,,la ,,philosophie ,,sociale ,,dans ,,le ,,?,,tre ,d',,ibs5 ,,p> ,,ossip-,,l\ri ,laurat de l',in/itut4 ,docteur de la ,facult des ,lettres de l',univ]sit de ,p>is1 ,membre de la ,socit de ,philosophie de l',univ]sit de ,sa9t-,pt]sb\rg4 ,se possd] p\r se donn]4 ,,p>is #aijj 99 99 99 99 99 ,a ,m4 ,,emile ,,zola ,,tr,s ,,honor ,,ma,,tre1 ,v\s avez le premi] introduit en ,france le ?tre d',h5rik ,ibs54 ,ce n'e/ pas la seule raison p\r laquelle j'inscris votre nom sur la premire page de mon travail4 ,il y a deux ans1 j'ai eu l'honneur d'tre *>g p> un gr\pe d'criva9s trang]s de v\s transmettre l'expression de leur pr(onde admiration p\r l'oeuvre de ju/ice et d'quit dont v\s v5iez de jet] les premi]s jalons4 ,p> votre campagne1 t]rible et sublime1 v\s avez pr\v que la conception gnrale des drames d',ibs5 n'e/ po9t une *imre3 ,la solution du problme social de l'humanit s'obti5t p> le rveil de la consci5ce et de la volont individuelles4 ,veuillez me cons]v]1 je v\s prie1 ,matre1 votre bi5veillance4 ,,ossip-,,l\ri4 99 99 99 99 99 ,,introduction ,i ,ce n'e/ pas le ?tre d',h5rik ,ibs5 que je me propose d'tudi] dans ce volume2 mon b1 c'e/ de dgag] la philosophie sociale qu'il r5f]me4 ,les pices d',ibs5 sont mo9s des productions dramatiques que des essais philosophiques t\*ant les que/ions vitales de l'humanit4 ,l'action y j\e une importance secondaire1 les incid5ts sont =cs1 inatt5dus1 brusques2 l'intrt pr9cipal rside dans le conflit des ides4 ,l'auteur ne se s\cie gure de l'app>eil ?tral1 il ne pr5d mme pas la pe9e de dess9] nettem5t les positions rciproques de ses hros4 ,le spectateur n'assi/e pas aux vnem5ts1 aux actions des p]sonnages en scne1 mais leurs rflexions1 leurs p5ses1 leurs aspirations sont t\j\rs prs5tes et vivantes4 ,leurs c>actres1 leurs passions ne se traduis5t pas p> des ge/es1 p> des attitudes1 p> des m\vem5ts1 mais se rvl5t p> une analyse psy*o-philosophique4 ,le ?tre d',ibs5 e/ une succession de prceptes o la psy*ologie de l'individu comme celle de la socit fait disp>atre le dr\lem5t progressif de l'action4 ,l'auteur analyse m9utieusem5t les m\vem5ts d'me1 les crises de consci5ce1 de passion1 de p5se2 il tudie les rvolutions morales individuelles1 l'antagonisme entre l'individu et la socit1 les m5songes et les prjugs sociaux4 ,le ?tre d',ibs5 e/1 avant t\t1 un ?tre d'ides4 ,m4 ,max ,nordau1 t\t en con/atant qu',ibs5 a cr quelques figures d'une vrit et d'une ri*esse telles qu'on n'en tr\ve pas *ez un second pote depuis ,%akespe>e#a1 prt5d que le dramaturge norvgi5 e/ incapable d'labor] une seule ide nette1 de compr5dre un seul des mots d'ordre qu'il pique et l dans ses pices1 de tir] des prmisses les consqu5ces ju/es#b4 ,c]tes1 les sots seuls admir5t t\t dans un criva9 e/im#c1 mais le savant auteur de la ,psy*ologie du gnie et du tal5t#d =ce un peu trop sa plume satirique en affirmant qu' ,ibs5 ne compr5d pas un seul des mots d'ordre qu'il pique et l dans ses pices4 ,on peut considr] c]ta9es de ses pices comme absolum5t trangres l'art dramatique2 dire qu'elles manqu5t d'ides1 c'e/ ne pas v\loir les compr5dre4 ,il se peut que l'ide de telle ou telle pice soit un peu embrume1 mais il faut considr] le ?tre d',ibs5 en bloc4 ,alors n\s avons devant les yeux un imposant monum5t de la p5se mod]ne4#e ,ibs5 ne s'impose pas t\t de suite4 ,lorsqu'on voit ou qu'on lit p\r la premire fois une de ses pices1 l'impression e/ puissante1 mais confuse2 elle veille dans le spectateur ou le lecteur des motions =tes1 mais indcises2 ce n'e/ qu'aprs une longue analyse qu'on en dt]m9e l'ide4 ,quelles que puiss5t tre les erreurs qu'on tr\ve dans son oeuvre1 comme dans celles de tant d'autres criva9s1 l'impression gnrale e/ gr&e et pr(onde1 l'motion qui en jaillit n'e/ pas affective mais crbrale2 une atmosphre fra*e de p5se enveloppe ses p]sonnages2 ils =m5t t\t un organisme social1 t\te une philosophie4 ,ce n'e/ pas de la spculation ab/raite1 ce n'e/ pas de la philosophie con/ruite1 c'e/ de la philosophie vcue4 ,les hros d',ibs5 ne jett5t pas pr(usion les sophismes comme un cim5t dans l'int]valle des vrits1 p> lesquels on difie les gr&s sy/mes de philosophie qui ne ti5n5t que p> le morti] de la sophi/ique2#f mais si l'esprit de sy/me leur fait dfaut et aussi l'art des ordonnances symtriques1 ce ne sont po9t c]tes des ides1 des p5ses qui leur manqu5t4 ,et les sy/mes de philosophie sont des p5ses vivantes#g affirme l'un des plus nobles p5seurs mod]nes4 ,n\s sommes lo9 des temps o la philosophie tait le doma9e d'une poigne de privilgis4 ,auj\rd'hui n\s admettons qu'il n'y a po9t de ca/es dans l'intellig5ce huma9e4 ,il n'y a po9t des hommes qui sont le vulgaire1 d'autres hommes qui sont les philosophes4 ,t\t homme porte en lui-mme le vulgaire et le philosophe4#h ,la philosophie n'e/ pas le fruit d'un syllogisme4 ,il ne faut faire dp5dre la philosophie d'aucun sy/me1 d'aucune m?ode4 ,mon desse91 dit ,desc>tes1 n'e/ pas d'enseign] la m?ode que *acun doit suivre p\r bi5 conduire sa raison1 mais seulem5t de faire voir en quelle sorte j'ai t* de conduire la mi5ne4#i ,la philosophie n'exi/e et ne se dveloppe que dans l'esprit de l'homme4 ,les ides les plus pr(ondes1 les inve/igations les plus s5ses re/]ai5t lettre morte sans la vivification que leur communique l'esprit du p5seur4 ,c'e/ lui seul qui cre la valeur des ides philosophiques4 ,la philosophie n'e/ que la manife/ation de l'esprit indp5dant1 aspirant se faire--p> la critique gnrale--une conception p]sonnelle de l',univ]s4 ,ibs5 n\s montre1 dans son ?tre1 quelle e/ sa contemplation du ,monde1 comm5t il envisage les hommes et les *oses1 quel e/ l'enseignem5t qu'il tire de la vie1 c> c'e/ la vie seule qui l'intresse2 ce qui le proccupe1 c'e/ l't]nelle contradiction de la vie1 c'e/ la lutte entre l'idal et le rel4 ,quel e/ le p* qui mrite l'indulg5ce8 ,quelle e/ la faute qu'on peut d\cem5t effac]8 ,jusqu' quel po9t la responsabilit1 cette *>ge qui pse sur la race entire1 obre-t-elle le lot d'un de ses rejetons8 ,quelle dposition1 quel tmoignage admettre qu& t\t le monde e/ au banc des intresss8 ,sombre et tr\blant my/re1 qui p\rra jamais t'claircir6 ,t\tes les mes devrai5t trembl] et gmir1 et il n'en e/ pas une entre mille qui se d\te de la dette accumule1 de l'engagem5t crasant n de ce seul petit mot3 la ,vie4#aj ,,ii ,le ?tre e/ un art qui se propose de pe9dre la vie huma9e4 ,ibs5 ne se borne pas pe9dre la vie et les hommes1 il e/ aussi un remueur d'ides4 ,dans une lettre qu'il m'a fait l'honneur de m'adress]1 il s'exprime a9si3 ,je v\s prie de v\s rappel] que les ,p5ses jetes p> moi sur le papi] ne provi5n5t ni en =me ni en cont5u de moi-mme1 mais de mes p]sonnages dramatiques qui les prononc5t4#aa ,mais ,ibs5 a beau dire3 ,j'ai essay de dpe9dre hommes et femmes2 ce sont eux qui p>l5t et non pas moi1 son me et sa p5se sont t\j\rs prs5tes dans son ?tre4 ,aucun auteur ne peut faire disp>atre sa p]sonnalit de son oeuvre4 ,je ne connais pas d'criva9 mod]ne qui ait pu ou su se ca*] dans son oeuvre2 ,flaub]t qui p\ssait presque jusqu' la manie le s\ci de rs]v] sa p]sonnalit1 y e/ t\t enti]4444 ,dans les oeuvres1 en app>5ce imp]sonnelles1 on peut dc\vrir les raisons intimes des prfr5ces de l'auteur1 les motifs p\r lesquels entre les mots du disc\rs1 il *oisit ceux-ci plutt que ceux-l4#ab ,c]tes1 ,ibs5 e/ avant t\t arti/e1 pote1 mais le pote e/ un monde enf]m dans un homme4#ac ,le monde dont le pote n\s prs5te les types1 se cond5se en se rfl*issant dans sa p5se2 il emprunte la m>que p>ticulire de son moi et sa physionomie en devi5t plus saillante4 ,l'arti/e1 pur arti/e1 le pote1 exclusivem5t pote1 ne se r5dant aucun compte de lui-mme lui-mme1 incapable d'analys] le monde qu'il pe9t1 ses p5ses1 ses ides1 e/ un tre *imrique4444 ,il y a longtemps qu'on ne croit plus ce ,la ,fonta9e dont on disait autrefois qu'il produisait des fables comme les pommi]s produis5t des pommes1 c'e/--dire sans ef=t et p> le seul p5*ant de la nature4 ,le ,lac immortel de ,lam>t9e n'e/ po9t sorti du c]veau du pote comme ,vnus de l'cume des m]s4 ,l'inspiration ne disp5se pas les potes les plus nafs d'un travail de la p5se4 ,platon qui dit3 ,qu& le pote e/ assis sur le trpi$ de la muse1 il n'e/ plus matre de lui-mme1 ,platon aj\te3 ,lorsque le pote *ante1 les grces et les ,muses lui rvl5t s\v5t la ,vrit4#ad ,grces ou ,muses1 consci5ce intrieure ou analyse de l'esprit1 le fait e/ que l'arti/e1 le pote sait et compr5d ce qu'il fait2 la vrit se rvle lui4 ,le pote qui *ante la gr&eur de l',univ]s possde sa manire de le compr5dre2 l'homme qui dpe9t les crises de la consci5ce huma9e1 en possde c]ta9em5t une2 celui qui n\s prs5te le c>actre de deux individus peut ne pas n\s dire o vont ses sympa?ies2 il lui e/ impossible de ne pas le faire voir4 ,ibs5 a beau dire3 ,ai-je russi faire une bonne pice et des p]sonnages vivants8 ,voil la gr&e "q1#ae son me et sa p5se1 je le rpte1 sont prs5tes dans son oeuvre1 et son esprit aussi4 ,ibs5 ne fait que philosoph]4 ,il s]ait peut-tre emb>rass de dire si la philosophie a p\r objet la dc\v]te de l'exi/5ce absolue1 d'o les sci5ces doiv5t tre dduites leur t\r2#af ou si son objet e/ la sy/matisation et la coord9ation des sci5ces4#ag ,il n'e/ pas philosophe de pr(ession2 son gnie n'a pas de sy/me4 ,le gnie1 au s5s le plus t5du du mot1 c'e/ la fcondit de l'esprit1 c'e/ la puissance d'organis] des ides1 des images ou des signes1 spontanm5t1 sans employ] les procds l5ts de la p5se rfl*ie1 les dm>*es successives du raisonnem5t discursif4#ah ,mais une philosophie ne se compose pas simplem5t de faits1 d'images1 d'ides et d'obs]vations1 il faut ces faits1 ces ides1 une liaison1 il faut que l'esprit en saisisse les connexions et les rapports1 d'o se dduit la vrit philosophique1 l'unit sci5tifique4 ,c'e/ prcism5t cette liaison que je m'impose de dt]m9] dans le ?tre d',ibs54 ,comme l'a si bi5 dit ,m4 ,emile ,b\tr\x#ai1 propos de mon ouvrage ,la ,philosophie de ,tol/o1 je *]*e mo9s les doctr9es m?odiquem5t dduites p> les philosophes de pr(ession que les p5ses nes en quelque sorte spontanm5t dans les mes d'lite au contact de la vie et des ralits2 je vise mo9s expliqu] le dtail des doctr9es qu' en dc\vrir l'unit et en m>qu] l'esprit4 ,le b de cet ouvrage e/ d'tablir une h>monie dans les ides que le pote norvgi5 met dans ses drames1 de les dvelopp]1 de leur donn] une =me syn?tique4 ,ai-je russi8 ,feci quod potui4 ,la consci5ce de l'criva9 doit tre tranquille ds qu'il a prs5t comme c]ta9 ce qui e/ c]ta91 comme probable ce qui e/ probable1 comme possible ce qui e/ possible4#bj ,avant de pass] aux hros d',ibs51 jetons un reg>d sur sa propre vie3 l'homme n\s f]a mieux compr5dre le p5seur4 ,,notes3 #a ,dgnresc5ce1 t4 ,,ii1 p4 #agf4 ,traduction franaise4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #b ,ibid4 p4 #bia4 #c ,voltaire4 ,c&ide1 p4 #ajj4 #d ,voir notre analyse de cet ouvrage1 ,revue philosophique1 fvri] #ahih4 #e ,augu/e ,ehrh>d4 ,h5rik ,ibs5 et le ?tre contempora91 p4 #b4 #f ,anatole ,france4 ,l',abb ,grme ,coign>d1 p4 #ab4 #g ,emile ,b\tr\x4 ,etudes d'hi/oire de la philosophie1 p4 #i4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #h ,j4 ,jaurs4 ,de la ralit du monde s5sible1 p4 #b4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #i ,oeuvres de ,desc>tes4 ,disc\rs de la m?ode1 dition de ,victor ,c\s91 p4 #abd4 #aj ,ibs54 ,br&4 #aa ,kun b$] jeg ,dem]9dre1 at de i m9e ,skuespil fremka/$e ,tank] hidrr] fra m9e dramatiske ,p]son]1 d] dtal] dem1 og ikke i ,=m ell] ,indhold ligefrem fra mig44444 ,lettre date de ,*ri/iania1 #ai fvri] #ahii4 #ab ,ed\>d ,rod4 ,n\velles tudes sur le ,x,i,xe sicle1 p4 #ade et #adf4 #ac ,victor ,hugo1 ,la ,lg5de des sicles1 ,,xlvii4 #ad ,platon4 ,lois1 liv4 ,,iii et ,,iv4 #ae ,m4 ,prozor4 ,prface la trad4 fr4 du ,petit ,eyolf1 p4 xxv4 #af ,hegel4 #ag ,augu/e ,comte4 #ah ,g4 ,sailles4 ,le ,gnie dans l'art1 p4 #b4 #ai ,sance de l',acadmie des sci5ces morales et politiques1 #bc juillet #ahii4 ,travaux de l',acadmie1 novembre #ahii1 p4 #dhf et suiv4 #bj ,r5an4 ,l',ant*ri/1 prface1 p4 vii4 99 99 99 99 99 ,,la ,,vie ,d',,h5rik ,,ibs5 ,la philosophie n'e/ pas une sci5ce comme une autre2 il y re/e t\j\rs un lm5t p]sonnel qu'on ne saurait nglig]4 ,t\te philosophie porte le nom d'un homme4 ,,*allemel-,,lac\r1 ,philosophie individuali/e1 p4 ii4 ,,*apitre ,,premi] ,l'enfance d',ibs54 ,la ph>macie de ,grim/ad4 ,la rvolution hongroise4 ,*ri/iania4 ,l'cole de ,helmb]g4 ,la premire pice d',ibs51 ,catil9a4 ,ibs51 rdacteur d',&rimm]4 ,ses premires posies4 ,ibs51 metteur en scne du ?tre de ,b]g5 7#ahea-aheg7 et directeur du ?tre de ,*ri/iania 7#aheg-ahfb74 ,son m>iage4 ,la comdie de l',am\r4 ,le subside1 le ,digt] gage1 du ,/or?+ norvgi54 ,la gu]re entre le ,danem>k et la ,prusse4 ,l'exil4 #ahbh-ahfd4 ,i ,h5rik ,ibs5 naquit1 le #bj m>s #ahbha ,ski51 prov9ce de ,tlem>k5 o son bisaeul1 d'orig9e danoise1 tait v5u s'tablir en #agbf4 ,patrie de ,lamm]s1 clbre orateur prote/ant dont les prdications enflammes crr5t un gr& m\vem5t religieux en ,norvge1 ,ski5 e/ considr comme le foy] du pitisme lu?ri54 ,le pre du dramaturge1 comm]ant ais1 avait un c>actre expansif2 sa mre tait au/re1 d'humeur sil5cieuse1 taciturne4 ,la famille j\issait d'une considration p>ticulire dans cette petite ville de prov9ce4 ,notre maison1 crit ,ibs51 tait situe prs de l'glise1 rem>quable p> sa haute t\r1 droite se tr\vait une pot5ce2 gau*e1 l'htel de ville1 la prison avec un asile d'alins et deux coles4 ,p>t\t des maisons1 aucune v]dure1 aucun horizon libre4 ,mais dans l'air1 un bruit s\rd et =midable mugissait sans cesse2 il ressemblait tantt des gmissem5ts1 tantt de lugubres lam5tations3 c'tait le murmure des cascades et le *ant pla9tif des sci]ies qui se tr\vai5t en dehors de la ville4 ,qu& plus t>d je lisais des hi/oires sur la guillot9e1 je p5sais t\j\rs ces sci]ies4 ,l'glise tait le plus joli btim5t de la ville4 ,ce qui proccupait surt\t mon imag9ation1 c'tait la luc>ne1 au bas du clo*]2 elle avait p\r moi un s5s my/rieux2 la premire impression consci5te qu'elle produisit sur moi ne s'efface pas de ma mmoire4 ,je me rappelle1 un j\r1 ma bonne me conduisit l'glise et me t5ant entre ses ma9s me mit dans la luc>ne4 ,ce fut p\r moi un bl\issem5t trange4444 ,j'ai vu les passants1 j'ai vu notre maison et les /ores de nos f5tres2 j'ai ap]u aussi manire4444 ,t\t c\p un tumulte 444 on me fait des signes de l-bas4444 ,lorsque je suis desc5du1 j'ai appris que ma mre m'ap]cevant dans la luc>ne se mit cri] et tomba sans connaissance4 ,ds qu'elle me revit1 elle comm5a pleur]1 m'embrass]4 ,qu& plus t>d1 dans ma jeunesse1 je trav]sais la place1 je levais t\j\rs mon reg>d v]s cette luc>ne et il me semblait qu'un li5 my/rieux exi/ait entre elle et moi4 ,en #ahcf1--le jeune ,h5rik avait huit ans--ses p>5ts fur5t ru9s p> une cata/rophe comm]ciale4 ,cette ru9e *angea compltem5t la situation de la famille ,ibs52 elle quitta ,ski51 une misrable habitation succda la ri*e demeure4 ,la trans=mation produisit une impression pr(onde sur le futur dramaturge2 il s'enfonait en lui-mme1 vitait la socit1 re*]*ait la solitude4 ,t&is que ses frres cadets j\ai5t dans la c\r1 ,ibs51 lui1 s'enf]mait dans un petit cab9et noir prs de la cuis9e et y passait seul des heures et des j\rs4 ,il n\s p>aissait peu aimable1 crit la soeur d',ibs51 et n\s faisions t\t notre possible p\r l'emp*] de s'isol] de n\s4 ,n\s aurions dsir qu'il j\t avec n\s4 ,n\s frappions la porte de son cab9et noir2 lorsque nos gam9]ies lui faisai5t p]dre pati5ce1 ,h5rik ouvrait subitem5t sa porte et se mettait n\s p\rsuivre1 mais pas bi5 =t1 c> il tait de con/itution faible4 ,et immdiatem5t aprs1 il s'enf]mait de n\veau dans sa solitude4 ,isol1 il lisait beauc\p de vieux livres de m>9e1 que possdait son pre1 il aimait aussi faire des t\rs de passe-passe1 pe9dre ou dc\p] avec du papi] des figures1 des gr\pes1 etc4 ,en #ahdb1 la famille d',ibs5 rev9t ,ski5 et l'auteur des ,rev5ants entra dans une cole dirige p> des ?ologi5s4 ,il se passionnait surt\t beauc\p p\r l'hi/oire et la ?ologie4 ,il se sp>ait r>em5t de la ,bible4 ,un j\r1 raconte un de ses anci5s cam>ades1 ,ibs5 ayant prp>] un devoir2 y r5dit compte d'un songe qu'il avait fait3 ,j'tais avec des amis2 n\s v5ions de trav]s] des montagnes et trs fatigus n\s n\s tions c\*s1 comme jadis ,jacob1 sur des pi]res4 ,mes compagnons s'endormir5t1 moi je ne p\vais f]m] l'oeil4 ,mais la fatigue pr5ant enf9 le dessus1 je me suis endormi et j'ai fait un rve2 un ange me disait3 --,lve-toi et suis-moi6 --,o veux-tu me conduire trav]s ces tnbres8 lui dis-je4 --,m>*ons1 rpondit-il1 je dois te montr] le spectacle de la vie huma9e1 telle qu'elle e/1 dans t\te sa ralit4 ,ple9 d'p\vant1 je le suivis1 et il me conduisit longtemps p> des m>*es gigantesques4444 ,t\t c\p j'ai vu une gr&e ville morte ple9e de traces de ru9e et de p\rriture1 c'tait t\t un monde de cadavres1 les re/es de la gr&eur fane1 de la puissance fltrie4444 ,et une lumire ple1 comme celle des glises1 clairait cette ville morte4444 ,et mon me se remplit de t]reur4444 ,et l'ange me dit t\t bas3 ,ici1 vois-tu1 t\t e/ vanit6 ,et j'ai ent5du un bruit--bruit d'un orage1--puis des s\pirs1 des milli]s de voix huma9es1 puis un rugissem5t de tempte1 rugissem5t =midable1 et les morts et les cadavres s'agitr5t1 et leurs bras se t5dir5t v]s moi4444 ,et je me suis rveill t\t c\v]t de sueur4 ,orphel9 seize ans1 ,h5rik ,ibs5 fut oblig p\r gagn] sa vie de quitt] l'cole et d'accept] une place d'lve-commis dans une ph>macie ,grim/ad1 petite ville de #hjj habitants1 sur les bords du ,skag]-,rack qui fait communiqu] la m] du ,nord avec le ,cattgat4 ,t\t en prp>ant des pilules et des sirops1 il s'ab&onnait la v]sification4 ,le frmissem5t lectrique qui p>c\rait alors l',europe entire et la remuait jusque dans ses fondem5ts1 branla aussi la ,sc&9avie4 ,jusqu' cette poque la ,norvge se tr\vait s\s l'influ5ce du ,danem>k1 mais ds #ahdg le m\vem5t nationali/e y dev9t gr&2 on comm5a purifi] le dialecte norvgi51 qui fut adopt p> les criva9s1 on ne donna dans les ?tres que des pices nationales et ce m\vem5t eut sa rp]cussion jusqu' la ph>macie de ,grim/ad1 o le jeune pote discutait si la ,rvolution ,franaise devi5drait la ,rvolution ,univ]selle4 ,lorsque1 en #ahdh1 la nation hongroise1 sortant de la torpeur dans laquelle l',autri*e l'avait plonge1 entama l'oeuvre de la r5aissance1 lorsque aprs trois sicles de luttes contre les usurpations inhuma9es1 luttes d\l\reuses et sanglantes1 la ,hongrie se rvolta2 lorsque le pote de son indp5dance1 ,petoefi1 s'cria3 ,deb\t1 peuple hongrois6 une voix isole et faible mais enflamme lui rpondit des bords du ,skag]-,rack1 celle d',ibs51 qui1 dans un long pome1 surexcita les hongrois l'action1 la lutte p\r la ,lib]t4 ,,ii ,la b\tique de ,grim/ad devi5t trop troite p\r le crateur de ,br&1 il ne veut1 pas re/] ph>maci51 son me aspire v]s d'autres rives4444 ,en #ahej1 il entre l',univ]sit de ,*ri/iania4 ,en compagnie de ,bjorn/j]ne-,bjornson1 ,jonas ,lie1 ,v9je1--t\s dev5us plus t>d clbres--il suivit1 p5dant c9q mois le c\rs de ,helmb]g4 ,dans sa posie le vieux ,helmb]g ,bjorn/j]ne-,bjornson p>le aussi de son cam>ade d'cole3 ,ple1 sec et excit1 ,ibs5 e/ assis ca*ant sa figure dans sa longue b>be noire4 ,les tudes n'allai5t pas trop bi54 7,ce n'e/ que plus t>d qu',ibs5 reut1 honoris causa1 le titre de docteur en philosophie1 dont l'auteur de l',ennemi du peuple e/ trs fi]74 ,l'tude ne suffit pas p\r dvelopp] les g]mes du tal5t orig9al1 c'e/ la vie entire qu'il faut1 une vie de combats1 de s\ffrances et d'preuves4 ,ibs5 lisait ,%akespe>e1 ,s*ill]1 ,goe!1 mais le livre qui eut cette poque une gr&e influ5ce sur lui fut ,catil9a de ,sallu/e4 ,la figure de ,catil9a se grava dans son esprit1 veilla en lui une pr(onde sympa?ie p\r les rvolts4 ,il fit une pice portant ce nom et le #bf septembre #ahej il la vit reprs5te sur la scne4 ,la critique fut svre4 ,et p\rtant un loge bi5 pes et s9cre e/ s\v5t plus utile une nature dlicate que la plus ju/e des critiques4 ,en #ahea ,ibs51 ,bjorn/j]ne-,bjornson et ,v9je entreprir5t1 avec un programme trs libral1 la publication d'une revue hebdomadaire3 ,&rimm] qui disp>ut au b\t de neuf mois4 ,c'e/ dans cette revue que fur5t publies les premires posies d',h5rik ,ibs51 une pope3 ,helge ,hund+sbane et une pice satirique ,norma4 ,je me rappelle si nettem5t1 comme si cela v5ait de s'accomplir1 ,le soir o je vis dans la feuille mes premi]s v]s imprims1 ,assis dans ma tannire1 lanant des spirales de fume1 ,je rvais1 je songeais1 joyeux dans mon bonheur4#b ,la mme anne le jeune dramaturge fut nomm rgisseur gnral du ?tre de ,b]g5 qui v5ait d'tre fond p> ,ole ,bull1 clbre violoni/e norvgi54 ,il occupa cette place jusqu'en #aheg et dev9t alors directeur du ?tre de ,*ri/iania qui fit faillite en #ahfb4 ,c'e/ ,bjornson qui le remplaa ,b]g54 ,egalem5t en #aheg1 ,ibs5 p\sa ,susanne ,daae ,?ores51 fille du pa/eur de ,b]g5 et de madame ,magdal5a ,?ores51 femme de lettres1 d'orig9e danoise1 dont les ouvrages sont trs connus en ,sc&9avie1 notamm5t ,/ud5t5 7,etudiants7 et un gr& drame ,kri/t(f] ,valk5dorff4 ,ce fut un m>iage d'incl9ation4 ,l'auteur de la ,comdie de l',am\r aima comme on aime qu& on n'aime qu'une seule fois1 et d'un s5tim5t dont n'e/ capable qu'une gr&e me4 ,madame ,h5rik ,ibs5 e/ une femme suprieure4 ,elle pr5d l'oeuvre de son m>i un trs gr& intrt et elle y e/ p\r beauc\p4 ,c'e/ elle qui inspire la cration de ces femmes =tes et indp5dantes qui peupl5t les pices d',ibs54 ,elle e/ la premire p]sonne laquelle son m>i communique ses p5ses et lit ses drames4 ,elle aime les discut]4 ,le gr& dramaturge a compris combi5 il gagne laiss] la p>ole libre sa compagne et il lui en sait gr4 ,dans son volume de posies1 ,digte1 on tr\ve des v]s que ses intimes sav5t tre ddis sa femme3 ,elle e/ la ve/ale qui entreti5t dans mon me le feu sacr jamais te9t4 ,et c'e/ p>ce qu'elle ne veut po9t tre rem]cie que je lui ddie ces v]s1 et je lui dis3 ,m]ci4 ,on pr\ve un gr& plaisir ent5dre madame ,ibs5 p>l] de l'oeuvre de son m>i4 ,avec sa =te intellig5ce1 sa comprh5sion p>faite1 sa sympa?ie f]v5te et en?\sia/e1 elle en e/ le juge et le comm5tateur le plus clairvoyant4 ,elle n'e/ pas jolie1 mais ses gr&s yeux noirs rayonn5t de bont et sa voix de contralto e/ d\ce et c>essante4 ,on raconte qu',h5rik ,ibs5 dit jadis de sa fiance3 ,elle n'e/ pas jolie1 mais intellig5te et gaie4 ,madame ,ibs5 tait dans sa jeunesse une trs intrpide t\ri/e4 ,elle e/ d'une mode/ie fire et indp5dante4 ,elle se s\/rait avec beauc\p de discrtion aux triomphes de son m>i et le laisse seul cueillir ses lauri]s4 ,leur unique fils1 ,m4 ,sigurd ,ibs51 a pass la plus gr&e p>tie de sa vie l'trang] auprs de ses p>5ts4 ,il y a pe9e trois ans il a t "q de crer p\r lui l',univ]sit de ,*ri/iania une *aire de sociologie1 mais le conseil de l',univ]sit dcl9a ce projet ce qui causa au vieux pote beauc\p de *agr94 ,m4 ,sigurd ,ibs5 a p\s la fille ane de ,bjornson4 ,cette union de leurs enfants a rappro* un peu1 aprs une longue sp>ation1 les deux gr&s criva9s norvgi5s4 ,mais la =te amiti qui les liait1 il y a v+t-c9q ans1 e/ brise2 il n'y a plus un seul po9t important sur lequel ils s5t5t et p5s5t de mme4 ,leurs ides sont compltem5t opposes non seulem5t sur la politique mais aussi sur c]ta9es que/ions sci5tifiques4 ,comme madame ,tol/o1 c'e/ madame ,ibs5 qui s'occupe du ct matriel des oeuvres de son m>i4 ,les philosophes font s\v5t ab/raction1 non pas seulem5t d'intrts immdiats1 mais de t\t intrt rel2 au lieu que les femmes1 t\j\rs places au po9t de vue pratique1 devi5n5t trs r>em5t des rveurs spculatifs et n'oubli5t gure qu'il s'agit d'tres rels1 de leur bonheur ou de leurs s\ffrances4#c ,,iii ,*ri/iania1 l'poque o ,ibs5 prit la direction du ?tre1 tait une petite ville avec t\tes ses mesqu9]ies4 ,*ri/iania1 le plus assommant et mesqu9 de t\t ce qui e/ assommant et mesqu92 ,*ri/iania1 la cit sans /yle1 un tr\ de petite ville sans l'intimit d'une petite ville1 une capitale sans la vie d'une gr&e ville4 ,p>t\t1 un prosasme sans esprance3 ri5 que la banalit la plus ue et la plus pnible4#d ,le conflit entre les p>tis et les classes diffr5tes de la socit y e/ encore auj\rd'hui trs aigu4 ,n\s sommes dans un pays o *acun a son titre1 o l'on ne s'adresse p]sonne sans lui dire ,monsieur le pr(esseur1 ,monsieur le docteur1 ,monsieur le ngociant4#e ,en aucun lieu du monde on n'e/ envelopp autant qu'ici de la froide au/rit lu?ri5ne4 ,il y a en ,norvge1 dit ,bjornson#f1 plus de ,?orbjo]n#g que de ,arne#h4 ,les allures libres d',ibs51 son c>actre t\j\rs en rvolte lui valur5t beauc\p d'ennemis4 ,sa pice la ,comdie de l',am\r#i qui fut reprs5te en #ahfc fit un tapage considrable4 ,n'tant p\rtant qu'un reflet exact des hypocrisies et des m5songes conv5tionnels de la socit1 elle fut tr\ve rvoltante4 ,les mdiocres natures pr\v5t t\j\rs un s5tim5t de dfiance et d'effroi ct des natures puissantes et orig9ales1 qu'elles s5t5t bi5 devoir un j\r leur *app]4#aj ,qu&1 suivant l'exemple de ,bjornson et de ,jonas ,lie1 ,ibs51 dont la situation matrielle tait t\j\rs prcaire1 dem&a la ,*ambre norvgi5ne1 le ,/or?+1 le ,subside1 le ,digt] gage1 que celle-ci all\e aux criva9s de promesse1 l'un des membres de la commission du ,digt] gage1 pr(esseur l',univ]sit de ,*ri/iana1 rpondit que ce n'tait pas le subside que mritait l'auteur de la ,comdie de l',am\r1 mais une ba/onnade4 ,ce n'e/ que l'anne suivante1 avant de s'exil]1 qu',ibs5 obt9t de la ,dite norvgi5ne le ,digt] gage4 ,en #ahfd1 lorsque clata la gu]re entre le ,danem>k et la ,prusse1 ,ibs5 adressa un appel *aleureux ses compatriotes1 leur dem&ant d'all] au sec\rs d'un peuple-frre1 mais la ,sude et la ,norvge refusr5t de v5ir en aide au plus faible1 elles le laissr5t dmembr] p> le plus =t4 ,ce refus rvolta le coeur gnreux du pote1 il quitta son pays natal1 il alla ,rome dem&] au soleil d',italie un peu de rpit p\r son me rebelle4444 ,,notes3 #a ,la mme anne que ,tol/o4 #b ,jeg m9des saa grant1 som on idag det v> ho5dt ,d5 kveld jeg saa i bladet mit fr/e digt p pr5t4 ,d] sad jeg p m9 hybel og m$ damp5de drag ,jeg rgte og jeg drmte i saligt selvbe hag4 7,h5rik ,ibs51 ,digte1#d47 #c ,j4-,s4 ,mill4 ,lettres 9dites1 p4 #bdj4 #d ,jonas ,lie4 ,arne ,g>borg1 #ahic4 #e ,ibs5 lui-mme met encore actuellem5t sur ses c>tes de visite3 ,dr et on ne l'appelle que ,h]r ,doctor4 #f ,synnaeve ,solbakk54 #g ,type de b\rgeois rang4 #h ,type de rveur4 #i ,kja]ligh$5s ,kom$ie4 #aj ,r5an4 ,l',ant*ri/1 p4 #aij4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,ii ,ibs5 l'trang]3 ,italie1 ,allemagne4 ,l'inauguration du canal de ,suez4 ,voyage sur le ,nil4 ,l'indiffr5ce de la ,norvge env]s son gr& pote4 ,les s\ffrances morales d',ibs54 #ahfd-ahia4 ,i ,c'e/ au mois de ju9 #ahfd qu',h5rik ,ibs5 arriva ,rome4 ,madame ,ibs5 et son fils l'y rejoignir5t l'anne suivante4 ,la ville t]nelle eut sur l'exil norvgi5 une gr&e influ5ce4 ,rome *>me p> l'intrt qu'elle inspire1 en excitant p5s]4 ,on j\it ,rome d'une exi/5ce la fois solitaire et anime qui dveloppe en n\s t\t ce que le ciel y a mis4#a ,les gigantesques dbris d'un monde bris n\s font compr5dre la vanit de l'homme et la gr&eur de la p5se2 on se s5t en communication avec l'inf9i1 avec l'humanit entire4 ,le pote rvolt du nord visita la vieille rpublique de ,flor5ce1 ce vritable b]ceau et foy] de la ,r5aissance1 pays d'illu/res exils1 spolis1 dcapits1 de ,mi*el-,ange1 de ,ma*iavel1 de ,lon>d de ,v9ci1 de ,dante1 ce pote s\v]a91 ce roi des *ants sublimes1 qui1 comme un aigle plane sur la tte des autres potes4#b ,ibs5 vit ,arezzo1 la patrie de ,ptr>que2 il admira la belle ca?drale de ,milan1 cette montagne de m>bre blanc1 sculpte1 cisele1 dc\pe j\r1 d'un symbolisme div96 ,il vit ,v5ise1 la ville du sil5ce1 et la morne ,pise1 frappe de la t]rible maldiction de ,dante3 ,ahi ,pisa1 vitup]io delle g5ti4#c ,le lac de ,lugano1 ce golfe ress]r entre deux monts rappelait au pote ,sc&9ave un de ces fjords allongs dont sont d*iquetes les ctes de son pays natal4 ,a ,gnes1 il aimait m>*] p> la r\te fleurie de la ,corni*e1 qui1 ple9e d'orang]s en fleurs1 de cdrats1 de palmi]s1 suit le cont\r de la rive2 au-dess\s de soi1 des milli]s de pi$s1 on voit la m]1 la m] imm5se1 qui semble une surface bleue immobile1 mais qu'on s5t anime et v]s laquelle se porte incessamm5t le reg>d comme v]s t\t ce qui dcle la vie1 la vie que l'homme aspire1 la vie t]nelle6 ,c'e/ l qu',ibs5 comprit que1 le monde e/1 d'un b\t l'autre1 une vision extraord9aire1 et qu'il faut tre aveugle p\r n'en tre pas bl\i4#d ,mais c'e/ surt\t dans la gr&eur tri/e de ,rome qu'il se retr\vait lui-mme4 ,rome tablit un accord h>monieux entre la maje/ des ru9es du pass et celle de l'av5ir de l'me huma9e4 ,et1 dans le sil5ce pur de la lumire d',italie1 ,ibs5 crivit ,br&#e1 en #ahff1 aprs plusieurs drames romantiques1 alors que les rvoltes grondai5t dans son coeur2 puis1 en #ahfg1 ,pe] ,gynt1 qui aspire dj v]s des temps plus d\x4 ,h5rik ,ibs5 re/a en ,italie jusqu'en #ahfh2 il en emporta avec lui1 p\r t\j\rs1 l'am\r de la nature et des arts4 ,de l',italie1 il alla ,muni*1 ,dresde1 ,b]l94 ,,ii ,ri5 de plus intressant que le m\vem5t intellectuel de ces annes1 en ,europe4 ,des hommes suprieurs p>l5t1 criv5t et donn5t aux esprits une impulsion m]veilleuse2 le *amp des ides e/ pr(ondm5t remu2 de gr&es doctr9es se =mul5t1 de graves polmiques se s\lv5t et r>em5t on vit une poque o le m\vem5t ft plus ard5t1 plus agit1 plus rempli de promesses et d'esprances4 ,les p5ses d',ibs5 s'l>gir5t de plus en plus et son esprit s'ouvrit la contemplation de l',univ]s4 ,l'exil e/ une bonne cole p\r les mes =tes et consci5tes1 il leur enseigne la valeur morale du prcepte de ,socrate3 ,connais-toi toi-mme2 il leur appr5d aussi compr5dre les autres4 ,p>t\t ,ibs5 demeurait un obs]vateur fidle de la vie et des moeurs1 et p>t\t il vivait solitaire1 isol au milieu de ce monde s\v5t trop sociable4 ,son me s5sitive de pote lui disait que la posie du sil5ce e/ plus morale que leva9 bruit4 ,et son oeuvre augm5te t\j\rs4444 ,en #ahfi1 il crit l',union des jeunes4 ,la mme anne ,*>les ,,xv le nomme dlgu l'inauguration du canal de ,suez4 ,aprs les ftes de ,port-,sad1 il fit un voyage de six sema9es sur le ,nil et