,bibliothque nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr4 ,,remy ,,de ,,gourmont ,le ,plerin du ,silence ,,mercvre ,,de ,,france ,dix-septime dition ,a ,stphane ,mallarm4 ,le blond troupeau bourdonne autour du fier sultan1 du sultan aux cornes d'argent2 c'est ,tauris1 courtis de plus de collines que l'amour n'amne d'amoureuses1 que la peur ne presse de peureuses aux flancs du mle flamboyant4 ,sur les coupoles1 les arbres font de la dentelle3 ,ali la jaune1 ,hassein couleur de rouille1 ,cazem la toute blanche1 et des lunes brises brillent sur tous les dmes4 ,au plus creux de la vasque sableuse1 deux rivires joignent leurs eaux confluentes1 la verte ,spincha1 douce et trouble au printemps1 non moins qu'un il de femme1 et l',agi1 noir torrent sal4 ,zal mprisait de s'anonchalir aux bazars 7o l'on vend des toffes brodes de contes de fes71 aux cafs 7o de tremblantes mains dfrisent la chevelure parfume des adolescents74 ,quand il avait fait ses dvotions la ,mosque du ,roi du ,monde1 cet inquitant coffret tout doubl d'or1 tout vtu d'or1 il sortait de la ville1 montait vers les ,yeux d',ali1 l'hermitage fleuri de rves1 radieux comme les yeux du plus beau des ,califes4 ,d'autres fois1 l'heure de la moindre chaleur1 il rdait sur la ,grand',place1 s'arrtait devant une danse de loups 7,tauris avait les meilleurs loups-danseurs de toute la ,perse72 devant un combat de bliers1 se ruant frocement tte contre tte 7des paquets de prservatrices amulettes sonnaient leur cou comme des sonnailles72 devant la lutte arienne d'un aigle et d'un pervier3 les deux oiseaux fusaient en l'air1 et tandis qu'tourdi l'aigle ramigeait en vain1 l'pervier1 tel qu'une pierre de foudre1 se laissait choir sur son ennemi1 et tous les deux tombaient avec de grands bruits d'ailes4 ,l'pervier1 gris par les clameurs1 reprenait son vol1 planant et l dans sa joie1 mais l'oiseleur1 d'un coup de tam-tam1 le rappelait vers la cage4 ,un mystrieux escamoteur se montrait priodiquement1 et ses magies1 qui enchantaient les enfants1 dconcertaient les mollahs2 dans une poigne de terre1 un noyau de pche1 et voil que1 sous l'agitation de son turban droul1 le pcher surgissait1 poussait du bois1 des feuilles1 des fleurs1 des fruits qui se gonflaient1 velouts et vermeils4 ,voyant cela1 ,zal se demandait s'il n'est point des mots qui domptent la nature et si l'esprit de certains prdestins n'a pas sur les choses une domination pareille celle du vent sur les sables2 mais1 quand il interrogeait ,yezid-,hagy1 son matre1 le matre souriait1 et rien de plus4 ,depuis longtemps1 prcocement sage1 il avait dlaiss les jeux3 le gaujaph 7qui se joue avec des signes peints sur de petites planchettes71 les ufs 7o l'on choque1 au plus fort1 des ufs durs et dors71 les checs 7o l'on crie cheicchamat1 quand le roi va tre pris71 l'arc 7o on lche douze flches1 en disant la dernire3 ,entre au cur d',omar67 ,il ne se plaisait qu'aux entretiens de ,yezid1 ou solitaire4 ,jusqu'en ces derniers temps1 on l'avait vu royalement habill3 chemise de soie perse seme d'astres d'argent2 jupe en cloche d'un pers assombri1 bombant autour des cuisses2 justaucorps soutach or sur or et doubl avec la laine des moutons de ,bactriane1 plus fine et plus soyeuse que des cheveux de blonde2 jambires en drap gris d'acier talons rouges2 babouches de chagrin pers2 turban blanc somm d'un diamant4 ,zal possdait de semblables costumes combins en jaune orange1 en rose rubis1 en vert lavande1 en vert de mer et en vert aventurine1 mais n'en portait aucun3 la robe noire lui suffisait pourvu qu'elle ft de drap souple1 doucement fourre1 tombante en beaux plis4 ,jadis1 c'tait un jeune homme de mdiocre savoir1 dissipateur et fou1 pourtant inquiet1 tel qu'un avare1 de la richesse intellectuelle dont il portait en lui le sombre trsor4 ,yezid lui enseigna toutes les sciences1 dont la premire1 et celle qui les contient toutes1 est3 ,,le ,,silence1 avec cette formule3 ,,regarde ,,en ,,toi-,m,,me ,,et ,,tais-,,toi4 ,il faut1 lui dit son matre1 un jour1 qu'avant de te vouer la permanente mditation1 avant d'assumer un irrvocable mpris pour le verbe 7qui n'atteint jamais le point central que dform1 dans sa trajectoire1 par la rpulsive paisseur des cervelles humaines71 il faut que tu voies le monde4 ,prends un cheval et des serviteurs1 gagne ,ispahan4 ,c'est le centre de la sottise et de la cupidit universelles1 car la ville est peuple dix fois comme ,tauris1 et l'ignominie natale1 invtre en toute crature1 n'atteint son panouissement parfait qu'au milieu du grouillement tumultuaire des larges capitales4 ,va1 que la monnaie soit ton seul truchement1 et sans profrer aucune syllabe1 tu seras compris4 ,zal se mit en route1 ayant fait le vu du silence4 ,il passa par l'humide ,vaspinge1 strie de ruisselets1 flabelle de peupliers1 brode de la glauque frondaison des saules2--par l',agi ,aga1 o pturent1 le ventre dans l'herbe1 des gnrations de chevaux noirs1 issues du formidable troupeau de cent mille crinires qu'entretenaient l les anciens rois de ,mdie2--par des villages blancs2--par des plaines rouges2--par une montagne bleue4 ,il passa par ,sircham1 le caravansrail des ,sables1 o l'on soupe d'un ragot de chvre1 piment de hiltit noir2--par le pays d',arakayem1 qui n'est que de chardons bleus et de bruyres roses2 par ,zerigan1 la fleur des ruines1 le village acrobate pouss1 comme des girofles sauvages1 d'entre les disjointures des vieux murs crass2--par ,sultanie1 le pays des roses fanes1 des tours penchantes1 des mosques aux dmes crevs1 aux pavs que bousculent les folles herbes1 les hystriques vgtations qui dansent la sarabande dans les temples hants4 ,il passa par ,ebher1 toute en jardin1 nagure perspective de pchers en fleurs1 et dans les cultures3 les tulipes barbares1 les fragiles anmones1 les jasmins grimpeurs les jonquilles1 les narcisses1 les muguets1 les lys1 les illets jaunes et les illets couleur de sang1 les diaphanes mauves et la rose4 ,casbin1 il but du vin violet qui semblait une effusion d'amthystes4 ,kom1 o1 chacun en son clos1 reposent les cinq cents fils d',ali1 il acheta une pe qui ployait comme un jonc1 s'enivra d'eau frachie dans le ventre des oiseaux blancs1 fuma du tabac noir ml du chenevis1 mangea les tartines de graisse de cabri saupoudres de graine de pavot1 dormit sous un platane1 ce qui prserve de la peste1 assista l'autodaf d'un gulbad1 cet arbre magique dont les fleurs empoisonnent le vent1 visita les ,fontaines souterraines et la ,mosque des deux ,rois1 prs de laquelle une enceinte aux grilles sacres emprisonne d'inviolables roses1 nes de la chair de ,fathm4 ,un prtre veillait1 ,zal souriait3 de ses doigts comme distraits des tomans d'or tombrent sur le sable1 et ses yeux fixaient la plus large des roses4 ,le prtre apporta la rose ,zal1 et ,zal1 sans mme la respirer1 l'effeuilla d'une chiquenaude1--content3 car1 pour une simple aumne1 l'incorruptible gardien des inviolables roses avait vendu les roses1 son vu1 la majest des tabernacles et la virginit de la fille de ,mousa1 fils de ,gazer4 ,cachan fut la dernire tape4 ,avant d'entrer dans cette ville redoute1 il avait murmur en lui-mme1 selon l'usage3 ,scorpions1 je suis tranger1 ne me touchez pas4 ,il fut piqu1 guri par une vieille femme qui lui en offrit une jeune4 ,c'tait1 disait-elle1 une assez sauvage gazelle1 vole des vignerons1 mais ,zal apprit la vrit3 ,ma petite maman1 sussura la mignonne1 attendait le voyageur rsolu payer le prix de ma relle beaut1 et c'est toi3 je suis ton esclave4 ,il la fit dflorer par son premier serviteur1 ,thamas1 et1 avant de la rendre humilie aux mains maternelles1 voulut qu'elle subt les fougues barbares de son palefrenier ,piri1 de ,cofrou le muletier et du convoyeur ,mirzatbaer4 ,quelques heures plus tard1 ils touchaient ,ispahan4 ,une petite maison meuble1 pourvue d'esclaves1 lui fut indique2 ,zal l'arrta et chargea ,thamas de l'urgente acquisition de quelques femmes1 car un homme dpourvu de femmes est tax de mauvaises murs3 l'hypocrisie exige un certain dcor1 ,ispahan1 comme ,tauris4 ,elles taient convenables et toutes trois blondes1 mais teintes en brunes1 avec des sourcils d'idoles1 une mouche noire au coin de l'il et une violette au menton4 ,il les habilla magnifiquement1 attacha des pierreries au bout de leurs tresses tombantes1 voulut les chemises de la plus caressante soie1 les manteaux du plus magistral damas1 les voiles de la plus rveuse dentelle2 botes de senteur flottant des chanes d'or1 anneaux tous les doigts et tous les orteils1 colliers de perles1 pendants d'oreilles et boucles de narine1 paquets d'inutiles bagues1 pendulant comme des amulettes1 entre leurs seins4 ,il leur donna un souper3 elles mangrent les dattes de ,jaron conserves en des courges creuses2 des pistaches fricasses au sel2 des pavis1 des grenades blanches et des roses1 des prunes de ,boccara2 des abricots chair rouge dont on grignote l'amande1 le noyau s'ouvrant aisment d'un coup d'ongle2 du raisin bleu cultiv par les ,gubres de ,neyesabad et qui se sert sur un lit de violettes4 ,toutes les trois reurent les faveurs du matre3 elles le souffrirent avec complaisance1 en cratures qui savent que l'homme ne saurait tre le dispensateur d'aucun plaisir et que la femme seule connat les ressorts secrets d'une chair de femme4 ,zal1 dsormais1 les laissa s'amuser entre elles et corrompre leur aise un jeune et divin petit eunuque qu'il leur avait choisi comme joujou4 ,dans un caf1 au milieu des fumeurs d'asium1 des joueurs d'checs1 des dormeurs1 un mollah prchait1 ensuite faisait la qute4 ,tout coup1 se dressant de mme qu'en songe1 un derviche lanait1 d'une puissante voix de hurleur1 un aphorisme sur la vanit du monde1 retombait dans ses prires4 ,le pote conteur1 qui commenait l'histoire de ,moua chez les ,pharaons1 fut interrompu par une troupe de danseuses4 ,elles roulaient des ventres nus1 au nombril peint d'une fleur obscne1 et1 quand les jupes glissaient sur les cuisses1 leur sexe pil faisait songer de grandes fillettes impubres et lascives4 ,calmes1 quelques-unes et quelques turbans disparurent vers le fond du caf2 mais la luxure allait aux jeunes ,circassiens qui apportaient les narghils et les tasses avec de languides allures3 chaque instant le service s'interrompait1 toute cette jeunesse tant en proie1 dans les salons secrets1 de lucratives motions4 ,zal1 qui voyageait pour s'instruire1 ne rsista pas la curiosit de sa race1 mais ces jeunes complaisants joignaient la rapacit de la gueuse la niaiserie de l'enfance3 c'tait des joies vraiment dsolantes1 vraiment trop vocatrices du dsert1 o1 prgrins maudits1 nos dsirs fantmes ne joignent que des spectres4 ,il eut d'autres dsillusions1 il les eut toutes1 car il acheta tout3 il fut cazy1 il fut mocab1 il fut vakanevis1 il fut daroga1 il fut vizir1 il fut chef des ,portes-flambeaux par l'ordre exalt et inexprimable du ,trs-,haut et ,trs-,saint ,seigneur1 vicaire de ,dieu4 ,huit jours aprs1 reprenant son tat de philosophe libre et obscur1 il crivait ,yezid3 ,la vie ne contient rien4 ,le silence mme est inutile4 ,relve-moi de non vu4 ,je veux pouvoir dire aux hommes que je les mprise4 quoi bon6 rpondra ,yezid4 ,ils le savent1 mais tout leur est indiffrent1 hormis la jouissance4 ,il n'envoya aucun messager vers ,tauris4 ,le ciel du soir s'alanguissait1 l-bas1 de fumes amarantes4 ,zal traversa les faubourgs3 de rouges zigaris sommeillaient adosss au mur d'un corps de garde1 et la pointe bleue de leurs bonnets s'inclinait1 semblait saluer les passants4 ,partout1 rasant le sol1 comme un flot1 couvrant les toits d'une neige imprvue1 dressant en l'air des trombes croulantes d'ailes immacules1 des pigeons blancs3 quelques ttes huppes animaient un instant les trous multiples des lourds colombaires4 ,au-del des ,portes du couchant1 la nuit ploya ses noires tarlatanes toiles d'argent ple3 ,zal marchait toujours4 ,il tait bien rellement1 cette heure1 le ,plerin du silence3 aucun grelot ne sonnait dans son crne1 nul verbe ne luisait dans les limbes de sa pense1 et il allait1 gotant la fracheur du soir et la douceur des ngations dfinitives4 ,zal marchait toujours1 et la nuit ployait ses noires tarlatanes lames d'argent lunaire4 ,d'un bois de saules1 une chanson monta3 ,celle qui tient mon cur m'a dit languissamment3 ,pourquoi donc es-tu triste et ple1 mon ,charmant8 ,m'a dit languissamment celle qui tient mon cur4 ,celle qui tient mon cur m'a dit moqueusement3 ,quel miel d'amour a donc englu mon ,charmant8 ,m'a dit moqueusement celle qui tient mon cur4 ,moi1 j'ai pris un miroir et j'ai dit la ,belle3 ,regarde en ce miroir1 regarde1 ma cruelle6 ,et j'ai dit la ,belle1 en brisant le miroir3 ,comme une perle d'ambre attire un brin de paille1 la langueur de ton teint m'appelle1 je dfaille1 ,je suis le brin de paille et toi la perle d'ambre4 ,apportez-moi des fleurs fleurantes et des cinnames ,pour ranimer le cur de mon ,roi qui se pme1 ,des cinnames pour son me et des fleurs pour son cur6 ,zal entra dans le bois de saules4 ,penche vers la fontaine1 une jeune fille emplissait des outres et elle tait charmante1 bras nus1 cheveux rouls et son voile envol4 ,avec de grands yeux calmes1 elle regarda l'inconnu3 ,zal s'approcha1 et1 s'agenouillant toujours muet1 leva vers son menton un pli de sa robe4 ,si tu es le roi1 dit la jeune fille1 retourne en ton palais2 si tu es l'ange visiteur1 remonte au ciel2 mais si tu es un voyageur1 ferme les yeux1 car je suis dvoile4 ,l'outre qu'elle plongeait dans la fontaine lui glissa des mains1 et ses naves lvres se laissrent couvrir par les lvres de ,zal4 ,elle ne parla plus1 et1 dans l'adorable silence des valles endormies1 ,zal1 pour la premire fois1 buvait un peu d'me4 ,maintenant1 blottie aux flancs de l',homme dont elle serrait les genoux de ses bras adorants1 la ,femme redisait passionnment le chant de la ,vierge3 ,apportez-moi des fleurs fleurantes et des cinnames1 ,pour ranimer le cur de mon ,roi qui se pme1 ,des cinnames pour son me et des fleurs pour son cur6 ,zal songeait des paroles de son matre3 ,si tu trouves le ,dsintressement et qu'il ait des vtements d'homme1 prosterne-toi le front dans la poussire4 ,s'il a des vtements de femme1 prends cette femme et rentre en ta maison4 ,ayant song1 il tira sa bourse et la vida dans la robe entr'ouverte1 mais la jeune fille secoua sa robe et pleura4 ,alors1 ,zal rompit son vu2 ,viens1 tu es ,celle que je ne cherchais pas4 ,viens1 et dis-moi ton nom4 --,mon nom est ,amante et je t'aime4 ,dans l'adorable silence des valles endormies1 ,zal pour la premire fois buvait un peu d'me1 et ,amante1 amoureusement1 picorait les pices d'or et une une les fourrait dans sa chevelure4 ,ils taient deux3 au plus creux de la vasque sableuse1 deux rivires joignaient leurs eaux confluentes1 la verte ,spincha1 douce et trouble au printemps1 non moins qu'un il de femme1 et l',agi1 noir torrent sal4 ,ils taient deux3 sur les coupoles les arbres faisaient de la dentelle3 ,ali la jaune1 ,hassein couleur de rouille1 ,cazem la toute blanche1 et des lunes brises brillaient sur tous les dmes4 ,ils taient deux3 le blond troupeau bourdonnait autour du fier sultan1 du sultan aux cornes d'argent3 c'tait ,tauris1 courtis de plus de collines que l'amour n'amne d'amoureuses1 que la peur ne presse de peureuses aux flancs du mle flamboyant4 ,vous tes deux1 dit ,yezid1 avec une ironie qui troubla ,zal1 vous tes deux8444 ,,regarde ,,en ,,toi-,m,,me ,,et ,,tais-,,toi4 ,,le ,,fant,,me ,grec3 chai ,tharh assou ,,th,,ophile ,d',,antioche ,,portail ,aux matines de notre amour le ciel fut blanc et misricordieux3 les mamelles sidrales pandaient vers nos lvres le lait trs intgre du premier rafrachissement1 et vers nos yeux1 les prunelles polaires1 la grce d'une lumire quivalente la transparence de nos dsirs4 ,notre veil avait t par des cloches qui sonnaient dlicieusement en nos ttes et nous appelaient hors de nous3 elles sonnaient en nos ttes et au-dessus de la ville1 comme tous les jours1 et cependant nous ne fmes pas dupes de l'habitude des cloches crpusculaires4 ,nos mes obissantes et joyeuses se rendirent aux irrvocables matines3 les corps frileux attendaient encore encapuchonns de sommeil1 inquiets1 mais consols au fond de leur chair par un espoir de runion1 et la solitude fut tolrable sous la grce du ciel blanc et misricordieux4 ,verset4--,ta jeunesse s'est leve d'entre ses surs et elle est venue moi4 ,je ne te connais pas1 sur1 et ton essence me fait peur4 ,et pourquoi viens-tu toute nue8 ,le corps est la pudeur de l'me3 va te vtir1 car tu confonds mon innocence et tu excites en mon essence la concupiscence de l'amour pur4 ,rpons4--,je veux baigner dans les eaux fraches de ta pense1 sur1 la nudit de mon dsir4 ,tu connatras mon essence si tu m'admets en ta profondeur4 ,laisse-moi3 je tomberai comme une pierre tranchante sur ton sein jamais bless1 et doucement j'irai au fond de toi et tu saigneras si haut que les hautes feuilles en seront clabousses d'amour4 ,verset4--,pourquoi veux-tu faire saigner d'amour l'immatrialit de ma paix8 ,o sur folle et cruelle1 je n'ai ni sein1 ni sang1 et tu n'as ni tranchant ni pesanteur4 ,nous sommes plus intouchables que la trace de l'oiseau dans l'air et plus invisibles que l'odeur des roses4 ,je veux bien t'aimer1 sur folle1 mais va te vtir1 que je te voie6 ,rpons4--,mais tu es nue1 pauvre me1 aussi essentiellement nue que moi-mme1 et tout n'est que mtaphore4 ,si je revts mon corps1 que feras-tu de mon corps1 et de quels yeux contempleras-tu mes yeux8 ,antiphone4--,l'essence est essentielle et la forme est formelle1 mais la forme est la formalit de l'essence4 ,cantique4--,nous mettrons les sept roses aux sept clefs de la viole et l'arc-en-ciel sera les cordes4 ,respire mon odeur1 cur1 je suis odorante et mourante1 la mort des roses en est la cause4 ,respire mon haleine1 reine1 je suis amoureux et peureux1 j'ai peur de ton bonheur1 fleur6 coute mes soupirs1 sire1 mes soupirs ont bris la viole aux sept cordes1 mais j'en ferai sept autres avec mes sept dsirs4 coute mes paroles1 folle1 tes paroles ont bris les cordes de mon cur1 mais j'en ferai sept autres avec tes sept soupirs4 ,regarde dans ma joie1 roi1 les fleurs sont mortes1 la viole est morte1 tout meurt except toi4 ,regarde dans mon ciel1 belle1 les sept couleurs sont mortes de joie1 tout meurt except toi4 ,,le ,,palais ,,des ,,symboles ,la forme est la formalit de l'essence3 nous acquiesmes cet aphorisme antiphonaire que les voix clestes n'avaient pas ni et nous nous apparmes rels1 c'est--dire quilibrs selon l'objectivit la plus commune1 mais non la seule4 ,ce fut d'abord en un salon de hasard1 parmi la cruaut des robes indiscrtes1 et ce milieu nous faisait plir d'ennui4 ,l'enfance y vagissait sous de blonds ou blancs cheveux et de pareilles joies vitulaires lectrisaient les membres ingrats et ceux qui ne l'taient pas encore2 des gens qui avaient assassin leur conscience portaient un signe1 une tache sanguinolente l'endroit du cur2 d'autres ne portaient aucun signe et cependant ils n'avaient pas t moins courageux4 ,cette impression nous fut pnible4 ,je dis ma sur3 --,il leur reste la satisfaction du devoir accompli et la joie de se redire en secret que la perle sociale est toujours une perle1 mme en l'obscurit de sa coquille close4 ,le plaisir d'tre un sclrat peut se savourer jusque dans le silence444 --,non1 ce n'est pas la mme chose3 les mes viles jouissent surtout de l'ostentation de leur vilenie4 ,il leur faut l'estime laquelle elles ont droit2 le silence et l'obscurit les rend inconsolables4 ,quand ma sur eut parl1 je la priai trs simplement de me dvoiler son nom4 ,je suis pierre et fleur1 je suis dure et parfume1 je suis transparente et charnue1 je suis rude et je suis douce1 je suis double et je suis une3 ai-je dit pierre ou fleur1 en disant ,hyacinthe8 ,o gemme de senteur1 floraison adamantine et je ne sais quelle musique de paradis dans les syllabes fraches1 une volupt si dlicate1 des yeux si fraternels o le baiser s'alanguirait au charme de boire un merveilleux ther6 ,nous regardions les jeux de nos pareils1 si dissemblables de nos rves1 et sans nous targuer de la fiert triste des exils nous prouvmes l'tonnement de l'antipathie4 --,vous plaisez-vous vivre8 --,oh6 si peu6 rpondit-elle1 si peu que je ne sais si je vis vraiment4 ,l'uniformit des jours me dcourage comme une squence de notes en l'accord majeur des flicits nulles4 ,j'ai rv d'une blessure qui tombait sur moi d'en haut1 de trs haut1 et je remerciais la ,douleur d'avoir pens mon cur4 ,je fus touche