de ,france 7,bn,f_/,gallica7 ,,clodius ,,piat ,,agr,g ,,de ,,philosophie ,,leibniz ,,la ,,monadologie ,,avec ,,tude ,,et ,,notes ,,paris ,,librairie ,,victor ,,lecoffre ,,rue ,,bonaparte1 #ij #aijj ,,ouvrages ,,du ,m,,me ,,auteur3 #a ,l',intellect actif1 ,,leroux1 ,paris1 #ahij4 #b ,historique de la libert au ,x,i,xe sicle1 ,,lethielleux1 ,paris1 #ahid4 #c ,problme de la libert1 chez le mme1 ,paris1 #ahie 7ces deux derniers ouvrages ont t couronns par l',acadmie franaise74 #d ,l',ide1 ,ch4 ,,poussieloue1 ,paris1 #ahif4 #e ,la ,personne humaine1 ,,alcan1 ,paris1 #ahia 7ouvrage couronn par l',acadmie des sciences morales et politiques74 #f ,destine de l'homme1 ,,alcan1 ,paria1 #ahih4 ,i4 ,,id,e ,,maitresse ,leibniz#a1 tout jeune encore1 apprit la philosophie d',aristote et des scolasliques#b2 et ce systme lui sembla contenir la vritable explication des choses4 ,bien que dj familier avec ,platon et d'autres anciens1 c'est pour l',ecole qu'il se pronona4 ,note #a3 ,c'est ainsi que nous croyons devoir crire le nom de ce philosophe2 car il signait lui-mme3 ,leibniz4 ,toutefois ,leibnitz est aussi une orthographe courante4 ,note #b3 ,,leibniz1 ,lettre ,i ,remond de ,montmort1 date de #agad1 #gja;b1 ,erdmann1 ,berlin1 #ahdj4 ,un peu plus tard1 il tomba sur les modernes et se mit les tudier avec la mme curiosit1 pouss dj par le dsir de dterrer et de runir la vrit ensevelie et disperse dans les opinions des diffrentes sectes des philosophes#c4 ,il lut ,keppler1 ,galile1 ,cardan1 ,campanella1 ,bacon1 ,descartes#d4 ,et ses convictions philosophiques ne tardrent pas se modifier1 sous l'influence de ces penseurs d'allure nouvelle4 ,je me souviens1 dit-il1 que je me promenai seul dans un bocage auprs de ,leipsic1 l'ge de quinze ans1 pour dlibrer si je garderais les ,formes substantielles4 ,enfin1 le ,mcanisme prvalut et me porta m'appliquer aux mathmatiques#e4 ,note #c3 ,ibid4 p4 #gja;b4 ,note #d3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bje4 ,note #e3 ,,leibniz1 ,lettre ,i ,remond4441 p4 #gjb;a4 ,mais1 continue ,leibniz1 quand je cherchai les dernires raisons du ,mcanisme et des lois mmes du mouvement1 je fus tout surpris de voir qu'il tait impossible de les trouver dans les mathmatiques et qu'il fallait retourner la mtaphysique4 ,c'est ce qui me ramena aux entlchies1 et du matriel au formel et me fit enfin comprendre1 aprs plusieurs corrections et avancements de mes notions1 que les ,monades1 ou les substances simples1 sont les seules vritables substances et que les choses matrielles ne sont que des phnomnes1 mais bien fonds et bien lis#f4 ,note #f3 ,,leibniz1 ,lettre ,i ,remond4441 p4 #gjc;a4 ,leibniz fut donc scolastique d'abord1 puis cartsien1 avant d'tre lui-mme4 ,c'est comme par un chemin en zigzag qu'il parvint la dcouverte de son ide matresse4 ,de plus1 cette ide fut1 pour lui1 le rsultat d'une incubation qui dura prs de vingt ans1 et dont il est possible de suivre les phases principales4 ,en #afgj1 il rdite1 sur l'invitation de ,boinebourg#g1 l',antibarbare de ,nizolius4 ,et1 dans sa prface cet ouvrage1 il prend la dfense de l',ecole4 ,sa pense est dj qu'il y a de l'or dans ces scories#h4 ,il proteste contre la mode1 alors rgnante1 d'englober ,aristote et tous les philosophes du moyen ge dans la mme rprobation4 ,il reproche mme l'auteur d'avoir confondu1 avec des scolastiques de second ordre1 un esprit tel que saint ,thomas d',aquin#i4 ,en #afga1 il compose sa ,thorie du mouvement concret et sa ,thorie du mouvement abstrait et prlude1 par ces tudes scientifiques1 sa conception dynamique du monde4 ,vers la mme poque1 le baron de ,boinebourg l'engage s'occuper du dogme de la transsubstantiation1 avec lequel la thorie cartsienne de la matire semblait incompatible2 et1 pendant l'automne de #afga1 il crit ,arnaud une lettre qui va droit au fond du sujet4 ,il y fait voir que le multiple doit de toute rigueur se rduire l'un1 et que1 par consquent1 l'tendue suppose quelque autre chose1 un principe plus profond1 qui est simple et sans lequel il n'y a plus de substance#aj4 ,enfin1 vers #afhe1 il arrive se satisfaire#aa4 ,a partir de ce moment1 il est en pleine possession de sa pense personnelle et ne fait1 dans la suite1 qu'en dvelopper les riches et multiples aspects4 ,il y varie l'indfini et ses considrations et sa langue4 ,mais1 sous cette diversit d'apparence1 on observe toujours la mme unit organique3 c'est partout la philosophie de la ,monade4 ,note #g3 ,,le ,,baron ,,de ,,boinebourg1 ancien premier conseiller priv de l'lecteur de ,mayence ,jean-,philippe1 grce auquel ,leibniz prit part aux vnements politiques de l'poque4 ,note #h3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cga;b2 ,lettre ,,iii ,remond de ,montmort1 date de #agad1 p4 #gjd;b4 ,note #i3 ,,leibniz1 ,de stylo philosophico ,nizol41p4#fc et sqq4 ,note #aj3 ,,guhrauer1 ,gottfried ,wilhelm ,freiherr von ,leibnitz eine ,biographie1 t4 ,i1 p4 #gf et sqq4 ,note #aa3 ,ibid41 t4 ,i1 ,beil41 p4 #bi4 ,leibniz suit1 dans l'exposition de sa doctrine1 une sorte de route ascensionnelle1 o l'on va de la matire la substance1 de la substance l'me et de l'me ,dieu4 ,en outre1 il a tout un ensemble de vues morales qui sont comme l'panouissement de sa mtaphysique et qui constituent une thorie du bien4 ,ce sont ses diverses tapes que l'on va essayer de parcourir nouveau1 et dans le mme ordre4 ,,ii4--,,la ,,substance ,a7 ,,nature ,,de ,,la ,,substance4--,on peut dire en un sens que tout se fait mcaniquement dans la nature corporelle2 mais il n'en demeure pas moins vrai que les principes mmes de la mcanique1 c'est--dire les premires loix du mouvement1 ont une origine plus sublime que celle que les pures mathmatiques peuvent fournir#ab4 ,note #ab3 ,,leibniz1 ,si l'essence du corps consiste dans l'tendue1 p4 #aac;b2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abd;b2 ,lettre ,i ,remond de ,montmort1 p4 #gjb;a4 ,l'essence de la matire demande quelque chose de plus que la philosophie corpusculaire#ac4 ,note #ac3 ,,leibniz1 ,correspondance avec ,arnauld1 p4 #fcb1 ,ed4 ,p4 ,janet1 ,paris1 #ahhf4 ,l'exprience nous apprend que les corps sont divisibles4 ,et1 par consquent1 il faut qu'antrieurement toute division ils aient dj des parties actuelles2 car la division ne cre pas1 elle ne fait que compter4 ,les corps sont donc des composs4 ,or tout compos se ramne des lments ultimes1 lesquels ne se divisent plus4 ,suppos1 en effet1 que l'on y puisse pousser le partage l'indfini2 on n'aurait toujours que des sommes1 et jamais des units3 ce qui est contradictoire#ad4 ,de plus1 ces lments ultimes ne peuvent tre tendus1 comme l'ont imagin les atomistes2 car1 si petites que l'on fasse les portions de l'tendue1 elles gardent toujours leur nature2 elles demeurent divisibles3 c'est encore une pure multitude4 ,et la raison dj fournie conserve toute sa force4 ,note #ad3 ,ibid41 pp4 #fca1 #fed1 #fee2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #bd;b1 #c2 ,monadol41 p4 #gje;a1 #b4--,l'argument de ,leibniz suppose que tout ce qui est divisible contient ncessairement des parties actuelles1 antrieurement toute division4 ,or ce principe ne parait pas suffisamment tabli4 ,pourquoi la thorie aristotlicienne du continu ne serait-elle pas conforme la ralit des choses8 ,quelle raison de croire que la division n'est pas1 au moins en certains cas1 un vrai passage de la puissance l'acte8 ,ainsi le mcanisme1 quelque forme qu'il revte1 n'est que l'antichambre de la vrit#ae4 ,la conception de ,descartes et celle d'picure laissent l'une et l'autre l'esprit en suspens4 ,une dtermination donne de l'tendue n'est pas plus une substance qu'un tas de pierres1 l'eau d'un tang avec les poissons y compris#af1 ou bien un troupeau de moutons1 quand mme ces moutons seraient tellement lis qu'ils ne pussent marcher que d'un pas gal et que l'un ne pt tre touch sans que tous les autres criassent4 ,il y a autant de diffrence entre une substance et un morceau de marbre qu'il y en a entre un homme et une communaut1 comme peuple1 arme1 socit ou collge1 qui sont des tres moraux1 o il y a quelque chose d'imaginaire et de dpendant de la fiction de notre esprit#ag4 ,et l'on peut raisonner de mme au sujet des atomes purement matriels#ah4 ,en les introduisant la place du continu1 l'on ne change rien qu'aux yeux de l'imagination4 ,au fond1 c'est mtaphysiquement que les corps s'expliquent#ai2 car la seule matire ne suffit pas pour former une substance4 ,il y faut un tre accompli1 indivisible3 substantialit signifie simplicit#bj4 ,note #ae3 ,,leibniz1 ,lettre ,i ,remond4441 #gjb;a4 ,note #af3 ,,leibniz1 ,correspondance avec ,arnauld1 p4 #hcj2 ,n4 ,essais1 p4 #bch;b1#g4 ,note #ag3 ,,leibniz1 ,correspondance avec ,arnauld1 p4 #fca4 ,note #ah3 ,,leibniz1 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abd;b1 #c4 ,note #ai3 ,,leibniz1 ,lettre ,i ,remond4441 p4 #gjb;a4 ,note #bj3 ,,leibniz1 ,correspondance avec ,arnauld1 p4 #fca2 v4 aussi pp4 #fai1 #fcj1 #fci1 #fed1 #fee2 ,n4 ,essais1 p4 #bgf;a1 #a2 ,monadol41 p4 #gje;a1 #a-c4 ,en quoi consistent au juste ces principes indivisibles8 quelle est la nature intime de ces points mtaphysiques1 qui constituent les lments des choses et qui seuls mritent le nom de substance8 ,sont-ils inertes1 comme l'a cru ,descartes8 ,en aucune manire2 et c'est l que se trouve la seconde erreur du mcanisme gomtrique4 ,lorsqu'un corps en repos est rencontr par un autre corps en mouvement1 il se meut son tour4 ,il faut donc qu'il ait t actionn de quelque manire2 et1 par consquent1 il faut aussi qu'il ait agi lui-mme2 car tout ce qui ptit doit agir rciproquement#ba4 ,ainsi chaque mouvement1 si lger qu'il soit1 accuse la prsence d'une source d'nergie et dans le moteur et dans le mobile qu'il suppose2 et ce mme principe d'activit se manifeste galement dans la manire dont les corps se choquent les uns les autres4 ,note #ba3 ,,leibniz1 ,si l',essence du corps consiste dans l'tendue1 p4 #aac;a4 ,nous remarquons dans la matire une qualit que quelques-uns ont appele l'inertie naturelle1 par laquelle le corps rsiste ea quelque faon au mouvement2 en sorte qu'il faut employer quelque force pour l'y mettre 7faisant mme abstraction de la pesanteur7 et qu'un grand corps est plus difficilement branl qu'un petit4 ,soit1 par exemple1 la figure3 ,illustration3 ,a ,illustration3 ,b o l'on suppose que le corps ,a en mouvement rencontre le corps ,b en repos4 ,il est clair que1 si le corps ,b tait indiffrent au mouvement ou au repos1 il se laisserait pousser par le corps ,a sans lui rsister et sans diminuer la vitesse1 ou changer la direction du corps ,a4 ,et1 aprs le concours1 ,a continuerait son chemin et ,b irait avec lui de compagnie en le devanant4 ,mais il n'en est pas ainsi dans la nature4 ,plus le corps ,b est grand1 plus il diminuera la vitesse avec laquelle vient le corps ,a1 jusqu' l'obliger mme de rflchir1 si ,b est beaucoup plus grand qu',a#bb4 ,et rien ne prouve mieux que l'inertie laquelle on s'arrte n'est que de l'nergie dguise4 ,note #bb3 ,,leibniz1 ,si l'essence du corps4441 p4 #aab;a et b4 ,on peut remarquer aussi qu'il y a dans les corps comme une tension perptuelle1 une sorte d'lan continu vers quelque autre chose que ce qu'ils sont dj4 ,les blocs normes qui couronnent les pyramides tombent d'eux-mmes1 ds qu'on enlve la base qui les soutient2 un arc tendu part tout seul1 lorsqu'on en dlivre la corde#bc2 et nous avons dans notre organisme une multitude indfinie de ressorts qui se dbandent chaque instant1 sans que nous l'ayons voulu et mme l'encontre de notre vouloir#bd4 ,la nature corporelle implique un effort incessant4 ,or l'effort n'est plus seulement de la puissance2 c'est aussi de l'action4 ,omnis autem conatus actio4 ,note #bc3 ,,leibniz1 ,de ,vera ,methodo4441 p4#aaa;b4 ,note #bd3 ,,leibniz1 ,de ,vera ,methodo4441 p4 #aaa;b4 ,et cette conclusion ne s'impose pas seulement au nom de l'exprience2 elle se fonde aussi sur les exigences de la raison4 ,on veut que l'tre n'enveloppe que des puissances l'tat nu4 ,et l'on n'observe pas que c'est une fiction1 que la nature ne souffre point4 ,on ne remarque pas qu'une simple facult n'est qu'une notion incomplte1 comme la matire premire spare de toute forme2 une abstraction vide de ralit1 comme le temps1 l'espace et les autres tres des mathmatiques pures#be4 ,il est bon de supprimer une telle quivoque et de donner des choses une notion plus comprhensive et plus exacte4 ,le vrai1 c'est que tout est dtermin3 le vrai1 c'est que chaque substance a toujours une disposition particulire l'action et une action plutt qu' telle autre2 qu'outre la disposition1 elle enveloppe une tendance l'action1 dont mme il y a toujours une infinit la fois dans chaque sujet2 et que ces tendances ne sont jamais sans quelque effet#bf4 ,tout tre est une force qui se bande1 un conatus qui passe de lui-mme au succs1 si rien ne l'empche3 toute substance est action et tendance l'action#bg4 ,et de l une interprtation nouvelle du devenir4 ,d'aprs ,aristote1 tout se meut par autre chose4 ,au gr de ,leibniz1 tout se meut par soi-mme4 ,chaque tre est gros de sa destine et la ralise en vertu d'un principe qui lui est interne4 ,c'est le rgne de l'autonomie1 qui se substitue celui de l'htronomie4 ,note #be3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bbb;b1 #b et p4 #bbc;b1 #i4 ,note #bf3 ,ibid42 v4 aussi p4 #bdh;a1 #d4 ,note #bg3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #ebf;b1 #hg2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;a1 #c4 ,l'effort1 qui fait le fond de la substance1 n'est pas purement physique4 ,il enveloppe toujours quelque degr de perception2 il est produit et maintenu par la connaissance3 c'est une vritable apptition#bh4 ,note #bh3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gjf1 #ad-ae2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff1 ,,ii4 ,l'exprience interne nous atteste qu'il y a au-dedans de nous-mmes ,un ,moi qui s'aperoit des changements corporels1 et qui ne peut tre expliqu ni par les figures ni par les mouvements#bi4 ,c'est sur ce type qu'il faut concevoir tous les autres tres#cj4 ,ainsi le veulent et les lois de l'analogie et le principe de continuit4 ,note #bi3 ,,leibniz1 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahe4 ,note #cj3 ,,leibniz1 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abd-abe1 #c4 ,le propre du ,moi humain est d'envelopper une multitude dans l'unit#ca4 ,or telle est aussi la fonction essentielle de ces forces primitives auxquelles on aboutit par l'analyse mtaphysique de la ralit4 ,elles doivent donc avoir1 elles aussi1 quelque chose d'analogique au sentiment et l'apptit#cb4 ,de plus1 comme le monde a pour auteur un tre souverainement parfait1 il faut qu'il soit le meilleur possible2 et1 comme la bont s'achve dans la beaut1 il faut aussi qu'il soit le plus beau possible4 ,la nature est un pome immense o tout varie par degrs insensibles et dans l'unit1 o tout se tient et se dploie dans la continuit4 ,or cette homognit fondamentale n'est pas explique1 si1 comme l'a fait ,descartes1 on oppose radicalement l'essence de l'esprit l'essence de la matire4 ,il faut1 pour la rendre intelligible1 se reprsenter l'univers entier comme la ralisation diffrencie l'infini d'un seul et mme principe qui est la pense4 ,les choses alors acquirent une simplicit surprenante1 en sorte qu'on peut dire que c'est partout et toujours la mme chose1 aux degrs de perfection prs#cc4 ,note #ca3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4#gjf1 #ad2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff1 ,,iii4 ,note #cb3 ,,leibniz1 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abd-abe1 #c4 ,note #cc3 ,,leibniz1 ,thod1 p4 #fjb1 #ccg2 ,n4 ,essais1 p4 #cje4 ,le monde est donc plus qu'une machine4 ,la machine est ce qu'on voit2 mais ce qu'on voit n'est qu'une apparence4 ,au fond1 il y a l'tre qui est force1 vie1 pense et dsir4 ,le monde entier1 y compris son ,crateur1 est un systme d'mes qui ne diffrent entre elles que par l'intensit de leur action4 ,en ce point capital1 ,leibniz ne contredit plus ,aristote4 ,le grec et l'allemand ont la mme thorie4 ,pour l'un et pour l'autre1 c'est l'amour qui meut tout2 et1 par consquent1 l'un et l'autre admettent aussi la prdominance des causes finales sur les causes efficientes4 ,c'est le finalisme qui l'emporte de nouveau4 ,ni ,descartes1 ni ,hobbes1 ni ,spinoza n'ont russi le dtruire pour tout de bon4 ,les agrgats corporels se composent de monades1 c'est--dire de principes simples dont l'essence consiste dans la perception4 ,et l'objet de cette perception enveloppe toujours d'une certaine manire l'tre tout entier2 car1 les choses allant d'elles-mmes au meilleur1 il n'y a pas de raison pour qu'il contienne telle portion de la ralit l'exclusion de telle autre#cd4;,chaque monade a quelque reprsentation de l'infini2 et c'est l qu'elle puise ses ides distinctes4 ,chaque monade1 aussi1 a quelque reprsentation de l'univers2 et c'est de l que lui viennent ses ides confuses#ce4 ,les substances sont autant de points de vue1 d'o l'on aperoit d'une faon plus ou moins explicite et la nature immense et l'tre ternel qui l'imprgne de toutes parts#cf4 ,note #cd3 ,,leibniz1 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahg;b2 ,monadol41 p4 #gji;b1 #eh1 #fj4 ,note #ce3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bbb;a1 #a4 ,note #cf3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gji;b1 #eg2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abf;b1 #aa4 ,toutefois1 cet tre ternel possde le privilge de n'avoir que des ides distinctes3 l',infini seul est pense pure#cg4 ,note #cg3 ,,leibniz1 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;b1 ,,iv2 ,monadol41 p4#gjh;a1 #da4 ,quant aux autres monades1 elles contiennent1 avec leur entlchie primitive1 un obstacle galement interne qui les entrave dans leur lan vers la perfection#ch4 ,note #ch3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eaj;a1 #bj2 ,monadol41 p4 #gjh;b1 #dg4 ,les anciens ont parl de la matire seconde et de la matire premire3 et leur distinction n'est pas vaine1 bien qu'il faille modifier quelque peu leur manire de l'entendre4 ,la matire seconde est d'ordre phnomnal3 elle vient toujours d'un agrgat de monades1 mais elle n'existe que dans la pense et s'y traduit sous forme d'extension4 ,au contraire1 la matire premire est d'ordre rel3 c'est un principe que chaque monade porte au-dedans d'elle-mme1 qui fait partie de son essence1 et dont l'effet naturel est de communiquer ses perceptions de provenance extrieure leur caractre extensif#ci4 ,mais l'tendu1 c'est aussi du confus#dj4 ,et1 par consquent1 la matire premire1 voil ce qui limite l'action des substances cres2 voil ce qui les arrte1 des tapes diffrentes1 dans leur ascension vers la lumire des ides distinctes4 ,autrement toute entlchie serait ,dieu#da4 ,et de l une hirarchie infiniment varie d'tres qui se ressemblent par leur fond4 ,tout est pense2 mais la pense dort dans le minral et la plante1 sommeille dans l'animal1 s'veille en l'homme et trouve en ,dieu son ternel et plein achvement4 ,encore y a-t-il1 entre ces degrs divers1 une multitude incalculable et de diffrences et de nuances2 car la nature ne fait pas de bonds3 c'est par un progrs insensible qu'elle passe du moins au plus#db4 ,rien de strile ou de nglig1 rien de trop uniforme1 tout vari1 mais avec ordre1 et1 ce qui passe l'imagination1 tout l'univers en raccourci1 mais d'une vue diffrente dans chacune de ses parties et mme dans chacune de ses units de substance#dc4 ,note #ci3 ,,leibniz1 ,lettre ,,ii au ,p4 des ,bosses1 date du #aa mars #agjf1 p4 #dcf;b2 ,lettre ,,vii au mme1 date du #af octobre #agjf1 p4 #ddj;b2 ,lettre ,,xiii au mme1 date du #c juillet #agji1 p4 #dfa;b2 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfc;a1 ,i-,,ii2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #djf;a1 ,,ii4 ,dans cette dernire lettre1 l'auteur parat proccup1 non de distinguer la matire premire de la matire seconde1 mais de dterminer au juste en quoi consiste la passivit de la matire generalim sumpta par opposition l'activit de la forme2 et son effort n'est pas strile3 il aboutit des notions plus prcises4 ,la matire a bien quelque activit1 tant il est vrai que rien n'est puissance pure3 mais cette activit n'est que rsistance4 ,au contraire1 l'activit de la forme est vie1 perception et effort4 ,note #dj3 ,,leibniz1 ,lettre ,,ii au ,p4 des ,bosses1 p4 #dcf;b2 ,lettre ,,xiii au mme1 p4 #dfa;b2 ,thod41 p4 #fjg1 #cef2,monadol41 p4 #gji;b1 #fj4 ,note #da3 ,,leibniz1 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahg;b2 ,lettre ,,vii au ,p4 des ,bosses1 #ddj;b2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;b1 ,,iv4 ,note #db3 ,,leibniz1 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;b1 #e2 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfe;b1 ,,xiii2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff-dfg1 ,v2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;b1 #g2 ,lettre ,,vi au ,p4 des ,bosses1 date du #d octobre #agjf1 p4 #dci-ddj2 ,n4 ,essais1 p4 #bbd;b1 #ab2 ,monadol41 p4#gji;b1 #ch4 ,note #dc3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #b,o#e;b4 ,bien que composes de deux principes constitutifs1 dont l'un est forme et l'autre matire1 les monades n'en demeurent pas moins absolument simples4 ,car la matire premire n'est qu'un principe d'tendue1 et la matire seconde1 qui est l'tendue elle-mme1 se fonde bien au dehors sur des agglomrais de monades2 mais1 considre en soi1 non plus dans sa cause1 elle ne se produit qu'au dedans3 elle est toute mentale#dd4 ,et de l une nouvelle approximation de la notion de substance4 ,note #dd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bch;b1 #g4 ,v4 aussi3 ,lettre ,,ii au ,p4 des ,bosses1 p4 #dcf;b2 ,lettre ,,xiv au mme1 p4 #dfb;b2 ,lettre ,,xxiv au mme1 p4 #fhi;a4 ,d'abord1 les monades n'ont point de fentres par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir4 ,et1 par l mme1 les accidents ne sauraient se dtacher1 ni se promener hors des substances1 comme faisaient autrefois les espces sensibles des scolastiques#de4 ,en second lieu1 les monades n'ont point de surface extrieure4 ,et1 par consquent1 elles ne prsentent aucun point d'appui1 l'aide duquel on puisse ou les modifier1 ou les mouvoir#df4 ,chaque monade est la fois close et intangible et demeure1 de ce chef1 essentiellement indpendante de toute influence dynamique externe4 ,c'est en elle-mme et par elle-mme qu'elle agit et ptit3 sa vie est tout intrieure4 ,et c'est sans doute dans ce recueillement absolu que ,leibniz a puis la raison principale pour laquelle il conoit la substance l'image de l'me humaine2 car1 si la monade ne se meut du dehors1 il faut bien qu'elle se meuve du dedans4 ,et comment cela8 ,o trouver en elle une cause de changement quelconque1 si elle n'tait doue de connaissance et d'apptition#dg8 ,note #de3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gje;a1 #g4 ,note #df3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gif;a1 #ag4 ,note #dg3;,ibid41 p4 #gje;b1 #h et #aj-aa4 ,la philosophie de ,leibniz est donc un retour aux formes substantielles1 si dcries#dh4 ,pour lui1 comme pour ,aristote1 la substance enveloppe deux co-principes essentiels dont l'un est actif et l'autre passif2 l'tre est une dualit qui se ramne l'unit d'un mme sujet3 c'est une trinit4 ,mais cette vieille conception revt1 sous l'effort de ,leibniz1 un aspect absolument nouveau4 ,d'abord1 il transporte du tout aux parties la dfinition de la substance donne par ,aristote4 ,de plus1 l'extension des corps cesse1 ses yeux1 d'tre une proprit absolue2 elle n'existe que pour la pense3 c'est quelque chose de purement phnomnal4 ,il modifie galement d'une manire profonde et l'ide traditionnelle de la forme et celle de la matire4 ,inspir par ,spinoza et continuant le philosophe stagirite1 il prcise l'activit de la forme et en fait une force qui a pour qualits dterminantes la perception et l'apptition4 ,d'autre part1 la matire1 en tant qu'elle se distingue de l'extension proprement dite1 devient pour lui une limite interne de l'activit1 et par l mme un principe de rsistance la conqute des ides distinctes4 ,tout se transforme et s'approfondit1 tout s'unifie sous l'influence de sa pense4 ,note #dh3 ,,leibniz1 ,syst4 nouv4441 p4 #abd;b1 #c4 ,b7 ,pluralit des substances4--,la multiplicit des choses n'est pas seulement phnomnale3 il y a plusieurs substances1 puisque la matire se divise en lments substantiels4 ,le mme fait ressort galement des donnes de la psychologie4 ,je suis d'opinion1 dit ,leibniz1 que la rflexion suffit pour trouver l'ide de substance en nous-mmes1 qui sommes des substances#di4 ,la chose ne semble pas claire tout le monde1 il est vrai2 et ,locke ne pense pas que l'exprience interne ait une telle valeur2 mais c'est uniquement parce qu'on ne prend pas la question du bon ct4 ,on monte d'abord dans sa tte1 on y considre les objets l'tat de dsagrgation o le travail de l'entendement les a mis4 ,on voit alors d'une part des prdicats qui sont abstraits1 de l'autre un sujet qui l'est galement#ej2 et l'on conclut qu'il n'y a l qu'un amas d'tres logiques1 une collection de phnomnes o la substance n'apparat nullement4 ,procder ainsi1 c'est aller au rebours de la ralit1 c'est renverser l'ordre des choses4 ,la connaissance des concrets est toujours antrieure celle des abstraits#ea4 ,nous percevons le chaud avant la chaleur1 le luisant avant la lumire1 et des savants avant le savoir#eb4 ,ce qui nous est donn tout d'abord1 ce sont les choses elles-mmes dans leur unit physique3 les abstractions n'existent que pour et par notre esprit qui a sa manire lui de diviser l'indivisible4 ,et quand on envisage la question de ce biais1 les difficults disparaissent du mme coup4 ,chacun sent alors qu'il y a sous les modes de sa conscience un sujet simple et fixe qui les groupe dans son unit vivante#ec2 et la substance1 c'est cela4 ,note #di3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bba;a1 #ah4 ,note #ej3 ,ibid41 p4 #bgh;a1 #b4 ,note #ea3 ,ibid41 p4 #bch;b1 #f4 ,note #eb3 ,ibid41 p4 #bgb;a1 #a4 ,note #ec3 ,,leibniz1 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahc2 ,monadol4 p4 #gjf1 #af4 ,mais pourquoi les lments ultimes auxquels on aboutit par la division de la matire ne seraient-ils pas des espces de modes un peu plus durables que les autres8 ,leibniz tombe dj d'accord avec ,spinoza pour dire que les parties du continu n'ont rien d'absolu3 ce sont1 ses yeux1 des points de vue des monades sur l'univers4 ,et alors pourquoi les monades elles-mmes ne seraient-elles pas leur tour les dterminations passagres d'une ralit plus riche et plus profonde1 unique en son fond1 et qui seule mriterait le nom de substance8 ,quelle raison de croire que le monde n'est pas le dveloppement ternel d'un mme principe d'o se dgage chaque instant une multitude d'individualits d'ordre divers1 la faon dont les formes de la pense sortent de la pense et s'en distinguent1 tout en lui demeurant immanentes8 ,a cette difficult fondamentale1 que contenait dj la philosophie de l'ermite de la ,haye et que ,schelling devait plus tard riger en systme#ed1 ,leibniz semble bien ne pas avoir de rponse4 ,le gnie1 aussi1 est une monade2 il a son point de vue et n'en sort que trs difficilement4 ,les philosophes ne se convertissent pas4 ,note #ed3 ,v4 ,philosophie der ,offenbarung1 t4 ,,ii1 pp4 #aed-aef1 #bha-bhc2 ,philosoph4 ,untersuchungen ber das wesen der menschlichen ,freyheit4441 p4 #djf-dcg1 ,ed4 ,landshut4 ,revenons notre expos4 ,il y a des substances2 et le nombre en est actuellement infini#ee4 ,dieu1 qui est la souveraine sagesse1 ne fait rien qui n'ait sa raison d'tre4 ,or il n'y en a pas pour qu'il ait cr telle somme de monades plutt que telle autre4 ,il faut de toute rigueur ou qu'il n'en ait produit aucune 7ce qui est contraire aux faits71 ou qu'il en ait produit un nombre illimit#ef4 ,de plus1 ,dieu se conforme1 dans ses uvres1 au principe du meilleur4 ,il se devait donc lui-mme de crer le plus de substances possible2 il se devait lui-mme d'en crer l'infini1 car plus il y a d'tres et dans l'ordre1 plus il y a de perfection#eg4 ,la multiplicit sans borne1 c'est aussi ce que suppose la nature mme de la monade4 ,la matire telle que la monade la saisit au-dedans d'elle-mme1 c'est--dire le continu1 est divisible l'infini4 ,et cette divisibilit intrieure demande qu'il y ait au dehors1 dans le monde des lments simples et discontinus1 une division actuelle qui soit galement infinie4 ,autrement il pourrait se produire dans la monade des phnomnes auxquels rien ne correspondrait dans la ralit des choses1 qui porteraient en quelque sorte dans le vide4 ,or ce manque d'adaptation entre la pense et les objets ne saurait exister3 ,tout est li et bien fond2 il n'y a rien dans l'apparent qui ne symbolise quelque chose de rel#eh4 ,note #ee3 ,,leibniz1 ,lettre ,foucher1 date de #afic1 #aah;b2 ,lettre ,i au ,p4 des ,bosses1 date du #ad fvrier #agjf1 p4 #dcd;b2 ,thod41 p4 #efd;a1 #aie2 ,monadol41 #gaj;b1 #fe4 ,note #ef3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjb-ccg2 ,monadol41 p4 #gjg;b1 #cb4 ,note #eg3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gji;b1 #eh2,lettre ,i au ,p4 des ,bosses1 p4 #dcd;b4 ,note #eh3 ,,leibniz1 ,lettre ,,xxi au ,p4 des ,bosses1 date du #bj septembre #agab1 p4 #fhg2 ,thod41 p4 #fjg;b1 #ceg et #fbj;a1 #djc2 ,monadol41 p4 #gaa;b1 #gh4 ,la seule raison qu'il soit permis d'opposer la thorie de l'infinit actuelle1 c'est son impossibilit#ei4 ,et cette raison n'est que fictive2 elle tient1 comme la ngation de la substance1 une sorte de malentendu4 ,sans doute1 si l'on commence par se figurer l'univers comme formant un tout1 c'est--dire comme reprsentant une somme dtermine1 il faut bien alors qu'il contienne un nombre fini d'lments premiers4 ,car il est contradictoire qu'une somme donne1 soit dans la ralit1 soit seulement dans l'esprit1 n'enveloppe pas un dernier terme4 ,mais poser ainsi le problme1 c'est en changer le sens pour le rsoudre4 ,la conclusion qui drive et du principe de raison suffisante et de la perfection divine et de l'essence mme de la monade1 c'est que le monde ne forme pas plus un tout qu'un nombre infini dont on ne saurait dire s'il est pair ou impair#fj4 ,et ds lors1 quel obstacle logique peut-il y avoir ce que la multitude de ses lments soit suprieure tout nombre donn1 ce qu'il comprenne toujours plus d'units actuelles qu'on n'en peut assigner8 ,quelle antinomie ce que l'arithmtique ne puisse fournir l'expression adquate de la ralit mtaphysique8 ,or cette aptitude de l'univers ne point se laisser emprisonner dans nos calculs1 si loin que nous les poussions1 c'est l prcisment ce qui constitue son infinit#fa4 ,note #ei3 ,,leibniz1 ,lettre ,,xxi au ,p4 des ,bosses1 p4 #fhg;a4 ,note #fj3 ,,leibniz1 ,lettre ,,ii au ,p4 des ,bosses1 #dce;b-#dcf;a4 ,note #fa3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bdd;a-#bdd;b4 ,au fond1 ,leibniz raisonne ici comme ,descartes#fb et ,spinoza#fc2 si l'infini parat contradictoire1 c'est qu'on le prend ds le dbut comme une quantit finie4 ,il ajoute d'ailleurs une considration d'un autre ordre et qui s'adresse principalement aux thologiens4 ,on ne peut nier1 dit-il1 que les essences de tous les nombres possibles soient donnes en fait1 au moins dans l'intelligence divine1 et que par l mme la multitude des nombres constitue un vritable infini#fd4 ,c'est donc bien que le concept d'une srie illimite n'a rien qui rpugne aux lois de la raison1 et qu'en consquence sa ralisation n'y rpugne pas non plus4 ,note #fb3 ,lettres au ,r4 ,p4 ,mersenne1 #ae avril #afcj1 ,ed4 ,cousin4 ,note #fc3 ,lettre ,,xv1 t4 ,,iii1 ,ed4 ,charpentier1 ,paris4 ,note #fd3 ,,leibniz1 ,lettre ,,ii au ,p4 des ,bosses1 p4 #dce;b-#dcf;a4 ,c7 ,communication des substances4--,il n'existe aucune influence dynamique entre les monades4 ,absolument fermes et dpourvues de surfaces1 piques en quelque sorte dans le vide infini1 comme des toiles qui n'auraient de la lumire et de la grandeur qu'au dedans1 les monades demeurent incapables par nature et d'agir au dehors et d'en recevoir une action quelconque4 ,par l mme aussi1 les monades n'ont aucune influence dynamique sur les corps1 tels qu'ils existent en soi1 indpendamment de toute pense4 ,car les corps envisags de ce point de vue ne sont eux-mmes que des agrgats de monades4 ,et cette dernire conclusion ne se fonde pas seulement sur la mtaphysique2 on en trouve galement la preuve dans les principes de la mcanique4 ,m4 ,descartes1 dit ,leibniz1 a voulu capituler et faire dpendre de l'me une partie de l'action du corps4 ,il croyait savoir une rgle de la nature1 qui porte1 selon lui1 que la mme quantit de mouvement se conserve dans les corps4 ,il n'a pas jug possible que l'influence de l'me violt cette loi des corps2 mais il a cru que l'me pourrait pourtant avoir le pouvoir de changer la direction des mouvements qui se font dans le corps2 peu prs comme un cavalier1 quoiqu'il ne donne point de force au cheval qu'il monte1 ne laisse pas de le gouverner en dirigeant cette force du ct que bon lui semble#fe4 ,mais on a dcouvert deux vrits importantes sur ce sujet1 depuis ,m4 ,descartes3 la premire est que la quantit de la force absolue qui se conserve1 en effet1 est diffrente de la quantit de mouvement1 comme je l'ai dmontr ailleurs3 ce qu'il y a de permanent dans l'univers1 ce n'est pas mv1 le produit de la masse par la vitesse2 mais mv#b1 le produit de la masse par le carr de la vitesse4 ,la seconde dcouverte est qu'il se conserve encore la mme direction dans tous les corps ensemble qu'on suppose agir entre eux1 de