,,la ,,philosophie ,,de ,m4 ,,b]gson ,pr(esseur au ,collge de ,france ,,expos ,,critique p> ,,mgr ,,alb]t ,,f>ges ,,anci5 ,,directeur ,a ,,sa9t-,,sulpice ,,et ,a ,l',,in/itut ,,ca?olique ,,de ,,p>is ,,docteur ,,en ,,philosophie ,,et ,,en ,,?,,ologie ,,laur,,at ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,,p>is 99 99 99 99 99 ,,imprimatur ,p>isiis1 die decima junii #aiab4 ,,alfr$ ,,baudrill>t1 vic4 g54 ,rect4 99 99 99 99 99 ,,table ,,des ,,mati,,res ,au lecteur4 ,introduction gnrale4 ,i4 ,la ,notion b]gsoni5ne du ,temps4 ,,ii4 ,la ,lib]t huma9e4 ,,iii4 ,l',union de l',ame et du ,corps4 ,,iv4 ,la ,philosophie du ,dev5ir pur4 ,v4 ,l',evolution des ,mondes4 ,,vi4 ,?orie de la ,connaissance s5sible4 ,,vii4 ,?orie de la ,connaissance intellectuelle4 ,,viii4 ,?orie de l',intuition4 --,note sur le ,pragmatisme de ,m4 ,b]gson4 ,,ix4 ,le ,problme de la ,cont+5ce et de la ,de/9e huma9e4 --,note sur le ,monisme de ,m4 ,b]gson4 ,conclusion gnrale4 7,notes3 la f9 du texte4--,m4,d47 99 99 99 99 99 ,,au ,,lecteur ,la ,philosophie de ,m4 ,b]gson se compose de deux p>ties assez dissemblables3 les ?ories pures et leurs consqu5ces pratiques4 ,les consqu5ces pratiques qui branl5t les anci5nes ?ses classiques de la philosophie spirituali/e sur la vrit absolue des premi]s pr9cipes de la raison1 et p> suite sur ,dieu1 l'me huma9e1 l'immortalit1 la morale et la religion1 sont facilem5t comprises de la plup>t de ses auditeurs ou lecteurs1 et c'e/ peu prs la seule *ose qu'ils en reti5dront1 sur la foi du matre3 ,magi/] dixit6 ,les ?ories pures1 au contraire1 qui doiv5t prp>] et asseoir ces conclusions subv]sives1 sont d'une subtilit si ?re et si nuageuse1 qu'elles p\rrai5t tre dites sotriques4 ,seuls1 les initis peuv5t se flatt] d'en pntr] le s5s mtaphysique1 et encore n'e/-il pas sr qu'ils puiss5t le saisir bi5 clairem5t ni t\t y compr5dre4 ,quant aux pr(anes--je p>le des plus intellig5ts d'entre eux et des plus ex]cs aux subtilits de la mtaphysique1--ils s]ont vite dr\ts et dc\rags p> une t]m9ologie n\velle et biz>re1 o les mots sont trop s\v5t dt\rns des usages reu1 vids de leur s5s naturel1 et aussi p> des mtaphores jet cont9u1 qui dguis5t la p5se bi5 plus qu'elles ne l'exprim5t4 ,c'e/ eux que ce travail s'adresse4 ,ils veul5t se r5dre compte1 vrifi] si les consqu5ces pratiques si graves et si tr\blantes de la philosophie n\velle sont bi5 assises sur des pr9cipes solides et inconte/ables1 c>1 p\r eux1 l'autorit du matre e/ le d]ni] et le plus pauvre des argum5ts1 selon le mot clbre de sa9t ,?omas3 ,locus ab auctoritate qu fundatur sup] ratione humana1 e/ infirmissimus#a4 ,p\r les aid] et les guid] dans une re*]*e si dlicate et si laborieuse1 n\s n'aurons ri5 nglig1 ni la lecture annote et l'tude de t\s les ouvrages ou articles de revue de ,m4 ,b]gson et de ses pr9cipaux disciples1 ni l'assi/ance aux c\rs du ,collge de ,france1 ni le comm]ce avec les initis4 ,que si1 malgr ces prcautions1 n\s n\s tions encore mpris sur le s5s de quelques dtails secondaires1 notre bonne foi1 du mo9s1 s]ait hors de conte/e1 et n\s n\s en consol]ions au s\v5ir de ces discussions passionnes qui ont ret5ti rcemm5t dans la presse des deux ,mondes1 sur l'int]prtation de c]ta9s po9ts obscurs de la p5se de ,m4 ,b]gson1 et auxquelles son int]v5tion seule a pu mettre f9#b4 ,n\s t5ions prote/]1 ds le db1 non seulem5t de notre bonne foi1 mais aussi de notre respect s9cre p\r la p]sonne du matre4 ,ses manires simples et mode/es1 o l'on ne s5t ri5 d'un pdantisme si frqu5t ni d'un sect>isme la mode1 son ton t\j\rs grave qui semble le plus s\v5t conva9cu1 son tal5t inconte/able d'arti/e et de virtuose1 inspir5t plutt la sympa?ie4 ,et si ses doctr9es1 en ce qu'elles ont de p>adoxal et1 de vraim5t sophi/ique1 mrit5t d'importantes critiques et mme une ju/e svrit dans le blme1 n\s ne pr5drons qu' regret cette attitude et p\r accomplir ce que n\s croyons tre p\r n\s un devoir4 ,du re/e1 il n'y a pas que des ?ories fausses relev] dans cette n\velle philosophie4 ,il y a nombre d'ides bonnes et mme excell5tes que n\s s]ons heureux de mettre en relief et de l\] aussi s\v5t que n\s les r5contr]ons4 ,c'e/ assez dire que ce volume1 bi5 lo9 d'tre une uvre de p>ti pris ou de polmique p]sonnelle1 s]a t\t au contraire un travail de critique s]e9e1 calme et imp>tiale1 aussi objective qu'il n\s s]a possible4 ,p\r en assur] l'objectivit p>faite1 n\s ne recul]ons pas devant le labeur +rat des citations et des rfr5ces m9utieuses auxquelles on p\rra con/amm5t se report]4 ,de cette faon1 qu& notre subtil auteur se retran*]a d]rire la df5se banale qu'on ne l'a pas compris1 le lecteur p\rra lui rpliqu]3 qui la faute8444 ,c'e/ le sy/me philosophique de ,m4 ,b]gson que n\s jug]ons d'aprs les textes au!ntiques1 et nullem5t ses int5tions ni sa p5se intime1 encore mo9s sa p5se df9itive1 que notre critique ne saurait vis] et rs]ve expressm5t4 ,n\s avions dj t\* la philosophie de ,m4 ,b]gson en esquissant les gr&es lignes de la ,?orie fondam5tale de l',acte et de la ,puissance ou du ,dev5ir1 mais d'une manire assez indirecte4 ,n\s avions d mettre alors en p>allle avec les ?ories de l'cole pripattici5ne et ?omi/e que n\s exposions1 celles de la philosophie n\velle4 ,mais cette critique n'tait faite que p> occasion1 d'une manire accid5telle et trs incomplte4 ,auj\rd'hui1 n\s abordons de front l'uvre du matre1 p\r en saisir les dtails et l'ensemble1 et suivre l'volution de sa p5se trav]s t\s les crits qu'il a publis depuis sa ?se de #ahhi4 ,cet ouvrage--malgr quelques rptitions ncessaires--ne f]a donc pas d\ble emploi avec le premi]1 qui p\rra t\j\rs tre consult utilem5t p> ceux qui aim5t les p>allles et les contra/es4 ,n\s y r5v]rons quelquefois#c4 99 99 99 99 99 ,et ma9t5ant1 s\haitons ce petit livre d'all] au lo9 produire un peu de bi56 ,sans d\te1 il n'a pas la prt5tion nave de conv]tir les ,b]gsoni5s qui rcus5t les lumires de l',intellig5ce1 de la ,raison et du ,s5s commun4 ,ce n'e/ pas d'argum5ts dont ces esprits ont beso91 mais de remdes4 ,puisse-t-il du mo9s rassur] les autres1 t\s ceux qui n'ont pas laiss s'atrophi] en eux ces facults matresses de notre nature huma9e1 et les prs]v] jamais d'une telle cata/rophe intrieure#d4 ,et comme ce rsultat purem5t ngatif s]ait insuffisant asseoir leurs convictions spirituali/es1 puisse-t-il les aid] s'ori5t] v]s les lumires si sres de la ,philosophie traditionnelle4 ,n'obti5drait-il ce succs qu'auprs de cette n\velle jeunesse qui se lve--avide de ?ories lum9euses et =tes1 et ddaigneuse de ce qu'elle a dj nomm une philosophie des phosphoresc5ces et des vellxs#e1--n\s n\s e/im]ions amplem5t rcomp5s notre pe9e6 99 99 99 99 99 ,,la ,,philosophie ,,de ,m4 ,,b]gson#f ,,introduction ,g,n,,rale ,suivant une =mule *re son cole3 ,m4 ,b]gson e/ en tra9 de se faire#g4 ,n\s ne p>lons pas ici de sa rputation qui e/ dj faite--non seulem5t en ,france1 mais dans les deux hmisphres--et ne saurait gure s'amplifi] davantage4 ,a peu prs ds le db de son enseignem5t ,p>is1 elle a ret5ti bruyamm5t et elle e/ dev5ue rapidem5t mondiale1 grce une c]ta9e presse et cette unanimit de rclame mutuelle dont nos adv]saires ont le secret1--et qui devrai5t tre p\r n\s une leon plus pr(itable d'union4 ,sur la foi de sa r5omme1 bi5 des g5s se pm5t d'admiration t\t ce qui tombe auj\rd'hui de ses lvres ou sort de sa plume4 ,et je ne p>le pas seulem5t du public fm99 qui assige sa *aire du ,collge de ,france1 ni des admirateurs p> snobisme1 incapables de compr5dre le premi] mot de ?ories si subtiles et si obscures1--mais aussi d'hommes de tal5t et de p5seurs srieux qu'on e/ surpris de r5contr] dans ce conc]t d'adulation univ]selle4 ,n\s p\rrions en cit] plusieurs p>mi ses collgues de l',univ]sit ou de l',ecole normale1 dont les loges en?\sia/es atteign5t un degr de lyrisme dconc]tant4 ,l'un d'eux1 dans un volume que n\s avons s\s les yeux1 crit qu'il faut class] ,m4 ,h5ri ,b]gson1 non seulem5t p>mi les trs gr&s philosophes de t\s les pays et de t\s les temps1--mais encore le proclam] comme le seul philosophe de premi] ordre qu'ai5t eu la ,france depuis ,desc>tes1 et l',europe depuis ,kant4 ,il aj\te expressm5t que ,leibnitz1 ,malebran*e1 ,sp9osa1 sont facilem5t clipss1 a9si que ,fi*te1 ,s*ell+ et ,hegel4 ,enf91 il conclut pompeusem5t3 ,tel e/ le ry?me de l'hi/oire des sy/mes3 de lo9 en lo91 un hros heureux de la p5se s'tant enfonc trs avant dans les pr(ondeurs du rel en ramne au j\r de l'intellig5ce des intuitions m]veilleuses1 ri*esse brute que lui-mme et des gnrations aprs lui s'emploi5t labor]4 ,avec un ,desc>tes1 avec un ,kant1 ,m4 ,b]gson1 sans aucun d\te1 e/ de ces hros-l4 ,aprs ces di?yrambes1 on peut tir] l'*elle et r$ire avec assurance que la rputation du matre e/ dj faite et qu'elle n'e/ plus faire4 ,le secret de ce succs in\ s]ait peut-tre curieux re*]*] mais il n'e/ pas temps encore4 ,att5dons la f9 de ce travail p\r le mieux compr5dre4 ,en disant que ,m4 ,b]gson e/ en tra9 de se faire1 je n'ai donc v\lu p>l] que de sa philosophie1 qu'il n'a rvle au monde que peu peu1 trav]s les hsitations1 on1 comme1 il l'av\e lui-mme1 les zigzags d'une doctr9e qui se dveloppe1 c'e/--dire qui se p]d1 se retr\ve et se corrige indf9im5t elle-mme#h4 ,encore auj\rd'hui e/-elle lo9 d'tre complte4 ,comport]a-t-elle une ,?odice1 une ,morale8 et lesquelles8444 ,bi5 des d\tes sont encore p]mis sur de si graves sujets1 et quoiqu'il soit bi5 dlicat et presque tmraire de v\loir dcrire le trac de cette seconde c\rbe1 de la p5se b]gsoni5ne1 avant qu'elle ait t =me1 n\s essay]ons1 la f9 de ce volume1 d'en indiqu] l'ori5tation probable--s\s t\tes rs]ves1--les effets de l',evolution cratrice tant t\j\rs imprvisibles et sans aucune proportion avec leurs antcd5ts1 d'aprs ,m4 ,b]gson4 ,au demeurant1 ce qui a p>u jusqu' ce j\r du n\veau sy/me e/ dj considrable1 quoique re/re9t aux faibles dim5sions de trois volumes de moy5ne t5due#i et de quelques articles de revues#aj1--sans p>l] d'un opuscule arti/ique sur le ,rire ou la ,signification du comique1 que notre po9t de vue n\s p]mettra de nglig]4 99 99 99 99 99 ,le premi] de ces trois volumes1 ,essai sur les donnes immdiates de la ,consci5ce1 fut sa ?se de doctorat s\t5ue la ,sorbonne en #ahhi4 ,n\s assi/ions cette s\t5ance avec le regrett ,mgr d',hul/ et quelques amis1 philosophes de pr(ession1 aux yeux desquels le n\veau ,docteur se rvla du premi] c\p comme un p5seur orig9al1 d'une subtilit inf9im5t complique et nuageuse la manire de ,kant4 ,la seule diffr5ce1 n\s semblait-il1 c'e/ que1 dans cette pnombre habituelle de la p5se1 brillait p>fois1 comme un feu d'artifice1 l'image1 la mtaphore effet1 et mme le trait d'esprit franais3 *oses in\es *ez le philosophe de ,knigsb]g et t\s ses compatriotes4 ,l'auditoire en tait la fois *>m et dconc]t1 lorsqu'un des membres du jury1 le vnrable ,m4 ,ravaisson--si j'ai bonne mmoire1--int]prte peut-tre inconsci5t de cette impression gnrale1 se laissa all]--p\r t]m9] le complim5t d'usage-- adress]1 avec son f9 s\rire1 cet loge significatif au c&idat3 ,je n'ai pas t\j\rs pu v\s saisir1 mais j'aime croire1 ,monsieur1 que v\s v\s tes compris6 ,aussitt un murmure unanime d'approbation s\ligna ce trait qui portait au vif4 ,la difficult de compr5dre cet ouvrage--comme t\s les suivants1 du re/e--vi5t sans d\te du fond et de la =me1 de ce qui e/ dit1 mais encore plus peut-tre de ce qui n'e/ po9t dit1 de ce qui e/ s\s-ent5du ou dit seulem5t demi-mot et au passage1 alors que ce s]ait le plus intressant et le plus important connatre4 ,c'e/ le cadre et l'ori5tation qui font dfaut4 ,l'auteur semble n\s conduire dans une nuit noire1 trav]s des *em9s de trav]se troits et compliqus1 sans n\s dire o il veut n\s m5]4 ,sans d\te1 notre guide a son secret--du mo9s on doit lui suppos] un secret1--c> on ne peut admettre qu'il n\s conduise l'av5ture4 ,mais ce secret1 il ne le rvle que peu peu1 et p> doses fragm5taires insuffisantes n\s rassur]4 ,a9si1 p> exemple1 dans ce premi] volume1 son avant-propos n\s av]tit qu'il va trait] de la lib]t psy*ologique et rs\dre--grce une n\velle m?ode vaguem5t indique--les difficults insurmontables s\leves contre elle4 ,or1 celle n\velle m?ode n'e/ pas sans n\s inquit] quelque peu1 c> on press5t dj qu'elle p\rrait bi5 dev5ir le pr9cipal1 au lieu d'tre l'accessoire1 et dbord] le sujet annonc au po9t de le trans=m] en un simple pisode4 ,de fait1 aprs avoir lu et ref]m le volume1 cette impression p]si/e et1 lo9 de s'attnu]1 r$\ble4 ,le malaise produit p> l'inc]titude du b que l'on p\rsuit devi5t plus aigu4 ,la lib]t elle-mme1 annonce comme sujet pr9cipal de cette tude1 a pass au second plan4 ,ce qui dom9e1 c'e/ la ?orie n\velle du ,temps ou de la ,dure1 qui s]ait plus exactem5t le titre de l'ouvrage1 c> la ,lib]t n'e/ plus qu'un simple corollaire4 ,cette ?orie elle-mme semble si grosse des consqu5ces les plus r$\tables et les plus imprvues1 qu'on press5t qu'elle va dev5ir la base inf9im5t subtile et comme la po9te d'aiguille sur laquelle devra se t5ir en quilibre la masse imposante de l'difice futur4 ,avant d'exam9] la solidit d'un tel fondem5t1 faisons t\t de suite connatre au lecteur l'difice lui-mme--au mo9s dans son plan gnral et ses plus gr&es lignes1--telles qu'elles n\s s]ont exposes p> les volumes suivants4 ,et puisque l'auteur a cru si utile son jeu de ne le dmasqu] ple9em5t qu' la f9--semblable ces pre/idigitateurs qui n'annonc5t leurs t\rs d'adresse que lorsqu'ils ont russi1--la critique doit us] de la tactique contraire et rvl] du premi] c\p o l'on veut en v5ir4 99 99 99 99 99 ,t\t d'abord l'auteur a--comme on dit vulgairem5t--une ide de d]rire la tte1 qui e/ sa proccupation dom9ante1 quoiqu'il n'en dise ri5 ni dans son avant-propos ni dans le corps de l'ouvrage4 ,c'e/ pe9e s'il n\s la laisse entrevoir discrtem5t dans une allusion f9ale4 ,il s'agit p\r lui1 comme p\r t\s ceux qui aspir5t dev5ir *efs d'cole1 de faire une gr&e rvolution en philosophie4 ,et cette rvolution1 il la f]a d'abord contre la tyrannie dev5ue insupportable du kantisme4 ,plus t>d1 lorsqu'il se s5tira plus de =ce et d'audace1 ce s]a contre la philosophie t\t entire1 des ,elates et de ,platon jusqu' nos j\rs1 qu'il p>tira en gu]re4 ,t\s les p5seurs de l'humanit avant lui avai5t1 p>at il1 ignor la m?ode2 suivre p\r dc\vrir la vrit2 aucun n'avait encore su se plac] au vritable po9t de vue2 aussi n'avai5t-ils pos que des pseudo-problmes4 ,en un mot1 ils tai5t t\s intellectuali/es1 et ,m4 ,b]gson se proclam]a anti9tellectuali/e4 ,cette prt5tion de supprim] d'un trait de plume l'expri5ce sculaire de l'humanit1 l5tem5t accumule trav]s les ges p> les plus gr&s gnies1 e/ d'ailleurs une audace indisp5sable p\r quiconque veut dsormais dev5ir *ef d'cole4 ,desc>tes et ,kant avai5t donn le ton et agi de mme1 en faisant table rase du pass1 et en ignorant de p>ti pris qu'il y et avant eux des hommes qui ai5t p5s4 ,le procd e/ donc classique3 t\t novateur comm5ce p> r5v]s]2 et c'e/ le g5re o il excelle4 ,p\r le mom5t1 le n\veau docteur ne rve encore que de dtrn] ,kant1 en t]rassant le kantisme4 ,kant fut p\rtant le matre de sa =mation intellectuelle4 ,aux environs de #ahhj1 lorsqu'il tait sur les bancs du lyce ,condorcet ou bi5 sur ceux de l',ecole normale1 la doctr9e (ficielle de l',alma mat] tait un kantisme rig\reux1 s'en t5ant la ,critique de la ,raison pure et affectant de ddaign] les am5dem5ts et les re/aurations de la ,raison pratique4 ,or1 ce j\g comm5ait pes] sur les esprits4 ,les plus jeunes et les plus indp5dants aspirai5t le bris]1 et ,m4 ,b]gson conut alors son plan de de/ruction4 ,c]tes1 il fallait du c\rage et de l'audace p\r r5v]s] l'idole4 ,m4 ,b]gson aura l'un et l'autre1 mais il saura les alli] une prud5ce consomme4 ,il g>d]a fidlem5t le secret du complot et n'en f]a l'aveu que le j\r o l'idole v]m\lue s]a remplace p> une autre1 c>--suivant un mot clbre--on ne dtruit que ce que l'on remplace4 ,dans le c\rs de ce premi] volume1 on tr\v]a bi5 des traits acrs contre le kantisme1 mais ils ne vis5t gure que des dtails du sy/me4 ,a l'avant-d]nire page de la conclusion seulem5t1 il laisse ent5dre son desse9 de s'attaqu] au fondem5t lui-mme de ce sy/me qui int]dit l'esprit huma9 l'entre dans le doma9e du rel et de l'absolu4 ,kant1 dcl>e ,m4 ,b]gson1 a mieux aim 444 lev] une b>rire infran*issable entre le monde des phnomnes1 qu'il livre t\t enti] notre ent5dem5t1 et celui des *oses en soi1 dont il int]dit l'entre4 ,mais peut-tre cette di/9ction e/-elle trop tran*e et cette b>rire plus aise fran*ir qu'on ne le suppose4#aa ,n\s v]rons bi5tt comm5t ,m4 ,b]gson espre la fran*ir aism5t1 grce sa ?orie de l',intuition supra-intellectuelle4 ,et lorsqu'il aura russi1 ou cru russir sa savante manuvre1 n\s l'ent5drons faire triomphalem5t cette pr(ession de foi anti-kanti/e3 ,dans l'absolu n\s sommes1 n\s circulons et vivons4 ,la connaissance1 que n\s en avons e/ incomplte1 sans d\te1 mais non pas extrieure ou relative4 ,c'e/ l'tre mme1 dans ses pr(ondeurs1 que n\s atteignons p> le dveloppem5t comb9 et progressif de la sci5ce et de la philosophie4#ab ,de l'autre ct de l',ocan1 f]a *o ,w4 ,james1 en traitant ddaigneusem5t la ,critique de la raison pure comme le plus r>e et le plus compliqu de t\s les vieux muses de bric--brac4 ,et cette irrvr5ce l'g>d du vieux matre d*u ne s\lv]a pas1 mme en ,france1 la mo9dre prote/ation indigne4 ,au contraire1 la ,revue philosophique av\]a1 en gmissant1 que c'e/ l une conclusion laquelle la presque totalit des philosophes e/ dj v5ue avec clat#ac4 ,quoi qu'il en soit1 ds le db1 ,m4 ,b]gson refuse de respect] l'int]diction fondam5tale du matre4 ,il n'accepte plus sa consigne1 et passe outre ses df5ses4 ,au fond de son cur1 le kantisme a vcu4 ,dj1 les premi]s disciples de ,kant avai5t agi de mme4 ,les coles de ,s*ell+1 de ,fi*te1 de ,hegel1 au lieu de s'ab/5ir de t\te spculation sur l'absolu1 comme d'un fruit df5du1 en fir5t1 au contraire1 comme on le sait1 de vritables dbau*es4 ,m4 ,b]gson n'aura qu' les imit]1 sa manire1 dans leur rvolte1 et il s]a applaudi p> t\s