de ce choix accidentel1 mais je vois bien que je ne suis pas lue4 --,la volont du martyre est le martyre lui-mme1 mais pourquoi de tels dsirs8 ,jouissez de vos songes et de votre chair1 et si quelqu'un dit votre nom avec amour1 ne serez-vous pas joyeuse8 --,oui1 d'avoir donn une joie1 mais qui8 ,je voudrais1 si j'aimais1 d'exceptionnelles volupts et aller si loin que l'ternit ft jalouse de ma floraison phmre4 --,l'ternit n'est pas jalouse1 elle est protectrice1 et l'abri de sa permanence est ouvert tout acte significatif3 c'est le palais des symboles4 ,inaccessible aux vanits gostes du geste quotidien1 impitoyable aux prventions ngatives1 son vantail accueille avec charit les esprits1 qui accueillent en eux l',esprit d'amour4 ,et autour du palais1 il y a des tangs d'une invincible strilit3 ceux qui ont dit non tombent l1 et les fourmillements de la putrfaction mme leur sont dnis2 ils deviennent le rien qu'ils voulurent1 et les tangs sommeillent ternellement dans une invincible strilit4 --,palais sans parfum et sans fleurs6 ,o sont les fleurs8 --,elles sont peintes sur les murs4 --,elles sont mortes4 --,elles sont vivantes1--comme des penses6 ,hyacinthe s'immobilisa selon l'ide qui agissait en elle4 ,debout parmi les ombres ples d'une tapisserie1 elle rpta2 --,elles sont mortes6 ,elles sont peintes sur le mur6444 ,parfois il m'a sembl d'tre peinte sur un mur1 morte1 ou vivante pas plus qu'une pense fane1 et des apparences aussi mortes que moi passaient1 passaient--comme maintenant6 ,comme toujours1 n'est-ce pas8 ,suis-je autre qu'une des ombres ples de cette tapisserie morte8 ,ah6 vous n'osez pas dire que je suis vivante8 ,vous ne l'oserez pas1 si vous craignez le mensonge4 --,le privilge de vivre6 ,mais vous seriez la seule1 ,hyacinthe1 la seule entre vos pareilles6 ,vous ne vivrez qu'en celui qui vous aura fait souffrir1--et cela ne suffit pas toujours4 ,o folle plus primitive que les desses abolies1 quelle ambroisie de divinit croyez-vous donc avoir bue par la navet de vos yeux bleus8 ,et mme le ,divin n'a pu vivre que par la souffrance et par la mort3 il vint demander la candeur barbare le crucifiement de ses chairs lues et que son sang vierge1 sous les verges1 les pines1 les clous1 jaillit comme au dsert les eaux fraches des roches attendries4 --,je veux affermir l'ombre que je suis1 dit ,hyacinthe1 je veux me vrifier et je veux m'exalter4 ,oh6 le moyen1 qu'importe1 les ailes de velours de la ,chimre ou le dos rugueux du ,dragon8 ,mais1 je veux1--quoi8 --,abandonne-toi6 --,oui6 ,et pourtant je m'aime1--si rien6 --,tu es prdestine4 --,ne fais pas violence ma volont4 ,,duplicit ,nous allmes vers l'arborescence des piliers tordus dans la crypte4 ,eglise douce et discrte o nous entendmes les enfantines voix de la salutation et les psalmodiements intrieurs de nos curs6 il y avait de l'ombre et des fleurs1 des cierges et de l'encens1 et un grand silence1 un silence d'adoration et de peur lorsque1 sous les plis du suaire marqu de la croix1 la ,victime se levait pour bnir4 --,damase1 me dit ,hyacinthe1 agenouillez-vous et soyez pnitent de mes fautes1 puisque je dois vous appartenir3 ayez soin de mes fins dernires et qu'elles s'achvent en conformit avec les lois de la rdemption4 --,hyacinthe1 je vous chargerai sur mes paules et je vous dposerai aux pieds de la ,misricorde4 --,tu me l'as demand1--je m'abandonne4 --,tout entire8 --,est-ce que je suis deux8 --,il y a la chair et l'esprit4 --,je ne suis ni chair ni esprit1 je suis femme et fantme3 je deviendrai--ce que tu me feras4 --,tu deviendras ce que tu es et tu fleuriras selon la grce de tes bonnes volonts4 ,que puis-je1 sinon te cueillir et te faire sentir le prix de la sve qui sortira de tes blessures8 ,vivre1 c'est en niant toute joie qui n'est que personnelle1 toute douleur goste3 le stupre d'tre seul et de se plaire est le troisime pch1 mais il contient les deux autres4 ,tout entire1--oui3 tu ne dois te refuser ni l'infini1 qui1 en te crant1 t'a choisie1 ni au fini1 qui1 en t'aimant1 t'a trie d'entre la multitude des grains striles4 ,sois la fcondit des adorations et des sourires et rjouis-toi du supplice d'tre crase au pressoir1 pour tre bue1 vin pur1 dispensatrice des ivresses royales4 ,tout entire1 vierge double1--oui3 et sois spiritualise1 beaut charnelle1 et sois ralis1 intellectuel fantme4 ,,le ,,ch,,ur4--,procul recedant somnia ,et noctium phantasmata6 --coute1 la conjuration des voix prie pour la puret de ton sommeil4 ,les mauvais songes s'enfuient mcontents et honteux1 leur laideur cache sous des manteaux couleur de nuit1 et les phantasmes terrifis retombent dans leurs cavernes comme des fumes trop lourdes4 ,endors-toi sur mon paule1 formalit charmante d'une essence que j'ignore1 dors et tu n'auras pas d'autres rves que le rve de rver4 --,je dors4 ,l',,encens ,sa virginit connut l'tonnement d'avoir admis en soi un voyageur compltement inconnu4 ,il avait des faons amicales de s'insinuer1 un air de douce impertinence1 des gestes spcieux et l'aplomb dconcertant de ces gens qui savent leurs forces1 mesurent au juste les consquences d'un coup d'audace4 ,hyacinthe se demandait comment elle avait pu prcdemment profrer tant d'insanits et en couter relatives aux dlires spirituels4 ,comme tout tait devenu clair6 ,des lumires rayonnaient sous ses paupires closes1 et son intellect1 libr des doutes1 planait1 comme un oiseau d'aurore1 dans une atmosphre d'une limpidit blouissante4 ,elle comprit que toutes les vrits1 mme les plus immmoriales1 convergeaient vers un point central de sa chair et que ses muqueuses1 par un ineffable mystre1 renfermaient dans leurs plis obscurs toutes les richesses de l'infini4 ,pendant une seconde presque sculaire elle fut convaincue que sa propre essence avait absorb et dtenait jamais l'essence de tout2 c'tait une possession et une joie si dmesures qu'elle s'vanouit3 son rveil1 elle ne sentit plus rien qu'une grande lassitude et l'insupportable effarement d'avoir t dupe4 ,nanmoins elle se spara sans rancune du chimrique voyageur1 et mme lui voua une certaine amiti comme un compagnon de grandes aventures1 encore que fallacieuses4 ,moi qui l'aimais hautement1 voulais oprer en elle la transposition au mode mineur de mes personnelles et volontaires illusions1 je fus pniblement impressionn1 car elle n'avait rien manifest1 sinon de la surprise4 ,aprs comme avant1 elle se montra pareille1 aussi triste de vivre si peu1 mais d'une tristesse diffrente1 o la dception remplaait l'ignorance4 ,je la questionnai1 mais la sensation tait si loin1 dj1 et si confuse1 qu'elle rpondit1 avec cette franche simplicit convenue entre la noblesse de nos esprits3 ,ce n'est pas bien suprieur manger une pche4 ,comme le plaisir sexuel1 hors les organismes de brutes1 n'est que l'cho et la redondance du plaisir donn1 ma joie diminua jusqu' rien1 jusqu'au rafrachissement d'occasion1 en une promenade1 avec le fruit qui pend au-dessus du mur--et je doutai de la lgitimit d'une telle dfloration4 ,elle avoua cependant tout ce qui tait vrai3 le souvenir d'un envol dans les thers1 mais si imprcis6 ,plus tard1 par la rptition de sensations identiques1 sa mmoire se fortifia et elle put confirmer ma divination4 --,mais1 ajouta-t-elle1 il faudrait la dure1 le toujours4 ,bref1 ou moins bref1 l'instant n'est qu'un instant4 --,et il n'y a que des instants4 ,croire que l'on capte l'infini dans un baiser6 --,alors1 plus6 ,cependant nous recommenmes4 ,la satisfaction physique s'affirma1 mais c'tait ensuite comme une humiliation d'avoir t heureux par de l'inconscience4 ,ces secousses taient ncessaires3 elles nous devinrent une habitude et nous n'y pensmes mme plus gure en dehors du moment mme4 ,ainsi nous y avions mis de la posie en vain et du crmonial6 ,une chapelle prive1 la nuit1 des chants de jeunes filles1 une assistance rvrante aux mystres liturgiques1 un vque vieux et simoniaque peine1 une immdiate installation sous des arbres d'une vnrabilit absolue1 en une maison de jadis1 close au vulgaire3 et rien de sublime1 pas une exceptionnelle volupt6 ,hyacinthe sortait d'une race morte au monde depuis des sicles4 ,fleur d'automne et la dernire1 elle accumulait en son parfum tout l'esprit de cette sve tardive1 mais la jeunesse de ses nuances avait quelque chose d'une teinte inaccomplie1 faute de soleil1 rose penche sur une rivire d'ombre4 ,quand elle marchait1 elle avait l'air d'tre enveloppe et porte par un souffle de mystre qui jouait dans ses cheveux blonds1 comme le vent soulve et anime les touffes tombantes des viornes1 le long des haies d'octobre4 ,destine par la pleur de sa nature de perptuelles dceptions1 elle n'en souffrait qu'un instant1 se rsignait4 ,je pouvais la comprendre1 moi1 que des folies leurraient sans repos1 qui les ralits extrieures1 crbralement exagres d'avance1 chappaient toujours quand j'avanais la main vers la cueillaison du rve4 ,motif de dsolation1 oui1 mais valable seulement pour des enfants2 pourtant de telles faillites1 souvent rptes1 finissent par dtruire la native confiance de l'tre en la vie1--et bientt l'on n'avance mme plus la main1 sr de ne ramener vers soi que le vide4 ,au rebours de ce qui est cru1 c'est l une acquisition plutt qu'une perte2 arriv cet tat mental1 l'homme a compris l'inutilit absolue du mouvement1 il se confine en lui-mme1 se trouve enfin apte l'existence srieuse et vraie4 ,il ne s'intresse plus qu' la seule pense1 ses relations avec le monde sont rduites au ncessaire strict1 l'entretien urgent du substratum matriel1 et toutes les questions qui agitent les peuples1 meuvent les individus1 acquirent immdiatement l'importance du ftu qui rvolutionne une fourmilire4 ,hyacinthe tait apte recevoir ces ides3 elle les accepta1 et1 msestimant tout le reste1 nous nous occupmes de nous-mmes et de l'infini4 ,nous-mmes1 c'tait l'amour4 ,spirituellement1 nous ne pouvions nous atteindre qu'en ,dieu1 aprs avoir gravi la montagne mystique1 et l1 souffrir la crucifixion sur la croix de l'ternel ,jsus3 c'est ce que j'avais promis ,hyacinthe et c'est ce qu'elle croyait vouloir4 ,physiquement1 tous les grains de l'encens profane n'avaient pas t brls4 ,je ne voulus pas condamner celle qui m'tait confie l'ignorance ternelle d'un art si gnralement estim1 et1 tout en souhaitant qu'ils lui rpugnassent1 je lui en dvoilai les secrets4 ,la curiosit la soutint dans cette preuve1 et nous puismes avec mthode tous les articles de l'vangile gnostique1 sans que notre sant et notablement flchi4 --,exceptionnelles volupts1 me dit-elle un jour1 soit1 mais tout cela revient au mme et l'quivalence des moyens est certaine puisque le but atteint est toujours identique4 ,de plus1 l'exceptionnel qui se rpte ne diffre pas du banal et enfin les recommencements du fini1 c'est--dire du rien1 ne peuvent jamais donner au total que nant4 ,je suis lasse et triplement dupe1 je suis sans espoir6 ,pourquoi m'as-tu trane dans la honte des pchs abominables8 --,pour que tu sois bien vraiment sans espoir charnel1 pour que tu connaisses l'humiliation d'avoir un sexe insatiable et menteur4 --,si nous continuons1 je te mpriserai4 --,hyacinthe1 ton corps adorable me fait horreur4 --,damase1 tes lvres perverses me font mal aux yeux1 quand je les regarde1--aprs6 --,ton profil est toujours ma joie4 --,damase1 te souviens-tu que nos mes se visitrent1--aux matines de notre amour8 --,oui1 et tu tais pure1--comme le silence6 --,rends-la moi1 ma primordiale puret4 --,la confession est lustrale1 ,hyacinthe4 ,ne viens-tu pas de dire ta honte8--,elle n'est plus4 ,,une ,,voix4--,hostemque nostrum comprime ,ne polluantur corpora6 --,le ,verbe est rpandu dans l'air et l'air1 parfois1 se condense en paroles4 ,la pense des invisibles gardiens est toujours prsente autour de nous et la circonvolution de leurs ailes nous protge charitablement4 ,ils savent nos volonts et les ralisent quand elles ne contredisent pas les normes4 ,leur pouvoir1 c'est la mtaphore de tendre la main et la voix est souvent la grande auxiliatrice3 ils se font entendre s'il le faut4 ,que l'ennemi donc soit absent du cercle de notre communaut et qu' nos corps la souillure soit pargne1--dans l'avenir1 dans le prsent et dans le pass6 --,et dans le pass6 dit ,hyacinthe4 ,que ce qui fut fait soit dfait6 ,pourtant1 je voudrais--me souvenir4 ,je voudrais garder la mmoire des instants o tu pntras dans ma chair pour la glorification--vaine1 mais lumineuse--de ma sensibilit de femme4 ,car1 enfin1 si je suis fantme un peu moins je le dois des insistances corporelles1 et cela compte1 mme pch4 ,et qu'elle me dure aussi1 la mmoire de ton inconscience et de tous nos gestes d'amour et surtout de l'abandon premier si peureux1 avec ses yeux baisss et sa si gauche manire de se dfendre contre la joie de connatre1 la joie de la pomme amre croque deux1 comme des enfants1--et quand c'est mang1 c'est fini6 ,et1 tiens1 duperie ou non1 je t'aime6 ,cantique4--,ecoute mes soupirs1 sire1 mes soupirs ont bris la viole aux sept cordes1 mais j'en ferai sept autres avec mes sept dsirs4 coute mes paroles1 folle1 tes paroles ont bris les cordes de mon cur1 mais j'en ferai sept autres avec tes sept soupirs4 --,tu me rjouis1 ,hyacinthe1 plus que le parfum des sept roses qui sont les sept volupts2 les roses sont mortes1 mais tu vis1 toi1-- mon amour6 ,oui1 comme tu l'as dit3 tout entire6 ,et pourquoi nous fcher contre les dfaillances du rel et ne pas nous plaire mme l'absurde qui nous trompe1 si c'est par des caresses8 ,nous savons que la sensation ne donne rien3 amusons-nous pourtant ce rien1--qui est tout dans le moment o il surgit en nos imaginations et restons franchement contradictoires1 afin de pouvoir sourire de nous-mmes aux occasions tragiques4 --,duperie1 ou non1 je t'aime1 rpta ,hyacinthe4 ,et toi aussi1 n'est-ce pas8 ,alors1 soyons l'un pour l'autre une agrable odeur4 ,elle me baisa sur la bouche et nous nous exaltmes de la meilleure foi du monde4 ,l',,orgue ,o face adorable qui avez rjoui dans l'table les anges1 les pasteurs et les mages6 ,a genoux devant rien1 au milieu de sa chambre1 la tte entre ses mains1 droule vers ses reins l'innocence de ses cheveux ples1 elle profrait avec une grande puret de voix cette jaculation pieuse et la rptait toujours la mme1 telle que la strophe amoureuse d'un chapelet4 ,j'attendais la suite2 il n'y en eut pas1 et elle se releva pour me sourire et me dire3 --,je prie par la musique des mots4 ,cette phrase trouve en un ancien livre n'a-t-elle pas quelque chose d'assez doux et d'assez fort pour briser les portes de la ngation et attendrir mme1 selon l'harmonie de sa grce vocale1 l'oreille aux aguets du ,seigneur ,jsus8 ,oui1 l'attendrir1 pour que tout y passe1 les litanies de mes peines secrtes et l'anxit de faire ta joie444 ,et puis je songe la ,dame du trs vieux temps1 la dame ,vronique qui gagna par son bon cur le privilge d'un mouchoir miraculis4 ,oh6 entre toutes que je fusse celle-l1 et m'carter de la foule contente d'un spectacle et venir vers celui qui porte sa croix et doucement1 comme d'une anglique main1 essuyer la sueur sacre de la ,face adorable6444 ,et sur les images1 on me verrait1 debout mi-cte1 avec mes pieds la triste ,jrusalem1 dployant pour l'tonnement des ,juifs stupides l'empreinte inestimable1 et le condamn monte vers le sommet du monde1 aux yeux de tous il souffre1 il meurt1 et moi je demeure l1 les bras tendus afin que l'on vnre ce que je porte1 et mon altitude survit la rsurrection--car je suis la sixime station du chemin de la ,croix6 ,je rpondis avec une ironie qui la dconcerta3 --tre1 n'est-ce pas1 une figure historique1 afin de vous faire peindre fresque par ,fra ,angelico1 et votre nom crit sur une banderolle et rpt1 en une antienne apocryphe et indulgencie1 par des anges que le thorbe accompagne8 --,eh bien1 oui6 reprit-elle en rougissant4 ,vous m'auriez choisie entre plusieurs peintures au lieu d'entre plusieurs femmes1 et ne m'auriez-vous pas aime tout autant8 --,tout autant4 --,peut-tre plus8 --,peut-tre plus4 --,et j'aurais peut-tre dvoil votre contemplation1 rien que par mon genre de regard1 toujours le mme1 une me plus agrable et certainement moins discordante1 plus facile satisfaire et moins embarrasse1 sre de toujours vous plaire et pas effare de tout comme je suis1--car1 je puis bien vous le confier1 ,damase1 je ne comprends rien ni vous1 ni la vie1 ni moi1 ni rien4 --,hyacinthe1 l'orgueil de vouloir comprendre est dangereux1 immoral et1 de plus1 dmod4 ,la devise moderne 7la dernire7 n'est-elle pas3 ,marcher1 sans savoir pourquoi1 et le plus vite possible1 vers un but inconnu8 ,agir et penser sont des contraires qui ne s'identifient que dans l',absolu4 ,beaucoup de gestes1 remuer la tte1 remuer les bras1 remuer les jambes1--sans pourtant ressembler expressment un pantin1--accomplir ces mouvements avec la scurit que donne le sentiment du droit1 voil ce qui est recommand par-dessus tout4 ,soyons des citoyens de l'activit universelle et oublions de prendre conscience de nous mmes4 ,le cheval aveugle galope sans hsitation1 car1 ignorant d'o il vient1 il ignore o il va3 crevons-nous les yeux4 --,vous manquez d'indulgence1 ,damase4 ,il ne faut pas me traiter par l'ironie1 cela me fait souffrir4 --,plus tu sauras1 plus tu souffriras4 ,l',absolu a souffert absolument1 peut-tre encore6 ,une infinie tristesse s'est rpandue sur le monde1 et d'o1 sinon d'en haut8 ,songe la douleur divine1 aprs la vanit du rachat1 vain comme la vanit qu'il rachetait6 ,le sacrifice fut incompris1 hors de quelques-uns qui n'ont aujourd'hui que des hritiers obscurs1 imbciles ou dsarms4 --,pensons nous-mmes1 dit ,hyacinthe4 --,oui1 soyons gostes et nous serons peut-tre sauvs4 ,le salut est personnel4 ,nous d'abord1 et dlestons de toute fraternit inutile le vol de la chimre qui nous emporte aux toiles4 --,ne devons-nous pas aimer les autres8 --,nous ne devons pas aimer les mauvaises volonts3 elles se sont1 d'elles-mmes1 mises en dehors de l'amour4 ,mais il n'est pas ncessaire de les har ni de les mpriser4 --,je voudrais1 dit ,hyacinthe1 les aimer quand mme1--un peu4 --,non1 ce sont des ngations3 ce serait aimer le mal qu'elles symbolisent4 --,pourtant j'aime les btes4 --,les btes sont innocentes4 --,ah6 nous allons devenir bien pharisiens6 ,cette remarque m'interdit1 car ,hyacinthe avait raison1--relativement4 ,pratique1 telle que toute femme1 elle ne voulait pas fermer le cercle sans espoir de solution2 il lui fallait garder une possibilit de cousinage avec l'humanit4 ,je lui concdai son dsir pour le cas o nous serions devenus l'un pour l'autre des sachets empoisonns4 ,toutefois1 je repris3 --,en toute religion1--mme en celle que nous pratiquons 7oh6 surtout en paroles1 comme des gens que l'acte dconsidre1 au moins momentanment1 leurs propres yeux7--il y a un sotrisme1 un mystre qui1 une fois pntr1 dispense le fidle de toute charit mdiate4 ,n'ayant plus de relations qu'avec l',infini1 il s'abstrait de la cration1 n'est tenu envers ses frres1 mauvais ou bons1 aucune sorte d'amour effectif ou thorique3 c'est l'tat d'indiffrence1 la nuit de la volont1 l'un des stages de la nuit obscure de l'me qui comprend galement l'anantissement sensuel et l'anantissement intellectuel1--prologue de la vie en ,dieu1 pnultime station avant la vision batifique4 --,et quel est1 dit ,hyacinthe1 ce mystre pntrer8 --,a peine si c'est un mystre1 ,hyacinthe1 moins que l'vidence n'ait droit1 elle aussi1 ce nom plus prostitu qu'une conscience d'vque4 ,il s'agit tout simplement de la science du nant1 qui s'acquiert plutt par un acte de foi que par une dduction logique1--bien qu'en somme son acquisition soit le but dernier de la logique elle-mme4 ,mais1 vous avez dit vrai1 il y aurait du pharisasme croire que nous avons conquis cette connaissance suprme6 --,pourquoi donc1 ,damase8 --,ne sommes-nous pas des sexes8 --,oui1 oui6 cria-t-elle1 oui6 ,j'y tiens1 au mien et au tien4 ,il n'y a que cela que je comprenne1--presque6 et encore cela m'attriste4 --,je le sais1 petite adorable menteuse1 tu me l'as dj dit3 cela t'attriste--aprs6 ,tu fais semblant de m'couter et tu penses des baisers4 ,tu n'es--comme les autres--qu'une gane6 --,h6 puis-je pas tre cela1 et autre chose en mme temps8 ,je suis une gane pour tes ides1--et elles sont rudes1 parfois1 tel qu'un mauvais rve4 --,tu es fallacieuse6 --,n'est-ce pas ton dsir1 ,damase8 ,ne dois-je pas tre pour toi une illusion8 ,nous tions sortis de la chambre et de la maison1--accueillis avec la dfrence due aux seigneurs par la vieille avenue de htres respectueuse et solennelle3 et reconnaissants