by ! ,biblio?que nationale de ,france 7,bn,f_/,gallica7 at http3_/_/gallica4bnf4fr7 ,,remy ,,de ,,g\rmont ,la ,culture des ,ides ,,du ,,/yle ,,ou ,,de ,l',,criture--,,la ,,cr,,ation ,,subconsci5te--,,la ,,dissociation ,,des ,,id,,es ,,/,,phane ,,mall>m ,,et ,l',,id,e ,,de ,d,,cad5ce ,,le ,,paganisme ,,t]nel--,,la ,,morale ,,de ,l',,am\r ,,ironies ,,et ,,p>adoxes ,,deuxi,,me ,,dition ,,p>is ,,soci,t ,,dv ,,m]cvre ,,de ,,france ,,xv1 ,,rve ,,de ,l',,*avd-,,sa9t-,,g]ma91 ,,xv ,,mcm ,,du ,,/yle ,,ou ,,de ,l',,criture ,i ,et ideo confiteatur eorum /ultitia1 qui arte1 sci5tiaque immnunes1 de solo +5io confid5tes1 ad summa summe can5da prorumpunt2 a tanto prosuntuositate desi/ant1 et si ans]es naturali desidia sunt1 nol9t a/ripetam aquilam imit>i4 ,,dantis ,,alighi]i1 ,de vulg>i eloquio1 ,,ii4 #d4 ,dprci] l'criture1 c'e/ une prcaution que pr5n5t de temps autre les criva9s nuls2 ils la croi5t bonne2 elle e/ le signe de leur mdiocrit et l'aveu d'une tri/esse4 ,ce n'e/ pas sans dpit que l'impuissant r5once la jolie femme aux yeux trop limpides2 il doit y avoir de l'am]tume dans le dda9 public d'un homme qui confesse l'ignorance premire de son mti] ou l'abs5ce du don sans lequel l'ex]cice de ce mti] e/ une impo/ure4 ,cep5dant quelques-uns de ces pauvres se glorifi5t de leur indig5ce2 ils dcl>5t que leurs ides sont assez belles p\r se pass] de vtem5t1 que les images les plus neuves et les plus ri*es ne sont que des voiles de vanit jets sur le nant de la p5se1 que ce qui importe1 aprs t\t1 c'e/ le fond et non la =me1 l'esprit et non la lettre1 la *ose et non le mot1 et ils peuv5t p>l] a9si trs longtemps1 c> ils possd5t une meute de cli*s nombreuse et docile1 mais pas m*ante4 ,il faut pla9dre les premi]s et mpris] les seconds et ne leur ri5 rpondre1 s9on ceci3 qu'il y a deux littratures et qu'ils font p>tie de l'autre4 ,deux littratures3 c'e/ une manire de dire provisoire et de prud5ce1 af9 que la meute n\s oublie1 ayant sa "p du paysage et la vue du j>d9 o elle n'entr]a pas4 ,s'il n'y avait pas deux littratures et deux prov9ces1 il faudrait gorg] immdiatem5t presque t\s les criva9s franais2 cela s]ait une besogne bi5 malpropre et de laquelle1 p\r ma "p1 je r\girais de me ml]4 ,laissons donc2 la frontire e/ trace2 il y a deux sortes d'criva9s3 les criva9s qui criv5t et les criva9s qui n'criv5t pas1--comme il y a les *anteurs aphones et les *anteurs qui ont de la voix4 ,il semble que le dda9 du /yle soit une des conqutes de quatre-v+t-neuf4 ,du mo9s1 avant l're dmocratique1 il n'avait jamais t "q que p\r les baf\] des criva9s qui n'criv5t pas4 ,depuis ,pisi/rate jusqu' ,l\is ,,xvi1 le monde civilis e/ unanime sur ce po9t3 un criva9 doit savoir crire4 ,les ,grecs p5sai5t a9si2 les ,roma9s aimai5t tant le beau /yle qu'ils f9ir5t p> crire trs mal1 v\lant crire trop bi54 ,s4 ,ambroise e/imait l'loqu5ce au po9t de la considr] comme un des dons du ,p>aclet1 vox donus ,spiritus1 et ,s4 ,hilaire de ,poiti]s1 au *apitre treize de son ,trait des ,psaumes1 n'hsite pas dire que le mauvais /yle e/ un p*4 ,ce n'e/ donc pas du *ri/ianisme roma9 qu'a pu n\s v5ir notre indulg5ce prs5te p\r la littrature in=me2 mais comme le *ri/ianisme e/ ncessairem5t responsable de t\tes les agressions mod]nes contre la beaut extrieure1 on p\rrait suppos] que le gt du mauvais /yle e/ une de ces importations prote/antes dont fut1 au dix-huitime sicle1 s\ille la t]re de ,france3 le mpris du /yle et l'hypocrisie des moeurs sont des vices anglicans#a4 ,note #a3 ,sur l'importance et l'influ5ce du prote/antisme cette poque1 voir l'ouvrage de ,ed4 ,hugues1 que t\s les prote/ants dm>qu5t depuis v+t-c9q ans1 ,hi/oire de la ,re/auration du ,prote/antisme en ,france au ,x,v,i,i,ie sicle 7#ahgb74 ,cep5dant si le dix-huitime sicle crit mal1 c'e/ sans le savoir2 il tr\ve que ,voltaire crit bi51 surt\t en v]s2 il ne repro*e ,ducis que la b>b>ie de ses modles2 il a un idal2 il n'admet pas que la philosophie soit une excuse de la grossiret littraire2 on v]sifie les traits d',isaac ,newton et jusqu'aux recettes de j>d9age et jusqu'aux manuels de cuis9e4 ,ce beso9 de mettre o il n'en faut pas de l'art et du beau langage le conduisit adopt] un /yle moy51 propre rehauss] t\s les sujets vulgaires et humili] t\s les autres4 ,avec de bonnes int5tions1 le dix-huitime sicle f9it p> crire comme le peuple du monde le plus rfractaire l'art3 l',anglet]re et la ,france signr5t ce mom5t une ent5te littraire qui devait dur] jusqu' la v5ue de ,*ateaubri& et dont le ,gnie du ,*ri/ianisme #b fut la dnonciation sol5nelle4 ,a p>tir de ce livre1 qui ouvre le sicle1 il n'y a plus qu'une manire d'avoir du tal5t1 c'e/ de savoir crire1 et non plus la mode de la ,h>pe1 mais selon les exemples d'une tradition inva9cue1 aussi vieille que le premi] veil du s5s de la beaut dans l'intellig5ce huma9e4 ,note #b3 ,ce livre1 si mal connu et dfigur dans ses ditions pieuses4 ,ri5 de mo9s pieux cep5dant et de mo9s difiant au del du premi] tome que cette encyclopdie s+ulire et confuse o on tr\ve ,r5 et des tableaux /ati/iques1 ,atala et le catalogue des pe9tres grecs4 ,c'e/ une hi/oire univ]selle de la civilisation et un plan de recon/ruction sociale4 ,en voici le titre complet3 ,gnie du ,*ri/ianisme ou ,beauts de la religion *rti5ne p> ,franois-,augu/e ,*ateaubri&4--,a ,p>is1 *ez ,mign]et imprimeur1 rue du ,spulcre1 f4s4g41 n #bh4 ,an ,x1 #ahjb4--e vol4 9-#h4 ,mais la manire du dix-huitime sicle#c rpondait trop bi5 aux t5dances naturelles d'une civilisation dmocratique2 ni ,*ateaubri&1 ni ,victor ,hugo ne pur5t rompre la loi organique qui prcipite le tr\peau v]s la pla9e v]te o il y a de l'h]be et o il n'y aura plus que de la p\ssire qu& le tr\peau aura pass4 ,on jugea inutile bi5tt de cultiv] un paysage de/9 aux dva/ations populaires2 il y eut une littrature sans /yle comme il y a des gr&es r\tes sans h]be1 sans ombre et sans fonta9es4 ,note #c3 ,qu& on p>le du dix-huitime sicle1 il faut t\j\rs mettre "p1 dans sa t\r de ,montb>d1 le gr&iose et solitaire ,buffon1 qui fut1 au s5s mod]ne de ces mots1 un savant1 un philosophe et un pote4 ,,ii ,le mti] d'crire e/ un mti]1 et j'aim]ais mieux qu'on le mt son ordre vocabulaire1 entre la cordonn]ie et la m5uis]ie1 que t\t seul "p des autres manife/ations de l'activit des hommes4 ,a "p1 il peut tre ni1 s\s prtexte d'honneurs1 et tellem5t loign de t\t ce qui e/ vivant qu'il meure de son isolem5t2 son rang dans une des ni*es symboliques le long de la gr&e gal]ie1 il suggre des ides d'appr5tissage et d'outillage2 il loigne de lui les vocations impromptues2 il e/ svre et dc\rageant4 ,le mti] d'crire e/ un mti]2 mais le /yle n'e/ pas une sci5ce4 ,le /yle e/ l'homme mme et l'autre =mule1 de ,hello1 le /yle e/ inviolable1 dis5t une seule *ose3 le /yle e/ aussi p]sonnel que la c\leur des yeux ou le son de la voix4 ,on peut appr5dre le mti] d'crire2 on ne peut appr5dre avoir un /yle2 on ne peut te9dre son /yle comme on te9t ses *eveux1 mais il faut recomm5c] t\s les mat9s et n'avoir pas de di/ractions4 ,on appr5d si peu avoir un /yle qu'au c\rs de la vie s\v5t on dsappr5d2 qu& la =ce vitale e/ mo9dre on crit mo9s bi52 l'ex]cice1 qui amliore d'autres dons1 gte p>fois celui-l4 crire1 c'e/ trs diffr5t de pe9dre ou de model]2 crire ou p>l]1 c'e/ us] d'une facult ncessairem5t commune t\s les hommes1 d'une facult primordiale et inconsci5te4 ,on ne peut l'analys] sans faire t\te l'anatomie de l'intellig5ce2 c'e/ p\rquoi1 qu'ils ai5t dix ou dix mille pages1 t\s les traits de l'art d'crire sont de va9es esquisses4 ,la "q e/ si complexe qu'on ne sait p> o l'abord]2 elle a tant de po9tes et c'e/ un tel buisson de ronces et d'p9es qu'au lieu de s'y jet] on en fait le t\r2 et c'e/ prud5t4 ,ecrire1 mais alors au s5s de ,flaub]t et de ,gonc\rt1 c'e/ exi/]1 c'e/ se diffr5ci]4 ,avoir un /yle1 c'e/ p>l] au milieu de la langue commune un dialecte p>ticuli]1 unique et inimitable et cep5dant que cela soit la fois le langage de t\s et le langage d'un seul4 ,le /yle se con/ate2 en tudi] le mcanisme e/ inutile au po9t o l'inutile devi5t dang]eux2 ce que l'on peut recompos] avec les produits de la di/illation d'un /yle ressemble au /yle comme une rose en papi] p>fum ressemble la rose4 ,quelle que soit l'importance fondam5tale d'une oeuvre crite1 la mise en oeuvre p> le /yle accrot son importance4 ,c'tait l'op9ion de ,buffon1 que t\tes les beauts qui se tr\v5t dans un ouvrage bi5 crit1 t\s les rapports dont le /yle e/ compos s5t autant de vrits aussi utiles et peut-tre plus prcieuses p\r l'esprit huma9 que celles qui peuv5t faire le fond du sujet4 ,et c'e/ aussi1 malgr le dda9 commun1 l'op9ion commune1 puisque les livres de jadis qui viv5t encore ne viv5t que p> le /yle4 ,si le contraire tait possible1 tel contempora9 de ,buffon1 ,b\lang]1 l'auteur de l',antiquit dvoile1 ne s]ait pas inconnu auj\rd'hui1 c> il n'y avait de mdiocre en lui que sa manire d'crire2 et n'e/-ce po9t p>ce qu'il manqua presque t\j\rs de /yle que tel autre1 comme ,did]ot1 n'a jamais eu que des heures de rputation et que sitt qu'on ne p>le plus de lui1 il e/ oubli8 ,cette prpondrance inconte/e du /yle fait que l'inv5tion des ?mes n'a pas un gr& intrt en littrature4 ,p\r crire un bon roman ou quelque drame viable1 il faut ou lire un sujet si banal qu'il en soit nul ou en imag9] un si n\veau qu'il faille du gnie p\r en tir] p>ti1 ,romo et ,juliette ou ,don ,qui*otte4 ,la plup>t des tragdies de ,%akespe>e ne sont qu'une suite de mtaphores brodes sur le canevas de la premire hi/oire v5ue4 ,%akespe>e n'a inv5t que ses v]s et ses phrases3 comme les images en tai5t n\velles1 cette n\veaut a ncessairem5t confr la vie aux p]sonnages du drame4 ,si ,hamlet1 ide p\r ide1 avait t v]sifi p> ,*ri/ophe ,m>l[e1 ce ne s]ait qu'une obscure et maladroite tragdie que l'on cit]ait comme une bau*e intressante4 ,m4 de ,maupassant1 qui inv5ta la plup>t de ses ?mes1 e/ un mo9dre conteur que ,boccace1 qui n'inv5ta aucun des si5s4 ,l'inv5tion des sujets e/ d'ailleurs limite1 encore que flexible l'inf9i2 mais1 autre sicle1 autre hi/oire4 ,m4 ,aic>d1 s'il avait du gnie1 n'et pas traduit ,o!llo1 il l'et refait1 comme l'+nu ,rac9e refaisait les tragdies d',euripide4 ,t\t aurait t dit dans les c5t premires annes des littratures si l'homme n'avait le /yle p\r se v>i] lui-mme4 ,je veux bi5 qu'il y ait tr5te-six situations dramatiques ou romanesques1 mais une ?orie plus gnrale n'en peut1 en somme1 reconnatre que quatre4 ,l'homme tant pris p\r c5tre1 il a des rapports3 avec lui-mme1 avec les autres hommes1 avec l'autre sexe1 avec l'inf9i1 ,dieu ou ,nature4 ,une oeuvre de littrature r5tre ncessairem5t dans un de ces quatre modes4 ,mais n'y aurait-il au monde qu'un seul et unique ?me1 et que cela ft ,daphnis et ,*lo1 il suffirait4 ,une des excuses des criva9s qui ne sav5t pas crire e/ la div]sit des g5res4 ,ils croi5t qu' celui-ci convi5t le /yle et celui-l1 ri54 ,il ne faut pas1 dis5t-ils1 crire un roman du mme ton qu'un pome4 ,sans d\te2 mais l'abs5ce de /yle fait aussi l'abs5ce de ton et qu& un livre manque d'criture1 il manque de t\t3 il e/ invisible ou1 comme on dit1 il passe inap]u4 ,cela convi5t4 ,au fond1 il n'y a qu'un g5re3 le pome2 et peut-tre qu'un mode1 le v]s1 c> la belle prose doit avoir un ry?me qui f]a d\t] si elle n'e/ que de la prose4 ,buffon n'a crit que des pomes1 et ,bossuet et ,*ateaubri& et ,flaub]t4 ,les poques de la ,nature1 si elles meuv5t les savants et les philosophes1 n'en sont pas mo9s une somptueuse pope4 ,m4 ,brunetire a p>l avec une +nieuse h>diesse de l'volution des g5res2 il a montr que la prose de ,bossuet n'e/ qu'une des c\pes de la gr&e =t lyrique o ,victor ,hugo plus t>d se fit b*]on4 ,mais je prfre l'ide qu'il n'y a pas de g5res ou qu'il n'y a qu'un g5re2 cela e/ d'ailleurs plus con=me aux d]nires philosophies et la d]nire sci5ce3 l'ide d'volution va disp>atre devant celle de p]man5ce1 de p]ptuit4 ,si on peut appr5dre crire8 ,il s'agit du /yle3 c'e/ dem&] si ,m4 ,zola avec de l'application aurait pu dev5ir ,*ateaubri&1 ou si ,m4 ,quesnay de ,beaurepaire avec des so9s aurait pu dev5ir ,rabelais2 si l'homme qui imite les m>bres prcieux en sec\ant d'un c\p vif son p9ceau v]s les panneaux de sap9 aurait pu1 bi5 conduit1 pe9dre le ,pauvre ,p*eur1 ou si le ravaleur qui taille dans le g5re cor9?i5 les tri/es faades des maisons p>isi5nes ne p\rrait pas1 aprs v+t leons1 sculpt] p> has>d la ,porte de l',enf] ou le tombeau de ,philippe ,pot8 ,si on peut appr5dre crire8 ,il s'agit des lm5ts d'un mti]1 de ce qui s'enseigne aux pe9tres dans les acadmies3 on peut appr5dre cela2 on peut appr5dre crire correctem5t la manire neutre1 comme on grava la manire noire4 ,on peut appr5dre crire mal1 c'e/--dire proprem5t et de manire mrit] un prix de v]tu littraire4 ,on peut appr5dre crire trs bi51 ce qui e/ une autre faon d'crire trs mal4 ,qu'ils sont mlancoliques1 ces livres qui sont trs bi52 et puis1 c'e/ t\t4 ,,iii ,m4 ,albalat a donc publi un manuel qui s'appelle3 l',art d'crire enseign en v+t leons4 ,p>u en des temps plus anci5s1 ce manuel et c]ta9em5t fait p>tie de la biblio?que de ,m4 ,dum\*el1 pr(esseur de littrature1 qui l'et recomm& ses amis1 ,b\v>d et ,pcu*et3 ,alors ils se dem&r5t en quoi consi/e prcism5t le /yle1 et1 grce des auteurs indiqus p> ,dum\*el1 ils apprir5t le secret de t\s les g5res4 ,cep5dant les deux bon%ommes tr\v5t un peu subtiles les rem>ques de ,m4 ,albalat et ils sont con/]ns d'appr5dre que le ,tlmaque e/ mal crit et que ,mrime gagn]ait tre cond5s4 ,ils rejett5t ,m4 ,albalat et se mett5t sans lui leur hi/oire du duc d',ang\lme4 ,je ne suis pas surpris de leur rsi/ance2 peut-tre ont-ils s5ti obscurm5t que l'inconsci5t se rit des pr9cipes1 de l'art des pi?tes et de l'artifice des trois jets gradus4 ,que le travail intellectuel1 et en p>ticuli] le travail d'crire1 *appe en trs gr&e p>tie l'autorit de la consci5ce1 si ,m4 ,albalat l'avait su il aurait t mo9s imprud5t et n'aurait pas divis les qualits d'un criva9 en deux sortes3 les qualits naturelles et les qualits que l'on peut acqurir1--comme si une qualit1 c'e/--dire une manire d'tre et de s5tir1 tait quelque *ose d'extrieur et qui se suraj\te comme une c\leur ou une odeur6 ,on devi5t ce que l'on e/1 et cela sans mme le v\loir et malgr t\te volont adv]se4 ,la plus longue pati5ce ne peut *ang] en imag9ation visuelle une imag9ation aveugle2 et celui qui voit le paysage dont il transpose l'aspect en critures1 si son oeuvre e/ gau*e1 elle e/ meilleure encore1 telle1 qu'aprs les ret\*es d'un correcteur dont la vision e/ nulle ou pr(ondm5t diffr5te4 ,mais le trait de =ce1 il n'y a que le matre qui le donne4 ,cela dc\rage ,pcu*et4 ,le trait du matre en critures d'art1 mme de =ce1 e/ ncessairem5t celui qu'il ne fallait pas appuy]2 ou bi51 le trait s\ligne le dtail qu'il e/ d'usage de faire valoir et non celui qui avait frapp l'oeil intrieur1 inhabile mais s9cre1 de l'appr5ti4 ,cette vision presque t\j\rs inconsci5te1 ,m4 ,albalat l'ab/rait et il df9it le /yle l'art de saisir la valeur des mots et les rapports des mots entre eux2 et le tal5t1 d'aprs lui1 consi/e1 non pas se s]vir s*em5t des mots1 mais dc\vrir les nuances1 les images1 les s5sations qui rsult5t de leurs comb9aisons4 ,n\s voil donc dans le v]balisme pur1 dans la rgion idale des signes4 ,il s'agit de mani] les signes et de les ordonn] selon des dess9s qui donn5t l'illusion d'tre reprs5tatifs du monde des s5sations4 ,a9si pris reb\rs le problme e/ insoluble2 il peut arriv]1 puisque t\t arrive1 que de telles comb9aisons de mots soi5t vocatrices de la vie et mme d'une vie dt]m9e1 mais le plus s\v5t la comb9aison re/]a in]te2 la =t se ptrifie2 une critique du /yle devait comm5c] p> une critique de la vision intrieure1 p> un essai sur la =mation des images4 ,il y a bi5 deux *apitres sur les images dans le livre de ,m4 ,albalat1 mais t\t la f92 et a9si le mcanisme du langage e/ dmontr reb\rs1 puisque le premi] pas e/ l'image et le d]ni] l'ab/raction4 ,une bonne analyse des procds naturels du /yle comm5c]ait la s5sation p\r ab\tir l'ide pure1--si pure qu'elle ne correspond ri51 non seulem5t de rel1 mais de figuratif4 ,s'il y avait un art d'crire1 ce s]ait l'art mme de s5tir1 l'art de voir1 l'art d'ent5dre1 l'art d'us] de t\s les s5s1 soit rellem5t1 soit imag9ativem5t2 et la pratique grave et neuve d'une ?orie du /yle s]ait celle o l'on essai]ait de montr] comm5t se pntr5t ces deux mondes sp>s1 le monde des s5sations et le monde des mots4 ,il y a l un gr& my/re1 puisque ces deux mondes sont inf9im5t lo9 l'un de l'autre1 c'e/--dire p>allles3 il faut y voir peut-tre une sorte de tlgraphie sans fils3 on con/ate que les aiguilles des deux cadrans se comm&5t mutuellem5t1 et c'e/ t\t4 ,mais cette dp5dance mutuelle e/ lo9 d'tre p>faite et aussi claire dans la ralit que dans une comp>aison mcanique3 en somme1 les mots et les s5sations ne s'accord5t que trs peu et trs mal2 n\s n'avons aucun moy5 sr1 que peut-tre le sil5ce1 p\r exprim] nos p5ses4 ,que de circon/ances dans la vie1 o les yeux1 les ma9s1 la b\*e muette sont plus loqu5ts que t\tes p>oles#d6 ,note #d3 ,on essai]a quelque j\r1 dans une tude sur le ,monde des mots1 de dt]m9] si les mots ont vraim5t une signification1 c'e/--dire une valeur con/ante4 ,,iv ,l'analyse de ,m4 ,albalat e/ donc mauvaise1 n'tant pas sci5tifique2 cep5dant1 il en a tir une m?ode pratique dont on peut dire que si elle ne =m]a aucun criva9 orig9al1--il le sait bi5 lui-mme1--elle p\rrait attnu]1 non la mdiocrit1 mais l'incohr5ce des disc\rs et des critures auxquels l'usage n\s contra9t de prt] quelque att5tion4 ,cela e/ d'ailleurs indiffr5t2 ce manuel s]ait inutile1 plus encore que je ne le crois1 que tel et tel de ses *apitres g>d]ai5t leur intrt de docum5tation et d'exposition4 ,le dtail e/ excell5t2 et voici p> exemple les pages o il e/ dmontr que l'ide e/ lie la =me et que *ang] la =me c'e/ modifi] l'ide3 ,qu& on dit d'un morceau3 le fond e/ bon1 mais la =me e/ mauvaise1--cela ne signifie ri54 ,voil de bons pr9cipes1 quoique l'ide puisse exi/] comme rsidu de s5sation1 indp5dante des mots et surt\t d'un *oix de mots2 mais les ides t\tes nues l'tat de l>ves errantes n'ont aucun intrt4 ,peut-tre mme app>ti5n5t-elles t\t le monde2 peut-tre t\tes les ides sont-elles communes t\s8 ,mais comme celle-ci qui se promne1 att5dant un vocateur1 va se rvl] diffr5te selon la p>ole qui l'aura sortie des tnbres6 ,que vaudrai5t1 dp\illes de leur p\rpre1 les ides de ,bossuet8 ,ce sont celles du premi] sm9>i/e qui pass]a et1 s'il les pr(rait1 les g5s recul]ai5t1 humilis de tant de sottise1 qui s'y enivr5t dans les ,s]mons et dans les ,oraisons4 ,et l'impression s]a p>eille si1 aprs avoir c\t avec complaisance les p>adoxes lyriques de ,mi*elet1 on les retr\ve dans les disc\rs bas de quelque snateur1 dans les tri/es comm5taires de la presse dv\e4 ,c'e/ p\r cela que les potes lat9s et le plus gr&1 ,virgile1 disp>aiss5t traduits1 se ressembl5t t\s dans l'uni=mit pnible d'une pompe normali5ne4 ,si ,virgile avait crit selon le /yle de ,m4 ,pessonneaux1 ou de ,m4 ,b5oi/1 il s]ait ,b5oi/1 il s]ait ,pessonneaux1 et les mo9es euss5t racl ses p>*em9s p\r sub/itu] ses v]s quelque bon contrat de l\age d'un intrt sr et durable4 ,a propos de ces vid5ces1 ,m4 ,albalat se plat rfut] l'op9ion de ,m4 ,zola1 que la =me e/ ce qui *ange et passe le plus vite et que on gagne l'immortalit en mettant deb\t des cratures vivantes4 ,autant que cette d]nire phrase se peut int]prt]1 elle signifi]ait ceci3 ce qu'on appelle la vie en art e/ indp5dant de la =me4 ,peut-tre e/-ce encore mo9s clair2 peut-tre cela n'a-t-il aucun s5s8 ,hippolyte aussi1 aux portes de ,trzne1 tait sans =me et sans c\leur2 seulem5t il tait mort4 ,t\t ce que l'on peut concd] cette ?orie1 c'e/ qu'une oeuvre orig9ellem5t belle et d'une =me orig9ale1 si elle survit son sicle1 et plus1 sa langue1 les hommes ne l'admir5t plus que p> imitation1 sur l'injonction traditionnelle des ducateurs4 ,dc\v]te ma9t5ant au fond des ,h]culanums1 l',iliade ne n\s donn]ait que des s5sations ar*ologiques2 elle intress]ait au mme degr que la ,*anson de ,rol&2 mais en comp>ant les deux pomes1 on con/at]ait1 mieux qu'on ne l'a fait encore1 qu'ils correspond5t des mom5ts de civilisation extrmem5t diffr5ts puisque l'un e/ rdig t\t en images 7un peu roides7 et que dans l'autre il y en a si peu qu'on les a comptes4 ,il n'y a d'ailleurs aucune relation ncessaire entre le mrite et la dure d'une oeuvre2 mais qu& un livre a survcu1 les auteurs d'analyses et extraits con=mes au programme sav5t trs bi5 pr\v] sa p]fection inimitable et ressuscit]1 le temps d'une confr5ce1 la momie qui va retomb] s\s le j\g de ses b&elettes4 ,il ne faut pas ml] l'ide de gloire l'ide de beaut2 la premire e/ t\t fait dp5dante des rvolutions de la mode et du gt2 la seconde e/ absolue1 dans la mesure o le sont les s5sations huma9es2 l'une dp5d des moeurs1 l'autre dp5d de la loi4 ,la =me passe1 c'e/ vrai2 mais on ne voit pas vraim5t comm5t la =me p\rrait survivre la matire qui en e/ la sub/ance2 si la beaut d'un /yle s'efface ou tombe en p\ssire1 c'e/ que la langue a modifi l'agrgat de ses molcules1 les mots1 et les molcules elles-mmes1 et que ce travail intrieur ne s'e/ pas fait sans b\rs\flures et sans tremblem5ts4 ,si les fresques de l',angelico ont pass1 ce n'e/ pas p>ce que le temps les a r5dues mo9s belles1 c'e/ p>ce que l'humidit a gonfl le cim5t o la pe9ture e/ embue4 ,les langues se gonfl5t comme le cim5t et s'caill5t2 ou plutt elles font comme les platanes qui ne viv5t qu'en modifiant con/amm5t leur corce et qui laiss5t tomb] dans la m\sse1 au premi] pr9temps1 les noms d'am\r gravs mme leur *air4 ,mais qu'importe l'av5ir8 ,qu'importe l'approbation d'hommes qui n'exi/]ont pas tels que n\s les f]ions1 si n\s tions dmiurges8 ,qu'e/-ce que cette gloire dont j\irait un homme p>tir du mom5t o il sort de la consci5ce8 ,il e/ temps que n\s appr5ions vivre dans la m9ute1 n\s accommod] de l'heure qui passe1 mme mauvaise1 laiss] aux enfants ce s\ci des temps futurs qui e/ une faiblesse intellectuelle--quoique p>fois une navet d'homme de gnie4 ,il e/ bi5 illogique de v\loir l'immortalit des oeuvres lorsqu'on affirme et lorsqu'on dsire la mortalit des mes4 ,le ,virgile de ,dante vivait au del de la vie sa gloire dev5ue t]nelle3 de cette conception bl\issante il ne n\s re/e qu'une petite illusion vaniteuse qu'il e/ prfrable d'te9dre t\t fait4 ,cela n'emp*e pas qu'il faille crire p\r les hommes comme si on crivait p\r les anges et de ralis] a9si1 selon son mti] et selon sa nature1 le plus possible de beaut1 mme passagre et trs prissable4 ,v ,les si amusantes di/9ctions que les vieux manuels faisai5t entre le /yle fleuri et le /yle simple1 le sublime et le tempr1 ,m4 ,albalat les supprime excellemm5t2 il juge avec raison qu'il n'y a que deux sortes de /yle3 le /yle banal et le /yle orig9al4 ,s'il tait p]mis de compt] les degrs du mdiocre au pire1 comme du passable au p>fait1 l'*elle s]ait longue des c\leurs et des nuances3 il y a si lo9 de la ,lg5de de ,sa9t-,juli5 l',hospitali] une oraison p>lem5taire qu'en vrit on se dem&e s'il s'agit de la mme langue1 s'il n'y a pas deux langues franaises et en dess\s une inf9it de dialectes presque impntrables les uns aux autres4 ,a propos du /yle politique1 ,m4 ,m>ty-,laveaux#e p5se que le peuple1 demeur fidle en ses disc\rs aux mots traditionnels1 ne le compr5d que trs mal et seulem5t en gros1 comme s'il s'agissait d'une langue trangre que l'on ent5d un peu1 mais qu'on ne p>le pas4 ,il crivait cela il y a v+t-sept ans1 mais les j\rnaux1 plus rp&us1 n'ont gure modifi les habitudes populaires2 on peut t\j\rs compt] qu'en ,france sur trois p]sonnes il y en a une qui ne lit que p> has>d un b\t de j\rnal1 et une qui ne lit jamais ri54 ,a ,p>is1 le peuple a de c]ta9es notions sur le /yle2 il gte surt\t la viol5ce et l'esprit3 cela explique la popul>it bi5 plus littraire que politique d'un j\rnali/e comme ,m4 ,ro*e=t1 en qui les ,p>isi5s ont longtemps retr\v leur vieil idal3 un tran*e-montagne spirituel et v]beux4 ,note #e3 ,de l',enseignem5t de notre langue4 ,m4 ,ro*e=t e/ d'ailleurs un criva9 orig9al et l'un de ceux qu'on devrait cit] d'abord p\r dmontr] que le fond n'e/ ri5 sans la =me3 il suffit de lire un peu au del de son article4 ,cep5dant1 n\s sommes peut-tre dupes2 voil bi5 un demi-sicle que n\s le sommes de ,mrime1 dont ,m4 ,albalat cite une page titre de spcim5 du /yle banal6 ,allant plus lo91 jusqu' son jeu favori1 il corrige ,mrime et propose notre exam5 les deux textes juxtaposs2 en voici un morceau3 ,bi5 qu'elle ne ft pas ,s5sible au plaisir d'attir] ins5sible au plaisir ou la srieusem5t#g un homme aussi vanit d'inspir] un s5tim5t lg]1 elle n'avait jamais p5s srieux un homme aussi lg] que cette affection pt dev5ir que l'tait ,max dans son dang]euse4 op9ion1 elle n'avait jamais p5s que cette affection pt dev5ir un j\r dang]euse p\r son repos#f4 ,note #f3 ,m4 ,albalat a s\lign t\t ce qu'il juge banal ou inutile4 ,note #g3 ,v>iantes proposes p> ,m4 ,albalat3 de rduire1 de conqurir4 ,on ne peut ni] t\t au mo9s que le /yle du svre pr(esseur ne soit =t conomique2 il fait gagn] presque une ligne sur deux2 s\mis ce traitem5t1 le pauvre ,mrime1 dj peu fcond1 se tr\v]ait rduit la pat]nit de quelques plaquettes1 alors symboliques de sa lg5daire s*]esse6 ,dev5u le ,ju/9 de t\s les ,trogue-,pompes1 ,m4 ,albalat t5d ,lam>t9e lui-mme sur le *evalet1 p\r ad\cir1 p> exemple1 la f9esse de sa peau r\gissante comme qu9ze ans s\s les reg>ds en sa f9e peau de jeune fille r\gissante4 ,quelle b\*]ie6 ,les mots que biffe ,m4 ,albalat sont si peu banals qu'ils corrig]ai5t au contraire et relv]ai5t ce qu'il y a de commun dans la phrase amliore2 ce remplissage e/ une obs]vation trs f9e faite p> un homme qui a beauc\p reg>d des visages de femmes1 p> un homme plus t5dre que s5suel1 t\* p> la pudeur plutt que p> le pre/ige *>nel4 ,bon ou mauvais1 le /yle ne se corrige pas3 le /yle e/ inviolable4 ,m4 ,albalat donne de =t amusantes li/es de cli*s1 mais sa critique e/ p>fois sans mesure4 ,je ne puis admettre comme cli*s *aleur bi5faisante1 p]v]sit prcoce1 motion cont5ue1 front fuyant1 *evelure abondante ni mme l>mes amres c> des l>mes peuv5t tre amres et des l>mes peuv5t tre d\ces4 ,il faut compr5dre aussi que l'expression qui e/ l'tat de cli* dans un /yle peut se tr\v] dans un autre l'tat d'image r5\vele4 motion cont5ue n'e/ pas plus ridicule qu'motion dissimule2 quant front fuyant1 c'e/ une expression sci5tifique et trs ju/e qu'il suffit d'employ] propos4 ,il en e/ de mme des autres4 ,si on bannissait de telles locutions1 la littrature devi5drait une algbre qu'il ne s]ait plus possible de compr5dre qu'aprs de longues oprations analytiques2 si on les rcuse p>ce qu'elles ont trop s\v5t s]vi1 il faudrait se priv] encore de t\s les mots usuels et de t\s ceux qui ne conti5n5t pas un my/re4 ,mais cela s]ait une dup]ie2 les mots les plus ord9aires et les locutions c\rantes peuv5t faire figure de surprise4 ,enf9 le cli* vritable1 comme je l'ai expliqu antrieurem5t1 se reconnat ceci que l'image qu'il dti5t en e/ mi-*em9 de l'ab/raction1 au mom5t o1 dj fane1 cette image n'e/ pas encore assez nulle p\r pass] inap]ue et se rang] p>mi les signes qui n'ont de vie et de m\vem5t qu' la volont de l'intellig5ce#h4 ,trs s\v5t1 dans le cli*1 un des mots a g>d un s5s concret et ce qui n\s fait s\rire c'e/ mo9s la banalit de la locution que l'accolem5t d'un mot vivant et d'un mot van\i4 ,cela e/ trs visible dans les =mules telles que3 le se9 de l',acadmie1 l'activit dvorante1 ouvrir son coeur1 la tri/esse tait pe9te sur son visage1 rompre la monotonie1 embrass] des pr9cipes4 ,cep5dant il y a des cli*s o t\s les mots sembl5t vivants3 une r\geur colora ses j\es2 d'autres o ils sembl5t t\s morts3 il tait au comble de ses voeux4 ,mais ce d]ni] cli* s'e/ =m un mom5t o le mot comble tait trs vivant et t\t fait concret2 c'e/ p>ce qu'il conti5t encore un rsidu d'image s5sible que son alliance avec voeux n\s contr>ie4 ,dans le prcd5t1 le mot color] e/ dev5u ab/rait1 puisque le v]be concret de cette ide e/ colori]1 et il s'allie trs mal avec r\geur et avec j\es4 ,je ne sais o mn]ait un travail m9utieux sur cette p>tie de la langue dont la f]m5tation e/ ina*eve2 sans d\te f9irait-on p> dmontr] assez facilem5t que dans la vraie notion du cli* l'incohr5ce a sa place ct de la banalit4 ,p\r la pratique du /yle1 il y aurait l matire des avis motivs que ,m4 ,albalat p\rrait faire fructifi]4 ,note #h3 ,voir le *apitre du ,cli*1 dans l',e/htique de la ,langue franaise4 ,,vi ,il e/ f*eux que le *apitre des priphrases soit expdi en quelques lignes2 on att5dait l'analyse de cette curieuse t5dance des hommes remplac] p> une description le mot qui e/ le signe de la *ose allgue4 ,cette maladie1 qui e/ =t anci5ne1 puisqu'on a tr\v des nigmes sur les cyl9dres babyloni5s 7l'nigme du v5t peu prs dans les t]mes o nos enfants la connaiss5t71 e/ peut-tre l'orig9e mme de t\te la posie4 ,si le secret d'ennuy] e/ le secret de t\t dire1 le secret de plaire e/ le secret de dire t\t ju/e ce qu'il faut p\r tre1 non pas mme compris1 mais dev94 ,la priphrase1 telle que manie p> les potes didactiques1 n'e/ peut-tre ridicule que p> l'impuissance potique dont elle tmoigne1 c> il y a bi5 des manires agrables de ne pas nomm] ce que l'on veut voqu]4 ,le vritable pote1 matre de son langage1 n'use que de priphrases si n\velles la fois et si claires dans leur pnombre que t\te intellig5ce un peu s5suelle les prfre au mot trop absolu2 il ne veut ni dcrire1 ni piqu] la curiosit1 ni faire preuve d'rudition4 ,mais quoi qu'il fasse il crit p> priphrase et il n'e/ pas sr que t\tes celles qu'il a cres demeur5t longtemps fra*es2 la priphrase e/ une mtaphore3 elle dure ce que dur5t les mtaphores4 ,a la vrit1 il y a lo9 de la priphrase de ,v]la9e1 vague et t\te musicale1 ,p>fois aussi le d>d d'un insecte jal\x ,inquitait le col des belles s\s les bran*es1 aux nigmes my?ologiques d'un ,lebrun1 qui appelle le v] soie3 ,l'amant des feuilles de ,?isb6 ,ici ,m4 ,albalat cite =t propos les p>oles de ,buffon3 que ri5 ne dgrade plus un criva9 que la pe9e qu'il se donne p\r exprim] des *oses ord9aires ou communes d'une manire s+ulire ou pompeuse4 ,on le pla9t d'avoir pass tant de temps faire de n\velles comb9aisons de syllabes p\r ne dire que ce que t\t le monde dit4 ,delille s'e/ r5du clbre p> son gt p\r la priphrase didactique2 mais je crois qu'il a t mal jug4 ,ce n'e/ pas la peur du mot propre qui lui fait dcrire ce qu'il faudrait nomm]1 c'e/ la raideur de sa potique et la mdiocrit de son tal5t2 il n'e/ imprcis que p> impuissance et il n'e/ trs mauvais que qu& il e/ imprcis4 ,m?ode ou impritie1 cela n\s a valu d'amusantes nigmes3 ,ces mon/res qui de lo9 sembl5t un va/e cueil4 ,l'animal rec\v]t de son paisse crote1 ,celui dont la coquille e/ arrondie en vote4 ,l'quivoque habitant de la t]re et des ondes4 ,et cet oiseau p>leur que sa tri/e beaut ,ne ddommage pas de sa /rilit4 ,et l'arbre aux pommes d'or1 aux rameaux t\j\rs v]ts4 ,l p\r l'art des ,didot ,annonay voit p>atre ,les feuilles o ces v]s s]ont tracs peut-tre4 ,et ces rameaux vivants1 ces plantes populeuses1 ,de deux rgnes rivaux races miraculeuses4 ,le puissant ag>ic1 qui du sang pan* ,arrte les ruisseaux1 et dont le se9 fidle ,du caill\ ptillant recueille l't9celle4 ne faudrait pas croire cep5dant que l',homme des *amps1 d'o sont tires ces *>ades1 soit un pome entirem5t mprisable4 ,l'abb ,delille avait son mrite4 ,prives des plaisirs du ry?me et du nombre1 nos oreilles extnues p> les v]sifications n\velles f9irai5t p> retr\v] un c]ta9 *>me des v]s ple9s et sonores qui ne sont pas ennuyeux1 des paysages un peu svres1 mais l>ges et ple9s d'air1 4444444444444444444444,soit qu'une fra*e aurore ,donne la vie aux fleurs qui s'empress5t d'clore1 ,soit que l'a/re du monde1 en a*evant son t\r1 ,jette languissamm5t les re/es d'un beau j\r4 ,,vii ,cep5dant ,m4 ,albalat se dem&e3 comm5t tre orig9al et p]sonnel8 ,sa rponse n'e/ pas trs claire4 ,il conseille le travail et conclut3 l'orig9alit e/ un ef=t incessant4 ,voil une bi5 f*euse illusion4 ,des qualits secondaires s]ai5t sans d\te plus faciles acqurir1 mais la concision1 p> exemple1 e/-elle une qualit absolue8 ,rabelais et ,victor ,hugo1 qui fur5t de gr&s accumulateurs de mots1 doiv5t-ils tre blms p>ce que ,m4 de ,pontm>t9 avait lui aussi l'habitude d'enfil] en *apelet t\s les vocables qui lui v5ai5t l'esprit et d'accumul] dans la mme phrase jusqu' d\ze qu9ze pi?tes8 ,les exemples donns p> ,m4 ,albalat sont =t plaisants1 mais si ,g>gantua n'avait pas j\1 s\s l'oeil de ,ponocrates1 deux c5ts et seize jeux diffr5ts1 t\s trs beaux1 cela s]ait trs f*eux1 quoique les gr&es rgles de l'art d'crire soi5t t]nelles4 ,la concision e/ p>fois le mrite des imag9ations rtives2 l'h>monie e/ une qualit plus r>e et plus dcisive4 ,il n'y a ri5 relev] dans ce que dit ,m4 ,albalat ce propos1 s9on qu'il croit un peu trop aux rapports ncessaires qu'il y aurait entre la lgret1 p> exemple1 ou la l\rdeur d'un mot et l'ide qu'il dti5t4 ,illusion ne de l'acc\tumance1 que l'analyse des sons dtruit4 ,ce n'e/ pas seulem5t1 dit ,villema91 p> imitation du grec ou du lat9 frem]e que n\s avons fait le mot frmir2 c'e/ p> le rapport du son avec l'motion exprime4 ,horreur1 t]reur1 d\x1 suave1 rugir1 s\pir]1 pesant1 lg]1 ne vi5n5t pas seulem5t p\r n\s du lat91 mais du s5s intime qui les a reconnus et adopts comme analogues l'impression de l'objet#i4 ,si ,villema91 dont ,m4 ,albalat adopte l'op9ion1 avait t plus v]s dans la l+ui/ique1 il et invoqu sans d\te la ?orie des rac9es1 ce qui donnait ses sottises une app>5ce de =ce sci5tifique2 tel quel1 le petit p>agraphe du clbre orateur s]ait trs agrable discut]4 ,il e/ bi5 vid5t que si suave et suaire voqu5t des impressions gnralem5t loignes1 cela ne ti5t pas la qualit de leurs sons2 en anglais1 il y a sweet et sweat1 mots de prononciation id5tique4 ,d\x n'e/ pas plus d\x que t\x1 et les autres monosyllabes du mme ton2 rugir e/-il plus viol5t que r\gir ou que vagir8 ,lg] e/ la contraction d'un mot lat91 de c9q syllabes1 levi>ium2 si lgre porte sa signification1 mgre la porte-t-il aussi8 ,pesant n'e/ ni plus ni mo9s l\rd que p5sant3 les deux =mes sont d'ailleurs des d\blets dont l'unique orig9al lat9 e/ p5s>e4 ,quant l\rd1 c'e/ le mot luridus1 qui v\lut dire beauc\p de *oses3 jaune1 fauve1 sauvage1 trang]1 paysan1 l\rd1 voil sans d\te sa gnalogie4 ,l\rd n'e/ pas plus l\rd que fauve n'e/ cruel3 songeons mauve et vel\rs6 ,si l'anglais ?9 conti5t l'ide de m9ce1 comm5t se fait-il que l'ide d'pais se dise p> ?ick8 ,les mots sont des sons nuls que l'esprit *>ge du s5s qu'il lui plat3 il y a des r5contres1 il y a des accords =tuits entre tels sons et tels ides2 il y a frmir1 frayeur1 froid1 frileux1 frisson4 ,sans d\te1 mais il y a aussi3 fre91 frre1 frle1 frne1 fret1 frime et v+t autres sonorits analogues p\rvues *acune d'un s5s trs diffr5t4 ,note #i3 ,l'art d'crire1 p4 #ach4 ,m4 ,albalat e/ plus heureux dans le re/e des deux *apitres o il traite successivem5t de l'h>monie des mots et de l'h>monie des phrases2 il appelle avec raison le /yle des ,gonc\rt1 un /yle dscrit2 cela e/ bi5 plus frappant encore s'il s'agit de ,m4 ,loti4 ,il n'y a plus de phrases2 les pages sont un f\illis d'incid5tes4 ,l'arbre a t jet p> t]re1 ses bran*es tailles2 il n'y a plus qu' en faire des fagots4 ,a p>tir de la neuvime leon1 l',art d'crire devi5t didactique encore davantage1 et voici l',inv5tion1 la ,disposition et l'locution4 ,comm5t ,m4 ,albalat p>vi5t-il sup]pos] ces trois mom5ts1 qui n'en font qu'un1 de l'oeuvre littraire1 je ne saurais l'exprim] sans beauc\p de t\rm5t4 ,l'art de dvelopp] un sujet m'a t refus p> la ,provid5ce2 je m'en remets de ce so9 l'inconsci5t1 et je ne sais pas davantage comm5t on inv5te2 je crois qu'on inv5te surt\t1 au reb\rs de ,newton1 en n'y p5sant jamais2 et quant l'locution1 je ne me fi]ais qu'avec malaise au procd des refontes4 ,on ne refond pas1 on refait et il e/ si tri/e de faire deux fois la mme *ose que j'appr\ve ceux qui lanc5t la pi]re au premi] t\r de la fronde4 ,mais voil bi5 qui pr\ve l'inanit des conseils littraires3 ,?ophile ,gauti] crivit au j\r le j\r1 sur une table d'imprim]ie1 p>mi les paquets d'o p5d la ficelle1 dans l'odeur de l'huile et de l'encre1 les pages compliques du ,capita9e ,fracasse1 et l'on dit que ,buffon recopia dix-huit fois les poques de la ,nature#aj6 ,cela n'a aucune importance p>ce que1 ,m4 ,albalat aurait d le dire1 il y a des criva9s qui se corrig5t m5talem5t1 ne mett5t sur le papi] que le travail l5t ou vif de l'inconsci5t1 et il y en a d'autres qui ont beso9 de voir extriorise leur oeuvre1 et de la revoir encore1 p\r la corrig]1 c'e/--dire p\r la compr5dre4 ,cep5dant1 mme dans le cas des corrections m5tales1 la revision extrieure e/ s\v5t pr(itable1 p\rvu que1 selon le mot de ,condillac1 on sa*e s'arrt]1 qu'on appr5ne f9ir#aa4 ,trop s\v5t le dmon du ,mieux a t\rm5t des intellig5ces et les a /rilises2 il e/ vrai que c'e/ aussi un gr& malheur que de ne pas p\voir se jug]4 ,qui os]a *oisir entre celui qui ne sait pas ce qu'il fait et celui qui se dd\ble et se voit8 ,il y a ,v]la9e2 il y a ,mall>m4 ,il faut obir son gnie4 ,note #aj3 ,ou plutt fit recopi] p> ses secrtaires4 ,il remaniait ensuite la copie mise au net4 ,il y a un volume t\t enti] sur ce sujet3 les ,manuscrits de ,buffon1 p> ,p4 ,fl\r5s2 ,p>is1 ,g>ni]1 #ahfj4 ,note #aa3 ,il y a sur ce po9t un joli passage de ,qu9tili51 que cite ,m4 ,albalat1 page #bac4 ,m4 ,albalat excelle dans les df9itions4 ,la description e/ la pe9ture anime des objets4 ,il veut dire que1 p\r dcrire1 il faut se plac] comme un pe9tre devant le paysage1 soit rel1 soit intrieur4 ,d'aprs l'analyse qu'il fait d'une page de ,tlmaque1 il semble bi5 que ,fnelon n'ait t d\ que =t mdiocrem5t de l'imag9ation visuelle et plus mdiocrem5t encore du don v]bal4 ,dans les v+t premires lignes de la description de la grotte de ,calypso1 il y a trois fois le mot d\x et quatre fois le v]be =m]4 ,ce /yle e/ vraim5t dev5u p\r n\s le type mme du /yle inexpressif1 mais je p]si/e croire qu'il a eu sa fra*eur et sa grce et que le gt d'un mom5t fut lgitimem5t sduit4 ,s\riant de cette opul5ce de papi] dor et de fleurs pe9tes1 idal d'un ar*evque re/ sm9>i/e1 n\s oublions qu'on n'avait pas dcrit la nature depuis l',a/re2 ces oranges d\ces1 ces sirops tremps d'eau de s\rce fur5t des rafra*issem5ts de p>adis4 ,c'e/ de la m*ancet que de comp>] ,fnelon1 non pas mme ,homre1 mais l',homre de ,leconte de ,lisle4 ,les trop bonnes traductions1 celles qu'on peut appel] de littralit littraire1 ont en effet ce rsultat 9vitable de trans=m] en images concrtes et vivantes t\t ce qui de l'orig9al tait pass l'ab/raction v\lait-il dire qui a des bras blancs ou n'tait-ce plus qu'une pi?te puise8 donnait-il une image comme blan*e p9e ou une ide neutre comme aubp9e1 qui a p]du sa valeur reprs5tative8 ,n\s n'en savons ri54 ,mais jug] des langues passes p> les langues prs5tes1 on doit suppos] que la plus gr&e p>tie des pi?tes homriques tai5t dj passes l'ab/raction au temps d',homre#ab4 ,le plaisir que n\s donne l',iliade mise en bas-relief p> ,leconte de ,lisle1 les trang]s peuv5t le tr\v] dans une oeuvre aussi suranne p\r n\s que ,tlmaque3 mille fleurs naissantes maillai5t les tapis v]ts n'e/ un cli* que lu p\r la c5time fois2 n\velle1 l'image s]ait +nieuse et picturale4 ,traduits p> ,mall>m1 les pomes d',edg>d ,poe acquir5t une vie my/rieuse la fois et prcise qu'ils n'ont pas au mme degr dans l'orig9al4 ,et de la ,m>iana de ,t5nyson1 agrables v]s ple9s de lieux communs et de remplissages1 grisaille1 ,mall>m1 p> la sub/itution du concret l'ab/rait1 fit une fresque aux belles c\leurs d'automne4 ,je ne donne ces rem>ques que1 si l'on veut1 comme une prface une ?orie de la traduction2 ici1 elles suffiront indiqu] qu'il ne faut comp>] entre eux1 s'il s'agit du /yle1 que des textes d'une mme langue et d'une mme poque4 ,j'ai dj expliqu la =mation hi/orique des cli*s2 ,mall>m a pu voir de son vivant--et s'il n\s avait t cons]v1 qu'il en et s\ff]t6--quelques-unes de ses images1 les plus *>nellem5t ses filles et les plus vivantes1 c\*es1 demi mortes1 dans les v]s neutres et la prose dcalque de plus d'un de ses trop f]v5ts admirateurs4 ,note #ab3 ,je suppose que l'on a cess de croire que les pomes homriques ai5t t composs au petit bonheur p> une multitude de rapsodes de gnie et qu'il a suffi de rabot] leurs improvisations p\r obt5ir l',iliade et l',odysse4 ,il e/ trs difficile de se r5dre compte1 aprs c9quante ans1 du degr d'orig9alit d'un /yle2 il faudrait avoir lu t\s les livres notables selon l'ordre de leur date4 ,on peut du mo9s jug] du prs5t et aussi accord] quelque crance aux obs]vations contempora9es d'une oeuvre4 ,b>bey d',aurevilly a relev dans ,george ,s& une pr(usion d'anges de la de/9e1 de lampes de la foi1 de c\pes de miel1 qui ne fur5t c]ta9em5t pas inv5ts p> elle1 non plus d'ailleurs qu'aucune p>tie de son /yle relav2 mais les et-elle imag9s1 ces tropes dcrpits1 qu'ils n'en s]ai5t pas meilleurs4 ,il me semble bi5 que la c\pe aux bords frotts de miel remonte aux temps obscurs de la mdec9e prhippocratique3 les cli*s ont la vie dure6 ,m4 ,albalat note avec raison qu'il y a des images qu'on peut r5\vel] et rajeunir4 ,il y en a beauc\p et p>mi les plus vulgaires2 mais je ne tr\ve pas qu'en appelant la lune une morne lampe1 ,leconte de ,lisle ait rafra*i trs heureusem5t la lampe d'or de ,lam>t9e4 ,m4 ,albalat1 qui pr\ve beauc\p de lecture1 devrait essay] un catalogue des images p> sujets3 la lune1 les toiles1 la rose1 l'aurore et t\s les mots potiques2 on obti5drait a9si un recueil d'une c]ta9e utilit p\r la psy*ologie v]bale et l'tude des s5tim5ts lm5taires4 ,peut-tre saurait-on enf9 p\rquoi la lune e/ si *re aux potes8 ,en att5dant il n\s annonce son pro*a9 livre3 ,la =mation du /yle p> l'assimilation des auteurs1 et je suppose que1 la srie a*eve1 t\t le monde crira trs bi5 et qu'il y aura dornavant un bon /yle moy5 en littrature1 comme il y en a un en pe9ture et dans les diffr5ts beaux-arts que l'tat protge si heureusem5t4 ,p\rquoi pas une ,acadmie ,albalat1 comme une ,acadmie ,julian8 ,voil donc un livre auquel il ne manque presque ri5 que de n'avoir pas de b1 que d'tre de pure analyse et ds9tress4 ,mais s'il devait avoir une influ5ce1 s'il devait multipli] les criva9s honorables1 il faudrait le maudire4 ,la littrature et t\s les arts1 au lieu d'en mettre le manuel la porte de t\s1 il s]ait plus sage d'en transport] les secrets sur quelque ,himalaya4 ,cep5dant il n'y a pas de secrets4 ,p\r tre un