,,du ,,/yle ,,go?ique ,,au ,,dix-,,neuvi,,me ,,si,,cle ,,p> ,,p> ,e4 ,,viollet-,,l$uc1 ,,ar*itecte ,,p>is 99 99 99 99 99 ,,librairie ,,ar*,,ologique ,,de ,,victor ,,didron ,,place ,,sa9t-,,&r-,,des-,,arts1 #cj ,ju9 #ahdf 99 99 99 99 99 ,p5dant que1 le mois d]ni]1 n\s p\rsuivions notre t*e dans les ,annales ,ar*ologiques et que n\s aj\tions quelques pages nos tudes sur les monum5ts religieux du ,,xiiime sicle1 un orage s'amoncelait dans le se9 de l',acadmie des ,beaux-,arts1 prt fondre sur nos ttes aux premi]s j\rs du pr9temps4 ,s'il faut en croire un j\rnal1 p\r lequel plusieurs membres de cette illu/re assemble daign5t p>fois pr5dre la plume1 le ,moniteur des ,arts1 les que/ions suivantes aurai5t t poses il y a quelque temps en sance sol5nelle p> un ar*itecte acadmici53 #a ,e/-il conv5able1 notre poque1 de con/ruire une glise dans le /yle dit go?ique1 c'e/--dire de copi] ce qui1 l'poque du moy5 ge1 avait sa signification1 et cela en raison des croyances et des ncessits de ces poques mmes8 ,si c'e/ un membre de l',acadmie qui a pos cette "q 7ce dont n\s d\tons1 je l'av\e71 son am\r p\r ,jupit] et ,vnus lui aurait-il fait compltem5t oubli] que n\s avons t\s t baptiss1 lui-mme aussi probablem5t1 et que n\s sommes encore *rti5s1 voire mme ca?oliques8 ,la signification des glises tait au ,x,i,i,ie sicle ce qu'elle e/ en #ahdf4 ,l'illu/re membre ne peut pas ignor] cela4 #b ,peut-on copi] une glise go?ique avec quelques *ances de succs8 ,il y a de bonnes et de mauvaises copies1 selon le tal5t de l'arti/e2 il y a encore le *oix de l'orig9al1 qui peut compt] p\r quelque *ose4 #c ,doit-on1 p> respect p\r les difices du moy5 ge 7sic71 en faire1 de nos j\rs1 des copies8 ,n\s rpondrons cette "q p> une autre4--,e/-on dans l'habitude de copi] autre *ose que ce que l'on aime et respecte8 ,la respect p\r un objet n'e/-il pas une consqu5ce de la p]fection que l'on suppose cet objet1 et n'e/-ce pas un s5tim5t naturel l'homme de *]*] se rappro*] le plus possible de ce qu'il reg>de comme la p]fection8 #d ,s'il e/ videmm5t dmontr que cette impuissance et cette incapacit sont relles1 dans ce cas mme1 une poque ne doit-elle pas assez se respect] p\r se montr] telle qu'elle e/8 ,voici ma9t5ant une poque impuissante et incapable1 qui doit se respect] assez p\r se montr] telle qu'elle e/6 ,c'e/ du respect =t mal plac1 n\s le croyons1 et n\s ne voyons pas ce qu'il peut y avoir de bon montr] p>t\t de si cruelles infirmits4 #e ,les poques qui ont prcd la ntre ont-elles donn le fune/e exemple de copi] les difices d'un autre temps8 ,mais1 oui6 ,les ,hellnes ont comm5c p> copi] les ,plasges2 les ,roma9s ont copi les trusques et les ,grecs2 les ,itali5s1 les ,allem&s1 et les ,gaulois ont copi les ,roma9s2 les ,franais ont copi une seconde fois les ,roma9s1 l'poque de la ,r5aissance2 et qu'a donc fait l',acadmie des ,beaux-,arts depuis c9quante ans8 #f ,enf91 les glises du moy5 ge1 et p>ticulirem5t celles de la priode comprise entre les ,x,i,i,ie et ,x,v,ie sicles1 peuv5t-elles s'appliqu] auj\rd'hui nos moeurs1 nos croyances1 nos usages8 ,probablem5t mieux que les temples grecs ou roma9s4 ,n\s s]ions dcidm5t curieux de savoir quelles sont les croyances de l'illu/re membre2 s]ait-il mahomtan ou app>ti5drait-il l'glise de l'abb ,*tel8 ,n\s avons cru 7c> n\s v\lons tre s9cres7 que ces que/ions1 assez mal en ordre1 peu claires1 =mules en langage surpr5ant *ez un acadmici51 tai5t tronques ou corrompues p> le j\rnal qui les rapportait2 n\s p5sons mme qu'il en e/ a9si444 ,n\s les donnons telles que n\s les avons tr\ves et n'y atta*ons qu'une mdiocre importance1 puisque l'organe de l',acadmie des ,beaux-,arts1 dans le manife/e qu'il vi5t de fulm9] contre n\s1 n'a pas cru devoir les reproduire4 ,voici ce manife/e3 ,,in/itut ,,royal ,,de ,,france4 ,,acad,,mie ,,royale ,,des ,,beaux-,,arts4 ,considrations sur la "q de savoir s'il e/ conv5able1 au ,x,i,xe sicle1 de btir des glises en /yle go?ique4 ,une grave discussion s'e/ leve dans le se9 de l',acadmie sur un des sujets les plus faits p\r excit] t\t son intrt2 il s'agissait d'exam9]1 d'aprs une srie de que/ions proposes p> un de nos honorables confrres1 qui jo9t sa pr(ession d'ar*itecte une pr(onde connaissance de l'hi/oire de son art1 d'exam9]1 disons-n\s1 si1 l'poque o n\s sommes1 au ,x,i,xe sicle de l're *rti5ne1 il conv5ait de btir des glises dans le /yle de l'ar*itecture dite go?ique4 ,cette "q pr9cipale1 rsolue ngativem5t p> l'auteur de la proposition1 devait naturellem5t provoqu] des explications de plus d'un g5re dans une runion d'arti/es1 o t\t ce qui t\*e aux intrts de l'art1 ses pr9cipes1 ses traditions1 excite des sympa?ies si puissantes et si claires4 ,a9si pose devant l',acadmie1 la "q du go?ique a donc t envisage s\s t\tes ses faces p> les honorables membres qui ont pris "p cette discussion1 soit de vive voix1 soit p> crit3 et lorsqu' la suite de dbats si intressants1 l'op9ion de l',acadmie s'e/ prononce d'une manire si imposante1 il importe qu'il re/e dans ses ar*ives un tmoignage de cette discussion1 ne ft-ce que p\r s]vir d'av]tissem5t ou du prote/ation1 dans le cas possible d'une faute du p\voir ou d'une erreur de l'op9ion4 ,l'intrt qu'excit5t les beaux difices go?iques de notre pays ne p\vait manqu] de tr\v] dans l',acadmie de nombreux et d'loqu5ts int]prtes4 ,ces difices1 dont les plus p>faits rappell5t l'un des plus gr&s sicles de notre hi/oire1 celui de ,philippe-,augu/e et de sa9t ,l\is1 captiv5t au plus haut degr le s5tim5t religieux2 ils lv5t1 l'aspect de leurs votes sublimes1 la p5se *rti5ne v]s le ciel2 ils plais5t l'imag9ation2 ils agiss5t mme sur les s5s p> l'effet de leurs brillants vitraux1 o t\s les my/res de l'glise se montr5t t9celants de l'clat des plus vives c\leurs1 et ils ralis5t a9si1 l'oeil et l'esprit1 l'image de cette ,jrusalem cle/e v]s laquelle aspire la foi du *rti54 ne les jug] que p> les impressions qu'elles produis5t1 impressions t\tes de respect1 de recueillem5t et de pit1 les glises go?iques *>m5t et t\*5t pr(ondm5t2 et c'e/ va9em5t que la froide et svre raison s'ef=ce de dtruire un effet qui s'adresse au gt et au s5tim5t4 ,mais aussi n'e/-il pas "q ni de conte/] cet effet1 ni de combattre ce s5tim5t1 en ce qui reg>de les difices de ce /yle qui c\vr5t notre pays1 et qui sont les monum5ts sacrs de notre culte1 les tmo9s respectables de notre hi/oire2 lo9 de l3 il s'agit de les ent\r] de t\s les so9s que leur vieillesse exige1 que leur caducit rclame2 il s'agit de les cons]v]1 de les p]ptu]1 s'il e/ possible1 aussi longtemps que les glorieux s\v5irs qui les consacr5t1 aussi longtemps que vivra la langue et le gnie de la ,france2 et1 p\r cela1 l'tat dans lequel ils se tr\v5t auj\rd'hui ne f\rnira malheureusem5t que trop d'occasions de se signal] au zle patriotique1 p\rvu de t\tes les ress\rces d'une nation telle que la ntre4 ,que l'on rp>e donc les difices go?iques1 sur lesquels s'e/ si s5siblem5t appesanti le poids de huit sicles1 jo9t trois sicles d'indiffr5ce et d'ab&on2 qu'on les rp>e avec ce respect de l'art qui e/ aussi une religion1 c'e/--dire avec cette pr(onde intellig5ce de leur vrai c>actre1 qui n'y aj\te aucun lm5t trang]1 qui n'en altre aucune =me ess5tielle2 c'e/ ce que dem&e la raison1 c'e/ ce que conseille le gt1 c'e/ ce que veut l',acadmie4 ,la "q se prs5te t\t autrem5t1 si l'on propose de btir de n\velles glises dans le /yle go?ique1 c'e/--dire de rtrograd] de plus de quatre sicles en arrire1 et de donn]1 p\r expression monum5tale une socit qui a ses beso9s1 ses moeurs1 ses habitudes propres1 une ar*itecture ne des beso9s1 des moeurs1 des habitudes de la socit du ,x,i,ie sicle2 en un mot1 il s'agit de savoir si1 au se9 d'une nation telle que la ntre1 en prs5ce d'une civilisation qui n'a plus ri5 de celle du moy5 ge1 il e/ conv5able1 je dirai mme s'il e/ possible de con/ruire des glises qui s]ai5t une s+ul>it1 un ana*ronisme1 une biz>r]ie2 qui app>atrai5t comme un accid5t au milieu de t\t un sy/me de socit n\velle1 puisqu'elles ne p\rrai5t prt5dre pass] p\r une relique d'une socit dfunte2 qui =m]ai5t un contra/e *oquant avec t\t qui se btirait1 avec t\t ce qui se f]ait aut\r d'elles1 et qui1 p> cette contradiction seule1 leve a la puissance d'un monum5t1 bless]ai5t la raison1 le gt1 et surt\t le s5tim5t religieux4 ,envisage s\s ce po9t de vue1 la "q a p>u l',acadmie digne d'tre srieusem5t appr(ondie1 et t\t ce qu'elle a ent5du de considrations allgues de "p et d'autre sur ce sujet1 n'a pu que la confirm] dans l'op9ion qu'elle s'tait faite4 ,il importe d'c>t] d'abord de cette grave discussion un de ces prjugs1 ns d'un s5tim5t respectable1 mais qui ne saurait rsi/] au plus lg] exam51 l'ide que l'ar*itecture go?ique s]ait l'expression propre du *ri/ianisme1 qu'elle s]ait1 comme on v\drait l'appel]1 l'art *rti5 p> excell5ce4 ,il suffit1 p\r rfut] cette ide1 de la plus simple connaissance de l'hi/oire de notre religion1 considre1 comme le peuv5t faire les arti/es1 dans les monum5ts de son culte4 ,s'il e/ un fait avr p> les travaux de tant d'hommes habiles1 ,franais1 ,allem&s1 ,itali5s1 ,anglais1 qui ont tudi l'ar*itecture go?ique dans t\tes ses =mes1 qui en ont re*]* l'orig9e1 qui en ont suivi1 sur le t]ra9 et dans le temps1 les dveloppem5ts successifs et les phases div]ses1 c'e/ que cette ar*itecture s'e/ =me la f9 du ,x,i,ie sicle1 la suite d'une lutte qui avait comm5c1 un sicle aup>avant1 entre l'arc c9tr1 pr9cipal lm5t de l'ar*itecture roma9e1 et l'arc ogive1 conception de t\te une socit n\velle1 plutt qu'inv5tion de tel peuple ou de telle poque4 ,s'il e/ aussi une