aux nobles arbres nous marchions avec une lenteur comme de procession1 d'accord avec le ploiement des larges branches que le vent1 une une1 inclinait vers nos ttes4 ,l'orgue vaste chantait3 nous coutions1 et nos oreilles accoutumes distinguaient le bruit des hautes et des basses feuilles1 les dires du htre1 des peupliers1 des pins et des chnes circonvoisins4 ,l'avenue profrait les notes dominantes et1 dans l'accompagnement prcipit des peupliers1 les pins jetaient leur lamentable plainte et les chnes1 la sonorit grave d'une voix de mle4 ,la chute de la nuit pacifia tous les bruits3 ils semblrent descendre et rentrer dans l'herbe qui1 maintenant1 craquait sous nos pieds4 --,enfin1 dit ,hyacinthe1 o voulons-nous en venir8 --,mais1 rpondis-je1 il me semble qu'une croyance positive et stricte1 par exemple en nous mmes1 en notre utilit absolue et mystique1 librerait notre logique de bien des inconsquences4 ,je crains que nous soyons un peu enclins au jeu4 ,vous tes-vous arrte1 parfois1 en un jardin1 ,paris1 devant de petites immanences1 cheveux dans le cou et jambes nues1 jouant la raquette8 ,et avez-vous pntr le profond srieux1 sous de plaisantes apparences1 avec lequel ces animalcules se renvoient1 en glapissant de volupt1 leurs mes plumes1 leurs volants immortels8 ,au bout de l'avenue des points lumineux apparurent1 deux ou trois1 surgissant comme des fanaux au-dessus de l'immobile mer des choses4 ,silencieusement nous nous arrtmes1 prouvant les incertitudes de l'imprvu1 puis en les maisons devines1 derrire la fentre vive1 nous imaginions de paisibles vies1 heureuses de l'abri et du repos1 dlivres du souci de la pense1 contemplatives de leur douce vgtalit1 lentes au geste et peu de paroles4 ,ah6 qu'il fait bon vivre l o l'on n'est pas4 ,l'glise tait ouverte encore1 personne n'y priait et les tnbres intrieures dormaient sous la lampe ternelle4 ,nos genoux heurtrent l'orgue du chur1 je soulevai la lourde chape de chne et les doigts d',hyacinthe chantrent la gloire triste de vivre dans l'indniable et essentielle obscurit4 ,sans rancune contre les lumires teintes1 contre la noirceur du ciel1 ils demandaient trs humblement pour nos mes une lueur1--oh6 pas davantage6--une syllabe de flamme ple4 ,aux doigts en mouvement1 les pierreries des bagues chatoyaient un peu parmi la pnombre1--ainsi que des penses confuses1 mais vraies3 rien que cette vrit-l1 intermittente et vague1 mais certaine6 ,donc1 je m'levais aux cimes du dsir mtaphysique tout en caressant d'une distraite main les petits cheveux d',hyacinthe et le contour de ses oreilles1 vrit non pas douteuse celle-ci1 mais authentique et d'une certitude si candide6 ,les cheveux taient doux comme des aveux2 ils s'abandonnaient mes doigts et s'enroulaient si navement1 avec tant de bon vouloir me faire plaisir et l'oreille tait si inquitante avec ses mandres et en mme temps si docile mon jeu de manipuler1 et ,hyacinthe tait si bien toute frmissante et si parfaitement isochrne avec le galop de mes pulsations1--que l'orgue se tut4 ,nous observmes le respect d au ,saint ,lieu en nous unissant selon toute la modestie compatible avec les gestes de l'amour4 ,,les ,,images ,regarder des images pieuses1 des reprsentations de saintes dont la face blme s'amincit dans un halo d'or1 d'amantes qui laissrent toute terrestre inquitude oublie entre les lys1 de celles qui firent saigner leur corps1 qui furent folles de leur cur444 --,croyez-vous1 me demanda ,hyacinthe1 qu'elles aient prouv des joies plus pures que nous1 pcheurs1 en notre pch8 ,n'tait-il pas trs pur1 notre pch8 --,hyacinthe1 vous draisonnez4 --,nullement1 ,damase1 je me ralise1 j'affermis mon fantme1 je le reptris dans le ciment des souvenirs sensationnels4 ,cette seule fois il y eut un aprs1 une persistance de volupt1 la permanence d'une caresse qui1 travers la fort des fibres1 avait atteint mon me et l'avait sensibilise1--peut-tre pour toujours6 --,cher enfant gt1 il lui faut le pch6 --,oh6 ceci vous regarde4 ,moi1 je n'ai pas de conscience1 puisque je vous fis don de mon libre arbitre1 et que vous l'accepttes4 --,et si je vous emmne dans les tnbres extrieures8 --,je vous suivrai1 mon ami1 sre d'tre bien partout o je serai avec vous4 ,cela valait un baiser1 que je lui donnai2 ensuite je dis3 --,ce n'tait pas un pch4 --,oh6 par exemple6 ,incrdule1 elle me raillait4 ,il fallut consulter des auteurs1 lui prouver par des textes la vnialit de notre abandon4 ,elle en fut chagrine1 ou bien ce n'tait qu'une vaniteuse feinte1 car je ne lui connus jamais de perversit relle1 une bravade propre m'mouvoir et susciter ma contradiction4 --,le pch1 dis-je1 est toujours mdiocre4 ,c'est1 en soi1 un acte incomplet1 born par sa propre nature et qui n'labore qu'une simagre nulle4 ,contraire la pense divine1 il demeure mi-chemin de la contradiction1 puisque l'absolu dans le mal est impossible1 mme concevoir4 --,je ne cherche pas l'absolu1 moi1 dit ,hyacinthe1 et seules1 mme incompltes1 les sensations me font vivre4 ,je veux bien qu'elles soient vaines1 si leur vanit m'est douce4 ,tu te souviens qu'aux premires initiations je fus due et qu'ensuite telles expriences me contristrent3 eh bien1 d'hier la lumire dure encore1--dans le cur de la modeste peccatrice1 mon cher ,damase4 ,pourquoi8 --,parce que l'ironie est un des lments de la joie et qu'il vous a paru notablement irrespectueux de vous pmer sous la vigie du ,tabernacle1 mais il y a de divines indulgences pour ces distractions2 ce ne fut qu'un manquement l'tiquette1--et le reste1 vous l'imagintes4 --,et quelle diffrence voyez-vous entre l'imaginaire et le rel8 --,subjectivement aucune1 ,hyacinthe1 vous le savez bien4 ,toutefois ces deux sortes de faits1 diffrencis initialement par le verbe1 ne marquent pas l'me des mmes cicatrices3 la pense se nie par la pense1 et l'acte par l'acte4 ,vous n'ignorez pas que le pch se commet selon trois modes3 en pense1 en parole1 en action444 --,et vous croyez vraiment que je pense8 --,peut-tre1 sans le savoir6 ,ayant tudi de prs les femmes1 ,schopenhauer put tablir sa thorie de l',inconscient2 il avait compris que l'intelligence peut concider avec l'automatisme4 ,son ,dieu-,monde est une femme leve l'infini1--genre de ,dieu fort dangereux et sous le gouvernement duquel il faut s'attendre toutes sortes de cataclysmes1 ,dieu inconnaissable pour l'humanit et inconnaissable pour lui-mme4 ,et toi1 petit ,dieu ironique1 je voudrais m'imboire de ta spiritualit1--et je ne puis4 ,tu fuis sous le tranchant de mon intelligence comme les folles herbes marines sous le fil de la faux444 ,hyacinthe semblait distraite aux images444 ,scholastique1 son poing1 mystique pervier1 l',esprit se symbolisait en oiseau familier1 les ailes comme un double bouclier pandues sur les seins de la vierge lue4 ,claire1 ses mains gantes capturent l'ostensoir et ses yeux clairs pleurent des larmes surnaturelles4 ,ida la blanche au chef receint d'pines1 et ,colette1 agnelette gorge par l',amour4 ,sur la croix que porte ,catherine1 des lys ont daign fleurir4 ,christine1 ses paules de grandes ailes surgirent dans la dchirure de la bure1 et ses pieds nus stygmatiss ensanglantaient les dalles du monastre4 --,eh bien1 connais-moi6 profra ,hyacinthe1 en se tordant sur mes genoux selon un rythme tel qu'elle en paraissait dvtue4 ,le divan aux coussins de sinople fut notre intermdiaire4 ,aprs1 elle me garda sur elle une seconde pour me dire3 ,voil comment on peut me connatre1--et pas autrement6 ,,les ,,larmes ,songeant aux sensations fictives et aux visions quivalentes1 il m'arriva de torturer ,hyacinthe trs cruellement4 ,je lui en avais fait la promesse1 mais une native bont d'me et la nouveaut des fatales occupations amoureuses m'aveuglaient et restreignaient jusqu' la navet indulgente mon devoir d'inquisiteur4 ,pharmacoper les mes par la seule drogue qui les purge1 la douleur1--c'est assurment la suprme charit1 mais combien difficile exercer envers les tres que l'on aime6 ,d'innocentes hosties ne sentent pas le prix du martyre immrit1 et quel courage pour braver1 de la bouche qu'on adore1 la vocifration de3 bourreau6 ,hyacinthe accueillerait-elle comme des amies mes mains allumeuses de bchers ou les mordrait-elle1 dents par la rvolte empoisonnes8 ,mais il le fallait1 et j'avais un autre motif3 c'est que les larmes sont toujours un peu rvlatrices du parfum intrieur1 de l'essence enclose dans le flacon secret4 --,hyacinthe1 dis-je1 en secouant le bras vilainement1 un soir que nous revenions d'une promenade par les alles o pleuraient dj les feuilles sches1--que vous tes lourde6 --,oh6 ,par exemple6 ,c'tait le mode familier de son indignation ou de sa surprise4 --,lourde1 ma chre1 on alourdie peut-tre4 ,seriez-vous lasse8 --,de quoi8 --,mais1 de me suivre1 ombre6 ,elle me trouva mchant et s'attrista4 --,ombre6 ,eh bien1 n'est-ce pas mon devoir et ma joie6 ,quand tu m'appelas la vie 7je ne sais comment71 ce fut pour te suivre1 il me semble1 pour te rpliquer selon des modes explicatifs et non contradictoires4--enfin1 pour matrialiser en la substance que je t'apparais1 ton rve d'un autre sexe4 ,est-ce mon rle1 oui ou non8 ,alors1 que me reproches-tu et pourquoi me fais-tu pleurer1--moi ta pense mme8 --,tu es lourde1 parfois1 comme un ennui1--et tu te matrialises trop4 --,je suis ce que tu as voulu1 reprit ,hyacinthe1 et je t'appartiens tellement que de me blmer1 c'est toi-mme que tu offenses4 --,elle n'a donc jamais pens1 l',hyacinthe adore1 dis-je1 en mettant d'atroces sous-entendus d'ironie1 que ce qui a commenc doit finir4 --,je ne sais plus quand j'ai commenc t'aimer1 c'est--dire vivre1 dit ,hyacinthe en tremblant1 mais je ne veux pas finir4 --,imbecilla pluma est velle sine subsidio ,dei4 ,la volont n'existe que conforme la logique la plus haute4 ,si tu m'appartiens1 tu ne peux vouloir4 ,la rbellion d'un fantme6 ,elle devint amre3 --,cependant j'ai une me4 --,on dit aussi l'me d'un violon et l'me d'un soufflet1--mais je vous l'accorde1 ,hyacinthe1 votre me immortelle de femme1 immortellement futile et ngatrice4 ,c'est elle qui me gne et dont les manations s'lvent en fume autour de moi et obscurcissent ma vision de l'infini4 ,si je pouvais t'aviver jusqu' la lumire1 charbon sans flamme1 mais tu restes noir sous mon haleine et tu infestes d'odeurs charnelles le laboratoire de mes dsirs purs4 --,annihile-moi1 ,damase1 pulvrise l'ininflammable charbon1--mais tais-toi1 et qu'en mourant je puisse adorer encore tes lvres muettes6 --,pourquoi t'aimerais-je1 mme en paroles1 puisque tu me damnes et que je le sais8 --,au moins1 ,damase1 ne me spare pas de ta damnation1 et que nous soyons deux--en ,enfer6 --,tu me l'as dj dit4 ,ah6 stupidit des amoureuses excessives4 ,mon ,dieu1 que je sois damne1 pourvu que je vous aime6--n'est-ce pas8 ,mais1 enfant plus irraisonnable que la trajectoire brise d'une ide de fou1--damne1 tu me haras4 ,l'enfer n'est que haine1 et si une lueur de joie phosphorescente irradia jamais les prunelles ddies aux ternelles tnbres1 ce fut dans les yeux morts d'un damn souffrant cte cte avec l'tre pour lequel il ouvrit jadis l'inestimable fontaine de son cur sacrifi4 --,tu me fais peur6 ,tu me fais peur6 ,hyacinthe se jeta mourante dans les bras du tortionnaire4 ,elle se serrait contre la raison mme de son effroi2 elle baisait la main qui l'endolorait1 les rignes qui lui dchiraient les seins1 le sphondylotrobe qui lui crasait les vertbres4 ,ne pouvant peut-tre1 tout an fond d'elle-mme1 me croire si mchant que je me faisais1 elle leva vers mes yeux ses yeux pouvants1 qutant une fuyante tincelle de douceur1 une dbile nuance de consolation prcaire1--mais impitoyable1 je maintenais le srieux triste dont j'avais impos l'esclavage aux muscles de ma face4 ,la baisant au front1 je dis3--,que la plupart des paroles que je prononai soient dissoutes1 mais les dernires1 non4 ,soudain1 je sentis natre et crotre en moi une ide diabolique1--voque sans nul doute par les mots spcieux1 que j'avais antrieurement prononcs4 ,je renversai ,hyacinthe sur le divan o elle tait venue tomber vers moi1 et je dvorai la joie mauvaise de possder une femme paralyse par la terreur4 ,selon de brusques retours1 elle passait de la souffrance au plaisir1 mais sans oublier encore au milieu de la musique des chatouillements sexuels1 le discord des impressions pnibles1 partage entre l'indiscutable violence des actuelles sensations et la peur qu'aprs l'extase le monstrueux tau de la haine ne la capturt entre ses bras de fer pour l'ternit4 ,j'eus le courage de prolonger l'exprience1 dosant avec scrupule les arrts et les mouvements1 variant le rythme pour dconcerter la certitude1 et ,hyacinthe1 effare des contradictions qui martyrisaient sa chair heureuse1 souffrait dlicieusement1 prte mourir d'amour dans un paradis infernal4 ,enfin1 les larmes jaillirent3 je les bus comme de prcieuses perles de sang4 ,,les ,,licornes ,aprs cette crise1 ,hyacinthe m'ayant pardonn1--avec presque l'tonnement que j'eusse besoin de pardon1--nous entrmes rsolument dans la fort mystique1 o ne vivent nulles autres notables btes que les peureuses licornes4 ,comme elles fuyaient devant elle1 secoues par de grands airs ddaigneux1 ce fut pour mon amie une occasion excessivement propice de regretter sa virginit4 ,je lui fis comprendre qu'il y avait un mrite vident en tel regret1 une dorure trs fine pour son me fane1 une parure de repentir peut-tre suprieure mme l'intgrit perdue1 et elle consentit offrir ,jsus l'oblation des plaisirs o elle avait compromis la native candeur de sa toison4 ,de mtaphores en mtaphores1 nous nous levmes au mystre du ,sacrifice4 ,mon ,amour est crucifi--,grec3 ho hemos hers hesthaurtai4 ,le mysticisme tel que nous l'acceptmes nous paraissait la suprme dignit d'une me humaine ddaigneuse d'intermdiaires entre sa noblesse et l'infinie noblesse de ,dieu1 entre sa quotidienne agonie et l'immortelle agonie du ,christ4 ,c'est selon ces dispositions que nous dcidmes d'assister dsormais la messe que chanteraient en nos mmoires le prtre et les diacres choisis parmi les plus sanctifis dont les gestes d'adoration s'lvent entre les lames de plomb des vieux vitraux4 ,,les ,,figures ,cloches1 vases sacrs1 oints1 bnits et baptiss1 trompettes et marteaux de jadis1 semanterions et xylophones1 noles1 campagnes1 airains1 tintinnabules1 cloches1 vases sacrs6 ,la hirarchie est convoque jusqu'au plus modeste1 qui n'est rien et qui va devenir gal en immunit aux plus hauts saints3 il participe au signe de la croix4 ,source lavatoire1 l'eau sale mugit dans le bnitier comme un ocan de conjurations4 ,femmes1 vierges1 clercs1 lais3 il n'y a plus de pnitents captifs sous la symbolique chane d'un dmon de pierre2 il n'y a plus de chur des vierges1 la cloison est abattue et la vierge a perdu la fiert de son tat4 ,il n'y a plus de grilles aux strictes mailles3 le sanctuaire s'est ouvert4 ,le prtre n'est plus vieux par rgle et mme il est jeune et ses cheveux blonds dorent d'un reflet de concupiscence l'il des matrones dvoiles4 ,seul1 le ,pauvre1 liturgiquement1 se tient la porte1 avec le devoir de gmir1 afin que les oreilles heureuses s'pouvantent au cri de l'ternelle misre4 ,des spulcres1 sous les dalles1 s'exhale une odeur de vie permanente2 et des ossuaires1 une radiance d'toiles4 ,les reliquaires contiennent de la poussire d'amour4 ,le chrme a sacr la table de l'autel 7ainsi le trs saint ,jsus se purifie lui-mme7 et1 tel que d'un parterre imprial1 les cierges1 sous l'arrosoir enflamm des acolytes1 vont surgir et fleurir4 ,les anges prient1 humaniss par des simulacres trs raisonnables1 car il est bien vritable qu'ils adorent les parfums essentiels qu'ils gotent les suavits saintes1 qu'ils entendent la parole incre3 ils sont jeunes1 forts1 libres1 plus fconds que les plus puissants reins4 ,ils vont nus1 sans corruption1 et s'ils se vtent1 c'est de la transparence du feu4 ,ange aussi1 l'aigle du lectorium1 aux lvations royales2 anges1 les lions autoritaires et obscurs4 ,,oraison ,jsus1 le grain d'encens fume dans l'encensoir3 la ,victime s'allume et l'oblation future s'accomplit en dsir4 ,elle s'allume et fume et son amour apparat sur la scne du monde3 les ,figures surveillent leurs accomplissements4 ,,le ,,pr,,tre4--,dornavant1 l'eau sera sale et il pleuvra d'incorruptibles roses3 dnudez vos ttes1 ce sont les larmes du ,jsus4 ,,le ,,ch,,ur4--,saint ,esprit1 ,esprit des cimes1 ,esprit radiant4 ,esprit prodigue1 ,lumire6 ,trs bon consolateur1 ,hte trs doux des mes1 ,refuge ombraculaire6 ,,le ,,pr,,tre--,seigneur1 votre ,fils accepta le fardeau de la chair1 je couvre mes paules du joug de la chasuble4 ,introibo4 ,je monterai l'autel1 je monterai vers ,celui qui me rjouira d'une ternelle jeunesse4 ,,oraison ,la droite est la dignit du ,roi1 mais la gauche est rserve l'amour3 c'est l que l'on gote la plnitude des influences excessives4 ,les cheveux de ,jean ont la douceur des mes fraches2 il reoit d'un cur pm les caresses de son ,matre4 ,,le ,,pr,,tre4--,il te bnira1 celui pour qui tu te consumes4 ,ainsi soit-il4 ,,oraison ,la navette est un navire1 les grains d'encens sont l'quipage3 la navette est un navire sans voilure et sans cordage3 la navette est un navire et ses flancs sont gonfls d'or4 ,vierge1 et toi1 ,thurifraire1 tu portes entre tes mains la barque de ,saint-,pierre1 stable et profonde comme le sein de ,dieu4 ,la navette et un navire1 l'or de ses flancs1 ce sont les peuples3 un sacrement les pche et les sauve et les plonge dans la fournaise4 ,la navette est un navire et l'encensoir est la fournaise4 ,,le ,,pr,,tre4--,le parfum s'lve au-dessus des roses1 car les roses moisiront1 mais le parfum des roses est une oblation imputrescible4 ,,le ,,ch,,ur4--,gloire1 gloire1 gloire l',esprit4 ,,pitre ,s4 ,paul1 ,rom4 #bd4 ,c'est pourquoi ,dieu1 selon les convoitises de leur cur1 les a livrs la souillure3 tellement qu'ils ont dshonor leurs propres corps4 ,a cause de cela1 ,dieu les a livrs aux passions de l'ignominie3 car les femmes ont chang l'usage de nature en des usages qui sont contre nature4 ,et pareillement les hommes1 abandonnant l'usage naturel de la femme1 ont l'un pour l'autre brl de dsir1 les mles sur les mles oprant des turpides et recevant en eux-mmes le convenable salaire de leur garement4 ,s,,quence ,,le ,,ch,,ur4--,o verge et diadme du roi de pourpre4 ,tes gemmes ont fleuri en une haute prvoyance1 ds le temps o dans l'homme dormait le genre humain4 ,o fleur1 tu n'as pas germ de la rose1 ni des gouttes de la pluie1 et l'air n'a pas plan autour de toi1 mais tu es ne sur une trs noble verge par l'uvre de la seule ,clart4 ,o verge1 tu as surgi toute en or1 verge et diadme du roi de pourpre4 ,,vangile ,en ce temps-l le ,seigneur1 interrog par une certaine ,salom sur le temps de son rgne1 rpondit3 ,lorsque deux feront un et lorsque ce qui est en dehors sera comme ce qui est en dedans1 et lorsque le mle tant sur la femelle ils ne seront ni mle ni femelle4 ,salom demanda3 ,jusques quand les hommes mourront-ils8 ,le ,seigneur dit3 ,tant que vous autres1 femmes1 vous enfanterez4 ,salom demanda3 ,j'ai donc bien fait1 moi qui n'ai pas enfant8 ,le ,seigneur rpondit3 ,nourrissez-vous de toute herbe1 mais ne vous nourrissez pas de celle qui a de l'amertume4 ,le ,seigneur dit encore2 ,je suis venu pour dtruire les uvre de la femme3 or ses uvres sont la gnration et la mort4 ,,le ,,ch,,ur4--,ainsi soit-il4 ,,pr,,ne ,dieu1 lisons-nous en saint ,denis l',aropagite1 ,dieu n'est ni me1 ni nombre1 ni ordre1 ni grandeur1 ni galit1 ni similitude1 ni dissemblance4 ,il ne vit point1 il n'est point la vie1 ,il n'est ni essence1 ni ternit1 ni temps4 ,il n'est pas science1 il n'est pas sagesse1 il n'est pas unit1 ni divinit1 ni bont4 ,nul ne le connat tel qu'il est et il ne connat aucune des choses qui existent telle qu'elle est4 ,il n'est point parole1 il n'est point pense et il ne peut tre nomm1 ni compris4 ,,oblation ,elle a trouv douze corbeilles dans son hritage1 douze corbeilles de pain bnit4 ,les ,figures sont les gardiennes du mystre1 et toutes les figures obissent au ,symbole4 ,le ventre de la ,femme est un autel d'offrande et la premire station du ,calvaire1 l'habitacle premier choisi par l',hostie2 oblation obscure1 prlude sanglant de ,transfixion4 ,,oraison ,la ,patne apporte la paix4 ,marie1 nimbe de rouge1 lve sous un dais de pourpre l',enfant-,roi1 deux anges offrent la fume procellaire de leurs encensoirs1 et ,jsus aussi s'aurole de sang1 et les anges1 et sur le ciel bleu1 dor par les toiles1 des nues de tonnerre s'amoncellent1 couleur de