,biblio?que nationale de ,france 7,,bnf_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr ,note du transcripteur3 l'or?ographie de l'orig9al e/ cons]ve4 ,,jules ,,lema,,tre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,,jean-,,jacques ,,r\sseau ,,p>is ,,calmann-,l,,vy1 ,,diteurs #c1 ,,rue ,,aub]1 #c ,,jean-,,jacques ,,r\sseau ,,calmann-,l,,vy1 ,,diteurs ,droits de reproduction1 de traduction et de reprs5tation rs]vs p\r t\s pays1 y compris la ,holl&e4 ,privilege ( copyright 9 ! ,unit$ ,/ates res]v$1 "u ! ,act approv$ ,m>* ?ird1 n9ete5 hundr$ & five1 by ,jules ,lematre4 ,,imprim]ie ,l4 ,,pooby1 #aag1 rue ,,vieille-,,du-,,temple1 ,,p>is4--#abae-c-jg ,au ,lecteur1 #a ,j'ai pu me tromp] sur quelques faits4 ,ceci n'e/ po9t une biographie critique de ,r\sseau3 mon pr9cipal objet a t l'hi/oire de ses s5tim5ts4 #b ,ce ne sont que des confr5ces4 ,j'y ai *]* avant t\t la simplicit et la cl>t2 et le ton e/ le plus s\v5t celui d'une caus]ie un peu surveille4 ,j4 ,l4 ,,premi,,re ,,conf,,r5ce ,,les ,,six ,,premi]s ,,livres ,,des ,,confessions ,au risque d'tre encore accus de critique impressionni/e1 p]sonnelle1 subjective1 je dois v\s faire un aveu4 ,lorsque je *oisis p\r sujet de ce c\rs ,jean-,jacques ,r\sseau1 ce ne fut po9t d'abord dans une p5se d'extrme bi5veillance p\r le citoy5 de ,g5ve4 ,p\rtant1 je l'avais beauc\p aim autrefois1 qu& j'avais plus d'illusions que je n'en ai auj\rd'hui4 ,mais j'ai fait des expri5ces1 j'ai vu de prs des ralits que je n'avais ap]ues que de lo92 j'ai t\* du doigt les consqu5ces de c]ta9es ides de ,r\sseau4 ,et c'e/ p\rquoi1 qu& je promis de p>l] de ,jean-,jacques1 je me proposais d'tudi] surt\t en lui le pre de quelques-unes des plus =tes erreurs du ,x,v,i,i,ie et du ,x,i,xe sicle4 ,mais il fallait d'abord le relire1 ou1 soyons s9cre1 le lire srieusem5t et compltem5t4 ,or il m'e/ arriv une *ose que je n'avais pas prvue4 ,t&is que je *]*ais dans cette longue lecture des raisons de le condamn]1 oh6 je les tr\vais abondamm5t1 puisqu'elles y sont2 mais en mme temps je s5tais trop bi5 comm5t ces ides lui tai5t v5ues1 p> quelle fatalit de tempram5t ou de circon/ances1 la suite de quels s\v5irs1 de quelles dceptions1 de quels regrets1 mme de quels remords4 ,puis1 ce qu'il eut de c&eur et de vritable pit me t\*ait malgr moi2 et je connaissais de n\veau que cet homme1 de qui l'on peut croire que tant de maux publics ont dc\l 7 son insu1 il e/ vrai1 et pr9cipalem5t aprs sa mort7 fut sans d\te un p*eur1 et f9alem5t un f\1 mais non po9t du t\t un m*ant homme1 et qu'il fut surt\t un malheureux4 ,et puis son cas e/ si s+uli]6 ,il e/ mme unique dans notre littrature et1 je crois bi51 dans t\tes les littratures du monde4 ,ce vagabond1 ce fa9ant1 cet autodidacte qui1 aprs tr5te ans de rvass]ie1 tombe un j\r dans le plus brillant ,p>is du ,x,v,i,i,ie sicle1 et qui y fait l'effet d'un ,huron1 mais d'un ,huron vrai et de plus de consqu5ce que celui de ,voltaire2 qui comm5ce publi] v]s la qu>anta9e2 qui crit en dix ans1 pniblem5t et p>mi des s\ffrances physiques presque incessantes1 trois ou quatre livres1--lesquels ne sont pas autrem5t =ts ni r>es de p5se1 mais o il y a une n\velle faon de s5tir et comme une vibration jusque-l inconnue2 puis qui s'enfonce dans une l5te folie1--et qui se tr\ve1 p> ces trois ou quatre livres1 trans=m] aprs sa mort une littrature et une hi/oire et faire dvi] t\te la vie d'un peuple dont il n'tait pas3 quelle prodigieuse av5ture6 ,donc1 je rsolus d'abord] l'oeuvre de ,jean-,jacques d'une me gale1 craignant de m'irrit] inutilem5t contre un my/re4 ,je dus ensuite me mettre au c\rant des d]nires tudes publies sur ,r\sseau4 ,j'eus alors le s\pon qu'une tude n\velle tait peut-tre sup]flue4 ,mais1 ce compte-l1 on ne f]ait jamais ri54 ,l-dessus je *]*ai un plan4 ,je voyais bi5 dj les pr9cipales ides dvelopp]4 ,je p\vais montr] ma manire soit l'unit1 soit l'incohr5ce de l'oeuvre de ,r\sseau2--expliqu]1 comme ,m4 ,lanson1 que t\t1 dans ,r\sseau et mme le ,contrat social1 se rapporte un seul pr9cipe2 ou1 comme ,faguet1 que t\t s'y rapporte en effet1 except le ,contrat social2--suivre1 propos de *acun de ses livres1 la fructification po/hume des erreurs qu'il y a dposes2--ou bi5 dmontr] que ,jean-,jacques1 quel qu'il soit d'ailleurs1 e/ dans le fond1 avant et aprs t\t1 un prote/ant *ez qui le prote/antisme a prmaturm5t produit ses extrmes consqu5ces2--ou bi5 encore tudi]1 dans sa vie et dans ses livres1 l'hi/oire d'une me1 d'une pauvre me1 une trs l5te mais trs vritable volution morale444 ,et je p\vais gr\p]1 s\s ces div]s *efs1 t\t ce que m'aurait suggr la lecture de ,r\sseau4--,le plus simple tait d'ailleurs1 premire vue1 de prs5t] d'abord sa vie1 puis ses ouvrages4 ,mais j'ai vite s5ti que cette m?ode usuelle1 et qui convi5t presque t\s les criva9s1 ne convi5t peut-tre pas ,r\sseau1 p>ce que ,r\sseau n'e/ pas un criva9 comme un autre4 ,les gr&s classiques sont p\r n\s t\t enti]s dans leurs oeuvres4 ,cette oeuvre tant t\te objective1 qu& n\s l'avons df9ie1 n\s avons t\t dit sur eux2 et la connaissance de leur vie1 mme agite1 n'aj\t]ait p\r n\s ri5 d'ess5tiel la connaissance de leurs ouvrages4 ,j'en dis autant des criva9s du ,x,v,i,i,ie sicle et des encyclopdi/es eux-mmes4 ,la vie des ,did]ot1 des d',alemb]t1 des ,duclos e/ la vie commune aux g5s de lettres de ce temps-l4 ,la vie de ,voltaire e/ amusante2 mais1 qu& n\s ne la connatrions pas1 son oeuvre n'en s]ait pas mo9s facile compr5dre et jug]4 ,quant ,montesquieu et ,buffon1 leur biographie ne communique1 p\r a9si p>l]1 avec leurs livres que p> les loisirs et la srnit qu'assurait leur p5se leur condition de g5tilhommes ri*es444 ,mais ,r\sseau e/ le plus subjectif de t\s les criva9s4 ,c'e/ un homme qui n'a gure p>l que de lui1 un homme qui a pass son temps expliqu] son c>actre4 ,t\s ses ouvrages tai5t dj des sortes de confessions4 ,mais en outre1 il a pris so9 d'crire lui-mme ses ,confessions expresses1 et quelles confessions6 ,les plus s9cres1 je ne sais1 mais c\p sr les plus dtailles1 les plus complaisantes1 les plus impud5tes sans d\te1 mais aussi les plus c&ides app>emm5t et peut-tre les plus c\rageuses1 et en t\t cas les plus s+ulires et les plus passionnantes qui ai5t jamais t crites4 ,je crois donc qu'une tude sur ,jean-,jacques p\rrait tre une biographie morale cont9ue1 o l'hi/oire de ses livres se ml]ait intimem5t l'analyse de ses ,confessions4 ,et c'e/ ce que j'essay]ai de faire4 99 99 99 99 99 ,je v\drais auj\rd'hui suivre les ,confessions de ,jean-,jacques jusqu' son d]ni] d"p des ,*>mettes4 ,il avait alors v+t-neuf ans4 ,ce sont donc1 proprem5t1 ses annes d'appr5tissage4 ,que le plus beau livre de ,r\sseau ait t sa confession1 c'e/--dire le rcit de sa vie la plus intime et la description de son moi le plus secret1 c'e/ dj trs curieux4 ,si le romantisme e/1 comme on l'affirme1 l'talage de l'individu dans la littrature1 les ,confessions de ,jean-,jacques fondai5t donc1 du premi] c\p1 le romantisme et en donnai5t un modle qui n'a pu tre dpass4 ,et1 en outre1 que ,jean-,jacques ait eu l'ide d'crire ce livre1 et qu'il l'ait crit comme il l'a fait1 et qu'il se soit jug lui-mme intressant ce po9t p\r les autres hommes1 cela seul e/ une gr&e lueur sur son c>actre1 puisque c'e/ le plus =t tmoignage de l'orgueil maladif et dlirant qui en =mait presque t\t le fond4 ,les ,confessions sont1 dans leur ess5ce mme1 un livre d'impudeur3 ce livre e/ donc bi5 le pre de la moiti de la littrature du sicle d]ni]4 ,il comm5ce a9si3 ,je =me une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'excution n'aura jamais d'imitateur4 ,et notez qu'il a raison4 ,ri5 de tel avant ni aprs lui4 ,je ne v\s rappell]ai pas le c>actre religieux et mme ?ologique des pudiques confessions de ,sa9t-,augu/94 ,montaigne dans ses ,essais1 ,retz dans ses ,mmoires ne confess5t que des faiblesses ou des fautes qui ont un c]ta9 air et qui ne d%onor5t po9t4 ,mais ,r\sseau confesse1 et sans les attnu]1 des *oses honteuses1 des p*s1 des p*s mortels4 ,et1 comme il le prdisait1 son entreprise n'a pas eu d'imitateurs4 ,c> sans d\te1 aprs lui1 la bonde e/ ouv]te ce g5re immode/e des confessions3 mais ni ,*ateaubri& dans les ,mmoires d'outre-tombe1 ni ,lam>t9e dans les ,confid5ces1 ni ,george ,s& dans l',hi/oire de ma vie1 ni ,r5an dans les ,s\v5irs d'enfance et de jeunesse n'auront le c\rage de n\s confess] des secrets honteux ou simplem5t ridicules1 7et si v\s en concluez que la matire leur en a fait dfaut1 c'e/ donc que v\s avez de trs bonnes mes74 ,c'e/ p\rquoi je compr5ds l'exaltation de cette premire page1 et cette invocation ,dieu qui se t]m9e a9si3 tre t]nel1 rassemble aut\r de moi l'innombrable f\le de mes semblables2 qu'ils c\t5t mes confessions1 qu'ils gmiss5t de mes indignits1 qu'ils r\giss5t de mes misres4 ,que *acun d'eux dc\vre son t\r son coeur au pi$ de ton trne avec la mme s9crit3 et puis qu'un seul te dise s'il l'ose3 je fus meilleur que cet homme-l4 ,qu'e/-ce dire8 ,ce cri veut n\s tonn] et s5t son *>latan4 ,mais songez d'o v5ait ,r\sseau1 o il avait vcu1 qui il se comp>ait3 et v\s v]rez que ce qu'il exprime l1 c'e/1 en somme1--ret\rne dans l'expression1--la p5se de ,joseph de ,mai/re3 ,je ne sais pas ce qu'e/ le coeur d'un coqu92 je sais ce qu'e/ le coeur d'un honnte homme3 c'e/ affreux4 ,et d'ailleurs1 je le dis p>ce que cela e/ vrai1 ,jean-,jacques1 qu& il comm5a d'crire les ,confessions1 ,moti]s1 en #agfb1 tait dev5u un =t honnte homme4 ,les maladies1 la p]scution avai5t dvelopp ses s5tim5ts religieux4 ,il tait dj dans cette disposition d'esprit presque my/ique qui s]a si s5sible dans ses ,dialogues4 ,il me semble que les ,confessions1 oeuvre d'un pnit5t sup]be qui s'oppose t\s les autres hommes et en appelle aux sicles futurs1 ont t\t de mme aussi1 dans bi5 des pages1 quelque *ose d'une confession religieuse4 ,cela seul me f]ait assez croire leur vrit1 qui du re/e a t peu conte/e1 sauf sur des po9ts de *ronologie1 et qui s'e/ vue confirme presque t\tes les fois qu'on a pu contrl] les rcits de ,jean-,jacques p> des lettres de lui et de ses correspondants ou de ses contempora9s4 ,il e/ c]ta9 cep5dant que les ,confessions1 qui sont surt\t psy*ologiques1 sont encore en plus d'un endroit1 et p> la =ce des *oses1 apologtiques 7surt\t la seconde rdaction74 ,puis1 ,r\sseau crit ses confessions de mmoire2 il en crit les premi]s livres qu>ante1 tr5te et v+t ans aprs les vnem5ts4 ,et n\s savons comme il il e/ difficile de se s\v5ir1 et quel po9t la mmoire d=me les *oses4 ,mais1 d'abord1 lorsqu'il n\s raconte des actes avilissants1 il n'y a pas app>5ce qu'il les inv5te 7 mo9s que c]ta9s aveux pnibles ne soi5t l p\r faire croire la vrit du re/e72 mais il y a app>5ce1 au contraire1 qu'il s'en e/ nettem5t s\v5u1 ju/em5t cause de leur c>actre humiliant4 7,eh6 n'avons-n\s pas t\s1 ou presque t\s1 dans notre pass1 de ces *oses dont on dit qu'elles ne s'oubli5t pas1 de ces s\v5irs affreusem5t dsagrables1 qui n\s revi5n5t presque t\s les j\rs qu& n\s sommes seuls un peu longtemps1 ou bi5 que n\s rappelons exprs p\r n\s dgris]84447--,p\r l'ensemble1 j'e/ime que1 si la vracit de ,jean-,jacques peut tre en dfaut1 il faut croire du mo9s sa s9crit4 ,joignez qu'il a1 au plus haut po9t1 le s\v5ir des lieux1 qui l'aide g>d] celui des faits ou des s5tim5ts4 ,en voici un exemple 7et o n\s tr\vons aussi1 dans la vision et dans l'acc5t1 un je ne sais quoi qu'on ne connaissait pas trop avant ,jean-,jacques1 et qui s]a1 si v\s v\lez1 le comm5cem5t de l'impressionnisme74 ,les mo9dres faits de ce temps-l me plais5t p> cela seul qu'ils sont de ce temps-l4 ,je me rappelle t\tes les circon/ances des lieux4 ,je vois une hirondelle entrant p> la f5tre1 une m\*e se pos] sur ma ma9 t&is que je rcitais ma leon2 je vois t\t l'arrangem5t de la *ambre o n\s tions2 le cab9et de ,m4 ,lamb]ci] ma9 droite1 une e/ampe reprs5tant t\s les papes1 un b>omtre1 un gr& cal5dri]1 des framboisi]s qui1 d'un j>d9 =t lev dans lequel la maison s'enfonait sur le d]rire1 v5ai5t ombrag] la f5tre et passai5t quelquefois jusqu'en d$ans4 ,je sais bi5 que le lecteur n'a pas gr& beso9 de savoir t\t cela1 mais j'ai beso9 de le lui dire444 7,livre ,i74 ,j'ai beso9 de le lui dire4 individualisme6 romantisme6 ,et encore 7s\v5ir de la matrise d',annecy1 avec le bon ,m4 le ,matre 7,m4 ,nicoloz773 444,non seulem5t je me rappelle les temps1 les lieux1 les p]sonnes1 mais t\s les objets environnants1 la temprature de l'air1 son odeur1 sa c\leur1 une c]ta9e impression locale qui ne s'e/ fait s5tir que l1 et dont le s\v5ir vif m'y transporte de n\veau4 ,p> exemple1 t\t ce qu'on rptait la matrise1 t\t ce qu'on *antait au *oeur1 t\t ce qu'on y faisait1 le bel et noble habit des *ano9es1 les *asubles des prtres1 les mitres des *antres1 la figure des musici5s1 un vieux *>p5ti] boiteux qui j\ait de la contrebasse1 un petit abb blond9 qui j\ait du violon1 le lambeau de s\tane qu'aprs avoir pos son pe1 ,m4 le ,matre endossait p>-dessus son habit laque1 et le beau surplis f9 dont il en c\vrait les loques p\r all] au *oeur2 l'orgueil avec lequel j'allais1 t5ant une petite flte bec1 m'tablir dans la tribune p\r un petit b\t de rcit que ,m4 le ,matre avait fait exprs p\r moi2 le bon dn] qui n\s att5dait ensuite2 le bon apptit qu'on y portait2 ce conc\rs d'objets vivem5t retrac m'a c5t fois *>m dans ma mmoire1 autant et plus que dans la ralit4 ,j'ai g>d t\j\rs une affection t5dre p\r un c]ta9 air du ,conditor alme sid]um qui m>*e p> ambes1 p>ce qu'un diman*e de l',av5t j'ent5dis de mon lit *ant] cet hymne avant le j\r sur le p]ron de la ca?drale1 selon un rite de cette glise-l444 etc4 7,livre ,,iii74 ,mais je ne puis v\s lire a9si t\tes les ,confessions et je le regrette4 ,je ne puis que les analys]2 et combi5 de dtails *>mants1 tranges1 m\vants ou irritants je laiss]ai de ct6--,p\r plus de cl>t1 et p\r fix] vos propres s\v5irs1 il me p>at indisp5sable de faire un sommaire trs bref des faits pr9cipaux relats dans ces six premi]s livres qui n\s occup]ont auj\rd'hui4 ,,livre ,i4--,jean-,jacques nat ,g5ve le #bh ju9 #agab1 d'un horlog]4 ,sa mre meurt en le mettant au monde4--,son pre lui fait lire des romans sept ans4 ,il l'ab&onne huit ans1 une affaire d'honneur l'obligeant s'expatri]4 ,on le met en p5sion1 de huit dix ans1 ,bossey1 *ez le pa/eur ,lamb]ci]1 qui lui appr5d la religion4 ,ici se plac5t div]ses anecdotes1 notamm5t celle de la fesse donne p> mademoiselle ,lamb]ci]4 ,on le retire de ,bossey4 ,il re/e deux ou trois ans1 ,g5ve1 *ez son oncle ,b]n>d4 ,il va de temps en temps ,nyon1 o e/ son pre2 e/ am\reux de mademoiselle ,vulson et polissonne avec mademoiselle ,go?on4 ,il e/ ensuite plac *ez un greffi] p\r y appr5dre le mti] de procureur4 ,il s'en fait r5voy] et entre *ez un graveur1 qui le maltraite4 ,un soir1 aprs une prom5ade dans la campagne1 il tr\ve la porte de la ville f]me4 ,et il quitte ,g5ve le l5dema9 p\r c\rir =tune trav]s le monde4 ,,livre ,,ii4--,il rde aut\r de ,g5ve1 se prs5te au cur de ,confignon1 qui l'adresse madame de ,w>5s1 ,annecy4 ,cette dame1 n\velle conv]tie1 l'envoie ,tur9 dans l'hospice des ,cat*umnes4 ,il se laisse conv]tir1 *]*e sa vie dans ,tur91 passe quelques sema9es *ez la jolie m>*&e madame ,bazile1 puis e/ laquais *ez la comtesse de ,v]cellis4 ,ici se place l'hi/oire du ruban4 ,,livre ,,iii4--,aprs c9q ou six sema9es passes sans occupation et signales p> de s+ulires fantaisies s5suelles1 il entre *ez le comte de ,g\von1 t\j\rs comme laquais1 mais p\r qui on a des g>ds4 ,il e/ am\reux de mademoiselle de ,breil1 une des filles de la maison4 ,le fils du comte1 l'abb de ,g\von1 s'intresse lui1 et lui appr5d l'itali54 ,on se *>geait de son av5ir3 mais un beau j\r il dcampe avec un cam>ade des rues 7 prs de dix-huit ans71 repris p> son beso9 de vagabondage4 ,il ret\rne ,annecy1 prs de madame de ,w>5s2 se laisse n\rrir1 mais lit1 travaille4 ,on le met au sm9aire2 il n'y re/e pas4 ,il reoit des leons de musique du pr(esseur des enfants de *oeur de la ca?drale1 un ,m4 ,nicoloz1 qu'il appelle ,m4 le ,matre4 ,il s'eng\e d'une espce de musici5 bohme1 ,v5ture4 ,puis1 ,m4 le ,matre tant oblig de quitt] ,annecy1 ,jean-,jacques l'accompagne jusqu' ,lyon1 o il l'ab&onne au co9 d'une rue en pe9e crise d'pilepsie1 ou peut-tre de delirium trem5s4 7,ce ,m4 le ,matre tait bonhomme1 mais =tem5t ivrogne47 ,l-dessus1 ,jean-,jacques revi5t ,annecy1 et n'y retr\ve plus madame de ,w>5s4 ,,livre ,,iv4--,il att5d des n\velles de madame de ,w>5s ,annecy4 ,ici se place la p>tie de campagne avec mesdemoiselles ,galley et de ,graff5ri$4 ,*>g de conduire ,frib\rg la ,m]c]et1 femme de *ambre de madame de ,w>5s1 il passe p> ,g5ve1 voit son pre ,nyon 7p\r la premire fois1 je crois1 depuis huit ou neuf ans71 et se r5d de ,frib\rg ,lausanne1 o1 s\s le nom de ,vaussore1 il montre la musique sans la savoir et donne mme un conc]t 7*ez ,m4 de ,treytor5s74 ,il va ,vevey 7patrie de madame de ,w>5s71 passe l'hiv] de #agca-agcb ,neu*tel1 o il cont9ue de donn] des leons de musique4 7,il f9issait p> l'appr5dre en l'enseignant47 ,vie pnible1 dtresse4 ,il fait la connaissance d'un ar*im&rite qui qutait p\r le rtablissem5t du ,sa9t-,spulcre2 va ,frib\rg1 ,b]ne1 ,soleure1 o ,m4 de ,bonac1 ambassadeur de ,france1 le reti5t4 ,puis ,m4 de ,bonac l'envoie ,p>is p\r tre prcepteur4 ,jean-,jacques fait la r\te pi$2 ne s'ent5d pas avec le pre de son lve1 appr5d que madame de ,w>5s e/ ret\rne en ,savoie1 et rep>t pi$ de ,p>is4 ,aprs quelque sj\r ,lyon1 il arrive *ez madame de ,w>5s1 qui v5ait de se fix] ,*ambry4 ,elle lui obti5t un emploi dans le cada/re4 ,,livre ,v4--,il donne des leons de musique des jeunes filles4 ,p\r le mettre en g>de contre les sductions de c]ta9es de ses lves1 madame de ,w>5s devi5t elle-mme son initiatrice4 ,il se laisse faire2 il accepte mme le p>tage avec le j>d9i] ,claude ,anet4--,il fait un voyage ,besanon p\r pr5dre des leons de composition de l'abb ,blan*>d2 va voir un p>5t ,g5ve et son pre ,nyon 7deuxime visite72 revi5t ,*ambry2 fait plusieurs voyages ,g5ve1 ,lyon1 ,nyon1 tantt p\r son plaisir1 tantt p\r les affaires de madame de ,w>5s4 ,un accid5t le r5d aveugle p5dant quelque temps4 ,ensuite il tombe srieusem5t malade4 ,madame de ,w>5s le gurit1 et t\s deux vont habit] les ,*>mettes1 campagne prs de ,*ambry 7f9 de l't #agcf74 ,,livre ,,vi4--,aux ,*>mettes4 ,maladie biz>re4 ,il ret\rne l'hiv] ,*ambry1 puis1 ds le pr9temps1 aux ,*>mettes4 ,il lit beauc\p et t*e d'y mettre de la m?ode4 ,au mois d'avril #agch1 il va ,g5ve p\r t\*] enf9 sa "p de la succession de sa mre4 ,il la rapporte madame de ,w>5s4 ,sa maladie s'aggrave4 ,il s'imag9e avoir un polype au coeur et va consult] ,montpelli]4 ,en r\te1 av5ture avec madame de ,l>nage4 ,il re/e deux mois ,montpelli]1 revi5t prs de madame de ,w>5s1 et tr\ve sa place prise p> le coiffeur ,w9tz5ri$4 ,il n'accepte pas ce n\veau p>tage2 passe une anne ,lyon1 *ez ,m4 de ,mably1 comme prcepteur de ses deux enfants2 revi5t en #agda aux ,*>mettes1 y retr\ve la mme situation et madame de ,w>5s refroidie4 ,il inv5te un n\veau sy/me p\r not] la musique1 croit sa =tune faite1 et se met en r\te p\r ,p>is4 ,il a v+t-neuf ans4 99 99 99 99 99 ,ce simple canevas des faits1 ce rsum des agitations extrieures de ,r\sseau jusqu' la tr5ta9e n\s prs5te dj l'image d'un errant et d'un dclass4 ,mais pntrons plus avant1 et1 s\s les faits1 et grce1 en p>tie1 ses propres comm5taires1 voyons l'homme lui-mme dans la complexit de sa nature4 ,r\sseau 7ceci n'e/ po9t inutile rappel]71 e/ d'orig9e franaise et p>isi5ne4 ,sa famille tait tablie ,g5ve depuis #aebi4 ,son bisaeul et son trisaeul avai5t t libraires3 pr(ession demi librale et pro*e des lettres4 ,autre rem>que1 ess5tielle celle-l3 ,r\sseau e/ n prote/ant4 ,son gr&-pre mat]nel tait pa/eur4 ,c'e/ le prote/ant pur1 je veux dire consqu5t avec le pr9cipe de la ,r=mation1 qui crira le rcit de la mort de ,julie1 la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d1 les ,lettres de la ,montagne4 ,puis1 n\s tr\vons *ez ,jean-,jacques un ,g5evois trs imprgn des moeurs et de l'esprit de sa petite rpublique1--et qui se s\vi5dra avec t5dresse1 dans la ,lettre d',alemb]t1 d'avoir p>ticip1 enfant1 aux ftes civiques de sa ville4 ,c'e/ ce petit ,g5evois qui crira le ,contrat social4 ,notons encore1 *ez lui1 le rejeton d'un sang av5tureux4 ,sa mre1 jolie1 vive1 lettre et musici5ne1 trs ent\re1 semble avoir fait innocemm5t sc&ale dans la ville de ,calv94 ,son pre1 horlog] et matre de danse1 lg] et romanesque1 fut quelque temps 7de #agje #agaa7 horlog] du srail ,con/ant9ople4 ,un frre de ,jean-,jacques t\rna mal et disp>ut4 ,un de ses oncles tait all *]*] =tune en ,p]se4 ,il y a ensuite1 dans ,jean-,jacques1 un pauvre enfant trs draisonnablem5t lev1 passant des nuits lire des romans avec son pre1 n\rri de d',urf et de ,la ,calpr5de 7avec du ,plut>que1 il e/ vrai1 p>-dessus71 ab&onn p> son pre l'ge de huit ans1 et qui1 p>tir de dix ans1 ne fut plus lev du t\t et dev9t1 il le dit lui-mme1 plusieurs reprises1 un polisson1 un l>ron1 un p>fait vauri54 ,il y a aussi un enfant1 puis un adolesc5t1 puis un homme d'une s5sibilit extraord9aire1 et extraord9airem5t imag9ative1--cette s5sibilit qui le f]a se jet] dans les bras de ses amis en les arrosant de l>mes1 et m\ill] de pleurs t\t le devant de son gilet le j\r o lui v9t la premire ide de son ,disc\rs sur les ,sci5ces et les ,arts4 ,s5sibilit troitem5t jo9te un orgueil galem5t extraord9aire1 p> la consci5ce qu'il a de cette dlicatesse de nature et aussi de sa supriorit intellectuelle4 ,et1 p> un jeu naturel1 les blessures de sa s5sibilit exaspr5t son orgueil1 et son orgueil lui r5d plus d\l\reuses les blessures de sa s5sibilit4--,et c'e/ l'homme s5sible qui f]a du s5tim5t le fondem5t de la morale1 et qui crira la plus gr&e p>tie de la ,n\velle ,hlose et de l'mile4 ,c'e/ ju/em5t p> cette s5sibilit et cet orgueil que s'explique la plus mauvaise action de son adolesc5ce1 l'hi/oire du ruban4 ,c'e/ ,tur91 aprs la mort de cette madame de ,v]cellis dont il tait laquais-secrtaire4 ,dans le dsordre qui suit cette mort1 ,jean-,jacques vole un petit ruban c\leur de rose et arg5t1 dj vieux4 ,on le tr\ve1 on veut savoir o il l'a pris4 ,on l'int]roge devant la famille assemble4 ,il balbutie et dit enf9 que c'e/ la jeune cuis9ire ,m>ion qui lui a donn ce ruban4 ,on les confronte2 elle nie1 ,jean-,jacques p]si/e2 on les congdie t\s les deux4 ,j'ignore1 dit ,r\sseau1 ce que dev9t cette victime de ma calomnie2 mais il n'y a pas d'app>5ce qu'elle ait aprs cela tr\v facilem5t se plac]444 ,qui sait1 son ge1 o le dc\ragem5t de l'innoc5ce avilie a pu la port]8 7,et1 l-dessus1 libre n\s d'imag9] quelque hi/oriette en m>ge des ,confessions1 o n\s f]ons r5contr] p> ,jean-,jacques1 plus t>d1 dans quelque rue mal fame de ,p>is1 la petite ,m>ion dev5ue fille publique444 ,mais ce s]ait peut-tre un peu trop prvu1 et je ne l'crirai pas47 ,il re/e que l'acte abom9able de ,jean-,jacques e/ extrmem5t significatif du fond mme de sa nature1--s5sibilit1 imag9ation1 orgueil1--et cela1 p> l'explication mme qu'il en donne et qui me p>at1 ici1 t\te la vrit3 ,jamais la m*ancet ne fut plus lo9 de moi que dans ce cruel mom5t 7celui o il accusa faussem5t ,m>ion72 et1 lorsque je *>geai cette malheureuse fille1 il e/ biz>re1 mais il e/ vrai que mon amiti p\r elle en fut la cause4 ,elle tait prs5te ma p5se3 je m'excusai sur le premi] objet qui s'(frit et je l'accusai d'avoir fait ce que je v\lais faire et de m'avoir donn le ruban1 p>ce que mon int5tion tait de le lui donn]444 ,qu& je la vis p>atre ensuite1 mon coeur fut d*ir1 mais la prs5ce de tant de monde fut plus =te que mon rep5tir4 ,je ne craignais pas la punition3 je ne craignais que la honte1 mais je la craignais plus que la mort1 plus que le crime1 plus que t\t au monde4 ,j'aurais v\lu m'enfonc] dans le c5tre de la t]re3 l'inv9cible honte l'emporta sur t\t2 la honte seule fit mon impud5ce1 et plus je dev5ais crim9el1 plus l'effroi d'en conv5ir me r5dait intrpide4 ,je ne voyais que l'horreur d'tre reconnu1 dcl> publiquem5t1 moi prs5t1 voleur1 m5teur1 calomniateur4 ,un tr\ble univ]sel m'tait t\t autre s5tim5t4 7,quelques difficults subsi/5t sur cette anecdote4 ,il s'agit d'un petit ruban et vieux1 qui p> consqu5t p\vait valoir quelques sols4 ,le comte de la ,roque1 neveu de madame de ,v]cellis1 atta*a si peu d'importance l'hi/oire que1 quelques sema9es aprs1 il procura ,jean-,jacques une place excell5te444 ,jean-,jacques aurait-il dramatis8 ,c'e/ ennuyeux1 avec lui on ne sait jamais4 ,ce qui e/ sr1 c'e/ qu'il mne un t]rible rep5tir444 ,il assure que le dsir de se s\lag] p> cet aveu a beauc\p contribu la rsolution qu'il a prise d'crire ses confessions2 et1 dans un premi] manuscrit de ces mmes ,confessions1 il va jusqu' dire qu'il considre la calomnie de ,david ,hume sur son compte1 tr5te ans aprs1 comme le *tim5t direct du m5songe qu'il fit lui-mme contre la pauvre ,m>ion47 ,corollairem5t cette s5sibilit et cet orgueil1 il y a dans ,jean-,jacques un pr(ond am\r de la solitude1 de la rv]ie p>esseuse1 de l'indp5dance et1 p> suite1 de la vie errante et1 tran*ons le mot1 du vagabondage4 ,le vagabondage e/ *ez lui une passion4 ,il aime vivre au has>d4 ,appr5ti greffi]1 graveur1 laquais1 valet de *ambre1 sm9>i/e1 employ au cada/re1 matre de musique1 on peut dire que1 dans les longs int]valles de ces div]ses occupations1 il r$evi5t volontairem5t1 et autant qu'il peut1 un errant1 un *em9eau4 ,c'e/ son gt dom9ant4 ,qu& il s'enfuit de ,g5ve1 seize ans3 ,l'indp5dance que je croyais avoir acquise1 crit-il1 tait le seul s5tim5t qui m'affectait4 ,j'entrais avec srnit dans le va/e monde4 ,ailleurs il dit que ce qu'il aime dans ses c\rses solitaires1 c'e/ la vue de la campagne1 la lib]t du cab>et1 l'loignem5t de t\t ce qui lui fait s5tir sa dp5dance4 ,c'e/ aussi la p>esse et la rv]ie4 ,il gte tellem5t cette vie-l que1 p\vant espr]1 p> l'abb de ,g\von1 une situation honorable dans la c>rire des ambassades 7et il n'a pas dix-huit ans71 il l*e t\t p\r suivre une espce de voy\ g5evois1 nomm ,bascle1 dont il s'e/ pris1 et avec qui il c\rt le pays en montrant une ma*9e de physique amusante4 7,notons ici un autre trait de c>actre3 sa facilit s'eng\]4 ,il s'pr5d de ,bascle1 comme il s'pr5dra de ,v5ture1 le musici5 bohme1 comme il s'pr5dra d'abord de ,did]ot1 de ,grimm et de tant d'autres4 ,il a un gr& beso9 d'aim] et une crdulit qui le font se jet] la tte des g5s2 et ce premi] m\vem5t de s5sibilit confiante e/ peu peu suivi de s5sibilit dfiante2 c> il tr\ve bi5tt *acune de ses idoles infrieure l'ide que son imag9ation s'en tait =me2 ou bi5 son orgueil cra9t trs vite que l'idole ne lui r5de pas son affection ou mme ne se moque de lui47 ,repr5ons4 ,c'e/ cette vie errante dans un des plus beaux pays du monde1 c'e/ cette vie rveuse et inquite que ,r\sseau doit son intellig5ce et son am\r de la nature1 et d'avoir inv5t1 ou peu s'en faut1 la posie romantique4 ,ses ,confessions sont ple9es de s\v5irs *>mants de paysages1 et en outre1 au comm5cem5t du livre ,,ii1 il p>le dj comme p>l]a ,r53 444 ,j'tais inquiet1 di/rait1 rveur2 je pleurais1 je s\pirais1 je dsirais un bonheur dont je n'avais pas d'ide1 et dont je s5tais p\rtant la privation444 ,c'e/ ce *em9eau qui crira les paysages et les morceaux lyriques de la ,n\velle ,hlose1 et les ,rv]ies d'un prom5eur solitaire4 ,ce que ,jean-,jacques doit encore ses annes de bohme1 c'e/ d'avoir vu de t\t prs les vies humbles ou mode/es1--et aussi 7c> il a t deux fois laquais dans de gr&es maisons7 d'avoir connu et obs]v les vies brillantes dans des conditions qui ont dpos en lui une am]tume dont il f]a plus t>d de l'loqu5ce4 ,sur cette s\ffrance intime1 il s'arrte peu1 sans d\te p>ce que ces s\v5irs lui sont p>ticulirem5t pnibles1 plus pnibles encore1 sans d\te1 que le s\v5ir de ses actions honteuses3 mais on dev9e ce que ce g>on orgueilleux et d'un si beau gnie1 d'ailleurs de naissance libre1 petit-fils de libraires et de pa/eurs1 a d ress5tir s\s la livre1 mme qu& on le disp5sait d'y port] l'aiguillette et que cette livre faisait peu prs un habit b\rgeois4 ,mais il a beau v\loir se taire l-dessus1 c]ta9s traits qui lui *app5t rvl5t sa rancoeur3 444,sur la f91 dit-il1 madame de ,v]cellis ne me p>lait plus que p\r son s]vice4 ,elle me jugea mo9s sur ce que j'tais que sur ce qu'elle m'avait fait1 et =ce de ne voir en moi qu'un laquais1 elle m'emp*a de lui p>atre autre *ose444 ,je crois que j'pr\vai ds lors ce jeu mal9 des intrts ca*s qui m'a trav]s t\te ma vie et qui m'a donn une av]sion naturelle p\r l'ordre app>5t qui le produit4 7,cela1 p>ce que1 comme il le dit plus lo91 il y avait tant d'empresss aut\r de madame de ,v]cellis pro*e de sa f91 qu'il tait difficile qu'elle et du temps p\r p5s] lui ,jean-,jacques47 ,a9si il en veut t\te la socit que madame de ,v]cellis ne l'ait pas di/+u davantage4--,a9si encore1 *ez les ,g\von-,sol>1 lorsque1 s]vant table et int]rog p> le vieux comte1 il explique la devise des ,sol> 7,tel fi]t qui ne tue pas71 et recueille l'admiration de la compagnie3 ,ce mom5t fut c\rt1 mais dlicieux t\s g>ds4 ,ce fut un de ces mom5ts trop r>es qui replac5t les *oses dans leur ordre naturel et v5g5t le mrite avili des outrages de la =tune4 ,et je rappelle aussi son cri1 lorsqu'il entre *ez le comte de ,g\von3 ,encore laquais6 ,et il app>at que1 si c'e/ le vagabond qui crira l'admirable ,c9quime ,rv]ie1 c'e/ beauc\p l'anci5 laquais qui crira le ,disc\rs sur l'9galit et qui fond]a sur l'galit la ?orie du ,contrat social4 ,p> l-dessus1 ou1 p\r mieux dire1 s\s t\t cela1 il y a un malade4 ,il faut1 ici1 que j'insi/e et que je prcise4 ,la pa?ologie d'un ,bossuet ou d'un ,rac9e a peu voir avec leurs s]mons ou leurs tragdies3 mais la pa?ologie de ,jean-,jacques1 c'e/ presque t\t ,jean-,jacques4 7,son oeuvre elle-mme app>at dans la littrature comme une ruption morbide47 ,je naquis1 dit ,jean-,jacques1 infirme et malade444 ,je suis n presque m\rant444 ,j'apportais le g]me d'une incommodit que les ans ont r5=ce4 ,cette maladie congnitale tait une rt5tion d'ur9e1 dont il s\ffrit t\te sa vie et qui s'aggrava aprs tr5te ans4 ,aj\tez une autre infirmit1 que je ne sais comm5t df9ir1 et que v\s dev9]ez p> cet aveu qui se rapporte au temps o ,jean-,jacques allait de l',ermitage ,eaubonne voir madame d',h\detot3 ,je rvais en m>*ant celle que j'allais voir1 l'accueil c>essant qu'elle me f]ait1 au bais] qui m'att5dait mon arrive444 ,ce seul bais]444 avant mme de le recevoir1 m'embrasait le sang444 ,j'tais oblig de m'arrt]1 de m'asseoir444 ,de quelque faon que je m'y sois pu pr5dre1 je ne crois pas qu'il me soit jamais arriv de faire seul ce trajet impunm5t4 ,aj\tez encore un mal biz>re qui le prit un j\r aux ,*>mettes1 et qu'il dcrit a9si3 ,un mat9 que je n'tais pas plus mal qu' l'ord9aire1 en dressant une petite table sur son pi$1 je s5tis dans t\t mon corps une rvolution subite444 ,mes artres se mir5t battre d'une si gr&e =ce1 que non seulem5t je s5tais leur battem5t1 mais que je l'ent5dais mme1 et surt\t celui des c>otides4 ,un gr& bruit d'oreilles se joignit cela2 et ce bruit tait triple ou plutt quadruple1 savoir3 un b\rdonnem5t grave et s\rd1 un murmure plus clair comme d'une eau c\rante1 un sifflem5t trs aigu1 et le battem5t que je vi5s de dire444 ,ce bruit tait si gr&1 qu'il m'ta la f9esse d'oue que j'avais aup>avant1 et me r5dit1 non t\t fait s\rd1 mais dur d'oreille1 comme je le suis depuis ce temps-l4 7,livre ,v des ,confessions7 ,il dit que1 depuis tr5te ans jusqu'au mom5t o il crit1 ses battem5ts d'artres et ses b\rdonnem5ts ne l'ont pas quitt une m9ute4 ,il y revi5t au livre ,,vi1 o il p>le aussi de vapeurs1 des pleurs qu'il v]sait s\v5t sans raison de pleur]1 de ses frayeurs vives au bruit d'une feuille ou d'un oiseau4 ,je passe ses autres maux3 coliques nphrtiques 7croit-il7 p>tir de #agej1 esqu9ancies frqu5tes1 h]nie qu>ante-c9q ans1 etc4 7sans compt] un accid5t de laboratoire qui1 aux ,*>mettes le r5dit aveugle1 dit-il1 p5dant six sema9es74 ,en somme1 et p\r ne ret5ir que ses maux durables3 rt5tion d'ur9e 7soit p> vice de con=mation1 soit p> m\vem5ts spasmodiques71 neura/hnie pr(onde1 artrio-sclrose1 voil son lot4 ,il e/ ais de voir la rp]cussion de ces misres physiques sur son tre moral4 ,d'abord sa neura/hnie n\s f\rnit l'explication la plus indulg5te des m5us vols de son enfance et de sa jeunesse1 et aussi de c]ta9s actes d'impud5ce et de hbl]ie1 comme lorsque1 ,lausanne1 il compose et donne un conc]t sans savoir la musique1 ou lorsque1 p5dant son voyage de ,montpelli]1 il se fait pass] p\r un ,anglais jacobite sans savoir un mot d'anglais4 ,sa neura/hnie p]met de sub/itu] aux mots dsobligeants de m5teur et de voleur ceux de simulateur et de cleptomane4 ,puis1 il se peut que la premire de ses infirmits ait contribu son gt de la solitude et notamm5t de la prom5ade pi$1 et de la prom5ade solitaire1 et de la prom5ade dans la campagne et dans les bois1 o l'on n'e/ gn p> p]sonne1 o l'on peut s'arrt] qu& on veut4 ,il n\s dira lui-mme qu'aprs le succs du ,dev9 du ,village1 ce fut cette infirmit1 plus que sa fi]t d'homme libre1 qui l'emp*a de dem&] une audi5ce au roi4 ,mais surt\t ses maux physiques ont pr(ondm5t agi sur sa s5sibilit1 sur sa vie passionnelle1 et p> consqu5t sur ses livres eux-mmes4 ,la vie passionnelle de ,jean-,jacques e/ bi5 curieuse et bi5 tri/e4 ,sa s5sualit s'veille dix ans1 s\s la fesse qu'il reoit de mademoiselle ,lamb]ci] 7une fille de tr5te ans74 ,je ne puis dcidm5t desc5dre dans les dtails et dans ce qu'il appelle le labyr9! obscur et fangeux de ses confessions4 ,mais il faut p\rtant indiqu] ce qui e/4 ,il a une enfance et une adolesc5ce vicieuses3 les jeux avec mademoiselle ,go?on1 ses dte/ables habitudes1 ses extravagances exhibitionni/es ,tur91 dans les alles sombres et prs de ce puits o les jeunes filles vi5n5t *]*] de l'eau4 ,et avec cela1 corrompu et d'une dpravation maladive1 il g>de jusqu' v+t-deux ans ce que j'appell]ai son innoc5ce4 ,p\rquoi8 ,p> une timidit qui e/ videmm5t un effet de son tat pa?ologique4 ,c'e/ p\r cela qu' v+t-deux ans1 la fois vicieux et intact1 il arrive aux bras de madame de ,w>5s p\r y connatre l'am\r dans des conditions qu'il n'e/ gure possible de ne pas qualifi] de d%onorantes4 ,c'e/ p\r cela aussi que1 madame de ,w>5s et ,?rse mises "p1 ,jean-,jacques n'a eu de sa vie d'autre av5ture d'am\r que sa r5contre avec madame de ,l>nage1 laquelle1 il e/ vrai1 y mit beauc\p du si51 c> il crut d'abord qu'elle v\lait se moqu] de lui4 7,le pauvre ,jean-,jacques raconte cette unique av5ture avec orgueil1 et il aj\te3 ,je puis dire que je dois madame de ,l>nage de ne pas m\rir sans avoir connu le plaisir47--,et c'e/ p\r cela encore que1 plus t>d1 il se condamn]a ,?rse4 ,et ces *oses en expliqu5t d'autres1 soit dans la ,n\velle ,hlose1 soit mme dans l'mile4 7,je n'oublie pas d'ailleurs qu' cette timidit n\s devons la grce de son idylle *ez madame ,basile1 la petite m>*&e itali5ne47 ,j'ai nomm plusieurs fois madame de ,w>5s4 ,elle e/ assez s+ulire p\r qu'on dt s'arrt] sur elle4 ,mais v\s la connaissez4 ,je n'ai pas v\s rappel] sa naissance prote/ante1 son m>iage1 sa fuite de ,vevey1 la suite d'on ne sait trop quel incid5t dome/ique1 son rec\rs au roi de ,s>daigne1 s\s les auspices de qui elle se conv]tit au ca?olicisme et qui lui fait une p5sion de deux mille francs4 ,elle travaillait elle-mme dans les conv]sions 7comme on le voit p> sa premire r5contre avec ,jean-,jacques71 quoique son ca?olicisme fut extrmem5t latitud9aire4 ,elle tait d'une activit br\illonne1 s'occupait de ph>macie et de *imie1 dsordonne1 *imrique1 crdule aux av5turi]s et aux inv5teurs1 et t\j\rs dans les entreprises4--,en am\r1 un vieux monsieur lui avait appris dans sa jeunesse que l'acte e/ *ose indiffr5te en soi1 et elle l'avait cru4 ,elle se donnait ses amis p\r leur faire plaisir et p\r se les atta*]1 et elle n'tait pas reg>dante sur leur condition sociale4 ,elle se disait1 avec cela1 de tempram5t froid4 ,bref1 elle tait en am\r un homme1--un peu comme notre ,george ,s&1 mais mo9s dcemm5t3 c> madame de ,w>5s ne r$\tait pas d'tre indulg5te plusieurs la fois4 ,r\sseau l'a aime pr(ondm5t2 mais la nature de cette affection e/ bi5 m>que p> les noms qu'ils se donnai5t3 maman et petit4 ,la premire fois qu'il la voit1 elle a v+t-huit ans1 il en a seize4 ,c'e/ un petit vagabond totalem5t ab&onn1 trs timide4 ,elle e/ la premire femme lgante et belle1 et ri*e 7 ses yeux7 qu'il ait r5contre4 ,et t\t de suite elle e/ bonne p\r lui1 et d'une bont simple et mat]nelle4 ,elle tire ce petit malheureux du g\ffre4 ,son premi] s5tim5t p\r elle1 et qui dur]a longtemps1--c'e/ l'adoration4 ,il faut relire le rcit de leur premire r5contre1 c> cela e/ dlicieux3 ,c'tait un passage d]rire sa maison444 ,prte entr] dans l'glise1 madame de ,w>5s se ret\rne ma voix4 ,que dev9s-je cette vue6 ,je me figurais une vieille dvote bi5 r*igne2 la bonne dame de ,m4 de ,pontv]re ne p\vait tre autre *ose mon avis4 ,je vois un visage ptri de grces1 de beaux yeux bleus ple9s de d\ceur1 un te9t bl\issant1 le cont\r d'une gorge en*ant]esse4 ,ri5 n'*appa au rapide c\p d'oeil du jeune proslyte2 c> je dev9s l'in/ant le si51 sr qu'une religion pr*e p> de tels missionnaires ne p\vait manqu] de m5] au p>adis4 ,elle pr5d en s\riant la lettre que je lui prs5te d'une ma9 tremblante1 l'ouvre1 jette un c\p d'oeil sur celle de ,m4 de ,pontv]re1 revi5t la mi5ne1 qu'elle lit t\t entire1 et qu'elle et relue encore si son laquais ne l'et av]tie qu'il tait temps d'entr]4 ,eh6 mon enfant1 me dit-elle d'un ton qui me fit tressaillir1 v\s voil c\rant le pays bi5 jeune1 c'e/ dommage en vrit4 ,puis1 sans att5dre ma rponse1 elle aj\ta3 ,allez *ez moi m'att5dre2 dites qu'on v\s donne djeun]2 aprs la messe1 j'irai caus] avec v\s4 ,et un peu plus lo93 ,elle avait de ces beauts qui se cons]v5t1 p>ce qu'elles sont plus dans la physionomie que dans les traits2 aussi la si5ne tait-elle encore dans t\t son premi] clat4 ,elle avait un air c>essant et t5dre1 un reg>d trs d\x1 un s\rire anglique1 une b\*e la mesure de la mi5ne 7,jean-,jacques avait la b\*e petite71 des *eveux c5drs d'une beaut peu commune1 et auxquels elle donnait un t\r nglig qui la r5dait trs piquante4 ,et les lignes qui suiv5t n\s font compr5dre qu'elle tait b\lotte4 ,les pages o ,jean-,jacques n\s raconte que madame de ,w>5s lui propose de se donn] lui p\r le sauv] des prils de son ge 7il avait v+t-deux ans et elle tr5te-quatre7 et qu'elle lui explique cela gravem5t et posm5t1 et qu'elle lui laisse huit j\rs p\r rpondre1 et qu'il accepte sans gr& plaisir et surt\t p> reconnaissance1 en cont9uant d'appel] sa matresse maman1 et qu'il dc\vre un j\r qu'il a le j>d9i] ,claude ,anet p\r collaborateur1 et qu'il l'admet sans rsi/ance1 et que madame de ,w>5s les bnit t\s deux1 et que ,jean-,jacques re/e ple9 de respect p\r ,claude ,anet2 ces pages o il ne cesse de p>l] de v]tu1 ces pages qui sembl5t une c>icature anticipe et viol5te de l'hi/oire1 beauc\p plus conv5able1 de ,s& entre ,musset et ,pagello1 n\s p>aiss5t auj\rd'hui d'un norme comique4 ,et sans d\te1 dans t\t cela1 ,r\sseau n'e/ qu' demi responsable 7n\s rem>quons s\v5t *ez lui une trange passivit71 et sans d\te le rcit de la vie aux ,*>mettes1 o s'e/ =m son esprit1 e/ d'une neuve et fran*e saveur2 et je sais bi5 que ,r\sseau essaye div]ses reprises de gagn] son pa92 que1 lorsqu'il a t\* son petit patrimo9e1 il en fait "p son amie1 et que1 son troisime ou quatrime ret\r1 qu& il tr\ve sa place prise p> le p]ruqui]1 madame de ,w>5s lui proposant +num5t un n\veau mnage trois 7,elle me dit que je n'y p]drais ri57 il n'accepte pas ce p>tage2 et je n'oublie pas enf91 que1 quelques annes aprs1 qu& la pauvre femme e/ totalem5t d*ue1 il lui envoie de ,p>is un peu d'arg5t3 il n'en re/e pas mo9s que le g>on a vcu1 peu prs dix ans1 presque uniquem5t de madame de ,w>5s1 qu'il tait trop son oblig p\r p\voir ni se refus] elle1 ni exig] au mo9s d'elle la fidlit2 qu'a9si son premi] am\r ne fut ni libre1 ni fi]1 ni ds9tress1 du mo9s dans les app>5ces2--et que cela eut1 sur sa conception de l'am\r1 des consqu5ces que n\s not]ons dans ses ouvrages4 ,enf91--et p\r a*ev] l'numration de t\s les hommes qu'il porte en lui1--s'il y a *ez ,jean-,jacques un prote/ant n1 il ne faut pas oubli] qu'il y a aussi un ca?olique4 ,il se conv]tit au ca?olicisme1--encore presque enfant1 il e/ vrai1--p\r obir la belle dame d',annecy et p\r sortir de la misre4 ,peut-tre exagre-t-il aprs c\p 7mais je n'en sais ri57 ses scrupules et ses hsitations au mom5t de quitt] sa religion natale4 ,peut-tre aussi1 propos de l'hi/oire de l'abom9able ,maure1--crivant tr5te-c9q ans de di/ance1--exagre-t-il1 p> un ret\r d'antipapisme1 le cynisme de l'adm9i/rateur de l'hospice des ,cat*umnes1 et surt\t l'trange placidit de l'ecclsia/ique qui se tr\ve l4 ,mais aprs t\t je n'en sais ri54 ,ce qui m'tonne le plus1 c'e/ que1 une fois conv]ti1 on le mette dehors avec v+t francs dans la ma9 et sans plus s'occup] de lui4 ,c> quel intrt avait le cl]g faire des conv]tis1 si ce n'tait p\r se faire des cratures et1 p> consqu5t1 les suivre et les aid]8 ,il e/ vrai que les plus pieuses in/itutions peuv5t dev5ir purem5t mcaniques et dgnr] jusqu' oubli] leur objet4 ,mais1 quoi qu'il en soit de t\t cela1 une *ose e/ sre3 c'e/ que ,jean-,jacques a t ca?olique p5dant v+t-six ans 7de #agbh #aged71 et qu'il a vcu1 les dix premires annes1 dans une atmosphre purem5t ca?olique4 ,il passe deux mois environ au gr& sm9aire d',annecy p\r tre prtre4 ,a ,annecy1 ,*ambry1 aux ,*>mettes1 il pratique sa n\velle religion4 ,il y connat des prtres ou des religieux1 qu'il dcl>e avoir t excell5ts p\r lui4 ,aprs l'accid5t de laboratoire qui faillit lui cot] les yeux1 il crit son te/am5t avec t\s les t]mes et =mules de la pit ca?olique1 et il fait de petits legs des religieuses1 des capuc9s1 d'autres mo9es4 ,lorsque madame de ,w>5s entrepr5d de faire batifi] ,m4 de ,b]nex1 l'anci5 vque d',annecy1 ,jean-,jacques atte/e p> crit un miracle de ce bon vque 7il s'agit d'un inc5die te9t p> les prires de l'vque et de madame de ,w>5s67--,alors s9crem5t ca?olique1 dit ,jean-,jacques1 j'tais de bonne foi4 ,il comm5ce a9si le rcit d'une prom5ade avec maman3 ,n\s "pmes ensemble et seuls de bon mat91 aprs la messe qu'un c>me tait v5u n\s dire dans une *apelle att5ante la maison4 ,il crit dans le mme livre ,,vi3 ,les crits de ,port-,royal et de l',oratoire1 tant ceux que je lisais le plus frquemm5t1 m'avai5t r5du demi-jansni/e4 ,il avait la t]reur de l'enf]3 ,mais mon confesseur qui tait aussi celui de maman1 contribua me ma9t5ir dans une bonne assiette4 ,et1 p>lant du ,pre ,hmet et du ,pre ,coppi]3 ,leurs visites me faisai5t gr& bi53 que ,dieu veuille le r5dre leurs mes6 ,enf91 n\s v]rons que ,jean-,jacques1 de son propre aveu1 n'eut jamais se pla9dre du cl]g ca?olique 7le m&em5t contre l'mile except71 mais qu'il eut =t se pla9dre des m9i/res prote/ants4 ,t\t ce que je veux dire ici1 c'e/ que1 *ez lui1 l'empre9te ca?olique e/ sup]pose l'empre9te prote/ante2 que sa s5sibilit mme e/ plutt ca?olique4 ,n\s expliqu]ons cela en son lieu3 mais p\rquoi ne dirai-je pas ds ma9t5ant qu'il y a1 dans sa facilit se confess]1 et se confess] d'une c]ta9e manire1 et l'espce de plaisir qu'il y pr5d1 quelque *ose au mo9s comme la dpravation d'une s5sibilit ca?olique1--disposition qui n'e/ pas r>e1 dit-on1 *ez c]ta9es pnit5tes qui la confession auriculaire p]met de gt] une seconde fois leur p*1 jusque dans la honte de l'aveu8 99 99 99 99 99 ,tel e/ l'homme1--oh6 avec de la c&eur1 de la bont1 et mme dj des vellxs de r=me morale1--et aussi avec cette s+ulire attnuation que c'e/ p> lui seul que n\s savons ses hontes1--mais enf9 tel e/ l'homme1 enfant et adolesc5t vicieux1 vagabond indiscipl91--p>esseux1 faible et *imrique1--m5teur et l>ron1 la d]nire fois voleur de v9 v+t-huit ans1 *ez ,m4 de ,mably1--prote/ant compliqu d'un ca?olique1--transfuge excusable1 mais transfuge de sa patrie et de sa religion1--longtemps amant tolrant d'une femme excell5te et dconsidre dont il e/ l'oblig--d'ailleurs pr(ondm5t malade1 p]du de nvrose1 c&idat la folie1--tel e/ l'homme qui1 v+t-neuf ans1 s'en va *]*] =tune ,p>is et qui1 quelques annes plus t>d1 entrepr5dra la r=me de la socit et s'tablira pr(esseur de v]tu4 ,,deuxi,,me ,,conf,,r5ce ,,r\sseau ,,p>is4--,,?,r,,se4 ,j'ai dcrit l'trange g>on1 ple9 de biz>r]ies1 de s\illures et d'orgueil1 qui v+t-neuf ans vi5t ,p>is1 p\r y *]*] simplem5t =tune 7dans la musique ou dans les lettres71 en att5dant qu'il s'tablisse1 huit ans plus t>d1 r=mateur des moeurs et pr(esseur de v]tu4 ,mais il faut bi5 dire que1 p5dant ces huit annes1 il n'y songe pas du t\t4 ,quel tait ce monde des lettres o le vagabond de ,g5ve1 des bords du lac ,lman1 de la ,savoie1 du ,pimont et de ,tur91 le rveur des ,*>mettes et l'amant de madame de ,w>5s allait entr]8--,si l'on met "p le seigneur de ,f]ney1 et ,montesquieu et ,buffon1 g5til%ommes un peu ddaigneux qui1 la plup>t du temps1 travaillai5t enf]ms dans leur retraite1--ce monde-l1 c'tait alors une v+ta9e d'criva9s qui se r5contrai5t dans trois ou quatre cafs et qui tai5t famili]s *ez une d\za9e1 au plus1 soit de f]mi]s gnraux1 soit de gr&s seigneurs et de gr&es dames1 de ceux et de celles qui se piquai5t de lib]t d'esprit1 et qui se plaisai5t protg] les g5s de lettres p>ce qu'ils les tr\vai5t amusants1 et aussi p> un s5tim5t assez pro*e de ce que n\s appelons auj\rd'hui le snobisme4 ,ce qui e/ sr1 c'e/ qu'un criva9 de ce temps-l1 qui v\lait arriv]1 tait condamn aux relations ari/ocratiques4 ,le futur auteur du ,disc\rs sur l'9galit et du ,contrat social n'*appe po9t cette obligation1 et d'ailleurs ne *]*e po9t y *app]4 ,et p\rtant1 nul n'e/ mo9s fait que lui p\r cette vie de salon1 de conv]sation1 et de plaisirs la fois raff9s et futiles4--,il tait plbi5 de gts et d'esprit1 rellem5t ami de la simplicit1 d'ailleurs extrmem5t timide4 ,il n\s p>le des bal\rdises qu'il fait dans les premi]s dn]s lgants o il e/ admis4 ,il n\s rpte satit1 dans c9quante passages de ses ,confessions et de ses lettres 7ce qui pr\ve peut-tre qu'au fond il en s\ffrait7 qu'il e/ timide et gau*e1 qu'il manque de conv]sation et d'-propos1 et que1 p\r p>l] qu& mme1 il dit s\v5t des sottises444 ,mais1 d'autre "p1 il a une figure intressante1 des yeux d'un clat extraord9aire2 et de temps en temps1 qu& les *oses le t\*5t1 il lui arrive d'tre loqu5t p5dant quelques m9utes1 avec un ef=t qui donne alors plus d'acc5t sa p>ole4 ,on le considre avec curiosit4 ,et lui1 qui s'en ap]oit1 il s'y prte1 et1 s5tant qu'il ne s]a jamais comme les autres1 un causeur t\rdissant comme ,did]ot ou f9 et froid comme ,grimm ou d'une brusqu]ie sav\reuse comme ,duclos1 il se rs\dra p>atre de plus en plus s+uli] et "p1 c> cela aussi e/ un succs4 ,mais avec cela1 je le rpte1 jusqu'en #agdi1 ses ambitions sont purem5t musicales et littraires4 ,j'arrivai1 dit-il1 ,p>is dans l'automne de #agda1 avec qu9ze l\is d'arg5t comptant1 ma comdie de ,n>cisse1 et mon projet de musique p\r t\te ress\rce4 ,ce projet de musique e/ un n\veau sy/me de notation p> les *iffres 7le mme sy/me1 je crois1 qui a t repris et p]fectionn p> ,gal9-,p>is-,*ev1 et recomm& ma9tes fois p> ,francisque ,s>cey74--,il lit son projet1 le #bb aot #agdb1 l',acadmie des sci5ces1 sans succs4 ,il semble port] assez bi5 cette dception2 et1 comme il manque un peu de ressort1 il p>tage son temps entre la lecture et le jeu d'*ecs4 ,mais les p]sonnes auxquelles il tait recomm&1 et aussi ses visites aux acadmici5s1 lui ont fait faire des connaissances4--,au re/e il dit lui-mme3 ,un jeune homme qui arrive ,p>is avec une figure passable et qui s'annonce p> des tal5ts e/ t\j\rs sr d'tre accueilli4 7,c'e/ auj\rd'hui un peu *ang47 ,donc il r5contre et frqu5te ,font5elle1 ,mably1 ,m>ivaux1 ,b]nis1 l'abb de ,sa9t-,pi]re1 ,did]ot et1 un peu plus t>d1 ,grimm4 ,peu aprs l'*ec de son mmoire sur la musique1 comme il att5dait tranquillem5t la f9 de son arg5t1 un jsuite1 le ,pre ,ca/el lui dit un j\r3 ,je suis f* de v\s voir v\s consum] a9si sans ri5 faire4 ,puisque les musici5s1 puisque les savants ne *ant5t pas votre unisson1 *angez de corde et voyez les femmes4 ,v\s russirez peut-tre mieux de ce ct-l4 ,a9si p>la ce jsuite4 ,c'e/ lui que ,jean-,jacques dut la connaissance de madame de ,beuz5val1 de madame ,dup91 de ,m4 de ,francueil et1 p> celui-ci1 de madame d'p9ay et de madame d',h\detot4 ,jean-,jacques suit avec ,m4 de ,francueil un c\rs de *imie4 ,il tombe dang]eusem5t malade et1 dans le transport de sa fivre1 compose des *ants et des *oeurs4 ,ces ides lui revi5n5t dans sa convalesc5ce2 il mdite un plan et comm5ce l'opra des ,muses galantes4 ,n\s voil bi5 lo9 encore du ,disc\rs sur l'9galit4 ,naturellem5t il devi5t am\reux1--sans nul dang] p\r elle1--de madame ,dup9 7l'aeule de ,george ,s&74 ,c> il ne peut voir une gr&e dame sans en tomb] am\reux et sans btir l-dessus des projets4 ,il y a dans ,jean-,jacques comme un ,juli5 ,sorel sans volont 7ce qui1 vrai dire fait une diffr5ce notable47 ,il crit3 ,elle me p]mit de la v5ir voir4 ,j'usai1 j'abusai de la p]mission4 ,j'y allais presque t\s les j\rs1 j'y dnais deux ou trois fois la sema9e1 je m\rais d'envie de lui p>l]1 je n'osai jamais4 ,plusieurs raisons r5=ai5t ma timidit naturelle4 ,l'entre d'une maison opul5te tait une porte ouv]te la =tune2 je ne v\lais pas risqu] de me la f]m]444 ,madame ,dup9 aimait avoir t\s les g5s qui jetai5t de l'clat1 les gr&s1 les g5s de lettres1 les belles femmes4 ,on ne voyait *ez elle que ducs1 ambassadeurs1 cordons bleus4 ,madame la pr9cesse de ,rohan1 madame la comtesse de ,=calqui]1 madame de ,mirepoix1 madame de ,brignol2 milady ,h]vey1 p\vai5t pass] p\r ses amies4 ,monsieur de ,font5elle1 l'abb de ,sa9t-,pi]re1 l'abb ,solli]1 monsieur de ,f\rmont1 monsieur de ,b]nis1 monsieur de ,buffon1 monsieur de ,voltaire tai5t de son c]cle et de ses dn]s444 ,voil donc ,r\sseau dans le plus gr& monde1 et1 s'il faut le dire1 dans le plus voluptueux et le plus corrompu1 et qui s'y tr\ve =t bi54 ,oui1 n\s sommes lo9 de ,jean-,jacques citoy5 de ,g5ve et philosophe selon la nature4 ,cep5dant1 ces dames s'occup5t de lui1 lui *]*5t une situation4 ,v]s avril ou mai #agdc1 il va rejo9dre1 en qualit de secrtaire1 ,m4 de ,montaigu1 ambassadeur de ,france ,v5ise4 ,il y passe dix-huit mois4 ,jean-,jacques s't5d avec complaisance sur cette priode de sa vie4 ,a la vrit1 il ne dit pas un mot de la beaut de ,v5ise1 tant clbre depuis un sicle p> les criva9s1 et avec des mots si pms6 ,sba/i5 ,mam]ot1 prtre natif de ,soissons1 crivait en #aded1 dans les ,passages d'outre m] faits p> les ,franais1 livre publi en #aeah3 ,v5ise e/ une belle cit gr&e comme la moiti de ,p>is1 assise sur la m]1 t\t environne d'eau qui c\rt la plup>t des rues de la ville2 et vont les petits galiots et bateaux p>mi les dites rues2 et il y a des ponts1 tant gr&s que petits1 tant de bois que de pi]re1 environ de d\ze qu9ze c5ts4 ,et c'e/ la ville la plus peuple qu'on puisse gure voir1 c> on n'y voit po9t de j>d9s ni de places vides444 ,et il y a les plus belles b\tiques de t\tes m>*&ises qu'on puisse gure tr\v]1 et la plup>t des mti]s sont faiseurs de soie et de vel\rs4 ,et il y a quantit de belles maisons qu'on appelle palais2444 et *aque seigneur a sa b>que p\r all] o il veut4 ,et dit-on qu'il y a plus de bateaux ,v5ise qu'il n'y a de *evaux ni de mulets ,p>is4 ,et il y a au corps de la ville environ c5t v+t glises1 etc4 ,et ,sba/i5 ,mam]ot dcrit ensuite s*em5t et m9utieusem5t les mosaques de ,sa9t-,m>c4 ,or1 ,jean-,jacques1 l'aeul des romantiques dont ,*ateaubri& e/ le pre1 ne n\s en dit pas mme autant4 ,ju/em5t p>ce qu'il e/1 comme descriptif1 un prcurseur1 il ne s'atta*e encore qu'aux objets simples3 lacs1 =ts1 montagnes modres1 et n'a pas eu le temps de raff9] et de r5*rir4 ,il ne faut pas oubli] d'ailleurs que ,v5ise1 au milieu du ,x,v,i,i,ie sicle tait une ville extrmem5t vivante1 que ses palais tai5t neufs ou nettoys et ne m5aai5t pas ru9e1 et qu'elle n'avait donc pas alors ce *>me de l'agonie et de la dliquesc5ce1 sur lequel n\s avons appris n\s excit]4 ,mais1 surt\t1 au mom5t o il n\s p>le de son sj\r ,v5ise1 ,jean-,jacques e/ trop rempli du s\v5ir des fonctions qu'il y ex]ait1 p\r se s\ci] de ,sa9t-,m>c1 du pont des ,s\pirs1 des canaux et des gondoles4 ,visiblem5t1 il e/ fi] d'avoir t secrtaire d'ambassade 7c> il en faisait les fonctions71 d'avoir un j\r occup un po/e honorable1 (ficiel1 dans la socit rgulire4 c\tez le ton1 l'acc5t3 ,il tait temps que je fusse une fois ce que le ciel1 qui m'avait d\ d'un heureux naturel1 ce que l'ducation que j'avais reu de la meilleure des femmes 7madame de ,w>5s avait peut-tre t quelque peu ag5t diplomatique secret du roi de ,s>daigne71 ce que celle que je m'tais donn moi-mme m'avait fait tre1 et je le fus4 ,livr moi seul1 sans amis1 sans conseils1 sans expri5ce1 en pays trang]1 s]vant une nation trangre1 au milieu d'une f\le de fripons qui1 p\r leur intrt et p\r c>t] le sc&ale du bon exemple1 me t5tai5t de les imit]3 lo9 d'en ri5 faire1 je s]vis bi5 la ,france1 qui je ne devais ri51 et mieux l'ambassadeur1 comme il tait ju/e1 en t\t ce qui dp5dait de moi4 ,irrpro*able dans un po/e assez en vue1 je mritai1 j'obt9s l'e/ime de la ,rpublique1 celle de t\s les ambassadeurs avec qui n\s tions en correspondance1 et l'affection de t\s les ,franais tablis ,v5ise4 ,et il numre ses s]vices4 ,le ton1 le srieux1 l'air de satisfaction pr(onde1 rappell5t ,*ateaubri& racontant son ambassade ,londres4 7,combi5 ,*ateaubri&1 ce fils ari/ocrate de ,jean-,jacques1 lui ressemble1 c'e/ ce qui app>at mesure qu'on lit davantage l'un et l'autre47 ,mais1 si n\s en croyons ,jean-,jacques1 son patron ,m4 de ,montaigu tait un homme grossi]1 av>e1 ignorant et un peu f\#a4 ,il dut se sp>] de lui1 sans p\voir1 dit-il1 se faire pay] ses appo9tem5ts4 ,de ret\r ,p>is1 il dem&e inutilem5t ju/ice de son ambassadeur4 ,les refus qu'il pr\va 7il faut dire que1 t\t en faisant fonction de secrtaire d'ambassade1 il n'tait que secrtaire de l'ambassadeur7 laissr5t dans son me1 dit-il1 un g]me d'indignation contre nos sottes in/itutions civiles1 o le vrai bi5 public et la vritable ju/ice sont t\j\rs sacrifis je ne sais quel ordre app>5t1 de/ructif en effet de t\t ordre1 et qui ne fait qu'aj\t] la sanction de l'autorit publique l'oppression du faible et l'iniquit du =t4 ,note #a3 ,j'ai reu de ,m4 ,aug4 de ,montaigu une bro*ure intitule3 ,dmls du comte de ,montaigu1 ambassadeur ,v5ise1 avec son secrtaire1 ,j4-,j4 ,r\sseau 7,plon-,n\rrit1 #aijd74 ,m4 ,aug4 de ,montaigu y dmontre1 p> des pices des ar*ives de ,v5ise1 que ,r\sseau a *>g inju/em5t son ambassadeur1 qu'il ne fut pas un secrtaire irrpro*able1 qu'il fit1 notamm5t1 de la contreb&e1 et qu'il fut congdi p> le comte de ,montaigu4 ,c'e/ dommage4 ,s'il avait pu s'ent5dre avec ,m4 de ,montaigu1 si ,r\sseau1 cont5t d'tre quelqu'un de class et d'(ficiel avait pu p\rsuivre sa c>rire diplomatique 7et il e/ probable que ses puissantes amies de ,p>is l'euss5t fait avanc] rapidem5t71 il et pris gt de plus en plus sa pr(ession1 il et envoy son m9i/re des rapports d'un /yle admirable2 il se ft adonn l'conomie politique p\r laquelle il avait du p5*ant1 mais il n'y et pas cass les vitres2 il n'et pas crit l',9galit1 l'mile ni le ,contrat1 et n\s y aurions p]du au po9t de vue littraire1 mais n\s y aurions gagn quelques autres g>ds1 et il n'et pas p\s ,?rse ,levasseur4 ,mais a*evons les s\v5irs vniti5s de ,jean-,jacques4 ,dans cette ville d'am\rs et de plaisirs1 dans cette ,v5ise de ,casanova 7qui s'y tr\vait en mme temps que ,r\sseau71 la vie am\reuse de ,jean-,jacques se rduit peu4 ,le malheureux n\s dit lui-mme qu'il n'avait pas r5onc ses habitudes honteuses4 ,sa seule r5contre effective1 p5dant ces dix-huit mois1 e/ avec une p]sonne qu'on appelait la ,padoana4 ,une r5contre plus clbre e/ avec ,zulietta4 ,je v\s r5voie au texte du rcit2 mais je dois v\s en cit] du mo9s le comm5cem5t3 ,j'entrai dans la *ambre d'une c\rtisane comme dans le sanctuaire de l'am\r et de la beaut444 ,a pe9e eus-je connu1 dans les premires famili>its1 le prix de ses *>mes et de ses c>esses1 que1 de peur d'en p]dre le fruit d'avance1 je v\lus me ht] de le cueillir4 7,n\s retr\vons ici la nvrose que j'ai signale l'autre j\r47 ,t\t c\p1 au lieu des flammes qui me dvorai5t1 je s5s un froid mortel c\l] dans mes ve9es1 et1 prt me tr\v] mal1 je m'assi$s1 et je pleure comme un enfant4 ,ne n\s y trompons pas3 bonnes ou mauvaises1 c'e/ peut-tre la premire fois qu'on ait crit des p>oles de ce s5tim5t1 de cet acc5t1 de cette c\leur4 ,et1 si je ne m'abuse1 p\r obt5ir ce ton1 il a fallu 7,r\sseau crit cela c9quante-c9q ans7 t\te une vie de timidit d\l\reuse dans les *oses de l'am\r1 et de sauvag]ie1 et de s5sibilit et d'imag9ation d'autant plus excites2 il a fallu un demi-sicle de maladie1 et de dsir non cont5t--et du gnie p> l-dessus4 ,r\sseau cont9ue3 ,qui p\rrait dev9] la cause de mes l>mes et ce qui me passait dans la tte en ce mom5t8 ,je me disais3 ,cet objet dont je dispose e/ le *ef-d'oeuvre de la nature et de l'am\r2 l'esprit1 le corps1 t\t e/ p>fait2 elle e/ aussi bonne et gnreuse qu'elle e/ aimable et belle2 les gr&s1 les pr9ces devrai5t tre ses esclaves2 les sceptres devrai5t tre ses pi$s4 ,cep5dant la voil1 misrable c\reuse1 livre au public2 un capita9e de vaisseau m>*& dispose d'elle1 etc4 ,s5tez-v\s que c'e/ l la premire rdaction p>faite d'un des ?mes sur lesquels les romantiques ont vcu3 l'att5drissem5t1 volonti]s sol5nel et my/ique1 sur la c\rtisane2 le respect de la femme d*ue1 plus t\*ante et mme plus vnrable d'tre d*ue2--oh6 mon ,dieu1 trs bon s5tim5t1 si l'on n'avait t\t de mme un peu trop abus de cette sub/itution du s5tim5t la raison4 ,?me romantique1 ai-je dit3 cela e/ si vrai1 et la page de ,jean-,jacques sur ,zulietta tait si n\velle et p>ut si ins5se qu& les ,confessions fur5t connues1 que ,la ,h>pe y vit un des signes les plus probants de la folie de ,r\sseau4--,?me romantique1--qui dvie dans le rcit de1 ,jean-,jacques1 c> il s'avise ensuite d'attribu] quelque dfaut physique secret la vile condition o ,zulietta e/ rduite1--mais ?me ess5tiellem5t romantique dans les lignes que j'ai cites4 ,jean-,jacques prs de ,zulietta1 n'e/-ce pas dj ,rolla prs du lit de ,m>ion8 et ne saisissez-v\s pas une ressemblance de s5tim5t et de ton entre la mditation1 encore tempre1 de ,jean-,jacques1 et les effusions misricordieuses et effrnes de ,rolla3 ,*aos t]nel1 pro/itu] l'enfance6444 ,pauvret6 ,pauvret6 c'e/ toi la c\rtisane1 ,c'e/ toi qui dans ce lit z p\ss cet enfant ,que la ,grce et jet sur