ceux--ils sont nombreux--qui sont fatigus d'ent5dre rpt] que t\t n'e/ p\r n\s qu'app>5ce et illusion1 et qui ont enf9 s5ti s'aiguis] en eux la faim et la soif du rel et de l'absolu1 p5dant ces trop longs j\rs d'ab/95ce kanti5ne4 ,malheureusem5t1 comme la raison pure1 si peu comprise et si critique p> ,kant1 lui inspire encore la mme dfiance1 il f]a la gageure de s'en pass] dans ses spculations1 de ne se s]vir que d'une prt5due intuition e/htique supra-intellectuelle1 qui lui p]mettra de ret\rn] l'env]s les notions les plus ess5tielles de la raison huma9e4 ,son anti9tellectualisme conva9cu l'accul]a n\s inv5t] une mtaphysique n\velle reb\rs des vid5ces fondam5tales du s5s commun4 ,ce s5s commun lui-mme devi5dra un organe gnant qu'on f9ira p> amput]4 ,aprs s'tre incl9 devant lui trs respectueusem5t dans une ,prface#ad1 on ne s'occup]a plus de ses p]ptuelles prote/ations1 et les enfants t]ribles de la n\velle cole ne cess]ont de n\s mettre en g>de contre les illusions de l'vid5ce vulgaire#ae1 contre les notions communes d'intelligibilit1 de raison1 de vrit1 en proclamant audacieusem5t qu'il n'en faut plus6 ,p\r eux1 le s5s commun ne f\rnit que des recettes pratiques1 sans aucune valeur intellectuelle4 ,l'difice mtaphysique b]gsoni5 s]a donc nettem5t anti9tellectuali/e1 et voici ses pr9cipales ?ses que n\s allons essay] de =mul]1--autant t\tefois qu'il e/ possible de prcis] et de rduire en =mules des ass]tions extrmem5t vagues et fuyantes1 ennemies-nes de la prcision et de la cl>t didactiques4 99 99 99 99 99 ,l'ide mre et la p5se matresse de t\t le n\veau sy/me e/ celle du vieil ,hraclite3 ,l'tre n'e/ pas1 t\t e/ dev5ir pur1 c'e/--dire p]ptuel et intgral *angem5t1 en sorte que ri5 ne demeure le mme dans cette fuite p]ptuelle de la ralit3 #af4 ,il en donnait la comp>aison clbre3 ,on ne se baigne pas deux fois dans le mme fleuve ni mme une seule fois1 puisque t\t *ange sans cesse et dans le fleuve et dans le baigneur1 qui ne sont jamais les mmes4 ,or1 cette fluidit univ]selle des tres1 dont la vie e/ le type premi]1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 c'e/ ce qu'il a appel le ,temps ou la ,dure pure1 et dont il a fait la sub/ance rsi/ante ou l't(fe mme des *oses1 s'il e/ p]mis t\tefois d'appel] de ce nom ce qui e/ l'inconsi/ance et la fluidit mme4 ,de cette premire ngation de l'tre1 on va voir dc\l] les plus graves consqu5ces1 soit mtaphysiques1 soit logiques1 soit critriologiques4 ,au po9t de vue mtaphysique1 la catgorie de sub/ance e/ biffe4 ,il n'y a plus que des modes d'tre sans tre1 des attributs sans sujet1 des actions sans ag5t ou des passions sans pati5t2 ce qui e/ radicalem5t in9telligible4 ,bi5 plus1 les catgories d'accid5ts ou de modes sont rduites une seule3 le m\vem5t p]ptuel4 ,qualit1 quantit1 etc41 ne sont et ne peuv5t tre que des modes de m\vem5ts3 ce qui n'e/ pas mo9s in9telligible4 ,au po9t de vue logique1 si l'tre n'e/ pas1 il ne saurait tre id5tique lui-mme1 et le pr9cipe d'id5tit ou de non-contradiction e/ ru91 entranant sa suite la ru9e de t\s les autres pr9cipes de la raison1 qui1 en d]nire analyse1 s'appui5t t\s sur le premi]1 sur l'impossibilit que l'tre et le non-tre1 le oui et le non soi5t id5tiques4 ,p\r la n\velle cole1 au contraire1 le contradictoire e/ sans d\te imp5sable--vu la con/itution actuelle de notre esprit1--mais nullem5t impossible4 ,bi5 plus1 il e/ le fond mme de t\te ralit dans la nature1 o t\t e/ la fois lui-mme et autre que lui-mme1 puisque t\t y e/ dev5ir pur1 c'e/--dire l'htrognx mme et la contradiction p]ptuelle de l'tre et du non-tre simultans4 ,cep5dant nos n\veaux philosophes veul5t bi5 cons]v] ces premi]s pr9cipes de la raison un rle pratique et t\t provisoire4 ,a9si1 la =mule deux et deux font quatre n'exprime aucune vrit absolue et df9itive1 mais elle re/e commode et utile1 puisqu'elle russit#ag1--;comme si son utilit p\r rgl] avec mon dbiteur n'tait pas prcism5t le fruit de sa vrit ma?matique et absolue6 ,au po9t de vue critriologique1 les consqu5ces ne sont pas mo9s rvolutionnaires4 ,puisque t\t e/ flu5t1 et qu'il n'y a ri5 de /able ni en moi ni hors de moi1 la p5se ab/raite qui n\s montre des types fixes1 des notions t]nelles1 des pr9cipes immuables et ncessaires1 en un mot1 des vrits absolues1 ne saurait tre qu'une facult m5songre laquelle n\s ne p\vons plus n\s fi]4 ,la n\velle cole se proclame donc anti9tellectuali/e2 elle fulm9e contre les concepts figs1 cri/alliss et morts1 d'o la vie s'e/ retire1 et contre t\tes les comb9aisons p> induction ou dduction de ces entits conceptuelles1 dsormais vieux jeu2 elle proclame qu'il faut r5onc] t\t fait au rationnel1 suivant la maxime favorite de ,w4 ,james1--et son moy5 consi/]ait remplac] l'autorit prime de l'intellig5ce1 soit intuitive1 soit discursive1 p> une autre facult qu'elle appelle l'intuition1 mais qu'elle n'a jamais pu clairem5t df9ir4 ,cette facult s]ait comme un s5tim5t e/htique1 une sympa?ie div9atrice1 entirem5t libr du j\g de la raison et de la logique4 ,au del et au-dessus de la logique6 ou bi53 ,v]s les pr(ondeurs supra-logiques6 ,telle s]ait1 d'aprs ,m4 ,le ,roy1 sa vritable devise#ah4 ,voil en quelques traits syn?tiques--sur lesquels n\s aurons rev5ir en dtail trs longuem5t#ai--l'esprit de la philosophie n\velle4 ,t\t son dveloppem5t futur ti5t en g]me dans ces quelques pr9cipes1--si t\tefois l'on peut encore p>l] de pr9cipes1 aprs la suppression des premi]s pr9cipes4 ,c'e/ leur lumire qu'il faut lire les ouvrages de ,m4 ,b]gson1 o t\t s'claire1 si on ne les p]d jamais de vue4 ,t\t1 disons-n\s1 ou plutt presque t\t1 c> il re/e encore un petit nombre de p>agraphes dans tels et tels *apitres qui sembl5t des nigmes my/rieuses ou presque ind*iffrables1 mme p\r les plus vieux pr(esseurs de mtaphysique4 ,mais on peut ouvrir le secret des autres et pntr] leur syn?se1 avec un peu de pati5ce1 grce cette m]veilleuse cl4 ,n\s allons en faire l'expri5ce1 en p>c\rant ensemble les pr9cipaux passages de ces trois volumes4 ,mais aup>avant1 une autre rem>que gnrale s'impose4 ,aprs avoir p>l du fond1 il faut encore p>l] de la =me dont cette philosophie n\velle aime se p>]4 99 99 99 99 99 ,si le lecteur a bi5 compris combi5 cette n\velle mtaphysique e/ au reb\rs de celle du s5s commun1 ou1 si l'on veut1 de celle que ,m4 ,b]gson lui-mme a appele la mtaphysique naturelle de l'intellig5ce huma9e#bj1 il n'aura pas de pe9e press5tir que p\r la faire accept] de ses lecteurs ou de ses auditeurs1 un pr(esseur doit avoir son s]vice1 non seulem5t un gr& tal5t littraire1 mais encore c]ta9s procds spciaux1 dont il importe de dvoil] les secrets4 ,d'abord1 c'e/ l'usage con/ant et l'abus de la mtaphore et1 des images qu'un arti/e1 un pote1 comme lui1 sait mani] avec une adresse et une orig9alit consommes1 dignes du plus sduisant des pre/idigitateurs4 ,n\s sommes lo9 du temps o ,ari/ote proscrivait de t\t langage philosophique et s'int]disait svrem5t lui-mme l'emploi de la mtaphore1 cette matresse d'erreur1 comme il l'appelait1 cette gr&e et incomp>able magici5ne qui sait donn] au faux un si gr& pre/ige#ba4 ,la vrit n'en a nul beso9 et doit savoir s'en pass]4 ,seule1 elle peut montr] son visage dc\v]t1 t&is que le faux a t\j\rs beso9 d'une p>ure trangre et d'un dguisem5t p\r se faire accept]4 ,or1 si n\s assi/ons auj\rd'hui aux c\rs publics les plus rputs de la n\velle cole1 si n\s feuilletons ses ouvrages philosophiques gr& succs1 n\s n\s surpr5ons comme envelopps p> un t\rbillon in9t]rompu d'images qui rivalis5t d'clat et de *>me imprvu4 ,la mtaphore a t\t envahi1 si bi5 qu'il ne re/e plus de place p\r la dmon/ration des ?ses4 ,c'e/ elle qui a remplac la preuve4 ,on a mme rig en pr9cipe que seule elle pr\ve1 en n\s donnant l'intuition du rel4 ,qu'on ne s'tonne pas1 crit ,m4 ,le ,roy1 de me voir donn] plus de mtaphores que de raisonnem5ts3 la mtaphore e/ le langage naturel de la mtaphysique1 p\r autant que celle-ci consi/e en une vivification de l'inexprimable1 en une saisie du supra-logique p> le dynamisme crateur de l'esprit4#bb--;,eh bi56 ,ari/ote et ,platon ont dj appel t\t cela3 4 ,les exemples abond5t4 ,il suffit d'ouvrir au has>d le volume de l',evolution cratrice et d'en lire une page p\r con/at] que le culte de la mtaphore y e/ lev la hauteur d'un procd rfl*i d'exposition philosophique4 ,ici1 c'e/ la comp>aison du c9matographe qui fait p>atre cont9us et flu5ts des in/antans disjo9ts et immobiles4 ,l1 c'e/ l'image du kaledoscope qui1 dans le cont9u morcel et fragm5t1 met un ordre en*anteur mais illusoire4 ,ailleurs1 ce sont les brillantes fuses du feu d'artifice1 qui figur5t l',evolution cratrice s'levant en p5se t9celante p\r retomb] en matire1 etc4 ,ce procd a plusieurs avantages1 en outre de la vie et du *>me dont1 il p>e les ?ories les plus ab/ruses4 ,d'abord1 il j\e le rle d'un prisme qui r$resse et met d'aplomb les ?ses de s5s commun r5v]ses p> nos anti9tellectuali/es1 rassurant a9si les lgitimes inquitudes des auditeurs4 ,expliquons notre p5se3 ,p\r n\s faire compr5dre la =mule d',hraclite3 t\t passe et ri5 ne demeure dans un tre1 en sorte qu'il n'e/ jamais le mme1 ni dans sa =me ni dans son fonds1--on emploie la comp>aison clbre du c\rant d'eau vive ou du fleuve4 ,or1 le fleuve1 au contraire1 demeure le mme dans son tre sub/antiel1 son eau re/ant la mme1 tant qu'elle c\le de la s\rce l'emb\*ure4 ,a9si1 au lieu de n\s prs5t] une image de la mobilit p]ptuelle et totale de l'tre1 on n\s (fre celle d'un simple voyage1 qui e/ la p]man5ce mme de l'tre dont la position seule v>ie4 ,au lieu de n\s (frir un exemple de *angem5t total et p]ptuel1 on *oisit celui de la plus faible et plus sup]ficielle mutation4 ,en sorte que la ?orie du mobilisme absolu1 qui r5v]sait la raison1 se tr\ve comme r$resse et r5due acceptable p> le mirage d'une mtaphore qui a fait p>atre droit ce qui tait l'env]s4 ,autre exemple3 ,si j'avance que la sub/ance e/ une notion inutile et prime2 qu'il y a des modes d'tre sans tre1 des attributs sans sujet1 des actions sans ag5t1 il faudra1 p\r ne pas trop eff>\*] mon auditoire1 que je lui tr\ve un quival5t ou un semblant d'quival5t4 ,p\r cela1 j'aurai rec\rs une image4 ,je dirai1 p> exemple1 qu'il y a s\s les phnomnes un c5tre de jaillissem5t#bc1 et je rpt]ai la comp>aison du feu d'artifice si familire ,m4 ,b]gson2 je comp>]ai donc l',evolution cratrice ces milli]s de fuses qui s'lv5t dans les airs en v5tail1 aprs tre p>ties d'un c5tre unique de jaillissem5t--et mon auditoire1 qui1 avec son bon s5s naturel1 a dj mis un artifici] d]rire ce c5tre de jaillissem5t1 accept]a et applaudira la brillante image1 trs facile saisir p>ce qu'elle a naturellem5t r$ress une ?orie reb\rs et in9telligible4 ,de mme1 p\r expliqu] la mmoire que la suppression de la sub/ance p]man5te ou de l'id5tit de la p]sonne r5drait absurde--eh6 comm5t revoir1 p> exemple1 si l'on n'e/ plus re/ le mme8--on suppos]a que dans *aque cellule crbrale1 p>t\t o quelque *ose vit1 il y a ouv]t quelque "p un regi/re o le temps s'inscrit#bd4--,mais aux yeux du simple bon s5s1 qu'e/-ce qu' un regi/re ouv]t1 o peuv5t s'inscrire le pass1 le prs5t et l'av5ir1 s9on une *ose qui demeure1 une sub/ance1 o s'enregi/r5t en passant les phnomnes qui se dr\l5t et disp>aiss5t8 ,int]prte dans son s5s naturel1 la mtaphore fait donc rapp>atre aux yeux de t\s la sub/ance qu'on croyait disp>ue1 et l'esprit se dcl>e satisfait4 ,encore une fois1 l'image a j\ le rle du prisme r$resseur de la p5se r5v]se1 ou1 si l'on prfre2 une autre comp>aison1 n\s dirons que ces images sont des pices vraies de/9es suggr] une impression fausse1 puisqu'elles laiss5t ent5dre qu'elles sont l'expression fidle des ?ories3 ce qui n'e/ pas4 ,elles donn5t l'illusion que l'auteur respecte prcism5t ce qu'il condamne4 ,mais le procd que n\s critiquons ne consi/e pas seulem5t en abus d'images et de mtaphores1 il y aj\te une t]m9ologie n\velle1 o les li5s consacrs p> l'usage qui ratta*ai5t les mots aux ides correspondantes sont volontairem5t disloqus et briss4 ,on fait mme p>fois signifi] aux mots exactem5t le contraire du s5s univ]sellem5t reu4 ,p> exemple1 le mot dur]1 dans t\tes les langues1 signifie demeur] le mme1 au mo9s quant au fonds de son tre et malgr des *angem5ts accid5tels de =me4 ,or1 dans le vocabulaire n\veau1 dur] signifie ne jamais demeur] le mme1 en sorte qu'une *ose qui cess]ait de *ang] totalem5t et p]ptuellem5t cess]ait p> l mme de dur]#be4 ,de l1 un idiome my/rieux et trange1 ou plutt une multitude d'idiomes1 c>1 dans la n\velle cole1 *acun se =ge le si51 son gr1 comme p\r t\rdir le lecteur p> des obscurits sy/matiques et p> le fl\ des ides4 ,on dirait qu'ils ont adopt la devise de ,r5an3 ,le vague e/ seul vrai1 p>ce qu'il peut seul r5dre la fluidit insaisissable et proti=me de t\te *ose4 ,oh6 combi5 ils sont lo9 de v\loir mrit] l'loge que ,b>?lmy ,sa9t-,hilaire adressait la scola/ique1 d'tre p> sa prcision et sa cl>t t\te franaise et t\te p>isi5ne#bf4 ,et ne croyez pas qu'ils *]*5t s'excus] de leur obscurit2 au contraire1 ils s'en vant5t3 ,ce qui e/ clair n'e/ plus intressant1 crit ,m4 ,le ,roy1 puisque c'e/ ce propos de quoi t\t travail de g5se e/ a*ev4444 ,la philosophie a le droit d'tre obscure1 elle en a le devoir p\r autant qu'elle doit t\j\rs ou s'appr(ondir ou s'lev]4444 ,le disc\rs e/ subordonn l'action et le clair l'obscur4#bg ,encore une fois1 dirons-n\s avec ,ari/ote et ,platon1 cela s'appelle t\t simplem5t #bh4 ,aussi bi5 le div9 ,platon aj\tait-il cette jolie df9ition du sophi/e3 ,c'e/ un animal *angeant qui ne se laisse pas pr5dre1 comme on dit1 d'une seule ma9 444 une espce bi5 difficile saisir4#bi ,cette impression1 du re/e1 ne n\s e/1 pas p]sonnelle1 et n\s n'avons encore r5contr aucun lecteur des ouvrages de cette1 cole qui n'en ait facilem5t conv5u4 ,voici1 p> exemple1 ce qu'crivait l'un d'eux1 philosophe de pr(ession3 ,gris de mtaphores1 ravi p> les m\vem5ts audacieux de sa phrase1 comme l'aronaute tmraire qui s'ab&onne avec ivresse aux bonds imprvus de sa nacelle1 il 7le philosophe b]gsoni57 croit s'lev] v]s une ralit plus pure1 alors qu'il monte dans les nuages en att5dant la *ute4444 ,c'e/ l'image d'une nef dle/e1 dsemp>e1 qui s'lve1 s'abaisse1 se prcipite1 se ral5tit1 t\rbillonne1 suivant les m&res les plus fantaisi/es et les plus inquitants1 au gr du tal5t1 la vitesse de l'inspiration1 la m]ci de la passion ou du s5tim5t4 ,le li5 qui ratta*e les mots aux ides a t bris4444 ,affran*is des lois de l'usage1 comme d'autant de conv5tions tyranniques1 tantt les mots disloqus se dta*5t de leur contexte naturel1 tantt ils =m5t des gr\pem5ts rvolutionnaires2 la plup>t du temps ils se s\/rai5t t\te association normale4444 ,les mots n\s app>aissai5t *>gs de s\v5irs et de li5s multiples1 avec une physionomie c>actri/ique1 accompagns d'un cortge rguli] d'ides1 d'images et de s5tim5ts1 incorpors enf9 et troitem5t subordonns au monde rel4 ,dans le vocabulaire n\veau1 ils se prs5t5t sans aeux1 sans hi/oire1 sans tradition1 disposs t\t signifi]1 comme dans une socit an>*ique ou jacob9e t\s les individus sont prts remplir t\tes les fonctions1 sans tre prp>s aucune4444 ,il suffit de saisir une bonne fois le procd4444 ,on tire a9si du langage de pre/igieux effets1 dissociant les alliances d'ides ou de *oses app>emm5t les plus infrangibles1 rconciliant les t]mes les plus opposs1 =mant d'bl\issantes syn?ses1 rsolvant les problmes les plus compliqus4444#cj ,si telle e/ l'impression d'un pr(essionnel de la philosophie1 celle des ,phili/9s1 et des plus savants d'entre eux1 ne s]a que pire4 ,le rve de ce gr& homme1 crivait ,m4 ,le ,dantec1 s]ait d'tre plong dans un 9 pace p>faitem5t noir1 et de s'y tr\v] susp5du sans contact avec les p>ois du ca*ot4 ,l1 sans tre tr\bl dans sa mditation p> la vue1 l'audition ou le contact1 qui donn5t des objets ext]nes une notion fausse ou sup]ficielle1 le philosophe1 enf9 dgag de t\tes les entraves de la nature1 vivrait dans sa p5se pr(onde la vie totale de l',univ]s#ca4 ,cette ironie1 un peu l\rde1 il e/ vrai1 indique bi5 l'impression de noir p>fait que la lecture de ,m4 ,b]gson a d laiss] ce savant1 ami des m?odes positives et de la cl>t4 ,a9si1 p\r l'un1 c'e/ le v]tige2 p\r l'autre1 la nuit noire4444 ,et cep5dant1 nombreuses sont les mes simples ou insuffisamm5t in/ruites des premi]s pr9cipes d'une sa9e philosophie qui se laiss5t pr5dre aux pre/igieux effets produits p> de n\velles associations de mots et d'images4 ,n\a en avons r5contr1 p> exemple1 qui se pmai5t d'admiration devant le seul titre de l',evolution cratrice4 ,en app>5ce1 en effet1 le mot e/ heureux et n'a ri5 de *oquant4 ,on y tr\ve un sujet1 un attribut1 un v]be s\s-ent5du1 et l'esprit e/ satisfait3 l',evolution e/ cratice4 ,mais si l'on va au del des mots1 jusqu'au fond de la p5se de l'auteur1 et si l'on dem&e3 #a ,qui e/ crateur8--,p]sonne4 ,c'e/ l'volution qui se fait elle-mme2 c'e/ donc une cration sans aucun crateur4 ,si l'on dem&e en outre3 #b ,de quoi e/-elle cratrice8--,de ri51 s9on d'elle-mme6 puisqu'il n'y a plus d'tre1 de *ose6 cre1 et que t\t e/ dev5ir1 c'e/--dire volution pure4 ,en sorte que c'e/ une cration sans aucun crateur et sans aucune *ose cre6#cb--;,alors1 aprs cette dc\v]te1 t\t s'obscurcit et devi5t incohr5t3 c'e/ le *aos des ides p\r le simple bon s5s4 ,mais l'tiquette1 avec sa brillante mtaphore1 a su masqu] p>faitem5t l'opposition des ides avec le s5s commun4 ,tant e/ gr&e la magie des mots6 ,nos f>\*es contempteurs des ides cri/allises et mortes1 nos iconocla/es de t\tes les idoles du langage et de la tradition1 sont les premi]s se pay] de mots et les seuls ador] des mtaphores6 ,n\s voici donc bi5 av]tis sur les procds littraires et m?odiques de notre auteur1 a9si que sur l'esprit et la porte philosophique du n\veau sy/me4 ,n\s p\vons dsormais entrepr5dre l'analyse des crits de ,m4 ,b]gson1 en comm5ant p> son premi]-n1 sa fameuse ?se sur la ?orie n\velle du ,temps ou de la ,dure pure1 qui s]a comme le leit-motiv de t\tes ses autres ?ories4 ,n\s n\s born]ons t\tefois aux gr&es