notion familire aux arti/es1 tels que ceux qui rempliss5t l',acadmie1 c'e/ que l'ar*itecture go?ique1 quelques exceptions prs1 absolum5t sans consqu5ce1 n'a jamais pntr ,rome1 dans le c5tre mme du ca?olicisme4 ,rome1 la ville *rti5ne p> excell5ce4 ,rome la gr&e ville1 la ville t]nelle1 possde des monum5ts de t\tes les poques du *ri/ianisme1 depuis ceux des ,catacombes1 qui ont t son b]ceau1 jusqu' ceux du ,vatican1 qui (fr5t le plus haut degr de sa magnific5ce et de son gnie2 elle montre1 ct des premires basiliques leves p> ,con/ant9 et ses successeurs1 une longue suite d'difices *rti5s1 qui exprim5t *acun la physionomie de *aque ge1 et qui ab\tiss5t l'imm5se et sup]be basilique o s'e/ imprim le sicle de ,jules ,,ii et de ,lon ,x1 p> la ma9 de ,bramante et de ,mi*el-,ange1 et ,rome n'a ri5 de go?ique4 ,cette ar*itecture1 ne dans les sicles du moy5 ge1 p> des causes qui ont d produire alors leur effet et qui ont cess plus t>d d'avoir leur action1 n'e/ donc1 en ralit1 ni une anci5ne =me1 ni un type exclusivem5t propre de l'art *rti52 c'e/ l'expression d'une p>tie de la socit *rti5ne du moy5 ge1 trs-respectable sans d\te ce titre1 mais non pas au po9t de con/itu] elle seule une rgle absolue du gnie *rti54 ,il y a plus1 et c'e/ sur ce po9t surt\t qu'il importe de rfut] un prjug qui ne repose sur aucune base hi/orique4 ,on f]ait tort au *ri/ianisme1 on mconnatrait t\t fait son esprit1 si l'on croyait qu'il ait beso9 d'une =me d'art p>ticulire p\r exprim] son culte4 ,le *ri/ianisme1 cette religion du g5re huma91 app>ti5t t\s les temps1 t\s les pays1 t\tes les socits2 il ne se r5f]me pas plus dans telle =me de socit1 de politique et d'art1 que dans telle contre ou dans telle poque2 immuable dans sa doctr9e1 il se modifie dans les monum5ts extrieurs de son culte1 suivant les beso9s de *aque ge et les conv5ances de *aque pays4 ,s'il corrige1 s'il ad\cit la b>b>ie1 il provoque1 il favorise la civilisation2 et s'il s'e/ rfl*i dans le go?ique du ,x,i,i,ie sicle1 il s'e/ imprim dans la r5aissance du ,x,v,ie4 ,ce qui e/ s5sible1 ce qui clate dans l'hi/oire du *ri/ianisme1 ce qui e/ le signe de sa div9it et le g>ant de sa dure1 c'e/ que p>t\t il a m>* avec l'esprit huma93 c'e/ qu' t\tes les poques il s'e/ s]vi de t\s les matriaux qu'il avait sa porte2 c'e/ qu'il a employ son usage1 en les m>quant de son empre9te1 non-seulem5t des lm5ts de l'ar*itecture antique1 des colonnes1 des *apiteaux1 des entablem5ts re/s sans emploi sur le sol paen1 mais des difices antiques t\t enti]s1 dans les deux glises d',ori5t et d',occid5t1 ,a?nes aussi bi5 qu' ,rome4 ,le *ri/ianisme n'a donc jamais t exclusif1 en fait d'art ni en ri5 de ce qui t\*e au rgime des socits huma9es2 il s'accommode t\s les beso9s1 il se prte t\t les progrs2 et s\t5ir qu'il n'a que le go?ique p\r expression de son culte1 ce s]ait v\loir que l'esprit huma9 n'ait d'autre socit possible que celle du ,,xiime sicle4 ,si ces considrations sont fondes1 et elles ont p>u telles l',acadmie1 elles s'appliqu5t naturellem5t l'abus1 que l'on a repro* l'art mod]ne1 de faire de l'ar*itecture grecque et roma9e dans la con/ruction de nos glises2 c> cet abus1 s'il exi/e en effet1 n'e/ pas mo9s condamn p> l'esprit du *ri/ianisme que p> le s5tim5t de l'art1 et l',acadmie n'e/ pas plus d'avis que l'on refasse le ,p>?non que la ,sa9te-,*apelle4 ,les monum5ts1 qui app>ti5n5t t\t un sy/me de croyance1 de civilisation et d'art qui a f\rni sa c>rire et accompli sa de/9e1 doiv5t re/] ce qu'ils sont1 l'expression d'une socit dtruite1 un objet d'tude et de respect1 suivant ce qu'ils ont en eux-mmes de mrite propre ou d'intrt national1 et non en objet d'imitation s]vile et de contrefaon impuissante4 ,ressuscit] un art qui a cess d'exi/]1 p>ce qu'il n'avait plus sa raison d'tre dans les conditions sociales o il se tr\vait1 c'e/ t5t] un ef=t impossible1 c'e/ lutt] va9em5t contre la =ce des *oses1 c'e/ mconnatre la nature de la socit1 qui t5d sans cesse au progrs p> le *angem5t1 c'e/ rsi/] au desse9 mme de la ,provid5ce1 qui1 en crant l'homme libre et intellig5t1 n'a pas v\lu que son gnie re/t t]nellem5t /ationnaire et captif dans une =me dt]m9e2 et cette vrit s'applique aussi bi5 au grec qu'au go?ique2 c> il n'e/ pas plus possible a l'esprit huma91 dans le temps o n\s sommes1 de rev5ir au sicle de ,pricls ou d',augu/e1 que de recul] celui de sa9t ,l\is4 l'appui de ces ides gnrales prs5tes p> plusieurs de nos confrres1 l',acadmie a ent5du des obs]vations p>ticulires dictes p>eillem5t quelques autres de ses membres p> la connaissance pr(onde de l'art qu'ils ex]c5t4 ,elle a pu se conva9cre que1 s\s le rapport de la solidit1 les glises go?iques manquai5t des conditions qu'exig]ait auj\rd'hui la sci5ce de l'art de btir4 ,il e/ c]ta9 que la hauteur de ces difices1 se tr\vant hors de proportion avec leur l>geur1 il a fallu les tay] de t\s cts1 p\r emp*]1 autant que possible1 l'c>tem5t des votes4 ,ceux qui admir5t l'intrieur l'effet de ces votes si leves et en app>5ce si lgres1 et qui se laiss5t all]1 en les contemplant1 l'effet d'une rv]ie pieuse et d'une disposition my/ique1 ne se donn5t pas la pe9e de rfl*ir que cet agrable effet e/ acquis l'aide de ces nombreux arcs-b\tants et de ces puissants contre=ts1 qui masqu5t t\te la face extrieure de ces difices1 et qui reprs5t5t rellem5t en pi]re l'norme *afaudage ncessaire p\r les appuy]4 ,or1 e/-il possible de ni] que cet aspect extrieur des glises go?iques ne nuise ess5tiellem5t l'effet qu'elles produis5t l'intrieur1 et qui n'e/ a*et qu'aux dp5s de la solidit1 premire condition de t\te con/ruction publique6 ,s\s d'autres rapports1 l'ar*itecture go?ique n'(fre pas mo9s de ces inconvni5ts qu'il semble impossible de ju/ifi] p> les lois du gt1 et de concili] avec l'tat de civilisation des socits mod]nes4 ,il n'y rgne1 dans la di/ribution des membres de l'ar*itecture1 aucun de ces pr9cipes qui sont dev5us la rgle de l'art que p>ce qu'ils tai5t le produit de l'expri5ce4 ,on n'y voit aucun sy/me de proportions2 les dtails n'y sont jamais en rapport avec les masses2 t\t y e/ capricieux et arbitraire1 dans l'inv5tion comme dans l'emploi des ornem5ts2 et la pr(usion de ces ornem5ts la faade de ces glises1 comp>e leur abs5ce complte l'intrieur1 e/ un dfaut *oquant et un contre-s5s vritable4 ,mais que dire de la disposition et du gt des sculptures employes la dcoration des glises go?iques1 et qui1 aussi bi5 que les vitraux coloris1 en sont c]ta9em5t un lm5t ess5tiel8 ,ces figures si longues1 si maigres1 si roides1 cause du *amp troit qu'elles occup5t et qui ti5t l'emploi gnral des =mes pyramidales2 ces figures sculptes en dehors de t\tes les conditions de l'art1 sans aucun g>d l'imitation de la nature1 et qui sembl5t t\tes excutes d'aprs un type de conv5tion1 peuv5t bi5 (frir au s5tim5t religieux l'espce d'intrt qu'elles reoiv5t de l'empre9te de la vtu/1 et qu'elles doiv5t leur imp]fection mme1 et ce qui s'y tr\ve de naf1 en mme temps que de traditionnel4 ,mais1 si on les compr5d1 si on les excuse1 raison de l'ignorance des temps dont elles sont l'ouvrage1 v\drait-on1 p\rrait-on les reproduire auj\rd'hui que n\s sommes habitus trait] la sculpture autrem5t1 auj\rd'hui que la vrit e/ p\r n\s la premire condition de l'imitation1 et la nature le seul type de l'art8 ,o tr\v]ait-on p>mi n\s des arti/es capables de dsappr5dre assez t\t ce qu'ils ont tudi1 de se dta*] assez du modle vivant qu'ils ont s\s les yeux p\r refaire des figures go?iques8 ,et si1 dans ces t5tatives dsespres d'un art qui *]*]ait se r5i] lui-mme1 il re/ait un peu de cette vrit imitative laquelle l'oeil et la ma9 de nos arti/es sont ncessairem5t acc\tums3 si l'on y s5tait quelque *ose qui accust la nature1 ne s]ait-on pas fond dire que ce n'e/ plus l de la sculpture go?ique8 et ne refus]ait-on pas avec raison ces fruits avorts d'une contrefaon malheureuse1 l'e/ime et l'intrt qui ne sont dus qu' des oeuvres orig9ales8 ,il en s]ait c]ta9em5t de mme de la pe9ture1 qui aurait de plus lutt] contre le j\r faux produit p> les vitraux coloris1 et qui v]rait t\t l'effet de ses tableaux dtruit p> cette illum9ation factice4 ,il faudrait donc r5onc] excut] des pe9tures dans nos n\velles glises go?iques2 et ce s]ait l vritablem5t1 avec la p]te de l'art1 la condamnation de notre sicle4 ,dira-t-on que les pe9tures1 qui ne p\rrai5t plus s'tal] sur les murs de nos basiliques1 se montr]ai5t dans des vitraux8 ,mais c'e/ encore l une illusion laquelle il e/ impossible de se prt]4 ,o tr\v]ait-on1 dans une socit con/itue comme la ntre1 avec nos gts1 nos moeurs1 nos habitudes1 des pe9tres qui puss5t modifi] leur manire et trans=m] leur tal5t au po9t de produire des v]rires telles que celles du ,x,i,i,ie sicle1 qui sont c]ta9em5t1 au po9t de vue go?ique1 les plus p>faites1 les plus en rapport avec ce sy/me d'ar*itecture8 ,et cette supposition mme e/ d'ailleurs dm5tie p> les faits4 ,qui ne sait qu' mesure que l'art1 entran1 comme la socit1 dans une voie n\velle1 s'loignait de l'ignorance1 p\r ne pas dire de la b>b>ie du moy5 ge1 la pe9ture sur v]re1 suivant cette t5dance gnrale1 arrivait produire au ,x,v,ie sicle1 p> la ma9 des ,b]n>d ,palissy1 des ,p9aigri]1 des ,jean ,c\s91 des vitraux qui rivalisai5t avec les fresques s\s le rapport du gt et de la sci5ce du dess98 ,mais cette p]fection mme1 acquise en dehors de t\tes les conditions du go?ique1 tait le signal de la *ute de cet art2 et les v]rires du ,x,v,ie sicle1 produites s\s l'influ5ce de la r5aissance1 m>qu5t effectivem5t la d]nire priode des arts du moy5 ge arrivs au t]me naturel de leur exi/5ce et