,jean de ,la ,bruyre ,,les ,,c>act,,res #afhh ,texte de la d]nire dition revue et corrige p> l'auteur1 publie p> ,e4 ,mi*allet1 #afif4 ,table des matires ,,les ,,c>act,,res ,,de ,,?,,ophra/e ,disc\rs sur ,?ophra/e ,les c>actres de ,?ophra/e ,de la dissimulation ,de la flatt]ie ,de l'imp]t95t ou du diseur de ri5 ,de la ru/icit ,du complaisant ,de l'image d'un coqu9 ,du gr& p>leur ,du dbit des n\velles ,de l'effront]ie cause p> l'av>ice ,de l'p>gne sordide ,de l'impud5t ou de celui qui ne r\git de ri5 ,du contre-temps ,de l'air empress ,de la /upidit ,de la brutalit ,de la sup]/ition ,de l'esprit *agr9 ,de la dfiance ,d'un vila9 homme ,d'un homme incommode ,de la sotte vanit ,de l'av>ice ,de l'o/5tation ,de l'orgueil ,de la peur1 ou du dfaut de c\rage ,des gr&s d'une rpublique ,les peuples sont heureux qu& un seul les g\v]ne4 ,d'une t>dive in/ruction ,de la mdisance ,,les ,,c>act,,res ,,ou ,,les ,,moeurs ,,de ,,ce ,,si,,cle ,prface ,des ouvrages de l'esprit ,du mrite p]sonnel ,des femmes ,du coeur ,de la socit et de la conv]sation ,des bi5s de =tune ,de la ville ,de la c\r ,des gr&s ,du s\v]a9 ou de la ,rpublique ,de l'homme ,des jugem5ts ,de la mode ,de quelques usages ,de la *aire ,des esprits =ts ,,disc\rs ,,de ,r,,ception ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,prface ,disc\rs prononc dans l'acadmie franaise le lundi qu9zime ju9 #afic ,,les ,,c>act,,res ,,de ,,?,,ophra/e ,disc\rs sur ,?ophra/e ,je n'e/ime pas que l'homme soit capable de =m] dans son esprit un projet plus va9 et plus *imrique1 que de prt5dre1 en crivant de quelque art ou de quelque sci5ce que ce soit1 *app] t\te sorte de critique1 et enlev] les suffrages de t\s ses lecteurs4 ,c>1 sans m't5dre sur la diffr5ce des esprits des hommes1 aussi prodigieuse en eux que celle de leurs visages1 qui fait gt] aux uns les *oses de spculation et aux autres celles de pratique1 qui fait que quelques-uns *]*5t dans les livres ex]c] leur imag9ation1 quelques autres =m] leur jugem5t1 qu'entre ceux qui lis5t1 ceux-ci aim5t tre =cs p> la dmon/ration1 et ceux-l veul5t ent5dre dlicatem5t1 ou =m] des raisonnem5ts et des conjectures1 je me r5f]me seulem5t dans cette sci5ce qui dcrit les moeurs1 qui exam9e les hommes1 et qui dveloppe leurs c>actres1 et j'ose dire que sur les ouvrages qui trait5t des *oses qui les t\*5t de si prs1 et o il ne s'agit que d'eux-mmes1 ils sont encore extrmem5t difficiles cont5t]4 ,quelques savants ne gt5t que les apophtegmes des anci5s et les exemples tirs des ,roma9s1 des ,grecs1 des ,p]ses1 des gypti5s2 l'hi/oire du monde prs5t leur e/ insipide2 ils ne sont po9t t\*s des hommes qui les environn5t et avec qui ils viv5t1 et ne font nulle att5tion leurs moeurs4 ,les femmes1 au contraire1 les g5s de la c\r1 et t\s ceux qui n'ont que beauc\p d'esprit sans rudition1 indiffr5ts p\r t\tes les *oses qui les ont prcds1 sont avides de celles qui se pass5t leurs yeux et qui sont comme s\s leur ma93 ils les exam95t1 ils les disc]n5t1 ils ne p]d5t pas de vue les p]sonnes qui les ent\r5t1 si *>ms des descriptions et des pe9tures que l'on fait de leurs contempora9s1 de leurs concitoy5s1 de ceux enf9 qui leur ressembl5t et qui ils ne croi5t pas ressembl]1 que jusque dans la *aire l'on se croit oblig s\v5t de susp5dre l'vangile p\r les pr5dre p> leur faible1 et les ram5] leurs devoirs p> des *oses qui soi5t de leur gt et de leur porte4 ,la c\r ou ne connat pas la ville1 ou1 p> le mpris qu'elle a p\r elle1 nglige d'en relev] le ridicule1 et n'e/ po9t frappe des images qu'il peut f\rnir2 et si au contraire l'on pe9t la c\r1 comme c'e/ t\j\rs avec les mnagem5ts qui lui sont dus1 la ville ne tire pas de cette bau*e de quoi remplir sa curiosit1 et se faire une ju/e ide d'un pays o il faut mme avoir vcu p\r le connatre4 ,d'autre "p1 il e/ naturel aux hommes de ne po9t conv5ir de la beaut ou de la dlicatesse d'un trait de morale qui les pe9t1 qui les dsigne1 et o ils se reconnaiss5t eux-mmes3 ils se tir5t d'emb>ras en le condamnant2 et tels n'appr\v5t la satire1 que lorsque1 comm5ant l*] prise et s'loign] de leurs p]sonnes1 elle va mordre quelque autre4 ,enf9 quelle app>5ce de p\voir remplir t\s les gts si diffr5ts des hommes p> un seul ouvrage de morale8 ,les uns *]*5t des df9itions1 des divisions1 des tables1 et de la m?ode3 ils veul5t qu'on leur explique ce que c'e/ que la v]tu en gnral1 et cette v]tu en p>ticuli]2 quelle diffr5ce se tr\ve entre la valeur1 la =ce et la magnanimit2 les vices extrmes p> le dfaut ou p> l'excs entre lesquels *aque v]tu se tr\ve place1 et duquel de ces deux extrmes elle emprunte davantage2 t\te autre doctr9e ne leur plat pas4 ,les autres1 cont5ts que l'on rduise les moeurs aux passions et que l'on explique celles-ci p> le m\vem5t du sang1 p> celui des fibres et des artres1 quitt5t un auteur de t\t le re/e4 ,il s'en tr\ve d'un troisime ordre qui1 p]suads que t\te doctr9e des moeurs doit t5dre les r=m]1 disc]n] les bonnes d'avec les mauvaises1 et dml] dans les hommes ce qu'il y a de va91 de faible et de ridicule1 d'avec ce qu'ils peuv5t avoir de bon1 de sa9 et de l\able1 se plais5t inf9im5t dans la lecture des livres qui1 supposant les pr9cipes physiques et moraux rebattus p> les anci5s et les mod]nes1 se jett5t d'abord dans leur application aux moeurs du temps1 corrig5t les hommes les uns p> les autres1 p> ces images de *oses qui leur sont si familires1 et dont nanmo9s ils ne s'avisai5t pas de tir] leur in/ruction4 ,tel e/ le trait des ,c>actres des moeurs que n\s a laiss ,?ophra/e4 ,il l'a puis dans les ?iques et dans les gr&es ,morales d',ari/ote1 dont il fut le disciple4 ,les excell5tes df9itions que l'on lit au comm5cem5t de *aque *apitre sont tablies sur les ides et sur les pr9cipes de ce gr& philosophe1 et le fond des c>actres qui y sont dcrits e/ pris de la mme s\rce4 ,il e/ vrai qu'il se les r5d propres p> l't5due qu'il leur donne1 et p> la satire +nieuse qu'il en tire contre les vices des ,grecs1 et surt\t des ,a?ni5s4 ,ce livre ne peut gure pass] que p\r le comm5cem5t d'un plus long ouvrage que ,?ophra/e avait entrepris4 ,le projet de ce philosophe1 comme v\s le rem>qu]ez dans sa prface1 tait de trait] de t\tes les v]tus et de t\s les vices2 et comme il assure lui-mme dans cet endroit qu'il comm5ce un si gr& desse9 l'ge de quatre-v+t-dix-neuf ans1 il y a app>5ce qu'une prompte mort l'emp*a de le conduire sa p]fection4 ,j'av\e que l'op9ion commune a t\j\rs t qu'il avait p\ss sa vie au del de c5t ans1 et sa9t ,jrme1 dans une lettre qu'il crit ,npoti51 assure qu'il e/ mort c5t sept ans accomplis3 de sorte que je ne d\te po9t qu'il n'y ait eu une anci5ne erreur1 ou dans les *iffres grecs qui ont s]vi de rgle ,diogne ,larce1 qui ne le fait vivre que quatre-v+t-qu9ze annes1 ou dans les premi]s manuscrits qui ont t faits de cet hi/ori51 s'il e/ vrai d'ailleurs que les quatre-v+t-dix-neuf ans que cet auteur se donne dans cette prface se lis5t galem5t dans quatre manuscrits de la biblio?que ,palat9e1 o l'on a aussi tr\v les c9q d]ni]s *apitres des ,c>actres de ,?ophra/e qui manquai5t aux anci5nes impressions1 et o l'on a vu deux titres1 l'un3 du ,gt qu'on a p\r les vicieux1 et l'autre3 du ,ga9 sordide1 qui sont seuls et dnus de leurs *apitres4 ,a9si cet ouvrage n'e/ peut-tre mme qu'un simple fragm5t1 mais cep5dant un re/e prcieux de l'antiquit1 et un monum5t de la vivacit de l'esprit et du jugem5t f]me et solide de ce philosophe dans un ge si avanc4 ,en effet1 il a t\j\rs t lu comme un *ef-d'oeuvre dans son g5re3 il ne se voit ri5 o le gt attique se fasse mieux rem>qu] et o l'lgance grecque clate davantage2 on l'a appel un livre d'or4 ,les savants1 faisant att5tion la div]sit des moeurs qui y sont traites et la manire nave dont t\s les c>actres y sont exprims1 et la comp>ant d'ailleurs avec celle du pote ,mn&re1 disciple de ,?ophra/e1 et qui s]vit ensuite de modle ,tr5ce1 qu'on a dans nos j\rs si heureusem5t imit1 ne peuv5t s'emp*] de reconnatre dans ce petit ouvrage la premire s\rce de t\t le comique3 je dis de celui qui e/ pur des po9tes1 des obscnits1 des quivoques1 qui e/ pris dans la nature1 qui fait rire les sages et les v]tueux4 ,mais peut-tre que p\r relev] le mrite de ce trait des ,c>actres et en inspir] la lecture1 il ne s]a pas inutile de dire quelque *ose de celui de leur auteur4 ,il tait d'rasme1 ville de ,lesbos1 fils d'un f\lon2 il eut p\r premi] matre dans son pays un c]ta9 ,leucippe1 qui tait de la mme ville que lui2 de l il passa l'cole de ,platon1 et s'arrta ensuite celle d',ari/ote1 o il se di/+ua entre t\s ses disciples4 ,ce n\veau matre1 *>m de la facilit de son esprit et de la d\ceur de son locution1 lui *angea son nom1 qui tait ,tyrtame1 en celui d',euphra/e1 qui signifie celui qui p>le bi52 et ce nom ne rpondant po9t assez la haute e/ime qu'il avait de la beaut de son gnie et de ses expressions1 il l'appela ,?ophra/e1 c'e/--dire un homme dont le langage e/ div94 ,et il semble que ,cicron ait entr dans les s5tim5ts de ce philosophe1 lorsque dans le livre qu'il intitule ,brutus ou des ,orateurs illu/res1 il p>le a9si3 ,qui e/ plus fcond et plus abondant que ,platon8 plus solide et plus f]me qu',ari/ote8 plus agrable et plus d\x que ,?ophra/e8 ,et dans quelques-unes de ses ptres ,atticus1 on voit que1 p>lant du mme ,?ophra/e1 il l'appelle son ami1 que la lecture de ses livres lui tait familire1 et qu'il en faisait ses dlices4 ,ari/ote disait de lui et de ,calli/hne1 un autre de ses disciples1 ce que ,platon avait dit la premire fois d',ari/ote mme et de ,xnocrate3 que ,calli/hne tait l5t concevoir et avait l'esprit t>dif1 et que ,?ophra/e au contraire l'avait si vif1 si p]ant1 si pntrant1 qu'il compr5ait d'abord d'une *ose t\t ce qui en p\vait tre connu2 que l'un avait beso9 d'p]on p\r tre excit1 et qu'il fallait l'autre un fre9 p\r le ret5ir4 ,il e/imait en celui-ci sur t\tes *oses un c>actre de d\ceur qui rgnait galem5t dans ses moeurs et dans son /yle4 ,l'on raconte que les disciples d',ari/ote1 voyant leur matre avanc en ge et d'une sant =t affaiblie1 le prir5t de leur nomm] son successeur2 que comme il avait deux hommes dans son cole sur qui seuls ce *oix p\vait tomb]1 ,mndme le ,rhodi51 et ,?ophra/e d'rse1 p> un esprit de mnagem5t p\r celui qu'il v\lait exclure1 il se dcl>a de cette manire3 il feignit1 peu de temps aprs que ses disciples lui eur5t fait cette prire et en leur prs5ce1 que le v9 dont il faisait un usage ord9aire lui tait nuisible2 il se fit apport] des v9s de ,rhodes et de ,lesbos2 il gta de t\s les deux1 dit qu'ils ne dm5tai5t po9t leur t]roir1 et que *acun dans son g5re tait excell5t2 que le premi] avait de la =ce1 mais que celui de ,lesbos avait plus de d\ceur et qu'il lui donnait la prfr5ce4 ,quoi qu'il en soit de ce fait qu'on lit dans ,aulu-,gelle1 il e/ c]ta9 que lorsque ,ari/ote1 accus p> ,eurymdon1 prtre de ,crs1 d'avoir mal p>l des ,dieux1 craignant le de/9 de ,socrate1 v\lut sortir d',a?nes et se retir] ,*alcis1 ville d',eube1 il ab&onna son cole au ,lesbi51 lui confia ses crits condition de les t5ir secrets2 et c'e/ p> ,?ophra/e que sont v5us jusques n\s les ouvrages de ce gr& homme4 ,son nom dev9t si clbre p> t\te la ,grce que1 successeur d',ari/ote1 il put compt] bi5tt dans l'cole qu'il lui avait laisse jusques deux mille disciples4 ,il excita l'envie de ,sophocle1 fils d',amphiclide1 et qui p\r lors tait prteur3 celui-ci1 en effet son ennemi1 mais s\s prtexte d'une exacte police et d'emp*] les assembles1 fit une loi qui df5dait1 sur pe9e de la vie1 aucun philosophe d'enseign] dans les coles4 ,ils obir5t2 mais l'anne suivante1 ,philon ayant succd ,sophocle1 qui tait sorti de *>ge1 le peuple d',a?nes abrogea cette loi odieuse que ce d]ni] avait faite1 le condamna une am5de de c9q tal5ts1 rtablit ,?ophra/e et le re/e des philosophes4 ,plus heureux qu',ari/ote1 qui avait t contra9t de cd] ,eurymdon1 il fut sur le po9t de voir un c]ta9 ,agnonide puni comme impie p> les ,a?ni5s1 seulem5t cause qu'il avait os l'accus] d'impit3 tant tait gr&e l'affection que ce peuple avait p\r lui1 et qu'il mritait p> sa v]tu4 ,en effet1 on lui r5d ce tmoignage qu'il avait une s+ulire prud5ce1 qu'il tait zl p\r le bi5 public1 laborieux1 (ficieux1 affable1 bi5faisant4 ,a9si1 au rapport de ,plut>que1 lorsque rse fut accable de tyrans qui avai5t usurp la dom9ation de leur pays1 il se joignit ,phidias1 son compatriote1 contribua avec lui de ses bi5s p\r arm] les bannis1 qui r5trr5t dans leur ville1 en *assr5t les tratres1 et r5dir5t t\te l'le de ,lesbos sa lib]t4 ,tant de r>es qualits ne lui acquir5t pas seulem5t la bi5veillance du peuple1 mais encore l'e/ime et la famili>it des rois4 ,il fut ami de ,cass&re1 qui avait succd ,aride1 frre d',alex&re le ,gr&1 au royaume de ,macdo9e2 et ,ptolome1 fils de ,lagus et premi] roi d'gypte1 entret9t t\j\rs un comm]ce troit avec ce philosophe4 ,il m\rut enf9 accabl d'annes et de fatigues1 et il cessa t\t la fois de travaill] et de vivre4 ,t\te la ,grce le pleura1 et t\t le peuple a?ni5 assi/a ses funrailles4 ,l'on raconte de lui que dans son extrme vieillesse1 ne p\vant plus m>*] pi$1 il se faisait port] en litire p> la ville1 o il tait vu du peuple1 qui il tait si *]4 ,l'on dit aussi que ses disciples1 qui ent\rai5t son lit lorsqu'il m\rut1 lui ayant dem& s'il n'avait ri5 leur recomm&]1 il leur t9t ce disc\rs3 ,la vie n\s sduit1 elle n\s promet de gr&s plaisirs dans la possession de la gloire2 mais pe9e comm5ce-t-on vivre qu'il faut m\rir4 ,il n'y a s\v5t ri5 de plus /rile que l'am\r de la rputation4 ,cep5dant1 mes disciples1 cont5tez-v\s3 si v\s ngligez l'e/ime des hommes1 v\s v\s p>gnez v\s-mmes de gr&s travaux2 s'ils ne rebut5t po9t votre c\rage1 il peut arriv] que la gloire s]a votre rcomp5se4 ,s\v5ez-v\s seulem5t qu'il y a dans la vie beauc\p de *oses inutiles1 et qu'il y en a peu qui mn5t une f9 solide4 ,ce n'e/ po9t moi dlibr] sur le p>ti que je dois pr5dre1 il n'e/ plus temps3 p\r v\s1 qui avez me survivre1 v\s ne sauriez pes] trop srem5t ce que v\s devez faire4 ,et ce fur5t l ses d]nires p>oles4 ,cicron1 dans le troisime livre des ,tusculanes1 dit que ,?ophra/e m\rant se plaignit de la nature1 de ce qu'elle avait accord aux c]fs et aux corneilles une vie si longue et qui leur e/ si inutile1 lorsqu'elle n'avait donn aux hommes qu'une vie trs c\rte1 bi5 qu'il leur importe si =t de vivre longtemps2 que si l'ge des hommes et pu s't5dre un plus gr& nombre d'annes1 il s]ait arriv que leur vie aurait t cultive p> une doctr9e univ]selle1 et qu'il n'y aurait eu dans le monde ni art ni sci5ce qui n'et atte9t sa p]fection4 ,et sa9t ,jrme1 dans l'endroit dj cit1 assure que ,?ophra/e1 l'ge de c5t sept ans1 frapp de la maladie dont il m\rut1 regretta de sortir de la vie dans un temps o il ne faisait que comm5c] tre sage4 ,il avait c\tume de dire qu'il ne faut pas aim] ses amis p\r les pr\v]1 mais les pr\v] p\r les aim]2 que les amis doiv5t tre communs entre les frres1 comme t\t e/ commun entre les amis2 que l'on devait plutt se fi] un *eval sans fre9 qu' celui qui p>le sans jugem5t2 que la plus =te dp5se que l'on puisse faire e/ celle du temps4 ,il dit un j\r un homme qui se taisait table dans un fe/93 ,si tu es un habile homme1 tu z tort de ne pas p>l]2 mais s'il n'e/ pas a9si1 tu en sais beauc\p4 ,voil quelques-unes de ses maximes4 ,mais si n\s p>lons de ses ouvrages1 ils sont inf9is1 et n\s n'appr5ons pas que nul anci5 ait plus crit que ,?ophra/e4 ,diogne ,larce fait l'numration de plus de deux c5ts traits diffr5ts et sur t\tes sortes de sujets qu'il a composs4 ,la plus gr&e p>tie s'e/ p]due p> le malheur des temps1 et l'autre se rduit v+t traits1 qui sont recueillis dans le volume de ses oeuvres4 ,l'on y voit neuf livres de l'hi/oire des plantes1 six livres de leurs causes4 ,il a crit des v5ts1 du feu1 des pi]res1 du miel1 des signes du beau temps1 des signes de la pluie1 des signes de la tempte1 des odeurs1 de la sueur1 du v]tige1 de la lassitude1 du rel*em5t des n]fs1 de la dfaillance1 des poissons qui viv5t hors de l'eau1 des animaux qui *ang5t de c\leur1 des animaux qui naiss5t subitem5t1 des animaux sujets l'envie1 des c>actres des moeurs4 ,voil ce qui n\s re/e de ses crits1 entre lesquels ce d]ni] seul1 dont on donne la traduction1 peut rpondre non seulem5t de la beaut de ceux que l'on vi5t de dduire1 mais encore du mrite d'un nombre inf9i d'autres qui ne sont po9t v5us jusqu' n\s4 ,que si quelques-uns se refroidissai5t p\r cet ouvrage moral p> les *oses qu'ils y voi5t1 qui sont du temps auquel il a t crit1 et qui ne sont po9t selon leurs moeurs1 que peuv5t-ils faire de plus utile et de plus agrable p\r eux que de se dfaire de cette prv5tion p\r leurs c\tumes et leurs manires1 qui1 sans autre discussion1 non seulem5t les leur fait tr\v] les meilleures de t\tes1 mais leur fait presque dcid] que t\t ce qui n'y e/ pas con=me e/ mprisable1 et qui les prive1 dans la lecture des livres des anci5s1 du plaisir et de l'in/ruction qu'ils en doiv5t att5dre8 ,n\s1 qui sommes si mod]nes1 s]ons anci5s dans quelques sicles4 ,alors l'hi/oire du ntre f]a gt] la po/rit la vnalit des *>ges1 c'e/--dire le p\voir de protg] l'innoc5ce1 de punir le crime1 et de faire ju/ice t\t le monde1 a*et d5i]s comptants comme une mtairie2 la spl5deur des p>tisans1 g5s si mpriss *ez les ,hbreux et *ez les ,grecs4 ,l'on ent5dra p>l] d'une capitale d'un gr& royaume o il n'y avait ni places publiques1 ni ba9s1 ni fonta9es1 ni amphi?tres1 ni gal]ies1 ni portiques1 ni prom5oirs1 qui tait p\rtant une ville m]veilleuse4 ,l'on dira que t\t le c\rs de la vie s'y passait presque sortir de sa maison p\r all] se r5f]m] dans celle d'un autre2 que d'honntes femmes1 qui n'tai5t ni m>*&es ni htelires1 avai5t leurs maisons ouv]tes ceux qui payai5t p\r y entr]2 que l'on avait *oisir des ds1 des c>tes et de t\s les jeux2 que l'on mangeait dans ces maisons1 et qu'elles tai5t commodes t\t comm]ce4 ,l'on saura que le peuple ne p>aissait dans la ville que p\r y pass] avec prcipitation3 nul entreti51 nulle famili>it2 que t\t y tait f>\*e et comme al>m p> le bruit des *>s qu'il fallait vit]1 et qui s'ab&onnai5t au milieu des rues1 comme on fait dans une lice p\r remport] le prix de la c\rse4 ,l'on appr5dra sans tonnem5t qu'en ple9e paix et dans une tranquillit publique1 des citoy5s entrai5t dans les temples1 allai5t voir des femmes1 ou visitai5t leurs amis avec des armes (f5sives1 et qu'il n'y avait presque p]sonne qui n'et son ct de quoi p\voir d'un seul c\p en tu] un autre4 ,ou si ceux qui vi5dront aprs n\s1 rebuts p> des moeurs si tranges et si diffr5tes des leurs1 se dgt5t p> l de nos mmoires1 de nos posies1 de notre comique et de nos satires1 p\vons-n\s ne les pas pla9dre p> avance de se priv] eux-mmes1 p> cette fausse dlicatesse1 de la lecture de si beaux ouvrages1 si travaills1 si rguli]s1 et de la connaissance du plus beau rgne dont jamais l'hi/oire ait t embellie8 ,ayons donc p\r les livres des anci5s cette mme indulg5ce que n\s esprons n\s-mmes de la po/rit1 p]suads que les hommes n'ont po9t d'usages ni de c\tumes qui soi5t de t\s les sicles1 qu'elles *ang5t avec les temps1 que n\s sommes trop loigns de celles qui ont pass1 et trop pro*es de celles qui rgn5t encore1 p\r tre dans la di/ance qu'il faut p\r faire des unes et des autres un ju/e disc]nem5t4 ,alors1 ni ce que n\s appelons la politesse de nos moeurs1 ni la bi5sance de nos c\tumes1 ni notre fa/e1 ni notre magnific5ce ne n\s prvi5dront pas davantage contre la vie simple des ,a?ni5s que contre celle des premi]s hommes1 gr&s p> eux-mmes1 et indp5damm5t de mille *oses extrieures qui ont t depuis inv5tes p\r suppler peut-tre cette vritable gr&eur qui n'e/ plus4 ,la nature se montrait en eux dans t\te sa puret et sa dignit1 et n'tait po9t encore s\ille p> la vanit1 p> le luxe1 et p> la sotte ambition4 ,un homme n'tait honor sur la t]re qu' cause de sa =ce ou de sa v]tu2 il n'tait po9t ri*e p> des *>ges ou des p5sions1 mais p> son *amp1 p> ses tr\peaux1 p> ses enfants et ses s]viteurs2 sa n\rriture tait sa9e et naturelle1 les fruits de la t]re1 le lait de ses animaux et de ses brebis2 ses vtem5ts simples et uni=mes1 leurs la9es1 leurs toisons2 ses plaisirs innoc5ts1 une gr&e rcolte1 le m>iage de ses enfants1 l'union avec ses vois9s1 la paix dans sa famille4 ,ri5 n'e/ plus oppos nos moeurs que t\tes ces *oses2 mais l'loignem5t des temps n\s les fait gt]1 a9si que la di/ance des lieux n\s fait recevoir t\t ce que les div]ses relations ou les livres de voyages n\s appr5n5t des pays lo9ta9s et des nations trangres4 ,ils racont5t une religion1 une police1 une manire de se n\rrir1 de s'habill]1 de btir et de faire la gu]re1 qu'on ne savait po9t1 des moeurs que l'on ignorait4 ,celles qui appro*5t des ntres n\s t\*5t1 celles qui s'en loign5t n\s tonn5t2 mais t\tes n\s amus5t4 ,mo9s rebuts p> la b>b>ie des manires et des c\tumes de peuples si loigns1 qu'in/ruits et mme rj\is p> leur n\veaut1 il n\s suffit que ceux dont il s'agit soi5t ,siamois1 ,*9ois1 ,ngres ou ,abyss9s4 ,or ceux dont ,?ophra/e n\s pe9t les moeurs dans ses ,c>actres tai5t ,a?ni5s1 et n\s sommes ,franais2 et si n\s joignons la div]sit des lieux et du climat le long int]valle des temps1 et que n\s considrions que ce livre a pu tre crit la d]nire anne de la ,c,x,ve olympiade1 trois c5t quatorze ans avant l're *rti5ne1 et qu'a9si il y a deux mille ans accomplis que vivait ce peuple d',a?nes dont il fait la pe9ture1 n\s admir]ons de n\s y reconnatre n\s-mmes1 nos amis1 nos ennemis1 ceux avec qui n\s vivons1 et que cette ressemblance avec des hommes sp>s p> tant de sicles soit si entire4 ,en effet1 les hommes n'ont po9t *ang selon le coeur et selon les passions2 ils sont encore tels qu'ils tai5t alors et qu'ils sont m>qus dans ,?ophra/e3 va9s1 dissimuls1 flatteurs1 intresss1 effronts1 importuns1 dfiants1 mdisants1 qu]elleux1 sup]/itieux4 ,il e/ vrai1 ,a?nes tait libre2 c'tait le c5tre d'une rpublique2 ses citoy5s tai5t gaux2 ils ne r\gissai5t po9t l'un de l'autre2 ils m>*ai5t presque seuls et pi$ dans une ville propre1 paisible et spacieuse1 entrai5t dans les b\tiques et dans les m>*s1 a*etai5t eux-mmes les *oses ncessaires2 l'mulation d'une c\r ne les faisait po9t sortir d'une vie commune2 ils rs]vai5t leurs esclaves p\r les ba9s1 p\r les repas1 p\r le s]vice intrieur des maisons1 p\r les voyages2 ils passai5t une p>tie de leur vie dans les places1 dans les temples1 aux amphi?tres1 sur un port1 s\s des portiques1 et au milieu d'une ville dont ils tai5t galem5t les matres4 ,l le peuple s'assemblait p\r dlibr] des affaires publiques2 ici il s'entret5ait avec les trang]s2 ailleurs les philosophes tantt enseignai5t leur doctr9e1 tantt confrai5t avec leurs disciples4 ,ces lieux tai5t t\t la fois la scne des plaisirs et des affaires4 ,il y avait dans ces moeurs quelque *ose de simple et de populaire1 et qui ressemble peu aux ntres1 je l'av\e2 mais cep5dant quels hommes en gnral que les ,a?ni5s1 et quelle ville qu',a?nes6 quelles lois6 quelle police6 quelle valeur6 quelle discipl9e6 quelle p]fection dans t\tes les sci5ces et dans t\s les arts6 mais quelle politesse dans le comm]ce ord9aire et dans le langage6 ,?ophra/e1 le mme ,?ophra/e dont l'on vi5t de dire de si gr&es *oses1 ce p>leur agrable1 cet homme qui s'exprimait div9em5t1 fut reconnu trang] et appel de ce nom p> une simple femme de qui il a*etait des h]bes au m>*1 et qui reconnut1 p> je ne sais quoi d'attique qui lui manquait et que les ,roma9s ont depuis appel urbanit1 qu'il n'tait pas ,a?ni52 et ,cicron rapporte que ce gr& p]sonnage demeura tonn de voir qu'ayant vieilli dans ,a?nes1 possdant si p>faitem5t le langage attique et en ayant acquis l'acc5t p> une habitude de tant d'annes1 il ne s'tait pu donn] ce que le simple peuple avait naturellem5t et sans nulle pe9e4 ,que si l'on ne laisse pas de lire quelquefois1 dans ce trait des ,c>actres1 de c]ta9es moeurs qu'on ne peut excus] et qui n\s p>aiss5t ridicules1 il faut se s\v5ir qu'elles ont p>u telles ,?ophra/e1 qu'il les a reg>des comme des vices dont il a fait une pe9ture nave1 qui fit honte aux ,a?ni5s et qui s]vit les corrig]4 ,enf91 dans l'esprit de cont5t] ceux qui reoiv5t froidem5t t\t ce qui app>ti5t aux trang]s et aux anci5s1 et qui n'e/im5t que leurs moeurs1 on les aj\te cet ouvrage4 ,l'on a cru p\voir se disp5s] de suivre le projet de ce philosophe1 soit p>ce qu'il e/ t\j\rs p]nicieux de p\rsuivre le travail d'autrui1 surt\t si c'e/ d'un anci5 ou d'un auteur d'une gr&e rputation2 soit encore p>ce que cette unique figure qu'on appelle description ou numration1 employe avec tant de succs dans ces v+t-huit *apitres des ,c>actres1 p\rrait en avoir un beauc\p mo9dre1 si elle tait traite p> un gnie =t infrieur celui de ,?ophra/e4 ,au contraire1 se ress\v5ant que1 p>mi le gr& nombre des traits de ce philosophe rapports p> ,diogne ,larce1 il s'en tr\ve un s\s le titre de ,prov]bes1 c'e/--dire de pices dta*es1 comme des rflexions ou des rem>ques1 que le premi] et le plus gr& livre de morale qui ait t fait porte ce mme nom dans les div9es critures1 on s'e/ tr\v excit p> de si gr&s modles suivre selon ses =ces une semblable manire d'crire des moeurs2 et l'on n'a po9t t dt\rn de son entreprise p> deux ouvrages de morale qui sont dans les ma9s de t\t le monde1 et d'o1 faute d'att5tion ou p> un esprit de critique1 quelques-uns p\rrai5t p5s] que ces rem>ques sont imites4 ,l'un1 p> l'engagem5t de son auteur1 fait s]vir la mtaphysique la religion1 fait connatre l'me1 ses passions1 ses vices1 traite les gr&s et les srieux motifs p\r conduire la v]tu1 et veut r5dre l'homme *rti54 ,l'autre1 qui e/ la production d'un esprit in/ruit p> le comm]ce du monde et dont la dlicatesse tait gale la pntration1 obs]vant que l'am\r-propre e/ dans l'homme la cause de t\s ses faibles1 l'attaque sans rel*e1 quelque "p o il le tr\ve2 et cette unique p5se1 comme multiplie en mille manires diffr5tes1 a t\j\rs1 p> le *oix des mots et p> la v>it de l'expression1 la grce de la n\veaut4 ,l'on ne suit aucune de ces r\tes dans l'ouvrage qui e/ jo9t la traduction des ,c>actres2 il e/ t\t diffr5t des deux autres que je vi5s de t\*]3 mo9s sublime que le premi] et mo9s dlicat que le second1 il ne t5d qu' r5dre l'homme raisonnable1 mais p> des voies simples et communes1 et en l'exam9ant indiffremm5t1 sans beauc\p de m?ode et selon que les div]s *apitres y conduis5t1 p> les ges1 les sexes et les conditions1 et p> les vices1 les faibles et le ridicule qui y sont atta*s4 ,l'on s'e/ plus appliqu aux vices de l'esprit1 aux replis du coeur et t\t l'intrieur de l'homme que n'a fait ,?ophra/e2 et l'on peut dire que1 comme ses ,c>actres1 p> mille *oses extrieures qu'ils font rem>qu] dans l'homme1 p> ses actions1 ses p>oles et ses dm>*es1 appr5n5t quel e/ son fond1 et font remont] jusques la s\rce de son drglem5t1 t\t au contraire1 les n\veaux ,c>actres1 dployant d'abord les p5ses1 les s5tim5ts et les m\vem5ts des hommes1 dc\vr5t le pr9cipe de leur malice et de leurs faiblesses1 font que l'on prvoit aism5t t\t ce qu'ils sont capables de dire ou de faire1 et qu'on ne s'tonne plus de mille actions vicieuses ou frivoles dont leur vie e/ t\te remplie4 ,il faut av\] que sur les titres de ces deux ouvrages l'emb>ras s'e/ tr\v presque gal4 ,p\r ceux qui p>tag5t le d]ni]1 s'ils ne plais5t po9t assez1 l'on p]met d'en suppler d'autres2 mais l'g>d des titres des ,c>actres de ,?ophra/e1 la mme lib]t n'e/ pas accorde1 p>ce qu'on n'e/ po9t matre du bi5 d'autrui4 ,il a fallu suivre l'esprit de l'auteur1 et les traduire selon le s5s le plus pro*e de la diction grecque1 et en mme temps selon la plus exacte con=mit avec leurs *apitres2 ce qui n'e/ pas une *ose facile1 p>ce que s\v5t la signification d'un t]me grec1 traduit en franais mot p\r mot1 n'e/ plus la mme dans notre langue3 p> exemple1 ironie e/ *ez n\s une raill]ie dans la conv]sation1 ou une figure de rhtorique1 et *ez ,?ophra/e c'e/ quelque *ose entre la f\rb]ie et la dissimulation1 qui n'e/ p\rtant ni l'un ni l'autre1 mais prcism5t ce qui e/ dcrit dans le premi] *apitre4 ,et d'ailleurs les ,grecs ont quelquefois deux ou trois t]mes assez diffr5ts p\r exprim] des *oses qui le sont aussi et que n\s ne saurions gure r5dre que p> un seul mot3 cette pauvret emb>rasse4 ,en effet1 l'on rem>que dans cet ouvrage grec trois espces d'av>ice1 deux sortes d'importuns1 des flatteurs de deux manires1 et autant de gr&s p>leurs3 de sorte que les c>actres de ces p]sonnes sembl5t r5tr] les uns dans les autres1 au dsavantage du titre2 ils ne sont pas aussi t\j\rs suivis et p>faitem5t con=mes1 p>ce que ,?ophra/e1 emport quelquefois p> le desse9 qu'il a de faire des portraits1 se tr\ve dt]m9 ces *angem5ts p> le c>actre et les moeurs du p]sonnage qu'il pe9t ou dont il fait la satire4 ,les df9itions qui sont au comm5cem5t de *aque *apitre ont eu leurs difficults4 ,elles sont c\rtes et concises dans ,?ophra/e1 selon la =me du grec et le /yle d',ari/ote1 qui lui en a f\rni les premires ides3 on les a t5dues dans la traduction p\r les r5dre intelligibles4 ,il se lit aussi dans ce trait des phrases qui ne sont pas a*eves et qui =m5t un s5s imp>fait1 auquel il a t facile de suppler le vritable2 il s'y tr\ve de diffr5tes leons1 quelques endroits t\t fait int]rompus1 et qui p\vai5t recevoir div]ses explications2 et p\r ne po9t s'g>] dans ces d\tes1 on a suivi les meilleurs int]prtes4 ,enf91 comme cet ouvrage n'e/ qu'une simple in/ruction sur les moeurs des hommes1 et qu'il vise mo9s les r5dre savants qu' les r5dre sages1 l'on s'e/ tr\v exempt de le *>g] de longues et curieuses obs]vations1 ou de doctes comm5taires qui r5diss5t un compte exact de l'antiquit4 ,l'on s'e/ cont5t de mettre de petites notes ct de c]ta9s endroits que l'on a cru le mrit]1 af9 que nuls de ceux qui ont de la ju/esse1 de la vivacit1 et qui il ne manque que d'avoir lu beauc\p1 ne se repro*5t pas mme ce petit dfaut1 ne puiss5t tre arrts dans la lecture des ,c>actres et d\t] un mom5t du s5s de ,?ophra/e4 ,les c>actres de ,?ophra/e#a ,note3 #a ,traduits du grec ,j'ai admir s\v5t1 et j'av\e que je ne puis encore compr5dre1 quelque srieuse rflexion que je fasse1 p\rquoi t\te la ,grce1 tant place s\s un mme ciel1 et les ,grecs n\rris et levs de la mme manire1 il se tr\ve nanmo9s si peu de ressemblance dans leurs moeurs4 ,puis donc1 mon *] ,polycls1 qu' l'ge de quatre-v+t-dix neuf ans o je me tr\ve1 j'ai assez vcu p\r connatre les hommes2 que j'ai vu d'ailleurs1 p5dant le c\rs de ma vie1 t\tes sortes de p]sonnes et de div]s tempram5ts1 et que je me suis t\j\rs atta* tudi] les hommes v]tueux1 comme ceux qui n'tai5t connus que p> leurs vices1 il semble que j'ai d m>qu] les c>actres des uns et des autres1 et ne me pas cont5t] de pe9dre les ,grecs en gnral1 mais mme de t\*] ce qui e/ p]sonnel1 et ce que plusieurs d'entre eux p>aiss5t avoir de plus famili]4 ,j'espre1 mon *] ,polycls1 que cet ouvrage s]a utile ceux qui vi5dront aprs n\s3 il leur trac]a des modles qu'ils p\rront suivre2 il leur appr5dra faire le disc]nem5t de ceux avec qui ils doiv5t li] quelque comm]ce1 et dont l'mulation les port]a imit] leur sagesse et leurs v]tus4 ,a9si je vais entr] en matire3 c'e/ v\s de pntr] dans mon s5s1 et d'exam9] avec att5tion si la vrit se tr\ve dans mes p>oles2 et sans faire une plus longue prface1 je p>l]ai d'abord de la dissimulation1 je df9irai ce vice1 je dirai ce que c'e/ qu'un homme dissimul1 je dcrirai ses moeurs1 et je trait]ai ensuite des autres passions1 suivant le projet que j'en ai fait4 ,de la dissimulation ,la dissimulation n'e/ pas aise bi5 df9ir3 si l'on se cont5te d'en faire une simple description1 l'on peut dire que c'e/ un c]ta9 art de compos] ses p>oles et ses actions p\r une mauvaise f94 ,un homme dissimul se comporte de cette manire3 il aborde ses ennemis1 leur p>le1 et leur fait croire p> cette dm>*e qu'il ne les hait po9t2 il l\e ouv]tem5t et en leur prs5ce ceux qui il dresse de secrtes emb*es1 et il s'afflige avec eux s'il leur e/ arriv quelque disgrce2 il semble p>donn] les disc\rs (f5sants que l'on lui ti5t2 il rcite froidem5t les plus horribles *oses que l'on lui aura dites contre sa rputation1 et il emploie les p>oles les plus flatteuses p\r ad\cir ceux qui se plaign5t de lui1 et qui sont aigris p> les injures qu'ils en ont reues4 ,s'il arrive que quelqu'un l'aborde avec empressem5t1 il fe9t des affaires1 et lui dit de rev5ir une autre fois4 ,il ca*e soigneusem5t t\t ce qu'il fait2 et l'ent5dre p>l]1 on croirait t\j\rs qu'il dlibre4 ,il ne p>le po9t indiffremm5t2 il a ses raisons p\r dire tantt qu'il ne fait que rev5ir de la campagne1 tantt qu'il e/ arriv la ville =t t>d1 et quelquefois qu'il e/ languissant1 ou qu'il a une mauvaise sant4 ,il dit celui qui lui emprunte de l'arg5t intrt1 ou qui le prie de contribu] de sa "p une somme que ses amis cons5t5t de lui prt]1 qu'il ne v5d ri51 qu'il ne s'e/ jamais vu si dnu d'arg5t2 p5dant qu'il dit aux autres que le comm]ce va le mieux du monde1 quoique en effet il ne v5de ri54 ,s\v5t1 aprs avoir c\t ce que l'on lui a dit1 il veut faire croire qu'il n'y a pas eu la mo9dre att5tion2 il fe9t de n'avoir pas ap]u les *oses o il vi5t de jet] les yeux1 ou s'il e/ conv5u d'un fait1 de ne s'en plus s\v5ir4 ,il n'a p\r ceux qui lui p>l5t d'affaire que cette seule rponse3 ,j'y p5s]ai4 ,il sait de c]ta9es *oses1 il en ignore d'autres1 il e/ saisi d'admiration1 d'autres fois il aura p5s comme v\s sur cet vnem5t1 et cela selon ses diffr5ts intrts4 ,son langage le plus ord9aire e/ celui-ci3 ,je n'en crois ri51 je ne compr5ds pas que cela puisse tre1 je ne sais o j'en suis2 ou bi53 ,il me semble que je ne suis pas moi-mme2 et ensuite3 ,ce n'e/ pas a9si qu'il me l'a fait ent5dre2 voil une *ose m]veilleuse et qui passe t\te crance2 contez cela d'autres2 dois-je v\s croire8 ou me p]suad]ai-je qu'il m'ait dit la vrit81 p>oles d\bles et artificieuses1 dont il faut se dfi] comme de ce qu'il y a au monde de plus p]nicieux4 ,ces manires d'agir ne p>t5t po9t d'une me simple et droite1 mais d'une mauvaise volont1 ou d'un homme qui veut nuire2 le v59 des aspics e/ mo9s cra9dre4 ,de la flatt]ie ,la flatt]ie e/ un comm]ce honteux qui n'e/ utile qu'au flatteur4 ,si un flatteur se promne avec quelqu'un dans la place3 ,rem>quez-v\s1 lui dit-il1 comme t\t le monde a les yeux sur v\s8 cela n'arrive qu' v\s seul4 ,hi] il fut bi5 p>l de v\s1 et l'on ne t>issait po9t sur vos l\anges3 n\s n\s tr\vmes plus de tr5te p]sonnes dans un endroit du ,portique2 et comme p> la suite du disc\rs l'on v9t tomb] sur celui que l'on devait e/im] le plus homme de bi5 de la ville1 t\s d'une commune voix v\s nommr5t1 et il n'y en eut pas un seul qui v\s refust ses suffrages4 ,il lui dit mille *oses de cette nature4 ,il affecte d'ap]cevoir le mo9dre duvet qui se s]a atta* votre habit1 de le pr5dre et de le s\ffl] t]re4 ,si p> has>d le v5t a fait vol] quelques petites pailles sur votre b>be ou sur vos *eveux1 il pr5d so9 de v\s les t]2 et v\s s\riant3 ,il e/ m]veilleux1 dit-il1 combi5 v\s tes blan*i depuis deux j\rs que je ne v\s ai pas vu2 et il aj\te3 ,voil encore1 p\r un homme de votre ge1 assez de *eveux noirs4 ,si celui qu'il veut flatt] pr5d la p>ole1 il impose sil5ce t\s ceux qui se tr\v5t prs5ts1 et il les =ce d'appr\v] aveuglm5t t\t ce qu'il avance1 et ds qu'il a cess de p>l]1 il se rcrie3 ,cela e/ dit le mieux du monde1 ri5 n'e/ plus heureusem5t r5contr4 ,d'autres fois1 s'il lui arrive de faire quelqu'un une raill]ie froide1 il ne manque pas de lui applaudir1 d'entr] dans cette mauvaise plaisant]ie2 et quoiqu'il n'ait nulle envie de rire1 il porte sa b\*e l'un des b\ts de son manteau1 comme s'il ne p\vait se cont5ir et qu'il v\lt s'emp*] d'clat]2 et s'il l'accompagne lorsqu'il m>*e p> la ville1 il dit ceux qu'il r5contre dans son *em9 de s'arrt] jusqu' ce qu'il soit pass4 ,il a*te des fruits1 et les porte *ez ce citoy52 il les donne ses enfants en sa prs5ce2 il les baise1 il les c>esse3 ,voil1 dit-il1 de jolis enfants et dignes d'un tel pre4 ,s'il sort de sa maison1 il le suit2 s'il entre dans une b\tique p\r essay] des s\li]s1 il lui dit3 ,votre pi$ e/ mieux fait que cela4 ,il l'accompagne ensuite *ez ses amis1 ou plutt il entre le premi] dans leur maison1 et leur dit3 ,un tel me suit et vi5t v\s r5dre visite2 et ret\rnant sur ses pas3 ,je v\s ai annonc1 dit-il1 et l'on se fait un gr& honneur de v\s recevoir4 ,le flatteur se met t\t sans hsit]1 se mle des *oses les plus viles et qui ne convi5n5t qu' des femmes4 ,s'il e/ invit s\p]1 il e/ le premi] des convis l\] le v92 assis table le plus pro*e de celui qui fait le repas1 il lui rpte s\v5t3 ,en vrit1 v\s faites une *re dlicate2 et montrant aux autres l'un des mets qu'il s\lve du plat3 ,cela s'appelle1 dit-il1 un morceau fri&4 ,il a so9 de lui dem&] s'il a froid1 s'il ne v\drait po9t une autre robe2 et il s'empresse de le mieux c\vrir4 ,il lui p>le sans cesse l'oreille2 et si quelqu'un de la compagnie l'int]roge1 il lui rpond ngligemm5t et sans le reg>d]1 n'ayant des yeux que p\r un seul4 ,il ne faut pas croire qu'au ?tre il oublie d'arra*] des c>reaux des ma9s du valet qui les di/ribue1 p\r les port] sa place1 et l'y faire asseoir plus mollem5t4 ,j'ai d dire aussi qu'avant qu'il sorte de sa maison1 il en l\e l'ar*itecture1 se rcrie sur t\tes *oses1 dit que les j>d9s sont bi5 plants2 et s'il ap]oit quelque "p le portrait du matre1 o il soit extrmem5t flatt1 il e/ t\* de voir combi5 il lui ressemble1 et il l'admire comme un *ef-d'oeuvre4 ,en un mot1 le flatteur ne dit ri5 et ne fait ri5 au has>d2 mais il rapporte t\tes ses p>oles et t\tes ses actions au desse9 qu'il a de plaire quelqu'un et d'acqurir ses bonnes grces4 ,de l'imp]t95t ou du diseur de ri5 ,la sotte envie de disc\rir vi5t d'une habitude qu'on a contracte de p>l] beauc\p et sans rflexion4 ,un homme qui veut p>l]1 se tr\vant assis pro*e d'une p]sonne qu'il n'a jamais vue et qu'il ne connat po9t1 entre d'abord en matire1 l'entreti5t de sa femme et lui fait son loge1 lui conte son songe2 lui fait un long dtail d'un repas o il s'e/ tr\v1 sans oubli] le mo9dre mets ni un seul s]vice4 ,il s'*auffe ensuite dans la conv]sation1 dclame contre le temps prs5t1 et s\ti5t que les hommes qui viv5t prs5tem5t ne val5t po9t leurs pres4 ,de l il se jette sur ce qui se dbite au m>*1 sur la *]t du bl1 sur le gr& nombre d'trang]s qui sont dans la ville2 il dit qu'au pr9temps1 o comm5c5t les ,bac*anales1 la m] devi5t navigable2 qu'un peu de pluie s]ait utile aux bi5s de la t]re1 et f]ait espr] une bonne rcolte2 qu'il cultiv]a son *amp l'anne pro*a9e1 et qu'il le mettra en valeur2 que le sicle e/ dur1 et qu'on a bi5 de la pe9e vivre4 ,il appr5d cet inconnu que c'e/ ,damippe qui a fait brl] la plus belle tor*e devant l'autel de ,crs la fte des ,my/res1 il lui dem&e combi5 de colonnes s\ti5n5t le ?tre de la musique1 quel e/ le quantime du mois2 il lui dit qu'il a eu la veille une indige/ion2 et si cet homme qui il p>le a la pati5ce de l'c\t]1 il ne p>tira pas d'auprs de lui3 il lui annonc]a comme une *ose n\velle que les ,my/res se clbr5t dans le mois d'aot1 les ,apaturies au mois d'octobre2 et la campagne1 dans le mois de dcembre1 les ,bac*anales4 ,il n'y a avec de si gr&s causeurs qu'un p>ti pr5dre1 qui e/ de fuir1 si l'on veut du mo9s vit] la fivre2 c> quel moy5 de p\voir t5ir contre des g5s qui ne sav5t pas disc]n] ni votre loisir ni le temps de vos affaires8 ,de la ru/icit ,il semble que la ru/icit n'e/ autre *ose qu'une ignorance grossire des bi5sances4 ,l'on voit en effet des g5s ru/iques et sans rflexion sortir un j\r de mdec9e1 et se tr\v] en cet tat dans un lieu public p>mi le monde2 ne pas faire la diffr5ce de l'odeur =te du ?ym ou de la m>jola9e d'avec les p>fums les plus dlicieux2 tre *ausss l>ge et grossirem5t2 p>l] haut et ne p\voir se rduire un ton de voix modr2 ne se pas fi] leurs amis sur les mo9dres affaires1 p5dant qu'ils s'en entreti5n5t avec leurs dome/iques1 jusques r5dre compte leurs mo9dres valets de ce qui aura t dit dans une assemble publique4 ,on les voit assis1 leur robe releve jusqu'aux g5\x et d'une manire indc5te4 ,il ne leur arrive pas en t\te leur vie de ri5 admir]1 ni de p>atre surpris des *oses les plus extraord9aires que l'on r5contre sur les *em9s2 mais si c'e/ un boeuf1 un ne1 ou un vieux b\c1 alors ils s'arrt5t et ne se lass5t po9t de les contempl]4 ,si quelquefois ils entr5t dans leur cuis9e1 ils mang5t avidem5t t\t ce qu'ils y tr\v5t1 boiv5t t\t d'une hale9e une gr&e tasse de v9 pur2 ils se ca*5t p\r cela de leur s]vante1 avec qui d'ailleurs ils vont au m\l91 et entr5t dans les plus petits dtails du dome/ique4 ,ils int]romp5t leur s\p]1 et se lv5t p\r donn] une poigne d'h]bes aux btes de *>rue qu'ils ont dans leurs tables4 ,heurte-t-on leur porte p5dant qu'ils dn5t1 ils sont att5tifs et curieux4 ,v\s rem>quez t\j\rs pro*e de leur table un gros *i5 de c\r1 qu'ils appell5t eux1 qu'ils empoign5t p> la gueule1 en disant3 ,voil celui qui g>de la place1 qui pr5d so9 de la maison et de ceux qui sont d$ans4 ,ces g5s1 p9eux dans les payem5ts qu'on leur fait1 rebut5t un gr& nombre de pices qu'ils croi5t lgres1 ou qui ne brill5t pas assez leurs yeux1 et qu'on e/ oblig de leur *ang]4 ,ils sont occups p5dant la nuit d'une *>rue1 d'un sac1 d'une faux1 d'une corbeille1 et ils rv5t qui ils ont prt ces u/5siles2 et lorsqu'ils m>*5t p> la ville3 ,combi5 vaut1 dem&5t-ils aux premi]s qu'ils r5contr5t1 le poisson sal8 ,les f\rrures se v5d5t-elles bi58 ,n'e/-ce pas auj\rd'hui que les jeux n\s ramn5t une n\velle lune8 ,d'autres fois1 ne sa*ant que dire1 ils v\s appr5n5t qu'ils vont se faire ras]1 et qu'ils ne sort5t que p\r cela4 ,ce sont ces mmes p]sonnes que l'on ent5d *ant] dans le ba91 qui mett5t des cl\s leurs s\li]s1 et qui1 se tr\vant t\t ports devant la b\tique d',ar*ias1 a*t5t eux-mmes des vi&es sales1 et les apport5t la ma9 en ple9e rue4 ,du complaisant ,p\r faire une df9ition un peu exacte de cette affectation que quelques-uns ont de plaire t\t le monde1 il faut dire que c'e/ une manire de vivre o l'on *]*e beauc\p mo9s ce qui e/ v]tueux et honnte que ce qui e/ agrable4 ,celui qui a cette passion1 d'aussi lo9 qu'il ap]oit un homme dans la place1 le salue en s'criant3 ,voil ce qu'on appelle un homme de bi561 l'aborde1 l'admire sur les mo9dres *oses1 le reti5t avec ses deux ma9s1 de peur qu'il ne lui *appe2 et aprs avoir fait quelques pas avec lui1 il lui dem&e avec empressem5t quel j\r on p\rra le voir1 et enf9 ne s'en sp>e qu'en lui donnant mille loges4 ,si quelqu'un le *oisit p\r arbitre dans un procs1 il ne doit pas att5dre de lui qu'il lui soit plus favorable qu' son adv]saire3 comme il veut plaire t\s deux1 il les mnag]a galem5t4 ,c'e/ dans cette vue que1 p\r se concili] t\s les trang]s qui sont dans la ville1 il leur dit quelquefois qu'il leur tr\ve plus de raison et d'quit que dans ses concitoy5s4 ,s'il e/ pri d'un repas1 il dem&e en entrant celui qui l'a convi o sont ses enfants2 et ds qu'ils p>aiss5t1 il se rcrie sur la ressemblance qu'ils ont avec leur pre1 et que deux figues ne se ressembl5t pas mieux2 il les fait appro*] de lui1 il les baise1 et1 les ayant fait asseoir ses deux cts1 il bad9e avec eux3 qui e/1 dit-il1 la petite b\teille8 qui e/ la jolie cogne8 ,il les pr5d ensuite sur lui1 et les laisse dormir sur son e/omac1 quoiqu'il en soit incommod4 ,celui enf9 qui veut plaire se fait ras] s\v5t1 a un =t gr& so9 de ses d5ts1 *ange t\s les j\rs d'habits1 et les quitte presque t\t neufs2 il ne sort po9t en public qu'il ne soit p>fum2 on ne le voit gure dans les salles publiques qu'auprs des comptoirs des banqui]s2 et dans les coles1 qu'aux endroits seulem5t o s'ex]c5t les jeunes g5s2 et au ?tre1 les j\rs de spectacle1 que dans les meilleures places et t\t pro*e des prteurs4 ,ces g5s encore n'a*t5t jamais ri5 p\r eux2 mais ils envoi5t ,byzance t\te sorte de bij\x prcieux1 des *i5s de ,sp>te ,gyzique1 et ,rhodes l'excell5t miel du mont ,hymette2 et ils pr5n5t so9 que t\te la ville soit in=me qu'ils font ces emplettes4 ,leur maison e/ t\j\rs remplie de mille *oses curieuses qui font plaisir voir1 ou que l'on peut donn]1 comme des s+es et des satyres1 qu'ils sav5t n\rrir1 des pigeons de ,sicile1 des ds qu'ils font faire d'os de *vre1 des fioles p\r des p>fums1 des cannes torses que l'on fait ,sp>te1 et des tapis de ,p]se p]sonnages4 ,ils ont *ez eux jusques un jeu de paume1 et une arne propre s'ex]c] la lutte2 et s'ils se promn5t p> la ville et qu'ils r5contr5t en leur *em9 des philosophes1 des sophi/es1 des escrimeurs ou des musici5s1 ils leur (fr5t leur maison p\r s'y ex]c] *acun dans son art indiffremm5t3 ils se tr\v5t prs5ts ces ex]cices2 et se mlant avec ceux qui vi5n5t l p\r reg>d]3 qui croyez-v\s qu'app>ti5ne une si belle maison et cette arne si commode8 ,v\s voyez1 aj\t5t-ils en leur montrant quelque homme puissant de la ville1 celui qui en e/ le matre et qui en peut dispos]4 ,de l'image d'un coqu9 ,un coqu9 e/ celui qui les *oses les plus honteuses ne cot5t ri5 dire ou faire1 qui jure volonti]s et fait des s]m5ts en ju/ice autant que l'on lui en dem&e1 qui e/ p]du de rputation1 que l'on outrage impunm5t1 qui e/ un *icaneur de pr(ession1 un effront1 et qui se mle de t\tes sortes d'affaires4 ,un homme de ce c>actre entre sans masque dans une danse comique2 et mme sans tre ivre2 et de sang-froid1 il se di/+ue dans la danse la plus obscne p> les po/ures les plus indc5tes4 ,c'e/ lui qui1 dans ces lieux o l'on voit des pre/iges1 s'+re de recueillir l'arg5t de *acun des spectateurs1 et qui fait qu]elle ceux qui1 tant entrs p> billets1 croi5t ne devoir ri5 pay]4 ,il e/ d'ailleurs de t\s mti]s2 tantt il ti5t une tav]ne1 tantt il e/ suppt de quelque lieu infme1 une autre fois p>tisan3 il n'y a po9t de sale comm]ce o il ne soit capable d'entr]2 v\s le v]rez auj\rd'hui crieur public1 dema9 cuis9i] ou brel&i]3 t\t lui e/ propre4 ,s'il a une mre1 il la laisse m\rir de faim4 ,il e/ sujet au l>c91 et se voir tran] p> la ville dans une prison1 sa demeure ord9aire1 et o il passe une p>tie de sa vie4 ,ce sont ces sortes de g5s que l'on voit se faire ent\r] du peuple1 appel] ceux qui pass5t et se pla9dre eux avec une voix =te et enr\e1 insult] ceux qui les contr$is5t3 les uns f5d5t la presse p\r les voir1 p5dant que les autres1 cont5ts de les avoir vus1 se dgag5t et p\rsuiv5t leur *em9 sans v\loir les c\t]2 mais ces effronts cont9u5t de p>l]3 ils dis5t celui-ci le comm5cem5t d'un fait1 quelque mot cet autre2 pe9e peut-on tir] d'eux la mo9dre p>tie de ce dont il s'agit2 et v\s rem>qu]ez qu'ils *oisiss5t p\r cela des j\rs d'assemble publique1 o il y a un gr& conc\rs de monde1 qui se tr\ve le tmo9 de leur insol5ce4 ,t\j\rs accabls de procs1 que l'on int5te contre eux ou qu'ils ont int5ts d'autres1 de ceux dont ils se dlivr5t p> de faux s]m5ts comme de ceux qui les oblig5t de comp>atre1 ils n'oubli5t jamais de port] leur bote dans leur se91 et une liasse de papi]s entre leurs ma9s4 ,v\s les voyez dom9] p>mi de vils pratici5s1 qui ils prt5t usure1 retirant *aque j\r une obole et demie de *aque dra*me2 frqu5t] les tav]nes1 p>c\rir les lieux o l'on dbite le poisson frais ou sal1 et consum] a9si en bonne *re t\t le pr(it qu'ils tir5t de cette espce de trafic4 ,en un mot1 ils sont qu]elleux et difficiles1 ont sans cesse la b\*e ouv]te la calomnie1 ont une voix t\rdissante1 et qu'ils font ret5tir dans les m>*s et dans les b\tiques4 ,du gr& p>leur ,ce que quelques-uns appell5t babil e/ proprem5t une intemprance de langue qui ne p]met pas un homme de se taire4 ,v\s ne contez pas la *ose comme elle e/1 dira quelqu'un de ces gr&s p>leurs quiconque veut l'entret5ir de quelque affaire que ce soit3 j'ai t\t su1 et si v\s v\s donnez la pati5ce de m'c\t]1 je v\s appr5drai t\t2 et si cet autre cont9ue de p>l]3 ,v\s avez dj dit cela2 songez1 p\rsuit-il1 ne ri5 oubli]4 ,=t bi52 cela e/ a9si1 c> v\s m'avez heureusem5t remis dans le fait3 voyez ce que c'e/ que de s'ent5dre les uns les autres2 et ensuite3 ,mais que veux-je dire8 ,ah6 j'oubliais une *ose6 oui1 c'e/ cela mme1 et je v\lais voir si v\s tomb]iez ju/e dans t\t ce que j'en ai appris4 ,c'e/ p> de telles ou semblables int]ruptions qu'il ne donne pas de loisir celui qui lui p>le de respir]2 et lorsqu'il a comme assass9 de son babil *acun de ceux qui ont v\lu li] avec lui quelque entreti51 il va se jet] dans un c]cle de p]sonnes graves qui trait5t ensemble de *oses srieuses1 et les met en fuite4 ,de l il entre dans les coles publiques et dans les lieux des ex]cices1 o il amuse les matres p> de va9s disc\rs1 et emp*e la jeunesse de pr(it] de leurs leons4 ,s'il *appe quelqu'un de dire3 ,je m'en vais1 celui-ci se met le suivre1 et il ne l'ab&onne po9t qu'il ne l'ait remis jusque dans sa maison4 ,si p> has>d il a appris ce qui aura t dit dans une assemble de ville1 il c\rt dans le mme temps le divulgu]4 ,il s't5d m]veilleusem5t sur la fameuse bataille qui s'e/ donne s\s le g\v]nem5t de l'orateur ,ari/ophon1 comme sur le combat clbre que ceux de ,lacdmone ont livr aux ,a?ni5s s\s la conduite de ,lys&re4 ,il raconte une autre fois quels applaudissem5ts a eus un disc\rs qu'il a fait dans le public1 en rpte une gr&e p>tie1 mle dans ce rcit ennuyeux des invectives contre le peuple1 p5dant que de ceux qui l'c\t5t les uns s'endorm5t1 les autres le quitt5t1 et que nul ne se ress\vi5t d'un seul mot qu'il aura dit4 ,un gr& causeur1 en un mot1 s'il e/ sur les tribunaux1 ne laisse pas la lib]t de jug]2 il ne p]met pas que l'on mange table2 et s'il se tr\ve au ?tre1 il emp*e non seulem5t d'ent5dre1 mais mme de voir les acteurs4 ,on lui fait av\] +num5t qu'il ne lui e/ pas possible de se taire1 qu'il faut que sa langue se remue dans son palais comme le poisson dans l'eau1 et que qu& on l'accus]ait d'tre plus babill>d qu'une hirondelle1 il faut qu'il p>le3 aussi c\te-t-il froidem5t t\tes les raill]ies que l'on fait de lui sur ce sujet2 et jusques ses propres enfants1 s'ils comm5c5t s'ab&onn] au sommeil3 ,faites-n\s1 lui dis5t-ils1 un conte qui a*ve de n\s endormir4 ,du dbit des n\velles ,un n\velli/e ou un conteur de fables e/ un homme qui arrange1 selon son caprice1 des disc\rs et des faits remplis de fausset2 qui1 lorsqu'il r5contre l'un de ses amis1 compose son visage1 et lui s\riant3 ,d'o v5ez-v\s a9si8 lui dit-il2 que n\s direz-v\s de bon8 n'y a-t-il ri5 de n\veau8 ,et cont9uant de l'int]rog]3 ,quoi donc8 n'y a-t-il aucune n\velle8 cep5dant il y a des *oses tonnantes racont]4 ,et sans lui donn] le loisir de lui rpondre3 ,que dites-v\s donc8 p\rsuit-il2 n'avez-v\s ri5 ent5du p> la ville8 ,je vois bi5 que v\s ne savez ri51 et que je vais v\s rgal] de gr&es n\veauts4 ,alors1 ou c'e/ un soldat1 ou le fils d',a/e le j\eur de flte1 ou ,lycon l'+nieur1 t\s g5s qui arriv5t fra*em5t de l'arme1 de qui il sait t\tes *oses2 c> il allgue p\r tmo9s de ce qu'il avance des hommes obscurs qu'on ne peut tr\v] p\r les conva9cre de fausset4 ,il assure donc que ces p]sonnes lui on dit que le ,roi et ,polysp]*on ont gagn la bataille1 et que ,cass&re1 leur ennemi1 e/ tomb vif entre leurs ma9s4 ,et lorsque quelqu'un lui dit3 ,mais en vrit1 cela e/-il croyable81 il lui rplique que cette n\velle se crie et se rp& p> t\te la ville1 que t\s s'accord5t dire la mme *ose1 que c'e/ t\t ce qui se raconte du combat1 et qu'il y a eu un gr& c>nage4 ,il aj\te qu'il a lu cet vnem5t sur le visage de ceux qui g\v]n5t1 qu'il y a un homme ca* *ez l'un de ces magi/rats depuis c9q j\rs enti]s1 qui revi5t de la ,macdo9e1 qui a t\t vu et qui lui a t\t dit4 ,ensuite1 int]rompant le fil de sa n>ration3 ,que p5sez-v\s de ce succs8 dem&e-t-il ceux qui l'c\t5t4 ,pauvre ,cass&re6 malheureux pr9ce6 s'crie-t-il d'une manire t\*ante4 ,voyez ce que c'e/ que la =tune2 c> enf9 ,cass&re tait puissant1 et il avait avec lui de gr&es =ces4 ,ce que je v\s dis1 p\rsuit-il1 e/ un secret qu'il faut g>d] p\r v\s seul1 p5dant qu'il c\rt p> t\te la ville le dbit] qui le veut ent5dre4 ,je v\s av\e que ces diseurs de n\velles me donn5t de l'admiration1 et que je ne conois pas quelle e/ la f9 qu'ils se propos5t2 c> p\r ne ri5 dire de la bassesse qu'il y a t\j\rs m5tir1 je ne vois pas qu'ils puiss5t recueillir le mo9dre fruit de cette pratique4 ,au contraire1 il e/ arriv quelques-uns de se laiss] vol] leurs habits dans un ba9 public1 p5dant qu'ils ne songeai5t qu' rassembl] aut\r d'eux une f\le de peuple1 et lui cont] des n\velles4 ,quelques autres1 aprs avoir va9cu sur m] et sur t]re dans le ,portique1 ont pay l'am5de p\r n'avoir pas comp>u une cause appele4 ,enf9 il s'en e/ tr\v qui1 le j\r mme qu'ils ont pris une ville1 du mo9s p> leurs beaux disc\rs1 ont manqu de dn]4 ,je ne crois pas qu'il y ait ri5 de si misrable que la condition de ces p]sonnes2 c> quelle e/ la b\tique1 quel e/ le portique1 quel e/ l'endroit d'un m>* public o ils ne pass5t t\t le j\r r5dre s\rds ceux qui les c\t5t1 ou les fatigu] p> leurs m5songes8 ,de l'effront]ie cause p> l'av>ice ,p\r faire connatre ce vice1 il faut dire que c'e/ un mpris de l'honneur dans la vue d'un vil intrt4 ,un homme que l'av>ice r5d effront ose emprunt] une somme d'arg5t celui qui il en doit dj1 et qu'il lui reti5t avec inju/ice4 ,le j\r mme qu'il aura sacrifi aux ,dieux1 au lieu de mang] religieusem5t *ez soi une p>tie des vi&es consacres1 il les fait sal] p\r lui s]vir dans plusieurs repas1 et va s\p] *ez l'un de ses amis2 et l1 table1 la vue de t\t le monde1 il appelle son valet1 qu'il veut encore n\rrir aux dp5s de son hte1 et lui c\pant un morceau de vi&e qu'il met sur un qu>ti] de pa93 ,t5ez1 mon ami1 lui dit-il1 faites bonne *re4 ,il va lui-mme au m>* a*et] des vi&es cuites2 et avant que de conv5ir du prix1 p\r avoir une meilleure composition du m>*&1 il lui fait ress\v5ir qu'il lui a autrefois r5du s]vice4 ,il fait ensuite pes] ces vi&es et il en entasse le plus qu'il peut2 s'il en e/ emp* p> celui qui les lui v5d1 il jette du mo9s quelque os dans la balance3 si elle peut cont5ir t\t1 il e/ satisfait2 s9on1 il ramasse sur la table des morceaux de rebut1 comme p\r se ddommag]1 s\rit1 et s'en va4 ,une autre fois1 sur l'arg5t qu'il aura reu de quelques trang]s p\r leur l\] des places au ?tre1 il tr\ve le secret d'avoir sa place fran*e au spectacle1 et d'y envoy] le l5dema9 ses enfants et leur prcepteur4 ,t\t lui fait envie3 il veut pr(it] des bons m>*s1 et dem&e h>dim5t au premi] v5u une *ose qu'il ne vi5t que d'a*et]4 ,se tr\ve-t-il dans une maison trangre1 il emprunte jusqu' l'orge et la paille2 encore faut-il que celui qui les lui prte fasse les frais de les faire port] *ez lui4 ,cet effront1 en un mot1 entre sans pay] dans un ba9 public1 et l1 en prs5ce du baigneur1 qui crie inutilem5t contre lui1 pr5ant le premi] vase qu'il r5contre1 il le plonge dans une cuve d'aira9 qui e/ remplie d'eau1 se la rp& sur t\t le corps3 ,me voil lav1 aj\te-t-il1 autant que j'en ai beso91 et sans avoir obligation p]sonne1 remet sa robe et disp>at4 ,de l'p>gne sordide ,cette espce d'av>ice e/ dans les hommes une passion de v\loir mnag] les plus petites *oses sans aucune f9 honnte4 ,c'e/ dans cet esprit que quelques-uns1 recevant t\s les mois le loy] de leur maison1 ne nglig5t pas d'all] eux-mmes dem&] la moiti d'une obole qui manquait au d]ni] payem5t qu'on leur a fait2 que d'autres1 faisant l'ef=t de donn] mang] *ez eux1 ne sont occups p5dant le repas qu' compt] le nombre de fois que *acun des convis dem&e boire4 ,ce sont eux encore dont la portion des prmices des vi&es que l'on envoie sur l'autel de ,diane e/ t\j\rs la plus petite4 ,ils apprci5t les *oses au-dess\s de ce qu'elles val5t2 et de quelque bon m>* qu'un autre1 en leur r5dant compte1 veuille se prvaloir1 ils lui s\ti5n5t t\j\rs qu'il a a*et trop *]4 ,implacables l'g>d d'un valet qui aura laiss tomb] un pot de t]re1 ou cass p> malheur quelque vase d'argile1 ils lui dduis5t cette p]te sur sa n\rriture2 mais si leurs femmes ont p]du seulem5t un d5i]1 il faut alors r5v]s] t\te une maison1 drang] les lits2 transport] des c(fres1 et *]*] dans les reco9s les plus ca*s4 ,lorsqu'ils v5d5t1 ils n'ont que cette unique *ose en vue1 qu'il n'y ait qu' p]dre p\r celui qui a*te4 ,il n'e/ p]mis p]sonne de cueillir une figue dans leur j>d91 de pass] au trav]s de leur *amp1 de ramass] une petite bran*e de palmi]1 ou quelques olives qui s]ont tombes de l'arbre4 ,ils vont t\s les j\rs se prom5] sur leurs t]res1 en rem>qu5t les bornes1 voi5t si l'on n'y a ri5 *ang et si elles sont t\j\rs les mmes4 ,ils tir5t intrt de l'intrt1 et ce n'e/ qu' cette condition qu'ils donn5t du temps leurs cranci]s4 ,s'ils ont invit dn] quelques-uns de leurs amis1 et qui ne sont que des p]sonnes du peuple1 ils ne feign5t po9t de leur faire s]vir un simple ha*is2 et on les a vus s\v5t all] eux-mmes au m>* p\r ces repas1 y tr\v] t\t trop *]1 et en rev5ir sans ri5 a*et]4 ,ne pr5ez pas l'habitude1 dis5t-ils leurs femmes1 de prt] votre sel1 votre orge1 votre f>9e1 ni mme du cum91 de la m>jola9e1 des gteaux p\r l'autel1 du coton1 de la la9e2 c> ces petits dtails ne laiss5t pas de mont]1 la f9 d'une anne1 une grosse somme4 ,ces av>es1 en un mot1 ont des tr\sseaux de clefs r\illes1 dont ils ne se s]v5t po9t1 des cassettes o leur arg5t e/ en dpt1 qu'ils n'ouvr5t jamais1 et qu'ils laiss5t moisir dans un co9 de leur cab9et2 ils port5t des habits qui leur sont trop c\rts et trop troits2 les plus petites fioles conti5n5t plus d'huile qu'il n'en faut p\r les o9dre2 ils ont la tte rase jusqu'au cuir1 se d*auss5t v]s le milieu du j\r p\r p>gn] leurs s\li]s1 vont tr\v] les f\lons p\r obt5ir d'eux de ne pas p>gn] la craie dans la la9e qu'ils leur ont donne prp>]1 af91 dis5t-ils1 que leur t(fe se ta*e mo9s4 ,de l'impud5t ou de celui qui ne r\git de ri5 ,l'impud5ce e/ facile df9ir3 il suffit de dire que c'e/ une pr(ession ouv]te d'une plaisant]ie outre1 comme de ce qu'il y a de plus honteux et de plus contraire la bi5sance4 ,celui-l1 p> exemple1 e/ impud5t1 qui voyant v5ir v]s lui une femme de condition1 fe9t dans ce mom5t quelque beso9 p\r avoir occasion de se montr] elle d'une manire d%onnte2 qui se plat battre des ma9s au ?tre lorsque t\t le monde se tait1 ou y siffl] les acteurs que les autres voi5t et c\t5t avec plaisir2 qui1 c\* sur le dos1 p5dant que t\te l'assemble g>de un pr(ond sil5ce1 fait ent5dre de sales hoquets qui oblig5t les spectateurs de t\rn] la tte et d'int]rompre leur att5tion4 ,un homme de ce c>actre a*te en ple9 m>* des noix1 des pommes1 t\te sorte de fruits1 les mange1 cause deb\t avec la fruitire1 appelle p> leurs noms ceux qui pass5t sans presque les connatre1 en arrte d'autres qui c\r5t p> la place et qui ont leurs affaires2 et s'il voit v5ir quelque plaideur1 il l'aborde1 le raille et le flicite sur une cause importante qu'il vi5t de p]dre4 ,il va lui-mme *oisir de la vi&e1 et l\] p\r un s\p] des femmes qui j\5t de la flte2 et montrant ceux qu'il r5contre ce qu'il vi5t d'a*et]1 il les convie en riant d'en v5ir mang]4 ,on le voit s'arrt] devant la b\tique d'un b>bi] ou d'un p>fumeur1 et l annonc] qu'il va faire un gr& repas et s'enivr]4 ,si quelquefois il v5d du v91 il le fait ml]1 p\r ses amis comme p\r les autres sans di/9ction4 ,il ne p]met pas ses enfants d'all] l'amphi?tre avant que les jeux soi5t comm5cs et lorsque l'on paye p\r tre plac1 mais seulem5t sur la f9 du spectacle et qu& l'ar*itecte nglige les places et les donne p\r ri54 tant envoy avec quelques autres citoy5s en ambassade1 il laisse *ez soi la somme que le public lui a donne p\r faire les frais de son voyage1 et emprunte de l'arg5t de ses collgues2 sa c\tume alors e/ de *>g] son valet de f>deaux au del de ce qu'il en peut port]1 et de lui retran*] cep5dant de son ord9aire2 et comme il arrive s\v5t que l'on fait dans les villes des prs5ts aux ambassadeurs1 il dem&e sa "p p\r la v5dre4 ,v\s m'a*etez t\j\rs1 dit-il au jeune esclave qui le s]t dans le ba91 une mauvaise huile1 et qu'on ne peut support]3 il se s]t ensuite de l'huile d'un autre et p>gne la si5ne4 ,il envie ses propres valets qui le suiv5t la plus petite pice de monnaie qu'ils auront ramasse dans les rues1 et il ne manque po9t d'en ret5ir sa "p avec ce mot3 ,m]cure e/ commun4 ,il fait pis3 il di/ribue ses dome/ique leurs provisions dans une c]ta9e mesure dont le fond1 creux p>-dess\s1 s'enfonce en d$ans et s'lve comme en pyramide2 et qu& elle e/ ple9e1 il la rase lui-mme avec le r\leau le plus prs qu'il peut444 ,de mme1 s'il paye quelqu'un tr5te m9es qu'il lui doit1 il fait si bi5 qu'il y manque quatre dra*mes1 dont il pr(ite4 ,mais dans ces gr&s repas o il faut trait] t\te une tribu1 il fait recueillir p> ceux de ses dome/iques qui ont so9 de la table le re/e des vi&es qui ont t s]vies1 p\r lui en r5dre compte3 il s]ait f* de leur laiss] une rave demi mange4 ,du contre-temps ,cette ignorance du temps et de l'occasion e/ une manire d'abord] les g5s ou d'agir avec eux t\j\rs incommode et emb>rassante4 ,un importun e/ celui qui *oisit le mom5t que son ami e/ accabl de ses propres affaires1 p\r lui p>l] des si5nes2 qui va s\p] *ez sa matresse1 le soir mme qu'elle a la fivre2 qui voyant que quelqu'un vi5t d'tre condamn en ju/ice de pay] p\r un autre p\r qui il s'e/ oblig1 le prie nanmo9s de rpondre p\r lui2 qui comp>at p\r s]vir de tmo9 dans un procs que l'on vi5t de jug]2 qui pr5d le temps des noces o il e/ invit p\r se d*an] contre les femmes2 qui entrane la prom5ade des g5s pe9e arrivs d'un long voyage et qui n'aspir5t qu' se repos]2 =t capable d'am5] des m>*&s p\r (frir d'une *ose plus qu'elle ne vaut1 aprs qu'elle e/ v5due2 de se lev] au milieu d'une assemble p\r repr5dre un fait ds ses comm5cem5ts1 et en in/ruire fond ceux qui en ont les oreilles rebattues et qui le sav5t mieux que lui2 s\v5t empress p\r engag] dans une affaire des p]sonnes qui1 ne l'affectionnant po9t1 n'os5t p\rtant refus] d'y entr]4 ,s'il arrive que quelqu'un dans la ville doive faire un fe/9 aprs avoir sacrifi1 il va lui dem&] une portion des vi&es qu'il a prp>es4 ,une autre fois1 s'il voit qu'un matre *tie devant lui son esclave3 ,j'ai p]du1 dit-il1 un des mi5s dans une p>eille occasion3 je le fis f\ett]1 il se dsespra et s'alla p5dre4 ,enf91 il n'e/ propre qu' commettre de n\veau deux p]sonnes qui veul5t s'accommod]1 s'ils l'ont fait arbitre de leur diffr5d4 ,c'e/ encore une action qui lui convi5t =t que d'all] pr5dre au milieu du repas1 p\r dans]1 un homme qui e/ de sang-froid et qui n'a bu que modrm5t4 ,de l'air empress ,il semble que le trop gr& empressem5t e/ une re*]*e importune1 ou une va9e affectation de m>qu] aux autres de la bi5veillance p> ses p>oles et p> t\te sa conduite4 ,les manires d'un homme empress sont de pr5dre sur soi l'vnem5t d'une affaire qui e/ au-dessus de ses =ces1 et dont il ne saurait sortir avec honneur2 et dans une *ose que t\te une assemble juge raisonnable1 et o il ne se tr\ve pas la mo9dre difficult1 d'insi/] longtemps sur une lgre circon/ance1 p\r tre ensuite de l'avis des autres2 de faire beauc\p plus apport] de v9 dans un repas qu'on n'en peut boire2 d'entr] dans une qu]elle o il se tr\ve prs5t1 d'une manire l'*auff] davantage4 ,ri5 n'e/ aussi plus ord9aire que de le voir s'(frir s]vir de guide dans un *em9 dt\rn qu'il ne connat pas1 et dont il ne peut ensuite tr\v] l'issue2 v5ir v]s son gnral1 et lui dem&] qu& il doit rang] son arme en bataille1 quel j\r il faudra combattre1 et s'il n'a po9t d'ordres lui donn] p\r le l5dema92 une autre fois s'appro*] de son pre3 ,ma mre1 lui dit-il my/rieusem5t1 vi5t de se c\*] et ne comm5ce qu' s'endormir2 s'il entre enf9 dans la *ambre d'un malade qui son mdec9 a df5du le v91 dire qu'on peut essay] s'il ne lui f]a po9t de mal1 et le s\t5ir d\cem5t p\r lui en faire pr5dre4 ,s'il appr5d qu'une femme soit morte dans la ville1 il s'+re de faire son pitaphe2 il y fait grav] son nom1 celui de son m>i1 de son pre1 de sa mre1 son pays1 son orig9e1 avec cet loge3 ils avai5t t\s de la v]tu4 ,s'il e/ quelquefois oblig de jur] devant des juges qui exig5t son s]m5t3 ,ce n'e/ pas1 dit-il en p]ant la f\le p\r p>atre l'audi5ce1 la premire fois que cela m'e/ arriv4 ,de la /upidit ,la /upidit e/ en n\s une pesanteur d'esprit qui accompagne nos actions et nos disc\rs4 ,un homme /upide1 ayant lui-mme calcul avec des jetons une c]ta9e somme1 dem&e ceux qui le reg>d5t faire quoi elle se monte4 ,s'il e/ oblig de p>atre dans un j\r prescrit devant ses juges p\r se df5dre dans un procs que l'on lui fait1 il l'oublie entirem5t et "p p\r la campagne4 ,il s'endort un spectacle1 et il ne se rveille que longtemps aprs qu'il e/ f9i et que le peuple s'e/ retir4 ,aprs s'tre rempli de vi&es le soir1 il se lve la nuit p\r une indige/ion1 va dans la rue se s\lag]1 o il e/ mordu d'un *i5 du vois9age4 ,il *]*e ce qu'on vi5t de lui donn]1 et qu'il a mis lui-mme dans quelque endroit1 o s\v5t il ne peut le retr\v]4 ,lorsqu'on l'av]tit de la mort de l'un de ses amis af9 qu'il assi/e ses funrailles1 il s'attri/e1 il pleure1 il se dsespre1 et pr5ant une faon de p>l] p\r une autre3 la bonne heure1 aj\te-t-il2 ou une p>eille sottise4 ,cette prcaution qu'ont les p]sonnes sages de ne pas donn] sans tmo9 de l'arg5t leurs cranci]s1 il l'a p\r en recevoir de ses dbiteurs4 ,on le voit qu]ell] son valet1 dans le plus gr& froid de l'hiv]1 p\r ne lui avoir pas a*et des concombres4 ,s'il s'avise un j\r de faire ex]c] ses enfants la lutte ou la c\rse1 il ne leur p]met pas de se retir] qu'ils ne soi5t t\t en sueur et hors d'hale9e4 ,il va cueillir lui-mme des l5tilles1 les fait cuire1 et oubliant qu'il y a mis du sel1 il les sale une seconde fois1 de sorte que p]sonne n'en peut gt]4 ,dans le temps d'une pluie incommode1 et dont t\t le monde se pla9t1 il lui *app]a de dire que l'eau du ciel e/ une *ose dlicieuse2 et si on lui dem&e p> has>d combi5 il a vu emport] de morts p> la porte ,sacre3 ,autant1 rpond-il1 p5sant peut-tre de l'arg5t ou des gra9s1 que je v\drais que v\s et moi en puissions avoir4 ,de la brutalit ,la brutalit e/ une c]ta9e duret1 et j'ose dire une frocit qui se r5contre dans nos manires d'agir1 et qui passe mme jusqu' nos p>oles4 ,si v\s dem&ez un homme brutal3 ,qu'e/ dev5u un tel8 il v\s rpond durem5t3 ,ne me rompez po9t la tte4 ,si v\s le saluez1 il ne v\s fait pas l'honneur de v\s r5dre le salut4 ,si quelquefois il met en v5te une *ose qui lui app>ti5t1 il e/ inutile de lui en dem&] le prix1 il ne v\s c\te pas2 mais il dit firem5t celui qui la m>*&e3 ,qu'y tr\vez-v\s dire8 ,il se moque de la pit de ceux qui envoi5t leurs (fr&es dans les temples aux j\rs d'une gr&e clbrit3 ,si leurs prires1 dit-il1 vont jusques aux ,dieux1 et s'ils en obti5n5t les bi5s qu'ils s\hait5t1 l'on peut dire qu'ils les ont bi5 pays1 et que ce n'e/ pas un prs5t du ciel4 ,il e/ inexorable celui qui sans desse9 l'aura p\ss lgrem5t1 ou lui aura m>* sur le pi$3 c'e/ une faute qu'il ne p>donne pas4 ,la premire *ose qu'il dit un ami qui lui emprunte quelque arg5t1 c'e/ qu'il ne lui en prt]a po9t3 il va le tr\v] ensuite1 et le lui donne de mauvaise grce1 aj\tant qu'il le compte p]du4 ,il ne lui arrive jamais de se heurt] une pi]re qu'il r5contre en son *em91 sans lui donn] de gr&es maldictions4 ,il ne daigne pas att5dre p]sonne2 et si l'on diffre un mom5t se r5dre au lieu dont l'on e/ conv5u avec lui1 il se retire4 ,il se di/+ue t\j\rs p> une gr&e s+ul>it3 il ne veut ni *ant] son t\r1 ni rcit] dans un repas1 ni mme dans] avec les autres4 ,en un mot1 on ne le voit gure dans les temples importun] les ,dieux1 et leur faire des voeux ou des sacrifices4 ,de la sup]/ition ,la sup]/ition semble n'tre autre *ose qu'une cra9te mal rgle de la ,div9it4 ,un homme sup]/itieux1 aprs avoir lav ses ma9s et s'tre purifi avec de l'eau lu/rale1 sort du temple1 et se promne une gr&e p>tie du j\r avec une feuille de lauri] dans sa b\*e4 ,s'il voit une belette1 il s'arrte t\t c\rt1 et il ne cont9ue pas de m>*] que quelqu'un n'ait pass avant lui p> le mme endroit que cet animal a trav]s1 ou qu'il n'ait jet lui-mme trois petites pi]res dans le *em91 comme p\r loign] de lui ce mauvais prsage4 ,en quelque endroit de sa maison qu'il ait ap]u un s]p5t1 il ne diffre pas d'y lev] un autel2 et ds qu'il rem>que dans les c>ref\rs de ces pi]res que la dvotion du peuple y a consacres1 il s'en appro*e1 v]se dessus t\te l'huile de sa fiole1 plie les g5\x devant elles1 et les adore4 ,si un rat lui a rong un sac de f>9e1 il c\rt au dev91 qui ne manque pas de lui enjo9dre d'y faire mettre une pice2 mais bi5 lo9 d'tre satisfait de sa rponse1 effray d'une av5ture si extraord9aire1 il n'ose plus se s]vir de son sac et s'en dfait4 ,son faible encore e/ de purifi] sans f9 la maison qu'il habite1 d'vit] de s'asseoir sur un tombeau1 comme d'assi/] des funrailles1 ou d'entr] dans la *ambre d'une femme qui e/ en c\*e2 et lorsqu'il lui arrive d'avoir p5dant son sommeil quelque vision1 il va tr\v] les int]prtes des songes1 les dev9s et les augures1 p\r savoir d'eux quel dieu ou quelle desse il doit sacrifi]4 ,il e/ =t exact visit]1 sur la f9 de *aque mois1 les prtres d',orphe1 p\r se faire initi] dans ses my/res2 il y mne sa femme2 ou si elle s'en excuse p> d'autres so9s1 il y fait conduire ses enfants p> une n\rrice4 ,lorsqu'il m>*e p> la ville1 il ne manque gure de se lav] t\te la tte avec l'eau des fonta9es qui sont dans les places2 quelquefois il a rec\rs des prtresses1 qui le purifi5t d'une autre manire1 en liant et t5dant aut\r de son corps un petit *i5 ou de la squille4 ,enf91 s'il voit un homme frapp d'pilepsie1 saisi d'horreur1 il cra*e dans son propre se91 comme p\r rejet] le malheur de cette r5contre4 ,de l'esprit *agr9 ,l'esprit *agr9 fait que l'on n'e/ jamais cont5t de p]sonne1 et que l'on fait aux autres mille pla9tes sans fondem5t4 ,si quelqu'un fait un fe/91 et qu'il se s\vi5ne d'envoy] un plat un homme de cette humeur1 il ne reoit de lui p\r t\t rem]ciem5t que le repro*e d'avoir t oubli3 ,je n'tais pas digne1 dit cet esprit qu]elleux1 de boire de son v91 ni de mang] sa table4 ,t\t lui e/ suspect1 jusques aux c>esses que lui fait sa matresse3 ,je d\te =t1 lui dit-il1 que v\s soyez s9cre1 et que t\tes ces dmon/rations d'amiti p>t5t du coeur4 ,aprs une gr&e s*]esse v5ant pleuvoir1 comme il ne peut se pla9dre de la pluie1 il s'en pr5d au ciel de ce qu'elle n'a pas comm5c plus tt4 ,si le has>d lui fait voir une b\rse dans son *em91 il s'incl9e3 ,il y a des g5s1 aj\te-t-il1 qui ont du bonheur2 p\r moi1 je n'ai jamais eu celui de tr\v] un trsor4 ,une autre fois1 ayant envie d'un esclave1 il prie in/amm5t celui qui il app>ti5t d'y mettre le prix2 et ds que celui-ci1 va9cu p> ses importunits1 le lui a v5du1 il se rep5t de l'avoir a*et3 ,ne suis-je pas tromp8 dem&e-t-il1 et exig]ait-on si peu d'une *ose qui s]ait sans dfauts8 ceux qui lui font les complim5ts ord9aires sur la naissance d'un fils et sur l'augm5tation de sa famille3 ,aj\tez1 leur dit-il1 p\r ne ri5 oubli]1 sur ce que mon bi5 e/ dim9u de la moiti4 ,un homme *agr91 aprs avoir eu de ses juges ce qu'il dem&ait1 et l'avoir emport t\t d'une voix sur son adv]saire1 se pla9t encore de celui qui a crit ou p>l p\r lui1 de ce qu'il n'a pas t\* les meilleurs moy5s de sa cause2 ou lorsque ses amis ont fait ensemble une c]ta9e somme p\r le sec\rir dans un beso9 pressant1 si quelqu'un l'en flicite et le convie mieux espr] de la =tune3 ,comm5t1 lui rpond-il2 puis-je tre s5sible la mo9dre joie1 qu& je p5se que je dois r5dre cet arg5t *acun de ceux qui me l'ont prt1 et n'tre pas encore quitte env]s eux de la reconnaissance de leur bi5fait8 ,de la dfiance ,l'esprit de dfiance n\s fait croire que t\t le monde e/ capable de n\s tromp]4 ,un homme dfiant1 p> exemple1 s'il envoie au m>* l'un de ses dome/iques p\r y a*et] des provisions1 il le fait suivre p> un autre qui doit lui rapport] fidlem5t combi5 elles ont cot4 ,si quelquefois il porte de l'arg5t sur soi dans un voyage1 il le calcule *aque /ade qu'il fait1 p\r voir s'il a son compte4 ,une autre fois1 tant c\* avec sa femme1 il lui dem&e si elle a rem>qu que son c(fre-=t ft bi5 f]m1 si sa cassette e/ t\j\rs scelle1 et si on a eu so9 de bi5 f]m] la porte du ve/ibule2 et1 bi5 qu'elle assure que t\t e/ en bon tat1 l'inquitude le pr5d1 il se lve du lit1 va en *emise et les pi$s nus1 avec la lampe qui brle dans sa *ambre1 visit] lui-mme t\s les endroits de sa maison1 et ce n'e/ qu'avec beauc\p de pe9e qu'il s'endort aprs cette re*]*e4 ,il mne avec lui des tmo9s qu& il va dem&] ses arrrages1 af9 qu'il ne pr5ne pas un j\r envie ses dbiteurs de lui dni] sa dette4 ,ce n'e/ po9t *ez le f\lon qui passe p\r le meilleur ouvri] qu'il envoie te9dre sa robe1 mais *ez celui qui cons5t de ne po9t la recevoir sans donn] caution4 ,si quelqu'un se has>de de lui emprunt] quelques vases1 il les lui refuse s\v5t2 ou s'il les accorde1 il ne les laisse pas enlev] qu'ils ne soi5t pess1 il fait suivre celui qui les emporte1 et envoie ds le l5dema9 pri] qu'on les lui r5voie4 ,a-t-il un esclave qu'il affectionne et qui l'accompagne dans la ville1 il le fait m>*] devant lui1 de peur que s'il le p]dait de vue1 il ne lui *appt et ne prt la fuite4 un homme qui1 emportant de *ez lui quelque *ose que ce soit1 lui dirait3 ,e/imez cela1 et mettez-le sur mon compte1 il rpondrait qu'il faut le laiss] o on l'a pris1 et qu'il a d'autres affaires que celle de c\rir aprs son arg5t4 ,d'un vila9 homme ,ce c>actre suppose t\j\rs dans un homme une extrme malpropret1 et une nglig5ce p\r sa p]sonne qui passe dans l'excs et qui blesse ceux qui s'en ap]oiv5t4 ,v\s le v]rez quelquefois t\t c\v]t de lpre1 avec des ongles longs et malpropres1 ne pas laiss] de se ml] p>mi le monde1 et croire en tre quitte p\r dire que c'e/ une maladie de famille1 et que son pre et son aeul y tai5t sujets4 ,il a aux jambes des ulcres4 ,on lui voit aux ma9s des poireaux et d'autres salets1 qu'il nglige de faire gurir2 ou s'il p5se y remdi]1 c'e/ lorsque le mal1 aigri p> le temps1 e/ dev5u incurable4 ,il e/ hriss de poil s\s les aisselles et p> t\t le corps1 comme une bte fauve2 il a les d5ts noires1 ronges1 et telles que son abord ne se peut s\ffrir4 ,ce n'e/ pas t\t3 il cra*e ou il se m\*e en mangeant2 il p>le la b\*e ple9e1 fait en buvant des *oses contre la bi5sance2 il ne se s]t jamais au ba9 que d'une huile qui s5t mauvais1 et ne p>at gure dans une assemble publique qu'avec une vieille robe et t\te ta*e4 ,s'il e/ oblig d'accompagn] sa mre *ez les dev9s1 il n'ouvre la b\*e que p\r dire des *oses de mauvais augure4 ,une autre fois1 dans le temple et en faisant des libations1 il lui *app]a des ma9s une c\pe ou quelque autre vase2 et il rira ensuite de cette av5ture1 comme s'il avait fait quelque *ose de m]veilleux4 ,un homme si extraord9aire ne sait po9t c\t] un conc]t ou d'excell5ts j\eurs de flte2 il bat des ma9s avec viol5ce comme p\r leur applaudir1 ou bi5 il suit d'une voix dsagrable le mme air qu'ils j\5t2 il s'ennuie de la symphonie1 et dem&e si elle ne doit pas bi5tt f9ir4 ,enf91 si tant assis table il veut cra*]1 c'e/ ju/em5t sur celui qui e/ d]rire lui p\r lui donn] boire4 ,d'un homme incommode ,ce qu'on appelle un f*eux e/ celui qui1 sans faire quelqu'un un =t gr& tort1 ne laisse pas de l'emb>rass] beauc\p2 qui1 entrant dans la *ambre de son ami qui comm5ce s'endormir1 le rveille p\r l'entret5ir de va9s disc\rs2 qui1 se tr\vant sur le bord de la m]1 sur le po9t qu'un homme e/ prt de p>tir et de mont] dans son vaisseau1 l'arrte sans nul beso91 l'engage ins5siblem5t se prom5] avec lui sur le rivage2 qui1 arra*ant un petit enfant du se9 de sa n\rrice p5dant qu'il tette1 lui fait aval] quelque *ose qu'il a m*1 bat des ma9s devant lui1 le c>esse1 et lui p>le d'une voix contrefaite2 qui *oisit le temps du repas1 et que le potage e/ sur la table1 p\r dire qu'ayant pris mdec9e depuis deux j\rs1 il e/ all p> haut et p> bas1 et qu'une bile noire et recuite tait mle dans ses djections2 qui1 devant t\te une assemble1 s'avise de dem&] sa mre quel j\r elle a acc\* de lui2 qui ne sa*ant que dire1 appr5d que l'eau de sa cit]ne e/ fra*e1 qu'il crot dans son j>d9 de bonnes lgumes1 ou que sa maison e/ ouv]te t\t le monde1 comme une htell]ie2 qui s'empresse de faire connatre ses htes un p>asite qu'il a *ez lui2 qui l'invite table se mettre en bonne humeur1 et rj\ir la compagnie4 ,de la sotte vanit ,la sotte vanit semble tre une passion inquite de se faire valoir p> les plus petites *oses1 ou de *]*] dans les sujets les plus frivoles du nom et de la di/9ction4 ,a9si un homme va91 s'il se tr\ve un repas1 affecte t\j\rs de s'asseoir pro*e de celui qui l'a convi4 ,il consacre ,apollon la *evelure d'un fils qui lui vi5t de natre2 et ds qu'il e/ p>v5u l'ge de pub]t1 il le conduit lui-mme ,delphes1 lui c\pe les *eveux1 et les dpose dans le temple comme un monum5t d'un voeu sol5nel qu'il a accompli4 ,il aime se faire suivre p> un ,m4 ,s'il fait un payem5t1 il affecte que ce soit dans une monnaie t\te neuve1 et qui ne vi5ne que d'tre frappe4 ,aprs qu'il a immol un boeuf devant quelque autel1 il se fait rs]v] la peau du front de cet animal1 il l'orne de rubans et de fleurs1 et l'atta*e l'endroit de sa maison le plus expos la vue de ceux qui pass5t1 af9 que p]sonne du peuple n'ignore qu'il a sacrifi un boeuf4 ,une autre fois1 au ret\r d'une cavalcade qu'il aura faite avec d'autres citoy5s1 il r5voie *ez soi p> un valet t\t son quipage1 et ne g>de qu'une ri*e robe dont il e/ habill1 et qu'il trane le re/e du j\r dans la place publique4 ,s'il lui meurt un petit *i51 il l'ent]re1 lui dresse une pitaphe avec ces mots3 ,il tait de race de ,malte4 ,il consacre un anneau ,esculape1 qu'il use =ce d'y p5dre des c\ronnes de fleurs4 ,il se p>fume t\s les j\rs4 ,il remplit avec un gr& fa/e t\t le temps de sa magi/rature2 et sortant de *>ge1 il r5d compte au peuple avec o/5tation des sacrifices qu'il a faits1 comme du nombre et de la qualit des victimes qu'il a immoles4 ,alors1 revtu d'une robe blan*e1 et c\ronn de fleurs1 il p>at dans l'assemble du peuple3 ,n\s p\vons1 dit-il1 v\s assur]1 ,a?ni5s1 que p5dant le temps de notre g\v]nem5t n\s avons sacrifi ,cyble1 et que n\s lui avons r5du des honneurs tels que les mrite de n\s la mre des ,dieux3 esprez donc t\tes *oses heureuses de cette desse4 ,aprs avoir p>l a9si1 il se retire dans sa maison1 o il fait un long rcit sa femme de la manire dont t\t lui a russi au del mme de ses s\haits4 ,de l'av>ice ,ce vice e/ dans l'homme un oubli de l'honneur et de la gloire1 qu& il s'agit d'vit] la mo9dre dp5se4 ,si un av>e a remport le prix de la tragdie1 il consacre ,bac*us des guirl&es ou des b&elettes faites d'corce de bois1 et il fait grav] son nom sur un prs5t si magnifique4 ,quelquefois1 dans les temps difficiles1 le peuple e/ oblig de s'assembl] p\r rgl] une contribution capable de subv5ir aux beso9s de la ,rpublique2 alors il se lve et g>de le sil5ce1 ou le plus s\v5t il f5d la presse et se retire4 ,lorsqu'il m>ie sa fille1 et qu'il sacrifie selon la c\tume1 il n'ab&onne de la victime que les p>ties seules qui doiv5t tre brles sur l'autel3 il rs]ve les autres p\r les v5dre2 et comme il manque de dome/iques p\r s]vir table et tre *>gs du so9 des noces1 il l\e des g5s p\r t\t le temps de la fte1 qui se n\rriss5t leurs dp5s1 et qui il donne une c]ta9e somme4 ,s'il e/ capita9e de galre1 v\lant mnag] son lit1 il se cont5te de c\*] indiffremm5t avec les autres sur de la natte qu'il emprunte de son pilote4 ,v\s v]rez une autre fois cet homme sordide a*et] en ple9 m>* des vi&es cuites1 t\tes sortes d'h]bes1 et les port] h>dim5t dans son se9 et s\s sa robe2 s'il l'a un j\r envoye *ez le te9turi] p\r la dta*]1 comme il n'en a pas une seconde p\r sortir1 il e/ oblig de g>d] la *ambre4 ,il sait vit] dans la place la r5contre d'un ami pauvre qui p\rrait lui dem&]1 comme aux autres1 quelque sec\rs2 il se dt\rne de lui1 et repr5d le *em9 de sa maison4 ,il ne donne po9t de s]vantes sa femme1 cont5t de lui en l\] quelques-unes p\r l'accompagn] la ville t\tes les fois qu'elle sort4 ,enf9 ne p5sez pas que ce soit un autre que lui qui balaie le mat9 sa *ambre1 qui fasse son lit et le nettoie4 ,il faut aj\t] qu'il porte un manteau u1 sale et t\t c\v]t de ta*es2 qu'en ayant honte lui-mme1 il le ret\rne qu& il e/ oblig d'all] t5ir sa place dans quelque assemble4 ,de l'o/5tation ,je n'e/ime pas que l'on puisse donn] une ide plus ju/e de l'o/5tation1 qu'en disant que c'e/ dans l'homme une passion de faire montre d'un bi5 ou des avantages qu'il n'a pas4 ,celui en qui elle dom9e s'arrte dans l'endroit du ,pire o les m>*&s tal5t1 et o se tr\ve un plus gr& nombre d'trang]s2 il entre en matire avec eux1 il leur dit qu'il a beauc\p d'arg5t sur la m]2 il disc\rt avec eux des avantages de ce comm]ce1 des ga9s imm5ses qu'il y a espr] p\r ceux qui y entr5t1 et de ceux surt\t que lui qui leur p>le y a faits4 ,il aborde dans un voyage le premi] qu'il tr\ve sur son *em91 lui fait compagnie1 et lui dit bi5tt qu'il a s]vi s\s ,alex&re1 quels beaux vases et t\t enri*is de pi]r]ies il a rapports de l',asie1 quels excell5ts ouvri]s s'y r5contr5t1 et combi5 ceux de l',europe leur sont infrieurs4 ,il se vante1 dans une autre occasion1 d'une lettre qu'il a reue d',antipat]1 qui appr5d que lui troisime e/ entr dans la ,macdo9e4 ,il dit une autre fois que bi5 que les magi/rats lui ai5t p]mis tels transports de bois qu'il lui plairait sans pay] de tribut1 p\r vit] nanmo9s l'envie du peuple1 il n'a po9t v\lu us] de ce privilge4 ,il aj\te que p5dant une gr&e *]t de vivres1 il a di/ribu aux pauvres citoy5s d',a?nes jusqu' la somme de c9q tal5ts2 et s'il p>le des g5s qu'il ne connat po9t1 et dont il n'e/ pas mieux connu1 il leur fait pr5dre des jetons1 compt] le nombre de ceux qui il a fait ces l>gesses2 et quoiqu'il monte plus de six c5ts p]sonnes1 il leur donne t\s des noms conv5ables2 et aprs avoir supput les sommes p>ticulires qu'il a donnes *acun d'eux1 il se tr\ve qu'il en rsulte le d\ble de ce qu'il p5sait1 et que dix tal5ts y sont employs1 sans compt]1 p\rsuit-il1 les galres que j'ai armes mes dp5s1 et les *>ges publiques que j'ai ex]ces mes frais et sans rcomp5se4 ,cet homme fa/ueux va *ez un fameux m>*& de *evaux1 fait sortir de l'curie les plus beaux et les meilleurs1 fait ses (fres1 comme s'il v\lait les a*et]4 ,de mme il visite les foires les plus clbres1 entre s\s les t5tes des m>*&s1 se fait dploy] une ri*e robe1 et qui vaut jusqu' deux tal5ts2 il sort en qu]ellant son valet de ce qu'il ose le suivre sans port] de l'or sur lui p\r les beso9s o l'on se tr\ve4 ,enf91 s'il habite une maison dont il paye le loy]1 il dit h>dim5t quelqu'un qui l'ignore que c'e/ une maison de famille et qu'il a hrite de son pre2 mais qu'il veut s'en dfaire1 seulem5t p>ce qu'elle e/ trop petite p\r le gr& nombre d'trang]s qu'il retire *ez lui4 ,de l'orgueil ,il faut df9ir l'orgueil une passion qui fait que de t\t ce qui e/ au monde l'on n'e/ime que soi4 ,un homme fi] et sup]be n'c\te pas celui qui l'aborde dans la place p\r lui p>l] de quelque affaire2 mais sans s'arrt]1 et se faisant suivre quelque temps1 il lui dit enf9 qu'on peut le voir aprs son s\p]4 ,si l'on a reu de lui le mo9dre bi5fait1 il ne veut pas qu'on en p]de jamais le s\v5ir3 il le repro*]a en ple9e rue1 la vue de t\t le monde4 ,n'att5dez pas de lui qu'en quelque endroit qu'il v\s r5contre1 il s'appro*e de v\s et qu'il v\s p>le le premi]2 de mme1 au lieu d'expdi] sur-le-*amp des m>*&s ou des ouvri]s1 il ne fe9t po9t de les r5voy] au l5dema9 mat9 et l'heure de son lev]4 ,v\s le voyez m>*] dans les rues de la ville la tte baisse1 sans daign] p>l] p]sonne de ceux qui vont et qui vi5n5t4 ,s'il se famili>ise quelquefois jusques invit] ses amis un repas1 il prtexte des raisons p\r ne pas se mettre table et mang] avec eux1 et il *>ge ses pr9cipaux dome/iques du so9 de les rgal]4 ,il ne lui arrive po9t de r5dre visite p]sonne sans pr5dre la prcaution d'envoy] quelqu'un des si5s p\r av]tir qu'il va v5ir4 ,on ne le voit po9t *ez lui lorsqu'il mange ou qu'il se p>fume4 ,il ne se donne pas la pe9e de rgl] lui-mme des p>ties2 mais il dit ngligemm5t un valet de les calcul]1 de les arrt] et les pass] compte4 ,il ne sait po9t crire dans une lettre3 ,je v\s prie de me faire ce plaisir ou de me r5dre ce s]vice1 mais3 ,j'ent5ds que cela soit a9si2 j'envoie un homme v]s v\s p\r recevoir une telle *ose2 je ne veux pas que l'affaire se passe autrem5t2 faites ce que je v\s dis promptem5t et sans diffr]4 ,voil son /yle4 ,de la peur1 ou du dfaut de c\rage ,cette cra9te e/ un m\vem5t de l'me qui s'branle1 ou qui cde en vue d'un pril vrai ou imag9aire1 et l'homme timide e/ celui dont je vais faire la pe9ture4 ,s'il lui arrive d'tre sur la m] et s'il ap]oit de lo9 des dunes ou des promontoires1 la peur lui fait croire que c'e/ le dbris de quelques vaisseaux qui ont fait naufrage sur cette cte2 aussi tremble-t-il au mo9dre flot qui s'lve1 et il s'in=me avec so9 si t\s ceux qui navigu5t avec lui sont initis4 ,s'il vi5t rem>qu] que le pilote fait une n\velle manoeuvre1 ou semble se dt\rn] comme p\r vit] un cueil1 il l'int]roge2 il lui dem&e avec inquitude s'il ne croit pas s'tre c>t de sa r\te1 s'il ti5t t\j\rs la haute m]1 et si les ,dieux sont propices4 ,aprs cela il se met racont] une vision qu'il a eue p5dant la nuit1 dont il e/ encore t\t p\vant1 et qu'il pr5d p\r un mauvais prsage4 ,ensuite1 ses frayeurs v5ant crotre1 il se d%abille et te jusques sa *emise p\r p\voir mieux se sauv] la nage1 et aprs cette prcaution il ne laisse pas de pri] les nautoni]s de le mettre t]re4 ,que si cet homme faible1 dans une expdition militaire o il s'e/ engag1 ent5d dire que les ennemis sont pro*es1 il appelle ses compagnons de gu]re1 obs]ve leur cont5ance sur ce bruit qui c\rt1 leur dit qu'il e/ sans fondem5t1 et que les c\reurs n'ont pu disc]n] si ce qu'ils ont dc\v]t la campagne sont amis ou ennemis2 mais si l'on n'en peut plus d\t] p> les clameurs que l'on ent5d1 et s'il a vu lui-mme de lo9 le comm5cem5t du combat1 et que quelques hommes ai5t p>u tomb] ses yeux1 alors feignant que la prcipitation et le tumulte lui ont fait oubli] ses armes1 il c\rt les qurir dans sa t5te1 o il ca*e son pe s\s le *evet de son lit1 et emploie beauc\p de temps la *]*]1 p5dant que d'un autre ct son valet va p> ses ordres savoir des n\velles des ennemis1 obs]v] quelle r\te ils ont prise et o en sont les affaires2 et ds qu'il voit apport] au camp quelqu'un t\t sanglant d'une blessure qu'il a reue1 il acc\rt v]s lui1 le console et l'enc\rage1 tan*e le sang qui c\le de sa plaie1 *asse les m\*es qui l'importun5t1 ne lui refuse aucun sec\rs1 et se mle de t\t1 except de combattre4 ,si p5dant le temps qu'il e/ dans la *ambre du malade1 qu'il ne p]d pas de vue1 il ent5d la trompette qui sonne la *>ge3 ,ah6 dit-il avec imprcation1 puisses-tu tre p5du1 maudit sonneur qui cornes incessamm5t1 et fais un bruit enrag qui emp*e ce pauvre homme de dormir6 ,il arrive mme que t\t ple9 d'un sang qui n'e/ pas le si51 mais qui a rejailli sur lui de la plaie du bless1 il fait accroire ceux qui revi5n5t du combat qu'il a c\ru un gr& risque de sa vie p\r sauv] celle de son ami2 il conduit v]s lui ceux qui y pr5n5t intrt1 ou comme ses p>5ts1 ou p>ce qu'ils sont d'un mme pays1 et l il ne r\git pas de leur racont] qu& et de quelle manire il a tir cet homme des ennemis et l'a apport dans sa t5te4 ,des gr&s d'une rpublique ,la plus gr&e passion de ceux qui ont les premires places dans un tat populaire n'e/ pas le dsir du ga9 ou de l'accroissem5t de leurs rev5us1 mais une impati5ce de s'agr&ir et de se fond]1 s'il se p\vait1 une s\v]a9e puissance sur celle du peuple4 ,s'il s'e/ assembl p\r dlibr] qui des citoy5s il donn]a la commission d'aid] de ses so9s le premi] magi/rat dans la conduite d'une fte ou d'un spectacle1 cet homme ambitieux1 et tel que je vi5s de le df9ir1 se lve1 dem&e cet emploi1 et prote/e que nul autre ne peut si bi5 s'en acquitt]4 ,il n'appr\ve po9t la dom9ation de plusieurs1 et de t\s les v]s d',homre il n'a ret5u que celui-ci3 ,les peuples sont heureux qu& un seul les g\v]ne ,son langage le plus ord9aire e/ tel3 ,retirons-n\s de cette multitude qui n\s environne2 t5ons ensemble un conseil p>ticuli] o le peuple ne soit po9t admis2 essayons mme de lui f]m] le *em9 la magi/rature4 ,et s'il se laisse prv5ir contre une p]sonne d'une condition prive1 de qui il croie avoir reu quelque injure3 ,cela1 dit-il1 ne se peut s\ffrir1 et il faut que lui ou moi ab&onnions la ville4 ,v\s le voyez se prom5] dans la place1 sur le milieu du j\r1 avec les ongles propres1 la b>be et les *eveux en bon ordre1 rep\ss] firem5t ceux qui se tr\v5t sur ses pas1 dire avec *agr9 aux premi]s qu'il r5contre que la ville e/ un lieu o il n'y a plus moy5 de vivre1 qu'il ne peut plus t5ir contre l'horrible f\le des plaideurs1 ni support] plus longtemps les longueurs1 les cri]ies et les m5songes des avocats2 qu'il comm5ce avoir honte de se tr\v] assis1 dans une assemble publique ou sur les tribunaux1 auprs d'un homme mal habill1 sale1 et qui dgte1 et qu'il n'y a pas un seul de ces orateurs dv\s au peuple qui ne lui soit insupportable4 ,il aj\te que c'e/ ,?se qu'on peut appel] le premi] auteur de t\s ces maux2 et il fait de p>eils disc\rs aux trang]s qui arriv5t dans la ville1 comme ceux avec qui il sympa?ise de moeurs et de s5tim5ts4 ,d'une t>dive in/ruction ,il s'agit de dcrire quelques inconvni5ts o tomb5t ceux qui1 ayant mpris dans leur jeunesse les sci5ces et les ex]cices1 veul5t rp>] cette nglig5ce dans un ge avanc p> un travail s\v5t inutile4 ,a9si un vieill>d de soixante ans s'avise d'appr5dre des v]s p> coeur1 et de les rcit] table dans un fe/91 o1 la mmoire v5ant lui manqu]1 il a la confusion de demeur] c\rt4 ,une autre fois il appr5d de son propre fils les volutions qu'il faut faire dans les rangs droite ou gau*e1 le maniem5t des armes1 et quel e/ l'usage la gu]re de la lance et du b\cli]4 ,s'il monte un *eval que l'on lui a prt1 il le presse de l'p]on1 veut le mani]1 et lui faisant faire des voltes ou des c>acoles1 il tombe l\rdem5t et se casse la tte4 ,on le voit tantt1 p\r s'ex]c] au javelot1 le lanc] t\t un j\r contre l'homme de bois1 tantt tir] de l'arc et disput] avec son valet lequel des deux donn]a mieux dans un blanc avec des fl*es1 v\loir d'abord appr5dre de lui1 se mettre ensuite l'in/ruire et le corrig] comme s'il tait le plus habile4 ,enf9 se voyant t\t nu au sortir d'un ba91 il imite les po/ures d'un lutteur1 et p> le dfaut d'habitude1 il les fait de mauvaise grce1 et il s'agite d'une manire ridicule4 ,de la mdisance ,je df9is a9si la mdisance3 une p5te secrte de l'me p5s] mal de t\s les hommes1 laquelle se manife/e p> les p>oles2 et p\r ce qui conc]ne le mdisant1 voici ses moeurs4 ,si on l'int]roge sur quelque autre1 et que l'on lui dem&e quel e/ cet homme1 il fait d'abord sa gnalogie3 ,son pre1 dit-il1 s'appelait ,sosie1 que l'on a connu dans le s]vice et p>mi les tr\pes s\s le nom de ,sosi/rate2 il a t affran*i depuis ce temps1 et reu dans l'une des tribus de la ville2 p\r sa mre1 c'tait une noble ,?raci5ne1 c> les femmes de ,?race1 aj\te-t-il1 se piqu5t la plup>t d'une anci5ne noblesse3 celui-ci1 n de si honntes g5s1 e/ un sclrat et qui ne mrite que le gibet4 ,et ret\rnant la mre de cet homme qu'il pe9t avec de si belles c\leurs3 ,elle e/1 p\rsuit-il1 de ces femmes qui pi5t sur les gr&s *em9s les jeunes g5s au passage1 et qui p\r a9si dire les enlv5t et les raviss5t4 ,dans une compagnie o il se tr\ve quelqu'un qui p>le mal d'une p]sonne abs5te1 il relve la conv]sation3 ,je suis1 lui dit-il1 de votre s5tim5t3 cet homme m'e/ odieux1 et je ne le puis s\ffrir4 ,qu'il e/ insupportable p> sa physionomie6 ,y a-t-il un plus gr& fripon et des manires plus extravagantes8 ,savez-v\s combi5 il donne sa femme p\r la dp5se de *aque repas8 ,trois oboles1 et ri5 davantage2 et croiriez-v\s que dans les rigueurs de l'hiv] et au mois de dcembre il l'oblige de se lav] avec de l'eau froide8 ,si alors quelqu'un de ceux qui l'c\t5t se lve et se retire1 il p>le de lui presque dans les mmes t]mes4 ,nul de ses plus famili]s amis n'e/ p>gn2 les morts mmes dans le tombeau ne tr\v5t pas un asile contre sa mauvaise langue4 ,,les ,,c>act,,res ,,ou ,,les ,,moeurs ,,de ,,ce ,,si,,cle ,prface ,admon]e voluimus1 non mord]e2 prodesse1 non la$]e2 consul]e moribus hom9um1 non (fic]e4 rasme ,je r5ds au public ce qu'il m'a prt2 j'ai emprunt de lui la matire de cet ouvrage3 il e/ ju/e que1 l'ayant a*ev avec t\te l'att5tion p\r la vrit dont je suis capable1 et qu'il mrite de moi1 je lui en fasse la re/itution4 ,il peut reg>d] avec loisir ce portrait que j'ai fait de lui d'aprs nature1 et s'il se connat quelques-uns des dfauts que je t\*e1 s'en corrig]4 7,,iv7 ,c'e/ l'unique f9 que l'on doit se propos] en crivant1 et le succs aussi que l'on doit mo9s se promettre2 mais comme les hommes ne se dgt5t po9t du vice1 il ne faut pas aussi se lass] de leur repro*]3 ils s]ai5t peut-tre pires1 s'ils v5ai5t manqu] de c5seurs ou de critiques2 c'e/ ce qui fait que l'on pr*e et que l'on crit4 ,l'orateur et l'criva9 ne saurai5t va9cre la joie qu'ils ont d'tre applaudis2 mais ils devrai5t r\gir d'eux-mmes s'ils n'avai5t *]* p> leurs disc\rs ou p> leurs crits que des loges2 outre que l'approbation la plus sre et la mo9s quivoque e/ le *angem5t de moeurs et la r=mation de ceux qui les lis5t ou qui les c\t5t4 ,on ne doit p>l]1 on ne doit crire que p\r l'in/ruction2 et s'il arrive que l'on plaise1 il ne faut pas nanmo9s s'en rep5tir1 si cela s]t ins9u] et faire recevoir les vrits qui doiv5t in/ruire4 ,qu& donc il s'e/ gliss dans un livre quelques p5ses ou quelques rflexions qui n'ont ni le feu1 ni le t\r1 ni la vivacit des autres1 bi5 qu'elles sembl5t y tre admises p\r la v>it1 p\r dlass] l'esprit1 p\r le r5dre plus prs5t et plus att5tif ce qui va suivre1 mo9s que d'ailleurs elles ne soi5t s5sibles1 familires1 in/ructives1 accommodes au simple peuple1 qu'il n'e/ pas p]mis de nglig]1 le lecteur peut les condamn]1 et l'auteur les doit proscrire3 voil la rgle4 ,il y en a une autre1 et que j'ai intrt que l'on veuille suivre1 qui e/ de ne pas p]dre mon titre de vue1 et de p5s] t\j\rs1 et dans t\te la lecture de cet ouvrage1 que ce sont les c>actres ou les moeurs de ce sicle que je dcris2 7,,viii7 c> bi5 que je les tire s\v5t de la c\r de ,france et des hommes de ma nation1 on ne peut pas nanmo9s les re/re9dre une seule c\r1 ni les r5f]m] en un seul pays1 sans que mon livre ne p]de beauc\p de son t5due et de son utilit1 ne s'c>te du plan que je me suis fait d'y pe9dre les hommes en gnral1 comme des raisons qui entr5t dans l'ordre des *apitres et dans une c]ta9e suite ins5sible des rflexions qui les compos5t4 7,,iv7 ,aprs cette prcaution si ncessaire1 et dont on pntre assez les consqu5ces1 je crois p\voir prote/] contre t\t *agr91 t\te pla9te1 t\te maligne int]prtation1 t\te fausse application et t\te c5sure1 contre les froids plaisants et les lecteurs mal int5tionns3 7,v7 il faut savoir lire1 et ensuite se taire1 ou p\voir rapport] ce qu'on a lu1 et ni plus ni mo9s que ce qu'on a lu2 et si on le peut quelquefois1 ce n'e/ pas assez1 il faut encore le v\loir faire3 sans ces conditions1 qu'un auteur exact et scrupuleux e/ en droit d'exig] de c]ta9s esprits p\r l'unique rcomp5se de son travail1 je d\te qu'il doive cont9u] d'crire1 s'il prfre du mo9s sa propre satisfaction l'utilit de plusieurs et au zle de la vrit4 ,j'av\e d'ailleurs que j'ai balanc ds l'anne ,m4,,dc4,,lxxxx1 et avant la c9quime dition1 entre l'impati5ce de donn] mon livre plus de rondeur et une meilleure =me p> de n\veaux c>actres1 et la cra9te de faire dire quelques-uns3 ,ne f9iront-ils po9t1 ces ,c>actres1 et ne v]rons-n\s jamais autre *ose de cet criva98 ,des g5s sages me disai5t d'une "p3 ,la matire e/ solide1 utile1 agrable1 9puisable2 vivez longtemps1 et traitez-la sans int]ruption p5dant que v\s vivrez3 que p\rriez-v\s faire de mieux8 il n'y a po9t d'anne que les folies des hommes ne puiss5t v\s f\rnir un volume4 ,d'autres1 avec beauc\p de raison1 me faisai5t r$\t] les caprices de la multitude et la lgret du public1 de qui j'ai nanmo9s de si gr&s sujets d'tre cont5t1 et ne manquai5t pas de me suggr] que p]sonne presque depuis tr5te annes ne lisant plus que p\r lire1 il fallait aux hommes1 p\r les amus]1 de n\veaux *apitres et un n\veau titre2 que cette indol5ce avait rempli les b\tiques et peupl le monde1 depuis t\t ce temps1 de livres froids et ennuyeux1 d'un mauvais /yle et de nulle ress\rce1 sans rgles et sans la mo9dre ju/esse1 contraires aux moeurs et aux bi5sances1 crits avec prcipitation1 et lus de mme1 seulem5t p> leur n\veaut2 et que si je ne savais qu'augm5t] un livre raisonnable1 le mieux que je p\vais faire tait de me repos]4 ,je pris alors quelque *ose de ces deux avis si opposs1 et je g>dai un tempram5t qui les rappro*ait3 je ne feignis po9t d'aj\t] quelques n\velles rem>ques celles qui avai5t dj grossi du d\ble la premire dition de mon ouvrage2 mais af9 que le public ne ft po9t oblig de p>c\rir ce qui tait anci5 p\r pass] ce qu'il y avait de n\veau1 et qu'il tr\vt s\s ses yeux ce qu'il avait seulem5t envie de lire1 je pris so9 de lui dsign] cette seconde augm5tation p> une m>que p>ticulire2 je crus aussi qu'il ne s]ait pas inutile de lui di/+u] la premire augm5tation p> une autre plus simple1 qui s]vt lui montr] le progrs de mes ,c>actres1 et aid] son *oix dans la lecture qu'il en v\drait faire2 et comme il p\vait cra9dre que ce progrs n'allt l'inf9i1 j'aj\tais t\tes ces exactitudes une promesse s9cre de ne plus ri5 has>d] en ce g5re4 7,,vi7 ,que si quelqu'un m'accuse d'avoir manqu ma p>ole1 en insrant dans les trois ditions qui ont suivi un assez gr& nombre de n\velles rem>ques1 il v]ra du mo9s qu'en les confondant avec les anci5nes p> la suppression entire de ces diffr5ces qui se voi5t p> apo/ille1 j'ai mo9s p5s lui faire lire ri5 de n\veau qu' laiss] peut-tre un ouvrage de moeurs plus complet1 plus f9i1 et plus rguli]1 la po/rit4 7,i7 ,ce ne sont po9t au re/e des maximes que j'ai v\lu crire3 elles sont comme des lois dans la morale1 et j'av\e que je n'ai ni assez d'autorit ni assez de gnie p\r faire le lgislateur2 je sais mme que j'aurais p* contre l'usage des maximes1 qui veut qu' la manire des oracles elles soi5t c\rtes et concises4 ,quelques-unes de ces rem>ques le sont1 quelques autres sont plus t5dues3 on p5se les *oses d'une manire diffr5te1 et on les explique p> un t\r aussi t\t diffr5t1 p> une s5t5ce1 p> un raisonnem5t1 p> une mtaphore ou quelque autre figure1 p> un p>allle1 p> une simple comp>aison1 p> un fait t\t enti]1 p> un seul trait1 p> une description1 p> une pe9ture3 de l procde la longueur ou la brivet de mes rflexions4 ,ceux enf9 qui font des maximes veul5t tre crus3 je cons5s1 au contraire1 que l'on dise de moi que je n'ai pas quelquefois bi5 rem>qu1 p\rvu que l'on rem>que mieux1 r5ds au public ce qu'il m'a prt2 j'ai emprunt de lui la matire de cet ouvrage3 il e/ ju/e que1 l'ayant a*ev avec t\te l'att5tion p\r la vrit dont je suis capable1 et qu'il mrite de moi1 je lui en fasse la re/itution4 ,il peut reg>d] avec loisir ce portrait que j'ai fait de lui d'aprs nature1 et s'il se connat quelques-uns des dfauts que je t\*e1 s'en corrig]4 7,,iv7 ,c'e/ l'unique f9 que l'on doit se propos] en crivant1 et le succs aussi que l'on doit mo9s se promettre2 mais comme les hommes ne se dgt5t po9t du vice1 il ne faut pas aussi se lass] de leur repro*]3 ils s]ai5t peut-tre pires1 s'ils v5ai5t manqu] de c5seurs ou de critiques2 c'e/ ce qui fait que l'on pr*e et que l'on crit4 ,l'orateur et l'criva9 ne saurai5t va9cre la joie qu'ils ont d'tre applaudis2 mais ils devrai5t r\gir d'eux-mmes s'ils n'avai5t *]* p> leurs disc\rs ou p> leurs crits que des loges2 outre que l'approbation la plus sre et la mo9s quivoque e/ le *angem5t de moeurs et la r=mation de ceux qui les lis5t ou qui les c\t5t4 ,on ne doit p>l]1 on ne doit crire que p\r l'in/ruction2 et s'il arrive que l'on plaise1 il ne faut pas nanmo9s s'en rep5tir1 si cela s]t ins9u] et faire recevoir les vrits qui doiv5t in/ruire4 ,qu& donc il s'e/ gliss dans un livre quelques p5ses ou quelques rflexions qui n'ont ni le feu1 ni le t\r1 ni la vivacit des autres1 bi5 qu'elles sembl5t y tre admises p\r la v>it1 p\r dlass] l'esprit1 p\r le r5dre plus prs5t et plus att5tif ce qui va suivre1 mo9s que d'ailleurs elles ne soi5t s5sibles1 familires1 in/ructives1 accommodes au simple peuple1 qu'il n'e/ pas p]mis de nglig]1 le lecteur peut les condamn]1 et l'auteur les doit proscrire3 voil la rgle4 ,il y en a une autre1 et que j'ai intrt que l'on veuille suivre1 qui e/ de ne pas p]dre mon titre de vue1 et de p5s] t\j\rs1 et dans t\te la lecture de cet ouvrage1 que ce sont les c>actres ou les moeurs de ce sicle que je dcris2 7,,viii7 c> bi5 que je les tire s\v5t de la c\r de ,france et des hommes de ma nation1 on ne peut pas nanmo9s les re/re9dre une seule c\r1 ni les r5f]m] en un seul pays1 sans que mon livre ne p]de beauc\p de son t5due et de son utilit1 ne s'c>te du plan que je me suis fait d'y pe9dre les hommes en gnral1 comme des raisons qui entr5t dans l'ordre des *apitres et dans une c]ta9e suite ins5sible des rflexions qui les compos5t4 7,,iv7 ,aprs cette prcaution si ncessaire1 et dont on pntre assez les consqu5ces1 je crois p\voir prote/] contre t\t *agr91 t\te pla9te1 t\te maligne int]prtation1 t\te fausse application et t\te c5sure1 contre les froids plaisants et les lecteurs mal int5tionns3 7,v7 il faut savoir lire1 et ensuite se taire1 ou p\voir rapport] ce qu'on a lu1 et ni plus ni mo9s que ce qu'on a lu2 et si on le peut quelquefois1 ce n'e/ pas assez1 il faut encore le v\loir faire3 sans ces conditions1 qu'un auteur exact et scrupuleux e/ en droit d'exig] de c]ta9s esprits p\r l'unique rcomp5se de son travail1 je d\te qu'il doive cont9u] d'crire1 s'il prfre du mo9s sa propre satisfaction l'utilit de plusieurs et au zle de la vrit4 ,j'av\e d'ailleurs que j'ai balanc ds l'anne ,m4,,dc4,,lxxxx1 et avant la c9quime dition1 entre l'impati5ce de donn] mon livre plus de rondeur et une meilleure =me p> de n\veaux c>actres1 et la cra9te de faire dire quelques-uns3 ,ne f9iront-ils po9t1 ces ,c>actres1 et ne v]rons-n\s jamais autre *ose de cet criva98 ,des g5s sages me disai5t d'une "p3 ,la matire e/ solide1 utile1 agrable1 9puisable2 vivez longtemps1 et traitez-la sans int]ruption p5dant que v\s vivrez3 que p\rriez-v\s faire de mieux8 il n'y a po9t d'anne que les folies des hommes ne puiss5t v\s f\rnir un volume4 ,d'autres1 avec beauc\p de raison1 me faisai5t r$\t] les caprices de la multitude et la lgret du public1 de qui j'ai nanmo9s de si gr&s sujets d'tre cont5t1 et ne manquai5t pas de me suggr] que p]sonne presque depuis tr5te annes ne lisant plus que p\r lire1 il fallait aux hommes1 p\r les amus]1 de n\veaux *apitres et un n\veau titre2 que cette indol5ce avait rempli les b\tiques et peupl le monde1 depuis t\t ce temps1 de livres froids et ennuyeux1 d'un mauvais /yle et de nulle ress\rce1 sans rgles et sans la mo9dre ju/esse1 contraires aux moeurs et aux bi5sances1 crits avec prcipitation1 et lus de mme1 seulem5t p> leur n\veaut2 et que si je ne savais qu'augm5t] un livre raisonnable1 le mieux que je p\vais faire tait de me repos]4 ,je pris alors quelque *ose de ces deux avis si opposs1 et je g>dai un tempram5t qui les rappro*ait3 je ne feignis po9t d'aj\t] quelques n\velles rem>ques celles qui avai5t dj grossi du d\ble la premire dition de mon ouvrage2 mais af9 que le public ne ft po9t oblig de p>c\rir ce qui tait anci5 p\r pass] ce qu'il y avait de n\veau1 et qu'il tr\vt s\s ses yeux ce qu'il avait seulem5t envie de lire1 je pris so9 de lui dsign] cette seconde augm5tation p> une m>que p>ticulire2 je crus aussi qu'il ne s]ait pas inutile de lui di/+u] la premire augm5tation p> une autre plus simple1 qui s]vt lui montr] le progrs de mes ,c>actres1 et aid] son *oix dans la lecture qu'il en v\drait faire2 et comme il p\vait cra9dre que ce progrs n'allt l'inf9i1 j'aj\tais t\tes ces exactitudes une promesse s9cre de ne plus ri5 has>d] en ce g5re4 7,,vi7 ,que si quelqu'un m'accuse d'avoir manqu ma p>ole1 en insrant dans les trois ditions qui ont suivi un assez gr& nombre de n\velles rem>ques1 il v]ra du mo9s qu'en les confondant avec les anci5nes p> la suppression entire de ces diffr5ces qui se voi5t p> apo/ille1 j'ai mo9s p5s lui faire lire ri5 de n\veau qu' laiss] peut-tre un ouvrage de moeurs plus complet1 plus f9i1 et plus rguli]1 la po/rit4 7,i7 ,ce ne sont po9t au re/e des maximes que j'ai v\lu crire3 elles sont comme des lois dans la morale1 et j'av\e que je n'ai ni assez d'autorit ni assez de gnie p\r faire le lgislateur2 je sais mme que j'aurais p* contre l'usage des maximes1 qui veut qu' la manire des oracles elles soi5t c\rtes et concises4 ,quelques-unes de ces rem>ques le sont1 quelques autres sont plus t5dues3 on p5se les *oses d'une manire diffr5te1 et on les explique p> un t\r aussi t\t diffr5t1 p> une s5t5ce1 p> un raisonnem5t1 p> une mtaphore ou quelque autre figure1 p> un p>allle1 p> une simple comp>aison1 p> un fait t\t enti]1 p> un seul trait1 p> une description1 p> une pe9ture3 de l procde la longueur ou la brivet de mes rflexions4 ,ceux enf9 qui font des maximes veul5t tre crus3 je cons5s1 au contraire1 que l'on dise de moi que je n'ai pas quelquefois bi5 rem>qu1 p\rvu que l'on rem>que mieux4 ,des ouvrages de l'esprit #a 7,i7 ,t\t e/ dit1 et l'on vi5t trop t>d depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes et qui p5s5t4 ,sur ce qui conc]ne les moeurs1 le plus beau et le meilleur e/ enlev2 l'on ne fait que glan] aprs les anci5s et les habiles d'entre les mod]nes4 #b 7,i7 ,il faut *]*] seulem5t p5s] et p>l] ju/e1 sans v\loir am5] les autres notre gt et nos s5tim5ts2 c'e/ une trop gr&e entreprise4 #c 7,i7 ,c'e/ un mti] que de faire un livre1 comme de faire une p5dule3 il faut plus que de l'esprit p\r tre auteur4 ,un magi/rat allait p> son mrite la premire dignit1 il tait homme dli et pratique dans les affaires3 il a fait imprim] un ouvrage moral1 qui e/ r>e p> le ridicule4 #d 7,i7 ,il n'e/ pas si ais de se faire un nom p> un ouvrage p>fait1 que d'en faire valoir un mdiocre p> le nom qu'on s'e/ dj acquis4 #e 7,i7 ,un ouvrage satirique ou qui conti5t des faits1 qui e/ donn en feuilles s\s le manteau aux conditions d'tre r5du de mme1 s'il e/ mdiocre1 passe p\r m]veilleux2 l'impression e/ l'cueil4 #f 7,i7 ,si l'on te de beauc\p d'ouvrages de morale l'av]tissem5t au lecteur1 l'ptre ddicatoire1 la prface1 la table1 les approbations1 il re/e pe9e assez de pages p\r mrit] le nom de livre4 #g 7,i7 ,il y a de c]ta9es *oses dont la mdiocrit e/ insupportable3 la posie1 la musique1 la pe9ture1 le disc\rs public4 ,quel supplice que celui d'ent5dre dclam] pompeusem5t un froid disc\rs1 ou prononc] de mdiocres v]s avec t\te l'emphase d'un mauvais pote6 #h 7,v7 ,c]ta9s potes sont sujets1 dans le dramatique1 de longues suites de v]s pompeux1 qui sembl5t =ts1 levs1 et remplis de gr&s s5tim5ts4 ,le peuple c\te avidem5t1 les yeux levs et la b\*e ouv]te1 croit que cela lui plat1 et mesure qu'il y compr5d mo9s l'admire davantage2 il n'a pas le temps de respir]1 il a pe9e celui de se rcri] et d'applaudir4 ,j'ai cru autrefois1 et dans ma premire jeunesse1 que ces endroits tai5t clairs et intelligibles p\r les acteurs1 p\r le p>t]re et l'amphi?tre1 que leurs auteurs s'ent5dai5t eux-mmes1 et qu'avec t\te l'att5tion que je donnais leur rcit1 j'avais tort de n'y ri5 ent5dre3 je suis dtromp4 #i 7,i7 ,l'on n'a gure vu jusques prs5t un *ef-d'oeuvre d'esprit qui soit l'ouvrage de plusieurs3 ,homre a fait l',iliade1 ,virgile l'nide1 ,tite-,live ses ,dcades1 et l',orateur roma9 ses ,oraisons4 #aj 7,i7 ,il y a dans l'art un po9t de p]fection1 comme de bont ou de maturit dans la nature4 ,celui qui le s5t et qui l'aime a le gt p>fait2 celui qui ne le s5t pas1 et qui aime en de ou au del1 a le gt dfectueux4 ,il y a donc un bon et un mauvais gt1 et l'on dispute des gts avec fondem5t4 #aa 7,i7 ,il y a beauc\p plus de vivacit que de gt p>mi les hommes2 ou p\r mieux dire1 il y a peu d'hommes dont l'esprit soit accompagn d'un gt sr et d'une critique judicieuse4 #ab 7,i7 ,la vie des hros a enri*i l'hi/oire1 et l'hi/oire a embelli les actions des hros3 a9si je ne sais qui sont plus r$evables1 ou ceux qui ont crit l'hi/oire ceux qui leur en ont f\rni une si noble matire1 ou ces gr&s hommes leurs hi/ori5s4 #ac 7,i7 ,amas d'pi?tes1 mauvaises l\anges3 ce sont les faits qui l\5t1 et la manire de les racont]4 #ad 7,i7 ,t\t l'esprit d'un auteur consi/e bi5 df9ir et bi5 pe9dre4 ,mose1 ,homre1 ,platon1 ,virgile1 ,horace ne sont au-dessus des autres criva9s que p> leurs expressions et p> leurs images3 il faut exprim] le vrai p\r crire naturellem5t1 =tem5t1 dlicatem5t4 #ae 7,v7 ,on a d faire du /yle ce qu'on a fait de l'ar*itecture4 ,on a entirem5t ab&onn l'ordre go?ique1 que la b>b>ie avait introduit p\r les palais et p\r les temples2 on a rappel le dorique1 l'ionique et le cor9?i53 ce qu'on ne voyait plus que dans les ru9es de l'anci5ne ,rome et de la vieille ,grce1 dev5u mod]ne1 clate dans nos portiques et dans nos pri/yle4 ,de mme1 on ne saurait en crivant r5contr] le p>fait1 et s'il se peut1 surpass] les anci5s que p> leur imitation4 7,i7 ,combi5 de sicles se sont c\ls avant que les hommes1 dans les sci5ces et dans les arts1 ai5t pu rev5ir au gt des anci5s et repr5dre enf9 le simple et le naturel6 7,,iv7 ,on se n\rrit des anci5s et des habiles mod]nes1 on les presse1 on en tire le plus que l'on peut1 on en r5fle ses ouvrages2 et qu& enf9 l'on e/ auteur1 et que l'on croit m>*] t\t seul1 on s'lve contre eux1 on les maltraite1 semblable ces enfants drus et =ts d'un bon lait qu'ils ont suc1 qui batt5t leur n\rrice4 7,,iv7 ,un auteur mod]ne pr\ve ord9airem5t que les anci5s n\s sont infrieurs en deux manires1 p> raison et p> exemple3 il tire la raison de son gt p>ticuli]1 et l'exemple de ses ouvrages4 7,,iv7 ,il av\e que les anci5s1 quelque 9gaux et peu corrects qu'ils soi5t1 ont de beaux traits2 il les cite1 et ils sont si beaux qu'ils font lire sa critique4 7,,iv7 ,quelques habiles prononc5t en faveur des anci5s contre les mod]nes2 mais ils sont suspects et sembl5t jug] en leur propre cause1 tant leurs ouvrages sont faits sur le gt de l'antiquit3 on les rcuse4 #af 7,i7 ,l'on devrait aim] lire ses ouvrages ceux qui en sav5t assez p\r les corrig] et les e/im]4 7,,iv7 ,ne v\loir tre ni conseill ni corrig sur son ouvrage e/ un pdantisme4 7,,iv7 ,il faut qu'un auteur reoive avec une gale mode/ie les loges et la critique que l'ont fait de ses ouvrages4 #ag 7,i7 ,entre t\tes les diffr5tes expressions qui peuv5t r5dre une seule de nos p5ses1 il n'y en a qu'une qui soit la bonne4 ,on ne la r5contre pas t\j\rs en p>lant ou en crivant2 il e/ vrai nanmo9s qu'elle exi/e1 que t\t ce qui ne l'e/ po9t e/ faible1 et ne satisfait po9t un homme d'esprit qui veut se faire ent5dre4 ,un bon auteur1 et qui crit avec so91 pr\ve s\v5t que l'expression qu'il *]*ait depuis longtemps sans la connatre1 et qu'il a enf9 tr\ve1 e/ celle qui tait la plus simple1 la plus naturelle1 qui semblait devoir se prs5t] d'abord et sans ef=t4 ,ceux qui criv5t p> humeur sont sujets ret\*] leurs ouvrages3 comme elle n'e/ pas t\j\rs fixe1 et qu'elle v>ie en eux selon les occasions1 ils se refroidiss5t bi5tt p\r les expressions et les t]mes qu'ils ont le plus aims4 #ah 7,i7 ,la mme ju/esse d'esprit qui n\s fait crire de bonnes *oses n\s fait apprh5d] qu'elles ne le soi5t pas assez p\r mrit] d'tre lues4 ,un esprit mdiocre croit crire div9em5t2 un bon esprit croit crire raisonnablem5t4 #ai 7,i7 ,l'on m'a engag1 dit ,ari/e1 lire mes ouvrages ,zole3 je l'ai fait4 ,ils l'ont saisi d'abord et avant qu'il ait eu le loisir de les tr\v] mauvais2 il les a l\s mode/em5t en ma prs5ce1 et il ne les a pas l\s depuis devant p]sonne4 ,je l'excuse1 et je n'en dem&e pas davantage un auteur2 je le pla9s mme d'avoir c\t de belles *oses qu'il n'a po9t faites4 ,ceux qui p> leur condition se tr\v5t exempts de la jal\sie d'auteur1 ont ou des passions ou des beso9s qui les di/rai5t et les r5d5t froids sur les conceptions d'autrui3 p]sonne presque1 p> la disposition de son esprit1 de son coeur et de sa =tune1 n'e/ en tat de se livr] au plaisir que donne la p]fection d'un ouvrage4 #bj 7,i7 ,le plaisir de la critique n\s te celui d'tre vivem5t t\*s de trs belles *oses4 #ba 7,i7 ,bi5 des g5s vont jusques s5tir le mrite d'un manuscrit qu'on leur lit1 qui ne peuv5t se dcl>] en sa faveur1 jusques ce qu'ils ai5t vu le c\rs qu'il aura dans le monde p> l'impression1 ou quel s]a son sort p>mi les habiles3 ils ne has>d5t po9t leurs suffrages1 et ils veul5t tre ports p> la f\le et entrans p> la multitude4 ,ils dis5t alors qu'ils ont les premi]s appr\v cet ouvrage1 et que le public e/ de leur avis4 7,,vi7 ,ces g5s laiss5t *app] les plus belles occasions de n\s conva9cre qu'ils ont de la capacit et des lumires1 qu'ils sav5t jug]1 tr\v] bon ce qui e/ bon1 et meilleur ce qui e/ meilleur4 ,un bel ouvrage tombe entre leurs ma9s1 c'e/ un premi] ouvrage1 l'auteur ne s'e/ pas encore fait un gr& nom1 il n'a ri5 qui prvi5ne en sa faveur1 il ne s'agit po9t de faire sa c\r ou de flatt] les gr&s en applaudissant ses crits2 on ne v\s dem&e pas1 ,zlotes1 de v\s rcri]3 ,c'e/ un *ef-d'oeuvre de l'esprit2 l'humanit ne va pas plus lo92 c'e/ jusqu'o la p>ole huma9e peut s'lev]2 on ne jug]a l'av5ir du gt de quelqu'un qu' proportion qu'il en aura p\r cette pice2 phrase outres1 dgtantes1 qui s5t5t la p5sion ou l'abbaye1 nuisibles cela mme qui e/ l\able et qu'on veut l\]4 ,que ne disiez-v\s seulem5t3 ,voil un bon livre8 ,v\s le dites1 il e/ vrai1 avec t\te la ,france1 avec les trang]s comme avec vos compatriotes1 qu& il e/ imprim p> t\te l',europe et qu'il e/ traduit en plusieurs langues3 il n'e/ plus temps4 #bb 7,,iv7 ,quelques-uns de ceux qui ont lu un ouvrage en rapport5t c]ta9s traits dont ils n'ont pas compris le s5s1 et qu'ils altr5t encore p> t\t ce qu'ils y mett5t du leur2 et ces traits a9si corrompus et dfigurs1 qui ne sont autre *ose que leurs propres p5ses et leurs expressions1 ils les expos5t la c5sure1 s\ti5n5t qu'ils sont mauvais1 et t\t le monde convi5t qu'ils sont mauvais2 mais l'endroit de l'ouvrage que ces critiques croi5t cit]1 et qu'en effet ils ne cit5t po9t1 n'en e/ pas pire4 #bc 7,,iv7 ,que dites-v\s du livre d',h]modore8--,qu'il e/ mauvais1 rpond ,an?ime4--,qu'il e/ mauvais8--,qu'il e/ tel1 cont9ue-t-il1 que ce n'e/ pas un livre1 ou qui mrite du mo9s que le monde en p>le4--,mais l'avez-v\s lu8--,non1 dit ,an?ime4 ,que n'aj\te-t-il que ,fulvie et ,mlanie l'ont condamn sans l'avoir lu1 et qu'il e/ ami de ,fulvie et de ,mlanie8 #bd 7,,iv7 ,arsne1 du plus haut de son esprit1 contemple les hommes1 et dans l'loignem5t d'o il les voit1 il e/ comme effray de leur petitesse2 l\1 exalt1 et port jusqu'aux cieux p> de c]ta9es g5s qui se sont promis de s'admir] rciproquem5t1 il croit1 avec quelque mrite qu'il a1 possd] t\t celui qu'on peut avoir1 et qu'il n'aura jamais2 occup et rempli de ses sublimes ides1 il se donne pe9e le loisir de prononc] quelques oracles2 lev p> son c>actre au-dessus des jugem5ts huma9s1 il ab&onne aux mes communes le mrite d'une vie suivie et uni=me1 et il n'e/ responsable de ses incon/ances qu' ce c]cle d'amis qui les idoltr5t3 eux seuls sav5t jug]1 sav5t p5s]1 sav5t crire1 doiv5t crire2 il n'y a po9t d'autre ouvrage d'esprit si bi5 reu dans le monde1 et si univ]sellem5t gt des honntes g5s1 je ne dis pas qu'il veuille appr\v]1 mais qu'il daigne lire3 incapable d'tre corrig p> cette pe9ture qu'il ne lira po9t4 #be 7,,vi7 ,?ocr9e sait des *oses assez inutiles2 il a des s5tim5ts t\j\rs s+uli]s2 il e/ mo9s pr(ond que m?odique2 il n'ex]ce que sa mmoire2 il e/ ab/rait1 ddaigneux1 et il semble t\j\rs rire en lui-mme de ceux qu'il croit ne le valoir pas4 ,le has>d fait que je lui lis mon ouvrage1 il l'c\te4 ,e/-il lu1 il me p>le du si54 ,et du vtre1 me direz-v\s1 qu'en p5se-t-il8--,je v\s l'ai dj dit1 il me p>le du si54 #bf 7,,iv7 ,il n'y a po9t d'ouvrage si accompli qui ne fondt t\t enti] au milieu de la critique1 si son auteur v\lait en croire t\s les c5seurs qui t5t *acun l'endroit qui leur plat le mo9s4 #bg 7,,iv7 ,c'e/ une expri5ce faite que1 s'il se tr\ve dix p]sonnes qui effac5t d'un livre une expression ou un s5tim5t1 l'on en f\rnit aism5t un p>eil nombre qui les rclame4 ,ceux-ci s'cri5t3 ,p\rquoi supprim] cette p5se8 elle e/ neuve1 elle e/ belle1 et le t\r en e/ admirable2 et ceux-l affirm5t1 au contraire1 ou qu'ils aurai5t nglig cette p5se1 ou qu'ils lui aurai5t donn un autre t\r4 ,il y a un t]me1 dis5t les uns1 dans votre ouvrage1 qui e/ r5contr et qui pe9t la *ose au naturel2 il y a un mot1 dis5t les autres1 qui e/ has>d1 et qui d'ailleurs ne signifie pas assez ce que v\s v\lez peut-tre faire ent5dre2 et c'e/ du mme trait et du mme mot que t\s ces g5s s'expliqu5t a9si1 et t\s sont connaisseurs et pass5t p\r tels4 ,quel autre p>ti p\r un auteur1 que d'os] p\r lors tre de l'avis de ceux qui l'appr\v5t8 #bh 7,,iv7 ,un auteur srieux n'e/ pas oblig de remplir son esprit de t\tes les extravagances1 de t\tes les salets1 de t\s les mauvais mots que l'on peut dire1 et de t\tes les ineptes applications que l'on peut faire au sujet de quelques endroits de son ouvrage1 et encore mo9s de les supprim]4 ,il e/ conva9cu que quelque scrupuleuse exactitude que l'on ait dans sa manire d'crire1 la raill]ie froide des mauvais plaisants e/ un mal 9vitable1 et que les meilleures *oses ne leur s]v5t s\v5t qu' leur faire r5contr] une sottise4 #bi 7,,viii7 ,si c]ta9s esprits vifs et dcisifs tai5t crus1 ce s]ait encore trop que les t]mes p\r exprim] les s5tim5ts3 il faudrait leur p>l] p> signes1 ou sans p>l] se faire ent5dre4 ,quelque so9 qu'on apporte tre s]r et concis1 et quelque rputation qu'on ait d'tre tel1 ils v\s tr\v5t diffus4 ,il faut leur laiss] t\t suppler1 et n'crire que p\r eux seuls4 ,ils conoiv5t une priode p> le mot qui la comm5ce1 et p> une priode t\t un *apitre3 leur avez-v\s lu un seul endroit de l'ouvrage1 c'e/ assez1 ils sont dans le fait et ent5d5t l'ouvrage4 ,un tissu d'nigmes leur s]ait une lecture div]tissante2 et c'e/ une p]te p\r eux que ce /yle e/ropi qui les enlve soit r>e1 et que peu d'criva9s s'en accommod5t4 ,les comp>aisons tires d'un fleuve dont le c\rs1 quoique rapide1 e/ gal et uni=me1 ou d'un embrasem5t qui1 p\ss p> les v5ts1 s'p& au lo9 dans une =t o il consume les *nes et les p9s1 ne leur f\rniss5t aucune ide de l'loqu5ce4 ,montrez-leur un feu grgeois qui les surpr5ne1 ou un clair qui les bl\isse1 ils v\s quitt5t du bon et du beau4 ,quelle prodigieuse di/ance entre un bel ouvrage1 et un ouvrage p>fait ou rguli]6 ,je ne sais s'il s'en e/ encore tr\v de ce d]ni] g5re4 ,il e/ peut-tre mo9s difficile aux r>es gnies de r5contr] le gr& et le sublime1 que d'vit] t\te sorte de fautes4 ,le ,cid n'a eu qu'une voix p\r lui sa naissance1 qui a t celle de l'admiration2 il s'e/ vu plus =t que l'autorit et la politique1 qui ont t5t va9em5t de le dtruire2 il a runi en sa faveur des esprits t\j\rs p>tags d'op9ions et de s5tim5ts2 les gr&s et le peuple3 ils s'accord5t t\s le savoir de mmoire1 et prv5ir au ?tre les acteurs qui le rcit5t4 ,le ,cid enf9 e/ l'un des plus beaux pomes que l'on puisse faire2 et l'une des meilleurs critiques qui ai5t t faites sur aucun sujet e/ celle du ,cid4 #ca 7,,viii7 ,qu& une lecture v\s lve l'esprit1 et qu'elle v\s inspire des s5tim5ts nobles et c\rageux1 ne *]*ez pas une autre rgle p\r jug] l'ouvrage2 il e/ bon1 et fait de ma9 d'ouvri]4 #cb 7,,iv7 ,capys1 qui s'rige en juge du beau /yle et qui croit crire comme ,b\h\rs et ,rabut91 rsi/e la voix 7#gg7 du peuple1 et dit t\t seul que ,damis n'e/ pas un bon auteur4 ,damis cde la multitude1 et dit +num5t avec le public que ,capys e/ froid criva94 #cc 7,,iv7 ,le devoir du n\velli/e e/ de dire3 ,il y a un tel livre qui c\rt1 et qui e/ imprim *ez ,cramoisy en tel c>actre1 il e/ bi5 reli et en beau papi]1 il se v5d tant2 il doit savoir jusques l'enseigne du libraire qui le dbite3 sa folie e/ d'en v\loir faire la critique4 ,le sublime du n\velli/e e/ le raisonnem5t creux sur la politique4 ,le n\velli/e se c\*e le soir tranquillem5t sur une n\velle qui se corrompt la nuit1 et qu'il e/ oblig d'ab&onn] le mat9 son rveil4 #cd 7,,iv7 ,le philosophe consume sa vie obs]v] les hommes1 et il use ses esprits en dml] les vices et le ridicule2 s'il donne quelque t\r ses p5ses1 c'e/ mo9s p> une vanit d'auteur1 que p\r mettre une vrit qu'il a tr\ve dans t\t le j\r ncessaire p\r faire l'impression qui doit s]vir son desse94 ,quelques lecteurs croi5t nanmo9s le pay] avec usure1 s'ils dis5t magi/ralem5t qu'ils ont lu son livre1 et qu'il y a de l'esprit2 mais il leur r5voie t\s leurs loges1 qu'il n'a pas *]*s p> son travail et p> ses veilles4 ,il porte plus haut ses projets et agit p\r une f9 plus releve3 il dem&e des hommes un plus gr& et un plus r>e succs que les l\anges1 et mme que les rcomp5ses1 qui e/ de les r5dre meilleurs4 #ce 7,,iv7 ,les sots lis5t un livre1 et ne l'ent5d5t po9t2 les esprits mdiocres croi5t l'ent5dre p>faitem5t2 les gr&s esprits ne l'ent5d5t quelquefois pas t\t enti]3 ils tr\v5t obscur ce qui e/ obscur1 comme ils tr\v5t clair ce qui e/ clair2 les beaux esprits veul5t tr\v] obscur ce qui ne l'e/ po9t1 et ne pas ent5dre ce qui e/ =t intelligible4 #cf 7,,iv7 ,un auteur *]*e va9em5t se faire admir] p> son ouvrage4 ,les sots admir5t quelquefois1 mais ce sont des sots4 ,les p]sonnes d'esprit ont en eux les sem5ces de t\tes les vrits et de t\s les s5tim5ts1 ri5 ne leur e/ n\veau2 ils admir5t peu1 ils appr\v5t4 #cg 7,,iv7 ,je ne sais si l'on p\rra jamais mettre dans des lettres plus d'esprit1 plus de t\r1 plus d'agrm5t et plus de /yle que l'on en voit dans celles de ,balzac#b et de ,voiture2 elles sont vides de s5tim5ts qui n'ont rgn que depuis leur temps1 et qui doiv5t aux femmes leur naissance4 ,ce sexe va plus lo9 que le ntre dans ce g5re d'crire4 ,elles tr\v5t s\s leur plume des t\rs et des expressions qui s\v5t en n\s ne sont l'effet que d'un long travail et d'une pnible re*]*e2 elles sont heureuses dans le *oix des t]mes1 qu'elles plac5t si ju/e1 que t\t connus qu'ils sont1 ils ont le *>me de la n\veaut1 sembl5t tre faits seulem5t p\r l'usage o elles les mett5t2 il n'app>ti5t qu' elles de faire lire dans un seul mot t\t un s5tim5t1 et de r5dre dlicatem5t une p5se qui e/ dlicate2 elles ont un en*anem5t de disc\rs inimitable1 qui se suit naturellem5t1 et qui n'e/ li que p> le s5s4 ,si les femmes tai5t t\j\rs correctes1 j'os]ais dire que les lettres de quelques-unes d'entre elles s]ai5t peut-tre ce que n\s avons dans notre langue de mieux crit4 ,note3 #b ,jean-,l\is ,guez de ,balzac 7#aeig8--afed7 ,les entreti5s1 ,le ,pr9ce1 ,socrate *rti54 #ch 7,,iv7 ,il n'a manqu ,tr5ce que d'tre mo9s froid3 quelle puret1 quelle exactitude1 quelle politesse1 quelle lgance1 quels c>actres6 ,il n'a manqu ,molire que d'vit] le j>gon et le b>b>isme1 et d'crire purem5t3 quel feu1 quelle navet1 quelle s\rce de la bonne plaisant]ie1 quelle imitation des moeurs1 quelles images1 et quel flau du ridicule6 ,mais quel homme on aurait pu faire de ces deux comiques6 #ci 7,v7 ,j'ai lu ,malh]be et ,?ophile4 ,ils ont t\s deux connu la nature1 avec cette diffr5ce que le premi] d'un /yle ple9 et uni=me1 montre t\t la fois ce qu'elle a de plus beau et de plus noble1 de plus naf et de plus simple2 il en fait la pe9ture ou l'hi/oire4 ,l'autre1 sans *oix1 sans exactitude1 d'une plume libre et 9gale1 tantt *>ge ses descriptions1 s'appesantit sur les dtails3 il fait une anatomie2 tantt il fe9t1 il exagre1 il passe le vrai dans la nature3 il en fait le roman4 #dj 7,v7 ,rons>d et ,balzac ont eu1 *acun dans leur g5re1 assez de bon et de mauvais p\r =m] aprs eux de trs gr&s hommes en v]s et en prose4 #da 7,v7 ,m>ot1 p> son t\r et p> son /yle1 semble avoir crit depuis ,rons>d3 il n'y a gure1 entre ce premi] et n\s1 que la diffr5ce de quelques mots4 #db 7,v7 ,rons>d et les auteurs ses contempora9s ont plus nui au /yle qu'ils ne lui ont s]vi3 ils l'ont ret>d dans le *em9 de la p]fection2 ils l'ont expos la manqu] p\r t\j\rs et n'y plus rev5ir4 ,il e/ tonnant que les ouvrages de ,m>ot1 si naturels et si faciles1 n'ai5t su faire de ,rons>d1 d'ailleurs ple9 de v]ve et d'en?\siasme1 un plus gr& pote que ,rons>d et que ,m>ot2 et1 au contraire1 que ,belleau1 ,jodelle1 et du ,b>tas1 ai5t t sitt suivis d'un ,racan et d'un ,malh]be1 et que notre langue1 pe9e corrompue1 se soit vue rp>e4 #dc 7,v7 ,m>ot et ,rabelais sont inexcusables d'avoir sem l'ordure dans leurs crits3 t\s deux avai5t assez de gnie et de naturel p\r p\voir s'en pass]1 mme l'g>d de ceux qui *]*5t mo9s admir] qu' rire dans un auteur4 ,rabelais surt\t e/ incomprh5sible3 son livre e/ une nigme1 quoi qu'on veuille dire1 inexplicable2 c'e/ une *imre1 c'e/ le visage d'une belle femme avec des pi$s et une queue de s]p5t1 ou de quelque autre bte plus dif=me2 c'e/ un mon/rueux assemblage d'une morale f9e et +nieuse1 et d'une sale corruption4 ,o il e/ mauvais1 il passe bi5 lo9 au del du pire1 c'e/ le *>me de la canaille2 o il e/ bon1 il va jusques l'exquis et l'excell5t1 il peut tre le mets des plus dlicats4 #dd 7,v7 ,deux criva9s dans leurs ouvrages ont blm ,montaigne1 que je ne crois pas1 aussi bi5 qu'eux1 exempt de t\te sorte de blme3 il p>at que t\s deux ne l'ont e/im en nulle manire4 ,l'un ne p5sait pas assez p\r gt] un auteur qui p5se beauc\p2 l'autre p5se trop subtilem5t p\r s'accommod] de p5ses qui sont naturelles4 #de 7,v7 ,un /yle grave1 srieux1 scrupuleux1 va =t lo93 on lit ,amyot et ,coeffeteau2 lequel lit-on de leurs contempora9s8 ,balzac1 p\r les t]mes et p\r l'expression1 e/ mo9s vieux que ,voiture1 mais si ce d]ni]1 p\r le t\r1 p\r l'esprit et p\r le naturel2 n'e/ pas mod]ne1 et ne ressemble en ri5 nos criva9s1 c'e/ qu'il leur a t plus facile de le nglig] que de l'imit]2 et que le petit nombre de ceux qui c\r5t aprs lui ne peut l'atte9dre4 #df 7,i7 ,le ,h9999 ,g9999 e/ immdiatem5t au-dess\s de ri54 ,il y a bi5 d'autres ouvrages qui lui ressembl5t4 ,il y a autant d'inv5tion s'enri*ir p> un sot livre qu'il y a de sottise l'a*et]3 c'e/ ignor] le gt du peuple que de ne pas has>d] quelquefois de gr&es fadaises4 #dg 7,i7 ,l'on voit bi5 que l',opra e/ l'bau*e d'un gr& spectacle2 il en donne l'ide4 7,i7 ,je ne sais pas comm5t l',opra1 avec une musique si p>faite et une dp5se t\te royale1 a pu russir m'ennuy]4 7,i7 ,il y a des endroits dans l',opra qui laiss5t en dsir] d'autres2 il *appe quelquefois de s\hait] la f9 de t\t le spectacle3 c'e/ faute de ?tre1 d'action1 et de *oses qui intress5t4 7,,iv7 ,l',opra jusques ce j\r n'e/ pas un pome1 ce sont des v]s2 ni un spectacle1 depuis que les ma*9es ont disp>u p> le bon mnage d',amphion et de sa race3 c'e/ un conc]t1 ou ce sont des voix s\t5ues p> des in/rum5ts4 ,c'e/ pr5dre le *ange1 et cultiv] un mauvais gt1 que de dire1 comme l'on fait1 que la ma*9e n'e/ qu'un amusem5t d'enfants1 et qui ne convi5t qu'aux ,m>ionnettes2 elle augm5te et embellit la fiction1 s\ti5t dans les spectateurs cette d\ce illusion qui e/ t\t le plaisir du ?tre2 o elle jette encore le m]veilleux4 ,il ne faut po9t de vols1 ni de *>s1 ni de *angem5ts1 aux ,brnices et ,pnlope3 il en faut aux ,opras1 et le propre de ce spectacle e/ de t5ir les esprits1 les yeux et les oreilles dans un gal en*antem5t4 #dh 7,,iv7 ,ils ont fait le ?tre1 ces empresss1 les ma*9es1 les ballets1 les v]s1 la musique1 t\t le spectacle1 jusqu' la salle o s'e/ donn le spectacle1 j'ent5ds le toit et les quatre murs ds leurs fondem5ts4 ,qui d\te que la *asse sur l'eau1 l'en*antem5t de la ,table1 la m]veille du ,labyr9! ne soi5t encore de leur inv5tion8 ,j'en juge p> le m\vem5t qu'ils se donn5t1 et p> l'air cont5t dont ils s'applaudiss5t sur t\t le succs4 ,si je me trompe1 et qu'ils n'ai5t contribu en ri5 cette fte si sup]be1 si galante1 si longtemps s\t5ue1 et o un seul a suffi p\r le projet et p\r la dp5se1 j'admire deux *oses3 la tranquillit et le flegme de celui qui a t\t remu1 comme l'emb>ras et l'action de ceux qui n'ont ri5 fait4 #di 7,,iv7 ,les connaisseurs1 ou ceux qui se croi5t tels1 se donn5t voix dlibrative et dcisive sur les spectacles1 se cantonn5t aussi1 et se divis5t en des p>tis contraires1 dont *acun1 p\ss p> un t\t autre intrt que p> celui du public ou de l'quit1 admire un c]ta9 pome ou une c]ta9e musique1 et siffle t\t autre4 ,ils nuis5t galem5t1 p> cette *aleur df5dre leurs prv5tions1 et la faction oppose et leur propre cabale2 ils dc\rag5t p> mille contradictions les potes et les musici5s1 ret>d5t les progrs des sci5ces et des arts1 en leur tant le fruit qu'ils p\rrai5t tir] de l'mulation et de la lib]t qu'aurai5t plusieurs excell5ts matres de faire1 *acun dans leur g5re et selon leur gnie1 de trs bons ouvrages4 #ej 7,,iv7 ,d'o vi5t que l'on rit si librem5t au ?tre1 et que l'on a honte d'y pleur]8 ,e/-il mo9s dans la nature de s'att5drir sur le pitoyable que d'clat] sur le ridicule8 ,e/-ce l'altration des traits qui n\s reti5t8 ,elle e/ plus gr&e dans un ris immodr que dans la plus amre d\leur1 et l'on dt\rne son visage p\r rire comme p\r pleur] en la prs5ce des gr&s et de t\s ceux que l'on respecte4 ,e/-ce une pe9e que l'on s5t laiss] voir que l'on e/ t5dre1 et m>qu] quelque faiblesse1 surt\t en un sujet faux1 et dont il semble que l'on soit la dupe8 ,mais sans cit] les p]sonnes graves ou les esprits =ts qui tr\v5t du faible dans un ris excessif comme dans les pleurs1 et qui se les df5d5t galem5t1 qu'att5d-on d'une scne tragique8 qu'elle fasse rire8 ,et d'ailleurs la vrit n'y rgne-t-elle pas aussi vivem5t p> ses images que dans le comique8 l'me ne va-t-elle pas jusqu'au vrai dans l'un et l'autre g5re avant que de s'm\voir8 e/-elle mme si aise cont5t]8 ne lui faut-il pas encore le vraisemblable8 ,comme donc ce n'e/ po9t une *ose biz>re d'ent5dre s'lev] de t\t un amphi?tre un ris univ]sel sur quelque endroit d'une comdie1 et que cela suppose au contraire qu'il e/ plaisant et trs navem5t excut1 aussi l'extrme viol5ce que *acun se fait contra9dre ses l>mes1 et le mauvais ris dont on veut les c\vrir pr\v5t clairem5t que l'effet naturel du gr& tragique s]ait de pleur] t\s fran*em5t et de conc]t la vue l'un de l'autre1 et sans autre emb>ras que d'essuy] ses l>mes1 outre qu'aprs tre conv5u de s'y ab&onn]1 on pr\v]ait encore qu'il y a s\v5t mo9s lieu de cra9dre de pleur] au ?tre que de s'y morfondre4 #ea 7,,vi7 ,le pome tragique v\s s]re le coeur ds son comm5cem5t1 v\s laisse pe9e dans t\t son progrs la lib]t de respir] et le temps de v\s remettre1 ou s'il v\s donne quelque rel*e1 c'e/ p\r v\s replong] dans de n\veaux abmes et dans de n\velles al>mes4 ,il v\s conduit la t]reur p> la piti1 ou rciproquem5t la piti p> le t]rible1 v\s mne p> les l>mes1 p> les sanglots1 p> l'inc]titude1 p> l'esprance1 p> la cra9te1 p> les surprises et p> l'horreur jusqu' la cata/rophe4 ,ce n'e/ donc pas un tissu de jolis s5tim5ts1 de dcl>ations t5dres1 d'entreti5s galants1 de portraits agrables1 de mots d\c]eux1 ou quelquefois assez plaisants p\r faire rire1 suivi la vrit d'une d]nire scne o les mut9s n'ent5d5t aucune raison1 et o1 p\r la bi5sance1 il y a enf9 du sang rp&u1 et quelque malheureux qui il en cote la vie4 #eb 7,v7 ,ce n'e/ po9t assez que les moeurs du ?tre ne soi5t po9t mauvaises1 il faut encore qu'elles soi5t dc5tes et in/ructives4 ,il peut y avoir un ridicule si bas et si grossi]1 ou mme si fade et si indiffr5t1 qu'il n'e/ ni p]mis au pote d'y faire att5tion1 ni possible aux spectateurs de s'en div]tir4 ,le paysan ou l'ivrogne f\rnit quelques scnes un f>ceur2 il n'entre qu' pe9e dans le vrai comique3 comm5t p\rrait-il faire le fond ou l'action pr9cipale de la comdie8 ,ces c>actres1 dit-on1 sont naturels4 ,a9si1 p> cette rgle1 on occup]a bi5tt t\t l'amphi?tre d'un laquais qui siffle1 d'un malade dans sa g>de-robe1 d'un homme ivre qui dort ou qui vomit3 y a-t-il ri5 de plus naturel8 ,c'e/ le propre d'un effm9 de se lev] t>d1 de pass] une p>tie du j\r sa toilette1 de se voir au miroir1 de se p>fum]1 de se mettre des m\*es1 de recevoir des billets et d'y faire rponse4 ,mettez ce rle sur la scne4 ,plus longtemps v\s le f]ez dur]1 un acte1 deux actes1 plus il s]a naturel et con=me son orig9al2 mais plus aussi il s]a froid et insipide4 #ec 7,i7 ,il semble que le roman et la comdie p\rrai5t tre aussi utiles qu'ils sont nuisibles4 ,l'on y voit de si gr&s exemples de con/ance1 de v]tu1 de t5dresse et de ds9tressem5t1 de si beaux et de si p>faits c>actres1 que qu& une jeune p]sonne jette de l sa vue sur t\t ce qui l'ent\re1 ne tr\vant que des sujets indignes et =t au-dess\s de ce qu'elle vi5t d'admir]1 je m'tonne qu'elle soit capable p\r eux de la mo9dre faiblesse4 #ed 7,i7 ,corneille ne peut tre gal dans les endroits o il excelle3 il a p\r lors un c>actre orig9al et inimitable2 mais il e/ 9gal4 ,ses premires comdies sont s*es2 languissantes1 et ne laissai5t pas espr] qu'il dt ensuite all] si lo92 comme ses d]nires font qu'on s'tonne qu'il ait pu tomb] de si haut4 ,dans quelques-unes de ses meilleures pices1 il y a des fautes inexcusables contre les moeurs1 un /yle de dclamateur qui arrte l'action et la fait languir1 des nglig5ces dans les v]s et dans l'expression qu'on ne peut compr5dre en un si gr& homme4 ,ce qu'il y a eu en lui de plus m95t1 c'e/ l'esprit1 qu'il avait sublime1 auquel il a t r$evable de c]ta9s v]s1 les plus heureux qu'on ait jamais lus ailleurs1 de la conduite de son ?tre1 qu'il a quelquefois has>de contre les rgles des anci5s1 et enf9 de ses dn\em5ts2 c> il ne s'e/ pas t\j\rs assujetti au gt des ,grecs et leur gr&e simplicit3 il a aim au contraire *>g] la scne d'vnem5ts dont il e/ presque t\j\rs sorti avec succs2 admirable surt\t p> l'extrme v>it et le peu de rapport qui se tr\ve p\r le desse9 entre un si gr& nombre de pomes qu'il a composs4 ,il semble qu'il y ait plus de ressemblance dans ceux de ,rac9e1 et qui t5d5t un peu plus une mme *ose2 mais il e/ gal1 s\t5u1 t\j\rs le mme p>t\t1 soit p\r le desse9 et la conduite de ses pices1 qui sont ju/es1 rgulires1 prises dans le bon s5s et dans la nature1 soit p\r la v]sification1 qui e/ correcte1 ri*e dans ses rimes1 lgante1 nombreuse1 h>monieuse3 exact imitateur des anci5s1 dont il a suivi scrupuleusem5t la nettet et la simplicit de l'action2 qui le gr& et le m]veilleux n'ont pas mme manqu1 a9si qu' ,corneille1 ni le t\*ant ni le pa?tique4 ,quelle plus gr&e t5dresse que celle qui e/ rp&ue dans t\t le ,cid1 dans ,polyeucte et dans les ,horaces8 ,quelle gr&eur ne se rem>que po9t en ,mi?ridate1 en ,porus et en ,burrhus8 ,ces passions encore favorites des anci5s1 que les tragiques aimai5t excit] sur les ?tres1 et qu'on nomme la t]reur et la piti1 ont t connues de ces deux potes4 ,ore/e1 dans l',&romaque de ,rac9e1 et ,phdre du mme auteur1 comme l',o$ipe et les ,horaces de ,corneille1 en sont la preuve4 ,si cep5dant il e/ p]mis de faire entre eux quelque comp>aison1 et les m>qu] l'un et l'autre p> ce qu'ils ont eu de plus propre et p> ce qui clate le plus ord9airem5t dans leurs ouvrages1 peut-tre qu'on p\rrait p>l] a9si3 ,corneille n\s assujettit ses c>actres et ses ides1 ,rac9e se con=me aux ntres2 celui-l pe9t les hommes comme ils devrai5t tre1 celui-ci les pe9t tels qu'ils sont4 ,il y a plus dans le premi] de ce que l'on admire1 et de ce que l'on doit mme imit]2 il y a plus dans le second de ce que l'on reconnat dans les autres1 ou de ce que l'on pr\ve dans soi-mme4 ,l'un lve1 tonne1 matrise1 in/ruit2 l'autre plat1 remue1 t\*e1 pntre4 ,ce qu'il y a de plus beau1 de plus noble et de plus imprieux dans la raison1 e/ mani p> le premi]2 et p> l'autre1 ce qu'il y a de plus flatteur et de plus dlicat dans la passion4 ,ce sont dans celui-l des maximes1 des rgles1 des prceptes2 et dans celui-ci1 du gt et des s5tim5ts4 ,l'on e/ plus occup aux pices de ,corneille2 l'on e/ plus branl et plus att5dri celles de ,rac9e4 ,corneille e/ plus moral1 ,rac9e plus naturel4 ,il semble que l'un imite ,sophocle1 et que l'autre doit plus ,euripide4 #ee 7,i7 ,le peuple appelle loqu5ce la facilit que quelques-uns ont de p>l] seuls et longtemps1 jo9te l'emportem5t du ge/e1 l'clat de la voix1 et la =ce des p\mons4 ,les pdants ne l'admett5t aussi que dans le disc\rs oratoire1 et ne la di/+u5t pas de l'entassem5t des figures1 de l'usage des gr&s mots1 et de la rondeur des priodes4 7,i7 ,il semble que la logique e/ l'art de conva9cre de quelque vrit2 et l'loqu5ce un don de l'me1 lequel n\s r5d matres du coeur et de l'esprit des autres2 qui fait que n\s leur inspirons ou que n\s leur p]suadons t\t ce qui n\s plat4 7,i7 ,l'loqu5ce peut se tr\v] dans les entreti5s et dans t\t g5re d'crire4 ,elle e/ r>em5t o on la *]*e1 et elle e/ quelquefois o on ne la *]*e po9t4 7,,iv7 ,l'loqu5ce e/ au sublime ce que le t\t e/ sa p>tie4 7,,iv7 ,qu'e/-ce que le sublime8 ,il ne p>at pas qu'on l'ait df9i4 ,e/-ce une figure8 ,nat-il des figures1 ou du mo9s de quelques figures8 ,t\t g5re d'crire reoit-il le sublime1 ou s'il n'y a que les gr&s sujets qui en soi5t capables8 ,peut-il brill] autre *ose dans l'glogue qu'un beau naturel1 et dans les lettres familires comme dans les conv]sations qu'une gr&e dlicatesse8 ou plutt le naturel et le dlicat ne sont-ils pas le sublime des ouvrages dont ils font la p]fection8 ,qu'e/-ce que le sublime8 ,o entre le sublime8 7,,iv7 ,les synonymes sont plusieurs dictions ou plusieurs phrases diffr5tes qui signifi5t une mme *ose4 ,l'anti?se e/ une opposition de deux vrits qui se donn5t du j\r l'une l'autre4 ,la mtaphore ou la comp>aison emprunte1 d'une *ose trangre une image s5sible et naturelle d'une vrit4 ,l'hyp]bole exprime au del de la vrit p\r ram5] l'esprit la mieux connatre4 ,le sublime ne pe9t que la vrit1 mais en un sujet noble2 il la pe9t t\t entire1 dans sa cause et dans son effet2 il e/ l'expression ou l'image la plus digne de cette vrit4 ,les esprits mdiocres ne tr\v5t po9t l'unique expression1 et us5t de synonymes4 ,les jeunes g5s sont bl\is de l'clat de l'anti?se1 et s'en s]v5t4 ,les esprits ju/es1 et qui aim5t faire des images qui soi5t prcises1 donn5t naturellem5t dans la comp>aison et la mtaphore4 ,les esprits vifs1 ple9s de feu1 et qu'une va/e imag9ation emporte hors des rgles et de la ju/esse1 ne peuv5t s'ass\vir de l'hyp]bole4 ,p\r le sublime1 il n'y a1 mme entre les gr&s gnies1 que les plus levs qui en soi5t capables4 #ef 7,,vii7 ,t\t criva91 p\r crire nettem5t1 doit se mettre la place de ses lecteurs1 exam9] son propre ouvrage comme quelque *ose qui lui e/ n\veau1 qu'il lit p\r la premire fois1 o il n'a nulle "p1 et que l'auteur aurait s\mis sa critique2 et se p]suad] ensuite qu'on n'e/ pas ent5du seulem5t cause que l'on s'ent5d soi-mme1 mais p>ce qu'on e/ en effet intelligible4 #eg 7,,iv7 ,l'on n'crit que p\r tre ent5du2 mais il faut du mo9s en crivant faire ent5dre de belles *oses4 ,l'on doit avoir une diction pure1 et us] de t]mes qui soi5t propres1 il e/ vrai2 mais il faut que ces t]mes si propres exprim5t des p5ses nobles1 vives1 solides1 et qui r5f]m5t un trs beau s5s4 ,c'e/ faire de la puret et de la cl>t du disc\rs un mauvais usage que de les faire s]vir une matire aride1 infructueuse1 qui e/ sans sel1 sans utilit1 sans n\veaut4 ,que s]t aux lecteurs de compr5dre aism5t et sans pe9e des *oses frivoles et puriles1 quelquefois fades et communes1 et d'tre mo9s inc]ta9s de la p5se d'un auteur qu'ennuys de son ouvrage8 ,si l'on jette quelque pr(ondeur dans c]ta9s crits1 si l'on affecte une f9esse de t\r1 et quelquefois une trop gr&e dlicatesse1 ce n'e/ que p> la bonne op9ion qu'on a de ses lecteurs4 #eh 7,,iv7 ,l'on a cette incommodit essuy] dans la lecture des livres faits p> des g5s de p>ti et de cabale1 que l'on n'y voit pas t\j\rs la vrit4 ,les faits y sont dguiss1 les raisons rciproques n'y sont po9t rapportes dans t\te leur =ce1 ni avec une entire exactitude2 et1 ce qui use la plus longue pati5ce1 il faut lire un gr& nombre de t]mes durs et injurieux que se dis5t des hommes graves1 qui d'un po9t de doctr9e ou d'un fait conte/ se font une qu]elle p]sonnelle4 ,ces ouvrages ont cela de p>ticuli] qu'ils ne mrit5t ni le c\rs prodigieux qu'ils ont p5dant un c]ta9 temps1 ni le pr(ond oubli o ils tomb5t lorsque1 le feu et la division v5ant s'te9dre1 ils devi5n5t des almana*s de l'autre anne4 #ei 7,,vii7 ,la gloire ou le mrite de c]ta9s hommes e/ de bi5 crire2 et de quelques autres1 c'e/ de n'crire po9t4 #fj 7,,iv7 ,l'on crit rgulirem5t depuis v+t annes2 l'on e/ esclave de la con/ruction2 l'on a enri*i la langue de n\veaux mots1 sec\ le j\g du lat9isme1 et rduit le /yle la phrase purem5t franaise2 l'on a presque retr\v le nombre que ,malh]be et ,balzac avai5t les premi]s r5contr1 et que tant d'auteurs depuis eux ont laiss p]dre2 l'on a mis enf9 dans le disc\rs t\t l'ordre et t\te la nettet dont il e/ capable3 cela conduit ins5siblem5t y mettre de l'esprit4 #fa 7,,iv7 ,il y a des artisans ou des habiles dont l'esprit e/ aussi va/e que l'art et la sci5ce qu'ils pr(ess5t2 ils lui r5d5t avec avantage1 p> le gnie et p> l'inv5tion1 ce qu'ils ti5n5t d'elle et de ses pr9cipes2 ils sort5t de l'art p\r l'ennoblir1 s'c>t5t des rgles si elles ne les conduis5t pas au gr& et au sublime2 ils m>*5t seuls et sans compagnie1 mais ils vont =t haut et pntr5t =t lo91 t\j\rs srs et confirms p> le succs des avantages que l'on tire quelquefois de l'irrgul>it4 ,les esprits ju/es1 d\x1 modrs1 non seulem5t ne les atteign5t pas1 ne les admir5t pas1 mais ils ne les compr5n5t po9t1 et v\drai5t encore mo9s les imit]2 ils demeur5t tranquilles dans l't5due de leur sphre1 vont jusques un c]ta9 po9t qui fait les bornes de leur capacit et de leurs lumires2 ils ne vont pas plus lo91 p>ce qu'ils ne voi5t ri5 au del2 ils ne peuv5t au plus qu'tre les premi]s d'une seconde classe1 et excell] dans le mdiocre4 #fb 7,v7 ,il y a des esprits1 si je l'ose dire1 infrieurs et subalt]nes1 qui ne sembl5t faits que p\r tre le recueil1 le regi/re1 ou le magas9 de t\tes les productions des autres gnies3 ils sont plagiaires1 traducteurs1 compilateurs2 ils ne p5s5t po9t1 ils dis5t ce que les auteurs ont p5s2 et comme le *oix des p5ses e/ inv5tion1 ils l'ont mauvais1 peu ju/e1 et qui les dt]m9e plutt rapport] beauc\p de *oses1 que d'excell5tes *oses2 ils n'ont ri5 d'orig9al et qui soit eux2 ils ne sav5t que ce qu'ils ont appris1 et ils n'appr5n5t que ce que t\t le monde veut bi5 ignor]1 une sci5ce aride1 dnue d'agrm5t et d'utilit1 qui ne tombe po9t dans la conv]sation1 qui e/ hors de comm]ce1 semblable une monnaie qui n'a po9t de c\rs3 on e/ t\t la fois tonn de leur lecture et ennuy de leur entreti5 ou de leurs ouvrages4 ,ce sont ceux que les gr&s et le vulgaire confond5t avec les savants1 et que les sages r5voi5t au pdantisme4 #fc 7,,vii7 ,la critique s\v5t n'e/ pas une sci5ce2 c'e/ un mti]1 o il faut plus de sant que d'esprit1 plus de travail que de capacit1 plus d'habitude que de gnie4 ,si elle vi5t d'un homme qui ait mo9s de disc]nem5t que de lecture1 et qu'elle s'ex]ce sur de c]ta9s *apitres1 elle corrompt et les lecteurs et l'criva94 #fd 7,,vi7 ,je conseille un auteur n copi/e1 et qui a l'extrme mode/ie de travaill] d'aprs quelqu'un1 de ne se *oisir p\r exemplaires que ces sortes d'ouvrages o il entre de l'esprit1 de l'imag9ation1 ou mme de l'rudition3 s'il n'atte9t pas ses orig9aux1 du mo9s il en appro*e1 et il se fait lire4 ,il doit au contraire vit] comme un cueil de v\loir imit] ceux qui criv5t p> humeur1 que le coeur fait p>l]1 qui il inspire les t]mes et les figures1 et qui tir5t1 p\r a9si dire1 de leurs entrailles t\t ce qu'ils exprim5t sur le papi]3 dang]eux modles et t\t propres faire tomb] dans le froid1 dans le bas et dans le ridicule ceux qui s'+r5t de les suivre4 ,en effet1 je rirais d'un homme qui v\drait srieusem5t p>l] mon ton de voix1 ou me ressembl] de visage4 #fe 7,i7 ,un homme n *rti5 et ,franais se tr\ve contra9t dans la satire2 les gr&s sujets lui sont df5dus3 il les entame quelquefois1 et se dt\rne ensuite sur de petites *oses1 qu'il relve p> la beaut de son gnie et de son /yle4 #ff 7,i7 ,il faut vit] le /yle va9 et puril1 de peur de ressembl] ,dorilas et ,h&burg3 l'on peut au contraire en une sorte d'crits has>d] de c]ta9es expressions1 us] de t]mes transposs et qui peign5t vivem5t1 et pla9dre ceux qui ne s5t5t pas le plaisir qu'il y a s'en s]vir ou les ent5dre4 #fg 7,i7 ,celui qui n'a g>d en crivant qu'au gt de son sicle songe plus sa p]sonne qu' ses crits3 il faut t\j\rs t5dre la p]fection1 et alors cette ju/ice qui n\s e/ quelquefois refuse p> nos contempora9s1 la po/rit sait n\s la r5dre4 #fh 7,i7 ,il ne faut po9t mettre un ridicule o il n'y en a po9t3 c'e/ se gt] le gt1 c'e/ corrompre son jugem5t et celui des autres2 mais le ridicule qui e/ quelque "p1 il faut l'y voir1 l'en tir] avec grce1 et d'une manire qui plaise et qui in/ruise4 #fi 7,i7 ,horace ou ,despraux l'a dit avant v\s4--,je le crois sur votre p>ole2 mais je l'ai dit comme mi54 ,ne puis-je pas p5s] aprs eux une *ose vraie1 et que d'autres encore p5s]ont aprs moi8 ,du mrite p]sonnel #a 7,i7 ,qui peut1 avec les plus r>es tal5ts et le plus excell5t mrite1 n'tre pas conva9cu de son inutilit1 qu& il considre qu'il laisse en m\rant un monde qui ne se s5t pas de sa p]te1 et o tant de g5s se tr\v5t p\r le remplac]8 #b 7,i7 ,de bi5 des g5s il n'y a que le nom qui vaille quelque *ose4 ,qu& v\s les voyez de =t prs1 c'e/ mo9s que ri52 de lo91 ils impos5t4 #c 7,,vi7 ,t\t p]suad que je suis que ceux que l'on *oisit p\r de diffr5ts emplois1 *acun selon son gnie et sa pr(ession1 font bi51 je me has>de de dire qu'il se peut faire qu'il y ait au monde plusieurs p]sonnes1 connues ou inconnues1 que l'on n'emploie pas1 qui f]ai5t trs bi52 et je suis induit ce s5tim5t p> le m]veilleux succs de c]ta9es g5s que le has>d seul a placs1 et de qui jusques alors on n'avait pas att5du de =t gr&es *oses4 7,i7 ,combi5 d'hommes admirables1 et qui avai5t de trs beaux gnies1 sont morts sans qu'on en ait p>l6 ,combi5 viv5t encore dont on ne p>le po9t1 et dont on ne p>l]a jamais6 #d 7,i7 ,quelle horrible pe9e a un homme qui e/ sans prneurs et sans cabale1 qui n'e/ engag dans aucun corps1 mais qui e/ seul1 et qui n'a que beauc\p de mrite p\r t\te recomm&ation1 de se faire j\r trav]s l'obscurit o il se tr\ve1 et de v5ir au niveau d'un fat qui e/ en crdit6 #e 7,i7 ,p]sonne presque ne s'avise de lui-mme du mrite d'un autre4 ,les hommes sont trop occups d'eux-mmes p\r avoir le loisir de pntr] ou de disc]n] les autres2 de l vi5t qu'avec un gr& mrite et une plus gr&e mode/ie l'on peut tre longtemps ignor4 #f 7,i7 ,le gnie et les gr&s tal5ts manqu5t s\v5t1 quelquefois aussi les seules occasions3 tels peuv5t tre l\s de ce qu'ils ont fait1 et tels de ce qu'ils aurai5t fait4 #g 7,,iv7 ,il e/ mo9s r>e de tr\v] de l'esprit que des g5s qui se s]v5t du leur1 ou qui fass5t valoir celui des autres et le mett5t quelque usage4 #h 7,,vi7 ,il y a plus d'outils que d'ouvri]s1 et de ces d]ni]s plus de mauvais que d'excell5ts2 que p5sez-v\s de celui qui veut sci] avec un rabot1 et qui pr5d sa scie p\r rabot]8 #i 7,i7 ,il n'y a po9t au monde un si pnible mti] que celui de se faire un gr& nom3 la vie s'a*ve que l'on a pe9e bau* son ouvrage4 #aj 7,v7 ,que faire d'gsippe1 qui dem&e un emploi8 ,le mettra-t-on dans les f9ances1 ou dans les tr\pes8 ,cela e/ indiffr5t1 et il faut que ce soit l'intrt seul qui en dcide2 c> il e/ aussi capable de mani] de l'arg5t1 ou de dress] des comptes1 que de port] les armes4 ,il e/ propre t\t1 dis5t ses amis1 ce qui signifie t\j\rs qu'il n'a pas plus de tal5t p\r une *ose que p\r une autre1 ou en d'autres t]mes1 qu'il n'e/ propre ri54 ,a9si la plup>t des hommes occups d'eux seuls dans leur jeunesse1 corrompus p> la p>esse ou p> le plaisir1 croi5t faussem5t dans un ge plus avanc qu'il leur suffit d'tre inutiles ou dans l'indig5ce1 af9 que la rpublique soit engage les plac] ou les sec\rir2 et ils pr(it5t r>em5t de cette leon si importante1 que les hommes devrai5t employ] les premires annes de leur vie dev5ir tels p> leurs tudes et p> leur travail que la rpublique elle-mme et beso9 de leur indu/rie et de leurs lumires1 qu'ils fuss5t comme une pice ncessaire t\t son difice1 et qu'elle se tr\vt porte p> ses propres avantages faire leur =tune ou l'embellir4 ,n\s devons travaill] n\s r5dre trs dignes de quelque emploi3 le re/e ne n\s reg>de po9t1 c'e/ l'affaire des autres4 #aa 7,,vii7 ,se faire valoir p> des *oses qui ne dp5d5t po9t des autres1 mais de soi seul1 ou r5onc] se faire valoir3 maxime ine/imable et d'une ress\rce inf9ie dans la pratique1 utile aux faibles1 aux v]tueux1 ceux qui ont de l'esprit1 qu'elle r5d matres de leur =tune ou de leur repos3 p]nicieuse p\r les gr&s1 qui dim9u]ait leur c\r1 ou plutt le nombre de leurs esclaves1 qui f]ait tomb] leur morgue avec une p>tie de leur autorit1 et les rduirait presque leurs entremets et leurs quipages2 qui les priv]ait du plaisir qu'ils s5t5t se faire pri]1 press]1 sollicit]1 faire att5dre ou refus]1 promettre et ne pas donn]2 qui les trav]s]ait dans le gt qu'ils ont quelquefois mettre les sots en vue et anantir le mrite qu& il leur arrive de le disc]n]2 qui bannirait des c\rs les brigues1 les cabales1 les mauvais (fices1 la bassesse1 la flatt]ie1 la f\rb]ie2 qui f]ait d'une c\r orageuse1 ple9e de m\vem5ts et d'intrigues1 comme une pice comique ou mme tragique1 dont les sages ne s]ai5t que les spectateurs2 qui remettrait de la dignit dans les diffr5tes conditions des hommes1 de la srnit1 sur leurs visages2 qui t5drait leur lib]t2 qui rveill]ait en eux1 avec les tal5ts naturels1 l'habitude du travail et de l'ex]cice2 qui les excit]ait l'mulation1 au dsir de la gloire1 l'am\r de la v]tu2 qui1 au lieu de c\rtisans vils1 inquiets1 inutiles1 s\v5t onreux la rpublique1 en f]ait ou de sages conomes1 ou d'excell5ts pres de famille1 ou des juges intgres1 ou de bons (fici]s1 ou de gr&s capita9es1 ou des orateurs1 ou des philosophes2 et qui ne leur attir]ait t\s nul autre inconvni5t1 que celui peut-tre de laiss] leurs hriti]s mo9s de trsors que de bons exemples4 #ab 7,i7 ,il faut en ,france beauc\p de f]met et une gr&e t5due d'esprit p\r se pass] des *>ges et des emplois1 et cons5tir a9si demeur] *ez soi1 et ne ri5 faire4 ,p]sonne presque n'a assez de mrite p\r j\] ce rle avec dignit1 ni assez de fonds p\r remplir le vide du temps1 sans ce que le vulgaire appelle des affaires4 ,il ne manque cep5dant l'oisivet du sage qu'un meilleur nom1 et que mdit]1 p>l]1 lire1 et tre tranquille s'appelt travaill]4 #ac 7,i7 ,un homme de mrite1 et qui e/ en place1 n'e/ jamais incommode p> sa vanit2 il s't\rdit mo9s du po/e qu'il occupe qu'il n'e/ humili p> un plus gr& qu'il ne remplit pas et dont il se croit digne3 plus capable d'inquitude que de fi]t ou de mpris p\r les autres1 il ne pse qu' soi-mme4 #ad 7,,iv7 ,il cote un homme de mrite de faire assidm5t sa c\r1 mais p> une raison bi5 oppose celle que l'on p\rrait croire3 il n'e/ po9t tel sans une gr&e mode/ie1 qui l'loigne de p5s] qu'il fasse le mo9dre plaisir aux pr9ces s'il se tr\ve sur leur passage1 se po/e devant leurs yeux1 et leur montre son visage3 il e/ plus pro*e de se p]suad] qu'il les importune1 et il a beso9 de t\tes les raisons tires de l'usage et de son devoir p\r se rs\dre se montr]4 ,celui au contraire qui a bonne op9ion de soi1 et que le vulgaire appelle un glorieux1 a du gt se faire voir1 et il fait sa c\r avec d'autant plus de confiance qu'il e/ incapable de s'imag9] que les gr&s dont il e/ vu p5s5t autrem5t de sa p]sonne qu'il fait lui-mme4 #ae 7,i7 ,un honnte homme se paye p> ses ma9s de l'application qu'il a son devoir p> le plaisir qu'il s5t le faire1 et se ds9tresse sur les loges1 l'e/ime et la reconnaissance qui lui manqu5t quelquefois4 #af 7,i7 ,si j'osais faire une comp>aison entre deux conditions t\t fait 9gales1 je dirais qu'un homme de coeur p5se remplir ses devoirs peu prs comme le c\vreur songe c\vrir3 ni l'un ni l'autre ne *]*5t expos] leur vie1 ni ne sont dt\rns p> le pril2 la mort p\r eux e/ un inconvni5t dans le mti]1 et jamais un ob/acle4 ,le premi] aussi n'e/ gure plus va9 d'avoir p>u la tran*e1 emport un ouvrage ou =c un retran*em5t1 que celui-ci d'avoir mont sur de hauts combles ou sur la po9te d'un clo*]4 ,ils ne sont t\s deux appliqus qu' bi5 faire1 p5dant que le fanf>on travaille ce que l'on dise de lui qu'il a bi5 fait4 #ag 7,,viii7 ,la mode/ie e/ au mrite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau3 elle lui donne de la =ce et du relief4 ,un extrieur simple e/ l'habit des hommes vulgaires1 il e/ taill p\r eux et sur leur mesure2 mais c'e/ une p>ure p\r ceux qui ont rempli leur vie de gr&es actions3 je les comp>e une beaut nglige1 mais plus piquante4 ,c]ta9s hommes1 cont5ts d'eux-mmes1 de quelque action ou de quelque ouvrage qui ne leur a pas mal russi1 et ayant ou dire que la mode/ie si$ bi5 aux gr&s hommes1 os5t tre mode/es1 contrefont les simples et les naturels3 semblables ces g5s d'une taille mdiocre qui se baiss5t aux portes1 de peur de se heurt]4 #ah 7,,vi7 ,votre fils e/ bgue3 ne le faites pas mont] sur la tribune4 ,votre fille e/ ne p\r le monde3 ne l'enf]mez pas p>mi les ve/ales4 ,xan?us1 votre affran*i1 e/ faible et timide3 ne diffrez pas1 retirez-le des lgions et de la milice4 ,je veux l'avanc]1 dites-v\s4 ,comblez-le de bi5s1 sur*>gez-le de t]res1 de titres et de possessions2 s]vez-v\s du temps2 n\s vivons dans un sicle o elles lui f]ont plus d'honneur que la v]tu4 ,il m'en cot]ait trop1 aj\tez-v\s4 ,p>lez-v\s srieusem5t1 ,crassus8 ,songez-v\s que c'e/ une g\tte d'eau que v\s puisez du ,tibre p\r enri*ir ,xan?us que v\s aimez1 et p\r prv5ir les honteuses suites d'un engagem5t o il n'e/ pas propre8 #ai 7,,iv7 ,il ne faut reg>d] dans ses amis que la seule v]tu qui n\s atta*e eux1 sans aucun exam5 de leur bonne ou de leur mauvaise =tune2 et qu& on se s5t capable de les suivre dans leur disgrce1 il faut les cultiv] h>dim5t et avec confiance jusque dans leur plus gr&e prosprit4 #bj 7,,iv7 ,s'il e/ ord9aire d'tre vivem5t t\* des *oses r>es1 p\rquoi le sommes-n\s si peu de la v]tu8 #ba 7,,iv7 ,s'il e/ heureux d'avoir de la naissance1 il ne l'e/ pas mo9s d'tre tel qu'on ne s'in=me plus si v\s en avez4 #bb 7,v7 ,il app>at de temps en temps sur la surface de la t]re des hommes r>es1 exquis1 qui brill5t p> leur v]tu1 et dont les qualits m95tes jett5t un clat prodigieux4 ,semblables ces toiles extraord9aires dont on ignore les causes1 et dont on sait encore mo9s ce qu'elles devi5n5t aprs avoir disp>u1 ils n'ont ni aeuls1 ni desc5dants3 ils compos5t seuls t\te leur race4 #bc 7,,iv7 ,le bon esprit n\s dc\vre notre devoir1 notre engagem5t le faire1 et s'il y a du pril1 avec pril3 il inspire le c\rage1 ou il y supple4 #bd 7,i7 ,qu& on excelle dans son art1 et qu'on lui donne t\te la p]fection dont il e/ capable1 l'on en sort en quelque manire1 et l'on s'gale ce qu'il y a de plus noble et de plus relev4 ,v9999 e/ un pe9tre1 ,c9999 un musici51 et l'auteur de ,pyrame e/ un pote2 mais ,mign>d e/ ,mign>d1 ,lulli e/ ,lulli1 et ,corneille e/ ,corneille4 #be 7,i7 ,un homme libre1 et qui n'a po9t de femme1 s'il a quelque esprit2 peut s'lev] au-dessus de sa =tune1 se ml] dans le monde1 et all] de pair avec les plus honntes g5s4 ,cela e/ mo9s facile celui qui e/ engag3 il semble que le m>iage met t\t le monde dans son ordre4 #bf 7,,iv7 ,aprs le mrite p]sonnel1 il faut l'av\]1 ce sont les m95tes dignits et les gr&s titres dont les hommes tir5t plus de di/9ction et plus d'clat2 et qui ne sait tre un rasme doit p5s] tre vque4 ,quelques-uns1 p\r t5dre leur r5omme1 entass5t sur leurs p]sonnes des pairies1 des colli]s d'ordre1 des primaties1 la p\rpre1 et ils aurai5t beso9 d'une ti>e2 mais quel beso9 a ,trophime d'tre c>d9al8 #bg 7,v7 ,l'or clate1 dites-v\s1 sur les habits de ,philmon4--,il clate de mme *ez les m>*&s4--,il e/ habill des plus belles t(fes4--,le sont-elles mo9s t\tes dployes dans les b\tiques et la pice8-- ,mais la brod]ie et les ornem5ts y aj\t5t encore la magnific5ce4-- ,je l\e donc le travail de l'ouvri]4--,si on lui dem&e quelle heure il e/1 il tire une montre qui e/ un *ef-d'oeuvre2 la g>de de son pe e/ un onyx2 il a au doigt un gros diamant qu'il fait brill] aux yeux1 et qui e/ p>fait2 il ne lui manque aucune de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi autant p\r la vanit que p\r l'usage1 et il ne se pla9t non plus t\te sorte de p>ure qu'un jeune homme qui a p\s une ri*e vieille4--,v\s m'inspirez enf9 de la curiosit2 il faut voir du mo9s des *oses si prcieuses3 envoyez-moi cet habit et ces bij\x de ,philmon2 je v\s quitte de la p]sonne4 7,i7 ,tu te trompes1 ,philmon1 si avec ce c>rosse brillant1 ce gr& nombre de coqu9s qui te suiv5t1 et ces six btes qui te tran5t1 tu p5ses que l'on t'en e/ime davantage3 l'on c>te t\t cet attirail qui t'e/ trang]1 p\r pntr] jusques toi1 qui n'es qu'un fat4 7,i7 ,ce n'e/ pas qu'il faut quelquefois p>donn] celui qui1 avec un gr& cortge1 un habit ri*e et un magnifique quipage1 s'en croit plus de naissance et plus d'esprit3 il lit cela dans la cont5ance et dans les yeux de ceux qui lui p>l5t4 #bh 7,i7 ,un homme la c\r1 et s\v5t la ville1 qui a un long manteau de soie ou de drap de ,holl&e1 une ce9ture l>ge et place haut sur l'e/omac1 le s\li] de m>oqu91 la calotte de mme1 d'un beau gra91 un collet bi5 fait et bi5 empes1 les *eveux arrangs et le te9t v]meil1 qui avec cela se s\vi5t de quelques di/9ctions mtaphysiques1 explique ce que c'e/ que la lumire de gloire1 et sait prcism5t comm5t l'on voit ,dieu1 cela s'appelle un docteur4 ,une p]sonne humble1 qui e/ ensevelie dans le cab9et1 qui a mdit1 *]*1 consult1 confront1 lu ou crit p5dant t\te sa vie1 e/ un homme docte4 #bi 7,i7 ,*ez n\s le soldat e/ brave1 et l'homme de robe e/ savant2 n\s n'allons pas plus lo94 ,*ez les ,roma9s l'homme de robe tait brave1 et le soldat tait savant3 un ,roma9 tait t\t ensemble et le soldat et l'homme de robe4 #cj 7,i7 ,il semble que le hros e/ d'un seul mti]1 qui e/ celui de la gu]re1 et que le gr& homme e/ de t\s les mti]s1 ou de la robe1 ou de l'pe1 ou du cab9et1 ou de la c\r3 l'un et l'autre mis ensemble ne ps5t pas un homme de bi54 #ca 7,i7 ,dans la gu]re1 la di/9ction entre le hros et le gr& homme e/ dlicate3 t\tes les v]tus militaires font l'un et l'autre4 ,il semble nanmo9s que le premi] soit jeune1 entrepr5ant1 d'une haute valeur1 f]me dans les prils1 intrpide2 que l'autre excelle p> un gr& s5s1 p> une va/e prvoyance1 p> une haute capacit1 et p> une longue expri5ce4 ,peut-tre qu',alex&re n'tait qu'un hros1 et que ,cs> tait un gr& homme4 #cb 7,,vii7 ,aemile tait n ce que les plus gr&s hommes ne devi5n5t qu' =ce de rgles1 de mditation et d'ex]cice4 ,il n'a eu dans ses premires annes qu' remplir des tal5ts qui tai5t naturels1 et qu' se livr] son gnie4 ,il a fait1 il a agi1 avant que de savoir1 ou plutt il a su ce qu'il n'avait jamais appris4 ,dirai-je que les jeux de son enfance ont t plusieurs victoires8 ,une vie accompagne d'un extrme bonheur jo9t une longue expri5ce s]ait illu/re p> les seules actions qu'il avait a*eves ds sa jeunesse4 ,t\tes les occasions de va9cre qui se sont depuis (f]tes1 il les a embrasses2 et celles qui n'tai5t pas1 sa v]tu et son toile les ont fait natre3 admirable mme et p> les *oses qu'il a faites1 et p> celles qu'il aurait pu faire4 ,on l'a reg>d comme un homme incapable de cd] l'ennemi1 de pli] s\s le nombre ou s\s les ob/acles2 comme une me du premi] ordre1 ple9e de ress\rces et de lumires1 et qui voyait encore o p]sonne ne voyait plus2 comme celui qui1 la tte des lgions1 tait p\r elles un prsage de la victoire1 et qui valait seul plusieurs lgions2 qui tait gr& dans la prosprit1 plus gr& qu& la =tune lui a t contraire 7la leve d'un sige1 une retraite1 l'ont plus ennobli que ses triomphes2 l'on ne met qu'aprs les batailles gagnes et les villes prises72 qui tait rempli de gloire et de mode/ie2 on lui a ent5du dire3 ,je fuyais1 avec la mme grce qu'il disait3 ,n\s les battmes2 un homme dv\ l'tat1 sa famille1 au *ef de sa famille2 s9cre p\r ,dieu et p\r les hommes1 autant admirateur du mrite que s'il lui et t mo9s propre et mo9s famili]2 un homme vrai1 simple1 magnanime1 qui il n'a manqu que les mo9dres v]tus4 #cc 7,i7 ,les enfants des ,dieux1 p\r a9si dire1 se tir5t des rgles de la nature1 et en sont comme l'exception4 ,ils n'att5d5t presque ri5 du temps et des annes4 ,le mrite *ez eux devance l'ge4 ,ils naiss5t in/ruits1 et ils sont plus tt des hommes p>faits que le commun des hommes ne sort de l'enfance4 #cd 7,v7 ,les vues c\rtes1 je veux dire les esprits borns et ress]rs dans leur petite sphre1 ne peuv5t compr5dre cette univ]salit de tal5ts que l'on rem>que quelquefois dans un mme sujet3 o ils voi5t l'agrable1 ils en exclu5t le solide2 o ils croi5t dc\vrir les grces du corps1 l'agilit1 la s\plesse1 la dextrit1 ils ne veul5t plus y admettre les dons de l'me1 la pr(ondeur1 la rflexion1 la sagesse3 ils t5t de l'hi/oire de ,socrate qu'il ait dans4 #ce 7,v7 ,il n'y a gure d'homme si accompli et si ncessaire aux si5s1 qu'il n'ait de quoi se faire mo9s regrett]4 #cf 7,i7 ,un homme d'esprit et d'un c>actre simple et droit peut tomb] dans quelque pice2 il ne p5se pas que p]sonne veuille lui en dress]1 et le *oisir p\r tre sa dupe3 cette confiance le r5d mo9s prcautionn1 et les mauvais plaisants l'entam5t p> cet endroit4 ,il n'y a qu' p]dre p\r ceux qui en vi5drai5t une seconde *>ge3 il n'e/ tromp qu'une fois4 ,j'vit]ai avec so9 d'(f5s] p]sonne1 si je suis quitable2 mais sur t\tes *oses un homme d'esprit1 si j'aime le mo9s du monde mes intrts4 #cg 7,i7 ,il n'y a ri5 de si dli1 de si simple et de si imp]ceptible1 o il n'entre des manires qui n\s dcl5t4 ,un sot ni n'entre1 ni ne sort1 ni ne s'assi$1 ni ne se lve1 ni ne se tait1 ni n'e/ sur ses jambes1 comme un homme d'esprit4 #ch 7,v7 ,je connais ,mopse d'une visite qu'il m'a r5due sans me connatre2 il prie des g5s qu'il ne connat po9t de le m5] *ez d'autres dont il n'e/ pas connu2 il crit des femmes qu'il connat de vue4 ,il s'ins9ue dans un c]cle de p]sonnes respectables1 et qui ne sav5t quel il e/1 et l1 sans att5dre qu'on l'int]roge1 ni sans s5tir qu'il int]rompt1 il p>le1 et s\v5t1 et ridiculem5t4 ,il entre une autre fois dans une assemble1 se place o il se tr\ve1 sans nulle att5tion aux autres1 ni soi-mme2 on l'te d'une place de/9e un m9i/re1 il s'assi$ celle du duc et pair2 il e/ l prcism5t celui dont la multitude rit1 et qui seul e/ grave et ne rit po9t4 ,*assez un *i5 du fauteuil du ,roi1 il grimpe la *aire du prdicateur2 il reg>de le monde indiffremm5t1 sans emb>ras1 sans pudeur2 il n'a pas1 non plus que le sot1 de quoi r\gir4 #ci 7,,vii7 ,celse e/ d'un rang mdiocre1 mais des gr&s le s\ffr5t2 il n'e/ pas savant1 il a relation avec des savants2 il a peu de mrite1 mais il connat des g5s qui en ont beauc\p2 il n'e/ pas habile1 mais il a une langue qui peut s]vir de tru*em5t1 et des pi$s qui peuv5t le port] d'un lieu un autre4 ,c'e/ un homme n p\r les alles et v5ues1 p\r c\t] des propositions et les rapport]1 p\r en faire d'(fice1 p\r all] plus lo9 que sa commission et en tre dsav\1 p\r rconcili] des g5s qui se qu]ell5t leur premire entrevue2 p\r russir dans une affaire et en manqu] mille1 p\r se donn] t\te la gloire de la russite1 et p\r dt\rn] sur les autres la ha9e d'un mauvais succs4 ,il sait les bruits communs1 les hi/oriettes de la ville2 il ne fait ri51 il dit ou il c\te ce que les autres font1 il e/ n\velli/e2 il sait mme le secret des familles3 il entre dans de plus hauts my/res3 il v\s dit p\rquoi celui-ci e/ exil1 et p\rquoi on rappelle cet autre2 il connat le fond et les causes de la br\ill]ie des deux frres1 et de la rupture des deux m9i/res4 ,n'a-t-il pas prdit aux premi]s les tri/es suites de leur ms9tellig5ce8 ,n'a-t-il pas dit de ceux-ci que leur union ne s]ait pas longue8 ,n'tait-il pas prs5t de c]ta9es p>oles qui fur5t dites8 ,n'entra-t-il pas dans une espce de ngociation8 ,le v\lut-on croire8 fut-il c\t8 qui p>lez-v\s de ces *oses8 ,qui a eu plus de "p que ,celse t\tes ces intrigues de c\r8 ,et si cela n'tait a9si1 s'il ne l'avait du mo9s ou rv ou imag91 song]ait-il v\s le faire croire8 aurait-il l'air important et my/rieux d'un homme rev5u d'une ambassade8 #dj 7,,vii7 ,mnippe e/ l'oiseau p> de div]s plumages qui ne sont pas lui4 ,il ne p>le pas1 il ne s5t pas2 il rpte des s5tim5ts et des disc\rs1 se s]t mme si naturellem5t de l'esprit des autres qu'il y e/ le premi] tromp1 et qu'il croit s\v5t dire son gt ou expliqu] sa p5se1 lorsqu'il n'e/ que l'*o de quelqu'un qu'il vi5t de quitt]4 ,c'e/ un homme qui e/ de mise un qu>t d'heure de suite1 qui le mom5t d'aprs baisse1 dgnre1 p]d le peu de lu/re qu'un peu de mmoire lui donnait1 et montre la corde4 ,lui seul ignore combi5 il e/ au-dess\s du sublime et de l'hroque2 et1 incapable de savoir jusqu'o l'on peut avoir de l'esprit1 il croit navem5t que ce qu'il en a e/ t\t ce que les hommes en saurai5t avoir3 aussi a-t-il l'air et le ma9ti5 de celui qui n'a ri5 dsir] sur ce *apitre1 et qui ne porte envie p]sonne4 ,il se p>le s\v5t soi-mme1 et il ne s'en ca*e pas1 ceux qui pass5t le voi5t1 et qu'il semble t\j\rs pr5dre un p>ti1 ou dcid] qu'une telle *ose e/ sans rplique4 ,si v\s le saluez quelquefois1 c'e/ le jet] dans l'emb>ras de savoir s'il doit r5dre le salut ou non2 et p5dant qu'il dlibre1 v\s tes dj hors de porte4 ,sa vanit l'a fait honnte homme1 l'a mis au-dessus de lui-mme1 l'a fait dev5ir ce qu'il n'tait pas4 ,l'on juge1 en le voyant1 qu'il n'e/ occup que de sa p]sonne2 qu'il sait que t\t lui si$ bi51 et que sa p>ure e/ assortie2 qu'il croit que t\s les yeux sont ouv]ts sur lui1 et que les hommes se relay5t p\r le contempl]4 #da 7,,iv7 ,celui qui1 log *ez soi dans un palais1 avec deux app>tem5ts p\r les deux saisons1 vi5t c\*] au ,l\vre dans un entre-sol n'en use pas a9si p> mode/ie2 cet autre qui1 p\r cons]v] une taille f9e1 s'ab/i5t du v9 et ne fait qu'un seul repas n'e/ ni sobre ni temprant2 et d'un troisime qui1 importun d'un ami pauvre1 lui donne enf9 quelque sec\rs1 l'on dit qu'il a*te son repos1 et nullem5t qu'il e/ libral4 ,le motif seul fait le mrite des actions des hommes1 et le ds9tressem5t y met la p]fection4 #db 7,,iv7 ,la fausse gr&eur e/ f>\*e et inaccessible3 comme elle s5t son faible1 elle se ca*e1 ou du mo9s ne se montre pas de front1 et ne se fait voir qu'autant qu'il faut p\r impos] et ne p>atre po9t ce qu'elle e/1 je veux dire une vraie petitesse4 ,la vritable gr&eur e/ libre1 d\ce1 familire1 populaire2 elle se laisse t\*] et mani]1 elle ne p]d ri5 tre vue de prs2 plus on la connat1 plus on l'admire4 ,elle se c\rbe p> bont v]s ses infrieurs1 et revi5t sans ef=t dans son naturel2 elle s'ab&onne quelquefois1 se nglige1 se rel*e de ses avantages1 t\j\rs en p\voir de les repr5dre et de les faire valoir2 elle rit1 j\e et bad9e1 mais avec dignit2 on l'appro*e t\t ensemble avec lib]t et avec ret5ue4 ,son c>actre e/ noble et facile1 inspire le respect et la confiance1 et fait que les pr9ces n\s p>aiss5t gr&s et trs gr&s1 sans n\s faire s5tir que n\s sommes petits4 #dc 7,,iv7 ,le sage gurit de l'ambition p> l'ambition mme2 il t5d de si gr&es *oses1 qu'il ne peut se born] ce qu'on appelle des trsors1 des po/es1 la =tune et la faveur3 il ne voit ri5 dans de si faibles avantages qui soit assez bon et assez solide p\r remplir son coeur1 et p\r mrit] ses so9s et ses dsirs2 il a mme beso9 d'ef=ts p\r ne les pas trop ddaign]4 ,le seul bi5 capable de le t5t] e/ cette sorte de gloire qui devrait natre de la v]tu t\te pure et t\te simple2 mais les hommes ne l'accord5t gure1 et il s'en passe4 #dd 7,,iv7 ,celui-l e/ bon qui fait du bi5 aux autres2 s'il s\ffre p\r le bi5 qu'il fait1 il e/ trs bon2 s'il s\ffre de ceux qui il a fait ce bi51 il a une si gr&e bont qu'elle ne peut tre augm5te que dans le cas o ses s\ffrances vi5drai5t crotre2 et s'il en meurt1 sa v]tu ne saurait all] plus lo93 elle e/ hroque1 elle e/ p>faite4 ,des femmes #a 7,i7 ,les hommes et les femmes convi5n5t r>em5t sur le mrite d'une femme3 leurs intrts sont trop diffr5ts4 ,les femmes ne se plais5t po9t les unes aux autres p> les mmes agrm5ts qu'elles plais5t aux hommes3 mille manires qui allum5t dans ceux-ci les gr&es passions1 =m5t entre elles l'av]sion et l'antipa?ie4 #b 7,i7 ,il y a dans quelques femmes une gr&eur artificielle1 atta*e au m\vem5t des yeux1 un air de tte1 aux faons de m>*]1 et qui ne va pas plus lo92 un esprit bl\issant qui impose1 et que l'on n'e/ime que p>ce qu'il n'e/ pas appr(ondi4 ,il y a dans quelques autres une gr&eur simple1 naturelle1 indp5dante du ge/e et de la dm>*e1 qui a sa s\rce dans le coeur1 et qui e/ comme une suite de leur haute naissance2 un mrite paisible1 mais solide1 accompagn de mille v]tus qu'elles ne peuv5t c\vrir de t\te leur mode/ie1 qui *app5t1 et qui se montr5t ceux qui ont des yeux4 #c 7,i7 ,j'ai vu s\hait] d'tre fille1 et une belle fille1 depuis treize ans jusques v+t-deux1 et aprs cet ge1 de dev5ir un homme4 #d 7,,iv7 ,quelques jeunes p]sonnes ne connaiss5t po9t assez les avantages d'une heureuse nature1 et combi5 il leur s]ait utile de s'y ab&onn]2 elles affaibliss5t ces dons du ciel1 si r>es et si fragiles1 p> des manires affectes et p> une mauvaise imitation3 leur son de voix et leur dm>*e sont emprunts2 elles se compos5t1 elles se re*]*5t1 reg>d5t dans un miroir si elles s'loign5t assez de leur naturel4 ,ce n'e/ pas sans pe9e qu'elles plais5t mo9s4 #e 7,,vii7 ,*ez les femmes1 se p>] et se f>d] n'e/ pas1 je l'av\e1 p>l] contre sa p5se2 c'e/ plus aussi que le trave/issem5t et la masc>ade1 o l'on ne se donne po9t p\r ce que l'on p>at tre1 mais o l'on p5se seulem5t se ca*] et se faire ignor]3 c'e/ *]*] impos] aux yeux1 et v\loir p>atre selon l'extrieur contre la vrit2 c'e/ une espce de m5t]ie4 ,il faut jug] des femmes depuis la *aussure jusqu' la coiffure exclusivem5t1 peu prs comme on mesure le poisson entre queue et tte4 #f 7,v7 ,si les femmes veul5t seulem5t tre belles leurs propres yeux et se plaire elles-mmes1 elles peuv5t sans d\te1 dans la manire de s'embellir1 dans le *oix des aju/em5ts et de la p>ure1 suivre leur gt et leur caprice2 mais si c'e/ aux hommes qu'elles dsir5t de plaire1 si c'e/ p\r eux qu'elles se f>d5t ou qu'elles s'enlum95t1 j'ai recueilli les voix1 et je leur prononce1 de la "p de t\s les hommes ou de la plus gr&e p>tie1 que le blanc et le r\ge les r5d affreuses et dgtantes2 que le r\ge seul les vieillit et les dguise2 qu'ils hass5t autant les voir avec de la cruse sur le visage1 qu'avec de fausses d5ts en la b\*e1 et des b\les de cire dans les m*oires2 qu'ils prote/5t srieusem5t contre t\t l'artifice dont elles us5t p\r se r5dre laides2 et que1 bi5 lo9 d'en rpondre devant ,dieu1 il semble au contraire qu'il leur ait rs]v ce d]ni] et infaillible moy5 de gurir des femmes4 7,,iv7 ,si les femmes tai5t telles naturellem5t qu'elles le devi5n5t p> un artifice1 qu'elles p]diss5t en un mom5t t\te la fra*eur de leur te9t1 qu'elles euss5t le visage aussi allum et aussi plomb qu'elles se le font p> le r\ge et p> la pe9ture dont elles se f>d5t1 elles s]ai5t inconsolables4 #g 7,,vii7 ,une femme coquette ne se r5d po9t sur la passion de plaire1 et sur l'op9ion qu'elle a de sa beaut3 elle reg>de le temps et les annes comme quelque *ose seulem5t qui ride et qui enlaidit les autres femmes2 elle oublie du mo9s que l'ge e/ crit sur le visage4 ,la mme p>ure qui a autrefois embelli sa jeunesse1 dfigure enf9 sa p]sonne1 claire les dfauts de sa vieillesse4 ,la mign>dise et l'affectation l'accompagn5t dans la d\leur et dans la fivre3 elle meurt p>e et en rubans de c\leur4 #h 7,,vii7 ,lise ent5d dire d'une autre coquette qu'elle se moque de se piqu] de jeunesse1 et de v\loir us] d'aju/em5ts qui ne convi5n5t plus une femme de qu>ante ans4 ,lise les a accomplis2 mais les annes p\r elle ont mo9s de d\ze mois1 et ne la vieilliss5t po9t3 elle le croit a9si1 et p5dant qu'elle se reg>de au miroir1 qu'elle met du r\ge sur son visage et qu'elle place des m\*es1 elle convi5t qu'il n'e/ pas p]mis un c]ta9 ge de faire la jeune1 et que ,cl>ice en effet1 avec ses m\*es et son r\ge1 e/ ridicule4 #i 7,,iv7 ,les femmes se prp>5t p\r leurs amants1 si elles les att5d5t2 mais si elles en sont surprises1 elles oubli5t leur arrive l'tat o elles se tr\v5t2 elles ne se voi5t plus4 ,elles ont plus de loisir avec les indiffr5ts2 elles s5t5t le dsordre o elles sont1 s'aju/5t en leur prs5ce1 ou disp>aiss5t un mom5t1 et revi5n5t p>es4 #aj 7,i7 ,un beau visage e/ le plus beau de t\s les spectacles2 et l'h>monie la plus d\ce e/ le son de voix de celle que l'on aime4 #aa 7,,iv7 ,l'agrm5t e/ arbitraire la beaut e/ quelque *ose de plus rel et de plus indp5dant du gt et de l'op9ion4 #ab 7,i7 ,l'on peut tre t\* de c]ta9es beauts si p>faites et d'un mrite si clatant1 que l'on se borne les voir et leur p>l]4 #ac 7,i7 ,une belle femme qui a les qualits d'un honnte homme e/ ce qu'il y a au monde d'un comm]ce plus dlicieux3 l'on tr\ve en elle t\t le mrite des deux sexes4 #ad 7,i7 ,il *appe une jeune p]sonne de petites *oses qui p]suad5t beauc\p1 et qui flatt5t s5siblem5t celui p\r qui elles sont faites4 ,il n'*appe presque ri5 aux hommes2 leurs c>esses sont volontaires2 ils p>l5t1 ils agiss5t1 ils sont empresss1 et p]suad5t mo9s4 #ae 7,,iv7 ,le caprice e/ dans les femmes t\t pro*e de la beaut1 p\r tre son contre-poison1 et af9 qu'elle nuise mo9s aux hommes1 qui n'en gurirai5t pas sans remde4 #af 7,i7 ,les femmes s'atta*5t aux hommes p> les faveurs qu'elles leur accord5t3 les hommes guriss5t p> ces mmes faveurs4 #ag 7,i7 ,une femme oublie d'un homme qu'elle n'aime plus jusques aux faveurs qu'il a reues d'elle4 #ah 7,i7 ,une femme qui n'a qu'un galant croit n'tre po9t coquette2 celle qui a plusieurs galants croit n'tre que coquette4 ,telle femme vite d'tre coquette p> un f]me atta*em5t un seul1 qui passe p\r folle p> son mauvais *oix4 #ai 7,,iv7 ,un anci5 galant ti5t si peu de *ose1 qu'il cde un n\veau m>i2 et celui-ci dure si peu1 qu'un n\veau galant qui survi5t lui r5d le *ange4 ,un anci5 galant cra9t ou mprise un n\veau rival1 selon le c>actre de la p]sonne qu'il s]t4 ,il ne manque s\v5t un anci5 galant1 auprs d'une femme qui l'atta*e1 que le nom de m>i3 c'e/ beauc\p1 et il s]ait mille fois p]du sans cette circon/ance4 #bj 7,,iv7 ,il semble que la galant]ie dans une femme aj\te la coquett]ie4 ,un homme coquet au contraire e/ quelque *ose de pire qu'un homme galant4 ,l'homme coquet et la femme galante vont assez de pair4 #ba 7,i7 ,il y a peu de galant]ies secrtes4 ,bi5 des femmes ne sont pas mieux dsignes p> le nom de leurs m>is que p> celui de leurs amants4 #bb 7,v7 ,une femme galante veut qu'on l'aime2 il suffit une coquette d'tre tr\ve aimable et de pass] p\r belle4 ,celle-l *]*e engag]2 celle-ci se cont5te de plaire4 ,la premire passe successivem5t d'un engagem5t un autre2 la seconde a plusieurs amusem5ts t\t la fois4 ,ce qui dom9e dans l'une1 c'e/ la passion et le plaisir2 et dans l'autre1 c'e/ la vanit et la lgret4 ,la galant]ie e/ un faible du coeur1 ou peut-tre un vice de la complexion2 la coquett]ie e/ un drglem5t de l'esprit4 ,la femme galante se fait cra9dre et la coquette se fait har4 ,l'on peut tir] de ces deux c>actres de quoi en faire un troisime1 le pire de t\s4 #bc 7,v7 ,une femme faible e/ celle qui l'on repro*e une faute qui se la repro*e elle-mme2 dont le coeur combat la raison2 qui veut gurir1 qui ne gurira po9t1 ou bi5 t>d4 #bd 7,v7 ,une femme incon/ante e/ celle qui n'aime plus2 une lgre1 celle qui dj en aime un autre2 une volage1 celle qui ne sait si elle aime et ce qu'elle aime2 une indiffr5te1 celle qui n'aime ri54 #be 7,v7 ,la p]fidie1 si je l'ose dire1 e/ un m5songe de t\te la p]sonne3 c'e/ dans une femme l'art de plac] un mot ou une action qui donne le *ange1 et quelquefois de mettre en oeuvre des s]m5ts et des promesses qui ne lui cot5t pas plus faire qu' viol]4 ,une femme infidle1 si elle e/ connue p\r telle de la p]sonne intresse1 n'e/ qu'infidle3 s'il la croit fidle1 elle e/ p]fide4 ,on tire ce bi5 de la p]fidie des femmes1 qu'elle gurit de la jal\sie4 #bf 7,i7 ,quelques femmes ont dans le c\rs de leur vie un d\ble engagem5t s\t5ir1 galem5t difficile rompre et dissimul]2 il ne manque l'un que le contrat1 et l'autre que le coeur4 #bg 7,i7 jug] de cette femme p> sa beaut1 sa jeunesse1 sa fi]t et ses dda9s1 il n'y a p]sonne qui d\te que ce ne soit un hros qui doive un j\r la *>m]4 ,son *oix e/ fait3 c'e/ un petit mon/re qui manque d'esprit4 #bh 7,i7 ,il y a des femmes dj fltries1 qui p> leur complexion ou p> leur mauvais c>actre sont naturellem5t la ress\rce des jeunes g5s qui n'ont pas assez de bi54 ,je ne sais qui e/ plus pla9dre1 ou d'une femme avance en ge qui a beso9 d'un cavali]1 ou d'un cavali] qui a beso9 d'une vieille4 #bi 7,,iv7 ,le rebut de la c\r e/ reu la ville dans une ruelle1 o il dfait le magi/rat mme en cravate et en habit gris1 a9si que le b\rgeois en baudri]1 les c>te et devi5t matre de la place3 il e/ c\t1 il e/ aim2 on ne ti5t gure plus d'un mom5t contre une *>pe d'or et une plume blan*e1 contre un homme qui p>le au ,roi et voit les m9i/res4 ,il fait des jal\x et des jal\ses3 on l'admire1 il fait envie3 quatre lieues de l1 il fait piti4 #cj 7,i7 ,un homme de la ville e/ p\r une femme de prov9ce ce qu'e/ p\r une femme de ville un homme de la c\r4 #ca 7,i7 un homme va91 indiscret1 qui e/ gr& p>leur et mauvais plaisant1 qui p>le de soi avec confiance et des autres avec mpris1 imptueux1 alti]1 entrepr5ant1 sans moeurs ni probit1 de nul jugem5t et d'une imag9ation trs libre1 il ne lui manque plus1 p\r tre ador de bi5 des femmes1 que de beaux traits et la taille belle4 #cb 7,i7 ,e/-ce en vue du secret1 ou p> un gt hypocondre1 que cette femme aime un valet1 cette autre un mo9e1 et ,dor9ne son mdec98 #cc 7,,vii7 ,roscius entre sur la scne de bonne grce3 oui1 ,llie2 et j'aj\te encore qu'il a les jambes bi5 t\rnes1 qu'il j\e bi51 et de longs rles1 et que p\r dclam] p>faitem5t il ne lui manque1 comme on le dit1 que de p>l] avec la b\*e2 mais e/-il le seul qui ait de l'agrm5t dans ce qu'il fait8 et ce qu'il fait1 e/-ce la *ose la plus noble et la plus honnte que l'on puisse faire8 ,roscius d'ailleurs ne peut tre v\s1 il e/ une autre2 et qu& cela ne s]ait pas a9si1 il e/ ret5u3 ,claudie att5d1 p\r l'avoir1 qu'il se soit dgt de ,messal9e4 ,pr5ez ,ba?ylle1 ,llie3 o tr\v]ez-v\s1 je ne dis pas dans l'ordre des *evali]s1 que v\s ddaignez1 mais mme p>mi les f>ceurs un jeune homme qui s'lve si haut en dansant1 et qui passe mieux la capriole8 ,v\driez-v\s le sauteur ,cobus1 qui1 jetant ses pi$s en avant1 t\rne une fois en l'air avant que de tomb] t]re8 ,ignorez-v\s qu'il n'e/ plus jeune8 ,p\r ,ba?ylle1 dites-v\s1 la presse y e/ trop gr&e1 et il refuse plus de femmes qu'il n'en agre2 mais v\s avez ,dracon1 le j\eur de flte3 nul autre de son mti] n'enfle plus dcemm5t ses j\es en s\fflant dans le hautbois ou le flageolet1 c> c'e/ une *ose inf9ie que le nombre des in/rum5ts qu'il fait p>l]2 plaisant d'ailleurs1 il fait rire jusqu'aux enfants et aux femmelettes4 ,qui mange et qui boit mieux que ,dracon en un seul repas8 ,il enivre t\te une compagnie1 et il se r5d le d]ni]4 ,v\s s\pirez1 ,llie3 e/-ce que ,dracon aurait fait un *oix1 ou que malheureusem5t on v\s aurait prv5ue8 ,se s]ait-il enf9 engag ,csonie1 qui l'a tant c\ru1 qui lui a sacrifi une si gr&e f\le d'amants1 je dirai mme t\te la fleur des ,roma9s8 ,csonie1 qui e/ d'une famille patrici5ne1 qui e/ si jeune1 si belle1 et si srieuse8 ,je v\s pla9s1 ,llie1 si v\s avez pris p> contagion ce n\veau gt qu'ont tant de femmes roma9es p\r ce qu'on appelle des hommes publics1 et exposs p> leur condition la vue des autres4 ,que f]ez-v\s1 lorsque le meilleur en ce g5re v\s e/ enlev8 ,il re/e encore ,bronte1 le que/ionnaire3 le peuple ne p>le que de sa =ce et de son adresse2 c'e/ un jeune homme qui a les paules l>ges et la taille ramasse1 un ngre d'ailleurs1 un homme noir4 #cd 7,i7 ,p\r les femmes du monde1 un j>d9i] e/ un j>d9i]1 et un maon e/ un maon2 p\r quelques autres plus retires1 un maon e/ un homme1 un j>d9i] e/ un homme4 ,t\t e/ t5tation qui la cra9t4 #ce 7,i7 ,quelques femmes donn5t aux c\v5ts et leurs amants3 galantes et bi5factrices1 elles ont jusque dans l'ence9te de l'autel des tribunes et des oratoires o elles lis5t des billets t5dres1 et o p]sonne ne voit qu'elles ne pri5t po9t ,dieu4 #cf 7,,vii7 ,qu'e/-ce qu'une femme que l'on dirige8 ,e/-ce une femme plus complaisante p\r son m>i1 plus d\ce p\r ses dome/iques1 plus applique sa famille et ses affaires1 plus ard5te et plus s9cre p\r ses amis2 qui soit mo9s esclave de son humeur1 mo9s atta*e ses intrts2 qui aime mo9s les commodits de la vie2 je ne dis pas qui fasse des l>gesses ses enfants qui sont dj ri*es1 mais qui1 opul5te elle-mme et accable du sup]flu1 leur f\rnisse le ncessaire1 et leur r5de au mo9s la ju/ice qu'elle leur doit2 qui soit plus exempte d'am\r de soi-mme et d'loignem5t p\r les autres2 qui soit plus libre de t\s atta*em5ts huma9s8 ,non1 dites-v\s1 ce n'e/ ri5 de t\tes ces *oses4 ,j'insi/e1 et je v\s dem&e3 ,qu'e/-ce donc qu'une femme que l'on dirige8 ,je v\s ent5ds1 c'e/ une femme qui a un directeur4 #cg 7,i7 ,si le confesseur et le directeur ne convi5n5t po9t sur une rgle de conduite1 qui s]a le ti]s qu'une femme pr5dra p\r sur-arbitre8 #ch 7,i7 ,le capital p\r une femme n'e/ pas d'avoir un directeur1 mais de vivre si unim5t qu'elle s'en puisse pass]4 #ci 7,i7 ,si une femme p\vait dire son confesseur1 avec ses autres faiblesses1 celles qu'elle a p\r son directeur2 et le temps qu'elle p]d dans son entreti51 peut-tre lui s]ait-il donn p\r pnit5ce d'y r5onc]4 #dj 7,v7 ,je v\drais qu'il me ft p]mis de cri] de t\te ma =ce ces hommes sa9ts qui ont t autrefois blesss des femmes3 ,fuyez les femmes1 ne les dirigez po9t1 laissez d'autres le so9 de leur salut4 #da 7,i7 ,c'e/ trop contre un m>i d'tre coquette et dvote2 une femme devrait opt]4 #db 7,,vi7 ,j'ai diffr le dire1 et j'en ai s\ff]t2 mais enf9 il m'*appe1 et j'espre mme que ma fran*ise s]a utile celles qui n'ayant pas assez d'un confesseur p\r leur conduite1 n'us5t d'aucun disc]nem5t dans le *oix de leurs directeurs4 ,je ne sors pas d'admiration et d'tonnem5t la vue de c]ta9s p]sonnages que je ne nomme po9t2 j'ouvre de =t gr&s yeux sur eux2 je les contemple3 ils p>l5t1 je prte l'oreille2 je m'in=me1 on me dit des faits1 je les recueille2 et je ne compr5ds pas comm5t des g5s en qui je crois voir t\tes *oses diamtralem5t opposes au bon esprit1 au s5s droit1 l'expri5ce des affaires du monde1 la connaissance de l'homme1 la sci5ce de la religion et des moeurs1 prsum5t que ,dieu doive r5\vel] en nos j\rs la m]veille de l'apo/olat1 et faire un miracle en leurs p]sonnes1 en les r5dant capables1 t\t simples et petits esprits qu'ils sont1 du m9i/re des mes1 celui de t\s le plus dlicat et le plus sublime2 et si au contraire ils se croi5t ns p\r un emploi si relev1 si difficile1 et accord si peu de p]sonnes1 et qu'ils se p]suad5t de ne faire en cela qu'ex]c] leurs tal5ts naturels et suivre une vocation ord9aire1 je le compr5ds encore mo9s4 ,je vois bi5 que le gt qu'il y a dev5ir le dpositaire du secret des familles1 se r5dre ncessaire p\r les rconciliations1 procur] des commissions ou plac] des dome/iques1 tr\v] t\tes les portes ouv]tes dans les maisons des gr&s1 mang] s\v5t de bonnes tables1 se prom5] en c>rosse dans une gr&e ville1 et faire de dlicieuses retraites la campagne1 voir plusieurs p]sonnes de nom et de di/9ction s'intress] sa vie et sa sant1 et mnag] p\r les autres et p\r soi-mme t\s les intrts huma9s1 je vois bi51 encore une fois1 que cela seul a fait imag9] le spcieux et irrprh5sible prtexte du so9 des mes1 et sem dans le monde cette pp9ire int>issable de directeurs4 #dc 7,,vi7 ,la dvotion vi5t quelques-uns1 et surt\t aux femmes1 comme une passion1 ou comme le faible d'un c]ta9 ge1 ou comme un mode qu'il faut suivre4 ,elles comptai5t autrefois une sema9e p> les j\rs de jeu1 de spectacle1 de conc]t1 de masc>ade1 ou d'un joli s]mon3 elles allai5t le lundi p]dre leur arg5t *ez ,ismne1 le m>di leur temps *ez ,climne1 et le m]cr$i leur rputation *ez ,climne2 elles savai5t ds la veille t\te la joie qu'elles devai5t avoir le j\r d'aprs et le l5dema92 elles j\issai5t t\t la fois du plaisir prs5t et de celui qui ne leur p\vait manqu]2 elles aurai5t s\hait de les p\voir rassembl] t\s en un seul j\r3 c'tait alors leur unique inquitude et t\t le sujet de leurs di/ractions2 et si elles se tr\vai5t quelquefois l',opra1 elles y regrettai5t la comdie4 ,autres temps1 autres moeurs3 elles outr5t l'au/rit et la retraite2 elles n'ouvr5t plus les yeux qui leur sont donns p\r voir2 elles ne mett5t plus leurs s5s aucun usage2 et *ose incroyable6 elles p>l5t peu2 elles p5s5t encore et assez bi5 d'elles-mmes1 comme assez mal des autres2 il y a *ez elles une mulation de v]tu et de r=me qui ti5t quelque *ose de la jal\sie2 elles ne hass5t pas de prim] dans ce n\veau g5re de vie1 comme elles faisai5t dans celui qu'elles vi5n5t de quitt] p> politique ou p> dgt4 ,elles se p]dai5t gaiem5t p> la galant]ie1 p> la bonne *re et p> l'oisivet2 et elles se p]d5t tri/em5t p> la prsomption et p> l'envie4 #dd 7,,vii7 ,si j'p\se1 ,h]mas1 une femme av>e1 elle ne me ru9]a po9t2 si une j\euse1 elle p\rra s'enri*ir2 si une savante1 elle saura m'in/ruire2 si une prude1 elle ne s]a po9t emporte2 si une emporte1 elle ex]c]a ma pati5ce2 si une coquette1 elle v\dra me plaire2 si une galante1 elle le s]a peut-tre jusqu' m'aim]2 si une dvote1 rpondez1 ,h]mas1 que dois-je att5dre de celle qui veut tromp] ,dieu1 et qui se trompe elle-mme8 #de 7,,iv7 ,une femme e/ aise g\v]n]1 p\rvu que ce soit un homme qui s'en donne la pe9e4 ,un seul mme en g\v]ne plusieurs2 il cultive leur esprit et leur mmoire1 fixe et dt]m9e leur religion2 il entrepr5d mme de rgl] leur coeur4 ,elles n'appr\v5t et ne dsappr\v5t1 ne l\5t et ne condamn5t1 qu'aprs avoir consult ses yeux et son visage4 ,il e/ le dpositaire de leurs joies et de leurs *agr9s1 de leurs dsirs1 de leurs jal\sies1 de leurs ha9es et de leurs am\rs il les fait rompre avec leurs galants2 il les br\ille et les rconcilie avec leurs m>is1 et il pr(ite des int]rgnes4 ,il pr5d so9 de leurs affaires1 sollicite leurs procs1 et voit leurs juges2 il leur donne son mdec91 son m>*&1 ses ouvri]s2 il s'+re de les log]1 de les meubl]1 et il ordonne de leur quipage4 ,on le voit avec elles dans leurs c>rosses1 dans les rues d'une ville et aux prom5ades1 a9si que dans leur banc un s]mon1 et dans leur loge la comdie2 il fait avec elles les mmes visites2 il les accompagne au ba91 aux eaux1 dans les voyages2 il a le plus commode app>tem5t *ez elles la campagne4 ,il vieillit sans d*oir de son autorit3 un peu d'esprit et beauc\p de temps p]dre lui suffit p\r la cons]v]2 les enfants1 les hriti]s1 la bru1 la nice1 les dome/iques1 t\t en dp5d4 ,il a comm5c p> se faire e/im]2 il f9it p> se faire cra9dre4 ,cet ami si anci51 si ncessaire1 meurt sans qu'on le pleure2 et dix femmes dont il tait le tyran hrit5t p> sa mort de la lib]t4 #df 7,v7 ,quelques femmes ont v\lu ca*] leur conduite s\s les dehors de la mode/ie2 et t\t ce que *acune a pu gagn] p> une cont9uelle affectation1 et qui ne s'e/ jamais dm5tie1 a t de faire dire de soi3 ,on l'aurait prise p\r une ve/ale4 #dg 7,,iv7 ,c'e/ dans les femmes une viol5te preuve d'une rputation bi5 nette et bi5 tablie1 qu'elle ne soit pas mme effleure p> la famili>it de quelques-unes qui ne leur ressembl5t po9t2 et qu'avec t\te la p5te qu'on a aux malignes explications1 on ait rec\rs une t\t autre raison de ce comm]ce qu' celle de la conv5ance des moeurs4 #dh 7,,vii7 ,un comique outre sur la scne ses p]sonnages2 un pote *>ge ses descriptions2 un pe9tre qui fait d'aprs nature =ce et exagre une passion1 un contra/e1 des attitudes2 et celui qui copie1 s'il ne mesure au compas les gr&eurs et les proportions1 grossit ses figures1 donne t\tes les pices qui entr5t dans l'ordonnance de son tableau plus de volume que n'en ont celles de l'orig9al3 de mme la prud]ie e/ une imitation de la sagesse4 ,il y a une fausse mode/ie qui e/ vanit1 une fausse gloire qui e/ lgret1 une fausse gr&eur qui e/ petitesse2 une fausse v]tu qui e/ hypocrisie1 une fausse sagesse qui e/ prud]ie4 ,une femme prude paye de ma9ti5 et de p>ole2 une femme sage paye de conduite4 ,celle-l suit son humeur et sa complexion1 celle-ci sa raison et son coeur4 ,l'une e/ srieuse et au/re2 l'autre e/ dans les div]ses r5contres prcism5t ce qu'il faut qu'elle soit4 ,la premire ca*e des faibles s\s de plausibles dehors2 la seconde c\vre un ri*e fonds s\s un air libre et naturel4 ,la prud]ie contra9t l'esprit1 ne ca*e ni l'ge ni la laideur2 s\v5t elle les suppose3 la sagesse au contraire pallie les dfauts du corps1 ennoblit l'esprit1 ne r5d la jeunesse que plus piquante et la beaut que plus prilleuse4 #di 7,,vii7 ,p\rquoi s'en pr5dre aux hommes de ce que les femmes ne sont pas savantes8 ,p> quelles lois1 p> quels dits1 p> quels rescrits leur a-t-on df5du d'ouvrir les yeux et de lire1 de ret5ir ce qu'elles ont lu1 et d'en r5dre compte ou dans leur conv]sation ou p> leurs ouvrages8 ,ne se sont-elles pas au contraire tablies elles-mmes dans cet usage de ne ri5 savoir1 ou p> la faiblesse de leur complexion1 ou p> la p>esse de leur esprit ou p> le so9 de leur beaut1 ou p> une c]ta9e lgret qui les emp*e de suivre une longue tude1 ou p> le tal5t et le gnie qu'elles ont seulem5t p\r les ouvrages de la ma91 ou p> les di/ractions que donn5t les dtails d'un dome/ique1 ou p> un loignem5t naturel des *oses pnibles et srieuses1 ou p> une curiosit t\te diffr5te de celle qui cont5te l'esprit1 ou p> un t\t autre gt que celui d'ex]c] leur mmoire8 ,mais quelque cause que les hommes puiss5t devoir cette ignorance des femmes1 ils sont heureux que les femmes1 qui les dom95t d'ailleurs p> tant d'endroits1 ai5t sur eux cet avantage de mo9s4 ,on reg>de une femme savante comme on fait une belle arme3 elle e/ cisele arti/em5t1 d'une polissure admirable et d'un travail =t re*]*2 c'e/ une pice de cab9et1 que l'on montre aux curieux1 qui n'e/ pas d'usage1 qui ne s]t ni la gu]re ni la *asse1 non plus qu'un *eval de mange1 quoique le mieux in/ruit du monde4 ,si la sci5ce et la sagesse se tr\v5t unies en un mme sujet1 je ne m'in=me plus du sexe1 j'admire2 et si v\s me dites qu'une femme sage ne songe gure tre savante1 ou qu'une femme savante n'e/ gure sage1 v\s avez dj oubli ce que v\s v5ez de lire1 que les femmes ne sont dt\rnes des sci5ces que p> de c]ta9s dfauts3 concluez donc v\s-mme que mo9s elles aurai5t de ces dfauts1 plus elles s]ai5t sages1 et qu'a9si une femme sage n'en s]ait que plus propre dev5ir savante1 ou qu'une femme savante1 n'tant telle que p>ce qu'elle aurait pu va9cre beauc\p de dfauts1 n'en e/ que plus sage4 #ej 7,i7 ,la neutralit entre des femmes qui n\s sont galem5t amies1 quoiqu'elles ai5t rompu p\r des intrts o n\s n'avons nulle "p1 e/ un po9t difficile3 il faut *oisir s\v5t entre elles1 ou les p]dre t\tes deux4 #ea 7,i7 ,il y a telle femme qui aime mieux son arg5t que ses amis1 et ses amants que son arg5t4 #eb 7,i7 ,il e/ tonnant de voir dans le coeur de c]ta9es femmes quelque *ose de plus vif et de plus =t que l'am\r p\r les hommes1 je veux dire l'ambition et le jeu3 de telles femmes r5d5t les hommes *a/es2 elles n'ont de leur sexe que les habits4 #ec 7,i7 ,les femmes sont extrmes3 elles sont meilleures ou pires que les hommes4 #ed 7,i7 ,la plup>t des femmes n'ont gure de pr9cipes2 elles se conduis5t p> le coeur1 et dp5d5t p\r leurs moeurs de ceux qu'elles aim5t4 #ee 7,,iv7 ,les femmes vont plus lo9 en am\r que la plup>t des hommes2 mais les hommes l'emport5t sur elles en amiti4 ,les hommes sont cause que les femmes ne s'aim5t po9t4 #ef 7,v7 ,il y a du pril contrefaire4 ,lise1 dj vieille1 veut r5dre une jeune femme ridicule1 et elle-mme devi5t dif=me2 elle me fait peur4 ,elle use p\r l'imit] de grimaces et de contorsions3 la voil aussi laide qu'il faut p\r embellir celle dont elle se moque4 #eg 7,,vii7 ,on veut la ville que bi5 des idiots et des idiotes ai5t de l'esprit2 on veut la c\r que bi5 des g5s manqu5t d'esprit qui en ont beauc\p2 et entre les p]sonnes de ce d]ni] g5re une belle femme ne se sauve qu' pe9e avec d'autres femmes4 #eh 7,i7 ,un homme e/ plus fidle au secret d'autrui qu'au si5 propre2 une femme au contraire g>de mieux son secret que celui d'autrui4 #ei 7,i7 ,il n'y a po9t dans le coeur d'une jeune p]sonne un si viol5t am\r auquel l'intrt ou l'ambition n'aj\te quelque *ose4 #fj 7,i7 ,il y a un temps o les filles les plus ri*es doiv5t pr5dre p>ti2 elles n'en laiss5t gure *app] les premires occasions sans se prp>] un long rep5tir3 il semble que la rputation des bi5s dim9ue en elles avec celle de leur beaut4 ,t\t favorise au contraire une jeune p]sonne1 jusques l'op9ion des hommes1 qui aim5t lui accord] t\s les avantages qui peuv5t la r5dre plus s\haitable4 #fa 7,i7 ,combi5 de filles qui une gr&e beaut n'a jamais s]vi qu' leur faire espr] une gr&e =tune6 #fb 7,,vii7 ,les belles filles sont sujettes v5g] ceux de leurs amants qu'elles ont maltraits1 ou p> de laids1 ou p> de vieux1 ou p> d'indignes m>is4 #fc 7,,iv7 ,la plup>t des femmes jug5t du mrite et de la bonne m9e d'un homme p> l'impression qu'ils font sur elles1 et n'accord5t presque ni l'un ni l'autre celui p\r qui elles ne s5t5t ri54 #fd 7,,iv7 ,un homme qui s]ait en pe9e de connatre s'il *ange1 s'il comm5ce vieillir1 peut consult] les yeux d'une jeune femme qu'il aborde1 et le ton dont elle lui p>le3 il appr5dra ce qu'il cra9t de savoir4 ,rude cole4 #fe 7,,iv7 ,une femme qui n'a jamais les yeux que sur une mme p]sonne1 ou qui les en dt\rne t\j\rs1 fait p5s] d'elle la mme *ose4 #ff 7,,iv7 ,il cote peu aux femmes de dire ce qu'elles ne s5t5t po9t3 il cote encore mo9s aux hommes de dire ce qu'ils s5t5t4 #fg 7,i7 ,il arrive quelquefois qu'une femme ca*e un homme t\te la passion qu'elle s5t p\r lui1 p5dant que de son ct il fe9t p\r elle t\te celle qu'il ne s5t pas4 #fh 7,i7 ,l'on suppose un homme indiffr5t1 mais qui v\drait p]suad] une femme une passion qu'il ne s5t pas2 et l'on dem&e s'il ne lui s]ait pas plus ais d'impos] celle dont il e/ aim qu' celle qui ne l'aime po9t4 #fi 7,i7 ,un homme peut tromp] une femme p> un fe9t atta*em5t1 p\rvu qu'il n'en ait pas ailleurs un vritable4 #gj 7,i7 ,un homme clate contre une femme qui ne l'aime plus1 et se console2 une femme fait mo9s de bruit qu& elle e/ quitte1 et demeure longtemps inconsolable4 #ga 7,i7 ,les femmes guriss5t de leur p>esse p> la vanit ou p> l'am\r4 7,,iv7 ,la p>esse au contraire dans les femmes vives e/ le prsage de l'am\r4 #gb 7,,iv7 ,il e/ =t sr qu'une femme qui crit avec emportem5t e/ emporte2 il e/ mo9s clair qu'elle soit t\*e4 ,il semble qu'une passion vive et t5dre e/ morne et sil5cieuse2 et que le plus pressant intrt d'une femme qui n'e/ plus libre1 celui qui l'agite davantage1 e/ mo9s de p]suad] qu'elle aime1 que de s'assur] si elle e/ aime4 #gc 7,,vii7 ,glycre n'aime pas les femmes2 elle hait leur comm]ce et leurs visites1 se fait cel] p\r elles1 et s\v5t p\r ses amis1 dont le nombre e/ petit1 qui elle e/ svre1 qu'elle ress]re dans leur ordre1 sans leur p]mettre ri5 de ce qui passe l'amiti2 elle e/ di/raite avec eux1 leur rpond p> des monosyllabes1 et semble *]*] s'en dfaire2 elle e/ solitaire et f>\*e dans sa maison2 sa porte e/ mieux g>de et sa *ambre plus inaccessible que celles de ,mon?oron et d',hni]y4 ,une seule1 ,cor9ne1 y e/ att5due1 y e/ reue1 et t\tes les heures2 on l'embrasse plusieurs reprises2 on croit l'aim]2 on lui p>le l'oreille dans un cab9et o elles sont seules2 on a soi-mme plus de deux oreilles p\r l'c\t]2 on se pla9t elle de t\t autre que d'elle2 on lui dit t\tes *oses1 et on ne lui appr5d ri53 elle a la confiance de t\s les deux4 ,l'on voit ,glycre en p>tie c>re au bal1 au ?tre dans les j>d9s publics1 sur le *em9 de ,v5\ze1 o l'on mange les premi]s fruits2 quelquefois seule en litire sur la r\te du gr& faub\rg1 o elle a un v]g] dlicieux1 ou la porte de ,canidie1 qui a de si beaux secrets1 qui promet aux jeunes femmes de secondes noces1 qui en dit le temps et les circon/ances4 ,elle p>at ord9airem5t avec une coiffure plate et nglige1 en simple d%abill1 sans corps et avec des mules3 elle e/ belle en cet quipage1 et il ne lui manque que de la fra*eur4 ,on rem>que nanmo9s sur elle une ri*e atta*e1 qu'elle drobe avec so9 aux yeux de son m>i4 ,elle le flatte1 elle le c>esse2 elle inv5te t\s les j\rs p\r lui de n\veaux noms2 elle n'a pas d'autre lit que celui de ce *] p\x1 et elle ne veut pas dc\*]4 ,le mat91 elle se p>tage entre sa toilette et quelques billets qu'il faut crire4 ,un affran*i vi5t lui p>l] en secret2 c'e/ ,p>mnon1 qui e/ favori1 qu'elle s\ti5t contre l'antipa?ie du matre et la jal\sie des dome/iques4 ,qui la vrit fait mieux connatre des int5tions1 et rapporte mieux une rponse que ,p>mnon8 qui p>le mo9s de ce qu'il faut taire8 qui sait ouvrir une porte secrte avec mo9s de bruit8 qui conduit plus adroitem5t p> le petit escali]8 qui fait mieux sortir p> o l'on e/ entr8 #gd 7,i7 ,je ne compr5ds pas comm5t un m>i qui s'ab&onne son humeur et sa complexion1 qui ne ca*e aucun de ses dfauts1 et se montre au contraire p> ses mauvais endroits1 qui e/ av>e1 qui e/ trop nglig dans son aju/em5t1 brusque dans ses rponses1 incivil1 froid et taciturne1 peut espr] de df5dre le coeur d'une jeune femme contre les entreprises de son galant1 qui emploie la p>ure et la magnific5ce1 la complaisance1 les so9s1 l'empressem5t1 les dons1 la flatt]ie4 #ge 7,,vii7 ,un m>i n'a gure un rival qui ne soit de sa ma91 et comme un prs5t qu'il a autrefois fait sa femme4 ,il le l\e devant elle de ses belles d5ts et de sa belle tte2 il agre ses so9s2 il reoit ses visites2 et aprs ce qui lui vi5t de son cru1 ri5 ne lui p>at de meilleur gt que le gibi] et les truffes que cet ami lui envoie4 ,il donne s\p]1 et il dit aux convis3 ,gtez bi5 cela2 il e/ de ,l&re1 et il ne me cote qu'un gr& m]ci4 #gf 7,,vi7 ,il y a telle femme qui anantit ou qui ent]re son m>i au po9t qu'il n'en e/ fait dans le monde aucune m5tion3 vit-il encore8 ne vit-il plus8 on en d\te4 ,il ne s]t dans sa famille qu' montr] l'exemple d'un sil5ce timide et d'une p>faite s\mission4 ,il ne lui e/ d ni d\aire ni conv5tions2 mais cela prs1 et qu'il n'acc\*e pas1 il e/ la femme1 et elle le m>i4 ,ils pass5t les mois enti]s dans une mme maison sans le mo9dre dang] de se r5contr]2 il e/ vrai seulem5t qu'ils sont vois9s4 ,monsieur paye le rtisseur et le cuis9i]1 et c'e/ t\j\rs *ez ,madame qu'on a s\p4 ,ils n'ont s\v5t ri5 de commun1 ni le lit1 ni la table1 pas mme le nom3 ils viv5t la roma9e ou la grecque2 *acun a le si52 et ce n'e/ qu'avec le temps1 et aprs qu'on e/ initi au j>gon d'une ville1 qu'on sait enf9 que ,m4 ,b444 e/ publiquem5t depuis v+t annes le m>i de ,mme ,l444 #gg 7,,vii7 ,telle autre femme1 qui le dsordre manque p\r mortifi] son m>i1 y revi5t p> sa noblesse et ses alliances1 p> la ri*e dot qu'elle a apporte1 p> les *>mes de sa beaut1 p> son mrite1 p> ce que quelques-uns appell5t v]tu4 #gh 7,,vii7 ,il y a peu de femmes si p>faites1 qu'elles emp*5t un m>i de se rep5tir du mo9s une fois le j\r d'avoir une femme1 ou de tr\v] heureux celui qui n'en a po9t4 #gi 7,,iv7 ,les d\leurs muettes et /upides sont hors d'usage3 on pleure1 on rcite1 on rpte1 on e/ si t\*e de la mort de son m>i1 qu'on n'en oublie pas la mo9dre circon/ance4 #hj 7,i7 ,ne p\rrait-on po9t dc\vrir l'art de se faire aim] de sa femme8 #ha 7,,iv7 ,une femme ins5sible e/ celle qui n'a pas encore vu celui qu'elle doit aim]4 ,il y avait ,smyrne une trs belle fille qu'on appelait mire1 et qui tait mo9s connue dans t\te la ville p> sa beaut que p> la svrit de ses moeurs1 et surt\t p> l'indiffr5ce qu'elle cons]vait p\r t\s les hommes1 qu'elle voyait1 disait-elle1 sans aucun pril1 et sans d'autres dispositions que celles o elle se tr\vait p\r ses amies ou p\r ses frres4 ,elle ne croyait pas la mo9dre p>tie de t\tes les folies qu'on disait que l'am\r avait fait faire dans t\s les temps2 et celles qu'elle avait vues elle-mme1 elle ne les p\vait compr5dre3 elle ne connaissait que l'amiti4 ,une jeune et *>mante p]sonne1 qui elle devait cette expri5ce la lui avait r5due si d\ce qu'elle ne p5sait qu' la faire dur]1 et n'imag9ait pas p> quel autre s5tim5t elle p\rrait jamais se refroidir sur celui de l'e/ime et de la confiance1 dont elle tait si cont5te4 ,elle ne p>lait que d',euphrosyne3 c'tait le nom de cette fidle amie1 et t\t ,smyrne ne p>lait que d'elle et d',euphrosyne leur amiti passait en prov]be4 mire avait deux frres qui tai5t jeunes1 d'une excell5te beaut1 et dont t\tes les femmes de la ville tai5t prises2 et il e/ vrai qu'elle les aima t\j\rs comme une soeur aime ses frres4 ,il y eut un prtre de ,jupit]1 qui avait accs dans la maison de son pre1 qui elle plut1 qui osa le lui dcl>]1 et ne s'attira que du mpris4 ,un vieill>d1 qui1 se confiant en sa naissance et en ses gr&s bi5s1 avait eu la mme audace1 eut aussi la mme av5ture4 ,elle triomphait cep5dant2 et c'tait jusqu'alors au milieu de ses frres1 d'un prtre et d'un vieill>d1 qu'elle se disait ins5sible4 ,il sembla que le ciel v\lut l'expos] de plus =tes preuves1 qui ne s]vir5t nanmo9s qu' la r5dre plus va9e1 et qu' l'aff]mir dans la rputation d'une fille que l'am\r ne p\vait t\*]4 ,de trois amants que ses *>mes lui acquir5t successivem5t1 et dont elle ne craignit pas de voir t\te la passion1 le premi]1 dans un transport am\reux1 se p]a le se9 ses pi$s2 le second1 ple9 de dsespoir de n'tre pas c\t1 alla se faire tu] la gu]re de ,crte et le troisime m\rut de langueur et d'insomnie4 ,celui qui les devait v5g] n'avait pas encore p>u4 ,ce vieill>d qui avait t si malheureux dans ses am\rs s'en tait guri p> des rflexions sur son ge et sur le c>actre de la p]sonne qui il v\lait plaire3 il dsira de cont9u] de la voir1 et elle le s\ffrit4 ,il lui am5a un j\r son fils1 qui tait jeune1 d'une physionomie agrable1 et qui avait une taille =t noble4 ,elle le vit avec intrt2 et comme il se tut beauc\p en la prs5ce de son pre1 elle tr\va qu'il n'avait pas assez d'esprit1 et dsira qu'il en et eu davantage4 ,il la vit seul1 p>la assez1 et avec esprit2 mais comme il la reg>da peu1 et qu'il p>la encore mo9s d'elle et de sa beaut1 elle fut surprise et comme indigne qu'un homme si bi5 fait et si spirituel ne ft pas galant4 ,elle s'entret9t de lui avec son amie1 qui v\lut le voir4 ,il n'eut des yeux que p\r ,euphrosyne1 il lui dit qu'elle tait belle2 et mire si indiffr5te1 dev5ue jal\se1 comprit que ,ctsiphon tait p]suad de ce qu'il disait1 et que non seulem5t tait galant1 mais mme qu'il tait t5dre4 ,elle se tr\va depuis ce temps mo9s libre avec son amie4 ,elle dsira de les voir ensemble une seconde fois p\r tre plus claircie2 et une seconde entrevue lui fit voir encore plus qu'elle ne craignait de voir1 et *angea ses s\pons en c]titude4 ,elle s'loigne d',euphrosyne1 ne lui connat plus le mrite qui l'avait *>me1 p]d le gt de sa conv]sation2 elle ne l'aime plus2 et ce *angem5t lui fait s5tir que l'am\r dans son coeur a pris la place de l'amiti4 ,ctsiphon et ,euphrosyne se voi5t t\s les j\rs1 s'aim5t1 song5t s'p\s]1 s'p\s5t4 ,la n\velle s'en rp& p> t\te la ville2 et l'on publie que deux p]sonnes enf9 ont eu cette joie si r>e de se m>i] ce qu'ils aimai5t4 mire l'appr5d1 et s'en dsespre4 ,elle ress5t t\t son am\r3 elle re*]*e ,euphrosyne p\r le seul plaisir de revoir ,ctsiphon2 mais ce jeune m>i e/ encore l'amant de sa femme1 et tr\ve une matresse dans une n\velle p\se2 il ne voit dans mire que l'amie d'une p]sonne qui lui e/ *re4 ,cette fille in=tune p]d le sommeil1 et ne veut plus mang]3 elle s'affaiblit2 son esprit s'g>e2 elle pr5d son frre p\r ,ctsiphon1 et elle lui p>le comme un amant2 elle se dtrompe1 r\git de son g>em5t2 elle retombe bi5tt dans de plus gr&s1 et n'en r\git plus2 elle ne les connat plus4 ,alors elle cra9t les hommes2 mais trop t>d3 c'e/ sa folie4 ,elle a des int]valles o sa raison lui revi5t1 et o elle gmit de la retr\v]4 ,la jeunesse de ,smyrne1 qui l'a vue si fire et si ins5sible1 tr\ve que les ,dieux l'ont trop punie4 ,du coeur #a 7,i7 ,il y a un gt dans la pure amiti o ne peuv5t atte9dre ceux qui sont ns mdiocres4 #b 7,i7 ,l'amiti peut subsi/] entre des g5s de diffr5ts sexes1 exempte mme de t\te grossiret4 ,une femme cep5dant reg>de t\j\rs un homme comme un homme2 et rciproquem5t un homme reg>de une femme comme une femme4 ,cette liaison n'e/ ni passion ni amiti pure3 elle fait une classe "p4 #c7;,i7 ,l'am\r nat brusquem5t1 sans autre rflexion1 p> tempram5t ou p> faiblesse3 un trait de beaut n\s fixe1 n\s dt]m9e4 ,l'amiti au contraire se =me peu peu1 avec le temps1 p> la pratique1 p> un long comm]ce4 ,combi5 d'esprit1 de bont de coeur1 d'atta*em5t1 de s]vices et de complaisance dans les amis1 p\r faire en plusieurs annes bi5 mo9s que ne fait quelquefois en un mom5t un beau visage ou une belle ma96 #d 7,,iv7 ,le temps1 qui =tifie les amitis1 affaiblit l'am\r4 #e 7,,iv7 ,tant que l'am\r dure1 il subsi/e de soi-mme1 et quelquefois p> les *oses qui sembl5t le devoir te9dre1 p> les caprices1 p> les rigueurs1 p> l'loignem5t1 p> la jal\sie4 ,l'amiti au contraire a beso9 de sec\rs3 elle prit faute de so9s1 de confiance et de complaisance4 #f 7,,iv7 ,il e/ plus ord9aire de voir un am\r extrme qu'une p>faite amiti4 #g 7,,iv7 ,l'am\r et l'amiti s'exclu5t l'un l'autre4 #h 7,,iv7 ,celui qui a eu l'expri5ce d'un gr& am\r nglige l'amiti2 et celui qui e/ puis sur l'amiti n'a encore ri5 fait p\r l'am\r4 #i 7,,iv7 ,l'am\r comm5ce p> l'am\r2 et l'on ne saurait pass] de la plus =te amiti qu' un am\r faible4 #aj 7,,iv7 ,ri5 ne ressemble mieux une vive amiti1 que ces liaisons que l'intrt de notre am\r n\s fait cultiv]4 #aa 7,,iv7 ,l'on n'aime bi5 qu'une seule fois3 c'e/ la premire2 les am\rs qui suiv5t sont mo9s involontaires4 #ab 7,,iv7 ,l'am\r qui nat subitem5t e/ le plus long gurir4 #ac 7,,iv7 ,l'am\r qui crot peu peu et p> degrs ressemble trop l'amiti p\r tre une passion viol5te4 #ad 7,,iv7 ,celui qui aime assez p\r v\loir aim] un million de fois plus qu'il ne fait1 ne cde en am\r qu' celui qui aime plus qu'il ne v\drait4 #ae 7,,iv7 ,si j'accorde que dans la viol5ce d'une gr&e passion on peut aim] quelqu'un plus que soi-mme1 qui f]ai-je plus de plaisir1 ou ceux qui aim5t1 ou ceux qui sont aims8 #af 7,i7 ,les hommes s\v5t veul5t aim]1 et ne saurai5t y russir3 ils *]*5t leur dfaite sans p\voir la r5contr]1 et1 si j'ose a9si p>l]1 ils sont contra9ts de demeur] libres4 #ag 7,,iv7 ,ceux qui s'aim5t d'abord avec la plus viol5te passion contribu5t bi5tt *acun de leur "p s'aim] mo9s1 et ensuite ne s'aim] plus4 ,qui1 d'un homme ou d'une femme1 met davantage du si5 dans cette rupture1 il n'e/ pas ais de le dcid]4 ,les femmes accus5t les hommes d'tre volages1 et les hommes dis5t qu'elles sont lgres4 #ah 7,,iv7 ,quelque dlicat que l'on soit en am\r1 on p>donne plus de fautes que dans l'amiti4 #ai 7,,iv7 ,c'e/ une v5geance d\ce celui qui aime beauc\p de faire1 p> t\t son procd1 d'une p]sonne +rate une trs +rate4 #bj 7,,iv7 ,il e/ tri/e d'aim] sans une gr&e =tune1 et qui n\s donne les moy5s de combl] ce que l'on aime1 et le r5dre si heureux qu'il n'ait plus de s\haits faire4 #ba 7,,iv7 ,s'il se tr\ve une femme p\r qui l'on ait eu une gr&e passion et qui ait t indiffr5te1 quelques importants s]vices qu'elle n\s r5de dans la suite de notre vie1 l'on c\rt un gr& risque d'tre +rat4 #bb 7,,iv7 ,une gr&e reconnaissance emporte avec soi beauc\p de gt et d'amiti p\r la p]sonne qui n\s oblige4 #bc 7,,iv7 tre avec des g5s qu'on aime1 cela suffit2 rv]1 leur p>l]1 ne leur p>l] po9t1 p5s] eux1 p5s] des *oses plus indiffr5tes1 mais auprs d'eux1 t\t e/ gal4 #bd 7,,iv7 ,il n'y a pas si lo9 de la ha9e l'amiti que de l'antipa?ie4 #be 7,,iv7 ,il semble qu'il e/ mo9s r>e de pass] de l'antipa?ie l'am\r qu' l'amiti4 #bf 7,,iv7 ,l'on confie son secret dans l'amiti2 mais il *appe dans l'am\r4 ,l'on peut avoir la confiance de quelqu'un sans en avoir le coeur4 ,celui qui a le coeur n'a pas beso9 de rvlation ou de confiance2 t\t lui e/ ouv]t4 #bg 7,,iv7 ,l'on ne voit dans l'amiti que les dfauts qui peuv5t nuire nos amis4 ,l'on ne voit en am\r de dfauts dans ce qu'on aime que ceux dont on s\ffre soi-mme4 #bh 7,i7 ,il n'y a qu'un premi] dpit en am\r1 comme la premire faute dans l'amiti1 dont on puisse faire un bon usage4 #bi 7,,iv7 ,il semble que1 s'il y a un s\pon inju/e1 biz>re et sans fondem5t1 qu'on ait une fois appel jal\sie1 cette autre jal\sie qui e/ un s5tim5t ju/e1 naturel1 fond en raison et sur l'expri5ce1 mrit]ait un autre nom4 ,le tempram5t a beauc\p de "p la jal\sie1 et elle ne suppose pas t\j\rs une gr&e passion4 ,c'e/ cep5dant un p>adoxe qu'un viol5t am\r sans dlicatesse4 ,il arrive s\v5t que l'on s\ffre t\t seul de la dlicatesse4 ,l'on s\ffre de la jal\sie1 et l'on fait s\ffrir les autres4 ,celles qui ne n\s mnag5t sur ri51 et ne n\s p>gn5t nulles occasions de jal\sie1 ne mrit]ai5t de n\s aucune jal\sie1 si l'on se rglait plus p> leurs s5tim5ts et leur conduite que p> son coeur4 #cj 7,,iv7 ,les froideurs et les rel*em5ts dans l'amiti ont leurs causes4 ,en am\r1 il n'y a gu]re d'autre raison de ne s'aim] plus que de s'tre trop aims4 #ca 7,,iv7 ,l'on n'e/ pas plus matre de t\j\rs aim] qu'on l'a t de ne pas aim]4 #cb 7,,iv7 ,les am\rs meur5t p> le dgt1 et l'oubli les ent]re4 #cc 7,,iv7 ,le comm5cem5t et le dcl9 de l'am\r se font s5tir p> l'emb>ras o l'on e/ de se tr\v] seuls4 #cd 7,,iv7 ,cess] d'aim]1 preuve s5sible que l'homme e/ born1 et que le coeur a ses limites4 ,c'e/ faiblesse que d'aim]2 c'e/ s\v5t une autre faiblesse que de gurir4 ,on gurit comme on se console3 on n'a pas dans le coeur de quoi t\j\rs pleur] et t\j\rs aim]4 #ce 7,,iv7 ,il devrait y avoir dans le coeur des s\rces 9puisables de d\leur p\r de c]ta9es p]tes4 ,ce n'e/ gure p> v]tu ou p> =ce d'esprit que l'on sort d'une gr&e affliction3 l'on pleure amrem5t1 et l'on e/ s5siblem5t t\*2 mais l'on e/ ensuite si faible ou si lg] que l'on se console4 #cf 7,,iv7 ,si une laide se fait aim]1 ce ne peut tre qu'p]dum5t2 c> il faut que ce soit ou p> une trange faiblesse de son amant1 ou p> de plus secrets et de plus inv9cibles *>mes que ceux de la beaut4 #cg 7,,iv7 ,l'on e/ encore longtemps se voir p> habitude1 et se dire de b\*e que l'on s'aime1 aprs que les manires dis5t qu'on ne s'aime plus4 #ch 7,,iv7 ,v\loir oubli] quelqu'un1 c'e/ y p5s]4 ,l'am\r a cela de commun avec les scrupules1 qu'il s'aigrit p> les rflexions et les ret\rs que l'on fait p\r s'en dlivr]4 ,il faut1 s'il se peut1 ne po9t song] sa passion p\r l'affaiblir4 #ci 7,,iv7 ,l'on veut faire t\t le bonheur1 ou si cela ne se peut a9si1 t\t le malheur de ce qu'on aime4 #dj 7,i7 ,regrett] ce que l'on aime e/ un bi51 en comp>aison de vivre avec ce que l'on hait4 #da 7,,iv7 ,quelque ds9tressem5t qu'on ait l'g>d de ceux qu'on aime1 il faut quelquefois se contra9dre p\r eux1 et avoir la gnrosit de recevoir4 ,celui-l peut pr5dre1 qui gte un plaisir aussi dlicat recevoir que son ami en s5t lui donn]4 #db 7,v7 ,donn] c'e/ agir3 ce n'e/ pas s\ffrir de ses bi5faits1 ni cd] l'importunit ou la ncessit de ceux qui n\s dem&5t4 #dc 7,,iv7 ,si l'on a donn ceux que l'on aimait1 quelque *ose qu'il arrive1 il n'y a plus d'occasions o l'on doive song] ses bi5faits4 #dd 7,v7 ,on a dit en lat9 qu'il cote mo9s *] de har que d'aim]1 ou si l'on veut1 que l'amiti e/ plus *>ge que la ha9e4 ,il e/ vrai qu'on e/ disp5s de donn] ses ennemis2 mais ne cote-t-il ri5 de s'en v5g]8 ,ou s'il e/ d\x et naturel de faire du mal ce que l'on hait1 l'e/-il mo9s de faire du bi5 ce qu'on aime8 ,ne s]ait-il pas dur et pnible de ne lui en po9t faire8 #de 7,i7 ,il y a du plaisir r5contr] les yeux de celui qui l'on vi5t de donn]4 #df 7,v7 ,je ne sais si un bi5fait qui tombe sur un +rat1 et a9si sur un indigne1 ne *ange pas de nom1 et s'il mritait plus de reconnaissance4 #dg 7,,vii7 ,la libralit consi/e mo9s donn] beauc\p qu' donn] propos4 #dh 7,v7 ,s'il e/ vrai que la piti ou la compassion soit un ret\r v]s n\s-mmes qui n\s met en la place des malheureux1 p\rquoi tir5t-ils de n\s si peu de s\lagem5t dans leurs misres8 ,il vaut mieux s'expos] l'+ratitude que de manqu] aux misrables4 #di 7,v7 ,l'expri5ce confirme que la mollesse ou l'indulg5ce p\r soi et la duret p\r les autres n'e/ qu'un seul et mme vice4 #ej 7,v7 ,un homme dur au travail et la pe9e1 inexorable soi-mme1 n'e/ indulg5t aux autres que p> un excs de raison4 #ea 7,v7 ,quelque dsagrm5t qu'on ait se tr\v] *>g d'un indig5t1 l'on gte pe9e les n\veaux avantages qui le tir5t enf9 de notre sujtion3 de mme1 la joie que l'on reoit de l'lvation de son ami e/ un peu balance p> la petite pe9e qu'on a de le voir au-dessus de n\s ou s'gal] n\s4 ,aussi l'on s'accorde mal avec soi-mme2 c> l'on veut des dp5dants1 et qu'il n'en cote ri52 l'on veut aussi le bi5 de ses amis1 et1 s'il arrive1 ce n'e/ pas t\j\rs p> s'en rj\ir que l'on comm5ce4 #eb 7,,vii7 ,on convie1 on invite1 on (fre sa maison1 sa table1 son bi5 et ses s]vices3 ri5 ne cote qu' t5ir p>ole4 #ec 7,,iv7 ,c'e/ assez p\r soi d'un fidle ami2 c'e/ mme beauc\p de l'avoir r5contr3 on ne peut en avoir trop p\r le s]vice des autres4 #ed 7,,iv7 ,qu& on a assez fait auprs de c]ta9es p]sonnes p\r avoir d se les acqurir1 si cela ne russit po9t1 il y a encore une ress\rce1 qui e/ de ne plus ri5 faire4 #ee 7,v7 ,vivre avec ses ennemis comme s'ils devai5t un j\r tre nos amis1 et vivre avec nos amis comme s'ils p\vai5t dev5ir nos ennemis1 n'e/ ni selon la nature de la ha9e1 ni selon les rgles de l'amiti2 ce n'e/ po9t une maxime morale1 mais politique4 #ef 7,v7 ,on ne doit pas se faire des ennemis de ceux qui1 mieux connus1 p\rrai5t avoir rang entre nos amis4 ,on doit faire *oix d'amis si srs et d'une si exacte probit1 que v5ant cess] de l'tre1 ils se veuill5t pas abus] de notre confiance1 ni se faire cra9dre comme ennemis4 #eg 7,,iv7 ,il e/ d\x de voir ses amis p> gt et p> e/ime2 il e/ pnible de les cultiv] p> intrt2 c'e/ sollicit]4 #eh 7,,vii7 ,il faut brigu] la faveur de ceux qui l'on veut du bi51 plutt que de ceux de qui l'on espre du bi54 #ei 7,,iv7 ,on ne vole po9t des mmes ailes p\r sa =tune que l'on fait p\r des *oses frivoles et de fantaisie4 ,il y a un s5tim5t de lib]t suivre ses caprices1 et t\t au contraire de s]vitude c\rir p\r son tablissem5t3 il e/ naturel de le s\hait] beauc\p et d'y travaill] peu1 de se croire digne de le tr\v] sans l'avoir *]*4 #fj 7,v7 ,celui qui sait att5dre le bi5 qu'il s\haite1 ne pr5d pas le *em9 de se dsespr] s'il ne lui arrive pas2 et celui au contraire qui dsire une *ose avec une gr&e impati5ce1 y met trop du si5 p\r en tre assez rcomp5s p> le succs4 #fa 7,,vii7 ,il y a de c]ta9es g5s qui veul5t si ardemm5t et si dt]m9m5t une c]ta9e *ose1 que de peur de la manqu]1 ils n'oubli5t ri5 de ce qu'il faut faire p\r la manqu]4 #fb 7,,iv7 ,les *oses les plus s\haites n'arriv5t po9t2 ou si elles arriv5t1 ce n'e/ ni dans le temps ni dans les circon/ances o elles aurai5t fait un extrme plaisir4 #fc 7,,iv7 ,il faut rire avant que d'tre heureux1 de peur de m\rir sans avoir ri4 #fd 7,i7 ,la vie e/ c\rte1 si elle ne mrite ce nom que lorsqu'elle e/ agrable1 puisque si l'on c\sait ensemble t\tes les heures que l'on passe avec ce qui plat1 l'on f]ait pe9e d'un gr& nombre d'annes une vie de quelques mois4 #fe 7,i7 ,qu'il e/ difficile d'tre cont5t de quelqu'un6 #ff 7,v7 ,on ne p\rrait se df5dre de quelque joie voir prir un m*ant homme3 l'on j\irait alors du fruit de sa ha9e1 et l'on tir]ait de lui t\t ce qu'on en peut espr]1 qui e/ le plaisir de sa p]te4 ,sa mort enf9 arrive1 mais dans une conjoncture o nos intrts ne n\s p]mett5t pas de n\s en rj\ir3 il meurt trop tt ou trop t>d4 #fg 7,,iv7 ,il e/ pnible un homme fi] de p>donn] celui qui le surpr5d en faute1 et qui se pla9t de lui avec raison3 sa fi]t ne s'ad\cit que lorsqu'il repr5d ses avantages1 et qu'il met l'autre dans son tort4 #fh 7,i7 ,comme n\s n\s affectionnons de plus en plus aux p]sonnes qui n\s faisons du bi51 de mme n\s hassons violemm5t ceux que n\s avons beauc\p (f5ss4 #fi 7,i7 ,il e/ galem5t difficile d't\ff] dans les comm5cem5ts le s5tim5t des injures et de le cons]v] aprs un c]ta9 nombre d'annes4 #gj 7,,vii7 ,c'e/ p> faiblesse que l'on hait un ennemi1 et que l'on songe s'en v5g]2 et c'e/ p> p>esse que l'on s'apaise1 et qu'on ne se v5ge po9t4 #ga 7,v7 ,il y a bi5 autant de p>esse que de faiblesse se laiss] g\v]n]4 7,,vii7 ,il ne faut pas p5s] g\v]n] un homme t\t d'un c\p1 et sans autre prp>ation1 dans une affaire importante et qui s]ait capitale lui ou aux si5s2 il s5tirait d'abord l'empire et l'asc5dant qu'on veut pr5dre sur son esprit1 et il sec\]ait le j\g p> honte ou p> caprice3 il faut t5t] auprs de lui les petites *oses1 et de l le progrs jusqu'aux plus gr&es e/ immanquable4 ,tel ne p\vait au plus dans les comm5cem5ts qu'entrepr5dre de le faire p>tir p\r la campagne ou ret\rn] la ville1 qui f9it p> lui dict] un te/am5t o il rduit son fils la lgitime4 7,,vii7 ,p\r g\v]n] quelqu'un longtemps et absolum5t1 il faut avoir la ma9 lgre1 et ne lui faire s5tir que le mo9s qu'il se peut sa dp5dance4 7,,vii7 ,tels se laiss5t g\v]n] jusqu' un c]ta9 po9t1 qui au del sont intraitables et ne se g\v]n5t plus3 on p]d t\t c\p la r\te de leur coeur et de leur esprit2 ni hauteur ni s\plesse1 ni =ce ni indu/rie ne les peuv5t dompt]3 avec cette diffr5ce que quelques-uns sont a9si faits p> raison et avec fondem5t1 et quelques autres p> tempram5t et p> humeur4 7,,vii7 ,il se tr\ve des hommes qui n'c\t5t ni la raison ni les bons conseils1 et qui s'g>5t volontairem5t p> la cra9te qu'ils ont d'tre g\v]ns4 7,,vii7 ,d'autres cons5t5t d'tre g\v]ns p> leurs amis en des *oses presque indiffr5tes1 et s'en font un droit de les g\v]n] leur t\r en des *oses graves et de consqu5ce4 7,,vii7 ,drance veut pass] p\r g\v]n] son matre1 qui n'en croit ri51 non plus que le public2 p>l] sans cesse un gr& que l'on s]t1 en des lieux et en des temps o il convi5t le mo9s1 lui p>l] l'oreille ou en des t]mes my/rieux1 rire jusqu' clat] en sa prs5ce1 lui c\p] la p>ole1 se mettre entre lui et ceux qui lui p>l5t1 ddaign] ceux qui vi5n5t faire leur c\r ou att5dre impatiemm5t qu'ils se retir5t1 se mettre pro*e de lui en une po/ure trop libre1 figur] avec lui le dos appuy une *em9e1 le tir] p> son habit1 lui m>*] sur les talons1 faire le famili]1 pr5dre des lib]ts1 m>qu5t mieux un fat qu'un favori4 7,,vi7 ,un homme sage ni ne se laisse g\v]n]1 ni ne *]*e g\v]n] les autres3 il veut que la raison g\v]ne seule et t\j\rs4 7,,vii7 ,je ne harais pas d'tre livr p> la confiance une p]sonne raisonnable1 et d'en tre g\v]n en t\tes *oses1 et absolum5t1 et t\j\rs3 je s]ais sr de bi5 faire1 sans avoir le so9 de dlibr]2 je j\irais de la tranquillit de celui qui e/ g\v]n p> la raison4 #gb 7,v7 ,t\tes les passions sont m5teuses3 elles se dguis5t autant qu'elles le peuv5t aux yeux des autres2 elles se ca*5t elles-mmes4 ,il n'y a po9t de vice qui n'ait une fausse ressemblance avec quelque v]tu1 et qui ne s'en aide4 #gc 7,,iv7 ,on ouvre un livre de dvotion1 et il t\*e2 on en ouvre un autre qui e/ galant1 et il fait son impression4 ,os]ai-je dire que le coeur seul concilie les *oses contraires1 et admet les incompatibles8 #gd 7,v7 ,les hommes r\giss5t mo9s de leurs crimes que de leurs faiblesses et de leur vanit4 ,tel e/ ouv]tem5t inju/e1 viol5t1 p]fide1 calomniateur1 qui ca*e son am\r ou son ambition1 sans autre vue que de la ca*]4 #ge 7,v7 ,le cas n'arrive gure o l'on puisse dire3 ,j'tais ambitieux2 ou on ne l'e/ po9t1 ou on l'e/ t\j\rs2 mais le temps vi5t o l'on av\e que l'on a aim4 #gf 7,v7 ,les hommes comm5c5t p> l'am\r1 f9iss5t p> l'ambition1 et ne se tr\v5t s\v5t dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meur5t4 #gg 7,,iv7 ,ri5 ne cote mo9s la passion que de se mettre au-dessus de la raison3 son gr& triomphe e/ de l'emport] sur l'intrt4 #gh 7,i7 ,l'on e/ plus sociable et d'un meilleur comm]ce p> le coeur que p> l'esprit4 #gi 7,i7 ,il y a de c]ta9s gr&s s5tim5ts1 de c]ta9es actions nobles et leves1 que n\s devons mo9s la =ce de notre esprit qu' la bont de notre naturel4 #hj 7,i7 ,il n'y a gure au monde un plus bel excs que celui de la reconnaissance4 #ha 7,,iv7 ,il faut tre bi5 dnu d'esprit1 si l'am\r1 la malignit1 la ncessit n'en font pas tr\v]4 #hb 7,i7 ,il y a des lieux que l'on admire3 il y en a d'autres qui t\*5t1 et o l'on aim]ait vivre4 ,il me semble que l'on dp5d des lieux p\r l'esprit1 l'humeur1 la passion1 le gt et les s5tim5ts4 #hc 7,,iv7 ,ceux qui font bi5 mrit]ai5t seuls d'tre envis1 s'il n'y avait encore un meilleur p>ti pr5dre1 qui e/ de faire mieux3 c'e/ une d\ce v5geance contre ceux qui n\s donn5t cette jal\sie4 #hd 7,i7 ,quelques-uns se df5d5t d'aim] et de faire des v]s1 comme de deux faibles qu'ils n'os5t av\]1 l'un du coeur1 l'autre de l'esprit4 #he 7,i7 ,il y a quelquefois dans le c\rs de la vie de si *]s plaisirs et de si t5dres engagem5ts que l'on n\s df5d1 qu'il e/ naturel de dsir] du mo9s qu'ils fuss5t p]mis3 de si gr&s *>mes ne peuv5t tre surpasss que p> celui de savoir y r5onc] p> v]tu4 ,de la socit et de la conv]sation #a 7,i7 ,un c>actre bi5 fade e/ celui de n'en avoir aucun4 #b 7,i7 ,c'e/ le rle d'un sot d'tre importun3 un homme habile s5t s'il convi5t ou s'il ennuie2 il sait disp>atre le mom5t qui prcde celui o il s]ait de trop quelque "p4 #c 7,i7 ,l'on m>*e sur les mauvais plaisants1 et il pleut p> t\t pays de cette sorte d'insectes4 ,un bon plaisant e/ une pice r>e2 un homme qui e/ n tel1 il e/ encore =t dlicat d'en s\t5ir longtemps le p]sonnage2 il n'e/ pas ord9aire que celui qui fait rire se fasse e/im]4 #d 7,i7 ,il a beauc\p d'esprits obscnes1 encore plus de mdisants ou de satiriques1 peu de dlicats4 ,p\r bad9] avec grce1 et r5contr] heureusem5t sur les plus petits sujets1 il faut trop de manires1 trop de politesse1 et mme trop de fcondit3 c'e/ crer que de raill] a9si1 et faire quelque *ose de ri54 #e 7,,iv7 ,si l'on faisait une srieuse att5tion t\t ce qui se dit de froid1 de va9 de puril dans les entreti5s ord9aires1 l'on aurait honte de p>l] ou d'c\t]1 et l'on se condamn]ait peut-tre un sil5ce p]ptuel1 qui s]ait une *ose pire dans le comm]ce que les disc\rs inutiles4 ,il faut donc s'accommod] t\s les esprits1 p]mettre comme un mal ncessaire le rcit des fausses n\velles1 les vagues rflexions sur le g\v]nem5t prs5t1 ou sur l'intrt des pr9ces1 le dbit des beaux s5tim5ts1 et qui revi5n5t t\j\rs les mmes2 il faut laiss] ,aronce p>l] prov]be1 et ,ml9de p>l] de soi1 de ses vapeurs1 de ses migra9es et de ses insomnies4 #f 7,,iv7 ,l'on voit des g5s qui1 dans les conv]sations ou dans le peu de comm]ce que l'on a avec eux1 v\s dgt5t p> leurs ridicules expressions1 p> la n\veaut1 et j'ose dire p> l'improprit des t]mes dont ils se s]v5t1 comme p> l'alliance de c]ta9s mots qui ne se r5contr5t ensemble que dans leur b\*e1 et qui ils font signifi] des *oses que leurs premi]s inv5teurs n'ont jamais eu int5tion de leur faire dire4 ,ils ne suiv5t en p>lant ni la raison ni l'usage1 mais leur biz>re gnie1 que l'envie de t\j\rs plaisant]1 et peut-tre de brill]1 t\rne ins5siblem5t un j>gon qui leur e/ propre1 et qui devi5t enf9 leur idiome naturel2 ils accompagn5t un langage si extravagant d'un ge/e affect et d'une prononciation qui e/ contrefaite4 ,t\s sont cont5ts d'eux-mmes et de l'agrm5t de leur esprit1 et l'on ne peut pas dire qu'ils en soi5t entirem5t dnus2 mais on les pla9t de ce peu qu'ils en ont2 et ce qui e/ pire1 on en s\ffre4 #g 7,v7 ,que dites-v\s8 ,comm5t8 ,je n'y suis pas2 v\s plairait-il de recomm5c]8 ,j'y suis encore mo9s4 ,je dev9e enf93 v\s v\lez1 ,acis1 me dire qu'il fait froid2 que ne disiez-v\s3 ,il fait froid8 ,v\s v\lez m'appr5dre qu'il pleut ou qu'il neige2 dites3 ,il pleut1 il neige4 ,v\s me tr\vez bon visage1 et v\s dsirez de m'en flicit]2 dites3 ,je v\s tr\ve bon visage4 --,mais1 rpondez-v\s1 cela e/ bi5 uni et bi5 clair2 et d'ailleurs qui ne p\rrait pas en dire autant8--,qu'importe1 ,acis8 ,e/-ce un si gr& mal d'tre ent5du qu& on p>le1 et de p>l] comme t\t le monde8 ,une *ose v\s manque1 ,acis1 v\s et vos semblables les diseurs de phoebus2 v\s ne v\s en dfiez po9t1 et je vais v\s jet] dans l'tonnem5t3 une *ose v\s manque1 c'e/ l'esprit4 ,ce n'e/ pas t\t3 il y a en v\s une *ose de trop1 qui e/ l'op9ion d'en avoir plus que les autres2 voil la s\rce de votre pompeux galimatias1 de vos phrases embr\illes1 et de vos gr&s mots qui ne signifi5t ri54 ,v\s abordez cet homme1 ou v\s entrez dans cette *ambre2 je v\s tire p> votre habit1 et v\s dis l'oreille3 ,ne songez po9t avoir de l'esprit1 n'en ayez po9t1 c'e/ votre rle2 ayez1 si v\s p\vez1 un langage simple1 et tel que l'ont ceux en qui v\s ne tr\vez aucun esprit peut-tre alors croira-t-on que v\s en avez4 #h 7,,iv7 ,qui peut se promettre d'vit] dans la socit des hommes la r5contre de c]ta9s esprits va9s1 lg]s1 famili]s1 dlibrs1 qui sont t\j\rs dans une compagnie ceux qui p>l5t1 et qu'il faut que les autres c\t5t8 ,on les ent5d de l'anti*ambre2 on entre impunm5t et sans cra9dre de les int]rompre3 ils cont9u5t leur rcit sans la mo9dre att5tion p\r ceux qui entr5t ou qui sort5t1 comme p\r le rang le mrite des p]sonnes qui compos5t le c]cle2 ils font taire celui qui comm5ce cont] une n\velle1 p\r la dire de leur faon1 qui e/ la meilleure3 ils la ti5n5t de ,zamet1 de ,ruccelay1 ou de ,con*9i1 qu'ils ne connaiss5t po9t1 qui ils n'ont jamais p>l1 et qu'ils trait]ai5t de ,monseigneur s'ils leur p>lai5t2 ils s'appro*5t quelquefois de l'oreille du plus qualifi de l'assemble1 p\r le gratifi] d'une circon/ance que p]sonne ne sait1 et dont ils ne veul5t pas que les autres soi5t in/ruits2 ils supprim5t quelques noms p\r dguis] l'hi/oire qu'ils racont5t1 et p\r dt\rn] les applications2 v\s les priez1 les pressez inutilem5t3 il y a des *oses qu'ils ne diront pas1 il y a des g5s qu'ils ne saurai5t nomm]1 leur p>ole y e/ engage1 c'e/ le d]ni] secret1 c'e/ un my/re1 outre que v\s leur dem&ez l'impossible1 c> sur ce que v\s v\lez appr5dre d'eux1 ils ignor5t le fait et les p]sonnes4 #i 7,,viii7 ,arrias a t\t lu1 a t\t vu1 il veut le p]suad] a9si2 c'e/ un homme univ]sel1 et il se donne p\r tel3 il aime mieux m5tir que de se taire ou de p>atre ignor] quelque *ose4 ,on p>le la table d'un gr& d'une c\r du ,nord3 il pr5d la p>ole1 et l'te ceux qui allai5t dire ce qu'ils en sav5t2 il s'ori5te dans cette rgion lo9ta9e comme s'il en tait orig9aire2 il disc\rt des moeurs de cette c\r1 des femmes du pays1 des ses lois et de ses c\tumes2 il rcite des hi/oriettes qui y sont arrives2 il les tr\ve plaisantes1 et il en rit le premi] jusqu' clat]4 ,quelqu'un se has>de de le contr$ire1 et lui pr\ve nettem5t qu'il dit des *oses qui ne sont pas vraies4 ,arrias ne se tr\ble po9t1 pr5d feu au contraire contre l'int]rupteur3 ,je n'avance1 lui dit-il1 je raconte ri5 que je ne sa*e d'orig9al3 je l'ai appris de ,se?on1 ambassadeur de ,france dans cette c\r1 rev5u ,p>is depuis quelques j\rs1 que je connais familirem5t1 que j'ai =t int]rog1 et qui ne m'a ca* aucune circon/ance4 ,il repr5ait le fil de sa n>ration avec plus de confiance qu'il ne l'avait comm5ce1 lorsque l'un des convis lui dit3 ,c'e/ ,se?on qui v\s p>lez1 lui-mme1 et qui arrive de son ambassade4 #aj 7,,iv7 ,il y a un p>ti pr5dre1 dans les entreti5s1 entre une c]ta9e p>esse qu'on a de p>l]1 ou quelquefois un esprit ab/rait1 qui1 n\s jetant lo9 du sujet de la conv]sation1 n\s fait faire ou de mauvaises dem&es ou de sottes rponses1 et une att5tion importune qu'on a au mo9dre mot qui *appe1 p\r le relev]1 bad9] aut\r1 y tr\v] un my/re que les autres n'y voi5t pas1 y *]*] de la f9esse et de la subtilit1 seulem5t p\r avoir occasion d'y plac] la si5ne4 #aa 7,,iv7 tre infatu de soi1 et s'tre =tem5t p]suad qu'on a beauc\p d'esprit1 e/ un accid5t qui n'arrive gure qu' celui qui n'en a po9t1 ou qui en a peu4 ,malheur p\r lors qui e/ expos l'entreti5 d'un tel p]sonnage6 combi5 de jolies phrases lui faudra-t-il essuy]6 combi5 de ces mots av5turi]s qui p>aiss5t subitem5t1 dur5t un temps1 et que bi5tt on ne revoit plus6 ,s'il conte une n\velle1 c'e/ mo9s p\r l'appr5dre ceux qui l'c\t5t1 que p\r avoir le mrite de la dire1 et de la dire bi53 elle devi5t un roman entre ses ma9s2 il fait p5s] les g5s sa manire1 leur met en la b\*e ses petites faons de p>l]1 et les fait t\j\rs p>l] longtemps2 il tombe ensuite en des p>5?ses1 qui peuv5t pass] p\r pisodes1 mais qui font oubli] le gros de l'hi/oire1 et lui qui v\s p>le1 et v\s qui le supportez4 ,que s]ait-ce de v\s et de lui1 si quelqu'un ne surv5ait heureusem5t p\r drang] le c]cle1 et faire oubli] la n>ration8 #ab 7,v7 ,j'ent5ds ,?odecte de l'anti*ambre2 il grossit sa voix mesure qu'il s'appro*e2 le voil entr3 il rit1 il crie1 il clate2 on b\*e ses oreilles1 c'e/ un tonn]re4 ,il n'e/ pas mo9s r$\table p> les *oses qu'il dit que p> le ton dont il p>le4 ,il ne s'apaise1 et il ne revi5t de ce gr& fracas que p\r br$\ill] des vanits et des sottises4 ,il a si peu d'g>d au temps1 aux p]sonnes1 aux bi5sances1 que *acun a son fait sans qu'il ait eu int5tion de le lui donn]2 il n'e/ pas encore assis qu'il a1 son insu1 dsoblig t\te l'assemble4 ,a-t-on s]vi1 il se met le premi] table et dans la premire place2 les femmes sont sa droite et gau*e4 ,il mange1 il boit1 il conte1 il plaisante1 il int]rompt t\t la fois4 ,il n'a nul disc]nem5t des p]sonnes1 ni du matre1 ni des convis2 il abuse de la folle dfr5ce qu'on a p\r lui4 ,e/-ce lui1 e/-ce ,eu?ydme qui donne le repas8 ,il rappelle soi t\te l'autorit de la table2 et il y a un mo9dre inconvni5t la lui laiss] entire qu' la lui disput]4 ,le v9 et les vi&es n'aj\t5t ri5 son c>actre4 ,si l'on j\e1 il gagne au jeu2 il veut raill] celui qui p]d1 et il l'(f5se2 les rieurs sont p\r lui3 il n'y a sorte de fatuits qu'on ne lui passe4 ,je cde enf9 et je disp>ais1 incapable de s\ffrir plus longtemps ,?odecte1 et ceux qui le s\ffr5t4 #ac 7,,vii7 ,trole e/ utile ceux qui ont trop de bi53 il leur te l'emb>ras du sup]flu2 il leur sauve la pe9e d'amass] de l'arg5t1 de faire des contrats1 de f]m] des c(fres1 de port] des clefs sur soi et de cra9dre un vol dome/ique4 ,il les aide dans leurs plaisirs1 et il devi5t capable ensuite de les s]vir dans leurs passions2 bi5tt il les rgle et les matrise dans leur conduite4 ,il e/ l'oracle d'une maison1 celui dont on att5d1 que dis-je8 dont on prvi5t1 dont on dev9e les dcisions4 ,il dit de cet esclave3 ,il faut le punir1 et on le f\ette2 et de cet autre3 ,il faut l'affran*ir1 et on l'affran*it4 ,l'on voit qu'un p>asite ne le fait pas rire2 il peut lui dplaire3 il e/ congdi4 ,le matre e/ heureux1 si ,trole lui laisse sa femme et ses enfants4 ,si celui-ci e/ table1 et qu'il prononce d'un mets qu'il e/ fri&1 le matre et les convis1 qui en mangeai5t sans rflexion1 le tr\v5t fri&1 et ne s'en peuv5t rassasi]2 s'il dit au contraire d'un autre mets qu'il e/ insipide1 ceux qui comm5ai5t le gt]1 n'osant aval] le morceau qu'ils ont la b\*e1 ils le jett5t t]re3 t\s ont les yeux sur lui1 obs]v5t son ma9ti5 et son visage avant de prononc] sur le v9 ou sur les vi&es qui sont s]vies4 ,ne le *]*ez pas ailleurs que dans la maison de ce ri*e qu'il g\v]ne3 c'e/ l qu'il mange1 qu'il dort et qu'il fait dige/ion1 qu'il qu]elle son valet1 qu'il reoit ses ouvri]s1 et qu'il remet ses cranci]s4 ,il rg5te1 il dom9e dans une salle2 il y reoit la c\r et les hommages de ceux qui1 plus f9s que les autres1 ne veul5t all] au matre que p> ,trole4 ,si l'on entre p> malheur sans avoir une physionomie qui lui agre1 il ride son front et il dt\rne sa vue2 si on l'aborde1 il ne se lve pas2 si l'on s'assi$ auprs de lui1 il s'loigne2 si on lui p>le1 il ne rpond po9t2 si l'on cont9ue de p>l]1 il passe dans une autre *ambre2 si on le suit1 il gagne l'escali]2 il fran*irait t\s les tages1 ou il se lanc]ait p> une f5tre1 plutt que de se laiss] jo9dre p> quelqu'un qui a un visage ou un ton de voix qu'il dsappr\ve4 ,l'un et l'autre sont agrables en ,trole1 et il s'en e/ s]vi heureusem5t p\r s'ins9u] ou p\r conqurir4 ,t\t devi5t1 avec le temps1 au-dess\s de ses so9s1 comme il e/ au-dessus de v\loir se s\t5ir ou cont9u] de plaire p> le mo9dre des tal5ts qui ont comm5c le faire valoir4 ,c'e/ beauc\p qu'il sorte quelquefois de ses mditations et de sa taciturnit p\r contr$ire1 et que mme p\r critiqu] il daigne une fois le j\r avoir de l'esprit4 ,bi5 lo9 d'att5dre de lui qu'il dfre vos s5tim5ts1 qu'il soit complaisant1 qu'il v\s l\e1 v\s n'tes pas sr qu'il aime t\j\rs votre approbation1 ou qu'il s\ffre votre complaisance4 #ad 7,,iv7 ,il faut laiss] p>l] cet inconnu que le has>d a plac auprs de v\s dans une voiture publique1 une fte ou un spectacle2 et il ne v\s cot]a bi5tt p\r le connatre que de l'avoir c\t3 v\s saurez son nom1 sa demeure1 son pays1 l'tat de son bi51 son emploi1 celui de son pre1 la famille dont e/ sa mre1 sa p>5t1 ses alliances1 les armes de sa maison2 v\s compr5drez qu'il e/ noble1 qu'il a un *teau1 de beaux meubles1 des valets1 et un c>rosse4 #ae 7,i7 ,il y a des g5s qui p>l5t un mom5t avant que d'avoir p5s4 ,il y en a d'autres qui ont une fade att5tion ce qu'ils dis5t1 et avec qui l'on s\ffre dans la conv]sation de t\t le travail de leur esprit2 ils sont comme ptris de phrases et de petits t\rs d'expression1 conc]ts dans leur ge/e et dans t\t leur ma9ti52 ils sont puri/es1 et ne has>d5t pas le mo9dre mot1 qu& il devrait faire le plus bel effet du monde2 ri5 d'heureux ne leur *appe1 ri5 ne c\le de s\rce et avec lib]t3 ils p>l5t proprem5t et ennuyeusem5t4 #af 7,i7 ,l'esprit de la conv]sation consi/e bi5 mo9s en montr] beauc\p qu' en faire tr\v] aux autres3 celui qui sort de votre entreti5 cont5t de soi et de son esprit1 l'e/ de v\s p>faitem5t4 ,les hommes n'aim5t po9t v\s admir]1 ils veul5t plaire2 ils *]*5t mo9s tre in/ruits1 et mme rj\is1 qu' tre gts et applaudis2 et le plaisir le plus dlicat e/ de faire celui d'autrui4 #ag 7,i7 ,il ne faut pas qu'il y ait trop d'imag9ation dans nos conv]sations ni dans nos crits2 elle ne produit s\v5t que des ides va9es et puriles1 qui ne s]v5t po9t p]fectionn] le gt et n\s r5dre meilleurs3 nos p5ses doiv5t tre prises dans le bon s5s et la droite raison1 et doiv5t tre un effet de notre jugem5t4 #ah 7,i7 ,c'e/ une gr&e misre que de n'avoir pas assez d'esprit p\r bi5 p>l]1 ni assez de jugem5t p\r se taire4 ,voil le pr9cipe de t\te imp]t95ce4 #ai 7,,iv7 ,dire d'une *ose mode/em5t ou qu'elle e/ bonne ou qu'elle e/ mauvaise1 et les raisons p\rquoi elle e/ telle1 dem&e du bon s5s et de l'expression3 c'e/ une affaire4 ,il e/ plus c\rt de prononc] d'un ton dcisif1 et qui emporte la preuve de ce qu'on avance1 ou qu'elle e/ excrable1 ou qu'elle e/ miraculeuse4 #bj 7,i7 ,ri5 n'e/ mo9s selon ,dieu et selon le monde que d'appuy] t\t ce que l'on dit dans la conv]sation1 jusques aux *oses les plus indiffr5tes1 p> de longs et de fa/idieux s]m5ts4 ,un honnte homme qui dit oui et non mrite d'tre cru3 son c>actre jure p\r lui1 donne crance ses p>oles1 et lui attire t\te sorte de confiance4 #ba 7,i7 ,celui qui dit incessamm5t qu'il a de l'honneur et de la probit1 qu'il ne nuit p]sonne1 qu'il cons5t que le mal qu'il fait aux autres lui arrive1 et qui jure p\r le faire croire1 ne sait pas mme contrefaire l'homme de bi54 ,un homme de bi5 ne saurait emp*] p> t\te sa mode/ie qu'on ne dise de lui ce qu'un malhonnte homme sait dire de soi4 #bb 7,v7 ,clon p>le peu obligeamm5t ou peu ju/e1 c'e/ l'un ou l'autre2 mais il aj\te qu'il e/ fait a9si1 et qu'il dit ce qu'il p5se4 #bc 7,v7 ,il y a p>l] bi51 p>l] aism5t1 p>l] ju/e1 p>l] propos4 ,c'e/ p*] contre ce d]ni] g5re que de s't5dre sur un repas magnifique que l'on vi5t de faire1 devant des g5s qui sont rduits p>gn] leur pa92 de dire m]veilles de sa sant devant des infirmes2 d'entret5ir de ses ri*esses1 de ses rev5us et de ses ameublem5ts un homme qui n'a ni r5tes ni domicile2 en un mot1 de p>l] de son bonheur devant des misrables3 cette conv]sation e/ trop =te p\r eux1 et la comp>aison qu'ils font alors de leur tat au vtre e/ odieuse4 #bd 7,,vii7 ,p\r v\s1 dit ,eu?yphron1 v\s tes ri*e1 ou v\s devez l'tre3 dix mille livres de r5te1 et en fonds de t]re1 cela e/ beau1 cela e/ d\x1 et l'on e/ heureux mo9s1 p5dant que lui qui p>le a9si a c9quante mille livres de rev5u1 et qu'il croit n'avoir que la moiti de ce qu'il mrite4 ,il v\s taxe1 il v\s apprcie1 il fixe votre dp5se et s'il v\s jugeait digne d'une meilleure =tune1 et de celle mme o il aspire1 il ne manqu]ait pas de v\s la s\hait]4 ,il n'e/ pas le seul qui fasse de si mauvaises e/imations ou des comp>aisons si dsobligeantes3 le monde e/ ple9 d',eu?yphrons4 #be 7,v7 ,quelqu'un1 suivant la p5te de la c\tume qui veut qu'on l\e1 et p> l'habitude qu'il a la flatt]ie et l'exagration1 congratule ,?odme sur un disc\rs qu'il n'a po9t ent5du1 et dont p]sonne n'a pu encore lui r5dre compte3 il ne laisse pas de lui p>l] de son gnie1 de son ge/e1 et surt\t de la fidlit de sa mmoire2 et il e/ vrai que ,?odme e/ demeur c\rt4 #bf 7,,iv7 ,l'on voit des g5s brusques1 inquiets1 suffisants1 qui bi5 qu'oisifs et sans aucune affaire qui les appelle ailleurs1 v\s expdi5t1 p\r a9si dire1 en peu de p>oles1 et ne song5t qu' se dgag] de v\s2 on leur p>le encore1 qu'ils sont p>tis et ont disp>u4 ,ils ne sont pas mo9s imp]t95ts que ceux qui v\s arrt5t seulem5t p\r v\s ennuy]3 ils sont peut-tre mo9s incommodes4 #bg 7,v7 ,p>l] et (f5s]1 p\r de c]ta9es g5s1 e/ prcism5t la mme *ose4 ,ils sont piquants et am]s2 leur /yle e/ ml de fiel et d'abs9!3 la raill]ie1 l'injure1 l'insulte leur dc\l5t des lvres comme leur salive4 ,il leur s]ait utile d'tre ns muets ou /upides3 ce qu'ils ont de vivacit et d'esprit leur nuit davantage que ne fait quelques autres leur sottise4 ,ils ne se cont5t5t pas t\j\rs de rpliqu] avec aigreur1 ils attaqu5t s\v5t avec insol5ce2 ils frapp5t sur t\t ce qui se tr\ve s\s leur langue1 sur les prs5ts1 sur les abs5ts2 ils heurt5t de front et de ct1 comme des bli]s3 dem&e-t-on des bli]s qu'ils n'ai5t pas de cornes8 ,de mme n'espre-t-on pas de r=m] p> cette pe9ture des naturels si durs1 si f>\*es1 si indociles4 ,ce que l'on peut faire de mieux1 d'aussi lo9 qu'on les dc\vre1 e/ de les fuir de t\te sa =ce et sans reg>d] d]rire soi4 #bh 7,v7 ,il y a des g5s d'une c]ta9e t(fe ou d'un c]ta9 c>actre avec qui il ne faut jamais se commettre1 de qui l'on ne doit se pla9dre que le mo9s qu'il e/ possible1 contre qui il n'e/ pas mme p]mis d'avoir raison4 #bi 7,v7 ,entre deux p]sonnes qui ont eu ensemble une viol5te qu]elle1 dont l'un a raison et l'autre ne l'a pas1 ce que la plup>t de ceux qui y ont assi/ ne manqu5t jamais de faire1 ou p\r se disp5s] de jug]1 ou p> un tempram5t qui m'a t\j\rs p>u hors de sa place1 c'e/ de condamn] t\s les deux3 leon importante1 motif pressant et indisp5sable de fuir l'ori5t qu& le fat e/ l'occid5t1 p\r vit] de p>tag] avec lui le mme tort4 #cj 7,v7 ,je n'aime pas un homme que je ne puis abord] le premi]1 ni salu] avant qu'il me salue1 sans m'avilir ses yeux1 et sans tremp] dans la bonne op9ion qu'il a de lui-mme4 ,montaigne dirait3 ,je veux avoir mes c\des fran*es1 et e/re c\rtois et affable mon po9t1 sans remords ne consequ5ce4 ,je ne puis du t\t e/riv] contre mon p5*ant1 et all] au reb\rs de mon naturel1 qui m'emme9e v]s celuy que je tr\ve ma r5contre4 ,qu& il m'e/ gal1 et qu'il ne m'e/ po9t ennemy1 j'anticipe sur son accueil1 je le que/ionne sur sa disposition et sant1 je luy fais (fre de mes (fices sans tant m>*&] sur le plus ou sur le mo9s1 ne e/re1 comme dis5t aucuns1 sur le qui vive4 ,celuy-l me deplai/1 qui p> la connoissance que j'ay de ses c\tumes et faons d'agir1 me tire de cette lib]t et fran*ise4 ,comm5t me ress\v5ir t\t propos1 et d'aussi lo9 que je vois cet homme1 d'emprunt] une cont5ance grave et importante1 et qui l'av]tisse que je crois le valoir bi5 et au del8 p\r cela de me ram5tevoir de mes bonnes qualitez et conditions1 et des si5nes mauvaises1 puis en faire la comp>aison4 ,c'e/ trop de travail p\r moy1 et ne suis du t\t capable de si roide et si subite att5tion2 et qu& bi5 elle m'auroit succ$ une premire fois1 je ne laiss]ois de fle*ir et me dem5tir une seconde t*e3 je ne puis me =c] et contra9dre p\r quelconque e/re fi]4 #ca 7,,iv7 ,avec de la v]tu1 de la capacit1 et une bonne conduite1 l'on peut tre insupportable4 ,les manires1 que l'on nglige comme de petites *oses1 sont s\v5t ce qui fait que les hommes dcid5t de v\s en bi5 ou en mal3 une lgre att5tion les avoir d\ces et polies prvi5t leurs mauvais jugem5ts4 ,il ne faut presque ri5 p\r tre cru fi]1 incivil1 mprisant1 dsobligeant3 il faut encore mo9s p\r tre e/im t\t le contraire4 #cb 7,,iv7 ,la politesse n'inspire pas t\j\rs la bont1 l'quit1 la complaisance1 la gratitude2 elle en donne du mo9s les app>5ces1 et fait p>atre l'homme au dehors comme il devrait tre intrieurem5t4 7,i7 ,l'on peut df9ir l'esprit de politesse1 l'on ne peut en fix] la pratique3 elle suit l'usage et les c\tumes reues2 elle e/ atta*e aux temps1 aux lieux1 aux p]sonnes1 et n'e/ po9t la mme dans les deux sexes1 ni dans les diffr5tes conditions2 l'esprit t\t seul ne la fait pas dev9]3 il fait qu'on la suit p> imitation1 et que l'on s'y p]fectionne4 ,il y a des tempram5ts qui ne sont susceptibles que de la politesse2 et il y en a d'autres qui ne s]v5t qu'aux gr&s tal5ts1 ou une v]tu solide4 ,il e/ vrai que les manires polies donn5t c\rs au mrite1 et le r5d5t agrable2 et qu'il faut avoir de bi5 m95tes qualits p\r se s\t5ir sans la politesse4 7,i7 ,il me semble que l'esprit de politesse e/ une c]ta9e att5tion faire que p> nos p>oles et p> nos manires les autres soi5t cont5ts de n\s et d'eux-mmes4 #cc 7,i7 ,c'e/ une faute contre la politesse que de l\] immodrm5t1 en prs5ce de ceux que v\s faites *ant] ou t\*] un in/rum5t1 quelque autre p]sonne qui a ces mmes tal5ts2 comme devant ceux qui v\s lis5t leurs v]s1 un autre pote4 #cd 7,,iv7 ,dans les repas ou les ftes que l'on donne aux autres1 dans les prs5ts qu'on leur fait1 et dans t\s les plaisirs qu'on leur procure1 il y a faire bi51 et faire selon leur gt3 le d]ni] e/ prfrable4 #ce 7,i7 ,il y aurait une espce de frocit rejet] indiffremm5t t\te sorte de l\anges3 l'on doit tre s5sible celles qui n\s vi5n5t des g5s de bi51 qui l\5t en n\s s9crem5t des *oses l\ables4 #cf 7,,iv7 ,un homme d'esprit1 et qui e/ n fi]1 ne p]d ri5 de sa fi]t et de sa raideur p\r se tr\v] pauvre2 si quelque *ose au contraire doit amollir son humeur1 le r5dre plus d\x et plus sociable1 c'e/ un peu de prosprit4 #cg 7,,iv7 ,ne p\voir support] t\s les mauvais c>actres dont le monde e/ ple9 n'e/ pas un =t bon c>actre3 il faut dans le comm]ce des pices d'or et de la monnaie4 #ch 7,,iv7 ,vivre avec des g5s qui sont br\ills1 et dont il faut c\t] de "p et d'autre les pla9tes rciproques1 c'e/1 p\r a9si dire1 ne pas sortir de l'audi5ce1 et ent5dre du mat9 au soir plaid] et p>l] procs4 #ci 7,v7 ,l'on sait des g5s qui avai5t c\l leurs j\rs dans une union troite3 leurs bi5s tai5t en commun1 ils n'avai5t qu'une mme demeure1 ils ne se p]dai5t pas de vue4 ,ils se sont ap]u plus de quatre-v+ts ans qu'ils devai5t se quitt] l'un l'autre et f9ir leur socit2 ils n'avai5t plus qu'un j\r vivre1 et ils n'ont os entrepr5dre de le pass] ensemble2 ils se sont dp*s de rompre avant que de m\rir2 ils n'avai5t de fonds p\r la complaisance que jusque-l4 ,ils ont trop vcu p\r le bon exemple3 un mom5t plus tt ils m\rai5t sociables1 et laissai5t aprs eux un r>e modle de la p]svrance dans l'amiti4 #dj 7,i7 ,l'intrieur des familles e/ s\v5t tr\bl p> les dfiances1 p> les jal\sies et p> l'antipa?ie1 p5dant que des dehors cont5ts1 paisibles et enj\s n\s tromp5t1 et n\s y font suppos] une paix qui n'y e/ po9t3 il y en a peu qui gagn5t tre appr(ondies4 ,cette visite que v\s r5dez vi5t de susp5dre une qu]elle dome/ique1 qui n'att5d que votre retraite p\r recomm5c]4 #da 7,i7 ,dans la socit1 c'e/ la raison qui plie la premire4 ,les plus sages sont s\v5t m5s p> le plus f\ et le plus biz>re3 l'on tudie son faible1 son humeur1 ses caprices1 l'on s'y accommode2 l'on vite de le heurt]1 t\t le monde lui cde2 la mo9dre srnit qui p>at sur son visage lui attire des loges3 on lui ti5t compte de n'tre pas t\j\rs insupportable4 ,il e/ cra9t1 mnag1 obi1 quelquefois aim4 #db 7,,iv7 ,il n'y a que ceux qui ont eu de vieux collatraux1 ou qui en ont encore1 et dont il s'agit d'hrit]1 qui puiss5t dire ce qu'il en cote4 #dc 7,i7 ,clante e/ un trs honnte homme2 il s'e/ *oisi une femme qui e/ la meilleure p]sonne du monde et la plus raisonnable3 *acun1 de sa "p1 fait t\t le plaisir et t\t l'agrm5t des socits o il se tr\ve2 l'on ne peut voir ailleurs plus de probit1 plus de politesse4 ,ils se quitt5t dema91 et l'acte de leur sp>ation e/ t\t dress *ez le notaire4 ,il y a1 sans m5tir1 de c]ta9s mrites qui ne sont po9t faits p\r tre ensemble1 de c]ta9es v]tus incompatibles4 #dd 7,i7 ,l'on peut compt] srem5t sur la dot1 le d\aire et les conv5tions1 mais faiblem5t sur les n\rritures2 elles dp5d5t d'une union fragile de la belle-mre et de la bru1 et qui prit s\v5t dans l'anne du m>iage4 #de 7,v7 ,un beau-pre aime son g5dre1 aime sa bru4 ,une belle-mre aime son g5dre1 n'aime po9t sa bru4 ,t\t e/ rciproque4 #df 7,v7 ,ce qu'une m>tre aime le mo9s de t\t ce qui e/ au monde1 ce sont les enfants de son m>i3 plus elle e/ folle de son m>i1 plus elle e/ m>tre4 ,les m>tres font ds]t] les villes et les b\rgades1 et ne peupl5t pas mo9s la t]re de m5diants1 de vagabonds1 de dome/iques et d'esclaves1 que la pauvret4 #dg 7,i7 ,g444 et ,h444 sont vois9s de campagne1 et leurs t]res sont contigus2 ils habit5t une contre ds]te et solitaire4 loigns des villes et de t\t comm]ce1 il semblait que la fuite d'une entire solitude ou l'am\r de la socit et d les assujettir une liaison rciproque2 il e/ cep5dant difficile d'exprim] la bagatelle qui les a fait rompre1 qui les r5d implacables l'un p\r l'autre1 et qui p]ptu]a leurs ha9es dans leurs desc5dants4 ,jamais des p>5ts1 et mme des frres1 ne se sont br\ills p\r une mo9dre *ose4 ,je suppose qu'il n'y ait que deux hommes sur la t]re1 qui la possd5t seuls1 et qui la p>tag5t t\te entre eux deux3 je suis p]suad qu'il leur natra bi5tt quelque sujet de rupture1 qu& ce ne s]ait que p\r les limites4 #dh 7,,vii7 ,il e/ s\v5t plus c\rt et plus utile de cadr] aux autres que de faire que les autres s'aju/5t n\s4 #di 7,v7 ,j'appro*e d'une petite ville1 et je suis dj sur une hauteur d'o je la dc\vre4 ,elle e/ situe mi-cte2 une rivire baigne ses murs1 et c\le ensuite dans une belle prairie2 elle a une =t paisse qui la c\vre des v5ts froids et de l'aquilon4 ,je la vois dans un j\r si favorable1 que je compte ses t\rs et ses clo*]s2 elle me p>at pe9te sur le p5*ant de la coll9e4 ,je me rcrie1 et je dis3 ,quel plaisir de vivre s\s un si beau ciel et dans ce sj\r si dlicieux6 ,je desc5ds dans la ville1 o je n'ai pas c\* deux nuits1 que je ressemble ceux qui l'habit5t3 j'en veux sortir4 #ej 7,,iv7 ,il y a une *ose que l'on n'a po9t vue s\s le ciel et que selon t\tes les app>5ces on ne v]ra jamais3 c'e/ une petite ville qui n'e/ divise en aucuns p>tis2 o les familles sont unies1 et o les c\s9s se voi5t avec confiance2 o un m>iage n'eng5dre po9t une gu]re civile2 o la qu]elle des rangs ne se rveille pas t\s mom5ts p> l'(fr&e1 l'enc5s et le pa9 bnit1 p> les processions et p> les obsques2 d'o l'on a banni les caquets1 le m5songe et la mdisance2 o l'on voit p>l] ensemble le bailli et le prsid5t1 les lus et les assesseurs2 o le doy5 vit bi5 avec ses *ano9es2 o les *ano9es ne ddaign5t pas les *apela9s1 et o ceux-ci s\ffr5t les *antres4 #ea 7,,iv7 ,les prov9ciaux et les sots sont t\j\rs prts se f*]1 et croire qu'on se moque d'eux ou qu'on les mprise3 il ne faut jamais has>d] la plaisant]ie1 mme la plus d\ce et la plus p]mise1 qu'avec des g5s polis1 ou qui ont de l'esprit4 #eb 7,v7 ,on ne prime po9t avec les gr&s1 ils se df5d5t p> leur gr&eur2 ni avec les petits1 ils v\s rep\ss5t p> le qui vive4 #ec 7,v7 ,t\t ce qui e/ mrite se s5t1 se disc]ne1 se dev9e rciproquem5t3 si l'on v\lait tre e/im1 il faudrait vivre avec des p]sonnes e/imables4 #ed 7,i7 ,celui qui e/ d'une m95ce au-dessus des autres qui le met c\v]t de la rep>tie1 ne doit jamais faire une raill]ie piquante4 #ee 7,i7 ,il y a de petits dfauts que l'on ab&onne volonti]s la c5sure1 et dont n\s ne hassons pas tre raills3 ce sont de p>eils dfauts que n\s devons *oisir p\r raill] les autres4 #ef 7,,iv7 ,rire des g5s d'esprit1 c'e/ le privilge des sots3 ils sont dans le monde ce que les f\s sont la c\r1 je veux dire sans consqu5ce4 #eg 7,i7 ,la moqu]ie e/ s\v5t indig5ce d'esprit4 #eh 7,i7 ,v\s le croyez votre dupe3 s'il fe9t de l'tre1 qui e/ plus dupe de lui ou de v\s8 #ei 7,,iv7 ,si v\s obs]vez avec so9 qui sont les g5s qui ne peuv5t l\]1 qui blm5t t\j\rs1 qui ne sont cont5ts de p]sonne1 v\s reconnatrez que ce sont ceux mmes dont p]sonne n'e/ cont5t4 #fj 7,i7 ,le dda9 et le r5gorgem5t dans la socit attire prcism5t le contraire de ce que l'on *]*e1 si c'e/ se faire e/im]4 #fa 7,i7 ,le plaisir de la socit entre les amis se cultive p> une ressemblance de gt sur ce qui reg>de les moeurs1 et p> quelques diffr5ces d'op9ions sur les sci5ces3 p> l ou l'on s'aff]mit dans ses s5tim5ts1 ou l'on s'ex]ce et l'on s'in/ruit p> la dispute4 #fb 7,i7 ,l'on ne peut all] lo9 dans l'amiti1 si l'on n'e/ pas dispos se p>donn] les uns aux autres les petits dfauts4 #fc 7,i7 ,combi5 de belles et inutiles raisons tal] celui qui e/ dans une gr&e adv]sit1 p\r essay] de le r5dre tranquille6 ,les *oses de dehors1 qu'on appelle les vnem5ts1 sont quelquefois plus =tes que la raison et que la nature4 ,mangez1 dormez1 ne v\s laissez po9t m\rir de *agr91 songez vivre3 h>angues froides1 et qui rduis5t l'impossible4 tes-v\s raisonnable de v\s tant inquit]8 n'e/-ce pas dire3 tes-v\s f\ d'tre malheureux8 #fd 7,i7 ,le conseil1 si ncessaire p\r les affaires1 e/ quelquefois dans la socit nuisible qui le donne1 et inutile celui qui il e/ donn4 ,sur les moeurs1 v\s faites rem>qu] des dfauts ou que l'on n'av\e pas1 ou que l'on e/ime des v]tus2 sur les ouvrages1 v\s rayez les endroits qui p>aiss5t admirables leur auteur1 o il se complat davantage1 o il croit s'tre surpass lui-mme4 ,v\s p]dez a9si la confiance de vos amis1 sans les avoir r5dus ni meilleurs ni plus habiles4 #fe 7,i7 ,l'on a vu1 il n'y a pas longtemps1 un c]cle de p]sonnes des deux sexes1 lies ensemble p> la conv]sation et p> un comm]ce d'esprit4 ,ils laissai5t au vulgaire l'art de p>l] d'une manire intelligible2 une *ose dite entre eux peu clairem5t en entranait une autre encore plus obscure1 sur laquelle on en*rissait p> de vraies nigmes1 t\j\rs suivies de longs applaudissem5ts3 p> t\t ce qu'ils appelai5t dlicatesse1 s5tim5ts1 t\r et f9esse d'expression1 ils tai5t enf9 p>v5us n'tre plus ent5dus et ne s'ent5dre pas eux-mmes4 ,il ne fallait1 p\r f\rnir ces entreti5s1 ni bon s5s1 ni jugem5t1 ni mmoire1 ni la mo9dre capacit3 il fallait de l'esprit1 non pas du meilleur1 mais de celui qui e/ faux1 et o l'imag9ation a trop de "p4 #ff 7,,vi7 ,je le sais1 ,?obalde1 v\s tes vieilli2 mais v\driez-v\s que je crusse que v\s tes baiss1 que v\s n'tes plus pote ni bel esprit1 que v\s tes prs5tem5t aussi mauvais juge de t\t g5re d'ouvrage que m*ant auteur1 que v\s n'avez plus ri5 de naf et de dlicat dans la conv]sation8 ,votre air libre et prsomptueux me rassure1 et me p]suade t\t le contraire4 ,v\s tes donc auj\rd'hui t\t ce que v\s ftes jamais1 et peut-tre meilleur2 c> si votre ge v\s tes si vif et si imptueux1 quel nom1 ,?obalde1 fallait-il v\s donn] dans votre jeunesse1 et lorsque v\s tiez la coquelu*e ou l'enttem5t de c]ta9es femmes qui ne jurai5t que p> v\s et sur votre p>ole1 qui disai5t3 ,cela e/ dlicieux2 qu'a-t-il dit8 #fg 7,i7 ,l'on p>le imptueusem5t dans les entreti5s1 s\v5t p> vanit ou p> humeur1 r>em5t avec assez d'att5tion3 t\t occup du dsir de rpondre ce qu'on n'c\te po9t1 l'on suit ses ides1 et on les explique sans le mo9dre g>d p\r les raisonnem5ts d'autrui2 l'on e/ bi5 loign de tr\v] ensemble la vrit1 l'on n'e/ pas encore conv5u de celle que l'on *]*e4 ,qui p\rrait c\t] ces sortes de conv]sations et les crire1 f]ait voir quelquefois de bonnes *oses qui n'ont nulle suite4 #fh 7,i7 ,il a rgn p5dant quelque temps une sorte de conv]sation fade et purile1 qui r\lait t\te sur des que/ions frivoles qui avai5t relation au coeur et ce qu'on appelle passion ou t5dresse4 ,la lecture de quelques romans les avait introduites p>mi les plus honntes g5s de la ville et de la c\r2 ils s'en sont dfaits1 et la b\rgeoisie les a reues avec les po9tes et les quivoques4 #fi 7,,iv7 ,quelques femmes de la ville ont la dlicatesse de ne pas savoir ou de n'os] dire le nom des rues1 des places1 et de quelques endroits publics1 qu'elles ne croi5t pas assez nobles p\r tre connus4 ,elles dis5t3 le ,l\vre1 la place ,royale1 mais elles us5t de t\rs et de phrases plutt que de prononc] de c]ta9s noms2 et s'ils leur *app5t1 c'e/ du mo9s avec quelque altration du mot1 et aprs quelques faons qui les rassur5t3 en cela mo9s naturelles que les femmes de la c\r1 qui ayant beso9 dans le disc\rs des ,halles1 du ,*telet1 ou de *oses semblables1 dis5t3 les ,halles1 le ,*telet4 #gj 7,,iv7 ,si l'on fe9t quelquefois de ne se pas s\v5ir de c]ta9s noms que l'on croit obscurs1 et si l'on affecte de les corrompre en les prononant1 c'e/ p> la bonne op9ion qu'on a du si54 #ga 7,i7 ,l'on dit p> belle humeur1 et dans la lib]t de la conv]sation1 de ces *oses froides1 qu' la vrit l'on donne p\r telles1 et que l'on ne tr\ve bonnes que p>ce qu'elles sont extrmem5t mauvaises4 ,cette manire basse de plaisant] a pass du peuple1 qui elle app>ti5t1 jusque dans une gr&e p>tie de la jeunesse de la c\r1 qu'elle a dj infecte4 ,il e/ vrai qu'il y entre trop de fadeur et de grossiret p\r devoir cra9dre qu'elle s't5de plus lo91 et qu'elle fasse de plus gr&s progrs dans un pays qui e/ le c5tre du bon gt et de la politesse4 ,l'on doit cep5dant en inspir] le dgt ceux qui la pratiqu5t2 c> bi5 que ce ne soit jamais srieusem5t1 elle ne laisse pas de t5ir la place1 dans leur esprit et dans le comm]ce ord9aire1 de quelque *ose de meilleur4 #gb 7,v7 ,entre dire de mauvaises *oses1 ou en dire de bonnes que t\t le monde sait et les donn] p\r n\velles1 je n'ai pas *oisir4 #gc 7,i7 ,luca9 a dit une jolie *ose444 ,il y a un beau mot de ,claudi5444 ,il y a cet endroit de ,snque3 et l-dessus une longue suite de lat91 que l'on cite s\v5t devant des g5s qui ne l'ent5d5t pas1 et qui feign5t de l'ent5dre4 ,le secret s]ait d'avoir un gr& s5s et bi5 de l'esprit2 c> ou l'on se pass]ait des anci5s1 ou aprs les avoir lus avec so91 l'on saurait encore *oisir les meilleurs1 et les cit] propos4 #gd 7,v7 ,h]magoras ne sait pas qui e/ roi de ,hongrie2 il s'tonne de n'ent5dre faire aucune m5tion du roi de ,bohme2 ne lui p>lez pas des gu]res de ,fl&re et de ,holl&e1 disp5sez-le du mo9s de v\s rpondre3 il confond les temps1 il ignore qu& elles ont comm5c1 qu& elles ont f9i2 combats1 siges1 t\t lui e/ n\veau2 mais il e/ in/ruit de la gu]re des gants1 il en raconte le progrs et les mo9dres dtails1 ri5 ne lui e/ *app2 il dbr\ille de mme l'horrible *aos des deux empires1 le ,babyloni5 et l',assyri52 il connat fond les gypti5s et leurs dyna/ies4 ,il n'a jamais vu ,v]sailles1 il ne le v]ra po9t3 il a presque vu la t\r de ,babel1 il en compte les degrs1 il sait combi5 d'ar*itectes ont prsid cet ouvrage1 il sait le nom des ar*itectes4 ,dirai-je qu'il croit ,h5ri ,,iv fils de ,h5ri ,,iii8 ,il nglige du mo9s de ri5 connatre aux maisons de ,france1 d',autri*e et de ,bavire3 ,quelles m9uties6 dit-il1 p5dant qu'il rcite de mmoire t\te une li/e des rois des ,mdes ou de ,babylone1 et que les noms d',apronal1 d',hrigebal1 de ,noesnemorda*1 de ,m>dokempad1 lui sont aussi famili]s qu' n\s ceux de ,valois et de ,b\rbon4 ,il dem&e si l',emp]eur a jamais t m>i2 mais p]sonne ne lui appr5dra que ,n9us a eu deux femmes4 ,on lui dit que le ,roi j\it d'une sant p>faite2 et il se s\vi5t que ,!tmosis1 un roi d'gypte1 tait valtud9aire1 et qu'il t5ait cette complexion de son aeul ,aliph>mutosis4 ,que ne sait-il po9t8 ,quelle *ose lui e/ ca*e de la vnrable antiquit8 ,il v\s dira que ,smiramis1 ou1 selon quelques-uns1 ,srim>is1 p>lait comme son fils ,n9yas1 qu'on ne les di/+uait pas la p>ole3 si c'tait p>ce que la mre avait une voix mle comme son fils1 ou le fils une voix effm9e comme sa mre1 qu'il n'ose pas le dcid]4 ,il v\s rvl]a que ,nembrot tait gau*]1 et ,sso/ris ambidextre2 que c'e/ une erreur de s'imag9] qu'un ,artax]xe ait t appel ,longuema9 p>ce que les bras lui tombai5t jusqu'aux g5\x1 et non cause qu'il avait une ma9 plus longue que l'autre2 et il aj\te qu'il y a des auteurs graves qui affirm5t que c'tait la droite1 qu'il croit nanmo9s tre bi5 fond s\t5ir que c'e/ la gau*e4 #ge 7,,viii7 ,ascagne e/ /atuaire1 ,hgion fondeur1 ,aes*9e f\lon1 et ,cydias bel esprit1 c'e/ sa pr(ession4 ,il a une enseigne1 un ateli]1 des ouvrages de comm&e1 et des compagnons qui travaill5t s\s lui3 il ne v\s saurait r5dre de plus d'un mois les /ances qu'il v\s a promises1 s'il ne manque de p>ole ,dosi?e1 qui l'a engag faire une lgie2 une idylle e/ sur le mti]1 c'e/ p\r ,crantor1 qui le presse1 et qui lui laisse espr] un ri*e salaire4 ,prose1 v]s1 que v\lez-v\s8 ,il russit galem5t en l'un et en l'autre4 ,dem&ez-lui des lettres de consolation1 ou sur une abs5ce1 il les entrepr5dra2 pr5ez-les t\tes faites et entrez dans son magas91 il y a *oisir4 ,il a un ami qui n'a po9t d'autre fonction sur la t]re que de le promettre longtemps un c]ta9 monde1 et de le prs5t] enf9 dans les maisons comme homme r>e et d'une exquise conv]sation2 et l1 a9si que le musici5 *ante et que le j\eur de lu? t\*e son lu? devant les p]sonnes qui il a t promis1 ,cydias1 aprs avoir t\ss1 relev sa man*ette1 t5du la ma9 et ouv]t les doigts1 dbite gravem5t ses p5ses qu9tess5cies et ses raisonnem5ts sophi/iqus4 ,diffr5t de ceux qui conv5ant de pr9cipes1 et connaissant la raison ou la vrit qui e/ une1 s'arra*5t la p>ole l'un l'autre p\r s'accord] sur leurs s5tim5ts1 il n'ouvre la b\*e que p\r contr$ire3 ,il me semble1 dit-il gracieusem5t1 que c'e/ t\t le contraire de ce que v\s dites2 ou3 ,je ne saurais tre de votre op9ion2 ou bi53 'a t autrefois mon enttem5t1 comme il e/ le vtre1 mais444 ,il y a trois *oses1 aj\te-t-il1 considr]4441 et il en aj\te une quatrime3 fade disc\reur1 qui n'a pas mis plus tt le pi$ dans une assemble1 qu'il *]*e quelques femmes auprs de qui il puisse s'ins9u]1 se p>] de son bel esprit ou de sa philosophie1 et mettre en oeuvre ses r>es conceptions2 c> soit qu'il p>le ou qu'il crive1 il ne doit pas tre s\ponn d'avoir en vue ni le vrai ni le faux1 ni le raisonnable ni le ridicule3 il vite uniquem5t de donn] dans le s5s des autres1 et d'tre de l'avis de quelqu'un2 aussi att5d-il dans un c]cle que *acun se soit expliqu sur le sujet qui s'e/ (f]t1 ou s\v5t qu'il a am5 lui-mme1 p\r dire dogmatiquem5t des *oses t\tes n\velles1 mais son gr dcisives et sans rplique4 ,cydias s'gale ,luci5 et ,snque1 se met au-dessus de ,platon1 de ,virgile et de ,?ocrite2 et son flatteur a so9 de le confirm] t\s les mat9s dans cette op9ion4 ,uni de gt et d'intrt avec les contempteurs d',homre1 il att5d paisiblem5t que les hommes dtromps lui prfr5t les potes mod]nes3 il se met en ce cas la tte de ces d]ni]s1 et il sait qui il adjuge la seconde place4 ,c'e/ en un mot un compos du pdant et du prcieux1 fait p\r tre admir de la b\rgeoisie et de la prov9ce1 en qui nanmo9s on n'ap]oit ri5 de gr& que l'op9ion qu'il a de lui-mme4 #gf 7,i7 ,c'e/ la pr(onde ignorance qui inspire le ton dogmatique4 ,celui qui ne sait ri5 croit enseign] aux autres ce qu'il vi5t d'appr5dre lui-mme2 celui qui sait beauc\p p5se pe9e que ce qu'il dit puisse tre ignor1 et p>le plus indiffremm5t4 #gg 7,i7 ,les plus gr&es *oses n'ont beso9 que d'tre dites simplem5t3 elles se gt5t p> l'emphase4 ,il faut dire noblem5t les plus petites3 elles ne se s\ti5n5t que p> l'expression1 le ton et la manire4 #gh 7,i7 ,il me semble que l'on dit les *oses encore plus f9em5t qu'on ne peut les crire4 #gi 7,i7 ,il n'y a gure qu'une naissance honnte1 ou qu'une bonne ducation1 qui r5d5t les hommes capables de secret4 #hj 7,,iv7 ,t\te confiance e/ dang]euse si elle n'e/ entire3 il y a peu de conjonctures o il ne faille t\t dire ou t\t ca*]4 ,on a dj trop dit de son secret celui qui l'on croit devoir en drob] une circon/ance4 #ha 7,v7 ,des g5s v\s promett5t le secret1 et ils le rvl5t eux-mmes1 et leur insu2 ils ne remu5t pas les lvres1 et on les ent5d2 on lit sur leur front et dans leurs yeux1 on voit au trav]s de leur poitr9e1 ils sont transp>5ts4 ,d'autres ne dis5t pas prcism5t une *ose qui leur a t confie2 mais ils p>l5t et agiss5t de manire qu'on la dc\vre de soi-mme4 ,enf9 quelques-uns mpris5t votre secret1 de quelque consqu5ce qu'il puisse tre3 ,c'e/ un my/re1 un tel m'en a fait "p1 et m'a df5du de le dire2 et ils le dis5t4 7,,viii7 ,t\te rvlation d'un secret e/ la faute de celui qui l'a confi4 #hb 7,v7 ,nic&re s'entreti5t avec ,elise de la manire d\ce et complaisante dont il a vcu avec sa femme1 depuis le j\r qu'il en fit le *oix jusques sa mort2 il a dj dit qu'il regrette qu'elle ne lui ait pas laiss des enfants1 et il le rpte2 il p>le des maisons qu'il a la ville1 et bi5tt d'une t]re qu'il a la campagne3 il calcule le rev5u qu'elle lui rapporte1 il fait le plan des btim5ts1 en dcrit la situation1 exagre la commodit des app>tem5ts1 a9si que la ri*esse et la propret des meubles2 il assure qu'il aime la bonne *re1 les quipages2 il se pla9t que sa femme n'aimait po9t assez le jeu et la socit4 ,v\s tes si ri*e1 lui disait l'un de ses amis1 que n'a*etez-v\s cette *>ge8 p\rquoi ne pas faire cette acquisition qui t5drait votre doma9e8 ,on me croit1 aj\te-t-il1 plus de bi5 que je n'en possde4 ,il n'oublie pas son extraction et ses alliances3 ,monsieur le ,sur9t5dant1 qui e/ mon c\s92 ,madame la ,*ancelire1 qui e/ ma p>5te2 voil son /yle4 ,il raconte un fait qui pr\ve le mcont5tem5t qu'il doit avoir de ses plus pro*es1 et de ceux mme qui sont ses hriti]s3 ,ai-je tort8 dit-il ,elise2 ai-je gr& sujet de leur v\loir du bi58 et il l'en fait juge4 ,il ins9ue ensuite qu'il a une sant faible et languissante1 et il p>le de la cave o il doit tre ent]r4 ,il e/ ins9uant1 flatteur1 (ficieux l'g>d de t\s ceux qu'il tr\ve auprs de la p]sonne qui il aspire4 ,mais ,elise n'a pas le c\rage d'tre ri*e en l'p\sant4 ,on annonce1 au mom5t qu'il p>le1 un cavali]1 qui de sa seule prs5ce dmonte la batt]ie de l'homme de ville3 il se lve dconc]t et *agr91 et va dire ailleurs qu'il veut se rem>i]4 #hc 7,i7 ,le sage quelquefois vite le monde1 de peur d'tre ennuy4 ,des bi5s de =tune #a 7,i7 ,un homme =t ri*e peut mang] des entremets1 faire pe9dre ses lambris et ses alcves1 j\ir d'un palais la campagne et d'un autre la ville1 avoir un gr& quipage1 mettre un duc dans sa famille1 et faire de son fils un gr& seigneur3 cela e/ ju/e et de son ressort2 mais il app>ti5t peut-tre d'autres de vivre cont5ts4 #b 7,i7 ,une gr&e naissance ou une gr&e =tune annonce le mrite1 et le fait plus tt rem>qu]4 #c 7,,iv7 ,ce qui disculpe le fat ambitieux de son ambition e/ le so9 que l'on pr5d1 s'il a fait une gr&e =tune1 de lui tr\v] un mrite qu'il n'a jamais eu1 et aussi gr& qu'il croit l'avoir4 #d 7,i7 mesure que la faveur et les gr&s bi5s se retir5t d'un homme1 ils laiss5t voir en lui le ridicule qu'ils c\vrai5t1 et qui y tait sans que p]sonne s'en ap]t4 #e 7,i7 ,si l'on ne le voyait de ses yeux1 p\rrait-on jamais s'imag9] l'trange disproportion que le plus ou le mo9s de pices de monnaie met entre les hommes8 ,ce plus ou ce mo9s dt]m9e l'pe1 la robe ou l'glise3 il n'y a presque po9t d'autre vocation4 #f 7,,vi7 ,deux m>*&s tai5t vois9s et faisai5t le mme comm]ce1 qui ont eu dans la suite une =tune t\te diffr5te4 ,ils avai5t *acun une fille unique2 elles ont t n\rries ensemble1 et ont vcu dans cette famili>it que donn5t un mme ge et une mme condition3 l'une des deux1 p\r se tir] d'une extrme misre1 *]*e se plac]2 elle entre au s]vice d'une =t gr&e dame et l'une des premires de la c\r1 *ez sa compagne4 #g 7,,vii7 ,si le f9anci] manque son c\p1 les c\rtisans dis5t de lui3 ,c'e/ un b\rgeois1 un homme de ri51 un malotru2 s'il russit1 ils lui dem&5t sa fille4 #h 7,,vi7 ,quelques-uns ont fait dans leur jeunesse l'appr5tissage d'un c]ta9 mti]1 p\r en ex]c] un autre1 et =t diffr5t1 le re/e de leur vie4 #i 7,i7 ,un homme e/ laid1 de petite taille1 et a peu d'esprit4 ,l'on me dit l'oreille3 ,il a c9quante mille livres de r5te4 ,cela le conc]ne t\t seul1 et il ne m'en f]a jamais ni pis ni mieux2 si je comm5ce le reg>d] avec d'autres yeux1 et si je ne suis pas matre de faire autrem5t1 quelle sottise6 #aj 7,,iv7 ,un projet assez va9 s]ait de v\loir t\rn] un homme =t sot et =t ri*e en ridicule2 les rieurs sont de son ct4 #aa 7,,iv7 ,n99991 avec un porti] ru/re1 f>\*e1 tirant sur le ,suisse1 avec un ve/ibule et une anti*ambre1 p\r peu qu'il y fasse languir quelqu'un et se morfondre1 qu'il p>aisse enf9 avec une m9e grave et une dm>*e mesure1 qu'il c\te un peu et ne reconduise po9t3 quelque subalt]ne qu'il soit d'ailleurs1 il f]a s5tir de lui-mme quelque *ose qui appro*e de la considration4 #ab 7,,viii7 ,je vais1 ,clitiphon1 votre porte2 le beso9 que j'ai de v\s me *asse de mon lit et de ma *ambre3 plt aux ,dieux que je ne fusse ni votre cli5t ni votre f*eux6 ,vos esclaves me dis5t que v\s tes enf]m1 et que v\s ne p\vez m'c\t] que d'une heure entire4 ,je revi5s avant le temps qu'ils m'ont m>qu1 et ils me dis5t que v\s tes sorti4 ,que faites-v\s1 ,clitiphon1 dans cet endroit le plus recul de votre app>tem5t1 de si laborieux1 qui v\s emp*e de m'ent5dre8 ,v\s enfilez quelques mmoires1 v\s collationnez un regi/re1 v\s signez1 v\s p>afez4 ,je n'avais qu'une *ose v\s dem&]1 et v\s n'aviez qu'un mot me rpondre1 oui1 ou non4 ,v\lez-v\s tre r>e8 ,r5dez s]vice ceux qui dp5d5t de v\s3 v\s le s]ez davantage p> cette conduite que p> ne v\s pas laiss] voir4 homme important et *>g d'affaires1 qui votre t\r avez beso9 de mes (fices1 v5ez dans la solitude de mon cab9et3 le philosophe e/ accessible2 je ne v\s remettrai po9t un autre j\r4 ,v\s me tr\v]ez sur les livres de ,platon qui trait5t de la spiritualit de l'me et de sa di/9ction d'avec le corps1 ou la plume la ma9 p\r calcul] les di/ances de ,saturne et de ,jupit]3 j'admire ,dieu dans ses ouvrages1 et je *]*e1 p> la connaissance de la vrit1 rgl] mon esprit et dev5ir meilleur4 ,entrez1 t\tes les portes v\s sont ouv]tes2 mon anti*ambre n'e/ pas faite p\r s'y ennuy] en m'att5dant2 passez jusqu' moi sans me faire av]tir4 ,v\s m'apportez quelque *ose de plus prcieux que l'arg5t et l'or1 si c'e/ une occasion de v\s oblig]4 ,p>lez1 que v\lez-v\s que je fasse p\r v\s8 ,faut-il quitt] mes livres1 mes tudes1 mon ouvrage1 cette ligne qui e/ comm5ce8 ,quelle int]ruption heureuse p\r moi que celle qui v\s e/ utile6 ,le manieur d'arg5t1 l'homme d'affaires e/ un ours qu'on ne saurait apprivois]2 on ne le voit dans sa loge qu'avec pe9e3 que dis-je8 on ne le voit po9t2 c> d'abord on ne le voit pas encore1 et bi5tt on le voit plus4 ,l'homme de lettres au contraire e/ trivial comme une borne au co9 des places2 il e/ vu de t\s1 et t\te heure1 et en t\s tats1 table1 au lit1 nu1 habill1 sa9 ou malade3 il ne peut tre important1 et il ne le veut po9t tre4 #ac 7,i7 ,n'envions po9t une sorte de g5s leurs gr&es ri*esses2 ils les ont titre onreux1 et qui ne n\s accommod]ait po9t3 ils ont mis leur repos1 leur sant1 leur honneur et leur consci5ce p\r les avoir2 cela e/ trop *]1 et il n'y a ri5 gagn] un tel m>*4 #ad 7,i7 ,les ,p4,t4,s4 n\s font s5tir t\tes les passions l'une aprs l'autre3 l'on comm5ce p> le mpris1 cause de leur obscurit2 on les envie ensuite1 on les hait1 on les cra9t1 on les e/ime quelquefois1 et on les respecte2 l'on vit assez p\r f9ir leur g>d p> la compassion4 #ae 7,i7 ,sosie de livre a pass p> une petite recette une s\s-f]me2 et p> les concussions1 la viol5ce1 et l'abus qu'il a fait de ses p\voirs1 il s'e/ enf91 sur les ru9es de plusieurs familles1 lev quelque grade4 ,dev5u noble p> une *>ge1 il ne lui manquait que d'tre homme de bi53 une place de m>guilli] a fait ce prodige4 #af 7,i7 ,arfure *em9ait seule et pi$ v]s le gr& portique de ,sa9t1 ent5dait de lo9 le s]mon d'un c>me ou d'un docteur qu'elle ne voyait qu'obliquem5t1 et dont elle p]dait bi5 des p>oles4 ,sa v]tu tait obscure1 et sa dvotion connue comme sa p]sonne4 ,son m>i e/ entr dans le huitime d5i]3 quelle mon/rueuse =tune en mo9s de six annes6 ,elle n'arrive l'glise que dans un *>2 on lui porte une l\rde queue2 l'orateur s'int]rompt p5dant qu'elle se place2 elle le voit de front1 n'en p]d pas une seule p>ole ni le mo9dre ge/e4 ,il y a une brigue entre les prtres p\r la confess]2 t\s veul5t l'abs\dre1 et le cur l'emporte4 #ag 7,i7 ,l'on porte ,crsus au cimetire3 de t\tes ses imm5ses ri*esses1 que le vol et la concussion lui avai5t acquises1 et qu'il a puises p> le luxe et p> la bonne *re1 il ne lui e/ pas demeur de quoi se faire ent]r]2 il e/ mort insolvable1 sans bi5s1 et a9si priv de t\s les sec\rs2 l'on n'a vu *ez lui ni julep1 ni cordiaux1 ni mdec9s1 ni le mo9dre docteur qui l'ait assur de son salut4 #ah 7,i7 ,*ampagne1 au sortir d'un long dn] qui lui enfle l'e/omac1 et dans les d\ces fumes d'un v9 d',av5ay ou de ,sill]y1 signe un ordre qu'on lui prs5te1 qui t]ait le pa9 t\te une prov9ce si l'on n'y remdiait4 ,il e/ excusable3 quel moy5 de compr5dre1 dans la premire heure de la dige/ion1 qu'on puisse quelque "p m\rir de faim8 #ai 7,,iv7 ,sylva9 de ses d5i]s acquis de la naissance et un autre nom3 il e/ seigneur de la p>oisse o ses aeuls payai5t la taille2 il n'aurait pu autrefois entr] page *ez ,clobule1 et il e/ son g5dre4 #bj 7,,iv7 ,dorus passe en litire p> la voie ,appi5ne1 prcd de ses affran*is et de ses esclaves1 qui dt\rn5t le peuple et font faire place2 il ne lui manque que des licteurs2 il entre ,rome avec ce cortge1 o il semble triomph] de la bassesse et de la pauvret de son pre ,sanga4 #ba 7,v7 ,on ne peut mieux us] de sa =tune que fait ,pri&re3 elle lui donne du rang1 du crdit1 de l'autorit2 dj on ne le prie plus d'accord] son amiti1 on implore sa protection4 ,il a comm5c p> dire de soi-mme3 un homme de ma sorte2 il passe dire3 un homme de ma qualit2 il se donne p\r tel1 et il n'y a p]sonne de ceux qui il prte de l'arg5t1 ou qu'il reoit sa table1 qui e/ dlicate1 qui veuille s'y oppos]4 ,sa demeure e/ sup]be2 un dorique rgne dans t\s ses dehors2 ce n'e/ pas une porte1 c'e/ un portique3 e/-ce la maison d'un p>ticuli]8 e/-ce un temple8 le peuple s'y trompe4 ,il e/ le seigneur dom9ant de t\t le qu>ti]4 ,c'e/ lui que l'on envie1 et dont on v\drait voir la *ute2 c'e/ lui dont la femme1 p> son colli] de p]les1 s'e/ fait des ennemies de t\tes les dames du vois9age4 ,t\t se s\ti5t dans cet homme2 ri5 encore ne se dm5t dans cette gr&eur qu'il a acquise1 dont il ne doit ri51 qu'il a paye4 ,que son pre1 si vieux et si caduc1 n'e/-il mort il y a v+t ans et avant qu'il se ft dans le monde aucune m5tion de ,pri&re6 ,comm5t p\rra-t-il s\t5ir ces odieuses panc>tes qui d*iffr5t les conditions et qui s\v5t font r\gir la veuve et les hriti]s8 ,les supprim]a-t-il aux yeux de t\te une ville jal\se1 maligne1 clairvoyante1 et aux dp5s de mille g5s qui veul5t absolum5t all] t5ir leur rang des obsques8 ,veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son pre un ,noble homme1 et peut-tre un ,honorable homme1 lui qui e/ ,messire8 #bb 7,i7 ,combi5 d'hommes ressembl5t ces arbres dj =ts et avancs que l'on transplante dans les j>d9s1 o ils surpr5n5t les yeux de ceux qui les voi5t placs dans de beaux endroits o ils ne les ont po9t vus crotre1 et qui ne connaiss5t ni leurs comm5cem5ts ni leurs progrs6 #bc 7,i7 ,si c]ta9s morts rev5ai5t au monde1 et s'ils voyai5t leurs gr&s noms ports1 et leurs t]res les mieux titres avec leurs *teaux et leurs maisons antiques1 possdes p> des g5s dont les pres tai5t peut-tre leurs mtay]s1 quelle op9ion p\rrai5t-ils avoir de notre sicle8 #bd 7,i7 ,ri5 ne fait mieux compr5dre le peu de *ose que ,dieu croit donn] aux hommes1 en leur ab&onnant les ri*esses1 l'arg5t1 les gr&s tablissem5ts et les autres bi5s1 que la disp5sation qu'il en fait1 et le g5re d'hommes qui en sont le mieux p\rvus4 #be 7,v7 ,si v\s entrez dans les cuis9es1 o l'on voit rduit en art et en m?ode le secret de flatt] votre gt et de v\s faire mang] au del du ncessaire2 si v\s exam9ez en dtail t\s les apprts des vi&es qui doiv5t compos] le fe/9 que l'on v\s prp>e2 si v\s reg>dez p> quelles ma9s elles pass5t1 et t\tes les =mes diffr5tes qu'elles pr5n5t avant de dev5ir un mets exquis1 et d'arriv] cette propret et cette lgance qui *>m5t vos yeux1 v\s font hsit] sur le *oix1 et pr5dre le p>ti d'essay] de t\t2 si v\s voyez t\t le repas ailleurs que sur une table bi5 s]vie1 quelles salets6 quel dgt6 ,si v\s allez d]rire un ?tre1 et si v\s nombrez les poids1 les r\es1 les cordages1 qui font les vols et les ma*9es2 si v\s considrez combi5 de g5s entr5t dans l'excution de ces m\vem5ts1 quelle =ce de bras1 et quelle ext5sion de n]fs ils y emploi5t1 v\s direz3 ,sont-ce l les pr9cipes et les ressorts de ce spectacle si beau1 si naturel1 qui p>at anim et agir de soi-mme8 ,v\s v\s rcri]ez3 ,quels ef=ts6 quelle viol5ce6 ,de mme n'appr(ondissez pas la =tune des p>tisans4 #bf 7,i7 ,ce g>on si frais1 si fleuri et d'une si belle sant e/ seigneur d'une abbaye et de dix autres bnfices3 t\s ensemble lui rapport5t six v+t mille livres de rev5u1 dont il n'e/ pay qu'en mdailles d'or4 ,il y a ailleurs six v+t familles indig5tes qui ne se *auff5t po9t p5dant l'hiv]1 qui n'ont po9t d'habits p\r se c\vrir1 et qui s\v5t manqu5t de pa92 leur pauvret e/ extrme et honteuse4 ,quel p>tage6 ,et cela ne pr\ve-t-il pas clairem5t un av5ir8 #bg7,v7 ,*rysippe1 homme n\veau1 et le premi] noble de sa race1 aspirait1 il y a tr5te annes1 se voir un j\r deux mille livres de r5te p\r t\t bi53 c'tait l le comble de ses s\haits et sa plus haute ambition2 il l'a dit a9si1 et on s'en s\vi5t4 ,il arrive1 je ne sais p> quels *em9s1 jusques donn] en rev5u l'une de ses filles1 p\r sa dot1 ce qu'il dsirait lui-mme d'avoir en fonds p\r t\te =tune p5dant sa vie4 ,une p>eille somme e/ compte dans ses c(fres p\r *acun de ses autres enfants qu'il doit p\rvoir1 et il a un gr& nombre d'enfants2 ce n'e/ qu'en avancem5t d'hoirie3 il y a d'autres bi5s espr] aprs sa mort4 ,il vit encore1 quoique assez avanc en ge1 et il use le re/e de ses j\rs travaill] p\r s'enri*ir4 #bh 7,,iv7 ,laissez faire ,erga/e1 et il exig]a un droit de t\s ceux qui boiv5t de l'eau de la rivire1 ou qui m>*5t sur la t]re f]me3 il sait conv]tir en or jusques aux roseaux1 aux joncs et l'ortie4 ,il c\te t\s les avis1 et propose t\s ceux qu'il a c\ts4 ,le pr9ce ne donne aux autres qu'aux dp5s d',erga/e1 et ne leur fait de grces que celles qui lui tai5t dues4 ,c'e/ une faim insatiable d'avoir et de possd]4 ,il trafiqu]ait des arts et des sci5ces1 et mettrait en p>ti jusques l'h>monie3 il faudrait1 s'il en tait cru1 que le peuple1 p\r avoir le plaisir de le voir ri*e1 de lui voir une meute et une curie1 pt p]dre le s\v5ir de la musique d',orphe1 et se cont5t] de la si5ne4 #bi 7,v7 ,ne traitez pas avec ,criton1 il n'e/ t\* que de ses seuls avantages4 ,le pige e/ t\t dress ceux qui sa *>ge1 sa t]re1 ou ce qu'il possde f]ont envie3 il v\s impos]a des conditions extravagantes4 ,il n'y a nul mnagem5t et nulle composition att5dre d'un homme si ple9 de ses intrts et si ennemi des vtres3 il lui faut une dupe4 #cj 7,,iv7 ,bront91 dit le peuple1 fait des retraites1 et s'enf]me huit j\rs avec des sa9ts3 ils ont leurs mditations1 et il a les si5nes4 #ca 7,i7 ,le peuple s\v5t a le plaisir de la tragdie3 il voit prir sur le ?tre du monde les p]sonnages les plus odieux1 qui ont fait le plus de mal dans div]ses scnes1 et qu'il a le plus has4 #cb 7,,iv7 ,si l'on p>tage la vie des ,p4,t4,s4 en deux portions gales1 la premire1 vive et agissante1 e/ t\te occupe v\loir afflig] le peuple1 et la seconde1 vois9e de la mort1 se dcel] et se ru9] les uns les autres4 #cc 7,,iv7 ,cet homme qui a fait la =tune de plusieurs1 qui a fait la vtre1 n'a pu s\t5ir la si5ne1 ni assur] avant sa mort celle de sa femme et de ses enfants3 ils viv5t ca*s et malheureux4 ,quelque bi5 in/ruit que v\s soyez de la misre de leur condition1 v\s ne p5sez pas l'ad\cir2 v\s ne le p\vez pas en effet1 v\s t5ez table1 v\s btissez2 mais v\s cons]vez p> reconnaissance le portrait de votre bi5facteur1 qui a pass la vrit du cab9et l'anti*ambre3 quels g>ds6 il p\vait all] au g>de-meuble4 #cd 7,,iv7 ,il y a une duret de complexion2 il y en a une autre de condition et d'tat4 ,l'on tire de celle-ci1 comme de la premire1 de quoi s'endurcir sur la misre des autres1 dirai-je mme de quoi ne pas pla9dre les malheurs de sa famille8 ,un bon f9anci] ne pleure ni ses amis1 ni sa femme1 ni ses enfants4 #ce 7,v7 ,fuyez1 retirez-v\s3 v\s n'tes pas assez lo94--,je suis1 dites-v\s1 s\s l'autre tropique4--,passez s\s le ple et dans l'autre hmisphre1 montez aux toiles1 si v\s le p\vez4--,m'y voil4--,=t bi51 v\s tes en sret4 ,je dc\vre sur la t]re un homme avide1 insatiable1 inexorable1 qui veut1 aux dp5s de t\t ce qui se tr\v]a sur son *em9 et sa r5contre1 et quoi qu'il en puisse cot] aux autres1 p\rvoir lui seul1 grossir sa =tune1 et regorg] de bi54 #cf 7,,iv7 ,faire =tune e/ une si belle phrase1 et qui dit une si bonne *ose1 qu'elle e/ d'un usage univ]sel3 on la reconnat dans t\tes les langues1 elle plat aux trang]s et aux b>b>es1 elle rgne la c\r et la ville1 elle a p]c les clotres et fran*i les murs des abbayes de l'un et de l'autre sexe3 il n'y a po9t de lieux sacrs o elle n'ait pntr1 po9t de ds]t ni de solitude o elle soit inconnue4 #cg 7,,vii7 =ce de faire de n\veaux contrats1 ou de s5tir son arg5t grossir dans ses c(fres1 on se croit enf9 une bonne tte1 et presque capable de g\v]n]4 #ch 7,i7 ,il faut une sorte d'esprit p\r faire =tune1 et surt\t une gr&e =tune3 ce n'e/ ni le bon ni le bel esprit1 ni le gr& ni le sublime1 ni le =t ni le dlicat2 je ne sais prcism5t lequel c'e/1 et j'att5ds que quelqu'un veuille m'en in/ruire4 7,v7 ,il faut mo9s d'esprit que d'habitude ou d'expri5ce p\r faire sa =tune2 l'on y songe trop t>d1 et qu& enf9 l'on s'en avise1 l'on comm5ce p> des fautes que l'on n'a pas t\j\rs le loisir de rp>]3 de l vi5t peut-tre que les =tunes sont si r>es4 7,v7 ,un homme d'un petit gnie peut v\loir s'avanc]3 il nglige t\t1 il ne p5se du mat9 au soir1 il ne rve la nuit qu' une seule *ose1 qui e/ de s'avanc]4 ,il a comm5c de bonne heure1 et ds son adolesc5ce1 se mettre dans les voies de la =tune3 s'il tr\ve une b>rire de front qui f]me son passage1 il biaise naturellem5t1 et va droit ou gau*e1 selon qu'il y voit de j\r et d'app>5ce1 et si de n\veaux ob/acles l'arrt5t1 il r5tre dans le s5ti] qu'il avait quitt2 il e/ dt]m91 p> la nature des difficults1 tantt les surmont]1 tantt les vit]1 ou pr5dre d'autres mesures3 son intrt1 l'usage1 les conjectures le dirig5t4 ,faut-il de si gr&s tal5ts et une si bonne tte un voyageur p\r suivre d'abord le gr& *em91 et s'il e/ ple9 et emb>rass1 pr5dre la t]re1 et all] trav]s *amps1 puis regagn] sa premire r\te1 la cont9u]1 arriv] son t]me8 ,faut-il tant d'esprit p\r all] ses f9s8 ,e/-ce donc un prodige qu'un sot ri*e et accrdit8 7,v7 ,il y a mme des /upides1 et j'ose dire des imbciles1 qui se plac5t en de beaux po/es1 et qui sav5t m\rir dans l'opul5ce1 sans qu'on les doive s\ponn] en nulle manire d'y avoir contribu de leur travail ou de la mo9dre indu/rie3 quelqu'un les a conduits la s\rce d'un fleuve1 ou bi5 le has>d seul les y a fait r5contr]2 on leur a dit3 ,v\lez-v\s de l'eau8 puisez2 et ils ont puis4 #ci 7,v7 ,qu& on e/ jeune1 s\v5t on e/ pauvre3 ou l'on n'a pas encore fait d'acquisitions1 ou les successions ne sont pas *ues4 ,l'on devi5t ri*e et vieux en mme temps3 tant il e/ r>e que les hommes puiss5t runir t\s leurs avantages6 et si cela arrive quelques-uns1 il n'y a pas de quoi leur port] envie3 ils ont assez p]dre p> la mort p\r mrit] d'tre pla9ts4 #dj 7,i7 ,il faut avoir tr5te ans p\r song] sa =tune2 elle n'e/ pas faite c9quante2 l'on btit dans la vieillesse1 et l'on meurt qu& on en e/ aux pe9tres et aux vitri]s4 #da 7,v7 ,quel e/ le fruit d'une gr&e =tune1 si ce n'e/ de j\ir de la vanit1 de l'indu/rie1 du travail et de la dp5se de ceux qui sont v5us avant n\s1 et de travaill] n\s-mmes1 de plant]1 de btir1 d'acqurir p\r la po/rit8 #db 7,i7 ,l'on ouvre et l'on tale t\s les mat9s p\r tromp] son monde2 et l'on f]me le soir aprs avoir tromp t\t le j\r4 #dc 7,,viii7 ,le m>*& fait des montres p\r donn] de sa m>*&ise ce qu'il y a de pire2 il a le cati et les faux j\rs af9 d'en ca*] les dfauts1 et qu'elle p>aisse bonne2 il la surfait p\r la v5dre plus *] qu'elle ne vaut2 il a des m>ques fausses et my/rieuses1 af9 qu'on croie n'en donn] que son prix1 un mauvais aunage p\r en livr] le mo9s qu'il se peut2 et il a un trbu*et1 af9 que celui qui il l'a livre la lui paye en or qui soit de poids4 #dd 7,i7 ,dans t\tes les conditions1 le pauvre e/ bi5 pro*e de l'homme de bi51 et l'opul5t n'e/ gure loign de la friponn]ie4 ,le savoir-faire et l'habilet ne mn5t pas jusques aux normes ri*esses4 ,l'on peut s'enri*ir1 dans quelque art ou dans quelque comm]ce que ce soit1 p> l'o/5tation d'une c]ta9e probit4 #de 7,v7 ,de t\s les moy5s de faire sa =tune1 le plus c\rt et le meilleur e/ de mettre les g5s voir clairem5t leurs intrts v\s faire du bi54 #df 7,i7 ,les hommes1 presss p> les beso9s de la vie1 et quelquefois p> le dsir du ga9 ou de la gloire1 cultiv5t des tal5ts pr(anes1 ou s'engag5t dans des pr(essions quivoques1 et dont ils se ca*5t longtemps eux-mmes le pril et les consqu5ces3 ils les quitt5t ensuite p> une dvotion discrte1 qui ne leur vi5t jamais qu'aprs qu'ils ont fait leur rcolte1 et qu'ils j\iss5t d'une =tune bi5 tablie4 #dg 7,v7 ,il y a des misres sur la t]re qui saisiss5t le coeur2 il manque quelques-uns jusqu'aux alim5ts2 ils r$\t5t l'hiv]1 ils apprh5d5t de vivre4 ,l'on mange ailleurs des fruits prcoces2 l'on =ce la t]re et les saisons p\r f\rnir sa dlicatesse2 de simples b\rgeois1 seulem5t cause qu'ils tai5t ri*es1 ont eu l'audace d'aval] en un seul morceau la n\rriture de c5t familles4 ,ti5ne qui v\dra contre de si gr&es extrmits3 je ne veux tre1 si je le puis1 ni malheureux ni heureux2 je me jette et me rfugie dans la mdiocrit4 #dh 7,v7 ,on sait que les pauvres sont *agr9s de ce que t\t leur manque1 et que p]sonne ne les s\lage2 mais s'il e/ vrai que les ri*es soi5t colres1 c'e/ de ce que la mo9dre *ose puisse leur manqu]1 ou que quelqu'un veuille leur rsi/]4 #di 7,,vii7 ,celui-l e/ ri*e1 qui reoit plus qu'il ne consume2 celui-l e/ pauvre1 dont la dp5se excde la recette4 ,tel1 avec deux millions de r5te1 peut tre pauvre *aque anne de c9q c5t mille livres4 ,il n'y a ri5 qui se s\ti5ne plus longtemps qu'une mdiocre =tune2 il n'y a ri5 dont on voie mieux la f9 que d'une gr&e =tune4 ,l'occasion pro*a9e de la pauvret1 c'e/ de gr&es ri*esses4 ,s'il e/ vrai que l'on soit ri*e de t\t ce dont on n'a pas beso91 un homme =t ri*e1 c'e/ un homme qui e/ sage4 ,s'il e/ vrai que l'on soit pauvre p> t\tes les *oses que l'on dsire1 l'ambitieux et l'av>e languiss5t dans une extrme pauvret4 #ej 7,,iv7 ,les passions tyrannis5t l'homme2 et l'ambition susp5d en lui les autres passions1 et lui donne p\r un temps les app>5ces de t\tes les v]tus4 ,ce ,tryphon qui a t\s les vices1 je l'ai cru sobre1 *a/e1 libral1 humble et mme dvot3 je le croirais encore1 s'il n'et enf9 fait sa =tune4 #ea 7,,iv7 ,l'on ne se r5d po9t sur le dsir de possd] et de s'agr&ir3 la bile gagne1 et la mort appro*e1 qu'avec un visage fltri1 et des jambes dj faibles1 l'on dit3 ma =tune1 mon tablissem5t4 #eb 7,,iv7 ,il n'y a au monde que deux manires de s'lev]1 ou p> sa propre indu/rie1 ou p> l'imbcillit des autres4 #ec 7,i7 ,les traits dc\vr5t la complexion et les moeurs2 mais la m9e dsigne les bi5s de =tune3 le plus ou le mo9s de mille livres de r5te se tr\ve crit sur les visages4 #ed 7,,iv7 ,*rysante1 homme opul5t et imp]t95t1 ne veut pas tre vu avec ,eugne1 qui e/ homme de mrite1 mais pauvre3 il croirait en tre d%onor4 ,eugne e/ p\r ,*rysante dans les mmes dispositions3 ils ne c\r5t pas risque de se heurt]4 #ee 7,,viii7 ,qu& je vois de c]ta9es g5s1 qui me prv5ai5t autrefois p> leurs civilits1 att5dre au contraire que je les salue1 et en tre avec moi sur le plus ou sur le mo9s1 je dis en moi-mme3 ,=t bi51 j'en suis ravi1 tant mieux p\r eux3 v\s v]rez que cet homme-ci e/ mieux log1 mieux meubl et mieux n\rri qu' l'ord9aire2 qu'il s]a entr depuis quelques mois dans quelque affaire1 o il aura dj fait un ga9 raisonnable4 ,dieu veuille qu'il en vi5ne dans peu de temps jusqu' me mpris]6 #ef 7,v7 ,si les p5ses1 les livres et leurs auteurs dp5dai5t des ri*es et de ceux qui ont fait une belle =tune1 quelle proscription6 ,il n'y aurait plus de rappel4 ,quel ton1 quel asc5dant ne pr5n5t-ils pas sur les savants6 ,quelle maje/ n'obs]v5t-ils pas l'g>d de ces hommes *tifs1 que leur mrite n'a ni placs ni enri*is1 et qui en sont encore p5s] et crire judicieusem5t6 ,il faut l'av\]1 le prs5t e/ p\r les ri*es1 et l'av5ir p\r les v]tueux et les habiles4 ,homre e/ encore et s]a t\j\rs3 les receveurs de droits1 les publica9s ne sont plus2 ont-ils t8 leur patrie1 leurs noms sont-ils connus8 y a-t-il eu dans la ,grce des p>tisans8 ,que sont dev5us ces importants p]sonnages qui mprisai5t ,homre1 qui ne songeai5t dans la place qu' l'vit]1 qui ne lui r5dai5t pas le salut1 ou qui le saluai5t p> son nom1 qui ne daignai5t pas l'associ] leur table1 qui le reg>dai5t comme un homme qui n'tait pas ri*e et qui faisait un livre8 ,que devi5dront les ,fauconnets8 iront-ils aussi lo9 dans la po/rit que ,desc>tes1 n ,franais et mort en ,sude8 #eg 7,i7 ,du mme fonds d'orgueil dont l'on s'lve firem5t au-dessus de ses infrieurs1 l'on rampe vilem5t devant ceux qui sont au-dessus de soi4 ,c'e/ le propre de ce vice1 qui n'e/ fond ni sur le mrite p]sonnel ni sur la v]tu1 mais sur les ri*esses1 les po/es1 le crdit1 et sur de va9es sci5ces1 de n\s port] galem5t mpris] ceux qui ont mo9s que n\s de cette espce de bi5s1 et e/im] trop ceux qui en ont une mesure qui excde la ntre4 #eh 7,i7 ,il y a des mes sales1 ptries de b\e et d'ordure1 prises du ga9 et de l'intrt1 comme les belles mes le sont de la gloire et de la v]tu2 capables d'une seule volupt1 qui e/ celle d'acqurir ou de ne po9t p]dre2 curieuses et avides du d]ni] dix2 uniquem5t occupes de leurs dbiteurs2 t\j\rs inquites sur le rabais ou sur le dcri des monnaies2 enfonces et comme abmes dans les contrats1 les titres et les p>*em9s4 ,de telles g5s ne sont ni p>5ts1 ni amis1 ni citoy5s1 ni *rti5s1 ni peut-tre des hommes3 ils ont de l'arg5t4 #ei 7,,vi7 ,comm5ons p> except] ces mes nobles et c\rageuses1 s'il en re/e encore sur la t]re1 sec\rables1 +nieuses faire du bi51 que nuls beso9s1 nulle disproportion1 nuls artifices ne peuv5t sp>] de ceux qu'ils se sont une fois *oisis p\r amis2 et aprs cette prcaution1 disons h>dim5t une *ose tri/e et d\l\reuse imag9]3 il n'y a p]sonne au monde si bi5 lie avec n\s de socit et de bi5veillance1 qui n\s aime1 qui n\s gte1 qui n\s fait mille (fres de s]vices et qui n\s s]t quelquefois1 qui n'ait en soi1 p> l'atta*em5t son intrt1 des dispositions trs pro*es rompre avec n\s1 et dev5ir notre ennemi4 #fj 7,i7 ,p5dant qu',oronte augm5te1 avec ses annes1 son fonds et ses rev5us1 une fille nat dans quelque famille1 s'lve1 crot1 s'embellit1 et entre dans sa seizime anne4 ,il se fait pri] c9quante ans p\r l'p\s]1 jeune1 belle1 spirituelle3 cet homme sans naissance1 sans esprit et sans le mo9dre mrite1 e/ prfr t\s ses rivaux4 #fa 7,i7 ,le m>iage1 qui devrait tre l'homme une s\rce de t\s les bi5s1 lui e/ s\v5t1 p> la disposition de sa =tune1 un l\rd f>deau s\s lequel il succombe3 c'e/ alors qu'une femme et des enfants sont une viol5te t5tation la fraude1 au m5songe et aux ga9s illicites2 il se tr\ve entre la friponn]ie et l'indig5ce3 trange situation6 7,,iv7 p\s] une veuve1 en bon franais1 signifie faire sa =tune2 il n'opre pas t\j\rs ce qu'il signifie4 #fb 7,,iv7 ,celui qui n'a de p>tage avec ses frres que p\r vivre l'aise bon pratici51 veut tre (fici]2 le simple (fici] se fait magi/rat1 et le magi/rat veut prsid]2 et a9si de t\tes les conditions1 o les hommes languiss5t s]rs et indig5ts1 aprs avoir t5t au del de leur =tune1 et =c1 p\r a9si dire1 leur de/9e3 incapables t\t la fois de ne pas v\loir tre ri*es et de demeur] ri*es4 #fc 7,v7 ,dne bi51 ,clarque1 s\pe le soir1 mets du bois au feu1 a*te un manteau1 tapisse ta *ambre3 tu n'aimes po9t ton hriti]1 tu ne le connais po9t1 tu n'en z po9t4 #fd 7,v7 ,jeune1 on cons]ve p\r sa vieillesse2 vieux1 on p>gne p\r la mort4 ,l'hriti] prodigue paye de sup]bes funrailles1 et dvore le re/e4 #fe 7,v7 ,l'av>e dp5se plus mort en un seul j\r1 qu'il ne faisait vivant en dix annes2 et son hriti] plus en dix mois1 qu'il n'a su faire lui-mme en t\te sa vie4 #ff 7,v7 ,ce que l'on prodigue1 on l'te son hriti]2 ce que l'on p>gne sordidem5t1 on se l'te soi-mme4 ,le milieu e/ ju/ice p\r soi et p\r les autres4 #fg 7,v7 ,les enfants peut-tre s]ai5t plus *]s leurs pres1 et rciproquem5t les pres leurs enfants1 sans le titre d'hriti]s4 #fh 7,v7 ,tri/e condition de l'homme1 et qui dgte de la vie6 il faut su]1 veill]1 fl*ir1 dp5dre1 p\r avoir un peu de =tune1 ou la devoir l'agonie de nos pro*es4 ,celui qui s'emp*e de s\hait] que son pre y passe bi5tt e/ homme de bi54 #fi 7,v7 ,le c>actre de celui qui veut hrit] de quelqu'un r5tre dans celui du complaisant3 n\s ne sommes po9t mieux flatts1 