l'asc5dant de l'e/ime1 de la v]tu2 les rvolutions mett5t t\s les hommes aux prises avec leurs moy5s physiques2 la sorte d'influ5ce morale qu'elles admett5t1 c'e/ le fanatisme de c]ta9es ides qui n'tant susceptibles d'aucune modification1 ni d'aucune borne1 sont des armes de gu]re1 et non des calculs de l'esprit4 ,p\r tre donc ambitieux dans une rvolution1 il faut m>*] t\j\rs en avant de l'impulsion donne2 c'e/ une desc5te rapide o l'on ne peut s'arrt]2 va9em5t on voit l'abme2 si l'on se jette bas du *>1 on e/ bris p> cette *ute3 vit] le pril1 e/ plus dang]eux que de l'affront]3 il faut conduire soi-mme dans le s5ti] qui doit v\s p]dre1 et le mo9dre pas rtrograde r5v]se l'homme sans dt\rn] l'vnem5t4 ,il n'e/ ri5 de plus ins5s que de se ml] dans des circon/ances t\t fait indp5dantes de la volont individuelle2 c'e/ atta*] bi5 plus que sa vie1 c'e/ livr] t\te la moralit de sa conduite l'entranem5t d'un p\voir matriel4 ,on croit influ] dans les rvolutions1 on croit agir1 tre cause1 et l'on n'e/ jamais qu'une pi]re de plus lance p> le m\vem5t de la gr&e r\e2 un autre aurait pris votre place1 un moy5 diffr5t et am5 le mme rsultat2 le nom de *ef signifie le premi] prcipit p> la tr\pe qui m>*e d]rire1 et p\sse en avant4 ,les rev]s et les succs de t\t ce qu'on voit dom9] dans une rvolution1 ne sont que la r5contre heureuse ou malheureuse de tel homme avec telle priode de la nature des *oses4 ,il n'e/ po9t de factieux de bonne foi qui puisse prdire ce qu'il f]a le l5dema92 c> c'e/ la puissance qu'il importe une faction d'obt5ir1 plutt que le b d'abord p\rsuivi3 on peut triomph] en faisant le contraire de ce qu'on a projet1 si c'e/ reti5n5t les factieux dans la mme r\te3 ces d]ni]s ne *]*5t que le p\voir1 et jamais ambition ne cota tant au c>actre4 ,dans ces temps1 p\r dom9] un c]ta9 degr les autres hommes1 il faut qu'ils n'ai5t pas de donnes sres p\r calcul] l'avance votre conduite2 ds qu'ils v\s sav5t inviolablem5t atta* tels pr9cipes de moralit1 ils se po/5t en attaque sur la r\te que v\s devez suivre4 ,p\r obt5ir1 p\r cons]v] quelques mom5ts le p\voir dans une rvolution1 il ne faut c\t] ni son me1 ni son esprit mme4 ,quel que soit le p>ti qu'on ait embrass1 la faction e/ dmagogue dans son ess5ce2 elle e/ compose d'hommes qui ne veul5t pas obir1 qui se s5t5t ncessaires1 et ne se croi5t po9t lis ceux qui les comm&5t2 elle e/ compose d'hommes prts *oisir de n\veaux *efs *aque j\r1 p>ce qu'il n'e/ "q que de leur intrt1 et non d'une subord9ation antrieure1 naturelle ou politique3 il importe plus aux *efs de n'tre pas suspects leurs soldats1 que d'tre r$\tables leurs ennemis4 ,des crimes de t\t g5re1 des crimes inutiles aux succs de la cause1 sont comm&s p> le froce en?\siasme de la populace2 elle cra9t la piti1 quel que soit le degr de sa =ce2 c'e/ p> de la fureur1 et non de la clm5ce1 qu'elle s5t son p\voir4 ,un peuple qui g\v]ne ne cesse jamais d'avoir peur1 il se croit t\j\rs au mom5t de p]dre son autorit2 et dispos1 p> sa situation1 au m\vem5t de l'envie1 il n'a jamais p\r les va9cus l'intrt qu'inspire la faiblesse opprime1 il ne cesse pas de les r$\t]4 ,l'homme donc qui veut acqurir une gr&e influ5ce dans ces temps de crise1 doit rassur] la multitude p> son inflexible cruaut4 ,il ne p>tage po9t les t]reurs que l'ignorance fait pr\v]1 mais il faut qu'il accomplisse les affreux sacrifices qu'elle dem&e2 il faut qu'il immole des victimes qu'aucun intrt ne lui fait cra9dre1 que son c>actre s\v5t lui inspirait le dsir de sauv]2 il faut qu'il commette des crimes sans g>em5t1 sans fureur1 sans atrocit mme1 suivant l'ordre d'un s\v]a9 dont il ne peut prvoir les comm&em5ts1 et dont son me claire ne saurait adopt] aucune des passions4 ,eh6 quel prix p\r de tels ef=ts6 quelle sorte de suffrage on obti5t6 combi5 e/ tyrannique la reconnaissance qui c\ronne6 ,on voit si bi5 les bornes de son p\voir2 on s5t si s\v5t qu'on obx alors mme qu'on a l'air de comm&]2 les passions des hommes sont tellem5t mises en dehors dans un temps de rvolution1 qu'aucune illusion n'e/ possible2 et la plus magique des motions1 celle que font pr\v] les acclamations de t\t un peuple1 ne peut plus se r5\vel] p\r celui qui a vu ce peuple dans les m\vem5ts d'une rvolution4 ,comme ,cromwell1 il dit en trav]sant la f\le dont les suffrages le c\ronn5t3 ,ils applaudirai5t de mme si l'on me conduisait l'*afaud4 ,cet av5ir n'e/ sp> de v\s p> aucun int]valle3 dema9 peut en tre le j\r2 vos juges1 vos assass9s sont dans la multitude qui v\s ent\re1 et le transport qui v\s exalte e/ l'impulsion mme qui peut v\s r5v]s]4 ,quel dang] v\s m5ace1 quelle rapidit dans la *ute1 quelle pr(ondeur dans l'abme6 ,sans que le succs soit lev plus haut1 le rev]s v\s fait tomb] plus bas1 v\s enfonce plus avant dans le nant de votre de/9e4 ,la div]sit des op9ions emp*e aucune gloire de s'tablir1 mais ces mmes op9ions se runiss5t t\tes p\r le mpris2 il pr5d un c>actre d'acclamation1 et le peuple1 qu& il ab&onne l'ambitieux1 s'clairant sur les crimes qu'il lui a fait commettre1 l'accable p\r s'en abs\dre3 celui qui pr5d p\r guide sa consci5ce e/ sr de son b2 mais malheur l'homme avide de p\voir1 qui s'e/ lanc dans une rvolution6 ,cromwell e/ re/ usurpateur1 p>ce que le pr9cipe des tr\bles qu'il avait fait natre tait la religion1 qui s\lve sans d*an]2 tait un s5tim5t sup]/itieux1 qui portait *ang] de matre1 mais non dte/] t\s les j\gs4 ,mais qu& la cause des rvolutions e/ l'exaltation de t\tes les ides de lib]t1 il ne se peut pas que les premi]s *efs de l'insurrection cons]v5t de la puissance2 il faut qu'ils excit5t le m\vem5t qui les r5v]s]a les premi]s2 il faut qu'ils dvelopp5t les pr9cipes qui s]v5t les jug]2 enf91 ils peuv5t s]vir leur op9ion1 mais jamais leur intrt2 et dans une rvolution le fanatisme e/ plus s5s que l'ambition4 ,,*apitre ,,iii4 ,de la vanit4 ,on se dem&e si la vanit e/ une passion4 ,en considrant l'insuffisance de son objet1 on s]ait t5t d'en d\t]2 mais en obs]vant la viol5ce des m\vem5ts qu'elle inspire1 on y reconnat t\s les c>actres des passions1 et l'on retr\ve t\s les malheurs qu'elles entran5t dans la dp5dance s]vile o ce s5tim5t v\s met du c]cle qui v\s ent\re4 ,l'am\r de la gloire se fonde sur ce qu'il y a de plus lev dans la nature de l'homme2 l'ambition ti5t ce qu'il y a de plus positif dans les relations des hommes entre eux2 la vanit s'atta*e ce qui n'a de valeur relle ni dans soi1 ni dans les autres1 des avantages app>5ts1 des effets passag]s2 elle vit du rebut des deux autres passions3 quelquefois cep5dant elle se runit leur empire2 l'homme atte9t aux extrmes p> sa =ce et p> sa faiblesse1 mais plus habituellem5t la vanit l'emporte surt\t dans les c>actres qui l'pr\v5t4 ,les pe9es de cette passion sont assez peu connues1 p>ce que ceux qui les ress5t5t en g>d5t le secret1 et que t\t le monde tant conv5u de mpris] ce s5tim5t1 jamais on n'av\e les s\v5irs ou les cra9tes dont il e/ l'objet4 ,l'un des premi]s *agr9s de la vanit e/ de tr\v] en elle-mme et les causes de ses malheurs et le beso9 de les ca*]4 ,la vanit se n\rrit de succs trop peu relevs p\r qu'il exi/e aucune dignit dans ses rev]s4 ,la gloire1 l'ambition se nomm5t4 ,la vanit rgne quelquefois l'insu mme du c>actre qu'elle g\v]ne2 jamais du mo9s sa puissance n'e/ publiquem5t reconnue p> celui qui s'y s\met3 il v\drait qu'on le crt suprieur aux succs qu'il obti5t1 comme ceux qui lui sont refuss2 mais le public1 ddaignant son b1 et rem>quant ses ef=ts1 dprise la possession en r5dant amre la p]te4 ,l'importance de l'objet auquel on aspire ne donne po9t la mesure de la d\leur que fait pr\v] la privation2 c'e/ la viol5ce du dsir qu'il inspirait1 c'e/ surt\t l'op9ion que les autres se sont =me de l'activit de nos s\haits1 que cette d\leur se proportionne4 ,ce qui c>actrise les pe9es de la vanit1 c'e/ qu'on appr5d p> les autres1 bi5 plus que p> son s5tim5t intime1 le degr de *agr9 qu'on doit en ress5tir3 plus on v\s croit afflig1 plus on se tr\ve de raisons de l'tre4 ,il n'e/ aucune passion qui ramne autant soi1 mais il n'en e/ aucune qui vi5ne mo9s de notre propre m\vem5t2 t\tes ses impulsions arriv5t du dehors4 ,c'e/ non-seulem5t la runion des hommes en socit que ce s5tim5t e/ d mais c'e/ un degr de civilisation qui n'e/ pas connu dans t\s les pays1 et dont les effets s]ai5t presque impossibles concevoir p\r un peuple dont les in/itutions et les moeurs s]ai5t simples2 c> la nature loigne des m\vem5ts de la vanit1 et l'on ne peut compr5dre comm5t des malheurs si rels naiss5t de m\vem5ts si peu ncessaires4 ,avez-v\s jamais r5contr ,damon8 ,il e/ d'une naissance obscure1 il le sait2 il e/ c]ta9 que p]sonne ne l'ignore2 mais au lieu de ddaign] cet avantage p> intrt et p> raison1 il n'a qu'un b dans l'exi/5ce1 c'e/ de v\s p>l] des gr&s seigneurs avec lesquels il a pass sa vie2 il les protge1 de peur d'en tre protg2 il les appelle p> leur nom1 t&is que leurs gaux y joign5t leurs titres1 et se fait reconnatre subalt]ne p> l'inquitude mme de le p>atre4 ,sa conv]sation e/ compose de p>5?ses1 pr9cipal objet de t\tes ses phrases2 il v\drait laiss] *app] ce qu'il a le plus gr& beso9 de dire2 il essaye de se montr] fatigu de t\t ce qu'il envie2 p\r se faire croire son aise1 il tombe dans les manires familires2 il s'y confirme1 p>ce que p]sonne ne compte assez avec lui p\r le rep\ss]2 et t\t ce dont il e/ flatt dans le monde e/ un compos du peu d'importance qu'on met lui1 et du so9 qu'on a de mnag] ses ridicules p\r ne pas p]dre le plaisir de s'en moqu]4 ,sur qui produit-il l'effet qu'il s\haite8 ,sur p]sonne3 peut-tre mme il s'en d\te1 mais la vanit s'ex]ce p\r elle-mme2 en v\lant dtromp] l'homme va91 on l'agite1 mais on ne le corrige pas2 l'esprance r5at l'in/ant mme du dgt1 ou plutt1 comme il arrive s\v5t dans la plup>t des passions1 sans concevoir prcism5t de l'esprance1 on ne peut se rsign] au sacrifice4 ,connaissez-v\s ,lycidas8 ,il a vieilli dans les affaires sans y pr5dre une ide1 sans atte9dre un rsultat2 cep5dant il se croit l'esprit des places qu'il a occupes2 il v\s confie ce qu'ont imprim les gazettes2 il p>le avec circonspection mme des m9i/res du sicle d]ni]2 il a*ve ses phrases p> une m9e conc5tre1 qui ne signifie pas plus que ses p>oles2 il a dans sa po*e des lettres de m9i/res1 d'hommes puissants1 qui lui p>l5t du temps qu'il fait1 et lui sembl5t une preuve de confiance2 il frmit l'aspect de ce qu'il appelle une mauvaise tte1 et donne assez volonti]s ce nom t\t homme suprieur2 il a une diatribe contre l'esprit1 laquelle la majorit d'un salon applaudit presque t\j\rs3 ,c'e/1 v\s dit-il1 un ob/acle bi5 voir que l'esprit2 les g5s d'esprit n'ent5d5t po9t les affaires4 ,lycidas1 il e/ vrai que v\s n'avez pas d'esprit1 mais il n'e/ pas pr\v p\r cela que v\s soyez capable de g\v]n] un empire4 ,on tire trs-s\v5t vanit des qualits qu'on n'a pas2 on voit des hommes se glorifi] des facults spirituelles ou s5sibles qui leur manqu5t4 ,l'homme va9 s'enorgueillit de t\t lui-mme indi/9ctem5t3 ,c'e/ moi1 c'e/ encore moi1 s'crie-t-il2 cet en?\siasme d'gsme fait un *>me ses yeux de *acun de ses dfauts4 ,clon e/ encore cet g>d un bi5 plus brillant spectacle2 t\tes les prt5tions la fois sont entres dans son me3 il e/ laid1 il se croit aim2 son livre tombe1 c'e/ p> une cabale qui l'honore2 on l'oublie1 il p5se qu'on le p]scute2 il n'att5d pas que v\s l'ayez l\1 il v\s dit ce que v\s devez p5s]2 il v\s p>le de lui sans que v\s l'int]rogiez2 il ne v\s c\te pas si v\s lui rpondez2 il aime mieux s'ent5dre1 c> v\s ne p\vez jamais gal] ce qu'il va dire de lui-mme4 ,un homme d'un esprit inf9i disait1 en p>lant de ce qu'on p\vait appel] prcism5t un homme orgueilleux et va91 ,en le voyant j'pr\ve un peu du plaisir que cause le spectacle d'un bon mnage2 son am\r-propre et lui viv5t si bi5 ensemble6 ,en effet1 qu& l'am\r-propre e/ arriv un c]ta9 excs1 il se suffit assez lui-mme p\r ne pas s'inquit]1 p\r ne pas d\t] de l'op9ion des autres2 c'e/ presque une ress\rce qu'on tr\ve en soi1 et cette foi en son propre mrite a bi5 quelques-uns des avantages de t\s les cultes fonds sur une f]me croyance4 ,mais puisque la vanit e/ une passion1 celui qui l'pr\ve ne peut tre tranquille2 sp> de t\tes les j\issances imp]sonnelles1 de t\tes les affections s5sibles1 cet gsme dtruit la possibilit d'aim]3 il n'y a po9t de b plus /rile que soi-mme2 l'homme n'accrot ses facults qu'en les dv\ant au dehors de lui1 une op9ion1 un atta*em5t1 une v]tu quelconque4 ,la vanit1 l'orgueil donn5t la p5se quelque *ose de /ationnaire qui ne p]met pas de sortir du c]cle le plus troit2 et cep5dant1 dans ce c]cle1 il y a une puissance de malheur plus gr&e que dans t\te autre exi/5ce dont les intrts s]ai5t plus multiplis4 ,en conc5trant sa vie on conc5tre aussi sa d\leur1 et qui n'exi/e que p\r soi dim9ue ses moy5s de j\ir1 en se r5dant d'autant plus accessible l'impression de la s\ffrance4 ,on voit cep5dant l'extrieur de c]ta9s hommes1 de tels symptmes de cont5tem5t et de scurit1 qu'on s]ait t5t d'ambitionn] leur vanit comme la j\issance vritable1 puisque c'e/ la plus p>faite des illusions3 mais une rflexion dtruit t\te l'autorit de ces signes app>5ts2 c'e/ que de tels hommes1 n'ayant p\r objet dans la vie que l'effet qu'ils produis5t sur les autres1 sont capables1 p\r drob] t\s les reg>ds les t\rm5ts secrets que des rev]s ou des dgts leur caus5t1 d'un g5re d'ef=t dont aucun autre motif ne donn]ait le p\voir4 ,dans la plup>t des situations1 le bonheur mme fait p>tie du fa/e des hommes va9s1 ou s'ils av\ai5t une pe9e1 ce ne s]ait jamais que celle qu'il e/ honorable de ress5tir4 ,la vanit des hommes suprieurs les fait prt5dre aux succs auxquels ils ont le mo9s de droit2 cette petitesse des gr&s gnies se retr\ve sans cesse dans l'hi/oire3 on voit des criva9s clbres ne mettre de prix qu' leurs faibles succs dans les affaires publiques2 des gu]ri]s1 des m9i/res c\rageux et f]mes1 tre avant t\t flatts de la l\ange accorde leurs mdiocres crits2 des hommes qui ont de gr&es qualits1 ambitionn] de petits avantages2 enf91 comme il faut que l'imag9ation allume t\tes les passions1 la vanit e/ bi5 plus active sur les succs dont on d\te1 sur les facults dont on ne se croit pas sr4 ,l'mulation excite nos qualits2 la vanit se place en avant de t\t ce qui n\s manque4 ,la vanit s\v5t ne dtruit pas la fi]t2 et comme ri5 n'e/ si esclave que la vanit1 et si indp5dant1 au contraire1 que la vritable fi]t1 il n'e/ pas de supplice plus cruel que la runion de ces deux s5tim5ts dans le mme c>actre4 ,on a beso9 de ce qu'on mprise1 on ne peut s'y s\mettre1 on ne peut s'en affran*ir2 c'e/ ses propres yeux que l'on r\git1 c'e/ ses propres yeux que l'on produit l'effet que le spectacle de la vanit fait pr\v] un esprit clair et une me leve4 ,cette passion1 qui n'e/ gr&e que p> la pe9e qu'elle cause1 et ne peut qu' ce seul titre m>*] de pair avec les autres1 se dveloppe p>faitem5t dans les m\vem5ts des femmes3 t\t en elles e/ am\r ou vanit4 ,ds qu'elles veul5t avoir avec les autres des rapports plus t5dus ou plus clatants que ceux qui naiss5t des s5tim5ts d\x qu'elles peuv5t inspir] ce qui les ent\re1 c'e/ des succs de vanit qu'elles prt5d5t4 ,les ef=ts qui peuv5t valoir aux hommes de la gloire et du p\voir1 n'obti5n5t presque jamais aux femmes qu'un applaudissem5t phmre1 un crdit d'intrigue1 enf91 un g5re de triomphe du ressort de la vanit1 de ce s5tim5t en proportion avec leurs =ces et leur de/9e c'e/ donc en elles qu'il faut l'exam9]4 ,il e/ des femmes qui plac5t leur vanit dans des avantages qui ne leur sont po9t p]sonnels1 tels que la naissance1 le rang et la =tune3 il e/ difficile de mo9s s5tir la dignit de son sexe4 ,l'orig9e de t\tes les femmes e/ cle/e1 c> c'e/ aux dons de la nature qu'elles doiv5t leur empire3 en s'occupant de l'orgueil et de l'ambition1 elles font disp>atre t\t ce qu'il y a de magique dans leurs *>mes2 le crdit qu'elles obti5n5t1 ne p>aissant jamais qu'une exi/5ce passagre et borne1 ne leur vaut po9t la considration atta*e un gr& p\voir1 et les succs qu'elles conquir5t ont le c>actre di/9ctif des triomphes de la vanit3 ils ne suppos5t ni e/ime1 ni respect p\r l'objet qui on les accorde4 ,les femmes anim5t a9si contre elles les passions de ceux qui ne v\lai5t p5s] qu' les aim]4 ,le seul vrai ridicule1 celui qui nat du contra/e avec l'ess5ce des *oses1 s'atta*e leurs ef=ts3 lorsqu'elles s'oppos5t aux projets1 l'ambition des hommes1 elles excit5t le vif ress5tim5t qu'inspire un ob/acle inatt5du2 si elles se ml5t des intrigues politiques dans leur jeunesse1 la mode/ie doit en s\ffrir2 si elles sont vieilles1 le dgt qu'elles caus5t comme femmes nuit leur prt5tion comme hommes4 ,la figure d'une femme1 quelle que soit la =ce ou l't5due de son esprit1 quelle que soit l'importance des objets dont elle s'occupe1 e/ t\j\rs un ob/acle ou une raison dans l'hi/oire de sa vie3 les hommes l'ont v\lu a9si4 ,mais plus ils sont dcids jug] une femme selon les avantages ou les dfauts de son sexe1 plus ils dte/5t de lui voir embrass] une de/9e contraire sa nature4 ,ces rflexions ne sont po9t de/9es1 on le croira facilem5t1 dt\rn] les femmes de t\te occupation srieuse1 mais du malheur de se pr5dre jamais elles-mmes p\r b de leurs ef=ts4 ,qu& la "p qu'elles ont dans les affaires nat de leur atta*em5t p\r celui qui les dirige1 qu& le s5tim5t seul dicte leurs op9ions1 inspire leurs dm>*es1 elles ne s'c>t5t po9t de la r\te que la nature leur a trace3 elles aim5t1 elles sont femmes3 mais qu& elles se livr5t une active p]sonnalit1 qu& elles veul5t ram5] elles t\s les vnem5ts1 et les considr5t s\s le rapport de leur propre influ5ce1 de leur intrt individuel1 alors pe9e sont-elles dignes des applaudissem5ts phmres dont les triomphes de la vanit se compos5t4 ,les femmes ne sont presque jamais honores p> aucun g5re de prt5tions2 les di/9ctions de l'esprit mme1 qui sembl]ai5t (frir une c>rire plus t5due1 ne leur val5t s\v5t qu'une exi/5ce la hauteur de la vanit4 ,la raison de ce jugem5t inique ou ju/e1 c'e/ que les hommes ne voi5t aucun g5re d'utilit gnrale enc\rag] les succs des femmes dans cette c>rire1 et que t\t loge qui n'e/ pas fond sur la base de l'utilit1 n'e/ ni pr(ond1 ni durable1 ni univ]sel4 ,le has>d amne quelques exceptions2 s'il e/ quelques mes entranes1 ou p> leur tal5t1 ou p> leur c>actre1 elles s'c>t]ont peut-tre de la rgle commune1 et quelques palmes de gloire peuv5t un j\r les c\ronn]2 mais elles n'*app]ont pas l'9vitable malheur qui s'atta*]a t\j\rs leur de/9e4 ,le bonheur des femmes p]d t\te espce d'ambition p]sonnelle4 ,qu& elles ne veul5t plaire que p\r tre aimes1 qu& ce d\x espoir e/ le seul motif de leurs actions1 elles s'occup5t plus de se p]fectionn] que de se montr]1 de =m] leur esprit p\r le bonheur d'un autre que p\r l'admiration de t\s2 mais qu& elles aspir5t la clbrit1 leurs ef=ts comme leurs succs loign5t le s5tim5t qui1 s\s des noms diffr5ts1 doit t\j\rs faire le de/9 de leur vie4 ,une femme ne peut exi/] p> elle seule1 la gloire mme ne lui s]ait pas un appui suffisant2 et l'insurmontable faiblesse de sa nature et de sa situation dans l'ordre social l'a place dans une dp5dance de t\s les j\rs dont un gnie immortel ne p\rrait encore la sauv]4 ,d'ailleurs1 ri5 n'efface dans les femmes ce qui di/+ue p>ticulirem5t leur c>actre4 ,celle qui se v\]ait la solution des problmes d',euclide1 v\drait encore le bonheur atta* aux s5tim5ts qu'on inspire et qu'on pr\ve2 et qu& elles suiv5t une c>rire qui les en loigne1 leurs regrets d\l\reux1 ou leurs prt5tions ridicules1 pr\v5t que ri5 ne peut les ddommag] de la de/9e p\r laquelle leur me tait cre4 ,il semble que des succs clatants (fr5t des j\issances d'am\r-propre l'ami de la femme clbre qui les obti5t2 mais l'en?\siasme que ces succs font natre a peut-tre mo9s de dure que l'attrait fond sur les avantages les plus frivoles4 ,les critiques1 qui suiv5t ncessairem5t les loges1 dtruis5t l'illusion trav]s laquelle t\tes les femmes ont beso9 d'tre vues4 ,l'imag9ation peut crer1 embellir p> ses *imres un objet inconnu2 mais celui que t\t le monde a jug ne reoit plus ri5 d'elle4 ,la vritable valeur re/e1 mais l'am\r e/ plus pris de ce qu'il donne que de ce qu'il tr\ve4 ,l'homme se complat dans la supriorit de sa nature1 et1 comme ,pygmalion1 il ne se pro/]ne que devant son ouvrage4 ,enf91 si l'clat de la clbrit d'une femme attire des hommages sur ses pas1 c'e/ p> un s5tim5t peut-tre trang] l'am\r2 il en pr5d les =mes1 mais c'e/ comme un moy5 d'avoir accs auprs de la n\velle puissance qu'on veut flatt]4 ,on appro*e d'une femme di/+ue comme d'un homme en place2 la langue dont on se s]t n'e/ pas semblable1 mais le motif e/ p>eil4 ,quelquefois enivrs p> le conc\rs des hommages qui environn5t la femme dont ils s'occup5t1 les adorateurs s'exalt5t mutuellem5t2 mais dans leur s5tim5t ils dp5d5t les uns des autres4 ,les premi]s qui s'loign]ai5t p\rrai5t dta*] ceux qui re/5t2 et celle qui semble l'objet de t\tes leurs p5ses1 s'ap]oit bi5tt qu'elle reti5t *acun d'eux p> l'exemple de t\s4 ,de quels s5tim5ts de jal\sie et de ha9e les gr&s succs d'une femme ne sont-ils pas l'objet6 que de pe9es causes p> les moy5s sans nombre que l'envie pr5d p\r la p]scut]6 ,la plup>t des femmes sont contre elle p> rivalit1 p> sottise1 ou p> pr9cipe4 ,les tal5ts d'une femme1 quels qu'ils soi5t1 les inquit5t t\j\rs dans leurs s5tim5ts4 ,celles qui les di/9ctions de l'esprit sont jamais int]dites1 tr\v5t mille manires de les attaqu] qu& c'e/ une femme qui les possde2 une jolie p]sonne1 en dj\ant ces di/9ctions1 se flatte de signal] ses propres avantages4 ,une femme qui se croit rem>quable p> la prud5ce et la mesure de son esprit1 et qui1 n'ayant jamais eu deux ides dans la tte1 veut pass] p\r avoir rejet t\t ce qu'elle n'a jamais compris1 une telle femme sort un peu de sa /rilit acc\tume1 p\r tr\v] mille ridicules celle dont l'esprit anime et v>ie la conv]sation3 et les mres de famille p5sant1 avec quelque raison1 que les succs mmes du vritable esprit ne sont pas con=mes la de/9ation des femmes1 voi5t attaqu] avec plaisir celles qui en ont obt5u4 ,d'ailleurs1 la femme qui1 en atteignant une vritable supriorit1 p\rrait se croire au-dessus de la ha9e1 et s'lv]ait p> sa p5se au sort des hommes les plus clbres1 cette femme n'aurait jamais le calme et la =ce de tte qui les c>actris5t2 l'imag9ation s]ait t\j\rs la premire de ses facults3 son tal5t p\rrait s'en accrotre1 mais son me s]ait trop =tem5t agite2 ses s5tim5ts s]ai5t tr\bls p> ses *imres1 ses actions entranes p> ses illusions3 son esprit p\rrait mrit] quelque gloire en donnant ses crits la ju/esse de la raison2 mais les gr&s tal5ts1 unis une imag9ation passionne1 clair5t sur les rsultats gnraux et tromp5t sur les relations p]sonnelles4 ,les femmes s5sibles et mobiles donn]ont t\j\rs l'exemple de cette biz>re union de l'erreur et de la vrit1 de cette sorte d'inspiration de la p5se qui r5d des oracles l'univ]s et manque du plus simple conseil p\r soi-mme4 ,en tudiant le petit nombre de femmes qui ont de vrais titres la gloire1 on v]ra que cet ef=t de leur nature fut t\j\rs aux dp5s de leur bonheur4 ,aprs avoir *ant les plus d\ces leons de la morale et de la philosophie1 ,sapho se prcipita du haut du ro*] de ,leucade2 ,elisabe?1 aprs avoir dompt les ennemis de l',anglet]re1 prit victime de sa passion p\r le comte d',essex4 ,enf91 avant d'entr] dans cette c>rire de gloire1 soit que le trne des ,cs>s1 ou les c\ronnes du gnie littraire en soi5t le b1 les femmes doiv5t p5s] que1 p\r la gloire mme1 il faut r5onc] au bonheur et au repos de la de/9e de leur sexe1 et qu'il e/ dans cette c>rire bi5 peu de sorts qui puiss5t valoir la plus obscure vie d'une femme aime et d'une mre heureuse4 ,en quittant un mom5t l'exam5 de la vanit1 j'ai jug jusqu' l'clat d'une gr&e r5omme2 mais que dirai-je de t\tes ces prt5tions de misrables succs littraires p\r lesquels on voit tant de femmes nglig] leurs s5tim5ts et leurs devoirs8 ,absorbes p> cet intrt1 elles abjur5t1 plus que les gu]rires du temps de la *eval]ie1 le c>actre di/9ctif de leur sexe2 c> il vaut mieux p>tag] dans les combats les dang]s de ce qu'on aime que de se tran] dans les luttes de l'am\r-propre1 exig] du s5tim5t des hommages p\r la vanit1 et puis] a9si la s\rce t]nelle p\r satisfaire le m\vem5t le plus phmre et le dsir dont le b e/ le plus re/re9t4 ,l'agitation que fait pr\v] aux femmes une prt5tion plus naturelle1 puisqu'elle ti5t de plus prs l'espoir d'tre aimes2 l'agitation que fait pr\v] aux femmes le beso9 de plaire p> les agrm5ts de leur figure1 (fre aussi le tableau le plus frappant des t\rm5ts de la vanit4 ,reg>dez une femme au milieu d'un bal1 dsirant d'tre tr\ve la plus jolie1 et craignant de n'y pas russir4 ,le plaisir1 au nom duquel on se rassemble1 e/ nul p\r elle3 elle ne peut en j\ir dans aucun mom5t2 c> il n'en e/ po9t qui ne soit absorb et p> sa p5se dom9ante1 et p> les ef=ts qu'elle fait p\r la ca*]4 ,elle obs]ve les reg>ds1 les plus lg]s signes de l'op9ion des autres1 avec l'att5tion d'un morali/e et l'inquitude d'un ambitieux2 et v\lant drob] t\s les yeux le t\rm5t de son esprit1 c'e/ l'affectation de sa gaiet1 p5dant le triomphe de sa rivale1 la turbul5ce de la conv]sation qu'elle veut entret5ir p5dant que cette rivale e/ applaudie1 l'empressem5t trop vif qu'elle lui tmoigne1 c'e/ au sup]flu de ses ef=ts enf9 qu'on ap]oit son travail4 ,la grce1 ce *>me suprme de la beaut1 ne se dveloppe que dans le repos du naturel et de la confiance2 les inquitudes et la contra9te t5t les avantages mmes qu'on possde2 le visage s'altre p> la contraction de l'am\r-propre4 ,on ne t>de pas s'en ap]cevoir1 et le *agr9 que cause une telle dc\v]te augm5te encore le mal qu'on v\drait rp>]4 ,la pe9e se multiplie p> la pe9e1 et le b s'loigne p> l'action mme du dsir2 et dans ce tableau1 qui sembl]ait ne devoir rappel] que l'hi/oire d'un enfant1 se tr\v5t les d\leurs l'un homme1 les m\vem5ts qui conduis5t au dsespoir et font har la vie2 tant les intrts s'accroiss5t p> l'int5sit de l'att5tion qu'on y atta*e6 tant la s5sation qu'on pr\ve nat du c>actre qui la reoit bi5 plus que de l'objet qui la donne6 ,eh bi51 ct du tableau de ce bal1 o les prt5tions les plus frivoles ont mis la vanit dans t\t son j\r1 c'e/ dans le plus gr& vnem5t qui ait agit l'espce huma9e1 c'e/ dans la rvolution de ,france qu'il faut en obs]v] le dveloppem5t complet3 ce s5tim5t1 si born dans son b1 si petit dans son mobile1 qu'on p\vait hsit] lui donn] une place p>mi les passions2 ce s5tim5t a t l'une des causes du plus gr& *oc qui ait branl l'univ]s4 ,je n'appell]ai po9t vanit le m\vem5t qui a port v+t-quatre millions d'hommes ne pas v\loir des privilges de deux c5t mille3 c'e/ la raison qui s'e/ s\leve1 c'e/ la nature qui a repris son niveau4 ,je ne dirai pas mme que la rsi/ance de la noblesse la rvolution ait t produite p> la vanit3 le rgne de la t]reur a fait port] sur cette classe des p]scutions et des malheurs qui ne p]mett5t plus de rappel] le pass4 ,mais c'e/ dans la m>*e intrieure de la rvolution qu'on peut obs]v] l'empire de la vanit1 du dsir des applaudissem5ts phmres1 du beso9 de faire effet1 de cette passion native de ,france1 et dont les trang]s1 comp>ativem5t n\s1 n'ont qu'une ide trs-imp>faite4--,un gr& nombre d'op9ions ont t dictes p> l'envie de surpass] l'orateur prcd5t1 et de se faire applaudir aprs lui2 l'introduction des spectateurs dans la salle des dlibrations a suffi seule p\r *ang] la direction des affaires en ,france4 ,d'abord on n'accordait aux applaudissem5ts que des phrases2 bi5tt1 p\r obt5ir ces applaudissem5ts1 on a cd des pr9cipes1 propos des dcrets1 appr\v jusqu' des crimes2 et p> une d\ble et fune/e raction1 ce qu'on faisait p\r plaire la f\le1 g>ait son jugem5t1 et ce jugem5t g> exigeait de n\veaux sacrifices4 ,ce n'e/ pas d'abord satisfaire des s5tim5ts de ha9e et de fureur que des dcrets b>b>es ont t consacrs1 c'e/ aux battem5ts de ma9s des tribunes2 ce bruit enivrait les orateurs et les jetait dans l'tat o les liqueurs =tes plong5t les sauvages2 et les spectateurs eux-mmes qui applaudissai5t1 v\lai5t1 p> ces signes d'approbation1 faire effet sur leurs vois9s1 et j\issai5t d'ex]c] de l'influ5ce sur leurs reprs5tants4 ,sans d\te1 l'asc5dant de la peur a succd l'mulation de la vanit1 mais la vanit avait cr cette puissance qui a ananti1 p5dant un temps1 t\s les m\vem5ts spontans des hommes4 ,bi5tt aprs le rgne de la t]reur1 on voyait la vanit r5atre2 les individus les plus obscurs se vantai5t d'avoir t ports sur des li/es de proscription4 ,la plup>t des ,franais qu'on r5contre1 tantt prt5d5t avoir j\ le rle le plus important1 tantt assur5t que ri5 de ce qui s'e/ pass en ,france ne s]ait arriv si l'on avait cru le conseil que *acun d'eux a donn dans tel lieu1 telle heure1 p\r telle circon/ance4 ,enf91 en ,france1 on e/ ent\r d'hommes qui t\s se dis5t le c5tre de cet imm5se t\rbillon2 on e/ ent\r d'hommes qui t\s aurai5t prs]v la ,france de ses malheurs si on les avait nomms aux premires places du g\v]nem5t2 mais qui t\s1 p> le mme s5tim5t1 se refus5t se confi] la supriorit1 reconnatre l'asc5dant du gnie ou de la v]tu4 ,c'e/ une importante "q qu'il faut s\mettre aux philosophes et aux publici/es1 de savoir si la vanit s]t ou nuit au ma9ti5 de la lib]t dans une gr&e nation3 elle met d'abord c]ta9em5t un vritable ob/acle l'tablissem5t d'un g\v]nem5t n\veau2 il suffit qu'une con/itution ait t faite p> tels hommes1 p\r que tels autres ne veuill5t pas l'adopt]3 il faut1 comme aprs la session de l'assemble con/ituante1 loign] les fondateurs p\r faire adopt] les in/itutions2 et cep5dant les in/itutions priss5t si elles ne sont pas df5dues p> leurs auteurs4 ,l'envie1 qui *]*e s'honor] du nom de dfiance1 dtruit l'mulation1 loigne les lumires1 ne peut support] la runion du p\voir et de la v]tu1 *]*e les divis] p\r les oppos] l'un l'autre1 et cre la puissance du crime1 comme la seule qui dgrade celui qui la possde4 ,mais qu& de longs malheurs ont abattu les passions1 qu& on a tellem5t beso9 de lois1 qu'on ne considre plus les hommes que s\s le rapport du p\voir lgal qui leur e/ confi1 il e/ possible que la vanit1 alors qu'elle e/ l'esprit gnral d'une nation1 s]ve au ma9ti5 des in/itutions libres4 ,comme elle fait har l'asc5dant d'un homme1 elle s\ti5t les lois con/itutionnelles1 qui1 au b\t d'un temps trs-c\rt1 ramn5t les hommes les plus puissants une condition prive2 elle appuie en gnral ce que veul5t les lois1 p>ce que c'e/ une autorit ab/raite1 dont t\t le monde a sa "p1 et dont p]sonne ne peut tir] de gloire4 ,la vanit e/ l'ennemie de l'ambition2 elle aime r5v]s] ce qu'elle ne peut obt5ir4 ,la vanit fait natre une sorte de prt5tions dissm9es dans t\tes les classes1 dans t\s les individus1 qui arrte la puissance de la gloire1 comme les br9s de paille rep\ss5t la m] des ctes de la ,holl&e4 ,enf91 la vanit de t\s sme de tels ob/acles1 de telles pe9es dans la c>rire publique de *acun1 qu'au b\t d'un c]ta9 temps le gr& inconvni5t des rpubliques1 le beso9 qu'elles donn5t de j\] un rle1 n'exi/]a peut-tre plus en ,france3 la ha9e1 l'envie1 les s\pons1 t\t ce qu'enfante la vanit1 dgt]a p\r jamais l'ambition des places et des affaires2 on ne s'en appro*]a plus que p> am\r p\r la patrie1 p> dv\em5t l'humanit2 et ces s5tim5ts gnreux et philosophiques r5d5t les hommes impassibles comme les lois qu'ils sont *>gs d'excut]4 ,cette esprance e/ peut-tre une *imre1 mais je crois vrai que la vanit se s\met aux lois1 comme un moy5 d'vit] l'clat p]sonnel des noms propres1 et prs]ve une nation nombreuse et libre1 lorsque sa con/itution e/ tablie1 du dang] d'avoir un homme p\r usurpateur4 ,,note ,,qu',,il ,,faut ,,lire ,,avant ,,le ,,*apitre ,,de ,l',,am\r4 ,de t\s les *apitres de cet ouvrage1 il n'en e/ po9t sur lequel je m'att5de autant de critiques que sur celui-ci4 ,les autres passions ayant un b dt]m91 affect5t peu prs de la mme manire t\s les c>actres qui les pr\v5t2 le mot d'am\r rveille dans l'esprit de ceux qui l'ent5d5t1 autant d'ides div]ses que les impressions dont ils sont susceptibles4 ,un trs-gr& nombre d'hommes n'ont connu ni l'am\r de la gloire1 ni l'ambition1 ni l'esprit de p>ti1 etc42 t\t le monde croit avoir eu de l'am\r1 et presque t\t le monde se trompe en le croyant3 les autres passions sont beauc\p plus naturelles1 et p> consqu5t mo9s r>es que celle-l2 c> elle e/ celle o il entre le mo9s d'gsme4 ,ce *apitre1 me dira-t-on1 e/ d'une c\leur trop sombre2 la p5se de la mort y e/ presque insp>able du tableau de l'am\r3 et l'am\r embellit la vie1 et l'am\r e/ le *>me de la nature4 ,non1 il n'y a po9t d'am\r dans les ouvrages gais1 il n'y a po9t d'am\r dans les pa/orales gracieuses4--,sans d\te1 et les femmes doiv5t en conv5ir1 il e/ assez d\x de plaire et d'ex]c] a9si sur t\t ce qui v\s ent\re une puissance due soi seule1 une puissance qui n'obti5t que des hommages volontaires1 une puissance qui ne se fait obir que p>ce qu'on l'aime1 et disposant des autres contre leur intrt mme1 n'obti5t ri5 que de l'ab&on1 et ne peut se dli] du calcul4 ,mais qu'a de commun le jeu piquant de la coquett]ie avec le s5tim5t de l'am\r8 ,il se peut aussi que les hommes soi5t trs-intresss1 trs-amuss surt\t1 p> l'attrait que leur inspire la beaut1 p> l'espoir ou la c]titude de la captiv]2 mais qu'a de commun ce g5re d'impression avec le s5tim5t de l'am\r8--,je n'ai v\lu trait] dans cet ouvrage que des passions2 les affections communes dont il ne peut natre aucun malheur pr(ond n'entrai5t po9t dans mon sujet1 et l'am\r1 qu& il e/ une passion1 porte t\j\rs la mlancolie2 il y a quelque *ose de vague dans ses impressions1 qui ne s'accorde po9t avec la gaiet2 il y a une conviction intime au d$ans de soi1 que t\t ce qui succde l'am\r e/ du nant1 que ri5 ne peut remplac] ce qu'on pr\ve2 et cette conviction fait p5s] la mort dans les plus heureux mom5ts de l'am\r4 ,je n'ai considr que le s5tim5t dans l'am\r1 p>ce que lui seul fait de ce p5*ant une passion4 ,ce n'e/ pas le premi] volume de la ,n\velle ,hlose1 c'e/ le d"p de ,sa9t-,preux1 la lettre de la ,meill]ie1 la mort de ,julie1 qui c>actris5t la passion dans ce roman4--,il e/ si r>e de r5contr] le vritable am\r du coeur1 que je has>d]ai de dire que les anci5s n'ont pas eu l'ide complte de cette affection4 ,phdre e/ s\s le j\g de la fatalit1 les s5sations inspir5t ,anacron1 ,tibulle mle une sorte d'esprit madrigalique ses pe9tures voluptueuses2 quelques v]s de ,didon1 ,ceyx et ,alcyone dans ,ovide1 malgr la my?ologie qui di/rait l'intrt en l'loignant des situations naturelles1 sont presque les seuls morceaux o le s5tim5t ait t\te sa =ce1 p>ce qu'il e/ sp> de t\te autre influ5ce4 ,les ,itali5s mett5t tant de posie dans l'am\r1 que t\s leurs s5tim5ts s'(fr5t v\s comme des images2 vos yeux s'en s\vi5n5t plus que votre coeur4 ,rac9e1 ce pe9tre de l'am\r1 dans ses tragdies sublimes tant d'autres g>ds1 mle s\v5t aux m\vem5ts de la passion des expressions re*]*es qu'on ne peut repro*] qu' son sicle3 ce dfaut ne se tr\ve po9t dans la tragdie de ,phdre2 mais les beauts empruntes des anci5s1 les beauts de v]ve potique1 en excitant le plus vif en?\siasme1 ne produis5t pas cet att5drissem5t pr(ond qui nat de la ressemblance la plus p>faite avec les s5tim5ts qu'on peut pr\v]4 ,on admire la conception du rle de ,phdre1 on se croit dans la situation d',amnade4 ,la tragdie de ,tancrde doit donc faire v]s] plus de l>mes4--,voltaire1 dans ses tragdies2 ,r\sseau1 dans la ,n\velle ,hlose2 ,w]!r1 des scnes de tragdies allem&es2 quelques potes anglais1 des morceaux d',ossian1 etc41 ont transport la pr(onde s5sibilit dans l'am\r4 ,on avait pe9t la t5dresse mat]nelle1 la t5dresse filiale1 l'amiti avec s5sibilit1 ,ore/e et ,pylade4 ,niob1 la pit roma9e1 t\tes les autres affections du coeur n\s sont transmises avec les vritables s5tim5ts qui les c>actris5t3 l'am\r seul n\s e/ reprs5t1 tantt s\s les traits les plus grossi]s1 tantt comme tellem5t insp>able ou de la volupt1 ou de la frnsie1 que c'e/ un tableau plutt qu'un s5tim5t1 une maladie plutt qu'une passion de l'me4 ,c'e/ uniquem5t de cette passion que j'ai v\lu p>l]2 j'ai rejet t\te autre manire de considr] l'am\r4 ,j'ai recueilli1 p\r compos] les *apitres prcd5ts1 ce que j'ai rem>qu dans l'hi/oire ou dans le monde2 en crivant celui-ci1 je me suis laisse all] mes seules impressions2 j'ai rv plutt qu'obs]v3 que ceux qui se ressembl5t se compr5n5t4 ,,*apitre ,,iv4 ,de l'am\r4 ,si l'tre t\t-puissant qui a jet l'homme sur cette t]re a v\lu qu'il cont l'ide d'une exi/5ce cle/e1 il a p]mis que dans quelques in/ants de sa jeunesse il pt aim] avec passion1 il pt vivre dans un autre1 il pt complt] son tre en l'unissant l'objet qui lui tait *]4 ,p\r quelque temps1 du mo9s1 les bornes de la de/9e de l'homme1 l'analyse de la p5se1 la mditation de la philosophie1 se sont p]dues dans le vague d'un s5tim5t dlicieux2 la vie qui pse tait entranante1 et le b qui t\j\rs p>at au-dess\s des ef=ts1 semblait les surpass] t\s4 ,l'on ne cesse po9t de mesur] ce qui se rapporte soi2 mais les qualits1 les *>mes1 les j\issances1 les intrts de ce qu'on aime n'ont de t]me que dans notre imag9ation4 ,ah6 qu'il e/ heureux le j\r o l'on expose sa vie p\r l'unique ami dont notre me a fait *oix6 le j\r o quelque acte d'un dv\em5t absolu lui donne au mo9s une ide du s5tim5t qui oppressait le coeur p> l'impossibilit de l'exprim]6 ,une femme1 dans ces temps affreux dont n\s avons vcu contempora9s2 une femme condamne mort avec celui qu'elle aimait1 laissant bi5 lo9 d'elle le sec\rs du c\rage1 m>*ait au supplice avec joie1 j\issait d'avoir *app au t\rm5t de survivre1 tait fire de p>tag] le sort de son amant1 et prsageant peut-tre le t]me o elle p\vait p]dre l'am\r qu'il avait p\r elle1 pr\vait un s5tim5t froce et t5dre qui lui faisait *rir la mort comme une runion t]nelle4 ,gloire1 ambition1 fanatisme1 votre en?\siasme a des int]valles2 le s5tim5t seul enivre *aque in/ant2 ri5 ne lasse de s'aim]1 ri5 ne fatigue dans cette 9puisable s\rce d'ides d'motions heureuses2 et tant qu'on ne voit1 qu'on n'pr\ve ri5 que p> un autre1 l'univ]s enti] e/ lui s\s des =mes diffr5tes2 le pr9temps1 la nature1 le ciel1 ce sont les lieux qu'il a p>c\rus2 les plaisirs du monde1 c'e/ ce qu'il a dit2 ce qui lui a plu1 les amusem5ts qu'il a p>tags2 ses propres succs soi-mme1 c'e/ la l\ange qu'il a ent5due1 et l'impression que le suffrage de t\s a pu produire sur le jugem5t d'un seul2 enf91 une ide unique e/ ce qui cause l'homme le plus gr& bonheur ou la folie du dsespoir4 ,ri5 ne fatigue l'exi/5ce autant que ces intrts div]s dont la runion a t considre comme un bon sy/me de flicit2 en fait de malheur on n'affaiblit pas ce qu'on divise3 aprs la raison qui dgage de t\tes les passions1 ce qu'il y a de mo9s malheureux encore1 c'e/ de s'ab&onn] entirem5t une seule4 ,sans d\te a9si l'on s'expose recevoir la mort de ses propres affections2 mais le premi] b qu'on doit se propos] en s'occupant du sort des hommes1 n'e/ pas la cons]vation de leur vie2 le sceau de leur nature immortelle e/ de n'e/im] l'exi/5ce physique qu'avec la possession du bonheur moral4 ,c'e/ p> le sec\rs de la rflexion1 c'e/ en c>tant de moi l'en?\siasme de la jeunesse1 que je considr]ai l'am\r1 ou1 p\r mieux m'exprim]1 le dv\em5t absolu de son tre aux s5tim5ts1 au bonheur1 la de/9e d'un autre1 comme la plus haute ide de flicit qui puisse exalt] l'esprance de l'homme4 ,cette dp5dance d'un seul objet affran*it si bi5 du re/e de la t]re1 que l'tre s5sible qui a beso9 d'*app] t\tes les prt5tions de l'am\r-propre1 t\s les s\pons de la calomnie1 t\t ce qui fltrit enf9 dans les relations qu'on entreti5t avec les hommes1 l'tre s5sible tr\ve dans cette passion quelque *ose de solitaire et de conc5tr qui inspire l'me l'lvation de la philosophie et l'ab&on du s5tim5t4 ,on *appe au monde p> des intrts plus vifs que t\s ceux qu'il peut donn]2 on j\it du calme de la p5se et du m\vem5t du coeur1 et1 dans la plus pr(onde solitude1 la vie de l'me e/ plus active que sur le trne des ,cs>s4 ,enf91 quelque poque de l'ge qu'on transportt un s5tim5t qui v\s aurait dom9 depuis votre jeunesse1 il n'e/ pas un mom5t o d'avoir vcu p\r un autre ne ft plus d\x que d'avoir exi/ p\r soi1 o cette p5se ne dgaget t\t la fois des remords et des inc]titudes4 ,qu& on n'a p\r b que son propre avantage1 comm5t peut-on p>v5ir se dcid] sur ri58 le dsir *appe1 p\r a9si dire1 l'exam5 qu'on en fait2 l'vnem5t amne s\v5t un rsultat si contraire notre att5te1 que l'on se rep5t de t\t ce qu'on a essay1 que l'on se lasse de son propre intrt comme de t\te autre entreprise4 ,mais qu& c'e/ au premi] objet de ses affections que la vie e/ consacre1 t\t e/ positif1 t\t e/ dt]m91 t\t e/ entranant3 il le veut1 il en a beso91 il en s]a plus heureux2 un in/ant de sa j\rne p\rra s'embellir au prix de tels ef=ts4 ,c'e/ assez p\r dirig] le c\rs enti] de la de/9e2 plus de vague1 plus de dc\ragem5t1 c'e/ la seule j\issance de l'me qui la remplisse en enti]1 s'agr&isse avec elle1 et1 se proportionnant nos facults1 n\s assure l'ex]cice et la j\issance de t\tes4 ,quel e/ l'esprit suprieur qui ne tr\ve pas dans un vritable s5tim5t le dveloppem5t d'un plus gr& nombre de p5ses que dans aucun crit1 dans aucun ouvrage qu'il puisse ou compos] ou lire8 ,le plus gr& triomphe du gnie c'e/ de dev9] la passion2 qu'e/-ce donc qu'elle-mme8 ,les succs de l'am\r-propre1 le d]ni] degr des j\issances de la p]sonnalit1 la gloire1 que vaut-elle auprs d'tre aim8 ,qu'on se dem&e ce que l'on prfr]ait d'tre ,amnade ou ,voltaire4 ,ah6 t\s ces criva9s1 ces gr&s hommes1 ces conqurants s'ef=c5t d'obt5ir une seule des motions que l'am\r jette comme p> torr5t dans la vie2 des annes de pe9es et d'ef=ts leur val5t un j\r1 une heure de cet enivrem5t qui drobe l'exi/5ce2 et le s5tim5t fait pr\v]1 p5dant t\te sa dure1 une suite d'impressions aussi vives et plus pures que le c\ronnem5t de ,voltaire1 ou le triomphe d',alex&re4 ,c'e/ hors de soi que sont les seules j\issances indf9ies4 ,si l'on veut s5tir le prix de la gloire1 il faut voir celui qu'on aime honor p> son clat2 si l'on veut appr5dre ce que vaut la =tune1 il faut lui avoir donn la si5ne2 enf91 si l'on veut bnir le don inconnu de la vie1 il faut qu'il ait beso9 de votre exi/5ce1 et que v\s puissiez considr] en v\s le s\ti5 de son bonheur4 ,dans quelque situation qu'une pr(onde passion n\s place1 jamais je ne croirai qu'elle loigne de la vritable r\te de la v]tu2 t\t e/ sacrifice1 t\t e/ oubli de soi dans le dv\em5t exalt de l'am\r1 et la p]sonnalit seule avilit2 t\t e/ bont1 t\t e/ piti dans l'tre qui sait aim]1 et l'inhumanit seule bannit t\te moralit du coeur de l'homme4 ,mais s'il e/ dans l'univ]s deux tres qu'un s5tim5t p>fait runisse1 et que le m>iage ait lis l'un l'autre1 que t\s les j\rs1 g5\x1 ils bniss5t l'tre suprme2 qu'ils voi5t leurs pi$s l'univ]s et ses gr&eurs2 qu'ils s'tonn5t1 qu'ils s'inquit5t mme d'un bonheur qu'il a fallu tant de *ances div]ses p\r assur]1 d'un bonheur qui les place une si gr&e di/ance du re/e des hommes2 oui1 qu'ils s'effray5t d'un tel sort4 ,peut-tre1 p\r qu'il ne ft pas trop suprieur au ntre1 ont-ils dj reu t\t le bonheur que n\s esprons dans l'autre vie2 peut-tre que p\r eux il n'e/ pas d'immortalit4 ,j'ai vu1 p5dant mon sj\r en ,anglet]re1 un homme du plus r>e mrite1 uni depuis v+t-c9q ans une femme digne de lui3 un j\r1 en n\s prom5ant ensemble1 n\s r5contrmes ce qu'on appelle en anglais des ,gipsies1 des ,bohmi5s1 errant s\v5t au milieu des bois1 dans la situation la plus dplorable3 je les plaignais de runir a9si1 t\s les maux physiques de la nature4 ,eh bi51 me dit alors ,m4 ,l41 si1 p\r pass] ma vie avec elle1 il avait fallu me rsign] cet tat1 j'aurais m5di depuis tr5te ans1 et n\s aurions encore t bi5 heureux6--,ah6 oui1 s'cria sa femme1 mme a9si n\s aurions t les plus heureux des tres6 ,ces mots ne sont jamais sortis de mon coeur4 ,ah6 qu'il e/ beau ce s5tim5t qui1 dans l'ge avanc1 fait pr\v] une passion peut-tre plus pr(onde encore que dans la jeunesse2 une passion qui rassemble dans l'me t\t ce que le temps enlve aux s5sations2 une passion qui fait de la vie un seul s\v5ir1 et1 drobant sa f9 t\t ce qu'a d'horrible l'isolem5t et l'ab&on1 v\s assure de recevoir la mort dans les mmes bras qui s\t9r5t votre jeunesse et v\s entranr5t aux li5s brlants de l'am\r6 ,quoi6 c'e/ dans la ralit des *oses huma9es qu'il exi/e un tel bonheur1 et t\te la t]re en e/ prive2 et presque jamais l'on ne peut rassembl] les circon/ances qui le donn5t6 ,cette runion e/ possible1 et l'obt5ir p\r soi ne l'e/ pas6 ,il e/ des coeurs qui s'ent5d5t et le has>d1 et les di/ances1 et la nature1 et la socit1 sp>5t sans ret\r ceux qui se s]ai5t aims p5dant t\t le c\rs de leur vie2 et les mmes puissances atta*5t l'exi/5ce qui n'e/ pas digne de v\s1 ou ne v\s ent5d pas1 ou cesse de v\s ent5dre6 ,malgr le tableau que j'ai trac1 il e/ c]ta9 que l'am\r e/ de t\tes les passions la plus fatale au bonheur de l'homme4 ,si l'on savait m\rir1 on p\rrait encore se risqu] l'esprance d'une si heureuse de/9e2 mais l'on ab&onne son me des s5tim5ts qui dcolor5t le re/e de l'exi/5ce2 on pr\ve1 p5dant quelques in/ants1 un bonheur sans aucun rapport avec l'tat habituel de la vie1 et l'on veut survivre sa p]te3 l'in/9ct de la cons]vation l'emporte sur le m\vem5t du dsespoir1 et l'on exi/e1 sans qu'il puisse s'(frir dans l'av5ir une *ance de retr\v] le pass1 une raison mme de ne pas cess]1 de s\ffrir1 dans la c>rire des passions1 dans celle surt\t d'un s5tim5t qui1 pr5ant sa s\rce1 dans t\t ce qui e/ vrai1 ne peut tre consol p> la rflexion mme4 ,il n'y a que les hommes capables de la rsolution de se tu]#c qui puiss5t1 avec quelque ombre de sagesse1 t5t] cette gr&e r\te de bonheur3 mais qui veut vivre et s'expose rtrograd]2 mais qui veut vivre et r5once1 d'une manire quelconque1 l'empire de soi-mme2 se v\e comme un ins5s au plus cruel des malheurs4 ,la plup>t des hommes1 et mme un gr& nombre de femmes1 n'ont aucune ide du s5tim5t tel que je vi5s de le pe9dre1 et ,newton a plus de juges que la vritable passion de l'am\r4 ,une sorte de ridicule s'e/ atta* ce qu'on appelle des s5tim5ts romanesques2 et ces pauvres esprits1 qui mett5t tant d'importance t\s les dtails de leur am\r-propre1 ou de leurs intrts1 se sont tablis comme d'une raison suprieure ceux dont le c>actre a transport dans un autre l'gsme1 que la socit considre assez dans l'homme qui s'occupe exclusivem5t de lui-mme4 ,des ttes =tes reg>d5t les travaux de la p5se1 les s]vices r5dus au g5re huma91 comme seuls dignes de l'e/ime des hommes4 ,il e/ quelques gnies qui ont le droit de se croire utiles leurs semblables2 mais combi5 peu d'tres peuv5t se flatt] de quelque *ose de plus glorieux que d'assur] soi seul la flicit d'un autre6 ,des morali/es svres craign5t les g>em5ts d'une telle passion4 ,hlas6 de nos j\rs1 heureuse la nation1 heureux les individus qui dp5drai5t des hommes susceptibles d'tre entrans p> la s5sibilit6 ,mais1 en effet1 tant de m\vem5ts passag]s ressembl5t l'am\r1 tant d'attraits d'un t\t autre g5re pr5n5t1 ou *ez les femmes p> vanit1 ou *ez les hommes dans leur jeunesse1 l'app>5ce de ce s5tim5t1 que ces ressemblances avilies ont presque effac le s\v5ir de la vrit mme4 ,enf91 il e/ des c>actres aimants1 qui1 pr(ondm5t conva9cus de t\t ce qui s'oppose au bonheur de l'am\r1 des ob/acles que r5contre et sa p]fection1 et surt\t sa dure2 effrays des *agr9s de leur propre coeur1 des inconsqu5ces de celui d'un autre2 rep\ss5t1 p> une raison c\rageuse1 et p> une s5sibilit cra9tive1 t\t ce qui peut entran] cette passion3 c'e/ de t\tes ces causes que naiss5t et les erreurs adoptes1 mme p> les philosophes1 sur la vritable importance des atta*em5ts du coeur1 et les d\leurs sans bornes qu'on pr\ve en s'y livrant4 ,il n'e/ pas vrai1 malheureusem5t1 qu'on ne soit jamais entran que p> les qualits qui promett5t une ressemblance c]ta9e entre les c>actres et les s5tim5ts3 l'attrait d'une figure sduisante1 cette espce d'avantage qui p]met l'imag9ation de suppos] t\s les traits qui la captiv5t1 l'expression qu'elle s\haite1 agit =tem5t sur un atta*em5t qui ne peut se pass] d'en?\siasme2 la grce des manires1 de l'esprit1 de la p>ole1 la grce1 enf91 comme plus indf9issable que t\t autre *>me1 inspire ce s5tim5t qui1 d'abord1 ne se r5dant pas compte de lui-mme1 nat s\v5t de ce qu'il ne peut s'expliqu]4 ,une telle orig9e ne g>antit ni le bonheur1 ni la dure d'une liaison2 cep5dant ds que l'am\r exi/e1 l'illusion e/ complte2 et ri5 n'gale le dsespoir que fait pr\v] la c]titude d'avoir aim un objet indigne de soi4 ,ce fune/e trait de lumire frappe la raison avant d'avoir dta* le coeur2 p\rsuivi p> l'anci5ne op9ion laquelle il faut r5onc]1 on aime encore en mse/imant2 on se conduit comme si l'on esprait1 en s\ffrant1 comme s'il n'exi/ait plus d'esprance2 on s'lance v]s l'image qu'on s'tait cre2 on s'adresse ces mmes traits qu'on avait reg>ds jadis comme l'emblme de la v]tu1 et l'on e/ rep\ss p> ce qui e/ bi5 plus cruel que la ha9e1 p> le dfaut de t\tes les motions1 s5sibles et pr(ondes3 on se dem&e si l'on e/ d'une autre nature1 si l'on e/ ins5s dans ses m\vem5ts2 on v\drait croire sa propre folie p\r vit] de jug] le coeur de ce qu'on aimait4 ,le pass mme ne re/e plus p\r faire vivre de s\v5irs2 l'op9ion qu'on e/ =c de concevoir se rejette sur les temps o l'on tait du1 on se rappelle ce qui devait clair]3 alors le malheur s't5d sur t\tes les poques de la vie2 les regrets ti5n5t du remords1 et la mlancolie1 d]ni] espoir des malheureux1 ne peut plus ad\cir ces rep5tirs qui v\s agit5t1 qui v\s dvor5t1 et v\s font cra9dre la solitude sans v\s r5dre capable de di/raction4 ,si1 au contraire1 il a exi/ dans la vie un heureux mom5t o l'on tait aim2 si l'tre qu'on avait *oisi tait s5sible1 tait gnreux1 tait semblable ce qu'on croit tre1 et que le temps1 l'incon/ance de l'imag9ation1 qui dta*e mme le coeur1 qu'un autre objet1 mo9s digne de sa t5dresse1 v\s ait ravi cet am\r dont dp5dait t\te votre exi/5ce1 qu'il e/ dvorant le malheur qu'une telle de/ruction de la vie fait pr\v]6 ,le premi] in/ant o ces c>actres1 qui tant de fois avai5t trac les s]m5ts les plus sacrs de l'am\r1 grav5t en traits d'aira9 que v\s avez cess d'tre aime2 alors que1 comp>ant ensemble les lettres de la mme ma91 vos yeux peuv5t pe9e croire que l'poque1 elle seule1 en explique la diffr5ce2 lorsque cette voix dont les acc5ts v\s suivai5t dans la solitude1 ret5tissai5t votre me branle1 et semblai5t r5dre prs5ts encore les plus d\x s\v5irs2 lorsque cette voix v\s p>le sans motion1 sans tre brise1 sans trahir un m\vem5t du coeur1 ah6 p5dant longtemps encore la passion que l'on ress5t r5d impossible de croire qu'on ait cess d'intress] l'objet de sa t5dresse4 ,il semble que l'on pr\ve un s5tim5t qui doit se communiqu]2 il semble qu'on ne soit sp> que p> une b>rire qui ne vi5t po9t de sa volont2 qu'en lui p>lant1 en le voyant1 il ress5tira le pass2 il retr\v]a ce qu'il a pr\v2 que des coeurs qui se sont t\t confi1 ne saurai5t cess] de s'ent5dre2444 et ri5 ne peut faire r5atre l'entranem5t dont une autre a le secret1 et v\s savez qu'il e/ heureux lo9 de v\s1 qu'il e/ heureux s\v5t p> l'objet qui v\s rappelle le mo9s3 les traits de sympa?ie sont re/s en v\s seule1 leur rapport e/ ananti4 ,il faut p\r jamais r5onc] voir celui dont la prs5ce r5\vell]ait vos s\v5irs1 et dont les disc\rs les r5drai5t plus am]s2 il faut err] dans les lieux o il v\s a aime1 dans ces lieux dont l'immobilit e/ l p\r atte/] le *angem5t de t\t le re/e4 ,le dsespoir e/ au fond du coeur1 t&is que mille devoirs1 que la fi]t mme1 comm&5t de le ca*]2 on n'attire la piti p> aucun malheur app>5t2 seule1 en secret1 t\t votre tre a pass de la vie la mort4 ,quelle ress\rce dans le monde peut-il exi/] contre une telle d\leur8 ,le c\rage de se tu]8 ,mais dans cette situation le sec\rs mme de cet acte t]rible e/ priv de la sorte de d\ceur qu'on peut y atta*]2 l'espoir d'intress] aprs soi1 cette immortalit si ncessaire aux mes s5sibles e/ ravie p\r jamais celle qui n'espre plus de regrets4 ,c'e/ l m\rir en effet que n'afflig]1 ni punir1 ni ratta*] dans son s\v5ir l'objet qui v\s a trahi2 et le laiss] celle qu'il prfre1 e/ une image de d\leur qui se place au del du tombeau1 comme si cette ide devait v\s y suivre4 ,la jal\sie1 cette passion t]rible dans sa nature1 alors mme qu'elle n'e/ pas excite p> l'am\r1 r5d l'me frntique1 qu& t\tes les affections du coeur sont runies aux ress5tim5ts les plus vifs de l'am\r-propre4 ,t\t n'e/ pas am\r dans la jal\sie comme dans le regret de n'tre plus aim3 la jal\sie inspire le beso9 de la v5geance2 le regret ne fait natre que le dsir de m\rir4 ,la jal\sie e/ une situation plus pnible1 p>ce qu'elle se compose de s5sations opposes1 p>ce qu'elle e/ mcont5te d'elle-mme2 elle se rep5t1 elle se dvore1 et la d\leur n'e/ supportable que lorsqu'elle jette dans l'abattem5t4 ,les affections qui =c5t s'agit] dans le malheur accroiss5t la pe9e p> *aque m\vem5t qu'on fait p\r l'vit]4 ,les affections qui ml5t ensemble l'orgueil et la t5dresse sont les plus cruelles de t\tes2 ce que v\s pr\vez de s5sible affaiblit le ressort que v\s tr\v]iez dans l'orgueil1 et l'am]tume qu'il inspire empoisonne la d\ceur que port5t avec elles les pe9es du coeur alors mme qu'elles tu5t4 ct des malheurs causs p> le s5tim5t1 c'e/ peu que les circon/ances extrieures qui peuv5t tr\bl] l'union des coeurs2 qu& on n'e/ sp> que p> des ob/acles trang]s au s5tim5t rciproque1 on s\ffre1 mais l'on peut et rv] et se pla9dre3 la d\leur n'e/ po9t atta*e ce qu'il y a de plus intime dans la p5se1 elle peut se pr5dre au dehors de soi4 ,cep5dant des mes d'une v]tu sublime ont tr\v en elles-mmes des combats insurmontables3 ,clm5t9e peut se r5contr] dans la ralit1 et m\rir au lieu de triomph]4 ,c'e/ a9si que1 dans des degrs diffr5ts1 l'am\r b\lev]se le sort des coeurs s5sibles qui l'pr\v5t4 ,il e/ un d]ni] malheur dont la p5se n'ose appro*]1 c'e/ la p]te sanglante de ce qu'on aime1 c'e/ cette sp>ation t]rible qui m5ace *aque j\r t\t ce qui respire1 t\t ce qui vit s\s l'empire de la mort4 ,ah6 cette d\leur sans bornes e/ la mo9s r$\table de t\tes3 comm5t survivre l'objet dont on tait aim2 l'objet qu'on avait *oisi p\r l'appui de sa vie1 celui qui faisait pr\v] l'am\r tel qu'il anime un c>actre t\t enti] cr p\r le ress5tir8 ,quoi6 l'on croirait possible d'exi/] dans un monde qu'il n'habit]a plus1 de support] des j\rs qui ne le ramn]ont jamais1 de vivre de s\v5irs dvors p> l't]nit2 de croire ent5dre cette voix1 dont les d]ni]s acc5ts v\s fur5t adresss1 rappel] v]s elle1 en va91 l'tre qui fut la moiti de sa vie1 et lui repro*] les battem5ts d'un coeur qu'une ma9 *rie n'*auff]a plus6 ,ce que j'ai dit s'applique presque galem5t aux deux sexes2 il me re/e considr] ce qui n\s reg>de p>ticulirem5t4 ,o femmes6 v\s1 les victimes du temple o l'on v\s dit adores1 c\tez-moi4 ,la nature et la socit ont d%rit la moiti de l'espce huma9e2 =ce1 c\rage1 gnie1 indp5dance1 t\t app>ti5t aux hommes2 et s'ils environn5t d'hommages les annes de notre jeunesse1 c'e/ p\r se donn] l'amusem5t de r5v]s] un trne2 c'e/ comme on p]met aux enfants de comm&]1 c]ta9s qu'ils ne peuv5t =c] d'obir4 ,il e/ vrai1 l'am\r qu'elles inspir5t donne aux femmes un mom5t de p\voir absolu2 mais c'e/ dans l'ensemble de la vie1 dans le c\rs mme d'un s5tim5t1 que leur de/9e dplorable repr5d son 9vitable empire4 ,l'am\r e/ la seule passion des femmes2 l'ambition1 l'am\r de la gloire mme leur vont si mal1 qu'avec raison un trs-petit nombre s'en occup5t4 ,je l'ai dit1 en p>lant de la vanit3 p\r une qui s'lve1 mille s'abaiss5t au-dess\s de leur sexe1 en en quittant la c>rire4 ,a pe9e la moiti de la vie peut-elle tre intresse p> l'am\r1 il re/e encore tr5te ans p>c\rir qu& l'exi/5ce e/ dj f9ie4 ,l'am\r e/ l'hi/oire de la vie des femmes2 c'e/ un pisode dans celle des hommes3 rputation1 honneur1 e/ime1 t\t dp5d de la conduite qu' cet g>d les femmes ont t5ue2 t&is que les lois de la moralit mme1 selon l'op9ion d'un monde inju/e1 sembl5t susp5dues dans les rapports des hommes avec les femmes2 ils peuv5t pass] p\r bons1 et leur avoir caus la plus affreuse d\leur qu'il soit donn l'tre mortel de produire dans l'me d'un autre2 ils peuv5t pass] p\r vrais1 et les avoir trompes2 enf91 ils peuv5t avoir reu d'une femme les s]vices1 les m>ques de dv\em5t qui li]ai5t ensemble deux amis1 deux compagnons d'armes1 qui d%onor]ai5t l'un des deux1 s'il se montrait capable de les oubli]2 ils peuv5t les avoir reu d'une femme1 et se dgag] de t\t1 en attribuant t\t l'am\r1 comme si un s5tim5t1 un don de plus dim9uait le prix des autres4 ,sans d\te1 il e/ des hommes dont le c>actre e/ une honorable exception2 mais telle e/ l'op9ion gnrale s\s ce rapport1 qu'il en e/ bi5 peu qui osass5t1 sans cra9dre le ridicule1 annonc] dans les liaisons du coeur la dlicatesse de pr9cipes qu'une femme se croirait oblige d'affect]1 si elle ne l'pr\vait pas4 ,on dira que peu importe au s5tim5t l'ide du devoir1 qu'il n'en a pas beso9 tant qu'il exi/e1 et qu'il n'exi/e plus ds qu'il en a beso94 ,il n'e/ pas vrai du t\t que dans la moralit du coeur huma91 un li5 ne confirme pas un p5*ant2 il n'e/ pas vrai qu'il n'exi/e pas plusieurs poques dans le c\rs d'un atta*em5t o la moralit ress]re les noeuds qu'un c>t de l'imag9ation p\vait rel*]4 ,les li5s indissolubles s'oppos5t au libre attrait du coeur2 mais un complet degr d'indp5dance r5d presque impossible une t5dresse durable2 il faut des s\v5irs p\r branl] le coeur1 et il n'y a po9t de s\v5irs pr(onds1 si l'on ne croit pas aux droits du pass sur l'av5ir1 si quelque ide de reconnaissance n'e/ pas la base immuable du gt qui se r5\velle3 il y a des int]valles dans t\t ce qui app>ti5t l'imag9ation1 et si la moralit ne les remplit pas1 dans l'un de ces int]valles passag]s on se sp>]a p\r t\j\rs4 ,enf91 les femmes sont lies p> les relations du coeur1 et les hommes ne le sont pas3 cette ide mme e/ encore un ob/acle la dure de l'atta*em5t des hommes2 c> l o le coeur ne s'e/ po9t fait de devoir1 il faut que l'imag9ation soit excite p> l'inquitude2 et les hommes sont srs des femmes1 p> des raisons mme trangres l'op9ion qu'ils ont de leur plus gr&e s5sibilit2 ils en sont srs1 p>ce qu'ils les e/im5t2 ils en sont srs1 p>ce que le beso9 qu'elles ont de l'appui de l'homme qu'elles aim5t se compose de motifs indp5dants de l'attrait mme4 ,cette c]titude1 cette confiance1 si d\ce la faiblesse1 e/ s\v5t importune la =ce2 la faiblesse se repose1 la =ce s'en*ane2 et dans la runion des contra/es dont l'homme veut =m] son bonheur1 plus la nature l'a fait p\r rgn]1 plus il aime tr\v] d'ob/acles3 les femmes1 au contraire1 se dfiant d'un empire sans fondem5t rel1 *]*5t un matre1 et se plais5t s'ab&onn] sa protection2 c'e/ donc presque une consqu5ce de cet ordre fatal1 que les femmes dta*5t en se livrant1 et p]d5t p> l'excs mme de leur dv\em5t4 ,si la beaut leur assure des succs1 la beaut n'ayant jamais une supriorit c]ta9e1 le *>me de n\veaux traits peut bris] les li5s les plus d\x du coeur2 les avantages d'un c>actre lev1 d'un esprit rem>quable1 attir5t p> leur clat1 mais dta*5t la longue t\t ce qui leur s]ait infrieur4 ,et comme les femmes ont beso9 d'admir] ce qu'elles aim5t1 les hommes se plais5t ex]c] sur leur matresse l'asc5dant des lumires1 et s\v5t ils hsit5t entre l'ennui de la mdiocrit et l'importunit de la di/9ction4 ,l'am\r-propre1 que la socit1 que l'op9ion publique a runi =tem5t l'am\r1 se fait pe9e s5tir dans la situation des hommes vis--vis des femmes3 celle qui leur s]ait infidle s'avilit en les (f5sant1 et leur coeur e/ guri p> le mpris4 ,la fi]t vi5t encore aggrav] dans une femme les malheurs de l'am\r2 c'e/ le s5tim5t qui fait la blessure1 mais l'am\r-propre y jette des poisons4 ,le don de soi1 ce sacrifice si gr& aux yeux d'une femme1 doit se *ang] en remords1 en s\v5ir de honte1 qu& elle n'e/ plus aime2 et lorsque la d\leur1 qui d'abord n'a qu'une ide1 appelle enf9 son sec\rs t\s les g5res de rflexions1 les hommes1 condamns s\ffrir l'incon/ance1 sont consols p> *aque p5se qui les attire v]s un n\vel av5ir2 les femmes sont replonges dans le dsespoir p> t\tes les comb9aisons qui multipli5t