l'autel de ,diane6444 ,et plus lo93 ,jacque tait immobile et reg>dait ,m>ie444 ,il se s5tait frmir d'un frisson inconnu4 ,n'tait-ce pas sa soeur1 cette pro/itue8444 ,oui1 il me semble bi5 que l'emphase1 la draison et ce que j'appell]ai la disproportion romantique entre les s5tim5ts et les *oses e/ dj dans cet pisode de la ,zulietta4 ,n\s arrivons ,?rse4 ,de ret\r ,p>is1 ,jean-,jacques1 tomb de ses ambitions1 tait =t tri/e et =t dsemp>4 ,il s'in/alle de n\veau l'htel ,sa9t-,qu5t91 rue des ,cordi]s1 prs de la ,sorbonne4 ,les p5sionnaires mangeai5t avec l'htesse et une jeune l+re de v+t-deux v+t-trois ans1 ,?rse4 ,la mre1 madame ,levasseur1 avait t5u b\tique ,orlans1 o son m>i tait (fici] de monnaie4 ,ayant mal fait ses affaires1 elle avait quitt le comm]ce et tait v5ue ,p>is avec son m>i et ses enfants4 7,jean-,jacques n\s dit qu'elle avait beauc\p d'enfants1 sans prcis]47 ,et ma9t5ant c\tons ,jean-,jacques3 ,la premire fois que je vis p>atre cette fille table1 je fus frapp de son ma9ti5 mode/e1 et plus encore de son reg>d vif et d\x1 qui p\r moi n'eut jamais son semblable4 ,la table tait compose de plusieurs abbs irl&ais1 gascons1 et autre g5s de p>eille t(fe4 ,notre htesse elle-mme avait rti le balai3 il n'y avait l que moi seul qui p>lt et se comportt dcemm5t4 ,on agaa la petite1 je pris sa df5se4 ,aussitt les l>dons tombr5t sur moi4 ,qu& je n'aurais eu naturellem5t aucun gt p\r cette pauvre fille1 la compassion1 la contradiction m'en aurai5t donn4 ,j'ai t\j\rs aim l'honntet dans les manires et dans les propos1 surt\t avec le sexe4 ,je dev9s hautem5t son *ampion1 je la vis s5sible mes so9s1 et ses reg>ds1 anims p> la reconnaissance qu'elle n'osait exprim] de b\*e1 n'en dev9r5t que plus pntrants4 ,bref1 il lui fait la c\r444 ,il lui dcl>e d'avance que jamais il ne l'ab&onn]a et que jamais il ne l'p\s]a4 ,elle hsite4 ,un j\r enf91 elle lui fit en pleurant l'aveu d'une faute unique au sortir de l'enfance1 fruit de son ignorance et de l'adresse d'un sducteur4 ,il s'crie joyeusem5t3 ,ce n'e/ que cela8 ,ils se mett5t ensemble4 ,mais1 jusqu'en #agdi1 il g>de sa *ambre l'htel1 et va pass] ses j\rnes *ez ,?rse et sa mre4 ,sa demeure dev9t presque la mi5ne4 ,en #agdi seulem5t1 il s'in/alle avec elle dans un petit app>tem5t l'htel de ,langu$oc1 rue de ,gr5elle-,sa9t-,honor1 et y demeure p5dant sept ans1 jusqu' son dlogem5t p\r l',ermitage4 ,arrtons-n\s sur ,?rse4 ,je crois bi5 qu'aucun des critiques ou hi/ori5s de ,r\sseau n'a manqu de dplor] sa r5contre avec ,?rse3 ,liaison indigne de lui1 dit-on1 et qui eut la plus tri/e influ5ce sur son sort4 ,il me semble qu'on exagre4 ,la famille de ,?rse a caus ,r\sseau de gr&s ennuis1 sans d\te4 ,d'autre "p1 la fcondit de ,?rse a t p\r lui l'occasion de l'acte le plus c\pable qu'il ait commis4 ,mais ,?rse elle-mme1 malgr ses dfauts1 me p>at bi5 lui avoir t1 p\r le mo9s1 aussi d\ce1 aussi consolante et utile que fune/e4 ,et enf91 qu'il ait =m cette liaison1 cela s'explique aism5t2 et il aurait pu tomb] plus mal4 ,jeune1 ,?rse1 dut tre assez jolie fille4 7,au re/e1 elle n'e/ pas laide sur le seul portrait qu'on ait d'elle1 et qui la reprs5te c9quante ans environ47 ,n\s p>lant une fois de ,did]ot1 ,jean-,jacques n\s dit1 dans un esprit de rivalit assez div]tissant3 ,il avait une ,nanette a9si que j'avais une ,?rse2 c'tait entre n\s une con=mit de plus4 ,mais la diffr5ce tait que ma ,?rse1 aussi bi5 de figure que sa ,nanette1 avait une humeur d\ce et un c>actre aimable4441 au lieu que la si5ne1 pie-gri*e et h>5gre1 etc44 ,il fallait bi5 que ,?rse ne ft pas si dsagrable1 puisque les belles dames lui faisai5t des c>esses1 que madame de ,b\ffl]s ,montmor5cy allait gt] *ez elle1 et que la m>*ale de ,luxemb\rg l'embrassait comme du pa94--,mme plus t>d1 et qu& ,?rse a dpass la c9quanta9e1 un jeune ,m>seillais1 ,m4 ,eym>1 v5u ,p>is en #aggd p\r visit] ,r\sseau1 n\s dira3 ,madame ,r\sseau tait bi5 lo9 de ressembl] au portrait hideux qu'un pote clbre a fait d'elle dans ses satires 7sans d\te ,voltaire dans la ,gu]re de ,g5ve71 je ne la tr\vai ni jeune ni belle1 bi5 s'en faut2 mais je la tr\vai honnte1 polie1 vtue proprem5t dans sa simplicit1 et ayant t\te l'allure d'une bonne mnagre4 ,?rse1 v+t-trois ans1 p\vait plaire4 ,ceci me p>at acquis4 ,que *]*ait ,r\sseau qu& il la r5contra8 ,une infirmire et une s]vante autant qu'une compagne4 ,?rse avait eu un malheur8 ,tant mieux6 ,sitt que je le compris1 dit ,r\sseau1 je fis un cri de joie4 ,p\rquoi8 ,c'e/ sans d\te p>ce qu'il avait cra9t une autre *ose qu'il n\s dit sans ambages4 ,mais c'e/ aussi p>ce que1 peu sr de lui cause de son infirmit et de sa nvrose1 il ne t5ait pas du t\t tre le premi] dans un coeur4--,et selon moi1 c'e/ ce qui explique que la jal\sie en am\r soit abs5te de sa vie1 et peu prs abs5te de son oeuvre4 ,?rse tait une ouvrire en l+e1--une grisette1--ignorante et d'esprit =t simple3 ,je v\lus1 dit-il1 d'abord =m] son esprit2 j'y p]dis ma pe9e444 ,son esprit e/ ce que l'a fait la nature2 la culture et les so9s n'y pr5n5t pas4 ,je ne r\gis po9t d'av\] qu'elle n'a jamais bi5 su lire1 quoiqu'elle crivt passablem5t444 ,elle n'a jamais pu suivre l'ordre des d\ze mois de l'anne1 et ne connat pas un seul *iffre1 malgr t\s les so9s que j'ai pris p\r les lui montr]4 ,elle ne sait ni compt] l'arg5t1 ni le prix d'aucune *ose4 ,le mot qui lui vi5t en p>lant e/ s\v5t l'oppos de celui qu'elle veut dire4 ,autrefois1 j'avais fait un dictionnaire de ses phrases p\r amus] madame de ,luxemb\rg1 et ses quiproquos sont dev5us clbres dans les socits o j'ai vcu4 ,excell5t1 t\t cela6 et c'e/ bi5 ce qu'il lui fallait4 ,il avait alors tr5te-trois ans4 ,or il n\s dit qu' p>tir de tr5te ans sa maladie s'aggrava4 ,il lui fallait une infirmire4 ,il lui fallait une femme qui lui ft infrieure socialem5t et de t\tes faons2 une fille du peuple1 et qui ft pauvre1 et qui lui dt de la reconnaissance1 et qui ne ft pas la dlicate et la r5*rie1 et devant qui il n'et pas honte de ses misres physiques ni de ses dfaillances sexuelles1 et qui lui donnt les so9s les plus intimes4 ,et voil p\rquoi il *oisit ,?rse4 ,et il la *oisit aussi p>ce qu'elle tait ignorante et /upide1 comme il le dit lui-mme4 ,il lui fallait une compagne avec qui il n'et pas de frais faire2 une femme aussi dont la simplicit d'esprit lui ft un repos1 et quelquefois un amusem5t444 ,au re/e son cas1 ici1 n'e/ pas extraord9aire3 on a s\v5t vu des arti/es re*]*] une compagne inculte et un peu bte1--p\r tre plus tranquilles444 ,r\sseau n'p\se pas ,?rse4 ,il en donne1 en #agee1 la raison 7assez vague7 madame de ,francueil3 ,que ne me suis-je m>i1 me direz-v\s8 ,dem&ez-le vos inju/es lois1 madame4 ,il ne me conv5ait pas de contract] un engagem5t t]nel1 et jamais on ne me pr\v]a qu'aucun devoir m'y oblige4--,il en donne1 en #agfa1 une autre raison madame de ,luxemb\rg3 ,un m>iage public n\s et t impossible cause de la diffr5ce de religion4 ,mais en #agde ,r\sseau tait encore ca?olique3 cette raison ne vaut donc ri54 ,en somme1 il n'p\se pas ,?rse1 p\r tre plus libre1 p\r qu'elle dp5de t\j\rs de lui2 peut-tre p\r n'avoir pas la m5] quelquefois avec lui dans les maisons o il va4 ,il n'p\se pas ,?rse4 ,mais c]ta9em5t il l'aime4 ,non d'am\r4 ,il dit au livre ,,ix3 ,que p5s]a le lecteur qu& je lui dirai que1 du premi] mom5t que je la vis jusqu' ce j\r 7environ #agfi7 je n'ai jamais s5ti la mo9dre t9celle d'am\r p\r elle1 que je n'ai pas plus dsir la possd] que madame de ,w>5s1 et que les beso9s des s5s1 que j'ai satisfaits auprs d'elle1 ont uniquem5t t p\r moi ceux du sexe1 sans avoir ri5 de propre l'individu8 ,mais il l'aime1 on n'en peut gure d\t]1 d'une gr&e affection4 ,avant de rappel] sa premire r5contre avec elle1 il n\s dit3 ,l m'att5dait la seule consolation relle que le ciel m'ait fait gt] dans ma misre1 et qui seule me la r5dit supportable4 ,il crit cela aprs v+t-quatre ans d'union4--,il dit un peu plus lo93 ,le coeur de ma ,?rse tait celui d'un ange4--,dans v+t passages des ,confessions1 dans c9quante passages peut-tre de ses lettres1 7et de t\tes les poques71 il p>le de ses bonnes qualits1 de ses v]tus1 notamm5t de son bon coeur1 de son affection1 de son ds9tressem5t sans exemple1 de sa fidlit sans ta*e4--,il dit bi51 dans une note crite aprs #agfh3 ,elle e/1 il e/ vrai1 plus borne et plus facile tromp] que je ne l'avais cru2 mais il aj\te aussitt3 ,mais p\r son c>actre1 pur1 excell5t1 sans malice1 il e/ digne de t\te mon e/ime et l'aura tant que je vivrai4--,il s'occupe beauc\p d'elle4 ,aprs sa fuite de ,montmor5cy1 il la recomm&e t5drem5t madame de ,luxemb\rg et une suprieure de c\v5t4 ,une des raisons qui lui font *oisir p\r sj\r ,moti]s-,trav]s1 c'e/ qu'il y a1 aux environs1 une glise ca?olique o ,?rse p\rra all] la messe4 ,a ,moti]s mme1 qu& il se croit prt m\rir1 il assure l'av5ir de ,?rse2 il la recomm&e un cur qui avait t bon p\r elle dans le voyage qu'elle avait fait p\r rejo9dre ,jean-,jacques en ,suisse444 ,et l'on p\rrait cit] v+t faits de cet ordre4 ,il la voyait p> ses meilleurs cts4 ,il disait ce que dis5t s\v5t des hommes suprieurs vivant avec une bte3 ,elle e/ simple1 mais elle a beauc\p de bon s5s1 un in/9ct trs sr4 ,jean-,jacques1 adorateur de la nature et de l'in/9ct1 devait le dire d'autant plus4--,aprs avoir p>l des pataqus de ,?rse1 il aj\te3 ,mais cette p]sonne si borne et1 si l'on veut1 si /upide1 e/ d'un conseil excell5t dans les occasions difficiles444 ,devant les dames du plus haut rang1 devant les gr&s et les pr9ces1 ses s5tim5ts1 son bon s5s1 ses rponses et sa conduite lui ont attir l'e/ime univ]selle1 et moi1 sur son mrite1 des complim5ts dont je s5tais la s9crit4 ,il y a bi5 ce passage du livre ,,ix3 ,on connatra la =ce de mon atta*em5t dans la suite1 qu& je dc\vrirai les plaies1 les d*irures dont elle a navr mon coeur dans le plus =t de mes misres1 sans que jusqu'au mom5t o j'cris ceci1 il m'en soit *app un mot de pla9te p]sonne4 ,mais ces plaies et ces d*irures1 il ne n\s en dit plus ri54--,ce qui e/ sr1 c'e/ qu'il a cons]v jusqu'au b\t1 jusqu' la mort1 ses s5tim5ts p\r ,?rse4--,le pr9ce de ,ligne le visite ,p>is v]s #aggj et cause longtemps avec lui4 ,sa vila9e femme ou s]vante1 dit-il 7,?rse appro*ait alors de la c9quanta9e71 n\s int]rompait quelquefois p> quelques que/ions saugr5ues qu'elle faisait sur son l+e ou sur la s\pe3 il lui rpondait avec d\ceur et aurait ennobli un morceau de fromage s'il en avait p>l4--,et ,corancez1 l'un des fondateurs du ,j\rnal de ,p>is1 ,corancez1 qui avait p\s la fille d'un ,g5evois ami de ,jean-,jacques1 ,corancez qui a connu intimem5t ,jean-,jacques dans ses d]nires annes1 n\s dit expressm5t3 ,il n'avait de confiance qu'en elle4 ,d'autre "p1 ,?rse1 sans d\te1 bi5 des fois lui nuisit malgr elle4 ,d'abord elle avait sa mre1 qui j\ait la dame1 et qui tait =t rapace4 ,r\sseau n\s dit3 ,sitt qu'elle se vit un peu remonte p> mes so9s1 elle fit v5ir t\te sa famille p\r en p>tag] le fruit4 ,soeurs1 fils1 filles1 petites-filles1 t\t v9t1 hors sa fille ane m>ie au directeur des c>rosses d',ang]s4 ,t\t ce que je faisais p\r ,?rse tait dt\rn p> sa mre en faveur de ses affams4 ,et plus lo93 ,il tait s+uli] que la cadette des enfants de madame ,levasseur 7,?rse71 la seule qui n'et po9t t dote1 tait la seule qui n\rrissait son pre et sa mre1 et qu'aprs avoir t longtemps battue p> ses frres1 p> ses soeurs1 mme p> ses nices1 cette pauvre fille en tait ma9t5ant pille1 sans qu'elle pt mieux se df5dre de leurs vols que de leurs c\ps4 ,il en faut conclure que ,?rse tait une assez bonne bte4 ,seulem5t1 /yle p> sa mre1 elle acceptait1 sans le dire ,jean-,jacques1 des cadeaux de ses ri*es amies4--,plus t>d1 l',ermitage1 il p>at bi5 que1 jal\se de madame d',h\detot1 elle fut maladroite1 bav>de1 indiscrte4--,ce n'e/ pas t\t4 ,jean-,jacques1 dans l'endroit mme o il vante le bon s5s de ,?rse1 n\s dit3 ,s\v5t1 en ,suisse1 en ,anglet]re1 en ,france1 dans les cata/rophes o je me tr\vais1 elle a vu ce que je ne voyais pas moi-mme2 elle m'a donn les avis les meilleurs suivre2 elle m'a tir des dang]s o je me prcipitais aveuglm5t4 ,ae6 ,cela signifie sans d\te qu'elle lui a dit un j\r1 je suppose3 ,tu ne vois donc pas que madame d'p9ay te traite comme un valet8 ou3 ,tu ne vois donc pas que ce monsieur ,grimm e/ jal\x de toi8 un autre j\r1 ,moti]s3 ,tu ne vois pas donc pas que ce ,montmoll9 s'ent5d avec ceux de ,g5ve8 un autre j\r1 s'ennuyant ,wootton3 ,e/-ce que tu crois que ce monsieur ,hume e/ tant que cela ton ami8 enf91 qu'elle entret5ait volonti]s sa dfiance1 p> btise1 p\r le g>d]1 p\r se faire valoir1 ou p>ce que la tte de tel ou tel ne lui rev5ait pas1 ou p>ce que tel ou tel l'avait traite avec trop peu d'g>ds4--,et1 p>ce que ,jean-,jacques avait absolum5t beso9 d'elle1 il la croyait4 ,oui1 t\t cela e/ possible2 mais1 avec t\t cela1 il me p>at c]ta9 que ,?rse lui a t rellem5t dv\e4 ,et1 si cela lui fut facile dans les premires annes1 qu& elle tait son oblige1 qu& elle le voyait dev5ir clbre1 qu& les belles dames s'amusai5t caus] avec elle1 je crois qu'elle y eut ensuite quelque mrite4 ,a dat] de sa retraite en ,suisse1 il me semble bi5 que ,r\sseau fut son t\r l'oblig de ,?rse4 ,a p>tir de #agee1 il ne la traite plus que comme sa soeur4 ,elle p\rrait le quitt]2 les amis de ,r\sseau ne la laiss]ai5t pas m\rir de faim1 et du re/e elle a un mti] et p\rrait vivre de son travail4 ,elle re/e4 ,elle le suit trav]s t\s ses exils4 ,elle le rejo9t en ,suisse2 elle le rejo9t en ,anglet]re2 elle le rejo9t ,trye1 ,b\rgo91 ,monqu92 elle le suit ,p>is1 ,erm5onville2 elle recueille son d]ni] s\pir4--,un seul mom5t de refroidissem5t1 au b\t de v+t-quatre ans d'union1 en #agfi4 ,c'e/ ,monqu94 ,jean-,jacques lui propose de se sp>]1 et lui promet d'assur] sa vie1 dans une lettre admirable4 ,?rse refuse1 ,?rse re/e4 ,ils demeur5t en somme presque p>faitem5t unis1 mieux unis que la plup>t des mnages rguli]s1 p5dant tr5te-trois ans4 ,la mort seule de ,r\sseau dlie ,?rse4 ,c'e/ peut-tre qu'ils tai5t unis p> un crime1 p> un crime c9q fois rpt1 et que cela e/ un li5 srieux4 ,r\sseau eut de ,?rse trois enfants de #agdf #agej3 il en eut deux autres entre #agej et #agee4 ,il les mit t\s les c9q aux ,enfants-,tr\vs4 ,qui n\s l'a dit8 ,r\sseau lui-mme1 et ,r\sseau t\t seul4 ,ceux qui en ont p>l ou crit au ,x,v,i,i,ie sicle ne le savai5t que p> ,r\sseau4 ,aucun tmoignage qui ne soit fond1 directem5t ou indirectem5t1 sur les confid5ces de ,jean-,jacques 7aucun1 sauf un tmoignage anonyme dans le ,j\rnal encyclopdique1 en #agia4 ,l'anonyme dit que1 vois9 de ,r\sseau dans la rue de ,gr5elle-,sa9t-,honor1--donc entre #agdi et #agef1--;il avait ent5du dire son b>bi] que ,m4 ,r\sseau envoyait ses enfants aux ,enfants-,tr\vs et que cela tait connu dans le qu>ti]4 ,ce tmoignage d'un anonyme1 tr5te-c9q ou qu>ante ans aprs les faits1 et neuf ans aprs la publication des ,confessions1 ne p>at pas trs imposant74 ,o je veux en v5ir8 ,voici4 ,dans le fond1 on s5t que1 malgr t\t1 ,jean-,jacques fut plutt meilleur que beauc\p de ses confrres en littrature de ce temps-l4 ,il y a1 dans la vie de ,voltaire1 des m*ancets noires1 des m5songes odieux1 des platitudes1 mme des actes d'improbit4 ,et il y a bi5 des hontes dans la vie de quelques autres444 ,mais voil6 c9q enfants aux ,enfants-,tr\vs1 cela e/ mon/rueux2 de quelque ct qu'on le pr5ne2 cela semble pire1-- cause de la reprs5tation prcise qu'on s'en fait1--que l'ab&on mme d'une fille sduite et ence9te4 ,bref1 cela p>at un des crimes p> excell5ce contre la nature1--contre cette nature dont ,jean-,jacques e/ l'aptre4 ,et alors les amis de ,r\sseau v\drai5t bi5 que ce ne ft pas vrai4 ,moi-mme1 jadis1 je raisonnais a9si3 --,nulle autre preuve que les aveux de ,r\sseau1 aveux faits sans ncessit1 p\r que mes amis1 dit-il1 ne me cruss5t pas meilleur que je n'tais4--,je le dis t\s ceux qui j'avais dcl> nos liaisons1 je le dis ,did]ot1 ,grimm1 je l'appris dans la suite madame d'p9ay1 et dans la suite encore madame de ,luxemb\rg1 sans aucune ncessit et p\vant aism5t le ca*] t\t le monde4--,cela e/ un peu trange3 c>1 qu'il l'ait dit sans ncessit et p\vant le ca*]1 cela signifie que1 de #agdg #agee1 aucun de ses amis1 aucune de ses belles amies qui s'amusai5t visit] ,?rse ne s'tai5t ap]u d'aucune des c9q grossesses4 ,en somme1 si l'on en croit ,r\sseau1 il le dit t\t ju/em5t p>ce que1 s'il ne l'avait pas dit1 p]sonne ne s'en s]ait d\t4 7,?rse l'avait dit1 raconte-t-il1 madame ,dup91 et cela fait une difficult3 mais on peut croire ici ,?rse /yle p> lui1 et que1 p> suite1 les aveux de ,?rse ne sont pas plus une preuve que les aveux de ,jean-,jacques47 ,en #agfa1 madame de ,luxemb\rg a l'ide de retr\v] les enfants de ,r\sseau4 ,elle lui dem&e quelles sont les dates et les m>ques de reconnaissance4 ,il lui crit ce sujet3 ,ces c9q enfants ont t mis aux ,enfants-,tr\vs avec si peu de prcautions p\r les reconnatre un j\r1 que je n'ai pas mme g>d la date de leur naissance4 ,cela e/-il bi5 possible8 et ,?rse aussi l'a-t-elle oublie8--,il se s\vi5t p\rtant que le premi] enfant e/ n dans l'hiv] de #agdf #agdg1 ou peu prs4 ,celui-l avait une m>que dans ses langes4 7,il dit dans les ,confessions que cette m>que tait un *iffre qu'il avait fait en d\ble1 sur deux c>tes1 dont une fut mise dans les langes de l'enfant47 ,les autres enfants n'avai5t aucune m>que4 ,l>o*e1 homme de confiance de la m>*ale1 fait donc des dm>*es p\r retr\v] l'an1 celui qui avait une m>que1 et qui en #agfa devait1 s'il vivait encore1 avoir quatorze ans4 ,les re*]*es sont infructueuses4 ,r\sseau crit alors la m>*ale3 ,le succs mme de vos re*]*es ne p\vait plus me donn] une satisfaction pure et sans inquitude4 7,et cela e/ vrai3 o1 dans quel tat allait-il retr\v]1 s'il le retr\vait1 ce g>on de quatorze ans8 et comm5t aurait-il t absolum5t sr que c'tait bi5 lui8 etc4447--,il e/ trop t>d1 aj\te-t-il1 il e/ trop t>d4 ,ne v\s opposez po9t l'effet de vos premi]s so9s2 mais je v\s supplie de ne pas y en donn] davantage4 ,r\sseau1 dans la p>tie de ses ,confessions crite en #agfi1 nomme la sage-femme ,g\94 ,l'a-t-il indique en #agfa madame de ,luxemb\rg8 ,ou cette sage-femme tait-elle morte8 ,en t\t cas ,r\sseau savait bi5 qu'elle s]ait morte qu& les ,confessions s]ai5t r5dues publiques4 ,oh6 t\t cela ne pr\ve pas que les c9q enfants soi5t une inv5tion de ,r\sseau4 ,mais il semble qu'il ait t5u avec madame de ,luxemb\rg la mme conduite que si 'avait t une inv5tion4 ,et l-dessus on p\rrait essay] une hypo?se3 --,afflig des infirmits que v\s savez1 cause de cela timide avec les femmes1 les adorant t\tes et ne concluant jamais2 sans autre liaison que celle de ,?rse2 ab/95t dans un monde aux moeurs extrmem5t rel*es2 dev9ant ce que sa conduite et le sige mme de son infirmit p\vait suggr] la malignit des g5s1 le lisant peut-tre dans les yeux de ses amis1 et surt\t de ses amies1--ne se p\rrait-il pas qu'une de ses pires t]reurs1 et la plus obsdante1 ait t de pass] p\r impuissant8--,de l1 cette rplique qu'on peut appel] triomphante3 la fable des c9q enfants1 et1 p>ce qu'il n'aurait pas pu les montr] et que1 d'autre "p1 l'horreur d'un tel aveu en impliquait la vracit1 l'hi/oire du qu9tuple rec\rs aux ,enfants-,tr\vs4 ,peut-tre ,r\sseau1 imag9atif et simulateur comme il tait1 a-t-il mieux aim p>atre abom9able que d'tre s\ponn d'une des disgrces les plus mortifiantes p\r l'orgueil mascul94 ,l'hypo?se e/ fragile1 je le reconnais4 ,il y en a une autre4 ,d'aprs madame ,macdonald1 ,?rse1 c9q fois de suite1 aurait fait croire ,r\sseau qu'elle tait ence9te1 qu'elle tait acc\*e *ez une sage-femme et qu'elle avait fait port] l'enfant aux ,enfants-,tr\vs4 ,le pr9cipal argum5t de madame ,macdonald1 c'e/ que ,r\sseau av\e qu'il n'a vu aucun de ses c9q enfants4--,cette ma*9ation se s]ait faite d'accord avec ,grimm et la mre ,levasseur4 ,dans quel desse98 ,p\r emp*] ,jean-,jacques de quitt] ,?rse4 ,une telle hypo?se s\ffre d'tranges difficults1 et matrielles et morales4 ,au re/e1 si elle supprime le fait de la naissance et de l'ab&on des enfants1 elle ne supprime pas le cons5tem5t de ,r\sseau l'ab&on de ces enfants qu'il croyait avoir4 ,donc1 elle ne l'abs\t pas4 ,ici1 se place naturellem5t une autre explication1--qui tait celle de ,victor ,*]buliez3--,oui1 ,?rse eut c9q enfants et qui fur5t t\s mis aux ,enfants-,tr\vs4 ,mais de ces enfants ,r\sseau n'tait pas et ne p\vait sans d\te pas tre le pre4 ,et1 dans ces conditions1 la conduite de ,r\sseau e/ assurm5t mo9s abom9able4 ,je ne rep\sse pas absolum5t cette hypo?se2 mais elle s\lve encore bi5 des objections4--,d'aprs ,tron*91 ,r\sseau n'tait pas impropre avoir des enfants2 il y fallait seulem5t c]ta9es conditions1 qu'il tr\vait auprs de ,?rse4 ,il ne p\vait donc avoir1 au plus1 que des d\tes sur sa pat]nit4--,et1 d'autre "p1 s'il avait su ou cru ,?rse infidle1 n\s aurait-il p>l de sa fidlit sans ta*e8--,a mo9s de suppos] encore une fois qu'il aimait mieux p>atre crim9el que de pass] p\r impuissant ou que d'tre ridicule444 ,t\t bi5 exam91 mon hypo?se 7qui d'ailleurs n'e/ pas moi t\t seul7 me plairait mieux4--,mais j'ai t aux ,enfants-,tr\vs4 ,dans le dossi] de l'anne #agdf1 j'ai tr\v un papi]#b portant cette m5tion3 #bgie4 ,m>ie-,franoise ,r\saux 7ce d]ni] mot ray et sur*>g du mot ,r\sseau correctem5t crit74 ,un g>on le #ai novembre #agdf4 ,puis1 d'une autre criture et d'une autre encre3 ,joseph ,ca?ne a t baptis ce #bj novembre #agdf4 ,dagu]re1 prtre4--,ce papi] e/ p+l un bullet9 de dpt imprim4 ,et1 dans le regi/re o sont inscrits les dpts de l'anne #agdf1 j'ai lu ceci3 ,joseph ,ca!r9e ,r\sseau1 donn ,anne ,*evali]1 femme ,&r ,petitpas1 ,guitry 7,&elys71 #a;er mois1 #f francs1 pays #bb dcembre #df2 #ba janvi] #agdg1 #e f4 #b;e 7mois7 jusqu'au #ad janvi] #agdg1 j\r du dcs1 #a mois #bc j\rs4 ,note #b3 ,cette dc\v]ts e/ due madame ,macdonald4 ,j'ignore ce qu'elle en a conclu4 ,cela e/ impressionnant4 ,la m>que de reconnaissance a disp>u4 ,mais la date concorde avec l'indication de ,r\sseau4 ,m>ie-,franoise4 prnoms de la dposante1 sont aussi ceux de la mre ,levasseur4--,d'autre "p1 p\rquoi ce nom de ,joseph1 et surt\t p\rquoi ce prnom fm99 de ,ca!r9e donn un g>on8 ,je n'en sais ri54 ,et l'on doit rem>qu] aussi que le nom de ,r\sseau e/ et tait =t commun4--,c'e/ gal3 la date1 le nom de famille1 les prnoms de la dposante1 cela fait trois1 concordances s+ulires4 ,mais alors1 si l'homme de confiance de madame de ,luxemb\rg a vu ce papi] et ce regi/re1 comm5t a-t-il dcl> n'avoir ri5 tr\v du t\t8444 ,faut-il voir l un m5songe *>itable de madame de ,luxemb\rg qui n'a pas v\lu dire ,r\sseau que l'enfant tait mort8 ,quant aux autres enfants1 s'il n'y en a nulle trace dans les regi/res1 c'e/ peut-tre que la dposante ou l'adm9i/ration leur avait donn1 comme cela se faisait1 un faux nom de famille4--,je ne sais ri51 v\s ne savez ri51 n\s ne savons ri54 ,allons6 je vois bi5 qu'il faut admettre l'hi/oire1--sur laquelle1 au surplus1 aucun des plus gr&s admirateurs de ,r\sseau1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 except ,sba/i5 ,m]ci]1 n'a jamais eu de d\tes#c4 ,voyons ma9t5ant comm5t il la raconte lui-mme1 et quelles explications et excuses il n\s donne successivem5t dans ses ,confessions1 dans ses lettres et dans ses ,rv]ies4 7,c> il y revi5t trs s\v5t1 et cela peut montr] galem5t la proccupation de s\t5ir l'impo/ure ou le tr\ble d'une me peu peu envahie p> le remords47 ,note #c3 ,dans un ,recueil des airs1 romances et duos de ,j4-,j4 ,r\sseau publi p> s\scriptions en #ahga1 on lit cette note la suite de la li/e des s\scripteurs3 ,l'diteur a cru devoir sa dlicatesse de prs5t] cette li/e1 p\r r5dre notoire le montant de t\t et bnfice qu'il a de/9 l',hpital des ,enfants-,tr\vs4 ,la premire fois qu'il en p>le dans ses ,confessions 7un peu plus de v+t ans aprs l'acte71 c'e/ d'un ton lg] et presque avec ds9volture4 ,il s'excuse sur l'influ5ce de la mauvaise compagnie qu'il r5contrait la table d'hte de madame ,la ,selle3 ,j'y appr5ais des f\les d'anecdotes trs amusantes1 et j'y pris aussi1 peu peu1 non1 grce au ciel1 jamais les moeurs1 mais les maximes que j'y vis tablies4 ,d'honntes p]sonnes mises mal1 des m>is tromps1 des femmes sduites1 des acc\*em5ts cl&e/9s1 tai5t l les textes les plus ord9aires2 et celui qui peuplait le mieux les ,enfants ,tr\vs tait t\j\rs le plus applaudi4 ,cela me gagna1 je =mai ma faon de p5s] sur celle que je voyais en rgne *ez des g5s trs aimables1 et dans le fond trs honntes g5s1 et je me dis3 ,puisque c'e/ l'usage du pays1 qu& on y vit1 on peut le suivre4 ,voil l'expdi5t que je *]*ais4 ,je m'y dt]m9ai gaill>demm5t sans le mo9dre scrupule2 et le seul que j'eus va9cre fut celui de ,?rse1 qui j'eus t\tes les pe9es du monde de faire adopt] cet unique moy5 de sauv] son honneur767 ,sa mre1 qui de plus craignait un n\vel emb>ras de m>maille1 tant v5ue mon sec\rs1 elle se laissa va9cre4 ,on la mne *ez une sage-femme prud5te et sre1 la ,g\91 o elle fait ses c\*es4--,l'anne suivante 7#agdh71 mme inconvni5t et mme expdi5t1 au *iffre prs qui fut nglig4 7,donc ins\ciance plus gr&e encore47 ,pas plus de rflexion de ma "p#d1 pas plus d'approbation de celle de la mre3 elle obx en gmissant4 ,note #d3 ,voyez dans quelle mesure cela peut excus] ,r\sseau4--,un abonn du ,temps me prs5te ces obs]vations3 444,dans les milieux les plus honntes et les plus cultivs les rapports des p>5ts et des enfants tai5t plus di/ants 7au ,x,v,i,i,ie sicle7 qu'ils ne le sont de nos j\rs2 si les s5tim5ts con/itutifs de la famille avai5t autant et plus de =ce que ceux que n\s pr\vons1 ils tai5t aussi plus simples1 mo9s nuancs1 et il s'y mlait plus de rudesse444 ,il ne semble pas que l'op9ion se soit alors mue de faits qui rvolt]ai5t notre consci5ce4 ,ce qui le pr\ve1 c'e/ qu'un homme de la valeur de ,r\sseau1 aprs ses aveux1 ne tr\v]ait pas auj\rd'hui un ami p\r lui t5dre la ma9444 ,or1 t\s les salons s'ouvrai5t p\r l'auteur du ,dev9 et des ,disc\rs4 7,mais quelques-uns seulem5t de ses amis savai5t sa faute1 et la savai5t p> lui47 444 ,il n'e/ pas ju/e ni huma9 de le jug] au nom d'une morale qu'il a ignore4 7,alors1 quoi se rduit son rle de morali/e8 ,ou p\rquoi s'e/-il tant rep5ti8 ,et l'abonn du ,temps ne disait-il pas lui-mme1 t\t l'heure1 que les s5tim5ts con/itutifs de la famille avai5t autant et plus de =ce qu'auj\rd'hui8 ,enf91 jugez v\s-mmes47 ,en #agfj1 troisime enfant1 troisime dpt 7sans *iffre1 donc sans int5tion de reprise en des j\rs meilleurs74 ,cette fois1 il en donne p\r raison1 qu'en livrant ses enfants l'ducation publique1 faute de p\voir les lev] lui-mme1 en les de/9ant dev5ir ouvri]s ou paysans plutt qu'av5turi]s et c\reurs de =tune1 il crut faire un acte de citoy5 et de pre et se reg>da comme un membre de la rpublique de ,platon4 ,dans la lettre madame de ,francueil1 #ba avril #agea1 voici les raisons qu'il donne3 #a sa misre2 #b il n'a pas v\lu d%onor] ,?rse1 7ce qui e/ assez plaisant72 #c il n'aurait pu n\rrir ses enfants qu'en dev5ant fripon2 #d on e/ trs bi5 aux ,enfants-,tr\vs4 ,les enfants ne sort5t des ma9s de la sage-femme que p\r pass] dans celles d'une n\rrice4 ,r\sseau sait bi5 que ces enfants ne sont pas levs dlicatem5t3 tant mieux p\r eux6 ,ils en devi5dront plus robu/es4 ,on n'en fait pas des messieurs1 mais des paysans ou des ouvri]s4 ,ils s]ont plus heureux que leur pre4 ,*em9 faisant1 il prvi5t une objection3 ,il ne faut pas faire des enfants qu& on ne peut pas les n\rrir4--,p>donnez-moi1 madame1 la nature veut qu'on en fasse1 puisque la t]re produit de quoi n\rrir t\t le monde3 mais c'e/ l'tat des ri*es1 c'e/ votre tat qui vole au mi5 le pa9 de mes enfants4 7,ceci e/ crit aprs le ,disc\rs sur les sci5ces et les arts47 ,enf91 c9quime raison1 dj donne3 il a cru agir comme un citoy5 de la rpublique de ,platon4 7,il aurait pu aj\t] encore cette excuse1--qui e/ de ,m4 ,gu/ave ,lanson1--que1 dans sa vie de vagabond1 il avait appris us] sans scrupule des tablissem5ts de *>it47 ,madame de ,francueil aurait pu lui rpondre que ses raisons ne valai5t pas le diable4 ,la misre8 ,r\sseau1 au mom5t de la naissance des deux premi]s enfants1 gagnait neuf c5ts1 puis mille francs *ez madame ,dup94 ,il et pu gagn] davantage s'il n'et pas t p>esseux4 ,ces dames faisai5t d'ailleurs des cadeaux ,?rse1 et aurai5t t *>mes de s'occup] des enfants4 ,il dit qu'elles ne les aurai5t pas fait lev] en honntes g5s8 ,la raison e/ un peu faible4--,il e/ clbre en dcembre #agej4 ,il a1 peut-tre avant #ageb1 une place lucrative1 celle de caissi] du f]mi]-gnral ,francueil4 ,et en #agec1 le ,dev9 du ,village lui rapporte de c9q six mille francs4 ,il p\vait donc lev] au mo9s ses deux d]ni]s enfants4 ,mais sans d\te le pli tait pris4 ,et puis1 il ne v\lait pas commettre d'inju/ice env]s les trois premi]s4 ,n'tait-il donc pas dev5u1 dans l'int]valle1 l'aptre de l'galit8 ,quant au bonheur qui e/ l'apanage des enfants tr\vs444 ,la plaisant]ie e/ lugubre4 ,dans la ,neuvime ,rv]ie 7#aggf1 deux ans avant sa mort71 autre explication3 ,la mre les aurait gts2 sa famille en aurait fait des mon/res444 ,je frmis d'y p5s]2 ce que ,mahomet fit de ,side n'e/ ri5 auprs de ce qu'on aurait fait d'eux mon g>d4 ,enf91 rappelons ce passage du livre ,,ix des ,confessions3 ,je n'avais po9t de famille2 ,?rse en avait une1 et cette famille1 dont t\s les naturels diffrai5t trop du si51 ne se tr\va pas telle que j'en pusse faire la mi5ne4 ,l fut la premire cause de mon malheur4 ,que n'aurais-je po9t donn p\r me faire l'enfant de sa mre8 ,je fis t\t p\r y p>v5ir et n'en pus v5ir b\t4 ,j'eus beau v\loir unir t\s nos intrts2 cela me fut impossible4 ,elle s'en fit t\j\rs un1 diffr5t du mi51 contraire au mi5 et mme celui de sa fille1 qui dj n'en tait plus sp>4 ,elle et ses autres enfants et petits-enfants dev9r5t autant de sangsues1 dont le mo9dre mal qu'ils fiss5t ,?rse tait de la vol]4 ,la pauvre fille1 acc\tume fl*ir1 mme s\s ses nices1 se laissait dvalis] et g\v]n] sans mot dire2 et je voyais avec d\leur qu'puisant ma b\rse et mes leons1 je ne faisais ri5 p\r elle dont elle pt pr(it]4 ,j'essayai de la dta*] de sa mre2 elle y rsi/a t\j\rs4 ,je respectai sa rsi/ance et l'en e/imai davantage2 mais son refus n'en t\rna pas mo9s son prjudice et au mi54 ,livre sa mre et aux si5s1 elle fut eux plus qu' moi1 plus qu' elle-mme4 ,leur avidit lui fut mo9s ru9euse que leurs conseils ne lui fur5t p]nicieux4 ,enf91 si1 grce son bon naturel elle ne fut pas t\t fait subjugue1 c'en fut assez du mo9s p\r emp*] en gr&e p>tie1 l'effet des bonnes maximes que je m'ef=ais de lui inspir]444 ,les enfants v9r5t2 ce fut encore pis4 ,je frmis de les livr] une famille si mal leve p\r en tre levs encore plus mal4 ,les risques de l'ducation des enfants tr\vs tai5t beauc\p mo9dres4 ,cette raison du p>ti que je pris1 plus =te que t\tes celles que j'nonai dans ma lettre madame de ,francueil1 fut p\rtant la seule que je n'osai lui dire4 ,j'aimai mieux tre mo9s disculp d'un blme aussi grave et mnag] la famille d'une p]sonne que j'aimais4 ,sur quoi mile ,faguet1 qui s'e/ occup de la "q dans le ,j\rnal des ,dbats du #ah ju9 #aijf1 conclut a9si3 ,ou je me fais bi5 illusion1 ou1 p\r qui sait lire1 cela veut dire3 ,absolum5t subjugue p> une famille de b&its qu'elle aima t\j\rs plus que moi1 ,?rse se privait p\r eux et me volait et dp\illait p\r eux4 ,v\s compr5ez bi5 que cette famille n'a pas v\lu que ,?rse et d'enfants1 qui aurai5t pris "p au gteau et qui aurai5t1 d'autre "p1 peut-tre dta* ,?rse de sa famille p> l'affection qu'elle aurait eue p\r eux4 ,la famille de ,?rse n'a pas v\lu que ,?rse et d'enfants4 ,lui obissant t\j\rs1 et craignant peut-tre que sa famille ne les assass9t1 ,?rse m'ordonna de les ab&onn]4 ,p>tie p> am\r p\r elle1 p>tie p\r ne pas av\] que je lui obissais comme elle obissait sa famille1 je n'ai jamais v\lu dire que c'tait elle qui avait exig leur sacrifice4 ,il re/e que ,r\sseau aurait ab&onn c9q enfants p> peur de ,?rse et surt\t de la mre ,levasseur1 en somme p> faiblesse1 passivit1 ab\lie4 ,il e/ possible4 ,il a connu le remords1 du mo9s p>tir de #agfi4 ,il crit ,m\lt\ 7#ad fvri] #agfi73 ,c'e/ bi5 malgr elle 7,?rse71 c'e/ bi5 malgr n\s qu'elle et moi n'avons pu remplir de gr&s devoirs3 mais elle en a rempli de bi5 respectables4 ,et il aj\te cette phrase que j'av\e ne pas bi5 compr5dre3 ,que de *oses qui devrai5t tre sues vont tre ensevelies avec moi6 ,et combi5 mes cruels ennemis tir]ont d'avantages de l'impossibilit o ils m'ont mis de p>l]6787 ,et dans l'admirable lettre ,?rse1 qu& il songe se sp>] d'elle3 ,n\s avons des fautes pleur] et expi]4 ,des mots comme celui-l1 dans une lettre intime1 me p>aiss5t une meilleure preuve des enfants ab&onns que les rcits des ,confessions4 ,et dans la lettre madame de ,*5onceaux 7#ag janvi] #aggj73 ,jamais on ne me v]ra falsifi] les sa9tes lois de la nature et du devoir p\r extnu] 7attnu]7 mes fautes4 ,j'aime mieux les expi] que les excus]4 7,il e/ vrai qu'aprs cela il revi5t ses mauvaises excuses47 ,enf91 dans sa lettre du #bf fvri] #aggj ,m4 de ,sa9t-,g]ma91 qui e/ une sorte de confession gnrale3 ,l'exemple1 la ncessit1 l'honneur de celle qui m'tait *re me fir5t confi] mes enfants l'tablissem5t fait p\r cela1 et m'emp*r5t de remplir moi-mme le premi]1 le plus sa9t des devoirs de la nature4 ,en cela1 lo9 de m'excus]1 je m'accuse444 ,je ne fis po9t un secret de ma conduite mes amis1 ne v\lant pas pass] leurs yeux p\r meilleur que je n'tais4 ,quel p>ti les b>b>es en ont tir6 ,avec quel art ils l'ont mise 7ma conduite7 dans le j\r le plus odieux6444 ,comme si p*] n'tait po9t de l'homme1 et mme de l'homme ju/e6 ,ma faute fut grave sans d\te1 elle fut imp>donnable1 mais aussi ce fut la seule1 et je l'ai bi5 expie4 ,il n'y a peut-tre pas l contrition p>faite1 mais enf91 il y a tr\ble et rep5tir1--comme aussi dans l'audacieuse allusion qu'il fait publiquem5t l'ab&on de ses enfants1 au livre ,i] de l'mile4--,si l'hi/oire des c9q enfants ab&onns tait une simulation1 il faut av\] que ,jean-,jacques l'aurait s\t5ue avec une /upfiante et miraculeuse vraisemblance4 ,hlas1 je vois bi5 qu'il faut le croire444 ,et alors1 de quelque indulg5ce qu'on se veuille munir p\r lui1 il p>at t\t de mme (f5sant la fois et s9i/rem5t comique que ce soit entre deux ab&ons de n\veau-ns1 au ret\r du peu au/re *teau de ,*5onceaux o il avait fait la petite comdie de l',engagem5t tmraire et les petits v]s de l',alle de ,sylvie p\r plaire aux belles dames2--que ce soit dans sa *ambre de la rue ,pltrire1 dictant ses priodes la mre ,levasseur qui v5ait t\s les mat9s allum] son feu2--que ce soit dans ces conditions qu'il ait crit son v]tueux ,disc\rs1--ah6 si v]tueux6--sur la corruption des moeurs p> les sci5ces et les arts4 ,,troisi,,me ,,conf,,r5ce ,,le ,,disc\rs ,,sur ,,les ,,sci5ces ,,et ,,les ,,arts ,,la ,r,,=me ,,morale ,,de ,,r\sseau4 ,j'ai trait aussi compltem5t que j'ai pu la "q de ,?rse et de l'ab&on des c9q enfants4 ,j'ai prs5t les div]ses explications que donne ,r\sseau1 et celles qu'il ne donne pas4 ,mais en voici une autre1 d'ordre gnral1 et qui r5d compte de beauc\p d'actes de sa vie4 ,n\s avons1 de ,j\b]t1 une longue lettre 7six ou sept pages7 ,mol sur ,*ateaubri&1 crite le #ba octobre #ahjc1 et qui e/ une m]veille d'analyse1 on p\rrait dire d'anatomie psy*ologique4 ,n\s y lisons v]s la f93 ,il y a dans le fond de ce coeur 7le coeur de ,*ateaubri&7 une sorte de bont et de puret qui ne p]mettra jamais ce pauvre g>on1 j'en ai bi5 peur1 de connatre et de condamn] les sottises qu'il aura faites1 p>ce que la consci5ce de sa conduite1 gui exig]ait des rflexions1 il oppos]a t\j\rs ma*9alem5t le s5tim5t de son ess5ce1 qui e/ =t bonne4 ,il me semble que cela convi5t s+ulirem5t aussi ,r\sseau4 ,et voici un passage des ,confessions qu'on dirait crit exprs p\r illu/r] p> ,r\sseau la rem>que de ,j\b]t sur ,*ateaubri&4 ,c'e/ dans le voyage que fit ,jean-,jacques ,g5ve en #aged4 ,il revoit madame de ,w>5s1 t\t fait d*ue3 ,ah6 crit-il1 c'tait alors le mom5t d'acquitt] ma dette4 ,il fallait t\t quitt] p\r la suivre1 m'atta*] elle jusqu' sa d]nire heure1 et p>tag] son sort1 quel qu'il ft4 ,je n'en fis ri54 ,di/rait p> un autre atta*em5t1 je s5tis rel*] le mi5 p\r elle1 faute d'espoir de p\voir le lui r5dre utile4 ,je gmis sur elle et ne la suivis pas4 ,de t\s les remords que j'ai s5tis en ma vie1 voil le plus vif et le plus p]man5t4 7,l1 dcidm5t1 il exagre1 c> enf9 le remords de ses enfants ab&onns a d ou aurait d tre pire2 mais il passe sa vie exagr]47 ,je mritai p> l1 cont9ue-t-il1 les *tim5ts t]ribles qui depuis lors n'ont cess de m'accabl]4 ,puiss5t-ils avoir expi mon +ratitude6 ,elle fut dans ma conduite2 mais elle a trop d*ir mon coeur p\r que jamais ce coeur ait t celui d'un +rat4 ,autrem5t dit3 ,j'ai pu agir comme si j'tais un +rat2 mais je n'ai pu tre un +rat puisque j'ai un bon coeur4 ,ou bi5 encore3 ,j'ai ab&onn mes enfants1 mais je n'ai pu tre un mauvais pre1 p>ce que je suis un homme ple9 de s5sibilit4 ,c'e/ l de la psy*ologie proprem5t vaudevillesque3 c> notez que c'e/ t\t fait la logique de ,jobel9 dans ,le plus heureux des trois3 ,n\s t'avons tromp1 ,m>javel6444 ,je n'ai pas de remords p>ce que je me rep5s4 ,a9si ,jean-,jacques1 pntr de sa bont intime1 se juge t\j\rs sur ses s5tim5ts1 non sur ses actes4 ,c'e/ extrmem5t commode4 ,c'e/ en somme une dviation pr(ane de la doctr9e de l'am\r pur de ,mol9os et de madame ,guyon1 doctr9e o les actes sont indiffr5ts p\rvu qu'on aime ,dieu4 ,tant il e/ vrai que t\tes les erreurs laques correspond5t quelque =me d'hrsie6 ,n\s n\s s\vi5drons de cela qu& n\s r5contr]ons dans mile la morale du s5tim5t et l'invocation la consci5ce4 99 99 99 99 99 ,en att5dant1 repr5ons ,jean-,jacques o n\s l'avons laiss4 ,il vi5t donc de se mettre avec ,?rse4 ,il mne une vie simple et t\te populaire1 qu'il n\s dcrit de faon sav\reuse3 ,si nos plaisirs p\vai5t se dcrire1 ils f]ai5t rire p> leur simplicit2 nos prom5ades tte tte hors de la ville1 o je dp5sais magnifiquem5t huit ou dix s\s quelque gu+uette2 nos petits s\p]s la croise de ma f5tre1 assis en vis--vis sur deux petites *aises poses sur une malle qui t5ait la l>geur de l'embrasure4 ,dans cette situation1 la f5tre n\s s]vant de table1 n\s respirions l'air1 n\s p\vions voir les environs1 les passants1 et1 quoique au quatrime tage1 plong] dans la rue t\t en mangeant4 ,qui dcrira1 qui s5tira les *>mes de ces repas composs1 p\r t\s mets1 d'un qu>ti] de gros pa91 de quelques c]ises1 d'un petit morceau de fromage1 et d'un demi-seti] de v9 que n\s buvions n\s deux6 ,amiti1 confiance1 intimit1 d\ceur d'me1 que vos assaisonnem5ts sont dlicieux6 ,quelquefois n\s re/ions l jusqu' m9uit sans y song] et sans n\s d\t] de l'heure1 si la vieille maman ne n\s en et av]tis4 7,ah6 que vi5t faire cette vieille84447 ,c'e/ gal1 cette simplicit de gts1 trs s9cre *ez ,jean-,jacques1 e/ un de ses *>mes1 et que ri5 ne p\rra lui enlev]4 ,cep5dant1 trav]s des dc\ragem5ts et des p>esses1 il *]*e se faire sa place1 soit dans la musique1 soit dans la littrature1 et p>ticulirem5t au ?tre2 et c'e/ cela qu'il songe entre #agda et #agdi4 ,plus t>d1 il rpt]a satit que son cas e/ unique1 qu'il n'a jamais p5s la gloire1 qu'il n'a pris la plume que v]s qu>ante ans1 et p\r son malheur4 ,cela n'e/ pas vrai4--,de bonne heure il a eu la passion et le don de la musique1 et il a rv d'tre compositeur4 ,de bonne heure aussi1 et malgr des tudes =t capricieuses et incompltes1 il a crivaill en prose et en v]s1 et il a rv d'tre pote1 et surt\t auteur dramatique4 ,a son arrive ,p>is1 il avait en portefeuille non seulem5t ,n>cisse1 petite comdie en prose dans le gt de ,m>ivaux crite v+t ans1 mais des posies1 des lgies1 des v]s am\reux1 et une tragdie sur la ,dc\v]te du ,n\veau ,monde4 ,et1 de #agda #agdi1 il crit des pitres en v]s1 la ,diss]tation sur la musique mod]ne1 le ,projet conc]nant de n\veaux signes p\r la musique1 une petite comdie intitule les ,prisonni]s de ,gu]re1 l'opra des ,muses galantes1 le ,p]sifleur1 premi] numro d'un crit priodique qui n'eut pas de second numro1 l',alle de ,sylvie1 l',engagem5t tmraire1 comdie en trois actes1 en v]s2 et j'en passe4 ,en #agde il entre en rapports avec ,voltaire1 et il ret\*e p\r lui la ,pr9cesse de ,nav>re qui rep>at ,v]sailles s\s le titre de ,ftes de ,ramire4--,en #agdg1 son pre meurt2 cela lui vaut un peu d'arg5t1 dont il envoie une p>tie madame de ,w>5s4--,la mme anne1 il prs5te inutilem5t sa comdie de ,n>cisse aux ,itali5s4 ,ses dn]s avec ,?rse1 sur la malle1 dans l'embrasure de la f5tre1 ne l'emp*ai5t pas d'all] dans le monde4 ,il devi5t1 je l'ai dit1 secrtaire de madame ,dup94 ,francueil l'introduit *ez madame d'p9ay4 ,il fait la connaissance de madame d',h\detot la veille mme du m>iage de celle-ci4 ,il s\pe *ez mademoiselle ,qu9ault4 ,et sans d\te il frqu5te ,grimm1 ,did]ot1 ,condillac1 dne avec eux t\tes les sema9es au ,pani] ,fleuri 7re/aurant du ,palais-,royal71 connat d',alemb]t et l'abb de ,raynal1 et e/ considr comme du p>ti des philosophes2 et sans d\te1 ,did]ot ex]ce quelque influ5ce sur lui2 et sans d\te la religion de ,jean-,jacques1 jusqu'ici demi-prote/ant1 demi-ca?olique1 t\rne au disme pur1-- un disme1 il e/ vrai trs s9cre1 trs pieux et mme t5dre3 mais enf91 il n'y a pas un br9 ni de rvolte sociale1 ni mme de p>adoxe1 dans les petits v]s de l',alle de ,sylvie ni dans les v]s un peu *tifs de l',engagem5t tmraire1 crit p5dant un automne qu'il passa en trs brillante compagnie1 au *teau de ,*5onceaux1 et j\ en #agdi1 *ez madame d'p9ay la ,*evrette4 ,le futur citoy5 de ,g5ve y t9t lui-mme un rle4 ,le sujet e/ encore dans le gt de ,m>ivaux4 ,l'engagem5t dont il s'agit e/ l'engagem5t que pr5d un am\reux de ne montr] aucun am\r p\r sa matresse p5dant un j\r1 moy5nant quoi elle l'p\s]a4 ,et quant l',alle de ,sylvie1 c'e/ peu prs1 avec mo9s de s\plesse1 du ton et de la =ce de la ,*>treuse de ,gresset4 ,bref1 ,r\sseau e/ un homme d'allure un peu s+ulire1 il e/ vrai1 mais qui fait de la musique am\reuse et des petites comdies galantes1--la musique avec quelque orig9alit1 les comdies comme t\t le monde1 et plutt un peu mo9s bi51--et qui p>at ne song] qu' l',opra1 aux ,itali5s et la ,comdie-,franaise4--,cela1 jusqu'en novembre #agdi4 ,mais en octobre #agdi1 il arrive ceci4 ,quelques mois aup>avant1 ,did]ot avait publi la ,lettre sur les ,aveugles l'usage de ceux qui voi5t4 ,c'tait propos de l'opration de la cat>acte pratique p> ,m4 de ,raumur sur un aveugle-n4 ,raumur1 malgr les dem&es1 n'avait invit presque p]sonne la sance o il leva le premi] app>eil4 ,de l1 la premire page de la ,lettre1 cette plaisant]ie de ,did]ot3 ,m4 de ,raumur n'a v\lu laiss] tomb] le voile que devant quelques yeux sans consqu5ce4 ,dans ces yeux sans consqu5ce1 madame du ,pr de ,sa9t-,maur reconnut les si5s4 ,cette dame tait l'amie de ,raumur et aussi du comte d',arg5son1 m9i/re de la gu]re4 ,elle fut ulcre4 ,il faut dire aussi que c]ta9es ides de la ,lettre sur les ,aveugles p\vai5t p>atre h>dies4 ,bref1 on fit des p]quisitions *ez ,did]ot1 s\s prtexte de re*]*] le manuscrit d'un conte1 l',oiseau bleu1 qui cont5ait1 disait-on1 des allusions madame de ,pompad\r4 ,en ralit1 c'tait p\r mettre l'emb>go sur les matriaux de l',encyclopdie4 ,did]ot e/ arrt le #bi juillet et conduit au donjon de ,v9c5nes4 ,un mois aprs1 on lui donna le *teau et le p>c p\r prison1 avec p]mission de voir ses amis4 ,il re/a l jusqu'au #c novembre4 ,et ma9t5ant1 c\tons ,r\sseau1 puis ,m>montel1 puis ,did]ot4 ,et ne v\s plaignez pas que je fasse trop de citations3 c> ce premi] ouvrage de ,r\sseau3 le ,disc\rs sur les sci5ces et les arts1 celui qui a comm5c sa gloire et dt]m9 l'esprit de ses autres ouvrages1 il s'agit de savoir dans quelles conditions1 comm5t et p\rquoi il l'a crit1 et combi5 peu il a t5u qu'il ne l'crivt pas ou qu'il l'crivt autrem5t3 444,t\s les deux j\rs1 malgr des occupations trs exigeantes1 j'allais1 soit seul1 soit avec sa femme1 pass] avec lui 7,did]ot71 l'aprs-midi 7 ,v9c5nes74 ,cette anne #agdi l't fut d'une *aleur excessive444 7,la "q du ,m]cure e/ d'octobre1 et octobre n'e/ pas l't2 mais peu importe4 ,r\sseau crit cela v+t ans aprs les vnem5ts47 ,on compte deux lieues de ,p>is ,v9c5nes4 ,peu en tat de paye des fiacres1 deux heures aprs-midi j'allais pi$ qu& j'tais seul1 et j'allais vite p\r arriv] plus tt4 ,les arbres de la r\te1 t\j\rs lagus la mode du pays1 ne donnai5t presque aucune ombre2 et s\v5t1 r5du de *aleur et de fatigue1 je m't5dais p> t]re1 n'en p\vant plus4 ,je m'avisai1 p\r modr] mon pas1 de pr5dre quelque livre4 ,je pris un j\r le ,m]cure de ,france1 et t\t en m>*ant et le p>c\rant1 je tombai sur cette "q propose p> l',acadmie de ,dijon p\r le prix de l'anne suivante3 ,si le progrs des sci5ces et des arts a contribu corrompre ou pur] les moeurs#e4 ,note #e3 ,le vrai texte porte3 ,si le rtablissem5t444 ,a l'in/ant de cette lecture1 je vis un autre univ]s1 et je dev9s un autre homme444 ,en arrivant ,v9c5nes1 j'tais dans une agitation qui t5ait du dlire1 ,did]ot l'ap]ut1 je lui en dis la cause1 et je lui lus la prosopope de ,fabricius crite au crayon s\s un *ne4 ,il m'exhorta de donn] l'essor mes ides et de conc\rir au prix4 ,je le fis et ds cet in/ant je fus p]du4 ,il crit cela en #agfi4 ,il avait dj racont la *ose en #agfb1 dans sa ,deuxime ,lettre ,m4 de ,male%]bes1 et avec plus d'*auffem5t encore3 444 ,si jamais quelque *ose a ressembl une inspiration subite1 c'e/ le m\vem5t qui se fit en moi cette lecture444 ,et il p>le de palpitations1 d'bl\issem5ts1 d'un t\rdissem5t semblable l'ivresse1 et il dit qu'il se laisse tomb] s\s un des arbres de l'av5ue et qu'il y passe une demi-heure dans une telle agitation1 qu'en se relevant1 il ap]oit t\t le devant de sa ve/e m\ill de ses l>mes sans avoir s5ti qu'il en rp&ait4 ,t\t a p\r ab\tir la prosopope de ,fabricius6 ,tel e/ le rcit de ,r\sseau4 ,mais il y a celui de ,m>montel dans ses ,mmoires 7livre ,,vii74 ,voici le fait dans sa simplicit tel que me l'avait racont ,did]ot et tel que je le racontai ,voltaire4 ,j'tais 7c'e/ ,did]ot qui p>le7 prisonni] ,v9c5nes2 ,r\sseau v5ait m'y voir4 ,il avait fait de moi son ,ari/>que1 comme il l'a dit lui-mme4 ,un j\r1 n\s prom5ant ensemble1 il me dit que l',acadmie de ,dijon v5ait de propos] une "q intressante1 et qu'il avait envie de la trait]4 ,cette "q tait3 ,le rtablissem5t des sci5ces et des arts a-t-il contribu pur] les moeurs8 ,quel p>ti pr5drez-v\s8 lui dem&ai-je4 ,il me rpondit3 ,le p>ti de l'affirmative4--,c'e/ le pont aux nes1 lui dis-je2 t\s les tal5ts mdiocres pr5dront ce *em9-l1 et v\s n'y tr\v]ez que des ides communes1 au lieu que le p>ti contraire prs5te la philosophie et l'loqu5ce un *amp n\veau1 ri*e et fcond4--,v\s avez raison1 me dit-il aprs y avoir rfl*i un mom5t1 et je suivrai votre conseil444 ,a9si1 ds ce mom5t1 aj\te ,m>montel1 son rle et son masque fur5t dcids4 ,et je sais bi5 qu'il faut pr5dre g>de que ,m>montel ti5t le fait d'un ennemi de ,jean-,jacques et le rapporte un autre ennemi de ,jean-,jacques4 ,enf91 dans l',essai sur les rgnes de ,claude et de ,nron1 *ap4 #fg1 au c\rs de la diatribe la plus viol5te contre ,r\sseau1 ,did]ot dit simplem5t ceci3 ,lorsque le programme de l',acadmie de ,dijon p>ut1 il v9t me consult] sur le p>ti qu'il pr5drait4 ,le p>ti que v\s pr5drez1 lui-dis-je1 c'e/ celui que p]sonne ne pr5dra4--,v\s avez raison me rpliqua-t-il4 ,voil les trois v]sions4 ,celle de ,r\sseau e/ d'un ton bi5 excessif1 et sans d\te l'incid5t s'e/ amplifi et embelli dans sa mmoire4 ,il a v\lu que son premi] livre notable ait t conu tragiquem5t et avec fracas4 ,les deux autres v]sions sont1 l'une d'un malveillant 7et de seconde ma971 l'autre d'un ennemi1 mais d'un ennemi qui1 je crois1 avait de la s9crit4 ,je ne me prononce po9t4 ,je rem>que seulem5t que la v]sion de ,jean-,jacques ne diffre pas radicalem5t de celle de ,did]ot4 ,jean-,jacques dit lui-mme3 ,did]ot ,m',,exhorta de donn] l'essor mes ides et de conc\rir au prix4 ,cela semble indiqu] que ,r\sseau hsitait4 ,le p>ti auquel il s'arrta1 ce p>ti dont devait dp5dre le re/e de son oeuvre et de sa vie1 il s]ait vraim5t curieux que ,r\sseau ne l'et pris que p> un has>d et sur le conseil d'un autre4 ,s'il avait pris l'autre p>ti1 s'il avait rpondu que les sci5ces et les arts favoris5t les moeurs1 ou s'il avait adopt une ?se mitige 7et p\rquoi non8 l'auteur de ,n>cisse et des ,muses galantes ne p\vait tre alors un bi5 f>\*e ennemi des arts71 il aurait eu le prix t\t de mme cause de son excell5t /yle1 mais sa vie et t aiguille dans une autre direction444 ,et s'il n'avait pas lu le numro fatidique du ,m]cure de ,france8444 ,je sais bi5 ce que ces dductions sur des hypo?ses ont de futile4 ,mais ici il s'agit la fois d'un homme de gnie et dont l'influ5ce a t prodigieuse1 et d'un homme de peu de volont1 et d'un homme dont on peut dire que ses oeuvres exprim5t sa vie individuelle et les incid5ts de cette vie et sont peu prs t\tes des oeuvres de circon/ances4 ,et la gr&eur des consqu5ces fait qu'il devi5t m\vant de les voir sortir de si petites causes et si accid5telles1--et comme t\t s'en*ane1 et comme t\t e/ fatal2--ou provid5tiel4 ,en t\t cas cet crit de c9quante pages1 dont la premire conception a b\lev]s l'auteur jusqu' lui faire tremp] de l>mes le devant de son gilet1 p>at auj\rd'hui assez peu de *ose3 une dclamation d'cole4 ,en voici l'analyse4 ,deux p>ties4 ,la premire p>tie e/ une srie d'affirmations4 ,nos mes se sont corrompues mesure que nos arts et nos sci5ces se sont avancs la p]fection4 ,cela e/ pr\v p> l'hi/oire 7l'hi/oire comme on l'enseignait dans les collges74 ,voyez l'gypte1 la ,grce1 ,rome1 l',empire d',ori5t1 mme la ,*9e4 ,et voici la contre-preuve ,opposons ces tableaux celui des moeurs du petit nombre des peuples qui1 prs]vs de cette contagion des va9es connaissances1 ont p> leurs v]tus fait leur propre bonheur et l'exemple des autres nations4 ,tels fur5t les premi]s ,p]ses1 tels fur5t les premi]s ,roma9s4 ,et ici se place la prosopope3 ,fabricius1 qu'et p5s votre gr&e me444 ,voil comm5t1 conclut ,r\sseau1 le luxe1 la dissolution et l'esclavage ont t de t\t temps le *tim5t des ef=ts orgueilleux que n\s avons faits p\r sortir de l'heureuse ignorance o la sagesse t]nelle n\s avait placs4 ,la seconde p>tie e/ un essai d'explication de cette malfaisance des sci5ces et des arts4 ,l'orig9e des sci5ces e/ impure4 ,l'a/ronomie e/ ne de la sup]/ition 7comm5t8 il ne le dit pas72 l'loqu5ce1 de l'ambition1 de la ha9e1 de la flatt]ie1 du m5songe2 la gomtrie1 de l'av>ice 7allusion un passage d',hrodote72 la physique1 d'une va9e curiosit2 t\tes1 et la morale mme1 de l'orgueil huma94 7,a9si p>le cet homme mode/e47 ,bref les sci5ces et les arts doiv5t leur naissance nos vices4 --,mais alors ce ne sont donc pas nos vices qui doiv5t naissance aux sci5ces et aux arts8 --,si fait2 c>1 leur t\r1 les sci5ces et les arts ont p\r effets3 la p]te du temps1 cause de leur inutilit2 le luxe qui amollit4 7,les peuples sans luxe ont t =ts3 a9si la ,p]se de ,cyrus1 les ,scy!s1 l'anci5ne ,rome1 les ,francs1 les ,saxons1 les ,suisses contre ,*>les le ,tmraire1 les ,holl&ais contre ,philippe ,,ii47 ,les sci5ces et les arts ont encore p\r effets3 la corruption du gt p> le dsir de plaire 7ici1 quelques rem>ques vraies71 la dim9ution des v]tus militaires1 enf9 la frivole et dang]euse ducation donne aux enfants 7ici encore de bonnes rflexions74 ,les philosophes sont des *>latans4 ,l'inv5tion de l'imprim]ie e/ une *ose bi5 regrettable4 ,il f9it p> une contradiction4 ,c> il exalte t\t de mme ,bacon1 ,desc>tes1 ,newton4 ,il di/+ue les faux savants ou philosophes et les vrais1 et s\haite que les vrais dirig5t les tats3 mais quoi les reconnatra-t-on8 et qui les dsign]a8 ,et puis1 la sci5ce n'e/ donc pas t\j\rs et ncessairem5t fune/e8 ,ce premi] disc\rs e/ donc bi5 une dclamation pure1 un morceau de rhtorique1 et o clate dj une gr&e draison et quelque niais]ie4 ,aucune prcision4 ,r\sseau p>at suppos] que le rtablissem5t des sci5ces et des arts 7p> la diffusion des dbris de l'anci5ne ,grce aprs la prise de ,con/ant9ople71 s'e/ opr t\t d'un c\p et a in/antanm5t corrompu les moeurs1 et il ne se dem&e mme pas ce qu'tai5t les moeurs aup>avant4 ,il ne p5se pas di/+u] entre les sci5ces et les arts1 dont il semble p\rtant que l'influ5ce corruptrice ne saurait tre t\t fait la mme4 ,il ne s'avise pas non plus que la corruption p> les sci5ces ou les arts ne peut gure tre que la corruption d'un petit nombre1 d'autant que1 p> corruption1 il p>at surt\t ent5dre les conv5tions1 prjugs et m5songes monda9s1 le luxe1 la mollesse1 la frivolit et les artifices de la vie de salon1 bref les vices ou trav]s du monde trs re/re9t o il vivait lui-mme4 ,il ne s'avise pas que dix-huit millions de paysans ou d'artisans de ,france *appai5t presque totalem5t cette corruption-l1 et que la petite b\rgeoisie n'en tait que modrm5t atte9te2 que d'ailleurs le mal et le bi5 s'entreml5t si inextricablem5t dans les effets attribuables aux arts et aux sci5ces qu'il e/ en t\t cas impossible de les dml] ou de dmontr] que le mal l'emporte4--,bref la ?se de ,r\sseau n'e/ qu'un vague lieu-commun1 trs fatigu dj cette poque1 presque aussi fatigu que le lieu-commun de la ?se contraire4 ,le lieu-commun de ,r\sseau 7l'innoc5ce de l'tat de nature oppose aux vices de la civilisation7 tait dj un peu p>t\t 7dans les ,lettres ,p]sanes p> exemple1 deuxime p>tie de l',hi/oire des ,troglodytes1 ou dans ,m>ivaux3 ,l',ile des ,esclaves1 l',ile de la ,raison71 et ne tirait pas autrem5t consqu5ce4 7,auj\rd'hui1 que n\s sommes quelques milli]s d'auteurs1 dont deux ou trois c5ts clbres1 il e/ clair qu'un morceau comme le premi] ,disc\rs de ,jean-,jacques pass]ait totalem5t inap]u4--,la "q1 d'ailleurs1 que ,jean-,jacques y rs\t si facilem5t ressemble ces que/ions banales1 inutiles et insolubles que les report]s pos5t aux criva9s1 ju/em5t p>ce qu'elles prt5t un bav>dage indf9i47 ,mais1 si le lieu-commun e/ banal1 on p\vait l'illu/r] de pe9tures prcises et assez probantes1 c> le temps y prtait2 et peut-tre n'avait-on pas encore vu la haute socit aussi p]v]tie1 s9on p> les sci5ces et les arts1 du mo9s p> les raff9em5ts de l'esprit et p> une culture trop t\rne v]s le seul agrm5t4 ,ce que ,r\sseau omet de faire1 ,duclos le fait1 exactem5t la mme poque1 avec beauc\p de sagacit et quelque vigueur dans ses ,considrations sur les moeurs 7#agea74 ,d'abord ,duclos di/+ue ,p>is et la prov9ce et1 dans ,p>is mme1 il considre seulem5t quelques gr\pes4 ,et ,duclos saisit et df9it =t bi5 les vices ou dfauts c>actri/iques de cette socit re/re9te3 non pas tant encore le drglem5t des moeurs 7dont je ne p5se pas que ,r\sseau se crt exempt7 que la vanit1 la frivolit1 l'abus de l'esprit1 le p]siflage 7ce que n\s appelons auj\rd'hui la blague71 la s*]esse et la duret du coeur 7ce que ,gresset avait pe9t en #agde dans le ,m*ant71 le t\t ml a des prt5tions philosophiques4 ,ri51 ou presque ri5 de t\t cela dans le ,disc\rs de ,jean-,jacques qui1 au surplus1 n'e/ nullem5t un obs]vateur4 ,d'o vi5t donc que l'effet du ,disc\rs sur les sci5ces et les arts ait t tel que ,g>at1 dans son ,mmoire sur ,m4 ,su>d1 ait pu crire3 ,c'e/ ce mom5t mme qu'une voix qui n'tait pas jeune et qui tait p\rtant t\t fait inconnue1 s'leva1 non du fond des ds]ts et des =ts1 mais du se9 mme de ces socits1 de ces acadmies et de cette philosophie o tant de lumires faisai5t natre et n\rrissai5t tant d'esprances444 ,et1 au nom de la vrit1 c'e/ une accusation qu'elle int5te1 devant le g5re huma91 contre les lettres1 les arts1 les sci5ces et la socit mme444 ,et ce n'e/ pas1 comme on le dit1 le sc&ale qui fut gnral1 c'e/ l'admiration et une sorte de t]reur qui fur5t presque univ]selles4 ,comm5t expliqu] cela 7 suppos] que ,g>at n'exagre po9t78 ,c'e/ qu'il y avait1 dans ce premi] livre de ,r\sseau1 l'acc5t et le /yle4 ,il y avait l'acc5t de l'homme de lettres qui n'a pas russi1 du malade qui n'e/ bi5 que dans la solitude1 de l'homme timide qui a s\v5t s\ff]t dans les belles compagnies2 l'acc5t de l'anci5 vagabond et du plbi5 rvolt2 bref1 l'acc5t d'un homme qui pr5d au srieux le lieu-commun aup>avant in(f5sif4--,au re/e on peut dire que presque t\te son oeuvre1--et c'e/ p> l qu'elle a sduit la btise huma9e1--e/ d'un homme de gnie qui a pris1 p\r la premire fois1 d'antiques plaisant]ies ou fantaisies au srieux4 ,d'autre "p1 le morceau assez banal o vibrait cet acc5t-l devait tre lu1 d'abord1 ju/em5t p> cette petite m9orit de privilgis p\r laquelle la ?se de ,r\sseau se tr\vait tre p>tiellem5t vraie4 ,et1 en outre1 il s'levait du premi] c\p contre quelques-unes des idoles les plus *res cette lite3 la philosophie1 la sci5ce1 que l'on comm5ait ador]1 et la foi au progrs4 ,cette gravit et cette vhm5ce de s]monnaire devai5t la fois sec\] et sduire des g5s qui n'allai5t plus gure au s]mon444 ,de l le sc&ale et l'espce de t]reur dont p>le ,g>at4 7,tel1 un peu1 le succs des premi]s crits vangliques de ,tol/o dans les salons p>isi5s47 ,et puis il y avait le /yle4 ,il n'a pas encore t\tes les qualits que possd]a plus t>d le /yle de ,jean-,jacques4 ,mais il e/ beau dans sa t5sion1 il a le m\vem5t oratoire1 la phrase =tem5t ry?me4 ,il s'opposait1 avec un air de n\veaut1 au /yle c\rt et f9 qui tait alors le plus la mode4--,j'aj\te qu'on y tr\ve dj les apo/rophes1 l'abus de c]ta9s mots comme v]tu et nature1 l'emphase et la fausse rudesse rpublica9e qui c>actris]ont si f*eusem5t1 qu>ante ans plus t>d1 l'loqu5ce des jacob9s et des sans-culottes4 ,c'e/ ,jean-,jacques qui a f\rni la ,rvolution son vocabulaire4 ,comm5t1 dans la tte du fade v]sificateur de l',engagem5t tmraire1 s'tait secrtem5t =me cette prose-l1 si ple9e1 si suivie1 si robu/e1 si grave8 ,repassons1 si v\s le v\lez1 l'hi/oire des lectures de l'autodidacte ,r\sseau 7je ne p>le que de ses lectures franaises74 ,a six ans1 il lisait avec son pre l',a/re et les romans de ,la ,calpr5de4--,a sept ans1 ,ovide et ,font5elle1 mais aussi ,plut>que1 ,la ,bruyre1 ,molire et le ,disc\rs sur l',hi/oire univ]selle4--,de d\ze seize ans1 t\t un cab9et de lecture1 au has>d4--,plus t>d1 et surt\t aux ,*>mettes1 en mme temps qu'il appr5d le lat91 il lit ,le ,sage1 l'abb ,prvo/1 les ,lettres philosophiques de ,voltaire1 mais aussi 7avec ,locke et ,leibnitz7 les ouvrages de ,messieurs de ,port-,royal1 ,desc>tes ,malebran*e1 etc444 ,en somme1 peu de livres contempora9s1 mais peu prs t\t le ,x,v,i,ie sicle dvor dans la solitude1 lo9 de ,p>is4 ,c'e/ bi5 ce sicle que ,r\sseau doit sa =mation littraire4 ,et c'e/ p\r cela1--et aussi p>ce qu'il avait un don1--que1 lorsqu'il se met crire en prose1 il retr\ve la phrase et le ton des criva9s du ,x,v,i,ie