mieux obis1 plus suivis1 plus ent\rs1 plus cultivs1 plus mnags1 plus c>esss de p]sonne p5dant notre vie1 que de celui qui croit gagn] notre mort1 et qui dsire qu'elle arrive4 #gj 7,,vii7 ,t\s les hommes1 p> les po/es diffr5ts1 p> les titres et p> les successions1 se reg>d5t comme hriti]s les uns des autres1 et cultiv5t p> cet intrt1 p5dant t\t le c\rs de leur vie1 un dsir secret et envelopp de la mort d'autrui3 le plus heureux dans *aque condition e/ celui qui a plus de *oses p]dre p> sa mort1 et laiss] son successeur4 #ga 7,,vi7 ,l'on dit du jeu qu'il gale les conditions2 mais elles se tr\v5t quelquefois si trangem5t disproportionnes1 et il y a entre telle et telle condition un abme d'int]valle si imm5se et si pr(ond1 que les yeux s\ffr5t de voir de telles extrmits se rappro*]3 c'e/ comme une musique qui dtonne2 ce sont comme des c\leurs mal assorties1 comme des p>oles qui jur5t et qui (f5s5t l'oreille1 comme de ces bruits ou de ces sons qui font frmir2 c'e/ en un mot un r5v]sem5t de t\tes les bi5sances4 ,si l'on m'oppose que c'e/ la pratique de t\t l',occid5t1 je rponds que c'e/ peut-tre aussi l'une de ces *oses qui n\s r5d5t b>b>es l'autre p>tie du monde1 et que les ,ori5taux qui vi5n5t jusqu' n\s remport5t sur leurs tablettes3 je ne d\te pas mme que cet excs de famili>it ne les rebute davantage que n\s ne sommes blesss de leur zombaye et de leurs autres pro/]nations4 #gb 7,,vi7 ,une t5ue d'tats1 ou les *ambres assembles p\r une affaire trs capitale1 n'(fr5t po9t aux yeux ri5 de si grave et de si srieux qu'une table de g5s qui j\5t un gr& jeu3 une tri/e svrit rgne sur leurs visages2 implacables l'un p\r l'autre1 et irrconciliables ennemis p5dant que la sance dure1 ils ne reconnaiss5t plus ni liaisons1 ni alliance1 ni naissance1 ni di/9ctions3 le has>d seul1 aveugle et f>\*e div9it1 prside au c]cle1 et y dcide s\v]a9em5t2 ils l'honor5t t\s p> un sil5ce pr(ond1 et p> une att5tion dont ils sont p>t\t ailleurs =t incapables2 t\tes les passions1 comme susp5dues1 cd5t une seule2 le c\rtisan alors n'e/ ni d\x1 ni flatteur1 ni complaisant1 ni mme dvot4 #gc 7,i7 ,l'on ne reconnat plus en ceux que le jeu et le ga9 ont illu/r la mo9dre trace de leur premire condition3 ils p]d5t de vue leurs gaux1 et atteign5t les plus gr&s seigneurs4 ,il e/ vrai que la =tune du d ou du lansqu5et les remet s\v5t o elle les a pris4 #gd 7,v7 ,je ne m'tonne pas qu'il y ait des brelans publics1 comme autant de piges t5dus l'av>ice des hommes1 comme des g\ffres o l'arg5t des p>ticuli]s tombe et se prcipite sans ret\r1 comme d'affreux cueils o les j\eurs vi5n5t se bris] et se p]dre2 qu'il p>te de ces lieux des missaires p\r savoir heure m>que qui a desc5du t]re avec un arg5t frais d'une n\velle prise1 qui a gagn un procs d'o on lui a compt une grosse somme1 qui a reu un don1 qui a fait au jeu un ga9 considrable1 quel fils de famille vi5t de recueillir une ri*e succession1 ou quel commis imprud5t veut has>d] sur une c>te les d]ni]s de sa caisse4 ,c'e/ un sale et indigne mti]1 il e/ vrai1 que de tromp]2 mais c'e/ un mti] qui e/ anci51 connu1 pratiqu de t\t temps p> ce g5re d'hommes que j'appelle des brel&i]s4 ,l'enseigne e/ leur porte1 on y lirait presque3 ,ici l'on trompe de bonne foi2 c> se v\drai5t-ils donn] p\r irrpro*ables8 ,qui ne sait pas qu'entr] et p]dre dans ces maisons e/ une mme *ose8 ,qu'ils tr\v5t donc s\s leur ma9 autant de dupes qu'il en faut p\r leur subsi/ance1 c'e/ ce qui me passe4 #ge 7,v7 ,mille g5s se ru95t au jeu1 et v\s dis5t froidem5t qu'ils ne saurai5t se pass] de j\]3 quelle excuse6 ,y a-t-il une passion1 quelque viol5te ou honteuse qu'elle soit1 qui ne pt t5ir ce mme langage8 ,s]ait-on reu dire qu'on ne peut se pass] de vol]1 d'assass9]1 de se prcipit]8 ,un jeu effroyable1 cont9uel1 sans ret5ue1 sans bornes1 o l'on n'a en vue que la ru9e totale de son adv]saire1 o l'on e/ transport du dsir du ga91 dsespr sur la p]te1 consum p> l'av>ice1 o l'on expose sur une c>te ou la =tune du d la si5ne propre1 celle de sa femme et de ses enfants1 e/-ce une *ose qui soit p]mise ou dont l'on doive se pass]8 ,ne faut-il pas quelquefois se faire une plus gr&e viol5ce1 lorsque1 p\ss p> le jeu jusques une dr\te univ]selle1 il faut mme que l'on se passe d'habits et de n\rriture1 et de les f\rnir sa famille8 ,je ne p]mets p]sonne d'tre fripon2 mais je p]mets un fripon de j\] un gr& jeu3 je le df5ds un honnte homme4 ,c'e/ une trop gr&e purilit que de s'expos] une gr&e p]te4 #gf 7,i7 ,il n'y a qu'une affliction qui dure1 qui e/ celle qui vi5t de la p]te de bi5s3 le temps1 qui ad\cit t\tes les autres1 aigrit celle-ci4 ,n\s s5tons t\s mom5ts1 p5dant le c\rs de notre vie1 o le bi5 que n\s avons p]du n\s manque4 #gg 7,,iv7 ,il fait bon avec celui qui ne se s]t pas de son bi5 m>i] ses filles1 pay] ses dettes1 ou faire des contrats1 p\rvu que l'on ne soit ni ses enfants ni sa femme4 #gh 7,,viii7 ,ni les tr\bles1 ,znobie1 qui agit5t votre empire1 ni la gu]re que v\s s\t5ez virilem5t contre une nation puissante depuis la mort du roi votre p\x1 ne dim9u5t ri5 de votre magnific5ce4 ,v\s avez prfr t\te autre contre les rives de l',euphrate p\r y lev] un sup]be difice3 l'air y e/ sa9 et tempr1 la situation en e/ riante2 un bois sacr l'ombrage du ct du c\*ant2 les dieux de ,syrie1 qui habit5t quelquefois la t]re1 n'y aurai5t pu *oisir une plus belle demeure4 ,la campagne aut\r e/ c\v]te d'hommes qui taill5t et qui c\p5t1 qui vont et qui vi5n5t1 qui r\l5t ou qui *>ri5t le bois du ,liban1 l'aira9 et le porphyre2 les grues et les ma*9es gmiss5t dans l'air1 et font espr] ceux qui voyag5t v]s l',arabie de revoir leur ret\r en leurs foy]s ce palais a*ev1 et dans cette spl5deur o v\s dsirez de le port] avant de l'habit]1 v\s et les pr9ces vos enfants4 ,n'y p>gnez ri51 gr&e ,re9e2 employez-y l'or et t\t l'art des plus excell5ts ouvri]s2 que les ,phidias et les ,zeuxis de votre sicle dploi5t t\te leur sci5ce sur vos plafonds et sur vos lambris2 tracez-y de va/es et de dlicieux j>d9s1 dont l'en*antem5t soit tel qu'ils ne p>aiss5t pas faits de la ma9 des hommes2 puisez vos trsors et votre indu/rie sur cet ouvrage incomp>able2 et aprs que v\s y aurez mis1 ,znobie1 la d]nire ma91 quelqu'un de ces ptres qui habit5t les sables vois9s de ,palmyre1 dev5u ri*e p> les pages de vos rivires1 a*t]a un j\r d5i]s comptants cette royale maison1 p\r l'embellir1 et la r5dre plus digne de lui et de sa =tune4 #gi 7,,iv7 ,ce palais1 ces meubles1 ces j>d9s1 ces belles eaux v\s en*ant5t et v\s font rcri] d'une premire vue sur une maison si dlicieuse1 et sur l'extrme bonheur du matre qui la possde4 ,il n'e/ plus2 il n'en a pas j\i si agrablem5t ni si tranquillem5t que v\s3 il n'y a jamais eu un j\r s]e91 ni une nuit tranquille2 il s'e/ noy de dettes p\r la port] ce degr de beaut o elle v\s ravit4 ,ses cranci]s l'en ont *ass3 il a t\rn la tte1 et il l'a reg>de de lo9 une d]nire fois2 et il e/ mort de saisissem5t4 #hj 7,v7 ,l'on ne saurait s'emp*] de voir dans c]ta9es familles ce qu'on appelle les caprices du has>d ou les jeux de la =tune4 ,il y a c5t ans qu'on ne p>lait po9t de ces familles1 qu'elles n'tai5t po9t3 le ciel t\t d'un c\p s'ouvre en leur faveur2 les bi5s1 les honneurs1 les dignits fond5t sur elles plusieurs reprises2 elles nag5t dans la prosprit4 ,eumolpe1 l'un de ces hommes qui n'ont po9t de gr&s-pres1 a eu un pre du mo9s qui s'tait lev si haut1 que t\t ce qu'il a pu s\hait] p5dant le c\rs d'une longue vie1 'a t de l'atte9dre2 et il l'a atte9t4 tait-ce dans ces deux p]sonnages m95ce d'esprit1 pr(onde capacit8 tait-ce les conjonctures8 ,la =tune enf9 ne leur rit plus2 elle se j\e ailleurs1 et traite leur po/rit comme leurs anctres4 #ha 7,,iv7 ,la cause la plus immdiate de la ru9e et de la dr\te des p]sonnes des deux conditions1 de la robe et de l'pe1 e/ que l'tat seul1 et non le bi51 rgle la dp5se4 #hb 7,,iv7 ,si v\s n'avez ri5 oubli p\r votre =tune1 quel travail6 ,si v\s avez nglig la mo9dre *ose1 quel rep5tir6 #hc 7,,vi7 ,giton a le te9t frais1 le visage ple9 et les j\es p5dantes1 l'oeil fixe et assur1 les paules l>ges1 l'e/omac haut1 la dm>*e f]me et dlibre4 ,il p>le avec confiance2 il fait rpt] celui qui l'entreti5t1 et il ne gte que mdiocrem5t t\t ce qu'il lui dit4 ,il dploie un ample m\*oir1 et se m\*e avec gr& bruit2 il cra*e =t lo91 et il t]nue =t haut4 ,il dort le j\r1 il dort la nuit1 et pr(ondm5t2 il ronfle en compagnie4 ,il occupe table et la prom5ade plus de place qu'un autre4 ,il ti5t le milieu en se prom5ant avec ses gaux2 il s'arrte1 et l'on s'arrte2 il cont9ue de m>*]1 et l'on m>*e3 t\s se rgl5t sur lui4 ,il int]rompt1 il r$resse ceux qui ont la p>ole3 on ne l'int]rompt pas1 on l'c\te aussi longtemps qu'il veut p>l]2 on e/ de son avis1 on croit les n\velles qu'il dbite4 ,s'il s'assi$1 v\s le voyez s'enfonc] dans un fauteuil1 crois] les jambes l'une sur l'autre1 fronc] le s\rcil1 abaiss] son *apeau sur ses yeux p\r ne voir p]sonne1 ou le relev] ensuite1 et dc\vrir son front p> fi]t et p> audace4 ,il e/ enj\1 gr& rieur1 impati5t1 prsomptueux1 colre1 lib]t91 politique1 my/rieux sur les affaires du temps2 il se croit des tal5ts et de l'esprit4 ,il e/ ri*e4 ,phdon a les yeux creux1 le te9t *auff1 le corps sec et le visage maigre2 il dort peu1 et d'un sommeil =t lg]2 il e/ ab/rait1 rveur1 et il a avec de l'esprit l'air d'un /upide3 il oublie de dire ce qu'il sait1 ou de p>l] d'vnem5ts qui lui sont connus2 et s'il le fait quelquefois1 il s'en tire mal1 il croit pes] ceux qui il p>le1 il conte brivem5t1 mais froidem5t2 il ne se fait pas c\t]1 il ne fait po9t rire4 ,il applaudit1 il s\rit ce que les autres lui dis5t1 il e/ de leur avis2 il c\rt1 il vole p\r leur r5dre de petits s]vices4 ,il e/ complaisant1 flatteur1 empress2 il e/ my/rieux sur ses affaires1 quelquefois m5teur2 il e/ sup]/itieux1 scrupuleux1 timide4 ,il m>*e d\cem5t et lgrem5t1 il semble cra9dre de f\l] la t]re2 il m>*e les yeux baisss1 et il n'ose les lev] sur ceux qui pass5t4 ,il n'e/ jamais du nombre de ceux qui =m5t un c]cle p\r disc\rir2 il se met d]rire celui qui p>le1 recueille furtivem5t ce qui se dit1 et il se retire si on le reg>de4 ,il n'occupe po9t de lieu1 il ne ti5t po9t de place2 il va les paules s]res1 le *apeau abaiss sur ses yeux p\r n'tre po9t vu2 il se replie et se r5f]me dans son manteau2 il n'y a po9t de rues ni de gal]ies si emb>rasses et si remplies de monde1 o il ne tr\ve moy5 de pass] sans ef=t1 et de se c\l] sans tre ap]u4 ,si on le prie de s'asseoir1 il se met pe9e sur le bord d'un sige2 il p>le bas dans la conv]sation1 et il articule mal2 libre nanmo9s sur les affaires publiques1 *agr9 contre le sicle1 mdiocrem5t prv5u des m9i/res et du m9i/re4 ,il n'ouvre la b\*e que p\r rpondre2 il t\sse1 il se m\*e s\s son *apeau1 il cra*e presque sur soi1 et il att5d qu'il soit seul p\r t]nu]1 ou1 si cela lui arrive1 c'e/ l'insu de la compagnie3 il n'en cote p]sonne ni salut ni complim5t4 ,il e/ pauvre4 ,de la ville ,i 7,i7 ,l'on se donne ,p>is1 sans se p>l]1 comme un r5dez-v\s public1 mais =t exact1 t\s les soirs au ,c\rs ou aux ,tuil]ies1 p\r se reg>d] au visage et se dsappr\v] les uns les autres4 7,i7 ,l'on ne peut se pass] de ce mme monde que l'on n'aime po9t1 et dont l'on se moque4 7,,vii7 ,l'on s'att5d au passage rciproquem5t dans une prom5ade publique2 l'on y passe en revue l'un devant l'autre3 c>rosse1 *evaux1 livres1 armoiries1 ri5 n'*appe aux yeux1 t\t e/ curieusem5t ou malignem5t obs]v2 et selon le plus ou le mo9s de l'quipage1 ou l'on respecte les p]sonnes1 ou on les ddaigne4 #b 7,v7 ,t\t le monde connat cette longue leve qui borne et qui ress]re le lit de la ,se9e1 du ct o elle entre ,p>is avec la ,m>ne1 qu'elle vi5t de recevoir3 les hommes s'y baign5t au pi$ p5dant les *aleurs de la canicule2 on les voit de =t prs se jet] dans l'eau2 on les en voit sortir3 c'e/ un amusem5t4 ,qu& cette saison n'e/ pas v5ue1 les femmes de la ville ne s'y promn5t pas encore2 et qu& elle e/ passe1 elles ne s'y promn5t plus4 #c 7,v7 ,dans ces lieux d'un conc\rs gnral1 o les femmes se rassembl5t p\r montr] une belle t(fe1 et p\r recueillir le fruit de leur toilette1 on ne se promne pas avec une compagne p> la ncessit de la conv]sation2 on se jo9t ensemble p\r1 se rassur] sur le ?tre1 s'apprivois] avec le public1 et se raff]mir contre la critique3 c'e/ l prcism5t qu'on se p>le sans se ri5 dire1 ou plutt qu'on p>le p\r les passants1 p\r ceux mme en faveur de qui l'on hausse sa voix1 l'on ge/icule et l'on bad9e1 l'on p5*e ngligemm5t la tte1 l'on passe et l'on repasse4 #d 7,i7 ,la ville e/ p>tage en div]ses socits1 qui sont comme autant de petites rpubliques1 qui ont leurs lois1 leurs usages1 leur j>gon1 et leurs mots p\r rire4 ,tant que cet assemblage e/ dans sa =ce1 et que l'enttem5t subsi/e1 l'on ne tr\ve ri5 de bi5 dit ou de bi5 fait que ce qui "p des si5s1 et l'on e/ incapable de gt] ce qui vi5t d'ailleurs3 cela va jusques au mpris p\r les g5s qui ne sont pas initis dans leurs my/res4 ,l'homme du monde d'un meilleur esprit1 que le has>d a port au milieu d'eux1 leur e/ trang]3 il se tr\ve l comme dans un pays lo9ta91 dont il ne connat ni les r\tes1 ni la langue ni les moeurs1 ni la c\tume2 il voit un peuple qui cause1 b\rdonne1 p>le l'oreille1 clate de rire1 et qui retombe ensuite dans un morne sil5ce2 il y p]d son ma9ti51 ne tr\ve pas o plac] un seul mot1 et n'a pas mme de quoi c\t]4 ,il ne manque jamais l un mauvais plaisant qui dom9e1 et qui e/ comme le hros de la socit3 celui-ci s'e/ *>g de la joie des autres1 et fait t\j\rs rire avant que d'avoir p>l4 ,si quelquefois une femme survi5t qui n'e/ po9t de leurs plaisirs1 la b&e joyeuse ne peut compr5dre qu'elle ne sa*e po9t rire des *oses qu'elle n'ent5d po9t1 et p>aisse ins5sible des fadaises qu'ils n'ent5d5t eux-mmes que p>ce qu'ils les ont faites3 ils ne lui p>donn5t ni son ton de voix1 ni son sil5ce1 ni sa taille1 ni son visage1 ni son habillem5t1 ni son entre1 ni la manire dont elle e/ sortie4 ,deux annes cep5dant ne pass5t po9t sur une mme cot]ie3 il y a t\j\rs1 ds la premire anne1 des sem5ces de division p\r rompre dans celle qui doit suivre2 l'intrt de la beaut1 les incid5ts du jeu1 l'extravagance des repas1 qui1 mode/es au comm5cem5t1 dgnr5t bi5tt en pyramides de vi&es et en banquets somptueux1 drang5t la rpublique1 et lui port5t enf9 le c\p mortel3 il n'e/ en =t peu de temps non plus p>l de cette nation que des m\*es de l'anne passe4 #e 7,,iv7 ,il y a dans la ville la gr&e et la petite robe2 et la premire se v5ge sur l'autre des dda9s de la c\r1 et des petites humiliations qu'elle y essuie4 ,de savoir quelles sont leurs limites1 o la gr&e f9it1 et o la petite comm5ce1 ce n'e/ pas une *ose facile4 ,il se tr\ve mme un corps considrable qui refuse d'tre du second ordre1 et qui l'on conte/e le premi]3 il ne se r5d pas nanmo9s1 il *]*e au contraire1 p> la gravit et p> la dp5se1 s'gal] la magi/rature1 ou ne lui cde qu'avec pe9e3 on l'ent5d dire que la noblesse de son emploi1 l'indp5dance de sa pr(ession1 le tal5t de la p>ole et le mrite p]sonnel balanc5t au mo9s les sacs de mille francs que le fils du p>tisan ou du banqui] a su pay] p\r son (fice4 #f 7,v7 ,v\s moquez-v\s de rv] en c>rosse1 ou peut-tre de v\s y repos]8 ,vite1 pr5ez votre livre ou vos papi]s1 lisez1 ne saluez qu' pe9e ces g5s qui pass5t dans leur quipage2 ils v\s en croiront plus occup2 ils diront3 ,cet homme e/ laborieux1 infatigable2 il lit1 il travaille jusque dans les rues ou sur la r\te4 ,appr5ez du mo9dre avocat qu'il faut p>atre accabl d'affaires1 fronc] le s\rcil1 et rv] ri5 trs pr(ondm5t2 savoir propos p]dre le boire et le mang]2 ne faire qu'app>oir dans sa maison1 s'van\ir et se p]dre comme un fantme dans le sombre de son cab9et2 se ca*] au public1 vit] le ?tre1 le laiss] ceux qui ne c\r5t aucun risque s'y montr]1 qui en ont pe9e le loisir1 aux ,gomons1 aux ,duhamels4 #g 7,,iv7 ,il y a un c]ta9 nombre de jeunes magi/rats que les gr&s bi5s et les plaisirs ont associs quelques-uns de ceux qu'on nomme la c\r de petits-matres3 ils les imit5t1 ils se ti5n5t =t au-dessus de la gravit de la robe1 et se croi5t disp5ss p> leur ge et p> leur =tune d'tre sages et modrs4 ,ils pr5n5t de la c\r ce qu'elle a de pire3 ils s'appropri5t la vanit1 la mollesse1 l'intemprance1 le lib]t9age1 comme si t\s ces vices leur tai5t dus1 et1 affectant a9si un c>actre loign de celui qu'ils ont s\t5ir1 ils devi5n5t enf91 selon leurs s\haits1 des copies fidles de trs m*ants orig9aux4 #h 7,,iv7 ,un homme de robe la ville1 et le mme la c\r1 ce sont deux hommes4 ,rev5u *ez soi1 il repr5d ses moeurs1 sa taille et son visage1 qu'il y avait laisss3 il n'e/ plus ni si emb>rass1 ni si honnte4 #i 7,,iv7 ,les ,crisp9s se cotis5t et rassembl5t dans leur famille jusques six *evaux p\r allong] un quipage1 qui1 avec un essaim de g5s de livres1 o ils ont f\rni *acun leur "p1 les fait triomph] au ,c\rs ou ,v9c5nes1 et all] de pair avec les n\velles m>ies1 avec ,jason1 qui se ru9e1 et avec ,?rason1 qui veut se m>i]1 et qui a consign4 #aj 7,v7 ,j'ent5ds dire des ,sannions3 ,mme nom1 mmes armes2 la bran*e ane1 la bran*e cadette1 les cadets de la seconde bran*e2 ceux-l1 port5t les armes ple9es1 ceux-ci bris5t d'un lambel1 et les autres d'une bordure d5tele4 ,ils ont avec les ,b\rbons1 sur une mme c\leur1 un mme mtal2 ils port5t1 comme eux1 deux et une3 ce ne sont pas des fleurs de lis1 mais ils s'en consol5t2 peut-tre dans leur coeur tr\v5t-ils leurs pices aussi honorables1 et ils les ont communes avec de gr&s seigneurs qui en sont cont5ts3 on les voit sur les litres et sur les vitrages1 sur la porte de leur *teau1 sur le pili] de leur haute-ju/ice1 o ils vi5n5t de faire p5dre un homme qui mritait le bannissem5t2 elles s'(fr5t aux yeux de t\tes p>ts1 elles sont sur les meubles et sur les s]rures1 elles sont semes sur les c>rosses2 leurs livres ne d%onor5t po9t leurs armoiries4 ,je dirais volonti]s aux ,sannions3 ,votre folie e/ prmature2 att5dez du mo9s que le sicle s'a*ve sur votre race2 ceux qui ont vu votre gr&-pre1 qui lui ont p>l1 sont vieux1 et ne saurai5t plus vivre longtemps4 ,qui p\rra dire comme eux3 ,l il talait1 et v5dait trs *]8 7,,vii7 ,les ,sannions et les ,crisp9s veul5t encore davantage que l'on dise d'eux qu'ils font une gr&e dp5se1 qu'ils n'aim5t la faire4 ,ils font un rcit long et ennuyeux d'une fte ou d'un repas qu'ils ont donn2 ils dis5t l'arg5t qu'ils ont p]du au jeu1 et ils plaign5t =t haut celui qu'ils n'ont pas song p]dre4 ,ils p>l5t j>gon et my/re sur de c]ta9es femmes2 ils ont rciproquem5t c5t *oses plaisantes se cont]2 ils ont fait depuis peu des dc\v]tes2 ils se pass5t les uns aux autres qu'ils sont g5s belles av5tures4 ,l'un d'eux1 qui s'e/ c\* t>d la campagne1 et qui v\drait dormir1 se lve mat91 *ausse des gutres1 endosse un habit de toile1 passe un cordon o p5d le f\rnim5t1 r5\e ses *eveux1 pr5d un fusil3 le voil *asseur1 s'il tirait bi54 ,il revi5t de nuit1 m\ill et recru1 sans avoir tu4 ,il ret\rne la *asse le l5dema91 et il passe t\t le j\r manqu] des grives ou des p]drix4 7,,vii7 ,un autre1 avec quelques mauvais *i5s1 aurait envie de dire3 ,ma meute4 ,il sait un r5dez-v\s de *asse1 il s'y tr\ve2 il e/ au laiss]-c\rre2 il entre dans le =t1 se mle avec les piqueurs2 il a un cor4 ,il ne dit pas1 comme ,mnalippe3 ,ai-je du plaisir8 ,il croit en avoir4 ,il oublie lois et procdure3 c'e/ un ,hippolyte4 ,mn&re1 qui le vit hi] sur un procs qui e/ en ses ma9s1 ne reconnatrait pas auj\rd'hui son rapporteur4 ,le voyez-v\s le l5dema9 sa *ambre1 o l'on va jug] une cause grave et capitale8 il se fait ent\r] de ses confrres1 il leur raconte comme il n'a po9t p]du le c]f de meute1 comme il s'e/ t\ff de cri] aprs les *i5s qui tai5t en dfaut1 ou aprs ceux des *asseurs qui pr5ai5t le *ange1 qu'il a vu donn] les six *i5s4 ,l'heure presse2 il a*ve de leur p>l] des abois et de la cure1 et il c\rt s'asseoir avec les autres p\r jug]4 #aa 7,v7 ,quel e/ l'g>em5t de c]ta9s p>ticuli]s1 qui ri*es1 du ngoce de leurs pres1 dont ils vi5n5t de recueillir la succession1 se m\l5t sur les pr9ces p\r leur g>de-robe et p\r leur quipage1 excit5t1 p> une dp5se excessive et p> un fa/e ridicule2 les traits et la raill]ie de t\te une ville1 qu'ils croi5t bl\ir1 et se ru95t a9si se faire moqu] de soi6 ,quelques-uns n'ont pas mme le tri/e avantage de rp&re leurs folies plus lo9 que le qu>ti] o ils habit5t3 c'e/ le seul ?tre de leur vanit4 ,l'on ne sait po9t dans l'le qu',&r brille au ,m>ais1 et qu'il y dissipe son patrimo9e3 du mo9s1 s'il tait connu dans t\te la ville et dans ses faub\rgs1 il s]ait difficile qu'entre un si gr& nombre de citoy5s qui ne sav5t pas t\s jug] sa9em5t de t\tes *oses1 il ne s'en tr\vt quelqu'un qui dirait de lui3 ,il e/ magnifique1 et qui lui ti5drait compte des rgals qu'il fait ,xan! et ,ari/on1 et des ftes qu'il donne lamire2 mais il se ru9e obscurm5t3 ce n'e/ qu'en faveur de deux ou trois p]sonnes qui ne l'e/im5t po9t1 qu'il c\rt l'indig5ce1 et qu'auj\rd'hui en c>rosse1 il n'aura pas dans six mois le moy5 d'all] pi$4 #ab 7,i7 ,n>cisse se lve le mat9 p\r se c\*] le soir2 il a ses heures de toilette comme une femme2 il va t\s les j\rs =t rgulirem5t la belle messe aux ,feuillants ou aux ,m9imes2 il e/ homme d'un bon comm]ce1 et l'on compte sur lui au qu>ti] de 999999 p\r un ti]s ou p\r un c9quime l'hombre ou au rev]si4 ,l il ti5t le fauteuil quatre heures de suite *ez ,aricie1 o il risque *aque soir c9q pi/oles d'or4 ,il lit exactem5t la ,gazette de ,holl&e et le ,m]cure galant2 il a lu ,b]g]ac1 des ,m>ets1 ,lescla*e1 les ,hi/oriettes de ,b>b91 et quelques recueils de posies4 ,il se promne avec des femmes la ,pla9e ou au ,c\rs1 et il e/ d'une ponctualit religieuse sur les visites4 ,il f]a dema9 ce qu'il fait auj\rd'hui et ce qu'il fit hi]2 et il meurt a9si aprs avoir vcu4 #ac 7,v7 ,voil un homme1 dites-v\s1 que j'ai vu quelque "p3 de savoir o1 il e/ difficile2 mais son visage m'e/ famili]4--,il l'e/ bi5 d'autres2 et je vais1 s'il se peut1 aid] votre mmoire4 ,e/-ce au b\lev>d sur un /rapont91 ou aux ,tuil]ies dans la gr&e alle1 ou dans le balcon la comdie8 ,e/-ce au s]mon1 au bal1 ,ramb\illet8 ,o p\rriez-v\s ne l'avoir po9t vu8 o n'e/-il po9t8 ,s'il y a dans la place une fameuse excution1 ou un feu de joie1 il p>at une f5tre de l',htel de ville2 si l'on att5d une magnifique entre1 il a sa place sur un *afaud2 s'il se fait un c>r\sel1 le voil entr1 et plac sur l'amphi?tre2 si le ,roi reoit des ambassadeurs1 il voit leur m>*e1 il assi/e leur audi5ce1 il e/ en haie qu& ils revi5n5t de leur audi5ce4 ,sa prs5ce e/ aussi ess5tielle aux s]m5ts des ligues suisses que celle du *anceli] et des ligues mmes4 ,c'e/ son visage que l'on voit aux almana*s reprs5t] le peuple ou l'assi/ance4 ,il y a une *asse publique1 une ,sa9t-,hub]t1 le voil *eval2 on p>le d'un camp et d'une revue1 il e/ ,ouilles1 il e/ ,a*res4 ,il aime les tr\pes1 la milice1 la gu]re2 il la voit de prs1 et jusques au =t de ,b]n>di4 ,*anley sait les m>*es1 ,jacqui] les vivres1 ,du ,metz l'artill]ie3 celui-ci voit1 il a vieilli s\s le h>nois en voyant1 il e/ spectateur de pr(ession2 il ne fait ri5 de ce qu'un homme doit faire1 il ne sait ri5 de ce qu'il doit savoir2 mais il a vu1 dit-il1 t\t ce qu'on peut voir1 et il n'aura po9t regret de m\rir4 ,quelle p]te alors p\r t\te la ville6 ,qui dira aprs lui3 ,le ,c\rs e/ f]m1 on ne s'y promne po9t2 le b\rbi] de ,v9c5nes e/ dess* et relev1 on n'y v]s]a plus8 ,qui annonc]a un conc]t1 un beau salut1 un pre/ige de la ,foire8 ,qui v\s av]tira que ,beaumavielle m\rut hi]2 que ,ro*ois e/ enrhume1 et ne *ant]a de huit j\rs8 ,qui connatra comme lui un b\rgeois ses armes et ses livres8 ,qui dira3 ,scap9 porte des fleurs de lis1 et qui en s]a plus difi8 ,qui prononc]a avec plus de vanit et d'emphase le nom d'une simple b\rgeoise8 ,qui s]a mieux f\rni de vaudevilles8 ,qui prt]a aux femmes les ,annales galantes et le ,j\rnal am\reux8 ,qui saura comme lui *ant] table t\t un dialogue de l',opra1 et les fureurs de ,rol& dans une ruelle8 ,enf91 puisqu'il y a la ville comme ailleurs de =t sottes g5s1 des g5s fades1 oisifs1 dsoccups1 qui p\rra aussi p>faitem5t leur conv5ir8 #ad 7,v7 ,?ramne tait ri*e et avait du mrite2 il a hrit1 il e/ donc trs ri*e et d'un trs gr& mrite4 ,voil t\tes les femmes en campagne p\r l'avoir p\r galant1 et t\tes les filles p\r p\seur4 ,il va de maisons en maisons faire espr] aux mres qu'il p\s]a4 ,e/-il assis1 elles se retir5t1 p\r laiss] leurs filles t\te la lib]t d'tre aimables1 et ,?ramne de faire ses dcl>ations4 ,il ti5t ici contre le morti]2 l il efface le cavali] ou le g5tilhomme4 ,un jeune homme fleuri1 vif1 enj\1 spirituel n'e/ pas s\hait plus ardemm5t ni mieux reu2 on se l'arra*e des ma9s1 on a pe9e le loisir de s\rire qui se tr\ve avec lui dans une mme visite4 ,combi5 de galants va-t-il mettre en dr\te6 quels bons p>tis ne f]a-t-il po9t manqu]8 ,p\rra-t-il suffire tant d'hritires qui le re*]*5t8 ,ce n'e/ pas seulem5t la t]reur des m>is1 c'e/ l'p\vantail de t\s ceux qui ont envie de l'tre1 et qui att5d5t d'un m>iage remplir le vide de leur consignation4 ,on devrait proscrire de tels p]sonnages si heureux1 si pcunieux1 d'une ville bi5 police1 ou condamn] le sexe1 s\s pe9e de folie ou d'indignit1 ne les trait] pas mieux que s'ils n'avai5t que du mrite4 #ae 7,,viii7 ,p>is1 p\r l'ord9aire le s+e de la c\r1 ne sait pas t\j\rs la contrefaire2 il ne l'imite en aucune manire dans ces dehors agrables et c>essants que quelques c\rtisans1 et surt\t les femmes1 y ont naturellem5t p\r un homme de mrite1 et qui n'a mme que du mrite3 elles ne s'in=m5t ni de ses contrats ni de ses anctres2 elles le tr\v5t la c\r1 cela leur suffit2 elles le s\ffr5t1 elles l'e/im5t2 elles ne dem&5t pas s'il e/ v5u en *aise ou pi$1 s'il a une *>ge1 une t]re ou un quipage3 comme elles regorg5t de tra91 de spl5deur et de dignits1 elles se dlass5t volonti]s avec la philosophie ou la v]tu4 ,une femme de ville ent5d-elle le bruissem5t d'un c>rosse qui s'arrte sa porte1 elle ptille de gt et de complaisance p\r quiconque e/ d$ans1 sans le connatre2 mais si elle a vu de sa f5tre un bel attelage1 beauc\p de livres1 et que plusieurs rangs de cl\s p>faitem5t dors l'ai5t bl\ie1 quelle impati5ce n'a-t-elle pas de voir dj dans sa *ambre le cavali] ou le magi/rat6 quelle *>mante rception ne lui f]a-t-elle po9t6 t]a-t-elle les yeux de dessus lui8 ,il ne p]d ri5 auprs d'elle3 on lui ti5t compte des d\bles s\p5tes et des ressorts qui le font r\l] plus mollem5t2 elle l'en e/ime davantage1 elle l'en aime mieux4 #af 7,,iv7 ,cette fatuit de quelques femmes de la ville1 qui cause en elles une mauvaise imitation de celles de la c\r1 e/ quelque *ose de pire que la grossiret des femmes du peuple1 et que la ru/icit des villageoises3 elle a sur t\tes deux l'affectation de plus4 #ag 7,,iv7 ,la subtile inv5tion1 de faire de magnifiques prs5ts de noces qui ne cot5t ri51 et qui doiv5t tre r5dus en espce6 #ah 7,,iv7 ,l'utile et la l\able pratique1 de p]dre en frais de noces le ti]s de la dot qu'une femme apporte6 de comm5c] p> s'appauvrir de conc]t p> l'amas et l'entassem5t de *oses sup]flues1 et de pr5dre dj sur son fonds de quoi pay] ,gaulti]1 les meubles et la toilette6 #ai 7,,iv7 ,le bel et le judicieux usage que celui qui1 prfrant une sorte d'effront]ie aux bi5sances et la pudeur1 expose une femme d'une seule nuit sur un lit comme sur un ?tre1 p\r y faire p5dant quelques j\rs un ridicule p]sonnage1 et la livre en cet tat la curiosit des g5s de l'un et de l'autre sexe1 qui1 connus ou inconnus1 acc\r5t de t\te une ville ce spectacle p5dant qu'il dure6 ,que manque-t-il une telle c\tume1 p\r tre entirem5t biz>re et incomprh5sible1 que d'tre lue dans quelque relation de la ,m+rlie8 #bj 7,i7 ,pnible c\tume1 ass]vissem5t incommode6 se *]*] incessamm5t les unes les autres avec l'impati5ce de ne se po9t r5contr]2 ne se r5contr] que p\r se dire des ri5s1 que p\r s'appr5dre rciproquem5t des *oses dont on e/ galem5t in/ruite1 et dont il importe peu que l'on soit in/ruite2 n'entr] dans une *ambre prcism5t que p\r en sortir2 ne sortir de *ez soi l'aprs-dne que p\r y r5tr] le soir1 =t satisfaite d'avoir vu en c9q petites heures trois suisses1 une femme que l'on connat pe9e1 et une autre que l'on n'aime gure6 ,qui considr]ait bi5 le prix du temps1 et combi5 sa p]te e/ irrp>able1 pleur]ait amrem5t sur de si gr&es misres4 #ba 7,,vii7 ,on s'lve la ville dans une indiffr5ce grossire des *oses rurales et *amptres2 on di/+ue pe9e la plante qui porte le *anvre d'avec celle qui produit le l91 et le bl from5t d'avec les seigles1 et l'un ou l'autre d'avec le mteil3 on se cont5te de se n\rrir et de s'habill]4 ,ne p>lez un gr& nombre de b\rgeois ni de gurets1 ni de baliveaux1 ni de prov9s1 ni de rega9s1 si v\s v\lez tre ent5du3 ces t]mes p\r eux ne sont pas franais4 ,p>lez aux uns d'aunage1 de t>if1 ou de sol p\r livre1 et aux autres de voie d'appel1 de requte civile1 d'appo9tem5t1 d'vocation4 ,ils connaiss5t le monde1 et encore p>ce qu'il a de mo9s beau et de mo9s spcieux2 ils ignor5t la nature1 ses comm5cem5ts1 ses progrs1 ses dons et ses l>gesses4 ,leur ignorance s\v5t e/ volontaire1 et fonde sur l'e/ime qu'ils ont p\r leur pr(ession et p\r leurs tal5ts4 ,il n'y a si vil pratici51 qui1 au fond de son tude sombre et enfume1 et l'esprit occup d'une plus noire *icane1 ne se prfre au lab\reur1 qui j\it du ciel1 qui cultive la t]re1 qui sme propos1 et qui fait de ri*es moissons2 et s'il ent5d quelquefois p>l] des premi]s hommes ou des patri>*es1 de leur vie *amptre et de leur conomie1 il s'tonne qu'on ait pu vivre en de tels temps1 o il n'y avait encore ni (fices1 ni commissions1 ni prsid5ts1 ni procureurs2 il ne compr5d pas qu'on ait jamais pu se pass] du greffe1 du p>quet et de la buvette4 #bb 7,v7 ,les emp]eurs n'ont jamais triomph ,rome si mollem5t1 si commodm5t1 ni si srem5t mme1 contre le v5t1 la pluie1 la p\dre et le soleil1 que le b\rgeois sait ,p>is se faire m5] p> t\te la ville3 quelle di/ance de cet usage la mule de leurs anctres6 ,ils ne savai5t po9t encore se priv] du ncessaire p\r avoir le sup]flu1 ni prfr] le fa/e aux *oses utiles4 ,on ne les voyait po9t s'clair] avec des b\gies1 et se *auff] un petit feu3 la cire tait p\r l'autel et p\r le ,l\vre4 ,ils ne sortai5t po9t d'un mauvais dn] p\r mont] dans leur c>rosse2 ils se p]suadai5t que l'homme avait des jambes p\r m>*]1 et ils m>*ai5t4 ,ils se cons]vai5t propres qu& il faisait sec2 et dans un temps humide ils gtai5t leur *aussure1 aussi peu emb>rasss de fran*ir les rues et les c>ref\rs1 que le *asseur de trav]s] un guret1 ou le soldat de se m\ill] dans une tran*e4 ,on n'avait pas encore imag9 d'attel] deux hommes une litire2 il y avait mme plusieurs magi/rats qui allai5t pi$ la *ambre ou aux enqutes1 d'aussi bonne grce qu',augu/e autrefois allait de son pi$ au ,capitole4 ,l'ta9 dans ce temps brillait sur les tables et sur les buffets1 comme le f] et le cuivre dans les foy]s2 l'arg5t et l'or tai5t dans les c(fres4 ,les femmes se faisai5t s]vir p> des femmes2 on mettait celles-ci jusqu' la cuis9e4 ,les beaux noms de g\v]neurs et de g\v]nantes n'tai5t pas inconnus nos pres3 ils savai5t qui l'on confiait les enfants des rois et des plus gr&s pr9ces2 mais ils p>tageai5t le s]vice de leurs dome/iques avec leurs enfants1 cont5ts de veill] eux-mmes immdiatem5t leur ducation4 ,ils comptai5t en t\tes *oses avec eux-mmes3 leur dp5se tait proportionne leur recette2 leurs livres1 leurs quipages1 leurs meubles1 leur table1 leurs maisons de la ville et la campagne1 t\t tait mesur sur leurs r5tes et sur leur condition4 ,il y avait entre eux des di/9ctions extrieures qui emp*ai5t qu'on ne prt la femme du pratici5 p\r celle du magi/rat1 et le roturi] ou le simple valet p\r le g5tilhomme4 ,mo9s appliqus dissip] ou grossir leur patrimo9e qu' le ma9t5ir1 ils le laissai5t enti] leurs hriti]s1 et passai5t a9si d'une vie modre une mort tranquille4 ,ils ne disai5t po9t3 ,le sicle e/ dur1 la misre e/ gr&e1 l'arg5t e/ r>e2 ils en avai5t mo9s que n\s1 et en avai5t assez1 plus ri*es p> leur conomie et p> leur mode/ie que de leurs rev5us et de leurs doma9es4 ,enf9 l'on tait alors pntr de cette maxime1 que ce qui e/ dans les gr&s spl5deur1 somptuosit1 magnific5ce1 e/ dissipation1 folie1 ineptie dans le p>ticuli]4 ,de la c\r #a 7,i7 ,le repro*e en un s5s le plus honorable que l'on puisse faire un homme1 c'e/ de lui dire qu'il ne sait pas la c\r3 il n'y a sorte de v]tus qu'on ne rassemble en lui p> ce seul mot4 #b 7,i7 ,un homme qui sait la c\r e/ matre de son ge/e1 de ses yeux et de son visage2 il e/ pr(ond1 impntrable2 il dissimule les mauvais (fices1 s\rit ses ennemis1 contra9t son humeur1 dguise ses passions1 dm5t son coeur1 p>le1 agit contre ses s5tim5ts4 ,t\t ce gr& raff9em5t n'e/ qu'un vice1 que l'on appelle fausset1 quelquefois aussi inutile au c\rtisan p\r sa =tune1 que la fran*ise1 la s9crit et la v]tu4 #c 7,,iv7 ,qui peut nomm] de c]ta9es c\leurs *angeantes1 et qui sont div]ses selon les div]s j\rs dont on les reg>de8 de mme1 qui peut df9ir la c\r8 #d 7,,iv7 ,se drob] la c\r un seul mom5t1 c'e/ y r5onc]3 le c\rtisan qui l'a vue le mat9 la voit le soir p\r la reconnatre le l5dema91 ou af9 que lui-mme y soit connu4 #e 7,,iv7 ,l'on e/ petit la c\r1 et quelque vanit que l'on ait1 on s'y tr\ve tel2 mais le mal e/ commun1 et les gr&s mmes y sont petits4 #f 7,i7 ,la prov9ce e/ l'endroit d'o la c\r1 comme dans son po9t de vue1 p>at une *ose admirable3 si l'on s'en appro*e1 ses agrm5ts dim9u5t1 comme ceux d'une p]spective que l'on voit de trop prs4 #g 7,i7 ,l'on s'acc\tume difficilem5t une vie qui se passe dans une anti*ambre1 dans des c\rs1 ou sur l'escali]4 #h 7,,vii7 ,la c\r ne r5d pas cont5t2 elle emp*e qu'on ne le soit ailleurs4 #i 7,i7 ,il faut qu'un honnte homme ait tt de la c\r3 il dc\vre en y entrant comme un n\veau monde qui lui tait inconnu1 o il voit rgn] galem5t le vice et la politesse1 et o t\t lui e/ utile1 le bon et le mauvais4 #aj 7,,vi7 ,la c\r e/ comme un difice bti de m>bre3 je veux dire qu'elle e/ compose d'hommes =t durs1 mais =t polis4 #aa 7,i7 ,l'on va quelquefois la c\r p\r en rev5ir1 et se faire p> l respect] du noble de sa prov9ce1 ou de son diocsa94 #ab 7,i7 ,le brodeur et le confiseur s]ai5t sup]flus1 et ne f]ai5t qu'une montre inutile1 si l'on tait mode/e et sobre3 les c\rs s]ai5t ds]tes1 et les rois presque seuls1 si l'on tait guri de la vanit et de l'intrt4 ,les hommes veul5t tre esclaves quelque "p1 et puis] l de quoi dom9] ailleurs4 ,il semble qu'on livre en gros aux premi]s de la c\r l'air de hauteur1 de fi]t et de comm&em5t1 af9 qu'ils le di/ribu5t en dtail dans les prov9ces3 ils font prcism5t comme on leur fait1 vrais s+es de la royaut4 #ac 7,i7 ,il n'y a ri5 qui enlaidisse c]ta9s c\rtisans comme la prs5ce du pr9ce3 pe9e les puis-je reconnatre leurs visages2 leurs traits sont altrs1 et leur cont5ance e/ avilie4 ,les g5s fi]s et sup]bes sont les plus dfaits1 c> ils p]d5t plus du leur2 celui qui e/ honnte et mode/e s'y s\ti5t mieux3 il n'a ri5 r=m]4 #ad 7,i7 ,l'air de c\r e/ contagieux3 il se pr5d ,v99991 comme l'acc5t norm& ,r\5 ou ,falaise2 on l'entrevoit en des f\rri]s1 en de petits contrleurs1 et en des *efs de fruit]ie3 l'on peut avec une porte d'esprit =t mdiocre y faire de gr&s progrs4 ,un homme d'un gnie lev et d'un mrite solide ne fait pas assez de cas de cette espce de tal5t p\r faire son capital de l'tudi] et se le r5dre propre2 il l'acqui]t sans rflexion1 et il ne p5se po9t s'en dfaire4 #ae 7,,iv7 ,n9999 arrive avec gr& bruit2 il c>te le monde1 se fait faire place2 il gratte1 il heurte presque2 il se nomme3 on respire1 et il n'entre qu'avec la f\le4 #af 7,i7 ,il y a dans les c\rs des app>itions de g5s av5turi]s et h>dis1 d'un c>actre libre et famili]1 qui se produis5t eux-mmes1 prote/5t qu'ils ont dans leur art t\te l'habilet qui manque aux autres1 et qui sont crus sur leur p>ole4 ,ils pr(it5t cep5dant de l'erreur publique1 ou de l'am\r qu'ont les hommes p\r la n\veaut3 ils p]c5t la f\le1 et p>vi5n5t jusqu' l'oreille du pr9ce1 qui le c\rtisan les voit p>l]1 p5dant qu'il se tr\ve heureux d'en tre vu4 ,ils ont cela de commode p\r les gr&s qu'ils en sont s\ff]ts sans consqu5ce1 et congdis de mme3 alors ils disp>aiss5t t\t la fois ri*es et dcrdits1 et le monde qu'ils vi5n5t de tromp] e/ encore prt d'tre tromp p> d'autres4 #ag 7,,iv7 ,v\s voyez des g5s qui entr5t sans salu] que lgrem5t1 qui m>*5t des paules1 et qui se r5gorg5t comme une femme3 ils v\s int]rog5t sans v\s reg>d]2 ils p>l5t d'un ton lev1 et qui m>que qu'ils se s5t5t au-dessus de ceux qui se tr\v5t prs5ts2 ils s'arrt5t1 et on les ent\re2 ils ont la p>ole1 prsid5t au c]cle1 et p]si/5t dans cette hauteur ridicule et contrefaite1 jusqu' ce qu'il survi5ne un gr&1 qui1 la faisant tomb] t\t d'un c\p p> sa prs5ce1 les rduise leur naturel1 qui e/ mo9s mauvais4 #ah 7,,iv7 ,les c\rs ne saurai5t se pass] d'une c]ta9e espce de c\rtisans1 hommes flatteurs1 complaisants1 ins9uants1 dv\s aux femmes1 dont ils mnag5t les plaisirs1 tudi5t les faibles et flatt5t t\tes les passions3 ils leur s\ffl5t l'oreille des grossirets1 leur p>l5t de leurs m>is et de leurs amants dans les t]mes conv5ables1 dev95t leurs *agr9s1 leurs maladies1 et fix5t leurs c\*es2 ils font les modes1 raff95t sur le luxe et sur la dp5se1 et appr5n5t ce sexe de prompts moy5s de consum] de gr&es sommes en habits1 en meubles et en quipages2 ils ont eux-mmes des habits o brill5t l'inv5tion et la ri*esse1 et ils n'habit5t d'anci5s palais qu'aprs les avoir r5\vels et embellis2 ils mang5t dlicatem5t et avec rflexion2 il n'y a sorte de volupt qu'ils n'essay5t1 et dont ils ne puiss5t r5dre compte4 ,ils doiv5t eux-mmes leur =tune1 et ils la s\ti5n5t avec la mme adresse qu'ils l'ont leve4 ,ddaigneux et fi]s1 ils n'abord5t plus leurs p>eils1 ils ne les salu5t plus2 ils p>l5t o t\s les autres se tais5t1 entr5t1 pntr5t en des endroits et des heures o les gr&s n'os5t se faire voir3 ceux-ci1 avec de longs s]vices1 bi5 des plaies sur le corps1 de beaux emplois ou de gr&es dignits1 ne montr5t pas un visage si assur1 ni une cont5ance si libre4 ,ces g5s ont l'oreille des plus gr&s pr9ces1 sont de t\s leurs plaisirs et de t\tes leurs ftes1 ne sort5t pas du ,l\vre ou du ,*teau1 o ils m>*5t et agiss5t comme *ez eux et dans leur dome/ique1 sembl5t se multipli] en mille endroits1 et sont t\j\rs les premi]s visages qui frapp5t les n\veaux v5us une c\r2 ils embrass5t1 ils sont embrasss2 ils ri5t1 ils clat5t1 ils sont plaisants1 ils font des contes3 p]sonnes commodes1 agrables1 ri*es1 qui prt5t1 et qui sont sans consqu5ce4 #ai 7,v7 ,ne croirait-on pas de ,cimon et de ,clit&re qu'ils sont seuls *>gs des dtails de t\t l'tat1 et que seuls aussi ils en doiv5t rpondre8 ,l'un a du mo9s les affaires de t]re1 et l'autre les m>itimes4 ,qui p\rrait les reprs5t] exprim]ait l'empressem5t1 l'inquitude1 la curiosit1 l'activit1 saurait pe9dre le m\vem5t4 ,on ne les a jamais vus assis1 jamais fixes et arrts3 qui mme les a vus m>*]8 on les voit c\rir1 p>l] en c\rant1 et v\s int]rog] sans att5dre de rponse4 ,ils ne vi5n5t d'aucun endroit1 ils ne vont nulle "p3 ils pass5t et ils repass5t4 ,ne les ret>dez pas dans leur c\rse prcipite1 v\s dmont]iez leur ma*9e2 ne leur faites pas de que/ions1 ou donnez-leur du mo9s le temps de respir] et de se ress\v5ir qu'ils n'ont nulle affaire1 qu'ils peuv5t demeur] avec v\s et longtemps1 v\s suivre mme o il v\s plaira de les emm5]4 ,ils ne sont pas les ,satellites de ,jupit]1 je veux dire ceux qui press5t et qui ent\r5t le pr9ce1 mais ils l'annonc5t et le prcd5t2 ils se lanc5t imptueusem5t dans la f\le des c\rtisans2 t\t ce qui se tr\ve sur leur passage e/ en pril4 ,leur pr(ession e/ d'tre vus et revus1 et ils ne se c\*5t jamais sans s'tre acquitts d'un emploi si srieux1 et si utile la rpublique4 ,ils sont au re/e in/ruits fond de t\tes les n\velles indiffr5tes1 et ils sav5t la c\r t\t ce que l'on peut y ignor]2 il ne leur manque aucun des tal5ts ncessaires p\r s'avanc] mdiocrem5t4 ,g5s nanmo9s veills et al]tes sur t\t ce qu'ils croi5t leur conv5ir1 un peu entrepr5ants1 lg]s et prcipits4 ,le dirai-je8 ils port5t au v5t1 attels t\s deux au *> de la ,=tune1 et t\s deux =t loigns de s'y voir assis4 #bj 7,,iv7 ,un homme de la c\r qui n'a pas un assez beau nom1 doit l'ensevelir s\s un meilleur2 mais s'il l'a tel qu'il ose le port]1 il doit alors ins9u] qu'il e/ de t\s les noms le plus illu/re1 comme sa maison de t\tes les maisons la plus anci5ne3 il doit t5ir aux ,pr9ces ,lorra9s1 aux ,rohans1 aux ,*a/illons1 aux ,montmor5cis1 et1 s'il se peut1 aux ,pr9ces ,du ,sang2 ne p>l] que de ducs1 de c>d9aux et de m9i/res2 faire entr] dans t\tes les conv]sations ses aeuls pat]nels et mat]nels1 et y tr\v] place p\r l'oriflamme et p\r les croisades2 avoir des salles p>es d'arbres gnalogiques1 d'cussons *>gs de seize qu>ti]s1 et de tableaux de ses anctres et des allis de ses anctres2 se piqu] d'avoir un anci5 *teau t\relles1 crneaux et m*ic\lis2 dire en t\te r5contre3 ma race1 ma bran*e1 mon nom et mes armes2 dire de celui-ci qu'il n'e/ pas homme de qualit2 de celle-l1 qu'elle n'e/ pas demoiselle2 ou si on lui dit qu',hyac9! a eu le gros lot1 dem&] s'il e/ g5tilhomme4 ,quelques-uns riront de ces contre-temps1 mais il les laiss]a rire2 d'autres en f]ont des contes1 et il leur p]mettra de cont]3 il dira t\j\rs qu'il m>*e aprs la maison rgnante2 et =ce de le dire1 il s]a cru4 #ba 7,,iv7 ,c'e/ une gr&e simplicit que d'apport] la c\r la mo9dre roture1 et de n'y tre pas g5tilhomme4 #bb 7,,vi7 ,l'on se c\*e la c\r et l'on se lve sur l'intrt2 c'e/ ce que l'on digre le mat9 et le soir1 le j\r et la nuit2 c'e/ ce qui fait que l'on p5se1 que l'on p>le1 que l'on se tait1 que l'on agit2 c'e/ dans cet esprit qu'on aborde les uns et qu'on nglige les autres1 que l'on monte et que l'on desc5d2 c'e/ sur cette rgle que l'on mesure ses so9s1 ses complaisances1 son e/ime1 son indiffr5ce1 son mpris4 ,quelques pas que quelques-uns fass5t p> v]tu v]s la modration et la sagesse1 un premi] mobile d'ambition les emmne avec les plus av>es1 les plus viol5ts dans leurs dsirs et les plus ambitieux3 quel moy5 de demeur] immobile o t\t m>*e1 o t\t se remue1 et de ne pas c\rir o les autres c\r5t8 ,on croit mme tre responsable soi-mme de son lvation et de sa =tune3 celui qui ne l'a po9t faite la c\r e/ c5s ne l'avoir pas d faire1 on n'en appelle pas4 ,cep5dant s'en loign]a-t-on avant d'en avoir tir le mo9dre fruit1 ou p]si/]a-t-on y demeur] sans grces et sans rcomp5ses8 "q si p9euse1 si emb>rasse1 et d'une si pnible dcision1 qu'un nombre inf9i de c\rtisans vieilliss5t sur le oui et sur le non1 et meur5t dans le d\te4 #bc 7,,vi7 ,il n'y a ri5 la c\r de si mprisable et de si indigne qu'un homme qui ne peut contribu] en ri5 notre =tune3 je m'tonne qu'il ose se montr]4 #bd 7,,iv7 ,celui qui voit lo9 d]rire soi un homme de son temps et de sa condition1 avec qui il e/ v5u la c\r la premire fois1 s'il croit avoir une raison solide d'tre prv5u de son propre mrite et s'e/im] davantage que cet autre qui e/ demeur en *em91 ne se s\vi5t plus de ce qu'avant sa faveur il p5sait de soi-mme et de ceux qui l'avai5t devanc4 #be 7,i7 ,c'e/ beauc\p tir] de notre ami1 si1 ayant mont une gr&e faveur1 il e/ encore un homme de notre connaissance4 #bf 7,,iv7 ,si celui qui e/ en faveur ose s'en prvaloir avant qu'elle lui *appe1 s'il se s]t d'un bon v5t qui s\ffle p\r faire son *em91 s'il a les yeux ouv]ts sur t\t ce qui vaque1 po/e1 abbaye1 p\r les dem&] et les obt5ir1 et qu'il soit muni de p5sions1 de brevets et de survivances1 v\s lui repro*ez son avidit et son ambition2 v\s dites que t\t le t5te1 que t\t lui e/ propre1 aux si5s1 ses cratures1 et que p> le nombre et la div]sit des grces dont il se tr\ve combl1 lui seul a fait plusieurs =tunes4 ,cep5dant qu'a-t-il d faire8 ,si j'en juge mo9s p> vos disc\rs que p> le p>ti que v\s auriez pris v\s-mme en p>eille situation1 c'e/ qu'il a fait4 ,l'on blme les g5s qui font une gr&e =tune p5dant qu'ils en ont les occasions1 p>ce que l'on dsespre1 p> la mdiocrit de la si5ne1 d'tre jamais en tat de faire comme eux1 et de s'attir] ce repro*e4 ,si l'on tait porte de leur succd]1 l'on comm5c]ait s5tir qu'ils ont mo9s de tort1 et l'on s]ait plus ret5u1 de peur de prononc] d'avance sa condamnation4 #bg 7,,iv7 ,il ne faut ri5 exagr]1 ni dire des c\rs le mal qui n'y e/ po9t3 l'on n'y att5te ri5 de pis contre le vrai mrite que de le laiss] quelquefois sans rcomp5se2 on ne l'y mprise pas t\j\rs1 qu& on a pu une fois le disc]n]2 on l'oublie1 et c'e/ l o l'on sait p>faitem5t ne faire ri51 ou faire trs peu de *ose1 p\r ceux que l'on e/ime beauc\p4 #bh 7,v7 ,il e/ difficile la c\r que de t\tes les pices que l'on emploie l'difice de sa =tune1 il n'y en ait quelqu'une qui porte faux3 l'un de mes amis qui a promis de p>l] ne p>le po9t2 l'autre p>le mollem5t2 il *appe un troisime de p>l] contre mes intrts et contre ses int5tions2 celui-l manque la bonne volont1 celui-ci l'habilet et la prud5ce2 t\s n'ont pas assez de plaisir me voir heureux p\r contribu] de t\t leur p\voir me r5dre tel4 ,*acun se s\vi5t assez de t\t ce que son tablissem5t lui a cot faire1 a9si que des sec\rs qui lui en ont fray le *em92 on s]ait mme assez port ju/ifi] les s]vices qu'on a reu des uns p> ceux qu'en de p>eils beso9s on r5drait aux autres1 si le premi] et l'unique so9 qu'on a aprs sa =tune faite n'tait pas de song] soi4 #bi 7,,vii7 ,les c\rtisans n'emploi5t pas ce qu'ils ont d'esprit1 d'adresse et de f9esse p\r tr\v] les expdi5ts d'oblig] ceux de leurs amis qui implor5t leur sec\rs1 mais seulem5t p\r leur tr\v] des raisons app>5tes1 de spcieux prtextes1 ou ce qu'ils appell5t une impossibilit de le p\voir faire2 et ils se p]suad5t d'tre quittes p> l en leur endroit de t\s les devoirs de l'amiti ou de la reconnaissance4 7,,vi7 ,p]sonne la c\r ne veut entam]2 on s'(fre d'appuy]1 p>ce que1 jugeant des autres p> soi-mme1 on espre que nul n'entam]a1 et qu'on s]a a9si disp5s d'appuy]3 c'e/ une manire d\ce et polie de refus] son crdit1 ses (fices et sa mdiation qui en a beso94 #cj 7,i7 ,combi5 de g5s v\s t\ff5t de c>esses dans le p>ticuli]1 v\s aim5t et v\s e/im5t1 qui sont emb>rasss de v\s dans le public1 et qui1 au lev] ou la messe1 vit5t vos yeux et votre r5contre6 ,il n'y a qu'un petit nombre de c\rtisans qui1 p> gr&eur1 ou p> une confiance qu'ils ont d'eux-mmes1 os5t honor] devant le monde le mrite qui e/ seul et dnu de gr&s tablissem5ts4 #ca 7,,iv7 ,je vois un homme ent\r et suivi2 mais il e/ en place4 ,j'en vois un autre que t\t le monde aborde2 mais il e/ en faveur4 ,celui-ci e/ embrass et c>ess1 mme des gr&s2 mais il e/ ri*e4 ,celui-l e/ reg>d de t\s avec curiosit1 on le montre du doigt2 mais il e/ savant et loqu5t4 ,j'en dc\vre un que p]sonne n'oublie de salu]2 mais il e/ m*ant4 ,je veux un homme qui soit bon1 qui ne soit ri5 davantage1 et qui soit re*]*4 #cb 7,v7 ,vi5t-on de plac] quelqu'un dans un n\veau po/e1 c'e/ un dbordem5t de l\anges en sa faveur1 qui inonde les c\rs et la *apelle1 qui gagne l'escali]1 les salles1 la gal]ie1 t\t l'app>tem5t3 on en a au-dessus des yeux1 on n'y ti5t pas4 ,il n'y a pas deux voix diffr5tes sur ce p]sonnage2 l'envie1 la jal\sie p>l5t comme l'adulation2 t\s se laiss5t entran] au torr5t qui les emporte1 qui les =ce de dire d'un homme ce qu'ils en p5s5t ou ce qu'ils n'en p5s5t pas1 comme de l\] s\v5t celui qu'ils ne connaiss5t po9t4 ,l'homme d'esprit1 de mrite ou de valeur devi5t en un in/ant un gnie du premi] ordre1 un hros1 un demi-dieu4 ,il e/ si prodigieusem5t flatt dans t\tes les pe9tures que l'on fait de lui1 qu'il p>at dif=me prs de ses portraits2 il lui e/ impossible d'arriv] jamais jusqu'o la bassesse et la complaisance vi5n5t de le port]3 il r\git de sa propre rputation4 ,comm5ce-t-il *ancel] dans ce po/e o on l'avait mis1 t\t le monde passe facilem5t un autre avis2 en e/-il entirem5t d*u1 les ma*9es qui l'avai5t gu9d si haut p> l'applaudissem5t et les loges sont encore t\tes dresses p\r le faire tomb] dans le d]ni] mpris3 je veux dire qu'il n'y en a po9t qui le ddaign5t mieux1 qui le blm5t plus aigrem5t1 et qui en dis5t plus de mal1 que ceux qui s'tai5t comme dv\s la fureur d'en dire du bi54 #cc 7,,vii7 ,je crois p\voir dire d'un po/e m95t et dlicat qu'on y monte plus aism5t qu'on ne s'y cons]ve4 #cd 7,,vii7 ,l'on voit des hommes tomb] d'une haute =tune p> les mmes dfauts qui les y avai5t fait mont]4 #ce 7,,viii7 ,il y a dans les c\rs deux manires de ce que l'on appelle congdi] son monde ou se dfaire des g5s3 se f*] contre eux1 ou faire si bi5 qu'ils se f*5t contre v\s et s'en dgt5t4 #cf 7,,iv7 ,l'on dit la c\r du bi5 de quelqu'un p\r deux raisons3 la premire1 af9 qu'il appr5ne que n\s disons du bi5 de lui2 la seconde1 af9 qu'il en dise de n\s4 #cg 7,i7 ,il e/ aussi dang]eux la c\r de faire les avances1 qu'il e/ emb>rassant de ne les po9t faire4 #ch 7,i7 ,il y a des g5s qui ne connatre po9t le nom et le visage d'un homme e/ un titre p\r en rire et le mpris]4 ,ils dem&5t qui e/ cet homme2 ce n'e/ ni ,r\sseau1 ni un ,fabry1 ni la ,c\ture3 ils ne p\rrai5t le mconnatre4 #ci 7,i7 ,l'on me dit tant de mal de cet homme1 et j'y en vois si peu1 que je comm5ce s\ponn] qu'il n'ait un mrite importun qui teigne celui des autres4 #dj 7,i7 ,v\s tes homme de bi51 v\s ne songez ni plaire ni dplaire aux favoris1 uniquem5t atta* votre matre et votre devoir3 v\s tes p]du4 #da 7,,iv7 ,on n'e/ po9t effront p> *oix1 mais p> complexion2 c'e/ un vice de l'tre1 mais naturel3 celui qui n'e/ pas n tel e/ mode/e1 et ne passe pas aism5t de cette extrmit l'autre2 c'e/ une leon assez inutile que de lui dire3 ,soyez effront1 et v\s russirez2 une mauvaise imitation ne lui pr(it]ait pas1 et le f]ait *\]4 ,il ne faut ri5 de mo9s dans les c\rs qu'une vraie et nave impud5ce p\r russir4 #db 7,,iv7 ,on *]*e1 on s'empresse1 on brigue1 on se t\rm5te1 on dem&e1 on e/ refus1 on dem&e et on obti5t2 mais1 dit-on1 sans l'avoir dem&1 et dans le temps que l'on n'y p5sait pas1 et que l'on songeait mme t\te autre *ose3 vieux /yle1 m5t]ie innoc5te1 et qui ne trompe p]sonne4 #dc 7,v7 ,on fait sa brigue p\r p>v5ir un gr& po/e1 on prp>e t\tes ses ma*9es1 t\tes les mesures sont bi5 prises1 et l'on doit tre s]vi selon ses s\haits2 les uns doiv5t entam]1 les autres appuy]2 l'amorce e/ dj conduite1 et la m9e prte j\]3 alors on s'loigne de la c\r4 ,qui os]ait s\ponn] d',artmon qu'il ait p5s se mettre dans une si belle place1 lorsqu'on le tire de sa t]re ou de son g\v]nem5t p\r l'y faire asseoir8 ,artifice grossi]1 f9esses ues1 et dont le c\rtisan s'e/ s]vi tant de fois1 que1 si je v\lais donn] le *ange t\t le public et lui drob] mon ambition1 je me tr\v]ais s\s l'oeil et s\s la ma9 du pr9ce1 p\r recevoir de lui la grce que j'aurais re*]*e avec le plus d'emportem5t4 #dd 7,v7 ,les hommes ne veul5t pas que l'on dc\vre les vues qu'ils ont sur leur =tune1 ni que l'on pntre qu'ils p5s5t une telle dignit1 p>ce que1 s'ils ne l'obti5n5t po9t1 il y a de la honte1 se p]suad5t-ils1 tre refuss2 et s'ils y p>vi5n5t1 il y a plus de gloire p\r eux d'en tre crus dignes p> celui qui la leur accorde1 que de s'en jug] dignes eux-mmes p> leurs brigues et p> leurs cabales3 ils se tr\v5t p>s t\t la fois de leur dignit et de leur mode/ie4 ,quelle plus gr&e honte y a-t-il d'tre refus d'un po/e que l'on mrite1 ou d'y tre plac sans le mrit]8 ,quelques gr&es difficults qu'il y ait se plac] la c\r1 il e/ encore plus pre et plus difficile de se r5dre digne d'tre plac4 ,il cote mo9s faire dire de soi3 ,p\rquoi a-t-il obt5u ce po/e8 qu' faire dem&]3 ,p\rquoi ne l'a-t-il pas obt5u8 ,l'on se prs5te encore p\r les *>ges de ville1 l'on po/ule une place dans l',acadmie franaise1 l'on dem&ait le consulat3 quelle mo9dre raison y aurait-il de travaill] les premires annes de sa vie se r5dre capable d'un gr& emploi1 et de dem&] ensuite1 sans nul my/re et sans nulle intrigue1 mais ouv]tem5t et avec confiance1 d'y s]vir sa patrie1 son pr9ce1 la rpublique8 #de 7,,iv7 ,je ne vois aucun c\rtisan qui le pr9ce vi5ne d'accord] un bon g\v]nem5t1 une place m95te ou une =te p5sion1 qui n'assure p> vanit1 ou p\r m>qu] son ds9tressem5t1 qu'il e/ bi5 mo9s cont5t du don que de la manire dont il lui a t fait4 ,ce qu'il y a en cela de sr et d'indubitable1 c'e/ qu'il le dit a9si4 ,c'e/ ru/icit que de donn] de mauvaise grce3 le plus =t et le plus pnible e/ de donn]2 que cote-t-il d'y aj\t] un s\rire8 ,il faut av\] nanmo9s qu'il s'e/ tr\v des hommes qui refusai5t plus honntem5t que d'autres ne savai5t donn]2 qu'on a dit de quelques-uns qu'ils se faisai5t si longtemps pri]1 qu'ils donnai5t si s*em5t1 et *>geai5t une grce qu'on leur arra*ait de conditions si dsagrables1 qu'une plus gr&e grce tait d'obt5ir d'eux d'tre disp5ss de ri5 recevoir4 #df 7,,iv7 ,l'on rem>que dans les c\rs des hommes avides qui se revt5t de t\tes les conditions p\r en avoir les avantages3 g\v]nem5t1 *>ge1 bnfice1 t\t leur convi5t2 ils se sont si bi5 aju/s1 que p> leur tat ils devi5n5t capables de t\tes les grces2 ils sont amphibies1 ils viv5t de l'glise et de l'pe1 et auront le secret d'y jo9dre la robe4 ,si v\s dem&ez3 ,que font ces g5s la c\r8 ils reoiv5t1 et envi5t t\s ceux qui l'on donne4 #dg 7,,viii7 ,mille g5s la c\r y tran5t leur vie embrass]1 s]r] et congratul] ceux qui reoiv5t1 jusqu' ce qu'ils y meur5t sans ri5 avoir4 #dh 7,,vi7 ,mnophile emprunte ses moeurs d'une pr(ession1 et d'une autre son habit2 il masque t\te l'anne1 quoique visage dc\v]t2 il p>at la c\r1 la ville1 ailleurs1 t\j\rs s\s un c]ta9 nom et s\s le mme dguisem5t4 ,on le reconnat et on sait quel il e/ son visage4 #di 7,,vi7 ,il y a p\r arriv] aux dignits ce qu'on appelle ou la gr&e voie ou le *em9 battu2 il y a le *em9 dt\rn ou de trav]se1 qui e/ le plus c\rt4 #ej 7,v7 ,l'on c\rt les malheureux p\r les envisag]2 l'on se range en haie1 ou l'on se place aux f5tres1 p\r obs]v] les traits et la cont5ance d'un homme qui e/ condamn1 et qui sait qu'il va m\rir3 va9e1 maligne1 inhuma9e curiosit2 si les hommes tai5t sages1 la place publique s]ait ab&onne1 et il s]ait tabli qu'il y aurait de l'ignom9ie seulem5t voir de tels spectacles4 ,si v\s tes si t\*s de curiosit1 ex]cez-la du mo9s en un sujet noble3 voyez un heureux1 contemplez-le dans le j\r mme o il a t nomm un n\veau po/e1 et qu'il en reoit les complim5ts2 lisez dans ses yeux1 et au trav]s d'un calme tudi et d'une fe9te mode/ie1 combi5 il e/ cont5t et pntr de soi-mme2 voyez quelle srnit cet accomplissem5t de ses dsirs rp& dans son coeur et sur son visage1 comme il ne songe plus qu' vivre et avoir de la sant1 comme ensuite sa joie lui *appe et ne peut plus se dissimul]1 comme il plie s\s le poids de son bonheur1 quel air froid et srieux il cons]ve p\r ceux qui ne sont plus ses gaux3 il ne leur rpond pas1 il ne les voit pas2 les embrassem5ts et les c>esses des gr&s1 qu'il ne voit plus de si lo91 a*v5t de lui nuire2 il se dconc]te1 il s't\rdit3 c'e/ une c\rte alination4 ,v\s v\lez tre heureux1 v\s dsirez des grces2 que de *oses p\r v\s vit]6 #ea 7,,vi7 ,un homme qui vi5t d'tre plac ne se s]t plus de sa raison et de son esprit p\r rgl] sa conduite et ses dehors l'g>d des autres2 il emprunte sa rgle de son po/e et de son tat3 de l l'oubli1 la fi]t1 l'arrogance1 la duret1 l'+ratitude4 #eb 7,,viii7 ,?onas1 abb depuis tr5te ans1 se lassait de l'tre4 ,on a mo9s d'ardeur et d'impati5ce de se voir habill de p\rpre1 qu'il en avait de port] une croix d'or sur sa poitr9e1 et p>ce que les gr&es ftes se passai5t t\j\rs sans ri5 *ang] sa =tune1 il murmurait contre le temps prs5t1 tr\vait l'tat mal g\v]n1 et n'en prdisait ri5 que de s9i/re4 ,conv5ant en son coeur que le mrite e/ dang]eux dans les c\rs qui veut s'avanc]1 il avait enf9 pris son p>ti1 et r5onc la prlature1 lorsque quelqu'un acc\rt lui dire qu'il e/ nomm un v*4 ,rempli de joie et de confiance sur une n\velle si peu att5due3 ,v\s v]rez1 dit-il1 que je n'en demeur]ai pas l1 et qu'ils me f]ont ar*evque4 #ec 7,i7 ,il faut des fripons la c\r auprs des gr&s et des m9i/res1 mme les mieux int5tionns2 mais l'usage en e/ dlicat1 et il faut savoir les mettre en oeuvre4 ,il y a des temps et des occasions o ils ne peuv5t tre suppls p> d'autres4 ,honneur1 v]tu1 consci5ce1 qualits t\j\rs respectables1 s\v5t inutiles3 que v\lez-v\s quelquefois que l'on fasse d'un homme de bi58 #ed 7,,iv7 ,un vieil auteur1 et dont j'ose rapport] ici les propres t]mes1 de peur d'en affaiblir le s5s p> ma traduction1 dit que s'loign] des petits1 voire de ses p>eils1 et iceulx vila9] et dpris]2 s'acco9t] de gr&s et puissans en t\s bi5s et *evances1 et en cette leur co9tise et privaut e/re de t\s bats1 gabs1 momm]ies1 et vila9es besoignes2 e/re e%ont1 saffrani] et sans po9t de v]gogne2 endur] broc>ds et gauss]ies de t\s *acuns1 sans p\r ce fe9dre de *em9] en avant1 et t\t son entreg5t1 eng5dre heur et =tune4 #ee 7,,iv7 ,jeunesse du pr9ce1 s\rce des belles =tunes4 #ef 7,,iv7 ,timante1 t\j\rs le mme1 et sans ri5 p]dre de ce mrite qui lui a attir la premire fois de la rputation et des rcomp5ses1 ne laissait pas de dgnr] dans l'esprit des c\rtisans3 ils tai5t las de l'e/im]2 ils le saluai5t froidem5t1 ils ne lui s\riai5t plus1 ils comm5ai5t ne le plus jo9dre1 ils ne l'embrassai5t plus1 ils ne le tirai5t plus l'c>t p\r lui p>l] my/rieusem5t d'une *ose indiffr5te1 ils n'avai5t plus ri5 lui dire4 ,il lui fallait cette p5sion ou ce n\veau po/e dont il vi5t d'tre honor p\r faire revivre ses v]tus demi effaces de leur mmoire1 et en rafra*ir l'ide3 ils lui font comme dans les comm5cem5ts1 et encore mieux4 #eg 7,v7 ,que d'amis1 que de p>5ts naiss5t en une nuit au n\veau m9i/re6 ,les uns font valoir leurs anci5nes liaisons1 leur socit d'tudes1 les droits du vois9age2 les autres feuillett5t leur gnalogie1 remont5t jusqu' un trisaeul1 rappell5t le ct pat]nel et le mat]nel2 l'on veut t5ir cet homme p> quelque endroit1 et l'on dit plusieurs fois le j\r que l'on y ti5t2 on l'imprim]ait volonti]s3 ,c'e/ mon ami1 et je suis =t aise de son lvation2 j'y dois pr5dre "p1 il m'e/ assez pro*e4 ,hommes va9s et dv\s la =tune1 fades c\rtisans1 p>liez-v\s a9si il y a huit j\rs8 ,e/-il dev5u1 depuis ce temps1 plus homme de bi51 plus digne du *oix que le pr9ce en vi5t de faire8 ,att5diez-v\s cette circon/ance p\r le mieux connatre8 #eh 7,v7 ,ce qui me s\ti5t et me rassure contre les petits dda9s que j'essuie quelquefois des gr&s et de mes gaux1 c'e/ que je me dis moi-mme3 ,ces g5s n'en veul5t peut-tre qu' ma =tune1 et ils ont raison3 elle e/ bi5 petite4 ,ils m'ador]ai5t sans d\te si j'tais m9i/re4 ,dois-je bi5tt tre en place8 le sait-il8 e/-ce en lui un press5tim5t8 il me prvi5t1 il me salue4 #ei 7,,vii7 ,celui qui dit3 ,je dnai hi] ,tibur1 ou3 ,j'y s\pe ce soir1 qui le rpte1 qui fait entr] dix fois le nom de ,plancus dans les mo9dres conv]sations1 qui dit3 ,plancus me dem&ait444 ,je disais ,plancus4441 celui-l mme appr5d dans ce mom5t que son hros vi5t d'tre enlev p> une mort extraord9aire4 ,il "p de la ma91 il rassemble le peuple dans les places ou s\s les portiques1 accuse le mort1 dcrie sa conduite1 dnigre son consulat1 lui te jusqu' la sci5ce des dtails que la voix publique lui accorde1 ne lui passe po9t une mmoire heureuse1 lui refuse l'loge d'un homme svre et laborieux1 ne lui fait pas l'honneur de lui croire1 p>mi les ennemis de l'empire1 un ennemi4 #fj 7,,vi7 ,un homme de mrite se donne1 je crois1 un joli spectacle1 lorsque la mme place une assemble1 ou un spectacle1 dont il e/ refus1 il la voit accord] un homme qui n'a po9t d'yeux p\r voir1 ni d'oreilles p\r ent5dre1 ni d'esprit p\r connatre et p\r jug]1 qui n'e/ recomm&able que p> de c]ta9es livres1 que mme il ne porte plus4 #fa 7,,vii7 ,?odote avec un habit au/re a un visage comique1 et d'un homme qui entre sur la scne2 sa voix1 sa dm>*e1 son ge/e1 son attitude accompagn5t son visage4 ,il e/ f91 cauteleux1 d\c]eux1 my/rieux2 il s'appro*e de v\s1 et il v\s dit l'oreille3 ,voil un beau temps2 voil un gr& dgel4 ,s'il n'a pas les gr&es manires1 il a du mo9s t\tes les petites1 et celles mme qui ne convi5n5t gure qu' une jeune prcieuse4 ,imag9ez-v\s l'application d'un enfant lev] un *teau de c>tes ou se saisir d'un papillon3 c'e/ celle de ,?odote p\r une affaire de ri51 et qui ne mrite pas qu'on s'en remue2 il la traite srieusem5t1 et comme quelque *ose qui e/ capital2 il agit1 il s'empresse1 il la fait russir3 le voil qui respire et qui se repose1 et il a raison2 elle lui a cot beauc\p de pe9e4 ,l'on voit des g5s enivrs1 ensorcels de la faveur2 ils y p5s5t le j\r1 ils y rv5t la nuit2 ils mont5t l'escali] d'un m9i/re1 et ils en desc5d5t2 ils sort5t de son anti*ambre1 et ils y r5tr5t2 ils n'ont ri5 lui dire1 et ils lui p>l5t2 ils lui p>l5t une seconde fois3 les voil cont5ts1 ils lui ont p>l4 ,pressez-les1 tordez-les1 ils dg\tt5t l'orgueil1 l'arrogance1 la prsomption2 v\s leur adressez la p>ole1 ils ne v\s rpond5t po9t1 ils ne v\s connaiss5t po9t1 ils ont les yeux g>s et l'esprit alin3 c'e/ leurs p>5ts en pr5dre so9 et les r5f]m]1 de peur que leur folie ne devi5ne fureur1 et que le monde n'en s\ffre4 ,?odote a une plus d\ce manie3 il aime la faveur p]dum5t1 mais sa passion a mo9s d'clat2 il lui fait des voeux en secret1 il la cultive1 il la s]t my/rieusem5t2 il e/ au guet et la dc\v]te sur t\t ce qui p>at de n\veau avec les livres de la faveur3 ont-ils une prt5tion1 il s'(fre eux1 il s'intrigue p\r eux1 il leur sacrifie s\rdem5t mrite1 alliance1 amiti1 engagem5t1 reconnaissance4 ,si la place d'un ,cass9i dev5ait vacante1 et que le suisse ou le po/illon du favori s'avist de la dem&]1 il appui]ait sa dem&e1 il le jug]ait digne de cette place1 il le tr\v]ait capable d'obs]v] et de calcul]1 de p>l] de p>lies et de p>allaxes4 ,si v\s dem&iez de ,?odote s'il e/ auteur ou plagiaire1 orig9al ou copi/e1 je v\s donn]ais ses ouvrages1 et je v\s dirais3 ,lisez et jugez4 ,mais s'il e/ dvot ou c\rtisan1 qui p\rrait le dcid] sur le portrait que j'en vi5s de faire8 ,je prononc]ais plus h>dim5t sur son toile4 ,oui1 ,?odote1 j'ai obs]v le po9t de votre naissance2 v\s s]ez plac1 et bi5tt2 ne veillez plus1 n'imprimez plus3 le public v\s dem&e qu>ti]4 #fb 7,,viii7 ,n'esprez plus de c&eur1 de fran*ise1 d'quit1 de bons (fices1 de s]vices1 de bi5veillance1 de gnrosit1 de f]met dans un homme qui s'e/ depuis quelque temps livr la c\r1 et qui secrtem5t veut sa =tune4 ,le reconnaissez-v\s son visage1 ses entreti5s8 ,il ne nomme plus *aque *ose p> son nom2 il n'y a plus p\r lui de fripons1 de f\rbes1 de sots et d'imp]t95ts3 celui dont il lui *app]ait de dire ce qu'il en p5se1 e/ celui-l mme qui1 v5ant le savoir1 l'emp*]ait de *em9]2 p5sant mal de t\t le monde1 il n'en dit de p]sonne2 ne v\lant du bi5 qu' lui seul1 il veut p]suad] qu'il en veut t\s1 af9 que t\s lui en fass5t1 ou que nul du mo9s lui soit contraire4 ,non cont5t de n'tre pas s9cre1 il ne s\ffre pas que p]sonne le soit2 la vrit blesse son oreille3 il e/ froid et indiffr5t sur les obs]vations que l'on fait sur la c\r et sur le c\rtisan2 et p>ce qu'il les a ent5dues1 il s'en croit complice et responsable4 ,tyran de la socit et m>tyr de son ambition1 il a une tri/e circonspection dans sa conduite et dans ses disc\rs1 une raill]ie innoc5te1 mais froide et contra9te1 un ris =c1 des c>esses contrefaites1 une conv]sation int]rompue et des di/ractions frqu5tes4 ,il a une pr(usion1 le dirai-je8 des torr5ts de l\anges p\r ce qu'a fait ou ce qu'a dit un homme plac et qui e/ en faveur1 et p\r t\t autre une s*]esse de pulmonique2 il a des =mules de complim5ts diffr5ts p\r l'entre et p\r la sortie l'g>d de ceux qu'il visite ou dont il e/ visit2 et il n'y a p]sonne de ceux qui se pay5t de m9es et de faons de p>l] qui ne sorte d'avec lui =t satisfait4 ,il vise galem5t se faire des patrons et des cratures2 il e/ mdiateur1 confid5t1 entremetteur3 il veut g\v]n]4 ,il a une f]veur de novice p\r t\tes les petites pratiques de c\r2 il sait o il faut se plac] p\r tre vu2 il sait v\s embrass]1 pr5dre "p votre joie1 v\s faire c\p sur c\p des que/ions empresses sur votre sant1 sur vos affaires2 et p5dant que v\s lui rpondez1 il p]d le fil de sa curiosit1 v\s int]rompt1 entame un autre sujet2 ou s'il survi5t quelqu'un qui il doive un disc\rs t\t diffr5t1 il sait1 en a*evant de v\s congratul]1 lui faire un complim5t de condolance3 il pleure d'un oeil1 et il rit de l'autre4 ,se =mant quelquefois sur les m9i/res ou sur le favori1 il p>le en public de *oses frivoles1 du v5t1 de la gele2 il se tait au contraire1 et fait le my/rieux sur ce qu'il sait de plus important1 et plus volonti]s encore sur ce qu'il ne sait po9t4 #fc 7,i7 ,il y a un pays o les joies sont visibles1 mais fausses1 et les *agr9s ca*s1 mais rels4 ,qui croirait que l'empressem5t p\r les spectacles1 que les clats et les applaudissem5ts aux ?tres de ,molire et d',arlequ91 les repas1 la *asse1 les ballets1 les c>r\sels c\vriss5t tant d'inquitudes1 de so9s et de div]s intrts1 tant de cra9tes et d'esprances1 des passions si vives et des affaires si srieuses8 #fd 7,,iv7 ,la vie de la c\r e/ un jeu srieux1 mlancolique1 qui applique3 il faut arrang] ses pices et ses batt]ies1 avoir un desse91 le suivre1 p>] celui de son adv]saire1 has>d] quelquefois1 et j\] de caprice2 et aprs t\tes ses rv]ies et t\tes ses mesures1 on e/ *ec1 quelquefois mat2 s\v5t1 avec des pions qu'on mnage bi51 on va dame1 et l'on gagne la p>tie3 le plus habile l'emporte1 ou le plus heureux4 #fe 7,v7 ,les r\es1 les ressorts1 les m\vem5ts sont ca*s2 ri5 ne p>at d'une montre que son aiguille1 qui ins5siblem5t s'avance et a*ve son t\r3 image du c\rtisan1 d'autant plus p>faite qu'aprs avoir fait assez de *em91 il revi5t s\v5t au mme po9t d'o il e/ p>ti4 #ff 7,i7 ,les deux ti]s de ma vie sont c\ls2 p\rquoi tant m'inquit] sur ce qui m'en re/e8 ,la plus brillante =tune ne mrite po9t ni le t\rm5t que je me donne1 ni les petitesses o je me surpr5ds1 ni les humiliations1 ni les hontes que j'essuie2 tr5te annes dtruiront ces colosses de puissance qu'on ne voyait bi5 qu' =ce de lev] la tte2 n\s disp>atrons1 moi qui suis si peu de *ose1 et ceux que je contemplais si avidem5t1 et de qui j'esprais t\te ma gr&eur2 le meilleur de t\s les bi5s1 s'il y a des bi5s1 c'e/ le repos1 la retraite et un endroit qui soit son doma9e4 ,n9999 a p5s cela dans sa disgrce1 et l'a oubli dans la prosprit4 #fg 7,i7 ,un noble1 s'il vit *ez lui dans sa prov9ce1 il vit libre1 mais sans appui2 s'il vit la c\r1 il e/ protg1 mais il e/ esclave3 cela se comp5se4 #fh 7,,iv7 ,xantippe au fond de sa prov9ce1 s\s un vieux toit et dans un mauvais lit1 a rv p5dant la nuit qu'il voyait le pr9ce1 qu'il lui p>lait1 et qu'il en ress5tait une extrme joie2 il a t tri/e son rveil2 il a cont son songe1 et il a dit3 ,quelles *imres ne tomb5t po9t dans l'esprit des hommes p5dant qu'ils dorm5t6 ,xantippe a cont9u de vivre2 il e/ v5u la c\r1 il a vu le pr9ce1 il lui a p>l2 et il a t plus lo9 que son songe1 il e/ favori4 #fi 7,i7 ,qui e/ plus esclave qu'un c\rtisan assidu1 si ce n'e/ un c\rtisan plus assidu8 #gj 7,i7 ,l'esclave n'a qu'un matre2 l'ambitieux en a autant qu'il y a de g5s utiles sa =tune4 #ga 7,i7 ,mille g5s pe9e connus font la f\le au lev] p\r tre vus du pr9ce1 qui n'en saurait voir mille la fois2 et s'il ne voit auj\rd'hui que ceux qu'il vit hi] et qu'il v]ra dema91 combi5 de malheureux6 #gb 7,i7 ,de t\s ceux qui s'empress5t auprs des gr&s et qui leur font la c\r1 un petit nombre les honore dans le coeur1 un gr& nombre les re*]*e p> des vues d'ambition et d'intrt1 un plus gr& nombre p> une ridicule vanit1 ou p> une sotte impati5ce de se faire voir4 #gc 7,,vii7 ,il y a de c]ta9es familles qui1 p> les lois du monde ou ce qu'on appelle de la bi5sance1 doiv5t tre irrconciliables4 ,les voil runies2 et o la religion a *\ qu& elle a v\lu l'entrepr5dre1 l'intrt s'en j\e1 et le fait sans pe9e4 #gd 7,i7 ,l'on p>le d'une rgion o les vieill>ds sont galants1 polis et civils2 les jeunes g5s au contraire1 durs1 froces1 sans moeurs ni politesse3 ils se tr\v5t affran*is de la passion des femmes dans un ge o l'on comm5ce ailleurs la s5tir2 ils leur prfr5t des repas1 des vi&es1 et des am\rs ridicules4 ,celui-l *ez eux e/ sobre et modr1 qui ne s'enivre que de v93 l'usage trop frqu5t qu'ils en ont fait le leur a r5du insipide2 ils *]*5t rveill] leur gt dj te9t p> des eaux-de-vie1 et p> t\tes les liqueurs les plus viol5tes2 il ne manque leur dbau*e que de boire de l'eau-=te4 ,les femmes du pays prcipit5t le dcl9 de leur beaut p> des artifices qu'elles croi5t s]vir les r5dre belles3 leur c\tume e/ de pe9dre leurs lvres1 leurs j\es1 leurs s\rcils et leurs paules1 qu'elles tal5t avec leur gorge1 leurs bras et leurs oreilles1 comme si elles craignai5t de ca*] l'endroit p> o elles p\rrai5t plaire1 ou de ne pas se montr] assez4 ,ceux qui habit5t cette contre ont une physionomie qui n'e/ pas nette1 mais confuse1 emb>rasse dans une paisseur de *eveux trang]s1 qu'ils prfr5t aux naturels et dont ils font un long tissu p\r c\vrir leur tte3 il desc5d la moiti du corps1 *ange les traits1 et emp*e qu'on ne connaisse les hommes leur visage4 ,ces peuples d'ailleurs ont leur ,dieu et leur roi3 les gr&s de la nation s'assembl5t t\s les j\rs1 une c]ta9e heure1 dans un temple qu'ils nomm5t glise2 il y a au fond de ce temple un autel consacr leur ,dieu1 o un prtre clbre des my/res qu'ils appell5t sa9ts1 sacrs et r$\tables2 les gr&s =m5t un va/e c]cle au pi$ de cet autel1 et p>aiss5t deb\t1 le dos t\rn directem5t au prtre et aux sa9ts my/res1 et les faces leves v]s leur roi1 que l'on voit g5\x sur une tribune1 et qui ils sembl5t avoir t\t l'esprit et t\t le coeur appliqus4 ,on ne laisse pas de voir dans cet usage une espce de subord9ation2 c> ce peuple p>at ador] le pr9ce1 et le pr9ce ador] ,dieu4 ,les g5s du pays le nomm5t2 il e/ quelque qu>ante-huit degrs d'lvation du ple1 et plus d'onze c5ts lieues de m] des ,iroquois et des ,hurons4 #ge 7,i7 ,qui considr]a que le visage du pr9ce fait t\te la flicit du c\rtisan1 qu'il s'occupe et se remplit p5dant t\te sa vie de le voir et d'en tre vu1 compr5dra un peu comm5t voir ,dieu peut faire t\te la gloire et t\t le bonheur des sa9ts4 #gf 7,,iv7 ,les gr&s seigneurs sont ple9s d'g>ds p\r les pr9ces3 c'e/ leur affaire1 ils ont des infrieurs4 ,les petits c\rtisans se rel*5t sur ces devoirs1 font les famili]s1 et viv5t comme g5s qui n'ont d'exemples donn] p]sonne4 #gg 7,,iv7 ,que manque-t-il de nos j\rs la jeunesse8 ,elle peut et elle sait2 ou du mo9s qu& elle saurait autant qu'elle peut1 elle ne s]ait pas plus dcisive4 #gh 7,,iv7 ,faibles hommes6 ,un gr& dit de ,timagne1 votre ami1 qu'il e/ un sot1 et il se trompe4 ,je ne dem&e pas que v\s rpliquiez qu'il e/ homme d'esprit3 osez seulem5t p5s] qu'il n'e/ pas un sot4 ,de mme il prononce d',iphicrate qu'il manque de coeur2 v\s lui avez vu faire une belle action3 rassurez-v\s1 je v\s disp5se de la racont]1 p\rvu qu'aprs ce que v\s v5ez d'ent5dre1 v\s v\s s\v5iez encore de la lui avoir vu faire4 #gi 7,v7 ,qui sait p>l] aux rois1 c'e/ peut-tre o se t]m9e t\te la prud5ce et t\te la s\plesse du c\rtisan4 ,une p>ole *appe1 et elle tombe de l'oreille du pr9ce bi5 avant dans sa mmoire1 et quelquefois jusque dans son coeur3 il e/ impossible de la ravoir2 t\s les so9s que l'on pr5d et t\te l'adresse dont on use p\r l'expliqu] ou p\r l'affaiblir s]v5t la grav] plus pr(ondm5t et l'enfonc] davantage4 ,si ce n'e/ que contre n\s-mmes que n\s ayons p>l1 outre que ce malheur n'e/ pas ord9aire1 il y a encore un prompt remde1 qui e/ de n\s in/ruire p> notre faute1 et de s\ffrir la pe9e de notre lgret2 mais si c'e/ contre quelque autre1 quel abattem5t6 quel rep5tir6 ,y a-t-il une rgle plus utile contre un si dang]eux inconvni5t2 que de p>l] des autres au s\v]a91 de leurs p]sonnes1 de leurs ouvrages1 de leurs actions1 de leurs moeurs ou de leur conduite1 du mo9s avec l'att5tion1 les prcautions et les mesures dont on p>le de soi8 #hj 7,,iv7 ,diseurs de bons mots1 mauvais c>actre3 je le dirais1 s'il n'avait t dit4 ,ceux qui nuis5t la rputation ou la =tune des autres plutt que de p]dre un bon mot1 mrit5t une pe9e infamante3 cela n'a pas t dit1 et je l'ose dire4 #ha 7,i7 ,il y a un c]ta9 nombre de phrases t\tes faites1 que l'on pr5d comme dans un magas9 et dont l'on se s]t p\r se flicit] les uns les autres sur les vnem5ts4 ,bi5 qu'elles se dis5t s\v5t sans affection1 et qu'elles soi5t reues sans reconnaissance1 il n'e/ pas p]mis avec cela de les omettre1 p>ce que du mo9s elles sont l'image de ce qu'il y a au monde de meilleur1 qui e/ l'amiti1 et que les hommes1 ne p\vant gure compt] les uns sur les autres p\r la ralit1 sembl5t tre conv5us entre eux de se cont5t] des app>5ces4 #hb 7,i7 ,avec c9q ou six t]mes de l'art1 et ri5 de plus1 l'on se donne p\r connaisseur en musique1 en tableaux1 en btim5ts1 et en bonne *re3 l'on croit avoir plus de plaisir qu'un autre ent5dre1 voir et mang]2 l'on impose ses semblables1 et l'on se trompe soi-mme4 #hc 7,,vi7 ,la c\r n'e/ jamais dnue d'un c]ta9 nombre de g5s en qui l'usage du monde1 la politesse ou la =tune ti5n5t lieu d'esprit1 et supplent au mrite4 ,ils sav5t entr] et sortir2 ils se tir5t de la conv]sation en ne s'y mlant po9t2 ils plais5t =ce de se taire1 et se r5d5t importants p> un sil5ce longtemps s\t5u1 ou t\t au plus p> quelques monosyllabes2 ils pay5t de m9es1 d'une inflexion de voix1 d'un ge/e et d'un s\rire3 ils n'ont pas1 si je l'ose dire1 deux p\ces de pr(ondeur2 si v\s les enfoncez1 v\s r5contrez le tuf4 #hd 7,,vi7 ,il y a des g5s qui la faveur arrive comme un accid5t3 ils en sont les premi]s surpris et con/]ns4 ,ils se reconnaiss5t enf91 et se tr\v5t dignes de leur toile2 et comme si la /upidit et la =tune tai5t deux *oses incompatibles1 ou qu'il ft impossible d'tre heureux et sot t\t la fois1 ils se croi5t de l'esprit2 ils has>d5t1 que dis-je8 ils ont la confiance de p>l] en t\te r5contre1 et sur quelque matire qui puisse s'(frir1 et sans nul disc]nem5t des p]sonnes qui les c\t5t4 ,aj\t]ai-je qu'ils p\vant5t ou qu'ils donn5t le d]ni] dgt p> leur fatuit et p> leurs fadaises8 ,il e/ vrai du mo9s qu'ils d%onor5t sans ress\rces ceux qui ont quelque "p au has>d de leur lvation4 #he 7,,iv7 ,comm5t nomm]ai-je cette sorte de g5s qui ne sont f9s que p\r les sots8 ,je sais du mo9s que les habiles les confond5t avec ceux qu'ils sav5t tromp]4 7,i7 ,c'e/ avoir fait un gr& pas dans la f9esse1 que de faire p5s] de soi que l'on n'e/ que mdiocrem5t f94 7,,iv7 ,la f9esse n'e/ ni une trop bonne ni une trop mauvaise qualit3 elle flotte entre le vice et la v]tu4 ,il n'y a po9t de r5contre o elle ne puisse1 et peut-tre o elle ne doive tre supple p> la prud5ce4 7,,iv7 ,la f9esse e/ l'occasion pro*a9e de la f\rb]ie2 de l'un l'autre le pas e/ glissant2 le m5songe seul en fait la diffr5ce3 si on l'aj\te la f9esse1 c'e/ f\rb]ie4 7,,iv7 ,avec les g5s qui p> f9esse c\t5t t\t et p>l5t peu1 p>lez encore mo9s2 ou si v\s p>lez beauc\p1 dites peu de *ose4 #hf 7,v7 ,v\s dp5dez1 dans une affaire qui e/ ju/e et importante1 du cons5tem5t de deux p]sonnes4 ,l'un v\s dit3 ,j'y donne les ma9s p\rvu qu'un tel y condesc5de2 et ce tel y condesc5d1 et ne dsire plus que d'tre assur des int5tions de l'autre4 ,cep5dant ri5 n'avance2 les mois1 les annes s'c\l5t inutilem5t3 ,je m'y p]ds1 dites-v\s1 et je n'y compr5ds ri52 il ne s'agit que de faire qu'ils s'ab\*5t1 et qu'ils se p>l5t4 ,je v\s dis2 moi1 que j'y vois clair1 et que j'y compr5ds t\t3 ils se sont p>l4 #hg 7,,vii7 ,il me semble que qui sollicite p\r les autres a la confiance d'un homme qui dem&e ju/ice2 et qu'en p>lant ou en agissant p\r soi-mme1 on a l'emb>ras et la pudeur de celui qui dem&e grce4 #hh 7,i7 ,si l'on ne se prcautionne la c\r contre les piges que l'on y t5d sans cesse p\r faire tomb] dans le ridicule1 l'on e/ tonn1 avec t\t son esprit1 de se tr\v] la dupe de plus sots que soi4 #hi 7,i7 ,il y a quelques r5contres dans la vie o la vrit et la simplicit sont le meilleur mange du monde4 #ij 7,,vi7 tes-v\s en faveur1 t\t mange e/ bon1 v\s ne faites po9t de fautes1 t\s les *em9s v\s mn5t au t]me3 autrem5t1 t\t e/ faute1 ri5 n'e/ utile1 il n'y a po9t de s5ti] qui ne v\s g>e4 #ia 7,i7 ,un homme qui a vcu dans l'intrigue un c]ta9 temps ne peut plus s'en pass]3 t\te autre vie p\r lui e/ languissante4 #ib 7,i7 ,il faut avoir de l'esprit p\r tre homme de cabale3 l'on peut cep5dant en avoir un c]ta9 po9t1 que l'on e/ au-dessus de l'intrigue et de la cabale1 et que l'on ne saurait s'y assujettir2 l'on va alors une gr&e =tune ou une haute rputation p> d'autres *em9s4 #ic 7,,iv7 ,avec un esprit sublime1 une doctr9e univ]selle1 une probit t\tes preuves et un mrite trs accompli1 n'apprh5dez pas1 ,ari/ide1 de tomb] la c\r ou de p]dre la faveur des gr&s1 p5dant t\t le temps qu'ils auront beso9 de v\s4 #id 7,i7 ,qu'un favori s'obs]ve de =t prs2 c> s'il me fait mo9s att5dre dans son anti*ambre qu' l'ord9aire1 s'il a le visage plus ouv]t1 s'il fronce mo9s le s\rcil1 s'il m'c\te plus volonti]s1 et s'il me reconduit un peu plus lo91 je p5s]ai qu'il comm5ce tomb]1 et je p5s]ai vrai4 ,l'homme a bi5 peu de ress\rces dans soi-mme1 puisqu'il lui faut une disgrce ou une mortification p\r le r5dre plus huma91 plus traitable1 mo9s froce1 plus honnte homme4 #ie 7,v7 ,l'on contemple dans les c\rs de c]ta9es g5s1 et l'on voit bi5 leurs disc\rs et t\te leur conduite qu'ils ne song5t ni leurs gr&s-pres ni leurs petits-fils3 le prs5t e/ p\r eux2 ils n'en j\iss5t pas1 ils en abus5t4 #if 7,,vi7 ,/raton e/ n s\s deux toiles3 malheureux1 heureux dans le mme degr4 ,sa vie e/ un roman3 non1 il lui manque le vraisemblable4 ,il n'a po9t eu d'av5tures2 il a eu de beaux songes1 il en a eu de mauvais3 que dis-je8 on ne rve po9t comme il a vcu4 ,p]sonne n'a tir d'une de/9e plus qu'il a fait2 l'extrme et le mdiocre lui sont connus2 il a brill1 il a s\ff]t1 il a m5 une vie commune3 ri5 ne lui e/ *app4 ,il s'e/ fait valoir p> des v]tus qu'il assurait =t srieusem5t qui tai5t en lui2 il a dit de soi3 ,j'ai de l'esprit1 j'ai du c\rage2 et t\s ont dit aprs lui3 ,il a de l'esprit1 il a du c\rage4 ,il a ex]c dans l'une et l'autre =tune le gnie du c\rtisan1 qui a dit de lui plus de bi5 peut-tre et plus de mal qu'il n'y en avait4 ,le joli1 l'aimable1 le r>e1 le m]veilleux1 l'hroque ont t employs son loge2 et t\t le contraire a s]vi depuis p\r le raval]3 c>actre quivoque1 ml1 envelopp2 une nigme1 une "q presque indcise4 #ig 7,v7 ,la faveur met l'homme au-dessus de ses gaux2 et sa *ute1 au-dess\s4 #ih 7,i7 ,celui qui un beau j\r sait r5onc] f]mem5t ou un gr& nom1 ou une gr&e autorit1 ou une gr&e =tune1 se dlivre en un mom5t de bi5 des pe9es1 de bi5 des veilles1 et quelquefois de bi5 des crimes4 #ii 7,v7 ,dans c5t ans le monde subsi/]a encore en son enti]3 ce s]a le mme ?tre et les mmes dcorations1 ce ne s]ont plus les mmes acteurs4 ,t\t ce qui se rj\it sur une grce reue1 ou ce qui s'attri/e et se dsespre sur un refus1 t\s auront disp>u de dessus la scne4 ,il s'avance dj sur le ?tre d'autres hommes qui vont j\] dans une mme pice les mmes rles2 ils s'van\iront leur t\r2 et ceux qui ne sont pas encore1 un j\r ne s]ont plus3 de n\veaux acteurs ont pris leur place4 ,quel fond faire sur un p]sonnage de comdie6 #ajj 7,,vii7 ,qui a vu la c\r a vu du monde ce qui e/ le plus beau1 le plus spcieux et le plus orn2 qui mprise la c\r1 aprs l'avoir vue1 mprise le monde4 #aja 7,,vi7 ,la ville dgte de la prov9ce2 la c\r dtrompe de la ville1 et gurit de la c\r4 7,i7 ,un esprit sa9 puise la c\r le gt de la solitude et de la retraite4 ,des gr&s #a 7,i7 ,la prv5tion du peuple en faveur des gr&s e/ si aveugle1 et l'enttem5t p\r leur ge/e1 leur visage1 leur ton de voix et leurs manires si gnral1 que1 s'ils s'avisai5t d'tre bons1 cela irait l'idoltrie4 #b 7,,vi7 ,si v\s tes n vicieux1 ,?agne1 je v\s pla9s2 si v\s le dev5ez p> faiblesse p\r ceux qui ont intrt que v\s le soyez1 qui ont jur entre eux de v\s corrompre1 et qui se vant5t dj de p\voir y russir1 s\ffrez que je v\s mprise4 ,mais si v\s tes sage1 temprant1 mode/e1 civil1 gnreux1 reconnaissant1 laborieux1 d'un rang d'ailleurs et d'une naissance donn] des exemples plutt qu' les pr5dre d'autrui1 et faire les rgles plutt qu' les recevoir1 conv5ez avec cette sorte de g5s de suivre p> complaisance leurs drglem5ts1 leurs vices et leur folie1 qu& ils auront1 p> la dfr5ce qu'ils v\s doiv5t1 ex]c t\tes les v]tus que v\s *rissez3 ironie =te1 mais utile1 trs propre mettre vos moeurs en sret1 r5v]s] t\s leurs projets1 et les jet] dans le p>ti de cont9u] d'tre ce qu'ils sont1 et de v\s laiss] tel que v\s tes4 #c 7,i7 ,l'avantage des gr&s sur les autres hommes e/ imm5se p> un endroit3 je leur cde leur bonne *re1 leurs ri*es ameublem5ts1 leurs *i5s1 leurs *evaux1 leurs s+es1 leurs na9s1 leurs f\s et leurs flatteurs2 mais je leur envie le bonheur d'avoir leur s]vice des g5s qui les gal5t p> le coeur et p> l'esprit1 et qui les pass5t quelquefois4 #d 7,i7 ,les gr&s se piqu5t d'ouvrir une alle dans une =t1 de s\t5ir des t]res p> de longues murailles1 de dor] des plafonds1 de faire v5ir dix p\ces d'eau1 de meubl] une orang]ie2 mais de r5dre un coeur cont5t1 de combl] une me de joie1 de prv5ir d'extrmes beso9s ou d'y remdi]1 leur curiosit ne s't5d po9t jusque-l4 #e 7,,iv7 ,on dem&e si en comp>ant ensemble les diffr5tes conditions des hommes1 leurs pe9es1 leurs avantages1 on n'y rem>qu]ait pas un mlange ou une espce de comp5sation de bi5 et de mal1 qui tablirait entre elles l'galit1 ou qui f]ait du mo9s que l'un ne s]ait gure plus dsirable que l'autre4 ,celui qui e/ puissant1 ri*e1 et qui il ne manque ri51 peut =m] cette "q2 mais il faut que ce soit un homme pauvre qui la dcide4 ,il ne laisse pas d'y avoir comme un *>me atta* *acune des diffr5tes conditions1 et qui y demeure jusques ce que la misre l'en ait t4 ,a9si les gr&s se plais5t dans l'excs1 et les petits aim5t la modration2 ceux-l ont le gt de dom9] et de comm&]1 et ceux-ci s5t5t du plaisir et mme de la vanit les s]vir et leur obir2 les gr&s sont ent\rs1 salus1 respects2 les petits ent\r5t1 salu5t1 se pro/]n5t2 et t\s sont cont5ts4 #f 7,,iv7 ,il cote si peu aux gr&s ne donn] que des p>oles1 et leur condition les disp5se si =t de t5ir les belles promesses qu'ils v\s ont faites1 que c'e/ mode/ie eux de ne promettre pas encore plus l>gem5t4 #g 7,,iv7 ,il e/ vieux et u1 dit un gr&2 il s'e/ crev me suivre3 qu'en faire8 ,un autre1 plus jeune1 enlve ses esprances1 et obti5t le po/e qu'on ne refuse ce malheureux que p>ce qu'il l'a trop mrit4 #h 7,,iv7 ,je ne sais1 dites-v\s avec un air froid et ddaigneux1 ,philante a du mrite1 de l'esprit1 de l'agrm5t1 de l'exactitude sur son devoir1 de la fidlit et de l'atta*em5t p\r son matre1 et il en e/ mdiocrem5t considr2 il ne plat pas1 il n'e/ pas gt4-- ,expliquez-v\s3 e/-ce ,philan!1 ou le gr& qu'il s]t1 que v\s condamnez8 #i 7,,vi7 ,il e/ s\v5t plus utile de quitt] les gr&s que de s'en pla9dre4 #aj 7,i7 ,qui peut dire p\rquoi quelques-uns ont le gros lot1 ou quelques autres la faveur des gr&s8 #aa 7,,iv7 ,les gr&s sont si heureux1 qu'ils n'essui5t pas mme1 dans t\te leur vie1 l'inconvni5t de regrett] la p]te de leurs meilleurs s]viteurs1 ou des p]sonnes illu/res dans leur g5re1 et dont ils ont tir le plus de plaisir et le plus d'utilit4 ,la premire *ose que la flatt]ie sait faire1 aprs la mort de ces hommes uniques1 et qui ne se rp>5t po9t1 e/ de leur suppos] des endroits faibles1 dont elle prt5d que ceux qui leur succd5t sont trs exempts3 elle assure que l'un1 avec t\te la capacit et t\tes les lumires de l'autre1 dont il pr5d la place1 n'en a po9t les dfauts2 et ce /yle s]t aux pr9ces se consol] du gr& et de l'excell5t p> le mdiocre4 #ab 7,i7 ,les gr&s ddaign5t les g5s d'esprit qui n'ont que de l'esprit2 les g5s d'esprit mpris5t les gr&s qui n'ont que de la gr&eur4 ,les g5s de bi5 plaign5t les uns et les autres1 qui ont ou de la gr&eur ou de l'esprit1 sans nulle v]tu4 #ac 7,,iv7 ,qu& je vois d'une "p auprs des gr&s1 leur table1 et quelquefois dans leur famili>it1 de ces hommes al]tes1 empresss1 intrigants1 av5turi]s1 esprits dang]eux et nuisibles1 et que je considre d'autre "p quelle pe9e ont les p]sonnes de mrite en appro*]1 je ne suis pas t\j\rs dispos croire que les m*ants soi5t s\ff]ts p> intrt1 ou que les g5s de bi5 soi5t reg>ds comme inutiles2 je tr\ve plus mon compte me confirm] dans cette p5se1 que gr&eur et disc]nem5t sont deux *oses diffr5tes1 et l'am\r p\r la v]tu et p\r les v]tueux une troisime *ose4 #ad 7,i7 ,lucile aime mieux us] sa vie se faire support] de quelques gr&s1 que d'tre rduit vivre familirem5t avec ses gaux4 ,la rgle de voir de plus gr&s que soi doit avoir ses re/rictions4 ,il faut quelquefois d'tranges tal5ts p\r la rduire en pratique4 #ae 7,,vi7 ,quelle e/ l'incurable maladie de ,?ophile8 ,elle lui dure depuis plus de tr5te annes1 il ne gurit po9t3 il a v\lu1 il veut1 et il v\dra g\v]n] les gr&s2 la mort seule lui t]a avec la vie cette soif d'empire et d'asc5dant sur les esprits4 ,e/-ce en lui zle du pro*a98 e/-ce habitude8 e/-ce une excessive op9ion de soi-mme8 ,il n'y a po9t de palais o il ne s'ins9ue2 ce n'e/ pas au milieu d'une *ambre qu'il s'arrte3 il passe une embrasure ou au cab9et2 on att5d qu'il ait p>l1 et longtemps et avec action1 p\r avoir audi5ce1 p\r tre vu4 ,il entre dans le secret des familles2 il e/ de quelque *ose dans t\t ce qui leur arrive de tri/e ou d'avantageux2 il prvi5t1 il s'(fre1 il se fait de fte1 il faut l'admettre4 ,ce n'e/ pas assez p\r remplir son temps ou son ambition1 que le so9 de dix mille mes dont il rpond ,dieu comme de la si5ne propre3 il y en a d'un plus haut rang et d'une plus gr&e di/9ction dont il ne doit aucun compte1 et dont il se *>ge plus volonti]s4 ,il c\te1 il veille sur t\t ce qui peut s]vir de pture son esprit d'intrigue1 de mdiation et de mange4 pe9e un gr& e/-il db>qu1 qu'il l'empoigne et s'en saisit2 on ent5d plus tt dire ,?ophile qu'il le g\v]ne1 qu'on n'a pu s\ponn] qu'il p5sait le g\v]n]4 #af 7,i7 ,une froideur ou une incivilit qui vi5t de ceux qui sont au-dessus de n\s n\s les fait har1 mais un salut ou un s\rire n\s les rconcilie4 #ag 7,,vi7 ,il y a des hommes sup]bes1 que l'lvation de leurs rivaux humilie et apprivoise2 ils en vi5n5t1 p> cette disgrce1 jusqu' r5dre le salut2 mais le temps1 qui ad\cit t\tes *oses1 les remet enf9 dans leur naturel4 #ah 7,,iv7 ,le mpris que les gr&s ont p\r le peuple les r5d indiffr5ts sur les flatt]ies ou sur les l\anges qu'ils en reoiv5t1 et tempre leur vanit4 ,de mme les pr9ces1 l\s sans f9 et sans rel*e des gr&s ou des c\rtisans1 en s]ai5t plus va9s s'ils e/imai5t davantage ceux qui les l\5t4 #ai 7,i7 ,les gr&s croi5t tre seuls p>faits1 n'admett5t qu' pe9e dans les autres hommes la droiture d'esprit1 l'habilet1 la dlicatesse1 et s'emp>5t de ces ri*es tal5ts comme de *oses dues leur naissance4 ,c'e/ cep5dant en eux une erreur grossire de se n\rrir de si fausses prv5tions3 ce qu'il y a jamais eu de mieux p5s1 de mieux dit1 de mieux crit1 et peut-tre d'une conduite plus dlicate1 ne n\s e/ pas t\j\rs v5u de leur fonds4 ,ils ont de gr&s doma9es1 et une longue suite d'anctres3 cela ne leur peut tre conte/4 #bj 7,,vi7 ,avez-v\s de l'esprit1 de la gr&eur1 de l'habilet1 du gt1 du disc]nem5t8 en croirai-je la prv5tion et la flatt]ie1 qui publi5t h>dim5t votre mrite8 ,elles me sont suspectes1 et je les rcuse4 ,me laiss]ai-je bl\ir p> un air de capacit ou de hauteur qui v\s met au-dessus de t\t ce qui se fait1 de ce qui se dit et de ce qui s'crit2 qui v\s r5d sec sur les l\anges1 et emp*e qu'on ne puisse arra*] de v\s la mo9dre approbation8 ,je conclus de l plus naturellem5t que v\s avez de la faveur1 du crdit et de gr&es ri*esses4 ,quel moy5 de v\s df9ir1 ,tlphon8 on n'appro*e de v\s que comme du feu1 et dans une c]ta9e di/ance1 et il faudrait v\s dvelopp]1 v\s mani]1 v\s confront] avec vos p>eils1 p\r port] de v\s un jugem5t sa9 et raisonnable4 ,votre homme de confiance1 qui e/ dans votre famili>it1 dont v\s pr5ez conseil1 p\r qui v\s quittez ,socrate et ,ari/ide1 avec qui v\s riez1 et qui rit plus haut que v\s1 ,dave enf91 m'e/ trs connu3 s]ait-ce assez p\r v\s bi5 connatre8 #ba 7,v7 ,il y en a de tels1 que s'ils p\vai5t connatre leurs subalt]nes et se connatre eux-mmes1 ils aurai5t honte de prim]4 #bb 7,v7 ,s'il y a peu d'excell5ts orateurs1 y a-t-il bi5 des g5s qui puiss5t les ent5dre8 ,s'il n'y a pas assez de bons criva9s1 o sont ceux qui sav5t lire8 ,de mme on s'e/ t\j\rs pla9t du petit nombre de p]sonnes capables de conseill] les rois1 et de les aid] dans l'adm9i/ration de leurs affaires2 mais s'ils naiss5t enf9 ces hommes habiles et intellig5ts1 s'ils agiss5t selon leurs vues et leurs lumires sont-ils aims1 sont-ils e/ims autant qu'ils le mrit5t8 ,sont-ils l\s de ce qu'ils p5s5t et de ce qu'ils font p\r la patrie8 ,ils viv5t1 il suffit3 on les c5sure s'ils *\5t1 et on les envie s'ils russiss5t4 ,blmons le peuple o il s]ait ridicule de v\loir l'excus]4 ,son *agr9 et sa jal\sie1 reg>ds des gr&s ou des puissants comme 9vitables1 les ont conduits ins5siblem5t le compt] p\r ri51 et nglig] ses suffrages dans t\tes leurs entreprises1 s'en faire mme une rgle de politique4 ,les petits se hass5t les uns les autres lorsqu'ils se nuis5t rciproquem5t4 ,les gr&s sont odieux aux petits p> le mal qu'ils leur font1 et p> t\t le bi5 qu'ils ne leur font pas3 ils leur sont responsables de leur obscurit1 de leur pauvret et de leur in=tune1 ou du mo9s ils leur p>aiss5t tels4 #bc 7,v7 ,c'e/ dj trop d'avoir avec le peuple une mme religion et un mme ,dieu3 quel moy5 encore de s'appel] ,pi]re1 ,jean1 ,jacques1 comme le m>*& ou le lab\reur8 vitons d'avoir ri5 de commun avec la multitude2 affectons au contraire t\tes les di/9ctions qui n\s en sp>5t4 ,qu'elle s'approprie les d\ze aptres1 leurs disciples1 les premi]s m>tyrs 7telles g5s1 tels patrons72 qu'elle voie avec plaisir rev5ir1 t\tes les annes1 ce j\r p>ticuli] que *acun clbre comme sa fte4 ,p\r n\s autres gr&s1 ayons rec\rs aux noms pr(anes2 faisons-n\s baptis] s\s ceux d',annibal1 de ,cs> et de ,pompe3 c'tai5t de gr&s hommes2 s\s celui de ,lucrce3 c'tait une illu/re ,roma9e2 s\s ceux de ,r5aud1 de ,rog]1 d',olivi] et de ,tancrde3 c'tai5t des palad9s1 et le roman n'a po9t de hros plus m]veilleux2 s\s ceux d',hector1 d',a*ille1 d',h]cule1 t\s demi-dieux2 s\s ceux mme de ,phbus et de ,diane2 et qui n\s emp*]a de n\s faire nomm] ,jupit] ou ,m]cure1 ou ,vnus1 ou ,adonis8 #bd 7,,vii7 ,p5dant que les gr&s nglig5t de ri5 connatre1 je ne dis pas seulem5t aux intrts des pr9ces et aux affaires publiques1 mais leurs propres affaires2 qu'ils ignor5t l'conomie et la sci5ce d'un pre de famille1 et qu'ils se l\5t eux-mmes de cette ignorance2 qu'ils se laiss5t appauvrir et matris] p> des int5dants2 qu'ils se cont5t5t d'tre g\rmets ou coteaux1 d'all] *ez ,?as ou *ez ,phryn1 de p>l] de la meute et de la vieille meute1 de dire combi5 il y a de po/es de ,p>is ,besanon1 ou ,philisb\rg1 des citoy5s s'in/ruis5t du d$ans et du dehors d'un royaume1 tudi5t le g\v]nem5t1 devi5n5t f9s et politiques1 sav5t le =t et le faible de t\t un tat1 song5t se mieux plac]1 se plac5t1 s'lv5t1 devi5n5t puissants1 s\lag5t le pr9ce d'une p>tie des so9s publics4 ,les gr&s1 qui les ddaignai5t1 les rvr5t3 heureux s'ils devi5n5t leurs g5dres4 #be 7,v7 ,si je comp>e ensemble les deux conditions des hommes les plus opposes1 je veux dire les gr&s avec le peuple1 ce d]ni] me p>at cont5t du ncessaire1 et les autres sont inquiets et pauvres avec le sup]flu4 ,un homme du peuple ne saurait faire aucun mal2 un gr& ne veut faire aucun bi51 et e/ capable de gr&s maux4 ,l'un ne se =me et ne s'ex]ce que dans les *oses qui sont utiles2 l'autre y jo9t les p]nicieuses4 ,l se montr5t +num5t la grossiret et la fran*ise2 ici se ca*e une sve maligne et corrompue s\s l'corce de la politesse4 ,le peuple n'a gure d'esprit1 et les gr&s n'ont po9t d'me3 celui-l a un bon fond1 et n'a po9t de dehors2 ceux-ci n'ont que des dehors et qu'une simple sup]ficie4 ,faut-il opt]8 ,je ne balance pas3 je veux tre peuple4 #bf 7,i7 ,quelque pr(onds que soi5t les gr&s de la c\r1 et quelque art qu'ils ai5t p\r p>atre ce qu'ils ne sont pas et p\r ne po9t p>atre ce qu'ils sont1 ils ne peuv5t ca*] leur malignit1 leur extrme p5te rire aux dp5s d'autrui1 et jet] un ridicule s\v5t o il n'y en peut avoir4 ,ces beaux tal5ts1 se dc\vr5t en eux du premi] c\p d'oeil1 admirables sans d\te p\r envelopp] une dupe et r5dre sot celui qui l'e/ dj1 mais encore plus propres leur t] t\t le plaisir qu'ils p\rrai5t tir] d'un homme d'esprit1 qui saurait se t\rn] et se pli] en mille manires agrables et rj\issantes1 si le dang]eux c>actre du c\rtisan ne l'engageait pas une =t gr&e ret5ue4 ,il lui oppose un c>actre srieux1 dans lequel il se retran*e2 et il fait si bi5 que les railleurs1 avec des int5tions si mauvaises1 manqu5t d'occasions de se j\] de lui4 #bg 7,i7 ,les aises de la vie1 l'abondance1 le calme d'une gr&e prosprit font que les pr9ces ont de la joie de re/e p\r rire d'un na91 d'un s+e1 d'un imbcile et d'un mauvais conte3 les g5s mo9s heureux ne ri5t qu' propos4 #bh 7,,viii7 ,un gr& aime la ,*ampagne1 abhorre la ,brie2 il s'enivre de meilleur v9 que l'homme du peuple3 seule diffr5ce que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnes1 entre le seigneur et l'e/afi]4 #bi 7,i7 ,il semble d'abord qu'il entre dans les plaisirs des pr9ces un peu de celui d'incommod] les autres4 ,mais non1 les pr9ces ressembl5t aux hommes2 ils song5t eux-mmes1 suiv5t leur gt1 leurs passions1 leur commodit3 cela e/ naturel4 #cj 7,i7 ,il semble que la premire rgle des compagnies1 des g5s en place ou des puissants1 e/ de donn] ceux qui dp5d5t d'eux p\r le beso9 de leurs affaires t\tes les trav]ses qu'ils en peuv5t cra9dre4 #ca 7,,iv7 ,si un gr& a quelque degr de bonheur sur les autres hommes1 je ne dev9e pas lequel1 si ce n'e/ peut-tre de se tr\v] s\v5t dans le p\voir et dans l'occasion de faire plaisir2 et si elle nat1 cette conjoncture1 il semble qu'il doive s'en s]vir4 ,si c'e/ en faveur d'un homme de bi51 il doit apprh5d] qu'elle ne lui *appe2 mais comme c'e/ en une *ose ju/e1 il doit prv5ir la sollicitation1 et n'tre vu que p\r tre rem]ci2 et si elle e/ facile1 il ne doit pas mme la lui faire valoir4 ,s'il la lui refuse1 je les pla9s t\s deux4 #cb 7,,vi7 ,il y a des hommes ns inaccessibles1 et ce sont prcism5t ceux de qui les autres ont beso91 de qui ils dp5d5t4 ,ils ne sont jamais que sur un pi$2 mobiles comme le m]cure1 ils pir\ett5t1 ils ge/icul5t1 ils cri5t1 ils s'agit5t2 semblables ces figures de c>ton qui s]v5t de montre une fte publique1 ils jett5t feu et flamme1 tonn5t et f\droi5t3 on n'en appro*e pas1 jusqu' ce que1 v5ant s'te9dre1 ils tomb5t1 et p> leur *ute devi5n5t traitables1 mais inutiles4 #cc 7,,iv7 ,le suisse1 le valet de *ambre1 l'homme de livre1 s'ils n'ont plus d'esprit que ne porte leur condition1 ne jug5t plus d'eux-mmes p> leur premire bassesse1 mais p> l'lvation et la =tune des g5s qu'ils s]v5t1 et mett5t t\s ceux qui entr5t p> leur porte1 et mont5t leur escali]1 indiffremm5t au-dess\s d'eux et de leurs matres3 tant il e/ vrai qu'on e/ de/9 s\ffrir des gr&s et de ce qui leur app>ti5t4 #cd 7,,iv7 ,un homme en place doit aim] son pr9ce1 sa femme1 ses enfants1 et aprs eux les g5s d'esprit2 il les doit adopt]1 il doit s'en f\rnir et n'en jamais manqu]4 ,il ne saurait pay]1 je ne dis pas de trop de p5sions et de bi5faits1 mais de trop de famili>it et de c>esses1 les sec\rs et les s]vices qu'il en tire1 mme sans le savoir4 ,quels petits bruits ne dissip5t-ils pas8 quelles hi/oires ne rduis5t-ils pas la fable et la fiction8 ,ne sav5t-ils pas ju/ifi] les mauvais succs p> les bonnes int5tions1 pr\v] la bont d'un desse9 et la ju/esse des mesures p> le bonheur des vnem5ts1 s'lev] contre la malignit et l'envie p\r accord] de bonnes entreprises de meilleurs motifs1 donn] des explications favorables des app>5ces qui tai5t mauvaises1 dt\rn] les petits dfauts1 ne montr] que les v]tus1 et les mettre dans leur j\r1 sem] en mille occasions des faits et des dtails qui soi5t avantageux1 et t\rn] le ris et la moqu]ie contre ceux qui os]ai5t en d\t] ou avanc] des faits contraires8 ,je sais que les gr&s ont p\r maxime de laiss] p>l] et de cont9u] d'agir2 mais je sais aussi qu'il leur arrive en plusieurs r5contres que laiss] dire les emp*e de faire4 #ce 7,,iv7 ,s5tir le mrite1 et qu& il e/ une fois connu1 le bi5 trait]1 deux gr&es dm>*es faire t\t de suite1 et dont la plup>t des gr&s sont =t incapables4 #cf 7,,iv7 ,tu es gr&1 tu es puissant3 ce n'e/ pas assez2 fais que je t'e/ime1 af9 que je sois tri/e d'tre d*u de tes bonnes grces1 ou de n'avoir pu les acqurir4 #cg 7,,iv7 ,v\s dites d'un gr& ou d'un homme en place qu'il e/ prv5ant1 (ficieux1 qu'il aime faire plaisir2 et v\s le confirmez p> un long dtail de ce qu'il a fait en une affaire o il a su que v\s pr5iez intrt4 ,je v\s ent5ds3 on va p\r v\s au-devant de la sollicitation1 v\s avez du crdit1 v\s tes connu du m9i/re1 v\s tes bi5 avec les puissances2 dsiriez-v\s que je susse autre *ose8 7,,vii7 ,quelqu'un v\s dit3 ,je me pla9s d'un tel1 il e/ fi] depuis son lvation1 il me ddaigne1 il ne me connat plus4--,je n'ai pas1 p\r moi1 lui rpondez-v\s1 sujet de m'en pla9dre2 au contraire1 je m'en l\e =t1 et il me semble mme qu'il e/ assez civil4 ,je crois encore v\s ent5dre3 v\s v\lez qu'on sa*e qu'un homme en place a de l'att5tion p\r v\s1 et qu'il v\s dmle dans l'anti*ambre entre mille honntes g5s de qui il dt\rne ses yeux1 de peur de tomb] dans l'inconvni5t de leur r5dre le salut ou de leur s\rire4 7,,iv7 ,se l\] de quelqu'un1 se l\] d'un gr&1 phrase dlicate dans son orig9e1 et qui signifie sans d\te se l\] soi-mme1 en disant d'un gr& t\t le bi5 qu'il n\s a fait1 ou qu'il n'a pas song n\s faire4 7,,iv7 ,on l\e les gr&s p\r m>qu] qu'on les voit de prs1 r>em5t p> e/ime ou p> gratitude4 ,on ne connat pas s\v5t ceux que l'on l\e2 la vanit ou la lgret l'emport5t quelquefois sur le ress5tim5t3 on e/ mal cont5t d'eux et on les l\e4 #ch 7,,iv7 ,s'il e/ prilleux de tremp] dans une affaire suspecte1 il l'e/ encore davantage de s'y tr\v] complice d'un gr&3 il s'en tire1 et v\s laisse pay] d\blem5t1 p\r lui et p\r v\s4 #ci 7,v7 ,le pr9ce n'a po9t assez de t\te sa =tune p\r pay] une basse complaisance1 si l'on en juge p> t\t ce que celui qu'il veut rcomp5s] y a mis du si52 et il n'a pas trop de t\te sa puissance p\r le punir1 s'il mesure sa v5geance au tort qu'il en a reu4 #dj 7,,iv7 ,la noblesse expose sa vie p\r le salut de l'tat et p\r la gloire du s\v]a92 le magi/rat d*>ge le pr9ce d'une p>tie du so9 de jug] les peuples3 voil de "p et d'autre des fonctions bi5 sublimes et d'une m]veilleuse utilit2 les hommes ne sont gure capables de plus gr&es *oses1 et je ne sais d'o la robe et l'pe ont puis de quoi se mpris] rciproquem5t4 #da 7,,iv7 ,s'il e/ vrai qu'un gr& donne plus la =tune lorsqu'il has>de une vie de/9e c\l] dans les ris1 le plaisir et l'abondance1 qu'un p>ticuli] qui ne risque que des j\rs qui sont misrables1 il faut av\] aussi qu'il a un t\t autre ddommagem5t1 qui e/ la gloire et la haute rputation4 ,le soldat ne s5t pas qu'il soit connu2 il meurt obscur et dans la f\le3 il vivait de mme1 la vrit1 mais il vivait2 et c'e/ l'une des s\rces du dfaut de c\rage dans les conditions basses et s]viles4 ,ceux au contraire que la naissance dmle d'avec le peuple et expose aux yeux des hommes1 leur c5sure et leurs loges1 sont mme capables de sortir p> ef=t de leur tempram5t1 s'il ne les portait pas la v]tu2 et cette disposition de coeur et d'esprit1 qui passe des aeuls p> les pres dans leurs desc5dants1 e/ cette brav\re si familire aux p]sonnes nobles1 et peut-tre la noblesse mme4 7,v7 ,jetez-moi dans les tr\pes comme un simple soldat1 je suis ,!rsite2 mettez-moi la tte d'une arme dont j'aie rpondre t\te l',europe1 je suis ,a*ille4 #db 7,i7 ,les pr9ces1 sans autre sci5ce ni autre rgle1 ont un gt de comp>aison3 ils sont ns et levs au milieu et comme dans le c5tre des meilleures *oses1 quoi ils rapport5t ce qu'ils lis5t1 ce qu'ils voi5t et ce qu'ils ent5d5t4 ,t\t ce qui s'loigne trop de ,lulli1 de ,rac9e et de ,le ,brun e/ condamn4 #dc 7,i7 ,ne p>l] aux jeunes pr9ces que du so9 de leur rang e/ un excs de prcaution1 lorsque t\te une c\r met son devoir et une p>tie de sa politesse les respect]1 et qu'ils sont bi5 mo9s sujets ignor] aucun des g>ds dus leur naissance1 qu' confondre les p]sonnes1 et les trait] indiffremm5t et sans di/9ction des conditions et des titres4 ,ils ont une fi]t naturelle1 qu'ils retr\v5t dans les occasions2 il ne leur faut des leons que p\r la rgl]1 que p\r leur inspir] la bont1 l'honntet et l'esprit de disc]nem5t4 #dd 7,i7 ,c'e/ une pure hypocrisie un homme d'une c]ta9e lvation de ne pas pr5dre d'abord le rang qui lui e/ d1 et que t\t le monde lui cde3 il ne lui cote ri5 d'tre mode/e1 de se ml] dans la multitude qui va s'ouvrir p\r lui1 de pr5dre dans une assemble une d]nire place1 af9 que t\s l'y voi5t et s'empress5t de l'en t]4 ,la mode/ie e/ d'une pratique plus amre aux hommes d'une condition ord9aire3 s'ils se jett5t dans la f\le1 on les crase2 s'ils *oisiss5t un po/e incommode1 il leur demeure4 #de 7,v7 ,ari/>que se transporte dans la place avec un hraut et un trompette2 celui-ci comm5ce3 t\te la multitude acc\rt et se rassemble4 c\tez1 peuple1 dit le hraut2 soyez att5tifs2 sil5ce1 sil5ce6 ,ari/>que1 que v\s voyez prs5t1 doit faire dema9 une bonne action4 ,je dirai plus simplem5t et sans figure3 ,quelqu'un fait bi52 veut-il faire mieux8 que je ne sa*e pas qu'il fait bi51 ou que je ne le s\ponne pas du mo9s de me l'avoir appris4 #df 7,,vi7 ,les meilleures actions s'altr5t et s'affaibliss5t p> la manire dont on les fait1 et laiss5t mme d\t] des int5tions4 ,celui qui protge ou qui l\e la v]tu p\r la v]tu1 qui corrige ou qui blme le vice cause du vice1 agit simplem5t1 naturellem5t1 sans aucun t\r1 sans nulle s+ul>it1 sans fa/e1 sans affectation2 il n'use po9t de rponses graves et s5t5cieuses1 encore mo9s de traits piquants et satiriques3 ce n'e/ jamais une scne qu'il j\e p\r le public1 c'e/ un bon exemple qu'il donne1 et un devoir dont il s'acquitte2 il ne f\rnit ri5 aux visites des femmes1 ni au cab9et1 ni aux n\velli/es2 il ne donne po9t un homme agrable la matire d'un joli conte4 ,le bi5 qu'il vi5t de faire e/ un peu mo9s su1 la vrit2 mais il a fait ce bi53 que v\drait-il davantage8 #dg 7,i7 ,les gr&s ne doiv5t po9t aim] les premi]s temps3 ils ne leur sont po9t favorables2 il e/ tri/e p\r eux d'y voir que n\s sortions t\s du frre et de la soeur4 ,les hommes compos5t ensemble une mme famille3 il n'y a que le plus ou le mo9s dans le degr de p>5t4 #dh 7,,vi7 ,?ognis e/ re*]* dans son aju/em5t1 et il sort p> comme une femme2 il n'e/ pas hors de sa maison1 qu'il a dj aju/ ses yeux et son visage af9 que ce soit une *ose faite qu& il s]a dans le public1 qu'il y p>aisse t\t conc]t1 que ceux qui pass5t le tr\v5t dj gracieux et leur s\riant1 et que nul ne lui *appe4 ,m>*e-t-il dans les salles1 il se t\rne droit1 o il y a un gr& monde1 et gau*e1 o il n'y a p]sonne2 il salue ceux qui y sont et ceux qui n'y sont pas4 ,il embrasse un homme qu'il tr\ve s\s sa ma91 il lui presse la tte contre sa poitr9e2 il dem&e ensuite qui e/ celui qu'il a embrass4 ,quelqu'un a beso9 de lui dans une affaire qui e/ facile2 il va le tr\v]1 lui fait sa prire3 ,?ognis l'c\te favorablem5t1 il e/ ravi de lui tre bon quelque *ose1 il le conjure de faire natre des occasions de lui r5dre s]vice2 et comme celui-ci insi/e sur son affaire1 il lui dit qu'il ne la f]a po9t2 il le prie de se mettre en sa place1 il l'en fait juge4 ,le cli5t sort1 reconduit1 c>ess1 confus1 presque cont5t d'tre refus4 #di 7,i7 ,c'e/ avoir une trs mauvaise op9ion des hommes1 et nanmo9s les bi5 connatre1 que de croire dans un gr& po/e leur impos] p> des c>esses tudies1 p> de longs et /riles embrassem5ts4 #ej 7,,iv7 ,pamphile ne s'entreti5t pas avec les g5s qu'il r5contre dans les salles ou dans les c\rs3 si l'on en croit sa gravit et l'lvation de sa voix1 il les reoit1 leur donne audi5ce1 les congdie2 il a des t]mes t\t la fois civils et hauta9s1 une honntet imprieuse et qu'il emploie sans disc]nem5t2 il a une fausse gr&eur qui l'abaisse1 et qui emb>rasse =t ceux qui sont ses amis1 et qui ne veul5t pas le mpris]4 7,,vi7 ,un ,pamphile e/ ple9 de lui-mme1 ne se p]d pas de vue1 ne sort po9t de l'ide de sa gr&eur1 de ses alliances1 de sa *>ge1 de sa dignit2 il ramasse1 p\r a9si dire1 t\tes ses pices1 s'en enveloppe p\r se faire valoir2 il dit3 ,mon ordre1 mon cordon bleu2 il l'tale ou il le ca*e p> o/5tation4 ,un ,pamphile en un mot veut tre gr&1 il croit l'tre2 il ne l'e/ pas1 il e/ d'aprs un gr&4 ,si quelquefois il s\rit un homme du d]ni] ordre1 un homme d'esprit1 il *oisit son temps si ju/e1 qu'il n'e/ jamais pris sur le fait3 aussi la r\geur lui mont]ait-elle au visage s'il tait malheureusem5t surpris dans la mo9dre famili>it avec quelqu'un qui n'e/ ni opul5t1 ni puissant1 ni ami d'un m9i/re1 ni son alli1 ni son dome/ique4 ,il e/ svre et inexorable qui n'a po9t encore fait sa =tune4 ,il v\s ap]oit un j\r dans une gal]ie1 et il v\s fuit2 et le l5dema91 s'il v\s tr\ve en un endroit mo9s public1 ou s'il e/ public1 en la compagnie d'un gr&1 il pr5d c\rage1 il vi5t v\s1 et il v\s dit3 ,v\s ne faisiez pas hi] semblant de n\s voir4 ,tantt il v\s quitte brusquem5t p\r jo9dre un seigneur ou un premi] commis2 et tantt s'il les tr\ve avec v\s en conv]sation1 il v\s c\pe et v\s les enlve4 ,v\s l'abordez une autre fois1 et il ne s'arrte pas2 il se fait suivre1 v\s p>le si haut que c'e/ une scne p\r ceux qui pass5t4 ,aussi les ,pamphiles sont-ils t\j\rs comme sur un ?tre3 g5s n\rris dans le faux1 et qui ne hass5t ri5 tant que d'tre naturels2 vrais p]sonnages de comdie1 des ,floridors1 des ,mondoris4 7,,vii7 ,on ne t>it po9t sur les ,pamphiles3 ils sont bas et timides devant les pr9ces et les m9i/res2 ple9s de hauteur et de confiance avec ceux qui n'ont que de la v]tu2 muets et emb>rasss avec les savants2 vifs1 h>dis et dcisifs avec ceux qui ne sav5t ri54 ,ils p>l5t de gu]re un homme de robe1 et de politique un f9anci]2 ils sav5t l'hi/oire avec les femmes2 ils sont potes avec un docteur1 et gomtres avec un pote4 ,de maximes1 ils ne s'en *>g5t pas2 de pr9cipes1 encore mo9s3 ils viv5t l'av5ture1 p\sss et entrans p> le v5t de la faveur et p> l'attrait des ri*esses4 ,ils n'ont po9t d'op9ion qui soit eux1 qui leur soit propre2 ils en emprunt5t mesure qu'ils en ont beso92 et celui qui ils ont rec\rs n'e/ gure un homme sage1 ou habile1 ou v]tueux3 c'e/ un homme la mode4 #ea 7,,vi7 ,n\s avons p\r les gr&s et p\r les g5s en place une jal\sie /rile ou une ha9e impuissante1 qui ne n\s v5ge po9t de leur spl5deur et de leur lvation1 et qui ne fait qu'aj\t] notre propre misre le poids insupportable du bonheur d'autrui4 ,que faire contre une maladie de l'me si invtre et si contagieuse8 ,cont5tons-n\s de peu1 et de mo9s encore s'il e/ possible2 sa*ons p]dre dans l'occasion3 la recette e/ infaillible1 et je cons5s l'pr\v]4 ,j'vite p> l d'apprivois] un suisse ou de fl*ir un commis2 d'tre rep\ss une porte p> la f\le innombrable de cli5ts ou de c\rtisans dont la maison d'un m9i/re se dgorge plusieurs fois le j\r2 de languir dans sa salle d'audi5ce2 de lui dem&] en tremblant et en balbutiant une *ose ju/e2 d'essuy] sa gravit1 son ris am] et son laconisme4 ,alors je ne le hais plus1 je ne lui porte plus d'envie2 il ne me fait aucune prire1 je ne lui en fais pas2 n\s sommes gaux1 si ce n'e/ peut-tre qu'il n'e/ pas tranquille1 et que je le suis4 #eb 7,i7 ,si les gr&s ont les occasions de n\s faire du bi51 ils en ont r>em5t la volont2 et s'ils dsir5t de n\s faire du mal1 ils n'en tr\v5t pas t\j\rs les occasions4 ,a9si l'on peut tre tromp dans l'espce de culte qu'on leur r5d1 s'il n'e/ fond que sur l'esprance ou sur la cra9te2 et une longue vie se t]m9e quelquefois sans qu'il arrive de dp5dre d'eux p\r le mo9dre intrt1 ou qu'on leur doive sa bonne ou sa mauvaise =tune4 ,n\s devons les honor]1 p>ce qu'ils sont gr&s et que n\s sommes petits1 et qu'il y en a d'autres plus petits que n\s qui n\s honor5t4 #ec 7,,vi7 la c\r1 la ville1 mmes passions1 mmes faiblesses1 mmes petitesses1 mmes trav]s d'esprit1 mmes br\ill]ies dans les familles et entre les pro*es1 mmes envies1 mmes antipa?ies4 ,p>t\t des brus et des belles-mres1 des m>is et des femmes1 des divorces1 des ruptures1 et de mauvais raccommodem5ts2 p>t\t des humeurs1 des colres1 des p>tialits1 des rapports1 et ce qu'on appelle de mauvais disc\rs4 ,avec de bons yeux on voit sans pe9e la petite ville1 la rue ,sa9t-,d5is1 comme transportes ,v9999 ou ,f99994 ,ici l'on croit se har avec plus de fi]t et de hauteur1 et peut-tre avec plus de dignit3 on se nuit rciproquem5t avec plus d'habilet et de f9esse2 les colres sont plus loqu5tes1 et l'on se dit des injures plus polim5t et en meilleurs t]mes2 l'on n'y blesse po9t la puret de la langue2 l'on n'y (f5se que les hommes ou que leur rputation3 t\s les dehors du vice y sont spcieux2 mais le fond1 encore une fois1 y e/ le mme que dans les conditions les plus ravales2 t\t le bas1 t\t le faible et t\t l'indigne s'y tr\v5t4 ,ces hommes si gr&s ou p> leur naissance1 ou p> leur faveur1 ou p> leurs dignits1 ces ttes si =tes et si habiles1 ces femmes si polies et si spirituelles1 t\s mpris5t le peuple1 et ils sont peuple4 7,,iv7 ,qui dit le peuple dit plus d'une *ose3 c'e/ une va/e expression1 et l'on s'tonn]ait de voir ce qu'elle embrasse1 et jusques o elle s't5d4 ,il y a le peuple qui e/ oppos aux gr&s3 c'e/ la populace et la multitude2 il y a le peuple qui e/ oppos aux sages1 aux habiles et aux v]tueux3 ce sont les gr&s comme les petits4 #ed 7,,vi7 ,les gr&s se g\v]n5t p> s5tim5t1 mes oisives sur lesquelles t\t fait d'abord une vive impression4 ,une *ose arrive1 ils en p>l5t trop2 bi5tt ils en p>l5t peu2 ensuite ils n'en p>l5t plus1 et ils n'en p>l]ont plus4 ,action1 conduite1 ouvrage1 vnem5t1 t\t e/ oubli2 ne leur dem&ez ni correction1 ni prvoyance1 ni rflexion1 ni reconnaissance1 ni rcomp5se4 #ee 7,i7 ,l'on se porte aux extrmits opposes l'g>d de c]ta9s p]sonnages4 ,la satire aprs leur mort c\rt p>mi le peuple1 p5dant que les votes des temples ret5tiss5t de leurs loges4 ,ils ne mrit5t quelquefois ni libelles ni disc\rs funbres2 quelquefois aussi ils sont dignes de t\s les deux4 #ef 7,i7 ,l'on doit se taire sur les puissants3 il y a presque t\j\rs de la flatt]ie en dire du bi52 il y a du pril en dire du mal p5dant qu'ils viv5t1 et de la l*et qu& ils sont morts4 ,du s\v]a9 ou de la ,rpublique #a 7,i7 ,qu& l'on p>c\rt1 sans la prv5tion de son pays1 t\tes les =mes de g\v]nem5t1 l'on ne sait laquelle se t5ir3 il y a dans t\tes le mo9s bon et le mo9s mauvais4 ,ce qu'il y a de plus raisonnable et de plus sr1 c'e/ d'e/im] celle o l'on e/ n la meilleure de t\tes1 et de s'y s\mettre4 #b 7,i7 ,il ne faut ni art ni sci5ce p\r ex]c] la tyrannie1 et la politique qui ne consi/e qu' rp&re le sang e/ =t borne et de nul raff9em5t2 elle inspire de tu] ceux dont la vie e/ un ob/acle notre ambition3 un homme n cruel fait cela sans pe9e4 ,c'e/ la manire la plus horrible et la plus grossire de se ma9t5ir ou de s'agr&ir4 #c 7,,iv7 ,c'e/ une politique sre et anci5ne dans les rpubliques que d'y laiss] le peuple s'endormir dans les ftes1 dans les spectacles1 dans le luxe1 dans le fa/e1 dans les plaisirs1 dans la vanit et la mollesse2 le laiss] se remplir du vide et sav\r] la bagatelle3 quelles gr&es dm>*es ne fait-on pas au despotique p> cette indulg5ce6 #d 7,,vii7 ,il n'y a po9t de patrie dans le despotique2 d'autres *oses y supplent3 l'intrt1 la gloire1 le s]vice du pr9ce4 #e 7,,iv7 ,qu& on veut *ang] et innov] dans une rpublique1 c'e/ mo9s les *oses que le temps que l'on considre4 ,il y a des conjonctures o l'on s5t bi5 qu'on ne saurait trop att5t] contre le peuple2 et il y en a d'autres o il e/ clair qu'on ne peut trop le mnag]4 ,v\s p\vez auj\rd'hui t] cette ville ses fran*ises1 ses droits1 ses privilges2 mais dema9 ne songez pas mme r=m] ses enseignes4 #f 7,,iv7 ,qu& le peuple e/ en m\vem5t1 on ne compr5d pas p> o le calme peut y r5tr]2 et qu& il e/ paisible1 on ne voit pas p> o le calme peut en sortir4 #g 7,,iv7 ,il y a de c]ta9s maux dans la rpublique qui y sont s\ff]ts1 p>ce qu'ils prvi5n5t ou emp*5t de plus gr&s maux4 ,il y a d'autres maux qui sont tels seulem5t p> leur tablissem5t1 et qui1 tant dans leur orig9e un abus ou un mauvais usage1 sont mo9s p]nicieux dans leurs suites et dans la pratique qu'une loi plus ju/e ou une c\tume plus raisonnable4 ,l'on voit une espce de maux que l'on peut corrig] p> le *angem5t ou la n\veaut1 qui e/ un mal1 et =t dang]eux4 ,il y en a d'autres ca*s et enfoncs comme des ordures dans un cloaque1 je veux dire ensevelis s\s la honte1 s\s le secret et dans l'obscurit3 on ne peut les f\ill] et les remu] qu'ils n'exhal5t le poison et l'infamie2 les plus sages d\t5t quelquefois s'il e/ mieux de connatre ces maux que de les ignor]4 ,l'on tolre quelquefois dans un tat un assez gr& mal1 mais qui dt\rne un million de petits maux ou d'inconvni5ts1 qui t\s s]ai5t 9vitables et irrmdiables4 ,il se tr\ve des maux dont *aque p>ticuli] gmit1 et qui devi5n5t nanmo9s un bi5 public1 quoique le public ne soit autre *ose que t\s les p>ticuli]s4 ,il y a des maux p]sonnels qui conc\r5t au bi5 et l'avantage de *aque famille4 ,il y en a qui afflig5t1 ru95t ou d%onor5t les familles1 mais qui t5d5t au bi5 et la cons]vation de la ma*9e de l'tat et du g\v]nem5t4 ,d'autres maux r5v]s5t des tats1 et sur leurs ru9es en lv5t de n\veaux4 ,on en a vu enf9 qui ont sap p> les fondem5ts de gr&s empires1 et qui les ont fait van\ir de dessus la t]re1 p\r v>i] et r5\vel] la face de l'univ]s4 #h 7,,viii7 ,qu'importe l'tat qu',erga/e soit ri*e1 qu'il ait des *i5s qui arrt5t bi51 qu'il cre les modes sur les quipages et sur les habits1 qu'il abonde en sup]fluits8 ,o il s'agit de l'intrt et des commodits de t\t le public1 le p>ticuli] e/-il compt8 ,la consolation des peuples dans les *oses qui lui ps5t un peu e/ de savoir qu'ils s\lag5t le pr9ce1 ou qu'ils n'enri*iss5t que lui3 ils ne se croi5t po9t r$evables ,erga/e de l'embellissem5t de sa =tune4 #i 7,,iv7 ,la gu]re a p\r elle l'antiquit2 elle a t dans t\s les sicles3 on l'a t\j\rs vue remplir le monde de veuves et d'orphel9s1 puis] les familles d'hriti]s1 et faire prir les frres une mme bataille4 ,jeune ,soyec\r6 je regrette ta v]tu1 ta pudeur1 ton esprit dj mr1 pntrant1 lev1 sociable2 je pla9s cette mort prmature qui te jo9t ton intrpide frre1 et t'enlve une c\r o tu n'z fait que te montr]3 malheur dplorable1 mais ord9aire6 ,de t\t temps les hommes1 p\r quelque morceau de t]re de plus ou de mo9s1 sont conv5us entre eux de se dp\ill]1 se brl]1 se tu]1 s'gorg] les uns les autres2 et p\r le faire plus +nieusem5t et avec plus de sret1 ils ont inv5t de belles rgles qu'on appelle l'art militaire2 ils ont atta* la pratique de ces rgles la gloire ou la plus solide rputation2 et ils ont depuis r5*ri de sicle en sicle sur la manire de se dtruire rciproquem5t4 ,de l'inju/ice des premi]s hommes1 comme de son unique s\rce1 e/ v5ue la gu]re1 a9si que la ncessit o ils se sont tr\vs de se donn] des matres qui fixass5t leurs droits et leurs prt5tions4 ,si1 cont5t du si51 on et pu s'ab/5ir du bi5 de ses vois9s1 on avait p\r t\j\rs la paix et la lib]t4 #aj 7,,iv7 ,le peuple paisible dans ses foy]s1 au milieu des si5s1 et dans le se9 d'une gr&e ville o il n'a ri5 cra9dre ni p\r ses bi5s ni p\r sa vie1 respire le feu et le sang1 s'occupe de gu]res1 de ru9es1 d'embrasem5ts et de massacres1 s\ffre impatiemm5t que des armes qui ti5n5t la campagne ne vi5n5t po9t se r5contr]1 ou si elles sont une fois en prs5ce1 qu'elles ne combatt5t po9t1 ou si elles se ml5t1 que le combat ne soit pas sanglant et qu'il y ait mo9s de dix mille hommes sur la place4 ,il va mme s\v5t jusques oubli] ses intrts les plus *]s1 le repos et la sret1 p> l'am\r qu'il a p\r le *angem5t1 et p> le gt de la n\veaut ou des *oses extraord9aires4 ,quelques-uns cons5tirai5t voir une autre fois les ennemis aux portes de ,dijon ou de ,corbie1 voir t5dre des *anes et faire des b>ricades1 p\r le seul plaisir d'en dire ou d'en appr5dre la n\velle4 #aa 7,,vi7 ,dmophile1 ma droite1 se lam5te1 et s'crie3 ,t\t e/ p]du1 c'e/ fait de l'tat2 il e/ du mo9s sur le p5*ant de sa ru9e4 ,comm5t rsi/] une si =te et si gnrale conjuration8 ,quel moy51 je ne dis pas d'tre suprieur1 mais de suffire seul tant et de si puissants ennemis8 ,cela e/ sans exemple dans la mon>*ie4 ,un hros1 un ,a*ille y succomb]ait4 ,on a fait1 aj\te-t-il1 de l\rdes fautes3 je sais bi5 ce que je dis1 je suis du mti]1 j'ai vu la gu]re1 et l'hi/oire m'en a beauc\p appris4 ,il p>le l-dessus avec admiration d',olivi] le ,daim et de ,jacques ,coeur3 ,c'tai5t l des hommes1 dit-il1 c'tai5t des m9i/res4 ,il dbite ses n\velles1 qui sont t\tes les plus tri/es et les plus dsavantageuses que l'on p\rrait fe9dre3 tantt un p>ti des ntres a t attir dans une embuscade et taill en pices2 tantt quelques tr\pes r5f]mes dans un *teau se sont r5dues aux ennemis discrtion1 et ont pass p> le fil de l'pe2 et si v\s lui dites que ce bruit e/ faux et qu'il ne se confirme po9t1 il ne v\s c\te pas1 il aj\te qu'un tel gnral a t tu2 et bi5 qu'il soit vrai qu'il n'a reu qu'une lgre blessure1 et que v\s l'en assuriez1 il dplore sa mort1 il pla9t sa veuve1 ses enfants1 l'tat2 il se pla9t lui-mme3 il a p]du un bon ami et une gr&e protection4 ,il dit que la caval]ie allem&e e/ inv9cible2 il plit au seul nom des cuirassi]s de l',emp]eur4 ,si l'on attaque cette place1 cont9ue-t-il1 on lv]a le sige4 ,ou l'on demeur]a sur la df5sive sans livr] de combat2 ou si on le livre1 on le doit p]dre2 et si on le p]d1 voil l'ennemi sur la frontire4 ,et comme ,dmophile le fait vol]1 le voil dans le coeur du royaume3 il ent5d dj sonn] le beffroi des villes1 et cri] l'al>me2 il songe son bi5 et ses t]res3 o conduira-t-il son arg5t1 ses meubles1 sa famille8 o se rfugi]a-t-il8 en ,suisse ou ,v5ise8 ,mais1 ma gau*e1 ,basilide met t\t d'un c\p sur pi$ une arme de trois c5t mille hommes2 il n'en rabattrait pas une seule brigade3 il a la li/e des escadrons et des bataillons1 des gnraux et des (fici]s2 il n'oublie pas l'artill]ie ni le bagage4 ,il dispose absolum5t de t\tes ces tr\pes3 il en envoie tant en ,allemagne et tant en ,fl&re2 il rs]ve un c]ta9 nombre p\r les ,alpes1 un peu mo9s p\r les ,pyrnes1 et il fait pass] la m] ce qui lui re/e4 ,il connat les m>*es de ces armes1 il sait ce qu'elles f]ont et ce qu'elles ne f]ont pas2 v\s diriez qu'il ait l'oreille du pr9ce ou le secret du m9i/re4 ,si les ennemis vi5n5t de p]dre une bataille o il soit demeur sur la place quelque neuf dix mille hommes des leurs1 il en compte jusqu' tr5te mille1 ni plus ni mo9s2 c> ses nombres sont t\j\rs fixes et c]ta9s1 comme de celui qui e/ bi5 in=m4 ,s'il appr5d le mat9 que n\s avons p]du une bicoque1 non seulem5t il envoie s'excus] ses amis qu'il a la veille convis dn]1 mais mme ce j\r-l il ne dne po9t1 et s'il s\pe1 c'e/ sans apptit4 ,si les ntres assig5t une place trs =te1 trs rgulire1 p\rvue de vivres et de munitions1 qui a une bonne g>nison1 comm&e p> un homme d'un gr& c\rage1 il dit que la ville a des endroits faibles et mal =tifis1 qu'elle manque de p\dre1 que son g\v]neur manque d'expri5ce1 et qu'elle capitul]a aprs huit j\rs de tran*e ouv]te4 ,une autre fois il acc\rt t\t hors d'hale9e1 et aprs avoir respir un peu3 ,voil1 s'crie-t-il1 une gr&e n\velle2 ils sont dfaits1 et plate c\ture2 le gnral1 les *efs1 du mo9s une bonne p>tie1 t\t e/ tu1 t\t a pri4 ,voil1 cont9ue-t-il1 un gr& massacre1 et il faut conv5ir que n\s j\ons d'un gr& bonheur4 ,il s'assit1 il s\ffle1 aprs avoir dbit sa n\velle1 laquelle il ne manque qu'une circon/ance1 qui e/ qu'il e/ c]ta9 qu'il n'y a po9t eu de bataille4 ,il assure d'ailleurs qu'un tel pr9ce r5once la ligue et quitte ses confdrs1 qu'un autre se dispose pr5dre le mme p>ti2 il croit f]mem5t avec la populace qu'un troisime e/ mort3 il nomme le lieu o il e/ ent]r2 et qu& on e/ dtromp aux halles et aux faub\rgs1 il p>ie encore p\r l'affirmative4 ,il sait1 p> une voie indubitable1 que ,t4,k4,l4 fait de gr&s progrs contre l',emp]eur2 que le ,gr& ,seigneur arme puissamm5t1 ne veut po9t de paix1 et que son vizir va se montr] une autre fois aux portes de ,vi5ne4 ,il frappe des ma9s1 et il tressaille sur cet vnem5t1 dont il ne d\te plus4 ,la triple alliance *ez lui e/ un ,c]bre1 et les ennemis autant de mon/res assomm]4 ,il ne p>le que de lauri]s1 que de palmes1 que de triomphes et que de trophes4 ,il dit dans le disc\rs famili]3 ,notre augu/e ,hros1 notre gr& ,pot5tat1 notre inv9cible ,mon>que4 ,rduisez-le1 si v\s p\vez1 dire simplem5t3 ,le ,roi a beauc\p d'ennemis1 ils sont puissants1 ils sont unis1 ils sont aigris3 il les a va9cus1 j'espre t\j\rs qu'il les p\rra va9cre4 ,ce /yle1 trop f]me et trop dcisif p\r ,dmophile1 n'e/ p\r ,basilide ni assez pompeux ni assez exagr2 il a bi5 d'autres expressions en tte3 il travaille aux inscriptions des arcs et des pyramides qui doiv5t orn] la ville capitale un j\r d'entre2 et ds qu'il ent5d dire que les armes sont en prs5ce1 ou qu'une place e/ inve/ie1 il fait dpli] sa robe et la mettre l'air1 af9 qu'elle soit t\te prte p\r la crmonie de la ca?drale4 #ab 7,,iv7 ,il faut que le capital d'une affaire qui assemble dans une ville les plnipot5tiaires ou les ag5ts des c\ronnes et des rpubliques1 soit d'une longue et extraord9aire discussion1 si elle leur cote plus de temps1 je ne dis pas que les seuls prlim9aires1 mais que le simple rglem5t des rangs1 des prsances et des autres crmonies4 ,le m9i/re ou le plnipot5tiaire e/ un camlon1 e/ un ,prote4 ,semblable quelquefois un j\eur habile1 il ne montre ni humeur ni complexion1 soit p\r ne po9t donn] lieu aux conjectures ou se laiss] pntr]1 soit p\r ne ri5 laisse *app] de son secret p> passion ou p> faiblesse4 ,quelquefois aussi il sait fe9dre le c>actre le plus con=me aux vues qu'il a et aux beso9s o il se tr\ve1 et p>atre tel qu'il a intrt que les autres croi5t qu'il e/ en effet4 ,a9si dans une gr&e puissance1 ou dans une gr&e faiblesse qu'il veut dissimul]1 il e/ f]me et inflexible1 p\r t] l'envie de beauc\p obt5ir2 ou il e/ facile1 p\r f\rnir aux autres les occasions de lui dem&]1 et se donn] la mme lic5ce4 ,une autre fois1 ou il e/ pr(ond et dissimul1 p\r ca*] une vrit en l'annonant1 p>ce qu'il lui importe qu'il l'ait dite1 et qu'elle ne soit pas crue2 ou il e/ franc et ouv]t1 af9 que lorsqu'il dissimule ce qui ne doit pas tre su1 l'on croie nanmo9s qu'on n'ignore ri5 de ce que l'on veut savoir1 et que l'on se p]suade qu'il a t\t dit4 ,de mme1 ou il e/ vif et gr& p>leur1 p\r faire p>l] les autres1 p\r emp*] qu'on ne lui p>le de ce qu'il ne veut pas ou de ce qu'il ne doit pas savoir1 p\r dire plusieurs *oses indiffr5tes qui se modifi5t ou qui se dtruis5t les unes les autres1 qui confond5t dans les esprits la cra9te et la confiance1 p\r se df5dre d'une ouv]ture qui lui e/ *appe p> une autre qu'il aura faite2 ou il e/ froid et taciturne1 p\r jet] les autres dans l'engagem5t de p>l]1 p\r c\t] longtemps1 p\r tre c\t qu& il p>le1 p\r p>l] avec asc5dant et avec poids1 p\r faire des promesses ou des m5aces qui port5t un gr& c\p et qui branl5t4 ,il s'ouvre et p>le le premi] p\r1 en dc\vrant les oppositions1 les contradictions1 les brigues et les cabales des m9i/res trang]s sur les propositions qu'il aura avances1 pr5dre ses mesures et avoir la rplique2 et dans une autre r5contre1 il p>le le d]ni]1 p\r ne po9t p>l] en va91 p\r tre prcis1 p\r connatre p>faitem5t les *oses sur quoi il e/ p]mis de faire fond p\r lui ou p\r ses allis1 p\r savoir ce qu'il doit dem&] et ce qu'il peut obt5ir4 ,il sait p>l] en t]mes clairs et =mels2 il sait encore mieux p>l] ambigum5t1 d'une manire enveloppe1 us] de t\rs ou de mots quivoques1 qu'il peut faire valoir ou dim9u] dans les occasions1 et selon ses intrts4 ,il dem&e peu qu& il ne veut pas donn] beauc\p2 il dem&e beauc\p p\r avoir peu1 et l'avoir plus srem5t4 ,il exige d'abord de petites *oses1 qu'il prt5d ensuite lui devoir tre comptes p\r ri51 et qui ne l'exclu5t pas d'en dem&] une plus gr&e2 et il vite au contraire de comm5c] p> obt5ir un po9t important1 s'il l'emp*e d'en gagn] plusieurs autres de mo9dre consqu5ce1 mais qui t\s ensemble l'emport5t sur le premi]4 ,il dem&e trop1 p\r tre refus1 mais dans le desse9 de se faire un droit ou une bi5sance de refus] lui-mme ce qu'il sait bi5 qu'il lui s]a dem&1 et qu'il ne veut pas octroy]3 aussi soigneux alors d'exagr] l'normit de la dem&e1 et de faire conv5ir1 s'il se peut1 des raisons qu'il a de n'y pas ent5dre1 que d'affaiblir celles qu'on prt5d avoir de ne lui pas accord] ce qu'il sollicite avec in/ance2 galem5t appliqu faire sonn] haut et grossir dans l'ide des autres le peu qu'il (fre1 et mpris] ouv]tem5t le peu que l'on cons5t de lui donn]4 ,il fait de fausses (fres1 mais extraord9aires1 qui donn5t de la dfiance1 et oblig5t de rejet] ce que l'on accept]ait inutilem5t2 qui lui sont cep5dant une occasion de faire des dem&es exorbitantes1 et mett5t dans leur tort ceux qui les lui refus5t4 ,il accorde plus qu'on ne lui dem&e1 p\r avoir encore plus qu'il ne doit donn]4 ,il se fait longtemps pri]1 press]1 importun] sur une *ose mdiocre1 p\r te9dre les esprances et t] la p5se d'exig] de lui ri5 de plus =t2 ou s'il se laisse fl*ir jusques l'ab&onn]1 c'e/ t\j\rs avec des conditions qui lui font p>tag] le ga9 et les avantages avec ceux qui reoiv5t4 ,il pr5d directem5t ou indirectem5t l'intrt d'un alli1 s'il y tr\ve son utilit et l'avancem5t de ses prt5tions4 ,il ne p>le que de paix1 que d'alliances1 que de tranquillit publique1 que d'intrt public2 et en effet il ne songe qu'aux si5s1 c'e/--dire ceux de son matre ou de sa rpublique4 ,tantt il runit quelques-uns qui tai5t contraires les uns aux autres1 et tantt il divise quelques autres qui tai5t unis4 ,il intimide les =ts et les puissants1 il enc\rage les faibles4 ,il unit d'abord d'intrt plusieurs faibles contre un plus puissant1 p\r r5dre la balance gale2 il se jo9t ensuite aux premi]s p\r la faire p5*]1 et il leur v5d *] sa protection et son alliance4 ,il sait intress] ceux avec qui il traite2 et p> un adroit mange1 p> de f9s et de subtils dt\rs1 il leur fait s5tir leurs avantages p>ticuli]s1 les bi5s et les honneurs qu'ils peuv5t espr] p> une c]ta9e facilit1 qui ne *oque po9t leur commission ni les int5tions de leurs matres4 ,il ne veut pas aussi tre cru impr5able p> cet endroit2 il laisse voir en lui quelque peu de s5sibilit p\r sa =tune3 il s'attire p> l des propositions qui lui dc\vr5t les vues des autres les plus secrtes1 leurs desse9s les plus pr(onds et leur d]nire ress\rce2 et il en pr(ite4 ,si quelquefois il e/ ls dans quelques *efs qui ont enf9 t rgls1 il crie haut2 si c'e/ le contraire2 il crie plus haut1 et jette ceux qui p]d5t sur la ju/ification et la df5sive4 ,il a son fait digr p> la c\r1 t\tes ses dm>*es sont mesures1 les mo9dres avances qu'il fait lui sont prescrites2 et il agit nanmo9s1 dans les po9ts difficiles et dans les articles conte/s1 comme s'il se rel*ait de lui-mme sur-le-*amp1 et comme p> un esprit d'accommodem5t2 il ose mme promettre l'assemble qu'il f]a gt] la proposition1 et qu'il n'en s]a pas dsav\4 ,il fait c\rir un bruit faux des *oses seulem5t dont il e/ *>g1 muni d'ailleurs de p\voirs p>ticuli]s1 qu'il ne dc\vre jamais qu' l'extrmit1 et dans les mom5ts o il lui s]ait p]nicieux de ne les pas mettre en usage4 ,il t5d surt\t p> ses intrigues au solide et l'ess5tiel1 t\j\rs prt de leur sacrifi] les m9uties et les po9ts d'honneur imag9aires4 ,il a du flegme1 il s'arme de c\rage et de pati5ce1 il ne se lasse po9t1 il fatigue les autres1 et les p\sse jusqu'au dc\ragem5t4 ,il se prcautionne et s'endurcit contre les l5teurs et les remises1 contre les repro*es1 les s\pons1 les dfiances1 contre les difficults et les ob/acles1 p]suad que le temps seul et les conjonctures amn5t les *oses et conduis5t les esprits au po9t o on les s\haite4 ,il va jusques fe9dre un intrt secret la rupture de la ngociation1 lorsqu'il dsire le plus ardemm5t qu'elle soit cont9ue2 et si au contraire il a des ordres prcis de faire les d]ni]s ef=ts p\r la rompre1 il croit devoir1 p\r y russir1 en press] la cont9uation et la f94 ,s'il survi5t un gr& vnem5t1 il se raidit ou il se rel*e selon qu'il lui e/ utile ou prjudiciable2 et si p> une gr&e prud5ce il sait le prvoir1 il presse et il temporise selon que l'tat p\r qui il travaille en doit cra9dre ou espr]2 et il rgle sur ses beso9s ses conditions4 ,il pr5d conseil du temps1 du lieu1 des occasions1 de sa puissance ou de sa faiblesse1 du gnie des nations avec qui il traite1 du tempram5t et du c>actre des p]sonnes avec qui il ngocie4 ,t\tes ses vues1 t\tes ses maximes1 t\s les raff9em5ts de sa politique t5d5t une seule f91 qui e/ de n'tre po9t tromp1 et de tromp] les autres4 #ac 7,i7 ,le c>actre des ,franais dem&e du srieux dans le s\v]a94 #ad 7,i7 ,l'un des malheurs du pr9ce e/ d'tre s\v5t trop ple9 de son secret1 p> le pril qu'il y a le rp&re3 son bonheur e/ de r5contr] une p]sonne sre qui l'en d*>ge4 #ae 7,i7 ,il ne manque ri5 un roi que les d\ceurs d'une vie prive2 il ne peut tre consol d'une si gr&e p]te que p> le *>me de l'amiti1 et p> la fidlit de ses amis4 #af 7,i7 ,le plaisir d'un roi qui mrite de l'tre e/ de l'tre mo9s quelquefois1 de sortir du ?tre1 de quitt] le bas de saye et les brodequ9s1 et de j\] avec une p]sonne de confiance un rle plus famili]4 #ag 7,i7 ,ri5 ne fait plus d'honneur au pr9ce que la mode/ie de son favori4 #ah 7,i7 ,le favori n'a po9t de suite2 il e/ sans engagem5t et sans liaisons2 il peut tre ent\r de p>5ts et de cratures1 mais il n'y ti5t pas2 il e/ dta* de t\t1 et comme isol4 #bj 7,,vi7 ,je ne d\te po9t qu'un favori1 s'il a quelque =ce et quelque lvation1 ne se tr\ve s\v5t confus et dconc]t des bassesses1 des petitesses1 de la flatt]ie1 des so9s sup]flus et des att5tions frivoles de ceux qui le c\r5t1 qui le suiv5t1 et qui s'atta*5t lui comme ses viles cratures2 et qu'il ne se ddommage dans le p>ticuli] d'une si gr&e s]vitude p> le ris et la moqu]ie4 #ba 7,,vi7 ,hommes en place1 m9i/res1 favoris1 me p]mettrez-v\s de le dire8 ne v\s reposez po9t sur vos desc5dants p\r le so9 de votre mmoire et p\r la dure de votre nom3 les titres pass5t1 la faveur s'van\it1 les dignits se p]d5t1 les ri*esses se dissip5t1 et le mrite dgnre4 ,v\s avez des enfants1 il e/ vrai1 dignes de v\s1 j'aj\te mme capables de s\t5ir t\te votre =tune2 mais qui peut v\s en promettre autant de vos petits-fils8 ,ne m'en croyez pas1 reg>dez cette unique fois de c]ta9s hommes que v\s ne reg>dez jamais1 que v\s ddaignez3 ils ont des aeuls1 qui1 t\t gr&s que v\s tes1 v\s ne faites que succd]4 ,ayez de la v]tu et de l'humanit2 et si v\s me dites3 ,qu'aurons-n\s de plus8 je v\s rpondrai3 ,de l'humanit et de la v]tu4 ,matres alors de l'av5ir1 et indp5dants d'une po/rit1 v\s tes srs de dur] autant que la mon>*ie2 et dans le temps que l'on montr]a les ru9es de vos *teaux1 et peut-tre la seule place o ils tai5t con/ruits1 l'ide de vos l\ables actions s]a encore fra*e dans l'esprit des peuples2 ils considr]ont avidem5t vos portraits et vos mdailles2 ils diront3 ,cet homme dont v\s reg>dez la pe9ture a p>l son matre avec =ce et avec lib]t1 et a plus cra9t de lui nuire que de lui dplaire2 il lui a p]mis d'tre bon et bi5faisant1 de dire de ses villes3 ,ma bonne ville1 et de son peuple3 ,mon peuple4 ,cet autre dont v\s voyez l'image1 et en qui l'on rem>que une physionomie =te1 jo9te un air grave1 au/re et maje/ueux1 augm5te d'anne autre de rputation3 les plus gr&s politiques s\ffr5t de lui tre comp>s4 ,son gr& desse9 a t d'aff]mir l'autorit du pr9ce et la sret des peuples p> l'abaissem5t des gr&s3 ni les p>tis1 ni les conjurations1 ni les trahisons1 ni le pril de la mort1 ni ses infirmits n'ont pu l'en dt\rn]4 ,il a eu du temps de re/e p\r entam] un ouvrage1 cont9u ensuite et a*ev p> l'un de nos plus gr&s et de nos meilleurs pr9ces1 l'ext9ction de l'hrsie4 #bb 7,,viii7 ,le panneau le plus dli et le plus spcieux qui dans t\s les temps ait t t5du aux gr&s p> leurs g5s d'affaires1 et aux rois p> leurs m9i/res1 e/ la leon qu'ils leur font de s'acquitt] et de s'enri*ir4 ,excell5t conseil6 maxime utile1 fructueuse1 une m9e d'or1 un ,pr\1 du mo9s p\r ceux qui ont su jusqu' prs5t l'inspir] leurs matres4 #bc 7,,iv7 ,c'e/ un extrme bonheur p\r les peuples qu& le pr9ce admet dans sa confiance et *oisit p\r le m9i/re ceux mmes qu'ils aurai5t v\lu lui donn]1 s'ils en avai5t t les matres4 #bd 7,,iv7 ,la sci5ce des dtails1 ou une dilig5te att5tion aux mo9dres beso9s de la rpublique1 e/ une p>tie ess5tielle au bon g\v]nem5t1 trop nglige la vrit dans les d]ni]s temps p> les rois ou p> les m9i/res1 mais qu'on ne peut trop s\hait] dans le s\v]a9 qui l'ignore1 ni assez e/im] dans celui qui la possde4 ,que s]t en effet au bi5 des peuples et la d\ceur de leurs j\rs1 que le pr9ce place les bornes de son empire au del des t]res de ses ennemis1 qu'il fasse de leurs s\v]a9ets des prov9ces de son royaume2 qu'il leur soit galem5t suprieur p> les siges et p> les batailles1 et qu'ils ne soi5t devant lui en sret ni dans les pla9es ni dans les plus =ts ba/ions2 que les nations s'appell5t les unes les autres1 se ligu5t ensemble p\r se df5dre et p\r l'arrt]2 qu'elles se ligu5t en va91 qu'il m>*e t\j\rs et qu'il triomphe t\j\rs2 que leurs d]nires esprances soi5t tombes p> le raff]missem5t d'une sant qui donn]a au mon>que le plaisir de voir les pr9ces ses petits-fils s\t5ir ou accrotre ses de/9es1 se mettre en campagne1 s'emp>] de r$\tables =t]esses1 et conqurir de n\veaux tats2 comm&] de vieux et exprim5ts capita9es1 mo9s p> leur rang et leur naissance que p> leur gnie et leur sagesse2 suivre les traces augu/es de leur victorieux pre2 imit] sa bont sa docilit1 son quit1 sa vigilance1 son intrpidit8 ,que me s]virait en un mot1 comme t\t le peuple1 que le pr9ce ft heureux et combl de gloire p> lui-mme et p> les si5s1 que ma patrie ft puissante et =midable1 si1 tri/e et inquiet1 j'y vivais dans l'oppression ou dans l'indig5ce2 si1 c\v]t des c\rses de l'ennemi1 je me tr\vais expos dans les places ou dans les rues d'une ville au f] d'un assass91 et que je craignisse mo9s dans l'horreur de la nuit d'tre pill ou massacr dans d'paisses =ts que dans ses c>ref\rs2 si la sret1 l'ordre et la propret ne r5dai5t pas le sj\r des villes si dlicieux1 et n'y avai5t pas am51 avec l'abondance1 la d\ceur de la socit2 si1 faible et seul de mon p>ti1 j'avais s\ffrir dans ma mtairie du vois9age d'un gr&1 et si l'on avait mo9s p\rvu me faire ju/ice de ses entreprises2 si je n'avais pas s\s ma ma9 autant de matres1 et d'excell5ts matres1 p\r lev] mes enfants dans les sci5ces ou dans les arts qui f]ont un j\r leur tablissem5t2 si1 p> la facilit du comm]ce1 il m'tait mo9s ord9aire de m'habill] de bonnes t(fes1 et de me n\rrir de vi&es sa9es1 et de les a*et] peu2 si enf91 p> les so9s du pr9ce1 je n'tais pas aussi cont5t de ma =tune1 qu'il doit lui-mme p> ses v]tus l'tre de la si5ne8 #be 7,,vii7 ,les huit ou les dix mille hommes sont au s\v]a9 comme une monnaie dont il a*te une place ou une victoire3 s'il fait qu'il lui en cote mo9s1 s'il p>gne les hommes1 il ressemble celui qui m>*&e et qui connat mieux qu'un autre le prix de l'arg5t4 #bf 7,,vii7 ,t\t prospre dans une mon>*ie o l'on confond les intrts de l'tat avec ceux du pr9ce4 #bg 7,,vii7 ,nomm] un roi ,pre du peuple e/ mo9s faire son loge que l'appel] p> son nom1 ou faire sa df9ition4 #bh 7,,vii7 ,il y a un comm]ce ou un ret\r de devoirs du s\v]a9 ses sujets1 et de ceux-ci au s\v]a93 quels sont les plus assujettissants et les plus pnibles1 je ne le dcid]ai pas4 ,il s'agit de jug]1 d'un ct1 entre les troits engagem5ts du respect1 des sec\rs1 des s]vices1 de l'obissance1 de la dp5dance2 et d'un autre1 les obligations indisp5sables de bont1 de ju/ice1 de so9s1 de df5se1 de protection4 ,dire qu'un pr9ce e/ arbitre de la vie des hommes1 c'e/ dire seulem5t que les hommes p> leurs crimes devi5n5t naturellem5t s\mis aux lois et la ju/ice1 dont le pr9ce e/ le dpositaire3 aj\t] qu'il e/ matre absolu de t\s les bi5s de ses sujets1 sans g>ds1 sans compte ni discussion1 c'e/ le langage de la flatt]ie1 c'e/ l'op9ion d'un favori qui se ddira l'agonie4 #bi 7,,vii7 ,qu& v\s voyez quelquefois un nombreux tr\peau1 qui rp&u sur une coll9e v]s le dcl9 d'un beau j\r1 pat tranquillem5t le ?ym et le s]polet1 ou qui br\te dans une prairie une h]be m5ue et t5dre qui a *app la faux du moissonneur1 le b]g]1 soigneux et att5tif1 e/ deb\t auprs de ses brebis2 il ne les p]d pas de vue1 il les suit1 il les conduit1 il les *ange de pturage2 si elles se disp]s5t1 il les rassemble2 si un l\p avide p>at1 il l*e son *i51 qui le met en fuite2 il les n\rrit1 il les df5d2 l'aurore le tr\ve dj en ple9e campagne1 d'o il ne se retire qu'avec le soleil3 quels so9s6 quelle vigilance6 quelle s]vitude6 ,quelle condition v\s p>at la plus dlicieuse et la plus libre1 ou du b]g] ou des brebis8 le tr\peau e/-il fait p\r le b]g]1 ou le b]g] p\r le tr\peau8 ,image nave des peuples et du pr9ce qui les g\v]ne1 s'il e/ bon pr9ce4 ,le fa/e et le luxe dans un s\v]a91 c'e/ le b]g] habill d'or et de pi]r]ies1 la h\lette d'or en ses ma9s2 son *i5 a un colli] d'or1 il e/ atta* avec une laisse d'or et de soie4 ,que s]t tant d'or son tr\peau ou contre les l\ps8 #cj 7,,vii7 ,quelle heureuse place que celle qui f\rnit dans t\s les in/ants l'occasion un homme de faire du bi5 tant de milli]s d'hommes6 ,quel dang]eux po/e que celui qui expose t\s mom5ts un homme nuire un million d'hommes6 #ca 7,,vii7 ,si les hommes ne sont po9t capables sur la t]re d'une joie plus naturelle1 plus flatteuse et plus s5sible1 que de connatre qu'ils sont aims1 et si les rois sont hommes1 peuv5t-ils jamais trop a*et] le coeur de leurs peuples8 #cb 7,i7 ,il y a peu de rgles gnrales et de mesures c]ta9es p\r bi5 g\v]n]2 l'on suit le temps et les conjonctures1 et cela r\le sur la prud5ce et sur les vues de ceux qui rgn5t3 aussi le *ef-d'oeuvre de l'esprit1 c'e/ le p>fait g\v]nem5t2 et ce ne s]ait peut-tre pas une *ose possible1 si les peuples1 p> l'habitude o ils sont de la dp5dance et de la s\mission1 ne faisai5t la moiti de l'ouvrage4 #cc 7,i7 ,s\s un trs gr& roi1 ceux qui ti5n5t les premires places n'ont que des devoirs faciles1 et que l'on remplit sans nulle pe9e3 t\t c\le de s\rce2 l'autorit et le gnie du pr9ce leur aplaniss5t les *em9s1 leur p>gn5t les difficults1 et font t\t prospr] au del de leur att5te3 ils ont le mrite de subalt]nes4 #cd 7,v7 ,si c'e/ trop de se tr\v] *>g d'une seule famille1 si c'e/ assez d'avoir rpondre de soi seul1 quel poids1 quel accablem5t1 que celui de t\t un royaume6 ,un s\v]a9 e/-il pay de ses pe9es p> le plaisir que semble donn] une puissance absolue1 p> t\tes les pro/]nations des c\rtisans8 ,je songe aux pnibles1 d\teux et dang]eux *em9s qu'il e/ quelquefois oblig de suivre p\r arriv] la tranquillit publique2 je repasse les moy5s extrmes1 mais ncessaires1 dont il use s\v5t p\r une bonne f92 je sais qu'il doit rpondre ,dieu mme de la flicit de ses peuples1 que le bi5 et le mal e/ en ses ma9s1 et que t\te ignorance ne l'excuse pas2 et je me dis moi-mme3 ,v\drais-je rgn]8 ,un homme un peu heureux dans une condition prive devrait-il y r5onc] p\r une mon>*ie8 ,n'e/-ce pas beauc\p1 p\r celui qui se tr\ve en place p> un droit hrditaire1 de support] d'tre n roi8 #ce 7,i7 ,que de dons du ciel ne faut-il pas p\r bi5 rgn]6 ,une naissance augu/e1 un air d'empire et d'autorit1 un visage qui remplisse la curiosit des peuples empresss de voir le pr9ce1 et qui cons]ve le respect dans le c\rtisan2 une p>faite galit d'humeur2 un gr& loignem5t p\r la raill]ie piquante1 ou assez de raison p\r ne se la p]mettre po9t2 ne faire jamais ni m5aces ni repro*es2 ne po9t cd] la colre1 et tre t\j\rs obi2 l'esprit facile1 ins9uant2 le coeur ouv]t1 s9cre1 et dont on croit voir le fond1 et a9si trs propre se faire des amis1 des cratures et des allis2 tre secret t\tefois1 pr(ond et impntrable dans ses motifs et dans ses projets2 du srieux et de la gravit dans le public2 de la brivet1 jo9te beauc\p de ju/esse et de dignit1 soit dans les rponses aux ambassadeurs des pr9ces1 soit dans les conseils2 une manire de faire des grces qui e/ comme un second bi5fait2 le *oix des p]sonnes que l'on gratifie2 le disc]nem5t des esprits1 des tal5ts1 et des complexions p\r la di/ribution des po/es et des emplois2 le *oix des gnraux et des m9i/res2 un jugem5t f]me1 solide1 dcisif dans les affaires1 qui fait que l'on connat le meilleur p>ti et le plus ju/e2 un esprit de droiture et d'quit qui fait qu'on le suit jusques prononc] quelquefois contre soi-mme en faveur du peuple1 des allis1 des ennemis2 une mmoire heureuse et trs prs5te1 qui rappelle les beso9s des sujets1 leurs visages1 leurs noms1 leurs requtes2 une va/e capacit1 qui s't5de non seulem5t aux affaires de dehors1 au comm]ce1 aux maximes d'tat1 aux vues de la politique1 au reculem5t des frontires p> la conqute de n\velles prov9ces1 et leur sret p> un gr& nombre de =t]esses inaccessibles2 mais qui sa*e aussi se r5f]m] au d$ans1 et comme dans les dtails de t\t un royaume2 qui en bannisse un culte faux1 suspect et ennemi de la s\v]a9et1 s'il s'y r5contre2 qui abolisse des usages cruels et impies1 s'ils y rgn5t2 qui r=me les lois et les c\tumes1 si elles tai5t remplies d'abus2 qui donne aux villes plus de sret et plus de commodits p> le r5\vellem5t d'une exacte police1 plus d'clat et plus de maje/ p> des difices somptueux2 punir svrem5t les vices sc&aleux2 donn] p> son autorit et p> son exemple du crdit la pit et la v]tu2 protg] l'glise1 ses m9i/res1 ses droits1 ses lib]ts1 mnag] ses peuples comme ses enfants2 tre t\j\rs occup de la p5se de les s\lag]1 de r5dre les subsides lg]s1 et tels qu'ils se lv5t sur les prov9ces sans les appauvrir2 de gr&s tal5ts p\r la gu]re2 tre vigilant1 appliqu1 laborieux2 avoir des armes nombreuses1 les comm&] en p]sonne2 tre froid dans le pril1 ne mnag] sa vie que p\r le bi5 de son tat2 aim] le bi5 de son tat et sa gloire plus que sa vie2 une puissance trs absolue1 qui ne laisse po9t d'occasion aux brigues1 l'intrigue et la cabale2 qui te cette di/ance inf9ie qui e/ quelquefois entre les gr&s et les petits1 qui les rappro*e1 et s\s laquelle t\s pli5t galem5t2 une t5due de connaissance qui fait que le pr9ce voit t\t p> ses yeux1 qu'il agit immdiatem5t et p> lui-mme1 que ses gnraux ne sont1 quoique loigns de lui1 que ses lieut5ants1 et les m9i/res que ses m9i/res2 une pr(onde sagesse1 qui sait dcl>] la gu]re1 qui sait va9cre et us] de la victoire2 qui sait faire la paix1 qui sait la rompre2 qui sait quelquefois1 et selon les div]s intrts1 contra9dre les ennemis la recevoir2 qui donne des rgles une va/e ambition1 et sait jusques o l'on doit conqurir2 au milieu d'ennemis c\v]ts ou dcl>s1 se procur] le loisir des jeux1 des ftes1 des spectacles2 cultiv] les arts et les sci5ces2 =m] et excut] des projets d'difices surpr5ants2 un gnie enf9 suprieur et puissant1 qui se fait aim] et rvr] des si5s1 cra9dre des trang]s2 qui fait d'une c\r1 et mme de t\t un royaume1 comme une seule famille1 unie p>faitem5t s\s un mme *ef1 dont l'union et la bonne intellig5ce e/ r$\table au re/e du monde3 ces admirables v]tus me sembl5t ref]mes dans l'ide du s\v]a92 il e/ vrai qu'il e/ r>e de les voir runies dans un mme sujet3 il faut que trop de *oses conc\r5t la fois1 l'esprit1 le coeur1 les dehors1 le tempram5t2 et il me p>at qu'un mon>que qui les rassemble t\tes en sa p]sonne e/ bi5 digne du nom de ,gr&4 ,de l'homme #a 7,i7 ,ne n\s emportons po9t contre les hommes en voyant leur duret1 leur +ratitude1 leur inju/ice1 leur fi]t1 l'am\r d'eux-mmes1 et l'oubli des autres3 ils sont a9si faits1 c'e/ leur nature1 c'e/ ne p\voir support] que la pi]re tombe ou que le feu s'lve4 #b 7,i7 ,les hommes en un s5s ne sont po9t lg]s1 ou ne le sont que dans les petites *oses4 ,ils *ang5t leurs habits1 leur langage1 les dehors1 les bi5sances2 ils *ang5t de gt quelquefois3 ils g>d5t leurs moeurs t\j\rs mauvaises1 f]mes et con/ants dans le mal1 ou dans l'indiffr5ce p\r la v]tu4 #c 7,,iv7 ,le /ocisme e/ un jeu d'esprit et une ide semblable la ,rpublique de ,platon4 ,les /oques ont fe9t qu'on p\vait rire dans la pauvret2 tre ins5sible aux injures1 l'+ratitude1 aux p]tes de bi5s1 comme celles des p>5ts et des amis2 reg>d] froidem5t la mort1 et comme une *ose indiffr5te qui ne devait ni rj\ir ni r5dre tri/e2 n'tre va9cu ni p> le plaisir ni p> la d\leur2 s5tir le f] ou le feu dans quelque p>tie de son corps sans p\ss] le mo9dre s\pir1 ni jet] une seule l>me2 et ce fantme de v]tu et de con/ance a9si imag91 il leur a plu de l'appel] un sage4 ,ils ont laiss l'homme t\s les dfauts qu'ils lui ont tr\vs1 et n'ont presque relev aucun de ses faibles4 ,au lieu de faire de ses vices des pe9tures affreuses ou ridicules qui s]viss5t l'en corrig]1 ils lui ont trac l'ide d'une p]fection et d'un hrosme dont il n'e/ po9t capable1 et l'ont exhort l'impossible4 ,a9si le sage1 qui n'e/ pas1 ou qui n'e/ qu'imag9aire1 se tr\ve naturellem5t et p> lui-mme au-dessus de t\s les vnem5ts et de t\s les maux3 ni la g\tte la plus d\l\reuse1 ni la colique la plus aigu ne saurai5t lui arra*] une pla9te2 le ciel et la t]re peuv5t tre r5v]ss sans l'entran] dans leur *ute1 et il demeur]ait f]me sur les ru9es de l'univ]s3 p5dant que l'homme qui e/ en effet sort de son s5s1 crie1 se dsespre1 t9celle des yeux1 et p]d la respiration p\r un *i5 p]du ou p\r une porcela9e qui e/ en pices4 #d 7,,iv7 ,inquitude d'esprit1 9galit d'humeur1 incon/ance de coeur1 inc]titude de conduite3 t\s vices de l'me1 mais diffr5ts1 et qui avec t\t le rapport qui p>at entre eux1 ne se suppos5t pas t\j\rs l'un l'autre dans un mme sujet4 #e 7,,vi7 ,il e/ difficile de dcid] si l'irrsolution r5d l'homme plus malheureux que mprisable2 de mme s'il y a t\j\rs plus d'inconvni5t pr5dre un mauvais p>ti1 qu' n'en pr5dre aucun4 #f 7,,vi7 ,un homme 9gal n'e/ pas un seul homme1 ce sont plusieurs3 il se multiplie autant de fois qu'il a de n\veaux gts et de manires diffr5tes2 il e/ *aque mom5t ce qu'il n'tait po9t1 et il va tre bi5tt ce qu'il n'a jamais t3 il se succde lui-mme4 ,ne dem&ez pas de quelle complexion il e/1 mais quelles sont ses complexions2 ni de quelle humeur1 mais combi5 il a de sortes d'humeurs4 ,ne v\s trompez-v\s po9t8 e/-ce ,eu?ycrate que v\s abordez8 auj\rd'hui quelle glace p\r v\s6 hi] il v\s re*]*ait1 il v\s c>essait1 v\s donniez de la jal\sie ses amis3 v\s reconnat-il bi58 dites-lui votre nom4 #g 7,,vi7 ,mnalque desc5d son escali]1 ouvre sa porte p\r sortir1 il la ref]me3 il s'ap]oit qu'il e/ en bonnet de nuit2 et v5ant mieux s'exam9]1 il se tr\ve ras moiti1 il voit que son pe e/ mise du ct droit1 que ses bas sont rabattus sur ses talons1 et que sa *emise e/ p>-dessus ses *ausses4 ,s'il m>*e dans les places1 il se s5t t\t d'un c\p rudem5t frapp] l'e/omac ou au visage2 il ne s\ponne po9t ce que ce peut tre1 jusqu' ce qu'ouvrant les yeux et se rveillant1 il se tr\ve ou devant un limon de *>rette1 ou d]rire un long ais de m5uis]ie que porte un ouvri] sur ses paules4 ,on l'a vu une fois heurt] du front contre celui d'un aveugle1 s'emb>rass] dans ses jambes1 et tomb] avec lui *acun de son ct la r5v]se4 ,il lui e/ arriv plusieurs fois de se tr\v] tte p\r tte la r5contre d'un pr9ce et sur son passage1 se reconnatre pe9e1 et n'avoir que le loisir de se coll] un mur p\r lui faire place4 ,il *]*e1 il br\ille1 il crie1 il s'*auffe1 il appelle ses valets l'un aprs l'autre3 on lui p]d t\t1 on lui g>e t\t2 il dem&e ses gants1 qu'il a dans ses ma9s1 semblable cette femme qui pr5ait le temps de dem&] son masque lorsqu'elle l'avait sur son visage4 ,il entre l'app>tem5t1 et passe s\s un lu/re o sa p]ruque s'accro*e et demeure susp5due3 t\s les c\rtisans reg>d5t et ri5t2 ,mnalque reg>de aussi et rit plus haut que les autres1 il *]*e des yeux dans t\te l'assemble o e/ celui qui montre ses oreilles1 et qui il manque une p]ruque4 ,s'il va p> la ville1 aprs avoir fait quelque *em91 il se croit g>1 il s'meut1 et il dem&e o il e/ des passants1 qui lui dis5t prcism5t le nom de sa rue2 il entre ensuite dans sa maison1 d'o il sort prcipitamm5t1 croyant qu'il s'e/ tromp4 ,il desc5d du ,palais1 et tr\vant au bas du gr& degr un c>rosse qu'il pr5d p\r le si51 il se met d$ans3 le co*] t\*e et croit ram5] son matre dans sa maison2 ,mnalque se jette hors de la portire1 trav]se la c\r1 monte l'escali]1 p>c\rt l'anti*ambre1 la *ambre1 le cab9et2 t\t lui e/ famili]1 ri5 ne lui e/ n\veau2 il s'assit1 il se repose1 il e/ *ez soi4 ,le matre arrive3 celui-ci se lve p\r le recevoir2 il le traite =t civilem5t1 le prie de s'asseoir1 et croit faire les honneurs de sa *ambre2 il p>le1 il rve1 il repr5d la p>ole3 le matre de la maison s'ennuie1 et demeure tonn2 ,mnalque ne l'e/ pas mo9s1 et ne dit pas ce qu'il en p5se3 il a affaire un f*eux1 un homme oisif1 qui se retir]a la f91 il l'espre1 et il pr5d pati5ce3 la nuit arrive qu'il e/ pe9e dtromp4 ,une autre fois il r5d visite une femme1 et1 se p]suadant bi5tt que c'e/ lui qui la reoit1 il s'tablit dans son fauteuil1 et ne songe nullem5t l'ab&onn]3 il tr\ve ensuite que cette dame fait ses visites longues1 il att5d t\s mom5ts qu'elle se lve et le laisse en lib]t2 mais comme cela tire en longueur1 qu'il a faim1 et que la nuit e/ dj avance1 il la prie s\p]3 elle rit1 et si haut1 qu'elle le rveille4 ,lui-mme se m>ie le mat91 l'oublie le soir1 et dc\*e la nuit de ses noces2 et quelques annes aprs il p]d sa femme1 elle meurt entre ses bras1 il assi/e ses obsques1 et le l5dema91 qu& on lui vi5t dire qu'on a s]vi1 il dem&e si sa femme e/ prte et si elle e/ av]tie4 ,c'e/ lui encore qui entre dans une glise1 et pr5ant l'aveugle qui e/ coll la porte p\r un pili]1 et sa tasse p\r le bniti]1 y plonge la ma91 la porte son front1 lorsqu'il ent5d t\t d'un c\p le pili] qui p>le1 et qui lui (fre des oraisons4 ,il s'avance dans la nef1 il croit voir un prie-,dieu1 il se jette l\rdem5t dessus3 la ma*9e plie1 s'enfonce1 et fait des ef=ts p\r cri]2 ,mnalque e/ surpris de se voir g5\x sur les jambes d'un =t petit homme1 appuy sur son dos1 les deux bras passs sur ses paules1 et ses deux ma9s jo9tes et t5dues qui lui pr5n5t le nez et lui f]m5t la b\*e2 il se retire confus1 et va s'ag5\ill] ailleurs4 ,il tire un livre p\r faire sa prire1 et c'e/ sa pant\fle qu'il a prise p\r ses ,heures1 et qu'il a mise dans sa po*e avant que de sortir4 ,il n'e/ pas hors de l'glise qu'un homme de livre c\rt aprs lui1 le jo9t1 lui dem&e en riant s'il n'a po9t la pant\fle de ,monseigneur2 ,mnalque lui montre la si5ne1 et lu dit3 ,voil t\tes les pant\fles que j'ai sur moi2 il se f\ille nanmo9s1 et tire celle de l'vque de99991 qu'il vi5t de quitt]1 qu'il a tr\v malade auprs de son feu1 et dont1 avant de pr5dre cong de lui1 il a ramass la pant\fle1 comme l'un de ses gants qui tait t]re3 a9si ,mnalque s'en ret\rne *ez soi avec une pant\fle de mo9s4 ,il a une fois p]du au jeu t\t l'arg5t qui e/ dans sa b\rse1 et1 v\lant cont9u] de j\]1 il entre dans son cab9et1 ouvre une armoire1 y pr5d sa cassette1 en tire ce qu'il lui plat1 croit la remettre o il l'a prise3 il ent5d aboy] dans son armoire qu'il vi5t de f]m]2 tonn de ce prodige1 il l'ouvre une seconde fois1 et il clate de rire d'y voir son *i51 qu'il a s]r p\r sa cassette4 ,il j\e au trictrac1 il dem&e boire1 on lui en apporte2 c'e/ lui j\]1 il ti5t le cornet d'une ma9 et un v]re de l'autre1 et comme il a une gr&e soif1 il avale les ds et presque le cornet1 jette le v]re d'eau dans le trictrac1 et inonde celui contre qui il j\e4 ,et dans une *ambre o il e/ famili]1 il cra*e sur le lit et jette son *apeau t]re1 en croyant faire t\t le contraire4 ,il se promne sur l'eau1 et il dem&e quelle heure il e/3 on lui prs5te une montre2 pe9e l'a-t-il reue1 que ne songeant plus ni l'heure ni la montre1 il la jette dans la rivire1 comme une *ose qui l'emb>rasse4 ,lui-mme crit une longue lettre1 met de la p\dre dessus plusieurs reprises1 et jette t\j\rs la p\dre dans l'encri]4 ,ce n'e/ pas t\t3 il crit une seconde lettre1 et aprs les avoir ca*etes t\tes deux1 il se trompe l'adresse2 un duc et pair reoit l'une de ces deux lettres1 et en l'ouvrant y lit ces mots3 ,matre ,olivi]1 ne manquez2 sitt la prs5te reue1 de m'envoy] ma provision de fo9444 ,son f]mi] reoit l'autre1 il l'ouvre1 et se la fait lire2 on y tr\ve3 ,monseigneur1 j'ai reu avec une s\mission aveugle les ordres qu'il a plu ,votre ,gr&eur444 ,lui-mme encore crit une lettre p5dant la nuit1 et aprs l'avoir ca*ete1 il te9t sa b\gie3 il ne laisse pas d'tre surpris de ne voir g\tte1 et il sait pe9e comm5t cela e/ arriv4 ,mnalque desc5d l'escali] du ,l\vre2 un autre le monte1 qui il dit3 ,c'e/ v\s que je *]*e2 il le pr5d p> la ma91 le fait desc5dre avec lui1 trav]se plusieurs c\rs1 entre dans les salles1 en sort2 il va1 il revi5t sur ses pas2 il reg>de enf9 celui qu'il trane aprs soi depuis un qu>t d'heure3 il e/ tonn que ce soit lui1 il n'a ri5 lui dire1 il lui quitte la ma91 et t\rne d'un autre ct4 ,s\v5t il v\s int]roge1 et il e/ dj bi5 lo9 de v\s qu& v\s songez lui rpondre2 ou bi5 il v\s dem&e en c\rant comm5t se porte votre pre1 et comme v\s lui dites qu'il e/ =t mal1 il v\s crie qu'il en e/ bi5 aise4 ,il v\s tr\ve quelque autre fois sur son *em93 ,il e/ ravi de v\s r5contr]2 il sort de *ez v\s p\r v\s entret5ir d'une c]ta9e *ose2 il contemple votre ma93 ,v\s avez l1 dit-il1 un beau rubis2 e/-il balais81 il v\s quitte et cont9ue sa r\te3 voil l'affaire importante dont il avait v\s p>l]4 ,se tr\ve-t-il en campagne1 il dit quelqu'un qu'il le tr\ve heureux d'avoir pu se drob] la c\r p5dant l'automne1 et d'avoir pass dans ses t]res t\t le temps de ,fonta9ebleau1 il ti5t d'autres disc\rs2 puis rev5ant celui-ci3 ,v\s avez eu1 lui dit-il1 de beaux j\rs ,fonta9ebleau2 v\s y avez sans d\te beauc\p *ass4 ,il comm5ce ensuite un conte qu'il oublie d'a*ev]2 il rit en lui-mme1 il clate d'une *ose qui lui passe p> l'esprit1 il rpond sa p5se1 il *ante entre ses d5ts1 il siffle1 il se r5v]se dans une *aise1 il p\sse un cri pla9tif1 il bille1 il se croit seul4 ,s'il se tr\ve un repas1 on voit le pa9 se multipli] ins5siblem5t sur son assiette3 il e/ vrai que ses vois9s en manqu5t1 aussi bi5 que de c\teaux et de f\r*ettes1 dont il ne les laisse pas j\ir longtemps4 ,on a inv5t aux tables une gr&e cuillre p\r la commodit du s]vice3 il la pr5d1 la plonge dans le plat1 l'emplit1 la porte sa b\*e1 et il ne sort pas d'tonnem5t de voir rp&u sur son l+e et sur ses habits le potage qu'il vi5t d'aval]4 ,il oublie de boire p5dant t\t le dn]2 ou s'il s'en s\vi5t1 et qu'il tr\ve que l'on lui donne trop de v91 il en flanque plus de la moiti au visage de celui qui e/ sa droite2 il boit le re/e tranquillem5t1 et ne compr5d pas p\rquoi t\t le monde clate de rire de ce qu'il a jet t]re ce qu'on lui a v]s de trop4 ,il e/ un j\r ret5u au lit p\r quelque incommodit3 on lui r5d visite2 il y a un c]cle d'hommes et de femmes dans la ruelle qui l'entreti5n5t1 et en leur prs5ce il s\lve sa c\v]ture et cra*e dans ses draps4 ,on le mne aux ,*>treux2 on lui fait voir un clotre orn d'ouvrages1 t\s de la ma9 d'un excell5t pe9tre2 le religieux qui les lui explique p>le de sa9t ,bruno1 du *ano9e et de son av5ture1 en fait une longue hi/oire1 et la montre dans l'un de ses tableaux3 ,mnalque1 qui p5dant la n>ration e/ hors du clotre1 et bi5 lo9 au del1 y revi5t enf91 et dem&e au pre si c'e/ le *ano9e ou sa9t ,bruno qui e/ damn4 ,il se tr\ve p> has>d avec une jeune veuve2 il lui p>le de son dfunt m>i1 lui dem&e comm5t il e/ mort2 cette femme1 qui ce disc\rs r5\velle ses d\leurs1 pleure1 sanglote1 et ne laisse pas de repr5dre t\s les dtails de la maladie de son p\x1 qu'elle conduit depuis la veille de sa fivre1 qu'il se portait bi51 jusqu' l'agonie3 ,madame1 lui dem&e ,mnalque1 qui l'avait app>emm5t c\te avec att5tion1 n'aviez-v\s que celui-l8 ,il s'avise un mat9 de faire t\t ht] dans sa cuis9e1 il se lve avant le fruit1 et pr5d cong de la compagnie3 on le voit ce j\r-l en t\s les endroits de la ville1 hormis en celui o il a donn un r5dez-v\s prcis p\r cette affaire qui l'a emp* de dn]1 et l'a fait sortir pi$1 de peur que son c>rosse ne le ft att5dre4 ,l'ent5dez-v\s cri]1 grond]1 s'emport] contre l'un de ses dome/iques8 il e/ tonn de ne le po9t voir3 ,o peut-il tre8 dit-il2 que fait-il8 qu'e/-il dev5u8 qu'il ne se prs5te plus devant moi1 je le *asse ds cette heure4 ,le valet arrive1 qui il dem&e firem5t d'o il vi5t2 il lui rpond qu'il vi5t de l'endroit o il l'a envoy1 et il lui r5d un fidle compte de sa commission4 ,v\s le pr5driez s\v5t p\r t\t ce qu'il n'e/ pas3 p\r un /upide1 c> il n'c\te po9t1 et il p>le encore mo9s2 p\r un f\1 c> outre qu'il p>le t\t seul1 il e/ sujet de c]ta9es grimaces et des m\vem5ts de tte involontaires2 p\r un homme fi] et incivil1 c> v\s le saluez1 et il passe sans v\s reg>d]1 ou il v\s reg>de sans v\s r5dre le salut2 p\r un inconsidr1 c> il p>le de banqu]\te au milieu d'une famille o il y a cette ta*e1 d'excution et d'*afaud devant un homme dont le pre y a mont1 de roture devant des roturi]s qui sont ri*es et qui se donn5t p\r nobles4 ,de mme il a desse9 d'lev] auprs de soi un fils naturel s\s le nom et le p]sonnage d'un valet2 et quoiqu'il veuille le drob] la connaissance de sa femme et de ses enfants1 il lui *appe de l'appel] son fils dix fois le j\r4 ,il a pris aussi la rsolution de m>i] son fils la fille d'un homme d'affaires1 et il ne laisse pas de dire de temps en temps1 en p>lant de sa maison et de ses anctres1 que les ,mnalques ne se sont jamais msallis4 ,enf9 il n'e/ ni prs5t ni att5tif dans une compagnie ce qui fait le sujet de la conv]sation4 ,il p5se et il p>le t\t la fois1 mais la *ose dont il p>le e/ r>em5t celle laquelle il p5se2 aussi ne p>le-t-il gure consquemm5t et avec suite3 o il dit non1 s\v5t il faut dire oui1 et o il dit oui1 croyez qu'il veut dire non2 il a1 en v\s rpondant si ju/e1 les yeux =t ouv]ts1 mais il ne s'en s]t po9t3 il ne reg>de ni v\s ni p]sonne1 ni ri5 qui soit au monde4 ,t\t ce que v\s p\vez tir] de lui1 et encore dans le temps qu'il e/ le plus appliqu et d'un meilleur comm]ce1 ce sont ces mots3 ,oui vraim5t2 ,c'e/ vrai2 ,bon6 ,t\t de bon8 ,oui-da6 ,je p5se qu'oui2 ,assurm5t2 ,ah6 ciel6 et quelques autres monosyllabes qui ne sont pas mme placs propos4 ,jamais aussi il n'e/ avec ceux avec qui il p>at tre3 il appelle srieusem5t son laquais ,monsieur2 et son ami1 il l'appelle la ,v]dure2 il dit ,votre ,rvr5ce un pr9ce du sang1 et ,votre ,altesse un jsuite4 ,il ent5d la messe3 le prtre vi5t t]nu]2 il lui dit3 ,dieu v\s assi/e6 ,il se tr\ve avec un magi/rat3 cet homme1 grave p> son c>actre1 vnrable p> son ge et p> sa dignit1 l'int]roge sur un vnem5t et lui dem&e si cela e/ a9si2 ,mnalque lui rpond3 ,oui1 ,mademoiselle4 ,il revi5t une fois de la campagne3 ses laquais en livres entrepr5n5t de le vol] et y russiss5t2 ils desc5d5t de son c>rosse1 lui port5t un b\t de flambeau s\s la gorge1 lui dem&5t la b\rse1 et il la r5d4 ,arriv *ez soi1 il raconte son av5ture ses amis1 qui ne manqu5t pas de l'int]rog] sur les circon/ances1 et il leur dit3 ,dem&ez mes g5s1 ils y tai5t4 #h 7,,iv7 ,l'incivilit n'e/ pas un vice de l'me1 elle e/ l'effet de plusieurs vices3 de la sotte vanit1 de l'ignorance de ses devoirs1 de la p>esse1 de la /upidit1 de la di/raction1 du mpris des autres1 de la jal\sie4 ,p\r ne se rp&re que sur les dehors1 elle n'en e/ que plus hassable1 p>ce que c'e/ t\j\rs un dfaut visible et manife/e4 ,il e/ vrai cep5dant qu'il (f5se plus ou mo9s1 selon la cause qui le produit4 #i 7,,iv7 ,dire d'un homme colre1 9gal1 qu]elleux1 *agr91 po9tilleux1 capricieux3 c'e/ son humeur n'e/ pas l'excus]1 comme on le croit1 mais av\] sans y p5s] que de si gr&s dfauts sont irrmdiables4 ,ce qu'on appelle humeur e/ une *ose trop nglige p>mi les hommes3 ils devrai5t compr5dre qu'il ne leur suffit pas d'tre bons1 mais qu'ils doiv5t encore p>atre tels1 du mo9s s'ils t5d5t tre sociables1 capables d'union et de comm]ce1 c'e/--dire tre des hommes4 ,l'on n'exige pas des mes malignes qu'elles ai5t de la d\ceur et de la s\plesse2 elle ne leur manque jamais1 et elle leur s]t de pige p\r surpr5dre les simples1 et p\r faire valoir leurs artifices3 l'on dsir]ait de ceux qui ont un bon coeur qu'ils fuss5t t\j\rs pliants1 faciles1 complaisants2 et qu'il ft mo9s vrai quelquefois que ce sont les m*ants qui nuis5t1 et les bons qui font s\ffrir4 #aj 7,,iv7 ,le commun des hommes va de la colre l'injure4 ,quelques-uns en us5t autrem5t3 ils (f5s5t1 et puis ils se f*5t2 la surprise o l'on e/ t\j\rs de ce procd ne laisse pas de place au ress5tim5t4 #aa 7,i7 ,les hommes ne s'atta*5t pas assez ne po9t manqu] les occasions de faire plaisir3 il semble que l'on n'entre dans un emploi que p\r p\voir oblig] et n'en ri5 faire2 la *ose la plus prompte et qui se prs5te d'abord1 c'e/ le refus1 et l'on n'accorde que p> rflexion4 #ab 7,,viii7 ,sa*ez prcism5t ce que v\s p\vez att5dre des hommes en gnral1 et de *acun d'eux en p>ticuli]1 et jetez-v\s ensuite dans le comm]ce du monde4 #ac 7,,iv7 ,si la pauvret e/ la mre des crimes1 le dfaut d'esprit en e/ le pre4 #ad 7,i7 ,il e/ difficile qu'un =t malhonnte homme ait assez d'esprit3 un gnie qui e/ droit et p]ant conduit enf9 la rgle1 la probit1 la v]tu4 ,il manque du s5s et de la pntration celui qui s'op9itre dans le mauvais comme dans le faux3 l'on *]*e en va9 le corrig] p> des traits de satire qui le dsign5t aux autres1 et o il ne se reconnat pas lui-mme2 ce sont des injures dites un s\rd4 ,il s]ait dsirable p\r le plaisir des honntes g5s et p\r la v5geance publique1 qu'un coqu9 ne le ft pas au po9t d'tre priv de t\t s5tim5t4 #ae 7,i7 ,il y a des vices que n\s ne devons p]sonne1 que n\s apportons en naissant1 et que n\s =tifions p> l'habitude2 il y en a d'autres que l'on contracte1 et qui n\s sont trang]s4 ,l'on e/ n quelquefois avec des moeurs faciles1 de la complaisance1 et t\t le dsir de plaire2 mais p> les traitem5ts que l'on reoit de ceux avec qui l'on vit ou de qui l'on dp5d1 l'on e/ bi5tt jet hors de ses mesures1 et mme de son naturel3 l'on a des *agr9s et une bile que l'on ne se connaissait po9t1 l'on se voit une autre complexion1 l'on e/ enf9 tonn de se tr\v] dur et p9eux4 #af 7,,ii7 ,l'on dem&e p\rquoi t\s les hommes ensemble ne compos5t pas comme une seule nation1 et n'ont po9t v\lu p>l] une mme langue1 vivre s\s les mmes lois1 conv5ir entre eux des mmes usages et d'un mme culte2 et moi1 p5sant la contr>it des esprits1 des gts et des s5tim5ts1 je suis tonn de voir jusques sept ou huit p]sonnes se rassembl] s\s un mme toit1 dans une mme ence9te1 et compos] une seule famille4 #ag 7,i7 ,il y a d'tranges pres1 et dont t\t la vie ne semble occupe qu' prp>] leurs enfants des raisons de se consol] de leur mort4 #ah 7,i7 ,t\t e/ trang] dans l'humeur1 les moeurs et les manires de la plup>t des hommes4 ,tel a vcu p5dant t\te sa vie *agr91 emport1 av>e1 rampant1 s\mis1 laborieux1 intress1 qui tait n gai1 paisible1 p>esseux1 magnifique1 d'un c\rage fi] et loign de t\te bassesse3 les beso9s de la vie1 la situation o l'on se tr\ve1 la loi de la ncessit =c5t la nature et y caus5t ces gr&s *angem5ts4 ,a9si tel homme au fond et en lui-mme ne se peut df9ir3 trop de *oses qui sont hors de lui l'altr5t1 le *ang5t1 le b\lev]s5t2 il n'e/ po9t prcism5t ce qu'il e/ ou ce qu'il p>at tre4 #ai 7,i7 ,la vie e/ c\rte et ennuyeuse3 elle se passe t\te dsir]4 ,l'on remet l'av5ir son repos et ses joies1 cet ge s\v5t o les meilleurs bi5s ont dj disp>u1 la sant et la jeunesse4 ,ce temps arrive1 qui n\s surpr5d encore dans les dsirs2 on en e/ l1 qu& la fivre n\s saisit et n\s te9t3 si l'on et guri1 ce n'tait que p\r dsir] plus longtemps4 #bj 7,,viii7 ,lorsqu'on dsire1 on se r5d discrtion celui de qui l'on espre3 e/-on sr d'avoir1 on temporise1 on p>lem5te1 on capitule4 #ba 7,i7 ,il e/ si ord9aire l'homme de n'tre pas heureux1 et si ess5tiel t\t ce qui e/ un bi5 d'tre a*et p> mille pe9es1 qu'une affaire qui se r5d facile devi5t suspecte4 ,l'on compr5d pe9e1 ou que ce qui cote si peu puisse n\s tre =t avantageux1 ou qu'avec des mesures ju/es l'on doive si aism5t p>v5ir la f9 que l'on se propose4 ,l'on croit mrit] les bons succs1 mais n'y devoir compt] que =t r>em5t4 #bb 7,,iv7 ,l'homme qui dit qu'il n'e/ pas n heureux p\rrait du mo9s le dev5ir p> le bonheur de ses amis ou de ses pro*es4 ,l'envie lui te cette d]nire ress\rce4 #bc 7,,vi7 ,quoi que j'aie pu dire ailleurs1 peut-tre que les affligs ont tort4 ,les hommes sembl5t tre ns p\r l'in=tune1 la d\leur et la pauvret2 peu en *app5t2 et comme t\te disgrce peut leur arriv]1 ils devrai5t tre prp>s t\te disgrce4 #bd 7,i7 ,les hommes ont tant de pe9e s'appro*] sur les affaires1 sont si p9eux sur les mo9dres intrts1 si hrisss de difficults1 veul5t si =t tromp] et si peu tre tromps1 mett5t si haut ce qui leur app>ti5t1 et si bas ce qui app>ti5t aux autres1 que j'av\e que je ne sais p> o et comm5t se peuv5t conclure les m>iages1 les contrats1 les acquisitions1 la paix1 la trve1 les traits1 les alliances4 #be 7,v7 quelques-uns l'arrogance ti5t lieu de gr&eur1 l'inhumanit de f]met1 et la f\rb]ie d'esprit4 7,i7 ,les f\rbes croi5t aism5t que les autres le sont2 ils ne peuv5t gure tre tromps1 et ils ne tromp5t pas longtemps4 7,v7 ,je me ra*t]ai t\j\rs =t volonti]s d'tre f\rbe p> tre /upide et pass] p\r tel4 7,v7 ,on ne trompe po9t en bi52 la f\rb]ie aj\te la malice au m5songe4 #bf 7,,viii7 ,s'il y avait mo9s de dupes1 il y aurait mo9s de ce qu'on appelle des hommes f9s ou ent5dus1 et de ceux qui tir5t autant de vanit que de di/9ction d'avoir su1 p5dant t\t le c\rs de leur vie1 tromp] les autres4 ,comm5t v\lez-v\s qu'rophile1 qui le manque de p>ole1 les mauvais (fices1 la f\rb]ie1 bi5 lo9 de nuire1 ont mrit des grces et des bi5faits de ceux mmes qu'il a ou manqu de s]vir ou dsobligs1 ne prsume pas inf9im5t de soi et de son indu/rie8 #bg 7,,iv7 ,l'on n'ent5d dans les places et dans les rues des gr&es villes1 et de la b\*e de ceux qui pass5t1 que les mots d'exploit1 de saisie1 d'int]rogatoire1 de promesse1 et de plaid] contre sa promesse4 ,e/-ce qu'il n'y aurait pas dans le monde la plus petite quit8 ,s]ait-il au contraire rempli de g5s qui dem&5t froidem5t ce qui ne leur e/ pas d1 ou qui refus5t nettem5t de r5dre ce qu'ils doiv5t8 7,,viii7 ,p>*em9s inv5ts p\r faire s\v5ir ou p\r conva9cre les hommes de leur p>ole3 honte de l'humanit6 7,,iv7 tez les passions1 l'intrt1 l'inju/ice1 quel calme dans les plus gr&es villes6 ,les beso9s et la subsi/ance n'y font pas le ti]s de l'emb>ras4 #bh 7,i7 ,ri5 n'engage tant un esprit raisonnable support] tranquillem5t des p>5ts et des amis les tors qu'ils ont son g>d1 que la rflexion qu'il fait sur les vices de l'humanit1 et combi5 il e/ pnible aux hommes d'tre con/ants1 gnreux1 fidles1 d'tre t\*s d'une amiti plus =te que leur intrt4 ,comme il connat leur porte1 il n'exige po9t d'eux qu'ils pntr5t les corps1 qu'ils vol5t dans l'air1 qu'ils ai5t de l'quit4 ,il peut har les hommes en gnral1 o il y a si peu de v]tu2 mais il excuse les p>ticuli]s1 il les aime mme p> des motifs plus relevs1 et il s'tudie mrit] le mo9s qu'il se peut une p>eille indulg5ce4 #bi 7,i7 ,il y a de c]ta9s bi5s que l'on dsire avec emportem5t1 et dont l'ide seule n\s enlve et n\s transporte3 s'il n\s arrive de les obt5ir1 on les s5t plus tranquillem5t qu'on ne l'et p5s1 on en j\it mo9s que l'on n'aspire encore de plus gr&s4 #cj 7,i7 ,il y a des maux effroyables et d'horribles malheurs o l'on n'ose p5s]1 et dont la seule vue fait frmir3 s'il arrive que l'on y tombe1 l'on se tr\ve des ress\rces que l'on ne se connaissait po9t1 l'on se raidit contre son in=tune1 et l'on fait mieux qu'on ne l'esprait4 #ca 7,,iv7 ,il ne faut quelquefois qu'une jolie maison dont on hrite1 qu'un beau *eval ou un joli *i5 dont on se tr\ve le matre1 qu'une tapiss]ie1 qu'une p5dule1 p\r ad\cir une gr&e d\leur1 et p\r faire mo9s s5tir une gr&e p]te4 #cb 7,v7 ,je suppose que les hommes soi5t t]nels sur la t]re1 et je mdite ensuite sur ce qui p\rrait me faire connatre qu'ils se f]ai5t alors une plus gr&e affaire de leur tablissem5t qu'ils ne s'en font dans l'tat o sont les *oses4 #cc 7,i7 ,si la vie e/ misrable1 elle e/ pnible support]2 si elle e/ heureuse1 il e/ horrible de la p]dre4 ,l'un revi5t l'autre4 #cd 7,i7 ,il n'y a ri5 que les hommes aim5t mieux cons]v] et qu'ils mnag5t mo9s que leur propre vie4 #ce 7,,viii7 ,irne se transporte gr&s frais en pidaure1 voit ,esculape dans son temple1 et le consulte sur t\s ses maux4 ,d'abord elle se pla9t qu'elle e/ lasse et recrue de fatigue2 et le dieu prononce que cela lui arrive p> la longueur du *em9 qu'elle vi5t de faire4 ,elle dit qu'elle e/ le soir sans apptit2 l'oracle lui ordonne de dn] peu4 ,elle aj\te qu'elle e/ sujette des insomnies2 et il lui prescrit de n'tre au lit que p5dant la nuit4 ,elle lui dem&e p\rquoi elle devi5t pesante1 et quel remde2 l'oracle rpond qu'elle doit se lev] avant midi1 et quelquefois se s]vir de ses jambes p\r m>*]4 ,elle lui dcl>e que le v9 lui e/ nuisible3 l'oracle lui dit de boire de l'eau2 qu'elle a des indige/ions3 et il aj\te qu'elle fasse dite4 ,ma vue s'affaiblit1 dit ,irne4--,pr5ez des lunettes1 dit ,esculape4--,je m'affaiblis moi-mme1 cont9ue-t-elle1 et je ne suis ni si =te ni si sa9e que j'ai t4--,c'e/1 dit le dieu1 que v\s vieillissez4--,mais que moy5 de gurir de cette langueur8--,le plus c\rt1 ,irne1 c'e/ de m\rir1 comme ont fait votre mre et votre aeule4--,fils d',apollon1 s'crie ,irne1 quel conseil me donnez-v\s8 ,e/-ce l t\te cette sci5ce que les hommes publi5t1 et qui v\s fait rvr] de t\te la t]re8 ,que m'appr5ez-v\s de r>e et de my/rieux8 et ne savais-je pas t\s ces remdes que v\s m'enseignez8--,que n'en usiez-v\s donc1 rpond le dieu1 sans v5ir me *]*] de si lo91 et abrg] vos j\rs p> un long voyage8 #cf 7,i7 ,la mort n'arrive qu'une fois1 et se fait s5tir t\s les mom5ts de la vie3 il e/ plus dur de l'apprh5d] que de la s\ffrir4 #cg 7,v7 ,l'inquitude1 la cra9te1 l'abattem5t n'loign5t pas la mort1 au contraire3 je d\te seulem5t que le ris excessif convi5ne aux hommes1 qui sont mortels4 #ch 7,v7 ,ce qu'il y a de c]ta9 dans la mort e/ un peu ad\ci p> ce qui e/ inc]ta93 c'e/ un indf9i dans le temps qui ti5t quelque *ose de l'inf9i et de ce qu'on appelle t]nit4 #ci 7,i7 ,p5sons que1 comme n\s s\pirons prs5tem5t p\r la florissante jeunesse qui n'e/ plus et ne revi5dra po9t1 la caducit suivra1 qui n\s f]a regrett] l'ge viril o n\s sommes encore1 et que n\s n'e/imons pas assez4 #dj 7,i7 ,l'on cra9t la vieillesse1 que l'on n'e/ pas sr de p\voir atte9dre4 #da 7,v7 ,l'on espre de vieillir1 et l'on cra9t la vieillesse2 c'e/--dire l'on aime la vie1 et l'on fuit la mort4 #db 7,,vi7 ,c'e/ plus tt fait de cd] la nature et de cra9dre la mort1 que de faire de cont9uels ef=ts1 s'arm] de raisons et de rflexions1 et tre cont9uellem5t aux prises avec soi-mme p\r ne la pas cra9dre4 #dc 7,v7 ,si de t\s les hommes les uns m\rai5t1 les autres non1 ce s]ait une dsolante affliction que de m\rir4 #dd 7,v7 ,une longue maladie semble tre place entre la vie et la mort1 af9 que la mort mme devi5ne un s\lagem5t et ceux qui meur5t et ceux qui re/5t4 #de 7,v7 p>l] huma9em5t1 la mort a un bel endroit1 qui e/ de mettre f9 la vieillesse4 ,la mort qui prvi5t la caducit arrive plus propos que celle qui la t]m9e4 #df 7,i7 ,le regret qu'ont les hommes du mauvais emploi du temps qu'ils ont dj vcu1 ne les conduit pas t\j\rs faire de celui qui leur re/e vivre un meilleur usage4 #dg 7,v7 ,la vie e/ un sommeil3 les vieill>ds sont ceux dont le sommeil a t plus long2 ils ne comm5c5t se rveill] que qu& il faut m\rir4 ,s'ils repass5t alors sur t\t le c\rs de leurs annes1 ils ne tr\v5t s\v5t ni v]tus ni actions l\ables qui les di/+u5t les unes des autres2 ils confond5t leurs diffr5ts ges1 ils n'y voi5t ri5 qui m>que assez p\r mesur] le temps qu'ils ont vcu4 ,ils ont eu un songe confus1 in=me1 et sans aucune suite2 ils s5t5t nanmo9s1 comme ceux qui s'veill5t1 qu'ils ont dormi longtemps4 #dh 7,,iv7 ,il n'y a p\r l'homme que trois vnem5ts3 natre1 vivre et m\rir4 ,il ne se s5t pas natre1 il s\ffre m\rir1 et il oublie de vivre4 #di 7,,iv7 ,il y a un temps o la raison n'e/ pas encore1 o l'on ne vit que p> in/9ct1 la manire des animaux1 et dont il ne re/e dans la mmoire aucun ve/ige4 ,il y a un second temps o la raison se dveloppe1 o elle e/ =me1 et o elle p\rrait agir1 si elle n'tait pas obscurcie et comme te9te p> les vices de la complexion1 et p> un en*anem5t de passions qui se succd5t les unes aux autres1 et conduis5t jusques au troisime et d]ni] ge4 ,la raison1 alors dans sa =ce1 devrait produire2 mais elle e/ refroidie et ral5tie p> les annes1 p> la maladie et la d\leur1 dconc]te ensuite p> le dsordre de la ma*9e1 qui e/ dans son dcl93 et ces temps nanmo9s sont la vie de l'homme4 #ej 7,,iv7 ,les enfants sont hauta9s1 ddaigneux1 colres1 envieux1 curieux1 intresss1 p>esseux1 volages1 timides1 intemprants1 m5teurs1 dissimuls2 ils ri5t et pleur5t facilem5t2 ils ont des joies immodres et des afflictions amres sur de trs petits sujets2 ils ne veul5t po9t s\ffrir de mal1 et aim5t en faire3 ils sont dj des hommes4 #ea 7,,iv7 ,les enfants n'ont ni pass ni av5ir1 et1 ce qui ne n\s arrive gure1 ils j\iss5t du prs5t4 #eb 7,,iv7 ,le c>actre de l'enfance p>at unique2 les moeurs1 dans cet ge1 sont assez les mmes1 et ce n'e/ qu'avec une curieuse att5tion qu'on en pntre la diffr5ce3 elle augm5te avec la raison1 p>ce qu'avec celle-ci croiss5t les passions et les vices1 qui seuls r5d5t les hommes si dissemblables entre eux1 et si contraires eux-mmes4 #ec 7,,iv7 ,les enfants ont dj de leur me l'imag9ation et la mmoire1 c'e/--dire ce que les vieill>ds n'ont plus1 et ils en tir5t un m]veilleux usage p\r leurs petits jeux et p\r t\s leurs amusem5ts3 c'e/ p> elles qu'ils rpt5t ce qu'ils ont ent5du dire1 qu'ils contrefont ce qu'ils ont vu faire1 qu'ils sont de t\s mti]s1 soit qu'ils s'occup5t en effet mille petits ouvrages1 soit qu'ils imit5t les div]s artisans p> le m\vem5t et p> le ge/e2 qu'ils se tr\v5t un gr& fe/91 et y font bonne *re2 qu'ils se transport5t dans des palais et dans des lieux en*ants2 que bi5 que seuls1 ils se voi5t un ri*e quipage et un gr& cortge2 qu'ils conduis5t des armes1 livr5t bataille1 et j\iss5t du plaisir de la victoire2 qu'ils p>l5t aux rois et aux plus gr&s pr9ces2 qu'ils sont rois eux-mmes1 ont des sujets1 possd5t des trsors1 qu'ils peuv5t faire de feuilles d'arbres ou de gra9s de sable2 et1 ce qu'ils ignor5t dans la suite de leur vie1 sav5t cet ge tre les arbitres de leur =tune1 et les matres de leur propre flicit4 #ed 7,,iv7 ,il n'y a nuls vices extrieurs et nuls dfauts du corps qui ne soi5t ap]u p> les enfants2 ils les saisiss5t d'une premire vue1 et ils sav5t les exprim] p> des mots conv5ables3 on ne nomme po9t plus heureusem5t4 ,dev5us hommes1 ils sont *>gs leur t\r de t\tes les imp]fections dont ils se sont moqus4 ,l'unique so9 des enfants e/ de tr\v] l'endroit faible de leurs matres1 comme de t\s ceux qui ils sont s\mis3 ds qu'ils ont pu les entam]1 ils gagn5t le dessus1 et pr5n5t sur eux un asc5dant qu'ils ne p]d5t plus4 ,ce qui n\s fait d*oir une premire fois de cette supriorit leur g>d e/ t\j\rs ce qui n\s emp*e de la rec\vr]4 #ee 7,,iv7 ,la p>esse1 l'indol5ce et l'oisivet1 vices si naturels aux enfants1 disp>aiss5t dans leurs jeux1 o ils sont vifs1 appliqus1 exacts1 am\reux des rgles et de la symtrie1 o ils ne se p>donn5t nulle faute les uns aux autres1 et recomm5c5t eux-mmes plusieurs fois une seule *ose qu'ils ont manque3 prsages c]ta9s qu'ils p\rront un j\r nglig] leurs devoirs1 mais qu'ils n'oubli]ont ri5 p\r leurs plaisirs4 #ef 7,,iv7 ,aux enfants t\t p>at gr&1 les c\rs1 les j>d9s1 les difices1 les meubles1 les hommes1 les animaux2 aux hommes les *oses du monde p>aiss5t a9si1 et j'ose dire p> la mme raison1 p>ce qu'ils sont petits4 #eg 7,,iv7 ,les enfants comm5c5t entre eux p> l'tat populaire1 *acun y e/ le matre2 et ce qui e/ bi5 naturel1 ils ne s'en accommod5t pas longtemps1 et pass5t au mon>*ique4 ,quelqu'un se di/+ue1 ou p> une plus gr&e vivacit1 ou p> une meilleure disposition du corps1 ou p> une connaissance plus exacte des jeux diffr5ts et des petites lois qui les compos5t2 les autres lui dfr5t1 et il se =me alors un g\v]nem5t absolu qui ne r\le que sur le plaisir4 #eh 7,,iv7 ,qui d\te que les enfants ne conoiv5t1 qu'ils ne jug5t1 qu'ils ne raisonn5t consquemm5t8 ,si c'e/ seulem5t sur de petites *oses1 c'e/ qu'ils sont enfants1 et sans une longue expri5ce2 et si c'e/ en mauvais t]mes1 c'e/ mo9s leur faute que celle de leurs p>5ts ou de leurs matres4 #ei 7,,iv7 ,c'e/ p]dre t\te confiance dans l'esprit des enfants1 et leur dev5ir inutile1 que de les punir des fautes qu'ils n'ont po9t faites1 ou mme svrem5t de celles qui sont lgres4 ,ils sav5t prcism5t et mieux que p]sonne ce qu'ils mrit5t1 et ils ne mrit5t gure que ce qu'ils craign5t4 ,ils connaiss5t si c'e/ tort ou avec raison qu'on les *tie1 et ne se gt5t pas mo9s p> des pe9es mal ordonnes que p> l'impunit4 #fj 7,i7 ,on ne vit po9t assez p\r pr(it] de ses fautes4 ,on en commet p5dant t\t le c\rs de sa vie2 et t\t ce que l'on peut faire =ce de faillir1 c'e/ de m\rir corrig4 ,il n'y a ri5 qui rafra*isse le sang comme d'avoir su vit] de faire une sottise4 #fa 7,i7 ,le rcit de ses fautes e/ pnible2 on veut les c\vrir et en *>g] quelque autre3 c'e/ ce qui donne le pas au directeur sur le confesseur4 #fb 7,,vi7 ,les fautes des sots sont quelquefois si l\rdes et si difficiles prvoir1 qu'elles mett5t les sages en dfaut1 et ne sont utiles qu' ceux qui les font4 #fc 7,i7 ,l'esprit de p>ti abaisse les plus gr&s hommes jusques aux petitesses du peuple4 #fd 7,i7 ,n\s faisons p> vanit ou p> bi5sance les mmes *oses1 et avec les mmes dehors1 que n\s les f]ions p> incl9ation ou p> devoir4 ,tel vi5t de m\rir ,p>is de la fivre qu'il a gagne veill] sa femme1 qu'il n'aimait po9t4 #fe 7,,iv7 ,les hommes1 dans le coeur1 veul5t tre e/ims1 et ils ca*5t avec so9 l'envie qu'ils ont d'tre e/ims2 p>ce que les hommes veul5t pass] p\r v]tueux1 et que v\loir tir] de la v]tu t\t autre avantage que la mme v]tu1 je veux dire l'e/ime et les l\anges1 ce ne s]ait plus tre v]tueux1 mais aim] l'e/ime et les l\anges1 ou tre va93 les hommes sont trs va9s1 et ils ne hass5t ri5 tant que de pass] p\r tels4 #ff 7,,iv7 ,un homme va9 tr\ve son compte dire du bi5 ou du mal de soi3 un homme mode/e ne p>le po9t de soi4 ,on ne voit po9t mieux le ridicule de la vanit1 et combi5 elle e/ un vice honteux1 qu'en ce qu'elle n'ose se montr]1 et qu'elle se ca*e s\v5t s\s les app>5ces de son contraire4 ,la fausse mode/ie e/ le d]ni] raff9em5t de la vanit2 elle fait que l'homme va9 ne p>at po9t tel1 et se fait valoir au contraire p> la v]tu oppose au vice qui fait son c>actre3 c'e/ un m5songe4 ,la fausse gloire e/ l'cueil de la vanit2 elle n\s conduit v\loir tre e/ims p> des *oses qui la vrit se tr\v5t en n\s1 mais qui sont frivoles et indignes qu'on les relve3 c'e/ une erreur4 #fg 7,,iv7 ,les hommes p>l5t de manire1 sur ce qui les reg>de1 qu'ils n'av\5t d'eux-mmes que de petits dfauts1 et encore ceux qui suppos5t en leurs p]sonnes de beaux tal5ts ou de gr&es qualits4 ,a9si l'on se pla9t de son peu de mmoire1 cont5t d'ailleurs de son gr& s5s et de son bon jugem5t2 l'on reoit le repro*e de la di/raction et de la rv]ie1 comme s'il n\s accordait le bel esprit2 l'on dit de soi qu'on e/ maladroit1 et qu'on ne peut ri5 faire de ses ma9s1 =t consol de la p]te de ces petits tal5ts p> ceux de l'esprit1 ou p> les dons de l'me que t\t le monde n\s connat2 l'on fait l'aveu de sa p>esse en des t]mes qui signifi5t t\j\rs son ds9tressem5t1 et que l'on e/ guri de l'ambition2 l'on ne r\git po9t de sa malpropret1 qui n'e/ qu'une nglig5ce p\r les petites *oses1 et qui semble suppos] qu'on n'a d'application que p\r les solides et ess5tielles4 ,un homme de gu]re aime dire que c'tait p> trop d'empressem5t ou p> curiosit qu'il se tr\va un c]ta9 j\r la tran*e1 ou en quelque autre po/e trs prilleux1 sans tre de g>de ni comm&2 et il aj\te qu'il en fut repris de son gnral4 ,de mme une bonne tte ou un f]me gnie qui se tr\ve n avec cette prud5ce que les autres hommes *]*5t va9em5t acqurir2 qui a =tifi la trempe de son esprit p> une gr&e expri5ce2 que le nombre1 le poids1 la div]sit1 la difficult et l'importance des affaires occup5t seulem5t1 et n'accabl5t po9t2 qui p> l't5due de ses vues et de sa pntration se r5d matre de t\s les vnem5ts2 qui bi5 lo9 de consult] t\tes les rflexions qui sont crites sur le g\v]nem5t et la politique1 e/ peut-tre de ces mes sublimes nes p\r rgir les autres1 et sur qui ces premires rgles ont t faites2 qui e/ dt\rn1 p> les gr&es *oses qu'il fait1 des belles ou des agrables qu'il p\rrait lire1 et qui au contraire ne p]d ri5 retrac] et feuillet]1 p\r a9si dire1 sa vie et ses actions3 un homme a9si fait peut dire aism5t1 et sans se commettre1 qu'il ne connat aucun livre1 et qu'il ne lit jamais4 #fh 7,v7 ,on veut quelquefois ca*] ses faibles1 ou en dim9u] l'op9ion p> l'aveu libre que l'on en fait4 ,tel dit3 ,je suis ignorant1 qui ne sait ri52 un homme dit3 ,je suis vieux1 il passe soixante ans2 un autre encore3 ,je ne suis pas ri*e1 et il e/ pauvre4 #fi 7,,iv7 ,la mode/ie n'e/ po9t1 ou e/ confondue avec une *ose t\te diffr5te de soi1 si on la pr5d p\r un s5tim5t intrieur qui avilit l'homme ses propres yeux1 et qui e/ une v]tu surnaturelle qu'on appelle humilit4 ,l'homme1 de sa nature1 p5se hautem5t et sup]bem5t de lui-mme1 et ne p5se a9si que de lui-mme3 la mode/ie ne t5d qu' faire que p]sonne n'en s\ffre2 elle e/ une v]tu du dehors1 qui rgle ses yeux1 sa dm>*e1 ses p>oles1 son ton de voix1 et qui le fait agir extrieurem5t avec les autres comme s'il n'tait pas vrai qu'il les compte p\r ri54 #gj 7,i7 ,le monde e/ ple9 de g5s qui faisant intrieurem5t et p> habitude la comp>aison d'eux-mmes avec les autres1 dcid5t t\j\rs en faveur de leur propre mrite1 et agiss5t consquemm5t4 #ga 7,,iv7 ,v\s dites qu'il faut tre mode/e1 les g5s bi5 ns ne dem&5t pas mieux3 faites seulem5t que les hommes n'empit5t pas sur ceux qui cd5t p> mode/ie1 et ne bris5t pas ceux qui pli5t4 ,de mme l'on dit3 ,il faut avoir des habits mode/es4 ,les p]sonnes de mrite ne dsir5t ri5 davantage2 mais le monde veut de la p>ure1 on lui en donne2 il e/ avide de la sup]fluit1 on lui en montre4 ,quelques-uns n'e/im5t les autres que p> de beau l+e ou p> une ri*e t(fe2 l'on ne refuse pas t\j\rs d'tre e/im ce prix4 ,il y a des endroits o il faut se faire voir3 un galon d'or plus l>ge ou plus troit v\s fait entr] ou refus]4 #gb 7,i7 ,notre vanit et la trop gr&e e/ime que n\s avons de n\s-mmes n\s fait s\ponn] dans les autres une fi]t notre g>d qui y e/ quelquefois1 et qui s\v5t n'y e/ pas3 une p]sonne mode/e n'a po9t cette dlicatesse4 #gc 7,,iv7 ,comme il faut se df5dre de cette vanit qui n\s fait p5s] que les autres n\s reg>d5t avec curiosit et avec e/ime1 et ne p>l5t ensemble que p\r s'entret5ir de notre mrite et faire notre loge1 aussi devons-n\s avoir une c]ta9e confiance qui n\s emp*e de croire qu'on ne se p>le l'oreille que p\r dire du mal de n\s1 ou que l'on ne rit que p\r s'en moqu]4 #gd 7,,iv7 ,d'o vi5t qu',alcippe me salue auj\rd'hui1 me s\rit1 et se jette hors d'une potire de peur de me manqu]8 ,je ne suis pas ri*e1 et je suis pi$3 il doit1 dans les rgles1 ne me pas voir4 ,n'e/-ce po9t p\r tre vu lui-mme dans un mme fond avec un gr&8 #ge 7,,iv7 ,l'on e/ si rempli de soi-mme1 que t\t s'y rapporte2 l'on aime tre vu1 tre montr1 tre salu1 mme des inconnus3 ils sont fi]s s'ils l'oubli5t2 l'on veut qu'ils n\s dev95t4 #gf 7,i7 ,n\s *]*ons notre bonheur hors de n\s-mmes1 et dans l'op9ion des hommes1 que n\s connaissons flatteurs1 peu s9cres1 sans quit1 ple9s d'envie1 de caprices et de prv5tions4 ,quelle biz>r]ie6 #gg 7,i7 ,il semble que l'on ne puisse rire que des *oses ridicules3 l'on voit nanmo9s de c]ta9es g5s qui ri5t galem5t des *oses ridicules et de celles qui ne le sont pas4 ,si v\s tes sot et inconsidr1 et qu'il v\s *appe devant eux quelque imp]t95ce1 ils ri5t de v\s2 si v\s tes sage1 et que v\s ne disiez que des *oses raisonnables1 et du ton qu'il les faut dire1 ils ri5t de mme4 #gh 7,i7 ,ceux qui n\s raviss5t les bi5s p> la viol5ce ou p> l'inju/ice1 et qui n\s t5t l'honneur p> la calomnie1 n\s m>qu5t assez leur ha9e p\r n\s2 mais ils ne n\s pr\v5t pas galem5t qu'ils ai5t p]du notre g>d t\te sorte d'e/ime3 aussi ne sommes-n\s pas incapables de quelque ret\r p\r eux1 et de leur r5dre un j\r notre amiti4 ,la moqu]ie au contraire e/ de t\tes les injures celle qui se p>donne le mo9s2 elle e/ le langage du mpris1 et l'une des manires dont il se fait le mieux ent5dre2 elle attaque l'homme dans son d]ni] retran*em5t1 qui e/ l'op9ion qu'il a de soi-mme2 elle veut le r5dre ridicule ses propres yeux2 et a9si elle le conva9c de la plus mauvaise disposition o l'on puisse tre p\r lui1 et le r5d irrconciliable4 ,c'e/ une *ose mon/rueuse que le gt et la facilit qui e/ en n\s de raill]1 d'impr\v] et de mpris] les autres2 et t\t ensemble la colre que n\s ress5tons contre ceux qui n\s raill5t1 n\s impr\v5t et n\s mpris5t4 #gi 7,,viii7 ,la sant et les ri*esses1 tant aux hommes l'expri5ce du mal1 leur inspir5t la duret p\r leurs semblables2 et les g5s dj *>gs de leur propre misre sont ceux qui entr5t davantage p> la compassion dans celle d'autrui4 #hj 7,,vii7 ,il semble qu'aux mes bi5 nes les ftes1 les spectacles1 la symphonie rappro*5t et font mieux s5tir l'in=tune de nos pro*es ou de nos amis4 #ha 7,i7 ,une gr&e me e/ au-dessus de l'injure1 de l'inju/ice1 de la d\leur1 de la moqu]ie2 et elle s]ait invulnrable si elle ne s\ffrait p> la compassion4 #hb 7,,iv7 ,il y a une espce de honte d'tre heureux la vue de c]ta9es misres4 #hc 7,,iv7 ,on e/ prompt connatre ses plus petits avantages1 et l5t pntr] ses dfauts4 ,on n'ignore po9t qu'on a de beaux s\rcils1 les ongles bi5 faits2 on sait pe9e que l'on e/ borgne2 on ne sait po9t du t\t que l'on manque d'esprit4 ,argyre tire son gant p\r montr] une belle ma91 et elle ne nglige pas de dc\vrir un petit s\li] qui suppose qu'elle a le pi$ petit2 elle rit des *oses plaisantes ou srieuses p\r faire voir de belles d5ts2 si elle montre son oreille1 c'e/ qu'elle l'a bi5 faite2 et si elle ne danse jamais1 c'e/ qu'elle e/ peu cont5te de sa taille1 qu'elle a paisse4 ,elle ent5d t\s ses intrts1 l'exception d'un seul3 elle p>le t\j\rs1 et n'a po9t d'esprit4 #hd 7,,iv7 ,les hommes compt5t presque p\r ri5 t\tes les v]tus du coeur1 et idoltr5t les tal5ts du corps et de l'esprit4 ,celui qui dit froidem5t de soi1 et sans croire bless] la mode/ie1 qu'il e/ bon1 qu'il e/ con/ant1 fidle1 s9cre1 quitable1 reconnaissant1 n'ose dire qu'il e/ vif1 qu'il a les d5ts belles et la peau d\ce3 cela e/ trop =t4 ,il e/ vrai qu'il y a deux v]tus que les hommes admir5t1 la brav\re et la libralit1 p>ce qu'il y a deux *oses qu'ils e/im5t beauc\p1 et que ces v]tus font nglig]1 la vie et l'arg5t3 aussi p]sonne n'avance de soi qu'il e/ brave ou libral4 ,p]sonne ne dit de soi1 et surt\t sans fondem5t1 qu'il e/ beau1 qu'il e/ gnreux1 qu'il e/ sublime3 on a mis ces qualits un trop haut prix2 on se cont5te de le p5s]4 #he 7,v7 ,quelque rapport qu'il p>aisse de la jal\sie l'mulation1 il y a entre elles le mme loignem5t que celui qui se tr\ve entre le vice et la v]tu4 ,la jal\sie et l'mulation s'ex]c5t sur le mme objet1 qui e/ le bi5 ou le mrite des autres3 avec cette diffr5ce1 que celle-ci e/ un s5tim5t volontaire1 c\rageux1 s9cre1 qui r5d l'me fconde1 qui la fait pr(it] des gr&s exemples1 et la porte s\v5t au-dessus de ce qu'elle admire2 et que celle-l au contraire e/ un m\vem5t viol5t et comme un aveu contra9t du mrite qui e/ hors d'elle2 qu'elle va mme jusques ni] la v]tu dans les sujets o elle exi/e1 ou qui1 =ce de la reconnatre1 lui refuse les loges ou lui envie les rcomp5ses2 une passion /rile qui laisse l'homme dans l'tat o elle le tr\ve1 qui le remplit de lui-mme1 de l'ide de sa rputation1 qui le r5d froid et sec sur les actions ou sur les ouvrages d'autrui1 qui fait qu'il s'tonne de voir dans le monde d'autres tal5ts que les si5s1 ou d'autres hommes avec les mmes tal5ts dont il se pique3 vice honteux1 et qui p> son excs r5tre t\j\rs dans la vanit et dans la prsomption1 et ne p]suade pas tant celui qui en e/ bless qu'il a plus d'esprit et de mrite que les autres1 qu'il lui fait croire qu'il a lui seul de l'esprit et du mrite4 ,l'mulation et la jal\sie ne se r5contr5t gure que dans les p]sonnes de mme art1 de mmes tal5ts et de mme condition4 ,les plus vils artisans sont les plus sujets la jal\sie2 ceux qui font pr(ession des arts libraux ou des belles-lettres1 les pe9tres1 les musici5s1 les orateurs1 les potes1 t\s ceux qui se ml5t d'crire1 ne devrai5t tre capables que d'mulation4 ,t\te jal\sie n'e/ po9t exempte de quelque sorte d'envie1 et s\v5t mme ces deux passions se confond5t4 ,l'envie au contraire e/ quelquefois sp>e de la jal\sie3 comme e/ celle qu'excit5t dans notre me les conditions =t leves au-dessus de la ntre2 les gr&es =tunes1 la faveur1 le m9i/re4 ,l'envie et la ha9e s'uniss5t t\j\rs et se =tifi5t l'une l'autre dans un mme sujet2 et elles ne sont reconnaissables entre elles qu'en ce que l'une s'atta*e la p]sonne1 l'autre l'tat et la condition4 ,un homme d'esprit n'e/ po9t jal\x d'un ouvri] qui a travaill une bonne pe1 ou d'un /atuaire qui vi5t d'a*ev] une belle figure4 ,il sait qu'il y a dans ces arts des rgles et une m?ode qu'on ne dev9e po9t1 qu'il y a des outils mani] dont il ne connat ni l'usage1 ni le nom1 ni la figure2 et il lui suffit de p5s] qu'il n'a po9t fait l'appr5tissage d'un c]ta9 mti]1 p\r se consol] de n'y tre po9t matre4 ,il peut au contraire tre susceptible d'envie et mme de jal\sie contre un m9i/re et contre ceux qui g\v]n5t1 comme si la raison et le bon s5s1 qui lui sont communs avec eux1 tai5t les seuls in/rum5ts qui s]v5t rgir un tat et prsid] aux affaires publiques1 et qu'ils duss5t suppler aux rgles1 aux prceptes1 l'expri5ce4 #hf 7,i7 ,l'on voit peu d'esprits entirem5t l\rds et /upides2 l'on en voit encore mo9s qui soi5t sublimes et transc5dants4 ,le commun des hommes nage entre ces deux extrmits4 ,l'int]valle e/ rempli p> un gr& nombre de tal5ts ord9aires1 mais qui sont d'un gr& usage1 s]v5t la rpublique1 et r5f]m5t en soi l'utile et l'agrable3 comme le comm]ce1 les f9ances1 le dtail des armes1 la navigation1 les arts1 les mti]s1 l'heureuse mmoire1 l'esprit du jeu1 celui de la socit et de la conv]sation4 #hg 7,,iv7 ,t\t l'esprit qui e/ au monde e/ inutile celui qui n'en a po9t3 il n'a nulles vues1 et il e/ incapable de pr(it] de celles d'autrui4 #hh 7,v7 ,le premi] degr dans l'homme aprs la raison1 ce s]ait de s5tir qu'il l'a p]due2 la folie mme e/ incompatible avec cette connaissance4 ,de mme1 ce qu'il y aurait en n\s de meilleur aprs l'esprit1 ce s]ait de connatre qu'il n\s manque4 ,p> l on f]ait l'impossible3 on saurait sans esprit n'tre pas un sot1 ni un fat1 ni un imp]t95t4 #hi 7,,iv7 ,un homme qui n'a de l'esprit que dans une c]ta9e mdiocrit e/ srieux et t\t d'une pice2 il ne rit po9t1 il ne bad9e jamais1 il ne tire aucun fruit de la bagatelle2 aussi incapable de s'lev] aux gr&es *oses que de s'accommod]1 mme p> rel*em5t1 des plus petites1 il sait pe9e j\] avec ses enfants4 #ij 7,i7 ,t\t le monde dit d'un fat qu'il e/ un fat2 p]sonne n'ose le lui dire lui-mme3 il meurt sans le savoir1 et sans que p]sonne se soit v5g4 #ia 7,,iv7 ,quelle ms9tellig5ce entre l'esprit et le coeur6 ,le philosophe vit mal avec t\s ses prceptes1 et le politique rempli de vues et de rflexions ne sait pas se g\v]n]4 #ib 7,i7 ,l'esprit s'use comme t\tes *oses2 les sci5ces sont ses alim5ts1 elles le n\rriss5t et le consum5t4 #ic 7,i7 ,les petits sont quelquefois *>gs de mille v]tus inutiles2 ils n'ont pas de quoi les mettre en oeuvre4 #id 7,i7 ,il se tr\ve des hommes qui s\ti5n5t facilem5t le poids de la faveur et de l'autorit1 qui se famili>is5t avec leur propre gr&eur1 et qui la tte ne t\rne po9t dans les po/es les plus levs4 ,ceux au contraire que la =tune aveugle1 sans *oix et sans disc]nem5t1 a comme accabls de ses bi5faits1 en j\iss5t avec orgueil et sans modration3 leurs yeux1 leur dm>*e1 leur ton de voix et leur accs m>qu5t longtemps en eux l'admiration o ils sont d'eux-mmes1 et de se voir si m95ts2 et ils devi5n5t si f>\*es que leur *ute seule peut les apprivois]4 #ie 7,,iv7 ,un homme haut et robu/e1 qui a une poitr9e l>ge et de l>ges paules1 porte lgrem5t et de bonne grce un l\rd f>deau2 il lui re/e encore un bras de libre3 un na9 s]ait cras de la moiti de sa *>ge4 ,a9si les po/es m95ts r5d5t les gr&s hommes encore plus gr&s1 et les petits beauc\p plus petits4 #if 7,,vii7 ,il y a des g5s qui gagn5t tre extraord9aires2 ils vogu5t1 ils c+l5t dans une m] o les autres *\5t et se bris5t2 ils p>vi5n5t1 en blessant t\tes les rgles de p>v5ir2 ils tir5t de leur irrgul>it et de leur folie t\s les fruits d'une sagesse la plus consomme2 hommes dv\s d'autres hommes1 aux gr&s qui ils ont sacrifi1 en qui ils ont plac leurs d]nires esprances1 ils ne les