lignes et une vue syn?tique1 vitant de les obscurcir p> la critique1 d'ailleurs facile1 d'innombrables dtails4 99 99 99 99 99 ,note4 ,si la nbulosit sy/matique de la n\velle cole a des avantages inconte/ables p\r ses auteurs1 elle a aussi des inconvni5ts1 c> elle p]met l'imag9ation de *acun de dc\vrir dans *aque nue t\t ce qui lui plat1 voire mme les figures les plus opposes aux int5tions de l'inv5teur4 ,m4 ,b]gson ne p\vait manqu] d'en tre la premire victime et de s'en pla9dre amrem5t4 ,il s]a p\r le mo9s curieux et trs sugge/if d'ent5dre ses prote/ations indignes contre les multiples dfigurations de sa p5se que se sont p]mises ,,mm4 les pr(esseurs des ,lyces1 auprs desquels ,m4 ,b9et avait ouv]t une enqute p\r connatre l'influ5ce de la philosophie b]gsoni5ne sur leur enseignem5t4 ,a ce sujet1 le lecteur lira avec intrt l'extrait suivant de la sance de la ,socit franaise de ,philosophie1 qui1 le #bh nov4 #aijg1 a mis aux prises ,m4 ,b9et et ,m4 ,b]gson4 ,m4 ,,b9et4--,ma seconde "q s'adresse spcialem5t notre savant collgue ,m4 ,b]gson1 que n\s avons la bonne =tune de compt] auj\rd'hui p>mi n\s4 ,il a vu 7p> l'enqute7 quelle influ5ce sa philosophie ex]ce sur l'enseignem5t secondaire4 ,il a vu aussi les d\tes1 les hsitations de c]ta9s matres1 qui av\5t trs fran*em5t qu'il ne sont pas encore p>v5us tr\v] la =mule d'adaptation de ses ides l'tat d'intellig5ce de leurs l'lves4 ,il me semble bi5 que ,m4 ,b]gson doit tre intress p> le r5seignem5t si curieux et si s9cre que nos correspondants lui apport5t4 ,n\s s]ions heureux de connatre d'abord1 si ce n'e/ pas indiscret1 son impression de sance4 ,n\s s\haitons aussi qu'aprs rflexion il puisse tr\v] les indications et les conseils qui aplaniront les difficults que r5contre la propagation de ses ides4 ,m4 ,,b]gson4--,j'av\e ne ri5 compr5dre c]ta9es obs]vations 7des pr(esseurs de lyce7 dont ,m4 ,b9et vi5t de donn] lecture4 ,m4 ,b9et p>at dsir] que je m'explique sur les que/ions qu'elles s\lv5t4 ,c'e/ de lui ou de ses correspondants que je rclame cette explication4 ,dans les ?ories qu'ils m'attribu5t1 je ne reconnais ri5 de moi1 ri5 que j'aie jamais p5s1 enseign1 crit4444 ,o1 qu&1 s\s quelque =me ai-je dit quelque *ose de t\t cela8 ,qu'on me montre dans ce que j'ai crit une ligne1 un mot1 qui puisse s'int]prt] de cette manire1 etc4 7,bullet9 de la ,socit franaise de philosophie1 numro de janvi]1 #aijh1 p4 #bj1 #ba47 99 99 99 99 99 ,i ,,la ,,notion ,,b]gsoni5ne ,,du ,,temps4 ,la n\velle notion du ,temps imag9e p> ,m4 ,b]gson e/ de la plus haute importance1 puisqu'il en a fait le c5tre et le pivot de t\t son n\veau sy/me philosophique4 ,au premi] abord1 il semble bi5 subtil et mme p>adoxal de v\loir fond] une philosophie t\t entire1 une explication totale des *oses sur la notion du ,temps4 ,a la rflexion1 t\tefois1 et au s\v5ir de la m]veilleuse syn?se pripattici5ne entirem5t leve sur la notion du ,m\vem5t--notion si vois9e de celle du ,temps1--on e/ plutt t5t de faire crdit l'auteur1 non sans quelque dfiance il e/ vrai1 c> si le ,m\vem5t e/ un phnomne pat5t qui tombe s\s les s5s1 il n'en e/ pas de mme du ,temps1 le plus obscur et le plus my/rieux peut-tre de t\s les phnomnes de la nature4 ,ce contra/e avait dj t rem>qu p> les anci5s1 lorsqu'ils disai5t3 ,motus s5sibus ipsis patet1 non autem tempus4 ,aussi p\vons-n\s cra9dre trs lgitimem5t que le sophisme ne tr\ve plus facilem5t s'embusqu] d]rire ces ombres pr(ondes1 et qu'au lieu de btir sur le roc1 comme ,ari/ote1 ,m4 ,b]gson ne puisse difi] que sur le sable m\vant des conjectures4 ,quoi qu'il en soit1 essayons d'expliqu] aussi clairem5t que possible sa p5se t\j\rs subtile et nuageuse1 d'en montr] les cts spcieux et d'en prcis] les po9ts faibles4 ,p\r cela1 comm5ons p> faire connatre le rsultat f9al de sa longue et laborieuse tude sur la notion du ,temps4 ,le ,temps tant l'anti?se de l',espace1 il e/ bon de rappro*] ces deux notions p\r en clair] le s5s p> leur contra/e4 ,l'un et l'autre1 dans la philosophie traditionnelle1 sont des quantits cont9ues1 homognes et mesurables2 mais les p>ties de l',espace sont coexi/antes et simultanes1 t&is que les p>ties du ,temps sont successives et flu5tes4 ,or1 dans le sy/me de ,m4 ,b]gson1 l',espace e/ df9i p> quantit et homognx1 et p>tant p> m5surabilit4 ,c'e/ le propre de la matire4 ,t\te quantit1 soit discrte comme le nombre1 soit cont9ue comme les gr&eurs1 e/ de l'espace4 ,l'espace1 dit-il1 doit se df9ir l'homogne4444 ,inv]sem5t1 t\t milieu homogne et indf9i s]a de l'espace4#cc ,au contraire1 le ,temps e/ df9i p> qualit pure et htrognx pure1 exclusive de t\te quantit1 de t\te homognx1 et p>tant de t\te m5surabilit4 ,c'e/ le propre de l'esprit4 ,a9si le ,temps vrai n'a ni p>ties virtuellem5t multiples1 ni quantit p> o il soit mesurable1 ni homognx qui p]mette de comp>] une dure une autre dure et de les dire gales ou 9gales4 ,la dure pure1 crit ,m4 ,b]gson1 n'e/ qu'une succession de *angem5ts qualitatifs qui se fond5t1 qui se pntr5t1 sans cont\rs prcis1 sans aucune t5dance s'extrioris] les uns p> rapport aux autres1 sans aucune p>5t avec le nombre4 ,ce s]ait l'htrognx pure4#cd ,cette notion e/ sans d\te l'oppos de t\tes les conceptions agno/iques ou idali/es1 kanti/es ou leibnitzi5nes4 ,mais elle n'eut pas mo9s loigne de t\tes les df9itions connues des coles rali/es1 qui sont unanimes faire du ,temps une quantit1 notamm5t de la clbre df9ition ari/otlici5ne1 dcl>ant que le ,temps e/ le nombre ou la mesure du m\vem5t1 selon l'avant et l'aprs4 #ce4 ,et ce n'e/ pas seulem5t la p5se philosophique que contr$it la n\velle notion1 ce sont encore les donnes de la ,sci5ce exprim5tale et du simple bon s5s4 ,la fiction d'un temps simple1 impossible mesur]1 app>at en effet du premi] c\p comme un dfi au s5s commun4 ,quant la ,sci5ce qui p>vi5t mesur] le temps et mme le prdire p> des calculs d'une prcision si m]veilleuse1 elle donne *aque j\r cette fiction le plus clatant dm5ti4 ,que telle soit bi5 p\rtant la p5se de ,m4 ,b]gson1 on n'en saurait d\t]4 ,p\r lui1 le temps vrai ne se mesure po9t2 celui de la sci5ce et du s5s commun n'e/ qu'une illusion et une *imre1 comme il le rpte satit1 s\s t\tes les =mes1 dans t\t le c\rs de ses ouvrages1 notamm5t dans les c9quante pages 7#eg #ajg7 du deuxime *apitre de son ,essai sur les ,donnes immdiates de la consci5ce1 entirem5t consacres combattre cette illusion4 ,en lisant t\s les longs et subtils dveloppem5ts donns p> l'auteur cette ?se1 il e/ impossible un philosophe quelque peu au c\rant des notions de ,mtaphysique gnrale ou d',ontologie1 de ne pas tre frapp du nombre et de la gravit des confusions d'ides qu'on y r5contre4 ,les notions classiques les plus fondam5tales ont t plus ou mo9s vides de leur s5s naturel1 mutiles1 *avires comme plaisir1 au po9t d't\rdir et de saisir comme de v]tige un lecteur inexprim5t4 ,si l'on n\s p]mettait l'expression la mode1 n\s dirions--sans v\loir suspect] en ri5 les int5tions de l'auteur--que c'e/ l comme un vrai sabotage de l',ontologie4 ,on croirait mme un sabotage rgl1 m?odique1 c> ces confusions d'ides1 qui sembl5t se succd] en dsordre1 cons]v5t entre elles un ordre /ratgique trs tudi et trs savant4 ,n\s les comp>]ions volonti]s cette srie de tran*es pr(ondes et obscures o l'assigeant se croit en sret1 l'abri des traits de l'ennemi1 et qui le conduis5t s\s t]re1 trs m?odiquem5t1 jusqu'au pi$ de la place assige dont il veut faire l'assaut4 ,ici1 la place assige s'appelle la notion traditionnelle du ,temps4 ,or1 voici la srie de ces confusions dans leur /ratgie savante4 ,ne p\vant les relev] t\tes1 p\r ne pas trop fatigu] ou embr\ill] nos lecteurs1 cont5tons-n\s d'indiqu] les pr9cipales3 #a ,confusion de la quantit avec la qualit2 #b de l'unit avec le nombre2 #c du nombre avec l'espace2 #d de l'espace avec l'homogne2 #e du temps avec le m\vem5t2 #f enf9--c'e/ l'erreur capitale1--confusion du temps avec l'htrogne4 ,plusieurs de ces confusions tai5t trop vid5tes p\r ne pas caus] l'tonnem5t et comme le sc&ale des philosophes quelque peu famili]s avec les notions d',ontologie4 ,aussi1 malgr le pre/ige de la *aire (ficielle du haut de laquelle elles tombai5t dans le public1 ont-elles dj s\lev les critiques et les prote/ations p>ses d'un bon nombre de pr(esseurs1 nullem5t suspects d'atta*es scola/iques1 voire mme de la "p de c]ta9s collgues en ,sorbonne1 comme le regrett ,m4 ,huvel9 dans sa brillante ?se de doctorat sur les ,elm5ts pr9cipaux de la reprs5tation1 o la notion b]gsoni5ne du ,temps e/ vig\reusem5t1 quoique trs incompltem5t1 rfute4 ,mais ces critiques p>tielles1 p>ses et l dans les ?ses et les revues contempora9es1 sont lo9 d'avoir t\t dit1 ce n\s semble1 ni mme le pr9cipal1 notre s5s4 ,encore mo9s ont-elles montr1 dans une vue d'ensemble1 la syn?se et le li5 de t\tes ces erreurs p>tielles de la ,philosophie n\velle4 ,il y a donc encore place1 croyons-n\s1 p\r une rfutation plus m?odique et plus complte1 s9on de t\s les dtails1 ce qui s]ait inf9i1 au mo9s des gr&es lignes de cette philosophie la mode4 ,n\s en comm5c]ons l'essai p> l'analyse des six confusions fondam5tales que n\s v5ons d'numr]4 99 99 99 99 99 #a4 ,une premire confusion1 dc\v]te au po9t de d"p et la rac9e de la ?orie n\velle1 e/ celle de la quantit avec la qualit4 ,p\r la mettre en lumire1 rappelons brivem5t les deux notions classiques4 ,la quantit1 au s5s tymologique du mot1 e/ ce qui rpond l'une des deux que/ions3 quelle e/ la gr&eur de tel objet8 combi5 y a-t-il d'objets8 ,c'e/ donc la quantit qui fait le plus ou le mo9s dans les dim5sions ou dans le nombre des objets4 ,on la df9it3 ce qui e/ divisible 7au mo9s idalem5t et virtuellem5t7 en p>ties homognes ou de mme espce4 #cf4 ,si ces p>ties1 avant la division1 sont dj di/9ctes1 on a la quantit discrte ou le nombre3 dix hommes1 une d\za9e de pommes4 ,si ces p>ties1 avant leur division1 sont au contraire indi/9ctes1 en sorte que la f9 de l'une soit aussi le comm5cem5t de l'autre1 on a la quantit cont9ue ou ext5sive1 soit dans l'espace1 soit dans le temps4 ,n\s avons dit3 divisible en p>ties de mme espce1 c> la division de l'eau en hydrogne et oxygne ne dit pas sa quantit1 et la runion du *eval et du cavali] ne saurait =m] un nombre4 ,la qualit1 au contraire1 e/ la manire d'tre qui p]fectionne un objet1 soit dans son tre1 comme la beaut1 la dure1 soit dans son opration1 comme la v]tu4 ,a9si la =ce e/ une qualit de la matire1 la sant une qualit des vivants1 la sci5ce une qualit de l'esprit#cg4 ,on voit p> l combi5 pr(onde e/ la diffr5ce entre la quantit et la qualit1 entre le quantum et le quale4 ,la qualit fait les tres semblables ou dissemblables2 la quantit les r5d gaux ou 9gaux4 ,ce s]ait donc ne pas s'ent5dre de s\t5ir avec ,m4 ,b]gson que la quantit e/ t\j\rs de la qualit l'tat naissant#ch4 ,a mo9s qu'on ne veuille j\] avec l'id5tit des contraires et l'indiffr5ce des diffr5ts4444 ,mais ce n'e/ pas dire que la qualit elle-mme ne puisse avoir des degrs1 c'e/--dire du plus ou du mo9s dans la mme p]fection1 et p>tant une c]ta9e gr&eur ou une c]ta9e int5sit4 ,et comme t\te int5sit e/ reconnue susceptible de gr&ir ou de dim9u]1 il e/ t\t naturel de *]*] de combi5 elle gr&it ou de combi5 elle dim9ue1 c'e/--dire de la mesur]4 ,et si on peut la mesur]1 elle a une quantit4 ,or1 on peut la mesur]3 c'e/ ce qui ne saurait tre ni4 ,que si on ne la peut mesur] directem5t1 comme on mesure l't5due p> la sup]position d'un talon1 on p\rra du mo9s la mesur] indirectem5t p> les effets s5sibles qu'elle produit dans la matire4 ,a9si une =ce de t5sion ou une =ce musculaire se mesur]ont p> leurs effets sur un dynamomtre2 et la =ce calorique p> ses effets de dilatation sur le m]cure du !rmomtre4 ,p> d'autres +nieux procds1 les savants ont russi mesur] l'int5sit des autres =ces de la nature3 lumire1 son1 magntisme1 lectricit1 etc4 ,on peut aussi mesur] l'int5sit d'une qualit p> sa comp>aison avec une autre de mme espce4 ,a9si deux =ces qui s'quilibr5t s]ont gales4 ,si l'une l'emporte1 elle s]a dite plus gr&e et sa rivale plus petite4 ,cette comp>aison p]met1 dans un conc\rs1 de class] les plus =ts et les plus faibles avec une prcision quasi-ma?matique4 ,enf91 on peut p>fois mesur] une qualit d'int5sit v>iable en la comp>ant avec elle-mme4 ,p> exemple1 on mesure une d\leur actuelle p> comp>aison avec le degr maximum d'acuit ou le degr m9imum dj exprim5t4 ,et quoique cette apprciation soit plus vague et bi5 mo9s rig\reuse que les prcd5tes1 il arrive p>fois qu'une d\leur peut p>atre approximativem5t deux fois plus =te qu' son db1 et qu'ensuite elle semble avoir dim9u d'autant4 ,il y a donc des qualits mesurables1 c'e/--dire d\es de quantit4 ,la quantit peut donc tre int5sive aussi bi5 qu'ext5sive1 et v\loir1 avec ,m4 ,b]gson1 rduire t\te quantit de l't5due ou des rapports de cont5ance dans l'espace e/ un sy/me prconu1 a priori1 que la plus lm5taire obs]vation se *>ge de dm5tir4 ,n\s n'irons pas cep5dant jusqu' prt5dre1 avec ,m4 ,f\ille#ci1 que t\te quantit e/ premirem5t et ess5tiellem5t int5sive1 en sorte qu'elle ne devi5drait ext5sive que p> une projection plus ou mo9s illusoire dans l'espace4 ,mais n\s accord]ons que les dim5sions de volume ou de masse sont plutt une vue extrieure et sup]ficielle de l'tre quantitatif1 t&is que son int5sit e/ une vue plus pr(onde de son ess5ce4 ,celle-ci e/ la rac9e--le mot e/ de sa9t ,?omas2--l'autre e/ son ext5sion1 sa manife/ation dans l'espace4 ,c'e/ ce degr ou cette int5sit dans la qualit que les scola/iques avai5t appel quantit virtuelle1 quantitas virtutis1 et qu'ils avai5t dj si s\v5t et si pr(ondm5t analys4 ,si ,m4 ,b]gson avait connu leurs travaux1 il n'aurait jamais essay de confondre l'int5sit d'une qualit avec cette qualit elle-mme ou une simple nuance de cette qualit4 ,une nuance peut suffire r5dre deux qualits semblables ou dissemblables2 elle ne suffit pas les r5dre gales ou 9gales d'int5sit4 ,p\r lgitim] sa grave confusion1 voici la raison qu'il a essay de faire valoir3 ,en appelant du mme nom de gr&eur la gr&eur ext5sive et la gr&eur int5sive1 on reconnat p> l1 dit-il1 qu'il y a quelque *ose de commun ces deux =mes de la gr&eur1 puisqu'on les appelle gr&eur l'une et l'autre et qu'on les dcl>e galem5t susceptibles de crotre et de dim9u]4 ,mais que peut-il y avoir de commun au po9t de vue de la gr&eur entre l'ext5sif et l'int5sif1 entre l't5du et l'9t5du8#dj ,je rponds3 ce qu'il y a de commun1 c'e/ la divisibilit1 au mo9s idale et virtuelle1 c> il y a plusieurs espces de divisibilit et autant d'espces de quantit1 n\s dit sa9t ,?omas1 que d'espces de divisibilit#da4 ,lorsque v\s mesurez la =ce ou la viol5ce d'un c\p de po+ sur un dynamomtre1 v\s reconnaissez des degrs diffr5ts dans l'int5sit des effets produits et p>tant dans l'int5sit de la =ce elle-mme qui les produit4 ,sans d\te1 en divisant ensuite p> la p5se ces degrs d'une =ce1 on ne divise pas la =ce elle-mme en p>ties rellem5t multiples et sp>ables1 mais on l'e/ime quival5te du multiple4 ,ce qui suffit calcul] sa quantit4 ,a9si l'on peut jug] que tel homme en vaut deux2 et qu'un h]cule de foire en vaut dix4 ,telle e/ la quantit virtuelle4 ,sans d\te encore1 en divisant p> la p5se ces degrs d'une mme =ce1 on ne divise pas de l'espace4 ,mais il y a bi5 d'autres *oses que l'espace qui sont divisibles1 *acune sa manire1 quoi qu'en dise ,m4 ,b]gson4 ,il y a le nombre ab/rait des ma?matici5s qu'on divise en units2 la vitesse d'un m\vem5t que l'on divise en degrs2 le disc\rs dont les p>ties ne sont pas de l'espace2 le temps dont les heures et m9utes ne sont pas davantage de l'espace4 ,le ni] s]ait f]m] les yeux aux expri5ces les plus lm5taires p\r y sub/itu] des ?ories prconues4 ,or1 la divisibilit1 s\s quelque mode qu'elle s'opre1 relle ou idale1 c'e/--n\s l'avons dit--la df9ition mme de la quantit1 de l'aveu de t\s les philosophes sans exception1 mme de ceux qui ont *]* la quantit une raison d'tre ou une rac9e encore plus pr(onde4 ,concluons qu'il y a vraim5t deux espces de quantit cont9ue dont les p>ties sont virtuelles ou indi/9ctes3 #a la quantit ext5sive dans le temps ou dans l'espace2 #b la quantit int5sive dans la qualit4 ,si ,m4 ,b]gson a ni celle d]nire1 c'e/ p>ce que la qualit lui a p>u simple et exclusive1 de t\te quantit3 ce qui e/ vrai de la quantit ext5sive qu'elle exclut1 et non de la quantit int5sive qu'elle admet4 ,or1 rptons-le1 l'int5sit n'e/ pas une qualit1 mais une gr&eur de la qualit1 puisqu'elle donne du plus ou du mo9s la mme qualit1 la r5d gale une autre de mme degr1 ou quival5te plusieurs autres de degr mo9dre1 et p>tant mesurable4 ,c'e/ la mme mprise qui conduira bi5tt le mme auteur jusqu' cette consqu5ce autrem5t grave1 de ni] la quantit et la divisibilit du temps4 ,telle e/ la logique de l'erreur3 insignifiante au po9t de d"p1 elle peut m5] un abme1 suivant l'adage3 ,p>vus error 9 pr9cipio1 magnus e/ 9 f9e4#db ,que le temps soit aussi qualitatif1 p]sonne n'en d\te4 ,le temps e/ beau ou mauvais1 la vie e/ gaie ou tri/e2 et t\s les int]valles de la dure se di/+u5t a9si p> des c>actres intrieurs trs v>iables4 ,mais de quel droit conclure3 le temps e/ qualit1 donc il n'e/ pas quantit6 alors qu'il peut tre l'un et l'autre des po9ts de vue diffr5ts4 ,il e/ l'un ess5tiellem5t et l'autre accid5tellem5t4 ,n\s trait]ons bi5tt ce sujet de la nature du temps4 ,p\r le mom5t1 il n\s suffit de laiss] entrevoir ici le g]me des confusions futures dans cette premire confusion de la quantit int5sive avec une pure qualit4 ,comme si la qualit tait incompatible avec t\te quantit6 ,assurm5t1 les contradictoires s'exclu5t2 mais les div]s et les contraires--sans s'id5tifi] aucunem5t--se m>i5t m]veille dans les ralits de la nature1 et c'e/ le cas de la quantit et de la qualit1 qui la fois se di/+u5t et s'alli5t =t bi5#dc4 ,,ii4 ,la deuxime confusion signale e/ celle de l'unit avec le nombre4 ,on tr\ve1 en effet1 dans le *apitre indiqu du mme ouvrage cette tonnante proposition qui rsume sa p5se3 ,les units1 leur t\r1 sont de vritables nombres#dd4--,mais si les