criva91 il suffit d'avoir le tal5t naturel de son mti]1 d'ex]c] ce mti] avec p]svrance1 de s'in/ruire un peu plus *aque mat9 et de vivre t\tes les s5sations huma9es4 ,quant l'art de crer des images1 il faut croire qu'il e/ absolum5t indp5dant de t\te culture littraire1 puisque les plus belles images1 les plus vraies et les plus h>dies1 sont encloses dans nos mots de t\s les j\rs1 oeuvre sculaire de l'in/9ct1 floraison spontane du j>d9 intellectuel4 ,fvri] #ahii4 ,,la ,,cr,,ation ,,subconsci5te#ac ,i ,des hommes ont reu un don p>ticuli] qui les di/+ue =tem5t d'entre leurs semblables2 discoboles ou /ratges1 potes ou b\ffons1 /atuaires ou f9anci]s1 ds qu'ils dpass5t le niveau commun1 exig5t de l'obs]vateur une att5tion p>ticulire4 ,la protubrance d'une de leurs facults les dsigne l'analyse et ce procd d'analyse qui e/ la diffr5ciation successive2 a9si on arrive disc]n] dans l'humanit une classe d'tres dont le signe e/ la diffr5ce1 de mme que1 p\r l'humanit vulgaire1 le signe e/ la ressemblance4 ,il y a des hommes dont on ne peut jamais savoir ce qu'ils vont dire qu& ils comm5c5t p>l]2 il y en a peu2 des autres le disc\rs e/ connu ds qu'ils ouvr5t la b\*e4 ,on allgue ici les disp>its trs s5sibles1 c> il e/ inconte/able que1 mme p>mi les ressemblants les mo9s div]sifiables premire vue1 il n'y a po9t deux cratures qui ne soi5t1 au fond1 contradictoires entre elles2 c'e/ la d]nire gloire de l'homme1 et celle que la sci5ce n'a pu lui arra*]1 qu'il n'y ait po9t de sci5ce de l'homme4 ,note #ac3 ,a propos de3 ,physiologie crbrale4 ,le ,subconsci5t *ez les arti/es1 les savants et les criva9s1 p> le ,dr ,paul ,*abaneix4 ,p>is1 ,j4-,b4 ,baillire4--,cette tude tait crite qu& a p>u le magi/ral ouvrage de ,m4 ,ribot1 ,l',imag9ation cratrice 7juillet #aijj74 ,s'il n'y a po9t de sci5ce de l'homme commun1 mo9s encore y a-t-il une sci5ce de l'homme diffr5t1 puisque la manife/ation de sa diffr5ce le con/itue solitaire et unique1 c'e/--dire incomp>able4 ,cep5dant1 comme il y a une physiologie1 il y a une psy*ologie gnrale3 quelles qu'elles soi5t1 t\tes les btes t]re/res respir5t le mme air et le c]veau de l'homme de gnie1 comme celui du pauvre homme1 puise dans la s5sation sa =ce primordiale4 ,selon quel mcanisme la s5sation se trans=me en acte1 on ne le sait que d'une faon grossire2 on sait seulem5t que p\r que cette trans=mation s'accomplisse1 l'int]v5tion de la consci5ce n'e/ pas ncessaire2 on sait aussi que cette int]v5tion peut tre nuisible1 p> son p\voir de modifi] la logique dt]m9i/e1 de rompre la srie des associations p\r crer dans l'esprit volontairem5t le premi] anneau d'une *ane n\velle4 ,la consci5ce1 qui e/ le pr9cipe de la lib]t1 n'e/ pas le pr9cipe de l'art4 ,on peut nonc] =t clairem5t ce que l'on a conu dans des tnbres inconsci5tes4 ,lo9 d'tre lie au fonctionnem5t de la consci5ce1 l'activit intellectuelle en e/ le plus s\v5t tr\ble2 on c\te mal une symphonie1 qu& on sait qu'on l'c\te2 on p5se mal1 qu& on sait que l'on p5se3 la consci5ce de p5s] n'e/ pas la p5se4 ,l'tat subconsci5t e/ l'tat de crbration automatique1 en ple9e lib]t1 l'activit intellectuelle voluant la limite de la consci5ce1 un peu au-dess\s1 hors de ses atte9tes2 la p5se subconsci5te peut demeur] jamais inconnue1 et elle peut1 soit au mom5t prcis o cesse l'automatisme1 soit plus t>d1 et mme aprs plusieurs annes1 surgir la lumire4 ,ces faits de cogitation ne sont donc pas du doma9e de l'inconsci5t proprem5t dit1 puisqu'ils peuv5t arriv] la consci5ce et1 d'autre "p1 il s]a sans d\te prfrable de rs]v] ce mot un peu va/e la signification que lui donna une philosophie p>ticulire4 ,l'tat subconsci5t1 quoique le rve puisse tre une de ses manife/ations1 diffre encore de l'tat de rve4 ,le rve e/ presque t\j\rs absurde1 d'une absurdit spciale1 incohr5t ou dr\l selon des associations t\tes passives#ad dont la m>*e diffre mme de celle des ord9aires associations passives1 consci5tes ou subconsci5tes#ae4 ,note #ad3 ,voyez dans un rve de ,maury 7,le ,sommeil et les ,rves7 le mot j>d9 m5ant le rveur en ,p]se1 puis une lecture de l',ane mort 7,j>d91 ,*>d91 ,jan972 et1 dans cet autre1 la syllabe lo conduisait l'esprit de kilomtre loto1 p> ,gilolo1 loblia1 ,lopez4 ,cep5dant le pote 7rime1 allitration7 subit de p>eilles associations1 mais il doit avoir le tal5t de les r5dre logiques1 ce qui n'a gure lieu dans le rve pur et simple4 ,victor ,hugo1 vritable inc>nation du ,subconsci5t1 triomphe1 avec excs1 de ces rappro*em5ts1 d'abord involontaires4 ,note #ae3 ,a propos du rve1 ,m4 ,*abaneix dit 7p4 #ag7 que ceux qui p5s5t s\v5t p> images visuelles sont sujets des rves ou les images s'objectiv5t amplifies4 ,une obs]vation p]sonnelle contr$it cela1 mais je n'oppose qu'une seule obs]vation beauc\p d'obs]vations3 il s'agit d'un criva9 qui1 quoique assig l'tat de veille p> les images visuelles int]nes1 n'a que de trs r>es rves imags et jamais d'halluc9ations c>actri/iques4 ,rcemm5t1 aprs avoir relu dans la j\rne le livre de ,maury1 il eut le soir1 p\r la premire fois1 deux ou trois assez vagues halluc9ations hypnagogiques1 sans d\te provoques p> le dsir1 ou la peur1 de connatre cet tat4--,ceci peut s]vir expliqu] la contagion de l'halluc9ation p> le livre4--,il vit des lueurs kalidoscopiques1 puis des ttes grimaantes1 enf9 un p]sonnage drap de v]t1 de gr&eur naturelle1 dont il n'ap]cevait1 p> le co9 de l'oeil droit1 qu'une moiti4 ,a ce mom5t il r\vrait les yeux4 ,ce p]sonnage sortait videmm5t d'une hi/oire illu/re de la pe9ture itali5ne1 feuillete le mat94 ,la cration intellectuelle imag9ative e/ insp>able de la frqu5ce de l'tat subconsci5t2 et dans cette catgorie de crations il faut englob] la dc\v]te du savant et la con/ruction idologique du philosophe4 ,t\s ceux qui1 en quelque g5re1 ont innov ou inv5t sont des imag9atifs autant que des obs]vateurs4 ,l'criva9 le plus pondr1 le plus rfl*i1 le plus m9utieux e/ *aque in/ant1 malgr lui1 enri*i p> le travail du subconsci5t2 il n'e/ pas d'oeuvre1 si volontaire1 qui ne doive au subconsci5t quelque beaut ou quelque n\veaut4 ,jamais peut-tre une phrase1 la plus laborieuse1 ne fut crite ou dite en accord absolu avec la volont2 la seule qute du mot dans le va/e et pr(ond rs]voir de la mmoire v]bale e/ un acte qui *appe si bi5 la volont que1 s\v5t1 le mot qui v5ait s'enfuit au mom5t o la consci5ce allait l'ap]cevoir et le saisir4 ,on sait combi5 il e/ difficile de tr\v] volontairem5t le mot dont on a beso9 et on sait aussi avec quelle aisance et quelle rapidit tels criva9s voqu5t1 dans la fivre de l'criture1 les mots les plus insolites1 ou les plus beaux4 ,il e/ cep5dant imprud5t de dire3 ,la mmoire e/ t\j\rs inconsci5te4#af ,la mmoire e/ la pisc9e secrte o1 notre insu1 le subconsci5t jette son filet2 mais la consci5ce y p*e aussi volonti]s4 ,cet tang ple9 des poissons jadis capts au has>d p> la s5sation1 la subconsci5ce le connat p>ticulirem5t bi52 la consci5ce e/ mo9s habile s'y approvisionn]1 bi5 qu'elle ait son s]vice plusieurs m?odes utiles1 telles que l'association logique des ides ou la localisation des images4 ,selon que le c]veau travaille dans la nuit ou la lueur du falot de la consci5ce1 l'homme acqui]t une p]sonnalit diffr5te1 mais1 sauf les cas pa?ologiques1 l'tat second n'e/ pas tellem5t prcis que l'tat premi] ne puisse1 sans tr\bl] le labeur1 int]v5ir3 c'e/ en ces conditions1 selon ce conc]t1 que s'a*v5t la plup>t des oeuvres d'abord imag9es soit p> la volont1 soit p> le rve4 ,note #af3 ,le ,subconsci5t1 p4 #aa4 ,*ez ,newton 7en y p5sant t\j\rs71 le travail du subconsci5t e/ cont9u1 mais il se relie priodiquem5t un travail volontaire2 tantt p]ue1 tantt inconnue de la consci5ce1 la p5se explore t\s les possibles4 ,*ez ,goe!1 le subconsci5t e/ presque t\j\rs actif et prt livr] la volont les oeuvres multiples qu'il labore sans elle et lo9 d'elle4 ,goe! a expliqu cela lui-mme en une page d'une lucidit miraculeuse et ple9e d'enseignem5ts#ag3 ,t\te facult d'agir et p> consqu5t t\t tal5t implique une =ce in/9ctive agissant dans l'inconsci5ce et dans l'ignorance des rgles dont le pr9cipe e/ p\rtant en elles4 ,plus tt un homme s'in/ruit1 plus tt il appr5d qu'il y a un mti]1 un art qui va lui f\rnir les moy5s d'atte9dre au dveloppem5t rguli] de ses facults naturelles2 ce qu'il acqui]t ne saurait jamais nuire en quoi que ce soit son individualit orig9elle4 ,le gnie p> excell5ce e/ celui qui s'assimile t\t1 qui sait t\t s'appropri] sans prjudice p\r son c>actre inn4 ,ici se prs5t5t les div]s rapports entre la consci5ce et l'inconsci5ce4 ,les organes de l'homme1 p> un travail d'ex]cice1 d'appr5tissage1 de rflexion p]si/ante et cont9ue1 p> les rsultats obt5us1 heureux ou malheureux1 p> les m\vem5ts d'appel et de rsi/ance1 ces organes amalgam5t1 comb95t inconsciemm5t ce qui e/ in/9ct et ce qui e/ acquis1 et de cet amalgame1 de cette *imie la fois inconsci5te et consci5te1 il rsulte f9alem5t un ensemble h>monieux dont le monde s'm]veille4 ,voici tantt plus de soixante ans que la conception de ,fau/ m'e/ v5ue en ple9e jeunesse1 p>faitem5t nette1 di/9cte1 t\tes les scnes se dr\lant devant mes yeux dans leur ordre de succession2 le plan1 depuis ce j\r1 ne m'a pas quitt1 et vivant avec cette ide1 je la repr5ais en dtail et j'en composais t\r t\r les morceaux qui dans le mom5t m'intressai5t davantage2 de telle sorte que1 qu& cet intrt m'a fait dfaut1 il en e/ rsult des lacunes1 comme dans la seconde p>tie4 ,la difficult tait l d'obt5ir p> =ce de volont1 ce qui ne s'obti5t1 vrai dire1 que p> acte spontan de la nature4 ,il arrive aussi1 t\t au contraire1 qu'une oeuvre antrieurem5t conue1 et dont on rep\sse l'excution1 f9isse p> s'impos] la volont4 ,il semble alors que le subconsci5t dborde et subm]ge la consci5ce2 il dicte ce que l'on n'crit qu'avec rpugnance4 ,c'e/ l'obsession que ri5 ne dc\rage et qui triomphe mme des p>esses les plus non*al5tes1 des dgts les plus viol5ts4 ,ensuite1 on pr\ve frquemm5t1 le travail accompli1 une sorte de satisfaction1 analogue la satisfaction morale4 ,l'ide du devoir qui1 mal comprise1 fait tant de ravages dans les consci5ces cra9tives1 e/ sans d\te une laboration du subconsci5t3 l'obsession e/ peut-tre la =ce qui p\sse au sacrifice1 comme elle e/ celle qui p\sse au suicide4 ,note #ag3 ,lettre ,g4 de ,humboldt1 #ag m>s #ahcb4 7,le ,subconsci5t p4 #af47 ,goe! avait alors quatre-v+t-trois ans2 il m\rait c9q j\rs plus t>d4 ,la lettre e/ cite t\t entire p> ,eck]mann1 ,,ii1 #cca2 la traduction de ,dl]ot e/ un peu diffr5te4 ,s*op5hau] comp>ait la rum9ation le travail obscur et cont9u du subconsci5t au milieu des p]ceptions prisonnires dans la mmoire4 ,cette rum9ation1 t\te physiologique1 peut suffire modifi] des croyances ou des convictions2 ,h>tmann a con/at qu'une ide ennemie1 d'abord c>te1 s'tait au b\t de quelque temps sub/itue en lui l'ide habituelle qu'il avait d'un homme ou d'un fait4 ,aprs des j\rs1 des sema9es ou des mois1 si on a l'envie ou l'occasion d'exprim] son op9ion sur le mme sujet1 on dc\vre1 son gr& tonnem5t1 qu'on a subi une vritable rvolution m5tale1 que les anci5nes op9ions1 dont on se considrait jusque-l comme rellem5t conva9cu1 ont t compltem5t ab&onnes et que les ides n\velles se sont t\t fait implantes leur place4 ,ce processus inconsci5t de dige/ion et d'assimilation m5tale1 j'en ai s\v5t fait sur moi-mme l'expri5ce2 et d'in/9ct1 je me suis t\j\rs g>d d'en tr\bl] le c\rs p> une rflexion prmature1 t\tes les fois qu'il se produisait en moi propos de que/ions importantes1 qui intressai5t mes conceptions sur le monde et sur l'esprit#ah4 ,cette obs]vation p\rrait tre applique au phnomne si intressant de la conv]sion4 ,il n'e/ pas d\teux que des g5s se sont un j\r s5tis am5s ou ram5s aux ides religieuses1 qui n'avai5t ni le dsir1 ni la cra9te1 ni l'espoir de ce revirem5t4 ,dans une conv]sion1 la volont ne peut agir qu'aprs un long travail du subconsci5t et lorsque t\s les lm5ts de la conviction n\velle ont t secrtem5t rassembls et comb9s4 ,cette =ce n\velle o le conv]ti s'appuie et dont il ignore l'orig9e1 c'e/ ce que la ?ologie appelle la grce2 la grce e/ le rsultat d'un labeur subconsci5t3 la grce e/ subconsci5te4 ,note #ah3 ,le subconsci5t1 p4 #bd4 ,comme ,h>tmann1 mais p> in/9ct et non plus p> prconception philosophique1 ,alfr$ de ,vigny se fiait au subconsci5t du so9 de mrir ses ides2 mres1 il les retr\vait2 elles v5ai5t d'elles-mmes s'(frir1 ri*es de t\tes leurs consqu5ces4 ,on peut suppos] que1 comme *ez ,goe!1 c'tait l un subconsci5t lo9ta9e *ance1 du papi] long1 trs long1 c> ,m4 de ,vigny laissa entre telles de ses oeuvres d'inhabituels int]valles4 ,il e/ trs probable que1 s'il y a des subconsci5ts inactifs1 il en e/ d'autres qui1 aprs une priode active1 cess5t t\t c\p de travaill]1 soit qu'une usure prcoce1 soit qu'une modification de rapports ait eu lieu dans les cellules crbrales4 ,rac9e (fre l'exemple s+uli] d'un sil5ce de v+t ans c\p ju/e au milieu p> deux oeuvres qui n'ont qu'une ressemblance =melle avec celles de sa phase premire4 ,peut-on suppos] que ce fut p> scrupule religieux qu'il a p5dant si longtemps refus d'c\t] les sugge/ions du subconsci5t8 ,peut-on suppos] que la religion qui avait modifi la nature de ses p]ceptions avait en mme temps dim9u la puissance physiologique de son c]veau8 ,cela s]ait contraire t\tes les autres obs]vations qui dmontr5t au contraire qu'une croyance n\velle e/ un excitant n\veau4 ,il semble donc probable que ,rac9e se tut p>ce qu'il n'avait presque plus ri5 dire1 t\t simplem5t3 c'e/ une av5ture commune1 et il tr\va dans la religion la consolation commune4 ,il faudrait donc di/+u] deux sortes de subconsci5ts3 celui dont l'n]gie e/ brve et =te et celui dont la =ce1 mo9s ard5te1 e/ plus durable4 ,les deux extrmes se manife/5t dans l'homme qui produit1 t\t jeune1 une oeuvre rem>quable1 puis s'ab/i5t2 et dans l'homme qui (fre p5dant des soixante ans1 le spectacle d'un labeur mdiocre1 inutile et cont9u4 ,il s'agit naturellem5t des oeuvres o l'intellig5ce imag9ative a la plus gr&e "p1 des oeuvres dont le subconsci5t e/ t\j\rs le matre collaborateur4 ,plus pratiquem5t1 et un t\t autre po9t de vue1 ,m4 ,*abaneix1 aprs avoir tudi le subconsci5t cont9u1 le divise en subconsci5t nocturne et en subconsci5t l'tat de veille4 ,le subconsci5t nocturne e/ onirique ou pronirique1 s'il s'agit du sommeil ou des in/ants qui prcd5t le sommeil4 ,maury1 qui en tait p>ticulirem5t afflig1 a trait avec so9 des halluc9ations qui se =m5t au mom5t o l'on f]me les yeux p\r s'endormir2 on ne voit pas que ces halluc9ations appeles hypnagogiques1 et qui sont presque t\j\rs visuelles1 puiss5t avoir une action spciale sur les ides en travail dans un c]veau2 ce sont des embryons de rves qui n'influ5c5t qu' la manire des rves le c\rs de la p5se4 ,il arrive que le travail consci5t du c]veau se prolonge durant le rve et mme se p>a*ve et qu'au rveil1 sans rflexion1 sans pe9e1 on se tr\ve matre d'un problme1 d'un pome1 d'une comb9aison que l'esprit1 dans la veille1 avait t impuissant tr\v]4 ,burda*1 pr(esseur ,ko5igsb]g1 fit en rve plusieurs dc\v]tes physiologiques qu'il put ensuite vrifi]4 ,un rve fut p>fois le po9t de d"p d'une oeuvre2 p>fois une oeuvre fut entirem5t conue et excute p5dant le sommeil4 ,il e/ cep5dant =t probable que c'e/ la raison consci5te qui1 au rveil1 jugeant et rectifiant spontanm5t le rve1 lui donne sa vritable valeur et le dp\ille de cette incohr5ce p>ticulire aux songes les plus s5ss4 ,a l'tat de veille1 l'inspiration semble la manife/ation la plus claire du subconsci5t dans le doma9e de la cration intellectuelle4 ,s\s sa =me aigu1 l'inspiration se rappro*]ait beauc\p du somnambulisme4 ,c]ta9es attitudes de ,socrate 7d'aprs ,aulu-,gelle71 de ,did]ot1 de ,blake1 de ,%elley1 de ,balzac1 donn5t de la =ce cette op9ion4 ,le ,dr ,rgis#ai dit que les hommes de gnie fur5t presque t\s des dormeurs veills2 mais le dormeur veill e/ assez s\v5t un di/rait1 celui dont l'esprit se conc5tre volontairem5t sur un problme4 ,a9si l'excs et l'abs5ce de consci5ce psy*ologique se manife/]ai5t1 en c]ta9s cas1 p> d'id5tiques phnomnes4 ,a quoi p5sait ,socrate p5dant ses j\rnes d'immobilit8 ,p5sait-il8 ,avait-il connaissance de sa p5se8 ,les fakirs p5s5t-ils8 ,et ,bee?ov51 lorsque1 sans *apeau1 sans habit1 il se laissait arrt] comme vagabond8 tait-il en obsession volontaire ou en quasi-somnambulisme8 ,savait-il quoi il p5sait si =tem5t1 ou bi5 son travail crbral tait-il inconsci5t8 ,/u>t ,mill composa sa logique dans les rues de ,londres1 p5dant le trajet quotidi5 de sa maison aux bureaux de la ,compagnie des ,indes2 croira-t-on que cet ouvrage ne fut pas ordonn en tat de consci5ce p>faite8 ,ce qui tait subconsci5t *ez ,/u>t ,mill c'tait1 dit ,m4 ,*abaneix#bj1 l'ef=t p\r se guid] dans une rue populeuse2 il y a l automatisme des c5tres infrieurs4 ,ce r5v]sem5t des t]mes1 plus frqu5t que ne l'ont cru c]ta9s psy*ologues1 peut faire natre des d\tes sur la vritable nature de l'inspiration4 ,on devra t\t au mo9s re*]*] si1 p>tir du mom5t o comm5ce la ralisation1 mme purem5t crbrale1 d'une oeuvre1 il e/ possible que le travail demeure t\t fait subconsci5t4 ,la lettre de ,moz>t n'explique que ,moz>t3 ,qu& je me s5s bi5 et que je suis de bonne humeur1 soit que je voyage en voiture ou que je me promne aprs un bon repas1 ou dans la nuit1 qu& je ne puis dormir1 les p5ses me vi5n5t en f\le et le plus aism5t du monde4 ,d'o et comm5t m'arriv5t-elles8 ,je n'en sais ri51 je n'y suis p\r ri54 ,celles qui me plais5t1 je les g>de dans ma tte et je les fr$onne1 ce que du mo9s m'ont dit les autres4 ,une fois que je ti5s mon air1 un autre bi5tt vi5t s'aj\t] au premi]4 ,l'oeuvre gr&it1 je l'ent5ds t\j\rs et la r5ds de plus en plus di/9cte1 et la composition f9it p> tre t\t entire a*eve dans ma tte1 bi5 qu'elle soit longue444 ,t\t cela se produit en moi comme dans un beau songe trs di/9ct444 ,si je me mets ensuite crire1 je n'ai plus qu' tir] du sac de mon c]veau ce qui s'y e/ accumul prcdemm5t1 comme je l'ai dit4 ,aussi le t\t ne t>de gure se fix] sur le papi]4 ,t\t e/ dj p>faitem5t arrt et il e/ r>e que ma p>tition diffre beauc\p de ce que j'avais aup>avant dans ma tte4 ,on peut sans inconvni5t me drang] p5dant que j'cris444 #ba4 ,t\t e/ donc subconsci5t dans ,moz>t1 et le labeur matriel de l'excution n'e/ plus gure qu'un travail de copie4 ,j'ai vu un criva9 ne pas os] corrig] ses rdactions spontanes1 de peur de commettre des fautes de ton3 il se r5dait compte que l'tat dans lequel il corrig]ait tait trs diffr5t de l'tat o il se tr\vait p5dant la priode d'excution1 qui avait t en mme temps celle de la conception4 ,un mot ent5du1 une attitude entrevue1 un p]sonnage s+uli] crois dans la rue tai5t s\v5t le seul prtexte de ses contes1 qu'il improvisait en trois ou quatre heures2 s'il suivait un plan antrieur1 presque t\j\rs1 ds la premire page crite1 il l'ab&onnait1 a*evant son rcit d'aprs une logique n\velle1 arrivant une conclusion t\t fait diffr5te de celle qui1 la premire fois1 lui avait p>u la meilleure4 ,quelques-uns de ces plans avai5t p>fois t crits s\s une si =te influ5ce du subconsci5t qu'il ne les compr5ait plus1 ne les reconnaissait qu' l'criture1 ne p\vait les situ] dans le pass que grce au g5re du papi]1 la c\leur de l'encre4 ,d'autres projets1 se rapportant des oeuvres plus longues1 lui rev5ai5t au contraire1 frquemm5t1 l'esprit2 il avait consci5ce d'y song] plusieurs fois p> j\r et il tait p]suad que c'tai5t ces song]ies1 mme vagues et inconsi/antes1 qui lui r5dai5t1 aux mom5ts de l'excution1 le travail assez facile4 ,de fait1 je ne lui ai jamais vu de srieuses proccupations au sujet d'oeuvres qui passai5t p\rtant p\r tre d'une littrature plutt ardue2 il n'en p>lait jamais et je crois bi5 qu'il n'y p5sait consciemm5t qu'au mom5t d'en crire les t]ribles premires lignes2 mais1 une fois le travail en tra91 presque t\te sa vie intellectuelle s'y conc5trait1 les priodes de rum9ation subconsci5te rejoignant p]ptuellem5t les priodes de mditation volontaire4 ,note #ai3 ,prface du ,subconsci5t4 ,note #bj3 ,p4 #ic4 ,note #ba3 ,le ,subconsci5t1 p4 #ic1 d'aprs ,jahm4 ,villi]s de l',isle-,adam avait1 autant que j'ai pu m'en r5dre compte1 cette m?ode de travail3 l'ide entre dans son esprit1 et il arrivait qu'elle y entrt s\da91 au c\rs d'une conv]sation pr9cipalem5t1 c> il tait gr& causeur et il pr(itait de t\t1 l'ide entre d'abord p> la petite porte1 timidem5t1 sans faire de bruit1 s'in/allait bi5tt comme *ez elle1 envahissait t\tes les rs]ves du subconsci5t1 puis1 de temps autre1 montait la consci5ce et obligeait rellem5t ,villi]s obir l'obsession2 alors quel que ft son int]locuteur1 il p>lait2 il p>lait mme seul1 et d'ailleurs1 qu& il p>lait son ide1 il p>lait t\j\rs comme s'il et t seul4 ,j'ent5dis a9si1 p> lambeaux1 plusieurs de ses d]ni]s contes2 et mme un j\r que n\s tions assis la t]rasse d'un caf du b\lev>d1 j'eus l'illusion d'c\t] de vritables divagations o rev5ait priodiquem5t cette affirmation3 ,il y avait un coq6 ,il y en avait un6 ,je ne compris que plus t>d1 aprs plusieurs mois1 qu& p>ut le ,*ant du ,coq4 ,p>lant sur un ton s\rd1 il ne s'adressait pas moi4 ,cep5dant1 son b consci5t1 en ret\rnant ses ides haute voix1 tait de *]*] dev9] l'effet qu'elles produisai5t sur un auditeur2 mais1 peu peu1 ce b s'obscurcissait3 c'tait le subconsci5t qui p>lait p\r lui4 ,il avait le travail l5t3 il y a c9q ou six manuscrits sup]poss de de l've future1 et le premi] e/ tellem5t diffr5t du d]ni] que seul le nom d',edison peut s]vir les reli] l'un l'autre4 ,on dit assez s\v5t d'un homme qui n'a crit que peu1 qu'il a peu travaill3 je suis p]suad que ,villi]s de l',ile-,adam n'a jamais cess un in/ant de travaill]1 mme p5dant son sommeil4 ,malgr le blocus quelquefois absolu que ses ides tablissai5t aut\r de son att5tion1 nul esprit n'tait plus rapide ni mieux d\ p\r la ripo/e2 il ne connaissait pas le crpuscule du rveil3 aprs la nuit la plus brve1 il se retr\vait1 au c\p mme du sursaut1 en ple9e possession de t\te sa lucidit1 de t\te sa v]ve4 ,quoiqu'il ft bi5 l'homme de sa littrature1 on tr\v]ait en lui l'esquisse d'une d\ble p]sonnalit1 mais o le consci5t et l'inconsci5t s]ai5t si en*evtrs l'un dans l'autre qu'il s]ait difficile d'en faire le dp>tage2 il s]ait ais1 au contraire1 d'crire deux vies de ,moz>t1 l'une de l'homme social1 l'autre de l'homme en tat second1 t\tes les deux p>faitem5t lgitimes4 ,baudelaire disait3 ,l'inspiration1 c'e/ de travaill] t\s les j\rs4 ,mais cet aphorisme ne semble pas le rsum de son expri5ce p]sonnelle4 ,le travail quotidi51 rguli]1 c'e/1 p\r a9si dire1 l'inspiration rgul>ise1 dome/ique1 ass]vie4 ,les t]mes ne sont pas contradictoires1 c> il e/ c]ta9 qu'alors l'tat second1 dev5ant priodique1 peut n'en dev5ir que plus pr(ond4 ,l'habitude1 si puissante1 se jo9t la nature p\r r5=c] un tat psy*ologique qui devi5t alors un vritable beso92 ceux qui se sont a/re9ts au labeur de t\s les j\rs1 s'il leur arrive de s'y s\/raire1 surt\t en re/ant dans le mme milieu1 pr\v5t1 p5dant et aprs les heures de l'accs priodique1 un c]ta9 malaise1 p>fois une vraie s\ffrance3 le remords n'a peut-tre pas d'autre orig9e1 qu'il s'agisse d'un acte habituel qui n'a pas t accompli1 ou d'un acte inhabituel qui a violemm5t tr\bl la m>*e c\tumire des j\rnes4 ,l'inspiration1 si elle e/ un tat second1 peut donc tre un tat second provoqu p> la volont4 ,il n'e/ pas d\teux que des arti/es1 des criva9s1 des savants peuv5t travaill] qu& il le faut1 sans prp>ation1 aiguillonns seulem5t p> la ncessit et1 d'autre "p1 que les oeuvres a9si produites sont t\t aussi bonnes que celles dont l'excution n'a t dt]m9e que p> un dsir de ralisation4 ,cela ne signifie pas que le subconsci5t soit inactif p5dant le travail volontairem5t comm5c1 mais son activit a t provoque4 ,il y a donc un subconsci5t qui n'e/ pas spontan1 qui vi5t se ml] au consci5t qu& la volont en a beso91 mais qui1 peu peu1 au c\rs d'un travail1 se sub/itue la volont4 ,il suffit s\v5t de se mettre la besogne p\r s5tir que s'van\iss5t une une t\tes les difficults qui p>alysai5t l'ef=t1 mais il e/ possible que ce raisonnem5t soit p>alogique et que le travail ne soit prcism5t dev5u possible que p> l'affaiblissem5t pralable des ob/acles qui se dressai5t d'abord devant l'esprit4 ,dans l'un ou l'autre cas1 d'ailleurs1 il y a int]v5tion vid5te des =ces subconsci5tes4 ,comm5t une s5sation devi5t-elle une image2 l'image1 une ide2 comm5t l'ide se dveloppe-t-elle2 comm5t pr5d-elle la =me qui n\s semble la meilleure2 comm5t1 s'il s'agit d'criture1 la mmoire v]bale e/-elle mise contribution8 ,autant de que/ions qui me sembl5t insolubles et dont la solution s]ait p\rtant ncessaire qui v\drait donn] une df9ition prcise de l'inspiration4 ,p\r la cration orig9ale1 crit ,m4 ,ribot#bb1 ni la rflexion ni la volont ne supplent l'inspiration4 ,sans d\te1 mais la rflexion et la volont peuv5t cep5dant avoir leur rle dans l'volution de ce phnomne my/rieux et1 d'autre "p1 les cas sont assez r>es de pur automatisme intellectuel4 ,il faut sans d\te suppos] que les hommes capables de subir l'heureuse influ5ce de l'inspiration sont aussi des hommes plus que les autres capables de s5tir avec =ce et avec frqu5ce les *ocs du monde extrieur4 ,les imag9atifs sont aussi des s5sitifs4 ,il faut que les rs]ves de leur c]veau soi5t trs ri*es en lm5ts2 cela suppose un apport con/ant de la s5sation2 cela suppose donc une s5sibilit trs vive et une capacit de s5tir incessamm5t r5\vele4 ,cette s5sibilit app>ti5t encore en gr&e p>tie au doma9e du subconsci5t2 il y a1 selon l'expression de ,leibnitz1 les p5ses dont ne s'ap]oiv5t pas notre me1 il y a aussi les s5sations dont ne s'ap]oiv5t pas nos s5s1 et ce sont peut-tre celles-ci qui1 de mme qu'elles sont entres1 sort5t subconsciemm5t4 ,les obs]vations les plus fructueuses sont celles que l'on a faites sans le savoir2 vivre sans p5s] la vie e/ s\v5t le meilleur moy5 d'appr5dre connatre la vie4 ,aprs un demi-sicle et plus un homme voit surgir devant lui le milieu1 le paysage1 les faits de son enfance indiffr5te2 enfant1 il avait vcu dans le monde extrieur comme dans une dp5dance de lui-mme1 avec un s\ci purem5t physiologique2 il avait vu sans voir1 et voici que1 t&is que t\t l'int]mdiaire re/e brumeux1 c'e/ la priode de ses s5sations les plus fugaces qui remonte et s'avive devant ses yeux4 ,il e/ bi5 vid5t que la s5sation entre en n\s sans que n\s en ayons eu consci5ce ne peut1 aucun mom5t1 tre volontairem5t voque2 mais la s5sation consci5te peut1 au contraire1 n\s rev5ir l'improvi/e1 sans nul conc\rs de la volont4 ,le subconsci5t a donc p\voir sur deux ordres de s5sations et la consci5ce n'en a qu'un seul sa disposition3 cela peut expliqu] p\rquoi la volont et la rflexion ont une "p si re/re9te dans les crations de la littrature ou de l'art4 ,note #bb3 ,psy*ologie des ,s5tim5ts4--,g4 de ,humboldt disait3 ,la raison comb9e1 modifie et dirige2 elle ne peut crer1 p>ce que le pr9cipe de vie n'e/ pas en elle4 7,ides sur la n\velle ,con/itution franaise47 ,mais quelle e/ leur "p dans le re/e de la vie8 ,en pr9cipe1 l'homme e/ un automate1 et il semble que dans l'homme la consci5ce soit un ga91 une facult suraj\te4 ,il ne faut pas s'y tromp]3 l'homme qui m>*e1 qui agit1 qui p>le n'e/ pas ncessairem5t consci5t ni jamais t\t fait consci5t4 ,la consci5ce e/ sans d\te1 si on pr5d le mot dans son s5s prcis et absolu1 l'apanage du petit nombre4 ,runis en f\le1 les hommes devi5n5t p>ticulirem5t automatiques1 et d'abord leur in/9ct de se runir1 de faire un mom5t donn t\s la mme *ose tmoigne bi5 de la nature de leur intellig5ce4 ,comm5t suppos] une consci5ce et une volont aux membres de ces cohues qui1 aux j\rs de fte ou de tr\bles1 se press5t t\s v]s le mme po9t1 avec les mmes ge/es et les mmes cris8 ,ce sont des f\rmis qui sort5t aprs l'onde de dess\s les br9s d'h]be1 et voil t\t4 ,l'homme consci5t qui se mle navem5t la f\le1 qui agit dans le s5s de la f\le1 p]d sa p]sonnalit2 il n'e/ plus qu'un des suoirs de la gr&e pieuvre factice1 et presque t\tes ses s5sations vont m\rir va9em5t dans le c]veau collectif de l'hypo?tique animal2 de ce contact1 il ne rapport]a peu prs ri52 l'homme qui sort de la f\le n'a qu'un s\v5ir1 comme le noy qui m]ge1 celui d'tre tomb dans l'eau4 ,c'e/ p>mi le petit nombre des lus de la consci5ce qu'il faut *]*] les exemplaires vritablem5t suprieurs d'une humanit dont ils sont1 non les conducteurs1 ce qui s]ait f*eux et contr$irait trop l'in/9ct1 mais les juges4 ,cep5dant grave sujet de mditation1 ces hommes surlevs n'atteign5t t\te leur valeur qu'aux mom5ts o la consci5ce1 dev5ant subconsci5te1 ouvre les cluses du c]veau et laisse se prcipit] v]s le monde les flots rnovs des s5sations qu'ils doiv5t au monde4 ,ils sont de magnifiques in/rum5ts dont le subconsci5t seul j\e avec gnie2 lui aussi1 le gnie1 e/ subconsci5t4 ,goe! e/ le type de ces hommes d\bles et le hros suprme de l'humanit intellectuelle4 ,il y a d'autres hommes non mo9s r>es1 mais mo9s complets1 *ez lesquels la volont ne j\e qu'un rle =t ord9aire et qui ne sont ri5 ds qu'ils ne sont plus s\s l'influ5ce du subconsci5t4 ,leur gnie n'en e/ s\v5t que plus pur et plus n]gique2 ils sont des in/rum5ts plus dociles s\s le s\ffle du ,dieu inconnu4 ,mais comme ,moz>t1 ils ne sav5t ce qu'ils font2 ils obiss5t une =ce irrsi/ible4 ,voil p\rquoi ,gluck faisait transport] son piano au milieu d'une prairie1 en ple9 soleil2 voil p\rquoi ,haydn contemplait une bague1 p\rquoi ,crbillon vivait p>mi une meute de *i5s1 p\rquoi ,s*ill] respirait frquemm5t l'odeur des pommes p\rries dont il avait rempli le tiroir de sa table de travail4 ,telles sont les mo9dres fantaisies du subconsci5t2 il a de pires exig5ces4 ,,iii ,,la ,,dissociation ,,des ,,id,,es ,il y a deux manires de p5s]3 ou accept] telles qu'elles sont en usage les ides et les associations d'ides1 ou se livr]1 p\r son compte p]sonnel1 de n\velles associations et1 ce qui e/ plus r>e1 d'orig9ales dissociations d'ides4 ,l'intellig5ce capable de tels ef=ts e/1 plus ou mo9s1 selon le degr1 et selon l'abondance et la v>it de ses autres dons1 une intellig5ce cratrice4 ,il s'agit ou d'imag9] des rapports n\veaux entre les vieilles ides1 les vieilles images1 ou de sp>] les vieilles ides1 les vieilles images unies p> la tradition1 de les considr] une une1 quitte les rem>i] et ordonn] une inf9it de c\ples n\veaux qu'une n\velle opration dsunira encore1 jusqu' la =mation t\j\rs quivoque et fragile de n\veaux li5s4 ,dans le doma9e des faits et de l'expri5ce ces oprations se tr\v]ai5t limites p> la rsi/ance de la matire et l'intolrance des lois physiques2 dans le doma9e purem5t intellectuel1 elles sont s\mises la logique2 mais la logique tant elle-mme un tissu intellectuel1 ses complaisances sont presque inf9ies4 ,vritablem5t l'association et la dissociation des ides 7ou des images3 l'ide n'e/ qu'une image ue7 volu5t selon des m&res qu'il e/ impossible de dt]m9] et dont il e/ difficile mme de suivre la direction gnrale4 ,il n'e/ pas d'ides si loignes1 d'images si htroclites que l'aisance dans l'association ne puisse jo9dre au mo9s p\r un in/ant4 ,victor ,hugo1 voyant un cble qu'on ent\re de *iffons l'endroit o il porte sur une arte vive1 voit en mme temps les g5\x des tragdi5nes qui sont matelasss contre les *utes dramatiques du c9quime acte#bc2 et ces deux *oses si lo91 un cordage am>r sur un ro*] et les g5\x d'une actrice se tr\v5t1 le temps de notre lecture1 voques dans un p>allle qui n\s sduit p>ce que les g5\x et la corde1 les uns en dessus1 l'autre en dess\s1 au pli1 sont galem5t f\rrs#bd1 p>ce que le c\de que fait un cble a9si jet ressemble assez une jambe plie1 p>ce que la situation de ,giliatt e/ p>faitem5t tragique et enf9 p>ce que1 t\t en p]cevant la logique de ces rappro*em5ts1 n\s en p]cevons1 non mo9s bi51 la dlicieuse absurdit4 ,note #bc3 ,les ,travailleurs de la m]2 ,i,ie p>tie1 livre ,i]1 ,,ii4 ,note #bd3 ,t]me te*nique4 ,de telles associations sont ncessairem5t des plus fugitives1 mo9s que la langue ne les adopte et n'en fasse un de ces tropes dont elle aime s'enri*ir2 il ne faudrait pas tre surpris que ce pli d'un cble s'appelt le g5\ du cble4 ,en t\t cas1 les deux images re/5t prtes divorc]2 le divorce rgne en p]man5ce dans le monde des ides1 qui e/ le monde de l'am\r libre4 ,les g5s simples p>fois en demeur5t sc&aliss2 celui qui1 p\r la premire fois1 selon que l'un ou l'autre des t]mes e/ le plus anci51 osa dire la b\*e ou la gueule d'un canon fut sans d\te accus soit de prciosit soit de grossiret4 ,s'il e/ malsant de p>l] du g5\ d'un cordage1 il ne l'e/ po9t d'voqu] le c\de d'un tuyau ou la panse d'un flacon4 ,mais ces exemples ne sont donns que comme types lm5taires d'un mcanisme dont la pratique n\s e/ plus familire que la ?orie4 ,n\s laiss]ons de ct t\tes les images encore vivantes p\r ne n\s occup] que des ides1 c'e/--dire de ces ombres t5aces et fugaces qui s'agit5t t]nellem5t eff>es dans les c]veaux des hommes4 ,il y a des associations d'ides tellem5t durables qu'elles p>aiss5t t]nelles1 tellem5t troites qu'elles ressembl5t ces toiles d\bles que l'oeil nu en va9 *]*e dd\bl]4 ,on les appelle volonti]s des lieux communs4 ,cette expression1 dbris d'un vieux t]me de rhtorique1 loci communes s]monis1 a pris1 surt\t depuis les dveloppem5ts de l'individualisme intellectuel1 un s5s pjoratif qu'elle tait lo9 de possd] l'orig9e1 et encore au dix-septime sicle4 ,en mme temps qu'elle s'avilissait1 la signification du lieu commun s'e/ rtrcie jusqu' dev5ir une v>iante de la banalit1 du dj vu1 dj ent5du1 et1 p\r la f\le des esprits imprcis1 le lieu commun e/ un des synonymes de cli*4 ,or le cli* porte sur les mots et le lieu commun sur les ides2 le cli* qualifie la =me ou la lettre1 l'autre le fond ou l'esprit4 ,les confondre1 c'e/ confondre la p5se avec l'expression de la p5se4 ,le cli* e/ immdiatem5t p]ceptible2 le lieu commun se drobe trs s\v5t s\s une p>ure orig9ale4 ,il n'y a pas beauc\p d'exemples1 en aucune littrature1 d'ides n\velles exprimes en une =me n\velle2 l'esprit le plus difficile doit se cont5t] le plus s\v5t de l'un ou de l'autre de ces plaisirs1 trop heureux qu& il n'e/ pas priv la fois de t\s les deux2 cela n'e/ pas trs r>e4 ,le lieu commun e/ plus et mo9s qu'une banalit3 c'e/ une banalit1 mais p>fois 9luctable2 c'e/ une banalit1 mais si univ]sellem5t accepte qu'elle pr5d alors le nom de vrit4 ,la plup>t des vrits qui c\r5t le monde 7les vrits sont trs c\reuses7 peuv5t tre reg>des comme des lieux communs1 c'e/--dire des associations d'ides communes un gr& nombre d'hommes et que presque aucun de ces hommes n'os]ait bris] de propos dlibr4 ,l'homme1 malgr sa t5dance au m5songe1 a un gr& respect p\r ce qu'il appelle la vrit2 c'e/ que la vrit e/ son bton de voyage trav]s la vie1 c'e/ que les lieux communs sont le pa9 de sa besace et le v9 de sa g\rde4 ,privs de la vrit des lieux communs1 les hommes se tr\v]ai5t sans df5se1 sans appui et sans n\rriture4 ,ils ont tellem5t beso9 de vrits qu'ils adopt5t les vrits n\velles sans rejet] les anci5nes2 le c]veau de l'homme civilis e/ un muse de vrits contradictoires4 ,il n'en e/ pas tr\bl1 p>ce qu'il e/ successif4 ,il rum9e ses vrits les unes aprs les autres4 ,il p5se comme il mange4 ,n\s vomirions d'horreur si l'on n\s prs5tait dans un l>ge plat1 mls du b\illon1 du v91 du caf1 les div]s alim5ts depuis les vi&es jusqu'aux fruits qui doiv5t =m] notre repas successif2 l'horreur s]ait aussi =te si l'on n\s faisait voir l'amalgame rpugnant des vrits contradictoires qui sont loges dans notre esprit4 ,quelques intellig5ces analytiques ont essay en va9 d'opr] de sang-froid l'inv5taire de leurs contradictions2 *aque objection de la raison le s5tim5t opposait une excuse immdiatem5t valable1 c> les s5tim5ts1 comme l'a indiqu ,m4 ,ribot1 sont ce qu'il y a de plus =t en n\s o ils reprs5t5t la p]man5ce et la cont9uit4 ,l'inv5taire des contradictions d'autrui n'e/ pas mo9s difficile1 s'il s'agit d'un homme en p>ticuli]2 on se heurte l'hypocrisie qui a prcism5t p\r rle social d'tre le voile qui dissimule l'clat trop vif des convictions b>ioles4 ,il faudrait donc int]rog] t\s les hommes1 c'e/--dire l'entit huma9e1 ou du mo9s des gr\pes d'hommes assez nombreux p\r que le cynisme des uns y comp5se l'hypocrisie des autres4 ,dans les rgions animales infrieures et dans le monde vgtal1 le b\rgeonnem5t e/ un des modes de cration de la vie2 on voit galem5t se produire la scissip>it dans le monde des ides1 mais le rsultat1 au lieu d'tre une vie n\velle1 e/ une ab/raction n\velle4 ,t\tes les grammaires gnrales ou les traits lm5taires de logique enseign5t comm5t se =m5t les ab/ractions2 on a nglig d'enseign] comm5t elles ne se =m5t pas1 c'e/--dire p\rquoi tel lieu commun p]si/e vivre sans po/rit4 ,c'e/ assez dlicat1 mais cela prt]ait des rem>ques intressantes2 on appell]ait ce *apitre les lieux communs rfractaires ou impossibilit de c]ta9es dissociations d'ides4 ,il s]ait peut-tre utile d'exam9] d'abord comm5t les ides s'associ5t entre elles et dans quel b4 ,le manuel de cette opration e/ des plus simples2 son pr9cipe e/ l'analogie4 ,il y a des analogies trs lo9ta9es2 il y en a de si pro*a9es qu'elles sont la porte de t\tes les ma9s4 ,un gr& nombre de lieux communs ont une orig9e hi/orique3 deux ides se sont unies un j\r s\s l'influ5ce des vnem5ts et cette union fut plus ou mo9s durable4 ,l',europe ayant vu de ses yeux l'agonie et la mort de ,byzance acc\pla ces deux ides1 ,byzance--,dcad5ce1 qui sont dev5ues un lieu commun1 une inconte/able vrit p\r t\s les hommes qui criv5t et qui lis5t1 et ncessairem5t1 p\r t\s les autres1 p\r ceux qui ne peuv5t contrl] les vrits qu'on leur propose4 ,de ,byzance1 cette association d'ides s'e/ t5due l',empire roma9 t\t enti]1 qui n'e/ plus1 p\r les hi/ori5s sages et respectueux1 qu'une suite de dcad5ces4 ,on lisait rcemm5t dans un j\rnal grave3 ,si la =me despotique avait une v]tu p>ticulire1 con/itutive de bonnes armes1 e/-ce que l'avnem5t de l'empire n'aurait pas t une re de dveloppem5t dans la puissance militaire des ,roma9s8 ,ce fut au contraire le signal de la dbcle et de l'effondrem5t#be4 ,ce lieu commun d'orig9e *rti5ne a t popul>is dans les temps mod]nes1 comme on le sait1 p> ,montesquieu et p> ,gibbon2 il a t magi/ralem5t dissoci p> ,m4 ,ga/on ,p>is#bf et n'e/ plus qu'une sottise4 ,mais comme sa gnalogie e/ connue1 comme on l'a vu natre et m\rir1 il peut s]vir d'exemple et faire compr5dre assez bi5 ce que c'e/ qu'une gr&e vrit hi/orique4 ,note #be3 ,le ,temps1 #ca octobre #ahii4 ,note #bf3 ,romania1 tome ,i1 page #a4 ,le b secret du lieu commun1 en se =mant1 e/ en effet d'exprim] une vrit4 ,les ides isoles ne reprs5t5t que des faits ou des ab/ractions2 p\r avoir une vrit il faut deux facteurs1 il faut1 c'e/ le mode de gnration le plus ord9aire1 un fait et une ab/raction4 ,presque t\te vrit1 presque t\t lieu commun se rs\t en ces deux lm5ts4 ,concurremm5t lieu commun1 on p\rrait presque t\j\rs employ] le mot vrit1 a9si df9i une fois p\r t\tes3 un lieu commun non encore dissoci2 la dissociation tant analogue ce qu'on appelle analyse1 en *imie4 ,l'analyse *imique ne conte/e ni l'exi/5ce ni les qualits du corps qu'elle dissocie en div]s lm5ts1 s\v5t dissociables leur t\r2 elle se borne libr] ces lm5ts et les (frir la syn?se qui1 en v>iant les proportions1 en appelant des lm5ts n\veaux1 obti5dra1 si cela lui plat1 des corps entirem5t diffr5ts4 ,avec les dbris d'une vrit1 on peut faire une autre vrit id5tiquem5t contraire1 travail qui ne s]ait qu'un jeu1 mais encore excell5t comme t\s les ex]cices qui ass\pliss5t l'intellig5ce et l'a*em95t v]s l'tat de noblesse ddaigneuse o elle doit aspir]4 ,il y a cep5dant des vrits que l'on ne songe ni analys] ni ni]2 elles sont inconte/ables1 soit qu'elles n\s ai5t t f\rnies p> l'expri5ce sculaire de l'humanit1 soit qu'elles fass5t p>tie des axiomes de la sci5ce4 ,le prdicateur qui s'criait en *aire devant ,l\is ,,xiv3 ,n\s m\rrons t\s1 ,messieurs6 pr(rait une vrit que le froncem5t des s\rcils du roi ne prt5dait pas srieusem5t conte/]4 ,elle e/ p\rtant de celles qui ont eu sans d\te le plus de mal s'tablir1 elle e/ de celles qui ne sont pas encore univ]sellem5t admises4 ,ce n'e/ pas du premi] c\p que les races ary5nes joignir5t ces deux ides1 l'ide de mort et l'ide de ncessit2 beauc\p de peuplades noires n'y sont pas p>v5ues4 ,p\r le ngre1 il n'y a pas de mort naturelle1 de mort ncessaire4 ,a *aque dcs on consulte le sorci] af9 d'appr5dre de lui quel e/ l'auteur de ce crime secret et magique4 ,n\s en sommes encore un peu cet tat d'esprit et t\te mort prmature d'un homme clbre fait aussitt c\rir des bruits d'empoisonnem5t1 de meurtre my/rieux4 ,t\t le monde se s\vi5t des lg5des nes la mort de ,gambetta1 de ,flix ,faure2 elles se rejoign5t naturellem5t celles qui mur5t la f9 du dix-septime sicle1 celles qui assombrir5t1 bi5 plus que des faits sans d\te r>es1 le seizime sicle itali54 ,/5dhal1 en ses anecdotes roma9es1 abuse de cette sup]/ition du poison qui devait encore1 de nos j\rs1 faire plus d'une victime judiciaire4 ,l'homme associe les ides non pas selon la logique1 selon l'exactitude vrifiable1 mais selon son plaisir et son intrt4 ,c'e/ ce qui fait que la plup>t des vrits ne sont que des prjugs2 celles qui sont le plus inconte/ables sont aussi celles qu'il s'ef=a t\j\rs de s\rnoisem5t combattre p> la ruse du sil5ce4 ,la mme in]tie e/ oppose au travail de dissociation que l'on voit s'opr] l5tem5t sur c]ta9es vrits4 ,l'tat de dissociation des lieux communs de la morale semble en corrlation assez troite avec le degr de la civilisation intellectuelle4 ,il s'agit1 l encore1 d'une sorte de lutte1 non des individus1 mais des peuples con/itus en nation contre des vid5ces qui1 en augm5tant l'int5sit de la vie individuelle1 dim9u5t1 l'expri5ce p]met de dire1 p> cela mme1 l'int5sit de la vie et de la =ce collectives4 ,il n'e/ pas d\teux qu'un homme ne puisse retir] de l'immoralit mme1 de l'ins\mission aux prjugs dcalogus1 un gr& bi5fait p]sonnel1 un gr& avantage p\r son dveloppem5t intgral1 mais une collectivit d'individus trop =ts1 trop indp5dants les uns des autres1 ne con/itue qu'un peuple mdiocre4 ,on voit alors l'in/9ct social entr] en antagonisme avec l'in/9ct individuel et des socits pr(ess] comme socit une morale que *acun de ses membres intellig5ts1 suivis p> une trs gr&e p>tie du tr\peau1 juge va9e1 suranne ou tyrannique4 ,on tr\v]ait une assez curieuse illu/ration de ces pr9cipes en exam9ant l'tat prs5t de la morale sexuelle4 ,cette morale1 p>ticulire aux peuples *rti5s1 e/ fonde sur l'association trs troite de deux ides1 l'ide de plaisir *>nel et l'ide de