trans=ms au s]vice d'une socit n\velle4 ,ma9t5ant que l'ar*itecture go?ique e/ morte au se9 mme de la civilisation qui l'avait produite1 avec la sculpture1 avec la pe9ture1 qui tai5t ses acolytes ncessaires1 ses auxiliaires indisp5sables1 entrepr5dra-t-on de faire revivre de nos j\rs ce qui a cess d'exi/] depuis quatre sicles8 ,mais o sont1 encore une fois1 les lm5ts d'une rsurrection p>eille1 in\e jusqu'ici dans les fa/es de l'art8 ,o en e/ la raison1 o en e/ la ncessit1 dans les conditions de la socit actuelle8 ,o e/ la ma9 puissante qui peut s\lev] une nation entire1 au po9t de la faire rtrograd] de quatre sicles en arrire8 ,o e/ l'exemple de t\t un peuple qui ait rompu avec son prs5t et avec son av5ir p\r rev5ir son pass8 ,l',acadmie ne peut croire ces prodiges d'une volont huma9e qui s'opr]ai5t contre la nature des *oses1 en faisant viol5ce t\s les gts1 t\s les in/9cts1 t\tes les habitudes d'une socit4 ,elle admet bi5 qu'on puisse faire1 p> caprice ou p> amusem5t1 une glise ou un *teau go?ique1 bi5 que ce puisse tre quelque *ose d'assez prilleux qu'une fantaisie adm9i/rative de cette espce4 ,mais elle e/ conva9cue que cette t5tative de ret\r des types suranns re/]ait sans effet1 p>ce qu'elle s]ait sans raison3 elle croit que ce n\veau go?ique qu'on v\drait faire1 en l'purant1 en le corrigeant autant que possible1 en l'accommodant au gt du j\r1 n'aurait pas le succs de l'anci52 elle croit qu'en prs5ce de ce go?ique de plagiat1 de contrefaon1 les populations qui se s5t5t mues devant le vieux1 devant le vrai go?ique1 re/]ai5t froides et indiffr5tes2 elle croit que la conviction du *rti5 n'irait pas o aurait manqu la conviction de l'arti/e2 et c'e/ p>ce qu'elle aime1 p>ce qu'elle compr5d1 p>ce qu'elle respecte les difices religieux du moy5 ge1 qu'elle ne veut pas d'une imitation malheureuse qui f]ait p]dre ces monum5ts sacrs du culte de nos pres l'intrt qu'ils inspir5t en les faisant app>atre1 s\s cette =me n\velle1 dp\ills du c>actre augu/e que la vtu/ leur imprime1 et privs du sceau de la foi qui les leva4 ,en rsum1 il n'y a1 p\r les arts1 comme p\r les socits1 qu'un moy5 naturel et lgitime de se produire2 c'e/ d'tre de leur temps1 c'e/ de vivre des ides de leur sicle2 c'e/ de s'appropri] t\s les lm5ts de la civilisation qui se tr\v5t leur porte2 c'e/ de crer des oeuvres qui leur soi5t propres1 en recueillant dans le pass1 en *oisissant dans le prs5t t\t ce qui peut s]vir leur usage4 ,c'e/1 avons-n\s dit1 ce que fit le *ri/ianisme t\tes les poques1 et c'e/ ce qu'il doit faire aussi dans la ntre1 dont il faut que l'on dise qu'elle a eu son art *rti5 du ,x,i,xe sicle1 au lieu de dire qu'elle n'a su que reproduire l'art *rti5 du ,x,i,i,ie4 ,s]ait-ce donc1 au milieu de ce progrs gnral dont on se vante1 surt\t au se9 de ce ret\r s9cre aux ides *rti5nes dont on se flatte1 que notre socit se dcl>]ait a9si impuissante ri5 inv5t]1 et que l'on dsespr]ait du tal5t des arti/es et de la foi des peuples1 au po9t de n'en ri5 att5dre1 que de refaire ce qui a t fait6 ,mais n'avons-n\s pas l'exemple de la r5aissance p\r n\s appr5dre comm5t on peut tre orig9al1 en employant des lm5ts1 en appliquant des rgles que l'ignorance avait longtemps mconnus2 comm5t on peut tre *rti51 sans tre go?ique1 en puisant dans les modles antiques t\t ce qui peut se conv]tir a des beso9s n\veaux6 ,ces gr&s ar*itectes des ,,xvme et ,,xvime sicles1 les ,lon-,bapti/e ,alb]ti1 les ,brunelles*i1 les ,bramante1 les ,san ,gallo1 les ,p]uzzi1 les ,palladjo1 les ,vignolo1 qui con/ruisir5t tant d'glises *rti5nes sur la t]re classique de l'antiquit et du ca?olicisme1 n'ont-ils pas su imprim] leurs monum5ts le c>actre qui leur conv5ait1 en s'assimilant1 si l'on peut dire1 t\t ce qu'ils empruntai5t l'art antique6 ,n'e/-ce pas la mme cole que s'tai5t =ms ces illu/res arti/es de notre pays1 les ,jean ,bullant1 les ,philib]t ,delorme1 les ,pi]re ,lescot1 s\s la ma9 desquels l'ar*itecture antique prit une physionomie franaise6 ,et qui emp*e nos ar*itectes mod]nes de faire de mme en levant1 avec t\tes les ress\rces de notre ge1 des monum5ts qui rpond5t t\s les beso9s de notre culte1 et qui soi5t la fois m>qus du sceau du *ri/ianisme et du gnie de notre socit6 ,c'e/ videmm5t l ce que la raison conseille2 c'e/ ce que dem&e l'intrt de l'art1 c'e/ ce que rclame l'honneur mme de notre poque2 et c'e/ aussi ce que p5se l',acadmie4 ,s'il devait en tre autrem5t1 il faudrait effac] de l'esprit et de la langue des peuples mod]nes le mot de r5aissance et l'ide qui s'y atta*e2 il faudrait dcl>] non av5us t\s les progrs accomplis et t\s ceux qui re/5t encore s'opr]2 il faudrait immobilis] le prs5t et jusqu' l'av5ir dans les traditions du pass2 il faudrait1 en re/aurant ,notre-,dame et la ,sa9t-,*apelle1 ce que dem&e le patriotisme1 d'accord avec la religion1 laiss] tomb] le ,val-de-,grce et le ,dme des ,invalides1 ce que df5d l'honneur national1 non mo9s que l'intrt de l'art2 il faudrait enf9 condamn] t\s nos monum5ts de quatre sicles p\r refaire quelques tri/es imitations de ceux du moy5 ge1 et f]m] t\tes nos coles o l'on enseigne1 non pas a copi] les ,grecs et les ,roma9s1 mais les imit]1 en pr5ant1 comme eux1 dans l'art et dans la nature1 t\t ce qui se prte aux conv5ances de t\tes les socits et aux beso9s de t\s les temps4 ,le secrtaire p]ptuel ,,ra\l-,,ro*ette4 ,l',acadmie a dcid qu'il s]ait donn ,m4 le m9i/re de l'intrieur communication de ce travail1 qui rsume son op9ion sur les que/ions dbattues dans son se9 au sujet de l'ar*itecture go?ique4 ,c]tifi con=me1 ,le secrtaire p]ptuel1 ,,ra\l-,,ro*ette4 ,r,,ponse ,aux considrations de l',acadmie des ,beaux-,arts1 sur la "q de savoir s'il e/ conv5able1 au ,,xixme sicle1 de btir des glises en /yle go?ique4 ,n\s avions cru longtemps que l',acadmie des ,beaux-,arts1 qui trne si =t au-dessus de la sphre o n\s n\s dbattons depuis dj bi5 des annes1 n'ent5dait pas ces clameurs1 ces discussions leves p\r reconqurir notre art national2 qu'elle ne se s5tait pas branle p> ces luttes qui divis5t auj\rd'hui l'cole d'ar*itecture4 ,n\s p5sions que1 ca*s dans les hauteurs de leur olympe1 ent\rs des lauri]s sur lesquels n\s osions pe9e jet] un reg>d ambitieux1 heureux du calme (ficiel qui leur e/ donn aprs de longs et respectables travaux1 les illu/res ne daignai5t mme pas tre spectateurs de nos combats et de nos luttes4 ,n\s n\s trompions6 ,l',acadmie a t\t su3 nos vicissitudes1 nos rev]s et nos succs4 ,l',acadmie s'e/ mue1 et1 p> la voix de son secrtaire p]ptuel1 l',acadmie n\s f\droie3 ,et5im sagitt tu transeunt3 vox tonitrus tui 9 rota4 ,l',acadmie n\s r5voie ddaigneusem5t l'cole1 l',acadmie av]tit le p\voir1 l',acadmie rectifie l'op9ion2 il tait temps6444 ,grce elle1 les combattants vont laiss] tomb] leurs armes2 sil5cieux et att5tifs1 ils c\t]ont cette voix imposante qui n\s trace en quelques pages la r\le suivre1 n\s qui la *]*ions ttons depuis plus de v+t ans4 ,que n'e/-elle app>ue plus tt1 cette vive lumire qui n\s montre le b1 et le moy5 d'y arriv]8 ,hlas6 oui1 la t*e tait belle1 elle tait imm5se2 mais malheureusem5t l',acadmie des ,beaux-,arts n'a de commun avec ces dieux passs qu'elle aime tant1 que d'tre enveloppe de nuages3 cela l'emp*e de voir1 et voil t\t6 ,un membre de l' ,in/itut n\s disait l'autre j\r1 aprs avoir lu ce factum3--,ces messieurs1 qui df5d5t des dieux que p]sonne n'adore plus1 ressembl5t aux paens du temps de ,con/ant94 ,mot vrai1 et qui pe9t la situation des *oses mieux que t\t ce que n\s p\rrons dire4 ,cep5dant nos lecteurs1 dans l'intrt des pr9cipes qu'ils s\ti5n5t comme n\s1 v\dront bi5 n\s p]mettre d'exam9] en dtail le manife/e en "q1 ne ft-ce que p\r pr\v] messieurs de l',acadmie que n\s avons quelques bonnes raisons p\r m>*] plus droit que jamais dans la voie que n\s avons *oisie aprs mre dlibration4 ,que devrons-n\s p5s] de la /abilit des op9ions de l',acadmie en matire d'art8 ,ne s]ait-ce pas le cas de dire1 avec la ,ro*ef\cauld3 ,ri5 ne doit tant dim9u] la satisfaction que n\s avons de n\s-mmes1 que de voir que n\s dsappr\vons dans un temps ce que n\s appr\vions dans un autre4 ,si ,m4 ,ra\l-,ro*ette fait une seconde dition des ,considrations1 il p\rra pr5dre cette maxime comme pigraphe4 ,m4 ,quatremre de ,qu9cy disait1 il n'y a pas encore bi5 longtemps1 dans son ,dictionnaire hi/orique d',ar*itecture3 ,il s]ait inutile de *]*] ce qu'il faut appel] un sy/me de proportion dans l'ar*itecture go?ique1 qui1 en fait d'ordonnance1 de =mes1 de dtails et d'ornem5t1 ne fit qu'une compilation incohr5te de t\t ce que lui avait pu transmettre le gt dgnr du ,bas-,empire#a4 ,et plus lo93 ,or voil ce que n\s prs5te1 avec surcrot de dsordre et d'insignifiance1 l'ar*itecture go?ique1 hritire de t\s les abus1 de t\s les mlanges oprs dans les ges de dcad5ce444 ,ce qui p>at avoir exig des ar*itectes go?iques le plus de sci5ce1 je veux p>l] des votes1 ne comporte1 comme on le montr]a t\t l'heure1 qu'une intellig5te =t ord9aire#b4 ,voici ma9t5ant ,m4 ,ra\l ,ro*ette qui vi5t1 au comm5cem5t des ,considrations1 n\s faire un loge potique de ces difices qui *>m5t et t\*5t pr(ondm5t1 et qui ralis5t l'oeil et l'esprit l'image de cette ,jrusalem cle/e v]s laquelle aspire la foi du *rti54 ,et cep5dant ,m4 ,r4 ,ro*ette lui-mme1 dans sa notice sur la ,villa ,pia de ,rome#c1 s'lve contre le gt aride et la tri/e nudit des glises go?iques4 ,que dis-je 7c> il faut croire que le fauteuil acadmique p]met de voir les mmes objets s\s des aspects bi5 v>is78 t\rnez quelques pages du manife/e1 et v\s v]rez que ces monum5ts qui ralis5t l'image de la ,jrusalem cle/e1 et que