s]v5t po9t1 mais ils les amus5t4 ,les p]sonnes de mrite et de s]vice sont utiles aux gr&s1 ceux-ci leur sont ncessaires2 ils blan*iss5t auprs d'eux dans la pratique des bons mots1 qui leur ti5n5t lieu d'exploits dont ils att5d5t la rcomp5se2 ils s'attir5t1 =ce d'tre plaisants1 des emplois graves1 et s'lv5t p> un cont9uel enj\em5t jusqu'au srieux des dignits2 ils f9iss5t enf91 et r5contr5t inop9m5t un av5ir qu'ils n'ont ni cra9t ni espr4 ,ce qui re/e d'eux sur la t]re1 c'e/ l'exemple de leur =tune1 fatal ceux qui v\drai5t le suivre4 #ig 7,i7 ,l'on exig]ait de c]ta9s p]sonnages qui ont une fois t capables d'une action noble1 hroque1 et qui a t sue de t\te la t]re1 que sans p>atre comme puiss p> un si gr& ef=t1 ils euss5t du mo9s dans le re/e de leur vie cette conduite sage et judicieuse qui se rem>que mme dans les hommes ord9aires2 qu'ils ne tombass5t po9t dans des petitesses indignes de la haute rputation qu'ils avai5t acquise2 que se mlant mo9s dans le peuple1 et ne lui laissant pas le loisir de les voir de prs1 ils ne le fiss5t po9t pass] de la curiosit et de l'admiration l'indiffr5ce1 et peut-tre au mpris4 #ih 7,i7 ,il cote mo9s c]ta9s hommes de s'enri*ir de mille v]tus1 que de se corrig] d'un seul dfaut4 ,ils sont mme si malheureux1 que ce vice e/ s\v5t celui qui conv5ait le mo9s leur tat1 et qui p\vait leur donn] dans le monde plus de ridicule2 il affaiblit l'clat de leurs gr&es qualits1 emp*e qu'ils ne soi5t des hommes p>faits et que leur rputation ne soit entire4 ,on ne leur dem&e po9t qu'ils soi5t plus clairs et plus incorruptibles1 qu'ils soi5t plus amis de l'ordre et de la discipl9e1 plus fidles leurs devoirs1 plus zls p\r le bi5 public1 plus graves3 on veut seulem5t qu'ils ne soi5t po9t am\reux4 #ii 7,i7 ,quelques hommes1 dans le c\rs de leur vie1 sont si diffr5ts d'eux-mmes p> le coeur et p> l'esprit qu'on e/ sr de se mpr5dre1 si l'on en juge seulem5t p> ce qui a p>u d'eux dans leur premire jeunesse4 ,tels tai5t pieux1 sages1 savants1 qui p> cette mollesse insp>able d'une trop riante =tune1 ne le sont plus4 ,l'on en sait d'autres qui ont comm5c leur vie p> le plaisirs et qui ont mis ce qu'ils avai5t d'esprit les connatre1 que les disgrces ensuite ont r5dus religieux1 sages1 temprants3 ces d]ni]s sont p\r l'ord9aire de gr&s sujets1 et sur qui l'on peut faire beauc\p de fond2 ils ont une probit pr\ve p> la pati5ce et p> l'adv]sit2 ils ent5t sur cette extrme politesse que le comm]ce des femmes leur a donne1 et dont ils ne se dfont jamais1 un esprit de rgle1 de rflexion1 et quelquefois une haute capacit1 qu'ils doiv5t la *ambre et au loisir d'une mauvaise =tune4 ,t\t notre mal vi5t de ne p\voir tre seuls3 de l le jeu1 le luxe1 la dissipation1 le v91 les femmes1 l'ignorance1 la mdisance1 l'envie1 l'oubli de soi-mme et de ,dieu4 #ajj 7,i7 ,l'homme semble quelquefois ne se suffire pas soi-mme2 les tnbres1 la solitude le tr\bl5t1 le jett5t dans des cra9tes frivoles et dans de va9es t]reurs3 le mo9dre mal alors qui puisse lui arriv] e/ de s'ennuy]4 #aja 7,v7 ,l'ennui e/ entr dans le monde p> la p>esse2 elle a beauc\p de "p dans la re*]*e que font les hommes des plaisirs1 du jeu1 de la socit4 ,celui qui aime le travail a assez de soi-mme4 #ajb 7,i7 ,la plup>t des hommes emploi5t la meilleure p>tie de leur vie r5dre l'autre misrable4 #ajc 7,v7 ,il y a des ouvrages qui comm5c5t p> ,a et f9iss5t p> ,z2 le bon1 le mauvais1 le pire1 t\t y entre2 ri5 en un c]ta9 g5re n'e/ oubli3 quelle re*]*e1 quelle affectation dans ces ouvrages6 ,on les appelle des jeux d'esprit4 ,de mme il y a un jeu dans la conduite3 on a comm5c1 il faut f9ir2 on veut f\rnir t\te la c>rire4 ,il s]ait mieux ou de *ang] ou de susp5dre2 mais il e/ plus r>e et plus difficile de p\rsuivre3 on p\rsuit1 on s'anime p> les contradictions2 la vanit s\ti5t1 supple la raison1 qui cde et qui se dsi/e4 ,on porte ce raff9em5t jusque dans les actions les plus v]tueuses1 dans celles mmes o il entre de la religion4 #ajd 7,,iv7 ,il n'y a que nos devoirs qui n\s cot5t1 p>ce que1 leur pratique ne reg>dant que les *oses que n\s sommes troitem5t obligs de faire1 elle n'e/ pas suivie de gr&s loges1 qui e/ t\t ce qui n\s excite aux actions l\ables1 et qui n\s s\ti5t dans nos entreprises4 ,n9999 aime une pit fa/ueuse qui lui attire l'int5dance des beso9s des pauvres1 le r5d dpositaire de leur patrimo9e1 et fait de sa maison un dpt public o se font les di/ributions2 les g5s petits collets et les soeurs grises y ont une libre entre2 t\te une ville voit ses aumnes et les publie3 qui p\rrait d\t] qu'il soit homme de bi51 si ce n'e/ peut-tre ses cranci]s8 #aje 7,,iv7 ,gronte meurt de caducit1 et sans avoir fait ce te/am5t qu'il projetait depuis tr5te annes3 dix ttes vi5n5t ab inte/at p>tag] sa succession4 ,il ne vivait depuis longtemps que p> les so9s d',a/rie1 sa femme1 qui jeune encore s'tait dv\e sa p]sonne1 ne le p]dait pas de vue1 sec\rait sa vieillesse1 et lui a enf9 f]m les yeux4 ,il ne lui laisse pas assez de bi5 p\r p\voir se pass] p\r vivre d'un autre vieill>d4 #ajf 7,,iv7 ,laiss] p]dre *>ges et bnfices plutt que de v5dre ou de rsign] mme dans son extrme1 vieillesse1 c'e/ se p]suad] qu'on n'e/ pas du nombre de ceux qui meur5t2 ou si l'on croit que l'on peut m\rir1 c'e/ s'aim] soi-mme1 et n'aim] que soi4 #ajg 7,,iv7 ,fau/e e/ un dissolu1 un prodigue1 un lib]t91 un +rat1 un emport1 qu',aurle1 son oncle1 n'a pu har ni d%rit]4 ,front91 neveu d',aurle1 aprs v+t annes d'une probit connue1 et d'une complaisance aveugle p\r ce vieill>d1 ne l'a pu fl*ir en sa faveur1 et ne tire de sa dp\ille qu'une lgre p5sion1 que ,fau/e1 unique lgataire1 lui doit pay]4 #ajh 7,i7 ,les ha9es sont si longues et si op9itres1 que le plus gr& signe de mort dans un homme malade1 c'e/ la rconciliation4 #aji 7,i7 ,l'on s'ins9ue auprs de t\s les hommes1 ou en les flattant dans les passions qui occup5t leur me1 ou en compatissant aux infirmits qui afflig5t leur corps2 en cela seul consi/5t les so9s que l'on peut leur r5dre3 de l vi5t que celui qui se porte bi51 et qui dsire peu de *oses1 e/ mo9s facile g\v]n]4 #aaj 7,,iv7 ,la mollesse et la volupt naiss5t avec l'homme1 et ne f9iss5t qu'avec lui2 ni les heureux ni les tri/es vnem5ts ne l'en peuv5t sp>]2 c'e/ p\r lui ou le fruit de la bonne =tune1 ou un ddommagem5t de la mauvaise4 #aaa 7,i7 ,c'e/ une gr&e dif=mit dans la nature qu'un vieill>d am\reux4 #aab 7,i7 ,peu de g5s se s\vi5n5t d'avoir t jeunes1 et combi5 il leur tait difficile d'tre *a/es et temprants4 ,la premire *ose qui arrive aux hommes aprs avoir r5onc aux plaisirs1 ou p> bi5sance1 ou p> lassitude1 ou p> rgime1 c'e/ de les condamn] dans les autres4 ,il entre dans cette conduite une sorte d'atta*em5t p\r les *oses mmes que l'on vi5t de quitt]2 l'on aim]ait qu'un bi5 qui n'e/ plus p\r n\s ne ft plus aussi p\r le re/e du monde3 c'e/ un s5tim5t de jal\sie4 #aac 7,i7 ,ce n'e/ pas le beso9 d'arg5t o les vieill>ds peuv5t apprh5d] de tomb] un j\r qui les r5d av>es1 c> il y en a de tels qui ont de si gr&s fonds qu'ils ne peuv5t gure avoir cette inquitude2 et d'ailleurs comm5t p\rrai5t-ils cra9dre de manqu] dans leur caducit des commodits de la vie1 puisqu'ils s'en priv5t eux-mmes volontairem5t p\r satisfaire leur av>ice8 ,ce n'e/ po9t aussi l'envie de laiss] de plus gr&es ri*esses leurs enfants1 c> il n'e/ pas naturel d'aim] quelque autre *ose plus que soi-mme1 outre qu'il se tr\ve des av>es qui n'ont po9t d'hriti]s4 ,ce vice e/ plutt l'effet de l'ge et de la complexion des vieill>ds1 qui s'y ab&onn5t aussi naturellem5t qu'ils suivai5t leurs plaisirs dans leur jeunesse1 ou leur ambition dans l'ge viril2 il ne faut ni vigueur1 ni jeunesse1 ni sant1 p\r tre av>e2 l'on n'a aussi nul beso9 de s'empress] ou de se donn] le mo9dre m\vem5t p\r p>gn] ses rev5us3 il faut laiss] seulem5t son bi5 dans ses c(fres1 et se priv] de t\t2 cela e/ commode aux vieill>ds1 qui il faut une passion1 p>ce qu'ils sont hommes4 #aad 7,i7 ,il y a des g5s qui sont mal logs1 mal c\*s1 mal habills et plus mal n\rris2 qui essui5t les rigueurs des saisons2 qui se priv5t eux-mmes de la socit des hommes1 et pass5t leurs j\rs dans la solitude2 qui s\ffr5t du prs5t1 du pass et de l'av5ir2 dont la vie e/ comme une pnit5ce cont9uelle1 et qui ont a9si tr\v le secret d'all] leur p]te p> le *em9 le plus pnible3 ce sont les av>es4 #aae 7,i7 ,le s\v5ir de la jeunesse e/ t5dre dans les vieill>ds3 ils aim5t les lieux o ils l'ont passe2 les p]sonnes qu'ils ont comm5c de connatre dans ce temps leur sont *res2 ils affect5t quelques mots du premi] langage qu'ils ont p>l2 ils ti5n5t p\r l'anci5ne manire de *ant]1 et p\r la vieille danse2 ils vant5t les modes qui rgnai5t alors dans les habits1 les meubles et les quipages4 ,ils ne peuv5t encore dsappr\v] des *oses qui s]vai5t leurs passions1 qui tai5t si utiles leurs plaisirs1 et qui en rappell5t la mmoire4 ,comm5t p\rrai5t-ils leur prfr] de n\veaux usages1 et des modes t\tes rc5tes o ils n'ont nulle "p1 dont ils n'espr5t ri51 que les jeunes g5s ont faites1 et dont ils tir5t leur t\r de si gr&s avantages contre la vieillesse8 #aaf 7,i7 ,une trop gr&e nglig5ce comme une excessive p>ure dans les vieill>ds multipli5t leurs rides1 et font mieux voir leur caducit4 #aag 7,i7 ,un vieill>d e/ fi]1 ddaigneux1 et d'un comm]ce difficile1 s'il n'a beauc\p d'esprit4 #aah 7,i7 ,un vieill>d qui a vcu la c\r1 qui a un gr& s5s1 et une mmoire fidle1 e/ un trsor ine/imable2 il e/ ple9 de faits et de maximes2 l'on y tr\ve l'hi/oire du sicle revtue de circon/ances trs curieuses1 et qui ne se lis5t nulle "p2 l'on y appr5d des rgles p\r la conduite et p\r les moeurs qui sont t\j\rs sres1 p>ce qu'elles sont fondes sur l'expri5ce4 #aai 7,i7 ,les jeunes g5s1 cause des passions qui les amus5t1 s'accommod5t mieux de la solitude que les vieill>ds4 #abj 7,,iv7 ,phidippe1 dj vieux1 raff9e sur la propret et sur la mollesse2 il passe aux petites dlicatesses2 il s'e/ fait un art du boire1 du mang]1 du repos et de l'ex]cice2 les petites rgles qu'il s'e/ prescrites1 et qui t5d5t t\tes aux aises de sa p]sonne1 il les obs]ve avec scrupule1 et ne les romprait pas p\r une matresse1 si le rgime lui avait p]mis d'en ret5ir2 il s'e/ accabl de sup]fluits1 que l'habitude enf9 lui r5d ncessaires4 ,il d\ble a9si et r5=ce les li5s qui l'atta*5t la vie1 et il veut employ] ce qui lui en re/e en r5dre la p]te plus d\l\reuse4 ,n'apprh5dait-il pas assez de m\rir8 #aba 7,,iv7 ,gna?on ne vit que p\r soi1 et t\s les hommes ensemble sont son g>d comme s'ils n'tai5t po9t4 ,non cont5t de remplir une table la premire place1 il occupe lui seul celle de deux autres2 il oublie que le repas e/ p\r lui et p\r t\te la compagnie2 il se r5d matre du plat1 et fait son propre de *aque s]vice3 il ne s'atta*e aucun des mets1 qu'il n'ait a*ev d'essay] de t\s2 il v\drait p\voir les sav\r] t\s t\t la fois4 ,il ne se s]t table que de ses ma9s2 il manie les vi&es1 les remanie1 dmembre1 d*ire1 et en use de manire qu'il faut que les convis1 s'ils veul5t mang]1 mang5t ses re/es4 ,il ne leur p>gne aucune de ces malproprets dgtantes1 capables d't] l'apptit aux plus affams2 le jus et les sauces lui dg\tt5t du m5ton et de la b>be2 s'il enlve un ragot de dessus un plat1 il le rp& en *em9 dans un autre plat et sur la nappe2 on le suit la trace4 ,il mange haut et avec gr& bruit2 il r\le les yeux en mangeant2 la table e/ p\r lui un rteli]2 il cure ses d5ts1 et il cont9ue mang]4 ,il se fait1 quelque "p o il se tr\ve1 une manire d'tablissem5t1 et ne s\ffre pas d'tre plus press au s]mon ou au ?tre que dans sa *ambre4 ,il n'y a dans un c>rosse que les places du fond qui lui convi5n5t2 dans t\te autre1 si on veut l'en croire1 il plit et tombe en faiblesse4 ,s'il fait un voyage avec plusieurs1 il les prvi5t dans les htell]ies1 et il sait t\j\rs se cons]v] dans la meilleure *ambre le meilleur lit4 ,il t\rne t\t son usage2 ses valets1 ceux d'autrui1 c\r5t dans le mme temps p\r son s]vice4 ,t\t ce qu'il tr\ve s\s sa ma9 lui e/ propre1 h>des1 quipages4 ,il emb>rasse t\t le monde1 ne se contra9t p\r p]sonne1 ne pla9t p]sonne1 ne connat de maux que les si5s1 que sa rpltion et sa bile1 ne pleure po9t la mort des autres1 n'apprh5de que la si5ne1 qu'il ra*t]ait volonti]s de l'ext9ction du g5re huma94 #abb 7,v7 ,cliton n'a jamais eu en t\te sa vie que deux affaires1 qui e/ de dn] le mat9 et de s\p] le soir2 il ne semble n que p\r la dige/ion4 ,il n'a de mme qu'un entreti53 il dit les entres qui ont t s]vies au d]ni] repas o il s'e/ tr\v2 il dit combi5 il y a eu de potages1 et quels potages2 il place ensuite le rt et les entremets2 il se s\vi5t exactem5t de quels plats on a relev le premi] s]vice2 il n'oublie pas les hors-d'oeuvre1 le fruit et les assiettes2 il nomme t\s les v9s et t\tes les liqueurs dont il a bu2 il possde le langage des cuis9es autant qu'il peut s't5dre1 et il me fait envie de mang] une bonne table o il ne soit po9t4 ,il a surt\t un palais sr1 qui ne pr5d po9t le *ange1 et il ne s'e/ jamais vu expos l'horrible inconvni5t de mang] un mauvais ragot ou de boire d'un v9 mdiocre4 ,c'e/ un p]sonnage illu/re dans son g5re1 et qui a port le tal5t de se bi5 n\rrir jusques o il p\vait all]3 on ne rev]ra plus un homme qui mange tant et qui mange si bi52 aussi e/-il l'arbitre des bons morceaux1 et il n'e/ gure p]mis d'avoir du gt p\r ce qu'il dsappr\ve4 ,mais il n'e/ plus3 il s'e/ fait du mo9s port] table jusqu'au d]ni] s\pir2 il donnait mang] le j\r qu'il e/ mort4 ,quelque "p o il soit1 il mange2 et s'il revi5t au monde1 c'e/ p\r mang]4 #abc 7,,iv7 ,ruff9 comm5ce grisonn]2 mais il e/ sa91 il a un visage frais et un oeil vif qui lui promett5t encore v+t annes de vie2 il e/ gai1 jovial1 famili]1 indiffr5t2 il rit de t\t son coeur1 et il rit t\t seul et sans sujet3 il e/ cont5t de soi1 des si5s1 de sa petite =tune2 il dit qu'il e/ heureux4 ,il p]d son fils unique1 jeune homme de gr&e esprance1 et qui p\vait un j\r tre l'honneur de sa famille2 il remet sur d'autres le so9 de le pleur]2 il dit3 ,mon fils e/ mort1 cela f]a m\rir sa mre2 et il e/ consol4 ,il n'a po9t de passions1 il n'a ni amis ni ennemis1 p]sonne ne l'emb>rasse1 t\t le monde lui convi5t1 t\t lui e/ propre2 il p>le celui qu'il voit une premire fois avec la mme lib]t et la mme confiance qu' ceux qu'il appelle de vieux amis1 et il lui fait "p bi5tt de ses quolibets et de ses hi/oriettes4 ,on l'aborde1 on le quitte sans qu'il y fasse att5tion1 et le mme conte qu'il a comm5c de faire quelqu'un1 il l'a*ve celui qui pr5d sa place4 #abd 7,i7 ,n9999 e/ mo9s affaibli p> l'ge que p> la maladie1 c> il ne passe po9t soixante-huit ans2 mais il a la g\tte1 et il e/ sujet une colique nphrtique2 il a le visage d*>n1 le te9t v]dtre1 et qui m5ace ru9e3 il fait m>n] sa t]re1 et il compte que de qu9ze ans enti]s il ne s]a oblig de la fum]2 il plante un jeune bois1 et il espre qu'en mo9s de v+t annes il lui donn]a un beau c\v]t1 il fait btir dans la rue une maison de pi]re de taille1 raff]mie dans les encoignures p> des ma9s de f]1 et dont il assure1 en t\ssant et avec une voix frle et dbile1 qu'on ne v]ra jamais la f92 il se promne t\s les j\rs dans ses ateli]s sur le bras d'un valet qui le s\lage2 il montre ses amis ce qu'il a fait1 et il leur dit ce qu'il a desse9 de faire4 ,ce n'e/ pas p\r ses enfants qu'il btit c> il n'en a po9t1 ni p\r ses hriti]s1 p]sonnes viles et qui se sont br\illes avec lui3 c'e/ p\r lui seul1 et il m\rra dema94 #abe 7,,viii7 ,antagoras a un visage trivial et populaire3 un suisse de p>oisse ou le sa9t de pi]re qui orne le gr& autel n'e/ pas mieux connu que lui de t\te la multitude4 ,il p>c\rt le mat9 t\tes les *ambres et t\s les greffes d'un p>lem5t1 et le soir les rues et les c>ref\rs d'une ville2 il plaide depuis qu>ante ans1 plus pro*e de sortir de la vie que de sortir d'affaires4 ,il n'y a po9t eu au ,palais depuis t\t ce temps de causes clbres ou de procdures longues et embr\illes o il n'ait du mo9s int]v5u3 aussi a-t-il un nom fait p\r remplir la b\*e de l'avocat1 et qui s'accorde avec le dem&eur ou le df5deur comme le sub/antif et l'adjectif4 ,p>5t de t\s et ha de t\s1 il n'y a gure de familles dont il ne se plaigne1 et qui ne se plaign5t de lui4 ,appliqu successivem5t saisir une t]re1 s'oppos] au sceau1 se s]vir d'un committimus1 ou mettre un arrt excution2 outre qu'il assi/e *aque j\r quelques assembles de cranci]s2 p>t\t syndic de directions1 et p]dant t\tes les banqu]\tes1 il a des heures de re/e p\r ses visites3 vieil meuble de ruelle1 o il p>le procs et dit des n\velles4 ,v\s l'avez laiss dans une maison au ,m>ais1 v\s le retr\vez au gr& ,faub\rg1 o il v\s a prv5u1 et o dj il r$it ses n\velles et son procs4 ,si v\s plaidez v\s-mme1 et que v\s alliez le l5dema9 la po9te du j\r *ez l'un de vos juges p\r le sollicit]1 le juge att5d p\r v\s donn] audi5ce qu',antagoras soit expdi4 #abf 7,i7 ,tels hommes pass5t une longue vie se df5dre des uns et nuire aux autres1 et ils meur5t consums de vieillesse1 aprs avoir caus autant de maux qu'ils en ont s\ff]t4 #abg 7,i7 ,il faut des saisies de t]re et des enlvem5ts de meubles1 des prisons et des supplices1 je l'av\e2 mais ju/ice1 lois et beso9s "p1 ce m'e/ une *ose t\j\rs n\velle de contempl] avec quelle frocit les hommes trait5t d'autres hommes4 #abh 7,,iv7 ,l'on voit c]ta9s animaux f>\*es1 des mles et des femelles1 rp&us p> la campagne1 noirs1 livides et t\t brls du soleil1 atta*s la t]re qu'ils f\ill5t et qu'ils remu5t avec une op9itret inv9cible2 ils ont comme une voix articule1 et qu& ils se lv5t sur leurs pi$s1 ils montr5t une face huma9e1 et en effet ils sont des hommes4 ,ils se retir5t la nuit dans des tanires1 o ils viv5t de pa9 noir1 d'eau et de rac9es2 ils p>gn5t aux autres hommes la pe9e de sem]1 de lab\r] et de recueillir p\r vivre1 et mrit5t a9si de ne pas manqu] de ce pa9 qu'ils ont sem4 #abi 7,,iv7 ,don ,f]n&1 dans sa prov9ce1 e/ oisif1 ignorant1 mdisant1 qu]elleux1 f\rbe1 intemprant1 imp]t95t2 mais il tire l'pe contre ses vois9s1 et p\r un ri5 il expose sa vie2 il a tu des hommes1 il s]a tu4 #acj 7,,iv7 ,le noble de prov9ce1 inutile sa patrie1 sa famille et lui-mme1 s\v5t sans toit1 sans habits et sans aucun mrite1 rpte dix fois le j\r qu'il e/ g5tilhomme1 traite les f\rrures et les morti]s de b\rgeoisie1 occup t\te sa vie de ses p>*em9s et de ses titres1 qu'il ne *ang]ait pas contre les masses d'un *anceli]4 #aca 7,,iv7 ,il se fait gnralem5t dans t\s les hommes des comb9aisons inf9ies de la puissance1 de la faveur1 du gnie1 des ri*esses1 des dignits1 de la noblesse1 de la =ce1 de l'indu/rie1 de la capacit1 de la v]tu1 du vice1 de la faiblesse1 de la /upidit1 de la pauvret1 de l'impuissance1 de la roture et de la bassesse4 ,ces *oses1 mles ensemble en mille manires diffr5tes1 et comp5ses l'une p> l'autre en div]s sujets1 =m5t aussi les div]s tats et les diffr5tes conditions4 ,les hommes d'ailleurs1 qui t\s sav5t le =t et le faible les uns des autres1 agiss5t aussi rciproquem5t comme ils croi5t le devoir faire1 connaiss5t ceux qui leur sont gaux1 s5t5t la supriorit que quelques-uns ont sur eux1 et celle qu'ils ont sur quelques autres2 et de l naiss5t entre eux ou la famili>it1 ou le respect et la dfr5ce1 ou la fi]t et le mpris4 ,de cette s\rce vi5t que dans les endroits publics et o le monde se rassemble1 on se tr\ve t\s mom5ts entre celui que l'on *]*e abord] ou salu]1 et cet autre que l'on fe9t de ne pas connatre1 et dont l'on veut encore mo9s se laiss] jo9dre2 que l'on se fait honneur de l'un1 et qu'on a honte de l'autre2 qu'il arrive mme que celui dont v\s v\s faites honneur1 et que v\s v\lez ret5ir1 e/ celui aussi qui e/ emb>rass de v\s1 et qui v\s quitte2 et que le mme e/ s\v5t celui qui r\git d'autrui1 et dont on r\git1 qui ddaigne ici1 et qui l e/ ddaign4 ,il e/ encore assez ord9aire de mpris] qui n\s mprise4 ,quelle misre6 et puisqu'il e/ vrai que dans un si trange comm]ce1 ce que l'on p5se gagn] d'un ct on le p]d de l'autre1 ne revi5drait-il pas au mme de r5onc] t\te hauteur et t\te fi]t1 qui convi5t si peu aux faibles hommes1 et de compos] ensemble1 de se trait] t\s avec une mutuelle bont1 qui1 avec l'avantage de n'tre jamais mortifis1 n\s procur]ait un aussi gr& bi5 que celui de ne mortifi] p]sonne8 #acb 7,i7 ,bi5 lo9 de s'effray] ou de r\gir mme du nom de philosophe1 il n'y a p]sonne au monde qui ne dt avoir une =te te9ture de philosophie4 ,elle convi5t t\t le monde2 la pratique en e/ utile t\s les ges1 t\s les sexes et t\tes les conditions2 elle n\s console du bonheur d'autrui1 des indignes prfr5ces1 des mauvais succs1 du dcl9 de nos =ces ou de notre beaut2 elle n\s arme contre la pauvret1 la vieillesse1 la maladie et la mort1 contre les sots et les mauvais railleurs2 elle n\s fait vivre sans une femme1 ou n\s fait support] celle avec qui n\s vivons4 #acc 7,i7 ,les hommes en un mme j\r ouvr5t leur me de petites joies1 et se laiss5t dom9] p> de petits *agr9s2 ri5 n'e/ plus 9gal et mo9s suivi que ce qui se passe en si peu de temps dans leur coeur et dans leur esprit4 ,le remde ce mal e/ de n'e/im] les *oses du monde prcism5t que ce qu'elles val5t4 #acd 7,i7 ,il e/ aussi difficile de tr\v] un homme va9 qui se croie assez heureux1 qu'un homme mode/e qui se croie trop malheureux4 #ace 7,i7 ,le de/9 du vign]on1 du soldat et du tailleur de pi]re m'emp*e de m'e/im] malheureux p> la =tune des pr9ces ou des m9i/res qui me manque4 #acf 7,i7 ,il n'y a p\r l'homme qu'un vrai malheur1 qui e/ de se tr\v] en faute1 et d'avoir quelque *ose se repro*]4 #acg 7,i7 ,la plup>t des hommes1 p\r arriv] leurs f9s1 sont plus capables d'un gr& ef=t que d'une longue p]svrance3 leur p>esse ou leur incon/ance leur fait p]dre le fruit des meilleurs comm5cem5ts2 ils se laiss5t s\v5t devanc] p> d'autres qui sont p>tis aprs eux1 et qui m>*5t l5tem5t1 mais con/amm5t4 #ach 7,,vii7 ,j'ose presque assur] que les hommes sav5t encore mieux pr5dre des mesures que les suivre1 rs\dre ce qu'il faut faire et ce qu'il faut dire que de faire o de dire ce qu'il faut4 ,on se propose f]mem5t1 dans une affaire qu'on ngocie1 de taire une c]ta9e *ose1 et ensuite ou p> passion1 ou p> une intemprance de langue1 ou dans la *aleur de l'entreti51 c'e/ la premire qui *appe4 #aci 7,i7 ,les hommes agiss5t mollem5t dans les *oses qui sont de leur devoir1 p5dant qu'ils se font un mrite1 ou plutt une vanit1 de s'empress] p\r celles qui leur sont trangres1 et qui ne convi5n5t ni leur tat ni leur c>actre4 #adj 7,,iv7 ,la diffr5ce d'un homme qui se revt d'un c>actre trang] lui-mme1 qu& il r5tre dans le si51 e/ celle d'un masque un visage4 #ada 7,v7 ,tlphe a de l'esprit1 mais dix fois mo9s1 de compte fait1 qu'il ne prsume d'en avoir3 il e/ donc1 dans ce qu'il dit1 dans ce qu'il fait1 dans ce qu'il mdite et ce qu'il projette1 dix fois au del de ce qu'il a d'esprit2 il n'e/ donc jamais dans ce qu'il a de =ce et d't5due3 ce raisonnem5t e/ ju/e4 ,il a comme une b>rire qui le f]me1 et qui devrait l'av]tir de s'arrt] en de2 mais il passe outre1 il se jette hors de sa sphre2 il tr\ve lui-mme son endroit faible1 et se montre p> cet endroit2 il p>le de ce qu'il ne sait po9t1 et de ce qu'il sait mal2 il entrepr5d au-dessus de son p\voir1 il dsire au del de sa porte2 il s'gale ce qu'il y a de meilleur en t\t g5re4 ,il a du bon et du l\able1 qu'il (fusque p> l'affectation du gr& ou du m]veilleux2 on voit clairem5t ce qu'il n'e/ pas1 et il faut dev9] ce qu'il e/ en effet4 ,c'e/ un homme qui ne se mesure po9t1 qui ne se connat po9t2 son c>actre e/ de ne savoir pas se r5f]m] dans celui qui lui e/ propre et qui e/ le si54 #adb 7,v7 ,l'homme du meilleur esprit e/ 9gal2 il s\ffre des accroissem5ts et des dim9utions2 il entre en v]ve1 mais il en sort3 alors1 s'il e/ sage1 il p>le peu1 il n'crit po9t1 il ne *]*e po9t imag9] ni plaire4 ,*ante-t-on avec un rhume8 ne faut-il pas att5dre que la voix revi5ne8 ,le sot e/ automate1 il e/ ma*9e1 il e/ ressort2 le poids l'emporte1 le fait m\voir1 le fait t\rn]1 et t\j\rs1 et dans le mme s5s1 et avec la mme galit2 il e/ uni=me1 il ne se dm5t po9t3 qui l'a vu une fois1 l'a vu dans t\s les in/ants et dans t\tes les priodes de sa vie2 c'e/ t\t au plus le boeuf qui meugle1 ou le m]le qui siffle3 il e/ fix et dt]m9 p> sa nature1 et j'ose dire p> son espce4 ,ce qui p>at le mo9s en lui1 c'e/ son me2 elle n'agit po9t1 elle ne s'ex]ce po9t1 elle se repose4 #adc 7,,vi7 ,le sot ne meurt po9t2 ou si cela lui arrive selon notre manire de p>l]1 il e/ vrai de dire qu'il gagne m\rir1 et que dans ce mom5t o les autres meur5t1 il comm5ce vivre4 ,son me alors p5se1 raisonne1 infre1 conclut1 juge1 prvoit1 fait prcism5t t\t ce qu'elle ne faisait po9t2 elle se tr\ve dgage d'une masse de *air o elle tait comme ensevelie sans fonction1 sans m\vem5t1 sans aucun du mo9s qui ft digne d'elle3 je dirais presque qu'elle r\git de son propre corps et des organes bruts et imp>faits auxquels elle s'e/ vue atta*e si longtemps1 et dont elle n'a pu faire qu'un sot ou qu'un /upide2 elle va d'gal avec les gr&es mes1 avec celles qui font les bonnes ttes ou les hommes d'esprit4 ,l'me d',ala9 ne se dmle plus d'avec celles du gr& ,cond1 de ,ri*elieu1 de ,pascal1 et de ,l+5des4 #add 7,,iv7 ,la fausse dlicatesse dans les actions libres1 dans les moeurs ou dans la conduite1 n'e/ pas a9si nomme p>ce qu'elle e/ fe9te1 mais p>ce qu'en effet elle s'ex]ce sur des *oses et en des occasions qui n'en mrit5t po9t4 ,la fausse dlicatesse de gt et de complexion n'e/ telle1 au contraire2 que p>ce qu'elle e/ fe9te ou affecte3 c'e/ milie qui crie de t\te sa =ce sur un petit pril qui ne lui fait pas de peur2 c'e/ une autre qui p> mign>dise plit la vue d'une s\ris1 ou qui veut aim] les violettes et s'van\ir aux tubreuses4 #ade 7,,iv7 ,qui os]ait se promettre de cont5t] les hommes8 ,un pr9ce1 quelque bon et quelque puissant qu'il ft1 v\drait-il l'entrepr5dre8 qu'il l'essaye4 ,qu'il se fasse lui-mme une affaire de leurs plaisirs2 qu'il ouvre son palais ses c\rtisans2 qu'il les admette jusque dans son dome/ique2 que dans des lieux dont la vue seule e/ un spectacle1 il leur fasse voir d'autres spectacles2 qu'il leur donne le *oix des jeux1 des conc]ts et de t\s les rafra*issem5ts2 qu'il y aj\te une *re spl5dide et une entire lib]t2 qu'il entre avec eux en socit des mmes amusem5ts2 que le gr& homme devi5ne aimable1 et que le hros soit huma9 et famili]3 il n'aura pas assez fait4 ,les hommes s'ennui5t enf9 des mmes *oses qui les ont *>ms dans leurs comm5cem5ts ils ds]t]ai5t la table des ,dieux1 et le nect> avec le temps leur devi5t insipide4 ,ils n'hsit5t pas de critiqu] des *oses qui sont p>faites2 il y entre de la vanit et une mauvaise dlicatesse3 leur gt1 si on les en croit1 e/ encore au del de t\te l'affectation qu'on aurait les satisfaire1 et d'une dp5se t\te royale que l'on f]ait p\r y russir2 il s'y mle de la malignit1 qui va jusques v\loir affaiblir dans les autres la joie qu'ils aurai5t de les r5dre cont5ts4 ,ces mmes g5s1 p\r l'ord9aire si flatteurs et si complaisants1 peuv5t se dm5tir3 quelquefois on ne les reconnat plus1 et l'on voit l'homme jusque dans le c\rtisan4 #adf 7,i7 ,l'affectation dans le ge/e1 dans le p>l] et dans les manires e/ s\v5t une suite de l'oisivet ou de l'indiffr5ce2 et il semble qu'un gr& atta*em5t ou de srieuses affaires jett5t l'homme dans son naturel4 #adg 7,,iv7 ,les hommes n'ont po9t de c>actres1 ou s'ils en ont1 c'e/ celui de n'en avoir aucun qui soit suivi1 qui ne se dm5te po9t1 et o ils soi5t reconnaissables4 ,ils s\ffr5t beauc\p tre t\j\rs les mmes1 p]svr] dans la rgle ou dans le dsordre2 et s'ils se dlass5t quelquefois d'une v]tu p> un autre v]tu1 ils se dgt5t plus s\v5t d'un vice p> un autre vice4 ,ils ont des passions contraires et des faibles qui se contr$is5t2 il leur cote mo9s de jo9dre les extrmits que d'avoir une conduite dont une p>tie naisse de l'autre4 ,ennemis de la modration1 ils outr5t t\tes *oses1 les bonnes et les mauvaises1 dont ne p\vant ensuite support] l'excs1 ils ad\ciss5t p> le *angem5t4 ,adra/e tait si corrompu et si lib]t91 qu'il lui a t mo9s difficile de suivre la mode et se faire dvot3 il lui et cot davantage d'tre homme de bi54 #adh 7,,iv7 ,d'o vi5t que les mmes hommes qui ont un flegme t\t prt p\r recevoir indiffremm5t les plus gr&s dsa/res1 s'*app5t1 et ont une bile int>issable sur les plus petits inconvni5ts8 ,ce n'e/ pas sagesse en eux qu'une telle conduite1 c> la v]tu e/ gale et ne se dm5t po9t2 c'e/ donc un vice1 et quel autre que la vanit1 qui ne se rveille et ne se re*]*e que dans les vnem5ts o il y a de quoi faire p>l] le monde1 et beauc\p gagn] p\r elle1 mais qui se nglige sur t\t le re/e8 #adi 7,,iv7 ,l'on se rep5t r>em5t de p>l] peu1 trs s\v5t de trop p>l]3 maxime ue et triviale que t\t le monde sait1 et que t\t le monde ne pratique pas4 #aej 7,i7 ,c'e/ se v5g] contre soi-mme1 et donn] un trop gr& avantage ses ennemis1 que de leur imput] de *oses qui ne sont pas vraies1 et de m5tir p\r les dcri]4 #aea 7,,iv7 ,si l'homme savait r\gir de soi1 quels crimes1 non seulem5t ca*s1 mais publics et connus1 ne s'p>gn]ait-il pas6 #aeb 7,i7 ,si c]ta9s hommes ne vont pas dans le bi5 jusques o ils p\rrai5t all]1 c'e/ p> le vice de leur premire in/ruction4 #aec 7,i7 ,il y a dans quelques hommes une c]ta9e mdiocrit d'esprit qui contribue les r5dre sages4 #aed 7,i7 ,il faut aux enfants les v]ges et la frule2 il faut aux hommes faits une c\ronne1 un sceptre1 un morti]1 des f\rrures1 des faisceaux1 des timbales1 des hoquetons4 ,la raison et la ju/ice dnues de t\s leurs ornem5ts ni ne p]suad5t ni n'intimid5t4 ,l'homme1 qui e/ esprit1 se mne p> les yeux et les oreilles4 #aee 7,v7 ,timon1 ou le misan?rope1 peut avoir l'me au/re et f>\*e2 mais extrieurem5t il e/ civil et crmonieux3 il ne s'*appe pas1 il ne s'apprivoise pas avec les hommes3 au contraire1 il les traite honntem5t et srieusem5t2 il emploie leur g>d t\t ce qui peut loign] leur famili>it1 il ne veut pas les mieux connatre ni s'en faire des amis1 semblable en ce s5s une femme qui e/ en visite *ez une autre femme4 #aef 7,,vii7 ,la raison ti5t de la vrit1 elle e/ une2 l'on n'y arrive que p> un *em91 et l'on s'en c>te p> mille4 ,l'tude de la sagesse a mo9s d't5due que celle que l'on f]ait des sots et des imp]t95ts4 ,celui qui n'a vu que des hommes polis et raisonnables1 ou ne connat pas l'homme1 ou ne le connat qu' demi3 quelque div]sit qui se tr\ve dans les complexions ou dans les moeurs1 le comm]ce du monde et la politesse donn5t les mmes app>5ces1 font qu'on se ressemble les uns aux autres p> des dehors qui plais5t rciproquem5t1 qui sembl5t communs t\s1 et qui font croire qu'il n'y a ri5 ailleurs qui ne s'y rapporte4 ,celui au contraire qui se jette dans le peuple ou dans la prov9ce y fait bi5tt1 s'il a des yeux1 d'tranges dc\v]tes1 y voit des *oses qui lui sont n\velles1 dont il ne se d\tait pas1 dont il ne p\vait avoir le mo9dre s\pon3 il avance p> des expri5ces cont9uelles dans la connaissance de l'humanit2 il calcule presque en combi5 de manires diffr5tes l'homme peut tre insupportable4 #aeg 7,,iv7 ,aprs avoir mrem5t appr(ondi les hommes et connu le faux de leurs p5ses1 de leurs s5tim5ts1 de leurs gts et de leurs affections1 l'on e/ rduit dire qu'il y a mo9s p]dre p\r eux p> l'incon/ance que p> l'op9itret4 #aeh 7,,iv7 ,combi5 d'mes faibles1 molles et indiffr5tes1 sans de gr&s dfauts1 et qui puiss5t f\rnir la satire6 ,combi5 de sortes de ridicules rp&us p>mi les hommes1 mais qui p> leur s+ul>it ne tir5t po9t consqu5ce1 et ne sont d'aucune ress\rce p\r l'in/ruction et p\r la morale6 ,ce sont des vices uniques qui ne sont pas contagieux et qui sont mo9s de l'humanit que de la p]sonne4 ,des jugem5ts #a 7,i7 ,ri5 ne ressemble plus la vive p]suasion que le mauvais enttem5t3 de l les p>tis1 les cabales1 les hrsies4 #b 7,i7 ,l'on ne p5se pas t\j\rs con/amm5t d'un mme sujet3 l'enttem5t et le dgt se suiv5t de prs4 #c 7,i7 ,les gr&es *oses tonn5t1 et les petites rebut5t2 n\s n\s apprivoisons avec les unes et les autres p> l'habitude4 #d 7,,iv7 ,deux *oses t\tes contraires n\s prvi5n5t galem5t1 l'habitude et la n\veaut4 #e 7,i7 ,il n'y a ri5 de plus bas1 et qui convi5ne mieux au peuple1 que de p>l] en des t]mes magnifiques de ceux mmes dont l'on p5sait trs mode/em5t avant leur lvation4 #f 7,i7 ,la faveur des pr9ces n'exclut pas le mrite1 et ne le suppose pas aussi4 #g 7,i7 ,il e/ tonnant qu'avec t\t l'orgueil dont n\s sommes gonfls1 et la haute op9ion que n\s avons de n\s-mmes et de la bont de notre jugem5t1 n\s ngligions de n\s en s]vir p\r prononc] sur le mrite des autres4 ,la vogue1 la faveur populaire1 celle du ,pr9ce1 n\s entran5t comme un torr5t3 n\s l\ons ce qui e/ l\1 bi5 plus que ce qui e/ l\able4 #h 7,v7 ,je ne sais s'il y a ri5 au monde qui cote davantage appr\v] et l\] que ce qui e/ plus digne d'approbation et de l\ange1 et si la v]tu1 le mrite1 la beaut1 les bonnes actions1 les beaux ouvrages1 ont un effet plus naturel et plus sr que envie1 la jal\sie1 et l'antipa?ie4 ,ce n'e/ pas d'un sa9t dont un dvot sait dire du bi51 mais d'un autre dvot4 ,si une belle femme appr\ve la beaut d'une autre femme1 on peut conclure qu'elle a mieux que ce qu'elle appr\ve4 ,si un pote l\e les v]s d'un autre pote1 il y a p>i] qu'ils sont mauvais et sans consqu5ce4 #i 7,,vii7 ,les hommes ne se gt5t qu' pe9e les uns les autres1 n'ont qu'une faible p5te s'appr\v] rciproquem5t3 action1 conduite1 p5se1 expression1 ri5 ne plat1 ri5 ne cont5te2 ils sub/itu5t la place de ce qu'on leur rcite1 de ce qu'on leur dit ou de ce qu'on leur lit1 ce qu'ils aurai5t fait eux-mmes en p>eille conjoncture1 ce qu'ils p5s]ai5t ou ce qu'ils crirai5t sur un tel sujet1 et ils sont si ple9s de leurs ides1 qu'il n'y a plus de place p\r celles d'autrui4 #aj 7,i7 ,le commun des hommes e/ si encl9 au drglem5t et la bagatelle1 et le monde e/ si ple9 d'exemples ou p]nicieux ou ridicules1 que je croirais assez que l'esprit de s+ul>it1 s'il p\vait avoir ses bornes et ne pas all] trop lo91 appro*]ait =t de la droite raison et d'une conduite rgulire4 ,il faut faire comme les autres3 maxime suspecte1 qui signifie presque t\j\rs3 il faut mal faire ds qu'on l't5d au del de ces *oses purem5t extrieures1 qui n'ont po9t de suite1 qui dp5d5t de l'usage1 de la mode ou des bi5sances4 #aa 7,v7 ,si les hommes sont hommes plutt qu'ours et pan?res1 s'ils sont quitables1 s'ils se font ju/ice eux-mmes1 et qu'ils la r5d5t aux autres1 que devi5n5t les lois1 leur texte et le prodigieux accablem5t de leurs comm5taires8 que devi5t le ptitoire et le possessoire1 et t\t ce qu'on appelle jurisprud5ce8 ,o se rduis5t mme ceux qui doiv5t t\t leur relief et t\te leur enflure l'autorit o ils sont tablis de faire valoir ces mmes lois8 ,si ces mmes hommes ont de la droiture et de la s9crit1 s'ils sont guris de la prv5tion1 o sont van\ies les disputes de l'cole1 la scola/ique et les controv]ses8 ,s'ils sont temprants1 *a/es et modrs1 que leur s]t le my/rieux j>gon de la mdec9e1 et qui e/ une m9e d'or p\r ceux qui s'avis5t de le p>l]8 ,lgi/es1 docteurs1 mdec9s1 quelle *ute p\r v\s1 si n\s p\vions t\s n\s donn] le mot de dev5ir sages6 ,de combi5 de gr&s hommes dans les diffr5ts ex]cices de la paix et de la gu]re aurait-on d se pass]6 quel po9t de p]fection et de raff9em5t n'a-t-on pas port de c]ta9s arts et de c]ta9es sci5ces qui ne devai5t po9t tre ncessaires1 et qui sont dans le monde comme des remdes t\s les maux dont notre malice e/ l'unique s\rce6 ,que de *oses depuis ,v>ron1 que ,v>ron a ignores6 ,ne n\s suffirait-il pas mme de n'tre savant que comme ,platon ou comme ,socrate8 #ab 7,i7 ,tel un s]mon1 une musique1 ou dans une gal]ie de pe9tures1 a ent5du sa droite et sa gau*e1 sur une *ose prcism5t la mme1 des s5tim5ts prcism5t opposs4 ,cela me f]ait dire volonti]s que l'on peut has>d]1 dans t\t g5re d'ouvrages1 d'y mettre le bon et le mauvais3 le bon plat aux uns1 et le mauvais aux autres4 ,l'on ne risque gure davantage d'y mettre le pire3 il a ses p>tisans4 #ac 7,,iv7 ,le phnix de la posie *antante r5at de ses c5dres2 il a vu m\rir et revivre sa rputation en un mme j\r4 ,ce juge mme si infaillible et si f]me dans ses jugem5ts1 le public1 a v>i sur son sujet3 ou il se trompe1 ou il s'e/ tromp4 ,celui qui prononc]ait auj\rd'hui que ,q9999 en un c]ta9 g5re e/ mauvais pote1 p>l]ait presque aussi mal que s'il et dit il y a quelque temps3 ,il e/ bon pote4 #ad 7,,iv7 ,c4,p4 tait =t ri*e1 et ,c4,n4 ne l'tait pas3 la ,pucelle et ,rodogune mritai5t *acune une autre av5ture4 ,a9si l'on a t\j\rs dem& p\rquoi1 dans telle ou telle pr(ession1 celui-ci avait fait sa =tune1 et cet autre l'avait manque2 et en cela les hommes *]*5t la raison de leurs propres caprices1 qui dans les conjonctures pressantes de leurs affaires1 de leurs plaisirs1 de leur sant et de leur vie1 leur font s\v5t laiss] les meilleurs et pr5dre les pires4 #ae 7,,iv7 ,la condition des comdi5s tait infme *ez les ,roma9s et honorable *ez les ,grecs3 qu'e/-elle *ez n\s8 ,on p5se d'eux comme les ,roma9s1 on vit avec eux comme les ,grecs4 #af 7,,iv7 ,il suffisait ,ba?ylle d'tre pantomime p\r tre c\ru des dames roma9es2 ,rho de dans] au ?tre2 ,roscie et ,nr9e de reprs5t] dans les *oeurs1 p\r s'attir] une f\le d'amants4 ,la vanit et l'audace1 suites d'une trop gr&e puissance1 avai5t t aux ,roma9s le gt du secret et du my/re2 ils se plaisai5t faire du ?tre public celui de leurs am\rs2 ils n'tai5t po9t jal\x de l'amphi?tre1 et p>tageai5t avec la multitude les *>mes de leurs matresses4 ,leur gt n'allait qu' laiss] voir qu'ils aimai5t1 non pas une belle p]sonne ou une excell5te comdi5ne1 mais une comdi5ne4 #ag 7,i7 ,ri5 ne dc\vre mieux dans quelle disposition sont les hommes l'g>d des sci5ces et des belles-lettres1 et de quelle utilit ils les croi5t dans la rpublique1 que le prix qu'ils y ont mis1 et l'ide qu'ils se =m5t de ceux qui ont pris le p>ti de les cultiv]4 ,il n'y a po9t d'art si mcanique ni de si vile condition o les avantages ne soi5t plus srs1 plus prompts et plus solides4 ,le comdi51 c\* dans son c>rosse1 jette de la b\e au visage de ,corneille1 qui e/ pi$4 ,*ez plusieurs1 savant et pdant sont synonymes4 ,s\v5t o le ri*e p>le1 et p>le de doctr9e1 c'e/ aux doctes se taire1 c\t]1 applaudir1 s'ils veul5t du mo9s ne pass] que p\r doctes4 #ah 7,i7 ,il y a une sorte de h>diesse s\t5ir devant c]ta9s esprits la honte de l'rudition3 l'on tr\ve *ez eux une prv5tion t\t tablie contre les savants1 qui ils t5t les manires du monde1 le savoir-vivre1 l'esprit de socit1 et qu'ils r5voi5t a9si dp\ills leur cab9et et leurs livres4 ,comme l'ignorance e/ un tat paisible et qui ne cote aucune pe9e1 l'on s'y range en f\le1 et elle =me la c\r et la ville un nombreux p>ti1 qui l'emporte sur celui des savants4 ,s'ils allgu5t en leur faveur les noms d',e/res1 de ,h>lay1 ,bossuet1 ,segui]1 ,montausi]1 ,w>des1 ,*evreuse1 ,novion1 ,lamoignon1 ,scudry1 ,plisson1 et de tant d'autres p]sonnages galem5t doctes et polis2 s'ils os5t mme cit] les gr&s noms de ,*>tres1 de ,cond1 de ,conti1 de ,b\rbon1 du ,ma9e1 de ,v5dome1 comme de pr9ces qui ont su jo9dre aux plus belles et aux plus hautes connaissances et l'atticisme des ,grecs et l'urbanit des ,roma9s1 l'on ne fe9t po9t de leur dire que ce sont des exemples s+uli]s2 et s'ils ont rec\rs de solides raisons1 elles sont faibles contre la voix de la multitude4 ,il semble nanmo9s que l'on devrait dcid] sur cela avec plus de prcaution1 et se donn] seulem5t la pe9e de d\t] si ce mme esprit qui fait faire de si gr&s progrs dans les sci5ces1 qui fait bi5 p5s]1 bi5 jug]1 bi5 p>l] et bi5 crire1 ne p\rrait po9t encore s]vir tre poli4 ,il faut trs peu de fonds p\r la politesse dans les manires2 il en faut beauc\p p\r celle de l'esprit4 #ai 7,v7 ,il e/ savant1 dit un politique1 il e/ donc incapable d'affaires2 je ne lui confi]ais l'tat de ma g>de-robe2 et il a raison4 ,ossat1 ,ximns1 ,ri*elieu tai5t savants3 tai5t-ils habiles8 ont-ils pass p\r de bons m9i/res8 ,il sait le grec1 cont9ue l'homme d'tat1 c'e/ un grimaud1 c'e/ un philosophe4 ,et en effet1 une fruitire ,a?nes1 selon les app>5ces1 p>lait grec1 et p> cette raison tait philosophe4 ,les ,bignons1 les ,lamoignons tai5t de purs grimauds3 qui en peut d\t]8 ils savai5t le grec4 ,quelle vision1 quel dlire au gr&1 au sage1 au judicieux ,anton91 de dire qu'alors les peuples s]ai5t heureux1 si l'emp]eur philosophait1 ou si le philosophe ou le grimaud v5ait l'empire6 ,les langues sont la clef ou l'entre des sci5ces1 et ri5 davantage2 le mpris des unes tombe sur les autres4 ,il ne s'agit po9t si les langues sont anci5nes ou n\velles1 mortes ou vivantes1 mais si elles sont grossires ou polies1 si les livres qu'elles ont =ms sont d'un bon ou d'un mauvais gt4 ,supposons que notre langue pt un j\r avoir le sort de la grecque et de la lat9e1 s]ait-on pdant1 quelques sicles aprs qu'on ne la p>l]ait plus1 p\r lire ,molire ou ,la ,fonta9e8 #bj 7,,vi7 ,je nomme ,eurypyle1 et v\s dites3 ,c'e/ un bel esprit4 ,v\s dites aussi de celui qui travaille une p\tre3 ,il e/ *>p5ti]2 et de celui qui refait un mur3 ,il e/ maon4 ,je v\s dem&e quel e/ l'ateli] o travaille cet homme de mti]1 ce bel esprit8 quelle e/ son enseigne8 quel habit le reconnat-on8 quels sont ses outils8 e/-ce le co98 sont-ce le m>teau ou l'enclume8 o f5d-il1 o cogne-t-il son ouvrage8 o l'expose-t-il en v5te8 ,un ouvri] se pique d'tre ouvri]4 ,eurypyle se pique-t-il d'tre bel esprit8 ,s'il e/ tel1 v\s me peignez un fat1 qui met l'esprit en roture1 une me vile et mcanique1 qui ni ce qui e/ beau ni ce qui e/ esprit ne saurai5t s'appliqu] srieusem5t2 et s'il e/ vrai qu'il ne se pique de ri51 je v\s ent5ds1 c'e/ un homme sage et qui a de l'esprit4 ,ne dites-v\s pas encore du savantasse3 ,il e/ bel esprit1 et a9si du mauvais pote8 ,mais v\s-mme1 v\s croyez-v\s sans aucun esprit8 et si v\s en avez1 c'e/ sans d\te de celui qui e/ beau et conv5able3 v\s voil donc un bel esprit2 ou s'il s'en faut peu que v\s ne pr5iez ce nom p\r une injure1 cont9uez1 j'y cons5s1 de le donn] ,eurypyle1 et d'employ] cette ironie comme les sots1 sans le mo9dre disc]nem5t1 ou comme les ignorants1 qu'elle console d'une c]ta9e culture qui leur manque1 et qu'ils ne voi5t que dans les autres4 #ba 7,v7 ,qu'on ne me p>le jamais d'encre1 de papi]1 de plume1 de /yle1 d'imprimeur1 d'imprim]ie1 qu'on ne se has>de plus de me dire3 ,v\s crivez si bi51 ,anti/hne6 cont9uez d'crire2 ne v]rons-n\s po9t de v\s un 9-folio8 traitez de t\tes les v]tus et de t\s les vices dans un ouvrage suivi1 m?odique1 qui n'ait po9t de f92 ils devrai5t aj\t]3 et nul c\rs4 ,je r5once t\t ce qui a t1 qui e/ et qui s]a livre4 ,brylle tombe en syncope la vue d'un *at1 et moi la vue d'un livre4 ,suis-je mieux n\rri et plus l\rdem5t vtu1 suis-je dans ma *ambre l'abri du nord1 ai-je un lit de plumes1 aprs v+t ans enti]s qu'on me dbite dans la place8 ,j'ai un gr& nom1 dites-v\s1 et beauc\p de gloire3 dites que j'ai beauc\p de v5t qui ne s]t ri54 ,ai-je un gra9 de ce mtal qui procure t\tes *oses8 ,le vil pratici5 grossit son mmoire1 se fait remb\rs] des frais qu'il n'avance pas1 et il a p\r g5dre un comte ou un magi/rat4 ,un homme r\ge ou feuille-morte devi5t commis1 et bi5tt plus ri*e que son matre2 il le laisse dans la roture1 et avec de l'arg5t il devi5t noble4 ,b9999 s'enri*it montr] dans un c]cle des m>ionnettes2 ,,bb9999 v5dre en b\teille l'eau de la rivire4 ,un autre *>latan arrive ici de del les monts avec une malle2 il n'e/ pas d*>g que les p5sions c\r5t1 et il e/ prt de ret\rn] d'o il arrive avec des mulets et des f\rgons4 ,m]cure e/ ,m]cure1 et ri5 davantage1 et l'or ne peut pay] ses mdiations et ses intrigues3 on y aj\te la faveur et les di/9ctions4 ,et sans p>l] que des ga9s licites1 on paye au tuili] sa tuile1 et l'ouvri] son temps et son ouvrage2 paye-t-on un auteur ce qu'il p5se et ce qu'il crit8 et s'il p5se trs bi51 le paye-t-on trs l>gem5t8 ,se meuble-t-il1 s'anoblit-il =ce de p5s] et d'crire ju/e8 ,il faut que les hommes soi5t habills1 qu'ils soi5t rass2 il faut que retirs dans leurs maisons1 ils ai5t une porte qui f]me bi53 e/-il ncessaire qu'ils soi5t in/ruits8 ,folie1 simplicit1 imbcillit1 cont9ue ,anti/hne1 de mettre l'enseigne d'auteur ou de philosophe6 ,avoir1 s'il se peut1 un (fice lucratif1 qui r5de la vie aimable1 qui fasse prt] ses amis1 et donn] ceux qui ne peuv5t r5dre2 crire alors p> jeu1 p> oisivet1 et comme ,tityre siffle ou j\e de la flte2 cela ou ri52 j'cris ces conditions1 et je cde a9si la viol5ce de ceux qui me pr5n5t la gorge1 et me dis5t3 ,v\s crirez4 ,ils liront p\r titre de mon n\veau livre3 ,du ,beau1 ,du ,bon1 ,du ,vrai1 ,des ,ides1 ,du ,premi] ,pr9cipe1 p> ,anti/hne1 v5deur de m>e4 #bb 7,i7 ,si les ambassadeurs des pr9ces trang]s tai5t des s+es in/ruits m>*] sur leurs pi$s de d]rire1 et se faire ent5dre p> int]prte1 n\s ne p\rrions pas m>qu] un plus gr& tonnem5t que celui que n\s donne la ju/esse de leurs rponses1 et le bon s5s qui p>at quelquefois dans leurs disc\rs4 ,la prv5tion du pays1 jo9te l'orgueil de la nation1 n\s fait oubli] que la raison e/ de t\s les climats1 et que l'on p5se ju/e p>t\t o il y a des hommes4 ,n\s n'aim]ions pas tre traits a9si de ceux que n\s appelons b>b>es2 et s'il y a en n\s quelque b>b>ie1 elle consi/e tre p\vants de voir d'autres peuples raisonn] comme n\s4 ,t\s les trang]s ne sont pas b>b>es1 et t\s nos compatriotes ne sont pas civiliss3 de mme t\te campagne n'e/ pas agre/e et t\te ville n'e/ pas polie4 ,il y a dans l',europe un endroit d'une prov9ce m>itime d'un gr& royaume o le villageois e/ d\x et ins9uant1 le b\rgeois au contraire et le magi/rat grossi]s1 et dont la ru/icit e/ hrditaire4 #bc 7,i7 ,avec un langage si pur1 une si gr&e re*]*e dans nos habits1 des moeurs si cultives1 de si belles lois et un visage blanc1 n\s sommes b>b>es p\r quelques peuples4 #bd 7,i7 ,si n\s ent5dions dire des ,ori5taux qu'ils boiv5t ord9airem5t d'une liqueur qui leur monte la tte1 leur fait p]dre la raison et les fait vomir1 n\s dirions3 ,cela e/ bi5 b>b>e4 #be 7,i7 ,ce prlat se montre peu la c\r1 il n'e/ de nul comm]ce1 on ne le voit po9t avec des femmes2 il ne j\e ni gr&e ni petite prime1 il n'assi/e ni aux ftes ni aux spectacles1 il n'e/ po9t homme de cabale1 et il n'a po9t l'esprit d'intrigue2 t\j\rs dans son v*1 o il fait une rsid5ce cont9uelle1 il ne songe qu' in/ruire son peuple p> la p>ole et l'difi] p> son exemple2 il consume son bi5 en des aumnes1 et son corps p> la pnit5ce2 il n'a que l'esprit de rgul>it1 et il e/ imitateur du zle et de la pit des ,aptres4 ,les temps sont *angs1 et il e/ m5ac s\s ce rgne d'un titre plus m95t4 #bf 7,,iv7 ,ne p\rrait-on po9t faire compr5dre aux p]sonnes d'un c]ta9 c>actre et d'une pr(ession srieuse1 p\r ne ri5 dire de plus1 qu'ils ne sont po9t obligs faire dire d'eux qu'ils j\5t1 qu'ils *ant5t1 et qu'ils bad95t comme les autres hommes2 et qu' les voir si plaisants et si agrables1 on ne croirait po9t qu'ils fuss5t d'ailleurs si rguli]s et si svres8 ,os]ait-on mme leur ins9u] qu'ils s'loign5t p> de telles manires de la politesse dont ils se piqu5t2 qu'elle assortit1 au contraire1 et con=me les dehors aux conditions1 qu'elle vite le contra/e1 et de montr] le mme homme s\s des figures diffr5tes et qui font de lui un compos biz>re ou un grotesque8 #bg 7,,iv7 ,il ne faut pas jug] des hommes comme d'un tableau ou d'une figure1 sur une seule et premire vue3 il y a un intrieur et un coeur qu'il faut appr(ondir4 ,le voile de la mode/ie c\vre le mrite1 et le masque de l'hypocrisie ca*e la malignit4 ,il n'y a qu'un trs petit nombre de connaisseurs qui disc]ne1 et qui soit en droit de prononc]2 ce n'e/ que peu peu1 et =cs mme p> le temps et les occasions1 que la v]tu p>faite et le vice consomm vi5n5t enf9 se dcl>]4 #bh 7,,viii7 ,fragm5t 444,il disait que l'esprit dans cette belle p]sonne tait un diamant bi5 mis en oeuvre1 et cont9uant de p>l] d'elle3 ,c'e/1 aj\tait-il1 comme une nuance de raison et d'agrm5t qui occupe les yeux et le coeur de ceux qui lui p>l5t2 on ne sait si on l'aime ou si on l'admire2 il y a en elle de quoi faire une p>faite amie1 il y a aussi de quoi v\s m5] plus lo9 que l'amiti4 ,trop jeune et trop fleurie p\r ne pas plaire1 mais trop mode/e p\r song] plaire1 elle ne ti5t compte aux hommes que de leur mrite1 et ne croit avoir que des amis4 ,ple9e de vivacits et capable de s5tim5ts1 elle surpr5d et elle intresse2 et sans ri5 ignor] de ce qui peut entr] de plus dlicat et de plus f9 dans les conv]sations1 elle a encore ces saillies heureuses qui entre autres plaisirs qu'elles font1 disp5s5t t\j\rs de la rplique4 ,elle v\s p>le comme celle qui n'e/ pas savante1 qui d\te et qui *]*e s'claircir2 et elle v\s c\te comme celle qui sait beauc\p1 qui connat le prix de ce que v\s lui dites1 et auprs de qui v\s ne p]dez ri5 de ce qui v\s *appe4 ,lo9 de s'appliqu] v\s contr$ire avec esprit1 et d'imit] ,elvire1 qui aime mieux pass] p\r une femme vive que m>qu] du bon s5s et de la ju/esse1 elle s'approprie vos s5tim5ts1 elle les croit si5s1 elle les t5d1 elle les embellit3 v\s tes cont5t de v\s d'avoir p5s si bi51 et d'avoir mieux dit encore que v\s n'aviez cru4 ,elle e/ t\j\rs au-dessus de la vanit1 soit qu'elle p>le1 soit qu'elle crive3 elle oublie les traits o il faut des raisons2 elle a dj compris que la simplicit e/ loqu5te4 ,s'il s'agit de s]vir quelqu'un et de v\s jet] dans les mmes intrts1 laissant ,elvire les jolis disc\rs et les belles-lettres1 qu'elle met t\s usages1 ,ar?nice n'emploie auprs de v\s que la s9crit1 l'ardeur1 l'empressem5t et la p]suasion4 ,ce qui dom9e en elle1 c'e/ le plaisir de la lecture1 avec le gt des p]sonnes de nom et de rputation1 mo9s p\r en tre connue que p\r les connatre4 ,on peut la l\] d'avance de t\te la sagesse qu'elle aura un j\r1 et de t\t le mrite qu'elle se prp>e p> les annes1 puisque avec une bonne conduite elle a de meilleures int5tions1 des pr9cipes srs1 utiles celles qui sont comme elle exposes aux so9s et la flatt]ie2 et qu'tant assez p>ticulire sans p\rtant tre f>\*e1 ayant mme un peu de p5*ant p\r la retraite1 il ne lui saurait peut-tre manqu] que les occasions1 ou ce qu'on appelle un gr& ?tre1 p\r y faire brill] t\tes ses v]tus4 #bi4 7,v7 ,une belle femme e/ aimable dans son naturel2 elle ne p]d ri5 tre nglige1 et sans autre p>ure que celle qu'elle tire de sa beaut et de sa jeunesse4 ,une grce nave clate sur son visage1 anime ses mo9dres actions3 il y aurait mo9s de pril la voir avec t\t l'attirail de l'aju/em5t et de la mode4 ,de mme un homme de bi5 e/ respectable p> lui-mme1 et indp5damm5t de t\s les dehors dont il v\drait s'aid] p\r r5dre sa p]sonne plus grave et sa v]tu plus spcieuse4 ,un air r=m1 une mode/ie outre1 la s+ul>it de l'habit1 une ample calotte n'aj\t5t ri5 la probit1 ne relv5t pas le mrite2 ils le f>d5t1 et font peut-tre qu'il e/ mo9s pur et mo9s +nu4 7,,vi7 ,une gravit trop tudie devi5t comique2 ce sont comme des extrmits qui se t\*5t et dont le milieu e/ dignit2 cela ne s'appelle pas tre grave1 mais en j\] le p]sonnage2 celui qui songe le dev5ir ne le s]a jamais3 ou la gravit n'e/ po9t1 ou elle e/ naturelle2 et il e/ mo9s difficile d'en desc5dre que d'y mont]4 #cj 7,,vi7 ,un homme de tal5t et de rputation1 s'il e/ *agr9 et au/re1 il eff>\*e les jeunes g5s1 les fait p5s] mal de la v]tu1 et la leur r5d suspecte d'une trop gr&e r=me et d'une pratique trop ennuyeuse4 ,s'il e/ au contraire d'un bon comm]ce1 il leur e/ une leon utile2 il leur appr5d qu'on peut vivre gaiem5t et laborieusem5t1 avoir des vues srieuses sans r5onc] aux plaisirs honntes2 il leur devi5t un exemple qu'on peut suivre4 #ca 7,,iv7 ,la physionomie n'e/ pas une rgle qui n\s soit donne p\r jug] des hommes3 elle n\s peut s]vir de conjecture4 #cb 7,,iv7 ,l'air spirituel e/ dans les hommes ce que la rgul>it des traits e/ dans les femmes3 c'e/ le g5re de beaut o les plus va9s puiss5t aspir]4 #cc 7,,iv7 ,un homme qui a beauc\p de mrite et d'esprit2 et qui e/ connu p\r tel1 n'e/ pas laid1 mme avec des traits qui sont dif=mes2 ou s'il a de la laideur1 elle ne fait pas son impression4 #cd 7,,vii7 ,combi5 d'art p\r r5tr] dans la nature6 combi5 de temps1 de rgles1 d'att5tion et de travail p\r dans] avec la mme lib]t et la mme grce que l'on sait m>*]2 p\r *ant] comme on p>le2 p>l] et s'exprim] comme l'on p5se2 jet] autant de =ce1 de vivacit1 de passion et de p]suasion dans un disc\rs tudi et que l'on prononce dans le public1 qu'on en a quelquefois naturellem5t et sans prp>ation dans les entreti5s les plus famili]s6 #ce 7,i7 ,ceux qui1 sans n\s connatre assez1 p5s5t mal de n\s1 ne n\s font pas de tort3 ce n'e/ pas n\s qu'ils attaqu5t1 c'e/ le fantme de leur imag9ation4 #cf 7,i7 ,il y a de petites rgles1 des devoirs1 des bi5sances atta*s aux lieux1 aux temps1 aux p]sonnes1 qui ne se dev95t po9t =ce d'esprit1 et que l'usage appr5d sans nulle pe9e3 jug] des hommes p> les fautes qui leur *app5t en ce g5re avant qu'ils soi5t assez in/ruits1 c'e/ en jug] p> leurs ongles ou p> la po9te de leurs *eveux2 c'e/ v\loir un j\r tre dtromp4 #cg 7,,vi7 ,je ne sais s'il e/ p]mis de jug] des hommes p> une faute qui e/ unique1 et si un beso9 extrme2 ou une viol5te passion1 ou un premi] m\vem5t tir5t consqu5ce4 #ch 7,,iv7 ,le contraire des bruits qui c\r5t des affaires ou des p]sonnes e/ s\v5t la vrit4 #ci 7,,iv7 ,sans une gr&e raideur et une cont9uelle att5tion t\tes ses p>oles1 on e/ expos dire en mo9s d'une heure le oui ou le non sur une mme *ose ou sur une mme p]sonne1 dt]m9 seulem5t p> un esprit de socit et de comm]ce qui entrane naturellem5t ne pas contr$ire celui-ci et celui-l qui en p>l5t diffremm5t4 #dj 7,,viii7 ,un homme p>tial e/ expos de petites mortifications2 c> comme il e/ galem5t impossible que ceux qu'il favorise soi5t t\j\rs heureux ou sages1 et que ceux contre qui il se dcl>e soi5t t\j\rs en faute ou malheureux1 il nat de l qu'il lui arrive s\v5t de p]dre cont5ance dans le public1 ou p> le mauvais succs de ses amis1 ou p> une n\velle gloire qu'acquir5t ceux qu'il n'aime po9t4 #da 7,,iv7 ,un homme sujet se laiss] prv5ir1 s'il ose remplir une dignit ou sculire ou ecclsia/ique1 e/ un aveugle qui veut pe9dre1 un muet qui s'e/ *>g d'une h>angue1 un s\rd qui juge d'une symphonie3 faibles images1 et qui n'exprim5t qu'imp>faitem5t la misre de la prv5tion4 ,il faut aj\t] qu'elle e/ un mal dsespr1 incurable1 qui infecte t\s ceux qui s'appro*5t du malade1 qui fait ds]t] les gaux1 les infrieurs1 les p>5ts1 les amis1 jusqu'aux mdec9s3 ils sont bi5 loigns de le gurir1 s'ils ne peuv5t le faire conv5ir de sa maladie1 ni des remdes1 qui s]ai5t d'c\t]1 de d\t]1 de s'in=m] et de s'claircir4 ,les flatteurs1 les f\rbes1 les calomniateurs1 ceux qui ne dli5t leur langue que p\r le m5songe et l'intrt1 sont les *>latans en qui il se confie1 et qui lui font aval] t\t ce qui leur plat3 ce sont eux aussi qui l'empoisonn5t et qui le tu5t4 #db 7,i7 ,la rgle de ,desc>tes1 qui ne veut pas qu'on dcide sur les mo9dres vrits avant qu'elles soi5t connues clairem5t et di/9ctem5t1 e/ assez belle et assez ju/e p\r devoir s't5dre au jugem5t que l'on fait des p]sonnes4 #dc 7,i7 ,ri5 ne n\s v5ge mieux des mauvais jugem5ts que les hommes font de notre esprit1 de nos moeurs et de nos manires1 que l'indignit et le mauvais c>actre de ceux qu'ils appr\v5t4 ,du mme fonds dont on nglige un homme de mrite1 l'on sait encore admir] un sot4 #dd 7,i7 ,un sot e/ celui qui n'a pas mme ce qu'il faut d'esprit p\r tre fat4 #de 7,i7 ,un fat e/ celui que les sots croi5t un homme de mrite4 #df 7,,iv7 ,l'imp]t95t e/ un fat outr4 ,le fat lasse1 ennuie1 dgte1 rebute2 l'imp]t95t rebute1 aigrit1 irrite1 (f5se3 il comm5ce o l'autre f9it4 ,le fat e/ entre l'imp]t95t et le sot3 il e/ compos de l'un et de l'autre4 #dg 7,,vii7 ,les vices p>t5t d'une dpravation du coeur2 les dfauts1 d'un vice de tempram5t2 le ridicule1 d'un dfaut d'esprit4 7,,iv7 ,l'homme ridicule e/ celui qui1 tant qu'il demeure tel1 a les app>5ces du sot4 7,,iv7 ,le sot ne se tire jamais du ridicule1 c'e/ son c>actre2 l'on y entre quelquefois avec de l'esprit1 mais l'on en sort4 7,,vii7 ,un erreur de fait jette un homme sage dans le ridicule4 7,,iv7 ,la sottise e/ dans le sot1 la fatuit dans le fat1 et l'imp]t95ce dans l'imp]t95t2 il semble que le ridicule rside tantt dans celui qui en effet e/ ridicule2 et tantt dans l'imag9ation de ceux qui croi5t voir le ridicule o il n'e/ po9t et ne peut tre4 #dh 7,,iv7 ,la grossiret1 la ru/icit1 la brutalit peuv5t tre les vices d'un homme d'esprit4 #di 7,,iv7 ,le /upide e/ un sot qui ne p>le po9t1 en cela plus supportable que le sot qui p>le4 #ej 7,,viii7 ,la mme *ose s\v5t e/1 dans la b\*e d'un homme d'esprit1 une navet ou un bon mot1 et dans celle d'un sot1 une sottise4 #ea 7,,iv7 ,si le fat p\vait cra9dre de mal p>l]1 il sortirait de son c>actre4 #eb 7,,iv7 ,l'une des m>ques de la mdiocrit de l'esprit e/ de t\j\rs cont]4 #ec 7,,iv7 ,le sot e/ emb>rass de sa p]sonne2 le fat a l'air libre et assur2 l'imp]t95t passe l'effront]ie3 le mrite a de la pudeur4 #ed 7,,viii7 ,le suffisant e/ celui en qui la pratique de c]ta9s dtails que l'on honore du nom d'affaires se tr\ve jo9te une trs gr&e mdiocrit d'esprit4 ,un gra9 d'esprit et une once d'affaires plus qu'il n'en entre dans la composition du suffisant1 font l'important4 ,p5dant qu'on ne fait que rire de l'important1 il n'a pas un autre nom2 ds qu'on s'en pla9t1 c'e/ l'arrogant4 #ee 7,,vii7 ,l'honnte homme ti5t le milieu entre l'habile homme et l'homme de bi51 quoique dans une di/ance 9gale de ces deux extrmes4 ,la di/ance qu'il y a de l'honnte1 homme l'habile homme s'affaiblit de j\r autre1 et e/ sur le po9t de disp>atre4 ,l'habile homme e/ celui qui ca*e ses passions1 qui ent5d ses intrts1 qui y sacrifie beauc\p de *oses1 qui a su acqurir du bi5 ou en cons]v]4 ,l'honnte homme e/ celui qui ne vole pas sur les gr&s *em9s1 et qui ne tue p]sonne1 dont les vices enf9 ne sont pas sc&aleux4 ,on connat assez qu'un homme de bi5 e/ honnte homme2 mais il e/ plaisant d'imag9] que t\t honnte homme n'e/ pas homme de bi54 ,l'homme de bi5 e/ celui qui n'e/ ni un sa9t ni un dvot1 et qui s'e/ born n'avoir que de la v]tu4 #ef 7,,iv7 ,tal5t1 gt1 esprit1 bon s5s1 *oses diffr5tes1 non incompatibles4 7,,iv7 ,entre le bon s5s et le bon gt il y a la diffr5ce de la cause son effet4 7,,vi7 ,entre esprit et tal5t il y a la proportion du t\t sa p>tie4 7,,vi7 ,appell]ai-je homme d'esprit celui qui1 born et r5f]m dans quelque art1 ou mme dans une c]ta9e sci5ce qu'il ex]ce dans une gr&e p]fection1 ne montre hors de l ni jugem5t1 ni mmoire1 ni vivacit1 ni moeurs1 ni conduite2 qui ne m'ent5d pas1 qui ne p5se po9t1 qui s'nonce mal2 un musici5 p> exemple1 qui aprs m'avoir comme en*ant p> ses accords1 semble s'tre remis avec son lu? dans un mme tui1 ou n'tre plus sans cet in/rum5t qu'une ma*9e dmonte1 qui il manque quelque *ose1 et dont il n'e/ pas p]mis de ri5 att5dre8 7,,vi7 ,que dirai-je encore de l'esprit du jeu8 p\rrait-on me le df9ir8 ,ne faut-il ni prvoyance1 ni f9esse1 ni habilet p\r j\] l'hombre ou les *ecs8 et s'il en faut1 p\rquoi voit-on des imbciles qui y excell5t1 et de trs beaux gnies qui n'ont pu mme atte9dre la mdiocrit1 qui une pice ou une c>te dans les ma9s tr\ble la vue1 et fait p]dre cont5ance8 7,,vi7 ,il y a dans le monde quelque *ose1 s'il se peut1 de plus incomprh5sible4 ,un homme p>at grossi]1 l\rd1 /upide2 il ne sait pas p>l]1 ni racont] ce qu'il vi5t de voir3 s'il se met crire1 c'e/ le modle des bons contes2 il fait p>l] les animaux1 les arbres1 les pi]res1 t\t ce qui ne p>le po9t3 ce n'e/ que lgret1 qu'lgance1 que beau naturel1 et que dlicatesse dans ses ouvrages4 7,,vi7 ,un autre e/ simple1 timide1 d'une ennuyeuse conv]sation2 il pr5d un mot p\r un autre1 et il ne juge de la bont de sa pice que p> l'arg5t qui lui en revi5t2 il ne sait pas la rcit]1 ni lire son criture4 ,laissez-le s'lev] p> la composition3 il n'e/ pas au-dess\s d',augu/e1 de ,pompe1 de ,nicomde1 d',h]aclius2 il e/ roi1 et un gr& roi2 il e/ politique1 il e/ philosophe2 il entrepr5d de faire p>l] des hros1 de les faire agir2 il pe9t les ,roma9s2 ils sont plus gr&s et plus ,roma9s dans ses v]s que dans leur hi/oire4 7,,vi7 ,v\lez-v\s quelque autre prodige8 ,concevez un homme facile1 d\x1 complaisant1 traitable1 et t\t d'un c\p viol5t1 colre1 f\gueux1 capricieux4 ,imag9ez-v\s un homme simple1 +nu1 crdule1 bad91 volage1 un enfant en *eveux gris2 mais p]mettez-lui de se recueillir1 ou plutt de se livr] un gnie qui agit en lui1 j'ose dire1 sans qu'il y pr5ne "p et comme son insu3 quelle v]ve6 quelle lvation6 quelles images6 quelle lat9it6 --,p>lez-v\s d'une mme p]sonne8 me direz-v\s4 --,oui1 du mme1 de ,?odas1 et de lui seul4 ,il crie1 il s'agite1 il se r\le t]re1 il se relve1 il tonne1 il clate2 et du milieu de cette tempte il sort une lumire qui brille et qui rj\it4 ,disons-le sans figure3 il p>le comme un f\1 et p5se comme un homme sage2 il dit ridiculem5t des *oses vraies1 et follem5t des *oses s5ses et raisonnables2 on e/ surpris de voir natre et clore le bon s5s du se9 de la b\ffonn]ie1 p>mi les grimaces et les contorsions4 ,qu'aj\t]ai-je davantage8 ,il dit et il fait mieux qu'il ne sait2 ce sont en lui comme deux mes qui ne se connaiss5t po9t1 qui ne dp5d5t po9t l'une de l'autre1 qui ont *acune leur t\r1 ou leurs fonctions t\tes sp>es4 ,il manqu]ait un trait cette pe9ture si surpr5ante1 si j'oubliais de dire qu'il e/ t\t la fois avide et insatiable de l\anges1 prt de se jet] aux yeux de ses critiques1 et dans le fond assez docile p\r pr(it] de leur c5sure4 ,je comm5ce me p]suad] moi-mme que j'ai fait le portrait de deux p]sonnages t\t diffr5ts4 ,il ne s]ait pas mme impossible d'en tr\v] un troisime dans ,?odas2 c> il e/ bon homme1 il e/ plaisant homme1 et il e/ excell5t homme4 #eg 7,i7 ,aprs l'esprit de disc]nem5t1 ce qu'il y a au monde de plus r>e1 ce sont les diamants et les p]les4 #eh 7,i7 ,tel1 connu dans le monde p> de gr&s tal5ts honor et *ri p>t\t o il se tr\ve1 e/ petit dans son dome/ique et aux yeux de ses pro*es1 qu'il n'a pu rduire l'e/im]2 tel autre1 au contraire1 prophte dans son pays1 j\it d'une vogue qu'il a p>mi les si5s et qui e/ ress]re dans l'ence9te de sa maison1 s'applaudit d'un mrite r>e et s+uli]1 qui lui e/ accord p> sa famille dont il e/ l'idole1 mais qu'il laisse *ez soi t\tes les fois qu'il sort1 et qu'il ne porte nulle "p4 #ei 7,i7 ,t\t le monde s'lve contre un homme qui entre en rputation3 pe9e ceux qu'il croit ses amis lui p>donn5t-ils un mrite naissant et une premire vogue qui semble l'associ] la gloire dont ils sont dj en possession2 l'on ne se r5d qu' l'extrmit1 et aprs que le ,pr9ce s'e/ dcl> p> les rcomp5ses3 t\s alors se rappro*5t de lui1 et de ce j\r-l seulem5t il pr5d son rang d'homme de mrite4 #fj 7,,viii7 ,n\s affectons s\v5t de l\] avec exagration des hommes assez mdiocres1 et de les lev]1 s'il se p\vait1 jusqu' la hauteur de ceux qui excell5t1 ou p>ce que n\s somme las d'admir] t\j\rs les mmes p]sonnes1 ou p>ce que leur gloire1 a9si p>tage1 (f5se mo9s notre vue1 et n\s devi5t plus d\ce et plus supportable4 #fa 7,,vii7 ,l'on voit des hommes que le v5t de la faveur p\sse d'abord ple9es voiles2 ils p]d5t en un mom5t la t]re de vue1 et font leur r\te3 t\t leur rit1 t\t leur succde2 action1 ouvrage1 t\t e/ combl d'loges et de rcomp5ses2 ils ne se montr5t que p\r tre embrasss et flicits4 ,il y a un ro*] immobile qui s'lve sur une cte2 les flots se bris5t au pi$2 la puissance1 les ri*esses1 la viol5ce1 la flatt]ie1 l'autorit1 la faveur1 t\s les v5ts ne l'branl5t pas3 c'e/ le public1 o ces g5s *\5t4 #fb 7,i7 ,il e/ ord9aire et comme naturel de jug] du travail d'autrui seulem5t p> rapport celui qui n\s occupe4 ,a9si le pote1 rempli de gr&es et sublimes ides1 e/ime peu le disc\rs de l'orateur1 qui ne s'ex]ce s\v5t que sur de simples faits2 et celui qui crit l'hi/oire de son pays ne peut compr5dre qu'un esprit raisonnable emploie sa vie imag9] des fictions et tr\v] une rime2 de mme le ba*eli] plong dans les quatre premi]s sicles1 traite t\te autre doctr9e de sci5ce tri/e1 va9e et inutile1 p5dant qu'il e/ peut-tre mpris du gomtre4 #fc 7,,iv7 ,tel a assez d'esprit p\r excell] dans une c]ta9e matire et en faire des leons1 qui en manque p\r voir qu'il doit se taire sur quelque autre dont il n'a qu'une faible connaissance3 il sort h>dim5t des limites de son gnie1 mais il s'g>e1 et fait que l'homme illu/re p>le comme un sot4 #fd 7,v7 ,hrille1 soit qu'il p>le1 qu'il h>angue ou qu'il crive1 veut cit]3 il fait dire au ,pr9ce des philosophes que le v9 enivre1 et l',orateur roma9 que l'eau le tempre4 ,s'il se jette dans la morale1 ce n'e/ pas lui1 c'e/ le div9 ,platon qui assure que la v]tu e/ aimable1 le vice odieux2 ou que l'un et l'autre se t\rn5t en habitude4 ,les *oses les plus communes1 les plus triviales1 et qu'il e/ mme capable de p5s]1 il veut les devoir aux anci5s1 aux ,lat9s1 aux ,grecs2 ce n'e/ ni p\r donn] plus d'autorit ce qu'il dit1 ni peut-tre p\r se faire honneur de ce qu'il sait3 il veut cit]4 #fe 7,v7 ,c'e/ s\v5t has>d] un bon mot et v\loir le p]dre que de le donn] p\r si53 il n'e/ pas relev1 il tombe avec des g5s d'esprit ou qui se croi5t tels1 qui ne l'ont pas dit1 et qui devai5t le dire4 ,c'e/ au contraire le faire valoir que de le rapport] comme d'un autre3 ce n'e/ qu'un fait1 et qu'on ne se croit pas oblig de savoir2 il e/ dit avec plus d'ins9uation et reu avec mo9s de jal\sie2 p]sonne n'en s\ffre3 on rit s'il faut rire1 et s'il faut admir]1 on admire4 #ff 7,,iv7 ,on a dit de ,socrate qu'il tait en dlire1 et que c'tait un f\ t\t ple9 d'esprit2 mais ceux des ,grecs qui p>lai5t a9si d'un homme si sage passai5t p\r f\s4 ,ils disai5t3 ,quels biz>res portraits n\s fait ce philosophe6 quels moeurs tranges et p>ticulires ne dcrit-il po9t6 o a-t-il rv1 creus1 rassembl des ides si extraord9aires8 quelles c\leurs6 quel p9ceau6 ce sont des *imres4 ,ils se trompai5t3 c'tai5t des mon/res1 c'tai5t des vices1 mais pe9ts au naturel2 on croyait les voir1 ils faisai5t peur4 ,socrate s'loignait du cynique2 il p>gnait les p]sonnes1 et blmait les moeurs qui tai5t mauvaises4 #fg 7,,iv7 ,celui qui e/ ri*e p> son savoir-faire connat un philosophe1 ses prceptes1 sa morale et sa conduite1 et n'imag9ant pas dans t\s les hommes une autre f9 de t\tes leurs actions que celle qu'il s'e/ propose lui-mme t\te sa vie1 dit en son coeur3 ,je le pla9s1 je le ti5s *\1 ce rigide c5seur2 il s'g>e1 et il e/ hors de r\te2 ce n'e/ pas a9si qu'on pr5d le v5t et que l'on arrive au dlicieux port de la =tune2 et selon ses pr9cipes il raisonne ju/e4 7,,iv7 ,je p>donne1 dit ,anti/hius1 ceux que j'ai l\s dans mon ouvrage s'ils m'oubli5t3 qu'ai-je fait p\r eux8 ils tai5t l\ables4 ,je le p>donn]ais mo9s t\s ceux dont j'ai attaqu les vices sans t\*] leurs p]sonnes1 s'ils me devai5t un aussi gr& bi5 que celui d'tre corrigs2 mais comme c'e/ un vnem5t qu'on ne voit po9t1 il suit de l que ni les uns ni les autres ne sont t5us de me faire du bi54 7,v7 ,l'on peut1 aj\te ce philosophe1 envi] ou refus] me crits leur rcomp5se3 on ne saurait en dim9u] la rputation2 et si on le fait1 qui m'emp*]a de le mpris]84 #fh 7,v7 ,il e/ bon d'tre philosophe1 il n'e/ gure utile de pass] p\r tel4 ,il n'e/ pas p]mis de trait] quelqu'un de philosophe3 ce s]a t\j\rs lui dire une injure1 jusqu' ce qu'il ait plu aux hommes d'en ordonn] autrem5t1 et1 en re/ituant un si beau nom son ide propre et conv5able1 de lui concili] t\te l'e/ime qui lui e/ due4 #fi 7,,vi7 ,il y a une philosophie qui n\s lve au-dessus de l'ambition et de la =tune1 qui n\s gale1 que dis-je8 qui n\s place plus haut que les ri*es1 que les gr&s et que les puissants2 qui n\s fait nglig] les po/es et ceux qui les procur5t2 qui n\s exempte de dsir]1 de dem&]1 de pri]1 de sollicit]1 d'importun]1 et qui n\s sauve mme l'motion et l'excessive joie d'tre exaucs4 ,il y a une autre philosophie qui n\s s\met et n\s assujettit t\tes ces *oses en faveur de nos pro*es ou de nos amis3 c'e/ la meilleure4 #gj 7,,iv7 ,c'e/ abrg] et s'p>gn] mille disc\rs1 que de p5s] de c]ta9es g5s qu'ils sont incapables de p>l] ju/e1 et de condamn] ce qu'ils dis5t1 ce qu'ils ont dit1 et ce qu'ils diront4 #ga 7,i7 ,n\s n'appr\vons les autres que p> les rapports que n\s s5tons qu'ils ont avec n\s-mmes2 et il semble qu'e/im] quelqu'un1 c'e/ l'gal] soi4 #gb 7,,iv7 ,les mmes dfauts1 qui dans les autres sont l\rds et insupportables sont *ez n\s comme dans leur c5tre2 ils ne ps5t plus1 on ne les s5t pas4 ,tel p>le d'un autre et en fait un portrait affreux1 qui ne voit pas qu'il se pe9t lui-mme4 ,ri5 ne n\s corrig]ait plus promptem5t de nos dfauts que si n\s tions capables de les av\] et de les reconnatre dans les autres3 c'e/ dans cette ju/e di/ance que1 n\s p>aissant tels qu'ils sont1 ils se f]ai5t har autant qu'ils le mrit5t4 #gc 7,,iv7 ,la sage conduite r\le sur deux pivots1 le pass et l'av5ir4 ,celui qui a la mmoire fidle et une gr&e prvoyance e/ hors du pril de c5sur] dans les autres ce qu'il a peut-tre fait lui-mme1 ou de condamn] une action dans un p>eil cas1 et dans t\tes les circon/ances o elle lui s]a un j\r 9vitable4 #gd 7,,vi7 ,le gu]ri] et le politique1 non plus que le j\eur habile1 ne font pas le has>d1 mais ils le prp>5t1 ils l'attir5t1 et sembl5t presque le dt]m9]4 ,non seulem5t ils sav5t ce que le sot et le poltron ignor5t1 je veux dire se s]vir du has>d qu& il arrive2 ils sav5t mme pr(it]1 p> leurs prcautions et leurs mesures1 d'un tel ou d'un tel has>d1 ou de plusieurs t\t la fois4 ,si ce po9t arrive1 ils gagn5t2 si c'e/ cet autre1 ils gagn5t encore2 un mme po9t s\v5t les fait gagn] de plusieurs manires4 ,ces hommes sages peuv5t tre l\s de leur bonne =tune comme de leur bonne conduite1 et le has>d doit tre rcomp5s en eux comme la v]tu4 #ge 7,,viii7 ,je ne mets au-dessus d'un gr& politique que celui qui nglige de le dev5ir1 et qui se p]suade de plus en plus que le monde ne mrite po9t qu'on s'en occupe4 #gf 7,v7 ,il y a dans les meilleurs conseils de quoi dplaire4 ,ils vi5n5t d'ailleurs que de notre esprit3 c'e/ assez p\r tre rejets d'abord p> prsomption et p> humeur1 et suivis seulem5t p> ncessit ou p> rflexion4 #gg 7,i7 ,quel bonheur surpr5ant a accompagn ce favori p5dant t\t le c\rs de sa vie1 quelle autre =tune mieux s\t5ue1 sans int]ruption1 sans la mo9dre disgrce8 les premi]s po/es1 l'oreille du ,pr9ce1 d'imm5ses trsors1 une sant p>faite1 et une mort d\ce4 ,mais quel trange compte r5dre d'une vie passe dans la faveur1 des conseils que l'on a donns1 de ceux qu'on a nglig de donn] ou de suivre1 des bi5s que l'on n'a po9t faits1 des maux au contraire que l'on a faits ou p> soi-mme ou p> les autres2 en un mot1 de t\te sa prosprit6 #gh 7,,iv7 ,l'on gagne m\rir d'tre l\ de ceux qui n\s surviv5t1 s\v5t sans autre mrite que celui de n'tre plus3 le mme loge s]t alors p\r ,caton et p\r ,pison4 ,le bruit c\rt que ,pison e/ mort3 c'e/ une gr&e p]te2 c'tait un homme de bi51 et qui mritait une plus longue vie2 il avait de l'esprit et de l'agrm5t1 de la f]met et du c\rage2 il tait sr1 gnreux1 fidle4 ,aj\tez3 p\rvu qu'il soit mort4 #gi 7,,iv7 ,la manire dont on se rcrie sur quelques-uns qui se di/+u5t p> la bonne foi1 le ds9tressem5t et la probit1 n'e/ pas tant leur loge que le dcrditem5t du g5re huma94 #hj 7,,vii7 ,tel s\lage les misrables1 qui nglige sa famille et laisse son fils dans l'indig5ce2 un autre lve un n\vel difice1 qui n'a pas encore pay les plombs d'une maison qui e/ a*eve depuis dix annes2 un troisime fait des prs5ts et des l>gesses1 et ru9e ses cranci]s4 ,je dem&e3 la piti1 la libralit1 la magnific5ce1 sont-ce les v]tus d'un homme inju/e8 ou plutt si la biz>r]ie et la vanit ne sont pas les causes de l'inju/ice4 #ha 7,,viii7 ,une circon/ance ess5tielle la ju/ice que l'on doit aux autres1 c'e/ de la faire promptem5t et sans diffr]3 la faire att5dre1 c'e/ inju/ice4 ,ceux-l font bi51 ou font ce qu'ils doiv5t1 qui font ce qu'ils doiv5t4 ,celui qui dans t\te sa conduite laisse longtemps dire de soi qu'il f]a bi51 fait trs mal4 #hb 7,,vii7 ,l'on dit d'un gr& qui ti5t table deux fois le j\r1 et qui passe sa vie faire dige/ion1 qu'il meurt de faim1 p\r exprim] qu'il n'e/ pas ri*e1 ou que ses affaires sont =t mauvaises3 c'e/ une figure2 on le dirait plus la lettre de ses cranci]s4 #hc 7,,iv7 ,l'honntet1 les g>ds et la politesse des p]sonnes avances en ge de l'un et l'autre sexe me donn5t bonne op9ion de ce qu'on appelle le vieux temps4 #hd 7,i7 ,c'e/ un excs de confiance dans les p>5ts d'espr] t\t de la bonne ducation de leurs enfants1 et une gr&e erreur de n'en att5dre ri5 et de la nglig]4 #he 7,,iv7 ,qu& il s]ait vrai1 ce que plusieurs dis5t1 que l'ducation ne donne po9t l'homme un autre coeur ni une autre complexion1 qu'elle ne *ange ri5 dans son fond et ne t\*e qu'aux sup]ficies1 je ne laiss]ais pas de dire qu'elle ne lui e/ pas inutile4 #hf 7,,iv7 ,il n'y a que de l'avantage p\r celui qui p>le peu3 la prsomption e/ qu'il a de l'esprit2 et s'il e/ vrai qu'il n'en manque pas1 la prsomption e/ qu'il l'a excell5t4 #hg 7,v7 ,ne song] qu' soi et au prs5t1 s\rce d'erreur dans la politique4 #hh 7,,iv7 ,le plus gr& malheur1 aprs celui d'tre conva9cu d'un crime1 e/ s\v5t d'avoir eu s'en ju/ifi]4 ,tels arrts n\s d*>g5t et n\s r5voi5t abs\s1 qui sont infirms p> la voix du peuple4 #hi 7,i7 ,un homme e/ fidle de c]ta9es pratiques de religion1 on le voit s'en acquitt] avec exactitude3 p]sonne ne le l\e ni ne le dsappr\ve2 on n'y p5se pas4 ,tel autre y revi5t aprs les avoir ngliges dix annes entires3 on se rcrie1 on l'exalte2 cela e/ libre3 moi1 je le blme d'un si long oubli de ses devoirs1 et je le tr\ve heureux d'y tre r5tr4 #ij 7,,iv7 ,le flatteur n'a pas assez bonne op9ion de soi ni des autres4 #ia 7,,iv7 ,tels sont oublis dans la di/ribution des grces1 et font dire d'eux3 ,p\rquoi les oubli]8 qui1 si l'on s'en tait s\v5u1 aurai5t fait dire3 ,p\rquoi s'en s\v5ir8 ,d'o vi5t cette contr>it8 ,e/-ce du c>actre de ces p]sonnes1 ou de l'inc]titude de nos jugem5ts1 ou mme de t\s les deux8 #ib 7,,vi7 ,l'on dit communm5t3 ,aprs un tel1 qui s]a *anceli]8 qui s]a primat des ,gaules8 qui s]a pape8 ,on va plus lo93 *acun1 selon ses s\haits ou son caprice1 fait sa promotion1 qui e/ s\v5t de g5s plus vieux et plus caducs que celui qui e/ en place2 et comme il n'y a pas de raison qu'une dignit tue celui qui s'en tr\ve revtu1 qu'elle s]t au contraire le rajeunir1 et donn] au corps et l'esprit de n\velles ress\rces1 ce n'e/ pas un vnem5t =t r>e un titulaire d'ent]r] son successeur4 #ic 7,v7 ,la disgrce te9t les ha9es et les jal\sies4 ,celui-l peut bi5 faire1 qui ne n\s aigrit plus p> une gr&e faveur3 il n'y a aucun mrite1 il n'y a sorte de v]tus qu'on ne lui p>donne2 il s]ait un hros impunm5t4 ,ri5 n'e/ bi5 d'un homme disgraci3 v]tus1 mrite1 t\t e/ ddaign1 ou mal expliqu1 ou imput vice2 qu'il ait un gr& coeur1 qu'il ne craigne ni le f] ni le feu1 qu'il aille d'aussi bonne grce l'ennemi que ,bay>d et ,montrevel1 c'e/ un brava*e1 on en plaisante2 il n'a plus de quoi tre un hros4 ,je me contr$is1 il e/ vrai3 accusez-en les hommes1 dont je ne fais que rapport] les jugem5ts2 je ne dis pas de diffr5ts hommes1 je dis les mmes1 qui jug5t si diffremm5t4 #id 7,,vi7 ,il ne faut pas v+t annes accomplies p\r voir *ang] les hommes d'op9ion sur les *oses les plus srieuses1 comme sur celles qui leur ont p>u les plus sres et les plus vraies4 ,je ne has>d]ai pas d'avanc] que le feu en soi1 et indp5damm5t de nos s5sations1 n'a aucune *aleur1 c'e/--dire ri5 de semblable ce que n\s pr\vons en n\s-mmes son appro*e1 de peur que quelque j\r il ne devi5ne aussi *aud qu'il a jamais t4 ,j'assur]ai aussi peu qu'une ligne droite tombant sur une autre ligne droite fait deux angles droits1 ou gaux deux droits1 de peur que les hommes v5ant y dc\vrir quelque *ose de plus ou de mo9s1 je ne sois raill de ma proposition4 ,aussi dans un autre g5re1 je dirai pe9e avec t\te la ,france3 ,vauban e/ infaillible1 on n'en appelle po9t3 qui me g>antirait que dans peu de temps on n'ins9u]a pas que mme sur le sige1 qui e/ son =t et o il dcide s\v]a9em5t1 il erre quelquefois1 sujet aux fautes comme ,antiphile8 #ie 7,,iv7 ,si v\s en croyez des p]sonnes aigries l'une contre l'autre et que la passion dom9e1 l'homme docte e/ un savantasse1 le magi/rat un b\rgeois ou un pratici51 le f9anci] un maltti]1 et le g5tilhomme un g5tilltre2 mais il e/ trange que de si mauvais noms1 que la colre et la ha9e ont su inv5t]1 devi5n5t famili]s1 et que le dda91 t\t froid et t\t paisible qu'il e/1 ose s'en s]vir4 #if 7,,iv7 ,v\s v\s agitez1 v\s v\s donnez un gr& m\vem5t1 surt\t lorsque les ennemis comm5c5t fuir et que la victoire n'e/ plus d\teuse1 ou devant une ville aprs qu'elle a capitul2 v\s aimez1 dans un combat ou p5dant un sige1 p>atre en c5t endroits p\r n'tre nulle "p1 prv5ir les ordres du gnral de peur de les suivre1 et *]*] les occasions plutt que de les att5dre et les recevoir3 votre valeur s]ait-elle fausse8 #ig 7,,iv7 ,faites g>d] aux hommes quelque po/e o ils puiss5t tre tus1 et o nanmo9s ils ne soi5t pas tus3 ils aim5t l'honneur et la vie4 #ih 7,,vii7 voir comme les hommes aim5t la vie1 p\vait-on s\ponn] qu'ils aimass5t quelque autre *ose plus que la vie8 et que la gloire1 qu'ils prfr5t la vie1 ne ft s\v5t qu'une c]ta9e op9ion d'eux-mmes tablie dans l'esprit de mille g5s ou qu'ils ne connaiss5t po9t ou qu'ils n'e/im5t po9t8 #ii 7,,vii7 ,ceux qui1 ni gu]ri]s ni c\rtisans1 vont la gu]re et suiv5t la c\r1 qui ne font pas un sige1 mais qui y assi/5t1 ont bi5tt puis leur curiosit sur une place de gu]re1 quelque surpr5ante qu'elle soit1 sur la tran*e1 sur l'effet des bombes et du canon1 sur les c\ps de ma91 comme sur l'ordre et le succs d'une attaque qu'ils entrevoi5t4 ,la rsi/ance cont9ue1 les pluies survi5n5t1 les fatigues croiss5t1 on plonge dans la fange1 on a combattre les saisons et l'ennemi1 on peut tre =c dans ses lignes et enf]m entre une ville et une arme3 quelles extrmits6 ,on p]d c\rage1 on murmure4 ,e/-ce un si gr& inconvni5t que de lev] un sige8 ,le salut de l'tat dp5d-il d'une citadelle de plus ou de mo9s8 ,ne faut-il pas1 aj\t5t-ils1 fl*ir s\s les ordres du ,ciel1 qui semble se dcl>] contre n\s1 et remettre la p>tie un autre temps8 ,alors ils ne compr5n5t plus la f]met1 et s'ils osai5t dire1 l'op9itret du gnral1 qui se raidit contre les ob/acles1 qui s'anime p> la difficult de l'entreprise1 qui veille la nuit et s'expose le j\r p\r la conduire sa f94 ,a-t-on capitul1 ces hommes si dc\rags relv5t l'importance de cette conqute1 en prdis5t les suites1 exagr5t la ncessit qu'il y avait de la faire1 le pril et la honte qui suivai5t de s'en dsi/]1 pr\v5t que l'arme qui n\s c\vrait des ennemis tait inv9cible4 ,ils revi5n5t avec la c\r1 pass5t p> les villes et les b\rgades2 fi]s d'tre reg>ds de la b\rgeoisie qui e/ aux f5tres1 comme ceux mmes qui ont pris la place1 ils en triomph5t p> les *em9s1 ils se croi5t braves4 ,rev5us *ez eux1 ils v\s t\rdiss5t de flancs1 de r$ans1 de ravel9s1 de fausse-braie1 de c\rt9es et de *em9 c\v]t2 ils r5d5t compte des endroits o l'envie de voir les a ports1 et o il ne laissait pas d'y avoir du pril1 des has>ds qu'ils ont c\rus leur ret\r d'tre pris ou tus p> l'ennemi3 ils tais5t seulem5t qu'ils ont eu peur4 #ajj 7,,iv7 ,c'e/ le plus petit inconvni5t du monde que de demeur] c\rt dans un s]mon ou dans une h>angue3 il laisse l'orateur ce qu'il a d'esprit1 de bon s5s1 d'imag9ation1 de moeurs et de doctr9e2 il ne lui te ri52 mais on ne laisse pas de s'tonn] que les hommes1 ayant v\lu une fois y atta*] une espce de honte et de ridicule1 s'expos5t p> de longs et s\v5t d'inutiles disc\rs1 en c\rir t\t le risque4 #aja 7,,iv7 ,ceux qui emploi5t mal leur temps sont les premi]s se pla9dre de sa brivet3 comme ils le consum5t s'habill]1 mang]1 dormir1 de sots disc\rs1 se rs\dre sur ce qu'ils doiv5t faire1 et s\v5t ne ri5 faire1 ils en manqu5t p\r leurs affaires ou p\r leurs plaisirs2 ceux au contraire qui en font un meilleur usage en ont de re/e4 ,il n'y a po9t de m9i/re si occup qui ne sa*e p]dre *aque j\r deux heures de temps3 cela va lo9 la f9 d'une longue vie2 et si le mal e/ encore plus gr& dans les autres conditions des hommes1 quelle p]te inf9ie ne se fait pas dans le monde d'une *ose si prcieuse1 et dont l'on se pla9t qu'on n'a po9t assez6 #ajb 7,,iv7 ,il y a des cratures de ,dieu qu'on appelle des hommes qui ont une me qui e/ esprit1 dont t\te la vie e/ occupe et t\te l'att5tion e/ runie sci] du m>bre3 cela e/ bi5 simple1 c'e/ bi5 peu de *ose4 ,il y en a d'autres qui s'en tonn5t1 mais qui sont entirem5t inutiles1 et qui pass5t les j\rs ne ri5 faire3 c'e/ encore mo9s que de sci] du m>bre4 #ajc 7,v7 ,la plup>t des hommes oubli5t si =t qu'ils ont une me1 et se rp&5t en tant d'actions et d'ex]cices o il semble qu'elle e/ inutile1 que l'on croit p>l] avantageusem5t de quelqu'un en disant qu'il p5se2 cet loge mme e/ dev5u vulgaire1 qui p\rtant ne met cet homme qu'au-dessus du *i5 ou du *eval4 #ajd 7,,iv7 quoi v\s div]tissez-v\s8 quoi passez-v\s le temps8 v\s dem&5t les sots et les g5s d'esprit4 ,si je rplique que c'e/ ouvrir les yeux et voir1 prt] l'oreille et ent5dre1 voir la sant1 le repos1 la lib]t1 ce n'e/ ri5 dire4 ,les solides bi5s1 les gr&s bi5s1 les seuls bi5s ne sont pas compts1 ne se font pas s5tir4 ,j\ez-v\s8 masquez-v\s8 il faut rpondre4 7,,vii7 ,e/-ce un bi5 p\r l'homme que la lib]t1 si elle peut tre trop gr&e et trop t5due1 telle enf9 qu'elle ne s]ve qu' lui faire dsir] quelque *ose1 qui e/ d'avoir mo9s de lib]t8 7,,vii7 ,la lib]t n'e/ pas oisivet2 c'e/ un usage libre du temps2 c'e/ le *oix du travail et de l'ex]cice4 tre libre en un mot n'e/ pas ne ri5 faire1 c'e/ tre seul arbitre de ce qu'on fait ou de ce qu'on ne fait po9t4 ,quel bi5 en ce s5s que la lib]t6 #aje 7,i7 ,cs> n'tait po9t trop vieux p\r p5s] la conqute de l'univ]s2 il n'avait po9t d'autre batitude se faire que le c\rs d'une belle vie1 et un gr& nom aprs sa mort2 n fi]1 ambitieux1 et se portant bi5 comme il faisait1 il ne p\vait mieux employ] son temps qu' conqurir le monde4 ,alex&re tait bi5 jeune p\r un desse9 si srieux3 il e/ tonnant que dans ce premi] ge les femmes ou le v9 n'ai5t plus tt rompu son entreprise4 #ajf 7,i7 ,un jeune ,pr9ce1 d'une race ,augu/e4 ,l'am\r et l'esprance des peuples4 ,donn du ciel p\r prolong] la flicit de la t]re4 ,plus gr& que ses ,aeux4 ,fils d'un ,hros qui e/ son modle1 a dj montr l',univ]s p> ses div9es qualits1 et p> une v]tu anticipe1 que les enfants des ,hros sont plus pro*es de l'tre que les autres hommes4 #ajg 7,,iv7 ,si le monde dure seulem5t c5t millions d'annes1 il e/ encore dans t\te sa fra*eur1 et ne fait presque que comm5c]2 n\s-mmes n\s t\*ons aux premi]s hommes et aux patri>*es1 et qui p\rra ne n\s pas confondre avec eux dans des sicles si reculs8 ,mais si l'on juge p> le pass de l'av5ir1 quelles *oses n\velles n\s sont inconnues dans les arts1 dans les sci5ces1 dans la nature1 et j'ose dire dans l'hi/oire6 quelles dc\v]tes ne f]a-t-on po9t6 quelles diffr5tes rvolutions ne doiv5t pas arriv] sur t\te la face de la t]re1 dans les tats et dans les empires6 quelle ignorance e/ la ntre6 et quelle lgre expri5ce que celle de six ou sept mille ans6 #ajh 7,,iv7 ,il n'y a po9t de *em9 trop long qui m>*e l5tem5t et sans se press]3 il n'y a po9t d'avantages trop loigns qui s'y prp>e p> la pati5ce4 #aji 7,,iv7 ,ne faire sa c\r p]sonne1 ni att5dre de quelqu'un qu'il v\s fasse la si5ne1 d\ce situation1 ge d'or1 tat de l'homme le plus naturel6 #aaj 7,,vii7 ,le monde e/ p\r ceux qui suiv5t les c\rs ou qui peupl5t les villes2 la nature n'e/ que p\r ceux qui habit5t la campagne3 eux seuls viv5t1 eux seuls du mo9s connaiss5t qu'ils viv5t4 #aaa 7,,iv7 ,p\rquoi me faire froid1 et v\s pla9dre de ce qui m'e/ *app sur quelques jeunes g5s qui peupl5t les c\rs8 tes-v\s vicieux1 ,?rasylle8 ,je ne le savais pas1 et v\s me l'appr5ez3 ce que je sais e/ que v\s n'tes plus jeune4 ,et v\s qui v\lez tre (f5s p]sonnellem5t de ce que j'ai dit de quelques gr&s1 ne criez-v\s po9t de la blessure d'un autre8 tes-v\s ddaigneux1 malfaisant1 mauvais plaisant1 flatteur1 hypocrite8 ,je l'ignorais1 et ne p5sais pas v\s3 j'ai p>l des gr&s4 #aab 7,,iv7 ,l'esprit de modration et une c]ta9e sagesse dans la conduite laiss5t les hommes dans l'obscurit3 il leur faut de gr&es v]tus p\r tre connus et admirs1 ou peut-tre de gr&s vices4 #aac 7,,iv7 ,les hommes1 sur la conduite des gr&s et des petits indiffremm5t1 sont prv5us1 *>ms1 enlevs p> la russite3 il s'en faut peu que le crime heureux ne soit l\ comme la v]tu mme1 et que le bonheur ne ti5ne lieu de t\tes les v]tus4 ,c'e/ un noir att5tat1 c'e/ une sale et odieuse entreprise1 que celle que le succs ne saurait ju/ifi]4 #aad 7,,iv7 ,les hommes1 sduits p> de belles app>5ces et de spcieux prtextes1 gt5t aism5t un projet d'ambition que quelques gr&s ont mdit2 ils en p>l5t avec intrt2 il leur plat mme p> la h>diesse ou p> la n\veaut que l'on lui impute2 ils y sont dj acc\tums1 et n'en att5d5t que le succs1 lorsque1 v5ant au contraire avort]1 ils dcid5t avec confiance1 et sans nulle cra9te de se tromp]1 qu'il tait tmraire et ne p\vait russir4 #aae 7,,iv7 ,il y a de tels projets1 d'un si gr& clat et d'une consqu5ce si va/e1 qui font p>l] les hommes si longtemps1 qui font tant espr] ou tant cra9dre1 selon les div]s intrts des peuples1 que t\te la gloire et t\te la =tune d'un homme y sont commises4 ,il ne peut pas avoir p>u sur la scne avec un si bel app>eil p\r se retir] sans ri5 dire2 quelques affreux prils qu'il comm5ce prvoir dans la suite de son entreprise1 il faut qu'il l'entame3 le mo9dre mal p\r lui e/ de la manqu]4 #aaf 7,,viii7 ,dans un m*ant homme il n'y a pas de quoi faire un gr& homme4 ,l\ez ses vues et ses projets1 admirez sa conduite1 exagrez son habilet se s]vir des moy5s les plus propres et les plus c\rts p\r p>v5ir ses f9s3 si ses f9s sont mauvaises1 la prud5ce n'y a aucune "p2 et o manque la prud5ce1 tr\vez la gr&eur1 si v\s le p\vez4 #aag 7,,vi7 ,un ennemi e/ mort qui tait la tte d'une arme =midable1 de/9e pass] le ,rh92 il savait la gu]re1 et son expri5ce p\vait tre seconde de la =tune3 quels feux de joie a-t-on vus8 quelle fte publique8 ,il y a des hommes au contraire naturellem5t odieux2 et dont l'av]sion devi5t populaire3 ce n'e/ po9t prcism5t p> les progrs qu'ils font1 ni p> la cra9te de ceux qu'ils peuv5t faire1 que la voix du peuple clate leur mort1 et que t\t tressaille1 jusqu'aux enfants1 ds que l'on murmure dans les places que la t]re enf9 en e/ dlivre4 #aah 7,v7 ,o temps6 moeurs6 s'crie ,hraclite1 malheureux sicle6 sicle rempli de mauvais exemples1 o la v]tu s\ffre1 o le crime dom9e1 o il triomphe6 ,je veux tre un ,lycaon1 un ,aegi/e2 l'occasion ne peut tre meilleure1 ni les conjonctures plus favorables1 si je dsire du mo9s de fleurir et de prospr]4 ,un homme dit3 ,je pass]ai la m]1 je dp\ill]ai mon pre de son patrimo9e1 je le *ass]ai1 lui1 sa femme1 son hriti]1 de ses t]res et de ses tats1 et comme il l'a dit il l'a fait4 ,ce qu'il devait apprh5d]1 c'tait le ress5tim5t de plusieurs rois qu'il outrage en la p]sonne d'un seul roi2 mais ils ti5n5t p\r lui2 ils lui ont presque dit3 ,passez la m]1 dp\illez votre pre1 montrez t\t l'univ]s qu'on peut *ass] un roi de son royaume1 a9si qu'un petit seigneur de son *teau1 ou un f]mi] de sa mtairie2 qu'il n'y ait plus de diffr5ce entre de simples p>ticuli]s et n\s2 n\s sommes las de ces di/9ctions3 appr5ez au monde que ces peuples que ,dieu a mis s\s nos pi$s peuv5t n\s ab&onn]1 n\s trahir1 n\s livr]1 se livr] eux-mmes un trang]1 et qu'ils ont mo9s cra9dre de n\s que n\s d'eux et de leur puissance4 ,qui p\rrait voir des *oses si tri/es avec des yeux secs et une me tranquille8 ,il n'y a po9t de *>ges qui n'ai5t leurs privilges2 il n'y a aucun titulaire qui ne p>le1 qui ne plaide1 qui ne s'agite p\r les df5dre3 la dignit royale seule n'a plus de privilges2 les rois eux-mmes y ont r5onc4 ,un seul1 t\j\rs bon et magnanime1 ouvre ses bras une famille malheureuse4 ,t\s les autres se ligu5t comme p\r se v5g] de lui1 et de l'appui qu'il donne une cause qui leur e/ commune4 ,l'esprit de pique et de jal\sie prvaut *ez eux l'intrt de l'honneur1 de la religion et de leur tat2 e/-ce assez8 leur intrt p]sonnel et dome/ique3 il y va1 je ne dis pas de leur lection1 mais de leur succession1 de leurs droits comme hrditaires2 enf9 dans t\s l'homme l'emporte sur le s\v]a94 ,un pr9ce dlivrait l',europe1 se dlivrait lui-mme d'un fatal ennemi1 allait j\ir de la gloire d'avoir dtruit un gr& empire3 il la nglige p\r une gu]re d\teuse4 ,ceux qui sont ns arbitres et mdiateurs temporis5t2 et lorsqu'ils p\rrai5t avoir dj employ utilem5t leur mdiation1 ils la promett5t4 ,o ptres6 cont9ue ,hraclite1 ru/res qui habitez s\s le *aume et dans les cabanes6 si les vnem5ts ne vont po9t jusqu' v\s1 si v\s n'avez po9t le coeur p]c p> la malice des hommes1 si on ne p>le plus d'hommes dans vos contres1 mais seulem5t de r5>ds et de l\ps-c]vi]s1 recevez-moi p>mi v\s mang] votre pa9 noir et boire l'eau de vos cit]nes4 #aai 7,,vi7 ,petits hommes1 hauts de six pi$s1 t\t au plus de sept1 qui v\s enf]mez aux foires comme gants et comme des pices r>es dont il faut a*et] la vue1 ds que v\s allez jusques huit pi$s2 qui v\s donnez sans pudeur de la hautesse et de l'm95ce1 qui e/ t\t ce que l'on p\rrait accord] ces montagnes vois9es du ciel et qui voi5t les nuages se =m] au-dess\s d'elles2 espce d'animaux glorieux et sup]bes1 qui mprisez t\te autre espce1 qui ne faites pas mme comp>aison avec l'lphant et la bale9e2 appro*ez1 hommes1 rpondez un peu ,dmocrite4 ,ne dites-v\s pas en commun prov]be3 des l\ps ravissants1 des lions furieux1 malicieux comme un s+e8 ,et v\s autres1 qui tes-v\s8 ,j'ent5ds corn] sans cesse mes oreilles3 ,l'homme e/ un animal raisonnable4 ,qui v\s a pass cette df9ition8 sont-ce les l\ps1 les s+es et les lions1 ou si v\s v\s l'tes accorde v\s-mmes8 ,c'e/ dj une *ose plaisante que v\s donniez aux animaux1 vos confrres1 ce qu'il y a de pire1 p\r pr5dre p\r v\s ce qu'il y a de meilleur4 ,laissez-les un peu se df9ir eux-mmes1 et v\s v]rez comme ils s'oubli]ont et comme v\s s]ez traits4 ,je ne p>le po9t1 hommes1 de vos lgrets1 de vos folies et de vos caprices1 qui v\s mett5t au-dess\s de la taupe et de la tortue1 qui vont sagem5t leur petit tra91 et qui suiv5t sans v>i] l'in/9ct de leur nature2 mais c\tez-moi un mom5t4 ,v\s dites d'un ti]celet de faucon qui e/ =t lg]1 et qui fait une belle desc5te sur la p]drix3 ,voil un bon oiseau2 et d'un lvri] qui pr5d un livre corps corps3 ,c'e/ un bon lvri]4 ,je cons5s aussi que v\s disiez d'un homme qui c\rt le sangli]1 qui le met aux abois1 qui l'atte9t et qui le p]ce3 ,voil un brave homme4,mais si v\s voyez deux *i5s qui s'aboi5t1 qui s'affront5t1 qui se mord5t et se d*ir5t1 v\s dites3 ,voil de sots animaux2 et v\s pr5ez un bton p\r les sp>]4 ,que si l'on v\s disait que t\s les *ats d'un gr& pays se sont assembls p> milli]s dans une pla9e1 et qu'aprs avoir miaul t\t leur sl1 ils se sont jets avec fureur les uns sur les autres1 et ont j\ ensemble de la d5t et de la griffe2 que de cette mle il e/ demeur de "p et d'autre neuf dix mille *ats sur la place1 qui ont infect l'air dix lieues de l p> leur puanteur1 ne diriez-v\s pas3 ,voil le plus abom9able sabbat dont on ait jamais ou p>l]8 ,et si les l\ps en faisai5t de mme3 ,quels hurlem5ts6 quelle b\*]ie6 ,et si les uns ou les autres v\s disai5t qu'ils aim5t la gloire1 concluriez-v\s de ce disc\rs qu'ils la mett5t se tr\v] ce beau r5dez-v\s1 dtruire a9si et anantir leur propre espce8 ou aprs l'avoir conclu1 ne ririez-v\s pas de t\t votre coeur de l'+nuit de ces pauvres btes8 ,v\s avez dj1 en animaux raisonnables1 et p\r v\s1 di/+u] de ceux qui ne se s]v5t que de leurs d5ts et de leurs ongles1 imag9 les lances1 les piques1 les d>ds1 les sabres et les cimet]res1 et mon gr =t judicieusem5t2 c> avec vos seules ma9s que v\s p\viez-v\s v\s faire les uns aux autres1 que v\s arra*] les *eveux1 v\s gratign] au visage1 ou t\t au plus v\s arra*] les yeux de la tte8 au lieu que v\s voil munis d'in/rum5ts commodes1 qui v\s s]v5t v\s faire rciproquem5t de l>ges plaies d'o peut c\l] votre sang jusqu' la d]nire g\tte1 sans que v\s puissiez cra9dre d'en *app]4 ,mais comme v\s dev5ez d'anne autre plus raisonnables1 v\s avez bi5 en*ri sur cette vieille manire de v\s ext]m9]3 v\s avez de petits globes qui v\s tu5t t\t d'un c\p1 s'ils peuv5t seulem5t v\s atte9dre la tte ou la poitr9e2 v\s en avez d'autres1 plus pesants et plus massifs1 qui v\s c\p5t en deux p>ts ou qui v\s v5tr5t1 sans compt] ceux qui tombant sur vos toits1 enfonc5t les plan*]s1 vont du gr5i] la cave1 en enlv5t les votes1 et font saut] en l'air1 avec vos maisons1 vos femmes qui sont en c\*e1 l'enfant et la n\rrice3 et c'e/ l encore o gt la gloire2 elle aime le remue-mnage1 et elle e/ p]sonne d'un gr& fracas4 ,v\s avez d'ailleurs des armes df5sives1 et dans les bonnes rgles v\s devez en gu]re tre habills de f]1 ce qui e/ sans m5tir une jolie p>ure1 et qui me fait s\v5ir de ces quatre puces clbres que montrait autrefois un *>latan1 subtil ouvri]1 dans une fiole o il avait tr\v le secret de les faire vivre3 il leur avait mis *acune une salade en tte1 leur avait pass un corps de cuirasse1 mis des brass>ds1 des g5\illres1 la lance sur la cuisse2 ri5 ne leur manquait1 et en cet quipage elles allai5t p> sauts et p> bonds dans leur b\teille4 ,feignez un homme de la taille du mont ,a?os1 p\rquoi non8 une me s]ait-elle emb>rasse d'anim] un tel corps8 elle en s]ait plus au l>ge3 si cet homme avait la vue assez subtile p\r v\s dc\vrir quelque "p sur la t]re avec vos armes (f5sives et df5sives1 que croyez-v\s qu'il p5s]ait de petits m>m\sets a9si quips1 et de ce que v\s appelez gu]re1 caval]ie1 infant]ie1 un mmorable sige1 une fameuse j\rne8 ,n'ent5drai-je donc plus b\rdonn] d'autre *ose p>mi v\s8 le monde ne se divise-t-il plus qu'en rgim5ts et en compagnies8 t\t e/-il dev5u bataillon ou escadron8 ,il a pris une ville1 il en a pris une seconde1 puis une troisime2 il a gagn une bataille1 deux batailles2 il *asse l'ennemi1 il va9c sur m]1 il va9c sur t]re3 e/-ce de quelqu'un de v\s autres1 e/-ce d'un gant1 d'un ,a?os1 que v\s p>lez8 ,v\s avez surt\t un homme ple et livide qui n'a pas sur soi dix onces de *air1 et que l'on croirait jet] t]re du mo9dre s\ffle4 ,il fait nanmo9s plus de bruit que quatre autres1 et met t\t en combu/ion3 il vi5t de p*] en eau tr\ble une le t\t entire2 ailleurs la vrit1 il e/ battu et p\rsuivi1 mais il se sauve p> les m>ais1 et ne veut c\t] ni paix ni trve4 ,il a montr de bonne heure ce qu'il savait faire3 il a mordu le se9 de sa n\rrice2 elle en e/ morte1 la pauvre femme3 je m'ent5ds1 il suffit4 ,en un mot il tait n sujet1 et il ne l'e/ plus2 au contraire il e/ le matre1 et ceux qu'il a dompts et mis s\s le j\g vont la *>rue et lab\r5t de bon c\rage3 ils sembl5t mme apprh5d]1 les bonnes g5s1 de p\voir se dli] un j\r et de dev5ir libres1 c> ils ont t5du la c\rroie et allong le f\et de celui qui les fait m>*]2 ils n'oubli5t ri5 p\r accrotre leur s]vitude2 ils lui font pass] l'eau p\r se faire d'autres vassaux et s'acqurir de n\veaux doma9es3 il s'agit1 il e/ vrai1 de pr5dre son pre et sa mre p> les paules et de les jet] hors de leur maison2 et ils l'aid5t dans une si honnte entreprise4 ,les g5s de del l'eau et ceux d'en de se cotis5t et mett5t *acun du leur p\r se le r5dre eux t\s de j\r en j\r plus r$\table3 les ,pictes et les ,saxons impos5t sil5ce aux ,bataves1 et ceux-ci aux ,pictes et aux ,saxons2 t\s se peuv5t vant] d'tre ses humbles esclaves1 et autant qu'ils le s\hait5t4 ,mais qu'ent5ds-je de c]ta9s p]sonnages qui ont des c\ronnes1 je ne dis des comtes ou des m>quis1 dont la t]re f\rmille1 mais des pr9ces et des s\v]a9s8 ils vi5n5t tr\v] cet homme ds qu'il a siffl1 ils se dc\vr5t ds son anti*ambre1 et ils ne p>l5t que qu& on les int]roge4 ,sont-ce l ces mmes pr9ces si po9tilleux1 si =mali/es sur leurs rangs et sur leurs prsances1 et qui consum5t p\r les rgl] les mois enti]s dans une dite8 ,que f]a ce n\vel ar*onte p\r pay] une si aveugle s\mission1 et p\r rpondre une si haute ide qu'on a de lui8 ,s'il se livre une bataille1 il doit la gagn]1 et en p]sonne2 si l'ennemi fait un sige1 il doit le lui faire lev]1 et avec honte1 mo9s que t\t l'ocan ne soit entre lui et l'ennemi3 il ne saurait mo9s faire en faveur de ses c\rtisans4 ,cs> lui-mme ne doit-il pas v5ir en grossir le nombre8 il en att5d du mo9s d'importants s]vices2 c> ou l'ar*onte *\]a avec ses allis1 ce qui e/ plus difficile qu'impossible concevoir1 ou s'il russit et que ri5 ne lui rsi/e1 le voil t\t port1 avec ses allis jal\x de la religion et de la puissance de ,cs>1 p\r fondre sur lui1 p\r lui enlev] l'aigle1 et le rduire1 lui et son hriti]1 la fasce