sicle4 ,j'ai dit que son /yle avait un air de n\veaut3 c'e/ p\r cela4 ,il remonte plus haut que ,m>ivaux1 que ,font5elle1 que ,voltaire1 mme que ,la ,bruyre4 ,il r5\e une tradition4--,et il e/ vrai qu'il y aj\te quelque *ose1 p>ce qu'il se s]t d'une =me traditionnelle avec une me neuve4 ,donc1 tel qu'il e/1 le ,disc\rs de ,r\sseau1 c\ronn p> l',acadmie de ,dijon le #bc aot #agej1 obti5t du premi] c\p un succs in\4 ,des hommes considrables ou notables en publi5t des critiques3 le roi ,/anislas 7aid d'un pre jsuite71 le pr(esseur ,gauti]1 ,bordes1 acadmici5 de ,lyon1 ,lecat1 acadmici5 de ,r\51 ,=mey1 acadmici5 de ,b]l91 sans compt] ,voltaire1 d',alemb]t1 ,frdric ,,ii1 qui1 l'occasion en dis5t leur mot4 ,r\sseau rplique successivem5t ,/anislas1 ,gauti] et ,bordes4 ,t\tes ces rfutations et rpliques ne pr\v5t pas gr& *ose ni d'un ct ni de l'autre1 la "q tant pose en t]mes trop gnraux et d'ailleurs1 je crois1 insoluble4 ,mais1 naturellem5t1 dans cette polmique1 ,r\sseau rtorque mieux qu'il n'e/ rtorqu1 p>ce qu'il a plus de tal5t4 ,il ne rem>que pas que ces lettres1 dont il veut dmontr] la malfaisance1 il leur doit p\rtant d'tre va9queurs contre elles-mmes4 ,et alors il arrive que les rpliques de ,r\sseau sont meilleures et plus intressantes que son ,disc\rs4--,d'une "p1 oblig de mieux mdit] son sujet1 de le s]r] davantage1 il attnue habilem5t et sans trop en avoir l'air ce qu'il y avait t\t de mme d'un peu gros dans la premire expression de son facile p>adoxe1 et il le r5d p> l plus acceptable4 ,a9si1 dans sa rponse au roi ,/anislas1 aprs avoir crit3 ,quoi6 faut-il donc supprim] t\tes les *oses dont on abuse8 ,oui1 sans d\te1 rpondrai-je sans balanc]1 t\tes celles qui sont inutiles1 t\tes celles dont l'abus fait plus de mal que leur usage ne fait de bi52 il aj\te aussitt3 ,arrtons-n\s un in/ant sur cette d]nire consqu5ce1 et g>dons-n\s d'en conclure qu'il faille auj\rd'hui brl] t\tes les biblio?ques et dtruire les univ]sits et les acadmies4 ,n\s ne f]ions que replong] l',europe dans la b>b>ie1 et les moeurs n'y gagn]ai5t ri54 ,on respire1 on se dit3 ,ah6 bi51 bi54 ,d'autre "p1 t&is qu'il df5d et *]*e faire accept] son ide1 son ide le travaille1 et d'elle-mme fructifie en lui4 ,son futur ,disc\rs sur l'9galit e/ dj presque cont5u dans ses rponses ,/anislas et ,bordes4--,p> exemple1 dans sa rponse ,/anislas3 ,ce n'e/ pas des sci5ces1 me dit-on1 c'e/ du se9 des ri*esses que sont ns de t\t temps la noblesse et le luxe4 ,je n'avais pas dit non plus que le luxe ft n des sci5ces1 mais qu'ils tai5t ns ensemble et que l'un n'allait gure sans l'autre4 ,voici comm5t j'arrangeais cette gnalogie4 ,la premire s\rce du mal e/ l'9galit3 de l'9galit sont v5ues les ri*esses444 ,des ri*esses sont ns le luxe et l'oisivet4 ,du luxe sont v5us les beaux-arts1 et de l'oisivet les sci5ces4 ,autre exemple4 ,la croyance la bont naturelle de l'homme tait implique1 mais non =mule dans le ,disc\rs4 ,c'e/ dans une note de la ,rponse ,bordes que ,r\sseau dit p\r la premire fois3 ,je p5se que l'homme e/ naturellem5t bon4 ,troisimem5t1 mesure qu'il essaye de prcis] l'ide de son premi] ,disc\rs1 les s5tim5ts dont cette ide n'e/ que le produit et l'expression devi5n5t en lui plus pr(onds et plus viol5ts4 ,il pr5d l'(f5sive p>t\t o il en tr\ve le jo9t4 ,le ton e/ plus frmissant dans les ,rponses et surt\t dans les ,notes que dans le ,disc\rs lui-mme4 ,voici une note de la ,rponse ,bordes3 ,le luxe n\rrit c5t pauvres dans nos villes et en fait prir c5t mille dans nos campagnes4 ,l'arg5t qui circule entre les ma9s des ri*es et des artisans p\r f\rnir leurs sup]fluits e/ p]du p\r la subsi/ance du lab\reur1 et celui-ci n'a po9t d'habit p>ce qu'il faut du galon aux autres4 7,a la vrit il n'explique pas comm5t47 ,le gaspillage des matires qui s]v5t la n\rriture des hommes suffit seul p\r r5dre le luxe odieux l'humanit444 ,il faut des jus dans notre cuis9e1 voil p\rquoi tant de malades manqu5t de b\illon4 ,il faut des liqueurs sur nos tables1 voil p\rquoi le paysan ne boit que de l'eau4 ,il faut de la p\dre nos p]ruques1 voil p\rquoi tant de pauvres n'ont po9t de pa94 ,oh6 mon ,dieu1 v\s tr\v]ez cela dans ,la ,bruyre1 et v\s n'aurez pas beso9 de le *]*] longtemps dans ,bossuet et dans ,b\rdal\e4 ,mais ici il y a1 ce me semble1 l'esprit et le ton rvolutionnaire1 il y a1 malgr la t5ue du /yle1 ce que j'appell]ai le c\p de gueule2 il y a le t]rible racc\rci sophi/ique3 ,voil p\rquoi444 ,ce morceau-l dut sec\] dlicieusem5t pas mal de petites femmes de la noblesse1 et p>eillem5t de la f9ance4 ,enf91 le premi] ,disc\rs de ,r\sseau s'emp>e de ,r\sseau lui-mme4 ,p> un phnomne connu d'autosugge/ion1 ,jean-,jacques se faonne d'aprs son livre4 ,il veut ressembl] l'ide que ce livre donne de lui4 ,il veut en ralis] l'pigraphe3 ,b>b>us hic ego sum quia non intelligor illis4 ,il entrepr5d sa r=me morale4 ,il ne faut oubli] ni son orig9e et son vieux fond prote/ant1 ni sa priode de pratique ca?olique et le temps o il composait des prires p\r madame de ,w>5s4 ,je crois qu'il n'avait jamais cess d'tre proccup de vie morale4 ,plusieurs fois il avait eu des vellxs de r=me1 et fait des ef=ts et des t5tatives dans ce s5s4 ,p> exemple1 aprs son av5ture avec madame de ,l>nage 7l'unique av5ture agrable de sa vie71 il avait promis d'all] rejo9dre cette dame *ez elle ,sa9t-,&iol4 ,le mom5t v5u1 il hsite1 et il n\s en appr5d les raisons4 ,il s'tait donn madame de ,l>nage p\r un ,anglais1 et il cra9t d'tre dmasqu4 ,puis1 il sait que madame de ,l>nage a une fille de qu9ze ans1 et il cra9t d'avance d'en tomb] am\reux1 de la sduire1 et de mettre la diss5sion1 le d%onneur et l'enf] dans la maison4 7,raison plaisante3 le pauvre ,jean-,jacques n'tait pas en am\r un tel f\dre de gu]re47--,enf91 dit-il3 ,a cela se mlai5t des rflexions relatives ma situation1 mon devoir1 cette maman si bonne#f1 si gnreuse1 qui1 dj *>ge de dettes1 l'tait encore de mes folles dp5ses1 qui s'puisait p\r moi et que je trompais si indignem5t4 ,ce repro*e dev9t si vif qu'il l'emporta la f94 ,en appro*ant de ,sa9t-,esprit1 je pris la rsolution de brl] l'tape du b\rg ,sa9t-,&iol et de pass] t\t droit4 ,je l'excutai c\rageusem5t1 avec quelques s\pirs1 je l'av\e1 mais aussi avec cette satisfaction intrieure444 de me dire3 ,je mrite ma propre e/ime1 je sais prfr] mon devoir mon plaisir4 ,note #f3 ,madame de ,w>5s4 ,allons1 la petite ,l>nage l'a *app belle6--,et l-dessus ,jean-,jacques se met mdit]1 jure de rgl] dsormais sa conduite sur les lois de la v]tu444 et de n'c\t] plus d'autre am\r que celui de ses devoirs4 ,en effet 7c> les actes v]tueux s'en*an5t comme les autres7 lorsque1 de ret\r ,*ambry1 il tr\ve sa place occupe p> le p]ruqui] ,w9tz5ri$ et que madame de ,w>5s lui assure que t\s ses droits demeur5t les mmes et qu'en les p>tageant avec un autre il n'en s]a pas priv p\r cela1 ,jean-,jacques1 qui avait accept le j>d9i]1 n'accepte pas le coiffeur4 ,il se prcipite aux pi$s de madame de ,w>5s1 il embrasse ses g5\x en v]sant des torr5ts de l>mes et lui ti5t ce disc\rs tonnant3 ,non1 maman1 je v\s aime trop p\r v\s avilir2 votre possession m'e/ trop *re p\r la p>tag]4 ,beau m\vem5t1 que madame de ,w>5s ne lui p>donna jamais4 ,oh6 ,jean-,jacques en avait eu plus d'un1 de ces beaux m\vem5ts4 ,mais1 jusque-l1 cela avait peu de suite4 ,cette fois1 aprs le ,disc\rs sur les sci5ces et les arts1 c'e/ t\t fait srieux4 ,il veut dcidm5t tre un autre homme1 et p\r t\te sa vie4 ,il n\s explique cela au livre ,,viii des ,confessions1 mais mieux encore dans la ,troisime ,rv]ie1 o il idalise dcidm5t son pass et se voit tel qu'il aurait v\lu tre4--,il e/ dt]m91 non seulem5t p> les belles phrases de son propre ,disc\rs1 mais p> son pass religieux qui lui remonte au coeur3 ,n dans une famille o rgnai5t les moeurs et la pit1 lev ensuite avec d\ceur *ez un m9i/re ple9 de sagesse et de religion1 j'avais reu ds ma plus t5dre enfance des pr9cipes1 des maximes1 d'autres dirai5t des prjugs qui ne m'ont jamais t\t fait ab&onn4 ,enfant encore et livr moi-mme4441 =c p> la ncessit1 je me fis ca?olique1 mais je demeurai t\j\rs *rti5 7pigramme suggre p> son rsidu prote/ant7 et bi5tt1 gagn p> l'habitude1 mon coeur s'atta*a s9crem5t ma n\velle religion444 ,les in/ructions1 les exemples de madame de ,w>5s m'aff]mir5t dans cet atta*em5t4 ,la solitude *amptre o j'ai pass la fleur de ma jeunesse1 l'tude des bons livres444 me r5dir5t dvot presque la manire de ,fnlon4 ,et1 plus lo91 p\r signifi] sa r=me1 il emploie des expressions sol5nelles1 presque t\tes d'un c>actre religieux3 ,t\t contribuait dta*] mes affections de ce monde444 ,je quittai le monde et ses pompes444 ,une gr&e rvolution v5ait de se faire en moi1 un autre monde moral se dvoilait mes yeux444 ,c'e/ de cette poque que je puis dat] mon enti] r5oncem5t au monde444 ,et1 de lo91 il le croit4 ,en ralit1 sa r=me fut1 d'abord1 surt\t extrieure4 ,et on ne saura jamais1 et sans d\te lui-mme n'a jamais su p\r quelle "p y entrait le dsir de se di/+u] et le dsir d'tre meilleur4 ,il faut dire que c'e/ au sortir d'une grave maladie 7mais *ez lui on ne les compte plus7 qu'il =me le desse9 d'accord] sa vie avec ses maximes sans s'emb>rass] aucunem5t du jugem5t des hommes1--desse9 le plus gr& peut-tre1 dit-il1 ou du mo9s le plus utile la v]tu que mortel ait jamais conu4 ,d'abord il r5once la politesse4 ,mais il a la fran*ise de n\s en donn] cette raison3 ,ma sotte et maussade timidit que je ne p\vais va9cre1 ayant p\r pr9cipe la cra9te de manqu] aux bi5sances1 je pris1 p\r m'enh>dir1 le p>ti de les f\l] aux pi$s4 ,je me fis cau/ique et cynique p> honte2 j'affectai de mpris] la politesse que je ne savais pas pratiqu]4 ,il y arrive peu prs1 mais non entirem5t4 ,madame d'p9ay dit de lui dans ses ,mmoires3 ,il e/ complim5teur sans tre poli4 ,comb9aison bt>de4 ,le contraire s]ait plus digne d'un sage4 ,il r=me son co/ume3 ,je quittai1 dit-il1 la dorure et les bas blancs2 je pris une p]ruque ronde2 je posai l'pe2 je v5dis ma montre en me disant avec une joie incroyable3 ,je n'aurai plus beso9 de savoir l'heure qu'il e/4 ,il ne veut plus de cadeaux et devi5t trs ombrageux sur ce po9t4 ,cela ira1 comme on le voit c9quante fois dans sa correspondance1 jusqu' la susceptibilit la plus maladive4 ,il e/ vrai que ,?rse cont9u]a en recevoir1 mais l'insu de ,jean-,jacques4 ,il quitte l'excell5te place de caissi] qu'il avait *ez le f]mi]-gnral ,francueil1 moiti 7c> il explique loyalem5t les deux motifs7 p>ce que l'emploi tait trop assujettissant et ne lui donnait que du dgt1 moiti p>ce que ses pr9cipes ne se p\vai5t plus accord] avec un tat qui s'y rapportait si peu4 ,et1 p\r gagn] sa vie1 il s'tablit copi/e de musique 7 dix s\s la page1 un peu plus que le t>if ord9aire74--,et il n'a pas fait ce mti] en passant1 durant une seule saison1 le temps d'tonn] ses contempora9s4 ,il a vcu en p>tie de ce mti]-l p5dant des annes et1 semble-t-il1 le re/e de sa vie1 l'exception des annes passes en ,suisse1 en ,anglet]re et en ,dauph94 ,et le plaisir d'tonn] e/ bi5 vid5t3 mais1 trs rellem5t aussi1 cette occupation1 qui d'ailleurs ne l'assujettit po9t1 e/ con=me son gt4 ,il e/ p>esseux et calligraphe4 ,rem>quez que les potes ont presque t\s de magnifiques critures et s'y complais5t4 ,les manuscrits de ,rac9e1 de ,hugo1 de ,leconte de ,lisle1 de ,hrdia sont admirables4 ,de mme ceux de ,r\sseau4 ,il faisait lui-mme1 p\r ses amies1 des copies calligraphies de ses ouvrages4 ,il a copi deux fois--p\r madame d'p9ay1 p\r madame de ,luxemb\rg1--les d\ze c5ts pages de la ,n\velle ,hlose2 il a copi au mo9s trois fois1 les c9q c5t qu>ante pages de ses ,dialogues4 ,cet anci5 appr5ti graveur aimait trac] de beaux c>actres1 surt\t qu& ces beaux c>actres =mai5t des phrases dont il tait l'auteur4 ,mais on peut pr5dre plaisir aussi dess9] de belles notes1 avec de belles clefs1 de belles accolades1 de belles cro*es1 de beaux dizes444 ,le jeune ,m>seillais ,eym> s'm]veill]a1 en #aggd1 sur la p]fection des copies musicales de ,r\sseau4 ,cette espce de conv]sion de ,jean-,jacques n'avait videmm5t pas gr& rapport avec celle de ,pascal ou de ,ranc4 ,aussi jamais r=me morale n'eut un tel succs monda94 ,r\sseau huron1 ,r\sseau impoli1 ,r\sseau sans pe et sans montre1 et surt\t ,r\sseau copi/e de musique mit en l'air t\t le ,p>is-lgant de ce temps-l4 ,t\tes les belles dames v\lur5t de la musique copie de sa ma94--,si ,tol/o s'tablissait cordonni] ,p>is1 t\tes nos belles sociali/es irai5t lui comm&] des bott9es4 ,r\sseau j\it pr(ondm5t de cette curiosit suscite p> sa conv]sion4 ,ma *ambre1 dit-il1 ne dsemplissait pas de g5s qui1 s\s div]s prtextes1 v5ai5t s'emp>] de mon temps444 ,je ne p\vais refus] t\t le monde444 ,bi5tt il aurait fallu me montr] comme ,poli*9elle1 tant p> p]sonne4 ,or1 au mom5t mme o il obti5t ce succs de v]tu1 n\s sommes bi5 =cs de croire 7c> ces *oses se pass5t en #agej et #agea7 qu'il v5ait de mettre ou qu'il allait mettre aux ,enfants-,tr\vs son troisime ou quatrime enfant4 ,c'e/ que sa r=me n'e/ po9t intrieure1 ou du mo9s ne l'e/ pas encore4 ,en dpit de son gt p\r la solitude matrielle1 il n'e/ proccup que de l'impression qu'il f]a sur les autres4 ,il dit qu'il sec\e le j\g de l'op9ion1 qu'il la brave3 mais la brav] de cet air1 c'e/ t\j\rs song] elle4 ,une r=me morale aussi peu discrte1 aussi peu sil5cieuse1 e/ bi5 suspecte4--,au mom5t o il t*e de desc5dre en lui-mme1 l'opration e/ fausse p> ce fait que1 s'il s'exam9e1 c'e/ p\r se confess] non un seul1 ni un homme revtu d'un c>actre sacr1 mais t\t le monde1 et qu'il e/ mo9s att5tif recueillir le fruit moral de son exam5 qu' saisir les effets publics de sa confession4 ,a cause de cela1 et p>ce que1 t&is qu'un de ses yeux e/ t\rn en d$ans1 l'autre l\*e v]s l'extrieur1 on peut dire que ce solitaire qui s'e/ tant racont ne s'e/ peut-tre pas trs bi5 connu et s'e/ presque con/amm5t illusionn sur son propre compte4 ,s'aim] l'excs emp*e de se connatre1 et rciproquem5t4 ,a pe9e a-t-il rsolu d'tre meilleur qu'il se croit dj meilleur4 ,le gr& ennemi des sci5ces et des lettres1 des arts et du luxe e/ plus que jamais rp&u dans le monde du luxe1 des lettres1 des sci5ces et des arts4 ,il grogne d'tre envahi1 mais il se laisse envahir4 ,il cont9ue faire de la littrature et de la musique4 ,il fait j\] ,n>cisse 7sans succs7 la ,comdie-,franaise en #ageb4 ,v]s le mme temps1 il compose le ,dev9 du ,village4 ,et la contradiction e/ si flagrante entre ses maximes et ses occupations que lui-mme s'en ap]oit et qu'il crit1 p\r s'en ju/ifi]1 la curieuse prface de ,n>cisse1 imprime en #agec4 ,il y repr5d d'abord sa ?se4 ,il affirme que le gt des lettres ne peut natre que de deux mauvaises s\rces1 savoir l'oisivet et le dsir de se di/+u] 7dsir dont app>emm5t il tait lui-mme exempt74 ,quant la sci5ce1 elle n'e/ pas faite p\r l'homme en gnral1 il s'g>e sans cesse sa re*]*e4 ,la philosophie e/ de/ructrice des usages et des c\tumes444 ,ici1 lui *appe cette magnifique affirmation traditionnali/e3 ,le mo9dre *angem5t dans les c\tumes1 ft-il mme avantageux quelques g>ds1 t\rne t\j\rs au prjudice des moeurs2 c> les c\tumes sont la morale du peuple2 et ds qu'il cesse de les respect]1 il n'a plus de rgle que ses passions ni de fre9 que les lois1 qui peuv5t quelquefois cont5ir les m*ants1 mais jamais les r5dre bons4 ,enf91 la philosophie r5d l'homme orgueilleux et dur3 444 ,la famille1 la patrie devi5n5t p\r lui des mots vides de s5s3 il n'e/ ni p>5t1 ni citoy51 ni homme3 il e/ philosophe4 ,a9si1 de la p>tie sa9e de l'me de ,r\sseau1 de son vieux fond hrditaire jailliss5t p>fois de belles lueurs4 ,mais1 aj\te-t-il1 qu& un peuple a t corrompu un c]ta9 po9t p> les sci5ces et les arts1 mieux vaut encore les g>d]444 ,c> les sci5ces et les arts1 aprs avoir fait clore les vices1 sont ncessaires p\r les emp*] de se t\rn] en crimes2 elles dtruis5t la v]tu1 mais elles en laiss5t le simulacre public qui e/ t\j\rs une belle *ose2 elles introduis5t la place la politesse et les bi5sances2 et la cra9te de p>atre m*ant elles sub/itu5t celle de p>atre ridicule4 ,et plus lo93 ,il ne s'agit plus de port] les peuples bi5 faire1 il faut seulem5t les di/raire de faire le mal2 il faut les occup] des niais]ies p\r les dt\rn] des mauvaises actions4 ,et enf93 ,il e/ trs ess5tiel de se s]vir auj\rd'hui des sci5ces et des lettres comme d'une mdec9e au mal qu'elles ont caus1 ou comme de ces animaux qu'il faut cras] sur la morsure4 ,allons6 on peut s'ent5dre4 ,et ,jean-,jacques peut1 en t\te sret de consci5ce1 cont9u] faire de petites comdies et de petits opras4 ,n>cisse ou l'am\reux de soi-mme e/ un m>ivaudage insignifiant4--,le ,dev9 du ,village1 beauc\p meilleur1 et surt\t p> la musique1--o l'on voit un vieux paysan1 qui passe p\r sorci]1 enseign] ,colette le moy5 de repr5dre ,col9 en excitant sa jal\sie1--e/ une paysann]ie enrubanne laquelle ressembl]ont beauc\p les petits opras comiques de ,fav>t4 ,on ne conoit pas bi51 la vrit1 en quoi ce joli spectacle1 la fois trs factice et assez voluptueux1 avec sa musique t5dre et ses danses de villageoises de ?tre1 peut remdi] aux maux affreux causs p> la sci5ce et les arts4 ,mais il e/ c]ta9 que le succs du ,dev9 a t une des gr&es joies de ,r\sseau4 ,le ,dev9 fut j\ d'abord en #ageb1 ,fonta9ebleau1 devant la c\r4 ,les huit ou dix pages des ,confessions o notre sauvage n\s raconte cette reprs5tation respir5t *aque ligne l'ivresse vaniteuse d'un auteur fieff4 ,il avait g>d son co/ume d'ermite1 et avait sa b>be et sa p]ruque ronde assez mal peigne1 dit-il2 le roi1 la re9e1 la famille royale1 t\s les plus gr&s seigneurs et les plus gr&es dames le reg>dai5t comme un animal curieux3 quel bonheur6 444,je me livrais ple9em5t1 dit-il1 au plaisir de sav\r] ma gloire444 ,ceux qui ont vu cette reprs5tation doiv5t s'en s\v5ir1 c> l'effet en fut unique4 ,et voici le rev]s1--lam5table1 hlas6--,le duc d',aumont lui fait dire de se tr\v] au *teau le l5dema91 et qu'il le prs5t]ait au roi1 et qu'il s'agissait d'une p5sion1 et que le roi v\lait l'annonc] lui-mme l'auteur4 ,et ma9t5ant c\tez3 ,croira-t-on que la nuit qui suivit une aussi brillante j\rne fut une nuit d'angoisse et de p]plexit p\r moi6 ,ma premire ide1 aprs celle de cette reprs5tation1 se porta sur un frqu5t beso9 de sortir1 qui m'avait fait beauc\p s\ffrir le soir mme au spectacle et qui p\vait me t\rm5t] le l5dema91 qu& je s]ais dans la gal]ie ou dans les app>tem5ts du roi1 p>mi t\s ces gr&s1 att5dant le passage de ,sa ,maje/4 ,cette infirmit tait la pr9cipale cause qui me t5ait c>t des c]cles et qui m'emp*ait d'all] m'enf]m] *ez des femmes4 ,l'ide seule de l'tat o ce beso9 p\vait me mettre tait capable de me le donn] au po9t de m'en tr\v] mal1 mo9s d'un escl&re auquel j'aurais prfr la mort4 ,puis1 il cra9t d'tre gau*e1 de manqu] de prs5ce d'esprit1 de laiss] *app] quelque bal\rdise4 ,je v\lais1 dit-il1 sans quitt] l'air et le ton svre que j'avais pris1 me montr] s5sible l'honneur que me faisait un si gr& mon>que4 ,il fallait envelopp] quelque gr&e et utile vrit dans une l\ange belle et mrite4 ,et ,jean-,jacques a peur de rat] son affaire4--,enf91 il se s\vi5t1 propos1 de ses pr9cipes4 ,s'il accepte cette p5sion1 adieu la vrit1 la lib]t1 le c\rage4 ,comm5t os] dsormais p>l] d'indp5dance et de ds9tressem5t8 ,bref1 il se drobe4 ,et n\s ne saurons jamais1 et lui-mme probablem5t n'a jamais su si c'e/ p> fi]t rpublica9e qu'il a refus l'audi5ce et la p5sion1 ou p> cra9te d'avoir beso9 de sortir p5dant l'audi5ce4 ,quelques mois aprs1 le ,dev9 e/ j\ ,p>is4 ,r\sseau eut c5t l\is du roi1 c9quante l\is de madame de ,pompad\r1 c9quante l\is de l',opra1 c9q c5ts francs du libraire ,pissot1 d'autres pr(its encore4--,peut-tre ce succs et-il dcidm5t dt\rn ,jean-,jacques v]s le ?tre et la musique4 ,peut-tre ft-il dev5u une sorte de ,grtry ou de ,gossec4 ,peut-tre se ft-il rsign remdi] t\te sa vie la malfaisance des arts en faisant des comdies et des opras4 ,t\t le p\ssait de ce ct1 son gt et son intrt4 ,il et d'ailleurs g>d le bnfice de ses s+ul>its extrieures3 sa p]ruque ronde1 sa b>be et ses b\tades euss5t contribu ses succs de j\eur de flte444 ,mais l',acadmie de ,dijon le guettait4 ,l',acadmie de ,dijon le relance1 en posant cette "q dans le ,m]cure de novembre #agec3--,quelle e/ l'orig9e de l'9galit p>mi les hommes8 ,et si elle e/ appr\ve p> la loi naturelle8 videmm5t l',acadmie de ,dijon1 fire de son laurat et du bruit qu'il faisait1 posait cette "q p\r ,jean-,jacques4 ,au surplus les lm5ts de sa rponse prvue sont dj p>s dans ses rpliques ,/anislas et ,bordes4 ,jean-,jacques rpondra4 ,il ne peut pas ne pas rpondre4 ,c'e/ f9i1 il e/ prisonni] de son rle4 ,l',acadmie de ,dijon tait compose1 j'imag9e1 de =t braves g5s1 et trs cons]vateurs1 encore que t\*s1 peut-tre1 de l'esprit du temps2 de ri*es b\rgeois1 de magi/rats1 d'anci5s (fici]s1 de v]tueux ecclsia/iques#g4 ,et ce sont ces braves g5s qui1 ressaisissant ,jean-,jacques1 le contraign5t1 p\r a9si dire1 crire le plus outr et le plus rvolutionnaire de ses ouvrages et le plus gros1 avec le ,contrat ,social1 de consqu5ces lo9ta9es et fune/es6444 ,a mo9s qu'il n'y ait eu1 dans cette b5ote ,acadmie de ,dijon1 quelque homme p>ticulirem5t p]v]s1 et que n\s ne connatrons jamais4 ,note #g3 ,buffon et ,piron tai5t membres de cette ,acadmie1 mais n'assi/ai5t presque jamais aux sances4 ,,quatri,,me ,,conf,,r5ce ,,le ,,disc\rs ,,sur ,l',,9,,galit ,,r\sseau ,l',,ermitage4 ,la "q de l',acadmie de ,dijon tait celle-ci3 ,quelle e/ l'orig9e de l'9galit p>mi les hommes8 ,et si elle e/ autorise p> la loi naturelle8 ,la rponse de ,r\sseau1 dans ce qui se rapporte directem5t la "q de l',acadmie1 e/ celle-ci3--#a ,l'orig9e de l'9galit1 c'e/ la proprit1 tablie et ma9t5ue p> la vie sociale4--#b ,l'9galit e/ rpr\ve p> la loi naturelle1 c> les hommes1 l'tat de nature1 sont gaux1 isols et bons3 c'e/ la socit qui les a corrompus4 ,mais le ,disc\rs de ,r\sseau e/ simplem5t intitul3 ,disc\rs sur l'orig9e et les fondem5ts de l'9galit p>mi les hommes4--,ce titre mme indique qu'il ne rpond pas m?odiquem5t aux deux que/ions de l',acadmie de ,dijon4 ,il ne rpond pas p> des df9itions ni p> des raisonnem5ts1 mais p> des affirmations1 des descriptions1 et des tableaux4 ,il rpond en faisant1 sa faon1 l'hi/oire de l'humanit depuis les premi]s ges1 un peu comme ,lucrce au ,livre ,v de son pome1 ou comme ,buffon dans la ,septime poque de la ,nature1 mais avec plus de dveloppem5t et dans un autre esprit4 ,son ,disc\rs e/1 en somme1 un pome1 c'e/ le roman de l'humanit innoc5te1 puis p]v]tie4 ,comm5ons1 dit ,r\sseau1 p> c>t] t\s les faits 7comme c'e/ rassurant671 c> ils ne t\*5t po9t la "q4 ,il ne faut pas pr5dre les re*]*es dans lesquelles on peut entr] sur ce sujet p\r des vrits hi/oriques 7 la bonne heure71 mais seulem5t p\r des raisonnem5ts hypo?tiques et conditionnels1 plus propres clair] la nature des *oses qu' en montr] la vritable orig9e1 et semblables ceux que font t\s les j\rs nos physici5s sur la =mation du monde4 ,n\s voil prv5us4 ,il raconte ce qu'il suppose1 et l'on peut bi5 dire ce qu'il rve4 ,je disais bi53--,lisons son ,disc\rs comme un roman4--,il cont9ue3 homme1 voici ton hi/oire1 telle que j'ai cru la lire1 non dans les livres de tes semblables qui sont m5teurs1 mais dans la nature qui ne m5t jamais4 ,c'e/ m]veille2 mais qu'e/-ce que la nature8--,je puis v\s dire ds ma9t5ant que je ne crois pas que ,jean-,jacques ait donn nulle "p une df9ition prcise1 sci5tifique1 de ce mot my/rieux dont il a u si frntiquem5t4 ,il p\rsuit3 ,il y a un ge auquel l'homme individuel v\drait s'arrt]3 tu *]*]as l'ge auquel tu dsir]ais que ton espce se ft arrte6 ,*]*ons-le donc4--,r\sseau entre alors dans sa premire p>tie3 l'hi/oire de l'humanit primitive1 jusqu' l'tablissem5t de la proprit4 ,en considrant1 dit-il1 l'homme tel qu'il a d sortir des ma9s de la ,nature4441 je vois un animal mo9s =t que les uns1 mo9s agile que les autres1 mais1 t\t pr5dre1 organis le plus avantageusem5t de t\s2 je le vois se rassasi] s\s un *ne1 se dsaltrant au premi] ruisseau1 tr\vant son lit au pi$ du mme arbre qui lui a f\rni son repas2 et voil ses beso9s satisfaits4 ,il n\s le montre ensuite3 ,imitant l'indu/rie des animaux444 s'levant 7le mot y e/7 jusqu' l'in/9ct des btes444 runissant en lui les in/9cts propres *aque espce animale444 se n\rrissant galem5t de la plup>t des alim5ts div]s que les autres animaux se p>tag5t1 et tr\vant p> consqu5t sa subsi/ance plus aism5t que ne peut le faire aucun d'eux4 ,ces premi]s hommes sont ncessairem5t et hrditairem5t robu/es4 ,sur ce po9t dj1 ils ne peuv5t que dgnr]3 ,le corps de l'homme sauvage1 tant le seul in/rum5t qu'il connaisse1 il l'emploie div]s usages1 dont1 p> le dfaut d'ex]cice1 les ntres sont incapables2 et c'e/ notre indu/rie qui n\s te la =ce et l'agilit que la ncessit l'oblige d'acqurir4 ,s'il avait eu une ha*e1 son poignet romprait-il de si =tes bran*es8 ,s'il avait eu une fronde1 lanc]ait-il de la ma9 une pi]re avec tant de roideur8 ,s'il avait eu une *elle1 grimp]ait-il si lgrem5t sur un arbre8 ,s'il avait un *eval1 s]ait-il si vite la c\rse8 ,donc 7et je ne =ce po9t la p5se de ,r\sseau1 et je n'en tire que la consqu5ce la plus pro*e71 ha*e1 fronde1 *elle1 dome/ication du *eval1 autant d'inv5tions t\t fait regrettables4 ,l'homme naturel ne peut pas faire un seul progrs sans d*oir4 ,il plat ensuite ,r\sseau d'affirm] que l'homme l'tat sauvage n'a p\r a9si dire pas de maladies ni d'infirmits1 et que la mort lui vi5t presque t\j\rs p> la vieillesse4 7,lucrce n'e/ pas de cet avis4 ,il dit que les premi]s hommes ne m\rai5t pas beauc\p plus que les civiliss1 non nimio plus4 ,donc1 ils m\rai5t au mo9s autant47 ,jean-,jacques p\rsuit3 ,la plup>t de nos maux sont notre propre ouvrage1 et n\s les aurions presque t\s vits en cons]vant la manire de vivre simple1 uni=me et solitaire qui n\s tait prescrite p> la nature4 ,solitaire1 c> il n\s explique ailleurs que l'homme de la nature ne s'emb>rasse pas d'une femelle demeure1 et que1 lorsque ses petits peuv5t tr\v] eux-mmes leur n\rriture1 il les laisse all] de leur ct4--,r\sseau repr5d et r$\ble3 ,si la nature n\s a de/9s tre sa9s1 j'ose presque assur] que l'tat de rflexion e/ un tat contre nature et que l'homme qui mdite e/ un animal dprav4 ,voil une phrase qu'il a d crire avec dlices1 p\r ennuy] les philosophes et p\r tonn] les belles dames4 ,elle n'e/ d'ailleurs qu'imp]t95te et n'a pas gr& s5s1 si1 d'une "p1 on ne voit pas en quoi la rflexion et ce qui en dc\le emp*e ncessairem5t l'homme d'tre en sant2 si1 d'autre "p1 l'homme ne peut pas plus s'emp*] de rfl*ir que de mang] et de boire1 et si l'ex]cice de son esprit lui e/ app>emm5t aussi naturel que l'ex]cice de ses membres4--,mais ,jean-,jacques e/ lanc3 il va1 il va6 ,il affirme que t\te inv5tion e/ au mo9s inutile3 ,il e/ clair1 que le premi] qui se fit des habits ou un logem5t se donna en cela des *oses peu ncessaires1 puisqu'il s'en tait pass jusqu'alors1 et qu'on ne voit pas p\rquoi il n'et pu support]1 homme fait1 un g5re de vie qu'il supportait ds son enfance4 ,donc1 l'immobilit intellectuelle s]ait le s\v]a9 bi54--,r\sseau reconnat qu'une qualit di/+ue l'homme de l'animal3 la facult de se p]fectionn]4 ,mais1 si elle di/+ue l'homme de l'animal1 c'e/ donc qu'elle e/ naturelle l'homme1 qu'elle e/ con=me la nature1 donc respectable4 ,jean-,jacques ne se fait pas cette objection1 et p\rsuit intrpidem5t3 ,il s]ait tri/e p\r n\s d'tre =cs de conv5ir que cette facult di/9ctive et presque illimite e/ la s\rce de t\s les malheurs de l'homme2 que c'e/ elle qui le tire1 =ce de temps1 de cette condition orig9aire dans laquelle il c\lait des j\rs tranquilles et innoc5ts4 7,qu'en sait-il87 ,mais ce n'e/ pas t\t1 et il n'a pas encore puis son facile p>adoxe4 ,il se dem&e comm5t l'homme a pu tant progress]4 ,il rpond3--,p> la p>ole4 ,mais comm5t l'homme a-t-il inv5t la p>ole8--,on ne sait pas4 ,il e/ presque impossible de s'en r5dre compte4 ,r\sseau crit ici1 sur l'orig9e du langage1 quelques pages que je tr\ve excell5tes4 ,mais c\tez sa conclusion3 ,on voit du mo9s1 au peu de so9 qu'a pris la nature de rappro*] les hommes p> des beso9s mutuels et de leur facilit] l'usage de la p>ole1 combi5 elle a peu prp> leur sociabilit et combi5 elle a peu mis du si5 p\r en tablir les li5s4 ,autrem5t dit3--,l'homme1 en inv5tant le langage1 a t contre le voeu de la nature2 et la preuve1 c'e/ que cette inv5tion lui a donn un mal de t\s les diables4--,a9si1 aprs avoir regrett1 dans le premi] ,disc\rs l'inv5tion de l'imprim]ie1 ,r\sseau dplore ici l'inv5tion du langage4 ,ce po9t rgl1 il affirme de n\veau que les hommes l'tat sauvage tai5t heureux4--,n'ayant d'ailleurs entre eux aucune sorte de relations morales ni de devoirs communs1 ils ne p\vai5t tre ni bons ni m*ants et n'avai5t ni vices ni v]tus4 ,ils n'avai5t que la piti1 s5tim5t naturel4 7,l'avai5t-ils t\s8 ,qu'e/-ce qu'il en sait8 ,et1 s'ils ne l'avai5t pas t\s1 il y avait donc dj des bons et des m*ants47 ,mais1 r5dons-lui la p>ole3 ,c'e/ la piti qui1 dans l'tat de nature1 ti5t lieu de lois1 de moeurs et de v]tu1 avec cet avantage que nul n'e/ t5t de dsobir sa d\ce voix4 7,vraim5t87 ,c'e/ elle qui dt\rne t\t sauvage robu/e d'enlev] un faible enfant ou un vieill>d infirme sa subsi/ance acquise avec pe9e1 si lui-mme espre tr\v] la si5ne ailleurs4 7,et s'il ne l'espre pas87 ,mais les s\ffrances1 les viol5ces et les dsordres de l'am\r8--,c'e/ bi5 simple3 les premi]s hommes en tai5t exempts4 ,ce sont la socit1 la civilisation et les lois qui ont cr ces dsordres444 ,n'ayant pas d'ide de la beaut1 le sauvage ne *oisit pas3 ,il c\te uniquem5t le tempram5t qu'il a reu de la nature1 et non le gt qu'il n'a pu acqurir1 et t\te femme e/ bonne p\r lui444 ,*acun att5d paisiblem5t l'impulsion de la nature et s'y livre sans *oix1 avec plus de plaisir que de fureur1 et1 le beso9 satisfait1 t\t le dsir e/ te9t4 ,r\sseau affirme ensuite que l'9galit e/ beauc\p mo9dre dans l'tat de nature o les hommes viv5t p>s et n'ont qu'un m9imum de beso9s1 et il conclut a9si sa premire p>tie3 ,aprs avoir montr que l'9galit e/ pe9e s5sible dans l'tat de nature1 et que son influ5ce y e/ presque nulle1 il me re/e montr] son orig9e et ses progrs444 et considr] les diffr5ts has>ds qui ont pu p]fectionn] la raison huma9e en dtriorant l'espce1 et r5dre un tre m*ant en le r5dant sociable4 ,et il aj\te 7ce qui n'e/ po9t inutile7 que ce ne sont d'ailleurs que des conjectures4 ,la deuxime p>tie e/ une l>ge esquisse de l'hi/oire politique de l'humanit4 ,elle comm5ce p> ce passage effet3 ,le premi] qui1 ayant enclos un t]ra91 s'avisa de dire3 ,ceci e/ moi1 et tr\va des g5s assez aveugles p\r le croire1 fut le vrai fondateur de la socit civile4 ,que de crimes1 de gu]res1 de meurtres1 que de misres et d'horreurs n'et po9t p>gns au g5re huma9 celui qui1 arra*ant les pieux ou comblant le foss1 et cri ses semblables3 ,g>dez-v\s d'c\t] cet impo/eur6 etc4 ,aprs ce c\p de tam-tam1 il revi5t en arrire1 repr5d l'hi/oire huma9e o il l'avait laisse1 et p\rsuit la lam5table numration des odieux progrs de l'humanit4 ,c> *aque progrs amne sa misre3 ,les hommes1 j\issant d'un plus gr& loisir1 l'employr5t se procur] plusieurs sortes de commodits444 ,mais ensuite on tait malheureux de les p]dre sans tre heureux de les possd]4 444,les hommes connaiss5t la prfr5ce dans l'am\r4 ,mais la jal\sie s'veille avec l'am\r1 et la plus d\ce des passions reoit des sacrifices de sang huma94 444,on s'acc\tume s'assembl]444 ,*acun comm5ce reg>d] les autres et v\loir tre reg>d soi-mme1 et l'e/ime publique a son prix444 ,mais ensuite1 *acun punissant le mpris qu'on lui avait tmoign1 les v5geances dev9r5t t]ribles et les hommes sangu9aires et cruels4 ,et a9si de suite4--7,r\sseau tablit ici une di/9ction1 sur laquelle il revi5dra trs s\v5t1 entre l'gsme de l'homme sauvage et solitaire1 gsme utile et in(f5sif1 et l'am\r-propre des hommes vivant en socit1 et qui e/ fune/e47 ,cep5dant1 ,r\sseau arrive l'tape du dveloppem5t huma9 o il aurait v\lu que l'humanit se ft arrte4 ,c'e/ aprs les comm5cem5ts de l'agriculture et de la vie en tribu1 et avant l'in/itution de la proprit individuelle4 ,a vrai dire1 on ne voit pas du t\t p\rquoi il juge que ce fut le meilleur mom5t de l'humanit1 puisqu'il n\s a dit aup>avant que les prt5dus progrs qui l'avai5t am5e l tai5t autant de dsa/res444 ,quoi qu'il en soit1 voyons son idal3 ,a9si1 quoique les hommes fuss5t dev5us mo9s endurants et que la piti naturelle et dj subi quelque altration1 cette priode de dveloppem5t des facults huma9es1 t5ant un ju/e milieu entre l'indol5ce de l'tat primitif et la ptulante activit de notre am\r-propre444 dut tre l'poque la plus heureuse et la plus durable4 ,plus on y rfl*it1 plus on tr\ve que cet tat tait le mo9s sujet aux rvolutions1 le meilleur l'homme1 et qu'il n'a d en sortir que p> quelque fune/e has>d444 ,l'exemple des sauvages1 qu'on a presque t\j\rs tr\vs ce po9t1 semble confirm] que le g5re huma9 tait fait p\r y re/] t\j\rs1 que cet tat e/ la vritable jeunesse du monde1 et que t\s les progrs ultrieurs ont t1 en app>5ce1 autant de pas v]s la p]fection de l'individu1 et1 en effet1 v]s la dcrpitude de l'espce4 ,et ,r\sseau cont9ue n\s racont] ce qu'il lui plat4--,de la culture des t]res s'ensuit ncessairem5t leur p>tage1 et1 p> consqu5t1 la proprit4--,de la proprit naiss5t les concurr5ces1 les rivalits4 ,il y a bi5tt des ri*es et des pauvres4 ,la lutte devi5t atroce4--,alors les ri*es et les habiles propos5t d'tablir un g\v]nem5t et des lois dans l'intrt de t\s4--,alors naiss5t les cits et les tats4--,alors clat5t les gu]res nationales4--,alors les peuples *oisiss5t des *efs p\r df5dre leur indp5dance4--,alors le *ef devi5t tyran4--,dclamation sur la lib]t 7que l'homme n'a jamais le droit d'alin]74--,dclamation contre le despotisme4--,cep5dant l'9galit s'accrot et se multiplie1 et avec elle t\s les vices444 ,et voici la conclusion et le rsum de l'ouvrage2 conclusion rem>quable de l\rdeur et1 un mom5t1 d'obscurit3 ,il suit de cet expos que l'9galit1 tant presque nulle dans l'tat de nature1 tire sa =ce et son accroissem5t du dveloppem5t de nos facults et des progrs de l'esprit huma91 et devi5t enf9 /able et lgitime p> l'tablissem5t de la proprit et des lois4 ,il suit encore que l'9galit morale autorise p> le seul droit positif e/ contraire au droit naturel t\tes les fois qu'elle ne conc\rt pas en mme proportion avec l'9galit physique1 cela veut dire1 je p5se3 t\tes les fois qu'un individu puissant socialem5t se tr\ve tre faible d'esprit ou de corps2 di/9ction qui dt]m9e suffisamm5t ce qu'on doit p5s] cet g>d de la sorte d'9galit qui rgne p>mi les peuples polics1 puisqu'il e/ manife/em5t contre la loi de nature1 de quelque manire qu'on la df9isse1 qu'un enfant comm&e un vieill>d1 qu'un imbcile conduise un homme sage1 et qu'une poigne de g5s regorge de sup]fluits1 t&is que la multitude affame manque du ncessaire4 ,sur quoi l'on p\rrait dire3--,l'hrdit1 dont v\s citez un inconvni5t possible1 et l'9galit des bi5s peuv5t tre contre la ju/ice ou la raison1 non contre la nature4 ,tantt v\s opposez la nature la raison2 tantt v\s les id5tifiez4 ,alors on ne compr5d plus4 ,le ,disc\rs sur l'9galit a c5t dix bonnes pages4 ,je v\s l'ai analys fidlem5t1 et en me s]vant autant que possible des phrases mmes de ,r\sseau1 que j'ai tronques quelquefois1 mais seulem5t p\r les abrg]1 jamais p\r en altr] le s5s4 ,et l-dessus je songe3 --,voil donc un des ouvrages les plus fameux du ,x,v,i,i,ie sicle2 celui qui a df9itivem5t fond la gloire de ,r\sseau1 et qui1 qu>ante ans aprs1 a peut-tre le plus agi 7avec le ,contrat social7 sur la s5sibilit et l'imag9ation des hommes4 ,quelle pauvret1 p\rtant1 s\s son app>5te insol5ce6 ,t\te la ?se e/ fonde sur l'opposition de la nature1 qui s]ait le bi51 et de la socit1 qui s]ait le mal3 et l'auteur ne df9it mme pas ce mot de nature4 ,dieu sait p\rtant s'il a beso9 d'tre df9i6 ,p\r ,buffon1 la nature p>at tre l'ensemble des =ces dont se compose la vie de l'univ]s4 ,p\r ,did]ot1 la nature c'e/ l'a?isme1 c'e/ le contraire des in/itutions et des lois1 et c'e/1 f9alem5t1 le plaisir4 ,p\r ,r\sseau1 il semble bi5 que la nature1 ce soi5t les in/9cts et les s5tim5ts avec lesquels l'homme vi5t au monde4 ,or1 le dsir de dur]1 celui de ne pas s\ffrir1 celui de vivre en socit1 celui mme d't5dre son tre1 de possd]1 de se di/+u] et de dom9] sont app>emm5t et ont t de t\s temps p>mi ces in/9cts4 ,mais1 aux yeux de ,r\sseau1 l'inv5tion mme de la ha*e et de la fronde1 celle de l'agriculture et de la navigation sont autant de d*ances2 le *oix dans l'am\r e/ une d*ance2 la =mation de la famille e/ une d*ance2 la vie sociale e/ une d*ance2 la notion du bi5 et du mal e/ une d*ance4 ,il n\s accorde1 il e/ vrai1 que le meilleur mom5t de l'humanit1 'a t le comm5cem5t de la vie en tribu et de la civilisation agricole et patri>cale2 mais1 cette concession mme1 ce qu'il a dit aup>avant lui retire le droit de la faire2 et son idal c'e/1 qu'il le veuille ou non 7ou bi5 il a m5ti aup>avant71 une humanit compose de sauvages p>s dans les =ts1 sans habits1 sans armes1 ni bons ni m*ants1 solitaires1 immuables1 et qui ne rfl*iss5t po9t4 ,comme si cela tait intressant1 et comme si cela valait mme la pe9e qu'il y et une humanit sur la t]re6 ,c'e/ cette /agnation dans une vie de demi-brutes qui s]ait contraire la nature6 ,et p\rquoi1 dit-il1 la prfr]8 ,p>ce que1 affirme-t-il1 l'galit e/ mieux sauveg>de dans cet tat primitif4 ,d'abord1 il n'en sait ri53 c> l'9galit des =ces musculaires1 en un temps o elle ne peut gure tre comp5se p> l'intellig5ce1 p\rrait bi5 tre la plus dure de t\tes4 ,comme si1 d'ailleurs1 l'galit1--et l'galit dans l'ignorance et dans l'abrutissem5t1--tait ncessairem5t le bi5 suprme1 auquel t\s les autres devrai5t tre sacrifis6 ,a vrai dire1 ce culte e/ bi5 trange dans un livre qui prt5d dc\vrir et honor] les int5tions de la nature1 laquelle app>at si videmm5t mre et matresse d'9galit t\s les degrs de l'tre4 ,notez qu'il n'e/ gure possible que cette niaise adoration de l'galit soit s9cre *ez un homme qui s5t sa supriorit intellectuelle et qui en j\it avec un orgueil dmesur4--,a mo9s qu'il ne soit dans la disposition d'esprit de ce jeune sociali/e qui1 dans une runion politique1 rpliquait un de mes amis3 ,mais ce que n\s v\lons1 ce n'e/ pas que t\t le monde soit heureux1 c'e/ que t\t le monde soit aussi malheureux que n\s4 ,mais non1 ce ne peut tre cela1 puisque ,r\sseau1 au contraire1 ne s'intresse qu' notre bonheur4 ,t\t simplem5t1 c'e/ que son rle le ti5t4 ,c'e/ qu'il lui faut tonn] les m>quises1 les f]mi]s gnraux et les philosophes4 ,c'e/ qu'il lui faut r5*rir sur le ,disc\rs des sci5ces et des arts4 ,ah6 le pauvre homme1 comme il s'y applique6 ,ce n'e/ pas le p>adoxe lg]1 si *] son temps4 ,c'e/ le dfi la raison1 t\t cru1 t\t nu1 et sans esprit1 puisque ,r\sseau n'en a pas et qu'il e/ condamn au srieux dans l'absurde4--,mais on e/ vraim5t tonn d'une p>eille dbilit de p5se1 aprs les gr&s livres du ,x,v,i,ie sicle et ceux mme de ,montesquieu et de ,buffon4 ,que ce livre ait eu un tel ret5tissem5t et une telle influ5ce1 voil une des plus =tes dmon/rations qu'on ait vues de la btise huma9e4 ,mais on peut dire aussi3 --,oui1 le ,disc\rs sur l'9galit p\rrait tre une *ose assez plate1 sans le /yle1 l'acc5t1 le frmissem5t intrieur4 ,les objections sans f9 qu'on y peut faire p>aiss5t naves et sup]flues p>ce qu'elles sont trop faciles1--si faciles qu'on r\git de les nonc] si on a l'esprit un peu dlicat4 ,il faut pr5dre le livre autrem5t4 ,il faut le considr] comme une sorte de pome1 comme une vision de nabi1 de prophte en *ambre1 bi5 ordonne et crite en /yle didactique et t5du4 ,l'intransigeance1 l'intrpidit1 l'insol5ce du p>adoxe f9it p> avoir une espce de gr&eur4 ,les idoles du temps1 ,sci5ce1 ,progrs1 ,philosophie1 y sont m?odiquem5t s\ffletes4 ,l'ouvrage1 vu de lo91 pr5d1 avec un peu de bonne volont1 des aspects de rcit biblique1 de my! religieux4 ,r\sseau recule seulem5t l'poque de la ,*ute4 ,l'tat de grce1 c'e/ l'tat de nature2 le p* orig9el1 c'e/ la civilisation qui1 eng5drant l'9galit1 tue la frat]nit4 ,c'e/ la civilisation qui1 p\r notre malheur1 a cueilli les fruits de l'arbre de la sci5ce4 ,croyez bi5 que ,r\sseau se div]tit rv]4 ,mais1 au surplus1 voyez comme1 en ayant l'air de le b\scul] et de le brav]1 il re/e dans l'esprit du temps4 tre ractionnaire au po9t d'aspir] un idal disp>u depuis c9q ou six mille ans1 c'e/ tre rvolutionnaire1 puisqu'il faut1 p\r y ret\rn]1 dmolir ce qui n\s en a loigns4 ,qu'il s'agisse de faire l'ge d'or1 ou de le refaire1 c'e/ la mme action1 v]s la mme *imre4--,auj\rd'hui encore le rve rvolutionnaire1--l'galit des gamelles avec le mo9dre ef=t p\r *acun1--n'e/-il pas1 comme celui de ,jean-,jacques1 un idal rgressif8 ,d'ailleurs 7et n\s l'avons dj vu propos de son premi] ,disc\rs71 ,jean-,jacques a bi5 so91--dans sa correspondance1 dans sa ,lettre d',alemb]t1 mme dans le ,contrat social et1 plus t>d1 dans le troisime ,dialogue1--d'attnu] l'absurdit de son p>adoxe4 ,dj1 dans le ,disc\rs sur l'9galit1 en dpit des exig5ces de la logique1 il se g>de de n\s (frir comme idal la vie solitaire de l'homme orang-outang3 il s'arrte la vie pa/orale1 l'ge d'or des potes classiques4 ,au fond1 sa p5se e/ celle-ci 7c'e/ ,faguet qui la rsume avec une extrme clm5ce73 ,conviction que l'homme e/1 au mo9s1 trop social1 qu'il faudrait au mo9s re/re9dre l'tat social son m9imum1 rev5ir1 s9on la famille isole1 du mo9s la tribu1 au clan1 la petite cit2 qu'a9si dim9u]ai5t la l\rdeur de la t*e1 et l'int5sit de l'ef=t1 et l'normit des 9galits entre les hommes2 qu'a9si s]ai5t attnus les beso9s factices1 gloire1 luxe1 vie monda9e1 j\issances d'art1 qu'a9si l'homme s]ait ram5 une demi-animalit intellig5te encore1 mais surt\t sa9e1 paisible1 repose1 affectueuse1 qui e/ son tat de nature1 en t\t cas son tat de bonheur4 ,voil qui va bi54 ,c'e/ a9si qu'il n\s arrive1 v\s1 moi1 d'tre excds de ce qu'il y a de factice dans nos moeurs1 de p5s] que n\s n\s pass]ions facilem5t des d]ni]s bi5faits de la sci5ce applique1 puisque n\s n\s en passions avant2 que l'humanit t\rne probablem5t le dos son bonheur2 que la civilisation indu/rielle e/ un mal1 comme aussi ces amas dmesurs d'hommes qui =m5t les gr&es villes et les gr&es nations2 qu'il s]ait bon de rev5ir la vie naturelle et ru/ique1 etc4 ,mais ce ne sont l que des impressions sans consqu5ce et vite effaces4 ,joignez qu'on ne sait pas bi5 o f9it la nature et que les dveloppem5ts mme de l'humanit que n\s appelons artificiels sont encore naturels dans leur orig9e1 aussi naturels que les s5tim5ts primitifs d'o1 au b\t du compte1 ils sont sortis4 ,seulem5t1 si ,r\sseau s'tait cont5t d'exhort] ses contempora9s la simplicit des moeurs et de leur recomm&] la vie de la campagne ou des petites cits1 cela n'aurait pas sembl bi5 orig9al et n'aurait pas fait beauc\p de bruit4 ,sa p5se aurait p>u assez humble s'il ne l'avait pas follem5t outre4 ,et c'e/ p\rquoi il a d'abord donn son c\p de gong4--,mais il e/ t\t de mme f*eux que les plus *auds amis de ,r\sseau soi5t obligs1 dans leurs comm5taires1 de di/+u] entre ce qu'il a dit 7et qui e/ s\v5t inepte7 et ce qu'il a probablem5t p5s4 ,ils sembl5t faire ce raisonnem5t3 ,la preuve que ce qu'il a dit n'e/ pas ce qu'il a v\lu dire1 c'e/ que ce qu'il a dit e/ p> trop facile rfut]4 ,un esprit un peu f9 ne le pr5d pas au mot2 ce s]ait grossi]4--,soit4 ,qu'on le pr5ne comme on v\dra1 et plus t>d1 hlas1 des brutes le pr5dront au mot1 7et non p\r le rfut]71 cette diffr5ce entre la p5se et la p>ole1 c'e/ du *>latanisme2 et il n'e/ presque pas possible de lui donn] un autre nom4--,et c'e/1 en effet1 le nom que lui donnait la p>tie la plus s5se de la socit d'alors1 et notamm5t le gr\pe de madame du ,deff& et des ,*oiseul4 ,mais il e/ clair que ce *>latanisme fut une des causes les plus dt]m9antes du succs de ce ,disc\rs sur l'9galit4--,en outre1 ce ,disc\rs e/ un des ouvrages de ,r\sseau o il y a le plus d'pret et d'am]tume et o vibre le plus l'acc5t rvolutionnaire4 ,cela e/ beauc\p plus r>e dans ses autres livres4 ,d'o lui v5ait donc ce ton8 ,r\sseau pr5d so91 dans les ,confessions1 de n\s dire1 trois ou quatre reprises1 que c'e/ telle av5ture de son enfance ou de sa jeunesse qui a veill en lui1 p\r t\te sa vie1 la ha9e de l'inju/ice4 ,mais je crois bi5 que ce sont l des rflexions aprs c\p4 ,les traits qu'il cite3 la fesse inju/e donne p> l'oncle ,b]n>d1 l'hi/oire du paysan qui1 t]rifi p> le fisc1 ca*e ses provisions1 ses dmls avec ,m4 de ,montaigu1 ce n'e/ peut-tre pas de quoi dt]m9] une vocation de rvolutionnaire4 ,il y a bi5 ses ress\v5irs de laquais1 et l'aigreur que lui donnai5t ses infirmits444 ,mais ce qui p>at plus vrai1 ou aussi vrai1 c'e/ que cette pret lui a t s\ffle p> ,did]ot1 que cela amusait4 ,jean-,jacques n\s le dit dans deux notes des ,confessions3 ,je ne sais pas comm5t t\tes mes confr5ces avec ,did]ot t5dai5t t\j\rs me r5dre satirique et mordant1 plus que mon naturel ne me portait l'tre4 ,et encore3 ,did]ot abusait de ma confiance p\r donn] mes crits ce ton dur et cet air noir qu'ils n'eur5t plus qu& il cessa de me dirig]4 ,quoi qu'il en soit1 ce qui dans le ,disc\rs sur l'9galit a probablem5t le plus sec\ le beau monde1 et ce qui a le plus agi qu>ante ans plus t>d1 ce sont probablem5t des lieux-communs emphatiques ou viol5ts comme ceux-ci 7j'en indique seulem5t le db et comme la premire modulation73 ,sur la lib]t3 ,comme un c\rsi] indompt hrisse ses cr9s1 frappe la t]re du pi$ et se dbat imptueusem5t la seule appro*e du mors1 t&is qu'un *eval dress s\ffre patiemm5t la v]ge et l'p]on1 l'homme b>b>e ne plie po9t la tte au j\g que l'homme civilis porte sans murmure1 et il prfre la plus orageuse lib]t un assujettissem5t tranquille444 ,sur les ri*es3 444,je pr\v]ais enf9 que1 si l'on voit une poigne de puissants et de ri*es au fate des gr&eurs et de la =tune1 t&is que la f\le rampe dans l'obscurit et la misre1 c'e/ que les premi]s n'e/im5t les *oses dont ils j\iss5t qu'autant que les autres en sont privs et que1 sans *ang] d'tat1 ils cess]ai5t d'tre heureux1 si le peuple cessait d'tre misrable444 ,sur les tyrans3 444,c'e/ du se9 de ce dsordre et de ces rvolutions que le despotisme1 levant p> degrs sa tte hideuse1 et dvorant t\t ce qu'il aurait ap]u de bon et de sa9 dans t\tes les p>ties de l'tat1 p>vi5drait enf9 f\l] aux pi$s les lois et le peuple1 et s'tablir sur les ru9es de la rpublique444 ,et enf9 il y a1 p>t\t rp&u dans ces pages d'o e/ abs5t l'esprit de f9esse1 ce culte /upide de l'galit que n\s retr\v]ons dans le ,contrat social1 et qui porte en lui une gr&e =ce de propag&e p>ce qu'il rpond mo9s au s5tim5t de la ju/ice qu'aux in/9cts envieux4--,en somme1 on voit dj dans ce second ,disc\rs 7et mieux que dans le premi]7 que c'e/ bi5 ,r\sseau qui donn]a le ton la ,rvolution et qui approvisionn]a les hommes de #ic de cli*s et de lieux-communs1 semeurs de ha9es aussi aveugles que ces lieux-communs sont brutaux et sommaires4 ,cette fois1 l',acadmie de ,dijon ne c\ronna pas le disc\rs de ,r\sseau4 ,si claire qu'elle ft1 ce n'e/ pas ce disc\rs qu'elle avait espr4 99 99 99 99 99 ,les annes qui suiv5t sont1 je p5se1 p>mi les mo9s malheureuses de la vie de ,jean-,jacques4 ,il j\it de se s5tir si bon1--et clbre p>-dessus le m>*4 ,il se s\vi5t de sa petite patrie1 de ,g5ve1 o l'on comm5ce tre fi] de lui4 ,il ddie le ,disc\rs sur l'9galit la ,rpublique de ,g5ve4 ,il n'avait plus la foi ca?olique1 si jamais il l'avait eue intgralem5t4 ,jugeant qu'un homme doit croire en ,dieu et1 p\r le re/e1 suivre la religion de sa patrie1 il s'en va ,g5ve p\r y r5tr] publiquem5t dans la religion prote/ante et y repr5dre son titre de citoy52 et il a la joie de rev5ir en triomphateur dans cette ville d'o il s'tait *app1 vagabond de seize ans1 v+t-six annes aup>avant4 ,en allant ,g5ve1 il avait pass p> ,*ambry et revu madame de ,w>5s3 ,je la revis4 ,dans quel tat1 mon ,dieu6 ,quel avilissem5t6 ,que lui re/ait-il de sa v]tu premire8444 ,je lui rxrai vivem5t et va9em5t les in/ances que je lui avais faites plusieurs fois dans mes lettres de v5ir vivre paisiblem5t avec moi1 qui v\lais consacr] mes j\rs et ceux de ,?rse r5dre les si5s heureux4 ,quel *>mant tableau6 ,et plus lo91 il n\s fait ce petit rcit1 o il app>at que ,?rse aussi tait une femme s5sible3 ,durant mon sj\r ,g5ve1 madame de ,w>5s fit un voyage en ,*ablais et v9t me voir ,grange-,canal4 ,elle manquait d'arg5t p\r a*ev] son voyage2 je n'avais pas sur moi ce qu'il fallait p\r cela2 je le lui envoyai une heure aprs p> ,?rse4 ,pauvre maman6 ,que je dise un trait de son coeur4 ,il ne lui re/ait p\r d]ni] bij\ qu'une petite bague2 elle l'ta de son doigt p\r la mettre celui de ,?rse1 qui la remit l'in/ant au si5 en baisant cette noble ma9 qu'elle arrosa de l>mes4 ,et je ne v\s dirai pas si cela e/ t\*ant ou comique--att5du que je n'en sais ri54 ,mais n\s retr\v]ons dans la ,n\velle ,hi/oire ce galvaudage des ides de morale et cette espce de scurit bate dans les situations quivoques4 ,a ,g5ve donc il e/ =t bi5 reu4 ,il se s5t *ez les si5s4 ,il retr\ve en lui-mme son premi] fond prote/ant et rpublica94 ,il revi5t trs cont5t4 ,c'e/ v]s cette poque 7#agee7 qu'il comm5ce trait] ,?rse comme une soeur2 soit 7c> avec lui on ne sait jamais7 p>ce que sa sant ne lui p]mettait plus de la trait] autrem5t1 soit p\r cette autre raison1 =t honorable1 qu'il n\s donne3 ,je craignais la rcidive 7c'e/--dire de n\veaux enfants71 et1 n'en v\lant pas c\rir le risque1 j'aimai mieux me condamn] l'ab/95ce4 ,il j\it de son hrosme1 il j\it de ses s+ul>its1 il j\it de la beaut de son masque qu'il ne di/+ue plus lui-mme de son visage4 ,il vit dans un tat d'exaltation1 d'en?\siasme moral1 qui dura quatre ans au mo9s1 dit-il d'abord1 ou prs de six ans1 dit-il la page suivante4 c\tez ce morceau magnifique3 ,jusque-l j'avais t bon3 ds lors je dev9s v]tueux ou du mo9s enivr de la v]tu444 7,oh6 que ce n'e/ po9t la mme *ose6 et que l'ivresse et la v]tu vont mal ensemble6 ,boileau1 ce p>fait ,honnte homme1 se dit seulem5t ami de la v]tu1 ce qui e/ dj bi5 joli47 ,cette ivresse avait comm5c dans ma tte1 mais elle avait pass dans mon coeur4 ,le plus noble orgueil y g]ma sur les dbris de la vanit drac9e4 ,je ne j\ai ri51 je dev9s en effet tel que je p>us1 et p5dant quatre ans au mo9s que dura cette eff]vesc5ce dans t\te sa =ce1 ri5 de beau et de gr& ne peut entr] dans un coeur d'homme dont je ne fusse capable entre le ciel et moi4 ,voil d'o naquit ma subite loqu5ce1 voil d'o se rp&it dans mes premi]s livres ce feu vraim5t cle/e qui m'embrasait444 ,j'tais vraim5t trans=m2 mes amis1 mes connaissances ne me reconnaissai5t plus4 ,je n'tais plus cet homme timide et plutt honteux que mode/e1 qui n'osait ni se prs5t]1 ni p>l]1 qu'un mot bad9 dconc]tait1 qu'un reg>d de femme faisait r\gir4 ,audacieux1 fi]1 intrpide1 je portais p>t\t une assurance d'autant plus f]me qu'elle tait simple et rsidait dans mon me plus que dans mon ma9ti54 ,le mpris que mes pr(ondes mditations m'avai5t inspir p\r les moeurs1 les maximes et les prjugs de mon sicle1 me r5dait ins5sible aux raill]ies de ceux qui les avai5t1 et j'crasais leurs petits bons mots avec mes s5t5ces comme j'cras]ais un insecte entre mes doigts4 ,quel *angem5t6 ,t\t ,p>is rptait les cres et mordants s>casmes de ce mme homme qui1 deux ans aup>avant et dix ans aprs1 n'a jamais su tr\v] la *ose qu'il avait dire ni le mot qu'il devait employ]4 ,tudieu6 quel homme6 ,et que va-t-il faire1 ce t]rible auteur des deux ,disc\rs1 ce contempteur les moeurs1 des maximes et des prjugs de la civilisation1 ce fanatique de v]tu1 de s9crit et d'indp5dance1 et enf9 cet amant de la solitude et cet adorateur de la nature8 ,il p\rrait vivre dans son au/re petite patrie retr\ve2 il p\rrait accept] la place de biblio?caire que lui (fr5t ses v]tueux concitoy5s4 ,il s]ait bi5 l4 ,l'anci5 petit ami de la grosse ,w>5s1 l'amant de ,?rse1 oublieux de ses c9q infanticides probables1 enseign]ait la morale l'univ]s enti]1 du pi$ mme de la *aire de ,calv94 ,mais voil6 ,il s]ait trop lo9 de ,p>is et de ce beau monde qu'il mprise4 ,t\t ,p>is ne p\rrait plus rpt] ses cres et mordants s>casmes4--,au mo9s1 s'il lui faut la fois le vois9age de la gr&e ville et la solitude1 la banlieue de ,p>is cette poque e/ *>mante et encore t\te campagn>de4 ,il p\rrait y l\] une maisonnette et un j>d91 dont il parait le loy] de ses propres d5i]s1 et o il s]ait *ez lui1 et o il ne devrait ri5 p]sonne4 ,ce s]ait le bon s5s1 ce s]ait la sagesse4 ,mais1 p>mi les gr&es dames *ez qui il cont9ue de frqu5t]1--et qui p\rtant pratiqu5t les maximes1 tal5t les moeurs et mn5t la vie qui lui sont le plus en horreur1--il y en a une1 madame de la ,live d'p9ay1 une petite femme noiraude1 raisonneuse1 esprit =t1 crivailleuse et s5suelle1 femme d'un de ces f]mi]s-gnraux dont le mti] mme devrait p>atre p>ticulirem5t infme l'auteur des deux ,disc\rs4 ,il va s\v5t *ez elle1 au *teau de la ,*evrette1 o il r5contre la plus brillante et frivole compagnie1 et o il lui e/ arriv de j\] lui-mme un rle dans sa comdie de l',engagem5t tmraire4 ,cette petite femme ard5te e/ curieuse de ,r\sseau4 ,elle dit de lui1 dans ses ,mmoires1 aprs leurs premires r5contres3 ,il e/ complim5teur sans tre poli ou au mo9s sans en avoir l'air 7j'ai dj cit ce mot pntrant74 ,il p>at ignor] les usages du monde2 mais il e/ ais de voir qu'il a inf9im5t d'esprit4 ,il a le te9t brun2 et des yeux ple9s de feu anim5t sa physionomie4 ,lorsqu'il a p>l et qu'on le reg>de1 il p>at joli2 mais lorsqu'on se le rappelle1 c'e/ t\j\rs en laid4 7,il e/ vrai qu'elle le dte/e au mom5t o elle crit ses ,mmoires47 ,on dit qu'il e/ d'une mauvaise sant1 et qu'il a des s\ffrances qu'il ca*e avec so91 p> je ne sais quel pr9cipe de vanit2 c'e/ app>emm5t ce qui lui donne1 de temps en temps1 l'air f>\*e444 ,on dit t\te son hi/oire aussi biz>re que sa p]sonne1 et ce n'e/ pas peu4 ,et plus lo93 ,v\s n'imag9ez pas combi5 j'ai tr\v de d\ceur caus] avec lui4 ,bref1 madame d'p9ay en ti5t un peu p\r ,jean-,jacques4 ,c'e/ surt\t1 semble-t-il1 curiosit et vanit4 ,elle veut avoir son gr& homme4 ,elle l'appelle dj mon ours4 ,un j\r qu'ils se prom5ai5t t\s deux1 ils avai5t p\ss jusqu'au rs]voir des eaux du ,p>c1 qui t\*ait la =t de ,montmor5cy1 et o tait un joli potag]1 avec une petite loge =t dlabre1 qu'on appelait l',ermitage4 ,ah6 madame1 avait dit ,r\sseau1 quelle habitation dlicieuse1 voil un asile t\t fait p\r moi6 ,madame d'p9ay n'avait pas relev le propos4 ,mais1 quelque temps aprs1 ,jean-,jacques1 refaisant avec elle la mme prom5ade1 tr\ve1 au lieu de la vieille masure1 une petite maison presque entirem5t neuve4 ,mon ours1 voil votre asile2 c'e/ v\s qui l'avez *oisi1 c'e/ l'amiti qui v\s l'(fre4--,je ne crois pas1 raconte ,r\sseau1 avoir t de mes j\rs plus vivem5t1 plus dlicieusem5t mu3 je m\illai de pleurs la ma9 bi5faisante de mon amie4 ,madame d'p9ay n\s dit qu'il y avait c9q *ambres 7=t proprem5t meubles p> elle71 une cuis9e1 une cave1 un potag] d'un arp5t1 une s\rce1 et la =t p\r j>d94 ,jean-,jacques ne payait pas de loy]4 ,il payait les gages du j>d9i]1 mais avec l'arg5t que madame d'p9ay lui remettait p\r cela4 ,seulem5t1 il dut plusieurs fois avanc] l'arg5t4 ,n'importe3 le gr& ennemi des 9galits sociales1 l'homme qui se disait si jal\x de son indp5dance re/ait1 mme f9ancirem5t1 l'oblig et l'on peut bi5 dire le p>asite d'une femme de traitant4 ,d'autre "p1 le petit monde1 le c]cle de madame d'p9ay (frait1--comme et dit ,r\sseau de t\t autre c]cle du mme g5re1--le spectacle des plus mauvaises moeurs4 ,m4 d'p9ay1 t\j\rs *ez quelque fille d',opra1 avait1 p>at-il1 communiqu sa femme une maladie que celle-ci avait transmise ,francueil4 ,aprs avoir t la matresse de ,francueil1 elle allait tre celle de ,grimm4 ,sa belle-soeur1 madame d',h\detot tait la matresse de ,sa9t-,lamb]t4 ,sa c\s9e mademoiselle d',ette tait la matresse de ,valory1 etc41 etc444 ,c'e/ dans l'intimit de ce monde1 aussi lgant et cultiv que vicieux1 qu'allait vivre le dnonciateur de l'influ5ce corruptrice des sci5ces et des arts1 l'homme qui se disait enivr de v]tu2 et l'homme enf9 qui avait crit1 v\s v\s en s\v5ez3 ,il faut de la p\dre nos p]ruques1 voil p\rquoi tant de pauvres n'ont po9t de pa94 ,il s'in/alle l',ermitage le #i avril #agef1 avec ,?rse et la mre ,levasseur1 aprs s'tre beauc\p fait pri]1 assure-t-il4 ,mais enf9 il s'in/alle4 ,p\rquoi8 ,p>ce que1 bi5 qu'orgueilleux1 il e/ vaniteux aussi2 p>ce qu'il e/ trangem5t faible2 p>ce qu'il n'a jamais eu de volont2 p>ce qu'il rve sa vie au lieu de la vivre2 p>ce qu'il se rve lui-mme au lieu de se connatre1 et p>ce qu'il a le don de ne pas voir les ralits comme elles sont4 ,donc1 il s'in/alle l',ermitage4 ,et il a gr& tort4 ,il y eut mille ennuis 7beauc\p p> sa faute7 et ce fut l que comm5a se dvelopp] en lui1 de faon inquitante1 la folie de la p]scution4 ,sur le sj\r de v+t mois que fit ,r\sseau l',ermitage1 n\s avons le livre ,,ix des ,confessions1 les ,mmoires de madame d'p9ay et les ,mmoires de ,m>montel passim1 notamm5t le db du livre ,,viii1 o ,m>montel e/ l'int]prte de ,did]ot4 ,qu& on a lu t\t cela1 on s'y embr\ille un peu4 ,j'aj\te que les ,mmoires de madame d'p9ay sont romancs et suspects1 et que ,m>montel1 qu& il rapporte ce qu'il ne sait pas directem5t1 m'inspire beauc\p de mfiance4 ,enf91 voici l'ess5tiel et1 je crois1 le vrai4 ,lorsque ,r\sseau tait arriv ,p>is1 et ensuite son ret\r de ,v5ise1 il avait t trs bi5 accueilli p> les hommes de lettres4 ,les encyclopdi/es voyai5t en lui une recrue2 puis1 le sa*ant malade1 trs s5sible1 trs susceptible1 ils tai5t assez disposs le mnag]4 ,peut-tre s'amusai5t-ils entre eux de ses biz>r]ies4 ,mais ils n'y mettai5t1 je crois1 nulle malveillance4 ,voici une page de ,m>montel qui semble bi5 donn] l-dessus la note ju/e3 ,ce fut l#h que je connus ,did]ot1 ,helvtius1 ,grimm1 et ,jean-,jacques ,r\sseau1 avant qu'il se ft fait sauvage4 ,grimm n\s donnait *ez lui un dn] t\tes les sema9es1 et ce dn] de g>ons rgnait une lib]t fran*e1 mais c'tait un mets dont ,r\sseau ne gtait que =t sobrem5t444 ,il n'avait pas encore pris c\leur1 comme il a fait depuis1 et n'annonait pas l'ambition de faire secte4 ,ou son orgueil n'tait pas n1 ou il se ca*ait s\s le dehors d'une politesse timide1 quelquefois mme obsquieuse et t5ant de l'humilit4 ,mais1 dans sa rs]ve cra9tive1 on voyait de la dfiance2 son reg>d en dess\s obs]vait t\t avec une ombrageuse att5tion4 ,il n'en tait pas mo9s amicalem5t accueilli3 comme on lui connaissait un am\r-propre inquiet1 *at\illeux1 facile bless]1 il tait *oy1 mnag avec la mme