l',acadmie v\drait voir p]ptu]1 s'il e/ possible1 aussi longtemps que les glorieux s\v5irs qui les consacr5t1 aussi longtemps que vivra la langue et le gnie de la ,france1 ne devi5n5t plus que des productions qu'il e/ impossible de ju/ifi] p> les lois du gt1 etc41 etc4 ,qui faut-il croire de ,m4 ,quatremre ou de ,m4 ,r4 ,ro*ette1 de ,m4 ,ro*ette la ,villa ,pia1 ou de ,m4 ,r4 ,ro*ette au comm5cem5t ou la f9 du manife/e acadmique8 ,note #a3 ,t4 ,,ii1 p4 #cbj4 ,note #b3 7,t4 ,,ii1 p4 #fge47 ,m4 ,quatremre de ,qu9cy tait secrtaire p]ptuel de l',acadmie avant ,m4 ,ra\l ,ro*ette4 ,il ne faudrait pas jug] t\t le ,dictionnaire d',ar*itecture sur les citations que n\s v5ons de faire2 t\t le monde e/ d'accord p\r r5dre cet ouvrage1 sur beauc\p de po9ts1 t\te la ju/ice qui lui e/ due4 ,note #c3 ,voir les pages #acc et suivantes des ,annales ,ar*ologiques1 t4 ,i2 septembre #ahdd4 ,suivons ma9t5ant l',acadmie1 autant que possible1 dans t\s les dt\rs de son manife/e4 ,la t*e e/ difficile1 c> les ,considrations sont le rsultat d'op9ions tellem5t div]ses1 que ,m4 le secrtaire p]ptuel1 malgr t\te la s\plesse de son tal5t1 n'a pu vit] les nigmes et les contradictions4 ,ces messieurs1 t\tefois1 ont compris la position3 il fallait faire la "p de l'op9ion1 ne pas *oqu] ds l'abord un public prv5u2 il fallait mnag] mme c]ta9es susceptibilits qui s'levai5t dans le se9 de l'illu/re corps4 ,aussi voyons-n\s le manife/e comm5c] p> un p>agraphe att5drissant sur l'intrt que ,,mm4 les membres de l',acadmie des ,beaux-,arts pr5n5t l'ar*itecture franaise des ,,xiime et ,,xiiime sicles4 ,auj\rd'hui1 7cela e/ bi5 heureux67 la raison dem&e1 le gt conseille1 et l',acadmie veut que l'on rp>e les glises go?iques1 avec ce respect de l'art qui e/ aussi une religion1 ces difices sur lesquels s'e/ si s5siblem5t appesanti le poids de huit sicles1 jo9t trois sicles d'indiffr5ce et d'ab&on444 ,voil qui n\s semble h>di1 ,,trois ,,si,,cles ,d',,indiff,,r5ce ,,et ,d',,ab&on6 ,eh6 messieurs1 qui comptez bi5tt deux sicles d'exi/5ce1 ne p\viez-v\s v\loir plus tt2 ne sigez-v\s pas p\r protg] les arts et les monum5ts de votre pays2 ne craignez-v\s pas que les malveillants 7il y en a p>t\t7 ne p5s5t qu'il n'a pas t5u v\s que le quatrime sicle d'ab&on ne comm5t8 ,grce ,dieu1 t\t e/ sauv1 l',acadmie veut qu'on rp>e nos monum5ts go?iques6 ,allons1 monsieur1 suivez l'ordre que j'ai prescrit1 ,et faites le contrat a9si que je l'ai dit4 ,mais n\s arrivons l'endroit dlicat3 ,e/-il conv5able1 e/-il possible de con/ruire des glises qui s]ai5t une s+ul>it1 un ana*ronisme1 une biz>r]ie444 des glises go?iques enf98--,il faut croire que ce mot go?ique1 que n\s n'aimons gure1 dont n\s ne n\s s]vons que p>ce qu'il e/ consacr p> l'usage1 et que n\s ab&onn]ions volonti]s si cela p\vait tre agrable l',acadmie1 cause des spasmes1 des bl\issem5ts l'illu/re assemble4 ,aprs le bel loge que n\s avons lu1 ,m4 le secrtaire p]ptuel n\s conduit ,rome1 p\r n\s dmontr] comme quoi l'ar*itecture go?ique n'e/ pas une consqu5ce du *ri/ianisme1 puisque la gr&e mtropole *rti5ne ne l'a jamais admise sur son t]ritoire2 comme quoi ,sa9t-,pi]re e/ une imm5se et sup]be basilique1 et enf9 que l'ar*itecture franaise des ,,xiime et ,,xiiime sicles ne con/itue pas elle seule une rgle absolue du gnie *rti54 ,mais quel e/ l'homme srieux qui ait jamais prt5du que le go?ique rsumt lui seul l'art *rti58 ,ce que n\s dem&ons t\s1 messieurs1 c'e/ le ret\r un art n dans notre pays4 ,n\s gommes p> le #dh degr de latitude2 e/-ce p\r n\s qu'ont t faites les basiliques de ,rome ou d',ori5t8 ,laissons ,rome ce qui e/ ,rome1 ,a?nes ce qui e/ ,a?nes4 ,rome1 la re9e du monde *rti51 a eu le bon s5s de g>d] son ar*itecture4 ,rome n'a pas v\lu 7peut-tre seule en ,europe7 de notre go?ique1 et elle a bi5 fait2 c>1 lorsqu'on a le bonheur de possd] une ar*itecture nationale1 le mieux e/ de la g>d]4 ,voil1 messieurs1 un exemple qu'elle n\s donne1 cette ,rome que v\s vantez bon droit1 et cet exemple en vaut bi5 un autre4 ,le *ri/ianisme n'a jamais t exclusif1 dites-v\s2 cela e/ vrai1 le culte ca?olique e/ l'expression d'une religion assez gr&e et assez belle1 p\r dire imposant p>t\t4 ,mais e/-ce a dire p\r cela qu'il doive s'accommod] de t\t2 qu'il soit dispos pr5dre p\r temples1 dans un mme diocse1 des salles de !rmes et des basiliques antiques1 des rotondes et des glises byzant9es1 des croix grecques et des croix lat9es8 ,faut-il1 p>ce que ce culte a pu tre ex]c dans des c>rires et dans des ru9es antiques1 le s\mettre auj\rd'hui t\tes les fantaisies qu'il plat et qu'il plairait encore aux inv5teurs d'ar*itecture de lui impos]8 ,qu& n\s avons *ez n\s1 dans t\tes nos villes1 un art complet1 applicable1 n sur notre sol1 envi p> t\te l',europe1 un art qui v\s cause v\s-mmes des motions si vives1 comm5t se fait-il que ce soit prcism5t celui-l dont v\s ne v\liez pas8 ,s]ait-ce p>ce que ceux qui1 aprs tant d'ef=ts1 ont su l'am5] sa p]fection n'tal5t pas de l',acadmie des ,beaux-,arts8444 ,v\s n\s p]mettez de le dpec]1 cet art1 de pr5dre des bribes p>-ci p>-l1 d'y ml] d'autres lm5ts trang]s1 et d'en faire quelque *ose p\r notre usage4 ,mais cela e/-il possible8 ,l'unit1 messieurs1 cette gr&e loi que les anci5s ont si bi5 su n\s enseign] dans leurs crits1 p> leurs monum5ts1 et que v\s-mmes v\s avez pr*e1 qu'en faites-v\s8 v\s8 ,c'e/ de la conception d'un monum5t que dp5d cette unit d'int5tion et de vues qui doit dev5ir le li5 commun de t\tes les p>ties4 ,aussi faut-il qu'un monum5t mane d'une seule intellig5ce1 qui en comb9e l'ensemble1 de telle manire qu'on ne puisse1 sans en altr] l'accord1 ni en ri5 retran*]1 ni ri5 y aj\t]1 ni ri5 y *ang]#d4 ,ce n'e/ pas moi qui p>le1 messieurs2 c'e/ ,m4 ,quatremre de ,qu9cy4 c\tez encore ceci3 ,on appelle a9si 7l'unit de sy/me et de pr9cipes7 celle qui consi/e ne po9t confondre dans le mme difice c]ta9es div]sits qui sont le produit1 *ez diffr5tes nations1 d'un pr9cipe orig9aire p>ticuli]1 et de types =ms sur des modles sans rapports entre eux4 ,t\j\rs ,m4 ,quatremre4 ,note #d3 ,dictionnaire hi/orique d',ar*itecture1 t4 ,,ii1 p4 #fcf4 ,v\s v\s tiez faits paens1 messieurs2 auj\rd'hui1 s]rs de prs p> l'op9ion des g5s qui ont tudi l'art national1 v\s v\s faites clectiques1 et v\s f]iez1 s'il le fallait1 d'autres concessions nos pr9cipes p\r vit] d'tre fran*em5t de votre pays4 ,v\s jetez votre plus prcieux bagage la m]1 l'heure qu'il e/2 v\s r5oncez l'unit1 p\r sauv] le vaisseau de l',acadmie4 ,n\s craignons que v\s ne sauviez ri51 et que v\s ne dtruisiez l'cole4 ,lorsque l',acadmie des ,beaux-,arts in/allait fran*em5t l'antiquit *ez n\s1 avec t\tes ses consqu5ces1 il y avait au mo9s unit1 h>monie dans l'enseignem5t1 dans les exemples et dans les rsultats4 ,c'tait un art dont la =me tait en dsaccord avec nos moeurs et notre climat2 mais c'tait un art admirable1 sur lequel il tait ais de fond] un enseignem5t4 ,auj\rd'hui v\s pr*ez l'an>*ie1 l'clectisme1 messieurs6 ,mais v\s mettez le feu aux quatre co9s de l'cole6 ,comm5t8 v\s allez dire vos lves 7je v\s cite73 ,recueillez dans le pass1 *oisissez dans le prs5t444 ,mais que *oisir8 v\s rpondra-t-on4 ,l',acadmie croit qu'avec cela n\s aurons une ar*itecture de notre poque2 n\s aurons ce que n\s avons depuis v+t ans1 du dsordre4 ,p\r n\s1 le dsordre n\s fatigue2 n\s n'en v\lons plus1 et1 autant qu'il dp5dra de n\s1 n\s le combattrons1 qu'il vi5ne d'en haut ou d'en bas4 ,j'en appelle aux ar*itectes qui font p>tie de l',acadmie des ,beaux-,arts1 ceux qui ont con/ruit t\tefois2 e/-ce l'aide de ?ories aussi vagues que l'on lve un difice1 e/-ce avec des phrases bi5 t\rnes que v\s donn]ez1 ds le sol1 un aspect d'unit votre monum5t8 ,une fois le crayon la ma91 le papi] devant v\s1 et les ouvri]s prts excut] vos ordres1 *]*]ez-v\s cette pi]re philosophale intr\vable1 une ar*itecture recueillie dans le pass444 *oisie dans le prs5t444 qui ait une physionomie t\te franaise4442 qui1 avec t\tes les ress\rces de notre ge1 rponde t\s les beso9s de notre culte1 et qui soit la fois m>que du sceau du *ri/ianisme et du gnie de notre socit8 l'oeuvre6 c> c'e/ videmm5t l ce que la raison conseille2 c'e/ ce que dem&e l'intrt de l'art4--,c'e/ inconte/able1 messieurs6 mais c'e/ ce que la plume peut dire1 et ce que le crayon ne peut faire4 ,p\r lev] quoi que ce soit1 ne ft-ce qu'une gurite1 il n\s faut un art arrt1 coordonn p> un sy/me qui soit s\mis des pr9cipes et des rgles infran*issables4 ,c'e/ p\r avoir mconnu un in/ant ces rgles et ces pr9cipes1 en v\lant ml] l'ar*itecture antique aux traditions du moy5 ge1 que la ,r5aissance n'a produit que des oeuvres quelquefois attrayantes1 mais t\j\rs bt>des1 et qui1 de *ute en *ute1 n\s ont conduits l'an>*ie1 d'o v\s ne n\s aidez gure sortir4 ,p\r ,dieu1 messieurs1 repr5ez l'antiquit pure si v\s v\lez1 mais n'appelez pas le dsordre p\r n\s combattre4 ,en suivant les pr9cipes mis dans le manife/e1 savoir1 qu'il ne faut pas plus imit] le sicle de ,pricls que celui de sa9t ,l\is1 qu'il e/ bon de pr5dre p>t\t dans le pass et le prs5t p\r crer un art comme si l'on crait un art6 l',acadmie1 p\r tre consqu5te1 aura donc dema91 l'cole des ,beaux-,arts1 des pr(esseurs d'ar*itecture grecque1 roma9e1 go?ique1 de la r5aissance1 qui se critiqu]ont les uns les autres1 qui dtruiront leurs sy/mes rciproquem5t4 ,on enseign]a le mme j\r1 une heure de di/ance1 la con/ruction grecque et la con/ruction go?ique2 on dmontr]a aux mmes lves comme quoi la plate-b&e l'emporte sur l'arc1 et l'arc sur la plate-b&e2 et ce s]a l crer un art6--,misricorde6 ,si nos fils se font ar*itectes1 que