l't5due d'un tel malheur4 ,il peut exi/] des femmes dont le coeur ait p]du sa dlicatesse2 elles sont aussi trangres l'am\r qu' la v]tu2 mais il e/ encore p\r celles qui mrit5t seules d'tre comptes p>mi leur sexe1 il e/ encore une 9galit pr(onde dans leurs rapports avec les hommes3 les affections de leur coeur se r5\vell5t r>em5t2 g>es dans la vie1 qu& leur guide les a trahies1 elles ne sav5t ni r5onc] un s5tim5t qui ne laisse aprs lui que l'abme du nant1 ni r5atre l'am\r dont leur me e/ p\vante4 ,une sorte de tr\ble sans f91 sans b1 sans repos1 s'emp>e de leur exi/5ce2 les unes se dgrad5t1 les autres sont plus prs d'une dvotion exalte que d'une v]tu calme2 t\tes au mo9s sont m>ques du sceau fatal de la d\leur2 et p5dant ce temps les hommes comm&5t les armes1 dirig5t les empires1 et se rappell5t pe9e le nom de celles dont ils ont fait la de/9e3 un seul m\vem5t d'amiti laisse plus de traces dans leur coeur que la passion la plus ard5te2 t\te leur vie e/ trangre cette poque1 *aque in/ant y ratta*e le s\v5ir des femmes2 l'imag9ation des hommes a t\t conquis en tant aims1 le coeur des femmes e/ 9puisable en regrets2 les hommes ont un b dans l'am\r1 la dure de ce s5tim5t e/ le seul bonheur des femmes4 ,les hommes enf9 sont aims1 p>ce qu'ils aim5t2 les femmes doiv5t cra9dre1 *aque m\vem5t qu'elles pr\v5t1 et l'am\r qui les entrane1 et l'am\r qui va dtruire le pre/ige qui en*anait sur leurs pas4 tres malheureux6 tres s5sibles6 v\s v\s exposez1 avec des coeurs sans df5se1 ces combats o les hommes se prs5t5t ent\rs d'un triple aira92 re/ez dans la c>rire de la v]tu1 re/ez s\s sa noble g>de2 l il e/ des lois p\r v\s1 l votre de/9e1 a des appuis inde/ructibles3 mais si v\s v\s ab&onnez au beso9 d'tre aimes1 les hommes sont matres de l'op9ion1 les hommes ont de l'empire sur eux-mmes2 les hommes r5v]s]ont votre exi/5ce p\r quelques in/ants de la leur4 ,ce n'e/ pas en r5onant au sort que la socit leur a fix1 que les femmes peuv5t *app] au malheur2 c'e/ la nature qui a m>qu leur de/9e1 plus encore que les lois des hommes2 et p\r cess] d'tre leurs matresses1 faudrait-il dev5ir leurs rivaux1 et mrit] leur ha9e1 p>ce qu'il faut sacrifi] leur am\r8 ,il re/e des devoirs1 il re/e des enfants1 il re/e aux mres ce s5tim5t sublime dont la j\issance e/ dans ce qu'il donne1 et l'espoir dans ses bi5faits4 ,sans d\te1 celle qui a r5contr un homme dont l'n]gie n'a po9t effac la s5sibilit2 un homme qui ne peut support] la p5se du malheur d'un autre1 et met l'honneur aussi dans la bont2 un homme fidle aux s]m5ts que l'op9ion publique ne g>antit pas1 et qui a beso9 de la con/ance p\r j\ir du vrai bonheur d'aim]2 celle qui s]ait l'unique amie d'un tel homme1 p\rrait triomph]1 au se9 de la flicit1 de t\s les sy/mes de la raison4 ,mais s'il e/ un exemple qui puisse donn] la v]tu mme des in/ants de mlancolie1 quelle femme t\tefois1 qu& l'poque des passions e/ passe1 ne s'applaudit pas de s'tre dt\rne de leur r\te8 ,qui p\rrait comp>] le calme qui suit le sacrifice1 et le regret des esprances trompes8 quel prix ne v\drait-on pas n'avoir jamais aim1 n'avoir jamais connu ce s5tim5t dva/ateur1 qui1 semblable au v5t brlant d',afrique1 s*e dans la fleur1 abat dans la =ce1 c\rbe enf9 v]s la t]re la tige qui devait et crotre et dom9]6 ,,*apitre ,v4 ,du jeu1 de l'av>ice1 de l'ivresse1 etc4 ,aprs ce s5tim5t malheureux et sublime qui fait dp5dre d'un seul objet le de/9 de notre vie1 je vais p>l] des passions qui s\mett5t l'homme au j\g des s5sations g/es4 ,ces passions ne doiv5t po9t tre ranges dans la classe des ress\rces qu'on tr\ve en soi2 c> ri5 n'e/ plus oppos aux plaisirs qui naiss5t de l'empire sur soi-mme que l'ass]vissem5t ses dsirs p]sonnels4 ,dans cette situation1 t\tefois1 si l'on dp5d de la =tune1 on n'att5d ri5 de l'op9ion1 de la volont1 des s5tim5ts des hommes2 et s\s ce rapport1 comme on a plus de lib]t1 on devrait obt5ir plus de bonheur3 nanmo9s ces p5*ants avilissants ne val5t aucune vritable j\issance2 ils livr5t un in/9ct grossi]1 et cep5dant expos5t aux mmes *ances que des dsirs plus relevs4 ,l'on peut tr\v] dans ces passions honteuses la trace des affections morales dgnres en impulsions physiques4 ,il y a dans les lib]t9s1 dans ceux qui s'enivr5t1 dans les j\eurs1 dans les av>es1 les deux espces de m\vem5t qui font les ambitieux en t\t g5re1 le beso9 d'motion et la p]sonnalit2 mais1 dans les passions morales1 on ne peut tre mu que p> les s5tim5ts de l'me1 et ce qu'on a d'gsme n'e/ satisfait que p> le rapport des autres avec soi2 t&is que le seul avantage de ces passions physiques1 c'e/ l'agitation qui susp5d le s5tim5t et la p5se2 elles donn5t une sorte de p]sonnalit matrielle qui "p de soi p\r rev5ir soi1 et fait triomph] ce qu'il y a d'animal dans l'homme sur le re/e de sa nature4 ,exam9ons cep5dant1 malgr le dgt qu'un tel sujet inspire1 les deux pr9cipes de ces passions1 le beso9 d'motion et l'gsme4 ,le premi] produit l'am\r du jeu1 et le second l'av>ice4 ,quoiqu'on puisse suppos] qu'il faut aim] l'arg5t p\r aim] le jeu1 ce n'e/ po9t l la s\rce de ce p5*ant effrn2 la cause lm5taire1 la j\issance unique peut-tre de t\tes les passions1 c'e/ le beso9 et le plaisir de l'motion4 ,on ne tr\ve de bon dans la vie que ce qui la fait oubli]2 et si l'motion p\vait tre un tat durable1 bi5 peu de philosophes se refus]ai5t conv5ir qu'elle s]ait le s\v]a9 bi54 ,il e/1 et je t*]ai de le pr\v] dans la troisime p>tie de cet ouvrage1 il e/ des di/ractions utiles et con/antes p\r l'homme qui sait se dom9]2 mais la f\le des tres passionns qui veul5t *app] leur ennemi commun1 la s5sation d\l\reuse de la vie1 se prcipite dans une ivresse qui1 confondant les objets1 fait disp>atre la ralit de t\t4 ,dans un mom5t d'motion1 il n'y a plus de jugem5t1 il n'y a que de l'esprance et de la cra9te3 on pr\ve quelque *ose du plaisir des rves1 les limites s'effac5t1 l'extraord9aire p>at possible1 et les bornes ou les *anes de ce qui e/ et de ce qui s]a s'loign5t ou se s\lv5t vos yeux4 ,dans le tumulte et la succession rapide des s5sations qui s'emp>5t d'une me violemm5t mue1 le dang]1 mme sans b1 e/ un plaisir p5dant la dure de l'action4 ,sans d\te c'e/ un s5tim5t trs-pnible que de cra9dre l'avance le pril qui m5ace1 c'e/ de la s\ffrance dans le calme2 mais l'in/ant de la dcision1 mais le jeu1 quelque *] qu'il soit dans le mom5t o il se has>de1 e/ une espce de j\issance1 c'e/--dire1 d't\rdissem5t4 ,cet tat devi5t quelquefois tellem5t ncessaire ceux qui l'ont pr\v1 qu'on voit des m>9s trav]s] de n\veau les m]s1 seulem5t p\r ress5tir l'motion des dang]s auxquels ils ont *app4 ,le gr& jeu de la gloire e/ difficile prp>]2 un tapis v]t1 des ds y supplent4 ,l'agitation de l'me e/ un beso9 trompeur auquel la plup>t des hommes se livr5t1 sans p5s] ce qui succde cette agitation4 ,ils has>d5t la =tune qui les fait vivre2 ils se prcipit5t dans les batailles o la mort1 ou plus encore les s\ffrances les m5ac5t1 p\r retr\v] ce m\vem5t qui les sp>e des s\v5irs et de la prvoyance1 donne l'exi/5ce quelque *ose d'in/antan1 fait vivre et cess] de rfl*ir4 ,quel tri/e ca*et de la de/9e huma9e6 quelle irrcusable preuve de malheur1 que ce beso9 d'vit] le c\rs naturel de la vie1 d'enivr] les facults qui s]v5t la jug]6 ,le monde e/ agit p> l'inquitude de *aque homme1 et ces armes innombrables qui c\vr5t la surface de la t]re sont l'inv5tion cruelle des soldats1 des (fici]s1 des rois1 p\r *]*] dans la de/9e quelque1 *ose que la nature n'y a po9t mis1 ou t\t au mo9s p\r obt5ir cette int]ruption mom5tane de la dure successive des ides habituelles1 cette motion qui s\lage du poids de la vie4 ,mais1 indp5damm5t de t\t ce qu'il faut has>d] et p]dre p\r se mettre dans une situation qui v\s procure de telles sortes de j\issances1 il n'exi/e ri5 de plus pnible que l'in/ant qui succde l'motion2 le vide qu'elle laisse aprs elle e/ un plus gr& malheur que la privation mme de l'objet dont l'att5te v\s agitait4 ,ce qu'il y a de plus difficile support] p\r un j\eur1 ce n'e/ pas d'avoir p]du1 mais de cess] de j\]4 ,les mots qui s]v5t aux autres passions sont trs-s\v5t emprunts de celle-l1 p>ce qu'elle e/ une image matrielle de t\s les s5tim5ts qui s'appliqu5t de plus gr&es circon/ances2 a9si l'am\r du jeu aide compr5dre l'am\r de la gloire1 et l'am\r de la gloire son t\r explique l'am\r du jeu4 ,t\t ce qui tablit des analogies1 des ressemblances1 e/ un g>ant de plus de la vrit du sy/me4 ,si l'on p>v5ait ralli] la nature morale la nature physique1 l'univ]s enti] une seule p5se1 on aurait presque drob le secret de la ,div9it4 ,la plup>t des hommes *]*5t donc tr\v] le bonheur dans l'motion1 c'e/--dire1 dans une s5sation rapide qui gte un long av5ir3 d'autres se livr5t p> calcul1 et surt\t p> c>actre1 la p]sonnalit2 mcont5ts de leurs relations avec les autres1 ils croi5t avoir tr\v un secret sr p\r tre heureux1 en se consacrant eux-mmes1 et ils ne sav5t pas que ce n'e/ pas seulem5t de la nature du j\g1 mais de la dp5dance en elle-mme1 que nat le malheur de l'homme4 ,l'av>ice e/ de t\s les p5*ants celui qui fait le mieux ressortir la p]sonnalit4 ,aim] l'arg5t1 p\r arriv] tel ou tel b1 c'e/ le reg>d] comme un moy51 et non comme l'objet2 mais il e/ une espce d'hommes qui1 considrant en gnral la =tune comme une manire d'acqurir des j\issances1 ne veul5t cep5dant en gt] aucune3 les plaisirs1 quels qu'ils soi5t1 v\s associ5t aux autres1 t&is que la possibilit de les obt5ir e/ en soi seul1 et l'on dissipe quelque *ose de son gsme en le satisfaisant au dehors4 ,l'av5ir inquite tellem5t les av>es1 qu'ils aim5t sacrifi] le prs5t comme p\rrait le faire la v]tu la plus releve3 la p]sonnalit de l'av>e va si lo91 qu'il f9it p> immol] lui lui-mme2 il s'aime tant dema91 qu'il se prive de t\t *aque j\r p\r embellir le j\r suivant2 et comme t\s les s5tim5ts qui ont le c>actre de la passion1 qui dvor5t jusqu' l'objet mme qu'ils *riss5t1 l'gsme devi5t de/ructeur du bi5-tre qu'il veut cons]v]1 et l'av>ice int]dit t\s les avantages que l'arg5t p\rrait valoir4 ,je ne m'arrt]ai po9t p>l] des malheurs causs p> l'av>ice2 on ne voit po9t de gradation ni de nuance dans cette s+ulire passion2 t\t y p>at galem5t d\l\reux et vil4 ,comm5t avoir l'ide de cette fureur de p]sonnalit8 ,quel b que soi p\r sa propre vie6 ,quel homme peut se *oisir p\r l'objet de sa p5se1 sans admettre d'int]mdiaire entre sa passion et lui-mme8 ,il y a tant d'inc]titude dans ce qu'on dsire1 de dgt dans ce qu'on pr\ve1 qu'on ne peut concevoir comm5t on aurait le c\rage d'agir1 si ses actions ret\rnant ses s5sations1 et ses s5sations ses actions1 on savait si positivem5t le prix de ce qu'on fait1 la rcomp5se de ses ef=ts4 ,comm5t exi/] sans tre utile1 et se donn] la pe9e de vivre qu& p]sonne ne s'afflig]ait de n\s voir m\rir6 ,si l'av>e1 si l'g/e sont incapables de ces ret\rs s5sibles1 il e/ un malheur p>ticuli] de tels c>actres auquel ils ne peuv5t jamais *app]2 ils craign5t la mort1 comme s'ils avai5t su j\ir de la vie3 aprs avoir sacrifi leurs j\rs prs5ts leurs j\rs v5ir1 ils pr\v5t une sorte de rage en voyant s'appro*] le t]me de l'exi/5ce4 ,les affections du coeur augm5t5t le prix de la vie en dim9uant l'am]tume de la mort2 t\t ce qui e/ aride fait mal vivre et mal m\rir4 ,enf9 les passions p]sonnelles sont de l'esclavage autant que celles qui mett5t dans la dp5dance des autres2 elles r5d5t galem5t impossible l'empire sur soi-mme1 et c'e/ dans le libre et con/ant ex]cice de cette puissance qu'e/ le repos et ce qu'il y a de bonheur4 ,les passions qui dgrad5t l'homme1 en ress]rant son gsme dans ses s5sations1 ne produis5t pas sans d\te ces b\lev]sem5ts de l'me o l'homme pr\ve t\tes les d\leurs que ses facults lui p]mett5t de ress5tir2 mais il ne re/e aux pe9es causes p> des p5*ants mprisables aucun g5re de consolation2 le dgt qu'elles inspir5t aux autres passe jusqu' celui qui les pr\ve4 ,il n'y a ri5 de plus am] dans l'adv]sit que de ne pas p\voir s'intress] soi2 l'on e/ malheureux sans tr\v] mme de l'att5drissem5t dans son me2 il y a quelque *ose de dess* dans t\t votre tre1 un s5tim5t d'isolem5t si pr(ond1 qu'aucune ide ne peut se jo9dre l'impression de la d\leur3 il n'y a ri5 dans le pass1 il n'y a ri5 dans l'av5ir1 il n'y a ri5 aut\r de soi2 on s\ffre sa place1 mais sans p\voir s'aid] de sa p5se1 sans os] mdit] sur les diffr5tes causes de son in=tune1 sans se relev] p> de gr&s s\v5irs o la d\leur puisse s'atta*]4 ,,*apitre ,,vi4 ,de l'envie et de la v5geance4 ,il e/ des passions qui n'ont pas prcism5t de b1 et cep5dant rempliss5t une gr&e p>tie de la vie2 elles agiss5t sur l'exi/5ce sans la dirig]1 et l'on sacrifie le bonheur leur puissance ngative3 c>1 p> leur nature1 elles n'(fr5t pas mme l'illusion d'un espoir et d'un av5ir1 mais seulem5t elles donn5t le beso9 de satisfaire l'pre s5tim5t qu'elles inspir5t3 il semble que de telles passions ne soi5t composes que du mauvais succs de t\tes2 de ce nombre1 mais avec des nuances diffr5tes1 sont l'envie et la v5geance4 ,l'envie ne promet aucun g5re de j\issances1 mme de celles qui amn5t du malheur leur suite4 ,l'homme qui a cette disposition voit1 dans le monde beauc\p plus de sujets de jal\sie qu'il n'en exi/e rellem5t2 et p\r se croire la fois heureux et suprieur1 il faudrait jug] de son sort p> l'envie que l'on inspire3 c'e/ un mobile dont l'objet e/ une s\ffrance1 et qui n'ex]ce l'imag9ation1 cette facult insp>able de la passion1 que sur une ide pnible4 ,la passion de l'envie n'a po9t de t]me1 p>ce qu'elle n'a po9t de b2 elle ne se refroidit po9t1 p>ce que ce n'e/ d'aucun g5re d'en?\siasme1 mais de l'am]tume seule qu'elle s'alim5te1 et que *aque j\r accrot ses motifs p> ses effets3 celui qui comm5ce p> har inspire une irritation propre faire mrit] sa ha9e qui d'abord tait inju/e4 ,les potes se sont ex]cs sur t\s les emblmes de malheur qu'il fallait atta*]a l'envie4 ,quel tri/e sort1 en effet1 que celui d'une passion qui se dvore elle-mme1 et1 p\rsuivie sans cesse p> l'image de ce qui la blesse1 ne peut se reprs5t] une circon/ance quelconque o elle tr\v]ait du repos6 ,il y a tant de maux sur la t]re cep5dant1 qu'il sembl]ait que t\t ce qui arrive dans le monde dt tre une j\issance p\r l'envie2 mais elle e/ si difficile en malheurs1 que s'il re/e de la considration ct des rev]s1 un s5tim5t trav]s mille in=tunes1 une qualit p>mi des torts1 si le s\v5ir de la prosprit relve dans la misre1 l'envieux s\ffre et dte/e encore3 il dmle1 p\r har1 des avantages inconnus celui qui les possde2 il faudrait1 p\r qu'il cesst de s'agit]1 qu'il crt t\t ce qui exi/e infrieur sa =tune1 ses tal5ts1 son bonheur mme2 et il a la consci5ce1 au contraire1 que nul t\rm5t ne peut gal] l'impression aride et dess*ante que sa passion dom9atrice produit sur lui4 ,enf9 l'envie pr5d sa s\rce dans ce t]rible s5tim5t de l'homme qui lui r5d odieux le spectacle du bonheur qu'il ne possde pas1 et lui f]ait prfr] l'galit de l'enf] aux gradations dans le p>adis4 ,la gloire1 la v]tu1 le gnie vi5n5t se bris] contre cette =ce de/ructive2 elle met une borne aux ef=ts1 aux lans de la nature huma9e3 son influ5ce e/ s\v]a9e2 c> qui blme1 qui dj\e1 qui s'oppose1 qui r5v]se1 qui se saisit enf9 de la =ce de/ructive1 f9it t\j\rs p> triomph]4 ,mais le mal que l'envieux sait caus] ne lui compose pas mme un bonheur selon ses voeux2 *aque j\r la =tune ou la nature lui donn5t de n\veaux ennemis2 va9em5t il en fait ses victimes1 aucun de ses succs ne le rassure1 il se s5t infrieur ce qu'il dtruit1 il e/ jal\x de ce qu'il immole2 enf91 ses yeux mmes1 il e/ t\j\rs humili1 et ce supplice s'augm5te p> t\t ce qu'il fait p\r l'vit]4 ,il e/ une passion dont l'ardeur e/ t]rible1 une passion plus r$\table dans ce temps que dans t\s les autres3 c'e/ la v5geance4 ,il ne peut tre "q de bonheur positif obt5u p> elle1 puisqu'elle ne doit sa naissance qu' une gr&e d\leur1 qu'on croit ad\cir en la faisant p>tag] celui qui l'a cause2 mais il n'e/ p]sonne qui1 dans div]ses circon/ances de sa vie1 n'ait ress5ti l'impulsion de la v5geance4 ,elle drive immdiatem5t de la ju/ice1 quoique ses effets y soi5t s\v5t si contraires4 ,faire aux autres le mal qu'ils v\s ont fait1 se prs5te d'abord comme une maxime quitable2 mais ce qu'il y a de naturel dans cette passion ne r5d ses consqu5ces ni plus heureuses1 ni mo9s c\pables3 c'e/ combattre les m\vem5ts involontaires qui entran5t v]s un b condamnable que la raison e/ p>ticulirem5t de/9e2 c> la rflexion e/ autant dans la nature que l'impulsion4 ,il e/ c]ta9 d'abord qu'on s\ti5t difficilem5t l'ide de savoir heureux l'objet qui v\s a plong dans le dsespoir4 ,ce tableau v\s p\rsuit1 comme1 p> un m\vem5t contraire1 l'imag9ation de la piti (fre la pe9ture des d\leurs qu'elle excite s\lag]4 ,l'opposition de votre pe9e et de la flicit de votre ennemi produit dans le sang un vritable s\lvem5t4 ,ce qu'on a le plus de pe9e aussi support] dans l'in=tune1 c'e/ l'absorbation1 la fixation sur une seule ide2 et t\t ce qui porte la p5se au dehors de soi1 t\t ce qui excite l'action trompe le malheur4 ,il semble qu'en agissant on va *ang] la situation de son me2 et le ress5tim5t1 ou l'indignation contre le crime1 tant d'abord ce qui e/ le plus app>5t dans sa propre d\leur1 on croit1 en satisfaisant ce m\vem5t1 *app] t\t ce qui doit le suivre2 mais en obs]vant un coeur gnreux et s5sible1 on dc\vre qu'on s]ait plus malheureux encore aprs s'tre v5g qu'aup>avant4 ,l'occupation o l'on e/ de son ress5tim5t1 l'ef=t qu'on fait sur soi p\r le combattre1 remplit la p5se de div]ses manires2 aprs s'tre v5g1 l'on re/e seul avec sa d\leur1 sans autre ide que la s\ffrance4 ,v\s r5dez votre ennemi1 p> votre v5geance1 une espce d'galit avec v\s2 v\s le sortez de dess\s le poids de votre mpris1 v\s v\s s5tez rappro* p> l'action mme de punir2 si l'ef=t que v\s t5t]iez p\r v\s v5g] tait inutile1 votre ennemi aurait sur v\s l'avantage qu'on pr5d t\j\rs sur les volonts impuissantes1 quels qu'en soi5t la nature et l'objet4 ,t\s les g5res d'g>em5t sont excusables dans les vritables d\leurs2 mais ce qui dmontre cep5dant combi5 la v5geance ti5t des m\vem5ts condamnables1 c'e/ qu'il e/ beauc\p plus r>e de se v5g] p> s5sibilit que p> esprit de p>ti1 ou p> am\r-propre4 ,les mes gnreuses qui se sont ab&onnes des m\vem5ts c\pables1 ont fait un tort imm5se l'asc5dant de la moralit2 elles ont runi des torts graves des motifs levs1 et le s5s mme des mots s'e/ tr\v *ang p> les p5ses accessoires que leur exemple y a runies4 ,le mme t]me exprime l'assass9at de ,cs> et celui de ,h5ri ,,iv2 et les gr&s hommes qui se sont cru le droit de faire pli] une loi de la moralit devant leurs int5tions sublimes1 ont fait plus de mal p> la latitude qu'ils ont donne l'ide de la v]tu1 que les sclrats mpriss dont les actions ont exalt l'horreur qu'inspire le crime4 ,enf91 p> quelque motif qu'on se croie excit la v5geance1 il faut rpt] ceux qui v\drai5t s'y ab&onn]1 non pas qu'ils n'y tr\v]ai5t pas de bonheur1 ils ne le sav5t que trop2 mais il faut leur rpt] qu'il n'e/ po9t de flau politique plus r$\table4 ,cette passion p\rrait p]ptu] le malheur depuis la premire (f5se jusqu' la f9 de la race huma9e3 et dans les temps o les fureurs des p>tis ont emport t\s les hommes dans t\s les s5s au del des bornes de la v]tu1 de la raison et d'eux-mmes1 les rvolutions ne cess5t que qu& *acun n'e/ plus agit p> le beso9 de prv5ir ou d'vit] les effets de la v5geance4 ,on se p]suade que la cra9te d'tre puni peut emp*] les hommes viol5ts de se port] de c]ta9s excs2 ce n'e/ pas du t\t connatre la nature de l'emportem5t4 ,qu& on e/ crim9el de sang-froid1 comme on calcule t\j\rs1 tels prils1 tels ob/acles de plus peuv5t arrt]2 mais les hommes passionns qui se prcipit5t dans les rvolutions sont irrits p> la cra9te mme1 si l'on p>vi5t la leur faire pr\v]2 la peur excite les c>actres imptueux1 au lieu de les cont5ir4 ,il e/ une rflexion qui devrait s]vir de guide ceux qui se ml5t des gr&s dbats des hommes entre eux2 c'e/ qu'ils doiv5t considr] leurs ennemis comme tant de leur nature3 il y a malheureusem5t de l'homme jusque dans le sclrat1 et l'on ne se s]t jamais cep5dant de la connaissance de soi1 p\r s'aid] dev5ir un autre4 ,on dit qu'il faut contra9dre1 humili]1 punir1 et l'on sait nanmo9s que de p>eils moy5s ne produirai5t dans notre me qu'une exaspration irrp>able2 on voit ses ennemis comme une *ose physique qu'on peut abattre1 et soi-mme comme un tre moral que sa propre volont seule doit dirig]4 ,s'il e/ une passion de/ructive du bonheur et de l'exi/5ce des pays libres1 c'e/ la v5geance2 l'en?\siasme qu'inspire la lib]t1 l'ambition qu'elle excite1 met les hommes dans un plus gr& m\vem5t1 fait natre plus d'occasions d'tre opposs les uns aux autres4 ,l'am\r de la patrie l'emportait tellem5t *ez les ,roma9s sur t\te autre passion1 que les ennemis s]vai5t ensemble1 et d'un commun accord1 les intrts de la rpublique4 ,si la v5geance n'e/ pas proscrite p> l'esprit public dans une nation o *aque individu exi/e de t\te sa =ce p]sonnelle1 o le despotisme ne comprimant po9t la masse1 *aque homme a une valeur et une puissance p>ticulires1 les individus f9iront p> har t\s les individus1 et le li5 de p>ti se rompant mesure qu'un n\veau m\vem5t cre de n\velles divisions1 il n'y aura po9t d'homme qui n'ait1 aprs un c]ta9 temps1 des motifs p\r dte/] successivem5t t\t ce qu'il a connu dans sa vie4 ,c]tes1 le plus bel exemple qui pt exi/] de r5onciation la v5geance1 ce s]ait en ,france1 si la ha9e cessait de r5\vel] les rvolutions2 si le nom franais1 p> orgueil et p> patriotisme1 ralliait t\s ceux qui ne sont pas assez crim9els p\r que le p>don mme ne ft pas cru de leur propre coeur4 ,sans d\te1 ce s]ait un hroque oubli2 mais il e/ tellem5t ncessaire que1 mme en jugeant son tonnante difficult1 on a beso9 de l'espr] encore4 ,la ,france ne peut tre sauve que p> ce moy51 et les p>tisans de la lib]t1 les amateurs des arts1 les admirateurs du gnie1 les amis d'un beau ciel1 d'une nature fconde1 t\t ce qui sait p5s]1 t\t ce qui a beso9 de s5tir1 t\t ce qui veut vivre1 enf91 de la vie des ides ou des s5sations =tes1 implore gr&s cris le salut de cette ,france4 ,,*apitre ,,vii4 ,de l'esprit de p>ti4 ,il faut avoir vcu contempora9 d'une rvolution religieuse ou politique1 p\r savoir quelle e/ la =ce de cette passion4 ,elle e/ la seule dont la puissance ne se dmontre pas galem5t dans t\s les temps et dans t\s les pays4 ,il faut qu'une f]m5tation1 cause p> des vnem5ts extraord9aires1 dveloppe ce s5tim5t1 dont le g]me exi/e t\j\rs *ez un gr& nombre d'hommes1 mais peut m\rir avec eux sans qu'ils ai5t jamais eu l'occasion de le reconnatre4 ,des qu]elles frivoles1 telles que des disputes sur la musique1 sur la littrature1 peuv5t donn] quelques ides lgres de la nature de l'esprit de p>ti2 mais il n'exi/e t\t enti]1 mais il n'e/ l'action dvorante qui consume les gnrations et les empires1 que dans ces gr&s dbats o l'imag9ation peut puis] sans mesure t\s les motifs d'en?\siasme ou de ha9e4 ,on doit d'abord di/+u] l'esprit de p>ti1 de l'am\r-propre qui fait t5ir l'op9ion qu'on a s\t5ue2 il en diffre tellem5t1 qu'on peut mme quelquefois mettre ces deux p5*ants en opposition4 ,un homme div]sem5t clbre1 ,m4 de ,condorcet1 avait prcism5t le c>actre de l'esprit de p>ti4 ,ses amis assur5t qu'il aurait crit contre son op9ion1 qu'il l'aurait et dsav\e et combattue ouv]tem5t1 sans confi] p]sonne le secret de ses ef=ts1 s'il avait cru que ce moy5 pt s]vir faire triomph] la cause de cette op9ion mme4 ,l'orgueil1 l'mulation1 la v5geance1 la cra9te1 pr5n5t le masque de l'esprit de p>ti2 mais cette passion elle seule e/ plus ard5te3 elle e/ du fanatisme et de la foi1 quelque objet qu'elle s'applique4 ,eh6 qu'y a-t-il au monde de plus viol5t et de plus aveugle que ces deux s5tim5ts8 ,p5dant les sicles d*irs p> les qu]elles religieuses1 on a vu des hommes obscurs1 sans aucune ide de gloire1 sans aucun espoir d'tre connus1 employ] t\s les moy5s1 brav] t\s les dang]s p\r s]vir la cause qu'ils avai5t adopte4 ,un beauc\p plus gr& nombre d'hommes se mle aux qu]elles politiques1 p>ce que1 dans les intrts de ce g5re1 t\tes les passions se joign5t l'esprit de p>ti1 et dcid5t suivre l'un ou l'autre t5d>d2 mais le pur fanatisme1 dans t\s les temps1 et p\r quelque b que ce soit1 n'exi/e que dans un c]ta9 nombre d'hommes1 qui aurai5t t ca?oliques ou prote/ants dans le qu9zime sicle1 et se font auj\rd'hui ari/ocrates ou jacob9s4 ,ce sont des esprits crdules1 soit qu'ils se passionn5t p\r ou contre les vieilles erreurs2 et leur viol5ce1 sans arrt1 leur donne le beso9 de se plac] l'extrme de t\tes les ides1 p\r y mettre l'aise leur jugem5t et leur c>actre4 ,l'exaltation de ce qu'on appelle la philosophie e/ une sup]/ition comme le culte des prjugs2 les mmes dfauts conduis5t aux deux excs contraires1 et c'e/ la diffr5ce des situations ou le has>d d'un premi] mot1 qui1 dans la classe commune1 fait de deux hommes de p>ti1 deux ennemis ou deux complices4 ,l'homme clair qui d'abord adopta la cause des pr9cipes1 p>ce que sa p5se n'avait pu s'a/re9dre respect] des prjugs absurdes1 alors qu'il embrasse une vrit avec l'esprit de p>ti1 p]d la facult de raisonn]1 a9si que le p>tisan de l'erreur1 et bi5tt emploie des moy5s semblables4 ,de mme qu'on a vu pr*] l'a?isme avec l'intolrance de la sup]/ition1 l'esprit de p>ti comm&e la lib]t avec la fureur du despotisme4 ,on a dit s\v5t1 dans le c\rs de la rvolution de ,france1 que les ari/ocrates et les jacob9s t5ai5t le mme langage1 tai5t aussi absolus dans leurs op9ions1 et1 selon la div]sit des situations1 adoptai5t un sy/me de conduite galem5t intolrant4 ,cette rem>que doit tre considre comme une simple consqu5ce du mme pr9cipe4 ,les passions r5d5t les hommes semblables entre eux1 comme la fivre jette dans le mme tat des tempram5ts div]s2 et de t\tes les passions1 la plus uni=me dans ses effets c'e/ l'esprit de p>ti4 ,elle s'emp>e de v\s comme une espce de dictature1 qui fait taire t\tes les autorits de l'esprit1 de la raison et du s5tim5t3 s\s cet ass]vissem5t1 p5dant qu'il dure1 les hommes sont mo9s malheureux que p> le libre arbitre qui re/e encore aux autres passions2 dans celle-l1 la r\te qu'il faut suivre e/ comm&e comme le b qu'on doit atte9dre3 les hommes dom9s p> cette passion sont 9branlables jusque dans le *oix de leurs moy5s2 ils ne v\drai5t pas les modifi]1 mme p\r arriv] plus srem5t leur objet3 les *efs1 comme dans t\tes les religions1 sont plus adroits1 p>ce qu'ils sont mo9s en?\sia/es2 mais les disciples se font un article de foi de la r\te autant que du b4 ,il faut que les moy5s soi5t de la nature de la cause1 p>ce que cette cause1 p>aissant la vrit mme1 doit triomph] seulem5t p> l'vid5ce et la =ce4 ,je vais r5dre cette ide s5sible p> des exemples4 ,dans l'assemble con/ituante1 les membres du ct droit aurai5t pu faire pass] quelques-uns des dcrets qui les intressai5t1 s'ils euss5t laiss la p>ole des hommes plus modrs qu'eux1 et p> consqu5t plus agrables au p>ti populaire2 mais ils aimai5t mieux p]dre leur cause en la faisant s\t5ir p> l'abb ,maury1 que de la gagn] en la laissant df5dre p> un orateur qui ne ft pas prcism5t de leur op9ion s\s t\s les autres rapports4 ,un triomphe acquis p> une condesc5dance e/ une dfaite p\r l'esprit de p>ti4 ,lorsque les con/itutionnels luttai5t contre les jacob9s1 si les ari/ocrates avai5t adopt le sy/me des premi]s1 s'ils avai5t conseill au roi de se livr] eux1 ils aurai5t alors r5v]s l'ennemi commun1 sans p]dre l'espoir de se dfaire un j\r de leurs allis4 ,mais dans l'esprit de p>ti1 l'on aime mieux tomb] en entranant ses ennemis1 que triomph] avec quelqu'un d'entre eux4 ,lorsqu'en tant assidu aux lections1 on p\vait influ] sur le *oix des hommes dont allait dp5dre le sort de la ,france1 les ari/ocrates aimai5t mieux l'expos] au j\g des sclrats que de reconnatre quelques-uns des pr9cipes de la rvolution en votant dans les assembles primaires4 ,l'intgrit du dogme importe davantage encore que le succs de la cause4 ,plus l'esprit de p>ti e/ de bonne foi1 mo9s il admet de conciliation ou de trait d'aucun g5re2 et comme ce ne s]ait pas croire vritablem5t l'exi/5ce efficace de sa religion que de rec\rir l'art p\r l'tablir1 dans un p>ti l'on se r5d suspect en raisonnant1 en reconnaissant mme la =ce de ses ennemis1 en faisant le mo9dre sacrifice p\r assur] la plus gr&e victoire4 ,quel exemple de cet esprit impliable1 dans *aque dtail comme dans l'ensemble1 le p>ti populaire aussi n'a-t-il pas donn8 ,combi5 de fois n'a-t-il pas refus t\t ce qui p\vait ressembl] une modification8 ,l'ambition sait se pli] *acune des circon/ances p\r pr(it] de t\tes2 la v5geance mme peut ret>d] ou dt\rn] sa m>*e2 mais l'esprit de p>ti e/ comme les =ces aveugles de la nature1 qui vont t\j\rs dans la mme direction3 cette impulsion une fois donne la p5se1 elle pr5d un c>actre de roideur qui lui te1 p\r a9si dire1 ses attributs intellectuels3 on croit se heurt] contre quelque *ose de physique lorsqu'on p>le des hommes qui se prcipit5t dans la ligne de leur op9ion2 ils n'ent5d5t1 ni ne voi5t1 ni ne compr5n5t3 avec deux ou trois raisonnem5ts ils font face t\tes les objections2 et lorsque ces traits lancs n'ont pas conva9cu1 ils ne sav5t plus avoir rec\rs qu' la p]scution4 ,l'esprit de p>ti unit les hommes entre eux p> l'intrt d'une ha9e commune1 mais non p> l'e/ime ou l'attrait du coeur2 il anantit les affections qui exi/5t dans l'me1 p\r y sub/itu] des li5s =ms seulem5t p> les rapports d'op9ion4 ,l'on sait mo9s de gr un homme de ce qu'il fait p\r v\s que p\r votre cause4 ,v\s avoir sauv la vie e/ un mrite beauc\p mo9s gr& vos yeux que de p5s] comme v\s2 et1 p> un code s+uli]1 l'on n'tablit les relations d'atta*em5t et de reconnaissance qu'entre les p]sonnes du mme avis4 ,la limite de son op9ion e/ aussi celle de ses devoirs2 et si l'on reoit1 dans quelque circon/ance1 des sec\rs d'un homme qui suit un p>ti contraire au si51 il semble que la confrat]nit huma9e n'exi/e plus avec lui1 et que le s]vice qu'il v\s a r5du soit un has>d qu'on doit totalem5t sp>] de celui qui l'a fait natre4 ,les gr&es qualits d'un homme qui n'a pas la mme religion politique que v\s ne peuv5t tre comptes p> ses adv]saires3 les torts1 les crimes mmes de ceux qui p>tag5t votre op9ion1 ne v\s dta*5t pas d'eux4 ,le gr& c>actre de la vritable passion e/ d'anantir t\t ce qui n'e/ pas elle1 et une ide dom9ante absorbe t\tes les autres4 ,il n'e/ po9t de passion qui doive plus entran] t\s les crimes1 p> cela mme que celui qui l'pr\ve e/ enivr de meilleure foi1 et que le b de cette passion n'tant pas p]sonnel l'individu qui s'y livre1 il croit se dv\] en faisant le mal1 cons]ve le s5tim5t de la v]tu en commettant les plus gr&s crimes1 et n'pr\ve ni les cra9tes1 ni les remords insp>ables des passions g/es1 des passions qui sont c\pables aux yeux de celui mme qui s'y ab&onne4 ,l'esprit de p>ti n'a po9t de remords4 ,son premi] c>actre e/ de voir son objet tellem5t au-dessus de t\t ce qui exi/e1 qu'il ne peut se rep5tir d'aucun sacrifice qu& il s'agit d'un tel b4 ,la dpopulation de la ,france tait conue p> la froce ambition de ,robespi]re1 excute p> la bassesse de ses ag5ts2 mais cette affreuse ide tait admise p> l'esprit de p>ti lui seul1 et l'on a dit1 sans tre un assass91 ,il y a deux millions d'hommes de trop en ,france4 ,l'esprit de p>ti e/ exempt de cra9te1 non pas seulem5t p> l'exaltation de c\rage qu'il peut inspir]1 mais p> la scurit qu'il fait natre3 les jacob9s et les ari/ocrates1 depuis le comm5cem5t de la rvolution1 n'ont pas un in/ant dsespr du triomphe de leur op9ion2 et au milieu des rev]s qui ont frapp si con/amm5t les ari/ocrates1 il y avait quelque *ose de bat dans la c]titude avec laquelle ils dbitai5t des n\velles que la foi la plus sup]/itieuse aurait pe9e adoptes4 ,il y a cep5dant quelques nuances gnrales qui1 sans application p>ticulire la rvolution de ,france1 di/+u5t l'esprit de p>ti de ceux qui df5d5t les anci5s prjugs1 d'avec l'esprit de p>ti de ceux qui veul5t tablir de n\veaux pr9cipes4 ,l'esprit de p>ti des premi]s e/ de meilleure foi1 celui des novateurs e/ plus habile2 la ha9e des premi]s e/ plus pr(onde1 celle des autres e/ plus agissante2 les premi]s s'atta*5t plus aux hommes1 les novateurs davantage aux *oses2 les premi]s sont plus implacables1 les seconds plus meurtri]s2 les premi]s reg>d5t leurs adv]saires comme des impies1 les seconds les considr5t comme des ob/acles2 en sorte que les premi]s dte/5t p> s5tim5t1 t&is que les autres dtruis5t p> calcul1 et qu'il y a mo9s de paix espr] des p>tisans des anci5s prjugs1 et plus r$\t] de la gu]re faite p> leurs ennemis4 ,malgr ces diffr5ces cep5dant1 les c>actres gnraux sont t\j\rs p>eils4 ,l'esprit de p>ti e/ une sorte de frnsie de l'me qui ne ti5t po9t la nature de son objet4 ,c'e/ ne plus voir qu'une ide1 lui rapport] t\t1 et n'ap]cevoir que ce qui peut s'y runir3 il y a une sorte de fatigue l'action de comp>]1 de balanc]1 de modifi]1 d'except]1 dont l'esprit de p>ti dlivre entirem5t4 ,les viol5ts ex]cices du corps1 l'attaque imptueuse qui n'exige aucune ret5ue1 donn5t une s5sation physique trs-vive et trs-enivrante3 il en e/ de mme au moral de cet emportem5t de la p5se1 qui1 dlivre de t\s ses li5s1 v\lant seulem5t all] en avant1 s'lance sans rflexion aux op9ions les plus extrmes4 ,jamais il ne peut en cot] l'esprit de p>ti d'ab&onn] des avantages individuels dont on sait la mesure1 p\r un b tel que cette passion le fait concevoir1 p\r un b qui n'a jamais ri5 de rel1 de jug1 ni de connu1 et que l'imag9ation revt de t\tes les illusions dont la p5se e/ susceptible4 ,la dmocratie ou la royaut sont le p>adis de leurs vrais en?