units sont un nombre de fractions1 ce nombre e/-il pair ou impair8444--,ni l'un ni l'autre1 assurm5t1 et cette simple rplique du bon s5s fait press5tir le sophisme qui essaye de confondre l'unit dont les p>ties1 n'tant que virtuelles et indi/9ctes1 sont sans nombre1 avec une somme ou un produit dont les p>ties1 tant t\j\rs di/9ctes et actuelles1 sont t\j\rs un nombre4 ,l'unit et la somme peuv5t1 il e/ vrai1 l'une et l'autre1 tre appeles des syn?ses4 ,mais il y a deux conceptions =t diffr5tes de la syn?se4 ,la syn?se-rsultat1 ne de l'assemblage de plusieurs lm5ts1 e/ po/rieure ses lm5ts3 telle e/ la somme4 ,au contraire1 la syn?se-pr9cipe e/ antrieure ses lm5ts auxquels elle donne naissance p> sa division3 telle e/ l'unit#de1 non seulem5t l'unit ab/raite du ma?matici51 mais encore l'unit concrte4 ,telle e/1 p> exemple1 l'unit de la cellule-mre1 dont le fractionnem5t graduel produira les cellules drives de tel ou tel organisme complet4 ,c'e/ ce qui a fait dire ,ari/ote que l'unit e/ antrieure aux p>ties3 #df4 ,bi5 lo9 d'avoir en elle un c]ta9 nombre f9i et dt]m9 de fractions relles1 l'unit n'en a aucune1 tant qu'elle n'e/ pas divise1 soit physiquem5t1 soit m5talem5t4 ,quant aux fractions purem5t possibles1 elles sont sans nombre1 c> l'indf9i n'e/ pas un nombre4 ,et c'e/ p\r cela qu',ari/ote a s\t5u que les fractions sont en puissance et non pas en acte dans l'unit3 1 #dg4 ,que si on leur supposait un nombre inf9i1 on tomb]ait aussitt dans l'absurde1 c> un nombre inf9i actuellem5t ralis e/ une impossibilit manife/e4 ,l'admettrait-on1 qu'on retomb]ait dans une autre contradiction4 ,en effet1 *acune de ses p>ties s]a suppose simple ou quantitative4 ,si on les disait quantitatives1 les fractions totalises s]ai5t inf9ies et p>tant beauc\p plus gr&es que l'unit1 qui n'a ri5 d'inf9i3 ce qui e/ impossible4 ,si on les disait1 au contraire1 simples et 9t5dues1 une ligne ,a ,b s]ait compose d'un nombre inf9i de po9ts sans t5due2 un m\vem5t ,a ,b s]ait compos d'un nombre inf9i de positions sans m\vem5t2 et la dure ,t1 d'un nombre inf9i d'in/ants sans dure4 ,c'e/ alors que ,m4 ,b]gson aurait beau jeu n\s repro*] de con/itu] l't5due avec l'9t5du1 le m\vem5t avec l'immobile1 la dure avec ce qui ne dure pas6 ,mais n\s n'avons jamais mrit un tel repro*e4 ,p\r n\s1 au contraire1 le po9t n'e/ pas une p>tie de la ligne ni du m\vem5t2 l'in/ant n'e/ pas une p>tie du temps4 ,le po9t n'e/ que la f9 ou le comm5cem5t d'une ligne ou d'un m\vem5t3 l'in/ant1 la f9 ou le comm5cem5t d'une dure1 ou bi5 le passage d'une p>tie la suivante#dh4 ,voil le s5s mtaphysique et rig\reux de ces t]mes4 ,ce qui n'emp*e pas de pr5dre aussi l'in/ant au s5s psy*ologique#di1 comme un m9ima de dure p]ceptible la consci5ce4 ,mais alors ce m9ima n'e/ plus in/antan1 il a une dure f9ie--comme t\s les prt5dus in/antans des photographes1--et la dure totale n'e/ plus qu'un multiple de cette dure p>tielle4 ,on peut pr5dre alors ce m9ima comme une tran*e ou une unit du temps1 sans enc\rir le repro*e en "q4 ,que si aucune unit du temps ou de l'espace n'a ri5 d'inf9i1 le m\vem5t peut les trav]s]1 et t\s les argum5ts de ,znon contre la possibilit du m\vem5t tomb5t du mme c\p4 ,et c'e/ ce que1 dans sa rfutation de ,znon1 ,m4 ,b]gson n'a pas vu et n'a pas pu voir1 du po9t de vue contre-s5s o il s'e/ plac#ej4 ,concluons3 l'unit n'e/ pas un nombre de fractions1 ni f9i ni inf9i4' 99 99 99 99 99 ,,iii4 ,troisime confusion3 celle du nombre avec l'espace4 ,d'abord1 peut-on affirm] sans rs]ve1 comme le fait ,m4 ,b]gson1 que l'espace e/ la matire avec laquelle l'esprit con/ruit le nombre1 le milieu o l'esprit le place8#ea ,sans d\te1 c'e/ avec des b\les ou d'autres objets matriels et t5dus que l'enfant appr5d compt]1 et en ce s5s c'e/ bi5 avec de l'espace que l'on comm5ce con/ruire des nombres4 ,mais l'esprit s'en dgage bi5tt et s'lve au-dessus de la matire p\r compt] des *oses 9t5dues1 comme des po9ts gomtriques1 des notes de musique1 des donnes psy*iques ou morales1 telles que les sept sacrem5ts ou les trois v]tus ?ologales2 ou bi5 des donnes mtaphysiques1 comme les dix catgories ou les six transc5d5taux4 ,il compte aussi des nombres ab/raits composs d'units ab/raites qui n'ont ri5 d't5du4 ,enf91 il compte le nombre d'annes1 de mois1 de j\rs1 de m9utes qu'il a vcus1 et il le place dans le temps et nullem5t dans l'espace1 quoique ce temps ait1 d'une c]ta9e manire1 trav]s les espaces et les lieux o l'on a vcu4 ,allons plus lo94 ,si l'espace1 o ,m4 ,b]gson v\drait relgu] le nombre1 le conti5t rellem5t1 c'e/ qu'il l'a emprunt bi5 mo9s la quantit et aux dim5sions spatiales des objets qu'il conti5t1 qu' la v>it et aux contra/es des qualits qui di/+u5t surt\t les *oses entre elles1 aux yeux de l'obs]vateur att5tif4 ,en effet1 videz l't5due de t\tes ses diffr5ces qualitatives1 supprimez les figures1 les c\leurs1 les sons4444 ,aussitt elle devi5t une cont9uit uni=me et confuse1 o je ne sais plus di/+u] de nombre4 ,c'e/ donc bi5 plus avec des figures et d'autres qualits qu'avec des t5dues que je compte4 ,or1 p\r nombr] des qualits1 inutile de les projet] dans l'espace ou1 t\t au mo9s1 de nombr] les espaces o je les projette4 ,p\r compt] les espces de plantes ou d'animaux1 je n'ai beso9 de compt] aucun lieu2 encore mo9s p\r compt] les pe9es et les plaisirs1 les p5ses et les dsirs que j'pr\ve4 ,le nombre dborde donc l'espace de t\s cts2 il g\v]ne la qualit non mo9s que la quantit1 le temps non mo9s que l'espace1 l'esprit non mo9s que la matire4 ,il fait clat] de t\te "p l'troite prison o ,m4 ,b]gson v\drait le r5f]m]4 ,il e/ donc faux de dire3 ,t\te ide claire du nombre implique une vision dans l'espace2--c'e/ cause de leur prs5ce dans l'espace que les units sont di/9ctes2--t\j\rs n\s localisons le nombre dans l'espace#eb4 ,l'auteur de ces p>oles e/ le j\et de son imag9ation captive elle-mme de l't5due spatiale4 ,cela e/ faux1 disons-n\s1 p>ce que c'e/ contraire aux faits4 ,nos ides des trois v]tus ?ologales ou des sept sacrem5ts1 des trois propositions d'un syllogisme ou des m9utes qu'a dur une argum5tation1 sont p>faitem5t claires et di/9ctes sans avoir beso9 d'tre localises dans aucun espace4 ,ce n'e/ pas que la localisation ne soit trs s\v5t utile p\r s\t5ir la p5se4 ,nos ides les plus di/9ctes du temps et de l'espace peuv5t s'appuy] sur des images temporelles ou spatiales4 ,a9si1 p\r compt] les noies asc5dantes de la gamme1 je puis me figur] une ligne v]ticale en m\vem5t de bas en haut et y *elonn] des notes qui s'lv5t p>eillem5t des plus basses aux plus hautes4 ,mais je s5s bi5 qu'en les comptant1 je compte autre *ose que de l'espace1 c> si je ne comptais que des po9ts dans l'espace1 une ligne horizontale me s]virait t\t aussi bi5 qu'une ligne v]ticale3 ce qui n'a jamais lieu4 ,donc1 mme en utilisant des images spatiales p\r compt]1 je compte autre *ose que de l'espace4 ,le nombre e/ donc1 p> ess5ce1 une notion transc5dante de l'espace comme du temps4 ,et cela e/ vrai1 t\t aussi bi5 des units qui compos5t le nombre que de la somme totale produite p> ces units4 ,aussi aj\t]1 comme le fait ,m4 ,b]gson1 que1 p> cela mme qu'on admet la possibilit de divis] l'unit en autant de p>ties que l'on v\dra1 on la ti5t 7l'unit7 p\r t5due 7i71 e/ un non-s5s4 ,ni les fractions concrtes d'un temps donn ni les fractions ab/raites des ma?matici5s ne font un atome d't5due4 ,pas plus qu'une unit gnrique ou spcifique des logici5s ou des botani/es n'e/ t5due p> cela seul qu'elle peut tre divise en catgories subalt]nes4 ,rptons-le3 on divise autre *ose que l't5due1 p>ce que la quantit ext5sive n'e/ pas la seule espce de quantit4 ,a9si l'on divise en degrs la puissance d'une =ce et l'int5sit d'une qualit4 ,il e/ vrai que ces fractions dans l'unit1 comme ces units dans un nombre1 sont coexi/antes ou simultanes4 ,mais la coexi/5ce n'e/ pas suffisante con/itu] de l't5due4 ,trois sons simultans1 trois d\leurs ress5ties la fois1 trois t]mes de la mme proposition ou trois propositions d'un mme syllogisme1 ne font pas un atome d'espace4 ,et c'e/ cette n\velle confusion de la simultanx avec l'espace qui clt dignem5t cette diss]tation3 ,t\te addition implique une multiplicit de p>ties p]ues simultanm5t#ed1 et p>tant de l'espace4 ,s\s cette n\velle =me se ca*e t\j\rs la mme erreur1 savoir que t\te quantit se ramne des dim5sions spatiales1 des rapports de cont5ant et de cont5u dans l'espace4 99 99 99 99 99 ,,iv4 ,la quatrime erreur1 avons-n\s dit1 consi/e id5tifi] l'espace avec l'homogne4 ,l'espace doit se df9ir l'homogne1 et inv]sem5t1 t\t milieu homogne et indf9i s]a espace4#ee ,d'o ,m4 ,b]gson conclura plus t>d1 comme n\s le v]rons3 le temps de la sci5ce et du simple bon s5s e/ homogne2 donc il n'e/ que de l'espace4 ,il n'e/ pas le vrai temps4 ,p\r p]c] j\r ce sophisme1 il suffira de rappel] encore une fois les df9itions classiques1 calques sur les faits les plus lm5taires de l'expri5ce univ]selle4 ,on peut ent5dre p> quantit homogne1 soit la quantit discrte ou le nombre1 soit la quantit cont9ue4 ,mais le nombre e/ dsormais hors de cause1 aprs ce que n\s v5ons de dire sur l'impossibilit de le confondre avec l'espace4 ,e/] donc p>l] de la quantit cont9ue1 c'e/--dire de celle dont les p>ties1 bi5 lo9 d'tre di/9ctes et actuelles1 comme les units dans un nombre1 sont au contraire indi/9ctes et en puissance avant la division qui les fait natre4 ,or1 il y a deux espces de quantit homogne et cont9ue1 comme l'expri5ce n\s le rvle4 ,l'une e/ simultane1 l'autre successive4 ,l'une possde la fois t\tes ses p>ties quoique l'tat confus et indivis2 l'autre les acqui]t peu peu dans un c\lem5t cont9u4 ,la premire s'id5tifie avec l'espace1 soit avec l'espace ple9 ou physique1 soit avec l'espace vide ou gomtrique qui e/ la mesure idale du prcd5t4 ,cont5ant et cont5u sont en effet deux po9ts de vue de la mme notion d'espace4 ,mais si n\s accordons volonti]s que l'espace s'id5tifie avec une telle quantit cont9ue et homogne1 n\s ne p\vons admettre qu'il s'id5tifie p>eillem5t avec cette autre quantit cont9ue et homogne dont la ralit1 bi5 lo9 d'tre simultane1 n'e/ que successive et graduelle4 ,et p\r ni] rsolum5t cette prt5due id5tit1 il n\s suffit d'en appel] aux faits les mieux exprim5ts1 tels que le temps1 le m\vem5t local et le disc\rs4 ,le temps se compose d'int]valles c\ls entre deux in/ants donns1 le m\vem5t de di/ances p>c\rues1 et le disc\rs de p>oles ou de phrases prononces4 ,or1 jamais on ne peut se tr\v] en prs5ce de deux p>ties simultanes d'une telle quantit successive4 ,t&is que deux p>ties du mme espace coexi/5t s\s nos yeux1 jamais deux m9utes du mme temps1 ni deux /ades du mme m\vem5t1 ni deux p>oles du mme disc\rs4 ,et cette possibilit ou impossibilit de coexi/5ce de plusieurs p>ties n'e/ pas un dtail accid5tel1 mais l'ess5ce mme de ces notions1 ce qui di/+ue la quantit simultane de la quantit flu5te1 l'espace du temps4 ,la quantit homogne et successive n'e/ donc pas de l'espace et s'en di/+ue ess5tiellem5t4 ,le ni]1 ce n'e/ pas adapt] les ?ories aux faits1 mais les =g] sans se s\ci] des faits4 ,ce n'e/ plus de la sci5ce1 c'e/ de la fantaisie ou du rve4 99 99 99 99 99 ,v4 ,la c9quime erreur consi/e confondre le temps avec le m\vem5t qui se produit avec le temps1 et p> consqu5t confondre la p>tie avec le t\t4 ,et comme le m\vem5t consci5t e/ le seul1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 o le temps se rvle1 c'e/ aussi avec le m\vem5t psy*ique ou vital qu'il le confondra bi5tt p> la ngation du temps cosmologique4 ,sans d\te1 rpondrons-n\s1 il n'y a pas de temps sans m\vem5t4 ,malgr cela1 le temps n'e/ pas id5tique au m\vem5t4 ,il en e/ seulem5t la condition et la mesure4 ,ari/ote et sa9t ,?omas#ef1 avec leurs comm5tateurs les plus autoriss1 ont donn de cette di/9ction des preuves nombreuses et premptoires faciles rsum] en quelques mots4 #a ,le m\vem5t e/ plus ou mo9s rapide dans le mme temps2 donc il en diffre4 #b ,le temps e/ la mesure du m\vem5t--puisqu'il mesure su dure1 et qu'il entre dans la mesure de sa quantit2 or1 la mesure et le mesur font deux4 #c ,p\r tre une mesure1 le temps doit tre uni=me et non pas plus ou mo9s rapide comme le m\vem5t4 #d ,on conoit des m\vem5ts in/antans--comme le passage de l'tre au non-tre1--t&is qu'un temps in/antan s]ait contradictoire et in9telligible4 #e ,on conoit aussi la rv]sibilit des m\vem5ts1 rev5ant leur po9t de d"p 7*aque fois1 du mo9s1 que des liaisons causales ne s'y oppos5t pas74 ,or1 la rv]sibilit du temps s]ait absurde1 c> le temps pass ne revi5t plus4 ,donc1 le temps et le m\vem5t ne sont pas id5tiques2 ils s'accompagn5t seulem5t1 comme le dit si bi5 sa9t ,?omas3 tempus sequitur motum#eg4 ,on p\rrait donc se reprs5t] la quantit de temps et la quantit de m\vem5t dans un temps donn comme deux faces insp>ables et1 p\r a9si dire1 deux dim5sions du mme m\vem5t1 non quival5tes et ess5tiellem5t di/9ctes4 ,cette conception d'un ralisme modr--aussi loign d'un ralisme absolu que d'un idalisme pur--n'e/ pas plus inconcevable que t\te autre notion de gr&eur1 p> exemple1 de la longueur1 objectivem5t di/9cte de la l>geur et de la pr(ondeur1 quoique insp>able1 et s]vant de mesure p>tielle au volume total4 ,a9si1 la quantit de temps1 quoique insp>able de la quantit de m\vem5t1 en e/ objectivem5t di/9cte et lui s]t de mesure p>tielle4 ,que si1 au contraire1 n\s avions confondu le temps avec le m\vem5t1 n\s devrions admettre qu'une mme quantit de temps correspond t\j\rs une mme quantit de m\vem5t1 ce que l'expri5ce la plus lm5taire dm5t4 ,n\s devrions admettre1 en outre1 des espces de temps aussi nombreuses que les espces de m\vem5t3 des temps rectilignes et circulaires1 des temps vibratoires1 rotatoires et ondulatoires2 des temps uni=mes1 acclrs ou ral5tis1 etc41 ce qui n'a pas de s5s4 ,en outre1 t\s ces temps tant sans commune mesure1 il s]ait impossible de mesur] l'un p> l'autre4 ,impossible1 p> exemple1 de mesur] le temps qu'a dur la c\rse d'un projectile p> le temps m>qu p> un *ronomtre1 ni celui-ci p> le temps sidral3 t\s ces temps p\vant tre d'espce ou de vitesse diffr5tes4 ,donc1 plus de mesure uni=me et commune4 ,et c'e/ bi5 la conclusion devant laquelle ne recule pas ,m4 ,b]gson1 qui se sc&alise de ce que1 dans l'hypo?se o les m\vem5ts de l',univ]s se produirai5t deux ou trois fois plus vite1 il n'y aurait ri5 modifi] ni nos =mules 7p\r mesur] le temps7 ni aux nombres que n\s y faisons entr]#eh4 ,bi5 lo9 que le temps soit rapide ou l5t comme le m\vem5t1 n\s voyons1 au contraire1 que le m\vem5t e/ d'autant plus rapide qu'il s'accomplit en mo9s de temps1 et d'autant plus l5t qu'il en exige davantage4 ,il sembl]ait cep5dant1 p>fois que le temps s'acclre ou se ral5tit avec2 la vitesse du m\vem5t4 ,a9si1 dans ces longues heures de sommeil o la vie se ral5tit1 le temps semble plus c\rt3 le rveil p>at presque cont9u] les d]ni]s mom5ts de la veille1 les in/ants int]mdiaires n'ayant pas t p]u p> la consci5ce4 ,d'autres fois1 au contraire1 lorsque le m\vem5t de la vie s'acclre avec une activit dvorante1 le temps se prcipite p>eillem5t et p>at beauc\p plus c\rt4 ,mais ce n'e/ l qu'une app>5ce due une impression subjective de la s5sibilit1 comme le pr\ve l'opposition mme de ces deux expri5ces4 ,c> si le temps tait id5tique au m\vem5t et l'int5sit de la vie1 il devrait tre dit long dans le deuxime cas et c\rt dans le premi]1 au lieu d'tre dit c\rt dans les deux cas4 ,du re/e1 p\r mesur] le m\vem5t p> le temps o il s'excute1 il faut que le temps soit une mesure uni=me et con/ante1 c> une mesure la/ique et v>iable ne mesur]ait ri5 exactem5t4 ,il doit tre uni=me comme le nombre qui n\s s]t le compt] et qui n'e/ jamais ni l5t ni rapide4 ,il a donc fallu di/+u] du temps concret que m>que plus ou mo9s exactem5t notre montre1 p> exemple1 un temps ab/rait et idal qui seul a le droit de rgl] le premi]4 ,le m\vem5t app>5t des cieux en s]ait comme la gr&iose horloge1 tant sa dure a sembl typique et rgulatrice1 la plus vois9e de l'idal4 ,de mme que p\r calcul] les directions des m\vem5ts dans l'espace1 il a fallu di/+u] des espaces rels et mobiles1 un espace ab/rait1 absolu et immobile1 rceptacle imm5se et sans f9 o t\s les corps se dploi5t1 a9si a-t-on imag9 un temps absolu1 p>faitem5t rguli] dans sa m>*e1 o t\tes les dures p>ticulires concid5t et pr5n5t date en se dr\lant4 ,mais ce sont l des tres de raison1 des artifices +nieux p\r fix] les ides dans les calculs1 qui ne supprim5t nullem5t la ralit des espaces concrets et des dures concrtes dont ils sont la mesure idale et le rceptacle imag9aire4 ,quoi qu'il en soit1 il e/ c]ta9 que le temps rel et concret mesure le m\vem5t4 ,or1 ce qui mesure et ce qui e/ mesur sont di/9cts2 on ne peut donc les confondre4 99 99 99 99 99 ,,vi4 ,la sixime erreur des ,b]gsoni5s1 l'erreur capitale--et p> elle n\s abordons le nud vital du sujet1--e/ de df9ir le ,temps p> qualit htrogne1 ou1 comme ils dis5t1 p> une htrognx pure1 trangre t\te espce de quantit4 ,en sorte que le ,temps s]ait conu d'abord comme une pure qualit1 absolum5t simple et impossible mesur] ou divis] en int]valles gaux ou 9gaux2 ensuite comme qualit htrogne1 c'e/--dire en *angem5t p]ptuel et ess5tiel1 supprimant t\te ressemblance1 plus =te raison t\te id5tit du mme tre deux in/ants de sa dure1 et p> suite supprimant la dure dans le ,temps4 ,c'e/ ici que le p>adoxe de ,m4 ,b]gson atte9t son maximum d'acuit et d'invraisemblance1 en mme temps que de subtilit2 aussi rclamons-n\s du lecteur t\te sa bi5veillante att5tion1 t\t son ef=t d'application4 ,p\r compr5dre comm5t ,m4 ,b]gson a t conduit une telle notion exc5trique1 si trangre aux donnes de l'expri5ce1 il faut connatre le po9t de d"p et l'ori5tation premire de sa p5se4 ,de trs bonne heure1 n\s dit un de ses biographes et admirateurs1 notre jeune philosophe1 qui tait surt\t =t en ma?matiques1 fut frapp de la diffr5ce pr(onde qui semble exi/] outre la notion ma?matique et la notion philosophique du temps4 ,voici comm5t il rsume sa p5se3 ,le c>actre s+uli] du temps dans les quations de