devi5dront-ils dans cette t\r de ,babel8 ,voil o la t]reur du go?ique v\s a conduits1 messieurs6444 ,e/-ce n\s de v\s rappel] vos convictions1 vos doctr9es d'autrefois8 ,diviss en autant de sectes qu'il y a de membres l',acadmie1 un po9t seul v\s tr\ve s9on unanimes1 du mo9s en majorit2 c'e/ le mpris de la seule ar*itecture vraim5t nationale2 c>1 p]mettez-n\s de v\s le rpt]1 messieurs1 n\s ne p\vons reg>d] comme bi5 s9cre l'loge que v\s en faites au comm5cem5t de vos ,considrations1 puisque v\s avez eu le so9 d'en dim9u] t\te la valeur quelques pages plus lo9444 ,os]ons-n\s exprim] un d\te qui n\s vi5t8 ,avez-v\s eu le loisir d'tudi] cette ar*itecture que v\s proscrivez1 d'en suivre t\s les dveloppem5ts1 d'en exam9] les ress\rces8 ,je dois v\s av\] que les ,considrations de l',acadmie des ,beaux-,arts ont mis quelque inc]titude dans notre esprit cet g>d4 ,l',acadmie 7dites-v\s71 aprs avoir ent5du les obs]vations p>ticulires dictes quelques-uns de ses membres p> la connaissance pr(onde de l'art qu'ils ex]c5t1 a pu se conva9cre que1 s\s le rapport de la solidit1 les glises go?iques manquai5t des conditions qu'exig]ait auj\rd'hui la sci5ce de l'art de btir4 ,n\s ne v\drions pas faire de rappro*em5ts f*eux1 quoique c]ta9em5t la t5tation soit =te2 cep5dant la vrit e/ une si belle *ose que la dguis] dans c]ta9s cas e/ une honte4 ,d'un ct1 voici des monum5ts qui dur5t depuis six ou sept c5ts ans1 malgr un climat de/ructeur1 malgr trois sicles d'ab&on1 malgr des re/aurations s\v5t plus fune/es que l'ab&on mme1 malgr les inc5dies et les rvolutions2 des monum5ts qui sont encore d'un usage j\rnali]1 qui sont commodes1 et ne dem&5t s\v5t que des re/aurations qui quival5t un simple entreti54--,ces monum5ts-l ne sont pas solides1 ils manqu5t des conditions qu'exige auj\rd'hui la sci5ce de l'art de btir6--,d'un autre ct1 n\s voyons des difices1 vritables c>rires de pi]re1 qui ne sont levs qu'avec des moy5s factices1 qui1 lorsqu'on les exam9e avec so91 ne prs5t5t que des armatures en f]1 qu'une dcoration n'indiquant ni la nature1 ni la dim5sion des matriaux1 qu'un assemblage mon/rueux d'arcs portant des plates-b&es susp5dues des *anes1 de *apiteaux ou de corni*es composs de quatre ou c9q assises1 de s(fites =ms de claveaux1 de contre=ts dissimuls p> l'paisseur uni=me et inutile des murs1 de votes sphriques masques s\s des combles de basiliques1 de clo*]s portant faux1 de toits plats qu'il faut balay] p> les temps de neige444--,sont-ce l des monum5ts solides1 p>ce qu'ils rsum5t la sci5ce de l'art de btir auj\rd'hui8--,je ne suis pas bi5 vieux1 et cep5dant il m'a sembl dj voir quelques-uns de ces monum5ts mod]nes 7entret5us du re/e avec un so9 t\t p>ticuli]71 *afauds p5dant des mois enti]s1 l'effet de remplac] des diza9es de mtres de ces grosses corni*es dont la saillie exagre semble folie p\r arrt] les eaux au lieu de les dv]s]4 ,j'ai cru voir s\v5t quelques-unes de ces colonnes1 composes de c5ta9es de rondelles1 que des maons tai5t occups rejo9toy]1 frott]1 huil]4 ,il m'a sembl p>fois r5contr] des conduites engorges dans l'paisseur des murs1 et bon nombre de plates-b&es app>eilles billant sur la tte des passants4 ,j'avais cru de bonne foi que la sci5ce de l'art de btir auj\rd'hui ne valait pas celle d'autrefois2 je me s]ai tromp1 et j'en dem&e humblem5t p>don aux membres de l',acadmie1 dont la connaissance pr(onde de l'art de btir e/ trop peu conte/able p\r ne pas faire loi en cette matire4 ,mais p\rsuivons4 ,l',acadmie n\s fait "p d'une dc\v]te curieuse4 ,ceux 7dit ,m4 le secrtaire p]ptuel7 qui admir5t l'intrieur l'effet de ces votes si leves et en app>5ce si lgres 7elles le sont rellem5t1 monsieur ,ra\l-,ro*ette71 et qui se laiss5t all]1 en les contemplant1 l'effet d'une rv]ie pieuse et d'une disposition my/ique1 ne se donn5t pus la pe9e de rfl*ir que cet agrable effet e/ acquis l'aide de ces nombreux arcs-b\tants et de ces puissants contre=ts444 ,effectivem5t1 n\s qui admirons l'intrieur l'effet de ces votes du ,,xiiime sicle1 n\s n'aurions jamais rfl*i que d]rire ces votes se tr\v5t des arcs-b\tants1 et n\s rem]cions l',acadmie d'avoir attir notre att5tion sur ce phnomne4 ,un s]vice en vaut un autre1 et n\s sommes heureux de p\voir faire "p ,m4 ,ra\l-,ro*ette d'une dc\v]te non mo9s intressante que celle qu'il veut bi5 n\s signal]3 c'e/ que t\tes les plates-b&es des temples de ,k>nac sont d'un seul morceau#e4 ,note #e3 ,n\s ne v\lons pas fatigu] nos lecteurs1 en rev5ant sur les trois ou quatre articles que n\s avons dj publis dans les ,annales ,ar*ologiques sur les con/ructions des ,,xiime et ,,xiiime sicles1 et notamm5t sur arcs-b\tants4 ,l',acadmie ne lit pas les ,annales2 elle a bi5 pu croire de bonne foi avoir rem>qu que les arcs-b\tants tai5t ncessaires la /abilit des votes go?iques4 ,l',acadmie glisse d'ailleurs assez lgrem5t sur les prt5dus vices de con/ruction des glises du ,,xiiime sicle4 ,ce n'e/ pas sur ce po9t que l'attaque e/ la plus vive2 puis il faudrait entr] dans des dtails te*niques1 et l'on a pu voir que l',acadmie1 sur ce *apitre important1 a ses op9ions arrtes d'avance444 ,ce n'e/ pas solide1 p>ce que ce n'e/ pas solide2 la connaissance pr(onde de messieurs les ,acadmici5s n\s ti5dra lieu de preuve4 ,l',acadmie des ,beaux-,arts ne doit pas manqu]1 dans ses ar*ives1 de procs-v]baux de dmolitions d'glises go?iques1 elle doit donc savoir mieux que n\s si ces difices sont solides ou non4 ,mais si l',acadmie passe lgrem5t sur la con/ruction go?ique1 il n'en e/ pas de mme au sujet du gt4 ,sur ce po9t 7,m4 le secrtaire p]ptuel ne pr5dra qu'en bonne "p ce que n\s allons dire1 n\s en sommes conva9cus7 ,m4 ,quatremre de ,qu9cy s'exprima plus h>dim5t que le manife/e2 il e/ vrai qu'il n'avait pas mnag] un s5tim5t rp&u p>t\t auj\rd'hui1 le ret\r v]s notre art national4 ,aussi l',acadmie n\s p]mettra-t-elle de le cit] ici3 ,le g5re de btisse 7dit-il7 auquel on donne le nom de go?ique1 naquit de tant d'lm5ts htrognes1 et prit naissance dans des temps d'une telle confusion1 d'une telle ignorance1 que l'extrme div]sit de =mes1 inspires p> le seul caprice1 emp*a t\t vrai sy/me de proportion de s'introduire dans une ar*itecture qui n'exprime rellem5t l'esprit1 p> le mlange d'lm5ts qui la con/itu5t1 que l'ide du dsordre#f4 ,l',acadmie ne juge pas1 dans ses ,considrations le go?ique d'une manire aussi svre2 cep5dant1 si n\s l'en croyons1 l'ar*itecture du ,,xiiime sicle e/ un art qu'il e/ impossible de ju/ifi] p> les lois du ,,g,t2 qui ne prs5te l'oeil aucun sy/me de proportion4 ,t\t y e/ capricieux et arbitraire dans l'inv5tion comme dans l'emploi des ornem5ts1 et la pr(usion de ces ornem5ts la faade de ces glises1 comp>e leur abs5ce complte l'intrieur1 e/ un dfaut *oquant et un contre-s5s vritable4 ,n\s l'avons dj dit1 il e/ difficile rellem5t d'accord] l',acadmie avec elle-mme4 ,comm5t suppos] que des difices qui produis5t des impressions si vives de recueillem5t et de pit1 qui *>m5t et t\*5t pr(ondm5t1 au po9t que la froide raison ne peut dtruire un effet qui s'adresse au ,,g,t et au s5tim5t1 comm5t suppos] que ces difices puiss5t manqu] la fois de proportions1 de ,,g,t et d'ordre8 ,ou les proportions1 le gt et l'ordre sont des qualits que l',acadmie seule a la facult de saisir1 ou ces qualits sont tellem5t conv5tionnelles qu'elles devi5n5t inutiles1 puisqu'on peut produire tant d'effet sans elles4 ,enf91 qu'e/-ce donc qu'un art qu'il e/ impossible de ju/ifi] p> les lois du ,,g,t1 et qui *>me en produisant un effet qui s'adresse au ,,g,t8 ,note #f3 ,dictionnaire hi/4 d',ar*it41 t4 ,,ii1 p4 #dge4 ,n\s supplions l',acadmie de n\s rs\dre ce problme1 qui e/ au-dessus de notre intellig5ce4 ,ce n'e/ pas t\t1 ,m4 le secrtaire p]ptuel prt5d que t\t e/ capricieux et arbitraire dans l'inv5tion comme dans l'emploi des ornem5ts go?iques du ,,xiiime sicle4 ,or1 arbitraire veut dire1 si je ne me trompe1 qui se fait sans loi2 sans sy/me4 ,eh bi56 si n\s exam9ons quelques in/ants une glise du ,,xiiime sicle1 n\s v]rons d'abord que t\te la con/ruction e/ s\mise un sy/me inv>iable4 ,n\s v]rons l'ogive adopte p\r t\s les arcs1 p\r t\tes les votes2 t\tes les =ces et les p\sses rejetes l'extrieur2 une disposition laissant l'intrieur les plus gr&s vides possibles4 ,n\s v]rons que les murs ne sont que de simples remplissages1 de vritables cloisons qui ne port5t ri52 que les p]ons1 les arcs-b\tants et les contre=ts1 *>gs seuls de s\t5ir l'difice1 ont t\j\rs un aspect de rsi/ance1 de =ce et de /abilit qui rassure l'oeil et l'esprit2 que les votes lgres1 con/ruites en petits matriaux faciles mont] et pos] une gr&e hauteur1 sont comb9es de faon report] la totalit de leur poids sur les piles2 que les moy5s les plus simples sont t\j\rs prfrs2 que les arcs ogives et arcs d\bleaux1 tracs sans exception avec des arcs de c]cle1 n'exig5t ni d*et de pi]re1 ni pures compliques1 ni c\pes difficiles2 que t\s les membres de ces con/ructions1 indp5dants les uns des outres1 quoique relis entre eux1 prs5t5t un ensemble d'une la/icit et d'une lgret bi5 ncessaires dans des difices d'une aussi gr&e dim5sion4 ,si n\s en v5ons n\s occup] des proportions1 n\s v]rons1 n'en dplaise l',acadmie des ,beaux-,arts1 qu'il y a t\j\rs1 dans *aque monum5t1 un rapport relatif entre la l>geur et la hauteur des bas-cts1 entre la hauteur de ces bas-cts et celle de la gal]ie1 entre la hauteur de la gal]ie et celle des f5tres suprieures2 que les rapports de hauteur et de l>geur sont les mmes p\r la nef et les bas-cts4 ,n\s v]rons encore 7et ceci app>ti5t exclusivem5t cette ar*itecture7 que la proportion huma9e