\sia/es2 ce qu'elles ont t1 ce qu'elles peuv5t dev5ir n'a aucun rapport avec les s5sations que leurs p>tisans pr\v5t leur nom2 lui seul il remue t\tes les affections ard5tes et crdules dont l'homme e/ susceptible4 ,p> cette analyse1 on voit que la s\rce de l'esprit de p>ti e/ t\t fait trangre au s5tim5t du crime2 mais si cet exam5 philosophique inspire un mom5t d'indulg5ce1 combi5 les effets affreux de cette passion ne ramn5t-ils pas l'effroi qu'elle doit inspir]6 ,il n'en e/ po9t qui puisse cet excs born] la p5se et dprav] la moralit4 ,l'esprit huma9 ne peut avoir son dveloppem5t1 ne peut faire de vritables progrs qu'en arrivant l'imp>tialit la plus absolue1 en effaant au d$ans de soi la trace de t\tes les habitudes1 de t\s les prjugs1 en se faisant1 comme ,desc>tes1 une m?ode indp5dante de t\tes les r\tes dj traces4 ,or1 qu& la p5se e/ une fois saisie de l'esprit de p>ti1 ce n'e/ pas des objets soi1 mais de soi v]s les objets que p>t5t les impressions2 on ne les att5d pas1 on les devance1 et l'oeil donne la =me au lieu de recevoir l'image4 ,les hommes d'esprit qui1 dans t\te autre circon/ance1 *]*5t se di/+u]1 ne se s]v5t jamais alors que du petit nombre d'ides qui leur sont communes avec les plus borns d'entre ceux de la mme op9ion4 ,il y a une sorte de c]cle magique trac aut\r du sujet de ralliem5t1 que t\t le p>ti p>c\rt1 et que p]sonne ne peut fran*ir3 soit qu'on r$\te1 en multipliant ses raisonnem5ts1 d'(frir un plus gr& nombre de po9ts d'attaque ses ennemis2 soit que la passion ait galem5t dans t\s les hommes plus d'id5tit que d't5due1 plus de =ce que de v>it4 ,placs l'extrme d'une ide1 comme des soldats leur po/e1 jamais v\s ne p\rrez les dcid] v5ir la dc\v]te d'un autre po9t de vue de la "q2 et t5ant quelques pr9cipes comme des *efs1 des op9ions comme des s]m5ts1 on dirait que v\s leur proposez une trahison1 qu& v\s v\lez les engag] exam9]1 s'occup] d'une ide n\velle1 comb9] de n\veaux rapports4 ,cette manire de ne considr] qu'un seul ct dans t\s les objets1 et de les prs5t] t\j\rs dans le mme s5s1 e/ ce que l'on peut imag9] de plus fatigant ds qu'on n'e/ pas susceptible de l'esprit de p>ti2 et l'homme le plus imp>tial1 tmo9 d'une rvolution1 f9it p> ne plus savoir comm5t retr\v] le vrai1 au milieu des tableaux imag9aires o *aque p>ti croit montr] la vrit avec vid5ce4 ,les gomtres appell5t eux la c]titude p> des moy5s assurs2 mais dans cette sphre d'ides o les s5sations1 les rflexions1 les p>oles mme1 s'aid5t mutuellem5t =m] le corps des vraisemblances1 qu& les mots les plus nobles ont t d%onors1 les raisonnem5ts les plus ju/es faussem5t en*ans1 les s5tim5ts les plus vrais opposs les uns aux autres1 on se croit dans ce *aos que ,milton aurait r5du mille fois plus horrible s'il l'avait pu reprs5t]1 dans le monde intellectuel1 confondant aux yeux de l'homme le ju/e et l'inju/e1 le crime et la v]tu4 ,un sicle1 une nation1 un homme1 s\s le seul rapport des lumires1 sont trs-longtemps se relev] du flau de l'esprit de p>ti4 ,les rputations n'ayant plus de rapport avec le mrite rel1 l'mulation se ral5tit en p]dant son objet4 ,l'inju/ice dc\rage de la re*]*e de la vrit2 la gloire e/ r>em5t contempora9e1 et la r5omme elle-mme e/ tellem5t inve/ie p> l'esprit de p>ti1 que l'homme v]tueux et gr& peut ne pas obt5ir son rec\rs sur les sicles4 ,cette passion t\ffe dans les hommes suprieurs les facults qu'ils t5ai5t de la nature2 et cette c>rire de vrit1 indf9ie comme l'espace et le temps1 dans laquelle l'homme qui p5se j\it d'un av5ir sans bornes1 atte9t un b t\j\rs r5aissant2 cette c>rire se ref]me la voix de l'esprit de p>ti1 et t\s les dsirs comme t\tes les cra9tes v\5t la s]vitude de la foi les ttes =mes p\r concevoir1 dc\vrir et jug]4 ,enf91 l'esprit de p>ti doit tre de t\tes les passions celle qui s'oppose le plus au dveloppem5t de la p5se1 puisque1 comme n\s l'avons dj dit1 ce fanatisme ne laisse pas mme le *oix des moy5s p\r assur] sa victoire1 et que son propre intrt ne l'claire po9t1 qu& il e/ entirem5t de bonne foi4 ,l'esprit de p>ti arrive s\v5t son b p> sa con/ance et son intrpidit1 mais jamais p> ses lumires3 l'esprit de p>ti qui calcule n'e/ dj plus2 c'e/ alors une op9ion1 un plan1 un intrt2 ce n'e/ plus la folie1 l'aveuglem5t qui ne p\rrait cess] sur un po9t sans laiss] entrevoir t\t le re/e4 ,mais si cette passion borne la p5se1 quelle influ5ce n'a-t-elle pas sur le coeur6 ,je comm5ce p> dire qu'il y a une poque de la rvolution de ,france 7la tyrannie de ,robespi]re7 dont il me p>at impossible d'expliqu] t\s les effets p> des ides gnrales1 ni sur l'esprit de p>ti1 ni sur les autres passions huma9es2 ce temps e/ hors de la nature1 au del du crime2 et1 p\r le repos du monde1 il faut se p]suad] que nulle comb9aison ne p\vant conduire prvoir1 expliqu] de semblables atrocits1 ce conc\rs =tuit de t\tes les mon/ruosits morales e/ un has>d in\ dont des milli]s de sicles ne peuv5t ram5] la *ance4 ,mais en de de cet horrible t]me1 combi5 en ,france1 combi5 dans t\s les temps l'esprit de p>ti n'a-t-il pas entran d'actions c\pables6 ,c'e/ une passion sans aucune espce de contre-poids2 t\t ce qui se r5contre dans sa r\te doit tre sacrifi au b qu'elle se propose4 ,t\tes les autres passions tant g/es1 il s'tablit dans plusieurs occasions une sorte de balance entre les div]s intrts p]sonnels4 ,un ambitieux peut quelquefois prfr] les plaisirs de l'amiti1 les avantages de l'e/ime1 telle ou telle p>tie du p\voir2 mais dans l'esprit de p>ti il n'y a ri5 que d'absolu1 p>ce qu'il n'y a ri5 de rel1 et que la comp>aison se faisant t\j\rs du connu l'inconnu1 de ce qui a une borne ce qui e/ indf9i1 ne p]met jamais d'hsit] en cette incomm5surable esprance et quelque bi5 temporel que ce puisse tre4 ,je me s]s de l'expression temporel1 p>ce que l'esprit de p>ti difie la cause qu'il adopte1 en esprant de son triomphe des effets au-dessus de la nature des *oses4 ,l'esprit de p>ti e/ la seule passion qui se fasse une v]tu de la de/ruction de t\tes les v]tus1 une gloire de t\tes les actions qu'on *]*]ait ca*] si l'intrt p]sonnel les faisait commettre2 et jamais l'homme n'a pu tre jet dans un tat aussi r$\table1 que lorsqu'un s5tim5t qu'il croit honnte lui comm&e des crimes2 s'il e/ capable d'amiti1 il e/ plus fi] de la sacrifi]2 s'il e/ s5sible1 il s'enorgueillit de dompt] sa pe9e3 enf9 la piti1 ce s5tim5t cle/e qui fait de la d\leur un li5 entre les hommes1 la piti1 cette v]tu d'in/9ct1 qui cons]ve l'espce huma9e en prs]vant les individus de leurs propres fureurs1 l'esprit de p>ti a tr\v le seul1 moy5 de l'anantir dans l'me1 en portant l'intrt sur les nations entires1 sur les races futures1 p\r le dta*] des individus4 ,l'esprit de p>ti efface les traits de sympa?ie p\r y sub/itu] des rapports d'op9ion2 il prs5te les malheurs actuels comme le moy51 comme la g>antie d'un av5ir immortel1 d'un bonheur politique au-dessus de t\s les sacrifices qu'on peut exig] p\r l'obt5ir4 ,si l'on s'tait conva9cu d'un pr9cipe simple1 c'e/ que les hommes n'ont pas le droit de faire le mal p\r arriv] au bi51 n\s n'aurions pas vu tant de victimes huma9es immoles sur l'autel mme des v]tus4 ,mais depuis que ces transactions ont exi/ entre le prs5t et l'av5ir1 entre le sacrifice de la gnration actuelle et les dons faire la gnration future1 il n'y a po9t eu de bornes1 qu'un n\veau degr de passion ne se crt en droit de fran*ir2 et s\v5t des hommes encl9s au crime1 croyant s'enivr] des exemples de ,brutus1 de ,manlius1 de ,pison1 ont proscrit la v]tu1 p>ce que de gr&s hommes avai5t immol le crime2 ont assass9 ceux qu'ils hassai5t1 p>ce que les ,roma9s savai5t sacrifi] ce qu'ils avai5t de plus *]2 ont massacr de faibles ennemis p>ce que des mes gnreuses avai5t attaqu leurs adv]saires dans la puissance2 et ne pr5ant du patriotisme que les s5tim5ts froces qu'il a pu produire quelques poques1 n'ont eu de gr&eur que dans le mal1 et ne se sont fis qu' l'n]gie du crime4 ,il s]a vrai1 cep5dant1 que l'homme v]tueux peut surpass]1 en =ce active et dom9ante1 le c\pable le plus audacieux4 ,il manque encore un beau spectacle au monde1 c'e/ un ,sylla dans la r\te de la v]tu1 un homme dont le c>actre dmontre que le crime e/ une ress\rce de la faiblesse1 et que c'e/ aux dfauts des hommes de bi51 mais non leur moralit1 qu'il faut attribu] leurs rev]s4 ,aprs avoir esquiss le tableau de l'esprit de p>ti1 il entre dans mon sujet de p>l] du bonheur que cette passion peut promettre4 ,il y a un mom5t de j\issance dans t\tes les passions tumultueuses3 c'e/ le dlire qui agite l'exi/5ce et donne au moral l'espce de plaisir que les enfants1 pr\v5t dans les jeux qui les enivr5t de m\vem5t et de fatigue4 ,l'esprit de p>ti peut trs-bi5 suppler l'usage des liqueurs =tes2 et si le petit nombre se drobe la vie p> l'lvation de la p5se1 la f\le lui *appe p> t\s les g5res d'ivresse3 mais qu& l'g>em5t a cess1 l'homme qui se rveille de l'esprit de p>ti e/ le plus in=tun des tres4 ,d'abord l'esprit de p>ti ne peut jamais obt5ir ce qu'il dsire2 les extrmes sont dans la tte des hommes1 mais po9t dans la nature des *oses4 ,jamais il n'exi/e un esprit de p>ti sans qu'il en fasse natre un autre qui lui soit oppos1 et le combat ne f9it que p> le triomphe de l'op9ion int]mdiaire4 ,il faut de l'esprit de p>ti p\r lutt] efficacem5t avec un autre esprit de p>ti contraire1 et t\t ce que la raison tr\ve absurde e/ prcism5t ce qui doit russir contre un ennemi qui pr5dra aussi des mesures absurdes3 ce qui e/ au d]ni] t]me de l'exagration transporte sur le t]ra9 o il faut combattre1 et donne des armes gales celles de ses adv]saires2 mais ce n'e/ po9t p> calcul que l'esprit de p>ti pr5d a9si des moy5s extrmes1 et leur succs n'e/ po9t une preuve des lumires de ceux qui les emploi5t2 il faut que les *efs1 comme les soldats1 m>*5t en aveugles p\r arriv]2 et celui qui raisonn]ait l'extravagance n'aurait jamais1 cet g>d1 l'avantage d'un vritable f\4 ,la puissance gu]rire e/ une puissance t\te d'impulsion1 et il n'y a que la gu]re dans l'esprit de p>ti2 c> t\s ces pr9cipes con/itus p\r l'attaque1 ces lois s]vant d'arme (f5sive f9iss5t avec la paix1 et la victoire la plus complte d'un p>ti dtruit ncessairem5t t\te l'influ5ce de son fanatisme2 ri5 n'e/1 ri5 ne peut re/] comme il le veut4 ,c'e/ sans d\te l'in/9ct secret de l'empire que doit avoir le vrai sur les vnem5ts df9itifs1 du p\voir que doit pr5dre la raison dans les temps calmes2 c'e/ cet in/9ct qu'e/ due l'horreur des combattants p\r les p>tisans des op9ions modres4 ,les deux factions opposes les considr5t comme leurs plus gr&s ennemis1 comme ceux qui doiv5t recueillir les avantages de la lutte sans s'tre mls du combat2 comme ceux enf9 qui ne peuv5t acqurir que des succs durables1 alors qu'ils comm5c5t en obt5ir4 ,les jacob9s1 les ari/ocrates1 craign5t mo9s leurs succs rciproques1 p>ce qu'ils les croi5t passag]s1 et se connaiss5t des dfauts semblables qui donn5t t\j\rs autant d'avantage au va9cu qu'au va9queur4 ,mais qu& la fluctuation des ides ramne les affaires au po9t ju/e et possible1 la puissance1 la considration de l'esprit de p>ti e/ f9ie1 le monde se rasseoit sur ses bases1 l'op9ion publique honore la raison et la v]tu1 et cette poque 9vitable peut se calcul] comme les lois de la nature4 ,il n'y a po9t de gu]re t]nelle1 et po9t de paix cep5dant s\s la dicte des passions2 po9t de repos sans accord1 po9t de calme sans tolrance1 po9t de p>ti donc qui1 lorsqu'il a dtruit ses ennemis1 puisse satisfaire ses en?\sia/es4 ,il e/ d'ailleurs une autre obs]vation1 c'e/ que1 dans ces sortes de gu]res1 le p>ti va9cu se v5ge t\j\rs sur les hommes du triomphe qu'il cde aux *oses4 ,les pr9cipes ressort5t avec clat des attaques de leurs antagoni/es2 les individus succomb5t s\s les attaques de leurs adv]saires4 ,t\t homme extrme dans son p>ti n'e/ jamais propre g\v]n] les affaires de ce p>ti1 lorsqu'il cesse d'tre en gu]re2 et la ha9e que les opposants portai5t la cause pr5d la =me du mpris p\r ses plus crim9els df5seurs4 ,ce qu'ils ont fait p\r le triomphe de leur p>ti a p]du leur rputation individuelle2 ceux mme qui les applaudissai5t1 lorsqu'ils croyai5t tre prs]vs p> eux de quelques dang]s1 veul5t l'honneur de les jug]1 lorsque le pril e/ pass4 ,la v]tu e/ tellem5t l'ide primitive de t\s les hommes1 que les complices sont aussi svres que les juges1 lorsque la solid>it n'exi/e plus2 et les va9cus et les va9queurs sont rconcilis ensemble1 qu& les uns r5onc5t leur absurde cause1 et les autres leurs c\pables *efs4 ,les triomphes d'un p>ti ne s]v5t donc jamais ceux qui s'y sont montrs les plus viol5ts et les plus inju/es4 ,mais qu& l'esprit de p>ti1 dans t\te sa bonne foi1 r5drait indiffr5t aux succs de l'ambition p]sonnelle1 jamais cette passion1 considre d'une manire gnrale1 n'e/ compltem5t satisfaite p> aucun rsultat durable2 et si elle p\vait l'tre1 si elle atteignait ce qu'elle appelle son b1 il n'e/ po9t d'espoir qui ft plus dtromp1 qui cesst plus srem5t au mom5t de la j\issance2 c> il n'en e/ po9t dont les illusions ai5t mo9s de rapport avec la ralit3 il y a quelque *ose de vrai dans les satisfactions que donn5t la puissance1 la gloire2 mais lorsque l'esprit de p>ti triomphe1 p> cela mme il e/ dtruit4 ,eh6 quel rveil que cet in/ant6 ,le malheur qu'il cause s]ait encore possible support]1 s'il v5ait uniquem5t de la p]te d'une gr&e esprance2 mais p> quels moy5s ra*et] les sacrifices qu'elle a cots1 et que devi5t un homme honnte1 alors qu'il se reconnat c\pable d'actions qu'il condamne en rec\vrant sa raison8 ,il en cote de le dire1 de peur de modifi] l'horreur que doit inspir] le crime2 il y a1 dans la rvolution1 des hommes dont la conduite publique e/ dte/able1 et qui1 dans les relations prives1 s'tai5t montrs ple9s de v]tus4 ,je le rpte1 en exam9ant t\s les effets du fanatisme1 on acqui]t la dmon/ration1 que c'e/ le seul s5tim5t qui puisse runir ensemble des actions c\pables et une me honnte2 de ce contra/e doit natre le plus effroyable supplice dont l'imag9ation puisse se faire l'ide4 ,les malheurs qui sont causs p> le c>actre ont leur remde en lui-mme2 il y a1 jusque dans l'homme pr(ondm5t crim9el1 une sorte d'accord qui seul peut faire qu'il exi/e1 et re/e lui-mme2 les s5tim5ts qui l'ont conduit au crime lui en drob5t horreur3 il supporte le mpris p> le mme m\vem5t qui l'a port le mrit]4 ,mais quel supplice que la situation qui p]met un homme e/imable de se jug]1 de se voir1 ayant commis de gr&s crimes6444 ,c'e/ d'une telle supposition que les anci5s ont tir les plus t]ribles effets de leurs tragdies3 ils attribu5t la fatalit les actions c\pables d'une me v]tueuse4 ,cette inv5tion potique1 qui fait du rle d',ore/e le plus d*irant de t\s les spectacles1 l'esprit de p>ti peut la ralis]4 ,la ma9 de f] du de/9 n'e/ pas plus puissante que cet ass]vissem5t l'empire d'une seule ide1 ce dlire que t\te p5se unique fait natre dans la tte de celui qui s'y ab&onne3 c'e/ la fatalit1 p\r ces temps-ci1 que l'esprit de p>ti1 et peu d'hommes sont assez =ts p\r lui *app]4 ,aussi se rveill]ont-ils un j\r ceux qui seuls sont s9cres1 ceux qui seuls mrit5t les regrets2 accabls de mpris1 t&is qu'ils aurai5t beso9 de considration2 accuss du sang et des pleurs1 t&is qu'ils s]ont encore capables de piti2 isols dans l'univ]s s5sible1 t&is qu'ils p5sai5t s'unir t\te la race huma9e4 ,ils pr\v]ont ces d\leurs alors que les motifs qui les ont entrans auront p]du t\te ralit1 mme leurs yeux1 et ils ne cons]v]ont de la fune/e id5tit qui ne leur p]met pas de se sp>] de leur vie passe1 que les remords p\r g>ants3 les remords1 seuls li5s des deux tres les plus contraires1 celui qu'ils se sont montr s\s le j\g de l'esprit de p>ti1 celui qu'ils devai5t tre p> les dons de la nature4 ,,*apitre ,,viii4 ,du crime4 ,il faut le dire1 quoiqu'on en frmisse1 l'am\r du crime en lui-mme e/ une passion4 ,sans d\te1 ce sont t\tes les autres qui conduis5t cet excs2 mais qu& elles ont entran l'homme un c]ta9 t]me de sclratesse1 l'effet devi5t la cause1 et le crime1 qui n'tait d'abord que le moy51 devi5t le b4 ,cet horrible tat dem&e une explication p>ticulire1 et peut-tre faut-il avoir t tmo9 d'une rvolution p\r compr5dre ce que je vais dire sur ce sujet4 ,deux li5s reti5n5t les hommes s\s l'empire de la moralit1 l'op9ion publique et l'e/ime d'eux-mmes4 ,il y a beauc\p d'exemples de brav] la premire en respectant la seconde2 alors le c>actre pr5d une sorte d'am]tume et de misan?ropie qui exclut beauc\p des bonnes actions que l'on fait p\r tre reg>d1 sans anantir t\tefois les s5tim5ts honntes qui dcid5t de l'accomplissem5t des pr9cipaux devoirs4 ,mais ds qu'on a rompu t\t ce qui mettait de la consqu5ce dans sa conduite1 ds qu'on ne peut plus ratta*] sa vie aucun pr9cipe1 quelque facile qu'il soit1 la rflexion1 le raisonnem5t tant alors impossibles support]1 il passe dans le sang une sorte de fivre qui donne le beso9 du crime4 ,c'e/ une s5sation physique transporte dans l'ordre moral1 et mme cette frnsie se manife/e assez ord9airem5t p> des symptmes extrieurs4 ,robespi]re et la plup>t de ses complices avai5t habituellem5t des m\vem5ts convulsifs dans les ma9s1 dans la tte2 on voyait en eux l'agitation d'un con/ant ef=t4 ,on comm5ce se livr] un excs p> entranem5t2 mais1 son comble1 il amne t\j\rs une sorte de t5sion involontaire et t]rible2 hors des lignes de la nature1 dans quelque s5s que ce soit1 ce n'e/ plus la passion qui comm&e1 mais la contraction qui s\ti5t4 ,c]ta9em5t l'homme crim9el croit t\j\rs1 d'une manire gnrale1 m>*] v]s un objet quelconque2 mais il y a un tel g>em5t dans son me1 qu'il e/ impossible d'expliqu] t\tes ses actions p> l'intrt du b qu'il veut atte9dre3 le crime appelle le crime1 le crime ne voit de salut que dans de n\veaux crimes2 il fait pr\v] une rage intrieure qui =ce agir sans autre motif que le beso9 d'action4 ,on ne peut gure comp>] cet tat qu' l'effet du gt du sang sur les btes froces1 alors mme qu'elles n'pr\v5t ni la faim1 ni la soif4 ,si1 dans le sy/me du monde1 les div]ses natures des tres1 des espces1 des *oses1 des s5sations1 se ti5n5t p> des int]mdiaires1 il e/ c]ta9 que la passion du crime e/ le *anon entre l'homme et les animaux2 elle e/ quelques g>ds aussi involontaire que leur in/9ct1 mais elle e/ plus dprave2 c> c'e/ la nature qui a cr le tigre1 et c'e/ l'homme qui s'e/ fait crim9el2 l'animal sangu9aire a sa place m>que dans le monde1 et il faut que le crim9el le b\lev]se p\r y dom9]4 ,la trace de raisonnem5t qu'on peut ap]cevoir trav]s le *aos des s5sations d'un homme c\pable1 c'e/ la cra9te des dang]s auxquels ses crimes l'expos5t4 ,quelle que soit l'horreur qu'inspire un sclrat1 il surpasse t\j\rs ses ennemis dans l'ide qu'il se fait de la ha9e qu'il mrite2 p> del les actions atroces qu'il commet nos yeux1 il sait encore quelque *ose de plus que n\s qui l'p\vante2 il hait dans les autres l'op9ion que1 sans se l'av\]1 il a de son propre c>actre2 et le d]ni] t]me de sa fureur s]ait de dte/] en lui-mme ce qu'il lui re/e de consci5ce1 et de se d*ir] s'il vivait seul4 ,on s'tonne de l'inconsqu5ce des sclrats2 et c'e/ prcism5t ce qui pr\ve que le crime n'e/ plus p\r eux l'in/rum5t d'un dsir1 mais une frnsie sans motifs1 sans direction fixe1 une passion qui se meurt sur elle-mme4 ,l'ambition1 la soif du p\voir1 ou t\t autre s5tim5t excessif1 peut faire commettre des =faits2 mais lorsqu'ils sont arrivs un c]ta9 excs1 il n'e/ aucun b qu'ils ne dpass5t2 l'action du l5dema9 e/ comm&e p> l'atrocit mme de celle de la veille3 une =ce aveugle p\sse les hommes dans cette p5te une fois qu'ils s'y sont placs2 le t]me1 quel qu'il soit1 recule leurs yeux mesure qu'ils avanc5t4 ,l'objet de t\tes les autres passions e/ connu1 et le mom5t de la possession promet du mo9s le calme de la satit2 mais dans cette horrible ivresse1 l'homme se s5t condamn un m\vem5t p]ptuel2 il ne peut s'arrt] aucun po9t limit1 puisque la f9 de t\t e/ du repos1 et que le repos e/ impossible p\r lui2 il faut qu'il aille en avant1 non qu'au-devant de lui l'esprance app>aisse1 mais p>ce que l'abme e/ d]rire1 et que1 comme p\r s'lev] au sommet de la montagne ,noire1 dcrite dans les ,contes ,p]sans1 les degrs sont tombs mesure qu'il les a monts4 ,le s5tim5t dom9ant de la plup>t de ces hommes e/ sans d\te la cra9te d'tre punis de leurs =faits2 cep5dant il y a en eux une c]ta9e fureur qui ne leur p]mettrait pas d'adopt] les moy5s les plus srs1 s'ils tai5t en mme temps les plus d\x3 ce n'e/ que dans les crimes prs5ts qu'ils *]*5t la g>antie des crimes passs2 c> t\te rsolution qui t5drait la paix1 la rconciliation1 ft-elle rellem5t utile leurs intrts1 ne s]ait jamais adopte p> eux2 il y aurait dans de telles mesures une sorte de rel*em5t1 de calme incompatible avec l'agitation intrieure1 avec l'pret convulsive des hommes de cette nature4 ,plus ils tai5t ns avec des facults s5sibles1 plus l'irritation qu'ils pr\v5t e/ horrible4 ,il vaut mieux1 en fait de crimes1 avoir affaire ces tres corrompus1 p\r qui la moralit n'a jamais t ri51 qu' ceux qui ont eu beso9 de se dprav]1 de va9cre quelques qualits naturelles4 ,ils sont plus (f5ss du mpris1 ils sont plus inquiets d'eux-mmes1 ils s'lanc5t plus lo91 p\r mieux se sp>] des comb9aisons ord9aires1 qui leur rappell]ai5t les anci5nes traces de ce qu'ils ont s5ti et p5s4 ,qu& une fois les hommes sont arrivs cet horrible priode1 il faut les rejet] hors des nations1 c> ils ne peuv5t que les d*ir]4 ,l'ordre social qui plac]ait un tel crim9el sur le trne du monde1 ne l'apais]ait pas env]s les hommes ses esclaves4 ,ri5 de re/re9t dans des bornes fixes1 ft-ce le plus haut po9t de prosprit1 ne peut conv5ir ces tres furieux1 qui dte/5t les hommes comme des tmo9s de leur vie4 ,le plus n]gique d'entre ces mon/res f9it p> dev5ir avide de la ha9e1 comme on l'e/ de l'e/ime4 ,la nature morale dans les esprits ard5ts t5d t\j\rs quelque *ose de complet2 et l'on veut tonn] p> le crime1 qu& il n'y a plus de gr&eur possible que dans son excs4 ,l'agr&issem5t de soi1 ce dsir qui1 d'une manire quelconque1 e/ t\j\rs le pr9cipe de t\te action au dehors1 l'agr&issem5t de soi se retr\ve dans l'effroi qu'on fait natre4 ,les hommes sont l p\r cra9dre1 s'ils ne sont pas l p\r aim]2 la t]reur qu'on inspire flatte et rassure1 isole et enivre1 et1 avilissant les victimes1 semble abs\dre leur tyran4 ,mais je m'ap]ois qu'en p>lant du crime je n'ai p5s qu' la cruaut2 la rvolution de ,france conc5tre t\tes les ides dans cette horrible dpravation3 et1 aprs t\t1 quel crime y a-t-il au monde1 si ce n'e/ ce qui e/ cruel1 c'e/--dire1 ce qui fait s\ffrir les autres8 ,eh6 de quelle nature e/ celui qui1 p\r son ambition1 a pu donn] la mort8 de quelle nature e/ celui qui sait brav] t\t ce que cette ide a de sol5nel et de t]rible1 cette ide dont le ret\r immdiat sur soi-mme devrait effray] t\t ce qui veut vivre8 ,cet acte irrp>able1 cet acte qui seul donne l'homme un p\voir sur l't]nit1 et lui fait ex]c] une facult qui n'e/ sans bornes que dans l'empire du malheur2 cet acte1 qu& on a pu1 dans la rflexion1 le concevoir et l'ordonn]1 jette l'homme dans un monde n\veau3 le sang e/ trav]s2 de ce j\r1 il s5t que le rep5tir e/ impossible1 comme le mal e/ ineffaable2 il ne se croit plus de la mme espce que t\t ce qui traite du pass avec l'av5ir4 ,si l'on p\vait encore avoir quelque prise sur un tel c>actre1 ce s]ait en lui p]suadant t\t c\p qu'il e/ absolum5t p>donn4 ,il n'e/ peut-tre po9t de tyran1 mme le plus prospre1 qui ne v\lt recomm5c] avec la v]tu1 s'il p\vait anantir le s\v5ir de ses crimes3 mais1 d'abord1 il e/ presque impossible1 qu& on le v\drait1 de p]suad] un c\pable qu'on l'abs\t de ses =faits4 ,l'op9ion qu'un crim9el a de lui-mme e/ d'une morale plus svre que la piti qu'il p\rrait inspir] un honnte homme2 et1 d'ailleurs1 il e/ contre la nature des *oses qu'une nation p>donne1 qu& mme son intrt le plus vid5t devrait l'y engag]4 ,il faudrait accueillir la premire lueur du rep5tir comme un engagem5t t]nel1 et li] p> leurs premi]s pas ceux qui1 peut-tre1 les comm5ai5t au has>d2 mais pe9e un individu a-t-il assez de =ce sur lui-mme p\r suivre une telle conduite sans se dm5tir4 ,p> quels moy5s peut-on confi] la f\le un plan qui ne peut russir que s'il n'a jamais l'air d'en tre un8 ,comm5t faire adopt] au gr& nombre une m>*e comb9e1 qui doit avoir l'app>5ce d'un m\vem5t involontaire1 et m\voir la multitude l'aide du secret de *acun8 ,un homme vritablem5t crim9el ne peut donc po9t tre ram52 il possde encore mo9s de moy5s en lui-mme p\r rec\rir aux leons de la philosophie et de la v]tu4 ,l'asc5dant de l'ordre et du beau moral p]d t\t son effet sur une imag9ation dprave4 ,au milieu des g>em5ts qui n'ont pas atte9t cet excs1 il re/e t\j\rs une portion de soi qui peut s]vir rappel] la raison2 on a s5ti dans t\s les mom5ts une arrire-p5se qu'on e/ sr de retr\v] qu& on le v\dra3 mais le crim9el s'e/ lanc t\t enti]2 s'il a du remords1 ce n'e/ pas de celui qui reti5t1 mais de celui qui excite de plus en plus des actions viol5tes2 c'e/ une sorte de cra9te qui prcipite les pas3 et1 d'ailleurs1 t\s les s5tim5ts1 t\tes les s\rces d'motion1 t\t ce qui peut enf9 produire une rvolution dans le fond du coeur de l'homme1 n'exi/ant plus1 il doit suivre t]nellem5t la mme r\te4 ,je n'ai pas beso9 de p>l] de l'influ5ce d'une telle frnsie sur le bonheur2 le dang] de tomb] d'un tel tat e/ le malheur mme qui m5ace l'homme ab&onn ses passions2 et ce dang] seul suffit p\r p\vant] de t\t ce qui p\rrait y conduire4 ,il n'y a que des nuances ct de cette c\leur2 et les potes anci5s ont si bi5 s5ti ce que cette situation avait d'p\vantable1 que1 s'aidant1 p\r la pe9dre1 de t\s les contes allgoriques de la my?ologie1 ce n'e/ pas la s\ffrance seule du remords1 mais la d\leur mme de la passion qu'ils ont exprime dans leurs tableaux des enf]s4 ,la plus gr&e p>tie des ides mtaphysiques que je vi5s d'essay] de dvelopp]1 sont indiques p> les fables reues sur le de/9 des gr&s crim9els3 le tonneau des ,danades1 ,sisyphe1 r\lant sans cesse une pi]re1 et la remontant au haut de la mme montagne p\r la voir r\l] en bas de n\veau1 sont l'image de ce beso9 d'agir1 mme sans objet1 qui =ce un crim9el l'action la plus pnible1 ds qu'elle le s\/rait ce qu'il ne peut support]1 le repos4 ,tantale1 appro*ant sans cesse d'un b qui s'loigne t\j\rs devant lui1 pe9t le supplice habituel des hommes qui se sont livrs au crime2 ils ne peuv5t atte9dre aucun bi51 ni cess] de le dsir]4 ,enf91 les anci5s potes philosophes ont s5ti que ce n'tait pas assez de pe9dre les pe9es du rep5tir2 qu'il fallait plus p\r l'enf]1 qu'il fallait montr] ce