quelque manire qu'ils se choquent#ff4 ,il existe toujours la mme direction totale dans la matire#fg4 ,et de l deux corollaires qui modifient la conception trop aprioriste de ,descartes4 ,changer la direction d'un mouvement1 c'est produire un surplus de force vive4 ,or la chose est impossible1 puisque la quantit de force vive ne change pas4 ,de plus1 changer la direction d'un mouvement1 c'est influer sur la direction totale des corps4 ,et cela ne se peut pas davantage1 vu que cette direction ne souffre point de variation4 ,ainsi l'me ne saurait agir physiquement sur le corps1 sans un drangement entier des lois de la nature4 ,note #fe3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eai;b1 #fj4 ,note #ff3 ,ibid41 p4 #ebj;a1 #fa4 ,note #fg3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gaa;b1 #hj4 ,encore une fois1 il faut sortir du mcanisme pour l'expliquer4 ,il n'y a pas de communication directe des substances entre elles4 ,et1 par consquent1 l'on ne peut rendre compte de leurs rapports qu'en s'levant de la cause efficiente la cause finale4 ,mais comment concevoir l'action de cette dernire cause8 ,est-ce ,malebranche qui a raison8 ,et le systme des causes occasionnelles donnerait-il la vraie solution du problme8 ,malebranche a bien vu que les tres crs ne peuvent avoir entre eux des relations dynamiques4 ,mais sa thorie n'en demeure pas moins sujette deux objections1 qui la rendent inadmissible4 ,elle veut1 en effet1 que le cours des phnomnes qui forment le monde ne soit qu'un tissu de miracles#fh4 ,or c'est l une extrmit laquelle il semble difficile de se tenir4 ,s'il y a des lois naturelles1--et la chose n'est pas douteuse1--il faut aussi qu'il y ait des agents naturels3 il faut qu'entre la ,cause premire et les faits ordinaires s'interposent des causes secondes4 ,ou ,dieu n'a pas le monopole de l'activit1 ou il n'existe point de nature#fi4 ,il est bon1 d'ailleurs1 qu'on prenne garde qu'en confondant les substances avec les accidents1 en tant l'action aux substances cres1 on ne tombe dans le spinosisme1 qui est un cartsianisme outr4 ,ce qui n'agit point ne mrite point le nom de substance2 si les accidents ne sont point distingus des substances2 si la substance cre est un tre successif1 comme le mouvement2 si elle ne dure pas au-del d'un moment1 et ne se trouve pas la mme 7durant quelque partie assignable du temps71 non plus que ses accidents2 si elle n'opre point1 non plus qu'une figure mathmatique ou qu'un nombre2 pourquoi ne dira-t-on pas1 comme ,spinosa1 que ,dieu est la seule substance et que les cratures ne sont que des accidents ou des modifications#gj8 ,note #fh3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjf;b1 #cec et #fjg;a1 #cee2 ,examen des principes de ,malebranche1 p4 #fie4 ,note #fi3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjg;a-#fjg;b1 #cee4 ,note #gj3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fag;b1 #cic4 ,le ,p4 ,malebranche exagre1 et de la faon la plus dangereuse1 le souverain domaine de ,dieu2 son surnaturalisme contredit les donnes de l'exprience et mne tout droit au panthisme4 ,il faut donc supposer l'tablissement d'un autre ordre4 ,et cet ordre1 voici quel il doit tre4 ,il n'existe1 comme on l'a dj vu1 aucune communication physique entre les substances cres#ga4 ,les monades portent en leur fond une spontanit merveilleuse1 qui est le principe unique de tous leurs changements#gb3 ,il y a une suffisance 77 qui les rend sources de leurs actions internes et pour ainsi dire des automates incorporels#gc4 ,note #ga3 ,ibid41 p4 #eai;b1 #ei4 ,note #gb3 ,ibid4 ,note #gc3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gjf;b1 #ai4 ,bien que physiquement indpendantes1 les monades exercent les unes sur les autres une influence idale qui en fait le mieux ordonn et par l mme le meilleur et le plus beau des mondes possibles4 ,d'abord1 elles convergent toutes vers un seul et mme objet externe3 elles sont toutes1 quoiqu' des degrs diffrents1 des images de l'univers1 des centres qui expriment une confrence infinie#gd4 ,note #gd3 ,,leibniz1 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahg;a4 ,de plus1 ,dieu1 qui est sagesse et bont1 a prform les monades de manire ce qu'il y ait une correspondance constante entre les changements qui se produisent dans l'intrieur des unes et les changements qui se produisent dans l'intrieur des autres3 il existe entre les monades une harmonie prtablie1 analogue celle de deux horloges parfaitement rgles et qui1 au mme moment1 sonneraient toujours la mme heure#ge4 ,suppos1 par exemple1 qu'une pierre vienne tomber sur le pied d'un homme4 ,on dit ordinairement que la chute de la pierre produit la contusion qui la suit1 et qu' son tour cette contusion produit elle-mme la douleur qui l'accompagne4 ,on dit galement que les parties de la pierre et celles de l'organe atteint s'actionnent les unes les autres par leurs surfaces4 ,mais ce langage ne vise que les apparences2 ce langage est d'ordre purement phnomnal4 ,le vrai1 c'est que1 l'occasion de la chute de la pierre1 l'agrgat des monades qui constituent l'organe prouve de lui-mme ce qu'on appelle une contusion2 et que1 l'occasion de cet tat pathologique1 la monade dominante qui souffre1 tire de son propre fond sa sensation de souffrance4 ,le vrai aussi1 c'est qu'il n'y a qu'une simple concomitance soit entre les tats des monades qui composent la pierre1 soit entre les tats des monades qui composent le pied4 ,ainsi des autres cas de causation externe1 de quelque nature qu'ils puissent tre4 ,tout s'enchane1 mais non directement3 tout s'ordonne et sympathise dans la nature par l'intervention de ,dieu1 en tant que dans les ides de ,dieu une monade demande avec raison que ,dieu1 en rglant les autres ds le commencement des choses1 ait gard elle#gf4 ,note #ge3 ,,leibniz1 ,second claircissement du systme de la com4 des subst41 p4 #acc2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abg1 #ad-ae2 ,rponse aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahe-ahf2 ,thod41 p4 #dgg;a et p4 #eai;b1 #eh2 ,lettre ,,xxiii au ,p4 des ,bosses1 date du #bd janvier #agac1 p4 #fhh;b2 ,n4 ,essais1 p4 #bje;a-#bje;b2 ,monadol41 p4 #gji;a1 #ea4 ,note #gf3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gji;a1 #ea2 ,lettre ,,iv au ,p4 des ,bosses1 p4 #dch;b2 ,lettre ,,xxiii au mme1 p4 #fhh;b4 ,non seulement les tats intrieurs des monades se droulent dans un ordre parallle2 mais encore il existe entre eux une certaine similitude3 ils se font cho4 ,la reprsentation a un rapport naturel ce qui doit tre reprsent4 ,si ,dieu faisait reprsenter la figure ronde d'un corps par l'ide d'un carr1 ce serait une reprsentation peu convenable2 car il y aurait des angles ou minences dans la reprsentation1 pendant que tout serait gal et uni dans l'original#gg4 ,les projections de perspective1 qui reviennent dans le cercle aux sections coniques1 font voir qu'un mme cercle peut tre reprsent par une ellipse1 par une parabole1 et par une hyperbole1 et mme par un autre cercle et par une ligne droite et par un point#gh4 ,cette varit dans l'unit donne une ide approchante de ce qui se passe de monades monades4 ,note #gg3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjg;b1 #cef4 ,note #gh3 ,ibid41 p4 #fjg;b1 #ceg4 ,toutefois1 l'analogie de la reprsentation et de la chose n'est pas la mme dans les diffrents tres4 ,chaque monade a son point de vue d'o elle peroit l'univers2 et1 par consquent1 comme il existe une multitude infinie de monades1 il existe aussi une multitude infinie de reprsentations du monde1 toutes diffrentes les unes des autres3 il en est comme d'une ville dont les perspectives se multiplient1 au fur et mesure que varient les sites o l'on se met pour la regarder#gi4 ,en outre1 chaque monade1 en vertu mme de la matire premire qui lui est inhrente et qui l'individue#hj1 a toujours un nombre plus ou moins grand d'ides confuses1 comme celles de la chaleur1 du froid et des couleurs1 qu'elle ne russit jamais claircir4 ,et de l des degrs l'infini dans la connaissance que les cratures ont des choses#ha4 ,note #gi3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjg;b1 #ceg2 ,monadol41 p4 #gji;b1 #eg4 ,note #hj3 ,ibid41 p4 #dgg;b4 ,note #ha3 ,,leibniz1 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahg;b2 ,thod41 p4 #f,o#g;b1 #ceg et p4 #fbj;a1 #djc2 ,monadol41 p4#gji;a1 #di4--;,il est bon de remarquer ici que l'ide que ,leibniz s'est faite du rapport des reprsentations aux choses n'est pas d'une interprtation facile4 ,on est toujours tent de croire1 en le lisant1 qu'il parle des corps1 tels que le vulgaire se les figure1 c'est--dire d'agrgats qui sont tendus et dont l'existence est indpendante de toute pense4 ,mais il ne peut rien y avoir de pareil dans sa thorie2 et la difficult qu'on prouve le mettre d'accord avec lui-mme vient uniquement de ce qu'il se sert ordinairement de termes communs pour exposer un systme nouveau4 ,que peut tre le corps humain1 d'aprs une semblable doctrine8 ,rien de ce qu'imagine le commun des hommes4 ,qu'on ne se le figure point comme une colonie d'lments tendus1 qui existent en eux-mmes1 qui s'actionnent les uns les autres et sont pour ainsi dire mls notre me4 ,qu'on ne se le figure pas davantage comme une portion de matire que meut la pense du haut de la glande pinale1 la manire dont un cocher gouverne ses chevaux du haut de son char2 car il ne peut rien exister de pareil2 et ,descartes lui-mme n'a pas fait la part assez belle la doctrine spiritualiste4 ,considr tel qu'il nous apparat1 l'organisme humain n'est qu'un systme de reprsentations1 le point de vue spcial dont nous percevons l'univers#hb3 sa ralit est toute phnomnale4 ,et1 considr tel qu'il existe en soi1 ce n'est qu'un groupe de substances simples et dpourvues d'activit transitive1 une hirarchie de monades qui se fonde uniquement sur une certaine correspondance d'tats intrieurs soit entre elles1 soit avec l'me elle-mme4 ,rien1 absolument rien qu'on y puisse voir ou toucher ou imaginer2 rien non plus qui s'y produise sous forme d'action rciproque4 ,l'intelligence seule le conoit et comme un cas de l'harmonie prtablie#hc4 ,note #hb3 ,,leibniz1 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abg;b4 ,note #hc3 ,,leibniz1 ,lettre ,,iv au ,p4 des ,bosses1 p4 #dch;b1 ad #bb2 ,n4 ,essais1 p4 #bch;b1 #g2 ,monadol41 p4 #gji;a1 #di4 ,a ce systme de la communication des substances se rattache une thorie de l'espace et du temps1 qui en est comme le corollaire4 ,d'aprs ,clarke et ,newton1 l'espace et le temps seraient deux tres absolus1 ternels et infinis1 distincts par l mme des corps qui composent la nature#hd4 ,or une telle conception ne peut tre que chimrique2 elle contredit la fois et la perfection de ,dieu1 et le principe de la raison suffisante et celui des indiscernables4 ,note #hd3 ,,leibniz1 ,rponse la seconde rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gea;b1 #c4 ,ou bien l'espace est un attribut de ,dieu4 ,et1 dans ce cas1 ,dieu lui-mme se divise l'infini2 car l'espace a des parties1 et qui se sous-divisent sans fin#he4 ,ou bien l'espace se distingue radicalement de ,dieu1 comme on veut qu'il se distingue des corps2 et alors il y a une infinit de choses ternelles hors de ,dieu#hf4 ,dans l'une et l'autre hypothses1 les seules que l'on conoive1 l'ide fondamentale de l'tre parfait se trouve altre4 ,et l'on peut raisonner de mme l'gard du temps2 ds qu'on l'rige l'tat d'absolu1 il faut que l'essence de ,dieu en souffre ou du dedans ou du dehors4 ,note #he3 ,,leibniz1 ,rponse la seconde rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gea;b1#c2 ,rponse la troisime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gef;a1 #aa2 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfg;b1 #db4 ,note #hf3 ,,leibniz1 ,rponse la troisime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gef;a1 #aj4 ,en outre1 si l'espace est un absolu1 si c'est une ralit qui prexiste la cration du monde physique1 les points qui le composent ne diffrent en rien les uns des autres3 ils sont uniformes absolument4 ,or1 dans cette uniformit sans bornes1 il est impossible de trouver une raison pourquoi ,dieu1 gardant les mmes situations des corps entre eux1 les a placs dans l'espace ainsi et non pas autrement2 et pourquoi tout n'a pas t pris rebours1 7par exemple71 par un change de l',orient et de l',occident#hg4 ,et l'on se heurte une difficult analogue1 lorsqu'on suppose que le temps1 de son ct1 est un autre absolu4 ,car1 d'aprs une telle hypothse1 le temps existait avant la cration3 antrieurement l'apparition du monde1 il se prolongeait dj comme une ligne la fois infinie et homogne4 ,et1 dans cette ternelle ressemblance1 ,dieu n'a jamais pu trouver une raison de crer tel moment plutt qu' tel autre3 ce qui revient dire qu'il n'a jamais pu crer et que le commencement de l'univers est inexplicable#hh4 ,note #hg3 ,,leibniz1 ,rponse la seconde rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #geb;a1 #e4 ,note #hh3 ,,leibniz1 ,rponse la seconde rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #geb1 #f4 ,c'est aussi une loi de la nature que tout ce qui se ressemble s'identifie dans la mesure mme o il y a ressemblance3 non pas qu'il soit impossible absolument de poser deux ou plusieurs tres qui n'aient entre eux aucune diffrence2 mais la chose est contraire la sagesse divine1 qui demande que le monde soit le plus beau possible et renferme de ce chef le plus de varit possible#hi4 ,par consquent1 suppos1 comme le veut la thorie de ,clarke et de ,newton1 que l'espace soit chose absolument homogne1 il faut de toute rigueur que son immensit se rduise un point gomtrique#ij4 ,et suppos que telle soit aussi la nature du temps1 il faut de mme que tous les moments de l'ternelle dure se ramassent en un instant indivisible#ia3 et1 de la sorte1 ,homre sera le contemporain de ,spinoza4 ,note #hi3 ,,leibniz1 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfe;b1 #be4 ,note #ij3 ,,leibniz1 ,rponse la seconde rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #geb;a1 #e2 ,rponse la troisime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gef;b1 #ah4 ,note #ia3 ,,leibniz1 ,rponse la troisime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gef1 #f et #ac4 ,il n'y a donc que des idola tribus1 des chimres toutes pures et des imaginations superficielles1 dans l'hypothse d'un espace et d'un temps absolus#ib4 ,l'espace et le temps ne peuvent tre ni des attributs de ,dieu1 ni des ralits ternelles et distinctes de ,dieu4 ,ils ont commenc avec le monde2 et ils n'existeraient point1 s'il n'y avait point de cratures4 ,il ne resterait alors que l'immensit et l'ternit de ,dieu lui-mme1 lesquelles portent seulement qu'il serait prsent et coexistant toutes les choses qui existeraient#ic4 ,note #ib3 ,ibid41 p4 #gef;b1 #ad4 ,note #ic3 ,,leibniz1 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #ggf;a1 #ajf4 ,d'autre part1 il ne se peut pas non plus que l'espace et le temps soient eux-mmes des substances cres4 ,car alors il faudrait supposer un autre espace et un autre temps2 et l'on irait ainsi sans fin1 comme le voulait ,znon d',ele4 ,il ne reste donc qu'une hypothse raisonnable3 c'est de concevoir l'espace et le temps comme des rapports que les cratures soutiennent entre elles4 ,soit un vase ,a1 o se trouve une liqueur b2 il existe entre les parois de ,a et les parties adhrentes de b un certain rapport de situation4 ,si l'on substitue la liqueur b une autre liqueur c ou d1 ce rapport1 considr abstraitement1 ne change pas2 et1 considr du mme point de vue1 il ne change pas davantage1 si l'on remplace le vase ,a par un autre vase de mme contenance et de mme forme1 quelle que soit d'ailleurs la matire dont il est fait4 ,ce rapport constant1 c'est ce qu'on appelle une place4 ,et l'ensemble de toutes les places constitue l'espace#id4 ,note #id3 ,,leibniz1 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfh1 #dg4 ,de mme1 soit un changement m1 au terme duquel commence un autre changement n4 ,ces deux changements1 en tant qu'ayant une limite commune1 soutiennent un rapport dtermin1 et dont la notion reste identique1 quels que soient les sujets qu'ils affectent4 ,ce rapport invariable est ce qu'on appelle une succession2 et l'ensemble de toutes les successions forme le temps4 ,mais1 si telle est la logique des choses1 il ne faut plus supposer qu'il y a de l'espace en dehors de nous1 dans le monde absolu que constituent les monades4 ,car il n'existe entre elles aucun rapport analogue celui que soutient un liquide avec les parois d'une ampoule3 il ne s'y trouve ni contenants1 ni contenus4 ,il ne faut pas croire davantage que les monades sont dans le temps4 ,le temps n'est qu'en elles4 ,elles durent sans doute2 mais1 conues du dehors1 elles demeurent essentiellement immobiles et ne peuvent1 de l'une l'autre1 produire aucun cas de succession2 l'espace et le temps n'existent que pour et par notre pense3 ils sont de purs phnomnes4 ,et c'est dans ce sens qu'il faut entendre les paroles de ,leibniz1 lorsqu'il dfinit l'espace3 un ordre de coexistence#ie1 et le temps3 un ordre de succession#if4 ,note #ie3 ,,leibniz1 ,rponse la troisime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #geh;a1 #da2 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gff;a1 #bi4 ,note #if3 ,ibid41 p4 #ggf;a1 #aje4 ,idalit de la matire1 idalit de l'espace et du temps3 telles sont donc les conclusions auxquelles ,leibniz se trouve conduit par une suite toute naturelle4 ,et cette conception originale1 la plus comprhensive peut-tre et la plus fconde en points de vue qui soit jamais sortie de l'esprit humain1 ne devait pas demeurer strile4 ,les philosophes postrieurs s'emparrent de son principe dominant1 qui consiste interprter le dehors par le dedans et la poussrent jusqu'au subjectivisme absolu4 ,a quoi bon un monde extrieur1 existant en lui-mme et inaccessible tous les regards1 puisque la monade enveloppait dj l'univers dans ses mystrieuses virtualits8 ,pourquoi cette doublure du dedans1 si difficile1 d'ailleurs1 concevoir8 ,kant1 d'abord1 vint substituer l'infinit multiforme des monades l'indfinit de la matire4 ,puis ,fichte parut1 qui fourra la matire elle-mme dans la conscience1 suivant l'expression de ,schiller#ig4 ,note #ig3 ,almanach des ,muses1 les ,philosophes1 #agig4 ,,iii4--,l',,ame ,on peut dire1 d'une manire gnrale1 qu'il n'y a que des mes dans l'univers#ih4 ,et ces mes se diffrencient l'infini par leur degr de perfection qui n'est autre chose que le degr de distinction de leur connaissance#ii4 ,note #ih3 ,,leibniz1 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;a1 ,,vii2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;a1 ,,iii2 ,monadol41 p4 #gjf;b1 #ai4 ,note #ii3 ,,leibniz1 ,lettre ,m4 des ,maizeaux1 date de #agaa1 p4 #fgf;b4 ,mais cette diffrenciation infinie n'est point comme une trane continue qui ne contient que des nuances insensibles4 ,on distingue trois principales sortes d'mes1 qui sont comme les points culminants de la nature3 les mes des vivants1 celles des animaux et celles des hommes4 ,les premires ne possdent que la perception pure et simple1 c'est--dire un mode de connaissance tellement enfoui dans son objet qu'il ne se ramne jamais sur lui-mme1 et si infime qu'il est incapable de rester l'tat de souvenir4 ,telles sont les monades des plantes1 et aussi celles des tres infrieurs aux plantes1 ou minraux4 ,car il n'y a pas de corps bruts2 tout est organique1 tout est vivant et dou de quelque pense3 l'esprit ne fait que dormir o nous affirmons qu'il n'est pas#ajj4 ,note #ajj3 ,ibid4--,v4 aussi3 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;b1 ,,xi2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;a1 ,,ii2 ,monadol41 p4 #gjf;b1 #bj-ba4 ,les mes des animaux ont une connaissance plus distincte1 qu'on peut appeler sentiment et qui consiste dans la perception accompagne de mmoire#aja4 ,il se produit en elles comme un cho de leurs impressions qui demeure longtemps pour se faire entendre dans l'occasion#ajb4 ,mais elles sont dpourvues de toute nergie rflexive et par l mme de raison4 ,note #aja3 ,,leibniz1 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;a1 #d4 ,note #ajb3 ,ibid4 ,c'est dans l'homme seulement que s'panouit la puissance de rflchir1 et d'abstraire et de dduire3 ce qui en fait un tre part et comme un petit dieu dans l'univers4 ,et cette facult d'ordre suprieur ne va pas seule en lui3 elle s'y ajoute aux formes infrieures de l'activit1 sans les changer entirement4 ,perception simple1 perception avec mmoire et rflexion ou aperception1 tous les modes de la connaissance se runissent et se coordonnent dans l'me humaine4 ,aussi est-ce cette ame que le philosophe choisit comme l'objet central de ses investigations4 ,a7 ,origine des reprsentations4--,l'me humaine1 tant une monade1 n'a pas de fentre ouverte sur l'univers4 ,elle n'en peut donc recevoir aucune impression2 et1 par consquent1 c'est de son propre fonds qu'elle tire son trsor d'expriences3 elle enveloppe ds l'origine toutes les images qu'elle percevra jamais4 ,mais il ne faut pas croire1 comme l'entendait ,locke1 qu'elles s'y trouvent d'ores et dj toutes faites4 ,elles n'y sont qu' l'tat d'bauches1 comme les figures que marquent les veines d'un morceau de marbre#ajc4 ,et c'est l'me elle-mme qui1 par sa spontanit naturelle1 les lve par degrs du confus au distinct4 ,note #ajc3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #baj;a1 #aa4 ,nous avons des perceptions inaperues4 ,notre pense se dgrade indfiniment1 comme la lumire du soleil3 si bien qu' un point donn il nous arrive de connatre encore sans savoir que nous connaissons4 ,lorsque nous sommes en tat de veille1 nous pensons quantit de choses la fois1 mais nous ne prenons garde qu'aux penses qui sont les plus distingues1 et la chose ne saurait aller autrement2 car1 si nous prenions garde tout1 il faudrait penser avec attention une infinit de choses en mme temps1 que nous sentons toutes et qui font impression sur nos sens#ajd4 ,quand nous dormons sans songe et quand nous sommes tourdis par quelque coup1 chute1 symptme ou autre accident1 nous revenons nous-mmes au bout d'un certain temps et commenons derechef nous apercevoir de nos perceptions2 et1 par consquent1 il faut qu'il y ait eu1 immdiatement avant1 d'autres perceptions dont nous ne nous sommes pas aperus4 ,car une pense ne saurait venir naturellement que d'une autre pense1 comme un mouvement ne peut venir naturellement que d'un autre mouvement#aje4 ,une chose encore plus frappante1 c'est que l'aperception elle-mme suppose toujours de l'inaperu4 ,il n'est pas possible que nous rflchissions toujours expressment sur toutes nos penses2 autrement l'esprit ferait rflexion sur chaque rflexion l'infini sans pouvoir jamais passer une autre pense4 ,par exemple1 en m'apercevant de quelque sentiment prsent1 je devrais toujours penser que j'y pense1 et penser encore que je pense d'y penser1 et ainsi l'infini#ajf4 ,note #ajd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 #bbd;a1 #aa2 p4 #bbe;a1 #ad4 ,note #aje3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bbd;a1 #aa2 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahe;b2 ,monadol41 p4 #gjg;a1 #bc4 ,note #ajf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bbf;b1 #ai4 ,de plus1 l'existence de ces perceptions inaperues n'est pas un fait accidentel2 elles tiennent la nature des choses4 ,les puissances vritables ne sont jamais de simples possibilits4 ,il y a toujours de la tendance et de l'action#ajg4 ,note #ajg3 ,ibid41 p4 #bbc;b1 #i4 ,or l'action essentielle de l'me1 c'est la pense4 ,donc elle pense toujours4 ,et cependant elle n'a pu toujours s'apercevoir de ce qu'elle pense2 un enfant ne fait pas de mtaphysique dans le sein de sa mre4 ,il faut donc1 en vertu de l'essence de l'me1 qu'il existe des perceptions inaperues2 et il le faut aussi1 en vertu de son intime union avec l'organisme4 ,il y a toujours une exacte correspondance entre le corps et l'me#ajh4 ,pas un changement dans le physique1 si infime qu'on le suppose1 qui n'ait quelque retentissement dans le mental4 ,s'il y avait des impressions dans le corps pendant le sommeil ou pendant qu'on veille1 dont l'me ne ft point touche ou affecte du tout1 il faudrait donner des limites l'union de l'me et du corps1 comme si les impressions corporelles avaient besoin d'une certaine figure ou grandeur pour que l'me s'en pt ressentir2 ce qui n'est point soutenable#aji4 ,du moment que l'me est simple1 elle doit tre modifie par les petits mouvements du corps comme par les grands4 ,mais ces mouvements sont en nombre infini et forment une sorte de tourbillon qui ne se calme jamais#aaj4 ,c'est donc bien que nous recevons du dehors1 et chaque instant1 une multitude d'impressions dont nous avons quelque connaissance sans le remarquer1 tout comme ceux qui habitent auprs d'un moulin eau ne s'aperoivent pas du bruit qu'il fait#aaa4 ,note #ajh3 ,,leibniz4 ,n4 ,essais1 p4 #bbe;b1 #ae4 ,note #aji3 ,ibid41 p4 #bbe;b1 #ae4 ,note #aaj3 ,ibid41 p4 #bbc;b1 #i4 ,note #aaa3 ,ibid41 p4 #bbe;b1 #ae4 ,si l'me pense toujours1 elle pense ds son origine4 ,et voil l'acte premier d'o drivent tous les autres actes de la sensibilit2 voil le ressort interne qui fait passer de l'implicite l'explicite le contenu empirique de la monade4 ,la premire image donne en voque d'autres qui en voquent d'autres encore peu prs de la manire suivante3 #a ,chaque perception1 qui enveloppe l'ide d'un tat meilleur1 tend susciter d'autres perceptions4 #b ,nous prouvons chaque instant une foule de demi-douleurs1 de petites douleurs inaperceptibles1 qui travaillent de derrire la coulisse et font agir notre machine#aab4 ,par exemple1 quand je me tourne d'un ct plutt que d'un autre1 c'est bien souvent par un enchanement de petites impressions dont je ne m'aperois pas1 et qui rendent un mouvement un peu plus malais que l'autre#aac4 ,et ces mouvements eux-mmes provoquent1 en s'oprant1 de nouvelles perceptions2 car1 encore une fois1 il ne se fait rien dans le corps qui n'ait son contre-coup dans l'me4 ,note #aab3 ibid41 p4 #bdh;a-#bdh;b4 ,note #aac3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bbe;a1 #ae4 #c ,lorsque ces perceptions affectives deviennent notables1 elles veillent l'attention1 dont le rle est la fois de rendre plus distinctes les images dj prsentes et d'en faire jaillir de nouvelles4 ,c'est ainsi que le sanglier s'aperoit d'une personne qui lui crie1 et va droit cette personne1 dont il n'avait eu dj auparavant qu'une perception nue mais confuse comme de tous les autres objets1 qui tombaient sous ses yeux et dont les rayons frappaient son cristallin#aad4 ,note #aad3 ,ibid41 p4 #bea;b1 #e4 #d ,chez l'homme1 l'attention s'accompagne de rflexion4 ,et de l un autre moyen1 le plus puissant de tous1 d'largir le domaine de l'exprience4 ,car la rflexion conduit tout droit la dcouverte du possible2 et le possible lui-mme1 pousse1 par la voie des hypothses1 la connaissance de faits nouveaux4 ,outre les images1 ou reprsentations concrtes1 nous trouvons en nous des ides1 ou reprsentations abstraites4 ,d'o viennent ces autres formes de la pense8 ,faut-il y voir une simple laboration des images elles-mmes8 ,est-ce des donnes de l'exprience qu'elles rsultent en vertu de l'activit de l'entendement8 ,aristote et ses sectateurs l'ont cru2 mais il semble bien que leur solution soit insuffisante1 et que1 sur ce point comme sur d'autres1 le pass demande quelque perfectionnement4 ,il y a des vrits de fait1 c'est--dire des jugements1 soit particuliers1 soit gnraux1 o l'attribut s'ajoute au sujet sans driver de son essence elle-mme4 ,et ces vrits sont tires de l'exprience#aae3 c'est la rflexion qui les en dgage et les formule4 ,mais il faut distinguer aussi des vrits ncessaires1 comme celles de l'arithmtique et de la gomtrie3 il existe des propositions dont les deux termes sont tellement lis l'un l'autre que l'on ne conoit ni lieu ni temps o le premier n'enveloppe le second#aaf4 ,or il y a l une donne originale que ni l'observation toute seule ni l'observation aide de la rflexion ne peuvent expliquer4 ,rien dans les synthses purement empiriques1 qu'elles expriment les phnomnes de l'esprit ou les phnomnes de la matire1 qui ait un point d'attache infrangible1 un rapport qui ne peut pas ne pas tre1 un rapport absolu1 tout y est susceptible de prendre un autre ordre et une autre suite3 tout y est contingent4 ,et1 partant1 notre esprit aura beau s'vertuer1 notre rflexion pourra limer et transformer l'infini2 elle n'en fera jamais sortir ce qui ne s'y trouve pas3 elle ne suffira jamais changer une simple agglutination physique en une connexion ncessaire#aag4 ,note #aae3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bjg;a1 #a4 ,note #aaf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bjg;a1 #a2 #bjh;a1 #e2 ,lettre ,m4 ,coste1 date de #agjg1 p4 #ddg2 ,thod41 p4 #dhj;a1 #b2 p4 #eae;b1 #dd2 p4 #eeg;b1 #agd4 ,note #aag3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bji;b1#e4--,v4 aussi p4 #bcj;b-#bca;a1 o ,leibniz parle du travail de la rflexion sur les donnes de l'observation4 ,si1 au lieu de considrer les vrits de droit1 on envisage les ides elles-mmes1 on trouve aussi qu'en dernire analyse elles sont irrductibles l'exprience4 ,toute ide vraie renferme une aptitude interne se raliser indfiniment dans tous les temps et tous les lieux1 une supposabilit qu'elle ne saurait perdre1 quand mme le monde entier1 avec toutes les intelligences qu'il contient1 viendrait crouler dans le nant3 toute ide est ncessairement et par l mme ternellement possible4 ,or il y a l-dedans une ralit qui dpasse toutes les existences individuelles et ne peut y trouver son explication#aah4 ,note #aah3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cgi;b1 #ac4 ,c'est donc en dehors de la nature1 c'est dans le monde de l'ternit1 c'est en ,dieu lui-mme1 que se trouve l'origine premire et des vrits ncessaires et des ides#aai4 ,mais comment8 ,dieu1 d'aprs ,malebranche1 est l'objet immdiat de notre entendement1 et parce que l',infini ne se reprsente pas4 ,serait-ce l le mot de l'nigme8 ,note #aai3 ,ibid41 p #cgi;b-#chj;a1 #ac4 ,la thorie de ,malebranche n'est pas dpourvue de fondement4 ,mais elle a le tort de rapprocher l'excs le ,crateur et la crature4 ,si c'est en ,dieu lui-mme que nous voyons les intelligibles et leur enchanement immuable1 ,dieu se modifie avec notre me et souvent par elle2 bien plus1 il s'identifie de quelque manire avec notre raison1 car la pense et son terme direct ne sauraient tre radicalement distincts l'un de l'autre4 ,et l'on tombe par l dans le panthisme3 c'est ,spinoza qui a raison4 ,nous n'avons donc pas la vision de ,dieu2 nous n'en possdons qu'une reprsentation interne1 une sorte de symbole mental3 entre ,dieu et nous s'interpose son ide1 comme le voulait ,descartes#abj4 ,nos penses avec tout ce qui est en nous1 en tant qu'il renferme quelque perfection1 sont produites sans intermission par l'opration continue de ,dieu4 ,ainsi1 en tant que nous recevons nos perfections finies des siennes qui sont infinies1 nous en sommes affects immdiatement4 ,et c'est ainsi que notre esprit est affect immdiatement par les ides ternelles qui sont en ,dieu1 lorsque notre esprit a des penses qui s'y rapportent1 et qui en participent#aba4 ,l'ide de ,dieu et le contenu logique qu'elle enveloppe sont comme l'empreinte que le ,crateur fait de lui-mme dans la crature par son action cratrice#abb4 ,note #abj3 ,ibid41 p4 #bbb;a1 #a2 ,examen des principes de ,malebranche1 p4 #fig;b4 ,note #aba3 ,ibid4 ,note #abb3 ,,leibniz1 ,remarques sur le sentiment du ,p4 ,malebranche1 p4 #dea;b-#deb;b4 ,partant1 si ,dieu est la source ultime des ides1 notre raison en est la source immdiate3 elle les contient dans ses profondeurs et les prend toujours de chez soi#abc4 ,mais elles n'y sont pas plus l'tat explicite que les images dans la sensibilit4 ,elles y sont comme les veines d'une pierre avant que l'ouvrier les dcouvre en travaillant#abd2 et souvent l'on se fonde sur elles sans les remarquer1 comme on se fonde sur les majeures qu'on supprime lorsqu'on raisonne par enthymnes#abe4 ,on les peut comparer aux muscles et aux tendons dont on se sert en marchant1 quoiqu'on n'y pense point#abf4 ,notre entendement n'est pas une facult nue qui consiste dans la seule possibilit de les entendre2 il n'en a pas non plus la connaissance distincte ab utero matris3 ,c'est une disposition1 une aptitude1 une prformation1 qui dtermine notre me et qui fait qu'elles en peuvent tre tires#abg4 ,note #abc3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bjh;b1#e4 ,note #abd3 ,ibid41 p4 #baj;a1 #aa2 p4 #bab;b1 #be2 p4 #bac;a1 #bf4 ,note #abe3 ,ibid41 p4 #bjg;b-#bjh;a1 #d2 p4 #baa;a1 #ai4 ,note #abf3 ,ibid41 p4 #baa;b1 #bj4 ,note #abg3 ,ibid41 p4 #baj;a1 #aa4 ,les ides sont en nous d'une manire virtuelle#abh2 et c'est notre esprit qui les tire de son propre fonds#abi4 ,essentiellement actif1 il a le pouvoir de se replier des objets sensibles sur lui-mme1 de s'analyser de plus en plus et de dcouvrir peu peu les rayons que projette en lui le ,soleil des intelligences4 ,on peut trouver les ides en considrant attentivement et rangeant ce qu'on a dj dans l'esprit1 sans se servir d'aucune vrit apprise par l'exprience ou par la tradition d'autrui1 comme ,platon l'a montr dans un dialogue o il introduit ,socrate menant un enfant des vrits abstruses par les seules interrogations sans lui rien apprendre#acj4 ,c'est ce que l'on voit surtout par l'arithmtique et la gomtrie4 ,car ce sont l des sciences que l'on peut se former dans son cabinet et mme yeux clos1 sans apprendre