ret\rna l'trang]1 ,muni*4 ,c> la ,norvge lui re/a froide4 ,la masse1 la f\le1 la mdiocrit1 ne compr5d pas les isols1 les lus4#f ,et p\rtant l'influ5ce d',ibs5 gr&it dj4#g ,c]ta9s hommes ignors de la f\le ex]c5t en ralit dans la vie une plus gr&e influ5ce que ceux dont la popul>it e/ la plus bruyante4 ,mais la va9e att5te de l'approbation de ses compatriotes aigrit son me2 dans sa fire misre il reconnaissait vivem5t l'inju/ice commise env]s lui p> les norvgi5s4 ,ri5 n'e/ plus am] que d'tre incompris6 dit ,jean-,gabriel ,borckman1 l'un des p]sonnages de sa pice du mme nom4 ,le pote cep5dant ne laisse pas libre c\rs sa pla9te4 ,les succs faciles des mdiocres le font s\rire4 ,l5t1 mais t5ace1 il crit livre sur livre4 ,les hommes vraim5t progressifs s'avanc5t sans fracas1 mais avec de la suite et de la cont9uit4 ,a celle m>que se reconnat le gnie qui1 lorsqu'il le veut1 plie son obissance les ob/acles mmes qui sembl5t devoir l'entrav]4 ,la vocation1 dit ,br&#h1 e/ un torr5t qu'on ne peut ref\l]1 ni b>r]1 ni contr$ire4 ,il s'ouvrira t\j\rs un passage v]s l',ocan4 ,les f\dres du cl]g et de la c\r n'emp*ai5t gure ,desc>tes de *]*] sa ,m?ode4 ,la petite ,holl&e tait fire de lui (frir l'hospitalit4 ,les esprits suprieurs suiv5t les traces glorieuses de leurs devanci]s1 ils sav5t que les matres les plus illu/res de la ,p5se ont s\v5t connu et la tri/esse de l'exil et la raill]ie des m*ants et mme les horreurs de la faim4444 ,leur me s'imprgne d'une tri/esse amre1 mais elle demeure d\ce et gr&e1 t\j\rs et qu& mme4 ,la s\ffrance vivante vaut mieux que le repos sans vie4 ,un s\rire d'incrdulit ddaigneuse e/ leur seule rponse t\tes les petitesses1 t\tes les flatt]ies4 ,l'homme de gnie ose seul contempl] sans plir le visage trange des sicles1 dfi] le temps1 raidir contre le flot int>issable de l'oubli une poitr9e libre1 et atte/] devant le jugem5t des tnbres1 deb\t sur d'innombrables c]cueils1 la noblesse relle de l'humanit4#i ,le gnie ne ttonne pas1 mais embrassant t\t d'un c\p d'oeil1 il va droit au b1 qu'il p\rsuit avec f]met1 et se rit des s>casmes de la f\le qui ne compr5d ri5 ses oeuvres4 ,ibs5 erra d'une ville l'autre1 t\j\rs ple9 d'am]tume contre ses compatriotes et ple9 de t5dresse p\r son pays4 ,jamais on ne s5t mieux combi5 une *ose n\s e/ *re que lorsqu'on se tr\ve lo9 d'elle4 ,on songe plus au sol natal qu& on ne voit pas son vague horizon2 on songe ses bls m\vants1 ses v]tes prairies ou ses montagnes neigeuses1 et plus encore ses tri/esses et ses d\leurs1 c> on p>ticipe mieux ses s\ffrances qu' ses joies2 on a t\j\rs les mmes regrets et pas t\j\rs les mmes esprances4 ,p\r bi5 compr5dre et p\r bi5 aim] son pays1 il faut s\v5t en fran*ir la frontire4 ,enivr de tri/esse et t\rm5t de d\te1 on passe1 morne et sil5cieux4 ,on *]*e l'oubli s\s le ruissellem5t int5se du soleil trang]2 s\v5t1 assoiff de t5dresse1 de ju/ice1 d'idal1 on oublie la ha9e et1 dans le frisson d'un soir de pr9temps ou dans les rayons ples de l'aurore1 on rve aux cieux lo9ta9s4 ,p5dant son exil volontaire de v+t-c9q ans1 ,ibs5 ne cessa de demeur] un spectateur att5tif de la vie norvgi5ne4 ,sa langue re/a trs pure2 on peut en dire ce que ,georges ,br&s#aj dit de celle de son compatriote ,jacobs53 nul avant lui1 n'a su pe9dre a9si avec des mots4 ,nglig] le /yle1 ce n'e/ pas aim] assez les ides qu'on veut faire adopt] aux autres1#aa et c'e/ l le plus gr& dsir d',ibs54 ,mme dans ses posies1 qui sont trs admires en ,sc&9avie1 une p5se pr(onde e/ mle un lyrisme s5sitif4 ,lo9 de la f\le1 lo9 des masses1 il cultive sa p5se1 il cisle son /yle4 ,s'il veut faire adopt] ses ides aux autres1 il g>de religieusem5t son moi4 ,il e/ une *ose qu'on ne peut sacrifi]3 c'e/ son moi1 son tre intrieur4#ab ,la popul>it1 il la ddaigne4 ,la popul>it6 que de g5s s'imag95t qu'elle e/ le c\ronnem5t de la gloire6 ,ils oubli5t que la f\le ne suit et n'acclame que ceux qui c>ess5t ses passions1 ses colres1 ses erreurs6 ,les hommes =ts ne *]*5t ni popul>it ni gloire1 ils ne *]*5t rivalis] ni avec les uns ni avec les autres4 ,ils se crent eux-mmes un va/e doma9e o ils se tr\v5t la fois le premi] v5u et le roi4 ,ils dc\vr5t et rvl5t t\t un monde de beauts inconnues et v>ies l'inf9i dans la p5se1 dans le s5tim5t1 dans l'image1 dans le contra/e des ombres et de la lumire4 ,le bruit de la f\le m'p\vante1 dit ,ibs51 je veux prs]v] mes vtem5ts de la b\e des rues2 c'e/ en habits de fte que je veux att5dre l'aurore de l'av5ir4#ac ,et cette aurore e/ dj arrive1 c> t\t cde la cont9uit d'un s5tim5t n]gique4 ,*aque rve f9it p> tr\v] sa =me2 il y a des ondes p\r t\tes les soifs1 de l'am\r p\r t\s les coeurs4#ad ,le s\ffle gnreux de l'humanit p5sante f9it t\j\rs p> dissip] les noirs nuages2 les esprits libres f9iss5t t\j\rs p> reconnatre leur erreur4 ,l'homme1 dit ,pascal1 n'e/ qu'un roseau1 le plus faible de la nature1 mais c'e/ un roseau p5sant4 ,le solitaire de ,port-,royal aurait pu aj\t] et rayonnant1 c> un homme qui p5se a ceci de s+uli] qu'il rayonne4 ,son clatant relief le fait sortir de l'ombre et le fait di/+u] non seulem5t de la f\le1 mais des autres pr9ces de la p5se dont les noms devi5n5t des symboles4 ,,notes3 #a ,madame de ,/al4 #b ,poeta sovrano1 ,di quel signor dell'altissimo canto1 ,*e sovra gli altri1 com' aquila1 vola4 #c ,pise1 opprobre des nations4 #d ,e4 ,r5an4 ,dialogues philosophiques1 p4 #aji4 #e ,dans les vieux c>nets du c]cle sc&9ave1 ,rome1 on peut lire la vive polmique qui exi/a un c]ta9 temps entre ,ibs5 et ,bjornson relativem5t aux que/ions d'art4 ,on dc\vre dans ces c>nets un dtail trs curieux4 ,l'criture d',ibs5 qui fut jusqu'en #ahff d'une =me assez c\rante e/ dev5ue p>tir de cette poque trs c>actri/ique et trs p]sonnelle4 #f ,ibs54 ,john-,gabriel ,borckman4 #g ,m4 ,a4 ,anto9e1 directeur du ,?tre libre a1 le premi]1 en ,france1 j\ ,ibs52 et cela1 l'in/igation de ,m4 ,emile ,zola qui lui signala les ,rev5ants4 ,survi5n5t ensuite les reprs5tations du ?tre de l',oeuvre7,lugn-,po7 et les traductions de ,,mm4 de ,prozor1 de ,colleville et de ,zepel91 ,trigaut-,g5e/e1 ,b]tr& et de ,nev]s1 de ,casanove1 ,*5evire et ,johans51 traductions que n\s avons consultes p\r cet ouvrage 7voir ,bibliographie1 p4 #age74 #h ,pice d',ibs54 #i ,camille ,mauclair4 ,confr5ce faite au ?tre de l',oeuvre1 le #c avril #ahid4 #aj ,det mod]n ,gj5nembruds ma5d4 ,cop5hague1 #ahia4 #aa ,p4-,j4 ,br5g]4 ,correspondance1 t4 ,,ii1 p4 #ccd4 #ab ,br&4 #ac ,posies4 #ad ,flaub]t4 ,correspondance1 t4 ,,iii1 p4 #gc4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iii ,le ret\r d',ibs5 en ,norvge4--,son jubil4--,sa vie actuelle4 #ahia-aijj4 ,i ,en #ahia1 ,ibs5 ret\rna en ,norvge et son ret\r fut p\r lui un triomphe4 ,il fut heureux de revoir le paysage baign de cette incomp>able lumire du ,nord1 t\t la fois si virg9ale et si ard5te1 et les *anes de coll9es intrieures1 pe9e leves de quelques c5ta9es de mtres1 et cep5dant c\ronnes p> la neige1 comme si elles atteignai5t l'altitude des sommets de la ,suisse2 il fut heureux de revoir le magnifique panorama sur le fjord de ,*ri/iania1 p>sem d'les boises1 gay p> le m\vem5t cont9uel de vaisseaux qui vont se p]dre au lo91 d]rire de gr&es montagnes t\tes bleues4 ,le voil rev5u de l'exil1 le vieux pote6 ,il t\*e du pi$ le sol sacr du pays aim2 et l'esprance emplit son me4 ,mom5t dlicieux6 ,s'il e/ des j\rs am]s1 il en e/ de si d\x6#ae ,t\s les s\cis1 t\s les *agr9s1 dont s'enfle si s\v5t notre coeur1 t\t s'oublie2 on s\rit t\s 444 et l'on re/e soi-mme4 ,place au soleil1 place p>t\t qui veut tre vraim5t soi-mme6#a ,au mois de m>s #ahih1 la ,sc&9avie entire fta la soixante-dixime anne d',h5rik ,ibs5#b4 ,le monde (ficiel1 les p5seurs1 les hommes de lettres1 la f\le1 t\s s'ent5dir5t dans le mme s5tim5t mu4 ,et le hros de la fte1--connaissant les d\x plaisirs de la ,p5se1 qui1 lo9 de se born] au mom5t1 promett5t des j\issances cont9uelles1#c demeurait sil5cieux p>mi ces acclamations d'en?\siasme4 ,les blessures de jadis lui tai5t trop *res p\r qu'il les oublit2 il y a des blessures qui comp5s5t t\tes les am]tumes4 ,gr&-croix de ,sa9t-,olaf1 il songea au cab9et noir de son enfance1 l'glise de sa petite ville natale1 aux dures poques de la vie o ses pices voqur5t des colres et des indignations2 et les hommages presque religieux d'auj\rd'hui de ses concitoy5s am5r5t sur sa b\*e un s\rire am]4 ,je n'ai po9t d'illusion sur les hommes1 p5sait-il1 et1 p\r ne les po9t har1 je les mprise4#d ,les hommes qui ont abrit leur lib]t dans le monde intrieur#e1 doiv5t aussi vivre dans le monde extrieur1 se montr]1 se laiss] voir2 la naissance1 la rsid5ce1 l'ducation1 la patrie1 le has>d1 l'indiscrtion du pro*a91 les ratta*5t p> mille li5s aux autres hommes2 on suppose *ez eux une f\le d'op9ions1 t\t simplem5t p>ce qu'elles sont les op9ions rgnantes2 t\te m9e qui n'e/ pas une ngation passe p\r un ass5tim5t2 t\t ge/e qui ne dtruit pas e/ int]prt comme une approbation4 ,ils sav5t1 ces solitaires1 ces affran*is de l'esprit1 que t\j\rs sur quelque po9t ils p>aiss5t autre *ose que ce qu'ils sont2 t&is qu'ils ne veul5t ri5 autre *ose que vrit et fran*ise1 ils sont environns d'un rseau de mal5t5dus1 et1 leur int5se dsir de s9crit ne peut emp*] que sur t\te leur activit il ne se pose comme un br\ill>d d'op9ions fausses1 de compromis1 de demi-concessions1 de sil5ces complaisants1 d'int]prtations errones4 ,et un nuage de mlancolie s'amasse sur leur front1 c> cette ncessit de p>atre1 de telles natures la hass5t plus que la mort4 ,,ii ,ibs5 s'e/ tabli ,*ri/iania o il vit t\j\rs taciturne1 isol4 ,il reg>de1 il obs]ve1 et comme ,mi*el-,ange qu'il aime tant1 il appr5d t\j\rs4#f ,le vrai sage1 le sage du ,/ocisme n'a ni amis1 ni famille1 ni patrie2 il se met sans trop de pe9e en dehors de l'humanit4 ,c'e/ une sorte de cruaut hroque env]s soi-mme et env]s les autres4 ,c]tes1 on peut tre indp5dant sans dev5ir sauvage1 et l'on peut dim9u] le nombre de ses li5s p\r r5dre d'autant plus solides et plus troits ceux qu'on *oisit et qu'on g>de#g4 ,la solitude e/ une =ce dont il ne faut pas abus]4 ,l'auteur de ,pe] ,gynt e/ taciturne1 mais il n'e/ po9t sauvage4 ,il demeure t\j\rs isol de la f\le1 mais pas de sa famille4 ,pre et p\x1 il pr\ve que l'unit sociale n'e/ pas l',individu1 mais la ,famille4 ,le p5seur norvgi5 vit trs mode/em5t2 il aime beauc\p la pe9ture2 sa salle mang] et son salon sont orns de plusieurs toiles de gr&e valeur arti/ique4 ,il lit =t peu1 il n'y a po9t de livres dans son cab9et de travail4 ,lorsqu'on le voit une fois1 ,k>l-,johansgade ou se r5dant au ,gr&-,htel lire les j\rnaux1--on ne l'oublie plus4 ,d'une taille petite1 trapu1 avec un beau visage encadr p> d'pais *eveux blancs1 des favoris et un colli] de b>be1 il a le m5ton et les lvres rass4 ,ses yeux ronds1 ca*s d]rire d'paisses bsicles1 s'enfonc5t dans ses s\rcils normes4 ,l'ensemble e/ expressif1 puissant et f92 on y voit se rflt] les deux ides-=ces de sa vie et de son oeuvre3 la ,volont et le ,moi intrieur envelopps d'un calme d\x et s]e94 ,et l'on compr5d les p>oles que le pote a mises dans la b\*e de ,maximos#h3 ,victoire et lumire sur celui qui veut6 et l'on compr5d comm5t ce coeur pur1 brlant d'am\r p\r le g5re huma91 p\r la lib]t et la ju/ice1 a pu crer la figure t]rible et sublime de ,br& dont la devise e/3 ,t\t ou ri56 ,qu& tu donn]ais t\t1 dit-il1 la rs]ve de ta vie1 sa*e que tu n'aurais ri5 donn4 ,ses oeuvres attaqu5t et ru95t les lois morales et l'ordre social4 ,elles sont l'objet des critiques les plus vives et les plus passionnes1 et ,ibs5 cont9ue sa vie tranquille1 dans sa retraite familiale2 il f]me les yeux et les oreilles aux spectacles et aux bruits du monde extrieur4 ,telle e/ l't]nelle loi des contra/es4 ,horace1 qui *antait le v91 ne buvait que de l'eau4 picure1 qui pr(essait le culte des plaisirs1 vivait en ascte4 ,,notes3 #ae ,&r ,*ni]4 ,jeune captive4 #a ,br&4 #b ,voici le programme des ftes qui comm5cr5t ,*ri/iania p\r f9ir ,cop5hague3 le #bj m>s1 reprs5tation de gala2 le #ba1 banquet o assi/r5t t\s les m9i/res et gr&s dignitaires2 le #bb1 fte populaire1 et1 au ?tre royal de ,cop5hague1 une reprs5tation de gala en prs5ce d',ibs52 le #bd1 banquet (ficiel1 etc4 #c ,socrate4 ,mmoires1 liv4 ,i1 *4 vi4 #d ,anatole ,france4 ,l'abb ,coign>d4 #e ,nietzs*e4 ,oeuvres1 ,i1 #djd et suiv4 ,fragm5ts *oisis p> ,li*t5b]g]1 p4 #ag 7,p>is1 ,p4 ,alcan74 #f ,mi*el-,ange quatre-v+ts ans e/ r5contr un j\r p> un de ses amis qui lui dem&e o il va2 il lui rpond ces p>oles admirables dans la b\*e d'un tel matre2 ,je vais appr5dre4 ,lui1 qui aurait tant pu appr5dre aux autres1 il allait en effet tudi] l'anatomie *ez un mdec9 clbre4 #g ,b>?lmy ,sa9t-,hilaire4 ,morale d',ari/ote1 t4 ,i4 ,prface1 p4 ccxliii4 #h ,l',emp]eur et ,galilen4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iv ,,ibs51 ,,homme ,,et ,,p5seur ,comme homme1 ,ibs5 e/ bi5 le fils de la ,norvge4 ,le peuple norvgi51 trs peu expansif1 (fre mo9s de prise l'obs]vation qu'un autre4 ,on lui donne des dfauts et des qualits qu'il n'a pas2 s\v5t ceux qu'on lui attribue sont l'exact contraire de ceux qu'il a rellem5t4 ,la ,norvge e/ le pays des contra/es4 ,son c>actre unique1 spcial1 e/ de gr\p] quelques toises de di/ance1 les phnomnes les mo9s habitus se tr\v] ensemble4 ,on y voit le sap9 des cimes se m>i] au noy] ami des pla9es1 les blocs du glaci] et le gazon de la prairie *ang]1 quelques pas du fjord1 un bais] frat]nel4 ,la lutte con/ante avec la nature a am5 le norvgi5 s'id5tifi] avec elle1 se pli] ses exig5ces4 ,la pauvret du sol lui a impos le gt des ralits1 et la maje/ des ro*]s1 la fra*eur frmissante du fjord1 le soleil de m9uit demi voil p> de lg]s flocons errants dans le ciel1 lui ont appris la d\ceur du rve4444 ,le paysan enseigne ses enfants se r5dre utiles de trs bonne heure4 ,l'exemple des p>5ts et les dures ncessits de l'exi/5ce rurale les r5d5t appliqus et graves2 les enfants sont srieux4 ,les hommes p>aiss5t l\rds1 mais c'e/ une l\rdeur app>5te qui vi5t plutt de la rflexion4 ,aucun aub]gi/e ne se prs5te1 en ,norvge1 s\riant au voyageur4 ,le ,norvgi5 e/ poli1 sans s]vilit2 dans t\tes les circon/ances de la vie1 il sait g>d] sa dignit4 ,si l'horizon physique lui e/ t]nellem5t f]m1 si les blocs de granit1 qui de t\tes p>ts ens]r5t le reg>d des ,norvgi5s1 ps5t sur leur vie1 leur horizon intellectuel e/ l>ge et leur me morale e/ r>em5t prisonnire1--je p>le de ceux qui se sont db>rasss des hypocrisies conv5tionnelles de la socit3 ,br&1 ,rosm]1 ,dr ,/ockmann1 ,nora1 ,hlne ,alv+1 ,held ,w5gel et beauc\p d'autres4#a ,mais les meilleurs d'entre eux g>d5t encore des sup]/itions extrieures4 ,ils croi5t s9crem5t que si l'on peut ap]cevoir neuf toiles1 neuf j\rs de suite1 on e/ sr de voir exauc le voeu qu'on a =m en les comptant4#b ,les ,norvgi5s sont trs confiants entre eux#c et vis--vis de l'trang]1 mais c'e/ une confiance digne2 le ,norvgi5 n'ouvre jamais entirem5t son me4 ,c'e/ p> l qu'on peut expliqu] le ?tre demi voil d',ibs54 ,mais avant d'tre norvgi51 ,ibs5 re/e lui-mme4 ,les gr&s hommes ont t\j\rs t quelqu'un dans t\te la =ce du t]me2 ils sont eux-mmes et plus vivants que p]sonne2 ils tir5t plus des pr(ondeurs de leur me que de t\t ce qui les ent\re2 ils sav5t non pas se subordonn] aux *oses extrieures1 mais les subjugu] p> leur p5se1 p> leur volont2 ils dom95t leur temps1 ils s'impos5t la po/rit1 p> la ralit n]gique1 p> la puissance et la s\v]a9et de leur tre individuel2 d'autant plus utiles connatre que leur exemple n\s appr5d dev5ir virils1 p5s]1 agir1 n\s affran*ir de cette imitation s]vile de t\s p> *acun1 qui e/ le beau idal des tres les plus vulgaires4 ,comme pote et p5seur1 ,h5rik ,ibs5 n'app>ti5t aucune nation1 aucune in/itution1 aucun p>ti#d4 ,son ?tre ne vise pas uniquem5t les moeurs de son pays1 il vise t\j\rs plus haut2 ce n'e/ pas l'me norvgi5ne1 c'e/ l'me huma9e qu'il dissque4 ,il y a des hommes qui n'app>ti5n5t pas seulem5t la contre dans laquelle ils sont ns1 la nation dont ils font p>tie1 mais au trsor commun de l'humanit4 ,ces esprits d'lite ne sont pas seulem5t la gloire de la ,france1 de la ,russie1 de l',allemagne ou de la ,norvge1 mais du g5re huma9 t\t enti]4 ,c]tes1 ils apport5t le ca*et de leur patrie1 *acun reprs5te avec ampleur ce qu'a de c>actri/ique sa nationalit1 s\v5t mme ils devi5n5t comme un trait d'union entre leurs concitoy5s et le re/e du monde1 ils s]v5t de li5 entre le peuple au milieu duquel ils sont ns et t\t ce qu'il y a d'esprits cultivs dans l'univ]s1 mais ils port5t1 ayant t\t1 en eux1 le g]me du ,gr& ,t\t de la ,t]re qu'on nomme ,humanit4 ,el>gissant le doma9e du ,beau et du ,bi51 reculant les limites de la ,sci5ce et de l',art1 ouvrant la mditation de n\veaux problmes et l'admiration des horizons n\veaux1 ces esprits crateurs1 qui font l'hi/oire univ]selle1 pr\v5t que la ,p5se huma9e n'a po9t de frontires1 qu'elle e/ inf9ie4444 ,n\s allons ma9t5ant dt]m9] la philosophie du ?tre d',h5rik ,ibs5 que n\s divis]ons en deux p>ties3 p>tie ngative3 ,la socit actuelle2 p>tie positive3 ,la socit n\velle4 ,,notes3 #a ,p]sonnages des pices d',ibs54 #b ,sup]/ition norvgi5ne4 #c ,a ,*ri/iana les tramways n'ont pas de conducteurs2 le voyageur met lui-mme #aj re1 prix uni=me du p>c\rs1 dans une bote en v]re1 tablie d]rire le co*]4 #d ,georges ,br&s4 99 99 99 99 99 ,,p>tie ,,negative ,,la ,,soci,t ,,actuelle 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,premi] ,,le ,,cl]g ,i ,ibs51 dans son ?tre1 fait le procs de la socit actuelle1 il s'attaque son organisation1 ses prjugs1 il dmasque les conv5tions hypocrites de la morale sociale2 il dissque les gr&es fictions1 gr&ioses en app>5ce1 que les hommes considr5t comme leur sauveg>de1--religion1 autorit1 m>iage1 famille4 ,t\s les lm5ts1 t\tes les classes y ont leurs reprs5tants2 n\s y r5controns nos contempora9s aux moeurs de phili/9s2 les traits pr9cipaux de leurs c>actres n\s dvoil5t les mobiles de leur activit et les bases de leur vie3 la l*et et le m5songe4 ,le cl]g occupe une place trs l>ge dans cette hir>*ie sociale4 ,n\s sommes dans un pays de prote/antisme#a1 mais les p]sonnages d',ibs5 n\s montr5t que t\s les prtres se val5t3 ,*5illes ou papillons1 c'e/ t\j\rs la mme bte4#b ,l',eglise e/ p>t\t cons]vatrice1 elle s'ob/9e p>t\t plac] son idal en arrire2 cet idal repose sur le dogme de l'infaillibilit1 c'e/--dire de l'immobilit2 elle e/ ess5tiellem5t rtrograde4 ,le clricalisme e/ p>t\t une plaie dans laquelle il faut port] le f] r\ge4 ,si le ca?olique fait un bamb9 du ,hros ,rdempteur1 les prote/ants en font un vieill>d impot5t t\t prs de tomb] en enfance4 ,si de t\t le doma9e de sa9t ,pi]re1 ce qui re/e au ,pape1 c'e/ une d\ble clef1 les prote/ants n'enf]m5t-ils pas1 dans l'ence9te d'une glise1 le royaume de ,dieu1 qui va du ple au ple8 ,ils sp>5t la vie de la foi et de la doctr9e4 ,aucun d'eux ne songe tre4 ,leurs ef=ts1 leurs ides ne t5d5t pas vivre d'une vie ple9e et entire4 ,p\r trbu*] comme ils font1 ils ont beso9 d'un ,dieu qui les reg>de entre ses doigts4#c ,si la morale prote/ante e/ suprieure celle des jsuites qui enseigne1 entre autres que qu& celui qui n\s dcrie devant des g5s d'honneur cont9ue1 aprs l'avoir av]ti de cess]1 il n\s e/ p]mis de le tu]1 non pas vritablem5t en public1 de peur de sc&ale1 mais en ca*ette1 s$ clam#d1 les pa/eurs prote/ants ne considr5t po9t la tolrance et l'humilit comme des fleurs r>es1 aux p>fums subtils et pntrants4 ,si la div]g5ce des prceptes moraux des ,eglises pr\ve qu'aucune ne possde les vritables1 la concordance de leurs bases et de leurs moy5s d'action pr\ve galem5t qu'elles *]*5t mo9s rp&re la ju/ice qu' gagn] le p\voir sur les mes de la f\le4 ,la religion n'e/ plus qu'un prtexte1 le b atte9dre1 c'e/ la =ce sociale4 ,pr5ds la lant]ne de ,diogne1 ,basile1--dit ,julli51 l'un des p]sonnages de l',emp]eur et ,galilen#e1--;claire cette nuit tnbreuse4444 ,o e/ le *ri/ianisme8 ,le *ri/ianisme primitif1 proclamant la fois l'unit de ,dieu et la frat]nit huma9e a f9i p> *ang] ses bases premires1 il a ab&onn les petits et les humbles p\r se mettre1 au nom de ,jsus le ,pauvre1 au s]vice des ri*es2 c'e/ lui qui a tabli deux morales1 celle du seigneur et celle de l'esclave1 qui a divis les hommes en matres et p>ias4 ,il s'e/ loign des ides d'galit et de ju/ice1 il s'e/ avili devant le capital1 il e/ arriv ce degr de dconsidration et de dgradation o n\s le voyons de nos j\rs4 ,le *ri/ianisme e/ l'auteur de t\s les crimes qui ont dsol l'humanit depuis dix-neuf sicles4 ,la religion a de t\t temps compris une morale religieuse1 consi/ant dans l'excution des ordres de la div9it1 seulem5t ces ordres n'tai5t pas guids p> la rgle du bi51 mais p> le caprice ou l'intrt de celle-ci1 ce qui fait natre des conflits graves et frqu5ts entre la morale psy*ologique et la morale sociologique1 autrem5t dit le droit4 ,celle-ci p\r re/] extrieure et ne pas dev5ir inquisitoriale doit p>fois se cont5t] de l'app>5ce et arrive a9si des dcisions qui bless5t pr(ondm5t l'quit4#f ,il suffit de jet] un c\p d'oeil sur ce qui se passe aut\r de n\s p\r reconnatre que l',eglise1 que t\tes les ,eglises sont des foy]s d'exploitation et d'horreur4 ,p>t\t les ,eglises possd5t de va/es doma9es et d'imm5ses rev5us1 p>t\t leurs privilges les ratta*5t l'organisation politique4 ,elles sacrifi5t1 p\r de l'arg5t1 t\t ce que la religion a de plus gr& des pratiques plus paennes que *rti5nes4 ,les crmonies religieuses sont des actes de ferie1 o les dcors sont emprunts t\tes les *oses du luxe mod]ne4 ,les m>iages et les ent]rem5ts religieux sont des scnes de l'opra-b\ffe avec la diffr5ce que les prix sont plus levs qu'au spectacle1 c> les bndictions et les maldictions de l',eglise sont t\j\rs payes4 ,au nom du ciel1 l',eglise dtruit t\t ce qu'il y a d'huma9 sur la t]re2 au nom de l'immortalit de l'me et de la vie future1 elle enlve l'homme le bonheur de la vie prs5te4 ,c'e/ l',eglise qui a appris aux hommes que t\t peut s'a*et]1 morale1 consci5ce1 mme les places dans un monde meilleur4 ,que v5ez-v\s faire l'glise8 s'crie ,br&#g ,le dcor1 le dcor seul v\s attire1 le *ant de l'orgue1 le sondes clo*es1 l'envie de v\s tremp] dans la flamme d'une loqu5ce de haut p>age1 dont les acc5ts s'enfl5t ou baiss5t1 qui dborde1 tonne ou f\ette selon t\tes les rgles de l'art4 ,t\tes les religions1 avec leurs dieux1 leurs demi-dieux et leurs prophtes1 leurs messies et leurs sa9ts1 ont t cres p> la fantaisie crdule des hommes non encore arrivs au ple9 dveloppem5t et la ple9e possession de leurs facults intellectuelles4 ,le ciel religieux n'e/ autre *ose qu'un mirage1 o l'homme1 exalt p> l'ignorance et la foi1 retr\ve sa propre image1 mais agr&ie et r5v]se1 c'e/--dire div9ise4 ,l'hi/oire des religions1 celle de la naissance1 de la gr&eur et de la dcad5ce des dieux qui se sont succd dans la croyance huma9e1 n'e/ ri5 que le dveloppem5t de l'intellig5ce et de la consci5ce collective des hommes4 ,a mesure que1 dans leur m>*e hi/oriquem5t progressive1 ils dc\vrai5t1 soit en eux-mmes1 soit dans la nature extrieure1 une =ce1 une qualit1 ou mme un gr& dfaut quelconques1 ils les attribuai5t leurs dieux1 aprs les avoir exagrs1 l>gis outre mesure1 comme le font ord9airem5t les enfants1 p> un acte de leur fantaisie religieuse4 ,grce cette pieuse gnrosit des hommes croyants et crdules1 le ciel s'e/ enri*i des dp\illes de la t]re1 et1 p> une consqu5ce ncessaire1 plus le ciel dev5ait ri*e et plus l'humanit1 plus la t]re1 dev5ait misrable4 ,une fois la div9it in/alle1 elle fut naturellem5t proclame la cause1 la raison1 l'arbitre et la disp5satrice absolue de t\tes *oses2 le monde ne fut plus ri51 elle fut t\t1 et l'homme1 son vrai crateur1 aprs l'avoir tire du nant son insu1 s'ag5\illa devant elle1 l'adora et se proclama sa crature et son esclave4 ,dieu tant t\t1 le monde rel et l'homme ne sont ri54 ,dieu tant la vrit1 la ju/ice1 le bi51 le beau1 la puissance et la vie1 l'homme e/ le m5songe1 l'iniquit1 le mal1 la laideur1 l'impuissance et la mort4 ,dieu tant le matre1 l'homme e/ l'esclave4 ,incapable de tr\v] p> lui-mme la ju/ice1 la vrit1 il ne peut y arriv] qu'au moy5 d'une rvlation div9e4 ,mais qui dit rvlation dit rvlateurs1 messies1 prophtes1 prtres et lgislateurs1 inspirs p> ,dieu mme2 et ceux-l1 une fois reconnus comme les reprs5tants de la div9it sur la t]re1 comme les sa9ts in/ituteurs de l'humanit1 lus p> ,dieu mme p\r la dirig] dans la voie du salut1 ex]c5t ncessairem5t un p\voir absolu4 ,t\s les hommes leur doiv5t une obissance passive et illimite1 c>1 contre la raison div9e1 dit ,bak\n9e#h1 il n'y a po9t de raison huma9e1 et contre la ju/ice de ,dieu1 il n'y a po9t de ju/ice t]re/re qui ti5ne4 ,esclaves de ,dieu1 les hommes doiv5t l'tre aussi de l',eglise1 c'e/--dire de ses reprs5tants qui1 p\r atte9dre leur b1 ne nglig5t aucun moy54 ,s]viteurs de ,dieu1 ils devi5n5t aussi ceux des puissants de la t]re4 ,le pa/eur ,m&]s#i tr\ve qu'on doit se rapport] dans la vie au jugem5t1 aux op9ions autorises des autres4 ,c'e/ un fait et cela e/ bi54 ,que devi5drait la socit s'il en tait autrem5t6 --,et qu'ent5dez-v\s p> les op9ions des autres8 dem&e-t-on au pa/eur ,m&]s4 --,j'ent5ds1 rpond celui-ci1 les g5s qui occup5t une position assez indp5dante et assez influ5te p\r qu'on ne puisse pas facilem5t nglig] leur manire de voir4 ,p\r le pa/eur ,m&]s l'op9ion publique e/ t\t3 ,n\s ne devons pas1 dit-il1 n\s livr] aux mauvais jugem5ts et n\s n'avons nullem5t le droit de sc&alis] l'op9ion4 ,le prtre e/ l'ennemi de t\te socit qui dsire le progrs et la lib]t4 ,il t\ffe la morale naturelle p\r assur] la dom9ation de sa ca/e4 ,il ne vit que p> l'ignorance des masses1 crase la raison s\s la passivit de l'obissance fatali/e4 ,nos prtres ne sont po9t ce qu'un va9 peuple p5se2 ,notre crdulit fait t\te leur sci5ce4#aj ,le pa/eur ,m&]s tr\ve qu'il faut1 dans la vie1 compt] sur une heureuse toile1 sur la protection spciale d'en haut4 ,il s'agit1 p> exemple1 d'assur] contre l'inc5die1 un asile4 ,le pa/eur ,m&]s s'y refuse4 ,on s]ait t\t dispos croire que n\s n'avons pas confiance dans les dcrets de la ,provid5ce1 dit-il4 ,et lorsque cette protection manque1 lorsque l'asile e/ dtruit p> le feu1 le pa/eur ,m&]s dcl>e que c'e/ la la ma9 de ,dieu p\r punir les incrdules4#aa ,l'ide de ,dieu implique l'abdication de la raison et de la ju/ice huma9es2 elle e/ la ngation la plus dcisive de la lib]t de l'homme et ab\tit ncessairem5t l'esclavage1 tant en ?orie qu'en pratique4 ,le pa/eur ,m&]s repro*e ,mme ,alv+ d'avoir t dom9e t\te sa vie p> une inv9cible confiance en elle-mme1 de n'avoir jamais t5du qu' l'affran*issem5t de t\t j\g et de t\te loi1 de n'avoir jamais v\lu support] une *ane quelle qu'elle ft4 ,la rvolte8--,jamais6 ,notre devoir consi/e support] en t\te humilit la croix que la volont d'en ,haut tr\ve bon de n\s impos]4 ,le bonheur8--,n\s n'y avons pas droit4 ,*]*] le bonheur dans cette vie1 c'e/ l le vritable esprit de rbellion4#ab ,la lumire8 ,s'clair] dans les limites du possible8--,po9t4 ,la lumire1 la morale1 l'honneur sont le monopole de la religion4 ,elle seule comm&e la t]re1 au nom du ciel4 ,dans ,rosm]%olm le recteur ,kroll *]*e dmontr] que les dvots seuls peuv5t avoir des pr9cipes moraux4 ,,rosm]4--,a9si tu ne crois pas que des libres-p5seurs puiss5t avoir des s5tim5ts honntes8 ,,le ,,recteur4--,non1 la religion e/ le seul fondem5t solide de la moralit4 ,c'e/ grce probablem5t cette moralit que l't]nit des pe9es e/ considre comme un dogme fondam5tal de la religion *rti5ne qui n'a pas t rpudi p> le prote/antisme4 ,cette solution donne cette religion un aspect de svrit qui app>at plus gr& encore qu& on songe que l'enf] e/ enc\ru p\r de simples infractions la morale rituelle4 ,p\r eux-mmes1 ces prtres sont mo9s svres2 eux-mmes1 ils font t\t le contraire de ce qu'ils pr*5t2 eux-mmes1 ils ne sont po9t esclaves pro/]ns d'aucun symbole1 d'aucune morale1 c> si leur foi e/ prospre1 leur bonne foi e/ abs5te4 ,le vicaire ,rorlund#ac pr*e une au/rit implacable et fait la c\r la jeune ,d9a2 mais qu& on e/1 p> vocation1 un des s\ti5s moraux de la socit1 dit-il1 on ne peut tre trop circonspect4 ,la ,bible1 l',evangile d'o ils prt5d5t tir] leur enseignem5t1 ils les int]prt5t leur manire4 ,voici comm5t le pa/eur ,/raam& explique un un jeune sm9>i/e le ,ne con/ruis pas sur le sable de l',evangile4 ,cela veut dire1 d'aprs lui1 que sans rmunration on ne peut pr*] ni en ,amrique1 ni en ,europe1 ni en ,asie1 nulle "p enf94#ad ,la religion n'e/ plus p\r eux un apo/olat1 mais un mti]1 un gagne-pa91 un comm]ce4 ,ce ne sont pas les problmes de religion ou de morale1 mais les luttes politiques qui les intress5t2 politici5s1 indu/riels1 confr5ci]s1 ils trait5t dans les glises et dans les temples des sujets d'actualit et des que/ions la mode4 ,p> le mot *>it ils tromp5t et exploit5t le peuple qu'ils devrai5t clair] et s\t5ir4 ,il n'y a pas de mot qu'on trane dans la b\e comme le mot *>it4 ,avec une ruse diabolique on en fait un voile p\r masqu] le m5songe4#ae ,dieu n'a pas beso9 du m5songe1 mais le m5songe a s\v5t beso9 de ,dieu1 et il n'e/ jamais si puissant ni si p]v]s que lorsqu'il s'impose en son nom6#af ,,ii ,p> ses sup]bes conqutes la sci5ce a dvoil les sacrifices1 les prires1 les puissances occultes1 les my/res p> lesquels les ,eglises exploitai5t les hommes4 ,lasse d'tre trompe sans cesse1 la pauvre humanit comm5ce ouvrir les yeux et se r5dre compte des crimes des ,eglises dont elle tait victime4 ,l'homme1 clair p> la lumire des sci5ces1 s'ap]oit que les erreurs des ,eglises tai5t v\lues1 consci5tes1 eng5dres p>les m5songes des uns1 p> les intrts lucratifs des autres4 ,l'homme1 aigri p> les inju/ices1 qui s\ffre d'9galit sociale2 les mes t\rm5tes qui *]*5t apais]1 la s\rce qu'on appelle div9e1 leur soif de ju/ice1 d'idal1 d'inf9i1 tr\v5t la dsillusion auprs des reprs5tants de ce ,dieu invisible au nom duquel ils commett5t tant d'horreur4 ,dix mille poissons p>tags au nom d'une idole ne sauv]ai5t pas une seule me en dtresse4#ag ,c'e/ au nom de ce ,dieu1 qu'on ne vi5t jamais en aide un peuple frre dont la lib]t et mme la vie sont m5aces4 ,c'e/ au nom de ce ,dieu que l'on s'arme outrance p\r dtruire les peuples amis de la paix4 ,c'e/ au nom de ce ,dieu que l'on d*ane des ha9es populaires contre ceux qui ne pr(ess5t pas c]ta9es ides religieuses4 ,c'e/ au nom de ce ,dieu qu'on laisse m\rir de faim et de froid des milli]s d'tres huma9s t&is que les glises et les temples re/5t vides et que leurs c(fres-=ts regorg5t d'or6 ,les plus crdules comm5c5t compr5dre que ce ,dieu agonise et que ses reprs5tants sont les plus t]ribles exploiteurs des mes simples4 ,o donc e/-il le ,dieu inf9i1 univ]sel1 v]s lequel aspire l'humanit s\ffrante8 ,hriti]s de t\tes les ha9es et de t\tes les erreurs1 les prtres mont5t avec une incroyable audace l'assaut de la socit mod]ne1 mais c'e/ en va9 qu'ils *]*5t p>t\t dans le socialisme1 dit *rti51 un modus viv5di p\r repr5dre leur omnipot5ce au se9 des masses4 ,leurs hypocrisies sont dj trop connues4 ,t\tes les religions sont cruelles1 t\tes sont fondes sur le sang2 c> t\tes repos5t pr9cipalem5t sur l'ide du sacrifice1 c'e/--dire sur l'immolation p]ptuelle de l'humanit l'insatiable v5geance de la div9it4 ,dans ce sanglant my/re1 l'homme e/ t\j\rs la victime1 et le prtre1 homme aussi1 mais homme privilgi1 e/ le div9 b\rreau4 ,cela n\s explique p\rquoi les prtres de t\tes les religions1 les meilleurs1 les plus huma9s1 les plus d\x1 ont presque t\j\rs quelque *ose de cruel4#ah ,le cl]g du ?tre d',ibs5 a le visage dur1 un v5t de s*]esse passe sur lui4444 ,p\r avoir la foi1 il faut avoir une me#ai1 et ces m>*&s de grces div9es n'en ont po9t4 ,leur cr$o1 c'e/ le m5songe4444 ,,notes3 #a ,la ,norvge e/ divise en #f v*s1 #hc doy5ns1 #dda p>oisses et #ijj pa/orats4 ,l'glise lu?ri5ne e/ seule religion d'tat1 et son cl]g a en ma9s l'tat-civil1 sauf dans la capitale4 ,l'acte de baptme e/ considr comme acte de naissance4 ,le seul m>iage lgal1 c'e/ le m>iage religieux4 ,l'enseignem5t primaire se tr\ve s\s la direction du cl]g4 ,il y a en ,norvge #g1jjj coles primaires1 fo/-skol og omgangs-skol 7,*ri/iana possde #af coles avec #bc1jjj lves74 ,le conseil scolaire e/ compos de quatre membres lus p> l'assemble p>oissiale et le pa/eur e/ de droit prsid5t2 c'e/ aussi lui qui e/ *>g des inspections4 ,c9q heures p> sema9e sont consacres l'enseignem5t religieux4 ,les *tim5ts corporels exi/5t encore 7,prescription de #ahhi1 #fe74 #b ,r5an4 ,dialogues philosophiques1 p4 #bid4 #c ,ibs54 ,br&4 #d ,pascal4 ,treizime ,prov9ciale4 #e ,ibs54 ,keis] og ,galilae]4 #f ,r4 de ,la ,grass]ie4 ,de la psy*ologie des religions1 p4 #af 7,p>is1 ,f4 ,alcan74 #g ,ibs54 ,br&4 #h ,l'glise et l',etat4 #i ,ibs54 ,gj5gang]e 7,rev5ants74 #aj ,voltaire4 ,o$ipe 7,joca/e74 #aa ,les ,rev5ants4 #ab ,ibs54 ,rev5ants4 #ac ,ibs54 ,samfundets ,/tt] 7,les ,s\ti5s de la socit74 #ad ,ibs54 ,kja]ligh$5s ,kom$ie 7,la ,comdie de l'am\r74 #ae ,ibs54 ,br&4 #af ,hyac9!