qu'on pr\vait au plus =t de l'enivrem5t1 ce que faisait s\ffrir la passion du crime avant que1 p> le remords mme1 elle et cess d'exi/]4 ,on se dem&e p\rquoi1 dans un tat si pnible1 les suicides ne sont pas plus frqu5ts2 c> la mort e/ le remde l'irrp>able4 ,mais de ce que les crim9els ne se tu5t presque jamais1 on ne doit po9t en conclure qu'ils sont mo9s malheureux que les hommes qui se rsolv5t au suicide4 ,sans p>l] mme du vague effroi que doit inspir] aux c\pables ce qui peut suivre cette vie1 il y a quelque *ose de s5sible ou de philosophique dans l'action de se tu]1 qui e/ t\t fait trang] l'tre dprav4 ,si l'on quitte la vie p\r *app] aux pe9es du coeur1 on dsire laiss] quelques regrets aprs soi2 si l'on e/ conduit au suicide p> un pr(ond dgt de l'exi/5ce1 qui s]t jug] la de/9e huma9e1 il faut que des rflexions pr(ondes1 de longs ret\rs sur soi1 ai5t prcd cette rsolution2 et la ha9e qu'pr\ve l'homme crim9el contre ses ennemis1 le beso9 qu'il a de leur nuire1 lui f]ai5t cra9dre de les laiss] en repos p> sa mort3 la fureur dont il e/ agit1 lo9 de le dgt] de la vie1 fait qu'il s'a*>ne davantage t\t ce qui lui a cot si *]4 ,un c]ta9 degr de pe9e dc\rage et fatigue2 l'irritation du crime atta*e l'exi/5ce p> un mlange de cra9te et de fureur2 elle devi5t une sorte de proie qu'on cons]ve p\r la d*ir]4 ,d'ailleurs1 un c>actre p>ticuli] aux gr&s c\pables1 c'e/ de ne po9t s'av\] eux-mmes le malheur qu'ils pr\v5t1 l'orgueil le leur df5d2 mais cette illusion1 ou plutt cette gne intrieure1 ne dim9ue ri5 de leurs s\ffrances1 c> la pire des d\leurs e/ celle qui ne peut se repos] sur elle-mme4 ,le sclrat e/ inquiet et dfiant au fond de sa propre p5se2 il traite avec lui-mme comme avec une sorte d'ennemi2 il g>de avec sa rflexion quelques-uns des mnagem5ts qu'il obs]ve p\r se montr] au public2 et1 dans un tel tat1 il n'exi/e jamais l'espce de calme mditatif1 d'ab&on la rflexion1 qu'il faut p\r contempl] t\te la vrit et pr5dre d'aprs elle une rsolution irrvocable4 ,le c\rage qui fait brav] la mort n'a po9t de rapport avec la disposition qui dcide se la donn]3 les gr&s crim9els peuv5t tre intrpides dans le dang]2 c'e/ une suite de l'enivrem5t1 c'e/ une motion1 c'e/ un moy51 c'e/ un espoir1 c'e/ une action2 mais ces mmes hommes1 quoique les plus malheureux des tres1 ne se tu5t presque jamais1 soit que la ,provid5ce n'ait pas v\lu leur laiss] cette sublime ress\rce1 soit qu'il y ait dans le crime une ard5te p]sonnalit qui1 sans donn] aucune j\issance1 exclut les s5tim5ts levs avec lesquels on r5once la vie4 ,hlas6 il s]ait si difficile1 de ne pas s'intress] l'homme plus gr& que la nature1 alors qu'il rejette ce qu'il ti5t d'elle1 alors qu'il se s]t de la vie p\r dtruire la vie1 alors qu'il sait dompt] p> la puissance de l'me le plus =t m\vem5t de l'homme1 l'in/9ct de sa cons]vation2 il s]ait si difficile de ne pas croire quelques m\vem5ts de gnrosit dans l'homme qui1 p> rep5tir1 se donn]ait la mort1 qu'il e/ bon que les vritables sclrats soi5t incapables d'une telle action3 ce s]ait une s\ffrance p\r une me honnte1 que de ne pas p\voir mpris] compltem5t l'tre qui lui inspire de l'horreur4 ,,section ,,ii4 ,,des ,,s5tim5ts ,,qui ,,sont ,l',,int]m,,diaire ,,entre ,,les ,,passions ,,et ,,les ,,ress\rces ,,qu',,on ,,tr\ve ,,en ,,soi4 ,,*apitre ,,premi]4 ,explication du titre de la seconde section4 ,l'amiti1 la t5dresse pat]nelle1 filiale et conjugale1 la religion dans quelques c>actres1 ont beauc\p des inconvni5ts des passions2 et dans d'autres1 ces mmes affections donn5t la plup>t des avantages des ress\rces qu'on tr\ve en soi4 ,l'exig5ce1 c'e/--dire1 le beso9 d'un ret\r quelconque de la "p des autres1 e/ le po9t de ressemblance p> lequel l'amiti et les s5tim5ts de la nature se rappro*5t des pe9es de l'am\r2 et qu& la religion e/ du fanatisme1 t\t ce que j'ai dit de l'esprit de p>ti s'applique entirem5t elle4 ,mais qu& l'amiti et les s5tim5ts de la nature s]ai5t sans exig5ce1 qu& la religion s]ait sans fanatisme1 on ne p\rrait pas encore rang] de telles affections dans la classe des ress\rces qu'on tr\ve en soi2 c> ces s5tim5ts modifis r5d5t nanmo9s encore dp5dant du has>d4 ,si v\s tes sp> de l'ami qui v\s e/ *]2 si les p>5ts1 les enfants1 l'p\x que le sort v\s a donns1 ne sont pas dignes de votre am\r1 le bonheur que ces li5s peuv5t promettre n'e/ plus en votre puissance4 ,et quant la religion1 ce qui fait la base de ses j\issances1 l'int5sit de la foi1 e/ un don absolum5t indp5dant de n\s3 sans cette f]me croyance1 on doit encore reconnatre l'utilit des ides religieuses2 mais il n'e/ au p\voir de qui que ce soit de s'en donn] le bonheur4 ,c'e/ donc s\s ces diffr5ts rapports que j'ai class le sujet des trois *apitres que l'on va lire1 entre les passions ass]vissantes1 et les ress\rces qui dp5d5t de soi seul4 ,,*apitre ,,ii4 ,de l'amiti4 ,je ne puis m'emp*] de m'arrt] au milieu de cet ouvrage1 m'tonnant moi-mme de la con/ance avec laquelle j'analyse les affections du coeur1 et rep\sse lo9 d'elles t\te esprance de bonheur durable4 ,e/-ce ma vie que je dm5s8 pre1 enfants1 amis1 amies1 e/-ce ma t5dresse p\r v\s que je vais dsav\]8 ,ah6 non2 depuis que j'exi/e je n'ai *]*1 je n'ai v\lu de bonheur que dans le s5tim5t1 et c'e/ p> mes blessures que j'ai trop appris compt] ses d\leurs4 ,un j\r heureux1 un tre di/+u ratta*5t ces illusions1 et v+t fois on revi5t cette esprance aprs l'avoir v+t fois p]due4 ,peut-tre l'in/ant o je p>le1 je crois1 je veux encore tre aime2 je laisse encore ma de/9e dp5dre t\t entire des affections de mon coeur2 mais celui qui n'a pu va9cre sa s5sibilit n'e/ pas celui qu'il faut le mo9s croire sur les raisons d'y rsi/]4 ,une sorte de philosophie dans l'esprit indp5dante de la nature mme du c>actre1 p]met de se jug] comme un trang]1 sans que les lumires influ5t sur les rsolutions2 de se reg>d] s\ffrir1 sans que sa d\leur soit allge p> le don de l'obs]v] en soi-mme2 et la ju/esse des mditations n'e/ po9t altre p> la faiblesse de coeur1 qui ne p]met pas de se drob] la pe9e4 ,d'ailleurs les ides gnrales cess]ai5t d'avoir une application univ]selle1 si l'on y mlait l'impression dtaille des situations p>ticulires4 ,p\r remont] la s\rce des affections de l'homme1 il faut agr&ir ses rflexions en les sp>ant de ses circon/ances p]sonnelles3 elles ont fait natre la p5se1 mais la p5se e/ plus =te qu'elles2 et le vrai morali/e e/ celui qui1 ne p>lant1 ni p> inv5tion1 ni p> rm9isc5ce1 pe9t t\j\rs l'homme et jamais lui4 ,l'amiti n'e/ po9t une passion1 c> elle ne v\s te pas l'empire de v\s-mme2 elle n'e/ pas une ress\rce qu'on tr\ve en soi1 puisqu'elle v\s s\met au has>d de la de/9e et du c>actre des objets de votre *oix2 enf9 elle inspire le beso9 du ret\r1 et1 s\s ce rapport d'exig5ce1 elle fait ress5tir plusieurs des pe9es de l'am\r1 sans promettre des plaisirs aussi vifs4 ,l'homme e/ plac1 p> t\tes ses affections1 dans cette tri/e alt]native3 s'il a beso9 d'tre aim p\r tre heureux1 t\t sy/me de bonheur c]ta9 et durable e/ f9i p\r lui2 et s'il sait y r5onc]1 c'e/ une gr&e p>tie de ses j\issances sacrifie p\r assur] celles qui lui re/]ont1 c'e/ une rduction c\rageuse qui n'enri*it que dans l'av5ir4 ,je considr]ai d'abord dans l'amiti1 non ces liaisons fondes sur div]s g5res de conv5ances qu'il faut attribu] l'ambition et la vanit1 mais ces atta*em5ts purs et vrais1 ns du simple *oix du coeur1 dont l'unique cause e/ le beso9 de communiqu] ses s5tim5ts et ses p5ses1 l'espoir d'intress]1 la d\ce assurance que ses plaisirs et ses pe9es rpond5t un autre coeur4 ,si deux amis peuv5t russir confondre leurs exi/5ces1 transport] l'un dans l'autre ce qu'il y a d'ard5t dans la p]sonnalit2 si *acun d'eux n'pr\ve le bonheur ou la pe9e que p> la de/9e de son ami2 si1 se confiant mutuellem5t dans leurs s5tim5ts rciproques1 ils gt5t le repos que donne la c]titude1 et le *>me des affections ab&onnes1 ils sont heureux3 mais que de d\leurs peuv5t natre de la p\rsuite de tels bi5s6 ,deux hommes1 di/+us p> leurs tal5ts et appels une c>rire illu/re1 veul5t se communiqu] leurs desse9s2 ils s\hait5t de s'clair] ensemble3 s'ils tr\v5t du *>me dans ces conv]sations o l'esprit gte aussi les plaisirs de l'intimit1 o la p5se se montre l'in/ant mme de sa naissance1 quel ab&on d'am\r-propre il faut suppos] p\r croire qu'en se confiant on ne se mesure jamais6 qu'on exclue du tte--tte t\t jugem5t comp>able sur le mrite de son ami et sur le si51 et qu'on se soit connu sans se class]6 ,je ne p>le pas des rivalits p]fides qui p\rrai5t natre d'une concurr5ce quelconque2 je me suis atta*e dans cet ouvrage considr] les hommes selon leur c>actre s\s le po9t de vue le plus favorable4 ,les passions caus5t tant de malheur p> elles-mmes1 qu'il n'e/ pas ncessaire1 p\r en dt\rn]1 de pe9dre leurs effets dans les mes naturellem5t vicieuses4 ,nul homme1 l'avance1 ne se croyant capable de commettre une mauvaise action1 ce g5re de dang] n'effraye p]sonne1 et lorsqu'on le suppose1 on se donne seulem5t p\r adv]saire l'orgueil de son lecteur4 ,imag9ons donc qu'une ambition p>eille1 ou contraire1 ne br\ill]a po9t deux amis4 ,comme il e/ impossible de sp>] l'amiti des actions qu'elle inspire1 les s]vices rciproques sont un des li5s qui doiv5t ncessairem5t en rsult]2 et qui peut se rpondre que le succs des ef=ts de son ami n'influ]a pas sur vos s5tim5ts p\r lui6 ,si l'on n'e/ pas cont5t de l'activit de son ami1 si l'on croit avoir s'en pla9dre1 la p]te de l'objet de ses dsirs vi5dra bi5tt se jo9dre le *agr9 plus am] de d\t] du degr d'intrt que votre ami mettait v\s second]4 ,enf91 en mlant ensemble le s5tim5t et les affaires1 les intrts du monde et ceux du coeur1 on pr\ve une sorte de pe9e qu'on ne veut pas appr(ondir1 p>ce qu'il e/ plus honorable de l'attribu] au s5tim5t seul1 mais qui se compose aussi d'une autre sorte de regrets1 r5dus plus d\l\reux p> leur mlange avec les affections de l'me4 ,il semble alors qu'il vaudrait mieux sp>] entirem5t l'amiti de t\t ce qui n'e/ pas elle2 mais son plus gr& *>me s]ait p]du si elle ne s'unissait pas votre exi/5ce entire3 ne sa*ant pas1 comme l'am\r1 vivre d'elle-mme1 il faut qu'elle p>tage t\t ce qui compose vos intrts et vos s5tim5ts2 et c'e/ la dc\v]te1 la cons]vation de cet autre soi1 que tant d'ob/acles s'oppos5t4 ,les anci5s avai5t une ide exalte de l'amiti1 qu'ils peignai5t s\s les traits de ,?se et de ,piri?os1 d',ore/e et de ,pylade1 de ,ca/or et ,pollux2 mais sans s'arrt] ce qu'il y a de my?ologique dans ces hi/oires1 c'e/ des compagnons d'armes que l'on supposait de tels s5tim5ts2 et les dang]s que l'on affronte ensemble1 en appr5ant brav] la mort1 r5d5t plus facile le dv\em5t de soi-mme un autre4 ,l'en?\siasme de la gu]re excite t\tes les passions de l'me1 remplit les vides de la vie1 et p> la prs5ce cont9uelle de la mort fait taire la plup>t des rivalits1 p\r leur sub/itu] le beso9 de s'appuy] l'un sur l'autre1 de lutt]1 de triomph]1 ou de prir ensemble4 ,mais t\s ces m\vem5ts gnreux que produit le plus beau des s5tim5ts des hommes1 la valeur1 sont plutt les qualits propres au c\rage qu' l'amiti3 lorsque la gu]re e/ f9ie1 ri5 n'e/ mo9s probable que la ralit1 la dure des rapports qu'on se croyait avec celui qui p>tageait nos prils4 ,p\r jug] de l'amiti mme1 il faut l'obs]v] dans les hommes qui ne p>c\r5t ni la c>rire militaire1 ni celle de l'ambition2 et peut-tre v]ra-t-on alors que ce s5tim5t e/ le plus exigeant de t\s dans les mes ard5tes4 ,on veut qu'il suffise la vie1 on s'agite du vide qu'il laisse1 on en accuse le peu de s5sibilit de son ami2 et qu& on pr\v]ait l'un p\r l'autre un s5tim5t semblable1 on s]ait fatigu mutuellem5t de l'exig5ce rciproque4 ,je sais bi5 qu'au tableau de t\tes ces inquitudes on peut oppos] les tres froids qui1 aimant comme ils font t\tes les autres actions de leur vie1 consacr5t l'amiti tel j\r de la sema9e1 rgl5t p> avance quel p\voir sur leur bonheur ils donn]ont ce s5tim5t1 et s'acquitt5t d'un p5*ant comme d'un devoir2 mais j'ai dj dit1 dans l'introduction de cet ouvrage1 que je ne v\lais m'occup] que du de/9 des mes passionnes3 le bonheur des autres e/ assur p> t\tes les qualits qui leur manqu5t4 ,les femmes font habituellem5t de la confid5ce le premi] beso9 de l'amiti1 et ce n'e/ plus alors qu'une consqu5ce de l'am\r2 il faut que rciproquem5t une passion semblable les occupe1 et leur conv]sation n'e/ s\v5t alors que le sacrifice alt]natif fait1 p> celle qui c\te1 l'esprance de p>l] son t\r4 ,la confid5ce mme que l'on s'adresse l'une l'autre de s5tim5ts mo9s exclusifs1 porte avec elle le mme c>actre2 et l'occupation qu'on a de soi e/ un ti]s importun successivem5t t\tes deux4 ,que devi5t cep5dant le plaisir de se confi]1 si l'on ap]oit de l'indiffr5ce1 si l'on surpr5d un ef=t8 ,t\t e/ dit p\r les mes s5sibles1 et la p]sonnalit seule peut cont9u] des entreti5s dont l'oeil pntrant de la dlicatesse a vu l'amiti fatigue4 ,les femmes1 ayant t\tes la mme de/9e1 t5d5t t\tes au mme b2 et cette espce de jal\sie qui se compose du s5tim5t et de l'am\r-propre e/ la plus difficile dompt]4 ,il y a1 dans la plup>t d'entre elles1 un art qui n'e/ pas de la fausset1 mais un c]ta9 arrangem5t de la vrit dont elles ont t\tes le secret1 et dont cep5dant elles dte/5t la dc\v]te4 ,jamais le commun des femmes ne p\rra support] de *]*] plaire un homme devant une autre femme2 il y a aussi une espce de =tune commune t\t ce sexe en agrm5ts1 en esprit1 en beaut1 et *aque femme se p]suade qu'elle hrite de la ru9e de l'autre4 ,il faudrait donc ou une abs5ce totale de s5tim5ts vifs qui1 en dtruisant la rivalit1 amortirait aussi t\te espce d'intrt1 ou une vraie supriorit1 p\r effac] la trace des ob/acles gnraux qui sp>5t les femmes entre elles4 ,il faut tr\v] autant d'agrm5ts qu'on peut s'en croire1 et plus de qualits positives1 p\r qu'il y ait du repos dans elle1 et du dv\em5t en soi2 alors le premi] bi51 sans d\te1 e/ l'amiti d'une femme4 ,quel homme pr\va jamais t\t ce que le coeur d'une femme peut s\ffrir8 l'tre qui fut ou s]ait aussi malheureux que v\s1 peut seul port] du sec\rs au plus intime1 au plus am] de la d\leur4 ,mais qu& cet objet unique s]ait r5contr1 la de/9e1 l'abs5ce ne p\rrai5t-elles pas tr\bl] le bonheur d'un tel li58 ,et d'ailleurs celle qui croirait possd] l'ami le plus p>fait et le plus s5sible1 l'amie la plus di/+ue1 sa*ant mieux que p]sonne t\t ce qu'il faut p\r obt5ir du bonheur dans de telles relations1 s]ait d'autant plus1 loigne de conseill] comme la de/9e de t\s1 la plus r>e des *ances morales4 ,enf9 deux amis d'un sexe diffr5t1 qui n'ont aucun intrt commun1 aucun s5tim5t absolum5t p>eil1 sembl5t devoir se rappro*] p> cette opposition mme2 mais si l'am\r les captive1 je ne sais quel s5tim5t1 ml d'am\r-propre et d'gsme1 fait tr\v] un homme ou une femme1 lis p> l'amiti1 peu de plaisir s'ent5dre p>l] de la passion qui les occupe4 ,ces sortes de li5s1 ou ne se ma9ti5n5t pas1 ou cess5t alors qu'on n'aime plus l'objet dont on s'entret5ait2 on s'ap]oit t\t c\p que lui seul v\s runissait4 ,si ces deux amis1 au contraire1 n'ont po9t de premi] objet1 ils v\dront obt5ir l'un de l'autre cette prfr5ce suprme4 ,ds qu'un homme et une femme ne sont po9t atta*s ailleurs p> l'am\r1 ils *]*5t dans leur amiti t\t le dv\em5t de ce s5tim5t1 et il y a une sorte d'exig5ce naturelle1 entre deux p]sonnes d'un sexe diffr5t1 qui fait dem&] p> degrs1 et sans s'en ap]cevoir1 ce que la passion seule peut donn]1 quelque loign que l'un ou l'autre soit de la ress5tir4 ,on se s\met d'avance et sans pe9e la prfr5ce que son ami accorde sa matresse2 mais on ne s'accorde pas voir les bornes que la nature mme de son s5tim5t met aux preuves de son amiti2 on croit donn] plus qu'on ne reoit1 p> cela mme qu'on e/ plus frapp de l'un que de l'autre1 et l'galit e/ aussi difficile tablir s\s ce rapport que s\s t\s les autres2 cep5dant elle e/ le b o t5d5t ceux qui se livr5t ce li54 ,l'am\r se pass]ait bi5 plutt de rciprocit que l'amiti2 l o il exi/e de l'ivresse1 on peut suppler t\t p> de l'erreur2 mais l'amiti ne peut se tromp]1 et lorsqu'elle comp>e1 elle n'obti5t presque jamais le rsultat qu'elle dsire2 ce qu'on mesure p>at si r>em5t gal2 il y a quelquefois plus de p>it dans les extrmes1 et les s5tim5ts sans bornes se croi5t plus aism5t semblables4 ,quelles tri/es p5ses ces analyses ne font-elles pas natre sur la de/9e de l'homme6 ,quoi6 plus le c>actre e/ susceptible d'atta*em5ts passionns1 plus il faut cra9dre de faire dp5dre son bonheur du beso9 d'tre aim6 ,e/-ce une rflexion qui doive livr] la froide p]sonnalit8 ,ce s]ait1 au contraire1 cette rflexion mme qui devrait conduire p5s] qu'il faut loign] de t\tes les affections de l'me jusqu' l'gsme du s5tim5t4 ,cont5tez-v\s d'aim]1 v\s qui tes ns s5sibles2 c'e/ l l'espoir qui ne trompe jamais4 ,sans d\te1 l'homme qui s'e/ vu l'objet de la passion la plus pr(onde1 qui recevait *aque in/ant une n\velle preuve de la t5dresse qu'il inspirait1 pr\vait des motions plus enivrantes4 ,ces plaisirs1 non crs p> soi1 ressembl5t aux dons du ciel1 ils exalt5t la de/9e3 mais ce bonheur d'un j\r gte t\te la vie2 le seul trsor int>issable1 c'e/ son propre coeur4 ,celui qui consacre sa vie au bonheur de ses amis et de sa famille1 celui qui1 prv5ant t\s les sacrifices1 ignore jamais o se s]ait arrte l'amiti qu'il inspire2 celui qui1 n'exi/ant que dans les autres1 ne peut plus mesur] ce qu'ils f]ai5t p\r lui2 celui qui tr\ve dans les j\issances qu'il donne le prix des s5tim5ts qu'il pr\ve2 celui dont l'me e/ si agissante p\r la flicit des objets de sa t5dresse1 qu'il ne lui re/e aucun de ces mom5ts de vague o la rv]ie enfante l'inquitude et le repro*e1 celui-l peut sans cra9te s'expos] l'amiti4 ,mais un tel dv\em5t n'a presque po9t d'exemple entre des gaux2 il peut exi/]1 caus p> l'en?\siasme ou p> un devoir quelconque2 mais il n'e/ presque jamais possible dans l'amiti1 dont la nature e/ d'inspir] le fune/e beso9 d'un p>fait ret\r2 et c'e/ p>ce que le coeur e/ fait a9si1 que je me suis rs]v de pe9dre la bont comme une ress\rce plus assure que l'amiti1 et meilleure p\r le repos des mes passionnm5t s5sibles4 ,,*apitre ,,iii4 ,de la t5dresse filiale1 pat]nelle et conjugale4 ,ce qu'il y a de plus sacr dans la morale1 ce sont les li5s des p>5ts et des enfants3 la nature et la socit repos5t galem5t sur ce devoir1 et le d]ni] degr de la dpravation e/ de brav] l'in/9ct involontaire qui1 dans ces relations1 n\s inspire t\t ce que la v]tu peut comm&]4 ,il y a donc t\j\rs un bonheur c]ta9 atta* de tels li5s1 l'accomplissem5t de ses devoirs4 ,mais j'ai dit dans l',introduction de cet ouvrage1 qu'en considrant t\j\rs la v]tu comme la base de l'exi/5ce de l'homme1 je n'exam9]ais les devoirs et les affections que dans leur rapport avec le bonheur3 il s'agit donc de savoir ma9t5ant quelles j\issances de s5tim5t les pres et les enfants peuv5t att5dre les uns des autres4 ,le mme pr9cipe1 fcond en consqu5ces1 s'applique ces affections comme t\s les atta*em5ts du coeur2 si l'on y livre son me assez vivem5t p\r pr\v] le beso9 imprieux de la rciprocit1 le repos cesse et le malheur comm5ce4 ,il y a dans ces li5s une 9galit naturelle qui ne p]met jamais une affection de mme g5re1 ni au mme degr2 l'une des deux e/ plus =te1 et p> cela mme tr\ve des torts l'autre1 soit que les enfants *riss5t leurs p>5ts plus qu'ils n'en sont aims1 soit que les p>5ts pr\v5t p\r leurs enfants plus de s5tim5ts qu'ils ne leur en inspir5t4 ,comm5ons p> la premire supposition4 ,les p>5ts ont1 p\r se faire aim] de leurs enfants dans leur jeunesse1 beauc\p des avantages et des inconvni5ts des rois2 on att5d d'eux beauc\p mo9s qu'on ne leur donne2 on e/ flatt du mo9dre ef=t2 on juge t\t ce qu'ils font p\r v\s d'une manire relative1 et cette sorte de mesure comp>ative e/ bi5 plus aism5t satisfaite3 ce n'e/ jamais d'aprs ce qu'on dsire1 mais d'aprs ce qu'on a c\tume d'att5dre1 qu'on apprcie leur conduite avec v\s2 il e/ bi5 plus facile de caus] une agrable surprise l'habitude qu' l'imag9ation4 ,les p>5ts adopt5t donc presque t\j\rs1 p> calcul autant que p> incl9ation1 cette sorte de dignit qui se voile2 ils veul5t tre jugs p> ce qu'ils ca*5t1 ils veul5t qu'on se rappelle leurs droits l'in/ant mme o ils cons5t5t les oubli]3 mais ce pre/ige1 comme t\s1 ne peut faire effet que p5dant un temps4 ,le s5tim5t usurpateur veut *aque j\r de n\velles conqutes3 alors mme qu'il a t\t obt5u1 il s'afflige s\v5t de ce qui manque la nature de l'homme p\r aim]2 comm5t support]ait-il d'tre t5u volontairem5t une c]ta9e di/ance8 ,le coeur t5d l'galit1 et qu& la reconnaissance se *ange en vritable t5dresse1 elle p]d son c>actre de s\mission et de dfr5ce4 ,celui qui aime ne croit plus ri5 devoir2 il place au-dessus des bi5faits leur 9puisable s\rce1 le s5tim5t2 et si l'on veut t\j\rs ma9t5ir les diffr5ces1 les supriorits1 le coeur se blesse et se retire4 ,les p>5ts cep5dant ne sav5t ou ne veul5t presque jamais adopt] ce n\veau sy/me2 et la diffr5ce d'ge e/ peut-tre cause qu'ils ne se rappro*5t jamais de v\s que p> des sacrifices3 or il n'y a que l'gsme qui sa*e s'arrang] du bonheur avec ce mot-l4 ,quel que soit le dv\em5t des enfants s5sibles et respectueux1 les n\veaux p5*ants1 les n\veaux devoirs qui les attir5t1 donn5t leurs p>5ts une humeur secrte qu'ils pr\v]ont t\j\rs1 p>ce qu'ils ne se l'av\]ont jamais4 ,qu& les p>5ts aim5t assez pr(ondm5t leurs enfants p\r vivre en eux1 p\r faire de leur av5ir leur unique esprance1 p\r reg>d] leur propre vie comme f9ie1 et pr5dre p\r les intrts de leurs enfants des affections p]sonnelles1 ce que je vais dire n'exi/e po9t2 mais lorsque les p>5ts re/5t dans eux-mmes1 les enfants sont leurs yeux des successeurs1 presque des rivaux1 des sujets dev5us indp5dants1 des amis dont on ne compte que ce qu'ils ne font pas1 des obligs qui on nglige de plaire1 en se fiant sur leur reconnaissance1 des associs d'eux soi1 plutt que de soi eux3 c'e/ une sorte d'union dans laquelle les p>5ts1 donnant une latitude inf9ie l'ide de leurs droits1 veul5t que v\s leur t5iez compte de ce vague de puissance dont ils n'us5t pas aprs se l'tre suppos4 ,enf9 la plup>t ont le tort habituel de se fond] t\j\rs sur le seul ob/acle qui puisse exi/] l'excs de t5dresse qu'on aurait p\r eux1 leur autorit1 et de ne pas s5tir1 au contraire1 que dans cette relation1 comme dans t\tes celles o il exi/e d'un ct une supriorit quelconque1 c'e/ p\r celui qui l'avantage app>ti5t1 que la dp5dance du s5tim5t e/ la plus ncessaire et la plus aimable4 ,une trs-gr&e simplicit dans le c>actre de vos p>5ts1 ou une supriorit si m>que1 que leurs enfants soi5t heureux d'entret5ir avec eux plutt un culte qu'une liaison1 peuv5t dtruire ces obs]vations2 mais c'e/ aux situations les plus communes qu'elles s'appliqu5t4 ,dans la seconde supposition1 peut-tre la plus naturelle1 le s5tim5t mat]nel1 acc\tum p> les so9s qu'il donne la premire enfance1 se pass] de t\te espce de ret\r1 fait pr\v] des j\issances trs-vives et trs-pures1 qui port5t s\v5t t\s les c>actres de la passion1 sans expos] d'autres orages que ceux du sort1 et non des m\vem5ts intrieurs de l'me2 mais il e/ si tri/em5t pr\v que1 ds que le beso9 de la rciprocit comm5ce1 le bonheur des s5tim5ts s'altre1 que l'enfance e/ l'poque de la vie qui inspire la plup>t des p>5ts l'atta*em5t le plus vif1 soit que l'empire absolu qu'on ex]ce alors sur les enfants les id5tifie avec v\s-mmes1 soit que leur dp5dance inspire une sorte d'intrt qui atta*e plus que les succs mmes qu'ils ne doiv5t qu' eux2 soit que t\t ce qu'on att5d des enfants alors tant en esprance1 on possde la fois ce qu'il y a de plus d\x dans la vrit et dans l'illusion1 le s5tim5t qu'on pr\ve1 et celui qu'on se flatte d'obt5ir4 ,bi5tt les vnem5ts dans leur ralit n\s prs5t5t nos enfants levs p> n\s1 p\r d'autres que p\r n\s-mmes1 s'lanant v]s la vie1 t&is que le temps n\s place en arrire d'elle1 p5sant n\s p> le s\v5ir1 aux autres p> l'esprance4 ,quels p>5ts sont alors assez sages p\r considr] les passions de la jeunesse comme les jeux de l'enfance1 et p\r ne pas v\loir occup] plus de place p>mi les unes que p>mi les autres8 ,l'ducation1 sans d\te1 influe beauc\p sur l'esprit et le c>actre1 mais il e/ plus ais d'inspir] son lve ses op9ions que ses volonts3 le moi de votre enfant se compose de vos leons1 des livres que v\s lui avez donns1 des p]sonnes dont v\s l'avez ent\r3 mais quoique v\s puissiez reconnatre p>t\t vos traces1 vos ordres n'ont plus le mme empire2 v\s avez =m un homme1 ce qu'il a pris de v\s e/ dev5u lui1 et s]t autant que ses propres rflexions compos] son indp5dance4 ,enf91 les gnrations successives tant s\v5t appeles p> la dure de la vie de l'homme exi/] simultanm5t1 les pres et les enfants1 dans la rciprocit de s5tim5t qu'ils veul5t les uns des autres1 oubli5t presque t\j\rs de quel diffr5t po9t de vue ils considr5t le monde2 la glace qui r5v]se les objets qu'elle prs5te1 les dnature mo9s que l'ge qui les place dans l'av5ir ou dans le pass4 ,il n'e/ ri5 qui exige plus de dlicatesse de la "p des p>5ts que la m?ode qu'il faut suivre p\r dirig] la vie de leurs enfants sans alin] leur coeur2 c> il n'e/ pas mme possible de sacrifi] leur affection l'espoir de leur tre utile3 t\te influ5ce durable sur la conduite f9issant avec le p\voir du s5tim5t1 le po9t ju/e n'e/ presque jamais atte9t dans cette relation4 ,la t5dresse des enfants p\r leurs p>5ts se compose1 p\r a9si dire1 de t\s les vnem5ts de leur vie3 il n'e/ po9t d'atta*em5t dans lequel entr5t plus de causes trangres l'attrait du coeur1 il n'en e/ donc po9t dont la j\issance soit plus inc]ta9e4 ,la base pr9cipale d'un tel li51 l'asc5dant du devoir et de la nature1 ne peut tre ananti2 mais ds qu'on aime ses enfants avec passion1 on a beso9 de t\te autre *ose que de ce qu'ils v\s doiv5t2 et l'on c\rt1 dans son s5tim5t p\r eux1 les mmes *ances qu'amn5t t\tes les affections de l'me3 enf91 ce beso9 de rciprocit1 cette exig5ce1 g]me de/ructeur du seul don cle/e fait l'homme1 la facult d'aim]1 cette exig5ce e/ plus fatale dans la relation des p>5ts avec les enfants1 p>ce qu'une ide d'autorit s'y mle2 elle e/ donc p> la mme raison plus fune/e et plus naturelle4 ,t\te l'galit qui exi/e dans le s5tim5t de l'am\r suffit pe9e p\r loign] de son exig5ce l'ide d'un droit quelconque2 il semble que celui qui aime le plus1 p> ce titre seul1 porte atte9te l'indp5dance de l'autre3 et combi5 plus cet inconvni5t n'exi/e-t-il pas dans les rapports des p>5ts avec les enfants6 ,plus ils ont de droits1 plus ils doiv5t vit] de s'en appuy] p\r tre aims2 et cep5dant ds qu'une affection devi5t passionne1 elle ne se repose plus en elle-mme1 il faut ncessairem5t qu'elle agisse sur les autres4 ,la t5dresse conjugale1 lorsqu'elle exi/e1 donne ou les j\issances de l'am\r ou celles de l'amiti1 et je crois avoir dj analys les unes et les autres3 il y a dans ce li5 cep5dant quelque *ose de p>ticuli]1 en bi5 et en mal1 qu'il faut exam9]4 ,il e/ heureux1 dans la r\te de la vie1 d'avoir inv5t des circon/ances qui1 sans le sec\rs mme du s5tim5t1 confond5t deux gsmes au lieu de les oppos]2 il e/ heureux d'avoir comm5c l'association d'assez bonne heure p\r que les s\v5irs de la jeunesse aid5t support]1 l'un avec l'autre1 la mort qui comm5ce la moiti de la vie2 mais indp5damm5t de ce qu'il e/ si ais de concevoir sur la difficult de se conv5ir1 la multiplicit des rapports de t\t g5re qui driv5t des intrts communs1 (fre mille occasions de se bless]1 qui ne naiss5t pas du s5tim5t1 mais f9iss5t p> l'altr]4 ,p]sonne ne sait l'avance combi5 peut tre longue l'hi/oire de *aque j\rne2 si l'on obs]ve la vrit des impressions qu'elle produit1 et dans ce qu'on appelle1 avec raison1 le mnage1 il se r5contre *aque in/ant de c]ta9es difficults qui peuv5t dtruire p\r jamais ce qu'il y avait d'exalt dans le s5tim5t3 c'e/ donc de t\s les li5s celui o il e/ le mo9s probable d'obt5ir le bonheur romanesque du coeur2 il faut1 p\r ma9t5ir la paix dans cette relation1 une sorte d'empire sur soi-mme1 de =ce1 de sacrifice1 qui rappro*e beauc\p plus cette exi/5ce des plaisirs de la v]tu que des j\issances de la passion4 ,sans cesse la ma9 de f] de la de/9e rep\sse l'homme dans l'incomplet2 il semble que le bonheur e/ possible p> la nature mme des *oses1 qu'avec telle runion de ce qui e/ p>s dans le monde1 on aurait la p]fection dsire2 mais dans le travail de cet difice1 une pi]re r5v]se l'autre1 un avantage exclut celui qui d\blait son prix2 le s5tim5t dans sa plus gr&e =ce e/ exigeant p> sa nature1 et l'exig5ce dtruit l'affection qu'elle veut obt5ir4 ,s\v5t l'homme1 inconsqu5t dans ses voeux1 s'loigne seulem5t p>ce qu'il e/ trop aim1 et se voyant l'objet de t\s les dv\em5ts et de t\tes les qualits1 confesse que l'excs mme de l'atta*em5t suffit p\r effac] la trace de ses bi5faits4 ,quel conseil1 quel rsultat tir] de ces rflexions8 ,la conclusion que j'ai annonce2 c'e/ que les mes ard5tes pr\v5t p> l'amiti1 p> les li5s de la nature1 plusieurs des pe9es atta*es la passion1 et que p> del la ligne du devoir et des j\issances qu'on peut puis] dans ses propres affections1 le s5tim5t1 de quelque nature qu'il puisse tre1 n'e/ jamais une ress\rce qu'on tr\ve en soi2 il met t\j\rs le bonheur dans la dp5dance de la de/9e1 du c>actre et de l'atta*em5t des autres4 ,,*apitre ,,iv4 ,de la religion4 ,je ne pe9drai po9t la religion dans les excs du fanatisme2 les sicles et la philosophie ont puis ce sujet1 et ce que j'ai dit sur l'esprit de p>ti e/ applicable cette frnsie comme t\tes celles causes p> l'empire d'une op9ion4 ,ce n'e/ pas non plus de ces ides religieuses1 seul espoir de la f9 de l'exi/5ce1 que je veux p>l]4 ,le ?isme des hommes clairs1 des mes s5sibles1 e/ de la vritable philosophie2 et c'e/ en considrant t\tes les ress\rces que l'homme peut tir] de sa raison1 qu'il faut compt] cette ide1 trop gr&e en elle-mme p\r n'tre pas d'un poids imm5se encore1 malgr ses inc]titudes4 ,mais la religion1 dans l'acception gnrale1 suppose une 9branlable foi2 et lorsqu'on a reu du ciel cette pr(onde conviction1 elle suffit la vie et la remplit t\t entire3 c'e/ s\s ce rapport que l'influ5ce de la