par la vue ni mme par l'attouchement les vrits dont on a besoin2 quoiqu'il soit vrai qu'on n'envisagerait pas les ides dont il s'agit1 si l'on n'avait jamais rien vu ni touch#aca4 ,la nature a voulu1 par une admirable conomie1 que l'exprience qui est impuissante nous fournir des ides1 nous donne l'occasion d'y prendre garde1 et nous porte aux unes plutt qu'aux autres#acb4 ,note #abh3 ,ibid41 p4 #bjh;a1 #e4 ,note #abi3 ,ibid41 p4 #bjh;a1 #e2 p4 #bji;b1 #e2 #bab;a1 #ba4 ,note #acj3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bjh;a1 #e4 ,note #aca3 ,ibid41 p4 #bjh;a-#bjh;b #e2 p4 #bab;a1 #bc4 ,note #acb3 ,ibid41 p4 #bjh;b1 #e2 p4 #bji;b1 #e4 ,ainsi1 bien que tout soit contenu dans l'me et l'tat virtuel1 bien que tout lui vienne d'elle-mme aprs ,dieu#acc1 il y a des diffrences notables entre l'innit des images et celle des ides4 #a ,les images ne font que correspondre aux mouvements qu'elles reprsentent4 ,les ides ont leur cause efficiente dans leur objet immdiat externe3 c'est ,dieu qu'elles symbolisent et c'est ,dieu aussi qui les produit en nous par une action continue2 #b les images sont innes la sensibilit1 et les ides l'entendement2 #c les images se dveloppent spontanment1 ou sous l'influence de l'attention2 et dans l'un et l'autre cas1 le ressort cach qui meut tout1 est la recherche d'un plus grand plaisir ou d'une moindre douleur4 ,c'est par l'effort de la rflexion que les ides s'lvent du virtuel l'actuel3 elles sont comme autant de dcouvertes que fait l'esprit en se ramenant par lui-mme sur lui-mme2 #d il y a toujours du confus dans les images1 si bien qu'on les analyse3 elles sont ce que ,platon appelait du nom d'opinion 774 ,le propre des ides est de s'lever jusqu'au distinct#acd4 ,mais ce dernier mot demande quelque explication4 ,pour ,leibniz1 comme pour ,descartes1 la distinction diffre de la clart1 bien que d'une autre manire4 ,leibniz appelle claire une ide qui permet de discerner une chose d'une autre2 et il appelle distincte une ide dont on connat tous les dtails4 ,ainsi1 une ide peut tre claire sans tre distincte3 par exemple1 l'ide de couleur est claire2 et en mme temps elle est trs confuse#ace4 ,note #acc3 ,ibid41 p4 #bfi;a1 #gb4 ,note #acd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bbb;a1 #a4 ,note #ace3 ,,leibniz1 ,meditationes de cognitione1 veritate et ideis1 crit en #afhd1 p4 #gi2 ,n4 ,essais1 p4 #bhh;b2 #bia;b1 #ac4 ,b7 ,rapports des reprsentations4--,toutes nos reprsentations1 de quelque facult qu'elles relvent1 sont susceptibles de s'associer les unes aux autres1 c'est--dire de former des synthses plus ou moins complexes et plus ou moins solides1 o la raison n'entre pour rien et qui peuvent mme aller rencontre de ses lois4 ,les tnbres rveillent l'ide des spectres aux enfants1 cause des contes qu'on leur en a faits4 ,on ne pense pas un homme qu'on hait1 sans penser au mal qu'il nous a fait ou peut faire#acf4 ,quand on suit un certain air1 on le trouve ds qu'on a commenc#acg4 ,et l'on observe la mme liaison dans les habitudes intellectuelles#ach4 ,on lie la matire avec l'tre comme s'il n'y avait rien d'immatriel4 ,on attache son opinion le parti de secte dans la philosophie1 dans la religion et dans l'tat#aci4 ,l'entendement peut avoir ses rites1 comme la sensibilit1 lorsqu'on cesse de s'attacher srieusement la recherche de la vrit1 ou d'y procder avec mthode#adj4 ,note #acf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bie;b #aj-aa4 ,note #acg3 ,ibid41 p4 #bie;a1 #f4 ,note #ach3 ,ibid41 p4 #bie;b1 #ag4 ,note #aci3 ,ibid41 p4 #bie;b1 #ah4 ,note #adj3 ,ibid41 p4 #bif;b4 ,ces associations suivent un certain nombre de lois qu'on peut dgager des formes indfiniment varies qu'elles revtent4 #a ,souvent elles proviennent de la frquence de plusieurs impressions#ada4 ,certaines traces du cours des esprits animaux deviennent la longue des chemins battus1 o ils se prcipitent derechef1 ds que les mmes conditions sont donnes#adb4 ,quelques-uns hassent les livres toute leur vie cause des mauvais traitements qu'ils ont reus#adc4 ,il s'est trouv un homme qui avait bien appris danser1 mais qui ne pouvait l'excuter1 quand il n'y avait point dans la chambre un coffre1 pareil celui qui avait t dans celle o il avait appris#add4 ,note #ada3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bif;b4 ,note #adb3 ,ibid41 p4 #bie;a1 #f4 ,note #adc3 ,ibid41 p4 #bie;b1 #ae4 ,note #add3 ,ibid41 p4 #bie;b1 #af4 #b ,les associations peuvent rsulter galement d'une seule impression1 lorsque cette impression acquiert un certain degr de vhmence#ade4 ,un homme guri parfaitement de la rage par une opration extrmement sensible se reconnut oblig toute sa vie celui qui avait fait cette opration2 mais il lui fut impossible d'en supporter la vue#adf4 ,quelqu'un1 ayant une fois pris un ascendant sur un autre dans quelque occasion1 le garde toujours#adg4 ,un enfant a mang trop de miel et en a t incommod2 et puis1 tant devenu homme fait1 il ne saurait entendre le nom de miel sans un soulvement de cur#adh4 ,note #ade3 ,ibid41 p4 #bif;b4 ,note #adf3 ,ibid41 p4 #bie;b1 #ad4 ,note #adg3 ,ibid41 p4 #bie;b1 #ae4 ,note #adh3 ,ibid41 p4 #bie;a1 #g4 #c ,les associations se forment par voie de ressemblance3 les phnomnes similaires tendent s'agglutiner4 ,c'est ainsi que ,descartes ayant eu dans sa jeunesse quelque affection pour une personne louche ne put s'empcher d'avoir toute sa vie quelque penchant pour celles qui avaient ce dfaut4 ,un gentilhomme qui avait t bless peut-tre dans son enfance par une pingle mal attache1 ne pouvait plus en voir dans cet tat sans tre prt tomber en dfaillance#adi4 ,note #adi3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bie;b4 #d ,l'autorit fait aussi le mme effet que l'exprience#aej4 ,c'est pourquoi nos convictions politiques1 religieuses et morales sont toujours1 en bonne partie1 le rsultat des influences personnelles ou sociales que nous avons subies dans notre jeunesse4 ,note #aej3 ,ibid41 p4 #bif;b4 ,toutefois1 ces lois gnrales ne s'appliquent pas de la mme manire tout le monde4 ,elles ont plus ou moins d'efficacit suivant les inclinations et les intrts#aea des individus4 ,au fond1 c'est de l'orientation native de chacun1 c'est du caractre que dpend principalement la suite empirique des reprsentations4 ,note #aea3 ,ibid41 p4 #bie;a1 #f4 ,quoi qu'il en soit de ce dernier point1 les lois de l'association ont une importance considrable4 ,d'abord1 elles expliquent ce que l'on appelle l'intelligence des btes#aeb4 ,si1 quand le matre prend un bton le chien apprhende d'tre frapp1 ce n'est point qu'il fasse des syllogismes4 ,le mme mouvement s'est continu d'autres fois par une correction1 qu'a suivie la douleur4 ,et maintenant1 ces trois phnomnes sont souds l'un l'autre3 ils forment un groupe insparable1 et s'voquent mutuellement4 ,le chien menac ne raisonne pas2 il ne fait que reproduire une conscution d'images4 ,c'est tort aussi qu'on attribue des abstractions aux animaux4 ,il est vrai qu'ils connaissent la blancheur et la remarquent dans la craie comme dans la neige#aec3 ils ont leur manire de discerner dans les objets certains traits de ressemblance4 ,mais il n'y a l qu'une imitation tout extrieure des oprations de l'entendement humain4 ,les animaux n'universalisent pas2 ils sentent3 la pluralit des faits similaires correspond en eux un mme fond d'motion1 et non une mme ide#aed4 ,note #aeb3 ,ibid41 p4 #bif;a4 ,note #aec3 ,ibid41 p4 #bcg;a1 #aj4 ,note #aed3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bcg;b1 #aa4 ,les lois de l'association expliquent galement une trs grande partie de l'activit mentale de l'homme4 ,car nous sommes empiriques dans les trois quarts de nos actions4 ,il demeure toujours de l'indistinct et dans la pratique des beaux-arts1 et dans la stratgie militaire1 et dans la diplomatie1 et dans la plupart des actions qui composent la trame de notre vie quotidienne4 ,en outre1 les hommes raisonnent souvent en paroles1 sans avoir presque l'objet mme dans l'esprit4 ,ce n'est pas qu'ils ne puissent trouver leurs ides et en pntrer la liaison naturelle4 ,mais ils ne se donnent point la peine de pousser l'analyse4 ,et tout ce qu'ils pensent n'est que psittacisme ou des images grossires et vaines la mahomtane1 o eux-mmes voient peu d'apparence4 ,c'est une des raisons pour lesquelles ils sont si peu touchs de la vrit morale3 ,car il faut quelque chose de vif pour qu'on soit mu#aee4 ,note #aee3 ,ibid41 p4 #beg;b1 #ca4 ,les ides s'associent comme les images4 ,mais1 de plus1 elles ont entre elles des rapports ncessaires4 ,quelle est la nature de ces rapports8 ,ils sont d'abord essentiellement connaissables4 ,on ne sait pas au juste pourquoi une perception amne une autre perception1 et un mouvement un autre mouvement4 ,mais on peut savoir pourquoi la somme des angles d'un triangle est gale deux droits4 ,et il en va de mme pour les autres connexions d'ides4 ,elles sont distinctes1 parce que leurs termes le sont4 ,en outre1 ces rapports ne dpendent ni des temps1 ni des lieux1 ni de la constitution de l'entendement humain qui les trouve en lui sans les former#aef4 ,elles ne peuvent mme dpendre de la volont souveraine de ,dieu1 comme l'a imagin ,descartes4 ,car1 outre qu'une telle hypothse fait de ,dieu un tre indiffrent au bien et au mal1 et de la morale une chose purement arbitraire1 elle donne lieu de prtendre qu'une proposition comme celle-ci1 trois et trois font six1 n'est vraie qu'o et pendant qu'il plat ,dieu1 qu'elle est peut-tre fausse dans quelques parties de l'univers1 et que peut-tre elle le sera parmi les hommes l'anne qui vient#aeg4 ,or de semblables consquences trahissent assez le vice de leur principe4 ,ce qu'il faut maintenir1 c'est que la ncessit qui caractrise les rapports des ides vient de ce que les unes sont comprises dans les autres#aeh4 ,elle tient l'essence des choses#aei4 ,et1 par consquent1 il ne se peut d'aucune manire que l'une se ralise sans que les autres se ralisent par l mme2 car ce serait une contradiction#afj4 ,ainsi ,dieu lui-mme n'y saurait rien changer2 et les vrits ternelles1 objet de sa sagesse1 sont plus inviolables que le ,styx#afa4 ,note #aef3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bjf;b1 #a4 ,note #aeg3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eei;b41 #ahj3 ce sont les paroles de ,bayle1 tires de ,rp4 au ,provincial1 ch4 ,,lxxxix1 p4 #bjc4 ,mais ,leibniz fait sien le sentiment qu'elles contiennent4 ,note #aeh3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cee;a1 #a4 ,note #aei3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eei;b1 #ahj4 ,note #afj3 ,ibid41 p4 #dhj;a1 #b4 ,note #afa3 ,ibid41 p4 #ech;a1 #abb4 ,enfin1 si les rapports des ides sont ncessaires de par la nature des choses1 il faut galement qu'ils soient universels4 ,l'un drive de l'autre2 il ne se peut produire aucun cas1 o un sujet donn n'entrane sa suite les prdicats qu'enveloppe son essence#afb4 ,note #afb3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 #cgi;b1 #ac4 ,bien qu'galement ncessaires1 les vrits ternelles n'ont pas toutes la mme extension2 elles forment une sorte de hirarchie au sommet de laquelle il y a deux principes rgulateurs3 celui de la contradiction1 et celui de la raison suffisante ou dterminante#afc4 ,note #afc3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eae;b1 #dd4 ,le premier de ces principes peut se dfinir ainsi3 ,a est ,a1 ou bien3 ,a ne saurait tre non ,a2 et il signifie qu'une mme proposition ne saurait tre vraie et fausse la fois#afd4 ,note #afd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cch;b-#cci;a1 #a4 ,c'est ce principe qui rgit les vrits ternelles#afe2 et voil pourquoi il est utile et parfois mme ncessaire d'y recourir dans la dmonstration4 ,note #afe3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #dhj;a1 #b4 ,considr sous sa forme positive ,a ,a1 le principe de contradiction est le type auquel il convient de rduire1 force de consquences et de dfinitions1 les nonciations universelles dont nous n'avons pas encore l'vidence2 car les ides qui s'accordent entre elles se ramnent toujours soit une identit totale1 soit une identit partielle#aff4 ,note #aff3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cgj;b1 #c4 ,considr sous sa forme ngative1 le principe de contradiction fonde ce qu'on appelle la dmonstration par l'absurde4 ,lorsqu'on aboutit par voie lgitime une consquence dont les termes s'excluent1 on peut en infrer la fausset de la proposition d'o l'on est parti et par l mme la vrit de sa contradictoire4 ,et ce procd1 familier aux mathmaticiens1 est aussi d'un grand secours pour les philosophes1 lorsqu'ils l'emploient avec prudence#afg2 l'on ne saurait blmer les scolastiques d'en avoir fait usage4 ,note #afg3 ,ibid41 p4 #cci;b1 #a4 ,le second principe demande que jamais rien n'arrive1 sans qu'il y ait une cause ou du moins une raison dterminante1 c'est--dire quelque chose qui puisse servir rendre raison a priori pourquoi cela existe et existe ainsi plutt que de toute autre faon#afh4 ,note #afh3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eae;b1 #dd2 ,rponse la seconde rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfa;b1 #b2 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfe;a1 #bj4 ,c'est ce principe qui rgit les vrits de fait#afi2 et voici en quoi il consiste4 ,note #afi3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #dhj;a1 #b4--,leibniz a vari sur ce point1 comme on le verra dans la ,monadologie4 ,dieu ne peut vouloir sans aucun motif2 car une telle action ne se comprend pas3 elle est chose contradictoire4 ,de plus1 comme ,dieu est la souveraine perfection1 il ne peut choisir1 entre plusieurs partis1 que celui qui enveloppe le plus de bien#agj4 ,ainsi1 ni la ncessit mtaphysique dont a parl ,spinoza1 ni l'indiffrence absolue de la libert cratrice invente par ,descartes1 n'expliquent rellement le devenir4 ,entre les thories extrmes dveloppes par ces deux philosophes1 il y a un intermdiaire qui contient la vrit#aga3 c'est l'action infaillible et non contraignante de l'ide du meilleur sur le vouloir divin2 c'est la ncessit morale4 ,et l se trouve la raison suffisante#agb4 ,note #agj3 ,ibid41 p4 #eaf;a1 #de4 ,note #aga3 ,ibid41 p4 #eeg1 #agc-agd2 p4 #eeh1 #age et sqq4 ,note #agb3 ,,leibniz1 ,rponse la troisime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gee;b1 #a-b2 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfc;a1 #c-d2 p4 #gfc;b1 #i-aj2 p4 #gfe;a1 #bj4 ,de la raison suffisante dcoulent deux autres principes qui1 bien que moins fondamentaux1 prsident galement l'ordonnance de la nature entire3 savoir1 le principe des indiscernables et celui de continuit4 ,puisque le monde1 en vertu de la raison suffisante1 est le meilleur possible1 il renferme aussi le plus de beaut possible1 et par l mme le plus de varit possible4 ,donc il n'y a pas dans la nature deux tres qui se ressemblent absolument#agc3 deux gouttes d'eau1 ou de lait1 regardes par le microscope1 se trouveront discernables2 et l'on peut parcourir toutes les forts de la plante sans y dcouvrir deux feuilles qui s'imitent parfaitement l'une l'autre#agd4 ,note #agc3 ,,leibniz1 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfe;a1 #ba4 ,note #agd3 ,,leibniz1 ,rponse la troisime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gee;b1 #d4 ,non qu'il soit impossible absolument de poser deux corps ou deux substances qui soient indiscernables2 mais la chose est contraire la sagesse divine4 ,en se rptant de la sorte1 ,dieu et la nature agiraient sans raison#age4 ,note #age3 ,,leibniz1 ,rponse la quatrime rplique de ,m4 ,clarke1 p4 #gfe1 #ba1 #be1 #bf4 ,de plus1 puisque le monde est le plus beau possible1 il y a aussi le plus d'unit possible4 ,il faut donc que le monde soit la ralisation insensiblement et infiniment diffrencie d'un seul et mme principe4 ,tout va par degrs dans la nature et rien par saut#agf2 les changements sans nombre qui s'y produisent1 bien que toujours dissemblables de quelque faon1 se ressemblent toujours par quelque endroit et forment un dveloppement qui n'a rien de brusque3 ils sont continus4 ,note #agf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cib;a1 #ab4 ,si l'on passe maintenant aux rapports qu'ont entre elles les images et les ides1 il devient plus facile d'en discerner la nature4 ,mais la question ne laisse pas d'tre quelque peu embarrassante4 ,le style de ,leibniz est ondoyant et divers4 ,sa doctrine1 une en son fond1 est infiniment varie en sa forme1 comme la nature elle-mme telle qu'il l'a comprise2 et de l des quivoques qu'il n'est pas toujours ais de faire disparatre4 ,les ides viennent de l'entendement1 et les images de l'exprience interne ou externe4 ,et par consquent1 l'on ne peut regarder les premires comme le fond logique des secondes1 suivant la pense d',aristote4 ,entre le sensible et l'intelligible pur1 il n'y a1 pour ,leibniz1 aucune identit ni totale ni partielle3 ils forment comme deux sries parallles4 ,mais il existe entre eux une correspondance constante4 ,les images ont1 l'gard des ides1 trois rles assez distincts3 #a elles nous donnent occasion de nous en apercevoir#agg2 #b elles dirigent notre entendement en ui fournissant telle piste d'ides plutt que telle autre#agh2 #c elles sont un moyen de vrification3 en prouvant nos raisonnements dans les exemples1 comme font les arithmticiens vulgaires1 nous nous assurons de leur justesse#agi4 ,et ,leibniz1 l'encontre de ,malebranche1 ajoute l'importance la plus grande ce rle de l'exprience4 ,il en conoit1 comme ,descartes1 de glorieuses esprances et un tat toujours croissant d'ordre et de bien-tre pour l'humanit entire4 ,le public1 mieux polic1 dit-il1 se tournera un jour1 plus qu'il n'a fait jusqu'ici1 l'avancement de la mdecine2 on donnera par tous les pays des histoires naturelles1 comme des almanachs ou comme des ,mercures galants2 on ne laissera aucune observation sans tre enregistre2 on aidera ceux qui s'y appliqueront2 on perfectionnera l'art de faire de telles observations1 et encore celui de les employer pour faire des aphorismes4 ,il y aura un temps o le nombre des bons mdecins tant devenu plus grand et le nombre des gens de certaines professions1 dont on aura moins besoin alors1 tant diminu proportion1 le public sera en tat de donner plus d'encouragement la recherche de la nature1 et surtout l'avancement de la mdecine2 et alors cette science importante sera bientt porte fort au-del de son prsent tat et crotra vue d'il4 ,je crois1 en effet1 que cette partie de la police devrait tre l'objet des plus grands soins de ceux qui gouvernent1 aprs celui de la vertu1 et qu'un des plus grands fruits de la bonne morale ou politique sera de nous amener une meilleure mdecine1 quand les hommes commenceront tre plus sages qu'ils ne sont1 et quand les grands auront appris mieux employer leurs richesses et leur puissance pour leur propre bonheur#ahj4 ,leibniz a compris1 avec une nettet surprenante1 que son sicle1 cependant si lourd de traditions1 entrait dj dans une re nouvelle o la science exprimentale devait entasser les prodiges4 ,note #agg3 ,ibid41 p4 #bjf;b1 #a4 ,note #agh3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bji;b1 #e4 ,note #agi3;,ibid41 p4 #bab;a1 #bc4 ,note #ahj3;,ibid41 p4 #cej;b1 #ai4 ,les images veillent en notre entendement les thories d'ides qui s'y trouvent l'tat virtuel2 et les ides1 de leur ct1 s'appliquent aux images de manire les coordonner3 elles en font l'me et la liaison #aha4 ,cette proposition3 le doux1 n'est pas l'amer1 n'est point inne4 ,car les sentiments du doux et de l'amer viennent des sens externes4 ,ainsi1 c'est une conclusion mle 7hybrida conclusio7 o l'axiome est appliqu une vrit sensible#ahb4 ,celui qui connat que dix est plus que neuf1 que le corps est plus grand que le doigt1 et que la maison est trop grande pour pouvoir s'enfuir par la porte1 connat chacune de ces propositions particulires1 par une mme raison gnrale1 qui y est comme incorpore et enlumine1 tout comme l'on voit des traits1 chargs de couleurs1 o la proportion et la configuration consistent proprement dans les traits1 quelle que soit la couleur#ahc4 ,et il en va toujours ainsi1 que les propositions dont il s'agit soient singulires ou qu'elles aient cette gnralit relative que l'exprience par elle-mme ne dpasse jamais3 ce sont les ides qui1 en s'y mlant1 leur communiquent la ncessit que nous y remarquons assez souvent4 ,et1 par une telle explication1 ,leibniz annonce et prpare ,kant4 ,kant fera de tout objet de la connaissance une synthse de l'intelligible et du sensible1 et les reprsentations simplement gnrales1 que ,leibniz attribue l'activit de l'entendement1 deviendront pour lui ce qu'il appelle des schmes4 ,note #aha3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #baa;b1 #bj4 ,note #ahb3 ,ibid41 p4 #baa;a1 #aj4 ,note #ahc3 ,ibid41 p4 #chj;b1 #a4 ,c7 ,valeur des reprsentations4--,les ides ont une valeur objective qui consiste coordonner les donnes empiriques3 et1 de plus1 elles ont une valeur formelle1 qui est absolue4 ,n'tant que possibles1 elles ne signifient point qu'il y ait une exprience2 mais elles exigent que1 s'il y en a une1 elle soit de tous points conforme leurs lois4 ,rien en fait qui puisse droger au principe de contradiction1 ou au principe de raison suffisante2 rien que ne dominent les enchanements d'ides qui forment le plein de notre entendement4 ,et de l une consquence importante3 c'est que les propositions mixtes o l'intelligible s'applique au sensible1 sont plus que des vrits humaines2 elles impliquent une convenance de termes qui ne saurait jamais manquer3 les sciences exprimentales ont1 comme les mathmatiques1 bien que d'une autre manire1 un fond d'ternit4 ,a son tour1 l'exprience ne porte pas dans le vide1 quand elle est lgitimement faite4 ,nous avons des phnomnes bien fonds#ahd1 des images qui correspondent des ralits extrieures1 indpendantes de toute perception2 et ces images1 nous les pouvons discerner dans une certaine mesure4 ,on a dj vu que le nombre des monades est infini et qu'il se fait entre elles un trafic incessant de penses qui traduisent au dedans de chacune ce qui se passe dans les autres4 ,de plus1 nous remarquons en nous des systmes de reprsentations dont nous ne sommes pas cause1 et o nous trouvons les divers signes physiques qui accompagnent habituellement nos propres perceptions et apptitions4 ,or comment expliquer de semblables faits1 s'il n'y avait au dehors des tres plus ou moins semblables nous qui les produisent#ahe8 ,le tout est donc de distinguer les phnomnes rels de ceux qui ne sont qu'imaginaires4 ,et l'on possde1 pour faire ce discernement1 des indices qui ne trompent pas en gnral1 quand on est mme de les observer4 ,les phnomnes rels ont une intensit qui leur est spciale4 ,en outre1 ils se prtent toute sorte d'exprimentation3 on peut essayer de les regarder et sous divers aspects1 de les sentir1 de les frapper1 de les palper2 et1 toujours ils rpondent notre attente2 nous n'y constatons jamais rien qui tienne des fantaisies du songe#ahf4 ,mais la marque principale de la ralit d'un phnomne1 marque qui suffit par elle-mme1 c'est la possibilit de la prdiction4 ,il faut bien alors qu'il y ait une harmonie de fond entre la pense et le monde extrieur2 car1 s'il en tait autrement1 l'vnement prvu n'arriverait pas point#ahg1 ou1 du moins1 ne se reproduirait pas terme fixe4 ,note #ahd3 ,,leibniz1 ,lettre ,,ii au ,p4 des ,bosses1 p4 #dcf;b4 ,note #ahe3 ,,leibniz1 ,de modo distinguendi phenom4 real4 ab imaginariis1 p4 #dde;a4 ,note #ahf3 ,,leibniz1 ,de modo distinguendi phenom4 real4 ab imaginariis1 p4 #ddb;b4 ,note #ahg3 ,ibid41 p4 #ddd;a4 ,et cette dmonstration permet de complter l'infrence que l'on a tire plus haut relativement aux sciences exprimentales3 non seulement les sciences exprimentales traduisent les convenances essentielles des phnomnes1 mais encore elles symbolisent d'une certaine manire les lois du monde rel4 ,d7 ,existence de la libert4--,au-dessus de l'apptition brute1 il y a l'apptition rflchie1 qui est libre4 ,c'est l un fait1 pour ,leibniz2 et ce fait1 il le dfend tout propos avec cette obstination tranquille dont il a le don4 ,mais1 selon lui1 l'exprience interne ne suffit pas l'tablir2 il y faut ajouter le raisonnement4 ,ce n'est pas la psychologie1 c'est la mtaphysique qui nous rvle l'empire que nous avons sur nous-mmes2 la dcouverte de la libert est le rsultat d'une dduction4 ,par le sentiment clair et net que nous avons de notre existence1 crivait ,bayle dans la ,rponse aux questions d'un ,provincial 7ch4 ,,cxl1 t4 ,,iii1 p4 #gf et sqq471 nous ne discernons pas si nous existons par nous-mmes1 ou si nous tenons d'un autre ce que nous sommes4 ,nous ne discernons cela que par la voie des rflexions2 c'est--dire qu'en mditant sur l'impuissance o nous sommes de nous conserver autant que nous le voudrions1 et de nous dlivrer de la dpendance des tres qui nous environnent1 etc4 ,disons aussi que le sentiment clair et net que nous avons des actes de notre volont1 ne nous peut faire discerner si nous nous les donnons nous-mmes ou si nous les recevons de la mme cause qui nous donne l'existence4 ,toute personne qui examinera bien les choses connatra videmment que1 si nous n'tions qu'un sujet passif l'gard de la volont1 nous aurions les mmes sentiments d'exprience que nous avons lorsque nous croyons tre libres4 ,car soit que l'acte de vouloir nous soit imprim par une cause extrieure1 soit que nous le produisions nous-mmes1 il sera galement vrai que nous voulons2 et comme cette cause extrieure peut mler autant de plaisir qu'elle veut dans la volition qu'elle nous imprime1 nous pourrons sentir quelquefois que les actes de notre volont nous plaisent infiniment1 et qu'ils nous mnent selon la pente de nos plus fortes inclinations4 ,nous ne sentirons point de contrainte4 ,vous savez la maxime3 voluntas non potest cogi4 ,ne comprenez-vous pas clairement qu'une girouette qui l'on imprimerait1 toujours tout la fois 7en sorte pourtant que la priorit de nature1 ou si l'on veut mme une priorit d'instant rel1 conviendrait au dsir de se mouvoir7 le mouvement vers un certain point de l'horizon1 et l'envie de se tourner de ce ct-l1 serait persuade qu'elle se mouvrait d'elle-mme pour excuter les dsirs qu'elle formerait8 ,je suppose qu'elle ne saurait point qu'il y et des vents1 ni qu'une cause extrieure ft changer tout la fois1 et sa situation1 et ses dsirs4 ,nous voil naturellement dans cet tat3 nous ne savons point si une cause invisible nous fait passer successivement d'un point un autre4 ,il est donc naturel que les hommes se persuadent qu'ils se dterminent eux-mmes4 ,mais il reste examiner s'ils se trompent en cela comme en une infinit d'autres choses qu'ils affirment par une espce d'instinct et sans avoir employ les mditations philosophiques#ahh4 ,note #ahh3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eib-eic1 #bii2 p4 #eag;a1 #ej4 ,leibniz se range cette opinion anticartsienne2 il admet qu'elle a de la force contre les systmes ordinaires#ahi4 ,et l'on comprend sa manire de voir1 lorsqu'on se reporte la thorie des petites perceptions4 ,au fond de notre me travaille chaque instant une multitude d'impressions infinitsimales qui chappent au regard de la rflexion#aij4 ,nous sommes aussi peu capables de nous apercevoir de tout le jeu de notre esprit et de ses penses1 le plus souvent imperceptibles et confuses1 que nous le sommes de dmler toutes les machines que la nature fait jouer dans le corps#aia4 ,nous n'avons donc jamais la connaissance adquate des antcdents de nos volitions2 on peut mme dire que nous en ignorons d'ordinaire la partie la plus notable et la plus vivace4 ,et ne semble-t-il pas alors qu'il soit difficile de discerner1 la lumire de l'introspection toute seule1 d'o vient le courant d'nergie qui produit nos volonts4 ,il est vrai que1 si nous avons le sentiment de tirer de nous-mmes nos propres dcisions1 de les commencer en vertu d'un effort qui ne vient que de nous1 le tmoignage de la conscience acquiert une valeur diffrente2 car1 dans ce cas1 il nous rvle en fait notre indpendance l'gard de tout le reste3 quelles que soient les influences hypocrites de l'inconscient ou subconscient1 nous sommes srs de ne pas tre dtermins par autre chose1 puisque nous nous dterminons nous-mmes4 ,mais ,leibniz1 impressionn par ,spinoza et ,bayle1 ne prend point la question de ce biais4 ,il abandonne la preuve de l'exprience interne et se rabat1 pour tablir le franc arbitre1 sur son systme de l'harmonie prtablie#aib4 ,voici la dmonstration qu'il institue3 ,note #ahi3 ,ibid41 p4 #eic;a1 #cjj4 ,note #aij3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bbe1 #ae4 ,note #aia3 ,ibid41 p4 #bec;b1 #ac4 ,note #aib3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eic;a1 #cjj4 ,la thorie de l'universelle et absolue ncessit1 qu'a dveloppe ,spinoza1 n'est pas admissible4 ,on sent de prime abord1 avant tout examen dtaill1 qu'elle renferme des erreurs de fond4 ,il faut croire1 d'aprs cette hypothse1 que tous les romans qu'on peut imaginer existent rellement prsent1 ou ont exist1 ou existeront encore dans quelque endroit de l'univers4 ,il faut admettre qu'il a t aussi impossible de toute ternit que ,spinoza1 par exemple1 ne mourt pas la ,haye1 qu'il est impossible que deux et deux soient six4 ,or c'est une consquence qui rebute1 qui effarouche1 qui soulve les esprits par l'absurdit qu'elle renferme diamtralement oppose au sens commun #aic4 ,de plus1 lorsqu'on tudie de prs la doctrine spinoziste1 on ne tarde pas s'apercevoir qu'elle contredit les donnes de l'exprience4 ,la nature ne trouve pas son explication intgrale dans la cause efficiente2 on est oblig1 pour en donner une interprtation satisfaisante1 de recourir1 en dernire analyse1 quelque chose qui dpend des causes finales ou de la convenance#aid4 ,il n'y a rien d'absolument ncessaire dans cette loi du mouvement3 l'action est toujours gale la raction4 ,car il semble1 en considrant l'indiffrence de la matire au mouvement et au repos1 que le plus grand corps en repos pourrait tre emport sans aucune rsistance par le moindre corps qui serait en mouvement2 auquel cas il y aurait action sans raction1 et un effet plus grand que sa cause#aie4 ,il n'y a rien non plus d'absolument ncessaire dans la loi qui veut que la mme force se conserve toujours3 cet axiome d'une philosophie suprieure ne saurait tre dmontr gomtriquement#aif4 ,et l'on en peut dire autant de la loi de continuit4 ,elle est convenable1 il n'y a rien de si beau2 et l'on ne concevrait pas que ,dieu1 travaillant pour le meilleur1 ne l'et pas fait entrer dans son uvre2 mais1 lorsqu'on la considre en elle-mme et du point de vue mcanique1 on ne russit pas voir pourquoi le monde ne s'en serait pas pass3 elle n'a rien de la rigueur d'un corollaire#aig4 ,pourquoi les corps clestes ont-ils telle forme plutt que telle autre8 ,pourquoi vont-ils d'orient en occident1 au lieu de suivre la marche inverse8 ,d'o vient qu'ils diffrent et en grandeur et en clat8 ,ce sont aussi des questions que la philosophie de la ncessit ne saurait rsoudre4 ,note #aic3 ,ibid41 p4 #eeg1 #agc4 ,note #aid3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fje;b1 #cej4 ,note #aie3 ,ibid41 p4 #fjd;b1 #cdf-cdg4 ,note #aif3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjd;b1 #cdf4 ,note #aig3 ,ibid41 p4 #fje;a1 #cdh4 ,il existe donc dans la nature une multitude de choses qui pourraient tre autrement qu'elles ne sont3 la contingence clate dans l'univers et de toutes parts2 il y a une infinit de possibles qui ne sont pas raliss et qui peut-tre ne le seront jamais4 ,de plus1 ceux qui le sont conservent une aptitude inalinable1 soit se ranger dans un autre ordre1 soit se mouvoir diffremment4 ,ainsi les vnements sont lis1 il est vrai2 mais ils ne le sont pas la manire des vrits logiques et mathmatiques4 ,leur suite a toujours quelque chose de conditionnel2 et il suffit1 pour la modifier1 que des causes adventices agissent du dehors4 ,une horloge1 quand elle est monte1 ne peut marcher autrement qu'elle ne marche4 ,mais qu'on en retouche les rouages ou qu'on en change le balancier1 et l'on obtiendra un mouvement nouveau4 ,voil l'image de l'univers4 ,si telle est la mallabilit de l'tre1 il n'y a plus d'obstacle mtaphysique ce que l'me humaine intervienne de son chef dans le cours des vnements2 et1 d'autre part1 elle a par nature de quoi produire de telles interventions4 ,toute me1 quel que soit son degr de dveloppement1 a une suite de perceptions qui lui sont propres et qui naissent naturellement les unes des autres2 sans qu'elle ait besoin de recevoir aucune influence physique du corps3 comme le corps aussi de son ct s'accommode aux volonts de l'me par ses propres loix et par consquent ne lui obit1 qu'autant que ces loix le portent#aih4 ,toute me contient en elle-mme le principe intgral de toutes ses actions et possde ainsi une parfaite spontanit#aii4 ,de plus1 l'me humaine n'est pas bande aux objets1 comme les autres2 elle se pense elle-mme3 la spontanit1 en elle1 s'imprgne de rflexion4 ,et voil pourquoi elle peut dans une certaine mesure diriger le cours de ses reprsentations et rgler ses dsirs2 voil ce qui la rend indpendante non seulement l'gard des autres tres1 mais aussi l'gard d'elle-mme#bjj2 voil ce qui la fait libre3 le franc arbitre est une spontanit qui se sait1 spontaneitas intelligentis#bja4 ,note #aih3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eij;b1 #bia4 ,note #aii3 ,ibid41 p4 #eic1 #cjj-cja4 ,note #bjj3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bec;b1 #ab2 ,thod41 p4 #eij;a1 #bhh-bhi2 p4 #eic;b1 #cja4 ,note #bja3 ,,leibniz1 ,de ,libertate1 p4 #ffi;a4 ,ainsi la libert suppose trois conditions essentielles3 la contingence1 c'est--dire l'exclusion de la ncessit logique ou mtaphysique2 la spontanit avec laquelle nous nous dterminons2 l'intelligence qui enveloppe une connaissance distincte de l'objet de la dlibration4 ,or ces trois conditions sont donnes4 ,elle existe donc4 ,mais quelle en est la nature intime8 ,e7 ,nature de la libert4--,sorti de la doctrine de la ncessit1 ,leibniz essaie aussi d'chapper celle de l'indiffrence4 ,c'est entre ces deux cueils qu'il tente de s'ouvrir une voie4 ,leibniz n'admet pas une indiffrence d'quilibre2 il ne croit pas qu'on choisisse jamais quand on n'est nullement sollicit4 ,a ses yeux1 un tel choix serait une espce de pur hazard1 sans raison dterminante1 tant apparente que cache#bjb4 ,car il n'y a que deux situations possibles pour une libert d'indiffrence3 ou bien elle manque entirement de motif qui la pousse dans un sens plutt que dans l'autre2 ou bien elle se trouve en face de motifs parfaitement gaux4 ,or1 dans les deux cas1 tout effort1 toute dcision1 tout commencement1 si faible qu'on l'imagine1 est chose irrationnelle1 une contradiction ralise4 ,note #bjb3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eic;b1 #cjc4 ,vouloir qu'une dtermination vienne d'une pleine indiffrence absolument indtermine1 est vouloir qu'elle vienne naturellement de rien4 ,l'on suppose que ,dieu ne donne pas cette dtermination3 elle n'a donc point de source dans l'me1 ni dans le corps1 ni dans les circonstances1 puisque tout est suppos indtermin2 et la voil pourtant qui parat et qui existe sans prparation1 sans que rien s'y dispose1 sans qu'un ,ange1 sans que ,dieu puisse voir ou faire voir comment elle existe4 ,c'est non seulement sortir de rien1 mais mme c'est en sortir par soi-mme#bjc4 ,note #bjc3 ,ibid41 p4 #eih;a1 #cbj4 ,on ne se mprend pas moins1 lorsqu'on prte l'homme la puissance de se dterminer en prsence de motifs parfaitement gaux#bjd2 car c'est un principe absolu3 rien ne se fait sans raison4 ,or1 dans le cas donn1 il n'y en a pas pour qu'on prenne gauche plutt qu' droite1 et prcisment parce qu'il y en a autant pour aller dans le premier sens que dans le second4 ,l'ne de ,buridan serait mort de faim entre sa botte de foin et sa ration d'avoine1 si quelque impulsion secrte n'tait venue rompre l'quilibre et le tirer ainsi de son mauvais pas#bje4 ,d'ailleurs1 le cas du parfait quilibre est chimrique3 il ne se produit pas dans la ralit1 l'univers ne pouvant jamais tre mi-parti1 en sorte que toutes les impressions soient quivalentes de part et d'autre4 ,il y a toujours des raisons dans la nature qui sont cause de ce qui arrive par hazard ou par le sort#bjf4 ,quoique je ne voie pas toujours la raison d'une inclination qui me fait choisir entre deux partis qui paraissent gaux1 il y aura toujours quelque impression1 quoique imperceptible1 qui nous dtermine#bjg4 ,ainsi l'exige le principe des indiscernables4 ,si les deux termes d'une alternative donne taient absolument semblables1 ils n'en feraient plus qu'un4 ,les tats de l'me diffrent comme les feuilles des bois4 ,note #bjd3 ,ibid41 p4 #eid;a1 #cjd4 ,note #bje3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eid1 #cjf-cjg2 p4 #eag;a1 #di4 ,note #bjf3 ,ibid41 p4 #eid;b1 #cjg4 ,note #bjg3 ,ibid41 p4#eid;a1 #cje4 ,la libert d'indiffrence est donc impossible2 elle se heurte de front au grand principe de la raison dterminante4 ,de plus1 on peut dire qu'elle a quelque chose d'immoral1 ,la moralit1 en effet1 enveloppe l'amour du bien4 ,or il n'y a rien de tel dans la libert d'indiffrence2 vu qu'elle est essentiellement neutre1 inaccessible par dfinition et au charme du bien et celui du mal#bjh4 ,et de l drivent des conclusions graves1 qui branlent jusqu'aux bases de la science de la vie4 ,si la justice a t tablie arbitrairement et sans aucun sujet1 si ,dieu y est tomb par une espce de hazard1 comme lorsqu'on tire au sort1 sa bont et sa sagesse n'y paraissent pas#bji2 ou1 si elles y paraissent encore1 c'est que ,dieu1 avant de crer le monde1 ne voyait rien de meilleur dans la vertu que dans le vice1 et que ses ides ne lui montraient pas que la vertu ft plus digne de son amour que le vice4 ,et cela ne laisse nulle distinction entre le droit naturel et le droit positif4 ,note #bjh3 ,ibid41 p4 #eeh;a1 #age4 ,note #bji3 ,ibid41 p4 #eeh;a1 #agf4 ,il n'y aura plus rien d'immuable ou d'indispensable dans la morale#baj4 ,note #baj3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eei;b1 #ahj4 ,il existe donc une sorte de rapport causal entre la libert et ses motifs4 ,mais ce rapport ne ressemble pas ce que l'on voit dans les phnomnes mcaniques3 il prsente un caractre part qui lui vient de la nature spciale de ses termes constitutifs4 ,c'est une erreur de croire que les motifs et la volont s'actionnent entre eux comme les rouages d'une poulie4 ,la libert suit toujours le motif prvalent2 elle le suit d'une manire infaillible4 ,car1 soit qu'il s'agisse d'tres purement spontans1 soit qu'il s'agisse d'tres libres1 il demeure galement vrai que tout ce qui vient de la nature d'une chose est dtermin#baa1 puisque le principe de raison suffisante ne peut souffrir d'exception4 ,et ce motif prvalent se manifeste toujours par un attrait1 qu'il se rapporte au devoir ou bien la passion3 il ne meut la libert qu'autant qu'il meut la sensibilit elle-mme4 ,nous ne voulons la vrit que ce qui nous plat#bab4 ,sur ce point1 ,leibniz ne devine pas ,kant2 il n'a nulle ide d'une action directe de l'ide du devoir sur la volont pure4 ,et il ne faut pas trop lui en vouloir2 tout son sicle en tait l3 il ne s'agissait autour de lui que de l'attrait de la nature oppos l'attrait de la grce4 ,thologiens et philosophes ne comprenaient l'action des motifs que comme une forme du plaisir2 et c'est l1 sans doute1 l'une des raisons pour lesquelles ils ont tant parl de libre arbitre sans pouvoir s'entendre4 ,il manquait leurs discussions une ide matresse qu'ils possdaient1 il est vrai1 d'une manire implicite1 mais qui attendait encore de l'avenir la prcision de ses contours et sa vraie porte4 ,note #baa3 ,ibid41 p4 #eid;b1 #cjh4 ,note #bab3 ,ibid41 p4 #eij;a1 #bhi4 ,bien qu'infaillible1 l'action des motifs n'est point fatale1 la volont peut tre incline1 mais elle ne saurait tre ncessite#bac4 ,la prvalence du motif dominant n'empche point que l'homme ne soit matre chez lui#bad4 ,car1 du moment que la libert est une force qui se connat1 elle dispose toujours d'elle-mme et garde ainsi le pouvoir d'agir autrement qu'elle n'agit en fait2 mais en quoi consiste au juste cette influence infaillible et qui cependant ne ncessite pas8 ,c'est un mystre que ,leibniz n'essaie pas mme d'claircir4 ,il va sans cesse rptant la formule des docteurs du moyen ge3 non necessario1 sed certo2 et il ne l'explique jamais4 ,il n'a qu'une proccupation1 qui est d'chapper au fatalisme spinoziste tout en donnant satisfaction au principe de raison suffisante3 son attitude est dfensive4 ,et pourtant l'on se demande avec inquitude comment il se fait qu'un choix qui peut toujours manquer ne manque jamais en ralit4 ,les grces suffisantes qui conduisent infailliblement aux enfers sont une nigme redoutable1 non seulement au cur1 mais encore la raison4 ,note #bac3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #faa;b1 #cga2 p4 #eii;a1 #cbd2 ,n4 ,essais1 p4 #bea;b-#beb;a1 #f4 ,note #bad3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eii;b1 #cbf2 p4 #ehh;a1 #bhb2 p4 #faa;a1 #cfi4 ,on ne comprendrait pas compltement ce qui fait l'essence de la libert d'aprs ,leibniz1 si l'on s'en tenait l4 ,cette facult1 ses yeux1 enveloppe de sa nature une tendance l'ordre rationnel4 ,et cette tendance1 qui en est comme le lest1 sert aussi marquer son degr de perfection4 ,on est d'autant moins libre qu'on agit davantage par passion2 on l'est d'autant plus qu'on agit davantage par raison#bae4 ,et celui-l est le plus libre qui est toujours dtermin par la raison du meilleur#baf4 ,note #bae3 ,,leibniz1 ,de libertate1 p4 #ffi;b4 ,note #baf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bfc;b1 #ej4 ,d'autre part1 la tendance l'ordre1 qui fait le fond de la libert1 crot avec la connaissance elle-mme4 ,notre connaissance est de deux sortes3 distincte ou confuse4 ,la connaissance distincte1 ou l'intelligence1 a lieu dans le vritable usage de la raison2 mais les sens nous fournissent des penses confuses4 ,et nous pouvons dire que nous sommes exempts d'esclavage en tant que nous agissons avec une connaissance distincte1 mais que nous sommes asservis aux passions1 en tant que nos perceptions sont confuses4 ,c'est dans ce sens que nous n'avons pas toute la libert qui serait souhaiter1 et que nous pouvons dire avec saint ,augustin1 qu'tant assujettis au pch1 nous avons la libert d'un esclave#bag4 ,il y a donc une hirarchie de liberts1 de mme qu'il y a une hirarchie de penses2 et c'est la seconde de ces hirarchies qui explique la premire4 ,le sage est plus libre que le libertin2 l'ange1 plus libre que l'homme2 ,dieu1 qui n'agit jamais que pour le meilleur1 est l'idal ternel et vivant de la libert4 ,et cette gradation a pour rgle le progrs de la connaissance3 la libert est un libre amour du bien1 qui grandit avec et par la raison4 ,note #bag3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eij;a1 #bhi4 ,de cette thorie se dgage une consquence relative l'accord du franc arbitre et de la prescience divine1 ce problme tant de fois agit par le moyen ge et aussi par le ,x,v,i,ie sicle4 ,leibniz ne pense pas1 comme ,descartes et ,bossuet1 qu'il faille se contenter de tenir les deux bouts de la chane4 ,son avis est qu'on peut voir comment ils se rattachent l'un l'autre4 ,lorsqu'on prtend1 dit-il1 qu'un vnement ne saurait tre prvu1 on confond la libert avec l'indtermination1 ou avec l'indiffrence pleine et d'quilibre4 ,que l'on renonce cette chimre2 que l'on ait recours la thorie de la ncessit morale2 et tout s'explique de soi4 ,d'aprs cette thorie1 en effet1 il n'y a pas de cas de parfait quilibre2 et1 d'autre part1 l'inclination prvalente l'emporte toujours4 ,il y a donc entre le prsent et l'avenir un lien certain1 des points d'attache qui ne manquent jamais4 ,et cela suffit pour que ,dieu ait des futurs contingents une science qui n'est jamais en dfaut4 ,dieu prvoit les actes libres dans leurs causes aussi bien que les autres vnements4 ,toute la diffrence1 c'est que ces causes produisent leurs effets sans contrainte3 elles les assurent sans aller jusqu' les rendre ncessaires#bah4 ,note #bah3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #faa;a1 #cfi2 p4 #faj;b1 #cfg2 p4 #eaf;b1 #dg-dh2 p4 #eeb;a1 #afb-aff4 ,f7 ducation de la libert4--,leibniz regarde toujours aux consquences pratiques2 il se proccupe sans cesse des vrits religieuses et morales3 c'est un apologiste du bien autant qu'un philosophe4 ,il innove sans relche2 et cependant on ne vit peut-tre jamais un penseur aussi sincrement respectueux des croyances traditionnelles3 son souci dominant est de perfectionner et non de dtruire#bai4 ,note #bai3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bai;a1 #ba4 ,la libert a des degrs2 elle est capable de s'amliorer elle-mme4 ,leibniz ne manque pas d'indiquer les procds l'aide desquels on en peut faire l'ducation4 ,et il apporte cette tche la sagesse d'un ,pre de l'glise1 et la pntration d'un psychologue de gnie1 tout en rattachant ses observations sa philosophie de la volont4 ,comme l'inclination prvalente l'emporte toujours1 l'esprit n'a pas de pouvoir direct sur ses dsirs2 il n'a sur eux qu'un pouvoir indirect1 peu prs comme ,bellarmin voulait que les ,papes eussent droit sur le temporel des rois#bbj4 ,le secret de la victoire morale est d'y pourvoir de loin et force d'adresse2 car1 dans le moment du combat1 il n'est plus temps d'user d'artifices #bba4 ,il faut se prparer des armes par avance1 si l'on veut avoir le dessus dans la lutte#bbb4 ,note #bbj3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eii;b1 #cbg2 ,n4 ,essais1 p4 #bfb;b1 #dh4 ,note #bba3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bfj;b1 #dj4 ,note #bbb3 ,ibid41 p4 #bfb;b1 #dh2 p4 #bfb;a1 #dg2 ,thod41 p4 #eii;b1 #cbf4 ,l'art de se vaincre soi-mme consiste principalement dvelopper la puissance de la raison4 ,rien ne serait plus fort que la vrit1 dit ,leibniz en reprenant une pense d',aristote#bbc1 si l'on s'attachait la bien connatre et la faire valoir2 et il y aurait moyen sans doute d'y porter fortement les hommes4 ,quand je considre combien peut l'ambition et l'avarice dans tous ceux qui se mettent une fois dans ce train de vie1 presque destitu d'attraits sensibles et prsents1 je ne dsespre de rien1 et je tiens que la vertu ferait infiniment plus d'effet1 accompagne comme elle est de tant de solides biens1 si quelque heureuse rvolution du genre humain la mettait un jour en vogue et comme la mode#bbd4 ,note #bbc3 ,arist41 ,eth4 ,eud41 ,h1 #ac1 #abdf;b1 #cb-cd1 ,ed4 de ,berlin1 #ahca4 ,note #bbd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bfj;a1 #cg4 ,or il y a plusieurs manires d'accrotre la force de la raison et d'en assurer l'empire4 ,la premire est la mditation4 ,la grande raison pour laquelle il y a si peu de vertu sur la terre1 c'est que les hommes ne se donnent point la peine de se faire des ides distinctes du bien et des motifs qui le fondent4 ,d'ordinaire nos penses et nos raisonnements1 contraires au sentiment1 sont une espce de psittacisme1 qui ne fournit rien pour le prsent l'esprit4 ,autant en emporte le vent4 ,car les plus beaux prceptes de morale avec les meilleures rgles de la prudence ne portent coup que dans une me qui y est sensible4 ,si l'on veut faire triompher l'ide du meilleur1 si l'on veut tablir en soi le rgne de la justice1 il faut se recueillir de temps en temps1 s'lever au-dessus du tumulte prsent des impressions et rflchir pour tout de bon sur la beaut de l'ordre qui se manifeste dans l'univers1 sur les perfections infinies de ,dieu et la valeur souveraine du bien4 ,c'est alors seulement qu'on prouve ces motions vives et profondes1 ces ardeurs indescriptibles dont parle ,cicron1 et qu'exciterait en nous la beaut de la vertu1 si nos yeux pouvaient l'entrevoir#bbe4 ,note #bbe3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #beg;b1 #ca2 p4 #bei;b1 #cg2 p4 #bfb;a1 #dg2 p4 #cjb1 #b-c4 ,il est aussi trs bon de s'accoutumer procder mthodiquement et s'attacher un train de penses1 dont la raison et non le hazard 7c'est--dire les impressions insensibles et casuelles7 fassent la liaison#bbf4 ,et1 pour cela1 il convient de recourir quelque artifice qui nous donne le temps de nous recueillir avant de passer l'action4 ,les hommes auraient bien souvent besoin de quelqu'un1 tabli en titre 7comme en avait ,philippe1 le pre d',alexandre le ,grand7 qui les interrompt et les rappelt leur devoir4 ,mais1 au dfaut d'un tel officier1 il est bon que nous soyons styls nous rendre cet office nous-mmes#bbg4 ,supposons qu',auguste1 prt donner des ordres pour faire mourir ,fabius ,maximus1 se serve son ordinaire du conseil qu'un philosophe lui avait donn1 de rciter l'alphabet grec1 avant que de rien faire dans le mouvement de sa colre3 cette rflexion sera capable de sauver la vie de ,fabius et la gloire d',auguste#bbh4 ,note #bbf3 ,ibid41 p4 #bfb;a1 #dg4 ,note #bbg3 ,ibid4 ,note #bbh3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eii;b1 #cbf4 ,enfin1 il faut profiter des bons mouvements comme de la voix de ,dieu qui nous appelle1 pour prendre des rsolutions efficaces4 ,et comme on ne peut pas faire toujours l'analyse des notions1 des vrais biens et des vrais maux jusques la perception du plaisir et de la douleur1 qu'ils renferment1 pour en tre touch il faut se faire une fois pour toutes cette loi3 d'attendre et de suivre dsormais les conclusions de la raison1 comprises une bonne fois1 quoique non aperues dans la suite et ordinairement par des penses sourdes seulement et destitues d'attraits sensibles#bbi4 ,note #bbi3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #beh;a1 #cb4 ,ce n'est pas assez pour l'homme de bien d'affermir sa raison2 il doit aussi entreprendre une lutte directe contre ses apptits4 ,et cette seconde tche est importante4 ,il faut d'abord qu'il travaille chaque jour mortifier ses inclinations1 jusqu' ce qu'il en ait fait les dociles servantes de la loi morale2 car elles ne portent point en elles-mmes la rgle dont elles ont besoin3 elles sont comme des coursiers fougueux qu'on forme l'aide d'une longue et svre discipline4 ,et ce qui russit1 dans ce combat quotidien1 c'est moins la violence que la ruse4 ,franois de ,borgia1 gnral des ,jsuites1 qui a t enfin canonis1 tant accoutum boire largement lorsqu'il tait homme de grand monde1 se rduisit peu peu au petit pied1 lorsqu'il pensa la retraite1 en faisant tomber chaque jour une goutte de cire dans le bocal qu'il avait coutume de vider#bcj4 ,et l'on ne saurait mieux s'entendre tromper la nature pour s'en affranchir4 ,note #bcj3 ,ibid41 p4 #beh;a1 #cb4 ,en second lieu1 il est trs utile de recourir la diversion2 il arrive mme assez souvent qu'il n'y a pas d'autre moyen d'chapper la dfaite3 il se produit des cas o tout est perdu1 si l'on n'a soin de dtourner promptement son esprit de l'objet qui le captive4 ,fertur equis auriga nec audit currus habenas#bca4 ,note #bca3 ,ibid41 p4 #bfj;b-#bfa;a1 #dj4 ,a des sensibilits dangereuses on opposera quelque autre sensibilit innocente1 comme l'agriculture1 le jardinage2 on fuira l'oisivet2 on ramassera des curiosits de la nature et de l'art2 on fera des expriences et des recherches2 on s'engagera dans quelque occupation indispensable1 si l'on n'en a point1 ou dans quelque conversation ou lecture utile et agrable#bcb4 ,un voyage entrepris tout exprs gurira un amant#bcc2 une retraite nous tirera des compagnies qui entretiennent dans quelque mauvaise inclination#bcd4 ,note #bcb3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #beh;a1 #cb4 ,note #bcc3 ,v4 ,xenoph4 ,mem41 ,i1 #c1 #ac1 ,ed4 ,tauchnitz1 ,leipzig1 #ahhg4 ,note #bcd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #beh;a1 #cb4 ,telle est1 aux yeux de ,leibniz1 la thrapeutique morale1 grce laquelle l'homme se dlivre insensiblement1 et qui peut1 par une srie de petites ascensions1 le conduire jusqu' la saintet4 ,il ne l'a pas dcouverte2 on la trouve tout entire dans les ,pres spirituels4 ,mais il a le mrite d'en avoir donn une formule psychologique4 ,toutefois le malheur veut qu'il soit difficile d'en voir la signification pratique1 si la thorie de la ncessit morale est fonde4 ,d'aprs cette thorie1 les inclinations ne se font jamais parfaitement quilibre2 il y en a toujours une qui est prvalente et qui assure par l mme son effet3 tout est prdtermin de quelque manire4 ,et alors o se prendre1 dans ce fleuve de penses et d'apptitions dont le courant est partout vainqueur1 pour donner le coup de barre qui sauve8 ,si loin qu'on remonte vers l'origine de la vie1 l'coulement des choses est galement infaillible2 on n'y change jamais rien1 bien que l'on y puisse toujours changer quelque chose4 ,la libert1 qui signifie seulement contingence1 n'est donc qu'une triste thorie 7grauist73 elle peut faire des coupables2 elle ne concourt jamais faire d'honntes gens4 ,je crois qu'il a manqu ,leibniz une ide essentielle3 il n'a pas remarqu que la loi morale a une action directe sur la volont pure2 il n'a point vu que le devoir a une valeur absolue dont le respect s'impose ds qu'elle est comprise1 en dehors et mme l'encontre de tout attrait sensible4 ,et l cependant doit se trouver la solution du problme4 ,dans cette hypothse1 en effet1 on a toujours une raison prvalente de se prononcer pour le devoir contre la passion1 puisque l'un dpasse l'autre de l'infini2 on a toujours un motif logiquement premptoire de rompre la chane des inclinations1 et toute faute morale devient un libre relchement4 ,c'est de l'une des ides nouvelles1 mises par ,kant1 qu'il faut partir pour sauver le libre arbitre4 ,mais le gnie ne travaille jamais en pure perte2 et ,leibniz1 malgr cette lacune de fond1 ne laisse point d'avoir prcis le problme de la libert morale3 #a ,il a fait de la thorie de l'indiffrence une critique qui parat dfinitive2 #b ,il a mis dans une lumire plus vive la compntration essentielle de la libert et de la rflexion2 #c ,il faut lui savoir gr d'avoir affirm si nettement la proportionnalit du franc arbitre et de la connaissance1 encore discute de son temps2 #d ,il a soutenu bon droit que la libert est amie de l'ordre1 comme l'intelligence1 et qu'elle y trouve son achvement4 ,,iv4--,,dieu ,a7 ,existence de ,dieu4--,leibniz aborde ce problme avec le mme esprit religieux que l'on trouve dans ,platon au dixime livre des ,lois3 l'existence de ,dieu lui parat indiscutable2 son vidence1 dit-il1 gale1 si je ne me trompe1 celle des dmonstrations mathmatiques#bce4 ,il croit1 d'autre part1 que presque tous les moyens qu'on a employs pour prouver l'existence de ,dieu sont bons et peuvent servir1 pourvu qu'on les perfectionne#bcf2 et c'est cet achvement de l'uvre des sicles qu'il essaie de concourir4 ,note #bce3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cgc;b1 #a4 ,note #bcf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cge;b1 #g4 ,on peut ramener deux chefs principaux les diffrentes preuves qu'il apporte3 les unes sont d'ordre idologique et les autres d'ordre cosmologique4 #a ,preuves idologiques4--,la preuve de saint ,anselme#bcg1 que tous les scolastiques ont mprise1 sans excepter mme le ,docteur anglique et que ,descartes a reprise1 n'est pas un paralogisme1 comme on l'a dit tant de fois2 c'est une dmonstration imparfaite#bch4 ,note #bcg3 ,r4,p4 ,,ragey1 ,argument de saint ,anselme1 p4 #ai1 notes4 ,note #bch3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cgd;b-#cge;a1 #g2 ,de la dmonstration cartsienne de l'existence de ,dieu du ,r4,p4 ,lami1 p4 #agg;a4 ,lorsqu'on affirme que l'ide de ,dieu ou de l'tre infini enveloppe l'existence effective1 on suppose tacitement que ,dieu est possible#bci4 ,mais on ne le fait point voir1 et l'argument tout entier demeure hypothtique4 ,en second lieu1 on ne montre pas non plus d'une faon suffisamment claire comment la possibilit de ,dieu ou de l'tre infini entrane son existence4 ,note #bci3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cge;a1 #g2 ,de la dmonstr4 cart4441 p4 #agg;a2 ,epist4 ad ,hermannum ,conringium1 p4 #gh4 ,mais ce sont l deux lacunes que l'on peut combler en prenant la question d'un biais nouveau4 ,l',infini est une suite simple de l'tre possible4 ,or il n'y a pas de raison pour que cette suite s'arrte tel point plutt qu' tel autre4 ,il n'y a pas de raison non plus pour que le nombre des lments qu'enferme l'tre possible1 soit celui-ci plutt que celui-l3 il faut de toute rigueur ou qu'il soit illimit1 ou qu'il se rduise zro2 et cette dernire hypothse est manifestement errone1 vu que nous savons par notre exprience qu'il y a du possible#bdj4 ,note #bdj3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gjh;a1 #dj-da2 ,de la dmonstr4 cart4441 p4 #agg4 ,l'ide de l'tre infini n'implique donc aucune contradiction4 ,le premier point en litige se trouve dmontr2 et l'on peut aussi mettre le second dans une lumire plus vive1 l'aide d'une thorie plus profonde des possibles4 ,les possibles ne sont pas choses inertes3 ils enveloppent une tendance l'existence actuelle1 peu prs comme la matire enveloppe une exigence l'extension4 ,il se fait entre eux une sorte de combat ternel qui vient de leur effort vers le meilleur2 ce sont des prtendants la vie1 dont chacun tche de l'emporter dans la lutte4 ,et il faut bien qu'il en soit ainsi3 car autrement rien n'aurait jamais exist4 ,l'actuel ne s'explique1 en dfinitive1 que par le logique2 et le logique1 de son ct1 n'explique l'actuel que s'il y va d'un lan interne4 ,la tendance des possibles l'existence est d'autant plus grande qu'ils ont plus de ralit1 de perfection1 ou d'intelligibilit2 car tous ces termes signifient une seule et mme chose#bda4 ,note #bda3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eff;a1 #bja4 ,en ,dieu1 cette tendance est souveraine en vertu mme de son infinit4 ,et1 par consquent1 il ne se peut point qu'elle n'aboutisse pas4 ,dieu existe donc par le fait qu'il est possible4 ,pour lui1 l'existence et la possibilit ne font qu'un4 ,et l'on peut dire1 en toute vrit1 que ce spinozisme mitig#bdb prcise ,descartes et ,bossuet#bdc4 ,mais1 en mme temps1 il prpare ,kant1 en soulevant la question de la possibilit de l'tre infini2 de plus1 il annonce ,hegel1 qui1 s'inspirant de la thorie leibnizienne des possibles1 y verra la raison dernire des choses et fera de ,dieu une hypothse superflue4 ,note #bdb3 ,,spinoza1 ,eth41 ,i1 ,prop4 #aa1 ,ed4 ,charpentier1 ,paris4 ,note #bdc3 ,bossuet1 ,elv4 sur les mystres1 ,i1 p4 #cbc1 ,ed4 ,charpentier1 ,paris4 ,avec l'ide de ,dieu se trouve en notre me une multitude indfinie d'autres ides4 ,et l rside une autre preuve de son existence4 ,notre entendement est comme imprgn de divinit2 elle y clate de toutes parts4 ,outre la ncessit conditionnelle1 qui vient de ce qu'un sujet donn exige essentiellement tel ou tel prdicat1 nos ides ont une ncessit interne1 qui est absolue4 ,chacune d'elles est supposable l'indfini1 dans tous les temps et tous les pays3 chacune d'elles enveloppe un fond d'ternit4 ,o seraient ces ides1 si aucun esprit n'existait4448 ,cela nous mne enfin au dernier fondement des vrits1 savoir cet esprit suprme et universel qui ne peut manquer d'exister1 et dont l'entendement1 dire vrai1 est la rgion des vrits ternelles1 comme saint ,augustin l'a reconnu et l'exprime d'une manire assez vive#bdd4 ,et l encore ,leibniz1 comme d'ailleurs les autres philosophes de son temps1 ouvre la voie l'hglianisme4 ,a quoi bon recourir l'existence d'une substance ncessaire pour fonder les ides1 puisque leur ncessit est interne et que1 de la sorte1 elles se fondent elles-mmes8 ,pourquoi les situer en ,dieu1 vu qu'tant ternelles de leur nature1 elles se suffisent8 ,note #bdd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cai;b-#chj;a1 #ac2 ,monadol41 p4 #gjh;b1 #dd2 ,thod41 p4 #efa;b1 #ahd4 #b ,preuves cosmologiques4--,d'aprs ,spinoza1 tout est ncessaire en nous et en dehors de nous2 la contingence1 ses yeux1 n'est qu'une apparence3 elle se rduit l'ignorance o nous sommes des causes relles4 ,leibniz s'lve contre cette conception qu'il regarde comme entache d'apriorisme4 ,il pense1 comme on l'a vu plus haut propos de la libert1 qu'il n'y a rien d'absolument ncessaire1 ni dans la loi qui veut que l'action soit gale la raction1 ni dans la loi de continuit1 ni dans la loi de conservation de la mme quantit de force vive4 ,a son sens1 le temps1 l'espace et la matire1 tant uniformes et indiffrents tout1 pouvaient recevoir d'autres mouvements et figures et dans un autre ordre4 ,outre le monde qui existe1 il y a une infinit d'autres mondes qui sont possibles et qui sont galement des candidats l'existence1 mais des candidats malheureux4 ,il faut donc qu'il y ait eu choix3 il faut qu'il existe une intelligence souveraine qui soit venue donner la prfrence l'assemblage actuel des choses#bde4 ,et comme tout est li1 il n'y a pas lieu d'en admettre plus d'une#bdf4 ,mais cet argument1 qui ne parat que d'une certitude morale1 ajoute ,leibniz1 est pouss une ncessit tout fait mtaphysique par la nouvelle espce d'harmonie que j'ai introduite1 qui est l'harmonie prtablie4 ,car chacune des mes1 exprimant sa manire ce qui se passe au dehors et ne pouvant avoir aucune influence sur les autres tres particuliers1 ou plutt1 devant tirer cette expression du propre fonds de sa nature1 il faut ncessairement que chacune ait reu cette nature 7ou cette raison interne des expressions de ce qui est au dehors7 d'une cause universelle1 dont ces tres dpendent tous1 et qui fasse que l'un soit parfaitement d'accord et correspondant avec l'autre2 ce qui ne se peut sans une connaissance et puissance infinies#bdg4 ,et c'est cela surtout qui fait ressortir la grandeur des perfections divines4 ,note #bde3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #ejf;a1 #g4 ,note #bdf3 ,ibid4 ,note #bdg3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #cgf1 #aj4 ,de la contingence de l'ordre1 on peut induire la contingence du mouvement lui-mme4 ,si la matire n'est pas dtermine de sa nature tel mouvement plutt qu' tel autre1 elle n'en a aucun qui soit inhrent son essence2 et1 par consquent1 il faut qu'il existe un moteur qui l'ait mise en branle3 le mouvement vient d'une autre cause que la matire4 ,or cette cause1 il est inutile de la chercher dans le dtail infini d'autres contingents antrieurs2 car on ne fait par l que reculer la question4 ,il est donc de rigueur qu'il y ait hors de la suite1 ou sries de ce dtail une substance ncessaire o il ne soit qu'minemment1 comme dans la source1 et c'est ce que nous appelons ,dieu4 ,de plus1 cette substance tant une raison suffisante de tout ce dtail1 lequel aussi est li partout1 il n'y a qu'un ,dieu1 et ce ,dieu suffit#bdh4 ,note #bdh3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gjh;a1 #cf-ci2 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gaf1 #h4 ,la contingence du mouvement entrane son tour la contingence de la matire4 ,si la matire1 en effet1 est essentiellement indiffrente au mouvement1 elle ne contient de soi aucune action qui la dtermine2 et1 ds lors1 elle n'est1 avant de passer l'existence effective1 qu'une simple abstraction4 ,il faut qu'elle ait t cre2 or toute cration suppose comme cause une puissance infinie4 ,b7 ,la cration4--,les possibles ont une tendance se raliser par eux-mmes2 mais cette tendance ne leur suffit pas4 ,elle est limite de sa nature2 de plus1 comme tous les possibles ne sont point compatibles entre eux dans une mme suite d'univers1 ils s'arrtent les uns les autres dans leur lan vers l'existence4 ,il faut que ,dieu1 qui en a l'ternelle et pleine intuition1 vienne du dehors y faire un choix et donne la grce efficace la combinaison qu'il prfre#bdi4 ,il semble donc bien que1 d'aprs ,leibniz1 l'univers ne sorte pas tout entier du nant4 ,la cration lui apparat au fond comme un panouissement des possibles1 comme une fulguration des ides divines travers le temps et l'espace#bej3 c'est une manation des intelligibles1 qui se fait en ,dieu mme sous le libre effort de sa volont#bea4 ,et1 si cela n'est pas du ,spinoza1 c'est au moins du ,schelling4 ,leibniz1 il est vrai1 se garde de recourir une formule aussi nette que celle de ces deux derniers philosophes4 ,il a mille manires de nuancer ses penses1 de les tourner1 de les grandir et de les amoindrir4 ,mais on sent bien qu'il est sur la pente du monisme4 ,note #bdi3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #efb;b1 #ahi2 p4 #efe;b-#eff;a1 #bja4 ,note #bej3 ,,leibniz1 ,monadol41 p4 #gjh;b1 #dg4 ,note #bea3 ,,leibniz1 ,remarques sur le sentiment du ,p4 ,malebranche1 p4 #deb;b4 ,quoi qu'il en puisse tre de ce point difficile1 la cration1 pour ,leibniz1 ne cesse point avec la production mme de l'tre cr2 elle dure autant que lui1 et en vertu de son essentielle contingence4 ,la crature dpend continuellement de l'opration divine2 et cette dpendance est aussi grande dans la suite1 que dans le commencement4 ,elle porte que la crature ne continuerait point d'exister1 si ,dieu ne continuait pas d'agir#beb4 ,mais ,leibniz ne veut point que l'on entende la cration continue la manire de ,descartes3 il lui semble trange que l'tre contingent n'existe jamais1 qu'il soit toujours naissant et toujours mourant#bec4 ,d'aprs lui1 l'opinion cartsienne est contraire la notion de la monade4 ,la monade n'est pas une pure puissance2 comme on l'a vu plus haut1 elle enveloppe toujours quelque effort3 ce qui en fait le fond1 c'est la tendance persvrer dans l'tre1 et par l mme prendre une dure continue4 ,or ,dieu ne dfait pas d'une main ce qu'il a fait de l'autre3 il adapte toujours son action aux conditions naturelles de ses propres uvres#bed4 ,note #beb3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fae;b1 #che4 ,note #bec3 ,ibid41 p4 #fad;b1 #chb2 p4 #fae;a1 #chd4 ,note #bed3 ,ibid41 p4 #fae;a1 #chc4 ,si la conservation n'est qu'une cration continue1 elle a ncessairement les mmes effets qu'elle4 ,lorsque ,dieu produit la chose1 il la produit comme un individu1 et non pas comme un universel logique2 il produit son essence avant ses accidents1 sa nature avant ses oprations1 suivant la priorit de leur nature2 mais tout cela se fait dans le mme moment#bee4 ,voil donc aussi ce qui a lieu par la suite pendant toute la dure de chaque tre3 substance1 facults1 accidents et actions1 tout est toujours galement envahi1 domin et comme soutenu au-dessus du nant par le concours de ,dieu3 ,dieu nous fait chaque instant tels que nous sommes et avec toutes nos dterminations4 ,note #bee3 ,ibid41 p4 #faf;b1 #cij2 p4 #faf;b1 #chh4 ,comme effray d'une solution si grosse de consquences1 et qui se trouve pourtant l'tat implicite dans saint ,thomas d',aquin1 ,leibniz s'empresse d'ajouter que1 si la crature ne concourt point avec ,dieu pour se conserver1 il ne voit rien qui l'empche de concourir avec ,dieu pour la production de quelque autre chose1 et particulirement de son opration interne1 comme serait une pense1 une volition1 choses rellement distinctes de la substance#bef2 et son intention est de sauver au moins le libre arbitre1 dfendu par ailleurs avec tant de persvrance4 ,mais le principe sur lequel il se fonde est plus fort que sa bonne volont2 il renverse d'un coup toute sa thorie de la monade4 ,pour qui l'admet1 ,dieu fait tout#beg1 suivant l'expression de ,bayle2 et1 si l'tre est essentiellement action1 comme l'a compris ,leibniz lui-mme1 ,dieu est tout4 ,la thorie de la conservation ouvre une autre porte sur le spinozisme4 ,note #bef3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fag;a1 #cia4 ,note #beg3 ,ibid41 p4 #fae;b1 #chf4 ,la cration suppose un choix2 et ce choix lui-mme n'a pu se produire sans motif4 ,dans la rgion des vrits ternelles se trouvent tous les possibles1 et1 par consquent1 tant le rgulier que l'irrgulier2 il faut une raison qui ait fait prfrer l'ordre et le rgulier#beh4 ,or cette raison ne peut tre que l'attrait du meilleur4 ,car ,dieu1 tant souverainement parfait1 est aussi souverainement bon4 ,et d'avancer qu'il sait ce qui est meilleur1 qu'il le peut faire1 et qu'il ne le fait pas1 c'est avouer qu'il ne tenait qu' sa volont de rendre le ,monde meilleur qu'il n'est2 c'est dire qu'il manque de bont#bei4 ,note #beh3 ,ibid41 p4 #efb;b1 #ahi4 ,note #bei3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #efc;b1 #aid2 p4 #ejf1 #h2 p4 #egc;b1 #bbh4 ,la sagesse de ,dieu1 non contente d'embrasser tous les possibles1 les pntre1 les compare1 les pse les uns contre les autres1 pour en estimer les degrs de perfection ou d'imperfection1 le fort et le faible1 le bien et le mal3 elle va mme au-del des combinaisons finies1 elle en fait une infinit d'infinies1 c'est--dire une infinit de suites possibles de l',univers1 dont chacune contient une infinit de ,cratures2 et par ce moyen la ,sagesse divine distribue tous les possibles qu'elle avait dj envisags part1 en autant de systmes universels1 qu'elle compare encore entre eux3 et le rsultat de toutes ces comparaisons et rflexions1 est le choix du meilleur d'entre tous ces systmes possibles1 que la sagesse fait pour satisfaire pleinement la bont2 ce qui est justement1 le plan de l'univers actuel#bfj4 ,note #bfj3 ,ibid41 p4 #egc;a1 #bbe4 ,bien que motiv par l'ide du meilleur1 le dcret de crer demeure libre4 ,dieu est port tout bien2 le bien1 et mme le meilleur1 l'incline agir2 mais il ne le ncessite pas3 car son choix ne rend point impossible ce qui est distinct du meilleur2 il ne fait point que ce que ,dieu omet implique contradiction#bfa4 ,et1 d'autre part1 il ne fait point non plus que ,dieu cesse de se possder lui-mme par sa rflexion et de disposer son gr de son nergie toute-puissante4 ,le ,crateur1 sous l'action du principe qui le porte crer1 est entirement exempt et de toute ncessit externe et de toute ncessit interne4 ,note #bfa3 ,ibid41 p4 #egd1 #bcj4 ,il est vrai que le problme de la libert divine se complique d'une difficult spciale4 ,quand il s'agit de l'homme1 on a simplement se demander s'il n'y a pas un rapport ncessaire entre sa volont et les motifs ou mobiles qui l'actionnent4 ,quand il est question de ,dieu1 il faut savoir en plus s'il n'y a pas un rapport ncessaire entre son action ad extra et son essence elle-mme4 ,dieu est souverainement parfait2 ds lors ne faut-il pas1 et de rigueur logique1 que toutes ses dcisions et oprations le soient aussi8 conoit-on de quelque manire qu'un tre qui est la bont suprme1 puisse choisir autre chose que le meilleur8 ,entre ,dieu et la prfrence du moins mauvais1 n'y a-t-il pas la mme connexion qu'entre une proposition mathmatique et ses corollaires8 ,leibniz se pose la question#bfb4 ,et sa rponse est celle-ci3 mtaphysiquement parlant1 ,dieu pouvait choisir ou faire ce qui ne ft point le meilleur2 mais il ne le pouvait point moralement parlant#bfc4 ,dieu n'est pas une force brute qui se dploie en un nombre infini d'attributs infinis1 comme l'a imagin ,spinoza2 c'est un tre personnel4 ,or la perfection de l'tre personnel ne consiste pas subir mcaniquement l'action du meilleur4 ,elle a quelque chose de plus spontan et1 par l mme1 de plus noble3 c'est le libre et indfectible amour du bien4 ,note #bfb3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #eef;b1 #aga2 p4 #ege;a1 #bcd4 ,note #bfc3 ,ibid41 p4 #egd;b1 #bcj2 p4 #ege1 #bcd et #bce4 ,c7 ,l'origine du mal4--,si ,dieu cre librement1 et sous l'action de l'ide du meilleur1 comment se fait-il que le dsordre1 et sous toutes ses formes1 occupe une si grande place dans le monde8 ,quel moyen de concilier l'optimisme qui se fonde sur l'ide de la perfection infinie de ,dieu avec le pessimisme que nous inspire1 comme malgr nous1 le spectacle de l'inachvement des choses8 ,si ,deus est1 unde malum#bfd8 ,note #bfd3 ,ibid41 p4 #eji;b1 #bj4 ,leibniz sent vivement la difficult de cet effroyable problme1 qui devait tant tourmenter notre sicle2 et il l'envisage sous tous ses aspects1 avec l'esprance de lui trouver une solution qui sorte de sa philosophie4 ,il s'efforce1 en premier lieu1 de rduire sa juste mesure le sentiment que nous avons du mal inhrent aux choses2 puis1 il en essaie une explication qui drive la fois de sa thorie de la matire et de sa thorie des possibles4 ,la vie n'est pas parfaite1 sans doute3 il y rgne une certaine mdiocrit4 ,cependant il y a incomparablement plus de bien que de mal dans le monde2 on y trouve en somme plus de plaisirs que de douleurs1 plus de vertus que de vices4 ,les maisons sont infiniment plus nombreuses que les hpitaux1 et les foyers honntes que les prisons#bfe4 ,nous exagrons les dfauts du monde entier1 ces taches d'un soleil1 dont le ntre n'est qu'un rayon#bff4 ,et cette exagration tient deux causes principales1 qui ne viennent que de nous1 et dont l'une est d'ordre moral l'autre d'ordre intellectuel4 ,note #bfe3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #edh;b1 #adh4 ,note #bff3 ,ibid41 p4 #edh;b1 #adi2 p4 #ehb-ehc1 #bfb-bfc4 ,nombre d'hommes ne remarquent que les infortunes1 les injustices et les souffrances dont ils sont victimes ou tmoins4 ,le dsordre est la seule chose laquelle ils fassent attention4 ,ils voient l'univers entier travers le voile assombrissant de leur mlancolie et se figurent qu'il est mauvais1 parce qu'ils sont tristes4 ,il faudrait cependant s'exercer regarder la vie sous un jour plus vrai2 et l'on s'apercevrait alors que1 si les roses ont des pines1 les pines ont des roses#bfg4 ,note #bfg3 ,ibid41 p4 #edh;b1 #adh2 p4 #edi;a1 #aea4 ,de plus1 si nous devenons pessimistes1 c'est parce que nous ne nous faisons pas de l'univers une ide suffisamment comprhensive4 ,d'abord1 nous jugeons du tout qu'il compose par l'infime partie que nous en connaissons4 ,attachs cette terre1 qui est sans doute l'une des portions les moins belles de l'uvre divine1 et ne la connaissant elle-mme que d'une manire trs imparfaite1 nous prtendons interprter la nature entire d'aprs ce que nous y remarquons4 ,c'est l une erreur manifeste1 analogue celle que commettrait un voyageur en jugeant du plan d'un difice pour avoir aperu de biais l'une de ses dpendances#bfh4 ,si nous connaissions la cit de ,dieu telle qu'elle est1 nous verrions que c'est le plus parfait tat qui puisse tre invent2 que la vertu et le bonheur y rgnent1 autant qu'il se peut1 suivant les loix du meilleur2 que le pch et le malheur 7que des raisons d'ordre suprme ne permettaient point d'exclure de la nature des choses7 ne sont presque rien en comparaison du bien1 et servent mme de plus grands biens4 ,or1 puisque ces maux devaient exister1 il fallait bien qu'il y et quelques-uns qui y fussent sujets2 et nous sommes ces quelques-uns4 ,si c'taient d'autres1 n'y aurait-il pas la mme apparence du mal8 ou plutt1 ces autres ne seraient-ils pas ce qu'on appelle ,nous#bfi8 ,note #bfh3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjc;a1 #cda2 p4 #egj1 #bad2 p4 #edc-edd;a1 #acd2 p4 #edg1 #adf2 p4 #efc1 #aid4 ,note #bfi3 ,ibid41 p4 #eci;a1 #abc4 ,en second lieu1 nous regardons l'univers du point de vue de notre sensibilit3 nous voulons que le but suprme de la cration soit le bonheur des cratures raisonnables#bgj4 ,et c'est l une autre illusion1 que l'amour-propre nous inspire notre insu4 ,dieu s'est propos de faire le meilleur des mondes4 ,or le meilleur des mondes n'est pas prcisment celui qui procure la plus grande somme de bonheur2 c'est le plus beau1 et par consquent celui qui comprend le maximum de la varit dans le maximum de l'unit4 ,mais il ne peut y avoir maximum de varit que si1 de ,dieu lui-mme jusqu'au grain de sable1 il se fait une srie infinie de dgradations insensibles de la ralit2 et cela suppose une srie parallle d'imperfections croissantes4 ,il ne peut y avoir maximum d'unit que si les tres qui composent l'univers sont lis entre eux d'aprs des lois constantes4 ,or ces liaisons n'existeraient point1 s'il n'y avait que des esprits3 elles supposent la matire2 et voil prcisment la source directe de toutes les ignorances1 de toutes les fautes et de toutes les infortunes#bga4 ,note #bgj3 ,ibid41 p4 #ecg;a1 #abj2 p4 #ehb1 #bfc4 ,note #bga3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #ecg;a1 #abj2 p4 #eci1 #abd4 ,il faut ajouter que la libert1 bien qu'entrave et comme alourdie par la rsistance de la matire1 demeure cependant capable d'un progrs continu1 dont les hommes ne tirent presque aucun souci4 ,et l se trouve une source inpuisable de malheurs3 l'abus de notre franc arbitre fait que le dsordre va sans cesse croissant et en nous et autour de nous4 ,il serait donc plus sage de travailler srieusement rformer notre conduite1 secouer de plus en plus le joug de nos passions1 que de reprocher la ,providence des maux qui viennent surtout de notre mchancet#bgb4 ,note #bgb3 ,ibid41 p4 #ehc1 #bfd-bfe4 ,que l'homme corrige son humeur chagrine1 qu'il cesse de se regarder comme le centre de l'univers et s'exerce en mme temps rduire la fougue de ses penchants2 qu'il introduise en son me le rgne de l'harmonie2 et il aura fait un grand pas vers l'intelligence de l'harmonie fondamentale des choses4 ,toutefois1 le problme ne peut se rsoudre entirement l'aide de considrations psychologiques ou morales2 il lui faut une solution d'ordre mtaphysique4 ,si peu considrable que soit le mal objectif1 il est2 et il exige une explication4 ,platon attribuait la cause du mal la matire1 qu'il croyait incre et indpendante de ,dieu2 et ce sentiment contient une part de vrit#bgc4 ,aussitt qu'il y a un mlange de penses confuses1 voil les sens1 voil la matire#bgd4 ,or les penses confuses sont prcisment la cause de l'ignorance et de l'erreur2 le principe de nos passions4 ,et ce sont ces choses qui1 leur tour1 produisent tous les autres dsordres1 tant physiques que moraux4 ,note #bgc3 ,ibid41 p4 #eaj;a1 #bj4 ,note #bgd3 ,ibid41 p4 #edj;a1 #abd4 ,mais on ne peut s'en tenir la matire telle qu'elle existe dans la nature3 on ne peut s'arrter la matire relle4,car le mal1 ne venant point de la volont divine1 il lui faut une source ternelle3 et la matire relle ne l'est pas#bge4 ,reste donc que la cause premire du mal soit contenue dans la nature idale de la matire1 autant que cette nature est renferme dans1 les vrits ternelles que comprend l'entendement divin#bgf4 ,l'imperfection originale de la crature vient de la rgion des possibles2 et1 par consquent1 elle est ternelle et ncessaire1 au mme titre que les nombres1 les figures et toutes les autres essences#bgg4 ,ainsi ,dieu n'y peut rien4 ,il faut ou qu'il ne cre pas1 ou que1 s'il cre1 il lui ouvre la porte2 le mal est envelopp dans le meilleur plan que la sagesse suprme puisse choisir#bgh3 il y tient comme la consquence son principe4 ,dieu trouve donc dans l'objet intrieur de son entendement1 sinon dans son entendement lui-mme1 une limite essentielle sa volont4 ,et cette antinomie dont la raison s'tonne1 c'est la raison qui l'exige4 ,la logique est plus forte que ,dieu3 ce que ,descartes dclarait illogique4 ,note #bge3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fad;b1 #chj4 ,note #bgf3 ,ibid41 p4 #eaj;a1 #bj4 ,note #bgg3 ,ibid41 p4 #fja;b1 #cce4 ,note #bgh3 ,ibid4 ,il se pourrait d'ailleurs que l'univers allt toujours de mieux en mieux1 si telle tait la nature des choses1 qu'il ne ft point permis d'atteindre au meilleur d'un seul coup#bgi4 ,et1 dans ce cas1 rien n'empcherait le genre humain de s'lever par la suite une plus grande perfection que celle que nous imaginons prsentement4 ,mais la place que ,dieu a assigne l'homme dans l'espace et dans le temps borne les perfections qu'il a pu recevoir#bhj4 ,il est mme permis d'affirmer que toute crature1 quelle qu'elle soit1 trouvera toujours une dernire limite son effort vers le meilleur3 le progrs ne saurait tre indfini1 et le mal ne disparatra jamais compltement du monde4 ,s'il n'y avait plus de mal1 c'est qu'il n'y aurait plus de matire4 ,mais alors tout serait devenu ,dieu2 et il n'y aurait plus de monde4 ,note #bgi3 ,ibid41 p4 #eff;b1 #bjb4 ,note #bhj3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #fjc;a1 #cda4 ,v4--,,le ,,bien ,on peut relever trois ides principales dans la thorie morale qui se dgage des crits de ,leibniz3 sa notion du bonheur2 sa notion de la valeur des choses2 et celle qu'il s'est faite des mobiles de nos actions4 ,a7 ,le bonheur4--,tout le but de l'homme est d'tre heureux1 dit ,bossuet dans la premire de ses mditations sur les ,evangiles4 ,c'est aussi la pense que ,leibniz exprime plusieurs reprises et sous diffrentes formes4 ,a ses yeux1 la soif du bonheur est le levier unique de notre activit4 ,nous n'avons aucun dessein1 aucune crainte1 aucune esprance1 nous ne produisons aucun effort qui n'ait l son ressort cach et toujours tendu4 ,nous faisons tout pour notre bien2 et il est impossible que nous ayons d'autres sentiments1 quoi que nous puissions dire#bha4 ,ce n'est pas que l'on soit incapable d'aimer autre chose que soi-mme4 ,l'amour dsintress1 celui o l'on ne cherche pas son propre profit1 demeure possible#bhb4 ,mais il ne vient jamais entirement de la tte2 il y entre toujours quelque joie plus ou moins aperue qui lui donne toute sa force3 ,l'amour est cet acte ou tat actif de l'me qui nous fait trouver notre plaisir dans la flicit ou satisfaction d'autrui#bhc4 ,note #bha3 ,,leibniz1 ,sentiment de ,m4 ,leibniz sur le livre de ,m4 l',archevque de ,cambrai et sur l'amour de ,dieu dsintress1 p4 #ghi;b et #gij;a4 ,note #bhb3 ,,leibniz1 ,sentiment de4441 p4 #ghi;b2 ,n4 ,essais1 p4 #bdf;b1 #ae4 ,note #bhc3 ,,leibniz1 ,sentiment de4441 p4 #ghi;b2 ,n4 ,essais1 p4 #bdf;b1 #ae4 ,le bonheur3 voil le cri de la nature4 ,or la nature ne peut nous tromper de tous points2 car sa corruption n'est pas radicale1 comme l'ont prtendu certains protestants de la premire heure2 elle conserve un fond de droiture4 ,et1 par consquent1 l'instinct de flicit que nous y trouvons doit contenir de quelque manire l'indication de notre fin suprme1 de la fin qui se suffit4 ,la morale tout entire ne peut tre que notre penchant fondamental1 purifi la lumire de la rflexion1 exprim par l'entendement1 et lev l'tat de prcepte ou vrit de pratique#bhd4 ,note #bhd3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bac;b2 p4 #bad;a1 #c4 ,qu'est-ce donc que le bonheur8 ,c'est un contentement durable1 dont on sait qu'il est tel4 ,et ce contentement n'est pas simple de sa nature2 il enveloppe une multitude de composantes plus ou moins confusment perues3 c'est une synthse de plaisirs4 ,un plaisir isol ne fait pas plus le bonheur qu'une hirondelle ne fait le printemps1 pour employer une comparaison d',aristote2 il y faut un concours de la nature entire3 le bonheur est comme l'cho que produit en notre sensibilit l'harmonieux exercice des fonctions de la vie#bhe4 ,note #bhe3 ,,leibniz1 ,von der ,glckseligkeit1 p4 #fga;a2 ,n4 ,essais1 p4 #bfa;a1 #da4 ,par le fait mme que le bonheur est harmonie1 il exige une certaine coordination des lments qu'il contient4 ,les plaisirs des sens acquirent presque toujours une intensit excessive qui les transforme en souffrance ou du moins en dgot2 de plus1 et par l mme1 ils nous engouffrent dans leur objet et nous empchent de voir aux consquences qu'ils peuvent entraner3 ce sont comme des vases de tristesse envelopps de joie4 ,au contraire1 les plaisirs de l'esprit sont purs1 parce qu'ils sont calmes2 et ils s'accompagnent toujours de prvoyance4 ,il faut donc choisir ses jouissances et les chelonner en quelque sorte1 pour arriver la flicit#bhf4 ,considr de plus prs1 le bonheur devient une hirarchie de plaisirs4 ,note #bhf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bfa;b1 #da2 p4 #bfd;b1 #eh2 ,von der ,glckseligkeit1 p4 #fga;a4 ,et cette hirarchie1 ce n'est pas la sensibilit qui la peut tablir4 ,notre penchant va non pas la flicit proprement1 mais la joie1 c'est--dire au prsent#bhg4 ,les apptitions sont comme la tendance de la pierre1 qui va le plus droit1 mais non pas toujours le meilleur chemin vers le centre de la terre1 ne pouvant pas prvoir qu'elle rencontrera des rochers o elle se brisera1 au lieu qu'elle se serait approche davantage de son but1 si elle avait eu l'esprit et le moyen de s'en dtourner#bhh4 ,ou1 si l'on veut une autre comparaison1 les apptitions sont semblables un hritier prodigue1 qui1 pour la possession prsente de peu de chose1 renoncerait un grand hritage qui ne lui pourrait manquer#bhi4 ,c'est l'entendement de subvenir l'insuffisance de la sensibilit4 ,lui seul a des ides distinctes1 lui seul pntre le fond des choses et en dduit les consquences3 lui seul sait faire des calculs qui ne trompent pas#bij4 ,le bonheur est une hirarchie rationnelle de plaisirs4 ,note #bhg3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bad;a1 #c4 ,note #bhh3 ,ibid41 p4 #bei;a1 #cf4 ,note #bhi3 ,ibid41 p4 #bfe;a1 #fb4 ,note #bij3 ,ibid41 p4 #bei;a4 #cf2 ,von der ,glckseligkeit1 p4 #fgb;a4 ,de plus1 cette hirarchie rationnelle n'est pas statique1 comme on l'a cru si longtemps2 elle est en progrs continu4 ,dieu jouit1 il est vrai1 d'une batitude qui ne souffre aucun changement2 car il est la pense adquate de l'tre3 il a par essence toute la joie possible1 vu qu'il a par essence toute la connaissance possible4 ,mais il en va diffremment de l'homme4 ,l'homme s'lve sans cesse de la perception confuse la perception distincte1 et par l mme d'un bonheur moindre un plus grand bonheur4 ,sa flicit1 lui1 ne peut tre que le contentement qu'il trouve la poursuivre toujours sans en avoir jamais la plnitude3 c'est pour ainsi dire un chemin par des plaisirs#bia4 ,et le ressort interne qui le pousse en avant1 qui lui fait continuer sans relche sa marche ascensionnelle vers la joie d'une lumire plus vive et plus pure1 n'est autre chose qu'une sorte d'inquitude constante7uneasiness71 qui lui vient la fois de son esprit et de son affectivit4 ,il lui reste toujours quelque chose connatre ou du moins mieux connatre4 ,de plus1 il prouve chaque instant une multitude d'lments ou rudiments de douleurs1 qui ne vont pas jusqu' l'incommoder1 mais qui ne laissent pas d'tre suffisants pour servir d'aiguillon et pour exciter la volont#bib4 ,de l un amas de petits succs continuels1 qui le mettent de plus en plus son aise1 soit en tendant au bien1 soit en diminuant le sentiment de la douleur#bic4 ,et l'on peut raisonner de mme l'gard des esprits qui nous sont suprieurs1 c'est--dire des anges et des archanges4 ,le besoin est essentiel la flicit des cratures1 laquelle ne consiste jamais dans une parfaite possession1 qui les rendrait insensibles et comme stupides1 mais dans un progrs continuel et non interrompu de plus grands biens#bid3 les cratures ne peuvent connatre que la forme inquite du bonheur4 ,note #bia3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bfa;a1 #da4 ,note #bib3 ,ibid41 p4 #bdg;a1 #f2 p4 #beh;b-#bei;a1 #cf4 ,note #bic3 ,ibid41 p4 #beh;b1 #cf4 ,note #bid3 ,ibid41 p4 #bei;b1 #cf4 ,le bonheur se compose de plaisirs2 et le plaisir1 pris en lui-mme1 ne saurait se dfinir2 car il est chose essentiellement simple4 ,mais on en peut fournir une dfinition causale4 ,le plaisir est le sentiment d'une perfection1 comme la douleur est le sentiment d'une imperfection4 ,l'homme veut vivre et d'une vie toujours plus pleine et plus harmonieuse3 c'est le fond de son tre1 aussi bien que celui de toutes les autres cratures4 ,et1 par consquent1 il se rjouit naturellement de tout ce qui tend dvelopper sa nature1 et s'attriste naturellement de tout ce qui tend l'amoindrir#bie4 ,sur ce point1 comme sur beaucoup d'autres1 que l'on a signals au passage1 ,leibniz s'inspire de ,spinoza et ne fait gure que donner sa thorie mtaphysique du plaisir une forme plus humaine4 ,note #bie3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bdf;b1 #a2 p4 #bfa;b1 #db2 ,von der ,glckseligkeit1 p4 #fga;a4 ,b7 ,la valeur des choses4--,si le bonheur est notre fin suprme1 c'est aussi par le bonheur que tout le reste vaut et rien que par l3 les tres n'ont de bont morale que dans la mesure o ils sont source de flicit4 ,et cette consquence1 ,leibniz l'admet4 ,on divise1 dit-il1 le bien en honnte1 agrable et utile2 mais dans le fond1 il faut qu'il soit agrable lui-mme1 ou servant quelque autre chose qui nous puisse donner un sentiment agrable1 c'est--dire le bien est agrable ou utile1 et l'honnte lui-mme consiste dans un plaisir de l'esprit#bif4 ,le bien1 ajoute-t-il un peu plus loin1 est ce qui sert ou contribue au plaisir1 comme le mal ce qui contribue la douleur#big4 ,et il veut parler en cet endroit1 non du plaisir brut1 mais du plaisir en tant qu'il est rgl de manire faire partie du bonheur4 ,note #bif3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bdf;b1 #a4 ,note #big3 ,ibid41 p4 #bfa;b1 #db4 ,or1 ce qui contribue le plus l'uvre du bonheur1 ce sont les ides distinctes1 soit parce qu'elles nous causent directement les joies les plus durables et les plus pures1 soit parce qu'elles nous servent instituer la vritable arithmtique des plaisirs1 soit enfin parce qu'elles sont les motifs qui nous poussent le plus puissamment mettre cette arithmtique en exercice#bih4 ,note #bih3 ,,leibniz1 ,de vita beata1 p4 #ga4 ,les ides distinctes1 leur tour1 ont deux sources1 dont l'une est subjective1 et l'autre objective4 ,un tre acquiert d'autant plus d'ides distinctes qu'il a plus de force d'intelligence2 il en acquiert aussi d'autant plus que les choses vers lesquelles il se tourne ont un degr plus haut d'intelligibilit4 ,mais un tre possde d'autant plus et d'intelligence et d'intelligibilit qu'il enveloppe moins de matire1 et qu'il est par l mme plus actif2 car ce sont l deux choses qui croissent en raison inverse l'une de l'autre4 ,et1 partant1 ce qui fait en dfinitive la bont morale d'un tre1 c'est son degr d'activit4 ,leibniz reste d'accord avec lui-mme1 en thique comme en mtaphysique3 c'est du principe fondamental de sa philosophie qu'il dduit sa notion du bien4 ,de cette notion du bien drive toute une hirarchie de perfections morales4 ,d'aprs ,malebranche1 les tres n'ont pas seulement des rapports de grandeur2 ils ont aussi des rapports de qualit4 ,une plante vaut plus qu'un silex1 un animal plus qu'une plante1 l'homme plus qu'un animal1 et ,dieu infiniment plus que tout le reste1 vu qu'il est la cause universelle et suprme de la cration entire4 ,leibniz admet une telle gradation2 et1 de plus1 il ne se contente pas d'en affirmer l'existence3 il l'explique ou du moins s'efforce de l'expliquer par sa thorie de l'activit4 ,nous avons donc1 son sens1 une rgle de notre estime et de notre conduite1 qui n'enveloppe rien de conventionnel1 que l'opinion des hommes n'a point faite1 comme le voulait ,locke2 qui ne vient pas non plus de la libert divine1 comme le voulait ,descartes3 mais qui se fonde sur la nature mme des choses1 qu'il faut tenir pour ternelle et ncessaire1 au mme titre que les vrits gomtriques#bii4 ,et cette rgle est faite de proportion et d'harmonie1 comme les mathmatiques1 la musique et l'architecture3 la bont morale des choses est eurythmie2 son vrai nom est celui de la beaut#cjj4 ,note #bii3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bhf-bhg4 ,note #cjj3 ,,leibniz1 ,von der ,glckseligkeit1 p4 #fga;b2 ,rflexions sur l'art de connatre les hommes1 p4 #ace1 ,ed4 ,foucher de ,careil1 ,ladrange1 ,paris1 #ahed4 ,c7 ,les mobiles de nos actions4--,sur ce point1 ,leibniz n'a rien de l'excessive austrit de ,kant2 c'est le plus humain des moralistes4 ,on peut agir par plaisir jusqu' concurrence du devoir4 ,rien de plus naturel4 ,le plaisir1 tant le sentiment d'une perfection1 enveloppe toujours quelque bont2 l'abus seul en est blmable4 ,on peut dans la mme mesure agir par passion4 ,les passions trouvent place dans une vie bien ordonne et peuvent mme servir la vertu4 ,l'amour de soi a sa raison d'tre#cja2 il suffit de savoir en user4 ,l'ambition aussi est lgitime de sa nature et peut avoir de bons effets4 ,socrate n'et pas montr tant de noblesse d'me1 s'il n'avait aim la gloire4 ,et n'tait-ce pas dj une grande force d'esprit que de s'assujettir cette belle passion que je souhaiterais1 crit ,leibniz1 tous les hommes8 ,je dis davantage1 quand on aura appris faire des actions louables par ambition1 on les fera aprs par inclination#cjb4 ,pourquoi1 d'ailleurs1 ne pas s'exercer surmonter une passion par une autre passion8 quel motif de ngliger de si grands aides#cjc8 ,note #cja3 ,ibid41 p4 #ach4 ,note #cjb3 ,ibid41 p4 #acf4 ,note #cjc3 ,ibid41 p4 #acg4 ,il n'est pas dfendu non plus de poursuivre son intrt1 pourvu que l'honntet n'en souffre pas4 ,on n'est blmable que lorsqu'on prfre l'utile prtendu l'honnte et aux plaisirs plus purs de l'esprit4 ,il est mme trs moral de songer pratiquement nos intrts d'ordre suprieur4 ,l'esprance du ciel et la crainte de l'enfer sont des mobiles trs puissants de la vertu#cjd4 ,note #cjd3 ,,leibniz1 ,rflexions sur l'art de4441 p4 #adb-adc4 ,toutefois1 ce qui fait le mobile par excellence de la moralit1 c'est le plaisir qu'on trouve dans les bonnes actions4 ,l'homme1 il est vrai1 ne peut se dtacher compltement de lui-mme2 ter toute motion son amour1 c'est le dtruire#cje4 ,mais il demeure capable de se complaire dans le bien rationnel2 et cette complaisance1 qui prend son objet pour fin3 voil ce qui constitue l'honntet proprement dite#cjf4 ,note #cje3 ,,leibniz1 ,de notionibus juris et justiti1 dat de #afic1 p4 #aah1 ,ed4 ,erdmann2--,epist4 ad ,hanschium1 date de juillet #agjg1 p4 #ddf;b1 ,,vi2--,lettre ,m4 l'abb ,nicaise1 date de #afih1 p4 #gia;b-#gib;a2--,n4 ,essais1 p4 #bdf;b-#bdg;a1 #e4 ,note #cjf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bdf;b1 #a4 ,ce plaisir de l'esprit se fortifie lui-mme et de plus en plus1 lorsqu'on s'lve jusqu' l'amour de ,dieu3 c'est une vrit dont on peut fournir deux raisons principales4 ,d'abord1 ,dieu est l'exemplaire ternel et vivant de la saintet2 la beaut morale atteint en lui sa plnitude#cjg4 ,et de l un amour du bien qui va toujours croissant chez ceux qui prennent la peine de mditer sur ses perfections infinies4 ,de plus1 ,dieu veut l'ordre dont il porte l'idal en sa nature#cjh2 il se doit lui-mme de le vouloir3 il le veut essentiellement4 ,or le propre de l'amour est de faire que celui qui aime se complaise en la volont de l'objet aim#cji4 ,note #cjg3 ,,leibniz1 ,epist4 ad ,hanschium1 p4 #ddf;b1 ,,vi2 ,rflexions sur l'art de connatre4441 p4 #adb-adc4 ,note #cjh3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #baf;b-#bag;a1 #ab2 p4 #bfd;b1 #ee1 ,ed4 ,erdmann4 ,note #cji3 ,,leibniz1 ,lettre ,m4 l'abb ,nicaise1 p4 #gia;b-#gib;a4 ,et une thorie la fois si juste et si comprhensive rvle un bon sens d'ordre suprieur4 ,leibniz a raison1 en particulier1 de distinguer au-dessous de la zone du devoir la zone de ce qui est simplement permis3 l'obligation morale n'englobe pas tout4 ,mais il semble que sa hirarchie des mobiles de nos actions ne s'lve pas assez haut4 ,non seulement l'homme est capable de se complaire dans la vertu1 d'prouver le plaisir de l'ordre1 mais encore il peut accomplir le bien par le fait mme qu'il le comprend2 et il arrive mme qu'il le doit4 ,l'impratif catgorique s'adresse directement la volont pure et s'impose de soi1 que la sensibilit y trouve son compte ou non4 ,en cette matire1 encore une fois1 ,kant parfait ,leibniz2 personne n'a montr1 comme lui1 ce qu'il y a de rationnel et d'absolu dans les prceptes de la loi morale4 ,harmonie1 proportion1 beaut3 ce sont l des termes qui reviennent sans cesse sous la plume de ,leibniz1 principalement lorsqu'il s'agit de l'ide du bien3 il pense et parle comme un ,grec4 ,il est profondment convaincu que tous les systmes de morale1 depuis l'hdonisme jusqu'au rationalisme le plus raffin1 se concilient dans sa doctrine lui3 il dclare que le bonheur1 le plaisir1 l'amour1 la perfection1 l'tre1 la force1 la libert1 si longtemps opposs l'un l'autre1 se donnent en quelque sorte le baiser de paix dans son systme#caj4 ,mais il ne croit point que cet accord complet se fasse ds cette vie4 ,si sa pense lui suffit1 c'est qu'elle enveloppe1 avec le temps1 l'ternit elle-mme4 ,les choses sont bien1 les choses sont parfaites1 parce qu'il y a une autre existence o l'ordre pourra trouver son achvement4 ,note #caj3 ,,leibniz1 ,von der ,glckseligkeit1 p4 #fgb;a4 ,il existe une ,justice immanente3 le bien appelle naturellement le bien1 et le mal1 le mal4 ,l'intemprance1 par exemple1 est punie par des maladies1 et l'avarice par les privations qu'elle impose aux avares#caa4 ,mais cette ,justice des choses est lente3 on peut y chapper la vie tout entire2 et il serait impossible de dmontrer l'harmonie de l'honnte et de l'utile1 s'il n'y avait rien au-del du tombeau4 ,si le monde est le meilleur possible 7et il l'est puisqu'il a pour auteur l'tre parfait71 il faut qu'il existe une autre rgion o tout crime trouve son chtiment et toute bonne action sa rcompense3 la vie future est une exigence de la loi morale#cab4 ,de plus1 comme ,dieu est le centre de toutes les perfections1 et que nous en portons naturellement l'ide au fond de nous-mmes1 notre cur ne peut tre satisfait que si nous en faisons pour ainsi dire une conqute progressive et indfinie3 la vie future est une exigence de l'amour1 tel qu'il se manifeste en nous#cac4 ,note #caa3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #baf;b1 #bag;b1 #ab2 ,monadol41 p4 #gab;b1 #hi-ij4 ,note #cab3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #baf;b-#bag;a1 #ab2 p4 #bfd;b1 #ee2 p4 #bfh1 #gj4 ,note #cac3 ,,leibniz1 ,epist4 ad ,hanschium1 p4 #ddf;b1 ,,vi4 ,l'me humaine1 physiquement immortelle en vertu de sa simplicit1 comme l'me des animaux1 l'est aussi moralement4 ,du moment qu'elle devient raisonnable et capable par l mme de conscience et de commerce avec ,dieu1 elle ne perd plus son droit de cit dans la rpublique divine#cad4 ,et c'est grce cette continuit d'existence que l'ordre s'achve1 que la finalit du monde moral s'accomplit4 ,note #cad3 ,,leibniz1 ,epist4 ad ,wagnerum4441 p4 #dfg;a1 ,v2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;b1 #abf;a1 #f-i4 ,,conclusion ,la philosophie de ,leibniz s'est dveloppe sous l'influence d'une foule de systmes4 ,aristote1 avec ses entlchies1 lui a inspir1 sinon fourni1 son point de dpart4 ,descartes1 ,spinoza1 ,malebranche1 ,bayle1 ,clarke1 ,newton1 et nombre d'autres penseurs de moindre ligne1 ont contribu sa formation1 soit en abondant dans le mme sens1 soit en l'obligeant par voie de contradiction se prciser davantage4 ,et cependant1 partir du jour o ,leibniz a dcouvert l'ide de la monade1 sa doctrine n'a plus chang de caractre3 elle a grandi comme un organisme souple et puissant1 qui va se transformant toujours sans jamais perdre son identit4 ,elle ressemble au meilleur des mondes3 il est difficile d'imaginer une uvre qui soit la fois plus varie et plus une2 elle est toute d'une pice comme un ocan#cae1 et elle en a l'apparente mobilit4 ,ce n'est pas1 videmment1 que tout s'y rattache d'une manire absolument lgitime2 chaque philosophe1 si grand qu'il soit1 est prdtermin pcher contre la logique4 ,mais l'auteur a un point de vue central dont il ne sort jamais et d'aprs lequel il interprte tout le reste4 ,note #cae3 ,,leibniz1 ,thod41 p4 #ejf;b1 #i4 ,de cette philosophie1 d'ailleurs particulirement fconde en dtails finement observs et de tout ordre1 se dgage un certain nombre de traits principaux qu'il est bon de signaler4 ,ce qui frappe de plus en plus au fur et mesure qu'on tudie la thorie de ,leibniz1 c'est l'esprit qui la pntre et la dirige4 ,il est bien plus proccup de btir que de dtruire4 ,je souhaiterais1 dit-il1 qu'on ressemblt plutt aux ,romains qui faisaient de beaux ouvrages publics1 qu' ce roi vandale qui sa mre recommanda que ne pouvant pas esprer la gloire d'galer ces grands btiments1 il en chercht les dtruire#caf4 ,il s'indigne contre ceux qui1 par ambition1 le plus souvent1 prtendent innover#cag2 il ne gote que les chercheurs qui s'aident du pass et du prsent en faveur de l'avenir4 ,note #caf3 ,,leibniz1 ,n4 ,essais1 p4 #bai;a1 #ba4 ,note #cag3 ,ibid4 ,de plus1 sa mthode est en harmonie avec l'esprit qui le domine2 il lit avec une gale curiosit et les anciens et les modernes1 et les thologiens et les philosophes1 et ceux qui pensent comme lui et ceux qui le contredisent4 ,il approfondit les principes1 la manire d'un amateur d'abstractions1 et se complat dans les particularits1 comme un savant4 ,et1 s'il procde ainsi1 ce n'est ni pour faire le procs de la raison humaine1 l'exemple de ,bayle ou de ,montaigne1 ni pour construire une mosaque d'ides disparates3 son but est la fois plus lev et plus sain3 il cherche une ide suprieure o se concilient les divergences des thories apparues au cours de l'histoire4 ,il faut remarquer aussi le point de vue auquel se place constamment ,leibniz pour interprter la nature3 c'est celui de l'intriorit4 ,la substance1 son sens1 est un sujet1 non une chose4 ,c'est du dedans qu'il considre tout le reste1 et il pense avec raison que1 tout le premier1 il a vraiment