-,loyson4 ,ni ,clricaux ni ,a?es1 p4 #bf4 #ag ,ibs54 ,br&4 #ah ,bak\n9e4 ,l',eglise et l',etat1 p4 #bb4 #ai ,ibs54 ,br&4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,ii ,,les ,,politici5s ,,et ,,les ,,capitali/es ,le ,cr$o politique et social se faonne et se modle sur le ,cr$o religieux1--t\j\rs hypocrite1 jamais s9cre4 ,que se ca*e-t-il s\s les app>5ces brillantes et f>des dont la socit se montre si fire8 ,la p\rriture et le nant4 ,t\te moralit lui manque4 ,elle n'e/ ri5 qu'un spulcre blan*i4#a ,jamais la socit n'a atte9t un tel degr de dcomposition sociale2 un ramollissem5t effroyable se produit dans les moeurs2 on ne p5se qu' satisfaire ses passions brutales1 ses gts1 ses caprices4 ,la =tune e/ aux plus audacieux2 les honneurs1 la gloire1 aux plus habiles4 ,possd]1 j\ir1 dom9]1 voil les v]tus d'auj\rd'hui4 ,les v]tus les plus sublimes ,ne sont que des vices dors4#b ,il y a quelque *ose de si faux1 de si vide1 de si plat et de si mesqu9 dans la manire de voir de notre race6 dit ,br&4 ,qui donc1 mme son lit de mort1 cons5tirait faire une (fr&e en secret8 ,dem&e au hros de ca*] son nom et de se cont5t] de la victoire6 ,pose la mme condition un roi1 un emp]eur1 et tu v]ras s'il accomplira quelque *ose4 ,dem&e au pote d'ouvrir en secret la cage ses beaux oiseaux *anteurs sans qu'on sa*e qu'ils lui doiv5t leur essor et l'clat de leur plumage6 ,non1 l'abngation ne fleurit nulle "p ni dans les hautes futaies ni dans les buissons4 ,le monde e/ dom9 p> des ides d'esclave4 ,jusque sur les bords de l'abme il s'atta*e avec une pre fureur la p\ssire de la vie2 lorsqu'elle cde et s'effrite1 on voit encore les hommes s'accro*] aux br9s d'h]be1 enfonc] leurs ongles dans la b\e4 ,l'difice social e/ con/ruit sur une base oppressive qui p>alyse t\s les ef=ts libres4 ,t\te t5dance mancipatrice effraye les s\ti5s de la socit2 ils ont peur de la lumire4 ,,/ockmann4--,n'e/-ce pas le devoir d'un citoy5 de mettre le public au c\rant des ides n\velles8 ,,le ,,pr,,fet4--,le public n'a pas du t\t beso9 de n\velles ides4 ,il vaut mieux p\r lui se cont5t] des bonnes vieilles ides qu'il connat dj4#c ,et lorsqu'un homme fait ret5tir une voix libre dans ces tnbres1 on le dcl>e ennemi de la socit4 ,,/ockmann4--,c'e/ moi qui veux le vrai bi5 de la ville4 ,je veux dvoil] les fautes qui tt ou t>d app>atront au gr& j\r4 ,oh6 on va bi5 voir que j'aime ma ville natale4 ,,le ,,pr,,fet4--,tu l'aimes6 ,toi1 qui p> une aveugle bravade veut supprim] la pr9cipale s\rce de ri*esse de la ville6 ,,/ockmann4--,cette s\rce e/ empoisonne6 ,n\s vivons ici dans les immondices et la putrfaction6 c'e/ grce un odieux m5songe que notre jeune socit suce1 p\r se n\rrir1 la ri*esse des autres4 ,,le ,,pr,,fet4--,illusion6 ,imag9ation6 ,p\r ne pas dire plus encore6 ,l'homme qui lance des ins9uations aussi (f5santes contre sa ville natale e/ un ennemi de la socit4#d ,ibs5 dmasque ceux qui se *>g5t de ma9t5ir ce qu'il e/ conv5u d'appel] l'ordre social1 ceux qui pr*5t la plus r>e des v]tus1--la morale sociale4 ,l'homme de s5s e/ p\r eux celui qui agit dans leur s5s4 ,qu& le dfaut d'un autre leur e/ pr(itable1 ils v\drai5t l'rig] en v]tu4 ,dans ,john-,gabriel ,borckman1 le dramaturge norvgi5 n\s montre comm5t une consci5ce peut tre obscurcie p> le dsir trop int5se d'atte9dre le p\voir1 comm5t un homme saisi p> la passion du p\voir et de l'arg5t qui le donne1 arrive sacrifi] son honneur1 ses plus intimes t5dresses1 p]dre la piti p\r ceux qui l'ent\r5t et p\r lui-mme4 ,p\r cons]v] sa =tune et son p\voir1 l'un des hros de la pice dont l'honorabilit p>at l'abri de t\t s\pon1 a eu rec\rs au vol1 il laisse pes] l'accusation de son crime sur son ami intime4 ,t\s les s\ti5s de la socit qu',ibs5 n\s prs5te ont *acun au mo9s un po9t noir qu'il leur faut dissimul]4 ,ils accumul5t les ri*esses p> t\s les moy5s1 au dtrim5t des autres1 et ils veul5t faire croire que la =tune leur a donn une nature suprieure et le droit de dirig] leur gr le tr\peau huma91 qu'ils considr5t comme une classe infrieure eux4 ,ils s'rig5t en classe dirigeante1 ils prt5d5t ma9t5ir s\s leur tutelle la masse des travailleurs qui les n\rrit p> ses travaux pnibles et incessants4 ,ils gnralis5t des ides1 ils compos5t des phrases1 des =mules1 et ils les lanc5t dans la f\le1 comme un dogme religieux ou politique4 ,les phrases gnrales sont dev5ues une monnaie c\rante4 ,l'aphorisme de ,guizot3 ,p>l]1 c'e/ g\v]n] e/ dev5u la loi conductrice des hommes politiques dont le consul ,b]nick#e e/ le type autoris4 ,notre indu/rieuse petite ville1 dit-il1 s'inspire1 ,dieu m]ci1 d'ides sa9es et morales1 que n\s avons t\s contribu faire g]m]1 et que n\s cont9u]ons dvelopp] de notre mieux1 *acun dans notre sphre4 ,v\s1 monsieur le ,vicaire1 appliquez votre bi5faisante activit l'cole et la famille4 ,n\s autres1 les hommes du travail pratique1 n\s s]virons la socit en y rp&ant le bi5-tre2 et nos femmes et nos filles cont9u]ont comme p> le pass leurs oeuvres de bi5faisance4 ,b]nick e/ l'homme le plus ri*e et le plus influ5t de la ville1 t\t le monde s'incl9e devant lui1 sa maison passe p\r une maison modle1 sa vie p\r une vie modle1 mais cette bonne rputation1 ce bonheur1 repos5t sur un t]ra9 fangeux1 sur des m5songes4 ,sa =tune1 il l'a vole et a fait croire que c'e/ un autre1 un associ1 qui se l'e/ approprie2 il a aim aussi1 dans sa jeunesse1 une femme qu'il ab&onna p\r en p\s] une autre plus ri*e4 ,p5dant t\te sa vie il n'a eu que deux cultes1 celui de l'hypocrisie et celui du m5songe1 pas d'autre4 ,lui1 l'homme le plus considr de la ville1 le plus heureux1 le plus ri*e1 le plus puissant et le plus honor1 il a laiss accabl] un innoc5t s\s le poids de sa propre faute1 et lorsque qu9ze ans plus t>d l'innoc5t1 rev5u d',amrique o il avait t oblig de se rfugi]1 dem&e que ,b]nick dise t\s la vrit1 celui-ci s'crie3 ,a l'heure mme o j'ai le plus beso9 de t\te ma considration6 c'e/ impossible6 ,et t\t le monde lui accorde cette considration1 c> on ne mesure po9t la valeur d'un homme politique la puissance de ses ides1 ni ses moy5s p\r les faire ab\tir1 mais son loqu5ce vide1 ple9e de lieux communs et de =mules sans fond4 ,ou se laisse entran] et bl\ir p> des disc\rs ronflants1 des dclamations pompeuses et un v]biage sonore1 mais dp\rvu d'ides et de s5tim5ts4 ,on ne vit que sur des mots1 des mots1 t\j\rs des mots6 ,on dem&e ,mons5#f s'il r5onc]ait s'occup] de ses intrts privs si les lecteurs portai5t leur *oix sur lui4 ,mes intrts privs en s\ffrirai5t srem5t2 mais1 si l'on croit que le bi5 public l'exige1 je mettrai de ct t\te considration p]sonnelle1--et il s'emp>e de la =tune d'un autre et disp>at4 ,les politici5s d',ibs5 pr*5t le respect de l'ordre1 mais qu'e/ donc leur ordre1 s9on la scurit des spculateurs ne tremblant pas p\r leurs bi5s mal acquis6 ,qu& on se mle la vie publique1 dit ,bratsb]g#g1 on se tr\ve quelquefois =c des compromis et on ne peut pas cons]v] aussi bi5 son indp5dance de c>actre et de conduite4 ,et ces g5s sont les matres de la socit6 ,lorsque1 il y a dix-neuf sicles1 en prs5ce d'une f\le o il y avait c]ta9em5t des pauvres et des ouvri]s1 ,jsus de ,naz>e? dcl>a qu'il tait plus ais de faire pass] un *ameau p> le tr\ d'une aiguille que de voir un ri*e entr] dans le royaume des cieux1 les ri*es qui ent5dir5t cette p>ole dur5t tr\v] qu'elle ne s]virait gure apais] les ha9es sociales4 ,et puisque le royaume des cieux leur e/ refus1 ils dcidr5t de conqurir celui de la ,t]re4 ,ils t*5t d'impos] leurs pr9cipes aux autres4 ,et on les suit4 ,en les voyant bi5 poss dans le monde et ent\rs de considration1 bon nombre de natures faibles vi5n5t eux1 fires d'tre admises en si bonne compagnie4 ,celles qui rsi/5t le pay5t *]4 ,kropp1 *ef d'us9e du consul ,b]nick1 fait av]tir ,aune1 contrematre dans cette us9e1 de cess] les confr5ces qu'il fait *aque sam$i aux ouvri]s4 ,,aune4--,comm5t6 je croyais qu'il m'tait p]mis de consacr] mon temps libre tre utile la socit4 ,,kropp4--,le consul dit que c'e/ a9si qu'on la dsorganise4 ,,aune4--,ma socit n'e/ pas celle du consul4 ,,kropp4--,avant t\tes *oses v\s avez remplir votre devoir env]s la socit du consul ,b]nick1c> c'e/ lui qui v\s fait vivre4#h ,telle e/ leur ju/ice4 ,fiat ju/itia1 p]cat mundus6 ,et l'on p>le de lib]t6 ,lib]t1 galit1 frat]nit n'ont plus le mme s5s qu'au temps de la guillot9e4 ,et les politici5s ne veul5t pas le compr5dre1 et je les hais4 ,ils ne dsir5t que des rvolutions politiques1 extrieures1 et ce qu'il faut2 c'e/ la rvolte de l'esprit huma94#i ,hlas6 t\t le monde ne peut pas se rvolt]4 ,l'intolrable situation1 que le consul ,b]nick cre son ouvri] ,aune1 le pr\ve4 ,je ne puis ne pas cit] ici le c\rt dialogue qui prs5te si magi/ralem5t t\t un drame social4 ,l'action sociale e/ faite de drames1 comme la p5se e/ faite de phrases4 ,un drame e/ une phrase qui a p\r mots des actes huma9s4#aj ,le consul ,b]nick1 sans v\loir augm5t] le nombre de ses ouvri]s1 exige d',aune que le bateau d',etat1 l',indian-,girl1 qu'on rp>e dans ses us9es1 soit prt en quelques j\rs pr5dre la m]3 ,,aune4--,mais c'e/ impossible4 ,a fond de cale1 le bateau e/ t\t p\rri1 monsieur le ,consul4 ,,b]nick4--,il me le faut1 autrem5t1 je v\s congdie4 ,,aune4--,me congdi]8 moi dont le pre et le gr&-pre ont travaill t\te leur vie sur ce *anti]6 ,avez-v\s bi5 rfl*i1 monsieur le ,consul1 ce que v\s f]iez en r5voyant a9si un vieil ouvri]8 ,croyez-v\s que t\t f9isse p\r lui avec un *angem5t de matre8 ,je v\drais que v\s en vissiez un que l'on vi5t de *ass]1 r5tr]1 le soir1 dans sa maison1 et pos] ses outils d]rire la porte4444 ,c'e/ moi que les mi5s jett]ont la pi]re au lieu de v\s la jet]4 ,ils ne me f]ont pas de repro*es1 ils n'en auront pas le c\rage2 mais de temps en temps1 je s5tirai qu'ils me reg>d5t d'un air int]rogateur et qu'ils se dis5t3 ,en somme1 il doit bi5 l'avoir mrit4 ,,b]nick4--,c'e/ a9si que va le monde4 ,il faut que le navire soit prt2 je ne veux pas que la presse m'attaque2 je veux qu'elle me soit favorable et me s\ti5ne p5dant que j'labore une gr&e affaire4 ,,aune4--,un pauvre ouvri] peut avoir aussi des intrts sauveg>d] 444 des intrts de famille4444 ,a9si on travaill]a 444 et l',indian ,girl p\rra pr5dre la m] aprs-dema94444 ,mais je ne rponds de ri54444 ,et le navire pr5d la m]1 et1 mal rp>1 il c\le1 et il y a des victimes4444 ,le consul ,b]nick en tait av]ti temps4444 ,mais que lui importe8 ,il a sa bonne presse4444 ,le foss qui sp>e les hommes et les classes devi5t comme une imm5se tran*e o vont se prcipit]1 p\sss p> l'intrt1 p> le beso91 p> la ha9e1 t\s les membres de notre socit malade4 ,jamais la "q sociale n'a t plus aigu2 dans un sicle o s'entass5t ri*esses sur ri*esses1 o se reflt5t lumire sur lumire1 les hommes1 s\v5t les meilleurs1 meur5t de faim1 les p>5ts tu5t leurs enfants p\r ne pas les ent5dre cri]3 du pa96 ,et on appelle cela3 civilisation6 ,honte et horreur6 ,l'exploitation du travail p> le capital e/ la rgle de notre corps social1 elle amne le pauprisme1 cette ta*e hideuse1 cette lpre de l'humanit1 cette mauvaise conseillre de l'homme4 ,le travail e/ une loi crite la premire page de l'hi/oire de l'univ]s1 mais p]sonne ne doit *app] cette loi4 ,le travail naturel e/ un tat de flicit2 il procure celui qui s'y livre une j\issance intime1 exquise4 ,il y a en celui qui travaille un accroissem5t de vie sa9e et =te1 dont le s5tim5t lui e/ dlicieux4 ,mais le travail =c1 excessif1 e/ une s\ffrance4 ,le travail e/ la loi inviolable s\s le niveau de laquelle t\s doiv5t pli]2 il doit rgn] du haut en bas de la socit4 ,mais e/-il ju/e que les uns travaill5t l'excs et que les autres mn5t une vie oiseuse8 ,e/-il ju/e que la ri*esse fa9ante pr(ite des produits du travail de ceux qui pe95t dmesurm5t8 ,la capital e/ le lot du petit nombre1 et c'e/ la f\le qui travaille1 c'e/ la f\le qui e/ exploite4 ,les grosses =tunes s'accroiss5t et la misre se gnralise4 ,l'arg5t devi5t le matre1 il donne ou refuse du travail1 c'e/--dire du pa91 l'ouvri] qui e/ sa m]ci4 ,celui-ci travaille sans rel*e1 sans repos1 n'ayant jamais de loisir1 tant que sa poitr9e a un s\ffle1 tant que ses bras lui obiss5t1 tant qu'on lui donne du travail4 ,et lorsqu'on le lui refuse1 il se retr\ve sur le pav de la rue1 sans abri1 sans arg5t2 il ne peut att5dre de p]sonne ni appui ni sec\rs2 plus malheureux qu'un *eval hors de s]vice qu'on abat p> *>it1 il e/ condamn voir sa femme1 ses enfants1 l5tem5t1 m\rir de faim4 ,n'e/-ce pas l le vrai esclavage8 ,l'esclavage n'e/ pas v5u1 comme on se plat le croire1 de la gu]re2 il a t l'alim5t et mme la cause des gu]res4 ,l'esclavage vi5t du capital ou accumulation des rev5us1 c>1 tant qu'il n'y eut pas excd5t de rev5us ou lorsque l'excd5t tait trop faible1 l'esclavage ne p\vait s'tablir4 ,mais au fur et mesure du dveloppem5t du capital m>*ait sa suite cette in/itution nfa/e qui p]mettait c]ta9s hommes de s'appropri] le travail de leurs semblables en leur donnant en *ange un m9imum de subsi/ance ou1 comme auj\rd'hui1 un m9imum de salaire4 ,c'e/ une violation et une atte9te inju/ifiable la dignit huma9e4 ,cet ordre de *oses p]met aux puissants du j\r d'accap>] une plus l>ge "p de la =tune commune1 il cre le despotisme1 il augm5te le nombre des proltaires1 et l'antagonisme des classes en e/ le fruit 9vitable4 ,le j\r o les hommes ont le droit d'a*et] les s]vices d'autrui1 l'esprit de solid>it va en s'affaiblissant et t\tes les t5dances se port5t v]s la possession des ri*esses4 ,plus les j\issances des uns devi5n5t bruyantes1 plus les s\ffrances des autres app>aiss5t humiliantes4 ,le capital e/ fils du travail2 la proprit e/ fille du capital1 dis5t les ri*es4 ,mais si la proprit e/ fille du travail1 p\rquoi les vrais travailleurs n'arriv5t-ils jamais la proprit1 mme p> un travail op9itre1 pnible1 qui trop s\v5t les tue8 ,p\rquoi les proltaires1 les dclasss se recrut5t-ils gnralem5t p>mi ceux qui travaill5t et non pas p>mi les ri*es1 les oisifs8 ,dem&ez ces travailleurs qui consum5t leur vie dans une misre p]man5te1 si leur travail leur vaut jamais des droits la proprit8 ,ceux qui ne meur5t pas avant l'ge a*v5t leur misrable exi/5ce dans un tat p\vantable4 ,ce n'e/ pas dans leurs rangs que se =m5t des propritaires cont5ts et satisfaits4 ,et l'exploitation capitali/e tue non seulem5t les m9eurs1 les sal>is1 les ouvri]s de fabriques et d'us9es1 mais aussi les ouvri]s de la p5se1 travailleurs intellectuels1 vivant au j\r le j\r1 sans p\voir p5s] au l5dema91 la maladie1 au *mage4 ,ils travaill5t tant qu'ils port5t en eux une t9celle de vie2 cette t9celle te9te1 ils tomb5t1 puiss1 casss4 ,et les autres1 les ri*es1 les oisifs1 les p>esseux1 les vrais p>asites1 leur cri5t3 ,dclasss6 ,p\r que les gr&s j\iss5t et prospr5t1 dis5t-ils1 il faut que les petits s\ffr5t et vgt5t4 ,le faut-il8 ,malheureux1 ils ne voi5t donc pas que les petits b\g5t8 ,leur rveil s]a affreux1 c> l'homme le plus t]rible e/ celui qui a faim4 ,ne voi5t-ils donc pas se =m] cette =ce n\velle1 d'une puissance crasante1 la grve1 qui se dveloppe avec une rapidit in\e8 ,elle devi5t de plus en plus r$\table1 elle s'appro*e et1 comme la f\dre1 elle clat]a le j\r o on l'att5dra le mo9s4 ,d'un cot1 les ri*es et leurs cli5ts s'ef=c5t de reprs5t] l'organisation actuelle du travail et la rp>tition des bi5s comme un rsultat du libre jeu des lois naturelles1 f]m5t les yeux sur la misre o cr\piss5t des millions de leurs semblables1 dcl>5t 9vitables les maux qu'il leur e/ impossible de ni]1 c\vr5t d'un badigeon rose les fissures de la muraille1 tr\v5t t\t excell5t1 t\t dlicieux1 dans un monde o ri5 ne leur manque1 et p\r le re/e se repos5t sur la fusillade et sur le canon4 ,d'un autre ct1 la classe ouvrire1 sans proprit1 dp5dant p\r son exi/5ce immdiate du travail qu'il plat d'autres de lui accord] en s'en appropriant le bnfice1 e/ lo9 d'admir] cet ordre de *oses4 ,ne le jugeant pas immuable1 elle ne veut plus s'en cont5t] et s'organise peu prs dans t\s les pays p\r le trans=m] p> les voies rvolutionnaires ou p> des crimes4#aa ,c> l'ouvri] ,aune a commis un crime1 mais qui la faute8 ,il e/ las du travail dprimant auquel le condamne sa misre4 ,la d\leur morale et physique1 si pati5te qu'elle soit1 a des limites4 ,la misre e/ un guide t]rible2 elle m9e la raison1 la p5se huma9e1 elle eng5dre la ha9e1 elle e/ tnbres et *aos4 ,c'e/ la misre qui conduit les classes pauvres ces effrayantes dgradations huma9es et sociales4 ,la s\ffrance devi5t convulsion et la compression se trans=me en explosion2 l'obissance passive devi5t rvolte1 et lorsque l'ef=t du labeur e/ rsolu p> l'ef=t de la colre1 de l'exaspration1 alors1 c'e/ horrible1 ces hommes d\x1 qui sont las de s\ffrir1 devi5n5t des mon/res4444 ,encore une fois1 qui la faute8 ,n'e/-ce pas ceux qui tabliss5t deux lois1 deux morales1 les unes p\r eux1 les autres p\r le peuple6 ,et on appelle cela3 ,frat]nit6 ,combi5 ,blanqui#ab a-t-il raison de dire que la frat]nit n'e/ que l'impossibilit de tu] son frre4 ,la frat]nit1 auj\rd'hui6 une hypocrisie1 un pige1 un poign>d6 ,la frat]nit de ,can6--,l'inquisition disait3 mon frre6 sa victime sur le *evalet4 ,ce mot3 la frat]nit s]a bi5tt un s>casme comme cette autre p>ole3 p\r l'am\r de ,dieu6 devise de *>it div9e1 dev5ue l'ironie suprme de l'gsme et de l'ins5sibilit4 ,faible1 l'homme se laisse rduire un m9imum en raison mme de sa faiblesse4 ,=t1 il empite et dvore dans la mesure de sa =ce4 ,il ne s'arrte qu'aux b>rires infran*issables4 ,homo hom9i lupus4 ,aucun homme de s5s ne peut s\t5ir qu'il soit ju/e qu'une faible m9orit j\isse de t\s les avantages de la vie1 sans les avoir gagns p> son travail ou mrits d'une faon quelconque1 t&is que l'imm5se majorit vi5t au monde condamne une vie de labeur incessant1 p\r tr\v] gr&'pe9e une sub/ance prcaire4#ac ,qui donc ne se s5t pas pris d'une imm5se piti p\r ces d%rits de la vie1 p\r ces pauvres g5s qui pe95t et qui s\ffr5t1 qui n'ont pas ici-bas leur "p de soleil et de bonheur8 444 ,oui1 l'ouvri] ,aune a commis un crime1 mais n'e/-ce pas le crime du consul ,b]nick qui l'a eng5dr8 ,les crimes des hommes qui se dis5t suprieurs p\ss5t la dgradation ces tres1 affaiblis p> le travail exagr1 p> la misre1 aptes subir si pr(ondm5t l'influ5ce extrieure4 ,les ri*es et les =ts n'ont mme pas beso9 d'ent\r] leurs vices et leurs crimes d'ombre et de my/re1 ils peuv5t les pratiqu] au gr& j\r2 p\r les df5dre1 ils ont t\t leur disposition3 l'arg5t1 la =ce publique1 la presse4 ,,notes3 #a ,ibs54 ,samfundets ,/tt] 7,les ,s\ti5s de la socit74 #b ,lam>t9e4 ,h>monies4 #c ,ibs54 ,en ,folkefi5de 7,un ,ennemi du peuple74 #d ,un ,ennemi du peuple4 #e ,ibs54 ,samfundets ,/tt] 7,s\ti5s de la ,socit74 #f ,ibs54 ,de unges =bund 7,union des jeunes74 #g ,ibs54 ,de unges =bund 7,union des jeunes74 #h ,ibs54 ,s\ti5s de la ,socit4 #i ,lettre d',ibs5 ,br&s4 ,g4 ,br&s4 ,mod]ne ,gei/]1 p4 #dca4 #aj ,g4 ,t>de4 ,les ,trans=mations du p\voir1 p4 #aj4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #aa ,*>les ,secrtan4 ,etudes sociales1 p4 #e4 #ab ,critique sociale1 t4 ,,ii1 p4 #if4 #ac ,/u>t ,mill4 ,la ,rvolution de #ahdh1 p4 #ij-ia4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iii ,,la ,,presse ,la presse e/ le reprs5tant attitr des s\ti5s de la socit4 ,c'e/ p> sa voix qu'ils rp&5t leurs m5songes4 ,le j\rnal j\e auj\rd'hui le rle le plus important qu'il soit possible d'imag9]1 son influ5ce e/ imm5se1 il dirige en matre inconte/ les de/9es des peuples4 ,ibs5 n\s montre en quelles ma9s nfa/es se tr\ve1 gnralem5t1 cette =ce puissante4 ,je rdige mon j\rnal1 dit ,aslaks5 dans l',union des jeunes#a1 d'aprs le pr9cipe suivant3 c'e/ le gr& public qui fait vivre les j\rnaux1 mais le gr& public e/ le mauvais public1 il lui faut donc un mauvais j\rnal4 ,t\s les numros de ma feuille sont conu dans cet esprit4 ,d'ailleurs1 mon j\rnal e/ ma seule s\rce dvie4 ,le ,ph>e#b e/ l'organe du p>ti radical4 ,son rdacteur en *ef1 ,pi]re ,mort5sga>d1 e/ trs cont5t de l'volution du pa/eur ,rosm]1 il e/ conva9cu que cette n\velle recrue e/ d'une gr&e importance p\r son p>ti1 mais il dcl>e ,rosm] que s'il veut s]vir la cause librale1 il lui faut g>d] le sil5ce sur son apo/asie1 c> des libres-p5seurs1 le p>ti en compte suffisamm5t1 ce qui lui manque1 ce sont des hommes respectables1 anims de s5tim5ts *rti5s4 ,autrefois les criva9s1 les savants passai5t une p>tie de leur vie tudi] les moeurs d'une poque avant d'en crire l'hi/oire2 auj\rd'hui1 les report]s1 s\v5t d'intellig5ce borne1 p>l5t sur t\s les sujets sans en connatre un mot4 ,ils dbit5t des contes risibles1 des sc&ales navrants1 des hi/oires m5songres4 ,ce sont eux qui criv5t l'hi/oire contempora9e laquelle ils donn5t la c\leur de leur j\rnal1 d'o la vrit e/ bannie3 leur seul b e/ de dbit] leur m>*&ise4 ,la presse e/ dev5ue une in/itution indu/rielle4 ,le report] e/ l'me du j\rnal1 la s\rce la plus fconde de sa prosprit matrielle4 ,le public aj\te mo9s d'importance aux articles de fond qu'aux n\velles div]ses4 ,les j\rnaux qui font =tune sont ceux qui arriv5t avoir la primeur des att5tats et des sc&ales4 ,ils ne *]*5t que la glorification du vice s\s t\tes ses =mes1 les plus triviales comme les plus raff9es4 ,quelle tri/e cole d'inconsci5ce1 de lgret1 de s]vilisme6 ,a quel dplorable spectacle la presse n\s fait assi/]6 ,l'injure n'a plus de bornes1 t\tes les bassesses sont d*anes1 t\t e/ atte9t3 tal5t1 honneur1 probit1 v]tu4 ,s\v5t cela va jusqu'au crime4 ,l'absurdit de ses polmiques n'e/ gale qu' la valeur morale de ses l\anges pompeuses4 ,oeuvre de dsagrgation et de ha9e1 elle cre un c\rant de l*et et de bassesse1 de dlation1 de calomnie et de honte4 ,les report]s ont remplac l't9celle div9e des s5tim5ts gnreux p> la b\ffonn]ie et le grotesque4 ,le scepticisme des temps prs5ts e/ le fruit de ces feuilles qui sont un poison moral p\r les masses4 ,les oeuvres srieuses n'ont pas le temps de mrir4 ,*acun mange son bl en h]be et vit p\r le mom5t4 ,on ne *]*e ni la ju/ice ni la vrit1 mais le mot drle2 et une b\tade1 dite spirituelle1 fait accept] les ides les plus absurdes1 les plus rvoltantes4 ,petra ,/ockmann#c refuse de traduire p\r le ,j\rnal du peuple une n\velle anglaise p>ce que c'e/ une hi/oire t5dant pr\v] qu'il y a une provid5ce surnaturelle qui protge t\s les g5s soi-disant bons et qui la f9 leur donne t\j\rs raison1 t&is que les g5s soi-disant mauvais reoiv5t leur *tim5t4 ,,le ,r,,dacteur ,,hov/ad4--,mais c'e/ trs g5til4 ,c'e/ ju/em5t ce que le public dem&e4 ,,petra4--,et c'e/ cela que v\s v\lez (frir votre public8 ,v\s savez bi5 que les *oses ne se pass5t pas a9si dans la vie relle4 ,,hov/ad4--,v\s avez p>faitem5t raison1 seulem5t un rdacteur ne peut pas t\j\rs agir comme il veut4 ,on e/ s\v5t =c de s'incl9] devant l'op9ion du public dans les que/ions de peu d'importance4 ,la politique e/ au fond la cause pr9cipale de la vie1 du mo9s p\r un j\rnal2 et1 p\r gagn] le public aux ides politiques1 il ne faut pas l'effray]4 ,qu& les lecteurs tr\v5t une hi/oire morale dans le rez-de-*ausse du j\rnal2 ils sont plus disposs aval] et digr] ce que n\s publions au-dessus2 ils se rassur5t4 ,le j\rnal s'e/ acquis1 sur les esprits les plus clairs comme sur les c\*es pr(ondes une puissance sans p>eille4 ,les rclames hontes1 dissimules s\s =me d'articles sont rdiges dans le b de tromp] le public et caus5t la ru9e des honntes travailleurs qui amass5t pniblem5t un petit pcule4 ,le peuple qui n'a ni les loisirs ni les moy5s d'analys] sa volont1 ses dsirs1 ses ides1 de les mettre librem5t1 puise ses jugem5ts dans le j\rnal4 ,c'e/ lui qui plie et faonne son gr l'op9ion publique1 c'e/ lui qui la remue ou l'endort4#d ,le j\rnal e/1 p\r les esprits simples1 un oracle infaillible1 ils croi5t ce qu'il propage1 ils rpt5t ses raisonnem5ts4 ,on e/ trop press p\r p5s] soi-mme1 on accepte et on fait si5nes les apprciations les plus errones1 les op9ions t\tes faites sans exam5 ni analyse4 ,on ne se dem&e pas si les jugem5ts qu'on adopte ont t inspirs p> la vrit ou le m5songe1 p> l'quit ou la passion4 ,et dire que la presse p\rrait tre p\r la socit la s\rce de t\tes les v]tus6 ,la presse e/ ce qu'il y a de meilleur au monde lorsqu'elle vibre l'unisson des gr&es et nobles motions1 lorsqu'elle r5d lucides les problmes importants et combat les abus1 lorsqu'elle s]t la vrit et la ju/ice4 ,malheureusem5t elle e/ mise s\v5t au s]vice des ambitions p]sonnelles les mo9s av\ables et des cupidits les plus affreuses4 ,*aque j\r1 le poison e/ rp&u p> torr5ts1 t&is que le remde se di/ribue g\tte g\tte4 ,ah6 c]tes1 ce n'e/ pas la presse qu'il faut accus]1 mais ses reprs5tants1 les hommes1 les individus1 les s\ti5s de la socit qui la dirig5t1 les ,aslaks5#e1 les ,hov/ad#f1 les ,mort5sga>d#g4 ,pi]re ,mort5sga>d1 dit le prcepteur ,br5del1 e/ matre de l'av5ir4 ,pi]re ,mort5sga>d a en lui le don de la t\te-puissance4 ,il peut faire t\t ce qu'il veut 444 c> il ne fait jamais plus qu'il peut4 ,pi]re ,mort5sga>d e/ capable de vivre sans idal4 ,et cela1 c'e/ prcism5t le gr& secret de la conduite et de la victoire4 ,c'e/ le rsum de t\te la sagesse du monde4 ,le j\rnal p\rrait tre le g>di5 le plus sr du progrs1 l'avant-g>de de la ju/ice1 m>*ant la conqute de la lumire1 c'e/ lui qui p\rrait arra*] la f\le aux sugge/ions fune/es1 lui dvoilant les desse9s p]v]s de ses vrais ennemis1 c'e/ lui qui p\rrait l'affran*ir du j\g moral et matriel qui pse sur sa tte depuis des sicles4 ,quelle noble mission p\r celui qui se l'impose6 il e/ beau le rle que peut j\] *ez un peuple libre1 une in/itution comme la presse1 mais il faut que le peuple1 que ceux qui dirig5t la presse ai5t une conception ju/e de la lib]t2 hlas1 ne compr5n5t pas t\j\rs la lib]t ceux qui la possd5t6 ,faut-il re/re9dre la lib]t de la presse8 ,jamais6 ,c'e/ un gr& p* que de tu] une p5se libre4#h ,la lib]t peut dgnr] et dev5ir lic5ce1 mais la lib]t n'e/ pas et ne s]a jamais la lic5ce4 ,d'ailleurs1 on ne supprime pas le mal p> le mal4 ,p]sonne ne peut ni donn] ni re/re9dre la lib]t4 ,qu& la presse devi5dra digne de la lib]t1 elle la pr5dra elle-mme1 si elle ne l'a pas2 en t\s cas1 elle saura en us]4 ,aucune atte9te juridique la presse ne peut tre tolre4 ,dans un tat social vraim5t assis1 l'action de la presse e/ trs utile comme contrle2 sans la presse1 des abus extrmem5t graves sont 9vitables4 ,c'e/ aux classes honntes dc\rag] p> leur mpris1 la presse sc&aleuse4#i ,la p>ole et la p5se doiv5t tre libres4 ,l'homme ne s]ait pas l'homme1 s'il ne p>lait librem5t4 ,arrt] l'essor de la p5se1 c'e/ rabaiss] la dignit huma9e4 ,ce qu'il y a de mieux en n\s1 c'e/ la p5se4#aj ,la lib]t de la presse e/ sacre1 il faut qu'elle puisse t\j\rs se produire librem5t1 c'e/ l'un des bi5s de la civilisation1 mais si ,p5s] librem5t e/ beau ,p5s] ju/e e/ encore plus beau4#aa ,et c'e/ p> la ju/ice qu'on acqui]t s\v5t la lib]t1 c> elle ne s'octroie pas1 il faut la conqurir4 ,la lib]t de p>l] et d'crire1--lorsqu'on ne la compr5d pas1 c'e/--dire lorsqu'on ne la porte pas dans son me1--ne s]t aux moralem5t faibles qu'a manife/] leur jal\sie p\r les moralem5t suprieurs1 en dv]sant sur eux leur malfaisante raill]ie s9on leurs m5songes diffamatoires4 ,le j\r o l'on compr5dra que l'invective ne remplace jamais la libre discussion1 que les impuissants seuls sub/itu5t l'injure la raison1 que l'on combat mieux ses adv]saires p> des argum5ts solides que p> des insultes1 qu'on flagelle mieux les hypocrites avec la vrit1 la ju/ice1 qu'avec la viol5ce1 la calomnie2 le j\r o l'on compr5dra que la lib]t de t\t homme s'arrte l o elle viole la lib]t d'autrui1 la presse1 comme t\tes les autres in/itutions1 devi5dra libre1 et sa langue b>b>e et indc5te s]a purife4 ,la corruption du langage amne la corruption des ides2 elle fausse l'esprit qui devi5t incapable de di/+u] la vrit de l'erreur4 ,le c\pable n'e/ pas le lecteur1 mais l'criva9 qui manque la premire condition de son apo/olat4 ,en att5dant cet ge d'or1 n'oublions po9t que la lib]t de propag] l'erreur et le mal p> la p>ole et la presse a p\r correctif naturel la lib]t de propag] p> les mmes moy5s la vrit et le bi54#ab ,que les honntes g5s en us5t4 ,passons la famille4 ,,notes3 #a ,ibs54 ,de unges =bund4 #b ,ibs54 ,rosm]%olm4 #c ,ibs54 ,en folkefi5de 7,un ennemi du peuple74 #d ,les j\rnaux sont trs rp&us en ,norvge4 ,t\t paysan reoit un j\rnal4 #e ,union des jeunes4 #f ,ennemi du peuple4 #g ,rosm]%olm4 #h ,ibs54 ,kongsemm]ne7,les ,prt5dants la c\ronne74 #i ,r5an4 ,la r=me intellectuelle et morale1 p4 #ia4 #aj ,ibs54 ,le petit ,eyolf1 ,allm]s4 #aa ,inscription place au fronton de l',univ]sit d',upsal4 #ab ,le ,play4 ,r=me sociale4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iv ,,la ,,famille ,la famille a la plus gr&e "p dans la corruption et dans la dgradation de la socit actuelle4 ,le vritable mal e/ l1 il faut avoir le c\rage de se l'av\]4 ,dans la ,comdie de l'am\r1 dans le ,can>d sauvage1 dans les ,rev5ants1 dans la ,maison de p\pe1 ,ibs5 n\s le dit avec une =ce et une fran*ise /oci5nes4 ,votre m>iage1 crie ,falk1#a mais c'e/ l'accord de deux positions conv5ables1 ce n'e/ po9t de l'am\r6 ,l'am\r qui seul devrait =m] les unions1 en e/ banni2 c'e/ le code qui y prside4 ,le notaire rdige le contrat o *acun /ipule ses intrts1 o le m>i discute le *iffre de la dot1 o la femme fait ses calculs1 o l'on *]*e se tromp] mutuellem5t4 ,l'am\r a cess d'tre une passion1 c'e/ une sci5ce catalogue1 une pr(ession1 avec ses corporations1 son drapeau2 les fiancs et les p\x en =m5t les cadres et les rempliss5t avec une cohsion semblable celle des plantes de la m]4#b ,l'am\r n'e/ plus un s5tim5t div91 c'e/ un vice4 ,d'aprs les rgles de la civilisation mod]ne1 ce n'e/ pas la femme que l'homme p\se1 c'e/ sa dot1 son bi51 sa =tune4 ,les m>iages1 p\r la plup>t1 ne sont qu'un m>* immoral o deux jeunes g5s se v5d5t prix d'or4 ,le m>iage#c doit con/itu] une union que deux tres n'accompliss5t que p> am\r rciproque et p\r atte9dre leurs f9s naturelles4 ,mais ce motif n'exi/e proprem5t p>l] que trs r>em5t de nos j\rs4 ,au contraire1 le m>iage e/ considr p> la plup>t des femmes comme une sorte de refuge dans lequel elles doiv5t entr] t\t prix1 t&is que l'homme1 de son ct1 en pse et en calcule m9utieusem5t les avantages matriels4 ,et la brutale ralit apporte mme dans les m>iages o les motifs g/es et vils n'ont eu aucune action1 tant de tr\bles et d'lm5ts de dsorganisation que ceux-ci ne combl5t que r>em5t les esprances que les p\x c>essai5t dans leur jeune en?