religion e/ vritablem5t puissante1 et c'e/ s\s ce mme rapport qu'on doit la considr] comme un don aussi indp5dant de soi1 que la beaut1 le gnie1 ou t\t autre avantage qu'on ti5t de la nature1 et qu'aucun ef=t ne peut obt5ir4 ,comm5t s]ait-il au p\voir de la volont de dirig] nos dispositions cet g>d8 ,aucune action sur soi-mme n'e/ possible en matire de foi2 la p5se e/ indivisible1 l'on ne peut en dta*] une p>tie p\r travaill] sur l'autre3 on espre ou l'on cra9t2 on d\te ou l'on croit1 selon la nature de l'esprit et des comb9aisons qu'il fait natre4 ,aprs avoir bi5 tabli que la foi e/ une facult qu'il ne dp5d po9t de n\s d'acqurir1 exam9ons avec imp>tialit ce qu'elle peut p\r le bonheur1 et prs5tons d'abord ses pr9cipaux avantages4 ,l'imag9ation e/ la plus indomptable des puissances morales de l'homme2 ses dsirs et ses inc]titudes le t\rm5t5t t\r t\r4 ,la religion ouvre une longue c>rire l'esprance1 et trace une r\te prcise la volont3 s\s ces deux rapports elle s\lage la p5se4 ,son av5ir e/ le prix du prs5t2 t\t se rapportant au mme b1 a le mme degr d'intrt4 ,la vie se passe au d$ans de soi1 les circon/ances extrieures ne sont qu'une manire d'ex]c] un s5tim5t habituel2 l'vnem5t n'e/ ri51 le p>ti qu'on a pris e/ t\t2 et ce p>ti1 t\j\rs comm& p> une loi div9e1 n'a jamais pu cot] un in/ant d'inc]titude4 ,ds qu'on e/ l'abri du remords1 on ignore ces rep5tirs du coeur ou de l'esprit qui s'accus5t du has>d mme1 et jug5t de la rsolution p> ses effets4 ,les succs ou les rev]s ne donn5t la consci5ce des dvots ni cont5tem5t ni regret2 la morale religieuse ne laissant aucun vague sur aucune des actions de la vie1 leur dcision e/ t\j\rs simple4 ,qu& le vrai *rti5 s'e/ acquitt de ses devoirs1 son bonheur ne le reg>de plus2 il ne s'in=me pas quel sort lui e/ *u1 il ne sait pas ce qu'il faut dsir] ou cra9dre1 il n'e/ c]ta9 que de ses devoirs4 ,les meilleures qualits de l'me1 la gnrosit1 la s5sibilit1 lo9 de faire cess] t\s les combats intrieurs1 peuv5t1 dans la lutte des passions1 oppos] l'une l'autre des affections d'une gale =ce2 mais la religion donne p\r guide un code o1 dans t\tes les circon/ances1 ce qu'on doit faire e/ rsolu p> une loi4 ,t\t e/ fixe dans le prs5t1 t\t e/ indf9i dans l'av5ir2 enf91 l'me pr\ve une sorte de bi5-tre jamais plus vif1 mais t\j\rs calme2 elle e/ environne d'une aurole qui l'claire au mo9s dans les tnbres1 si elle n'e/ pas aussi clatante que le j\r1 et cet tat la drobant au malheur1 sauve aprs t\t plus des deux ti]s de la vie4 ,s'il en e/ a9si p\r les de/9es communes1 si la religion comp5se les j\issances qu'elle te1 elle e/ d'une utilit s\v]a9e dans les situations dsespres4 ,lorsqu'un homme1 aprs avoir commis de gr&s crimes1 en pr\ve un vrai remords1 cette situation de l'me e/ si viol5te qu'on ne peut la support] qu' l'aide d'ides surnaturelles4 ,sans d\te le plus efficace des rep5tirs s]ait des actions v]tueuses2 mais la f9 de la vie1 mme dans la jeunesse1 quel c\pable peut espr] de faire autant de bi5 qu'il a caus de mal8 quelle somme de bonheur quivaut l'int5sit de la pe9e8 qui e/ assez puissant p\r expi] du sang ou des pleurs8 ,une dvotion ard5te suffit l'imag9ation exalte des crim9els rep5tants2 et dans ces solitudes pr(ondes o les *>treux et les trappi/es adoptai5t une vie si contraire la raison1 les c\pables conv]tis tr\vai5t la seule exi/5ce qui convnt l'agitation de leur me2 peut-tre mme des hommes dont la nature vhm5te les et appels dans le monde commettre de gr&s crimes1 livrs1 ds leur enfance1 au fanatisme religieux1 ont enseveli dans les clotres l'imag9ation qui b\lev]se les empires4 ,ces rflexions ne suffis5t pas p\r enc\rag] de semblables in/itutions2 mais on voit que1 s\s t\tes les =mes1 l'ennemi de l'homme c'e/ la passion1 et qu'elle seule fait la gr&e difficult de la de/9e huma9e4 ,dans la classe de la socit qui e/ livre aux travaux matriels1 l'imag9ation e/ encore la facult dont il faut le plus cra9dre les effets4 ,je ne sais si l'on a dtruit la foi religieuse du peuple en ,france2 mais on aura bi5 de la pe9e remplac] p\r lui t\tes les j\issances relles dont cette ide lui t5ait lieu3 la rvolution y a suppl p5dant quelque temps2 un de ses gr&s attraits p\r le peuple a t d'abord l'intrt1 l'agitation mme qu'elle rp&ait sur sa vie4 ,la rapide succession des vnem5ts1 les motions qu'elle faisait natre1 causai5t une sorte d'ivresse qui htait le temps1 et ne laissait plus s5tir le vide1 ni l'inquitude de l'exi/5ce4 ,on s'e/ trop acc\tum p5s] que les hommes du peuple bornai5t leur ambition la possession des bi5s physiques3 on les a vus ardemm5t atta*s la rvolution1 p>ce qu'elle leur donnait le plaisir de connatre les affaires1 d'influ] sur elles1 de s'occup] de leurs succs4 ,t\tes ces passions des hommes oisifs ont t dc\v]tes p> ceux qui n'avai5t connu que le beso9 du travail et le prix de son salaire2 mais lorsque l'tablissem5t d'un g\v]nem5t quelconque fait r5tr] ncessairem5t les trois qu>ts de la socit dans les occupations qui *aque j\r assur5t la subsi/ance du l5dema91 lorsque le b\lev]sem5t d'une rvolution n'(frira plus *aque homme la *ance d'obt5ir t\s les bi5s que l'op9ion et l'indu/rie ont entasss depuis des sicles dans un empire de v+t-c9q millions d'hommes1 quel trsor p\rra-t-on ouvrir l'esprance1 qui se proportionne1 comme la foi religieuse1 aux dsirs de t\s ceux qui veul5t y puis]8 ,quelle ide1 magique qui1 t\t la fois1 conti5ne1 ress]re les actions dans le c]cle le plus circonscrit1 et satisfasse la passion dans son beso9 indf9i d'espoir1 d'av5ir et de b8 ,si ce sicle e/ l'poque o les raisonnem5ts ont le plus branl la possibilit d'une croyance implicite1 c'e/ dans ce temps aussi que les plus gr&s exemples de la puissance de la religion ont exi/4 ,on a sans cesse prs5tes sa p5se ces victimes innoc5tes qui1 s\s un rgime de sang1 prissai5t1 entranant aprs elles ce qu'elles avai5t de plus *]3 jeunesse1 beaut1 v]tus1 tal5ts2 une puissance plus arbitraire que le de/91 et non mo9s irrvocable1 prcipitait t\t dans le tombeau4 ,les anci5s ont brav la mort p> le dgt de l'exi/5ce2 mais n\s avons vu des femmes nes timides1 des jeunes g5s pe9e sortis de l'enfance1 des p\x qui1 s'aimant1 avai5t dans cette vie ce qui peut seul la faire regrett]1 s'avanc] v]s l't]nit1 sans croire tre sp>s p> elle1 ne pas recul] devant cet abme o l'imag9ation frmit de t\t ce qu'elle inv5te1 et1 mo9s lasss que n\s des t\rm5ts de la vie1 support] mieux l'appro*e de la mort4 ,enf9 un homme avait vu t\tes les prosprits de la t]re se runir sur sa tte1 la de/9e huma9e semblait s'tre agr&ie p\r lui1 et avoir emprunt quelque *ose des rves de l'imag9ation2 roi de v+t-c9q millions d'hommes1 t\s leurs moy5s de bonheur tai5t runis dans ses ma9s p\r valoir lui seul la j\issance de les disp5s] de n\veau2 n dans cette clatante situation1 son me s'tait =me p\r la flicit2 et le has>d qui1 depuis tant de sicles1 avait pris en faveur de sa race un c>actre d'immutabilit1 n'(frait sa p5se aucune *ance de rev]s1 n'avait pas mme ex]c sa rflexion sur la possibilit de la d\leur2 trang] au s5tim5t du remords1 puisque dans sa consci5ce il se croyait v]tueux1 il n'avait pr\v que des impressions paisibles2 sa de/9e et son c>actre ne le prp>ant po9t s'expos] aux c\ps du sort1 il semblait que son me devait succomb] au premi] trait du malheur4 ,cet homme cep5dant1 qui manqua de la =ce ncessaire p\r prs]v] son p\voir1 et fit d\t] de son c\rage1 tant qu'il en eut beso9 p\r rep\ss] ses ennemis2 cet homme1 dont l'esprit naturellem5t inc]ta9 et timide1 ne sut ni croire ses propres ides1 ni mme adopt] en enti] celles d'un autre2 cet homme s'e/ montr t\t c\p capable de la plus tonnante des rsolutions1 celle de s\ffrir et de m\rir4 ,l\is ,,xvi s'e/ tr\v roi p5dant le premi] orage d'une rvolution sans exemple dans l'hi/oire4 ,les passions se disputai5t son exi/5ce2 il reprs5tait lui seul t\tes les ides contre lesquelles on tait arm4 trav]s tant de dang]s1 il p]si/a ne pr5dre p\r guide que les maximes d'une pit sup]/itieuse2 mais c'e/ l'poque o la religion seule triomphe encore1 c'e/ l'in/ant o le malheur e/ sans espoir1 que la puissance de la foi se dveloppa t\t entire dans la conduite de ,l\is4 ,la =ce 9branlable de cette conviction ne p]mit plus d'ap]cevoir dans son me l'ombre d'une faiblesse2 l'hrosme de la philosophie fut contra9t se pro/]n] devant sa simple rsignation4 ,il reut passivem5t t\s les arrts du malheur1 et se montra cep5dant s5sible p\r ce qu'il aimait1 comme si les facults de sa vie avai5t d\bl l'in/ant de sa mort4 ,il compta1 sans frmir1 t\s les pas qui le m5r5t du trne l'*afaud2 et dans l'in/ant t]rible o il lui fut encore prononc cette sublime expression3 ,fils de sa9t ,l\is1 montez au ciel1 telle tait son exaltation religieuse1 qu'il e/ p]mis de croire que ce d]ni] mom5t mme n'app>t9t po9t dans son me l'p\vante de la mort4 ,on ne m'accus]a po9t1 je crois1 d'avoir affaibli le tableau de l'influ5ce de la religion2 cep5dant je ne p5se pas qu'indp5damm5t de l'inutilit des ef=ts qu'on p\rrait faire cet g>d sur soi-mme1 on doive compt] l'absorbation de la foi au rang des meilleurs moy5s de bonheur p\r les hommes4 ,il n'e/ pas de mon sujet1 dans cette premire p>tie1 de considr] la religion dans ses relations politiques1 c'e/--dire1 dans l'utilit dont elle doit tre la /abilit et au bonheur de l'tat social2 mais je l'exam9e s\s le rapport de ses effets individuels4 ,d'abord la disposition qu'il faut donn] son esprit p\r admettre les dogmes de c]ta9es religions1 e/ s\v5t1 en secret1 pnible celui qui1 n avec une raison claire1 s'e/ fait un devoir de ne s'en s]vir qu' de telles conditions2 ram51 p> int]valles1 d\t] de t\t ce qui e/ contraire la raison1 il pr\ve des scrupules de ses inc]titudes1 ou des regrets d'avoir tellem5t livr sa vie ces inc]titudes mmes1 qu'il faut ou reconnatre l'inutilit de son exi/5ce passe1 ou dv\] encore ce qu'il en re/e4 ,le coeur e/ aussi born que l'esprit p> la dvotion proprem5t dite3 ce g5re d'exaltation a div]s c>actres4 ,alors qu'il nat du malheur1 alors que l'excs des pe9es a jet l'me dans une sorte d'affaiblissem5t qui ne lui p]met plus de se relev] p> elle-mme1 la s5sibilit fait admettre ce qui conduit la de/ruction de la s5sibilit1 ou du mo9s ce qui int]dit d'aim] de t\t l'ab&on de son me4 ,on se fait df5dre ce dont on ne p\vait se g>antir4 ,la raison combat1 avec dsavantage1 contre les affections passionnes4 ,quelque *ose d'en?\sia/e comme elle1 des p5ses qui1 comme elle aussi1 dom95t l'imag9ation1 s]v5t de rec\rs aux esprits qui n'ont pas eu la =ce de s\t5ir ce qu'ils avai5t de passionn dans le c>actre4 ,cette dvotion se s5t t\j\rs de son orig9e2 on voit1 comme dit ,font5elle1 que l'am\r a pass p> l2 c'e/ encore aim] s\s des =mes diffr5tes1 et t\tes les inv5tions de la faiblesse p\r mo9s s\ffrir1 ne peuv5t ni mrit] le blme1 ni s]vir de rgle gnrale4 ,mais la dvotion exalte qui fait p>tie du c>actre au lieu d'en tre seulem5t la ress\rce1 cette dvotion1 considre comme le b auquel t\s doiv5t t5dre1 et comme la base de la vie1 a un t\t autre effet sur les hommes4 ,elle e/ presque t\j\rs de/ructive des qualits naturelles2 ce qu'elles ont de spontan1 d'involontaire1 e/ incompatible avec des rgles fixes sur t\s les objets4 ,dans la dvotion1 l'on peut tre v]tueux sans le sec\rs de l'inspiration de la bont1 et mme il e/ plusieurs circon/ances o la svrit de c]ta9s pr9cipes v\s df5d de v\s y livr]4 ,des c>actres privs de qualits naturelles1 l'abri de ce qu'on appelle la dvotion1 se s5t5t plus l'aise p\r ex]c] des dfauts qui ne bless5t aucune des lois dont ils ont adopt le code4 ,p> del ce qui e/ comm&1 t\t ce qu'on refuse e/ lgitime2 la ju/ice dgage de la bi5faisance1 la bi5faisance de la gnrosit1 et cont5ts de sold] ce qu'ils croi5t leurs devoirs1 s'il arrive une fois dans la vie o telle v]tu clairem5t ordonne exige un vritable sacrifice1 il e/ des bi5s1 des s]vices1 des condesc5dances de t\s les in/ants qu'on n'obti5t jamais de ceux qui1 ayant t\t rduit en devoir1 n'ont pu dess9] que les masses1 ne sav5t obir qu' ce qui s'exprime4 ,les qualits naturelles1 dveloppes p> les pr9cipes1 p> les s5tim5ts de la moralit1 sont de beauc\p suprieures aux v]tus de la dvotion4 ,celui qui n'a jamais beso9 de consult] ses devoirs1 p>ce qu'il peut se fi] t\s ses m\vem5ts2 celui qu'on p\rrait tr\v]1 p\r a9si dire1 une crature mo9s rationnelle1 tant il p>at agir involontairem5t et comme =c p> sa nature2 celui qui ex]ce t\tes les v]tus vritables1 sans se les tre nommes d'avance1 et se prise d'autant mo9s1 que1 ne faisant jamais d'ef=t1 il n'a pas l'ide du triomphe1 celui-l e/ l'homme vraim5t v]tueux4 ,suivant une expression de ,dryd51 diffremm5t applique1 la dvotion lve un mortel jusqu'aux cieux1 la moralit naturelle fait desc5dre un ange sur la t]re3 ,he rais$ a mortal to ! skies ,%e drew an angel d[n4 ,on peut encore p5s]1 en reconnaissant l'avantage des c>actres inspirs p> leurs propres p5*ants1 que la dvotion1 tant d'un effet gnral et positif1 donne des rsultats plus semblables et plus c]ta9s dans l'association univ]selle des hommes2 mais d'abord la dvotion a de gr&s inconvni5ts p\r les c>actres passionns1 et n'en et-elle po9t1 ce s]ait1 comme je l'ai dit1 au nombre des vnem5ts heureux1 et non des conseils efficaces1 qu'il s]ait possible de la class]4 ,j'ai beso9 de rpt] que je ne compr5ds pas1 dans cette discussion1 ces ides religieuses d'un ordre plus relev1 qui1 sans influ] sur *aque dtail de la vie1 ennobliss5t son b1 donn5t au s5tim5t et la p5se quelques po9ts de repos dans l'abme de l'inf9i4 ,il s'agit uniquem5t de ces dogmes dom9ateurs qui assur5t la religion beauc\p plus d'action sur l'exi/5ce1 en ralisant ce qui re/ait dans le vague1 en ass]vissant l'imag9ation p> l'incomprh5sible4 ,les esprits ard5ts n'ont que trop de p5*ant croire que le jugem5t e/ inutile2 et ri5 ne leur convi5t mieux que cette espce de suicide de la raison abdiquant son p\voir p> son d]ni] acte1 et se dcl>ant inhabile p5s]1 comme s'il exi/ait en elle quelque *ose de suprieur elle1 qui pt dcid] qu'une autre facult de l'homme le s]vira mieux4 ,les esprits ard5ts sont ncessairem5t lasss de ce qui e/2 et lorsqu'une fois ils admett5t quelque *ose de surnaturel1 il n'y a plus d'autres bornes cette cration que les beso9s de l'imag9ation1 et1 s'exaltant elle-mme1 elle n'a de repos que dans l'extrme1 et ne supporte plus de modifications4 ,enf91 les affections du coeur1 qui sont insp>ables du vrai1 sont ncessairem5t dnatures p> les erreurs1 de quelque g5re qu'elles soi5t2 l'esprit ne fausse pas seul1 et1 quoiqu'il re/e de bons m\vem5ts qu'il ne peut pas dtruire1 ce qui1 dans le s5tim5t1 app>ti5t la rflexion e/ absolum5t g> p> t\tes les exagrations1 et plus p>ticulirem5t encore p> celle de la dvotion2 elle isole en soi-mme1 et s\met jusqu' la bont de c]ta9s pr9cipes qui en re/reign5t beauc\p l'application4 ,que s]ait-ce1 si1 quittant les ides nuances1 je p>lais des exemples qu'il re/e encore d'intolrance sup]/itieuse1 de quitisme1 d'illum9isme1 etc42 de t\s ces malheureux effets du vide de l'exi/5ce1 de la lutte de l'homme contre le temps1 de l'insuffisance de la vie8 ,les morali/es doiv5t seulem5t signal] la r\te qui conduit au d]ni] t]me de l'erreur3 t\t le monde e/ frapp des inconvni5ts de l'excs1 et p]sonne ne p\vant se p]suad] qu'on en devi5dra capable1 l'on se reg>de t\j\rs comme trang] aux tableaux qu'on p\rrait lire4 ,j'ai donc d1 de t\tes les manires1 ne pas admettre la religion p>mi les ress\rces qu'on tr\ve en soi1 puisqu'elle e/ absolum5t indp5dante de notre volont1 puisqu'elle n\s s\met et notre propre imag9ation1 et celle de t\s ceux dont la sa9te autorit e/ reconnue4 ,en tant consqu5te au sy/me sur lequel cet ouvrage e/ fond1 au sy/me qui considre la lib]t absolue de l'tre moral comme son premi] bi51 j'ai d prfr] et indiqu]1 comme le meilleur et le plus sr des prs]vatifs contre le malheur1 les div]s moy5s dont on va voir le dveloppem5t4 ,,section ,,iii4 ,,des ,,ress\rces ,,qu',,on ,,tr\ve ,,en ,,soi4 ,,*apitre ,,premi]4 ,que p]sonne l'avance ne r$\te assez le malheur4 ,l'gsme e/ ce qui ressemble le mo9s aux ress\rces qu'on tr\ve en soi1 telles que je les conois3 l'gsme e/ un c>actre qu'on ne peut ni conseill]1 ni dtruire2 c'e/ une affection dont l'objet n'tant jamais ni abs5t1 ni infidle1 peut1 s\s ce rapport1 valoir quelques j\issances1 mais cause de vives inquitudes1 absorbe1 comme la passion p\r un autre1 sans faire pr\v] l'espce de j\issance t\j\rs atta*e au dv\em5t de soi3 d'ailleurs1 la p]sonnalit1 soit qu'on la considre comme un bi5 ou comme un mal1 e/ une disposition de l'me absolum5t indp5dante de sa volont2 on n'y arrive po9t p> ef=t2 on y e/1 au contraire1 entran4 ,la sagesse s'acqui]t1 p>ce qu'elle e/ t\te compose de sacrifices2 mais se donn] un gt1 mais inspir] un p5*ant1 sont des mots contradictoires4 ,enf91 les c>actres passionns ne sont jamais susceptibles de ce qu'on appelle l'gsme3 c'e/ bi5 leur propre bonheur qu'ils t5d5t avec imptuosit2 mais ils le *]*5t au dehors d'eux1 mais ils s'expos5t p\r l'obt5ir1 mais ils n'ont jamais cette p]sonnalit prud5te et s5suelle qui tranquillise l'me1 au lieu de l'agit]4 ,et comme cet ouvrage n'e/ consacr qu' l'tude des c>actres passionns1 t\t ce qui n'entre pas dans ce sujet en doit tre c>t4 ,il s'agit des ress\rces qu'on peut tr\v] en soi aprs les orages des gr&es passions2 des ress\rces qu'on doit se ht] d'adopt]1 si l'on s'e/ conva9cu de bonne heure de t\t ce que j'ai t* de dvelopp] dans l'analyse des affections de l'me4 ,sans d\te1 si le dsespoir dcidait t\j\rs se donn] la mort1 le c\rs de l'exi/5ce1 a9si fix1 p\rrait se comb9] avec plus de h>diesse2 l'homme p\rrait se risqu]1 sans cra9te1 la p\rsuite de ce qu'il croit le bonheur p>fait3 mais qui peut brav] le malheur1 ne l'a jamais pr\v4 ,ce mot t]rible1 le malheur1 s'ent5d dans les premi]s j\rs de la jeunesse1 sans que la p5se le compr5ne4 ,les tragdies1 les ouvrages d'imag9ation1 v\s reprs5t5t l'adv]sit comme un tableau o le c\rage et la beaut se dploi5t2 la mort1 ou un dnom5t heureux t]m95t1 en peu d'in/ants1 l'anxit qu'on pr\ve4 ,au sortir de l'enfance1 l'image de la d\leur e/ insp>able d'une sorte d'att5drissem5t qui mle du *>me t\tes les impressions qu'on reoit2 mais il suffit s\v5t d'avoir atte9t v+t-c9q annes p\r tre arriv l'poque d'in=tune m>que dans la c>rire de t\tes les passions4 ,alors le malheur e/ long comme la vie2 il se compose de vos fautes et du sort2 il v\s humilie et v\s d*ire4 ,les indiffr5ts1 les connaissances intimes mme1 v\s reprs5t5t1 p> leurs manires avec v\s1 le tableau racc\rci de vos in=tunes4 *aque in/ant1 les mots1 les expressions les plus simples1 v\s appr5n5t de n\veau ce que v\s savez dj1 mais ce qui frappe *aque fois comme inatt5du4 ,si v\s faites des projets1 ils retomb5t t\j\rs sur la pe9e dom9ante2 elle e/ p>t\t1 il semble qu'elle r5de impraticables les rsolutions mme qui doiv5t y avoir le mo9s de rapport3 c'e/ contre cette pe9e alors qu'on dirige ses ef=ts1 on adopte des plans ins5ss p\r la surmont]1 et l'impossibilit de *acun d'eux1 dmontre p> la rflexion1 e/ un n\veau rev]s au d$ans de soi4 ,on se s5t saisi p> une seule ide1 comme s\s la griffe d'un mon/re t\t-puissant2 on contra9t sa p5se1 sans p\voir la di/raire2 il y a un travail dans l'action de vivre qui ne laisse pas un mom5t de repos2 le soir e/ la seule att5te de t\t le j\r1 le rveil e/ un c\p d\l\reux qui v\s reprs5te *aque mat9 votre malheur avec l'effet de la surprise4 ,les consolations de l'amiti agiss5t la surface1 mais la p]sonne qui v\s aime le plus1 n'a pas1 sur ce qui v\s intresse1 la millime p>tie des p5ses qui v\s agit5t2 de ces p5ses qui n'ont po9t assez de ralit p\r tre exprimes1 et dont l'action e/ assez vive cep5dant p\r v\s dvor]4 ,except dans l'am\r1 o en p>lant de v\s1 celui qui v\s aime s'occupe de lui1 je ne sais comm5t on peut se rs\dre entret5ir un autre de sa pe9e autant qu'on y p5se2 et quel bi51 d'ailleurs1 en p\rrait-on retir]8 ,la d\leur e/ fixe1 et ri5 ne peut la dplac]1 qu'un vnem5t ou le c\rage4 ,alors que le malheur se prolonge1 il a quelque *ose d'aride1 de dc\rageant1 qui lasse de soi-mme1 autant qu'il importune les autres4 ,on se s5t p\rsuivi p> le s5tim5t de l'exi/5ce1 comme p> un d>d empoisonn2 on v\drait respir] un j\r1 une heure1 p\r repr5dre des =ces1 p\r recomm5c] la lutte au d$ans de soi1 et c'e/ s\s le poids qu'il faut se relev]1 c'e/ accabl qu'il faut combattre2 on ne dc\vre pas un po9t sur lequel on puisse s'appuy] p\r va9cre le re/e4 ,l'imag9ation a t\t envahi1 la d\leur e/ au t]me de t\tes les rflexions1 et il en arrive subitem5t de n\velles qui dc\vr5t de n\velles d\leurs4 ,l'horizon recule devant soi mesure que l'on avance2 on essaie de p5s] p\r va9cre les s5sations1 et les p5ses les multipli5t2 enf91 l'on se p]suade bi5tt que ses facults sont baisses2 la dgradation de soi fltrit l'me1 sans ri5 t] l'n]gie de la d\leur2 il n'e/ po9t de situation dans laquelle on puisse se repos]1 on veut fuir ce qu'on pr\ve1 et cet ef=t agite encore plus4 ,celui qui peut tre mlancolique1 qui peut se rsign] la pe9e1 qui peut s'intress] encore lui-mme1 n'e/ pas malheureux4 ,il faut tre dgt de soi1 et se s5tir li son tre1 comme si l'on tait deux1 fatigus l'un de l'autre2 il faut tre dev5u incapable de t\tes les j\issances1 de t\tes les di/ractions1 p\r ne s5tir qu'une d\leur2 il faut1 enf91 que quelque *ose de sombre1 dess*ant l'motion1 ne laisse dans l'me qu'une seule impression inquite et brlante4 ,la s\ffrance e/ alors le c5tre de t\tes les p5ses1 elle devi5t le pr9cipe unique de la vie1 on ne se reconnat que p> sa d\leur4 ,si les p>oles p\vai5t transmettre ces s5sations tellem5t inhr5tes l'me qu'en les exprimant on leur te t\j\rs quelque *ose de leur int5sit2 si l'on p\vait concevoir d'avance ce que c'e/ que le malheur1 je ne crois pas que p]sonne pt rejet] avec dda9 le sy/me qui a p\r b seulem5t d'vit] de s\ffrir4 ,des hommes froids1 qui veul5t se donn] l'app>5ce de la passion1 p>l5t du *>me de la d\leur1 des plaisirs qu'on peut tr\v] dans la pe9e2 et le seul joli mot de cette langue1 aussi fausse que re*]*e1 c'e/ celui de cette femme1 qui1 regrettant sa jeunesse1 disait3 ,c'tait le bon temps1 j'tais bi5 heureuse4 ,mais jamais cette expression mme n'et t prononce p> un coeur passionn4 ,ce sont les c>actres sans vritable *aleur qui p>l5t sans cesse des avantages des passions1 du beso9 de les pr\v]2 les mes ard5tes les craign5t2 les mes ard5tes accueill]ont t\s les moy5s de se prs]v] de la d\leur3 c'e/ ceux qui sav5t la cra9dre que ces d]nires rflexions sont ddies2 c'e/ surt\t ceux qui s\ffr5t qu'elles peuv5t apport] quelque consolation4 ,,*apitre ,,ii4 ,de la philosophie4 ,la philosophie1 dont je crois utile et possible aux mes passionnes d'adopt] les sec\rs1 e/ de la nature la plus releve4 ,il faut se plac] au-dessus de soi p\r se dom9]1 au-dessus des autres p\r n'en ri5 att5dre4 ,il faut que1 lass de va9s ef=ts p\r obt5ir le bonheur1 on se rsolve l'ab&on de cette d]nire illusion1 qui1 en s'van\issant1 entrane t\tes les autres aprs elle4 ,il faut qu'on ait appris concevoir la vie passivem5t1 support] que son c\rs soit uni=me1 suppler t\t p> la p5se1 voir en elle les seuls vnem5ts qui ne dp5d5t ni du sort1 ni des hommes4 ,lorsqu'on s'e/ dit qu'il e/ impossible d'obt5ir le bonheur1 on e/ plus prs d'atte9dre quelque *ose qui lui ressemble1 comme les hommes drangs dans leur =tune ne se retr\v5t l'aise que lorsqu'ils se sont av\ qu'ils tai5t ru9s4 ,qu& on a fait le sacrifice de ses esprances1 t\t ce qui revi5t compte d'elles e/ un bi5 imprvu1 dont aucun g5re de cra9te n'a prcd la possession4 ,il e/ une multitude de j\issances p>tielles qui ne driv5t po9t d'une mme s\rce1 mais (fr5t des plaisirs p>s l'homme dont l'me paisible e/ dispose les gt]2 une gr&e passion1 au contraire1 les absorbe t\s2 elle ne p]met pas seulem5t de savoir qu'ils exi/5t4 ,il n'y a plus de fleurs dans ce p>t]re qu'elle a p>c\ru2 son amant n'y peut voir que la trace de ses pas4 ,l'ambitieux1 en ap]cevant ces hameaux ent\rs de t\s les dons de la nature1 dem&e si le g\v]neur de ce canton a beauc\p de crdit1 ou si les paysans qui l'habit5t peuv5t lire un dput4 ,aux yeux de l'homme passionn1 les objets extrieurs ne reprs5t5t qu'une ide1 p>ce qu'ils ne sont jugs que p> un seul s5tim5t4 ,le philosophe1 p> un gr& acte de c\rage1 ayant dlivr ses p5ses du j\g de la passion1 ne les dirige plus t\tes v]s un objet unique1 et j\it des d\ces impressions que *acune de ses ides peut lui valoir t\r t\r et sp>m5t4 ,ce qui conduirait surt\t p5s] que la vie e/ un voyage1 c'e/ que ri5 n'y semble ordonn comme un sj\r4 ,v\lez-v\s atta*] votre exi/5ce l'empire absolu d'une ide ou d'un s5tim5t3 t\t e/ ob/acle1 t\t e/ malheur *aque pas4 ,v\lez-v\s laiss] all] la vie au gr du v5t qui lui fait d\cem5t p>c\rir des situations div]ses2 v\lez-v\s du plaisir p\r *aque j\r sans le faire conc\rir l'ensemble du bonheur de t\te la de/9e3 v\s le p\vez facilem5t2 et lorsque aucun des vnem5ts de la vie n'e/ prcd p> de brlants dsirs1 ni suivi d'am]s regrets1 l'on tr\ve une "p suffisante de flicit dans ces j\issances isoles que le has>d disp5se sans b4 ,s'il n'tait dans l'exi/5ce de l'homme qu'une seule poque1 la jeunesse1 peut-tre p\rrait-on la v\] aux gr&es *ances des passions2 mais l'in/ant o la vieillesse comm&e une n\velle manire d'exi/]1 le philosophe seul sait support] cette transition sans d\leur4 ,si nos facults1 si nos dsirs1 qui naiss5t de nos facults1 tai5t t\j\rs d'accord avec notre de/9e1 t\s les ges on p\rrait gt] quelque bonheur2 mais un c\p simultan ne porte pas galem5t atte9te nos facults et nos dsirs4 ,le temps dgrade s\v5t notre de/9e avant d'avoir affaibli nos facults1 affaiblit nos facults avant d'avoir amorti nos dsirs4 ,l'activit de l'me survit aux moy5s de l'ex]c]2 les dsirs1 la p]te des bi5s dont ils inspir5t le beso94 ,la d\leur de la de/ruction se fait s5tir avec t\te la =ce de l'exi/5ce2 c'e/ assi/] soi-mme ses funrailles1 et1 violemm5t atta* ce tri/e et long spectacle1 r5\vel] le supplice de ,mz5ce1 li] ensemble la mort et la vie4 ,qu& la philosophie s'emp>e de l'me1 elle comm5ce1 sans d\te1 p> lui faire mettre beauc\p mo9s de prix ce qu'elle possde et ce qu'elle espre4 ,les passions rehauss5t beauc\p plus t\tes les valeurs2 mais qu& ce t>if de modration e/ fix1 il subsi/e p\r t\s les ges2 *aque mom5t se suffit lui-mme1 une poque n'anticipe po9t sur l'autre1 jamais les orages des passions ne les confond5t ni ne les prcipit5t4 ,les annes1 et t\t ce qu'elles amn5t avec elles1 se succd5t tranquillem5t suivant l'int5tion de la nature1 et l'homme p>ticipe au calme de l'ordre univ]sel4 ,je l'ai dit1 celui qui veut mettre le suicide au nombre de ses rsolutions peut entr] dans la c>rire des passions2 il peut y ab&onn] sa vie1 s'il se s5t capable de la t]m9]1 alors que la f\dre aura r5v]s l'objet de t\s ses ef=ts et de t\s ses voeux3 mais comme je ne sais quel in/9ct1 qui app>ti5t plus1 je crois1 la nature physique qu'au s5tim5t moral1 =ce s\v5t cons]v] des j\rs dont t\s les in/ants sont une n\velle d\leur1 peut-on c\rir les has>ds1 presque c]ta9s1 d'un malheur qui f]a dte/] l'exi/5ce1 et d'une disposition de l'me qui inspir]a la cra9te de l'anantir8 ,non que dans cette situation la vie ait encore quelques *>mes1 mais p>ce qu'il faut rassembl] dans un mme mom5t t\s les motifs de sa d\leur p\r lutt] contre l'indivisible p5se de la mort2 p>ce que le malheur se rp& sur l't5due des j\rs1 t&is que la t]reur qu'inspire le suicide se conc5tre en enti] dans un in/ant1 et que p\r se tu] il faudrait embrass] le tableau de ses in=tunes comme le spectacle de sa f91 l'aide de l'int5sit d'un seul s5tim5t et d'une seule ide4 ,ri5 cep5dant n'inspire autant d'horreur que la possibilit d'exi/]1 uniquem5t p>ce qu'on ne sait pas m\rir2 et comme c'e/ le sort qui peut att5dre t\tes les gr&es passions1 un tel objet d'effroi suffit p\r faire aim] cette puissance de philosophie qui s\ti5t t\j\rs l'homme au niveau de la vie1 sans l'y trop atta*]1 mais sans la lui faire har4 ,la philosophie n'e/ pas de l'ins5sibilit2 quoiqu'elle dim9ue l'atte9te des vives d\leurs1 il faut une gr&e =ce d'me et d'esprit p\r arriv] cette philosophie dont je vante ici les sec\rs2 et l'ins5sibilit e/ l'habitude du c>actre1 non le rsultat d'un triomphe4 ,la philosophie se s5t de son orig9e4 ,comme elle nat t\j\rs de la pr(ondeur de la rflexion1 et qu'elle e/ s\v5t inspire p> le beso9 de rsi/] ses passions1 elle suppose des qualits suprieures1 et donne une j\issance de ses propres facults t\t fait inconnue l'homme ins5sible2 le monde lui convi5t mieux qu'au philosophe2 il ne cra9t pas que l'agitation de la socit tr\ble la paix dont il gte la d\ceur4 ,le philosophe1 qui doit cette paix au travail de sa p5se1 aime j\ir de lui-mme dans la retraite4 ,la satisfaction que donne la possession de soi1 acquise p> la mditation1 ne ressemble po9t aux plaisirs de l'homme p]sonnel2 il a beso9 des autres1 il e/ exigeant1 il s\ffre impatiemm5t t\t ce qui le blesse1 il e/ dom9 p> son gsme2 et si ce s5tim5t p\vait avoir de l'n]gie1 il aurait t\s les c>actres d'une gr&e passion3 mais le bonheur que tr\ve un philosophe dans la possession de soi1 e/ de t\s les s5tim5ts1 au contraire1 celui qui r5d le plus indp5dant4 ,p> une sorte d'ab/raction1 dont la j\issance e/ cep5dant relle1 on s'lve quelque di/ance de soi-mme p\r se reg>d] p5s] et vivre2 et comme on ne veut dom9] aucun vnem5t1 on les considre t\s comme des modifications de notre tre qui ex]c5t ses facults et ht5t de div]ses manires l'action de sa p]fectibilit4 ,ce n'e/ plus vis--vis du sort1 mais de sa consci5ce qu'on se place1 et1 r5onant t\te influ5ce sur le de/9 et sur les hommes1 on se complat d'autant plus dans l'action du p\voir qu'on s'e/ rs]v1 dans l'empire de soi-mme1 et l'on fait *aque j\r avec bonheur quelque *angem5t ou quelque dc\v]te dans la seule proprit sur laquelle on se croie des droits et de l'influ5ce4 ,il faut de la solitude ce g5re d'occupation1 et s'il e/ vrai que la solitude soit un moy5 de j\issance p\r le philosophe1 c'e/ lui