att5tion et la mme dlicatesse dont on aurait u l'g>d d'une jolie femme bi5 capricieuse et bi5 va9e1 qui l'on aurait v\lu plaire4 ,il travaillait alors la musique du ,dev9 du ,village et il n\s *antait au clavec9 les airs qu'il avait composs4 ,n\s en tions *>ms4 ,n\s ne l'tions pas mo9s de la manire f]me1 anime et pr(onde dont son premi] essai en loqu5ce tait crit4 ,ri5 de plus s9cre1 je dois le dire1 que notre bi5veillance p\r sa p]sonne et que notre e/ime p\r ses tal5ts4 ,note #h3 ,*ez d',holba*1 v]s #agej4 7,cela doit tre vrai1 on le s5t4 ,n\s avons vu cela4 ,il n\s e/ arriv t\s d'tre p>ticulirem5t g5tils p\r un confrre de tal5t qui n\s savions un sale c>actre47 ,telles tai5t encore1 ce semble1 les dispositions de ses amis1 lorsque ,jean-,jacques v9t l',ermitage4 ,r\sseau dit que1 t\t de suite aprs le ,dev9 ils avai5t t jal\x de lui p>ce qu'ils n'aurai5t pas su1 eux1 faire un opra-comique4 ,il dit aussi qu'ils lui en v\lai5t de sa r=me morale1 qu'ils ne lui p>donnai5t pas sa v]tu4 ,cela e/ bi5 peu croyable4 ,sa clbrit subite a pu les ennuy] un mom5t2 mais je crois qu'ils ne lui fur5t ennemis que plus t>d1 aprs qu'il les eut lasss p> ses dfiances et ses noires humeurs1 et surt\t aprs qu'il se fut dcl> nettem5t et sol5nellem5t contre le p>ti des philosophes4 ,mais1 aup>avant1 ils p\vai5t bi5 le taqu9] quelquefois comme d',holba* qui se div]tissait le faire mont] l'*elle p>ce que c'e/ seulem5t dans ces mom5ts-l que ,r\sseau tait loqu5t3 ils n'avai5t po9t encore de mauvais s5tim5ts p\r lui4 ,je me figure qu'ils se disai5t simplem5t3--,voil un homme biz>re1 mais d'un beau tal5t4 ,sa tte va a*ev] de se dtraqu] l'hiv] dans cette solitude4 ,et quelle compagnie p\r lui que ,?rse et sa mre6 ,si on p\vait le dta*] de ,?rse1 ou t\t au mo9s le ram5] ,p>is6 ,or1 la mre ,levasseur avait soixante-dix ans et tait impot5te4 ,ils imag9r5t de dire que c'tait consci5ce d'oblig] cette vieille femme pass] l'hiv] dans un isolem5t complet1 lo9 de t\t sec\rs4 ,ils p5sai5t sans d\te que ,?rse v\drait suivre sa mre et que ,r\sseau vi5drait lui-mme ,p>is1 dont le sj\r s]ait meilleur p\r son c]veau1 et o il aurait d'autre socit que celle des deux g\v]neuses4 ,mais ils s'y prir5t mal4 ,ils eur5t avec les deux femmes des confr5ces secrtes dont ,jean-,jacques eut v5t4 ,avec lui1 ,did]ot se montra indiscret et despotique1 son ord9aire4 ,jean-,jacques fut vivem5t bless4 ,ds lors1 il croit un complot =m p> ses amis 7,grimm1 ,did]ot1 d',holba*7 p\r le r5dre odieux4 ,plus t>d il f]a entr] t\t l'univ]s dans ce complot4 ,il ent5dait vraim5t trop peu la plaisant]ie4 ,une fois1--t\j\rs p\r le dcid] r5tr] l'hiv] ,p>is1--,did]ot lui crit3 ,le ,lettr#i a d v\s crire qu'il y avait sur le remp>t v+t pauvres qui m\rai5t de faim et qui att5dai5t le li>d que v\s leur donniez4 ,c'e/ un *antillon de notre petit babil4 ,la plaisant]ie tait amicale et g5tille puisque c'tait une allusion aux habitudes aumnires de ,jean-,jacques4 ,il l'accueillit de la faon la plus rogue et rpondit =t l\rdem5t3 ,il y a ici un vieill>d respectable qui1 aprs avoir pass sa vie travaill]1 ne le p\vant plus1 meurt de faim sur ses vieux j\rs4 ,ma consci5ce e/ plus cont5te des deux s\s que je lui donne t\s les lundis que des c5t li>ds que j'aurais di/ribus aux gueux des remp>ts444 ,c'e/ la campagne qu'on appr5d s]vir l'humanit3 on n'appr5d qu' la mpris] dans les villes4 ,de mme1 ,did]ot ayant crit p> has>d dans ses ,entreti5s sur le ,fils naturel3 ,il n'y a que le m*ant qui soit seul1 ,r\sseau prit cela p\r lui et cria comme un assass94 ,ah6 ce n'tait pas un monsieur commode4 ,l'autre pisode de son sj\r l',ermitage1 ce sont ses am\rs avec madame d',h\detot4 ,note #i3 ,c'tait le surnom qu'on donnait au fils de madame d'p9ay4 ,les tudes sur ce sujet sont abondantes4 ,la d]nire e/ le livre prcis et solide de ,m4 ,eugne ,ritt]3 ,j4-,j4 ,r\sseau et madame d',h\detot4 ,mais voici1 je crois1 t\t ce qu'il v\s importe de savoir1 et ce qui me semble la vrit4 ,en l'abs5ce de son amant ,sa9t-,lamb]t1 qui e/ l'arme1 madame d',h\detot1 belle-soeur de madame d'p9ay1 tr5te ans1 brune1 beauc\p de *eveux1 l\*e et m>que de la petite vrole1 agrable avec cela1 libre1 gaie1 trs bonne femme1 fait des visites ,r\sseau dans son ,ermitage--7la premire fois1 crotte comme un b>bet74 ,lui1 va la voir son *teau d',eaubonne4 ,il s'enflamme1 il croit aim] p\r la premire fois1 et que c'e/ la gr&e passion4 ,il n\s p>le de son t5dre dlire1 et de ses rotiques transports4 ,il crit madame d',h\detot des lettres brlantes4 ,elle s'amuse de ses entreprises auxquelles elle n'a pas de pe9e se drob]4 ,en somme1 ,r\sseau la *auffe p\r ,sa9t-,lamb]t4 ,cep5dant on se d\te de quelque *ose dans le petit c]cle de la ,*evrette4 ,a table1 on se moque de lui mots c\v]ts4 ,madame d'p9ay e/ un peu jal\se4 ,elle dte/e d'ailleurs madame d',h\detot4 ,elle pot9e avec ,?rse1 que ,jean-,jacques1 je l'ai dit1 ne traite plus que comme une soeur1 et qui s\ffre probablem5t1 elle aussi1 de cette av5ture4 ,?rse dt\rne des lettres de madame d',h\detot et les montre madame d'p9ay4 ,puis1 ,sa9t-,lamb]t e/ av]ti1 soit p> une lettre anonyme de ,?rse1 ou simplem5t 7selon ,m4 ,ritt]71 p> une indiscrtion de ,grimm4 ,sa9t-,lamb]t e/ un sage1 un homme qui ne se frappe pas4 ,il sait du re/e que ,jean-,jacques n'a pu all] trs lo94 ,nanmo9s1 il lui bat froid son ret\r1 et madame d',h\detot aussi3 de quoi 7dtail *>mant7 ,jean-,jacques se plaignit ,sa9t-,lamb]t lui-mme4 ,t\t ce qu'il a gagn cette va9e excitation1 il n\s appr5d que c'e/ une desc5te qui vi5t s'aj\t] ses autres maux4 ,l-dessus1 madame d'p9ay devant all] ,g5ve1 consult] ,tron*9 7peut-tre sur une grossesse que sa maladie r5dait dang]euse71 dit un j\r ,r\sseau3 ,ne vi5drez-v\s pas avec moi1 mon ours8 ,r\sseau n'en a nulle envie4 ,dj1 il s'e/ ap]u qu'il s'e/ donn des *anes4 ,combi5 de fois a-t-il t appel la ,*evrette au mom5t o il avait envie d'crire1 ou de rv] dans les bois1 ou simplem5t de re/] *ez lui6 ,did]ot1 indiscret et imptueux comme t\j\rs1--ce b\rdonnant ,did]ot dont le /yle mme v\s tutoie et v\s tape sur les cuisses1--le somme de pay] sa dette sa bi5faitrice en l'accompagnant4 ,grimm1--l',allem& pr(iteur et s\rnois1 l'amant de madame d'p9ay1--l'en presse de son ct4 ,r\sseau lui rpond p> une longue lettre explicative1 gau*e et fire1 d'o j'extrais ce passage dlicieux3 444,madame d'p9ay1 s\v5t seule la campagne1 s\haitait que je lui t9sse compagnie4 ,c'tait p\r cela qu'elle m'avait ret5u444 ,il faut tre pauvre1 sans valet1 har la gne et avoir mon me1 p\r savoir ce que c'e/ p\r moi que de vivre dans la maison d'autrui4 ,j'ai p\rtant vcu deux ans dans la si5ne1 assujetti sans rel*e avec les plus beaux disc\rs de lib]t1 s]vi p> v+t dome/iques et nettoyant t\s les mat9s mes s\li]s1 sur*>g de tri/es indige/ions et s\pirant sans cesse aprs ma gamelle444 ,il aurait d s'en avis] plus tt4 ,ds qu'il s'en avise1 il devrait p>tir1 cote que cote4 ,mais il re/e sur les prires de madame d',h\detot1 qui cra9t des hi/oires4 ,et il att5d que1 s\s l'influ5ce de ce mauvais *i5 de ,grimm1 madame d'p9ay1 qui e/ dj ,g5ve1 lui signifie son cong4 ,et1 le #ae dcembre #ageg1 en ple9 hiv] et p> la neige1 il dmnage1--beauc\p trop t>d p\r sa dignit4 ,o va-t-il8 ,a ,p>is1 o l'on peut si bi5 vivre seul8 ,dans quelque maisonnette de la banlieue1 dont le propritaire s]ait un b\rgeois inconnu1 qui il n'aurait nulle obligation8 ,non1 mais ,montl\is1 prs de ,montmor5cy1 dans une maison que lui l\e ,m4 ,ma?as1 procureur fiscal du pr9ce de ,cond1 et t\t pro*e du *teau du m>*al et de madame de ,luxemb\rg1 dont il s]a encore1 et quoi qu'il fasse1 l'oblig1 et qui lui f]ont du mal sans le v\loir4 ,mais quoi6 ,on dirait que cet ami des sauvages et cet homme d'une indp5dance si f>\*e ne peut absolum5t pas se pass] de la compagnie et de la protection des gr&s4 ,c'e/ donc ,montmor5cy que n\s le retr\v]ons1-- ,montmor5cy o il cont9u]a dev5ir meilleur mesure qu'il devi5dra plus f\4 ,,c9qui,,me ,,conf,,r5ce ,,la ,,lettre ,,sur ,,les ,,spectacles4 ,,r\sseau ,,montmor5cy4 ,voil donc ,r\sseau in/all1 en ple9 hiv]1 dans la maisonnette de ,m4 ,ma?as1 procureur fiscal du pr9ce de ,cond4 ,je crois que1 l du mo9s1 il payait un petit loy]3 ,m4 ,ma?as me fit (frir une petite maison qu'il avait son j>d9 de ,montl\is ,montmor5cy4 ,j'acceptai avec empressem5t et reconnaissance4 ,le m>* fut fait4 ,t\t d'abord il fut trs malade4 ,il n\s le raconte1 comme t\j\rs1 avec une prcision v\lue dans le dtail rebutant4 ,il y met1 je p5se1 une sorte de bravade et de coquett]ie amre3 ,a pe9e fus-je in/all dans ma n\velle demeure1 que de vives et frqu5tes attaques de mes rt5tions se compliqur5t avec l'incommodit n\velle d'une desc5te qui me t\rm5tait depuis quelque temps sans que je susse que c'en tait une4 ,je tombai bi5tt dans les plus cruels accid5ts4 ,le mdec9 ,?i]ry1 mon anci5 ami1 v9t me voir et m'claira sur mon tat4 ,les sondes1 les b\gies1 les b&ages1 t\t l'app>eil des infirmits de l'ge#aj rassembl aut\r de moi1 me fit durem5t s5tir qu'on n'a plus le coeur jeune impunm5t qu& le corps a cess de l'tre4 ,la belle saison ne me r5dit po9t mes =ces1 et je passai t\te l'anne #ageh dans un tat qui me fit croire que je t\*ais la f9 de ma c>rire4 ,note #aj3 ,il n'avait p\rtant que qu>ante-six ans4 ,et voici une lettre1 encore plus d\l\reuse1 adresse un mdec9 inconnu 7probablem5t ,?i]ry7 et date du #aj mai #ageh 7ce qui pr\ve que ,jean-,jacques se trompe quelquefois sur les dates1 puisque t\t l'heure il plaait la crise quatre mois plus tt74 ,l'eau de *aux ne m'ayant ri5 fait1 je l'ai quitte4 ,le lait ayant t\t fait supprim les ur9es1 j'ai t =c de le quitt] aussi4 ,il s'e/ =m depuis quelque temps une enflure dans le bas-v5tre1 un peu au-dessus de l'ane gau*e4 ,cette enflure e/ en ligne droite et dans une direction oblique4 ,elle r5tre qu& je suis c\* et rep>at l'in/ant que je me lve4 ,ce n'e/ po9t une desc5te#aa4 ,elle n'a que la d\leur s\rde et lgre qui1 depuis quelques annes1 ne me quitte po9t dans cette rgion4 ,du re/e l'ur9e dim9ue en quantit de j\r en j\r1 et sort plus difficilem5t1 except qu& elle e/ t\t fait crue et c\leur d'eau claire3 alors elle sort avec un peu plus d'abondance et de facilit4 ,mais en quelque tat que ce soit1 il faut t\j\rs press] le bas-v5tre p\r la faire sortir4 ,je v\s dis cela1 p]suad que mon mal n'a jamais t connu de p]sonne et qu'on en p\rrait peut-tre tir] quelques obs]vations utiles la mdec9e4 ,je ne v\s consulte po9t d'ailleurs2 je n'att5ds ni ne veux plus aucune espce de s\lagem5t de la "p des hommes1 mais seulem5t de ,celui qui sait consol] les maux de cette vie p> l'att5te d'une meilleure4 ,note #aa3 ,il dit ailleurs que c'en tait une4 ,je pr5ds so9 de not] s\v5t1 la r5contre1 ses maladies et ses infirmits p>ce qu'il ne faut jamais oubli] qu'il fut en effet t\te sa vie un malade et un infirme1 et de faon cruelle et humiliante4 ,cela n\s conseille l'indulg5ce dans les mom5ts o n\s sommes t5ts de n\s irrit] contre lui4 ,et cela explique en lui bi5 des *oses3 ses humeurs1 ses brusqu]ies1 et son gt de la solitude1 et les div]sions qu'il *]*ait dans l'occupation mcanique de copi/e2 l'excs mme de son orgueil1 la consci5ce de son gnie lui tant une revan*e de ses misres physiques2 ses frmissem5ts passionns d'ermite et d'ab/95t2 le refuge qu'il dem&e au rve4 ,et1 aussi1 cela r5d ses s5tim5ts religieux plus vrais et plus t\*ants1 et presque hroques1 dans son p>ti-pris1 son optimisme qu& mme4 ,il rev9t de cette crise1 comme de tant d'autres4 ,et il avait le s\lagem5t d'tre db>rass de la mre ,levasseur4 ,avant de quitt] l',ermitage1 il l'avait fait p>tir p\r ,p>is avec quelque arg5t et s'tait engag lui pay] son loy] *ez ses enfants ou ailleurs1 et ne jamais la laiss] manqu] de pa91 tant qu'il en aurait lui-mme4 7,il faut dire que ,grimm et ,did]ot faisai5t dj madame ,levasseur une petite p5sion1 si on en croit madame d'p9ay74 ,peu de temps aprs son arrive ,montl\is1 il reut le volume de l',encyclopdie qui cont5ait l'article de d',alemb]t sur ,,g5,,ve4 ,dans cet article1 conc]t avec des ,g5evois du plus haut tage1 et o ,voltaire avait mis la ma91 d',alemb]t conseillait l'tablissem5t d'un ?tre ,g5ve4 ,le sang de ,r\sseau ne fit qu'un t\r4 ,il s5tait ,voltaire l-dess\s1 ,voltaire magnifiquem5t in/all aux portes de ,g5ve1 qui attirait *ez lui les pr9cipaux de la ville p\r leur donn] la comdie sur son petit ?tre1 et qui avait videmm5t entrepris de corrompre la cit de ,calv94 ,or cette cit tait aussi celle de ,r\sseau4 ,il y avait reu1 quatre ans aup>avant1 l'accueil le plus flatteur4 ,il rsolut donc de df5dre la pudeur de ,g5ve1 et crivit sa ,lettre d',alemb]t4 ,les relations de ,r\sseau avec ,voltaire remontai5t au temps 7v\s v\s en s\v5ez7 o ,r\sseau arrangeait la ,pr9cesse de ,nav>re s\s le titre de ,ftes de ,ramire4 ,ils s'tai5t ensuite r5contrs dans quelques salons de ,p>is2 et il e/ bi5 clair qu'ils n'avai5t pas d s'accro*]4 ,puis1 en #agef1 ,r\sseau avait un j\r reu le pome de ,voltaire sur le ,dsa/re de ,lisbonne 7la ville moiti dtruite en #agee p> un tremblem5t de t]re et un inc5die2 tr5te mille hommes crass ou brls74 ,voltaire avait crit l-dessus deux c5t c9quante v]s lgants et fluides4--d'ailleurs conv5ablem5t spirituali/es1--o il se refusait reconnatre que t\t ft bi51 mme au s5s de ,leibnitz et de ,pope1 et concluait qu'il ne faut pas dire3 ,t\t e/ bi51 mais3 ,un j\r1 t\t s]a bi54 ,ce pessimisme1 quoique mitig1 avait p>u odieux ,r\sseau3 et alors 7*ose vraim5t admirable71 ,r\sseau1 pauvre1 infirme et malade1 avait crit l'auteur une longue lettre qui conti5t dj plusieurs des pr9cipaux lm5ts de la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d1--et o il dmontrait que de t\s les maux de l'humanit1 il n'y en avait pas un dont la nature ne ft disculpe1 et qui n'et sa s\rce dans l'abus que l'homme a fait de ses facults plus que dans la nature elle-mme4--,il s\t5ait mme expressm5t que la de/ruction de ,lisbonne et de ses habitants1 c'tait encore la faute des hommes1 puisque c'tait la faute de la civilisation4 ,il faisait rem>qu] que ce n'tait pas la nature qui avait rassembl ,lisbonne v+t mille maisons de six sept tages et que1 si les habitants euss5t t disp]ss plus galem5t1 et plus lgrem5t logs1 le dgt et t mo9dre et peut-tre nul3 ,t\t et fui au premi] branlem5t1 et on les et vus le l5dema9 v+t lieues de l1 t\t aussi gais que si ri5 n'tait arriv4 ,voltaire rpondit ,r\sseau1 en peu de lignes1 qu'tant malade et g>de-malade lui-mme1 il remettait un autre temps sa rponse4 ,cette rponse devait tre le dlicieux et p]v]s ,c&ide 7#agei74 ,dans les pages des ,confessions o il raconte cet incid5t1 ,r\sseau n\s dit1 avec plus d'esprit qu'il n'a c\tume d'en montr]3 ,frapp de voir ce pauvre homme#ab accabl p\r a9si dire de prosprits et de gloire1 dclam] t\tefois amrem5t contre les misres de cette vie1 et tr\v] t\j\rs que t\t tait mal1 je =mai l'ins5s projet de le faire r5tr] en lui-mme1 de lui pr\v] que t\t tait bi54 ,voltaire en p>aissant t\j\rs croire en ,dieu n'a rellem5t jamais cru qu'au diable1 puisque son ,dieu prt5du n'e/ qu'un tre malfaisant qui1 selon lui1 ne pr5d de plaisir qu' nuire4 ,l'absurdit de cette doctr9e1 qui saute aux yeux1 e/ surt\t rvoltante dans un homme combl des bi5s de t\te espce1 qui1 du se9 du bonheur1 *]*e dsespr] ses semblables p> l'image affreuse et cruelle de t\tes les calamits dont il e/ exempt4 ,note #ab3 ,voltaire4 ,on s5t bi5 ici l'abme qui sp>e ces deux hommes4 ,n'y et-il pas eu entre eux rivalit littraire1 ,voltaire reprs5te ju/em5t ce que ,r\sseau dte/e le plus3 la vie sociale dans ce qu'elle a de plus artificiel et de plus corrupteur1 l'ironie et l'impit2 ,voltaire1 aimable et m*ant1 ,r\sseau1 dsagrable et bon2 ,voltaire1 ri*e et ari/ocrate1 ,r\sseau pauvre et plbi52 ,voltaire spirituel et lg]1 ,r\sseau grave et mme sol5nel2 ,voltaire rali/e en politique1 ,r\sseau *imrique2 ,voltaire despoti/e et qui se cont5t]ait de r=mes prud5tes1 ,r\sseau rpublica9 du pays d',utopie2 ,voltaire impie1 ,r\sseau religieux2 ,voltaire ami de l'ordre avant t\t1--mais v\lant ru9]1 du mo9s dans les hautes classes1 la religion qui s\ti5t l'ordre2 ,r\sseau m5aant cet ordre1--mais df5dant le s5tim5t religieux3 si bi5 que1 *acun d'eux ne russissant que dans la p>tie ngative de sa t*e1 l'un port]a la religion1 et l'autre l'ordre social ncessaire1 des c\ps que1 p\r ma "p1 je dplore avec simplicit4 ,mais rev5ons la ,lettre sur les spectacles ou ,lettre d',alemb]t4 ,c'e/ un des ouvrages les plus connus de ,r\sseau4 ,il ne manque gure de figur] dans les programmes de la lic5ce et de l'agrgation4 ,dieu seul sait le nombre des diss]tations qui ont t composes p> de bons jeunes g5s sur le p>adoxe du ,misan?rope4 ,et c'e/ p\rquoi je me cont5t]ai presque de rsum] la ,lettre sur les spectacles4 ,voici4 ,le ?tre e/ le plus artificiel de t\s les arts1 celui o il y a le plus de fe9te et de simulation1 puisque1 d'abord1 l'criva9 dramatique prt5d y faire une reprs5tation directe de la vie1 et que l'acteur y fait un p]sonnage qu'il n'e/ po9t dans la ralit1 et plie ce jeu son corps mme et son me4 ,bref le m5songe y e/ complet4 ,l'homme y e/ aussi lo9 que possible de l'tat de nature4 ,le ?tre e/ l'extrme fleur de la civilisation4 ,sur cela seul ,r\sseau p\rrait le condamn]1 mais il lui plat d'entr] dans le dtail4 ,la tragdie e/ mauvaise4 ,le spectateur y dp5se inutilem5t sa provision de pleurs et de piti1 et il n'en a plus p\r les s\ffrances relles4 ,ou bi5 il admire les beaux sclrats1 et il s'acc\tume aux horreurs4 ,la comdie e/ mauvaise4 ,sa morale1 ce n'e/ po9t qu'il ne faut pas tre vicieux1 c'e/ qu'il ne faut pas tre ridicule4 ,elle cons]ve les conv5tions et les prjugs monda9s4 ,elle enseigne les manires du monde1 qui ne sont que m5songes2 elle ne p>le que d'am\r et de galant]ie2 elle consacre le rgne des femmes2 elle abaisse les moeurs et amollit les coeurs4 ,on objecte ,molire4 ,ah6 oui1 p>lons-en6 ,son ?tre e/ une cole de vices4 ,la bont et la simplicit y sont con/amm5t railles4 ,les sots y sont les victimes des m*ants4 ,on y t\rne en drision les droits des pres sur leurs enfants1 des m>is sur leurs femmes1 des matres sur leurs s]viteurs1 etc4 ,voyez le ,misan?rope mme1 son *ef-d'oeuvre4 ,cette comdie n\s dc\vre mieux qu'aucune autre la vritable vue dans laquelle ,molire a compos son ?tre4 ,son objet n'e/ pas de =m] un honnte homme1 mais un homme du monde3 ,p> consqu5t 7crit ,r\sseau71 il n'a po9t v\lu corrig] les vices1 mais les ridicules2 et il a tr\v dans le vice mme un in/rum5t trs propre y russir4 ,a9si1 v\lant expos] la rise publique t\s les dfauts opposs aux qualits de l'homme aimable1 de l'homme de socit1 aprs avoir j\ tant de ridicules1 il lui re/ait j\] celui que le monde p>donne le mo9s1 le ridicule de la v]tu4 ,c'e/ ce qu'il a fait dans le ,misan?rope4 ,v\s ne sauriez me ni] deux *oses3 l'une1 qu',alce/e dans cette pice e/ un homme droit1 s9cre1 e/imable1 un vritable homme de bi52 l'autre1 que l'auteur lui donne un p]sonnage ridicule4 7,s\s-ent5dez3 ,donc l'auteur ridiculise la v]tu47 ,c'en e/ assez p\r r5dre ,molire inexcusable4 ,c'e/ un syllogisme4 ,mais il clo*e4 ,on n'a qu' dire 7et des milli]s de c&idats la ,lic5ce s lettres l'ont rpt depuis c5t ans7 qu',alce/e e/ sans d\te un homme v]tueux et qu'il e/ aussi un p]sonnage p>fois ridicule2 mais qu'il n'e/ pas ridicule en tant qu'il e/ v]tueux4 ,il n'e/ ridicule qu'en tant que c]ta9es de ses colres sont excessives dans la =me et disproportionnes avec leur objet4 ,mais ce n'e/ ri5 dire3 c>1 ju/em5t1 ,r\sseau ne s\ffre po9t cette ide1 qu',alce/e puisse p>atre ridicule1 mme dans ses exagrations4 ,que dis-je6 il ne reconnat mme pas qu',alce/e exagre4 ,il ne veut pas que n\s n\s p]mettions de s\rire d',alce/e t\t en l'aimant bi54 ,il ne veut pas1 il ne peut pas admettre ce t\r et cette attitude d'esprit qui font qu'on raille p>fois ce qu'on respecte1 et qu'on prt5d le respect] t\t de mme4 ,il la connat1 cette attitude-l4 ,ses meilleurs amis l'ont eue env]s lui1 ,jean-,jacques4 ,ils l'aimai5t et le respectai5t1 mais en s'amusant de lui imp]ceptiblem5t4 ,et ,jean-,jacques en a conclu qu'ils tai5t des hypocrites1 et qu'ils le hassai5t1 et qu'ils conspirai5t contre lui4 ,au fond1 il se reconnat avec complaisance dans ,alce/e4 ,or1 qu',alce/e soit ridicule1 et p> consqu5t ,jean-,jacques1 ,jean-,jacques n'admet pas a4 ,ou1 si cela e/1 c'e/ donc que le sicle e/ bi5 infme4 ,notons ici un assez curieux exemple de la div]sit des jugem5ts huma9s4 ,r\sseau a fait au ?tre de ,molire peu prs le mme repro*e d'immoralit que1 de nos j\rs1 ,brunetire 7et aussi ,faguet1 et avant eux ,l\is ,veuillot73 mais p\r des raisons si diffr5tes1--du mo9s v]balem5t6 ,molire p>at condamnable ,r\sseau1 p>ce qu'il a eu p\r idal1 dans son ?tre1 l'homme de socit4 ,mais1 au contraire1 ,molire inquite ,brunetire p>ce qu'il a t le disciple de la nature4 ,en sorte qu'on ne sait pas s'il faut repro*] ,molire d'avoir ador la nature ou de l'avoir ddaigne4 ,c'e/ app>emm5t que la nature n'e/ pas t\t fait la mme *ose p\r ,jean-,jacques et p\r notre contempora94 ,t\te bonne p\r l'un1 elle ne vaut pas le diable1 ou plutt elle e/ le diable1 p\r l'autre444 nature1 qu'es-tu donc8 ,n\s v\drions bi5 le savoir4 ,mais si tu es t\t1 comme il e/ probable1 n\s n'en s]ons pas plus avancs4 ,en t\t cas ,r\sseau1 qui a tant p>l de toi1 aurait bi5 d song] un j\r te df9ir4 ,cont9uons le rsum trs sommaire de la ,lettre sur les spectacles4 ,donc1 le ?tre1 qui ne peut ri5 p\r corrig] les moeurs1 peut beauc\p p\r les altr]4 ,en outre1 le ?tre avilit et corrompt les comdi5s et les comdi5nes p> leur mti] mme1 qui e/ un trave/issem5t de leur tre vritable1 et qui e/1 en outre1 p\r les femmes1 une pro/itution de leur p]sonne physique4--,et t\t cela e/ quelquefois vrai1 et t\t cela ne l'e/ pas t\j\rs4 ,et ,r\sseau se r5contre ici avec ,bossuet1 comme il s'tait r5contr avec ,pascal propos des effets de la reprs5tation dramatique des passions de l'am\r4 ,encore1 cont9ue ,r\sseau1 le ?tre peut-il tre un mo9dre mal dans l'affreuse corruption des gr&es villes4 ,mais quel div]tissem5t fune/e p\r les petites cits6 ,et il se ress\vi5t de sa patrie2 et il voque la vie pa/orale1 patri>cale1 idyllique1 simple et p>faite des v]tueux ,montagnons1 qui sont une tribu des environs de ,neu*tel4--,aprs quoi1 il explique en combi5 de faons et combi5 de po9ts de vue 7moral1 social1 civique1 conomique7 l'tablissem5t d'un ?tre ,g5ve1--petite ville de v+t mille mes1--nuirait ,g5ve4 ,et ici1 il ne me p>at pas qu'il ait si gr& tort4 ,mieux val5t encore p\r ,g5ve1 cont9ue-t-il1 ses petites socits ou cot]ies traditionnelles3 socits d'hommes et socits de femmes 7c> ,r\sseau juge bon que les deux sexes1 en gnral1 viv5t sp>s l'un de l'autre74 ,dans les c]cles de femmes1 on mdit un peu3 mais les femmes y font en quelque sorte la police morale de la ville2 dans les c]cles d'hommes1 on boit abondamm5t1 mais avec innoc5ce4 ,et ici se place un loge du v91 qui a de la grce et quelque *ose d'att5drissant1 v5ant d'un homme qui buvait surt\t de l'eau et du lait1 et n'a jamais bu plus de sa demi-b\teille de v94 --,mais quoi6 s'crie ,r\sseau1 ne faut-il donc aucun spectacle dans une rpublique8--,au contraire1 il en faut beauc\p4 ,les ,g5evois ne sont pas encore assez v]tueux p\r que ,r\sseau leur propose les danses nues des jeunes filles de ,sp>te1 et il le regrette4 ,mais ils ont dj des revues1 des prix publics1 des rois de l'arquebuse1 du canon1 de la navigation4 ,il faut multipli] les ftes de ce g5re4 ,mais n'adoptons po9t ces spectacles exclusifs qui r5f]m5t tri/em5t un petit nombre de g5s dans un antre obscur2 qui les ti5n5t cra9tifs et immobiles dans le sil5ce et l'inaction2 qui n'(fr5t aux yeux que cloisons1 que po9tes de f]1 que soldats1 qu'affligeantes images de la s]vitude et de l'9galit4 7,que vi5t faire ici l'9galit8 ,oh6 que voil dj bi5 une phrase de #ic67 --,non1 peuples heureux1 ce ne sont pas l vos ftes4 ,c'e/ en ple9 air1 c'e/ s\s le ciel qu'il faut v\s rassembl] et v\s livr] au d\x s5tim5t de votre bonheur444 ,que vos plaisirs ne soi5t pas effm9s ni m]c5aires2 que ri5 de ce qui s5t la contra9te et l'intrt ne les empoisonne2 qu'ils soi5t libres et gnreux comme v\s2 que le soleil claire vos innoc5ts spectacles3 v\s en =m]ez un v\s-mme le plus digne qu'il puisse clair]4 ,t\t a1 p\r des espces de ftes de comices agricoles ou de fanf>es de pompi]s1--ftes dont je ne dis po9t de mal1 et o il m'e/ arriv de pr5dre "p non sans plaisir1 mais o l'on sait bi5 enf9 que l'important e/ de boire4 ,p\r l'hiv]1 ,r\sseau imag9e d'autres div]tissem5ts4 ,il propose notamm5t des bals entre jeunes g5s et jeunes filles m>i]1 que prsid]ait un magi/rat nomm p> le ,conseil4 ,je v\drais qu'on =mt dans la salle une ence9te commode et honorable1 de/9e aux g5s gs de l'un et de l'autre sexe1 qui1 ayant dj donn des citoy5s la patrie1 v]rai5t encore leurs petits enfants se prp>] le dev5ir4 ,et1 l-dessus1 il s'exalte d'une manire bi5 surpr5ante3 ,je v\drais que p]sonne n'entrt sans salu] ce p>quet1 et que t\s les c\ples de jeunes g5s v9ss5t1 avant de comm5c] leur danse et aprs l'avoir f9ie1 y faire une pr(onde rvr5ce p\r s'acc\tum] de bonne heure respect] la vieillesse4 ,je ne d\te pas que cette agrable runion des deux t]mes de la vie huma9e ne donnt cette assemble un c]ta9 c\p d'oeil att5drissant1 et qu'on ne vt quelquefois c\l] dans le p>quet des l>mes de joie et de s\v5ir1 capables d'en arra*] un spectateur s5sible444 ,je v\drais que t\s les ans1 au d]ni] bal1 la jeune p]sonne qui1 durant les prcd5ts1 se s]ait comporte le plus honntem5t et aurait plu davantage t\t le monde1 fut honore d'une c\ronne p> la ma9 du magi/rat1 et du titre de re9e du bal1 qu'elle port]ait t\te l'anne4 ,je v\drais qu' la clture de la mme assemble on la reconduist en cortge1 etc44 7,hol6 et l'galit1 monsieur1 et l'galit67 ,sp>te6 ,lycurgue6 ,plut>que6 prs5ce du magi/rat l o il n'a que faire6 publicit et rglem5tation des s5tim5ts intimes et des scnes familiales6 ,comme ,r\sseau1 p> ses deux premi]s ,disc\rs donn]a son vocabulaire la ,rvolution1 p> la ,lettre sur les spectacles il donn]a la ,rvolution ses ftes1--de mme qu'il lui donn]a1 p> le ,contrat social1 sa conception de l'tat4 ,sur le fond mme de la ,lettre sur les spectacles1 je crois bi51 comme ,r\sseau1 que le ?tre ne peut ri51 ou ne peut pas gr&'*ose1 p\r corrig] les moeurs2 mais peut-il tant que cela p\r les corrompre8 ,je ne sais1 p]sonne ne sait4 ,oh6 que de di/+uo il faudrait ici6 ,gnralem5t1 le ?tre ne russit qu'en se con=mant la morale du public assembl2 et c'e/ presque t\j\rs ce qu'il fait4 ,il ne vaut que ce que vaut le public lui-mme4--,r\sseau1 qui croit les *oses mauvaises proportion qu'elles s'loign5t de l'tat de nature1 e/ime le ?tre le plus dang]eux des div]tissem5ts p>ce qu'il en e/ le plus artificiel2 mais ce jugem5t ne repose que sur l'excell5ce prsume de ce my/rieux tat de nature4 ,le ?tre e/ un plaisir qu'on pr5d en public et en commun4 ,or1 il p>at bi5 que les hommes assembls n'accept5t et n'appr\v5t que des moeurs et une morale moy5nes4 ,il e/ donc probable que le ?tre ni ne corrompt les moeurs ni ne les amliore4--,on a dit c5t fois ces *oses1 et mieux que je ne saurais faire4 ,en t\t cas la condamnation prononce p> ,r\sseau p>at bi5 /ricte si l'on considre le ?tre de son temps1 le ?tre antrieur #ageh4 ,elle sembl]ait peut-tre mo9s inju/ifie si l'on songeait c]ta9es pices d'auj\rd'hui3 et encore on ne peut pas dire qu'elles dprav5t le public1 puisqu'elles se con=m5t simplem5t sa dpravation4--,mais le ?tre qu'on j\ait du temps de ,r\sseau8 ,le ?tre avant #ageh8--;,je ne p>le po9t de ,corneille1 de ,rac9e1 de ,molire1 ni mme de ,regn>d4 ,le gt d'ent5dre les trois premi]s vaut t\t de mme autant que l'ivrogn]ie ou que les lib]ts des danses populaires2 et quant ,regn>d1 il n'y a que ,jean-,jacques p\r pr5dre au tragique l'immoralit du ,lgataire4 ,mais peut-on dire que les tragdies de ,campi/ron1 de ,lagrange-,*ancel1 de ,longepi]re1 de ,lafosse1 de ,dau*et1 de ,du*1 de ,lamotte1 de ,lefranc de ,pompignan1 de ,lan\e1 de ,m>montel1 de ,crbillon1 et de ,voltaire lui-mme1 fuss5t si dang]euses ent5dre8 ,et les comdies de ,lesage1 de ,legr&1 de ,dufresny1 de ,danc\rt1 de ,de/\*es1 de ,m>ivaux1 de ,gresset6 ,v\s n'y tr\v]ez pas un adultre consomm1 et la c\rtisane n'y e/ encore dsigne que p> de dc5tes priphrases444 ,*ose not]3 le mom5t o ,jean-,jacques br&it ses f\dres contre le ?tre e/ un des mom5ts les plus *tifs et les plus in(f5sifs de la comdie en ,france4 ,aprs ,lesage1 ,danc\rt et ,m>ivaux1 qui avai5t de la saveur1 la comdie se trane dans de fades portraits1 dans de petites satires de moeurs et dans de petites intrigues am\reuses6 ,elle e/ m5ue et galante4 ,et il e/ vrai qu'elle p>le beauc\p d'am\r1 et qu'elle conseille t\t au mo9s une s5sualit lgre4 ,mais on ne voit pas bi5 p\rquoi ,r\sseau s'insurge l contre1 et n\s retr\vons ici une de ses habituelles contradictions ou quivoques4 ,pascal1 et ,bossuet1 et ,b\rdal\e1 et bi5 d'autres docteurs *rti5s1 avai5t df9i et rpr\v le p\voir amollissant et corrupteur de la comdie4 ,ils le faisai5t au nom d'un dogme4 ,les passions de l'am\r1 ils les appelai5t concupisc5ce4 ,mais1 lui1 ,jean-,jacques1 au nom de quoi condamne-t-il les trop d\ces impressions qu'on peut recevoir au ?tre8 ,au nom de la nature1 dont le ?tre1 assure-t-il1 n\s loigne8 ,mais il p>at p\rtant bi5 que le dsir et la volupt sont dans la nature1 puisque1 prcism5t1 p\r les prdicateurs1 combattre la nature veut s\v5t dire combattre les dsirs des s5s4 ,de quelle nature n\s p>le donc ,r\sseau8 ,jamais1 jamais n\s ne le saurons4 7,lui-mme1 en ralit1 ce n'e/ pas au nom de la nature1 mais c'e/1 au contraire1 au nom de son vieux prote/antisme hrit qu'il condamne le ?tre47 ,avec t\t cela1 la ,lettre sur les spectacles se lit encore avec plaisir4 ,cela e/ t\t g5evois et t\t prote/ant1 mais d'un ,g5evois presque s\riant et d'un prote/ant dt5du4 ,ce n'e/ plus l'exagration folle et sombre du ,disc\rs sur l'9galit4 ,t\t n'y e/ pas p>adoxe2 et les p>adoxes mmes y conti5n5t une "p de raison4 ,c'e/ d'ailleurs celui de ses livres que ,r\sseau a crit avec le mo9s d'ef=t 7en trois sema9es74 ,il se rp& en v+t digressions2 il se j\e1 autant qu'il peut se j\]4 ,on s5t que cela a t crit entre deux p>ties de la ,n\velle ,hlose4 ,l'ouvrage eut beauc\p de succs et provoqua des rponses2 notamm5t une de ,m>montel et une de d',alemb]t4 ,la rponse de ,m>montel e/ une rfutation s5se et un peu sup]ficielle1 un morceau d'honnte pr(esseur4 ,mais la rponse de d',alemb]t e/ di/+ue et f9e1 et ple9e de ces malices s\rnoises qu'on appelle auj\rd'hui des ross]ies4 ,ce n'e/ pas mon objet de les recueillir4 ,j'en veux p\rtant cit] une1--atroce1 celle-l1 si1 comme je le crois1 c'e/ une allusion l'ab&on des enfants de ,r\sseau4 ,et ce doit bi5 tre cela2 c>1 si on lit la page qui prcde1 on reconnat que le trait e/ prp> de lo91 qu'il ne v5ait po9t ncessairem5t1 qu'il a t v\lu et prmdit4 ,voici3 ,d',alemb]t vi5t de repro*] ,r\sseau d'avoir adopt et df5du1 dans sa ,lettre1 le prjug du temps sur l'ducation des femmes4 ,et l-dessus il s'crie3 ,philosophes1 c'e/ v\s de dtruire un prjug si fune/e1 c'e/ ceux d'entre v\s qui pr\v5t la d\ceur ,,ou ,,le ,,*agr9 ,d',,tre ,p,,res d'os] les premi]s sec\] le j\g d'un b>b>e usage1 en donnant leurs filles la mme ducation qu' leurs autres enfants444 ,on v\s a vus si s\v5t1 p\r des motifs trs lg]s1 p> vanit ou p> humeur1 heurt] de front les ides de votre sicle3 p\r quel intrt plus gr& p\vez-v\s les brav] que p\r l'avantage de ce que v\s avez de plus *] au monde1 p\r r5dre la vie mo9s amre ceux qui la ti5n5t de v\s8444 7,notez que d',alemb]t devait connatre l'ab&on des enfants1 puisque ,r\sseau l'avait racont quelques annes aup>avant ,grimm1 ,did]ot1 madame d'p9ay1 madame de ,francueil1 etc47 ,je passe d'autres s\rnois]ies mo9s env5imes4 ,mais d',alemb]t ne p\vait manqu] d'oppos] l'auteur du ,dev9 l'auteur de la ,lettre sur les spectacles2 et c'e/ ce qu'il fait en t]mes bi5 spirituels3 ,la plup>t de nos orateurs *rti5s1 en attaquant la comdie1 condamn5t ce qu'ils ne connaiss5t pas3 v\s avez au contraire tudi1 analys1 compos v\s-mme1 p\r en mieux jug] les effets1 le poison dang]eux dont v\s *]*ez n\s prs]v]2 et v\s dcriez nos pices de ?tre avec l'avantage non seulem5t d'en avoir vu1 mais d'en avoir fait444 ,oh6 je sais bi51 les spectacles1 selon v\s1 sont ncessaires dans une ville aussi corrompue que celle que v\s avez habite longtemps2 et c'e/ app>emm5t p\r ses habitants p]v]s1 c> ce n'e/ pas c]ta9em5t p\r votre patrie1 que vos pices ont t composes3 c'e/--dire1 monsieur1 que v\s n\s avez traits comme ces animaux expirants qu'on a*ve dans leurs maladies de peur de les voir longtemps s\ffrir4 ,assez d'autres sans v\s aurai5t pris ce so92 et votre dlicatesse n'aura-t-elle ri5 se repro*] notre g>d8 ,je le cra9s d'autant plus que le tal5t dont v\s avez montr au ?tre lyrique de si heureux essais comme musici5 et comme pote1 e/ du mo9s aussi propre faire au spectacle des p>tisans que votre loqu5ce lui en enlev]4 ,le plaisir de v\s lire ne nuira po9t celui de v\s ent5dre2 et v\s aurez longtemps la d\leur de voir le ,dev9 du ,village dtruire t\t le bi5 que vos crits contre la comdie aurai5t pu n\s faire4 ,c'e/ d'un joli p]siflage1 et qui devait enrag] ,r\sseau4 ,et sans d\te il peut rpondre1 et il avait peu prs rpondu1 en effet1 dans la prface de ,n>cisse3 ,j'ai fait du ?tre1 mais qui ne p\vait plus nuire des tres aussi corrompus que v\s2 et d'ailleurs je n'en fais plus4 ,et puis1 d'avoir manqu mes prceptes1 cela doit-il m'emp*] de les proclam] si je les crois vrais8 ,n'importe1 il re/e que cet homme qui condamne le ?tre1 a fait des comdies1 et prcism5t de ce t\r artificiel et galant qu'il blme si =t2 il re/e qu'il a fait le ,dev91 qui1 p> sa musique1 ses danses et ses belles filles exposes1 a d conseill] la s5sualit et amollir les coeurs un peu plus peut-tre que le ,misan?rope2 il re/e qu'il a crit le ,disc\rs contre les arts au mom5t o il faisait du ?tre2 la ,lettre d',alemb]t t\t de suite aprs en avoir fait2 le ,disc\rs sur l'9galit au mom5t o il tait le protg des gr&s1--et son trait de l'ducation quelques annes aprs avoir ab&onn son c9quime enfant444 ,et t\t cela e/ gnant1 et je ne sais si jamais vie huma9e s'e/ passe dans de telles contradictions1 et divisions contre soi-mme4 ,et si ,jean-,jacques n'en avait que faiblem5t consci5ce1 c'e/ donc bi51 comme je le crois1 qu'il tait n avec le c\p de m>teau4 99 99 99 99 99 ,mais rejoignons-le dans sa petite maison de ,montl\is4 ,il y mne une vie assez tranquille les premi]s mois4 ,il fait des connaissances dans le vois9age4 ,il se lie avec le ,pre ,b]?i]1 oratori51 et surt\t avec ,m4 ,maltor1 cur de ,groslay4 ,encore un bon prtre1 et qui e/ *>mant p\r lui4 ,au re/e ,jean-,jacques1 de son propre aveu1 n'en a gure r5contr que de tels4 ,cep5dant madame d'p9ay regrette de l'avoir si durem5t trait4 ,sa9t-,lamb]t et madame d',h\detot ne lui en veul5t plus4 ,ils l'invit5t dn] ,p>is4 ,t\t se passe trs bi54 ,jean-,jacques e/ lui-mme tonn qu'aprs de tels orages de passion cette entrevue le laisse si paisible4 ,il s'avise de tr\v] ,sa9t-,lamb]t admirable4 ,il voit dj madame d',h\detot entre ,sa9t-,lamb]t et lui1 comme il v]ra ,julie d'tanges entre ,wolm> et ,sa9t-,preux4 ,il fait la connaissance de ,male%]bes1 qui lui facilite beauc\p l'impression de la ,n\velle ,hlose 7p>ue en #agfj *ez ,rey1 ,am/]dam7 et qui indique lui-mme les corrections faire p\r que l'ouvrage ait libre c\rs en ,france4--,male%]bes lui (fre une place de rdacteur au ,j\rnal des ,savants4 ,r\sseau refuse4 ,il ne saurait pas crire j\r fixe et sur un sujet donn4 ,on s'imag9ait1 dit-il1 que je p\vais crire p> mti] comme t\s les autres g5s de lettres1 au lieu que je ne sus jamais crire que p> passion4 ,il comm5ce l'mile t\t de suite aprs la ,n\velle ,hlose4 ,on vi5t le voir de ,p>is1 mais pas trop3 ju/e ce qu'il faut p\r le laiss] mieux j\ir ensuite de sa solitude4 ,cep5dant1 p\r la v+time fois1 il fait des projets de retraite df9itive et de r5oncem5t4 ,il e/ dt]m91 dit-il1 r5onc] totalem5t la gr&e socit1 la composition des livres1 t\t comm]ce de littrature1 et se r5f]m] p\r le re/e de ses j\rs dans la sphre troite et paisible p\r laquelle il se s5tait n444 ,il e/ surt\t dgt de vivre avec et *ez les g5s du monde4 ,il se s\vi5t de t\s les ennuis que cela lui a valus la ,*evrette ou ,eaubonne1 et il n\s donne l-dessus des dtails d'une fran*ise amusante3 ,vivant avec des g5s opul5ts sans t5ir maison comme eux1 j'tais oblig de les imit] en bi5 des *oses2 et de m5ues dp5ses1 qui n'tai5t ri5 p\r eux1 tai5t p\r moi non mo9s ru9euses qu'indisp5sables444 ,seul1 sans dome/ique1 j'tais la m]ci de ceux de la maison1 dont il fallait ncessairem5t capt] les bonnes grces p\r n'avoir pas beauc\p s\ffrir444 ,les femmes de ,p>is1 qui ont tant d'esprit1 n'ont aucune ide ju/e sur cet article et =ce de v\loir conomis] ma b\rse elles me ru9ai5t4 ,si je s\pais un peu lo9 de *ez moi1 au lieu de s\ffrir que j'envoyasse *]*] un fiacre1 la dame de la maison faisait mettre les *evaux p\r me ram5]2 elle tait =t aise de m'p>gn] les v+t-quatre s\s du fiacre2 quant l'cu que je donnais au laquais et au co*]1 elle n'y songeait pas4 ,une femme m'crivait-elle de ,p>is l',ermitage ou ,montmor5cy2 ayant regret aux quatre s\s de port que sa lettre m'aurait cot1 elle me l'envoyait p> un de ses g5s1 qui arrivait pi$ t\t en nage1 et qui je donnais dn]1 et un cu qu'il avait assurm5t bi5 gagn4 ,me proposait-elle d'all] pass] huit ou qu9ze j\rs avec elle sa campagne1 elle se disait en elle-mme3 ce s]a t\j\rs une conomie p\r ce pauvre g>on et p5dant ce temps-l sa n\rriture ne lui cot]a ri54 ,elle ne songeait pas aussi que durant ce temps-l je ne travaillais po9t et que mon mnage et mon loy]1 et mon l+e et mes habits n'en allai5t pas mo9s2 que je payais mon b>bi] d\ble et qu'il ne laissait pas de m'en cot] *ez elle plus qu'il ne m'en aurait cot *ez moi444 ,je puis assur] que j'ai bi5 v]s v+t-c9q cus *ez madame d',h\detot ,eaubonne1 o je n'ai c\* que quatre ou c9q fois1 et plus de c5t pi/oles tant p9ay qu' la ,*evrette1 p5dant les c9q ou six ans que j'y fus le plus assidu4 ,ces dp5ses sont 9vitables p\r un homme de mon humeur qui ne sait se p\rvoir de ri51 ni s'+ni] sur ri51 ni support] l'aspect d'un valet qui grogne et qui v\s s]t en re*ignant4 ,non1 non1 il n'ira plus *ez les g5s du monde4 ,il a enf9 reconquis sa lib]t et il la g>d]a4 ,son t]nel desse9 de r=me morale p>at srieux cette fois4 ,on dirait qu'il va dev5ir capable de vie intrieure4 ,le libraire ,rey le pressant d'crire les ,mmoires de sa vie1 il raille la fausse navet de ,montaigne1 qui a so9 de ne se donn] que des dfauts aimables1 t&is que je s5tais1 dit-il1 moi qui me suis cru t\j\rs et qui me crois encore1 t\t pr5dre1 le meilleur des hommes1 qu'il n'y a po9t d'intrieur huma91 si pur qu'il puisse tre1 qui ne recle quelque vice odieux4 ,et cette f9 de phrase impliqu]ait quelque connaissance de soi et quelque humilit1 s'il n'y avait tant d'orgueil1--ou peut-tre simplem5t de gageure1--dans le comm5cem5t4 ,n'importe1 il n'a jamais p>u si sage1 et e/ bi5 dcid vivre dans son co94 99 99 99 99 99 ,mais1 au comm5cem5t de l't1 le m>*al et la du*esse du ,luxemb\rg arriv5t leur *teau1 qui e/ pro*e de la maisonnette de ,montl\is1 et voil ses projets de retraite r5v]ss4 ,le duc et la du*esse lui font quelques avances1 et presque aussitt il repr5d ses *anes4 ,*anes mo9s l\rdes1 il e/ vrai1 que celles de la ,*evrette1 ,jean-,jacques fait ses conditions3 on ne le recevra que dans l'intimit2 on ne l'oblig]a pas tre des s\p]s4 ,il semble d'ailleurs que monsieur et madame de ,luxemb\rg ai5t t beauc\p mo9s indiscrets avec lui que nagure madame d'p9ay4 ,mais1 t\t de mme1 ce n'e/ dj plus la lib]t4 ,notre faux ,huron ne p\vait s'emp*] ni de la dsir]1 ni de l'abdiqu] en des ma9s ari/ocratiques4 ,et tant de rcidives n\s f]ai5t croire que1 dans le fond1 il aimait cette s]vitude-l4 ,il e/ vrai qu'il tait tomb1 cette fois1 sur des g5s qui ne la lui faisai5t pas trop s5tir4 ,le m>*al de ,luxemb\rg tait un excell5t homme1 de faons simples et cordiales4 ,il prit t\t de suite ,jean-,jacques p> sa bonhomie4 ,il l'appelait son *] ami4 ,jean-,jacques se mit l'ador]1 c> il allait t\j\rs1 p\r comm5c]1 jusqu' l'adoration4 ,mais t\t de mme le rang du m>*al lui en imposait4 ,il p>at1 dans ses lettres1 song] ce rang plus que n'y songeait le bon m>*al lui-mme4 ,et cep5dant ,jean-,jacques veut g>d] l'allure d'un homme libre1 que les gr&eurs n'bl\iss5t po9t4 ,et de l bi5 des emb>ras3 ,vos bonts1 crit-il au m>*al1 m'ont mis dans une p]plexit qui augm5te le dsir de n'en tre pas indigne4 ,je conois comm5t on rejette avec un reg>d froid et rep\ssant les avances des gr&s qu'on n'e/ime pas3 mais comm5t1 sans m'oubli]1 en us]ais-je avec v\s1 monsieur1 que mon coeur honore1 avec v\s que je re*]*]ais si v\s tiez mon gal8 ,n'ayant jamais v\lu vivre qu'avec mes amis1 je n'ai qu'un langage1 celui de l'amiti1 de la famili>it4 ,je n'ignore pas combi51 de mon tat au vtre1 il faut modifi] ce langage3 je sais que mon respect p\r votre p]sonne ne me disp5se pas de celui que je dois votre rang444 ,je suis t\j\rs dans le d\te de manqu] v\s ou moi1 d'tre famili] ou rampant444 ,et a cont9ue4 ,mon ,dieu1 que d'hi/oires6 et que cela e/ l\rd6--,dans une autre lettre3 ,ah6 monsieur le m>*al1 v\s ne songez pas combi5 il m'e/ d\x de voir que l'9galit n'e/ pas incompatible avec l'amiti1 et qu'on peut avoir plus gr& que soi p\r ami4 ,encore8 ,il passe son temps rappel] au bonhomme qu'il e/ m>*al et duc4 7,ah6 n\s sommes lo91 ici1 de la jolie attitude si aise de ,voltaire avec les gr&s seigneurs47 ,un j\r1 le ,g5evois ,co9det tant v5u montr] au m>*al des projets d'e/ampes p\r la ,n\velle ,hlose1 le m>*al le ret9t dn]1 et1 comme ,co9det tait oblig de ret\rn] ,p>is de bonne heure1 il dit la compagnie3 ,allons n\s prom5] sur le *em9 de ,sa9t-,d5is2 n\s accompagn]ons monsieur ,co9det4 ,le m>*al ne p5sait faire l ri5 de sublime4 ,mais1 aprs n\s avoir racont le fait1 ,jean-,jacques aj\te3 ,p\r moi1 j'avais le coeur si mu1 que je ne pus dire un seul mot4 ,je suivais p> d]rire1 pleurant comme un enfant1 et m\rant d'envie de bais] les pas de ce bon m>*al4 ,cela e/ d'un bon coeur2 mais c'e/ trop1 dcidm5t1 c'e/ trop4 ,quant la m>*ale1 v\s la connaissez4 ,bes5val1 p>lant du temps o elle tait du*esse de ,b\ffl]s1 n\s la pe9t comme un mon/re de dbau*e1 d'ivrogn]ie et de m*ancet4 ,v\s en p5s]ez ce que v\s v\drez4 ,et il e/ vrai que ,bes5val aj\te3 ,je ne lui connais qu'un seul mrite1 c'e/ la manire dont elle a lev la du*esse de ,lauzun sa petite-fille444 ,on ne peut disconv5ir qu'elle ne soit un *ef-d'oeuvre d'ducation et la femme la plus p>faite qu'on ait connue4 7,quant au m>*al1 ,bes5val n\s le donne p\r un homme extrmem5t born74 ,la m>*ale avait c9quante et un ans qu& ,r\sseau entra dans sa quasi-intimit4 ,elle avait eu publiquem5t le m>*al p\r amant avant de l'avoir p\r m>i4 ,elle tait encore belle1 trs spirituelle1 et d'un esprit mordant1 mais qui comm5ait s'ad\cir4 ,aprs la mort du m>*al 7#agfd7 elle dev9t1 p>at-il1 t\t fait bonne1 d'une bont faite d'une longue expri5ce4 ,s\s ,l\is ,,xvi1 elle fut considre comme l'oracle du bon ton et de l'urbanit1 comme celle qui ma9t5ait les rgles de la p>faitem5t bonne compagnie4--,le g5re de madame ,ge(fr9 tait une espce de police p\r le gt1 comme la m>*ale de ,luxemb\rg p\r le ton et l'usage du monde4 ,a9si s'exprime le pr9ce de ,ligne4 ,la m>*ale eut l'esprit de m\rir en #aghg4 ,son rle monda9 impliquait une rapide intellig5ce des hommes1 beauc\p de tact et de s\plesse4 ,elle n'eut aucune pe9e pr5dre ,jean-,jacques1 et elle lui fut bi5 meilleure que n'avait t l'inquite et t\rm5tante madame d'p9ay1 d'ailleurs gr&e dame de second ordre4 ,avec l'ombrageux ,jean-,jacques1 la m>*ale fut t\te simplicit1 t\te srnit1 t\te tolrance1 montra une admiration qui semblait absolum5t involontaire et se g>da d'avoir trop d'esprit4--,l'agrable portrait qu'il n\s fait d'elle se t]m9e a9si3 ,je crus m'ap]cevoir1 ds la premire visite1 que1 malgr mon air gau*e et mes l\rdes phrases1 je ne lui dplaisais pas4 ,il ne lui dplaisait pas4 ,il avait p\r lui sa biz>r]ie1 sa rputation d'ours de gnie1 son trange tal5t 7et de t\t temps les belles dames ont aim avoir *ez elles leur homme clbre74 ,mais en outre il faut bi5 admettre que sa p]sonne avait1 non seulem5t de la saveur1 mais un *>me rel3 c> n\s voyons que jamais les en?\sia/es de ses livres ne se sont refroidis sur lui qu& ils l'ont connu1--ou que le refroidissem5t n'e/ v5u qu' la longue4 ,voil donc1 encore une fois1 ,r\sseau captif et oblig d'un gr& seigneur et d'une gr&e dame4 ,il accepte de log] dans un dlicieux petit *teau du p>c de ,montmor5cy p5dant qu'on rp>e sa maisonnette de ,montl\is4 ,il va t\s les j\rs *ez le m>*al et madame de ,luxemb\rg4 ,il y va ds le mat92 il y dne2 il y passe l'aprs-midi2 s\v5t il y s\pe4 ,je ne la quittais presque po9t1 dit-il4 ,il lit t\s les mat9s1 la m>*ale c\*e1 le manuscrit de la ,n\velle ,hlose2 et a dure longtemps4 ,il en crit p\r elle une belle copie calligraphie1 tant la page4 ,qu& la lecture de la ,n\velle ,hlose e/ t]m9e1 il se met lui lire l'mile4 ,madame de ,luxemb\rg s'eng\a de la ,julie et de son auteur2 elle ne p>lait que de moi1 ne s'occupait que de moi1 me disait des d\ceurs t\te la j\rne1 m'embrassait dix fois le j\r4 ,elle v\lut que j'eusse t\j\rs ma place ct d'elle2 et qu& quelques seigneurs v\lai5t pr5dre cette place1 elle leur disait que c'tait la mi5ne1 et les faisait mettre ailleurs4 ,la petite maison de ,montl\is rp>e1 il y r5tre1 mais en g>dant la j\issance1 son gr1 du dlicieux petit *teau4--,soit au petit *teau1 soit ,montl\is1 monsieur et madame de ,luxemb\rg lui amn5t leurs visiteurs4 ,ce sont les plus gr&s seigneurs1 et t\j\rs ce sont les plus gr&es dames4 ,c>1 ne n\s y trompons pas1 ,r\sseau a t inf9im5t plus *oy p> ces g5s-l que ,voltaire4 ,et ,?rse leur donne gt]1 et les gr&es dames embrass5t ,?rse1 aprs avoir mang ses fraises la crme4 ,jean-,jacques vit dans l'en*antem5t4 ,mais il ti5t n\s faire savoir que t\t cet clat ne l'bl\it po9t et qu'il g>de1 au milieu de tant de gloire1 sa simplicit4 7,la mme note un peu niaise se retr\v]a dans ,*ateaubri&47 ,j'int]pelle1 dit ,jean-,jacques un peu sol5nellem5t1 t\s ceux qui m'ont vu durant cette poque1 s'ils se sont jamais ap]u que cet clat m'ait un in/ant bl\i2 que la vapeur de cet enc5s m'ait port la tte2 s'ils m'ont vu mo9s uni dans mon ma9ti51 mo9s simple dans mes manires1 mo9s liant avec le peuple1 mo9s famili] avec mes vois9s1 etc44 ,et il se sait un gr extrme de s\p] quelquefois avec son vois9 le maon ,pilleu aprs avoir dn *ez les ,luxemb\rg4 ,il tr\ve cela admirable1 il n'en revi5t pas4 ,donc1 jamais il n'a t plus heureux4 ,mais il va le pay]1 et bi5tt4 ,et les seigneurs et les dames qui l'applaudiss5t1 le *oi5t et l'embrass5t1 le pai]ont aussi1--plus t>d4 99 99 99 99 99 ,la ,n\velle ,hlose1 imprime ,am/]dam1 p>at en ,france au db de #agfa avec un succs prodigieux4 mile e/ prt quelques mois aprs4 ,r\sseau v\drait1 p> prud5ce1 le faire imprim] et publi]1 comme la ,julie1 seulem5t l'trang]4 ,mais1 pr5ant ses intrts plus que lui-mme1 madame de ,luxemb\rg et ,male%]bes veul5t que l'mile soit publi rgulirem5t en ,france en mme temps qu'en ,holl&e4 ,male%]bes propose lui-mme les corrections ncessaires4 ,et1 comme l'impression trane et que ,r\sseau ne sait pas ce qui se passe1 il meurt d'inquitude4 ,mais quoi6 ,male%]bes1 directeur de la librairie1 la m>*ale et mme le pr9ce de ,conti se sont *>gs de t\t1 lui rpond5t de t\t4 ,t\t de mme1 cette impression trane bi56 ,r\sseau retombe malade4 ,cette fois il croit avoir la pi]re4 ,le m>*al lui amne le clbre frre ,cme4 ,le frre ,cme 7,r\sseau1 je le rpte1 n'a jamais eu qu' se l\] des prtres ou religieux ca?oliques7 p>vi5t le sond]1 et dcl>e qu'il n'y avait po9t de pi]re1 mais que la pro/ate tait squirreuse et d'une grosseur surnaturelle1 et que ,r\sseau s\ffrirait beauc\p1 mais qu'il vivrait longtemps4 ,et l'impression de l'mile trane t\j\rs6444 ,il p>at enf91 en mai #agfb4 ,mais des bruits inquitants circul5t4 ,le #h ju91 dans la nuit1 au mom5t o ,r\sseau1 selon sa c\tume1 lisait la ,bible avant de s'endormir1 il e/ av]ti qu'il e/ dcrt de prise de corps4 ,il faut qu'il file3 il ne rsi/e pas4 ,adieux att5drissants4 ,la m>*ale1 madame de ,b\ffl]s1 madame de ,mirepoix qui se tr\v5t l1 l'embrass5t en pleurant1 et le bon m>*al le conduit lui-mme jusqu' une *aise de po/e dj prte4 ,p\rquoi ,r\sseau tait-il dcrt8 ,p> ce que le ,p>lem5t prp>ait alors l'expulsion des ,jsuites et qu'on v\lait accord] aux dvots une petite comp5sation en frappant un philosophe di/e4 ,politique de bascule4 ,on n'avait pas alors la lib]t de la presse4 ,n\s avons la lib]t de la presse1 mais n\s n'avons pas la lib]t de consci5ce1 ni la lib]t d'association1 ni la lib]t d'enseignem5t4 ,on ne peut pas t\t avoir4 ,voil donc le pauvre ,r\sseau en fuite4 ,cette fuite allait le condamn] huit annes n\velles de vie errante1 et la folie df9itive4 ,madame de ,luxemb\rg1 le pr9ce de ,conti et ,male%]bes tai5t responsables vis--vis de ,jean-,jacques de cette cruelle av5ture4 ,mais ils dur5t tre =t emb>rasss4 videmm5t il n'avait pas dp5du d'eux d'emp*] le dcret du ,p>lem5t4--,au mo9s1 direz-v\s1 aurai5t-ils d le prvoir4--,c'e/ bi5 mon avis4 ,mais1 ma9t5ant que c'tait *ose accomplie1 que p\vai5t-ils faire8 ,ri51 s9on conseill] ,r\sseau la fuite1 lui en laiss] le temps et lui en procur] les moy5s4 ,c'e/ ce qu'ils fir5t2 et c'e/ probablem5t aussi ce que le ,p>lem5t dsirait4 ,r\sseau ne p\vait se df5dre sans dc\vrir madame de ,luxemb\rg1 le pr9ce de ,conti et ,male%]bes4 ,il ne se df5dit po9t4 ,il se conduisit en =t honnte homme4 ,dans cette circon/ance1 ses puissants amis fur5t bi5 rellem5t ses obligs4 ,ils tai5t t5us de lui re/] fidles et mme reconnaissants4 ,ils le fur5t1 oui1--mais pas assez peut-tre1 et pas assez longtemps4 ,mais l'loignem5t1 les annes1 la dfiance croissante de ,jean-,jacques leur sont peut-tre une excuse4 ,au surplus1 c'e/ bi5 sa faute6 c\tez cette phrase1 qu'on s5t avoir t crite avec un s5sible plaisir3 444,cette t]rasse me s]vait de salle de compagnie p\r recevoir monsieur et madame de ,luxemb\rg1 monsieur le duc de ,vill]oy1 monsieur le pr9ce de ,t+ry1 monsieur le m>quis d',arm5tires1 madame la du*esse de ,montmor5cey1 madame la du*esse de ,b\ffl]s1 madame la comtesse de ,val5t9ois1 madame la comtesse de ,b\ffl]s1 et d'autres p]sonnes de ce rang 7il faudrait aj\t] le pr9ce de ,conti7 qui1 du *teau1 ne ddaignai5t pas de faire1 p> une monte trs fatigante1 le pl]9age de ,montl\is4 ,diable6 c'e/ encore mieux qu' l',ermitage4 ,mais qu'e/-ce que ,jean-,jacques va faire dans ce monde-l8 ,ils ont des faons p>faites1 c'e/ vrai1 et p]sonne ne sait mieux qu'eux et mieux qu'elles t\rn] un complim5t4 ,mais enf9 ces seigneurs et ces dames sont des privilgis entre les privilgis4 ,ils reprs5t5t t\t ce que ,r\sseau1 dans ses premi]s ouvrages1 dit excr] le plus3 les m5songes et la corruption monda9e et l'9galit la plus insol5te4 ,ce luxe1 ce raff9em5t1 cette vie inimitable ne peut que rappel] ,jean-,jacques l'amas prodigieux d'inju/ices et de misres qu'elle suppose au-dess\s d'elle et dont elle se n\rrit4 ,et p\rtant1 il ne peut plus vivre1 dirait-on1 qu'avec ces coteux ari/ocrates1 ces sc&ales de ri*esse et ces sc&ales d'9galit444 ,il e/ p]mis un pauvre sceptique de voir t\t le monde3 mais un aptre6 ,n\s sommes de faibles cratures1 et n\s devons t*] de compr5dre t\tes les contradictions4 ,mais il y en a aussi de trop voyantes1 de trop hontes1 et que1 vraim5t1 un peu de probit et de bon gt devrait faire vit]6 ,je n'aime pas plus ,r\sseau *ez les ,luxemb\rg que je n'aime un sociali/e millionnaire1 un g5tilhomme an>*i/e ou un prtre qui fait le bad9 et l'mancip4 ,mais eux1 de leur ct1 ces pr9ces1 ces ducs et du*esses1 ces comtesses et ces m>quis1--dans un temps o ces noms signifiai5t quelque *ose1--qu'ont-ils affaire avec ,jean-,jacques8 ,ri5 que p\r vivre1 p\r re/] ce qu'ils sont1 ils ont beso9 de l'ordre social et politique d'alors1 et ils ont beso9 de l'glise4 ,qu'ils se s\ci5t du bi5 public1 qu'ils soi5t1 politiquem5t1 avec ,voltaire1 avec ,montesquieu1 plus t>d avec ,turgot1 c'e/ bi54 ,mais cet exc5trique1 ce dtraqu les m5ace directem5t et dans ce qu'ils ont de plus prcieux2 il m5ace la vie lgante2 il m5ace1 de lo91 la proprit mme1 et t\t l'ordre exi/ant1 et l'glise et l'ducation traditionnelles et nationales4 ,et ils le tr\v5t biz>re1 mais sympa?ique1 et ils l'accabl5t de c>esses4--,e/-ce donc qu'ils p\ss5t la gnrosit et l'abngation jusqu' se v\loir dtruire eux-mmes8 ,non2 mais1 n'ayant plus de foi1 ils ne sav5t pas4 ,ce sont des snobs1 et qu'on a revus4 ,ils se piqu5t de lib]t et de h>diesse d'esprit4 ,ils croi5t d'ailleurs n'applaudir qu' des phrases amusantes1 qui les brusqu5t agrablem5t4 ,ils ne sav5t pas que dans une tr5ta9e d'annes les plus grossires de ces phrases1 aprs avoir pntr dans les c]veaux des avocats1 des procureurs1 des pr(esseurs1 des hommes de lettres1 desc5dront dans des ttes plus obscures et se traduiront p> des actes aveugles4 ,l'excell5t1 le v]tueux ,m4 de ,male%]bes1 qui s'e/ donn tant de pe9e p\r faire imprim] la ,julie et l'mile1 s]a envoy l'*afaud p> des sclrats ivres de ,jean-,jacques4 ,en #agfj1 ,amlie de ,b\ffl]s1 petite-fille de la m>*ale1 future du*esse de ,lauzun1 avait onze ans4 ,elle avait une figure1 une d\ceur1 une timidit virg9ale444 ,un j\r ,r\sseau la r5contra seule dans l'escali] du petit *teau444 ,faute de savoir que lui dire1 il lui proposa un bais] que1 dans l'innoc5ce de son coeur1 elle ne refusa pas4--,tr5te-trois ans aprs1 la du*esse de ,lauzun1 la plus pure et la plus d\ce p>mi les femmes connues du ,x,v,i,i,ie sicle1 tait condamne mort p> des hommes qui tai5t de f]v5ts adorateurs de ,r\sseau4 ,si l'on se remm rapidem5t l'en*anem5t my/rieux et fatal des effets et des causes1 s]ait ce pure dclamation que de dire3--,ce bais] donn la petite ,amlie de ,b\ffl]s p> ,jean-,jacques1--qui1 lui non plus1 ne savait pas1--c'tait dj le bais] de la guillot9e8 ,,sixi,,me ,,conf,,r5ce ,,la ,,n\velle ,h,,lo,,se ,ceux qui veul5t absolum5t ram5] une seule et mme ?orie t\s les livres de ,r\sseau1 n\s assur5t que le s5s de la ,n\velle ,hlose e/ celui-ci3 ,si n\s ne p\vons rev5ir l'tat de nature1 corrompu p> la socit1 *acun de n\s peut1 mme dans l'tat actuel de la civilisation1 refaire en lui l'homme naturel4 ,et ils p5s5t que ,r\sseau devait =cm5t1 aprs le ,disc\rs sur l'9galit et la ,lettre sur les spectacles1 crire la ,n\velle ,hlose1 comme il devait ncessairem5t crire ensuite l'mile et le ,contrat social4 ,je le veux bi51 mais je n'en suis pas sr4 ,il me semble 7et n\s l'avons vu jusqu'ici7 que les livres de ,r\sseau ne dc\l5t po9t d'un mme sy/me prconu 7quoi qu'il en dise1 aprs c\p1 dans ses ,dialogues71 mais qu'ils sont t\s des oeuvres de circon/ances1 j'ent5ds des circon/ances de sa vie individuelle4 ,le mme tempram5t1 la mme espce de s5sibilit et1 en gnral1 les mmes s5tim5ts et les mmes rves se retr\v5t bi51 plus ou mo9s1 dans t\s ses ouvrages2 cela tait 9vitable4 ,ses livres sort5t de la mme s\rce pr(onde et tr\ble3 mais je ne vois pas bi5 qu'ils s'eng5dr5t logiquem5t l'un l'autre4 7,je revi5drai l-dessus dans mes conclusions47 ,voyons comm5t e/ ne ,julie ou la ,n\velle ,hlose4 ,il n\s le raconte au livre ,,ix des ,confessions1 abondamm5t et un peu confusm5t4 ,c'tait au mois de ju94 ,il tait l',ermitage4 ,il faisait de longues prom5ades dans les bois4 ,il rvait4 ,il lui semblait1 dit-il1 que la de/9e lui devait quelque *ose qu'elle ne lui avait pas donn4 ,quoi8 ,l'amiti et l'am\r1 surt\t l'am\r4 ,comm5t se p\vait-il qu'avec des s5s si combu/ibles1 avec un coeur t\t ptri d'am\r1 je n'eusse pas du mo9s une fois brl de sa flamme p\r un objet dt]m98 ,il revoyait t\tes les femmes qui lui avai5t donn de l'motion dans sa jeunesse1 mademoiselle ,galley1 mademoiselle de ,graff5ri$1 mademoiselle de ,breil1 madame ,basile1 madame de ,l>nage1 mes jolies colires1 et jusqu' la piquante ,zulietta4 7,il oublie c>rm5t madame de ,w>5s47 ,hlas6 il a beau voqu] t\s ses s\v5irs d'am\r4 ,cela e/ assez maigre1 et il le sait bi54 ,ces av5tures ont pe9e t des bau*es4 ,il n'y a qu'avec la facile madame de ,l>nage1 qui avait tant de bonne volont444 ,mais ce n'a gure t qu'une r5contre d'aub]ge4--,j'ai pass ma vie1 dit-il quelque "p1 convoit] et me taire auprs des p]sonnes que j'aimais le plus4 ,oh6 avoir enf9 un bel am\r6 ,mais ,jean-,jacques a qu>ante-c9q ans2 il e/ trop t>d2 et puis il ne v\drait pas faire de pe9e ,?rse4 ,alors1 dit-il1 l'impossibilit d'atte9dre aux tres rels me jeta dans le pays des *imres2 et ne voyant ri5 d'exi/ant qui ft digne de mon dlire1 je le n\rris dans un monde idal1 que mon imag9ation cratrice eut bi5tt peupl d'tres selon mon coeur444 ,j'imag9ai deux amies444 ,je fis l'une brune et l'autre blonde1 l'une vive et l'autre d\ce1 l'une sage et l'autre faible1 mais d'une si t\*ante faiblesse que la v]tu semblait y gagn]4 7,p>bleu67 ,je donnai l'une des deux un amant dont l'autre fut la t5dre amie1 et mme quelque *ose de plus444 pris de mes deux *>mants modles1 je m'id5tifiais avec l'amant et l'ami le plus qu'il m'tait possible2 mais je le fis aimable et jeune1 en lui donnant au surplus les v]tus et les dfauts que je me s5tais4 ,aprs quoi il leur *]*e un sj\r1 songe p\r eux aux ,iles ,borromes1 et f9alem5t les place ,vevey1 au bord de son *] lac4 ,il se mit alors1 dit-il1 crire au has>d1 ri5 que p\r donn] l'essor au dsir d'aim] qu'il n'avait pu satisfaire et dont il se s5tait dvor4 ,il assure que les deux premires p>ties de ,julie ont t crites de cette manire1 sans qu'il et aucun plan bi5 =m1 et mme sans prvoir qu'un j\r il s]ait t5t d'en faire un ouvrage en rgle4 ,il considre si peu son roman comm5c comme un dveloppem5t ou une application de sa doctr9e1 qu'il le reg>de1 au contraire1 comme une sorte de dm5ti son rle public3 ,aprs les pr9cipes svres que je v5ais d'tablir avec tant de fracas1444 aprs tant d'invectives mordantes contre les livres effm9s qui respirai5t l'am\r et la mollesse1 p\vait-on ri5 imag9] de plus inatt5du1 de plus *oquant que de me voir t\t c\p m'inscrire p>mi les auteurs de ces livres que j'avais si durem5t c5surs8 ,je s5tais cette inconsqu5ce dans t\te sa =ce4 ,cela p>at bi5 pr\v] que ,r\sseau n'avait d'abord conu que les deux premires p>ties de ,julie1 qu'il ne les avait conues que comme un roman d'am\r1 et que les int5tions