gnration4 ,quiconque1 homme ou peuple1 n'a pas dissoci ces deux ides n'a pas r5du la lib]t dans son esprit aux lm5ts de cette vrit2 qu'en dehors de l'acte proprem5t gnrateur accompli s\s la protection des lois religieuses ou civiles 7les secondes ne sont que la p>odie des premires1 dans nos civilisations ess5tiellem5t *rti5nes71 les relations sexuelles sont des p*s1 des erreurs1 des fautes1 des dfaillances2 quiconque adopte en sa consci5ce cette rgle1 sanctionne p> les codes1 app>ti5t videmm5t une civilisation encore rudim5taire4 ,la plus haute civilisation tant celle o l'individu e/ le plus libre1 le plus dgag d'obligations1 cette proposition ne s]ait conte/able que si on la pr5ait p\r une provocation au lib]t9age ou p\r une dprciation de l'asctisme4 ,morale ou immorale1 cela n'a ici aucune importance1 elle devra1 si elle e/ exacte1 se lire au premi] c\p d'oeil dans les faits4 ,ri5 de plus facile4 ,un tableau /ati/ique de la natalit europenne montr]a aux raisonneurs les plus entts qu'il y a un li5 trs /rict1 un li5 de cause effet1 entre l'intellectualit des peuples et leur fcondit4 ,il en e/ de mme p\r les individus et p\r les gr\pes sociaux4 ,c'e/ p> faiblesse intellectuelle que les mnages ouvri]s se laiss5t dbord] p> la progniture4 ,on voit dans les faub\rgs des malheureux qui1 ayant procr d\ze enfants1 s'tonn5t de l'inclm5ce de la vie2 ces pauvres g5s1 qui n'ont mme pas l'excuse des croyances religieuses1 n'ont pas encore su dissoci] l'ide de plaisir *>nel et l'ide de gnration4 ,*ez eux la premire dt]m9e l'autre1 et les ge/es obiss5t une crbralit enfant9e et presque animale4 ,l'homme arriv au degr vraim5t huma9 limite son gr sa fcondit2 c'e/ un de ses privilges1 mais un de ceux qu'il n'atte9t que p\r en m\rir4 ,heureuse1 en effet1 p\r l'individu qu'elle dlivre1 cette dissociation p>ticulire l'e/ beauc\p mo9s p\r les peuples4 ,cep5dant1 elle favoris]a le dveloppem5t ultrieur de la civilisation en ma9t5ant sur la t]re les vides ncessaires l'volution des hommes4 ,ce n'e/ qu'assez t>d que les ,grecs arrivr5t disjo9dre l'ide de femme et l'ide de gnration2 mais ils avai5t dissoci trs anci5nem5t l'ide de gnration et l'ide de plaisir *>nel4 ,qu& ils cessr5t de considr] la femme comme uniquem5t gnratrice1 ce fut le comm5cem5t du rgne des c\rtisanes4 ,les ,grecs sembl5t1 d'ailleurs1 avoir t\j\rs eu une morale sexuelle =t vague1 ce qui ne les a pas emp*s de faire une c]ta9e figure dans l'hi/oire4 ,le ,*ri/ianisme ne p\vait sans se ni] lui-mme enc\rag] la dissociation de l'ide de plaisir *>nel d'avec l'ide de gnration1 mais il provoqua au contraire avec succs1 et ce fut une des gr&es conqutes de l'humanit1 la dissociation de l'ide d'am\r et de l'ide de plaisir *>nel4 ,les gypti5s tai5t si lo9 de p\voir compr5dre une telle dissociation que l'am\r du frre et de la soeur leur et sembl nul s'il n'et ab\ti une conjonction sexuelle4 ,dans les basses classes des gr&es villes1 on e/ volonti]s gypti5 sur ce po9t4 ,les diffr5tes sortes d'ince/e qui p>vi5n5t p>fois notre connaissance tmoign5t qu'un tat d'esprit analogue n'e/ pas absolum5t incompatible avec une c]ta9e culture intellectuelle4 ,la =me p>ticulirem5t *rti5ne de l'am\r *a/e1 dgag de t\te ide de plaisir physique1 e/ l'am\r div91 tel qu'on le voit s'pan\ir dans l'exaltation my/ique des contemplateurs2 c'e/ vraim5t l'am\r pur1 puisqu'il ne correspond ri5 de df9issable1 c'e/ l'intellig5ce s'adorant soi-mme dans l'ide inf9ie qu'elle se fait d'elle-mme4 ,ce qui peut s'y ml] de s5sualisme ti5t la disposition mme du corps huma9 et la loi de dp5dance des organes2 on ne doit donc pas en t5ir compte dans une tude qui n'e/ pas physiologique4 ,ce que l'on a appel maladroitem5t l'am\r platonique e/ aussi une cration *rti5ne4 ,c'e/1 en somme1 une amiti passionne1 aussi vive et aussi jal\se que l'am\r physique1 mais dgage de l'ide de plaisir *>nel1 comme cette d]nire ide s'tait dgage de l'ide de gnration4 ,cet tat idal des affections huma9es e/ la premire tape de l'asctisme1 et l'on p\rrait df9ir l'asctisme l'tat d'esprit o t\tes les ides sont dissocies4 ,avec la dcroissance de l'influ5ce *rti5ne1 la premire tape de l'asctisme e/ dev5ue un gte de mo9s en mo9s frqu5t et l'asctisme1 dev5u galem5t r>e1 e/ s\v5t atte9t p> une autre voie4 ,de notre temps1 l'ide d'am\r s'e/ rejo9te trs troitem5t l'ide de plaisir physique et les morali/es s'emploi5t r=m] son association primitive avec l'ide de gnration4 ,c'e/ une rgression assez curieuse4 ,on p\rrait essay] une psy*ologie hi/orique de l'humanit en re*]*ant quel degr de dissociation se tr\vr5t1 dans la suite des sicles1 un c]ta9 nombre de ces vrits que les g5s bi5 p5sants s'accord5t qualifi] de primordiales4 ,cette m?ode devrait mme tre la base1 et cette re*]*e le b mme de l'hi/oire4 ,puisque t\t dans l'homme se ramne l'intellig5ce1 t\t dans l'hi/oire doit se ram5] la psy*ologie4 ,ce s]ait l'excuse des faits1 de comport] une explication qui ne ft pas diplomatique ou /ratgique4 ,quelle e/ l'association d'ides1 ou la vrit non encore dissocie qui favorisa l'accomplissem5t de la mission que ,jeanne d',arc crut t5ir du ciel8 ,il faut1 p\r rpondre1 tr\v] des ides qui ai5t pu se jo9dre galem5t dans les c]veaux franais et dans les c]veaux anglais1 ou une vrit alors inconte/ablem5t admise p> t\te la *rti5t4 ,jeanne d',arc tait considre la fois p> ses amis et p> ses ennemis comme en possession d'un p\voir surnaturel4 ,p\r les ,anglais1 c'e/ une sorcire trs puissante2 l'op9ion e/ unanime et les tmoignages abond5t4 ,mais p\r ses p>tisans8 ,sans d\te une sorcire aussi1 ou plutt une magici5ne4 ,la magie n'tait pas ncessairem5t diabolique4 ,des tres surnaturels flottai5t dans les imag9ations qui n'tai5t ni des anges1 ni des dmons1 mais des ,puissances que p\vait se s\mettre l'intellig5ce de l'homme4 ,le magici5 tait le bon sorci]3 sans cela aurait-on tax de magie un homme de la sci5ce et de la sa9tet d',alb]t le ,gr&8 ,le soldat qui la suivait et le soldat qui combattait ,jeanne d',arc1 sorcire ou magici5ne1 se faisai5t d'elle1 trs probablem5t1 une ide id5tique dans son obscurit r$\table4 ,mais si les ,anglais criai5t le nom de sorcire1 les ,franais taisai5t le nom de magici5ne1 peut-tre p\r la mme cause qui protgea si longtemps1 trav]s de si m]veilleuses av5tures1 l'usurpateur ,ta-,kiang1 comme cela e/ racont dans l'admirable ,dragon imprial de ,judi? ,gauti]4 ,quelle ide1 telle poque1 *aque classe de la socit se faisait-elle du soldat8 ,n'y aurait-il pas dans la rponse cette "q t\t un c\rs d'hi/oire8 ,en appro*ant de notre poque on se dem&]ait quel mom5t se rejoignir5t1 dans le commun des esprits1 l'ide d'honneur et l'ide de militaire8 ,e/-ce une survivance de la conception ari/ocratique de l'arme8 ,l'association s'e/-elle =me la suite des vnem5ts d'il y a tr5te ans1 lorsque le peuple prit le p>ti d'exalt] le soldat p\r s'enc\rag] soi-mme8 ,il faut compr5dre cette ide d'honneur2 elle en conti5t plusieurs autres1 les ides de brav\re1 de ds9tressem5t1 de discipl9e1 de sacrifice1 d'hrosme1 de probit1 de loyaut1 de fran*ise1 de bonne humeur1 de rondeur1 de simplicit1 etc4 ,on tr\v]ait f9alem5t en ce mot le rsum des qualits dont la race franaise se croit l'expression4 ,dt]m9] son orig9e s]ait donc dt]m9]1 p> cela mme1 l'poque o le ,franais comm5a se croire un abrg de t\tes les v]tus =tes4 ,le militaire e/ demeur en ,france1 malgr de rc5tes objections1 le type mme de l'homme d'honneur4 ,les deux ides sont unies trs n]giquem5t2 elles =m5t une vrit qui n'e/ gure conte/e l'heure actuelle que p> des esprits d'une autorit mdiocre ou d'une s9crit d\teuse4 ,sa dissociation e/ donc trs peu avance1 si l'on a g>d la totalit de la nation4 ,cep5dant elle fut1 au mo9s p5dant une m9ute1 p5dant la m9ute psy*ologique1 entirem5t opre en quelques c]veaux4 ,il y eut l1 au seul po9t de vue intellectuel1 un ef=t considrable d'ab/raction qu'on ne peut s'emp*] d'admir] qu& on reg>de froidem5t fonctionn] la ma*9e crbrale4 ,sans d\te le rsultat atte9t ne fut pas le produit d'un raisonnem5t normal2 c'e/ dans un accs de fivre que la dissociation s'accomplit2 elle fut inconsci5te1 et elle fut mom5tane1 mais elle fut1 et c'e/ important p\r l'obs]vateur4 ,l'ide d'honneur avec t\s ses s\s-ent5dus se sp>a de l'ide de militaire1 qui e/ l l'ide de fait1 l'ide femelle prte recevoir t\s les qualificatifs1 et l'on s'ap]ut que1 s'il y avait entre elles un c]ta9 rapport logique1 ce rapport n'tait pas ncessaire4 ,c'e/ l le po9t dcisif4 ,une vrit e/ morte lorsqu'on a con/at que les rapports qui li5t ses lm5ts sont des rapports d'habitude et non de ncessit2 et comme la mort d'une vrit e/ un gr& bi5fait p\r les hommes1 cette dissociation et t trs importante si elle avait t df9itive1 si elle ft re/e /able4 ,malheureusem5t1 aprs cet ef=t v]s l'ide pure1 les vieilles habitudes m5tales retr\vr5t leur empire4 ,l'anci5 lm5t qualificatif fut aussitt remplac p> un lm5t pe9e n\veau1 mo9s logique que l'anci5 et encore mo9s ncessaire4 ,il app>ut que l'opration avait avort4 ,l'association d'ides se refaisait1 id5tique la prcd5te1 quoique l'un des lm5ts et t ret\rn comme un vieux gant3 honneur on avait sub/itu d%onneur1 avec t\tes les ides adv5tices de l'anci5 lm5t dev5ues alors l*et1 f\rb]ie1 indiscipl9e1 fausset1 duplicit1 m*ancet1 etc4 ,cette n\velle association d'ides peut avoir une valeur de/ructive2 elle n'(fre aucun intrt intellectuel4 ,il ressort de l'anecdote que les ides qui n\s sembl5t les plus claires1 les plus vid5tes1 les plus palpables p\r a9si dire1 n'ont cep5dant pas assez de =ce p\r s'impos] t\tes nues aux esprits communs4 ,p\r s'assimil] l'ide d'arme1 un c]veau d'auj\rd'hui doit l'ent\r] d'lm5ts qui n'ont qu'une corrlation de r5contre ou d'op9ion avec l'ide pr9cipale4 ,on ne peut pas dem&] sans d\te un humble politici5 de se faire de l'arme l'ide simple que s'en faisait ,napolon3 une pe4 ,les ides trs simples ne sont la porte que des esprits trs compliqus4 ,il semble cep5dant qu'il ne s]ait pas absurde de ne considr] l'arme que comme la =ce extriorise d'une nation2 et alors de ne dem&] cette =ce que les qualits mmes qu'on dem&e la =ce4 ,peut-tre e/-ce encore trop simple8 ,quel bon mom5t que le mom5t d'auj\rd'hui p\r tudi] le mcanisme de l'association et de la dissociation des ides6 ,on p>le s\v5t des ides2 on a crit sur l'volution des ides4 ,aucun mot n'e/ plus mal df9i ni plus vague4 ,il y a des criva9s nafs qui diss]t5t sur l',ide1 t\t c\rt2 il y a des socits coopratives qui se mett5t t\t d'un c\p en m>*e v]s l',ide2 il y a des g5s qui se dv\5t l',ide1 qui ptiss5t p\r l',ide1 qui rv5t de l',ide1 qui viv5t les yeux fixs sur l',ide4 ,de quoi e/-il "q dans ces sortes de divagations1 c'e/ ce que je n'ai jamais pu savoir4 ,a9si employ seul1 le mot e/ peut-tre une d=mation du mot ,idal2 peut-tre aussi le qualificatif e/-il s\s-ent5du8 ,e/-ce un dbris erratique de la philosophie de ,hegel que la m>*e l5te du gr& glaci] social a dpos au passage en quelques ttes o il r\le et sonne comme un caill\8 ,on ne sait pas4 ,employ s\s une =me relative1 le mot n'e/ pas beauc\p plus clair dans les ord9aires phrasologies2 on oublie trop le s5s primitif du mot et que l'ide n'e/ qu'une image p>v5ue l'tat ab/rait1 l'tat de notion2 mais aussi qu'une notion1 p\r avoir droit au nom d'ide1 doit tre pure de t\te compromission avec le cont+5t4 ,une notion l'tat d'ide e/ dev5ue inconte/able2 c'e/ un *iffre1 c'e/ un signe2 c'e/ une des lettres de l'alphabet de la p5se4 ,il n'y a pas des ides vraies et des ides fausses4 ,l'ide e/ ncessairem5t vraie2 une ide discutable e/ une ide amalgame des notions concrtes1 c'e/--dire une vrit4 ,le travail de la dissociation t5d prcism5t dgag] la vrit de t\te sa p>tie fragile p\r obt5ir l'ide pure1 une1 et p> consqu5t inattaquable4 ,mais si l'on n'usait jamais des mots que selon leur s5s unique et absolu1 les liaisons s]ai5t difficiles dans le disc\rs2 il faut leur laiss] un peu de ce vague et de cette flexibilit dont l'usage les a d\s et1 en p>ticuli]1 ne pas trop insi/] sur l'abme qui sp>e l'ab/rait du concret4 ,il y a un tat int]mdiaire entre la glace et l'eau fluide1 c'e/ qu& l'eau comm5ce se faonn] en aiguilles1 qu& elle craque et cde encore s\s la ma9 qui s'y plonge3 peut-tre ne faut-il pas dem&] mme aux mots du manuel philosophique d'abdiqu] t\te prt5tion l'ambiguit8 ,cette ide d'arme qui excita de graves polmiques1 qui ne fut un in/ant dgage que p\r s'obscurcir n\veau1 e/ de celles qui t\*5t au concret et dont on ne peut p>l] sans de m9utieuses rfr5ces la ralit2 l'ide de ju/ice1 au contraire1 peut se considr] en soi1 9 ab/racto4 ,dans l'enqute que fit ,m4 ,ribot sur les ides gnrales1 presque t\s les pati5ts1 prononc devant eux le mot ,ju/ice1 vir5t en leur esprit la lg5daire dame et ses balances4 ,il y a dans cette figuration traditionnelle d'une ide ab/raite une notion de l'orig9e mme de cette ide4 ,l'ide de ju/ice n'e/ pas autre *ose1 en effet1 que l'ide d'quilibre4 ,la ju/ice e/ le po9t mort de la srie des actes1 le po9t idal o les =ces contraires se neutralis5t p\r produire l'in]tie4 ,la vie qui aurait pass p> ce po9t mort de la ju/ice absolue ne p\rrait plus vivre1 puisque l'ide de vie1 id5tique l'ide de lutte de =ces1 e/ ncessairem5t l'ide de ju/ice4 ,le rgne de la ju/ice ne p\rrait tre que le rgne du sil5ce et de la ptrification3 les b\*es se tais5t1 organes va9s des c]veaux /upfis1 et les ge/es ina*evs des membres n'criv5t plus ri51 dans l'air froid4 ,les ?ologies situr5t la ju/ice au del du monde1 dans l't]nit4 ,c'e/ l seulem5t qu'elle peut tre conue et qu'elle peut1 sans dang] p\r la vie1 ex]c] une fois p\r t\tes sa tyrannie qui ne connat qu'une seule sorte d'arrts1 l'arrt de mort4 ,l'ide de ju/ice r5tre donc bi5 dans la srie des ides inconte/ables et indmontrables2 on n'en peut ri5 faire l'tat pur2 il faut l'associ] quelque lm5t de fait ou s'ab/5ir d'un mot qui ne correspond qu' une inconcevable entit4 ,a vrai dire1 l'ide de ju/ice e/ peut-tre dissocie ici p\r la premire fois4 ,s\s ce nom les hommes allg5t tantt l'ide de *tim5t1 qui leur e/ trs familire1 tantt l'ide de non-*tim5t1 ide neutre1 ombre de la premire4 ,il s'agit de *ti] le c\pable et de ne pas inquit] l'innoc5t1 ce qui impliqu]ait immdiatem5t1 p\r tre p]ceptible1 une df9ition de la culpabilit et une df9ition de l'innoc5ce4 ,cela e/ difficile1 ces mots du lexique moral n'ayant plus qu'une signification fuyante et t\te relative4 ,et p\rquoi1 p\rrait-on dem&]1 faut-il qu'un c\pable soit *ti8 ,il semble1 au contraire1 que l'innoc5t1 que l'on suppose un homme sa9 et normal1 soit bi5 plus capable de support] le *tim5t que le c\pable1 qui e/ un malade et un dbile4 ,p\rquoi ne punirait-on pas1 au lieu du voleur1 qui a des excuses1 l'imbcile qui s'e/ laiss vol]8 ,c'e/ ce que f]ait la ju/ice si1 au lieu d'tre une conception ?ologique1 elle tait encore1 comme elle fut ,sp>te1 une imitation de la nature4 ,ri5 n'exi/e qu'en v]tu du dsquilibre1 de l'inju/ice2 t\te exi/5ce e/ un vol prlev sur d'autres exi/5ces2 aucune vie ne fleurit que sur un cimetire4 ,si elle se v\lait l'auxiliaire et non plus la ngatrice des lois naturelles1 l'humanit pr5drait so9 de protg] les =ts contre la coalition des faibles et de donn] comme escabeau le peuple aux ari/ocrates4 ,il semble au contraire que ce qu'on ent5de dsormais p> la ju/ice ce soit1 en mme temps que le *tim5t des c\pables1 l'ext]m9ation des puissants1 et en mme temps que le non-*tim5t des innoc5ts1 l'exaltation des humbles4 ,l'orig9e de cette ide complexe1 bt>de et hypocrite1 doit donc tre re*]*e dans l'vangile1 dans le malheur aux ri*es des dmagogues juifs4 ,a9si comprise1 l'ide de ju/ice app>at contam9e la fois p> la ha9e et p> l'envie2 elle ne conti5t plus ri5 de son s5s orig9aire et l'on ne peut en faire l'analyse sans risqu] d'tre dupe du s5s vulgaire des mots4 ,cep5dant on dml]ait1 en y pr5ant g>de1 que la premire cause de la dprciation de ce t]me utile e/ v5ue d'une confusion entre l'ide de droit et l'ide de *tim5t2 le j\r o le mot ju/ice a v\lu dire tantt ju/ice crim9elle et tantt ju/ice civile1 le peuple a confondu ces deux notions pratiques et les in/ituteurs du peuple1 incapables d'un ef=t srieux de dissociation1 ont aggrav une mprise qui d'ailleurs s]vait leurs intrts4 ,l'ide relle de ju/ice app>at donc f9alem5t comme entirem5t inexi/ante dans le mot mme qui figure au vocabulaire de l'humanit2 ce mot se rs\t l'analyse en des lm5ts encore trs complexes o l'on di/+ue l'ide de droit et l'ide de *tim5t4 ,mais il y a tant d'illogisme dans cet acc\plem5t s+uli] qu'on d\t]ait de l'exactitude de l'opration1 si les faits sociaux n'en f\rnissai5t la preuve4 ,ici on p\rrait exam9] cette "q3 y a-t-il vraim5t p\r le peuple1 p\r l'homme moy51 des mots ab/raits8 ,c'e/ peu probable4 ,il semble mme que1 selon le degr de culture intellectuelle1 le mme mot n'atteigne que des tats *elonns d'ab/raction4 ,l'ide pure e/ plus ou mo9s contam9e p> le s\ci des intrts p]sonnels1 ou de ca/e ou de gr\pe1 et le mot ju/ice revt a9si1 p> exemple1 t\tes sortes de significations p>ticulires et limites s\s lesquelles disp>at1 cras1 son s5s suprme4 ,ds qu'une ide e/ dissocie1 si on la met a9si t\te nue en circulation1 elle s'aggrge en son voyage p> le monde t\tes sortes de vgtations p>asites4 ,p>fois1 l'organisme premi] disp>at1 entirem5t dvor p> les colonies g/es qui s'y dvelopp5t4 ,un exemple =t amusant de ces dviations d'ides fut donn rcemm5t p> la corporation des pe9tres en btim5t la crmonie dite du triomphe de la rpublique4 ,ces ouvri]s prom5r5t une bannire o leurs rev5dications de ju/ice sociale se rsumai5t en ce cri3 ,a bas le ripol96 ,il faut savoir que le ripol9 e/ une pe9ture t\te prp>e que le premi] v5u peut tal] sur une bois]ie2 on compr5dra alors t\te la s9crit de ce voeu et son +nuit4 ,le ripol9 reprs5te ici l'inju/ice et l'oppression2 c'e/ l'ennemi1 c'e/ le diable4 ,n\s avons t\s notre ripol9 et n\s en colorions notre usage les ides ab/raites qui1 sans cela1 ne n\s s]ai5t d'aucune utilit p]sonnelle4 ,c'e/ s\s un de ces b>iolages que l'ide de lib]t n\s e/ prs5te p> les politici5s4 ,n\s ne p]cevons plus gure1 en ent5dant ce mot1 que l'ide de lib]t politique1 et il semble que t\tes les lib]ts dont puisse j\ir un homme civilis soi5t cont5ues dans cette expression ambigu4 ,il en e/ d'ailleurs de l'ide pure de lib]t comme de l'ide pure de ju/ice2 elle ne peut n\s s]vir ri5 dans l'ord9aire de la vie4 ,l'homme n'e/ pas libre1 ni la nature1 pas plus que ne sont ju/es ni l'homme ni la nature4 ,le raisonnem5t n'a aucune prise sur de telles ides2 les exprim]1 c'e/ les affirm]1 mais elles fauss]ai5t ncessairem5t t\tes les ?ses o on v\drait les faire entr]4 ,rduite son s5s social1 l'ide de lib]t e/ encore mal dissocie2 il n'y a pas d'ide gnrale de lib]t1 et il e/ difficile qu'il s'en =me une1 puisque la lib]t d'un individu ne s'ex]ce qu'aux dp5s de la lib]t d'autrui4 ,jadis1 la lib]t s'appelait le privilge2 t\t pr5dre1 c'e/ peut-tre son vritable nom2 encore auj\rd'hui1 une de nos lib]ts relatives1 la lib]t de la presse1 e/ un ensemble de privilges2 privilges aussi la lib]t de la p>ole concde aux avocats2 privilges1 la lib]t syndicale1 et dema91 la lib]t d'association telle qu'on n\s la propose4 ,l'ide de lib]t n'e/ peut-tre qu'une d=mation emphatique de l'ide de privilge4 ,les ,lat9s1 qui fir5t un gr& usage du mot lib]t1 l'ent5dai5t tel que le privilge du citoy5 roma94 ,on voit qu'il y a s\v5t un c>t norme entre le s5s vulgaire d'un mot et la signification relle qu'il a au fond des obscures consci5ces v]bales1 soit p>ce que plusieurs ides associes sont exprimes p> un seul mot1 soit p>ce que l'ide primitive a disp>u s\s l'envahissem5t d'une ide secondaire4 ,on peut donc crire1 surt\t s'il s'agit de gnralits1 des suites de phrases ayant la fois un s5s ouv]t et un s5s secret4 ,les mots1 qui sont des signes1 sont presque t\j\rs aussi des *iffres2 le langage conv5tionnel inconsci5t e/ =t usit1 et il y a mme des matires o c'e/ le seul en usage4 ,mais *iffre implique d*iffrem5t4 ,il e/ malais de compr5dre l'criture la plus s9cre et l'auteur mme de l'criture y *\e s\v5t1 p>ce que le s5s des mots v>ie non seulem5t d'un homme un autre homme1 mais1 des mom5ts d'un homme aux autres mom5ts du mme homme4 ,le langage e/ a9si une gr&e cause de dup]ie4 ,il volue dans l'ab/raction1 et la vie volue dans la ralit la plus concrte2 entre la p>ole et les *oses que la p>ole dsigne il y a la di/ance d'un paysage la description d'un paysage4 ,et il faut song] encore que les paysages que n\s dpeignons ne n\s sont connus1 la plup>t du temps1 que p> des disc\rs1 reflets d'antrieurs disc\rs4 ,cep5dant n\s n\s compr5ons4 ,c'e/ un miracle que je n'ai po9t l'int5tion d'analys] ma9t5ant4 ,il s]a plus propos1 p\r a*ev] cette esquisse1 qui n'e/ qu'une m?ode1 d'essay] l'exam5 des ides t\tes mod]nes d'art et de beaut4 ,j'ignore leurs orig9es1 mais elles sont po/rieures aux langues classiques qui n'ont pas de mots fixes et prcis p\r les dire1 bi5 que les anci5s fuss5t mme1 mieux que n\s1 de j\ir de la ralit qu'elles conti5n5t4 ,elles sont en*evtres2 l'ide d'art e/ s\s la dp5dance de l'ide de beaut2 mais cette d]nire ide elle-mme n'e/ autre *ose que l'ide d'h>monie et l'ide d'h>monie se rduit l'ide de logique4 ,le beau1 c'e/ ce qui e/ sa place4 ,de l les s5tim5ts de plaisir que n\s donne la beaut4 ,ou plutt1 la beaut e/ une logique qui e/ p]ue comme plaisir4 ,si l'on admet cela1 on compr5dra aussitt p\rquoi l'ide de beaut1 dans les socits fm9i/es1 s'e/ presque t\j\rs re/re9te l'ide de beaut fm99e4 ,la beaut1 c'e/ une femme4 ,il y a l un intressant sujet d'analyse1 mais la "q e/ assez complique4 ,il faudrait dmontr] d'abord que la femme n'e/ pas plus belle que l'homme2 que1 situe dans la nature sur le mme plan1 con/ruite sur le mme modle1 faite de la mme *air1 elle app>atrait1 une intellig5ce s5sible extrieure l'humanit1 exactem5t la femelle de l'homme1 exactem5t ce que1 p\r les hommes1 une p\li*e e/ un p\la94 ,et mme1 en y reg>dant de plus prs1 le ,m>ti5 qui v\drait s'in/ruire sur l'e/htique des =mes t]re/res obs]v]ait que1 s'il exi/e une diffr5ce de beaut entre un homme et une femme de mme race1 de mme ca/e et de mme ge1 cette diffr5ce e/ presque t\j\rs en faveur de l'homme2 et que si d'ailleurs ni l'homme ni la femme ne sont entirem5t beaux1 les dfauts de la race huma9e sont plus acc5tus *ez la femme1 o la d\ble saillie du v5tre et des fesses1 attrait sexuel sans d\te1 gau*it disgracieusem5t la d\ble ligne du pr(il2 la c\rbe des se9s e/ presque infl*ie s\s l'influ5ce du dos qui a une t5dance se vot]4 ,les nudits de ,crana* av\5t navem5t ces t]nelles imp]fections de la femme4 ,un autre dfaut auquel les arti/es remdi5t in/9ctivem5t qu& ils ont du gt1 c'e/ la brivet des jambes1 si acc5tue dans les photographies de femmes nues4 ,cette froide anatomie des beauts fm99es a s\v5t t faite2 il e/ donc inutile d'insi/]1 d'autant plus que la vrification en e/ malheureusem5t trop facile4 ,mais si la beaut de la femme rsi/e si mal la critique1 comm5t se fait-il qu'elle demeure1 malgr t\t1 inconte/able1 qu'elle soit dev5ue p\r n\s la base mme et le f]m5t de l'ide de beaut8 ,c'e/ une illusion sexuelle4 ,l'ide de beaut n'e/ pas une ide pure2 elle e/ intimem5t unie l'ide de plaisir *>nel4 ,/5dhal a obscurm5t p]u ce raisonnem5t qu& il a df9i la beaut une promesse de bonheur4 ,la beaut e/ une femme1 et p\r les femmes elles-mmes1 qui ont p\ss la docilit env]s l'homme jusqu' adopt] cet aphorisme1 qu'elles ne peuv5t compr5dre que dans l'extrme p]v]sion s5suelle4 ,on sait cep5dant que les femmes ont un type p>ticuli] de beaut2 les hommes l'ont naturellem5t fltri du nom de belltre4 ,si les femmes tai5t s9cres1 elles aurai5t galem5t depuis longtemps inflig un nom pjoratif au type de beaut fm99e p> lequel l'homme se laisse le plus volonti]s sduire4 ,cette id5tification de la femme et de la beaut va si lo9 auj\rd'hui qu'on en e/ arriv innocemm5t n\s propos] l'apo?ose de la femme2 cela veut dire la glorification de la beaut avec t\tes les promesses /5dhali5nes cont5ues dans ce mot dev5u rotique4 ,la beaut e/ une femme et la femme e/ la beaut2 les c>icaturi/es acc5tu5t le s5tim5t gnral en acc\plant t\j\rs une femme1 qu'ils t*5t de faire belle1 un homme dont ils p\ss5t la laideur jusqu' la vulg>it la plus basse alors que les jolies femmes sont si r>es dans la vie1 alors qu'au del de tr5te ans la femme e/ presque t\j\rs infrieure en beaut pla/ique1 ge p\r ge1 son m>i ou son amant4 ,il e/ vrai que cette infriorit n'e/ pas plus facile dmontr] qu' s5tir1 et que le raisonnem5t demeure inefficace1 la page a*eve1 p\r celui qui a lu comme celui qui a crit2 et cela e/ =t heureux4 ,l'ide de beaut n'a jamais t dissocie que p> les e/htici5s2 le commun des hommes s'en donne la df9ition de ,/5dhal4 ,autant dire que cette ide n'exi/e pas et qu'elle a t absolum5t dvore p> l'ide de bonheur1 et du bonheur sexuel1 du bonheur donn p> une femme4 ,c'e/ p\r cela que le culte de la beaut e/ suspect aux morali/es qui ont analys la valeur de c]ta9s mots ab/raits4 ,ils traduis5t cela p> culte de la luxure1 et ils aurai5t raison si ce d]ni] t]me ne cont5ait une injure assez sotte p\r une des t5dances les plus naturelles l'homme4 ,il e/ arriv ncessairem5t qu'en s'opposant aux excessives apo?oses de la femme ils ont t\* aux droits de l'art4 ,l'art tant l'expression de la beaut et la beaut ne p\vant tre comprise que s\s les espces matrielles de la vritable ide qu'elle conti5t1 l'art e/ dev5u presque uniquem5t fm9i/e4 ,la beaut1 c'e/ la femme2 et aussi l'art c'e/ la femme4 ,mais ceci e/ mo9s absolu4 ,la notion de l'art e/ mme assez nette1 p\r les arti/es et p\r l'lite2 l'ide d'art e/ =t bi5 dgage4 ,il y a un art pur qui se s\cie uniquem5t de se ralis] soi-mme4 ,aucune df9ition n'en doit mme tre donne2 cela ne p\rrait se faire qu'en unissant l'ide d'art des ides qui lui sont trangres et qui t5drai5t l'obscurcir et la salir4 ,antrieurem5t cette dissociation1 qui e/ rc5te et dont on connat l'orig9e1 l'ide d'art tait lie div]ses ides qui lui sont normalem5t trangres1 l'ide de moralit1 l'ide d'utilit1 l'ide d'enseignem5t4 ,l'art tait l'image difiante qu'on int]cale dans les cat*ismes de religion ou de philosophie2 ce fut la conception des deux d]ni]s sicles4 ,n\s n\s tions affran*is de ce colli]2 on v\drait n\s le remettre au c\4 ,l'ide d'art s'e/ de n\veau s\ille l'ide d'utilit2 l'art e/ appel social p> les pr*eurs mod]nes4 ,il e/ aussi appel dmocratique1 pi?tes bi5 *oisies1 si ce fut en v]tu de leur signification ngatrice de la fonction pr9cipale4 ,admettre l'art p>ce qu'il peut moralis] les individus ou les masses1 c'e/ admettre les roses p>ce qu'on en tire un remde utile aux yeux2 c'e/ confondre deux sries de notions que l'ex]cice rguli] de l'intellig5ce place sur des plans diffr5ts4 ,les arts pla/iques ont un langage2 mais il n'e/ pas traduisible en mots et en phrases4 ,l'oeuvre d'art ti5t des disc\rs qui s'adress5t au s5s e/htique et lui seul2 ce qu'elle peut dire p> surcrot de p]ceptible p\r nos autres facults ne vaut pas la pe9e d'tre c\t4 ,cep5dant1 c'e/ cette p>tie caduque qui intresse les prneurs de l'art social4 ,ils sont le nombre et comme n\s sommes rgis p> la loi du nombre1 leur triomphe semble assur4 ,l'ide d'art n'aura peut-tre t dissocie que p5dant un petit nombre d'annes et p\r un petit nombre d'intellig5ces4 ,il y a donc un trs gr& nombre d'ides que les hommes n'emploi5t jamais l'tat pur1 soit qu'elles n'ai5t pas encore t dissocies1 soit que cette dissociation n'ait pu se ma9t5ir en tat de /abilit2 il y a aussi un trs gr& nombre d'ides qui exi/5t l'tat dissoci1 ou que l'on peut provisoirem5t considr] comme telles1 mais qui ont une aff9it p>ticulire p\r d'autres ides avec lesquelles on les r5contre le plus s\v5t2 il y en a d'autres encore qui sembl5t rfractaires c]ta9es associations1 alors que les faits auxquels elles correspond5t dans la ralit sont extrmem5t frqu5ts4 ,voici quelques exemples de ces aff9its et de ces rpulsions pris dans le doma9e si intressant des lieux communs ou des vrits4 ,les t5d>ds fur5t d'abord des signes religieux1 comme l'oriflamme de ,sa9t-,d5is1 et leur utilit symbolique e/ demeure au mo9s aussi gr&e que leur utilit relle4 ,mais comm5t1 hors de la gu]re1 sont-ils dev5us des symboles de l'ide de patrie8 ,c'e/ plus facile expliqu] p> les faits que p> la logique ab/raite4 ,auj\rd'hui1 dans presque t\s les pays civiliss1 l'ide de patrie et l'ide de drapeau sont inv9ciblem5t associes2 les deux mots se dis5t mme l'un p\r l'autre4 ,mais ceci t\*e la symbolique autant qu' l'association des ides4 ,en insi/ant on arriv]ait au langage des c\leurs1 contre-p>tie du langage des fleurs1 mais plus in/able encore et plus arbitraire4 ,s'il e/ amusant que le bleu du drapeau franais soit la dvote c\leur de la sa9te ,vi]ge et des enfants de ,m>ie1 il ne l'e/ pas mo9s que la pieuse p\rpre de la robe de ,sa9t-,d5is soit dev5ue un symbole rvolutionnaire4 ,semblables aux atomes d'picure1 les ides s'accro*5t comme elles peuv5t1 au has>d des r5contres1 des *ocs et des accid5ts4 ,c]ta9es associations1 quoique trs rc5tes1 ont pris rapidem5t une autorit s+ulire2 a9si celles d'in/ruction et d'intellig5ce1 d'in/ruction et de moralit4 ,or1 c'e/ t\t au plus si l'in/ruction peut tmoign] p\r une des =mes p>ticulires de la mmoire ou p\r une connaissance littrale les lieux communs du ,dcalogue4 ,l'absurdit de ces rapports =cs app>at trs clairem5t en ce qui conc]ne les femmes2 il semble bi5 qu'il y ait une sorte d'in/ruction1 celle qu'on leur donne cette heure1 qui1 lo9 d'activ] leur intellig5ce1 l'eng\rdit4 ,depuis qu'on les in/ruit srieusem5t1 elles n'ont plus aucune influ5ce ni dans la politique ni dans les lettres3 que l'on comp>e ce propos nos tr5te d]nires annes avec les tr5te d]nires annes de l'anci5 rgime4 ,ces deux associations d'ides n'en sont pas mo9s dev5ues de vritables lieux communs1 de ces vrits qu'il e/ aussi inutile d'expos] que de combattre4 ,elles se rejoign5t t\tes celles qui peupl5t les livres et les lobes dgnrs des hommes2 aux vieilles et vnrables vrits telles que3 v]tu-rcomp5se1 vice-*tim5t1 ,dieu-bont1 crime-remords1 devoir-bonheur1 autorit-respect1 malheur-punition1 av5ir-progrs1 et des milli]s d'autres dont quelques-unes1 quoique absurdes1 sont utiles l'humanit4 ,on f]ait galem5t un long catalogue des ides que les hommes se refus5t associ]1 alors qu'ils se complais5t aux plus dconc]tants /upres4 ,n\s avons donn plus haut l'explication de cette attitude rtive2 c'e/ que leur occupation pr9cipale e/ la re*]*e du bonheur1 et qu'ils ont bi5 plus s\ci de raisonn] selon leur intrt que selon la logique4 ,de l l'univ]selle rpulsion jo9dre l'ide de nant l'ide de mort4 ,quoique la premire ide soit videmm5t cont5ue dans la seconde1 l'humanit s'ob/9e les considr] sp>m5t2 elle s'oppose de t\tes ses =ces leur union1 elle enfonce entre elles infatigablem5t un co9 *imrique o ret5tiss5t les c\ps de m>teau de l'esprance4 ,c'e/ le plus bel exemple d'illogisme que n\s puissions n\s donn] n\s-mmes et la meilleure preuve que1 dans les *oses graves comme dans les mo9dres1 c'e/ le s5tim5t qui vi5t t\j\rs b\t de la raison4 ,e/-ce une gr&e acquisition que de savoir cela8 ,peut-tre4 ,novembre #ahii4 ,,iv ,,/,,phane ,,mall>m ,,et ,l',,id,e ,,de ,d,,cad5ce ,dcad5ce4 ,c'e/ un mot bi5 commode l'usage des pdagogues ignorants1 mot vague d]rire lequel s'abrit5t notre p>esse et notre incuriosit de la loi4 ,,baudelaire1 ,lettre ,jules ,jan94 ,i ,brusquem5t1 v]s #ahhe1 l'ide de dcad5ce entra dans la littrature franaise2 aprs avoir s]vi glorifi] ou raill] t\t un gr\pe de potes1 elle s'tait comme rfugie sur une seule tte4 ,/phane ,mall>m fut le pr9ce de ce royaume ironique et presque injurieux1 si le mot lui-mme avait t compris et dit selon sa vraie signification4 ,mais1 p> une s+ul>it qui e/ un trait de moeurs lat9es1 le peuple acadmique qualifiait a9si1 d'aprs l'horreur normale1 quoique malsa9e1 qu'il ress5t devant les t5tatives n\velles1 la fivre d'orig9alit qui t\rm5ta une gnration4 ,r5du responsable des actes de rbellion qu'il enc\rageait1 ,m4 ,mall>m app>ut1 aux ni]s innoc5ts qui accompagn5t mais ne guid5t pas la c>avane1 tel qu'un r$\table ,alad91 assass9 des bons pr9cipes de l'imitation univ]selle4 ,ce sont des habitudes1 en somme1 bi5 littraires4 ,il y aura tantt trois sicles qu'elles floriss5t et les plus clbres rvoltes les ont bran*es pe9e et ne les ont jamais drac9es2 ds aprs les insol5ces romantiques1 il fallut t\ff] et ramp] s\s la vieille v]dure dont on fait les frules4 ,ce sont des habitudes aussi bi5 lat9es4 ,les ,roma9s ignorr5t t\j\rs1 tant qu'ils ne fur5t que ,roma9s1 l'individualisme4 ,leur civilisation donne le spectacle et l'ide d'une belle animalit sociale4 ,il y avait *ez eux mulation v]s la p>it comme il y a *ez n\s mulation v]s la dissemblance4 ,ds qu'ils possdr5t c9q ou six potes1 rejetons heureux de la greffe hellnique1 ils n'en s\ffrir5t plus d'autres2 et peut-tre que1 vraim5t1 l'in/9ct social ou de race dom9ant *ez eux l'in/9ct de lib]t ou individuel1 peut-tre qu'aucun pote +nu ne leur naquit p5dant quatre ou c9q sicles4 ,ils avai5t l'emp]eur et ils avai5t ,virgile3 ils obir5t l'un et l'autre jusqu' ce que la rvolte *rti5ne et l'invasion b>b>e se fuss5t donn la ma9 p>-dessus le ,capitole4 ,la lib]t littraire1 comme t\tes les autres1 naquit de l'union de la consci5ce et de la =ce4 ,le j\r o ,s4 ,ambroise1 crivant des *ansons pieuses1 mconnut les pr9cipes d',horace1 devrait tre mmorable1 c> il signale clairem5t la naissance d'une m5talit n\velle4 ,comme l'hi/oire politique des ,roma9s n\s a f\rni l'ide de dcad5ce hi/orique1 l'hi/oire de leur littrature n\s a f\rni celle de dcad5ce littraire2 d\ble face d'une mme conception1 c> il a t facile de montr] du doigt la concid5ce des deux m\vem5ts1 et facile de faire croire que leur m>*e fut lie et ncessaire4 ,montesquieu s'e/ r5du clbre p\r avoir t plus p>ticulirem5t dupe de cette illusion4 ,les sauvages admett5t trs malaism5t la mort naturelle4 ,p\r eux1 t\te mort e/ un meurtre4 ,ils n'ont aucun degr le s5s de la loi2 ils viv5t dans l'accid5t4 ,c'e/ un tat d'esprit que l'on e/ conv5u d'appel] infrieur2 et c'e/ ju/e1 quoique la notion d'une loi rigide soit aussi fausse et aussi dang]euse que sa ngation mme4 ,il n'y a d'absolum5t ncessaires que les lois naturelles2 elles ne p\rrai5t diffr]1 et elles ne peuv5t *ang]4 ,s'il s'agit de l'volution sociale et politique des peuples1 non seulem5t il n'y a plus de lois ncessaires1 mais il n'y a mme plus de lois mme trs gnrales2 ou bi5 ces lois1 se confondant avec les faits qu'elles expliqu5t1 en vi5n5t ne plus tre que de sages et honorables con/atations2 ou bi5 encore elles con/at5t1 quoique avec emphase1 le pr9cipe mme du m\vem5t4 ,donc les empires naiss5t1 croiss5t et meur5t2 les comb9aisons sociales sont in/ables2 diffr5tes poques les gr\pes huma9s ont des =ces diffr5tes de cohsion2 des aff9its n\velles app>aiss5t et se propag5t3 voil de quoi crire un trait de mcanique sociale1 si l'on ne ti5t pas rig\reusem5t con=m] sa philosophie la ralit des cata/rophes inatt5dues4 ,c> il faut bi5 laiss] l'inatt5du une place qui e/ quelquefois le trne t\t enti] d'o l'ironie fulgure et rit4 ,l'ide de dcad5ce n'e/ donc que l'ide de mort naturelle4 ,les hi/ori5s n'en admett5t pas d'autres2 p\r expliqu] que ,byzance fut prise p> les ,turcs1 on n\s =ce d'c\t] bruire les qu]elles ?ologiques et claqu] dans le cirque le f\et des ,bleus4 ,on va de ,long*amps ,s$an1 sans d\te1 mais on va aussi d',epsom ,wat]loo4 ,la longue dcad5ce des empires dtruits e/ une des plus s+ulires illusions de l'hi/oire2 si des empires m\rur5t de maladie ou de vieillesse1 la plup>t1 au contraire1 prir5t de mort viol5te1 en ple9e =ce physique1 en ple9e vigueur intellectuelle4 ,d'ailleurs l'intellig5ce e/ p]sonnelle et on ne peut tablir aucun rapport raisonnable entre la puissance d'un peuple et le gnie d'un homme3 ni la littrature grecque1 ni les littratures du moy5 ge ne correspond5t des =ces politiques /ables et puissantes1 grecques1 itali5nes ou franaises2 et c'e/ ju/em5t l'heure o leur puissance matrielle e/ dev5ue nulle que les royaumes ,sc&9aves se sont orns de tal5ts orig9aux4 ,peut-tre mme s]ait-on plus prs de la vrit en dcl>ant que la dcad5ce politique e/ l'tat le plus favorable aux closions intellectuelles3 c'e/ qu& les ,gu/ave-,adolphe et les ,*>les ,,xii ne sont plus possibles que naiss5t les ,ibs5 et les ,bjo]nson2 a9si encore la *ute de ,napolon fut comme un signal p\r la nature qui se mit rev]dir avec joie et p\ss] les jets les plus magnifiques2 ,goe! e/ le contempora9 de la ru9e de son pays4 ,a ces exemples1 af9 d'ex]c] et de satisfaire nos t5dances au scepticisme hi/orique1 il ne faut pas manqu] d'oppos] la preuve de ces priodes d\blem5t glorieuses dont le fa/ueux sicle de ,l\is ,,xiv e/ le modle vnr3 aprs quoi1 quelques in/ants de rflexion n\s impos]ont une op9ion assez diffr5te de celle qui demeure et qui passe dans les manuels et dans les conv]sations4 ,bossuet le premi] imag9a de jug] l'hi/oire univ]selle1 ou ce qu'il appelait a9si navem5t1 d'aprs les pr9cipes du judasme biblique3 il vit cr\l] t\s les empires o la ma9 de ,jhovah s'tait appesantie4 ,c'e/ l'ide de dcad5ce explique p> l'ide de *tim5t4 ,la philosophie de ,montesquieu1 plus complique1 e/ peut-tre encore plus purile3 on ne cite qu'avec une sorte de dgt un hi/ori5 qui fait comm5c] la dcad5ce de ,rome l'aurore des admirables sicles de paix qui fur5t peut-tre la seule poque heureuse de l'humanit civilise4 ,il faut press] la signification des mots2 alors on ap]oit qu'ils ne dti5n5t aucun s5s et que des criva9s mmorables en ur5t t\te leur vie sans les compr5dre4 ,mais si conte/able ou du mo9s si vague que soit l'ide gnrale de dcad5ce1 elle e/ claire et arrte en comp>aison de l'ide plus re/re9te de dcad5ce littraire4 ,de ,rac9e ,vigny1 la ,france ne produisit aucun gr& pote4 ,c'e/ un fait2 une telle priode e/ c]ta9em5t une priode de dcad5ce littraire2 cep5dant il ne faut pas all] plus lo9 que le fait lui-mme1 ni lui attribu] un c>actre absurde de logique et de ncessit4 ,la posie e/ en sommeil au ,x,v,i,i,ie sicle1 faute de potes2 mais cette faillite n'e/ pas la consqu5ce d'une trop belle floraison antrieure2 elle e/ ce qu'elle e/ et ri5 de plus4 ,si on lui donne le nom de dcad5ce1 on admet une sorte d'organisme my/rieux1 un tre1 une femme1 la ,posie1 qui nat1 se reproduit et meurt des int]valles presque rguli]s1 selon les habitudes des gnrations huma9es1 conception agrable1 sujet de diss]tation ou de confr5ce1 mais qu'il faut c>t] d'une discussion o l'on ne veut que faire l'anatomie d'une ide4 ,ce qui c>actrise la posie du ,x,v,i,i,ie sicle1 c'e/ l'esprit d'imitation4 ,ce sicle e/ roma9 p> l'imitation4 ,il imite avec fureur1 avec grce1 avec t5dresse1 avec ironie1 avec btise2 il imite avec consci5ce2 il e/ *9ois en mme temps que roma94 ,il y a des modles4 ,le mot e/ impratif4 ,il ne s'agit pas qu'un pote dise l'impression que lui fait la vie3 il faut qu'il reg>de ,rac9e et qu'il escalade la montagne4 ,s+ulire psy*ologie6 ,le mme philosophe qui ru9e en politique l'ide de respect1 la recrpit et la rebadigeonne en littrature4 ,il y a des critiques3 p5dant que ,goe! crit ,w]!r1 ils confront5t ,gilb]t avec ,boileau4 ,c'e/ un avilissem5t4 ,faut-il lui *]*] une cause8 ,cela s]ait va94 ,v\loir expliqu] p\rquoi il ne naquit aucun pote en ,france1 que ,delille#bg ou ,*ni]1 p5dant c5t ans1 cela conduirait ncessairem5t expliqu] aussi p\rquoi naquir5t ,rons>d1 ,?ophile ou ,rac9e4 ,on n'en sait ri5 et on ne peut ri5 en savoir4 ,dp\ille de son my/icisme1 de sa ncessit1 de t\te sa gnalogie hi/orique1 l'ide de dcad5ce littraire se rduit une ide purem5t ngative1 la simple ide d'abs5ce4 ,cela e/ si naf qu'on ose pe9e l'exprim]1 mais les intellig5ces suprieures faisant dfaut dans une priode1 le pullulem5t des mdiocres devi5t extrmem5t s5sible et actif1 et1 comme le mdiocre e/ un imitateur1 les poques que l'on a qualifies ju/em5t de dcad5tes ne sont autre *ose que des poques d'imitation4 ,en suprme analyse1 l'ide de dcad5ce e/ id5tique l'ide d'imitation4 ,note #bg3 ,il faut se s\v5ir que l'abb ,delille n'e/ pas du t\t1 comme on le croit1 un pote de l',empire4 ,presque t\s ses pomes et sa gloire1 dat5t de l'anci5 rgime4 ,,ii ,cep5dant1 s'il s'agit de ,mall>m et d'un gr\pe littraire1 l'ide de dcad5ce a t assimile son ide contraire1 l'ide mme d'innovation4 ,de tels jugem5ts n\s ont frapps1 hommes de ces annes1 sans d\te p>ce que n\s tions mis en cause et sottem5t baf\s p> les critiques bi5 p5sants2 ils n'tai5t que la reprs5tation1 maladroite et ue1 des s5t5ces p> lesquelles les sages de t\s les temps essayr5t de maudire et d'cras] les s]p5ts n\veaux qui bris5t leur coquille s\s l'oeil ironique de leur vieille mre4 ,la diabolique ,intellig5ce rit des exorcismes1 et l'eau bnite de l',univ]sit n'a jamais pu la /rilis]1 non plus que celle de l'glise4 ,jadis un homme se levait1 b\cli] de la foi1 contre les n\veauts1 contre les hrsies1 le ,jsuite2 auj\rd'hui1 *ampion de la rgle1 trop s\v5t se dresse le ,pr(esseur4 ,on retr\ve l l'ant9omie qui surpr5d dans ,voltaire et dans les voltairi5s d'hi]3 le mme homme1 c\rageux dans le s5s de la ju/ice ou de la lib]t politique1 se tr\ble et recule s'il s'agit de n\veaut ou de lib]t littraire2 arriv ,tol/o et ,ibs51 ayant fait une allusion leur gloire1 il aj\te 7en note73 ,sont-ce l des gloires bi5 tablies1 celle d',ibs5 surt\t8 ,la "q de savoir si l'auteur des ,rev5ants e/ un my/ificateur ou un gnie n'e/ pas rsolue l'heure o n\s sommes#bh4 ,telle e/1 en face de l'9dit1 du non encore vu ni lu1 l'attitude d'un criva9 qui1 dans le livre mme d'o cette note e/ tire1 pr\ve une bonne indp5dance de jugem5t2 il e/ inutile d'aj\t] que les dcad5ts y sont1 t\t propos1 moqus4 ,comm5t1 aprs cela1 s'tonn] de la l\rde raill]ie de tels mo9dres esprits8 ,une manire n\velle de dire les t]nelles vrits huma9es e/ d'abord p\r les hommes1 et surt\t p\r les hommes trop in/ruits1 un sc&ale4 ,ils ress5t5t une sorte d'effroi2 p\r repr5dre leur assurance1 ils ont rec\rs la ngation1 aux injures ou la drision4 ,c'e/ l'attitude naturelle de l'animal huma9 devant le dang] physique4 ,mais comm5t en e/-on arriv considr] comme un pril t\te relle innovation en art ou en littrature8 ,p\rquoi surt\t cette assimilation e/-elle une des maladies p>ticulires notre temps1 et peut-tre la plus grave1 puisqu'elle t5d re/re9dre le m\vem5t et contr>i] la vie8 ,note #bh3 ,m4 ,/apf]1 ,des ,rputations littraires4 ,p>is1 #ahia4 ,p5dant des annes1 ,delacroix1 ,puvis de ,*avannes1 si div]s de gnie1 fur5t b]ns et refuss p> les jurys4 ,s\s les prtextes videmm5t contradictoires1 un motif unique se dc\vre3 l'orig9alit4 ,p> une oeuvre o presque plus ri5 ne s'ap]oit des m?odes antrieures1 qui ne se ratta*e pas immdiatem5t quelque *ose de connu et de dj compris1 les g>di5s de l'art se s5t5t m5acs2 ils rpond5t la provocation *acun selon leur tempram5t4 ,les =mules *ang5t aussi selon les priodes3 au ,x,v,i,i,ie sicle1 la non-imitation tait qualifie de faute contre le gt1 et c'tait grave au temps o ,voltaire rigeait un temple1 qui n'tait qu'un dicule1 ce dieu bad92 jusqu' ces d]nires sema9es et depuis quelque dix ans1 les arti/es et les criva9s rebelles dm>qu] les matres fur5t /igmatiss soit de dcad5ts1 soit de symboli/es4 ,cette d]nire injure a f9i p> prvaloir1 tant v]balem5t plus obscure et p> consqu5t plus facile mani]2 elle conti5t d'ailleurs1 exactem5t comme la premire1 l'ide abhorre de non-imitation4 ,on a dit1 il y a dj longtemps1 bi5 avant que ,m4 ,t>de ait dvelopp sa philosophie sociale3 ,l'imitation rgit le monde des hommes1 comme l'attraction celui des *oses4 ,dans le doma9e p>ticuli] de l'art et de la littrature1 cette loi e/ trs s5sible4 ,l'hi/oire littraire n'e/1 en somme1 que le tableau d'une suite d'pidmies intellectuelles4 ,c]ta9es fur5t brves4 ,la mode *ange ou dure selon des caprices impossibles prv5ir et difficiles dt]m9]4 ,%akespe>e n'eut aucune influ5ce immdiate2 ,honor d',urf vivant et mort1 durant un demi-sicle1 fut le matre et l'inspirateur de t\te fiction romanesque2 il et rgn plus longtemps si la ,pr9cesse de ,clves n'avait t l'oeuvre cl&e/9e d'une gr&e dame4 ,le ,x,v,i,ie sicle1 dont une p>tie de la littrature n'e/ que traduction et imitation1 ne fut cep5dant pas rebelle aux n\veauts modres et prud5tes2 c'e/ qu'alors1 s'il et t honteux de ne pas imit] les anci5s--ou1 *ose trange1 les ,espagnols1 mais seuls6 dans leurs fables et dans leurs phrases 7,rac9e tremble d'avoir crit ,bajazet71 il tait honorable de savoir donn] aux emprunts classiques un air de fra*eur et d'9dit4 ,cep5dant cette littrature elle-mme dev9t trs rapidem5t classique2 il y eut une seconde s\rce d'imitation1 et comme elle tait plus accessible1 elle fut bi5tt la fonta9e presque unique o les gnrations v9r5t boire et pri] et dlay] leur encre4 ,boileau1 avant de m\rir1 put se voir dieu4 ,ds que ,voltaire sait lire1 il lit ,boileau4 ,le pr9cipe de l'imitation va rgir dsormais la littrature franaise4 ,si l'on nglige les accid5ts--quoique mmorables--ce pr9cipe e/ demeur trs puissant et si bi5 compris1 mesure que l'in/ruction se rp&1 qu'il suffit un critique de le faire int]v5ir p\r qu'un lecteur honteux rejette l'oeuvre n\velle qui le rafra*issait4 ,a9si les feuilletonni/es ont russi emp*] l'acclimatation en ,france de l'oeuvre d',ibs52 a9si les drames en v]s1 oeuvre d'imitation p> excell5ce1 russiss5t ma9t5ant jusque sur les ?tres du b\lev>d6 ,ces faits de ?tre1 t\j\rs trs grossis p> la rclame1 illu/r5t bi5 une ?orie4 ,l'ide d'imitation e/ donc dev5ue l'ide mme d'art ou de littrature4 ,on ne conoit pas plus un roman n\veau qui ne soit la contre-p>tie ou la suite d'un roman prexi/ant que l'on ne conoit des v]s sans rime ou dont les syllabes ne s]ai5t pas comptes une une avec scrupule4 ,qu& de telles innovations cep5dant se produisir5t1 altrant t\t c\p l'aspect c\tumi] du paysage littraire1 il y eut de l'moi p>mi les exp]ts2 p\r ca*] leur gne1 ils se mir5t rire 7troisime m?ode72 ensuite1 ils pr(rr5t des jugem5ts3 puisque ces *oses1 ces proses et ces pomes1 ne sont pas ordonnes l'imitation des d]nires littratures ou des oeuvres clbres p> les manuels1 elles doiv5t prov5ir d'une s\rce anormale1 c> elle ne n\s e/ pas familire1--mais laquelle8 ,il y eut des t5tatives d'explication au moy5 du prraphalisme2 elles ne fur5t pas dcisives2 elles fur5t mme un peu ridicules1 tant l'ignorance tait de t\s cts pr(onde et invulnrable4 ,mais v]s ces annes-l un livre p>ut qui s\da9 claira les intellig5ces4 ,un p>allle inexorable s'imposa entre les potes n\veaux et les obscurs v]sificateurs de la dcad5ce roma9e vants p> des ,esse9tes4 ,l'lan fut unanime et ceux mmes que l'on dcriait acceptr5t le dcri comme une di/9ction4 ,le pr9cipe admis1 les comp>aisons abondr5t4 ,comme nul1 et pas mme des ,esse9tes1 peut-tre1 n'avait lu ces potes dprcis1 ce fut un jeu p\r tel feuilletoni/e de rappro*] de ,sido9e ,apoll9aire1 qu'il ignorait1 ,/phane ,mall>m qu'il ne compr5ait pas4 ,ni ,sido9e ,apoll9aire ni ,mall>m ne sont des dcad5ts1 puisqu'ils possd5t l'un et l'autre1 des degrs div]s1 une orig9alit propre2 mais c'e/ p\r cela mme que le mot fut ju/em5t appliqu au pote de l',aprs-midi d'un ,faune1 c> il signifiait1 trs obscurm5t1 dans l'esprit de ceux-l mmes qui en abusai5t3 quelque *ose de mal connu1 de difficile1 de r>e1 de prcieux1 d'inatt5du1 de n\veau4 ,si1 au contraire1 on v\lait r$onn] l'ide de dcad5ce littraire son s5s vritable et vritablem5t cruel1 ce n'e/ plus ,mall>m qu'il faudrait nomm]1 on s'en d\te1 ni ,la=gue1 ni tel symboli/e dont la c>rire se p\rsuit4 ,le dcad5t de la littrature lat9e1 ce n'e/ ni ,ammi5 ,m>cell91 ni ,s4 ,augu/91 qui1 *acun leur manire1 se faonn5t une langue2 ce n'e/ ni ,s4 ,ambroise1 qui cre l'hymne1 ni ,prud5ce1 qui imag9e un g5re littraire1 la biographie lyrique#bi4 ,on comm5ce tre plus clm5t p\r la littrature lat9e de la seconde priode2 las peut-tre de la ridiculis] sans la lire1 on a comm5c de l'entr'ouvrir4 ,cette notion si simple s]a pro*a9em5t admise3 qu'il n'y a pas1 en soi1 un bon lat9 et un mauvais lat92 que les langues viv5t et que leurs *angem5ts ne sont pas ncessairem5t des altrations2 qu'on p\vait avoir du gnie au ,v,ie sicle comme au ,i,ie1 et au ,x,ie comme au ,x,v,i,i,ie2 que les prjugs classiques sont une entrave au dveloppem5t de l'hi/oire littraire et la connaissance totale de la langue elle-mme4 ,mieux connus1 les potes de la biblio?que de ,font5ay n'aurai5t s]vi baptis] un m\vem5t littraire que si l'on avait v\lu comp>]1 t*e ardue et un peu absurde1 des novateurs idali/es des novateurs *rti5s4 ,note #bi3 ,g5re qui a dgnr jusqu' dev5ir la compla9te4 ,mais la compla9te a eu sa belle priode4 ,le plus anci5 pome de la langue franaise e/ une compla9te1 et prcism5t inspire p> un des pomes de ,prud5ce4 ,,iii ,n'ayant v\lu ici qu'essay] l'analyse hi/orique 7ou anecdotique7 d'une ide et indiqu]1 p> un exemple un peu t5du1 comm5t un mot en arrive ne plus avoir que le s5s qu'on a intrt lui donn]1 je ne crois pas qu'il soit ncessaire d'tablir m9utieusem5t en quoi ,/phane ,mall>m mrita la ha9e ou la raill]ie4 ,la ha9e e/ re9e dans la hir>*ie des s5tim5ts littraires2 la littrature e/ peut-tre avec la religion la passion ab/raite qui sec\e le plus violemm5t les hommes4 ,sans d\te1 on n'a pas encore vu de gu]res littraires comme il y a eu--mettons autrefois--des gu]res religieuses2 mais c'e/ p>ce que la littrature n'e/ encore jamais desc5due brusquem5t jusque dans le peuple2 qu& elle p>vi5t l1 elle a p]du sa =ce explosive3 il y a lo9 de la premire d',h]nani au j\r o l'on v5d ,victor ,hugo en livraisons illu/res4 ,p\rtant1 on se figure assez bi5 une mobilisation du s5tim5talisme allem& contre l'hum\r anglais ou l'ironie franaise3 c'e/ p>ce qu'ils ne se connaiss5t pas que les peuples se hass5t peu3 une alliance f9it t\j\rs1 qu& on a bi5 frat]nis1 p> des c\ps de canon4 ,la ha9e qui p\rsuivit ,mall>m ne fut jamais trs amre1 c> les hommes ne hass5t srieusem5t1 mme en littrature1 que lorsque des intrts matriels vi5n5t un peu cors] la lutte p\r l'idal2 or il n'(frait aucune surface l'envie et il supportait comme des ncessits inhr5tes au gnie l'inju/ice et l'injure4 ,on ne g\aillait donc1 s\s un prtexte d'obscurit1 que la supriorit seule et t\te nue de son esprit4 ,les arti/es1 mme dprcis p> les in/9ctives cabales1 obti5n5t des comm&es1 gagn5t de l'arg5t2 les potes ont la ress\rce des longues critures dans les revues et dans les j\rnaux3 c]ta9s1 comme ,?ophile ,gauti]1 y gagnr5t leur vie2 ,baudelaire y russit mal1 et ,mall>m plus mal encore4 ,c'e/ donc au pote dp\ill de t\t ornem5t social que s'adressa le s>casme4 ,il y a au ,l\vre1 dans une collection ridicule1 p> has>d une m]veille1 une ,&romde1 ivoire de ,cell9i4 ,c'e/ une femme eff>e1 t\te sa *air1 tr\ble p> l'effroi d'tre lie3 o fuir8 et c'e/ la posie de ,/phane ,mall>m4 ,emblme qui convi5t encore1 puisque1 comme le ciseleur1 le pote n'a*eva que des c\pes1 des vases1 des c(frets1 des /atuettes4 ,il n'e/ pas colossal1 il e/ p>fait4 ,sa posie ne reprs5te pas un l>ge trsor huma9 tal devant la f\le surprise2 elle n'exprime pas des ides communes et =tes1 et qui galvanis5t facilem5t l'att5tion populaire eng\rdie p> le travail2 elle e/ p]sonnelle1 replie comme ces fleurs qui craign5t le soleil2 elle n'a de p>fum que le soir2 elle n'ouvre sa p5se qu' l'intimit d'une p5se cordiale et sre4 ,sa pudeur1 trop f>\*e1 se c\vrit de trop de voiles1 c'e/ vrai2 mais il y a bi5 de la dlicatesse dans ce s\ci de fuir les yeux et les ma9s de la popul>it4 ,fuir1 o fuir8 ,mall>m se rfugia dans l'obscurit comme dans un clotre2 il mit le mur d'une cellule entre lui et l'ent5dem5t d'autrui2 il v\lut vivre seul avec son orgueil4 ,mais c'e/ l le ,mall>m des d]nires annes1 lorsque1 froiss1 mais non dc\rag1 il se s5tit atte9t de ce dgt des phrases va9es qui jadis avait aussi t\* ,jean ,rac9e2 lorsqu'il cra1 p\r son usage propre1 une n\velle syntaxe1 lorsqu'il usa des mots selon des rapports n\veaux et secrets4 ,/phane ,mall>m a relativem5t beauc\p crit1 et la plus gr&e p>tie de son oeuvre n'e/ enta*e d'aucune obscurit2 mais1 dans la suite et la f91 p>tir de la ,prose p\r des ,esse9tes1 s'il y a des phrases d\teuses ou des v]s irritants1 un esprit inatt5tif et vulgaire r$\te seul d'entrepr5dre une conqute dlicieuse4 ,il y a trop peu d'criva9s obscurs en franais2 a9si n\s n\s habituons l*em5t n'aim] que des critures aises1 et bi5tt primaires4 ,p\rtant il e/ r>e que les livres aveuglm5t clairs vaill5t la pe9e d'tre relus2 la cl>t1 c'e/ ce qui fait le pre/ige des littratures classiques et c'e/ ce qui les r5d si clairem5t ennuyeuses4 ,les esprits clairs sont d'ord9aire ceux qui ne voi5t qu'une *ose la fois2 ds que le c]veau e/ ri*e de s5sations et d'ides1 il se fait un rem\s et la nappe se tr\ble l'heure du jaillissem5t4 ,prfrons1 comme ,x4 ,d\dan1 les m>ais gr\illants de vie un v]re d'eau claire4 ,sans d\te1 on a soif1 p>fois2 eh bi51 on filtre4 ,la littrature qui plat aussitt l'univ]salit des hommes e/ ncessairem5t nulle2 il faut que1 tombe de haut1 elle rejaillisse en cascade1 de pi]re en pi]re1 p\r enf9 c\l] dans la valle la porte de t\s les hommes et de t\s les tr\peaux4 ,si donc on entrepr5ait une tude dcisive sur ,/phane ,mall>m1 il ne faudrait trait] la "q d'obscurit qu'au seul po9t de vue psy*ologique1 p>ce qu'il n'y a jamais d'absolue obscurit littrale dans un crit de bonne foi4 ,une int]prtation s5se e/ t\j\rs possible2 elle *ang]a selon les soirs1 peut-tre1 comme *ange1 selon les nuages1 la nuance des gazons1 mais la vrit1 ici et p>t\t1 s]a ce que la v\dra notre s5tim5t d'une heure4 ,l'oeuvre de ,mall>m e/ le plus m]veilleux prtexte rv]ies qui ait encore t (f]t aux hommes fatigus de tant d'affirmations l\rdes et inutiles3 une posie ple9e de d\tes1 de nuances *angeantes et de p>fums ambigus1 c'e/ peut-tre la seule o n\s puissions dsormais n\s plaire2 et si le mot dcad5ce rsumait vraim5t t\s ces *>mes d'automne et de crpuscule1 on p\rrait l'accueillir et en faire mme une des clefs de la viole3 mais il e/ mort1 le matre e/ mort1 la pnultime e/ morte4 #ahih4 ,v ,,une ,,religion ,d',,art ,i ,a une poque o presque t\te la s5sibilit1 presque t\te la foi1 presque t\t l'am\r se sont rfugis dans l'art1 et o1 p> surcrot1 ce mot1 jadis my/rieux et pur1 se tr\ve compromis en plus d'une av5ture1 il n\s manquait videmm5t1 ct de la religion de l'art1 la religion d'art3 l'inv5tion e/ rc5te et due ,m4 ,huysmans2 elle e/ curieuse et peut s]vir de prtexte quelques rflexions4 ,t\t d'abord1 puisqu'il n'y a pas auj\rd'hui d'art religieux1 la t5tative d'union entre la religion et l'art ne p\vait se faire qu'au moy5 de l'ar*ologie4 ,la ,ca?drale e/ donc1 comme t\s les d]ni]s livres du mme auteur1 depuis ,a ,reb\rs1 un roman didactique4 ,le g5re n'e/ pas n\veau1 il a t de t\t temps cultiv p> les criva9s *ez lesquels le gt du savoir n'a pas entirem5t tu l'imag9ation2 ou qui1 incapables d'us] alt]nativem5t de leurs lectures et de leurs inv5tions1 se rsign5t entreml] la fiction et le docum5t2 ou encore qu'un beso9 de proslytisme porte *oisir p\r messag] d'un enseignem5t1 d'une morale1 de vrits peu amnes1 la nef des ,argonautes ou le *eval des ,quatre ,fils ,aymon4 ,il y a un peu de ces trois causes dans le didactisme invtr de ,m4 ,huysmans2 mais surt\t1 si1 lorsqu'il crit ses livres1 il n'y mettait pas ses lectures1 il n'aurait ri5 y mettre2 *ez lui l'imag9ation e/ plutt s\t5ue que dc\rage p> le docum5t2 sans ce cordial elle tomb]ait vite aux rcrim9ations d',a vau l'eau1 roman que la moelle de quelque vieux trait de cuis9e suffirait peut-tre r5dre t\t fait reprs5tatif d'un c>actre4 ,que ,m4 ,folant91 entre deux repas vagues1 mdite sur une page du ,cuis9i] royal ou du ,patici] ,franois1 et n\s avons un livre du type mme de la ,ca?drale4 ,sur les seize *apitres de ce d]ni] roman1 deux comm5c5t et trois f9iss5t p> des considrations de mnage ou de cuis9e4 ,ses t5tatives d'rudition ne p\vai5t donc influ5c] que trs heureusem5t ,m4 ,huysmans en lui montrant1 dans les livres1 ce qu'il aurait t\j\rs t incapable de tr\v] dans la vie3 l'oubli1 au mo9s accid5tel1 des vulgaires ennuis de la vie4 ,la plup>t des romans didactiques p*5t galem5t p> l'insuffisance et p> l'inexactitude4 ,a l'insuffisance1 il faut se rsign]2 un roman n'e/ pas un trait4 ,si1 dans ,a ,reb\rs1 au lieu de se born] rsum]1 en une phrase pittoresque et ju/e1 les apprciations motives et savantes des deux premi]s volumes d',eb]t1 le romanci] avait pass deux ans lire lui-mme les potes qu'il vantait1 l'abondance des docum5ts l'et peut-tre incl9 donn] cette p>tie de son livre une ampleur dsagrable2 et si1 p\r crire l'hi/oire de ,gilles de ,rais1 il lui avait fallu compuls] lui-mme les ar*ives1 d*iffr] les orig9aux du procs1 ,l-bas s]ait peut-tre encore sur le *anti]4 ,l'insuffisance de la docum5tation dans un roman didactique ou hi/orique e/ donc une des conditions de l'excution mme du roman et1 d'autre "p1 ce qu'on y p]d de sci5ce ou d'hi/oire1 l'art peut le comp5s] si bi5 que le lecteur le plus exigeant s'y tr\ve satisfait2 c'e/ ce qui arriva p\r ,l-bas1 o il y a des *apitres admirables1 suprieurs p> la puissance de l'incantation v]bale aux pages trop dclamatoires de la ,sorcire4 ,l'inexactitude s]ait un dfaut plus grave2 ,m4 ,huysmans1 appuy sur des rudits srieux1 s'en e/ presque t\j\rs g> jusqu'ici2 mais1 et c'e/ l le dang] du mlange de la sci5ce et de l'imag9ation1 on ne sait pas t\j\rs o f9it l'exactitude et o comm5ce la fantaisie4 ,que d'hy/riques abbs1 que de femmes folles de leurs n]fs se sont laiss pr5dre au ralisme du fameux tableau de la ,messe ,noire1 entirem5t tir cep5dant d'une imag9ation1 alors satanique4 ,il e/ pe9e beso9 d'affirm] que jamais d'aussi grotesques et d'aussi excrables crmonies n'ordonnr5t1 en aucun temps ni en aucun pays1 leurs f>&oles obscnes et sacrilges4 ,le sabbat1 qui n'exi/a jamais que dans les c]veaux halluc9s des pauvres sorcires1 se dr\lait selon des liturgies trs diffr5tes et surt\t malpropres2 il ne reut le nom de ,messe ,noire que p> quivoque1 puisque la vraie ,messe ,noire1 telle qu'elle fut encore dite sur le corps nu de la ,montespan1 tait une crmonie de conjuration1 absolum5t secrte1 et dont le secret seul g>antissait l'efficacit4 ,la fantaisie de ,m4 ,huysmans1 si elle a eu1 c> la crdulit du public e/ illimite1 c]ta9es consqu5ces pnibles1 n'en tait pas mo9s t\t fait lgitime2 le romanesque e/ sa place dans un roman3 att5dre1 p\r racont] un *ano9e ,docre1 de r5contr] en *em9 son vritable frre diabolique1 on ne peut vraim5t pas exig] cela1 mme d'un romanci] didactique4 ,avec la ,ca?drale1 aucune surprise de ce g5re n'tait cra9dre2 la fantaisie n'a aucune place dans ce roman2 elle y en a trop peu4 ,quant aux inexactitudes qu'on y peut relev] en assez gr& nombre1 elles sont presque t\tes d'un g5re p>ticuli]1 du g5re ecclsia/ique4 ,l'auteur n'avait pas beso9 de n\s in=m] qu'il s'e/1 p\r ce livre1 docum5t prs de mo9es1 de prtres et en des livres pieux2 cela e/ vid5t4 ,,ii ,p\r crire ,en ,r\te et la ,ca?drale1 il faut tre ca?olique1 non seulem5t de naissance et de baptme1 mais de foi et de moeurs4 ,il y a donc auj\rd'hui mme une littrature ca?olique1 une littrature qui n'exi/]ait pas sans criva9s ca?oliques4 ,s'agit-il d'anomalies1 ou sommes-n\s en prs5ce de faits t\t fait logiques1 raisonnables1 lis un pass immdiat8 ,je ne crois pas qu'il y ait aucune s+ul>it tre ca?olique en un sicle o le fur5t presque t\s les plus excell5ts potes et quelques-uns des plus gr&s criva9s1 de ,*ateaubri& ,villi]s de l',isle-,adam4 ,que cette croyance ne semble pas correspondre l'ori5tation prs5te des intellig5ces1 cela e/ clair1 mais une attitude n'e/-elle acceptable que con=me l'attitude gnrale8 ,d'ailleurs1 si on peut faire l'anatomie d'une croyance ou d'une conviction1 il e/ impossible et illgitime d'all] plus lo94 ,l'excommunication n'e/ pas un ge/e philosophique4 ,je crois que le ca?olicisme1 en ,france1 fait p>tie de la tradition littraire4 ,le ca?olicisme e/ le *ri/ianisme paganis4 ,religion la fois my/ique et s5suelle1 il peut satisfaire1 et il a satisfait uniquem5t1 p5dant longtemps1 les deux t5dances primordiales et contradictoires de l'humanit1 qui sont de vivre la fois dans le f9i et dans l'inf9i1 ou1 en t]mes plus acceptables1 dans la s5sation et dans l'intellig5ce4 ,depuis ,con/ant9 jusqu' la ,r5aissance1 le ca?olicisme a dvelopp normalem5t les deux pr9cipes qui le con/itu5t et1 sans l'int]v5tion de ,lu!r1 il e/ trs probable que le pr9cipe paen1 d'art et de beaut1 et acquis autant de =ce que le pr9cipe vanglique1 de r5oncem5t et de mortification4 ,lon ,x et ,jules ,,ii p\vai5t vraim5t se glorifi] du nom de ,pontifex maximus2 ils tai5t vraim5t la fois le successeur de sa9t ,pi]re et le successeur du gr&-prtre de ,jupit] ,capitol93 ,lu!r et ,calv91 les gr&s affirmateurs de l'vangile1 les durs sectateurs de sa9t ,paul1 les ennemis de ,rome et de la gloire roma9e1 entranr5t t\te la *rti5t dans leurs erreurs tri/es2 le ca?olicisme1 se niant lui-mme1 accepta le sacrifice d'un de ses lm5ts naturels2 il dtruisit lui-mme l'un de ses pr9cipes de vie1 et1 va9cue1 l'glise dev9t peu peu ce qu'elle e/ auj\rd'hui1 un prote/antisme hir>*is1 aussi froid1 aussi ha9eux de t\t art et de t\te beaut s5sible1 mais d'intellig5ce mo9s librale1 peut-tre1 plus recroqueville encore1 s\mise la fois un pass qu'elle respecte sans l'aim]1 et un prs5t qui p\vante sa dcrpitude4 ,en ,france1 au ,x,v,i,ie sicle1 la raction contre le prote/antisme se fit dans un paganisme moy51 lgant et sup]ficiel2 aprs la crise jansni/e1 il y eut une n\velle raction de la lib]t1 mais elle se fit dans la dbau*e et dans la littrature galante2 le mom5t philosophique fut bref et sans influ5ce populaire2 aprs la priode d'abtissem5t s5tim5tal provoqu p> les ridicules disciples de ,jean-,jacques1 ,*ateaubri& retr\va d'un seul c\p le ca?olicisme1 le moy5 ge et la tradition4 ,t\t le sicle e/ dom9 p> ce gr& fait littraire4 ,littraire1 c> il ne s'agit mme pas de suppos] lgitime le droit unique la vrit absolue qu'une religion proclame4 ,il ne s'agit pas de vrit4 ,en ,grce1 la vraie religion tait la religion des temples4 ,en ,france1 la vraie religion e/ la religion des clo*]s4 ,aut\r du clo*] s\s lequel on prie1 les danses lup]cales signifi5t que les dieux n'ont cd au ,*ri/ que la moiti de leur royaume4 ,un jeune pote ca?olique a appel la sa9te ,vi]ge cette belle nymphe1 voil la vraie tradition du ca?olicisme populaire4 ,aucune religion n'e/ jamais morte1 ni ne m\rra jamais2 celle dont le nom s'abolit revit dans celle qui respl5dit au gr& j\r4 ,en plusieurs temples d',italie1 on ne prit mme pas le so91 au ,ve sicle1 de *ang] les /atues vnres1 et ,dmt] n\rrice dev9t t\t naturellem5t une ,vi]ge l'enfant#cj3 en quelques autres1 mme en ,gaule1 on g>da le nom du dieu avec la /atue de jadis et le culte1 *ang dans la croyance des prtres1 demeura immuable dans la croyance du peuple4 ,vnus e/ t\j\rs aime s\s le vocable de sa9te ,v5ise1 que l'imag]ie reprs5te t\te nue avec seulem5t un ruban aut\r des re9s#ca4 ,exemple admirable de la p]svrance du peuple6 ,ozanam a p>faitem5t dmontr qu'au mom5t o1 p> un c\p d'tat1 le *ri/ianisme dev9t la religion (ficielle de l',empire1 le paganisme tait encore ple9 de =ce et de vie2 de l son influ5ce sur la religion n\velle qui1 ne p\vant le dtruire1 l'absorba sans mme le trans=m]4 ,cep5dant1 ds les premi]s sicles1 il y eut dans l'glise un p>ti trs oppos ce qu'on appelait1 sans en compr5dre l'importance1 les sup]/itions populaires2 c'tait le p>ti vanglique1 qui ne devait entirem5t triomph]1 dans l',europe du ,nord1 qu'avec la ,r=me#cb4 ,note #cj3 ,voyez la figure #abie du ,dictionnaire de ,saglio4 ,note #ca3 ,dureau de la ,malle1 ,mmoire sur sa9te ,v5ise1 lu l',acadmie des ,inscriptions4 ,note #cb3 ,le paganisme e/ re/ traditionnel1 notamm5t ,p>is1 dans c]ta9es familles1 o1 dit-on1 les libations et les sacrifices d'animaux sont encore en usage4 ,mais ceci p\rrait bi5 ne remont] qu'au ,x,v,i,i,ie sicle4 ,le culte des sa9ts et des dieux sanctifis eng5dra les glises4 ,les glises ca?oliques1 comme les temples de l'gypte anci5ne1 sont des tombeaux2 elles ne fur5t pas con/ruites en l'honneur de ,dieu seul2 leur prtexte fut presque t\j\rs d'abrit] le corps d'un bi5heureux ou d'un ?aumaturge1 le simulacre d'une div9it traditionnelle1 pe9e rebaptise p> une pit innoc5te4 ,les glises fur5t la ncessit de l'art *rti51 et a9si la nudit apo/olique dut revtir l'or des idoles et la p\rpre des emp]eurs4 ,au ,x,i,ie sicle1 le paganisme e/ re/aur dans t\te sa spl5deur4 ,l'glise1 p>t\t o la dvotion e/ assez ri*e1 e/ dev5ue la ca?drale4 ,l',europe e/ c\v]te de ca?drales2 la prairie a t\tes ses fleurs mat9ales et un peuple imm5se1 sorti de ses ru*es1 va de fleur en fleur1 de sanctuaire en sanctuaire1 cueillant des indulg5ces1 des rcon=ts1 des grces1 des gurisons1 la =ce de vivre joyeux en un sicle dur4 ,les bquilles du temple d'phse s'amoncell5t s\s les votes de la ca?drale de ,*>tres1 o une belle idole1 nagure apporte d',ori5t1 bnit les fidles ivres et se fait vnr] s\s le nom de ,vi]ge noire4 ,l'art ca?olique1 comme la religion elle-mme1 e/ la suite naturelle et logique de l'art paen4 ,on ne peut entr] ici dans le dtail1 ni numr] les preuves d'une manire de voir qui p>atra peut-tre has>de ceux qui ne connaiss5t que la surface de l'hi/oire2 on ne peut davantage discut] aucune des op9ions reues1 mais cette affirmation des p>tielles orig9es paennes du ca?olicisme ne n\s fait pas mconnatre1 on s'en d\te1 ce que l'vangile1 les pres de l'glise1 sa9t ,b5ot et ses mo9es apportr5t de n\veau et de purem5t spirituel dans l'ide religieuse2 cep5dant1 et mme sur ce po9t1 il faudrait tudi] les ,alex&r9s et compr5dre que le my/icisme1 qui a pris dans le ca?olicisme une =me ca?olique1 n'e/ pas autre *ose que celui qui pr5ait1 dans ,proclus1 une =me my?ologique4 ,le symbolisme *rti5 n'e/ lui-mme qu'une transposition du symbolisme noplatonici52 on ne sait si tel gno/ique fut *rti5 ou philosophe et il e/ difficile de faire dans le pseudo-aropagite1 la "p des rv]ies ori5tales et la "p de l'enseignem5t patri/ique4 ,l encore1 dans la suite des temps1 la fusion se fit si intime que1 sans le *]*] et sans le v\loir1 le ca?olicisme spculatif s'assimila et n\s a cons]v un nombre inf9i de notions p>faitem5t contradictoires avec l'esprit de l'vangile et avec la religion de sa9t ,paul3 un *ri/ianisme pur et rejet t\te la tradition py?agorici5ne2 le ca?olicisme1 fidle son nom1 n\s a transmis1 au milieu de la religion du ,*ri/1 peu prs t\tes les sup]/itions et t\tes les ?ogonies ori5tales4 ,il n\s a cons]v encore et transmis directem5t la tradition littraire grco-roma9e4 ,ceci e/ plus connu et mo9s conte/4 ,on sait ma9t5ant qu'il n'y eut pas de r5aissance au ,x,ve sicle2 on sait que1 en aucun mom5t des sicles antrieurs1 les lettres lat9es n'avai5t cess d'tre cultives et que ,virgile fut1 durant t\t le moy5 ge1 en ,italie1 en ,france1 en ,allemagne1 non seulem5t lu1 mais vnr1 non seulem5t comm5t1 mais imit4 ,le rle des humani/es fut cep5dant important3 de mme que les prote/ants v\lai5t purg] le *ri/ianisme de son lm5t paen1 les humani/es v\lur5t lim9] de la littrature t\s les lm5ts *rti5s4 ,les uns et les autres russir5t2 mais1 t&is que la tradition littraire a t r5\e p> le romantisme1 la tradition religieuse e/ re/e brise4 ,la littrature n'e/ demeure que p5dant trois sicles trangre l'me huma9e laquelle on sub/ituait l'me hroque et poncive2 la religion prive de l'art paen1 qui tait sa =ce populaire1 e/ dev5ue et e/ re/e une philosophie de sacri/ie et une morale de confessionnal2 elle n'a plus d'influ5ce sur l'esprit secret des races1 qui e/ avide de beaut corporelle et de magnific5ce2 ri5 de trop2 elle s'e/ fait mitoy5ne entre t\t2 elle e/ dev5ue le c5tre mdiocre de la mdiocrit univ]selle4 ,,iii ,cep5dant l',eglise a des ar*ives1 une hi/oire1 celle de sa beaut passe3 c'e/ dans cette p\ssire respl5dissante que se rfugi5t encore c]ta9es intellig5ces et c]ta9s tal5ts4 ,*ateaubri&1 p\r exhum] le ca?olicisme1 n'eut qu' laiss] son gnie se s\v5ir d'une enfance jadis enivre de ftes et de lg5des2 ses oeuvres hi/oriques et apologtiques eur5t une gr&e influ5ce sur le dveloppem5t du romantisme franais2 elles r5dir5t possible la gr&iose ar*ologie de ,victor ,hugo1 aussi bi5 que le s5tim5talisme religieux de ,lam>t9e2 si l'on nglige t\t l'int]mdiaire1 on les voit1 v]s la f9 du sicle1 ab\tir selon leurs canaux1 ,sagesse1 la trilogie apologtique de ,m4 ,huysmans3 la ,ca?drale essaie de refaire avec des moy5s n\veaux1 plus re/re9ts1 mais plus p]svrants1 avec des outils mo9s brillants1 mais plus aigus1 le ,gnie du *ri/ianisme4 ,l'criva9 d'auj\rd'hui a lu aussi ,notre-,dame de ,p>is1 et aussi quelques autres livres2 il doit ,*ateaubri& l'esprit apologi/e2 ,victor ,hugo1 l'am\r des pi]res sculptes2 aux autres1 t\t le re/e4 ,l'int5tion apologtique de ,m4 ,huysmans e/ c]ta9e1 quoique discrte4 ,il veut pr\v] qu'il y a1 ou plutt qu'il y a eu1 un art ca?olique1 symbolique et my/ique1 trs suprieur1 surt\t p> l'expression1 t\s les arts pr(anes1 antiques ou n\veaux2 il tudie l'ar*itecture1 d'aprs la ca?drale de ,*>tres1 la pe9ture d'aprs les primitifs et surt\t ,fra ,angelico1 la musique d'aprs le pla9-*ant grgori51 la my/ique et la symbolique1 d'aprs les sa9ts1 les ?ologi5s et les compilateurs du moy5 ge2 comme c5tre au roman1 une page de l'hi/oire d'un criva9 conv]ti qui t5te le r5oncem5t et comm5ce p> v\] t\t son tal5t la df5se de l'art religieux2 le s5tim5t e/ reprs5t p> des effusions d'am\r pieux v]ses aux pi$s de ,notre-,dame2 les p]sonnages1 hormis peut-tre celui d'une s]vante dvote et my/ique1 silh\ette curieuse1 sont de la psy*ologie la plus rudim5taire2 le directeur de consci5ce1 l'abb ,gvres91 app>at d'une nullit extraord9aire1 presque phnomnale2 l'abb ,plomb e/ un ar*ologue de prov9ce sans c>actre p>ticuli] qu'une mmoire b>oque o se sont loges1 l'exclusion de t\te notion s5se1 les seules s+ul>its de la symbolique et la seule hi/oire de la ca?drale de ,*>tres2 non mo9s v]s dans le mme g5re de connaissances1 le hros du livre1 ,durtal1 exhibe1 en plus1 une me de jeune communiant1 et l'esprit s>ca/ique d'un critique d'art1 aigre quoique dvotieux1 p>tial quoique r5seign4 ,avec de tels lm5ts le roman devait1 comme tel1 tre d'un intrt nul2 sa valeur littraire lui e/ donne p> de sup]bes pages descriptives1 mais o la description s'lve p>fois jusqu' donn] la raison des *oses1 au mo9s la raison symbolique1 au mo9s la raison ?ologique4 ,le cl]g1 s'il lit ce livre1 s]a surpris de ne pas le compr5dre1 t\t d'abord1 c> ses matres lui ca*5t avec so9 la connaissance de la beaut s5sible et1 p\r ent5dre 7un peu7 le symbolisme1 il faut une sci5ce prlim9aire de l'art et de la nature4 ,il y a dans des ge/es1 dans des reg>ds1 dans des drap]ies1 telle int5tion secrte la fois de beaut et de prire qui dpasse l'ord9aire intellig5ce d'un sm9>i/e gav de ?ologie liguori5ne4 ,cette p>tie du livre de ,m4 ,huysmans1 nef aut\r de laquelle se rang5t les petites *apelles et plusieurs autels privilgis1 cette p>tie de ?ologie sculpturale e/ rellem5t suprieure et1 le tal5t rs]v p\r tre l\ "p1 il faudrait encore admir] la pati5ce de l'auteur1 le long d'tudes compliques1 l5tes et tr\bles1 auxquelles ri5 ne le prp>ait que la foi et o1 f9alem5t1 il a dpass ses matres4 ,il y a aussi en t\t cela un gt de beaut pure1 un s5sualisme my/ique1 qui fur5t ca?oliques1 mais qui ne le sont plus2 c'e/ l l'innovation1 ou le r5\veau3 heureux d'tre dev5u un bon *rti51 et peut-tre sur la voie de dev5ir quelque *ose de plus et de plus r>e1 ,m4 ,huysmans1 s'il e/ prt quelques r5oncem5ts1 semble mal dispos rpudi] ce qu'il y a de paen dans le ca?olicisme1 l'art4 ,p> cela1 son ca?olicisme e/ presque complet2 il lui manque encore1 en sa mtamorphose et p\r s'adapt] entirem5t la vieille tradition roma9e1 de ne pas mpris] la sorte d'art qui e/ une production naturelle du gnie huma9 et1 en somme1 une cration d'ordre div9 et surnaturel1 absolum5t au mme titre que l'art d'inspiration liturgique4 ,de ce que le ,c\ronnem5t de la ,vi]ge1 de ,fra ,angelico1 e/ encore suprieure t\t ce que l'en?\siasme en v\lut dire1 s'ensuit-il qu',+res n'ait eu aucun gnie8 ,tel e/ cep5dant le p>ti pris de l'apologi/e que1 p\r vant] ,dieu1 il dnigre la ,nature et que1 p\r complaire ses frres et t5t] les infidles1 il exclut de la communion univ]selle les plus gr&s esprits crateurs1 s'ils n'ont pas le front m>qu de la symbolique c5dre4 ,cette m?ode n'e/ po9t 9dite2 elle fut celle du viol5t et sup]be ,t]tulli51 celle de l'autoritaire et rig\reux sa9t ,b]n>d1 mais jamais celle des papes roma9s qui fir5t de ,rome la d\ble capitale du *ri/ianisme et du paganisme et qui1 peut-tre ds les temps anci5s1 rangr5t aut\r d'eux1 tmo9s de leur d\ble s\v]a9et1 les reliques des sa9ts n\veaux et les effigies des anci5s dieux4 ,il y a un art ca?olique2 il n'y a pas d'art *rti52 le *ri/ianisme vanglique e/ ess5tiellem5t oppos t\te reprs5tation de la beaut s5sible1 soit d'aprs le corps huma91 soit d'aprs le re/e de la nature4 ,sa9t ,paul ne sait pas ce que c'e/ qu'un temple *rti52 encore mo9s1 une /atue *rti5ne2 il n'a pas la notion qu'une *ose belle puisse tre un ornem5t aj\t la beaut d'un coeur pur4 ,si un tel *ri/ianisme s'tait dvelopp1 les civilisations anci5nes n\s s]ai5t inconnues2 la religion de sa9t ,paul dem&ait imprativem5t la de/ruction des temples qui sont dev5us les basiliques itali5nes1 le brisem5t des idoles1 ces /atues qui ont cons]v dans le monde l'ide d'un art ds9tress et purem5t huma92 la littrature pr(ane et t annihile comme le re/e2 la propagation de l'vangile et t la propagation de la b>b>ie et1 p\r t\t dire1 la croix aurait t un flau aussi affreux et aussi de/ructeur que le croissant2 les deux filles de la ,bible aurai5t c\v]t le monde de ru9es1 de tr\peaux et de t5tes en poil de *ameau4 ,c'tait le mti] de sa9t ,paul de tiss] des t5tes3 jamais mti] ne symbolisa mieux le c>actre d'un homme4 ,le premi] so9 des *rti5s qui v\lur5t ram5] la religion sa c&eur premire fut l'iconocla/ie la plus furieuse4 ,zw+le1 ,zuri*1 fit bris] les v]rires1 rompre les /atues1 brl] les missels enlum9s4 ,en entrant dans l'glise de ,t\s-les-,sa9ts1 ,witt5b]g1 ,c>lo/adt cria le v]set du ,deutronome3 ,tu ne f]as po9t d'images tailles61 signal de dva/ation immdiatem5t compris de la plbe qui suivait le tri/e n]gumne4 ,je me s\vi5s de n'avoir pu voir sans motion ce que les calv9i/es de ,holl&e ont fait de leurs ca?drales4 ,t\s ceux qui sont entrs ,sa9t-,laur5t de ,rott]dam sav5t que le *ri/ianisme1 ds qu'il prt5d ret\rn] la simplicit vanglique1 se complat1 non dans l'au/rit1 mais dans la banalit3 une salle de confr5ces vitres et grad9s1 voil ce que les ,b>b>es prt5dai5t faire de ,notre-,dame de ,*>tres4 ,l'idal *rti51 en ar*itecture1 e/ t\t p>eil l'idal dmocratique3 c'e/ le gr\pe scolaire1 et ni l'une ni l'autre de ces inspirations n'e/ capable de produire un btim5t gal en beaut la grange o1 au ,x,i,i,ie sicle1 les ci/]ci5s de ,lisseweghe s]rai5t leurs moissons#cc4 ,il e/ d'ailleurs frqu5t que les abbayes ci/]ci5nes soi5t1 au contraire1 d'une nudit presque dsole4 ,sa9t ,b]n>d1 en r=mant l'ordre de ,cteaux1 qui e/ dev5u la ,trappe1 n'eut aucunem5t l'int5tion de p]mettre le dploiem5t de gr&ioses ar*itectures2 fidle en cela au pur esprit vanglique1 il rpr\va le luxe et mprisa l'art1 comme plus t>d sa9t ,franois d',assise4 ,*aque fois que le *ri/ianisme1 p> les mo9es ou p> les rvolutionnaires1 v\lut s'a/re9dre plus de con=mit avec l'enseignem5t apo/olique1 il dut rejet] t\t ce qu'il y avait de paen1 de beau et1 p> consqu5t1 de s5suel dans la religion roma9e4 ,il n'y a pas d'art *rti52 les deux mots sont contradictoires1 et voil p\rquoi1 mme en un livre presque de dvotion1 si l'on p>le de pe9ture1 il faut pr5dre g>de que mme la symbolique des tons ne prs]va pas l',angelico d'tre avant t\t un pe9tre1 un homme qui aime la c\leur et les =mes1 un homme dont les yeux se rj\iss5t la vue de la beaut4 ,note #cc3 ,ce beau morceau d'ar*itecture e/ figur dans les lm5ts d',ar*ologie *rti5ne1 de ,reus5s2 ,l\va91 #ahhf1 p4 #dif4 ,l'auteur dit avec raison3 ,on voit que les con/ructeurs du ,x,i,i,ie sicle s'ent5dai5t p>faitem5t donn] un aspect monum5tal mme aux difices dont la de/9ation n'e/ que secondaire4 ,,iv ,l'art ca?olique1 l'art du moy5 ge fut-il1 autant que le p5se ,m4 ,huysmans1 autant qu'il a cru le dc\vrir1 m9utieusem5t subjugu p> les rgles1 ou plutt p> les usages de la symbolique8 ,cela semble inadmissible4 ,on concd]a difficilem5t que ,fra ,angelico n'employa pas de brun dans son ,c\ronnem5t p>ce que cette c\leur1 compose de noir et de r\ge1 de fume obscurcissant le feu div91 e/ satanique2 pas de violet1 pas de gris1 pas d'orang3 p>ce que le violet dit le deuil2 le gris1 la tideur2 l'orang1 le m5songe4 ,l'ab/5tion du pe9tre tr\v]ait sans d\te des explications mo9s extraord9aires4 ,et si les nefs de ,b\rges sont au nombre de c9q et celles d',anv]s au nombre de sept1 e/-ce vraim5t en l'honneur des ,c9q ,plaies ou en l'honneur des ,sept ,dons du ,p>aclet8 ,que1 dans la disposition la plus ord9aire1 trois nefs et un triple portail1 il y ait une allusion la ,tr9it1 c'e/ mo9s invraisemblable1 quoique ri5 ne le c]tifie2 mais que l'on aj\te des dtails sur la symbolique du toit1 des ardoises et des tuiles2 qu'on n\s affirme que1 d'aprs ,hugues de ,sa9t-,victor1 l'assemblage des pi]res d'une ca?drale signifie le mlange des laques et des cl]cs1 n\s avons plutt envie de s\rire que de n\s compo9dre1 et1 p> surcrot1 n\s s]ons presque indigns que l'on *oisisse l'occasion d'une citation presque absurde p\r crire le nom du plus orig9al et du plus gr& des my/iques du moy5 ge#cd4 ,en t\te cette symbolique de la ca?drale1 ,m4 ,huysmans ne fait qu'une rapide allusion la basilique1 et passe4 ,cep5dant la ca?drale go?ique1 p> l'int]mdiaire de l'art roma91 e/ c]ta9em5t ne de la basilique1 au mo9s de la basilique syri5ne1 dont les plans fur5t trs anci5nem5t connus et imits en ,gaule4 ,si les ca?drales sont le dveloppem5t des basiliques1 monum5ts auxquels la symbolique ne peut s'adapt]1 il s'en suit que la symbolique e/ po/rieure aux glises2 qu'elle peut en donn] une explication quelquefois curieuse1 mais jamais c]ta9e4 ,il en e/ naturellem5t de mme p\r ce qu'on appelle le mobili] religieux1 dont l'orig9e e/ antrieure au *ri/ianisme4 ,on aurait bi5 surpris les m>tyrs qui refusai5t d'enc5s] les idoles en leur disant que l'enc5soir devi5drait un in/rum5t pieux4 ,peut-tre que la signification symbolique dp>tie ces accessoires du culte fut une sorte de baptme confr des objets depuis longtemps en usage dans les crmonies liturgiques des anci5nes religions4 ,on sait qu'une lampe brlait p]ptuellem5t1 dans c]ta9s temples1 dans ceux de ,m9]ve1 d',apollon1 de ,jupit] ,ammon2 et dj l'huile devait tre pure et tire des seules olives4 ,la lampe t]nelle tait alors le symbole du feu ou du soleil2 elle ne p>le pas plus clairem5t auj\rd'hui4 ,les prtres d',isis portai5t la tonsure en c\ronne1 comme les plus anci5s mo9es2 on di/ribuait du pa9 bnit au nom de ,m9]ve1 qui1 comme ,diane1 protgeait des confrries de jeunes filles1 des ,enfants de ,m>ie4 ,il ne s]ait pas sans intrt d'tudi] ces transpositions et cela vaudrait peut-tre mieux que d'accept]1 sans les expliqu]1 les op9ions de ,mliton ou de ,dur& de ,m5de#ce4 ,note #cd3 ,les compilations sur la symbolique attribues ,hugues ne sembl5t pas son oeuvre4 ,note #ce3 ,le ,polyhi/or ,symbolicus1 de ,causs9 7,cologne1 #afca71 e/ une symbolique de la my?ologie grco-roma9e2 assez has>de1 elle l'e/ mo9s que l'trange ouvrage d',anto9e ,monni]1 l',art sac]dotal antique1 explication du s5s allgorique des pr9cipaux monum5ts grecs et roma9s du ,l\vre 7#ahig74 ,l'orig9e paenne du symbolisme des catacombes e/ c]ta9e2 c'e/ la my?ologie qui f\rnit les lm5ts dcoratifs aux tombeaux des premi]s m>tyrs4 ,lo9 de t5t] un art n\veau1 les *rti5s acceptr5t celui qui tait alors famili] t\s et1 sauf le type1 d'ailleurs admirable1 de l',orante1 ils n'inv5tr5t d'abord presque ri54 ,les ,victoires1 les ,am\rs1 la ,mduse1 ,prom?e1 les ,dioscures1 les ,saisons1 ,ic>e1 ,silne1 les ,fleuves1 ,psy* et l',am\r1 voil des sujets que l'on r5contre frquemm5t dans la dcoration des catacombes4 ,avai5t-ils pris p\r les *rti5s un s5s n\veau8 ,on ne le croit pas4 ,cep5dant la ,vigne1 funraire *ez les ,roma9s1 assume dans les catacombes1 o elle e/ frqu5te1 un s5s t\t oppos2 elle reprs5te la vie et le ,*ri/1 sans d\te en con=mit avec le *apitre ,,xv de l'vangile selon sa9t ,jean4 ,orphe eut de bonne heure une lg5de *rti5ne2 sa9t ,augu/9 lui donne1 comme aux sibylles1 la valeur d'un prophte2 dans les catacombes1 il e/ prfiguratif du ,*ri/1 p> sa d\ceur1 le *>me de sa voix et sa mort d\l\reuse4 ,il n'e/ jamais reprs5t avec ,eurydice1 mais seul et ent\r d'animaux qui c\l5t les sons de sa lyre4 ,voil1 prise sur le fait1 la d=mation *rti5ne d'un symbole antrieur4 ,peu peu1 rduit un seul agneau comme auditoire1 ,orphe s'id5tifia avec le ,bon ,pa/eur1 et de cette d]nire figuration1 il ne re/a f9alem5t1 dans la symbolique *rti5ne1 que l',agneau4 ,on a cru que le ,bon ,pa/eur tait une transposition de l',apollon ,criophore1 mais ri5 ne l'a encore pr\v1 quoique cela soit possible4 ,a9si1 dans l'art ca?olique1 l'ide vi5t du *ri/ianisme1 et la figuration1 du paganisme4 ,m4 ,huysmans l'analyse avec beauc\p de so91 cette symbolique du moy5 ge1 si complexe et si curieuse2 mais qu'il s'agisse des btes ou des fleurs1 des c\leurs ou des pi]res prcieuses1 il ne s'inquite jamais du motif initial1 ni de la s\rce la plus anci5ne2 il oppose srieusem5t l'un l'autre des compilateurs qui ont mal copi un manuscrit1 *acun selon son ignorance propre1 donnant a9si une sorte d'importance pieuse des op9ions bases sur une inconnaissance absolue de la nature4 ,ah6 que ,m4 ,huysmans e/ plus intressant qu& il conte1 non ce qu'il a lu1 mais ce qu'il a vu1 qu& il qualifie d'aprs ses yeux et comp>e ensemble les trois bas-reliefs1 de ,*>tres1 de ,dijon et de ,b\rges1 o sont figures les joies et les angoisses du ,jugem5t d]ni]6 ,quelle erreur d'avoir fait int]v5ir dans une oeuvre d'art et de my/icisme1 comme la ,ca?drale1 la sci5ce facile des lectures pati5tes6 ,aprs t\t ce qu'il a relev dans les be/iaires et les volucraires1 dans l't]nel ,physiologus du moy5 ge1 il re/e bi5 dmontr que1 hors des textes orig9aux1 la symbolique des btes ou des plantes1 qui affola l'glise jusqu'au ,x,v,ie sicle1 app>at telle qu'un amas incohr5t de crances inanes3 ,p\r lui 7le pseudo-,hugues71 le vaut\r c>actrise la p>esse2 le milan1 la rapacit2 le corbeau1 les dtractions2 la *\ette1 l'hypocondrie2 le hib\1 l'ignorance2 la pie1 le bav>dage2 la huppe1 la malpropret et le mauvais r5om4 ,et l'on cont9ue a9si1 en assignant *aque bte1 *aque plante1 *aque m9ral1 *aque objet cr p> la ma9 de l'homme1 *aque p>tie mme du corps huma91 la signification d'une v]tu1 d'un vice1 d'une vrit religieuse ou morale1 d'un des articles de la foi4 ,on se tr\va donc en possession d'une vritable langue hiroglyphique apte figur] aux yeux des affirmations lm5taires4 ,le langage des fleurs encore populaire1 et dont ne manqu5t pas d'us] les coeurs trs simples1 e/ le d]ni] rsidu de la vieille symbolique4 ,au ,x,v,i,ie sicle1 le symbole fut dtrn p> l'emblme1 dans la morale religieuse2 p> l'allgorie1 dans l'art4 ,jusqu'au ,x,v,ie sicle1 on demeura p]suad que sur cette t]re t\t e/ signe1 t\t e/ figure1 que le visible ne vaut pas ce qu'il rec\vre d'invisible2 et le s\ci de l'art ca?olique fut de faire p>l] la nature1 de =c] le ciel et la t]re racont] la gloire de ,dieu ou dev5ir les exemples et les conseill]s de l'humanit4 ,yves de ,*>tres affirme que la symbolique tait enseigne au peuple2 du mo9s il e/ probable que p> les s]monaires1 qui en faisai5t un usage con/ant1 le peuple avait acquis c]ta9es notions de cette sci5ce confuse1 contradictoire et illusoire4 ,les prdicateurs expliquai5t les vitraux1 les fresques1 les bas-reliefs2 mais *acun sa manire1 c> on n'tait d'accord que sur un trs petit nombre de sujets4 ,sa9t ,b]n>d1 vangli/e svre1 rpr\vait les ornem5tations symboliques1 dont les glises et les clotres tai5t hi/oris2 il ne v\lait pas admettre ce langage1 qui s\v5t s'arrtait aux yeux1 sans pntr] jusqu'au coeur4 ,il y a dans ses lettres1 ce propos1 un passage trs curieux3 ,que signifi5t cette ridicule mon/ruosit1 cette lgance m]veilleusem5t dif=me1 ces dif=mits lgantes tales aux yeux des frres p\r les tr\bl] sans d\te dans leurs prires ou les di/raire dans leurs lectures8 ,que n\s veul5t ces s+es immondes1 ces lions furieux1 ces mon/rueux c5taures ou semi-hommes1 ces tigres la peau m\*ete1 ces soldats qui combatt5t1 ces *asseurs qui s\ffl5t dans leurs cors8 ,ici1 ce sont des corps multiples tte unique2 l1 plusieurs ttes sur un seul corps4 ,c'e/ un quadrupde ayant une queue de s]p5t1 ou un poisson portant une tte de quadrupde4 ,voici un animal dont une moiti reprs5te un *eval et l'autre moiti une *vre2 en voil un autre ayant des cornes et se t]m9ant en un corps de *eval4 ,enf91 c'e/ p>t\t une telle v>it de =mes qu'il y a plus de plaisir lire sur le m>bre que