qui e/ l'homme heureux4 ,non-seulem5t vivre seul e/ le meilleur de t\s les tats1 p>ce que c'e/ le plus indp5dant1 mais encore la satisfaction qu'on y tr\ve e/ la pi]re de t\*e du bonheur2 sa s\rce e/ si intime1 qu'alors qu'on le possde rellem5t1 la rflexion rappro*e t\j\rs plus de la c]titude de l'pr\v]4 ,la solitude e/1 p\r les mes agites p> de gr&es passions1 une situation trs-dang]euse4 ,ce repos auquel la nature n\s appelle1 qui semble la de/9ation immdiate de l'homme2 ce repos dont la j\issance p>at devoir prcd] le beso9 mme de la socit1 et dev5ir plus ncessaire encore aprs qu'on a longtemps vcu au milieu d'elle2 ce repos e/ un t\rm5t p\r l'homme dom9 p> une gr&e passion4 ,en effet1 le calme n'exi/ant qu'aut\r de lui contra/e avec son agitation intrieure1 et en accrot la d\leur4 ,c'e/ p> la di/raction qu'il faut d'abord essay] d'affaiblir une gr&e passion2 il ne faut pas comm5c] la lutte p> un combat corps corps1 et avant de se has>d] vivre seul1 il faut avoir dj agi sur soi-mme4 ,les c>actres passionns1 lo9 de r$\t] la solitude1 la dsir5t2 mais cela mme e/ une preuve qu'elle n\rrit leur passion1 lo9 de la dtruire4 ,l'me1 tr\ble p> les s5tim5ts qui l'oppress5t1 se p]suade qu'elle s\lag]a sa pe9e en s'en occupant davantage2 les premi]s in/ants o le coeur s'ab&onne la rv]ie sont ple9s de *>mes1 mais bi5tt cette j\issance le consume4 ,l'imag9ation qui e/ re/e la mme1 quoiqu'on ait loign d'elle ce qui semblait l'enflamm]1 p\sse l'extrme t\tes les *ances de l'inquitude2 dans son isolem5t elle s'ent\re de *imres2 l'imag9ation dans le sil5ce et la retraite1 n'tant frappe p> ri5 de rel1 donne une mme importance t\t ce qu'elle inv5te4 ,elle veut se sauv] du prs5t1 et elle se livre l'av5ir1 bi5 plus propre l'agit]1 bi5 plus con=me sa nature4 ,l'ide qui la dom9e1 laisse /ationnaire p> les vnem5ts1 se div]sifie de mille manires p> le travail de la p5se2 la tte s'enflamme1 et la raison devi5t mo9s puissante que jamais4 ,la solitude f9it p> effray] l'homme malheureux2 il croit l't]nit de la d\leur qu'il pr\ve4 ,la paix qui l'environne semble insult] au tumulte de son me2 l'uni=mit des j\rs ne lui prs5te aucun *angem5t mme dans la pe9e4 ,la viol5ce d'un tel malheur au se9 de la retraite e/ une n\velle preuve de la fune/e influ5ce des passions2 elles loign5t de t\t ce qui e/ simple et facile1 et quoiqu'elles pr5n5t leur s\rce dans la nature de l'homme1 elles s'oppos5t sans cesse sa vritable de/9ation4 ,la solitude1 au contraire1 e/ le premi] des bi5s p\r le philosophe4 ,c'e/ au milieu du monde que s\v5t ses rflexions1 ses rsolutions l'ab&onn5t1 que les ides gnrales les plus arrtes cd5t aux impressions p>ticulires2 c'e/ l que le g\v]nem5t de soi exige une ma9 plus assure3 mais dans la retraite1 le philosophe n'a de rapports qu'avec le sj\r *amptre qui l'environne1 et son me e/ p>faitem5t d'accord avec les d\ces s5sations que ce sj\r inspire2 elle s'en aide p\r p5s] et vivre4 ,comme il e/ r>e d'arriv] la philosophie sans avoir fait quelques ef=ts p\r obt5ir des bi5s plus semblables aux *imres de la jeunesse1 l'me1 qui p\r jamais y r5once1 compose son bonheur d'une sorte de mlancolie qui a plus de *>me qu'on ne p5se1 et v]s laquelle t\t semble n\s ram5]4 ,les aspects1 les incid5ts de la campagne1 sont tellem5t analogues cette disposition morale1 qu'on s]ait t5t de croire que la ,provid5ce a v\lu qu'elle devnt celle de t\s les hommes1 et que t\t conc\rt la leur inspir]1 lorsqu'ils atteign5t l'poque o l'me se lasse de travaill] son propre sort1 se fatigue mme de l'esprance1 et n'ambitionne plus que l'abs5ce de la pe9e4 ,t\te la nature semble se prt] aux s5tim5ts qu'ils pr\v5t alors4 ,le bruit du v5t1 l'clat des orages1 le soir de l't1 les frimas de l'hiv]2 ces m\vem5ts1 ces tableaux opposs1 produis5t des impressions p>eilles1 et font natre dans l'me cette d\ce mlancolie1 vrai s5tim5t de l'homme1 rsultat de sa de/9e1 seule situation du coeur qui laisse la mditation t\te son action et t\te sa =ce4 ,,*apitre ,,iii4 ,de l'tude4 ,lorsque l'me e/ dgage de l'empire des passions1 elle p]met l'homme une gr&e j\issance2 c'e/ l'tude1 c'e/ l'ex]cice de la p5se1 de cette facult inexplicable dont l'exam5 suffirait sa propre occupation1 si1 au lieu de se dvelopp] successivem5t1 elle n\s tait accorde t\t c\p dans sa plnitude4 ,lorsque l'espoir de faire une dc\v]te qui peut illu/r]1 ou de publi] un ouvrage qui doit mrit] l'approbation gnrale1 e/ l'objet de nos ef=ts1 c'e/ dans le trait des passions qu'il faut plac] l'hi/oire de l'influ5ce d'un tel p5*ant sur le bonheur2 mais il y a dans le simple plaisir de p5s]1 d'enri*ir ses mditations p> la connaissance des ides des autres1 une sorte de satisfaction intime qui ti5t la fois au beso9 d'agir et de se p]fectionn]2 s5tim5ts naturels l'homme1 et qui ne l'a/reign5t aucune dp5dance4 ,les travaux physiques apport5t une c]ta9e classe de la socit1 p> des moy5s absolum5t contraires1 des avantages peu prs-p>eils dans leurs rapports avec le bonheur4 ,ces travaux susp5d5t l'action de l'me1 drob5t le temps2 ils font vivre sans s\ffrir3 l'exi/5ce e/ un bi5 dont on ne cesse pas de j\ir2 mais l'in/ant qui succde au travail r5d plus d\x le s5tim5t de la vie1 et dans la succession de la fatigue et du repos1 la pe9e morale tr\ve peu de place4 ,l'homme qui occupe les facults de son esprit obti5t de mme1 p> leur ex]cice1 le moy5 d'*app] aux t\rm5ts du coeur4 ,les occupations mcaniques calm5t la p5se en l't\ffant2 l'tude1 en dirigeant l'esprit v]s des objets intellectuels1 di/rait de mme des ides qui dvor5t4 ,le travail1 de quelque nature qu'il soit1 affran*it l'me des passions dont les *imres se plac5t au milieu des loisirs de la vie4 ,la philosophie ne fait du bi5 que p> ce qu'elle n\s te2 l'tude r5d une p>tie des plaisirs que l'on *]*e dans les passions4 ,c'e/ une action cont9uelle1 et l'homme ne saurait r5onc] l'action2 sa nature lui comm&e l'ex]cice des facults qu'il ti5t d'elle4 ,on peut propos] au gnie de se plaire dans ses propres progrs1 au coeur1 de se cont5t] du bi5 qu'il peut faire aux autres2 mais aucun g5re de rflexion ne peut donn] du bonheur dans le nant d'une t]nelle oisivet4 ,l'am\r de l'tude1 lo9 de priv] la vie de l'intrt dont elle a beso91 a t\s les c>actres de la passion1 except celui qui cause t\s ses malheurs1 la dp5dance du sort et des hommes4 ,l'tude (fre un b qui cde t\j\rs en proportion des ef=ts1 v]s lequel les progrs sont c]ta9s1 dont la r\te prs5te de la v>it sans cra9te de vicissitude1 dont les succs ne peuv5t tre suivis de rev]s4 ,elle v\s fait p>c\rir une suite d'objets n\veaux1 elle v\s fait pr\v] une sorte d'vnem5ts qui suffis5t la p5se1 l'occup5t et l'anim5t sans aucun sec\rs trang]4 ,ces j\rs si semblables p\r le malheur1 si uni=mes p\r l'ennui1 (fr5t l'homme dont l'tude remplit le temps beauc\p d'poques v>ies4 ,une fois il a saisi la solution d'un problme qui l'occupait depuis longtemps2 une autre fois une beaut n\velle l'a frapp dans un ouvrage inconnu2 enf91 ses j\rs sont m>qus entre eux p> les diffr5ts plaisirs qu'il a conquis p> sa p5se3 et ce qui di/+ue surt\t cette espce de j\issance1 c'e/ que l'avoir pr\ve la veille1 vaut la c]titude de la retr\v] le l5dema94 ,ce qui importe1 c'e/ de donn] son esprit cette impulsion1 de se comm&] les premi]s pas2 ils entran5t t\s les autres4 ,l'in/ruction fait natre la curiosit4 ,l'esprit rpugne de lui-mme ce qui e/ incomplet2 il aime l'ensemble1 il t5d au b1 et de mme qu'il s'lance v]s l'av5ir1 il aspire connatre un n\vel en*anem5t de p5ses qui s'(fre en avant de ses ef=ts et de son esprance4 ,soit qu'on lise1 soit qu'on crive1 l'esprit fait un travail qui lui donne *aque in/ant le s5tim5t de sa ju/esse ou de son t5due1 et sans qu'aucune rflexion d'am\r-propre se mle cette j\issance1 elle e/ relle1 comme le plaisir que tr\ve l'homme robu/e dans l'ex]cice du corps proportionn ses =ces4 ,qu& ,r\sseau a pe9t les premires impressions de la /atue de ,pygmalion1 avant de lui faire gt] le bonheur d'aim]1 il lui a fait tr\v] une vraie j\issance dans la s5sation du moi4 ,c'e/ surt\t en comb9ant1 en dveloppant des ides ab/raites1 en portant son esprit *aque j\r au del du t]me de la veille1 que la consci5ce de son exi/5ce morale devi5t un s5tim5t heureux et vif2 et qu& une sorte de lassitude succd]ait cette ex]tion de soi-mme1 ce s]ait aux plaisirs simples1 au sommeil de la p5se1 au repos enf91 mais non aux pe9es du coeur1 que la fatigue du travail n\s livr]ait4 ,l'me tr\ve de va/es consolations dans l'tude et la mditation des sci5ces et des ides4 ,il semble que notre propre de/9e se p]de au milieu du monde qui se dc\vre nos yeux2 que des rflexions qui t5d5t t\t gnralis] n\s port5t n\s considr] n\s-mmes comme l'une des mille comb9aisons de l'univ]s1 et qu'e/imant plus en n\s la facult de p5s] que celle de s\ffrir1 n\s donnions l'une le droit de class] l'autre4 ,sans d\te1 l'impression de la d\leur e/ absolue p\r celui qui l'pr\ve1 et *acun la ress5t d'aprs soi seul4 ,cep5dant il e/ c]ta9 que l'tude de l'hi/oire1 la connaissance de t\s les malheurs qui ont t pr\vs avant n\s1 livr5t l'me des contemplations philosophiques dont la mlancolie e/ plus facile support] que le t\rm5t de ses propres pe9es4 ,le j\g d'une loi commune t\s ne fait pas natre ces m\vem5ts de rage qu'un sort sans exemple excit]ait2 en rfl*issant sur les gnrations qui se sont succd au milieu des d\leurs1 en obs]vant ces mondes innombrables o des milli]s d'tres p>tag5t simultanm5t avec n\s le bi5fait ou le malheur de l'exi/5ce1 l'int5sit mme du s5tim5t individuel s'affaiblit1 et l'ab/raction enlve l'homme lui-mme4 ,quelles que soi5t les op9ions que l'on pr(esse1 p]sonne ne peut ni] qu'il ne soit d\x de croire l'immortalit de l'me2 et lorsqu'on s'ab&onne la p5se1 qu'on p>c\rt avec elle les conceptions les plus mtaphysiques1 elle embrasse l'univ]s1 et transporte la vie bi5 lo9 au del de l'espace matriel que n\s occupons4 ,les m]veilles de l'inf9i p>aiss5t plus vraisemblables4 ,t\t1 hors la p5se1 p>le de de/ruction3 l'exi/5ce1 le bonheur1 les passions sont s\mises aux trois gr&es poques de la nature1 natre1 crotre1 et m\rir2 mais la p5se1 au contraire1 avance p> une sorte de progression dont on ne voit pas le t]me2 et1 p\r elle1 l't]nit semble avoir dj comm5c4 ,plusieurs criva9s se sont s]vis des raisonnem5ts les plus intellectuels p\r pr\v] le matrialisme2 mais l'in/9ct moral e/ contre cet ef=t1 et celui qui attaque avec t\tes les ress\rces de la p5se la spiritualit de l'me r5contre t\j\rs quelques in/ants o ses succs mmes le font d\t] de ce qu'il affirme4 ,l'homme donc qui se livre sans projet ses impressions reoit p> l'ex]cice des facults intellectuelles un plus vif espoir de l'immortalit de l'me4 ,l'att5tion qu'exige l'tude en dt\rnant de song] aux intrts p]sonnels1 dispose les mieux jug]4 ,en effet1 une vrit ab/raite s'claircit t\j\rs1 davantage en y rfl*issant2 mais une affaire1 un vnem5t qui n\s affecte1 s'exagre1 se dnature lorsqu'on s'en occupe p]ptuellem5t4 ,comme le jugem5t qu'on doit port] sur de telles circon/ances dp5d d'un petit nombre d'ides simples et promptem5t ap]ues1 le temps qu'on y donne p> del e/ t\t enti] rempli p> les illusions de l'imag9ation et du coeur4 ,ces illusions1 dev5ant bi5tt insp>ables de l'objet mme1 absorb5t l'me p> l'imm5se c>rire qu'elles (fr5t aux cra9tes et aux regrets4 ,la sage modration des philosophes /udieux dp5d1 peut-tre1 du peu de temps qu'ils consacr5t rv] aux vnem5ts de leur vie1 autant que du c\rage qu'ils mett5t les support]4 ,cet effet naturel de la di/raction que donne l'tude1 e/ le sec\rs le plus efficace qu'elle puisse apport] la d\leur2 c> aucun homme ne saurait vivre l'aide d'une cont9uelle suite d'ef=ts4 ,il faut une gr&e puissance de c>actre p\r se dt]m9] aux premi]s essais1 mais les succs qu'ils assur5t devi5n5t une sorte d'habitude qui amortit l5tem5t les pe9es de l'me4 ,si les passions r5aissai5t sans cesse de leurs c5dres1 il faudrait y succomb]2 c> on ne peut pas livr] beauc\p de ces combats qui cot5t tant au va9queur3 mais bi5tt on s'acc\tume tr\v] de vraies j\issances ailleurs que dans les passions qu'on a surmontes1 et l'on e/ heureux1 et p> les occupations de l'esprit1 et p> l'indp5dance p>faite qu'on leur doit4 ,tr\v] dans soi seul une noble de/9e1 tre heureux1 non p> la p]sonnalit1 mais p> l'ex]cice de ses facults1 e/ un tat qui flatte l'me en la calmant4 ,plusieurs traits de la vie des anci5s philosophes1 d',ar*imde1 de ,socrate1 de ,platon1 ont d mme faire croire que l'tude tait une passion2 mais si l'on peut s'y tromp] p> la vivacit de ses plaisirs1 la nature de ses pe9es ne p]met pas de s'y mpr5dre4 ,le plus gr& *agr9 qu'on puisse pr\v]1 c'e/ l'ob/acle de quelques difficults qui aj\t5t au plaisir du succs4 ,le pur am\r de l'tude ne met jamais en relation avec la volont des hommes2 quel g5re de d\leur p\rrait-il donc faire pr\v]8 ,dans cette sorte de gt1 il n'y a de naturel que ses plaisirs4 ,l'esprance et la curiosit1 seuls mobiles ncessaires l'homme1 sont suffisamm5t excites p> l'tude dans le sil5ce des passions4 ,l'esprit e/ plus agit que l'me2 c'e/ lui qu'il faut n\rrir1 c'e/ lui qu'on peut anim] sans dang]2 le m\vem5t dont il a beso9 se tr\ve t\t enti] dans les occupations de l'tude1 et1 quelque degr qu'on porte l'action de cet intrt1 ce sont des j\issances qu'on augm5te1 mais jamais des regrets qu'on se prp>e4 ,quelques anci5s1 exalts sur les j\issances de l'tude1 se sont p]suad que le p>adis consi/ait seulem5t dans le plaisir de connatre les m]veilles du monde2 celui qui s'in/ruit *aque j\r1 qui s'emp>e du mo9s de ce que la ,provid5ce a ab&onn l'esprit huma91 semble anticip] sur ces t]nelles dlices et dj spiritualis] son tre4 ,t\tes les poques de la vie sont galem5t propres ce g5re de bonheur1 d'abord1 p>ce qu'il e/ assez dmontr p> l'expri5ce que qu& on ex]ce con/amm5t son esprit1 on peut espr] d'en prolong] la =ce2 et p>ce que1 dt-on ne pas y p>v5ir1 les facults intellectuelles baiss5t en mme temps que le gt qui s]t les mesur]1 et ne laiss5t l'homme aucun juge intrieur de son propre affaiblissem5t4 ,dans la c>rire de l'tude t\t prs]ve donc de s\ffrir2 mais il faut avoir agi longtemps sur son me avant qu'elle cesse de tr\bl] le libre ex]cice de la p5se4 ,l'homme passionn qui1 sans ef=ts pralables1 imag9]ait de se livr] l'tude1 n'y tr\v]ait aucune des ress\rces que je vi5s de prs5t]4 ,combi5 l'in/ruction lui p>atrait froide et l5te auprs de ces rv]ies du coeur1 qui1 plongeant dans l'absorption d'une p5se dom9ante1 font de longues heures un mme in/ant6 ,la folie des passions1 ce n'e/ pas l'g>em5t de t\tes les ides2 mais la fixation sur une seule4 ,il n'e/ ri5 qui puisse di/raire l'homme s\mis l'empire d'une ide unique4 ,ou il ne voit ri51 ou ce qu'il voit la lui rappelle4 ,il p>le1 il crit sur des sujets div]s2 mais p5dant ce temps son me cont9ue d'tre la proie d'une mme d\leur4 ,il accomplit les actions ord9aires de la vie comme dans un tat de somnambulisme2 t\t ce qui p5se1 t\t ce qui s\ffre en lui1 app>ti5t un s5tim5t intrieur1 dont la pe9e n'e/ pas un mom5t susp5due4 ,bi5tt il e/ saisi d'un insurmontable dgt p\r les p5ses trangres celle qui l'occupe2 elles ne s'en*an5t po9t dans sa tte1 elles ne laiss5t po9t de trace dans sa mmoire4 ,l'homme passionn et l'homme /upide pr\v5t p> l'tude le mme degr d'ennui2 l'intrt leur manque t\s les deux2 c>1 p> des causes diffr5tes1 les ides des autres ne tr\v5t en eux aucune ide correspondante3 l'me fatigue s'ab&onne enf9 l'impulsion qui l'entrane1 et consacre sa solitude la p5se qui la p\rsuit2 mais elle ne t>de pas se rep5tir de sa faiblesse2 la mditation de l'homme passionn enfante des mon/res1 comme celle du savant cre des prodiges4 ,le malheureux alors revi5t l'tude p\r *app] la d\leur2 il arra*e un qu>t d'heure d'att5tion trav]s de longs ef=ts2 il se comm&e telle occupation p5dant un temps limit1 et consacre ce temps l'impati5ce de le voir f9ir2 il se captive non p\r vivre1 mais p\r ne pas m\rir1 et ne tr\ve dans l'exi/5ce que l'ef=t qu'il fait p\r la support]4 ,ce tableau ne pr\ve po9t l'inutilit des ress\rces de l'tude1 mais il e/ impossible l'homme passionn d'en j\ir1 s'il ne se prp>e po9t1 p> de longues rflexions1 retr\v] son indp5dance2 il ne peut1 alors qu'il e/ encore esclave1 gt] des plaisirs dont la lib]t de l'me donne seule la puissance d'appro*]4 ,je relis sans cesse quelques pages d'un livre intitul3 ,la ,*aumire indi5ne2 je ne sais ri5 de plus pr(ond en moralit s5sible que le tableau de la situation du ,p>ia1 de cet homme d'une race maudite1 ab&onn de l'univ]s enti]1 errant la nuit dans les tombeaux1 faisant horreur ses semblables sans l'avoir mrit p> aucune faute2 enf91 le rebut de ce monde o l'a jet le don de la vie4 ,c'e/ l que l'on voit l'homme vritablem5t aux prises avec ses propres =ces4 ,nul tre vivant ne le sec\rt1 nul tre vivant ne s'intresse son exi/5ce2 il ne lui re/e que la contemplation de la nature1 et elle lui suffit4 ,c'e/ a9si qu'exi/e l'homme s5sible sur cette t]re2 il e/ aussi d'une ca/e proscrite1 sa langue n'e/ po9t ent5due1 ses s5tim5ts l'isol5t1 ses dsirs ne sont jamais accomplis1 et ce qui l'environne ou s'loigne de lui1 ou ne s'en rappro*e que p\r le bless]4 ,oh ,dieu6 faites qu'il s'lve au-dessus de ces d\leurs dont les hommes ne cess]ont de l'accabl]6 faites qu'il s'aide du plus beau de vos prs5ts1 de la facult de p5s]1 p\r jug] la vie au lieu de l'pr\v]6 et lorsque le has>d a pu comb9] ensemble la runion la plus fatale au bonheur1 l'esprit et la s5sibilit1 n'ab&onnez pas ces malheureux tres de/9s t\t ap]cevoir1 p\r s\ffrir de t\t2 s\t5ez leur raison la hauteur de leurs affections et de leurs ides1 clairez-les du mme feu qui s]vait les consum]6 ,,*apitre ,,iv4 ,de la bi5faisance4 ,la philosophie exige de la =ce dans le c>actre1 l'tude1 de la suite dans l'esprit2 mais malheur ceux qui ne p\rrai5t pas adopt] la d]nire consolation1 ou plutt la sublime j\issance qui re/e encore t\s les c>actres dans t\tes les situations6 ,il m'en a cot de prononc] qu'aim] avec passion n'tait pas le vrai bonheur2 je *]*e donc dans les plaisirs indp5dants1 dans les ress\rces qu'on tr\ve en soi1 la situation la plus analogue aux j\issances du s5tim5t2 et la v]tu1 telle que je la conois1 app>ti5t beauc\p au coeur2 je l'ai nomme bi5faisance1 non dans l'acception trs-borne qu'on donne ce mot1 mais en dsignant a9si t\tes les actions de la bont4 ,la bont e/ la v]tu primitive1 elle exi/e p> un m\vem5t spontan2 et comme elle seule e/ vritablem5t ncessaire au bonheur gnral1 elle seule e/ grave dans le coeur2 t&is que les devoirs qu'elle n'inspire pas sont consigns dans des codes que la div]sit des pays et des circon/ances peut modifi] ou prs5t] trop t>d la connaissance des peuples4 ,l'homme bon e/ de t\s les temps et de t\tes les nations2 il n'e/ pas mme dp5dant du degr de civilisation du pays qui l'a vu natre2 c'e/ la nature morale dans sa puret1 dans son ess5ce2 c'e/ comme la beaut dans la jeunesse1 o t\t e/ bi5 sans ef=t4 ,la bont exi/e en n\s comme le pr9cipe de la vie1 sans tre l'effet de notre propre volont2 elle semble un don du ciel comme t\tes les facults1 elle agit sans se connatre1 et ce n'e/ que p> la comp>aison qu'elle appr5d sa propre valeur4 ,jusqu' ce qu'il et r5contr le m*ant1 l'homme bon n'a pas d croire la possibilit d'une manire d'tre diffr5te de la si5ne propre4 ,la tri/e connaissance du coeur huma9 fait1 dans le monde1 de l'ex]cice de la bont un plaisir plus vif2 on se s5t plus ncessaire1 en se voyant si peu de rivaux1 et cette p5se anime l'accomplissem5t d'une v]tu laquelle le malheur et le crime (fr5t tant de maux rp>]4 ,la bont recueille aussi t\tes les vritables j\issances du s5tim5t2 mais elle diffre de lui p> cet m95t c>actre o se retr\ve t\j\rs le secret du bonheur ou du malheur de l'homme3 elle ne veut1 elle n'att5d ri5 des autres1 et place sa flicit t\t entire dans ce qu'elle pr\ve4 ,elle ne se livre pas un seul m\vem5t p]sonnel1 pas mme au beso9 d'inspir] un s5tim5t rciproque1 et ne j\it que de ce qu'elle donne4 ,lorsqu'on e/ fidle cette rsolution1 ces hommes mmes qui tr\bl]ai5t le repos de la vie1 si l'on se r5dait dp5dants de leur reconnaissance1 v\s donn5t cep5dant des j\issances mom5tanes p> l'expression de ce s5tim5t4 ,les premi]s m\vem5ts de la reconnaissance ne laiss5t ri5 dsir]1 et1 dans l'motion qui les accompagne1 t\s les c>actres s'embelliss5t2 on dirait que le prs5t e/ un gage c]ta9 de l'av5ir2 et lorsque le bi5faiteur reoit la promesse1 sans avoir beso9 de son accomplissem5t1 l'illusion mme qu'elle lui cause e/ sans dang]1 et l'imag9ation peut en j\ir1 comme l'av>e des bi5s que lui procur]ait son trsor1 si jamais il le dp5sait4 ,il y a des v]tus t\tes composes de cra9tes et de sacrifices1 dont l'accomplissem5t peut donn] une satisfaction d'un ordre trs-relev l'me =te qui les pratique2 mais peut-tre1 avec le temps1 dc\vrira-t-on que t\t ce qui n'e/ pas naturel n'e/ pas ncessaire1 et que la morale1 dans div]s pays1 e/ aussi *>ge de sup]/ition que la religion4 ,du mo9s1 en p>lant de bonheur1 il e/ impossible de suppos] une situation qui exige des ef=ts p]ptuels2 et la bont donne des j\issances si faciles et si simples1 que leur impression e/ indp5dante du p\voir mme de la rflexion4 ,si cep5dant l'on se livre des ret\rs sur soi1 ils sont t\s remplis d'esprance2 le bi5 qu'on a fait e/ une gide qu'on croit voir entre le malheur et soi2 et lors mme que l'in=tune n\s p\rsuit1 on sait o se rfugi]1 on se transporte p> la p5se dans la situation heureuse que nos bi5faits ont procure4 ,s'il tait vrai que dans la nature des *oses il se ft r5contr des ob/acles la flicit p>faite que l'tre suprme aurait v\lu donn] ses cratures1 la bont cont9u]ait l'int5tion de la ,provid5ce1 elle aj\t]ait p\r a9si dire son p\voir4 ,qu'il e/ heureux celui qui a sauv la vie d'un d'homme6 il ne peut plus croire l'inutilit de son exi/5ce1 il ne peut plus tre fatigu de lui-mme4 ,qu'il e/ plus heureux encore celui qui a assur la flicit d'un tre s5sible6 on ne sait pas ce qu'on donne en sauvant la vie2 mais en v\s arra*ant la d\leur1 en r5\velant la s\rce de vos j\issances1 on e/ c]ta9 d'tre votre bi5faiteur4 ,il n'e/ au p\voir d'aucun vnem5t de ri5 retran*] au plaisir que n\s a valu la bont4 ,l'am\r pleure s\v5t ses propres sacrifices1 l'ambition voit en eux la cause de ses malheurs2 la bont1 n'ayant v\lu que le plaisir mme de son action1 ne peut jamais s'tre trompe dans ses calculs4 ,elle n'a ri5 faire avec le pass ni l'av5ir2 une suite d'in/ants prs5ts compos5t sa vie2 et son me1 con/amm5t en quilibre1 ne se porte jamais avec viol5ce sur une poque1 ni sur une ide2 ses voeux et ses ef=ts se rp&5t galem5t sur *acun de ses j\rs1 p>ce qu'ils app>ti5n5t un s5tim5t t\j\rs le mme et t\j\rs facile ex]c]4 ,t\tes les passions1 c]ta9em5t1 n'loign5t pas de la bont2 il en e/ une surt\t qui dispose le coeur la piti p\r l'in=tune2 mais ce n'e/ pas au milieu des orages qu'elle excite que l'me peut dvelopp] et s5tir l'influ5ce des v]tus bi5faisantes4 ,le bonheur qui nat des passions e/ une di/raction trop =te1 le malheur qu'elles produis5t cause un dsespoir trop sombre p\r qu'il re/e l'homme qu'elles agit5t aucune facult libre2 les pe9es des autres peuv5t aism5t m\voir un coeur dj branl p> sa situation p]sonnelle1 mais la passion n'a de suite que dans son ide2 les j\issances que quelques actes de bi5faisance p\rrai5t procur] sont pe9e s5ties p> le coeur passionn qui les accomplit4 ,prom?e1 sur son ro*]1 s'ap]cevait-il du ret\r du pr9temps1 des beaux j\rs de l't8 ,qu& le vaut\r e/ au coeur1 qu& il dvore le pr9cipe de la vie1 c'e/ l qu'il faut port] ou le calme ou la mort4 ,aucune consolation p>tielle1 aucun plaisir dta* ne peut donn] du sec\rs2 cep5dant1 comme l'me e/ t\j\rs plus capable de v]tus et de j\issances releves alors qu'elle a t trempe dans le feu des passions1 alors que son triomphe a t prcd d'un combat1 la bont mme n'e/ une s\rce vive de bonheur que p\r l'homme qui a port dans son coeur le pr9cipe des passions4 ,celui qui s'e/ vu d*ir p> des affections t5dres1 p> des illusions ard5tes1 p> des dsirs mme ins5ss1 connat t\s les g5res d'in=tunes1 et tr\ve les s\lag] un plaisir inconnu la classe des hommes qui sembl5t moiti crs1 et doiv5t leur repos seulem5t ce qui leur manque2 celui qui1 p> sa faute1 ou p> le has>d1 a beauc\p s\ff]t1 *]*e dim9u] la *ance de ces cruels flaux1 qui ne cess5t d'err] sur nos ttes1 et son me1 encore ouv]te la d\leur1 a beso9 de s'appuy] p> le g5re de prire qui lui semble le plus efficace4 ,la bi5faisance remplit le coeur comme l'tude occupe l'esprit2 le plaisir de sa propre p]fectibilit s'y tr\ve galem5t1 l'indp5dance des autres1 le con/ant usage de ses facults3 mais ce qu'il y a de s5sible dans t\t ce qui ti5t l'me fait de l'ex]cice de la bont une j\issance qui peut seule suppler au vide que les passions laiss5t aprs elles2 elles ne peuv5t se rabattre sur des objets d'un ordre infrieur1 et l'abme que ces volcans ont creus ne saurait tre combl que p> des s5tim5ts actifs et d\x qui transport5t hors de v\s-mme l'objet de vos p5ses1 et v\s appr5n5t considr] votre vie s\s le rapport de ce qu'elle vaut aux autres et non soi3 c'e/ la ress\rce1 la consolation la plus analogue aux c>actres passionns1 qui cons]v5t t\j\rs quelques traces des m\vem5ts qu'ils ont dompts4 ,la bont ne dem&e pas1 comme l'ambition1 un ret\r ce qu'elle donne2 mais elle (fre cep5dant aussi une manire d't5dre son exi/5ce et d'influ] sur le sort de plusieurs2 la bont ne fait pas1 comme l'am\r1 du beso9 d'tre aim son mobile et son espoir2 mais elle p]met aussi de se livr] aux d\ces motions du coeur1 et de vivre ailleurs que dans sa propre de/9e3 enf91 t\t ce qu'il y a de gnreux dans les passions se tr\ve dans l'ex]cice de la bont1 et cet ex]cice1 celui de la plus p>faite raison1 e/ encore quelquefois l'ombre des illusions de l'esprit et du coeur4 ,dans quelque situation obscure ou de/itue que le has>d n\s ait jets1 la bont peut t5dre l'exi/5ce1 et donn] *aque individu un des attributs du p\voir1 l'influ5ce sur le sort des autres4 ,la multitude de pe9es que sav5t caus] les hommes les plus mdiocres en t\s g5res conduit p5s] qu'un tre gnreux1 quelle que ft sa position1 se crerait1 en se consacrant uniquem5t la bont1 un intrt1 un b1 un g\v]nem5t1 p\r a9si dire1 malgr les bornes de sa de/9e4 ,voyez ,almont1 sa =tune e/ re/re9te1 mais jamais un tre malheureux ne s'e/ adress lui sans que1 dans cet in/ant1 il ne se soit tr\v les moy5s de v5ir son aide1 sans que du mo9s un sec\rs mom5tan n'ait p>gn celui qui prie le regret d'avoir implor en va92 il n'a po9t de crdit1 mais on l'e/ime2 mais son c\rage e/ connu3 il ne p>le jamais que p\r l'intrt d'un autre2 il a t\j\rs une ress\rce prs5t] l'in=tune1 et il fait plus p\r elle que le m9i/re le plus puissant1 p>ce qu'il y consacre sa p5se t\t entire4 ,jamais il ne voit un homme dans le malheur qu'il ne lui dise ce qu'il a beso9 d'ent5dre1 que son esprit1 son me1 ne dc\vr5t la consolation directe ou dt\rne que cette situation r5d ncessaire1 la p5se qu'il faut faire natre en lui1 celle qu'il faut c>t]1 sans avoir l'air d'y t*]4 ,t\te cette connaissance du coeur huma91 dont e/ ne la flatt]ie des c\rtisans env]s leurs s\v]a9s1 ,almont l'emploie p\r s\lag] les pe9es de l'in=tun2 plus on e/ fi]1 plus on respecte l'homme malheureux1 plus on se plie devant lui4 ,si l'am\r-propre e/ cont5t1 ,almont l'ab&onne2 mais s'il e/ humili1 s'il cause de la d\leur1 il le replace1 il le relve1 il en fait l'appui de l'homme que cet am\r-propre mme avait abattu4 ,si v\s r5contrez ,almont qu& votre me e/ dc\rage1 sa vive att5tion vos disc\rs v\s p]suade que v\s tes dans une situation qui captive l'intrt1 t&is que1 fatigu de votre pe9e1 v\s tiez conva9cu1 avant de le voir1 de l'ennui qu'elle devait caus] aux autres2 v\s ne l'c\t]ez jamais sans que son att5drissem5t p\r vos *agr9s ne v\s r5de l'motion dont votre me dess*e tait dev5ue incapable2 enf91 v\s ne caus]ez po9t avec lui sans qu'il ne v\s (fre un motif de c\rage1 et qu'tant votre d\leur ce qu'elle a de fixe1 il n'occupe votre imag9ation p> un diffr5t po9t de vue1 p> une n\velle manire de considr] votre de/9e3 on peut agir sur soi p> la raison1 mais c'e/ d'un autre que vi5t l'esprance4 ,almont ne p5se po9t faire valoir sa prud5ce en v\s conseillant2 sans v\s g>]1 il *]*e v\s di/raire2 il v\s obs]ve p\r v\s s\lag]2 il ne veut connatre les hommes que p\r tudi] comm5t on les console4 ,almont ne s'c>te jamais1 en faisant beauc\p de bi51 du pr9cipe inflexible qui lui df5d de se p]mettre ce qui p\rrait nuire un autre4 ,en rfl*issant sur la vie1 on voit la plup>t des tres se r5v]s]1 se d*ir]1 s'abattre1 ou p\r leurs intrts1 ou seulem5t p> indiffr5ce p\r l'image1 p\r la p5se de la d\leur qu'ils n'pr\v5t pas4 ,que ,dieu rcomp5se ,almont1 et puisse t\t ce qui vit le pr5dre p\r modle6 ,c'e/ l l'homme1 tel que l'homme doit dsir] qu'il soit4 ,sans v\loir mconnatre le li5 sacr de la religion1 on peut affirm] que la base de la morale considre comme pr9cipe1 c'e/ le bi5 ou le mal que l'on peut faire aux autres hommes p> telle ou telle action4 ,c'e/ sur ce fondem5t que t\s ont intrt au sacrifice de *acun1 et qu'on retr\ve1 comme dans le tribut de l'impt1 le prix de son dv\em5t p>ticuli] dans la "p de protection qu'assure l'ordre gnral4 ,t\tes les vritables v]tus driv5t de la bont2 et si l'on v\lait faire un j\r l'arbre de la morale1 comme il en exi/e un des sci5ces1 c'e/ ce devoir1 ce s5tim5t1 dans son acception la plus t5due1 que remont]ait t\t ce qui inspire de l'admiration et de l'e/ime4 ,,conclusion4 ,je t]m9e ici cette premire p>tie2 mais1 avant de comm5c] celle qui va suivre1 je veux rsum] ce que je vi5s de dvelopp]4 ,quoi6 va-t-on me dire1 v\s condamnez t\tes les affections passionnes8 quel tri/e sort n\s (frez-v\s donc sans mobile1 sans intrt et sans b8 ,d'abord ce n'e/ pas du bonheur que j'ai cru (frir le tableau3 les al*imi/es seuls1 s'ils s'occupai5t de la morale1 p\rrai5t en cons]v] l'espoir3 j'ai v\lu m'occup] des moy5s d'vit] les gr&es d\leurs4 ,*aque in/ant de la dure des pe9es