\siasme et dans t\t le feu de leur premi] am\r4 ,or1 le m>iage actuel n'e/ qu'une =me lgale de la pro/itution qui amne la dim9ution graduelle de la fcondit et l'accroissem5t de la dpopulation4 ,la cause de l'affaiblissem5t de la natalit e/ connue3 la volont de l'homme la dt]m9e4 ,n\s ne sommes pas assez ri*es p\r n\s donn] ce luxe-l4 ,les enfants sont une *>ge qui dim9ue les j\issances g/es des p>5ts4 ,les ri*es ne veul5t pas laiss] trop de cop>tageants de leur =tune2 les mo9s ri*es craign5t de succomb] s\s le poids d'une famille nombreuse4 ,seules1 les familles misrables ont beauc\p d'enfants4 ,plus la ri*esse et l'aisance s'accroiss5t1 plus le nombre des enfants dim9ue4 ,les pauvres sont mo9s ab/5tionni/es que les ri*es p>ce qu'ils n'ont pas le so9 de l'hritage laiss] en p>tage1 et p>ce que les classes travailleuses tant plus dp\rvues de plaisir que la classe1 dite suprieure1 se laiss5t all] au beso9 gnsique4 ,d'ailleurs1 les unions se font plus librem5t p>mi les ouvri]s4 ,l'union libre1 la socit dirigeante la rep\sse et la fltrit4 ,le pa/eur ,m&]s#d appelle foy]1 le foy] dome/ique o un homme vit avec sa femme et ses enfants4 ,,oswald1 pe9tre4--,oui1 ou avec ses enfants et la mre de ses enfants4 ,,le ,,pa/eur4--8 ,mais 444 misricorde6 ,,oswald4--,quoi8 ,,le ,,pa/eur4--,vivre avec 444 la mre de ses enfants8 ,,oswald4--,oui 444 prfr]iez-v\s qu'on la rep\sst8 ,,le ,,pa/eur4--,mais comm5t se peut-il qu'un homme ou une jeune femme qui ont 444 ne ft-ce qu'un peu d'ducation1 s'accommod5t d'une exi/5ce de ce g5re1 aux yeux de t\t le monde8 ,,oswald4--,eh6 que v\lez-v\s qu'ils fass5t8 ,une jeune fille pauvre4444 ,il faut beauc\p d'arg5t p\r se m>i]4 ,que v\lez-v\s qu'ils fass5t8 ,,le ,,pa/eur4--,ce que je veux qu'ils fass5t8 ,je vais v\s dire1 moi1 ce qu'il faut qu'ils fass5t4 ,ils doiv5t vivre lo9 l'un de l'autre6 ,,oswald4--,ce disc\rs ne v\s s]virait pas gr&'*ose auprs de n\s autres1 jeunes hommes1 passionns1 am\reux4 ,,le ,,pa/eur4--,et les autorits qui tolr5t de telles *oses1 qui les laiss5t s'accomplir en ple9 j\r6 ,et cette immoralit s'tale effrontm5t1 elle acqui]t1 p\r a9si dire1 droit de cit6444 ,les pa/eurs ,m&]s exalt5t la famille4 ,elle e/ la base de l'tat1 dis5t-ils4 ,e/-ce que la famille n'e/ pas la base de la socit8 ,un agrable *ez soi1 des amis fidles1 un petit c]cle bi5 *oisi1 dans lequel nul lm5t discordant ne vi5t apport] le tr\ble8#e ,oui1 la famille e/ un des lm5ts les plus puissants de la socit1 mais si la famille antique prs5tait vraim5t une unit sociale1 la famille d'auj\rd'hui en e/ mo9s qu'un reflet faible et ple3 elle n'e/ plus qu'un c5tre de corruption4 ,le vieux ft>d ,w]l#f1 aprs avoir con/itu sa ri*esse sur les ru9es d',ekdal1 aprs une vie de dbau*e1 cause de la mort de sa femme1 a l'ide de rgul>is] sa fausse position et de se rem>i] avec ,mme ,sv]by1 femme digne de lui s\s t\s les rapports4 ,p\r vit] les mauvaises langues et les m*ants propos1 il fait appel son fils ,grgoire qui vit1 solitaire1 dans les us9es4 ,,gr,,goire4--,ah6 c'e/ comme cela6 ,madame ,sv]by tant en jeu1 on avait beso9 d'un joli tableau de famille dans la maison1 quelques scnes att5drissantes entre le pre et le fils4 ,la vie de famille6 ,qu& l'avons-n\s m5e ici8 ,jamais1 aussi lo9 que vont mes s\v5irs4 ,mais auj\rd'hui il en faut un peu1 cela aurait si bonne faon1 si l'on p\vait dire qu'entran p> la pit filiale1 le fils e/ r5tr la maison p\r assi/] aux noces de son vieux pre6 ,que re/]ait-il de t\s ces bruits qui reprs5t5t la pauvre dfunte succombant aux *agr9s et aux s\ffrances8 ,pas un *o1 le fils les aurait fait van\ir4 ,,w]l4--,grgoire6444 ,ah6 je le vois bi53 il n'e/ p]sonne au monde que tu respectes mo9s que moi4 ,,gr,,goire4--,je t'ai vu de trop prs4 ,,w]l4--,tu m'z vu p> les yeux de ta mre4 ,,gr,,goire4--,cette nature confiante tait prise dans un filet de p]fidies1 habitant s\s le mme toit 444 que d'autres femmes 444 ses s]vantes 444 sans se d\t] que son foy] reposait sur un m5songe6 ,ton exi/5ce m'app>at1 qu& je la reg>de1 comme un *amp de c>nage jon* de cadavres4444 ,dans le mme drame ,hialm> int]roge sa femme sur son pass4 ,elle f9it p> reconnatre sa liaison avec ,w]l1 dvoile son m>i p> ,grgoire4 ,,hialm>4--,comm5t z-tu pu me ca*] une p>eille *ose8 ,,g9a4--,oui1 a n'e/ pas bi5 moi2 j'aurais d te l'av\] depuis longtemps4 ,,hialm>4--,tu aurais d me le dire t\t de suite4 ,au mo9s j'aurais su qui tu tais4 ,,g9a4--,m'aurais-tu p\se t\t de mme1 dis8 ,,hialm>4--,comm5t peux-tu le suppos]8 ,,g9a4--,voil p\rquoi je n'ai ri5 os dire4 ,je ne p\vais p\rtant pas faire mon propre malheur6 ,telles sont les bases de la famille actuelle3 m5songe et corruption2 in/rum5t de pr(it comme p\r ,g9a1#g p\r ,/5sg>d#h ou in/rum5t de plaisir g/e comme p\r ,helm]#i4 ,l'homme et la femme s\ffr5t de cet tat de *oses1 mais la femme en s\ffre davantage4 ,l'homme1 dit ,bebel#aj1 de qui provi5t le plus s\v5t le sc&ale dans le m>iage1 sait1 grce sa situation prpondrante1 se ddommag] ailleurs4 ,la femme ne peut que bi5 r>em5t pr5dre aussi les *em9s de trav]se1 d'abord p>ce que s'y lanc] e/ plus dang]eux p\r elle1 en sa qualit de p>tie pr5ante1 et ensuite p>ce que *aque pas fait en dehors du m>iage lui e/ compt comme un crime que ni l'homme ni la socit ne p>donn5t4 ,la femme e/ oblige de considr] le m>iage comme un asile1 c> en dehors du m>iage la socit lui fait une situation qui n'a ri5 d'enviable4 ,l'intrt matriel en*ane l'un l'autre des tres huma9s4 ,l'une des p>ties devi5t l'esclave de l'autre et e/ contra9te1 p> devoir conjugal1 de se s\mettre ses c>esses les plus intimes1 qu'elle a peut-tre plus en horreur que ses injures et ses mauvais traitem5ts4 ,un p>eil m>iage n'e/-il pas pire que la pro/itution8 ,la pro/itue e/ encore jusqu' un c]ta9 po9t libre de se s\/raire son honteux mti]1 elle a le droit de se refus] v5dre ses c>esses un homme qui1 p\r une raison ou p\r une autre1 ne lui plat pas4 ,mais une femme v5due p> le m>iage e/ t5ue de subir les c>esses de son m>i1 qu& bi5 mme elle a c5t raisons de le har et de le mpris]4 ,considr] la femme comme leur gale rpugne aux prjugs des hommes4 ,la femme1 p\r eux1 doit tre s\mise1 obissante1 conf9e exclusivem5t dans son mnage2 elle doit comprim] ses p5ses1 ses aspirations p]sonnelles1 dt-elle prir intellectuellem5t de cette situation opprime4 ,que de s\ffrances morales1 que de pleurs1 de nuits sans sommeil1 brisant p\r t\j\rs l'organisme de ces pauvres tres1 anantissant leurs esprances6 ,mme ,alv+#aa e/ l'une de ces admirables et malheureuses figures4 ,elle a reu dans sa jeunesse quelques r5seignem5ts o il ne s'agissait que de devoirs et d'obligations4 ,p5dant v+t ans elle a vcu l-dessus1 s\ffrant sil5cieusem5t auprs de son m>i malade et dbau*4 ,une seule fois seulem5t1 lasse de vivre auprs d'un f\ qu'elle n'aimait pas1 elle se prcipite *ez le jeune pa/eur qu'elle aime et dont elle se s5t aime4 ,me voici1 pr5ds-moi6 ,femme1 rpond le faux disciple de ,jsus1 ret\rnez *ez celui qui e/ votre p\x devant la loi6 ,l'lan qui l'a p\sse v]s le bonheur et la lib]t a t vite rfrn2 elle e/ r$ev5ue la femme au/re p\r qui la vie e/ une valle de l>mes et qui ne peut rp&re aut\r d'elle la lumire et la gat d'une me heureuse4 ,durant v+t ans cette femme admirable eut le c\rage de ca*] t\s les misres de sa vie dome/ique4 ,j'ai support bi5 des *oses dans cette maison1 av\e-t-elle plus t>d4 ,p\r ret5ir mon m>i les soirs et les nuits j'ai d me faire le cam>ade de ses orgies secrtes4 ,j'ai d m'attabl] avec lui en tte--tte1 tr9qu] et boire avec lui1 c\t] ses insanits1 j'ai d lutt] corps corps avec lui p\r le mettre au lit4 ,j'avais mon fils1 c'e/ p\r lui que je s\ffrais t\t4 ,mais lorsque j'ai reu le d]ni] outrage1 qu& j'ai vu dans les bras de mon m>i ma propre bonne 444 alors4444 ,alors1 elle se rvolte1 elle veut appr5dre son fils la vraie vie4444 ,nora#ab1 rvolte galem5t p> le m5songe de sa vie conjugale1 ab&onne t\t fait et la maison et ses enfants4444 ,et c'e/ cette famille qui e/ appele =m] la jeune gnration6 ,la famille doit tre un arbre puissant dont les rac9es plong5t une gr&e pr(ondeur dans le sol1 t&is que les cimes mont5t haut v]s le ciel et que les bran*es protectrices c\vr5t un l>ge espace4 ,or1 elle e/ rduite l'tat d'un maigre arbu/e sans rac9es1 dont le pauvre feuillage e/ impuissant donn] un abri4#ac ,les rejetons vig\reux et multiplis ne sort5t que d'une famille =te4 ,ceux qui ont t levs d'une manire absurde ne peuv5t pas lev] les autres d'une manire s5se4 ,une multitude d'aveugles ne donn]a jamais un voyant1 une runion de malades ne f]a jamais un homme bi5 portant4 ,qu& on songe la jeune gnration qui s'lve au se9 de ce milieu corrompu et dsquilibr1 une d\leur1 une p\vante1 v\s tre9t l'me4444 ,,notes3 #a ,ibs54 ,kja]ligh$5s ,kom$ie7,comdie de l'am\r74 #b ,ibid4 #c ,bebel4 ,la femme1 p4 #fh4 #d ,ibs54 ,gj5gang]e 7,rev5ants74 #e ,ibs54 ,samfundets /tt] 7,s\ti5s de la socit74 #f ,ibs54 ,vild&57,can>d sauvage74 #g ,can>d sauvage4 #h ,union des jeunes4 #i ,maison de ,p\pe4 #aj ,la ,femme4 #aa ,rev5ants4 #ab ,ibs54 ,et ,dukkehejem7,maison de p\pe74 #ac ,m4 ,gur94 ,evolution sociale1 p4 #cbc4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,v ,,la ,,jeune ,g,n,,ration ,la dcad5ce1 la dsorganisation de la famille porte vite ses fruits et la jeune gnration tr\ve le moy5 de surpass] ses crateurs et ses matres4 ,l'ducation qu'on lui donne a p\r b de =tifi] en elle les vues1 les aspirations1 les ides des a s\ti5s de la socit1 et1 p> l1 de p]ptu] les m5songes conv5tionnels4 ,au foy] dome/ique ou l'cole1 la m?ode e/ t\j\rs la mme4 ,on fait autant de m5songes l'cole qu' la maison2 p>t\t on ne fait que m5tir aux enfants4#a ,sa*ant que l'enfant n'e/ pas s5sible aux calculs d'intrt et de p>ti1 que la puret de sa jeune me ne lui p]met pas encore de se mfi] des matres trop complaisants1 ces d]ni]s se press5t de remplir son c]veau1 sa mmoire de fausses notions et d'ides absurdes4 ,transmettre aux enfants leurs maladies physiques et morales ne suffit pas aux p>5ts1 ils leur enseign5t1 ds leur enfance1 que le ,dieu invisible a t\t prvu ici-bas1--la ncessit de la proprit et de la misre1 du luxe et de la faim1 de l'oisivet des uns et du travail dmesur des autres4 ,on leur enseigne que t\t dans la socit e/ p>fait et qu'ils n'ont qu' cont9u] l'oeuvre de leurs anctres4 ,on dtruit en eux t\t3 la promptitude et la fran*ise de l'esprit1 la puissance de la volont individuelle1 l'intellig5ce et la consci5ce virg9ales4 ,l'ducation a p\r b de tu] dans l'enfant t\t g]me d'initiative p]sonnelle3 on ne lui appr5d ni p5s]1 ni v\loir1 ni vivre p> lui-mme4 ,on travaille sur l'enfant1 sur l'lve1 comme sur une *ose1 ou comme sur un animal dont on veut dompt] les n]gies4 ,et cet tat de *ose n'e/ pas p>ticuli] tel ou tel pays1 il e/ gnral1 il e/ univ]sel4 ,dem&ez c5t jeunes franais1 sortant du collge1 quelles c>rires ils se de/95t2 les trois qu>ts v\s rpondront qu'ils sont c&idats aux fonctions du g\v]nem5t4 ,la plup>t ont p\r ambition d'entr] dans l'arme1 la magi/rature1 les m9i/res1 l'adm9i/ration1 les f9ances1 les consulats1 les ponts et *ausses1 les m9es1 les tabacs1 les eaux et =ts1 l'univ]sit1 les biblio?ques et ar*ives1 etc41 etc4 ,les pr(essions indp5dantes ne se recrut5t1 en gnral1 que p>mi les jeunes g5s qui n'ont pas russi entr] dans une de ces c>rires4#b ,ds l'enfance on a tu dans l'homme t\te initiative1 t\te volont1 t\t respect p\r sa p]sonnalit1 p\r son individualit4 ,les moeurs n'ont gure p]mis jusqu' ma9t5ant qu'on respectt l'individualit de l'enfant comme celle d'un gal futur1 et peut-tre d'un suprieur en dveloppem5t intellectuel et moral4 ,r>es sont les p>5ts qui voi5t dans leur fils un tre dont les ides et la volont sont de/9es gr&ir d'une manire orig9ale1 et r>e l'in/ituteur qui ne *]*e dict] aux lves ses op9ions1 sa morale p>ticulire1 et n'essaie de facilit] sa besogne en imposant l'obissance4#c ,et lorsque plus t>d la vie leur dvoile la vraie lumire1 leurs mes sont dj trop imprgnes d'impressions1 d'ides fausses4 ,ce ne sont pas des hommes1 ce sont des ma*9es faites p\r tre diriges p> un mcanisme extrieur et artificiel4 ,il faut tre =t1 il faut port] en soi des g]mes d'une individualit puissante1 p\r p\voir se db>rass] de t\tes les erreurs1 de t\s les m5songes1 de t\tes les s\illures morales qu'on a si soigneusem5t entret5us en n\s p5dant nos jeunes annes4 ,la majorit con/itue cette lgion de dgnrs dont ,ibs5 n\s prs5te quelques types c>actri/iques4 ,le ,dr ,raak dans la ,maison de p\pe1 ,ulrik ,br5del dans ,rosm]%olm1 ,laevborg dans ,h$da ,gabl]1 ,oswald dans les ,rev5ants1 la bohmi5ne ,g]d dans ,br&1 t\s ces tres ne se dom95t gure1 maladies hrditaires1 folie1 ivresse1 il y a quelque *ose qui les obsde1 des s\v5irs qui les hant5t1 des rev5ants dont ils ne peuv5t pas se dfaire4 ,n\s sommes t\s des rev5ants4 ,ce n'e/ pas seulem5t le sang de nos pre et mre qui c\le en n\s1 c'e/ encore une espce d'ide dtruite1 une sorte de croyance morte1 et t\t ce qui en rsulte4 ,cela ne vit pas1 mais ce n'en e/ pas mo9s l1 au fond de n\s-mmes et jamais n\s ne p>v5ons n\s en dlivr]4 ,et puis1 t\s1 tant que n\s sommes1 n\s avons une si misrable peur de la lumire6#d ,je v\s connais fond1 dit ,br&1 mes l*es1 esprits in]tes6 ,il v\s manque ce battem5t d'ailes de la volont1 ce frmissem5t anxieux qui lve les cantiques jusqu'au ciel4 ,l'esprit morne1 le pas tranant1 ils s'avanc5t l\rds et fatigus4 ,a leur air sombre1 on dirait qu'ils s5t5t un f\et d]rire eux4 ,leurs fronts port5t le voile du vice4 ,leurs reg>ds plong5t dans les tnbres4 ,c'e/ l'image du p*1 ce n'e/ plus l'image de ,dieu4 ,qui donc leur cri]a3 ,je s5s c\rir dans mes ve9es le fleuve brillant de la jeunesse4 ,vig\reux rejeton1 je suis n de l'am\r de deux tres beaux1 jeunes1 ard5ts1 t&is que toi1 fragile crature sans n]gie1 sans vie1 tu es n de l'union morne et glace de deux tres lis p> un contrat qui ne peut excit] en eux la flamme des s5s6#e ,ils sont t\s malades1 physiquem5t et moralem5t4 ,mon p9e dorsale1 la pauvre innoc5te1 se pla9t le docteur ,raak#f1 doit s\ffrir cause de la joyeuse vie qu'a m5e mon pre qu& il tait lieut5ant4 ,oswald#g1 pe9tre1 n'a jamais m5 une vie orageuse s\s aucun rapport et p\rtant il se s5t bris d'esprit1 il ne peut plus travaill]1 il e/ comme un mort-vivant4 ,il a de trs viol5tes d\leurs la tte1 spcialem5t l'occiput1 comme s'il avait le crne dans un c]cle de f]1 de la nuque au sommet4 ,t\te sa =ce e/ p>alyse1 il ne peut pas se conc5tr] et arriv] des images fixes4 ,sa maladie s'explique3 son pre fut alcoolique t\t en tant *ambellan4 ,t\s ces tres sont las1 fatigus de vivre1 pe9e entrs dans la vie4 ,leur moral e/ gal leur physique4 ,les dsirs1 s5tim5ts1 passions1 qui donn5t au c>actre son ton fondam5tal1 ont leurs rac9es dans l'organisme1 sont prdt]m9s p> lui4#h ,quel abaissem5t des c>actres et de la volont6 ,jamais le s5s moral n'eut une voix mo9s puissante1 jamais la consci5ce ne p>la mo9s dans le monde4 ,la soif des j\issances matrielles p>at avoir t\ff t\t s5tim5t suprieur4 ,la loi du plaisir exclusif eng5dre fatalem5t t\s les gsmes et t>it dans leur s\rce t\s les s5tim5ts levs de l'me4 ,la dgnresc5ce des moeurs ne consi/e pas seulem5t dans l'accomplissem5t des actes immoraux1 elle exi/e aussi dans la p5se corrompue1 dans l'imag9ation malade4 ,on ne croit qu' la =ce brutale1 l'arg5t1 aux impulsions extrieures2 on ne croit plus la consci5ce1 la volont1 l'amiti4 ,borckman#i regrette amrem5t de s'tre confi un ami qui l'a trahi4 ,cette trahison le fait maudire ,l'amiti3 ,savoir tromp]1 c'e/ en cela que consi/e l'amiti1 dit-il4#aj ,et comm5t en s]ait-il autrem5t8 ,hoc s5tio1 nisi 9 bonis amicitiam esse non posse4 ,l'amiti relle ne peut exi/] que dans le bi54 ,et le bi5 leur e/ trang]6 ,les l>ges horizons se rtrciss5t1 on ne sait plus aim]1 on ne connat mme plus les ha9es vig\reuses1 le c>actre s'efface1 le c>actre disp>at4 ,un c>actre bi5 fade e/ celui de n'en avoir aucun4#aa ,on n'a plus le respect de soi-mme1 il n'y a pas de s5tim5ts gnreux1 ni dv\em5t1 ni ds9tressem5t4 ,cabot9s1 arrivi/es1 ils sont envieux1 fats1 vaniteux1 sans pr9cipes1 sans bases4 ,l'un de ces jeunes1 l'avocat ,/5sg>d#ab1 e/ le type admirable de l'arrivi/e mod]ne4 ,il fonde l',union des jeunes p\r combattre le vieux p>ti politique et p>ticulirem5t le vieux *ambellan1 mais il suffit d'une simple invitation dn] de la "p de celui-ci p\r qu'il oublie t\s ses disc\rs enflamms1 t\tes ses promesses1 mme son dsir d'p\s] ,mlle ,mons51 c> il s'ap]oit que la fille du *ambellan mme e/ beauc\p plus ri*e et que c'e/ un p>ti plus avantageux4 ,et lorsqu'il appr5d qu'elle e/ ru9e et que ,mlle ,mons5 ne veut plus de lui1 il se dcide p\s]--galem5t trop t>d--une ri*e aub]gi/e1 laquelle1 tant trs prvoyant1 il faisait aussi une c\r assidue4 ,on fonde des ,unions1 des ,c]cles1 des ,ecoles1 des ,ligues1 p\r mieux masqu]1 dans l'anonymat1 le vide de ceux qui s'y rfugi5t4 ,que de nullits peuv5t abrit] des noms pompeux comme ,union des jeunes6 ,t\te leur morale1 c'e/ celle du succs4 ,hone/a qua$am scel]a successus facit4#ac ,et ds qu'un esprit indp5dant s'loigne de ces ,unions p\r ne suivre qu'un *em9 droit et librem5t *oisi1 les mdisances1 les calomnies1 les p]fidies1 les ho/ilits basses1 les intrigues le p\rsuiv5t de t\tes p>ts4 ,seuls1 les =ts cont9u5t le combat1 n'c\t5t que la voix de leur consci5ce1 sans se laiss] dc\rag]1 et ne prt5t qu'un s\rire de piti aux p>asites1 qui en mdis5t4 ,les autres1 les faibles1 p]d5t leur foi en eux-mmes et tomb5t empoisonns4 ,la vritable valeur morale n'a beso9 ni d'insignes1 ni d'coles1 ni de ligues p\r se rvl]1 elle se trahit1 mme qu& on la ca*e1 comme la misre morale se trahit mme qu& on la dissimule4 ,pratiques jusqu' l'excs1 les jeunes d'auj\rd'hui ne font que pro/itu] *aque j\r les =ces de leurs p5ses et de leurs affections4 ,le *amp de leurs exploits e/ la vie dite monda9e dont la haute sci5ce consi/e p\r eux dans l'art de laiss] dev9] avec lgance les mrites qu'ils n'ont pas4 ,et ils plais5t4444 ,on plat s\v5t plus p> ses dfauts que p> ses qualits4 ,t\te leur phrasologie1 t\s leurs beaux disc\rs ne s]v5t qu' eux-mmes1 leur c>rire4 ,ce qu'ils *]*5t1 c'e/ jet] de la p\dre aux yeux1 c'e/ faire quelque *ose4 ,peu importe ce qu'on fait--j\] aux c\rses ou fond] des ,unions--l'ess5tiel e/ de faire4 ,du haut en bas1 si l'on n\s pr5d t\s en bloc1 on peut n\s appel] une race de faiseurs1 dit le matre d'cole dans ,br&4 ,la seule1 la vraie ,union de t\s ces tres atte9ts d'anmie morale1 le seul po9t sur lequel ils sont t\s d'accord1 c'e/ l'arg5t1 cause de l*ets1 de suicides1 de la dmoralisation1 de t\tes les horreurs4 ,l'arg5t e/ un matre abom9able1 il ne doit tre que le s]viteur4#ad ,ce matre abom9able rgne auj\rd'hui en t\te lib]t1 et sa dom9ation e/ un des c>actres saillants de notre socit4 ,le nom de ce mtal a pris dans la vie sociale une signification qui fait de lui le matre de la vie4 ,l'arg5t a supprim le travail individuel1 il p]v]tit celui dont le coeur tait pur1 le r5d g/e1 incapable de nobles lans d'mes1 il divise la famille1 il p\sse le jeune homme p\s] non pas celle qu'il aime mais celle qui e/ ri*e1 il p\sse la mre sacrifi] le bonheur de sa fille en la donnant au plus ri*e p\seur4 ,aucune bran*e de la socit n'*appe l'adoration univ]selle de la ,bte d',or3 ,jeunes m>is dont les rves d'am\r sont des rves dors et qui av\5t sans v]gogne qu'ils aim5t non pas telle ou telle p]sonne1 mais telle ou telle dot1 comme si la famille n'avait d'autre b que d'unir et de procrer des sacs d'cus2 p\x1 dont la cra9te de dim9u] leur bi5-tre arrte les lans de la passion2 f9anci]s qui1 froidem5t1 p> leurs c\ps de b\rse1 pr5n5t l'p>gne de pauvres g5s1 les condamn5t la misre1 prp>5t leurs suicides1 mais dont on exalte le bon coeur p>ce qu'ils donn5t quelques francs dans une s\scription publique1 b\rgeois qui viv5t *i*em5t1 se refusant t\t plaisir1 af9 d'entass] quelques pices d'or de plus2 r5ti]s dont l'exi/5ce se passe t\*] les intrts1 les mettre de ct1 en t\*] de n\veaux1 supput] les *ances de hausse ou de baisse et dont la p5se rab\grie ne s'lve pas au-dessus de cet troit horizon2 criva9s qui1 s\s c\leur d'art1 dbit5t des romans pornographiques1 af9 de ralis] de plus gros bnfices2 magi/rats condamnant sans piti de pauvres malheureux qui ont tondu un pr de la l>geur de leur langue1 mais ple9s d'indulg5ce p\r les agioteurs ayant drob des millions et dont l'appui leur p>at promettre des j\rs =tuns2 politici5s dont l'ho/ilit se laisse att5drir propos1 qu& il s'agit de que/ions dans lesquelles se tr\v5t intresses de puissantes socits f9ancires2 ca?oliques1 prote/ants1 juifs1 t\s1 se r\lant aux pi$s du ,veau d'or1 att5d5t de lui un s\rire4#ae ,il faut leur cri] leurs vrits en face1 t\s ces inutiles1 l'intellig5ce vide1 au coeur sec1 infatus d'eux-mmes1 orgueilleux sans gr&eur1 g/es sans esprit1 tranant la remorque de leurs passions une exi/5ce factice et dprimante1 sans b1 sans volont1 sans idal1 sans foi6 ,le luxe immdiat e/ le s\v]a9 bi51 l'arg5t e/ la seule idole de ces huma9s dits civiliss4 ,les p>lem5ts1 les *ancell]ies1 les rdactions1 sont des succursales de la ,b\rse4 ,l'arg5t mne la religion1 l'arg5t mne la politique1 l'arg5t mne la presse1 l'arg5t mne la famille1 l'arg5t mne t\t et t\s4 ,t\te leur volont tant dirige v]s l'arg5t1 il ne leur en re/e ri5 p\r la vie4 ,ils n'ont mme pas la volont d'tre heureux4 tres incomplets1 ils n'ont que le dsir1 sans avoir la p5se2 ils imag95t1 mais ils ne sav5t po9t v\loir4#af ,dans la ,comdie de l'am\r1 le pote ,falk et ,svanhild se dcl>5t leur am\r4 ,,falk4--,dans ma b>que naviguant v]s l'av5ir1 il y a place p\r deux4 ,si v\s avez du c\rage1 m>*ons cte cte dans le combat4 ,cte cte n\s m>*]ons et notre exi/5ce s]a un long cantique d'adoration et d'actions de grce4 ,,svanhild4--,la lutte e/ facile qu& on e/ deux combattre et que l'un des combattants e/ un homme vaillant4 ,,falk4--,et que l'autre e/ une femme gnreuse2 il e/ impossible que deux tres semblables succomb5t4 ,,svanhild4--,pr5ds-moi donc t\t entire4 ,les fleurs s'pan\iss5t1 mon pr9temps e/ v5u4 ,et ma9t5ant1 luttons contre la misre et la d\leur6 ,croyez-v\s que ,falk et ,svanhild t5t]ont le bonheur8 ,po9t4 ,un ngociant leur fait compr5dre que si ,l'honneur sans arg5t n'e/ qu'une maladie4#ag l'am\r sans cus e/ une folie4 ,l'am\r disp>at1 la position demeure4 ,et les jeunes g5s se sp>5t4 ,svanhild p\se le ri*e ngociant qui lui a dc\v]t le s5s de la vie2 quant ,falk1 il se met1 je crois1 tudi] la ?ologie4 ,ils pr5n5t p\r prtexte de leur sp>ation le dsir de re/] en ple9 rve et de ne pas voir sombr] s\s les c\ps de la ralit les spl5deurs de leur songe1 mais le fait e/ qu'ils bris5t leur bonheur1 ils le bris5t eux-mmes de leurs propres ma9s4 ,et la cause8 ,leur volont e/ abolie4 ,ils n'ont pas de volont d'agir1 de t5t] le bonheur4 ,g9a1 la femme de ,hialm>1 e/ l'anci5ne matresse de ,w]l1 ri*e indu/rie#ah4 ,hialm>1 confiant1 ignore qu'il y a de la b\e l'orig9e de son m>iage1 et que son foy] repose sur un m5songe4 ,le fils de ,w]l1 ,grgoire1 anci5 ami de ,hialm>1 atte9t d'une maladie qu'un des p]sonnages de la pice dsigne s\s le nom de fivre de ju/ice aigu1 se dcide appr5dre au m>i le pass de sa femme4 ,hialm>1 connaissant la faute de ,g9a1 p\rra la lui p>donn]2 il n'y aura plus de m5songe entre eux1 ils s]ont p>faitem5t heureux1 et leur bonheur1 fond sur la vrit1 s]a solide autant qu'ineffable4 ,aprs l'explication entre les p\x1 ,grgoire entre1 leur t5dant les ma9s3 ,,gr,,goire4--,eh bi51 mes *]s amis1 e/-ce fait8 ,,hialm>4--,c'e/ fait4 ,j'ai vcu l'heure la plus amre de ma vie1 ,,gr,,goire4--,mais aussi la plus pure1 n'e/-ce pas8 ,,hialm>4--,enf91 p\r le mom5t c'e/ f9i4 ,,g9a4--,que ,dieu v\s p>donne1 monsieur ,w]l6 ,,gr,,goire 7avec un pr(ond tonnem5t74--,je n'y compr5ds ri54 ,,hialm>4--,qu'e/-ce que tu ne compr5ds pas8 ,,gr,,goire4--,cette gr&e liquidation qui devait s]vir de po9t de d"p une exi/5ce n\velle1 une vie1 une communaut base sur la vrit dlivre de t\t m5songe8 ,,hialm>4--,je sais1 je sais trs bi54 ,,gr,,goire4--,j'tais si intimem5t p]suad qu' mon entre je s]ais frapp p> une lumire de transfiguration illum9ant l'p\x et l'p\se4 ,et voici que devant moi t\t e/ morne1 sombre1 tri/e4 ,ils n'ont mme pas le c\rage de leur rnovation6 ,la mo9dre lutte morale brise ces malades4 ,l'tat physique de l'individu doit tre en rapport avec ce qu'il aura support]1 sans cela une motion contraire s]ait un ob/acle fatal4#ai ,t\t leur tapage t\rdissant n'e/ fait que p\r ca*] la faiblesse de leurs convictions1 de leur foi4 ,le d\te et le tr\ble sont dans t\tes les mes2 la dfiance e/ dans t\s les esprits4#bj ,le d\te pntre p>t\t1 il porte le dc\ragem5t2 jusqu'au fond de l'tre1 l o se puis5t les gr&s lans1 l o l'homme ent5d la voix my/rieuse et puissante qui le sollicite tre lui-mme4 ,il vaut mieux que l'me huma9e se b]ce de rves2 *imriques en s'avanant t\j\rs que de vgt] dans l'inaction et le d\te4 ,si le d\te amne les mes =tes v]s la lumire1 il anantit compltem5t les faibles1 les dgnrs1 les infirmes moraux1 les d=ms p> la socit4 ,la folie du d\te p]ptuel n'e/ que l'exagration de cette p]plexit cont9uelle qui amne les hommes ne plus os] ri5 faire1 ri5 dsir]1 ri5 v\loir1 ri5 t5t]4 ,pascal a dit quelque "p que le desse9 de ,dieu sur n\s e/ plus de p]fectionn] la volont que l'esprit4 ,vrit1 hlas1 trop oublie de nos j\rs4 ,les meilleurs esprits n'os5t pas seulem5t agir1 ils n'os5t ri5 affirm]1 ri5 ni]1 ri5 v\loir avec n]gie4 ,le d\te porte sur t\t4 ,mme ceux qui aspir5t v]s quelque *ose de suprieur1 v]s la lib]t1 v]s la lumire qui p5s5t et croi5t ne veul5t pas s'en r5dre compte1 ne veul5t pas s'y arrt]4#ba ,dans un mom5t de crise1 ils cri5t comme ,oswald#bb3 ,le soleil6444 ,le soleil6444 et ils ne font ri5 p\r dissip] les tnbres o ils vgt5t6 ,v\s v\lez bi5 croire un peu1 mais sans y reg>d] de trop prs1 et faire pes] t\t le f>deau sur celui qui1 v\s a-t-on dit1 s'e/ *>g de l'expiation4 ,puisqu'il s'e/ laiss c\ronn] d'p9es p\r v\s1 il ne v\s re/e plus qu' dans]4 ,mais il s'agit de savoir o cette danse v\s mne4#bc ,ce ne sont pas eux qui rgnr]ont l'humanit4 ,les dgnrs ne *ang5t pas l'hi/oire2 ils la subiss5t4#bd ,l'av5ir n'e/ pas eux4 ,l'av5ir e/ ceux qui sont dsabuss4 ,,notes3 #a ,ibs54 ,un ennemi du peuple4 #b ,edmond ,demol9s4 ,a quoi ti5t la supriorit des ,anglo-,saxons1 p4 #c4 #c ,elise ,reclus4 ,l',idal de la jeunesse1 p4 #h4 #d ,ibs54 ,gj5gang]e 7,les ,rev5ants71 ,madame ,alv+4 #e ,%akspe>e4 ,roi ,le>1 p>oles que le fils naturel adresse au fils lgitime4 #f ,et ,dukkehjem 7,maison de p\pe74 #g ,ibs54 ,gj5gang]e 7,rev5ants74 #h ,?4 ,ribot4 ,maladies de la p]sonnalit1 p4 #ci 7,p>is1 ,f4 ,alcan74 #i ,ibs54 ,john-,gabriel ,borckman4 #aj ,dans l'adv]sit de nos meilleurs amis1 dit ,la ,ro*ef\cauld 7,maximes1 #bda71 n\s tr\vons t\j\rs quelque *ose qui ne dplat pas1 mais il ne va pas jusqu' dire que l'amiti1 c'e/ savoir tromp]4 #aa ,la ,bruyre4 ,les c>actres1 dition ,g>ni] frres1 p4 #aca4 #ab ,ibs54 ,de ,unges =bund 7,l'union des jeunes74 #ac ,s5que4 ,phdre4 #ad ,*>les de ,rible4 ,la ,famille et la ,socit en ,france1 avant la ,rvolution1 t4 ,i1 p4 #hj4 #ae ,urba9 ,gur94 ,l',evolution sociale1 p4 #aic4 #af ,elise ,reclus4 ,evolution et ,rvolution1 p4 #f4 #ag ,boileau4 #ah ,ibs54 ,can>d sauvage4 #ai ,ba94 ,emotions et volont1 p4 #ag4 #bj ,ibs54 ,samfundets /tt] 7,s\ti5s de la socit74 #ba ,ibs54 ,gj5gang]e 7,les ,rev5ants74 #bb ,ibid4 #bc ,ibs54 ,br&4 #bd ,kropotk9e4 ,l',an>*ie1 sa philosophie1 son idal1 p4 #be4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,vi ,,g]mes ,,transitifs ,si l'an?ropologie mod]ne a pr\v la transmission des vices et des maladies p> les p>5ts leurs enfants1 la psy*ologie n'a pas mo9s dmontr que p>mi la mdiocrit des tres app>aiss5t quelques individus mieux d\s qui1 aprs avoir trav]s une priode d'volution et de crise1 triomph5t1 devi5n5t des types plus p>faits et obti5n5t de n\velles victoires et de n\veaux progrs4 ,l'humanit1 en se dbattant dans une lutte sculaire p\r amlior] ses in/itutions sociales1 atte9t involontairem5t quelque *ose de bi5 diffr5t et de bi5 plus gr&3 sa propre r=me1 l'ennoblissem5t de son c>actre moral1 le c\ronnem5t de l'volution biologique grce la cration d'un type plus lev et plus pur4#a ,ces tres s\ffr5t dans la socit actuelle1 leurs droits sont mconnus4 ,ces mes t\ff5t s\s le poids des prjugs et des m5songes1 elles ne peuv5t aism5t s'enlev] et pr5dre leur vol2 elles n'ont ni lib]t1 ni indp5dance p\r assur] leur exi/5ce1 elles doiv5t s'incl9] s\s la volont des seigneurs de la f9ance1 de la politique1 de la p5se4 ,le manque d'oxygne affaiblit la consci5ce1 et l'oxygne manque presque absolum5t dans notre socit1 puisque t\te la majorit compacte e/ assez dnue de s5s moral p\r ne pas v\loir compr5dre que l'on n'difie ri5 sur une fondrire de m5songe et de f\rb]ie4#b ,on t\ffe ici1 dit ,br&2 un air de spulcre s'lve de cet troit vallon4 ,en va9 on y dploi]ait un drapeau1 aucun s\ffle frais et libre ne le f]ait flott]4 ,t\t ce qu'il y a de bon au fond des hommes s]a t\ff si on laisse subsi/] cet tat de *oses4 ,mais cela ne doit pas dur]6 ,oh6 quel bonheur ce s]ait1 quel bonheur de p\voir apport] un peu de lumire dans cet abme de tnbres et de m*ancet4 ,si j'avais le p\voir1 se lam5te ,rosm]#c1 de leur faire av\] leurs torts1 de rveill] la honte et le rep5tir dans leurs coeurs1 de les am5] se rappro*] de leurs semblables avec confiance1 avec am\r6 ,il me semble qu'on p\rrait y arriv]4 ,que la vie devi5drait belle alors6 ,plus de combats ha9eux1 ri5 que des luttes d'mulation1 t\s les reg>ds fixs sur un mme b1 t\tes les volonts1 t\s les esprits t5dant sans cesse plus lo91 t\j\rs plus haut1 *acun suivant le *em9 qui convi5t son individualit4 ,du bonheur p\r t\s1 cr p> t\s4 ,la corruption des moeurs1 la dgradation actuelle de la socit n'e/ que le signe d'une ncessit absolue de sa trans=mation morale4 ,de t\s cts s'lve une pla9te imm5se qui monte confuse4 ,au se9 de l'ivresse gnrale1 du bi5-tre1 de j\issances innombrables2 au se9 de cet n]vem5t1 de ce mal qui ronge1 on ent5d le bruit du rveil1 le murmure des volonts et des esprances4 ,des ides n\velles g]m5t p>t\t1 elles *]*5t se faire j\r1 tr\v] une application dans la vie1 mais elles se heurt5t cont9uellem5t la =ce d'in]tie de ceux qui ont intrt ma9t5ir le rgime actuel1 elles t\ff5t dans l'atmosphre suffocante des anci5s prjugs et des traditions4 ,les ides reues sur la con/itution des tats1 sur les lois de l'quilibre social1 sur les relations politiques et conomiques des citoy5s entre eux1 ne ti5n5t plus devant la critique svre qui les sape *aque j\r1 *aque occasion1 dans le salon comme au cab>et1 dans les ouvrages du philosophe comme dans la conv]sation quotidi5ne4 ,les in/itutions politiques1 conomiques et sociales tomb5t en ru9es2 elles gn5t1 elles emp*5t le dveloppem5t des g]mes qui se produis5t dans leurs murs lz>ds et naiss5t aut\r d'elles4 ,un beso9 de vie n\velle se fait s5tir4 ,le code de moralit tablie1 celui qui g\v]ne la plup>t des hommes dans leur vie quotidi5ne1 ne p>at plus suffisant4 ,on s'ap]oit que telle *ose1 considre aup>avant comme quitable n'e/ qu'une criante inju/ice2 la moralit d'hi] e/ reconnue auj\rd'hui comme tant d'une immoralit rvoltante4 ,le conflit entre les ides n\velles et les vieilles traditions clate dans t\tes les classes1 de la socit1 dans t\s les milieux1 jusque dans le se9 de la famille4#d ,et c'e/ le rveil4 ,on a beau v\loir arrt] le c\rant3 on n'a pas la =ce de le dt\rn]4 ,le c\rant suit son *em91 m>*e l'accomplissem5t de sa mission1 dissipant l'atmosphre t\ffante qui l'environne4 ,il faut *ang] cette atmosphre spulcrale4 ,il faut qu'un beau soleil entre ici4 ,que v5ez-v\s faire dans notre socit8 dem&e ,rorlund ,lona1 qui revi5t d',amrique4 --,lui donn] de l'air1 monsieur le pa/eur6#e lui rpond celle-ci4 ,mais lorsqu'un difice e/ re/ trop longtemps f]m1 on a de la pe9e l'ar]1 les f5tres ne s'ouvr5t pas facilem5t1 s\v5t mme on e/ oblig de les bris]4444 --,que v\lez-v\s difi]8 --difi]8 ,il s'agit d'abord de dmolir4#f ,et cela n'a aucune importance1 dit ,/ockmann#g1 qu'une socit m5songre soit dmolie6 ,il faut l'anantir1 il faut faire disp>atre1 comme des animaux nuisibles1 t\s ceux qui viv5t dans le m5songe4 ,j'aime tant ma ville natale1 aj\te-t-il1 que je prfr]ais la ru9] que de la voir prospr] sur un m5songe4 ,mais on ne dtruit que ce qu'on remplace4 ,si les vieux mots sont us1 il ne faut pas les enlev] de la langue avant d'en avoir cr d'autres4#h ,dans les pages qui vont suivre n\s *]*]ons les mots que les p]sonnages d',ibs5 sub/itu5t ceux qu'ils veul5t enlev] de la langue actuelle2 n\s *]*]ons dt]m9] les bases sur lesquelles ils compt5t difi] la ,socit n\velle4 ,c> t\te phase sociale e/ p\sse p> une phase future qui se prp>e la remplac]4 ,c'e/ la loi de l'volution univ]selle de t\s les phnomnes3 physiques1 moraux et sociaux4 ,la socit actuelle doit cd] sa place une socit n\velle1 s9on la loi d'volution se tr\v]ait susp5due1 hypo?se anti-sci5tifique4 ,si l'volution condamne t\te trans=mation arbitraire1 elle condamne aussi t\te immobilit1 t\te in]tie2 lo9 d'exclure la possibilit des r=mes pacifiques1 elle ne veut pas laiss] l'humanit s'endormir1 elle l'engage l'activit consci5te1 la m>*e v]s une re n\velle4 --,ils ont eu leur aurore1--dit ,br& au seuil de l'glise n\velle qu'il a fait con/ruire1--p\rquoi ne v]rai5t-ils pas leur dcl98 ,l'ordre univ]sel veut de la place p\r les =mes natre4444 ,ce qui ne prit pas1 c'e/ l'esprit incr1 c'e/ l'me1 diss\te dans l'closion pr9tanire du monde1 l'me qui1 d'audace et de foi virile1 a con/ruit une ar*e allant de la matire la s\rce de l'tre4 ,cette me e/ ma9t5ant p>tage en petites portions qui se dbit5t en dtail4 ,de cette mutilation1 de ces tronons d'me1 de ces membres dta*s1 p>s1 il faut qu'un t\t surgisse4444 ,hommes1 v\s tes au croisem5t des *em9s6 ,avec votre volont entire1 v\s devez v\loir le n\veau1 l'anantissem5t de t\tes les con/ructions p\rries1 p\r que le gr& sanctuaire ait la place qui lui revi5t4444 ,,notes3 #a ,a4 ,loria4 ,problmes sociaux contempora9s1 p4 #agd4 #b ,ibs54 ,en ,folkefi5de 7,un ,ennemi du peuple74 #c ,ibs54 ,rosm]%olm4 #d ,pi]re ,kropotk9e4 ,p>oles d'un rvolt1 p4 #bge4 #e ,ibs54 ,samfundets /tt] 7,s\ti5s de la socit74 #f ,le unges =bund 7,l',union des jeunes74 #g ,un ,ennemi du peuple4 #h ,br& 7,eynor74 99 99 99 99 99 ,,p>tie ,,positive ,,la ,,soci,t ,,n\velle 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,premi] ,,la ,r,g,n,,ration ,,individuelle ,,et ,,sociale ,,e/ ,,possible ,l',,am\r ,,en ,,e/ ,,la ,,premi,,re ,,base ,qui n'a pas t r5v]s une fois dans sa vie6 ,il faut se relev] et ne faire semblant de ri54 ,seuls le prs5t d'un homme et son av5ir peuv5t ra*et] son pass4 ,borckman#a1 qui dit ces p>oles1 semble indiqu] p> l que la rnovation e/ possible1 qu'il n'e/ jamais t>d de r5atre1 mais que seuls le prs5t et l'av5ir sont capables de ra*et] le pass4 ,des hommes =ts et intellig5ts peuv5t t\j\rs ragir et se refus] tre plus longtemps s]fs du m5songe4 ,mais non seulem5t l'homme e/ p]fectible1 la socit l'e/ aussi4 ,si quelque esclave de ce monde fait une br*e au gr& capital huma91 un autre1 p> son travail1 peut t\j\rs rp>] le dommage4#b ,un individu1 comme une nation1 peut se tromp]1 s'g>]1 mais aussi le reconnatre1 se rep5tir et rp>] le mal4 ,ibs5 ne se cont5te pas de faire exprim] ses hros l'ide de la possibilit de la rgnration morale de l'individu et de la socit1 il leur fait indiqu] la base mme de cette rnovation3 l',am\r4 ,notre coeur e/ ce jeune univ]s cr p\r recevoir l'esprit div94 ,c'e/ l qu'il faut tu] le vaut\r de la convoitise4 ,c'e/ l que le n\vel ,adam doit natre4#c ,c'e/ grce l',am\r de ,lona que ,b]nick#d se rep5t1 av\e t\s ses torts et comm5ce une vie n\velle4 ,mais c'e/ surt\t ,pe] ,gynt qui n\s (fre la dmon/ration clatante que l',am\r e/ le premi] jalon de t\t relvem5t moral4 ,pe] ,gynt1 aprs avoir g* sa vie dans bi5 des av5tures1 revi5t1 tte blan*e1 dans son pays natal o1 dans sa jeunesse1 il fut aim p> une jeune fille1 ,solveig4 ,il pr\ve des remords d'avoir t\j\rs fui la voie droite1 la vie srieuse4 ,la nuit vi5t2 il c\rt dans la =t o il connut1 dans son enfance1 des heures dlicieuses1 et il lui semble ent5dre aut\r de lui des voix s'lev]3 des bob9es de fil qui r\l5t ses pi$s murmur5t3 ,n\s sommes des que/ions que tu devais rs\dre2 le v5t gmit3 ,n\s sommes des *ants que tu devais *ant]2 et des g\ttes de rose tomb5t des bran*es en s\pirant3 ,n\s sommes des l>mes que tu n'z pas rp&ues2 et des br9s de paille lui dis5t3 ,n\s sommes les oeuvres que tu devais accomplir1 n\s sommes les =ces que tu n'z pas v\lu aim]4 ,pe] ,gynt veut se p]suad] qu'en g*ant sa vie1 il e/ re/ lui-mme1 qu'il a vcu suivant son moi1 mais le vide qui se fait aut\r de lui1 lui pr\ve qu'il n'a t qu'un g/e4 ,pe] ,gynt e/ seul4 ,sa consci5ce se rveille4 ,t]re spl5dide1 prie-t-il1 ne t'(f5se pas p>ce que j'ai f\l ton h]be inutilem5t6 ,soleil magnifique1 tu z v]s tes rayons sur une hutte inhabite--le propritaire n'tait jamais *ez lui4444 ,oh6 je veux mont] jusqu'au plus haut sommet1 je veux voir encore une fois le soleil se lev]1 je veux contempl] la t]re promise4444 ,il arrive devant la maison de ,solveig au mom5t o celle-ci1 vieillie1 sort de la hutte1 un bton et un livre de cantiques la ma94 ,,pe] ,,gynt4--,un p*eur e/ devant toi4 ,a toi de le jug]4 ,,solveig4--,c'e/ lui4 ,l\ soit ,dieu6 ,,pe] ,,gynt4--,accuse-moi1 dis combi5 j'ai p* env]s toi6 ,,solveig4--,tu n'z commis aucun p*6 ,,pe] ,,gynt4--,dis-moi mon crime4 ,,solveig4--,tu z fait de ma vie un pome4 ,bnie soit notre r5contre6 ,le vrai ,pe] ,gynt qui avait au front un sceau le m>quant p\r une haute de/9e1 a vcu dans ma consci5ce1 dans mon espoir1 dans mon am\r6 ,une cl>t illum9e la figure de ,pe] ,gynt4 ,il pose sa tte sur les g5\x de ,solveig qui *ante3 ,dors1 mon ami1 je te b]c]ai1 je te veill]ai 444 dors et rve6 ,solveig *ante et le soleil se lve4444 ,faire un homme heureux1 c'e/ mrit] de l'tre1 dit ,jean-,jacques#e4 ,dans ,pe] ,gynt1 ,ibs5 pr\ve que l'homme1 apte faire jaillir de son coeur dans celui d'un autre tre huma9 les rayons ard5ts de l'am\r1 e/ capable de se relev] moralem5t4 ,l'am\r1 c'e/ le soleil qui vivifie2 il ennoblit1 il rgnre4 ,l'am\r possde une =ce surhuma9e qui lve au-dessus de la fange de la vie quotidi5ne1 et le fait brill] de t\te sa magnific5ce aux yeux de t\s4#f ,c'e/ la ri*esse du coeur qui seule donne du prix aux ri*esses de t\tes nos facults2 mme la sci5ce n'e/ vivante et complte que p> l'am\r4 ,les hommes ne font ri5 avec une ide1 qu& un s5tim5t ne s'y jo9t pas4 ,on regrette mo9s d'avoir eu du coeur que de l'esprit4 ,l'am\r fconde1 agr&it et lve t\tes les facults intellectuelles et morales4 ,p> lui le s5tim5t proprem5t dit1 qui n'e/ d'abord que le produit d'une s5sation1 devi5t affectif1 manife/e des prfr5ces1 veille l'activit et agit a9si sur la volont avec une puissance de plus en plus gr&e4 ,que de crimes s]ai5t vits si n\s tions ent\rs de plus de sympa?ie1 si la solid>it tait plus *aude et plus rcon=tante6 ,c'e/ ce manque de frat]nit et d'am\r qui r5d la lutte p\r la vie si t]rible et si a*>ne4 ,sans am\r t\t *angem5t du rgime actuel ne s]a qu'une sub/itution d'une classe une autre1 un *angem5t de noms p\r les maux qui demeur5t4 ,le mal de l'humanit ne vi5t pas de la nature1 il vi5t1 il gr&it p>ce que les hommes ne sav5t plus aim]4 ,aucun mcanisme ne donn]a l'humanit le bonheur1 si elle ne veut pas compr5dre qu'il y a ici-bas un moy5 capable d'ad\cir t\tes les misres et t\tes les s\ffrances1 et c'e/ l',am\r4 ,l'tre huma9 l'in/ant o bat son coeur1 se transfigure et s'illum9e comme une aurore4 ,seul l'am\r tablit une h>monie entre les individus4 ,cette h>monie peut tre ap]ue p> l'intellig5ce1 mais elle n'e/ s5tie et ralise que p> le coeur4 ,l'am\r e/ l'intellig5ce desc5due dans les fonds mmes de l'me4 ,l'intellig5ce qui n'arrive po9t l'am\r1 la volont1 manque de puissance p\r le dveloppem5t de la vrit1 elle n'en atte9t po9t la va/e et sublime pr(ondeur4 ,la sci5ce1 les lois1 les in/itutions les plus sages1 sont une lettre morte que l'am\r seul peut trans=m] en p>ole vivante4 ,c'e/ que l'intellig5ce n'e/ que le reflet du foy] d'am\r1 et mesure que le foy] e/ plus actif1 la lumire e/ plus vive4 ,des plus intimes pr(ondeurs de l'am\r jaillit la lumire de l'intellig5ce4 ,le gnie1 l'hrosme1 la morale1 sont dus l'am\r1 c'e/ p> am\r qu'il peut tre compris1 c'e/ p> am\r qu'il peut tre rgnr1 c> l'am\r seul cre l'am\r4 ,,notes3 #a ,john-,gabriel ,borckman4 #b ,ibs54 ,br&4 #c ,ibs54 ,br&4 #d ,ibs54 ,samfundets ,/tt] 7,s\ti5s de la socit74 #e ,j4-4,j4 ,r\sseau4 ,correspondance4 ,lettre ,hume1 t4 ,,iv1 p4 #eig4 ,p>is1 ,,mdccclii4 #f ,ibs54 ,kja]ligh$5s ,kom$ie 7,la ,comdie de l'am\r74 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,ii ,,la ,,v]ite ,,et ,,la ,,lumi]e ,un homme e/ condamn dans son oeuvre1 s'il fait les *oses demi et ne songe qu'aux app>5ces1 s'il ne traduit pas ses ides p> des actes et non seulem5t p> des p>oles ou des s5tim5ts4#a ,cela veut dire3 p>l] e/ bi51 agir e/ mieux4 ,une socit ne se btit pas avec des mots1 des s5tim5ts ou des ides1 elle ne se compose pas d'ab/ractions1 mais d'hommes en *air et en os1 qui1 mme p\r aim]1 se pos5t t\j\rs la "q de ,fau/3 ,p> o comm5c]8 ,p> o doit-il comm5c]1 l'individu qui dsire s'affran*ir des s]vitudes sociales et dev5ir un tre libre et consci5t8 ,p> bris] la *ane des moeurs et des c\tumes1 rpond ,falk dans la ,comdie de l',am\r4 ,plus de m5songes1 plus d'hypocrisies1 plus de conv5tions fausses4 ,c'e/ la philosophie du ,can>d ,sauvage4 ,les critiques qui prt5d5t qu',ibs5 a v\lu dire dans cette pice3 ,n'enlevez pas le m5songe au vulgaire1 v\s lui enlv]iez le bonheur en mme temps1 n'ont pas saisi l'esprit de l'oeuvre du p5seur norvgi54 ,l'ide fondam5tale du ,can>d ,sauvage e/ celle-ci3 ,il vaut mieux dtruire le bonheur que de le laiss] subsi/] sur un m5songe4 ,l'esprit puissant de l'auteur de ,br& a p>faitem5t compris quel rle considrable1 prpondrant et nfa/e1 les prjugs et les m5songes j\5t dans la socit actuelle4 ,son ?tre e/ un cri de rvolte contre cet tat de *oses4 ,malgr les progrs de la civilisation1 malgr la diffusion de plus en plus gr&e des lumires sci5tifiques1 le prjug et le m5songe rgn5t encore en matres dans la socit4 ,ils s'ex]c5t de t\s cts4 ,il y a des prjugs de religions1 des prjugs de nations1 de classes1 de conditions sociales4 ,il suffit qu'un de nos semblables app>ti5ne telle classe1 telle famille1 telle corporation1 p\r qu'on lui attribue d'avance tel dfaut1 tel trav]s4 ,et ce qu'il y a de plus dplorable dans ces erreurs de jugem5t1 c'e/ que nul ne peut s'en dcl>] absolum5t exempt4 ,le m5songe suppose un dsordre dans la vie4 ,si l'on tait ce qu'on devrait tre1 on n'pr\v]ait nullem5t le beso9 de dissimul] ce qu'on e/4 ,ah6 les prjugs et les m5songes6 ce sont eux qui caus5t t\s les malheurs de ce monde6 ,on peut tromp] non seulem5t les autres1 mais soi-mme1 et non pas p> erreur1 mais volontairem5t4 ,il faut di/+u] le m5songe de l'erreur4 ,l'erreur e/ inconsci5te1 t&is que le m5songe sait ce qu'il fait qu& il abuse les autres4 ,on peut nuire la vrit sans m5tir1 lorsqu'on ignore l'inexactitude qu'on commet2 on peut dire une *ose vraie en m5tant1 lorsque1 la croyant fausse1 on *]*e g>] le pro*a9 p> caprice ou dans un b g/e4#b ,l'int5tion positive de tromp] e/ le trait c>actri/ique du m5songe4 ,m5tir1 c'e/ abus] les hommes le sa*ant et le v\lant1 qu'on le fasse en actes ou en p>oles1 p> le sil5ce ou p> d'insidieux disc\rs4 ,c'e/ une *imre de croire que l'esprit aille de lui-mme au vrai4 ,l'erreur lui e/ aussi naturelle que la vrit2 il n'e/ pas bon en sortant des ma9s de la nature4 ,s'il e/ fait p\r la vrit1 il ne l'atte9t qu'en la *]*ant pniblem5t2 elle e/ une rcomp5se plutt qu'un privilge4 ,il ne peut1 s'il p5se1 vit] l'erreur1 et les exig5ces de la vie1 son propre intrt1 les lois mmes de la morale1 exig5t qu'il agisse et qu'il p5se4 ,p\rtant1 il faut se g>d] de tomb] dans un autre excs2 le pessimisme n'e/ pas plus vrai que l'optimisme1 mme dans la ?orie de la connaissance4 ,l'erreur peut tre corrige1 si elle ne peut tre vite4#c ,le m5songe1 lui1 peut tre vit4 ,les hommes1 dit ,tol/o#d1 qui ignor5t la vrit et qui font le mal1 provoqu5t *ez les autres la piti p\r leurs victimes et le dgt p\r eux1 ils ne font du mal qu' ceux qu'ils attaqu5t2 mais les hommes qui connaiss5t la vrit et qui font le mal s\s le masque de l'hypocrisie1 le font eux-mmes et leurs victimes1 et encore des milli]s d'autres hommes1 t5ts p> le m5songe qui ca*e le mal4 ,nulle socit ne peut vivre sa9em5t en se n\rrissant de m5songe4#e ,la f9 de l'homme e/ d'tre s9cre4#f ,il faut donc *]*] la vrit4 ,croire en la ,vrit1 c'e/ avoir la foi qui n\s p]met d'ordonn] t\tes *oses p> rapport elle4 ,aim] la ,vrit1 c'e/ s'y s\mettre dans ce qu'elle a d'absolu et d'irrsi/ible1 la re*]*] t\j\rs dans l'ordre *angeant des circon/ances et n'agir jamais que con=mm5t elle4 ,si l'am\r de la vrit e/ p> lui-mme l'expression la plus pure de notre foi1 n\s devons irrvocablem5t condamn] le m5songe et t\t ce qui s'y rapporte4 ,la vrit dans la connaissance des lois morales a dj supprim l'iniquit de l'esclavage1 les tortures judiciaires1 les p]scutions b>b>es2 esprons qu'elle l>gira t\j\rs ses limites4 ,t\tes les erreurs1 t\s les symboles qui ont t l'objet du culte des hommes n'ont produit quelque bi5 que p> suite de la p>celle de vrit qu'ils r5f]mai5t4 ,il faut p\rsuivre la vrit p>t\t et t\j\rs4 ,dans les ,s\ti5s de la ,socit1 ,d9a1 v\lant all] en ,amrique1 dem&e ,johann qui en revi5t1 si les g5s de l-bas sont moraux4 ,,johann4--,moraux8 ,,d9a4--,c'e/--dire s'ils sont aussi conv5ables1 aussi honntes qu'ici4 ,,johann4--,dans t\s les cas1 ils ne sont pas aussi mauvais qu'on le p5se4 ,n'ayez aucune cra9te ce sujet4 ,,d9a4--,v\s ne compr5ez pas4 ,au contraire1 je v\drais qu'ils ne fuss5t pas si nobles et si v]tueux4 ,,johann4--,et comm5t les v\driez-v\s8 ,,d9a4--,je v\drais qu'ils fuss5t 444 nature4 ,nature1 fran*ise1 vrit en t\t4 ,vgt] dans cette vie p\r les bi5faits illusoires de la vie future8--,c'e/ un m5songe qui en eng5dre bi5 d'autres4 ,a =ce de s'inquit] de l'av5ir on oublie le prs5t4 ,le pass ne n\s doit po9t emb>rass]1 puisque n\s n'avons qu' avoir regret de nos fautes2 mais l'av5ir n\s doit encore mo9s t\*]1 puisqu'il n'e/ po9t du t\t notre g>d1 et que n\s n'y arriv]ons peut-tre jamais4 ,le prs5t e/ le seul temps qui e/ vritablem5t n\s1 et dont n\s devons us] selon ,dieu4 ,c'e/ l o nos p5ses doiv5t tre pr9cipalem5t comptes4 ,cep5dant le monde e/ si inquiet qu'on ne p5se jamais la vie prs5te et l'in/ant o l'on vit1 mais celui o l'on vivra4 ,de sorte qu'on e/ t\j\rs en tat de vivre l'av5ir1 et jamais de vivre ma9t5ant4 ,notre-,seigneur n'a pas v\lu que notre prvoyance s't5dt plus lo9 que le j\r o n\s sommes4 ,ce sont les bornes qu'il faut g>d] et p\r notre salut et p\r notre repos4#g ,le mot futur1 dit ,falk#h1 assombrit p\r n\s le j\r lum9eux3 ,notre pro*a9 am\r6 ,notre future femme1 notre seconde vie6 ,la proccupation de cette ide fait un m5diant de l'homme le plus =tun4 ,aussi lo9 que v\s reg>dez devant v\s1 ce mot enlaidit votre exi/5ce en dtruisant la joie du mom5t4 ,v\s ne sauriez v\s arrt] un in/ant tranquillem5t en votre bonheur sans v\s emb>qu] v]s d'autres rives1 et ce rivage atte9t1 v\s reposez-v\s un in/ant8 ,non1 il faut v\s ht] de fuir1 et t\j\rs a9si jusqu' la mort4 ,et cela vi5t du m5songe que n\s n\s =geons de notre exi/5ce1 v\lant n\s p]suad] que cette vie n'e/ ri5 et que la vie future1 la vie d'outre-tombe e/ t\t4 ,la s\ffrance ne n\s atte9t po9t1 c> ri5 ne n\s t\*e en ce monde1 s9on le dsir d'en sortir4#i ,l'homme1 dis5t ces pr*eurs1 doit tre t\t enti] dans l'att5te des bi5s futurs2 il ne doit considr] la vie prs5te que comme un rapide voyage dont la seule importance e/ de prp>] notre t]nel av5ir4 ,or1 il n'y a qu'une seule vie3 celle que n\s vivons4 ,le bonheur que n\s compr5ons1 n\s ne le tr\vons qu'ici-bas4#aj ,il faut *]*] la vie1 p\r la faire pass] avant t\te *ose4#aa ,il faut vivre1 c> qu& l'esprit comm5ce pe9e s'veill]1 les =ces physiques comm5c5t dj dcl9]4 ,cette heure e/ toi1 t\t le re/e e/ folie6 ,il n'y a ri5 de my/ique dans la vie4 ,la vie e/ une =ce de vrit et de lumire4 ,dans les ,rev5ants1 ,mme ,alv+ discute avec son fils le s5tim5t filial3 ,mme ,,alv+4--,un enfant ne doit-il pas de l'am\r son pre1 malgr t\t8 ,,oswald4--,qu& ce pre n'a aucun titre sa reconnaissance8 ,qu& l'enfant ne l'a jamais connu8 ,et toi1 si claire sur t\t autre po9t1 tu croirais vraim5t ce vieux prjug8 ,mme ,,alv+4--,il n'y aurait donc l ri5 qu'un prjug8 ,,oswald4--,oui1 tu peux en conv5ir1 mre4 ,c'e/ une de ces ides c\rantes que le monde admet sans contrle4 ,c'e/ un m5songe4 ,et ,mme ,alv+1 ne p\rsuivant que la vrit1 f9it p> tre d'accord avec son fils4 ,l'enfant ne doit pas plus tre la discrtion de l'autorit familiale que l'homme la discrtion de l'autorit g\v]nem5tale4 ,il faut l'enfant1 comme au *ne1 p\r crotre et dev5ir homme dans son individualit =te1 l'espace et la lib]t4 ,dans la ,maison de ,p\pe1 ,nora appr5d que la socit a le droit roma91 le droit int]national1 le droit adm9i/ratif1 le droit polici]1 et que seul le ,droit huma9 lui manque2 elle1 qui considrait la ju/ice comme un s5tim5t qui fait p>tie intgrante de notre me1 elle appr5d que la ju/ice n'e/ qu'une fiction1 une loi cre p> la socit p\r g>antir ses m5songes et que c'e/ la loi qui cre s\v5t le dlit1--et elle dcl>e nettem5t que ce sont de bi5 mauvaises lois4 ,,nora4--,j'appr5ds que les lois ne sont pas ce que je croyais2 mais que ces lois soi5t ju/es1 c'e/ ce qui ne peut m'entr] dans la tte4 ,,helm]4--,tu p>les en enfant3 tu ne compr5ds ri5 la socit dont tu fais p>tie4 ,,nora4--,non1 je n'y compr5ds ri54 ,mais je veux y arriv] et m'assur] qui des deux a raison1 de la socit ou de moi4 ,et ,nora quitte le foy] dome/ique1 elle ne veut plus accept] aucune ide t\te faite sans l'avoir exam9e1 elle s'en va *]*] la vrit1 la lumire4 ,lorsque le docteur ,/ockmann#ab e/ dcl> ennemi de la socit p\r lui avoir v\lu du bi51 il ne se r5d pas aux m5songes du milieu qui l'environne1 mais1 =t dans la vrit1 il le quitte1 il l'ab&onne1 il s'isole1 il re/e seul4 ,p>t\t o il y a lutte entre les s\ti5s de la socit et les indp5dants1 ,ibs5 pr5d t\j\rs p>ti p\r ces d]ni]s4 ,aptre du moi individuel1 il semble n\s dire3 ,p\r *ang] la socit1 il faut comm5c] p> l'individu4 ,l'individu qui dsire reconqurir la totalit de sa p]sonnalit orig9ale1 doit se s\/raire plus ou mo9s compltem5t l'influ5ce gnrale1 s'isol] du gr\pe social1 r$ev5ir lui-mme1 ab&onn] t\tes les conv5tions m5songres1 re*]*] la vrit et la lumire1 reconqurir sa puissance1 sa =ce individuelle1 qu'il mettra plus t>d au s]vice de la socit4 ,nora et ,/ockmann peuv5t dev5ir les membres les plus clairs et les plus dv\s de la socit4 ,les affections sociales ne se dvelopp5t en n\s qu'avec nos lumires4#ac ,c'e/ surt\t dans ,br& que s'exprime la puissance morale de l'individu4 ,,notes3 #a ,ibs54 ,br&4 #b ,j4 ,bovon4 ,morale *rti5ne1 t1 ,,ii1 p4 #i4 #c ,bro*>d4 ,de l',erreur1 p4 #bhj4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #d ,voir notre ouvrage3 ,p5ses de ,tol/o1 p4 #adc4 #e ,ibs54 ,en ,folkefi5de 7,un ,ennemi du peuple74 #f ,ibs54 ,kja]ligh$5s ,kom$ie 7,la ,comdie de l'am\r74 #g ,pascal4 ,lettre ,mademoiselle de ,roanney4 ,voir ,m4 de ,lescure4 ,disc\rs sur les passions de l'am\r de ,pascal1 p4 #dg4 #h ,ibs54 ,kja]ligh$5s ,kom$ie7,comdie de l'am\r74 #i ,t]tulli54 ,apol41 p4 #da4 #aj ,ibs54 ,lille ,eyolf 7,le petit ,eyolf74 #aa ,ibs54 ,qu& n\s n\s rveill]ons d'entre les morts4 7,na> vi ,dde ,vaagn]74 #ab ,ibs54 ,en ,folkefi5de 7,un ennemi du peuple74 #ac ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,oeuvres compltes1 t4 ,,iii1 p4 #eje4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iii ,l',,ef=t ,,individuel ,,la ,,volont1 ,l',,action1 ,,la ,,lib]t1 ,,la ,,ju/ice ,i ,br&#a1 c'e/ la conception1 vivante que la "q sociale e/ avant t\t une "q de =ce1 de volont1 d'n]gie1 de lumire et de morale individuelles4 ,on n'a le droit d'accus] qui que ce soit qu'aprs s'tre jug soi-mme1 de dress] le bilan de la socit qu'aprs avoir dress celui de sa propre vie4 ,br&1 aprs avoir fait son exam5 de consci5ce1 rejette les m5songes dans lesquels il a t lev1 il devi5t lui-mme et n'c\tant que la voix imprative de sa consci5ce1 il se met rgnr] les mes des autres4 ,il n'accepte aucun compromis4 ,il refuse les d]ni]s sacrem5ts sa mre1 qui a t\j\rs s]vi deux matres3 ,dieu et ,mammon4 ,il sacrifie son enfant unique qui il faudrait le soleil du midi4 ,il p]d sa mre1 il p]d son enfant1 sa femme1 et il p\rsuit t\j\rs sa t*e de r=mateur2 il fait con/ruire une ,eglise n\velle1 mais le j\r de son inauguration il dc\vre qu'il va remplac] l'anci5 m5songe p> un m5songe n\veau 444 il jette la m] les clefs de l'glise1 il entrane le peuple dans les montagnes1 v]s la ,nature4444 ,on p\rrait peut-tre repro*] ,br& de ref\l] en lui les atta*es les plus *res1 si n\s ne savions que c]ta9s hommes ont le droit1 non pas (ficiellem5t1 mais p> eux-mmes1 d'autoris] leur consci5ce fran*ir c]ta9s ob/acles1 dans le cas seulem5t o l'exige la ralisation de leur ide4 ,t\s ceux qui s'lv5t tant soit peu au-dessus du niveau commun1 qui sont capables de dire quelque *ose de n\veau1 doiv5t1 en v]tu de leur nature propre1 tre ncessairem5t des crim9els1--plus ou mo9s1 bi5 ent5du4 ,autrem5t il leur s]ait difficile de sortir de l'ornire2 quant y re/]1 ils ne peuv5t c]ta9em5t pas y cons5tir et leur devoir mme le leur df5d4#b ,accabl p> la responsabilit de la mission qu'il a jur d'accomplir1 ,br& ne voit qu'une *ose3 le b sacr auquel il doit ab\tir4 ,le b lui fait oubli] sa propre d\leur1 c> celui qui dit3 ,on ne possde t]nellem5t que ce qu'on a p]du#c s\ffre cruellem5t4 ,et cette s\ffrance e/ d'autant plus gr&e que ,br& j\it d'une va/e intellig5ce p> laquelle il embrasse les dang]s du *amp de bataille o il veut combattre4 ,la d\leur e/ une fonction intellectuelle1 d'autant plus p>faite que l'intellig5ce e/ plus dveloppe4#d ,ibs5 qui connat la gr&eur de la s\ffrance huma9e1 fait dire ,rbecca#e que la d\leur n'endurcit pas1 mais ennoblit le c>actre4 ,,rosm]4--,c'e/ la joie qui ennoblit l'esprit4 ,r,,becca4--,et la d\leur aussi1 ne crois-tu pas8 ,la gr&e d\leur8 ,,rosm]4--,oui1 qu& on peut la trav]s]1 la surmont]1 la va9cre4 ,c'e/ dans la d\leur morale que les mes =tes puis5t leur consolation1 leurs =ces1 leurs v]tus4 ,la gr&eur et la beaut des mes sont gradues sur la d\leur4 ,ceux qui ont sur le front la flamme du gnie ont connu le bais] div9 de la d\leur4 ,a mesure qu'on desc5d l'*elle de la vie1 le rire inconsci5t augm5te2 mesure qu'on monte1 on voit rgn] la beaut grave de la d\leur4 ,elle embellit l'image de l'homme1 elle gr&it son coeur1 elle lve sa p5se4 ,ceux qui ne sav5t que se pla9dre et gmir ne connaiss5t po9t la s\ffrance2 la vraie d\leur e/ discrte1 c'e/ dans le sil5ce qu'elle s'pan\it1 c'e/ dans la solitude qu'elle se trans=me en ,=ce4 ,celui qui porte en lui une capacit inf9ie de s\ffrir1 ne connat jamais le dsespoir2 c'e/ la pntrante lumire de la d\leur qui lui claire le *em9 de la vie4 ,la d\leur n'e/ pas une humiliation2 comme l'am\r1 elle e/ le tressaillem5t des mes =tes1 des esprits intellig5ts4 ,si l'am\r ne va jamais sans d\leur1 la d\leur eng5dre t\j\rs l'am\r4 ,l'am\r et la d\leur enseign5t la bont1 la t5dresse1 la grce2 si l'am\r purifie1 la d\leur morale r5d l'homme meilleur4 ,de mme qu'une oreille musicale e/ ncessaire p\r p>tag] le plaisir que procure la musique1 de mme la sympa?ie p\r la d\leur d'autrui ne peut natre que *ez celui qui a pr\v la d\leur4#f ,les mes =tes et viriles port5t en elles un trsor 9puisable d'am\r et de d\leur4 ,l'am\r et la d\leur ont illum9 l'me de ,br&4 ,br& s\ffre1 mais il ca*e ses d\leurs1 il ne *]*e pas de consolation4 ,il e/ d\x1 p> mom5ts1 d'tre consol p> une me t5dre1 mais p]sonne n'aime consol]4 ,p\r consol]1 il faut avoir beauc\p de coeur4 ,ne *]*ons po9t de consolation1 ne n\s appesantissons jamais sur nos propres tri/esses3 la d\leur discrte prp>e aux nobles causes1 elle sacre ceux qui sav5t s\ffrir sil5cieusem5t4 ,ni les imbcillits rieuses1 ni les fltrissures1 ne font c\rb] le front des ,br&4 ,on devi5t peut-tre un peu dur1 mais les ,br& ne sont pas des hommes aimables4 ,etre aimable e/ facile ceux qui se pli5t volonti]s1 p> non*alance ou p> calcul g/e1 aux trav]s1 aux erreurs1 aux m5songes du monde4 ,ce qui importe1 avant d'tre aimable1 c'e/ d'tre vrai1 d'tre ju/e1 soi-mme1 c'e/ d'avoir du c>actre4 ,br& e/ rude et s\v5t dur3 il compr5d que celui qui donne beauc\p1 a aussi le droit de dem&] autant4 ,br& sacrifie son bonheur et sa vie1 et il peut dire3 ,qui ne sacrifie pas t\t1 jette son (fr&e la m]4 ,une loi suprieure de ju/ice1 inscrite au fond du coeur de l'homme1 lui fait s5tir que lorsque le sacrifice e/ exigible d'un ct1 il doit en tre de mme du ct oppos4 ,br& n\s pr\ve que c'e/ dans la volont du sacrifice consci5t que gt la =ce qui ressuscite4 ,br& dem&e ,t\t ou ,ri54 ,si tu donnais t\t en rs]vant ta vie1 sa*e que tu n'aurais ri5 donn4 ,et il aj\te amrem5t3 ,la vie6 la vie6 quel prix ce bon peuple y atta*e4 ,il n'y a pas d'infirme qui ne ti5ne l'exi/5ce comme si le salut du monde et des mes reposait sur ses *tives paules6 ,lorsqu'on dem&e ,br&3 ,combi5 dur]a la lutte8--il rpond3 ,elle dur]a jusqu' votre d]ni] j\r1 jusqu'au sacrifice suprme1 jusqu' ce que v\s soyez libres