dans les p>*em9s1 et que l'on passe plus volonti]s les j\rnes admir] tant de beaux *efs d'oeuvre qu' tudi] et mdit] la loi div9e#cf4 ,note #cf3 ,cit p> ,*4 ,gidel4 ,sur un pome grec 9dit intitul3 ,o 7,annuaire de l',association des tudes grecques1 #ahgc74 ,on a reconnu dans cette description quelques-uns des dubia animalia si consci5cieusem5t dcrits dans les be/iaires et figurs dans les ca?drales1 le ,tragelaphus1 le ,gryphe1 l',ixus1 le ,myrmcolon1 le ,phnix1 les ,faunes1 les ,satyres1 les ,sirnes1 les ,lamies1 les ,onoc5taures1 la ,licorne4 ,d'accord1 non plus avec la tradition et avec ,samuel ,bo*>t 7dans son ,hi]ozoicon ou ,faune ,sacre71 mais avec l'int]prtation rationali/e1 ,m4 ,huysmans id5tifie ces mon/res1 la plup>t m5tionns p> la ,bible1 avec les vulgaires fauves de l',ori5t4 ,croyons f]mem5t aux ,gryphes et aux ,lamies2 c'e/ plus amusant et peut-tre plus sr4 ,croyons la ,gorgone de sa9t piphane1 le plus anci5 des pa/eurs de *imres sacres3 la ,gorgone ressemble une belle femme2 ses *eveux blonds se t]m95t en tte de s]p5ts4 ,t\te sa p]sonne e/ ple9e de *>me1 mais la vue de sa figure donne la mort4 ,au temps de sa fureur1 d'une voix h>monieuse1 elle appelle elle le lion1 le dragon1 les autres animaux2 pas un ne se r5d son appel4 ,enf91 elle invite l'homme4 ,celui-ci s'engage s'appro*] d'elle1 si elle veut bi5 ca*] sa tte2 elle le fait3 on en pr(ite p\r la pr5dre4 ,avec elle on tue les lions et les dragons4 ,alex&re avait avec lui la ,gorgone ,scylla444#cg4 ,elle e/ le symbole du p* et de la t5tation4 ,note #cg3 ,op4 cit41 p4 #bbb4 ,le texte grec comm5ce a9si3 4 ,il ne p>ut pas suffisant aux exgtes trop pieux du moy5 ge d'int]prt] symboliquem5t la nature entire et quelques m]veilles apocryphes2 on s\mit ce traitem5t la my?ologie grco-lat9e4 ,c'tait =t difiant et un pome tel que celui de ,philippe de ,vitry 7,x,i,ve7#ch1,roman des ,fables ,ovide le ,gr&1 eut sans d\te un c]ta9 succs4 ,philippe a au mo9s le mrite de l'inv5tion2 il e/ orig9al sa manire2 n\s sommes surpris que ,m4 ,huysmans n'ait pas donn un ap]u de ses imag9ations1 bi5 faites cep5dant p\r ds9fect] le lat9 du paganisme1 qui empe/ait la luxure1 puait un affreux mlange de vieux b\c et de rose#ci4 ,asp]ges d'eau bnite1 les ,mtamorphoses d',ovide devi5n5t innoc5tes1 et rcon=tantes p\r les mes inquites2 c'e/ une n\velle ,bible (f]te notre f]veur4 ,voici le tableau rectifi de ,diane et ,acton3 ,diane symbolise la ,sa9te ,tr9it2 le ,c]f1 ,jsus-,*ri/2 ,acton1 ,jsus-,*ri/ inc>n2 et les ,*i5s1 les ,juifs4 ,dans l'anecdote d',apollon *ez ,admte1 ,apollon e/ encore le ,*ri/2 ,m]cure reprs5te les ,docteurs2 les tr\peaux1 les ,*rti5s2 la h\lette1 la crosse piscopale2 la lyre sept cordes signifie la fois les sept articles du ,cr$o1 les sept sacrem5ts et les sept v]tus4 ,l'pisode d',ari/e e/ int]prt a9si3 ,jsus-,*ri/ e/ le taureau et les aptres sont les abeilles4 ,biblis1 am\reuse de son frre1 puis *ange en fonta9e1 c'e/ la ,sapi5ce div9e2 ,cadmus1 le frre qui la rebute1 c'e/ encore le peuple ,juif4 ,la ,g5tilit e/ dite p> ,pallas2 l'glise1 p> ,phdre et p> ,atalante2 ,satan1 p> le s]p5t ,py?on et p> ,vulca92 la ,jude1 p> ,cphale et p> ,calli/o4 ,note #ch3 ,ne pas le confondre avec ,jacques de ,vitry 7,x,i,i,ie sicle71 my/ique1 s]monaire et hi/ori51 qui a d'ailleurs trait1 mais en lat91 des sujets analogues dans son hi/oire des ,croisades4 ,jacques de ,vitry1 qui voyagea en ,ori5t et qui savait le grec1 a pu consult] des manuscrits byzant9s et recueillir les traditions orales4 ,aprs lui la lg5de des btes ne fait plus aucune acquisition4 ,note #ci3 ,la ,ca?drale1 p4 #dfd4 ,plus anci5nem5t1 on avait retr\v les d\ze ,aptres dans les d\ze signes du ,zodiaque2 mais cette op9ion fut combattue et *aque signe fut pli figur]3 le ,scorpion1 ,satan2 le ,sagittaire1 ,jsus-,*ri/ triomphant2 le ,capricorne1 le ,pnit5t2 le ,lion1 le ,m*ant2 le ,canc]1 l',hrsie2 le ,taureau1 le ,sacrifice div94 ,la prs5ce d'un signe appel ,virgo1 dans une nom5clature aussi anci5ne1 s]vit longtemps d'argum5t apologtique1 a9si que c]ta9s v]s de ,virgile et la littrature1 compltem5t apocryphe1 des sibylles4 ,m4 ,huysmans cite une symbolique du corps huma91 d'aprs ,mliton#dj2 elle n'e/ pas trs curieuse2 en voici une autre1 tire du ,livre de la ,discipl9e de l',am\r div9e 7#aeai73 ,m\lt noble et digne e/ la crature huma9e1 laquelle1 selon l'me1 e/ image et semblance de t\tes cratures4 ,le *ef rond et clos p> dessus1 o sont les s5s corporels figure le ciel2 et les yeux reprs5t5t le soleil et la lune et les autres s5s les toiles4 ,et comme e/ le monde g\v]n p> et selon les sept plantes du ciel1 aussi il y a au *ef huma9 sept tr\s1 entres et issues1 p\r g\v]n] le corps s5siblem5t3 deux s yeux1 deux aux oreilles1 deux au nez et un la b\*e1 p> lesquelles l'me fait ses oprations corporelles et spirituelles4 ,des quatre lm5ts1 app]t plus la cl>t du feu s yeux1 l'air en la poitr9e1 l'eau au v5tre et la t]re s jambes4 ,les os du corps huma9 sont reprs5tation et figure des cratures qui ont tre et non vie ni s5s1 comme pi]res et mtaux4 ,les ongles des pi$s et des ma9s1 et les *eveux qui croiss5t et dcroiss5t ins5siblem5t signifi5t les cratures qui ont tre et vie vgtative1 lesquelles sont ins5sibles comme plantes et h]bes4 ,le corps huma9 e/ figure et reprs5tation du gr& monde1 et il e/ image et expresse semblance de ,dieu crateur et de t\te crature4 ,note #dj3 ,sa9t ,mliton1 vque de ,s>des1 vcut au ,i,ie sicle et fut un des gr&s ?ologi5s grecs4 ,on lui attribuait une ,clef de la sa9te criture3 cet ouvrage apocryphe1 invoqu p> l'abb ,aub] dans son gr& ouvrage sur le ,symbolisme1 e/ galem5t *] l'auteur de la ,ca?drale4 ,il e/ peu probable qu'une compilation o l'on diss]te sur la symbolique des glises go?iques ait p\r auteur un vque grec du ,i,ie sicle2 cep5dant ,m4 ,huysmans crit1 aprs avoir cit ,dur& de ,m5de 7,x,i,i,ie sicle73 ,suivant d'autres symboli/es de la mme poque1 tels que sa9t ,mliton1 vque de ,s>des1 et le c>d9al ,pi]re de ,cap\e1 les t\rs reprs5t5t la ,vi]ge ,m>ie444 ,l'poque de l'agonie du symbolisme fut aussi celle de sa plus curieuse dm5ce2 je veux donn] encore1 c> il e/ bon de connatre comm5t f9iss5t les modes les plus longues et les c\tumes les plus c>actri/iques1 un ap]u du ,quadragsimal spirituel1 imprim en #aebj2 c'e/ un livre qui1 sans d\te1 fut difiant3 ,la salade qu'on mange en c>me1 l'entre de table1 c'e/ la p>ole de ,dieu1 qui doit n\s donn] apptit et c\rage4 ,l'huile de d\ceur et le v9aigre d'aigreur1 qu'on met p> p>ties gales dans la salade1 sont l'image de la misricorde et de la ju/ice div9es4 ,les fves frites reprs5t5t la confession4 ,il faut1 p\r bi5 cuire1 que les fves tremp5t dans l'eau2 il faut que le pnit5t se trempe dans l'eau de mditation4 ,les pois1 qui ne cuis5t bi5 que dans l'eau de rivire1 sont l'emblme de la pnit5ce1 qui doit tre accompagne de la contrition vritable4 ,la pure1 qui p>e bi5 les dn]s de c>me et qui se passe sur l'tam9e1 c'e/ l'image de la rsolution de s'ab/5ir de p*4 ,la lamproie1 poisson excell5t et d'un prix lev1 c'e/ la rmission des p*s2 il faut le pay] en r5dant t\t ce qu'on reti5t inju/em5t1 en tant t\te rancune du c(fre du coeur4 444 ,s9on v\s ne mang]ez cette lamproye dignem5t avec son sang1 duquel e/ faite la bonne sauce1 c'e/ savoir le mrite de la passion444 ,p> le safran qui doit e/re mis en t\s potages1 sauces et vi&es quadragsimales1 s'ent5d la joie de p>adis1 laquelle n\s devons p5s] en t\tes nos oprations1 odor] et assortir4 ,sans le safran n\s n'aurons jamais bonne pure1 bons pois passs1 ni bonne sauce2 p>eillem5t1 sans p5s] aux joies de p>adis1 ne p\vons avoir bons potages spirituels4 ,ce morceau aurait tr\v t\t naturellem5t sa place p>mi les propos de table et les allusions cul9aires dont ,m4 ,huysmans n'a pas ddaign de l>d] sa ,ca?drale1 et il vaut bi5 la recette1 d'ailleurs favorable1 du piss5lit aux l>dons#da4 ,note #da3 ,la ,ca?drale1 p4 #dch4 ,en somme1 la symbolique1 au c\rs de ces longues1 un peu trop longues pages1 e/ traite d'une faon satisfaisante et avec une rudition bi5 faite p\r bl\ir le lecteur dvot aussi bi5 que l'indiffr5t4 ,le dvot ecclsia/ique s]a mme flatt de quelques erreurs d'un autre ordre1 sur les vi]ges noires1 sur l'apo/olicit de l'glise des ,gaules1 sur sa9t ,d5ys l',aropagite1 t\tes que/ions aut\r desquelles le cl]g dispute avec pret et que ,m4 ,huysmans rs\t dans le s5s qui s]a le plus agrable aux curs ar*ologues4 ,il e/ ent5du que les vi]ges noires1 telle que de ,*>tres ou du ,puy1 sont d'orig9e druidique3 ,bi5 avant que la fille de ,joa*im ft ne1 les ,druides avai5t in/aur1 dans la grotte qui e/ dev5ue notre crypte1 un autel la ,vi]ge qui devait enfant]1 ,virg9i p>iturae4 ,ils ont eu1 p> une sorte de grce1 l'intuition d'un ,sauveur dont la ,mre s]ait sans ta*e444 ,il n'y a pas insi/]4 ,les vi]ges noires sont d'orig9e ori5tale et aucune n'e/ signale en ,france avant le ,x,i,ie sicle4 ,elle e/ bi5 curieuse1 cette littrature des prfigurations6 ,on e/ all *]*] jusqu'en ,*9e le press5tim5t de la ,vi]ge ,mre et l'on a tr\v que la vi]ge ,kiang-,yu5 conut son fils ,he\-,tsi miraculeusem5t1 p> la lueur d'un clair6 ,la mre de ,yao fut fconde p> la cl>t d'une toile2 celle de ,yu1 p> la v]tu d'une p]le qui tomba dans son se9#db6 ,qui d\t]a1 aprs cela1 de l'innoc5te pit des ,druides8 ,la seconde des erreurs1 t\t ecclsia/iques1 que l'on a s\ffles l'auteur de la ,ca?drale1 e/ la prt5tion de faire remont] aux disciples immdiats des ,aptres1 s9on aux ,aptres eux-mmes1 l'vanglisation des ,gaules et la con/ruction des anci5nes glises d'o sont ns les monum5ts df9itifs rigs dans le moy5 ge4 ,la vrit e/ que1 si l'on excepte ,lyon qui eut une glise v]s l'an #aih1 il n'y avait encore1 au milieu du ,i,i,ie sicle1 aucune trace srieuse de *ri/ianisme dans les ,gaules2 en ralit1 l'vanglisation des ,gaules date de sa9t ,m>t91 au ,i,ve sicle4 ,la troisime erreur de ce g5re e/ la plus curieuse1 la plus absurde et la plus t5ace2 c'e/ celle qui fait d'un grec nomm ,d5ys1 conv]ti p> sa9t ,paul1 la fois l'auteur d'une srie d'admirables ouvrages my/iques1 le premi] vque d',a?nes et le premi] vque de ,p>is4 ,ce p]sonnage my?ique assume a9si sur lui seul la vie de trois ,d5ys bi5 di/9cts3 l'vque d',a?nes1 ,d5ys l',aropagite2 sa9t ,d5ys1 m>tyris ,p>is la f9 du ,i,i,ie sicle2 enf91 un criva9 grec du ,v,ie sicle qui crivit des livres de ?ologie my/ique et les publia frauduleusem5t s\s le nom de ,d5ys l',aropagite4 ,cette "q tait rsolue ds le ,x,v,i,ie sicle1 mais la pit veut des miracles4 ,or quel plus tonnant miracle qu'un contempora9 de sa9t ,paul diss]tant de la hir>*ie ecclsia/ique et des div]ses sortes de mo9es8 ,note #db3 ,a4 ,bonnetty3 ,traditions primitives 7,annales de ,philosophie ,*rti5ne1 #ahci74 ,v ,t\t cela1 sans d\te1 n'a pas gr&e importance p>mi les feuillets d'un roman2 mais cela pr\ve aussi qu'on ne s'improvise pas hi/ori51 comme d'autres pages de la ,ca?drale pr\v5t qu'on n'appr5d pas facilem5t la ?ologie1 my/ique ou doctr9ale4 ,ce qui1 p> exemple1 semble ,m4 ,huysmans primordial dans la vie des sa9ts1 ce sont les visions1 les halluc9ations1 les luttes contre le diable2 il ignore que t\t cet accessoire n'e/ jamais un motif de canonisation#dc2 qu'on ne l'accepte que s'il vi5t en sup]ftation une vie de r5oncem5t1 de sacrifice et de *>it2 que les accid5ts crbraux1 si frqu5ts *ez les sa9tes1 ne le sont pas mo9s *ez les hy/riques2 ou bi51 pris d'abord du pittoresque et du s+uli]1 il reti5t le diable comme l'indisp5sable metteur en scne des feries de la sa9tet4 ,v\lant cont] quelques traits de l'hi/oire de ,*ri/9e de ,/ommeln 7qu'il appelle1 d'aprs quelque mauvais docum5t1 ,*ri/9e de ,/umble71 ce qu'il *oisit1 ce qui le t\*e et le frappe1 c'e/ la srie des f>ces /]coraires qui tr\blr5t la vie de cette *>mante fille et qu'elle atribuait ,satan4 444 ,ils s'entreti5n5t1 en se *auffant1 des incursions nausabondes que le ,dmon t5te et1 subitem5t1 les scnes se r5\vell5t4 ,ils sont1 les uns et les autres1 inonds de fi5te1 et ,*ri/9e1 selon l'expression du religieux1 en demeure t\t empte444#dd4 ,ce religieux1 ,pi]re de ,dace1 qui tait l'ami et le confid5t1 mais non le confesseur de ,*ri/9e1 a1 en effet1 n une p>tie de sa vie et ,r5an n\s l'a dite son t\r d'aprs les ,boll&i/es1 ,qutif1 ,pap5bro* et un biographe mod]ne#de4 ,c'tait la fille de paysans des environs de ,cologne4 ,elle avait reu quelque in/ruction1 ne savait pas crire1 mais lisait et compr5ait assez facilem5t le lat94 ,lie ds son enfance ,jsus1 comme ,ca!r9e de ,si5ne1 p> un m>iage my/ique1 elle fut trs pieuse1 trs d\ce et trs d\l\reuse1 sponsa dolorosa4 ,c'e/ en #abfg que le jeune dom9ica9 ,pi]re1 n dans l'le de ,go?l&1 et tudiant monacal ,cologne1 r5contra p\r la premire fois ,*ri/9e4 ,il avait p>eillem5t des t5dances l'exaltation my/ique3 un trs pur am\r joignit les coeurs de ces deux enfants et1 une nuit de prire et d'exaltation1 ils clbrr5t leurs fianailles spirituelles3 ,o felix nox1 dit plus t>d ,pi]re de ,dace1 o dulcis et delectabilis nox 9 qua mihi primum e/ degu/>e datum quam sit suavis ,dom9us6 ,*ri/9e1 vritable m>tyre de l'hy/rie1 avait des halluc9ations de t\s les s5s1 o dom9ai5t les impressions rpugnantes et tri/es2 de plus1 p> dvotion1 elle se lacrait le corps avec des cl\s aigus2 elle tait c\v]te de blessures2 son sang c\lait3 un j\r elle donna ,pi]re un de ces cl\s sanglants t\t *aud encore de la *aleur de son se94 ,s+ulires am\rs6 ,mais n\s sommes au temps et au pays d',hildeg>de1 de ,me*tilde et d'une autre ,*ri/9e1 aussi n]ve1 aussi languissante d'am\r et de d\leur2 et n\s sommes au pays de ,ca!r9e ,em]i*1 la crature miraculeuse4 ,il faut compr5dre t\s les tats d'me et connatre la div]sit des dsirs4 ,lorsque1 aprs une abs5ce1 ,pi]re rev9t ,/ommeln1 il tr\va ,*ri/9e plus calme1 simple1 aimable1 s\riante1 ple9e de grce en ses m\vem5ts2 elle s\ffrait mo9s et remplissait dans la maison aise de son pre l'(fice d'une jeune fille accueillante et hospitalire1 v]sant avant et aprs le repas l'eau de l'aiguire sur les ma9s des convives4 ,p5dant ce sj\r de ,pi]re ,/ommeln1 ,*ri/9e dev9t le prtexte et le c5tre d'une petite acadmie my/ique2 quelques frres pr*eurs1 l'in/ituteur de la p>oisse1 ,gva1 l'abbesse de ,sa9te-,ccile1 ,g]trude la soeur1 et ,hilla1 l'amie de ,*ri/9e1 la vieille ,alide1 se runissai5t p\r lire et comm5t] ,d5ys l',aropagite ou ,ri*>d de ,sa9t-,victor4 ,ri5 ne p>at mdiocre en ce milieu2 la pit t\*e la philosophie et la dvotion s'lve au my/icisme4 ,pi]re tant de n\veau p>ti p\r la ,go?ie1 il s'tablit une correspondance entre les deux fiancs2 elle e/ le tmo9 d'une amiti passionne2 ,*ri/9e rvle ,pi]re que ,jsus lui a promis qu'ils s]ai5t assis l'un prs de l'autre p5dant t\te l't]nit2 elle se rp& en d\ceurs2 elle crit enfant9em5t3 ,c>o1 c>iori1 c>issimo frati--,*ri/9a sua tota444 ,cette correspondance s'arrte l'an #abhb2 ,*ri/9e avait #dj ans4 ,ensuite on ne sait plus ri5 de ,pi]re1 s9on qu'il m\rut en #abhh1 prieur de ,witsby4 ,son amie1 et c'tait ce qu'elle avait r$\t comme le plus dur de ses m>tyres1 lui survcut2 elle ne m\rut qu'en #acab1 ayant rec\vr avec l'ge la paix physique et la paix spirituelle4 ,tel e/1 en abrg1 ce petit roman d'am\r pur1 exemple du platonisme pieux qui sduisit tant d'mes lgantes en des sicles o les moeurs tai5t grossires4 ,c'e/ la grossiret du sicle qui a sduit ,m4 ,huysmans et non la grce exceptionnelle de cette ,*ri/9e1 ou la d\ceur de son ami ,pi]re3 t\tes les eaux lu/rales de la pnit5ce n'ont pas encore lav de son vieux naturalisme l'auteur hroque de la ,ca?drale4 ,note #dc3 ,c>d9al ,lamb]ti3 ,de ,canonis4 7,cit p> ,brire de ,boismont1 ,halluc9ations1 #b;e d41 p4 #ebc47 ,note #dd3 ,les halluc9ations de ce g5re ne sont pas trs r>es dans le dlire hy/rique4 ,cf4 ,brire de ,boismont1 op4 cit41 obs]vations #gc et #gd4 ,note #de3 ,revue des ,deux-,mondes1 #ae mai #ahhj4 ,peut-tre aussi qu'aprs le ,satan lubrique de l'occultisme et de l'hrsie il a v\lu esquiss] le c>actre du ,satan or?odoxe1 et qu'il l'a vu1 comme le voyait le moy5 ge1 s\s la =me p>ticulire d'un p]sonnage immonde et factieux4 ,satan fut le gracioso1 le pitre des difiants spectacles de jadis1 le bob*e malpropre qui1 ayant fait rire la populace1 f9it p> tre culbut et baf\4 ,dans les possessions1 ,satan et sa monnaie1 les ,diables1 j\ai5t le rle du pr9cipe inconnu2 ils reprs5tai5t l'orig9e de t\tes les maladies my/rieuses4 ,on pr\vait l'exi/5ce et la tnacit des ,diables p> l'+urissable p\rriture des trois lm5ts corruptibles1 que le quatrime1 le ,feu1 e/ impuissant purifi]4 ,et comme t\s les moy5s huma9s *\ai5t1 on eut rec\rs la magie4 ,c'e/ trs anci54 ,de l les =mules roma9es de l'exorcisme1 magnifiques obscrations4 ,sa9t ,augu/9 p>le des esprits mauvais comme auj\rd'hui on p>le des microbes3 ,ils abus5t de notre *air1 outrag5t notre corps1 se ml5t notre sang1 eng5dr5t les maladies#df4 ,ils rsid5t spcialem5t dans les eaux1 dont la nocivit e/ a9si explique1 aussi clairem5t1 en somme1 p> la liturgie que p> la sci5ce3 il faut que les eaux soi5t b\illies ou /ygmatises du signe de la rdemption1 c> les dmons r$\t5t galem5t le feu et la croix4 ,en #ahgj1 ,pie ,,ix1 affirmant que les dmons tai5t =t nombreux1 t]ribles et m*ants1 en ce mom5t1 concluait3 ,invoquons1 c'e/ la seule mdication1 ,jsus-,*ri/1 lequel fut susp5du au gibet p\r la purification de l'air1 ut naturam purg>et4 ,note #df3 ,de ,div9itate1 ,,iii1 iii4 ,voil bi5 des comm5taires et bi5 des petites critiques1 d'rudition plus que de littrature1 sur un livre qui1 d'ailleurs1 les support]a volonti]s4 ,il a des mrites nombreux4 ,plus de la moiti de ces longues pages e/ un /yle p>fois de bas-relief et digne de la gr&e imag]ie de pi]re qu'il glorifie2 mais la p>tie mod]ne1 de vie et de dialogue1 ne surgit que faiblem5t1 demeure en grisaille4 ,l1 l'criture e/ p>fois si faible que cela *agr9e4 ,on y tr\ve jusqu' des phrases de prospectus de ba9s de m]3 ,l\rdes bat son ple92 sa9te ,?rse y e/ qualifie a9si3 l'9galable abbesse1 faute de gt et qualificatif s+uli] *ez un criva9 qui devrait1 lui au mo9s1 savoir que les fonctions et les noms d'abb et d'abbesse sont p>ticuli]s aux ordres mona/iques qui suiv5t la rgle de sa9t ,b5oit1 traditionnelle ou r=me4 ,enf91 la va/e mosaque a des ta*es et des tr\s et1 en bi5 des endroits1 les petits cubes de v]re ont t plaqus au has>d de la cueillaison4 ,ce livre abondant e/ sec4 ,il e/ dnu d'humanit un degr presque d\l\reux4 ,ri5 de d\x1 de fi]1 de pntrant1 pas un de ces mots qui1 dfaut de t\*] la raison1 meuv5t et font que l'on dsire de p>ticip] une croyance ou un rve2 ri5 de religieux1 non plus1 si le s5tim5t religieux e/ autre *ose que l'hyp]dulie maniaque d'un *ano9e de prov9ce2 ri5 de gr&3 la religion de ,durtal oscille du rosaire l'ar*ologie2 son am\r p\r la ,vi]ge e/ s9cre1 mais il n'a pas tr\v les mots qu'il fallait dire p\r =c] l'exaltation les coeurs dfiants4 ,je ne puis donc accept] la ,ca?drale comme un vritable livre d'art ca?olique2 c'e/ plutt le livre de la religion d'art2 mais alors1 ne v\lant t5ir compte ni des erreurs1 ni des lacunes1 ni des dfaillances1 je l'accept]ai trs volonti]s comme un beau livre4 #ahih4 ,,ii ,,psy*ologie ,,du ,,paganisme ,les apologi/es prote/ants1 p\r mieux vitupr] le ca?olicisme1 s'v]tur5t dmontr] qu'il n'e/ ri5 de plus1 ni de mo9s1 que la p]ptuit du paganisme4 ,et on peut dire qu'ils y ont russi1 tant la ha9e a de p]svrance et d'+niosit4 ,il n'y a presque ri5 repr5dre en des ouvrages tels que celui de ,pi]re ,muss>d1 brave homme que ,pi]re ,bayle1 avec une excessive indulg5ce1 qualifie d'homme =t illu/r1 vir admodum illu/ris2 il tait du mo9s =t savant1 comme en tmoign5t ses ,con=mits des crmonies mod]nes avec les anci5nes o l'on pr\ve p> des autorits inconte/ables que les crmonies de l'glise roma9e sont empruntes des pay5s#dg4 ,ce livre du dvot pa/eur e/ agrable et re/e1 complt p> les diatribes de quelques fanatiques plus rc5ts1 la meilleure preuve de l'antiquit et aussi de l'excell5ce du ca?olicisme4 ,une religion1 c'e/ un ensemble trs complexe de pratiques sup]/itieuses p> lesquelles les hommes se r5d5t favorables les div9its4 ,on ne p]fectionne pas de p>eils sy/mes2 il faut les accept] tels que les gnrations les ont organiss1 ou les ni] rig\reusem5t4 ,les plus anci5s sont les meilleurs2 c'e/ une gr&e absurdit de v\loir r5dre raisonnables les jeux des enfants et une gr&e folie de v\loir pur] les religions4 ,les jeux surveills p> des matres taqu9s n'en re/5t pas mo9s des jeux1 quoique mo9s amusants2 les religions r=mes n'en re/5t pas mo9s des religions1 mais dp\illes de t\tes leurs grces puriles4 ,une croyance1 quelle qu'elle soit1 e/ une sup]/ition4 ,croire en un seul ,dieu et le pri]1 si c'e/ un acte pieux1 il e/ d'une pit plus l>ge et plus belle de croire en t\s les dieux du ,pan?on et de leur (frir t\s des fruits et des agneaux4 ,p\rquoi le seul ,jupit] ou le seul ,jhovah8 ,ont-ils donc dmontr leur exi/5ce objective mieux que les hros ou les sa9ts8 ,en tant au *ri/ianisme le culte des sa9ts1 les prote/ants lui ont t t\t ce qui faisait sa vrit huma9e4 ,les vrais dieux1 il faut peut-tre qu'ils ai5t d'abord vcu2 leur *oix s]a alors dict au peuple p> l'ide qu'il se fait de l'tat div91 c'e/--dire de l'tat hroque4 ,l'accord e/ plus facile avec des dieux qui fur5t des hommes ou qui1 du mo9s1 font figure d'hommes1 p> leur corps1 mme p]fectionn1 p> leurs passions1 leurs am\rs2 et presque t\te la religion t\rne aut\r de cet acte simple et moral1 le contrat4 ,note #dg3 ,a ,leyde1 *ez ,jean ,sambix1 #affg4 ,cette dition e/ r>e4 ,celle de ,jean de ,t\rnes1 ,g5vre1 un peu antrieure l'e/ davantage encore4 ,on suit celle d',am/]dam1 #agdd4 ,on s'gaie beauc\p en ces annes de la =me qu'a prise le culte1 d'ailleurs trs anci51 de sa9t ,anto9e de ,pad\e4 ,le fidle promet cette idole une (fr&e en *ange d'un s]vice3 tel e/ le ?me4 ,il e/ aussi vieux que les plus vieilles reliques de la sup]/ition religieuse4 ,le dieu a diffr5ts beso9s que son p\voir ne suffit pas lui procur]3 il ne saurait1 p> exemple1 se btir lui-mme des temples1 s'adress] des prires1 se brl] de l'enc5s4 ,c'e/ donc l'homme qui p\rvoira ces beso9s de vanit2 et le contrat int]vi5t4 ,l'homme apport]a sa pi]re au temple et le dieu donn]a l'homme les bi5s t]re/res qu'il ne peut atte9dre p> sa seule indu/rie4 ,c'e/ au dieu de jug] si le m>* lui convi5t4 ,il lui convi5t assez s\v5t p\r que l'homme soit confirm dans sa croyance4 ,la religion n'e/ tolre p> les hommes que p\r son utilit pratique4 ,c'e/ cette utilit qui dmontre sa vrit4 ,la vie tait1 p\r les ,phnici5s1 dit ,m4 ,philippe ,b]g]#dh1 un contrat p]ptuel avec la div9it4 ,mais la vie de l'homme pieux ou du croyant a t\j\rs t un contrat tacite ou =mul1 et le my/ique lui-mme n'*appe pas cette ncessit1 ni mme le quiti/e4 ,il n'y a pas d'am\r qui ne dsire l'am\r et qui ne l'exige au fond de soi3 sa9te ,?rse veut tre aime alors mme qu'elle sacrifie ses joies sa passion4 ,dans le prote/antisme1 c'e/ la foi qui remplace les oeuvres en l'un des plateaux de la balance2 on fait avec ,dieu le m>* qu'il sauv]a l'me qui croit en sa div9it4 ,cela n'e/ pas mo9s naf1 quoique plus audacieux encore1 que les contrats poly?i/es1 c> vraim5t on (fre alors bi5 peu de *ose1 en *ange d'un bi5fait1 la t\te-puissante idole intellectuelle4 ,la prire e/ t\t au mo9s l'amorce d'un contrat entre l'homme et ,dieu4 ,si ,dieu accorde la grce dem&e1 l'homme e/ t5u1 s\s pe9e de voir sa prire inexauce l'av5ir1 de se con=m] aux rgles tablies p> les prtres2 mais il y a un accommodem5t4 ,note #dh3 ,phnicie1 dans la ,gr&e ,encyclopdie4 ,dans le ,j\rnal 9dit d'un pa/eur calv9i/e1 je relve s\v5t ces cris3 ,jsus1 rappelle-toi tes promesses6444 ,tu m'z dit1 en #ahcf1 que tu s]ais t\j\rs avec moi444 ,o ,jsus1 en #ahcf1 dans cette gal]ie1 seul1 en prire1 tu me promis de me t5ir p> la ma91 de m'accompagn]1 de me s\t5ir jusqu' la mort444 ,il cite son ,dieu les dates o cette promesse a t t5ue3 le #bc novembre #ahcg1 *ez ,mme de ,n9999991 ,wah]n en #ahdj1 ,g5ve1 en #ahdb1 etc42 et il dit trs fran*em5t son div9 contractant3 ,tu z t5u ta p>ole depuis tr5te-quatre ans1 je n'en p\rrais dire autant1 sans d\te1 je suis un p*eur1 mais je compte sur ta bont4 ,c'e/ l'appel la bont des dieux qui fait l'orig9alit de ces sortes de contrats4 ,il faut bi5 que les hommes1 s'ils ont la notion ab/raite de la bont1 la situ5t quelque "p2 cela ne peut tre en eux-mmes1 l*es1 cruels et p>jures3 ,dieu e/ fait de ce qu'il y a de mo9s huma9 dans l'homme4 ,le contrat e/ l'ess5ce des religions4 ,il s'applique t\tes indiffremm5t et les explique t\tes4 ,un bon trait du contrat religieux s]ait un livre indisp5sable p\r l'tude de la psy*ologie huma9e1 en mme temps qu'il fond]ait l'hi/oire sci5tifique de la religion1 qui e/ encore pe9e press5tie4 ,la religion roma9e tait donc base sur le contrat2 qu& elle s'agrgea le *ri/ianisme1 secte morali/e sans av5ir populaire1 elle cons5tit quelques modifications scripturaires dans le libell des =mules4 ,le ,,m]curio ,,et ,,m9]vae ,,diis ,,tvtel>ib4 e/ dev5u1 dans la suite des temps1 ,,m>ia ,,et ,,francisce ,,tvtel>es ,,mei et c'e/ un des *angem5ts les plus importants qui ai5t signal le passage du paganisme au ca?olicisme4 ,on s'e/ amus rdig] les fa/es du *ri/ianisme d'aprs les oeuvres oratoires et de p>ade des ?ologi5s3 et a9si on a obt5u l'hi/oire de l'volution de l'ide religieuse dans les c]veaux1 relativem5t suprieurs1 des matres du peuple2 mais l'hi/oire de la religion populaire s]ait bi5 diffr5te1 et c'e/ la seule qui compte1 puisque la religion e/ un beso9 enfant91 puisque les crances religieuses des matres du peuple ont f9alem5t ab\ti au scepticisme c>tsi54 ,si l'on entrepr5ait une vritable hi/oire du ca?olicisme roma91 d'abord on ne ti5drait nul compte de la r=me1 qui n'e/ qu'un arrt de dveloppem5t ou une rgression2 le prote/antisme tr\v]ait place dans l'hi/oire de la philosophie1 o il =me le p>ti ractionnaire1 bi5 plus que dans l'hi/oire de la religion dont il a d=m les vrais pr9cipes2 cette "q c>te1 on remont]ait aux plus anci5nes religions connues dont le romanisme peut rclam] l'hritage1 jusqu'aux ,phnici5s1 jusqu'aux gypti5s et1 et l1 trs lo91 jusqu'au coeur des plus vieilles sup]/itions asiatiques4 ,en suivant les mtamorphoses des croyances1 on devrait p>l] de ,jsus1 sans d\te1 mais pas plus que de ,bac*us1 d',isis ou de ,mi?ra3 il y a autant que de *ri/ianisme1 du bac*isme1 del'isiacisme et du mi?riacisme dans le ca?olicisme populaire1 t\t cela greff +num5t sur l'arbre aux nobles bran*es du vieux ,pan?on roma94 ,comme n\s avons reu la langue1 n\s avons reu la religion du ,latium2 c'e/ au del de l',empire roma91 et seulem5t au del1 que le ,*ri/ianisme juif a pu s'tablir et vivre4 ,les pays auj\rd'hui prote/ants ont t\j\rs t *rti5s2 les pays auj\rd'hui ca?oliques ont t\j\rs t roma9s ou grco-roma9s2 un atlas hi/orique r5d trs s5sible cette vrit mconnue4 ,,ii ,au temps de ,tibre1 on p\vait encore inv5t] une morale1 on ne p\vait plus inv5t] une religion4 ,celles qui exi/ai5t1 en ,occid5t ou en ,ori5t1 dpassai5t en beaut et en ri*esse t\tes les imag9ations qui p\vai5t f]m5t] dans la tte d'un prophte juif ou d'un romanci] grco-lat94 ,ni ,jsus ne fonda une religion1 ni ,philo/rate4 ,mi?ra v5ait d',ori5t avec un dogme complet4 ,bac*us et ,isis attirai5t eux1 avec d'imm5ses tr\pes de croyants1 t\tes les sup]/itions p>ses sur des t]res ravages et durem5t lab\res4 ,il y a un mollusque qui ne peut dev5ir un coquillage qu'en s'attribuant une c>apace ab&onne2 le *ri/ianisme dev9t une religion en s'introduisant dans le paganisme my?ologique1 dont la vieillesse avait affaibli les organes intrieurs4 ,un aptre1 vtu1 comme un philosophe1 d'une robe de has>d et t\s ses poils flottant comme s\s un v5t prophtique1 entrait dans un temple et rebaptisait le dieu sculaire4 ,m>s dev5ait ,m>t9e1 sans que le peuple1 habitu aux n\veauts religieuses1 manife/t un gr& tonnem5t4 ,tant de /atues surabondantes gisai5t dans les villas dva/es p> les gu]res2 on rigeait la femme sur le socle d'o le dieu tombait1 ayant trop vcu2 une inscription n\s assure de la mtamorphose +nue3 ,m>tirii ge/ans virgo ,m>t9a coronam ,ejecto h9c ,m>tis num9e templa t5et4 ,la gu]re e/ entre les dieux1 mais non entre les religions2 il n'y a qu'une religion1 elle se rajeunit4 ,p>fois des aptres plus in/ruits de l'vangile ordonnai5t la de/ruction des temples1 l'anantissem5t des dieux1 mais le peuple alors se rvoltait et la religion anci5ne se p]ptuait dans les =ts1 dans les grottes4 ,plus t>d1 ces brutalits vangliques eng5drr5t la sorcell]ie1 un culte secret dev5ant ncessairem5t orgiaque et malfaisant4 ,a ,p>is1 de nos j\rs1 qu& la religion baisse1 la somnambule gagne2 la libre-p5se1 p\r le peuple1 c'e/ le t>ot et le m>c de caf4 ,on dplace la sup]/ition1 on ne la dtruit pas4 ,en ses in/ructions au mo9e ,augu/91 ,grgoire le ,gr& se prononce f]mem5t contre t\te dmolition inutile3 ,ne pas r5v]s] les temples1 niais seulem5t les idoles2 si les temples sont solides1 les utilis]4 ,quelle leon p\r les faux idali/es que l'esprit pratique d'un pape qui sait ce que cote la maonn]ie et qui sait aussi que le peuple1 heureux qu'on lui embellisse ses glises1 ne s\ffre pas volonti]s les dmolisseurs4 ,grgoire cep5dant contr$isait ,dieu qui a dit3 ,dtruisez1 dmolissez1 brisez1 brlez1 ravagez2 pulvrisez les /atues1 rasez les temples2 le f]1 le feu et le sang6#di ,mais1 pape roma91 il e/ ncessairem5t suprieur un dieu b>b>e4 ,il e/ civilis4 ,c'e/ p\r avoir pris la lettre les comm&em5ts de cette idole asiatique que les tri/es prote/ants allumr5t tant d'inc5dies en ,france et en ,allemagne4 ,l'auteur des ,con=mits les l\e de leur rage de/ructrice et il n'a sa disposition que trop de textes de pres de l'glise p\r corrobor] son fanatisme4 ,note #di3 ,exode1 ,,xxxiv1 #bc2 ,deut41 ,,xii1 #b1 #c4 ,le peuple n'e/ pas de/ructeur4 ,il n'en a pas les moy5s1 pas plus qu'il n'a ceux de con/ruire2 son rle e/ de cons]v]1 et il s'en e/ acquitt au c\rs des sicles avec un zle admirable1 malgr ses prtres4 ,on p\rrait recon/itu] la vieille religion roma9e avec ce que la pit populaire d'auj\rd'hui en a cons]v4 ,dans une prcd5te tude#ej1 on a donn quelques exemples de la cont9uit religieuse4 ,note #ej3 ,voir page #adb4 ,en voici d'autres1 qui ne sont pas sans intrt4 ,s'ils sont (f]ts sans coord9ation rig\reuse1 c'e/ qu'il ne s'agit ici que de notes introductives et d'un appel aux rudits plutt que d'un travail d'rudition4 ,les ,roma9s vnrai5t ,sp9i5sis1 qui protgeait leurs *amps contre les p9es1 les *>dons1 t\tes les mauvaises h]bes aigus1 nfa/es aux tr\peaux#ea2 n\s avons1 p\r le mme (fice1 ,n4-,d4 du ,*>don1 ,n4-,d4 de l'p9e que les paysans salu5t en rev5ant du lab\r et que les femmes1 le diman*e1 p>fum5t de b\quets4 ,sp9i5sis e/ *amptre2 il e/ vic9al4 ,les voyageurs mal r5seigns lui dem&5t leur *em9 et qu'il c>te les voleurs4 ,mais c'e/ ,trivia et ses obscurs auxiliaires que revi5n5t lgitimem5t ces so9s p>ticuli]s4 ,on tr\vait leurs images enca/res dans les troncs vnrables des vieux *nes1 peu prs semblables ces vi]ges dol5tes que l'corce ravive ens]re dans une ga9e vivante4 ,les dieux vic9aux1 dii semitales1 accueill5t les prires des voyageurs et agrent les ex-voto du ret\r4 ,on p5d aux bran*es de l'arbre le bton1 les s&ales1 ou la b\rse 7vide7 qu'ils ont prs]ve des b&its4 ,avant de p>tir1 on avait puis la s\rce vois9e un vase d'eau bnite 7lu/rale7 dont on s'asp]geait pieusem5t2 et le voyage accompli1 c'tait encore la mme crmonie4 ,ce que l'on avait promis l'idole1 elle l'exigeait4 ,le voeu tait sacr3 solv]e vota1 pay] le prix conv5u au contrat4 ,si ce prix1 comme encore auj\rd'hui1 allait aux prtres1 p>asites de ces asiles1 cela semblait ju/e2 avec l'arg5t des voeux1 les prtres1 du mo9s1 entreti5n5t la fra*eur des idoles et les n\rriss5t de prires et d'enc5s4 ,mais on retr\ve enf\is p> la pit sac]dotale des trsors sacrs4 ,le prtre e/ trop crdule p\r n'tre qu'un exploiteur2 il cra9t son dieu autant qu'il se fait1 lui1 cra9dre du fidle4 ,note #ea3 ,ev]>dus ,otto1 ,de ,diis vialibus4 ,magdeb\rg1 #agad4 ,,xxxi1 #a4 ,les p>apets des anci5s ponts tai5t somms au-dessus de *aque pili]1 ou v]s le milieu seulem5t1 de la /atue du protecteur1 trs s\v5t une vi]ge4 ,ammi5 ,m>cell9 dcrit ces images en un lat9 si v]t et si vivant qu'on croit lire une langue mod]ne#eb3 ,quales 9 comm>g9&is pontibus effigiati dolantur incomte 9 hom9um figuras4 ,les ponts d'auj\rd'hui s'orn5t de telles figures1 mais ridicules1 mme si elles tai5t trs belles1 p>ce qu'elles n'ont plus de signification4 ,l'art e/ oblig d'tre utile1 qu& il veut tre populaire4 ,les g5s s'arrtai5t un in/ant devant ces simulacres ou les saluai5t en passant1 a9si que font encore les paysans qui r5contr5t un calvaire ou une ,vi]ge4 ,comme presque t\j\rs les voyageurs pieux1 dit ,apule1 au db de ses ,florides1 s'ils r5contr5t sur leur r\te quelque bois sacr ou quelque lieu sa9t1 se mett5t en prires1 dpos5t un ex-voto1 s'arrt5t un in/ant4441 et p>mi les motifs de ces sanctuaires il cite le truncus dolam9e effigiatus et l'autel *amptre enguirl& que rappell5t s+ulirem5t les grossires bonnes vi]ges noires p>mi les fleurs fra*es4 ,c'e/ la ,diane des *em9s1 ,trivia1 que ,m>ie a succd le plus s\v5t2 et on se dem&e si la vieille idole fut p>t\t r5v]se1 si t\t l'ef=t contre la sup]/ition du peuple ab\tit plus qu'un *angem5t de nom8 ,mais si le nom fut *ang les attributs demeurr5t et les surnoms et les (fices2 ,diana s]vatrix devi5t t\t naturellem5t ,notre-,dame de ,bon-,sec\rs1 ou de ,rec\vrance1 et ,diana r$ux c'e/ ,n4-,d4 des ,flots1 celle qui assure contre le pril des longs voyages4 ,note #eb3 ,,xxxi1 ,i4 ,p>mi les autres dieux vic9aux1 l'un des plus aims tait ,silvanus4 ,les inscriptions en son honneur sont =t nombreuses4 ,on le qualifiait volonti]s de sanctus et il tait le matre des ,l>es3 ,,silvano ,,sancto4 ,,sacro ,,l>um4 ,c,,s>i ,c'tait un sa9t t\t fait4 ,il passa directem5t sur les autels *rti5s s\s ce nom de sa9t ,silva9 que lui donnait dj la pit populaire4 ,mais ,priape1 trop compromis1 dut *ang] de nom2 il prit celui de ,sanctus ,vitus1 af9 que les *rti5nes puss5t invoqu] sans r\gir le dieu p\r qui les femmes eur5t t\j\rs une p>ticulire dvotion4 ,a9si1 en quelques sicles1 la religion de la virg9it et de la pudeur en tait arrive1 s\s la pression du peuple1 tolr] sur ses autels le matre des luxures1 exemple amusant de la puissance naturelle de la vie6 ,mais il ne faut pas s'y mpr5dre2 canonis1 ,priape dev9t =t dc5t et enf9 matrimonial4 ,il ne dn\e plus l'aiguillette qu'au pr(it de la fcondit2 le dmon travaille peupl] le p>adis et donn] aux anges des frres#ec4 ,note #ec3 ,cf4 ,g4,h4 ,nieupoort1 ,rituum qui olim ap4 ,roman4 obt9u]unt ,lib]2 ,trves1 #agbc4 ,*aque maladie a son gurisseur et *aque mti] a son protecteur4 ,arnobe et ,s4 ,augu/9 raill5t l'humilit de ces dieux qui cons5t5t de si bas (fices2 ils ne raill]ai5t plus1 apologi/es du prs5t sicle4 ,ce qu'ils ont ha rgne1 au nom mme et s\s l'gide du ,dieu qui inspirait leur satire4 ,dieux gurisseurs ,sa9ts gurisseurs ,priape ,/rilit ,s4 ,vitus dev5u ,impuissance ,s4 ,gui1 ,s4 ,guignolet ,s4 ,pat]ne4 ,/r5ua ,faiblesse ,s4 ,=t4 ,apollon ,pe/e ,s4 ,ro*4 ,s4 ,sba/i54 ,h]cule ,epilepsie 7 ,s4 ,val5t94 ,junon ,luc9e ,d\leurs de l'enfantem5t ,/e ,m>gu]ite4 ,vibillia fait retr\v] leur ,s4 ,anto9e de *em9 aux ,pad\e fait retr\v] voyageurs g>s4 les objets p]dus4 ,hippona1 ou ,epopona ,maladies des *evaux ,s4 ,georges4 ,s4 ,eloi4 ,cette li/e n'e/ qu'une amorce4 ,on en cont9u]ait longtemps le p>alllisme1 avec plus ou mo9s de prcision4 ,a ,febris1 qui loignait la fivre2 ,rubigus1 qui prs]vait les bls de la r\ille2 ,/]cutius1 qui donnait sa valeur au fumi]2 ,orbona1 qui protgeait les orphel9s1 on oppos]ait une magnifique li/e d'analogues jeux de mots1 c>3 ,s4 ,bonav5ture gurit du mal d'av5ture4 ,s4 ,lg] -- de l'embonpo9t4 ,s4 ,ou5 -- de la surdit4 ,s4 ,claude -- les clops4 ,s4 ,cl\d -- des cl\s et b\tons4 ,s4 ,boniface -- de la maigreur4 ,s4 ,at\rni -- des t\rdissem5ts4 ,/e ,claire ,s4 ,clair ,/e ,luce des maux d'yeux4 ,/e ,flam9ie de ,clairmont ,s4 ,g5\ -- de la g\tte4 ,dans le symbolisme#ed1 sa9t ,georges et son dragon figur5t ,h]cule et l',hydre2 ,apollon porte-lyre revit en sa9te ,ccile1 en sa9t ,g5e/2 ,bac*us1 en ,s4 ,v9c5t2 ,vulca91 en ,s4 ,eloi2 ,mi?ra1 en ,n4-,d4 des ,sept ,d\leurs2 ,jupit] ,ammon1 dans le ,moyse cornu4 ,comme ,diane protgeait phse2 ,m9]ve1 ,a?nes2 ,vnus1 ,*ypre2 ,sa9te ligie protge ,anv]s2 ,s4 ,m>c1 ,v5ise2 ,s4 ,w5ceslas1 la ,bohme4 ,mme race1 mme psy*ologie1 mme religion2 cela e/ inv9cible4 ,au temps de la f]veur rpublica9e1 on (frit des b\quets la ,m>ianne de la place de la ,rpublique2 p\r exi/] dans l'me du peuple1 elle avait d se div9is]4 ,note #ed3 ,sur cette "q ,m4 ,gaidoz1 directeur de ,mlus9e1 e/ l'homme du monde le mieux docum5t4 ,beauc\p de sanctuaires roma9s sont d'anci5s temples paens qui1 dans leurs noms n\veaux1 laiss5t lire leur gnalogie#ee3 ,temples ,eglises ,jupit] ,f]etrius ,9 ,ara ,coeli4 ,la ,bonne ,desse ,/e-,m>ie ,av5t9e4 ,apollon ,capitol9 ,/e-,m>ie du ,capitole4 ,isis 7au cirque de ,flam9ius7 ,sancta ,m>ia 9 ,equirio4 ,m9]ve ,/e-,m>ie sur la ,m9]ve ,ve/a ,n4-,d4 du ,soleil4 ,romulus et ,remus ,s4 ,cme et ,s4 ,dami5 ,note #ee3 ,il y a des r5seignem5ts l-dessus1 mais pas t\j\rs trs srs1 dans la ,lettre crite de ,rome1 de ,cony]s ,middleton ,am/]dam1 #agfd4 ,les *aires en m>bre de c]ta9es glises de ,rome sont des baignoires qui vi5n5t de ,dioclti52 dans la ca?drale de ,naples1 les fonts baptismaux ne sont autre *ose qu'une anci5ne cuve de basalte orne de trs beaux bas-reliefs o se lit l'hi/oire de ,bac*us#ef4 ,prs de ,monteleone1 une ,ariane mutile1 dresse prs d'une fonta9e1 e/ vnre s\s le vocable de ,santa ,v5]e#eg2 les femmes invoqu5t son sec\rs en de c]ta9es circon/ances que le rvr5d n'ose prcis]1 mais qui doiv5t tre la fois la /rilit et les pe9es de coeur4 ,dans le vois9age il y a un havre appel ,porto ,santa ,v5]e4 ,la plus anci5ne glise btie ,naples remplaa un temple ddi ,artemis2 c'e/ la ,madone qui assuma t\te la dvotion antique2 comme ,pausilippe1 o elle succda ,vnus ,euplua1 nom qui correspond exactem5t ,n4-,d4 des ,flots4 ,note #ef3 ,paganism 9 ! ,roman ,*ur*1 by ! ,rev4 ,?4 ,tr$e1 pa/or ( ! evangelical *ur* ( ,naples 7,! ,op5 ,c\rt1 ,june #ahii74 ,ce rvr5d cont9ue1 mais avec une bonne humeur ironique et attri/e1 le travail des ,con=mits4 ,on ne saurait trop enc\rag] ces sortes de travaux2 dirigs contre le romanisme populaire1 ils en sont la plus utile et la plus belle apologie4 ,n\s utilisons la *>mante tude de ,m4 ,tr$e4 ,div9is p> ,adri5 p\r qui il tait mort1 ,ant9\s fut gratifi ,naples d'un temple dev5u populaire2 ,s4 ,jean-,bapti/e1 mort aussi p\r son matre1 a pris la place du favori de l'emp]eur4 ,ce seul exemple suffirait pr\v] quel po9t l'ide religieuse et l'ide morale sont des conceptions opposes2 elles sont s\v5t contradictoires4 ,le temple d',augu/e ,t]rac9e e/ dev5u avec une dlicieuse facilit l'glise ,s4 ,cs>e4 ,a ,m>sala1 l'auteur de l',apocalypse1 prde/9 ce rle1 r5d les oracles au fond de l'antre d'une anci5ne sibylle1 et vraim5t ici la navet conf9e l'pigramme4 ,a ,monte ,g>gano1 c'e/ ,s4 ,mi*el ,note #eg3 ,cf4 ,sa9te ,v5ise1 et voyez page #adb du prs5t ouvrage4 qui s'e/ sub/itu ,cal*as dans le mme (fice4 ,le ,mont ,cass9 jadis frqu5t p> ,apollon ,py?on s]t ma9t5ant de retraite ,s4 ,m>t91 autre tueur de mon/res4 ,a ,meta1 une ,vi]ge gurisseuse cont9ue au peuple les so9s qu'il recevait jadis de ,m9]va ,m$ica4 ,en gnral1 comme l'a dmontr ,m4 ,m>ignan#eh1 les pl]9ages aux tombeaux des sa9ts sont la cont9uation directe des pratiques du culte d',esculape2 mais p> la =ce du pr9cipe d'utilit1 sans lequel aucune religion ne peut vivre1 bi5 d'autres dieux qu',esculape fur5t gurisseurs et1 d'autre "p1 c'e/ la ,vi]ge ,m>ie qui1 trs frquemm5t1 a succd ces div9its bi5veillantes3 a9si encore ,cos1 o le peuple a retr\v avec joie en une ,n4-,d4 du ,p]ptuel-,sec\rs1 la piti des ,asclpiades#ei4 ,note #eh3 ,la ,mdec9e dans l'glise au ,v,ie sicle2 ,p>is1 ,pic>d1 #ahhg4 ,note #ei3 ,cf4 la prface des ,mimes d',hrondas1 trad4 de ,p4 ,quill>d2 ,p>is1 ,m]cure de ,france1 #aijj4 ,il y avait1 au sommet du mont ,v]g9e1 prs de ,naples1 un sanctuaire clbre de la ,bonne ,desse2 c'e/ encore la ,vi]ge qui reoit les c9quante mille pl]9s qui graviss5t t\s les ans la ,p5tecte la coll9e sacre4 ,sur le golfe de ,t>5te1 il y avait dans les pays anci5s un temple ddi ,hra1 clbre p>mi t\te la colonie grecque qui y v5ait en pl]9age1 s'y rp&ait en processions4 ,s\s les ,roma9s1 ,hro dev9t ,juno ,luc9a et au ,ve sicle l'vque ,lucif] trans=ma ,junon en ,m>ie4 ,les ,s>ras9s abolir5t ce que les *rti5s avai5t respect4 ,mais ,aphrodite rgne encore au mont ,eryx1 t\j\rs ple9 de colombes1 t\j\rs sacres2 elle a pris un nom de madone1 il e/ vrai2 les desses elles-mmes doiv5t p\r re/] femmes et belles1 se pli] la mode4 ,on a donn t\s ces dtails p\r fix] les ides et p\r faire rfl*ir4 ,ils val5t bi5 une diss]tation m?odique4 ,comme il s'agit d'ins9u] et non de pr\v]1 besogne infrieure1 on n'a pas le desse9 d'insi/] ni confr] les crmoniaux1 les moeurs1 les usages1 ni de rappel] p> exemple que la c\tume d'injuri] les sa9ts e/ une tradition paenne1 et qu'on honorait a9si ,dmt] et1 ,rhodes1 ,hracls1 et que le c>d9al ,bell>m9#fj con/ate que de son temps les fidles ne craignai5t pas de conspu] la ,sa9te ,vi]ge1 et blasphem&o m]etricem appell>e non tim5t4 ,les p>allles se gt5t qu& on multiplie les dtails et les po9ts de comp>aison4 ,cela donne au scepticisme le temps de se ret\rn] et de prp>] ses argum5ts4 ,note #fj3 ,trait de l'art de bi5 m\rir1 t4 ,,iii4 ,comme les langues1 les religions se sont sy/matises et localises1 selon une logique que la sci5ce peut analys]1 mais qu'elle ne peut ni r=m]1 ni dirig]4 ,t\t pays o le *ri/ianisme s'e/ ent sur la b>b>ie a une t5dance au prote/antisme2 ,t\t pays o le *ri/ianisme s'e/ ent sur le romanisme a une t5dance au ca?olicisme4 ,l l'vangile n'a pas tr\v de contre-poids dans une civilisation antrieure2 ici1 il a t rsorb p> une civilisation puissante4 ,que l'on consulte une c>te d',europe4 ,cette ?orie n'y e/ contr$ite que p> l'exi/5ce de quelques lots2 mais nul d\te que les hi/oires p>ticulires ne les fass5t r5tr] dans l'explication gnrale4 ,on compr5drait de mme la sp>ation de l',ori5t en ca?olicisme grec et en religion or?odoxe1 celle-ci n'tant t\t au fond qu'un prote/antisme sectaire t\j\rs b\illonnant1 t\j\rs prt enfonc] la porte de l'autorit4 ,le ca?olicisme grec s'e/ propag en pays de dom9ation roma9e ou byzant9e2 la religion or?odoxe s'e/ implante *ez des b>b>es4 ,la ,france1 qui n'e/ pas une t]re lat9e1 e/ une t]re romanise2 elle ne peut g>d] son orig9alit qu'en demeurant ca?olique1 c'e/--dire paenne et roma9e1 c'e/--dire anti-prote/ante4 ,mais elle ne peut pas plus dev5ir prote/ante qu'elle ne peut dev5ir anglaise ou turque4 ,c'e/ l un tat de fait inv9cible et ironique contre lequel se but]ont t]nellem5t les conv]tisseurs4 ,il faut raill] leurs ef=ts1 oppos] imprieusem5t aux fumes de leur morale l\rde l'clat d'un paganisme qui se rit de t\t1 except de la vie4 ,si on nglige les =mes passagres et locales1 on peut dire qu'il n'y a jamais eu qu'une religion1 la religion populaire1 t]nelle et immuable comme le s5tim5t huma9 lui-mme4 ,ce qui s'e/ modifi1 c'e/ l'esprit religieux1 c'e/--dire la manire d'int]prt] ou de ni] les symboles2 mais ceci se passe en des ttes qui vraim5t n'ont pas beso9 de religion1 puisqu'elles discut5t4 ,la vraie religion e/ matire croyance et non controv]ses4 ,elle e/ matire expri5ces1 mais non dmon/rations hi/oriques ou philosophiques4 ,des pl]9s boiteux ont-ils1 oui ou non1 laiss leurs bquilles phse ou ,l\rdes8 ,voil la "q1 qui n'en fut pas une p\r les tmo9s oculaires4 ,t\te ide de vrit doit tre c>te des tudes religieuses1 et mme de vrit relative4 ,une religion e/ utile et elle vit2 inutile1 et elle meurt4 ,la vraie religion e/ une =me de la ?rapeutique2 mais elle va plus lo9 et gurit des maux plus obscurs et avec des moy5s plus nafs que la mdec9e naturelle4 ,elle gurit mme la vague inquitude spirituelle des mes simples2 et cela e/ trs beau4 ,t\s les moy5s lui sont bons1 soit2 mais ce qui e/ utile un homme sans nuire aux autres hommes n'e/ jamais mauvais4 ,raill] la sup]/ition religieuse ou la maudire1 c'e/ av\] que l'on fait p>tie d'une secte1 au mo9s secrte4 ,a une c]ta9e hauteur au-dessus des psy*ologies moy5nes on reg>de comme des faits du mme ordre le ,pat] ,no/] et l',oraison ,sa9te ,apoll9e contre le mal de d5ts4 ,ds qu'il y a croyance1 il y a sup]/ition4 ,il faut s'accommod] de cela et ne pas essay] de limit] l'absurde4 ,qu& ,lu!r1 aprs avoir consult les sa9tes critures1 dcl>e qu'il n'y a que trois sacrem5ts1 il p>le en pauvre homme4 ,il compte les caill\x que le ,petit ,p\cet avait dans sa po*e et suppute s'ils tai5t de granit ou de pi]re meulire4 ,la rose qui p>le e/-elle ? ou m\sse8 ,c'e/ des problmes de cette importance que se rapport5t t\tes les batailles religieuses2 ou de quels joyaux tait l'aigrette de la ,huppe8 ,le ca?olicisme populaire a regagn dans le *amp b>iol de la sup]/ition t\t le t]ra9 qu'il avait cd au rationalisme s\s l'influ5ce tri/e de la ,r=me4 ,t\te une my?ologie fleurit s\s nos yeux2 elle n'a pas reu de la posie le pre/ige des lg5des grecques2 mais elle n'en e/ que meilleure p\r la sci5ce1 tant mo9s d=me4 ,il s]ait1 je crois1 plus s5s de l'tudi] que d'en rire4 ,rit-on de l'absurdit des inexplicables travaux d',h]cule8 ,on a rdig sur la g5se des dieux triples d'excell5tes diss]tations1 mais sans pr5dre g>de que depuis soixante ans1 et mo9s1 une et peut-tre deux tr9its n\velles1 en*evtres les unes dans les autres1 tai5t nes s\s nos yeux1 et cela l'insu mme de ceux qui les ont cres p> le zle inquiet de leur pit4 ,de n\veaux sa9ts1 de n\veaux dieux1 sont sortis de l'ombre sans qu'y ai5t pris g>de ceux qui diss]t5t de l'orig9e des div9its4 ,et cep5dant le prs5t explique m]veilleusem5t le pass2 ce qui n'e/ pas my/rieux auj\rd'hui ne le fut pas jadis2 ce qui n'e/ qu'un fait lm5taire de psy*ologie ne fut pas davantage aux sicles antrieurs4 ,on n'a encore jamais enseign aux hommes vivre dans le prs5t1 d'ailleurs ils y rpugn5t4 ,les uns s'en vont v]s le pass1 o il y a du mo9s des lumires2 les autres se t\rn5t1 t]nels bahis1 v]s l'av5ir1 ce ciel ironique4 ,ayant tabli ce qu'ils appell5t les lois de l'hi/oire1 et ce qui n'e/1 en somme1 que la coord9ation logique de leurs dsirs1 des rveurs ordonn5t avec gravit le l5dema9 des j\rs qu'ils auront oubli de vivre4 ,comme s'il y avait un av5ir6 ,comme si le futur p\vait tre p]u en tant que futur1 comme si la vie se ralisait jamais en dehors du prs5t1 de la m9ute mme o la s5sation n\s av]tit de notre exi/5ce6 ,on a fait des livres sur la religion et mme sur l'irrligion de l'av5ir4 ,ce sont des productions gaies4 ,v]s les annes o ,cicron prvoyait un av5ir de sci5ce et de philosophie1 de lib]t intellectuelle1 il naissait en ,jude1 p>mi les copeaux d'une cabane1 un paysan nomm ,joseph4 ,l'av5ir n'e/ pas plus clair p\r n\s qu'il ne l'tait p\r ,cicron au temps qu'il se riait des ,augures4 ,mai #aijj ,,vi ,,la ,,morale ,,de ,l',,am\r ,i ,quelques mdec9s ont propos trs srieusem5t1 au nom de la sci5ce1 au nom de la v]tu1 au nom du bi5 social 7c> les ides viv5t dornavant dans la promiscuit la plus tri/e71 de considr] comme un dlit t\t acte sexuel p]ptr en dehors du m>iage4 ,c'e/ le dsir de ,m4 ,ribb+#fa1 entre autres1 et le dsir de ,m4 ,fr1 auteurs t\s les deux de diss]tations plutt provocatrices4 ,les ouvrages de ces m95ts docteurs de l'am\r ont remplac dans les lectures secrtes les suranns manuels des confesseurs et les piquantes diss]tations 9 sexto qui *>mr5t tant de collgi5s2 ils ont mme *ass du tiroir1 tel e/ le pre/ige de la sci5ce6 les petits livres grivois qui fir5t la =tune et la rputation de la ,belgique4 ,et p\rtant qu'ils sont mdiocres1 ces pr(esseurs de sexualit1 pe9e mo9s qu'un ,meursius6 ,j'ai lu presque t\s ces livres 7oh6 que la *air e/ tri/e7 et je n'en ai pas r5contr un seul qui m'apprt quelque *ose de n\veau1 quelque *ose qu'ignor]ait un homme qui a vcu et qui a reg>d la vie des autres hommes4 ,il y a quelques annes1 on p\rsuivit devant les tribunaux le travail d'un c]ta9 docteur ,moll1 qui avait trait ce sujet galant1 les p]v]sions de l'in/9ct sexuel1 et cela p>ut ridicule1 c> les plus =tes rvlations du savant homme tai5t dj dans ,t>dieu1 et avant ,t>dieu dans ,liguori1 et avant ,liguori dans ,m>tial et dans les ,priapes1 et a9si de suite jusqu'au comm5cem5t du monde4 ,si1 aux d]ni]s sicles1 la littrature grave e/ peu abondante sur ces matires1 rs]ves l'arrire-b\tique des libraires v\s la place de ,grve1 c'e/ qu'on savait le lat9 et que l'antiquit subv5ait aux curiosits2 c'e/ aussi que la sodomie tait t5ue p\r un crime capital et que le saphisme1 au contraire1 semblait nos anctres indulg5ts le passe-temps naturel des filles sages4 ,au ,x,v,i,ie sicle1 il tait av\ et entr dans la galant]ie des prcieuses4 ,il faut la grossiret prov9ciale de la ,palat9e p\r injuri] ce propos la v]tueuse ,ma9t5on4 ,on appelait cela un comm]ce innoc5t1 et de tels jeux on raillait la joie imp>faite#fb1 et les secrtaires des demoiselles donn5t p\r ces petites intrigues des modles d'ptres am\reuses4 ,notre civilisation1 en dev5ant dmocratique1 s'e/ mise t\t pr5dre au srieux2 le monde fut guid p> des p>v5us intellectuels qui se prir5t trembl] devant le cat*isme que les ari/ocraties de jadis faisai5t enseign] au peuple p> leurs dome/iques4 ,c'e/ a9si qu'il s'e/ =m une morale sexuelle et qu'on e/ am5 trait] srieusem5t1 puisqu'il faut t5ir compte de l'op9ion1 des que/ions que l'humanit a depuis longtemps rsolues son pr(it4 ,note #fa3 ,l',hygine sexuelle et ses consqu5ces morales1 p4 #bae4 ,note #fb3 ,sur deux filles c\*es ensemble1 l'une faisant le g>on et p>lant sa compagne4 ,cette pice se tr\ve dans plusieurs ,recueils du temps4 ,la sobrit1 dit ,la ,ro*ef\cauld1 e/ l'am\r de la sant et l'impuissance de mang] beauc\p4 ,la *a/et se df9it p> les mmes mots1 hormis l'avant-d]ni]1 auquel on sub/itu]a un t]me mo9s honnte4 ,et on devrait peut-tre en re/] l et s'amus] v>i] l'inf9i les nuances relatives d'une maxime dittique qui aurait fond une n\velle philosophie1 si les hommes savai5t lire4 ,elle s'adapte aux v]tus qui ne sont que passives1 et1 r5v]se1 t\tes les autres2 c> il y a un impratif physiologique et n\s n'avons de moy5 de lui rsi/] que dans la faiblesse des organes qu'il doit mettre en jeu p\r se faire obir4 ,cette faiblesse e/ un signe de dcad5ce organique2 l'impuissance de mang] beauc\p peut all] jusqu' l'incapacit de se n\rrir2 c'e/ la dite1 c'e/ la cont95ce4 ,on s'imag9e gnralem5t que les hommes *a/es ex]c5t sur leurs dsirs une p]ptuelle tyrannie2 la cont95ce du cl]g e/ p\r les femmes l'exemple d'un m>tyre incessant4 ,les femmes se tromp5t2 non pas qu'elles e/im5t trop les plaisirs dont elles dispos5t2 mais1 et cela ne leur e/ pas p>ticuli]1 elles pr5n5t ici la cause p\r l'effet2 elles r5v]s5t les t]mes tels qu'ils se pos5t dans le ?me d'une bonne logique4 ,l'homme qui1 de son ple9 gr1 se v\e la cont95ce1 c'e/ qu'il e/ glac4 ,voil la vrit4 ,et la femme qui entre volontairem5t dans un c\v5t1 elle affirme la nullit de ses dsirs *>nels4 ,leur *a/et e/ un tat physiologique et qui1 en gnral1 ne comporte pas plus l'ide de v]tu que1 *ez un vieill>d1 la frigidit4 ,il y a ou il n'y a pas dsir et1 hors les cas o il n'e/ que morbide1 le dsir se rs\t en acte4 ,cela e/ p>ticulirem5t imprieux dans la sexualit2 l'vacuation e/ fatale4 ,m4 ,fr1 qui n'e/ p\rtant mu p> aucune ide religieuse1 p>le ici comme un bon vieux ?ologi53 ,p\r l'individu cont95t1 les pollutions nocturnes con/itu5t une sauveg>de contre la turbul5ce sexuelle#fc4 ,cela1 c'e/ la contrep>tie de l'o/5tation v]tueuse ou de la v]tu =ce2 la v]tu physiologique1 celle qui e/ la consqu5ce lgitime de la faiblesse des organes1 s'p>gne du mo9s de telles sauveg>des4 ,on n'agit dcemm5t qu'en con=mit avec sa propre nature2 les g5s qui veul5t agir ou ne pas agir d'aprs les ordres d'une morale extrieure leur vrit p]sonnelle f9iss5t1 ,dieu aidant1 dans les compromis les plus saugr5us4 ,il n\s re/e n\s dem&] si1 qu& on punira de la prison 7ou1 qui sait1 de la mort1 c> aux gr&s maux les gr&s remdes7 les actes sexuels extra conjugaux1 il s]a p]mis de se complaire avec le succube4 ,c'e/ une "q que trait5t trs srieusem5t les casui/es1 et quelques-uns sont indulg5ts aux plaisirs qui n\s vi5n5t en songe4 ,note #fc3 ,l',in/9ct sexuel2 volution et dissolution1 p4 #cja4 ,la sci5ce1 qui ne devrait tre que la con/atation des faits et la re*]*e des causes1 en e/ arrive1 p> impuissance de faire son devoir1 la priode lgislatrice4 ,l'am\r libre eng5dre des maux vid5ts et que nul ne dnie3 une loi contre l'am\r2 l'alcool e/ nfa/e3 une loi contre l'alcool2 l'opium1 l'!r n\s m5ac5t1 ou peut-tre le kif3 une loi contre ces drogues4 ,et p\rquoi pas aussi contre le gibi]1 les truffes et le b\rgogne1 si cruels c]ta9s tempram5ts8 ,et p\rquoi enf9 l'hygine ne s]ait-elle pas codifie comme la morale8 ,ne rationne-t-on po9t les animaux dome/iques8 ,p>mi les p>adoxes de ,campanella1 qui n'ont pas t dpasss1 ni atte9ts1 mme p> la sci5ce sexuelle1 on tr\ve ceci3 qu'il e/ absurde de donn] tant de so9s l'amlioration de la race des *i5s et des *evaux1 qu& on nglige sa propre race4 ,sa9t ,?omas d',aqu91 dont les sociali/es repr5n5t +nieusem5t les ides1 p5sait aussi que1 la gnration tant faite p\r cons]v] l'espce1 l'acte p> quoi elle e/ assure doit tre s\/rait aux caprices p>ticuli]s4 ,mais le ?ologi5 tr\va dans la discipl9e de l'glise un fre9 sa logique2 ,campanella qui1 quoique mo9e et bon mo9e1 prt5d au droit de rdig] des rv]ies la fois anti-*rti5nes et anti-huma9es1 e/ all jusqu'au b\t de la ?orie4 ,son organisation de l'am\r e/ p\vantable et curieuse2 elle e/ mo9s dure et mo9s absurde que celle de la tyrannie sci5tifique3 ,l'ge auquel on peut comm5c] se livr] au travail de la gnration e/ fix p\r les femmes dix-neuf ans2 p\r les hommes v+t et un ans4 ,cette poque e/ encore recule p\r les individus d'un tempram5t froid2 en revan*e1 il e/ p]mis plusieurs autres de voir avant cet ge quelques femmes1 mais ils ne peuv5t avoir de rapports qu'avec celles qui sont ou /riles ou ence9tes4 ,cette p]mission leur e/ accorde1 de cra9te qu'ils ne satisfass5t leurs passions p> des moy5s contre nature2 des matresses matrones et des matres vieill>ds p\rvoi5t aux beso9s *>nels de ceux qu'un tempram5t plus ard5t /imule davantage4 ,les jeunes g5s confi5t en secret leurs dsirs ces matres qui sav5t d'ailleurs les pntr] la f\gue que montr5t les adultes dans les jeux publics4 ,cep5dant ri5 ne peut se faire cet g>d sans l'autorisation du magi/rat spcialem5t prpos la gnration1 et qui e/ un trs habile mdec9 dp5dant immdiatem5t du triumvir ,am\r444 ,dans les jeux publics1 hommes et femmes p>aiss5t sans aucun vtem5t1 la manire des ,lacdmoni5s1 et les magi/rats voi5t quels sont ceux qui1 p> leur con=mation1 doiv5t tre plus ou mo9s aptes aux unions sexuelles1 et dont les p>ties se convi5n5t rciproquem5t le mieux4 ,c'e/ aprs s'tre baigns et seulem5t t\tes les trois nuits qu'ils peuv5t se livr] l'acte gnrateur4 ,les femmes gr&es et belles ne sont unies qu' des hommes gr&s et bi5 con/itus2 les femmes qui ont de l'embonpo9t sont unies des hommes secs2 et celles qui n'en ont pas sont rs]ves des hommes gras1 p\r que leurs div]s tempram5ts se fond5t et qu'ils produis5t une race bi5 con/itue444 ,l'homme et la femme dorm5t dans deux cellules sp>es jusqu' l'heure de l'union2 une matrone vi5t ouvrir les deux portes l'in/ant fix4 ,l'a/rologue et le mdec9 dcid5t quelle e/ l'heure la plus propice#fd4 ,l'a/rologue donne ce programme rotique un t\r naf qui n'e/ pas sans agrm5t2 l'a/rologue manque au projet de loi de ,m4 ,ribb+1 mais on y v]rait sans surprise la matrone1 qui prside dj tant d'unions subreptices4 ,ce s]ait sa rhabilitation que de t5ir dsormais la *&elle conjugale et de donn] aux p\x1 sur l'avis de la ,facult1 le signal du d"p4 ,note #fd3 ,la ,cit du ,soleil2 trad4 de ,j4 ,rosset1 p4 #aha1 ,oeuvres *oisies de ,campanella4 ,p>is1 #ahdg4 ,on aurait pu aussi bi5 cit] ,platon1 ,rpublique1 ,v1 que ,campanella suit d'assez prs1 mais avec son orig9alit propre4 ,platon1 au vrai1 en t\t ce *apitre1 n'e/ pas mo9s naf que le rveur du ,x,v,i,ie sicle4 ,l'abs5ce de psy*ologie srieuse1 de sages obs]vations sci5tifiques1 donne t\te cette philosophie politique de jadis un air dcidm5t enfant94 ,les esprits politiques de notre temps qu'on appelle avanc1 les collectivi/es1 p> exemple1 ont cet air enfant91 cause de leur croyance1 d'orig9e religieuse1 qu'on peut *ang] la nature huma9e1 en *angeant les lois huma9es4 ,ils brid5t le *eval p> la queue avec un enttem5t d\x4 ,comme ,platon e/ suprieur1 aux deux livres ,,viii et ,,ix de cette mme ,rpublique1 o il considre l'hi/oire p\r en tir] une philosophie6 ,l il travaille sur des faits rels et non plus sur des faits crs p> sa logique ou celle de ,lycurgue4 ,aim-,m>t91 qui aimait si =t ,platon1 a fait du ,platon utopi/e le plus cruel loge en disant3 ,qui connat ,platon le retr\ve p>t\t dans les crits de ,plut>que1 de ,fnelon1 de ,r\sseau1 de ,b]n>d9 de ,sa9t-,pi]re4 ,ces gr&s hommes444 ,non1 c'e/ ici le co9 des utopi/es2 disons3 ces gr&s enfants4 ,plus heureux que ,platon et que ,campanella1 les lgislateurs mod]nes de l'am\r ouvr5t une voie o ils ont1 hlas6 beauc\p de *ances d'tre suivis4 ,ils flatt5t si adroitem5t la manire tyrannique des dmocraties6 ,il e/ naturel que si le p\voir e/ aux ma9s des faibles les lois t5d5t protg] la faiblesse4 ,le peuple a une c]ta9e consci5ce de son incapacit se conduire et il e/ assez probable qu'il accept]ait avec plaisir1 en mme temps qu'une loi qui l'emp*]ait de se sl]1 une loi qui le protg]ait contre la syphilis4 ,la t5dance mod]ne e/ de faire deux p>ts des lib]ts huma9es2 aprs qu'on aura supprim t\tes celles qu'il e/ possible de supprim]1 les autres subiront une rglem5tation rig\reuse4 ,sur quoi p\rrait s'appuy] une loi contre l'am\r8 ,mais1 rpond ,m4 ,fr1 qui philosophe volonti]s et pas sans tal5t1 sur l'utilit prive et publique1 sur l'utilit dans le milieu actuel qui e/ la morale actuelle4 ,c'e/ un pr9cipe1 cela1 et il comm5ce se rp&re4 ,ne le pr5ons pas au tragique1 cep5dant1 c> les ?ories individuali/es f\rniss5t p\r le dtruire assez d'argum5ts connus et s\v5t manis4 ,ce n'e/ pas d'auj\rd'hui qu'il e/ n2 ,goe! a daign en rire2 qu& ,augu/e ,comte en fit la base de son sy/me social1 un homme d'esprit reconnut aussitt qu'il s'agissait de crer une humanit heureuse avec des hommes dont on aurait dtruit le bonheur individuel4 ,la critique e/ bonne1 puisqu'elle s'attaque directem5t l'ide mme4 ,on peut la prcis]4 ,,ii ,l'homme e/ une colonie animale d\e d'un sy/me n]veux c5tral1 d'un c5tre de consci5ce et d'action1 au mo9s illusionnel4 ,la socit e/ une colonie animale sans sy/me n]veux c5tral4 ,la consci5ce d'un peuple1 la consci5ce de l'humanit3 mtaphores4 ,il s'agit t\j\rs d'une consci5ce p>ticulire laquelle p> imitation s'agrg5t les consci5ces p>ses2 mais la loi de l'unisson e/ =t lo9 d'tre absolue et1 mme plus n]giques ou plus nombreuses1 les div]g5ces qui se tais5t ou qui n'ont pas tr\v leur organe sont va9cues p> un ass5tim5t qui p>at unanime4 ,les hommes sont trs s\v5t dupes des mtaphores qu'ils ont cres eux-mmes4 ,on risque une comp>aison1 on la p\sse un peu1 une trans=mation s'opre4 ,p>is e/ dev5u le c]veau de la ,france4 ,l'image admise1 et elle n'a ri5 de f*eux1 voici les artres1 les n]fs1 les muscles1 le squelette1 une p]sonne huma9e vivante et vraie1 la ,france1 et n\s sommes dupes3 c> t\s les raisonnem5ts qui agrai5t notre logique1 appliqus au corps huma91 n\s allons les rpt] avec innoc5ce sur un tre fictif et qui1 en tant que matire dissection psy*ologique1 ne peut tre srieusem5t comp> ri54 ,un homme e/ un homme1 un pays e/ un pays4 ,si on n'en revi5t pas l aprs quelques figures1 on n'a fait qu'une excursion ridicule dans la mauvaise littrature#fe4 ,note #fe3 ,la comp>aison de l'organisme social au corps huma91 c'e/ encore du ,platon4 ,il rsume son inv5tion en cette phrase de la ,rpublique1 ,v3 ,n\s sommes conv5us de ce qui tait le plus gr& bi5 de la socit1 et n\s avons comp> en ce po9t une rpublique bi5 g\v]ne au corps1 dont t\s les membres ress5t5t en commun le plaisir et la d\leur d'un seul membre4 ,cep5dant si on analyse ces mots1 pays1 nation1 socit1 peuple1 et d'autres1 d'9gale imprcision1 on y tr\ve t\j\rs p\r lm5t ess5tiel l'homme2 c'e/ cet lm5t1 qui a son importance1 que les sociologues s'appliqu5t mconnatre4 ,satisfaits du ,g>gantua qu'ils ont laborieusem5t cr1 ils font t5ir t\s les hommes dans les po*es de sa h\ppel&e1 et le mon/re les dvore un un1 comme fait des boeufs1 des m\tons et des mo9es le pre de ,pantagruel1 selon les images de ,gu/ave ,dor4 ,l'homme n'e/ ri51 c'e/ vrai2 et il e/ t\t1 tant la condition mme de l'exi/5ce du monde4 ,le monde1 qui e/ cr p> lui1 e/ encore cr p\r lui1 et les socits1 o il n'e/ qu'un atme1 ds qu'elles le froiss5t1 devi5n5t hassables et peut-tre caduques4 ,que l'on ti5ne p\r bon ce ?orme3 t\t ce qui e/ utile l'abeille e/ utile la ru*e2 et qu'on n'essaie pas d'en r5v]s] les t]mes1 si l'on ne veut tre t5u p\r un simple faiseur de jeux de mots4 ,la s5sibilit e/ dans l'homme et non dans la socit2 il s'agit de moi1 et de moi seul1 mme qu& je refuse de me sp>] du gr\pe social4 ,le vritable cim5t d'une communaut1 c'e/ l'gsme2 au mom5t qu'un homme se =tifie et se gr&it1 il assure p> cela mme la sant et la puissance de la rpublique4 ,l'ide de sacrifice e/ p>mi les plus p]v]ses qu'ait intronises le *ri/ianisme4 ,mise en action elle s'exprime a9si3 ngation d'un bi5 connu en faveur d'un bi5 inconnu4 ,on sait ce que l'on sacrifie et le plaisir dont on se prive2 on ignore la rp]cussion vritable de ce sacrifice en autrui et s\v5t le mal que n\s assumons s]a p\r notre favori un mal plus gr& encore4 ,que de femmes1 puisqu'il s'agit d'am\r1 aurai5t d1 p\r leur bonheur t]nel1 tre viol5tes1 et combi5 ont pti de la rs]ve trop noble de leur amant6 ,et que d'enfants1 et p>ticulirem5t de jeunes filles *rti5nes leves au bib]on du sacrifice1 dont la vie effroyable trane comme une *ane un des v]sets de l'vangile juif6 ,si une socit ne peut vivre sans la notion et la pratique du sacrifice1 je ne sais si elle e/ mauvaise1 mais elle e/ absurde4 ,la =ce a les droits de la =ce2 elle les outrepasse en jetant trav]s le monde des aphorismes envelopps de v]tu comme des piges ca*s s\s des feuilles mortes4 ,le sacrifice1 s'il n'e/ pas un acte spontan d'am\r1 s'il e/ impos p> un cat*isme ou un code1 e/ un des crimes les plus rvoltants que l'homme puisse commettre contre lui-mme3 que ce sacrifice soit d'un homme un homme1 ou d'un homme un gr\pe1 il ne *ange de c>actre que p\r s'aggrav]4 ,c'e/ un plaisir encore de r5onc] un plaisir p\r assur] la joie ou le repos d'un tre que l'on aime2 et c'e/ un plaisir1 p>ce que c'e/ un acte g/e2 p>ce que complaire un autre soi-mme1 c'e/ se complaire soi-mme4 ,ici n\s sommes dans la rgle naturelle et dans la logique de la s5sibilit4 ,mais quelle e/ la valeur de ce r5oncem5t1 si c'e/ au pr(it d'un inconnu ou1 ce qui va plus lo91 au pr(it d'une ab/raction1 de l'un des mots du dictionnaire8 ,quelle valeur exacte8 ,celle d'un acte de s]vitude4 ,les esclavages volontaires sont les pires3 le sacrifice e/ t\j\rs volontaire1 puisqu'il implique au mo9s le cons5tem5t du m>tyr4 ,lors donc que l'on dem&e aux hommes de sacrifi] leurs plaisirs p]sonnels la prosprit de la socit1 on leur dem&e d'agir en esclaves1 de remettre aux lois le g\v]nem5t de leurs s5sations1 la direction de leurs ge/es1 le maniem5t gnral de leur s5sibilit4 ,n\s retr\vons le tr\peau avec ses talons privilgis1 ses femelles reproductrices et la tr\pe des neutres sacrifis1 s\s prtexte de bi5 gnral1 une utilit qui n'a mme plus aucun rapport avec la cons]vation de l'espce4 ,le droit d'une lgislature mdicale rglem5t] l'am\r p\rrait tre trs t5du2 c> quelles fantaisies l'utilit sociale n'a-t-elle pas inspires aux ,lycurgues8 ,s*op5hau] proposait la ca/ration comme *tim5t des crim9els4 ,ri5 de plus sci5tifique4 ,les mdec9s l'impos]ai5t1 non plus aux seuls dl9quants1 mais t\s les t>s de l'hrdit3 moy5 radical de supprim] en quelques gnrations les dia?ses transmissibles4 ,voil les boeufs de la prairie sociale3 qu'en f]a-t-on1 qu& ils s]ont gras8 ,mais la "q ne se pose pas encore4 ,il s'agit seulem5t1 au nom de l'utilit actuelle1 qui e/ la morale actuelle1 de rduire l'am\r des actes conjugaux1 de faire enf9 rgn] la loi mosaque dont les hommes ne connaiss5t pas encore t\te la d\ceur4 ,l'utopi/e1 ayant ralis cet ef=t orig9al1 s'arrte et d\te2 non de lui-mme1 mais de la possibilit de ralis] son idal4 ,cette faiblesse n\s prive de considrations piquantes sur l'tat prs5t des moeurs et aussi sur la nature huma9e4 ,on y supplera4 ,l'utopi/e e/ un type =t bi5 connu et que l'on peut dpec] de s\v5ir4 ,il y a deux manires de vivre3 dans la s5sation et dans l'ab/raction4 ,l'utopi/e1 mme homme de sci5ce1 mme excell5t obs]vateur de m5us faits1 ab&onne1 ds qu'il veut gnralis] ses ides1 t\t contact avec la ralit4 ,voyant1 p> exemple1 que la pro/itution svit dans les socits mod]nes1 il en conclut immdiatem5t3 la pro/itution e/ un fait social1 et li une c]ta9e =me de la socit4 ,con/ruisez une socit o t\tes les filles s]ont m>ies dix-huit ans1 il n'y aura plus de pro/itues4 ,cette sorte de raisonnem5t ne manque pas d'lgance4 ,cep5dant1 si l'on ins9uait que la pro/itution e/ un fait huma91 avant d'tre un fait social1 on arriv]ait sans d\te1 p> d'analogues dductions1 pr\v] que t\tes les socits1 quelles soi5t-elles1 et mme ordonnes selon les imag9ations les plus scrupuleuses1 conti5dront des pro/itues1 et t\tes en nombre peu prs gal4 ,la pro/itution *ang]a de =me sociale selon la =me de la socit1 elle ne *ang]a que de =me4 ,aucunes lois n'emp*]ont ni une femme bav>de de p>l]1 ni une femme lascive de *]*] des amants4 ,on p\rrait object] que les pro/itues ne font pas l'am\r p> plaisir2 non1 pas au po9t o elles le pratiqu5t et s\s trop de =mes peu plaisantes p\r elles2 mais au db de sa c>rire une pro/itue a presque t\j\rs t la victime de son tempram5t1 de ses curiosits vicieuses1 de son gt p\r le mle4 ,p> quelle magie les utopi/es *ang]ont-ils l'ordre des ractions dans un sy/me n]veux8 ,a mo9s 7ce que je crois7 qu'ils ne j\5t innocemm5t sur les mots1 ils convi5dront1 et c'e/ d'ailleurs l'op9ion de ,m4 ,fr1 que ce qui con/itue la pro/itution1 ce n'e/ pas le salaire1 mais la promiscuit4 ,alors le m>iage1 appliqu t\s les c\ples1 mo9s qu'on ne lui accorde une valeur my/rieuse de sacrem5t en quoi rfrn]a-t-il srieusem5t la promiscuit8 ,le m>iage1 mme civil1 a-t-il sur les maladies vnri5nes l'effet de l'tole de sa9t ,hub]t8 ,peut-tre cep5dant les utopi/es croi5t-ils que dans leur utopie le m>iage s]a respect8 ,cela dp5dra de la rigueur de la loi4 ,mais les ,g]ma9s appliquai5t1 en matire d'adultre1 la pe9e de mort1 et ils avai5t occasion de l'appliqu]4 ,p>fois des hommes1 mme l*es1 prfr5t la mort c]ta9es tri/esses3 on se suicid]a beauc\p dans le p>adis des lgislateurs de l'am\r4 ,,iii ,quelle e/ la morale de l'am\r8 ,il n'y en a pas1 en dehors des codes et des usages sociaux1 dont les codes1 p\r tre sages1 ne doiv5t tre que la rdaction2 mais dans t\s les pays civiliss l'usage social1 en ce qui t\*e aux manife/ations sexuelles1 se confond avec la lib]t absolue4 ,cette expression1 pays civiliss1 e/ peut-tre hypo?tique3 si elle n'a pas d'application prs5te1 puisque n\s vivons s\s le j\g d'une morale ennemie des in/9cts de notre race1 on se report]a1 p\r la compr5dre1 la glorieuse priode de l'empire roma91 aux sicles calomnis p> les dmagogues *rti5s1 ou de l',italie du ,quattroc5to ou de la ,france de ,franois ,i]4 ,l'am\r1 mme en ses ge/es publics1 e/ du doma9e priv2 et il a t\s les droits1 prcism5t p>ce qu'il e/ un in/9ct1 et l'in/9ct p> excell5ce#ff4 ,c'e/ ce que reconnaiss5t implicitem5t mme les morali/es de la sci5ce en appelant a9si leurs crits4 ,qu'il e/ va9 d'insr]1 s\s ce titre1 l'in/9ct sexuel1 des m5aces contre la vie1 contre les moy5s que *oisit son gr p\r se p]ptu] la vie t]nelle6 ,os] dire l'in/9ct qu'il se trompe1 c'e/ une des prt5tions de la raison1 mais peu raisonnable2 la raison n'e/ l qu'une spectatrice qui compte et catalogue des attitudes que son ess5ce mme lui int]dit de compr5dre4 ,le peuple1 oui le peuple du ,x,i,xe sicle 7ou du ,x,xe sicle71 qui s'bahit aux clipses et en applaudit le succs#fg1 n'e/ pas sans croire que la ,sci5ce e/ p\r quelque *ose dans la belle ordonnance du phnomne4 ,nos dcrets contre l'in/9ct vital p\rrai5t =t bi5 faire illusion au peuple de la sci5ce1 mais non aux vritables obs]vateurs et dont la sagesse ne veut pas dpass] un rle dj difficile4 ,note #ff3 ,t\t le monde connat les v]s de ,baudelaire contre ceux qui veul5t aux *oses de l'am\r ml] l'honntet4 ,ces v]s sont la p>aphrase d'un propos h>di de la ,tullia de ,meursius 7,colloquium ,,vii1 ,fesc5n9i73 ,hone/atem qui qua]it 9 voluptate1 t5ebras et qua]at 9 luce4 ,libid9i nihil inhone/um444 ,note #fg3 ,des dp*es d',espagne n\s ont c]tifi cela4 ,cep5dant on peut obt5ir les dviations4 ,en sp>ant les sexes et en les tassant dans des lieux clos l'poque de la premire eff]vesc5ce gnitale1 on obti5t c\p sr la sodomie et le saphisme4 ,les ,roma9s cultivai5t dj ces t5dances dans les c\v5ts de ,ve/ales et les collges de ,galles2 n\s avons s+ulirem5t p]fectionn leurs in/itutions avec nos cas]nes1 nos int]nats4 ,il e/ c]ta9 que la p]sonne qui *oisit de pass] exclusivem5t sa vie avec des p]sonnes de son propre sexe traduit p> cela mme des t5dances p>ticulires qui doiv5t tre respectes1 mais e/-ce le rle de l'tat de favoris] et mme de faire clore ces vocations1 et sont-ils s5ss ces morali/es qui1 peut-tre sans mesur] la consqu5ce de leurs dsirs1 dem&5t des rglem5tations qui ab\tirai5t ncessairem5t au mme rsultat8 ,t\te atte9te la lib]t de l'am\r e/ une protection accorde au vice4 ,qu& on b>re un fleuve1 il dborde2 qu& on comprime une passion1 elle draille4 ,buffon avait une belette qui1 prive de compagnie vivante1 assaillait une femelle empaille4 ,on n'insi/]a pas sur ce sujet1 p> peur d'avoir dmontr] que les milieux sociaux qui affi*5t une plus gr&e svrit de moeurs sont prcism5t ceux qui sont ravags ou p> les p]v]sions ou1 ce qui e/ beauc\p plus frqu5t1 p> ce que les ?ologi5s appell5t d\cem5t mollities4 ,il s]a plus propos de re*]*] d'o vi5t la frocit du moralisme mod]ne contre l'am\r1 et d'abord1 c> elle n'e/ le reflet du s5tim5t public1 quelle cause on peut faire remont] l'orig9e de cet tat d'esprit4 ,p\r les pres de l'glise1 il n'y a pas de milieu entre la virg9it et la dbau*e2 et le m>iage n'e/ qu'un rem$ium amoris accord p> la bont de ,dieu la turpitude huma9e4 ,sa9t ,paul p>le de l'am\r avec le mme mpris matriali/e que ,sp9oza4 ,ces deux illu/res ,juifs ont la mme me4 ,amor e/ titillatio qua$am concomitante idea causae ext]nae1 dit ,sp9oza4 ,sa9t ,paul avait dsign d'avance le philactre cette dmangeaison1 le m>iage4 ,il ne le concde que comme antidote au lib]t9age2 la dbau*e1 1 mot que le lat9 ecclsia/ique =nicatio ne r5d que d'une faon quivoque4 entrane au contraire l'ide de pro/itution1 et1 en somme1 son difiant conseil se traduisait en franais vulgaire3 m>iez-v\s2 cela vaut mieux que d'all] voir les filles4 ,voil sur quelle p>ole se s]ait fonde la famille n\velle si l'opul5ce v]bale du ca?olicisme paen n'avait su ent\r] de phrases s5suelles la p>ole brutale de l'aptre juif2 l'glise sub/itua l'ide de la musique d'alcove du ,cantique des ,cantiques4 ,cep5dant les morali/es my/iques comm5tr5t l'envi sa9t ,paul dont ils russir5t exagr] encore le mpris p\r les oeuvres de vie4 ,le tisseur de t5tes en poil de *ameau1 et que ri5 ne prp>ait la littrature et au sac]doce1 n'e/ pas t\j\rs trs prcis4 ,qui n'a t *oqu de la comp>aison dont il use p\r fltrir les raff9em5ts sexuels1 les appelant des pratiques m be/i>um1 alors que le propre de l'animal e/ prcism5t de ne dem&] la copulation que la satisfaction rapide d'un dsir inconsci5t4 ,les inv]sions de l'in/9ct sont r>es *ez les animaux en lib]t et ce n'e/ que de nos j\rs qu'on les a obs]ves#fh4 ,l'aptre n'usait donc que d'un de ces grossi]s lieux communs qui n'ont mme pas le mrite de r5f]m] une vieille vrit d'obs]vation4 ,que de fois cep5dant cette allusion fut-elle rpte p> ceux qui feign5t de croire que les inv5tions de l'homme dans la volupt sont mprisables6 ,la fran*ise de sa9t ,paul accrue p> le ton arrogant de ses comm5tateurs eut du mo9s cet heureux rsultat de faire condamn] dans leur ensemble1 mais non dans leur dtail1 les pratiques sexuelles4 ,la rgle des my/iques e/ le t\t ou ri52 ils ddaign5t les di/9ctions o devai5t plus t>d se complaire les casui/es1 en ces curieux traits o ils font preuve1 dfaut de gt1 d'une sci5ce de bon aloi et puise1 quoique pas t\j\rs1 aux s\rces de la ralit4 ,de ce dda9 il rsulta une c]ta9e lib]t de moeurs4 ,bi5 des amusem5ts p>ur5t p]mis t\s ceux qui tai5t re/s dans le sicle2 la littrature du moy5 ge tmoigne de cette aisance dans les relations sociales4 ,ds le ,x,i,ie sicle1 la religion n'e/ plus qu'une tradition =melle dont l'influ5ce e/ nulle sur la s5sibilit2 et l'intellig5ce elle-mme se dgage du li5 ?ologique1 comme on le saurait si on avait recueilli avec plus de so9 les aveux d'incrdulit qui ne sont r>es1 ni *ez les potes1 ni *ez les philosophes scola/iques4 ,l'am\r ne s'emb>rasse d'aucun prjug1 il suit son dsir1 confiant dans l'innocuit des rapports sexuels4 ,note #fh3 ,il y a un bi5 intressant *apitre sur ce sujet dans l'ouvrage de ,m4 ,fr4 ,ici on arrive un po9t dlicat qui n'a jamais t trait et qu'il e/ d'ailleurs difficile d'abord]3 l'influ5ce de la syphilis sur la morale de l'am\r4 ,l'tat de l'humanit en ,europe depuis les temps fabuleux jusqu'aux premires annes du ,x,v,ie sicle correspond ce qu'on appell]ait1 en t]mes d'allgorie1 l'innoc5ce du monde2 de ,*ri/ophe ,colomb se date l're du p*4 ,que l'on se figure une socit o l'am\r1 en quelque condition de has>d qu'il s'accomplisse1 n'a jamais de graves consqu5ces morbides2 o les bais]s les plus pr(onds n'entran5t gure plus de dang]s physiques que les c>esses mat]nelles ou les manife/ations de l'amiti2 elle diffr]a de la ntre un tel po9t qu'il n\s e/ difficile de la concevoir1 c> les dsirs *>nels y volu5t librem5t selon leur =ce naturelle1 sans peur et sans pudeur4 ,le mot pudor n'a pas du t\t le mme s5s en lat9 et dans nos langues mod]nes2 l1 il se traduit p> honneur1 conv5ance1 dignit2 ici1 p> cra9te1 tremblem5t devant les dlices de la fleur peut-tre empoisonne4 ,avant la syphilis1 le bais] sur la b\*e e/ une salutation2 il disp>at devant la t>e des muqueuses3 les femmes prs5t5t le front si la passion *>nelle ne tr\ble pas leur volont2 puis les deux sexes s'loign5t encore d'un pas3 c'e/ le ho*em5t de tte1 ou la ma9 qu'il faut pe9e effleur]1 ou des gants qui se t\*5t avec dfiance4 ,la syphilis a dtruit1 non pas l'am\r1 qui e/ plus =t que la mort1 puisqu'il e/ la vie1 mais la frat]nit sexuelle4 ,il y a1 depuis l',amrique1 entre l'homme et la femme la peur de l'enf]2 ce que les religions les plus m5aantes n'avai5t russi que temporairem5t un virus l'a accompli3 et les lvres ont t dsunies4 ,c'e/ p> la syphilis que les hi/ori5s qui v\dront faire l'hi/oire de la morale de l'am\r la reli]ont l'hygine4 ,il dut se faire un gr& ds>roi dans les moeurs3 ,ob/upuit g5s ,europae ritusque sacrorum ,contagemque alio non usquam tempore visam1 dit ,fraca/or1 qui avait vu avec des yeux de mdec9 et de pote les premires horreurs du mal n\veau4 ,ob/upuit g5s2 ce fut une p\vante univ]selle2 on se crut la f9 de l'am\r et la f9 du monde4 ,il fallut p\r cons]v]1 non pas sa v]tu1 mais sa sant1 r5onc] ce que les morali/es de la sci5ce appell5t assez ju/em5t la promiscuit2 la peur d'un mal physique immdiat et vid5t opra entre les deux sexes une disjonction qui a survcu la priode aigu du mal4 ,la raction vanglique a*eva l'oeuvre de la syphilis et les socits europennes se tr\vr5t dans des conditions si n\velles qu'une n\velle morale leur fut ncessaire4 ,la vieille opposition entre la virg9it et la turpitude1 base sur des conceptions purem5t ?ologiques1 disp>ut2 t\t acte sexuel dev5ant dang]eux et la virg9it n'tant pas mo9s dang]euse1 de son ct1 p> ses consqu5ces ngatives1 il fallut tr\v] un compromis4 ,l'in/9ct social1 d'accord1 et d'avance1 il e/ ju/e de le reconnatre1 avec les conclusions futures des hygini/es1 plaa ce compromis dans le m>iage1 qui se tr\va t\t c\p honor1 aprs trois sicles de drision4 ,cela n'apaisa pas le b\illonnem5t des mauvaises moeurs2 mais le pril qu'on y c\rait dconsidra la lib]t qui en faisait l'attrait4 ,la rs]ve des filles dev9t extrme2 elles apprir5t inconsciemm5t *ang] en m9aud]ies pudiques la mimique de la peur2 peu peu elles se dupr5t sur la cause de leur v]tu1 puis elles l'oublir5t1 et v9t un mom5t o la *a/et des femmes fut attribue avec +nuit ou l'influ5ce de la religion ou une sorte de div9it occulte1 on ne sait quel raff9em5t s5tim5tal4 ,le motif initial de la n\velle morale sexuelle agit t\j\rs notre insu4 ,il e/ de tradition adm9i/rative d'enc\rag] les muses de figures de cire qui dtaill5t les consqu5ces de la promiscuit2 t\te une littrature sur ce sujet se v5d1 appr\ve p> ceux-l mmes qui p\rsuiv5t si prem5t les images s5suelles4 ,la syphilis a fait ce miracle qu'une figure huma9e1 belle de sa ple9e nudit1 e/ condamne p>ce qu'elle excite l'am\r1 l'am\r tant considr comme dang]eux4 ,cette manire de voir s]ait df5dable si on ne faisait pas int]v5ir dans la "q la =ce brutale des lois2 si la p>ole seule se *>geait de p]suad] une morale que son utilit p\rrait df5dre contre le s>casme et l'ironie4 ,l'anci5ne lic5ce d'avant la syphilis ne s]a pas r5due aux hommes d'ici de longs sicles1 si le mal qui a cr la dfiance sexuelle f9it jamais p> s'te9dre puis4 ,mais que *acun soit libre mme de j\] avec le feu2 la prud5ce se conseille et ne doit pas s'impos]4 ,de ce que la morale de l'am\r a une orig9e moiti religieuse1 moiti mdicale1 il ne s'en suit pas que l'on doive1 p\r en trait]1 s'a/re9dre des considrations ou ?ologiques ou ph>maceutiques4 ,des accid5ts1 mme d'importance extraord9aire1 ne sont que des accid5ts4 ,il faut p>l] de l'am\r comme si l'ge d'or de l'am\r rgnait encore et n'en ret5ir que l'ess5tiel1 lo9 de s'arrt] aux phnomnes de surface et passag]s4 ,il y a peu d'absolu dans les socits huma9es2 presque t\t s'y peut modifi]1 hormis prcism5t les relations des sexes4 ,c'e/ que1 l1 on r5contre le coeur mme de la vie1 sa cause et sa f91 entrelaces comme un *iffre ind*iffrable4 ,la vie se ma9ti5t p> l'acte mme qui e/ b de la vie4 ,ceci e/ absurde p\r la raison1 qui s]ait =ce d'y contempl] un effet id5tique la cause qui la produit et aussi puissant2 elle ne doit pas int]v5ir4 ,non que cela soit au-dessus de ses =ces2 mais si elle peut imag9] des lois qui rgiss5t les manife/ations de l'am\r et les appliqu] p\r un temps1 ces lois sont ncessairem5t mo9s bonnes que les lois naturelles4 ,il faut aussi pr5dre g>de que des lois naturelles l'homme n'e/ pas responsable1 ds qu'il leur obx comme un petit enfant2 mais celles qu'il promulgue retomb5t un j\r non seulem5t sur sa *air1 mais sur son intellig5ce4 ,c> t\t se ti5t et l'aisance intellectuelle e/ c]ta9em5t lie la lib]t des s5sations4 ,qui n'e/ pas mme de t\t s5tir ne peut t\t compr5dre1 et ne pas t\t compr5dre c'e/ ne compr5dre ri54 ,la littrature1 l'art1 la philosophie1 la sci5ce mme et t\s les ge/es huma9s o il y a de l'intellig5ce sont dp5dants de la s5sibilit4 ,les fantaisies de ,lycurgue cotr5t ,sp>te son intellig5ce2 les hommes y fur5t beaux comme des *evaux de c\rse et les femmes y m>*ai5t nues drapes de leur seule /upidit2 l',a?nes des c\rtisanes et de la lib]t de l'am\r a donn au monde mod]ne sa consci5ce intellectuelle4 ,juillet #aijj4 ,,vii ,,ironies ,,et ,,p>adoxes ,i ,,conseils ,,famili]s ,a ,,un ,,jeune ,,criva9 444 ,quiconque racc\rcit une r\te e/ un bi5faiteur du public et de *aque p]sonne p>ticulire qui a occasion de voyag] p> l 4 ,,jona?an ,,swift1 ,lettre d'avis un jeune pote 7#agbj74 ,la mauvaise humeur un peu pre1 je l'av\e1 de ma d]nire lettre ne v\s a pas dc\rag1 et1 cette fois1 v\s me suppliez2 les ho*em5ts et les dnis1 lo9 de rebut] vos desse9s1 les aviv5t et les prcis5t2 croyant avoir beso9 de moi1 v\s supportez t\t de ma "p2 qu'ils soi5t productifs1 et des c\ps mme ne v\s f]ai5t pas peur2 v\s semblez prt ador] la b\*e qui1 p>mi les injures1 laiss]ait c\l]1 comme un miel p>fum1 de fructueux conseils3--je l'av\e encore1 un tel tat d'esprit m'a t\* et sduit4 ,j'ai s5ti s\s le pic un bon t]ra94 ,j'y mets la b*e1 je vais sem]4 ,ouvre-toi1 jeune t]re1 reois la gra9e et sois fconde4 ,i ,ayant dj fait quelques tudes prp>atoires au noble mti] d'criva9 franais1 v\s n'ignorez pas sans d\te que le monde dans lequel v\s allez entr] e/ =t mpris p> ceux-l mmes qui doiv5t y vivre et qui en font l'ornem5t4 ,v\s avez ent5du dire que ce monde n'e/ gure qu'une glise de tru&s qui ti5t la fois de la maison de pro/itution1 de l'table co*ons et de la *ambre de rhtorique2 cette op9ion e/ trs exagre1 v\s ne t>d]ez pas v\s en ap]cevoir1 et qu'avec un bon manteau1 de solides bottes1 d'imp]mables gants et un *apeau qui ne cra9t ri51 ni la pluie1 ni les avanies1 ni la grle1 ni les m5songes1 ni la neige1 ni la saburre qui tombe des balcons1 on y peut vivre tolrablem5t2 il y a des sj\rs plus dang]eux2 p\r un homme intellig5t et pratique1 il n'en e/ gure de plus recomm&able et o le placem5t d'une pacotille soit plus rapide et plus rmunrateur4 ,,ii ,de la pacotille1 j'ai peu de *ose v\s dire en p>ticuli]4 ,p\r se la procur]1 il ne faut ni arg5t1 comme dans le comm]ce2 ni tude1 ni tal5t1 comme il tait d'usage dans les anci5nes socits littraires2 cette heure1 v\s n'avez beso9 que d'adresse3 de l'adresse et encore de l'adresse4 ,figurez-v\s un noy] t\t ple9 de belles noix v]tes et que le f]mi] soit occup lo9 de l s>cl] ses bett]aves ou battre son bl3 il v\s suffit d'une gaule ou d'un bton c\rt1 ou mme d'un caill\1 p\r faire pleuvoir vos pi$s les belles noix v]tes4 ,ensuite1 il ne s'agit que de les plu*] sans se salir les doigts2 des g5s prt5d5t que cela e/ =t difficile1 qu'il en re/e t\j\rs quelque *ose3 oui1 cela e/ difficile1 mais si vos doigts re/ai5t ta*s1 v\s en s]iez quitte p\r port] des gants2 un autre motif m'a dj fait v\s recomm&] cet usage4 ,v\s tr\v]ez1 dissm9es dans les p>agraphes suivants1 quelques autres notions t\*ant la pacotille1--laquelle1 en somme1 se compos]a de t\t ce que v\s p\rrez vol] subtilem5t aux ri*es et aux pauvres1 aux arbres et aux ronces2--c> je ne suppose pas que v\s possdiez naturellem5t autre *ose qu'une intellig5ce pratique et ruse2 en ce cas1 v\s ne m'auriez pas dem& de conseils et v\s n'en auriez pas beso94 ,,iii ,il faut m\rir ri*e1 dit-on4 ,cet aphorisme e/ t\t au plus digne d'un comm]ant mode/e4 ,songez1 mon ami1 que v\s allez entr] dans la haute indu/rie et pr5ez une devise plus releve et plus digne de la corporation qui va s'ouvrir v\s2 je v\s conseille celle-ci1 qui1 divise en deux p>ties1 embrasse galem5t le prs5t et l'av5ir3 ,il faut vivre ri*e4 ,il faut m\rir gras4 ,et cette devise1 outre ses deux s5s bi5 clairs1 bi5 huma9s1 bi5 mod]nes1 en r5f]me un troisime1 sotrique et m]veilleux2 je ne veux que v\s mettre sur la voie en aj\tant3 la graisse e/ le comm5cem5t de la gloire4 ,sans d\te1 v\s n'irez pas jusqu' la gloire1 quoi que puisse faire espr] l'exemple de quelques-uns de nos contempora9s qui dbr5t comme v\s1 sans plus de gnie1 et avec mo9s de bonne volont1--mais1 avec un sage rgime1 v\s p\vez prt5dre la graisse3 cela n'e/ pas ddaign]1 une poque o tant de pauvres braves g5s meur5t de faim4 ,quant l'arg5t immdiat qui v\s e/ ncessaire en att5dant le placem5t de votre pacotille1 je ne v\s conseill]ais ni la ,b\rse1 ni le *antage o les risques sont trop gr&s et qui dem&5t1 p\r tre manis fructueusem5t1 une expri5ce des hommes que v\s ne p\vez avoir dix-sept ans1 malgr votre prcocit2 or1 et c'e/ l un pr9cipe dont je v\s recomm&e la mditation1 mon *] ami1 t\t acte dont l'accomplissem5t comporte1 malgr ses avantages1 un risque srieux t\*ant la sant1 la lib]t ou la rputation1 doit tre t5u p\r immoral et rejet hors des possibilits4 ,g>dez soigneusem5t cette p>ole dans votre coeur2 elle peut v\s vit] bi5 des ennuis et v\s sauv] du naufrage auquel sont sujets mme des g5s de votre sorte4 ,mais v\s n'tes pas en pe9e2 v\s tes ri*e comme t\s vos jeunes cam>ades4 ,fils1 comme t\t le monde1 de p>5ts m>is la veille de l'impuissance et de la snilit1 v\s avez hrit ds l'adolesc5ce et votre tuteur vi5t de v\s r5dre ses comptes4 ,il e/ bi5 vid5t que1 hors de ces circon/ances heureuses1 v\s n'auriez jamais song entr] en littrature2 l'tat ridicule d'un criva9 rduit gagn] sa vie ne peut plus sduire un homme bi5 n2 et mme je ne suis pas loign de croire que t\s ces potes pauvres de jadis 7hi/oire ou lg5de7 ne se tr\vr5t que p> incapacit intellectuelle dans la ncessit de prfr] la gloire au c(fre et la tri/e frqu5tation des ,muses une solide