moralisatrices ne lui v9r5t qu'aprs c\p4 ,en att5dant il revoit la ,*evrette1 puis l',ermitage1 madame d',h\detot4 ,immdiatem5t son idal se concrte en elle4 ,il se figure ,julie s\s ses traits4 ,quelle occasion de s'essay] ces s5tim5ts exalts qu'il veut exprim] dans son livre6 ,dans leurs r5dez-v\s my/rieux1 dans leurs conv]sations brlantes 7du mo9s de sa "p lui7 t&is que madame d',h\detot s'amuse et qu'elle se di/rait de l'abs5ce de ,sa9t-,lamb]t1 ,jean-,jacques1 en ralit1 travaille son roman4 ,et cela explique qu'il se soit si vite consol de l'*ec de cette gr&e passion4 ,ce n'tait que de la littrature4 ,cep5dant1 ce qu'il a crit jusqu'ici de la ,julie1 au has>d et sans suite1 ne fait mme pas une hi/oire4 ,mais1 =ce1 n\s dit-il1 de t\rn] et ret\rn] mes rv]ies dans ma tte1 j'en =mai enf9 l'espce de plan dont on a vu l'excution4 ,et alors il n\s dit qu'il se propose1 dans son roman1 deux objets4 ,le premi]1 c'e/ de montr] un sicle corrompu1 en se mettant sa porte1 qu'on peut se relev] d'une *ute1 et que mme une erreur d'un mom5t peut tre la s\rce d'actes sublimes4 ,si ,julie eut t t\j\rs sage1 dira-t-il dans sa ,seconde ,prface1 elle in/ruirait beauc\p mo9s1 c> qui s]virait-elle de modle8--,et son second objet1 c'e/ de rappro*] les croyants et les a?es dans une e/ime rciproque2 d'appr5dre ceux-ci qu'on peut croire en ,dieu sans tre hypocrite1 et aux croyants qu'on peut tre incrdule sans tre un coqu94 ,julie dvote e/ une leon p\r les philosophes1 et ,wolm> a?e en e/ une p\r les intolrants4--,le re/e1 et notamm5t le rappel la vie simple1 la vie rurale et familiale1 et la puret du foy] dome/ique1 ne s]ait donc v5u que subsidiairem5t4 ,voil ce que dit ,r\sseau au livre ,,ix des ,confessions4 ,cela e/ plausible4 ,mais je crois que le roman de ,julie s'e/ =m dans son esprit plus simplem5t encore4 ,t\t ce que je reti5drai de son rcit1 c'e/ qu'il a conu ,julie au pr9temps1 p>mi les fleurs et les arbres1 p5dant des mois de rv]ie et d'exaltation s5tim5tale1 et que c'e/ avant t\t son propre roman qu'il a rv4 ,dans ces prom5ades trav]s bois1 il se s\vi5t de sa jeunesse vagabonde1 qui se transfigure ses yeux4 ,or1 un des rves qu'il avait fait le plus s\v5t dans ce temps-l1--et qu'il a ralis avec madame d',h\detot tant bi5 que mal1 et trop t>d1 qu>ante-c9q ans1--c'e/ d'tre aim d'une belle ari/ocrate4 vad de ,g5ve1 errant p> la ,savoie et le ,pimont1 il ne p\vait presque r5contr] un *teau dans la campagne sans faire ce rve3 ,j'entrais avec scurit dans le va/e monde444 ,mon mrite allait le remplir444 ,en me montrant j'allais occup] de moi l'univ]s444 ,mais il ne me fallait pas tant444 ,un seul *teau bornait mon ambition3 favori du seigneur et de la dame1 amant de la demoiselle1 ami du pre et protecteur des vois9s1 j'tais cont5t2 il ne m'en fallait pas davantage4 ,un peu plus t>d1 ,tur93 ,mon htesse me dit qu'elle m'avait tr\v une place et qu'une dame de condition v\lait me voir4 ,a ce mot je me crus t\t de bon dans les hautes av5tures1 c> j'en rev5ais t\j\rs l4 ,mais surt\t il se s\vi5t de mademoiselle de ,breil1 *ez les ,g\von1 o il tait laquais3 ,mademoiselle de ,breil tait une jeune p]sonne peu prs de mon ge1 bi5 faite1 assez gr&e1 trs blan*e1 avec des *eveux trs noirs et1 quoique brune1 portant sur son visage cet air de d\ceur des blondes auquel mon coeur n'a jamais rsi/4 ,l'habit de c\r1 si favorable aux jeunes p]sonnes1 m>quait sa jolie taille1 dgageait sa poitr9e et ses paules1 et r5dait son te9t encore plus bl\issant p> le deuil qu'elle portait alors4 ,on dira que ce n'e/ pas un dome/ique de s'ap]cevoir de ces *oses-l 7phrase pnible7444 ,a table1 j'tais att5tif *]*] l'occasion de me faire valoir4 ,si son laquais quittait un mom5t sa *aise1 l'in/ant on m'y voyait tabli3 hors de l1 je me t5ais vis--vis d'elle1 je *]*ais dans ses yeux ce qu'elle allait dem&]1 j'piais le mom5t de *ang] son assiette4 ,que n'aurais-je po9t fait p\r qu'elle daignt m'ordonn] quelque *ose1 me reg>d]1 me dire un seul mot6 ,mais po9t2 j'avais la mortification d'tre nul p\r elle2 elle ne s'ap]cevait pas mme que j'tais l4 ,une fois p\rtant1 et une autre fois encore1 il attire son att5tion1 et dans des conditions flatteuses p\r lui3 ,elle jeta les yeux sur moi4 ,ce c\p d'oeil1 qui fut c\rt1 ne laissa pas de me transport]4 ,et la seconde fois3 ,ce mom5t fut c\rt1 mais dlicieux1 t\s g>ds444 ,quelques m9utes aprs1 mademoiselle de ,breil1 levant d]e*ef les yeux sur moi1 me pria1 d'un ton de voix aussi timide qu'affable1 de lui donn] boire4 ,on juge que je ne la fis pas att5dre2 mais en appro*ant1 je fus saisi d'un tel tremblem5t qu'ayant trop rempli le v]re1 je rp&is une p>tie de l'eau sur l'assiette et mme sur elle4 ,son frre me dem&a t\rdim5t p\rquoi je tremblais si =t4 ,cette "q ne s]vit pas me rassur]1 et mademoiselle de ,breil r\git jusqu'au blanc des yeux4 ,ruy ,blas444 c'e/ bi5 ,ruy ,blas1 ,ruy ,blas s\s son vrai nom1 dans sa premire condition et non encore dguis en don ,cs>444 ,mais sans d\te la mre avait rem>qu quelque *ose et elle p>la la petite4 ,jean-,jacques eut beau1 ensuite1 s'att>d] qu& il p\vait dans l'anti*ambre de madame de ,breil3 il n'obt9t plus une seule m>que d'att5tion de la "p de la fille4 ,mme1 deux fois1 madame de ,breil lui dem&a d'un ton =t sec s'il n'avait ri5 faire--,il fallut1 dit-il1 r5onc] cette *re anti*ambre4 ,et il conclut3 ,ici f9it le roman4 ,eh bi51 il me p>at clair que les deux premires p>ties de la ,n\velle ,hlose1 c'e/ l'a*vem5t de ce roman1 du roman de t\te sa jeunesse1 et que ce n'e/ pas autre *ose1 et qu'il le conoit et mme l'crit d'abord1 p\r son plaisir1 et sans s'inquit] de la suite4 ,il faut que ,jean-,jacques soit aim de ce qu'il appelle dans les ,confessions la demoiselle du *teau2 et il faut qu'il la possde4 ,aprs1 on v]ra4 ,et voici comm5t cela s'arrange dans sa tte4 ,p]sonnages3 lui1 ,jean-,jacques1 s\s le nom de ,sa9t-,preux2 ,julie d'tanges2 le b>on d'tanges son pre1 g5tilhomme ple9 de prjugs 7cela e/ impliqu p> la donne mme de l'hi/oire72 la b>onne d'tanges1 mre indol5te et efface 7p\r facilit] et expliqu] c]ta9s faits74 ,enf91 comme p]sonnages accessoires3 la piquante ,claire1 en contra/e avec la t5dre ,julie2 l'n]gique et froid "l d\>d1 en contra/e avec le faible et ard5t ,sa9t-,preux4--,cadre3 le paysage que ,jean-,jacques aime et connat le mieux3 les bords du lac ,lman4 ,le roman s]a p> lettres1 p\r plus de commodit1 p\r que l'auteur y puisse dbord] son gr1 et p>ce que la =me oratoire ou lyrique 7disc\rs ou effusions7 e/ celle qui lui e/ le plus naturelle4 ,le roman procd]a un peu de la ,cl>isse ,h>l[e de ,ri*>dson1 et un peu1 trs peu1 de la ,m>ianne de ,m>ivaux4 ,aj\tez1 si v\s v\lez1 de vagues et trs indirects s\v5irs des romans du ,x,v,i,ie sicle qu'il lisait1 enfant1 avec son pre4 ,mais1 p\r que la sduction de ,julie soit plus vraisemblable1 l'auteur prte ,sa9t-,preux une condition sociale un peu plus releve que n'tait celle de ,jean-,jacques ,tur94 ,sa9t-,preux e/ un jeune b\rgeois1 d'tat civil inc]ta91--in/ruit1 intellig5t1--d'ailleurs seul au monde1 comme ,ruy ,blas1 ,didi] et leurs frres romantiques2 plbi5 ju/e assez p\r que le prjug social s'oppose ce qu'il p\se ,julie4--,d'autre "p1 ,julie a t leve p> une s]vante qui tait une commre assez cynique4--,en l'abs5ce du b>on1 la b>onne d'tanges1 trangem5t imprud5te1 a pri ,sa9t-,preux de donn] des leons ,julie4 ,sa9t-,preux v+t ans1 ,julie en a dix-huit4 ,on prvoit ce qui arriv]a4 ,cela ne t>de pas beauc\p4 ,aprs quelques lettres =t longues et une rsi/ance assez c\rte1 ,julie1 avec la complicit de son amie la piquante ,claire1 va retr\v]1 un soir1 ,sa9t-,preux dans un bosquet1 lui applique un bais] sur la b\*e1 et s'enfuit4 ,aprs quoi 7et ici je copie simplem5t les titres de quelques *apitres7 elle exige que son amant s'abs5te p\r un temps1 et lui fait t5ir de l'arg5t p\r all] dans sa patrie vaqu] ses affaires4--,l'amant obx1 et1 p> un motif de fi]t lui r5voie son arg5t4--,indignation de ,julie sur le refus de son amant4 ,elle lui fait t5ir le d\ble de la premire somme4--,son amant reoit la somme1 et "p4 ,eh bi51 quoi8 ,les argum5ts de ,julie sont =t p]suasifs1 je v\s assure2 et puis1 ,jean-,jacques n'a-t-il pas t jadis1 sans nul emb>ras1 l'oblig de madame de ,w>5s8444 ,et p\rquoi s\lve-t-il ici cette "q inatt5due s9on p>ce qu'il se s\vi5t8444 ,p5dant l'abs5ce de ,sa9t-,preux1 le b>on d'tanges revi5t la maison4 ,on lui p>le des mrites de ,sa9t-,preux4 ,il dcl>e ce propos qu'il ne donn]a jamais sa fille un roturi]1 mais qu'il veut la m>i] un g5tilhomme de ses amis4 ,julie tombe malade1 rappelle secrtem5t ,sa9t-,preux1 et elle p]d son innoc5ce4 ,elle donne un second r5dez-v\s son amant4 ,mais elle le remet ensuite et oblige ,sa9t-,preux s'abs5t] deux j\rs p\r une bonne action qu'il s]ait inutile de v\s expliqu]4 ,le ciel les rcomp5se d'ailleurs de ce sacrifice1 c> l'abs5ce de ,sa9t-,preux les sauve d'un grave pril4 ,et ,julie son t\r le rcomp5se de sa v]tu p> un r5dez-v\s nocturne et t\t fait srieux4 ,je passe quelques pisodes4--,puis ,julie e/ ence9te1 puis elle fait une fausse c\*e1 t\t cela secrtem5t4--,puis1 mylord d\>d1 l'ami de ,sa9t-,preux1 ayant conseill au pre de ,julie de la m>i] avec son matre d'tude1 le b>on fait une scne t]rible sa femme et sa fille2 et la subtile ,claire p>vi5t faire fil] ,sa9t-,preux1 qui se r5d ,p>is4 ,julie1 aup>avant1 lui a jur que sans d\te elle ne l'p\s]ait pas sans le cons5tem5t de son pre1 mais qu'elle ne s]a jamais un autre sans le cons5tem5t de ,sa9t-,preux4 ,et voil le roman1--tant refait depuis1--du matre d'tude et de la jeune noble4 ,je n'en ai ret5u que les faits ess5tiels3 c>1 dans cette surabondante ,julie qui conti5t d\ze c5ts pages1 il n'y en a pas quatre c5ts qui se rapport5t l' hi/oire elle-mme2 et je vi5s de v\s en analys] le premi] ti]s4 ,ce premi] ti]s e/1 de beauc\p1 le plus ennuyeux 7sauf les digressions3 le voyage de ,sa9t-,preux dans le ,valais et les lettres qu'il envoie de ,p>is74--,et p\rtant c'e/ probablem5t la p>tie de son livre que ,r\sseau a crite avec le plus de fivre4 ,c'e/ de ce premi] volume de l',hlose que madame d'p9ay a dit dans ses ,mmoires3 ,aprs le dn] n\s avons lu les cahi]s de ,r\sseau4 ,je ne sais si j'tais mal dispose1 mais je ne suis pas cont5te4 ,c'e/ crit m]veille1 mais cela e/ trop fait et me p>at sans vrit et sans *aleur4 ,les p]sonnages ne dis5t pas un mot de ce qu'ils doiv5t dire4 ,c'e/ t\j\rs l'auteur qui p>le4 ,et madame du ,deff& p5sait peu prs de mme1 et madame de ,*oiseul1 et mme ,did]ot 7alors encore ami de ,jean-,jacques74 ,dans t\te l'oeuvre de ,r\sseau ce volume e/1 avec c]ta9s *apitres de l'mile1 celui sur lequel il e/ le plus facile de s'gay]4 ,l'excitation y e/ purem5t v]bale4 ,on y rem>que trois *oses dplaisantes 7au mo9s73 l'abus du mot de v]tu et l'quivoque cont9uelle sur ce mot2 l'indlicatesse des s5tim5ts2 l'avnem5t df9itif du /yle dplorable des hommes s5sibles4 #a ,il e/ in\ qu'un g>on et une fille qui font ce que font ,sa9t-,preux et ,julie1 et qui ne p5s5t qu' a1 p>l5t de v]tu ce po9t4--,ils dis5t quelque "p que1 p\r avoir eu une dfaillance1 ils n'en sont pas mo9s v]tueux sur le re/e et n'ont pas p]du p\r cela le droit d'aim] la v]tu4 videmm5t3 mais leur faute n'e/ pas seulem5t une faiblesse de la *air1 quoi n\s p\rrions tre indulg5ts2 elle se complique d'un assez l*e abus de confiance1 ,sa9t-,preux tant le prcepteur de ,julie3 et c'e/ ce dont ils n'ont pas l'air de se d\t]4 ,cela r5d plus f*euses encore leurs t]nelles invocations la v]tu et leur donne un air1 soit d'hypocrisie1 soit d'inconsci5ce1 galem5t regrettable444 ,oui1 c'e/ vraim5t dsobligeant1 cette manire de f\rr] la v]tu o elle n'a que faire4 ,c'e/ *ose de ,r\sseau et du ,x,v,i,i,ie sicle4 ,ri5 de semblable au ,x,v,i,ie sicle1 ni dans l'antiquit4 ,en somme1 c'e/ t\j\rs la gr&e quivoque de t\te la vie de ,r\sseau1 quivoque que j'ai dj signale4 ,sa9t-,preux et ,julie se croi5t v]tueux p>ce qu'ils ador5t la v]tu et qu'ils se s5t5t un bon coeur4 ,ils sont bi5 l'image de leur pre3 de beaux s5tim5ts1 de beaux disc\rs1 et une vila9e vie 7du mo9s jusqu' qu>ante ans74 #b ,en second lieu1 ,julie manque trangem5t de dlicatesse morale4 ,elle p>at d'abord beauc\p trop in=me de ce qu'elle va faire2 elle appelle trop les *oses p> leur nom4 ,elle dit l\rdem5t3 ,ma v]tu1444 mon innoc5ce1444 mon d%onneur444 ,elle p>le de ses dsirs va9cus1 des plaisirs du vice4 ,elle dit ,sa9t-,preux 7avant la *ute73 ,t*e1 *] ami1 de calm] l'ivresse des va9s dsirs4 ,elle dit1 en p>lant de sa virg9it3 ,n\s autres jeunes filles1 n\s n\s tr\vons ds le premi] ge *>ges d'un si dang]eux dpt6444 ,il n'e/ pas non plus dlicieux de la voir crire son amant en lui donnant r5dez-v\s dans un *alet3 ,oh6 la nature6444 ,c'e/ l qu'on n'e/ que s\s ses auspices et qu'on peut n'c\t] que ses lois4 ,et il e/ mo9s dlicieux encore de l'ent5dre diss]t] avec ,sa9t-,preux sur c]ta9es erreurs des s5s3 ,je me s\vi5s des rflexions que n\s faisions1 en lisant ton ,plut>que1 sur un gt dprav qui outrage la nature4 ,qu& ces tri/es plaisirs n'aurai5t que de n'tre pas p>tags1 c'en s]ait assez1 disions-n\s1 p\r les r5dre insipides et mprisables444 ,malheureux6 de quoi j\is-tu qu& tu es seul j\ir6 ,ces volupts solitaires sont des volupts mortes4 ,cela e/ vraim5t extraord9aire s\s la plume d'une jeune fille de dix-huit ans6#ac ,note #ac3 ,voir aussi la lettre o ,sa9t-,preux raconte ,julie qu'il a t entran *ez les filles1 et la rponse de ,julie4 ,mais l encore elle e/ bi5 l'image de son pre4 ,l'impudeur de ,julie n\s fait ress\v5ir que celui qui la fait p>l] n'e/ v5u qu'aprs de longues s\illures l'am\r normal et qu'il l'a connu p\r la premire fois dans des conditions tranquillem5t cyniques et avec une femme p\r qui l'am\r n'tait qu'un ge/e comme un autre4 #c ,enf91 dans les deux premires p>ties de la ,julie1 plus que p>t\t ailleurs1 c'e/ l'affreux pan\issem5t de l'abom9able /yle des hommes s5sibles4 ,ce /yle implique cette conv5tion1 que t\j\rs1 p>t\t1 en t\te occasion1 les s5tim5ts naturels1 affections de famille1 t5dresse mat]nelle1 pat]nelle1 filiale1 conjugale1 am\r1 amiti1 piti1 humanit ne peuv5t tre pr\vs qu'avec une extrme int5sit1 ni exprims que dans le /yle le plus noble1 le plus sol5nel1 le plus emphatique1 c\p quelquefois d'exclamations1 d'apo/rophes1 de susp5sions1 de frmissem5ts1 de sil5ces444 ,ce /yle1 vrai dire1 prexi/ait ,jean-,jacques4 ,il se tr\vait un peu dans les romans de l'abb ,prvo/1 et surt\t dans ,did]ot4 ,mais ,jean-,jacques en a fait1 dans le premi] ti]s de la ,julie1 un triomphal et eff>ant abus4 ,voici quelques c\rts exemples de ce /yle1 pris vritablem5t au has>d1 c> on le tr\ve presque *aque page4 ,julie vi5t de revoir son pre 7qu'elle ne doit pas aim] autrem5t1 d'aprs ce que n\s savons73 toi que j'aime le mieux au monde aprs les auteurs de mes j\rs1 crit-elle ,sa9t-,preux1 p\rquoi tes lettres1 tes qu]elles vi5n5t-elles contra/] mon me8444 ,tu v\drais que mon coeur s'occupt de toi sans cesse2 mais1 dis-moi1 le ti5 p\rrait-il aim] une fille dnature1 qui les feux de l'am\r f]ai5t oubli] les droits du sang1 et que les pla9tes d'un amant r5drai5t ins5sible aux c>esses d'un pre6 ,et que dites-v\s de ce dlire de ,sa9t-,preux3 ,quelle taille en*ant]esse6444 ,au devant deux lg]s cont\rs444 spectacle de volupt6444 ,la bale9e a cd la =ce de l'impression444 ,empre9tes dlicieuses1 que je v\s baise mille fois6444 ,dieux6 dieux6 que s]a-ce qu&444 ,et la phrase ne s'a*ve pas4--,du mme ,sa9t-,preux3 ,oh6 si bi5tt tu p\vais tripl] mon tre6444 ,si bi5tt un gage ador444 ,espoir trop tt du1 vi5dras-tu m'abus] encore8444 dsirs6 cra9te6 p]plexits6444 ,de ,julie 7tableau de famille73 444,je feignis de gliss]2 je jetai1 p\r me ret5ir1 un bras au c\ de mon pre2 je p5*ai mon visage sur son visage vnrable1 et dans un in/ant1 il fut c\v]t de mes bais]s et inond de mes l>mes2 je s5tis celles qui lui c\lai5t des yeux qu'il tait lui-mme s\lag d'une gr&e pe9e2 ma mre v9t p>tag] nos transports4 ,d\ce et paisible innoc5ce1 tu manquas seule mon coeur p\r faire de cette scne de la nature le plus dlicieux mom5t de ma vie6 ,et ct]a1 et ct]a4 ,je crois1 p\r moi1 que ce /yle emphatique et pleur>d e/ s9cre *ez ,r\sseau2 que ce /yle sans naturel lui e/ naturel4 ,p\rquoi8 ,p>ce qu'il tait malade1 atte9t d'une pr(onde nvrose2 p>ce qu'il avait1 au s5s exact du mot1 une s5sibilit morbide2 p>ce que lui-mme fondait rellem5t en l>mes la mo9dre occasion4 ,mais hlas6 on l'imita1 et ce fut affreux4 ,au temps de ,l\is ,,xvi1 et plus encore s\s la ,rvolution1 presque t\te la littrature fut infe/e de cette s5sibilit la ,r\sseau4 ,elle n'avait gure de la s5sibilit que le nom3 c'tait surt\t l'application p>atre pr\v] jusqu' l'excs les motions altrui/es1 p>ce qu'on t5ait cet excs p\r honorable4 ,il y entrait donc beauc\p d'artifice et de vanit et1 p> suite1 trs peu de bont relle1 puisque cette proccupation d'tre1 aux yeux des autres et ses propres yeux1 dans une po/ure qui v\s fit honneur1 tait contradictoire la vraie bont qui suppose ju/em5t l'oubli de soi ou du mo9s l'ef=t de s'oubli]4 ,et c'e/ p\rquoi leur s5sibilit n'emp*a nullem5t les hommes de la ,rvolution d'tre sans piti4--,puis1 cette s5sibilit tant une mode et1 p> suite1 tant affecte p> les tres les plus mdiocres1 avait rapidem5t revtu une =me d'une exprimable sottise4--,et enf91 comme cette s5sibilit passait p\r noble1 elle entrana la noblesse du /yle1 telle que la concevai5t les sots1 c'e/--dire la plus emphatique et la plus niaise phrasologie1 un *>abia sans nom4 ,p> l1 quelques-uns des criva9s de la seconde moiti du ,x,v,i,i,ie sicle n\s p>aiss5t plus loigns de n\s1 plus trang]s1 plus iroquois que les prcieux ou les burlesques du ,x,v,i,ie sicle ou les pdants du ,x,v,ie4 ,lisez un peu1 p\r voir1 le ?tre de ,sba/i5 ,m]ci]1 ou la correspondance am\reuse ou mme familiale de c]ta9s ,conv5tionnels1 et c]ta9s romans oublis du temps de la ,t]reur4--,r\sseau n'a pas seulem5t lgu la ,rvolution son vocabulaire politique1 ses ftes et sa conception de l'tat3 il lui a transmis le /yle bte4 99 99 99 99 99 ,voil donc t]m9e la premire priode des am\rs du matre d'tude et de la jeune fille noble4 ,cela e/ glacial 7,jean-,jacques ne l'ayant crit qu'avec sa tte1 et d'aprs l'am\r artificiel1 livresque et v\lu qu'il avait conu p\r madame d',h\detot72 et cela e/ s\v5t ridicule1 et cela e/ s\v5t ennuyeux4 ,et je suis cont5t d'en tre sorti3 c> ce qui vi5dra aprs s]a =t beau d'abord1 et ensuite un peu f\1 mais t\j\rs intressant4 ,les deux amants sp>s1 l'un ,p>is1 l'autre ,vevey1 ,r\sseau se dem&e ce qu'il va faire de ,julie4 ,notez que1 prcism5t ce mom5t-l1 son artificielle passion p\r madame d',h\detot e/ =t calme4--,je ne p5se pas que l'ide lui soit v5ue un seul in/ant de m>i]1 aprs quelques pripties1 ,sa9t-,preux et son lve3 ce dn\em5t s]ait p> trop fade4--,non3 mais1 arriv l1 il se ress\vi5t de son rle de r=mateur des moeurs et de pr(esseur de v]tu4 ,et p\rquoi disons-n\s son rle8 ,il n'tait pas mode/e1 il se connaissait lui-mme trs incompltem5t1 mais il avait f9i p> tre s9cre dans son projet de r=me et de p]fectionnem5t intrieur4 ,sa propre vie1 qu& n\s l'embrass]ons dans son ensemble1 n\s app>atra comme une volution1 comme un ef=t1 s\v5t ple9 d'illusions1 mais enf9 comme un ef=t v]s la v]tu1 comme une l5te sortie hors de sa fange premire1 comme une monte que n'arrt]a po9t sa folie peu peu croissante2 au contraire4 ,et alors 7j'en suis p]suad7 il a l'ide de rappro*] la vie de ,julie de la si5ne4 ,julie aussi e/ un tre malheureux et faible1 qui a mal comm5c4 ,eh bi51 sa vie1 comme celle de ,r\sseau1 s]a l'hi/oire d'une volution morale1 d'une conv]sion 7c'e/ le vrai mot74 ,et mme il s'avis]a 7aprs c\p1 je le crois7 qu'il n'a fait ,julie d'abord c\pable que p\r la conv]tir4 ,je s5s deux hommes en moi1 dit ,sa9t-,paul dans son pitre aux ,roma9s4 ,je v\s ai dit qu'il y avait bi5 plus de deux hommes dans ,jean-,jacques4 ,c'e/ le vagabond ple9 de dsirs1 l'am\reux qui n'a jamais t rassasi1 l'anci5 laquais pris de la fille de la maison1 c'e/ cet homme-l qui a crit les deux premires p>ties de la ,julie4 ,c'e/ l'amant de la nature et de la vie simple qui dcrira la vie qu'on mne dans la maison de ,cl>5s4 ,c'e/ le rveur orgueilleux et romanesque qui n\s racont]a le mnage compliqu ,wolm>-,sa9t-,preux-,julie-,claire4--,et 1 en att5dant1 c'e/ le ,g5evois1 c'e/ le prote/ant att5dri de ca?olicisme1 c'e/ l'homme pr(ondm5t religieux qui conv]tit ,julie d'tanges4 ,il la conv]tit en la m>iant ,m4 de ,wolm>4 ,les faits sont assez habilem5t arrangs p\r n\s faire accept] ce m>iage4 ,madame d'tanges meurt2 elle meurt des durets de son m>i1 mais surt\t de la faute de sa fille1 et du secret qu'elle g>de et qui l't\ffe4 ,julie1 dsespre1 se fait r5dre sa p>ole p> ,sa9t-,preux4 ,aprs un temps conv5able1--et avec l'ass5tim5t de ,sa9t-,preux abs5t1 qui la vrit ne peut le lui refus]1--elle se rsigne p\s] ,m4 de ,wolm>1 cet ami dont son pre lui avait p>l4 ,ce qui la dcide1 c'e/ que son pre l'avait promise ,wolm> ri*e1 et que ma9t5ant ,wolm> e/ ru94 ,mais enf9 elle va au m>iage comme un sacrifice4 ,c'e/ ici que ,r\sseau a une ide admirable 7,c'e/ peut-tre l'endroit de son oeuvre o m]ge de la faon le plus inatt5due son fond traditionali/e1 (fusqu le plus s\v5t p> son me de rvolte74--,la crmonie du m>iage opre sur l'me srieuse de ,julie la manire d'un sacrem5t comme le signe s5sible de quelque *ose de pr(ond1 de sacr1 de ncessaire1 de con=me aux de/9es et aux intrts de l'humanit4 ,la crmonie du m>iage fait compr5dre ,julie le m>iage4 ,elle ne l'avait po9t prvu3 ,dans l'in/ant mme1 crit-elle ,sa9t-,preux1 o j'tais prte jur] un autre une t]nelle fidlit1 mon coeur v\s jurait encore un am\r t]nel1 et je fus m5e au temple comme une victime impure qui s\ille le sacrifice o l'on va l'immol]4 ,mais1--d\l\reuse comme elle e/1 et prp>e p> la d\leur1--elle s5t1 en entrant dans l'glise1 une sorte d'motion qu'elle n'avait jamais pr\ve444 ,puis1 le j\r sombre de l'glise1 le pr(ond sil5ce des spectateurs1 le cortge de ses p>5ts444 t\t donne ce qui va se pass] un air de sol5nit qui l'excite l'att5tion et au respect3 ,la puret1 la dignit1 la sa9tet du m>iage1 si vivem5t exposes dans les p>oles de l'criture1 ses *a/es et sublimes devoirs1 si importants au bonheur1 l'ordre1 la paix1 la dure du g5re huma91 si d\x remplir p\r eux-mmes3 t\t cela me fit une telle impression que je crus s5tir intrieurem5t une rvolution subite4 ,une puissance inconnue sembla corrig] t\t c\p le dsordre de mes affections et les rtablir selon la loi du devoir et de la nature4 ,et encore3 ,je crus me s5tir r5atre1 je crus recomm5c] une autre vie4 ,puis1 r5tre la maison3 ,a l'in/ant1 pntre d'un vif s5tim5t du dang] dont j'tais dlivre et de l'tat d'honneur et de sret o je me s5tais rtablie1 je me pro/]nai contre t]re1 j'levai v]s le ciel mes ma9s suppliantes1 j'invoquai l'tre qui s\ti5t ou dtruit1 qu& il lui plat1 p> nos propres =ces1 la lib]t qu'il n\s donne4 ,je veux1 lui dis-je1 le bi5 que tu veux1 et dont1 toi seul es la s\rce4 ,je veux aim] l'p\x que tu m'z donn4 ,je veux tre fidle1 p>ce que c'e/ le premi] devoir qui lie la famille et la socit4 ,je veux tre *a/e1 p>ce que c'e/ la premire v]tu qui n\rrit t\tes les autres4 ,je veux t\t ce qui se rapporte l'ordre de la nature que tu z tabli1 et aux rgles de la raison que je ti5s de loi4 ,je remets mon coeur s\s ta g>de et mes dsirs en ta ma94 ,r5ds t\tes mes affections con=mes ta volont con/ante2 et ne p]mets plus que l'erreur d'un mom5t l'emporte sur le *oix de t\te ma vie4 --,mais1 direz-v\s1 les ?ories de ,r\sseau8--,quelles8--,l'opposition de la nature et de la socit1 et que la socit a corrompu la nature4 ,le m>iage e/ bi51 je p5se1 une in/itution sociale1 et cep5dant le m>iage pure ,julie4 ,elle dit elle-mme qu'une puissance inconnue a rtabli ses affections selon la loi du devoir et de la nature4 ,la nature et le devoir1 qui ne peut tre ici qu'un devoir social3 ,r\sseau y songe-t-il8 ,la nature et la socit ne sont donc plus ennemies8 ,une in/itution sociale peut donc tre bi5faisante8 ,la socit ne corrompt donc pas ncessairem5t la nature8--,eh bi51 quoi8 ,r\sseau se contr$it1 c'e/ vid5t4 ,et c'e/ p\r cela que cette troisime p>tie de la ,n\velle ,hlose e/ une si belle *ose4 ,et elle r5f]me bi5 d'autres contradictions encore aux ?ories habituelles de ,jean-,jacques4 ,julie aime son m>i p>ce qu'elle e/ sa femme et qu'elle veut l'aim]4 ,telle1 la ,paul9e de ,polyeucte4 ,et a9si1 p\r une fois1 ,r\sseau se r5contre avec ,corneille4 ,l'am\r de ,julie p\r ,wolm> n'e/ peut-tre que de l'amiti et de la t5dresse4 ,mais elle dit ce mot d'un bon s5s m95t3 ,l'am\r n'e/ pas ncessaire p\r =m] un heureux m>iage1 et cet autre mot d'une sagesse plus haute encore1 et qui ru9e la morale du s5tim5t1 et qui condamne t\te la vie de ,r\sseau lui-mme1 et les trois qu>ts de son oeuvre3 ,malgr la scurit de mon coeur1 je ne veux plus tre juge en ma propre cause1 ni me livr] tant femme1 la mme prsomption qui me p]dit1 tant fille4 ,et de quelle magnifique faon1 dans cette troisime p>tie1 les sophismes et les impures s5tim5talits du premi] volume1--*res p\rtant ,jean-,jacques qu& il les crivit1--sont balayes comme p> un v5t =t et salubre6 ,dj1 on voyait po9dre1 dans les premires lettres de ,sa9t-,preux et mme de ,julie1 la ?orie de la fatalit de l'am\r et presque du droit s\v]a9 de la passion3 ,n'z-tu pas1 disait ,sa9t-,preux1 suivi la plus pure loi de la nature8 ,comm5t veux-tu qu'une me s5sible gte modrm5t des bi5s inf9is8 ,et encore3 ,connaissez-le enf91 ma ,julie2 un t]nel arrt du ciel n\s de/9a l'un p\r l'autre3 c'e/ la premire loi qu'il faut c\t]4 ,et1 ,julie tombe1 il recomm5ait p>l] de v]tu1 et elle aussi4--,mais c\tez ,julie m>ie3 ,je frmis qu& je songe que n\s osions p>l] de v]tu4 ,savez-v\s bi5 ce qui signifiait p\r n\s un t]me si respectable et si pr(ane1 t&is que n\s tions engags dans un comm]ce crim9el8 ,c'tait cet am\r =c5 dont n\s tions embrass l'un et l'autre qui dguisait nos transports s\s ce sa9t en?\siasme1 p\r n\s le r5dre encore plus *] et n\s abus] plus longtemps444 ,il e/ temps que l'illusion cesse4 ,et ,julie dit encore ,sa9t-,preux3 ,qu&1 avec les s5tim5ts que j'eus p\r v\s et les connaissances que j'ai ma9t5ant1 je s]ais libre encore et matresse de *oisir un m>i1 ce n'e/ pas v\s que je *oisirais1 c'e/ ,m4 de ,wolm>4 ,et elle lui dit mme ce mot df9itif3 ,si le ciel m'tait cet p\x1 ma f]me rsolution e/ de n'en pr5dre jamais un autre4 ,p\rtant 7et cela e/ =t bi5 vu71 ,julie n'atte9t pas t\t d'un c\p la p>faite sagesse4 ,elle a l'imprud5ce de dire3 ,soyez l'amant de mon me1 p>ole dang]euse qui se rp]cut]a dans des c5ta9es et des milli]s de romans du ,x,i,xe sicle4 ,ce n'e/ pas t\t4 ,qu& elle s'e/ laisse m>i]1 n'ayant encore qu'une consci5ce hsitante et divise1 elle avait jur son pre de ne pas av\] sa conduite passe ,m4 de ,wolm>4 ,ma9t5ant qu'elle rfl*it et qu'elle a tr\v sa lumire1 ce secret lui pse cruellem5t4 ,c>1 dit-elle1 une s9crit sans rs]ve fait p>tie de la fidlit que je dois mon m>i4 ,elle croit devoir consult] l-dessus ,sa9t-,preux lui-mme4 ,la "q e/ du plus haut intrt4 ,elle e/ du mme ordre 7malgr les diffr5ces de dtail71 que celle qui e/ agite dans ,monsieur ,alphonse1 dans le ,jacques de ,george ,s&1 dans la ,dame de la ,m] d',ibs51 mme dans la ,pr9cesse de ,clves4 ,sa9t-,preux dconseille ,julie l'aveu1 p\r des raisons spcieuses4 ,elle rpond1 il rplique4 ,la discussion e/ trs s]re et =t belle4 ,julie1 inc]ta9e encore1 att5dra4 ,mais elle a le c\rage de donn] ,sa9t-,preux un cong df9itif3 ,il e/ temps de dev5ir sage4 ,voil la d]nire lettre que v\s recevrez de moi1 je v\s supplie de ne plus m'crire4 ,sa9t-,preux veut se tu]4 ,il ne se tue pas1 mais il s'emb>que p\r trois ans4 ,julie a ma9t5ant v+t-huit ans4 ,voil six ans qu'elle e/ m>ie4 ,son secret lui pse de plus en plus4 ,ce qui lui f]me la b\*e1 c'e/ la cra9te d'afflig] trop son m>i4 ,mais elle a un enfant2 cela lui r5d du c\rage4 ,elle av\e t\t ,wolm>4 ,mais la scne de l'aveu1 que n\s att5dions1 e/ malheureusem5t esquive2 et n\s ne l'appr5ons que p> cette tonnante lettre de ,m4 ,wolm> l'amant de ,julie3 ,quoique n\s ne n\s connaissions pas encore1 je suis *>g de v\s crire4 ,la plus sage et la plus *rie des femmes vi5t d'ouvrir son coeur son heureux p\x 7c'e/--dire de lui racont]1 je p5se1 qu'elle a reu ,sa9t-,preux dans sa *ambre et dans son lit de jeune fille1 qu'elle a t ence9te de lui et qu'elle a fait une fausse c\*e74 ,il 7l'heureux p\x7 v\s croit digne d'avoir t aim d'elle1 et il v\s (fre sa maison4 ,l'innoc5ce et la paix y rgn5t2 v\s y tr\v]ez l'amiti1 l'hospitalit1 l'e/ime1 la confiance4 ,consultez votre coeur1 et1 s'il n'y a ri5 l qui v\s effraye1 v5ez sans cra9te4 ,v\s ne p>tirez po9t d'ici sans y laiss] un ami4--,po/-scriptum de ,julie3--,v5ez1 mon ami1 n\s v\s att5dons avec empressem5t4 ,je n'aurai pas la d\leur que v\s me deviez un refus4 ,et a9si1 aprs c5t c9quante pages de lumire presque pure1 de raison mue et1 somme t\te1 de vrit huma9e1 n\s r5trons dans la *imre1 et dans la plus dsobligeante4 ,p\rquoi8 ,c'e/ que ,r\sseau aime ,sa9t-,preux1 qui e/ lui-mme faible1 passif1 pla9tif1 inc]ta9 et passionn4 ,qu'e/-ce qu'il va faire de ,sa9t-,preux8 ,il ne peut pas le r5voy] faire le t\r du monde2 il n'a pas le c\rage de le faire m\rir2 il ne veut pas le gurir d'une passion qui se doit elle-mme d'tre incurable444 ,alors8--,s'il le ram5ait ,cl>5s1 prs de ,julie1 prs de ,wolm>8 ,p\rquoi pas8 ,t\t le monde s]ait cont5t4 ,n\s n'avons pas affaire des g5s ord9aires4 ,jean-,jacques se rappelle l'imp]turbable ,sa9t-,lamb]t4 ,e/-ce que ,sa9t-,lamb]t1 les premi]s j\rs passs1 se s5tait gn entre madame d',h\detot et lui1 ,jean-,jacques8 ou madame d',h\detot entre ,jean-,jacques et ,sa9t-,lamb]t8 ou ,jean-,jacques entre ,sa9t-,lamb]t et madame d',h\detot8 ,et lui-mme1 autrefois1 s'e/-il s5ti gn entre madame de ,w>5s et ,claude ,anet8 ou ,claude ,anet entre lui et madame de ,w>5s8 ou madame de ,w>5s entre lui et ,claude ,anet8 ,e/-ce qu'on ne s'accommode pas de t\tes les situations1 qu& on e/ s9cre et v]tueux8--,il oublie que ni lui ni ,anet n'tait le m>i de la dame des ,*>mettes4 ,il oublie1 p\r l'autre trio1 que lui1 ,jean-,jacques1 n'tait pas et n'avait pu tre l'amant de madame d',h\detot1 et que ,sa9t-,lamb]t tait bi5 rassur sur ce po9t4 ,n'importe4 ,p\rquoi ,wolm> ne s]ait-il pas un ,sa9t-,lamb]t suprieur1 ,sa9t-,lamb]t tel qu'il aurait pu tre8 ,c'e/ dit4 ,il runira1 p\r qu'ils soi5t heureux1 et p\r arros] leur bonheur de ses l>mes1 t\s ceux qu'il aime3 ,julie1 son m>i1 son amant1--et plus t>d1 ,claire d',orbe1 sa confid5te et sa complice4 ,et t\s ces g5s vivront trs bi5 ensemble1 c> t\t e/ pur aux purs1 et1 p>mi les devoirs de la v]tu1 ,jean-,jacques omet dlibrm5t la fuite des t5tations4 ,et alors ce qui arrive e/ vraim5t in\4 ,si ,m4 de ,wolm> a t si peu tr\bl p> l'aveu de ,julie1 c'e/ qu'il savait dj t\t1--t\t--lorsqu'il l'a p\se4 ,ds qu'il appr5d d'elle-mme qu'elle a eu un amant1 il lui dit 7comme v\s avez vu73 ,faisons-le v5ir4 ,sa9t-,preux revi5t donc4 ,a pe9e une nuance d'emb>ras la premire entrevue4 ,mais bi5tt ,julie se remet p>l] de son pass avec ,sa9t-,preux devant son m>i4 ,et1 comme l'anci5 amant se ti5t un peu sur la rs]ve3 ,embrassez-la1 dit ,wolm>1 appelez-la ,julie4 ,plus v\s s]ez famili] avec elle1 mieux je p5s]ai de v\s4 ,ils viv5t t\s trois dans de cont9uels att5drissem5ts1 dont voici un exemple 7extrait d'une lettre de ,sa9t-,preux mylord d\>d74 ,sa9t-,preux1 au c\rs d'une conv]sation1 a dit tri/em5t ,julie3 ,madame1 v\s tes p\se et mre1 ce sont des plaisirs qu'il v\s app>ti5t de connatre4 ,aussitt1 cont9ue-t-il1 ,m4 de ,wolm>1 me pr5ant p> la ma91 me dit en la s]rant3 ,v\s avez des amis2 ces amis ont des enfants2 comm5t l'affection pat]nelle v\s s]ait-elle trangre8 ,je le reg>dai1 je reg>dai ,julie2 t\s deux se reg>dr5t1 et me r5dir5t un reg>d si t\*ant que1 les embrassant l'un aprs l'autre1 je leur dis avec att5drissem5t3 ,ils me sont aussi *]s qu' v\s6 ,et1 peu de temps aprs1 ,wolm> dem&e ,sa9t-,preux d'tre le prcepteur de ses enfants4 ,une autre fois1 comme ils visit5t ensemble un n\veau j>d9 que les ,wolm> ont fait amnag]3 ,je n'ai qu'un repro*e faire votre lyse1 dit ,sa9t-,preux en reg>dant ,julie3 c'e/ d'tre un amusem5t sup]flu4 ,a quoi bon v\s faire une n\velle prom5ade1 ayant de l'autre ct de la maison des bosquets si *>mants et si ngligs8 7,v\s v\s rappelez le bais] *ang jadis dans un de ces bosquets874 ,alors ,m4 de ,wolm> int]v5ant3 ,jamais ma femme depuis son m>iage n'a mis les pi$s dans les bosquets dont v\s p>lez4 ,j'en sais la raison1 quoiqu'elle me l'ait t\j\rs tue4 ,v\s qui ne l'ignorez pas1 appr5ez respect] les lieux o v\s tes2 ils sont plants p> les ma9s de la v]tu4--,quelle sant1 ce ,wolm>6 ,wolm> en donne d'autres tmoignages4 ,un j\r1 il leur annonce qu'il va s'abs5t] une sema9e1 et qu'il lui plat qu'ils re/5t ensemble4 ,p5dant son abs5ce1 au c\rs d'une prom5ade en b>que1 les deux amants subiss5t une assez =te t5tation1 dont ils triomph5t1 naturellem5t4 ,a "p cela1 ils pass5t leur temps dplor] ensemble l'incrdulit de ,wolm>1 homme p>fait1 mais a?e4 ,et ce s\ci commun de l'me de ,wolm> e/ encore un li5 de plus de ,julie avec son anci5 amant1 et qui p\rrait dev5ir dang]eux si1 ce mom5t-l1 ils avai5t des corps444 ,ici1 ,r\sseau se tr\ve1 p\r la quatrime fois1 assez emb>rass4 ,que va-t-il faire ma9t5ant de son trio8444 ,voici3 il va le r5=c] en quatuor2 crer une situation morale encore plus complique1 et dont il puisse extraire encore des att5drissem5ts et encore des disc\rs4 ,la piquante ,claire1 qui avait p\s un monsieur d',orbe1 e/ dev5ue veuve4 ,elle revi5t ,cl>5s4 ,c'e/ d'abord t\te une j\rne d'effusions et de transports quatre4 ,cep5dant1--p\r *ang] un peu1--,sa9t-,preux e/ p>ti p\r ,rome1 o l'appelle mylord d\>d4 ,wolm>1 ayant vu ,sa9t-,preux dsespr au mom5t de p>tir1 lui donne de lo9 ces conseils dlicats3 444,faites votre soeur de celle qui fut votre amante444 ,p5sez le j\r ce que v\s allez faire ,rome3 v\s song]ez mo9s la nuit ce qui s'e/ fait ,vevey4 ,mais ,sa9t-,preux e/ bi5tt de ret\r4 ,la piquante ,claire1 =ce d'avoir t la confid5te et la complice des am\rs de ,julie1 s'e/ brle la flamme4 ,julie s'ap]oit que ,claire aime ,sa9t-,preux4 ,elle veut les m>i]1 c> elle s5t elle-mme que a ne peut pas dur] comme a4 ,elle en fait d'abord la proposition ,claire1 qui fait des faons1 qui ne veut pas d'un coeur u p> une autre passion4--,puis1 elle tte ,sa9t-,preux2 elle cra9t1 dit-elle1 que1 s'il n'p\se pas ,claire1 il ne se rabatte sur les bonnes de la maison4 ,sa9t-,preux se drobe1 allguant qu'il n'e/ pas encore assez sr de lui3 ,la blessure gurit1 mais la m>que re/e4 ,v\s avez rem>qu que1 dans t\te la seconde moiti du roman 7six c5ts pages71 t\s les p]sonnages sont dans une situation fausse1 et cela p> leur volont3 ,julie entre son m>i1 son anci5 amant1 et son amie f9alem5t am\reuse de cet amant2 ,sa9t-,preux entre son anci5ne matresse1 le m>i d'icelle1 et son amie dev5ue am\reuse de ,sa9t-,preux2 ,wolm> entre sa femme1 l'anci5 amant de sa femme1 et l'anci5ne complice de sa femme2 ,claire1 enf91 entre son amie et l'anci5 amant de cette amie1 duquel elle e/ am\reuse444 ,et ils viv5t t\s quatre1 s]rs les uns contre les autres1 dans la plus troite intimit4 ,oh6 je sais bi5 que t\t arrive dans le monde des s5tim5ts1 et que la psy*ologie n'e/ pas une sci5ce exacte4 ,mais1 t\t de mme1 t&is qu'ils se promn5t1 mang5t1 conv]s5t et s'att5driss5t j\rne faite1 9vitablem5t les mmes images prcises1 concrtes1 s'veill5t s\s leurs fronts2 et *acun d'eux sait que ces images s'veill5t aussi dans l'esprit des trois autres4 ,je ne p>le pas de l'excell5t ,wolm>1 qui recule les limites connues de l'exc5tricit philosophique3 mais il e/ bi5 cra9dre que ,sa9t-,preux1 rappel1 ne r$ev9t d'abord l'amant de ,julie1 ou qu'il ne ft l'amant de ,claire1 ou qu'il ne desc5dit aux s]vantes1 comme le r$\te la prvoyante ,julie1--et peut-tre t\t cela successivem5t1--si ces g5s-l tai5t dans l'humanit moy5ne4 ,mais ju/em5t ils n'y sont po9t 7et ,r\sseau a v\lu que ce ft leur m>que t\s dans ce troisime volume72 ju/em5t ils s'en di/+u5t avec clat2 ju/em5t1 dans leurs s\ffrances mmes1 ils j\iss5t de se s5tir exceptionnels et d'tre follem5t romanesques1 et ti5n5t inf9im5t1 p>tie orgueil1 p>tie raff9em5t d'imag9ation1 n'tre pas comme les autres 7,faguet74 ,bref1 ils ressembl5t leur pre ,jean-,jacques4 ,jean-,jacques aime1 comme eux1 et p\r eux comme p\r lui-mme1 les situations biz>res444 ,d'abord1 p>ce qu'il en a l'habitude1 ayant t s\v5t am\reux tolr de femmes qui avai5t des amants2 puis1 p>ce que n\s l'avons t\j\rs vu trangem5t exempt de jal\sie *>nelle 7et j'ai essay de dire p\rquoi72 enf91 p>ce que ces situations anormales et compliques donn5t lieu des s5tim5ts r>es1 qui p> l lui sembl5t sublimes4 ,et c'e/ a9si qu'il a conduit ses p]sonnages dans une impasse444 ,arriv ce po9t1 il ne sait dcidm5t plus que faire d'eux4 ,les faire faillir8 ,mais alors quoi bon t\t le sublime qui e/ avant8--,les laiss] vieillir1 s'apais]1 se dt5dre8 ,fi6--,la situation ne comporte pas de dn\em5t logique 7,faguet74 ,julie donc se jette l'eau p\r sauv] son petit g>on4 ,elle y gagne un mal que l'auteur ne spcifie pas1 et qui e/ app>emm5t une pleursie4 ,sur son lit de malade elle s'att5drit1 devant son m>i1 sur son premi] am\r2 elle dbite d'avance l'ess5tiel de la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d1 et elle meurt4 ,voil1 je crois bi51 comm5t cette hi/oire s'e/ =me et dveloppe dans l'imag9ation de ,jean-,jacques1 s'e/ p\r a9si dire n\rrie de ,jean-,jacques lui-mme1 presque au j\r le j\r1 et sans un plan bi5 arrt d'avance4 ,je ne sais pas si j'ai su v\s le faire voir4 ,je n'ai considr que l'action mme du roman1--l'hi/oire4 ,elle s]ait intressante sans les dclamations1 qui n\s sembl5t auj\rd'hui bi5 surannes1 du premi] volume4 ,l'action e/ simple2 les situations et les faits y sont produits p> les s5tim5ts4--,wolm> p>at bi5 n'avoir jamais pu exi/]3 mais ,claire e/ assez vivante2 ,sa9t-,preux e/ un des premi]s types du hros romantique1 faible1 inquiet1 ple9 de dsirs et d'impuissance2 et ,julie1 s]monneuse1 mais *>mante1 (fre l'exemple1 assez r>e dans les romans1 d'un p]sonnage qui volue1 puisque c'e/ une jeune fille passionne et draisonnable1 l5tem5t trans=me p> sa fonction d'p\se et de mre4 ,t\t cela1 on l'a dit bi5 s\v5t4 ,si la ,n\velle ,hlose se rduisait l'hi/oire passionnelle de ,julie1 de ,sa9t-,preux1 de ,wolm> et de ,claire1 la ,n\velle ,hlose aurait quatre c5ts pages1 et s]ait un livre plus p>fait1 et d'aspect plus classique en dpit d'une composition peu s]re4 ,mais la ,n\velle ,hlose a d\ze c5ts pages2 la ,n\velle ,hlose e/ un norme livre1 loqu5t et dsordonn1 o l'auteur a dv]s t\t ce qui lui e/ v5u4 ,outre l'hi/oire elle-mme1 il y a les disc\rs1 descriptions et digressions de t\te sorte3 le voyage de ,sa9t-,preux dans les montagnes du ,valais2 l'pisode du m>iage de ,fan*on2 la diss]tation sur la musique franaise et la musique itali5ne2 la discussion sur le duel2 les lettres de ,sa9t-,preux sur les moeurs p>isi5nes2 la discussion sur le suicide2 la description de la vie qu'on mne *ez ,wolm>1 qui e/ un vritable trait d'conomie dome/ique 7en c5t v+t pages et deux p>ties72 la discussion sur l'art des j>d9s2 la description de v5danges2 les considrations sur l'ducation des enfants1 sur le c>actre des ,g5evois1 sur la prire1 sur la lib]t2 la pr(ession de foi spirituali/e de ,julie son lit de mort1 etc41 etc44 7je ne reti5s ici que les faits rellem5t extrieurs l'action elle-mme7--et enf9 le rcit des ,am\rs de mylord d\>d1 o l'on voit une fille galante refus] d'p\s] son amant et se ra*et] p> le sacrifice1 ce qui e/ donc encore une hi/oire de relvem5t1--et comme un premi] crayon de t\tes les dames aux camlias qu'on a vues depuis4 ,t\t cela loqu5t1 h>monieux1 et t\t cela s9cre et presque +nu2 et dans t\t cela bi5 des *oses que n\s rem>quons pe9e1 mo9s d'tre av]tis1 mais qui tai5t neuves alors3 un roman qui n'e/ pas p>isi52 l'am\r1 le m>iage1 l'adultre pris au srieux2 un roman ple9 de p5ses 7les p]sonnages y tant t\s des raisonneurs7 et ple9 de paysages 7les p]sonnages vivant dans la plus belle nature7 et ple9 de lyrisme 7les p]sonnages1 et surt\t l'amant1 qui e/ le plus s\v5t passif1 s'y complaisant des effusions sur les ?mes de l'abs5ce1 du dsir1 du regret1 du s\v5ir1 de la nature indiffr5te ou consolatrice1 etc474 ,et c'e/ p\rquoi1--quelque t5dresse qu'on ait p\r la ,pr9cesse de ,clves ou ,manon ,lescaut1--il faut bi5 dire que1 t\t de mme1 la ,n\velle ,hlose e/ d'un autre ordre et qu'elle r5\velle le roman1 tant elle le hausse1 l'l>git et le div]sifie4 ,n\s ne p\vons plus bi5 concevoir l'effet que produisit la ,julie4 ,comp>ez-la seulem5t aux g>em5ts du coeur et de l'esprit1 ou mme ,m>ianne4 ,la littrature du temps tait1 av\ons-le1 un peu dess*e4 ,le vagabond1 le rveur1 le solitaire ,r\sseau y r\vrit de l>ges s\rces neuves4 ,de la ,julie se rp&ir5t dans t\te la socit d'alors le gt de la nature1 de la vie campagn>de 7ce qui e/ =t bi571 le culte de la s5sibilit 7ce qui ne s]ait pas mal71 mais de la s5sibilit se croyant une v]tu 7ce qui e/ dang]eux74 ,on fut plus t\*1 j'en ai peur1 des sophismes du premi] volume et des p>adoxes psy*ologiques du troisime que de la morale excell5te et traditionnelle qui se r5contrait dans le tome du milieu4 ,et il arriva bi5tt que les =mes du roman aup>avant en faveur1 le roman navem5t romanesque et le roman fran*em5t lib]t9 7qui du mo9s tai5t faciles di/+u]7 cdr5t le pas au roman la fois srieux et m5teur4 ,et a9si1 au c\rs des ges suivants1 t\s les romans o sont affirms la fatalit et le droit de la passion1 t\s les romans de msalliances sociales ou morales1 t\s ceux o l'am\r triomphe1 s\v5t contre la raison1 des prjugs ou des conv5ances de classes1 et ceux o le vice p>le le langage de la v]tu1 et ceux o abond5t les c\rtisanes t\*antes1 et ceux o les p]sonnages se font une morale p>ticulire1 suprieure la morale commune1 pr5n5t le s5tim5t p\r la consci5ce et commett5t des actions d\teuses avec des disc\rs et des ge/es avantageux1 t\s ces romans o rgne ce que j'appell]ai l'illusion sur la moralit des actes1 les ,indiana1 les ,llia1 les ,jacques et leurs innombrables petits444 on peut dire que1 directem5t ou non1--et sans que peut-tre ce soit la faute ,r\sseau1--ils dc\l5t de la ,n\velle ,hlose1 mre gigogne des sophismes romantiques et des rves orgueilleux4 ,mais1 p\r ne po9t f9ir sur ces mots trop maussades1 p\r v\s faire s5tir au b\t d'un sicle et demi quel acc5t n\veau apportait la ,julie1 je veux v\s lire un de ces morceaux que j'appelais lyriques1 une page qui semble un ?me t\t prt p\r les v]s de quelque pote de #ahcj1--qui d'ailleurs n'aurai5t pas valu cette prose4 7,c'e/1 dans la sixime p>tie1 une lettre de ,sa9t-,preux madame de ,wolm>1 dans un mom5t o il e/ am\reux la fois de ,julie et de ,claire73 ,femmes6 femmes6 objets *]s et fune/es1 que la nature orna p\r notre supplice1 qui punissez qu& on v\s brave1 qui p\rsuivez qu& on v\s cra9t1 dont la ha9e et l'am\r sont galem5t nuisibles1 et qu'on ne peut ni re*]*] ni fuir impunm5t6 ,beaut1 *>me1 attrait1 sympa?ie1 tre ou *imre inconcevable1 abme de d\leurs et de volupts6 beaut1 plus t]rible aux mortels que l'lm5t o l'on t'a fait natre1 malheureux qui se livre son *>me trompeur6 ,c'e/ lui qui produit les temptes qui t\rm5t5t le g5re huma94 ,julie6 ,claire6 que v\s me v5dez *] cette amiti cruelle dont v\s osez v\s vant] moi6 ,j'ai vcu1 dans l'orage1 et c'e/ t\j\rs v\s qui l'avez excit4 ,mais quelles agitations div]ses v\s avez fait pr\v] mon coeur6 ,celles du lac de ,g5ve ne ressembl5t pas plus aux flots du va/e ocan4 ,l'un n'a que des ondes vives et c\rtes dont le p]ptuel tran*ant agite1 meut1 subm]ge quelquefois1 sans jamais =m] de long c\rs4 ,mais sur la m]1 tranquille en app>5ce1 on se s5t lev1 port d\cem5t et lo9 p> un flot l5t et presque ins5sible2 on croit ne pas sortir de la place1 et l'on arrive au b\t du monde4 ,,septi,,me ,,conf,,r5ce ,,mile4 ,n\s avons vu que1 en #ageh probablem5t1 ,r\sseau1 ayant t]m9 la ,n\velle ,hlose1 se mit crire mile ou de l'ducation4 ,qu'il l'ait crit1 on peut p5s] que cela tait peu prs 9vitable4 ,on s'occupait de plus en plus1 depuis une soixanta9e d'annes1 des *oses de l'ducation4 ,p\r ne cit] que les pr9cipaux livres crits sur ce sujet1 il y avait eu l'ducation des filles de ,fnelon2 ,tlmaque 7#afii72 le ,trait des tudes du bon ,roll92 les ,p5ses sur l'ducation1 de ,locke 7traduction franaise1 #agbh72 les ,avis d'une mre son fils et les ,avis d'une mre sa fille de madame de ,lamb]t 7#agcd74 ,les mres philosophes1 comme madame d'p9ay et madame de ,*5onceaux1 consultai5t cont9uellem5t ,jean-,jacques sur ces que/ions4 ,dans les ,mmoires de madame d'p9ay1 il y a un *apitre amusant o cette dame visite1 avec ,duclos1 le prcepteur de son fils1 le d\x et p>esseux ,m4 ,l9ant1 et o l'on voit1 p> les propos de ,duclos1 que les plus raisonnables h>diesses de l'mile tai5t1 comme on dit1 dans l'air4 --,monsieur1 dit ,duclos au prcepteur1 peu de lat91 trs peu de lat92 po9t de grec1 surt\t444 ,de quoi cela l'avanc]ait-il1 votre grec8444 ,il ne s'agit pas ici d'en faire un ,anglais1 un ,roma91 un gypti51 un ,grec1 un ,sp>tiate1444 mais un homme peu prs bon t\t4--,mais1 monsieur1 objecte le pauvre ,l9ant1 ce n'e/ pas l une ducation ord9aire444 ,il faut r=m] et refondre1 p\r a9si dire1 un c>actre444--,qui diable v\s p>le de cela8 repr5d ,duclos444 ,g>dez-v\s-en bi51 il ne faut pas v\loir *ang] le c>actre d'un enfant2 sans compt] qu'on n'y russit jamais1 le plus gr& succs qu'on puisse s'en promettre1 c'e/ d'en faire un hypocrite444 ,non1 monsieur1 non2 il faut tir] t\t le p>ti possible du c>actre que la nature lui a donn2 voil t\t ce qu'on v\s dem&e1 etc4 ,une autre fois1 dans le temps que ,r\sseau habite l',ermitage1 madame d'p9ay a avec lui un entreti5 o n\s voyons dj po9dre l'ide de l'mile 7,mmoires de madame d'p9ay1 tome ,,iii1 lettre ,grimm47 ,joignez cela1 dans la ,n\velle ,hlose 7,p>tie ,v1 lettre #c71 propos des enfants de ,julie1 une qu>anta9e de pages1 qui sont presque une premire v]sion du premi] volume de l'mile mise dans la b\*e de monsieur et de madame de ,wolm>1--v]sion mo9s sy/matique et plus vraie4 ,on y tr\ve dj1 t\tefois1 des axiomes tels que ceux-ci3 ,t\s les c>actres sont bons et sa9s en eux-mmes1 selon ,m4 de ,wolm>4 ,il n'y a po9t1 dit-il1 d'erreur dans la nature2 t\s les vices qu'on impute au naturel sont l'effet des mauvaises =mes qu'il a reues4 ,il n'y a po9t de sclrat dont les p5*ants mieux dirigs n'euss5t produit de gr&es v]tus1 etc4 ,r\sseau lui-mme avait t prcepteur 7*ez ,m4 de ,mably1 ,lyon1 p5dant une anne environ74 ,il aimait enseign]4 ,depuis que la gloire lui tait v5ue1 il tait1 aux yeux de t\s les agits1 le pr(esseur public de v]tu1 le r=mateur de la socit4 ,or la socit peut tre r=me surt\t p> l'ducation4 ,r\sseau devait donc faire son trait de l'ducation2 il n'y p\vait gure *app]4 ,et il devait ncessairem5t concevoir l'ducation comme l'art de respect] *ez l'enfant la nature1 de la laiss] se dvelopp] l'aise1 en se cont5tant de la df5dre contre la p]nicieuse influ5ce des conv5tions sociales4 ,il y tait oblig p> ses premi]s livres4 ,et il y tait oblig aussi p> sa propre expri5ce4 ,lui-mme s'tait dvelopp t\t seul1 non pas1 il e/ vrai1 t\t fait en dehors de la socit1 mais un peu en m>ge et1 dans t\s les cas1 en dehors de la famille et en dehors du collge4 ,il n'avait reu l'enseignem5t ni des p>5ts1 ni des matres1 sauf p5dant les deux annes passes *ez le pa/eur ,lamb]ci]1 et d'ailleurs en jeux et en prom5ades beauc\p plus qu'en leons4 ,depuis l'ge de dix ans1 il n'avait lu que ce qui lui plaisait4 ,il n'avait reu de leons que des *oses4 ,ses propres sottises l'avai5t =m1 lui avai5t appris la morale et la vie4 ,et de cette ducation sans famille1 ni collge1 ni prcepteur1 tait sortie cette m]veille de sagesse1 de v]tu1 de s5sibilit3 lui1 ,jean-,jacques4 ,c'e/ donc cette ducation-l qu'il donn]a son disciple imag9aire2 mais1 ces leons des *oses que ,r\sseau enfant et adolesc5t a reues du has>d1 c'e/ lui-mme qui les mnag]a m?odiquem5t son lve4 ,on v]ra1 p\r a9si dire1 ,jean-,jacques c9quante ans prcepteur de ,jean-,jacques dix ans1 qu9ze ans1 v+t ans2 et ce s]a trs beau2 et t\t port]a2 et ,jean-,jacques aura l'inf9i plaisir1 l encore1 d'tre t\j\rs en scne1 et t\s les ges1 et de ne jamais sortir de lui-mme4 ,entrons ma9t5ant dans l'analyse de l'mile4 7,je ne dois pas omettre que v]s la tr5time page du livre ,i1 ,jean-,jacques a le c\rage de faire allusion ses propres enfants47 ,celui1 dit-il1 qui ne peut remplir les devoirs de pre1 n'a po9t le droit de le dev5ir4 7,il avait crit le contraire1 en #agea1 dans sa lettre madame de ,francueil47 ,il n'y a ni pauvret1 ni travaux1 ni respect huma9 qui le disp5s5t de n\rrir ses enfants et de les lev] lui-mme4 ,lecteur1 v\s p\vez m'en croire4 ,je prdis quiconque a des entrailles et nglige de si sa9ts devoirs1 qu'il v]s]a longtemps sur sa faute des l>mes amres1 et n'en s]a jamais consol4 ,et l-dessus on peut galem5t dire1 selon qu'on lui e/ ennemi ou indulg5t1 que c'e/ gr&e impud5ce lui d'crire un trait de l'ducation aprs avoir ab&onn ses c9q enfants1--ou qu'il l'crit dans une p5se d'expiation4 ,comm5ons4--,l'objet de l'ducation e/ de =m] non un citoy51 ni l'homme de telle ou telle pr(ession1--mais un homme4 7,je ne sais pas s'il ne s]ait pas plus simple et plus sr de =m] d'abord l'homme d'un pays1 d'une religion1 d'une pr(ession1 et si l'homme t\t c\rt ne vi5drait pas p> surcrot3 mais passons47 ,dans l'ordre naturel1 dit ,r\sseau1 les hommes tant t\s gaux1 leur vocation commune e/ l'tat d'homme2 et quiconque e/ bi5 lev p\r celui-l ne peut mal remplir ceux qui s'y rapport5t444 ,vivre e/ le mti] que je veux appr5dre mon lve4 ,en sortant de mes ma9s1 il ne s]a1 j'en convi5s1 ni magi/rat1 ni soldat1 ni prtre2 il s]a premirem5t homme3 t\t ce qu'un homme doit tre1 il saura l'tre au beso9 aussi bi5 que qui que ce soit2 et la =tune aura beau le faire *ang] de place1 il s]a t\j\rs la si5ne444 ,celui d'entre n\s qui sait le mieux support] les bi5s et les maux de cette vie e/ mon gr le mieux lev1 d'o il suit que la vritable ducation consi/e mo9s en prceptes qu'en ex]cices4 ,mais cet objet de l'ducation1 comm5t le ralis]8 ,dans l'article3 conomie politique crit p\r l',encyclopdie 7en #agde1 je crois71 ,r\sseau p5sait que l'objet de l'ducation e/ de =m] des citoy5s1 et il rclamait l'ducation en commun1 et l'ducation p> l'tat4 ,mais il p>at qu'il a rfl*i4 ,dans une socit corrompue1 l'ducation publique ne peut tre que corruptrice4 ,r\sseau dcrira donc l'ducation d'un seul enfant p> un seul matre4 ,*ose assez va9e1 et d'o il n'y aura pas gr&es conclusions tir]1--l'auteur1 d'une "p1 imag9ant un cas exceptionnel1 et l'ducation1 d'autre "p1 devant videmm5t tre applicable des ensembles d'individus nombreux1 rels et div]s4--,ici1 encore1 passons1 et voyons l'ducation idale selon ,r\sseau4 ,il y faut d'abord c]ta9es conditions3 #a p\r l'lve2 #b p\r le matre4 ,l'lve que ,r\sseau *oisit1 mile1 e/ n s\s un climat tempr4 ,il e/ vig\reux et sa92 ri*e 7p>ce que n\s s]ons srs au mo9s d'avoir fait un homme de plus1 au lieu qu'un pauvre peut t\j\rs dev5ir homme de lui-mme72 noble 7p>ce qu'mile n'aura pas le prjug de la naissance et que ce s]a t\j\rs une victime arra*e ce prjug72 orphel9 7mile a encore son pre et sa mre2 mais il e/ orphel9 en ce s5s que ses p>5ts remett5t t\s leurs droits aux ma9s de son prcepteur74 ,sa mre doit le n\rrir elle-mme4 ,si sa sant ne le lui p]met absolum5t pas1 ,r\sseau donne ses conseils sur le *oix de la n\rrice1 sur son alim5tation1 etc4 ,pas d'emmaillotem5t2 beauc\p d'eau froide4 ,l'enfant doit habit] la campagne3 ,les hommes ne sont pas faits p\r tre entasss en f\rmilires1 mais p>s sur la t]re qu'ils doiv5t cultiv]444 ,les villes sont les g\ffres de l'espce huma9e4 ,p\r qu'un enfant pt tre bi5 lev1 a dit ,jean-,jacques dans le passage des ,mmoires de madame d'p9ay que je rappelais t\t l'heure1 il faudrait comm5c] p> refondre la socit4 ,or1 on ne le peut pas4 ,donc1 p\r emp*] que la socit ne corrompe en lui la nature1 il n'y a qu'un moy53 c'e/ de l'isol] de la socit1--et mme de ses p>5ts1 ncessairem5t imbus de prjugs sociaux1--et de le confi] totalem5t un prcepteur1 avec qui il devra pass] sa vie4 ,ceci n\s amne aux conditions requises p\r le prcepteur ou g\v]neur4 ,un g\v]neur6 s'crie ,r\sseau4 ,oh6 quelle me sublime6444 ,en vrit1 p\r faire un homme1 il faut tre pre ou plus qu'homme soi-mme4 ,le g\v]neur doit tre jeune1 p\r dev5ir1 l'occasion le compagnon de son lve4 ,il ne s]a pas appo9t4 ,ce s]a un ami des p>5ts1 clibataire et de loisir1 qui1 p> gt1 se *>g]a de l'ducation de l'enfant1 et consacr]a cette t*e la meilleure p>tie de son exi/5ce4 ,p\r moi1 je lis ces *oses-l avec un peu d'inquitude4 ,on ne peut pas dire ici3 ,c'e/ sans d\te un sy/me idal d'ducation1 mais duquel on peut rappro*]1 dans une c]ta9e mesure1 l'ducation de t\s les enfants4 ,on ne peut pas le dire1 puisque ce sy/me implique1--ess5tiellem5t et p\r comm5c]1--l'isolem5t et la ri*esse4--,c'e/ donc un rve pur4 ,mais quel rve8 ,celui d'une ducation plus qu'ari/ocratique4 ,de telles conditions y sont requises qu'il n'y aurait1 dans t\t le royaume de ,france1 que quelques c5ta9es d'enfants qui puss5t recevoir une ducation de cette sorte4 ,applicable seulem5t une si petite m9orit1 cette ducation1 si elle russit1 donn]a une espce de surhommes1--de surhommes s5sibles et pleur>ds selon la conception de ,r\sseau1 mais guris du m5songe social et fidles la nature1--et dont le petit gr\pe1 produisant d'autres surhommes1 arriv]a peut-tre l5tem5t r=m] la socit elle-mme4--,e/-ce l la p5se de ,r\sseau8 ,je ne sais pas4 ,lui non plus4 ,mme1 on s'ap]oit dans la suite que ces conditions poses avec tant de rigueur et de sol5nit 7isolem5t complet1 g\v]neur volontaire et p]ptuel71 ne sont pas indisp5sables aux p>ties les plus s5ses de son plan4 ,mais quoi6 ,il rve1 et cela l'amuse4 ,donc1 l'enfant a9si isol1 il s'agit de laiss] la nature agir sur lui1 et seulem5t d'en protg] le dveloppem5t contre les influ5ces fune/es4 ,mais la nature1 qu'e/ cela8--,n\s l'avons s\v5t dem& ,r\sseau4 ,cette fois enf9 il n\s rpond2 et c'e/1 je crois1 la seule fois dans t\te son oeuvre4 ,mais peut-tre1 dit-il lui-mme1 ce mot de nature a-t-il un s5s trop vague2 il faut t*] de le fix]444 ,n\s naissons s5sibles1 et1 ds notre naissance1 n\s sommes affects de div]ses manires p> les objets qui n\s environn5t4 ,sitt que n\s avons p\r a9si dire la consci5ce de nos s5sations1 n\s sommes disposs re*]*] ou fuir les objets qui les produis5t1 d'abord selon qu'elles n\s sont agrables ou dplaisantes1 puis selon la conv5ance ou disconv5ance que n\s tr\vons entre n\s et ces objets1 et enf9 selon le jugem5t que n\s en portons sur l'ide de bonheur ou de p]fection que la raison n\s donne4 ,ces dispositions s't5d5t et s'aff]miss5t mesure que n\s dev5ons plus s5sibles et plus clairs2 mais1 contra9tes p> nos habitudes1 elles s'altr5t plus ou mo9s p> nos op9ions4 ,avant cette altration1 elles sont ce que j'appelle en n\s la nature4 99 99 99 99 99 ,je ne v\s donne pas cela p\r une m]veille de cl>t et de prcision1 mais enf9 on en peut extraire ceci3 ,la nature1 c'e/ la disposition re*]*] ce qui n\s e/ agrable1 ce qui n\s convi5t1 et1 ce que n\s croyons tre le bonheur ou la p]fection1 et fuir le contraire de t\t cela4 ,mais alors1 p\rquoi1 aprs avoir dit 7premire ligne de l'mile73 ,t\t e/ bi5 sortant des ma9s de l',auteur des *oses1 ,r\sseau aj\te-t-il3 ,t\t dgnre entre les ma9s de l'homme1 ent5dez3 de l'homme vivant en socit8 ,il e/ p\rtant bi5 clair que l'homme e/ naturellem5t social2 que la vie en socit s'explique elle-mme 7p\r repr5dre la df9ition de ,jean-,jacques7 p> une disposition re*]*] le bonheur et qu'elle e/ donc1 elle aussi1 naturelle4 ,c'e/ 7dit ,r\sseau1 et il e/ rev5u v+t fois sur cette di/9ction71 c'e/ que le dsir de se cons]v] et d'tre heureux1 bref l'gsme naturel l'homme e/ =cm5t in(f5sif qu& l'homme vit isol1 dans l'tat sauvage4 ,mais cet innoc5t gsme devi5t malfaisant lorsque les hommes viv5t ensemble3 c> alors l'gsme de *acun se heurte celui des autres et se trans=me en am\r-propre1 vanit1 orgueil1 cupidit1 ha9e1 envie1 etc4 ,et c'e/ a9si que la nature e/ corrompue p> la socit4 --,mais1 repr5drons-n\s1 il n'en e/ pas mo9s vrai que la socit e/ dans la nature2 que la socit e/ la nature encore4 ,lorsque les ?ologi5s p>l5t des suites du p* orig9el2 lorsque les morali/es p>l5t des in/9cts g/es et de l'animalit qui e/ en n\s2 et lorsque les uns dcl>5t la nature mauvaise1 et lorsque les autres la jug5t =t mle1 il e/ bi5 vid5t qu'ils ne p>l5t pas de l'homme prhi/orique1 vivant 7si t\tefois il y a jamais vcu7 dans un tat d'isolem5t dont n\s ne savons ri51 mais1 de l'homme vivant avec ses semblables1 c> c'e/ l seulem5t que n\s p\vons obs]v] la nature4 ,et1 l1 n\s ne p\vons vraim5t pas dire que la nature e/ bonne3 mais n\s sommes bi5 obligs de reconnatre qu'elle e/ plus ou mo9s bonne ou mauvaise selon les individus1--et que1 ju/em5t1 l'objet de l'ducation e/ et a t\j\rs t de la combattre sur c]ta9s po9ts1 de la r=m]1 de l'pur]4 ,mais ,r\sseau dirait sans d\te3 ,cela m'e/ gal4 ,j'appelle naturel ce qui e/ bon1 ce qui me ressemble4 ,je dis que ce qui n'e/ pas bon n'e/ pas naturel4 ,la nature e/ bonne2 la socit n'e/ pas naturelle puisqu'elle n'e/ pas bonne2 j'lv]ai mile selon la nature4--,a quoi l'on n'a plus ri5 rpondre1 puisque t\t cela n'e/ plus que jeu et abus de mots1 et que ,r\sseau appelle les *oses comme il lui plat4 ,repr5ons l'hi/oire de l'ducation d'mile2 n\s aurons peut-tre quelques surprises4 ,p\r que l'enfant se dveloppe selon la nature1 c'e/ bi5 simple1 il ne faut ri5 lui appr5dre1 ,r\sseau appelle cela l'ducation ngative4 ,il faut1 d'une "p1 le laiss] libre autant que possible1 le laiss] j\ir du bonheur propre son ge4 ,mais il faut aussi1 d'autre "p1 le s\mettre directem5t la leon des *oses1 en sorte qu'il appr5ne lui-mme1 ses dp5s1 ce qu'il doit re*]*] ou vit]4 ,les *oses sont s\v5t ho/iles4 ,il e/ excell5t qu'il en ptisse1 qu'il s'habitue t\t seul ress]r] sa vie1 di/+u] ce qui dp5d de lui et ce qui n'en dp5d pas1 accept] la ncessit4 ,a9si1 l'enfant lev selon la nature1 la premire leon muette e/ une leon de rsignation4 homme1 dit ,r\sseau1 ress]re ton exi/5ce au-d$ans de toi1 et tu ne s]as pas misrable4 ,re/e la place que la nature t'assigne dans la *ane des tres1 ri5 ne t'en p\rra faire sortir2 ne regimbe po9t contre la dure