de compromis1 matres de votre volont entire1 et que v\s n'hsitiez plus l*em5t devant cet ordre3 t\t ou ri56 ,quelles s]ont vos p]tes8 t\s vos dsirs1 t\tes les rs]ves que v\s apportez au s]m5t sol5nel2 t\tes les *anes polies1 dores1 qui v\s font esclaves de la t]re1 t\s les somnifres qui v\s endorm5t6 ,ce que v\s rapport]a la victoire8 ,une volont pure1 une foi leve une me entire et cet esprit de sacrifice qui donne t\t avec joie1 jusqu' la vie1 enf9 une c\ronne d'p9es sur *aque front3 le voil votre ga94 ,si ,br& indique le *em9 du sacrifice1 c'e/ qu'il l'a pris le premi]4 ,il y a longtemps qu'on n\s p>le du bon *em91 qu'on n\s l'indique du doigt2 plus d'un n\s l'a montr1 mais tu es le premi] qui l'aies pris toi-mme1#g lui dit un homme du peuple4 ,si ,br& dem&e t\t1 c'e/ qu'il a assez de =ce et de volont p\r t\t donn] ,,ii ,br& e/ l'inc>nation de la =ce et de la volont4 ,br& app>ti5t cette catgorie d'lus qui ont reu la grce1 la facult1 le p\voir1 de s\hait] une *ose1 de la dsir]1 de la v\loir1 avec tant d'pret1 si impitoyablem5t1 qu' la f91 ils l'obti5n5t#h ou ils succomb5t4 ,ce n'e/ pas en rveillant de brillantes qualits qu'on gurira des mes e/ropies1 c'e/ de volont qu'il s'agit4 ,c'e/ la volont qui r5d libre4441 ou qui tue4 ,elle e/ t\j\rs la mme1 *ez le petit comme *ez le gr&1 t\j\rs entire au milieu de l'p>pillem5t de t\tes *oses6 ,v5ez moi1 dit ,br&1 hommes1 qui v\s tranez l\rdem5t dans cette vie4 ,ame contre me1 dans une communion intime1 n\s allons t5t] l'oeuvre de purification1 abattre l'indcision1 impos] sil5ce au m5songe et rveill] enf9 le jeune lion de la volont6 ,il ne s'agit pas de gmir et de pleur] platoniquem5t sur la tri/e condition de la nature huma9e1 sur les misres du monde1 il faut agir4 ,l o se tr\ve l'action1 se tr\ve la =ce4#i ,l'activit maladroite produit t\j\rs plus de rsultats que la mollesse prud5te4 ,si l'oisivet peut tu] la longue une volont sa9e1 l'action peut sauv] une volont malade4 ,hom9es sunt voluntates1 a dit sa9t ,augu/94 ,la volont c'e/ l'homme mme4 ,au milieu de ce t\rbillon d'images1 de dsirs1 de passions qui s'agite en n\s1 n\s dmlons clairem5t une =ce irrductible1 capable de rgl] t\t ce m\vem5t3 la volont4 ,je veux1 je ne veux pas1 ces mots g\v]n5t notre intellig5ce1 notre s5sibilit1 notre esprit1 t\t notre tre4 ,il ne suffit plus de dire avec ,desc>tes3 ,cogito1 ergo sum2 il faut dire3 ,j'agis1 donc je vis4 ,je ne suis moi qu'autant que j'agis4 ,p\r qu'une me d'homme ait de la dignit1 de la beaut morale1 il faut que la volont y rgne en s\v]a9e4 ,la volont1 qui e/ la facult ess5tiellem5t active de l'homme1 conc5tre la puissance de t\tes les autres facults en vue de l'action qui e/ la manife/ation suprme de la vie huma9e4 ,la de/9e de l'homme1 qui e/ le total de ses actes1 e/ d'autant plus leve1 d'autant plus noble1 d'autant plus utile1 qu'elle se compose d'actes plus con=mes au vrai1 au bi51 au ju/e1 au beau1 c'e/--dire de manife/ations plus pures de l'emploi de la volont4 ,la volont1 c'e/ la p5se v\lue4,la p5se v\lue1 la p5se rfl*ie1 la vritable p5se huma9e en un mot1 ne saurait exi/] sans que se produise une de ces volitions t\j\rs int5tionnelles qu'on nomme ides-motrices#aj4 ,vivre1 c'e/ v\loir2 vivre1 c'e/ agir2 mais agir rellem5t1 c'e/ agir avec consci5ce1 avec la dcision de dom9] ses propres actes1 de leur impos] une unit1 de leur imprim] la =me de l'idal que l'on porte en soi4 ,la consci5ce1 c'e/ l'me dans la plnitude de ses facults et de ses =ces4 ,la volont e/ le pr9cipe de notre activit consci5te1 c'e/ elle qui donne le rayonnem5t et la valeur notre vie4 ,sans volont1 il n'y a pas de c>actre et sans c>actre1 il n'y a pas d'homme4 ,voici ce qui e/ crit en c>actres de feu p> une ma9 t]nelle1 dit ,br&3 ,sois f]me jusqu' la f91 on ne m>*&e pas la c\ronne de vie4 ,p\r te purifi]1 ce n'e/ pas assez des sueurs de l'angoisse1 il faut encore le feu du m>tyre2 si tu ne peux pas1 tu s]as c]tes p>donn2 mais si tu ne veux pas1 jamais6 ,dlivr] la volont ou succomb]6 crie-t-il de t\tes les fibres de son me4 ,l'homme capable de p\ss] ce cri sublime1 dira et f]a ce qu'il a dire et faire1 malgr t\s les ob/acles1 t\tes les montagnes4 ,rduites p> la montagne1 les p>oles rsonn5t longtemps qu& on p>le voix =te et ple9e4#aa ,qu& donc l'humanit gurie des m5songes s'lv]a-t-elle jusqu' la volont consci5te6 ,br& n\s fait voir que la volont consci5te eng5dre la lib]t et la ju/ice4 ,au-dessus de la volont1 dit-il1 rgne un ,dieu de lib]t et de ju/ice4 ,ce n'e/ pas ici le lieu de discut] la "q3 l'homme e/-il libre8 ,la "q du libre arbitre e/ du doma9e de la mtaphysique et insoluble4#ab ,libres ou non1 n\s t5dons la lib]t1 l'indp5dance absolue dont n\s avons l'ide4#ac ,la lib]t n'e/ pas une facult que n\s apportons en v5ant au monde et que n\s ne c\rons pas risque de p]dre3 n\s ne la possdons que si n\s n\s la donnons n\s-mmes4 ,n\s ne naissons pas libres1 mais capables de dev5ir libres et s\mis l'obligation de le dev5ir4 ,c'e/ l le privilge de l'homme et sa dignit propre1 qu'il ne reoit pas de la ,nature un c>actre t\t fait et une de/9e immuable3 il e/ lui-mme l'artisan de sa gr&eur4#ad ,br& n\s montre que la volont fait natre la lib]t qui eng5dre la ju/ice4 ,acc\rez1 natures fra*es et jeunes2 qu'un s\ffle de ju/ice balaye la p\ssire qui v\s c\vre dans cette sombre impasse6 ,c> la lib]t sans la ju/ice e/ une *imre4 ,la ju/ice n'e/ pas une conv5tion huma9e4 ,quelle que soit sa nature1 elle e/ t]nelle et immuable4#ae ,ceux qui dis5t3 ,la ju/ice n'e/ pas de ce monde m5t5t4 ,la ju/ice n'e/ pas un attribut div9 inaccessible l'homme2 la ju/ice e/ le droit de l'individu et de l'humanit4 ,la vrit et la ju/ice ne sont pas des has>ds2 elles sont au fond mme des mes huma9es2 elles en sont la loi idale2 et ce n'e/ po9t p> leurs manife/ations mutiles et dbiles qu'il faut jug] de leur =ce1 mais p> la promesse d'av5ir qu'elles port5t en elles1 p> la secrte v]tu qui1 tt ou t>d1 ici ou l1 doit ab\tira de belles rvlations4#af ,n\s prfrons t\s la ju/ice l'inju/ice4 ,ce qu'il n\s manque1 c'e/ le c\rage d'tre ju/e4 ,la ju/ice suprme1 la ju/ice s9cre1 la ju/ice se jugeant elle-mme et jugeant selon ses propres maximes1 n\s ne la tr\v]ons nulle "p1 si n\s ne p>v5ons pas la faire natre1 crotre et fleurir en n\s-mmes4 ,c'e/ en n\s-mmes1 dans les pr(ondeurs de notre me1 de notre consci5ce1 que n\s devons puis] l'am\r1 la volont1 la lib]t1 la ju/ice4 ,,iii ,br& e/ le type de l'homme =t1 consci5t1 il a du c\rage1 de la =ce1 de l'audace1 il aime le combat3 la lutte a peur des c\rageux4 ,la lumire plane sur les *ampions 4#ag ,on puise du c\rage les suivre4 ,ah6 c]tes1 ,br& n'arrive pas ralis] ses rves1 il ne p>vi5t pas con/ruire sa ,n\velle ,eglise1 il e/ lapid p> la f\le qui dem&e des j\issances immdiates4 --,quelle s]a notre rcomp5se8 gronde-t-elle4 ,la puret de la volont6 ,la puret de la consci5ce6 rpond l'aptre4 ,mais la populace prfre ses misres4 ,br& e/ frapp1 il expire p\r avoir v\lu aim] l',idal4 ,et qu'importe6 ,il e/ d\x d'tre le m>tyr d'une gr&e ide4#ah ,br& n'e/ qu'un symbole1 un rayon qui n\s claire le *em9 suivre4 ,comme ,solness le ,con/ructeur1 ,br& e/ un homme de gnie qui rve 2 trop haut1 tombe du haut de son rve et en meurt4#ai ,qu'importe6 ,qu'importe6 ,d'autres vi5dront1 cont9u]ont et a*v]ont peut tre l'oeuvre comm5ce4 ,t\te ide porte son fruit tt ou t>d4 ,lorsque ,danton1 prs de s'incl9] s\s le c\p]et1 dit son b\rreau3 ,tu montr]as ma tte au peuple3 elle en vaut la pe9e1 ce ne fut pas la vanit qui lui arra*a ses t]ribles p>oles4 ,le gr& tribun de la lib]t s5tit au mom5t suprme que ri5 ne vivifie les ides comme les supplices des m>tyrs4 ,si ,br&1 p> sa vie1 n\s appr5d vivre1 v\loir1 il n\s enseigne1 p> sa mort1 savoir m\rir4 ,oui1 il y a t\j\rs quelque l*et se laiss] va9cre1 lorsqu'on peut tre victorieux4 ,mais ,br& a lutt4 ,l'homme =t ne se laisse jamais abattre4 ,le dang] ne l'arrte po9t1 qu& sa consci5ce l'appelle l'affront]1 il ne cde qu' la ncessit laquelle il s]ait inutile de faire rsi/ance2 les difficults l'anim5t1 lo9 de le rebut]2 il ne cra9t ni ne re*]*e la mort2 t\j\rs prt la recevoir1 il se cont5te de l'att5dre de pi$ f]me4 ,n\s devons os] galem5t vivre et m\rir1 t5ir f]me contre les calamits de la vie1 voir la mort sans faiblesse1 lorsqu'on ne peut l'vit]1 et n\s y expos] sans cra9te t\tes les fois que le devoir vritable n\s y appelle4 ,les d]nires p>oles de ,br& sont3 ,*aque race envoie un de ses fils la mort p\r expi] les crimes de t\s4 ,ce ne sont pas l les p>oles d'un g/e6 ,lorsque ,br& meurt1 une voix s'lve et murmure3 ,dieu e/ *>it4 ,*>it ici ne dsigne po9t le m5songe p> lequel les ,s\ti5s de la ,socit actuelle n\rriss5t les misrables en leur jetant p>fois des os dess*s de leurs somptueux fe/9s4 ,la ,*>it ici veut dire ,am\r4 ,dieu1 c'e/ l',am\r4 ,qu& la ,sorbonne condamna la traduction de l',axio*us de ,platon et que le ,p>lem5t condamna le traducteur1 ,eti5ne ,dolet1 tre brl dans un lieu commode et conv5able1 celui-ci1 v\ au b\rreau p\r a?isme rpondit p> un *ant d'immortalit3 ,si au beso9 le monde m'ab&onne4444 ,dois-je en mon coeur p\r cela m5] deuil8 ,non1 p\r c]ta91 mais au ciel lev] oeil ,sans autre g>d4444#bj ,ces cantiques sont plus utiles la f\le +rate que t\s les blasphmes1-- la f\le qui tue ceux qui lui veul5t du bi54 ,ari/ote et ,snque sont condamns1 comme impies1 la mort2 le gr& et v]tueux ,socrate e/ condamn mort en pr*ant l'unit de ,dieu1 af9 d'te9dre les ha9es religieuses entre nations2 ,*ri/ophe ,colomb1 aprs avoir dc\v]t l',amrique1 e/ jet dans les f]s2 ,sp9oza e/ fltri p> la synagogue4444 ,les sicles pass5t et l'on s'ag5\ille devant ces surhuma9s considrs p> leurs contempora9s comme f\s et crim9els6 ,il y a des poques o savoir tre f\1 c'e/ faire acte de sagesse6 ,ce sont ces f\s1 ces m>tyrs qui tir5t l'humanit de ses impasses1 qui affirm5t1 qu& elle ne sait comm5t sortir du d\te4#ba ,c'e/ la flamme pique de ces gr&s en?\siasmes1 c'e/ le soc de f] de ces mles volonts qui font l'hi/oire1 qui jett5t l'univ]s de n\veaux pr9cipes1 qui con/ruis5t des ,eglises n\velles4 ,des millions s'occup5t p]ptu] l'espce2 c'e/ p> quelques-uns seulem5t que se propage l'humanit4#bb ,on ne f]a jamais ri5 avec la f\le4 ,l'esclavage des sicles l'a trop avilie4 ,la f\le dsire la rcomp5se avant la pe9e1 elle veut des miracles mme m5song]s4 ,l'ide1 la conviction ds9tresse1 le c\rage qui ne veut d'autre rcomp5se que celle du devoir accompli1 le sacrifice qui ne *]*e d'autre satisfaction qu'en lui-mme1 t\tes ces *imres lum9euses dpass5t trop le niveau ord9aire de la vie p\r ne pas prt] des s\pons mal9s1--et l'on accuse ceux qui ne *]*5t que la vrit et la ju/ice1 et on les condamne en les dcl>ant ennemis de la socit4 ,aimons la f\le1 aimons le peuple1 mais ne le lui disons jamais6 surt\t ne *]*ons pas lui plaire4 ,si n\s v\lons tt ou t>d lui faire compr5dre et adopt] nos ides1 ne *]*ons pas avoir l'air d'accept] les si5nes4 ,montrons-n\s tels que n\s sommes1 dvoilons-lui la vrit1 la vrit entire1 la vrit t\te nue1 ft-elle dure4 ,ce n'e/ pas eu flattant la f\le1 en lui rptant qu'elle a t\j\rs raison que n\s la rveill]ons4 ,si la f\le v\lait avoir raison1 elle s]ait dj libre l'heure actuelle6 ,non1 la f\le n'a pas t\j\rs raison4 ,la majorit n'a jamais raison1 dit ,/ockmann#bc1 jamais6 ,c'e/ un de ces m5songes sociaux contre lesquels un homme libre de ses actes et de ses p5ses doit se rvolt]4 ,qui =me la majorit des habitants d'un pays8 ,e/-ce les g5s intellig5ts ou les imbciles8 ,je suppose que n\s s]ons d'accord qu'il y a des imbciles p>t\t1 sur t\te la t]re1 et qu'ils =m5t une majorit horriblem5t crasante4 ,la majorit a la =ce1 malheureusem5t1 mais elle n'a pas la raison4 ,l'ennemi le plus dang]eux de la vrit et de l'affran*issem5t intellectuel1 c'e/ la majorit compacte4444 ,les vrits de la majorit1 les vrits de la f\le1 de la masse sont celles qui sont en passe de dev5ir des m5songes4444 ,bjornson dit que la majorit a t\j\rs raison1 et c'e/ ce qu'un politique pratique doit dire4 ,moi1 au contraire1 je suis oblig de dire3 ,la m9orit a t\j\rs raison4 ,je p>le de cette m9orit de g5s qui m>*5t l'avant-g>de v]s un b que la majorit n'e/ pas encore en tat d'atte9dre4#bd ,l'ide des m9orits1 df5due p> les hros d',ibs51 r5f]me une p5se de ju/ice et d'quit bi5 oppose la primaut de la =ce4 ,si mme les m9orits n'arriv5t pas ralis] leurs ides1 elles sont utiles3 elles ne laiss5t pas les majorits s'endormir2 elles sont un contrle ncessaire1 elles sont un guide1 t\j\rs utile1 jamais nuisible4 ,t\te vrit n\velle1 dit ,tol/o1 qui *ange les moeurs et qui fait m>*] l'humanit en avant n'e/ accepte t\t d'abord que p> un petit nombre d'hommes qui ont p>faitem5t consci5ce de celte vrit4 ,les autres1 qui ont accept p> confiance la vrit prcd5te1 celle sur laquelle e/ bas le rgime exi/ant1 s'oppos5t t\j\rs l'ext5sion de la n\velle4 ,mais plus il y a d'hommes qui se pntr5t de t\te vrit n\velle1 plus cette vrit e/ assimilable1 plus elle provoque de confiance *ez les hommes d'une culture infrieure4 ,a9si le m\vem5t s'acclre1 s'l>git comme celui d'une b\le de neige1 jusqu'au mom5t o t\te la masse passe d'un c\p du ct de la vrit n\velle et tablit un n\veau rgime4#be ,si ,ibs5 donne t\j\rs raison la m9orit1 il ne dit nulle "p qu'il faut ddaign] la majorit4 ,les millions d'tres huma9s qui compos5t une gr&e nation se rduis5t p\r elle-mme et p\r les autres quelques milli]s d'hommes qui sont sa consci5ce claire1 qui rsum5t son activit sociale s\s t\tes ses faces3 politique1 indu/rie1 comm]ce1 culture intellectuelle4 ,p\rtant ce sont ces millions d'tres ignors1 exi/5ce borne et locale1 vivant et m\rant sans bruit1 qui font t\t le re/e3 sans eux1 ri5 n'e/4#bf ,oui1 sans la majorit ri5 n'e/1 ,ibs5 n\s fait seulem5t voir que c'e/ l'individu1 la m9orit qui a t\j\rs raison4 ,/ockmann1 ,br&1 ,solness1 n\s rpt5t ma9tes fois3 ,t\t tre e/ une =ce1 il faut que cette =ce s'exprime4 ,*acun e/ le g>di5 naturel de sa propre sant1 physique1 m5tale et spirituelle2 les intrts de l'homme n'autoris5t la s\mission de la spontanx individuelle un contrle extrieur qu'au sujet de ces actions d'un *acun qui t\*5t les intrts d'autrui4#bg ,respect] la lib]t d'autrui n'e/ possible qu' l'homme libre1 et p\r dev5ir libre1 dit ,br&1 l'homme n'a compt] que sur lui-mme4 ,il ne doit pas tre esclave de la majorit1 il ne doit tre esclave de p]sonne4 ,faut-il1 dem&e ,elise ,reclus1 que n\s1 les ennemis du *ri/ianisme1 n\s rappelions t\te une socit qui se prt5d *rti5ne ces mots d'un homme dont elle a fait un ,dieu3 ,ne dites p]sonne3 ,matre1matre6 ,que *acun re/e le matre de soi-mme4 ,ne v\s t\rnez po9t v]s les *aires (ficielles1 ni v]s de bruyantes tribunes1 dans la va9e att5te d'une p>ole de lib]t4#bh ,pr5ez la lib]t v\s-mme1 re/ez t\j\rs v\s-mme6 ,ce que tues1 sois-le ple9em5t1 pas demi4444 ,place au soleil1 place p>t\t qui veut tre vraim5t soi-mme6#bi ,que l'homme dans un lan de fi]t et d'n]gie devi5ne son propre ,matre1 que la ,consci5ce devi5ne son dieu1 la ,ju/ice son prtre1 l',humanit son autel6 ,,notes3 #a ,ibs54 ,br&4 #b ,do/oevsky4 ,le crime et le *tim5t4 ,p>oles de ,raskolnikov4 #c ,br& la mort de son fils4 #d ,*4 ,ri*et4 ,l'homme et l'intellig5ce1 p4 #bb4 #e ,rosm]%olm4 #f ,sp5c]4 ,ju/ice1 p4 #cd4 #g ,ibs54 ,br&4 #h ,ibs54 ,bygme/] ,solnaes 7,solness le con/ructeur74 #i ,a4 ,f\ille4 ,lib]t et dt]m9isme1 p4 #ih4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #aj ,s]gnyeff4 ,physiologie de la veille et du sommeil t4 ,,ii1 p4 #gbj4 #aa ,br&4 #ab ,?4 ,ribot4 ,maladies de la volont1 introduction4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #ac ,a4 ,f\ille4 ,lib]t et dt]m9isme1 p4 #ab4 #ad ,joyau4 ,essai sur la lib]t morale1 introduction1 p4 ix4 #ae ,jules ,simon4 ,la femme au ,x,xe sicle1 p4 #f4 #af ,jean ,jaurs4 ,la ralit du monde s5sible1 p4 #cbd4 #ag ,ibs54 ,emp]eur et ,galilen4 #ah ,ibs54 ,comdie de l'am\r4 #ai ,c4 ,mauclair4 ,confr5ce sur ,solness le con/ructeur1 faite au ?tre de l',oeuvre1 le #b avril #ahid4 #bj ,cantique d',eti5ne ,dolet1 #aedf4 #ba ,e4 ,r5an4 ,hi/oire d',isral1 t4 ,,iv1 p4 #ccb4 #bb ,s*ill]4 #bc ,ibs54 ,un ennemi du peuple4 #bd ,ibs54 ,lettre prive date de #ahhb4 #be ,voir notre ouvrage1 ,p5ses de ,tol/o1 p4 #ade4 #bf ,?4 ,ribot4 ,maladies de la p]sonnalit1 p4 #bb4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #bg ,/u>t-,mill4 ,la lib]t1 p4 #abe1 #abi1 trad4 fran4 #bh ,elise ,reclus4 ,prface au livre de ,pi]re ,kropotk9e4 ,p>oles d'un rvolt1 p4 x4 #bi ,br&4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iv ,,ce ,n',,e/ ,,pas ,l',,individu1 ,,mais ,,la ,,famille ,,qui ,,con/itue ,l',,unit ,,sociale ,on a s\v5t dpe9t ,ibs5 comme n'ayant coeur que les intrts de l'individu et considrant ce d]ni] comme l'unit sociale4 ,m4 ,a4 ,l]oy-,beaulieu dans un disc\rs prononc l',htel des ,socits ,savantes le #bd janvi] #ahif s'cria en s'adressant son auditoire3 ,n'c\tez pas les faux prophtes qui os5t div9is] l'individu1 et ne v\s laissez po9t sduire p> l'loqu5ce des gr&s prtres1 franais ou exotiques1 de l'individualisme4 ,ne pr5ez pas p\r modles les hros ou les hrones du ,sc&9ave ,ibs5 dans leur rvolte contre la loi morale et contre la loi sociale4444 ,ils s'attaqu5t aux gr\pem5ts les plus anci5s1 les plus lgitimes et je dirai les plus sacrs de l'humanit1 et ici je n'ent5ds pas seulem5t la religion1 mais la famille4444 ,n\s p5sons que l'unit sociale1 la molcule sociale1 ce n'e/ pas l'individu1 c'e/ la famille4#a ,ibs5 n'a jamais s\t5u le contraire4 ,s'il df5d p>t\t la p]sonne huma9e contre les m5songes de la socit1 s'il df5d la libre activit et l'n]gie individuelles1 il ne dit nulle "p dans son oeuvre qu'il faut sacrifi] la socit l'individu1 que l'individu doit se r5f]m] jamais dans l'ence9te de sa p]sonnalit4 ,il veut rgnr] l'individu p\r recon/itu] une socit compose d'individus sa9s4 ,son idal e/ plutt social qu'individuel4 ,un n\vel difice appelle une me rgnre1 un esprit purifi4#b ,l'individu et la socit ne doiv5t pas tre opposs l'un l'autre4 ,le droit individuel ne doit jamais tre en antagonisme avec le droit social4 ,si la socit ne peut pas exi/] sans l'individu1 l'individu1 lui1 e/ directem5t intress la cons]vation de la socit4 ,l'individu e/ la ralit concrte de l'humanit1 la socit en e/ la =me naturelle et ncessaire4 ,donc1 ce qu'il faut *]*]1 c'e/ la f9 suprieure1 dans la p\rsuite de laquelle l'individu et la socit1 en mme temps que *acun d'eux dvelopp]a ses v]tus propres1 se s5tiront de plus en plus solidaires4#c ,qu'e/-ce que la socit1 s9on la collection des individus8 ,si le t\t e/ dfectueux1 c'e/ que les p>ties sont gtes2 si la socit e/ mauvaise1 c'e/ que l'individu e/ vici4 ,si le mal e/ dans la socit1 c'e/ qu'il a t1 t\t d'abord1 dans l'individu4 ,ce n'e/ donc pas la socit qu'il faut dtruire1 c'e/ l'individu qu'il faut r=m]4 ,on a pe9e croire que l'ide de l'indp5dance et de la responsabilit morales individuelles soit le fruit de longs sicles de dveloppem5t moral4 ,la tribu ou la famille e/ l'unit ?ique des temps primitifs2 puis1 vi5t l'tat1 plus t>d c'e/ la ca/e et enf91 c'e/ l'individu4 ,le progrs moral1 c'e/ la dc\v]te progressive de l'individu4 ,la vraie nature de l'individu rpond la vraie nature de la socit1 c'e/ la dc\v]te de la premire qui amne celle de la seconde4#d ,etre ri*es en bonnes p5ses1 en bons s5tim5ts et en bonnes oeuvres portant ple9em5t notre empre9te1 n\s1 ne n\s emp*e po9t d'en faire pr(it] la socit4 ,si ,ibs5 glorifie la puissance du moi individuel1 c'e/ p\r le mettre au s]vice de la socit4 ,p\r lui ce n'e/ pas la socit qui trans=m]a l'individu1 c'e/ l'individu qui trans=m]a la socit4 ,l'individu doit se relev] lui-mme1 il doit fond] une famille sa9e qui s]vira de base la socit n\velle4 ,s'il rclame la lib]t individuelle1 la lib]t entire1 absolue1 de faire t\t ce qui e/ dans la nature de l'tre huma91 c'e/ p\r que ce d]ni] l'emploie la rgnration de la socit4 ,l'individu1 c'e/ le g]me fcond1 le rayon vivifiant1 le rgnrateur qui amn]a la purification de la vie sociale1 la vraie lib]t1 la vraie ju/ice1 la vraie solid>it huma9e4 ,p\r ,ibs51 la vritable unit sociale n'e/ pas l'individu1 mais la famille4 ,il n'y a pas cte si rude qu'on ne puisse la gravir deux1 dit ,br&4 ,prs de toi1 av\e-t-il ,agns1 je n'ai jamais s5ti mon c\rage faiblir4 ,j'avais accept ma vocation comme un m>tyre4 ,mais1 depuis ce temps1 quelle trans=mation6 ,comme j'ai t heureux dans mes ef=ts6 ,avec toi1 l'am\r e/ entr dans mon me comme un d\x rayon de pr9temps4 ,ah6 l'on dirait que t\te la somme de t5dresse amasse dans mon coeur s'e/ faite aurole p\r ce9dre mon front et le ti51 ma *re p\se6 ,l'esprit de d\ceur qui m'a pntr1 cet arc cle/e1 e/ ton oeuvre4 ,p\r qu'une me embrasse t\s les tres1 il faut d'abord qu'elle en *risse un seul4 ,dans ,le ,petit ,eyolf1 l'+nieur ,borgheim qui a des flaells trav]s]1 d'incroyables difficults va9cre1 qui tr\ve le monde beau et le mti] de frayeur des *em9s1 admirable1 ,borgheim ne veut pas re/] seul1 il dem&e ,a/a de l'aid]1 de p>tag] ses joies4 ,,a/a4--,v\s avez un gr& travail devant v\s1 une n\velle voie fray]4 ,,borgheim4--,mais je n'ai p]sonne p\r m'aid]4 ,p]sonne avec qui p>tag] mes joies4 ,ah6 c'e/ l le plus dur4 ,,a/a4--,n'e/-ce pas plutt d'tre seul support] les pe9es et les fatigues8 ,,borgheim4--,ces *oses-l1 on en vi5t b\t sans aide4 ,,a/a4--,mais la joie selon v\s 444 dem&e tre p>tage8 ,,borgheim4--,oui4 ,o s]ait sans cela le bonheur4 ,,a/a4--,v\s avez peut-tre raison4 ,,borgheim4--,on peut re/] quelque temps avec sa joie dans son coeur4444 ,mais cela ne suffit pas la longue4444 ,non1 non1 on ne peut tre joyeux qu' deux4 ,et ,a/a va accompagn] ,borgheim p\r fray] les *em9s4 ,mme le docteur ,/ockmann#e celui qui prononce cette phrase t]rible3 ,l'homme le plus puissant1 c'e/ celui qui e/ le plus seul1 le docteur ,/ockmann re/e avec sa famille4 ,il dit ses enfants3 ,je veux v\s lev] moi-mme1 je veux faire de v\s des hommes libres et nobles4 ,c'e/ avec le conc\rs moral d',agns que ,br& se met con/ruire sa ,n\velle ,eglise2 c'e/ p\r ,hild que ,solness le ,con/ructeur btit sa t\r gigantesque2 l'+nieur ,borgheim fonde une famille avant de p>tir fray] les *em9s2 le docteur ,/ockmann se consacre sa famille et l'ducation de ses enfants4 ,qui donc peut dire que l',unit sociale p\r ,ibs5 n'e/ pas la famille1 mais l'individu8 ,ibs5 e/ d'accord avec ,augu/e ,comte3 ,ce n'e/ pas l'individu1 c'e/ la famille qui con/itue la molcule sociale4 ,si l'on tr\ve de l'gsme dans les hros d',ibs51 c'e/ *ez les s\ti5s de la ,socit actuelle et non pas *ez les *ampions de la ,socit n\velle4 ,ce n'e/ pas p\r eux-mmes que ceux-ci devi5n5t eux-mmes1 qu'ils s'lv5t jusqu' leur moi moral4 ,il y a dans la nature huma9e deux gr&s c\rants qui se rapport5t deux po9ts de vue di/9cts3 gsme et altruisme4 ,le so9 de la cons]vation individuelle41 cet argum5t suprme de la vie matrielle1 cre l'gsme4 ,mais l'homme ne peut pas vivre seul1 s\s pe9e de disp>atre t\t enti] de la surface du globe4 ,les intrts de l'individu se heurt5t ceux de ses semblables4 ,l'union des sexes e/ le premi] pas v]s l'altruisme4 ,aussitt que l'homme et la femme s'uniss5t p\r fond] une famille1 c'e/--dire p\r con/itu] le premi] t]me de t\te socit1 la morale altrui/e nat avec ce comm5cem5t d'tat social4 ,comme ,tol/o#f1 ,ibs5 ne prote/e po9t contre l'in/itution mme de la famille1 mais contre ses conditions actuelles4 ,la famille a cons]v trav]s les ges1 et malgr ses trans=mations successives1 le /igmate de son orig9e4 ,elle e/ re/e au patri>*at ce que le g\v]nem5t reprs5tatif e/ l'autorit absolue4 ,la famille e/ un petit tat1 o l'homme e/ s\v]a91 la femme et les enfants sujets1 o l'intrt matriel e/ en ho/ilit avec la consci5ce4 ,elle e/ la pr(anation de t\s les s5tim5ts vrais1 de t\tes les pures et suaves aspirations de l'am\r4 ,ibs5 veut la famille =te1 base sur l'galit des sexes4 ,a l'homme libre1 il faut une femme libre4 ,,notes3 #a ,a4 ,l]oy-,beaulieu4 ,l'individualisme et le socialisme1 p4 #g et suiv4 ,edition du ,comit de df5se et de progrs social4 ,bro*ure n #aa4 #b ,ibs54 ,br&4 #c ,emile ,b\tr\x4 ,morale sociale4 ,prface1 p4 viii4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #d ,james ,se?4 ,a ,/udy ( e?ical pr9ciples1 p4 #cbc4 #e ,un ennemi du peuple4 #f ,voir notre ouvrage3 ,la ,philosophie de ,tol/o1 p4 #adi-aec 7,p>is1 ,f4 ,alcan74 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,v ,l',,emancipation ,,de ,,la ,,femme4--,,le ,,m>iage ,,libre4--,,la ,,soci,t ,,n\velle4 ,i ,il y a un peu plus d'un qu>t de sicle que ,john ,/u>t-,mill posa le problme de l'mancipation de la femme4#a ,depuis ce mom5t les ides du p5seur anglais se sont fray un passage dans t\s les pays4 ,df5seur de l'tre huma91 ,ibs5 ne p\vait pas ne pas song] a l'amlioration de la condition de la femme qui e/ non seulem5t esclave de la socit1 mais aussi du m>i ou du pre4 ,il ne p\vait pas ne pas voir que le monde traite l'homme et la femme avec la plus mon/rueuse 9galit1 que dans t\tes les conditions de la vie la femme e/ infriorise1 et dans le m>iage mme ass]vie4 ,son bon s5s1 son gr& coeur de pote lui disait que celle qui porte la moiti du f>deau de la vie doit aussi p>ticip] la moiti des droits qu'elle donne4 ,et1 comme beauc\p d'autres esprits suprieurs1 ,ibs5 a consacr la puissance de sa plume la df5se de la femme4 ,c> la division en deux de l'unit huma9e n'e/ pas rationnelle4 ,cette division blesse la nature1 (f5se la raison et la morale4 ,la "q fm99e agite et rvolutionne actuellem5t le monde mod]ne4 ,les phili/9s des deux sexes qui n'os5t pas s'arra*] au c]cle troit des prjugs1 appell5t ce m\vem5t la folie du sicle4 ,ils sont de l'espce des *\ettes qui se tr\v5t p>t\t ou rgne la nuit et qui p\ss5t des cris d'effroi qu& un rayon de lumire tombe dans leur commode obscurit4#b ,ils voqu5t la prt5due 9galit des sexes1 mais ils oubli5t que l'galit n'implique pas l'ide de ressemblance1 elle n'exige pas mme extrieur1 mme =ce1 elle compr5d la ju/ice imman5te p\r t\s les tres1 faibles ou =ts2 elle met en prs5ce des tres huma9s qui se respect5t les uns les autres4 ,la gr&eur des individus vi5t non de leurs muscles1 mais de leur intellectualit et de leur morale4 ,la condition diffr5te des sexes e/ la suite d'une volution fausse4 ,l'homme a usurp graduellem5t la responsabilit p\r la p5se et l'action de la femme1 la femme lui a cd graduellem5t sa lib]t de corps et d'me4 ,la femme mod]ne a dj pr\v qu'elle possde les mmes capacits intellectuelles que l'homme et qu'il n'y a pas de bran*e d'activit huma9e o elle ne puisse remplac] et s\v5t mme dpass] l'homme4 ,l'hi/oire et nos relations p>ticulires f\rmill5t d'exemples sur la valeur intellectuelle et morale d'un trs gr& nombre de femmes1 valeur qui s]a encore mieux dveloppe qu& n\s j\irons d'un t\t autre mode d'ducation qu'auj\rd'hui4 ,l'op9ion gnrale accorde aux femmes une consci5ce ord9airem5t plus scrupuleuse que celle des hommes2 or1 qu'e/-ce que la consci5ce si ce n'e/ pas la s\mission des passions la raison8#c ,l'me fm99e possde plus s\v5t que celle de l'homme les nobles v]tus de gnrosit et de bont1 c> le rle du fm9isme e/ t\t de pacification3 la femme se jette dans la mle sociale p\r en attnu] le *oc1 ad\cir la d\leur des va9cus et gr&ir le coeur des va9queurs4 ,il ne s'agit pas de la protection accord] aux femmes1 mais de leurs droits la lib]t4 ,la protection et la lib]t sont deux t]mes qui s'exclu5t4 ,v\loir tablir une supriorit ou une infriorit de sexes1 c'e/ fauss] les plateaux de la balance1 en viol5t] l'quilibre1 c'e/ =faire la nature4 ,la sujtion de la femme e/ un legs de la sauvag]ie primitive et aussi longtemps que l'galit des sexes ne s]a pas complte1 le rgne de la raison huma9e s]a une fiction4 ,que celui qui veut l'homme libre rclame l'affran*issem5t de la femme4 ,il faut lev] les femmes jusqu' n\s1 leur donn] autant de droits qu' n\s2 ni esclaves1 ni c\rtisanes1 il faut en faire des compagnes libres1 capables de travaill] avec n\s la trans=mation de la socit4 ,travaill] l'mancipation de la femme1 c'e/ amlior] le bi5-tre gnral4 ,il faut que l'homme et la femme uniss5t leurs intellig5ces comme ils uniss5t leurs coeurs4 ,l'homme et la femme1 dit ,kant1 ne con/itu5t l'tre huma9 enti] et complet que runis2 un sexe complte l'autre4 ,la famille doit tre compose de deux tres qui respect5t la dignit individuelle rciproque4 ,fille1 p\se ou libre1 il n'y a pas de diffr5ce au po9t de vue du droit et de la morale entre l'homme et la femme4 ,libres t\s deux1 nul n'e/ le matre4#d ,c'e/ l'homme libre de t\te tyrannie sociale2 c'e/ la femme affran*ie de t\t j\g1 gale l'homme en droits et en devoirs1 ayant reu la mme ducation que lui1 indp5dants t\s les deux et sans prjugs1 qui =m]ont la famille n\velle4 ,,ii ,comme ,platon1 ,ibs5 reprs5te les deux sexes1 deux p>ties d'un mme t\t1 sp>es jadis p> quelque d\l\reux d*irem5t et aspirant recon/itu] leur primitive unit4 ,de quelles femmes admirables a-t-il peupl son ?tre6 ,on prt5d que ce sont des fictions1 des rves1 que dans la vie ces femmes sont des phnomnes4 ,,borckman4--,ah6 ces femmes6 ,elles n\s gt5t et n\s d=m5t l'exi/5ce6 ,elles bris5t nos de/9es1 elles n\s drob5t la victoire4 ,,foldal4--,pas t\tes1 ,jean ,gabriel6 ,,borckman4--,vraim5t6 ,en connais-tu une seule qui vaille quelque *ose8 ,,foldal4--,hlas6 non6 ,le peu que j'en connais n'e/ pas cit]4 ,,borckman4--,eh bi56 qu'importe qu'il y en ait d'autres si on ne les connat pas6 ,,foldal4--,si1 ,jean ,gabriel6 cela importe qu& mme4 ,il e/ si bon1 il e/ si d\x de p5s] que l-bas1 au lo91 t\t aut\r de n\s 444 la vraie femme exi/e quoi qu'il en soit4 ,,borckman4--,ah6 laisse-moi donc tranquille avec ces potiques sornettes6#e ,fictions8 rves8 ,peut-tre4 ,mais n\s n'avons pas n\s pla9dre3 n\s avons lev la femme d'aprs notre image4 ,fiction ou ralit1 les femmes d',ibs5 sont des tres suprieurs4 ,et l'homme e/ a9si fait qu'il aime pr5dre s\v5t ses dsirs p\r des ralits1 il e/ port v\loir ce qu'il ne possde pas4 ,l'homme qui ne r5contre pas une femme qui le compr5d prit sans avoir ri5 fait4 ,celui qui a le bonheur1 comme ,br&1 de tr\v] sur son *em9 une ,agns1 peut firem5t all] btir des ,eglises n\velles4 ,la m]veilleuse figure d',agns6#f ,p\r suivre ,br& elle quitte t\t4 ,salue