y devi5t une loi fixe4 ,notre ami et collaborateur1 ,m4 ,lassus1 disait dans les ,annales ,ar*ologiques 7avril #ahde73 ,que le monum5t soit gr&1 qu'il soit petit1 t\j\rs et p>t\t v\s retr\v]ez la consqu5ce du mme pr9cipe 7la proportion huma9e74 ,au ,,xiiime sicle1 les bases1 les *apiteaux1 les colonnettes1 les m5eaux1 les n]vures1 enf9 t\s les dtails sont exactem5t les mmes1 dans la gr&e ca?drale1 comme dans la simple glise de campagne1 et cela p>ce que dans t\s ces monum5ts l'homme seul s]t t\j\rs d'unit1 et que l'homme ne peut se gr&ir ni ne dim9u]4 ,vraim5t il faut tre aveugle p\r ne pas tre frapp de ce pr9cipe si vrai1 si ju/e1 qui fait que nos ca?drales p>aiss5t gr&es p>ce qu'elles sont gr&es1 que nos *apelles p>aiss5t petites lors qu'elles sont petites1 enf9 que t\s nos monum5ts donn5t rig\reusem5t1 ma?matiquem5t1 l'ide de ce qu'ils sont rellem5t4 ,n\s le dem&ons1 n'y a-t-il pas l un sy/me de con/ruction et de proportion8 ,et si n\s en v5ons aux ornem5ts des monum5ts du ,,xiiime sicle1 ne les v]rons-n\s pas s\mis deux lois fixes3 la premire1 qui e/ l'imitation de la vgtation locale2 la seconde qui re/re9t inv>iablem5t la dim5sion de ces ornem5ts aux dim5sions des matriaux de notre pays4 ,o e/ donc1 en t\t ceci1 le caprice et l'arbitraire8 ,nos lecteurs n\s p>donn]ont de rev5ir ici sur des sujets que n\s avons dj traits longuem5t1 et avec lesquels ils sont famili]s2 mais l',acadmie n'a probablem5t pas eu l'occasion d'obs]v] t\s ces faits1 et c'e/ p\rquoi n\s avons cru devoir insi/] sur ce po9t4 ,que ,m4 le secrtaire p]ptuel ne n\s lise pas1 cela e/ trop naturel2 mais il y a plus d'un an que l'un des collgues de ,m4 ,ra\l-,ro*ette1 l',acadmie des ,inscriptions et ,belles-,lettres1 ,m4 ,vitet1 dans sa ,notice sur la ca?drale de ,noyon1 disait3 ,l'ornem5tation du ,,xiiime sicle se di/+ue de celle des ,,xivme et ,,xvme sicles1 au moy5 d'indications plus prcises que celles qui s]v5t class] *ronologiquem5t la dcoration des difices antiques444 ,p\r n\s1 lo9 d'tre un plagiat et une oeuvre de draison1 l'ornem5tation du ,,xiiime sicle e/ une des crations les plus orig9ales1 les plus spontanes1 les plus imprvues de l'esprit huma91 en mme temps qu'une de ses oeuvres les plus raisonnables et les plus m?odiques444 ,l'art du ,,xiiime sicle n'imite presque exclusivem5t que des vgtaux3 plus d'oves1 plus de p]les1 plus de rais-de-coeur2444 l'ornem5tation devi5t ess5tiellem5t vgtale4 ,ce n'e/ pas t\t2 au lieu d'idalis] les vgtaux1 comme on l'avait fait jusque-l1 au lieu de leur prt] une =me conv5tionnelle1 en h>monie avec le c>actre des monum5ts antiques1 on les copie purem5t et simplem5t1 on les calque d'aprs nature2444 ce n'e/ plus en ,grce ou en ,italie que l'on *]*e des modles1 mais dans nos =ts et dans nos *amps444 ,jamais ces vgtaux mode/es n'avai5t reu tant d'honneur444 ,n\s aj\t]ons ici que bi5 que les ornem5ts du ,,xiiime sicle soi5t imits de la vgtation de nos =ts et de nos *amps1 ils n'en sont pas mo9s s\mis c]ta9es conv5tions ar*itectoniques1 c]ta9es lois de gt et de /yle1 qui les font di/+u] la premire vue des ornem5ts des ,,xivme et ,,xvme sicles4 ,il en e/ de mme des m\lures1 des pr(ils1 et de t\t ce qui contribue la dcoration des difices de ces poques4 ,ces monum5ts sont si peu ab&onns dans leur ensemble1 comme dans leurs dtails1 au caprice et l'arbitraire1 que1 p\r celui qui les a tudis1 il ne peut y avoir d'inc]titudes dans leur classem5t *ronologique4 ,les faits p]l5t d'eux-mmes2 les monum5ts sont l1 et n\s v\drions que l',acadmie des ,beaux-,arts ft plus d'att5tion aux faits lorsqu'ils ont cette importance4 ,il n\s faut faire rem>qu] encore1 quoi qu'il n\s en cote1 que le manife/e de l',acadmie confond t\s les /yles4 propos du go?ique du ,,xiiime sicle1 on n\s a jet la tte l'ornem5tation luxuriante du ,,xvme sicle2 voici ma9t5ant que l',acadmie fait le procs aux /atues du ,,xiime1 ces figures1 si longues1 si maigres1 si roides1 cause du *amp troit qu'elles occup5t et qui ti5t l'emploi gnral des =mes pyramidales6 ,je ne sais si nos lecteurs pr\v5t le mme s5tim5t que moi2 mais1 p> mom5ts1 le dc\ragem5t me pr5d4 ,aprs t\s les ef=ts t5ts depuis v+t ans p\r faire1 je ne dirai pus reproduire1 mais tudi]1 reg>d] la /atuaire du ,,xiiime sicle2 aprs tant d'ouvrages publis gr&s frais1 soit p> le g\v]nem5t1 soit p> des p>ticuli]s1 song] qu'il e/ un corps enseignant1 la tte des arts en ,france1 qui n'a ri5 vu1 ri5 tudi1 mlant t\s les /yles et t\s les ges1 oui1 cela p>fois dc\rage les g5s les plus conva9cus1 les plus dcids lutt]4 ,que diriez-v\s1 messieurs1 si l'un de n\s prt5dait ne jug] la /atuaire grecque que sur les bas-reliefs de ,sl9onte1 ou sur ceux du ,bas-,empire8 si1 passant s\s sil5ce l'poque de ,phidias1 n\s n\s laissions all] n\s gay] sur les figures immobiles et s\riantes des mtopes des temples sicili5s1 ou tonn] contre la sculpture molle et l*e des s>cophages du ,,ivme sicle8 ,v\s v\s s\lv]iez contre notre ignorance1 ou v\s n\s accus]iez peut-tre de mauvaise fol2 et v\s auriez raison4 ,la /atuaire ne s'apprcie pas comme la con/ruction d'un difice1 laquelle peut se dmontr] ma?matiquem5t2 il e/1 dans bi5 des cas1 difficile de pr\v] qu'une /atue e/ belle2 c> une /atue peut1 t\t en reproduisant fidlem5t la nature1 n'tre cep5dant qu'une oeuvre misrable2 elle peut aussi reprs5t] irrgulirem5t la =me huma9e1 et n'en tre pas mo9s empre9te de ce p>fum d'art et de gt que l'on e/ conv5u d'appel] /yl4 ,lorsque la /atuaire runit une imitation1 non pas m9utieuse1 mais l>ge et *oisie de la nature1 cette posie laquelle t\t le monde e/ s5sible1 il n\s p>at alors que son oeuvre e/ belle4 ,dire qu'auj\rd'hui la vrit e/ la premire condition de l'imitation1 et la nature le seul type de l'art1 cela n\s p>at une ?orie trange dans la b\*e d'un acadmici51 qui n'a pas encore admis p>mi les /atuaires ,m4 ,curtius1 l'auteur des plus fidles imitations de la nature4 ,tel n'e/ cep5dant pas le b de la sculpture1 qui s]ait a9si borne ne faire auj\rd'hui que des messieurs en frac4 ,les ,grecs n'ont imit la nature que jusqu' un c]ta9 po9t de vrit qu'ils n'ont jamais dpass2 donc nos arti/es dsappr5drai5t1 suivant l',acadmie1 s'ils faisai5t de la sculpture comme les ,grecs4 ,il faut tre logique1 t\t acadmici5 qu'on soit4 ,que l'on prfre un m\lage sur nature un bu/e de ,phidias1 un dagu]rotype un portrait de ,raphal1 cela se compr5d de la "p d'un ignorant2 mais il faut d'autres pr9cipes p\r apprci] une oeuvre d'art4 ,n\s ne sommes pas extravagants au po9t de prt5dre que le tympan de la porte de la ,vi]ge1 au portail de ,notre-,dame de ,p>is1 soit prfrable aux bas-reliefs du ,p>?non2 mais c]ta9em5t1 p\r qui sait voir1 il y a dans ces deux oeuvres1 si diffr5tes de c>actres et de p5se1 une orig9e p>eille qui conduit un rsultat analogue2 l'imitation de la nature1 s\mise un rhy?me1 un /yle enf94 ,que nos arti/es actuels ne puiss5t en v5ir l1 hlas6 qui le sait mieux que n\s8 mais il n'y a pas lieu de s'en vant]4 ,que v\s prt5diez1 messieurs1 que p]sonne auj\rd'hui ne p>le en v]s alex&r9s1 n\s en convi5drons2 mais si v\s aj\tez que nos littrateurs s]ai5t =cs de dsappr5dre ce qu'ils ont tudi1 de se dta*] du modle vivant1 p\r arriv] p>l] comme ,corneille1 v\s n\s laiss]ez dsir] que ces hommes de lettres en "q en sa*5t un peu mo9s4 ,p\r faire croire auj\rd'hui1 messieurs1 que l'on ne s5t ri5 dans la /atuaire go?ique qui accuse la nature1 il faudrait avoir dtruit t\s les manuscrits du ,,xiiime sicle2 et il en re/e encore assez p\r que n\s engagions l',acadmie t\t entire se transport] ,*>tres1 ou ,ami5s1 ou la ca?drale de ,p>is1 ou mme la ,sa9te-,*apelle1 qui se tr\ve plus rappro*e de l' ,in/itut4 ,dans ces quatre monum5ts 7et j'en passe71 l',acadmie p\rrait se faire indiqu]1 de peur de mprise1 quelques milli]s de figures du ,,xiiime sicle1 qui ne sont ni maigres1 ni longues1 ni roides2 qui n'occup5t pas de *amp troit1 et ne sont nullem5t s\mises aux =mes pyramidales4 ,les *efs-d'oeuvre sont r>es dans t\s les temps1 et n\s ne prt5dons pas donn] t\tes les figures du ,,xiiime sicle comme des productions irrpro*ables2 mais1 c]tes1 s'il e/ une poque1 aprs celle des ,grecs1 qui ait possd une cole puissante et vraim5t digne de ce nom1 c'e/ bi5 le ,,xiiime et le ,,xivme sicles3 v\s tr\v]ez des figures plus ou mo9s bi5 excutes1 plus ou mo9s rgulires1 jamais insignifiantes1 ni comme p5se1 ni comme /yle1 et s\v5t1 trs-s\v5t d'admirables *efs-d'oeuvre qui p\rrai5t enseign] beauc\p de *oses nos /atuaires1 si nos /atuaires v\lai5t pr5dre la pe9e de les reg>d]4 ,cette longue digression1 propos de la sculpture go?ique1 me ramne cette phrase du manife/e de l'acadmie2 ,t\t y e/ capricieux et arbitraire1 dans l'inv5tion comme dans l'emploi des ornem5ts4 ,comm5t6 ces gr&s portails1 si bi5 disposs p\r accueillir et laiss] c\l] la f\le1 sont orns capricieusem5t8 ,cette porte c5trale avec le ,dieu-,homme au c5tre1 les d\ze aptres et les attributs des quatre vangli/es aut\r de lui1 les vi]ges sages et les vi]ges folles droite et gau*e1 le dragon s\s ses pi$s1 le ,jugem5t d]ni] sur sa tte2 plus haut le ,*ri/ encore1 mais ressuscit1 assis sur le monde1 ent\r d'anges qui port5t les in/rum5ts de la passion2 sa mre div9e et sa9t ,jean qui l'ador5t2 dans ces v\ssures1 des myriades d'anges d'abord1 l'enf] la gau*e du ,rdempteur2 puis les m>tyrs1 les prophtes2 t\t cet abrg des my/res de la religion ca?olique se tr\ve tre un pur effet du has>d1 un caprice6 ,v\s plaisantez1 messieurs1 je le suppose1 et rep5dant cela ne prte gure la plaisant]ie4 ,quant la nudit que v\s repro*ez l'intrieur de nos glises1 si nos