loi de la ncessit1 et n'puise pas1 v\loir lui rsi/]1 des =ces que le ciel ne t'a po9t donnes p\r t5dre ou prolong] ton exi/5ce1 mais seulem5t p\r la cons]v] comme il lui plat et autant qu'il lui plat4 ,ta lib]t1 ton p\voir ne s't5d5t qu'aussi lo9 que tes =ces naturelles1 et pas au del2 t\t le re/e n'e/ qu'esclavage1 illusion1 pre/ige444 ,et il dmontre1 =t loquemm5t1 que les puissants et les s\v]a9s eux-mmes subiss5t cette condition sans qu'ils s'en d\t5t4 ,et p\r conclure3 ,le seul qui fait sa volont e/ celui qui n'a pas beso9 p\r la faire de mettre les bras d'un autre au b\t des si5s444 ,l'homme vraim5t libre ne veut que ce qu'il peut444 ,voil ma maxime fondam5tale4 ,il ne s'agit que de l'appliqu] l'enfance4 ,p> suite3 ,ma9t5ez l'enfant dans la seule dp5dance des *oses444 ,ne lui comm&ez jamais ri5444 ,qu'il sa*e seulem5t qu'il e/ faible et que v\s tes =t444 ,aucune leon v]bale4 ,aucun *tim5t1 puisqu'il ne compr5drait pas1 n'ayant pas encore de s5s moral4 ,il ne faut jamais inflig] aux enfants le *tim5t comme un *tim5t1 mais il doit t\j\rs leur arriv] comme une suite naturelle de leur mauvaise action4 ,le prcepteur ne doit int]v5ir que de deux manires3 #a ,p\r protg] l'enfant contre lui-mme qu& il p\rrait se bless]1 se faire mal4 ,alors1 que le matre dise simplem5t non1 sans autre explication4 #b ,p\r faire gagn] du temps l'enfant 7qui a t\te la vie appr5dre t\t seul1 ce qui p\rrait tre long71 le prcepteur doit le plac] +nieusem5t dans des circon/ances telles1 que la ncessit l'in/ruise2 et peut mme prp>]1 amnag] ces circon/ances4 ,r\sseau en donne plusieurs exemples4 ,il ma*9e1 avec la complicit du j>d9i]1 t\t un petit drame p\r appr5dre mile que le travail e/ le fondem5t de la proprit4--mile reoit de temps en temps des billets d'invitation p\r un gt]1 une p>tie sur l'eau1 etc4 ,il *]*e quelqu'un qui les lui lise2 on se drobe2 alors l'enfant se dcide appr5dre lire4--,ou bi51 mile ayant le caprice de drang] son matre t\te heure p\r qu'il le conduise la prom5ade1 on laisse un j\r l'enfant sortir seul3 mais1 pe9e a-t-il fait quelques pas dans la rue du village1 qu'il ent5d gau*e et droite des propos dsobligeants3 ,vois91 le joli monsieur6 ,o va-t-il a9si t\t seul8 il va se p]dre4--,vois91 ne voyez-v\s pas que c'e/ un petit lib]t9 qu'on a *ass de la maison de son pre1 etc4 ,c'e/ le g\v]neur lui-mme qui a prp> cette comdie444 7,que d'artifices1 ,seigneur6 o il ne fallait qu'une talo*e67 ,en dehors des int]v5tions de ce g5re1 le prcepteur laiss]a agir la nature4--,pas de langues1 pas de gographie1 pas d'hi/oire4 ,pas de livres1 pas de lectures jusqu' dix ans4 mile n'appr5dra ri5 p> coeur1 pas mme les fables de ,la ,fonta9e1 p>ce qu'il n'e/ pas capable de les ent5dre4 ,mais on dirig]a soigneusem5t1 t\j\rs sans en avoir l'air1 l'ducation de ses s5s4 ,d'excell5tes pages l-dessus4 ,on l'amn]a 7c> il ne s'agit pas de l'y contra9dre7 vivre beauc\p en ple9 air1 ex]c] beauc\p son corps4 ,comme n\rriture1 des lgumes1 des fruits1 le rgime vgt>i54 ,en somme1 ne v\s y trompez pas1 cette ducation1 o on laisse tant de lib]t l'enfant1 e/ des plus rudes4 ,il e/ trs f*eux p\r mile qu'il y ait eu jadis une ville-c\v5t du nom de ,sp>te4--,les leons de sagesse que donn5t les *oses sont p>fois brutales4 ,on n'oblige po9t mile travaill]3 mais1 s'il casse exprs une vitre de sa *ambre1 on ne la remet pas2 et tant pis p\r lui s'il attrape un gros rhume6 ,la t5dresse p>at s+ulirem5t abs5te de cette pdagogie4 ,on y v\drait un petit re/e de faiblesse mat]nelle4 ,et l'on se ress\vi5t que ,r\sseau ne connut ni sa mre1 ni ses enfants4 ,cet homme e/ ple9 d'imprvu6 ,bi5 qu'il n'ait nulle "p =mul expressm5t cette sottise3 le droit au bonheur1 il e/ c]ta9 p\rtant que1 dans t\s ses livres1 son objet e/ le bonheur des hommes4 ,ici1 son objet e/ le bonheur d'mile4 ,et voil que1 *em9 faisant1 ce bonheur devi5t simplem5t la mo9dre s\ffrance4 ,l'art d'tre heureux e/ l'art de support]1 l'art de ress]r] sa vie4 ,c'e/ la pati5ce1 la rsignation1 mme la passivit2 une sorte de /ocisme ou plus exactem5t de fakirisme que ,r\sseau a t\j\rs port en lui3 admirable philosophie de malade1 de solitaire repli sur soi2 mais1 en t\t cas1 philosophie d'homme fait1 et bi5 tri/e et bi5 ds5*ante p\r un jeune enfant4 ,r\sseau mne a9si son lve jusqu' d\ze ans4 ,arriv l1 il contemple son oeuvre avec admiration4 mile e/ bi5 portant1 vig\reux1 franc1 loyal4 ,il a du bon s5s1 de la fi]t1 de la volont4 ,r\sseau le voit a9si p>ce qu'il le veut1 et p>ce qu'il lui a plu que la nature ft bonne *ez mile4 ,autrem5t ce beau sy/me d'ducation et pu t\t aussi bi5 donn] un polisson ou un crt94 ,c> enf91 ce qui russit si bi5 p\r mile russit =t mal p\r ,victor et ,victor9e1 dans ,b\v>d et ,pcu*et4 ,et p\rtant les deux bon%ommes de ,flaub]t possd5t leur ,r\sseau4 ,mme ils en font des rsums3 ,p\r qu'une punition soit bonne1 il faut qu'elle soit la consqu5ce naturelle de la faute4 ,l'enfant a bris un c>reau1 on n'en remettra pas3 qu'il s\ffre du froid2 si1 n'ayant plus faim1 il dem&e d'un plat1 cdez-lui3 une indige/ion le f]a vite se rep5tir4 ,il e/ p>esseux1 qu'il re/e sans travail3 l'ennui de soi-mme l'y ramn]a4 ,mais ,victor ne s\ffre po9t du froid2 son tempram5t peut endur] les excs1 et la fa9antise lui convi5t admirablem5t4 ,alors8444 ,au livre ,,iii1 de d\ze qu9ze ans1 se fait l'ducation de l'intellig5ce et de la rflexion1--t\j\rs p> les *oses mmes1 p> l'expri5ce directe1 sans livres1--avec le mo9dre ef=t possible p\r l'lve4 ,on lui appr5d notamm5t l'a/ronomie1 la gographie1 la physique1 la *imie3 ou plutt on s'arrange de faon que les circon/ances et le beso9 les lui appr5n5t4 ,on fe9t de s'g>] dans une prom5ade1 p\r qu'il essaye de s'ori5t]2 et a9si on lui glisse l'a/ronomie en d\ceur4--,il y a t\te une hi/oire complique et vraim5t grotesque1 o le g\v]neur s'ent5d secrtem5t avec un j\eur de gobelets p\r appr5dre la physique mile t\t en corrigeant sa vanit4 ,a9si1 p> gr& respect de la nature1 on lui enseigne les *oses sans les lui enseign] t\t en les lui enseignant p> de subtils dt\rs4 ,on met aux ma9s d'mile ,rob9son ,cruso1 et on lui fait ralis] ce roman autant qu'il se peut4 ,on lui p]suade 7=t bon1 cela7 d'appr5dre un mti] manuel1--un mti] honnte1 bi5 ent5du1--non celui de brodeur1 p> consqu5t1 ou de doreur1 ou de tailleur1 ou de musici51 ou de comdi51 ou de faiseur de livres1--mais celui de m5uisi]4 ,n\s voil au ,livre ,,iv1 o mile fait l'ducation de sa s5sibilit1 et o son prcepteur le =me aux s5tim5ts sympa?iques et sociaux4 mile a qu9ze ans2 ge dang]eux4 7,r\sseau1 insi/e beauc\p sur cette priode dlicate de la vie d'mile4 ,peut-tre y a-t-il l un ress\v5ir de sa propre adolesc5ce47 mile e/ encore ignorant4 ,il faut prolong] cette ignorance4 ,mais si c'e/ impossible8444 ,r\sseau hsite444 ,puis il se repr5d1 et se fait =t de ma9t5ir l'innoc5ce d'mile jusqu' v+t ans4 ,p> quels moy5s8 ,r\sseau songe un mom5t montr] mile un hpital d'av>is444 ,mais le mieux1 p\r g>d] mile pur 7et ce s\ci e/ beau1 et il n'y a pas de quoi s\rire71 c'e/ encore d'lud] sa s5sualit p> sa s5sibilit1 et de faire driv] celle-ci v]s les s5tim5ts affectueux3 reconnaissance1 amiti1 piti1 am\r du peuple1 am\r de l'humanit4 ,ici se plac5t des propos loqu5ts et gnreux3 ,c'e/ le peuple qui compose le g5re huma92 ce qui n'e/ pas peuple e/ si peu de *ose que ce n'e/ pas la pe9e de le compt]444 ,ft-il plus malheureux que le pauvre mme1 le ri*e n'e/ po9t pla9dre1 p>ce que ses maux sont t\s son ouvrage1 et qu'il ne ti5t qu' lui d'tre heureux4 ,mais la pe9e du misrable lui vi5t des *oses1 de la rigueur du sort qui s'appesantit sur lui4 ,il n'y a po9t d'habitude qui lui puisse t] le s5tim5t physique de la fatigue1 de l'puisem5t1 de la faim2 le bon esprit ni la sagesse ne s]v5t de ri5 p\r l'exempt] des maux de son tat444 ,respectez votre espce2 songez qu'elle e/ compose ess5tiellem5t de la collection des peuples2 que1 qu& t\s les rois et t\s les philosophes en s]ai5t ts1 il n'y p>atrait gure1 et que les *oses n'en irai5t pas plus mal4 ,en un mot1 appr5ez votre lve aim] t\s les hommes1 et mme ceux qui les dpris5t2 faites en sorte qu'il ne se place dans aucune classe1 mais qu'il se retr\ve dans t\tes2 p>lez-lui du g5re huma9 avec att5drissem5t1 avec piti mme1 mais jamais avec mpris4 ,homme1 ne d%onore po9t l'homme4 ,cep5dant1 le mom5t e/ v5u de faire connatre les hommes mile3 d'abord p> l'hi/oire1 et surt\t p> ,plut>que4 ,et le mom5t e/ v5u aussi de lui faire connatre ,dieu4 ,c'e/ ici que son g\v]neur lui rapporte la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d4 ,ici1 le g\v]neur enseigne enf91 il n'y a pas dire444 ,jamais mile1 livr la seule nature1 n'aurait tr\v de lui-mme une si belle dmon/ration d'un ,dieu p]sonnel1 de l'immortalit de l'me et de la vie future4 ,alors1 p\rquoi ne lui avoir pas enseign cela plutt8 cela1 et quelques autres *oses bonnes connatre8 ,que de temps de gagn6 ,r\sseau rpond3 ,a qu9ze ans1 mile ne savait po9t s'il avait une me1 et peut-tre dix-huit ans n'e/-il pas encore temps qu'il l'appr5ne4 ,en t\t cas1 si on lui avait dit ces *oses-l plus tt1 il ne les aurait pas comprises4 ,qui sait8 ,il en aurait compris ce qu'il aurait pu4 ,le mme ,r\sseau crit au livre ,,ii des ,confessions3 ,qu& j'ai dit qu'il ne fallait po9t p>l] aux enfants de religion si l'on v\lait qu'un j\r ils en euss5t1 et qu'ils tai5t incapables de connatre ,dieu1 mme notre manire1 j'ai tir mon s5tim5t de mes obs]vations1 non de ma propre expri5ce2 je savais qu'elle ne concluait ri5 p\r les autres4 ,tr\vez des ,jean-,jacques six ans1 et p>lez-leur de ,dieu sept1 je v\s rponds que v\s ne c\rez aucun risque4 ,oui1 n\s savons que ,jean-,jacques tait un enfant de gnie4 ,mais mile1 ce *] mile1 e/-il donc un petit idiot8 ,mais laissons la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d1 que je trait]ai "p1 et cont9uons de suivre mile dans son dveloppem5t4 mile e/ de plus en plus t\rm5t p> la crise de la dix-huitime anne4 ,comm5t t5dre *ez lui1 jusqu' v+t ans1 l'ignorance des dsirs et la puret des s5s8 ,c\*ez dans sa *ambre2 qu'il ne se mette au lit qu'accabl de sommeil1 et qu'il en sorte l'in/ant qu'il s'veille4 ,puis1 il faut l'emm5] hors des villes1 l'ex]c] des travaux pnibles1 l'envoy] la *asse1 et lui p>l] loquemm5t4 ,lui p>l] loquemm5t8 ,cela rappelle ,b\v>d et ,pcu*et s'v]tuant moralis] ,victor3 ,fnelon recomm&e de temps autre une conv]sation innoc5te4 ,impossible d'en imag9] une seule444 ,b\v>d et ,pcu*et fir5t lire leurs lves des hi/oriettes t5dant inspir] l'am\r de la v]tu4 ,elles assommr5t ,victor444 ,etc4--,peut-tre bi5 qu'en ces matires et dans la plup>t des cas ri5 ne vaut ni ne remplace le comm&em5t catgorique d'une foi religieuse4 ,mais c'e/ ce que la nature ne f\rnit pas3 au contraire4 ,repr5ons4 ,si mile cont9ue d'tre t\rm5t1 il n'y a plus qu'une ress\rce3 son g\v]neur p>tira avec lui1 la re*]*e d'une compagne1 et f]a dur] la re*]*e4 ,de mme qu'on avait comb9 d'avance de petits drames p\r appr5dre mile enfant ce que c'e/ que la proprit1 ou p\r lui t] l'envie de sortir sans son g\v]neur1 ou p\r lui enseign] la fois la physique et la mode/ie1--a9si le m>iage de l'heureux jeune homme s]a l'effet d'une ma*9ation longuem5t prp>e p> son matre4 ,voici4 ,le g\v]neur connat depuis longtemps la jeune fille qui convi5t son lve et qu'il lui de/9e2 il connat ses p>5ts1 il sait o elle demeure4 ,mais il la dcrit d'abord mile comme un objet imag9aire1 dont la p5se combattra l'impression des objets rels4 ,il dit ngligemm5t3 ,p\r lui donn] un nom1 mettons qu'elle s'appelle ,sophie4 ,et il "p avec son lve la re*]*e de la jeune p]sonne qui ressembl]a le mieux cette ,sophie de ses rves4 mile et son prcepteur vont donc ,p>is4 mile voit le monde1 la socit4 lev comme il l'a t1 la socit et le monde n'ont plus de dang] p\r lui4 ,il les voit comme ils sont1 mprisables et ridicules4 ,il e/ de plus en plus s5sible la vie simple et rurale4 ,et n\s r5controns ici le c\plet de la maison blan*e avec des contrev5ts v]ts et l'apo/rophe ,p>is3 ,adieu donc1 ,p>is1 ville clbre1 ville de bruit1 de fume et de b\e1 o les femmes ne croi5t plus l'honneur ni les hommes la v]tu4 ,adieu1 ,p>is4 ,n\s *]*ons l'am\r1 le bonheur1 l'innoc5ce2 n\s ne s]ons jamais assez lo9 de toi6 ,et1 n'ayant pas tr\v ,p>is mme la plus faible reprs5tation de la ,sophie idale1 ils s'en vont la *]*] la campagne4 ,et ma9t5ant1 en att5dant qu'mile la rejoigne1 transportons-n\s auprs de la vraie ,sophie1 *ez ses bons p>5ts1 dans sa jolie maison ru/ique4 ,r\sseau n\s dit quelle a t l'ducation de cette jeune p]sonne et quelle doit tre l'ducation des filles4 ,c'e/ l'ducation la plus /rictem5t traditionnelle1 la plus diffr5te qu'il se puisse de l'ducation d'mile4 ,la nature n\s signifie assez qu'elle n'e/ pas fm9i/e4 ,r\sseau ne l'e/ pas non plus2 il ne l'e/ pas du t\t1 pas mme un peu4--,et l'on peut s'tonn] que sa turluta9e d'galit ne lui ait pas s\ffl l'ide d'galis] les deux sexes4 ,il semblait que pas une *imre ne dt manqu] sa collection4 ,il a p\rtant rat celle-l4 ,r\sseau n'e/ pas fm9i/e4 ,il e/ mme anti-fm9i/e4 ,c'e/ sans d\te p>ce qu'il a beauc\p aim les femmes4 ,il p5se ou s5t1 sur ce po9t1 comme ,mi*elet1 comme ,sa9te-,beuve1 comme t\s ceux qui1 trs t\*s du fm991 aurai5t v\lu1 non pas attnu]1 mais au contraire entret5ir et mme acc5tu] les diffr5ces entre les deux sexes4 ,r\sseau p\sse si lo9 ce s5tim5t 7dj exprim dans la ,lettre sur les spectacles et ailleurs7 qu'il ne reti5t p\r les filles absolum5t aucun des procds qu'il applique l'ducation des g>ons2 comme si les deux sexes n'avai5t intellectuellem5t ri5 de commun1 et comme si ri5 de ce qui convi5t l'un ne p\vait conv5ir l'autre4 ,t&is que le g\v]neur d'mile lui accordait t\te la lib]t possible et v\lait qu'il ne ft jamais puni que p> les *oses1 et t&is qu'il excitait son lve p5s] p> lui-mme et se mettre au-dessus du jugem5t des hommes1--deux ,muses svres1 la ,contra9te1 et le ,respect de l',op9ion1 prsid5t l'ducation des filles3 ,les filles doiv5t tre gnes de bonne heure444 ,la dp5dance e/ un tat naturel aux femmes1 les filles se s5t5t faites p\r obir444 7,on peut les punir1 elles47--444,il rsulte de cette contra9te habituelle une docilit dont les femmes ont beso9 t\te leur vie1 puisqu'elles ne cess5t jamais d'tre assujetties ou un homme1 ou aux jugem5ts des hommes1 et qu'il ne leur e/ jamais p]mis de se mettre au-dessus de ces jugem5ts4--,il n'importe pas seulem5t que la femme soit fidle1 mais qu'elle soit juge telle p> son m>i1 p> ses pro*es1 p> t\t le monde444 ,l'app>5ce mme e/ au nombre des devoirs des femmes444 ,la femme1 en faisant bi51 ne fait que la moiti de sa t*e1 et ce qu'on p5se d'elle ne lui importe pas mo9s que ce qu'elle e/ en effet444 ,t\te l'ducation des femmes e/ relative aux hommes4 ,p\r le surplus1 la femme doit plaire4 ,elle doit soign] sa toilette1 pratiqu] les arts d'agrm5t444--,p\r la religion3--,t\te fille doit avoir la religion de sa mre1 t\te femme celle de son m>i4--,puisque l'autorit doit rgl] la religion des femmes1 il ne s'agit pas tant de leur expliqu] les raisons qu'on a de croire1 que de leur expos] nettem5t ce qu'on croit4--,p\r la culture de leur esprit3--,pas de livres ab/raits1 pas de sci5ces444 ,leurs tudes doiv5t se rapport] t\tes la pratique444 ,t\tes leurs rflexions1 en ce qui ne ti5t pas immdiatem5t leurs devoirs1 doiv5t t5dre l'tude des hommes ou aux connaissances agrables qui n'ont que le gt p\r objet4 etc4 ,r\sseau1 dans ce livre ,v1 p>le s\v5t comme un ,*rysale suprieur4 ,c'e/ l encore un rveil de son me traditionnelle et ance/rale1 comme dans la troisime p>tie de la ,julie4 ,mais je crois aussi qu'il le fait un peu exprs p\r ennuy] ses belles amies4 ,oh6 que ses belles amies l'agac5t p> ress\v5ir6 ,oh6 qu'il en a assez de ces femmes mancipes1 de ces femmes philosophes et a?es et qui croi5t avoir l'esprit libre6 ,il raille1 dans une page =t belle1 ce type prt5du di/+u et respectable de la femme qui manque la pudeur et au devoir fm991 mais qui a1 dit-on1 les v]tus d'un honnte homme4 ,il ne croit pas ces v]tus3 ,le gr& fre9 de leur sexe t1 dit ,r\sseau1 que re/e-t-il qui les reti5ne8 et de quel honneur peuv5t-elles faire cas1 aprs avoir r5onc celui qui leur e/ propre8 ,et tant pis p\r madame d'p9ay1 et p\r madame d',h\detot1 et mme p\r madame de ,luxemb\rg6 ,mais v5ons ,sophie elle-mme4 ,son portrait e/ long1 mais agrable4 ,en voici un petit extrait3 444,sophie n'e/ pas belle1 mais auprs d'elles les hommes oubli5t les belles femmes1 et les belles femmes sont mcont5tes d'elles-mmes4 ,a pe9e e/-elle jolie au premi] aspect2 mais plus on la voit1 et plus elle s'embellit2 elle gagne o d'autres p]d5t2 et ce qu'elle gagne elle ne le p]d plus444 ,sans bl\ir elle intresse1 elle *>me1 et l'on ne saurait dire p\rquoi444 ,sophie aime la p>ure et s'y connat444 mais elle hait les ri*es habillem5ts444 ,sophie a des tal5ts naturels444 ,sophie e/ extrmem5t propre4 ,cep5dant cette propret ne dgnre pas en va9e affectation ni en mollesse444 ,jamais il n'entra dans son app>tem5t que de l'eau simple2 elle ne connat d'autres p>fums que celui des fleurs2 et jamais son m>i n'en respir]a de plus d\x que son hale9e4 ,enf9 l'att5tion qu'elle donne l'extrieur ne lui fait pas oubli] qu'elle doit sa vie et son temps des so9s plus nobles2 elle ignore ou ddaigne cette excessive propret du corps qui s\ille l'me2 ,sophie e/ bi5 plus que propre3 elle e/ pure4 ,dlicieux en somme1 avec ses l5teurs1 t\t ce portrait physique et moral de ,sophie4 ,je le rsume a9si3 un ensemble de qualits moy5nes d'o se dgage un *>me suprieur444 ,je ne vois ,sophie qu'avec des jupes rayes de rose1 et beauc\p1 beauc\p de l+e frais1 et des yeux facilem5t humides4 ,sa mre tait pauvre1 mais de condition4 ,son pre tait ri*e2 il e/ demi ru93 mais il possde encore la jolie maison aux contrev5ts v]ts1 un beau j>d91 des prs1 des *amps4 ,t\s deux sont bons et respectables4 ,sophie e/ leve selon les pr9cipes exposs ci-dessus4 ,on la gronde et on la punit p>faitem5t1 puisqu'elle n'e/ qu'une fille4 ,son pre lui ti5t les disc\rs les plus t5dres et les plus s5ss du monde4 ,il y a l t\t un tableau d'intrieur *>mant et cordial1 un joli co9 de roman b\rgeois1--et qui tait neuf alors4 ,quelques indlicatesses de t\*e vi5n5t le gt] un peu4 ,sophie languit4 ,elle e/ malade d'tre fille4 ,l'auteur n\s p>le trop des s5s et des dsirs de ,sophie1 et mme de son tempram5t combu/ible4 ,et n\s savons bi5 que les jeunes filles peuv5t avoir des s5s et des dsirs1 mais n\s aimons les suppos] comme eng\rdis1 et il ne n\s e/ pas trs agrable qu'on n\s en p>le sans dt\r4 ,on s'inquite1 on int]roge ,sophie1 et elle laisse *app] son secret4 ,on lui a donn lire le roman de ,fnelon1 et elle aime ,tlmaque6 ,et c'e/ cela qui la consume4 ,or voici que ,tlmaque et ,m5tor1 c'e/--dire mile et son g\v]neur1 surpris et m\ills p> un orage1 vi5n5t dem&] l'hospitalit aux p>5ts de ,sophie4 ,t\t cela a t comb9 entre le g\v]neur et le pre4 ,les voyageurs s*s1 on se met table4 ,on cause2 le pre de ,sophie e/ am5 racont] ses malheurs1 et les consolations qu'il a tr\ves dans son p\se3 mile1 mu1 att5dri1 cesse de mang] p\r c\t]4 ,enf91 l'endroit o le plus honnte des hommes s't5d avec plus de plaisir sur l'atta*em5t de la plus digne des femmes1 le jeune voyageur1 hors de lui1 s]re une ma9 du m>i qu'il a saisie1 et de l'autre pr5d aussi la ma9 de la femme1 sur laquelle il se p5*e avec transport en l'arrosant de ses pleurs444 7,tableau la ,did]ot et la ,greuze4 ,v\s connaissez1 et n\s avons df9i1 propos de la ,n\velle ,hlose1 ce g5re de s5sibilit47 444,sophie1 le voyant pleur]1 e/ prte de ml] ses l>mes aux si5nes444 ,la mre voit sa contra9te1 et l'en dlivre en l'envoyant faire une commission4 ,ici1 c\tez bi51 n\s appro*ons d'un c\p de ?tre3 ,une m9ute aprs1 la jeune fille r5tre1 mais si mal remise que son dsordre e/ visible t\s les yeux4 ,la mre lui dit avec d\ceur3--,sophie1 remettez-v\s444 ,a ce nom de ,sophie 7v\s v\s rappelez que c'e/ a9si qu'il nommait sa *imre71 ce nom de ,sophie1 v\s eussiez vu tressaillir mile4 ,frapp d'un nom si *]1 il se rveille en sursaut1 et jette un reg>d avide sur celle qui le porte1 etc4 ,v\s p5sez peut-tre qu'arriv l1 le g\v]neur du jeune homme va le laiss] enf9 tranquille4 ,oh6 que non pas6 ,le g\v]neur juge propos1 vu la combu/ibilit de leur tempram5t1 qu'mile s'in/alle deux lieues de ,sophie1 et qu'ils ne se voi5t que deux ou trois fois p> sema9e4 ,puis1 un j\r1 il ti5t mile un disc\rs1 =t beau en vrit1 admirable mme et du plus pur /ocisme1 o il l'exhorte quitt] ,sophie p5dant deux ans1 af9 d'assur] p> une preuve leur futur bonheur4 ,et il p]suade mile1 et mile p]suade ,sophie1 p>mi des torr5ts de pleurs4 mile voyage donc p\r tudi] les g\v]nem5ts et les moeurs4 ,il rapporte de ses voyages un rsum du ,contrat social--et cette p5se1 entre autres1 qui e/ peut-tre vraie1 mais qui semble peu dmontrable3 ,la ,france s]ait bi5 plus puissante1 si ,p>is tait ananti4 ,et l'on m>ie enf9 mile et ,sophie4 ,et v\s croyez que1 cette fois1 le rle du prcepteur e/ t]m91 et que c'e/ aux jeunes g5s de g\v]n] eux-mmes leur bonheur conjugal8 ,non2 et l'oeil de l'inlassable prcepteur e/ encore dans leur alcve4 ,l'impudeur naturelle de ,jean-,jacques abonde d'autant plus en conseils aux jeunes m>is1 qu'il n'a pas t m>i1 lui2 que son initiation p> madame de ,w>5s fut passive et cynique1 et qu'il n'a pas eu initi] ,?rse1 et que1 de p> sa vie prive1 il ne p>at gure mieux qualifi p\r l'ducation des p\x que p\r l'ducation des enfants4 ,mais passons6 ,ou plutt disons que1 l encore1 il rve sa vie1 qu'il se donne le spectacle de ce qu'il n'a pu faire1 et qu'il s't5d peut-tre sur les jeunes am\rs d'mile et de ,sophie p> un s5tim5t am] de regret et de revan*e4 ,donc1 il les pr5d "p p\r leur recomm&] d'tre t\j\rs amants1 mme dans le m>iage4 ,obti5s t\t de l'am\r1 dit-il mile1 sans ri5 exig] du devoir1 et que les mo9dres faveurs ne soi5t jamais p\r v\s des droits1 mais des grces4 ,et il prcise1 et il insi/e2 et mile se rcrie1 et ,sophie honteuse ti5t son v5tail sur ses yeux4 ,et1 quelques j\rs aprs1 compr5ant1 la figure d'mile1 que ses conseils ont t pris trop la lettre p> ,sophie1 et compr5ant aussi que la dlicate ,sophie veut mnag] son p\x1 il lui fait ent5dre que le *a/e mile a des rs]ves1 et v+t autres indc5ces en /yle noble444 ,de sorte que l'in=tun g>on1--que ,r\sseau a v\lu si libre1 si indp5dant des hommes1 jamais puni1 jamais rprim&1--a f9alem5t son g\v]neur p\r belle-mre2 et quelle belle mre6--et qu'on ne sait qu& il p\rra s'en dptr]1 et qu'il s]a sans d\te lve t\te sa vie4 7,mais1 avec cela1 je ne dois pas omettre que le disc\rs du g\v]neur conti5t d'excell5ts conseils p\r le temps o les p\x s]ont calms1 et que cela ressemble c]ta9s *apitres de ,mi*elet1 et que ,mi*elet1 dans l',am\r1 a emprunt beauc\p1 beauc\p1 au livre ,v de l'mile4 ,mi*elet me p>at d'ailleurs1 malgr la diffr5ce des gnies1 le plus fidle cont9uateur de ,r\sseau au ,x,i,xe sicle47 ,voil ce livre clbre444 ,oh6 il r5f]me des ides excell5tes4 ,l'allaitem5t mat]nel1 l'eau froide1 le ple9 air1 c'e/ trs bi54 ,trs bi5 aussi d'aim] l'enfance et de la v\loir gaie et heureuse4 ,il e/ bi5 encore de croire que faire un homme1 ce n'e/ pas fabriqu] une ma*9e1 mais dvelopp] un tre vivant4 ,les tudes progressives1 proportionnes au dveloppem5t physique et moral de l'enfant2 l'enseignem5t exprim5tal1 p> la vue et le contact des *oses2 le pas donn l'ducation sur l'in/ruction2 la raction contre l'ducation monda9e1 et aussi contre l'ducation p> les livres et surt\t p> les manuels 7 laquelle e/ prs5tem5t en proie notre socit de fonctionnaires71 le desse9 de =m] un homme complet et arm p\r la vie444 t\t cela e/ l\able et ju/e4 ,seulem5t1 l'allaitem5t mat]nel1 l'eau froide1 l'air et l'ex]cice1 c'tait dj prescrit p> ,tron*92 et1 p\r le re/e1 c'tait dj un peu p>t\t1 et c'tait notamm5t1 et plus qu'en g]me1 dans ,rabelais1 dans ,montaigne et dans ,locke4 ,et il e/ bi5 vrai que ,r\sseau a mis sa m>que loqu5te sur ces prceptes connus3 mais1 il re/e1 ici encore1 que ce qui e/ bon lui app>ti5t peu1 et que ce qui lui app>ti5t p>at d'une absurdit insol5te4 ,ce qui lui app>ti5t1 c'e/ l'ide ant9aturelle d'une prt5due ducation selon la nature1 qui exig]ait la dpossession des p>5ts et le sacrifice total de la vie du matre un seul lve2 et c'e/ l'ide d'une ducation qui1 si elle tait ralisable1 emp*]ait *aque gnration de pr(it] du labeur et de la p5se des morts4 ,l'utilit de l'ducation1 s9on son objet mme1 c'e/ prcism5t de disp5s] l'enfant de refaire t\t le travail des pres3 et voil que ,r\sseau prt5d l'oblig] refaire lui-mme ce travail4 ,mais en mme temps1 comme il s5t que ce s]ait un peu long1 il tri*e4 ,nul enseignem5t ne comporte plus d'artifice que cet enseignem5t qui croit respect] la nature4 ,le g\v]neur en e/ rduit truqu] les *oses et la vie aut\r de son lve4 ,il ne l'in/ruit pas1 non2 il ne le punit pas3 mais en ralit il le my/ifie et il l'ass]vit4--comme ,fnelon le duc de ,b\rgogne4 ,or1 si l'lve doit arriv] f9alem5t p5s] comme son g\v]neur1 ce n'tait peut-tre pas la pe9e de pr5dre tant de dt\rs4 ,t\te cette ducation e/ m5songe4 ,le m5songe e/ l'me des trois qu>ts de l'oeuvre de ,jean-,jacques4 ,ou bi51 si cette ducation n'e/ pas l'ass]vissem5t enti] de l'lve au matre1 elle t5d la rupture de t\te tradition4 ,or la tradition conomise le temps en transmettant des p>5ts aux enfants des op9ions t\tes faites4 ,elle unit a9si et fait concord] l'ef=t des gnrations successives4 ,enseignez aux enfants les croyances des pres4 ,ils s'en df]ont plus t>d s'ils veul5t3 mais1 si la plup>t s'y ti5n5t1 quelle =ce la communaut huma9e dont ils font p>tie ne retire-t-elle pas de cette cont9uit6 ,que devi5drait un peuple1 si *aque enfant devait tre laiss libre de jug] la vie et de se faire t\t seul une religion et une morale8 mile e/ g5til1 trs g5til3 mais que dirait son matre si mile1 dix-huit ans1 l'envoyait prom5] avec son disme et la pr(ession de foi du vicaire savoy>d8 ,quel vauri5 p\rrait dev5ir mile s'il n'tait pas si bi5 n1 ou s'il n'avait pas le plus imprieux1 en ralit1 des prcepteurs8--,ou an>*i/e1 ou sde du matre3 voil la de/9e d'un enfant lev /rictem5t selon ,r\sseau4 ,ri5 donc n'a pu tre appliqu de l'mile1 hormis ce qui tait indiqu dj dans ,locke1 ,montaigne1 ,rabelais4 ,mais de la p>tie orig9ale1 de la p>tie propre ,r\sseau1 je le rpte1 on n'a ri5 pu ret5ir4 ,ri58 je me trompe4 ,on a ret5u le pire4 ,il en e/ re/ cette niais]ie3 le respect de la lib]t de l'enfant1 la cra9te d'att5t] sa consci5ce2 p> suite1 nul enseignem5t religieux1--et p\rquoi n'aj\te-t-on pas3 nul enseignem5t moral8--jusqu' ce qu'il soit capable de *oisir lui-mme sa religion ou sa philosophie1 ou de s'ab/5ir volontairem5t de t\t *oix4 ,ce qu'on appelle auj\rd'hui la neutralit et qui e/ en fait l'irrligion de l'cole e/ bi5 en g]me dans l'mile1 e/ c]ta9em5t impliqu p> le sy/me d'ducation de ,r\sseau2--et n\s comm5ons1 je crois1 en entrevoir les rsultats1--rsultats qu'on se g>de bi5 d'attnu] en rcitant du mo9s aux adolesc5ts1--comme ,r\sseau fait p\r mile1--la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d1 dev5ue clricale4 mile eut un gr& succs1 mo9dre p\rtant que celui de la ,n\velle ,hlose4 ,mais mile1 plus au/re1 passa p\r le *ef-d'oeuvre de l'auteur4 ,les femmes n'y vir5t que le roman de ,sophie et l'allaitem5t mat]nel2 et1 l',opra1 les belles dames1 ces annes-l1 se fir5t apport] leurs petits enfants au fond de leur loge1 et leur donnr5t tt] p5dant les entr'actes4--,quant aux hommes1 ils vir5t dans mile ce qu'ils v\lur5t1 c> il y a de t\t4 ,je veux du mo9s v\s faire connatre l'int]prtation d'mile p> ce bon ,musset-,pa?ay 7le pre d',alfr$ de ,musset7 qui publia en #ahbe une hi/oire apologtique de ,r\sseau4 ,c'e/ bi5 simple4 ,r\sseau1 avec le c\p d'oeil du gnie2 prvoyant t\te la ,rvolution franaise1 a v\lu lev] mile1 jeune noble1 de faon qu'il pt se tir] d'affaire1 quels que fuss5t les vnem5ts4 ,et c'e/ p\rquoi il lui a appris1 notamm5t1 le mti] de m5uisi]4 mile s]ait donc un trait d'ducation p\r les jeunes g5til%ommes en vue de la cata/rophe rvolutionnaire4 videmm5t ,musset-,pa?ay p5sait au duc d',orlans 7,l\is-,philippe71 =m autrefois p> madame de ,g5lis selon quelques-uns des prceptes de ,jean-,jacques4 ,c'e/ assez curieux4 ,mais l'ide ess5tielle1 orig9ale et absurde de l'mile se plie si mal la pratique1 que ,jean-,jacques1 consult p> des mres1 des abbs prcepteurs1 mme des pr9ces1 fait ce qu'il avait dj fait propos du ,disc\rs sur les sci5ces et du ,disc\rs sur l'9galit3 il av\e sa propre outrances ou bi5 il l'attnue1 ou mme il se contr$it4--,a madame de ,t444 7#f avril #agga7 il conseille nettem5t d'loign] et de mettre en p5sion un enfant indiscipl9able1 et ne se s\cie nullem5t de laiss] faire la nature *ez ce jeune vauri54--,a l'abb ,m444 7#bh fvri] #aggj7 il crit 7et je ne sais trop s'il n'y met pas une ironie s\rde de p9ce-sans-rire1 bi5 que ce s5tim5t lui soit1 en gnral1 trs trang]73 ,s'il e/ vrai que v\s ayez adopt le plan que j'ai t* de trac] dans l'mile1 j'admire votre c\rage3 c> v\s avez trop de lumires p\r ne pas voir que1 dans un p>eil sy/me1 il faut t\t ou ri51 et qu'il vaudrait c5t fois mieux repr5dre le tra9 des ducations ord9aires et faire un petit talon r\ge que de suivre demi celle-l p\r ne faire qu'un homme manqu444 ,v\s ne p\vez ignor] quelle t*e imm5se v\s v\s donnez3 v\s voil1 p5dant dix ans au mo9s1 nul p\r v\s-mme1 et livr t\t enti] avec t\tes vos facults votre lve2 vigilance1 pati5ce1 f]met1 voil surt\t trois qualits sur lesquelles v\s ne sauriez v\s rel*] un seul in/ant sans risqu] de t\t p]dre2 oui1 de t\t p]dre1 entirem5t t\t3 un mom5t d'impati5ce1 de nglig5ce ou d'oubli peut v\s t] le fruit de dix ans de travaux1 sans qu'il v\s en re/e ri5 du t\t1 pas mme la possibilit de le rec\vr] p> le travail de dix autres4 ,c]ta9em5t1 s'il y a quelque *ose qui mrite le nom d'hroque et de gr& p>mi les hommes1 c'e/ le succs d'une entreprise p>eille la vtre4 ,etc4 ,cela e/ f\4 ,de qui ,r\sseau se moque-t-il8 ,si l'ducation d'un seul petit bonhomme veut cette abngation totale et ce travail h]culen de dix annes1 l'abb ,m444 n'a qu' y r5onc]4 ,peut-on av\] plus clairem5t qu'mile n'e/ que le roman de l'ducation8 ,enf91 dans un j\rnal sur le sj\r de ,jean-,jacques ,/rasb\rg en #agfe1 on lit ceci3 ,monsieur ,anga lui a r5du visite et lui a dit2--,v\s voyez1 monsieur1 un homme qui a lev son fils selon les pr9cipes qu'il a eu le bonheur de puis] dans votre mile4--,tant pis1 monsieur1 lui rpondit ,jean-,jacques2 tant pis p\r v\s et p\r votre fils4 ,mais ,r\sseau dtruit encore mieux l'mile p> un autre roman dont il n'a crit que deux *apitres et qui e/ intitul3 mile et ,sophie ou les ,solitaires4 mile et ,sophie sont m>is4 ,ils ont un fils4 ,v\s p5sez que1 ptris p> ,jean-,jacques1 ils sont p\r jamais sages et heureux4 ,mais ils vi5n5t ,p>is4 ,ils voi5t le monde4 ,ils se dissip5t4 ,un j\r ,sophie se refuse son m>i4 ,cela dure plusieurs mois4 ,presse de que/ions1 elle f9it p> dire3 ,arrtez1 mile1 et sa*ez que je ne v\s suis plus ri53 un autre a s\ill votre lit1 je suis ence9te1 v\s ne me t\*]ez de ma vie4 ,quoi6 cette ,sophie si *>mante et si bi5 leve444 ,oui1 c'e/ une manie de ,r\sseau4 ,il faut que ,sophie soit s\ille comme ,julie1 af9 de p\voir remont] la v]tu comme ,julie1--et comme ,jean-,jacques lui-mme1 dont je v\s ai dj dit que la vie e/ une volution morale1 une purification a*eve p> la dm5ce4 mile s'enfuit dsespr4 ,puis il rfl*it1 il se rappelle les leons de /ocisme de son matre2 il tr\ve des excuses ,sophie2 il admire mme ce qu'elle a g>d de fran*ise et de v]tu dans la faute4 ,il lui p>donne1 mais il s'en ira1 lo91 avec son fils4 ,en att5dant1 il travaille1 quelques lieues de ,p>is1 *ez un m5uisi]1 p\r fatigu] son corps et puis] sa pe9e4 ,sophie l'y retr\ve1 n'ose entr] dans l'ateli]1 mais s'crie mi-voix1 en reg>dant l'enfant dont elle e/ accompagne3 ,non1 jamais il ne v\dra t't] ta mre2 vi5s1 n\s n'avons ri5 faire ici4 ,et1 en effet1 mile r5once emm5] l'enfant et "p seul1 pi$4 ,puis il s'engage comme matelot1 e/ pris p> un corsaire4 ,captif en ,alg]1 il se signale p> sa pati5ce1 sa d\ceur1 son c\rage1 et devi5t l'esclave du dey1 qui a de la considration p\r lui4 ,ici s'arrte le roman1 et n\s n\s disons3 ,a quoi a s]vi l'ducation si spciale d'mile1 puisque1 v5u ,p>is1 il s'e/ mis y vivre comme t\t le monde8--,elle lui a s]vi1 dira ,r\sseau1 se ressaisir1 se montr] ju/e et bon env]s ,sophie1 se conduire c\rageusem5t en ,alg]4--,mais un homme bi5 n n'aurait-il pu faire exactem5t les mmes *oses1 qu& mme il et t lev au collge de ,nav>re et selon les anci5nes m?odes4 ,alors8444 ,mais il y a de vraies beauts dans ce fragm5t de roman2 mais l'adultre y e/ pris trs au srieux dans un temps o il n'excitait d'ord9aire que des plaisant]ies 7au mo9s *ez les hautes classes72 mais mile tromp p>donne sa femme presque dans les t]mes et p> les considrants d'un m>i de ,dumas fils2 mais1 dj1 dans la ,n\velle ,hlose1 ,jean-,jacques n\s avait montr une c\rtisane encore plus hroque que la ,dame aux camlias2 mais1 plusieurs annes aup>avant1 dans une note de la ,rponse ,bordes il avait dcl> que la trahison du m>i e/ aussi c\pable que celle de la femme1 et que femme et m>i se doiv5t une fidlit gale444 ,c> cet homme1 qui a crit lui t\t seul plus de sottises1 beauc\p plus1 que t\s les autres gr&s classiques ensemble1 e/ aussi celui qui a ouv]t la littrature et au s5tim5t le plus de voies n\velles444 ,c'e/ a9si4 ,,huiti,,me ,,conf,,r5ce ,,le ,,contrat ,,social ,,la ,,pr(ession ,,de ,,foi ,,du ,,vicaire ,,savoy>d ,a mon avis1 le ,contrat social e/1 avec le premi] ,disc\rs1 le plus mdiocre des livres de ,r\sseau4 ,il en e/1 s\s une =me s5t5cieuse1 le plus obscur et le plus *aotique4 ,et il en a t1 dans la suite1 le plus fune/e4 ,c'e/ aussi l'ouvrage qui s'insre le mo9s facilem5t dans sa biographie1 celui dont on voit le mieux qu'il aurait pu ne pas l'crire4 ,le ,contrat social ne s'explique pas1 comme les deux ,disc\rs1 comme la ,julie1 comme l'mile1 comme les quelques autres ouvrages qui suivront1 p> quelque circon/ance imprieuse ou p]suasive de la vie de ,jean-,jacques4 ,le texte df9itif du ,contrat social a d tre rdig immdiatem5t avant ou aprs l'mile4 ,mais le ,contrat e/ un fragm5t d'un gr& ouvrage antrieur3 les ,in/itutions politiques1 comm5ces p> ,r\sseau ,v5ise 7#agdd74 ,le ,contrat e/ donc le seul ouvrage de ,r\sseau 7avec les ,rv]ies7 qui n'ait pas t conu et crit s\s le c\p de la passion4 ,je crois simplem5t que ,r\sseau ,montmor5cy reprit et revit1 v]s #agfj-agfa1 ses vieux cahi]s de ,v5ise1 p>ce qu'il tait trs t\* de la gloire de ,montesquieu 7qu'il raille sans le nomm] au livre ,,ii du ,contrat74 ,puis1 il tait encore dans sa priode d'adoration p\r ,g5ve4 ,ce qu'il difie dans le ,contrat social1 c'e/ le g\v]nem5t de ,g5ve idalis4 ,idalis8 ,comm5t8--,g5ve tait un g\v]nem5t dmocratique1 mais attnu4--,en dehors des habitants1 c'e/--dire les trang]s domicilis dans la rpublique1 et des natifs1 ou fils d'habitants 7deux classes qui comptai5t peu7 il y avait les citoy5s1 fils de b\rgeois et ns dans la ville1 et les b\rgeois1 fils de b\rgeois ou de citoy5s1 mais ns l'trang]1 ou trang]s ayant acquis le droit de b\rgeoisie4 ,ces deux classes3 les citoy5s et les b\rgeois1 =mai5t ensemble le corps lectoral3 environ qu9ze c5ts votants 7on n'tait lecteur qu' v+t-c9q ans74 ,mais1 seuls1 les citoy5s p\vai5t tre membres du g\v]nem5t 7appel ,petit ,conseil74 ,or1 lorsque ,r\sseau avait publi le ,disc\rs sur l'9galit1 il l'avait ddi la ,rpublique de ,g5ve1 et p>ticulirem5t aux membres du ,petit ,conseil4 ,mais ils avai5t1 p>at-il1 reu froidem5t cette ddicace2 et1 t&is que t\t le peuple de ,g5ve s'*auffait p\r ,jean-,jacques1 eux seuls avai5t montr quelque rs]ve4 ,jean-,jacques1 n\s le savons1 leur en avait g>d rancune2 et il e/ donc =t possible qu'en p\ssant la dmocratie t\te pure son tableau idalis d'une petite rpublique1 il ait v\lu ennuy] un peu ces membres privilgis du ,petit ,conseil1 qu'il avait inutilem5t traits dans sa ddicace de magnifiques et s\v]a9s seigneurs4 ,ce n'e/ que p> l1 je crois1 qu'on peut insr]1 comme je disais1 le ,contrat social dans la vie p]sonnelle et intime de ,jean-,jacques3 ,jean-,jacques veut dmocratis] ,g5ve p> rancune des s5tim5ts trop tides du g\v]nem5t g5evois son g>d4--,il n'e/ pas impossible4 ,d'autre "p1 il n'tait pas ncessaire sans d\te1 mais il tait assez naturel que ,r\sseau1 c5seur des moeurs dans ses premi]s livres1 prcepteur d'am\r dans la ,julie1 oracle de l'ducation dans l'mile1 s5tt le beso9 d'tre enf9 lgislateur1 p\r a*ev] sa mission de bi5faiteur de l'humanit4 ,c> t\s ces emplois se ti5n5t4--,lui-mme avait dit dans l'mile 7et l'on y peut voir une amorce au ,contrat social73 ,comm5t faire p\r que l'homme1 dans l'tat civil1 re/e aussi libre que possible1 ne subisse pas des volonts p>ticulires et arbitraires1 ne subisse que des volonts gnrales8 ,il faut sub/itu] la loi l'homme2 arm] les volonts gnrales d'une =ce relle1 suprieure l'action de t\te volont p>ticulire4 ,bref1 c'e/ l'homme d'un rle qui a crit le ,contrat social1 et c'e/ aussi l'homme froiss p> les magnifiques seigneurs de ,g5ve2 et c'e/ le ,g5evois1 fils d'une trs petite rpublique2 et c'e/ plus encore le prote/ant4 ,la s\v]a9et du peuple e/ un dogme prote/ant1 oppos p> les pa/eurs du ,x,v,i,ie sicle au despotisme de ,l\is ,,xiv4 ,le m9i/re ,jurieu avait dit en propres t]mes3 ,le peuple e/ la seule autorit qui n'ait pas beso9 d'avoir raison p\r valid] ses actes4 ,et1 si c'e/ le prote/ant qui a crit le ,contrat1 ce n'e/ donc po9t l'aptre de la nature2 et il p>at en effet impossible de faire r5tr] ce livre dans la ?orie expose p> les deux ,disc\rs4 ,c> le g\v]nem5t selon la nature1 le g\v]nem5t naturel1--de quelque faon qu'on l'ent5de1--ce ne peut videmm5t pas tre la dmocratie absolue1 t>dif et artificiel produit des mtaphysiques politiques1 7et qui n'a jamais t ralise mme dans les petites rpubliques de l'antiquit1 o il y avait les esclaves73 le g\v]nem5t selon la nature1 ce s]ait le g\v]nem5t le plus ressemblant l'immmoriale et naturelle in/itution de la famille2 ce s]ait le g\v]nem5t d'un seul1 ce s]ait la mon>*ie1--et cela de l'aveu mme de ,r\sseau qui1 dans le ,disc\rs sur l'9galit1 considre comme le meilleur et le plus heureux le rgime patri>cal de la tribu4 ,et ma9t5ant voici le desse9 du ,contrat social1 dgag de t\tes les digressions qui l'obscurciss5t4 ,je veux cit] d'abord une p>tie des pr9cipes poss p> l'auteur1 et d'o le re/e e/ dduit3 ,l'homme e/ n libre1 et p>t\t il e/ dans les f]s 7n libre ne me prs5te aucun s5s2 mais passons74 ,comm5t ce *angem5t s'e/-il fait8 ,je l'ignore444 ,qu'e/-ce qui peut le r5dre lgitime 7le1 c'e/--dire ce *angem5t de l'homme n libre en homme qui n'e/ plus libre1 c'e/--dire1 au b\t du compte1 le g\v]nem5t1 l'in/itution sociale78 ,je crois p\voir rs\dre cette "q4 ,il y a1 l'orig9e des socits1 un pacte1 connu ou suppos4 ,comm5t doit se =mul] ce pacte8 ,quelles en doiv5t tre les clauses1--et ensuite le fonctionnem5t8 444,la difficult peut s'nonc] en ces t]mes3 ,tr\v] une =me d'association qui df5de et protge de t\te la =ce commune la p]sonne et les bi5s de *aque associ1 et p> laquelle *acun1 s'unissant t\s1 n'obisse p\rtant qu' lui-mme et re/e aussi libre qu'aup>avant4 ,tel e/ le problme fondam5tal dont le contrat social donne la solution4 444,les clauses de ce contrat1 bi5 ent5dues1 se rduis5t t\tes une seule1 savoir l'alination totale de *aque associ avec t\s ses droits t\te la communaut2 c>1 premirem5t1 *acun se donnant t\t enti]1 la condition e/ gale p\r t\s2 et1 la condition tant gale p\r t\s1 nul n'a intrt de la r5dre onreuse aux autres4 7,r\sseau en e/ sr4447 ,de plus1 *acun1 se donnant t\s1 ne se donne p]sonne2 et1 comme il n'y a pas un associ sur lequel on n'acquire le mme droit qu'on lui cde sur soi1 on gagne l'quival5t de ce qu'on p]d1 et plus de =ce p\r cons]v] ce qu'on a4 7,oh6 c'e/ d'une excell5te logique1 et c'e/ trs bi5 sur le papi]47 444,a l'in/ant1 au lieu de la p]sonne p>ticulire de *aque contractant1 cet acte d'association produit un corps moral et collectif1 compos d'autant de membres que l'assemble a de voix2 lequel reoit de ce mme acte son unit1 son moi commun1 sa vie1 sa volont444 ,cet tre collectif e/ appel tat qu& il e/ passif1 s\v]a9 qu& il e/ actif444 ,a l'g>d des associs1 ils pr5n5t collectivem5t le nom de peuple1 et s'appell5t en p>ticuli] citoy5s1 comme p>ticipant l'autorit s\v]a9e1 et sujets1 comme s\mis aux lois de l'tat4 ,et voici comm5t le sy/me doit fonctionn]1 p\r que les hommes soi5t aussi heureux et1 p>at-il1 aussi libres que possible4 ,le peuple fait la loi en tant que s\v]a94--,le peuple obx la loi en tant que sujet4--,le peuple applique la loi en tant que pr9ce ou magi/rat1 en nommant1 p\r l'appliqu]1 non pas des reprs5tants1 mais des commissaires4 ,c'e/ le g\v]nem5t direct et cont9u du peuple p> le peuple4 ,et voici ce qui e/ impliqu dans ce sy/me3 #a ,l'galit absolue des citoy5s4--,p\r que cette galit demeure1 il ne faut pas que le citoy5 fasse p>tie d'un autre gr\pe que l'tat1 qu'il subisse une hir>*ie prive4 ,donc1 aucune socit p>tielle1 aucune association1 aucune corporation4 ,autrem5t1 on p\rrait dire qu'il n'y a plus autant de votants que d'hommes1 mais seulem5t autant que d'associations4 ,quant l'9galit des =tunes444 ,le communisme e/ envelopp dans ,r\sseau4 ,il dit dans le ,contrat 7,l4 #i73 ,l'tat1 l'g>d de ses membres1 e/ matre de leurs bi5s p> le contrat social444 ,les possesseurs sont considrs comme dpositaires du bi5 public4 ,et il avait dit dans l'mile 7,v73 ,le s\v]a9 7c'e/ ici le peuple7 peut lgitimem5t s'emp>] des bi5s de t\s1 comme cela se fit ,sp>te1 au temps de ,lycurgue4 7,et p\rtant1 dans la ,n\velle ,hlose1 il crivait la fois le pome et le trait du g\v]nem5t dome/ique2 et cela supposait la fois l'9galit assez gr&e des =tunes et une svre hir>*ie1 et il en rsultait un gr\pem5t naturel1 conomique et moral1 qui =mait videmm5t une socit p>tielle1 int]pose entre l'individu et l'tat4 ,et ce gr\pem5t semblait ,r\sseau utile et dlicieux47 #b ,le sy/me implique la s\v]a9et du peuple4 ,cette s\v]a9et va lo94 ,on convi5t1 dit ,r\sseau1 que t\t ce que *acun aline1 p\r le pacte social1 de sa puissance1 de ses bi5s1 de sa lib]t1 c'e/ seulem5t la p>tie de t\t cela dont l'usage importe la communaut3 mais il faut conv5ir aussi que le s\v]a9 7c'e/--dire le peuple en tant que s\v]a97 e/ juge de cette importance4 ,bref1 c'e/ le peuple qui dcid]a ce qu'il convi5t de laiss] de lib]t et de bi5s *aque citoy52 et cela fait frmir4 7,et p\rtant1 dans ce mme ,contrat social1 ,r\sseau refuse au peuple la prvoyance et la clairvoyance1 et l'appelle une multitude aveugle1 qui s\v5t ne sait ce qu'elle veut1 p>ce qu'elle sait r>em5t ce qui lui e/ bon47 #c ,troisimem5t et corollairem5t1 le sy/me implique le droit illimit du peuple s\v]a91 mme sur la consci5ce4 ,le peuple impose sa loi1 mme en matire philosophique et ?ologique4 ,jean-,jacques rtrograde jusqu' ,calv94 ,il rtablit l'union du temporel et du spirituel1 dont la sp>ation avait t1 selon ,augu/e ,comte1 le *ef-d'oeuvre du moy5 ge4 ,il y a1 dit-il1 une pr(ession de foi purem5t civile1 dont il app>ti5t au s\v]a9 7au peuple s\v]a97 de fix] les articles1 non pas prcism5t comme dogmes de la religion1 mais comme s5tim5ts de sociabilit sans lesquels il e/ impossible d'tre bon citoy5 ni sujet fidle4 ,il indique les dogmes de cette religion civile3 l'exi/5ce de la div9it puissante1 intellig5te1 bi5faisante1 prvoyante et p\rvoyante1 la vie v5ir1 le bonheur des ju/es1 le *tim5t des m*ants1 la sa9tet du contrat social et des lois4 ,et il conclut a9si sur ce po9t3 444,sans p\voir oblig] p]sonne croire ces dogmes1 le peuple peut bannir de l'tat quiconque ne les croit pas2 il peut le bannir1 non comme impie1 mais comme insociable1 comme incapable d'aim] s9crem5t les lois1 la ju/ice1 et d'immol] au beso9 sa vie son devoir4 ,que si quelqu'un1 aprs avoir reconnu publiquem5t ces mmes dogmes1 ,,se ,,conduit ,,comme ,,ne ,,les ,,croyant ,,pas 7=mule t]riblem5t ambigu et inquisitoriale71 qu'il soit puni de mort2 il a commis le plus gr& des crimes1 il a m5ti devant les lois4 ,qu& on se rappelle que les dogmes en "q1 outre l'exi/5ce de ,dieu et la vie future1 compr5n5t la sa9tet du contrat social et des lois1 on croit ent5dre ici les considrants des arrts qui1 tr5te ans plus t>d1 env]ront tant de g5s1--p>mi lesquels ,male%]bes1 ,&r ,*ni] et ,lavoisi]1-- la guillot9e p\r cause d'incivisme2 ce qui donne bi5 de la saveur la phrase o ,r\sseau1 t\t de suite aprs1 condamne l'intolrance4 ,rem>quons en passant que ce ne sont pas les a?es que les fils politiques de ,r\sseau prescrirai5t auj\rd'hui3 au contraire4 ,a9si v>ie la folie huma9e4 ,donc1 ,r\sseau dcrte la mort contre l'a?e relaps4 7,et p\rtant1 dans la ,n\velle ,hlose1 le v]tueux ,wolm> e/ a?e1 et s]ait donc proscrit de la ,g5ve idale et condamn mort s'il y r5trait4 ,et ,jean-,jacques admire ,wolm>4 ,p>t\t ailleurs que dans le ,contrat1 ,jean-,jacques n'e/ pas intolrant4 ,il pr*e mme la tolrance avec une s9crit mue dans la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d4 ,et ju/em5t1 lui qui condamne dans le ,contrat ceux dont la croyance n'e/ pas con=me son or?odoxie1 il s]a condamn1 et cause du ,contrat et cause de la ,pr(ession de foi1 p> deux autres or?odoxies1 celle du ,p>lem5t de ,p>is et celle du ,petit ,conseil de ,g5ve4 ,si bi5 qu'il p\rra se dire3 ,pat]e quam feci/i legem4 ,mais assurm5t il ne se le dira pas47 ,a9si1 le peuple s\v]a91 qui ne devait pr5dre *aque citoy5 que la "p de sa lib]t dont l'usage importe la communaut1 lui pr5d f9alem5t t\t4--,et1 comme sans d\te ,r\sseau prvoit qu'il y aura de mauvais esprits qui essay]ont de rsi/] ou de se drob]1 il imag9e p> surcrot un tas de magi/ratures imites des rpubliques antiques p\r ma9t5ir l'ordre3--la dictature1 bi5 ent5du1 dans les gr&es crises2 mais aussi la c5sure1 p\r surveill] les moeurs1 dnonc] les m*ants et rglem5t] ce qui p\rra re/] de plaisirs aux malheureux citoy5s1--et le tribunat1 cons]vateur des lois et du p\voir lgislatif et qui s]vira quelquefois protg] le s\v]a9 contre le g\v]nem5t 7c'e/--dire le peuple contre ses commissaires71 comme faisai5t ,rome les tribuns du peuple1 quelquefois s\t5ir le g\v]nem5t contre le peuple1 comme fait ,v5ise le ,conseil des ,dix2 et quelquefois ma9t5ir l'quilibre de "p et d'autre1 comme faisai5t les phores ,sp>te4 7,s5tez-v\s se dress] ici1 dj1 l'app>eil du g\v]nem5t de la ,t]reur87--,autant de tyrannies aj\tes1 et bi5tt sub/itues1 plus dures encore1 celle de l'tat4 ,il e/ clair qu'aprs cela il ne peut re/] une p>celle de lib]t aux citoy5s1 si ce n'e/ ceux qui sont de la cli5tle des magi/ratures g\v]nantes4 ,quant l'galit1 voil longtemps qu'il n'y en a plus trace dans la dmocratie pure inv5te p> ,jean-,jacques4 ,et cep5dant1 ici comme dans les deux ,disc\rs1 l'galit semble son suprme idal4 ,p\rquoi8 je n'en sais ri54 ,am\r des symtries ab/raites8444 ,a mo9s de suppos] qu'il y et dans son coeur plus d'envie1 plus de rancune des abaissem5ts de sa jeunesse qu'il n'en a laiss p>atre dans ses livres3 c>1 il faut le reconnatre1 jamais ce s5tim5t d'envie n'y e/ confess4 ,p\rquoi donc cette sup]/ition de l'galit8 ,l'galit n'e/ pas un droit 7quoique la ,rvolution en ait fait le premi] des droits de l'homme72 et elle n'e/ pas un fait de nature1 ,jean-,jacques1 prtre de la nature6 7,t\t ce qu'on peut dire1 c'e/ que le dsir de l'galit concide1 dans c]ta9s cas1 avec le dsir de la ju/ice74 ,elle n'e/ pas un droit4--,v\s imag9ez-v\s qu'un homme puisse dire en v5ant au monde3--,j'ai droit ce qu'aucun homme ne me soit suprieur1 n'ait plus de puissance que moi6 7,faguet47 ,cela n'a aucun s5s4 ,ce qui e/ vrai1 c'e/ ceci3--,les hommes ont le devoir de ne pas aggrav] les 9galits naturelles et fatales entre les hommes4 ,le mot droit n'a de s5s qu'en corrlation avec le mot devoir4 ,l'galit n'e/ pas non plus un fait de nature4 ,r\sseau ne l'a pas tr\ve mme *ez les hommes primitifs1 cela e/ trop vid5t4 ,a mo9s qu'on ne veuille simplem5t dire3--,t\s les hommes naiss5t en pleurant1 t\s meur5t dans l'angoisse et la s\ffrance2 t\s sont s\mis aux mmes ncessits naturelles1 etc44 ,mais1 de cela mme1 s'il y a quelque *ose tir] p\r le morali/e et p\r le *rti51 il n'y a ri5 tir] p\r l'tat4 ,je dirai t\te ma p5se3--,p\rquoi regrett] qu'il en soit a9si8 ,ou p\rquoi s'irrit] contre ce qui ne peut absolum5t pas tre autrem5t8 ,et enf9 p\rquoi l'galit p>at-elle dlicieuse et dsirable ,r\sseau1 et l'9galit odieuse8--,l'galit relle entre les hommes n'exi/]ait que p> leur complte similitude4 ,et cela ne se conoit mme pas4 ,les 9galits natives1 sauf les cas extrmes1 ne sont pas ncessairem5t intolrables4 ,on e/ 9gaux1 mais on vit t\t de mme1 et on vit sans en s\ffrir4 ,on e/ 9gaux1 mais on e/ surt\t diffr5ts4--,la page de ,la ,bruyre 7,de l'homme1 #aca73 ,il se fait gnralem5t dans t\s les hommes des comb9aisons inf9ies de la puissance1 de la faveur1 du gnie1 des ri*esses1 des dignits1 de la noblesse1 de la =ce1 de l'indu/rie1 de la capacit1 de la v]tu1 du vice1 de la faiblesse1 de la /upidit1 de la pauvret1 de l'impuissance1 de la roture et de la bassesse4 ,ces *oses1 mles ensemble de mille manires diffr5tes et comp5ses l'une p> l'autre en div]s sujets1 =m5t a9si les div]s tats et les diffr5tes conditions1 etc41 n'a pas cess d'tre vraie depuis la ,rvolution4--,l\is ,veuillot a crit3 ,si je p\vais rtablir la noblesse1 je le f]ais t\t de suite et je ne m'en mettrais pas4 ,moi non plus4 ,t\t ce que doit la socit1 ai-je dit1 c'e/1 autant que possible1--ent5dez3 autant que le p]met l'intrt gnral1--de se g>d] d'aj\t]1 l'9galit qui vi5t de la nature1 un surcrot d'9galit qui vi5drait des lois2 c'e/1 autant que possible1 d'appliqu] ses membres un traitem5t gal4 ,or cela e/ possible dans la vie civile4 ,l'galit devant le ,code1 quoiqu'elle soit s\v5t un leurre1 n\s p>at *ose due4 ,voltaire ne rclamait que cette galit-l4 ,n\s l'avons4--,au del1 c'e/ la *imre4 ,l'galit politique 7suffrage univ]sel7 cre des 9galits pires4 ,l'galit conomique1 ou collectivisme1 s]ait un fonctionn>isme1 donc une hir>*ie1 et ramn]ait l'9galit4 ,le ,contrat social dmontre avec clat le premi] po9t 7que l'galit politique cre des 9galits pires74 ,avant les premires socits1 au temps des sauvages p>s1 l'9galit exi/e ds qu'ils se r5contr5t1 et 7quoi qu'en dise ,r\sseau7 la plus brutale des 9galits1 celle de la =ce ou de l'adresse physique4 ,on peut sans d\te suppos]1 l'orig9e des socits1 une sorte de contrat tacite1 mais qui1 les apports tant 9gaux1 laisse 9gaux les contractants2 o les =ts et les habiles ont le comm&em5t et la puissance1 et les autres seulem5t un peu de scurit4 7,au re/e1 sur ces inconnaissables orig9es1 je ne vois ri5 de plus raisonnable que les hypo?ses de ,buffon dans la septime poque de la ,nature47 ,mais ,r\sseau1 veut qu'un contrat o les =ts aurai5t bnvolem5t cons5ti se considr] comme les gaux des faibles et n'aurai5t rclam aucun privilge1 il veut qu'un tel pacte ait pu tre conclu ou s\s-ent5du4--ou 7mettons t\t au mieux7 qu'une socit puisse tre organise comme si ce pacte avait t conclu4 ,soit4 ,t\s les citoy5s1 gaux entre eux1 vot5t les lois 7et lis5t en outre ceux qui sont *>gs de les appliqu]74 ,c'e/ le rgime du g\v]nem5t direct p> le suffrage univ]sel 7qu'il e/ assez tonnant que ,r\sseau ne nomme pas1 soit de ce nom1 soit d'un autre quival5t74 ,mais il e/ vid5t que les votes ne s]ont pas unanimes4 ,le suffrage univ]sel1 c'e/ la t\te-puissance de la moiti des citoy5s plus un1 et l'autre moiti mo9s un subit donc des lois qu'elle n'a pas v\lues4 ,et a9si 7je v\s dis l des *oses bi5 connues1 mais il faut bi5 les rpt] ici71 le suffrage univ]sel1--dj s\s le rgime p>lem5taire1 mais beauc\p plus =te raison s\s le rgime du g\v]nem5t direct p> le peuple1--ab\tit ncessairem5t la tyrannie d'un p>ti4 7,sans compt] qu'il ab\tit1 d'une faon gnrale1 l'ass]vissem5t ou plutt la subm]sion des capables p> les incapables1 qui sont les plus nombreux47--,et n\s v\drions bi5 savoir1 comm5t1 ds lors1 les votants de la m9orit p\rrai5t bi5 demeur] les gaux des votants de la majorit1 lesquels peuv5t littralem5t t\t contre les va9cus du suffrage4 ,r\sseau connat l'objection4 ,il la =mule a9si3 ,hors le contrat primitif 7o l'unanimit e/ ncessaire7 la voix du plus gr& nombre oblige t\s les autres2 c'e/ une suite du contrat mme4 ,mais on dem&e comm5t un homme peut tre libre et =c de se con=m] des volonts qui ne sont pas la si5ne4 ,comm5t les opposants sont-ils s\mis des lois auxquelles ils n'ont pas cons5ti8 ,et voici sa rponse3 ,je rponds que la "q e/ mal pose4 ,le citoy5 cons5t t\tes les lois1 mme celles qu'on passe malgr lui1 et mme celles qui le puniss5t qu& il ose en viol] quelqu'une4 ,la volont con/ante de t\s les membres de l'tat e/ la volont gnrale2 c'e/ p> elle qu'ils sont citoy5s et libres4 ,qu& on propose une loi dans l'assemble du peuple1 ce qu'on leur dem&e1 ce n'e/ pas prcism5t s'ils appr\v5t la proposition2 mais si elle e/ con=me la volont gnrale qui e/ la leur3 *acun en donnant son suffrage dit son avis l-dessus1 et du calcul des voix se tire la dcl>ation de la volont gnrale4 ,qu& donc l'avis contraire au mi5 l'emporte1 cela ne pr\ve autre *ose s9on que je m'tais tromp et que ce que j'e/imais tre la volont gnrale ne l'tait pas4 ,si mon avis p>ticuli] l'et emport1 j'aurais fait autre *ose que ce que j'aurais v\lu2 c'e/ alors que je n'aurais pas t libre 7,,iv1 #b74 7,c'e/ le droit div9 de la majorit47 ,fran*em5t1 cette page n'(fre aucun s5s4 ,qu'e/-ce donc que la volont gnrale8 ,n\s compr5ons1 p> le *apitre prcd5t1 que c'e/ la volont de ce qui e/ con=me l'intrt gnral1 et que *aque citoy5 a t\j\rs et ncessairem5t cette volont-l4 ,soit4 ,mais qui dcid]a ce qui e/ con=me1 sur tel po9t1 la volont gnrale a9si ent5due8 ,ce s]a =cm5t la majorit2 et1 comme elle n'e/ pas infaillible1 elle aura donc seulem5t signifi ce qui e/ con=me1 sur ce po9t-l1 non la volont gnrale1 mais la volont de la majorit1 et ri5 de plus2 et la m9orit n'en s]a pas mo9s lse4 ,au re/e ,r\sseau1 aprs son nigmatique raisonnem5t1 veut bi5 aj\t]3 ,ceci suppose1 il e/ vrai1 que t\s les c>actres de la volont gnrale 7c'e/--dire1 d'aprs lui-mme1 la clairvoyance1 la ju/ice et le ds9tressem5t7 sont encore dans la pluralit4 ,qu& ils cess5t d'y tre1 quelque p>ti qu'on pr5ne1 il n'y a plus de lib]t4 ,mais comm5t ma9t5ir dans la pluralit t\s les c>actres de la volont gnrale8 ,autrem5t dit1 comm5t faire que la majorit soit t\j\rs clairvoyante1 ju/e et ds9tresse8 ,r\sseau ne rpond pas p>ce qu'il n'y a ri5 rpondre4 ,en somme1 le rgime rv p> ,r\sseau e/ tellem5t horrible1 que lui-mme1 avec son humeur et son orgueil1 n'aurait pas pu y vivre un seul j\r4--,p\rquoi donc l'a-t-il rv8 ,comm5t ce solitaire1 cet homme de tempram5t an>*i/e1 peut-il bi5 n\s propos] cet tatisme exorbitant8 ,je v\s l'ai dit3 p\r contr$ire ,montesquieu1 p\r ennuy] le ,petit ,conseil2 et aussi p\r les mmes raisons qui font que1 de nos j\rs1 les an>*i/es ont l'air de s'ent5dre avec les collectivi/es4 ,ils ont sans d\te cette p5se secrte qu'ils n'auront qu' gagn] dans une socit totalem5t galise1 o nulle =ce1 nul gr\pe traditionnel ne s'oppos]a l'accroissem5t de leur individu#ad4 ,a9si1 le socialisme de ,r\sseau n'e/ peut-tre que le moy5 de son individualisme 7,brunetire74 ,d'ailleurs ,r\sseau ne lgifre pas p\r lui1 mais p\r les autres1 ce qui le met bi5 l'aise4 ,note #ad3 ,rem>quons cep5dant que le m\vem5t syndicali/e1 si obscur encore1 semble all] contre la dmocratie absolue4 ,c]ta9s syndicali/es trait5t ,r\sseau de ?orici5 de la s]vitude dmocratique4 ,et enf9 il n'en e/ po9t1 une contradiction prs4 ,le ,contrat social e/ rem>quable d'incohr5ce et d'obscurit4--,tantt ,r\sseau suppose le ,contrat1 tantt il p>at croire sa ralit hi/orique4--,on ne sait jamais bi5 s'il con/ate ou s'il dicte1 s'il e/ ,ari/ote ou s'il e/ ,lycurgue4--,c'e/ un mlange confus de ?orie et d'obs]vation prt5due4--,il conseille aux citoy5s1 sitt le pacte social conclu1 de *oisir un lgislateur1 la manire de ,lycurgue ou de ,solon2 il e/ lui-mme ce lgislateur3 mais1 si le peuple e/ incompt5t p\r faire sa ,con/itution1 comm5t se tr\ve-t-il ensuite si m]veilleusem5t compt5t p\r faire ses lois8--,aprs avoir raill ,montesquieu sur la division des p\voirs 7lgislatif1 excutif1 judiciaire71 il y revi5t lui-mme en sp>ant les p\voirs dlgus aux commissaires de la nation1 etc41 etc4 ,je v\s av\e que je flaire dans le ,contrat social quelques traces de drangem5t d'esprit4 ,il y a des *oses que ,r\sseau y a mises1 comme a1--et bi5 qu'elles contr$is5t p> l'esprit la plus gr&e p>tie de son oeuvre1--p>ce qu'elles lui ont pass p> la tte1--ou p>ce qu'elles sont remontes en lui d'un vieux fond atavique4 ,j'ai dj n la confusion calv9i/e de la politique et de la morale4 ,il y faut jo9dre un passage t\t fait odieux1--dont on retr\v]ait peut-tre l'orig9e *ez quelque criva9 prote/ant1--un passage o t\t l'antipapisme de sa premire ducation lui revi5t 7avec le dsir peut-tre de flatt] ses coreligionnaires de ,g5ve72 o il refuse aux *rti5s roma9s la possibilit d'tre de bons citoy5s p>ce que le *ef de leur religion ne rside pas dans leur patrie2 o enf91 aprs avoir explicitem5t banni les a?es de sa rpublique1 il en bannit implicitem5t les ca?oliques4 ,page homicide1 gnratrice et conseillre de p]scutions2 page crite p\rtant p> un futur p]scut1 et de qui8 ,des prote/ants4 ,tel e/ le ,contrat social4 ,entrepris p\r r5dre les hommes libres et heureux1 il se tr\ve que c'e/ un des plus complets in/rum5ts d'oppression qu'un maniaque ait jamais =g4 99 99 99 99 99 ,et ma9t5ant1 v\s allez voir ,r\sseau ru9] lui-mme son utopie1 et dans le mom5t o il la con/ruit1 et aprs l'avoir difie4 ,dans son livre mme1 il n\s confesse qu' l'heure actuelle1 les hommes1 en gnral1 sont trop corrompus p> la socit p\r que le ,contrat social leur convi5ne4 ,il convi5drait t\t au plus de trs petites cits3 ,g5ve1 ,b]ne4 ,en ralit1 il ne convi5t compltem5t qu' des peuples la fois trs petits et encore jeunes1 et qui peuv5t encore support] un lgislateur la manire antique3 la ,corse1 p> exemple4 ,r\sseau le dit en propres t]mes3 ,il e/ encore en ,europe un peuple capable de lgislation1 c'e/ l'le de ,corse4 ,la valeur et la con/ance avec laquelle ce brave peuple a su rec\vrir et df5dre sa lib]t 7avec ,paoli7 mrit]ait que quelque homme sage lui apprt la cons]v]4 ,j'ai quelque press5tim5t qu'un j\r cette petite le tonn]a l',europe4 7,elle l'a tonne1 mais pas du t\t de la faon qu'avait press5tie ,jean-,jacques47 ,a9si1 c'e/ ent5du1 le g\v]nem5t du ,contrat social n'e/ fait que p\r les trs petits tats4 ,et encore1 cette petitesse e/-elle une condition suffisante8 ,r\sseau ne le crot pas4 ,il crit3 ,que de *oses difficiles runir ne suppose pas ce g\v]nem5t6 ,premirem5t un tat trs petit1 o le peuple e/ facile rassembl] et o *aque citoy5 peut aism5t connatre t\s les autres2 secondem5t1 une gr&e simplicit de moeurs qui prvi5ne la multitude d'affaires et de discussions p9euses2 ensuite beauc\p d'galit dans les rangs et les =tunes1 sans quoi l'galit ne saurait subsi/] longtemps dans les droits et l'autorit2 enf9 peu ou po9t de luxe1 c> le luxe e/ l'effet des ri*esses1 ou il les r5d ncessaires2 il corrompt la fois le ri*e et le pauvre1 l'un p> la possession1 l'autre p> la convoitise4442 il te l'tat t\s ses citoy5s p\r les ass]vir les uns aux autres1 et t\s l'op9ion444 444,aj\tons qu'il n'y a pas de g\v]nem5t si sujet aux gu]res civiles et aux agitations inte/9es que le dmocratique ou populaire444 444,s'il y avait un peuple de dieux1 il se g\v]n]ait dmocratiquem5t4 ,un g\v]nem5t si p>fait ne convi5t pas des hommes4 ,a9si1 il ne convi5t pas mme aux ,corses4 ,alors qui convi5t-il8 ,et p\rquoi avoir crit le ,contrat social8--,ici1 comme p\r la ,julie1 comme p\r l'mile1 les amis de ,r\sseau dis5t 7en de meilleurs t]mes73 ,oui1 cela p>at idiot1 mais c'e/ trs noble3 c'e/ un idal que ,r\sseau propose et dont il s]ait beau de se rappro*]4--,p\rquoi8 ,il y a des idaux qui ne sont pas dsirables du t\t4 ,tel idal implique une telle mconnaissance des ralits1 ou des s5tim5ts si suspects *ez ceux qui l'ont conu ou prn1 qu'il peut tre trs dang]eux mme d'aspir] un idal de cette l\*e espce-l4 ,idal1 idal1 cela e/ bi5tt dit1 et ce n'e/ pas du t\t synonyme de bon1 de gnreux ou d'utile4 ,enf91 voil le fait1 ,r\sseau1 mme dans le ,contrat1 av\e que le g\v]nem5t du ,contrat e/ absolum5t inapplicable4 ,et il le confess]a encore mieux1 un peu plus t>d1 dans ses lettres4 ,n\s sommes habitus ces pal9odies4 ,n\s l'avons t\j\rs vu attnu] ou mme dm5tir dans sa correspondance les p>adoxes trop agressifs ou trop draisonnables qu'il avait mis dans ses livres4--,en outre1 il devait tre d'autant plus dispos r5i] le ,contrat1 que1 t\t de mme et quoi qu'on ait fait p\r l'y ratta*]1 le ,contrat e/ en assez vif dsaccord avec ses autres ouvrages4#ae 7,dans ceux-ci il a c\tume d'accord] le mo9s possible l'in/itution sociale2 dans celui-l1 il livre l'in/itution sociale l'homme t\t enti]47--,enf91 quelques annes ont pass4 ,ces ,g5evois1 p\r qui surt\t il avait crit son livre1 l'ont odieusem5t p]scut4 ,c'e/ le mom5t o il crit au ,corse ,butta-,foco3 ,j'aime naturellem5t autant votre cl]g 7le cl]g ca?olique71 que je hais le ntre4 ,j'ai beauc\p d'amis p>mi le cl]g de ,france1 et j'ai t\j\rs trs bi5 vcu avec eux4 ,note #ae3 ,il ne faut pas oubli] que la rdaction primitive du ,contrat social e/ antrieure au premi] ,disc\rs de ,r\sseau et sa ?orie de la bont de la nature4 ,il crit d',iv]nois 7#ac janvi] #agfg73 ,v\s avez pu voir dans nos liaisons que je ne suis pas visionnaire1 et dans le ,contrat social je n'ai jamais appr\v le g\v]nem5t dmocratique4 7,et il peut le s\t5ir et mme le croire1 le livre tant ple9 de contradictions47 ,il crit au m>quis de ,mirabeau 7#bf juillet #agfg74 ,voici1 dans mes vieilles ides1 le gr& problme en politique1 que je comp>e celui de la quadrature du c]cle en gomtrie3 tr\v] une =me de g\v]nem5t qui mettra la loi au-dessus de l'homme4 7,et c'e/ bi51 en effet1 la quadrature du c]cle1 puisque la loi s]a t\j\rs faite p> des hommes et applique p> des hommes74 ,si cette =me e/ tr\vable1 cont9ue-t-il1 *]*ons-la444 ,si malheureusem5t elle n'e/ pas tr\vable1 et j'av\e +num5t que je crois qu'elle ne l'e/ pas1 mon avis e/ qu'il faut pass] l'autre extrmit1 et mettre t\t d'un c\p l'homme autant au-dessus des lois qu'il peut tre2 p> consqu5t tablir le despotisme arbitraire et le plus arbitraire1 qu'il e/ possible4 7,c'e/ peut-tre aussi qu' ce mom5t-l ,r\sseau v5ait d'pr\v] la bi5faisance du roi de ,prusse47 ,je v\drais1 p\rsuit-il1 que le despote pt tre ,dieu4 ,en un mot1 je ne vois pas de milieu supportable entre la plus au/re dmocratie et le hobbisme le plus p>fait2 c> le conflit des hommes et des lois1 qui met l'tat dans une gu]re inte/9e cont9uelle1 e/ le pire de t\s les tats politiques4 ,puis1 comme effray d'avoir pu crire ces *oses3 ,mais les ,caligula1 les ,nron1 les ,tibre6444 ,mon ,dieu1 je me r\le p> t]re et je gmis d'tre homme4 ,il se r\le p> t]re en p5sant au lo9ta9 ,nron1 c'e/ trs bi54 ,mais enf9 il ne ti5t plus du t\t au ,contrat4 ,il y ti5t si peu que1 six mois aprs 7janvi]-fvri] #agfh71 dans de longues lettres son compatriote d',iv]nois1 s'occupant des tr\bles de ,g5ve et de la r=me de sa ,con/itution1 il *]*e1--comme f]ait ,montesquieu lui-mme1--des comb9aisons et des balances d'attributions entre les div]s p\voirs politiques 7,petit ,conseil1 ,gr& ,conseil1 et ,conseil gnral ou corps des lecteurs72 et que1 f9alem5t1 dsesprant de voir les discordes civiles s'apais]1 il jette ses amis de ,g5ve cette exhortation l'antique1 qui semble extraite d'un ,conciones extravagant3 444,oui1 messieurs1 il v\s re/e un d]ni] p>ti pr5dre1 et c'e/1 j'ose le dire1 le seul qui soit digne de v\s4 ,c'e/1 au lieu de s\ill] vos ma9s dans le sang de vos compatriotes1 de leur ab&onn] ces murs qui devai5t tre l'asile de la lib]t et qui vont n'tre plus qu'un repaire de tyrans2 c'e/ d'en sortir t\s1 t\s ensemble1 en ple9 j\r1 vos femmes et vos enfants au milieu de v\s1 et1 puisqu'il faut port] des f]s1 d'all] port] du mo9s ceux de quelque gr& pr9ce1 et non pas l'insupportable et odieux j\g de vos gaux4 ,ces d]nires p>oles sont =t belles4 ,elles rsum5t vraim5t t\te l'absurdit du ,contrat social et de la dmocratie elle-mme4 ,a9si1 trois tapes3 #a ,jean-,jacques1 dans son livre mme1 dcl>e le ,contrat applicable seulem5t de petites cits2 #b il le dcl>e inapplicable de simples mortels2 #c c9q ou six ans aprs il le r5ie totalem5t4 ,or1 cette =me de g\v]nem5t que l'auteur avait dcrite l'usage d'une cit de v+t mille mes et de qu9ze c5ts lecteurs1--qu'il avait ensuite confesse impraticable mme dans cette petite cit1--et qu'enf9 il avait r5ie avec une sorte de fureur1--la ,rvolution1 tr5te ans aprs1 s'en emp>]a comme d'un vangile1 et v\dra l'impos] un peuple de dix sicles et de v+t-c9q millions d'hommes4 ,et cet essai s'appell]a la ,t]reur4 --,ce n'e/ pas la faute de ,r\sseau1 direz-v\s4 ,ent5dons-n\s bi54 ,je ne dis pas que les crits de ,r\sseau ai5t am5 la ,rvolution 7laquelle avait des raisons conomiques pr(ondes73 surt\t je ne dis pas que seuls ils l'ai5t am5e4 ,mais il se tr\ve que1 plus qu'aucun autre criva91 ,r\sseau a f\rni1 a lgu aux plus sy/matiques et aux plus viol5ts des hommes qui ont fait la ,t]reur1 et mme aux ttes les plus illettres de la canaille rvolutionnaire1 un tat s5tim5tal1 une phrasologie--et des =mules4 ,d'autant mieux que1 outre l'erreur ess5tielle qui en fait l'armature1 le ,contrat social f\rmille de contre-vrits de dtail4--,on y lit que la voix publique n'lve presque jamais aux premires places que des hommes clairs et capables qui les rempliss5t avec honneur4--,on y lit que le peuple se trompe bi5 mo9s sur ses *oix que le pr9ce2--qu'un homme d'un vrai mrite e/ presque aussi r>e dans le m9i/re 7d'un roi7 qu'un sot la tte d'un g\v]nem5t rpublica94 ,on y lit1 propos des rois1 que t\t conc\rt priv] de ju/ice et de raison un homme lev p\r comm&] aux autres4--,on y lit que les rpubliques vont leurs f9s p> des voies plus con/antes et mieux suivies que la mon>*ie4--,le g\v]nem5t fodal y e/ appel cet inique et absurde g\v]nem5t dans lequel l'espce huma9e e/ dgrade1 et o le nom d'homme e/ un d%onneur4 ,etc1 etc44 ,t\s les prjugs les plus ineptes et les plus meurtri]s de la ,rvolution sont hrits du ,contrat social4 ,j'ai ent5du1 crit ,mallet de ,pan1 j'ai ent5du1 en #aghh1 ,m>at lire et comm5t] le ,contrat social dans les prom5ades publiques1 aux applaudissem5ts d'un auditoire en?