ma mre et mes soeurs1 dit-elle4 ,je leur crirai si je tr\ve des p>oles leur dire4 ,je ne quitt]ai plus celui qui e/ mon frre et mon ami4 ,c'e/ en va9 que ,br& lui dit qu'elle pr5ne g>de ce qu'elle fait3 ,dsormais t\ffe entre deux flaells1 s\s un humble toit1 au pi$ d'une montagne qui me f]m]a le j\r1 ma vie s'c\l]a comme un tri/e soir d'octobre4 ,,agn,s4--,je n'ai plus peur des tnbres4 ,a trav]s les nuages1 je vois une toile qui brille4 ,,br&4--,sa*e que mes exig5ces sont dures1 je dem&e t\t ou ri54 ,une dfaillance et tu aurais jet ta vie la m]4 ,pas de concession att5dre dans les in/ants difficiles1 pas d'indulg5ce p\r le mal6 ,et si la vie ne suffisait pas1 il faudrait librem5t accept] la mort4 ,,agn,s4--,d]rire la nuit1 d]rire la mort1 l-bas je vois l'aube6 ,et lorsque trois ans plus t>d il lui dit3 ,agns1 cet air e/ pre et froid4 ,il *asse les roses de tes j\es4 ,il glace ton me dlicate4 ,c'e/ une tri/e maison que la ntre4 ,avalan*es et temptes sviss5t aut\r de n\s4 ,je t'ai prv5u que le *em9 tait rude4 ,agns lui rpond s\riant3 ,tu m'z trompe4 ,il ne l'e/ pas4 ,et elle e/ morte1 en esprant1 en att5dant l'aurore1 ri*e de coeur1 f]me de volont jusqu' l'heure suprme1 reconnaissante p\r t\t ce que la vie avait donn1 p\r t\t ce qu'elle avait t3 c'e/ a9si qu'elle desc5dit au tombeau4 ,dans ,mme ,elv/$#g1 dans ,rita#h et dans ,irne#i1 ,ibs5 n\s montre le type des femmes qui ex]c5t une influ5ce intellectuelle sur l'esprit de l'homme4 ,l'esprit droit et le coeur bon sont comme la sant et le bonheur3 celui qui les possde le plus e/ celui qui s'en d\te le mo9s4 ,mme ,elv/$ n'a pas la mo9dre ide que c'e/ elle qui a inspir ,loevborg1 les ,puissances civilisatrices de l',av5ir4 ,dans le ,petit ,eyolf1 ,allm]s travaille un gros livre3 ,de la responsabilit huma9e2 mais il comm5ce d\t] de lui-mme1 de sa vocation1 et l'ide t\j\rs imprieuse de gr&s devoirs accomplir le p\sse *]*] un n\veau b de la vie2 il croit le tr\v] dans l'am\r de son enfant ,eyolf1 petit infirme que son livre lui faisait nglig]4 ,et lorsque l'enfant se noie1 cet homme ple9 de =ce tr\ve la vie1 l'exi/5ce1 le de/91 vides de s5s1 il aspire v]s la solitude des montagnes et des gr&s plateaux1 il veut gt] la d\ceur et la paix que donne la s5sation de la mort1 et c'e/ sa femme1 ,rita1 qui p> la =ce de sa passion1 indique ,allm]s son vrai devoir3 s\lag] la misre de l'humanit s\ffrante4 ,elle lui fait compr5dre qu'occup de son travail3 ,de la responsabilit huma9e1 il a oubli sa vraie responsabilit env]s les pauvres g5s d'en bas4 ,dans ,qu& n\s n\s rveill]ons d'entre les morts1 c'e/ ,irne qui fait crer au sculpteur ,rubeck son *ef-d'oeuvre ,le ,j\r de la ,rsurrection4 ,irne a ab&onn t\t p\r ,rubeck1 famille1 foy]1 p\r le suivre et lui s]vir de modle4 ,elle lui a donn son me jeune et vivante1 et re/e avec un gr& vide1 c> si le sculpteur tait t\t p\r ,irne1 celle-ci n'tait1 suivant l'expression de ,rubeck1 qu'un pisode bni dans sa vie d'arti/e4 ,de ses ma9s lgres et ins\ciantes il a pris un corps palpitant de jeunesse et de vie et l'a dp\ill de son me af9 de s'en mieux s]vir p\r crer une oeuvre d'art4 ,il s'ap]oit trop t>d qu'elle tait p\r lui non seulem5t un modle1 mais la s\rce mme de son tal5t4 ,il a t5u le bonheur entre ses ma9s et l'a laiss *app]1 considrant1 d'aprs la raill]ie d',irne1 l'oeuvre d'abord 444 l'tre vivant ensuite4 ,l'homme ne croit qu'en soi2 la femme en celui qu'elle aime4 ,la femme suprieure e/ capable d'inspir] l'homme aim les ides les plus gr&es et les plus nobles4 ,elles sont admirables1 ces femmes =tes1 ces femmes vaillantes qui lutt5t ct de l'homme p\r ram5] l'humanit v]s les hauteurs de l'intellectualit et de la raison4 ,elles rp&5t aut\r d'elles cette lumire d\ce qui claire sans bl\ir1 qui ouvre des horizons n\veaux1 qui veille la p5se1 la volont1 l'action1 la vie4 ,,iii ,ibs5 a so9 de n\s faire compr5dre que dans l'oeuvre de son affran*issem5t la femme doit avant t\t compt] sur elle-mme1 c> l'homme e/ encore ennemi de la femme libre2 il ne voit pas1 le malheureux1 l'avantage qu'il tir]a lui-mme de la lib]t morale de la femme4 ,l'ide que la femme ne doit compt] que sur ses propres =ces e/ exprime dans ,la ,dame la ,m]#aj4 ,une jeune fille porte en elle un rve d'am\r4 ,elle fait un m>iage de raison1 mais elle g>de t\j\rs le dsir du bonheur4 ,t\tes les contra9tes ne sauront qu'exaspr] ce dsir4 ,t\s les remdes ne l'aid]ont qu' se p]dre4 ,mais si elle reg>de en face le dang]1 si elle porte en elle assez de volont1 elle peut tre sauve1 elle peut dev5ir libre4 ,nora#aa le pr\ve d'une manire clatante4 ,nora e/ considre p> son m>i comme une *>mante petite p\pe1 mais cette p\pe e/ une femme1 elle porte en elle le vrai s5s moral qui e/ au-dessus de la morale conv5tionnelle et hypocrite du milieu qui l'ent\re4 ,nora aime son m>i et p\r le sauv] qu& il tombe malade1 elle emprunte furtivem5t une c]ta9e somme d'arg5t et emmne son m>i dans le ,midi4 ,mais ,nora1 ignorant les lois juridiques qui sont t\j\rs en contradiction avec les lois huma9es1 p\r son emprunt ne s'e/ pas con=me t\tes les prescriptions du ,code4 ,le m>i l'appr5d4 ,il l'accable d'injures1 de maldictions1 et c'e/ l'homme qui prt5dait l'aim]6 ,lui1 qui devrait tressaillir d'admiration et d'orgueil p\r l'acte de ,nora1 preuve palpitante de son am\r1 il n'pr\ve mme aucune piti p\r la pauvre ignorante des lois de la socit1 anantie qu'elle e/ p> la rvlation subite de la misre morale de l'homme6 ,c'e/ ent5du1 la petite ,nora a trs mal agi1 c'e/ une c\pable1 et encore1 peut-tre simplem5t une t\rdie1 un tre faible1 mais qui la faute8 ,n'avait-elle pas t leve et traite comme une p\pe8 ,quel e/ le tribunal qui n'accord]ait pas ,nora un peu d'indulg5ce8 ,lorsque le m>i appr5d que son honneur n'e/ plus m5ac1 il p>donne sa femme4 ,mais la consci5ce de ,nora s'e/ veille1 elle comm5ce voir clair en elle-mme1 elle considre dj autrem5t les hommes et les *oses4 ,elle dcl>e son m>i qu'elle va le quitt]4 ,,helm]4--,c'e/ rvoltant4 ,a9si tu trahiras les devoirs les plus sacrs8 ,,nora4--,que considres-tu comme mes devoirs les plus sacrs8 ,,helm]4--,ai-je beso9 de te le dire8 ,ne sont-ce pas tes devoirs env]s ton m>i et tes enfants8 ,,nora4--,j'en ai d'autres t\t aussi sacrs4 ,,helm]4--,tu n'en z pas4 ,quels s]ai5t ces devoirs8 ,,nora4--,mes devoirs env]s moi-mme4 ,,helm]4--,avant t\t1 tu es p\se et mre4 ,,nora4--,je ne crois plus cela4 ,je crois qu'avant t\t je suis un tre huma9 au mme titre que toi 444 ou au mo9s que je dois essay] de le dev5ir4 ,nora e/ le p]sonnage d',ibs5 qui e/ le plus accabl p> les g5s honntes4 ,quitt] le m>i et les enfants6 ,d'abord n'oublions pas que ,nora n'e/ qu'une ide1 un ,symbole rvolutionnaire4 ,dans la vie comme dans le ?tre les actes rvolutionnaires sont p>fois ncessaires4 ,si ,ibs5 n'avait pas suggr ,nora d'ab&onn] son foy] dome/ique1 on n'aurait peut-tre pas fait gr&e att5tion cette petite p\pe qui p5se et qui s5t4 ,c'e/ cet acte de rvolte qui attire nos reg>ds et n\s oblige mdit] un peu sur l'tat d'me de ,nora4 ,n'a-t-elle pas raison1 cette fire rvolte1 de dire qu'elle ne se s5t plus capable d'lev] ses enfants1 elle qui appr5d qu'elle ne sait ri5 elle-mme8 ,la famille ne p\rra tre vraim5t digne que lorsque la femme aura acquis l'galit et l'indp5dance morales indisp5sables p\r remplir sa mission d'p\se et de mre4 ,repr5dre la vie conjugale8 ,mais qu'y a-t-il de plus immoral et de dang]eux comme l'union =ce p]ptuit entre g5s qui se mpris5t1 se hass5t ou simplem5t ne se compr5n5t pas8 ,si ,nora avait t leve comme ,rbecca ,we/#ab1 elle n'aurait pas p\s ,helm]1 ce banqui] sans coeur4 ,rbecca ,we/ e/ une volont pre1 une imag9ation libre1 un esprit indp5dant et mancip4 ,aprs avoir arra* ,rosm] aux hypocrisies de la socit1 elle prfre se jet] avec lui dans un torr5t que de vivre dans le m5songe4 ,h$da ,gabl] e/ aussi une figure orig9ale1 belle et =te4 ,elle se repro*e1 comme une l*et1 d'avoir p\s ,tesman1 honnte imbcile et spciali/e froid1 et non pas ,loevborg1 esprit libre1 auteur d'un bel ouvrage de philosophie4 ,qu& ,h$da appr5d que ,loevborg s'e/ donn la mort1 elle s'crie3 ,c'e/ une dlivrance de savoir qu'il y a t\t de mme quelque *ose d'indp5dant et de c\rageux en ce monde1 quelque *ose qu'illum9e un rayon de beaut absolue4444 ,loevborg a eu le c\rage d'arrang] sa vie son ide4 ,et voici ma9t5ant qu'il a fait quelque *ose de gr& o il y a un reflet de beaut4 ,il a eu la =ce et la volont de quitt] si tt le banquet de la vie4 ,mais qu& on lui dit que ,loevborg s'e/ tu *ez une danseuse et que son c\p de pi/olet a t dirig non pas dans la poitr9e1 mais dans le bas v5tre1 ,h$da ,gabl] s'crie3 ,ah6 le ridicule et la bassesse atteign5t comme une maldiction t\t le monde4 ,elle se tire un c\p de pi/olet la tempe4 ,p\r elle1 c'e/ un rayon de =ce1 de volont1 de beaut4 ,rbecca ,we/ et ,h$da ,gabl] prfr5t m\rir que de tran] une exi/5ce vide de gr&eur4#ac ,,iv ,c'e/ le m>iage actuel qui e/ la cause des s\ffrances de ,mme ,alv+1 de la rvolte de ,nora1 du suicide de ,rbecca ,we/ et d',h$da ,gabi]4 ,le m>iage qui cre la famille e/ une *ose sa9te1 c'e/ un sanctuaire1 o l'homme et la femme1 con/ituant un tre complet1 ad\ciss5t les misres morales et physiques de *acun1 apais5t les am]tumes1 calm5t les s\ffrances1 purifi5t les aspirations2 c'e/ une s\rce d'actions gnreuses et altrui/es4 ,ibs5 ne conte/e po9t le m>iage1 mais la manire dont il se =me4 ,les relations conjugales sont p\r lui une "q de confiance1 d'intimit et d'am\r1 et il n'app>ti5t pas la socit de s'y immisc]4 c ,peu importe l'op9ion des autres qu& n\s sommes srs n\s-mmes de n'avoir ri5 n\s repro*]6#ad ,les lois1 dites huma9es1 n'ont ri5 voir dans les unions des sexes4 ,elles ne peuv5t ni les pur] ni les ennoblir4 ,ce n'e/ pas la loi qui cre la morale1 c'e/ la morale qui cre la loi4 ,le m>iage doit tre au-dessus de t\tes les conv5tions huma9es1 la loi ne fait que viol] la lib]t des s5tim5ts4 ,le contrat de m>iage e/ un acte de dfiance rciproque4 ,le bonheur a-t-il donc beso9 de s'appuy] sur un s]m5t p\r ne pas se bris]8#ae ,elevons-n\s au-dessus d'une loi qui n'e/ pas l'oeuvre de la nature mais t\te conv5tionnelle4#af ,le m>iage doit t\j\rs tre l'union librem5t contracte de deux esprits et de deux coeurs2 une telle union ne saurait se =m] qu'entre deux tres dont l'ducation morale et intellectuelle e/ a*eve1 qui ont *acun ple9e consci5ce et possession d'eux-mmes et qui ont pu s'tudi] mutuellem5t4 ,l'union libre de deux coeurs1 qui peut se rompre et qui subsi/e cep5dant des annes1 e/ le tmoignage le plus probant d'un vritable am\r4#ag ,ce mot1 le mot des dieux et des hommes3 ,je t'aime6 n'a beso9 d'aucune autorisation p\r tre dit4 ,le m>iage d'auj\rd'hui e/ la cause de la dbau*e de l'homme4 ,on unit la puret avec l'impuret4 ,e/-ce ju/e1 e/-ce sa91 e/-ce huma98 ,le coeur de l'homme vi]ge e/ un vase pr(ond3 ,lorsque la premire eau qu'on y v]se e/ impure1 ,la m] y pass]ait sans lav] la s\illure1 ,c> l'abme e/ imm5se et la ta*e e/ au fond4#ah ,la lib]t d'am\r et de m>iage amn]a la f9 de ces mon/ruosits4 ,lorsque la femme s]a aussi libre que l'homme1 lgalem5t et moralem5t1 la dbau*e de la moiti du g5re huma9 disp>atra1 c> l'homme et la femme p\rront librem5t s'unir d'une manire p]man5te4 ,il faut proclam] rsolum5t et hautem5t le gr& pr9cipe de l'galit absolue de l'homme et de la femme devant la morale4 ,il faut que la loi1 que la morale soit une1 et que ce qui e/ p]mis l'homme le soit galem5t la femme4 ,la lib]t d'am\r fait tressaillir les s\ti5s de la socit actuelle1 ils y voi5t des dbau*es extravagantes4 ,ri5 de plus faux4 ,c'e/ la lib]t d'am\r qui tablira l'quilibre passionnel4 ,qu& n\s avons prononc le mot d' union libre1 on a prote/4 ,sci5tifiquem5t p\rtant1 et en allant aux extrmes tant dans le gr\pe familial animal1 qu'huma91 les socits polygames sont plus nombreuses que les socits monogames4 ,lo9 de n\s l'ide de propag] la polygamie2 l'union libre n'e/ pas de la polygamie4 ,le rsultat de ces modifications s]ait la disp>ition de la pro/itution4#ai ,le m>iage libre1 c'e/--dire le m>iage librem5t contract1 n'amne pas l'am\r dsordonn2 au contraire1 il *asse l'hypocrisie4 ,deux tres huma9s se donnant l'un l'autre librem5t n'ont pas d'intrt m5tir et tromp]1 ils peuv5t se g>d] l'un l'autre une fidlit intgrale4 ,n\s ent5dons p> fidlit intgrale1 absolue1 l'union de deux p]sonnes qui s'aim5t t\j\rs et t\j\rs jusqu' leurs d]ni]s mom5ts1 et le survivant cons]vant mme sa fidlit p> del la tombe1 fidlit non seulem5t au physique mais aussi au moral4 ,c'e/ l le vrai m>iage qu'on ne saurait assez prconis]1 et comme il ne devrait jamais y en avoir d'autres1 t\t autre e/ plus ou mo9s impur6 ,une promesse volontaire e/ un li5 bi5 plus =t qu'un acte de notaire4#bj ,dans une union =me librem5t entre deux tres consci5ts1 sans la contra9te d'aucune influ5ce trangre1 la jal\sie e/ impossible et l'adultre une tratrise odieuse4 ,la jal\sie e/ un tat g/e1 qu'on tr\ve plus s\v5t *ez l'homme que *ez la femme4 ,cela vi5t que l'homme considre la femme comme une proprit et qu'il aime t\t rapport] lui-mme4 ,le vritable am\r1 libre1 volontaire et consci5t1 n'admet pas de jal\sie1 c> il rapporte t\t l'objet aim1 se rj\it de t\t ce qui lui e/ favorable1 s'afflige de t\t ce qui lui e/ contraire1 et e/ t\j\rs prt se sacrifi] lui4 ,l'am\r vritable ignore la jal\sie4 ,hlas6 combi5 y a-t-il d'tres qui compr5n5t la puissance div9e de l'am\r8 ,combi5 y a-t-il d'hommes qui se s]v5t du magntisme puissant d'un coeur passionn p\r lev] et agr&ir l'me de celles qu'ils aim5t8 combi5 y a-t-il de femmes qui se s]v5t de la sublimit que porte leur reg>d p\r ennoblir l'homme qui s'ag5\ille devant elles en son coeur8 ,v ,qu& les hommes compr5dront la puissance div9e de l'am\r1 la vraie famille1 la ,famille ,n\velle s]a con/itue4 ,dans les phases primitives1 p5dant lesquelles la monogamie p]man5te se dveloppait1 l'union de p> la loi1 c'e/--dire orig9airem5t l'acte d'a*at1 tait c5se la p>tie ess5tielle du m>iage1 et l'union de p> l'affection tait ngligeable4 ,a prs5t1 l'union de p> la loi e/ c5se la plus importante et l'union p> l'affection la mo9s importante4 ,un temps vi5dra o l'union p> affection s]a c5se la plus importante et l'union de p> la loi la mo9s importante1 ce qui v\]a la rprobation les unions conjugales o l'union p> affection s]a diss\te4#ba ,la femme1 dans la socit n\velle1 j\ira d'une indp5dance complte2 elle ne s]a plus s\mise mme un semblant de dom9ation ou d'exploitation2 elle s]a place vis--vis de l'homme sur un pi$ de lib]t et d'galit absolues4 ,son ducation s]a la mme que celle de l'homme1 sauf dans les cas o la diffr5ce des sexes r5dra 9vitable une exception cette rgle et exig]a une m?ode p>ticulire de dveloppem5t2 elle p\rra1 dans des conditions d'exi/5ce vraim5t con=mes la nature1 dvelopp] t\tes ses =mes et t\tes ses aptitudes physiques1 intellectuelles et morales2 elle s]a libre de *oisir1 p\r ex]c] son activit1 le t]ra9 qui plaira le plus ses voeux1 ses incl9ations1 ses dispositions4 ,place dans les mmes conditions que l'homme1 elle s]a aussi active que lui4 ,elle j\ira de mme que l'homme d'une entire lib]t dans le *oix de son am\r4#bb ,elle aspir]a au m>iage1 se laiss]a re*]*] et conclura son1 union sans avoir considr] autre *ose que son incl9ation4 ,l'intellig5ce1 l'ducation1 l'indp5dance r5dront le *oix plus facile et le dirig]ont4 ,je ne puis ne pas reproduire ici cette page de ,/u>t ,mill1 page de vrit et de sagesse3 ,que s]ait le m>iage de deux p]sonnes in/ruites1 ayant les mmes op9ions1 les mmes vises1 gales p> la meilleure espce d'galit1 celle que donne la ressemblance des facults et des aptitudes1 9gales seulem5t p> le degr de dveloppem5t de ces facults2 l'une l'emportant p> celle-ci1 l'autre p> celle-l2 qui p\rrai5t sav\r] la volupt de lev] l'une v]s l'autre des yeux ple9s d'admiration et gt] t\r t\r le plaisir de se guid] et de se suivre dans la voie du p]fectionnem5t8 ,je n'essai]ai pas d'en faire le tableau4 ,les esprits capables de se le reprs5t] n'ont pas beso9 de mes c\leurs1 et les autres n'y v]rai5t que le rve d'un en?\sia/e4 ,mais je s\ti5s avec la conviction la plus pr(onde que l1 et l seulem5t e/ l'idal du m>iage1 et que t\tes les op9ions1 t\tes les c\tumes1 t\tes les in/itutions1 qui en entreti5n5t un autre1 ou t\rn5t les ides et les aspirations qui s'y ratta*5t1 dans une autre direction1 quel que soit le prtexte dont elles se color5t1 sont des re/es de la b>b>ie orig9elle4 ,la rgnration morale de l'humanit ne comm5c]a rellem5t que le j\r o la relation sociale la plus fondam5tale s]a mise s\s la rgle de l'galit1 et lorsque les membres de l'humanit appr5dront pr5dre p\r objet de leurs plus vives sympa?ies un gal en droit et en lumires4 ,c'e/ l'homme et la femme libres qui fond]ont la ,famille ,n\velle2 c'e/ la ,famille ,n\velle base sur l'galit et l'am\r qui tablira la ,socit ,n\velle4 ,il ne faut pas se born] l'am\r troit de la patrie1 il faut tre atta* l'humanit t\t entire dans laquelle n\s sommes t\s compris4 ,on croit que1 ds qu'on a s]vi son pays1 on a fait un acte mritoire1 comme si la ju/ice absolue en elle-mme devait se pli] nos exig5ces de clo*] plus ou mo9s t5du3 la ju/ice e/ en son ess5ce univ]selle et inaltrable4 ,l',eglise n'a ni limites ni ence9te4 ,son plan*] e/ la t]re v]doyante1 les bruyres1 les p9s1 le fjord et la m]4#bc ,la famille n\velle r5dra la socit cosmopolite et int]nationale p>ce que la solid>it huma9e n'a pas de frontires et1 ce qui s'appelle ju/ice dans le nord ne peut pas se nomm] infamie dans le midi2 les frontires sont un ob/acle la m>*e des ides1 au dveloppem5t des s5tim5ts humanitaires4 ,elle dtruira la gu]re et anantira la production des canons1 elle supprim]a le pauprisme1 honte de l'humanit civilise1 elle f]a disp>atre les p>asites1 ceux qui viv5t du travail d'autrui1 elle dcrt]a l'inviolabilit de la vie huma9e et abolira la pe9e de mort4 ,le c\pable e/ s\v5t un malade qu'il faut gurir1 un malheureux qu'il faut moralis]1 in/ruire ou consol]4 ,la pe9e de mort e/ un acte immoral prjudiciable la socit2 il faut le rappel] sans cesse la consci5ce publique4 ,le bi5 ne rsulte pas de la rptition du mal4 ,la pe9e de mort e/ un meurtre1 un meurtre absolu1 c'e/--dire la ngation s\v]a9e des rapports moraux entre les hommes4#bd ,la pe9e de mort e/ non seulem5t contraire aux pr9cipes de la morale1 elle e/ aussi la ngation mme du droit huma94 ,c'e/ la ,famille ,n\velle qui tablira l'quilibre social1 elle rveill]a les peuples1 elle leur f]a compr5dre leur =ce1 leur mission4 ,,rosm]4--,je veux faire compr5dre au peuple sa vraie mission4 ,,kroll4--,quelle mission8 ,,rosm]4--,celle d'ennoblir t\s les hommes4 ,,kroll4--,t\s6 ,,rosm]4--,du mo9s1 un aussi gr& nombre que possible4 ,,kroll4--,p> quels moy5s8 ,,rosm]4--,en affran*issant les esprits et en purifiant les volonts4 ,,kroll4--,tu veux les affran*ir8 ,tu veux les purifi]8 ,,rosm]4--,non1 je veux seulem5t les rveill]4 ,c'e/ eux d'agir ensuite4 ,,kroll4--,et tu les crois en tat de le faire8 ,,rosm]4--,oui4 ,,kroll4--,p> leur propre =ce8 ,,rosm]4--,oui1 p> leur propre =ce4 ,il n'en exi/e pas d'autre2 je veux faire appel t\s1 t*] d'unir les hommes en aussi gr& nombre que possible4 ,je veux vivre et employ] t\tes les =ces de mon tre ce b unique3 l'avnem5t de la vraie s\v]a9et populaire4#be ,et c'e/ p> am\r qu'on rveill]a les peuples6 ,c> le s5s moral du g5re huma91 c'e/ l'am\r4 ,une seule l>me de t5dresse au bord de la paupire mi-close suffit p\r purifi] le coeur d'un homme4 ,l'am\r1 c'e/ non po9t l'union des sexes1 mais l'union des mes2 t\te autre ide de l'am\r en fausse la nature1 l'affaiblit1 la dprave4 ,l'me huma9e individuelle e/ complte p> elle-mme et n'a nul beso9 d'un complm5t extrieur p\r con/itu] sa p]sonnalit4 ,mais cause mme de sa gr&eur1 elle e/ appele rayonn] dans t\tes les directions de la vie1 s'univ]salis] au moy5 de l'am\r4 ,c'e/ p> am\r que t\t tre huma9 e/ appel cons]v] et pur]1 multipli] et rp&re les trsors de grce et de t5dresse dposs p> la nature au coeur de *acun et de/9s atte9dre de n\veaux dveloppem5ts4 ,l'esprit de famille e/ la =ce cratrice de l'affection pure qui1 tablie entre les tres de sexe diffr5t1 s't5d t\s les tres huma9s4 ,c'e/ la t\te-puissance de l'am\r de la famille1 me t]nelle de l'univ]s1 qui conduit l'am\r de l'humanit4 ,,notes3 #a ,le #bj mai #ahfg1 ,j4-,s4 ,mill dem&a1 en ple9 ,p>lem5t1 la sub/itution du mot p]sonne au mot homme4 #b ,bebel4 ,la femme dans le pass1 le prs5t1 l'av5ir4 ,prface4 #c ,j4-,s4 ,mill4 ,lettres 9dites1 p4 #bff4 #d ,la loi norvgi5ne du #bi ju9 #ahhh sur le rgime des bi5s entre p\x1 e/ un remaniem5t complet et h>di de l'anci5ne lgislation matrimoniale1 c'e/ une vritable rvolution dans la condition gnrale de la femme m>ie4 ,le pr9cipe de cette loi e/ la lib]t des conv5tions matrimoniales1 il donne la femme m>ie la mme capacit qu' la femme non m>ie4 ,la femme a le droit juridique1 mme lorsqu'il y a communaut1 de dispos] exclusivem5t de ce qu'elle gagne4 ,ses bi5s sont s\/raits l'ext9ction des dettes contractes p> le m>i1 sans son cons5tem5t4 ,cette innovation a introduit un peu plus de ju/ice dans la communaut1 qui1 bi5 ent5du1 re/e la mme dans sa composition et cont9ue compr5dre les pr(its du m>i comme ceux de la femme4 #e ,ibs54 ,john-,gabriel ,borckman4 #f ,ibs54 ,br&4 #g ,h$da ,gabl]4 #h ,le petit ,eyolf4 #i ,qu& n\s n\s rveill]ons d'entre les morts4 #aj ,ibs54 #aa ,ibs51 ,maison de p\pe4 #ab ,ibs54 ,rosm]%olm4 #ac ,on repro*e ,ibs5 d'abus]1 dans ses pices1 des suicides4 ,dans le ?tre1 le suicide e/ un moy5 banal p\r se db>rass] des p]sonnages qui gn5t4 ,mais il faut rem>qu] que le nombre des suicides e/ =t lev en ,sc&9avie4 ,le ,danem>k prs5te le *iffre de #bfd suicides1 la ,norvge de #gd1e et la ,sude de #hd1 p> million 7,emile ,durkheim1 le ,suicide74 ,aprs la premire d',h$da ,gabl] ,*ri/iania1 une jeune fiance de dix-huit pr9temps se donna la mort p\r m\rir en beaut4 ,les ,sc&9aves aim5t cit] les v]s de ,%elley3 ,! good die fir/ & ^? ^: he>ts are dry z summ] du/1 ,burn to ! socket6 ,les bons meur5t les premi]s et ceux dont le coeur e/ sec comme la p\ssire d't se consum5t jusqu'au b\t 7,ala/or ou le gnie de la solitude74 ,les anci5s ,sc&9aves avai5t horreur de la mort naturelle1 la mort sur la paille1 ,/vaada$1 suivant l'n]gique expression de leur langue4 ,d'aprs leur dogme religieux1 nul n'tait admis dans le ,valhalla1 s'il n'tait mort de mort viol5te4 ,ceux qui n'avai5t pu succomb] glorieusem5t sur le *amp de bataille se tuai5t ou se faisai5t tu]4 ,un g5re de mort qu'ils *oisissai5t volonti]s1 c'tait la p5daison1 ,hadd+ se p5d en prs5ce du peuple assemble4 ,sign se p5d avec les jeunes vi]ges1 ses compagnes1 p\r suivre ,hagb>t1 son fianc1 dans la tombe4 ,d'autres se prcipitai5t du haut d'un ro*]4 ,on montre encore auj\rd'hui1 en ,sude1 quelques-uns de ces ro*]s que d'antiques suicides ont r5dus clbres4 ,c]ta9s hros1 surt\t ceux qui s'tai5t illu/rs dans les expditions m>itimes1 comme ,sigurd ,k+1 p> exemple1 montai5t sur leur vaisseau aprs y avoir mis le feu et le lanai5t ple9es voiles trav]s les flots4 ,le culte des morts et les so9s donns aux tombes sont trs t\*ants en ,norvge3 lors des ent]rem5ts t\t le vois9age se runit dans la maison mortuaire p\r *ant] des cantiques et accompagn] le corps au *amp de repos4 #ad ,ibs54 ,rosm]%olm3 ,rbecca ,we/4 #ae ,ibs54 ,comdie de l'am\r3 ,svanhild4 #af ,ibs54 ,la ,comdie de l'am\r4 #ag ,ibid4 #ah ,alfr$ de ,musset4 #ai ,diam&y4 ,dpopulation et repeuplem5t4 ,bullet9 de la ,socit d',an?ropologie4 ,sance du #d ju9 #ahia4 #bj ,ibs54 ,la ,dame de la m]1 ,ellida4 #ba ,h]b]t ,sp5c]4 ,sociologie1 t4 ,,ii1 p4 #daj1 trad4 franaise4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #bb ,bebel4 ,ouvrage cit4 #bc ,br&4 #bd ,v4 ,soloviov4 ,pravo i nrav/v5no/e1 p4 #hc4 ,/-,pt]sb\rg1 #ahig4 #be ,ibs51 ,rosm]%olm4 99 99 99 99 99 ,,conclusion ,i ,les ides d',ibs5 sont-elles orig9ales1 sont-elles bi5 lui8 ,en ,france1 on veut voir les orig9es et les rac9es de son ?tre dans le romantisme franais4 ,m4 ,jules ,lematre rev5dique nettem5t p\r ,george ,s& la pat]nit des ides du pote norvgi54 ,d'ailleurs1 le trs subtil auteur des ,contempora9s1 avec une fran*ise que l'on s\hait]ait s\v5t voir applique aux autres doma9es1 av\e qu'il critique et comp>e les auteurs d'aprs des lectures =cm5t un peu lo9ta9es et sur les images simplifies qui1 d'elles-mmes1 la suite de ces lectures1 se sont dposes en lui4#a ,m4 ,g4 ,l>r\met ne nie pas l'influ5ce du romantisme franais sur l'auteur de ,br&1 mais plus bi5veillant p\r lui que ,m4 ,jules ,lematre1 il con/ate que le c>actre de l'homme1 l'tat intellectuel et moral de son pays1 la m>*e de la littrature europenne sembl5t avoir contribu cette oeuvre dans des proportions peu prs gales4#b ,or1 p\r avoir le coeur net1 ,m4 ,georges ,br&s dem&a ,ibs5 s'il avait subi l'influ5ce de ,george ,s&3 ,je dcl>e sur mon honneur et ma consci5ce1 rpondit celui-ci1 que jamais de ma vie1 ni dans ma jeunesse1 ni plus t>d1 je n'ai lu un seul livre de ,george ,s&4 ,j'ai comm5c une fois la lecture de ,consuelo en traduction#c1 mais l'ai mis t\t de suite de ct1 p>ce que ce roman me p>ut le produit d'un dilettantisme philosophique4 ,il e/ possible qu'en cela je me sois tromp1 mais je n'en avais lu que quelques pages4#d ,cela ne dim9ue po9t l'influ5ce de l'auteur d',indiana sur les criva9s europens4 ,elle fut imm5se4 ,a c]ta9e poque on disait3 le sicle de ,george ,s& comme on disait3 le sicle de ,byron ou de ,hugo4 ,h5ri ,he9e tr\ve que les crits de ,s& inc5dir5t le inonde enti]1 illum9ant bi5 des prisons1 o ne pntrait nulle consolation2 mais1 en mme temps1 leurs feux p]nicieux dvorr5t les temples paisibles de l'innoc5ce4#e ,le biographe russe de ,george ,s&1 ,mme ,tsebrikov1 prt5d que t\te la gnration russe des annes #ahcj-ahdj a gr&i s\s l'influ5ce de ,s&4#f ,george ,s&1 crivit en #ahgf ,do/oevsky#g1 e/ l'un des esprits qui prvoi5t un meilleur av5ir p\r l'humanit4 ,j'eus p\r elle une gr&e admiration dans ma jeunesse1 ses romans me s]vai5t d'cole dmocratique4 ,son influ5ce sur mon dveloppem5t intellectuel fut norme4 ,m4 ,emile ,faguet#h1 p\r tran*] le grave problme de l'influ5ce de ,s& sur ,ibs51 rem>que avec beauc\p de ju/esse que si le pote ,sc&9ave n'a pas lu l'auteur de ,llia1 cela ne pr\ve pas qu'il n'en ait pas connu l'esprit4 ,il e/ c]ta9 qu'on peut connatre1 subir et rpt] les ides de p5seurs dont on ignore les oeuvres4 ,c'e/ une des manife/ations de la loi gnrale des *oses que ,m4 ,t>de appelle ,rptition univ]selle4#i ,la sci5ce de la vie se compose de la rptition incessante des mmes cellules1 se gr\pant s\s div]ses app>5ces et se reproduisant l'inf9i1 depuis le j\r o la vie e/ app>ue dans le monde4 ,cette rptition se ralise dans t\s les ordres de faits4 ,dans le monde purem5t physique1 ce sont les vibrations lum9euses1 calorifiques1 etc41 qui se rpt5t4 ,dans le monde organique1 il y a la rptition hrditaire et dans le monde social1 la rptition imitative4 ,les lois de cette ,rptition univ]selle que ,t>de applique surt\t aux phnomnes sociaux peuv5t absolum5t tre appliques au monde des ides4 ,t\t se rpte dans la vie1 dans le doma9e des ab/ractions comme dans le doma9e des ralits1 dans le monde des faits comme dans celui des p5ses4 ,cep5dant1 p\r adapt] une ide1 la rpt] et la faire si5ne1 il faut en avoir dj port en soi les g]mes4 ,la matire capable de dvelopp] ces g]mes e/ puise gnralem5t la s\rce la plus pro*e4 ,or1 le p5seur danois ,sor5 ,kj]kega>d#aj (frait ,ibs5 une s\rce d'ides qui rpondait m]veille son propre tempram5t1 ses t5dances1 ses aspirations4 ,si ,ibs5 a subi l'influ5ce de quelqu'un1 c'e/ c\p sr celle de ,kj]kega>d4 ,le monde n\veau dc\v]t p> ,kj]kega>d tait une ide3 l'individu4 ,ce fut le diamant prcieux qu'il (frit son temps4 ,en une poque o rgnait la doctr9e du ju/e milieu1 c'tait gr& et noble de lanc] le mot l'individu et de v\loir conva9cre le monde que la race dgnre p\vait1 grce l'individu1 r$ev5ir une humanit s9cre4#aa ,cette ?orie e/ la base mme de l'oeuvre d',ibs54 ,mais s'il a pris *ez ,kj]kega>d le pr9cipe de ses drames1 il ne l'a pas rpt s]vilem5t1 il l'a l>gi1 l'a dvelopp1 l'a vivifi1 lui a communiqu la =te orig9alit de son esprit1 la vivacit de son imag9ation potique et la pr(ondeur de son moi4 ,il n'arrive ri5 de n\veau dans le monde et p\rtant ri5 ne s'y rpte1 c> notre vision *ange et modifie le s5s de nos actes4 ,un mme acte se transfigure qu& notre oeil rgnr s'ouvre une vision n\velle4#ab ,n\s ignorons les orig9es de l'univ]s1 n\s ne p\vons jamais savoir au ju/e quel *amp d'ides n\s avons glan1 qui attribu] la pat]nit de telle ou de telle p5se1 ni qui de qui subit l'influ5ce4 ,qui jamais n\s dirait sur quel po9t du globe la p5se s'e/ montre p\r la premire fois et quelle di/ance de n\s dans la suite des sicles6 ,la p5se1 c'e/ l'me huma9e trav]s la sublime gr&eur de la nature et des ges4 ,il e/ aussi impossible de re*]*] les influ5ces s\s lesquelles ,ibs5 a conu son ?tre1 s'il drive de ,george ,s& ou de ,kj]kega>d1 qu'il s]ait tmraire de dt]m9] l'cole laquelle il app>ti5t4 ,a =ce de class] les criva9s1 les p5seurs1 les arti/es1 les hommes politiques1 p> gr\pes1 coles1 p>tis1 *apelles1 on oublie s\v5t d'tudi] leurs ides1 leurs oeuvres4 ,qu'importe aux ouvri]s1 aux misrables qui meur5t de faim1 que les m9i/res soi5t pris dans le c5tre ou dans l'extrme-gau*e1 si leur condition re/e la mme8 ,que n\s importe quelles coles app>t5ai5t les ,platon1 les ,sp9oza1 les ,mi*el-,ange1 si l'influ5ce de leurs oeuvres e/ imm5se8 ,qu'e/-ce que des coles en comp>aison des peuples6 ,elles ne compt5t pas1 p\r a9si dire1 dans l'hi/oire de l'humanit1 et c'e/ une dlicate affaire d'rudition que de con/at] leurs noms et les phases de leur exi/5ce4 ,une doctr9e philosophique n'a de valeur relle que p\r celui qui se l'e/ faite1 et p\r ceux qui veul5t bi5 la lui emprunt]4 ,ils sont t\j\rs en une m9orit imp]ceptible1 p>ce que la gloire de la philosophie e/ ailleurs que dans la multitude de ses adhr5ts4#ac ,il e/ t\t fait impossible de class] ,ibs5 au po9t de vue de ses ides4 ,l'homme trange qui ex]ce une influ5ce puissante sur la p5se mod]ne et sur la vie morale de l',europe entire1 n'app>ti5t aucune cole2 comme ,br&1 