in/allation dans la vie4 ,ce qui me confirme dans cette op9ion1 c'e/ que t\s les jeunes g5s que j'ai vus dbut] depuis c9q ou six ans ont1 de leur propre aveu1 *oisi la littrature comme on *oisit un comm]ce agrable et lucratif1 et nullem5t p> vocation3 dnus1 ils aurai5t vit un tat qui exige1 p\r tre ex]c avantageusem5t1 des capitaux4 ,de ceux qui viv5t sur le ,p>nasse en solitaires ou en libres vagabonds1 je ne m'occupe pas2 v\s n'tes pas expos les r5contr] dans le monde o v\s devez volu]2 c'e/ t\te une littrature1 l',autre ,littrature1 dont il e/ malsant mme de p>l]4 ,,iv ,quelles doiv5t tre vos lectures8 ,srieuses et v>ies4 ,v\s lirez t\s les livres qui ont eu du succs1 pr9cipalem5t p>mi les mod]nes1 c> jadis le mrite et le succs se confondai5t s\v5t2 cette heure1 le premi] de ces mots n'a plus aucune signification prcise3 il e/ encore quelquefois le synonyme de succs dans la b\*e des libraires et des critiques1 mais t\j\rs prononc le second1 lorsque la dp5se en papi] a t assez considrable peur ju/ifi] une telle h>diesse de p5se et d'apprciation4 ,lisez donc d'abord les catalogues et m>quez d'une croix t\s les ouvrages signals p> une m5tion flatteuse4 ,au-dess\s du qu>antime mille1 un roman n'a qu'une =t mdiocre valeur littraire--naturellem5t proportionnelle au *iffre inscrit2-- qu9ze1 on peut lire un volume de v]s2 dix1 un trait de mtaphysique2 un pamphlet littraire qui ne dpasse pas v+t-c9q e/ pe9e digne d'tre feuillet4 ,il s'agit1 bi5 ent5du1 de mille s\da9s et v]tig9eux1 de vogues immdiates1 de livres enlevs1 pile1 fivre et queue1 c> je ne v\s crois pas homme v\s accommod] de ces probes et l5tes =tunes qu'un demi-sicle n'puise pas4 ,lisez1 mais vite1 af9 de lire beauc\p et d'engross] rapidem5t votre mmoire4 ,au b\t dj de quelques tomes1 v\s aurez dc\v]t le po9t commun1 le fate de conv]g5ce de t\s les livres succs de notre poque3 cette conqute assure1 f]mez vos tomes et mettez-v\s au travail2 v\s avez le diamant1 il ne re/e plus qu' le s]tir la d]nire mode4 ,ce po9t commun1 je ne l'ai pas *]*1 et l'aurais-je tr\v p> has>d que je re/]ais muet2 il faut que v\s entrepr5iez v\s-mme cette *asse dont le rsultat v\s enri*ira non seulem5t d'un mot de passe1 mais aussi d'une m?ode4 ,v ,vos d\tes sur le /yle v\s font le plus gr& honneur4 ,non1 il ne faut pas crire4 ,des jeunes g5s =t bi5 d\s se sont f]m t\tes les portes1 ont g*1 p> la purile vanit du /yle1 le plus bel av5ir littraire4 ,sans d\te1 l'art d'crire e/1 auj\rd'hui1 assez rp&u 7pas tant qu'on le croit71 mais l'art de ne pas crire l'e/ bi5 davantage1 quoique p]sonne n'en ait encore =mul les pr9cipes2 c'e/ la t5dance actuelle et dema9 ce s]a la loi de t\s les g5s de gt4 ,le joli trait rdig] s\s ce titre3 ,du ,/yle ou de l',art de ne pas crire6 ,en voici la premire rgle3 ,n'employez jamais une image qui ne soit j\rnellem5t d'usage dans le langage famili]4 ,t\tes les autres rgles dc\l5t de celle-l 2 bi5 obs]ve1 elle suffit prs]v] de l'criture un homme de bon s5s et de bonne grce4 ,mais si l'on veut j\ir d'une rputation intacte et de l'e/ime totale il e/ ncessaire d'arriv] du premi] c\p la non-criture4 ,quelques premi]s livres crits1 quelques pages mme1 dt]res p> un ennemi littraire1 p\rrai5t1 aprs des v+t ans de labeur et de succs1 compromettre t\t d'un c\p votre popul>it4 ,j'ai vu la v5te d'un roman sans aucun /yle c\pe net p> un article o un j\rnali/e affirmait3 444 livre trs beau et d'une criture neuve et h>die444 ,ri5 n'tait plus faux1 mais ce romanci] avait publi dans sa jeunesse un premi] livre qui autorisait jusqu' un c]ta9 po9t de telles plaisant]ies4 ,que votre livre de db soit donc bi5 fran*em5t un livre sans /yle2 qu'en ses pages fra*es on cueille aism5t1 a9si que dans un pr1 t\tes les fleurs communes2 que t\tes vos descriptions ai5t cet air de dj-vu qui ravit le public en lui faisant croire qu'il a lu t\s les livres et qu'on ne saurait plus ri5 inv5t]4 ,un roman o t\t1 jusqu'aux noms des p]sonnages1 jusqu' la nuance des t5tures1 jusqu' la =me des fauteuils1 o t\t1 dialogues1 paysages1 ge/es1 s\rires1 *eveux1 accid5ts1 scnes d'am\r1 jal\sies1 s\li]s1 jupes et consci5ces1 o t\t1 dis-je1 donn]ait la s5sation de retr\v] un *i5 p]du ou une amante g>e6 ,qui n\s f]a ce roman-l 8 ,plusieurs criva9s clbres se vant5t1 dit-on1 d'un tel *ef-d'oeuvre2 j'av\e qu'ils en appro*r5t1 mais pas au po9t que je les admire sans rs]ve2 il leur manque d'avoir vit la vulg>it4 ,c> v\s compr5ez sans d\te que si je bannis le /yle1 j'exige la di/9ction2 et davantage encore1 je veux que ce livre sans criture1 sans ides1 mais di/+u1 ait un air de littrature qui sduise les plus difficiles et les plus dlicats4 ,,vi ,en v\s int]disant les ides1 il e/ bi5 vid5t que je ne p5se qu'aux ides orig9ales ou assez r5\veles p\r p>atre n\velles4 ,les ides1 c'e/ ce que je v\s ai dj allgu s\s le nom de pacotille2 v\s n'en avez pas2 le temps v\s manque p\r rfl*ir1 et d'ailleurs les ides naiss5t spontanm5t de g]mes prom5s dans l'air et qui se pos5t sur le t]ra9 qui leur plat et l p\ss5t et se dvelopp5t et fleuriss5t navem5t1 heureuses d'avoir fleuri4 ,donc1 ne gaspillez pas les heures prcieuses int]rog] votre crne vide1 remu] l'inutile sable o le v5t n'a dpos que des gra9es aussitt s*es et mortes2 il v\s faut des ides1 p\rtant3 eh bi51 soyez brave1 volez6 ,les criva9s que v\s dp\ill]ez le plus fructueusem5t1 ce sont vos prdcesseurs immdiats4 ,a pe9e mi-*em9 de la monte1 les bras occups de pio*es et de ha*es1 t\t au labeur1 ils n'auront ni le temps ni le s\ci1 peut-tre1 de se df5dre2 les voix ne sont bi5 ent5dues que du sommet2 s'ils cri5t leurs cris m\rront dans les br\ssailles3 v\s p\vez donc opr] avec une heureuse scurit4 ,un autre motif de *oisir vos ans les plus pro*es1 c'e/ que leurs ides dj un peu connues s]ont mieux accueillies du public1 qui n'y v]ra pas l'injure d'imag9ations trop neuves et trop fra*es2 elles peuv5t1 p> un c\p de succs1 se rp&re d'un j\r l'autre2 c'e/ de la besogne moiti faite1 pr(itez-en sans scrupule1 c> il faut arriv]1 et celui qui arrive le premi] peut se mettre table p5dant que les autres pe95t dans la nuit1 s\s la pluie4 ,je v\s recomm&]ai mme1 qu& v\s s]ez entr dans l'htell]ie1 de f]m] la porte d\ble t\r2 si l'on frappe1 si l'on appelle1 suggrez que cela p\rrait bi5 tre cette tr\pe de voleurs que v\s avez r5contre en r\te2 et si l'on insi/e1 n'hsitez pas arm] t\te la maison et tir] p> les f5tres4 ,a9si arriv du premi] c\p o d'autres1 qui val5t mieux que v\s1 n'arriv]ont que plus t>d ou peut-tre jamais1 v\s pr5drez une importance vraim5t ?trale2 v\s aurez l'air de rsum] honntem5t les tal5ts div]s que v\s aurez drobs avec adresse et dcision1 et les vieux p5sionnaires de l'htell]ie v\s ft]ont comme un miracle4 ,t\s sans d\te ne s]ont pas dupes1 mais il suffit que ceux-l le soi5t qui1 les j\rs de migra9e1 ont beso9 d'un sujet d'article facile et la porte du peuple4 ,songez t\j\rs cela2 soyez1 au mo9s deux ou trois fois dans votre vie1 un sujet d'article3 le mo9s qui puisse v\s *oir1 c'e/ une productive clbrit4 ,,vii ,mais il faut prvoir le cas o la cra9te de manqu] de j>ret v\s arrt]ait au bas de la monte3 alors v\s *oisiriez un matre qui1 ayant compris vos signes1 vi5drait v\s *]*]1 v\s pr5drait p> la ma91 v\s f]ait gravir sans fatigue la p5te abrupte4 ,c'e/ la m?ode la plus sre et celle que je v\s recomm&e1 sa*ant que v\s prfrez t\j\rs la f9esse la =ce1 et la viol5ce la ruse4 ,les vieux matres les plus hirsutes et les plus moroses se laiss5t pr5dre la pipe avec une facilit dont on n'a pas d'exemple dans un ge plus t5dre4 ,comme ils ont beauc\p d'ennemis 7il suffit de vivre p\r tre ha71 ils accept5t de t\s cts les sec\rs d'une sympa?ie mme hauta9e1 et ils sont s\v5t reconnaissants1 c> leur ge ils ne craign5t plus ri51 et un bon s5tim5t peut1 sans pril1 leur faire honneur4 ,pr5ez donc un de ces vieill>ds r\ls dans la p\ssire et dans les cra*ats1 et protgez-le h>dim5t4 ,prononcez son pangyrique dans une de ces petites revues o votre copie encore humble e/ bnie entre t\tes les pages1 et n'hsitez pas remettre sa place1 qui e/ la premire1 ce gr& criva91 victime des rancunes de t\te une gnration4 ,si v\s l'avez lu p>mi les plus mpriss et les plus dgrads1 le rsultat de votre petit travail s]a trs heureux et trs pr(itable4 ,ds votre premire jeunesse v\s p>tag]ez une gloire1 sans d\te quivoque1 mais lucrative et en somme honorable1 si on s'en rapporte l'op9ion publique4 ,cep5dant1 comme de telles acco9tances1 le pr(it bi5 ralis1 peuv5t la longue dev5ir dang]euses1 comme ce vieil homme de lettres peut1 du j\r au l5dema91 se tr\v] =t dprci au jugem5t de la f\le1 votre matresse1 soit p> de tri/es hi/oires de moeurs1 soit p> des l*ets trop malpropres1 soit mme p> la /upide complaisance qu'il aura montre votre g>d1 soyez t\j\rs prt c\p] la corde1 le j\r o votre intrt l'exig]ait imprieusem5t4 ,alors v\s p>l]ez1 la mort dans l'me1 mais avec vhm5ce1 et v\s v]s]ez sur le vieil hypocrite ce qu'il faut d'injures p\r v\s lav] v\s-mme d'une intimit trop connue4 ,t\t ce qu'il faut1 mais sans excs2 et v\s saurez g>d] dans cette excution la dignit d'un jeune ami la fois respectueux et afflig4 ,a9si v\s aurez montr la fois l'indp5dance de votre jugem5t et la t5dresse de votre coeur4 ,,viii ,rp&ez sur t\s vos cam>ades1 t\s vos confrres1 t\s les hommes de lettres en gnral1 les calomnies les plus turpides et les anecdotes les plus honteuses4 ,t*ez de les atte9dre dans leurs oeuvres1 dans leur famille1 dans leur sant2 ins9uez le plagiat1 le bagne1 la syphilis2 v\s pass]ez p\r un homme bi5 r5seign1 spirituel1 un peu mauvaise langue1 et votre compagnie s]a re*]*e p> les j\rnali/es1--ce qui e/ t\j\rs bon1 c> la clbrit1 comme le tonn]re1 e/ faite de petit *os multiplis qui rico*5t et r$ond5t les uns sur les autres4 ,mais1 et voici ce qui donne ce conseil1 assez banal1 une vritable valeur3 soit que v\s p>liez ces mmes confrres que v\s avez si +nieusem5t salis p> d'adroites p>oles1 soit que v\s leur criviez1 *angez de ton1 faites volt] votre *eval tte en queue1 virez l( p\r l(1 et donnez le *ange avec tant de c&eur que votre mauvaise foi ne puisse tre un in/ant s\ponne4 ,cela e/ important4 ,le pote qui ti5dra1 signe de votre ma91 une lettre o1 va9cu p> l'vid5ce1 v\s confessez son d\x gnie1 refus]a t\j\rs de croire aux vila9s propos que ses amis v\s attribu5t2 s'ils insi/5t1 il les ti5dra p\r des m5teurs et des envieux1 se br\ill]a avec eux peut-tre1 et v\s aurez t\te lib]t p\r a*ev] un travail s\t]ra9 si utile vos intrts4 ,il n'y a pas trs longtemps1 un criva9 qu'un vieux matre v5ait de dpec] devant moi avec une dextrit vraim5t rpugnante me dclama avec exultation une lettre o cet habile cor*eur lui c>essait l'pid]me avec les plumes de paon les plus subtiles et les plus riantes4 ,cette av5ture me fit rfl*ir4 ,qu& v\s rem]ciez de l'envoi d'un livre1 que votre rponse soit mesure non l'intrt du livre1 mais l'importance de l'auteur4 ,en pr9cipe1 le livre que v\s v5ez de recevoir doit t\j\rs tre le meilleur de t\s ceux de la mme ma91 et l'auteur t\j\rs en progrs sur son oeuvre3 ceci admis1 v>iez et dosez les complim5ts selon l'ge1 la rputation1 l'influ5ce2 v\s pr5drez votre revan*e en causant librem5t avec vos amis1 et le plaisir que v\s pr\v]ez miett] une oeuvre s]a d'autant plus gr& que cette oeuvre aura plus de mrites3 l>ge et rsi/ante1 elle donne mieux prise aux c\ps de talon1 et on peut dans] dessus p5dant des nuits entires4 ,ne faites jamais de critique littraire1 hormis le cas trs p>ticuli] expos dans mon septime p>agraphe4 ,ri5 n'e/ plus dang]eux que de faire imprim] ses op9ions2 on e/ le matre de celles que l'on g>de s\s clef1 dans sa tte2 on e/ l'esclave de celles auxquelles on a ouv]t la porte4 ,si p> has>d1 ce que je ne crois pas1 v\s t5iez v\s ml] quelque gr& dbat littraire1 usez de voie dt\rne et pr5ez p\r prtexte la pe9ture2 les pe9tres peuv5t support] les critiques les plus absurdes1 c> ils ne rpond5t pas et il e/ facile1 en visant un arti/e1 de bless] grivem5t un littrateur qui av\e les mmes pr9cipes que lui4 ,ce jeu a russi1 mais il e/ dang]eux4 ,je ne v\s conseill]ai pas davantage d'obir sans mre rflexion l'ins9uation de ,jona?an ,swift3 444 ,que votre premi] essai soit un c\p d'clat dans le g5re du libelle1 du pamphlet ou de la satire4 ,jetez-moi bas une v+ta9e de rputations et la vtre gr&ira infailliblem5t444 ,sans d\te1 si le c\p e/ vraim5t un c\p d'clat1 mais qui os]ait en rpondre8 ,dmolir v+t rputations1 surt\t si elles ont t conquises bravem5t et loyalem5t1 c'e/ l p\r un jeune criva9 un bonheur trop r>e p\r qu'une telle t5tative ne comporte pas des risques graves1 et v\s savez que je suis inflexible sur la "q des risques4 ,on acqui]t bi5 des amis p> v+t db\lonnem5ts excuts avec so91 mais que de ha9es6 ,et si le bronze rsi/e1 si sa *ute n'e/ pas immdiate et f\droyante1 il peut s'anim] et v\s faire de ses ma9s froides un t]rible colli] de mtal4 ,a mon avis1 les plus beaux c\ps en ce g5re s]ont t\j\rs malheureux1 surt\t une poque o l'op9ion e/ si divise1 o il e/ si facile de se faire condottire1 de recrut] un p>ti et une arme4 ,comme je v\s l'ai dit1 attaquez plutt p> des p>oles1 que v\s p\vez t\j\rs r5i]4 ,la seconde p>tie du conseil de ,swift me semble au contraire trs recomm&able et fran*em5t je l'appr\ve de prohib] la l\ange4 ,cela e/ mauvais3 ceux que v\s l\ez de votre mieux1 en illum9ant les p>ties belles1 en mnageant les ombres1 se tr\v5t t\j\rs e/ims au-dess\s de leur valeur1 et qu& mme v\s eussiez mont le ton du pangyrique jusqu' l'hyp]bole et jusqu'au ridicule1 ils ne v\s p>donn]ont jamais1 mo9s d'avoir la c&eur du gnie o la fra*eur des mes gnreuses1 le signe d'amiti que v\s faites leurs vois9s2 quant ceux que v\s auriez tus1 ils v\s r5drai5t sil5ce p\r sil5ce1 et votre entreprise ne s]ait nullem5t pr(itable4 ,,ix ,quelles que soi5t votre =ce1 vos armes et votre insol5ce1 v\s aurez beso9 de faire p>tie d'un cnacle ou d'une cot]ie1 comme on a beso9 d'un c]cle ou d'un caf4 ,en cette occurr5ce1 agissez comme les dputs qui n'ont d'autre op9ion que leur ambition1 faites-v\s inscrire t\s les gr\pes1 mais frqu5tez d'abord le plus r$\table1 celui des ,arrivi/es4 ,ayant a9si des relations contradictoires1 v\s connatrez de petits secrets qui ne v\s s]ont pas inutiles p\r v\s p\ss] dans le s5s de votre vritable intrt1 qui e/ de capt] la confiance des belligrants af9 de les mieux trahir1 le mom5t v5u4 ,sa*ez seulem5t que les ,arrivi/es sont =t s\ponneux et =t m*ants3 je les ai vus1 p>eils aux l\ps de ,sibrie1 mang] rsolum5t l'un de leurs amis tomb dans la neige3 ils ont un bon apptit et de belles d5ts4 ,a la mo9dre imprud5ce1 ils se jett]ont sur v\s et v\s dvor]ont en comm5ant p> les p>ties molles1 mais t\t y pass]a jusqu'aux os et jusqu'aux excrm5ts1 et on les admir]a sur le b\lev>d1 fi]s de leurs lvres encore sanglantes4 ,c'e/ v\s de demeur] solide sur vos jambes1 la ma9 sur votre pe et le visage plat comme une m] hypocrite4 ,si quelqu'un des vtres pr5ait une attitude arrogante1 ou seulem5t si1 qu& v\s passez1 le public le reg>dait avec trop de complaisance1 n'hsitez pas le faire tomb] adroitem5t le nez sur le pav et pr5dre aussitt la tte du tr\peau1 p5dant que les autres s'arrt]ont le frapp] et le mordre3 dans la vie1 il faut savoir sacrifi] un plaisir immdiat la ralisation future d'un plus gr& bi54 ,x ,v\s aurez pr5dre une attitude t\*ant les *oses de l'am\r4 ,si vos gts v\s port5t v]s les femmes1 ne faites pas talage d'une incl9ation trop commune p\r qu'elle puisse jamais attir] sur v\s l'att5tion du monde4 ,appr5ez le langage secret et les ge/es maonniques des inv]tis1 ef=cez-v\s d'acqurir 7cela e/ difficile7 cette incroyable voix molle et blan*e p> quoi un de ces tres se reconnat infailliblem5t dans les conc]ts huma9s3 cela v\s s]a utile1 c>1 outre que ces g5s =m5t une secte trs unie et assez puissante1 la s+ul>it d'un tel cynisme d\bl]a votre rputation1 si v\s en avez dj1 et1 si v\s tes encore inconnu1 suffira v\s mettre en bon rang p>mi les curiosits littraires4 ,dans le cas o v\s auriez vraim5t ce gt la mode1 je v\s conseill]ais au contraire une c]ta9e rs]ve4 ,un homme s\ponn de mauvaises moeurs e/ inconte/ablem5t plus e/im qu'un homme conva9cu de mauvaises moeurs2 la possibilit d'actes trs malpropres excite l'imag9ation d'une quantit de p]sonnes ret5ues seulem5t p> la prud5ce ou p> la l*et2 mais1 s'il e/ avr que les actes ont t p]ptrs1 les dsirs recul5t devant une c]titude trop brutale4 ,je crois que tel e/ le mcanisme de ce s+uli] revirem5t1 et je v\s engage la prud5ce4 ,d'ailleurs1 il e/ t\j\rs bon de fe9dre3 a9si on mnage sa propre nature et on se rs]ve1 en cas d'accid5t1 la suprme ress\rce de la s9crit4 ,,xi ,soyez sans piti1 mais n'en laissez ri5 p>atre4 ,un l\is donn propos v\s f]a pass] p\r un bon cam>ade1 p\r un homme dont il y a pr(it tre l'ami4 ,naturellem5t1 en cas de bataille1 t\s vos obligs pass]ont l'ennemi1 mais v\s en s]ez quitte p\r une dp5se modre1 si v\s avez beso9 de les ram5]1 c> ces g5s-l se cont5t5t de peu4 ,soyez gnreux avec les ivrognes3 l'homme retr\ve quelquefois au fond de son v]re1 comme une peau de rais91 un lambeau de consci5ce2 en cet tat1 sa reconnaissance se traduira peut-tre p> un de ces mots heureux qui ne nuis5t pas aux rputations littraires4 ,s\scrivez t\tes les oeuvres de *>it qui prs5t5t une *ance de rclame1 aux livres de vos confrres pauvres1 aux /atues de potes dfunts1 mais ayez so91 *aque fois que v\s p\rrez le faire avec dc5ce1 de refus] la quittance de rec\vrem5t2 en beauc\p de circon/ances1 c> il y a peu d'ordre en ces sortes d'entreprises1 cela pass]a inap]u2 dans les autres cas1 mettez la faute sur le compte de la po/e4 ,j'ai connu un jeune criva9 ri*e et conome qui1 p> ce moy51 t\t en g>dant les app>5ces1 s'p>gnait t\s les ans plus de c5t c9quante francs1 avec lesquels il a*etait une bague sa matresse4 ,,xii ,n'adoptez pas un co/ume p>ticuli]1 et si v\s laissez reproduire votre portrait1 que cela soit d'aprs un dess9 trs beau1 mais trs inexact3 il y a dans la vie bi5 des circon/ances o il e/ agrable de ne pas tre reconnu p> les imbciles4 ,v\s aurez encore le plaisir de tromp] le public et de dup] les physionomi/es4 ,pas plus que de co/ume di/9ct1 v\s n'avez beso9 d'une religion df9ie4 ,sur ce po9t1 comme gnralem5t sur t\s les autres1 mo9s que votre intrt ne v\s oblige *oisir1 ayez l'op9ion moy5ne1 l'op9ion de t\t le monde4 ,si v\s tiez ,juif1 je v\s conseill]ais de frqu5t] les *rti5s et de mpris] votre race1 de fe9dre une conv]sion imm95te af9 de pr(it] des avances et des cra9tes des deux p>tis2 ary51 je v\s engage au sil5ce et mme l'ignorance3 d'ailleurs1 ri5 n'e/ plus malsant1 dans le monde littraire1 que d'av\] une conviction religieuse ou mtaphysique2 in/ruisez-v\s plutt de la "q des tirages et des passes1 dev5ez une autorit en cette matire1 qui e/ comme la pi]re de t\*e du vritable criva94 ,la politique v\s s]a un peu mo9s indiffr5te4 ,soyez sociali/e1 sans hsitation4 ,c'e/ auj\rd'hui le seul p>ti qui puisse1 sans ironie1 promettre un jeune homme1 p\r ses vieux j\rs1 un sige de snateur4 ,,xiii ,ne commettez jamais d'indlicatesse sans tre absolum5t sr de l'impunit4 ,si un inconnu v\s confie p\r le lire un manuscrit o rde quelque ide1 pr5ez-la en note1 mais ne v\s en s]vez que le j\r o v\s s]ez assez =t p\r brav] t\te rclamation4 ,ce sy/me e/ utile qu& il s'agit d'une pice de ?tre qui s\v5t ne repose que sur un mot ou une situation qui f]ont t\t aussi bon effet avec n'importe quel dialogue4 ,qu& v\s dm>qu]ez un confrre1 citez son nom1 en passant2 a9si1 il ne peut se pla9dre et le public croit que t\t l'article e/ de v\s1 mo9s une phrase1 *oisie exprs p>mi les plus insignifiantes4 ,n'usez pas de la lettre anonyme2 mais g>dez soigneusem5t celles qu'on v\s adress]a2 les critures sont s\v5t mal dguises1 un has>d peut v\s en faire dc\vrir l'auteur4 ,collectionnez de mme t\s les petits papi]s p> quoi on peut compromettre quelqu'un et le t5ir sa discrtion4 ,plusieurs j\rnali/es ne doiv5t qu' cette p]svrance la situation1 inexplicable autrem5t1 qu'ils ti5n5t dans la presse4 ,des g5s h>dis recomm&5t cette ruse3 se faire introduire comme secrtaire *ez un homme influ5t1 et l1 t\t en acceptant les ord9aires obdi5ces3 prom5] les enfants1 sortir le *i5 l'heure de son beso91 allum] le feu1 all] report] les p>apluies emprunts1 et plusieurs autres besognes qui prp>5t m]veilleusem5t la vie littraire2 l1 s'(frir1 un j\r que le matre e/ malade1 rdig] son article1 peu peu en pr5dre t\t fait l'habitude1 et un j\r all] dire la vrit au directeur du j\rnal4 ,j'ai vu t5t] l'av5ture1 qui ne russit pas1 c> c'e/ le nom et non l'oeuvre qui a de la valeur p\r un j\rnal et p\r le public4 ,voil1 mon *] ami1 les premi]s conseils que je v\s donne1 ou plutt les ides que je s\mets aux mditations de votre esprit prcoce4 ,jeune1 ambitieux1 intellig5t1 ri*e1 sans prjugs ni scrupules1 v\s avez t\t ce qu'il faut p\r arriv]1 mais j'espre que cette petite collection de pr9cipes ne s]a pas la mo9dre de vos armes4 ,septembre #ahif4 ,,ii ,,d]ni,,re ,,cons,,qu5ce ,,de ,l',,id,,alisme ,quid videat nescit2 s$ quod videt1 uritur illo4 ,ovide1 ,mtam41 ,,iii1 #dcj4 ,,introduction ,ayant eu1 ces d]ni]s temps1 quelques d\tes sur la valeur1 non po9t philosophique1 mais morale et sociale1 de l'idalisme1 je ne pus1 malgr des mditations assidues1 triomph] de mes hsitations p> la m?ode de la logique directe4 ,et bi5 au contraire2 p\sse son extrme1 la ?orie idali/e ab\tissait1 en mes dductions1 pratiquem5t1 au nronisme ou au fakirisme1 selon qu'elle volue en des intellig5ces actives ou en des intellig5ces passives2 socialem5t 7comme je l'ai n antrieurem5t7#fi1 au despotisme ou l'an>*ie#gj4 ,note #fi3 ,v4 ,l',idalisme1 pp4 #af-ag4 ,note #gj3 ,on saura ce que p\rrait tre le fakirisme-an>*ie en lisant un s+uli] conte de ,m4 ,m>cel ,s*wob1 l',ile de la lib]t 7,e*o de ,p>is1 juillet #ahib74 ,or1 sans tre p\rtant le disciple de la prud5ce philosophique qui1 arrive au croisem5t de deux r\tes1 s'assi$ et se dem&e3 v]s quel po9t c>d9al repr5drai-je ma prom5ade1 qu& je me s]ai bi5 repose8 je me suis assis1 comme elle1 au croisem5t des deux r\tes1 et1 ayant rfl*i1 je rsolus de ne suivre aucune des r\tes frayes1 et de m'en all] trav]s *amps4 ,en somme1 t\t en ne rpugnant ni l'une1 ni l'autre des deux consqu5ces que j'ai dites1--c> elles p\vai5t tre ncessaires et 9luctables--j'ai song que peut-tre elles n'tai5t ni ncessaires1 ni 9luctables1 soit en mtaphysique1 soit en politique1 soit relativem5t notre conduite prive dans la vie1 lorsque1 mus p> l'absurde beso9 de logique qui n\s tyrannise1 n\s s\haitons de mettre notre vie d'accord avec nos pr9cipes4 7,il s]ait si simple de mettre nos pr9cipes d'accord avec notre vie47 ,on tr\v]a peut-tre1 malgr mes affirmations1 que je me contr$is2 mais les jugem5ts1 quoique j'aie beso91 autant que nul autre1 de la sympa?ie huma9e1 me tr\bl5t peu4 ,d'ailleurs1 all] t\t droit1 comme une balle 7t\t droit1 ou selon la trajectoire prvue71 dans la droite voie de la logique1 e/ plutt le fait des esprits simples1--je ne dirai pas mdiocres1 ce qui s]ait bi5 diffr5t4 ,aucun des gr&s philosophes allem&s#ga n'a t purem5t logique3 ni ,kant1 bifurquant v]s la raison pratique1 ni ,fi*te1 prnant le patriotisme#gb1 ni ,s*op5hau] dont le pessimisme s'abreuve d'illusoires antidotes2 et ,jsus1 lui-mme1 p>lant comme ,dieu1 s'e/ contr$it sciemm5t1 puisque1 aprs le ,mon royaume n'e/ pas de ce monde1 il pr(re le ,r5dez ,cs>444 ,logiquem5t1 il devrait dire3 ,j'ignore t\t1 hormis mon royaume1 qui n'e/ pas de ce monde1 et ,cs> comme le re/e4 ,mais en prononant cette ngation3 pas de ce monde1 il affirmait ce monde1 et il dut song] aux relations qu'avec ce monde devai5t ncessairem5t avoir ses disciples1 les hommes de bonne volont4 ,note #ga3 ,ni des ,franais4 ,malebran*e1 tant oratori51 se croyait *rti5 et ne l'tait que de coeur4 ,sa philosophie mne au fakirisme4 ,note #gb3 ,disc\rs la nation allem&e4 ,rev5ons la pa?ologie de l'idalisme4 ,ngligeant provisoirem5t les consqu5ces sociales d'une doctr9e qui1 d'ailleurs1 e/ impopulaire1 je ne veux allgu] qu'un nronisme de dilettante et qu'un fakirisme de bonne compagnie2 et mme1 p\r simplifi] l'enqute1 laissons encore de ct le pseudo-fakirisme4 ,il n\s suffira d'avoir faire la critique du nronisme m5tal1 plus clairem5t appel le n>cissisme4 ,n>cisse1 ,quid videat nescit2 s$ quod videt1 uritur illo1 et1 ne connaissant que soi1 il s'ignore lui-mme3 ,ovide1 sans le savoir1 a mis bi5 de la philosophie dans les qu9ze syllabes de son v]s lgant#gc4 ,note #gc3 ,les symboles1 s\v5t1 demeur5t clos p5dant des sicles2 ils sont la fonta9e scelle ou le hortus conclusus4 ,on passe devant la s\rce dormante sans mme dsir] y boire une gorge d'eau pure2 et devant le j>d9 mur1 sans l'envie de fran*ir le mur et de cueillir mme une t\te petite rose au my/rieux rosi]4 7,un conte1 qui dti5t bi5 d'autres secrets1 la ,belle et la ,bte1 m'a fait compr5dre cela et je l'expliqu]ai un j\r1 avec plusieurs *oses1 si j'en suis capable47 ,en un temps o il n'tait pas la mode d'all] boire la fonta9e de ,n>cisse1 l'abb ,bani] disait1 en comm5tant ,ovide3 ,l'hi/oire de ,n>cisse1 si bi5 crite p> notre pote1 e/ un de ces faits s+uli]s qui ne n\s appr5n5t ri5 d'important4 ,mais il faut repr5dre les *oses de plus haut et r$ire1 hlas6 af9 d'tre clair1 des *oses mille fois dj r$ites4 ,c'e/ une t]nelle ncessit3 les hommes sont si crdules la ngation que la vrit leur semble un conte de fes1 et que t\s viv5t1 les rpr\vs dans l'obscure =t de l'indiffr5ce1 les privilgis dans l'obscure =t du d\te3 ,nel mezzo del cam9o di no/ra vita ,mi ritrovai 9 una selva oscura ,*e la diritta via era sm>rita#gd4 ,note #gd3 ,dante1 ,inf41 ,i1 #a-c4 ,,*apitre ,,premi] ,,homunculus-,,hypo?,,se ,il e/ bi5 ent5du que le monde n'e/ p\r moi qu'une reprs5tation m5tale1 une hypo?se que je pose#ge1 ncessairem5t#gf1 qu& la s5sation veille ma consci5ce3 l'objet n'e/ p]u p> moi que comme p>tie de moi2 je ne puis concevoir son exi/5ce en soi3 il n'a de valeur p\r moi que s'il vi5t gravit] aut\r de l'aimant qu'e/ ma p5se2 je ne lui accorde qu'une vie objective1 prcaire et limite p> mes beso9s d'hypo?se#gg4 ,note #ge3 ,fi*te1 ,?orie de la ,sci5ce4 ,note #gf3 ,cette ncessit n'e/ pas absolue4 ,en tel tat physiologique ou psy*ique1 la d\leur n'e/ pas p]ue2 dans le sommeil1 l'extase1 etc41 le monde extrieur e/ ni4 ,secondem5t1 cette hypo?se peut tre cre a priori3 fausses s5sations ou halluc9ations4 ,le ncessairem5t e/ cep5dant la condition de t\te vie de relation2 il e/ supposable jusqu' preuve du contraire4 ,note #gg3 ,la p]ception e/ t\j\rs critique1 en ce s5s qu'elle e/ relative non seulem5t mes facults p]ceptives absolues1 mais aussi mes desid]ata actuels3 elle e/ influ5ce p> le dsir1 p> la cra9te2 elle e/ modifie p> mes t5dances actives ou mme virtuelles3 je ne p]ois pas un tableau de ,botticelli auj\rd'hui comme il y a dix ans1 et je comm5ce sans d\te auj\rd'hui1 le p]cevoir comme je le p]cevrai dans dix ans4 ,les gts *ang5t1 et d'un j\r l'autre2 applique l'am\r1 cette ins9uation p>atra trs claire4 ,ceci admis1 et con/ate d'abord 7malgr la contradiction des t]mes7 la subjectivit de l'objet1 je songe p\ss] plus lo9 l'analyse4 ,laissant le moi qui m'e/ connu 7au mo9s p> df9ition71 je veux1 p\r m'in/ruire et savoir comm5t et p> quoi je suis limit1 tudi] l'objet c'e/--dire l'hypo?se du monde extrieur2 l'objet se mle moi1 mais la manire de l'eau qui entre dans le v91 en le modifiant1 et une telle modification ou mme mo9s ngative1 ou mme positive1 ne peut me laiss] indiffr5t4 ,je suis donc limit1 ou modifi1--et j'admets encore priori cette limitation1 sans t\tefois prjug] si elle m'e/ impose ou si je me l'impose moi-mme p> une loi de mon organisme psy*ique2 j'admets l'objet ou monde extrieur2 j'admets que1 inexi/ant et projet hors de moi p> moi1 il soit nanmo9s la cause hypo?tique de ma consci5ce1--bi5 que lui-mme caus p> ma consci5ce2 j'admets cela1 c> ,homunculus1 cr dans ma cornue1 surgit et me ti5t tte2--et il p>le6 ,en effet1 en dcomposant l'objet1 selon le plan de mon analyse1 j'ai tr\v qu'il se diffr5cie selon deux modes1 deux illusions1 mais que diffr5tes6 l'objet qui ne me rsi/e pas et l'objet qui me rsi/e1 l'objet esclave et l'objet contradictoire1 l'objet signe et l'objet p5se3--l'homme1 l'homme effrayant1 l'homme qui m'p\vante1 p>ce qu'il me ressemble4 ,je me connais et je m'affirme2 je suis1 c> je me p5se1 et le monde extrieur o je r5contre ce frre n'e/ autre *ose1 je le sais1 que ma p5se mme hypo?tiquem5t extriorise4 ,mais si ce frre gravite aut\r de mon aimant1 p>ticule de mon dsir1 moi aussi1 p>ticule de son dsir1 je gravite aut\r de son aimant2 le monde dont il fait p>tie n'exi/e qu'en moi2 mais le monde dont je fais p>tie n'exi/e qu'en lui1--et1 relativem5t sa p5se1 je dp5ds de sa p5se3 il me cre et il m'annihile1 il me conoit et il me nie1 il m'crit et il m'efface1 il m'illum9e et il m'entnbre4 ,je suis lui3 ,homunculus-,hypo?se gr&it et m'crase1 c> s'il n'e/ ri5 que ma p5se1 qu& je le p5se1--il e/ t\t qu& il se p5se lui-mme1 et je n'exi/e plus qu'avec son cons5tem5t4 ,me voil donc limit p> mon hypo?se1 c'e/-dire p> moi-mme1 et je reconnais1 cette fois indubitablem5t1 que je ne puis pas ne pas me limit]1 c>1 ds que je p5se1 je pose l'hypo?se de la p5se4 ,me voil donc limit p> ma propre p5se1 et plus je p5se plus je me limite1 plus je cre d'ob/acles au dveloppem5t de mon primordial absolutisme2 dev5ue p>eille l'oeil facettes d'une m\*e1 ma p5se multiplie les ennemis de son unit et j'ai devant moi la =midable arme des ,autres4 ,mais que l'ennemi soit un ou multiple1 il gne galem5t ma lib]t1 et1 m'ayant =c le concevoir1 il me =ce entr] en p\rp>l]s avec lui4 ,a condition qu'il ne me nie pas1 j'admettrai1 autant que je puis le faire1 autant que me le p]met ma nature1 son exi/5ce hypo?tique1--et ncessairem5t s'il me r5d la p>eille4 ,ce n'e/1 aprs t\t1 qu'un *ange de bons procds et de rciproques concessions4 ,au lieu de la gu]re1 je propose la paix2 je laisse la vie celui qui me la laisse1--et celui qui m'a retir de l'abme et qui en m'en retirant y e/ tomb lui-mme1 je jette mon t\r la corde du salut4 ,n\veaux ,dioscures1 n\s vivrons *acun notre j\r1 nos nuits ne s]ont que de priodiques in/ants et n\s y j\irons des magnifiques alt]natives de la lumire et de l'ombre3 444,fratrem ,pollux alt]na morte r$emit#gh4 ,note #gh3 ,virg41 n41 ,,vi1 #aba4 ,et voici comm5t raisonne ,pollux3 ,l'arbre n'exi/e que p>ce que je le p5se2 p\r la p5se hypo?tique que je press5s et que je veux bi5 admettre1 d\l\reusem5t1 au-del de mon doma9e1 je suis une sorte d'arbre et je n'exi/e qu'autant que cette p5se me p5se444 ,il se repr5d3 ,p\rtant1 je suis1--et absolum5t#gi6 ,note #gi3 ,dans le s5s de ,fi*te1 que le moi e/ virtuellem5t t\te ralit1--t\j\rs jusqu' preuve du contraire4 ,il rfl*it et cont9ue3 ,oui1 mais ,homunculus ne dit pas autre *ose de lui-mme2 il dit1 lui aussi3 ,je suis1--et absolum5t4 ,or1 si j'admets mon affirmation1 je dois admettre la si5ne1 mais deux absolus sont contradictoires2 ils se ni5t en s'affirmant2 ils s'affirm5t en se niant4 ,p\r tre p5s1 il faut donc que je me nie moi-mme1--mais je retr\v]ai dans l'autre p5se l'image de ma propre ngation r5v]se et r$ev5ue positive3 je vis et je suis en celui qui me p5se4 ,voil p\rquoi ,pollux p>tagea son immortalit avec son frre mortel4 ,,*apitre ,,deuxi,,me ,,vie ,,de ,,relation ,la mtaphysique pose des axiomes1 l'expri5ce les vrifie2 si elle n'en a pas le droit1 elle le pr5d4 ,l',intellig5ce absolue p5se dans la solitude absolue de l',inf9i1 et sa p5se oeuvre la tapiss]ie que n\s sommes-- l'env]s--3 hommes1 btes1 plantes1 pi]res4 ,elle a son moteur en soi2 elle "p d'un po9t du c]cle p\r rev5ir au mme po9t du c]cle1 et ce simple m\vem5t1 t\j\rs le mme1 e/ inf9im5t fcond4 ,p\r l'intellig5ce limite1 les conditions de la p5se sont t\tes diffr5tes2 elle a beso9 de l'excitation du *oc extrieur4 ,rduite soi1 c'e/ le prisonni] au secret4 ,dans ce cas1 la p5se se rsorbe et1 ne vivant plus qu'autosub/antiellem5t1 se dvore elle-mme et se rs\t en la non-p5se#hj4 ,la p5se d'autrui e/ le miroir mme de ,n>cisse1 et sans lequel il s]ait ignor t]nellem5t4 ,il s'aime1 p>ce qu'il s'e/ vu2 on se voit dans un miroir1 dans des yeux1 dans le lac de la p5se extrieure4 ,tel ,n>cisse intellectuel1 cont5t p> un auditoire compos d'une femme qui fait semblant d'c\t]1 s'p&rait mo9s s'il n'avait p\r confid5ts que les arbres de la =t1 ou ,mnmosyme1 pltre p\rtant indulg5t4 ,mais1 dfaut de l'objet-p5se1 ,n>cisse s'amuse encore int]pell] la pati5ce muette des ro*]s et la bruissante sympa?ie des arbres2 il c\te1 il a cr ,e*o4 ,e*o e/ la p5se en laquelle il peut vivre3 il la nie et il meurt#ha4 ,note #hj3 ,telle e/ la signification symbolique de l'hi/oire d',hugol94 ,prisonni]1 sp> de la s\rce de l'activit m5tale1 il dvore ses enfants1--c'e/--dire qu'il se dvore lui-mme1 qu'il dvore ses propres p5ses4 ,p\r cela1 il e/ *ti t]nellem5t1 c> il a v\lu ni]1 p> orgueil1 les conditions mme1 de la vie de relation1 telles qu'elles n\s sont imposes2 il avait obi aux propres sugge/ions de ses enfants1 de ses p5ses1 de son gsme1 et l'gsme eut plus de puissance que l'am\r1--et la faim eut plus de puissance que la d\leur4 ,poscia1 pi *e'l dolor pote'l digiuno ,,dante1 ,inf41 ,,xxxiii1 #ge4 ,note #ha3 ,et dev5u fleur1 si n\s att5dons jusque-l1 oeillet-,notre-,dame a ou porion b--il faut que la fleur soit cueillie4 ,n\s l'entreml]ons l'hyac9!1 au lys1 au ly*nis1 au li]re1 et n\s en c\ronn]ons nos amies l'heure de nos fe/9s mtaphysiques c3 ,h$]ae ,n>cissique t] circumvoluto circulo ,tortilium coron>um444 ,et n\s j\]ons les orn] d'9dites et t\*antes grces4 --,tu v]o admodum v>iam e floribus coronam ge/abis mollissimam1 suavissimam4 --,summe ,jupit]1 illam hab5tem1 quis osculabitur ,oui1 qui bais]a sur la b\*e la re9e du jeu8 ,note a3 ,comm5taires de ,philo/rate1 ,tableaux 7,p>is1 #afbj1 9-folio74 ,note b3 ,comm5taires d',a?ne1 ,deipnosoph4 7,p>is1 #aeih1 9-folio74 ,note c3 ,citation d',a?ne1 dit4 gr4 lat4 7,ibid47 ,le ,n>cisse raisonnable et logique ne s'inquit]ait mme pas des reflets qui dorm5t dans les s\rces4 ,a l'c>t de t\t1 en une solitude rig\reuse et f>\*e1 il soign]ait1 jal\x et sil5cieux1 la fleur prcieuse de son j>d9et1 trop prcieuse p\r l'oeil d'autrui4 ,tels peut-tre les solitaires de jadis8 ,non1 c> ils ne cultivai5t leur moi que p\r l'arra*]1 att5dant que la plante ft dev5ue assez solide p\r donn] prise aux ma9s du r5oncem5t#hb4 ,illogique1 il convie autrui visit] ses plates-b&es et ses s]res1 c>1 horticulteur la mode1 et non plus pauvre j>d9i]1 il exhibe d'all*antes collections d'azales et de phnomnales or*ides1 images provignes de son orgueil4 ,lui seul e/ le gr& horticulteur1 mais sa propre affirmation dfaille si les autres ne la confirm5t4 ,note #hb3 ,le solitaire1 mme seul1 n'tait pas t\j\rs seul4 ,p>fois il ent5dait la voix qui p>le aux solitaires4 7,,hello1 ,physionomies de ,sa9ts1 p4 #dbc47 ,nietzs*e1 le ngri] de l'idalisme1 le prototype du nronisme m5tal1 rs]ve1 aprs t\tes les de/ructions1 une ca/e d'esclaves sur laquelle le moi du gnie peut se pr\v] sa propre exi/5ce en ex]ant d'+nieuses cruauts4 ,lui aussi veut qu'on le connaisse et que l'on appr\ve sa gloire d'tre ,frdric ,nietzs*e1--et ,nietzs*e a raison#hc4 ,note #hc3 ,l'auteur ne *ange ri5 ce p>agraphe o app>at son ignorance d'alors t\*ant ,nietzs*e4 ,mais cette ignorance mme e/ bonne con/at]1 cause du p>alllisme de c]ta9es ides4 ,plus d'un esprit libre et logique de ce temps a relu dans ,nietzs*e telle de ses p5ses4 ,l'homme le plus humble a beso9 de gloire3 il a beso9 de la gloire adquate sa mdiocrit4 ,l'homme de gnie a beso9 de gloire2 il a beso9 de la gloire adquate son gnie#hd4 ,quel pote et qui donc s]ait cont5t de la seule c\ronne qu'il se pos]ait lui-mme sur la tte1 comme ,*>les-,qu9t8 ,l'emp]eur ne se c\ronna pas dans l'ombre de son oratoire2 il se c\ronna devant t\te la t]re et devant les pr9ces de t\te la t]re1 disant a9si que1 premi] juge de sa propre gloire1 il n'en tait que le premi] juge1 et non pas le seul4 ,note #hd3 ,hello a crit sur une ide vois9e de ceci des pages =t belles 7,de la ,*>it intellectuelle dans les ,plateaux de la ,balance74 ,p5s p> les autres1 le moi acqui]t une conci5ce n\velle et plus =te1 et multiplie selon son id5tit ess5tielle4 ,multipli] une rose1 cela fait un j>d9 de roses2 multipli] une ortie1 cela fait un *amp d'orties4 ,c> la dviation de l'idalisme1 telle que je la conois1 ne va pas1 et t\t au contraire1 ratifi] la b>oque loi du nombre1 qui se base sur de fabuleuses additions o sont ensemble compts les roses et les orties1 les rats et les zbres4 ,la p5se s'individualise diffremm5t2 il n'y a pas deux individus id5tiques2 les miroirs sont bons ou mauvais1--et encore le miroir n'absorbe et ne rfl*it qu'une manire d'tre et non l'tre en soi4 ,l'tre en soi e/ inviolable1 mais il faut qu'il subisse des t5tatives de viol p\r appr5dre qu'il e/ inviolable4 ,le ,/ylite vit t\t seul sur sa colonne1 mais il a beso9 de la f\le des pl]9s qui se presse au pi$ de sa colonne2 il a beso9 de la salutation de ,?odose2 il a beso9 de la va9e fl*e de ,?odoric4 ,sans la p5se qui le p5se1 le ,/ylite n'e/ qu'un palmi] dans le ds]t4 ,fvri] #ahid4 ,,iii ,,le ,,pr9cipe ,,de ,,la ,,*>it ,le pr9cipe d'un acte1 ou sa cause gnratrice et matresse1 importe plus que l'acte lui-mme1 c> c'e/ p> son pr9cipe que l'acte acqui]t son degr de valeur e/htique1 c'e/--dire morale4 ,rduit au mcanisme physique1 l'acte e/ indiffr5t3 c'e/ l'extriorisation d'une =ce et ri5 de plus4 ,que l'ef=t des muscles se rsolve en un sauvetage ou en un meurtre1 les deux actes sont les mmes1 et p\r les diffr5ci] il faut avoir compris leur pr9cipe initial2 mais ce pr9cipe peut tre commun1 avidit1 vanit1 obissance1 c\rage3--et un meurtre app>atra vtu de t\te la sanglante beaut du ds9tressem5t1 et un sauvetage sali de t\te la vase du fleuve et de t\te la b\e de la rcomp5se4 ,que1 les pr9cipes dt]m9s1 le *tim5t int]vi5ne et efface le crime2 que la rcomp5se1 aussi srem5t1 efface l'oeuvre qui la motiva1 et l'on retr\ve l'tat d'indiffr5ce qui e/ l'tat normal de l'acte et qui s]a l'tat mme de l',activit le j\r o t\s les actes possibles auront t accomplis4 ,il faut donc1 si l'on veut absolum5t jug]1 ce qui e/ un jeu df5du1 mais bi5 huma91 jug] non les actes qui ne sont que des m\vem5ts et dont la direction peut tre *aque in/ant dvie p> des causes secondaires ou po/rieures1 mais les pr-actes les actes en puissance1 les actes au mom5t mme o ils vont tre dt]m9s p> le pr9cipe initial2 il faut jug] le pr9cipe mme et non le fait1 et1 ici1 *]*] quel e/ le pr9cipe qui peut confr] un acte la qualit d'acte de *>it1 en opposition avec la f\le des actions a9si qualifies d'ord9aire1 mais indm5t4 ,i ,la vie1 qui e/ un acte de foi1 puisque l'homme e/ incapable de vrifi] les notions sur lesquelles s'appuie son exi/5ce mme quotidi5ne1 e/ aussi un acte de *>it puisqu'elle e/ un *ange p]ptuel de notions et de s5tim5ts entre les hommes et entre l'homme et le re/e de la nature4 ,p>mi ce torr5t d'effluves1 les actions communm5t appeles *>itables ne sont qu'un t\t petit s\ffle1 et s\v5t de vanit1--mais qui siffle comme un jet de vapeur1 af9 de capt] l'att5tion et la s5sibilit des mes4 ,ces actions n'ont que le mrite d'tre consci5tes2 elles le sont jusqu' l'o/5tation et jusqu'au m5songe1 c> elles arriv5t faire croire qu'elles ont seules droit au nom d'actes de *>it1 alors que leur pr9cipe les range p>mi les plus ord9aires ge/es du comm]ce4 ,les actes *>itables ne sont le plus s\v5t que des actes comm]ciaux1 v5te1 a*at1 *ange3 gagn] le ciel1 gagn] l'e/ime gnrale1 gagn] sa propre e/ime1 gagn] le repos de sa consci5ce2 a*et] une joie2 se dfaire d'un remords2 *ange d'une monnaie contre une bndiction2 a*at d'une *ance favorable1 d'un avantage1 encore que problmatique1 d'un bonheur1 encore qu'illusoire4 ,t\s ces actes obiss5t au pr9cipe du ga91 attnu et l p> le pr9cipe du plaisir4 ,ce d]ni] pr9cipe e/ seul en cause qu& la *>it1 acte d'am\r ou acte de piti1 pr5d un c>actre noblem5t g/e et con=me la de/9e de l'homme1 qui e/ de s'aff]mir dans sa vie et de s'affirm] dans l'ex]cice des s5tim5ts qui lui font pr\v] =tem5t la joie de la supriorit p]sonnelle4 ,p> les actes d'am\r et de piti qui s\v5t se confond5t 7surt\t *ez les femmes1 et c'e/ un socle o elles hauss5t dlicieusem5t71 l'homme conqui]t la s5sation de se gr&ir et mme de dev5ir unique2 crateurs d'allgresses vraim5t div9es1 ces actes ont les mmes effets que la d\leur3 ils diffr5ci5t puissamm5t celui qui les accomplit avec puret2 ils le dress5t sur la colonne du ,/ylite d'o les caill\x du ds]t ne sont que des gra9s de sable1 d'o le sable se ride et rit avec des fra*eurs d'eau4 ,mais l encore1 et puisque l'expri5ce d'un tel rsultat peut s'acqurir1 le ds9tressem5t n'e/ pas absolu2 la consci5ce du b n'e/ pas t\j\rs ni t\t fait abs5te et1 quoique ri5 de social ou de pratique ne s\ille de tels actes 7ils peuv5t tre1 cela e/ t\j\rs s\s-ent5du1 socialem5t crim9els71 c'e/ encore plus lo9 qu'il n\s faut *]*] le pr9cipe de la *>it p>faite4 ,le pr9cipe de la *>it e/ le don gratuit1 pur et simple1 sans dsir1 sans esprance1 sans b4 ,la nature et l'humanit la plus vois9e de la nature n\s donn]ai5t de cela des exemples si on les devait *oisir inconsci5ts3 la *>it de la fleur1 la *>it du *taigni]1 la *>it du boeuf1 la *>it du *i51--la *>it du gnie1 la *>it de la beaut1--la *>it de la m]1 la *>it du soleil1--la *>it de ,dieu 7dont l'tre e/ indt]m97 qui ma9ti5t1 selon les lois1 la succession des phnomnes et l'activit de l'intellig5ce2--mais la vritable *>it e/ l'acte de l'homme consci5t qui vit selon sa propre p]sonnalit et d'aprs les rgles de sa logique intrieure et individuelle4 ,cet homme donne ce qu'il a et donne ce qu'il e/4 ,p\r fleurir1 il n'emprunte pas1 *>don1 la sve du lys1 il n'e/ ni le li]re ni le miroir3 il ne plante pas ses griffes dans la tige plus =te d'autres intellig5ces1 ni ne vole la grce d'autres mes2 h]be ou mtal ou crature vivante1 il n'(fre la frairie des tres et des *oses que l'opul5ce naturelle d'un gnreux gsme1 con=me au ry?me1 adquat aux ge/es div9s4 ,la plus gr&e *>it e/ donc de vivre et de cons5tir tre dans la prairie une ta*e d'ocre ou de laque et de born] son rle aux relations qu'une nuance doit avoir avec les autres nuances4 ,mais p\r vivre il ne suffit pas d'exi/]2 il faut avoir la consci5ce de sa vie et de sa c\leur et de son jeu et1 cette triple consci5ce acquise1 ma9t5ir la succession de ses phnomnes et l'activit de son intellig5ce3 en cela1 l'homme e/ dieu et son