morales me fait peur1 comme les s\ffrances physiques p\vant5t la plup>t des hommes2 et s'ils avai5t d'avance1 je le rpte1 une ide galem5t prcise des *agr9s de l'me1 ils pr\v]ai5t le mme effroi des passions qui les y expos5t4 ,d'ailleurs1 on peut tr\v] dans la vie un intrt1 un mobile1 un b1 sans tre la proie des m\vem5ts passionns2 *aque circon/ance mrite une prfr5ce sur telle autre1 et t\te prfr5ce motive un s\hait1 une action3 mais l'objet des dsirs de la passion1 ce n'e/ pas ce qui e/1 mais ce qu'elle suppose2 c'e/ une sorte de fivre qui prs5te t\j\rs un b imag9aire qu'il faut atte9dre avec des moy5s rels1 et mettant sans cesse l'homme aux prises avec la nature des *oses1 lui r5d indisp5sablem5t ncessaire ce qui e/ t\t fait impossible4 ,qu& on vante le *>me que les passions rp&5t sur la vie1 c'e/ qu'on pr5d ses gts p\r des passions4 ,les gts font mettre un n\veau prix ce qu'on possde ou ce qu'on peut obt5ir2 mais les passions ne s'atta*5t dans t\te leur =ce qu' l'objet qu'on a p]du1 qu'aux avantages qu'on s'ef=ce en va9 d'acqurir4 ,les passions sont l'lan de l'homme v]s une autre de/9e2 elles font pr\v] l'inquitude des facults1 le vide de la vie2 elles prsag5t peut-tre une exi/5ce future1 mais en att5dant elles d*ir5t celle-ci4 ,en peignant les j\issances de l'tude et de la philosophie1 je n'ai pas prt5du pr\v] que la vie solitaire soit celle qu'on doit t\j\rs prfr]3 elle n'e/ ncessaire qu' ceux qui ne peuv5t pas se rpondre d'*app] l'asc5dant des passions au milieu du monde2 c> on n'e/ pas malheureux en remplissant les emplois publics1 si l'on n'y veut obt5ir que le tmoignage de sa consci5ce2 on n'e/ pas malheureux dans la c>rire des lettres1 si l'on ne p5se qu'au plaisir d'exprim] ses p5ses1 et qu' l'espoir de les r5dre utiles2 on n'e/ pas malheureux dans les relations p>ticulires1 si l'on se cont5te de la j\issance intime du bi5 qu'on a pu faire1 sans dsir] la reconnaissance qu'il mrite2 et dans le s5tim5t mme1 si1 n'att5dant pas des hommes la cle/e facult d'un atta*em5t sans bornes1 on aime se dv\] sans avoir aucun b que le plaisir du dv\em5t mme4 ,enf9 si1 dans ces diffr5tes situations1 on se s5t assez =t p\r ne v\loir que ce qui dp5d de soi seul1 p\r ne compt] que sur ce qu'on pr\ve1 on n'a pas beso9 de se consacr] des ress\rces purem5t solitaires4 ,la philosophie e/ en n\s1 et ce qui c>actrise m9emm5t les passions1 c'e/ le beso9 des autres2 tant qu'un ret\r quelconque e/ ncessaire1 un malheur e/ assur3 mais l'on peut tr\v] dans les c>rires div]ses o les passions se prcipit5t1 quelque *ose de l'intrt qu'elles inspir5t1 et ri5 de leur malheur1 si l'on dom9e la vie au lieu de se laiss] emport] p> elle1 si ri5 de ce qui e/ v\s enf9 ne dp5d jamais ni d'un tyran au d$ans de v\s-mme1 ni de sujets au dehors de v\s4 ,les enfants et les sages ont de gr&es ressemblances1 et le *ef-d'oeuvre de la raison e/ de ram5] ce que fait la nature4 ,les enfants reoiv5t la vie g\tte g\tte2 ils ne li5t po9t ensemble les trois temps de l'exi/5ce3 le dsir unit bi5 p\r eux le j\r avec le l5dema91 mais le prs5t n'e/ po9t dvor p> l'att5te2 *aque heure pr5d sa "p de j\issance dans leur petite vie2 *aque heure a un sort t\t enti]1 indp5damm5t de celle qui la prcde ou de celle qui la suit3 leur intrt ne s'affaiblit po9t cep5dant p> cette subdivision2 il r5at *aque in/ant1 p>ce que la passion n'a po9t dtruit t\s les g]mes des p5ses lgres1 t\tes les nuances des s5tim5ts passionns1 t\t ce qui n'e/ pas elle enf91 et qu'elle anantit4 ,la philosophie ne peut r5dre sans d\te les impressions fra*es et brillantes de l'enfance1 son heureuse ignorance de la c>rire qui se t]m9e p> la mort2 mais c'e/ cep5dant sur ce modle qu'on doit =m] la sci5ce du bonheur moral2 il faut desc5dre la vie en reg>dant le rivage plutt que le b4 ,les enfants laisss eux-mmes sont les tres les plus libres2 le bonheur les affran*it de t\t3 les philosophes doiv5t t5dre au mme rsultat p> la cra9te du malheur4 ,les passions ont l'air de l'indp5dance1 et dans le fait1 il n'e/ po9t de j\g plus ass]vissant2 elles lutt5t contre t\t ce qui exi/e1 elles r5v]s5t la b>rire de la moralit1 cette b>rire qui assure l'espace1 au lieu de le ress]r]2 mais c'e/ p\r se bris] ensuite contre des ob/acles t\j\rs r5aissants1 et priv] l'homme enf9 de sa puissance sur lui-mme4 ,depuis la gloire1 qui a beso9 du suffrage de l'univ]s1 jusqu' l'am\r1 qui r5d ncessaire le dv\em5t d'un seul objet1 c'e/ en raison de l'influ5ce des hommes sur n\s que le malheur doit se calcul]2 et le seul sy/me vrai p\r vit] la d\leur1 c'e/ de ne dirig] sa vie que d'aprs ce qu'on peut faire p\r les autres1 mais non d'aprs ce qu'on att5d d'eux4 ,il faut que l'exi/5ce p>te de soi1 au lieu d'y rev5ir1 et que1 sans jamais tre le c5tre1 on soit t\j\rs la =ce impulsive de sa propre de/9e4 ,la sci5ce du bonheur moral1 c'e/--dire1 d'un malheur mo9dre1 p\rrait tre aussi positive que t\tes les autres2 on p\rrait tr\v] ce qui vaut le mieux p\r le plus gr& nombre des hommes dans le plus gr& nombre des situations2 mais ce qui re/]a t\j\rs inc]ta91 c'e/ l'application de cette sci5ce tel ou tel c>actre3 p> quelle *ane1 dans ce g5re de code1 peut-on li] la m9orit1 ni mme un seul individu la rgle gnrale8 et celui qui ne peut s'y s\mettre mrite galem5t l'att5tion du philosophe4 ,le lgislateur pr5d les hommes en masse1 le morali/e un un2 le lgislateur doit s'occup] de la nature des *oses1 le morali/e de la div]sit des s5sations2 enf91 le lgislateur doit t\j\rs exam9] les hommes s\s le po9t de vue de leurs relations entre eux1 et le morali/e1 considrant *aque individu comme un ensemble moral t\t enti]1 un compos de plaisirs et de pe9es1 de passions et de raison1 voit l'homme s\s diffr5tes =mes1 mais t\j\rs dans son rapport avec lui-mme4 ,une d]nire rflexion1 la plus importante de t\tes1 re/e donc faire1 c'e/ de savoir jusqu' quel po9t il e/ possible aux mes passionnes d'adopt] le sy/me que j'ai dvelopp4 ,il faut dans cet exam5 reconnatre d'abord combi5 des vnem5ts1 semblables en app>5ce1 diffr5t selon le c>actre de ceux qui les pr\v5t4 ,il ne s]ait pas ju/e de vant] autant la puissance intrieure de l'homme1 si ce n'tait pas p> la nature et le degr mme de cette =ce qu'on doit jug] de l'int5sit des pe9es de la vie4 ,tel homme e/ conduit p> ses gts naturels dans le port1 o tel autre ne peut tre port que p> les flots de la tempte2 et t&is que t\t e/ calcul d'avance dans le monde physique1 les s5sations de l'me v>i5t selon la nature de l'objet et de l'organisation morale de celui qui en reoit l'impression4 ,il n'y a de ju/ice dans les jugem5ts qui sont relatifs au bonheur1 que si on les fonde sur autant de notions p>ticulires qu'il y a d'individus qu'on veut connatre4 ,on peut tr\v] dans les situations les plus obscures de la vie des combats et des victoires dont l'ef=t e/ au-dessus de t\t ce que les annales de l'hi/oire ont consacr4 ,il faut compt] dans *aque c>actre les d\leurs qui naiss5t des contra/es de bonheur ou d'in=tune1 de gloire ou de rev]s1 dont une mme de/9e (fre l'exemple2 il faut compt] les dfauts au rang des malheurs1 les passions p>mi les c\ps du sort2 et plus mme les c>actres peuv5t tre accuss de s+ul>it1 plus ils comm&5t l'att5tion du philosophe3 les morali/es doiv5t tre comme ces religieux placs sur le sommet du mont ,sa9t-,b]n>d1 il faut qu'ils se consacr5t reconduire les voyageurs g>s4 ,excluant jusqu'au mot de p>don1 qui semble dtruire la d\ce galit qui doit exi/] entre le consolateur et l'in=tun1 ce n'e/ pas des torts1 mais de la d\leur qu'il importe de s'occup]2 c'e/ donc au nom du bonheur seul que j'ai combattu les passions4 ,considrant1 comme je l'ai dit ailleurs1 le crime et ses effets comme un flau de la nature qui dpravait tellem5t l'homme1 que ce n'tait plus p> la philosophie1 mais p> la =ce rprimante1 des lois qu'il devait tre arrt1 je n'ai exam9 dans les passions1 que leur influ5ce sur celui mme qu'elles dom95t4 ,s\s le rapport de la morale1 s\s le rapport de la politique1 il exi/]a beauc\p de di/9ctions faire entre les passions viles et gnreuses1 entre les passions sociales et antisociales2 mais1 en ne calculant que les pe9es qu'elles caus5t1 elles sont presque t\tes galem5t fune/es au bonheur4 ,je dis l'homme qui ne veut se pla9dre que du sort1 qui croit voir dans sa de/9e un malheur sans exemple avant lui1 et ne s'atta*e qu' lutt] contre les vnem5ts2 je lui dis3 ,p>c\rez avec moi t\tes les *ances des passions huma9es2 voyez si ce n'e/ pas de leur ess5ce mme1 et non d'un c\p du sort inatt5du1 que naiss5t vos t\rm5ts4 ,s'il exi/e une situation dans l'ordre des *oses possibles qui puisse v\s en prs]v]1 je la *]*]ai avec v\s1 je t*]ai de contribu] v\s l'assur]2 mais le plus gr& argum5t prs5t] contre les passions1 c'e/ que leur prosprit e/ peut-tre plus fatale au bonheur de celui qui s'y livre que l'adv]sit mme4 ,si v\s tes trav]s dans vos projets p\r acqurir et cons]v] la gloire1 votre esprit peut s'atta*] l'vnem5t qui1 t\t c\p1 a int]rompu votre c>rire1 et se repatre d'illusions1 plus faciles encore dans le pass que dans l'av5ir4 ,si l'objet qui v\s e/ *] v\s e/ enlev p> la volont de ceux dont il dp5d1 v\s p\vez ignor] jamais ce que votre propre coeur aurait ress5ti1 si votre am\r1 en s'teignant dans votre me1 v\s et fait pr\v] ce qu'il y a de plus am] au monde1 l'aridit de ses propres impressions2 il v\s re/e encore un s\v5ir s5sible1 seul bi5 des trois qu>ts de la vie2 je dirai plus1 si c'e/ p> des fautes relles dont le regret occupe jamais votre p5se1 que v\s croyez avoir manqu le b o t5dait votre passion1 votre vie e/ plus remplie1 votre imag9ation a quelque *ose o se pr5dre1 et votre me e/ mo9s fltrie que si1 sans vnem5ts malheureux1 sans ob/acles insurmontables1 sans dm>*es se repro*]1 la passion1 p> cela seulem5t qu'elle e/ elle1 et1 au b\t d'un c]ta9 temps1 dcolor la vie1 aprs tre retombe sur le coeur qui n'aurait pu la s\t5ir4 ,qu'e/-ce donc qu'une de/9e qui entrane avec elle1 ou l'impossibilit d'arriv] son b1 ou l'impuissance d'en j\ir8 ,lo9 de moi cep5dant ces axiomes impitoyables des mes froides et des esprits mdiocres3 on peut t\j\rs se va9cre1 on e/ t\j\rs le matre de soi2 et qui donc a l'ide non-seulem5t de la passion1 mais mme d'un degr de plus de passion qu'il n'aurait pas pr\v1 qui peut dire3 ,l f9it la nature morale8 ,newton n'et pas os trac] les bornes de la p5se1 et le pdant que je r5contre veut circonscrire l'empire des m\vem5ts de l'me6 il voit qu'on en meurt1 et croit encore qu'on se s]ait sauv en l'c\tant6 ,ce n'e/ po9t en assurant aux hommes que t\s peuv5t triomph] de leurs passions1 qu'on r5d cette victoire plus facile4 ,fix] leur p5se sur la cause de leur malheur1 analys] les ress\rces que la raison et la s5sibilit peuv5t leur prs5t]1 e/ un moy5 plus sr1 p>ce qu'il e/ bi5 plus vrai4 ,qu& le tableau des d\leurs e/ vivem5t retrac1 quelles leons peuv5t aj\t] la =ce du beso9 qu'on a de cess] de s\ffrir8 ,t\t ce que v\s p\vez p\r l'homme in=tun1 c'e/ d'essay] de le conva9cre qu'il respir]ait un air plus d\x dans l'asile o v\s l'invitez2 mais si ses pi$s sont atta*s la t]re de feu qu'il habite1 v\s p>atra-t-il mo9s digne d'tre pla9t8 ,j'aurai rempli mon b1 si j'ai donn quelque espoir de repos l'me agite2 si1 en ne mconnaissant aucune de ses pe9es1 en av\ant la t]rible puissance des s5tim5ts qui la g\v]n5t1 en lui p>lant sa langue1 enf91 j'ai pu m'en faire c\t]4 ,la passion rep\sse t\s les conseils qui ne suppos5t pas la d\l\reuse connaissance d'elle-mme1 et v\s ddaigne aism5t comme app>t5ant une autre nature4 ,je le crois cep5dant1 mon acc5t n'a pas d lui p>atre trang]2 c'e/ mon seul motif p\r espr] qu' trav]s tant de livres sur la morale1 celui-ci peut encore tre utile4 ,que je me rep5tirais nanmo9s de cet crit1 si1 v5ant se bris]1 comme tant d'autres1 contre la puissance t]rible des passions1 il aj\tait seulem5t la c]titude que croi5t avoir les mes froides de la facilit qu'on doit tr\v] va9cre les s5tim5ts qui tr\bl5t la vie6 ,non1 ne condamnez pas ces in=tuns qui ne sav5t pas cess] de l'tre2 v\s1 de qui leurs de/9es dp5d5t1 sec\rez-les comme ils veul5t tre sec\rus3 celui qui peut s\lag] le malheur ne doit plus p5s] le jug]1 et les ides gnrales sont cruelles l'homme qui s\ffre1 si c'e/ un autre1 et non pas lui1 qui les applique sa situation p]sonnelle4 ,en composant cet ouvrage1 o je p\rsuis les passions comme de/ructives du bonheur1 o j'ai cru prs5t] des ress\rces p\r vivre sans le sec\rs de leur impulsion1 c'e/ moi-mme aussi que j'ai v\lu p]suad]2 j'ai crit p\r me retr\v]1 trav]s tant de pe9es1 p\r dgag] mes facults de l'esclavage des s5tim5ts1 p\r m'lev] jusqu' une sorte d'ab/raction qui me p]mit d'obs]v] la d\leur en mon me1 d'exam9] dans mes propres impressions les m\vem5ts de la nature morale1 et de gnralis] ce que la p5se me donnait d'expri5ce4 ,une di/raction absolue tant impossible1 j'ai essay si la mditation mme des objets qui n\s occup5t ne conduisait pas au mme rsultat1 et si1 en appro*ant du fantme1 il ne s'van\issait pas plutt qu'en s'en loignant4 ,j'ai essay si ce qu'il y a de poignant dans la d\leur p]sonnelle ne s'm\ssait pas un peu1 qu& n\s n\s placions n\s-mmes comme une "p du va/e tableau des de/9es1 o *aque homme e/ p]du dans son sicle1 le sicle dans le temps1 et le temps dans l'incomprh5sible4 ,je l'ai essay1 et je ne suis pas sre d'avoir russi dans la premire preuve de ma doctr9e sur moi-mme2 s]ait-ce donc moi qu'il convi5drait d'affirm] son absolu p\voir8 ,hlas6 en s'appro*ant1 p> la rflexion1 de t\t ce qui compose le c>actre de l'homme1 on se p]d dans le vague de la mlancolie4 ,les in/itutions politiques1 les relations civiles v\s prs5t5t des moy5s presque c]ta9s de bonheur ou de malheur public2 mais les pr(ondeurs de l'me sont si difficiles sond]6 ,tantt la sup]/ition df5d de p5s]1 de s5tir1 dplace t\tes les ides1 dirige t\s les m\vem5ts en s5s inv]se de leur impulsion naturelle1 et sait v\s atta*] votre malheur mme1 ds qu'il e/ caus p> un sacrifice ou peut en dev5ir l'objet2 tantt la passion ard5te1 effrne1 ne sait pas support] un ob/acle1 cons5tir la mo9dre privation1 ddaigne t\t ce qui e/ av5ir1 et1 p\rsuivant *aque in/ant comme le seul1 ne se rveille qu'au b ou dans l'abme4 ,inexplicable phnomne que cette exi/5ce spirituelle de l'homme1 qui1 en la comp>ant la matire1 dont t\s les attributs sont complets et d'accord1 semble n'tre encore qu' la veille de sa cration1 au *aos qui la prcde6 ,un seul s5tim5t peut s]vir de guide dans t\tes les situations1 peut s'appliqu] t\tes les circon/ances1 c'e/ la piti3 avec quelle disposition plus efficace p\rrait-on support] et les autres et soi-mme8 ,l'esprit obs]vateur et assez =t p\r se jug] dc\vre dans lui-mme la s\rce de t\tes les erreurs4 ,l'homme e/ t\t enti] dans *aque homme4 ,dans quels g>em5ts ne s'e/ pas s\v5t p]due la p5se qui prcde les actions1 la p5se1 ou quelque *ose encore de plus fugitif qu'elle6 ,il faut que ce secret intime1 qu'on ne p\rrait revtir de p>oles sans lui donn]1 une exi/5ce qu'il n'a pas1 il faut que ce secret intime s]ve r5dre 9puisable le s5tim5t de la piti#d4 ,on dit qu'en s'ab&onnant la piti1 les individus et les g\v]nem5ts peuv5t tre inju/es3 d'abord les individus d'une condition prive ne sont presque jamais dans une situation qui comm&e de rsi/] la bont2 les rapports avec les autres sont si peu t5dus1 les vnem5ts qui (fr5t quelque bi5 faire sont dp5dants d'un si petit nombre de *ances1 qu'en se r5dant difficile sur les occasions qu'on peut saisir1 on condamne sa vie l'inutile ins5sibilit4 ,je ne sais pas une dlibration plus importante que celle qui conduirait se faire un devoir de caus] une pe9e1 ou de refus] un s]vice en sa puissance2 il faut avoir si prs5ts la p5se la *ane des ides morales1 l'ensemble de la nature huma9e6 il faut tre si sr de voir un bi5 dans un mal1 un mal dans un bi56 ,non3 lo9 de rprim]1 cet g>d1 les imprud5ces des hommes1 on devrait plutt les dt\rn] de calcul] autant les inconvni5ts des s5tim5ts gnreux1 et de s'arrog] a9si un jugem5t que ,dieu seul a droit de prononc]2 c> c'e/ la ,provid5ce que semble app>t5ir cette sublime balance o sont pess les effets relatifs du bonheur et du malheur4 ,les hommes1 p\r lesquels il n'exi/e que des units1 des mom5ts1 des occasions1 doiv5t r>em5t se refus] aux bi5s p>tiels qu'ils peuv5t rp&re4 ,les lgislateurs eux-mmes g\v]n5t s\v5t l'aide d'ides trop gnrales2 ce gr& pr9cipe1 que l'intrt de la m9orit doit t\j\rs cd] celui de la majorit1 dp5d absolum5t du g5re de sacrifices qu'on impose la m9orit2 c> en le p\ssant l'extrme1 on arriv]ait au sy/me de ,robespi]re4 ,ce n'e/ pas le nombre des individus1 mais les d\leurs qu'il faut compt]2 et si l'on p\vait suppos] la possibilit de faire s\ffrir un innoc5t p5dant plusieurs sicles1 il s]ait atroce de l'exig] p\r le salut mme d'une nation entire2 mais ces alt]natives effrayantes n'exi/5t po9t dans la ralit4 ,les vrits d'un c]ta9 ordre sont la fois conseilles p> la raison et inspires p> le coeur2 il e/ presque t\j\rs de la politique d'c\t] la piti2 il n'y a pas de milieu entre elle et le d]ni] t]me de la cruaut1 et ,ma*iavel1 dans le code mme de la tyrannie1 a dit1 qu'il fallait savoir s'atta*] ceux qu'on ne p\vait faire prir4 ,on n'obx pas longtemps aux lois trop svres1 mais l'tat qui les ma9ti5t1 sans p\voir les faire excut]1 a t\s les inconvni5ts de la rigueur et de la faiblesse4 ,ri5 n'use la =ce d'un g\v]nem5t comme la disproportion entre les dlits et les pe9es3 il se prs5te alors comme un ennemi1 t&is qu'il doit p>atre comme le *ef1 comme le pr9cipe rgulateur de l'empire4 ,au lieu de se confondre1 p\r a9si dire1 dans votre esprit avec la nature des *oses1 il semble un ob/acle qu'il faut r5v]s]2 et l'agitation de quelques-uns1 l'espoir qu'ils cons]v5t1 t\t ins5s qu'il e/1 de dtruire ce qui les opprime1 branle la confiance de ceux mme qui sont cont5ts du g\v]nem5t4 ,enf91 de quelque manire qu'on rfl*isse sur le s5tim5t de la piti1 on le tr\ve fcond en rsultats prospres p\r les individus et p\r les nations1 et l'on se p]suade que c'e/ la seule ide primitive qui soit atta*e la nature de l'homme1 p>ce que c'e/ la seule dont il ait beso9 p\r t\tes les v]tus comme p\r t\tes les j\issances4 ,une belle cause f9ale dans l'ordre moral1 c'e/ la prodigieuse influ5ce de la piti sur les coeurs2 il semble que l'organisation physique elle-mme soit de/9e en recevoir l'impression4 ,une voix qui se brise1 un visage altr1 agiss5t sur l'me directem5t comme les s5sations2 la p5se ne se met po9t entre deux1 c'e/ un *oc1 c'e/ une blessure4 ,cela n'e/ po9t intellectuel2 et ce qu'il y a de plus sublime encore dans cette disposition de l'homme1 c'e/ qu'elle e/ consacre p>ticulirem5t la faiblesse2 et lorsque t\t conc\rt aux avantages de la =ce1 ce s5tim5t lui seul rtablit la balance1 en faisant natre la gnrosit3 ce s5tim5t ne s'meut que p\r un objet sans df5se1 qu' l'aspect de l'ab&on1 qu'au cri de la d\leur2 lui seul df5d les va9cus aprs la victoire1 lui seul arrte les effets de ce vil p5*ant des hommes livr] leur atta*em5t1 leurs facults1 leur raison mme la dcision du succs2 mais cette sympa?ie p\r le malheur e/ une affection si puissante1 runit tellem5t ce qu'il y a de plus =t dans les impressions physiques et morales1 qu'y rsi/] suppose un degr de dpravation dont on ne peut pr\v] trop d'horreur4 ,ces tres seuls n'ont plus de droits l'association mutuelle de misres et d'indulg5ce1 qui1 en se montrant sans piti1 ont effac en eux le sceau de la nature huma9e3 le remords d'avoir manqu quelque pr9cipe de morale que ce soit1 e/ l'ouvrage du raisonnem5t1 a9si que la morale elle-mme2 mais le remords d'avoir brav la piti doit p\rsuivre comme un s5tim5t p]sonnel1 comme un dang] p\r soi1 comme une t]reur dont on e/ l'objet4 ,on a une telle id5tit avec l'tre qui s\ffre1 que ceux qui p>vi5n5t la dtruire acquir5t s\v5t une sorte de duret p\r eux-mmes1 qui s]t encore1 s\s quelques rapports1 les priv] de t\t ce qu'ils p\rrai5t att5dre de la piti des autres2 cep5dant1 s'il en e/ temps encore1 qu'ils sauv5t un in=tun1 qu'ils p>gn5t un ennemi va9cu1 et1 r5trs dans les li5s de l'humanit1 ils s]ont de n\veau s\s sa sauveg>de4 ,c'e/ dans la crise d'une rvolution qu'on ent5d rpt] sans cesse que la piti e/ un s5tim5t puril qui s'oppose t\te action ncessaire l'intrt gnral1 et qu'il faut la relgu] avec les affections effm9es1 indignes des hommes d'tat ou des *efs de p>ti3 c'e/1 au contraire1 au milieu d'une rvolution que la piti1 ce m\vem5t involontaire dans t\te autre circon/ance1 devrait tre une rgle de conduite4 ,t\s les li5s qui ret5ai5t sont dlis1 l'intrt de p>ti devi5t p\r t\s les hommes le b p> excell5ce3 ce b1 tant c5s r5f]m] et la vritable v]tu et le seul bonheur gnral1 pr5d mom5tanm5t la place de t\te autre espce de loi4 ,or1 dans un temps o la passion s'e/ mise dans le raisonnem5t1 il n'y a qu'une s5sation1 c'e/--dire1 quelque *ose qui e/ un peu de la nature de la passion mme1 qu'il soit possible de lui oppos] avec succs4 ,lorsque la ju/ice e/ reconnue1 on peut se pass] de piti2 mais une rvolution1 quel que soit son b1 susp5d l'tat social1 et il faut remont] la s\rce de t\tes les lois1 dans un mom5t o ce qu'on appelle un p\voir lgal e/ un nom qui n'a plus de s5s4 ,les *efs de p>ti peuv5t se croire assez srs d'eux-mmes p\r se guid] t\j\rs d'aprs la plus haute sagesse2 mais il n'y a ri5 de si fune/e p\r eux que des sectaires privs de l'in/9ct de la piti2 d'abord ils sont1 p> cela mme1 incapables d'en?\siasme p\r les individus3 ces s5tim5ts ti5n5t l'un et l'autre1 quoique p> des rapports diffr5ts1 la facult de l'imag9ation4 ,la fureur1 la v5geance s'alli5t sans d\te avec l'en?\siasme2 mais ces m\vem5ts qui r5d5t cruels mom5tanm5t1 n'ont pas d'analogie avec ce qu'on a vu de nos j\rs1 un sy/me cont9uel1 et p> consqu5t froid1 de mconnatre t\te piti4 ,or1 qu& cet affreux sy/me exi/e dans les soldats1 ils jug5t leurs *efs t\t comme leurs ennemis1 ils conduis5t l'*afaud ce qu'ils avai5t e/im la veille1 ils app>ti5n5t uniquem5t la puissance d'un raisonnem5t1 et dp5d5t1 p> consqu5t1 de tel en*anem5t de mots1 qui se plac]a dans leur tte comme un pr9cipe et des consqu5ces4 ,on ne peut g\v]n] la f\le que p> des s5sations4 ,malheur donc aux *efs qui1 en t\ffant dans leurs p>tisans t\t ce qui e/ huma91 t\t ce qui e/ remuable enf9 p> l'imag9ation ou le s5tim5t1 en font des assass9s raisonneurs1 qui m>*5t au crime p> la mtaphysique1 et immol5t t\t au premi] arrangem5t de syllabes qui s]a p\r eux de la conviction6 ,cromwell ret5ait le peuple p> la sup]/ition2 on liait les ,roma9s p> le s]m5t2 les ,grecs se laissai5t m5] p> l'en?\siasme qu'ils pr\vai5t p\r les gr&s hommes4 ,si l'espce de s5tim5t national qui faisait en ,france un po9t d'honneur de la gnrosit1 de cette piti des va9queurs1 si cette espce de s5tim5t ne repr5d pas quelque puissance1 jamais le g\v]nem5t n'obti5dra un empire con/ant et volontaire sur une nation qui n'aura pas un in/9ct moral quelconque1 p> lequel on puisse l'entran] et la runir2 c> qu'y a-t-il de plus divisant au monde que le raisonnem5t8 ,enf91 la piti e/ encore ncessaire p\r tr\v] un t]me la gu]re intrieure2 il n'y a po9t de f9 aux ress\rces du dsespoir1 et les discussions les plus habiles1 et les victoires les plus sanglantes ne font qu'augm5t] la ha9e4 ,une sorte d'lan de l'me1 t\t compos d'en?\siasme et de piti1 arrte seul les gu]res inte/9es1 et rappelle galem5t le mot de patrie t\s les p>tis qui la d*ir5t4 ,cette commotion produit plus en un j\r que t\s les crits et les comb9aisons politiques2 l'homme lutte contre sa nature en v\lant donn] l'esprit seul la gr&e influ5ce sur la de/9e huma9e4 ,et v\s1 ,franais1 v\s1 gu]ri]s inv9cibles1 v\s1 leurs *efs1 v\s qui les avez dirigs et s\t5us p> vos intrpides ress\rces1 c'e/ v\s t\s que l'on doit les triomphes de la victoire2 c'e/ v\s qu'il app>ti5t de proclam] la gnrosit6 ,sans l'ex]cice de cette v]tu1 quelle palme n\velle v\s re/]ait-il encore cueillir8 ,vos ennemis sont va9cus1 ils n'(fr5t plus aucune rsi/ance1 ils ne s]viront plus votre gloire1 mme p> leurs dfaites4 ,v\lez-v\s encore tonn]8 p>donnez4 ,v\s tes va9queurs1 la t]reur ou l'en?\siasme pro/]n5t vos pi$s plus de la moiti de l'univ]s2 mais qu'avez-v\s fait encore p\r le malheur1 et qu'e/-ce que l'homme1 s'il n'a pas consol l'homme1 s'il n'a pas combattu la puissance du mal sur la t]re8 ,la plup>t des g\v]nem5ts sont v9dicatifs p>ce qu'ils craign5t1 p>ce qu'ils n'os5t tre clm5ts4 ,v\s1 qui n'avez ri5 r$\t]1 v\s1 qui devez avoir p\r v\s la philosophie et la victoire1 s\lagez t\tes les in=tunes vritables1 t\tes celles qui sont vraim5t dignes de piti3 la d\leur qui accuse e/ t\j\rs c\te2 la d\leur a raison contre les va9queurs du monde4 ,que veut-on en effet du gnie1 des succs1 de la lib]t1 des rpubliques8 qu'en veut-on8 quelques pe9es de mo9s1 quelques esprances de plus4 ,v\s qui r5tr]ez dans vos foy]s1 ou dans une condition prive1 que s]ez-v\s1 si v\s ne v\s montrez pas gnreux8 des gu]ri]s p5dant la paix1 des gnies dans l'art de la gu]re1 alors que t\tes les p5ses se t\rn]ont v]s la prosprit de l'intrieur1 et que les dang]s passs laiss]ont pe9e des traces4 ,atta*ez-v\s l'av5ir p> la v]tu1 fixez la reconnaissance p> des bi5faits qui dur5t4 ,il n'e/ po9t de ,capitole1 il n'e/ po9t de triomphes qui puiss5t aj\t] votre clat2 v\s tes au p9acle de la gloire militaire2 la gnrosit seule plane encore au-dessus de vos ttes4 ,heureuse situation que celle de la t\te-puissance1 qu& les ob/acles n'exi/5t plus au dehors1 qu& la =ce e/ en soi-mme1 qu& on peut faire le bi5 sans qu'un motif trang] la v]tu v\s anime1 sans que le s\pon d'un tel motif puisse jamais v\s appro*]#e6 ,j'aurais pu trait] la gnrosit1 la piti1 la plup>t des que/ions agites dans cet ouvrage1 s\s le simple rapport de la morale qui en fait une loi2 mais je crois la vraie morale tellem5t d'accord avec l'intrt gnral1 qu'il me semble t\j\rs que l'ide du devoir a t tr\ve p\r abrg] l'expos des pr9cipes de conduite qu'on aurait pu dvelopp] l'homme d'aprs ses avantages p]sonnels2 et comme dans les premires annes de la vie on df5d ce qui fait mal1 dans l'enfance de la vie huma9e on lui comm&e encore ce qu'il s]ait t\j\rs possible de lui pr\v]4 ,heureuse1 si j'ai pu conva9cre l'intrt p]sonnel6 heureuse aussi1 si j'avais dim9u son activit1 en prs5tant aux hommes une analyse exacte de ce que vaut la vie1 une analyse qui dmontrt que les de/9es diffr5t entre elles bi5 plus p> les c>actres que p> les situations2 que les plaisirs que l'on peut pr\v]1 dans quelques circon/ances que ce soit1 sont s\mis des *ances c]ta9es1 qui la longue rduis5t t\t au mme t]me2 et que ce bonheur qu'on croit t\j\rs tr\v] dans les objets extrieurs n'e/ qu'un fantme cr p> l'imag9ation1 qu'elle p\rsuit aprs l'avoir fait natre1 et qu'elle veut atte9dre au dehors1 t&is qu'il n'a d'exi/5ce qu'en elle6 ,,notes #a3 ,il me semble que les vritables p>tisans de la lib]t rpublica9e sont ceux qui dte/5t le plus pr(ondm5t les =faits qui se sont commis en son nom4 ,leurs adv]saires peuv5t sans d\te pr\v] la ju/e horreur du crime2 mais comme ces crimes mmes s]v5t d'argum5t leur sy/me1 ils ne leur font pas ress5tir1 comme aux amis de la lib]t1 t\s les g5res de d\leur la fois4 #b3 ,j'ent5ds p> con/itution dmagogique1 celle qui met le peuple en f]m5tation1 confond t\s les p\voirs1 enf9 la con/itution de #agjc4 ,le mot de dmocratie tant pris1 de nos j\rs1 dans div]ses acceptions1 il ne r5drait pas avec exactitude ce que je veux exprim]4 #c3 ,je cra9s qu'on ne m'accuse d'avoir p>l trop s\v5t1 dans le c\rs de cet ouvrage1 du suicide comme d'un acte digne de l\anges3 je ne l'ai po9t exam9 s\s le rapport t\j\rs respectable des pr9cipes religieux2 mais politiquem5t1 je crois que les rpubliques ne peuv5t se pass] du s5tim5t qui portait les anci5s se donn] la mort2 et dans les situations p>ticulires1 les mes passionnes qui s'ab&onn5t leur nature1 ont beso9 d'envisag] cette ress\rce p\r ne pas se dprav] dans le malheur1 et plus encore1 peut-tre1 au milieu des ef=ts qu'elles t5t5t p\r l'vit]4 #d3 ,smi?1 dans son excell5t ouvrage de la ,?orie des s5tim5ts moraux1 attribue la piti cette sympa?ie qui n\s fait n\s transport] dans la situation d'un autre1 et suppos] ce que n\s pr\v]ions sa place4 ,c'e/ bi5 l c]ta9em5t l'une des causes de la piti2 mais l'inconvni5t de cette df9ition1 comme de t\tes1 e/ de ress]r] la p5se que faisait natre le mot qu'on a df9i3 il tait revtu des ides accessoires et des impressions p>ticulires *aque homme qui l'ent5dait1 et v\s re/reignez sa signification p> une analyse t\j\rs incomplte qu& un s5tim5t en e/ l'objet2 c> un s5tim5t e/ un compos de s5sations et de p5ses que v\s ne faites jamais compr5dre qu' l'aide de l'motion et du jugem5t runis4 ,la piti e/ s\v5t sp>e de t\t ret\r sur soi-mme2 si1 p> ab/raction1 v\s v\s figuriez un g5re de d\leur qui exiget1 p\r la s\ffrir1 une organisation t\t fait diffr5te de la vtre1 v\s auriez encore piti de cette d\leur3 il faut que les c>actres les plus opposs puiss5t pr\v] de la piti p\r des impressions qu'ils n'aurai5t jamais ress5ties2 il faut enf9 que le spectacle du malheur remue les hommes p> commotion1 p> talisman1 sans exam5 ni comb9aison4 #e3 ,dans un crit publi il y a deux ans1 dans un crit honor du suffrage qui p\vait le plus enorgueillir1 cit p> ,m4 ,fox plaidant p\r la paix devant le p>lem5t d',anglet]re1 j'ai dit3 ,si l'on ne fait pas la paix avec les ,franais cette anne1 qui sait au c5tre de quel empire ils la refus]ont l'anne pro*a9e8 7,rflexions sur la paix47 ,jamais prdiction1 je crois1 ne s'e/ mieux accomplie4 ,on p\rrait1 avec le mme degr de c]titude1 prsag] quels s]ai5t les rsultats des tonnantes victoires des ,franais1 s'ils en abusai5t2 s'ils adoptai5t cet g>d un sy/me rvolutionnaire4 ,mais il y a un si gr& foy] de lumires dans ce pays2 le g\v]nem5t rpublica91 p> sa nature mme1 e/ la longue tellem5t s\mis la vritable op9ion publique1 que les premires consqu5ces doiv5t clair] sur le pr9cipe1 et qu'on ne p]si/e pas1 dans ce qui ru9e1 avec l'aveuglem5t dont plusieurs cab9ets mon>*iques ont donn l'exemple p5dant cette gu]re4