la mcanique e/ de ne pas dur]4 ,le temps ab/rait t attribu p> la sci5ce un objet matriel ne consi/e en effet qu'en un nombre dt]m9 de simultanxs1 ou plus gnralem5t de correspondances1 nombre qui re/e le mme quelle que soit la nature des int]valles qui sp>5t les correspondances les unes des autres4 ,on p\rrait suppos]1 p> exemple1 que le flux du temps prit une rapidit inf9ie1 que t\t le pass1 le prs5t et l'av5ir des objets matriels fut tal d'un seul c\p 787 dans l'espace3 il n'y aurait ri5 *ang] aux =mules du savant1 le nombre t signifiant t\j\rs la mme *ose1 savoir un nombre dt]m9 de correspondances entre les tats des objets et les po9ts de la ligne t\te trace qui s]ait ma9t5ant le c\rs du temps4 ,et ,m4 ,b]gson de conclure3 ,la sci5ce n'opre sur le temps et le m\vem5t qu' la condition d'en lim9] d'abord l'lm5t ess5tiel et qualitatif1--du temps la dure1 et du m\vem5t la mobilit4#ei ,p\r lev] ce sc&ale un peu factice1 il suffit de reconnatre que la sci5ce et la philosophie traditionnelle1 t\t en acceptant la donne vulgaire du temps1 ne l'tudi5t pas au mme po9t de vue ni dans le mme b4 ,la sci5ce s'occupe de la mesure du temps2 la philosophie tudie surt\t le temps mesur4 ,or1 de mme que p\r l'espace le cont5ant et le cont5u sont deux po9ts de vue diffr5ts du mme espace1 a9si le temps-mesure et le temps mesur devront tre p>eillem5t des po9ts de vue diffr5ts4 ,la diffr5ce e/ mme ici beauc\p plus notable p\r le temps que p\r l'espace4 ,en voici la raison3 ,t&is que n\s p\vons mesur] directem5t l'espace concret1 tel que la longueur ,a ,b en lui sup]posant un talon de conv5tion tel que le mtre1 et calcul] d'aprs la comp>aison des deux espaces1 mesurant et mesur1 combi5 il y a de mtres ou de fractions de mtre entre ,a et ,b1 n\s ne p\vons plus procd] a9si qu& il s'agit du temps4 ,il n'y a pas d'talon t\t fait du temps que je puisse pli] ou r\l] comme un dcamtre1 ou manipul] comme lui p\r le sup]pos] la dure relle4 ,il n'y a pas non plus d'talon fluide et successif4 ,je ne puis pr5dre une rvolution app>5te du soleil et l'appliqu] sur celle de dema9 p\r les comp>]1 ni pr5dre une oscillation du balanci] et l'appliqu] sur d'autres oscillations1 comme on applique une ligne sur une autre p\r voir si elles sont gales4 ,ici1 t\te sup]position e/ impossible#fj4 ,p\r mesur] le temps1 cette gr&eur fluide qui *appe t\te mesure directe1 le savant devra donc employ] des moy5s dt\rns4 ,au lieu de le mesur] lui-mme1 il mesur]a sa place un sub/itut du temps1 c'e/--dire quelqu'un de ces phnomnes s5sibles qui s'accompliss5t dans l'espace et peuv5t tre considrs en fonction du ,temps4 ,s'il s'agit d'un temps dont la dure successive a laiss des traces dans l'espace1 comme p\r le m\vem5t d'un projectile1 n\s aurons prise sur cet espace et n\s p\rrons con/at] qu'un mobile anim d'un m\vem5t uni=me p>c\rt con/amm5t des espaces proportionnels aux temps c\ls1 c'e/--dire que l'espace p>c\ru e e/ t\j\rs gal au produit de la vitesse v p> le temps t4 ,d'o la =mule lm5taire3 e vt4 ,de laquelle on dduit algbriquem5t les deux autres =mules3 v e_/t2 et t e_/v4 ,cette d]nire indique clairem5t que le temps a p\r quival5t l'espace p>c\ru divis p> la vitesse mise le p>c\rir4 ,que si le temps mesur] ne laisse aucune trace saisissable dans l'espace1 comme celui o se dr\l5t nos phnomnes de consci5ce1 la difficult va s'accrotre sans dev5ir insoluble4 ,d'ord9aire--et c'e/ le procd le plus simple1--on pr5dra p\r le mesur] un *angem5t de lieu1 tel que le va-et-vi5t d'un p5dule1 et comme on vrifie exprim5talem5t que ses oscillations sont iso*rones1 ds que leur amplitude ne dpasse pas deux ou trois degrs1 il suffira de compt] le nombre de ces battem5ts1 que n\s nomm]ons des secondes1 si v\s v\lez1 et de con/at] la concid5ce du premi] et du d]ni] avec le comm5cem5t et la f9 du phnomne psy*ique en "q1 p\r en conclure qu'il a dur tant de secondes1 de m9utes ou d'heures4 ,n\s disons que c'e/ le procd le plus simple1 c> l'on p\rrait en imag9] de plus compliqus4 ,on p\rrait1 p> exemple1 supput] les dures en les rapportant des lvations ou des abaissem5ts rguli]s de temprature1 des c\lem5ts de sable ou d'eau--comme on le fait avec un sabli] ou avec une clepsydre 7horloge d'eau71--voire mme des processus psy*iques1 tels qu'un nombre dt]m9 de p>oles4 ,on dit a9si que tel phnomne a dur l'espace d'un ,pat] ou d'un ,ave4 ,mais ri5 n'gale en prcision le m\vem5t local d'un p5dule ou d'une *ronomtre2 c'e/ l'in/rum5t sci5tifique p> excell5ce de la mesure du temps4 ,on le rgle sur le m\vem5t app>5t du ciel1 dont la m>*e rgulire e/ p\r n\s la manife/ation la mo9s imp>faite1 et pratiquem5t suffisante du c\rs idal du temps4 ,que si le temps se mesure p> autre *ose que du temps1 il n'e/ donc plus surpr5ant que la notion de temps-mesure1 c'e/--dire de cet quival5t ou sub/itut du temps dont s'occupe le savant en mcanique ou en a/ronomie1 soit assez diffr5te de celle du temps mesur dont le philosophe prcise la nature ou que le psy*ologue exprim5te en sa consci5ce4 ,mais1 au lieu de se contr$ire1 les deux po9ts de vue se complt5t et le sc&ale e/ lev4 ,cette solution tait sans d\te trop simple et trop banale p\r plaire un esprit aussi compliqu et orig9al que celui de ,m4 ,b]gson4 ,voici la solution autrem5t subtile et n\velle qu'il va n\s propos]4 ,il faut di/+u]1 dit-il1 deux sortes de temps#fa4 ,le premi]1 qui rpond la notion vulgaire et sci5tifique1 e/ un temps quantitatif et homogne4 ,il e/ long ou c\rt et p>tant mesurable4 ,ses p>ties1 quoique intimem5t unies et cont9ues entre elles1 se di/+u5t les unes des autres3 il y en a de passes1 de prs5tes et de futures4 ,p\r se di/+u] a9si1 en se dr\lant successivem5t1 elles se mett5t en dehors les unes des autres et s'exclu5t rciproquem5t4 ,mais ce temps vulgaire1 dcl>e ,m4 ,b]gson1 n'e/ qu'un dcalque de l'espace1 un temps bt>d qui recle t\t un monde de difficults4 ,il faut le trait] comme illusoire4 ,l'autre temps1 le seul rel1 aux yeux de ,m4 ,b]gson1 e/ un temps trang] la quantit1 la division et la mesure1 un temps purem5t qualitatif1 et comme cette qualit consi/e *ang] sans cesse1 puisque l'in/ant prs5t1 tant plus vieux que le prcd5t1 n'e/ jamais le mme1 elle e/ l'htrognx pure4 ,en prs5ce de cette n\velle ?se1 n\s allons n\s pos] deux que/ions3 #a ,quelles sont les preuves allgues p\r n\s faire rejet] comme illusoire la notion vulgaire et sci5tifique du ,temps8 #b ,quelle e/ la valeur de la n\velle notion2 e/-elle mme simplem5t intelligible8 ,a la premire "q1 n\s rpondrons3 ,m4 ,b]gson affirme sans preuve que le temps vulgaire e/ illusoire1 c> on ne peut considr] comme des preuves ni l'hypo?se que l'anci5ne notion e/ celle d'un temps bt>d1 ni l'affirmation qu'elle recle t\t un monde de difficults4 ,cep5dant1 exam9ons de plus prs ces deux semblants de preuves4 ,d'abord1 que veut dire ,m4 ,b]gson#fb en affirmant que la notion vulgaire e/ celle d'un temps bt>d8 ,le voici1 en n\s s]vant de l'exemple1 qu'il a lui-mme *oisi4 ,comm5t comptons-n\s les c\ps successifs d'une clo*e lo9ta9e8 ,p\r les compt]1 il n\s faut les align] dans un milieu homogne o ils vi5n5t successivem5t occup] un rang3 un1 deux1 trois1 quatre4444 ,re/e savoir si ce milieu e/ du temps ou de l'espace4#fc ,or1 p\r ,m4 ,b]gson1 c'e/ sans d\te de l'espace#fd4 ,en effet1 le second ne saurait s'aj\t] au premi]1 ni le troisime au second que s'ils se cons]v5t1 et1 s'ils se cons]v5t1 ils devi5n5t aussitt simultans1 c'e/--dire qu'ils devi5n5t de l'espace4 ,c'e/ donc bi5 dans l'espace que s'effectue l'opration 444 ces mom5ts susceptibles de s'additionn] entre eux sont des po9ts de l'espace4 ,d'o rsulte qu'il y a deux espces de multiplicit3 celle des objets matriels qui =m5t un nombre immdiatem5t1 et celle des faits de consci5ce qui ne saurai5t pr5dre l'aspect d'un nombre1 sans l'int]mdiaire de quelque reprs5tation symbolique o int]vi5t ncessairem5t l'espace4#fe ,c'e/ cette union adultr9e du temps avec l'espace qui donne un produit bt>d4 ,le temps qualit pure s'altre a9si et contracte au contact de l'espace l'app>5ce trompeuse d'une quantit ou d'un nombre4 ,il devi5t alors ce que l'op9ion vulgaire et sci5tifique veut qu'il soit4 ,le sophisme ici s]a vite p]c j\r4 ,il consi/e dire3 ,un mom5t du temps ne saurait se cons]v] p\r s'aj\t] d'autres sans dev5ir simultan2 donc il devi5t de l'espace4#ff ,sans d\te1 rpliqu]ons-n\s1 le mom5t1 pass e/ bi5 pass et ne se cons]ve plus physiquem5t4 ,s'il se cons]vait a9si1 il p]drait son c>actre ess5tiel de successif p\r dev5ir simultan3 ce qui e/ contradictoire4 ,mais p\rquoi ne se cons]v]ait-il pas m5talem5t8 ,p\rquoi son s\v5ir avec son c>actre d'c\lem5t successif ne re/]ait-il pas grav dans la mmoire8 ,et s'il en e/ a9si1 comme la consci5ce l'atte/e1 cela suffit p\r que l'esprit unisse dans une syn?se m5tale ces div]s mom5ts du pass1 en cons]vant l'ordre *ronologique de leur c\lem5t4 ,l'esprit complte a9si ce que la ralit flu5te n'avait fait qu'indiqu]2 il en fait la syn?se4 ,voil p\rquoi les scola/iques ont df9i le temps un tre de raison1 fond sur la ralit1 et qui p> suite n'e/ pas purem5t idal et irrel4 ,il e/ seulem5t en p>tie rel et en p>tie idal4 ,rel1 puisque *acune de ses p>ties successives a l'exi/5ce et un ordre rel de succession4 ,idal1 puisque cet ordre n'e/ compris =mellem5t comme syn?se que p> l'esprit1 comme le nombre qu'il conti5t n'e/ nombre que p> l'esprit#fg4 ,voil p\rquoi sa9t ,?omas a rpt en l'appr\vant la clbre p>ole d',ari/ote3 ,sans l'intellig5ce1 il n'y aurait pas de temps4 ,p>ole dont on compr5dra ma9t5ant le s5s vritable4 ,elle n'e/ nullem5t idali/e la manire kanti5ne1 encore mo9s rali/e outre la manire du temps newtoni5 contre lequel ,m4 ,b]gson a beau jeu#fh2 mais elle ti5t le milieu entre ces deux exagrations en s5s inv]se4 ,c'e/ une notion idale1 bi5 fonde ou calque sur la ralit1 comme p\r les autres notions univ]selles4 ,cette explication si claire et si lum9euse1 ce n\s semble1 va n\s donn] la solution de la seconde difficult allgue p> ,m4 ,b]gson contre la notion vulgaire et sci5tifique du temps4 ,elle recle1 n\s dit-il1 t\t un monde de difficults4 ,en effet1 si v\s le considrez comme une quantit1 t\tes ses p>ties runies se sp>5t la premire analyse et tomb5t en p\ssire4 ,le pass n'e/ plus1 l'av5ir n'e/ pas1 et le prs5t lui-mme e/ un zro de dure1 un ri5 insaisissable4 ,c'en e/ donc fait de t\te vie et de t\te ralit6--,cela pr\ve1 rpliqu]ons-n\s1 que l'union de t\tes ces p>ties dans un mme nombre n'tait qu'idale2 mais l'exi/5ce successive et cont9ue de *acune n'en e/ pas mo9s relle1 et cela suffit la ralit du m\vem5t et de la vie4 ,on t\*e ici du doigt le procd sophi/ique de t\s ceux qui trait5t d'illusoires les faits les plus vid5ts p>ce qu'ils sont my/rieux et plus ou mo9s difficiles compr5dre4 ,znon nie le m\vem5t p>ce qu'il ne le compr5d pas4 ,d'autres aprs lui ont ni l'espace et l't5due p>ce qu'ils ne les compr5ai5t pas davantage2 ,m4 ,b]gson nie le temps vulgaire p\r la mme raison4 ,et il n'e/ pas un fait quelque peu important de la consci5ce ou de la nature qui rsi/]ait une telle preuve1 si elle tait lgitime1 mais elle ne l'e/ po9t4 ,dj ,ari/ote faisait rem>qu] ces philosophes que leur ngation de faits vid5ts mais incompris ou difficiles compr5dre tait le r5v]sem5t de t\te m?ode sci5tifique1 en aj\tant l'exemple clbre3 on con/ate d'abord qu'il y a une clipse1 et ensuite l'on *]*e compr5dre ce qu'e/ l'clipse--si on le peut4 ,que si on ne peut pas la compr5dre1 cela ne donne aucun droit de ni] l'clipse4 ,d'ailleurs1 tudions notre t\r la n\velle notion du temps1 et exam9ons si elle s]ait plus intelligible que l'anci5ne4 99 99 99 99 99 ,d'aprs ,m4 ,b]gson1 le ,temps vritable s]ait entirem5t trang] la quantit4 ,on n'y p\rrait compt] aucun nombre de p>ties gales entre elles1 puisque aucune dure n'e/ semblable une autre dure4 ,cep5dant1 t\tes ces p>ties1 si diffr5tes p> leurs qualits int]nes1 ou si htrognes1 s'embot5t et se fond5t les unes dans les autres1 comme les notes d'une phrase musicale dans une mlodie4 ,il n'y a pas de temps longs ou c\rts1 il n'y a que des actes de dveloppem5t1 des progrs1 qui fusionn5t dans un acte un et indivisible4 ,dans cette description n\velle du ,temps1 il y a des dtails accessoires et une p>tie ess5tielle4 ,des dtails n\s ne dirons ri51 p\r ne pas tre trop long1 l'exception t\tefois d'un seul qui n\s semble vraim5t dpass] la mesure p]mise4 ,p\r s\t5ir contre t\te vid5ce1 non pas l'unit cont9ue du temps qui e/ hors de conte/e1 mais son indivisibilit idale en m9utes1 en secondes1 ou autres p>ties gales1 on suppose que nos tats de consci5ce1 en s'c\lant1 peuv5t s'embot] les uns dans les autres1 peu prs comme les p>ties articules d'une longue-vue#fi4 ,que cette comp>aison1 plus ou mo9s heureuse1 puisse s'appliqu] aux oprations simultanes de nos div]ses facults1 n\s l'accordons volonti]s4 ,il e/ d'expri5ce que plusieurs de nos facults agiss5t t\j\rs ensemble et de conc]t1 et que1 p> exemple1 un acte d'am\r de ,dieu et du pro*a9 compr5d la fois de la connaissance et de la volont1 des ides et des images1 des s5tim5ts et des s5sations1 jusqu' des tats physiologiques les plus v>is4 ,mais de ce que nos phnomnes de consci5ce simultans fusionn5t et s'embot5t1 comm5t conclure que les phnomnes successifs1 prs5ts1 passs1 futurs1 s'embot5t p>eillem5t8 ,ici1 la comp>aison n'a plus de s5s4 ,dire que le pass s'e/ embot dans le prs5t et le prs5t dans le futur1 c'e/ dire qu'ils sont simultans et non pas successifs2 c'e/ ni] leur di/9ction radicale1 leur exclusion manife/e2 c'e/ *ang] la succession temporelle en coexi/5ce spatiale1--sans arriv] p\r cela supprim] le nombre et la quantit1 c> des p>ties ne peuv5t s'embot] que si elles sont di/9ctes et multiples4 ,non1 n\s ne compr5drons jamais comm5t le pass peut coexi/] avec le prs5t et le futur1 embots ensemble1 et les +nieuses comp>aisons de ,m4 ,b]gson1 lo9 de n\s le faire compr5dre1 montr5t expressm5t le contraire1 comme le lecteur va en jug]4 ,qu& les oscillations rgulires du balanci]1 crit l'auteur1 n\s invit5t au sommeil1 e/-ce le d]ni] son ent5du1 le d]ni] m\vem5t p]u qui produit cet effet8 ,non1 sans d\te4444 ,il faut donc admettre que les sons se composai5t entre eux et agissai5t 444 p> l'organisation ry?mique de leur ensemble4444 ,*aque surcrot d'excitation s'organise avec les excitations prcd5tes1 et l'ensemble n\s fait l'effet d'une phrase musicale qui s]ait t\j\rs sur le po9t de f9ir et sans cesse se modifi]ait dans sa tonalit p> l'addition de quelque note n\velle4444#gj ,dans cette brillante image1 n\s avons beau *]*] l'embotem5t du pass avec le prs5t et le futur1 n\s ne le dc\vrons po9t4 ,n\s voyons seulem5t la fusion des s\v5irs et des s5sations qui p]si/5t1 aprs la disp>ition de leurs causes1 et qui1 p> consqu5t1 demeur5t t\j\rs prs5ts et simultans4 ,ce qui e/ bi5 diffr5t4 ,en vrit1 une si grossire quivoque n'e/ plus srieuse1 et n\s aurions pu n\s cont5t] de rpondre plaisamm5t avec ,m4 ,f\ille3 ,ce s]a l'orig9alit des b]gsoni5s d'avoir inv5t un n\veau sophisme du *auve3 ,les *eveux de l'homme *auve exi/5t encore1 puisqu'il en a le s\v5ir et que cette ide opre p\r l'incit] faire sur son crne des lotions rgnratrices4 ,donc le *auve n'e/ plus *auve4#ga ,aj\t] avec ,m4 ,b]gson que cette fusion du pass et du prs5t s'opre en v]tu d'une syn?se m5tale n'attnue ri51 c> la syn?se fusionne des s\v5irs prs5ts avec des s5sations prs5tes et nullem5t le prs5t au pass qui n'e/ plus4 ,bi5 plus1 elle aggrave l'erreur3 les m9raux1 les plantes et mme les animaux1 tant privs de t\te syn?se m5tale1 il faudrait en conclure que le monde extrieur ne dure pas1 et ,m4 ,b]gson e/ bi5 de =ce ne pas recul] devant cette n\velle gageure au bon s5s4 ,l'int]valle de dure1 crit-il1 n'exi/e que p\r n\s cause de la pntration mutuelle de nos tats de consci5ce4#gb ,t\tes les sci5ces1 au contraire1 apport5t des preuves dcisives de la ralit du temps cosmologique4 ,en mcanique1 on fait entr] le temps 7ou son sub/itut7 dans t\s les calculs1 comme un lm5t d'importance capitale2 et ces calculs sont confirms p> l'expri5ce4 ,les sci5ces naturelles tudi5t avec succs l'ge des toiles1 l'ge des t]ra9s et des priodes gologiques1 l'ge des plantes et des animaux ou de leurs embryons1 c> t\t volue ici-bas avec son ge4 ,le temps e/ donc bi5 un des plus importants facteurs#gc de la nature2 il l'tait avant l'app>ition de l'homme1 et il le demeur]ait alors mme que l'esprit huma9 n'exi/]ait plus p\r le concevoir dans ses syn?ses m5tales ou p\r le mesur] dans ses calculs4 ,inutile d'insi/] davantage sur une vrit si manife/e4 ,htons-n\s de pass] la p>tie ess5tielle de la n\velle notion du ,temps1 celle qui a la prt5tion3 #a d'en exclure t\te quantit1 et #b d'en faire une qualit pure1 t\j\rs *angeante et htrogne1--c> ce sont bi5 l les deux =mes1 l'une ngative1 l'autre positive1 de cette curieuse et tonnante notion4 ,exam9ons-les l'une aprs l'autre4 99 99 99 99 99 ,d'abord1 la prt5tion d'exclure du temps t\te quantit1 d'en faire une unit simple et indivisible1 impossible mesur]1 e/-elle vraim5t con=me aux donnes de l'obs]vation8 ,ne heurte-t-elle pas de front1 au contraire1 t\tes les expri5ces vulgaires et sci5tifiques qui divis5t le temps en ses lm5ts prs5ts1 passs et futurs1 et qui russiss5t en mesur] les plus petits int]valles avec une si gr&e prcision8 ,la rponse ces simples que/ions e/ tellem5t vid5te qu'on att5d avec curiosit p> quel artifice +nieux ,m4 ,b]gson va essay] d'y *app]4 ,le voici3 ,le temps1 a9si que le m\vem5t1 dit-il1 sont une syn?se m5tale2 ce sont des actes psy*iques4 ,or1 un acte psy*ique e/ simple et indivisible1 donc il n'a ri5 de quantitatif et ne se mesure pas3 ,on peut bi5 divis] une *ose1 mais non pas un acte4--,n\s n'avons po9t affaire ici une *ose1 mais un progrs3 le m\vem5t1 en tant que passage d'un po9t un autre1 e/ une syn?se m5tale1 un processus psy*ique et p> suite 9t5du4#gd--;,de cette s+ulire ?orie n\s devrions logiquem5t conclure que t\s les m\vem5ts1 t\tes les dures1 mme celles des tres matriels1 comme les