propre ,dieu1 et1 dev5u son propre ,dieu1 il atte9t le sommet suprme de la *>it1 qui e/ l'am\r de soi-mme en quoi e/ impliqu le don de soi-mme4 ,aim]1 c'e/ donn]2 s'aim]1 c'e/ se donn]3 a9si p> le raisonnem5t le plus simple on id5tifie1 l'inf9i1 l'am\r et l'gsme1 le moi et le non-moi1 dans la consci5ce de se s5tir indt]m93 l'gsme p5se l'am\r1 et1 p5s l'am\r1 se vivifie et s'p& en ondes sur le monde4 ,ces ondes1 comme celles que dess9e sur l'eau une pluie de pi]res1 s'entrelac5t sans se confondre et sans bris] leurs c]cles qu'un m\vem5t sr ext5d1 p>tir du po9t de *ute1 jusqu' une limite inconnue4 ,p>mi l'h>monie de tant d'ondulations inv9cibles1 les actes de la *>it comm]ciale vi5n5t crev] comme la bulle d'air revomie p> une gr5\ille4 ,,ii ,ce que l'on nomme la vie de relation p>ticipe donc en plusieurs de ses m\vem5ts la *>it la plus haute1 mais cette vrit ne s]a pas plus amplem5t dmontre1 c> les *oses ayant deux faces et les mots leurs exig5ces1 on att5d sans d\te un exam5 bref des faits les plus con=mes la df9ition des lexiques et que l'on revi5ne1 p\r ne pas contr>i] plus longtemps le commun des habitudes crbrales1 l'analyse des actes pratiqus et monopoliss p> des coeurs utiles4 ,l'ide que la *>it doit tre utile e/ presque n\velle2 elle date sans d\te de sa9t ,v9c5t de ,paul1 ou du mo9s l'on s'accorde faire honneur de cette inv5tion curieuse au clbre philan?rope1 au ,p>m5ti] des petits enfants4 ,avant lui1 la *>it n'tait qu'un ra*at de p]sonnelles fautes2 elle g>dait son c>actre g/e et digne de prodigalit2 elle tait vraim5t1 le plus s\v5t1 un don sans conditions1 sans b que d'tre un don2 elle tait un sacrifice2 elle avait la grce et la puret de l'oubli3 elle ne suivait pas son arg5t des yeux4 ,auj\rd'hui l'on va jusqu' produire1 presque en ju/ice1 le reu du ,pauvre1 avec timbre de quittance4 ,on fait un placem5t de vanit ou de peur4 ,le c>net s\*e de l'aumnire e/ dev5u un b\cli] contre les jets de b\e1 et qu& il e/ prim on en fait de la pte papi] d'affi*es4 ,la *>it e/ dev5ue une des =mes de la rclame3 savoir pip] l'arg5t misricordieux et le rp>tir entre les plus adroits hurleurs e/ un tal5t apprci *ez les j\rnali/es1 qui envi5t un mti] si gnreusem5t productif et *ez les petits b\rgeois qui ont le respect de la comptabilit1 de l'ordre1 de l'conomie et qui donn5t1 non au pauvre qui passe1 mais l'indig5t c]tifi p> un numro d'ag5da4 ,mais qu'elle s]ve1 sycophante1 les intrts d'un audacieux philan?rope ou qu'elle soit l'assurance contre la grle signe p> un trembleur innoc5t1 la *>it p]d galem5t t\s ses c>actres ess5tiels3 en d'autres circon/ances1 elle n'en g>de que peu et c'e/1 p> exemple1 s+ulirem5t la dim9u] en beaut que de la faire desc5dre au rang de r\age social1 moteur d'ordre huma91 complice des tyrannies de la civilisation4 ,on a dit que l'aumne tait l'une des insultes du ri*e env]s le pauvre4 ,presque t\j\rs3 p>ce qu'elle n'e/ presque jamais le don gratuit4 ,on a*te1 p\r quelques arg5ts1 le sil5ce et la sagesse du pauvre2 mais l'aumne qui ne dem&]ait ri5 en *ange1 l'aumne d'un v]re d'eau-de-vie un ivrogne1 s]ait-ce vraim5t une insulte8 ,il e/ affreux de conduire *ez le b\lang] la tri/e crature qui t5d la ma92 la voil l'insulte1 et imp>donnable1 l'insulte d'une *>it mprisante qui limite le beso9 p\r limit] le don4 ,et que savez-v\s si ce pauvre n'a pas beso9 d'une fleur ou d'une femme8 ,le pa9 que v\s lui (frez1 il ne devrait le mang] que tremp dans le sang am] de vos ve9es rompues4 ,la *>it qui limite et qui *oisit e/ cruelle et drisoire2 si l'on y mle la notion du devoir1 elle s'ironise encore et s'aggrave1 et se d%onor]ait1 si c'tait possible4 ,peut-on d%onor] la *>it8 ,villi]s de l',isle-,adam1 d'un obscne m5diant1 disait qu'il d%onorait la pauvret4 ,c'e/ all] lo94 ,si des pauvres sont abjects ils ne d%onor5t qu'eux-mmes2 et la *>it e/-elle avilie p> la danseuse qui1 en un hideux bal de bi5faisance1 fait *oir un plaisir l'humiliation d'un devoir8 ,les mots collectifs ne sont pas responsables des units qu'ils signifi5t3 levs au rang d'ides1 ils ne peuv5t tre amo9dris p> la trahison d'un fait4 ,qui peut d%onor] la joie8 ,mais la *>it e/ une joie laquelle1 comme t\tes les joies1 il faut un peu d'hypocrisie1 le demi-j\r1 le pas de nom1 l'acte d'homme pur et simple1 comme la possession d'une femme dont on ne connatra que la surface et qui n'ent5dra que l'anonyme cri de l',homme1 dans l'ombre d'une oeuvre secrte4 ,fvri] #ahif4 ,,iv ,,la ,,de/9,e ,,des ,,langues ,on a publi nagure dans une revue de vulg>isation#he un article orn de ce titre brillant3 ,la ,gu]re des langues4 ,malheureusem5t1 quoique muni d'une rudition t\te fra*e et assur des plus rc5tes /ati/iques1 l'auteur1 qui e/ un trang]1 n'a pu pr(r] les conclusions qui se s]ai5t t\t naturellem5t imposes un criva9 franais4 ,il voit la "q p> le ct extrieur3 il e/ ple9 de sympa?ie1 mais il manque1 et c'e/ bi5 son droit1 de cet am\r qui adore jusqu'aux dfauts de sa passion et qui veut que l'tre unique triomphe t\t enti]1 mme contre t\t droit1 t\te ju/ice et sagesse4 ,il y a aussi bi5 du s\ci comm]cial dans ses calculs2 s\ci l\able et que mme un pote p>tag]ait1 puisque la littrature se v5d3--comme ,note #he3 ,on a supprim le nom1 d'ailleurs insignifiant1 qui figurait dans la premire v]sion de cette fantaisie4 ,peut-tre gagn]a-t-elle tre dp\ille de t\t c>actre polmique4 les oranges et comme les fleurs2 mais on songe que ce directeur d'une revue franaise le p\rrait tre1 si son exode avait f\r*1 d'un recueil allem& ou d'un magas9 anglais1 et tel voeu t\*ant la simplification de notre or?ographe et1 en vrit oui6 de notre syntaxe1 ne laisse pas que de n\s tr\bl] au s\v5ir1 voqu aussitt1 d'un clbre jugem5t du roi ,salomon4 ,sit ut e/1 aut non sit2 ce mot d'un jsuite prnietzs*en1 la plus haute p>ole *appe l'in/9ct de puissance1 doit tre rappel avant t\te discussion4 ,sa cl>t disp5se de longs comm5taires4 ,il e/ t\j\rs amusant de voir un ,t*que ou un ,polonais (frir du fond de son coeur un ,franais de ,reims ou de ,r\5 des moy5s dlicats d'amlior] la langue qu'il apprit dans le v5tre de sa mre2 on passe sur l'impud5ce et l'on rit3 on aime rire sur les bords de la ,se9e et sur les bords de la ,m>ne4 ,mais n\s avons affaire un srieux judaque qu'aucune plaisant]ie n'cor*e1 et il n\s faudrait peut-tre trait] srieusem5t d'un sujet qui semblait rs]v jusqu'ici gay] la f9 des va9es sances acadmiques4 ,en voici l'expos1 repris son comm5cem5t3 ,jadis1 assure-t-on1 le franais tait la langue p>le p> le plus gr& nombre d'hommes4 ,ce jadis e/ imprcis4 ,je vois bi51 d'aprs les petits bon%ommes gradus comme des fioles d'(fic9e 7dont le dmon/rateur claire libralem5t l'intellect de ses nombreux lecteurs71 je vois bi51 dis-je1 que le franais e/ auj\rd'hui s]r d'assez prs p> le japonais et que1 bi5 au-dessus de la franaise1 la fiole russe dresse sa capsule noire2 je vois bi5 les rapports ari?mtiques qu'il y a entre les *iffres #he1 #eh et #dj1--mais c'e/ t\t1 c> il s'agit des langues huma9es1 c'e/--dire de p5se1 d'art1 de posie1 et non pas de sucre1 de poivre ou de caf4 ,songez qu'il y a presque deux fois plus de m\l9s p>ole qui broi5t du russe qu'il n'y en a d'abonns m\dre du franais6 ,et quoi8 ,il y a encore bi5 plus de m\l9s *9ois3 il y en a trois ou quatre c5t millions4 ,la /ati/ique e/ l'art de dp\ill] les *iffres de t\te la ralit qu'ils conti5n5t4 ,un gale un1 p>fois2 le plus s\v5t #a x4 ,l'auteur1 qui e/ isralite1 devrait se s\v5ir qu'une petite tribu de ,bd\9s a impos sa religion au monde enti]4 ,le grec classique n'a jamais t p>l la fois p> un peuple plus nombreux que les ,suisses ou les ,danois4 ,mais le grec s]ait mort et sa littrature aurait pri sans la puissance byzant9e2 et c'e/ le javelot roma9 qui planta le lat9 dans l',europe occid5tale4 ,la de/9e d'une langue e/ dt]m9e p> deux causes1 l'une intime et l'autre d'action extrieure1 l'une t\te littraire et l'autre t\te politique4 ,cette seconde cause e/ la plus =te2 elle peut anantir la premire2 mais si elle s'y aj\te1 au lieu de la contr>i]1 elle peut acqurir une puissance inde/ructible4 ,l'av5ir s]a ce qu'il lui plaira2 ce qui e/ hors de notre influ5ce et de notre raison ne doit pas n\s intress] =tem5t4 ,cep5dant il e/ vid5t que la langue de l',europe future s]a la langue du va9queur de l',europe2 et s'il e/ probable que la ,russie soit la ,rome de dema91 il e/ probable que le russe soit le lat9 des pro*a9s sicles4 ,le rle de la ,france1 avilie p> des g\v]nem5ts indignes1 tant dsormais purem5t littraire 7 mo9s d'un improbable rveil71 la "q qui peut amus] e/ celle-ci3 dans quelle proportion1 ct de la langue du va9queur1 les langues des va9cus futurs peuv5t-elles espr] de vivre littrairem5t8 ,c'e/--dire l'tat de langues mortes1 de langues de p>ade ou de cnacles4 ,c> la vie et l'unit d'une langue sont intimem5t lies la vie et l'unit politiques d'un peuple4 ,l'hi/oire de la langue franaise l'a montr clairem5t1 quoique reb\rs1 et l'volution de l'espagnol dans l',amrique du ,sud s]a pro*a9em5t un argum5t p\r cette ?se1 qui n'e/ pas d'ailleurs conte/able4 ,les tats de l',europe va9cue1 en p]dant leur autonomie1 v]ront leurs langues se fractionn] rapidem5t en une quantit de dialectes dont la diffr5ciation s]a croissante4 ,ou1 p\r mieux dire1 les dialectes de ,france1 p> exemple1 qui sont encore vivants et =t nombreux1 n'tant plus dom9s p> un p>l] commun qui les rgisse et les coordonne1 devi5dront de vritables petites langues p>ticulires aussi diffr5tes entre elles que le wallon et le prov5al1 le pic>d et le portugais4 ,les ,franais de ,lyon ne compr5dront plus ceux de ,nantes1 ni ceux de ,p>is ceux de ,r5nes4 ,il y aura des annes et peut-tre des sicles de gr& tr\ble1 une an>*ie l+ui/ique analogue la gr&e an>*ie qui suivit la de/ruction politique de l'empire roma94 ,mais les hommes1 et c'e/ leur f91 sont +nieux t\rn] les ob/acles que la nature leur impose4 ,ayant beso9 d'une langue d'*ange1 ils accept]ont sans aucun d\te celle du va9queur4 ,ces acceptations1 dont il y a tant d'exemples dans l'hi/oire1 sembl5t inexplicables p>ce qu'on les croit bnvoles4 ,mais si l'on rfl*it que les fonctions publiques1 l'influ5ce et la ri*esse ne sont plus abordables p\r les va9cus qu'au moy5 de la langue du va9queur1 qui e/ le bac ou le pont joignant les deux rives du fleuve1 les apo/asies l+ui/iques app>aiss5t au contraire absolum5t con=mes ce que l'on doit ent5dre de la nature huma9e1 t\j\rs incl9e du ct du bonheur s5sible4 ,cep5dant les ,b>b>es n'imposr5t pas leurs langues au monde roma92 le lat91 que les ,v&ales avai5t respect en ,afrique1 ne cda que beauc\p plus t>d l'invasion arabe4 ,il faut sans d\te t5ir compte1 dans l'exam5 de ces faits contradictoires1 soit de l'intellig5ce1 soit du c>actre du va9queur4 ,p\rquoi le lat9 qui avait rsi/ aux ,v&ales ne put-il rsi/] aux ,arabes8 ,sans d\te p>ce que1 malgr que leur nom ait acquis une mauvaise odeur1 les ,v&ales1 d'une race d\ce et intellig5te1 plus s5suelle que vaniteuse1 fur5t vite amollis et amuss p> une civilisation dont t\s les lm5ts n'tai5t pas trang]s leur m5talit4 ,mais aucun contact ni de s5tim5t ni d'intellig5ce ne fut possible entre l',arabe et le ,romano-,v&ale2 les va9queurs ex]cr5t t\s leurs droits et mme celui du massacre4 ,le c>actre orgueilleux des ,roma9s avait eu le mme rsultat que la /upidit des ,arabes4 ,pas plus que l',anglais ou le ,franais d'auj\rd'hui1 ils ne v\lur5t considr] comme un outil respectable la langue des va9cus2 les soldats de ,cs> ne songr5t pas plus p>l] gaulois que mexica9 les compagnons de ,cortez4 ,*ose s+ulire1 ,cortez avait tr\v un int]prte au seuil de l'empire my/rieux qu'il allait dompt] en quelques sema9es2 ,cs> en tr\va autant qu'il y avait de dialectes en ,gaule3 il y a des hommes p\r qui les df5ses de la nature devi5n5t des complices4 ,mais le futur va9queur de l',europe r5contr]a1 non des dialectes sans int5sit1 mais les langues robu/es et rsi/antes1 appuyes sur des littratures anci5nes1 respectes1 vivaces1 sur des traditions adm9i/ratives1 sur la foi populaire qui1 en c]ta9s pays d',europe1 id5tifie avec beauc\p de raison la langue1 la race et la patrie politique4 ,dans ces luttes suprmes1 les littratures s]ont encore une =ce2 qu& les armes auront t ananties1 au-dessus des mles gorgs les femmes se dress]ont ple9es d'imprcations et de gmissem5ts o la langue des va9cus affirm]a sa volont de vivre1 mme p\r la s\ffrance et p\r le dsespoir1 et les enfants oubli]ont difficilem5t le son des syllabes qui auront1 autant que les l>mes1 autant que les sanglots1 pleur leurs pres4 ,mais la vie1 plus =te que les s5tim5ts p>ticuli]s1 e/ aussi plus =te que les s5tim5ts nationaux4 ,les langues de l',europe priront t\tes1 malgr ce qu'elles conti5n5t de beaut et d'humanit2 elles priront t\tes selon la tradition orale3 si l'une ou deux ou trois d'entre elles doiv5t *app] la mort intgrale et vivre1 un peu1 comme viv5t encore un peu1 auj\rd'hui1 le lat9 et1 beauc\p mo9s1 le grec ou l'anci5 franais1--lesquelles8 ,si l'on suppose que le va9queur de l',europe et du monde s]a le peuple russe1 il faut d'abord lim9] t\tes les autres langues slaves1 qui s]ont les premires dtruites4 ,aucune d'elles1 d'ailleurs1 ne possde une littrature qui puisse ou ret>d] ou mme faire regrett] beauc\p leur disp>ition2 on peut ds ma9t5ant les considr] comme des phnomnes passag]s1 et avec un peu d'application dt]m9]1 un sicle prs1 t\t cataclysme c>t1 la date de l'ext9ction totale4 ,ceci admis1 on appliqu]a le mme raisonnem5t aux p>l]s sc&9aves dont la vie1 rnove p> tel criva9 de gnie1 n'en e/ pas mo9s factice et prcaire4 ,mme si l',europe devait1 au lieu de la conqute1 subir1 *tim5t bi5 plus p\vantable1 la paix mlancolique que lui prdis5t les humanitaires1 on ne voit pas la place que p\rrait t5ir dans le monde1 ,ibs5 disp>u1 une langue telle que le dano-norwgi54 ,ces dialectes rs]vs un petit nombre d'hommes sont p\r ces hommes mmes un emb>ras et un pige1 et1 plus encore1 un tombeau4 ,le holl&ais ne doit pas att5dre une meilleure de/9e1 ni le portugais2 mais ces deux langues p\rrai5t1 longtemps encore1 volu]1 l'une en ,afrique1 l'autre au ,brsil1 o1 malgr de s+ulires modifications1 elles g>d]ai5t assez de leur figure primitive p\r faire d\t] de leur disp>ition relle4 ,quoique plus vig\reux1 mais aussi dnu de =ce expansive1 l'espagnol subirait le mme sort et son hi/oire se cont9u]ait outre-m]1 trav]s les imm5sits de plus de la moiti d'un cont95t imm5se4 ,l'envahisseur1 qui s'e/ d'abord attaqu l',allemagne1 dj ens]re p> une conqute presque circulaire1 y tr\ve une srieuse rsi/ance l+ui/ique1 mais sans pr(ondeur1 sans rac9es4 ,la littrature presque t\te de sci5ce ou de philosophie s'y r5\velait t\s les dix ans1 et les d]ni]s sicles1 depuis ,nietzs*e1 dont le f]m5t a ravag mais non r5\vel un monde1 trop dcad5t et dj ru91 y ont t presque infconds4 ,la folie des analyses et des expri5ces sociali/es ont abruti df9itivem5t le peuple allem& en dveloppant sa d\ble t5dance la rv]ie s5tim5tale et la j\issance matrielle4 ,ses d]nires activits m5tales ignor5t1 plus encore qu'au v+time sicle1 les joies ari/ocratiques de la cration2 il e/ dev5u t\t enti] contrefacteur et assimilateur2 il imite1 il traduit1 il compile4 ,c'e/ sans rpugnance qu'il appr5dra la langue du va9queur2 il emploi]a cette besogne1 dont il s5tira vivem5t l'utilit hdmonique1 les d]ni]s re/es de son n]gie et son att5tion depuis longtemps discipl9e4 ,sa littrature obscure1 l\rde et sans clat n'oppos]a qu'une faible digue aux puissantes vagues du n\vel ocan b>b>e4 ,les s5tim5talits rcalcitrantes tr\v]ont dans la musique un refuge suprme4 ,cep5dant les t5tacules de la pieuvre atteign5t l',anglet]re et l',italie4 ,une le e/ une proie difficile atte9dre1 mais ds qu'elle e/ t\*e1 c'e/ une proie p>alyse4 ,un tat insulaire n'a jamais d'arme1 quelle que soit sa volont de se crer cet organe de df5se2 au c5tre de la p>tie mobile de la population1 il y a une masse d'hommes plus ignorants1 plus orgueilleux et plus timors que *ez n'importe quelle nation cont95tale4 ,t\t trang] y tomb]ait comme un ,m>ti5 et n'y f]ait pas rgn] un mo9dre ds>roi ni une mo9dre t]reur#hf4 ,la conqute l+ui/ique des gr&es les e/ plus facile encore que leur conqute militaire2 il n'y faut que de la p]svrance4 ,l'enttem5t s'amollit bi5tt1 pntr p> le d\x esprit de lucre1 p> les sa9es ides d'utilit2 l'in/9ct comm]cial t\ffe l'in/9ct national4 ,p\r les peuples uniquem5t trafiquants1 comme les insulaires1 la langue des dieux e/ celle qui e/ p\r l'or la meilleure glu4 ,note #hf3 ,rcemm5t1 la vue d'un navire au pavillon inconnu1 qui fuyait le mauvais temps1 fit que les habitants d'un village de p*eurs cossais s'enfuir5t p\vants1 croyant une invasion des ,bo]s6 ,que doit donc tre le t]ri5 anglais8 ,l',anglet]re1 qui a une littrature1 n'a pas ou n'a plus de langue littraire4 ,tels ,anglais qu'on n\s appr5d vnr] comme de gr&s criva9s ignor5t jusqu' l'art lm5taire de la phrase et du ry?me2 ils criv5t comme ils p>l5t1 en oubliant une p>tie des mots1 et comme ils p5s5t1 en oubliant une p>tie des ides4 ,qu& ils croi5t compos]1 ils juxtapos5t4 ,ils envoi5t leurs p5ses la bataille1 comme "l ,me?u5 ses soldats1 p> petits gr\pes compacts et isols4 ,on ne sait pas encore ce que veut dire ,hamlet2 on sait qu'enleve la brod]ie admirable des images il ne re/e de ,romo et ,juliette qu'un conte enfant94 ,mais ,%akespe>e e/ un tel brodeur6 ,ici1 il y a une langue littraire1 et plus =te que la p5se mme dont elle e/ l'expression4 ,mom5t unique3 les potes anglais ne sont presque jamais des arti/es1 et c'e/ l'inv]se en ,italie1 o l'art v]bal rec\vre si peu de vraie posie4 ,il n'e/ pas probable que l'ironie d'un ,swift ou d'un ,c>lyle soit gte p> un peuple glorieux de sa =ce et ard5t la vie4 ,ce n'e/ pas l de la littrature de va9queur4 ,le passage de la langue anglaise de l'tat vivant l'tat classique ne p\rra donc tre dt]m9 que p> le respect dont mme des b>b>es auront appris ent\r] le nom de ,%akespe>e4 ,si ,%akespe>e demeure1 si le texte de son oeuvre e/ dcl> sacr1 des c5ta9es de noms et de livres anglais peuv5t entr] dans le temple1 escorte du gnie sauveur2 mais ce triomphe n'e/ pas c]ta94 ,trop libre et trop passionn1 ,%akespe>e1 dans les d]ni]s sicles de l',europe1 aura t =t nglig p> une ,anglet]re de plus en plus m?odi/e et comm]ciale4 ,la mort de ,rusk9 a clos une re d'activit e/htique ou du mo9s de t5tatives intressantes p\r l'impossible fusion des ides de beaut et de vie huma9e4 ,aprs la disp>ition du prophte de la lumire1 l',anglet]re e/ rev5ue avec dlices ses joies sombres et closes4 ,la pe9ture claire et les t(fes transp>5tes sont incompatibles avec la ncessit de la h\ille2 l o il faut se *auff] beauc\p et beauc\p activ] des ma*9es1 le plaisir e/ d'avoir une maison solide1 de mang] des *oses =tes1 de boire en c\tant la pluie battre les vitres4 ,quelques di/ractions viol5tes suffis5t1 aux j\rs de beau temps4 ,mais les rev]s militaires et des difficults sociales ont encore durci le c>actre de l',anglais1 et les hommes comme la nation se sont enf]ms dans un isolem5t cruel4 ,l',anglet]re se fait s\ffrir elle-mme p\r oubli] les blessures qu'elle a reues de l'trang] et c'e/ la religion qui a bnfici de cette longue crise d'orgueil4 ,oubli dans le re/e de l'anci5ne ,europe ou ret\rn p>mi les peuples lat9s l'tat de sup]/ition paenne1 le *ri/ianisme e/ encore vivant en ,anglet]re au j\r mme de l'invasion#hg4 ,l'orgueil a f9i p> se liqufi] en une rsignation noire3 le peuple de ,dieu s\ffre p>ce que ,dieu l'a v\lu1 et p\r tre jusqu'au b\t le n\vel ,isral1 il faut que l',anglet]re s\ffre en sil5ce1 a9si que les ,juifs de jadis4 ,ces ides ont inspir t\te une va/e et basse littrature4 ,depuis deux ou trois sicles1 les femmes seules criv5t1 la baisse des salaires dans les travaux intellectuels ayant la f9 c>t les hommes d'une pr(ession dprcie4 ,elles cultiv5t le seul g5re littraire auquel de t\t temps elles ai5t t propres1 le roman4 ,mais ce roman1 depuis qu'elles sont sans concurr5ts ou plutt sans matres1 e/ t\j\rs le mme et t\j\rs optimi/e3 il s'agit inv>iablem5t d'un am\r contr>i p> l'tat de p* d'un des am\reux 7l'homme1 la femme tant le lys p>mi les *>dons7 et dont une conv]sion s\da9e 7ou l5te1 si la magaz9e a beso9 de copie7 p]met la dlicieuse ralisation4 ,aucune jeune fille de dix-huit ans1 aucun homme dpassant la tr5ta9e1 aucun p]sonnage m>i1 ni mle ni femelle1 hormis de vnrables p>5ts1 ne figur5t jamais dans ces hi/oires dvotes1 s9on t\t au fond du tableau4 ,de mme que les insectes1 les ,anglais n'ont plus d'hi/oire1 fran*ie leur crise nubile2 ils ne meur5t pas immdiatem5t sans d\te1 comme les coloptres1 mais ils viv5t dans le sil5ce1 le travail et la v]tu4 ,entre le v+t-deuxime sicle et l'envahissem5t de l',anglet]re1 une seule romancire osa une timide allusion au mcanisme de l'am\r2 elle dut s'exil] en ,allemagne4 ,c'e/ le seul criva9 anglais dont le nom1 p5dant cette longue priode1 fut connu sur le cont95t4 ,note #hg3 ,c'e/ au nom du *ri/ianisme que1 cette anne mme1 les juges anglais p\rsuiv5t comme obscnes les livres de libre philosophie sci5tifique dits p> l',univ]sity ,press3 la ,pa?ologie des motions1 la ,psy*ologie sexuelle1 le ,vieil et le n\vel ,idal1 le ,ry?me des pulsations1 ,responsabilit de dt]m9isme4 ,ce d]ni] ouvrage e/ de ,m4 ,hamon2 le premi] e/ du ,d4 ,fr4 ,ce sont des livres que le clricalisme prote/ant envoie ma9t5ant au b*] de ,s]vet4 ,l',anglet]re e/ manife/em5t la veille d'un r5\veau de fanatisme4 7,ici on p\rrait suppos] que la dcad5ce de l',europe du ,nord avait t s+ulirem5t accrue p> la rigueur croissante des hiv]s3 la limite du seigle tait desc5due ,*ri/iana2 celle du from5t ,newca/le et ,cop5hague2 celle de la vigne passait p> ,bordeaux1 ,v5ise et la ,crime4 ,les lignes iso!rmes ayant fl*i sur l'oue/ et le c5tre de l',europe1 p> suite d'une dviation du gr& c\rant quatorial1 la temprature de ,londres se rappro*ait de celle de ,mosc\4 ,la civilisation avait donc recul v]s le sud1 ,rome tait r$ev5ue la vraie capitale du monde1 et la ,mdit]rane avait retr\v sa primitive spl5deur4 ,un n\vel empire s't5dait1 limit au nord p> le ,danube1 de ,vi5ne ,pal]me et de ,gnes ,con/ant9ople4 ,la c\rbe du gr& fleuve1 jadis ocan entre deux mondes1 arrte longtemps les ,slaves1 malgr les complicits qui travaillai5t p\r eux l'intrieur du c]cle4444 ,et on imag9]ait t\te une hi/oire future4--,mais c'e/ trop facile47 ,l',italie (fre aux ,b>b>es 7en t\te hypo?se7 une rsi/ance imprvue4 ,sa df5se1 c'e/ l'bl\issem5t4 ,devant ce spectacle d'une vie extrieure rgie p> la re*]*e de la volupt1 l'envahisseur s'ad\cit1 enf9 heureux de vivre2 les armes fond5t2 ,cap\e r5at dans les roses lat9es et dans les lys flor5t9s4 ,comm5t impos] au s\rire milanais la rudesse d'une langue mal leve8 ,si une des langues de l',europe doit survivre la conqute de l',europe1 ce s]a l'itali51 la mo9s s\ille1 la plus s\ple1 la plus fra*e et1 en mme temps1 la plus g/e et la plus fire des soeurs romanes4 ,la p>esse du peuple itali51 sa dlicieuse ignorance lui ont =g son insu une =ce l+ui/ique de premi] ordre2 l',itali5 n'a jamais accept aucun mot trang] sans le dp\ill] d'abord de son h>nais d'orig9e3 cette dlicatesse a donn au peuple l'illusion que t\tes les n\veauts v]bales sont des filles lgitimes du gnie itali51 et la conviction de p>l] une langue pure lui a inspir un gr& dda9 p\r t\s les autres p>l]s de l',europe3 elle rit devant t\s les sons qui ne sort5t pas de sa flte4 ,enf9 l'itali5 e/ le ve/ibule direct du lat9 qui1 en ces sicles loigns1 a g>d son pre/ige sacr4 ,la connaissance d'une des deux langues mne l'autre avec facilit1 et comme elles volur5t sur le mme sol1 on les tr\ve hi/oriquem5t enlaces ds qu'on v5tre une coll9e1 ds qu'on remue les ru9es d'une glise ou d'un palais4 ,le lat9 n\s apporta la civilisation antique2 l'itali5 port]ait aux hommes futurs la connaissance o le s\v5ir des civilisations mod]nes4 ,devoir peut-tre un peu l\rd p\r une langue qui s'e/ p]fectionne dans la b\*e du peuple plutt que dans le c]veau des criva9s4 ,la littrature itali5ne des d]ni]s sicles e/ lum9euse et lgre1 claire et voluptueuse2 elle n'e/ que cela1 et c'e/ peut-tre ce qui la sauv]a4 ,les s5sibilits du ,nord vi5dront se r*auff] en ce ruisselet tide et p>fum2 les hommes1 las des philosophies et des sociologies1 aim]ont la *anson des oiseaux lat9s4 ,en l+ui/ique il faut admettre que c'e/ le peuple qui cre et recre sans cesse l'in/rum5t2 mais les hommes aptes mani] cet in/rum5t dlicat et t]rible sont en trs petit nombre4 ,ds que les criva9s sont lgion1 ds que la culture littraire s'p& sur la nation entire1 sub/ituant la noblesse de l'inconsci5t la mesqu9]ie de l'action volontaire et prmdite1 il se produit une dviation e/htique et un abaissem5t intellectuel4 ,on dirait que la civilisation e/ un gteau et que les p>ts sont d'autant plus petites que les convives sont plus nombreux4 ,ceci ne peut pas encore se dmontr]3 mais la notion devi5dra vid5te4 ,comme t\t se ti5t1 si la h\ille v5ait manqu]1 la production littraire baiss]ait de moiti4 ,les aphorismes de ,mal?us sont applicables au gnie4 ,p>ce que des millions d'imbciles veul5t lire des romans-feuilletons1 on manqu]a peut-tre un j\r de la rame de papi] ncessaire p\r faire connatre un n\veau ,z>a?\/ra aux mille c]veaux d'lite qui seuls le p\rrai5t compr5dre4 ,on crira l-dessus des *oses trs belles et trs inutiles qu& les ,b>b>es auront inc5di ,p>is4 ,a ce mom5t-l il n'y aura plus gure de littrature franaise que celle des sicle anci5s1 et la langue1 d=me p> les trang]s auxquels on l'aura livre1 ne s]a qu'un amas grossi] de t]mes exotiques en*sss *acun dans une or?ographe sup]/itieuse4 ,dj p\r bi5 p>l] franais la mode des bureaux de rdaction et des c]cles sportifs1 il faut connatre la valeur des lettres selon l'alphabet de c9q ou six langues trangres2 la veille de l'invasion1 la langue franaise s]a un cra*oir int]national4 ,nul ne la regrett]a1 ni mme les ,franais1 qu'elle rebut]a p> son odeur cosmopolite4 ,s'il y a encore quelques potes1 ils us]ont du lat9 ou de telle vieille =me sculaire3 on crira en ,victor ,hugo1 en ,rac9e1 en ,rons>d4 ,la littrature1 enf9 socialise1 se compos]a de romans hi/oriques o la civilisation d'auj\rd'hui s]a reprs5te s\s les c\leurs que n\s attribuons ma9t5ant l'homme lacu/re2 avec cela1 quelques traits de sci5ce lm5taire4 ,un gr& sil5ce intellectuel plan]a sur notre patrie4 ,la contradiction tant impossible1 t\te puissance app>t5ant l'tat1 seuls p\rront p>l] ceux qui p5s]ont comme l'tat2 mais p]sonne n'aura l'inutile c\rage d'crire1 s9on les scribes (ficiels appo9ts p\r cette besogne4 ,les va9queurs ne t\*]ont pas l'admirable organisation franaise de l'esclavage sociali/e2 ce bagne s]a l'ateli] qui travaill]a p\r entret5ir la civilisation r5aissante dans le re/e de l',europe4 ,mais j'espre qu'il se rvolt]a1 af9 que t\t recomm5ce et qu'il y ait enf9 une sci5ce hi/orique#hh4 ,note #hh3 ,m4 ,rob]t ,waldmll] 7,duboc71 en visitant ,victor ,hugo ,gu]nesey1 recueillit son op9ion sur la future langue europenne4 ,voici l'anecdote rsume p> le ,temps 7#g fvri]71 d'aprs le ,litt]>is*e ,e*o de ,b]l93 ,en #ahfg1 ,m4 ,duboc voyageait en ,france et en ,anglet]re4 ,ce fut peut-tre un obscur m\vem5t d'atavisme franais qui le p\ssa r5dre visite1 en passant la ,man*e1 au plus gr& des potes franais vivant4 ,il db>qua donc ,gu]nesey et se fit indiqu] ,hauteville h\se4 ,ds le j>d91 il eut de ,victor ,hugo une premire vision laquelle1 c]tes1 il ne s'att5dait gure4 ,hugo1 ce qu'il raconte1 tait sur la toit plat de sa maison1 vtu de sa seule dignit1 et se livrait des m\vem5ts gymna/iques aprs avoir pris une d\*e froide4 ,le visiteur se fit annonc] dans les =mes et fut reu avec une gr&e affabilit4 ,la conv]sation s'engagea et tomba1 comme il tait naturel entre ,franais et ,allem& et cette poque1 sur les rapports des peuples entre eux4 ,m4 ,waldmll]-,duboc dem&a ,victor ,hugo s'il tait jamais all en ,allemagne4 ,non1 seulem5t dans le pays vieux-gaulois du ,rh91 que je considre comme franais1 bi5 que1 aj\ta-t-il1 p\r moi il n'y ait pas de frontires4 ,et l dessus ,victor ,hugo mit ju/em5t la mme p5se que ,nietzs*e devait dvelopp] plus t>d3 ,un j\r vi5dra o l',europe ne connatra que des ,europens1 et non plus des ,franais1 des ,allem&s1 des ,russes4 ,e/-ce que les ,allem&s ont une queue8 ,je ne vois pas de diffr5ce 7,waldmll] reproduit cette b\tade en franais47 ,alors le ple-mle des langues pr5dra f93 une seule suffira4 --,laquelle8 --,trois seulem5t peuv5t entr] en ligne de compte3 l'itali51 l'allem&1 le franais4 ,l'allem& avec ses consonnes e/ trop dur p\r les mridionaux2 l'itali5 p>atrait aux ,allem&s avoir trop de mollesse3 re/e le franais1 la langue o se fond5t l'n]gie et la d\ceur4 ,et ,hugo cont9ua1 p\rsuivant son ide3 --,si ,byron n'avait p>l qu'anglais il n'aurait r5contr p>t\t que des g5s qui ne l'aurai5t pas compris2 c>1 en dehors des ,anglais1 qui connat cette langue absurbe8 --,mais qu& l',europe s'avis]a-t-elle que t\t le monde doit appr5dre le franais8 --,qui sait6 ,peut-tre ds le l5dema9 de la *ute de ,m4 ,bonap>te4 ,alors1 en un cl9 d'oeil n\s aurons la ,rpublique4 --,et puis6 --,les rpublica9s franais t5dront la ma9 aux ,allem&s4 ,ceux-ci *ass]ont leurs nombreux pr9ces444 les d\anes s]ont supprimes1 etc4 ,la ,france prira a9si ou de t\te autre faon1 mais elle prira1 et t\t prira4 ,cep5dant1 cette "p faite au prophte pessimi/e qui vatic9e en t\s les hommes dsabuss d'auj\rd'hui1 il n'e/ pas inutile de se livr] quelques rflexions d'un autre ordre1 mo9s amres et plus vrifiables4 ,si l'influ5ce l+ui/ique de la ,france a dim9u1 surt\t depuis tr5te ans1 on n'y peut voir qu'une cause1 et cette cause e/ t\te politique4 ,les peuples ont beso9 de savoir la langue du plus =t2 dans cette =ce1 la littrature e/ un appo9t1 elle n'e/ que cela4 ,le patronage littraire de la ,france s't5d encore auj\rd'hui sur la plus gr&e p>tie du monde civilis2 il e/ plus va/e qu'au d]ni] sicle2 s'il e/ mo9s pr(ond1 c'e/ qu'il n'a plus p\r appui la suprmatie militaire4 ,de t\s les comm]ces allem&s c'e/ celui de ,leipzig qui a le plus gagn1 peut-tre1 au trait de ,franc=t4 ,il n'a t5u qu'au gnie littraire allem& de pr(it] de la situation4 ,c'e/ p>ce qu'il s'e/ ob/9 se taire ou p>ce qu'il n'a p>l qu'avec timidit que les lettres franaises ont ma9t5u et peut-tre t5du leur vieille dom9ation4 ,sans ce pacifique empire d'outre-frontires1 la vraie littrature de ,france1 et t\tes les indu/ries qu'elle fait vivre1 n'exi/]ait peut-tre plus4 ,qu'il le veuille ou non1 un criva9 franais a trois cli5tles dont voici l'importance dcroissante3 ,p>is1 l'trang]1 la ,prov9ce4 ,il faut donc di/+u] de l'influ5ce littraire l'influ5ce purem5t l+ui/ique qui s'ex]ce p> la politique et p> le comm]ce4 ,les livres franais sont lus p> des hommes qui ne saurai5t p>l] notre langue2 ils l'ont apprise a9si qu'une langue classique1 langue de luxe et de loisirs ari/ocratiques4 ,d'autre "p les ,franais de ,france ne lis5t qu'en eux-mmes2 ce livre unique et quelques fausses n\velles1 voil t\t l'alim5t que se p]met leur gnie g/e et national4 ,p\r propag] la littrature franaise l'trang]1 il suffit que n\s crivions de bons livres dans une langue la fois traditionnelle et r5\vele p> les conseils d'une s5sibilit orig9ale2 propag] la langue franaise1 en tant que langue de comm]ce et d'usage1 il suffirait peut-tre1 l'heure actuelle d'une politique f]me1 et au beso9 un peu imp]t95te4 ,mais l'imp]t95ce diplomatique n'e/ pas un j\j\ que puiss5t mani] sans dang] ou sans ridicule les humbles hommes d'tat1 les contre-matres d'us9e1 qui ont usurp en ,france le rle de pa/eurs de peuples4 ,et ce ne sont pas les ef=ts gnreux de l',alliance franaise qui p\rront suppler notre atonie politique1 et encore mo9s tels petits remdes de bonne femme srieusem5t prconiss p> des j\rnali/es3 nomm] des correspondants trang]s de l',acadmie franaise1 in/itu] un ,prix de ,p>is p\r les tudiants trang]s6 ,l'inutilit de ces mesures me les f]ait accept] volonti]s4 ,la ,france n'e/ pas une maison de comm]ce qui donn]ait des primes ses cli5ts2 ni elle n'e/ une dame qui doive condesc5dre r5dre mo9s pre l'accs de ses faveurs4 ,s'il faut simplifi] et l notre or?ographe1 ou ds5combr] de trop puriles rgles nos grammaires1 que ce soit p> des raisons e/htiques1 c'e/--dire d'une utilit hauta9e4 ,n\s t]ons des bale9es au corsage p\r que le pr(il soit plus pur de la poitr9e plus libre1 mais non af9 de favoris] les ma9s grossires4 ,la langue de ,victor ,hugo n'e/ pas un volapuk qu'il soit p]mis de v\loir accommod] au gt des sauvages comme une fabrication de cotonnade4 ,il ne p>at pas d'ailleurs qu'il y ait1 malgr la logique1 le mo9dre rapport vrai entre la difficult du franais et sa prs5te in]tie d'expansion#hi4 ,le franais e/-il plus difficile auj\rd'hui qu'il y a un sicle8 ,lo9 de l 2 il l'e/ beauc\p mo9s p> l'abondance des excell5tes m?odes rp&ues dans le public1 p> l'abondance aussi des livres bon m>*4 ,l'or?ographe e/ la mme1 mais plus rgulire2 la syntaxe e/ la mme1 mais plus s\ple4 ,d'ailleurs1 ct de l'or?ographe anglaise1 ce rsum de t\tes les incohr5ces1 t\tes les or?ographes1 mme la franaise1 app>aiss5t cri/all9es4 ,note #hi3 ,il ne faut pas trop appuy] sur cette in]tie4 ,l'auteur de la ,gu]re des langues a lu dans les j\rnaux qu'une cole comm]ciale de ,rott]dam a ray de son programme le c\rs de franais2 il trans=me cette cole unique en c]ta9s tablissem5ts pdagogiques444 et p\sse une h>gneuse allusion l',affaire444 ,la langue franaise e/ =t rp&ue en ,holl&e2 mo9s ou plus qu'hi]1 c'e/ une "q difficile rs\dre1 mais il e/ manife/em5t absurde d'crire3 ,les ,holl&ais s'loign5t de plus en plus de notre langue et de notre littrature4 ,p\r p]mettre d'apprci] la "q1--et la bonne foi du pamphltaire1 n\s donnons en app5dice1 une pice ju/ificative4--,de temps en temps les j\rnaux 7encore67 n\s in=m5t que le franais va disp>atre ,j]sey4 ,or1 il y a v+t ans la connaissance de l'anglais tait absolum5t indisp5sable ,j]sey2 auj\rd'hui le franais suffit4 ,je me suis fait rapport] l'an pass la collection des c>res et prospectus di/ribus aux trang]s1 et t\s sont en franais4 ,j'ai t surpris4 ,mais l',anglet]re e/ un si prodigieux laboratoire de m5songes4 ,il faudrait vrifi] la mo9dre in=mation avant d'en faire tat4 ,mais je ne pr(esse pas t\t fait les ides communes sur les ob/acles qu'apport en une langue la complication de son or?ographe4 ,les mots dont l'pellation e/ la plus anormale sont prcism5t ceux qui se grav5t avec le plus de nettet dans la mmoire4 ,p]sonnellem5t j'aurais mo9s d'hsitation sur l'or?ographe anglaise que sur l'itali5ne1 et p\rtant autant l'une e/ dm5te1 autant l'autre e/ raisonnable4 ,comm5t oubli] que ,br\gham se prononce ,brme ou que viz se lit nameley3 ,n'exagrons pas cep5dant l'attrait de ces *9ois]ies4 ,il en e/ un peu de la facilit de l'anglais comme de la supriorit des ,anglais4 ,c'e/ un bruit qui c\rra tant1 qu'il aura de bonnes jambes4 ,une langue trs utile e/ beauc\p plus facile appr5dre qu'une langue de luxe4 ,la difficult1 la vrit1 la beaut1 autant de valeurs relatives4 ,il ne faut donc pas trop se fi] aux petits graphiques amusants que l'auteur a fait grav] la f9 de son article p\r conqurir l'aveu immdiat de sa cli5tle4 ,six *elles de hauteur arbitrairem5t gradue affirm5t aux plus obtus 7et au beso9 ceux qui ne saurai5t pas lire7 que1 trois *elons gravis1 on peut se dlect] lire les pomes de ,m4 ,sw9burne1 t&is qu'il faut dlaiss] le dixime p\r compr5dre les v]s de ,m4 ,sully-,prudhomme 7qui orn5t les pages suivantes74 ,mais je crois qu'il y a l une raison de p]spective et que1 vue de ,tur9 ou de ,b>celone1 la proposition ne s]ait pas t\t fait la mme que si on contemple ces symboliques *elles d',am/]dam ou de ,hamb\rg4 ,c'e/ p> ces moy5s qu'un comm]ant tabli en ,france travaille l'ext5sion de la langue franaise4 ,ils doiv5t lui sembl] bons1 puisqu'il e/ intress dans cette "q qu'un criva9 aurait traite avec plus de ds9tressem5t ou un savant avec plus de compt5ce4 ,mais si l'on v\lait recueillir sur la situation relle de notre langue l'trang] les r5seignem5ts prcis et valables que ne m'a pas donns une imag]ie1 ni ses textes explicatifs1 je crois qu'il faudrait s'adress] ces voyageurs ou ces t\ri/es qui p>c\r5t sans cesse le monde p\r leurs affaires ou leur plaisir4 ,eux seuls sav5t la vrit sur le p\voir d'*ange de la langue franaise1 sur la valeur montaire d'un mot franais ,batavia1 ,bu5os-,ayres1 au ,caire ou ,san-,francisco et en ,europe4 ,p\r l'exportation du livre1 de la revue1 du j\rnal1 l'diteur et le commissionnaire s]ai5t consults1 et il faudrait les croire1 c> la littrature1 p> d]ni] privilge1 *appe en gr&e p>tie aux d\anes4 ,on recomm5c]ait dans dix ans1 et on saurait quelque *ose4 ,il vaut peut-tre mieux ne ri5 savoir1 et p\r ce qui e/ de n\s1 criva9s orgueilleux1 dire notre va9e p5se sans n\s dem&] si elle ret5tira trs lo9 ou si elle m\rra nos pi$s4 ,janvi] #aijj4 ,,app5dice ,,pi,,ce ,,ju/ificative ,,la ,,langue ,,fran,,aise ,,en ,,holl&e ,dj1 plusieurs reprises1 n\s avons indiqu la place considrable que la langue franaise a conquise et cons]ve aux ,pays-,bas4 ,les considrations hi/oriques qui expliquai5t dans une l>ge mesure cette situation privilgie--cration de nombreuses glises wallonnes et d'coles franaises--ont =cm5t p]du1 p> suite des circon/ances1 beauc\p de leur valeur4 ,cep5dant1 le franais g>de son pre/ige et1 si la connaissance de notre idiome n'e/ plus considre comme la plus utile1 l'tude du franais re/e t\j\rs la plus attrayante et la plus ncessaire p\r les classes ari/ocratiques et p\r t\s les hommes cultivs4 ,dans aucun pays trang]1 l',alliance franaise n'a tr\v un t]ra9 plus favorable qu'en ,holl&e4 ,dans les gr&s c5tres1 elle a cr des associations puissantes et dans beauc\p de petites villes de prov9ce des sections vivantes4 ,t\t rcemm5t encore1 une section s'e/ fonde ,ass51 la capitale de la prov9ce la mo9s importante du royaume4 ,cette anne le *oix des confr5ci]s a t p>ticulirem5t heureux4 ,mme ,?n>d1 ,m4,*ailley--,b]t etc41 ont obt5u p>t\t1 et notamm5t la ,haye et ,am/]dam1 un succs trs vif et trs mrit4 ,en gnral1 les soires dramatiques1 qui (fr5t plus de v>it et une note plus gaie que la confr5ce ord9aire1 sont surt\t gtes du public4 ,p> tempram5t ce d]ni] e/ plutt froid1 mais *aque fois que des arti/es p>isi5s entr5t en contact avec lui la glace ne t>de se rompre et la soire f9it p> une ovation4 ,on cont9ue lire de prfr5ce les ouvrages franais4 ,nos criva9s1 les romanci]s spcialem5t1 se sont cr dans ce pays une excell5te cli5tle4 ,le d]ni] roman qui a fait s5sation ,p>is ne t>de pas faire son app>ition la vitr9e de t\s les libraires4 ,de plus1 dans *aque ville1 des socits de lecture f\rniss5t leurs membres1 prix =t modrs1 une f\le de revues franaises trs dem&es4 ,en ralit1 le franais ne semble pas avoir p]du de t]ra91 comme on avait pu le cra9dre un in/ant4 ,on se s\vi5t que le conseil municipal de ,rott]dam rsolut1 il y a quelques annes1 de supprim] l'tude du franais dans les n\velles coles de la ville4 ,cette dcision fit gr& bruit4 ,or1 d'aprs nos r5seignem5ts puiss la meilleure s\rce1 t\te l'affaire se rduit ceci3 le conseil municipal a v\lu t5t] un essai et il a supprim le franais dans une seule cole publique4 ,cette d]nire n'e/ frqu5te que p> des enfants de la petite b\rgeoisie4 ,les p>5ts jug5t la connaissance de l'anglais et de l'allem& plus utile leurs enfants au po9t de vue comm]cial4 ,mais dans t\tes les autres coles le franais re/e inscrit au programme comme bran*e obligatoire4 ,mme dans c]ta9s tablissem5ts libres1 on consacre beauc\p de temps et de so9s l'tude de la langue franaise4 ,a9si1 l'in/itut de ,m4 ,esmeij]1 ,rott]dam1 on rs]ve dans c]ta9es classes jusqu' sept heures p> sema9e l'enseignem5t du franais4 ,et les rsultats sont positivem5t rem>quables4 ,c'e/ ,m4 ,esmeij] que revi5t l'honneur d'avoir introduit aux ,pays-,bas1 p\r l'tude des langues vivantes1 la m?ode directe ou intuitive1 qui consi/e p>l] l'enfant et le faire p>l] ds le db4 ,le matre *>g d'enseign] le franais proscrit dans ses leons l'usage de holl&ais4 ,cette innovation h>die a provoqu une vive opposition de la "p des df5seurs de la vieille m?ode des traductions4 ,mais les progrs des lves sont si rapides1 la supriorit de la n\velle m?ode ressort si clairem5t que ,m4 ,esmeij] a eu beauc\p d'imitateurs et que la cause p>at gagne4 ,dans cet tablissem5t modle1 les enfants comm5c5t l'tude du franais ds l'ge de six ans1 t&is que dans les autres coles on ne dbute qu' neuf ans4 ,au b\t de trois mois d'ex]cices--une demi-heure p> j\r--ces petits g>ons compr5n5t dj =t bi5 et s'exprim5t avec une relle facilit4 ,dans les classes suprieures1 les travaux des lves sont absolum5t rem>quables4 ,en n>ration franaise1 beauc\p d'entre eux dpass5t la moy5ne des jeunes ,franais aspirant au brevet lm5taire4 ,naturellem5t1 le franais e/ aussi enseign avec so9 dans les gymnases1 dans les coles secondaires et dans les classes suprieures des coles publiques4 ,mais ce seul exemple1 pris dans l'enseignem5t libre1 suffit p\r montr] t\t le prix qu'on atta*e la connaissance de notre langue4 7,le ,petit ,temps1 #d m>s #aijj47 ,,table ,,des ,,mati,,res ,i4--,du ,/yle ou de l'criture ,,ii4--,la ,cration subconsci5te ,,iii4--,la ,dissociation des ides ,,iv4--,/phane ,mall>m et l'ide de dcad5ce ,v4--,le ,paganisme t]nel4 ,i4--,une religion d'art ,,ii4--,psy*ologie du ,paganisme ,,vi4--,la ,morale de l',am\r ,,vii4--,ironies et ,p>adoxes4 ,i4--,conseils famili]s un jeune criva9 ,,ii4--,d]nire consqu5ce de l'idalisme ,,iii4--,le ,pr9cipe de la ,*>it ,,iv4--,la ,de/9e des ,langues ,app5dice4 ,pice ju/ificative3 ,la langue franaise en ,holl&e ,,du ,m,,me ,,auteur ,,critique ,le lat9 my/ique 7tude sur la posie lat9e du moy5 ge71 #c;e dition1 #a vol4 9-#h;e4 ,l',idalisme1 #a vol4 9-#ab cu ,le ,livre des masques 7,i] et ,i,ie7 7,proses et docum5ts sur les criva9s d'hi] et d'auj\rd'hui1 avec #ec portraits p> ,f4 ,vallotton71 #b vol4 gr4 9-#ah4 ,e/htique de la ,langue ,franaise1 #b;e dition1 #a vol4 gr4 9-#a4 ,,roman1 ,,?,,tre1 ,,po,,mes ,sixt9e1 #b;e dition1 #a vol4 gr4 9-#ah ,le ,pl]9 du ,sil5ce1 #b;e dition1 #a vol4 gr4 9-#a ,les *evaux de ,diomde1 #b;e dition1 #a vol4 gr4 9-#a ,d'un pays lo9ta91 #a vol4 gr4 9-#ah ,le ,songe d'une ,femme1 #b;e dition1 #a vol4 gr4 9-#a ,lili?1 #b;e dition1 #a vol4 9-#h cu ,hi/oires magiques1 #b;e dition1 #a vol4 9-#ab ,proses moroses1 #b;e dition1 #a vol4 9-#bd ,?odat1 #a vol4 9-#ab ,les ,sa9tes du ,p>adis1 petits pomes avec #bi bois orig9aux de ,g4 d',espagnat1 #a vol4 9-#ab cavali]