glises avai5t une voix1 messieurs1 voici ce qu'elles rpondrai5t2 ,qui donc n\s a dp\illes1 badigeonnes1 racles8 ,qui donc1 ,notre-,dame de ,p>is1 a bris l'admirable clture du *oeur1 dont quelques fragm5ts n\s re/5t comme tmo9s accusateurs8 ,qui donc a enlev cet autel ent\r de ses reliquaires1 ces /alles du ,,xivme sicle1 et ces tombeaux1 et ces monum5ts votifs1 et ces tables de bronze s\s lesquelles les anci5s vques de ,p>is esprai5t laiss] leurs c5dres tant que le monum5t s]ait deb\t8 ,qui donc a dtruit t\tes nos v]rires8 ,*>tres1 qui donc a jet bas1 p\r en faire des dalles1 le beau jub du ,,xiiime sicle8 qui donc a pltr t\t le *oeur avec des bas-reliefs en /uc8 ,qu'a-t-on fait de nos retables1 de nos pisc9es1 de nos crd5ces1 de nos autels8444 ,l-dessus1 messieurs1 n'invoquez pas les s\v5irs2 je crois qu'un de mes amis v\s l'a dj dit1 on n'insulte pas ceux qu'on a tus#g4 ,note #g3 ,annales ar*ologiques1 vol4 ,i1 p4 #dcc4 ,on s]ait t5t de croire que ,m4 le secrtaire p]ptuel n'a jamais vu de vitraux que dans les kiosques et les *alets des environs de ,p>is2 que l'on en juge2 ,il en s]ait de mme de la pe9ture1 qui aurait de plus lutt] contre le j\r faux produit p> les vitraux coloris1 et qui v]rait t\t l'effet de ses tableaux dtruit p> cette illum9ation factice4 ,lorsque messieurs les membres de l',acadmie v\dront n\s faire l'honneur de visit] la ,sa9te ,*apelle1 ils p\rront s'assur] que les vitraux ne produis5t pas de j\r faux1 et qu'ils ne nuis5t en ri5 la pe9ture1 je veux dire la pe9ture monum5tale1 c> je ne p>le pas des tableaux accro*s2 quant ceux-ci1 n\s prfr]ons t\j\rs1 de t\te manire1 les r5contr] dans une gal]ie que p5dus gau*em5t dans une glise o on ne les voit jamais1 grce au luisant du v]nis et bi5 d'autres causes qu'il n'e/ pas ncessaire de signal] ici4 ,voici v5ir la proraison2 ,ma9t5ant que l'ar*itecture go?ique e/ morte au se9 mme de la civilisation qui l'avait produite1 entrepr5dra-t-on de faire revivre de nos j\rs ce qui a cess d'exi/] depuis quatre sicles8 ,mais o sont1 encore une fois1 les lm5ts d'une rsurrection p>eille1 in\e jusqu'ici dans les fa/es de l'art8 7,et la ,r5aissance1 messieurs1 qu'en faites-v\s87 ,o en e/ la raison1 o en e/ la ncessit1 dans les conditions de la socit actuelle8--,il e/ vrai1 ,messieurs1 que n\s avons un art tellem5t arrt1 une cole dirige avec tant d'unit1 une ar*itecture1 que dis-je une6 dix ar*itectures si con=mes nos beso9s6 n\s sommes t\s tellem5t d'accord sur les pr9cipes6 qu' votre avis1 il e/ inutile de *]*] r5tr] dans un sy/me appropri nos matriaux et notre climat1 nos moeurs et notre religion4 ,nos glises mod]nes1 dont les unes ressembl5t tant bi5 que mal des basiliques antiques1 les autres des salles de !rmes1 nos monum5ts toits plats1 portiques ouv]ts t\s v5ts1 plates-b&es enfiles dans des b>res de f]2 ces glises qui n'os5t montr] leurs f5tres l'extrieur1 de peur de ne pas ressembl] assez un monum5t antique1 sont-elles donc assez con=mes notre climat1 nos matriaux1 nos usages1 p\r qu'il n'y ait pas ncessit de r5tr] dans une voie plus vraie8 ,il ne faut cep5dant1 dites-v\s1 refaire ni le ,p>?non1 ni la ,sa9te-,*apelle444 ,ceci devi5t plus emb>rassant2 qu'allons-n\s donc faire8 ,que s]ons-n\s donc1 puisque le grec et le franais n\s sont int]dits8 ,m4 le secrtaire p]ptuel rpond3 ,il faut tre orig9al1 en puisant dans les modles antiques t\t ce qui peut se conv]tir des beso9s n\veaux4 ,voil ce qu'ont fait les ,jean ,bullant1 les ,philib]t ,delorme1 etc41 s\s la ma9 desquels l'ar*itecture prit une physionomie franaise4 ,a9si1 il faut tre orig9al en int]prtant l'antique1 de la mme faon que l'ont fait les ,jean ,bullant444 etc4 ,mais1 messieurs1 puisque les ,philib]t ,delorme1 les ,pi]re ,lescot ont dj fait une imitation de l'antique1 il devi5t d'autant plus difficile d'en faire une seconde1 ma9t5ant que la place e/ prise2 puis l'antique e/ bi5 lo9 de n\s2 puis l'orig9alit des ar*itectes de la ,r5aissance p\rrait tre conte/e2 p\rquoi donc n'essai]ions-n\s pas d'tre orig9aux en n\s assimilant1 si l'on peut a9si dire1 t\t ce que n\s emprunt]ions l'art franais du ,,xiiime sicle8 ,qu& n\s laiss]ions dormir la ,r5aissance que v\s invoquez1 il n'y aurait pas gr& mal4 ,la ,r5aissance1 avec ses an>*iques et spl5dides dviations1 comme le dit si heureusem5t ,m4 ,victor ,hugo1 ne n\s p>at pas le meilleur exemple suivre4 ,le go?ique tant p]v]ti1 la ,r5aissance s'e/ s]vie de l'antique4 ,auj\rd'hui la ,r5aissance e/ ue son t\r2 eh bi51 n\s v\lons n\s s]vir du go?ique4 ,qu'y a-t-il l d'in\8 n'e/-ce pas au contraire con=me la m>*e ord9aire des *oses de ce monde8 n'e/-ce pas une consqu5ce naturelle de ce ret\r s9cre aux ides *rti5nes ,,dont ,,on ,,se ,,flatte8 ,d'ailleurs1 messieurs1 v\s l'avez dit1 une ar*itecture que l'on respecte comme une oeuvre d'art impossible reproduire1 ne doit tre ni copie1 ni imite2 et p\r n\s l'ar*itecture antique e/ dans ce cas4 ,s'il e/ un art impossible reproduire auj\rd'hui1 c'e/ bi5 celui qui e/ n s\s un autre climat1 s\s l'influ5ce de moeurs p>ticulires1 et d'une religion diffr5te de la ntre2 aussi p]mettez-n\s de v\s r5voy] la phrase qui prcde votre conclusion1 si conclusion il y a4 ,c'e/ p>ce que n\s aimons1 c'e/ p>ce que n\s compr5ons les difices 7antiques71 que n\s ne v\lons pas d'une ,,imitation ,,malheureuse1 qui f]ait p]dre ces monum5ts sacrs du culte 7des anci5s7 l'intrt qu'ils inspir5t1 en les faisant app>atre1 s\s cette =me n\velle1 dp\ills du c>actre augu/e que la vtu/ leur imprime1 et privs du sceau de la foi qui les leva4 ,nos lecteurs sont pris de rem>qu] que ce passage e/ reproduit textuellem5t1 si ce n'e/ que ,m4 le secrtaire p]ptuel l'applique1 non po9t aux difices antiques1 a9si que j'ai cru devoir le faire1 mais bi5 aux monum5ts ca?oliques4 ,il rsulte de l que l',acadmie ne peut pas suppos] un in/ant que les populations qui font auj\rd'hui lev] des glises1 puiss5t scell] ces monum5ts de leur foi1 prives du sceau de la foi qui les leva4 ,p>lez p\r v\s1 messieurs1 s'il v\s plat2 et respectez la foi des autres4 ,un critique1 un pote1 un hi/ori51 peuv5t port] un jugem5t sur ces matires2 cela n'a nulle importance1 un autre rectifi]a le l5dema9 la p5se du premi]4 ,mais un corps enseignant au milieu de l'tat1 en ,france1 qui p5se qu'on se flatte de rev5ir s9crem5t aux ides *rti5nes2 que des villes qui btiss5t des glises ne peuv5t plus les scell] de leur foi1 voil qui e/ trange444 ,au re/e1 ne pr5ons pas la *ose au srieux2 c>1 la f9 de votre conclusion1 n\s tr\vons cette phrase3 ,et qui emp*e1 dites-v\s1 nos ar*itectes mod]nes de faire de mme que ceux de la ,r5aissance1 en levant1 avec t\tes les ress\rces de notre ge1 des monum5ts qui rpond5t t\s les beso9s de notre culte1 et qui soi5t la fois m>qus du sceau du *ri/ianisme et du gnie de notre socit8 ,voil le sceau retr\v1 et n\s sommes t\s du mme avis4 ,pr5ons p\r modles les arti/es de la ,r5aissance2 seulem5t1 comme il ne faut pas t\j\rs all] puis] la mme s\rce1 n\s allons non pas copi]1 mais imit] les arts du ,,xiiime sicle1 d'autant qu'il n'y a pas gr& ef=t faire p\r concili] les monum5ts de cette poque avec t\s les beso9s de notre culte2 c> le culte n'a pas *ang1 et ces difices sont t\s m>qus du sceau du *ri/ianisme1 qui n'a pas *ang non plus1 que je sa*e1 depuis le ,,xiiime sicle4 ,nos lecteurs1 dj au fait de t\tes ces que/ions1 tr\v]ont peut-tre que n\s df5dons une cause gagne1 et que n\s n\s escrimons dans le vide4 ,cep5dant il y a en t\t ceci une *ose utile1 c'e/ que la vrit se fait j\r1 et qu'il n'y aura que les g5s intresss ne pas la voir qui *]*]ont l't\ff]4 ,les hommes de bonne foi f9iront p> s'ent5dre1 et alors disp>atront les petites susceptibilits d'cole qui les sp>5t encore4 ,l',acadmie n\s dem&e o e/ la ma9 puissante qui peut s\lev] une nation entire au po9t de la faire rtrograd] de quatre sicles en arrire4 ,cette ma91 c'e/ celle de la vrit2 cette =ce1 c'e/ celle du bon s5s4 ,et que l',acadmie des ,beaux-,arts ne croie pas que cela p\rrait arriv]2 cela e/1 et n\s n\s en flicitons1 c> ce n'e/ pas rtrograd] que d'ab&onn] ces con/ructions qui ne sont ni antiques ni mod]nes1 en dsaccord avec notre climat1 nos habitudes et notre c>actre national1 avec notre religion et nos moeurs4 ,ce qui s\lve et s\lv]a une nation entire1 messieurs1 c'e/ votre long dda9 p\r ces monum5ts que v\s l\ez auj\rd'hui du b\t des lvres1 et comme p\r faire la "p de l'op9ion2 c'e/ votre mpris sup]be p\r ces difices vraim5t nationaux1 que ni l'eng\em5t de la ,r5aissance p\r l'antique1 ni l'orgueil de ,l\is ,,xiv qui rep\ssait t\t ce qu'il n'avait pas lev1 ni l'indiffr5ce du sicle d]ni]1 n'ont pu anantir ou sur notre sol1 ou dans les s\v5irs du peuple4 ,v\s aurez beau faire1 ce peuple se croira t\j\rs mieux baptis1 mieux m>i dans une glise go?ique que dans une basilique roma9e4 ,non1 messieurs1 v\s ne l'arrt]ez pas ce flot de l'op9ion qui monte t\j\rs2 cette digue1 que v\s t5tez de lui oppos]1 le f]a dbord] plus viol5t1 plus rapide et plus envahissant4 ,n\s v]rons longtemps encore faire de tri/es et f*euses t5tatives2 n\s le savons1 n\s n\s y att5dons4 ,mais n\s p\rsuivrons notre r\te1 p>ce que n\s sommes conva9cus2 p>ce que1 si le gnie ne n\s accompagne pas 7c'e/ un compagnon difficile r5contr]71 du mo9s n\s m>*ons cte cte avec le bon s5s4 ,n\s levons et n\s lv]ons des glises franaises du ,,xiiime sicle1 p>ce que n\s sommes indigns de voir pli] le culte1 en ,france1 des dispositions monum5tales pilles l'antiquit ou l',italie du moy5 ge#h2 p>ce que n\s sommes fatigus de voir tant de f*euses copies qui ont failli loign] les