il e/ lui-mme4 ,la philosophie de son ?tre e/ bi5 si5ne4 ,d'aprs ,snque1 philosoph]1 c'e/ appr5dre m\rir4#ad ,p\r ,ibs51 philosoph]1 c'e/ appr5dre vivre4 ,vie1 rve1 ralit1 dsir1 vision1 am\r1 joie1 s\ffrance1 t\s les ressorts de l'me huma9e sont syn?tiss *ez lui en3 ,volont1 ,idal1 ,bonheur4 ,qu'e/-ce que le bonheur8 ,bi5 des g5s ne sav5t pas di/+u] le plaisir du bonheur2 le plaisir n'e/ pas un lm5t ess5tiel du bonheur4 ,le bonheur1 dit ,rosm]#ae1 c'e/ la puret de consci5ce1 ce s5tim5t qui donne la vie un *>me inexprimable1 le plus calme1 le plus joyeux de t\s4 ,consci5ce6 consci5ce6 in/9ct div91 immortelle et cle/e voix1 guide assur d'un tre ignorant et born1 mais intellig5t et libre2 juge infaillible du bi5 et du mal1 qui r5d l'homme semblable ,dieu6 ,c'e/ toi qui fais l'excell5ce de sa nature et la moralit de ses actions2 sans toi je ne s5s ri5 en moi qui m'lve au-dessus des btes1 que le tri/e privilge de m'g>] d'erreurs en erreurs l'aide d'un ent5dem5t sans rgle et d'une raison sans pr9cipe4#af ,le bonheur vrai et durable e/ un tat p]man5t de l'me1 rsultant d'une consci5ce pure1 dp5dant en gr&e p>tie de la volont et plus indp5dant des circon/ances que ne le croit le vulgaire4 ,le bonheur exi/e2 comme la p5se1 il n'a pas beso9 de palais3 l'me huma9e lui suffit4 ,l'homme le plus heureux e/ celui qui ne se r5d pas compte de son bonheur4 ,,ii ,si savantes et si pr(ondes que puiss5t tre les spculations morales1 elles ne sont vraim5t dignes de ce nom que si elles ab\tiss5t des conclusions trs simples1 propres tre (f]tes t\tes les intellig5ces et t\tes les volonts4#ag ,se possd] p\r se donn]1 telle e/ la =mule simple qui ressort de l'oeuvre d',ibs54 ,l'homme le plus pauvre e/ celui qui ne se possde pas4 ,se possd] p\r se donn]1 telle e/ la loi morale et sociale de l'activit huma9e4 ,ce n'e/ pas l le pr9cipe de l'individualisme4 ,il s]ait donc faux de dire qu',ibs5 e/ individuali/e4 ,le mot individualisme ne peut tre appliqu sa faon de compr5dre la vie1 les hommes et les *oses4 ,seul le mot allem& ,selb/bewus/se9 l'exprime peut-tre assez exactem5t4 ,ibs5 ne df5d pas l'individualisme1 mais l'individualit2 ce sont l deux t]mes presque opposs l'un l'autre4 ,l'individualisme rapporte t\t soi2 l'individualit consi/e seulem5t v\loir tre soi af9 d'tre quelque *ose1 ralis]1 s\s une =me individuelle et p> l mme avec plus d'n]gie1 les c>actres gnraux de l'humanit4 tre individuel1 c'e/ tre soi-mme1 c'e/ tre propritaire de ses op9ions1 de ses s5tim5ts1 de t\t son tre1 au lieu d'en tre simplem5t locataire4 ,d'aprs ,ibs51 p\r affront] l'orage dont le grondem5t se rappro*e d'heure en heure1 p\r rs\dre plusieurs de ces innombrables que/ions qui se pos5t t\j\rs plus imprieusem5t l'homme qui veut le bi5 de t\s1 autant que son bi5 propre1 il e/ de plus en plus vid5t qu'il faut comm5c] p> l'individu2 c'e/ l'individu affran*i1 libre1 ayant consci5ce de sa volont1 de ses droits et de ses devoirs1 qui entrepr5dra une r=me pr(onde de la socit4 ,le pote ,sc&9ave peut dire avec ,v9et3 ,c'e/ dans l'intrt de la socit que je plaide p\r l'individualit4 ,je veux l'homme complet1 spontan1 individuel1 p\r qu'il se s\mette en homme l'intrt gnral4 ,je le veux matre de lui-mme1 af9 qu'il soit mieux le s]viteur de t\s4 ,je rclame sa lib]t intrieure au bnfice de la puissance qui prt5d s'impos] elle4 ,la ju/ice et la raison1 lois univ]selles1 sont les s\v]a9es dont l'individualit doit assur] et relev] le triomphe4#ah ,n\s sommes non seulem5t des exemplaires de l'humanit1 d'une nation1 d'une famille1 n\s sommes1 avant t\t1 des hommes2 *acun de n\s a son individualit non seulem5t native1 mais v\lue1 acquise1 morale et intellectuelle4 ,l'homme n'e/ pas t\t enti] dans l'individu1 il n'e/ complet que dans l'individu associ la gr&e famille huma9e4 ,mais l'homme1 ayant consci5ce de lui-mme1 s'associe plus consciemm5t l'humanit4 ,plus notre individualit se prcise1 s'accrot1 plus elle pr(ite non seulem5t n\s1 mais t\s4 ,plus il y a dans une socit d'hommes libres1 in/ruits et moraux1 plus cette socit e/ libre1 in/ruite et morale4 ,une socit1 d'o l'individualit e/ bannie1 n'e/ pas sociale1 n'e/ pas huma9e3 elle ignore les pr9cipes mmes du ,s\v]a9 ,bi54 ,le bi5 gnral n'e/ gnral que p>ce qu'il embrasse le bi5 de t\s les individus sans exception1--autrem5t il ne s]ait que le bi5 d'une majorit4 ,c]tes1 il ne s'ensuit pas que le bi5 gnral soit la simple somme ari?mtique de t\s les intrts p>ticuli]s pris sp>m5t1 ni qu'il embrasse la sphre de lib]t illimite de *aque individu1 ce qui1 son t\r1 s]ait une contradiction1 c> ces sphres p\rrai5t s'entr5i] et le font effectivem5t4#ai ,or1 en limitant1 fidle son pr9cipe1 les t5dances et intrts individuels1 le bi5 gnral ne peut supprim] l'homme libre1 sujet du droit s\v]a91 en lui enlevant la possibilit d'agir librem5t4 ,p> son ide mme le bi5 gnral embrasse aussi le bi5 de l'individu1 et qu& il le prive de la lib]t d'action1 ce bi5 gnral fictif cesse d'tre un bi5 p\r lui et1 desc5dant du gnral au p>ticuli]1 il p]d le droit d'entrav] la lib]t p]sonnelle4 ,la p]sonnalit huma9e doit tre sacre4 ,quiconque1 dit ,lacordaire1 excepte un seul homme dans la rclamation du droit1 quiconque cons5t la s]vitude d'un seul homme blanc ou noir1 ne ft-ce que p> un seul *eveu de sa tte inju/em5t li1 celui-l n'e/ pas un homme s9cre et ne mrite pas de combattre p\r la cause sacre du g5re huma94 ,non mo9s sacre e/ la lib]t de l'individu4 ,il a le droit de dire3 ,je veux m'associ] la socit non p>ce qu'elle me l'ordonne1 mais p>ce que ma consci5ce1 ma volont1 mon intellig5ce1 ma p5se1 me le comm&5t4 ,comme la sci5ce1 les aspirations huma9es n'ont pas de limites2 comme t\te dc\v]te sci5tifique en eng5dre une n\velle1 t\te aspiration huma9e satisfaite en appelle une autre2 savoir t\j\rs davantage1 p\voir t\j\rs davantage1 c'e/ l la gr&eur de l'homme1 c'e/ l la s\rce du vrai progrs1 c'e/ l l'idal1 et p]sonne n'a le droit de le limit]4 ,si la morale prescrit s\v5t l'homme de se va9cre1 elle ne lui ordonne jamais de se mutil]4 ,il faut que l'homme re/e lui-mme4 ,plus l'individu se p]fectionne1 plus il e/ lui-mme1 plus troitem5t il s'unit l'humanit4 ,*acun de n\s doit en rfl*ir en lui-mme les d\leurs1 les progrs1 les esprances4 ,au t]me1 *acun de n\s retr\v]a dans sa propre consci5ce l'hi/oire entire de l'humanit4 ,aussi dans la nature1 l'individualit semble tre une =me suprme1 dans l'hi/oire1 une transition et un moy54 ,elle e/ la manire de pass] de l'unit ab/raite1 inorganique1 purem5t naturelle1 une unit concrte1 organique et libre4 ,l'unit s5tie et v\lue1 l'unit sociale en un mot1 telle e/ la seule =me de vie qui convi5ne la crature dont l'ess5ce e/ lib]t4 ,ob/acle et moy5 la fois1 p>ce que le mal l'a s\ille1 dans sa signification primitive et pure1 l'individualit e/ un moy5 d'atte9dre l'unit libre1 l'unit vraie1 l'unit v\lue1 l'unit morale1 l'unit de la communion1 et p\r t\t dire en un mot3 l'am\r6#bj ,tant que les consci5ces individuelles ne s]ont pas prtes recevoir la ,vrit1 compr5dre la ,ju/ice1 aucun r5v]sem5t de g\v]nem5t1 aucun *angem5t d'coles1 d'ides1 ne s]vira ri54 ,c'e/ la consci5ce individuelle qu'il faut dlivr]1 c'e/ la consci5ce individuelle qu'il faut r5dre apte concevoir l',ide de la solid>it huma9e4 ,l'oeuvre d',ibs5 n'e/ pas anti-sociale4 ,elle se rsume dans les p>oles de ,kant3 ,n'agis que selon la maxime qui puisse dev5ir rgle univ]selle4 ,agis de sorte que soit en toi1 soit *ez les autres1 tu traites l'humanit comme b et jamais comme moy54#ba ,t\*] aux m5songes1 dmontr] leurs effets dsa/reux et en *]*] le remde ne peut pas tre considr comme oeuvre anti-sociale4 ,la lutte du pauvre contre le ri*e1 du faible contre le =t n'e/ pas la lutte du droit individuel contre le droit social1 mais la rev5dication du droit l'exi/5ce contre l'usurpation de ce droit4 -,a son insu1 qu'il le veuille ou non1 qu'il y cons5te ou non1 l'auteur de cette oeuvre imm5se et trange e/ de la =te race des criva9s rvolutionnaires4 ,il va droit au b4 ,il saisit corps corps la socit mod]ne2 il arra*e t\s quelque *ose1 ceux-ci un cri1 ceux-l un masque2 il f\aille le vice1 il dissque la passion2 il creuse et sonde l'homme1 l'me1 le coeur1 les entrailles1 le c]veau1 l'abme que *acun a en soi4444#bb ,et t\t cela au nom de la ,vrit4 ,ibs5 ne df5d aucun p>ti4 ,il s]t les adv]saires de l'ordre social actuel autant que ses adhr5ts4 ,il ne *]*e pas faire prvaloir telle ou telle solution1 mais provoqu] loyalem5t le libre jugem5t du lecteur4 ,avec l'admirable honntet de son esprit et de son art1 ,ibs5 laisse *acun de n\s la lib]t de conclure selon la nature de son me et de son intellig5ce1 heureux seulem5t s'il fait vivre et travaill] l'une et l'autre4#bc ,f>\*e ou railleur1 qu'il fasse saign] le ridicule1 qu'il dtruise un m5songe1 qu'il dnonce une inju/ice1 c'e/ t\j\rs un cri franc et brave1 ple9 de s5tim5ts altrui/es1 ple9 aussi d'esprances de temps meilleurs4 ,c> ,ibs5 n'e/ pas pessimi/e4 ,ma p5se e/ amre qu& elle n'e/ pas tri/e1#bd dit-il1 mais cette am]tume et cette tri/esse sont des g\ttes cri/allises dans l'atmosphre de l'exil4 ,*aque g\tte qui tombe de lui e/ l\rde et =te comme une g\tte d'lixir ou de poison1#be mais t\j\rs enivrante comme une g\tte de p>fum4 ,ibs5 ne laisse jamais le spectateur ou le lecteur s\s l'impression d'ides pessimi/es4 ,l'oeuvre du ,solitaire ,sc&9ave dit3 ,il ne faut pas broy] du noir4 ,si la vie e/ mauvaise1 il ne dp5d que de n\s de l'amlior]1 et elle n\s en indique les moy5s3 la ,lib]t1 la ,volont4 ,,juli54--,p\rquoi ai-je t cr8 ,,la ,,voix4--,p\r s]vir l'esprit4 ,,juli54--,quel e/ mon rle8 ,,la ,,voix4---,tu dois fond] le rgne univ]sel4 ,,juli54--,et p> quel *em98 ,,la ,,voix4--,p> celui de la lib]t4 ,,juli54--,et p> quel p\voir8 ,,la ,,voix4--,p> la volont4#bf ,montr] aux hommes un av5ir meilleur1 c'e/ leur inspir] la volont de le ralis]3 c'e/ l la gloire d',ibs54 ,,iii ,la socit actuelle1 malgr t\s les progrs accomplis1 n'e/ qu'un *aos o l'h>monie fait dfaut2 l'humanit e/ encore dans les limbes et l'tat rudim5taire1 dans un tat social incomplet et faux o la lib]t et la ju/ice n'exi/5t pas4 ,des hommes y meur5t de faim ct des lgances portes un raff9em5t de luxe in\1 le nombre des suicides et des victimes sociales1 dits crim9els1 va en augm5tant4 ,t\t le monde s5t que cet tat de *oses ne peut plus dur] longtemps3 un *angem5t devi5t de plus en plus urg5t4 ,dans son appel loqu5t adress la b\rgeoisie1 ,l\is ,blanc disait3 ,une rvolution sociale doit tre t5te4 ,l'ordre social actuel e/ trop rempli d'iniquits1 de misres et de s]vitudes p\r p\voir dur] longtemps4 ,il n'e/ p]sonne qui n'ait intrt1 quelle que soit sa position1 son rang1 sa =tune1 l'inauguration d'un n\vel ordre social4 ,il e/ possible1 il e/ facile mme d'tablir cette rvolution pacifiquem5t4#bg ,la vrit1 mme dure et pnible1 e/ t\j\rs plus salutaire qu'une erreur ou un m5songe agrable2 jete dans le c\rant des op9ions et des moeurs1 elle e/ discute1 propage1 vulg>ise1 f9it la longue p> pntr] ins5siblem5t les masses4 ,les vrits gr&iss5t1 se rpt5t et se complt5t *aque j\r2 on f9it p> les ent5dre et les compr5dre4 ,l'appel de ,l\is ,blanc1 aprs plus d'un demi-sicle1 comm5ce rveill] des consci5ces4 ,p>t\t1 dans t\s les pays1 dans t\tes les classes1 on s5t le beso9 de r5\vel] et d'l>gir les pr9cipes dont on tait depuis trop longtemps prisonni]4 ,la socit actuelle1 exi/ant encore s\s le nom de civilisation1 s'cr\le de t\tes p>ts3 un cataclysme social devi5t 9vitable4 ,les plus rfractaires eux-mmes sont entrans dans le t\rbillon que s\lve et agite le problme social4 ,p\r sec\] l'indiffr5ce gnrale1 il a fallu que la p]ception du pril dev9t claire et saisissante4 ,t\t le monde compr5d auj\rd'hui qu'il ne suffit pas d'ignor] un dang] p\r le conjur] et que le meilleur moy5 de s'y s\/raire e/ de le reg>d] en face et de pr5dre les mesures que suggre la raison4 ,une pr(onde rvolution se prp>e1 elle e/ l5te mais irrsi/ible1 elle ronge les difices dj prts tomb]4 ,c]tes1 les individus comme les nations croi5t t\j\rs vivre la f9 d'un monde anci5 et au comm5cem5t d'un monde n\veau4 ,le prs5t p\r *aque homme e/ une poque de transition4 ,mais n\s assi/ons auj\rd'hui effectivem5t une de ces phases de trans=mation si r>es dans l'hi/oire du monde4 ,il n'a pas t donn beauc\p de philosophes1 durant le c\rant des ges1 de vivre au mom5t prcis o se =mait une ide n\velle et de p\voir1 comme auj\rd'hui1 tudi] les degrs successifs de sa cri/allisation4#bh ,le dn\em5t du gr& drame social qui se j\e s\s nos yeux e/ peut-tre pro*a94 ,les vieilles =mes n'exi/5t plus1 et le ret\r aux ,religions du pass e/ impossible4444 ,lo91 l'horizon1 on voit dj po9dre l'aube d'une ,religion ,n\velle3 le ,socialisme4 ,les petits et les humbles1 les d%rits et les victimes de la socit actuelle1 t\s ceux qui pe95t et s\ffr5t1 t\rn5t leurs reg>ds v]s cette aube lo9ta9e1 et ils croi5t y voir des rayons d',espoir4444 ,et l'aube gr&it1 et sa lumire augm5te4444 ,la religion df9itive de l'humanit s]a la consci5ce individuelle3 nul beso9 de ,g\v]nem5t ni d',etat4#bi ,le socialisme n'e/ qu'une tape trs avance1 n\s conduisant v]s cet ,idal4 ,son rle n'en e/ pas mo9s trs gr&4 ,il e/ impossible l'heure actuelle de ne pas se r5dre compte des proportions imm5ses de son dveloppem5t4 ,les ides sociali/es sont discutes ma9t5ant comme dignes de considration1 non seulem5t dans les c]cles politiques1 mais dans t\s les milieux4 ,et le socialisme1 comme t\te ,vrit ,n\velle1 s'avance encore l5tem5t3 ,la vrit ne peut faire vite son *em92 ses pas s]ai5t trop peu srs s'ils tai5t rapides4 ,t\t e/ faible l'orig9e4 ,le nombre des aptres e/ t\j\rs bi5 petit1 non pas seulem5t p>ce que les aptres sont exposs tre des m>tyrs1 mais p>ce que la lumire1 qu& elle se lve1 n'e/ jamais ap]ue que p> quelques yeux4#cj ,en ,allemagne1 le p>ti sociali/e comptait1 en #ahid1 #a #fjj #jjj voix2 en #ahih1 il en runit #b #fjj #jjj4 ,en ,france1 les sociali/es avai5t obt5u en #ahhi1 #ia #jjj voix2 en #ahic1 ils en ont runi #fjj #jjj et en #ahih prs de #hjj #jjj4 ,au mom5t mme o n\s crivons ces lignes une union pr(onde1 fran*e et solide succde aux diss5tim5ts qui divisai5t div]s gr\pes sociali/es4 ,cette union r5dra le socialisme franais plus =t1 plus puissant4 ,sans dcid] si le socialisme e/ ou non la solution des problmes urg5ts de l'humanit s\ffrante1 il faut tre aveugle p\r ne pas voir que les ides sociali/es qui mont5t1 sont des =ces vivantes1 appeles j\] un rle considrable dans la trans=mation de la socit qui se prp>e4 ,l'ide sociale pntre p>t\t1 elle veille1 elle =tifie les aspirations4 ,les esprances qu'on fonde sur le socialisme font natre de gr&s devoirs p\r ceux qui le mn5t4 ,l'heure e/ dcisive4 ,il faut qu'ils vit5t1 ds leur premi] pas1 t\te quivoque4 ,c'e/ une erreur que de se dire3 il faut aim] ce qu'on a qu& on n'a pas ce qu'on aime4 ,il faut que les sociali/es rejett5t la vieille =mule qui g\v]nait jusqu' prs5t le monde3 ,ote-toi1 que je m'y mette1 et que t\t dans leur action soit franc1 net et clair4 ,la sci5ce de la rpression e/ au b\t de son r\leau1 et ce n'e/ pas la ,=ce que les sociali/es doiv5t considr]1 comme acc\*euse des socits1 mais la ,solid>it4 ,la solid>it n'e/ possible qu'entre gaux4 ,ni prjugs1 ni passions1 mais la ,raison1 la ,ju/ice et l',egalit doiv5t tre les armes du socialisme4 ,il ne doit tre ni une =mule1 ni un p>ti1 mais un pr9cipe4 ,il ne doit tre ni ,allem&1 ni ,franais1 ni ,russe1 mais simplem5t humanitaire4 ,son rle1 c'e/ d'tablir l'galit sociale de t\s les tres1 quelle que soit leur orig9e1 leur race1 leur sexe4 ,tant que le cosmopolitisme ne s]a pas1 le rgime sociali/e e/ impossible tablir4#ca ,c'e/ v]s le cosmopolitisme1 v]s l'univ]salisme que le socialisme doit vis]4 ,qu'il se dp\ille de son c>actre troit de secte ou de p>ti1 qu'il app>aisse t\s comme le rveil de l'humanit s\ffrante4 ,si le socialisme e/ l'oppos de l'individualisme1 il ne doit pas exclure l'individualit4 ,ne rejetons pas de la conception sociale de la vie huma9e l'ide de l'individualit consci5te4 ,si l'objet de la consci5ce e/ l'unit1 la socit1 l'humanit2 l'individualit e/ la =me de la consci5ce1 la =me de la volont1 la =me de l'homme4 ,la suppression de la p]sonnalit implique la suppression de la consci5ce individuelle1 sans laquelle il n'y a po9t de consci5ce nationale1 de consci5ce huma9e4 ,laissons l'homme volu] indp5damm5t4 ,la p]te de la p]sonnalit e/ plus grave que la p]te de la vie4 ,la ju/ice du socialisme doit tre gale p\r t\s les individus sans aucune exception1 cette ju/ice doit tre idale et suprieure1 qui donn]ait *acun au mo9s un m9imum de bi5-tre et de bonheur4 ,l'humanit ne peut avoir d'autre loi que celle de la ,ju/ice4 ,la ju/ice e/ le seul critrium vrai dans l'application des *oses huma9es4 ,la ju/ice e/ le f]m5t du corps social4#cb ,le socialisme1 comme l'conomie politique1 sans ju/ice1 sans morale1 e/ une *imre4 ,la ju/ice ne doit oubli] p]sonne1 ni celui qui pe9e1 ni celui qui p5se1 ni le m9eur enf\i s\s le sol qui1 priv de la lumire du j\r et des gais s\rires du soleil1 expose sa vie au feu du gris\1 l'b\lem5t des rocs2 ni le lab\reur c\rb sur son dur sillon1 au front baign de sueurs2 ni le proscrit qui ne sait o repos] sa tte d\l\reuse4 ,un peu plus de t5dresse aussi p\r ceux qui plan5t dans les hautes rgions de la sci5ce1 p\r ceux qui *]*5t rs\dre des problmes div]s1 qui mdit5t sur les droits1 les devoirs1 le b de notre exi/5ce1 qui *]*5t la ralisation du ,beau et du ,vrai4 ,n'puisons jamais leur c\rage4 ,eloignons d'eux t\t ob/acle capable de ral5tir leur libre dveloppem5t1 laissons-les se recueillir en paix1 ne tr\blons pas leur repos2 leurs p5ses font natre des t9celles qui illum95t s\v5t l'humanit entire4 ,que les sociali/es travaill5t1 agiss5t sans trve1 qu'ils prp>5t les voies de l',av5ir1 qu'ils se dis5t avec ,o]nulf#cc3 ,ne ti5s pas de disc\rs inutile1 mais que t\t ce que tu diras soit tran*ant comme la lame d'une pe2 et qu'ils n'oubli5t jamais les maximes de ,br&3 ,qui veut va9cre ne doit pas cd]4 ,si tu donnes t\t1 except ta vie1 sa*e que tu n'z ri5 donn4 ,,iv ,p\r tre ju/e1 il faut dire que le mot socialisme ne se tr\ve nulle "p dans l'oeuvre d',ibs51 mais il en e/ l'ab\lissant logique et naturel4 ,ibs5 se cont5te de faire le procs de la socit actuelle1 de n\s faire voir que la civilisation n'e/ pas encore une ralit1 qu'elle n'e/ qu'une promesse4 ,l'esprit huma9 n'a pas encore pris possession de lui-mme1 la ju/ice n'e/ pas encore de ce monde4 ,a mesure que l'empire de la =ce brutale dim9u]a1 les ides huma9es de ju/ice et d'quit gr&iront1 la gnration future en v]ra peut-tre l'avnem5t4 ,a mesure que se p\rsuivra notre volution1 n\s v]rons plus clairem5t combi5 n\s sommes encore lo9 de la ralisation de cet idal d'galit dans les conditions sociales de la lutte4 ,les gnrations futures se rappell]ont avec surprise1 et peut-tre avec un s\rire1 notre idal d'un tat de socit3 des conditions p]mettant de tir] t\t le fruit possible de la libre comptition4#cd ,soyons s9cres avec n\s-mmes et avec les autres1 clairons les hommes1 proclamons les droits1 rveillons la dignit huma9e1 *]*ons la ,vrit1 p>t\t1 en t\t et t\j\rs1 ne craignons pas la lumire1 semons les ides1 semons les en?\siasmes4 ,les ides sont comme des gra9s confis la t]re2 elles n'att5d5t que la rose et le rayon du soleil p\r g]m]4 ,il n'y a pas d'abme entre le p5s] et l'action1 du mo9s p\r ceux qui ne sont pas habitus la sophi/ique4 ,la conception e/ dj un comm5cem5t d'action4#ce ,que d'utopies1 depuis que le monde exi/e1 dev5ues1 grce l'volution1 des ralits6 ,l'volution s'e/ faite1 la rvolution ne saurait t>d]4 ,le j\r vi5dra o l',evolution et la ,rvolution1 se succdant immdiatem5t1 du dsir au fait1 de l'ide la ralisation1 se confondront en un seul et mme phnomne4 ,c'e/ a9si que fonctionne la vie dans un organisme sa91 celui d'un homme ou celui d'un monde4#cf ,l'humanit appelle des hommes vig\reux qui aid5t l'volution1 qui prp>5t la rvolution4 ,a l'oeuvre1 si n\s ne n\s s5tons pas dgnrs2 unissons-n\s1 mettons en commun nos ides1 nos =ces1 combattons p\r la vrit1 p\r le bonheur4 ,l'unisson doit s]vir les plus nobles besognes et les devoirs les plus levs4#cg ,travaillons t\s au rajeunissem5t1 au gr& pr9cipe de l'unit huma9e1 rveillons les c\rages1 veillons les esprances4 ,l'esprance e/ une loi primitive de la raison2 la logique l'impose1 la vie l'exige4 ,c'e/ p> elle seule que l'esprit s'a*ve en faisant du monde un t\t1 dont les dsaccords mmes r5tr5t dans l'univ]selle h>monie1 c'e/ p> elle seule que t\t se ti5t et se concilie1 que l'me s'apaise la paix univ]selle1 que t\s les lm5ts de l'esprit et des *oses s'uniss5t p\r compos] un monum5t gr&iose dont n\s ne contemplons pas la maje/ueuse ordonnance1 nos yeux tant trop faibles p\r pntr] l'inf9i de l'av5ir et embrass] l'imm5sit d'un reg>d1 mais dont n\s suivons les colonnes qui s'lv5t1 les arceaux qui s'incl95t1 les lignes qui t\tes mont5t d'un mme lan p\r se r5contr] et s'unir dans des hauteurs t]nellem5t s]e9es4#ch ,travaillons et esprons que tt ou t>d1 l'heure sublime p>vi5dra o selon l'expression d',isae les f]s de lance s]ont trans=ms en socs de *>rue1 travaillons l'pan\issem5t suprme de la ,vrit1 au rayonnem5t de la bont p>faite et de l'am\r univ]sel4 ,la f9 de ce monde anci5 ne doit tre que l'aurore d'un monde rajeuni et le *aos des ides o se tr\ve la f9 de notre sicle1 doit tre le b]ceau d'une re n\velle4 ,dans ce ds]t sans f91 des palmi]s c\rbs p> un v5t furieux et jetant de longues ombres noires1 je s5s des flots qui se s\lv5t1 je s5s une aurore qui nat4 ,dj s'veill5t t\tes les p5ses1 t\tes les actions v5ir4 ,il y a des s\ffles1 des tressaillem5ts4 ,l'heure de la r5aissance a sonn4 ,et j'ent5ds des murmures3 ,c'e/ l'heure de natre et de crer6#ci ,a l'oeuvre6 ,,notes3 #a ,les ,contempora9s1 #f;e srie1 p4 #bbh4 #b ,g4 ,l>r\met4 ,n\velles ludes de littrature et d'art1 p4 #cja4 #c ,ibs5 ne lit pas le franais4 #d ,lettre d',ibs5 ,g4 ,br&s4 #e ,lutetia1 p4 #bih4 #f ,mme ,tsebrikov4 ,georges ,s&4 ,annales de la ,patrie4 ,/-,pt]sb\rg1 #ahgg4 ,voir aussi ,georges ,s&1 p> ,vladimir ,k>n9e4 ,p>is1 #ahii4 #g ,correspondance4 #h ,j\rnal des ,dbats1 #aa janvi] et #ae m>s #ahig4 #i ,g4 ,t>de4 ,les lois de l'imitation4 #aj #ahac-ahec4 #aa ,georges ,br&s4 ,sor5 ,kj]kega>d4 #ab ,ibs54 ,john-,gabriel ,borckman4 #ac ,j4 ,b>?lmy ,sa9t-,hilaire4 ,mtaphysique d',ari/ote1 t4 ,i1 prface1 p4 clxiii4 #ad ,lettres ,lucile4 #ae ,ibs54 ,rosm]%olm4 #af ,j4-,j4 ,r\sseau4 ,pr(ession de foi du vicaire savoy>d4 #ag ,emile ,b\tr\x4 ,morale sociale1 prface1 p4 ix4 #ah ,essais de philosophie morale1 p4 #agb4 #ai ,vladimir ,soloviov4 ,le ,droit et la ,morale 7,pravo i nrav/v5no/e71 p4 #hg4 ,/-,pt]sb\rg4 #bj ,*4 ,scrtan4 ,philosophie de la lib]t1 ,,ii1 p4 #bbc-bbd4 #ba ,metaphysik d] ,sitt51 p4 #eb1 #ff4 ,kritik d] praktis*5 ,v]nunft1 p4 #ce et suiv4 #bb ,victor ,hugo4 ,disc\rs prononc sur la tombe de ,balzac1 le #bj avril #ahej4 #bc ,comte ,prozor4 ,prface la trad4 franc1 de ,john-,gabriel ,borckman4 #bd ,m4 ,synne/v$t4 #be ,g4 ,br&s4 ,det mod]ne ,gj5nembrunds ma5d4 #bf ,ibs54 ,emp]eur et ,galilen4 #bg ,l'organisation du travail4 #bh ,le ,bon4 ,psy*ologie du socialisme1 p4 #aj4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #bi ,l'organisation sans ,etat e/ possible4 ,l',etat n'a pas t\j\rs exi/1 il y a en des socits sans ,etat1 ce qui n'emp*ait pas ces socits d'avoir une organisation4 ,l'organisation de la ,grce et de l',italie primitives reposait non pas sur l',etat1 mais sur la g5s4 ,des socits sans ,etat ont exi/ jusqu' ces d]ni]s temps p>mi les ,indi5s de l',amrique du ,nord4 ,t\s les membres de la g5s indi5ne tai5t gaux et libres et agissai5t frat]nellem5t entre eux 7,voir le livre de ,morgan4 ,anci5t society47 #cj ,j4 ,b>?lmy ,sa9t-,hilaire4 ,monde d',ari/ote1 t4 ,i1 prface1 p4 viii4 #ca ,e4 ,faguet4 ,que/ions politiques1 p4 #agc4 #cb ,blanqui4 ,critique sociale1 t4 ,,ii1 p4 #eh4 #cc ,ibs54 ,gu]ri]s ,helgell&4 #cd ,b5jam9 ,ridot4 ,l',evolution sociale1 p4 #bbg4 #ce ,guyau4 ,morale sans obligation ni sanction4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #cf ,elise ,reclus4 ,evolution et ,rvolution1 p4 #fa4 #cg ,ibs54 ,disc\rs prononc au ,banquet du #bc m>s #ahih1 ,*ri/iana4 #ch ,g4 ,sailles4 ,du gnie dans l'art1 p4 #fe4 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #ci ,ibs54 ,br&1 ,agns ,br&4 99 99 99 99 99 ,,bibliographie ,i ,l',,oeuvre ,d',,h5rik ,,ibs5 #ahga4--,posies 7,digte74 #ahej4--;,,catil9a1 pice en trois actes4 #ahef4--,,la ,f,,te ,a ,,solh\g 7,gildet paa ,solhaug71 pice en trois actes4 #aheg4--,,la ,,*atela9e ,,+] ,,oe/raat 7,fru ,+] til ,oe/raat71 pice en c9q actes4 #aheh4--,,les ,,gu]ri]s ,a ,,helgel& 7,ha]ma5d5e paa ,helgel&71 pice en c9q actes1 traduite en franais p> ,m4 ,trigaut-,g5e/e1 ,p>is4 ,sav9e1 #ahic4 #ahfc4--,,la ,,com,,die ,,de ,l',,am\r 7,kja]ligh$5s ,kom$ie71 pice en trois actes1 traduite en franais p> de ,colleville et de ,zepel94 ,p>is1 ,sav9e1 #ahif4 #ahfd4--,,les ,,pr,,t5dants ,a ,,la ,,c\ronne 7,kongs-emm]ne71 drame en c9q actes1 traduit en franais p> ,trigaut-,g5e/e4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahic4 #ahff4--;,,br& 7,br&1 ,et dramatisk ,digt71 pome dramatique en c9q actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahie4 #ahfg4--,,pe] ,,gynt 7,et dramatisk ,digt71 pice en c9q actes1 traduite en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,p]r91 #ahii4 #ahfi4--,l',,union ,,des ,,jeunes 7,de unges =bund71 pice en c9q actes1 traduite en franais p> ,,mm4 ,b]tr& et de ,nev]s4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahic4 #ahgc4--;,,emp]eur ,,et ,,galil,,en 7,keis] og ,galilae]71 pice en deux p>ties1 traduite en franais p> de ,casanove4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahie4 #ahgg4--,,les ,,s\ti5s ,,de ,,la ,,soci,t 7,samfundets /tt]71 pice en quatre actes1 traduite en franais p> ,,mm4 ,b]tr& et de ,nev]s4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahic4 #ahhj4--,,la ,,maison ,,de ,,p\p,e 7,et dukkehjem71 drame en trois actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahib4 #ahha4--,,les ,,rev5ants 7,gj5gang]e71 drame en trois actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahib4 #ahhb4--,,un ,,ennemi ,,du ,,peuple 7,en folkefi5de71 pice en c9q actes1 traduite en franais p> ,,mm4 ,*5evire et ,johans54 ,p>is1 ,sav9e1 #ahib4 #ahhd--,,le ,,can>d ,,sauvage 7,vild&571 drame en c9q actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor1 ,p>is1 ,sav9e1 #ahic4 #ahhf4--,,rosm]%olm1 drame en quatre actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahic4 #ahhh4--,,la ,,dame ,,de ,,la ,,m] 7,fru5 fra havet71 pice en c9q actes1 traduite en franais p> ,m4,m4 ,*5evire et ,johans54 ,p>is1 ,sav9e1 #ahib4 #ahij4--;,,h$da ,,gabl]1 drame en quatre actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,sav9e1 #ahib4 #ahib4--,,solness ,,le ,,con/ructeur 7,bygme/] ,solnaes71 drame en trois actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is4 ,sav9e1 #ahic4 #ahid4--,,le ,,petit ,,eyolf 7,lille ,eyolf71 drame en trois actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,p]r91 #ahic4 #ahif4--;,,john-,,gabriel ,,borckman1 drame en quatre actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 ,p>is1 ,p]r91 #ahig4 #ahii4--,,qu& ,,n\s ,,n\s ,r,,veill]ons ,d',,entre ,,les ,,morts 7,na> vi ,dde vaagn]71 pilogue en trois actes1 traduit en franais p> ,m4 ,prozor4 7,revue de ,p>is1 #a;er janvi] #aijj47 ,,ii ,,tudes ,,sur ,,ibs5 ,h5rik ,,jaeg]4 ,h5rik ,ibs54 ,cop5hague1 #ahhh4 ,georg ,,br&es4 ,mod]ne ,gei/]4 ,franc=t-s4-,m41 #ahhh4 ,l4 ,,pass>ge4 ,h5rik ,ibs54 ,leipzig1 #ahhd4 ,b4 ,,%aw4 ,h5rik ,ibs5 & ,ibs5ianism4 ,london1 #ahib4 ,augu/e ,,ehrh>d4 ,h5rik ,ibs5 et le ?tre contempora94 ,p>is1 #ahib4 ,jules ,,lemaitre4 ,contempora9s4 #f;e srie1 ,p>is1 #ahib4 ,,tissot4 ,le drame norvgi54 ,p>is1 #ahic4 ,gu/ave ,,l>r\met4 ,n\velles tudes de littrature et d',art4 ,p>is1 #ahid4 ,emile ,,faguet4 ,ibs5 7,j\rnal des ,dbats74 #aa janvi] et #ae m>s #ahig4 99 99 99 99 99 ,,table ,,des ,,mati]es ,,introduction4 ,,la ,,vie ,d',,h5rik ,,ibs5 ,,*apitre ,i4--,l'enfance d',ibs54--,la ph>macie de ,grim/ad4 ,la ,rvolution hongroise4--,*ri/iania4--,l'cole de ,helrab]g4--,la premire pice d',ibs54--,catil9a4--,ibs5 rdacteur d',&rimm]4--,ses premires posies4--,ibs5 metteur en scne du ?tre de ,b]g5 7#ahea-aheg7 et directeur du ?tre de ,*ri/iania 7#aheg-ahfb74--,son m>iage44--,la ,comdie de l'am\r4--,le subside1 le ,digt] gage1 du ,/or?+ norvgi54--,la gu]re entre le ,danem>k et la ,prusse4 ,l',exil1 #ahbh-ahfd4 ,,*apitre ,,ii4--,ibs5 l'trang]3 ,italie1 ,allemagne4--,l'inauguration du canal de ,suez4--,voyage sur le ,nil4--,l'indiffr5ce de la ,norvge env]s son gr& pote4--,les s\ffrances morales d',ibs54 #ahfd-ahia4 ,,*apitre ,,iii4--,le ret\r d',ibs5 en ,norvge4--,son jubil4 ,sa vie actuelle4 #ahia-aijj4 ,,*apitre ,,iv4--,ibs51 homme et p5seur4 ,,p>tie ,n,,gative4--,,la ,,soci,t ,,actuelle ,,*apitre ,i4--,le cl]g ,,*apitre ,,ii4--,les politici5s et les capitali/es ,,*apitre ,,iii4--,la presse ,,*apitre ,,iv4--,la famille ,,*apitre ,v4--,la jeune gnration ,,*apitre ,,vi4--,g]mes transitifs ,,p>tie ,,positive4--,,la ,,soci,t ,,n\velle ,,*apitre ,i4--,la rgnration individuelle et sociale e/ possible2 l'am\r en e/ la premire base4 ,,*apitre ,,ii4--,la vrit et la lumire4 ,,*apitre ,,iii4--,l'ef=t individuel4--,la volont1 l'action1 la lib]t1 la ju/ice4 ,,*apitre ,,iv4--,ce n'e/ pas l'individu1 mais la famille1 qui con/itue l'unit sociale4 ,,*apitre ,v4--,l'mancipation de la femme4--,le m>iage libre4--,la socit n\velle4 ,,conclusion4 ,,bibliographie4 99 99 99 99 99 ,,autres ,,ouvrages ,,de ,m4 ,,ossip-,,l\ri ,p5ses de ,tol/o1 #a vol4 9-#ab de la ,biblio?que de philosophie contempora9e1 ,p>is1 ,f4 ,alcan4 #ahih4 ,la ,philosophie de ,tol/o1 #a vol4 9-#ab de la ,biblio?que de philosophie contempora9e1 ,p>is4 ,f4 ,alcan1 #ahii4 7,rcomp5s p> l',acadmie des ,sci5ces morales et politiques47 ,e*os de la vie1 ,p>is4 ,ames s\ffrantes1 ,p>is4 ,l't]nel ,t\rm5t1 ,p>is4 ,zv\ki ,jizni1 ,sa9t-,pt]sb\rg4 ,n>odnia ,ts*italny1 ,mosc\4 ,po povod\ ,kreitz]evo ,sonaty1 ,mosc\4 ,a&slivet i ,frankrige4 7,morg5bladet1#ahih47 ,*ri/iana4