fleuves et les plantes1 sont vraim5t psy*iques ou spirituels4 ,et cette conclusion--malgr sa haute invraisemblance--n'e/ pas si trangre qu'on p\rrait le croire la p5se de ,m4 ,b]gson1 puisqu'il s\ti5dra bi5tt que le physique n'e/ que du psy*ique inv]ti4 ,aj\rnons plus t>d cette discussion4 ,accordons p\r le mom5t--dato non concesso--que t\te dure e/ psy*ique ou spirituelle4 ,mais la dure d'une opration psy*ique ne se mesure-t-elle donc plus8 ,l'acte de contemplation le plus simple1 en se dr\lant dans l'avant et l'aprs de ma consci5ce1 le raisonnem5t le plus subtil1 en s'levant progressivem5t du plus connu au mo9s connu1 ne dur5t-ils pas un temps mesurable1 un temps cont9u et indivis1 sans d\te1 mais p\rtant divisible p\r ma p5se en avant et aprs1 en int]valles longs et c\rts8 ,c'e/ ce po9t que1 p\r en pr5dre consci5ce1 il me faut un m9ima ou une c]ta9e quantit de dure1 sans laquelle1 de l'aveu de t\s les psy*ologues1 un phnomne psy*ique ne laiss]ait aucune trace s5sible1 tomb]ait dans l'inconsci5t4 ,la dure du temps peut donc se mesur]1 mme p\r les oprations de l'esprit2 elle n'e/ donc pas trangre la quantit4 ,c'e/ la sub/ance de l'esprit qui ne se mesure pas2 c'e/ aussi le passage de la puissance l'acte de ses facults qui e/ in/antane2 mais l'opration elle-mme e/ t\j\rs mesure dans le temps p> sa dure1 p>fois mme elle e/ mesurable p> ses effets dans l'espace lorsqu'elle in=me une matire1 comme c'e/ le cas de l'me huma9e et de t\s les organes anims4 ,pr5ons l'exemple sur lequel insi/e le plus ,m4 ,b]gson1 soit un ge/e de la ma9 qui va d'un seul trait de gau*e droite1 du po9t ,a au po9t ,b4 ,n'e/-ce pas1 n\s dit-il1 une action simple et indivisible8 ,nullem5t1 rpondons-n\s4 ,cette action1 malgr son unit1 n'e/ pas simple1 c> elle a des p>ties virtuelles1 soit dans l'espace1 soit dans le temps4 ,dans l'espace1 elle e/ un ge/e deux fois1 trois fois1 dix fois 444 plus long ou plus c\rt que tel autre ge/e donn4 ,cette1 action unique quivaut deux1 trois1 dix actions plus petites1 elle e/ donc quantitative et mesurable4 ,dans le temps1 si elle a dur une m9ute1 sa dure1 quoique unique1 quivaut soixante secondes de dure4 ,il e/ donc faux de dire qu'on ne peut mesur] que les *oses et jamais les actes et que la dure vraie ne se mesure po9t4 ,d'ailleurs1 si la dure ne se mesurait pas1 qu'e/-ce donc que les oscillations du p5dule mesur5t#ge8 ,a cette objection si naturelle que ,m4 ,b]gson ne p\vait manqu] de prvoir1 il rpond p> trois pages de di/9ctions subtiles et embr\illes que n\s recomm&ons au lecteur comme un modle du g5re4 ,au fond de ces subtilits impalpables1 on f9it p> dc\vrir qu'aux yeux de ,m4 ,b]gson les oscillations du p5dule ne mesur5t que des concid5ces dans l'espace et non dans le temps4 ,mais cette int]prtation ne rsi/e pas la plus simple expri5ce4 ,si je mesure la dure d'un disc\rs1 p> exemple1 en comptant les c\ps d'un p5dule battant la seconde1 ce ne sont pas les c\ps1 proprem5t p>l]1 que je compte1 mais les int]valles entre ces c\ps2 ce ne sont pas les positions du balanci] droite ou gau*e que j'obs]ve1 mais les secondes qu'il mesure p\r all] de droite gau*e ou de gau*e droite4 ,*aque battem5t e/ donc p\r moi un signe temporel et nullem5t un signe spatial4 ,que si je suis oblig p\rtant de rec\rir un m\vem5t dans l'espace p\r mesur] le temps1 cela pr\ve assurm5t que le temps ne se mesure pas directem5t1 comme n\s l'avons dj expliqu1 mais indirectem5t1 p> ses concid5ces avec un m\vem5t spatial tel que les oscillations du p5dule4 ,mais de ce qu'il ne peut se mesur] directem5t1 comm5t conclure qu'il ne se mesure pas du t\t1 qu'il n'e/ ni long ni c\rt et hors de la quantit8 ,ce sont l des quivoques tellem5t vid5tes qu'il n\s semble inutile d'insi/] davantage4 ,en second lieu1 la notion d'un temps purem5t qualitatif e/-elle intelligible8 ,n\s ne le croyons pas4 ,en effet1 il n'y a pas de temps sans succession cont9ue ni de succession cont9ue sans pluralit virtuelle des p>ties qui se succd5t4 ,que s'il y a pluralit des p>ties1 il y a aussi divisibilit1 au mo9s idale1 et p>tant nombre1 mesure1 quantit4 ,sans quantit cont9ue1 plus de succession possible1 plus de m\vem5t1 plus de temps3 c'e/ l't]nit intemporelle de la dure4 ,il donc faux que la succession soit un rapport purem5t qualitatif4 ,p> leur succession mme1 les p>ties qui se succd5t se1 mett5t en dehors les unes des autres1 t\t en re/ant unies et cont9ues4 ,ma j\rne d'auj\rd'hui n'e/ pas celle d'hi]2 le soir n'e/ pas le mat92 *acune de mes p5ses ou de mes actions laisse en ma consci5ce un s\v5ir diffr5t1 comme *acune de mes p>oles laisse sur la cire du graphophone une trace di/9cte4 ,il y a donc exclusion absolue entre ces t]mes qui p\rtant s'en*an5t et se suiv5t3 pass1 prs5t1 futur2 l'un n'e/ pas l'autre4 ,on peut donc les compt]1 dire le nombre de secondes1 de m9utes1 d'heures qu'ils ont dur ou qu'ils dur]ont1 et quoique *acun puisse avoir sa nuance et sa qualit propre1 ils auront t\j\rs ceci de commun d'avoir dur p5dant des secondes1 des m9utes ou des heures de dure id5tique4 ,leur nombre s]a a9si con/itu p> une multitude de p>ties gales4 ,or1 le nombre1 c'e/ la quantit1 et comme les units de ce nombre1 quoique di/9ctes1 ne sont sp>es les unes des autres que p> un jeu de l'esprit1 une pure ab/raction1 cette quantit s]a rellem5t cont9ue4 ,n\s avons donc retr\v la quantit vritable s\s le flot m\vant des qualits v>ies que les p>ties de la dure peuv5t revtir4 ,impossible de remplac] cet lm5t quantitatif p> n'importe quel rapport qualitatif1 jamais avec de la qualit pure on n'a pu faire du temps4 ,leibnitz y a *\ et ,m4 ,b]gson n'y russira pas davantage4 ,en effet1 quel p\rrait tre ce rapport purem5t qualitatif8 ,s]ait-ce une exclusion d'une qualit p> une autre8 ,nullem5t4 ,pr5ez deux qualits qui s'exclu5t1 comme le blanc et le noir2 cette incompatibilit d'ess5ces n'e/ pas encore une succession temporelle2 elles sont exclusives1 mais non p\r cela successives4 ,s]ait-ce une hir>*ie de p]fections1 soit asc5dante1 soit desc5dante8--,mais la hir>*ie des nombres ou des espces n'e/ pas encore une succession dans le temps4 ,encore mo9s la hir>*ie des anges ou des purs esprits4 ,s]ait-ce une int5sit dans les qualits8--,mais une int5sit plus ou mo9s gr&e de la c\leur r\ge1 p> exemple1 ne fait pas sa dure2 une int5sit plus ou mo9s gr&e d'un m\vem5t ou de sa vitesse ne *ange pas sa dure et n'influe en ri5 sur le laps de temps o on l'obs]ve4 ,s]ait-ce une dp5dance causale qui reli]ait ces qualits l'une l'autre1 la seconde tant suppose produite p> la premire8--,alors on introduit subrepticem5t le temps avec la causalit1 c> la liaison causale suppose la succession temporelle1 bi5 lo9 de la con/itu]4 ,on suppose donn ce qu'il faut expliqu]4 ,mais1 dira-t-on encore1 si l'on supposait ces qualits un ordre irrv]sible1 n'aurait-on pas le contraire de l'espace qui e/ t\j\rs rv]sible1 et p> consqu5t le temps qui ne l'e/ jamais8--,je rponds qu'un ordre n'e/ irrv]sible que p> la dp5dance causale4 ,si le fils n'tait pas produit p> son pre1 il n'y aurait aucune raison p\r que le fils ne pt tre antrieur son pre4 ,cette explication retombe donc dans la prcd5te et se tr\ve enta*e du mme vice4 ,que s'il tait possible de pr5dre la causalit dans un s5s trs l>ge1 purem5t qualitatif1 sans succession temporelle--et en ce s5s les pr9cipes premi]s avec leurs consqu5ces logiques sont galem5t t]nels1--n\s n\s tr\v]ions alors en face d'un t]nel prs5t1 immobile et t\j\rs id5tique lui-mme4 ,c'e/ l't]nit1 l'oppos du temps4 ,que si notre adv]saire avait la tmrit de les id5tifi] et de les confondre1 p\r vit] t\t prix de mettre du nombre et de la quantit cont9ue dans le temps1 n\s lui dem&]ions alors de r5onc] ces expressions de m\vem5t vital1 d'lan vital1 de c\rant de vie1 de flot montant de vie1 de progrs et de recul1 dont il se s]t t\t propos et qui exprim5t la succession au lieu de n\s montr] un t]nel prs5t4 ,cette contradiction n'e/ pas la seule o ,m4 ,b]gson se soit laiss accul] p> les consqu5ces 9luctables de sa fausse notion4 ,en voici une autre non mo9s in/ructive4 ,ne p\vant pas pr\v] que notre notion vulgaire et sci5tifique e/ illusoire1 il *]*e du mo9s expliqu] comm5t elle aurait pu se produire1 comm5t elle aurait pu supplant] la notion de dure purem5t qualitative et htrogne1 naturellem5t suggre p> les donnes immdiates de la consci5ce4 ,or1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 l'illusion se s]ait produite ins5siblem5t1 trav]s les temps prhi/oriques1 grce la dure homogne de c]ta9es lois psy*ologiques1 ayant p\r b l'utilit pratique1 soit biologique1 soit sociale1 de l'tre vivant4--,sans *]*] compr5dre comm5t une illusion m5songre p\rrait tre utile la direction de l'action pratique qui ne se meut jamais dans l'irrel1 con/atons seulem5t que1 p> cette hypo?se1 la dure homogne e/ a9si rtablie subrepticem5t dans la ralit1 aprs avoir t nie4 ,aprs avoir suppos la dure htrogne comme la seule donne relle de la consci5ce1 voici qu'on ramne sa rivale expulse et que l'on s'appuie de n\veau sur la dure homogne4 ,la n\velle notion ne suffit donc plus1 puisqu'elle appelle l'anci5ne son sec\rs4 ,bi5 plus1 dans le d]ni] *apitre de ,matire et ,mmoire1 voici que ,m4 ,b]gson1 la suite de t\s les psy*ologues1 fait int]v5ir la notion de m9ima p\r qu'un temps soit p]ceptible la consci5ce1 et rtablit a9si1 bon gr mal gr1 la =me quantitative dans la dure4 ,je veux bi5 que ce m9ima soit trs c\rt3 deux millimes de seconde1 d'aprs ,exn]2--il n'en conti5t pas mo9s des c5ta9es de trillions de vibrations lum9euses2 c'e/ donc une quantit que l'on peut mesur]4 ,la quantit expulse revi5t donc triomphalem5t dans la notion du ,temps3 c'e/ la revan*e du bon s5s et de la vrit4 99 99 99 99 99 ,t]m9ons p> une d]nire critique1 qui1 au fond1 syn?tis]a t\tes les autres1 c> elle vise la fameuse notion d'htrognx pure dont ,m4 ,b]gson1 n\s l'avons dit1 a fait comme la syn?se de sa notion du ,temps4 ,qu'e/-ce que l'htrognx8 ,ce ne peut tre qu'une abs5ce d'homognx ou de ressemblance1 et l'htrognx pure1 une abs5ce totale4 ,en sorte que *aque in/ant n\veau s]ait totalem5t dissemblable de l'in/ant prcd5t1 sans aucune ressemblance mme p>tielle4 ,une telle conception n\s p>at sans d\te un rve aussi impossible que celui de la mobilit pure1 que n\s discut]ons plus t>d4 ,accordons1 p\r le mom5t1 sa possibilit2 en voici les consqu5ces4 ,en supprimant a9si t\te ressemblance-- plus =te raison t\te id5tit--entre les div]s in/ants de notre vie1 on ab\tit lim9] du ,temps la dure elle-mme4 ,et c'e/ bi5 l le d]ni] mot de notre critique de la notion b]gsoni5ne3 elle imag9e un temps sans dure4 ,qu'e/-ce1 en effet1 que dur]1 s9on cont9u] d'tre le mme8#gf ,or1 dans le temps b]gsoni51 ri5 ne cont9ue d'tre le mme4 ,ce n'e/ pas le fond sub/antiel qui cont9ue d'tre le mme s\s des modes div]s1 puisque ce n\veau sy/me nie =mellem5t la sub/ance de l'tre--comme n\s le v]rons plus t>d en tudiant sa notion de l'tre#gg4 ,ce n'e/ pas davantage le mode de l'tre ou le phnomne qui cont9ue d'tre le mme trav]s le temps1 puisque t\t y e/ suppos htrognx pure et p]ptuel *angem5t4 ,ce n'e/ pas enf9 la mesure elle-mme de la dure qui ne *ange pas1 puisque1 tant p]ptuellem5t v>iable1 la dure n'a plus de mesure fixe et uni=me4 ,donc ri5 ne cont9ue d'tre le mme1 et p>tant ri5 ne dure2 la dure e/ lim9e du ,temps4 ,en sorte que l'objection t]rible que ,m4 ,b]gson br&issait plus haut contre la sci5ce mod]ne--et d'ailleurs la sci5ce de t\s les sicles1--en l'accusant faussem5t d'avoir vid le temps de sa dure1--semblable au boom]ang rotatif des *asseurs au/rali5s1 mani d'une ma9 imprud5te1--se ret\rne s\da9 contre celui qui l'a lance et le frappe en ple9e poitr9e4 ,la notion b]gsoni5ne du ,temps ne ti5t plus deb\t1 et c'e/ la contradiction int]ne qu'elle portait dans ses flancs qui l'a tue4 ,lorsqu'un exprim5tateur ab\tit p> has>d une conclusion absurde1 il recomm5ce ses calculs ou ses expri5ces1 tant bi5 conva9cu qu'il y a eu maldonne quelque "p4 ,mais un philosophe comme ,m4 ,b]gson1 p>tisan de la logique de la contradiction1 ne recomm5ce jamais et p\rsuit sa m>*e intrpide trav]s t\s les ddales sans f9 de l'impossible4 ,p\r cela1 il lui suffira de *avir] et de mettre l'env]s la notion de dure qui le gne4 ,dur] consi/]a p\r lui *ang] sans cesse et totalem5t1 c'e/--dire ne plus dur]4 ,plus t>d1 en critiquant sa notion de la ,vie et du ,dev5ir1 n\s v]rons ce p>adoxe faussem5t appuy sur l'exemple de l'tre vivant1 c> celui-ci n'volue que p\r se cons]v]1 en sorte que ses *angem5ts de surface1 lo9 d'tre un b1 ne sont que le moy5 de dur] en se cons]vant au fond t\j\rs le mme4 ,n\s v]rons alors quelle philosophie n\velle1 au reb\rs de l'anci5ne1 natra de ce g]me empoisonn jet dans le sillon4 ,elle se vant]a d'tre une philosophie de la dure1 alors qu'elle e/ la philosophie du non-tre et du nant1 suivant la svre mais ju/e critique qu',ari/ote et ,platon adressai5t dj aux sophi/es de leur temps#gh4 ,p\r le mom5t1 n\s ret5ons la notion vulgaire et sci5tifique du ,temps comme la seule con=me l'expri5ce et la seule intelligible--au mo9s p\r le commun des mortels4 ,m4 ,b]gson en fait l'aveu en reconnaissant la difficult incroyable#gi que t\s pr\v5t compr5dre sa n\velle notion4 ,cet aveu suffit n\s rassur] et n\s aff]mir dans la conviction o n\s sommes qu'elle ne saurait prvaloir4 99 99 99 99 99 ,,ii ,,la ,,lib]t ,,huma9e4 ,arm de cette df9ition n\velle du ,temps ou de la dure1 comme d'une cl magique1 ,m4 ,b]gson va s'essay] ouvrir cette s]rure embr\ille de la ,mtaphysique1 qu'on appelle le problme de la ,lib]t huma9e4 ,aprs avoir supprim de la dure psy*ologique o se meut notre ,lib]t t\te di/9ction de p>ties1 t\t nombre et t\te quantit mesurable se dr\lant successivem5t dans le ,temps1 voici comm5t il procde3 ,il appelle sa b>re p>tisans et adv]saires de la ,lib]t1 et leur dem&e d'expliqu] le motif de leur qu]elle4 ,ceux-ci s\ti5n5t que dans le conflit des motifs qui n\s font hsit] dans nos *oix1 et f9alem5t pr5dre un p>ti1 c'e/ t\j\rs le motif le plus =t qui l'emporte1 et1 p>tant1 pas de ,lib]t possible6 ,ceux-l1 au contraire1 dis5t que1 dans ce conflit1 le motif qui re/e le plus =t n'e/ dev5u tel que p> notre libre *oix3 donc1 la ,lib]t demeure4 ,la cause e/ ent5due1 et ,m4 ,b]gson de rpondre3 ,v\s avez tort les uns et les autres1 p>ce que v\s posez mal le problme1 en le posant dans le nombre et dans l'espace4 ,cette div]sit de motifs e/ un nombre4 ,ce dr\lem5t successif du conflit1 ce n'e/ pas du temps1 c'e/ de l'espace4 ,et puisqu'il n'y a plus dans la simplicit de la dure psy*ologique1 ni multiplicit de motifs1 ni aucune di/9ction possible d'lm5ts div]s1 votre conflit de motifs e/ purem5t illusoire4 ,p>eillem5t illusoire votre conclusion p\r ou contre la ,lib]t4 ,et dans les considrants de l'arrt n\s retr\vons t\j\rs le fameux pr9cipe3 ,on analyse et l'on dcompose une *ose1 mais pas un progrs2 on dcompose l't5due et non la dure#hj4 ,a9si nos plaideurs sont r5voys dos dos#ha4 ,cette solution gniale me rappelle la fable des ,plaideurs et de l',hutre1 laquelle la m?ode de ,m4 ,b]gson p]mettrait d'apport] une solution n\velle que notre bon ,la ,fonta9e n'avait pas prvue4 ,qu'e/-ce que l'hutre8 dira le n\veau juge ses plaideurs1 s9on un produit de l',ocan1 un extrait de l',ocan1 comme une p]le de l',ocan8 ,or1 l',ocan n'app>ti5t p]sonne6 ,et1 de n\veau1 les plaideurs s]ont r5voys dos dos1 grce l'+niosit d'une df9ition n\velle4 ,c'e/ un vritable *>me d'ent5dre ,m4 ,b]gson lui-mme expos] les t\rs et les dt\rs subtils p> lesquels1 aprs bi5 des hsitations qui mnag5t les esprits timors1 il se voit conduit des df9itions surpr5antes p\r le s5s commun4 ,d'ord9aire1 le pr(esseur accompagne et s\ligne ses exposs littraires et pittoresques d'un ge/e de la ma9 qui intrigue quelque peu les spectateurs novices1 surt\t les plus jeunes3 cet ge e/ sans piti6444 ,il t5d v]s eux le p\ce et l'index de la ma91 comme p\r leur montr] une muscade invisible4 ,les plus myopes sont mme t5ts de s'appro*] p\r en bi5 con/at] la ralit4 ,puis1 aprs un mom5t sol5nel1 sa ma9 s'ouvre entirem5t et la muscade a disp>u4444 ,ge/e intressant1 et surt\t symbolique1 qui mrit]ait d'avoir t celui qu',ari/ote attribuait au sophi/e ,cratyle3 #hb4 ,ce rsum de la ?orie b]gsoni5ne sur la ,lib]t e/1 sans d\te1 beauc\p trop succ9ct et s*matique1 aussi avons-n\s hte d'en exam9] les pr9cipaux dtails4 ,mais n\s t5ions1 ds le db1 confi] au lecteur l'impression d'ensemble produite en n\s p> la lecture de ces soixante-qu9ze pages qui t]m95t les ,essais4 99 99 99 99 99 ,m4 ,b]gson admet la lib]t huma9e et s'en proclame le *ampion4 ,ce s]ait assurm5t trs bi5 et l'auteur mrit]ait t\s nos loges si n\s n'avions faire bi5tt de graves rs]ves sur la manire dont il df9it la lib]t1 c> elle risque =t de dfigur] ou de supprim] la *ose aprs en avoir cons]v le mot4 ,en att5dant1 ce dont n\s le l\]ons sans aucune re/riction1 c'e/ d'avoir1 p\r en dmontr] l'exi/5ce1 cons]v cet argum5t du tmoignage de la consci5ce1 si imprudemm5t l* p> des spirituali/es contempora9s et mme des ca?oliques1 malgr l'vid5ce intime de sa =ce probante4 ,n\s aimons relire s\s la plume de ,m4 ,b]gson des phrases comme celles-ci3 ,mme lorsqu'on esquisse l'ef=t ncessaire p\r accomplir une action1 on s5t bi5 qu'il e/ encore temps de s'arrt]4 ,n\s ne connaissons la =ce que p> le tmoignage de la consci5ce1 et la consci5ce n'affirme pas1 ne compr5d mme pas la dt]m9ation absolue des actes v5ir3 voil t\t ce que l'expri5ce n\s appr5d1 et si n\s n\s en t5ions l'expri5ce1 n\s dirions que n\s n\s s5tons libres4444 ,la lib]t e/ donc un fait1 et p>mi les faits que l'on con/ate1 il n'en e/ pas de plus clair4#hc ,et rem>quez que ,m4 ,b]gson se g>de bi51 aprs avoir admis la lib]t1 de la relgu] avec honneur p>mi les n\mnes inaccessibles1 comme l'avait imag9 ,kant3 hypo?se invraisemblable contre laquelle il prote/e fran*em5t3 ,kant1 dit-il1 l'leva donc 7la lib]t7 la hauteur de n\mne 444 inaccessible p> consqu5t notre facult de connatre#hd4 ,mais la