colre et couleur de paix1 couleur de sang4 ,,antiphone ,le ,roi tait couch1 le ,roi dormait dans son lit royal1 mais le nard de mon amour a pntr son sommeil1 et le ,roi s'est lev et a dit3 ,j'entrerai dans ce corps la bonne odeur et je dormirai l4 ,l',,orgue4--,des tnbres du profond exil1 l'me d'un seul bond s'exalte aux bleus violents de l'esprance1 puis se profuse en laudations couleur de soleil4 ,de glauques ondulations agitent les abmes1 l'ocan de la peur se soulve en vertes cumes1 mais une main parat sur la surface des eaux troubles et d'une cassolette invisible se rpandent d'abondantes fumes violettes4 ,les vagues humaines se gonflent vers le ciel1 et dans les corps transfigurs les curs palpitent comme des roses au vent du matin1 et les yeux sont vraiment de pures amthystes3 des nuages candides drobent les ventres frissonnants d'amour et tout s'apothose dans la blancheur totale4 ,,le ,,ch,,ur4--,o salutaris ,hostia ,qu cli pandis ostium ,,oraison ,magie d'une surnaturalit terrifiante1 puissance absolue1 invincible domination des mots1 merveilleuse fonction des syllabes3 ,verba consecrationis efficiunt quod significant4 ,l'hostie s'lve dans les flammes solaires3 l',agneau demeure et saigne sur la terre4 ,,le ,,pr,,tre4--,souviens-toi1 ,christ1 du sommeil de la paix4 ,accorde-nous la paix du tombeau et le silence sacr des ncropoles4 ,j,,sus-,,christ4--,vous dormirez en paix trois jours1 si vous m'aimez1 et la pierre de vos tombes se brisera1 et vous connatrez la ,vie1 si vous avez connu l'amour4 ,,oraison ,les baisers sont les endormeurs des anciennes querelles1 les baisers sont les pacificateurs corporels4 ,,communion ,chair du ,salut1 ,sang de l'ternelle joie1 soyez la macration de ma chair et l'apaisement de mon sang4 ,je crucifierai mes dsirs sur la croix du calvaire1 je couronnerai mes penses de la couronne d'pines1 j'enfoncerai dans mon ct la lance du renoncement1 je boirai le vinaigre de la drision et nul plaisir jamais n'amoindrira mon me4 ,j,,sus-,,christ4--,le plaisir s'arrte l'unit et les douleurs sont au nombre de sept fois sept4 ,,le ,,ch,,ur--,piti6 ,piti6 ,j,,sus-,,christ4--,tout est consomm4 ,,le ,,pr,,tre4--,ite1 missa est4 ,,vangile ,au commencement tait le ,verbe et le ,verbe tait en ,dieu et le ,verbe tait ,dieu4 ,ds le commencement il tait en ,dieu4 ,toutes choses ont t faites par lui et sans lui rien n'a t fait4 ,en lui tait la vie et la vie tait la lumire des hommes3 et la lumire tait dans les tnbres et les tnbres ne l'ont pas comprise4 ,amen4 ,,le ,,rire ,cette messe1 nous l'entendmes dans un monastre de ,bndictines1 sous un vitrail tel que des feuilles givres1 tombes en une eau d'aube1 parmi la gloire d'un chant blanc crucifi d'or4 ,la grce coula de l'hostie blesse1 quand l'ostensoir fut lev au-dessus des guimpes adoratrices1 et nous tions aveugls par les intarissables flots du sang sacr de la ,rdemption4 ,nous l'entendmes dans l'escurial spulcre des ,carmlites1 parmi la tnbre d'un chant de mort assombri encore de tout le deuil de la grille et du voile1--car il n'y a nulle joie pour qui est enserr par la chair1--et nous tombmes genoux1 crass de stupeur et d'affliction1 prts crier3 pardon6 aux expiatrices de nos plaisirs1 ces mourantes de la perptuelle agonie1 et il nous sembla que de baiser un de ces pieds nus serait un acte1 en soi indulgentiel et absolutoire4 --,l'obligatoire exultation de la ,bndictine1 me dit ,hyacinthe1 est peut-tre plus effroyable encore4 ,il leur faut une somptuosit de cur vraiment dconcertante444 --,oui1 rpondis-je1 mais l'idal d'tre glorieux contrarie moins les instincts humains4 ,il n'est que le dveloppement paradisiaque de la tendance universelle de l'tre s'panouir et jouir4 ,mais vous dites presque vrai3 la joie d'une contemplatrice de la ,rsurrection dpasse la mdiocrit de la femme autant que la tristesse sacre de celle qui uvre dans la nuit perptuelle son propre suaire et le suaire du ,christ444 ,aussi1 songe comme elles sont loin1 ces choses2 au milieu de nous et trangres la marche de nos vies4 ,si nous tions plus de notre temps1 ,hyacinthe1 toi cueillie comme une fleur de jadis dans la flore d'une tapisserie des ,flandres1 et moi qui ai aboli tout contact d'me avec une humanit salissante1--si nous tions vraiment de notre temps1 la seule existence de quelques centaines de ces ddaigneuses vierges serait une insulte notre incontestable modernit4 ,et pour ne pas nous fcher contre ces inoffensives sottes qui n'ont pas su extraire de la vie une seule goutte d'alcool ou de poison1--pour bien leur faire entendre que nous les apprcions telles que des enfants sans exprience1 inaptes la triple jouissance du lit1 de la table et du trteau1--pour qu'aucun doute enfin ne contrecarre nos avantages de citoyens civiliss1 nous nous bornerions rire4 ,l1 je sortis d'un carton une large feuille de papier de ,hollande1 o la main d'un instituteur primaire avait consenti calligraphier pour moi ces lignes prcieuses o palpite 7j'ose le dire7 l'me de la ,france rgnre3 ,illustration3 ,chambre des ,dputs ,dbats parlementaires ,sance du #i dcembre #ahij ,compte rendu officiel ,m4 ,b4441--,les ,carmlites1 congrgation contemplative 7,rires gauche7444 ,hyacinthe fut trs effare de vivre sous le rgne d'une telle stupidit4 ,nous crmes un instant que les temps prdits par ,flaubert s'accomplissaient4 --,que vous importe8 dis-je en remettant dans son carton l'exemple d'criture4 ,nous ne sommes pas solidaires de ces revendications d'imbcillit1 puisque nous les jugeons et puisque nous en souffrons4 ,que la tourbire les enlise et les dvore1 eux1 nos frres3 regardons-les descendre1 et quand le sommet de leur crne vide dpassera seul la ligne de boue1 nous mettrons une lourde pierre dessus1 de crainte que la terre intrieure ne les revomisse1 par dgot4 ,ah6 je voudrais avoir le courage de travailler l'avilissement de mes contemporains444 ,corrompre leurs filles1 quelle bonne uvre6 ,insinuer l'obscne dans les enfantines mains qui caressent la barbe paternelle de ces mufles6 ,les empoisonner au risque de prir nous-mmes4 ,faire comme ces moines espagnols qui buvaient la mort en la faisant boire la canaille franaise violatrice de leur monastre6 ,hyacinthe me calma par des secrets qu'elle partageait avec toutes les cratures d'amour--et nous dormmes4 ,je rvai que1 pour lui pargner le mphitisme de l'heure prsente1 je l'avais voue la clture du ,carmel4 ,le soir1 l'heure de l'office1 j'allais dans la chapelle de nuit couter les voix de tnbres1 et1 parmi toutes les voix voiles de deuil1 je distinguais la voix de ma chre amante1 morte et toujours ,hyacinthe4 ,jamais je ne fis un plus beau rve4 ,,la ,,flagellation ,en notre tude de la thorie mystique1 si parfois des mots scandalisaient mon amie1 je les interprtais son intelligence avec toute la dfrence due aux textes des grands saints4 ,elle apprit que les caresses de la main gauche1 ce sont les premires souffrances1 preuve du sacrifice accept2 et les caresses de la main droite1 tout le manuel sanglant de l'amour3 le baiser des pines1 l'attouchement des lanires plombes1 la morsure adorable des clous1 la pntration charnelle de la lance1 les spasmes de la mort1 les joies de la putridit4 ,nous mditmes sur cette nomenclature4 ,hyacinthe se surexcitait1 mprisait son apparence corporelle et dcide prouver ce mpris par des actes4 ,un soir1 comme je lisais la vie de sainte ,gertrude1 la vierge aux ingnieuses dilections qui eut le divin caprice de remplacer par des clous de girofle les clous de fer de son crucifix--et j'en tais la page o ,jsus lui-mme1 pour charmer sa bien-aime1 descendit vers elle1 et1 la tenant embrasse1 chanta3 ,amor meus continuus1 ,tibi languor assiduus1 ,amor tuus suavissimus ,mihi sapor gratissimus444 ,je cherchais la signification seconde de ces quatre vers1--lorsque ,hyacinthe m'apparut toute nue1 me priant de la flageller4 ,elle tenait la main une discipline de chanoinesse1 sept cordelettes de soie en dtestation des sept pchs capitaux1 et sept nuds chaque corde pour remmorer les sept manires de faillir mortellement dans le mme mode sensationnel4 --,les sept cordes de la viole6 dit-elle en souriant trangement4 ,les roses1 ce seront les gouttes de sang qui fleuriront ma chair4 ,pas plus qu'aucune autre femme de race1 ,hyacinthe n'avait de pudeur1 mais son ardeur pnitencielle seule expliquait la hardiesse de s'illuminer devant moi en plein nu1 sans nul geste de voiler les secrets de sa forme sexuelle peine pubescente4 ,elle tait si jeune encore1 toute frle d'une puret athnienne et si pleine de la grce des inconscientes ves1 que le cur me faillit d'ensanglanter cette innocence4 ,pourtant j'obissais3 des lignes rouges et des points rouges stigmatisrent les paules de mon amie1 ses hanches1 ses reins1 et des piqres s'garaient vers le ventre et vers la candeur des seins peureux4 ,elle s'agenouillait les mains jointes1 se relevait les bras tendus1 courbait le dos1 dressait dans un frisson sa tte ple1 criant quand le flau tardait descendre3 ,encore6 ,encore6 ,je suis sr qu'elle eut l'illusion d'un grave martyre1 d'une fustigation digne d',henri ,suso ou de ,passide1 qu'on trouvait dans leurs cellules vanouis parmi un ruisseau de sang et des lambeaux de chair attachs la ferraille et aux molettes du solide martinet tomb de leurs doigts las1 malgr leur volont de souffrir jamais lasse1--mais j'avais t clment1 voulant bien contenter un caprice1 mais non souiller de cicatrices une peau dont l'intgrit m'tait chre4 ,encore6 ,encore6 ,elle me regarda avec des yeux en route vers l'extase1 des yeux o le blanc1 comme en une clipse1 mangeait dj le rayonnement des prunelles4 ,sous la partielle occultation de l'iris1 des lueurs folles passaient1 o la cruaut1 qui n'tait pas dans le bourreau1 pointait en clairs et en flammes aigus4 ,a ce moment1 elle tait debout4 ,ses bras s'abattirent autour de mon cou et elle tomba1 m'entranant avec elle dans le plus mmorable abme de divagations voluptueuses1--et nous demeurmes tout au fond pour jamais4 ,,les ,,bagues ,ensuite de cette crise de dbauches amres nous permes en nos faces extnues les regards ironiques de ceux qui n'ont plus rien dsirer l'un de l'autre4 ,nous ne parlions plus gure et ,hyacinthe chantonnait avec insistance1 terrasse d'avoir vid1 jusqu' la dernire goutte le calice d'or de ,babylone4 ,ce fut pour moi1 durant ces jours dsenchants1 l'occasion de quelques rflexions dfinitives4 ,je vis tous les dangers du mysticisme deux1 et je me repentis d'avoir associ une femme des imaginations aussi dconcertantes pour la raison et l'quilibre corporel4 ,je sentais que plus j'avais voulu lever mon amie en intelligence et en amour1 et plus elle s'tait complue des chutes et des culbutes2 elle avait l'art et l'audace de clore tous les lans vers en haut par un lan dernier vers en bas1 suivant la logique de sa nature1 videmment plus lourde que l'air spirituel4 ,comme elle tait toujours de mon avis1 guettant mon geste ou mon opinion pour s'y conformer avec ingnuit1 je n'avais finalement acquis sur son essence que des notions ngatives4 ,telle que ce ,fakir qui vidait les courges par le magntisme de son regard1 elle buvait ma pense travers mes yeux1 contredisant d'avance ce que j'allais profrer1 pour se donner ensuite le mrite d'avoir t persuade4 ,hors de moi1 vivait-elle8 ,comment le savoir8 ,trs peu1 d'aprs son aveu1 et je crois que c'tait vrai1 car elle ne manifestait jamais aucun dsir original et tous les mouvements de son me semblaient dtermins inclusivement par la sensation immdiate qu'elle tirait d'un contact intellectuel ou sensuel avec ma personnalit4 ,si le choc avait t trop violent1 ses fibres se congestionnaient assourdies1 les vibrations taient muettes et je ne sentais plus prs de moi qu'un animal obtus et strilement moqueur4 ,c'est ce qui arriva aprs la nuit de la flagellation2 elle retomba dans la scheresse3 plus de dsir physique1 plus d'amour spirituel2 plus de chair1 indiffrence totale4 ,je me trouvais svrement treint dans ce cercle et forc de renoncer mes projets d'ascension mystique1 la corporit devenant la fois1 d'aprs mes expriences et mes observations1 le moyen et l'obstacle1 le moteur et le frein des lvations surhumaines4 ,puisque je m'tais tromp1 il s'agissait maintenant de rendre cette femme son tat normal et de reprendre moi-mme le cours ordinaire d'une vie sans aspirations indiscrtes4 ,mais notre rle tait diffrent1 sans doute3 nous ne pmes russir nous organiser une bonne petite existence bien mdiocre1 bien honnte1--destins de toute ternit au tout-ou-rien1--et le dtachement dfinitif s'accomplit4 ,un soir1 je m'tais agenouill prs du divan1--o elle rvait1 les yeux vagues1 ternellement couche1--et discrtement1 avec l'intention de ne formuler que des plis esthtiques1 j'avais dgraf sa robe des soirs1 tout au long1 et1 bouillonne autour de son corps nu1 l'toffe simulait l'cume du flot qui1 ayant apport l ,hyacinthe1 allait peut-tre la remporter4 ,en une curiosit d'enfant1 je la regardais respirer1 essayant par jeu d'exciter la rvolte les ondulations comprimes1 crasant de la paume la rbellion du ventre2 les seins fuyaient1 disparus1 fleurs de magnolia sous la neige4 ,je m'amusais1 je suivais de l'il et du doigt le cours des veines1 qui allaient se perdre1 comme des ruisselets de sve1 parmi la floraison d'or des jonquilles et des soucis4 --,aimez-vous cette amthyste8 me demanda-t-elle1 en cueillant son doigt une bague ancienne4 ,elle est orientale1 n'est-ce pas8 ,je l'ai retrouve dans mon coffret1 sous un collier de perles4 ,elle se releva1 rajusta nonchalamment sa robe par quelques agrafes de place en place1 et1 vidant sur un morceau de velours noir le coffret aux bagues1 elle les alignait1 les tournait vers la lumire1 les essayait ses doigts4 --,vous plaisez-vous toujours la campagne1 ,damase8 ,oh6 moi1 je voudrais revoir ce grand salon o nous nous connmes1 et mes surs1 les ples filles dcolores par les sicles1 et retourner un peu en ce chur de grces1 et je vous sourirai1 ,damase1 quand vous passerez le long de la vieille tapisserie444 ,la chambre me parut pleine d'ombres funraires4 ,j'ouvris la fentre3 les yeux dans la nuit1 je vis plus loin que la nuit1 et1 les oreilles dans le silence1 j'entendis plus que du silence3 ,les prventives clarts et le son des matinales cloches qui m'avaient guid vers ,hyacinthe2 la connaissance de nos mes antrieure l'union de nos sens2 les premires paroles de mon amie1 d'ironique et si haute raison1 ds l'instant qu'elle eut surgi devant moi1 et son insistance se dire1 quoique vivante1 aussi morte que les apparences tisses avec des laines et colories avec des rves4 ,vivante6 ,je le crus1 puisque je la vouai la ,douleur quand elle-mme se vouait la joie d'utiliser pour des sensations la nouveaut de son sexe1--et puisque je cdai ce double dsir1 qui n'est pas contradictoire1--et puisque je voulus magnifier son me4 ,je la dflorai2 il le fallait1 afin de la faire fleurir3 fut-ce donc une illusion8 ,et quand elle me confiait3 ,ce n'est pas bien suprieur manger une pche1--et quand elle dclarait pourtant vouloir jouir encore de mon contact1--et quand elle tait froisse de certaines manires d'aimer trop ingnieuses1--et quand elle priait1--et quand elle voulait comprendre1--et quand le sacrilge l'exalta1--et quand elle me railla1 en me dfiant de dnouer le nud de sa complexit1--et quand je la fis monter sur la table de torture1--et quand elle pleura--et quand nous gravmes1 mouills de la sueur du pch1 la monte obscure du ,calvaire1--et quand je fustigeai1 sur la nudit de son dos1 l'impertinence de l'ternel fminin1--n'avait-elle pas tous les dons essentiels de la vie8 ,la voix du silence me rpondit3 ,tous les dons essentiels du rve4 ,je quittai la fentre4 ,hyacinthe jouait toujours avec ses bagues4 ,elle tait toute ple3 il me sembla que des rais de lumire passaient au travers de son corps1--de ce corps qui venait pourtant de tmoigner mes mains son vidence charnelle et sa vracit4 ,j'avais froid1 j'avais peur1--car je la voyais1 sans pouvoir m'opposer cette transformation douloureuse1--je la voyais s'en aller rejoindre les groupes des femmes indcises d'o mon amour l'avait tire1--je la voyais redevenir le fantme qu'elles sont toutes4 #aa septembre-#ba novembre #ahia ,,le ,,chateau ,,singulier ,,conte ,,de ,f,,es ,une histoire toute nue1 comme il convient une telle babiole4 ,,sixtine4 ,,vi4 ,figure de rve4 ,,chapitre ,,premier ,aprs que l'on avait longtemps voyag sur le dos maigre d'un aride plateau1 o les bls taient nains1 on descendait1 par une pente insensible1 vers de l'herbe et mme des arbres4 ,une petite rivire1 peine plus grosse qu'un ruisseau1 causait ce changement de climat1 dont se rjouissaient intimement les rares plerins gars jusqu'en ce pays lointain4 ,l'herbe1 mesure que l'on allait1 devenait plus paisse et plus verte2 le long du ruisseau1 elle s'levait si drue et si haute qu' peine si les blanches couronnes des reines-des-prs mergeaient de quelques lignes au-dessus de l'ocan d'meraude2 on ne voyait bien qu'un sombre rideau d'aulnes et de saules sous lequel coulait htive l'eau vive du ruisseau salutaire4 ,jusqu'au ruisseau1 la route durait1 limite par des rigoles1 consolide par de rches graviers2 mais le pont de bois pass 7quelques planches cimentes par de la mousse71 c'tait la prairie1 l'herbe ternelle qui s'en allait en absolue monotonie4 ,un vague sentier se frayait dans la verte mer1 mais les gramens se penchaient et se baisaient au-dessus de la trace dlaisse2 quand on s'y engageait1 les jambes1 en redressant les herbes amoureuses1 faisaient jaillir des tincelles de rose une perptuelle fuse de petits diamants qui s'en allaient tomber et mourir parmi les meraudes1 leurs surs4 ,si une voiture se risquait au del du pont de planches1 le cheval1 comme un homme1 suivait la sente parpillant gnreusement les fugitives joailleries1 et les roues1 mordant l'herbe1 y traaient un sillage passager4 ,c'est ce qui se passa1 quand ,vitalis1 appel par le dsir1 se mit en route pour aller aimer la princesse ,elade1 qu'il n'avait encore vue qu'en songe4 ,rien de plus doux1 d'abord1 qu'une telle traverse2 l'alle la mieux sable est rude en comparaison de cette harmonieuse prairie4 ,vitalis1 certains moments1 quand l'herbe montait jusqu'au-dessus des moyeux1 se croyait en barque port par une mer d'algues et le vent qui venait de loin1 rasant le sommet des profondes vagues1 ajoutait son illusion3 il tait enchant4 ,depuis plusieurs annes dj1 ,elade et ,vitalis changeaient de tendres lettres1 mais si respectueuses que1 pour un tranger1 l'amour y et t indchiffrable4 ,cela aurait pu continuer bien longtemps encore1 car ,vitalis1 heureux de ce commerce subtil1 n'avait jamais souhait de dormir dans les bras de sa belle amie4 ,belle1--il la savait belle1 par la puret de son criture1 la dlicatesse de ses penses1 la finesse rare de son parfum favori2 belle1--mais beaut lointaine et inaccessible1 beaut de madone ou de fe3 il l'aimait en pense seulement4 ,mais ,elade tait femme4 ,elle voulut connatre son bien-aim1 le toucher1 le possder1 car les femmes ont les instincts charmants de l'gosme1 tels qu'ils s'panouissent dans les gestes des enfants encore dnus d'hypocrisie4 ,elle crivit donc ,vitalis3 ,vous terminez vos chres lettres par ces mots qui me troublent et parfois me brlent3--,je vous baise les doigts1--ou1 ,je baise vos blanches mains1--ou1 ,je porte vos mains pures mes lvres1--ou encore par d'autres manires de dire toutes charmantes1--eh bien6 venez faire ce que vous dites1 et non plus seulement par mtaphore1 venez6 ,je vous les tends1 mes deux mains1 et je les donne vos lvres4 ,vitalis1 vous aussi1 donnez vos lvres mes mains4 ,je vous tends les mains et mes mains vous attendent4 ,vitalis fit atteler la voiture--un peu suranne--qui servait sa mre suivre les chasses dans leur fort patrimoniale1 et il partit pour le ,chteau ,singulier4 ,aprs donc qu'il eut franchi le pont de planches et qu'il fut entr dans la prairie indfinie1 il sentit que son cur se mettait battre avec vhmence et1 sans songer que cela pouvait avoir pour cause la crainte de l'inconnu1 il murmura plusieurs fois mi-voix3 ,je l'aime1 je l'aime6 ,je baiserai ses mains1 qui m'ont crit de si douces choses2 je baiserai ses jeux1 qui m'ont tant de fois regard travers les espaces complaisants4 ,elade1 je vous verrai donc1--je verrai donc vos mains1 vos mains6 ,il s'exaltait1 mais pas tant qu'il ne penst au droit chemin et1 comme il sondait l'horizon avec une certaine anxit1 il aperut1 encore assez loin devant lui1 un arbre tout seul4 ,le sentier s'effaait de plus en plus2 il mit le cheval dans la direction de l'arbre4 ,l'arbre portait1 crits sur une planchette1 ces mots consolateurs1 mais illusoires1 car il n'y avait aucun chemin visible3 ,chemin du ,chteau ,singulier4 ,vitalis eut un moment d'angoisse2 mais en cherchant s'orienter1 il aperut encore un arbre1 tout seul1 au lointain4 ,il mit le cheval dans la direction de l'arbre4 ,l'arbre portait la mme inscription3 ,chemin du ,chteau ,singulier4 ,vitalis interrogea une troisime fois l'horizon3 un troisime arbre apparut4 ,longtemps1 longtemps1 ,vitalis alla d'arbre en arbre1 travers l'ocan changeant de la prairie indfinie4 ,quand il avait pass le pont de planches1 le soleil se levait et souriait2 maintenant1 il se couchait et pleurait des larmes de sang4 ,la nuit s'pandit2 le brouillard1 comme une houle invincible1 inonda la prairie indfinie1--et ,vitalis1 perdu dans les tnbres1 s'endormit et rva4 ,il murmurait mi-voix1 tout en rvant3 ,elade1 je vous baise les mains1--je baise vos mains blanches1--je baise vos doigts purs1 je porte vos doigts mes lvres1--je penche mes lvres vers vos adorables mains1 vos mains1 vos mains444 ,,chapitre ,,ii ,quand ,vitalis s'veilla de son sommeil et de son rve1 le brouillard s'tait transmu en lumire et le ,chteau ,singulier1 palais et prison de la princesse ,elade1 barrait de ses lourds et sombres granits l'horizon de la prairie indfinie4 ,nulles murailles1 nulles grilles1 nulles barrires n'en dfendaient les approches1 mais de larges douves l'encerclaient d'une sre protection par l'effroi ininterrompu de leurs eaux profondes et noires4 ,quand ,vitalis arriva au bord des douves1 un bac se dtacha de la rive intrieure et vint s'offrir lui2 il s'embarqua et1 ds qu'il eut abord dans la cour du chteau1 ,elade elle-mme s'avanait sa rencontre4 ,sans peur et sans simagres1 elle s'avanait1 souriante et les bras tendus1 toute sa personne dj offerte en amour4 ,elle baisa ,vitalis sur les lvres1--salut dont elle donnait la joie aux visiteurs lus et appels par son dsir4 ,vitalis ne fut pas tonn d'un tel accueil1 il rpondit par de tendres propos et suivit la princesse vers le porche seigneurial4 ,installs en un obscur petit salon qui ressemblait une chapelle sans ,dieu1 ils causrent4 ,vitalis conta les aventures de son voyage2 comment il s'tait perdu dans la nuit2 comment1 son rveil1 il avait aperu1 voqus l sans doute par un art magique1 les lourds et sombres granits du ,chteau ,singulier444 --,enfin1 je vous possde1 mon cher amant1 interrompit la princesse ,elade1 et si vous tes ici par enchantement1 ce que je ne sais1 tout de mme vous y tes1--et je puis toucher vos yeux de mes lvres4 ,oh6 que j'aime vos yeux1 mon beau ,vitalis6 ,je les aime tant que je voudrais les clore aprs y avoir enferm mon image6 ,vitalis se laissa baiser sur les yeux1 puis il reprit son rcit et il conta son rve2 il dit avec quelle ferveur1 tout en donnant1 il baisait les mains de la charmante princesse1 et combien ce rve l'avait troubl et rjoui444 --,voici mes mains1 interrompit encore la princesse ,elade4 ,sont-elles aussi douces en ralit qu'en songe8 ,rviez-vous tantt ou rvez-vous maintenant8 ,comment faites-vous1 ,vitalis1 pour discerner le rve du rel8 ,moi1 je rve si fortement1 qu'il n'y a aucune lacune entre mes songes et ma vie1--et je m'embarrasse peu de savoir si mes sensations sont sages ou folles3 tre aime me contente1 que cela soit rve1 que cela soit ralit4 ,vous tes ici1 puisque je vous touche1 puisque je vous entends1 puisque je vous respire2 je n'en demande pas plus3 ,vitalis1 ou fantme de ,vitalis je vous chris pareillement6 ,vitalis1 je vous tiens et je dsire vous garder4 ,vous resterez6 --,vous me garderez1 rpondit ,vitalis4 --,oui1 je vous garderai1 continua la princesse ,elade1 car je vous aimerai tant que vous perdrez la notion des jours et des nuits1 des heures et des minutes1 et vous resterez prs de moi1--et vous me sauverez444 --,de quel danger1 de quels hommes8 --,des hommes qui viendraient aprs vous1 mon ami6 ,car je suis condamne aimer toujours1 et toujours aimer celui qui m'aime1 celui qui m'a dsire travers la prairie qui est mon ,ocan1 celui qui a dcouvert le ,chteau ,singulier1 celui qui1 par sa seule prsence1 a donn des ordres muets au bac de mes douves1 celui dont mes lvres ont touch les lvres4 ,il faut que j'aime1 c'est ma destine2 si je n'aimais pas1 je mourrais1 et si mon cur se rvoltait contre l'amour1 j'prouverais des affres plus douloureuses que la mort4 ,tu le vois1 je suis la ,prostitue4 --,tu es la princesse ,elade1 tu es mon amour4 --,ah6 tu m'aimes donc1 malgr le ,mot8 ,alors1 comprends6 --,non1 dit ,vitalis1 je ne veux rien comprendre que la beaut de tes mains444 --,mes mains1 ta chane8 --,ma chane1 dit ,vitalis4 --,mais pourquoi ne veux-tu pas comprendre8 --,j'aime mieux t'aimer2 et1 d'ailleurs1 je suis venu ici pour cela et rien que pour cela4 ,je veux jouir de ta grce et non de tes secrets1 de tes paules et non de tes confidences444 --,tu ne parlais pas ainsi dans tes lettres1 ,vitalis2 tu ne sparais pas alors les paules des confidences et tu souhaitais la possession de mon me plus que celle de mes mains444 --,oui1 rpondit ,vitalis1--mais maintenant que je t'ai vue1 maintenant que j'ai got ta beaut1 je suis enivr de ton odeur1--et tu n'as plus d'me1 parce que je n'ai plus d'me4 ,la ,prostitue6 ,que veut dire ce mot8 ,la plus prostitue1 c'est la plus belle2 la plus prostitue1 c'est la plus puissante2 la plus prostitue1 c'est la reine444 ,oui1 tu es la ,prostitue et tu dois m'aimer1 puisque je t'aime4 --,tu as compris sans le vouloir1 dit ,elade1 mais tu ne sauras que plus tard tout ce qu'il y a de gloire dans le nom d'opprobre dont j'aime me vtir1-- amant qui me sauveras d'tre ce que je suis6 --,que veux-tu devenir8 --,une femme4 --,n'es-tu pas une femme8 --,je ne suis pas une femme et je ne suis pas une vierge1--je suis ,elade1 celle qui pleure d'tre sans sexe1 celle qui1 autour d'une me fminine1 sanglote de n'avoir pu assembler que des lments neutres--et nuls444 ,je pleure et je sanglote1 ,vitalis1 parce que j'ai une me de femme2 je pleure parce que mon cur est tendre2 je sanglote parce que mon intelligence est douce et timide1 mais surtout je pleure et je sanglote parce que je n'ai pas de sexe444 --,tu es un ange8 demanda ,vitalis sur le ton soudain d'une railleuse ironie4 ,ah6 continua-t-il1 en baisant avec ferveur les mains de la mystrieuse princesse1 voil une confidence imprvue et sur laquelle je garderai le secret1--si elle est fausse4 ,elade1 rsign1 se prta au simulacre d'amour que les gestes de ,vitalis exigeaient de sa bonne volont3 pendant que les larmes tombaient sur ses joues ples1 de ses tremblantes mains elle dtacha les agrafes de sa robe et elle consentit paratre nue1--sur d'une statue de marbre4 ,vitalis s'en alla en disant3 --,je reviendrai1 ,elade1 car je t'aime encore1 malgr le crime de ta beaut4 ,en voyant que tu n'avais vraiment pas de sexe1 j'ai song que je n'en aimerais que mieux la beaut de ton esprit1 la grce de ton sourire1 la puret de tes mains444 ,je reviendrai1--mais laisse-moi partir avant la chute du jour1 car j'ai peur de m'garer dans la prairie indfinie4 ,elade le laissa partir2 elle suivit des yeux longtemps1 longtemps1 la voiture qui s'en allait en crasant les herbes et les fleurs2 puis elle rentra1 afin de prparer une toilette nouvelle1 conforme aux dsirs de l',autre1 de celui pour qui le bac se dtacherait bientt--une fois de plus4 ,elle avait une toilette mauve2 elle en mit une amarante4 ,,chapitre ,,iii ,tandis qu',elade changeait de toilette1 ,vitalis changeait d'me4 ,sa rencontre avec le mystre l'avait mortifi1 et1 comme il n'avait pu se plier aux lois des joies suprieures1 il se consolait en les mprisant4 ,elade le regardait encore s'loigner vite et fuir vers des paysages clments1 qu'il se traitait dj de rveur stupide2 il haussait les paules1 riait grossirement et zbrait de coups de fouet la srnit de l'air4 ,sa voiture suranne1 l'lgance d'hier1 lui semblait douce et jolie1 et il s'y prlassait dans l'habitude d'tre un homme comme tout le monde1 celui qui1 revenant d'une dception oublie ds la porte close1 s'en va au devant d'un plaisir invitable et naturel4 ,en deux ou trois heures de route1 il avait acquis l'intellectualit d'un cheval dont toute la psychologie est crite par les mots curie1 avoine et litire3 sortir des brancards1 secouer sa crinire1 hennir1 rentrer chez soi1 dans le vnrable asile de l'auge et du rtelier4 ,a mesure qu'il s'loignait du ,chteau ,singulier1 le paysage redevenait honnte et vrai3 plus de surnaturels brouillards1 plus de tromperies1 plus d'arbres dresss seuls parmi le calme ocan d'une prairie indfinie2 tout tait rgulier et soign1 la route blanche et unie1 orne d'une bordure verte1 d'un foss sans eau et d'honorables paralllpipdes de cailloux savamment concasss4 ,il avait la sensation de rentrer dans la civilisation1 c'est--dire dans l'uniformit1 et il se rjouissait4 ,les champs taient de bl1 droite1 et gauche1 de colza1 herbes encore1 mais de verts si diffrents1 l'un comme de velours1 l'autre comme de l'envers d'un velours4 ,au sortir du mystre--le mystre pour certains est toujours un peu ridicule1--un spectacle si bien ordonn1 si prvu1 si connu1 avait je ne sais quoi de rconfortant1 dont ,vitalis se gonfla3 des ides de lucre et de lubricit lui venaient en foule1 et il les accueillait avec une politesse empresse3 ,entrez1 entrez1 bonnes ides de lucre et de lubricit6 ,les portes de mon me rgnres par la nature ne sont jamais fermes pour vous2 vous tes les amies de jadis et d'aujourd'hui1 de demain et de toujours2 votre vue consolide mes principes et vos chuchotements chatouillent mes oreilles comme les vibrations du violon vital4 ,ne suis-je pas ,vitalis8 ,oui1 je suis celui qui participe la vie et la vrit de sentir et de compter4 ,entrez1 entrez1 bonnes ides de lucre et de lubricit6 ,moi1 je distingue fort bien le connaissable de l'irrel et le pondrable de l'inconsistant2 de l'or et des croupes1 de la chair et de l'argent1 voil ce qui me ralise4 ,oh6 possder ces terres et tous ces arbres1 tous ces bls1 tous ces colzas1--et les vendre6 ,et avec l'argent de la vente acheter de l'amour1 du vritable amour1 de l'amour sans pudeur et sans soupirs1 de l'amour amical1 tide et pur4 ,il n'y a de pur que ce qui est naturel et il n'y a de naturel que ce qui est animal4 ,entrez1 entrez1 la porte est toujours ouverte et mon me est rgnre par la nature1 bonnes ides de lucre et de luxure4 ,l'me que venait de revtir ,vitalis tait lgre ainsi que du linge blanc lessiv par des sorcires2 c'tait une me inimaginablement diaphane1 et tellement que sa pense1 au travers de ce linceul1 tait aussi visible qu'une fleur sous les vitres d'une serre4 ,une bergre passa4 --,ho6 la bergre1 o sont tes blancs moutons8 --,mes blancs moutons sont tous l'abattoir4 ,et la bergre1 envoyant un baiser ,vitalis1 entra dans un chemin creux4 ,vitalis descendit de voiture1 attacha son cheval un arbre1 et il entra dans le chemin o la bergre1 ayant l'air de fuir1 accrochait adroitement sa robe toutes les ronces4 ,une fille est faite pour cela1 et lorsqu'on erre par les chemins creux1 ce n'est pas pour tourner le dos l'occasion4 ,vitalis l'eut peine touche1 qu'elle glissa1--et ils avaient la tte sous la mousse et les pieds dans la boue4 ,un cu8 ,cela vaut toujours un cu4 ,la bergre chantait1 pendant que la voiture s'loignait sur la route rgulire et soigne3 --,ho6 la bergre1 o sont tes blancs moutons8 --,mes blancs moutons sont tous l'abattoir4 ,le paysage encore une fois changea4 ,il devint dur et triste2 la route rugueuse et coupe de rides s'en allait entre les collines de grs escalades par d'anmiques genvriers que des chvres maigres secouaient avec d'tranges airs de tte2 entre les collines de pierre1 un ruisseau rampait sur les cailloux comme un serpent malade et1 au loin1 c'tait la dtresse dsespre d'un ciel dvor par de sombres et hideux nuages4 ,les nuages s'abaissrent1 descendirent jusque sur les collines de grs o les chvres maigres cessrent soudain de secouer les genvriers4 ,c'est ma propre turpitude qui m'enveloppe et qui m'accable1 songea ,vitalis4 ,je suis parti la conqute de l',amour et1 lche devant le mystre1 fuyant la premire objection1 comme un esclave au premier coup de bton1 je suis all me vautrer1 dans la boue d'un chemin obscur1 sur la chair mprise d'une fille d'aventure6 ,ah6 maintenant1 je comprends la chanson de la bergre et comme sa rponse fut bien celle qui m'tait due6 ,moi aussi1 je viens de les mener l'abattoir1 les blancs moutons1 mes dsirs et mes rves1 et ils ne les bleront plus jamais1 ils sont gorgs4 ,la bergre fut ma complice1 mais le crime tait commis dans mon cur avant que je n'eusse rencontr la complice que l'enfer envoie toujours celui qui veut faire couler le sang des agneaux4 ,elade1 ,elade6444 ,non1 il est trop tard1 mais reviens1 bergre6 ,l'habitude de la boue attnue sa laideur2 la boue peut mme devenir douce1 si elle est tide2 pour n'avoir pas honte de son animalit1 que l'homme redevienne un animal simple1 et1 pour perdre le dsir malsain des toiles1 qu'il vive le long des chemins obscurs444 ,oui1 reviens1 bergre1 et tu seras la compagne de ma honte et la confidente du mpris que je profre pour tout ce qui dpasse la hauteur de ma tte1 pour tout ce qui chappe mes morsures ou mes baisers6 ,elade1 ,elade6 ,non1--tous les agneaux sont gorgs444 --,ho6 la bergre1 o sont tes blancs moutons8 --,mes blancs moutons sont tous l'abattoir4 ,,chapitre ,,iv ,ayant offert aux glaces magiques de sa chambre solitaire la joie nulle de son corps d'ange1 ,elade revtit la robe amarante que lui imposaient l'ordre des choses et le rglement particulier de sa destine1 puis elle se coucha mlancolique sur des coussins brods de songes4 ,quel conte de fes qu'une telle vie et quel sombre enchantement6 ,rester l1 enclose1 prisonnire d'un palais1 d'un charme et d'une volont1 les yeux toujours prts l'clair1 la bouche toujours dispose au sourire et au baiser1 la main dresse selon l'ternel geste d'accueillir volontiers le voyageur1--c'tait la vie de la princesse ,elade1 et elle commenait de la subir sans espoir4 ,quoique princesse et appele une signification trs haute1 elle avait des ennuis de femme1 et1 statue1 des dsirs de chair qu'elle savait irralisables4 ,tant d'hommes taient venus vers elle et si sottement impuissants6 ,mais le dernier surtout l'avait due4 ,aprs de longues et secrtes correspondances1 et attir par l'odeur de l'idal1 ,vitalis avait subi avec courage les premires preuves1 mais la dernire avait dcourag soudain sa bonne volont d'homme fait pour les satisfactions videntes et les plaisirs humains4 ,et qu'attendre1 aprs celui-l8 ,afin de se dlivrer elle-mme1 elle souhaita d'tre androgyne et bi-sexuelle2 ayant ni le sexe adverse comme elle avait dj ni le sien1 obligatoirement1 elle et retrouv dans l'unit la paix intellectuelle1 et1 dans la pauvret sensuelle1 la richesse inoue des luxures transcendantes4 ,non6 le salut ne pouvait venir que des au-del de sa prison3 ayant donc rflchi encore un peu1 elle se leva1 secoua les plis de sa robe amarante1 et1 arrive au seuil1 sous le porche1 elle attendit4 ,un signe parut bientt parmi les grandes herbes1 puis une forme se dessina1 celle d'un jeune voyageur qui s'approchait lentement1 d'un pas lourd et bris2 le bac se dtacha de la rive intrieure2 et le nouvel amant d',elade entra dans le mystre du ,chteau ,singulier4 ,il fut accueilli comme l'avait t ,vitalis1 par les mmes caresses1 par les mmes paroles1 et1 comme lui1 introduit dans la sombre petite chapelle4 ,par son ennui mme1 par sa pleur1 son air de comprimer des larmes1 ,elade tait plus que jamais sduisante4 ,ses yeux1 un peu baisss de ton1 s'clairaient d'une lueur dsespre1 dlicieusement imploratrice1 et sa voix1 de la couleur d'une violette mourante1 parfumait de langueur et de douceur la petite chapelle aux vitraux fans4 ,psallus1 genoux1 l'coutait et la regardait2 et1 quand il entendit le terrible aveu1 qu',elade1 cette fois1 fit avec dsinvolture1 comme si elle et confess le manquement le plus ordinaire et le plus naturel1--il baisa1 pour toute rponse1 les mains qui tremblaient un peu dans les siennes4 --,n'ai-je point parl clairement1 trop clairement8 demanda ,elade1 surprise4 --,elade1 dit ,psallus1 vous tes une statue toute pure1 et je m'en rjouis1 je vous aime telle que les enchantements vous ont faite1 et si vous expiez quelque faute1 ou si vous tes la victime d'une mchancet suprieure aux hommes1 je veux expier et je veux souffrir avec vous4 ,mais tes yeux et tes cheveux1 tes paules et ton sourire sont dj d'inpuisables coffrets d',amour1 et d'ici que j'aie aim infiniment chacune de tes grces visibles et chacune de tes grces spirituelles1 nous serons devenus d'immortelles penses4 ,que m'as-tu dit1 vraiment8 ,que tu n'as pas de sexe8 ,en es-tu bien sre8 ,ta beaut est d'une femme1 ton me est d'une femme1 ton intelligence est d'une femme1--je puis donc t'aimer1 et je t'aime4 ,je ne suis pas venu de si loin et par tant de fatigues1 travers un pays hostile et ce dsert effroyable de verdure1 cet ocan d'herbe et de nues1 je ne suis pas venu vers toi en qute d'un spasme dont toute femme le secret4 ,je t'ai dsire telle que tu es1 et telle que tu es je te dsire encore1 mais j'accommode mon dsir ton essence4 ,ce que tu m'offres1 je le prends1 et ce que j'ai1 je te le donne1--mais je te donnerai peut-tre plus que tu n'attends4 --,tu me donnes tout1 ,psallus1 tu me dlivres6 --,oui1 je te dlivre de toi-mme et de la peur de ne pas plaire4 ,en t'aimant telle que tu es1 je t'enseigne t'aimer toi-mme et te vouloir telle que tu es4 ,l'enchantement qui te cloue ici1 c'est la dfiance de toi-mme et la crainte des dieux extrieurs4 ,sois ton propre ,dieu1 ,elade1 intelligence sacre1 rendue adorable par tant de beaut vue2 prends conscience de toi et ne qumande pas la complaisance des regards1 sinon amis et d'tres parallles ta force4 ,sois ,toi1 ,elade1 et mprise tout ce qui s'loigne de toi1 et brise tout ce qui s'oppose ta volont--obscure1 mais qui va resplendir--d'tre libre4 --,je suis donc libre6 --,oui1 dit encore ,psallus1 je suis venu t'apprendre que tu n'es plus la prostitue4 ,le salut est personnel3 deviens l'objet unique de ta propre charit2 choisis ton plaisir1 choisis ton amour1 choisis ta morale et ne reois d'autre commandement que celui qui s'labore dans le mystre de tes cellules et qui profre son cri saint dans la vibration de tes nerfs4 ,intelligence1 pourquoi veux-tu te donner comprendre8 ,comprends toi-mme et ne t'inquite pas des bruits du dehors4 ,sois absolue4 ,baisse l'paule et dgage-toi1 si quelqu'un te met la main sur l'paule1 et si un homme veut te baiser les lvres1 mords-le3 c'est un faible qui veut te prendre ta force1 ton souffle et peut-tre ton me4 ,longtemps1 ils se rjouirent de paroles d'amour et de libert4 ,elade1 gurie de ses doutes et de ses timidits1 n'avait plus honte de ne pas tre pareille aux autres femmes1 et mme elle commenait sagement s'enorgueillir des singularits de sa nature2 mais mesure que grandissaient son estime et son amour de soi-mme1 elle sentait renatre en elle des puissances abolies3 son me miraculise miraculisait son corps4 --,psallus1 dit-elle joyeusement1 me voil mtamorphose en femme4 ,,chapitre ,v ,sauve de l'esclavage conventionnel1 libre des prjugs humains1 arrache aux mchoires de l',orque1 nouvelle ,andromde1 ,elade suivit son ,perse4 ,ils quittrent le ,chteau ,singulier et entrrent dans la prairie indfinie1 que leur volont d'tre heureux et fiers peuplait d'imaginatives joies4 ,le sentiment de leur libert les ravissait2 ils s'en allaient1 faisant mille folies1 rpondant l'un et l'autre des phrases qui n'avaient pas t dites1 comprenant tout1 rsolvant tout1 tonns de rien1 surpris seulement1 si leur pense revenait un peu en arrire1 d'avoir longtemps vcu en dehors de la plnitude et de la certitude4 ,par la dlivrance dont il avait t l'oprateur1 ,psallus achevait de se dlivrer lui-mme de toutes les tyrannies inventes par les faibles pour restreindre la volont des forts4 ,il niait hardiment et noblement tout ce qui n'tait pas en conformit avec sa nature essentielle2 sa personnalit s'affirmait au point que rien ne lui paraissait plus dfendu2 il mettait la main sur tout1 sur les toiles comme sur les pquerettes1 sur l'arbre et sur ,dieu4 --,il pleut des penses1 dit ,elade4 ,tendons les oreilles1 ouvrons la bouche et les yeux1 nous serons pntrs d'infini4 --,dieu est en nous1 