d'arg5t et aux pays hrditaires4 ,enf9 c'en e/ fait1 ils se sont t\s livrs lui volontairem5t1 celui peut-tre de qui ils devai5t se dfi] davantage4 sope ne leur dirait-il pas3 ,la g5t volatile d'une c]ta9e contre pr5d l'al>me et s'effraye du vois9age du lion1 dont le seul rugissem5t lui fait peur3 elle se rfugie auprs de la bte qui lui fait p>l] d'accommodem5t et la pr5d s\s sa protection1 qui se t]m9e enf9 les croqu] t\s l'un aprs l'autre4 ,de la mode #a 7,i7 ,une *ose folle et qui dc\vre bi5 notre petitesse1 c'e/ l'assujettissem5t aux modes qu& on l't5d ce qui conc]ne le gt1 le vivre1 la sant et la consci5ce4 ,la vi&e noire e/ hors de mode1 et p> cette raison insipide2 ce s]ait p*] contre la mode que de gurir de la fivre p> la saigne4 ,de mme l'on ne m\rait plus depuis longtemps p> ,?otime2 ses t5dres exhortations ne sauvai5t plus que le peuple1 et ,?otime a vu son successeur4 #b 7,,vi7 ,la curiosit n'e/ pas un gt p\r ce qui e/ bon ou ce qui e/ beau1 mais p\r ce qui e/ r>e1 unique1 p\r ce qu'on a et ce que les autres n'ont po9t4 ,ce n'e/ pas un atta*em5t ce qui e/ p>fait1 mais ce qui e/ c\ru1 ce qui e/ la mode4 ,ce n'e/ pas un amusem5t1 mais une passion1 et s\v5t si viol5te1 qu'elle ne cde l'am\r et l'ambition que p> la petitesse de son objet4 ,ce n'e/ pas une passion qu'on a gnralem5t p\r les *oses r>es et qui ont c\rs1 mais qu'on a seulem5t p\r une c]ta9e *ose1 qui e/ r>e1 et p\rtant la mode4 ,le fleuri/e a un j>d9 dans un faub\rg3 il y c\rt au lev] du soleil1 et il en revi5t son c\*]4 ,v\s le voyez plant1 et qui a pris rac9e au milieu de ses tulipes et devant la ,solitaire3 il ouvre de gr&s yeux1 il frotte ses ma9s1 il se baisse1 il la voit de plus prs1 il ne l'a jamais vue si belle1 il a le coeur pan\i de joie2 il la quitte p\r l',ori5tale1 de l il va la ,veuve1 il passe au ,drap d'or1 de celle-ci l',aga!1 d'o il revi5t enf9 la ,solitaire1 o il se fixe1 o il se lasse1 o il s'assit1 o il oublie de dn]3 aussi e/-elle nuance1 borde1 huile1 pices emportes2 elle a un beau vase ou un beau calice3 il la contemple1 il l'admire4 ,dieu et la nature sont en t\t cela ce qu'il n'admire po9t2 il ne va pas plus lo9 que l'oignon de sa tulipe1 qu'il ne livr]ait pas p\r mille cus1 et qu'il donn]a p\r ri5 qu& les tulipes s]ont ngliges et que les oeillets auront prvalu4 ,cet homme raisonnable1 qui a une me1 qui a un culte et une religion1 revi5t *ez soi fatigu1 affam1 mais =t cont5t de sa j\rne3 il a vu des tulipes4 ,p>lez cet autre de la ri*esse des moissons1 d'une ample rcolte1 d'une bonne v5dange3 il e/ curieux de fruits2 v\s n'articulez pas1 v\s ne v\s faites pas ent5dre4 ,p>lez-lui de figues et de melons1 dites que les poiri]s romp5t de fruit cette anne1 que les p*]s ont donn avec abondance2 c'e/ p\r lui un idiome inconnu3 il s'atta*e aux seuls pruni]s1 il ne v\s rpond pas4 ,ne l'entret5ez pas mme de vos pruni]s3 il n'a de l'am\r que p\r une c]ta9e espce1 t\te autre que v\s lui nommez le fait s\rire et se moqu]4 ,il v\s mne l'arbre1 cueille arti/em5t cette prune exquise2 il l'ouvre1 v\s en donne une moiti1 et pr5d l'autre3 ,quelle *air6 dit-il2 gtez-v\s cela8 cela e/-il div98 voil ce que v\s ne tr\v]ez pas ailleurs4 ,et l-dessus ses n>9es s'enfl5t2 il ca*e avec pe9e sa joie et sa vanit p> quelques dehors de mode/ie4 l'homme div9 en effet6 homme qu'on ne peut jamais assez l\] et admir]6 homme dont il s]a p>l dans plusieurs sicles6 que je voie sa taille et son visage p5dant qu'il vit2 que j'obs]ve les traits et la cont5ance d'un homme qui seul entre les mortels possde une telle prune6 ,un troisime que v\s allez voir v\s p>le des curieux ses confrres1 et surt\t de ,diognte4 ,je l'admire1 dit-il1 et je le compr5ds mo9s que jamais4 ,p5sez-v\s qu'il *]*e s'in/ruire p> des mdailles1 et qu'il les reg>de comme des preuves p>lantes de c]ta9s faits1 et des monum5ts fixes et indubitables de l'anci5ne hi/oire8 ri5 mo9s4 ,v\s croyez peut-tre que t\te la pe9e qu'il se donne p\r rec\vr] une tte vi5t du plaisir qu'il se fait de ne voir pas une suite d'emp]eurs int]rompue8 c'e/ encore mo9s4 ,diognte sait d'une mdaille le fru/e1 le fl\1 et la fleur de co92 il a une tablette dont t\tes les places sont g>nies l'exception d'une seule3 ce vide lui blesse la vue1 et c'e/ prcism5t et la lettre p\r le remplir qu'il emploie son bi5 et sa vie4 ,v\s v\lez1 aj\te ,dmocde1 voir mes e/ampes8 et bi5tt il les tale et v\s les montre4 ,v\s en r5contrez une qui n'e/ ni noire1 ni nette1 ni dess9e1 et d'ailleurs mo9s propre tre g>de dans un cab9et qu' tapiss]1 un j\r de fte1 le ,petit-,pont ou la rue ,neuve3 il convi5t qu'elle e/ mal grave1 plus mal dess9e2 mais il assure qu'elle e/ d'un ,itali5 qui a travaill peu1 qu'elle n'a presque pas t tire1 que c'e/ la seule qui soit en ,france de ce dess91 qu'il l'a a*ete trs *]1 et qu'il ne la *ang]ait pas p\r ce qu'il a de meilleur4 ,j'ai1 cont9ue-t-il1 une s5sible affliction1 et qui m'oblig]a de r5onc] aux e/ampes p\r le re/e de mes j\rs3 j'ai t\t ,callot1 hormis une seule1 qui n'e/ pas1 la vrit1 de ses bons ouvrages2 au contraire c'e/ un des mo9dres1 mais qui m'a*v]ait ,callot3 je travaille depuis v+t ans rec\vr] cette e/ampe1 et je dsespre enf9 d'y russir2 cela e/ bi5 rude6 ,tel autre fait la satire de ces g5s qui s'engag5t p> inquitude ou p> curiosit dans de longs voyages1 qui ne font ni mmoires ni relations1 qui ne port5t po9t de tablettes2 qui vont p\r voir1 et qui ne voi5t pas1 ou qui oubli5t ce qu'ils ont vu2 qui dsir5t seulem5t de connatre de n\velles t\rs ou de n\veaux clo*]s1 et de pass] des rivires qu'on n'appelle ni la ,se9e ni la ,loire2 qui sort5t de leur patrie p\r y ret\rn]1 qui aim5t tre abs5ts1 qui veul5t un j\r tre rev5us de lo93 et ce satirique p>le ju/e1 et se fait c\t]4 ,mais qu& il aj\te que les livres en appr5n5t plus que les voyages1 et qu'il m'a fait compr5dre p> ses disc\rs qu'il a une biblio?que1 je s\haite de la voir3 je vais tr\v] cet homme1 qui me reoit dans une maison o ds l'escali] je tombe en faiblesse d'une odeur de m>oqu9 noir dont ses livres sont t\s c\v]ts4 ,il a beau me cri] aux oreilles1 p\r me ranim]1 qu'ils sont dors sur tran*e1 orns de filets d'or1 et de la bonne dition1 me nomm] les meilleurs l'un aprs l'autre1 dire que sa gal]ie e/ remplie quelques endroits prs1 qui sont pe9ts de manire qu'on les pr5d p\r de vrais livres arrangs sur des tablettes1 et que l'oeil s'y trompe1 aj\t] qu'il ne lit jamais1 qu'il ne met pas le pi$ dans cette gal]ie1 qu'il y vi5dra p\r me faire plaisir2 je le rem]cie de sa complaisance1 et ne veux1 non plus que lui1 voir sa tann]ie1 qu'il appelle biblio?que4 ,quelques-uns p> une intemprance de savoir1 et p> ne p\voir se rs\dre r5onc] aucune sorte de connaissance1 les embrass5t t\tes et n'en possd5t aucune3 ils aim5t mieux savoir beauc\p que de savoir bi51 et tre faibles et sup]ficiels dans div]ses sci5ces que d'tre srs et pr(onds dans une seule4 ,ils tr\v5t en t\tes r5contres celui qui e/ leur matre et qui les r$resse2 ils sont les dupes de leur curiosit1 et ne peuv5t au plus1 p> de longs et pnibles ef=ts1 que se tir] d'une ignorance crasse4 ,d'autres ont la clef des sci5ces1 o ils n'entr5t jamais3 ils pass5t leur vie d*iffr] les langues ori5tales et les langues du nord1 celles des deux ,indes1 celles des deux ples1 et celle qui se p>le dans la lune4 ,les idiomes les plus inutiles1 avec les c>actres les plus biz>res et les plus magiques1 sont prcism5t ce qui rveille leur passion et qui excite leur travail2 ils plaign5t ceux qui se born5t +num5t savoir leur langue1 ou t\t au plus la grecque et la lat9e4 ,ces g5s lis5t t\tes les hi/oires et ignor5t l'hi/oire2 ils p>c\r5t t\s les livres1 et ne pr(it5t d'aucun2 c'e/ en eux une /rilit de faits et de pr9cipes qui ne peut tre gr&e1 mais la vrit la meilleur rcolte et la ri*esse la plus abondante de mots et de p>oles qui puisse s'imag9]3 ils pli5t s\s le faix2 leur mmoire en e/ accable1 p5dant que leur esprit demeure vide4 ,un b\rgeois aime les btim5ts2 il se fait btir un htel si beau1 si ri*e et si orn1 qu'il e/ inhabitable4 ,le matre1 honteux de s'y log]1 ne p\vant peut-tre se rs\dre le l\] un pr9ce ou un homme d'affaires1 se retire au galetas1 o il a*ve sa vie1 p5dant que l'enfilade et les plan*]s de rapport sont en proie aux ,anglais et aux ,allem&s qui voyag5t1 et qui vi5n5t l du ,palais-,royal1 du palais ,l444 ,g444 et du ,luxemb\rg4 ,on heurte sans f9 cette porte2 t\s dem&5t voir la maison1 et p]sonne voir ,monsieur4 ,on en sait d'autres qui ont des filles devant leurs yeux1 qui ils ne peuv5t pas donn] une dot1 que dis-je8 elles ne sont pas vtues1 pe9e n\rries2 qui se refus5t un t\r de lit et du l+e blanc2 qui sont pauvres2 et la s\rce de leur misre n'e/ pas =t lo93 c'e/ un g>de-meuble *>g et emb>rass de bu/es r>es1 dj p\dreux et c\v]ts d'ordures1 dont la v5te les mettrait au l>ge1 mais qu'ils ne peuv5t se rs\dre mettre en v5te4 ,diphile comm5ce p> un oiseau et f9it p> mille3 sa maison n'en e/ pas gaye1 mais empe/e4 ,la c\r1 la salle1 l'escali]1 le ve/ibule1 les *ambres1 le cab9et1 t\t e/ volire2 ce n'e/ plus un ramage1 c'e/ un vac>me3 les v5ts d'automne et les eaux dans leurs plus gr&es crues ne font pas un bruit si p]ant et si aigu2 on ne s'ent5d non plus p>l] les uns les autres que dans ces *ambres o il faut att5dre1 p\r faire le complim5t d'entre1 que les petits *i5s ai5t aboy4 ,ce n'e/ plus p\r ,diphile un agrable amusem5t1 c'e/ une affaire laborieuse1 et laquelle pe9e il peut suffire4 ,il passe les j\rs1 ces j\rs qui *app5t et qui ne revi5n5t plus1 v]s] du gra9 et nettoy] des ordures4 ,il donne p5sion un homme qui n'a po9t d'autre m9i/re que de siffl] des s]9s au flageolet et de faire c\v] des can>is4 ,il e/ vrai que ce qu'il dp5se d'un ct1 il l'p>gne de l'autre1 c> ses enfants sont sans matres et sans ducation4 ,il se r5f]me le soir1 fatigu de son propre plaisir1 sans p\voir j\ir du mo9dre repos que ses oiseaux ne repos5t1 et que ce petit peuple1 qu'il n'aime que p>ce qu'il *ante1 ne cesse de *ant]4 ,il retr\ve ses oiseaux dans son sommeil3 lui-mme il e/ oiseau1 il e/ hupp1 il gaz\ille1 il p]*e2 il rve la nuit qu'il mue ou qu'il c\ve4 ,qui p\rrait puis] t\s les diffr5ts g5res de curieux8 ,dev9]iez-v\s1 ent5dre p>l] celui-ci de son lop>d1 de sa plume1 de sa musique1 les vant] comme ce qu'il y a sur la t]re de plus s+uli] et de plus m]veilleux1 qu'il veut v5dre ses coquilles8 ,p\rquoi non1 s'il les a*te au poids de l'or8 ,cet autre aime les insectes2 il en fait t\s les j\rs de n\velles emplettes3 c'e/ surt\t le premi] homme de l',europe p\r les papillons2 il en a de t\tes les tailles et de t\tes les c\leurs4 ,quel temps pr5ez-v\s p\r lui r5dre visite8 il e/ plong dans une amre d\leur2 il a l'humeur noire1 *agr9e1 et dont t\te la famille s\ffre3 aussi a-t-il fait une p]te irrp>able4 ,appro*ez1 reg>dez ce qu'il v\s montre sur son doigt1 qui n'a plus de vie et qui vi5t d'expir]3 c'e/ une *5ille1 et quelle *5ille6 #c 7,i7 ,le duel e/ le triomphe de la mode1 et l'endroit o elle a ex]c sa tyrannie avec plus d'clat4 ,cet usage n'a pas laiss au poltron la lib]t de vivre2 il l'a m5 se faire tu] p> un plus brave que soi1 et l'a confondu avec un homme de coeur2 il a atta* de l'honneur et de la gloire une action folle et extravagante2 il a t appr\v p> la prs5ce des rois2 il y a eu quelquefois une espce de religion le pratiqu]2 il a dcid de l'innoc5ce des hommes1 des accusations fausses ou vritables sur des crimes capitaux2 il s'tait enf9 si pr(ondm5t enrac9 dans l'op9ion de peuples2 et s'tait si =t saisi de leur coeur et de leur esprit2 qu'un des plus beaux endroits de la vie d'un trs gr& roi a t de les gurir de cette folie4 #d 7,i7 ,tel a t la mode1 ou p\r le comm&em5t des armes et la ngociation ou p\r l'loqu5ce de la *aire1 ou p\r les v]s1 qui n'y e/ plus4 ,y a-t-il des hommes qui dgnr5t de ce qu'ils fur5t autrefois8 ,e/-ce leur mrite qui e/ u1 ou le gt que l'on avait p\r eux8 #e 7,,iv7 ,un homme la mode dure peu1 c> les modes pass5t3 s'il e/ p> has>d homme de mrite1 il n'e/ pas ananti1 et il subsi/e encore p> quelque endroit3 galem5t e/imable1 il e/ seulem5t mo9s e/im4 7,,vi7 ,la v]tu a cela d'heureux1 qu'elle se suffit elle-mme1 et qu'elle sait se pass] d'admirateurs1 de p>tisans et de protecteurs2 le manque d'appui et d'approbation non seulem5t ne lui nuit pas1 mais il la cons]ve1 l'pure et la r5d p>faite2 qu'elle soit la mode1 qu'elle n'y soit plus1 elle demeure v]tu4 #f 7,,vi7 ,si v\s dites aux hommes1 et surt\t aux gr&s1 qu'un tel a de la v]tu1 ils v\s dis5t3 ,qu'il la g>de2 qu'il a bi5 de l'esprit1 de celui surt\t qui plat et qui amuse1 ils v\s rpond5t3 ,tant mieux p\r lui2 qu'il a l'esprit =t cultiv1 qu'il sait beauc\p1 ils v\s dem&5t quelle heure il e/ ou quel temps il fait4 ,mais si v\s leur appr5ez qu'il y a un ,tigill9 qui s\ffle ou qui jette en sable un v]re d'eau-de-vie1 et1 *ose m]veilleuse6 qui y revi5t plusieurs fois en un repas1 alors ils dis5t3 ,o e/-il8 am5ez-le-moi dema91 ce soir2 me l'amn]ez-v\s8 ,on le leur amne2 et cet homme1 propre p>] les av5ues d'une foire et tre montr en *ambre p\r de l'arg5t1 ils l'admett5t dans leur famili>it4 #g7,,vi7 ,il n'y a ri5 qui mette plus subitem5t un homme la mode et qui le s\lve davantage que le gr& jeu3 cela va du pair avec la crapule4 ,je v\drais bi5 voir un homme poli1 enj\1 spirituel1 ft-il un ,catulle ou son disciple1 faire quelque comp>aison avec celui qui vi5t de p]dre huit c5ts pi/oles en une sance4 #h 7,,vi7 ,une p]sonne la mode ressemble une fleur bleue qui crot de soi-mme dans les sillons1 o elle t\ffe les pis1 dim9ue la moisson1 et ti5t la place de quelque *ose de meilleur2 qui n'a de prix et de beaut que ce qu'elle emprunte d'un caprice lg] qui nat et qui tombe presque dans le mme in/ant3 auj\rd'hui elle e/ c\rue1 les femmes s'en p>5t2 dema9 elle e/ nglige1 et r5due au peuple4 ,une p]sonne de mrite1 au contraire1 e/ une fleur qu'on ne dsigne pas p> sa c\leur1 mais que l'on nomme p> son nom1 que l'on cultive p\r sa beaut ou p\r son odeur2 l'une des grces de la nature1 l'une de ces *oses qui embelliss5t le monde2 qui e/ de t\s les temps et d'une vogue anci5ne et populaire2 que nos pres ont e/ime1 et que n\s e/imons aprs nos pres2 qui le dgt ou l'antipa?ie de quelques-uns ne saurai5t nuire3 un lis1 une rose4 #i 7,,vi7 ,l'on voit ,eu/rate assis dans sa nacelle1 o il j\it d'un air pur et d'un ciel s]e93 il avance d'un bon v5t et qui a t\tes les app>5ces de devoir dur]2 mais il tombe t\t d'un c\p1 le ciel se c\vre1 l'orage se dcl>e1 un t\rbillon enveloppe la nacelle1 elle e/ subm]ge3 on voit ,eu/rate rev5ir sur l'eau et faire quelques ef=ts2 on espre qu'il p\rra du mo9s se sauv] et v5ir bord2 mais une vague l'enfonce1 on le ti5t p]du2 il p>at une seconde fois1 et les esprances se rveill5t1 lorsqu'un flot survi5t et l'abme3 on ne le revoit plus1 il e/ noy4 #aj 7,,iv7 ,voiture et ,s>raz9 tai5t ns p\r leur sicle1 et ils ont p>u dans un temps o il semble qu'ils tai5t att5dus4 ,s'ils s'tai5t mo9s presss de v5ir1 ils arrivai5t trop t>d2 et j'ose d\t] qu'ils fuss5t tels auj\rd'hui qu'ils ont t alors4 ,les conv]sations lgres1 les c]cles1 la f9e plaisant]ie1 les lettres enj\es et familires1 les petites p>ties o l'on tait admis seulem5t avec de l'esprit1 t\t a disp>u4 ,et qu'on ne dise po9t qu'ils les f]ai5t revivre3 ce que je puis faire en faveur de leur esprit e/ de conv5ir que peut-tre ils excell]ai5t dans un autre g5re2 mais les femmes sont de nos j\rs ou dvotes1 ou coquettes1 ou j\euses1 ou ambitieuses1 quelques-unes mme t\t cela la fois2 le gt de la faveur1 le jeu1 les galants1 les directeurs ont pris la place1 et la df5d5t contre les g5s d'esprit4 #aa 7,i7 ,un homme fat et ridicule porte un long *apeau1 un p\rpo9t ail]ons1 des *ausses aiguillettes et des bott9es2 il rve la veille p> o et comm5t il p\rra se faire rem>qu] le j\r qui suit4 ,un philosophe se laisse habill] p> son tailleur3 il y a autant de faiblesse fuir la mode qu' l'affect]4 #ab 7,,iv7 ,l'on blme une mode qui divisant la taille des hommes en deux p>ties gales1 en pr5d une t\t entire p\r le bu/e1 et laisse l'autre p\r le re/e du corps2 l'on condamne celle qui fait de la tte des femmes la base d'un difice plusieurs tages dont l'ordre et la /ructure *ange selon leurs caprices1 qui loigne les *eveux du visage1 bi5 qu'ils ne croiss5t que p\r l'accompagn]1 qui les relve et les hrisse la manire des bac*antes1 et semble avoir p\rvu ce que les femmes *ang5t leur physionomie d\ce et mode/e en une autre qui soit fire et audacieuse2 on se rcrie enf9 contre une telle ou une telle mode1 qui cep5dant1 t\te biz>re qu'elle e/1 p>e et embellit p5dant qu'elle dure1 et dont l'on tire t\t l'avantage qu'on en peut espr]1 qui e/ de plaire4 ,il me p>at qu'on devrait seulem5t admir] l'incon/ance et la lgret des hommes1 qui atta*5t successivem5t les agrm5ts et la bi5sance des *oses t\t opposes1 qui emploi5t p\r le comique et p\r la masc>ade ce qui leur a s]vi de p>ure grave et d'ornem5ts les plus srieux2 et que si peu de temps en fasse la diffr5ce4 #ac 7,,vi7 ,n444 e/ ri*e1 elle mange bi51 elle dort bi52 mais les coiffures *ang5t1 et lorsqu'elle y p5se le mo9s1 et qu'elle se croit heureuse1 la si5ne e/ hors de mode4 #ad 7,,vi7 ,iphis voit l'glise un s\li] d'une n\velle mode2 il reg>de le si5 et en r\git2 il ne se croit plus habill4 ,il tait v5u la messe p\r s'y montr]1 et il se ca*e2 le voil ret5u p> le pi$ dans sa *ambre t\t le re/e du j\r4 ,il a la ma9 d\ce1 et il l'entreti5t avec une pte de s5teur2 il a so9 de rire p\r montr] ses d5ts2 il fait la petite b\*e1 et il n'y a gure de mom5ts o il ne veuille s\rire2 il reg>de ses jambes1 et se voit au miroir3 l'on ne peut tre plus cont5t de p]sonne qu'il l'e/ de lui-mme2 il s'e/ acquis une voix claire et dlicate1 et heureusem5t il p>le gras2 il a un m\vem5t de tte1 et je ne sais quel ad\cissem5t dans les yeux1 dont il n'oublie pas de s'embellir2 il a une dm>*e molle et le plus joli ma9ti5 qu'il e/ capable de se procur]2 il met du r\ge1 mais r>em5t1 il n'en fait pas habitude4 ,il e/ vrai aussi qu'il porte des *ausses et un *apeau1 et qu'il n'a ni b\cles d'oreilles ni colli] de p]les2 aussi ne l'ai-je pas mis dans le *apitre des femmes4 #ae 7,,vi7 ,ces mmes modes que les hommes suiv5t si volonti]s p\r leurs p]sonnes1 ils affect5t de les nglig] dans leurs portraits1 comme s'ils s5tai5t ou qu'ils prviss5t l'indc5ce et le ridicule o elles peuv5t tomb] ds qu'elles auront p]du ce qu'on appelle la fleur ou l'agrm5t de la n\veaut2 ils leur prfr5t une p>ure arbitraire1 une drap]ie indiffr5te1 fantaisie du pe9tre qui ne sont prises ni sur l'air ni sur le visage1 qui ne rappell5t ni les moeurs ni la p]sonne4 ,ils aim5t des attitudes =ces ou immode/es1 une manire dure1 sauvage1 trangre1 qui font un capitan d'un jeune abb1 et un matamore d'un homme de robe2 une ,diane d'une femme de ville2 comme d'une femme simple et timide une amazone ou une ,pallas2 une ,las d'une honnte fille2 un ,scy!1 un ,attila1 d'un pr9ce qui e/ bon et magnanime4 ,une mode a pe9e dtruit une autre mode1 qu'elle e/ abolie p> une plus n\velle1 qui cde elle-mme celle qui la suit1 et qui ne s]a pas la d]nire3 telle e/ notre lgret4 ,p5dant ces rvolutions1 un sicle s'e/ c\l1 qui a mis t\tes ces p>ures au rang des *oses passes et qui ne sont plus4 ,la mode alors la plus curieuse et qui fait plus de plaisir voir1 c'e/ la plus anci5ne3 aide du temps et des annes1 elle a le mme agrm5t dans les portraits qu'a la saye ou l'habit roma9 sur les ?tres1 qu'ont la mante1 le voile et la ti>e dans nos tapiss]ies et dans nos pe9tures4 ,nos pres n\s ont transmis1 avec la connaissance de leurs p]sonnes1 celle de leurs habits1 de leurs coiffures1 de leurs armes1 et des autres ornem5ts qu'ils ont aims p5dant leur vie4 ,n\s ne saurions bi5 reconnatre cette sorte de bi5fait qu'en traitant de mme nos desc5dants4 #af 7,i7 ,le c\rtisan autrefois avait ses *eveux1 tait en *ausses et en p\rpo9t1 portait de l>ges canons1 et il tait lib]t94 ,cela ne si$ plus3 il porte une p]ruque1 l'habit s]r1 le bas uni1 et il e/ dvot3 t\t se rgle p> la mode4 #ag 7,i7 ,celui qui depuis quelque temps la c\r tait dvot1 et p> l1 contre t\te raison1 peu loign du ridicule1 p\vait-il espr] de dev5ir la mode8 #ah 7,i7 ,de quoi n'e/ po9t capable un c\rtisan dans la vue de sa =tune1 si p\r ne la pas manqu] il devi5t dvot8 #ai 7,,iv7 ,les c\leurs sont prp>es1 et la toile e/ t\te prte2 mais comm5t le fix]1 cet homme inquiet1 lg]1 incon/ant1 qui *ange de mille et mille figures8 ,je le pe9s dvot1 et je crois l'avoir attrap2 mais il m'*appe1 et dj il e/ lib]t94 ,qu'il demeure du mo9s dans cette mauvaise situation1 et je saurai le pr5dre dans un po9t de drglem5t de coeur et d'esprit o il s]a reconnaissable2 mais la mode presse1 il e/ dvot4 #bj 7,,vi7 ,celui qui a pntr la c\r connat ce que c'e/ que v]tu et ce que c'e/ que dvotion3 il ne peut plus s'y tromp]4 #ba 7,,viii7 ,nglig] vpres comme une *ose antique et hors de mode1 g>d] sa place soi-mme p\r le salut1 savoir les tres de la *apelle1 connatre le flanc1 savoir o l'on e/ vu et o l'on n'e/ pas vu2 rv] dans l'glise ,dieu et ses affaires1 y recevoir des visites1 y donn] des ordres et des commissions1 y att5dre les rponses2 avoir un directeur mieux c\t que l'vangile2 tir] t\te sa sa9tet et t\t son relief de la rputation de son directeur1 ddaign] ceux dont le directeur a mo9s de vogue1 et conv5ir pe9e de leur salut2 n'aim] de la p>ole de ,dieu que ce qui s'en pr*e *ez soi ou p> son directeur1 prfr] sa messe aux autres messes1 et les sacrem5ts donns de sa ma9 ceux qui ont mo9s de cette circon/ance2 ne se repatre que de livres de spiritualit1 comme s'il n'y avait ni vangile1 ni ptres des ,aptres1 ni morale des ,pres2 lire ou p>l] un j>gon inconnu aux premi]s sicles2 circon/anci] confesse les dfauts d'autrui1 y palli] les si5s2 s'accus] de ses s\ffrances1 de sa pati5ce2 dire comme un p* son peu de progrs dans l'hrosme2 tre en liaison secrte avec de c]ta9es g5s contre c]ta9s autres2 n'e/im] que soi et sa cabale1 avoir p\r suspecte la v]tu mme2 gt]1 sav\r] la prosprit et la faveur1 n'en v\loir que p\r soi1 ne po9t aid] au mrite1 faire s]vir la pit son ambition1 all] son salut p> le *em9 de la =tune et des dignits3 c'e/ du mo9s jusqu' ce j\r le plus bel ef=t de la dvotion du temps4 7,,vii7 ,un dvot e/ celui qui s\s un roi a?e s]ait a?e4 #bb 7,,vii7 ,les dvots ne connaiss5t de crimes que l'incont95ce1 p>lons plus prcism5t1 que le bruit ou les dehors de l'incont95ce4 ,si ,phrcide passe p\r tre guri des femmes1 ou ,phrnice p\r tre fidle son m>i1 ce leur e/ assez3 laissez-les j\] un jeu ru9eux1 faire p]dre leurs cranci]s1 se rj\ir du malheur d'autrui et en pr(it]1 idoltr] les gr&s1 mpris] les petits1 s'enivr] de leur propre mrite1 s*] d'envie1 m5tir1 mdire1 cabal]1 nuire1 c'e/ leur tat4 ,v\lez-v\s qu'ils empit5t sur celui des g5s de bi51 qui avec les vices ca*s fui5t encore l'orgueil et l'inju/ice8 #bc 7,i7 ,qu& un c\rtisan s]a humble1 guri du fa/e et de l'ambition2 qu'il n'tablira po9t sa =tune sur la ru9e de ses concurr5ts2 qu'il s]a quitable1 s\lag]a ses vassaux1 pay]a ses cranci]s2 qu'il ne s]a ni f\rbe ni mdisant2 qu'il r5onc]a aux gr&s repas et aux am\rs illgitimes2 qu'il pri]a autrem5t que des lvres1 et mme hors de la prs5ce du ,pr9ce2 qu& d'ailleurs il ne s]a po9t d'un abord f>\*e et difficile2 qu'il n'aura po9t le visage au/re et la m9e tri/e2 qu'il ne s]a po9t p>esseux et contemplatif2 qu'il saura r5dre p> une scrupuleuse att5tion div]s emplois trs compatibles2 qu'il p\rra et qu'il v\dra mme t\rn] son esprit et ses so9s aux gr&es et laborieuses affaires1 celles surt\t d'une suite la plus t5due p\r les peuples et p\r t\t l'tat2 qu& son c>actre me f]a cra9dre de le nomm] en cet endroit1 et que sa mode/ie l'emp*]a1 si je ne le nomme pas1 de s'y reconnatre3 alors je dirai de ce p]sonnage3 ,il e/ dvot2 ou plutt3 ,c'e/ un homme donn son sicle p\r le modle d'une v]tu s9cre et p\r le disc]nem5t de l'hypocrite4 #bd 7,,vi7 ,onuphre n'a p\r t\t lit qu'une h\sse de s]ge grise1 mais il c\*e sur le coton et sur le duvet2 de mme il e/ habill simplem5t1 mais commodm5t1 je veux dire d'une t(fe =t lgre en t1 et d'une autre =t moelleuse p5dant l'hiv]2 il porte des *emises trs dlies1 qu'il a un trs gr& so9 de bi5 ca*]4 ,il ne dit po9t3 ,ma haire et ma discipl9e1 au contraire2 il pass]ait p\r ce qu'il e/1 p\r un hypocrite1 et il veut pass] p\r ce qu'il n'e/ pas1 p\r un homme dvot3 il e/ vrai qu'il fait en sorte que l'on croie1 sans qu'il le dise1 qu'il porte une haire et qu'il se donne la discipl9e4 ,il y a quelques livres rp&us dans sa *ambre indiffremm5t1 ouvrez-les3 c'e/ le ,combat spirituel1 le ,*rti5 intrieur1 et l',anne sa9te2 d'autres livres sont s\s la clef4 ,s'il m>*e p> la ville1 et qu'il dc\vre de lo9 un homme devant qui il e/ ncessaire qu'il soit dvot1 les yeux baisss1 la dm>*e l5te et mode/e1 l'air recueilli lui sont famili]s3 il j\e son rle4 ,s'il entre dans une glise1 il obs]ve d'abord de qui il peut tre vu2 et selon la dc\v]te qu'il vi5t de faire1 il se met g5\x et prie1 ou il ne songe ni se mettre g5\x ni pri]4 ,arrive-t-il v]s lui un homme de bi5 et d'autorit qui le v]ra et qui peut l'ent5dre1 non seulem5t il prie1 mais il mdite1 il p\sse des lans et des s\pirs2 si l'homme de bi5 se retire1 celui-ci1 qui le voit p>tir1 s'apaise et ne s\ffle pas4 ,il entre une autre fois dans un lieu sa9t1 p]ce la f\le1 *oisit un endroit p\r se recueillir1 et o t\t le monde voit qu'il s'humilie3 s'il ent5d des c\rtisans qui p>l5t1 qui ri5t1 et qui sont la *apelle avec mo9s de sil5ce que dans l'anti*ambre1 il fait plus de bruit qu'eux p\r les faire taire2 il repr5d sa mditation1 qui e/ t\j\rs la comp>aison qu'il fait de ces p]sonnes avec lui-mme1 et o il tr\ve son compte4 ,il vite une glise ds]te et solitaire1 o il p\rrait ent5dre deux messes de suite1 le s]mon1 vpres et complies1 t\t cela entre ,dieu et lui1 et sans que p]sonne lui en st gr3 il aime la p>oisse1 il frqu5te les temples o se fait un gr& conc\rs2 on n'y manque po9t son c\p1 on y e/ vu4 ,il *oisit deux ou trois j\rs dans t\te l'anne1 o propos de ri5 il jene ou fait ab/95ce2 mais la f9 de l'hiv] il t\sse1 il a une mauvaise poitr9e1 il a des vapeurs1 il a eu la fivre3 il se fait pri]1 press]1 qu]ell] p\r rompre le c>me ds son comm5cem5t1 et il en vi5t l p> complaisance4 ,si ,onuphre e/ nomm arbitre dans une qu]elle de p>5ts ou dans un procs de famille1 il e/ p\r les plus =ts1 je veux dire p\r les plus ri*es1 et il ne se p]suade po9t que celui ou celle qui a beauc\p de bi5 puisse avoir tort4 ,s'il se tr\ve bi5 d'un homme opul5t1 qui il a su impos]1 dont il e/ le p>asite1 et dont il peut tir] de gr&s sec\rs1 il ne cajole po9t sa femme1 il ne lui fait du mo9s ni avance ni dcl>ation2 il s'enfuira1 il lui laiss]a son manteau1 s'il n'e/ aussi sr d'elle que de lui-mme4 ,il e/ encore plus loign d'employ] p\r la flatt] et p\r la sduire le j>gon de la dvotion2 ce n'e/ po9t p> habitude qu'il le p>le1 mais avec desse91 et selon qu'il lui e/ utile1 et jamais qu& il ne s]virait qu' le r5dre trs ridicule4 ,il sait o se tr\v5t des femmes plus sociables et plus dociles que celle de son ami2 il ne les ab&onne pas p\r longtemps1 qu& ce ne s]ait que p\r faire dire de soi dans le public qu'il fait des retraites3 qui en effet p\rrait en d\t]1 qu& on le revoit p>atre avec un visage extnu et d'un homme qui ne se mnage po9t8 ,les femmes d'ailleurs qui fleuriss5t et qui prospr5t l'ombre de la dvotion lui convi5n5t1 seulem5t avec cette petite diffr5ce qu'il nglige celles qui ont vieilli1 et qu'il cultive les jeunes1 et entre celles-ci les plus belles et les mieux faites1 c'e/ son attrait3 elles vont1 et il va2 elles revi5n5t1 et il revi5t2 elles demeur5t1 et il demeure2 c'e/ en t\s lieux et t\tes les heures qu'il a la consolation de les voir3 qui p\rrait n'en tre pas difi8 elles sont dvotes et il e/ dvot4 ,il n'oublie pas de tir] avantage de l'aveuglem5t de son ami1 et de la prv5tion o il l'a jet en sa faveur2 tantt il lui emprunte de l'arg5t1 tantt il fait si bi5 que cet ami lui en (fre3 il se fait repro*] de n'avoir pas rec\rs ses amis dans ses beso9s2 quelquefois il ne veut pas recevoir une obole sans donn] un billet1 qu'il e/ bi5 sr de ne jamais retir]2 il dit une autre fois1 et d'une c]ta9e manire1 que ri5 ne lui manque1 et c'e/ lorsqu'il ne lui faut qu'une petite somme2 il vante quelque autre fois publiquem5t la gnrosit de cet homme1 p\r le piqu] d'honneur et le conduire lui faire une gr&e l>gesse4 ,il ne p5se po9t pr(it] de t\te sa succession1 ni s'attir] une donation gnrale de t\s ses bi5s1 s'il s'agit surt\t de les enlev] un fils1 le lgitime hriti]3 un homme dvot n'e/ ni av>e1 ni viol5t1 ni inju/e1 ni mme intress2 ,onuphre n'e/ pas dvot1 mais il veut tre cru tel1 et p> une p>faite1 quoique fausse imitation de la pit1 mnag] s\rdem5t ses intrts3 aussi ne se j\e-t-il pas la ligne directe1 et il ne s'ins9ue jamais dans une famille o se tr\v5t t\t la fois une fille p\rvoir et un fils tablir2 il y a l des droits trop =ts et trop inviolables3 on ne les trav]se po9t sans faire de l'clat 7et il l'apprh5de71 sans qu'une p>eille entreprise vi5ne aux oreilles du ,pr9ce1 qui il drobe sa m>*e1 p> la cra9te qu'il a d'tre dc\v]t et de p>atre ce qu'il e/4 ,il en veut la ligne collatrale3 on l'attaque plus impunm5t2 il e/ la t]reur des c\s9s et des c\s9es1 du neveu et de la nice1 le flatteur et l'ami dcl> de t\s les oncles qui ont fait =tune2 il se donne p\r l'hriti] lgitime de t\t vieill>d qui meurt ri*e et sans enfants1 et il faut que celui-ci le d%rite1 s'il veut que ses p>5ts recueill5t sa succession2 si ,onuphre ne tr\ve pas j\r les en fru/r] fond1 il leur en te du mo9s une bonne p>tie3 une petite calomnie1 mo9s que cela1 une lgre mdisance lui suffit p\r ce pieux desse91 et c'e/ le tal5t qu'il possde un plus haut degr de p]fection2 il se fait mme s\v5t un po9t de conduite de ne le pas laiss] inutile3 il y a des g5s1 selon lui1 qu'on e/ oblig en consci5ce de dcri]1 et ces g5s sont ceux qu'il n'aime po9t1 qui il veut nuire1 et dont il dsire la dp\ille4 ,il vi5t ses f9s sans se donn] mme la pe9e d'ouvrir la b\*e3 on lui p>le d',eudoxe1 il s\rit ou il s\pire2 on l'int]roge1 on insi/e1 il ne rpond ri52 et il a raison3 il en a assez dit4 #be 7,,vii7 ,riez1 ,zlie1 soyez bad9e et foltre votre ord9aire2 qu'e/ dev5ue votre joie8 ,je suis ri*e1 dites-v\s1 me voil au l>ge1 et je comm5ce respir]4 ,riez plus haut1 ,zlie1 clatez3 que s]t une meilleure =tune1 si elle amne avec soi le srieux et la tri/esse8 ,imitez les gr&s qui sont ns dans le se9 de l'opul5ce3 ils ri5t quelquefois1 ils cd5t leur tempram5t1 suivez le vtre2 ne faites pas dire de v\s1 qu'une n\velle place ou que quelques mille livres de r5te de plus ou de mo9s v\s font pass] d'une extrmit l'autre4 ,je ti5s1 dites-v\s1 la faveur p> un endroit4 ,je m'en d\tais1 ,zlie2 mais croyez-moi1 ne laissez pas de rire1 et mme de me s\rire en passant1 comme autrefois3 ne craignez ri51 je n'en s]ai ni plus libre ni plus famili] avec v\s2 je n'aurai pas une mo9dre op9ion de v\s et de votre po/e2 je croirai galem5t que v\s tes ri*e et en faveur4 ,je suis dvote1 aj\tez-v\s4 ,c'e/ assez1 ,zlie1 et je dois me s\v5ir que ce n'e/ plus la srnit et la joie que le s5tim5t d'une bonne consci5ce tale sur le visage2 les passions tri/es et au/res ont pris le dessus et se rp&5t sur les dehors3 elles mn5t plus lo9 et l'on ne s'tonne plus de voir1 que la dvotion sa*e encore mieux que la beaut et la jeunesse r5dre une femme fire et ddaigneuse4 #bf 7,,iv7 ,l'on a t lo9 depuis un sicle dans les arts1 et dans les sci5ces1 qui t\tes ont t p\sses un gr& po9t de raff9em5t1 jusques celle du salut1 que l'on a rduite en rgle et en m?ode1 et augm5te de t\t ce que l'esprit des hommes p\vait inv5t] de plus beau et de plus sublime4 ,la dvotion et la gomtrie ont leurs faons de p>l]1 ou ce qu'on appelle les t]mes de l'art3 celui qui ne les sait pas n'e/ ni dvot ni gomtre4 ,les premi]s dvots1 ceux mme qui ont t dirigs p> les ,aptres1 ignorai5t ces t]mes1 simples g5s qui n'avai5t que la foi et les oeuvres1 et qui se rduisai5t croire et bi5 vivre4 #bg 7,i7 ,c'e/ une *ose dlicate un pr9ce religieux de r=m] la c\r et de la r5dre pieuse3 in/ruit jusques o le c\rtisan veut lui plaire1 et aux dp5s de quoi il f]ait sa =tune1 il le mnage avec prud5ce1 il tolre1 il dissimule1 de peur de le jet] dans l'hypocrisie ou le sacrilge2 il att5d plus de ,dieu et du temps que de son zle et de son indu/rie4 #bh 7,,viii7 ,c'e/ une pratique anci5ne dans les c\rs de donn] des p5sions et de di/ribu] des grces un musici51 un matre de danse1 un f>ceur1 un j\eur de flte1 un flatteur1 un complaisant3 ils ont un mrite fixe et des tal5ts srs et connus qui amus5t les gr&s et qui les dlass5t de leur gr&eur2 on sait que ,favi] e/ beau danseur1 et que ,lor5zani fait de beaux motets4 ,qui sait au contraire si l'homme dvot a de la v]tu8 ,il n'y a ri5 p\r lui sur la cassette ni l'p>gne1 et avec raison3 c'e/ un mti] ais contrefaire1 qui1 s'il tait rcomp5s1 expos]ait le ,pr9ce mettre en honneur la dissimulation et la f\rb]ie1 et pay] p5sion l'hypocrite4 #bi 7,i7 ,l'on espre que la dvotion de la c\r ne laiss]a pas d'inspir] la rsid5ce4 #cj 7,,iv7 ,je ne d\te po9t que la vraie dvotion ne soit la s\rce du repos2 elle fait support] la vie et r5d la mort d\ce3 on n'en tire pas tant de l'hypocrisie4 #ca 7,v7 ,*aque heure en soi comme notre g>d e/ unique3 e/-elle c\le une fois1 elle a pri entirem5t1 les millions de sicles ne la ramn]ont pas4 ,les j\rs1 les mois1 les annes s'enfonc5t et se p]d5t sans ret\r dans l'abme des temps2 le temps mme s]a dtruit3 ce n'e/ qu'un po9t dans les espaces imm5ses de l't]nit1 et il s]a effac4 ,il y a de lgres et frivoles circon/ances du temps qui ne sont po9t /ables1 qui pass5t1 et que j'appelle des modes1 la gr&eur1 la faveur1 les ri*esses1 la puissance1 l'autorit1 l'indp5dance1 le plaisir1 les joies1 la sup]fluit4 ,que devi5dront ces modes qu& le temps mme aura disp>u8 ,la v]tu seule1 si peu la mode1 va au del des temps4 ,de quelques usages #a 7,i7 ,il y a des g5s qui n'ont pas le moy5 d'tre nobles4 ,il y en a de tels que1 s'ils euss5t obt5u six mois de dlai de leurs cranci]s1 ils tai5t nobles4 ,quelques autres se c\*5t roturi]s1 et se lv5t nobles4 ,combi5 de nobles dont le pre et les ans sont roturi]s6 #b 7,,iv7 ,tel ab&onne son pre1 qui e/ connu et dont l'on cite le greffe ou la b\tique1 p\r se retran*] sur son aeul1 qui1 mort depuis longtemps1 e/ inconnu et hors de prise2 il montre ensuite un gros rev5u1 une gr&e *>ge1 de belles alliances1 et p\r tre noble1 il ne lui manque que des titres4 #c 7,,vi7 ,rhabilitations1 mot en usage dans les tribunaux1 qui a fait vieillir et r5du go?ique celui de lettres de noblesse autrefois si franais et si usit2 se faire rhabilit] suppose qu'un homme dev5u ri*e orig9airem5t e/ noble1 qu'il e/ d'une ncessit plus que morale qu'il le soit2 qu' la vrit son pre a pu drog] ou p> la *>rue ou p> la h\e1 ou p> la malle1 ou p> les livres2 mais qu'il ne s'agit p\r lui que de r5tr] dans les premi]s droits de ses anctres1 et de cont9u] les armes de sa maison1 les mmes p\rtant qu'il a fabriques1 et t\t autres que celles de sa vaisselle d'ta92 qu'en un mot les lettres de noblesse ne lui convi5n5t plus2 qu'elles n'honor5t que le roturi]1 c'e/--dire celui qui *]*e encore le secret de dev5ir ri*e4 #d 7,,iv7 ,un homme du peuple1 =ce d'assur] qu'il a vu un prodige1 se p]suade faussem5t qu'il a vu un prodige4 ,celui qui cont9ue de ca*] son ge p5se enf9 lui-mme tre aussi jeune qu'il veut le faire croire aux autres4 ,de mme le roturi] qui dit p> habitude qu'il tire son orig9e de quelque anci5 b>on ou de quelque *tela91 dont il e/ vrai qu'il ne desc5d pas1 a le plaisir de croire qu'il en desc5d4 #e 7,,iv7 ,quelle e/ la roture un peu heureuse et tablie qui il manque des armes1 et dans ces armes une pice honorable1 des suppts1 un cimi]1 une devise1 et peut-tre le cri de gu]re8 ,qu'e/ dev5ue la di/9ction des casques et des heaumes8 ,le nom et l'usage en sont abolis2 il ne s'agit plus de les port] de front ou de ct1 ouv]ts ou f]ms1 et ceux-ci de tant ou de tant de grilles3 on n'aime pas les m9uties1 on passe droit aux c\ronnes1 cela e/ plus simple2 on s'en croit digne1 on se les adjuge4 ,il re/e encore aux meilleurs b\rgeois une c]ta9e pudeur qui les emp*e de se p>] d'une c\ronne de m>quis1 trop satisfaits de la comtale2 quelques-uns mme ne vont pas la *]*] =t lo91 et la font pass] de leur enseigne leur c>rosse4 #f 7,i7 ,il suffit de n'tre po9t n dans une ville1 mais s\s une *aumire rp&ue dans la campagne1 ou s\s une ru9e qui trempe dans un m>cage et qu'on appelle *teau1 p\r tre cru noble sur sa p>ole4 #g 7,,iv7 ,un bon g5tilhomme veut pass] p\r un petit seigneur1 et il y p>vi5t4 ,un gr& seigneur affecte la pr9cipaut1 et il use de tant de prcautions1 qu' =ce de beaux noms1 de disputes sur le rang et les prsances1 de n\velles armes1 et d'une gnalogie que ,d',hozi] ne lui a pas faite1 il devi5t enf9 un petit pr9ce4 #h 7,,viii7 ,les gr&s en t\tes *oses se =m5t et se m\l5t sur de plus gr&s1 qui de leur "p1 p\r n'avoir ri5 de commun avec leurs infrieurs1 r5onc5t volonti]s t\tes les rubriques d'honneurs et de di/9ctions dont leur condition se tr\ve *>ge1 et prfr5t cette s]vitude une vie plus libre et plus commode4 ,ceux qui suiv5t leur pi/e obs]v5t dj p> mulation cette simplicit et cette mode/ie3 t\s a9si se rduiront p> hauteur vivre naturellem5t et comme le peuple4 ,horrible inconvni5t6 #i 7,,iv7 ,c]ta9es g5s port5t trois noms1 de peur d'en manqu]3 ils en ont p\r la campagne et p\r la ville1 p\r les lieux de leur s]vice ou de leur emploi4 ,d'autres ont un seul nom dissyllabe1 qu'ils anobliss5t p> des p>ticules ds que leur =tune devi5t meilleure2 ,celui-ci p> la suppression d'une syllabe fait de son nom obscur un nom illu/re2 celui-l p> le *angem5t d'une lettre en une autre se trave/it1 et de ,syrus devi5t ,cyrus4 ,plusieurs supprim5t leurs noms1 qu'ils p\rrai5t cons]v] sans honte1 p\r en adopt] de plus beaux1 o ils n'ont qu' p]dre p> la comp>aison que l'on fait t\j\rs d'eux qui les port5t1 avec les gr&s hommes qui les ont ports4 ,il s'en tr\ve enf9 qui1 ns l'ombre des clo*]s de ,p>is1 veul5t tre ,flam&s ou ,itali5s1 comme si la roture n'tait pas de t\t pays1 allong5t leurs noms franais d'une t]m9aison trangre1 et croi5t que v5ir de bon lieu c'e/ v5ir de lo94 #aj 7,i7 ,le beso9 d'arg5t a rconcili la noblesse avec la roture1 et a fait van\ir la preuve des quatre qu>ti]s4 #aa 7,,iv7 combi5 d'enfants s]ait utile la loi qui dcid]ait que c'e/ le v5tre qui anoblit6 mais combi5 d'autres s]ait-elle contraire6 #ab 7,,iv7 ,il y a peu de familles dans le monde qui ne t\*5t aux plus gr&s pr9ces p> une extrmit et p> l'autre au simple peuple4 #ac 7,v7 ,il n'y a ri5 p]dre tre noble3 fran*ises1 immunits1 exemptions1 privilges1 que manque-t-il ceux qui ont un titre8 ,croyez-v\s que ce soit p\r la noblesse que des solitaires se sont faits nobles8 ils ne sont pas si va9s3 c'e/ p\r le pr(it qu'ils en reoiv5t4 ,cela ne leur si$-il pas mieux que d'entr] dans les gabelles8 je ne dis pas *acun en p>ticuli]1 leurs voeux s'y oppos5t1 je dis mme la communaut4 #ad 7,v7 ,je le dcl>e nettem5t1 af9 que l'on s'y prp>e et que p]sonne un j\r n'en soit surpris3 s'il arrive jamais que quelque gr& me tr\ve digne de ses so9s1 si je fais enf9 une belle =tune1 il y a un ,ge(froy de la ,bruyre1 que t\tes les *roniques rang5t au nombre des plus gr&s seigneurs de ,france qui suivir5t ,godefroy de ,b\illon la conqute de la ,t]re-,sa9te3 voil alors de qui je desc5ds en ligne directe4 #ae 7,i7 ,si la noblesse e/ v]tu1 elle se p]d p> t\t ce qui n'e/ pas v]tueux2 et si elle n'e/ pas v]tu1 c'e/ peu de *ose4 #af 7,,iv7 ,il y a des *oses qui1 ram5es leurs pr9cipes et leur premire in/itution1 sont tonnantes et incomprh5sibles4 ,qui peut concevoir en effet que c]ta9s abbs1 qui il ne manque ri5 de l'aju/em5t1 de la mollesse et de la vanit des sexes et des conditions1 qui entr5t auprs des femmes en concurr5ce avec le m>quis et le f9anci]1 et qui l'emport5t sur t\s les deux1 qu'eux-mmes soi5t orig9airem5t et dans l'tymologie de leur nom les pres1 et les *efs de sa9ts mo9es et d'humbles solitaires1 et qu'ils en devrai5t tre l'exemple8 ,quelle =ce1 quel empire1 quelle tyrannie de l'usage6 ,et sans p>l] de plus gr&s dsordres1 ne doit-on pas cra9dre de voir un j\r un jeune abb en vel\rs gris et ramages comme une m95ce1 ou avec des m\*es et du r\ge comme une femme8 #ag 7,i7 ,que les salets des ,dieux1 la ,vnus1 le ,ganymde et les autres nudits du ,c>ra*e ai5t t faites p\r des pr9ces de l'glise1 et qui se dis5t successeurs des ,aptres1 le palais ,f>nse en e/ la preuve4 #ah 7,i7 ,les belles *oses le sont mo9s hors de leur place2 les bi5sances mett5t la p]fection1 et la raison met les bi5sances4 ,a9si l'on n'ent5d po9t une gigue la *apelle1 ni dans un s]mon des tons de ?tre2 l'on ne voit po9t d'images pr(anes dans les temples1 un ,,*ri/ p> exemple et le ,jugem5t de ,p>is dans le mme sanctuaire1 ni des p]sonnes consacres l'glise le tra9 et l'quipage d'un cavali]4 #ai 7,,viii7 ,dcl>]ai-je donc ce que je p5se de ce qu'on appelle dans le monde un beau salut1 la dcoration s\v5t pr(ane1 les places ret5ues et payes1 des livres di/ribus comme au ?tre1 les entrevues et les r5dez-v\s frqu5ts1 le murmure et les caus]ies t\rdissantes1 quelqu'un mont sur une tribune qui y p>le familirem5t1 s*em5t1 et sans autre zle que de rassembl] le peuple1 l'amus]1 jusqu' ce qu'un or*e/re1 le dirai-je8 et des voix qui conc]t5t depuis longtemps se fass5t ent5dre8 ,e/-ce moi m'cri] que le zle de la maison du ,seigneur me consume1 et tir] le voile lg] qui c\vre les my/res1 tmo9s d'une telle indc5ce8 ,quoi8 p>ce qu'on ne danse pas encore aux ,,tt4441 me =c]a-t-on d'appel] t\t ce spectacle (fice d'glise8 #bj 7,i7 ,l'on ne voit po9t faire de voeux ni de pl]9ages p\r obt5ir d'un sa9t d'avoir l'esprit plus d\x1 l'me plus reconnaissante1 d'tre plus quitable et mo9s malfaisant1 d'tre guri de la vanit1 de l'inquitude et de la mauvaise raill]ie4 #ba 7,i7 ,quelle ide plus biz>re que de se reprs5t] une f\le de *rti5s de l'un et de l'autre sexe1 qui se rassembl5t c]ta9s j\rs dans une salle p\r y applaudir une tr\pe d'excommunis1 qui ne le sont que p> le plaisir qu'ils leur donn5t1 et qui e/ dj pay d'avance8 ,il me semble qu'il faudrait ou f]m] les ?tres1 ou prononc] mo9s svrem5t sur l'tat des comdi5s4 #bb 7,i7 ,dans ces j\rs qu'on appelle sa9ts le mo9e confesse1 p5dant que le cur tonne en *aire contre le mo9e et ses adhr5ts2 telle femme pieuse sort de l'autel1 qui ent5d au prne qu'elle vi5t de faire un sacrilge4 ,n'y a-t-il po9t dans l'glise une puissance qui il app>ti5ne ou de faire taire le pa/eur1 ou de susp5dre p\r un temps le p\voir du b>nabite8 #bc 7,i7 ,il y a plus de rtribution dans les p>oisses p\r un m>iage que p\r un baptme1 et plus p\r un baptme que p\r la confession3 l'on dirait que ce soit un taux sur les sacrem5ts1 qui sembl5t p> l tre apprcis4 ,ce n'e/ ri5 au fond que cet usage2 et ceux qui reoiv5t p\r les *oses sa9tes ne croi5t po9t les v5dre1 comme ceux qui donn5t ne p5s5t po9t les a*et]3 ce sont peut-tre des app>5ces qu'on p\rrait p>gn] aux simples et aux indvots4 #bd 7,,vi7 ,un pa/eur frais et en p>faite sant1 en ligne f9 et en po9t de ,v5ise1 a sa place dans l'oeuvre auprs les p\rpres et les f\rrures2 il y a*ve sa dige/ion1 p5dant que le ,feuillant ou le ,rcollet quitte sa cellule et son ds]t1 o il e/ li p> ses voeux et p> la bi5sance1 p\r v5ir le pr*]1 lui et ses ouailles1 et en recevoir le salaire1 comme d'une pice d't(fe4 ,v\s m'int]rompez1 et v\s dites3 ,quelle c5sure6 et combi5 elle e/ n\velle et peu att5due6 ,ne v\driez-v\s po9t int]dire ce pa/eur et son tr\peau la p>ole div9e et le pa9 de l'vangile8--,au contraire1 je v\drais qu'il le di/ribut lui-mme le mat91 le soir1 dans les temples1 dans les maisons1 dans les places1 sur les toits1 et que nul ne prt5dt un emploi si gr&1 si laborieux1 qu'avec des int5tions1 des tal5ts et des p\mons capables de lui mrit] les belles (fr&es et les ri*es rtributions qui y sont atta*es4 ,je suis =c1 il e/ vrai1 d'excus] un cur sur cette conduite p> un usage reu1 qu'il tr\ve tabli1 et qu'il laiss]a son successeur2 mais c'e/ cet usage biz>re et dnu de fondem5t et d'app>5ce que je ne puis appr\v]1 et que je gte encore mo9s que celui de se faire pay] quatre fois des mmes obsques1 p\r soi1 p\r ses droits1 p\r sa prs5ce1 p\r son assi/ance4 #be 7,,iv7 ,tite1 p> v+t annes de s]vice dans une seconde place1 n'e/ pas encore digne de la premire1 qui e/ vacante3 ni ses tal5ts1 ni sa doctr9e1 ni une vie exemplaire1 ni les voeux des p>oissi5s ne saurai5t l'y faire asseoir4 ,il nat de dess\s t]re un autre cl]c p\r la remplir4 ,tite e/ recul ou congdi3 il ne se pla9t pas2 c'e/ l'usage4 #bf 7,v7 ,moi1 dit le *effeci]1 je suis matre du *oeur2 qui me =c]a d'all] mat9es8 mon prdcesseur n'y allait po9t3 suis-je de pire condition8 dois-je laiss] avilir ma dignit entre mes ma9s1 ou la laiss] telle que je l'ai reue8--,ce n'e/ po9t1 dit l'coltre1 mon intrt qui me mne1 mais celui de la prb5de3 il s]ait bi5 dur qu'un gr& *ano9e ft sujet au *oeur1 p5dant que le trsori]1 l'ar*idiacre1 le pnit5ci] et le gr& vicaire s'en croi5t exempts4--,je suis bi5 fond1 dit le prvt1 dem&] la rtribution sans me tr\v] l'(fice3 il y a v+t annes entires que je suis en possession de dormir les nuits2 je veux f9ir comme j'ai comm5c1 et l'on ne me v]ra po9t drog] mon titre3 que me s]virait d'tre la tte d'un *apitre8 mon exemple ne tire po9t consqu5ce4 ,enf9 c'e/ entre eux t\s qui ne l\]a po9t ,dieu1 qui f]a voir p> un long usage qu'il n'e/ po9t oblig de le faire3 l'mulation de ne se po9t r5dre aux (fices div9s ne saurait tre plus vive ni plus ard5te4 ,les clo*es sonn5t dans une nuit tranquille2 et leur mlodie1 qui rveille les *antres et les enfants de *oeur1 endort les *ano9es1 les plonge dans un sommeil d\x et facile1 et qui ne leur procure que de beaux songes3 ils se lv5t t>d1 et vont l'glise se faire pay] d'avoir dormi4 #bg 7,,iv7 ,qui p\rrait s'imag9]1 si l'expri5ce ne n\s le mettait devant les yeux1 quelle pe9e ont les hommes se rs\dre d'eux-mmes leur propre flicit1 et qu'on ait beso9 de g5s d'un c]ta9 habit1 qui p> un disc\rs prp>1 t5dre et pa?tique1 p> de c]ta9es inflexions de voix1 p> des l>mes1 p> des m\vem5ts qui les mett5t en sueur et qui les jett5t dans l'puisem5t1 fass5t enf9 cons5tir un homme *rti5 et raisonnable1 dont la maladie e/ sans ress\rce1 ne se po9t p]dre et faire son salut8 #bh 7,,iv7 ,la fille d',ari/ippe e/ malade et en pril2 elle envoie v]s son pre1 veut se rconcili] avec lui et m\rir dans ses bonnes grces4 ,cet homme si sage1 le conseil de t\te une ville1 f]a-t-il de lui-mme cette dm>*e si raisonnable8 y entran]a-t-il sa femme8 ne faudra-t-il po9t p\r les remu] t\s deux la ma*9e du directeur8 #bi 7,v7 ,une mre1 je ne dis pas qui cde et qui se r5d la vocation de sa fille1 mais qui la fait religieuse1 se *>ge d'une me avec la si5ne1 en rpond ,dieu mme1 en e/ la caution4 ,af9 qu'une telle mre ne se p]de pas1 il faut que sa fille se sauve4 #cj 7,,vi7 ,un homme j\e et se ru9e3 il m>ie nanmo9s l'ane de ses deux filles de ce qu'il a pu sauv] des ma9s d'un ,ambreville2 la cadette e/ sur le po9t de faire ses voeux1 qui n'a po9t d'autre vocation que le jeu de son pre4 #ca 7,,iv7 ,il s'e/ tr\v des filles qui avai5t de la v]tu1 de la sant1 de la f]veur et une bonne vocation1 mais qui n'tai5t pas assez ri*es p\r faire dans une ri*e abbaye voeu de pauvret4 #cb 7,,iv7 ,celle qui dlibre sur le *oix d'une abbaye ou d'un simple mona/re p\r s'y enf]m] agite l'anci5ne "q de l'tat populaire et du despotique4 #cc 7,,iv7 ,faire une folie et se m>i] p> am\rette1 c'e/ p\s] ,mlite1 qui e/ jeune1 belle1 sage1 conome1 qui plat1 qui v\s aime1 qui a mo9s de bi5 qu',aeg9e qu'on v\s propose1 et qui avec une ri*e dot apporte de ri*es dispositions la consum]1 et t\t votre fonds avec sa dot4 #cd 7,i7 ,il tait dlicat autrefois de se m>i]2 c'tait un long tablissem5t1 une affaire srieuse1 et qui mritait qu'on y p5st2 l'on tait p5dant t\te sa vie le m>i de sa femme1 bonne ou mauvaise3 mme table1 mme demeure1 mme lit2 l'on n'en tait po9t quitte p\r une p5sion2 avec des enfants et un mnage complet1 l'on n'avait pas les app>5ces et les dlices du clibat4 #ce 7,v7 ,qu'on vite d'tre vu seul avec une femme qui n'e/ po9t la si5ne1 voil une pudeur qui e/ bi5 place3 qu'on s5te quelque pe9e se tr\v] dans le monde avec des p]sonnes dont la rputation e/ attaque1 cela n'e/ pas incomprh5sible4 ,mais quelle mauvaise honte fait r\gir un homme de sa propre femme1 et l'emp*e de p>atre dans le public avec celle qu'il s'e/ *oisie p\r sa compagne insp>able1 qui doit faire sa joie1 ses dlices et t\te sa socit2 avec celle qu'il aime et qu'il e/ime1 qui e/ son ornem5t1 dont l'esprit1 le mrite1 la v]tu1 l'alliance lui font honneur8 ,que ne comm5ce-t-il p> r\gir de son m>iage8 ,je connais la =ce de la c\tume1 et jusqu'o elle matrise les esprits et contra9t les moeurs1 dans les *oses mme les plus dnues de raison et de fondem5t2 je s5s nanmo9s que j'aurais l'impud5ce de me prom5] au ,c\rs1 et d'y pass] en revue avec une p]sonne qui s]ait ma femme4 #cf 7,v7 ,ce n'e/ pas une honte ni une faute un jeune homme que d'p\s] une femme avance en ge2 c'e/ quelquefois prud5ce1 c'e/ prcaution4 ,l'infamie e/ de se j\] de sa bi5factrice p> des traitem5ts indignes1 et qui lui dc\vr5t qu'elle e/ la dupe d'un hypocrite et d'un +rat4 ,si la fiction e/ excusable1 c'e/ o il faut fe9dre de l'amiti2 s'il e/ p]mis de tromp]1 c'e/ dans une occasion o il y aurait de la duret tre s9cre4--,mais elle vit longtemps4-- ,aviez-v\s /ipul qu'elle m\rt aprs avoir sign votre =tune et l'acquit de t\tes vos dettes8 ,n'a-t-elle plus aprs ce gr& ouvrage qu' ret5ir son hale9e1 qu' pr5dre de l'opium ou de la cigu8 ,a-t-elle tort de vivre8 ,si mme v\s m\rez avant celle dont v\s aviez dj rgl les funrailles1 qui v\s de/9iez la grosse sonn]ie et les beaux ornem5ts1 en e/-elle responsable8 #cg 7,i7 ,il y a depuis longtemps dans le monde une manire de faire valoir son bi51 qui cont9ue t\j\rs d'tre pratique p> d'honntes g5s1 et d'tre condamne p> d'habiles docteurs4 #ch 7,,iv7 ,on a t\j\rs vu dans la rpublique de c]ta9es *>ges qui sembl5t n'avoir t imag9es la premire fois que p\r enri*ir un seul aux dp5s de plusieurs2 les fonds ou l'arg5t des p>ticuli]s y c\le sans f9 et sans int]ruption4 ,dirai-je qu'il n'en revi5t plus ou qu'il n'en revi5t que t>d8 ,c'e/ un g\ffre1 c'e/ une m] qui reoit les eaux des fleuves2 et qui ne les r5d pas2 ou si elles les r5d1 c'e/ p> des conduits secrets et s\t]ra9s1 sans qu'il y p>aisse1 ou qu'elle en soit mo9s grosse et mo9s enfle2 ce n'e/ qu'aprs en avoir j\i longtemps1 et qu'elle ne peut plus les ret5ir4 #ci 7,,vi7 ,le fonds p]du1 autrefois si sr1 si religieux et si inviolable1 e/ dev5u avec le temps1 et p> les so9s de ceux qui en tai5t *>gs1 un bi5 p]du4 ,quel autre secret de d\bl] mes rev5us et de ?sauris]8 ,entr]ai-je dans le huitime d5i]1 ou dans les aides8 s]ai-je av>e1 p>tisan1 ou adm9i/rateur8 #dj 7,,vii7 ,v\s avez une pice d'arg5t1 ou mme une pice d'or2 ce n'e/ pas assez1 c'e/ le nombre qui opre3 faites-en1 si v\s p\vez1 un amas considrable et qui s'lve en pyramide1 et je me *>ge du re/e4 ,v\s n'avez ni naissance1 ni esprit1 ni tal5ts1 ni expri5ce1 qu'importe8 ne dim9uez ri5 de votre monceau1 et je v\s plac]ai si haut que v\s v\s c\vrirez devant votre matre1 si v\s en avez2 il s]a mme =t m95t1 si avec votre mtal1 qui de j\r autre se multiplie1 je ne fais en sorte qu'il se dc\vre devant v\s4 #da 7,,iv7 ,orante plaide depuis dix ans enti]s en rglem5t de juges p\r une affaire ju/e1 capitale1 et o il y va de t\te sa =tune3 elle saura peut-tre dans c9q annes quels s]ont ses juges1 et dans quel tribunal elle doit plaid] le re/e de sa vie4 #db 7,,iv7 ,l'on applaudit la c\tume qui s'e/ introduite dans les tribunaux d'int]rompre les avocats au milieu de leur action1 de les emp*] d'tre loqu5ts et d'avoir de l'esprit1 de les ram5] au fait et aux preuves t\tes s*es qui tabliss5t leurs causes et le droit de leurs p>ties2 et cette pratique si svre1 qui laisse aux orateurs le regret de n'avoir pas prononc les plus beaux traits de leurs disc\rs1 qui bannit l'loqu5ce du seul endroit o elle e/ en sa place1 et va faire du ,p>lem5t une muette juridiction1 on l'autorise p> une raison solide et sans rplique1 qui e/ celle de l'expdition3 il e/ seulem5t dsir] qu'elle ft mo9s oublie en t\te autre r5contre1 qu'elle rglt au contraire les bureaux comme les audi5ces1 et qu'on *]*t une f9 aux critures1 comme on a fait aux plaidoy]s4 #dc 7,i7 ,le devoir des juges e/ de r5dre la ju/ice2 leur mti]1 de la diffr]4 ,quelques-uns sav5t leur devoir1 et font leur mti]4 #dd 7,i7 ,celui qui sollicite son juge ne lui fait pas honneur2 c> ou il se dfie de ses lumires et mme de sa probit1 ou il *]*e le prv5ir1 ou il lui dem&e une inju/ice4 #de 7,,iv7 ,il se tr\ve des juges auprs de qui la faveur1 l'autorit1 les droits de l'amiti et de l'alliance nuis5t une bonne cause1 et qu'une trop gr&e affectation de pass] p\r incorruptibles expose tre inju/es4 #df 7,,iv7 ,le magi/rat coquet ou galant e/ pire dans les consqu5ces que le dissolu3 celui-ci ca*e son comm]ce et ses liaisons1 et l'on ne sait s\v5t p> o all] jusqu' lui2 celui-l e/ ouv]t p> mille faibles qui sont connus1 et l'on y arrive p> t\tes les femmes qui il veut plaire4 #dg 7,,iv7 ,il s'en faut peu que la religion et la ju/ice n'aill5t de pair dans la rpublique1 et que la magi/rature ne consacre les hommes comme la prtrise4 ,l'homme de robe ne saurait gure dans] au bal1 p>atre aux ?tres1 r5onc] aux habits simples et mode/es1 sans cons5tir son propre avilissem5t2 et il e/ trange qu'il ait fallu une loi p\r rgl] son extrieur1 et le contra9dre a9si tre grave et plus respect4 #dh 7,,iv7 ,il n'y a aucun mti] qui n'ait son appr5tissage1 et en montant des mo9dres conditions jusques aux plus gr&es1 on rem>que dans t\tes un temps de pratique et d'ex]cice qui prp>e aux emplois1 o les fautes sont sans consqu5ce1 et mn5t au contraire la p]fection4 ,la gu]re mme1 qui ne semble natre et dur] que p> la confusion et le dsordre1 a ses prceptes2 on ne se massacre pas p> pelotons et p> tr\pes en rase campagne sans l'avoir appris1 et l'on s'y tue m?odiquem5t4 ,il y a l'cole de la gu]re3 o e/ l'cole du magi/rat8 ,il y a un usage1 des lois1 des c\tumes3 o e/ le temps1 et le temps assez long que l'on emploie les digr] et s'en in/ruire8 ,l'essai et l'appr5tissage d'un jeune adolesc5t qui passe de la frule la p\rpre1 et dont la consignation a fait un juge1 e/ de dcid] s\v]a9em5t des vies et des =tunes des hommes4 #di 7,,iv7 ,la pr9cipale p>tie de l'orateur1 c'e/ la probit3 sans elle il dgnre en dclamateur1 il dguise ou il exagre les faits1 il cite faux1 il calomnie1 il p\se la passion et les ha9es de ceux p\r qui il p>le2 et il e/ de la classe de ces avocats dont le prov]be dit qu'ils sont pays p\r dire des injures4 #ej 7,v7 ,il e/ vrai1 dit-on1 cette somme lui e/ due1 et ce droit lui e/ acquis4 ,mais je l'att5ds cette petite =malit2 s'il l'oublie1 il n'y revi5t plus1 et consquemm5t il p]d sa somme1 ou il e/ inconte/ablem5t d*u de son droit2 or il oubli]a cette =malit4 ,voil ce que j'appelle une consci5ce de pratici54 7,i7 ,une belle maxime p\r le palais1 utile au public1 remplie de raison1 de sagesse et d'quit1 ce s]ait prcism5t la contradictoire de celle qui dit que la =me emporte le fond4 #ea 7,,iv7 ,la "q e/ une inv5tion m]veilleuse et t\t fait sre p\r p]dre un innoc5t qui a la complexion faible1 et sauv] un c\pable qui e/ n robu/e4 #eb 7,,vi7 ,un c\pable puni e/ un exemple p\r la canaille2 un innoc5t condamn e/ l'affaire de t\s les honntes g5s4 ,je dirai presque de moi3 ,je ne s]ai pas voleur ou meurtri]4--,je ne s]ai pas un j\r puni comme tel1 c'e/ p>l] bi5 h>dim5t4 ,une condition lam5table e/ celle d'un homme innoc5t qui la prcipitation et la procdure ont tr\v un crime2 celle mme de son juge peut-elle l'tre davantage8 #ec 7,,vi7 ,si l'on me racontait qu'il s'e/ tr\v autrefois un prvt2 ou l'un de ces magi/rats crs p\r p\rsuivre les voleurs et les ext]m9]1 qui les connaissait t\s depuis longtemps de nom et de visage2 savait leurs vols1 j'ent5ds l'espce1 le nombre et la quantit1 pntrait si avant dans t\tes ces pr(ondeurs1 et tait si initi dans t\s ces affreux my/res qu'il sut r5dre un homme de crdit un bij\ qu'on lui avait pris dans la f\le au sortir d'une assemble1 et dont il tait sur le po9t de faire de l'clat1 que le ,p>lem5t int]v9t dans cette affaire1 et fit le procs cet (fici]3 je reg>d]ais cet vnem5t comme l'une de ces *oses dont l'hi/oire se *>ge1 et qui le temps te la croyance3 comm5t donc p\rrais-je croire qu'on doive prsum] p> des faits rc5ts1 connus et circon/ancis1 qu'une conniv5ce si p]nicieuse dure encore1 qu'elle ait mme t\rn en jeu et pass en c\tume8 #ed 7,,iv7 ,combi5 d'hommes qui sont =ts contre les faibles1 f]mes et inflexibles aux sollicitations du simple peuple1 sans nuls g>ds p\r les petits1 rigides et svres dans les m9utes1 qui refus5t les petits prs5ts1 qui n'c\t5t ni leurs p>5ts ni leurs amis1 et que les femmes seules peuv5t corrompre6 #ee 7,i7 ,il n'e/ pas absolum5t impossible qu'une p]sonne qui se tr\ve dans une gr&e faveur p]de un procs4 #ef 7,v7 ,les m\rants qui p>l5t dans leurs te/am5ts peuv5t s'att5dre tre c\ts comme des oracles2 *acun les tire de son ct et les int]prte sa manire1 je veux dire selon ses dsirs ou ses intrts4 #eg 7,v7 ,il e/ vrai qu'il y a des hommes dont on peut dire que la mort fixe mo9s la d]nire volont qu'elle ne leur te avec la vie l'irrsolution et l'inquitude4 ,un dpit1 p5dant qu'ils viv5t1 les fait te/]2 ils s'apais5t et d*ir5t leur m9ute1 la voil en c5dre4 ,ils n'ont pas mo9s de te/am5ts dans leur cassette que d'almana*s sur leur table2 ils les compt5t p> les annes4 ,un second se tr\ve dtruit p> un troisime1 qui e/ ananti lui-mme p> un autre mieux digr1 et celui-ci encore p> un c9quime olographe4 ,mais si le mom5t1 ou la malice1 ou l'autorit manque celui qui a intrt de le supprim]1 il faut qu'il en essuie les clauses et les conditions2 c> app]t-il mieux des dispositions des hommes les plus incon/ants que p> un d]ni] acte1 sign de leur ma91 et aprs lequel ils n'ont pas du mo9s eu le loisir de v\loir t\t le contraire8 #eh 7,v7 ,s'il n'y avait po9t de te/am5ts p\r rgl] le droit des hriti]s1 je ne sais si l'on aurait beso9 de tribunaux p\r rgl] les diffr5ds des hommes3 les juges s]ai5t presque rduits la tri/e fonction d'envoy] au gibet les voleurs et les inc5diaires4 ,qui voit-on dans les lant]nes des *ambres1 au p>quet1 la porte ou dans la salle du magi/rat8 des hriti]s ab inte/at8 ,non1 les lois ont p\rvu leurs p>tages4 ,on y voit les te/am5taires qui plaid5t en explication d'une clause ou d'un article1 les p]sonnes exhrdes1 ceux qui se plaign5t d'un te/am5t fait avec loisir1 avec maturit1 p> un homme grave1 habile1 consci5cieux1 et qui a t aid d'un bon conseil3 d'un acte o le pratici5 n'a ri5 obmis de son j>gon et de ses f9esses ord9aires2 il e/ sign du te/ateur et des tmo9s publics1 il e/ p>af3 et c'e/ en cet tat qu'il e/ cass et dcl> nul4 #ei 7,v7 ,titius assi/e la lecture d'un te/am5t avec des yeux r\ges et humides1 et le coeur s]r de la p]te de celui dont il espre recueillir la succession4 ,un article lui donne la *>ge1 un autre les r5tes de la ville1 un troisime le r5d matre d'une t]re la campagne2 il y a une clause qui1 bi5 ent5due1 lui accorde une maison situe au milieu de ,p>is1 comme elle se tr\ve1 et avec les meubles3 son affliction augm5te1 les l>mes lui c\l5t des yeux4 ,le moy5 de les cont5ir8 ,il se voit (fici]1 log aux *amps et la ville1 meubl de mme2 il se voit une bonne table et un c>rosse3 ,y avait-il au monde un plus honnte homme que le dfunt1 un meilleur homme8 ,il y a un codicille1 il faut le lire3 il fait ,maevius lgataire univ]sel1 et il r5voie ,titius dans son faub\rg1 sans r5tes1 sans titres1 et le met pi$4 ,il essuie ses l>mes3 c'e/ ,maevius s'afflig]4 #fj 7,v7 ,la loi qui df5d de tu] un homme n'embrasse-t-elle pas dans cette df5se le f]1 le poison1 le feu1 l'eau1 les emb*es1 la =ce ouv]te1 t\s les moy5s enf9 qui peuv5t s]vir l'homicide8 ,la loi qui te aux m>is et aux femmes le p\voir de se donn] rciproquem5t1 n'a-t-elle connu que les voies directes et immdiates de donn]8 a-t-elle manqu de prvoir les indirectes8 a-t-elle introduit les fidicommis1 ou si mme elle les tolre8 ,avec une femme qui n\s e/ *re et qui n\s survit1 lgue-t-on son bi5 un ami fidle p> un s5tim5t de reconnaissance p\r lui1 ou plutt p> une extrme confiance1 et p> la c]titude qu'on a du bon usage qu'il saura faire de ce qu'on lui lgue8 ,donne-t-on celui que l'on peut s\ponn] de ne devoir pas r5dre la p]sonne qui en effet l'on veut donn]8 ,faut-il se p>l]1 faut-il s'crire1 e/-il beso9 de pacte ou de s]m5ts p\r =m] cette collusion8 ,les hommes ne s5t5t-ils pas en cette r5contre ce qu'ils peuv5t espr] les uns des autres8 ,et si au contraire la proprit d'un tel bi5 e/ dvolue au fidicommissaire1 p\rquoi p]d-il sa rputation le ret5ir8 ,sur quoi fonde-t-on la satire et les vaudevilles8 ,v\drait-on le comp>] au dpositaire qui trahit le dpt1 un dome/ique qui vole l'arg5t que son matre lui envoie port]8 ,on aurait tort3 y a-t-il de l'infamie ne pas faire une libralit1 et cons]v] p\r soi ce qui e/ soi8 trange emb>ras1 horrible poids que le fidicommis6 ,si p> la rvr5ce des lois on se l'approprie1 il ne faut plus pass] p\r homme de bi52 si p> le respect d'un ami mort l'on suit ses int5tions en le r5dant sa veuve1 on e/ confid5tiaire1 on blesse la loi4--,elle cadre donc bi5 mal avec l'op9ion des hommes8--,cela peut tre2 et il ne me convi5t pas de dire ici3 ,la loi p*e1 ni3 ,les hommes se tromp5t4 #fa 7,,viii7 ,j'ent5ds dire de quelques p>ticuli]s ou de quelques compagnies3 ,tel et tel corps se conte/5t l'un l'autre la prsance2 le morti] et la pairie se disput5t le pas4 ,il me p>at que celui des deux qui vite de se r5contr] aux assembles e/ celui qui cde1 et qui s5tant son faible1 juge lui-mme en faveur de son concurr5t4 #fb 7,,iv7 ,typhon f\rnit un gr& de *i5s et de *evaux2 que ne lui f\rnit-il po9t8 ,sa protection le r5d audacieux2 il e/ impunm5t dans sa prov9ce t\t ce qui lui plat d'tre1 assass91 p>jure2 il brle ses vois9s1 et il n'a pas beso9 d'asile4 ,il faut enf9 que le ,pr9ce se mle lui-mme de sa punition4 #fc 7,,vi7 ,ragots1 liqueurs1 entres1 entremets1 t\s mots qui devrai5t tre b>b>es et in9telligibles en notre langue2 et s'il e/ vrai qu'ils ne devrai5t pas tre d'usage en ple9e paix1 o ils ne s]v5t qu' entret5ir le luxe et la g\rm&ise1 comm5t peuv5t-ils tre ent5dus dans le temps de la gu]re et d'une misre publique1 la vue de l'ennemi1 la veille d'un combat1 p5dant un sige8 ,o e/-il p>l de la table de ,scipion ou de celle de ,m>ius8 ,ai-je lu quelque "p que ,miltiade1 qu'pam9ondas1 qu',agsilas ai5t fait une *re dlicate8 ,je v\drais qu'on ne ft m5tion de la dlicatesse1 de la propret et de la somptuosit des gnraux1 qu'aprs n'avoir plus ri5 dire sur leur sujet1 et s'tre puis sur les circon/ances d'une bataille gagne et d'une ville prise2 j'aim]ais mme qu'ils v\luss5t se priv] de cet loge4 #fd 7,,vi7 ,h]mippe e/ l'esclave de ce qu'il appelle ses petites commodits2 il leur sacrifie l'usage reu1 la c\tume1 les modes1 la bi5sance4 ,il les *]*e en t\tes *oses1 il quitte une mo9dre p\r une plus gr&e1 il ne nglige aucune de celles qui sont praticables1 il s'en fait une tude1 et il ne se passe aucun j\r qu'il ne fasse en ce g5re une dc\v]te4 ,il laisse aux autres hommes le dn] et le s\p]1 pe9e en admet-il les t]mes2 il mange qu& il a faim1 et les mets seulem5t o son apptit le porte4 ,il voit faire son lit3 quelle ma9 assez adroite ou assez heureuse p\rrait le faire dormir comme il veut dormir8 ,il sort r>em5t de *ez soi2 il aime la *ambre1 o il n'e/ ni oisif ni laborieux1 o il n'agit po9t1 o il tracasse1 et dans l'quipage d'un homme qui a pris mdec9e4 ,on dp5d s]vilem5t d'un s]ruri] et d'un m5uisi]1 selon ses beso9s3 p\r lui1 s'il faut lim]1 il a une lime2 une scie1 s'il faut sci]1 et des t5ailles1 s'il faut arra*]4 ,imag9ez1 s'il e/ possible1 quelques outils qu'il n'ait pas1 et meilleurs et plus commodes son gr que ceux mmes dont les ouvri]s se s]v5t3 il en a de n\veaux et d'inconnus1 qui n'ont po9t de nom1 productions de son esprit1 et dont il a presque oubli l'usage4 ,nul ne se peut comp>] lui p\r faire en peu de temps et sans pe9e un travail =t inutile4 ,il faisait dix pas p\r all] de son lit dans sa g>de-robe1 il n'en fait plus que neuf p> la manire dont il a su t\rn] sa *ambre3 combi5 de pas p>gns dans le c\rs d'une vie6 ,ailleurs l'on t\rne la clef1 l'on p\sse contre1 ou l'on tire soi1 et une porte s'ouvre3 quelle fatigue6 voil un m\vem5t de trop1 qu'il sait s'p>gn]1 et comm5t8 c'e/ un my/re qu'il ne rvle po9t4 ,il e/1 la vrit1 un gr& matre p\r le ressort et p\r la mcanique1 p\r celle du mo9s dont t\t le monde se passe4 ,h]mippe tire le j\r de son app>tem5t d'ailleurs que de la f5tre2 il a tr\v le secret de mont] et de desc5dre autrem5t que p> l'escali]1 et il *]*e celui d'entr] et de sortir plus commodm5t que p> la porte4 #fe 7,i7 ,il y a dj longtemps que l'on impr\ve les mdec9s1 et que l'on s'en s]t2 le ?tre et la satire ne t\*5t po9t leurs p5sions2 ils dot5t leurs filles1 plac5t leurs fils aux p>lem5ts et dans la prlature1 et les railleurs eux-mmes f\rniss5t l'arg5t4 ,ceux qui se port5t bi5 devi5n5t malades2 il leur faut des g5s dont le mti] soit de les assur] qu'ils ne m\rront po9t4 ,tant que les hommes p\rront m\rir1 et qu'ils aim]ont vivre1 le mdec9 s]a raill1 et bi5 pay4 #ff 7,,iv7 ,un bon mdec9 e/ celui qui a des remdes spcifiques1 ou s'il en manque1 qui p]met ceux qui les ont de gurir son malade4 #fg 7,,iv7 ,la tmrit des *>latans1 et leurs tri/es succs1 qui en sont les suites1 font valoir la mdec9e et les mdec9s3 si ceux-ci laiss5t m\rir1 les autres tu5t4 #fh 7,,viii7 ,c>ro ,c>ri db>que avec une recette qu'il appelle un prompt remde1 et qui quelquefois e/ un poison l5t2 c'e/ un bi5 de famille1 mais amlior en ses ma9s3 de spcifique qu'il tait contre la colique1 il gurit de la fivre qu>te1 de la pleursie1 de l'hydropisie1 de l'apoplexie1 de l'pilepsie4 ,=cez un peu votre mmoire1 nommez une maladie1 la premire qui v\s vi5dra en l'esprit3 l'hmorragie1 dites-v\s8 il la gurit4 ,il ne ressuscite p]sonne1 il e/ vrai2 il ne r5d pas la vie aux hommes2 mais il les conduit ncessairem5t jusqu' la dcrpitude1 et ce n'e/ que p> has>d que son pre et son aeul1 qui avai5t ce secret1 sont morts =t jeunes4 ,les mdec9s reoiv5t p\r leurs visites ce qu'on leur donne2 quelques-uns se cont5t5t d'un rem]ciem5t3 ,c>ro ,c>ri e/ si sr de son remde1 et de l'effet qui en doit suivre1 qu'il n'hsite pas de s'en faire pay] d'avance1 et de recevoir avant que de donn]4 ,si le mal e/ incurable1 tant mieux1 il n'en e/ que plus digne de son application et de son remde4 ,comm5cez p> lui livr] quelques sacs de mille francs1 passez-lui un contrat de con/itution1 donnez-lui une de vos t]res1 la plus petite1 et ne soyez pas ensuite plus inquiet que lui de votre gurison4 ,l'mulation de cet homme a peupl le monde de noms en ,o et en ,i1 noms vnrables1 qui impos5t aux malades et aux maladies4 ,vos mdec9s1 ,fagon1 et de t\tes les facults1 av\ez-le1 ne guriss5t pas t\j\rs1 ni srem5t2 ceux au contraire qui ont hrit de leurs pres la mdec9e pratique1 et qui l'expri5ce e/ *ue p> succession1 promett5t t\j\rs1 et avec s]m5ts1 qu'on gurira4 ,qu'il e/ d\x aux hommes de t\t espr] d'une maladie mortelle1 et de se port] encore passablem5t bi5 l'agonie6 ,la mort surpr5d agrablem5t et sans s'tre fait cra9dre2 on la s5t plus tt qu'on n'a song s'y prp>] et s'y rs\dre4 ,fagon ,esculape6 faites rgn] sur t\te la t]re le qu9qu9a et l'mtique2 conduisez sa p]fection la sci5ce des simples1 qui sont donns aux hommes p\r prolong] leur vie2 obs]vez dans les cures1 avec plus de prcision et de sagesse que p]sonne n'a encore fait1 le climat1 les temps1 les symptmes et les complexions2 gurissez de la manire seule qu'il convi5t *acun d'tre guri2 *assez des corps1 o ri5 ne v\s e/ ca* de leur conomie1 les maladies les plus obscures et les plus invtres2 n'att5tez pas sur celles de l'esprit1 elles sont incurables2 laissez ,cor9ne1 ,lesbie1 ,canidie1 ,trimalcion et ,c>pus la passion ou la fureur des *>latans4 #fi 7,,iv7 ,l'on s\ffre dans la rpublique les *iromanci5s et les dev9s1 ceux qui font l'horoscope et qui tir5t la figure1 ceux qui connaiss5t le pass p> le m\vem5t du sas1 ceux qui font voir dans un miroir ou dans un vase d'eau la claire vrit2 et ces g5s sont en effet de quelque usage3 ils prdis5t aux hommes qu'ils f]ont =tune1 aux filles qu'elles p\s]ont leurs amants1 consol5t les enfants dont les pres ne meur5t po9t1 et *>m5t l'inquitude des jeunes femmes qui ont de vieux m>is2 ils tromp5t enf9 trs vil prix ceux qui *]*5t tre tromps4 #gj 7,,iv7 ,que p5s] de la magie et du sortilge8 ,la ?orie en e/ obscure1 les pr9cipes vagues1 inc]ta9s1 et qui appro*5t du visionnaire2 mais il y a des faits emb>rassants1 affirms p> des hommes graves qui les ont vus1 ou qui les ont appris de p]sonnes qui leur ressembl5t3 les admettre t\s ou les ni] t\s p>at un gal inconvni5t2 et j'ose dire qu'en cela1 comme dans t\tes les *oses extraord9aires et qui sort5t des communes rgles1 il y a un p>ti tr\v] entre les mes crdules et les esprits =ts4 #ga 7,i7 ,l'on ne peut gure *>g] l'enfance de la connaissance de trop de langues1 et il me semble que l'on devrait mettre t\te son application l'en in/ruire2 elles sont utiles t\tes les conditions des hommes1 et elles leur ouvr5t galem5t l'entre ou une pr(onde ou une facile et agrable rudition4 ,si l'on remet cette tude si pnible un ge un peu plus avanc1 et qu'on appelle la jeunesse1 ou l'on n'a pas la =ce de l'embrass] p> *oix1 ou l'on n'a pas celle d'y p]svr]2 et si l'on y p]svre1 c'e/ consum] la re*]*e des langues le mme temps qui e/ consacr l'usage que l'on en doit faire2 c'e/ born] la sci5ce des mots un ge qui veut dj all] plus lo92 et qui dem&e des *oses2 c'e/ au mo9s avoir p]du les premires et les plus belles annes de sa vie4 ,un si gr& fonds ne se peut bi5 faire que lorsque t\t s'imprime dans l'me naturellem5t et pr(ondm5t2 que la mmoire e/ neuve1 prompte et fidle2 que l'esprit et le coeur sont encore vides de passions1 de so9s et de dsirs1 et que l'on e/ dt]m9 de longs travaux p> ceux de qui l'on dp5d4 ,je suis p]suad que le petit nombre d'habiles1 ou le gr& nombre de g5s sup]ficiels1 vi5t de l'oubli de cette pratique4 #gb 7,,vi7 ,l'tude des textes ne peut jamais tre assez recomm&e2 c'e/ le *em9 le plus c\rt1 le plus sr et le plus agrable p\r t\t g5re d'rudition4 ,ayez les *oses de la premire ma92 puisez la s\rce2 maniez1 remaniez le texte2 appr5ez-le de mmoire2 citez-le dans les occasions2 songez surt\t en pntr] le s5s dans t\te son t5due et dans ses circon/ances2 conciliez un auteur orig9al1 aju/ez ses pr9cipes1 tirez v\s-mme les conclusions4 ,les premi]s comm5tateurs se sont tr\vs dans le cas o je dsire que v\s soyez3 n'empruntez leurs lumires et ne suivez leurs vues qu'o les vtres s]ai5t trop c\rtes2 leurs explications ne sont pas v\s1 et peuv5t aism5t v\s *app]2 vos obs]vations au contraire naiss5t de votre esprit et y demeur5t3 v\s les retr\vez plus ord9airem5t dans la conv]sation1 dans la consultation et dans la dispute4 ,ayez le plaisir de voir que v\s n'tes arrt dans la lecture que p> les difficults qui sont inv9cibles1 o les comm5tateurs et les scolia/es eux-mmes demeur5t c\rt1 si f]tiles d'ailleurs1 si abondants et si *>gs d'une va9e et fa/ueuse rudition dans les endroits clairs1 et qui ne font de pe9e ni eux ni aux autres4 ,a*evez a9si de v\s conva9cre p> cette m?ode d'tudi]1 que c'e/ la p>esse des hommes qui a enc\rag le pdantisme grossir plutt qu' enri*ir les biblio?ques1 faire prir le texte s\s le poids des comm5taires2 et qu'elle a en cela agi contre soi-mme et contre ses plus *]s intrts1 en multipliant les lectures1 les re*]*es et le travail1 qu'elle *]*ait vit]4 #gc 7,,vii7 ,qui rgle les hommes dans leur manire de vivre et d'us] des alim5ts8 ,la sant et le rgime8 ,cela e/ d\teux4 ,une nation entire mange les vi&es aprs les fruits1 une autre fait t\t le contraire2 quelques-uns comm5c5t leurs repas p> de c]ta9s fruits1 et les f9iss5t p> d'autres3 e/-ce raison8 e/-ce usage8 ,e/-ce p> un so9 de leur sant que les hommes s'habill5t jusqu'au m5ton1 port5t des fraises et des collets1 eux qui ont eu si longtemps la poitr9e dc\v]te8 ,e/-ce p> bi5sance1 surt\t dans un temps o ils avai5t tr\v le secret de p>atre nus t\t habills8 ,et d'ailleurs les femmes1 qui montr5t leur gorge et leurs paules1 sont-elles d'une complexion mo9s dlicate que les hommes1 ou mo9s sujettes qu'eux aux bi5sances8 ,quelle e/ la pudeur qui engage celles-ci c\vrir leurs jambes et presque leurs pi$s1 et qui leur p]met d'avoir les bras nus au-dessus du c\de8 ,qui avait mis autrefois dans l'esprit des hommes qu'on tait la gu]re ou p\r se df5dre ou p\r attaqu]1 et qui leur avait ins9u l'usage des armes (f5sives et des df5sives8 ,qui les oblige auj\rd'hui de r5onc] celles-ci1 et p5dant qu'ils se bott5t p\r all] au bal1 de s\t5ir sans armes et en p\rpo9t des travailleurs exposs t\t le feu d'une contresc>pe8 ,nos pres1 qui ne jugeai5t pas une telle conduite utile au ,pr9ce et la patrie1 tai5t-ils sages ou ins5ss8 ,et n\s-mmes1 quels hros clbrons-n\s dans notre hi/oire8 ,un ,guescl91 un ,clisson1 un ,foix1 un ,b\cicaut1 qui t\s ont port l'armet et endoss une cuirasse4 ,qui p\rrait r5dre raison de la =tune de c]ta9s mots et de la proscription de quelques autres8 ,a9si a pri3 la voyelle qui le comm5ce1 et si propre p\r l'lision1 n'a pu le sauv]2 il a cd un autre monosyllabe1 et qui n'e/ au plus que son anagramme4 ,c]tes e/ beau dans sa vieillesse1 et a encore de la =ce sur son dcl93 la posie le rclame1 et notre langue doit beauc\p aux criva9s qui le dis5t en prose1 et qui se commett5t p\r lui dans leurs ouvrages4 ,ma9t e/ un mot qu'on ne devait jamais ab&onn]1 et p> la facilit qu'il y avait le c\l] dans le /yle1 et p> son orig9e1 qui e/ franaise4 ,m\lt1 quoique lat91 tait dans son temps d'un mme mrite1 et je ne vois pas p> o beauc\p l'emporte sur lui4 ,quelle p]scution le c> n'a-t-il pas essuye6 et s'il n'et tr\v de la protection p>mi les g5s polis1 n'tait-il pas banni honteusem5t d'une langue qui il a r5du de si longs s]vices1 sans qu'on st quel mot lui sub/itu]8 ,cil a t dans ses beaux j\rs le plus joli mot de la langue franaise2 il e/ d\l\reux p\r les potes qu'il ait vieilli4 ,d\l\reux ne vi5t pas plus naturellem5t de d\leur1 que de *aleur vi5t *aleureux ou *al\reux3 celui-ci se passe1 bi5 que ce ft une ri*esse p\r la langue1 et qu'il se dise =t ju/e o *aud ne s'emploie qu'improprem5t4 ,valeur devait aussi n\s cons]v] valeureux2 ha9e1 ha9eux2 pe9e1 pe9eux1 fruit1 fructueux2 piti1 piteux2 joie1 jovial2 foi1 fal2 c\r1 c\rtois2 gte1 gisant2 bale9e1 bal52 vant]ie1 vant>d2 m5songe1 m5song]2 c\tume1 c\tumi]3 comme "p ma9ti5t p>tial2 po9t1 po9tu et po9tilleux2 ton1 tonnant2 son1 sonore2 fre91 effrn2 front1 effront2 ris1 ridicule2 loi1 loyal2 coeur1 cordial2 bi51 bn92 mal1 malicieux4 ,heur se plaait o bonheur ne saurait entr]2 il a fait heureux1 qui e/ si franais1 et il a cess de l'tre3 si quelques potes s'en sont s]vis1 c'e/ mo9s p> *oix que p> la contra9te de la mesure4 ,issue prospre1 et vi5t d'issir1 qui e/ aboli4 ,f9 subsi/e sans consqu5ce p\r f9]1 qui vi5t de lui1 p5dant que cesse et cess] rgn5t galem5t4 ,v]d ne fait plus v]doy]1 ni fte1 ftoy]1 ni l>me1 l>moy]1 ni deuil1 se d\loir1 se cond\loir1 ni joie1 s'j\ir1 bi5 qu'il fasse t\j\rs se rj\ir1 se conj\ir1 a9si qu'orgueil1 s'enorgueillir4 ,on a dit g5t1 le corps g5t3 ce mot si facile non seulem5t e/ tomb1 l'on voit mme qu'il a entran g5til dans sa *ute4 ,on dit diffam1 qui drive de fame1 qui ne s'ent5d plus3 ,on dit curieux1 driv de cure1 qui e/ hors d'usage4 ,il y avait gagn] de dire si que p\r de sorte que ou de manire que1 de moi au lieu de p\r moi ou de quant moi1 de dire je sais que c'e/ qu'un mal1 plutt que je sais ce que c'e/ qu'un mal1 soit p> l'analogie lat9e1 soit p> l'avantage qu'il y a s\v5t avoir un mot de mo9s plac] dans l'oraison4 ,l'usage a prfr p> consqu5t p> consqu5ce1 et en consqu5ce en consqu5t1 faons de faire manires de faire1 et manires d'agir faons d'agir4442 dans les v]bes1 travaill] ouvr]1 tre acc\tum s\loir1 conv5ir duire1 faire du bruit bruire1 injuri] vila9]1 piqu] po9dre1 faire ress\v5ir ram5tevoir4442 et dans les noms1 p5ses p5s]s1 un si beau mot1 et dont le v]s se tr\vait si bi51 gr&es actions pr\esses1 l\anges loz1 m*ancet mauvai/i1 porte huis1 navire nef1 arme o/1 mona/re mon/i]1 prairies pres4441 t\s mots qui p\vai5t dur] ensemble d'une gale beaut1 et r5dre une langue plus abondante4 ,l'usage a p> l'addition1 la suppression1 le *angem5t ou le drangem5t de quelques lettres1 fait frelat] de fralat]1 pr\v] de preuv]1 pr(it de pr\fit1 from5t de fr\m5t1 pr(il de p\rfil1 provision de p\rveoir1 prom5] de p\rm5]1 et prom5ade de p\rm5ade4 ,le mme usage fait1 selon l'occasion1 d'habile1 d'utile1 de facile1 de docile1 de mobile et de f]tile1 sans y ri5 *ang]1 des g5res diffr5ts3 au contraire de vil1 vile1 subtil1 subtile1 selon leur t]m9aison mascul9s ou fm99s4 ,il a altr les t]m9aisons anci5nes3 de scel il a fait sceau2 de mantel1 manteau2 de capel1 *apeau2 de c\tel1 c\teau2 de hamel1 hameau2 de damoisel1 damoiseau2 de j\v5cel1 j\v5ceau2 et cela sans que l'on voie gure ce que la langue franaise gagne ces diffr5ces et ces *angem5ts4 ,e/-ce donc faire p\r le progrs d'une langue1 que de dfr] l'usage8 ,s]ait-il mieux de sec\] le j\g de son empire si despotique8 ,faudrait-il1 dans une langue vivante1 c\t] la seule raison qui prvi5t les quivoques1 suit la rac9e des mots et le rapport qu'ils ont avec les langues orig9aires dont ils sont sortis1 si la raison d'ailleurs veut qu'on suive l'usage8 ,si nos anctres ont mieux crit que n\s1 ou si n\s l'emportons sur eux p> le *oix des mots1 p> le t\r et l'expression1 p> la cl>t et la brivet du disc\rs1 c'e/ une "q s\v5t agite1 t\j\rs indcise4 ,on ne la t]m9]a po9t en comp>ant1 comme l'on fait quelquefois1 un froid criva9 de l'autre sicle aux plus clbres de celui-ci1 ou les v]s de ,laur5t1 pay p\r ne plus crire1 ceux de ,m>ot et de ,desportes4 ,il faudrait1 p\r prononc] ju/e sur cette matire1 oppos] sicle sicle1 et excell5t ouvrage excell5t ouvrage1 p> exemple les meilleurs rondeaux de ,b5s]ade ou de ,voiture ces deux-ci1 qu'une tradition n\s a cons]vs1 sans n\s en m>qu] le temps ni l'auteur3 ,bi5 propos s'en v9t ,ogi] en ,france ,p\r le pas de mescreans mond]3 ,ja n'e/ beso9 de cont] sa vaillance1 ,puisqu'ennemis n'osoi5t le reg>d]4 ,or qu& il eut t\t mis en assurance1 ,de voyag] il v\lut s'enh>d]1 ,en ,p>adis tr\va l'eau de j\vance1 ,dont il se sceut de vieillesse eng>d] ,bi5 propos4 ,puis p> cette eau son corps t\t decrepite ,transmu fut p> manire subite ,en jeune g>s1 frais1 gracieux et droit4 ,gr& dommage e/ que cecy soit sornettes3 ,filles connoy qui ne sont pas jeunettes1 qui cette eau de j\vance vi5droit ,bi5 propos4 ,de cettuy preux ma9ts gr&s cl]cs ont crit ,qu'oncques dangi] n'tonna son c\rage3 ,abus fut p> le mal9 esprit1 ,qu'il p\sa s\s fem99 visage4 ,si piteux cas la f9 dc\vrit ,sans un seul br9 de peur ny de dommage1 ,dont gr& r5om p> t\t le monde acquit1 ,si qu'on t5oit tres honne/e langage ,de cettuy preux4 ,bi5-to/ aprs fille de ,roy s'prit ,de son am\r1 qui v\l5ti]s s'(frit ,au bon ,ri*>d en second m>iage4 ,donc s'il vaut mieux de diable ou femme avoir1 ,et qui des deux brut plus en mnage1 ,ceulx qui v\dront1 si le p\rront savoir ,de cettuy preux4 ,de la *aire #a 7,i7 ,le disc\rs *rti5 e/ dev5u un spectacle4 ,cette tri/esse vanglique qui en e/ l'me ne s'y rem>que plus3 elle e/ supple p> les avantages de la m9e1 p> les inflexions de la voix1 p> la rgul>it du ge/e1 p> le *oix des mots1 et p> les longues numrations4 ,on n'c\te plus srieusem5t la p>ole sa9te3 c'e/ une sorte d'amusem5t entre mille autres2 c'e/ un jeu o il y a de l'mulation et des p>ieurs4 #b 7,,iv7 ,l'loqu5ce pr(ane e/ transpose p\r a9si dire du b>reau1 o ,le ,matre1 ,pucelle et ,f\rcroy l'ont fait rgn]1 et o elle n'e/ plus d'usage1 la *aire1 o elle ne doit pas tre4 7,i7 ,l'on fait assaut d'loqu5ce jusqu'au pi$ de l'autel et en la prs5ce des my/res4 ,celui qui c\te s'tablit juge de celui qui pr*e1 p\r condamn] ou p\r applaudir1 et n'e/ pas plus conv]ti p> le disc\rs qu'il favorise que p> celui auquel il e/ contraire4 ,l'orateur plat aux uns1 dplat aux autres1 et convi5t avec t\s en une *ose1 que1 comme il ne *]*e po9t les r5dre meilleurs1 ils ne p5s5t pas aussi le dev5ir4 7,,iv7 ,un appr5ti e/ docile1 il c\te son matre1 il pr(ite de ses leons1 et il devi5t matre4 ,l'homme indocile critique le disc\rs du prdicateur1 comme le livre du philosophe1 et il ne devi5t ni *rti5 ni raisonnable4 #c 7,i7 ,jusqu' ce qu'il revi5ne un homme qui1 avec un /yle n\rri des sa9tes critures1 explique au peuple la p>ole div9e unim5t et familirem5t1 les orateurs et les dclamateurs s]ont suivis4 #d 7,i7 ,les citations pr(anes1 les froides allusions1 le mauvais pa?tique1 les anti?ses1 les figures outres ont f9i3 les portraits f9iront1 et f]ont place une simple explication de l'vangile1 jo9te aux m\vem5ts qui inspir5t la conv]sion4 #e 7,,viii7 ,cet homme que je s\haitais impatiemm5t1 et que je ne daignais pas espr] de notre sicle1 e/ enf9 v5u4 ,les c\rtisans1 =ce de gt et de connatre les bi5sances1 lui ont applaudi2 ils ont1 *ose incroyable6 ab&onn la *apelle du ,roi1 p\r v5ir ent5dre avec le peuple la p>ole de ,dieu annonce p> cet homme apo/olique4 ,la ville n'a pas t de l'avis de la c\r3 o il a pr*1 les p>oissi5s ont ds]t1 jusqu'aux m>guilli]s ont disp>u2 les pa/eurs ont t5u f]me1 mais les ouailles se sont disp]ses1 et les orateurs vois9s en ont grossi leur auditoire4 ,je devais le prvoir1 et ne pas dire qu'un tel homme n'avait qu' se montr] p\r tre suivi1 et qu' p>l] p\r tre c\t3 ne savais-je pas quelle e/ dans les hommes1 et en t\tes *oses1 la =ce indomptable de l'habitude8 ,depuis tr5te annes on prte l'oreille aux rhteurs1 aux dclamateurs1 aux numrateurs2 on c\rt ceux qui peign5t en gr& ou en m9iature4 ,il n'y a pas longtemps qu'ils avai5t des *utes ou des transitions +nieuses1 quelquefois mme si vives et si aigus qu'elles p\vai5t pass] p\r pigrammes3 ils les ont ad\cies1 je l'av\e1 et ce ne sont plus que des madrigaux4 ,ils ont t\j\rs1 d'une ncessit indisp5sable et gomtrique1 trois sujets admirables de vos att5tions3 ils pr\v]ont une telle *ose dans la premire p>tie de leur disc\rs1 cette autre dans la seconde p>tie1 et cette autre encore dans la troisime4 ,a9si v\s s]ez conva9cu d'abord d'une c]ta9e vrit1 et c'e/ leur premi] po9t2 d'une autre vrit1 et c'e/ leur second po9t2 et puis d'une troisime vrit1 et c'e/ leur troisime po9t3 de sorte que la premire rflexion v\s in/ruira d'un pr9cipe des plus fondam5taux de votre religion2 la seconde1 d'un autre pr9cipe qui ne l'e/ pas mo9s2 et la d]nire rflexion1 d'un troisime et d]ni] pr9cipe1 le plus important de t\s1 qui e/ remis p\rtant1 faute de loisir1 une autre fois4 ,enf91 p\r repr5dre et abrg] cette division et =m] un plan444--,encore1 dites-v\s1 et quelles prp>ations p\r un disc\rs de trois qu>ts d'heure qui leur re/e faire6 ,plus ils *]*5t le digr] et l'claircir1 plus ils m'embr\ill5t4--,je v\s crois sans pe9e1 et c'e/ l'effet le plus naturel de t\t cet amas d'ides qui revi5n5t la mme1 dont ils *>g5t sans piti la mmoire de leurs auditeurs4 ,il semble1 les voir s'op9itr] cet usage1 que la grce de la conv]sion soit atta*e ces normes p>titions4 ,comm5t nanmo9s s]ait-on conv]ti p> de tels aptres1 si l'on ne peut qu' pe9e les ent5dre articul]1 les suivre et ne les pas p]dre de vue8 ,je leur dem&]ais volonti]s qu'au milieu de leur c\rse imptueuse1 ils v\luss5t plusieurs fois repr5dre hale9e1 s\ffl] un peu1 et laiss] s\ffl] leurs auditeurs4 ,va9s disc\rs1 p>oles p]dues6 ,le temps des homlies n'e/ plus2 les ,basiles1 les ,*ryso/omes ne le ramn]ai5t pas2 on pass]ait en d'autres diocses p\r tre hors de la porte de leur voix et de leurs familires in/ructions4 ,le commun des hommes aime les phrases et les priodes1 admire ce qu'il n'ent5d pas1 se suppose in/ruit1 cont5t de dcid] entre un premi] et un second po9t1 ou entre le d]ni] s]mon et le pnultime4 #f 7,v7 ,il y a mo9s d'un sicle qu'un livre franais tait un c]ta9 nombre de pages lat9es1 o l'on dc\vrait quelques lignes ou quelques mots en notre langue4 ,les passages1 les traits et les citations n'en tai5t pas demeurs l3 ,ovide et ,catulle a*evai5t de dcid] des m>iages et des te/am5ts1 et v5ai5t avec les ,p&ectes au sec\rs de la veuve et des pupilles4 ,le sacr et le pr(ane ne se quittai5t po9t2 ils s'tai5t glisss ensemble jusque dans la *aire3 sa9t ,cyrille1 ,horace1 sa9t ,cypri51 ,lucrce1 p>lai5t alt]nativem5t2 les potes tai5t de l'avis de sa9t ,augu/9 et de t\s les ,pres2 on p>lait lat91 et longtemps1 devant des femmes et des m>guilli]s2 on a p>l grec4 ,il fallait savoir prodigieusem5t p\r pr*] si mal4 ,autre temps1 autre usage3 le texte e/ encore lat91 t\t le disc\rs e/ franais1 et d'un beau franais2 l'vangile mme n'e/ pas cit4 ,il faut savoir auj\rd'hui trs peu de *ose p\r bi5 pr*]4 #g 7,,iv7 ,l'on a enf9 banni la scola/ique de t\tes les *aires des gr&es villes1 et on l'a relgue dans les b\rgs et dans les villages p\r l'in/ruction et p\r le salut du lab\reur ou du vign]on4 #h 7,i7 ,c'e/ avoir de l'esprit que de plaire au peuple dans un s]mon p> un /yle fleuri1 une morale enj\e1 des figures rxres1 des traits brillants et de vives descriptions2 mais ce n'e/ po9t en avoir assez4 ,un meilleur esprit nglige ces ornem5ts trang]s1 indignes de s]vir l'vangile3 il pr*e simplem5t1 =tem5t1 *rti5nem5t4 #i 7,i7 ,l'orateur fait de si belles images de c]ta9s dsordres1 y fait entr] des circon/ances si dlicates1 met tant d'esprit1 de t\r et de raff9em5t dans celui qui p*e1 que si je n'ai pas de p5te v\loir ressembl] ses portraits1 j'ai beso9 du mo9s que quelque aptre1 avec un /yle plus *rti51 me dgte des vices dont l'on m'avait fait une pe9ture si agrable4 #aj 7,,iv7 ,un beau s]mon e/ un disc\rs oratoire qui e/ dans t\tes ses rgles1 purg de t\s ses dfauts1 con=me aux prceptes de l'loqu5ce huma9e1 et p> de t\s les ornem5ts de la rhtorique4 ,ceux qui ent5d5t f9em5t n'en p]d5t pas le mo9dre trait ni une seule p5se2 ils suiv5t sans pe9e l'orateur dans t\tes les numrations o il se promne1 comme dans t\tes les lvations o il se jette3 ce n'e/ une nigme que p\r le peuple4 #aa 7,,iv7 ,le solide et l'admirable disc\rs que celui qu'on vi5t d'ent5dre6 ,les po9ts de religion les plus ess5tiels1 comme les plus pressants motifs de conv]sion1 y ont t traits3 quel gr& effet n'a-t-il pas d faire sur l'esprit et dans l'me de t\s les auditeurs6 ,les voil r5dus3 ils en sont mus et t\*s au po9t de rs\dre dans leur coeur1 sur ce s]mon de ,?odore1 qu'il e/ encore plus beau que le d]ni] qu'il a pr*4 #ab 7,i7 ,la morale d\ce et rel*e tombe avec celui qui la pr*e2 elle n'a ri5 qui rveille et qui pique la curiosit d'un homme du monde1 qui cra9t mo9s qu'on ne p5se une doctr9e svre1 et qui l'aime mme dans celui qui fait son devoir en l'annonant4 ,il semble donc qu'il y ait dans l'glise comme deux tats qui doiv5t la p>tag]3 celui de dire la vrit dans t\te son t5due1 sans g>ds1 sans dguisem5t2 celui de l'c\t] avidem5t1 avec gt1 avec admiration1 avec loges1 et de n'en faire cep5dant ni pis ni mieux4 #ac 7,,iv7 ,l'on peut faire ce repro*e l'hroque v]tu des gr&s hommes1 qu'elle a corrompu l'loqu5ce1 ou du mo9s amolli le /yle de la plup>t des prdicateurs4 ,au lieu de s'unir seulem5t avec les peuples p\r bnir le ,ciel de si r>es prs5ts qui en sont v5us1 ils ont entr en socit avec les auteurs et les potes2 et dev5us comme eux pangyri/es1 ils ont en*ri sur les ptres ddicatoires1 sur les /ances et sur les prologues2 ils ont *ang la p>ole sa9te en un tissu de l\anges1 ju/es la vrit1 mais mal places1 intresses1 que p]sonne n'exige d'eux1 et qui ne convi5n5t po9t leur c>actre4 ,on e/ heureux si l'occasion du hros qu'ils clbr5t jusque dans le sanctuaire1 ils dis5t un mot de ,dieu et du my/re qu'ils devai5t pr*]4 ,il s'en e/ tr\v quelques-uns qui ayant assujetti le sa9t vangile1 qui doit tre commun t\s1 la prs5ce d'un seul auditeur1 se sont vus dconc]ts p> des has>ds qui le ret5ai5t ailleurs1 n'ont pu prononc] devant des *rti5s un disc\rs *rti5 qui n'tait pas fait p\r eux1 et ont t suppls p> d'autres orateurs1 qui n'ont eu le temps que de l\] ,dieu dans un s]mon prcipit4 #ad 7,i7 ,?odule a mo9s russi que quelques-uns de ses auditeurs ne l'apprh5dai5t3 ils sont cont5ts de lui et de son disc\rs2 il a mieux fait leur gr que de *>m] l'esprit et les oreilles1 qui e/ de flatt] leur jal\sie4 #ae 7,i7 ,le mti] de la p>ole ressemble en une *ose celui de la gu]re3 il y a plus de risque qu'ailleurs1 mais la =tune y e/ plus rapide4 #af 7,i7 ,si v\s tes d'une c]ta9e qualit1 et que v\s ne v\s s5tiez po9t d'autre tal5t que celui de faire de froids disc\rs1 pr*ez1 faites de froids disc\rs3 il n'y a ri5 de pire p\r sa =tune que d'tre entirem5t ignor4 ,?odat a t pay de ses mauvaises phrases et de son ennuyeuse monotonie4 #ag 7,i7 ,l'on a eu de gr&s v*s p> un mrite de *aire qui prs5tem5t ne vaudrait pas son homme une simple prb5de4 #ah 7,i7 ,le nom de ce pangyri/e semble gmir s\s le poids des titres dont il e/ accabl2 leur gr& nombre remplit de va/es affi*es qui sont di/ribues dans les maisons1 ou que l'on lit p> les rues en c>actres mon/rueux1 et qu'on ne peut non plus ignor] que la place publique4 ,qu& sur une si belle montre1 l'on a seulem5t essay du p]sonnage1 et qu'on l'a un peu c\t1 l'on reconnat qu'il manque au dnombrem5t de ses qualits celle de mauvais prdicateur4 #ai 7,,vii7 ,l'oisivet des femmes1 et l'habitude qu'ont les hommes de les c\rir p>t\t o elles s'assembl5t1 donn5t du nom de froids orateurs1 et s\ti5n5t quelque temps ceux qui ont dcl94 #bj 7,,vi7 ,devrait-il suffire d'avoir t gr& et puissant dans le monde p\r tre l\able ou non1 et1 devant le sa9t autel et dans la *aire de la vrit1 l\ et clbr ses funrailles8 ,n'y a-t-il po9t d'autre gr&eur que celle qui vi5t de l'autorit et de la naissance8 ,p\rquoi n'e/-il pas tabli de faire publiquem5t le pangyrique d'un homme qui a excell p5dant sa vie dans la bont1 dans l'quit1 dans la d\ceur1 dans la fidlit1 dans la pit8 ,ce qu'on appelle une oraison funbre n'e/ auj\rd'hui bi5 reue du plus gr& nombre des auditeurs1 qu' mesure qu'elle s'loigne davantage du disc\rs *rti51 ou si v\s l'aimez mieux a9si1 qu'elle appro*e de plus prs d'un loge pr(ane4 #ba 7,i7 ,l'orateur *]*e p> ses disc\rs un v*2 l'aptre fait des conv]sions3 il mrite de tr\v] ce que l'autre *]*e4 #bb 7,i7 ,l'on voit des cl]cs rev5ir de quelques prov9ces o ils n'ont pas fait un long sj\r1 va9s des conv]sions qu'ils ont tr\ves t\tes faites1 comme de celles qu'ils n'ont pu faire1 se comp>] dj aux ,v9c5ts et aux ,xavi]s1 et se croire des hommes apo/oliques3 de si gr&s travaux et de si heureuses missions ne s]ai5t pas leur gr pays d'une abbaye4 #bc 7,,vii7 ,tel t\t d'un c\p1 et sans y avoir p5s la veille1 pr5d du papi]1 une plume1 dit en soi-mme3 ,je vais faire un livre1 sans autre tal5t p\r crire que le beso9 qu'il a de c9quante pi/oles4 ,je lui crie inutilem5t3 ,pr5ez une scie1 ,dioscore1 sciez1 ou bi5 t\rnez1 ou faites une jante de r\e2 v\s aurez votre salaire4 ,il n'a po9t fait l'appr5tissage de t\s ces mti]s4 ,copiez donc1 transcrivez1 soyez au plus correcteur d'imprim]ie1 n'crivez po9t4 ,il veut crire et faire imprim]2 et p>ce qu'on n'envoie pas l'imprimeur un cahi] blanc1 il le b>b\ille de ce qui lui plat3 il crirait volonti]s que la ,se9e c\le ,p>is1 qu'il y a sept j\rs dans la sema9e1 ou que le temps e/ la pluie2 et comme ce disc\rs n'e/ ni contre la religion ni contre l'tat1 et qu'il ne f]a po9t d'autre dsordre dans le public que de lui gt] le gt et l'acc\tum] aux *oses fades et insipides1 il passe l'exam51 il e/ imprim1 et la honte du sicle1 comme p\r l'humiliation des bons auteurs1 rimprim4 ,de mme un homme dit en son coeur3 ,je pr*]ai1 et il pr*e2 le voil en *aire1 sans autre tal5t ni vocation que le beso9 d'un bnfice4 #bd 7,i7 ,un cl]c monda9 ou irrligieux1 s'il monte en *aire1 e/ dclamateur4 ,il y a au contraire des hommes sa9ts1 et dont le seul c>actre e/ efficace p\r la p]suasion3 ils p>aiss5t1 et t\t un peuple qui doit les c\t] e/ dj mu et comme p]suad p> leur prs5ce2 le disc\rs qu'ils vont prononc] f]a le re/e4 #be 7,,iv7 ,l'4 de ,meaux et le ,p4 ,b\rdal\e me rappell5t ,dmo/hne et ,cicron4 ,t\s deux1 matres dans l'loqu5ce de la *aire1 ont eu le de/9 des gr&s modles3 l'un a fait de mauvais c5seurs1 l'autre de mauvais copi/es4 #bf 7,v7 ,l'loqu5ce de la *aire1 en ce qui y entre d'huma9 et du tal5t de l'orateur1 e/ ca*e1 connue de peu de p]sonnes et d'une difficile excution3 quel art en ce g5re p\r plaire en p]suadant6 ,il faut m>*] p> des *em9s battus1 dire ce qui a t dit1 et ce que l'on prvoit que v\s allez dire4 ,les matires sont gr&es1 mais ues et triviales2 les pr9cipes srs1 mais dont les auditeurs pntr5t les conclusions d'une seule vue4 ,il y entre des sujets qui sont sublimes2 mais qui peut trait] le sublime8 ,il y a des my/res que l'on doit expliqu]1 et qui s'expliqu5t mieux p> une leon de l'cole que p> un disc\rs oratoire4 ,la morale mme de la *aire1 qui compr5d une matire aussi va/e et aussi div]sifie que le sont les moeurs des hommes1 r\le sur les mmes pivots1 retrace les mmes images1 et se prescrit des bornes bi5 plus troites que la satire3 aprs l'invective commune contre les honneurs1 les ri*esses et le plaisir1 il ne re/e plus l'orateur qu' c\rir la f9 de son disc\rs et congdi] l'assemble4 ,si quelquefois on pleure1 si on e/ mu1 aprs avoir fait att5tion au gnie et au c>actre de ceux qui font pleur]1 peut-tre convi5dra-t-on que c'e/ la matire qui se pr*e elle-mme1 et notre intrt le plus capital qui se fait s5tir2 que c'e/ mo9s une vritable loqu5ce que la f]me poitr9e du missionnaire qui n\s branle et qui cause en n\s ces m\vem5ts4 ,enf9 le prdicateur n'e/ po9t s\t5u1 comme l'avocat1 p> des faits t\j\rs n\veaux1 p> de diffr5ts vnem5ts1 p> des av5tures in\es2 il ne s'ex]ce po9t sur les que/ions d\teuses1 il ne fait po9t valoir les viol5tes conjectures et les prsomptions1 t\tes *oses nanmo9s qui lv5t le gnie1 lui donn5t de la =ce et de l't5due1 et qui contraign5t bi5 mo9s l'loqu5ce qu'elles ne la fix5t et ne la dirig5t4 ,il doit au contraire tir] son disc\rs d'une s\rce commune1 et o t\t le monde puise2 et s'il s'c>te de ces lieux communs1 il n'e/ plus populaire1 il e/ ab/rait ou dclamateur1 il ne pr*e plus l'vangile4 ,il n'a beso9 que d'une noble simplicit1 mais il faut l'atte9dre1 tal5t r>e1 et qui passe les =ces du commun des hommes3 ce qu'ils ont de gnie1 d'imag9ation1 d'rudition et de mmoire1 ne leur s]t s\v5t qu' s'en loign]4 ,la fonction de l'avocat e/ pnible1 laborieuse1 et suppose1 dans celui qui l'ex]ce1 un ri*e fonds et de gr&es ress\rces4 ,il n'e/ pas seulem5t *>g1 comme le prdicateur1 d'un c]ta9 nombre d'oraisons composes avec loisir1 rcites de mmoire1 avec autorit1 sans contradicteurs1 et qui1 avec de mdiocres *angem5ts1 lui font honneur plus d'une fois2 il prononce de graves plaidoy]s devant des juges qui peuv5t lui impos] sil5ce1 et contre des adv]saires qui l'int]romp5t2 il doit tre prt sur la rplique2 il p>le en un mme j\r1 dans div]s tribunaux1 de diffr5tes affaires4 ,sa maison n'e/ pas p\r lui un lieu de repos et de retraite1 ni un asile contre les plaideurs2 elle e/ ouv]te t\s ceux qui vi5n5t l'accabl] de leurs que/ions et de leurs d\tes4 ,il ne se met pas au lit1 on ne l'essuie po9t1 on ne lui prp>e po9t des rafra*issem5ts2 il ne se fait po9t dans sa *ambre un conc\rs de monde de t\s les tats et de t\s les sexes1 p\r le flicit] sur l'agrm5t et sur la politesse de son langage1 lui remettre l'esprit sur un endroit o il a c\ru risque de demeur] c\rt1 ou sur un scrupule qu'il a sur le *evet d'avoir plaid mo9s vivem5t qu' l'ord9aire4 ,il se dlasse d'un long disc\rs p> de plus longs crits1 il ne fait que *ang] de travaux et de fatigues3 j'ose dire qu'il e/ dans son g5re ce qu'tai5t dans le leur les premi]s hommes apo/oliques4 ,qu& on a a9si di/+u l'loqu5ce du b>reau de la fonction de l'avocat1 et l'loqu5ce de la *aire du m9i/re du prdicateur1 on croit voir qu'il e/ plus ais de pr*] que de plaid]1 et plus difficile de bi5 pr*] que de bi5 plaid]4 #bg 7,,vii7 ,quel avantage n'a pas un disc\rs prononc sur un ouvrage qui e/ crit6 ,les hommes sont les dupes de l'action et de la p>ole1 comme de t\t l'app>eil de l'auditoire4 ,p\r peu de prv5tion qu'ils ai5t en faveur de celui qui p>le1 ils l'admir5t1 et *]*5t ensuite le compr5dre3 avant qu'il ait comm5c1 ils s'cri5t qu'il va bi5 faire2 ils s'endorm5t bi5tt1 et le disc\rs f9i1 ils se rveill5t p\r dire qu'il a bi5 fait4 ,on se passionne mo9s p\r un auteur3 son ouvrage e/ lu dans le loisir de la campagne1 ou dans le sil5ce du cab9et2 il n'y a po9t de r5dez-v\s publics p\r lui applaudir1 encore mo9s de cabale p\r lui sacrifi] t\s ses rivaux1 et p\r l'lev] la prlature4 ,on lit son livre1 quelque excell5t qu'il soit1 dans l'esprit de le tr\v] mdiocre2 on le feuillette1 on le discute1 on le confronte2 ce ne sont pas des sons qui se p]d5t en l'air et qui s'oubli5t2 ce qui e/ imprim demeure imprim4 ,on l'att5d quelquefois plusieurs j\rs avant l'impression p\r le dcri]1 et le plaisir le plus dlicat que l'on en tire vi5t de la critique qu'on en fait2 on e/ piqu d'y tr\v] *aque page des traits qui doiv5t plaire1 on va mme s\v5t jusqu' apprh5d] d'en tre div]ti1 et on ne quitte ce livre que p>ce qu'il e/ bon4 ,t\t le monde ne se donne pas p\r orateur3 les phrases1 les figures1 le don de la mmoire1 la robe ou l'engagem5t de celui qui pr*e1 ne sont pas des *oses qu'on ose ou qu'on veuille t\j\rs s'appropri]4 ,*acun au contraire croit p5s] bi51 et crire encore mieux ce qu'il a p5s2 il en e/ mo9s favorable celui qui p5se et qui crit aussi bi5 que lui4 ,en un mot le s]monneur e/ plus tt vque que le plus solide criva9 n'e/ revtu d'un prieur simple2 et dans la di/ribution des grces1 de n\velles sont accordes celui-l1 p5dant que l'auteur grave se ti5t heureux d'avoir ses re/es4 #bh 7,,viii7 ,s'il arrive que les m*ants v\s hass5t et v\s p]scut5t1 les g5s de bi5 v\s conseill5t de v\s humili] devant ,dieu1 p\r v\s mettre en g>de contre la vanit qui p\rrait v\s v5ir de dplaire des g5s de ce c>actre2 de mme si c]ta9s hommes1 sujets se rcri] sur le mdiocre1 dsappr\v5t un ouvrage que v\s aurez crit1 ou un disc\rs que v\s v5ez de prononc] en public1 soit au b>reau1 soit dans la *aire1 ou ailleurs1 humiliez-v\s3 on ne peut gure tre expos une t5tation d'orgueil plus dlicate et plus pro*a9e4 #bi 7,,iv7 ,il me semble qu'un prdicateur devrait faire *oix dans *aque disc\rs d'une vrit unique1 mais capitale1 t]rible ou in/ructive1 la mani] fond et l'puis]2 ab&onn] t\tes ces divisions si re*]*es1 si ret\rnes1 si remanies et si diffr5cies2 ne po9t suppos] ce qui e/ faux1 je veux dire que le gr& ou le beau monde sait sa religion et ses devoirs2 et ne pas apprh5d] de faire1 ou ces bonnes ttes ou ces esprits si raff9s1 des cat*ismes2 ce temps si long que l'on use compos] un long ouvrage1 l'employ] se r5dre si matre de sa matire1 que le t\r et les expressions naiss5t dans l'action1 et c\l5t de s\rce2 se livr]1 aprs une c]ta9e prp>ation1 son gnie et au m\vem5t qu'un gr& sujet peut inspir]3 qu'il p\rrait enf9 s'p>gn] ces prodigieux ef=ts de mmoire qui ressembl5t mieux une gageure qu' une affaire srieuse1 qui corromp5t le ge/e et dfigur5t le visage2 jet] au contraire1 p> un bel en?