ar*itectes de l'tude si ncessaire de l'antique2 p>ce qu'enf9 n\s sommes dgts de f\ill] va9em5t p>mi des ?ories tantt absolues1 tantt rationnelles1 et d'tre ballotts du ,roma9 la ,r5aissance1 et du ,grec au ,bas-,empire4 ,v\s n'avez pas pris la *ose au srieux1 messieurs2 v\s n\s avez reg>ds comme des enfants qui j\5t la p\pe1 et qui1 p> caprice ou p> amusem5t1 veul5t btir des *teaux ou des glises go?iques4 ,non1 messieurs1 donnez-n\s un ,,art logique1 beau de =me1 on laissez-n\s repr5dre le seul qui ait runi au plus haut degr ces deux qualits1 *ez n\s1 sur notre sol1 qu& il n'a pas t mutil p> l'ignorance ou la b>b>ie4 ,ce ne sont pas des ?ories vagues qu'il n\s faut2 c'e/ un art adulte4 ,mais o e/-il8--,la ,r5aissance v\s le f\rnira1 direz-v\s4--,que de dt\rs1 mon ,dieu1 p\r ne pas rev5ir nettem5t et fran*em5t notre vieil art franais6 ,dans votre p5se1 messieurs1 v\s comp>ez t\j\rs le ,,xvme sicle au ,,xvime1 et v\s dites alors3 ,la ,r5aissance e/ un progrs6 ,donc la m>*e adopte p> les arti/es de cette poque e/ celle qui doit tre suivie4 ,c]tes1 s'il fallait absolum5t *oisir entre ces deux arts1 celui du ,,xvme sicle ou celui du ,,xvime1 peut-tre donn]ions-n\s la prfr5ce au d]ni]4 ,l'art go?ique1 corrompu la f9 du ,,xvme sicle1 n'tait plus viable4 ,l'ignorance1 rsultat de longues luttes et de commotions viol5tes1 avait fait p]dre notre art national sa raison1 son sy/me4 ,ce n'tait plus alors qu'une tradition expirante2 le pr9cipe de cet art tait t\ff s\s l'enveloppe la plus complique sans motifs1 la plus sur*>ge de dtails sans signification4 ,il fallait en rev5ir ce pr9cipe1 ou *]*] de n\velles inspirations dans un autre art2 l'antiquit fut adopte avec plus d'en?\siasme que de rflexion4 ,il y avait *oisir entre trois p>tis3 le ret\r l'art national dans sa puret1 l'adoption d'une =me antrieure 7l'art roma971 enf9 l'clectisme4 ,il n'y avait alors que ces trois r\tes ouv]tes aux ar*itectes1 et il n'y en a pas plus auj\rd'hui4 ,des hommes comme ,philib]t ,delorme avai5t trop de bon s5s1 tai5t trop pratici5s p\r pr*] l'clectisme2 les dfauts qui les avai5t frapps dans la dcad5ce de l'art go?ique les emp*ai5t de remont] au pr9cipe de cet art1 et d'ailleurs1 il n'e/ pas dans la nature de l'esprit huma9 de rev5ir un sy/me1 quelque bon qu'il soit1 qu& on a vu les rsultais de sa corruption4 ,ces gr&s arti/es prir5t fran*em5t l'antique p\r modle2 ils l'tudir5t1 et crur5t s9crem5t faire de l'ar*itecture roma9e4 ,il n'y a qu' lire ce qu'ont crit les ar*itectes de ce temps p\r s'en assur]4 ,note #h3 ,n\s ne compr5ons pas p\rquoi l',acadmie des ,beaux-,arts1 qui s'e/ fait si peu de scrupules de ne t5ir aucun compte des beso9s du culte ca?olique1 dans les glises bties depuis une c5ta9e d'annes1 e/ auj\rd'hui si susceptible l'endroit des m9imes diffr5ces qui exi/5t entre le culte du ,,xiiime sicle et le ntre4 ,il se prs5tait alors peu d'glises con/ruire2 la d=mation tait imm95te4 ,d'ailleurs le sol tait c\v]t d'difices religieux des ,,xiime1 ,,xiiime et ,,xivme sicles4 ,et cep5dant veuillez bi5 obs]v]1 messieurs1 que les ar*itectes de la ,r5aissance et du ,,xviime sicle1 lorsqu'ils ont lev des glises1 ont t\j\rs suivi le plan et la /ructure des glises franaises du ,,xiiime sicle4 ,sa9t-,eu/a*e e/ un monum5t du ,,xiiime sicle mal con/ruit1 et *oquant p> son manque d'unit4 ,ces bas-cts d'une lvation inutile1 ces piles =mes d'un amalgame de pila/res et de colonnes qui s'en*evtr5t sans raison1 ces votes n]vures croises dans t\s les s5s et qui n'indiqu5t plus la vritable con/ruction1 ces clefs p5dantes accro*es la *>p5te1 ces f5tres d'une proportion dsagrable et qui sembl5t avoir de la pe9e tr\v] leur place au-dessus de ce petit tri=ium que l'on pr5drait plutt p\r une balu/rade que p\r une gal]ie1 ces m5eaux dont les =mes molles n'indiqu5t ni une con/ruction de pi]re1 ni une con/ruction de bois1 ces arcs-b\tants concaves l'extrados1 t\tes ces comb9aisons sans motifs1 et qui 7c'e/ ici le cas de le dire7 p>aiss5t tre bi5 plutt le produit du caprice que celui de la rflexion1 sont-elles un progrs8 ,l'lm5t antique aj\te-t-il1 dans ce cas1 quelque *ose la belle disposition du plan qui e/ du ,,xiiime ou du ,,xivme sicle8 ,n\s ne le croyons pas4 ,sa9t-,sulpice1 cette glise mme1 n'e/-elle pas encore un difice t\t go?ique comme plan et comme disposition gnrale1 mais grossirem5t con/ruit1 sans nulle connaissance de la =ce et de l'emploi des matriaux8 ,l'lm5t antique ne j\e-t-il pas l un misrable rle8 ,mais au mo9s cet difice1 sauf la grosseur immodre de ses piles intrieures1 e/-il encore commode1 appropri au culte2 et p\rquoi8 si ce n'e/ p>ce qu'il a cons]v la =me anci5ne des glises franaises1 et qu'il n'e/ ni une salle de !rmes1 ni une basilique roma9e1 ni une glise ori5tale4 ,laissez-n\s donc rev5ir notre art1 messieurs1 plutt que de v\loir n\s replong] dans le dsordre et l'an>*ie1 au mom5t o n\s t*ons d'en sortir4 ,n'emb>rassez pas le p\voir1 qui n'e/ pas arti/e1 ne rectifiez pas l'op9ion p> une pr(ession de foi qui ne con/ata que votre impuissance2 mais donnez-n\s un art logique et complet1 qui remplisse surt\t les conditions d'unit que dem&e la socit d'auj\rd'hui4 ,si v\s ne le p\vez pas1 si v\s ne v\s guidez que p> des ?ories /riles1 ne tr\vez pas mauvais que1 lorsqu'il s'agit d'lev] des difices durables1 n\s pr5ions p\r modles des types consacrs p> un long usage et qui sont admirables1 de votre propre aveu1 plutt que de n\s mettre la re*]*e d'un art n\veau1 ou de cont9u] copi] pniblem5t des monum5ts antiques que rep\ss5t notre climat1 nos matriaux1 notre religion et nos usages mod]nes4 ,p\r =m] un art n\veau1 il faut une civilisation n\velle1 et n\s ne sommes pas dans ce cas4 ,l'ar*itecture e/ de t\s les arts celui qui procde le plus p> transition1 et cela e/ t\t simple2 mais qu& il a corrompu les types1 et qu'il les a laisss p]dre1 il faut qu'il ret\rne en arrire1 qu'il revi5ne sa s\rce4 ,cela e/ f*eux1 p]sonne de n\s ne le conte/e2 mais il n'y a pas d'autre moy5 de sortir du dsordre1 rsultat de l'oubli de t\tes les traditions4 ,n\s n\s cont5tons des essais que nos prdcesseurs ont faits depuis bi5tt c5t ans2 trop mode/es p\r croire que n\s s]ions plus habiles1 ou plus heureux1 n\s reg>dons comme plus s5s de rev5ir fran*em5t un art qui n\s p>at tre le seul encore applicable nos usages1 le seul con=me nos moeurs4 ,ce n'e/ pas dire que n\s v\lions immobilis] l'art de l'ar*itecture en ,france2 ce s]ait folie que d'y song]4 ,non1 messieurs1 ne n\s prtez pas des ides extravagantes1 p\r v\s donn] le plaisir de les rfut] victorieusem5t4 ,n\s dem&ons que notre ar*itecture du ,,xiiime sicle soit d'abord tudie p> nos arti/es1 mais tudie comme on doit tudi] sa langue1 c'e/--dire de faon en connatre non-seulem5t les mots1 mais la grammaire1 et l'esprit4 ,n\s dem&ons que l'enseignem5t (ficiel entre dans cette voie2 que l'tude de l'antiquit ne devi5ne que ce qu'elle aurait t\j\rs d tre1 l'ar*ologie1 et l'tude de l'ar*itecture franaise au ,,xiiime sicle1 l'art4 ,n\s ne pos]ons pas des bornes p\r cela 7nul p\voir huma9 ne le p\rrait72 mais1 p>tant d'un art dont les pr9cipes sont simples et applicables dans notre pays1 dont la =me e/ belle et rationnelle la fois1 nos ar*itectes auront assez de tal5t p\r apport] cet art les modifications ncessites p> des beso9s rc5ts1 p> des c\tumes n\velles4 ,le pr9cipe une fois enseign1 mais sans re/rictions1 laissez faire *acun2 dans notre pays1 au milieu de l'activit et de l'indu/rie mod]ne1 cet art national ne t>d]a pas progress]4 ,v\s comm5c]ez p> avoir des copies2 cela e/ 9vitable1 cela e/ ncessaire mme p\r connatre t\tes les ress\rces de l'ar*itecture go?ique4 ,n\s dirons plus1 v\s aurez probablem5t de mauvaises copies 7n\s ne sommes pas cela prs d'un m*ant monum5t de plus ou de mo9s72 mais le pr9cipe tant bon1 l'art type 9puisable d'enseignem5t1 les arti/es en auront bi5tt saisi le s5s2 leurs copies alors devi5dront intellig5tes1 raisonnes1 et enf9 l'ar*itecture nationale1 t\t en cons]vant son unit1 sa rac9e t\te franaise1 p\rra se p]fectionn] aussi bi5 que la langue l'a dj fait4 ,quel e/ le rle de l',acadmie franaise1 messieurs8 ,ce n'e/ pas de n\s faire savoir si le lat9 l'emporte sur la franais1 ou le sanscrit sur le grec4 ,elle conseille1 elle enc\rage l'tude des langues trangres2 mais son rle c'e/ de g>d] le dpt de la langue4 ,c'e/ l ce qui lui donne une imm5se importance1 non-seulem5t en ,france1 mais en ,europe4 ,n\s ne p>lons plus comme au ,,xiiime sicle1 mais cep5dant ne n\s s]vons-n\s pas t\j\rs de la mme langue8 ,n\s n'en sommes pas encore savoir quelles sont les modifications que le gnie mod]ne apport]ait notre art national2 il faudrait d'abord que n\s fussions pntrs de cet art1 et c'e/ ce b que t5d5t t\s nos ef=ts4 ,un j\r1 n\s l'esprons1 l',acadmie des ,beaux-,arts devi5dra aussi la g>di5ne du vieil art franais1 et saura emp*] que le pr9cipe n'en soit corrompu1 sans p\r cela laiss] tomb] les monum5ts bt>ds qui ont t con/ruits en ,france depuis trois c5ts ans4 ,elle dira1 en p>lant du ,val-de-,grce et du ,dme des ,invalides1 que l'on rp>e donc ces difices1 qu'on les rp>e avec ce respect de l'art qui e/ aussi une religion1 c'e/ ce que dem&e la raison1 c'e/ ce que veut l',acadmie444 ,si le ,,xiiime sicle eut fond l',acadmie1 notre art national ne se s]ait pas p]du4 ,g>di5ne svre des types anci5s1 l',acadmie n'et pas laiss altr] cette belle ar*itecture de sa9t ,l\is2 elle n'et pas p]mis l'ar*ologie antique d'empit] sur l'art mod]ne4 ,s'il e/ une *ose que n\s puissions repro*] ce gr& sicle1 qui a tant produit1 c'e/ ce fune/e oubli4