mis en relief le ct interne des choses4 ,enfin1 la philosophie de ,leibniz comprend un certain nombre de grandes vues qui ont imprim l'esprit humain un lan nouveau1 et dont les principales sont les suivantes3 a7 ,l'ide de substance-effort1 conue comme un intermdiaire entre la simple puissance et l'action2 b7 ,l'ide de l'universelle spiritualit des choses2 c7 ,l'ide de l'existence purement phnomnale de la matire1 de l'espace et du temps2 d7 ,la thorie des perceptions imperceptibles1 inspire de ,spinoza1 mais totalement transforme2 e7 ,le concept de la contingence et celui de la ncessit morale1 qui se compltent l'un l'autre2 f7 ,l'ide des possibles1 compris comme enveloppant une tendance essentielle se raliser eux-mmes2 g7 ,son finalisme1 qui est comme le dernier terme auquel aboutissent le mcanisme et le dynamisme2 h7 ,son optimisme1 d'aprs lequel le mal est la condition sine qua non du meilleur des plans de l'univers4 ,toutes ces ides ont influ sur le dveloppement ultrieur de la philosophie2 et quelques-unes d'entre elles ont exerc une action particulirement profonde4 ,en faisant de la ,monade un principe qui tire de ses virtualits la reprsentation de l'univers et de ,dieu1 et de la cration elle-mme un panouissement des intelligibles plutt qu'une production a nihilo2 en attribuant au concours du ,crateur tout ce qu'il y a d'actif et par l mme de rel dans la crature1 ,leibniz a ouvert la porte aux thories monistes qui devaient apparatre plus tard en ,allemagne et se propager dans le monde entier4 ,de plus1 sa thorie des possibles a t un premier pas vers le monisme hglien1 d'aprs lequel l'intelligible est le fond des choses et suffit par lui-mme se raliser4 ,et c'est l une conception nouvelle dont la philosophie traditionnelle sortira sans nul doute1 mais dont elle ne semble pas encore sortie4 ,son premier devoir est de s'en rendre compte1 si elle tient faire quelque impression sur ses adversaires#cah3 ,vetera novis augere et perficere4 ,note #cah3 ,voir sur ce point3 ,j4 ,lachelier1 ,du ,fondement de l'induction1 p4 #fb-fc1 #hg1 ,alcan1 ,paris1 #ahih2 ,m4 ,couailhac1 la ,libert et la ,conservation de l'nergie1 p4 #beb-cjj1 ,lecoffre1 ,paris1 #ahig4 ,,monadologie 99 99 99 99 99 ,i4--,,notice ,c'est en #agad que ,leibniz composa la ,monadologie4 ,il l'crivit en franais1 pendant son dernier sjour ,vienne1 pour le prince ,eugne de ,savoie4 ,ce prince mit le manuscrit dans une cassette et l'y conserva comme un trsor d'un prix inestimable4 ,il garde votre ouvrage1 crivait ,leibniz ,m4 de ,bonneval1 ami intime du prince1 comme les prtres de ,naples gardent le sang de saint ,janvier4 ,il me le fait baiser1 puis il le renferme dans sa cassette#cai4 ,note #cai3 ,guhrauer1 t4 ,,ii1 p4 #bhf4 ,le texte franais de la ,monadologie fut publi pour la premire fois en #ahdj1 dans l'dition de ,j4 ,ed4 ,erdmann4 ,klher en avait dj fait une traduction allemande2 et ,hansche1 de ,leipzig1 une traduction latine1 qui parut en #agba dans les ,acta eruditorum1 sous ce titre3 ,principia philosophi seu theses in gratiam principis ,eugenii conscript4 ,comme l'indique ce titre1 la ,monadologie est un rsum de la philosophie de ,leibniz4 ,mais ce rsum1 il est difficile de le bien entendre1 si l'on ne connat pas dj la doctrine dont il formule les ides principales4 ,et c'est la raison pour laquelle on a cru devoir commencer par un expos gnral de la pense de l'auteur4 ,bien que divise en propositions numrotes1 la ,monadologie a un plan assez net1 qui comprend quatre parties4 ,leibniz y parle3 #a de la nature de la ,monade et de ses degrs de perfection 7#a-ce72 #b de l'existence et des attributs de ,dieu 7#cf-dh72 #c de l'univers considr du point de vue divin 7#di-hc72 #d de la morale 7#hd-ij74 ,,ii4--,,texte ,,et ,,notes #a4 ,la ,monade#cbj1 dont nous parlerons ici1 n'est autre chose1 qu'une substance simple1 qui entre dans les composs2 simple1 c'est--dire sans parties#cba4 ,note #cbj3 ,c'est dans une lettre ,fardella1 date de #afig 7,ed4 ,erd41 p4 #ade71 que ,leibniz a commenc se servir du terme de ,monade 7unit74 ,il n'est pas le premier qui l'ait employ4 ,ce mot se trouve dj dans ,jordano ,bruno1 qui philosophait vers la seconde moiti du ,x,v,ie sicle2 mais il prend1 dans cet auteur1 un sens assez diffrent4 ,d'aprs ,jordano ,bruno1 la ,monade n'est point une substance2 c'est un lment modal de la ,substance1 qui est unique et ternelle4 ,de plus1 ,jordano ,bruno ne fait pas de la ,monade un sujet1 mais une chose4 ,note #cba3 ,la ,monadologie contient des renvois la ,thodice que ,leibniz a crits de sa main dans la marge de la premire copie de cet ouvrage4 ,nous y adjoindrons un astrisque1 pour les distinguer des autres rfrences auxquelles nous aurons l'occasion de recourir4 ,thod41 l#j1 p4 #dhb;b3 ,le systme de l'harmonie prtablie fait voir qu'il y a ncessairement des substances simples et sans tendue1 rpandues par toute la nature4--,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;a1 #c3 ,aristote les appelle ,entlchies premires4 ,je les appelle peut-tre plus intelligiblement1 ,forces primitives1 qui ne contiennent pas seulement l'acte ou le complment de la possibilit1 mais encore une activit originale4 ,leibniz1 comme on peut le remarquer ici1 n'emploie pas encore le mot de monade2 c'est deux ans plus tard qu'il s'en servira pour la premire fois4--,correspondance de ,leibniz et d',amauld1 p4 #fci1 ,ed4 ,janet3 ,l'tendue est un attribut qui ne saurait constituer un tre accompli4--,ibid41 p4 #fca3 ,l'unit substantielle demande un tre accompli et indivisible4 #b4 ,et il faut qu'il y ait des substances simples2 puisqu'il y a des composs2 car le compos n'est autre chose1 qu'un amas1 ou aggregatum des simples#cbb4 ,note #cbb3 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abd;a1 #c1 ,erdmann3 ,au commencement1 lorsque je m'tais affranchi du joug d',aristote1 j'avais donn dans le vide et dans les atomes1 car c'est ce qui remplit le mieux l'imagination2 mais en tant revenu1 aprs bien des mditations je m'aperus qu'il est impossible de trouver les principes d'une vritable unit dans la matire seule1 ou dans ce qui n'est que passif1 puisque tout n'y est que collection ou amas de parties l'infini4 ,or la multitude ne pouvant avoir sa ralit que des units vritables1 qui viennent d'ailleurs1 et sont tout autre chose que les points dont il est constant que le continu ne saurait tre compos2 donc pour trouver ces units relles je fus contraint de recourir un atome formel1 puisqu'un tre matriel ne saurait tre en mme temps matriel et parfaitement indivisible1 ou dou d'une vritable unit4 ,il fallut donc rappeler et comme rhabiliter les formes substantielles1 si dcries aujourd'hui2 mais d'une manire qui les rendt intelligibles1 et qui spart l'usage qu'on en doit faire1 de l'abus qu'on en a fait4--,correspondance de ,leibniz et d',arnauld1 p4 #fci3 ,ainsi on ne trouvera jamais un corps dont on puisse dire que c'est vritablement une substance4 ,ce sera toujours un agrg de plusieurs4--,ibid41 p4 #fcj3 ,je crois qu'un carreau de marbre n'est peut-tre que comme un tas de pierres1 et ainsi ne saurait passer pour une seule substance1 mais pour un assemblage de plusieurs4 ,car supposons qu'il y ait deux pierres1 par exemple celui du ,grand-,duc et celui du ,grand-,mogol2 on pourra mettre un mme nom collectif en ligne de compte pour tous deux1 et on pourra dire que c'est une paire de diamants1 quoiqu'ils se trouvent bien loigns l'un de l'autre2 mais on ne dira pas que ces deux diamants composent une seule substance4 ,or le plus et le moins ne fait rien ici4 ,qu'on les rapproche donc davantage l'un de l'autre1 et qu'on les fasse toucher mme1 ils n'en seront pas plus substantiellement unis2 et quand aprs leur attouchement1 on y joindrait quelque autre corps propre empcher leur sparation1 par exemple si on les enchssait dans un seul anneau1 tout cela n'en ferait que ce qu'on appelle un uni per accidens4 ,ainsi des autres corps4 ,on peut dire de chacun d'eux qu'il n'est pas plus une substance qu'un troupeau de moutons4 #c4 ,or l1 o il n'y a point de parties1 il n'y a ni tendue1 ni figure#cbc1 ni divisibilit possible#cbd4 ,et ces ,monades sont les vritables ,atomes de la ,nature et en un mot les lments des choses4 ,note #cbc3 ,si la monade tait un atome matriel la faon d',epicure1 elle serait encore tendue1 et pourrait avoir une figure4 ,mais un tel atome ne rsout pas le problme2 car il ne signifie qu'une rptition ou multiplicit continue de ce qui est rpandu 7,lettre ,m4 ,foucher1 date de #afic1 p4 #aad;b73 ce n'est encore qu'un agrgat4 ,il faut1 pour trancher la question1 arriver des lments qui soient simples1 comme la pense4 ,a l'atome matriel1 il faut substituer l'atome formel4 ,or celui-l1 videmment1 n'a plus ni tendue ni figure4 ,on ne le touche pas1 on ne l'imagine pas2 on le conoit1 et c'est tout4 ,quoique je demeure d'accord1 que le dtail de la nature se doit expliquer mcaniquement1 il faut1 qu'outre l'tendue on conoive dans le corps une force primitive qui explique intelligiblement tout ce qu'il y a de solide dans les formes des coles 7,lettre un ami sur le cartsianisme1 date de #afie1 p4 #abc;a74 ,note #cbd3 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;a1 #d3 ,je voyais que ces formes et ces mes devaient tre indivisibles1 aussi bien que notre ,esprit1 comme en effet je me souvenais que c'tait le sentiment de saint ,thomas l'gard des mes des btes4--,correspondance de ,leibniz et d',arnauld1 p4 #fcj3 ,j'accorde que la forme substantielle du corps est indivisible2 et il me semble que c'est aussi le sentiment de saint ,thomas4 ,remarquons cependant que1 d'aprs le ,dr ,anglique1 l'me des btes est1 non indivisible1 mais seulement indivise4 #d4 ,il n'y a aussi point de dissolution craindre1 et il n'y a aucune manire concevable par laquelle une substance simple puisse prir naturellement4 #e4 ,par la mme raison il n'y en a aucune1 par laquelle une substance simple puisse commencer naturellement1 puisqu'elle ne saurait tre forme par composition4 #f4 ,ainsi on peut dire1 que les ,monades ne sauraient commencer ni finir1 que tout d'un coup1 c'est--dire elles ne sauraient commencer que par cration1 et finir que par annihilation2 au lieu1 que ce qui est compos1 commence ou finit par parties#cbe4 ,note #cbe3 ,,leibniz dduit ici les consquences qu'entrane le concept de la monade relativement son origine et sa destine4 ,thod41 #hi1 p4 #ebg;b3 ,je tiens que les mes1 et gnralement les substances simples1 ne sauraient commencer que par la cration1 ni finir que par l'annihilation3 et comme la formation de corps organiques anims ne parat explicable dans la nature1 que lorsqu'on suppose une prformation dj organique1 j'en ai infr que ce que nous appelons gnration d'un animal1 n'est qu'une transformation et augmentation3 ainsi puisque le mme corps tait dj anim et qu'il avait la mme me2 de mme que je juge vice-versa de la conservation de l'me1 lorsqu'elle est cre une fois1 l'animal est conserv aussi1 et que la mort apparente n'est qu'un enveloppement4 ,v4 ,ibid41 p4 #ebg;b1 #ia1 la suite de la mme thorie applique l'me humaine3 ,je croirais1 que les mes1 qui seront un jour mes humaines1 comme celles des autres espces1 ont t dans les semences et dans les anctres jusqu' ,adam1 et ont exist par consquent depuis le commencement des choses1 toujours dans une manire de corps organique444 ,et cette doctrine est assez confirme par les observations microscopiques de ,m4 ,leeuwenhoek1 et d'autres bons observateurs4 ,mais il me parat encore convenable pour plusieurs raisons1 qu'elles n'existaient alors qu'en mes sensitives ou animales1 doues de perception et de sentiment1 et destitues de raison2 et qu'elles sont demeures dans cet tat jusqu'au temps de la gnration de l'homme qui elles devaient appartenir1 mais qu'alors elles ont reu la ,raison2 soit qu'il y ait un moyen naturel d'lever une me sensitive au degr d'une me raisonnable 7ce que j'ai de la peine concevoir71 soit que ,dieu ait donn la ,raison cette me par une opration particulire1 ou 7si vous voulez7 par une espce de transcration4 ,v4 aussi sur ce point3 ,thod41 p4 #fah1 #cif-cih2 ,correspondance de ,leibniz et d',arnauld1 p4 #fci-fdj2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe-abf;a1 #d-g2 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;b1 ,,xi2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff1 ,,iv2 ,n4 essais1 p4 #bbd;a1 #ab2 p4 #bdc;a1 #aa2 p4 #bfi;b1 #gc2 p4 #bgc;a1 #ac2 p4 #bgc;b1 #ai2 p4 #bgh;b1 #f3 ,cependant il n'y a point de transmigration par laquelle l'me quitte entirement son corps et passe dans un antre4 ,elle garde toujours1 mme dans la mort1 un corps organis1 partie du prcdent1 quoique ce qu'elle garde soit toujours sujet se dissiper insensiblement et se rparer et mme souffrir en certain temps un grand changement4 ,ainsi au lieu d'une transmigration de l'me il y a transformation1 enveloppement ou dveloppement1 et enfin fluxion du corps de cette me4 ,dieu pourrait la rigueur anantir les mes au moment de la mort4 ,mais il ne le fait point1 et pour deux raisons4 ,en premier lieu1 comme il est souverainement parfait1 ses uvres ne lui inspirent jamais de repentance2 il conserve l'indfini ce qu'il a une fois cr4 ,en second lieu1 si ,dieu dtruisait les mes au fur et mesure que leurs machines se dtraquent1 il lui en faudrait crer d'autres1 pour les remplacer4 ,or il obit la loi d'conomie1 par le fait mme qu'il obit la loi du meilleur4 ,c'est donc pour toujours que les mes sont livres au trafic de la nature3 il y a permanence d'nergie psychologique1 comme il y a permanence de force vive4 ,on remarquera aussi qu'il ne s'agit1 dans ce passage important1 que de l'immortalit physique2 ,leibniz touchera plus loin au problme de l'immortalit morale4 #g4 ,il n'y a pas moyen aussi d'expliquer1 comment une ,monade puisse tre altre ou change dans son intrieur par quelque autre crature1 puisqu'on n'y saurait rien transposer ni concevoir en elle aucun mouvement interne1 qui puisse tre excit1 dirig1 augment ou diminu l-dedans2 comme cela se peut dans les composs1 o il y a des changements entre les parties4 ,les ,monades n'ont point de fentres1 par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir4 ,les accidents ne sauraient se dtacher1 ni se promener hors de substances1 comme faisaient autrefois les espces sensibles des scholastiques4 ,ainsi ni substance ni accident peut entrer de dehors dans une ,monade#cbf4 ,note #cbf3 ,v4 sup41 p4 #aa-ab1 les raisons d'ordre mtaphysique1 sur lesquelles se fonde cette thse de l'indpendance absolue de la monade l'gard de toute influence dynamique extrieure2 et sup41 p4 #ag-ah1 les raisons d'ordre mcanique l'aide desquelles ,leibniz essaie galement de l'tablir4 #h4 ,cependant il faut que les ,monades aient quelques qualits1 autrement ce ne seraient pas mme des tres#cbg4 ,et si les substances simples ne diffraient point par leurs qualits1 il n'y aurait pas de moyen de s'appercevoir d'aucun changement dans les choses1 puisque ce qui est dans le compos ne peut venir que des ingrdients simples#cbh1 et les ,monades tant sans qualits seraient indistinguables l'une de l'autre1 puisqu'aussi bien elles ne diffrent point en quantit#cbi3 et par consquent1 le plein tant suppos1 chaque lieu ne recevrait toujours1 dans le mouvement1 que l'quivalent de ce qu'il avait eu1 et un tat des choses serait indistinguable de l'autre#ccj4 ,note #cbg3 ,v4 sup41 p4 #g4--,n4 ,essais1 p4 #bbb;a-#bbc;b1 #b3 ,les facults sans quelque acte1 en un mot les pures puissances de l'cole1 ne sont que des fictions1 que la nature ne connat point1 et qu'on n'obtient qu'en faisant des abstractions4 ,car o trouvera-t-on jamais dans le monde une facult1 qui se renferme dans la seule puissance sans exercer aucun acte8 il y a toujours une disposition particulire l'action et une action plutt qu' l'autre4 ,et outre la disposition il y a une tendance l'action1 dont mme il y a toujours une infinit la fois dans chaque sujet3 et ces tendances ne sont jamais sans quelque effet4--,de vera methodo4441 p4 #aaa;b3 ,satis autem ex interioribus metaphysic principiis ostendi potest1 quod non agit1 nec existere1 nam potentia agendi sine ullo actus initio nulla est4 ,note #cbh3 ,il pourrait y avoir du changement2 mais on serait dans l'impossibilit de s'en apercevoir1 car il ne s'y produirait aucune diffrence1 ni qualitative ni quantitative3 ,tout serait homogne la surface1 tout se trouvant homogne dans le fond4 ,note #cbi3 ,et1 par l mme1 elles se confondraient3 il n'y aurait qu'une monade cre1 comme il n'y a qu'une monade incre4 ,ainsi le veut le principe des indiscernables4 ,si le monde est le meilleur possible1 il est aussi le plus vari possible2 et1 partant1 il n'y a pas dans la nature deux tres rels absolument semblables3 ,dieu ne fait point de telles rptitions1 qui sont contraires sa sagesse4 ,il n'y a pas plus de monades qui se ressemblent de tous points qu'il n'y a dans les forts deux feuilles qui s'imitent parfaitement l'une l'autre 7,lettres entre ,leibniz et ,clarke1 p4 #gee;b1 #c-d1 p4 #gfe1 #c et #d1 #e et #f74 ,note #ccj3 ,un tat des choses serait indistinguable de l'autre ,il le serait en soi1 non plus en apparence seulement1 comme il est dit plus haut2 les divers mouvements de la nature n'en feraient plus qu'un1 car c'est un principe qui ne souffre pas d'exception3 les semblables ne peuvent tre qu'identiques4 #i4 ,il faut mme que chaque ,monade soit diffrente de chaque autre4 ,car il n'y a jamais dans la nature1 deux tres1 qui soient parfaitement l'un comme l'autre1 et o il ne soit possible de trouver une diffrence interne1 ou fonde sur une dnomination intrinsque#cca4 ,note #cca3 ,c'est encore ce qu'exige le principe des indiscernables4 ,il ne suffit pas1 d'aprs ce principe1 qu'il y ait entre les monades une diffrenciation spcifique2 il faut aussi qu'il y ait entre elles une diffrenciation individuelle2 et ,leibniz dveloppe cette pense au livre second des ,nouveaux ,essais1 ch4 ,i1 p4 #bbb;b1 #b3 ,il n'y a point de corps1 dit-il1 dont les parties soient en repos1 et il n'y a point de substance qui n'ait de quoi se distinguer de toute autre4 ,les mes humaines diffrent non seulement des autres mes1 mais encore entr'elles1 quoique la diffrence ne soit point de la nature de celles1 qu'on appelle spcifiques4 ,et selon les dmonstrations1 que je crois avoir1 toute chose substantielle1 soit me ou corps1 a son rapport chacune des autres1 qui lui est propre2 et l'une doit toujours diffrer de l'autre par des dnominations intrinsques4 #aj4 ,je prends aussi pour accord1 que tout tre cr est sujet au changement1 et par consquent la ,monade cre aussi1 et mme que ce changement est continuel dans chacune#ccb4 ,note #ccb3 ,thod41 #cif1 p4#fah;a3 ,et je conois les qualits ou les forces drivatives1 ou ce qu'on appelle formes accidentelles1 comme des modifications de l',entlchie primitive2 de mme que les figures sont des modifications de la matire4 ,c'est pourquoi ces modifications sont dans un changement perptuel1 pendant que la substance simple demeure4--,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;a1 ,,viii4 #aa4 ,il s'ensuit de ce que nous venons de dire1 que les changemens naturels des ,monades viennent d'un principe interne1 puisqu'une cause externe ne saurait influer dans son intrieur#ccc4 ,note #ccc3 ,thod41 #djj1 p4 #fai3 ,de dire que l'me ne produit point ses penses1 ses sensations1 ses sentiments de douleur et de plaisir1 c'est de quoi je ne vois aucune raison4 ,chez moi1 toute substance simple 7c'est--dire1 toute substance vritable7 doit tre la vritable cause immdiate de toutes ses actions et passions internes2 et parler dans la rigueur mtaphysique1 elle n'en a point d'autres que celles qu'elle produit4 ,la nature des monades consiste donc dans la force4 ,elles sont effort 7conatus72 ou1 plus justement encore1 elles ont pour fond la spontanit 7,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;a1 #c et #abg1 #ad2 ,de ,vera ,methodo441 #aaa;b2 ,thod41 p4 #eij;b1 #bia74 ,late anima idem erit quod vita seu principium vitale1 nempe principium actionis intern in re simplici seu monade existens1 cui actio externa respondet 7,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;a1 ,,iii747 #ab4 ,mais il faut aussi1 qu'outre le principe du changement il y ait un dtail de ce qui change1 qui fasse pour ainsi dire la spcification et la varit des substances simples4 #ac4 ,ce dtail doit envelopper une multitude dans l'unit ou dans le simple4 ,car tout changement naturel se faisant par degrs1 quelque chose change et quelque chose reste2 et par consquent il faut que dans la substance simple il y ait une pluralit d'affections et de rapports quoiqu'il n'y en ait point de parties4 #ad4 ,l'tat passager qui enveloppe et reprsente une multitude dans l'unit ou dans la substance simple n'est autre chose que ce qu'on appelle la ,perception#ccd4 ,note #ccd3 ,lettre ,,iii au ,p4 des ,bosses1 date du #aa juillet #agjf1 p4 #dch;a3 ,cum perceptio nihil aliud sit1 quam multorum in uno expressio1 necesse est onmes ,entelechias seu ,monades perceptione prditas esse4--,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;a1 ,,iii3 ,isque corresponsus interni et externi seu reprsentatio externi in interno1 compositi in simplice1 multitudinis in unitate1 revera perceptionem constituit dans le moi humain2 l'autre se dduit du principe de continuit1 qui veut que tout soit un dans une varit infinie4 ,a ces deux raisons1 on peut en ajouter une troisime qui se tire du rapport de la monade au monde extrieur3 ,la monade1 tant close et intangible1 ne peut avoir de relations avec l'univers qu'autant qu'elle en contient la reprsentation2 mais toute reprsentation suppose la perception 7,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abg1 #ad74 ,on a donn plus haut 7p4 #g-h7 deux raisons de la thse formule ici par ,leibniz3 l'une se fonde sur une certaine analogie que prsentent la rduction du multiple l'un1 telle qu'elle a lieu dans la monade1 et la mme opration1 telle qu'elle se fait qu'on doit distinguer de l'aperception ou de la conscience1 comme il paratra dans la suite#cce4 ,et c'est en quoi les ,cartsiens ont fort manqu1 ayant compt pour rien les perceptions dont on ne s'aperoit pas4 ,c'est aussi ce qui les a fait croire1 que les seuls ,esprits taient des ,monades1 et qu'il n'y avait point d',ames des ,btes ou d'autres ,entlchies#ccf1 et qu'ils ont confondu avec le vulgaire un long tourdissement avec une mort la rigueur#ccg1 ce qui les a fait encore donner dans le prjug scolastique des mes entirement spares#cch1 et a mme confirm les esprits mal tourns dans l'opinion de la mortalit des mes#cci4 ,note #cce3 ,v4 sup41 p4 #bh-cj1 les considrations sur lesquelles ,leibniz fonde l'existence des perceptions qui ne sont point aperues4 ,note #ccf3 ,leibniz distingue la perception qui est l'tat intrieur de la monade reprsentant les choses externes1 et l'aperception qui est la conscience1 ou la connaissance rflexive de cet tat intrieur 7,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;a1 #d74 ,et cette distinction lui permet d'tablir une diffrence spcifique entre l'homme et l'animal 7,ibid42 ,epist4 ad ,wagnerum p4 #dfd;b1 ,,xiii2 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dff;a1 ,,iii2 ,n4 ,essais1 p4#bea;b1 #e74 ,descartes1 au contraire1 admettant que toute me est par essence pense de la pense1 tait dans l'obligation ou de faire des animaux de simples machines1 ou de les galer psychologiquement l'homme4 ,note #ccg3 ,il n'y a jamais de mort relle1 pour ,leibniz4 ,toute monade1 quelles que soient les mtamorphoses de son organisme1 conserve toujours au moins quelques perceptions inaperues1 vu que son action essentielle est la pense4 ,aussi n'y a-t-il personne qui puisse bien marquer le vritable temps de la mort1 laquelle peut passer longtemps pour une simple suspension des actions notables1 et dans le fond n'est jamais autre chose dans les simples animaux 7,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;b1 #g74--,v4 aussi3 7,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;b1 ,,xi2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;b1 ,,iv74 ,note #cch3 ,par le fait mme que les cartsiens ne voyaient1 dans la nature1 que des esprits et des machines1 ils ont d admettre qu'aprs la mort les mes humaines sont entirement spares4 ,c'est aussi sous la mme forme qu'ils ont d s'imaginer les anges4 ,note #cci3 ,n4 ,essais1 p4 #bfi;b1 #gc3 ,ceux qui ont voulu soutenir une entire sparation et des manires de penser dans l'me spare1 inexplicables par tout ce que nous connaissons1 et loignes non seulement de nos prsentes expriences1 mais1 ce qui est bien plus1 de l'ordre gnral des choses1 ont donn trop de prise aux prtendus esprits forts et ont rendu suspectes bien des gens les plus belles et les plus grandes vrits1 s'tant mme privs par l de quelques bons moyens de les prouver1 que cet ordre nous fournit4 #ae4 ,l'action du principe interne1 qui fait le changement ou le passage d'une perception une autre1 peut tre appel apptition#cdj2 il est vrai1 que l'apptit ne saurait toujours parvenir entirement toute la perception1 o il tend1 mais il en obtient toujours quelque chose1 et parvient des perceptions nouvelles#cda4 ,note #cdj3 ,tous les griefs que ,leibniz lve1 dans cette proposition1 contre le cartsianisme1 sont formuls et peu prs dans les mmes termes1 au numro #d des ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;a4 ,note #cda3 ,la monade porte avec elle non seulement une simple facult active1 mais aussi ce qu'on peut appeler force1 effort1 conatus1 dont l'action mme doit suivre1 si rien ne l'empche 7,thod41 p4 #ebf;b1 #hg72 elle enveloppe une tendance4 ,de plus1 cette tendance enveloppe son tour la perception2 elle est donc une vritable apptition2 et c'est l le ressort interne1 tant cherch1 qui meut tout4 ,il a fallu1 pour le trouver1 que ,leibniz passt d'abord du mcanisme au dynamisme1 puis du dynamisme lui-mme au psychologisme4 ,c'est la philosophie des fins1 et non celle des causes1 qui fournit la solution du problme4 ,note #cda3 ,v4 sup41 p4 #cj-ca1 la loi de dveloppement des monades4 #af4 ,nous exprimentons en nous-mmes une multitude dans la substance simple1 lorsque nous trouvons que la moindre pense dont nous nous appercevons1 enveloppe une varit dans l'objet4 ,ainsi tous ceux1 qui reconnaissent que l'me est une substance simple1 doivent reconnatre cette multitude dans la ,monade2 et ,monsieur ,bayle ne devait point y trouver de la difficult1 comme il a fait dans son ,dictionnaire1 article ,rorarius#cdb4 ,note #cdb3 ,leibniz rpond ici l'objection de ,bayle1 insre dans l'article ,rorarius1 et d'aprs laquelle il ne peut y avoir de cause de changement dans la monade4 ,voici les paroles de ,bayle3 ,comme il 7,leibniz7 suppose avec beaucoup de raison que toutes les mes sont simples et indivisibles1 on ne saurait comprendre qu'elles puissent tre compares une pendule2 c'est--dire que1 par leur constitution originale1 elles puissent diversifier leurs oprations1 en se servant de l'activit spontane qu'elles recevraient de leur ,crateur4 ,on conoit fort bien qu'un tre simple agira toujours uniformment1 si aucune cause trangre ne le dtourne4 ,s'il tait compos de plusieurs pices comme une machine1 il agirait diversement1 parce que l'activit particulire de chaque pice pourrait changer tout moment le cours de celle des autres2 mais dans une substance unique1 o trouverez-vous la cause du changement d'opration8 #ag4 ,on est oblig d'ailleurs de confesser1 que la ,perception et ce1 qui en dpend1 est inexplicable par des raisons mcaniques1 c'est--dire par les figures et par les mouvements#cdc4 ,et feignant1 qu'il y ait une machine1 dont la structure fasse penser1 sentir1 avoir perception2 on pourra la concevoir aggrandie en conservant les mmes proportions1 en sorte qu'on y puisse entrer comme dans un moulin4 ,et cela pos on ne trouvera en la visitant au dedans que des pices qui poussent les unes les autres1 et jamais de quoi expliquer une perception4 ,ainsi c'est dans la substance simple et non dans le compos1 ou dans la machine1 qu'il la faut chercher4 ,aussi n'y a-t-il que cela qu'on puisse trouver dans la substance simple1 c'est--dire les perceptions et leurs changemens4 ,c'est en cela seul aussi que peuvent consister toutes les ,actions internes des substances simples#cdd4 ,note #cdc3 ,il y a l un confirmatur de la simplicit de la monade4 ,aux raisons mtaphysiques qui la prouvent s'ajoute une raison d'ordre psychologique4 ,si la monade est perception1 il faut bien qu'elle soit indivisible1 comme notre me elle-mme4 ,note #cdd3 ,prf4 999999 #b1 b1 p4 #dgd;a4 #ah4 ,on pourrait donner le nom d',entlchies toutes les substances simples ou ,monades cres#cde1 car elles ont en elles une certaine perfection 7 71 il y a une suffisance 77 qui les rend sources de leurs actions internes et pour ainsi dire des ,automates incorporels#cdf4 ,note #cde3 ,thod41 #hg1 p4 #ebf;b2--,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;a1 #c2--;,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;a1 ,,ii2--,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfc1 ,v2--,principes de la nature et de la grce1 p4 #gad;a4 ,note #cdf3 ,lettre ,,iv au ,p4 des ,bosses1 date du #a;er septembre #agjf1 p4 #dch;b1 ad #ba3 ,bruta puto perfecta esse automata4--,n4 ,essais1 p4 #bje;a3 ,je vois maintenant444 comment les animaux sont des automates suivant ,descartes et comment ils ont pourtant des mes et du sentiment suivant l'opinion du genre humain4--,correspondance de ,leibniz et d',arnauld1 p4 #egh3 ,comme la notion individuelle de chaque personne enferme une fois pour toutes ce qui lui arrivera jamais1 on y voit les preuves a priori ou raisons de la vrit de chaque vnement1 ou pourquoi l'un est arriv plutt que l'autre4--,thod41 p4 #fbj;a1 #djc4 #ai4 #cdg,si nous voulons appeler ,ame tout ce qui a perceptions et apptits dans le sens gnral que je viens d'expliquer1 toutes les substances simples ou ,monades cres pourraient tre appeles ,ames2 mais1 comme le sentiment est quelque chose de plus qu'une simple perception1 je consens1 que le nom gnral de ,monades et d',entlchies suffise aux substances simples1 qui n'auront que cela2 et qu'on appelle ,ames seulement celles dont la perception est plus distincte et accompagne de mmoire#cdh4 ,note #cdg3 ,leibniz1 aprs avoir dtermin la nature des monades1 passe l'examen de leurs degrs de perfection4 ,note #cdh3 ,dans la varit infinie des monades1 se distinguent trois degrs notables de perfection1 qui ne sont autre chose que trois degrs notables de la connaissance4 ,il y a d'abord des monades qui n'ont que la perception pure et simple1 c'est--dire un mode de pense tellement band son objet qu'il ne se replie jamais sur lui-mme1 et tellement infime qu'il n'en reste aucune trace perceptible4 ,et ce sont ces monades que l'on ne peut appeler mes que lato sensu1 auxquelles il convient de laisser le nom d'enllchies4 #bj4 ,car nous exprimentons en nous-mmes un tat1 o nous ne nous souvenons de rien et n'avons aucune perception distingue1 comme lorsque nous tombons en dfaillance ou quand nous sommes accabls d'un profond sommeil sans aucun songe4 ,dans cet tat l'me ne diffre point sensiblement d'une simple ,monade#cdi1 mais1 comme cet tat n'est point durable1 et qu'elle s'en tire1 elle est quelque chose de plus#cej4 ,note #cdi3 ,l'tat de ces monades infrieures est semblable celui o nous tombons accidentellement1 lorsque nous dormons sans songe ou que nous sommes vanouis 7,comment4 de anima brutorum p4 #dfd;b1 ,x2 ,n4 ,essais1 p4 #bbd;a1 #aa2 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;a74 ,c'est une sorte de stupeur3 aggregatum confusum multarum perceptionum parvarum nihil eminentis habentium1 quod attentionem excitet1 stuporem inducit 7,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;b1 ,x74 ,note #cej3 ,thod41 #fd1 p4#dig;a4 #ba4 ,et il ne s'ensuit point1 qu'alors la substance simple soit sans aucune perception4 ,cela ne se peut pas mme par les raisons susdites2 car elle ne saurait prir1 elle ne saurait aussi subsister sans quelque affection1 qui n'est autre chose1 que sa perception3 mais quand il y a une grande multitude de petites perceptions1 o il n'y a rien de distingu1 on est tourdi2 comme quand on tourne continuellement d'un mme sens plusieurs fois de suite1 o il vient un vertige qui peut nous faire vanouir et qui ne nous laisse rien distinguer4 ,et la mort peut donner cet tat pour un tems aux animaux4 #bb4 ,et comme tout prsent tat d'une substance simple est naturellement une suite de son tat prcdent#cea1 tellement1 que le prsent y est gros d'avenir4 ,note #cea3 ,thod41 #cfj1 p4 #fjh;b3 ,c'est une des rgles de mon systme de l'harmonie gnrale1 que le prsent est gros de l'avenir1 et que celui qui voit tout1 voit dans ce qui est ce qui sera4 #bc4 ,donc puisque rveill de l'tourdissement1 on s'apperoit de ses perceptions1 il faut bien1 qu'on en ait eu immdiatement auparavant1 quoiqu'on ne s'en soit point apperu#ceb2 car une perception ne saurait venir naturellement1 que d'une autre perception1 comme un mouvement ne peut venir naturellement que d'un mouvement#cec4 ,note #ceb3 ,lorsque nous commenons revenir soit d'un sommeil sans songe1 soit d'un vanouissement1 nous avons ncessairement une premire pense dont nous nous apercevons4 ,c'est donc qu'auparavant nous en avions d'autres que nous n'apercevions pas1 car une pense ne peut avoir pour antcdent qu'une autre pense3 ,tout se fait dans l'me1 comme s'il n'y avait pas de corps2 de mme que444 tout se fait dans le corps1 comme s'il n'y avait point d'me 7,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahe;b74 ,note #cec3 ,thod41 #dja-djc1 p4 #fai-fbj3 ,toute perception prsente tend une perception nouvelle1 comme tout mouvement qu'elle reprsente tend un autre mouvement4 ,ainsi1 le propre des entlchies ou simples monades est de vivre dans une sorte d'tourdissement dont elles ne se tirent jamais1 leur matire premire y faisant obstacle4 #bd4 ,l'on voit par l1 que si nous n'avions rien de distingu et pour ainsi dire de relev1 et d'un plus haut got dans nos perceptions1 nous serions toujours dans l'tourdissement4 ,et c'est l'tat des ,monades toutes nues4 #be4 ,aussi#ced voyons-nous que la nature a donn des perceptions releves aux animaux par les soins qu'elle a pris de leur fournir des organes1 qui ramassent plusieurs rayons de lumire ou plusieurs ondulations de l'air pour les faire avoir plus d'efficace par leur union4 ,il y a quelque chose d'approchant dans l'odeur1 dans le got et dans l'attouchement et peut-tre dans quantit d'autres sens1 qui nous sont inconnus#cee4 ,et j'expliquerai tantt1 comment ce qui se passe dans l'me reprsente ce qui se fait dans les organes4 ,note #ced3 ,au-dessus des entlchies1 il y a des monades dont la perception s'accompagne de mmoire sans aller jusqu' la rflexion3 ces monades peuvent s'appeler des mes1 et les tres qui les possdent sont des animaux4 ,note #cee3 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;b1 ,x3 ,oriuntur perceptiones magis distincte1 quando etiam corpus fit perfectius et magis ordinatum4--,thod41 p4 #edj;a1 #abd3 ,ces corps organiques1 o les mes sont enveloppes1 ne diffrent pas moins en perfection que les esprits qui ils appartiennent4--,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;a1 #d3 ,mais quand la ,monade a des organes si ajusts1 que par leur moyen il y a du relief et du distingu dans les impressions qu'ils reoivent1 et par consquent dans les perceptions qui les reprsentent 7comme1 par exemple1 lorsque par le moyen de la figure des humeurs des yeux1 les rayons de la lumire sont concentrs et agissent avec plus de force71 cela peut aller jusqu'au sentiment1 c'est--dire1 jusqu' une perception accompagne de mmoire4 ,leibniz admet qu'il existe une sorte de paralllisme entre le dveloppement organique et le dveloppement mental2 et c'est dans le premier1 d'aprs lui1 que le second trouve sa condition4 #bf4 ,la mmoire fournit une espce de conscution aux mes1 qui imite la raison1 mais qui en doit tre distingue4 ,c'est que nous voyons que les animaux ayant la perception de quelque chose qui les frappe et dont ils ont eu perception semblable auparavant1 s'attendent par la reprsentation de leur mmoire ce qui y a t joint dans cette perception prcdente et sont ports des sentiments semblables ceux qu'ils avaient pris alors4 ,par exemple3 quand on montre le bton aux chiens1 ils se souviennent de la douleur qu'il leur a cause et crient et fuient#cef4 ,note #cef3 ,prlim41 #fe1 p4 #dig;a3 ,les btes ont des conscutions de perception qui imitent le raisonnement1 et qui se trouvent aussi dans le sens interne des hommes1 lorsqu'ils n'agissent qu'en empiriques4--,n4 ,essais1 p4 #aie;b3 ,les conscutions des btes sont purement comme celles des simples empiriques1 qui prtendent1 que ce1 qui est arriv quelquefois arrivera encore dans un cas1 o ce1 qui les frappe1 est pareil1 sans tre pour cela capables de juger1 si les mmes raisons subsistent4 ,c'est par l qu'il est si ais aux hommes d'attraper les btes1 et qu'il est si facile aux simples empiriques de faire des fautes4--,ibid41 #bcg;b1 #aa2--;,ibid41 p4 #bea;b1 #e2--,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;b4 #bg4 ,et l'imagination forte1 qui les frappe et meut1 vient ou de la grandeur ou de la multitude des perceptions prcdentes4 ,car souvent une impression forte fait tout d'un coup l'effet d'une longue habitude1 ou de beaucoup de perceptions mdiocres ritres#ceg4 ,note #ceg3 ,v41 sur ce point1 sup41 p4 #gd-ge4 #bh4 #ceh,les hommes agissent comme les btes en tant que les conscutions de leurs perceptions ne se font que par le principe de la mmoire2 ressemblant aux ,mdecins empiriques1 qui ont une simple practique sans thorie2 et nous ne sommes qu'empiriques dans les trois quarts de nos actions4 ,par exemple1 quand on s'attend qu'il y aura jour demain1 on agit en empirique par ce que cela s'est toujours fait ainsi jusqu'ici4 ,il n'y a que l',astronome qui le juge par raison4 ,note #ceh3 ,au-dessus de l'me des btes1 il y a l'me humaine3 c'est l le troisime degr4 ,or le trait diffrentiel de l'me humaine est l'apperception1 c'est--dire la conscience1 ou rflexion1 laquelle enveloppe de quelque manire la connaissance des vrits ncessaires ou raison4 ,cette me a incomparablement plus de perfection que les autres formes enfonces dans la matire3 elle est comme un petit ,dieu2 et on peut l'appeler du nom d',esprit 7,principes de la nature et de la grce1 p4 #gai;a1 #d2 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;a1 #e74 #bi4 ,mais la connaissance des vrits ncessaires et ternelles est ce qui nous distingue des simples animaux et nous fait avoir la ,raison et les sciences1 en nous levant la connaissance de nous-mmes et de ,dieu#cei4 ,et c'est ce qu'on appelle en nous ,ame raisonnable ou ,esprit4 ,note #cei3 ,n4 ,essais1 p4 #aic2--;,ibid41 p #bea;b1 #e2--;,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;b1 ,,xiii et ,,xiv2--,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;a1 ,,iii3 ,quemadmodum mens est species anim nobilior1 ubi sensioni accedit ratio seu consequutio ex universalitate veritatum4--,ibid41 p4 #dff;b1 ,v2--,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;b1 ,v3 ,mais le raisonnement vritable dpend des vrits ncessaires ou ternelles2 comme sont celles de la logique1 des nombres1 de la gomtrie1 qui font la connexion indubitable des ides1 et les consquences immanquables4 ,les animaux o ces consquences ne se remarquent point1 sont appels btes2 mais ceux qui connaissent ces vrits ncessaires1 sont proprement ceux qu'on appelle animaux raisonnables1 et leurs mes sont appeles esprits4 #cj4 ,c'est aussi par la connaissance des vrits ncessaires et par leurs abstractions1 que nous sommes levs aux actes rflexifs1 qui nous font penser ce qui s'appelle ,moi1 et considrer que ceci ou cela est en nous#cfj3 et c'est ainsi1 qu'en pensant nous1 nous pensons l'tre1 la substance1 au simple et au compos1 l'immatriel et ,dieu mme1 en concevant que ce qui est born en nous1 est en lui sans bornes4 ,et ces actes rflexifs fournissent les objets principaux de nos raisonnements#cfa4 ,note #cfj3 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfd;b1 ,,xiii3 ,datur gradus quidam altior1 quem adpellamus cogitationem4 ,cogitatio autem est perceptio cum ratione conjuncta1 quam bruta1 quantum observare possumus1 non habent4--,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;b3 ,itaque homo non tantum vitam et animam1 ut bruta1 sed et conscientiam sui1 et memoriam pristini status1 et ut verbo dicam1 personam servat4--,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae1 #d-e4 ,note #cfa3 ,thod41 prf4 991 #d1 a1 p4 #dfi;a4--,ces diffrents textes sur les marques distinctives de l'me humaine soulvent une question de psychologie4 ,d'aprs ,leibniz1 aperception1 conscience de soi1 rflexion ne font qu'un4 ,mais il ne semble pas qu'il en soit de mme de la rflexion et de la raison4 ,ces deux choses s'impliquent sans nul doute2 nanmoins1 il y a passage de l'une l'autre4 ,est-ce qu'on va de la rflexion la raison ou de la raison la rflexion8 ,d'aprs certains passages des ,nouveaux ,essais 7p4 #bab;b #bc2 p4 #bai;b1 #c2 p4 #bba;a #ah71 et aussi d'aprs les ,principes de la nature et de la grce 7p4 #gae;b1 #e71 il semble qu'on aille du sujet l'objet1 de la rflexion la dcouverte des vrits ncessaires1 de la rflexion la raison4 ,et c'est la marche contraire1 qui serait la vraie d'aprs la premire partie de la proposition #cj de la ,monadologie4 ,peut-tre concilierait-on ces textes divers1 en disant que1 selon ,leibniz1 l'esprit va par le distinct la dcouverte du moi1 et que1 dans le moi une fois dcouvert1 il trouve les principaux objets de nos raisonnements1 les ides de l'tre1 de la substance1 du possible1 du mme1 du simple1 de ,dieu1 etc44 #ca4 ,nos raisonnements sont fonds sur deux grands principes1 celui de la ,contradiction1 en vertu duquel nous jugeons faux ce qui en enveloppe1 et vrai ce qui est oppos ou contradictoire au faux#cfb4 ,note #cfb3 ,thod41 #dd1 p4 #dia;b2--,thod41 #aif1 p4 #efd2--,v4 sup41 p4 #dj-da4 #cb4 ,et celui de la ,raison suffisante1 en vertu duquel nous considrons qu'aucun fait ne saurait se trouver vrai ou existant1 aucune nontiation vritable1 sans qu'il y ait une raison suffisante pourquoi il en soit ainsi et non pas autrement1 quoique ces raisons le plus souvent ne puissent point nous tre connues#cfc4 ,note #cfc3 ,v4 sup41 p4 #da et ssq4 ,mais la manire dont ,leibniz comprend ici le principe de la raison suffisante1 diffre un peu de ce que l'on a vu dans les ouvrages prcdents4 ,ce principe ne rgle plus seulement les vrits de fait1 il s'tend aux vrits de droit3 il n'est aucune nontiation vritable qu'il ne serve expliquer de quelque manire4 ,et c'est dans ce sens nouveau que ,leibniz emploie ce principe un peu plus loin1 la proposition #cc4 ,quand une vrit est ncessaire1 dit-il1 on en peut trouver la raison par l'analyse4 ,il semble bien aussi que la raison suffisante ait la mme extension1 au n #g des ,principes de la nature et de la grce 7p4 #gaf;a74 ,ainsi1 le principe de contradiction et le principe de raison suffisante ne se distinguent plus par leurs dpartements2 ils ont le mme domaine1 qui est celui de l'tre rel ou possible4 ,mais ils diffrent par leur fonction4 ,le rle du principe de contradiction est ngatif3 il indique la condition logique de toute vrit1 soit ternelle1 soit contingente4 ,le rle du principe de raison suffisante est positif3 il sert d'abord montrer le pourquoi des connexions ternelles des possibles2 en second lieu1 il nous rvle ce qui fait qu'il y a un univers plutt que rien1 et ce qui fait que tel univers s'est ralis de prfrence d'autres2 et1 prise dans ce dernier sens qui a rapport au contingent1 la raison suffisante englobe la fois la cause efficiente et la cause finale4 ,cette autre manire d'entendre les principes directeurs de l'intelligence humaine nous semble a la fois plus comprhensive et plus conforme aux lois de la logique4 ,leibniz1 force de rflexion1 a fini par se rendre compltement matre de sa pense4 #cc4 ,il y a aussi deux sortes de vrits1 celles de raisonnement et celles de fait#cfd4 ,les vrits de raisonnement sont ncessaires et leur oppos est impossible1 et celles de fait sont contingentes et leur oppos est possible4 ,quand une vrit est ncessaire1 on en peut trouver la raison par l'analyse1 la rsolvant en ides et en vrits plus simples1 jusqu' ce qu'on vienne aux primitives#cfe4 ,note #cfd3 ,v4 sup41 p4 #ca-cb4 ,note #cfe3 ,thod41 #agj1 #agd1 #ahi1 p4 #eee-efc2--;,ibid41 #bhj-bhi1 p4 #ehg1 #ehh2--;,ibid41 #cfg1 p4 #faj;b2--,ibid41 abrg1 object4 #c1 p4 #fbe-fbf4 #cd4 ,c'est ainsi que chez les ,mathmaticiens les ,thormes de spculation et les ,canons de practique sont rduits par l'analyse aux ,dfinitions1 ,axiomes et ,demandes4 #ce4 ,et il y a enfin des ides simples1 dont on ne saurait donner la dfinition2 il y a aussi des axiomes et demandes ou en un mot des principes primitifs1 qui ne sauraient tre prouvs et n'en ont point besoin aussi2 et ce sont les nontiations identiques1 dont l'oppos contient une contradiction expresse#cff4 ,note #cff3 ,thod41 #cf1 p4 #eac;b-#ead;a2--,ibid41 #cg1 #dd1 #de1 #di1 #eb1 p4 #eae-eag2--;,ibid41 #aba1 #abb1 p4 #ecg;b-#ech2--;,ibid41 #cgc1 p4 #fab;b-#fac;a2--,ibid41 #cdj1 #cdd1 p4 #fjb;b-#f,o#d;a4 #cf4cfg ,mais la raison suffisante se doit aussi trouver dans les vrits contingentes ou de fait1 c'est--dire dans la suite des choses rpandues par l'univers des cratures1 o la rsolution en raisons particulires pourrait aller un dtail sans bornes cause de la varit immense des choses de la ,nature et de la division des corps l'infini4 ,il y a une infinit de figures et de mouvements prsents et passs1 qui entrent dans la cause efficiente de mon criture prsente2 et il y a une infinit de petites inclinations et dispositions de mon me prsentes et passes1 qui entrent dans la cause finale4 ,note #cfg3 ,une fois arriv1 travers la hirarchie des ,monades1 jusqu'au sommet de l'entendement humain1 ,leibniz aborde le problme de l'existence et de la nature de ,dieu3 arm du principe de la raison suffisante1 il procde de suite la recherche de la cause premire et des existences et des essences4 ,il dmontre d'abord l'existence de ,dieu a posteriori2 il la dmontre ensuite a priori2 puis il esquisse une dduction des attributs de ,dieu4 #cg4 ,et comme tout ce dtail n'enveloppe que d'autres contingents antrieurs ou plus dtaills1 dont chacun a encore besoin d'une ,analyse semblable pour en rendre raison1 on n'en est pas plus avanc1 et il faut que la raison suffisante ou dernire soit hors de la suite ou sries de ce dtail des contingences1 quelqu'infini qu'il pourrait tre#cfh4 ,note #cfh3 ,cet argument1 tir de la contingence du mouvement1 nous parat expos avec plus de nettet1 dans les ,principes de la nature et de la grce 7p4 #gaf1 #h73 ,cette raison suffisante de l'existence de l'univers1 dit ,leibniz en cet endroit1 ne se saurait trouver dans la suite des choses contingentes1 c'est--dire1 des corps et de leurs reprsentations dans les mes2 parce que la matire tant indiffrente en elle-mme au mouvement et au repos1 et un mouvement tel ou autre1 on n'y saurait trouver la raison du mouvement et encore moins d'un tel mouvement4 ,et quoique le prsent mouvement1 qui est dans la matire1 vienne du prcdent1 et celui-ci encore d'un prcdent1 on n'en est pas plus avanc1 quand on irait aussi loin qu'on voudrait2 car il reste toujours la mme question4 ,ainsi il faut que la raison suffisante1 qui n'ait plus besoin d'une autre raison1 soit hors de cette suite des choses contingentes1 et se trouve dans une substance1 qui en soit la cause1 ou qui soit un tre ncessaire1 portant la raison de son existence avec soi2 autrement on n'aurait pas encore une raison suffisante o l'on pt finir4 ,et cette raison des choses est appele ,dieu4 ,cet argument n'est pas entirement identique celui d',aristote et de ,spinoza4 ,leibniz prend pour point de dpart une donne scientifique1 qui est l'indiffrence de la matire au mouvement et au repos1 et un mouvement tel ou autre2 ,aristote et ,spinoza se fondent uniquement sur l'enchanement causal que prsente la srie rgressive des mouvements4 ,mais ,leibniz rejoint le raisonnement aristotlien et spinoziste1 lorsqu'il s'agit de trouver la raison explicative du mouvement lui-mme3 il montre alors que1 si la succession des phnomnes peut remonter l'infini1 il n'en peut aller de mme de leur causation3 car autrement tout serait caus3 ce qui est contradictoire4 ,v4 sup41 p4 #fg-fh1 deux autres preuves dont l'une se fonde sur la contingence de l'ordre1 l'autre sur la contingence de la matire elle-mme4 #ch4 ,et c'est ainsi que la dernire raison des choses doit tre dans une substance ncessaire1 dans laquelle le dtail des changemens ne soit qu'minemment#cfi1 comme dans la source1 et c'est ce que nous appelons ,dieu#cgj4 ,note #cfi3 minemment3 ,cela signifie1 comme le dit saint ,thomas d',aquin 7,s4 th41 ,i1 ,,iv1 a71 que tout ce qu'il y a de perfection dans l'effet doit se trouver dans la cause d'une manire plus excellente4 ,mais le malheur veut que cette explication ne suggre rien de trs clair l'esprit4 ,que sont ces minences1 auxquelles la philosophie traditionnelle a recours en toute occasion8 ,c'est chose difficile dterminer4 ,perfection6 perfection6--,oui1 mais en quoi consiste-t-elle au juste1 cette perfection8 ,voil ce qu'il faudrait dire2 et c'est peut-tre indicible l'homme1 car ce que nous savons des choses et surtout de leur fond n'est presque rien en face de ce que nous ignorons4 ,note #cgj3 ,thod41 #g1 p4 #ejf;a4 #ci4 ,or cette substance tant une raison suffisante de tout ce dtail1 lequel aussi est li par tout1 il n'y a qu'un ,dieu1 et ce ,dieu suffit4 #dj4 ,on peut juger aussi que cette substance suprme qui est unique1 universelle et ncessaire1 n'ayant rien hors d'elle qui en soit indpendent1 et tant une suite simple de l'tre possible1 doit tre incapable de limites et contenir tout autant de ralit qu'il est possible#cga4 ,note #cga3 ,v4 sup41 p4 #fd1 l'explication de cette proposition importante4 ,le mrite de ,leibniz n'est pas d'avoir rsolu le problme de la possibilit de l'tre infini2 c'est de l'avoir pos4 ,kant viendra plus tard1 qui reprendra la question et mettra en lumire toutes les difficults qu'elle enveloppe4 ,et ces difficults1 les voici en quelques mots3 #a ,la ralisation d'un infini1 quel qu'il soit1 est-elle possible8 ,n'implique-t-elle pas contradiction8 #b et1 par l-mme1 peut-il y avoir un nombre infini d'infinis8 #c ,ce nombre infini d'infinis1 supposer qu'il soit possible en lui-mme1 implique-t-il les conditions voulues pour se ramasser en un sujet unique1 vivant et conscient1 qui corresponde l'idal que nous portons en nous8 #da4 ,d'o il s'ensuit1 que ,dieu est absolument parfait1 la perfection n'tant autre chose1 que la grandeur de la ralit positive prise prcisment1 en mettant part les limites ou bornes dans les choses qui en ont#cgb4 ,et l1 o il n'y a point de bornes1 c'est--dire en ,dieu1 la perfection est absolument infinie#cgc4 ,note #cgb3 ,si l'infini est l'acte plein du possible1 il enferme tout ce qui existe1 la matire comme la pense2 et telle est la conclusion que tire ,spinoza avec son impitoyable logique4 ,mais cette conclusion redoutable1 ,leibniz l'a prvue1 et il y chappe par sa thorie de la matire4 ,par l mme1 selon lui1 que ,dieu est la ralisation pleine du possible1 il est acte pur1 pense pure2 et de cette sorte le concept de l'infini n'enveloppe pas la matire2 il l'exclut4 ,mais la rponse vaut ce que vaut l'ide que ,leibniz s'est faite de la matire elle-mme1 et cette ide n'est qu'une hypothse4 ,il faut donc encore perfectionner pour aboutir4 ,note #cgc3 ,prf41 #d1 a1 p4 #dfi;a4 #db4 ,il s'ensuit aussi que les cratures ont leurs perfections de l'influence de ,dieu1 mais qu'elles ont leurs imperfections de leur nature propre1 incapable d'tre sans bornes4 ,car c'est en cela qu'elles sont distingues de ,dieu#cgd4 ,cette imperfection originale des cratures se remarque dans l'inertie naturelle des corps#cge4 ,note #cgd3 ,thod41 #bj1 p4 #eaj;a2--,ibid41 #bg-ca1 p4 #eaa;b-#eac3 ,quelques-uns ont cru avec le clbre ,durand de ,s-,portien et le cardinal ,aureolus ,scolastique fameux1 que le concours de ,dieu avec la crature 7j'entends le concours physique7 n'est que gnral et mdiat2 et que ,dieu cre les substances1 et leur donne la force dont elles ont besoin2 et qu'aprs cela1 il les laisse faire1 et ne fait que les conserver1 sans les aider dans leurs actions4 ,cette opinion a t rfute par la plupart des scolastiques1 et il parat qu'on l'a dsapprouve autrefois dans ,pelage444 ,il faut considrer que l'action de ,dieu conservant doit avoir du rapport ce qui est conserv1 tel qu'il est1 et selon l'tat o il est2 ainsi elle ne saurait tre gnrale ou indtermine4 ,ces gnralits sont des abstractions qui ne se trouvent point dans la vrit des choses singulires1 et la conservation d'un homme debout est diffrente de la conservation d'un homme assis444 ,il faut savoir que la conservation de ,dieu consiste dans cette influence immdiate perptuelle1 que la dpendance des cratures demande4 ,cette dpendance a lieu l'gard non seulement de la substance1 mais encore de l'action1 et on ne saurait peut-tre l'expliquer mieux1 qu'en disant avec le commun des thologiens et des philosophes1 que c'est une cration continue4 ,on objectera que ,dieu cre donc maintenant l'homme pchant1 lui qui l'a cr innocent d'abord444 ,c'est ici qu'il faut considrer cette vrit1 qui a fait dj tant de bruit dans les coles1 depuis que saint ,augustin l'a fait valoir1 que le mal est une privation de l'tre2 au lieu que l'action de ,dieu va au positif444 ,dieu donne toujours la crature1 et produit continuellement ce qu'il y a en elle de positif1 de bon et de parfait1 tout don parfait venant du ,pre des lumires2 au lieu que les imperfections et les dfauts des actions viennent de la limitation originale1 que la crature n'a pu manquer de recevoir avec la premire limitation de son tre1 par les raisons idales qui la bornent4--,ibid41 #aec1 p4 #edi;b-#eej;a2--,ibid41 #afg1 p4 #eec;b-#eed;a2--,ibid41 #cgg et sqq41 p4 #fac;b4 ,note #cge3 ,cette dernire phrase est tire du texte de ,m4 ,boutroux1 la ,monadologie de ,leibniz1 ,paris1 #ahif4 #dc4 ,il est vrai aussi1 qu'en ,dieu est non seulement la source des existences mais encore celle des essences1 en tant que relles1 ou de ce qu'il y a de rel dans la possibilit#cgf4 ,c'est parce que l'entendement de ,dieu est la rgion des vrits ternelles1 ou des ides dont elles dpendent1 et que sans lui il n'y aurait rien de rel dans les possibilits1 et non seulement rien d'existant1 mais encore rien de possible#cgg4 ,note #cgf3 ,ici ,leibniz aborde les preuves a priori2 il en donne deux3 la premire a pour point de dpart la ncessit qu'enveloppe le possible2 la seconde ressort de l'analyse de l'ide mme de ,dieu1 que nous portons originairement au-dedans de nous-mmes4 ,note #cgg3 #bj1 p4 #eji;b-#eaj;a2--,v4 sup44 p4 #fe-ff4 #dd4 ,cependant il faut bien que s'il y a une ralit dans les ,essences ou possibilits1 ou bien dans les vrits ternelles1 cette ralit soit fonde en quelque chose d'existant et d'actuel1 et par consquent dans l'existence de l'tre ncessaire1 dans lequel l'essence renferme l'existence1 ou dans lequel il suffit d'tre possible pour tre actuel#cgh4 ,note #cgh3 ,thod41 #ahd1 p4 #efa;b2--,ibid41 #ahi1 p4 #efb;b2--,ibid41 #cce1 p4 #fja;b4 #de4 ,ainsi ,dieu seul 7ou l'tre ncessaire7 a ce privilge1 qu'il faut qu'il existe1 s'il est possible4 ,et comme rien ne peut empcher la possibilit de ce qui n'enferme aucunes bornes1 aucune ngation et par consquence aucune contradiction1 cela seul suffit pour connatre l',existence de ,dieu a priori#cgi4 ,nous l'avons prouve aussi par la ralit des vrits ternelles4 ,mais nous venons de la prouver aussi a posteriori puisque des tres contingents existent1 lesquels ne sauraient avoir leur raison dernire ou suffisante que dans l'tre ncessaire1 qui a la raison de son existence en lui-mme#chj4 ,note #cgi3 ,v4 sup41 p4 #fd-fe1 l'exposition de cet argument4 ,leibniz le renouvelle de deux faons3 #a en essayant de montrer la possibilit de l'tre infini2 #b en s'appuyant sur la nature des possibles1 qui enveloppent1 d'aprs lui1 une tendance essentielle l'existence effective4 ,note #chj3 ,leibniz rsume ici sa dmonstration de l'existence de ,dieu1 en indiquant les deux sources trs distinctes auxquelles il l'a puise4 #df4 ,cependant il ne faut point s'imaginer avec quelques-uns1 que les vrits ternelles tant dpendantes de ,dieu1 sont arbitraires et dpendent de sa volont1 comme ,des ,cartes parat l'avoir pris et puis ,monsieur ,poiret4 ,cela n'est vritable que des vrits contingentes dont le principe est la convenance ou le choix du meilleur1 au lieu que les vrits ncessaires dpendent uniquement de son entendement et en sont l'objet interne#cha4 ,note #cha3 ,thod41 #ahj-ahd1 p4 #eei;a-#efa;b2--,ibid41 #ahe1 p4 #efa;b-#efb;a2--,ibid41 #cce1 p4 #fja;b2--,ibid41 #cea1 p4 #fje;b-#fjf;a3 444 ,m4 ,bayle a souponn que le nombre des dimensions de la matire dpendait du choix de ,dieu1 comme il a dpendu de lui de faire ou de ne point faire que les arbres produisissent des animaux4 ,en effet1 que savons-nous1 s'il n'y a point des ,globes ,plantaires1 ou des ,terres places dans quelque endroit plus loign de l',univers1 o la fable des ,bernacles d'cosse 7oiseaux qu'on disait natre des arbres7 se trouve vritable1 et s'il n'y a pas mme des pays1 o l'on pourrait dire3 44444 populos umbrosa creavit ,fraxinus1 et fta viridis puer excidit almo4 ,mais il n'en est pas ainsi des dimensions de la matire3 le nombre ternaire est dtermin1 non pas par la raison du meilleur1 mais par la ncessit gomtrique3 c'est parce que les gomtres ont pu dmontrer qu'il n'y a que trois lignes perpendiculaires qui puissent se couper dans un mme point4 ,il est intressant de voir soulever et dbattre1 en plein ,x,v,i,ie sicle1 cette question de la gomtrie plus de trois dimensions1 qui a passionn et passionne encore certains philosophes et mathmaticiens de notre temps4--,ibid41 #chj1 p4 #fad2--,v4 sup41 p4 #ed-ee4 #dg4 ,ainsi ,dieu seul est l'unit primitive ou la substance simple originaire1 dont toutes les ,monades cres ou drivatives sont des productions1 et naissent1 pour ainsi dire1 par des fulgurations continuelles de la ,divinit de moment en moment1 bornes par la rceptivit de la crature laquelle il est essentiel d'tre limite#chb4 ,note #chb3 ,thod41 #chb-cia1 p4 #fad;b et sqq42--,ibid41 #cih1 p4 #fah;b2--,ibid41 #cie1 p4 #fag;b--#fah;a2--sup41 p4 #aai et #aba4 #dh4 ,il y a en ,dieu la ,puissance1 qui est la source de tout1 puis la ,connaissance1 qui contient le dtail des ,ides1 et enfin la ,volont1 qui fait les changements ou productions selon le principe du meilleur#chc4 ,et c'est ce qui rpond ce qui dans les ,monades cres fait le sujet ou la base1 la facult perceptive et la facult apptitive4 ,mais en ,dieu ces attributs sont absolument infinis ou parfaits#chd1 et dans les ,monades cres ou dans les ,entlchies 7ou perfectihabies1 comme ,hermolas ,barbarus traduisait ce mot7 ce n'en sont que des imitations mesure qu'il y a de la perfection4 ,note #chc3 ,thod41 #g1 p4 #ejf;a3 ,cet gard ou rapport d'une substance existante de simples possibilits ne peut tre autre chose que l'acte de la volont qui choisit4 ,et c'est la puissance de cette substance1 qui en rend la volont efficace4 ,la puissance va l'tre1 la sagesse ou l'entendement au vrai1 et la volont au bien4--,ibid41 #adi-aej1 p4 #edh;b-#edi;a ,note #chd3 ,thod41 prf41 p4 #dfi;a3 ,les perfections de ,dieu sont celles de nos mes1 mais il les possde sans bornes3 il est un ,ocan1 dont nous n'avons reu que des gouttes3 il y a en nous quelque puissance1 quelque connaissance1 quelque bont2 mais elles sont toutes entires en ,dieu4 ,l'ordre1 les proportions1 l'harmonie nous enchantent1 la ,peinture et la ,musique en sont des chantillons2 ,dieu est tout ordre1 il garde toujours la justesse des proportions1 il fait l'harmonie universelle3 toute la beaut est un panchement de ses rayons4 ,leibniz humanise non seulement la nature1 mais encore la ,divinit4 ,dieu a tout fait selon son image et ressemblance1 bien qu' des degrs infiniment divers4 #di4 #che,la crature est dite agir au dehors en tant qu'elle a de la perfection1 et ptir d'une autre en tant qu'elle est imparfaite4 ,ainsi l'on attribue l'action la ,monade en tant qu'elle a des perceptions distinctes1 et la passion en tant qu'elle en a de confuses#chf4 ,note #che3 ,leibniz entre ici dans la troisime partie de la ,monadologie1 qui a pour objet l'univers1 considr comme l'uvre de ,dieu4 ,et du n #di au n #ee1 il expose les deux principes qui dominent le sujet tout entier1 et qui sont les suivants3 #a les monades1 en vertu de leur activit exclusivement immanente1 ne peuvent avoir qu'une influence idale les unes sur les autres2 #b ,dieu1 en vertu de sa sagesse et de sa bont1 ne peut choisir1 dans l'infinit des univers possibles1 que celui qui runit le plus de perfection4 ,note #chf3 ,thod41 #cb1 p4 #eac;a2--,ibid41 #ff1 p4 #eba;a3 ,entant que l'me a de la perfection1 et des penses distinctes1 ,dieu a accommod le corps l'me1 et a fait par avance que le corps est pouss excuter ses ordres3 et entant que l'me est imparfaite1 et que ses perceptions sont confuses1 ,dieu a accommod l'me au corps1 en sorte que l'me se laisse incliner par les passions qui naissent des reprsentations corporelles3 ce qui fait le mme effet1 et la mme apparence1 que si l'un dpendait de l'autre immdiatement1 et par le moyen d'une influence physique4--,ibid41 #chf1 p4 #fae4 #ej4 ,et une crature est plus parfaite qu'une autre en ce1 qu'on trouve en elle ce qui sert rendre raison a priori de ce qui se passe dans l'autre1 et c'est par l1 qu'on dit1 qu'elle agit sur l'autre#chg4 ,note #chg3 ,thod41 p4 #eba;a1 #ff4 #ea4 ,mais dans les substances simples ce n'est qu'une influence idale d'une ,monade sur l'autre1 qui ne peut avoir son effet que par l'intervention de ,dieu1 en tant que dans les ides de ,dieu une ,monade demande avec raison1 que ,dieu en rglant les autres ds le commencement des choses1 ait gard elle4 ,car puisqu'une ,monade cre ne saurait avoir une influence physique sur l'intrieur de l'autre1 ce n'est que par ce moyen1 que l'une peut avoir de la dpendance de l'autre#chh4 ,note #chh3 ,thod41 #i1 p4 #ejf;b3 ,chaque chose a contribu idalement avant son existence la rsolution qui a t prise sur l'existence de toutes les choses4--,ibid41 #ed1 p4 #eah;a--,ibid41 #fe-ff1 p4 #eba;a2--,ibid41 #bja1 p4 #efe;b2--,ibid41 ,abrg1 ,object1 #c1 p4 #fbe;b-#fbf2--,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abg1 #ad2--,v4 sup41 p4 #ag et sqq4 #eb4 ,et c'est par l1 qu'entre les cratures les actions et passions sont mutuelles4 ,car ,dieu1 comparant deux substances simples1 trouve en chacune des raisons1 qui l'obligent y accommoder l'autre2 et par consquent ce qui est actif certains gards1 est passif suivant un autre point de considration3 actif en tant1 que ce qu'on connat distinctement en lui1 sert rendre raison de ce qui se passe dans un autre1 et passif en tant1 que la raison de ce qui se passe en lui1 se trouve dans ce qui se connat distinctement dans un autre#chi4 ,note #chi3 ,thod41 #ff1 p4 #eba;a4 #ec4 ,or1 comme il y a une infinit d'univers possibles dans les ,ides de ,dieu et qu'il n'en peut exister qu'un seul1 il faut qu'il y ait une raison suffisante du choix de ,dieu1 qui le dtermine l'un plutt qu' l'autre#cij4 ,note #cij3 ,thod41 #h1 p4 #ejf;a3 ,cette suprme sagesse1 jointe une bont qui n'est pas moins infinie qu'elle1 n'a pu manquer de choisir le meilleur4--,ibid41 #aj1 p4 #ejf;b-#ejg;a2--,ibid41 #dd1 p4 #eae;b-#eaf;a2--,ibid41 #agc1 p4 #eeg2--;,ibid41 #aif et sqq41 p4 #efd;a2--,ibid41 #bbe1 p4 #egc;a2--,ibid41 #dad-daf1 p4 #fbb;b--#fbc4 #ed4 ,et cette raison ne peut se trouver que dans la convenance1 dans les degrs de perfection1 que ces ,mondes contiennent1 chaque possible ayant droit de prtendre l'existence mesure de la perfection qu'il enveloppe#cia4 ,note #cia3 ,thod41 #gd1 p4 #ebb;b2--,ibid41 #afg1 p4 #eec;b-#eed;a2--,ibid41 #cej1 p4 #fje;a-#fje;b2--,ibid41 #bja1 p4 #efe;b-#eff;a4 ,l'on peut dire qu'aussitt que ,dieu a dcern de crer quelque chose1 il y a un combat entre tous les possibles1 tous prtendants existence1 et que ceux qui joints ensemble produisent le plus de ralit1 le plus de perfection1 le plus d'intelligibilit l'emportent4 ,il est vrai que ce combat ne peut tre qu'idal1 c'est--dire il ne peut tre qu'un conflit de raisons dans l'entendement le plus parfait2 qui ne peut manquer d'agir de la manire la plus parfaite1 et par consquent de choisir le mieux4--,ibid41 #acj1 p4 #eda2--;,ibid41 #ceb1 p4 #fjf2--;,ibid41 #cde1 p4 #fjd;a2--,ibid41 #ced1 p4 #fjg;a--,v4 sup41 p4 #aba-abc4 #ee4 ,et c'est ce qui est la cause de l'existence du ,meilleur1 que la sagesse fait connatre ,dieu1 que sa bont le fait choisir1 et que sa puissance le fait produire#cib4 ,note #cib3 ,thod41 #h1 p4 #ejf2--;,ibid41 #gh1 p4 #ebc;b--#ebd;a2--,ibid41 #hj1 p4 #ebd2--;,ibid41 #hd1 p4 #ebe2--;,ibid41 #aai1 p4 #ece2--;,ibid41 #bjd1 p4 #eff2--;,ibid41 #bjf1 p4 #efg2--;,ibid41 #bjh1 p4 #efh;a2--,ibid41 ,abrg1 object4 #a1 object4 #h1 p4 #fbd;a et #fbh;a4 #ef4 #cic,or cette liaison ou cet accommodement de toutes les choses cres chacune1 et de chacune toutes les autres1 fait que chaque substance simple a des rapports qui expriment toutes les autres1 et qu'elle est par consquent un miroir vivant perptuel de l'univers#cid4 ,note #cic3 ,les principes prcdents une fois poss1 ,leibniz pntre dans le cur de la question et dtermine successivement3 ,quel est1 d'aprs sa thorie1 le rapport du simple au simple 7,prop4 #ef-fj72 quel est le rapport du compos au compos 7,prop4 #fa72 et quel est le rapport du simple au compos 7,prop4 #fb-ha74 ,note #cid3 ,thod41 #acj1 p4 #eda2--;,ibid41 #cfj1 p4 #fjh2--,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abg;b1 #ad3 ,et c'est ce qui fait que chacune de ces substances1 reprsentant exactement tout l',univers sa manire1 et suivant un certain point de vue2 et les perceptions ou expressions des choses externes arrivant l'me point nomm1 en vertu de ses propres loix1 comme dans le monde part1 et comme s'il n'existait rien que ,dieu et elle1 7pour me servir de la manire de parler d'une certaine personne d'une grande lvation d'esprit1 dont la saintet est clbre72 il y aura un parfait accord entre toutes ces substances1 qui fait le mme effet qu'on remarquerait si elles communiquaient ensemble par une transmission des espces1 ou des qualits que le vulgaire des philosophes imagine4--,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahe;b2--,v4 sup41 p4 #ai et sqq4 #eg4 ,et comme une mme ville regarde de diffrents cts parat toute autre et est comme multiplie perspectivement2 il arrive de mme1 que par la multitude infinie des substances simples1 il y a comme autant de diffrents univers1 qui ne sont pourtant que les perspectives d'un seul selon les diffrents points de vue de chaque ,monade#cie4 ,note #cie3 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gag;a1 #ab3 ,il suit encore de la perfection de