vrit e/ que n\s n\s ap]cevons de ce moi t\tes les fois que1 p> un vig\reux ef=t de rflexion1 n\s dta*ons les yeux de l'ombre qui n\s suit p\r r5tr] en n\s-mmes4 ,un peu plus lo91 il affirme encore que le moi saisi p> la consci5ce e/ une cause libre2 n\s n\s connaissons absolum5t n\s mmes 444 cet absolu se mle sans cesse aux phnomnes1 en s'imprgnant d'eux4444#he ,cette pr(ession de foi e/ vraim5t bi51 et quoi qu'elle soit prcde et suivie de ces ides sy/matiques que n\s sommes en tra9 de rfut]1 on peut l'en ab/raire et l'appr\v] ple9em5t4 ,t\tefois1 il ne saurait n\s suffire d'ent5dre la lib]t huma9e proclame1 il n\s faut voir surt\t comm5t ,m4 ,b]gson va la df5dre1 c> il a la curieuse prt5tion de la df5dre contre ses p>tisans non mo9s que contre ses adv]saires3 ce qui p>at quelque peu inquitant4 ,ds le db1 l'auteur n\s expose les deux conceptions opposes de la ,nature3 mcanisme et dynamisme1 que la "q de la lib]t met aux prises4 ,le mcanisme1 dit-il1 veut expliqu] le plus p> le mo9s1 la volont p> l'acte rflexe1 l'acte rflexe p> un simple m\vem5t c9tique4 ,le dynamisme1 au contraire1 croit que le plus e/ seul capable d'expliqu] le mo9s1 et projette le psy*ique div]s degrs d'attnuation dans l',univ]s matriel4 ,le dt]m9isme lui-mme se divise en deux espces1 selon qu'il se fait de la ncessit une conception physique ou bi5 psy*ologique4 ,mais la premire de ces deux =mes se ramne la seconde1 c> t\t dt]m9isme1 mme physique1 implique une hypo?se psy*ologique4444 ,t\tefois1 cette dmon/ration n'intressant pas notre b1 n\s ne p\vons y suivre l'auteur2 encore mo9s le suivrons-n\s dans son expos hi/orique et sa critique du pr9cipe de la cons]vation de l'n]gie1 qui1 malgr leur rel intrt1 n\s sembl5t ici des prambules un peu longs et mme sup]flus4 ,passons l'expos du dt]m9isme psy*ologique4 ,s\s sa =me la plus prcise et la plus rc5te1 n\s dit l'auteur1 il implique une conception associationni/e de l'esprit4 ,il se reprs5te l'tat de consci5ce actuel comme li aux tats prcd5ts1 et aussi ncessit p> eux4 ,sans d\te1 cette ncessit ne saurait tre gomtrique1 comme il arrive p\r la rsultante de plusieurs =ces qui se comb95t en donnant une somme totale1 mais plutt mtaphysique1 comme t\t effet dp5d de sa cause4 ,n\s admettrons sans pe9e1 obs]ve ,m4 ,b]gson1 l'exi/5ce d'une relation entre l'tat actuel et t\t tat n\veau auquel la consci5ce passe4 ,mais cette relation1 qui explique le passage1 en e/-elle la cause8#hf ,obs]vation trs ju/e1 qui n\s montre que des phnomnes psy*ologiques1 t\t en se succdant la surface de nos consci5ces1 ne sont pas t\j\rs p\r cela des causes l'un de l'autre4 ,a9si la faim satisfaire et la faim satisfaite sont deux tats de consci5ce qui se succd5t sans se caus]4 ,et n\s n\s s]virons plus t>d de cette obs]vation contre le phnomnisme de ,m4 ,b]gson1 qui1 en supprimant leur cause pr(onde avec la sub/ance de l'me1 laisse les phnomnes psy*iques se succd] sans cause et sans aucune raison d'tre4 ,une fois le moteur c5tral disp>u dans votre montre1 comm5t les m\vem5ts extrieurs p\rrai5t-ils cont9u] se succd]8 ,mais n'anticipons pas--f]mons la p>5?se1--et rev5ons la premire rfutation du dt]m9isme associationni/e4 ,qu'ils se caus5t rellem5t l'un l'autre1 ou qu'ils se conditionn5t seulem5t--peu importe1--les phnomnes de la consci5ce n'en sont pas mo9s affirms multiples et p>faitem5t di/9cts1 au po9t de se conditionn] les uns les autres4 ,comme ,ba9 le proclamait si heureusem5t3 ,t\te p5se obx la loi du nombre4 ,p> cela seul que notre vie m5tale procde p> battem5ts et transitions1 que nos s5tim5ts sont int]rompus et repris1 ils sont des nombres et t\te consci5ce e/ une consci5ce du nombre4 ,or1 c'e/ cette multiplicit dans la dure dont ,m4 ,b]gson ne veut aucun prix4 ,c'e/ l'illusion du morcelage qu'il ne cess]a de dnonc]4 ,le po9t de vue mme o l'associationnisme se place implique une conception dfectueuse du moi et de la multiplicit des tats de consci5ce4--,la multiplicit 7de nos tats de consci5ce7 n'app>at que p> une espce de dr\lem5t dans ce milieu homogne que quelques-uns appell5t dure et qui e/ en ralit de l'espace4444 ,mais p>ce que notre raison1 arme de l'ide d'espace et de la puissance de crer des symboles1 dgage ces lm5ts multiples du t\t1 il ne s'ensuit pas qu'ils y fuss5t cont5us4 ,c> au se9 du t\t ils n'occupai5t po9t d'espace 767 et ne *]*ai5t po9t s'exprim] en symboles 76672 ils se pntrai5t et se fondai5t les uns dans les autres4 ,l'associationnisme a donc le tort de sub/itu] sans cesse au phnomne concret qui se passe dans l'esprit la recon/itution artificielle 767 que la philosophie en donne et de confondre a9si l'explication du fait avec le fait lui-mme4#hg ,en lisant cette ?orie1 que ,m4 ,b]gson croit sans d\te explicative1 le lecteur se s]a dem& avec son vulgaire bon s5s3 ,e/-ce que trois s5tim5ts successifs1 d'am\r1 de ha9e et de rep5tir1 ne font plus trois s5tim5ts8 ,e/-ce que trois propositions d'un syllogisme1 se dr\lant1 ne font plus trois propositions8 ,et si elles se dr\l5t1 e/-ce bi5 dans l'espace1 comme le prt5d ,m4 ,b]gson1 ou bi5 dans le ,temps1 comme t\s les hommes1 savants et ignorants1 l'ont t\j\rs cru8 ,assurm5t1 les tats de consci5ce dont n\s s\t5ons la di/9ction et le nombre ne sont pas p\r cela sp>s et discont9us1 comme des atomes de consci5ce juxtaposs4 ,ri5 n'emp*e qu'ils se suiv5t dans une p>faite cont9uit4 ,qu& le physici5 compte les sept c\leurs du spectre solaire3 violet1 indigo1 bleu1 v]t1 jaune1 orang1 r\ge1 il ne nie pas p\r cela que *aque c\leur soit lie la suivante1 comme la prcd5te1 p> d'imp]ceptibles nuances4 ,mais cela ne l'emp*e pas de di/+u] le bleu du r\ge ou le v]t du bleu4 ,de mme1 le psy*ologue a le droit de di/+u] une joie d'une s\ffrance1 un s5tim5t d'une reprs5tation1 un raisonnem5t d'un acte de lib]t4 ,il peut donc1 lui aussi1 di/+u]1 class] et compt] des tats diffr5ts1 lors mme qu'ils se suiv5t d'une manire cont9ue4 ,si cela e/ vrai des tats de consci5ce qui se succd5t dans la mme srie unil9aire1 plus =te raison des sries multiples qui s'c\l5t simultanm5t4 ,a9si1 en c\lant un orateur1 je puis la fois voir1 ent5dre1 j\ir1 compr5dre1 etc4 ,je puis tre assig p> les s5tim5ts les plus div]s1 sollicit p> des dsirs bons ou mauvais1 ou p> les mobiles les plus v>is4 ,et l e/ aussi un autre vice de la notion b]gsoni5ne1 de considr] le ,temps de la consci5ce comme t\j\rs unil9aire1 alors qu'il e/ le plus s\v5t un c\lem5t simultan de flots multiples prov5ant d'une mme s\rce1 c'e/--dire d'une multitude d'actions ou d'motions simultanes prov5ant d'un mme ag5t aux puissances multiples4 ,tantt cette multiplicit d'actions e/ unifie p> un mme objet auquel n\s le rapportons ou bi5 p> une mme f92 tantt elle re/e di/9cte et sans liaison4 ,a9si n\s p\vons la fois mdit]1 m>*]1 voir ce qui n\s ent\re1 vit] les ob/acles1 p>l] et ge/icul]4 ,n\s p\vons mme p5s] plusieurs *oses disp>ates en mme temps4 ,un grossissem5t rem>quable de ce fait banal n\s e/ f\rni p> le gnie et la folie4 ,on sait que des esprits p>ticulirem5t puissants1 tels que ,jules ,cs> ou ,napolon1 p\vai5t conduire en mme temps des sries multiples de p5ses diffr5tes1 et p> exemple dict] plusieurs secrtaires la fois4 ,d'autre "p1 dans c]ta9s cas de folie1 tels que les curieux phnomnes de dd\blem5t de la p]sonnalit1 la dissociation des tats de consci5ce e/ si vid5te qu'elle suffirait pr\v] la pluralit de ces tats#hh4 ,quoi qu'il en soit1 que le cont9u de nos consci5ces s'agglomre en une srie l9aire unique1 ou qu'il se disp]se p>fois en plusieurs sries p>allles ou div]g5tes1 la di/9ction et1 p>tant1 la multiplicit des oprations ou des tats1 dans le mme moi-ag5t1 s'impos5t1 bon gr1 mal gr1 t\t obs]vateur que les prjugs n'aveugl5t pas#hi4 ,d'ailleurs1 n'e/-elle pas de ,m4 ,b]gson1 cette +nieuse ?orie des plans de consci5ce sup]poss et impuissants fusionn] entre eux8 ,n'e/-elle pas de lui1 celle comp>aison si potique et si gracieuse3 ,il s'en faut que t\tes nos ides s'incorpor5t la masse de nos tats de consci5ce4 ,beauc\p flott5t la surface1 comme des feuilles mortes sur l'eau d'un tang8 ,va9cu p> l'vid5ce1 ,m4 ,b]gson lui-mme s]a bi5 =c d'employ] le mot de multiplicit p\r dcrire nos tats de consci5ce si v>is et si opposs les uns aux autres4 ,mais aussitt aprs il essay]a de se repr5dre en neutralisant le s5s de ce mot p> une pi?te n\velle4 ,il =g]a p\r cela l'expression de multiplicit qualitative#ij4 ,comme si les qualits qu'on peut compt] ne =mai5t plus un nombre6 ,une telle prt5tion e/ va9e3 t\t ce qui e/ accessible la numration ou au calcul ne peut pas ne pas faire un nombre2 et c'e/ en cela mme que la quantit s'oppose irrductiblem5t la qualit4 ,m4 ,b]gson inv5te aussi le mot de multiplicit de fusion ou de pntration mutuelle1 qu'il oppose notre prt5due multiplicit de juxtaposition#ia4 ,mais d'une "p1 n\s n'avons jamais s\t5u que les mom5ts ou les units de dure se succd5t p> juxtaposition1 mais au contraire p> une vraie cont9uit4 ,d'aprs le ?orie ari/otlici5ne1 les p>ties qui ne s]ai5t que juxtaposes ou contigus l'une l'autre sont dj divises4 ,or1 n\s reconnaissons qu'une telle conception des p>ties dans la dure s]ait fausse--les p>ties du cont9u n'tant pas divises mais seulem5t divisibles1 en puissance seulem5t et non pas en acte1--comme n\s l'avons dj expliqu4 ,d'autre "p1 la multiplicit de fusion ou de pntration mutuelle dont p>le ,m4 ,b]gson e/ impossible entre t]mes successifs1 c> si l'on peut unir le pass1 le prs5t et l'av5ir dans une suite cont9ue1 on ne peut les runir1 les fusionn] ensemble et les compntr]3 ce ne s]ait l qu'une conception contradictoire4 ,il ne re/e donc plus admettre dans le cont9u temporel qu'une multiplicit de p>ties virtuelles1 capables d'tre di/+ues et comptes1 c'e/--dire une multiplicit vraim5t quantitative et numrique#ib4 ,la rfutation du ,dt]m9isme base sur la non-multiplicit de nos tats de consci5ce n'e/ donc pas valable1 et sa prt5tion d'atte9dre du mme c\p adv]saires et p>tisans de la ,lib]t--qui suppos5t galem5t cette multiplicit--e/ p>faitem5t va9e3 ,telum imbelle1 s9e ictu4 99 99 99 99 99 ,exam9ons si les autres rfutations sont plus solides4 ,la seconde p\rrait se =mul] a9si3 ,avoir consci5ce du libre arbitre signifie avoir consci5ce de p\voir *oisir entre plusieurs p>tis1 et de p\voir *oisir autrem5t que1 de fait1 n\s *oisissons4 ,c'e/ bi5 a9si que df5seurs et adv]saires de la ,lib]t l'ont t\j\rs ent5due4 ,or1 la "q a9si pose1 aux yeux de ,m4 ,b]gson1 s]ait vide de s5s4 ,en consqu5ce1 amis et ennemis de la ,lib]t s]ai5t p>eillem5t confondus4 ,n\s accordons que la "q s]ait mal pose si l'on prt5dait avoir consci5ce de sa lib]t comme d'une puissance pure4 ,notre consci5ce ne p\vant saisir que nos actes 7actions et passions71 une pure puissance s]ait1 en effet1 p\r elle insaisissable4 ,mais ds que cette puissance fait ef=t p\r pass] l'acte1 n\s surpr5ons =t bi5 son rveil1 et c'e/ prcism5t l'ef=t p\r agir dont notre consci5ce a le s5tim5t le plus vif4 ,or1 cet ef=t se colore p>fois d lib]t ou d'indt]m9ation dans ses *oix4 ,c'e/ mme le contra/e p>fois si tran* entre nos oprations volontaires et involontaires1 qui n\s fait compr5dre la lib]t de c]ta9es actions et la ncessit des actions opposes4 ,a9si1 p> exemple1 je me s5s impuissant ne pas v\loir mon propre bonheur1 mais je me s5s p>faitem5t libre de plac] ce bonheur dans tel ou tel bi51 mon *oix4 ,je me s5s impuissant arrt] une action rflexe telle que les battem5ts de mon cur2 je me s5s au contraire libre d'tudi] ou de me prom5]4 ,la "q a9si pose1 lo9 d'tre vide de s5s1 n\s p>at ple9e de cette ralit vcue qui e/ la lumire mme de nos consci5ces4 ,p\r la tr\v] vide de s5s1 ,m4 ,b]gson va se plac] au po9t de vue de sa fausse conception de la dure4 ,d'abord c'e/ la fameuse illusion du morcelage qui va r5tr] en scne4 ,j'hsite entre deux actions possibles ,x et ,y1 dit-il1 et je vais t\r t\r de l'une l'autre4 ,cela signifie que je passe p> une srie d'tats1 et que ces tats se peuv5t rp>tir en deux gr\pes1 selon que j'incl9e davantage v]s ,x ou v]s le p>ti contraire4444 ,il demeure ent5du que ce sont l des reprs5tations symboliques1 qu'en ralit il n'y a pas deux t5dances ni mme deux directions1 mais bi5 un moi qui vit et se dveloppe p> l'effet de ses hsitations mmes1 jusqu' ce que l'action libre s'en dta*e la manire d'un fruit trop mr4#ic ,sans d\te--rpliqu]ons-n\s1--s'il n'y a pas deux t5dances ni deux directions possibles1 il n'y a plus de *oix concevable1 et notre df9ition de la ,lib]t p> le *oix entre plusieurs t5dances1 entre plusieurs objets1 e/ bi5 vide de s5s4 ,mais e/-ce bi5 l une donne immdiate de la consci5ce2 n'e/-ce pas1 au contraire1 le dfi le plus audacieux son tmoignage8 ,lorsque j'hsite entre le bi5 et le mal1 entre le vice et la v]tu1 surt\t dans ces mom5ts d'inc]titude et d'angoisse d'une t5tation viol5te1 e/-ce que je ne s5s pas en moi clairem5t1 s9on deux hommes--suivant la potique exagration de ,buffon1--au mo9s deux t5dances opposes v]s deux p>tis possibles8 ,celui qui a une fois fait cette expri5ce poignante--et qui ne l'a jamais faite8--se refus]a pr5dre au srieux la di/9ction subtile de ,m4 ,b]gson entre la multiplicit vraim5t numrique--telle qu'elle n\s app>at ici--et la multiplicit non numrique et purem5t qualitative1 imag9e p> ,m4 ,b]gson4 ,une multiplicit qui ne s]ait plus un nombre n'e/ pas plus intelligible qu'un c]cle c>r ou un triangle rond4 ,s'il y a une notion vide de s5s1 la voil4 ,a l'appui de sa ngation de nos deux t5dances et de nos deux directions possibles1 ,m4 ,b]gson n\s trace un graphique1 reprs5tant le temps pass p> une ligne ,m ,o qui arrive jusqu'au po9t de bifurcation #j4 ,de ce po9t1 deux lignes div]g5tes1 ,o ,x1 ,o ,y1 symbolis5t les deux t5dances diffr5tes v]s deux directions possibles4 ,x _/ ,y _/ _/ _/ _/ _/ ,o ,m ,puis1 aprs avoir trac ce s*ma1 il s'indigne contre ce symbolisme grossi] sur lequel on prt5dait fond] la cont+5ce de l'action accomplie1 et qui ab\tit p> un prolongem5t naturel en tablir l'absolue ncessit4444 ,bref1 cette figure ne me montre pas l'action s'accomplissant1 mais l'action accomplie4 ,ne me dem&ez donc pas si le moi1 ayant p>c\ru le *em9 ,m ,o et s'tant dcid p\r ,x1 p\vait ou ne p\vait pas opt] p\r ,y3 je rpondrais que la "q e/ vide de s5s1 p>ce qu'il n'y a pas de ligne ,m ,o1 pas de po9t ,o1 pas de *em9 ,o ,x1 pas de direction ,o ,y4 ,pos] une p>eille "q1 c'e/ admettre la possibilit de reprs5t] adquatem5t le temps p> de l'espace1 et une succession p> une simultanx4 ,c'e/ attribu] la figure qu'on a trace la valeur d'une image et non pas seulem5t d'un symbole4444 ,cette figure reprs5te une *ose et non pas un progrs2 elle correspond1 dans son in]tie1 au s\v5ir en quelque sorte fig de la dlibration t\t entire1 etc4 #id4 ,n\s rpondrons cette longue diss]tation--dont n\s n'avons pu (frir au lecteur qu'un des *antillons les mo9s confus--p> deux rem>ques3 #a ,si ce symbolisme graphique dplat ,m4 ,b]gson1 p\rquoi l'a-t-il imag98 ,e/-ce p\r avoir le plaisir de le combattre8 ,jamais1 dans nos leons1 n\s n'y avons eu rec\rs p\r expliqu] le processus de l'acte libre1 et l'on peut trs bi5 s'en pass]4 #b ,mais n\s croyons que ce graphique1 t\t symbolique qu'il soit1 n'e/ pas si absurde qu'on le prt5d4 ,s'il a p>u tel ,m4 ,b]gson1 c'e/ qu'il a suppos que cette ligne symbolise1 non pas le temps qui s'c\le1 mais le temps c\l#ie1 et p>tant dj fix1 cri/allis p> le s\v5ir et incapable de symbolis] le m\vem5t et le progrs du temps#if4 ,mais ce po9t de vue e/ vraim5t trop exclusif4 ,remplacez ces lignes t\tes faites p> des lignes en voie d'tre traces1 ou p> des po9ts en m\vem5t dans la direction indique p> ces lignes1 et ce graphique repr5ant1 p> la p5se1 le m\vem5t et la dure1 s]a capable de les symbolis] plus exactem5t4 ,sans d\te1 il ne pr\v]a ni p\r ni contre la lib]t1 suivant l'axiome bi5 connu3 comp>aison n'e/ pas raison4 ,mais il en expliqu]a =t bi5 le processus1 si1 une fois arriv l'in/ant prs5t1 figur p> le po9t ,o1 on suppose que le moi peut se dirig] v]s l'un des deux p>tis possibles1 ,x ou ,y1 et accomplir l'action ,o ,x plutt que l'action ,o ,y4 ,et ce dr\lem5t de l'action sur une ligne en =mation ou sur un po9t en m\vem5t e/ bi5 un dr\lem5t dans le cont9u successif et non dans le cont9u simultan1 dans le temps et non dans l'espace4 ,m4 ,b]gson en conclut3 ,la "q revi5t t\j\rs celle-ci3 le temps e/-il de l'espace8 ,n\s sommes du mme avis4 ,et la confusion qu'il a dj faite de ces deux notions e/ prcism5t le po9t de d"p de t\tes ses va9es disputes et de t\tes ses in9tellig5ces de la "q prs5te4 99 99 99 99 99 ,passons la troisime rfutation4 ,p>tisans et adv]saires de la ,lib]t huma9e ont p>eillem5t df9i l'acte libre3 celui qu'on ne saurait prvoir1 mme qu& on en connatrait l'avance t\tes les conditions4 ,or1 cette df9ition tant encore vide de s5s1 leur qu]elle doit se prolong] jusqu' la f9 du monde4 ,ce n'e/ donc l que l'objet d'un pseudo-problme4 ,p\r le montr]1 ,m4 ,b]gson di/+ue d'abord deux espces de prvisions du futur4 ,l'une e/ la prvision probable ou conjecturale1 l'autre la prvision c]ta9e ou infaillible4 ,dire qu'un c]ta9 ami1 dans c]ta9es circon/ances1 agira trs probablem5t d'une c]ta9e manire1 ce n'e/ pas tant prdire la conduite future de notre ami que port] un jugem5t sur son c>actre prs5t1 c'e/--dire1 en df9itive1 sur son pass4444 ,t\s les philosophes s'accord5t sur ce po9t4444 ,mais le dt]m9i/e va beauc\p plus lo93 il affirme que la cont+5ce de notre solution ti5t ce que n\s ne connaissons jamais t\tes les conditions du problme 444 et qu'une connaissance complte1 p>faite1 de t\s les antcd5ts1 sans exception aucune1 r5drait la prvision infailliblem5t vraie4#ig ,m4 ,b]gson leur rpond que prvoir a9si e/ impossible1 p>ce que prvoir1 ce s]ait dj voir ou agir soi-mme3 il n'y a pas de diffr5ce s5sible entre prvoir1 voir et agir#ih4 ,l'essai de dmon/ration d'un tel p>adoxe ne dure pas mo9s de d\ze pages1 o l'emb>ras de l'auteur1 d'ord9aire si son aise1 fatigue pniblem5t l'esprit1 sans p>v5ir l'clair]1 encore mo9s le conva9cre4 ,n\s