puisque nous sommes libres1 dit ,psallus4 ,les penses dont l'air est plein1 c'est la volatilisation de notre haleine2 nous nous respirons nous-mmes1 car il n'y a rien d'extrieur nous1 et la cration tout entire part1 comme une fuse1 d'entre nos deux sourcils4 ,ayant jou avec les ides les plus hautes et les plus subtiles1 ils eurent le droit de devenir deux enfants et de s'battre dans la campagne1 tels des phbes sortis de l'cole et rendus leurs plaisirs4 ,ils s'amusrent donc de toutes les faons les plus aimablement puriles1 et tous leurs jeux taient harmonieux4 ,elade s'tant assise au pied d'un arbre1 ,psallus se coucha auprs d'elle1 et il lui baisait les mains4 ,elle ressentit1 pendant ces douces minutes1 de la tristesse et de la crainte2 convalescente encore1 elle doutait2 elle pensait l'tat ancien dans lequel l'avaient maintenue les conventions humaines2 quand ,psallus toucha ses genoux1 ils tremblaient un peu2 mais la force1 soudain1 lui revint tout entire1 avec la dfinitive conscience de sa gloire fminine3 elle s'abandonna--et les portes du palais d',ecbatane s'ouvrirent au cortge royal4 ,ils se promenrent encore1 et tant1 qu'ils gagnrent un lointain village habit par des tisserands4 ,de chaque porte sortait un bruit de mtier1 des soupirs de femme1 des jurons d'homme1 des cris d'enfant3 c'tait presque infernal4 ,au bout du village1 une maison dominait1 aussi sale1 aussi laide que les autres1 mais plus grande et d'apparence moins esclave2 la porte tait ouverte1 ils entrrent4 ,debout devant une glace obscure1 une femme1 avilie par le fardeau de lourds et grossiers dsirs1 peignait ses cheveux1 des cheveux jaunes et rches qui lui couvraient maigrement les paules2 elle se penchait vers la glace obscure1 essayait des sourires1 relevait la tte1 chiffonnait des rubans1 puis reprenait son peigne1--et la toilette de cette misrable semblait le travail le plus dur et le plus ingrat4 ,trois enfants se roulaient par terre1 mchant des feuilles de choux et cognant avec des morceaux de bois le pav humide2 ils grognaient comme des petits chiens et parfois pleuraient en ouvrant des bouches de lamproie4 ,oubliant ses cheveux1 la mre s'agenouilla prs du plus jeune et lui mit entre les lvres un bout de sein qui ressemblait au nud d'une outre ou au bouchon d'une calebasse2 gav1 l'enfant revomit sur la triste poitrine maternelle un peu du pauvre lait qu'il avait bu1 puis il s'endormit1--et la femme revint devant la glace obscure1 infatigable peigner ses cheveux jaunes et rches4 ,l'homme tait au mtier2 il lanait la navette et la rattrapait avec certitude1 et un effort de ses pieds et de ses reins chaque seconde le coupait en deux2 son seul repos tait de renouer un fil cass4 ,elade et ,psallus s'approchrent et regardrent4 ,elade soudain cria1 en se serrant pleine d'effroi contre ,psallus3 --,vitalis6 ,dieu6 c'est ,vitalis6 ,le tisserand tourna la tte et dit1 en renouant un fil3 --,oui1 je me nomme ,vitalis1 et je gagne1 en tissant de la toile1 ma vie1 celle de ma femme et celle de mes enfants4 ,qu'y a-t-il d'tonnant cela8 ,tout le monde fait de mme1 ici4 ,les mtiers ronflent du matin au soir et souvent bien avant dans la nuit4 ,nous ne nous reposons que pour manger1 boire1 dormir et caresser la mre de nos petits4 ,nous sommes honntes et heureux quand la toile se vend bien1 quand nous pouvons acheter avec le pain1 du sucre d'orge pour les enfants et des rubans pour les femmes4 ,elade1 avec une grosse motion1 car elle avait aim ,vitalis1 demanda3 --,vous tes bien ,vitalis1 celui qui s'en vint jadis vers la princesse ,elade1 enferme dans le ,chteau ,singulier8 --,oui1 je suis ,vitalis qui essaya jadis de se nourrir de rves4 ,ah6 je suis bien revenu d'un tel rgime6 ,en sortant de chez la chimrique femme qui ne put me repatre que de divagations1 je rencontrai celle-ci et je l'ai aime srieusement1 en homme qui connat la valeur de la vie4 ,c'tait une bergre4 ,quand je la vis pour la premire fois1 elle venait de conduire l'abattoir le troupeau de ses agneaux blancs2 je fis comme elle3 j'gorgeai tous mes rves1 et1 devenus pareils l'un et l'autre1 nous nous aimmes4 ,pour l'lever jusqu' moi1 je me fis semblable celle que j'aimais et nous fmes heureux4 ,j'tais riche3 peu peu ma fortune a disparu1 je ne la regrette pas3 la richesse permet l'oisivet1 l'oisivet permet le rve1 le rve ronge les muscles1 comme de malsaines vapeurs2 maintenant1 je travaille2 cela vaut mieux que de penser4 --,vous tes un esclave6 dit ,elade presque pleurante4 --,esclave1 soit1 rpondit ,vitalis4 ,n'importe1 je suis content de mon sort4 --,c'est impossible1 dit ,elade4 ,rvoltez-vous6 --,je suis un honnte homme1 dit ,vitalis4 --,soyez libre1 dit ,elade4 ,le tisserand haussa les paules3 --,laissez-moi travailler--comme un homme4 ,elade et ,psallus sortirent de la maison du tisserand1 et ,psallus dit3 --,il y a deux sortes d'hommes1 les hommes libres et les autres4 ,laissons les autres4 --,laissons les autres1 dit ,elade4 ,ils s'en allrent par le monde jouir de leur libert4 ,,le ,,livre ,,des ,,litanies ,,litanies ,,de ,,la ,,rose ,a ,henry de ,groux ,fleur hypocrite1 ,fleur du silence4 ,rose couleur de cuivre1 plus frauduleuse que nos joies1 rose couleur de cuivre1 embaume-nous dans tes mensonges1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose au visage peint comme une fille d'amour1 rose au cur prostitu1 rose au visage peint1 fais semblant d'tre pitoyable1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose la joue purile1 vierge des futures trahisons1 rose la joue purile1 innocente et rouge1 ouvre les rets de tes yeux clairs1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose aux yeux noirs1 miroir de ton nant1 rose aux yeux noirs1 fais-nous croire au mystre1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur d'or pur1 coffre-fort de l'idal1 rose couleur d'or pur1 donne-nous la clef de ton ventre1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur d'argent1 encensoir de nos rves1 rose couleur d'argent1 prends notre cur et fais-en de la fume1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose au regard saphique1 plus ple que les lys1 rose au regard saphique1 offre-nous le parfum de ton illusoire virginit1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose au front pourpre1 colre des femmes ddaignes1 rose au front pourpre1 dis-nous le secret de ton orgueil1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose au front d'ivoire jaune1 amante de toi-mme1 rose au front d'ivoire jaune1 dis-nous le secret de tes nuits virginales1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose aux lvres de sang1 mangeuse de chair1 rose aux lvres de sang1 si tu veux notre sang1 qu'en ferions-nous8 bois-le1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de soufre1 enfer des dsirs vains1 rose couleur de soufre1 allume le bcher o tu planes1 me et flamme1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de pche1 fruit velout de fard1 rose sournoise1 rose couleur de pche1 empoisonne nos dents1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de chair1 desse de la bonne volont1 rose couleur de chair1 fais-nous baiser la tristesse de ta peau frache et fade1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose vineuse1 fleur des tonnelles et des caves1 rose vineuse1 les alcools fous gambadent dans ton haleine3 souffle-nous l'horreur de l'amour1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose violette1 modestie des fillettes perverses1 rose violette1 tes yeux sont plus grands que le reste1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose rose1 pucelle au cur dsordonn1 rose rose1 robe de mousseline1 entr'ouvre tes ailes fausses1 ange1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose en papier de soie1 simulacre adorable des grces incres1 rose en papier de soie1 n'es-tu pas la vraie rose1 fleur hypocrite1 fleur du silence8 ,rose couleur d'aurore1 couleur du temps1 couleur de rien1 sourire du ,sphinx1 rose couleur d'aurore1 sourire ouvert sur le nant1 nous t'aimerons1 car tu mens1 fleur hypocrite fleur du silence4 ,rose hortensia1 banales dlices des mes distingues1 rose no-chrtienne1 rose hortensia1 tu nous dgotes de ,jsus1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose rose de ,chine1 si douce et si fane1 miraculeux amour des femmes remontantes1 rose de ,chine1 tes pines sont mouchetes1 et des griffes sont rentres1 patte de velours1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose blonde1 lger manteau de chrome sur des paules frles1 rose blonde1 femelle plus forte que les mles1 fleur hypocrite1 fleur du silence6 ,rose couleur d'orange1 fabuleuse ,vnitienne1 patricienne1 dogaresse1 rose couleur d'orange1 la gueule du tigre dort sous les lampas de ton feuillage1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose abricotine1 ton amour chauffe petit feu1 rose abricotine1 et ton cur est pareil aux bassines o mijotent les charlottes1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose en forme de coupe1 vase rouge o mordent les dents quand la bouche y vient boire1 rose en forme de coupe1 nos morsures te font sourire et nos baisers te font pleurer1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose toute blanche1 innocente et couleur de lait1 rose toute blanche1 tant de candeur nous pouvante1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de paille1 diamant jaune parmi les crudits du prisme1 rose couleur de paille1 on t'a vue1 cur cur derrire un ventail1 respirer le parfum des barbes1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de bl1 gerbe lourde la ceinture lche1 rose couleur de bl1 tu voudrais bien tre moulue et tu voudrais tre ptrie1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose lilas1 cur douteux1 rose lilas1 une onde t'a rouille1 mais tu n'en vendras que plus cher ta chair oxyde1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose cramoisie1 somptueux couchers des soleils de l'automne1 rose cramoisie1 tu te couches et tu t'offres1 offrande impriale1 aux impubres convoitises1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose marbre1 rose et rouge1 fondante et mre1 rose marbre1 tu montres encore volontiers le revers de tes ptales1 dans la plus stricte intimit1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de bronze1 pte cuite au soleil1 rose couleur de bronze1 les plus durs javelots s'moussent sur ta peau1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de feu1 creuset spcial pour les chairs rfractaires1 rose couleur de feu1 providence des ligueurs en enfance1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose incarnate1 rose stupide et pleine de sant1 rose incarnate1 tu nous abreuves et tu nous leurres d'un vin trs rouge et trs bnin1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose au cur virginal1 louche et rose adolescence qui n'a pas encore parl1 rose au cur virginal1 tu n'as rien nous dire1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose groseille1 honte et rougeur des pchs ridicules1 rose groseille1 on a trop chiffonn ta robe1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur du soir1 demi-morte d'ennui1 fume crpusculaire1 rose couleur du soir1 tu meurs d'amour en baisant tes mains lasses1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose bleue1 rose iridine1 monstre couleur des yeux de la ,chimre1 rose bleue1 lve un peu tes paupires3 as-tu peur qu'on te regarde1 les yeux dans les yeux1 ,chimre1 fleur hypocrite1 fleur du silence8 ,rose verte1 rose couleur de mer1 nombril des sirnes1 rose verte1 gemme ondoyante et fabuleuse1 tu n'es plus que de l'eau ds qu'un doigt t'a touche1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose escarboucle1 rose fleurie au front noir du dragon1 rose escarboucle1 tu n'es plus qu'une boucle de ceinture1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose couleur de vermillon1 bergre namoure couche dans les sillons1 rose couleur de vermillon1 le berger te respire et le bouc t'a broute1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose des tombes1 fracheur mane des charognes1 rose des tombes1 toute mignonne et rose1 adorable parfum des fines pourritures1 tu fais semblant de vivre1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose brune1 couleur des mornes acajous1 rose brune1 plaisirs permis1 sagesse1 prudence et prvoyance1 tu nous regardes avec des yeux rogues1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose ponceau1 ruban des fillettes modles1 rose ponceau1 gloire des petites poupes1 es-tu niaise ou sournoise1 joujou des petits frres1 fleur hypocrite1 fleur du silence8 ,rose rouge et noire1 rose insolente et secrte1 rose rouge et noire1 ton insolence et ton rouge ont pli parmi les compromis qu'invente la vertu1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose muguette1 liseron qui s'enroule autour des lauriers-roses dans les jardins d',acadmos1 et qui fleurit aussi dans les ,champs-,elyses1 rose muguette1 tu n'as plus ni parfum ni beaut1 phbe sans esprit1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose pavot1 fleur d'officine1 torpeur des philtres charlatans1 rose rostre au casque des faux mages1 rose pavot1 la main de quelques sots tremble sur ton jabot1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose ardoise1 grisaille des vertus vaporeuses1 rose ardoise1 tu grimpes et tu fleuris au tour des vieux bancs solitaires1 rose du soir fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose pivoine1 modeste vanit des jardins plantureux1 rose pivoine1 le vent n'a retrouss tes feuilles que par hasard1 et tu n'en fus pas mcontente1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose neigeuse1 couleur de la neige et des plumes du cygne1 rose neigeuse1 tu sais que la neige est fragile et tu n'ouvres tes plumes de cygne qu'aux plus insignes1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose hyaline1 couleur des sources claires jaillies d'entre les herbes1 rose hyaline1 ,hylas est mort d'avoir aim tes yeux1 fleur hypocrite fleur du silence4 ,rose topaze1 princesse de lgendes abolies1 rose topaze1 ton chteau-fort est un htel au mois1 ton donjon marche l'heure et tes mains blanches ont des gestes quivoques1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose rubis1 princesse indienne en palanquin1 rose rubis1 sur d',akdyssril1 sur dgnre1 ton sang n'est plus qu' fleur de peau1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose amarante1 princesse de la ,fronde et reine des ,prcieuses1 rose amarante1 amante des beaux vers1 on lit des impromptus d'amour sur les tentures de ton alcve1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose opale1 sultane endormie dans l'odeur du harem1 rose opale1 langueur des constantes caresses1 ton cur connat la paix profonde des vices satisfaits1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose amthyste1 toile matinale1 tendresse piscopale1 rose amthyste1 tu dors sur des poitrines dvotes et douillettes1 gemme offerte ,marie1 gemme sacristine1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose cardinale1 rose couleur de sang de l'glise romaine1 rose cardinale1 tu fais rver les grands yeux des mignons et plus d'un t'pingla au nud de sa jarretire1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,rose papale1 rose arrose des mains qui bnissent le monde1 rose papale1 ton cur d'or est en cuivre1 et les larmes qui perlent sur ta vaine corolle1 ce sont les pleurs du ,christ1 fleur hypocrite1 fleur du silence4 ,fleur hypocrite1 ,fleur du silence4 ,,fleurs ,,de ,,jadis ,a ,pierre ,quillard4 ,je vous prfre aux curs les plus galants1 curs trpasss1 curs de jadis4 ,jonquilles1 dont on fit les cils purs de tant de blondes filles1 ,narcisse oriental1 fleur infconde et pas morale1 ,soucis dors1 charme effar du familier succube1 toile errante1 flamme dans les cheveux tristes du pauvre ,songe1 ,jonquille1 ,narcisse et ,souci1 je vous prfre aux plus claires chevelures1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,lys blanc1 me ploye des vierges mortes1 ,lys rouge1 qui rougit d'avoir perdu sa candeur1 sexe fleuri1 ,iris1 pleur bleue des veines sur un bras immacul1 sourire de la peau1 fracheur du firmament nouveau1 ruisselet o le ciel du matin tomba par aventure1 ,lys blanc1 lys rouge1 ,iris1 je vous prfre des jeunesses moins fiduciaires1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,fraxinelle1 buisson ardent1 chair incendie1 fleur salamandre dont l'me est une larme noire1 ,aconit1 fleur casque de poison1 guerrire plume de corbeau1 ,campanules1 amoureuses clochettes que le printemps tintinnabule1 petites amoureuses tapies sous les ogives que font les coudriers1 ,fraxinelle1 ,aconit1 ,campanule1 je vous prfre des amours moins dltres ou moins lgres1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,pivoine1 amoureuse donzelle1 mais sans grce et sans sel1 ,ravenelle1 demoiselle dont l'il a de fades mlancolies1 ,ancolies1 petit pensionnat d'impubres jolies1 jupes courtes1 jambes grles et des bras vifs comme des ailes d'hirondelle1 ,pivoine1 ,ravenelle1 ,ancolie1 je vous prfre des chairs plus prospres1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,nielle un peu gauche1 mais duvete comme un col de cygne1 ,gentiannelle1 fidle amante du soleil1 ,asphodle1 pi royal1 sceptre incrust de rves1 reine primitive induite en la robe troite des ,pharaons1 ,nielle1 ,gentiannelle1 ,asphodle1 je vous prfre la grce des vraies femelles1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,primevre1 fille ane de la rose premire1 ,bouton d'or1 sequin des pauvres courtisanes1 ,muguet1 muscadine pucelle1 spcieuse innocence des pronnelles1 qui montrent leur gorgelette1 petites nymphes au cul tout nu1 ,primevre1 ,bouton d'or et ,muguet1 je vous prfre des baisers moins discrets1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,nigette1 chimriques cheveux bleus de ,vnus1 ,coquelicot1 bouche que des dents d'amant ont mordue jusqu'au sang1 ,ambrette1 fleur aime du ,grand ,seigneur1 coquette aux yeux gris de lin et la peau au grain si fin1--et une odeur monte de ton cur1 une odeur sans aucune candeur6 ,nigelle1 ,coquelicot1 ,ambrette1 je vous prfre plus d'une fleuronnette qui parle1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,martagon dont les ttes se dressent par centaines1 monstre odorant1 hydre azure1 ,martagon dont le front porte un turban de pourpre1 ,martagon dont les yeux sont jaunes1 lys byzantin1 joie des empereurs dcadents1 fleur favorite des alcves1 parfum des ,saintes ,images1 ,martagons1 multiples ,martagons1 je vous prfre d'autres monstres dont je pourrais dire le nom1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,ellbore1 ple rose empoisonneuse1 ,coquelourde1 madame la ,prcieuse1 ,omphalode1 fleurs aux clairs yeux fascinateurs1 fleur du nombril1 miroir profond o se profuse un faux infini1 ,ellbore1 ,coquelourde1 ,omphalode1 je vous prfre des catins moins mtaphoriques1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,piloselle1 dame angora1 chatte douce aux caresses1 ,girofle1 nave cocardelle au bord d'un bandeau plat1 ,pavot1 sommeil de l'amour en stupeur1 repos1 parmi les herbes hautes1 des furtifs exercices1 l-bas1 dans le vieux jardin provincial1--et tu ne te rveilles pas lors d'un bruit de sabots6 ,piloselle1 ,girofle1 ,pavot1 je vous prfre aux plus aimables cottes1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,bluet1 bluette1 ,pense1 je pense toi1--quand je te vois6 ,belle de nuit1 qui frappas ma porte1 il tait minuit3 j'ai ouvert ma porte la ,belle de nuit et ses yeux fleurissaient dans l'ombre1 ,belle1 ,belle des nuits infcondes6 ,bluet1 ,pense1 ,belle de nuit1 je vous prfre d'authentiques belles1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,marguerite1 modestie des yeux qui des doigts font une claie1 ,balsamines1 petites dames imprudentes1 illades et simagres1 ,amarante1 panache des conqurantes1 baisers fondants1 hanches fondantes1 lac de miel o se noient les curs adolescents1 ,marguerite1 ,balsamine1 ,amarante1 je vous prfre aux plus srieux enchantements1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,chvre-feuille1 petite rdeuse1 ,jasmin1 petite frleuse1 ,lavande1 petite srieuse1 odeur de la vertu1 sagesse des baisers pondrs1 chemise la douzaine dans des armoires de chne1 lavande pas bien mchante1 et si tendre6 ,chvre-feuille1 ,jasmin1 ,lavande1 je vous prfre d'aucunes moins sorcires1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,quintefeuille1 demoiselle lue par les cornues1 ,piosne1 dont les mains en mitaines sment