l',auteur suprme1 que non seulement l'ordre de l'univers entier est le plus parfait qui se puisse1 mais aussi que chaque miroir vivant reprsentant l'univers suivant son point de vue1 c'est--dire1 que chaque ,monade1 chaque centre substantiel1 doit avoir ses perceptions et ses apptits les mieux rgls qu'il est compatible avec tout le reste4 #eh4 ,et c'est le moyen d'obtenir autant de varit qu'il est possible1 mais avec le plus grand ordre qui se puisse1 c'est--dire c'est le moyen d'obtenir autant de perfection qu'il se peut#cif4 ,note #cif3 ,thod41 #abj1 p4 #ecf;b-#ecg;b2--,ibid41 #abd1 p4 #eci;a--#edj;a2--,ibid41 #bda et sqq41 p4 #egg2--;,ibid41 #bad1 p4 #egj2--;,ibid41 #bdc1 p4 #egg;b-#egh;a2--,ibid41 #bge1 p4 #ehf;b4 ,tontes ces rfrences portent sur le problme du mal que suggre tout naturellement la thorie du meilleur des mondes4--,v4 aussi sup41 p4 #gb et sqq4 #ei4 ,aussi n'est-ce que cette hypothse 7que j'ose dire dmontre7 qui relve1 comme il faut1 la grandeur de ,dieu#cig2 c'est ce que ,monsieur ,bayle reconnut lorsque1 dans son ,dictionnaire 7article ,rorarius71 il y fit des objections1 o mme il fut tent de croire1 que je donnais trop ,dieu1 et plus qu'il n'est possible#cih4 ,mais il ne put allguer aucune raison pourquoi cette harmonie universelle1 qui fait que toute substance exprime exactement toutes les autres par les rapports qu'elle y a1 ft impossible#cii4 ,note #cig3 ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahf;a4 ,note #cih3 ,dans une note de l'article ,rorarius1 ,bayle adresse deux critiques ,leibniz4 ,il prtend d'abord que le systme de l'harmonie prtablie n'est qu'une autre forme de l'occasionnalisme4 ,la vertu interne et active1 dit-il1 communique aux formes des corps1 selon ,m4 ,leibnitz1 connat-elle la suite d'actions qu'elle doit produire8 ,nullement2 car nous savons par exprience que nous ignorons si1 dans une heure1 nous aurons telles ou telles perceptions2 il faudrait donc que les formes fussent diriges par quelque principe externe dans la production de leurs actes4 ,cela ne serait-il pas le ,deus ex machina1 tout de mme que dans le systme des causes occasionnelles8--,v4 aussi ,thod41 p4 #fai;b1 #djb4 ,en second lieu1 ,bayle observe que1 dans la thorie leibnizienne1 le corps ne sert de rien1 puisque l'me se dveloppe d'elle-mme1 comme s'il n'y en avait pas4 ,note #cii3 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abg1 #ae4 #fj4 ,on voit d'ailleurs dans ce que je viens de rapporter1 les ,raisons a priori pourquoi les choses ne sauraient aller autrement4 ,parce que ,dieu en rglant le tout a un gard chaque partie1 et particulirement chaque ,monade1 dont la nature tant reprsentative1 rien ne la saurait borner ne reprsenter qu'une partie des choses#djj2 quoiqu'il soit vrai1 que cette reprsentation n'est que confuse dans le dtail de tout l'univers1 et ne peut tre distincte que dans une petite partie des choses1 c'est--dire dans celles1 qui sont ou les plus prochaines ou les plus grandes par rapport chacune des ,monades2 autrement chaque ,monade serait une ,divinit4 ,ce n'est pas dans l'objet1 mais dans la modification de la connaissance de l'objet1 que les ,monades sont bornes4 ,elles vont toutes confusment l'infini1 au tout1 mais elles sont limites et distingues par les degrs des perceptions distinctes#dja4 ,note #djj3 ,il y a une raison pour que les ,monades cres aient des ides confuses3 c'est la rsistance de la matire4 ,mais il n'y en a pas pour que leur vue soit limite telle zone de l'univers plutt qu' telle autre4 ,et1 par consquent1 il faut1 en vertu de la loi du meilleur1 qu'elles enveloppent le monde entier dans le champ de leurs reprsentations 7,v4 sur ce point ,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahg74 ,note #dja3 ,le raisonnement que fait ,leibniz du n #ef au n #fj est le suivant3 ,le meilleur des mondes est aussi le plus beau4 ,et le plus beau des mondes est celui qui a le plus de ralit avec le plus d'unit et de varit4 ,or ces conditions se trouvent ralises1 si chaque monade connat l'univers d'un point de vue spcial2 car alors on a un nombre infini de reprsentations infiniment varies d'un seul et mme objet1 qui est le monde entier4 #fa4 ,et les composs symbolisent en cela avec les simples#djb4 ,car comme tout est plein1 ce qui rend toute la matire lie1 et comme dans le plein tout mouvement fait quelque effet sur les corps distans mesure de la distance1 de sorte que chaque corps est affect non seulement par ceux qui le touchent1 et se ressent en quelque faon de tout ce qui leur arrive1 mais aussi par leur moyen se ressent de ceux qui touchent les premiers dont il est touch immdiatement3--il s'ensuit1 que cette communication va quelque distance que ce soit4 ,et par consquent tout corps se ressent de tout ce qui se fait dans l'univers2 tellement que celui1 qui voit tout1 pourrait lire dans chacun ce qui se fait partout et mme ce qui s'est fait ou se fera1 en remarquant dans le prsent ce qui est loign1 tant selon les tems que selon les lieux3 1 disait ,hippocrate#djc4 ,mais une me ne peut lire en elle-mme que ce qui y est reprsent distinctement2 elle ne saurait dvelopper tout d'un coup tous ses replis1 car ils vont l'infini4 ,note #djb3 ,symboliser1 pris au neutre1 est un vieux mot qui signifie3 avoir du rapport avec4 ,note #djc3 ,ce n'est point de l'univers qu'il s'agit ici2 car l'univers ne comprend par lui-mme que des substances simples1 intangibles et closes4 ,leibniz veut parler de la reprsentation de l'univers4 ,c'est seulement en nous qu'il y a du compos4 ,les agrgats ont une existence toute phnomnale4 #fb4 ,ainsi quoique chaque ,monade cre reprsente tout l'univers1 elle reprsente plus distinctement le corps1 qui lui est affect particulirement et dont elle fait l',entlchie2 et comme ce corps exprime tout l'univers par la connexion de toute la matire dans le plein#djd1 l'me reprsente aussi tout l'univers en reprsentant ce corps1 qui lui appartient d'une manire particulire#dje4 ,note #djd3 ,c'est ce qu'exprime la proposition prcdente3 ,tout corps1 y est-il dit1 se ressent de tout ce qui se fait dans l'univers2 tellement que celui1 qui voit tout1 pourrait lire dans chacun ce qui se fait partout1 et mme ce qui s'est fait et se fera1 en remarquant dans le prsent ce qui est loign1 tant selon les tems que selon les lieux4 ,note #dje3 ,thod41 #djj1 p4 #faha;b-#fai;a4--,ainsi on pourrait connatre la beaut de l',univers dans chaque me1 si l'on pouvait dplier tous ses replis1 qui ne se dveloppent sensiblement qu'avec le tems 7,principes de la nature et de la grce1 p4 #gag;a1 #ac74 ,par contre1 tout ce que l'ambition1 ou autre passion fait faire l'me de ,csar1 est aussi reprsent dans son corps3 et tous les mouvements de ces passions viennent des impressions des objets joints aux mouvements internes2 et le corps est fait en sorte que l'me ne prend jamais de rsolution que les mouvements du corps ne s'y accordent1 les raisonnements mme les plus abstraits y trouvant leur jeu1 par le moyen des caractres qui les reprsentent a l'imagination 7,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahe74--,v4 sup41 p4 #ai-bb4 #fc4 ,le corps appartenant une ,monade1 qui en est l',entlchie ou l'me1 constitue avec l',entlchie ce qu'on peut appeler un vivant1 et avec l'me ce qu'on appelle un animal4 ,or ce corps d'un vivant ou d'un animal est toujours organique2 car toute ,monade tant un miroir de l'univers sa mode1 et l'univers tant rgl dans un ordre parfait1 il faut qu'il y ait aussi un ordre dans le reprsentant1 c'est--dire dans les perceptions de l'me et par consquent dans le corps1 suivant lequel l'univers y est reprsent#djf4 ,note #djf3 ,thod41 #djc1 #fai;b-#fbj;a4--,il faut qu'il y ait un ordre dans l'assemblage des parties du corps1 puisqu'il y en a un dans la reprsentation que l'me se fait de l'univers4 ,le corps est donc organis4 ,il l'est toujours2 et plus son organisation est parfaite1 plus l'me1 comme on l'a vu la proposition #bh1 s'lve aisment du confus au distinct4 #fd4 ,ainsi chaque corps organique d'un vivant est une espce de ,machine divine1 ou d'un automate naturel1 qui surpasse infiniment tous les automates artificiels4 ,parce qu'une ,machine1 faite par l'art de l'homme1 n'est pas ,machine dans chacune de ses parties1 par exemple la dent d'une roue de laiton a des parties ou fragmens1 qui ne nous sont plus quelque chose d'artificiel et n'ont plus rien qui marque de la machine par rapport l'usage1 o la roue tait destine4 ,mais les machines de la nature1 c'est--dire les corps vivans1 sont encore machines dans leurs moindres parties jusqu' l'infini#djg4 ,note #djg3 ,un organisme donn enveloppe une infinit de petits organismes1 dont chacun son tour en enveloppe une infinit d'autres1 et ainsi de suite1 sans qu'on puisse jamais trouver1 comme dans une roue de laiton1 des fragments qui soient bruts1 c'est--dire dpourvus de toute marque de finalit4 ,c'est ce qui fait la diffrence entre la ,nature et l',art1 c'est--dire1 entre l'art ,divin et le ntre#djh4 ,note #djh3 ,thod41 #acd1 p4 #edc;b-#edd;a2--,ibid41 #adf1 p4 #edg;b2--,ibid41 #aid1 p4 #efc;b2--,ibid41 #djc1 p4 #faj;b-#fbj;a4 #fe4 ,et l'auteur de la nature a pu practiquer cet artifice ,divin et infiniment merveilleux1 parce que chaque portion de la matire n'est pas seulement divisible l'infini1 comme les anciens l'ont reconnu1 mais encore sous-divise actuellement sans fin1 chaque partie en parties1 dont chacune a quelque mouvement propre3 autrement il serait impossible que chaque portion de la matire pt exprimer tout l'univers#dji4 ,note #dji3 ,v4 ,prlim4 7disc4 d4 l4 conformit44471 #gj1 p4 #dih;b-#dii;a2--,thod41 #aie1 p4 #efd4 ,il y a une infinit de cratures dans la moindre parcelle de la matire1 cause de la division actuelle du continuum l'infini4 ,leibniz donne ici la preuve de l'infinit des organismes que contient chaque corps2 et voici en quoi elle consiste3 ,tout corps est organique2 et la raison1 c'est que le corps est le moyen dont l'me se sert pour se reprsenter l'univers qui est ordonn4 ,d'autre part1 tout corps comprend un nombre infini de parties actuelles4 ,c'est ce que fait voir la divisibilit de toute portion de matire l'infini2 car on ne divise que ce qui a dj des parties actuelles4 ,c'est aussi ce que rvle le rapport que soutient toute portion de la matire avec le reste de l'univers4 ,en effet1 comme on l'a vu plus haut 7prop4 #fj71 toute portion de la matire exprime l'univers qui est infini2 or comment pourrait-elle l'exprimer1 si elle n'avait elle-mme un nombre infini d'lments8 ,il faut donc bien que tout organisme enveloppe une infinit d'autres organismes4--,v4 sup41 p4 #ac et sqq41 p4 #ai-bb4--,v4 aussi la modification apporte cette thse de l'infinit actuelle par ,ch4 ,renouvier1 ,nouv4 ,monadologie1 pp4 #b1 #ac1 #ae1 #af1 ,paris1 #ahii4 #ff4 ,par o l'on voit1 qu'il y a un ,monde de ,cratures1 de vivans1 d'animaux1 d',entlchies1 d'mes dans la moindre partie de la matire4 #fg4 ,chaque portion de la matire peut tre conue comme un jardin plein de plantes1 et comme un tang plein de poissons4 ,mais chaque rameau de la plante1 chaque membre de l'animal1 chaque goutte de ses humeurs est encore un tel jardin ou un tel tang4 #fh4 ,et quoique la terre et l'air intercepts entre les plantes du jardin1 ou l'eau intercepte entre les poissons de l'tang1 ne soient point plante ni poisson1 ils en contiennent pourtant encore1 mais le plus souvent d'une subtilit nous imperceptible4 #fi4 ,ainsi il n'y a rien d'inculte1 de strile1 de mort dans l'univers1 point de chaos1 point de confusions qu'en apparence2 peu prs comme il en paratrait dans un tang une distance1 dans laquelle on verrait un mouvement confus et grouillement pour ainsi dire de poissons de l'tang1 sans discerner les poissons mmes#daj4 ,note #daj3 ,prf4 9999991 #e1 b 999999 b1 p4 #dge;b1 p4 #dgg;b4 #gj4 ,on voit par l1 que chaque corps vivant a une ,entlchie dominante qui est l'me dans l'animal2 mais les membres de ce corps vivant sont pleins d'autres vivans1 plantes1 animaux1 dont chacun a encore son ,entlchie ou son me dominante#daa4 ,note #daa3 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gad;b3 ,chaque substance simple ou ,monade1 qui fait le centre d'une substance compose1 7comme par exemple1 d'un animal7 et le principe de son unicit1 est environne d'une masse compose par une infinit d'autres ,monades1 qui constituent le corps propre de cette ,monade centrale1 suivant les affections duquel elle reprsente1 comme dans une manire de centre1 les choses qui sont hors d'elle4 ,il s'agit ici du corps1 considr d'une manire absolue1 ou plutt de son fondement dans la ralit des choses extrieures2 et non du corps proprement dit1 qui1 pour ,leibniz1 n'est qu'un phnomne comme l'arc-en-ciel4--7,v4 sup41 p4 #bb47 #ga4 ,mais il ne faut point s'imaginer avec quelques-uns1 qui avaient mal pris ma pense1 que chaque me a une masse ou portion de la matire propre ou affecte elle pour toujours1 et qu'elle possde par consquent d'autres vivans infrieurs1 destins toujours son service4 ,car tous les corps sont dans un flux perptuel comme des rivires1 et des parties y entrent et en sortent continuellement4 #gb4 ,ainsi l'me ne change de corps que peu peu et par degrs1 de sorte qu'elle n'est jamais dpouille tout d'un coup de tous ses organes2 et il y a souvent mtamorphose dans les animaux1 mais jamais ,mtempsychose1 ni transmigration des mes#dab3 il n'y a pas non plus des mes tout fait spares1 ni de gnies sans corps4 ,dieu seul en est dtach entirement#dac4 ,note #dab3 ,v4 ,sup41 p4 #adg1 notes4 ,note #dac3 ,thod41 #ij1 p4 #ebg;b2--,ibid41 #abd1 p4 #edj;a2--,v4 sup41 p4 #adg1 notes4 #gc4 ,c'est ce qui fait aussi qu'il n'y a jamais ni gnration entire1 ni mort parfaite prise la rigueur1 consistant dans la sparation de l'me4 ,et ce que nous appelons gnrations sont des dveloppements et des accroissements2 comme ce que nous appelons morts1 sont des enveloppements et des diminutions4 #gd4 ,les philosophes ont t fort embarrasss sur l'origine des formes1 ,entlchies ou mes3 mais aujourd'hui lorsqu'on s'est aperu par des recherches exactes1 faites sur les plantes1 les insectes et les animaux1 que les corps organiques de la nature ne sont jamais produits d'un ,chaos ou d'une putrfaction1 mais toujours par des semences1 dans lesquelles il y avait sans doute quelque prformation1 on a jug que non seulement le corps organique y tait dj avant la conception1 mais encore une me dans ce corps et en un mot l'animal mme1 et que par le moyen de la conception cet animal a t seulement dispos une grande transformation pour devenir un animal d'une autre espce4 ,on voit mme quelque chose d'approchant hors de la gnration1 comme lorsque les vers deviennent mouches et que les chenilles deviennent papillons#dad4 ,note #dad3 ,thod41 #hf1 p4 #ebf;a2--,ibid41 #hi1 p4 #ebg;a2--,prf4 9999991 #e4 b et sqq41 p4 #dge-dgf2--,thod41 #ij1 p4 #ebg2--;,ibid41 #ahg-ahh1 p4 #efb2--;,ibid41 #djc1 p4 #fai--fbj;a2--,ibid41 #cig1 p4 #fah4 #ge4 ,les animaux1 dont quelques uns sont levs au degr de plus grands animaux par le moyen de la conception1 peuvent tre appels spermatiques2 mais ceux d'entre eux qui demeurent dans leur espce1 c'est--dire la plupart1 naissent1 se multiplient et sont dtruits comme les grands animaux1 et il n'y a qu'un petit nombre d'lus1 qui passe un plus grand thtre#dae4 ,note #dae3 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gae;b1 #f3 ,les recherches des modernes nous ont appris1 et la raison l'approuve1 que les vivants dont les organes nous sont connus1 c'est--dire1 les plantes et les animaux1 ne viennent point d'une putrfaction ou d'un chaos1 comme les anciens l'ont cru1 mais de semences prformes1 et par consquent1 de la transformation des vivans prexistans4 ,il y a de petits animaux dans les semences des grands1 qui1 par le moyen de la conception1 prennent un revtement nouveau qu'ils s'approprient et qui leur donne moyen de se nourrir et de s'aggrandir1 pour passer sur un plus grand thtre1 et faire la propagation du grand animal4 ,il est vrai que les mes des animaux spermatiques humains ne sont point raisonnables1 et ne le deviennent que lorsque la conception dtermine ces animaux la nature humaine4 ,et comme les animaux gnralement ne naissent point entirement dans la conception ou gnration1 ils ne prissent pas entirement non plus dans ce que nous appelons mort2 car il est raisonnable1 que ce qui ne commence pas naturellement1 ne finisse pas non plus dans l'ordre de la ,nature4 ,ainsi1 quittant leur masque ou leur guenille1 ils retournent seulement un thtre plus subtil1 o ils peuvent pourtant tre aussi sensibles et aussi bien rgls que dans le plus grand4 ,et ce qu'on vient de dire des grands animaux a encore lieu dans la gnration et la mort des animaux spermatiques plus petits1 proportion desquels ils peuvent passer pour grands2 car tout va l'infini dans la nature4 ,leibniz cherche partout les lments infinitsimaux1 en psychologie et en physiologie1 comme en mathmatiques2 et partout il tire de cette recherche des ides fcondes4 #gf4 ,mais ce n'tait que la moiti de la vrit3 j'ai donc jug1 que si l'animal ne commence jamais naturellement1 il ne finit pas naturellement non plus2 et que non seulement il n'y aura point de gnration1 mais encore point de destruction entire ni mort prise la rigueur4 ,et ces raisonnements faits a posteriori et tirs des expriences s'accordent parfaitement avec mes principes dduits a priori comme ci-dessus#daf4 ,note #daf3 ,thod41 #ij1 p4 #ebg4 #gg4 ,ainsi on peut dire que non seulement l'me 7miroir d'un univers indestructible7 est indestructible1 mais encore l'animal mme1 quoique sa machine prisse souvent en partie et quitte ou prenne des dpouilles organiques4 #gh4 ,ces principes m'ont donn moyen d'expliquer naturellement l'union1 ou bien la conformit1 de l'me et du corps organique4 ,l'me suit ses propres loix1 et le corps aussi les siennes2 et ils se rencontrent en vertu de l'harmonie prtablie entre toutes les substances1 puisqu'elles sont toutes les reprsentations d'un mme univers#dag4 ,note #dag3 ,prf4 9999991 b1 p4 #dge2--,thod41 #cdj1 p4 #fjb;b-#fjc;a2--,ibid41 #ceb-cec-ceh1 p4 #fjf;a--#fjh;a4--,rplique aux rflexions de ,bayle1 p4 #ahe;b3 ,mais outre les principes1 qui tablissent les ,monades1 dont les composs ne sont que les rsultats1 l'exprience interne rfute la doctrine picurienne2 c'est la conscience qui est en nous de ce ,moi qui s'aperoit des choses qui se passent dans le corps2 et la perception ne pouvant tre explique par les figures et les mouvements1 tablit l'autre moiti de mon hypothse1 et nous oblige d'admettre en nous une substance indivisible1 qui doit tre la source de ses phnomnes4 ,de sorte que1 suivant cette seconde moiti de mon hypothse1 tout se fait dans l'me1 comme s'il n'y avait point de corps2 de mme que selon la premire tout se fait dans le corps1 comme s'il n'y avait point d'mes4 ,encore ici1 ,leibniz parle des agrgats de monades qui fondent le corps1 non du corps lui-mme qui n'est qu'un phnomne1 et qui1 par consquent1 tient aux limites de l'activit de l'me4--,v4 aussi sup41 p4 #ai-bb4 #gi4 ,les mes agissent selon les loix des causes finales par apptitions1 fins et moyens4 ,les corps agissent selon les loix des causes efficientes ou des mouvemens4 ,et les deux rgnes1 celui des causes efficientes et celui des causes finales sont harmoniques entre eux#dah4 ,note #dah3 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gad;b1 #c3 ,les perceptions dans la ,monade naissent les unes des autres par les loix des apptits1 ou des causes finales du ,bien et du ,mal1 qui consistent dans les perceptions remarquables1 rgles ou drgles1 comme les changements des corps1 et les phnomnes au dehors1 naissent les uns des autres par les loix des causes efficientes1 c'est--dire1 des mouvements4 ,ainsi il y a une harmonie parfaite entre les perceptions de la ,monade1 et les mouvements des corps1 prtablie d'abord entre le systme des causes efficientes1 et celui des causes finales4 ,et c'est en cela que consiste l'accord et l'union physique de l'me et du corps1 sans que l'un puisse changer les loix de l'autre4 #hj4 ,des ,cartes a reconnu1 que les mes ne peuvent point donner de la force aux corps1 parce qu'il y a toujours la mme quantit de force dans la matire4 ,cependant il a cru que l'me pouvait changer la direction des corps4 ,mais c'est parce qu'on n'a point su de son tems la loi de la nature1 qui porte encore la conservation de la mme direction totale dans la matire4 ,s'il l'avait remarque1 il serait tomb dans mon systme de l',harmonie prtablie#dai4 ,note #dai3 ,prf4 999999994 p4 #dgg;a2--,thod41 #bb1 p4 #eaj2--;,ibid41 #ei1 p4 #eai2 ,ibid41 #fj1 #fa1 #fb1 #ff1 p4 #eai;b-#eba;a2--,ibid41 #cde-cdf et sqq42 p4 #fjd2--;,ibid41 #ced-cee1 p4 #fjg4--,sup41 p4 #cb-cd4--;,ce qu'il y a de permanent dans l'univers1 d'aprs ,leibniz1 ce n'est point le mouvement 7mv71 comme le voulait ,descartes2 c'est la force vive 7mv#b74 ,chacun sait combien l'on a bataill notre poque sur le rapport de l'activit mentale la mcanique2 et tout ce qui parat rsulter de tant d'ardentes et pntrantes discussions1 c'est qu'il y a quelque chose de constant dans l'activit des corps4 ,la question n'est donc pas tranche3 adhuc sub judice lis est4 7,v4 ,fonsegrive1 ,essai sur le libre arbitre1 p4 #bhj et sqq41 ,alcan1 ,paris2 ,clodius ,piat1 la ,libert1 t4 ,i1 p4 #ajh et sqq41 ,lethielleux1 ,paris1 #ahid2 ,m4 ,couailhac1 la ,libert et la ,conservation de l'nergie1 p4 #aah-aee1 ,v4 ,lecoffre1 ,paris1 #ahig4 ,on trouvera dans ces ouvrages le rsum des dbats47 #ha4 ,ce systme fait1 que les corps agissent comme si 7par impossible7 il n'y avait point d'mes1 et que les mes agissent comme s'il n'y avait point de corps1 et que tous deux agissent comme si l'un influait sur l'autre4 #hb4 ,quant aux ,esprits ou mes raisonnables1 quoique je trouve qu'il y a dans le fond la mme chose dans tous les vivans et animaux1 comme nous venons de dire1 7savoir que l',animal et l'me ne commencent qu'avec le monde et ne finissent pas non plus que le monde71--il y a pourtant cela de particulier dans les ,animaux raisonnables1 que leurs petits ,animaux spermatiques tant qu'ils ne sont que cela1 ont seulement des mes ordinaires ou sensitives3 mais ds que ceux1 qui sont lus1 pour ainsi dire1 parviennent par une actuelle conception la nature humaine1 leurs mes sensitives sont leves au degr de la raison et la prrogative des ,esprits#dbj4 ,note #dbj3 ,thod41 #ia1 p4 #ebg;b-#ebh;a2 ,ibid41 #cig1 p4 #fah4 #hc4 ,entre autres diffrences qu'il y entre les mes ordinaires et les ,esprits1 dont j'en ai dj marqu une partie1 il y a encore celle-ci1 que les mes en gnral sont des miroirs vivans ou images de l'univers des cratures1 mais que les esprits sont encore images de la ,divinit mme1 ou de l',auteur mme de la nature1 capables de connatre le systme de l'univers et d'en imiter quelque chose par des chantillons architectoniques#dba1 chaque esprit tant comme une petite divinit dans son dpartement#dbb4 ,note #dba3 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gag1 #ad3 ,il 7l'esprit7 n'est pas seulement un miroir de l',univers des cratures1 mais encore une image de la ,divinit4 ,l'esprit n'a pas seulement une perception des ouvrages de ,dieu2 mais il est mme capable de produire quelque chose qui leur ressemble1 quoiqu'en petit4 ,car1 pour ne rien dire des merveilles des songes1 o nous inventons sans peine1 et sans en avoir mme la volont1 des choses auxquelles il faudrait penser longtems pour les trouver quand on veille2 notre me est architectonique encore dans les actions volontaires1 et dcouvrant les sciences suivant lesquelles ,dieu a rgl les choses 7vondere1 mensura1 numero71 elle imite dans son dpartement1 et dans son petit ,monde o il lui est permis de s'exercer1 ce que ,dieu a fait dans le grand4 ,note #dbb3 ,thod41 #adg1 p4 #edh;a3 ,il 7,dieu7 le laisse faire en quelque sorte dans son petit dpartement1 ut ,spartam quam nactus est ornet4 ,c'est l o le franc arbitre joue son jeu444 ,l'homme est donc comme un petit dieu dans son propre ,monde1 ou ,microcosme1 qu'il gouverne sa mode3 il y fait merveilles quelquefois1 et son art imite souvent la nature444 ,mais il fait aussi de grandes fautes1 parce qu'il s'abandonne aux passions1 et parce que ,dieu l'abandonne son sens444 ,l'homme s'en trouve mal1 mesure qu'il a tort2 mais ,dieu1 par un art merveilleux1 tourne tous les dfauts de ces petits ,mondes au plus grand ornement de son grand ,monde4 ,l'homme1 comme ,dieu1 a l'ternel en perspective4 ,l'homme1 comme ,dieu1 fait des inventions1 soit en comparant les possibles1 soit par le jet spontan des ides dont son me est la source2 et ces inventions changent peu peu la surface de la terre qu'il a reu la mission de conqurir4 ,l'homme1 ainsi que ,dieu1 a pour tendance fondamentale l'amour rationnel du meilleur2 et il s'en approche de plus en plus1 travers ses dfections1 comme par une srie d'arabesques concentriques4 #hd4 ,c'est ce qui fait que les esprits sont capables d'entrer dans une manire de socit avec ,dieu#dbc1 et qu'il est leur gard non seulement ce qu'un inventeur est sa machine 7comme ,dieu l'est par rapport aux autres cratures7 mais encore ce qu'un ,prince est ses sujets et mme un pre ses enfants#dbd4 ,note #dbc3 ,v4 ,syst4 nouv1 de la nature1 p4 #abf2 ,comment4 de anima brutorum1 p4 #dfe;b1 ,,xv2 ,epist4 ad ,wagnerum1 p4 #dff;b1 ,v4 ,principes de la nature et de la grce1 p4 #gag;b1 #ae4 ,note #dbd3 ,syst4 nouv4 de la nature1 p4 #abe;a3 ,c'est pourquoi ,dieu gouverne les esprits1 comme un ,prince gouverne ses sujets1 et mme comme un pre a soin de ses enfans2 au lieu qu'il dispose des autres substances1 comme un ,ingnieur manie ses machines4 #he4 ,d'o il est ais de conclure que l'assemblage de tous les ,esprits doit composer la ,cit de ,dieu#dbe1 c'est--dire le plus parfait tat qui soit possible sous le plus parfait des ,monarques#dbf4 ,note #dbe3 ,ce mot1 pris de saint ,augustin1 a1 dans la langue de ,leibniz1 un sens nouveau3 il signifie le rgne des volonts1 ce que ,kant appelle le rgne des fins4 ,note #dbf3 ,thod41 #adf1 p4 #edg;b--#edh;a2--,ibid41 object4 #b1 p4 #fbe4 #hf4 ,cette ,cit de ,dieu1 cette ,monarchie vritablement universelle est un ,monde ,moral dans le monde ,naturel1 et ce qu'il y a de plus lev et de plus divin dans les ouvrages de ,dieu3 et c'est en lui que consiste vritablement la gloire de ,dieu#dbg1 puisqu'il n'y en aurait point1 si sa grandeur et sa bont n'taient pas connues et admires par les esprits3 c'est aussi par rapport cette ,cit divine1 qu'il a proprement de la ,bont#dbh1 au lieu que sa sagesse et sa puissance se montrent partout4 ,note #dbg3 ,thod41 p4 #ebc;b-#ebd;a1 #gh3 la vrit1 ,dieu formant le dessein de crer le ,monde1 s'est propos uniquement de manifester et de communiquer ses perfections de la manire la plus efficace et la plus digne de sa grandeur1 de sa sagesse et de sa bont444 ,il est comme un grand ,architecte1 qui se propose pour but la satisfaction ou la gloire d'avoir bti un beau palais444 ,mais la gloire1 ainsi comprise1 ne peut exister que s'il y a des esprits pour concevoir les uvres qui la fondent4 ,note #dbh3 ,lettre ,m4 l'abb ,nicaise1 p4 #gib3 ,l'amour a proprement pour objet des substances susceptibles de la flicit1 c'est--dire des esprits4 #hg4 ,comme nous avons tabli ci-dessus une harmonie parfaite entre deux ,rgnes naturels1 l'un des causes ,efficientes1 l'autre des ,finales1 nous devons remarquer ici encore une autre harmonie entre le rgne ,physique de la ,nature et le rgne ,moral de la ,grce#dbi1 c'est--dire entre ,dieu1 considr comme ,architecte de la ,machine de l'univers1 et ,dieu considr comme ,monarque de la ,cit divine des ,esprits#dcj4 ,note #dbi3 ,le rgne physique de la nature comprend la fois la matire et les monades dpourvues de raison4 ,et1 par consquent1 la finalit y entre dj et comme par deux portes3 elle est la loi qui prside au dveloppement tout intrieur des monades2 de plus1 elle est la loi suivant laquelle ,dieu les harmonise du dehors avec leurs corps respectifs et l'univers1 comme on ferait deux horloges4 ,le rgne moral de la grce comprend les monades qui se sont leves jusqu' la raison1 ou esprits4 ,ainsi le rgne moral de la grce ne s'oppose pas au rgne physique de la nature1 il l'achve3 il n'y a plus en lui que de la finalit1 comme dans l'ide distincte il n'y a plus de matire4 ,tout va par degr1 et sans rupture1 de la nature la grce1 ainsi que le veut la loi de continuit4 ,note #dcj3 ,thod41 #fb1 p4 #ebj2--;,ibid41 #gd1 p4 #ebb2--;,ibid41 #aah1 p4 #ecd;b-#ece;a2--,ibid41 #bdh1 #egh;b-#egi;a2--,ibid41 #aab1 p4 #ecc;a2--,ibid41 #acj1 p4 #eda2--;,ibid41 #bdg1 p4 #egh;b4 #hh4 ,cette harmonie fait que les choses conduisent la ,grce par les voies mmes de la ,nature1 et que ce globe par exemple doit tre dtruit et rpar par les voies naturelles dans les momens1 que le demande le gouvernement des esprits pour le chtiment des uns et la rcompense des autres#dca4 ,note #dca3 ,thod41 #ah et sqq41 p4 #ejh;b et sqq42--,ibid41 #aaj1 p4#ecb;b2--,ibid41 #bdd-bde1 p4 #egh;a2--,ibid41 #cdj1 p4 #fjb;b-#fjc;a4 #hi4 ,on peut dire encore1 que ,dieu comme architecte contente en tout ,dieu comme lgislateur1 et qu'ainsi les pchs doivent porter leur peine avec eux par l'ordre de la nature1 et en vertu mme de la structure mcanique des choses2 et que de mme les belles actions s'attireront leurs rcompenses par des voies machinales par rapport aux corps1 quoique cela ne puisse et ne doive pas arriver toujours sur le champ4 #ij4 ,enfin sous ce gouvernement parfait il n'y aurait point de bonne ,action sans rcompense1 point de mauvaise sans chtiment2 et tout doit russir au bien des bons#dcb1 c'est--dire de ceux1 qui ne sont point des mcontens dans ce grand tat1 qui se fient la ,providence1 aprs avoir fait leur devoir1 et qui aiment et imitent comme il faut l',auteur de tout bien1 se plaisant dans la considration de ses perfections suivant la nature du pur amour vritable1 qui fait prendre plaisir la flicit de ce qu'on aime#dcc4 ,c'est ce qui fait travailler les personnes sages et vertueuses tout ce qui parat conforme la volont divine#dcd prsomtive ou antcdente1 et se contenter cependant de ce que ,dieu fait arriver effectivement par sa volont secrte1 consquente et dcisive#dce1 en reconnaissant1 que si nous pouvions entendre assez l'ordre de l'univers1 nous trouverions qu'il surpasse tous les souhaits des plus sages1 et qu'il est impossible de le rendre meilleur qu'il est1 non seulement pour le tout en gnral1 mais encore pour nous mmes en particulier1 si nous sommes attachs comme il faut l',auteur du tout1 non seulement comme l',architecte et la cause efficiente de notre tre1 mais encore comme notre ,matre et la cause finale qui doit faire tout le but de notre volont1 et peut seul faire notre bonheur#dcf4 ,note #dcb3 ,mais ce n'est pas que l'volution des lois de la nature doive parvenir ds la vie prsente cette harmonie totale4 ,il faudra que nous quittions notre guenille pour voir l'accomplissement de la justice 7,v4 sup41 p4 #he-hf74 ,note #dcc3 ,v4 sup41 p4 #hd4 ,note #dcd3 444 ,quand on est bien pntr des grandes vrits de la providence de ,dieu et de l'immortalit de nos mes1 on conte pour peu de chose les plaisirs1 les honneurs et les utilits de cette vie1 qui est si courte et si ingale4 ,le grand avenir est plus capable de toucher1 et celuy qui connat assez les perfections divines pour en tre charm1 est parvenu ce pur amour dont les motifs sont encor plus nobles que tous les motifs des craintes et des esprances futures de l'enfer et du paradis dtaches de la possession de ,dieu ,rflexions sur l'art de connatre les hommes1 p4 #adb-adc4 ,note #dce3 ,cette distinction entre la volont antcdente et la volont consquente est prise de saint ,thomas d',aquin 7,s4 th41 ,i1 ,,xix1 #f1 ad #a2 ,de veritate1 ,,xxiii1 a1 #c1 c74 ,mais ,leibniz l'exprime d'une manire assez neuve4 ,dans le sens gnral1 crit-il1 on peut dire que la volont consiste dans l'inclination faire quelque chose proportion du bien qu'elle renferme4 ,cette volont est appele antcdente1 lorsqu'elle est dtache1 et regarde chaque bien part en tant que bien4 ,la volont consquente1 finale et dcisive1 rsulte du conflit de toutes les volonts antcdentes1 tant de celles qui tendent vers le bien1 que de celles qui repoussent le mal3 comme dans la mcanique le mouvement compos rsulte de toutes les tendances qui concourent dans un mme mobile1 et satisfait galement chacune1 autant qu'il est possible de faire tout la fois 7,thod41 p4 #eaj;b1 #bb2 --,ibid41 p4 #ece;b1 #aai74 ,note #dcf3 ,thod41 #acd fin1 p4 #edd;a3 ,ainsi la nature mme des choses porte que cet ordre de la cit divine1 que nous ne voyons pas encore ici-bas1 soit un objet de notre foi1 de notre esprance1 de notre confiance en ,dieu4 ,s'il y en a qui en jugent autrement1 tant pis pour eux444--,prf41 #d a b1 p4 #dfi2--,thod41 #bgh1 p4 #ehg;a4 ,ces deux derniers textes portent sur l'amour de ,dieu3 ils en montrent la nature et l'efficacit morales4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,philosophie ,,de ,,leibniz ,i4--,,id,e ,,maitresse4 ,,ii--,la substance4--,nature de la substance4--,pluralit des substances4--,communication des substances4 ,,iii4--,l'me4--,origine des reprsentations4--,leurs rapports4--,leur valeur objective4--,existence de la libert4--,nature de la libert4--ducation de la libert4 ,,iv4--,dieu4--,existence de ,dieu4--,le meilleur des mondes4--,origine du mal4 ,v4--,le bien4--,ide de bonheur4--,ide de la valeur des choses4--,les mobiles de nos actions4 ,,monadologie ,i4--,notice4 ,,ii4--,texte et notes4 ,tours1 imp4 ,deslisle ,frres1 #f1 rue ,gambetta4