\sia/e4 ,et1 c9q ans aprs1 la ,france connaissait les bi5faits des doctr9es du ,contrat social1 et de l'univ]selle galit1 et de la s\v]a9et du peuple1 et du droit absolu de l'tat1 et des magi/ratures d'exception telles que le ,comit de ,salut public et le tribunal rvolutionnaire4 ,du *apitre #h du livre ,,iv sortait le prjug anti-ca?olique1 et la ,con/itution civile du cl]g1 et la p]scution religieuse4 ,et le ,contrat social tait codifi dans l'inapplicable ,con/itution de #agic4 ,t\t cela1 p>ce qu'il avait plu un demi f\1 tr5te ans aup>avant1 de rv] p\r une ville de v+t mille habitants une lgislation qui ne conv5ait qu' des dieux1--et laquelle1 c9q ans plus t>d il dcl>ait prfr] le despotisme le plus arbitraire6 ,jamais1 je crois1 grce la crdulit et la btise huma9e1 plus de mal n'a t fait des hommes p> un criva91 que p> cet homme qui1 semble-t-il1 ne savait pas bi5 ce qu'il crivait1 et qui aurait fui sa cit s'il l'avait vue ralise4 ,vraim5t1 il y a des cas o l'on e/ t5t de dire que ce malheureux a t un misrable4 ,et c'e/ p>ce que cette ide m'e/ pnible que j'ai v\lu ramass] d'abord ce qui m'e/ le plus odieux dans son oeuvre1 et n'arriv] qu'ensuite la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d4 ,a p>tir de l1 en effet1 n\s n'aurons plus qu' pla9dre ,jean-,jacques1 quelquefois l'admir]2 c>1 je le dis trs srieusem5t1 son me se purifie mesure que ses maux et sa folie augm5t5t4 99 99 99 99 99 ,donc1 rev5ons un peu sur nos pas4 ,lorsque le g\v]neur d'mile juge propos de lui enseign] la religion naturelle1 il suppose que lui-mme1 t\t prs jadis de p]dre son me1 a eu le bonheur de r5contr] un bon prtre1 un cur de campagne1 un vicaire savoy>d1 dont les disc\rs l'ont ram5 dans le droit *em94 ,r\sseau juge indisp5sable que ce bon prtre ait commis autrefois une faute contre les moeurs3 c> ,r\sseau ne peut imag9] un p]sonnage sympa?ique qui n'ait1 comme lui1 quelque s\illure4 ,mais enf9 ce vicaire e/ ple9 de v]tu et de *>it1 et je le dirais assez pro*e de ,jocelyn1 si ,jocelyn n'tait re/ pur et si ,jocelyn ne g>dait mieux1 quant au dogme ca?olique1 une sorte d'or?odoxie v]bale4 ,or ce prtre emmne un mat9 son jeune ami dans la campagne1 et1 en prs5ce d'une nature dont le spectacle =tifie ses disc\rs et les appuie d'un magnifique tmoignage1 il expose son disciple la doctr9e du plus pur et du plus m\vant spiritualisme4 ,je crois utile de rsum] sa trs simple argum5tation4 ,visiblem5t une volont meut l'univ]s4 ,et1 si la matire mue n\s montre une volont1 la matire mue selon de c]ta9es lois n\s montre une intellig5ce4 ,voil p\r l'univ]s4 ,et voici p\r l'homme3--,l'homme e/ libre dans ses actions et1 comme tel1 anim d'une sub/ance immatrielle4 ,or1 si l'me e/ immatrielle1 elle peut survivre au corps et1 si elle lui survit1 la ,provid5ce e/ ju/ifie de l'exi/5ce du mal sur la t]re 7sans compt] que le mal moral e/ l'ouvrage de l'homme et que le mal physique se rduit presque ri5 p\r l'homme naturel74 ,une preuve de l'immortalit de l'me1 et d'une vie et d'une sanction future1 c'e/ le triomphe t]re/re des m*ants4 ,et la cration8 faut-il y croire8--,le vicaire croit du mo9s la =mation et la mise en ordre du monde p> ,dieu4 ,et ,dieu8 ,que connaissons-n\s de lui8--,je puis du mo9s entrevoir ses attributs3 intellig5ce1 puissance1 ju/ice1 bont4 ,re/e *]*] quelle rgle je dois me prescrire p\r remplir ma de/9ation sur la t]re selon l'int5tion de ,celui qui m'y a plac4 ,ma lumire1 ici1 c'e/ la consci5ce4 ,en cet endroit se place l'invocation3 ,consci5ce6 ,consci5ce6 in/9ct div91 immortelle et cle/e voix1 guide assur d'un tre ignorant et born1 mais intellig5t et libre1 juge infaillible du bi5 et du mal1 qui r5d l'homme semblable ,dieu6 ,c'e/ toi qui fais l'excell5ce de sa nature et la moralit de ses actions2 sans toi je ne s5s ri5 en moi qui m'lve au-dessus des btes1 que le tri/e privilge1 de m'g>] d'erreurs en erreurs l'aide d'un ent5dem5t sans rgle et d'une raison sans pr9cipe4 ,la consci5ce guide assur8 ,la consci5ce juge infaillible8 ,infaillible t\j\rs8 et jamais abus p> l'ent5dem5t sans rgle8--,hlas1 quel guide et quel juge tait-elle ,r\sseau lorsque1 ayant ab&onn son troisime enfant1 et cela1 n\s raconte-t-il1 aprs un srieux exam5 de consci5ce 7,confessions1 ,,viii71 il crivait3 ,si je me trompai dans mes rsultats1 ri5 n'e/ plus tonnant que la scurit d'me avec laquelle je m'y livrai4 ,et un peu plus lo93 ,cet arrangem5t 7le dpt aux ,enfants-,tr\vs7 me p>ut si bon1 si s5s1 si lgitime6444 --,oh6 que ,julie1 rgnre et dev5ue dvote1 avait raison d'crire3 ,je ne veux plus tre juge en ma propre cause6 ,la consci5ce1 non appuye sur une rgle fixe1 une tradition1 une religion dogmatique1 ou simplem5t le ,dcalogue1 risque tant1 dans c]ta9s cas1 de se confondre avec l'orgueil ou l'intrt secret6 ,la foi de ,r\sseau dans la consci5ce1--c'e/--dire dans sa consci5ce1 ce n'e/ pas autre *ose que l'individualisme en morale ce qui e/ une expression contradictoire4 ,il n'y a pas la consci5ce en gnral3 il y a ma consci5ce1 votre consci5ce1 la consci5ce de ,r\sseau1 qui a t s\v5t bi5 inc]ta9e et bi5 tr\ble444 ,mais je me repro*e d'int]rompre ,jean-,jacques une de ses meilleures heures4 ,le vicaire cont9ue2 il a de belles pages /oci5nes sur cette ide1 que combattre ses passions p> gt de l'ordre1 c'e/ obir la nature4 ,puis il diss]te sur la prire2 il la veut limite3 ,la seule *ose que je dem&e ,dieu c'e/ de r$ress] mon erreur si je m'g>e4 ,et il arrive la rvlation et aux miracles4 ,cette d]nire p>tie conti5t les passages qui ont fait condamn] l'mile 7j'ai dit en raison de quelles circon/ances p>ticulires74 ,r\sseau y montre p\rtant une assez gr&e prud5ce4 ,en deux mots1 il nglige le surnaturel1 miracles1 rvlation1 sans les ni] expressm5t et surt\t p>ce que la con/atation en e/ impossible4 ,il dit de la rvlation3 ,je ne l'admets ni ne la rejette3 je rejette seulem5t l'obligation de la connatre4 ,il dit des miracles que1--sans compt] qu'ils sont incontrlables1--ils ne s]v5t de ri51 du mom5t que1 t\r t\r1 la vrit de la doctr9e se pr\ve p> les miracles1 et la vrit des miracles p> la doctr9e4 ,il dit de l'vangile3 ,la sa9tet de l'vangile e/ un argum5t qui p>le mon coeur2 et v\s connaissez le fameux passage qui se t]m9e p> ces mots1 dont je ne sais s'ils exprim5t une foi srieuse o s'ils ne sont qu'une faon de p>l] et un effet de rhtorique3 ,oui1 si la vie et la mort de ,socrate sont d'un sage1 la vie et la mort de ,jsus sont d'un ,dieu4 ,il a d'ailleurs so9 de dire sur *aque po9t dlicat3 ,je ne me dt]m9e qu'en tremblant1 et je v\s dis plutt mes d\tes que mon avis4 ,il pr(esse qu'il y a dans t\tes les religions un mme noyau solide3 croyance au ,dieu p]sonnel1 l'me1 la vie future1 et que1 p\r le re/e1 *acun doit suivre la religion de son pays4 ,donc1 soyons tolrants4--,et je veux v\s cit] la vraie conclusion du vicaire3 444,voil le scepticisme involontaire o je suis re/2 mais ce scepticisme n'e/ nullem5t pnible1 p>ce qu'il ne s't5d pas aux po9ts ess5tiels de la pratique1 et que je suis bi5 dcid sur les pr9cipes de t\s mes devoirs4 ,je s]s ,dieu dans la simplicit de mon coeur4 ,je *]*e savoir ce qui importe ma conduite4 ,quant aux dogmes qui n'influ5t ni sur les actions ni sur la morale 7mais y en a-t-il de tels84447 et dont tant de g5s se t\rm5t5t1 je ne m'en mets nullem5t en pe9e444 ,je crois t\tes les religions bonnes qu& on y s]t ,dieu conv5ablem5t4 ,le culte ess5tiel e/ celui du coeur4 ,cette pr(ession de foi du vicaire savoy>d re/e1 je crois1 le plus beau ,cr$o du spiritualisme qui ait t crit4--,je cra9s que cette doctr9e ne p>aisse un peu sup]ficielle et suranne aux n\velles gnrations p5santes4 ,depuis1 d'autres mtaphysiques ont p>u plus savantes et plus =tes et ont t plus en faveur4 ,quel jeune pr(esseur de philosophie daign]ait se dire simplem5t spirituali/e et di/e8444--,c'e/ qu'on songe t\j\rs au spiritualisme (ficiel1 ins9cre1 fig1 mort1 de ,victor ,c\s9 et des anci5s manuels de philosophie4 ,et p\rtant444 ,les argum5ts du spiritualisme val5t bi5 ceux des mtaphysiques qui pass5t p\r plus di/+ues2 c>1 en ces matires1 il ne s'agit pas de dmon/ration proprem5t dite4 ,les preuves de ,dieu mtaphysiques1 dit ,pascal1 sont si loignes du raisonnem5t des hommes1 et si impliques1 qu'elles frapp5t peu2 et qu& cela s]virait quelques-uns1 cela ne s]virait que p5dant l'in/ant qu'ils voi5t cette dmon/ration2 une heure aprs1 ils craign5t de s'tre tromps4--,mais les preuves de ,dieu ret5ues p> ,r\sseau1 si elles ne sont c]tes pas sans rplique1 sont les plus simples1 les plus accessibles1 comme il conv5ait1 la moy5ne des intellig5ces et1 p\r a9si p>l]1 les plus portatives2 ce sont les plus unies p>mi les preuves traditionnelles de ,platon1 de ,desc>tes1 de ,malebran*e1 de ,bossuet1 de ,fnelon444 ,p5sez qu'avant de dev5ir la philosophie du baccalaurat 7j'ent5ds le baccalaurat de ma jeunesse71 le spiritualisme fut la philosophie du ,phdon et du ,banquet et celle du ,songe de ,scipion4 ,enf9 songez que le spiritualisme1 s'il n'e/ pas la plus subtile explication de l'univ]s1 en e/ la plus gnreuse1 celle qui donne au monde de plus beau s5s1 celle qui conti5t le plus d'am\r et qui fait la ,cause premire le plus magnanime crdit4 ,et c'e/ bi5 a9si que ,r\sseau l'ent5d4 ,son disme n'e/ po9t1 comme celui de ,voltaire1 un disme politique1 un disme de g5d>me4 ,le disme de ,voltaire n'oblige ,voltaire ri5 du t\t4 ,celui de ,r\sseau l'oblige4 ,c'e/ bi5 vritablem5t p\r lui une religion m\vante et agissante1 et qui influe sur la vie et sur les actes4 ,le disme de ,jean-,jacques e/ si bi5 p\r lui une religion1 qu'il l'oppose nettem5t l'irrligion1 c'e/--dire l'a?isme et au matrialisme des philosophes 7qui ne le lui p>donn]ont po9t74--,et le s5tim5t religieux de ,r\sseau1 et sa p]suasion de l'absolue ncessit de la croyance en ,dieu et de l'am\r de ,dieu sont si pr(onds en lui1 qu'il ne cra9t pas1 dans une ,note1 de prfr] le fanatisme l'irrligion4 ,il faut t\j\rs lire les ,notes de ,r\sseau1 c> elles sont s\v5t plus significatives et plus h>dies que son texte4 ,dans cette note1 qui e/ magnifique1 il rompt dcidm5t et n]giquem5t en visire au p>ti des philosophes1 et ose dire des *oses comme celles-ci1 qui s]ai5t1 auj\rd'hui encore1 d'une si opportune application3 ,un des sophismes les plus famili]s au p>ti philosophique e/ d'oppos] un peuple suppos de vrais philosophes un peuple de mauvais *rti5s3 comme si un peuple de vrais philosophes tait plus facile faire qu'un peuple de vrais *rti5s444 ,le fanatisme 7religieux71 quoique sangu9aire et cruel1 e/ p\rtant une passion gr&e et =te1 qui lve le coeur de l'homme1 qui lui fait mpris] la mort1 qui lui donne un ressort prodigieux1 et qu'il ne faut que mieux dirig] p\r en tir] les plus sublimes v]tus3 au lieu que l'irrligion et1 en gnral1 l'esprit raisonneur et philosophique atta*e la vie1 effm9e1 avilit les mes1 conc5tre t\tes les passions dans la bassesse de l'intrt p>ticuli]1 dans l'abjection du moi huma91 et sape a9si petit petit les fondem5ts de t\te socit1444 ,le fanatisme1 quoique plus fune/e dans ses effets immdiats que ce qu'on appelle auj\rd'hui l'esprit philosophique1 l'e/ beauc\p mo9s dans ses consqu5ces4 ,d'ailleurs il e/ ais d'tal] de belles maximes dans les livres3 mais la "q e/ de savoir si elles ti5n5t bi5 la doctr9e444 ,re/e savoir encore si la philosophie1 son aise et sur le trne1 comm&]ait bi5 la gloriole1 l'intrt1 l'ambition1 aux petites passions de l'homme1 et si elle pratiqu]ait cette humanit si d\ce qu'elle n\s vante la plume la ma94 ,p> les pr9cipes1 la philosophie ne peut faire aucun bi5 que la religion ne fasse encore mieux1 et la religion en fait beauc\p que la philosophie ne saurait faire444 ,nos g\v]nem5ts mod]nes doiv5t inconte/ablem5t au *ri/ianisme leur plus solide autorit et leurs rvolutions mo9s frqu5tes2 il les a r5dus eux-mmes mo9s sangu9aires2 cela se pr\ve p> les faits en les comp>ant aux g\v]nem5ts anci5s4 ,c'e/ bi5 ,r\sseau1 ce n'e/ pas ,joseph de ,mai/re1 qui a crit cela4 ,t\tes ces phrases dur5t faire hurl] les ,encyclopdi/es4 ,r\sseau1 ds lors1 ne fut plus lui-mme leurs yeux qu'un dang]eux fanatique4 ,r\sseau1 cep5dant1 n'avait pas *ang sur ce po9t4 ,dj1 v]s #agee1 je crois1 un s\p] *ez mademoiselle ,qu9ault racont p> madame d'p9ay qui y assi/ait1 ,jean-,jacques1 indign p> l'impit des propos1 s'criait3 ,si c'e/ une l*et de s\ffrir qu'on dise du mal de son ami abs5t1 c'e/ un crime que de s\ffrir qu'on dise du mal de son ,dieu1 qui e/ prs5t2 et moi1 messieurs1 je crois en ,dieu444 ,je sors si v\s dites un mot de plus4 ,et il aj\tait3 ,je ne puis s\ffrir cette rage de dtruire sans difi]444 ,d'ailleurs l'ide de ,dieu e/ ncessaire au bonheur1 et je veux que v\s soyez heureux4 ,il faut rem>qu] que1 dans cette ,note de la ,pr(ession de foi1 ,r\sseau ne dit po9t le disme2 il ne dit mme plus la religion naturelle3 il dit la religion ou le *ri/ianisme4 ,dans la ,pr(ession de foi1 il e/ peut-tre aussi pro*e du ca?olicisme que du prote/antisme3 c> il pr5d presque t\t ce qui e/ commun aux deux religions2 et son acc5t s]ait plutt ca?olique que prote/ant4 ,il e/ d'ailleurs rem>quable que1 p\r enseign] mile la religion vraie1 il ait *oisi1 non un pa/eur 7comme il et t naturel qu'il le ft aprs sa r5tre dans la religion de ses pres71 mais un prtre roma91 =m du s\v5ir de deux prtres roma9s3 l'abb ,gaime et l'abb ,gati]4 ,il faut bi5 dire p\rtant que ce *ri/ianisme de ,r\sseau e/ un *ri/ianisme assez amolli4 ,c'e/ le *ri/ianisme1 mo9s ce qui en fait la solide armature3 le dogme du p* orig9el et t\tes ses consqu5ces ?ologiques4 ,jean-,jacques1 v+t-deux ans1 n\rri des livres de ,port-,royal1 avait t quasi jansni/e4 ,ce qui devait le sduire1 c'e/ que le jansni/e e/ l'homme qui entreti5t avec l',inconnu les relations les plus tragiques et les plus passionnes4 ,jean-,jacques1 ce mom5t-l1 avait trs peur de l'enf]4 ,un j\r il lana une pi]re contre un tronc d'arbre en se disant3 ,si je le t\*e1 signe de salut2 si je le manque1 signe de damnation4 ,mais ses t]reurs se calmr5t s\s l'influ5ce de deux bons pres jsuites et de madame de ,w>5s4 ,celle-ci avait la religion la plus confiante4 ,elle tait quiti/e 7,aimez ,dieu et faites ce que v\s v\drez74 ,madame ,guyon avait cons]v en ,suisse des p>tisans1 avec lesquels madame de ,w>5s tait en relations4 ,et c'e/ peut-tre p\rquoi il y a une sorte de quitisme dans le *ri/ianisme latitud9aire et s5tim5tal de ,jean-,jacques1--et un peu aussi 7p\r l'acc5t7 de la t5dresse de ,fnelon et de l'anci5 vque de ,g5ve et prvt de l'glise d',annecy1 ,franois de ,sales4 ,ce spiritualisme mu et religieux1 ce demi-*ri/ianisme de ,r\sseau s]a celui de ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re2 il s]a bi5 s\v5t1 avec des nuances1 celui de ,*ateaubri&2 celui de ,lam>t9e1 dont le ,jocelyn devra beauc\p au vicaire savoy>d2 il s]a s\v5t celui de ,george ,s&1 mme de ,mi*elet jeune1 et de ,victor ,hugo4 ,le spiritualisme pris de cette manire e/ si bi5 une religion capable d'agir sur la vie1 que1 jusqu'au milieu du ,x,i,xe sicle et jusque dans la premire moiti du second ,empire1 n\s avons eu1 dans la b\rgeoisie franaise et mme p>mi les paysans 7j'en ai connus71 des aeux et des pres--en trs gr& nombre1--dont l'me vivait de cette religion-l1 un peu en m>ge1 mais non t\t fait en dehors du ca?olicisme de leurs femmes et de leurs filles4 ,il e/ f*eux qu'elle ait dcl9 7faute1 peut-tre1 de consi/ance dogmatique73 c>1 sans suffire t\t1 elle s]vait encore quelque *ose1 et c'tait encore un reflet de *ri/ianisme4 ,et sans d\te a t le spiritualisme de ,robespi]re1 de ,sa9t-,j et des ?ophilan?ropes3 mais1 t\t de mme1 en s\v5ir de tant de gr&s-pres1 gr&s-oncles ou bisaeux qui1 s\s le premi] ,empire1 s\s la ,re/auration1 s\s ,l\is-,philippe1 ont un peu mieux valu p> ce spiritualisme-l qu'ils n'euss5t valu sans lui1--dans t\t ce qui me re/e dire de la pauvre vie de ,jean-,jacques1 je n'c\t]ai plus que la piti4 ,,neuvi,,me ,,conf,,r5ce ,,la ,,lettre ,l',,ar*ev,,que ,,de ,,p>is4 ,,les ,,lettres ,,de ,,la ,,montagne4--,,d]ni,,res ,,ann,,es ,,de ,,r\sseau4--,,les ,,dialogues4 ,je n'ai po9t ca* mon admiration p\r la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d4 ,p\rtant ce fur5t ces trs gnreuses pages qui causr5t l'in=tune df9itive de ,jean-,jacques4 ,a9si vont les *oses4 ,v\s v\s rappelez dans quelles circon/ances1 malgr la protection de madame de ,luxemb\rg et du pr9ce de ,conti1 malgr le patronage de ,m4 de ,male%]bes1 l'mile fut condamn p> le ,p>lem5t de ,p>is1 et ,r\sseau dcrt de prise de corps4 ,on ne t5ait1 du re/e1 nullem5t s'emb>rass] de lui4 ,on lui laissa le temps de p>tir2 et il croisa en *em9 les hommes *>gs de v5ir l'arrt]1 et qui le salur5t4 ,r\sseau subit la ncessit avec cette passivit ou plutt1 il faut le dire1 avec cette rsignation qui lui tait c\tumire et qu'il avait si loquemm5t enseigne son mile4 ,il avait eu t\t de suite la p5se d'all] s'tablir en ,suisse4 ,dans sa *aise de po/e1 il lit la ,bible et crayonne un pome en prose sur le ,lvite d',ephram4 ,il n'e/ po9t trop inquiet4 ,il aime sa patrie et il croit qu'elle le lui r5d4 ,son gnie fait honneur ,g5ve4 ,il avait ,g5ve devant les yeux qu& il a crit le ,contrat social4 ,et comm5t les pa/eurs g5evois pr5drai5t-ils mal l'mile1 eux que d',alemb]t 7dans son article ,,g5,,ve1 de l',encyclopdie7 s\ponnait de socianisme1 c'e/--dire1 en somme1 de rationalisme8 ,oui1 l-bas1 en ,suisse1 il s]a bi54 ,en entrant1 dit-il1 sur le t]ritoire de ,b]ne1 je me fis arrt]2 je desc5dis1 je me pro/]nai1 j'embrassai1 je baisai la t]re1 et m'criai dans mon transport3 ,ciel6 protecteur de la v]tu1 je te l\e1 je t\*e une t]re de lib]t6 ,il tait lo9 de compte4 ,c'tait1 p\r le malheureux1 le comm5cem5t de relles p]scutions1 de trois annes d'une vie errante et lam5table1 traque de refuge en refuge2 et sa propre glise lui devait tre plus cruelle que l'glise de ,france4 ,p\rquoi8 ,v\s en tr\v]ez les raisons trs clairem5t dduites dans le livre excell5t de ,m4 d\>d ,rod3 ,l',affaire ,jean-,jacques ,r\sseau4 ,donc1 il arrive ,iv]dun 7t]ritoire de ,b]ne7 *ez son vieil ami ,rogu94 ,a pe9e arriv1 il appr5d que l'mile a t condamn et brl ,g5ve 7 cause des pages sur les miracles et la rvlation7 et lui-mme dcrt de prise de corps p> ses *]s ,g5evois 7#ah-ai ju9 #agfb74 ,cep5dant un neveu de ,rogu9 lui (fre un petit pavillon o il s'in/alle4 ,il se croit tranquille3 mais1 trois sema9es aprs1 le ,snat de ,b]ne l'expulse d',iv]dun4 ,alors il trav]se la montagne et s'en va ,moti]s-,trav]s1 du comt de ,neu*tel4 ,une nice de ,rogu91 madame ,boy de la ,t\r1 lui (fre une maison qu'elle possde ,moti]s4 7,c> il faut que ,r\sseau soit t\j\rs l'hte de quelqu'un47 ,le comt de ,neu*tel app>t5ant au roi de ,prusse 7,frdric ,,ii71 ,r\sseau se met s\s sa protection p> des lettres o il se conj\it 7on le s5t7 de montr] l'univ]s comm5t un homme libre sait p>l] un mon>que1 avec une fi]t t\te civique et lacdmoni5ne4 ,mais dj il a r5i le ,contrat social dans son coeur4 ,?rse e/ v5ue le rejo9dre4 ,il fait la connaissance de mylord ,keit1 m>*al d'cosse 7mylord ,m>*al7 g\v]neur de ,neu*tel p\r le roi de ,prusse1--homme trs bon1 un de ceux qui ont t le meilleurs p\r ,r\sseau et que ,r\sseau a le plus t5drem5t aims4--,jean-,jacques respire4 ,de n\veau il se croit tranquille4 ,il se promne2 il fait de la botanique2 il s'amuse fabriqu] des lacets1 qu'il (fre des jeunes filles de ses amies1 condition que1 m>ies et dev5ues mres1 elles allait]ont elles-mmes leurs enfants4 ,c'e/ cette poque qu'il pr5d l'habit armni54 ,ce n'tait pas1 n\s dit-il1 une ide n\velle444 ,elle m'tait s\v5t rev5ue ,montmor5cy1 o le frqu5t usage des sondes1 me condamnant re/] s\v5t dans ma *ambre1 me fit mieux s5tir les avantages de l'habit long4 ,la commodit d'un tailleur armni51 qui v5ait s\v5t voir un p>5t qu'il avait ,montmor5cy1 me t5ta d'en pr(it] p\r pr5dre ce n\vel quipage1 au risque du qu'en dira-t-on1 dont je me s\ciais trs peu444 ,je me fis donc une petite g>de-robe armni5ne2 mais l'orage excit contre moi m'en fit remettre l'usage des temps plus tranquilles1 et ce ne fut que quelques mois aprs que1 =c p> de n\velles attaques de rec\rir aux sondes1 je crus p\voir pr5dre ce n\vel habillem5t ,moti]s1 surt\t aprs avoir consult le pa/eur du lieu1 qui me dit que je p\vais le port] au temple mme sans sc&ale4 ,je pris donc la ve/e1 le caftan1 le bonnet f\rr1 la ce9ture2 et aprs avoir assi/ dans cet quipage au s]vice div91 je ne vis po9t d'inconvni5t le port] *ez mylord ,m>*al4 ,son ,excell5ce1 me voyant a9si vtu1 me dit p\r t\t complim5t3 ,salamaleki2 aprs quoi t\t fut f9i et je ne portai plus d'autre habit4 ,en ralit1 son infirmit et mme ses sondes n'exigeai5t pas ce co/ume exc5trique4 ,une culotte plus l>ge ou quelque manteau un peu long aurait suffi4--videmm5t la flure gagne4--,goe!1--qui1 lui1 n'avait jamais t m5ac de folie1--crit dans ,wilhelm ,mei/] 7livre ,v1 *ap4 ,,xvi7 propos du vieux j\eur de h>pe3 ,si je p>vi5s1 dit ,wilhelm1 lui faire quitt] sa b>be et sa longue robe1 j'aurai beauc\p gagn2 c> ri5 ne n\s dispose plus la folie que de n\s di/+u] des autres1 et ri5 ne ma9ti5t plus le s5s commun que de vivre1 avec beauc\p de g5s1 selon le commun usage4 ,c'e/1 je crois1 v]s le mme temps1 que ,r\sseau pr5d ce pli1 de sub/itu] s\v5t au pronom je ou moi son nom et surt\t son prnom1 de p>l] de lui-mme la troisime p]sonne1 de dire3 ,jean-,jacques ,r\sseau ne peut pas4442 il ne convi5t pas ,jean-,jacques4442 que dirait-on de ,jean-,jacques4444 ,ne v\s y trompez pas3 cela aussi e/ signe de flure4 ,rev5ons4--,le pa/eur de ,moti]s1 ,montmoll91 comm5a p> tre un *aud p>tisan de ,jean-,jacques et1 sur sa dem&e1 l'admit la communion4 ,jean-,jacques n\s dit ce propos3 444,t\j\rs vivre isol sur la t]re me p>aissait un de/9 bi5 tri/e1 surt\t dans l'adv]sit4 ,au milieu de tant de proscriptions et de p]scutions1 je tr\vai une d\ceur extrme p\voir me dire3 ,du mo9s je suis p>mi mes frres2 et j'allai communi] avec une motion de coeur et des l>mes d'att5drissem5t qui tai5t peut-tre la prp>ation la plus agrable ,dieu qu'on y pt port]4 7,v]s le mme temps1 ,voltaire ,f]ney faisait ses pques1 et le faisait con/at] p> acte not>i4 ,on p\rrait mettre en reg>d la communion s9cre et pieuse du pauvre exil ,r\sseau1 et la communion sacrilge et f>ce1--en mme temps que prud5te et cons]vatrice1--de l'opul5t seigneur de ,f]ney444 ,il e/ vrai qu'on ne tir]ait pas gr& *ose de ce p>allle1--s9on que c'e/ encore le plus religieux de ces deux hommes qui n\s a t le plus fune/e47 ,presque le mme j\r o ,jean-,jacques communiait si dvotem5t1 l'ar*evque de ,p>is1 ,*ri/ophe de ,beaumont signait un ,m&em5t portant condamnation de l'mile 7#bj aot #agfb74 ,l'ar*evque faisait son devoir4 ,il relevait dans ce livre une v+ta9e de propositions contraires l'or?odoxie ca?olique4 ,le m&em5t dbutait 7ou presque7 p> un portrait de ,r\sseau vraim5t assez brillant1--et mme assez ju/e1 surt\t si l'on songe que le critique tait un ar*evque4 ,il faut cit] ce morceau4 ,du se9 de l'erreur il s'e/ lev un homme ple9 du langage de la philosophie sans tre vritablem5t philosophe2 esprit d\ d'une multitude de connaissances qui ne l'ont pas clair et qui ont rp&u des tnbres dans les autres esprits2 c>actre livr aux p>adoxes d'op9ion et de conduite2 alliant la simplicit des moeurs avec le fa/e des p5ses1 le zle des maximes antiques avec la fureur d'tablir des n\veauts1 l'obscurit de la retraite avec le dsir d'tre connu de t\t le monde3 on l'a vu invectiv] contre les sci5ces qu'il cultivait1 prconis] l'excell5ce de l'vangile dont il dtruisait les dogmes1 pe9dre la beaut des v]tus qu'il teignait dans l'me de ses lecteurs444 ,dans un ouvrage sur l'9galit des conditions il avait abaiss l'homme jusqu'au rang des btes2 dans une autre production plus rc5te il avait ins9u le poison de la volupt en p>aissant le proscrire3 dans celui-ci il s'emp>e des premi]s mom5ts de l'homme af9 d'tablir l'empire de l'irrligion4 ,le re/e du m&em5t tait ce qu'il p\vait et devait tre1--avec1 peut-tre1 quelques inutiles accusations de mauvaise foi4 ,jean-,jacques rpondit p> la lettre ?tralem5t intitule3 ,jean-,jacques ,r\sseau1 citoy5 de ,g5ve1 ,*ri/ophe de ,beaumont1 ar*evque de ,p>is1 duc de ,sa9t-,cl\d1 pair de ,france1 comm&eur de l'ordre du ,sa9t-,esprit1 proviseur de ,sorbonne1 etc444 ,cette lettre n'e/ pas le plus orig9al de ses ouvrages1 mais c'en e/ peut-tre le plus p>fait4 ,naturellem5t1 l'ar*evque et le prote/ant latitud9aire ne p\vai5t s'ent5dre1 puisque ju/em5t ,r\sseau nie ou conte/e ce que le prlat suppose acquis3 la rvlation et les miracles4 ,on peut dire que les deux adv]saires mani5t des armes qui ne se r5contr5t pas4--,d'autre "p1 la lettre ,*ri/ophe de ,beaumont n'(fre ri5 de n\veau quant au fond2 elle rpte seulem5t1 s\s une =me ad\cie et p]suasive1 quelques-unes des ?ories de l'mile et du ,contrat4 ,mais la lettre e/1 dans son ensemble1 un *ef-d'oeuvre de polmique1 une m]veille de discussion adroite1 vig\reuse1 mue1 loqu5te4 ,le citoy5 de ,g5ve affecte d'abord le plus gr& respect p\r le prlat2 il se complait dans son attitude d'homme obscur1 d'homme de ri51 de citoy5 mode/e1--mais qui porte en lui la vrit1--en face d'un gr& de la t]re4 ,puis1 monte peu peu sa pla9te d'opprim2 puis sa colre clate4 ,c'e/ vraim5t trs bi5 fait4 ,et voici quelques lignes de la f93 ,que v\s disc\rez votre aise1 v\s autres hommes con/itus en dignit6444 ,v\s accablez firem5t le faible1 sans rpondre de vos iniquits p]sonne444 ,sur les mo9dres conv5ances d'intrt ou d'tat1 v\s n\s balayez devant v\s comme la p\ssire4 ,les uns dcrt5t et brl5t1 les autres diffam5t ou d%onor5t1 sans droit1 sans raison1 sans mpris1 mme sans colre1 uniquem5t p>ce que cela les arrange1 et que l'in=tun se tr\ve sur leur *em94 ,monseigneur1 v\s m'avez insult publiquem5t 7n'e/-ce pas que cela a le ton et l'allure de quelque c\plet d'un drame de ,hugo o un plbi5 riv]ait son cl\ un pr9ce874 ,monseigneur v\s m'avez insult publiquem5t2 je vi5s de pr\v] que v\s m'avez calomni4 ,si v\s tiez un p>ticuli] comme moi1 que je pusse v\s cit] devant un tribunal quitable1 et que n\s y comp>ussions t\s deux1 moi avec mon livre1 et v\s avec votre m&em5t1 v\s y s]iez c]ta9em5t dcl> c\pable et condamn me faire une rp>ation aussi publique que l'(f5se l'a t4 ,mais v\s t5ez un rang o l'on e/ disp5s d'tre ju/e1 et je ne suis ri54 ,cep5dant v\s qui pr(essez l'vangile1 v\s prlat fait p\r appr5dre aux autres leur devoir1 v\s savez le vtre en p>eil cas4 ,p\r moi1 j'ai fait le mi51 je n'ai plus ri5 v\s dire1 et je me tais4 ,daignez1 monseigneur1 agrer mon pr(ond respect 7,moti]s #ah novembre #agfb74 ,j'ai dit que1 dans le fond1 la ,lettre ,m4 de ,beaumont n'(frait ri5 que de dj vu4 ,j'en excepte une page intressante4 ,dans le mom5t mme o il df5d contre le prlat la religion naturelle1 ,r\sseau cont9ue de se sp>] des philosophes4 ,une de leurs manies tait de trait] t\s les fondateurs de religions de f\rbes1 d'impo/eurs1 de *>latans1 de jongleurs sacrs4 ,jean-,jacques qui a1 lui1 l'intellig5ce des *oses religieuses1 en juge autrem5t3 ,honorez en gnral1 dit-il1 t\s les fondateurs de vos cultes respectifs444 ,ils ont eu de gr&s gnies et de gr&es v]tus3 cela e/ t\j\rs e/imable4 ,ils se sont dits les envoys de ,dieu2 cela peut tre et n'tre pas2 c'e/ de quoi la pluralit ne saurait jug] d'une manire uni=me1 les preuves n'tant pas galem5t sa porte4 ,mais qu& cela ne s]ait pas1 il ne faut po9t les trait] si lgrem5t d'impo/eurs4 ,qui sait jusqu'o les mditations cont9uelles sur la div9it1 jusqu'o l'en?\siasme de la v]tu ont pu1 dans leurs sublimes mes1 tr\bl] l'ordre didactique et rampant des ides vulgaires8 ,dans une trop gr&e lvation la tte t\rne1 et l'on ne voit plus les *oses comme elles sont444 ,ici1 ,r\sseau e/ autrem5t intellig5t que ,voltaire4 ,j'imag9e qu'aprs sa magnifique rplique l'ar*evque de ,p>is1 ,r\sseau crut qu'il allait r5tr] en grce auprs de la p>tie rcalcitrante de ses compatriotes de ,g5ve4 ,il y avait eu 7je v\s r5voie l-dessus au beau livre de ,rod71 il y avait eu1 dans le dcret lanc p> le ,petit ,conseil contre ,r\sseau1 une irrgul>it de procdure4 ,jean-,jacques comptait que t\te la b\rgeoisie prote/]ait contre cette infraction la loi4 ,et1 en effet1 il avait ,g5ve des amis1 les m5eurs de ce qu'on peut appel]1 le p>ti dmocratique1--et qui mme l'ennuyai5t bi5 =t1 et qui l'accablai5t de leurs lettres et de leurs visites 7deux eur5t l'indiscrtion de tomb] malades *ez lui et de s'y faire soign]74 ,mais t\t se passait en p>oles4 ,aprs avoir att5du plus d'un an que quelqu'un rclamt contre une procdure illgale1 ,r\sseau prit enf9 un p>ti1 r5ona une +rate patrie1 abdiqua1 p> une lettre au premi] syndic1 son droit de b\rgeoisie4 ,il dut tre trs malheureux ce mom5t-l4 ,n\s le voyons dans sa correspondance 7qu'il faut t\j\rs consult] en mme temps que ses ,confessions74 ,seul1 proscrit1 se croyant ab&onn de t\s1 ses s\ffrances physiques ayant r$\bl de viol5ce1 il crit ,duclos 7le seul des philosophes avec qui il ne se soit jamais br\ill7 qu'il e/ dcid au suicide4 444,ma situation physique a tellem5t empir444 que mes d\leurs1 sans rel*e et sans ress\rce1 me mett5t absolum5t dans le cas de l'exception m>que p> ,mylord d\>d en rpondant ,sa9t-,preux4 7,cette lettre de mylord d\>d e/ la v+t-deuxime de la troisime p>tie de la ,n\velle ,hlose47 ,et ,r\sseau crit en mme temps ,m4 ,m>t9et1 *tela9 de ,moti]s1 p\r lui remettre son te/am5t et lui recomm&] ,?rse1 comme il avait fait ,duclos4 ,adieu1 monsieur1 je p>s p\r la patrie des mes ju/es1 j'espce y tr\v] peu d'vques et de g5s d'glise1 mais beauc\p d'hommes comme v\s et moi4 ,je note ce projet de suicide4 ,plus t>d1 en ,dauph91 dans la lettre o il propose ,?rse la sp>ation1 il lui promet de ne pas se suicid]4 ,t\t cela pr\ve du mo9s qu'il y songeait quelquefois4 ,cep5dant il ne se tue pas4 ,il se rtablit p\r de n\velles d\leurs4 ,l'hiv] e/ dur ,moti]s4 ,p5dant six mois1 il ne peut mettre les pi$s dehors4 ,t\t en faisant des lacets1 ou en f5dant du bois p\r su] l'ur9e dont il a le corps ravag1 il mdite sur l'univ]selle inju/ice dont il e/ victime1 sur son in=tune qu'il juge unique au monde4 ,?rse devi5t mo9s d\ce1 c> elle se dplat en pays trang]--et prote/ant1 elle1 commre ca?olique4 ,a ,g5ve1 l'agitation cont9ue4 ,les p>tisans de ,r\sseau font au ,conseil des reprs5tations1 dont il ne ti5t compte4 ,p\r df5dre le ,conseil1 le procureur gnral ,tron*9 crit1 sur le cas de ,r\sseau et contre ,r\sseau1 les ,lettres de la ,campagne4 ,r\sseau1 d*an cette fois1 rpond p> les ,lettres de la ,montagne 7neuf lettres en deux p>ties2 trois c5ts pages environ74 ,dans la deuxime p>tie1 il dveloppe la con/itution de ,g5ve et le mcanisme du droit de reprs5tation1 et dmontre l'illgalit de la procdure dont on avait u env]s lui4 ,la premire p>tie e/ re/e intressante4 ,elle e/ =t belle p> endroits4 ,sans d\te1 dans la plup>t de ces pages1 il ne fait que ma9t5ir les ides du ,vicaire ,savoy>d et son droit de les exprim] librem5t1 mme ,g5ve4 ,mais on y tr\ve aussi des *oses que ,r\sseau n'avait pas encore dites4 ,d'abord le passage o il ramne la ,r=mation son vrai pr9cipe1 qui e/ le libre exam5 individuel1 et en tire1 bi5 longtemps d'avance1 les conclusions du prote/antisme libral 7qui1 vraim5t1 n'e/ plus une religion confessionnelle74 ,r\sseau rs]ve p\rtant deux po9ts3 ,p\rvu1 dit-il1 qu'on respecte t\te la ,bible et qu'on s'accorde sur les po9ts pr9cipaux1 on vit selon la r=mation vanglique4 ,on ne voit pas1 vrai dire1 p\rquoi le libre exam5 s'arrt]ait devant la sa9tet de la ,bible et devant c]ta9s po9ts de son int]prtation4 ,le propre d'une religion fonde sur le libre exam5 semble bi5 tre de se dtruire enf9 elle-mme2 et c'e/ ce qui arriv]ait sans d\te la ,r=me1 si1 au b\t du compte1 le commun des prote/ants n'tai5t des hommes comme les autres1 plis1 p> s5s pratique1 une habitude et une tradition1 peu capables de critique1 et *ez qui la lib]t d'exam5 e/ un pr9cipe et une prt5tion beauc\p plus qu'une ralit4 ,mais1 ceci rs]v1 les dductions de ,r\sseau sont irrpro*ables3 ,*acun1 conclut-il1 en demeure seul juge en lui-mme 7juge de la doctr9e et des int]prtations7 et ne reconnat en cela d'autre autorit que la si5ne propre4 ,les bonnes in/ructions doiv5t mo9s fix] le *oix que n\s devons faire1 que n\s mettre en tat de bi5 *oisir4 ,tel e/ le vritable esprit de la ,rfomation1 tel en e/ le vrai fondem5t4 ,la raison p>ticulire y prononce4441 et il e/ tellem5t de l'ess5ce de la raison1 d'tre libre que1 qu& elle v\drait s'ass]vir l'autorit1 cela ne dp5drait pas d'elle4 ,portez la mo9dre atte9te ce pr9cipe1 et t\t l'vanglisme cr\le l'in/ant4 ,qu'on me pr\ve auj\rd'hui qu'en matire de foi je suis oblig de me s\mettre aux dcisions de quelqu'un1 ds dema9 je me fais ca?olique1 et t\t homme consqu5t et vrai f]a comme moi4 ,et plus lo91 contre ces pa/eurs qui1 avant l'affaire ,r\sseau1 affectai5t une extrme lib]t d'esprit et passai5t mme p\r soc9i5s3 ,ce sont en vrit de s+ulire g5s que messieurs vos m9i/res3 on ne sait ni ce qu'ils croi5t1 ni ce qu'ils ne croi5t pas2 on ne sait mme pas ce qu'ils font semblant de croire2 leur seule manire d'tablir leur foi e/ d'attaqu] celle des autres444 ,et il va plus avant4 ,il prte aux ca?oliques ce qu'ils aurai5t pu rpondre aux premi]s r=mateurs1 et il emb>rasse ceux-ci dans leurs propres contradictions p> un raisonnem5t que ,bossuet et av\1 et d'un acc5t o ,bossuet et seulem5t mis plus de *>it et de d\ceur4 ,r\sseau fait simplem5t1 ici1 le procs de la ,r=me mme et de son pr9cipe4 ,le s+uli] homme6 ,t\te cette seconde ,lettre de la ,montagne me p>at un *ef-d'oeuvre1 et un *ef-d'oeuvre bi5 inatt5du4 ,a9si la de/9e de ,jean-,jacques tait d'tre de/ructeur1 mme du prote/antisme1 et cela en se con=mant ce qui e/ l'ess5ce mme de la ,r=me et en se montrant ce que le prote/antisme1 dans son fond intime1 conseille d'tre3 un individuali/e =c54 ,ce heurt de ,r\sseau contre ceux de sa religion1 me plat extrmem5t1 je l'av\e4 ,cette av5ture eut1 je crois1 p\r l'me de ,r\sseau1 des consqu5ces que n\s v]rons t\t l'heure4 ,mais je ne puis quitt] cette premire p>tie des ,lettres de la ,montagne sans v\s lire une page sur ,jsus1 qui pr\ve que ce n'e/ pas seulem5t ,*ateaubri&1 ,s5anc\r1 ,george ,s&1 ,mi*elet et ,dumas fils qui ont beauc\p lu ,r\sseau et s'en sont s\v5u1 mais que c'e/ aussi ,erne/ ,r5an4 ,je ne puis m'emp*] de dire1--crit ,r\sseau dans la troisime lettre1--qu'une des *oses qui me *>m5t dans le c>actre de ,jsus n'e/ pas seulem5t la d\ceur des moeurs1 la simplicit1 mais la facilit1 la grce et mme l'lgance4 ,il ne fuyait ni les plaisirs ni les ftes1 il allait aux noces1 il voyait les femmes1 il j\ait avec les enfants1 il aimait les p>fums1 il mangeait *ez les f9anci]s4 ,ses disciples ne jenai5t po9t1 son au/rit n'tait po9t f*euse4 ,il tait la fois indulg5t et ju/e1 d\x aux faibles et t]rible aux m*ants4 ,sa morale avait quelque *ose d'attrayant1 de c>essant1 de t5dre2 il avait le coeur s5sible1 il tait homme de bonne socit4 ,qu& il n'et pas t le plus sage des mortels1 il en et t le plus aimable4 ,e/-ce assez ,vie de ,jsus6 ,naturellem5t1 les ,lettres de la ,montagne r$\blr5t la fureur des ennemis de ,r\sseau4 ,elles sont brles ,neu*tel1 ,b]ne1 ,la ,haye1 ,p>is4--,des morts contribu5t l'enfonc] dans sa mlancolie4 ,il p]d le m>*al de ,luxemb\rg1 ce bon seigneur1 le seul ami vrai qu'il et en ,france1 qui avait cont9u lui crire affectueusem5t depuis son exil1 et qui ,jean-,jacques avait envoy de longues lettres sur les moeurs du pays de ,neu*tel et sur le paysage du ,val-,trav]s4--,v]s le mme temps meurt madame de ,w>5s1 dj *>ge d'ans et sur*>ge d'infirmits et de misres4 ,r\sseau1 qui n'a jamais p>l d'elle qu'avec t5dresse et respect malgr t\t1 la place dans le ciel1--ce qui e/ bi51--mais aux cts de ,fnelon1--ce qui p>at excessif3 ,allez1 dit-il1 me d\ce et bi5faisante1 auprs des ,fnlon1 des ,b]nex 7l'anci5 vque d',annecy71 des ,cat9at1 et de ceux qui1 dans un tat plus humble1 ont ouv]t comme eux leur coeur la *>it vritable2 allez gt] le fruit de la vtre1 et prp>] votre lve la place qu'il espre occup] prs de v\s4 ,ce n'e/ pas t\t4 ,le meilleur ami 7avec le m>*al de ,luxemb\rg7 et le plus puissant protecteur de ,r\sseau1 mylord ,m>*al1 rappel en ,anglet]re1 quitte ,neu*tel4 ,contre le pauvre ,jean-,jacques1 malade1 tri/e1 dsemp>1 la p]scution cont9ue et s't5d1 attise un mom5t p> un atroce pamphlet de ,voltaire 7le ,s5tim5t des citoy5s44474 ,le pa/eur ,montmoll9 ab&onne ,r\sseau1 puis excite le peuple contre lui4 ,on insulte dans les rues le malheureux que son co/ume de c>naval dsigne aux gam9s4 ,dans la nuit du #f ou #g septembre #agfe1 on casse c\ps de pi]re quelques c>reaux de sa maison4 ,il s'en va ,neu*tel et1 de l1 l'le ,sa9t-,pi]re dans le lac de ,bi5ne4 ,l'le1 =t agrable1 d'une lieue de t\r1 app>t5ait l'hospice de ,b]ne et n'avait p\r habitants que le receveur de l'hospice avec sa famille1--de braves g5s4 ,r\sseau passe dans cette le six sema9es dlicieuses2 il h]borise1 il se promne sur l'eau1 et surt\t il rve444 ,vraim5t on aurait bi5 d le laiss] l tant qu'il et v\lu y vivre2 c> qui gnait-il8 ,mais un dcret du ,snat de ,b]ne l'en expulse le #ag octobre4 ,affol1 il crit au ,snat en lui (frant de se livr]1 p\r qu'on l'enf]me dans une bonne prison t\t le re/e de sa vie444 ,puis il s'en va ,bi5ne1 o des zls lui assur5t qu'il s]a tranquille4 ,il e/ encore expuls de ,bi5ne4 ,ah6 les pa/eurs ne le mnag5t pas1 eux qui le rev5diqu5t et l'honor5t auj\rd'hui4 ,le pauvre homme ne sait plus que dev5ir4 ,il songe successivem5t se rfugi] en cosse auprs de mylord ,m>*al1 ,v5ise1 ,zuri*1 en ,silsie1 ,b]l91 en ,savoie1 ,j]sey1 en ,italie1 en ,autri*e1 ,am/]dam1 en ,corse4 ,f9alem5t1 et en att5dant de pr5dre une dcision1 il se r5d ,/rasb\rg1 o l'accueil trs *aud qu'il reoit de t\te la socit1 le ddommage un peu4 ,tant de malheurs a*v5t de le r5dre illu/re1--comm5c5t le r5dre f\1--et le purifi5t4 ,je sais bi5 que ,*oiseul n'avait pas tort de le considr] comme un criva9 dang]eux4 ,mais si1 au lieu de le proscrire1 ,*oiseul lui avait (f]t temps 7avant l'mile7 des honneurs et quelque s9cure444 qui sait1 mon ,dieu1 qui sait8444 ,l'ambition de ,jean-,jacques avait t longtemps d'tre (ficiel1 d'tre un homme en place4 ,bi5 qu'il p>le s\v5t de son inaptitude support] aucun j\g1 il a s\v5t1 d'autre "p1 le dsir de s'insr] honorablem5t dans un ordre de *oses bi5 tabli1--7comme lorsqu'il r5tre dans la b\rgeoisie g5evoise74 ,puis1 incapable de df5dre ses intrts matriels1 il avait un peu le beso9 d'tre protg1 de s5tir sa tranquillit assure1 d'*app] au s\ci du l5dema9444 ,oui1 ,*oiseul avait d'autres moy5s de l'annihil] qu'en le faisant dcrt] de prise de corps4 ,au re/e1 il ne l'annihila po9t p> ce moy5-l2 au contraire4 ,ds que ,r\sseau e/ p]scut p> le g\v]nem5t de ,france1 et plus durem5t p> les glises suisses1 sa gloire devi5t unique1 et sa rputation europenne4 ,et c'e/ autre *ose que la gloire de ,voltaire3 c'e/ la r5omme d'un bi5faiteur des hommes1 d'un sage1 d'un lgislateur antique4 ,cela pr5ait dj la =me d'un culte4 ,l'ermite de ,moti]s e/ con/amm5t drang p> d'illu/res visites4 ,il ne suffit pas sa correspondance4 ,la ,corse lui dem&e une ,con/itution4 ,des pr9ces1 de gr&es dames1 de gr&s seigneurs1 des magi/rats1 des prtres1 des jeunes g5s le consult5t sur l'ducation1 sur la religion1 sur des cas de consci5ce4 ,et il leur donne de =t bonnes consultations1 non seulem5t loqu5tes--ou f9es1--mais ple9es de bon s5s et presque t\tes empre9tes d'un esprit d'ordre et de cons]vation4 ,c> il a presque t\j\rs t sage p\r les autres4 ,mais aussi cette situation d'oracle europen exalte de plus en plus son orgueil1--en mme temps que ses malheurs trop rels1 et l'inquitude cont9uelle o il vit1 dvelopp5t en lui la folie de la p]scution4 ,mais de ces malheurs mme il j\it en quelque manire1 tant il les voit dmesurs et exceptionnels4--,comme ,*ateaubri& 7et ce n'e/ pas la premire fois que j'ai l'occasion de rappro*] ces deux hommes7 ,r\sseau tr\ve extraord9aire t\t ce qui lui arrive1 passe son temps s'm]veill] de sa de/9e1 et se console de ses durets p> ce qu'elle a d'unique1--,je ne v\s en donn]ai qu'un petit exemple4 ,dans le temps qu'on le huait ,moti]s1 ,r\sseau obt9t1 p> mylord ,m>*al1 une place de conseill] d'tat de ,neu*tel p\r le colonel ,pury1 g5dre de ,dupeyr\3 ,c'e/ a9si1 dit-il1 que le sort1 qui m'a t\j\rs mis trop haut ou trop bas1 cont9uait me ballot] d'une extrmit l'autre3 et1 t&is que la populace me c\vait de fange1 je faisais un conseill] d'tat4 7,que de phrases de ce g5re1--rappelez-v\s1--dans les ,mmoires d'outre-tombe67 ,et cep5dant1 p>mi cet orgueil et p>mi ces comm5cem5ts de dm5ce1 il n'e/ po9t d\teux que ,r\sseau ne devi5ne meilleur4 ,ses in=tunes ne le dta*5t po9t de lui-mme1 mais le dta*5t de beauc\p de *oses cont+5tes et passagres4 ,il s'ex]ce cette rsignation qu'il df9it si bi5 dans l'mile4 ,entre ses crises d'orgueil ou de dlire1 il e/ pati5t et d\x4 ,il e/ not] que t\tes les amitis qu'il a faites ou confirmes dans ce temps-l 7mylord ,m>*al1 ,dupeyr\1 ,m\lt\1 mme l'ennuyeux d',iv]nois71 il leur e/ re/ fidle jusqu' sa mort1 et les a peu prs exceptes de sa manie s\ponneuse4 ,enf91 l'me religieuse de ,jean-,jacques devi5t plus purem5t religieuse4 ,si les pa/eurs g5evois avai5t t indulg5ts p\r lui1 son spiritualisme et assez facilem5t accept la =me confessionnelle de l'glise g5evoise4 ,mais1 clair en mme temps qu'irrit p> l'intolrance prote/ante1 il se dgage de t\t re/e de prote/antisme1 et je ne dirai pas qu'il t5d au ca?olicisme 7o il passa1 aprs t\t1 v+t-six ans de sa vie et qu'il pratiqua s9crem5t p5dant une diza9e d'annes72 mais je dirai qu'il t5d une sorte de ca?olicit4 ,j'ent5ds p> l que son ,dieu e/ le ,dieu commun t\tes les religions1 et aussi que son ,dieu n'e/ po9t le ,dieu g5d>me de ,voltaire1 ni le ,dieu gomtre de ceux des ,encyclopdi/es qui ne sont pas t\t fait a?es1 mais que c'e/ ,dieu s5sible au coeur1 et aussi ,dieu-,provid5ce 7un ,dieu dont il p>le presque aussi s\v5t que ,bossuet72 quelque *ose de plus1 en vrit1 que le ,dieu des di/es-rationali/es4 ,et1 en outre1 il s]ait sans d\te un peu excessif de dire qu'il incl9e de coeur au ca?olicisme3 mais p\rtant1 jugeant cruels et /upides les m9i/res de la religion du libre exam51 lesquels le p]scut5t la fois p> m*ancet et p> ignorance du vrai pr9cipe de la ,r=mation2 considrant d'ailleurs et dc\vrant peut-tre l'infirmit d'esprit de la plup>t des hommes1 et mme s5tant quelquefois sa propre tte faiblir1 il n'e/ pas sans pr\v] quelque sympa?ie p\r l'esprit de s\mission et de non-exam5 des ca?oliques1 qui eux1 au surplus1 ne l'ont pas traqu4 ,de trs nombreux passages de ses lettres des annes suivantes manife/5t les s5tim5ts que je vi5s d'indiqu]4 ,j'en cit]ai quelques-uns sans beauc\p d'ordre3 ,a madame de ,b4441 dc4 #agfc3 ,v\s avez une religion qui disp5se de t\t exam53 suivez-la en simplicit du coeur4 --,a ,m4 ,m4441 cur d',ambri] en ,bugey1 auquel il recomm&e ,?rse3 444,bonj\r1 monsieur1 je suis ple9 de v\s et de vos bonts1 et je v\drais tre un j\r porte de voir et d'embrass] un aussi digne (fici] de morale4 ,v\s savez que c'e/ a9si que l'abb ,sa9t-,pi]re appelait ses collgues les g5s d'glise4 --,a ,m4 ,m>cel1 matre de danse de la c\r du duc de ,saxe-,go?a3 444,je n'ai jamais aspir dev5ir philosophe1 je ne me suis jamais donn p\r tel1 je ne le fus1 ni ne le suis1 ni ne veux l'tre4 --,a un abb qui a des d\tes sur div]s po9ts du dogme ca?olique et qui songe quitt] son tat3 ,quoi1 monsieur4441 dans un po9t de pure spculation1 dans lequel nul ne voit ce qui e/ vrai ou faux1 et qui n'importe ni ,dieu ni aux hommes1 n\s n\s f]ions un crime de condesc5dre aux prjugs de nos frres et de dire oui o nul n'e/ en droit de dire non8 --,a ,m4 ,sgui] de ,sa9t-,brisson1 un jeune homme inquiet1 br\ill avec sa mre sur des que/ions de religion 7#bb juillet #agfd73 444,v\s v\lez sec\] hautem5t le j\g de la religion1 o v\s tes n8 ,je v\s dcl>e que1 si j'tais n ca?olique1 je demeur]ais ca?olique1 sa*ant bi5 que votre glise met un fre9 trs salutaire aux c>ts de la raison huma9e1 qui ne tr\ve ni fond ni rive qu& elle veut sond] l'abme des *oses444 --,de mme l'abb de ,x4441 autre prtre tr\bl 7#aa nov4 #agfd73 444,de quoi s'agit-il au fond de cette affaire8 ,du s9cre dsir de croire1 d'une s\mission du coeur plus que de la raison2 c> enf9 la raison ne dp5d pas de n\s1 mais la volont en dp5d1 et c'e/ p> la seule volont qu'on peut tre s\mis ou rebelle l'glise444 ,je comm5c]ais donc p> *oisir p\r confesseur un bon prtre1 un homme sage et s5s1 tel qu'on en tr\ve p>t\t qu& on les *]*e444 ,je lui dirais3 ,je s5s que la docilit qu'exige l'glise e/ un tat dsirable p\r tre en paix avec soi2 j'aime cet tat1 j'y veux vivre444 ,je ne crois pas1 mais je veux croire1 et je le veux de t\t mon coeur4 ,s\mis la foi malgr mes lumires1 quel argum5t puis-je avoir cra9dre8 ,je suis plus fidle que si j'tais conva9cu4 ,je ne sais pas bi51 n'tant pas ?ologi51 si t\t cela e/ d'une or?odoxie irrpro*able2 je ne v\s dis pas non plus que les prtres tr\bls qui consultai5t ,r\sseau fuss5t encore de trs bons prtres444 ,mais t\j\rs il leur conseille l'ef=t p\r croire et la s\mission3 voil le fait4 ,a t\t mettre au pis1 le ca?olicisme des d]nires annes de ,r\sseau vaut bi5 celui de ,lam>t9e1 p> exemple4 --,au *evali] d'on 7,wootton1 #ca m>s #agff73 444,si mon pr9cipe 7le libre exam57 me p>at le plus vrai1 le vtre 7l'autorit7 me p>at le plus commode2 et un gr& avantage que v\s avez e/ que votre cl]g s'y ti5t bi51 au lieu que le ntre 7le cl]g prote/ant71 compos de petits b>b\illons qui l'arrogance a t\rn la tte1 ne sait ni ce qu'il veut ni ce qu'il dit1 et n'te l'infaillibilit l'glise qu'af9 de l'usurp] *acun p\r soi4 --,a ,m4 ,r\/an 7,wootton1 #g sept4 #agff73 444,le cl]g ca?olique1 qui seul avait se pla9dre de moi1 ne m'a jamais fait ni v\lu aucun mal2 et le cl]g prote/ant1 qui n'avait qu' s'en l\]1 ne m'en a fait et v\lu que p>ce qu'il e/ aussi /upide que c\rtisan4 --,a ,m\lt\1 tr\bl lui aussi1 quoique pa/eur1 une trs belle lettre de rcon=t et d'exhortation croire du mo9s ,dieu 7,monqu91 #ad fv4 #agfi74--;,et je v\s signale surt\t la lettre ,m4 de ,m4441 autre esprit inquiet et travaill de d\tes1 qui e/ un m\vant comm5taire de la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d4 7,b\rgo91 #ae janvi] #agfi47 ,j'y relve ces mots3 444,j'ai cru dans mon enfance p> autorit1 dans ma jeunesse p> s5tim5t2 ma9t5ant je crois p>ce que j'ai t\j\rs cru4 ,t&is que ma mmoire te9te ne me remet plus sur la trace de mes raisonnem5ts1 t&is que ma judiciaire affaiblie ne me p]met plus de les recomm5c]1 les op9ions qui en ont rsult me re/5t dans t\te leur =ce444 et je m'y ti5s en confiance et en consci5ce4 ,et plus lo91 sur ce qu'il y a un po9t1 dans la re*]*e1 o la raison doit s5tir ses limites3 ,alors1 saisi de respect1 l'homme s'arrte1 et ne t\*e po9t au voile1 cont5t de savoir que l'tre imm5se e/ dess\s4 ,et sur la d\ceur de ,jsus3 444,d\ceur qui ti5t plus de l'ange et du ,dieu que de l'homme1 qui ne l'ab&onna pas un in/ant1 mme sur la croix1 et qui fait v]s] des torr5ts de l>mes qui sait lire sa vie comme il faut4 ,il ne faut ri5 exagr]4 ,il e/ c]ta9 que1 depuis les ,*>mettes1 ,r\sseau avait cess d'tre ca?olique au s5s enti] du mot1 c'e/--dire de croire aux dogmes et la hir>*ie du ca?olicisme4 ,il e/ c]ta9 qu' p>tir de #aged1 l'antipapisme de son enfance lui tait rev5u1 notamm5t dans le ,contrat social4 ,mais il e/ c]ta9 aussi que1 du j\r o les prote/ants l'avai5t p]scut1 il avait cess d'tre anti-ca?olique4 ,une p>tie du cl]g de ,france avait p\r lui une sympa?ie secrte1 d'abord en ha9e des ,encyclopdi/es1 puis p>ce que ,r\sseau ne fut jamais impie4 ,sur la div9it du ,*ri/1 il n'a po9t de ngation =melle4 ,dans un fragm5t 7,morceau allgorique sur la ,rvlation7 qui e/ probablem5t des d]nires annes de sa vie1 et qui e/ crit dans le gt et le ton des ,p>oles d'un ,croyant1 il n\s montre ,socrate pntrant dans le temple des idoles1--puis ,jsus4 ,au mom5t de l'entre de ,jsus3 ,une voix se fait ent5dre dans les airs1 prononant di/9ctem5t ces mots3 ,c'e/ ici le ,fils de l'homme2 les cieux se tais5t devant lui2 t]re1 c\tez sa voix4 ,jsus monte sur l'autel de la pr9cipale idole et la r5v]se sans ef=t1 et1 montant sur le pide/al avec aussi peu d'agitation1 il semblait pr5dre sa place plutt qu'usurp] celle d'autrui4 ,puis1 il p>le444 et3 ,on s5tait que le langage de la vrit ne lui cotait ri51 p>ce qu'il en avait la s\rce en lui-mme4 ,sur la messe mme1 le vicaire savoy>d1 qui cont9ue de la clbr]1 s'exprime a9si dans la ,pr(ession de foi3 444,qu& j'appro*e du mom5t de la conscration1 je me recueille p\r la faire avec t\tes les dispositions qu'exige l'glise et la gr&eur du sacrem5t2 je t*e d'anantir ma raison devant la suprme intellig5ce2 je me dis3 ,qui es-tu p\r mesur] la puissance inf9ie8 ,je prononce avec respect les mots sacram5taux1 et je donne leur effet t\te la foi qui dp5d de moi4 ,quoi qu'il en soit de ce my/re inconcevable1 je ne cra9s pas qu'au j\r du jugem5t je sois puni p\r l'avoir jamais pr(an dans mon coeur4 ,t\t cela n'e/ pas la foi entire1 et n'e/ donc pas la foi4 ,mais ce n'e/ pas non plus la ngation4 ,c'e/ d'un homme qui se s\vi5t d'avoir cru4 ,beauc\p de prtres en ,france savai5t du mo9s gr ,r\sseau de n'avoir jamais crit une p>ole blasphmatoire4 ,ret\rnons au ,r\sseau de #agfb-agff4 ,jamais il n'a t plus loqu5t ni plus m\vant que dans ses pr(essions de foi religieuses de ce temps-l2 jamais il n'a t plus sage que dans ces consultations qu'il donnait aux mes tr\bles3 jamais il n'a t plus gr& criva9444 ,et cep5dant il e/ dj f\4 ,f\ sur un po9t4 ,il s\ponne t\t le monde1 mme et surt\t ses anci5s amis1 de le har1 de l'espionn]1 de le trahir1 de le p]scut]1 de =m] un va/e complot p\r le r5dre odieux et p\r le d%onor]4--,ds l',ermitage1 il montrait des signes de cette maladie m5tale4 ,mais elle le possde prs5t1 et presque sans rel*e2 et les d\ze d]nires annes de sa vie ne sont plus que l'hi/oire d'un pauvre animal p\rsuivi et traqu p> une meute qu'il porte dans son imag9ation1 c'e/--dire p> lui-mme4 ,n\s l'avons laiss ,/rasb\rg1 *]*ant encore o il s'tablirait4 ,il semble se dcid] p\r ,b]l94 ,puis1 brusquem5t1 press p> la comtesse de ,b\ffl]s1 il se r5d ,p>is avec un sauf-conduit4 ,il loge *ez le pr9ce de ,conti1 au ,temple1 qui e/ lieu d'asile1 et o t\t ,p>is vi5t le voir et le fatigue4 ,et1 le #d janvi] #agff1 il se laisse emm5] en ,anglet]re p> ,david ,hume4 ,hume avait la rputation d'un =t honnte homme1 et c]ta9em5t il avait de la sympa?ie p\r ,r\sseau et dsirait lui