des ironies1 ,saxifrage1 tenace amour qui perce les curs les plus durs1 flche travers la pierre1 sourire qui passe entre les mailles des plus mornes grilles1 ,quintefeuille1 ,piosne et ,saxifrage1 je vous prfre de plus dociles mystres1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,blattaire1 fleurs des jaunes mnagres1 ,mollaine1 fleur rabelaisienne1 ,persicaire1 beaut dure1 tison1 flambeau au bout d'un roseau1 tout dans les yeux et rien au cur4 ,blattaire1 ,mollaine1 ,persicaire1 je vous prfre aux plus amoureux airs1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,monarde1 poivre des mourantes amours1 ,clmatite1 serpent qui s'enroule nos mes1 ,quamoclit1 fleur entonnoir1 fleur danade1 qui boit insoucieuse tout le sang de nos faibles curs1 tant qu'il en reste un stygmate tes lvres1 ,monarde1 ,clmatite1 ,quamoclit1 je vous prfre des chairs plus colombaires1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,dame d'onze heures1 toute frle sous ton blanc parasol1 ,alysson1 dont la belle me s'en va toute en chansons1 ,rsda1 parfum des petites cousines1 amours gamines1 rires adorns de perles fines1 ,dame d'onze heures1 ,alysson1 ,rsda1 je vous prfre aux jambes les moins perfides1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,gant ,notre-,dame1 qu'on baise dvotement1 ,argemone1 fossette sur la main qu'on adore1 ,eternelle1 fragile opale mettre au doigt de son amie1 pour qu'un reflet de lune amuse dans l'alcve1 ,gant ,notre-,dame1 ,argemone1 ,eternelle1 je vous prfre aux plus blanches mains1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,flambe1 cordiale flamme des torches mlancoliques1 ,gladiole1 poignard tragique1 rougi du sang des hrones1 ,serpentaire1 colre des bras dsenlacs1 aspic sifflant dans les curs vides1 suicide6 ,flambe1 ,gladiole1 ,serpentaire1 je vous prfre aux yeux les plus pouvants1 fleurs trpasses1 fleurs de jadis4 ,capucine1 nonne souriante de souffrir1 clat des secrets martyres1 ,larmes de ,job1 larmes pnitentes sous de ples paupires1 tristes perles sur des joues obscures1 ,aster1 symbole amer des yeux mourants du ,christ1 ,capucine1 ,larmes de ,job1 ,aster1 je vous prfre aux curs les plus sanglants1 curs trpasss1 curs de jadis4 ,,le ,,dit ,,des ,,arbres ,arbres1 curs en prison1 ,je dirai vos secrets1 ayant crucifi vos corces1 ,curs douloureux1 ,joies de mon triste cur4 ,chne1 fleuve de gloire panoui vers les dieux morts1 barbare aux pieds formidables1 pierre de lumire et de sang1 ,l'ocan de ta chevelure glauque s'empourpre quand la conque a sonn l'heure des haches1 car tu te souviens des anciens jours1 ,chne1 escalier de la haine1 arbre sacr1 joie de mon triste cur4 ,htre aux bras blancs1 chapelle o la bonne ,vierge pleure d'avoir enfant1 inutile escabeau bris par les pieds lourds des lvites hermaphrodites1 escarcelle brle par l'or des simoniaques1 ventre vide o l',amour rva d'aimer les hommes1 ,serre sur ton nombril ta ceinture au serpent d'argent1 ,htre1 ador quand mme1 arbre miraculeux1 joie de mon triste cur4 ,orme1 vieux moine solitaire1 tout charg de nos pchs1 orme en prire1 le vent de la mer est plus sal que les larmes des ,gomorrhens1 ,ouvre au vent de la mer les crevasses de ta peau pcheresse1 et souffre pour nous1 ,orme1 corps flagell1 joie de mon triste cur4 ,frne aux reins nus1 songe impur sorti des ronces1 comme un lys fou de vouloir fleurir dans l'air mortel de l'ombre1 ,l'il du dragon n'a jamais for ta peau vierge et froide1 ,frne1 ple gymnosophiste1 arbre ambigu1 joie de mon triste cur4 ,noyer1 chair obscure et glace1 dame aux cheveux d'algue1 orns d'meraudes mortes1 chapelets des regrets verdis dans l'tang de la prairie arienne1 espoir seul d'touffer la gorge des amours inattentives1 ombelle dsastreuse des avortes1 ,je me suis endormi ton ombre1 ombelle froide1 et je me rveille parmi le dlire des suicids1 ,noyer1 chair obscure et glace1 joie de mon triste cur4 ,pommier1 chaude et pesante ivresse des ventres pressurs par le rut1 grappe de complaisance1 vigne grasse1 dorure des ceintures lches1 tonneau fleuri1 abreuvoir des abeilles de pourpre4 ,pommes heureuses1 vos odeurs m'ont amus jadis1 pendant que le mufle des vaches se frottait ton dos4 ,pommier1 tonneau fleuri1 arbre heureux1 joie de mon triste cur4 ,houx1 arbre peine arbrisseau1 ciseau des fesses hypocrites1 burin des dos aimables1 manche du fouet1 poignet du martinet1 ,houx aux jeux rouges1 de tout le sang jailli sous tes griffes on ferait un philtre de fraternit1 ,houx1 petit arbrisseau1 petit bourreau1 joie de mon triste cur4 ,platane1 mt de la galre capitane et voilure gonfle vers les amours lointaines1--platane mle1 catapulte de la semence au vent1 les cuirasses brises1 les matrices violes1--platane femelle1 tour1 attentive l'orient1 recueillement de la prdestine1 les germes passent et tu les recueilles dans ta chevelure1 tramail tendu aux souffles et aux fleurs1 ,mle solitaire1 femelle visite par l'esprit1 unissez-vous dans l'inconnaissable1 ,platanes1 arbres seuls1 fiers amants1 joie de mon triste cur4 ,bouleau1 frisson de la baigneuse dans l'ocan des herbes folles1 pendant que le vent se joue de vos ples chevelures1 baigneuses1 vous fermez vos jambes autour d'un secret1 portes d'ivoire1 et sur les reins tendus des blanches cariatides je vois tomber les larmes des dieux et le sang d'une chimre transperce1 ,mais vous n'essuyez ni vos reins ni vos seins1 ,nymphes aux bras levs pour porter le rve en triomphe4 ,bouleaux1 tristes d'un nom obscur1 arbres vierges1 joie de mon triste cur4 ,aune1 veille funbre sur le corps du roi mort1 tes rois sont morts1 peuple des aunes1 et tu cherches en vain dans les eaux muettes l'clair d'une couronne et l'cho d'une chanson nocturne1 le roi des aunes dort au fond des abmes1 sous les herbes qui sont la barbe des mauvais mages1 et des fleurs d'oubli ont pouss dans les trous de ses yeux4 ,cueillez la fleur1 si vos mains en ont la force1 ,aunes1 peuple funbre1 arbres en pleurs1 joie de mon triste cur4 ,sorbier1 parasol des pendeloques1 grains de corail au cou dor des gitanes1 les moineaux fous ont becquet le collier de l'trangre et sa chair1 ,la gitane a deux colliers et les moineaux s'endorment sur tes paules1 ,sorbier1 cur hospitalier1 arbre de ,nol des pauvres oiseaux1 joie de mon triste cur4 ,cerisier d'automne1 rouge comme une bonne amie1 rouge du sang des curs pendus tes branches1 les passants d'hier ont mang tes dlices1 et tes feuilles pourpres attendent le caprice du vent sentimental1 ,songe pleurer1 en tes larmes d'ambre j'imprimerai le sceau de ma bague1 afin de m'en souvenir1 ,arbre d'automne1 arbre rouge1 arbre cordial1 joie de mon triste cur4 ,pin douloureux1 rle ternel de l'ternelle vie1 ta plainte est inutile et ton dsir de mourir est contredit par la ,loi4 ,tu vivras seul dans la fort qui te hait et qui rit de tes soupirs pouvantables4 ,ceux qui vont mourir te saluent1 ,arbre douloureux1 rle ternel de l'ternelle vie1 joie de mon triste cur4 ,acacia1 si tes piqres parfumes sont des jeux d'amour1 crve-moi les deux yeux1 que je ne voie plus l'ironie de tes ongles1 ,et dchire-moi en d'obscures caresses1 ,arbre l'odeur de femme1 arbre de proie1 joie de mon triste cur4 ,cytise1 jeune fille penche au-dessus du ruisseau clair avec des sourires dans les cheveux1 cytise blond1 cytise blanc1 cytise pur1 ,tu donneras tes cheveux blonds aux lvres du vent1 et ta peau blanche l'invisible main du faune1 et ta puret au mle qui passe dans l'air hystrique4 ,blond cytise1 arbre rveur et frle1 joie de mon triste cur4 ,mlze1 dame aux tristes penses1 parabole accoude sur la ruine d'un mur1 ,les araignes d'argent ont tiss leurs toiles tes oreilles et les scarabes mortuaires1 grimps ton corsage1 ont vomi du sang sous la pluie de tes larmes1 ,dame aux tristes penses1 mlze1 joie de mon triste cur4 ,saule1 arbre plor1 chevelure tombante de l'amante abandonne1 voile entre l'me et le monde1 crpe lam de fleurs aussi lgres que ta douleur1 ,relve tes cheveux1 arbre plor1 et regarde celui qui vient l-bas et qui s'est dress sur la colline de l'aurore1 ,amante un peu hypocrite1 saule d'lgante amertume1 joie de mon triste cur4 ,peuplier couleur de cendre1 tremblant comme un pch1 quelles confidences ai-je lues crites sur tes feuilles ples1 et de quel souvenir as-tu peur1 fivreuse fille oublie le long des sentiers1 dans les prs8 ,ta sur aux cheveux crpusculaires s'ennuie au bord de l'eau1 dites-moi vos dsirs1 mes incestueuses1 et je serai votre messager1 ,curs inquiets1 joie de mon triste cur4 ,marronnier1 dame de cour en paniers1 dame en robe brode de trfles et de panaches1 dame inutile et belle d'ampleur et d'insolence1 ,les sarcasmes tombent du bout de tes doigts1 et des manants en furent meurtris1 mais moi je te briserai les poignets et tu m'aimeras1 si je le veux1 ,dame en paniers1 dame en robe d'orgueil1 joie de mon triste cur4 ,if1 n de la mort1 prtre de la mort1 if dont les rameaux sont des os1 ,requiem ternel debout comme un pardon au chevet glabre des tombes1 ,priez pour moi1 if vnrable1 arbre exorable1 joie de mon triste cur4 pine dont on fit la couronne de ,notre-,seigneur1 drisoire couronne au front du roi sanglant1 pine sacre toute rougie du sang de la grappe de misricorde1 pine charitable1 l'heure de l'agonie1 enfonce un de tes aiguillons dans mon cur coupable1 pine adorable1 joie de mon triste cur4 ,aot #ahid4 ,,th,,atre ,,muet ,,la ,,neige ,i ,le rideau se dchire et fuit comme les vrais brouillards forms pendant la nuit et que dconcertent1 au matin1 les premiers gestes de la lumire4 ,alors on voit un paysage d'hiver4 ,les montagnes de l'horizon s'veillent en l'attitude d'une femme couche1 nue et frissonnante2 les mains croises1 sous la nuque1 le flanc surlev en forme de dme2 un torrent d'argent bleu descend du front et des paules4 ,doucement1 avec des prcautions insidieuses1 le ciel s'avive2 la ligne du dme anime d'un peu de violet1 le sein1 pivoine qui va s'ouvrir1 clate soudain en halo de pourpre2 tout le corps de l'idole saigne sous les griffes du lion1 et la crinire surgit1 les naseaux tincellent1 les yeux fulgurent4 ,le lion gravit le ciel et se perd dans les bras des nues qui se disputent l'amant royal2 les nues victorieuses droulent un nouveau rideau dont les brumes troublent l'image du monde4 ,,ii ,le rideau se dchire4 ,alors on voit passer sur la scne1 qui est un bois d'arbres tronqus1 dont toutes les branches gisent parmi les feuilles mortes et les buissons de houx3 ,un bcheron4 ,sa serpe sur le bras1 des cordes de chanvre sur l'paule1 il marche lourdement1 le corps pli gauche4 ,la bcheronne le suit1 crase sous une besace2 devant s'arrondit un pain1 derrire se tasse un petit1 dont la tte pend et oscille comme un battant de cloche4 ,ils passent1 la tte basse1 sans rien voir que leurs pieds2 ils s'arrtent3 c'est que l'homme veut vider son sabot o une pierre est entre2 il s'appuie un instant sur sa femme1 puis tous deux reprennent leur chemin3 on voit sur la droite disparatre le battant de cloche4 ,les montagnes1 en l'attitude d'une femme qui s'veille1 resplendissent l'horizon4 ,un rideau de nues tombe sur le bois d'arbres tronqus4 ,,iii ,le rideau se dchire et l'on voit revenir le bcheron1 la bcheronne et le petit que trane le bras de sa mre4 ,ils vont s'asseoir au soleil sur une grosse branche gisante dans les feuilles mortes et ils mangent du pain et boivent mme une gourde4 ,les paupires baisses1 ils regardent leur pain1 et quand ils renversent la tte pour prendre une gorge la gourde1 ils ferment tout fait les yeux pour ne voir ni le ciel o planent des nuages de lait primordial1 ni l'idole1 dont l'norme et nonchalante beaut n'est rien pour eux qu'un roc dplaisant et absurde4 ,ayant bu et mang1 ils s'en vont reprendre leur besogne1 qui est de couper les membres et la tte des beaux arbres et de les coucher sur les feuilles mortes1 parmi les buissons de houx4 ,les nues s'abaissent vers la terre4 ,,iv ,les nues se dchirent et l'on voit l'idole osciller4 ,ses jambes se dtachent1 son flanc se surbaisse1 son buste se dresse1 sa figure s'affirme2 elle est debout1 le ruisseau d'argent bleu passe entre ses seins et s'enroule ses reins2 elle est debout1 elle touche au ciel par le front et ses bras tendus font de l'ombre sur le monde4 ,ses mains lentement ramenes s'arrtent sur ses mamelles1 les pressent amoureusement et deux rayons de feu descendent sur la nature perdue3 l'un de ces rayons est un feu pourpre et l'autre est un feu violet4 ,dans le rayon pourpre on voit des hommes priapiques1 et dans le rayon violet1 des femmes callipyges4 ,les deux rayons1 d'abord divergents1 se croisent1 puis s'emmlent et les sexes se livrent de si furieux assauts qu'une pluie de sang obombre les airs1--mais le sang ne tombe pas jusque sur le sol1 car des anges hermaphrodites1 sortis de chaque tronc d'arbre1 le recueillent en des coupes de rubis et s'en enivrent4 ,cependant les rayons se divisent1 s'attnuent1 meurent2 les hermaphrodites rentrent sous l'corce des arbres qui s'agitent en un bref spasme de volupt1 puis la lumire recommence se troubler1 tandis que l'on voit l'idole se recoucher sur le ventre des montagnes3 mais ds qu'elle est couche1 un rire infini la secoue tout entire1 son corps se crispe1 s'ondule1 se roule2 et enfin1 elle porte la main son ventre et en retire une grappe de raisin qu'elle mordille1 apaise1 en s'endormant4 ,les nues se reforment4 ,v ,les nues se dchirent1 et entrent1 par la gauche1 deux jeunes gens envelopps dans le mme manteau1 d'o l'on voit sortir et flotter au vent une chevelure blonde4 ,ils marchent aussi vite que le permet leur enlacement2 sous la cape qui les couvre1 on devine1 des mouvements d'toffe1 qu'ils se baisent sur la bouche et ne dtachent leurs lvres que pour reprendre haleine4 ,quand ils passent1 sans rien voir que la fleur charnelle qui renat incessamment sous les baisers qui la dvorent1 l'idole frisonne dans son sommeil et ses paules se resserrent sur ses seins crass4 ,ils passent1 et de plus graves nues alourdissent l'air4 ,,vi ,les nues s'allgent un peu1 puis se rsolvent1 mais l'air est glac3 c'est de la neige4 ,la neige tombe3 les feuilles mortes1 puis les vertes feuilles des houx blanchissent sans perdre leur forme1 mais la neige tombe toujours plus paisse2 les feuilles mortes ne sont plus qu'un tapis uniformment candide et les buissons de houx ressemblent de blancs agneaux de sel4 ,on voit arriver1 courbs1 haletants et aveugls1 le bcheron et la bcheronne2 le bcheron porte sur son dos un gros fagot que surcharge la neige2 la bcheronne a mis le petit dans son tablier et elle le protge encore en faisant sa tte chtive un abri avec sa main tout engourdie4 ,la neige devient si paisse et si lourde que les pieds des pauvres gens ont peine en soulever le poids4 ,ils s'arrtent et se consultent1 pendant que les deux jeunes gens1 occups de leur seul amour1 arrivent et passent2 ils ont presque disparu1 on ne voit plus que la flottante chevelure blanche de la jeune femme1 quand un coup de vent les rejette sur la scne et les couche dans la neige4 ,ils se dbattent1 ils prennent pied1 ils se relvent2 le vent les couche encore une fois1 fauchant du mme coup le bcheron et la bcheronne1 et le tourbillon amasse sur les vaincus une montagne de neige aussi haute que la montagne de granit o l'idole1 invisible aux hommes1 amuse son sommeil des extatiques rves de la strilit4 ,la nuit tombe4 ,,vii ,la lune dchire les voiles de la nuit et l'on ne voit rien qu'une immensit blanche d'o sortent les cous noirs et nus des arbres dcapits4 ,l'idole1 au-dessus de la neige1 tressaille d'amour impur4 ,la lune meurt4 ,nuit dfinitive et absolue4 #ac juin #ahid4 ,,les ,,bras ,,lev,s ,la scne reprsente un ocan de ttes1 d'o surgissent1 comme des balises demi dcouvertes par le flot1 une fort de bras levs4 ,c'est un peuple genoux et en prire4 ,les ttes se dressent entre les bras levs2 des varechs et des lichens pendent aux balises2 le vent1 souffl de l'orient1 gonfle ces chevelures et les soulve selon un rythme qui semble aussi une prire4 ,le peuple est genoux2 des invisibles yeux1 extasis de terreur et d'espoir1 une lueur lacte s'exhale et monte vers le ciel4 ,les mes gravissent la voie lacte1 jonche d'clats de perles1 et le chemin blanc1 mais stri de barres nocturnes1 de larmes de feu1 de sanglantes moisissures1 s'engouffre et se perd1 aux suprmes altitudes1 dans la gloire fulgurante du ,pentagone4 ,le ,pentagone oscille1 puis tourne sur lui-mme comme une roue2 les flammes qui sortent de ses angles s'enroulant autour de la roue2 le ,pentagone tourne avec une vitesse infinie et propage jusqu'aux confins du monde un tourbillon d'air enflamm1 o s'agitent des prunelles dsorbites1 coquilles de noix phosphorescentes emportes dans le fleuve obscur et circulaire du malstrom universel4 ,a ce divin spectacle1 le peuple genoux frissonne d'amour et de reconnaissance2 la pit se prosterne dans tous les curs1 et dans tous les ventres l'humilit se couche sur les dalles parmi les dtritus de la vie4 ,sur le chemin blanc1 qui a rsist l'nergie du tourbillon1 les mes s'lancent et se bousculent2 on les voit1 corpuscules d'incombustible amiante1 trbucher aux clats de perles1 escalader les barres nocturnes1 franchir les larmes de feu1 nager travers les sanglantes moisissures444 ,la roue s'arrte et redevient pentagone2 ses angles s'effacent3 c'est un cercle2 il se gonfle3 c'est une sphre4 ,ce spectacle ne parat pas moins divin que le premier4 ,les bras se tendent plus nerveusement1 les ttes se renversent1 bien dcides contempler l',infini face face et dans toute sa gloire4 ,le chemin blanc est tout charg d'une paisse poussire d'mes3 une fourmilire monte l'assaut du ciel et menace l'or limpide de la ,sphre immacule4 ,voil que toutes les mains et toutes les ttes ont trembl d'une mme secousse3 les premires fourmis font une tache sur la glorieuse sphre et une ligne d'mes s'crit bientt de l'un l'autre de ses ples4 ,la ,sphre s'obscurcit3 le peuple a conquis son ,dieu4 ,en bas1 un un les flambeaux1 une une les lampes s'teignent2 les bras et les ttes s'vanouissent dans l'air1 et le ,vent d',orient1 qui passe au-dessus des corps dtruits1 emporte vers le ,futur le parfum atomal de la ,vie4 ,le monde est devenu noir2 un ,dieu informe et lourd pend comme un lustre teint au-dessus des tnbres2 n'ayant plus de spectateurs1 l',infini a ferm les portes du thtre1--mais il se recueille et il songe3 ,j'tais ,pentagone4 ,je serai ,triangle4 ,la ,sphre obscure se dplace sur son axe2 elle se gonfle encore2 des points d'or apparaissent sur sa peau2 les fourmis commencent pleuvoir sur le monde o des lueurs tombent4 ,la ,sphre clate et de ses dbris1 ramens au centre par l'attraction1 le ,triangle se forme4 ,toutes les mes sont rejetes sur la terre1 et1 mesure qu'elles touchent le limon1 les atomes se groupent autour de leur essence1 car le ,vent d',orient1 ayant fait le tour du globe1 est revenu charg du parfum atomal de la vie4 ,les flambeaux et les lampes s'allument3 les ttes se dressent1 les bras se lvent2 l'inconsciente prire monte en lueur lacte vers le pluriforme ,idal et les mes recommencent gravir le chemin blanc du ciel1 le chemin qui1 dornavant1 va s'engouffrer et se perdre1 aux suprmes altitudes1 dans la fulgurante gloire du ,triangle4 #aj juillet #ahid4 ,,pages ,,retrouv,,es ,,les ,,petits ,,pauvres ,a ,henri de ,rgnier4 ,les chers petits pauvres du bon ,dieu1 ,primary les estime beaucoup1 les vnre1 de mme qu'en ,bretagne les gens devant les calvaires s'inclinent et se signent1 respectueux et dfrents4 ,humilie au gibet1 humilie dans la sordide bassesse d'un hypocrite mendiant1 la divinit de ,jsus saignait sous l'un et l'autre avatar1 et mme 7ne le dirait-on pas87 rougissait4 ,situation minemment incompatible avec l'galit moderne1 car1 enfin1 il n'y a pas de honte tre ,dieu4 ,primary relve le moral de ces modestes hosties1 en lesquelles le ,fils de la ,femme incessamment s'offre aux spurieux mpris de ses frres ingrats4 ,oui1 les chers petits pauvres du bon ,dieu1 ,primary les vnre4 ,si1 au coin d'une rue1 un gueux immonde soulve avec respect son vieux chapeau trou1--plein de courtoisie1 ,primary rpond par un de ces ineffables saluts d'homme bien lev1 mesurs et discrets1 offre comme aumne un fin sourire3 tel agrable geste de la main ajoute ce rien d'ironie qui pice et relve toute banalit4 ,,le ,,phonographe ,a ,m4 ,edison 7de l've future74 ,affaiss dans son fauteuil1 confit dans son bocal1 ratatin dans l'huileuse ranceur de l'impuissance1 ,m4 ,parital cligna vers la muette horloge--gloire