\siasme1 la p]suasion dans les esprits et l'al>me dans le coeur1 et t\*] ses auditeurs d'une t\t autre cra9te que de celle de le voir demeur] c\rt4 #cj 7,,iv7 ,que celui qui n'e/ pas encore assez p>fait p\r s'oubli] soi-mme dans le m9i/re de la p>ole sa9te ne se dc\rage po9t p> les rgles au/res qu'on lui prescrit1 comme si elles lui tai5t les moy5s de faire montre de son esprit1 et de mont] aux dignits o il aspire3 quel plus beau tal5t que celui de pr*] apo/oliquem5t8 et quel autre mrite mieux un v*8 ,fnelon en tait-il indigne8 aurait-il pu *app] au *oix du ,pr9ce que p> un autre *oix8 ,des esprits =ts #a 7,i7 ,les esprits =ts sav5t-ils qu'on les appelle a9si p> ironie8 ,quelle plus gr&e faiblesse que d'tre inc]ta9s quel e/ le pr9cipe de son tre1 de sa vie1 de ses s5s1 de ses connaissances1 et quelle en doit tre la f98 ,quel dc\ragem5t plus gr& que de d\t] si son me n'e/ po9t matire comme la pi]re et le reptile1 et si elle n'e/ po9t corruptible comme ces viles cratures8 ,n'y a-t-il pas plus de =ce et de gr&eur recevoir dans notre esprit l'ide d'un tre suprieur t\s les tres1 qui les a t\s faits1 et qui t\s se doiv5t rapport]2 d'un tre s\v]a9em5t p>fait1 qui e/ pur1 qui n'a po9t comm5c et qui ne peut f9ir1 dont notre me e/ l'image1 et si j'ose dire1 une portion1 comme esprit et comme immortelle8 #b 7,,vi7 ,le docile et le faible sont susceptibles d'impressions3 l'un en reoit de bonnes1 l'autre de mauvaises2 c'e/--dire que le premi] e/ p]suad et fidle1 et que le second e/ entt et corrompu4 ,a9si l'esprit docile admet la vraie religion2 et l'esprit faible1 ou n'en admet aucune1 ou en admet une fausse4 ,or l'esprit =t ou n'a po9t de religion1 ou se fait une religion2 donc l'esprit =t1 c'e/ l'esprit faible4 #c 7,v7 ,j'appelle monda9s1 t]re/res ou grossi]s ceux dont l'esprit et le coeur sont atta*s une petite portion de ce monde qu'ils habit5t1 qui e/ la t]re2 qui n'e/im5t ri51 qui n'aim5t ri5 au del3 g5s aussi limits que ce qu'ils appell5t leurs possessions ou leur doma9e1 que l'on mesure1 dont on compte les arp5ts1 et dont on montre les bornes4 ,je ne m'tonne pas que des hommes qui s'appui5t sur un atome *ancell5t dans les mo9dres ef=ts qu'ils font p\r sond] la vrit1 si avec des vues si c\rtes ils ne p]c5t po9t trav]s le ciel et les a/res1 jusques ,dieu mme2 si1 ne s'ap]cevant po9t ou de l'excell5ce de ce qui e/ esprit1 ou de la dignit de l'me1 ils ress5t5t encore mo9s combi5 elle e/ difficile ass\vir1 combi5 la t]re entire e/ au-dess\s d'elle1 de quelle ncessit lui devi5t un tre s\v]a9em5t p>fait1 qui e/ ,dieu1 et quel beso9 indisp5sable elle a d'une religion qui le lui indique1 et qui lui en e/ une caution sre4 ,je compr5ds au contraire =t aism5t qu'il e/ naturel de tels esprits de tomb] dans l'incrdulit ou l'indiffr5ce1 et de faire s]vir ,dieu et la religion la politique1 c'e/--dire l'ordre et la dcoration de ce monde1 la seule *ose selon eux qui mrite qu'on y p5se4 #d 7,v7 ,quelques-uns a*v5t de se corrompre p> de longs voyages1 et p]d5t le peu de religion qui leur re/ait4 ,ils voi5t de j\r autre un n\veau culte1 div]ses moeurs1 div]ses crmonies2 ils ressembl5t ceux qui entr5t dans les magas9s1 indt]m9s sur le *oix des t(fes qu'ils veul5t a*et]3 le gr& nombre de celles qu'on leur montre les r5d plus indiffr5ts2 elles ont *acune leur agrm5t et leur bi5sance3 ils ne se fix5t po9t1 ils sort5t sans emplette4 #e 7,v7 ,il y a des hommes qui att5d5t tre dvots et religieux que t\t le monde se dcl>e impie et lib]t93 ce s]a alors le p>ti du vulgaire1 ils sauront s'en dgag]4 ,la s+ul>it leur plat dans une matire si srieuse et si pr(onde2 ils ne suiv5t la mode et le tra9 commun que dans les *oses de ri5 et de nulle suite4 ,qui sait mme s'ils n'ont pas dj mis une sorte de brav\re et d'intrpidit c\rir t\t le risque de l'av5ir8 ,il ne faut pas d'ailleurs que dans une c]ta9e condition1 avec une c]ta9e t5due d'esprit et de c]ta9es vues1 l'on songe croire comme les savants et le peuple4 #f 7,i7 ,l'on d\te de ,dieu dans une ple9e sant1 comme l'on d\te que ce soit p*] que d'avoir un comm]ce avec une p]sonne libre4 ,qu& l'on devi5t malade1 et que l'hydropisie e/ =me1 l'on quitte sa concub9e1 et l'on croit en ,dieu4 #g 7,i7 ,il faudrait s'pr\v] et s'exam9] trs srieusem5t1 avant que de se dcl>] esprit =t ou lib]t91 af9 au mo9s1 et selon ses pr9cipes1 de f9ir comme l'on a vcu2 ou si l'on ne se s5t pas la =ce d'all] si lo91 se rs\dre de vivre comme l'on veut m\rir4 #h 7,i7 ,t\te plaisant]ie dans un homme m\rant e/ hors de sa place3 si elle r\le sur de c]ta9s *apitres1 elle e/ fune/e4 ,c'e/ une extrme misre que de donn] ses dp5s ceux que l'on laisse le plaisir d'un bon mot4 7,,vi7 ,dans quelque prv5tion o l'on puisse tre sur ce qui doit suivre la mort1 c'e/ une *ose bi5 srieuse que de m\rir3 ce n'e/ po9t alors le bad9age qui si$ bi51 mais la con/ance4 #i 7,i7 ,il y a eu de t\t temps de ces g5s d'un bel esprit et d'une agrable littrature1 esclaves des gr&s1 dont ils ont p\s le lib]t9age et port le j\g t\te leur vie1 contre leurs propres lumires et contre leur consci5ce4 ,ces hommes n'ont jamais vcu que p\r d'autres hommes1 et ils sembl5t les avoir reg>ds comme leur d]nire f94 ,ils ont eu honte de se sauv] leurs yeux1 de p>atre tels qu'ils tai5t peut-tre dans le coeur1 et ils se sont p]dus p> dfr5ce ou p> faiblesse4 ,y a-t-il donc sur la t]re des gr&s assez gr&s1 et des puissants assez puissants1 p\r mrit] de n\s que n\s croyions et que n\s vivions leur gr1 selon leur gt et leurs caprices1 et que n\s p\ssions la complaisance plus lo91 en m\rant non de la manire qui e/ la plus sre p\r n\s1 mais de celle qui leur plat davantage8 #aj 7,i7 ,j'exig]ais de ceux qui vont contre le tra9 commun et les gr&es rgles qu'il suss5t plus que les autres1 qu'ils euss5t des raisons claires1 et de ces argum5ts qui emport5t conviction4 #aa 7,i7 ,je v\drais voir un homme sobre1 modr1 *a/e1 quitable1 prononc] qu'il n'y a po9t de ,dieu3 il p>l]ait du mo9s sans intrt2 mais cet homme ne se tr\ve po9t4 #ab 7,i7 ,j'aurais une extrme curiosit de voir celui qui s]ait p]suad que ,dieu n'e/ po9t3 il me dirait du mo9s la raison inv9cible qui a su le conva9cre4 #ac 7,i7 ,l'impossibilit o je suis de pr\v] que ,dieu n'e/ pas me dc\vre son exi/5ce4 #ad 7,,iv7 ,dieu condamne et punit ceux qui l'(f5s5t1 seul juge en sa propre cause3 ce qui rpugne1 s'il n'e/ lui-mme la ju/ice et la vrit1 c'e/--dire s'il n'e/ ,dieu4 #ae 7,i7 ,je s5s qu'il y a un ,dieu1 et je ne s5s pas qu'il n'y en ait po9t2 cela me suffit1 t\t le raisonnem5t du monde m'e/ inutile3 je conclus que ,dieu exi/e4 ,cette conclusion e/ dans ma nature2 j'en ai reu les pr9cipes trop aism5t dans mon enfance1 et je les ai cons]vs depuis trop naturellem5t dans un ge plus avanc1 p\r les s\ponn] de fausset4--,mais il y a des esprits qui se dfont de ces pr9cipes4-- ,c'e/ une gr&e "q s'il s'en tr\ve de tels2 et qu& il s]ait a9si1 cela pr\ve seulem5t qu'il y a des mon/res4 #af 7,i7 ,l'a?isme n'e/ po9t4 ,les gr&s1 qui en sont le plus s\ponns1 sont trop p>esseux p\r dcid] en leur esprit que ,dieu n'e/ pas2 leur indol5ce va jusqu' les r5dre froids et indiffr5ts sur cet article si capital1 comme sur la nature de leur me1 et sur les consqu5ces d'une vraie religion2 ils ne ni5t ces *oses ni ne les accord5t3 ils n'y p5s5t po9t4 #ag 7,,viii7 ,n\s n'avons pas trop de t\te notre sant1 de t\tes nos =ces et de t\t notre esprit p\r p5s] aux hommes ou au plus petit intrt3 il semble au contraire que la bi5sance et la c\tume exig5t de n\s que n\s ne p5sions ,dieu que dans un tat o il ne re/e en n\s qu'autant de raison qu'il faut p\r ne pas dire qu'il n'y en a plus4 #ah 7,,vii7 ,un gr& croit s'van\ir1 et il meurt2 un autre gr& prit ins5siblem5t1 et p]d *aque j\r quelque *ose de soi-mme avant qu'il soit te9t3 =midables leons1 mais inutiles6 ,des circon/ances si m>ques et si s5siblem5t opposes ne se relv5t po9t et ne t\*5t p]sonne3 les hommes n'y ont pas plus d'att5tion qu' une fleur qui se fane ou une feuille qui tombe2 ils envi5t les places qui demeur5t vacantes1 ou ils s'in=m5t si elles sont remplies1 et p> qui4 #ai 7,i7 ,les hommes sont-ils assez bons1 assez fidles1 assez quitables1 p\r mrit] t\te notre confiance1 et ne n\s pas faire dsir] du mo9s que ,dieu exi/t1 qui n\s pussions appel] de leurs jugem5ts et avoir rec\rs qu& n\s en sommes p]scuts ou trahis8 #bj 7,,iv7 ,si c'e/ le gr& et le sublime de la religion qui bl\it ou qui confond les esprits =ts1 ils ne sont plus des esprits =ts1 mais de faibles gnies et de petits esprits2 et si c'e/ au contraire ce qu'il y a d'humble et de simple qui les rebute1 ils sont la vrit des esprits =ts1 et plus =ts que tant de gr&s hommes si clairs1 si levs1 et nanmo9s si fidles1 que les ,lons1 les ,basiles1 les ,jromes1 les ,augu/9s4 #ba 7,,iv7 ,un ,pre de l'glise1 un docteur de l'glise1 quels noms6 quelle tri/esse dans leurs crits6 quelle s*]esse1 quelle froide dvotion1 et peut-tre quelle scola/ique6 dis5t ceux qui ne les ont jamais lus4 ,mais plutt quel tonnem5t p\r t\s ceux qui se sont fait une ide des ,pres si loigne de la vrit1 s'ils voyai5t dans leurs ouvrages plus de t\r et de dlicatesse1 plus de politesse et d'esprit1 plus de ri*esse d'expression et plus de =ce de raisonnem5t1 des traits plus vifs et des grces plus naturelles que l'on n'en rem>que dans la plup>t des livres de ce temps qui sont lus avec gt1 qui donn5t du nom et de la vanit leurs auteurs6 ,quel plaisir d'aim] la religion1 et de la voir crue1 s\t5ue1 explique p> de si beaux gnies1 et p> de si solides esprits6 surt\t lorsque l'on vi5t connatre que p\r l't5due de connaissance1 p\r la pr(ondeur et la pntration1 p\r les pr9cipes de la pure philosophie1 p\r leur application et leur dveloppem5t1 p\r la ju/esse des conclusions1 p\r la dignit du disc\rs1 p\r la beaut de la morale et des s5tim5ts1 il n'y a ri5 p> exemple que l'on puisse comp>] ,s4 ,augu/91 que ,platon et que ,cicron4 #bb 7,,vii7 ,l'homme e/ n m5teur3 la vrit e/ simple et +nue1 et il veut du spcieux et de l'ornem5t4 ,elle n'e/ pas lui1 elle vi5t du ciel t\te faite1 p\r a9si dire1 et dans t\te sa p]fection2 et l'homme n'aime que son propre ouvrage1 la fiction et la fable4 ,voyez le peuple3 il contr\ve1 il augm5te1 il *>ge p> grossiret et p> sottise2 dem&ez mme au plus honnte homme s'il e/ t\j\rs vrai dans ses disc\rs1 s'il ne se surpr5d pas quelquefois dans des dguisem5ts o engag5t ncessairem5t la vanit et la lgret1 si p\r faire un meilleur conte1 il ne lui *appe pas s\v5t d'aj\t] un fait qu'il rcite une circon/ance qui y manque4 ,une *ose arrive auj\rd'hui1 et presque s\s nos yeux3 c5t p]sonnes qui l'ont vue la racont5t en c5t faons diffr5tes2 celui-ci1 s'il e/ c\t1 la dira encore d'une manire qui n'a pas t dite4 ,quelle crance donc p\rrais-je donn] des faits qui sont anci5s et loigns de n\s p> plusieurs sicles8 quel fondem5t dois-je faire sur les plus graves hi/ori5s8 que devi5t l'hi/oire8 ,cs> a-t-il t massacr au milieu du snat8 y a-t-il eu un ,cs>8 ,quelle consqu5ce6 me dites-v\s2 quels d\tes6 quelle dem&e6 ,v\s riez1 v\s ne me jugez pas digne d'aucune rponse2 et je crois mme que v\s avez raison4 ,je suppose nanmo9s que le livre qui fait m5tion de ,cs> ne soit pas un livre pr(ane1 crit de la ma9 des hommes1 qui sont m5teurs1 tr\v p> has>d dans les biblio?ques p>mi d'autres manuscrits qui conti5n5t des hi/oires vraies ou apocryphes2 qu'au contraire il soit inspir1 sa9t1 div92 qu'il porte en soi ces c>actres2 qu'il se tr\ve depuis prs de deux mille ans dans une socit nombreuse qui n'a pas p]mis qu'on y ait fait p5dant t\t ce temps la mo9dre altration1 et qui s'e/ fait une religion de le cons]v] dans t\te son intgrit2 qu'il y ait mme un engagem5t religieux et indisp5sable d'avoir de la foi p\r t\s les faits cont5us dans ce volume o il e/ p>l de ,cs> et de sa dictature3 av\ez-le1 ,lucile1 v\s d\t]ez alors qu'il y ait eu un ,cs>4 #bc 7,,iv7 ,t\te musique n'e/ pas propre l\] ,dieu et tre ent5due dans le sanctuaire2 t\te philosophie ne p>le pas dignem5t de ,dieu1 de sa puissance1 des pr9cipes de ses oprations et de ses my/res3 plus cette philosophie e/ subtile et idale1 plus elle e/ va9e et inutile p\r expliqu] des *oses qui ne dem&5t des hommes qu'un s5s droit p\r tre connues jusques un c]ta9 po9t1 et qui au del sont inexplicables4 ,v\loir r5dre raison de ,dieu1 de ses p]fections1 et si j'ose a9si p>l]1 de ses actions1 c'e/ all] plus lo9 que les anci5s philosophes1 que les ,aptres1 que les premi]s docteurs1 mais ce n'e/ pas r5contr] si ju/e2 c'e/ creus] longtemps et pr(ondm5t1 sans tr\v] les s\rces de la vrit4 ,ds qu'on a ab&onn les t]mes de bont1 de misricorde1 de ju/ice et de t\te-puissance1 qui donn5t de ,dieu de si hautes et de si aimables ides1 quelque gr& ef=t d'imag9ation qu'on puisse faire1 il faut recevoir les expressions s*es1 /riles1 vides de s5s2 admettre les p5ses creuses1 c>tes des notions communes1 ou t\t au plus les subtiles et les +nieuses2 et mesure que l'on acqui]t d'ouv]ture dans une n\velle mtaphysique1 p]dre un peu de sa religion4 #bd 7,,iv7 ,jusques o les hommes ne se port5t-ils po9t p> l'intrt de la religion1 dont ils sont si peu p]suads1 et qu'ils pratiqu5t si mal6 #be 7,,iv7 ,cette mme religion que les hommes df5d5t avec *aleur et avec zle contre ceux qui en ont une t\te contraire1 ils l'altr5t eux-mmes dans leur esprit p> des s5tim5ts p>ticuli]s3 ils y aj\t5t et ils en retran*5t mille *oses s\v5t ess5tielles1 selon ce qui leur convi5t1 et ils demeur5t f]mes et 9branlables dans cette =me qu'ils lui ont donne4 ,a9si1 p>l] populairem5t1 on peut dire d'une seule nation qu'elle vit s\s un mme culte1 et qu'elle n'a qu'une seule religion2 mais1 p>l] exactem5t1 il e/ vrai qu'elle en a plusieurs1 et que *acun presque y a la si5ne4 #bf 7,,viii7 ,deux sortes de g5s fleuriss5t dans les c\rs1 et y dom95t dans div]s temps1 les lib]t9s et les hypocrites3 ceux-l gaiem5t1 ouv]tem5t1 sans art et sans dissimulation2 ceux-ci f9em5t1 p> des artifices1 p> la cabale4 ,c5t fois plus pris de la =tune que les premi]s1 ils en sont jal\x jusqu' l'excs2 ils veul5t la g\v]n]1 la possd] seuls1 la p>tag] entre eux et en exclure t\t autre2 dignits1 *>ges1 po/es1 bnfices1 p5sions1 honneurs1 t\t leur convi5t et ne convi5t qu' eux2 le re/e des hommes en e/ indigne2 ils ne compr5n5t po9t que sans leur atta*e on ait l'impud5ce de les espr]4 ,une tr\pe de masques entre dans un bal3 ont-ils la ma91 ils dans5t1 ils se font dans] les uns les autres1 ils dans5t encore1 ils dans5t t\j\rs2 ils ne r5d5t la ma9 p]sonne de l'assemble1 quelque digne qu'elle soit de leur att5tion3 on languit1 on s*e de les voir dans] et de ne dans] po9t3 quelques-uns murmur5t2 les plus sages pr5n5t leur p>ti et s'en vont4 #bg 7,,viii7 ,il y a deux espces de lib]t9s3 les lib]t9s1 ceux du mo9s qui croi5t l'tre1 et les hypocrites ou faux dvots1 c'e/--dire ceux qui ne veul5t pas tre crus lib]t9s3 les d]ni]s dans ce g5re-l sont les meilleurs4 ,le faux dvot ou ne croit pas en ,dieu1 ou se moque de ,dieu2 p>lons de lui obligeamm5t3 il ne croit pas en ,dieu4 #bh 7,,iv7 ,si t\te religion e/ une cra9te respectueuse de la ,div9it1 que p5s] de ceux qui os5t la bless] dans sa plus vive image1 qui e/ le ,pr9ce8 #bi 7,i7 ,si l'on n\s assurait que le motif secret de l'ambassade des ,siamois a t d'excit] le ,roi ,trs-,*rti5 r5onc] au *ri/ianisme1 p]mettre l'entre de son royaume aux ,talapo9s1 qui euss5t pntr dans nos maisons p\r p]suad] leur religion nos femmes1 nos enfants et n\s-mmes p> leurs livres et p> leurs entreti5s1 qui euss5t lev des pagodes au milieu des villes1 o ils euss5t plac des figures de mtal p\r tre adores1 avec quelles rises et quel trange mpris n'ent5drions-n\s pas des *oses si extravagantes6 ,n\s faisons cep5dant six mille lieues de m] p\r la conv]sion des ,indes1 des royaumes de ,siam1 de la ,*9e et du ,japon1 c'e/--dire p\r faire trs srieusem5t t\s ces peuples des propositions qui doiv5t leur p>atre trs folles et trs ridicules4 ,ils support5t nanmo9s nos religieux et nos prtres2 ils les c\t5t quelquefois1 leur laiss5t btir leurs glises et faire leurs missions4 ,qui fait cela en eux et en n\s8 ne s]ait-ce po9t la =ce de la vrit8 #cj 7,v7 ,il ne convi5t pas t\te sorte de p]sonnes de lev] l't5d>d d'aumni]1 et d'avoir t\s les pauvres d'une ville assembls sa porte1 qui y reoiv5t leurs portions4 ,qui ne sait pas au contraire des misres plus secrtes qu'il peut entrepr5dre de s\lag]1 ou immdiatem5t et p> ses sec\rs1 ou du mo9s p> sa mdiation6 ,de mme il n'e/ pas donn t\s de mont] en *aire et d'y di/ribu]1 en missionnaire ou en cat*i/e1 la p>ole sa9te2 mais qui n'a pas quelquefois s\s sa ma9 un lib]t9 rduire1 et ram5] p> de d\ces et ins9uantes conv]sations la docilit8 ,qu& on ne s]ait p5dant sa vie que l'aptre d'un seul homme1 ce ne s]ait pas tre en va9 sur la t]re1 ni lui tre un f>deau inutile4 #ca 7,i7 ,il y a deux mondes3 l'un o l'on sj\rne peu1 et dont l'on doit sortir p\r n'y plus r5tr]2 l'autre o l'on doit bi5tt entr] p\r n'en jamais sortir4 ,la faveur1 l'autorit1 les amis1 la haute rputation1 les gr&s bi5s s]v5t p\r le premi] monde2 le mpris de t\tes ces *oses s]t p\r le second4 ,il s'agit de *oisir4 #cb 7,i7 ,qui a vcu un seul j\r a vcu un sicle3 mme soleil1 mme t]re1 mme monde1 mmes s5sations2 ri5 ne ressemble mieux auj\rd'hui que dema94 ,il y aurait quelque curiosit m\rir1 c'e/--dire n'tre plus un corps1 mais tre seulem5t esprit3 l'homme cep5dant1 impati5t de la n\veaut1 n'e/ po9t curieux sur ce seul article2 n inquiet et qui s'ennuie de t\t1 il ne s'ennuie po9t de vivre2 il cons5tirait peut-tre vivre t\j\rs4 ,ce qu'il voit de la mort le frappe plus violemm5t que ce qu'il en sait3 la maladie1 la d\leur1 le cadavre le dgt5t de la connaissance d'un autre monde4 ,il faut t\t le srieux de la religion p\r le rduire4 #cc 7,i7 ,si ,dieu avait donn le *oix ou de m\rir ou de t\j\rs vivre1 aprs avoir mdit pr(ondm5t ce que c'e/ que de ne voir nulle f9 la pauvret1 la dp5dance1 l'ennui1 la maladie1 ou de n'essay] des ri*esses1 de la gr&eur1 des plaisirs et de la sant1 que p\r les voir *ang] inviolablem5t et p> la rvolution des temps en leurs contraires et tre a9si le j\et des bi5s et des maux1 l'on ne saurait gure quoi se rs\dre4 ,la nature n\s fixe et n\s te l'emb>ras de *oisir2 et la mort qu'elle n\s r5d ncessaire e/ encore ad\cie p> la religion4 #cd 7,v7 ,si ma religion tait fausse1 je l'av\e1 voil le pige le mieux dress qu'il soit possible d'imag9]3 il tait 9vitable de ne pas donn] t\t au trav]s1 et de n'y tre pas pris4 ,quelle maje/1 quel clat des my/res6 quelle suite et quel en*anem5t de t\te la doctr9e6 quelle raison m95te6 quelle c&eur1 quelle innoc5ce de v]tus6 quelle =ce inv9cible et accablante des tmoignages r5dus successivem5t et p5dant trois sicles enti]s p> des millions de p]sonnes les plus sages1 les plus modres qui fuss5t alors sur la t]re1 et que le s5tim5t d'une mme vrit s\ti5t dans l'exil1 dans les f]s1 contre la vue de la mort et du d]ni] supplice6 ,pr5ez l'hi/oire1 ouvrez1 remontez jusques au comm5cem5t du monde1 jusques la veille de sa naissance3 y a-t-il eu ri5 de semblable dans t\s les temps8 ,dieu mme p\vait-il jamais mieux r5contr] p\r me sduire8 ,p> o *app]8 o all]1 o me jet]1 je ne dis pas p\r tr\v] ri5 de meilleur1 mais quelque *ose qui en appro*e8 ,s'il faut prir1 c'e/ p> l que je veux prir3 il m'e/ plus d\x de ni] ,dieu que de l'accord] avec une tromp]ie si spcieuse et si entire4 ,mais je l'ai appr(ondi1 je ne puis tre a?e2 je suis donc ram5 et entran dans ma religion2 c'en e/ fait4 #ce 7,i7 ,la religion e/ vraie1 ou elle e/ fausse3 si elle n'e/ qu'une va9e fiction1 voil1 si l'on veut1 soixante annes p]dues p\r l'homme de bi51 p\r le *>treux ou le solitaire3 ils ne c\r5t pas un autre risque4 ,mais si elle e/ fonde sur la vrit mme1 c'e/ alors un p\vantable malheur p\r l'homme vicieux3 l'ide seule des maux qu'il se prp>e me tr\ble l'imag9ation2 la p5se e/ trop faible p\r les concevoir1 et les p>oles trop va9es p\r les exprim]4 ,c]tes1 en supposant mme dans le monde mo9s de c]titude qu'il ne s'en tr\ve en effet sur la vrit de la religion1 il n'y a po9t p\r l'homme un meilleur p>ti que la v]tu4 #cf 7,i7 ,je ne sais si ceux qui os5t ni] ,dieu mrit5t qu'on s'ef=ce de le leur pr\v]1 et qu'on les traite plus srieusem5t que l'on n'a fait dans ce *apitre3 l'ignorance1 qui e/ leur c>actre1 les r5d incapables des pr9cipes les plus clairs et des raisonnem5ts les mieux suivis4 ,je cons5s nanmo9s qu'ils lis5t celui que je vais faire1 p\rvu qu'ils ne se p]suad5t pas que c'e/ t\t ce que l'on p\vait dire sur une vrit si clatante4 ,il y a qu>ante ans que je n'tais po9t1 et qu'il n'tait pas en moi de p\voir jamais tre1 comme il ne dp5d pas de moi1 qui suis une fois1 de n'tre plus2 j'ai donc comm5c1 et je cont9ue d'tre p> quelque *ose qui e/ hors de moi1 qui dur]a aprs moi1 qui e/ meilleur et plus puissant que moi3 si ce quelque *ose n'e/ pas ,dieu1 qu'on me dise ce que c'e/4 ,peut-tre que moi qui exi/e n'exi/e a9si que p> la =ce d'une nature univ]selle1 qui a t\j\rs t telle que n\s la voyons1 en remontant jusques l'inf9it des temps4 ,mais cette nature1 ou elle e/ seulem5t esprit2 et c'e/ ,dieu2 ou elle e/ matire1 et ne peut p> consqu5t avoir cr mon esprit2 ou elle e/ un compos de matire et d'esprit1 et alors ce qui e/ esprit dans la nature1 je l'appelle ,dieu4 ,peut-tre aussi que ce que j'appelle mon esprit n'e/ qu'une portion de matire qui exi/e p> la =ce d'une nature univ]selle qui e/ aussi matire1 qui a t\j\rs t1 et qui s]a t\j\rs telle que n\s la voyons1 et qui n'e/ po9t ,dieu4 ,mais du mo9s faut-il m'accord] que ce que j'appelle mon esprit1 quelque *ose que ce puisse tre1 e/ une *ose qui p5se1 et que s'il e/ matire1 il e/ ncessairem5t une matire qui p5se2 c> l'on ne me p]suad]a po9t qu'il n'y ait pas en moi quelque *ose qui p5se p5dant que je fais ce raisonnem5t4 ,or ce quelque *ose qui e/ en moi et qui p5se1 s'il doit son tre et sa cons]vation une nature univ]selle qui a t\j\rs t et qui s]a t\j\rs1 laquelle il reconnaisse comme sa cause1 il faut indisp5sablem5t que ce soit une nature univ]selle ou qui p5se1 ou qui soit plus noble et plus p>faite que ce qui p5se2 et si cette nature a9si faite e/ matire1 l'on doit encore conclure que c'e/ une matire univ]selle qui p5se1 ou qui e/ plus noble et plus p>faite que ce qui p5se4 ,je cont9ue et je dis3 ,cette matire telle qu'elle vi5t d'tre suppose1 si elle n'e/ pas un tre *imrique1 mais rel1 n'e/ pas aussi imp]ceptible t\s les s5s2 et si elle ne se dc\vre pas p> elle-mme1 on la connat du mo9s dans le div]s arrangem5t de ses p>ties qui con/itue les corps1 et qui en fait la diffr5ce3 elle e/ donc elle-mme t\s ces diffr5ts corps2 et comme elle e/ une matire qui p5se selon la supposition1 ou qui vaut mieux que ce qui p5se1 il s'ensuit qu'elle e/ telle du mo9s selon quelques-uns de ces corps1 et p> suite ncessaire1 selon t\s ces corps1 c'e/--dire qu'elle p5se dans les pi]res1 dans les mtaux1 dans les m]s1 dans la t]re1 dans moi-mme1 qui ne suis qu'un corps1 comme dans t\tes les autres p>ties qui la compos5t4 ,c'e/ donc l'assemblage de ces p>ties si t]re/res1 si grossires1 si corporelles1 qui t\tes ensemble sont la matire univ]selle ou ce monde visible1 que je dois ce quelque *ose qui e/ en moi1 qui p5se1 et que j'appelle mon esprit3 ce qui e/ absurde4 ,si au contraire cette nature univ]selle1 quelque *ose que ce puisse tre1 ne peut pas tre t\s ces corps1 ni aucun de ces corps1 il suit de l qu'elle n'e/ po9t matire1 ni p]ceptible p> aucun des s5s2 si cep5dant elle p5se1 ou si elle e/ plus p>faite que ce qui p5se1 je conclus encore qu'elle e/ esprit1 ou un tre meilleur et plus accompli que ce qui e/ esprit4 ,si d'ailleurs il ne re/e plus ce qui p5se en moi1 et que j'appelle mon esprit1 que cette nature univ]selle laquelle il puisse remont] p\r r5contr] sa premire cause et son unique orig9e1 p>ce qu'il ne tr\ve po9t son pr9cipe en soi1 et qu'il le tr\ve encore mo9s dans la matire1 a9si qu'il a t dmontr1 alors je ne dispute po9t des noms2 mais cette s\rce orig9aire de t\t esprit1 qui e/ esprit elle-mme1 et qui e/ plus excell5te que t\t esprit1 je l'appelle ,dieu4 ,en un mot1 je p5se1 donc ,dieu exi/e2 c> ce qui p5se en moi1 je ne le dois po9t moi-mme1 p>ce qu'il n'a pas plus dp5du de moi de me le donn] une premire fois1 qu'il dp5d encore de moi de me le cons]v] un seul in/ant4 ,je ne le dois po9t un tre qui soit au-dessus de moi1 et qui soit matire1 puisqu'il e/ impossible que la matire soit au-dessus de ce qui p5se3 je le dois donc un tre qui e/ au-dessus de moi et qui n'e/ po9t matire2 et c'e/ ,dieu4 #cg 7,i7 ,de ce qu'une nature univ]selle qui p5se exclut de soi gnralem5t t\t ce qui e/ matire1 il suit ncessairem5t qu'un tre p>ticuli] qui p5se ne peut pas aussi admettre en soi la mo9dre matire2 c> bi5 qu'un tre univ]sel qui p5se r5f]me dans son ide inf9im5t plus de gr&eur1 de puissance1 d'indp5dance et de capacit1 qu'un tre p>ticuli] qui p5se1 il ne r5f]me pas nanmo9s une plus gr&e exclusion de matire1 puisque cette exclusion dans l'un et l'autre de ces deux tres e/ aussi gr&e qu'elle peut tre et comme inf9ie1 et qu'il e/ autant impossible que ce qui p5se en moi soit matire1 qu'il e/ inconcevable que ,dieu soit matire3 a9si1 comme ,dieu e/ esprit1 mon me aussi e/ esprit4 #ch 7,i7 ,je ne sais po9t si le *i5 *oisit1 s'il se ress\vi5t1 s'il affectionne1 s'il cra9t1 s'il imag9e1 s'il p5se3 qu& donc l'on me dit que t\tes ces *oses ne sont en lui ni passions1 ni s5tim5t1 mais l'effet naturel et ncessaire de la disposition de sa ma*9e prp>e p> le div]s arrangem5t des p>ties de la matire1 je puis au mo9s acquiesc] cette doctr9e4 ,mais je p5se1 et je suis c]ta9 que je p5se3 or quelle proportion y a-t-il de tel ou de tel arrangem5t des p>ties de la matire1 c'e/--dire d'une t5due selon t\tes ses dim5sions1 qui e/ longue1 l>ge et pr(onde1 et qui e/ divisible dans t\s ces s5s1 avec ce qui p5se8 #ci 7,i7 ,si t\t e/ matire1 et si la p5se en moi1 comme dans t\s les autres hommes1 n'e/ qu'un effet de l'arrangem5t des p>ties de la matire1 qui a mis dans le monde t\te autre ide que celle des *oses matrielles8 ,la matire a-t-elle dans son fond une ide aussi pure1 aussi simple1 aussi immatrielle qu'e/ celle de l'esprit8 ,comm5t peut-elle tre le pr9cipe de ce qui la nie et l'exclut de son propre tre8 ,comm5t e/-elle dans l'homme ce qui p5se1 c'e/--dire ce qui e/ l'homme mme une conviction qu'il n'e/ po9t matire8 #dj 7,i7 ,il y a des tres qui dur5t peu1 p>ce qu'ils sont composs de *oses trs diffr5tes et qui se nuis5t rciproquem5t4 ,il y en a d'autres qui dur5t davantage1 p>ce qu'ils sont plus simples2 mais ils priss5t p>ce qu'ils ne laiss5t pas d'avoir des p>ties selon lesquelles ils peuv5t tre diviss4 ,ce qui p5se en moi doit dur] beauc\p1 p>ce que c'e/ un tre pur1 exempt de t\t mlange et de t\te composition2 et il n'y a pas de raison qu'il doive prir1 c> qui peut corrompre ou sp>] un tre simple et qui n'a po9t de p>ties8 #da 7,i7 ,l'me voit la c\leur p> l'organe de l'oeil1 et ent5d les sons p> l'organe de l'oreille2 mais elle peut cess] de voir ou d'ent5dre1 qu& ces s5s ou ces objets lui manqu5t1 sans que p\r cela elle cesse d'tre1 p>ce que l'me n'e/ po9t prcism5t ce qui voit la c\leur1 ou ce qui ent5d les sons3 elle n'e/ que ce qui p5se4 ,or comm5t peut-elle cess] d'tre telle8 ,ce n'e/ po9t p> le dfaut d'organe1 puisqu'il e/ pr\v qu'elle n'e/ po9t matire2 ni p> le dfaut d'objet1 tant qu'il y aura un ,dieu et d't]nelles vrits3 elle e/ donc incorruptible4 #db 7,i7 ,je ne conois po9t qu'une me que ,dieu a v\lu remplir de l'ide de son tre inf9i1 et s\v]a9em5t p>fait1 doive tre anantie4 #dc 7,,vii7 ,voyez1 ,lucile1 ce morceau de t]re1 plus propre et plus orn que les autres t]res qui lui sont contigus3 ici ce sont des comp>tim5ts mls d'eaux plates et d'eaux jaillissantes2 l des alles en palissade qui n'ont pas de f91 et qui v\s c\vr5t des v5ts du nord2 d'un ct c'e/ un bois pais qui df5d de t\s les soleils1 et d'un autre un beau po9t de vue4 ,plus bas1 une ,yvette ou un ,lignon1 qui c\lait obscurm5t entre les saules et les peupli]s1 e/ dev5u un canal qui e/ revtu2 ailleurs de longues et fra*es av5ues se p]d5t dans la campagne1 et annonc5t la maison1 qui e/ ent\re d'eau4 ,v\s rcri]ez-v\s3 ,quel jeu du has>d6 combi5 de belles *oses se sont r5contres ensemble inop9m5t6 ,non sans d\te2 v\s direz au contraire3 ,cela e/ bi5 imag9 et bi5 ordonn2 il rgne ici un bon gt et beauc\p d'intellig5ce4 ,je p>l]ai comme v\s1 et j'aj\t]ai que ce doit tre la demeure de quelqu'un de ces g5s *ez qui un ,nautre va trac] et pr5dre des alignem5ts ds le j\r mme qu'ils sont en place4 ,qu'e/-ce p\rtant que cette pice de t]re a9si dispose1 et o t\t l'art d'un ouvri] habile a t employ p\r l'embellir1 si mme t\te la t]re n'e/ qu'un atome susp5du en l'air1 et si v\s c\tez ce que je vais dire8 ,v\s tes plac1 ,lucile1 quelque "p sur cet atome3 il faut donc que v\s soyez bi5 petit1 c> v\s n'y occupez pas une gr&e place2 cep5dant v\s avez des yeux1 qui sont deux po9ts imp]ceptibles2 ne laissez pas de les ouvrir v]s le ciel3 qu'y ap]cevez-v\s quelquefois8 ,la lune dans son ple98 ,elle e/ belle alors et =t lum9euse1 quoique sa lumire ne soit que la rflexion de celle du soleil2 elle p>at gr&e comme le soleil1 plus gr&e que les autres plantes1 et qu'aucune des toiles2 mais ne v\s laissez pas tromp] p> les dehors4 ,il n'y a ri5 au ciel de si petit que la lune3 sa sup]ficie e/ treize fois plus petite que celle de la t]re1 sa solidit qu>ante-huit fois1 et son diamtre1 de sept c5t c9quante lieues1 n'e/ que le qu>t de celui de la t]re3 aussi e/-il vrai qu'il n'y a que son vois9age qui lui donne une si gr&e app>5ce1 puisqu'elle n'e/ gure plus loigne de n\s que de tr5te fois le diamtre de la t]re1 ou que sa di/ance n'e/ que de c5t mille lieues4 ,elle n'a presque pas mme de *em9 faire en comp>aison du va/e t\r que le soleil fait dans les espaces du ciel2 c> il e/ c]ta9 qu'elle n'a*ve p> j\r que c9q c5t qu>ante mille lieues3 ce n'e/ p> heure que v+t-deux mille c9q c5ts lieues1 et trois c5t soixante et qu9ze lieues dans une m9ute4 ,il faut nanmo9s1 p\r accomplir cette c\rse1 qu'elle aille c9q mille six c5ts fois plus vite qu'un *eval de po/e qui f]ait quatre lieues p> heure1 qu'elle vole quatre-v+ts fois plus lgrem5t que le son1 que le bruit p> exemple du canon et du tonn]re1 qui p>c\rt en une heure deux c5t soixante et dix-sept lieues4 ,mais quelle comp>aison de la lune au soleil p\r la gr&eur1 p\r l'loignem5t1 p\r la c\rse8 ,v\s v]rez qu'il n'y en a aucune4 ,s\v5ez-v\s seulem5t du diamtre de la t]re1 il e/ de trois mille lieues2 celui du soleil e/ c5t fois plus gr&1 il e/ donc de trois c5t mille lieues4 ,si c'e/ l sa l>geur en t\t s5s1 quelle peut tre t\te sa sup]ficie6 quelle sa solidit6 ,compr5ez-v\s bi5 cette t5due1 et qu'un million de t]res comme la ntre ne s]ai5t t\tes ensemble pas plus grosses que le soleil8 ,quel e/ donc1 direz-v\s1 son loignem5t1 si l'on en juge p> son app>5ce8 ,v\s avez raison1 il e/ prodigieux2 il e/ dmontr qu'il ne peut pas y avoir de la t]re au soleil mo9s de dix mille diamtres de la t]re1 autrem5t mo9s de tr5te millions de lieues3 peut-tre y a-t-il quatre fois1 six fois1 dix fois plus lo92 on n'a aucune m?ode p\r dt]m9] cette di/ance4 ,p\r aid] seulem5t votre imag9ation se la reprs5t]1 supposons une meule de m\l9 qui tombe du soleil sur la t]re2 donnons-lui la plus gr&e vitesse qu'elle soit capable d'avoir1 celle mme que n'ont pas les corps tombant de =t haut2 supposons encore qu'elle cons]ve t\j\rs cette mme vitesse1 sans en acqurir et sans en p]dre2 qu'elle p>c\re qu9ze toises p> *aque seconde de temps1 c'e/--dire la moiti de l'lvation des plus hautes t\rs1 et a9si neuf c5ts toises en une m9ute2 passons-lui mille toises en une m9ute1 p\r une plus gr&e facilit2 mille toises font une demi-lieue commune2 a9si en deux m9utes la meule f]a une lieue1 et en une heure elle en f]a tr5te1 et en un j\r elle f]a sept c5t v+t lieues3 or elle a tr5te millions trav]s] avant que d'arriv] t]re2 il lui faudra donc qu>ante-un mille six c5t soixante-six j\rs1 qui sont plus de c5t quatorze annes1 p\r faire ce voyage4 ,ne v\s effrayez pas1 ,lucile1 c\tez-moi3 la di/ance de la t]re ,saturne e/ au mo9s dcuple de celle de la t]re au soleil2 c'e/ v\s dire qu'elle ne peut tre mo9dre que de trois c5ts millions de lieues1 et que cette pi]re emploi]ait plus d'onze c5t qu>ante ans p\r tomb] de ,saturne en t]re4 ,p> cette lvation de ,saturne1 levez v\s-mme1 si v\s le p\vez1 votre imag9ation concevoir quelle doit tre l'imm5sit du *em9 qu'il p>c\rt *aque j\r au-dessus de nos ttes3 le c]cle que ,saturne dcrit a plus de six c5ts millions de lieues de diamtre1 et p> consqu5t plus de dix-huit c5ts millions de lieues de circonfr5ce2 un *eval anglais qui f]ait dix lieues p> heure n'aurait c\rir que v+t mille c9q c5t qu>ante-huit ans p\r faire ce t\r4 ,je n'ai pas t\t dit1 ,lucile1 sur le miracle de ce monde visible1 ou1 comme v\s p>lez quelquefois1 sur les m]veilles du has>d1 que v\s admettez seul p\r la cause premire de t\tes *oses4 ,il e/ encore un ouvri] plus admirable que v\s ne p5sez3 connaissez le has>d1 laissez-v\s in/ruire de t\te la puissance de votre ,dieu4 ,savez-v\s que cette di/ance de tr5te millions de lieues qu'il y a de la t]re au soleil1 et celle de trois c5ts millions de lieues de la t]re ,saturne1 sont si peu de *ose1 comp>es l'loignem5t qu'il y a de la t]re aux toiles1 que ce n'e/ pas mme s'nonc] assez ju/e que de se s]vir1 sur le sujet de ces di/ances1 du t]me de comp>aison8 ,quelle proportion1 la vrit1 de ce qui se mesure1 quelque gr& qu'il puisse tre1 avec ce qui ne se mesure pas8 ,on ne connat po9t la hauteur d'une toile2 elle e/1 si j'ose a9si p>l]1 imm5surable2 il n'y a plus ni angles1 ni s9us1 ni p>allaxes dont on puisse s'aid]4 ,si un homme obs]vait ,p>is une toile fixe1 et qu'un autre la reg>dt du ,japon1 les deux lignes qui p>tirai5t de leurs yeux p\r ab\tir jusqu' cet a/re ne f]ai5t pas un angle1 et se confondrai5t en une seule et mme ligne1 tant la t]re entire n'e/ pas espace p> rapport cet loignem5t4 ,mais les toiles ont cela de commun avec ,saturne et avec le soleil3 il faut dire quelque *ose de plus4 ,si deux obs]vateurs1 l'un sur la t]re et l'autre dans le soleil1 obs]vai5t en mme temps une toile1 les deux rayons visuels de ces deux obs]vateurs ne =m]ai5t po9t d'angle s5sible4 ,p\r concevoir la *ose autrem5t1 si un homme tait situ dans une toile1 notre soleil1 notre t]re1 et les tr5te millions de lieues qui les sp>5t1 lui p>atrai5t un mme po9t3 cela e/ dmontr4 ,on ne sait pas aussi la di/ance d'une toile d'avec une autre toile1 quelques vois9es qu'elles n\s p>aiss5t4 ,les ,pliades se t\*5t presque1 en jug] p> nos yeux3 une toile p>at assise sur l'une de celles qui =m5t la queue de la gr&e ,ourse2 pe9e la vue peut-elle atte9dre disc]n] la p>tie du ciel qui les sp>e1 c'e/ comme une toile qui p>at d\ble4 ,si cep5dant t\t l'art des a/ronomes e/ inutile p\r en m>qu] la di/ance1 que doit-on p5s] de l'loignem5t de deux toiles qui en effet p>aiss5t loignes l'une de l'autre1 et plus =te raison des deux polaires8 ,quelle e/ donc l'imm5sit de la ligne qui passe d'une polaire l'autre8 et que s]a-ce que le c]cle dont cette ligne e/ le diamtre8 ,mais n'e/-ce pas quelque *ose de plus que de sond] les abmes1 que de v\loir imag9] la solidit du globe1 dont ce c]cle n'e/ qu'une section8 ,s]ons-n\s encore surpris que ces mmes toiles1 si dmesures dans leur gr&eur1 ne n\s p>aiss5t nanmo9s que comme des t9celles8 ,n'admir]ons-n\s pas plutt que d'une hauteur si prodigieuse elles puiss5t cons]v] une c]ta9e app>5ce1 et qu'on ne les p]de pas t\tes de vue8 ,il n'e/ pas aussi imag9able combi5 il n\s en *appe4 ,on fixe le nombre des toiles3 oui1 de celles qui sont app>5tes2 le moy5 de compt] celles qu'on n'ap]oit po9t1 celle p> exemple qui compos5t la voie de lait1 cette trace lum9euse qu'on rem>que au ciel dans une nuit s]e9e1 du nord au midi1 et qui p> leur extraord9aire lvation1 ne p\vant p]c] jusqu' nos yeux p\r tre vues *acune en p>ticuli]1 ne font au plus que blan*ir cette r\te des cieux o elles sont places8 ,me voil donc sur la t]re comme sur un gra9 de sable qui ne ti5t ri51 et qui e/ susp5du au milieu des airs3 un nombre presque inf9i de globes de feu1 d'une gr&eur inexprimable et qui confond l'imag9ation1 d'une hauteur qui surpasse nos conceptions1 t\rn5t1 r\l5t aut\r de ce gra9 de sable1 et trav]s5t *aque j\r1 depuis plus de six mille ans1 les va/es et imm5ses espaces des cieux4 ,v\lez-v\s un autre sy/me1 et qui ne dim9ue ri5 du m]veilleux8 ,la t]re elle-mme e/ emporte avec une rapidit inconcevable aut\r du soleil1 le c5tre de l'univ]s4 ,je me les reprs5te t\s ces globes1 ces corps effroyables qui sont en m>*e2 ils ne s'emb>rass5t po9t l'un l'autre1 ils ne se *oqu5t po9t1 ils ne se drang5t po9t3 si le plus petit d'eux t\s v5ait se dm5tir et r5contr] la t]re1 que devi5drait la t]re8 ,t\s au contraire sont en leur place1 demeur5t dans l'ordre qui leur e/ prescrit1 suiv5t la r\te qui leur e/ m>que1 et si paisiblem5t notre g>d que p]sonne n'a l'oreille assez f9e p\r les ent5dre m>*]1 et que le vulgaire ne sait pas s'ils sont au monde4 conomie m]veilleuse du has>d6 l'intellig5ce mme p\rrait-elle mieux russir8 ,une seule *ose1 ,lucile1 me fait de la pe9e3 ces gr&s corps sont si prcis et si con/ants dans leur m>*e1 dans leurs rvolutions et dans t\s leurs rapports1 qu'un petit animal relgu en un co9 de cet espace imm5se qu'on appelle le monde1 aprs les avoir obs]vs1 s'e/ fait une m?ode infaillible de prdire quel po9t de leur c\rse t\s ces a/res se tr\v]ont d'auj\rd'hui en deux1 en quatre1 en v+t mille ans4 ,voil mon scrupule1 ,lucile2 si c'e/ p> has>d qu'ils obs]v5t des rgles si inv>iables1 qu'e/-ce que l'ordre8 qu'e/-ce que la rgle8 ,je v\s dem&]ai mme ce que c'e/ que le has>d3 e/-il corps8 e/-il esprit8 e/-ce un tre di/+u des autres tres1 qui ait son exi/5ce p>ticulire1 qui soit quelque "p8 ou plutt n'e/-ce pas un mode1 ou une faon d'tre8 ,qu& une b\le r5contre une pi]re1 l'on dit3 c'e/ un has>d2 mais e/-ce autre *ose que ces deux corps qui se *oqu5t =tuitem5t8 ,si p> ce has>d ou cette r5contre la b\le ne va plus droit1 mais obliquem5t2 si son m\vem5t n'e/ plus direct1 mais rfl*i2 si elle ne r\le plus sur son axe1 mais qu'elle t\rnoie et qu'elle pir\ette1 conclurai-je que c'e/ p> ce mme has>d qu'en gnral la b\le e/ en m\vem5t8 ne s\ponn]ai-je pas plus volonti]s qu'elle se meut ou de soi-mme1 ou p> l'impulsion du bras qui l'a jete8 ,et p>ce que les r\es d'une p5dule sont dt]m9es l'une p> l'autre un m\vem5t circulaire d'une telle ou telle vitesse1 exam9-je mo9s curieusem5t quelle peut tre la cause de t\s ces m\vem5ts1 s'ils se font d'eux-mmes ou p> la =ce m\vante d'un poids qui les emporte8 ,mais ni ces r\es1 ni cette b\le n'ont pu se donn] le m\vem5t d'eux-mmes1 ou ne l'ont po9t p> leur nature1 s'ils peuv5t le p]dre sans *ang] de nature3 il y a donc app>5ce qu'ils sont mus d'ailleurs1 et p> une puissance qui leur e/ trangre4 ,et les corps cle/es1 s'ils v5ai5t p]dre leur m\vem5t1 *ang]ai5t-ils de nature8 s]ai5t-ils mo9s de corps8 ,je ne me l'imag9e pas a9si2 ils se meuv5t cep5dant1 et ce n'e/ po9t d'eux-mmes et p> leur nature4 ,il faudrait donc *]*]1 ,lucile1 s'il n'y a po9t hors d'eux un pr9cipe qui les fait m\voir2 qui que v\s tr\viez1 je l'appelle ,dieu4 ,si n\s supposions que ces gr&s corps sont sans m\vem5t1 on ne dem&]ait plus1 la vrit1 qui les met en m\vem5t1 mais on s]ait t\j\rs reu dem&] qui a fait ces corps1 comme on peut s'in=m] qui a fait ces r\es ou cette b\le2 et qu& *acun de ces gr&s corps s]ait suppos un amas =tuit d'atomes qui se sont lis et en*ans ensemble p> la figure et la con=mation de leurs p>ties1 je pr5drais un de ces atomes et je dirais3 ,qui a cr cet atome8 ,e/-il matire8 e/-il intellig5ce8 ,a-t-il eu quelque ide de soi-mme1 avant que de se faire soi-mme8 ,il tait donc un mom5t avant que d'tre2 il tait et il n'tait pas t\t la fois2 et s'il e/ auteur de son tre et de sa manire d'tre1 p\rquoi s'e/-il fait corps plutt qu'esprit8 ,bi5 plus1 cet atome n'a-t-il po9t comm5c8 e/-il t]nel8 e/-il inf9i8 ,f]ez-v\s un ,dieu de cet atome8 #dd 7,,vii7 ,le ciron a des yeux1 il se dt\rne la r5contre des objets qui lui p\rrai5t nuire2 qu& on le met sur de l'bne p\r le mieux rem>qu]1 si1 dans le temps qu'il m>*e v]s un ct1 on lui prs5te le mo9dre ftu1 il *ange de r\te3 e/-ce un jeu du has>d que son cri/all91 sa rt9e et son n]f optique8 ,l'on voit dans une g\tte d'eau que le poivre qu'on y a mis tremp] a altre1 un nombre presque innombrable de petits animaux1 dont le microscope n\s fait ap]cevoir la figure1 et qui se meuv5t avec une rapidit incroyable comme autant de mon/res dans une va/e m]2 *acun de ces animaux e/ plus petit mille fois qu'un ciron et nanmo9s c'e/ un corps qui vit1 qui se n\rrit1 qui crot1 qui doit avoir des muscles1 des vaisseaux quival5ts aux ve9es1 aux n]fs1 aux artres1 et un c]veau p\r di/ribu] les esprits animaux4 ,une ta*e de moisissure de la gr&eur d'un gra9 de sable p>at dans le microscope comme un amas de plusieurs plantes trs di/9ctes1 dont les unes ont des fleurs1 les autres des fruits2 il y en a qui n'ont que des b\tons demi ouv]ts2 il y en a quelques-unes qui sont fanes3 de quelle trange petitesse doiv5t tre les rac9es et les filtres qui sp>5t les alim5ts de ces petites plantes6 ,et si l'on vi5t considr] que ces plantes ont leurs gra9es1 a9si que les *nes et les p9s1 et que ces petits animaux dont je vi5s de p>l] se multipli5t p> voie de gnration1 comme les lphants et les bale9es1 o cela ne mne-t-il po9t8 ,qui a su travaill] des ouvrages si dlicats1 si f9s1 qui *app5t la vue des hommes1 et qui ti5n5t de l'inf9i comme les cieux1 bi5 que dans l'autre extrmit8 ,ne s]ait-ce po9t celui qui a fait les cieux1 les a/res1 ces masses normes1 p\vantables p> leur gr&eur1 p> leur lvation1 p> la rapidit et l't5due de leur c\rse1 et qui se j\e de les faire m\voir8 #de 7,,vii7 ,il e/ de fait que l'homme j\it du soleil1 des a/res1 des cieux et de leurs influ5ces1 comme il j\it de l'air qu'il respire1 et de la t]re sur laquelle il m>*e et qui le s\ti5t2 et s'il fallait aj\t] la c]titude d'un fait la conv5ance ou la vraisemblance1 elle y e/ t\t entire1 puisque les cieux et t\t ce qu'ils conti5n5t ne peuv5t pas entr] en comp>aison1 p\r la noblesse et la dignit1 avec le mo9dre des hommes qui sont sur la t]re1 et que la proportion qui se tr\ve entre eux et lui e/ celle de la matire incapable de s5tim5t1 qui e/ seulem5t une t5due selon trois dim5sions1 ce qui e/ esprit1 raison1 ou intellig5ce4 ,si l'on dit que l'homme aurait pu se pass] mo9s p\r sa cons]vation1 je rponds que ,dieu ne p\vait mo9s faire p\r tal] son p\voir1 sa bont et sa magnific5ce1 puisque1 quelque *ose que n\s voyions qu'il ait fait1 il p\vait faire inf9im5t davantage4 ,le monde enti]1 s'il e/ fait p\r l'homme1 e/ littralem5t la mo9dre *ose que ,dieu ait fait p\r l'homme3 la preuve s'en tire du fond de la religion4 ,ce n'e/ donc ni vanit ni prsomption l'homme de se r5dre sur ses avantages la =ce de la vrit2 ce s]ait en lui /upidit et aveuglem5t de ne pas se laiss] conva9cre p> l'en*anem5t des preuves dont la religion se s]t p\r lui faire connatre ses privilges1 ses ress\rces1 ses esprances1 p\r lui appr5dre ce qu'il e/ et ce qu'il peut dev5ir4--,mais la lune e/ habite2 il n'e/ pas du mo9s impossible qu'elle le soit4--,que p>lez-v\s1 ,lucile1 de la lune1 et quel propos8 ,en supposant ,dieu1 quelle e/ en effet la *ose impossible8 ,v\s dem&ez peut-tre si n\s sommes les seuls dans l'univ]s que ,dieu ait si bi5 traits2 s'il n'y a po9t dans la lune ou d'autres hommes1 ou d'autres cratures que ,dieu ait aussi favorises8 ,va9e curiosit6 frivole dem&e6 ,la t]re1 ,lucile1 e/ habite2 n\s l'habitons1 et n\s savons que n\s l'habitons2 n\s avons nos preuves1 notre vid5ce1 nos convictions sur t\t ce que n\s devons p5s] de ,dieu et de n\s-mmes3 que ceux qui peupl5t les globes cle/es1 quels qu'ils puiss5t tre1 s'inquit5t p\r eux-mmes2 ils ont leur so9s1 et n\s les ntres4 ,v\s avez1 ,lucile1 obs]v la lune2 v\s avez reconnu ses ta*es1 ses abmes1 ses 9galits1 sa hauteur1 son t5due1 son c\rs1 ses clipses3 t\s les a/ronomes n'ont pas t plus lo94 ,imag9ez de n\veaux in/rum5ts1 obs]vez-la avec plus d'exactitude3 voyez-v\s qu'elle soit peuple1 et de quels animaux8 ressembl5t-ils aux hommes8 sont-ce des hommes8 ,laissez-moi voir aprs v\s2 et si n\s sommes conva9cus l'un et l'autre que des hommes habit5t la lune1 exam9ons alors s'ils sont *rti5s1 et si ,dieu a p>tag ses faveurs entre eux et n\s4 #df 7,,viii7 ,t\t e/ gr& et admirable dans la nature2 il ne s'y voit ri5 qui ne soit m>qu au co9 de l'ouvri]2 ce qui s'y voit quelquefois d'irrguli] et d'imp>fait suppose rgle et p]fection4 ,homme va9 et prsomptueux6 faites un v]misseau que v\s f\lez aux pi$s1 que v\s mprisez2 v\s avez horreur du crapaud1 faites un crapaud1 s'il e/ possible4 ,quel excell5t matre que celui qui fait des ouvrages1 je ne dis pas que les hommes admir5t1 mais qu'ils craign5t6 ,je ne v\s dem&e pas de v\s mettre votre ateli] p\r faire un homme d'esprit1 un homme bi5 fait1 une belle femme3 l'entreprise e/ =te et au-dessus de v\s2 essayez seulem5t de faire un bossu1 un f\1 un mon/re1 je suis cont5t4 ,rois1 ,mon>ques1 ,pot5tats1 sacres ,maje/s6 v\s ai-je nomms p> t\s vos sup]bes noms8 ,gr&s de la t]re1 trs hauts1 trs puissants1 et peut-tre bi5tt t\t-puissants ,seigneurs6 n\s autres hommes n\s avons beso9 p\r nos moissons d'un peu de pluie1 de quelque *ose de mo9s1 d'un peu de rose3 faites de la rose1 envoyez sur la t]re une g\tte d'eau4 ,l'ordre1 la dcoration1 les effets de la nature sont populaires2 les causes1 les pr9cipes ne le sont po9t4 ,dem&ez une femme comm5t un bel oeil n'a qu' s'ouvrir p\r voir1 dem&ez-le un homme docte4 #dg 7,,vii7 ,plusieurs millions d'annes1 plusieurs c5ta9es de millions d'annes1 en un mot t\s les temps ne sont qu'un in/ant1 comp>s la dure de ,dieu1 qui e/ t]nelle3 t\s les espaces du monde enti] ne sont qu'un po9t1 qu'un lg] atome1 comp>s son imm5sit4 ,s'il e/ a9si1 comme je l'avance1 c> quelle proportion du f9i l'inf9i8 je dem&e3 ,qu'e/-ce que le c\rs de la vie d'un homme8 qu'e/-ce qu'un gra9 de p\ssire qu'on appelle la t]re8 qu'e/-ce qu'une petite portion de cette t]re que l'homme possde et qu'il habite8--,les m*ants prospr5t p5dant qu'ils viv5t4--,quelques m*ants1 je l'av\e4--,la v]tu e/ opprime1 et le crime impuni sur la t]re4--,quelquefois1 j'en convi5s4--,c'e/ une inju/ice4--,po9t du t\t3 il faudrait1 p\r tir] cette conclusion1 avoir pr\v qu'absolum5t les m*ants sont heureux1 que la v]tu ne l'e/ pas1 et que le crime demeure impuni2 il faudrait du mo9s que ce peu de temps o les bons s\ffr5t et o les m*ants prospr5t et une dure1 et que ce que n\s appelons prosprit et =tune ne ft pas une app>5ce fausse et une ombre va9e qui s'van\it2 que cette t]re1 cet atome1 o il p>at que la v]tu et le crime r5contr5t si r>em5t ce qui leur e/ d1 ft le seul endroit de la scne o se doiv5t pass] la punition et les rcomp5ses4 ,de ce que je p5se1 je n'infre pas plus clairem5t que je suis esprit1 que je conclus de ce que je fais1 ou ne fais po9t selon qu'il me plat1 que je suis libre3 or lib]t1 c'e/ *oix1 autrem5t une dt]m9ation volontaire au bi5 ou au mal1 et a9si une action bonne ou mauvaise1 et ce qu'on appelle v]tu ou crime4 ,que le crime absolum5t soit impuni1 il e/ vrai1 c'e/ inju/ice2 qu'il le soit sur la t]re1 c'e/ un my/re4 ,supposons p\rtant avec l'a?e que c'e/ inju/ice3 t\te inju/ice e/ une ngation ou une privation de ju/ice2 donc t\te inju/ice suppose ju/ice4 ,t\te ju/ice e/ une con=mit une s\v]a9e raison3 je dem&e en effet1 qu& il n'a pas t raisonnable que le crime soit puni1 mo9s qu'on ne dise que c'e/ qu& le triangle avait mo9s de trois angles2 or t\te con=mit la raison e/ une vrit2 cette con=mit1 comme il vi5t d'tre dit1 a t\j\rs t2 elle e/ donc de celles que l'on appelle des t]nelles vrits4 ,cette vrit1 d'ailleurs1 ou n'e/ po9t et ne peut tre1 ou elle e/ l'objet d'une connaissance2 elle e/ donc t]nelle1 cette connaissance1 et c'e/ ,dieu4 ,les dn\em5ts qui dc\vr5t les crimes les plus ca*s1 et o la prcaution des c\pables p\r les drob] aux yeux des hommes a t plus gr&e1 p>aiss5t si simples et si faciles qu'il semble qu'il n'y ait que ,dieu seul qui puisse en tre l'auteur2 et les faits d'ailleurs que l'on en rapporte sont en si gr& nombre1 que s'il plat quelques-uns de les attribu] de purs has>ds1 il faut donc qu'ils s\ti5n5t que le has>d1 de t\t temps1 a pass en c\tume4 #dh 7,,vii7 ,si v\s faites cette supposition1 que t\s les hommes qui peupl5t la t]re sans exception soi5t *acun dans l'abondance1 et que ri5 ne leur manque1 j'infre de l que nul homme qui e/ sur la t]re n'e/ dans l'abondance1 et que t\t lui manque4 ,il n'y a que deux sortes de ri*esses1 et auxquelles les autres se rduis5t1 l'arg5t et les t]res3 si t\s sont ri*es1 qui cultiv]a les t]res1 et qui f\ill]a les m9es8 ,ceux qui sont loigns des m9es ne les f\ill]ont pas1 ni ceux qui habit5t des t]res incultes et m9rales ne p\rront pas en tir] des fruits4 ,on aura rec\rs au comm]ce1 et on le suppose2 mais si les hommes abond5t de bi5s1 et que nul ne soit dans le cas de vivre p> son travail1 qui transport]a d'une rgion une autre les l+ots ou les *oses *anges8 qui mettra des vaisseaux en m]8 qui se *>g]a de les conduire8 qui entrepr5dra des c>avanes8 ,on manqu]a alors du ncessaire et des *oses utiles4 ,s'il n'y a plus de beso9s1 il n'y a plus d'arts1 plus de sci5ces1 plus d'inv5tions1 plus de mcanique4 ,d'ailleurs cette galit de possessions et de ri*esses en tablit une autre dans les conditions1 bannit t\te subord9ation1 rduit les hommes se s]vir eux-mmes1 et ne p\voir tre sec\rus les uns des autres1 r5d les lois frivoles et inutiles1 entrane une an>*ie univ]selle1 attire la viol5ce1 les injures1 les massacres1 l'impunit4 ,si v\s supposez au contraire que t\s les hommes sont pauvres1 en va9 le soleil se lve p\r eux sur l'horizon1 en va9 il *auffe la t]re et la r5d fconde1 en va9 le ciel v]se sur elle ses influ5ces1 les fleuves en va9 l'arros5t et rp&5t dans les div]ses contres la f]tilit et l'abondance2 inutilem5t aussi la m] laisse sond] ses abmes pr(onds1 les ro*]s et les montagnes s'ouvr5t p\r laiss] f\ill] dans leur se9 et en tir] t\s les trsors qu'ils y r5f]m5t4 ,mais si v\s tablissez que de t\s les hommes rp&us dans le monde1 les uns soi5t ri*es et les autres pauvres et indig5ts1 v\s faites alors que le beso9 rappro*e mutuellem5t les hommes1 les lie1 les rconcilie3 ceux-ci s]v5t1 obiss5t1 inv5t5t1 travaill5t1 cultiv5t1 p]fectionn5t2 ceux-l j\iss5t1 n\rriss5t1 sec\r5t1 protg5t1 g\v]n5t3 t\t ordre e/ rtabli1 et ,dieu se dc\vre4 #di 7,,vii7 ,mettez l'autorit1 les plaisirs et l'oisivet d'un ct1 la dp5dance1 les so9s et la misre de l'autre3 ou ces *oses sont dplaces p> la malice des hommes1 ou ,dieu n'e/ pas ,dieu4 ,une c]ta9e 9galit dans les conditions1 qui entreti5t l'ordre et la subord9ation1 e/ l'ouvrage de ,dieu1 ou suppose une loi div9e3 une trop gr&e disproportion1 et telle qu'elle se rem>que p>mi les hommes1 e/ leur ouvrage1 ou la loi des plus =ts4 ,les extrmits sont vicieuses1 et p>t5t de l'homme3 t\te comp5sation e/ ju/e1 et vi5t de ,dieu4 #ej 7,i7 ,si on ne gte po9t ces ,c>actres1 je m'en tonne2 et si on les gte1 je m'en tonne de mme4 ,,f9 ,,des ,,c>act,,res ,,disc\rs ,,de ,r,,ception ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,prface ,ceux qui1 int]rogs sur le disc\rs que je fis l',acadmie franaise1 le j\r que j'eus l'honneur d'y tre reu1 ont dit s*em5t que j'avais fait des c>actres1 croyant le blm]1 en ont donn l'ide la plus avantageuse que je p\vais moi-mme dsir]2 c> le public ayant appr\v ce g5re d'crire o je me suis appliqu depuis quelques annes1 c'tait le prv5ir en ma faveur que de faire une telle rponse4 ,il ne re/ait plus que de savoir si je n'aurais pas d r5onc] aux c>actres dans le disc\rs dont il s'agissait2 et cette "q s'van\it ds qu'on sait que l'usage a prvalu qu'un n\vel acadmici5 compose celui qu'il doit prononc]1 le j\r de sa rception1 de l'loge du ,roi1 de ceux du c>d9al de ,ri*elieu1 du *anceli] ,segui]1 de la p]sonne qui il succde1 et de l',acadmie franaise4 ,de ces c9q loges1 il y en a quatre de p]sonnels2 or je dem&e mes c5seurs qu'ils me pos5t si bi5 la diffr5ce qu'il y a des loges p]sonnels aux c>actres qui l\5t1 que je la puisse s5tir1 et av\] ma faute4 ,si1 *>g de faire quelque autre h>angue1 je retombe encore dans des pe9tures1 c'e/ alors qu'on p\rra c\t] leur critique1 et peut-tre me condamn]2 je dis peut-tre1 puisque les c>actres1 ou du mo9s les images des *oses et des p]sonnes1 sont 9vitables dans l'oraison1 que t\t criva9 e/ pe9tre1 et t\t excell5t criva9 excell5t pe9tre4 ,j'av\e que j'ai aj\t ces tableaux1 qui tai5t de comm&e1 les l\anges de *acun des hommes illu/res qui compos5t l',acadmie franaise2 et ils ont d me le p>donn]1 s'ils ont fait att5tion qu'autant p\r mnag] leur pudeur que p\r vit] les c>actres1 je me suis ab/5u de t\*] leurs p]sonnes1 p\r ne p>l] que de leurs ouvrages1 dont j'ai fait des loges publics plus ou mo9s t5dus1 selon que les sujets qu'ils y ont traits p\vai5t l'exig]4--,j'ai l\ des acadmici5s encore vivants1 dis5t quelques-uns4--,il e/ vrai2 mais je les ai l\s t\s3 qui d'entre eux aurait une raison de se pla9dre8-- ,c'e/ une c\tume t\te n\velle1 aj\t5t-ils1 et qui n'avait po9t encore eu d'exemple4--,je veux en conv5ir1 et que j'ai pris so9 de m'c>t] des lieux communs et des phrases prov]biales ues depuis si longtemps1 p\r avoir s]vi un nombre inf9i de p>eils disc\rs depuis la naissance de l',acadmie franaise4 ,m'tait-il donc si difficile de faire entr] ,rome et ,a?nes1 le ,lyce et le ,portique1 dans l'loge de cette savante compagnie8 tre au comble de ses voeux de se voir acadmici52 prote/] que ce j\r o l'on j\it p\r la premire fois d'un si r>e bonheur e/ le j\r le plus beau de sa vie2 d\t] si cet honneur qu'on vi5t de recevoir e/ une *ose vraie ou qu'on ait songe2 espr] de puis] dsormais la s\rce les plus pures eaux de l'loqu5ce franaise2 n'avoir accept1 n'avoir dsir une telle place que p\r pr(it] des lumires de tant de p]sonnes si claires2 promettre que t\t indigne de leur *oix qu'on se reconnat1 on s'ef=c]a de s'en r5dre digne3 c5t autres =mules de p>eils complim5ts sont-elles si r>es et si peu connues que je n'eusse pu les tr\v]1 les plac]1 et en mrit] des applaudissem5ts8 ,p>ce donc que j'ai cru que1 quoi que l'envie et l'inju/ice publi5t de l',acadmie franaise1 quoi qu'elles veuill5t dire de son ge d'or et de sa dcad5ce1 elle n'a jamais1 depuis son tablissem5t1 rassembl un si gr& nombre de p]sonnages illu/res p\r t\tes sortes de tal5ts et en t\t g5re d'rudition1 qu'il e/ facile auj\rd'hui d'y en rem>qu]2 et que dans cette prv5tion o je suis1 je n'ai pas espr que cette ,compagnie pt tre une autre fois plus belle pe9dre1 ni prise dans un j\r plus favorable1 et que je me suis s]vi de l'occasion1 ai-je ri5 fait qui doive m'attir] les mo9dres repro*es8 ,cicron a pu l\] impunm5t ,brutus1 ,cs>1 ,pompe1 ,m>cellus1 qui tai5t vivants1 qui tai5t prs5ts3 il les a l\s plusieurs fois2 il les a l\s seuls dans le snat1 s\v5t en prs5ce de leurs ennemis1 t\j\rs devant une compagnie jal\se de leur mrite1 et qui avait bi5 d'autres dlicatesses de politique sur la v]tu des gr&s hommes que n'en saurait avoir l',acadmie franaise4 ,j'ai l\ les acadmici5s1 je les ai l\s t\s1 et ce n'a pas t impunm5t3 que me s]ait-il arriv si je les avais blms t\s8 ,je vi5s d'ent5dre1 a dit ,?obalde1 une gr&e vila9e h>angue qui m'a fait bill] v+t fois1 et qui m'a ennuy la mort4 ,voil ce qu'il a dit1 et voil ensuite ce qu'il a fait1 lui et peu d'autres qui ont cru devoir entr] dans les mmes intrts4 ,ils p>tir5t p\r la c\r le l5dema9 de la prononciation de ma h>angue2 ils allr5t de maisons en maisons2 ils dir5t aux p]sonnes auprs de qui ils ont accs que je leur avais balbuti la veille un disc\rs o il n'y avait ni /yle ni s5s commun1 qui tait rempli d'extravagances1 et une vraie satire4 ,rev5us ,p>is1 ils se cantonnr5t en div]s qu>ti]s1 o ils rp&ir5t tant de v59 contre moi1 s'a*>nr5t si =t diffam] cette h>angue1 soit dans leurs conv]sations1 soit dans les lettres qu'ils crivir5t leurs amis dans les prov9ces1 en dir5t tant de mal1 et le p]suadr5t si =tem5t qui ne l'avait pas ent5due1 qu'ils crur5t p\voir ins9u] au public1 ou que les ,c>actres faits de la mme ma9 tai5t mauvais1 ou que s'ils tai5t bons1 je n'en tais pas l'auteur1 mais qu'une femme de mes amies m'avait f\rni ce qu'il y avait de plus supportable4 ,ils prononcr5t aussi que je n'tais pas capable de faire ri5 de suivi1 pas mme la mo9dre prface3 tant ils e/imai5t impraticable un homme mme qui e/ dans l'habitude de p5s]1 et d'crire ce qu'il p5se1 l'art de li] ses p5ses et de faire des transitions4 ,ils fir5t plus3 violant les lois de l',acadmie franaise1 qui df5d aux acadmici5s d'crire ou de faire crire contre leurs confrres1 ils l*r5t sur moi deux auteurs associs une mme gazette2 ils les animr5t1 non pas publi] contre moi une satire f9e et +nieuse1 ouvrage trop au-dess\s des uns et des autres1 facile mani]1 et dont les mo9dres esprits se tr\v5t capables1 mais me dire de ces injures grossires et p]sonnelles1 si difficiles r5contr]1 si pnibles prononc] ou crire1 surt\t des g5s qui je veux croire qu'il re/e encore quelque pudeur et quelque so9 de leur rputation4 ,et en vrit je ne d\te po9t que le public ne soit enf9 t\rdi et fatigu d'ent5dre1 depuis quelques annes1 de vieux corbeaux croass] aut\r de ceux qui1 d'un vol libre et d'une plume lgre1 se sont levs quelque gloire p> leurs crits4 ,ces oiseaux lugubres sembl5t1 p> leurs cris cont9uels1 leur v\loir imput] le dcri univ]sel o tombe ncessairem5t t\t ce qu'ils expos5t au gr& j\r de l'impression3 comme si on tait cause qu'ils manqu5t de =ce et d'hale9e1 ou qu'on dt tre responsable de cette mdiocrit rp&ue sur leurs ouvrages4 ,s'il s'imprime un livre de moeurs assez mal digr p\r tomb] de soi-mme et ne pas excit] leur jal\sie1 ils le l\5t volonti]s1 et plus volonti]s encore ils n'en p>l5t po9t2 mais s'il e/ tel que le monde en p>le1 ils l'attaqu5t avec furie4 ,prose1 v]s1 t\t e/ sujet leur c5sure1 t\t e/ en proie une ha9e implacable1 qu'ils ont conue contre ce qui ose p>atre dans quelque p]fection1 et avec les signes d'une approbation publique4 ,on ne sait plus quelle morale leur f\rnir qui leur agre3 il faudra leur r5dre celle de la ,s]re ou de des ,m>ets1 et s'ils en sont crus1 rev5ir au ,pdagogue *rti5 et la ,c\r sa9te4 ,il p>at une n\velle satire crite contre les vices en gnral1 qui1 d'un v]s =t et d'un /yle d'aira91 enfonce ses traits contre l'av>ice1 l'excs du jeu1 la *icane1 la mollesse1 l'ordure et l'hypocrisie1 o p]sonne n'e/ nomm ni dsign1 o nulle femme v]tueuse ne peut ni ne doit se reconnatre2 un ,b\rdal\e en *aire ne fait po9t de pe9tures du crime ni plus vives ni plus innoc5tes3 il n'importe1 c'e/ mdisance1 c'e/ calomnie4 ,voil depuis quelque temps leur unique ton1 celui qu'ils emploi5t contre les ouvrages de moeurs qui russiss5t3 ils y pr5n5t t\t littralem5t1 ils les lis5t comme une hi/oire1 ils n'y ent5d5t ni la posie ni la figure2 a9si ils les condamn5t2 ils y tr\v5t des endroits faibles3 il y en a dans ,homre1 dans ,p9d>e1 dans ,virgile et dans ,horace2 o n'y en a-t-il po9t8 si ce n'e/ peut-tre dans leurs crits4 ,b]n9 n'a pas mani le m>bre ni trait t\tes ses figures d'une gale =ce2 mais on ne laisse pas de voir1 dans ce qu'il a mo9s heureusem5t r5contr1 de c]ta9s traits si a*evs1 t\t pro*e de quelques autres qui le sont mo9s1 qu'ils dc\vr5t aism5t l'excell5ce de l'ouvri]3 si c'e/ un *eval1 les cr9s sont t\rns d'une ma9 h>die1 ils voltig5t et sembl5t tre le j\et du v5t2 l'oeil e/ ard5t1 les naseaux s\ffl5t le feu et la vie2 un ciseau de matre s'y retr\ve en mille endroits2 il n'e/ pas donn ses copi/es ni ses envieux d'arriv] de telles fautes p> leurs *efs-d'oeuvre3 l'on voit bi5 que c'e/ quelque *ose de manqu p> un habile homme1 et une faute de ,praxitle4 ,mais qui sont ceux qui1 si t5dres et si scrupuleux1 ne peuv5t mme support] que1 sans bless] et sans nomm] les vicieux1 on se dcl>e contre le vice8 sont-ce des *>treux et des solitaires8 sont-ce les jsuites1 hommes pieux et clairs8 sont-ce ces hommes religieux qui habit5t en ,france les clotres et les abbayes8 ,t\s au contraire lis5t ces sortes d'ouvrages1 et en p>ticuli]1 et en public1 leurs rcrations2 ils en inspir5t la lecture leurs p5sionnaires1 leurs lves2 ils en dpeupl5t les b\tiques1 ils les cons]v5t dans leurs biblio?ques4 ,n'ont-ils pas les premi]s reconnu le plan et l'conomie du livre des ,c>actres8 ,n'ont-ils pas obs]v que de seize *apitres qui le compos5t1 il y en a qu9ze qui1 s'atta*ant dc\vrir le faux et le ridicule qui se r5contr5t dans les objets des passions et des atta*em5ts huma9s1 ne t5d5t qu' ru9] t\s les ob/acles qui affaibliss5t d'abord1 et qui teign5t ensuite dans t\s les hommes la connaissance de ,dieu2 qu'a9si ils ne sont que des prp>ations au seizime et d]ni] *apitre1 o l'a?isme e/ attaqu1 et peut-tre confondu2 o les preuves de ,dieu1 une p>tie du mo9s de celles que les faibles hommes sont capables de recevoir dans leur esprit1 sont apportes2 o la provid5ce de ,dieu e/ df5due contre l'insulte et les pla9tes des lib]t9s8 ,qui sont donc ceux qui os5t rpt] contre un ouvrage si srieux et si utile ce cont9uel refra93 ,c'e/ mdisance1 c'e/ calomnie8 ,il faut les nomm]3 ce sont des potes2 mais quels potes8 ,des auteurs d'hymnes sacrs ou des traducteurs de psaumes1 des ,godeaux ou des ,corneilles8 ,non1 mais des faiseurs de /ances et d'lgies am\reuses1 de ces beaux esprits qui t\rn5t un sonnet sur une abs5ce ou sur un ret\r1 qui font une pigramme sur une belle gorge1 et un madrigal sur une j\issance4 ,voil ceux qui1 p> dlicatesse de consci5ce1 ne s\ffr5t qu'impatiemm5t qu'en mnageant les p>ticuli]s avec t\tes les prcautions que la prud5ce peut suggr]1 j'essaye1 dans mon livre des ,moeurs1 de dcri]1 s'il e/ possible1 t\s les vices du coeur et de l'esprit1 de r5dre l'homme raisonnable et plus pro*e de dev5ir *rti54 ,tels ont t les ,?obaldes1 ou ceux du mo9s qui travaill5t s\s eux et dans leur ateli]4 ,ils sont encore alls plus lo92 c> palliant d'une politique zle le *agr9 de ne se s5tir pas leur gr si bi5 l\s et si longtemps que *acun des autres acadmici5s1 ils ont os faire des applications dlicates et dang]euses de l'endroit de ma h>angue o1 m'exposant seul pr5dre le p>ti de t\te la littrature contre leurs plus irrconciliables ennemis1 g5s pcunieux1 que l'excs d'arg5t ou qu'une =tune faite p> de c]ta9es voies1 jo9te la faveur des gr&s1 qu'elle leur attire ncessairem5t1 mne jusqu' une froide insol5ce1 je leur fais la vrit t\s une vive apo/rophe1 mais qu'il n'e/ pas p]mis de dt\rn] de dessus eux p\r la rejet] sur un seul1 et sur t\t autre4 ,a9si en us5t mon g>d1 excits peut-tre p> les ,?obaldes1 ceux qui1 se p]suadant qu'un auteur crit seulem5t p\r les amus] p> la satire1 et po9t du t\t p\r les in/ruire p> une sa9e morale1 au lieu de pr5dre p\r eux et de faire s]vir la correction de leurs moeurs les div]s traits qui sont sems dans un ouvrage1 s'appliqu5t dc\vrir1 s'ils le peuv5t1 quels de leurs amis ou de leurs ennemis ces traits peuv5t reg>d]1 nglig5t dans un livre t\t ce qui n'e/ que rem>ques solides ou srieuses rflexions1 quoique en si gr& nombre qu'elles le compos5t presque t\t enti]1 p\r ne s'arrt] qu'aux pe9tures ou aux c>actres2 et aprs les avoir expliqus leur manire et en avoir cru tr\v] les orig9aux1 donn5t au public de longues li/es1 ou1 comme ils les appell5t1 des clefs3 fausses clefs1 et qui leur sont aussi inutiles qu'elles sont injurieuses aux p]sonnes dont les noms s'y voi5t d*iffrs1 et l'criva9 qui en e/ la cause1 quoique innoc5te4 ,j'avais pris la prcaution de prote/] dans une prface contre t\s ces int]prtations1 que quelque connaissance que j'ai des hommes m'avait fait prvoir1 jusqu' hsit] quelque temps si je devais r5dre mon livre public1 et balanc] entre le dsir d'tre utile ma patrie p> mes crits1 et la cra9te de f\rnir quelques-uns de quoi ex]c] leur malignit4 ,mais puisque j'ai eu la faiblesse de publi] ces ,c>actres1 quelle digue lv]ai-je contre ce dluge d'explications qui inonde la ville1 et qui bi5tt va gagn] la c\r8 ,dirai-je srieusem5t1 et prote/]ai-je avec d'horribles s]m5ts1 que je ne suis ni auteur ni complice de ces clefs qui c\r5t2 que je n'en ai donn aucune2 que mes plus famili]s amis sav5t que je les leur ai t\tes refuses2 que les p]sonnes les plus accrdites de la c\r ont dsespr d'avoir mon secret8 ,n'e/-ce pas la mme *ose que si je me t\rm5tais beauc\p s\t5ir que je ne suis pas un malhonnte homme1 un homme sans pudeur1 sans moeurs1 sans consci5ce1 tel enf9 que les gazeti]s dont je vi5s de p>l] ont v\lu me reprs5t] dans leur libelle diffamatoire8 ,mais d'ailleurs comm5t aurais-je donn ces sortes de clefs1 si je n'ai pu moi-mme les =g] telles qu'elles sont et que je les ai vues8 tant presque t\tes diffr5tes entre elles1 quel moy5 de les faire s]vir une mme entre1 je veux dire l'intellig5ce de mes ,rem>ques8 ,nommant des p]sonnes de la c\r et de la ville qui je n'ai jamais p>l1 que je ne connais po9t1 peuv5t-elles p>tir de moi et tre di/ribues de ma ma98 ,aurais-je donn celles qui se fabriqu5t ,romor5t91 ,mortaigne et ,belesme1 dont les diffr5tes applications sont la baillive1 la femme de l'assesseur1 au prsid5t de l'lection1 au prvt de la m>*ausse et au prvt de la collgiale8 ,les noms y sont =t bi5 m>qus2 mais ils ne m'aid5t pas davantage connatre les p]sonnes4 ,qu'on me p]mette ici une vanit sur mon ouvrage3 je suis presque dispos croire qu'il faut que mes pe9tures exprim5t bi5 l'homme en gnral1 puisqu'elles ressembl5t tant de p>ticuli]s1 et que *acun y croit voir ceux de sa ville ou de sa prov9ce4 ,j'ai pe9t la vrit d'aprs nature1 mais je n'ai pas t\j\rs song pe9dre celui-ci ou celle-l dans mon livre des ,moeurs4 ,je ne me suis po9t l\ au public p\r faire des portraits qui ne fuss5t que vrais et ressemblants1 de peur que quelquefois ils ne fuss5t pas croyables1 et ne p>uss5t fe9ts ou imag9s4 ,me r5dant plus difficile1 je suis all plus lo93 j'ai pris un trait d'un ct et un trait d'un autre2 et de ces div]s traits qui p\vai5t conv5ir une mme p]sonne1 j'en ai fait des pe9tures vraisemblables1 *]*ant mo9s rj\ir les lecteurs p> le c>actre1 ou comme le dis5t les mcont5ts1 p> la satire de quelqu'un1 qu' leur propos] des dfauts vit] et des modles suivre4 ,il me semble donc que je dois tre mo9s blm que pla9t de ceux qui p> has>d v]rai5t leurs noms crits dans ces insol5tes li/es1 que je dsav\e et que je condamne autant qu'elles le mrit5t4 ,j'ose mme att5dre d'eux cette ju/ice1 que sans s'arrt] un auteur moral qui n'a eu nulle int5tion de les (f5s] p> son ouvrage1 ils pass]ont jusqu'aux int]prtes1 dont la noirceur e/ inexcusable4 ,je dis en effet ce que je dis1 et nullem5t ce qu'on assure que j'ai v\lu dire2 et je rponds encore mo9s de ce qu'on me fait dire1 et que je ne dis po9t4 ,je nomme nettem5t les p]sonnes que je veux nomm]1 t\j\rs dans la vue de l\] v]tu ou leur mrite2 j'cris leurs noms en lettres capitales1 af9 qu'on les voie de lo91 et que le lecteur ne c\re pas risque de les manqu]4 ,si j'avais v\lu mettre des noms vritables aux pe9tures mo9s obligeantes1 je me s]ais p>gn le travail d'emprunt] les noms de l'anci5ne hi/oire1 d'employ] des lettres initiales1 qui n'ont qu'une signification va9e et inc]ta9e1 de tr\v] enf9 mille t\rs et mille faux-fuyants p\r dpays] ceux qui me lis5t1 et les dgt] des applications4 ,voil la conduite que j'ai t5ue dans la composition des ,c>actres4 ,sur ce qui conc]ne la h>angue1 qui a p>u longue et ennuyeuse au *ef des mcont5ts1 je ne sais en effet p\rquoi j'ai t5t de faire de ce rem]ciem5t l',acadmie franaise un disc\rs oratoire qui et quelque =ce et quelque t5due4 ,de zls acadmici5s m'avai5t dj fray ce *em92 mais ils se sont tr\vs en petit nombre2 et leur zle p\r l'honneur et p\r la rputation de l',acadmie n'a eu que peu d'imitateurs4 ,je p\vais suivre l'exemple de ceux qui1 po/ulant une place dans cette compagnie sans avoir jamais ri5 crit1 quoiqu'ils sa*5t crire1 annonc5t ddaigneusem5t1 la veille de leur rception1 qu'ils n'ont que deux mots dire et qu'un mom5t p>l]1 quoique capables de p>l] longtemps et de p>l] bi54 ,j'ai p5s au contraire qu'a9si que nul artisan n'e/ agrg aucune socit1 ni n'a ses lettres de matrise sans faire son *ef-d'oeuvre1 de mme et avec encore plus de bi5sance1 un homme associ un corps qui ne s'e/ s\t5u et ne peut jamais se s\t5ir que p> l'loqu5ce1 se tr\vait engag faire1 en y entrant1 un ef=t en ce g5re1 qui le ft aux yeux de t\s p>atre digne du *oix dont il v5ait de l'honor]4 ,il me semblait encore que puisque l'loqu5ce pr(ane ne p>aissait plus rgn] au b>reau1 d'o elle a t bannie p> la ncessit de l'expdition1 et qu'elle ne devait plus tre admise dans la *aire1 o elle n'a t que trop s\ff]te1 le seul asile qui p\vait lui re/] tait l',acadmie franaise2 et qu'il n'y avait ri5 de plus naturel1 ni qui pt r5dre cette ,compagnie plus clbre1 que si1 au sujet des rceptions de n\veaux acadmici5s1 elle savait quelquefois attir] la c\r et la ville ses assembles1 p> la curiosit d'y ent5dre des pices d'loqu5ce d'une ju/e t5due1 faites de ma9 de matres1 et dont la pr(ession e/ d'excell] dans la sci5ce de la p>ole4 ,si je n'ai pas atte9t mon b1 qui tait de prononc] un disc\rs loqu5t1 il me p>at du mo9s que je me suis disculp de l'avoir fait trop long de quelques m9utes2 c> si d'ailleurs ,p>is1 qui on l'avait promis mauvais1 satirique et ins5s1 s'e/ pla9t qu'on lui avait manqu de p>ole2 si ,m>ly1 o la curiosit de l'ent5dre s'tait rp&ue1 n'a po9t ret5ti d'applaudissem5ts que la c\r ait donns la critique qu'on en avait faite2 s'il a su fran*ir ,*antilly1 cueil des mauvais ouvrages2 si l',acadmie franaise1 qui j'avais appel comme au juge s\v]a9 de ces sortes de pices1 tant assemble extraord9airem5t1 a adopt celle-ci1 l'a fait imprim] p> son libraire1 l'a mise dans ses ar*ives2 si elle n'tait pas en effet compose d'un /yle affect1 dur et int]rompu1 ni *>ge de l\anges fades et outres1 telles qu'on les lit dans les prologues d'opras1 et dans tant d'ptres ddicatoires1 il ne faut plus s'tonn] qu'elle ait ennuy ,?obalde4 ,je vois les temps1 le public me p]mettra de le dire1 o ce ne s]a pas assez de l'approbation qu'il aura donne un ouvrage p\r en faire la rputation1 et que p\r y mettre le d]ni] sceau1 il s]a ncessaire que de c]ta9es g5s le dsappr\v5t1 qu'ils y ai5t bill4 ,c> v\drai5t-ils1 prs5tem5t qu'ils ont reconnu que cette h>angue a mo9s mal russi dans le public qu'ils ne l'avai5t espr1 qu'ils sav5t que deux libraires ont plaid qui l'imprim]ait1 v\drai5t-ils dsav\] leur gt et le jugem5t qu'ils en ont port dans les premi]s j\rs qu'elle fut prononce8 ,me p]mettrai5t-ils de publi]1 ou seulem5t de s\ponn]1 une t\t autre raison de l'pre c5sure qu'ils en fir5t1 que la p]suasion o ils tai5t qu'elle la mritait8 ,on sait que cet homme1 d'un nom et d'un mrite si di/+u1 avec qui j'eus l'honneur d'tre reu l',acadmie franaise1 pri1 sollicit1 p]scut de cons5tir l'impression de sa h>angue1 p> ceux mmes qui v\lai5t supprim] la mi5ne et en te9dre la mmoire1 leur rsi/a t\j\rs avec f]met4 ,il leur dit qu'il ne p\vait ni ne devait appr\v] une di/9ction si odieuse qu'ils v\lai5t faire entre lui et moi2 que la prfr5ce qu'ils donnai5t son disc\rs avec cette affectation et cet empressem5t qu'ils lui m>quai5t1 bi5 lo9 de l'oblig]1 comme ils p\vai5t le croire1 lui faisait au contraire une vritable pe9e2 que deux disc\rs galem5t innoc5ts1 prononcs dans le mme j\r1 devai5t tre imprims dans le mme temps4 ,il s'expliqua ensuite obligeamm5t1 en public et en p>ticuli]1 sur le viol5t *agr9 qu'il ress5tait de ce que les deux auteurs de la gazette que j'ai cits avai5t fait s]vir les l\anges qu'il leur avait plu de lui donn] un desse9 =m de mdire de moi1 de mon disc\rs et de mes ,c>actres2 et il me fit1 sur cette satire injurieuse1 des explications et des excuses qu'il ne me devait po9t4 ,si donc on v\lait infr] de cette conduite des ,?obaldes1 qu'ils ont cru faussem5t avoir beso9 de comp>aisons et d'une h>angue folle et dcrie p\r relev] celle de mon collgue1 ils doiv5t rpondre1 p\r se lav] de ce s\pon qui les d%onore1 qu'ils ne sont ni c\rtisans1 ni dv\s la faveur1 ni intresss1 ni adulateurs2 qu'au contraire ils sont s9cres1 et qu'ils ont dit navem5t ce qu'ils p5sai5t du plan1 du /yle et des expressions de mon rem]ciem5t l',acadmie franaise4 ,mais on ne manqu]a pas d'insi/] et de leur dire que le jugem5t de la c\r et de la ville1 des gr&s et du peuple1 lui a t favorable4 ,qu'importe8 ,ils rpliqu]ont avec confiance que le public a son gt1 et qu'ils ont le leur3 rponse qui f]me la b\*e et qui t]m9e t\t diffr5d4 ,il e/ vrai qu'elle m'loigne de plus en plus de v\loir leur plaire p> aucun de mes crits2 c> si j'ai un peu de sant avec quelques annes de vie1 je n'aurai plus d'autre ambition que celle de r5dre1 p> des so9s assidus et p> de bons conseils1 mes ouvrages tels qu'ils puiss5t t\j\rs p>tag] les ,?obaldes et le public4 ,disc\rs prononc dans l'acadmie franaise le lundi qu9zime ju9 #afic ,messieurs1 ,il s]ait difficile d'avoir l'honneur de se tr\v] au milieu de v\s1 d'avoir devant ses yeux l',acadmie franaise1 d'avoir lu l'hi/oire de son tablissem5t1 sans p5s] d'abord celui qui elle en e/ r$evable1 et sans se p]suad] qu'il n'y a ri5 de plus naturel1 et qui doive mo9s v\s dplaire1 que d'entam] ce tissu de l\anges qu'exig5t le devoir et la c\tume1 p> quelques traits o ce gr& c>d9al soit reconnaissable1 et qui en r5\vell5t la mmoire4 ,ce n'e/ po9t un p]sonnage qu'il soit facile de r5dre ni d'exprim] p> de belles p>oles ou p> de ri*es figures1 p> ces disc\rs mo9s faits p\r relev] le mrite de celui que l'on veut pe9dre1 que p\r montr] t\t le feu et t\te la vivacit de l'orateur4 ,suivez le rgne de ,l\is le ,ju/e3 c'e/ la vie du c>d9al de ,ri*elieu1 c'e/ son loge et celui du pr9ce qui l'a mis en oeuvre4 ,que p\rrais-je aj\t] des faits encore rc5ts et si mmorables8 ,ouvrez son ,te/am5t politique1 digrez cet ouvrage3 c'e/ la pe9ture de son esprit2 son me t\t entire s'y dveloppe2 l'on y dc\vre le secret de sa conduite et de ses actions2 l'on y tr\ve la s\rce et la vraisemblance de tant et de si gr&s vnem5ts qui ont p>u s\s son adm9i/ration3 l'on y voit sans pe9e qu'un homme qui p5se si virilem5t et si ju/e a pu agir srem5t et avec succs1 et que celui qui a a*ev de si gr&es *oses1 ou n'a jamais crit1 ou a d crire comme il a fait4 ,gnie =t et suprieur1 il a su t\t le fond et t\t le my/re du g\v]nem5t2 il a connu le beau et le sublime du m9i/re2 il a respect l'trang]1 mnag les c\ronnes1 connu le poids de leur alliance2 il a oppos des allis des ennemis2 il a veill aux intrts du dehors1 ceux du d$ans4 ,il n'a oubli que les si5s3 une vie laborieuse et languissante1 s\v5t expose1 a t le prix d'une si haute v]tu2 dpositaire des trsors de son matre1 combl de ses bi5faits1 ordonnateur1 disp5sateur de ses f9ances1 on ne saurait dire qu'il e/ mort ri*e4 ,le croirait-on1 ,messieurs8 cette me srieuse et au/re1 =midable aux ennemis de l'tat1 inexorable aux factieux1 plonge dans la ngociation1 occupe tantt affaiblir le p>ti de l'hrsie1 tantt dconc]t] une ligue1 et tantt mdit] une conqute1 a tr\v le loisir d'tre savante1 a gt les belles-lettres et ceux qui en faisai5t pr(ession4 ,comp>ez-v\s1 si v\s l'osez1 au gr& ,ri*elieu1 hommes dv\s la =tune1 qui1 p> le succs de vos affaires p>ticulires1 v\s jugez dignes que l'on v\s confie les affaires publiques2 qui v\s donnez p\r des gnies heureux et p\r de bonnes ttes2 qui dites que v\s ne savez ri51 que v\s n'avez jamais lu1 que v\s ne lirez po9t1 ou p\r m>qu] l'inutilit des sci5ces1 ou p\r p>atre ne devoir ri5 aux autres1 mais puis] t\t de votre fonds4 ,appr5ez que le c>d9al de ,ri*elieu a su1 qu'il a lu3 je ne dis pas qu'il n'a po9t eu d'loignem5t p\r les g5s de lettres1 mais qu'il les a aims1 c>esss1 favoriss1 qu'il leur a mnag des privilges1 qu'il leur de/9ait des p5sions1 qu'il les a runis en une ,compagnie clbre1 qu'il en a fait l',acadmie franaise4 ,oui1 hommes ri*es et ambitieux1 contempteurs de la v]tu1 et de t\te association qui ne r\le pas sur les tablissem5ts et sur l'intrt1 celle-ci e/ une des p5ses de ce gr& m9i/re1 n homme d'tat1 dv\ l'tat1 esprit solide1 m95t1 capable dans ce qu'il faisait des motifs les plus relevs et qui t5dai5t au bi5 public comme la gloire de la mon>*ie2 incapable de concevoir jamais ri5 qui ne ft digne de lui1 du pr9ce qu'il s]vait1 de la ,france1 qui il avait consacr ses mditations et ses veilles4 ,il savait quelle e/ la =ce et l'utilit de l'loqu5ce1 la puissance de la p>ole qui aide la raison et la fait valoir1 qui ins9ue aux hommes la ju/ice et la probit1 qui porte dans le coeur du soldat l'intrpidit et l'audace1 qui calme les motions populaires1 qui excite leurs devoirs les compagnies entires ou la multitude4 ,il n'ignorait pas quels sont les fruits de l'hi/oire et de la posie1 quelle e/ la ncessit de la grammaire1 la base et le fondem5t des autres sci5ces2 et que p\r conduire ces *oses un degr de p]fection qui les r5dt avantageuses la ,rpublique1 il fallait dress] le plan d'une compagnie o la v]tu seule ft admise1 le mrite plac1 l'esprit et le savoir rassembls p> des suffrages4 ,n'allons pas plus lo93 voil1 ,messieurs1 vos pr9cipes et votre rgle1 dont je ne suis qu'une exception4 ,rappelez en votre mmoire1 la comp>aison ne v\s s]a pas injurieuse1 rappelez ce gr& et premi] concile o les ,pres qui le composai5t tai5t rem>quables *acun p> quelques membres mutils1 ou p> les cicatrices qui leur tai5t re/es des fureurs de la p]scution2 ils semblai5t t5ir de leurs plaies le droit de s'asseoir dans cette assemble gnrale de t\te l'glise3 il n'y avait aucun de vos illu/res prdcesseurs qu'on ne s'empresst de voir1 qu'on ne montrt dans les places1 qu'on ne dsignt p> quelque ouvrage fameux qui lui avait fait un gr& nom1 et qui lui donnait rang dans cette ,acadmie naissante qu'ils avai5t comme fonde4 ,tels tai5t ces gr&s artisans de la p>ole1 ces premi]s matres de l'loqu5ce franaise2 tels v\s tes1 ,messieurs1 qui ne cdez ni en savoir ni en mrite nul de ceux qui v\s ont prcds4 ,l'un1 aussi correct dans sa langue que s'il l'avait apprise p> rgles et p> pr9cipes1 aussi lgant dans les langues trangres que si elles lui tai5t naturelles1 en quelque idiome qu'il compose1 semble t\j\rs p>l] celui de son pays3 il a entrepris1 il a f9i une pnible traduction1 que le plus bel esprit p\rrait av\]1 et que le plus pieux p]sonnage devrait dsir] d'avoir faite4 ,l'autre fait revivre ,virgile p>mi n\s1 transmet dans notre langue les grces et les ri*esses de la lat9e1 fait des romans qui ont une f91 en bannit le prolixe et l'incroyable1 p\r y sub/itu] le vraisemblable et le naturel4 ,un autre1 plus gal que ,m>ot et plus pote que ,voiture1 a le jeu1 le t\r1 et la navet de t\s les deux2 il in/ruit en bad9ant1 p]suade aux hommes la v]tu p> l'organe des btes1 lve les petits sujets jusqu'au sublime3 homme unique dans son g5re d'crire2 t\j\rs orig9al soit qu'il inv5te1 soit qu'il traduise2 qui a t au del de ses modles1 modle lui-mme difficile imit]4 ,celui-ci passe ,juvnal1 atte9t ,horace1 semble crer les p5ses d'autrui et se r5dre propre t\t ce qu'il manie2 il a dans ce qu'il emprunte des autres t\tes les grces de la n\veaut et t\t le mrite de l'inv5tion4 ,ses v]s1 =ts et h>monieux1 faits de gnie1 quoique travaills avec art1 ple9s de traits et de posie1 s]ont lus encore qu& la langue aura vieilli1 en s]ont les d]ni]s dbris3 on y rem>que une critique sre1 judicieuse et innoc5te1 s'il e/ p]mis du mo9s de dire de ce qui e/ mauvais qu'il e/ mauvais4 ,cet autre vi5t aprs un homme l\1 applaudi1 admir1 dont les v]s vol5t en t\s lieux et pass5t en prov]be1 qui prime1 qui rgne sur la scne1 qui s'e/ emp> de t\t le ?tre4 ,il ne l'en dpossde pas1 il e/ vrai2 mais il s'y tablit avec lui3 le monde s'acc\tume en voir faire la comp>aison4 ,quelques-uns ne s\ffr5t pas que ,corneille1 le gr& ,corneille1 lui soit prfr2 quelques autres1 qu'il lui soit gal3 ils en appell5t l'autre sicle2 ils att5d5t la f9 de quelques vieill>ds qui1 t\*s indiffremm5t de t\t ce qui rappelle leurs premires annes1 n'aim5t peut-tre dans ,o,edipe que le s\v5ir de leur jeunesse4 ,que dirai-je de ce p]sonnage qui a fait p>l] si longtemps une envieuse critique et qui l'a fait taire2 qu'on admire malgr soi1 qui accable p> le gr& nombre et p> l'm95ce de ses tal5ts8 ,orateur1 hi/ori51 ?ologi51 philosophe1 d'une r>e rudition1 d'une plus r>e loqu5ce1 soit dans ses entreti5s1 soit dans ses crits1 soit dans la *aire2 un df5seur de la religion1 une lumire de l'glise1 p>lons d'avance le langage de la po/rit1 un ,pre de l'glise4 ,que n'e/-il po9t8 ,nommez1 ,messieurs1 une v]tu qui ne soit pas la si5ne4 ,t\*]ai-je aussi votre d]ni] *oix1 si digne de v\s8 ,quelles *oses v\s fur5t dites dans la place o je me tr\ve6 ,je m'en s\vi5s2 et aprs ce que v\s avez ent5du1 comm5t os-je p>l]8 comm5t daignez-v\s m'ent5dre8 ,av\ons-le1 on s5t la =ce et l'asc5dant de ce r>e esprit1 soit qu'il pr*e de gnie et sans prp>ation1 soit qu'il prononce un disc\rs tudi et oratoire1 soit qu'il explique ses p5ses dans la conv]sation3 t\j\rs matre de l'oreille et du coeur de ceux qui l'c\t5t1 il ne leur p]met pas d'envi] ni tant d'lvation1 ni tant de facilit1 de dlicatesse1 de politesse4 ,on e/ assez heureux de l'ent5dre1 de s5tir ce qu'il dit1 et comme il le dit2 on doit tre cont5t de soi1 si l'on emporte ses rflexions et si l'on en pr(ite4 ,quelle gr&e acquisition avez-v\s faite en cet homme illu/re6 qui m'associez-v\s6 ,je v\drais1 ,messieurs1 mo9s press p> le temps et p> les bi5sances qui mett5t des bornes ce disc\rs1 p\voir l\] *acun de ceux qui compos5t cette ,acadmie p> des endroits encore plus m>qus et p> de plus vives expressions4 ,t\tes les sortes de tal5ts que l'on voit rp&us p>mi les hommes se tr\v5t p>tags entre v\s4 ,veut-on de dis]ts orateurs1 qui ai5t sem dans la *aire t\tes les fleurs de l'loqu5ce1 qui1 avec une sa9e morale1 ai5t employ t\s les t\rs et t\tes les f9esses de la langue1 qui plais5t p> un beau *oix de p>oles1 qui fass5t aim] les sol5nits1 les temples1 qui y fass5t c\rir8 qu'on ne les *]*e pas ailleurs1 ils sont p>mi v\s4 ,admire-t-on une va/e et pr(onde littrature qui aille f\ill] dans les ar*ives de l'antiquit p\r en retir] des *oses ensevelies dans l'oubli1 *appes aux esprits les plus curieux1 ignores des autres hommes2 une mmoire1 une m?ode1 une prcision ne p\voir dans ces re*]*es s'g>] d'une seule anne1 quelquefois d'un seul j\r sur tant de sicles8 cette doctr9e admirable1 v\s la possdez2 elle e/ du mo9s en quelques-uns de ceux qui =m5t cette savante assemble4 ,si l'on e/ curieux du don des langues1 jo9t au d\ble tal5t de savoir avec exactitude les *oses anci5nes1 et de n>r] celles qui sont n\velles avec autant de simplicit que de vrit1 des qualits si r>es ne v\s manqu5t pas et sont runies en un mme sujet4 ,si l'on *]*e des hommes habiles1 ple9s d'esprit et d'expri5ce1 qui1 p> le privilge de leurs emplois1 fass5t p>l] le ,pr9ce avec dignit et avec ju/esse2 d'autres qui plac5t heureusem5t et avec succs1 dans les ngociations les plus dlicates1 les tal5ts qu'ils ont de bi5 p>l] et de bi5 crire2 d'autres encore qui prt5t leurs so9s et leur vigilance aux affaires publiques1 aprs les avoir employs aux judiciaires1 t\j\rs avec une gale rputation3 t\s se tr\v5t au milieu de v\s1 et je s\ffre ne les pas nomm]4 ,si v\s aimez le savoir jo9t l'loqu5ce1 v\s n'att5drez pas longtemps3 rs]vez seulem5t t\te votre att5tion p\r celui qui p>l]a aprs moi4 ,que v\s manque-t-il enf98 v\s avez des criva9s habiles en l'une et en l'autre oraison2 des potes en t\t g5re de posies1 soit morales1 soit *rti5nes1 soit hroques1 soit galantes et enj\es2 des imitateurs des anci5s2 des critiques au/res2 des esprits f9s1 dlicats1 subtils1 +nieux1 propres brill] dans les conv]sations et dans les c]cles4 ,encore une fois1 quels hommes1 quels gr&s sujets m'associez-v\s6 ,mais avec qui daignez-v\s auj\rd'hui me recevoir8 ,aprs qui v\s fais-je ce public rem]ciem5t8 ,il ne doit pas nanmo9s1 cet homme si l\able et si mode/e1 apprh5d] que je le l\e3 si pro*e de moi1 il aurait autant de facilit que de disposition m'int]rompre4 ,je v\s dem&]ai plus volonti]s3 qui me faites-v\s succd]8 un homme ,,qui ,,avait ,,de ,,la ,,v]tu4 ,quelquefois1 ,messieurs1 il arrive que ceux qui v\s doiv5t les l\anges des illu/res morts dont ils rempliss5t la place1 hsit5t1 p>tags entre plusieurs *oses qui mrit5t galem5t qu'on les relve4 ,v\s aviez *oisi en ,m4 l'abb de la ,*ambre un homme si pieux1 si t5dre1 si *>itable1 si l\able p> le coeur1 qui avait des moeurs si sages et si *rti5nes1 qui tait si t\* de religion1 si atta* ses devoirs1 qu'une de ses mo9dres qualits tait de bi5 crire4 ,de solides v]tus1 qu'on v\drait clbr]1 font pass] lgrem5t sur son rudition ou sur son loqu5ce2 on e/ime encore plus sa vie et sa conduite que ses ouvrages4 ,je prfr]ais en effet de prononc] le disc\rs funbre de celui qui je succde1 plutt que de me born] un simple loge de son esprit4 ,le mrite en lui n'tait pas une *ose acquise1 mais un patrimo9e1 un bi5 hrditaire1 si du mo9s il en faut jug] p> le *oix de celui qui avait livr son coeur1 sa confiance1 t\te sa p]sonne1 cette famille1 qui l'avait r5due comme votre allie1 puisqu'on peut dire qu'il l'avait adopte1 et qu'il l'avait mise avec l',acadmie franaise s\s sa protection4 ,je p>le du *anceli] ,segui]4 ,on s'en s\vi5t comme de l'un des plus gr&s magi/rats que la ,france ait n\rris depuis ses comm5cem5ts4 ,il a laiss d\t] en quoi il excellait davantage1 ou dans les belles-lettres1 ou dans les affaires2 il e/ vrai du mo9s1 et on en convi5t1 qu'il surpassait en l'un et en l'autre t\s ceux de son temps4 ,homme grave et famili]1 pr(ond dans les dlibrations1 quoique d\x et facile dans le comm5ce1 il a eu naturellem5t ce que tant d'autres veul5t avoir et ne se donn5t pas1 ce qu'on n'a po9t p> l'tude et p> l'affectation1 p> les mots graves ou s5t5cieux1 ce qui e/ plus r>e que la sci5ce1 et peut-tre que la probit1 je veux dire de la dignit4 ,il ne la devait po9t l'm95ce de son po/e2 au contraire1 il l'a anobli3 il a t gr& et accrdit sans m9i/re1 et on ne voit pas que ceux qui ont su t\t runir en leurs p]sonnes l'ai5t effac4 ,v\s le p]dtes il y a quelques annes1 ce gr& protecteur4 ,v\s jettes la vue aut\r de v\s1 v\s prom5tes vos yeux sur t\s ceux qui s'(frai5t et qui se tr\vai5t honors de v\s recevoir2 mais le s5tim5t de votre p]te fut tel1 que dans les ef=ts que v\s ftes p\r la rp>]1 v\s ostes p5s] celui qui seul p\vait v\s la faire oubli] et la t\rn] votre gloire4 ,avec quelle bont1 avec quelle humanit ce magnanime pr9ce v\s a-t-il reu6 ,n'en soyons pas surpris1 c'e/ son c>actre3 le mme1 ,messieurs1 que l'on voit clat] dans t\tes les actions de sa belle vie1 mais que les surpr5antes rvolutions arrives dans un royaume vois9 et alli de la ,france ont mis dans le plus beau j\r qu'il p\vait jamais recevoir4 ,quelle facilit e/ la ntre p\r p]dre t\t d'un c\p le s5tim5t et la mmoire des *oses dont n\s n\s sommes vus le plus =tem5t imprims6 ,s\v5ons-n\s de ces j\rs tri/es que n\s avons passs dans l'agitation et dans le tr\ble1 curieux1 inc]ta9s quelle =tune aurai5t c\rue un gr& roi1 une gr&e re9e1 le pr9ce leur fils1 famille augu/e1 mais malheureuse1 que la pit et la religion avai5t p\sse jusqu'aux d]nires preuves de l'adv]sit4 ,hlas6 avai5t-ils pri sur la m] ou p> les ma9s de leurs ennemis8 ,n\s ne le savions pas3 on s'int]rogeait1 on se promettait rciproquem5t les premires n\velles qui vi5drai5t sur un vnem5t si lam5table4 ,ce n'tait plus une affaire publique1 mais dome/ique2 on n'en dormait plus1 on s'veillait les uns les autres p\r s'annonc] ce qu'on en avait appris4 ,et qu& ces p]sonnes royales1 qui l'on pr5ait tant d'intrt1 euss5t pu *app] la m] ou leur patrie1 tait-ce assez8 ne fallait-il pas une t]re trangre o ils puss5t abord]1 un roi galem5t bon et puissant qui pt et qui v\lt les recevoir8 ,je l'ai vue1 cette rception1 spectacle t5dre s'il en fut jamais6 ,on y v]sait des l>mes d'admiration et de joie4 ,ce pr9ce n'a pas plus de grce1 lorsqu' la tte de ses camps et de ses armes1 il f\droie une ville qui lui rsi/e1 ou qu'il dissipe les tr\pes ennemies du seul bruit de son appro*e4 ,s'il s\ti5t cette longue gu]re1 n'en d\tons pas1 c'e/ p\r n\s donn] une paix heureuse1 c'e/ p\r l'avoir des conditions qui soi5t ju/es et qui fass5t honneur la nation2 qui t5t p\r t\j\rs l'ennemi l'esprance de n\s tr\bl] p> de n\velles ho/ilits4 ,que d'autres publi5t1 exalt5t ce que ce gr& roi a excut1 ou p> lui-mme1 ou p> ses capita9es1 durant le c\rs de ces m\vem5ts dont t\te l',europe e/ branle3 ils ont un sujet va/e et qui les ex]c]a longtemps4 ,que d'autres augur5t1 s'ils le peuv5t1 ce qu'il veut a*ev] dans cette campagne4 ,je ne p>le que de son coeur1 que de la puret et de la droiture de ses int5tions3 elles sont connues1 elles lui *app5t4 ,on le flicite sur des titres d'honneur dont il vi5t de gratifi] quelques gr&s de son tat3 que dit-il8 qu'il ne peut tre cont5t qu& t\s ne le sont pas1 et qu'il lui e/ impossible que t\s le soi5t comme il le v\drait4 ,il sait1 ,messieurs1 que la =tune d'un roi e/ de pr5dre des villes1 de gagn] des batailles1 de recul] ses frontires1 d'tre cra9t de ses ennemis2 mais que la gloire du s\v]a9 consi/e tre aim de ses peuples1 en avoir le coeur1 et p> le coeur t\t ce qu'ils possd5t4 ,prov9ces loignes1 prov9ces vois9es1 ce pr9ce huma9 et bi5faisant1 que les pe9tres et les /atuaires n\s dfigur5t1 v\s t5d les bras1 v\s reg>de avec des yeux t5dres et ple9s de d\ceur2 c'e/ l son attitude3 il veut voir vos habitants1 vos b]g]s dans] au son d'une flte *amptre s\s les saules et les peupli]s1 y ml] leurs voix ru/iques1 et *ant] les l\anges de celui qui1 avec la paix et les fruits de la paix1 leur aura r5du la joie et la srnit4 ,c'e/ p\r arriv] ce comble de ses s\haits1 la flicit commune1 qu'il se livre aux travaux et aux fatigues d'une gu]re pnible1 qu'il essuie l'inclm5ce du ciel et des saisons1 qu'il expose sa p]sonne1 qu'il risque une vie heureuse3 voil son secret et les vues qui le font agir2 on les pntre1 on les disc]ne p> les seules qualits de ceux qui sont en place1 et qui l'aid5t de leurs conseils4 ,je mnage leur mode/ie3 qu'ils me p]mett5t seulem5t de rem>qu] qu'on ne dev9e po9t les projets de ce sage pr9ce2 qu'on dev9e1 au contraire1 qu'on nomme les p]sonnes qu'il va plac]1 et qu'il ne fait que confirm] la voix du peuple dans le *oix qu'il fait de ses m9i/res4 ,il ne se d*>ge pas entirem5t sur eux du poids de ses affaires2 lui-mme1 si je l'ose dire1 il e/ son pr9cipal m9i/re4 ,t\j\rs appliqu nos beso9s1 il n'y a p\r lui ni temps de rel*e ni heures privilgies3 dj la nuit s'avance1 les g>des sont releves aux av5ues de son palais1 les a/res brill5t au ciel et font leur c\rse2 t\te la nature repose1 prive du j\r1 ensevelie dans les ombres2 n\s reposons aussi1 t&is que ce roi1 retir dans son balu/re1 veille seul sur n\s et sur t\t l'tat4 ,tel e/1 ,messieurs1 le protecteur que v\s v\s tes procur1 celui de ses peuples4 ,v\s m'avez admis dans une ,compagnie illu/re p> une si haute protection4 ,je ne le dissimule pas1 j'ai assez e/im cette di/9ction p\r dsir] de l'avoir dans t\te sa fleur et dans t\te son intgrit1 je veux dire de la devoir votre seul *oix2 et j'ai mis votre *oix tel prix1 que je n'ai pas os en bless]1 pas mme en effleur] la lib]t1 p> une importune sollicitation4 ,j'avais d'ailleurs une ju/e dfiance de moi-mme1 je s5tais de la rpugnance dem&] d'tre prfr d'autres qui p\vai5t tre *oisis4 ,j'avais cru entrevoir1 ,messieurs1 une *ose que je ne devais avoir aucune pe9e croire1 que vos incl9ations se t\rnai5t ailleurs1 sur un sujet digne1 sur un homme rempli de v]tus1 d'esprit et de connaissances1 qui tait tel avant le po/e de confiance qu'il occupe1 et qui s]ait tel encore s'il ne l'occupait plus4 ,je me s5s t\*1 non de sa dfr5ce1 je sais celle que je lui dois1 mais de l'amiti qu'il m'a tmoigne1 jusques s'oubli] en ma faveur4 ,un pre mne son fils un spectacle3 la f\le y e/ gr&e1 la porte e/ assige2 il e/ haut et robu/e1 il f5d la presse2 et comme il e/ prs d'entr]1 il p\sse son fils devant lui1 qui sans cette prcaution1 ou n'entr]ait po9t1 ou entr]ait t>d4 ,cette dm>*e d'avoir suppli quelques-uns de v\s1 comme il a fait1 de dt\rn] v]s moi leurs suffrages1 qui p\vai5t si ju/em5t all] lui1 elle e/ r>e1 puisque dans ces circon/ances elle e/ unique1 et elle ne dim9ue ri5 de ma reconnaissance env]s v\s1 puisque vos voix seules1 t\j\rs libres et arbitraires1 donn5t une place dans l',acadmie franaise4 ,v\s me l'avez accorde1 ,messieurs1 et de si bonne grce1 avec un cons5tem5t si unanime1 que je la dois et la veux t5ir de votre seule magnific5ce4 ,il n'y a ni po/e1 ni crdit1 ni ri*esses1 ni titres1 ni autorit1 ni faveur qui ai5t pu v\s pli] faire ce *oix3 je n'ai ri5 de t\tes ces *oses1 t\t me manque4 ,un ouvrage qui a eu quelque succs p> sa s+ul>it1 et dont les fausses1 je dis les fausses et malignes applications p\vai5t me nuire auprs des p]sonnes mo9s quitables et mo9s claires que v\s1 a t t\te la mdiation que j'ai employe1 et que v\s avez reue4 ,quel moy5 de me rep5tir jamais d'avoir crit8