r5dre s]vice4 ,ds leur arrive ,londres1 ,hume crivait la comtesse de ,b\ffl]s3 ,mon pupille e/ arriv en bonne sant2 il e/ trs aimable1 t\j\rs poli1 s\v5t gai1 ord9airem5t sociable4 ,et la m>quise de ,b>b5tane3 444,il e/ d\x1 mode/e1 aimant1 ds9tress1 d\ d'une s5sibilit exquise444 ,il a dans ses manires une simplicit rem>quable1 et c'e/ un vritable enfant dans le comm]ce ord9aire4 ,cette qualit1 jo9te sa gr&e s5sibilit1 fait que ceux qui viv5t avec lui peuv5t le g\v]n] avec la plus gr&e facilit44 ,assurm5t ces phrases sont d'un ami4 ,mais elles impliqu5t t\t de mme qu'aux yeux de ,hume ,r\sseau e/ un tre biz>re et faible4 ,elles le jug5t avec bi5veillance1 mais avec un s\rire4 ,hume tait de la socit de madame du ,deff& et d',horace ,walpole1 de d',alemb]t et de madame ,ge(fr94 ,il aimait bi5 ,jean-,jacques1 oui2 mais cela ne l'avait pas emp*1 un j\r1 *ez madame ,ge(fr91 de collabor] une plaisant]ie de ,walpole sur ,r\sseau3 une prt5due lettre du roi de ,prusse1 o ,jean-,jacques tait raill sur sa manie s\ponneuse et son beso9 de se croire p]scut4 ,comme1 aprs t\t1 il l'avait t rellem5t1 la plaisant]ie dev5ait assez cruelle1 et c'e/ quoi ,david ,hume n'avait pas pris g>de4--,bref il aimait ,r\sseau1 oui2 mais avec un peu de compassion ou de protection dans son amiti1 et p>fois un peu d'ironie4 ,or1 ds que ,r\sseau dev9ait ces s5tim5ts-l *ez un ami1 cela le r5dait f\1 simplem5t4 ,et c'e/ p\rquoi1 transport p> ,hume ,londres1 puis envoy p> lui dans une proprit de son ami ,dav5port 7 ,wootton1 #fj milles de ,londres7 o ,r\sseau ne payait qu'un loy] =t modique1--c'e/ p\rquoi1 dis-je1 quelques mois plus t>d1 ,r\sseau rompt brusquem5t avec ,hume1 l'accuse d'avoir conspir son d%onneur avec d',alemb]t et le mdec9 ,tron*91 et dcl>e ,hume l'homme le plus f\rbe et le plus m*ant de l'univ]s4 ,ses griefs8 ,ils n\s clair5t tri/em5t sur son cas4 ,r\sseau les expose dans une longue lettre adresse ,hume lui-mme1 le #aj juillet #agff4 ,que lui repro*e-t-il8 ,voici3--,hume n'a pas admis ,?rse sa table4 ,a pe9e arriv ,londres1 les j\rnaux1 jusque-l bi5veillants ,r\sseau1 lui sont dev5us ho/iles2 cela1 videmm5t1 l'in/igation de ,hume4 ,hume a affect de mnag] l'arg5t de ,r\sseau1 de le trait] comme un pauvre4 ,hume1 ayant comm& le portrait de ,r\sseau1 lui a fait donn] p> le pe9tre une expression sombre et m*ante4 ,un j\r qu'ils tai5t en tte tte1 ,hume l'a fix d'un reg>d sec et moqueur2 ,r\sseau e/ trav]s p> cette ide1 que ce reg>d e/ celui d'un sclrat2 mais1 pris s\da9 de remords1 ,r\sseau se jette son c\ en s'criant d'une voix entrec\pe3 ,non1 non1 ,david ,hume n'e/ pas un tratre2 s'il n'tait le meilleur des hommes1 il faudrait qu'il en ft le plus noir4 ,sur quoi ,hume1 int]loqu1 r5d polim5t ses embrassem5ts ,r\sseau et1 t\t en le frappant de petits c\ps sur le dos1 lui rpte plusieurs fois d'un ton tranquille 7oh6 mon ,dieu1 comme n\s aurions fait n\s-mmes sa place73 ,quoi1 mon *] monsieur8444 ,eh6 mon *] monsieur444 ,quoi donc1 mon *] monsieur8444--,et les autres griefs de ,jean-,jacques sont l'av5ant4 ,il re/e1 je crois1 que ,hume1 l'orig9e1 a manqu un peu de dlicatesse1--et qu'ensuite il a manqu d'indulg5ce4 ,mais il e/ vrai qu'il en fallait beauc\p avec un si trange malade4 99 99 99 99 99 ,r\sseau quitte ,wootton en mai #agfg4 ,p5dant trois annes encore1--inquiet1 eff>1 malade1--p\ssant la manie du s\pon jusqu' se croire vis p> deux v]s in(f5sifs d'une tragdie de ,du ,belloy2--quittant brusquem5t ,gr5oble p>ce qu'un bonhomme de prsid5t1 aprs l'avoir accabl de politesses1 lui av\e navem5t qu'il ne connat pas ses ouvrages2--inscrivant sur des portes d'aub]ge les p5ses de son orgueil2--entrevoyant quelquefois sa propre dm5ce1 comme lorsqu'il crit ,m4 de ,sa9t-,g]ma93 ,si j'avais tr\v plutt un coeur o le mi5 ost s'ouvrir4441 ma raison s'en tr\v]ait mieux1 ou d',iv]nois3 ,je comm5ce cra9dre1 aprs tant de malheurs rels1 d'en voir quelquefois d'imag9aires qui peuv5t agir sur mon c]veau 7#bh m>s #agfh72 puis ressaisi p> ses visions habituelles2--n'ayant plus1 p\r t\s livres1 que ,plut>que1 l',a/re et le ,tasse2--incapable1 dit-il1 de p5s]2--incapable de demeur] longtemps la mme place1--il repr5d1 dj vieux1 la vie errante de son adolesc5ce et de sa jeunesse2 se fait appel] ,r5\ 7du nom de famille de la mre ,levasseur72 s'en va ,fleury-s\s-,meudon1 *ez le m>quis de ,mirabeau2 puis ,trye1 *ez le pr9ce de ,conti1 d'o le dlog5t les tracass]ies des dome/iques qui lui refus5t1 dit-il1 les fruits et les lgumes du j>d92 puis ,lyon1 puis ,gr5oble1 puis ,b\rgo91 o il p\se ,?rse en prs5ce de ,dieu1 de la nature et de deux citoy5s v]tueux2 puis ,monqu91 d'o le *asse la qu]elle de ,?rse avec une s]vante2 puis 7de n\veau7 ,lyon1--et enf9 ,p>is1 o il s'in/alle rue ,pltrire son domicile d'autrefois1 et repr5d l'habit franais4 ,c'e/ l que1 p5dant huit ans1 il vit--enf9--comme un sage4 ,il n'e/ plus--enf9--l'oblig de p]sonne4 ,il paye--enf9--son loy] comme t\t le monde4 ,il a r5onc--enf9--aux gr&s seigneurs et aux gr&es dames4 ,il ne lit plus gure et n'crit presque pas4 ,mais il s'amuse la botanique1 il se promne1 il h]borise4 ,il a peu prs d\ze c5ts livres de r5te viagre2 quoi il aj\te environ c9q c5ts livres bon an mal an1 en copiant de la musique1 ce qui e/ son plaisir4 7,en six ans1 six mille pages de musique dix s\s74 ,n\s avons1 sur ce ,r\sseau des d]nires annes1 beauc\p de tmoignages1 p>mi lesquels l',essai 7ina*ev7 sur ,jean-,jacques ,r\sseau1 de ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re2 les six ,lettres de ,corancez dans le ,j\rnal de ,p>is1 an ,,vi2 et ,mes visites ,j4-,j4 ,r\sseau p> ,m4 ,eym>1 fils d'un ngociant de ,m>seille et v5u ,p>is p\r voir son idole4 ,p\r cette n\velle gnration1 ,r\sseau e/ une espce de sa9t laque4 ,sa9t-,pi]re1 ,corancez1 ,eym> ne voi5t que ses v]tus1 qui fur5t relles et qui1 au mom5t o ils connur5t ,r\sseau1 tai5t peu prs dgages de t\t mauvais alliage4 ,on a beauc\p accus ,r\sseau d'avoir t +rat4 ,ce n'e/ pas mon avis1--deux ou trois mauvais m\vem5ts de sa jeunesse mis "p4--,seulem5t1 il se df5d mal contre les bi5faiteurs qui s'impos5t lui p> vanit1 et il p>at +rat lorsqu'enf91 excd1 il se drobe brusquem5t4 ,mais il n'a t +rat ni p\r madame de ,w>5s1 ni p\r ,?rse1 ni p\r monsieur et madame de ,luxemb\rg1 ni p\r ,male%]bes1 ni p\r mylord ,m>*al1 ni p\r les ,rogu91 le ,dupeyr\1 les ,m\lt\1 les ,corancez1 etc44 ,durant ses d]nires annes1 il app>at dans t\t son beau4 ,r\sseau1 il faut le dire1 e/ extrmem5t ds9tress4 ,t\t autre que lui aurait1 avec ses livres 7mme cette poque71 fait une petite =tune4 ,n\s le voyons1 lui pauvre1 r5onc] tranquillem5t une p5sion du roi d',anglet]re1 p>ce qu'il l'avait eue p> l'int]mdiaire de ,hume4--,il e/ trs *>itable1 trs bi5faisant1 comme on disait alors4 ,il e/ sobre4 ,il e/ d'une *>mante simplicit de moeurs4 ,il e/ d\x1 poli1 aimable4 ,il e/ pieux4 ,il e/ indulg5t4 ,il ne dit jamais de mal de p]sonne1--7except1 v]s la f91 de ceux p> qui il croit tre p]scut1 et seulem5t en tant qu'ils le p]scut5t2 et il e/ rem>qu] que1 dans ses ,confessions1 il n'e/ pas m*ant1 except p\r ,grimm et un peu p\r madame d'p9ay74 ,il a quelquefois1 il e/ vrai1 des accs de mfiance1 de susceptibilit ombrageuse3 mais ses amis de la d]nire heure le sav5t et le lui pass5t2 et t\j\rs il leur revi5t4 ,a l'ord9aire1 c'e/ un homme simple1 d\x et rsign1 un vritable sage1 d'une sagesse passive1 un peu la manire d'un brahme4 ,?rse1 racontant sa mort1 dira navem5t3 ,si mon m>i n'e/ pas un sa9t1 qui e/-ce qui le s]a8 ,et p\rtant ce sage e/ un f\4 ,entre #aggb et #aggf1 ce sage emploie1 de temps en temps1 quelques heures dpos] dans des cahi]s sa folie1 ses visions de monomane qui se croit victime d'une conspiration univ]selle2 il crit des ,dialogues o un ,franais conv]se sur ,jean-,jacques avec ,r\sseau qu'il ignore tre ,jean-,jacques2 et cela =me trois dialogues2 et cela s't5d sur c9q c5t qu>ante pages1 et c'e/ ple9 de r$ites et de rab*ages s9i/res2 mais cela e/ s\v5t magnifique et tragique1 et jamais ,r\sseau n'a t plus gr& criva9 que dans c]ta9s passages de ces sombres divagations4 ,elles n'tonn5t pas trop1 lorsqu'on a suivi sa correspondance1 surt\t depuis #agfb4 ,il crit1 le #bh septembre #agfb1 madame de ,lat\r-,franqueville 7la plus entte de ses fidles73 ,quiconque ne se passionne pas p\r moi e/ indigne de moi444 ,quiconque ne m'aime pas cause de mes livres e/ un fripon4 ,le prologue du livre ,x,i,ie des ,confessions1 la sup]be lettre de qu>ante-c9q pages ,m4 de ,sa9t-,g]ma9 7,monqu91 #bf fvri] #aggj7 qui e/ la fois son apologie et son exam5 de consci5ce1 r5d5t dj1 en ple91 le son de la folie4 ,a p>tir du #i fvri] #aggj1 il adopte1 on ne sait p\rquoi1 une manire de dat] inutilem5t biz>re1 et il met t\tes ses lettres1 en pigraphe1 ces quatre v]s 7je ne sais o il les a pris2 peut-tre sont-ils de lui73 ,pauvres aveugles que n\s sommes6 ,ciel1 dmasque les impo/eurs1 ,et =ce leurs b>b>es coeurs ,a s'ouvrir aux reg>ds des hommes4 ,dans les ,dialogues1 c'e/ la folie df9itive4 ,j'aurais v\lu re*]*] p\r v\s1 dans c]ta9s raisonnem5ts de ce livre1 les signes les plus rem>quables de draison4 ,mais je n'en ai plus le temps4 ,je v\s dirai seulem5t ce que ,r\sseau croit voir4 ,voici4 444,on dispose aut\r de lui les murs1 les plan*]s1 les s]rures p\r l'espionn]444 ,on l'enveloppe de m\*>ds1 de filles1 de m5diants /yls444 ,on ouvre t\tes ses lettres444 ,s'il entre dans un lieu public1 t\t le monde l'ent\re et le fixe1 mais en s'c>tant de lui et sans lui p>l]444 ,au p>t]re on a so9 de plac] ct de lui un g>de ou un s]g5t444 ,on le signale p>t\t aux facteurs1 commis1 g>des1 m\*es1 savoy>ds1 colporteurs1 libraires444 ,s'il *]*e un livre1 un almana*1 il n'y en a plus dans ,p>is444 ,les dcrotteurs refus5t de le dcrott]444 ,s'il veut pass] l'eau vis--vis les ,quatre-,nations1 on ne passe pas p\r lui1 mme en payant le co*e enti]444 ,on lui envoie t\s les j\rs des espions s\s =me de solliciteurs444 ,on dit aux m5diants de lui rejet] son aumne au nez444 ,on cra*e sur lui dans la rue t\tes les fois qu'on le peut sans tre ap]u de lui444 ,on lui donne t\s les signes de la ha9e1 en l'accablant des plus fades complim5ts444 ,en ,dauph91 on c>tait de lui t\te encre lisible1 et celle qu'on lui laissait dev5ait blan*e sur le papi]444 ,on ne lui dit que de fausses n\velles444 ,p5dant huit ans on s'e/ amus le faire voyag] gr&s frais1 lui et sa compagne444 ,on s'arrange p\r que1 *ez les m>*&s1 il paye les d5res mo9s *] que les autres a*eteurs1 af9 de lui faire publiquem5t l'aumne malgr lui et de l'humili]444 ,on *]*e l'am5] au suicide444 ,on l'accuse de crimes dont il ne peut se df5dre1 puisqu'il ne connat pas les accusateurs4 ,quels crimes8 ,il ne sait pas non plus1 s9on qu'on raconte qu'il e/ dbau* et atte9t d'une maladie honteuse1 et qu'il trompe sur le prix de ses copies de musique4--,p\r le re/e1 il ne sait pas1 mais il sait qu'on l'accuse1 etc41 etc444 7,et t\t cela revi5t v+t fois dans les ,dialogues p>ce qu'il les crit sans se relire47 ,qui lui fait t\tes ces misres8 ,on4 ,qui1 on8 ,t\t le monde1 les gr&s1 les auteurs1 les mdec9s1 les hommes en place1 les femmes galantes1--l',europe1 l'univ]s enti]1--et p>ticulirem5t ,grimm1 madame d'p9ay1 ,did]ot1 ,hume1 d',alemb]t1 et t\s les philosophes1--,*oiseul leur tte4 7,dans la ralit1 les philosophes avai5t comm5c p> le trait] assez bi51 et mme avec mnagem5t comme un orig9al et comme un malade2 puis avai5t comm5c le tr\v] insupportable et1 qu& il s'tait dcl> publiquem5t leur ennemi1 avai5t f9i p> le dte/] et p> le reg>d] comme un f\ malfaisant3 voil t\t2 et il e/ vrai que c'tait dj quelque *ose1 mais ri5 d'imprvu1 d'extraord9aire ni de my/rieux4 ,quant aux p]scutions prt5dues qu'il numre en les dramatisant1 v\s rem>qu]ez que presque t\tes s'expliqu5t p> la curiosit du public son endroit et le so9 que pr5ait la police de le protg] contre cette curiosit4--,les m>*&ises qu'on lui v5d mo9s *] qu'aux autres1 c'e/ un s\v5ir d=m d'une att5tion dlicate de madame de ,luxemb\rg qui1 sa*ant ,?rse dp5sire1 avait recomm& l'pici] de ,montmor5cy de lui dim9u] ses mmoires1 se *>geant de la diffr5ce444 ,et a9si1 je crois1 du re/e47 ,on conspire contre lui4 ,qui encore1 on8 ,ces messieurs1 c'e/--dire les philosophes1 la secte philosophique4--,ces messieurs6 ,jean-,jacques traite les philosophes exactem5t comme les libraux1 plus t>d1 trait]ont les jsuites4 ,il crit dans le deuxime ,dialogue3 ,gr&s imitateurs de la m>*e des jsuites1 ils 7les philosophes7 fur5t leurs plus ard5ts ennemis1 sans d\te p> jal\sie de mti] et ma9t5ant1 g\v]nant les esprits avec le mme empire1 la mme dextrit que les autres g\v]nai5t les consci5ces444 et sub/ituant peu peu l'intolrance philosophique l'autre1 ils devi5n5t1 sans qu'on s'en ap]oive1 aussi dang]eux que leurs prdcesseurs4 ,et il y revi5t infatigablem5t dans le troisime ,dialogue1 p>le de l',inquisition philosophique des missionnaires du matrialisme et de l'a?isme et des complots de la secte philosophique contre t\te religion et t\te morale4 ,et cela e/ rappro*] d'un passage bi5 curieux du livre ,,ix des ,confessions3 444,je me rappelai le sommaire de la morale de ,grimm1 que madame d'p9ay m'avait dit qu'elle avait adopt4 ,ce sommaire consi/ait en un seul article1 savoir1 que l'unique devoir de l'homme e/ de suivre en t\t les p5*ants de son coeur4 ,cette morale1 qu& je l'appris1 me donna t]riblem5t p5s]1 quoique je ne la prisse alors que p\r un jeu d'esprit4 ,mais je vis bi5tt que ce pr9cipe tait rellem5t la rgle de sa conduite1 et je n'en eus que trop1 dans la suite1 la preuve mes dp5s4 ,c'e/ la doctr9e intrieure dont ,did]ot m'a tant p>l1 mais qu'il ne m'a jamais explique444 ,et voil donc ,jean-,jacques f\rnissant des argum5ts quelque hi/ori5 ca?olique de la ,franc-,maonn]ie4 ,ces jugem5ts de ,r\sseau sur les ,encyclopdi/es ne sont peut-tre pas d'un ins5s4 ,o il dlire1 c'e/ sur le complot organis et sur les p]scutions spciales dont il se croit victime4 ,oui1 il e/ bi5 f\ sur ce po9t4 ,mais1 au fait1 n'a-t-il t f\ que sur ce po9t-l8 ,,dixi,,me ,,conf,,r5ce ,,les ,r,,v]ies4--,r,,sum,s ,,et ,,conclusions4 ,lorsque ,r\sseau et t]m9 la rdaction dsordonne et d\l\reuse des c9q c5t qu>ante pages de ses ,dialogues1 il se dem&a comm5t il f]ait p>v5ir cette apologie la connaissance des hommes4 ,le plus simple et t de port] son manuscrit *ez le libraire ,du*esne ou le libraire ,pissot qui euss5t accueilli avidem5t cette auba9e4 ,mais ,jean-,jacques se mfiait du monde enti]4--,les coquilles qui se r5contrai5t dans ses livres imprims1 il les attribuait la malice de ses ennemis2 et il criait qu'on dfigurait ses ouvrages p\r le p]dre4 ,il tait dans un tat d'me proprem5t my/ique4 ,il se voyait comme le sa9t homme ,job sur son fumi]1 dlaiss de t\s1 et n'ayant de rec\rs qu'en ,dieu4 ,mais1 p>mi ses s\ffrances1 son incroyable optimisme1--fils du rve1--ne faisait mme pas ,dieu les objections de ,job4 ,il semble qu' ce mom5t-l1 les v]tus dont il avait le g]me se fuss5t p>a*eves en lui et que les autres lui fuss5t v5ues3 d\ceur1 *>it1 rsignation1 simplicit1 ds9tressem5t1 gt de la sa9te pauvret2 t\tes1 dis-je1 sauf l'humilit4 ,mais1 du mo9s1 sa s\mission ,dieu et son dta*em5t du monde tai5t complets4 ,je d\te1 crit-il1 que jamais mortel ait mieux et plus s9crem5t dit ,dieu3 ,que ta volont soit faite1 et ce n'e/ pas sans d\te une rsignation =t mritoire qui ne voit plus ri5 sur la t]re qui puisse flatt] son coeur4 ,et c'e/ p\rquoi il eut la p5se de s'en remettre ,dieu du sort de son manuscrit4 ,il le recopia de sa plus belle plume de calligraphe et d'ouvri] graveur et rsolut1--lui calv9i/e1 mais qui communiquait avec ,dieu p>-dessus les religions1--d'all] dpos] le paquet sur le gr& autel de l'glise de ,notre-,dame1 esprant que le bruit de cette action f]ait p>v5ir son manuscrit s\s les yeux du roi4 ,le sam$i1 #bd fvri] #aggf1 ayant envelopp le manuscrit des ,dialogues et y ayant mis cette suscription3 ,dpt confi la ,provid5ce1 il se r5dit sur les deux heures ,notre-,dame et m>*a v]s le gr& autel4 ,mais t\tes les grilles du *oeur tai5t f]mes4 ,r\sseau fut b\lev]s p> cette sorte de refus de ,dieu4 ,il sortit rapidem5t de l'glise1 rsolu1 dit-il1 de n'y r5tr] de ses j\rs4 ,il copie ses c9q c5t qu>ante pages une troisime fois1 *]*e des ma9s sres o il puisse les remettre1 et n'en tr\ve pas4 ,il arrive alors la rsignation p>faite3 ,j'ai donc pris enf9 mon p>ti t\t fait2 dta* de t\t ce qui ti5t la t]re et des ins5ss jugem5ts des hommes1 je me rsigne tre jamais dfigur p>mi eux444 ,ma flicit doit tre d'un autre ordre2 ce n'e/ plus *ez eux que je dois la *]*]444 ,dlivr mme de l'inquitude de l'esprance ici-bas1 je ne vois plus de prise p> laquelle ils puiss5t encore tr\bl] le repos de mon coeur4 ,il vit a9si deux ans encore1 rvant1 h]borisant1 copiant de la musique1--consol un peu p> quelques adorateurs pati5ts4 ,mais ses maux physiques r$\bl5t4 ,?rse aussi tombe malade4 ,r\sseau n'e/ pas assez ri*e p\r pay] une s]vante4 ,ses d\ze c5ts ou quatorze c5ts francs de r5te viagre 7c> il v>ie sur le *iffre7 et ce que lui rapport5t ses copies1 lui p]mettrait de se mettre en p5sion1 avec ,?rse1 dans quelque tablissem5t dc5t4 ,mais ce s]ait trop simple4--,un peu aup>avant1 p> un ge/e ord9aire aux monomanes de son espce1 il avait crit et fait di/ribu] deux circulaires au peuple franais1 l'une p\r prote/] contre la falsification de ses livres p> les libraires1 l'autre p\r proclam] son innoc5ce et la sclratesse de ses ennemis4 ,il en rdige une troisime1 o il expose sa dtresse depuis la maladie de ,?rse et dem&e1 p\r lui et p\r elle1 le vivre et le c\v]t qui v\dra les leur donn]1 (frant en ret\r ce qu'il a d'arg5t1 d'effets et de r5tes4 ,c'e/ alors qu'il accepte de s'in/all] ,erm5onville1 *ez le m>quis de ,gir>d91--homme excell5t1 qui obligeait ses enfants all] dcro*] leur djeun] au haut d'un mt1 et qui f9it dans le mesmrisme4 ,et c'e/ ,erm5onville que ,jean-,jacques meurt qu>ante-deux j\rs aprs4 ,et l'on ne saura jamais avec c]titude s'il s'e/ suicid ou s'il e/ mort naturellem5t2 c> les c]tificats de mdec9s1 dans ces affaires1 ne pr\v5t pas gr&'*ose2 et l'un de ses meilleurs amis1 ,corancez1 croit au suicide2 et ,m4 ,b]!lot1 qui a t5u dans ses ma9s le crne de ,jean-,jacques 7le #ah dcembre #ahig7 c>te bi5 sans d\te le suicide p> un c\p de pi/olet dans la tte1 mais non p> le poison1 ou un c\p de pi/olet au coeur4 ,la pit de ,r\sseau me f]ait croire la mort naturelle2 mais cette poque1 il n'tait plus t\j\rs matre de ses actes444 ,donc1 je ne sais pas4 ,or1 dans ses deux d]nires annes1 c'e/--dire dans un temps o il donnait les signes les plus vid5ts de folie1 il crivait les dix *apitres des ,rv]ies d'un prom5eur solitaire1 c'e/--dire le plus beau 7avec les ,confessions71 le plus orig9al1 le plus immortellem5t jeune de ses livres4 ,ce sont des impressions1 des s\v5irs1 des rcits de prom5ade1 des descriptions1 des exam5s de consci5ce1 s\v5t des sortes de soliloques d'un ton religieux3 ,livrons-n\s t\t enti]1 dit-il1 la d\ceur de conv]s] avec mon me1 puisqu'elle e/ la seule 7cette d\ceur7 que les hommes ne puiss5t m't]4 ,j'ai dj1 au c\rs de mes leons1 puis plusieurs fois dans les ,rv]ies4 ,on y tr\ve1 plus encore que dans les ,dialogues1 un dta*em5t p>fait1 l'ab&on total ,dieu3 ,t\t e/ f9i p\r moi sur la t]re4 ,on ne peut plus m'y faire ni bi5 ni mal444 et m'y voil tranquille au fond de l'abme1 pauvre in=tun1 mais impassible comme ,dieu mme4 ,comme ,dieu mme8 ,rveil d'orgueil4 ,qu& s]a-t-il humble8 ,ne saura-t-il jamais que l'humilit n'e/ pas seulem5t la plus religieuse1 mais aussi la plus philosophique des v]tus8 ,se rsign] n'tre que le peu qu'on e/1 et cra9dre de surfaire ce peu1 n'e/-ce po9t l'a*vem5t de la sagesse8 ,il e/ sur la voie p\rtant444 ,il e/ mo9s indulg5t p\r lui-mme4--,pro*e de la mort1--des fautes qui lui revi5n5t du fond de son pass1 il en reti5t deux seulem5t3 et n\s connaissons cela que ce sont ses yeux ses deux plus gr&es fautes1 ses deux remords4 ,c'e/ d'abord l'ab&on de ses enfants1--et c'e/ aussi1--c9quante ans aprs1--le m5songe p> lequel il accusa la pauvre ,m>ion d'avoir vol le ruban444 ,et l-dessus vi5t une diss]tation pntrante et /ricte sur le m5songe1 comme d'un pnit5t qui a s\v5t m5ti dans sa vie1 et qui en s\ffre4 ,et cela1--p\r la premire fois1 et la seule1--l'amne un s5tim5t qui e/ bi51 enf91 de l'humilit1 ou qui en e/ bi5 pro*e3 ,ce qui me r5d plus inexcusable e/ la devise que j'avais *oisie 7,vitam imp5d]e v]o74 ,cette devise m'obligeait plus que t\t autre homme une pr(ession troite de la vrit444 ,voil ce que j'aurais d me dire en pr5ant cette fire devise1 et me rpt] sans cesse tant que j'osai la port]4 ,jamais la fausset ne dicta mes m5songes1 ils sont t\s v5us de faiblesse1 mais cela m'excuse bi5 mal4 ,avec une me faible1 on peut t\t au plus se g>antir du vice2 mais c'e/ tre arrogant et tmraire d'os] pr(ess] de gr&es v]tus4 ,ici1 vraim5t1 il comm5ce se connatre4 ,cep5dant1 il ne voit encore et ne condamne que les m5songes de sa vie1--non les m5songes1 plus fune/es1 de ses livres4 ,ceux-l1 il m\rra sans les connatre1 c> ils sont t\te son me1 o l'aveugle s5sibilit e/ re9e4 ,enf91 c'e/ dans la c9quime ,prom5ade1 plus encore que dans le voyage de ,sa9t-,preux aux montagnes du ,valais 7,n\velle ,hlose1 ,i1 lettre #bc71 plus encore que dans le pl]9age de ,sa9t-,preux et de ,julie la ,meill]aye 7,,iv1 lettre #ag71 que ,r\sseau apporte1 en t\te vrit1 une faon n\velle1--n\velle p> le degr1 n\velle p> l'insi/ance1--de voir1 de s5tir1 d'aim] et de dcrire la nature4 ,sur quoi l'on se dem&e3--,comm5t peut-il tre f\1 et crire en mme temps des *oses si p>faites1 si m\vantes et si belles8 ,je rponds3--,c'e/ peut-tre qu'au fond il l'a t\j\rs t1--p> int]mitt5ce1 mais t\j\rs de la mme manire et t\tes les poques de sa vie4 ,en quoi consi/e1 en effet1 la folie avre de ses annes dcl9antes8--,il e/ s5sible1 t5dre1 crdule4 ,il se jette la tte d'un homme qui il prte t\tes les v]tus et dont il croit tre ador4 ,puis il s'ap]oit que son n\vel ami e/ infrieur l'image qu'il s'en =mait1 et aussi que cet ami aime mo9s qu'il n'e/ aim4 ,d\l\reusem5t du1 il se croit trahi2 et de cette prt5due trahison de quelques p]sonnes1 il conclut une trahison univ]selle1 un va/e complot organis contre lui4 ,d=mation des *oses p> la s5sibilit et gnralisation htive1 tel e/ le cas de ,r\sseau1 flagrant surt\t dans ses ,dialogues4 ,mais ne d=me-t-il pas la ralit de la mme manire dans ses autres crits8 ,croire la nature bonne p>ce qu'il se s5t bon en suivant la nature1 c'e/--dire en faisant t\t ce qui lui plat2 croire la socit mauvaise p>ce qu'il a s\ff]t de la socit1 et conclure de t\t cela que c'e/ la socit qui a corrompu la nature2--ou bi51 p>ce qu'il aime la v]tu surt\t dans ses ge/es exceptionnels1 et p>ce qu'il n'a pas les s5s jal\x1 et qu'il n'a gure connu1 de la passion1 qu'une c]ta9e langueur la fois brlante et inactive1 croire qu'un m>i1 une femme1 son anci5 amant et une t5dre amie de cet amant p\rront vivre tranquillem5t ensemble sans avoir entre eux ri5 de ca*1 trois de ces p]sonnages n'ayant d'ailleurs d'autre occupation que d'ador]1 mnag] et soign] l'amant1 qui e/ ,r\sseau lui-mme s\s le nom de ,sa9t-,preux2--ou bi51 p>ce qu'il se ress\vi5t vivem5t de la cordialit de quelque fte municipale dans sa petite rpublique1 et p>ce qu'un j\r il a pleur de t5dresse de se s5tir en communion civique avec ses *]s ,g5evois retr\vs1 croire que c'e/ assur] le bonheur et la lib]t de l'homme que de le livr] t\t enti] l'tat2--ou bi51 dans sa vie mme1 p>ce qu'il aime la v]tu1 se croire v]tueux1 et1 p>ce qu'il e/ s5sible1 se croire le meilleur des hommes1 et le croire au po9t o il le croit2--ou bi5 enf91 comme dans les ,dialogues1 croire que l'univ]s le p]scute p>ce qu'il a r5contr quelques amis infidles3 t\t cela1 n'e/-ce pas1 en somme1 la mme opration de l'esprit1 le mme triomphe exorbitant de l'imag9ation et de la s5sibilit sur la raison8 ,et1 si ,r\sseau peut tre qualifi de dm5t dans le d]ni] des cas que j'ai numrs1 qui os]a dire que1 sauf le degr1 il ne l'tait pas aussi dans les autres8 ,il l'tait444 oh6 mon ,dieu1 comme le s]ai5t beauc\p d'hommes nos yeux1 si n\s les connaissions1 s'ils crivai5t des livres et si1 p>mi leur draison1 ils avai5t quelque gnie4 ,joignez cela les maladies de ,r\sseau1 dont je ne veux pas refaire la lam5table li/e4 ,ses maladies ne lui ont po9t donn sa s5sibilit3 mais elles l'ont faite plus aigu et plus dom9ante en lui f\rnissant plus d'occasions de s'ex]c]4 ,elles l'ont s\v5t condamn la solitude4 ,elles l'ont =c de vivre repli sur soi4 ,jamais criva9 n'e/ mo9s sorti de lui-mme1 n'a plus con/amm5t rapport t\t lui1--et n'a cru1 du re/e1 la p]v]sit de plus d'individus que cet ami de l'humanit et cet homme si p]suad de la bont naturelle de l'homme4 ,cette draison1 cette subord9ation totale du jugem5t la s5sibilit1 lui fait une place unique dans notre littrature4 ,comp>ez-le1 je ne dis pas aux gr&s criva9s du ,x,v,i,ie sicle1 mais ,voltaire1 ,montesquieu1 ,buffon1 mme l'av5tureux ,did]ot4 ,oh6 qu'ils v\s p>atront s5ss6 ,p\rquoi ne pas le dire8 ,d'innombrables pages de ,r\sseau clat5t d'une absurdit +num5t insol5te4 ,je v\s ai fait rem>qu] que ses plus dt]m9s p>tisans sont s\v5t obligs eux-mmes de l'int]prt] et d'av\] qu'ils l'int]prt5t3 il ne faut pas1 assur5t-ils1 considr] ce qu'il a dit1 mais ce qu'il a v\lu signifi]1 et qui e/ pr(ond ou qui e/ sublime4 ,or ,r\sseau e/ le seul de nos classiques 7si t\tefois on lui peut encore donn] ce nom7 qui ait beso9 d'une int]prtation aussi complaisante et aussi radicalem5t trans=matrice du texte4 ,les autres peuv5t se tromp]3 ils dis5t bi5 ce qu'ils dis5t1 et non autre *ose4 ,p>mi leurs audaces ou leurs caprices1 leur raison demeure4 ,ils re/5t dans la tradition franaise4 ,r\sseau1 cet int]rupteur de traditions1 ,r\sseau1 cet trang]1 insre dans notre hi/oire littraire un phnomne1 un mon/re 7qui aura p\r ligne t\s les dsquilibrs1 gr&s ou petits1 du ,x,i,xe sicle74 ,de l1 peut-tre1 son attrait4 ,outre qu'il avait du gnie et1 au plus haut po9t1 le don de l'expression1 l'humanit e/ telle que c'e/ peut-tre la "p d'absurdit qui e/ dans son oeuvre1 qui a p]mis ,r\sseau d'ex]c] une si prodigieuse influ5ce4 ,on allait v]s lui cause de sa draison brillante et mue de pote-dialectici51 cause des s+ul>its et des contradictions mme de sa p]sonne et de sa vie1 cause de la vibration dlirante que son me malade communiquait ses livres4 ,oui1 l'attrait de ,r\sseau1 c'e/ s\v5t le my/rieux attrait de l'absurde4 ,c> l'absurde a son attrait1 en tant qu'il (fre la s5sibilit l'image subite et grossire d'une facile revan*e contre ce qu'il y a de pnible dans la ralit4 99 99 99 99 99 ,rsum]ai-je ma9t5ant son oeuvre1 et ce qu'on appelle son sy/me8 ,d'autres l'ont fait1 et de telle faon que je ne l'essai]ai po9t aprs eux4 ,faguet d'abord1 et avec quelle pntration6 dans son ,x,v,i,i,ie sicle4 ,il av\e seulem5t n'avoir pu1 malgr ses ef=ts1 faire logiquem5t r5tr] le ,contrat social dans l'ensemble du sy/me de ,jean-,jacques4 --,m4 ,gu/ave ,lanson a t plus heureux4 ,v\s devez lire1 dans son hi/oire de la ,littrature franaise1 son *apitre sur ,r\sseau1 si v\s aimez ,r\sseau avec intransigeance1 et si v\s dsirez croire la cohr5ce et l'unit de son oeuvre1 et sa bi5faisance 9puise4 ,cette tude e/ d'ailleurs un modle d'int]prtation subtile et d'+nieuse recon/ruction4 ,je ne puis v\s la remettre s\s les yeux2 mais un manuel l'usage des lyces se tr\ve rsum] a9si le rsum de ,m4 ,lanson3 ,sy/me de ,r\sseau4--#a ,l'tat de nature e/ bon1 l'tat social e/ mauvais1--voil la ?se4--#b ,mais on ne peut rev5ir l'tat de nature1 il faut donc se rsign] l'tat social comme un pis-all] ncessaire1--voil l'anti?se4--#c ,d'ailleurs on peut amlior] l'tat social en le rappro*ant1 p> div]s moy5s1 de l'tat de nature1--voil la syn?se4 ,ds lors on ap]oit comm5t le dveloppem5t du premi] et du troisime po9t se di/ribue entre ses oeuvres4--,la bont de l'tat de nature et les vices de l'tat social1 voil le sujet des deux ,disc\rs et de la ,lettre d',alemb]t4--,remdi] aux maux de l'tat social p\r l'individu p> une ducation con=me la nature1 voil le sujet de l'mile2--y remdi] p\r l'homme en famille p> la pratique des v]tus de la famille selon la nature1 qui sont capables de purg] les passions monda9es des deux sexes1 voil le sujet de la ,n\velle ,hlose2--y remdi] enf91 p\r les hommes s\mis un g\v]nem5t1 p> l'obs]vation loyale des conditions qu'ils mir5t jadis cette s\mission et que leur dicta la nature 7p>at-il71 voil le sujet du ,contrat social4 ,et a9si3 ,l'homme social s]a rconcili avec l'homme naturel comme individu1 comme p\x1 comme citoy54 ,les coli]s qui liront cela1 et qui s'en cont5t]ont1 considr]ont sans d\te ,r\sseau comme l'esprit le plus rectiligne et le plus gomtrique entre les gr&s criva9s4 ,je crois que ces innoc5ts s]ont lo9 de compte4 ,d'abord1 un sy/me qui s\s-ent5d ceci3 ,mes in/9cts et mon bon plaisir sont sacrs1 et je les appelle nature1 et qui ti5t en ces deux lignes3 ,la nature e/ bonne1 la socit l'a corrompue2 donc rev5ons le plus possible la nature e/ un sy/me assez pauvre1 et qui repose1 en outre1 sur le plus arbitraire et le plus imprcis des po/ulats4 ,ce n'e/ pas un sy/me1 c'e/ un tat s5tim5tal4 ,la rptition cont9uelle d'un seul pr9cipe1 et d'un pr9cipe aussi d\teux1 ne suffit pas faire un sy/me ni une philosophie sociale4 ,un seul pr9cipe1 oui1 mais dont ,r\sseau tire1 selon son humeur1 des consqu5ces dont beauc\p se contr$is5t entre elles1--sans compt] les dsaveux =mels que sa correspondance inflige t\s ses ouvrages1--7et sans compt] encore les contradictions1 excusables peut-tre1 mais si frqu5tes1 de ses actes avec ses crits74 ,mais ce pr9cipe mme 7nature bonne1 socit mauvaise7--qui n'e/ au fond qu'une commode =mule de rvolte1--l'aurait-il r5contr1 si1 lorsqu'il tait dj dans sa tr5te-huitime anne1 t\t occup de musique et de ?tre galant1 la "q de l',acadmie de ,dijon ne le lui avait suggr8 ,et la plus gr&e p>tie de son oeuvre n'e/-elle pas comme susp5due ce has>d8 ,et-il conu la sup]/ition de l'galit1 sans une n\velle "q de cette fatale ,acadmie8 ,et-il crit la ,n\velle ,hlose s'il n'avait pas connu mademoiselle de ,breil1 puis madame d',h\detot et ,sa9t-,lamb]t8 ,etc41 etc44--,on peut1 direz-v\s1 se pos] des que/ions de ce g5re sur t\s les criva9s et propos de t\s les livres4--,non pas1 mais seulem5t propos d'ouvrages d'imag9ation1 d'ouvrages de potes ou de romanci]s3 et ,jean-,jacques e/ t\j\rs pote ou romanci]4--,et je crois v\s avoir montr1 en effet1 que t\s ses ouvrages lui ont t inspirs p> des circon/ances prives1 et qu'ils s'expliqu5t p> l d'abord1--puis p> son tempram5t1 son tat physique1 p> telle ou telle p>tie de son pass1 et1 j'os]ai dire1 p> celle de ses mes qui1 dans tel ou tel mom5t1 agissait en lui3 me de ,g5evois1 me de prote/ant1 me de ca?olique2 me de vagabond et de rvolt2 me d'am\reux impuissant1 me de simulateur p> soif d'motion1 me de rveur et presque de fakir1 me de malade4 ,il n'e/ pas bi5 surpr5ant qu'une oeuvre crite p> des mes si div]ses n'(fre po9t une bi5 svre unit2 et l'on ne s'tonn]a donc ni des contr>its intrieures de la ,julie1 de l'mile et du ,contrat social1 ni des contradictions du ,contrat social avec la ,julie ou l'mile1 ni des contradictions de t\s ces livres avec ses lettres4--,o donc e/ l'unit8 ,non po9t1 mon avis1 dans le sy/me1 mais dans ce fait que t\tes ces mes t\rm5tes dont se compose la p]sonne de ,jean-,jacques ont en commun une s5sibilit morbide et le plus s\v5t exclusive du jugem5t et de l'esprit critique4--,ou plutt simplifions encore4 ,runissons d'une "p le vagabond1 le dclass1 le rveur alangui1 le plbi51 le malade1 et aussi le prote/ant1 c'e/--dire l'homme d'une religion fonde sur le libre exam5 7et t\t cela ensemble fait peut-tre un an>*i/e7--et d'autre "p444 quoi8 l'homme qui re/e qu& mme un peu d'une patrie et d'une tradition1 et le prote/ant m>qu de t5dresse ca?olique2 et concluons3--,un individualisme outr1 avec1 et l1 quelque ve/ige1 de traditionnalisme p> la v]tu du s5tim5t religieux3 voil o e/ peut-tre l'unit1 tr\ble et secrte1 des oeuvres de ,r\sseau1 si elle e/ quelque "p4 ,et encore cette unit demeure-t-elle une dualit4 99 99 99 99 99 ,il me re/e indiqu] les n\veauts de ,r\sseau et sa d\ble influ5ce1 politique et littraire4 ,p>mi ses n\veauts1 je vois d'abord son /yle4 ,la n\veaut1 ici1 me p>at celle d'une *ose anci5ne retr\ve et enri*ie4 ,j'ai dj dit propos du premi] ,disc\rs1 que ,r\sseau prosateur r5\e une tradition4 ,n\rri1 lo9 de ,p>is et de la mode1 des gr&s criva9s du ,x,v,i,ie sicle1 lorsqu'il se met crire1 il en adopte la phrase h>monieuse1 complexe1 priodique4 ,on a dit qu'il avait retr\v le /yle de ,bossuet3 il en retr\ve du mo9s l'ampleur et le m\vem5t4 ,il a mo9s d'images que ,bossuet1 et mo9s inv5tes2 mais il en a de =t belles et quelquefois empruntes des objets n\veaux4 ,sa con/ruction e/ plus s]re1 et d'une syntaxe mo9s libre1 d'une plus troite correction que celle du gr& orateur4 ,il re*]*e plus que lui les anti?ses et les balancem5ts de mots4 ,t\t en cons]vant1 l'ord9aire1 la l>geur du ry?me1 il vise davantage la concision3 mais1 comme il aime rpt] plusieurs fois la mme ide avec des mots diffr5ts1 il arrive qu'une de ses pages p>aisse concise dans le dtail et prolixe dans l'ensemble4--,il a un extrme s\ci de l'oreille4 ,une des s+ul>its de son /yle1 c'e/ le so9 avec lequel il vite1 dans la mme phrase1 les rptitions de mots1--remplaant le sub/antif1 autant qu'il le peut1 p> le pronom p]sonnel1 dmon/ratif ou possessif selon les cas1--et cela1 frquemm5t1 jusqu' r5dre la phrase difficile compr5dre4 ,il prfre l'obscurit l'app>5ce mme de la nglig5ce4 ,je v\s en donn]ai1 p\r ne pas p>atre moi-mme obscur1 un exemple1 que je n'ai pas eu *]*] longtemps4 ,c'e/ dans la ,n\velle ,hlose 7deuxime p>tie1 lettre #be71 propos du portrait de ,julie1 que ,sa9t-,preux tr\ve trop dcollet3 ,oui1 ton visage e/ trop *a/e p\r support] le dsordre de ton se92 on voit que l'un de ces deux objets doit emp*] l'autre de p>atre2 il n'y a que le dlire de l'am\r qui puisse les accord]2 et qu& sa ma9 ard5te ose dvoil] celui que la pudeur c\vre1 l'ivresse et le tr\ble de tes yeux dit alors que tu l'oublies et non que tu l'exposes4 7,il faut mettre un peu "p les ,confessions1 o le /yle e/ plus simple1 mo9s con/amm5t t5du1 plus v>i1 plus libre1 plus prs des *oses1 plus sav\reux1 plus s5suel1 et o le vocabulaire e/ plus ri*e de mots famili]s ou mme de mots de t]roir47 ,en somme1 ce /yle de ,r\sseau e/ un trs beau /yle4 ,il conti5t celui de ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re1 celui de ,george ,s&1 de ,lam5nais1 et des criva9s considrations du ,x,i,xe sicle1--et1 beauc\p plus qu'en g]me1 le /yle de ,*ateaubri&4--,il conti5t malheureusem5t aussi celui de beauc\p de publici/es et orateurs publics du g5re ennuyeux4--,n'importe4 ,on peut c]ta9em5t dire que le /yle de ,r\sseau a relev le ton de la prose franaise4 ,mais d'autres ont dit cela mieux que moi4 ,quelles n\veauts encore apportait ,r\sseau8 ,je p>le d'abord de celles qui ont agi immdiatem5t sur ses contempora9s4 ,on dit qu'il a t un gr& r=mateur des moeurs2 qu'il a re/aur la morale individuelle en la faisant repos] sur la consci5ce 7,consci5ce444 in/9ct div9444 guide assur4447 et la morale dome/ique p> la rprobation de l'adultre et en pr*ant le respect du m>iage et du devoir pat]nel et mat]nel4 ,il y a du vrai1 oui3 mais1 t\t de mme1 on exagre un peu4 ,on dirait vraim5t que la morale avait cess d'exi/] en ,france1 qu'il n'y avait plus d'enseignem5t religieux1 que la plup>t des b\rgeoises de ,p>is et des prov9ces tai5t des p\ses dv]gondes et de mauvaises mres444 ,en ralit ,r\sseau 7et cela aprs ,m>ivaux1 ,de/\*es1 ,la ,*ausse1 qui sont des criva9s trs amis de la morale7 n'a agi1 un peu1 que sur un petit monde trs corrompu1 mais trs re/re9t4 ,p>ce que ,r\sseau a dt]m9 quelques jeunes femmes du monde allait] leurs enfants et pass] un peu plus de temps la campagne1 il ne faut pas croire qu'il ait trans=m et rgnr la socit franaise4 ,la lic5ce des moeurs dans les classes ri*es a cont9u1 si je ne me trompe1 jusqu' la ,rvolution2 et aussi la littrature lib]t9e4 ,seulem5t on s'att5drit plus aism5t et on fait plus de phrases sur la v]tu4 ,ce que ,r\sseau a surt\t dvelopp *ez ses contempora9s1--c'e/ une affreuse s5sibl]ie1 extraord9airem5t diffr5te de la bont4 ,il me semble excessif d'affirm]1 comme on l'a fait1 qu'il a *ang l'atmosphre morale de la ,france4 ,on a dit qu'il avait rappris aux femmes la passion1 la gr&e1 la vraie1 t\t fait oublie1 ce qu'on assure4 ,oh6 qu'il me semble bi5 que les ,lesp9asse et les ,ass1--et d'autres sans d\te qui ne n\s ont pas fait de confid5ces--n'eur5t pas beso9 de ses leons6 ,il e/ plus vrai de dire qu'il a agi1 mme sur ses contempora9s1 p> la f]veur de son disme4 ,il a t un homme vraim5t religieux1 je l'ai montr avec abondance4 ,il s'e/ pos en adv]saire dcl> des ,encyclopdi/es a?es1 et c'e/ p> l surt\t qu'il s'e/ attir leur ha9e4 ,son prote/antisme libre et att5dri p> v+t-six annes de ca?olicisme n'e/ pas si loign du ca?olicisme s5tim5tal de ,*ateaubri&4 ,et un mom5t1 dans les premires annes du ,x,i,xe sicle1 on peut dire que1 si l'action de ,r\sseau avait m5 la rpublique jacob9e1 elle a contribu1 peu aprs1 la re/auration ca?olique 7,lanson74 ,n\veaut encore1 relativem5t la doctr9e des ,encyclopdi/es1 la faon dont ,r\sseau conoit le progrs4 ,il n'a pas leur foi bate en cette idole4 ,il n'a pas cru1 comme eux1 que le progrs matriel et intellectuel impliqut le progrs moral1 ni qu'il assurt le bonheur des hommes4 ,il n'a pas du t\t la sup]/ition de la sci5ce4--,r\sseau e/1 d'ailleurs1 presque t\j\rs excell5t sur les po9ts o il e/ directem5t l'ennemi des ,encyclopdi/es4 ,il s]ait possible1--et intressant1--de compos] t\t un volume de maximes et de p5ses cons]vatrices et traditionnali/es tires du lib]taire ,jean-,jacques ,r\sseau1 et c'e/ p\rquoi il faut r5onc] tr\v] des =mules qui le conti5n5t vraim5t t\t enti]4 ,t\t ce qu'on peut faire1 c'e/ de *]*] ses ides ou ses in/9cts dom9ants4 ,mais o ,jean-,jacques e/ le plus inconte/ablem5t n\veau1 o il l'e/ avec plnitude1 clat et1 je crois1 bi5faisance1 c'e/ dans le s5tim5t qu'il a de la nature 7et1 corollairem5t1 de la vie simple et ru/ique7 et dans les descriptions qu'il en fait4 ,oh6 je n'oublie pas les potes antiques ni ceux de la ,r5aissance franaise1 ni ,?ophile ou ,tri/an1 ni madame de ,svign ou ,la ,fonta9e4 ,je ne dis po9t qu'avant ,r\sseau nos pres fuss5t incapables d'tre vivem5t t\*s des aspects aimables de la t]re4 ,mais ils ne s'appliquai5t pas beauc\p en j\ir1 et leurs s5sations de cet ordre1 mme les plus vives1 tai5t nes p> eux soit avec un extrme artifice 7comme *ez ,?ophile1 si v\s v\lez7 soit avec une extrme sobrit 7comme *ez ,la ,fonta9e72--jusqu' ce que les *amps1 les bois1 les montagnes et les lacs se fuss5t reflts dans les yeux solitaires de ,jean-,jacques4 ,c'e/ bi5 depuis ,r\sseau et son exemple que n\s n\s sommes tudis p]cevoir1 gt]1 sav\r] les images div]ses de la t]re cultive ou sauvage1 et que n\s avons v\lu en j\ir plus pr(ondm5t4 ,l'aspect gnral du roman et de la posie lyrique en a t t\t trans=m4 ,j'os]ai presque dire que l'homme civilis e/1 depuis ,r\sseau1 plus mu p> la t]re qu'il ne l'avait t durant des milli]s d'annes4 ,et ,r\sseau e/ all1 du premi] c\p1 extrmem5t lo9 dans cet art de voir la nature1 d'en tre t\* et de la pe9dre4 ,depuis1 on a raff9 l-dessus2 on a t5t des pe9tures plus m9utieuses d'aspects naturels plus r>es2 on a t\rm5t les mots1 quelquefois avec bonheur1 pas t\j\rs44444 ,j'av\e1 p\r moi1 que l'art de ,r\sseau1 sa faon la fois l>ge et prcise de pe9dre les ensembles1 me suffit encore auj\rd'hui4 ,aj\tez que ses paysages sont t\j\rs pntrs d'me1 qu'ils traduis5t t\j\rs un s5tim5t en mme temps qu'une vision4 ,et1 dans sa ,c9quime ,prom5ade1 il a su exprim]1 et compltem5t1 quelque *ose de plus neuf encore1 ce mom5t-l1 que ses paysages eux-mmes3 la rv]ie dans la nature4 ,cela1 c'e/ sa gr&e orig9alit4 ,c'e/ p> l qu'il n\s ti5t encore4 ,j'ai t t\t surpris de dc\vrir dans une page que j'crivais il y a longtemps 7plus de v+t ans c\p sr7 des s\v5irs c]ta9s1 mais probablem5t inconsci5ts1 et comme la vieille empre9te1 dans ma s5sibilit1 de ce ,r\sseau que je ne lisais gure alors3 ,l'am\r de la nature1 disais-je1 suscite une sorte de rv]ie qui n\s apaise et n\s r5d plus d\x1 tant faite d'une vague et flottante sympa?ie p\r t\tes les =mes innoc5tes de la vie univ]selle444 ,il n\s fait pr\v] que n\s sommes ent\rs d'inconnu et rveille en n\s le s5tim5t du my/re1 qui risqu]ait de se p]dre p> l'abus de la sci5ce et de la sotte confiance qu'elle inspire4 ,il n\s procure cette d\ceur de r5tr]1 volontaires et consci5ts1 dans le royaume de la vie sans p5se1 dans notre pays d'orig9e4 ,il n\s ins9ue une srnit fatali/e1 qui e/ un gr& bi52 il ass\pit en n\s t\te la p>tie d\l\reuse de n\s-mme2 et ce qui e/ *>mant1 c'e/ que n\s la s5tons qui s'endort1 et que n\s n\s en s\v5ons sans en s\ffrir4 ,il s]ait beau de voir un j\r l'humanit vieillie1 dgte des agitations /riles1 excde de sa propre civilisation1 ds]t] les villes1 rev5ir la vie naturelle1 et employ] en bi5 j\ir t\tes les ress\rces d'esprit1 t\te la dlicatesse et la s5sibilit acquises p> d'innombrables sicles de culture4 ,l'humanit f9irait a9si peu prs comme elle a comm5c4 ,les d]ni]s hommes s]ai5t1 comme les premi]s1 des hommes des bois1 mais plus in/ruits et plus subtils que les membres de l',in/itut1 et aussi beauc\p plus philosophes444 ,au fait1 le bonheur f9al o la race huma9e aspire et v]s lequel elle croit m>*] se conoit bi5 mieux s\s cette =me que s\s celle d'une civilisation indu/rielle et sci5tifique4 99 99 99 99 99 ,ce qui me rev5ait confusm5t ce j\r-l1 n'e/-ce pas le songe qui e/ au fond de l'absurde ,disc\rs sur les ,sci5ces et les ,arts et du tnbreux ,disc\rs sur l'9galit6 ,a9si il y a tel m\vem5t de notre s5sibilit p> o n\s sommes encore disciples de ,r\sseau sans le savoir4 ,outre l'am\r des aspects de la t]re1 outre la rv]ie1 il apporte 7surt\t dans les ,confessions71 une espce de ralisme cordial et s\riant4 ,jean-,jacques n'e/ po9t1 comme les autres criva9s de son temps1 un g5tilhomme ou un b\rgeois =m dans les collges4 ,un s\ffle frais et libre entre avec lui dans notre littrature4 ,son *>me e/ gr&4 ,il dure1 et1 dans les int]valles de sa rhtorique1 se fait s5tir encore4 99 99 99 99 99 ,j'ai dit ses n\veauts heureuses4 ,je n'ai plus qu' indiqu] son influ5ce po/hume4 ,dans la politique d'abord4 ,ce n'e/ ni ,voltaire1 ni ,montesquieu1 et ses disciples qui ont donn sa =me la ,rvolution1 c'e/ ,r\sseau4 ,la ?orie de la dmocratie absolue et du droit div9 du nombre date de lui4 ,la ,t]reur1 c'e/ 7je v\s l'ai fait voir7 l'application un gr& et vieux royaume d'une ?orie de g\v]nem5t rve p> un sophi/e p\r une b\rgade444 ,et le brviaire du jacob9isme1 c'e/ t\j\rs le ,contrat ,social4 ,r\sseau fut le dieu de la ,rvolution4 ,elle le porte au ,pan?on et lui vote une /atue2 elle p5sionne ,?rse rem>ie1 aprs la c9quanta9e1 un palefr5i]4--,v\s v\s rappelez que1 ds #aghh1 ,m>at comm5tait le ,contrat social dans les rues et sur les places4 ,le j>gon rvolutionnaire1 c'e/ la langue de ,r\sseau mal p>le4 ,r\sseau en*ante le peuple p> son affirmation de la bont des pauvres et de la m*ancet des ri*es et des gr&s4 ,on lui r5d un culte4 ,je possde un recueil d'opuscules composs sur ,r\sseau de #aghg #agic1 qui montre quel po9t l'homme e/ un animal religieux4 ,il y a le compte r5du d'une fte *amptre clbre ,montmor5cy en l'honneur de ,jean-,jacques4 ,sept disc\rs1--et quels disc\rs6--et des *ants1 et des emblmes1 et des allgories4 ,une de ces ftes qu'il rvait dans sa ,lettre sur les ,spectacles4--,il y a aussi un loge de ,r\sseau1 qui a conc\ru p\r le prix de l',acadmie franaise 7#agij72 et l'loge de ,r\sseau1 citoy5 de ,g5ve p> ,mi*el ,edme ,petit1 citoy5 franais 7#agic74 ,on y voit ce que peuv5t dev5ir les ides de ,r\sseau dans le c]veau d'un imbcile4 ,c'e/ d'une sottise extraord9aire1 et d'une sottise t\te prte dev5ir froce4 ,et il y a enf9 7c> je ne puis t\t m5tionn]7 des ,rflexions philosophiques et imp>tiales sur ,j4-,j4 ,r\sseau et madame de ,w>5s1 o ,r\sseau e/ non seulem5t excus1 mais glorifi p\r l'ab&on de ses enfants1 et comp> ,brutus et ,manlius sacrifiant leurs fils la patrie6 ,r\sseau e/ simplem5t1 p\r les nigauds et les coqu9s de ce temps-l1 le sauveur1 le rdempteur de l'humanit4 ,sans lui1 sans quelques phrases de cet trang] dans son ,disc\rs sur l'9galit1 surt\t sans son ,contrat social 7auquel il t5ait si peu71 il e/ possible qu'on n'et pas song1 en #agib1 faire la rpublique4 ,en littrature1 ce que ,r\sseau a lgu aux gnrations qui l'ont suivi1 c'e/ le romantisme1 c'e/--dire 7au fond et en somme1 et quoique bi5 des pomes ou livres de romantiques sembl5t *app] cette df9ition7 l'individualisme encore1 l'individualisme littraire1 l'talage du moi1--et la rv]ie inutile et solitaire1 et le dsir1 et l'orgueil1 et l'esprit de rvolte3 t\t cela exprim1 soit de faon directe1 soit p> des masques transp>5ts auxquels le pote prte son me4 7,mais1 au re/e1 je ne saurais mieux faire que de v\s r5voy] au beau livre de ,m4 ,pi]re ,lass]re3 le ,romantisme franais47 ,au po9t o ,r\sseau l'a port 7surt\t dans les ,confessions et les ,rv]ies7 cet individualisme littraire tait *ose insolite1 non connue aup>avant1 et o l'on p\vait voir un emploi indc5t et anormal de la littrature4 ,c> videmm5t elle n'a pas t faite p\r a4--,a l'orig9e1 le pote *ante ou rcite aux hommes assembls des hi/oires1 ou des *ansons ou des loges de hros ou des prceptes de morale4 ,il e/ clair qu'on ne lui dem&e pas de confid5ces intimes4 ,telle e/ la littrature primitive et naturelle1 la seule qu'aurait d admettre ,jean-,jacques1 prtre de la nature4--,plus t>d1 aprs l'inv5tion de l'criture1 aprs l'imprim]ie1 on a in/9ctivem5t s5ti qu'il ne conv5ait d'expos] au public1--multiplis p> la copie ou p> la lettre imprime1--que des p5ses1 des rcits1 des images propres intress] t\t le monde2 qu'il tait peu probable que la p]sonne intime et secrte de l'criva9 importt aux autres hommes1 et qu'il y aurait1 du re/e1 impudeur l'exprim] publiquem5t4--,l'individualisme en littrature1 l'antiquit l'a ignor 7sauf dans quelques /rophes ou di/iques d'lgiaques74 ,le moy5 ge1 le ,x,v,ie sicle1 le ,x,v,i,ie et le ,x,v,i,i,ie1 jusqu' ,r\sseau1 ne l'ont presque pas connu4 ,montaigne lui-mme n'e/ indiscret qu' la faon d',horace1 p> exemple4 ,il ne se confesse pas t\t enti]1 ni t\j\rs 7il s'en faut de beauc\p72 et t\s ses aveux se rapport5t des obs]vations gnrales sur la nature huma9e4 ,r\sseau1 p> ses ,confessions1 a vritablem5t inaugur le g5re et l'a1 du premi] c\p1 ralis totalem5t4 ,p]sonne ne se confess]a plus comme s'e/ confess ,jean-,jacques4 ,je v\s ai1 dans ma premire leon1 p>l de ce livre unique4 ,j'aj\te une rflexion4 ,r\sseau a comm5c les ,confessions ,moti]s en #agfb1 sur l'exhortation d'un libraire et d'abord dans une p5se d'apologie4 ,s'il n'avait pas t p]scut1 il ne les aurait peut-tre pas crites4 ,s'il ne les avait pas crites1 d'abord il s]ait mo9s illu/re2 puis1 n\s le connatrions mo9s2 n\s ne saurions pas ses hontes1 ni l'ab&on de ses enfants2 ou du mo9s n\s n'en s]ions nullem5t srs2 et enf91 son *ef-d'oeuvre n\s manquant et1 p> suite1 l'trange attrait de sa r5omme tant mo9dre1 l'action de ses autres crits n'et peut-tre pas t aussi puissante4--,voil1 direz-v\s1 des hypo?ses bi5 va9es4--,att5dez4 ,comme il y a beauc\p d'imprvu et d'av5ture dans la vie de ,r\sseau et que son oeuvre e/ lie sa vie1 il y en a beauc\p aussi dans les causes qui l'ont dt]m9 crire tel ou tel de ses livres 7je v\s l'ai fait rem>qu] v+t fois74 ,il n'a t5u qu' des has>ds app>5ts que ,r\sseau n'et pas crit telle *ose fune/e et r$\table1--et dont lui-mme n'tait pas trs p]suad4 ,il e/ surt\t illu/re et puissant p> les deux livres qu'il y avait le plus de *ances qu'il n'crivt pas3 le ,contrat social et les ,confessions4 ,joseph de ,mai/re dirait l-dessus 7je suppose7 que ce que n\s appelons la "p du has>d dans une vie huma9e1 c'e/ la "p de la volont div9e1 et qu'a9si la de/9e de ,r\sseau1 plus que celle d'aucun autre criva9 clbre1 a t dirige1 a t v\lue p> une ,provid5ce irrite dont il a t l'in/rum5t aveugle4--,je dirai1 moi1 simplem5t que1 ce qu'il a crit ayant si =t agi sur des gnrations d'hommes1--et n'tant pas c]ta9 cep5dant qu'il ait p5s t\t ce qu'il a crit1 ni qu'il l'et crit1 telle circon/ance accid5telle de sa vie v5ant manqu]1--,r\sseau m'app>at cause de cela1 dans la suite de nos gr&s criva9s 7entre lesquels il vi5t brusquem5t s'inscrire du dehors71 trange1 my/rieux1 tragiquem5t prde/9 et1 bi5 mieux que celui qui ,r5an applique cette =mule1 cr p> un dcret spcial et nom9atif de l't]nel4 ,je f]me ma p>5?se4 ,donc1 la desc5dance littraire de ,jean-,jacques1 c'e/ ,*ateaubri&1 c'e/ madame de ,/al1 c'e/ ,s5anc\r1 c'e/ ,lam>t9e1 ,hugo1 ,musset1 ,s&1 ,mi*elet444 ,sans ,r\sseau1 ils n'aurai5t pas t t\t ce qu'ils sont4 ,puis-je regrett]1 en numrant de si gr&s criva9s1 l'individualisme romantique8 ,oh6 non1 c> ils m'ont trop s\v5t *>m1 et trop pr(ondm5t4 ,et puis1 peut-on dire qu'il n'y ait que des confid5ces p]sonnelles dans les potes et les criva9s romantiques8 ,sont-ils romantiques t\t enti]s8 ,avez-v\s r5contr1 dans ,*ateaubri&1 ,lam>t9e1 ,hugo ou ,vigny1 beauc\p de s5tim5ts p]sonnels1 qui ne soi5t en mme temps gnraux p> quelque ct8--,ce qui e/ peut-tre vrai1 c'e/ que le meilleur et le plus solide de la littrature du ,x,i,xe sicle re/]ait1 le romantisme t1 et qu'en effet la littrature la plus anci5ne1 la plus ncessaire et la plus =te1 c'e/ bi5 la littrature objective1 imp]sonnelle 7philosophie1 hi/oire1 roman de moeurs et de c>actres1 ?tre mme74 ,mais que l'autre e/ s\v5t sduisante6 et que les s\ffrances1 les fautes et les s5tim5ts les plus intimes d'un homme qui a le gnie de l'expression agiss5t dlicieusem5t sur notre s5sibilit6 ,un individu de cette sorte1 lorsqu'il s'exam9e et se dcrit1 desc5d quelquefois plus lo9 dans son me qu'il ne desc5drait dans celle des autres444 ,et je sais que la littrature p]sonnelle e/ =cm5t la glorification d'un c]ta9 nombre de p*s capitaux3 mais1 sans elle1 bi5 des *oses n'aurai5t pas t dites1 qu'il et t dommage qui ne fuss5t pas dites4 ,av\ons1 si v\s le v\lez1 que cette littrature-l e/ quelque *ose de drgl1 quelque *ose qui n'e/ pas t\t fait dans l'ordre444 ,mais1 t\t de mme1 il et t tri/e que le romantisme1--qui depuis c9quante ans dcl9e1--ne ft pas n444 ,suivrai-je l'influ5ce de ,r\sseau *ez les trang]s8 ,ici1 je manque p> trop de compt5ce et de sci5ce2 je ne puis1--aprs v\s avoir r5voy au livre excell5t de ,joseph ,texte#af1--que v\s rpt] ce qu'on a c\tume de dire3 que l'influ5ce de ,r\sseau s'e/ ex]ce sur ,goe!1 ,s*ill]1 ,byron2 sur ,kant1 ,fi*te1 ,jacobi1 ,s*lei]ma*]2 et1 avec une vid5ce clatante1 sur ,tol/o4 ,note #af3 ,jean-,jacques ,r\sseau et les orig9es du cosmopolitisme littraire4 ,j'ai lu ,r\sseau t\t enti]1 disait ,tol/o l'un de nos compatriotes2 j'ai lu ses v+t volumes1 y compris le dictionnaire de musique4 ,je l'admirais avec plus que de l'en?\siasme2 j'avais un culte p\r lui4 ,a qu9ze ans je portais mon c\1 au lieu de la croix habituelle1 un mdaillon avec son portrait4 ,il y a des pages de lui qui me sont si familires qu'il me semble les avoir crites4 ,et enf9 7et je l'ai s\v5t s5ti dans cette longue prom5ade trav]s son oeuvre71 soit p> lui-mme1 soit p> les criva9s qui ont subi son influ5ce1 il agit auj\rd'hui encore sur beauc\p d'entre n\s1 mme notre insu4 ,il agit encore sur la "p la plus aveugle de n\s-mmes1 sur notre s5sibilit3 c> lui-mme e/ un tre s5sible prodigieusem5t1 et d'une s5sibilit sans rgle1 c'e/--dire trs di/9cte de la bont1 s\v5t ennemie de la raison1 et s\v5t matresse d'erreur et in/igatrice de rvolte4 99 99 99 99 99 ,avant de le quitt]1 je le considre dans le plus complaisant des nombreux portraits qu'il a laisss de lui-mme3 ses quatre ,lettres ,m4 de ,male%]bes4 7,et cette manie d'expliqu] t]nellem5t son c>actre a vraim5t quelque *ose de peu viril1 et e/ signe1 dj1 de faiblesse m5tale47--,lorsqu'il compose ces quatre ,lettres1 il e/ dans son plus beau mom5t2 il vi5t d'crire la ,julie1 le ,contrat et l'mile2 et sa folie n'e/ que comm5ante4 ,or1 comm5t se voit-il8 et comm5t se df9it-il8 ,dans ce portrait1--qu'il veut p\rtant aussi avantageux que possible1--il oublie1 ou nglige1 ou ddaigne les p>ties les plus sa9es de lui-mme1 celles o se s]ai5t sans d\te reconnus ses aeux p>isi5s et ca?oliques2 il oublie le ,jean-,jacques qui a crit des *oses si raisonnables sur le patriotisme1 p> exemple 7dans l'article conomie politique71 ou sur le naf ,projet de paix p]ptuelle de l'abb de ,sa9t-,pi]re2 celui qui a crit l'admirable troisime p>tie de la ,n\velle ,hlose1 et1 dans l'mile1 la ,pr(ession de foi du ,vicaire et les *apitres dlicieux sur l'ducation de ,sophie1 et c]ta9es pages des ,lettres de la ,montagne et1 dans sa correspondance prive1 tant de lettres ple9es de raison 7c> c'e/ surt\t p\r le public qu'il osait ses folies74 ,il oublie1 dis-je1 ce qu'il eut de meilleur2 et voici comme il se pe9t4 ,aprs avoir exprim son dgt des hommes1 il en *]*e la cause4 ,elle n'e/ autre1 dit-il1 que cet indomptable esprit de lib]t que ri5 n'a va9cu 7c>1 naturellem5t1 il donne aux *oses de favorables noms74 ,il cont9ue en disant que p]sonne au monde ne le connat que lui seul4 ,il assure connatre ses dfauts et ses vices1 mais il aj\te aussitt3 ,avec t\t cela1 je suis trs p]suad que1 de t\s les hommes que j'ai connus en ma vie1 aucun ne fut meilleur que moi4 ,il se df9it lui-mme une me p>esseuse qui s'effraie de t\t so91 un tempram5t ard5t1 bilieux1 facile s'affect]1 et s5sible l'excs t\t ce qui l'affecte4 ,il proclame son mpris absolu de l'op9ion4 7,or l'op9ion1 comme il l'ent5d1 peut tre le s5tim5t des sots1 mais peut tre aussi la plus respectable et la plus ncessaire des traditions47 ,il crit firem5t3 ,je hais les gr&s1 lui qui a si longtemps p>u ne p\voir se pass] d'eux4--,son plus gr& plaisir1 c'e/ de rv]4 ,il raconte les orgies sil5cieuses de sa s5sibilit et de son imag9ation trav]s les bois de ,montmor5cy3 ,et cep5dant1 dit-il1 au milieu de t\t cela1 le nant de mes *imres v5ait quelquefois me contri/] t\t c\p4 ,qu& t\s mes rves se s]ai5t t\rns en ralits1 ils ne m'aurai5t pas suffi2 j'aurais imag91 rv1 dsir encore4 ,je tr\vais en moi un vide inexplicable que ri5 n'aurait pu remplir1 un c]ta9 lancem5t du coeur v]s une autre sorte de j\issance dont je n'avais pas l'ide1 et dont p\rtant je s5tais le beso94 ,qu'e/-ce que t\t cela1 s9on l'clatant portrait d'un pote lyrique--et d'un rvolt8 7,et c'e/ p> ce second trait qu'il a sduit beauc\p d'hommes1 c> la rvolte plat d'abord47 ,pote1 gr& pote1 me de dsir1 tempram5t du mme ordre que celui d'un ,byron1 d'un ,lop>di ou d'un ,musset1--mais dont la posie t\t individuelle s'e/1 p> une srie de has>ds1 pr9cipalem5t ex]ce sur des objets qui ne s\ffr5t po9t la posie1 surt\t celle-l1 et qui veul5t de l'obs]vation et de la raison4 ,et ce qu'il y a de plus t]rible1 c'e/ que ces ?ories1 qu'difiai5t son imag9ation et sa s5sibilit s]vies p> une brillante et dcevante dialectique1 ces ?ories qui devai5t tre si malfaisantes aprs lui1--de son propre aveu il n'y croyait pas au s5s exact du mot3 il les rvait2 et c'e/ p> des *imres dont il a confess le nant qu'il devait ravag] l'av5ir4 ,c> ce n'e/ pas seulem5t le pote lyrique dont il trace le portrait dans ses ,lettres ,m4 de ,male%]bes3 c'e/ encore1--avec le rveur ivre et eng\rdi de songes1--le solitaire orgueilleux1 l'autodidacte outrecuidant1 l'indiscipl91 le rvolutionnaire p> in/9ct1 l'insociable qui r=me t\s les j\rs la socit1 l'homme qui date t\t de lui1 qui ramne t\t lui et subordonne t\t son rve ou son caprice2 qui fait *aque in/ant table rase de t\te l'oeuvre huma9e1 et qui croit faire avanc] les hommes en rompant la cont9uit entre les gnrations2 l'homme qui peut bi5 faire complices de ses imag9ations les an?ropodes ou les ,sp>tiates1 mais qui1 en ralit1 ne ti5t nul compte des morts de sa race1 plus nombreux que les vivants2--bref1 exactem5t le contraire d'un ,bossuet ou d'un ,augu/e ,comte4 ,j'ai ador le romantisme1 et j'ai cru la ,rvolution4 ,et ma9t5ant je songe avec inquitude que l'homme qui1 non t\t seul assurm5t1 mais plus que p]sonne1 je crois1 se tr\ve avoir fait *ez n\s ou prp> la rvolution et le romantisme1 fut un trang]1 un p]ptuel malade1 et f9alem5t un f\4 ,mais on l'a aim4 ,et beauc\p l'aim5t encore2 les uns1 p>ce qu'il e/ un matre d'illusions et un aptre de l'absurde2 les autres1 p>ce qu'il fut1 entre les criva9s illu/res1 une crature de n]fs1 de faiblesse1 de passion1 de p*1 de d\leur et de rve4 ,et moi-mme1 aprs cette longue frqu5tation dont j'ai tir plus d'un plaisir1 je veux le quitt] sans ha9e p\r sa p]sonne1--avec la plus vive rprobation p\r quelques-unes de ses plus notables ides1 l'admiration la plus vraie p\r son art1 qui fut si trangem5t n\veau1 la plus s9cre piti p\r sa pauvre vie1--et une horreur sacre 7au s5s lat97 devant la gr&eur et le my/re de son action sur les hommes4 ,,f9 99 99 99 99 99 ,,table ,,premi,,re ,,conf,,r5ce ,les ,six premi]s livres des ,confessions ,,deuxi,,me ,,conf,,r5ce ,r\sseau ,p>is4--,?rse ,,troisi,,me ,,conf,,r5ce ,le ,disc\rs sur les sci5ces et les arts4--,la r=me morale de ,r\sseau ,,quatri,,me ,,conf,,r5ce ,le ,disc\rs sur l'9galit4--,r\sseau l',ermitage ,,c9qui,,me ,,conf,,r5ce ,la ,lettre sur les ,spectacles ,,sixi,,me ,,conf,,r5ce ,la ,n\velle ,hlose ,,septi,,me ,,conf,,r5ce mile ,,huiti,,me ,,conf,,r5ce ,le ,contrat social4--,la ,pr(ession de foi du ,vicaire ,savoy>d ,,neuvi,,me ,,conf,,r5ce ,la ,lettre l'ar*evque de ,p>is4--,les ,lettres de la ,montagne4 --,d]nires annes de ,r\sseau4--,les ,dialogues ,,dixi,,me ,,conf,,r5ce ,les ,rv]ies4--,rsums et ,conclusions ,,imprim]ie ,l4 ,,po*y1 ,,rue ,,vieille-,,du-,,temple1 ,,p>is4--#abae-c-jg4 99 99 99 99 99 ,,du ,m,,me ,,auteur ,,=mat ,,gr& ,,9-#ah ,,les ,,rois1 ,,roman44444444444444444444444#a ,,vol4 ,,?,,tre ,l',a,n,e1 comdie en quatre actes4 ,l',,ge ,,difficile1 comdie en trois actes4 ,,la ,,bonne ,h,l,,ne1 comdie en deux actes1 en v]s4 ,,le ,d,,put ,,leveau1 comdie en quatre actes4 ,,flipote1 comdie en trois actes4 ,,m>iage ,,blanc1 drame en trois actes4 ,,la ,,massi,,re1 comdie en quatre actes4 ,,le ,,p>don1 comdie en trois actes4 ,r,,volt,e1 pice en quatre actes4 ,,les ,,rois1 drame en c9q actes4 ,,b]trade1 comdie en quatre actes4 ,en c\rs de publication3 ,,?,,tre ,,complet ,dj p>us1 tomes ,i et ,,ii4444444444444#b vol4