et1 en un concordant geste de vrification1 fit sourdre de son gousset un somptueux oignon4 ,il en pleura3 l',heure des indniables petits chefs-d'uvre tait passe6 ,les valves de sa bouche billaient2 il s'humidifia encore1 il devint plus lourd qu'une ponge oublie dans un baquet3 une fume comme de buanderie embrouillait ses lunettes1 et sa pipe pendait morte4 ,a un bruit de dclic issu de l'horloge--gloire1 les valves se rejoignirent1 une allumette raviva la pipe1 un coin de peau de daim dbrouilla les lunettes1 l'ponge se dlesta1 la ranceur de l'huile s'amadoua dans le bocal largi444 ,m4 ,parital trempa hardiment sa plume dans la bouteille l'encre-des-petits-chefs-d'uvre1--et surgirent ces mots3 ,,volupt,s ,,faunesques ,il raya volupts et1 avec moins d'entrain1 crivit3 ,,plaisirs ,,faunesques ,il raya plaisirs et crivit3 ,r,,veries ,,faunesques ,il raya faunesques et crivit3 ,r,,veries ,,printani,,res ,il raya printanires et crivit3 ,r,,veries ,,juv,,niles ,il raya juvniles et crivit3 ,r,,veries ,,enfantines ,la valve se rouvrait1 pleine de perles noires1 la pipe tomba2 le bocal devint une fiole1 et la sauce si stupidement amre que ,m4 ,parital1 rcuprant la queue de sa fuyante nergie1 la pina plus frocement que ne pince un crabe4 ,arthmise entra3 ,ah6 ,monsieur doit tre dans un tat6444 ,je n'ai pas remont le phonographe1 ce matin6 ,sale bte1 a donne plus de mal qu'un enfant6 ,et sans ajouter nul claircissement qui pt faire comprendre si sale bte s'adressait au phonographe ou ,m4 ,parital1 elle tournait la mcanique4 ,vlan6 un coup de pouce pour regagner le temps perdue4 ,chante1 perroquet6 ,elle fit claquer la porte1 pendant que le sagace instrument disait3 --,avez-vous lu1 mon cher1 le dernier livre de ,parital8--,varits dmoniaques8 videmment4 --,c'est exquis1 n'est-ce pas8--,un indniable petit-chef-d'uvre6 ,beaucoup de talent1 ,parital4--,et mme du gnie4--,oui1 soyons justes et avouons-le3 ,parital a du gnie4--,ne trouvez-vous pas que son front est impressionnant8--,comme la montagne qui recle l'abme444 ,m4 ,parital chantonnait1 dbourrait sa pipe petits coups1 en mesure1 se trmoussait dans son fauteuil1 dressait son papier1 lorgnait le bec de la plume1--enfin1 avec une solide verdeur de geste1 crivait son premier titre3 ,,volupt,s ,,faunesques ,il rdigea1 l-dessous1 d'affriolantes dductions1 ne s'interrompant que pour recligner de l'il vers l'horloge--gloire et susurrer3 ,voyons1 mes chers amis1 mnagez-moi6 ,s,,ur ,,et ,s,,urette ,surette1 dit un jour ,sur1 avec des yeux trs doux de vierge consolable1 coute-moi1 ,surette4 ,avons-nous1 oui ou non1 l'ge des rvlations dfinitives8 ,sommes-nous1 toi la blonde et perptuelle adolescence1 moi la brune et prcoce maturit1 sommes-nous1 ,surette1 une couple de futiles cyclamens incueillables et nuls8 ,rponds1 ,surette1 en me donnant tes lvres6 ,surette1 dit encore ,sur1 avec des yeux trs noirs de vierge exaspre1 sommes-nous1 toi la fille aux seins blancs comme un mois de ,marie1 moi plus vermeille qu'un ,saint-,ciboire1 sommes-nous1 ,surette1 des chairs que promne en landeau une attendrissante maman2 ou des chairs dont on montre le tiers au bal immacul de la princesse ,unique2 ou des chairs enfin que les hommes en frissonnent1 parce qu'on les livre avec deux ou trois fois leur poids d'argent8 ,rponds1 ,surette1 en me donnant tes lvres6 ,surette1 dit encore ,sur1 avec1 les yeux terribles d'une vierge qui se fait comprendre1 sommes-nous1 toi le flacon des odeurs mourantes1 moi la fiole aux stridents parfums1 sommes-nous1 ,surette1 les occultes amantes d'un prudent chuchoteur1 ou les patientes fiances d'un pouseur distrait8 ,rponds1 ,surette1 en me donnant tes lvres6 ,rponds1 ,surette3--,si nous nous aimions entre nous1 tout simplement8 ,,les ,,correspondances ,a ,edouard ,dubus4 ,il est tonnant que l'homme ne sache pas encore que son ,mental est dans une lumire absolument autre que la lumire du monde3 mais tel est l'tat des choses que1 pour ceux qui sont dans la ,lumire du monde1 la ,lumire du ciel est comme des tnbres444 ,,emmanuel ,,swedenborg ,les ,arcanes clestes1 #c9999d4 ,mi-dvtue1 il la prit sur ses genoux et le jeu des doigts en promenade signalait mesure la localisation des ,correspondances4 ,ton des explications3 cette affectueuse ironie qui russit capter l'attention des petits enfants4 --,mais oui1 chre1 le corps humain1 tout son interne mcanisme1 tout le geste1 tous les organes sont en homologie avec le monde spirituel1 avec le ciel-enfer1 vaste espace en forme humaine1 trs grand ,hermaphrodite habit selon les rgions par des cratures clestes1 infernales1 purgatoriales3 les infernales vgtent parmi les excrtions1 les choses mortes4 ,ce ne sont pas des symboles bien complexes3 aux yeux correspondent les anges de lumire2 au cur1 des anges d'amour2 aux poumons1 des anges de foi2 aux bras1 les anges de la force3 ,un bras nu m'est apparu1 qui avait en lui une grande force444 ,cette vie rsolue1 les avares vont s'enclore dans la gele de l'estomac2 les improbes barboteront dans les marcages du fiel2 les stupides et les vaniteux1 dans l'gout du colon2 quant aux glorieux massacreurs1 ils expieront dans le perptuel in-pace du rectum la joie des champs de bataille4 ,ames tendres qui adortes les enfants1--et qui en ftes--la matrice de l',hermaphrodite sera votre palais4 --,oh6 que tu m'ennuies6 --,tiens1 l1--et ou contact indicateur elle s'ennuyait dj moins1--entre les jambes divines de l',infini1 c'est la demeure des bonnes amoureuses4 --,je ne comprends pas4 --,voyons1 figure-toi des organes immenses1 et tu te promnes1 tu respires des odeurs de rut1 tu te roules dans la neige des germes1 tu cueilles des fleurs phalliques1 l'herbe est douce et crpele1 les dsirs1 comme des aromates1 sont vaporiss dans l'air1 et le vent chante des vers d'amour444 --,et tu seras avec moi8 --,eternellement6 --,oui1 mais tout a n'est pas vrai4 --,oh6 enfant1 tout est vrai4 ,crois1--et crois aussi quand je te dirai le contraire de ceci1 car il n'est pas ncessaire de croire toujours la mme chose4 ,la route ne traverse pas d'identiques paysages4 ,soyons successivement dupes des perspectives qui violentent nos yeux3 c'est le moyen de ne pas s'ennuyer4 --,aprs8 --,si tu tais une chaste vierge1 je te promettrais d'attachantes fonctions4 ,tu rsiderais dans les reins de l'insigne ,hermaphrodite et l1 tu veillerais ce que les vaisseaux spermatiques n'enlevassent pas au sang pour d'abusifs cots1 toute son essence et toute sa vitalit4 --,est-ce fini8 --,oh6 non1 il y en a trs long4 ,mais1 coute4 ,ma belle1 j'ai bien peur qu'au lieu des dilections du paradis gnital1 nos pchs ne nous destinent aux excrmentiels enfers1 ne nous conduisent irrvocablement sous les fesses du grand ,corps1 parmi les adultres1 les sensuels1 les dvergonds de la charnalit444 --,tout cela est bien malpropre6 --,comme la vie1 ma chre me1 comme la vie6 ,,ariane ,h,,ro,,de ,,moderne ,a ,camille ,mauclair4 ,ah6 mon ami1 vers quelle aventure6 ,quel rle m'avez-vous distribu1 moi1 entre toutes les femmes8 ,matresse abandonne6 ,les ,ariane6 ,ariane1 ma sur1 me faudra-t-il mourir comme toi1 blesse1 laisse8 ,contre le tueur de lions1 tu n'eus pas d'autres rbellions3 ,ariane est morte4 ,fatalit potique et misricordieuse1 ma fatalit1 la mienne1 est suprieure1 fatalit de l'argent1 suprieure1 moderne8 ,je suis moderne1 je puis souffrir1 mais je comprends4 ,vous me le dites1 que de fois6 ,on se fatigue de tout1 hormis de comprendre4 ,je comprends1 j'espre mme que cela me dlassera1 d'aimer6 ,pas de mlodrame6 fut encore une de vos paroles favorites1 et1 comme vous saviez faire tenir1 en cette ponge1 sans nulle effusion maladroite1 votre exprience de la vie pratique6 ,au contraire1 un peu de raison1 que diable6 ,la qualit de l'amour se rvle la finesse des pidmies1 et les hommes ni les femmes ne mrissent en l'tat de fruits uniques l'arbre de la vie4 ,c'est comme dans un panier de pommes3 plus d'une pomme vaut la bonne4 ,on peut trouver se rapparier1 sans mme sortir de son quartier3 remarque parfaitement juste1 mais enfin1 cela n'empche pas qu'il n'y ait un petit moment difficile passer4 ,car1 tout arrive1 supposez que je ne trouve pas4 ,alors1 que faire8 ,vous me livrez1 inerme1 aux cruauts de l'inquitude4 ,oh6 mon ami1 ce n'est pas un reproche4 ,les reproches sont vains1 je le sais1 et gaspillent les minutes1 cette monnaie du temps1 bien inutilement4 ,donc1 pas de reproches1 et respectons les choses sacres4 ,on ne s'en va pas opposer un intrt de premier ordre1 l'argent1 telle minutie1 le sentiment4 ,non1 ce que j'en dis1 c'est pour me distraire seulement1 je ne suis qu'une femme3 il m'est permis1 n'est-ce pas8 d'tre un peu lgre6 ,passez-moi cela et souffrez1 sans hausser les paules1 que je m'amuse des bulles4 ,voyons1 je vous en prie1 pas de fcherie1 il faut laisser jouer les enfants4 ,h6 ,dix ans6 ,dix ans1 mon cher1 que je m'adonne vous aimer4 ,j'aurais pu glorifier des crans de soie ou faire des enfants1 je vous aimais1 et je croyais que cela durerait toujours3 c'tait ma vocation4 ,je vous aimais1 c'est dire que je m'tais loge en vous1 comme une seconde me1 tout fait persuade que la mort1 seule1 l'expulserait de l'habitacle choisi4 ,je n'avais pas d'existence spare1 j'tais la greffe qui vit mme la sve de l'arbre1 maintenue1 chair contre chair1 par le jonc du jardinier4 ,amour1 que tu fus un mauvais jardinier6 ,croyez-vous que je n'aie pas saign la rupture8 ,me voil tombe comme une branche morte4 ,en deux mots1 je vous dirai ce que j'ai sur le cur2 j'aurais voulu vieillir avec toi4 ,c'est fini1 n'en parlons plus1 mais soyez sr1 mon ami1 que je ne vieillirai pas seule3 d'abord1 n'ai-je pas votre souvenir1 et toujours autour de ma vie1 en mon crpuscule dfinitif1 l'ubiquit de ton corps familier8 ,et aux heures nocturnes1 le souffle rvlateur de ton haleine1 et durant les jours1 les longs jours1 le murmure obscur et doux de tes mots d'autrefois8 ,nous y sommes4 ,vous croyez m'avoir abandonne8 ,mais non1 mon ami1 ceci n'est pas en votre pouvoir1 par la raison assez plausible que je ne le veux pas4 ,je me serais rsigne n'tre pour toi qu'une vaine passance8 ,mais non4 ,tu vivais en moi et tu rgnais sur moi1 simulacre cr par moi et couronn par moi2 roi1 je ne t'ai pas dpos1 tu rgnes2 amant1 je ne j'ai pas tu1 tu vis4 ,tu rgnes et tu vis1 parce que je t'aime3 ah6 comment faire pour n'tre pas aim8 ,comprends-tu ce miracle de mon plaisir8 ,tu ne m'as pas quitte un seul instant1 mon cher amant1 mon roi cher1 pas on seul instant1 entre tous les instants o s'quilibre notre vie1 et pas un seul1 tu ne me quitteras jamais4 ,je vois1 je sens1 je touche mon amour4 ,je t'aime4 ,ecoute3 je t'aime4 ,c'est moi qui te possde1 moi1 la renie1 et non pas l'autre1 la chrie4 ,pauvre chrie6 ,va1 je ne suis pas jalouse de son illusion1 mais elle1 dis-moi1 si elle savait8 ,ah6 tu croyais qu'on peut se reprendre8 ,quelle sottise pour un homme si intelligent1 si pratique6 ,tu t'es donn1 n'est-ce pas8 ,eh bien1 je te garde et je t'emporterai avec moi4 ,oui1 mon ami1 ta prcieuse vie est ma discrtion2 et quand je serai somme l'ternit1 en mes bras je te prendrai1 crature de mon cur1 et c'est avec toi que je jouirai de la profonde et inhumaine joie d'aimer infiniment en un amour infini6 ,nous irons au ciel ensemble1 ma chre ombre1 et ensemble transfigurs1 mon cher souvenir1 nous vivrons ternellement4 ,,vision ,a ,g4-,albert ,aurier4 ,elle tait dore sous ses voiles plement bleus1 tel qu'un stuc florentin4 ,comme je m'en tonnais3 --,c'est que je suis un trsor6 ,je rpondis3 --,raison bien lmentaire4 ,elle dit encore3 --,c'est que je suis lmentaire4 --,qui es-tu8 --,je suis celle que tu vois4 --,veux-tu que je t'aime8 --,je le veux bien4 ,elle arrta1 par un strident rire1 mon geste humble et amoureux de baiser ses pieds dors4 ,je cherchai1 inquiet1 les yeux de la vierge en or1 mais je vis bien de l'or1 je ne vis pas les yeux4 ,elle dit1 souriante3 --,essaie6 --,oui1 je frlerai d'un peu de ma chair cette chair d'ostensoir4 ,oh6 que je le dsire6 ,laisse-moi faire4 ,ma tte s'inclina vers les pieds dors et aussitt tout disparut4 --,l6 mon cher1 chuchotait la voix du lointain1 te l'avais-je dit8 ,d'or1 de marbre1 de chair1 je m'vanouis l'preuve d'un contact4 ,je suis l',intouchable1 c'est--dire la ,femme4 ,,prose ,,pour ,,un ,,po,,te ,a ,saint-,pol ,roux4 ,pense1 disait le pote1 pense au ple abandon444 ,il faut savoir qu'elle n'tait pas jeune1 jolie plus gure1--et parmi l'artificiel glacis blond des cheveux fins1 tel qu'en un ciel enflamm des avant-crpuscules1 de blanches stries se couchaient1 primevres l'agonie parmi les soucis incandescents4 ,il faut savoir tout ce que savait le pote3 encore ceci1 que la pas jeune et plus gure jolie femme1 un dsolant caprice la dlaissait3 ,il ne l'aimait plus6 ,ah6 mme dans un grand calme de ton et avec gestes la tant-pis--que-voulez-vous8--a contenait bien des sanglots1 et pas si effarouchs qu'ils ne montassent rsolument l'assaut du pauvre cur4 ,il faut savoir encore qu'elle dit1 aprs un silence3 ,me voil toute seule4 ,reste s'organiser1 arranger sa vie2 et qu'en disant elle torturait par des poses inaccoutumes ses bras1--oh6 eux1 trs beaux encore et mme relativement superbes1 relativement l'inconsistante jeunesse1--ses bras veufs du cou trs cher qu'elle aurait eu tant de joie trangler pour qu'il ne se plit pas une fois de plus sous l'treinte de bras diffrents--oh6 oui1 on pouvait le dire--des siens6 ,il faut savoir encore qu'elle avait un vrai gros chagrin1 en la pantomime des simagres obligatoires1--car seule ou pas seule1 est-ce la mme chose1 voyons8--et que1 si elle avait t seule1 toute seule1 elle se serait vautre sur ses tapis1 se serait saoule de larmes amres et de ,ah6 mon ,dieu6 toutes les deux secondes1 et de ,qu'est-ce que je vais devenir8 dans les intervalles et de--car elle avait de la religion--,sainte ,vierge ,marie1 rendez-les-moi6 ,il ne reste plus rien savoir1 hormis ceci1 que le pote avait beaucoup d'esprit et qu'il faisait des vers4 ,ah6 ma chre6 des vers6 oh6 une grce6 un charme6 ,enfin1 avouez qu'ils sont bien4 ,des caresses1 vraiment oui1 inexprimables1 des caresses1 des caresses444 ,pense1 disait le pote1 pense au ple abandon444 ,et la pas jeune et gure plus jolie femme devenait toute gracieusement ple et finalement1--tel qu'un ciel enflamm des avant-crpuscules qui s'attnue vers les candeurs de l'agonie1 toute blanche1 toute blanche444 ,ah6 prends garde aux potes consolateurs1 prends garde aux verbes1 la magie des ralisations1 prends garde aux mots qui se dressent et vivent1 aux vocations improvises1 aux incantations cratrices1 prends garde aux logiques de la parole3--toutes les syllabes ne sont pas vaines4 ,le pote disait3 ,pense au ple abandon des vieux lys solitaires4 ,l',,op,,rateur ,,des ,,morts ,a ,rachilde4 ,j'tais prs de celle qui ne remuera plus1 jamais1--j'tais genoux et je pleurais prs de celle qui n'aura plus1 jamais1 de pleurs4 ,je pleurais1--intrieurement1 car j'avais trop peur pour pleurer des larmes humaines1--je pleurais divinement4 ,on entra4 ,c'tait un personnage vtu de noir1 de tenue probe1 et gant de noir4 ,j'interrogeais par le simple geste de la tte dresse1 tourne un peu du ct de l'intrus4 ,d'une voix basse1 calme et presque vive1 pourtant1--oui1 d'une voix presque vivante1 il rpondit3 ,madame1 je suis l',oprateur des morts4 ,et comme je comprenais1 trop bien1 hlas6 ce qu'il fallait laisser faire1 je me levai1 m'cartant du lit1 les doigts encore joints1 presque crisps4 ,il se pencha vers la morte adore1--je regardais1--il replia le drap jusqu'au-dessous des seins morts de ma morte1 et1 appuyant l'index au bord intrieur de la mamelle gauche3 ,c'est l1 dit-il4 ,il l'avait mise en travers de sa bouche1 l'pingle des curs morts1 la grande pingle1 pour l'avoir porte de la main et frapper vite4 ,il dit3 ,c'est l1--et du coup il piqua1 d'un seul coup4 ,le visage de ma morte tait toujours pareil3 elle n'tait pas plus morte maintenant qu'on l'avait tue deux fois1--mais peut-tre que son cur immortel subissait1 dans les au-del1 la transfixion4 ,ah6 lance mtaphorique du soldat romain qui tous les jours transperces ,jsus1 et toi1 pe mortuaire1 n'tes-vous pas du mme fer8 ,alors avec un sourire de complaisance consolatrice1 il dit3 ,elle ne sera pas enterre vivante4 ,il parlait de ma bien-aime1 et me tendait un papier4 ,je lui fis signe3 ,sur la chemine4 ,ayant dfr ma douleur avec l'assentiment poli qui signifie3 ,je suis sr de vous1--il sortit4 ,je me penchai vers la morte adore3 c'tait une longue pingle d'acier pommeau d'argent bruni1 en forme de croix1 une pe de crois444 ,ah6 le symbole1 amie1 se ralisait donc1--puisque tu l'avais1 relle et sanglante en ton sanglant cur1 la ,croix6 ,l',,enfer ,a ,louis ,dumur4 ,dans son humble cellule1 traverse d'tranges lueurs qui ne provenaient ni de l'aube naissante1 ni de la lampe moribonde1 l'illustre ,hrtique crivait4 ,au dbut de son lger monitoire1 il avait pos cet indniable aphorisme1 base de toute morale vraiment srieuse3 ,,il ,y ,a ,,un ,,enfer ,maintenant1 en de rougeoyantes cornues1 il distillait les immondes sulfures1 activait dans les marmites du diable les soupes la poix1 cuisinait les sauces1 au bitume1 dosait les rations d'huile bouillante1 trempait dans la rsine1 pour des illuminations anniversaires1 les cheveux blonds des bien-aimes et la barbe des amants2 il largissait de vastes tangs d'alcool o1 comme des ronds de citrons dans un punch1 des nergumnes flottaient1 somms de flammes vertes2 il arrosait de plomb fondu les crnes rebelles au ,verbe ternel1 et la chair dvore renaissait magiquement pour grsiller encore sous l'immortelle pluie de feu2 ici1 un terrible hachoir hachait les mains menteuses2 l1 un racloir1 d'un mcanisme surhumain1 raclait sur leurs os gmissants la chair strile des vierges folles2--et des curs tombaient sous la meule infernale aussi presss que des grains de bl4 ,l'illustre ,hrtique n'oubliait pas les mes1 fourbissait1 avec le plus grand soin1 les fourches de la peur1 les flches du remords1 les colliers de l'angoisse1 les marteaux de l'effroi1 les chanes de la honte1 les tenailles de la dsolation4 ,ensuite1 il passa aux preuves4 ,il voquait de sinistres damns1 de lamentables cadavres surgissant et disant avec des yeux pleins d'une pouvante infinie3 ,je suis en enfer6 ,ratbod1 roi des ,frisons1 mergea ainsi du fond des abmes1 vint secouer devant ses officiers surpris des menottes de fer rouge4 ,de mme1 le comte ,orloff1 quittant pour un instant les ghennes1 manifesta1 grce sa prsence insolite en pantoufles et en robe de chambre1 la vrit de l'enfer nie par un incrdule gnral4 ,et d'autres1 et combien d'autres1 rejets momentanment par le gouffre1 marqurent sur les vivants1 sur les meubles1 sur les tentures1 les traces carbonises de leurs doigts en feu1 on bien1 avec une jovialit vritablement dmoniaque1 s'amusrent1 comme ce damn fameux1 dont parle ,pierre le ,vnrable1 abb de ,cluny1 revenir asperger d'innocentes cratures avec un liquide plus corrosif que l'eau seconde1 en criant d'une voix non dnue d'une certaine ironie3 ,voici l'eau froide dont on se rafrachit en enfer4 ,des nuages couvraient le ciel1 l'humble cellule tait traverse de lueurs qui ne provenaient ni du soleil voil1 ni de la lampe morte4 ,l'illustre ,hrtique avait inclin vers la table sa tte mdiatrice1 il la releva soudain et1 pris d'un douloureux ricanement1 il profra ces quelques syllabes3 ,,et ,,moi ,,aussi1 ,j',,irai ,,en ,,enfer 444 ,et des curs tombaient sous la meule infernale aussi presss que des grains de bl4 ,,une ,,maison ,,dans ,,les ,,dunes ,a ,paul ,blier4 ,jadis1 au temps des ,antoine et des ,paphnuce1 la ,thbade l'et tent1 avec ses cavernes et ses arnes muettes4 ,presque seul1 vraiment seul1 dans le dsarroi des deuils rcents et la survivance illogique des vieilles habitudes1--mort ce qui n'tait pas trs loin1 trs haut ou trs absurde1--il habitait une grande maison carre1 couvent gyptien1 lourde blancheur crase dans l'or ple des sables4 ,terres conquises sur la mer1 le sol en avait gard la nostalgie2 les herbes qu'il nourrissait avaient des formes marines2 il cdait sous les pieds comme le flot cde au poitrail des barques2--et les pins1 ceinture sacre qui enserrait la maison1 s'taient courbs sous l'ternel vent de l',ocan1 ainsi que de fuyantes voilures4 ,il crut1 rentrant chez lui1 qu'il allait visiter ses frres en monastre2 il attendait sur le seuil la coule noire du pre ,hilarion444 ,l bas1 le phare d',alexandrie dardait une flamme vive dans le couchant assombri4