recomm&ons ce passage aux amateurs de clair-obscur qui se plais5t dans les nuages#ii4 ,en voici le plus clair3 ,p\r que ,paul 7prdise ou7 se reprs5te adquatem5t l'tat de ,pi]re un mom5t quelconque de son hi/oire1 il faudra de deux *oses l'une3 ou que1 semblable un romanci] qui sait o il conduit ses p]sonnages1 ,paul connaisse dj l'acte f9al de ,pi]re 444 ou qu'il se rsigne pass] lui-mme p> ces tats div]s1 non plus en imag9ation1 mais en ralit4 ,la premire de ces hypo?ses doit tre c>te1 puisqu'il s'agit prcism5t de savoir si1 les antcd5ts seuls tant donns1 ,paul p\rra prvoir l'acte f9al4 ,n\s voici donc obligs de modifi] pr(ondm5t l'ide que n\s n\s faisions de ,paul3 ce n'e/ pas1 comme n\s l'avions p5s d'abord1 un spectateur dont le reg>d plonge dans l'av5ir1 mais un acteur qui j\e p> avance le rle de ,pi]re4444 ,mais si ,pi]re et ,paul ont pr\v dans le mme ordre les mmes s5tim5ts1 si leurs deux mes ont la mme hi/oire1 comm5t les di/+u]ez-v\s l'une de l'autre8444 ,il faut donc ma9t5ant que v\s en pr5iez votre p>ti3 ,pi]re et ,paul sont une seule et mme p]sonne1 que v\s appelez ,pi]re qu& elle agit1 et ,paul qu& v\s rcapitulez son hi/oire 7p\r la prdire74444 ,c'e/ donc une "q vide de s5s que celle-ci3 l'acte p\vait-il ou ne p\vait-il pas tre prvu1 tant donn l'ensemble complet de ses antcd5ts8 ,c> il y a 7seulem5t7 deux manires de s'assimil] ces antcd5ts1 l'une dynamique1 l'autre /atique4 ,dans le premi] cas1 on s]a am5 p> des transitions ins5sibles concid] avec la p]sonne dont on s'occupe1 pass] p> la mme srie d'tats1 et 444 il ne p\rra plus tre "q de prvoir4 ,dans le second cas1 on prsuppose dj l'acte f9al4444#ajj ,les graphiques qui suiv5t ce beau raisonnem5t peuv5t l'illu/r]1 mais srem5t ils ne l'clair5t pas1 et leur aspect sci5tifique provoque aussitt l'objection que les savants prdis5t =t bi5 les conjonctions des a/res1 les clipses de soleil ou de lune et les autres phnomnes a/ronomiques1 sans avoir beso9 de concid] avec eux1 ou de pass] eux-mmes p> les mmes tats1 ni en imag9ation1 ni en ralit4 ,il y aurait donc quelque autre mode de prvoir4 ,m4 ,b]gson1 qui ne p\vait pas ne pas prvoir une objection si simple et si naturelle1 essaye de s'en tir] p> la fameuse di/9ction--dj expose au lecteur--entre le temps a/ronomique et le temps psy*ologique4 ,le temps des savants n'e/ qu'un temps bt>d1 qui a p\r ess5ce de ne pas dur]1 aussi e/-il accessible au nombre1 la mesure et la prvision1 t&is que le temps vrai1 celui de la consci5ce1 qui seul a une dure1 e/ un progrs et non une *ose1 et p>tant qualit pure1 dont la simplicit p>faite exclut t\t nombre1 t\te analyse1 t\t calcul et p> suite t\te prvision4 ,voici comm5t il =mule cette conclusion3 ,lors donc qu'on dem&e si une action future p\rrait tre prvue1 on id5tifie inconsciemm5t le temps dont il e/ "q dans les sci5ces exactes1 et qui se rduit un nombre1 avec la dure relle1 dont l'app>5te quantit e/ vritablem5t une qualit4444 ,la "q de savoir si l'acte p\vait ou ne p\vait pas tre prvu revi5t t\j\rs celle-ci3 le temps e/-il de l'espace8#aja ,inutile de rev5ir encore une fois sur cette quivoque4 ,le temps n'e/ nullem5t de l'espace1 p>ce qu'il se dr\le1 non dans le cont9u simultan de l'espace1 mais dans le cont9u successif de la dure1 et c'e/ ce dr\lem5t cont9u qui p]met de nombr] ses mom5ts1 d'en faire la base de nos calculs et de nos prvisions4 ,non1 ce ne sont pas les savants qui ont confondu le temps avec de l'espace1 mais c'e/ ,m4 ,b]gson qui a confondu l'espace avec le temps1 de l'avis des p5seurs1 savants ou philosophes de t\tes les coles et de t\s les sicles3 c> ,m4 ,b]gson e/ ici seul contre t\s3 etiamsi omnes1 ego non6 ,le ge/e1 du mo9s1 s]ait-il beau8 ,nullem5t1 c>1 suivant la p>ole du pote3 ,ri5 n'e/ beau que le vrai4 99 99 99 99 99 ,une quatrime et d]nire rfutation n\s re/e exam9]4 ,elle a trait au pr9cipe de causalit4 ,p>tisans et adv]saires de la lib]t l'ent5d5t en ce s5s que l'acte libre ne s]ait pas ncessairem5t dt]m9 p> sa cause4 ,mais cette introduction de la causalit dans les phnomnes de consci5ce p>at une conception inadmissible nos n\veaux philosophes4 ,encore une "q vide de s5s1 une pseudo- "q qu'on ne doit plus pos]6 ,en effet1 le pr9cipe de causalit proclame que les mmes causes1 dans les mmes circon/ances1 produis5t t\j\rs les mmes effets4 ,appliqu] ce pr9cipe aux phnomnes psy*iques s]ait donc suppos] que les antcd5ts psy*iques d'un acte libre sont susceptibles de se reproduire n\veau1 ce qui n'a jamais lieu1 c> le mme tat de consci5ce1 p> cela seul qu'il se rpte1 devi5t un tat t\t n\veau1 et p>tant n'e/ dj plus la simple rptition du premi]4 ,laissons la p>ole ,m4 ,b]gson3 ,dire que les mmes causes int]nes produis5t les mmes effets1 c'e/ suppos] que la mme cause peut se prs5t] plusieurs reprises sur le ?tre de la consci5ce4 ,or1 notre conception de la dure ne t5d ri5 mo9s qu' affirm] l'htrognx radicale des faits psy*ologiques pr(onds 7871 et l'impossibilit p\r deux d'entre eux de se ressembl] t\t fait1 puisqu'ils con/itu5t deux mom5ts diffr5ts d'une hi/oire4444 ,l'on ne saurait p>l] ici de conditions id5tiques1 p>ce que le mme mom5t ne se prs5te pas deux fois4444 ,une cause int]ne pr(onde 7,p7 donne son effet une fois et ne se reproduira jamais plus#ajb4 ,tel e/1 en effet1 le corollaire de la notion b]gsoni5ne de la dure o le pass s'embote dans le prs5t1 comme p\r faire b\le de neige4 ,en avanant a9si v]s l'av5ir1 le moi se grossit d'un pass t\j\rs plus ri*e1 il *ange donc incessamm5t et n'e/ jamais le mme4 ,le mme ne demeure pas ici le mme1 mais se r5=ce et se grossit de t\t son pass4#ajc ,cette ?orie1 assurm5t1 n'e/ pas totalem5t fausse1 c> il e/ sr qu' *aque in/ant n\s mrissons ou n\s vieillissons1 et que1 en un c]ta9 s5s1 n\s ne sommes plus les mmes1 tant entrans malgr n\s dans un p]ptuel *angem5t4 ,l'important e/ de savoir si ce *angem5t n'e/ qu'accid5tel ou s'il e/ ess5tiel2 si c'e/ le fond de notre tre1 notre p]sonnalit mme qui *ange1 ou seulem5t le flot accid5tel et m\vant des phnomnes actifs et passifs dont notre moi e/ le ?tre4 ,or1 notre consci5ce a rpondu p> l'affirmation catgorique de notre id5tit p]man5te trav]s t\s les *angem5ts de surface1 et elle prote/e avec vid5ce *aque fois qu'on ose la mettre en d\te4 ,en sorte que1 s'il y a une donne immdiate de la consci5ce claire et indiscutable1 c'e/ bi5 celle-ci qui ti5t le premi] rang et qui s'impose le plus f]mem5t4 ,n\s y revi5drons plus t>d1 c> n\s aurons occasion de rfut] les b]gsoni5s qui ne veul5t voir au d$ans de n\s que du m\vem5t1 alors qu'il y a aussi et surt\t du /able et du p]man5t4 ,que s'il y a du /able et du p]man5t dans les activits de notre consci5ce1 la n\veaut des circon/ances o elles opr5t p\r une dixime1 v+time ou c5time fois peut n'introduire que des v>iations insignifiantes et ngligeables2 en sorte que les mmes causes devront encore reproduire sub/antiellem5t les mmes effets1 dans des circon/ances suffisamm5t id5tiques4 ,a9si1 p> exemple1 une p\le ne pond jamais le mme uf1 et cep5dant t\s ses ufs sont semblables p> les c>actres de l'espce1 de la race1 voire mme p> des traits accid5tels4 ,de mme1 n\s con/atons que notre me produit habituellem5t1 dans des circon/ances donnes1 les mmes p5ses1 les mmes dsirs1 les mmes s5tim5ts de sympa?ie ou d'antipa?ie4 ,et si *acun de ces effets se colore presque t\j\rs de quelque nuance accid5telle qui l'individualise1 leur ressemblance fondam5tale n'en e/ pas mo9s vid5te4 ,p>eilles aux feuilles du mme arbre qui se ressembl5t t\tes1 malgr leur di/9ction individuelle1 nos actions n\s (fr5t s\v5t entre elles ce c>actre de ressemblance frappante4 ,il n'e/ donc ni faux ni inutile d'appliqu] la causalit des tres vivants le pr9cipe gnral3 les mmes causes dans les mmes circon/ances produis5t t\j\rs les mmes effets4 ,accordons t\tefois ,m4 ,b]gson que1 dans le doma9e psy*ologique1 il soit encore plus difficile de con/at] si les causes sont les mmes et les circon/ances suffisamm5t id5tiques4 ,accordons-lui1 en outre--dato1 non concesso1--qu'une mme action ne se rpte jamais deux fois1 le pr9cipe de causalit s]a-t-il p> l mis en *ec8 ,nullem5t4 ,cette premire =mule du dit pr9cipe n'e/ en effet ni la seule =mule ni la plus importante1 c> ce pr9cipe rgit t\t aussi bi5 les causes qui n'agirai5t qu'une fois1 sans p\voir jamais se rpt]#ajd1 que celles qui p\rrai5t multipli] indf9im5t les mmes actions dans les mmes circon/ances4 ,en effet1 le pr9cipe de causalit proclame t\t d'abord deux *oses3 #a t\t effet doit avoir une cause2 #b t\t effet e/ proportionn sa cause1 c> l'tre ne peut agir que comme il e/4 ,l'action n'e/1 en effet1 qu'un rayonnem5t1 une manife/ation de la cause1 et voil p\rquoi n\s p\vons remont] de la nature de l'effet produit la nature de sa cause4 ,impossible1 p> exemple1 qu'une action libre soit produite p> une cause2 ncessite1 et rciproquem5t1 ou bi5 qu'une action spirituelle soit l'effet d'une cause matrielle4 ,s\s cette =me1 le pr9cipe de causalit s'applique donc =t bi5 au monde de la consci5ce4 ,et s'il e/ incapable1 lui seul1 de rs\dre le problme de savoir si n\s sommes libres ou ncessits1 on ne peut t\tefois s\t5ir qu'il n'e/ plus applicable ce n\veau doma9e o il s]ait hors de *ez lui4 ,telle e/ p\rtant la ?se de ,m4 ,b]gson4 ,p\r le physici51 crit-il1 la mme cause produit t\j\rs le mme effet2 p\r un psy*ologue qui ne se laisse po9t g>] p> d'app>5tes analogies1 une cause int]ne donne son effet une fois et ne le produira jamais plus4 ,et si1 ma9t5ant1 on allgue que cet effet tait indissolublem5t li cette cause1 une p>eille affirmation signifi]a de deux *oses l'une 444 galem5t vides de s5s1 et impliquant1 elles aussi1 une conception vicieuse de la dure4444 ,le pr9cipe de la dt]m9ation univ]selle p]d t\te espce de signification dans le monde int]ne des faits de consci5ce4#aje ,ce monde *appe donc au pr9cipe de causalit4 ,t\tefois1 p\r un pr9cipe ncessaire et univ]sel1 ce s]ait l une incomprh5sible exception4 ,aussi le mme auteur se dcide-t-il f9alem5t en ni] la ncessit et oppos] en cela les deux pr9cipes d'id5tit et celui de causalit4 ,le pr9cipe d'id5tit1 dit-il1 e/ la loi absolue de notre consci5ce 444#ajf1 et ce qui fait l'absolue ncessit de ce pr9cipe1 c'e/ qu'il ne lie pas l'av5ir au prs5t1 mais seulem5t le prs5t au prs5t4 ,mais le pr9cipe de causalit1 en tant qu'il li]ait l'av5ir au prs5t1 ne pr5drait jamais la =me d'un pr9cipe ncessaire2 c> les mom5ts successifs du temps rel ne sont pas solidaires les uns des autres1 et aucun ef=t logique n'ab\tira pr\v] que ce qui a t s]a ou cont9u]a d'tre1 que les mmes antcd5ts appell]ont t\j\rs des consqu5ces id5tiques4#ajg ,voil qui e/ plus franc et p>at plus logique que d'admettre le pr9cipe de causalit p\r le monde physique et le rejet] p\r le monde psy*ologique4 ,mais alors n\s ab\tissons la ngation de la causalit elle-mme1 c> s'il y a des causes vritables1 il faut bi5 qu'elles agiss5t comme elles sont4 ,que s'il n'y a plus de causalit1 au contraire1 mais de pures successions de phnomnes1 rgies p> le has>d ou le caprice1 on compr5d sans pe9e que n'importe quel phnomne puisse succd] un autre1 et qu'aucun li5 entre eux ne soit absolum5t ncessaire4 ,ce s]ait l une "q de fait ou de c\tume1 non plus une "q de droit4 ,il se p\rrait donc absolum5t que la comb9aison de l'hydrogne et de l'oxygne1 ,,ho#b1 produist autre *ose que de l'eau1 et que des ufs de p\les viss5t clore t\t autre volatile que des p\lets4 ,conclusions rig\reuses et que l'expri5ce1 malheureusem5t1 ne semble pas confirm]4 ,t\tes ces difficults o s'emb\rbe lu m>*e de noire auteur vi5n5t--comme il n\s le confesse--de ce qu'il n'a pas compris la pr=mation de l'av5ir dans le prs5t et qu'il la rejette p\r n'avoir pu la compr5dre4 ,il n'a pu la concevoir1 dit-il1 que s\s =me ma?matique1 comme les conclusions d'un ?orme de gomtrie sont cont5ues dans leurs pr9cipes4 ,mais il n'y a nullem5t l un exemple de pr=mation de l'av5ir dans le prs5t1 c> les pr9cipes ma?matiques et leurs consqu5ces sont galem5t ncessaires et t]nels1 et leur dr\lem5t logique n'a ri5 de commun avec le m\vem5t et la causalit dans le temps4 ,ari/ote ne cesse de n\s mettre en g>de contre une si grossire confusion du logique et du rel4 ,la causalit1 dit-il1 n'exi/e que dans la nature physique ou psy*ique1 p>ce qu'elle se dr\le dans le temps2 jamais dans la ,logique pure1 qui ne s'occupe que du simultan et de l't]nel4 ,la causalit se meut dans la sphre de la cont+5ce1 la ,logique dans celle de la ncessit4 ,p\r saisir dans nos consci5ces une pr=mation de l'av5ir dans le prs5t1 il faut donc rec\rir d'autres exemples1 tel que l'ef=t p\r p5s]1 v\loir1 agir1 qui n\s fait pass] de la puissance l'acte4 ,mais cette pr=mation1 ,m4 ,b]gson le reconnat lui-mme1 e/ =t imp>faite1 puisque l'action v5ir que va produire l'ef=t n'tait nullem5t cont5ue dans sa cause s\s sa =me future4 ,et p\rtant elle y tait cont5ue de quelque manire1 qu',ari/ote a appele virtuelle ou en puissance1 et dont la ralit1 quelque my/rieuse qu'elle soit1 ne saurait tre ni4 ,le p\let tait-il cont5u dans l'uf8 ,assurm5t1 puisqu'il en sort4--,y tait-il cont5u l'tat des pr=mations1 si microscopique ou inf9itsimale qu'on le v\dra8 ,nullem5t4 ,et la ?orie de l'pignse ayant df9itivem5t triomph1 dans les sci5ces biologiques1 des hypo?ses de pr=mation ou d'embotem5t des g]mes1 c'e/ l'tat rel de puissance prexi/ante qui s'impose1 et c'e/ a9si que l'effet s]a donn dans sa cause4 ,d'ailleurs1 si la pr=mation dans l'uf avait un s5s p\r les =mes pla/iques des vivants1 elle n'en a plus aucun p\r la pr=mation dans l'esprit de p5ses ou de v\loirs qui n'ont aucune figure1 et l'tat rel de puissance s'impose une seconde fois4 ,confondre cet tat rel avec celui de possibilit pure1 comme a l'air de le faire ,m4 ,b]gson#ajh1 c'e/ t\t simplem5t supprim] la causalit et laiss] les effets en l'air1 sans raison d'tre4 ,que s'il y a dans le monde de la consci5ce une causalit vritable1 comme l'ef=t suffirait en tmoign]1 la "q si grave de sa coexi/5ce avec la lib]t--galem5t pose p> les dt]m9i/es de t\s les temps et t\s leurs adv]saires--n'e/ donc plus une pseudo-"q1 et c'e/ la f9 de non-recevoir de ,m4 ,b]gson qui devi5t une pseudo-rponse1 o la solution du r$\table problme ne se tr\v]a mme pas en g]me4 ,p\rsuivons cep5dant notre tude1 c> il s]ait curieux de voir si1 dans la notion f9ale que ,m4 ,b]gson va n\s donn] de la ,lib]t huma9e1 il ne va pas supprim] la causalit libre1 en y supprimant t\te causalit1 comme son sy/me l'exige4 99 99 99 99 99 ,jusqu'ici1 n\s avons vu que ,m4 ,b]gson a galem5t repro* aux dt]m9i/es et leurs adv]saires de mal pos] le problme1 en donnant de la ,lib]t des df9itions vicieuses4 ,v\s df9issez l'acte libre1 leur a-t-il dit1 comme le fruit du libre *oix entre plusieurs p>tis ou plusieurs motifs2 mais cela n'a pas de s5s1 c> cette multiplicit e/ illusoire et trans=m]ait le temps en espace4 ,v\s le df9issez3 ,celui qu'on ne saurait prvoir1 mme qu& on connat d'avance t\tes les conditions8--,mais concevoir t\tes ces conditions donnes1 ce n'e/ plus prvoir1 c'e/ voir et se plac] au mom5t o l'acte s'accomplit4 ,ou bi51 si l'on prvoit la manire des physici5s1 c'e/ admettre que la dure psy*ique peut se reprs5t] symboliquem5t l'avance1 ce qui revi5t confondre le temps avec l'espace4 ,v\s le df9issez encore1 en disant qu'il n'e/ pas ncessairem5t dt]m9 p> sa cause8--,mais alors v\s admettez que les antcd5ts psy*iques d'un tel acte sont susceptibles de se reproduire n\veau1 que la lib]t se dploie dans une dure dont les mom5ts se ressembl5t1 et que le temps e/ un milieu homogne comme l'espace4 ,t\tes ces df9itions une fois c>tes1 on att5d avec anxit celle que ,m4 ,b]gson va leur sub/itu]4 ,malheureusem5t1 il aime mieux ne n\s en donn] aucune1 s\s prtexte que la ,lib]t e/ indf9issable 1 et que t\te df9ition donn]ait raison au dt]m9isme4444 ,la df9ir s]ait la ni]#aji4 ,ec\tez plutt la manire lgante et subtile avec laquelle il n\s *appe au mom5t mme o n\s p5sions le saisir3 ,n\s p\vons ma9t5ant =mul] noire conception de la lib]t4 ,on appelle lib]t le rapport du moi concret l'acte qu'il accomplit4 ,ce rapport e/ indf9issable1 prcism5t p>ce que n\s sommes libres4 ,on analyse1 en effet1 une *ose1 mais non pas un progrs2 on dcompose de l't5due1 mais non pas de la dure4 ,ou bi51 si l'on s'ob/9e analys] qu& mme1 on trans=me inconsciemm5t le progrs en *ose1 et la dure en t5due4 ,p> cela seul qu'on prt5d dcompos] le temps concret1 on en dr\le les mom5ts dans l'espace homogne2 la place du fait s'accomplissant1 on met le fait accompli2 et comme on a comm5c p> fig] en quelque sorte l'activit du moi1 on voit la spontanx se rs\dre en in]tie1 et la lib]t en ncessit4--,c'e/ p\rquoi t\te df9ition de la lib]t donn]a raison au dt]m9isme4#aaj ,telle e/ la manire--assez vague et peu compromettante--p> laquelle ,m4 ,b]gson prt5d avoir =mul sa conception de la lib]t4 ,s'il avait v\lu ne pas la =mul] du t\t1 il n'aurait pas mieux dit4 ,s'il n'avait pu en donn] une =mule--faute d'en avoir1--il n'aurait su l'ins9u] en t]mes plus heureux4 ,cep5dant1 ,m4 ,b]gson n'a pas t\j\rs eu ce scrupule si excessif de ne pas v\loir t\*] la lib]t du b\t de l'index p> une df9ition1 de cra9te de la faire tomb] en p\ssire4 ,j'ouvre le mme ouvrage1 quelques pages plus haut1 et j'y r5contre1 non sans quelque tonnem5t1 des descriptions et des df9itions de la ,lib]t1 autrem5t compromettantes4 ,citons les textes eux-mmes1 o il rsume le mieux sa p5se4 ,c'e/ une psy*ologie grossire1 dupe du langage1 dit-il1 que celle qui n\s montre l'me dt]m9e p> une sympa?ie1 une av]sion ou une ha9e1 comme p> autant de =ces qui ps5t sur elle4 ,ces s5tim5ts1 p\rvu qu'ils ai5t atte9t une pr(ondeur suffisante1 reprs5t5t *acun l'me entire1 en ce s5s que t\t le cont5u de l'me se reflte en *acun d'eux4 ,dire que l'me se dt]m9e s\s l'influ5ce de l'un quelconque de ces s5tim5ts1 c'e/ donc reconnatre qu'elle se dt]m9e elle-mme4444 ,c'e/ de l'me entire que la dcision libre mane 444 1 selon l'expression de ,platon4#aaa ,bref1 conclut-il1 n\s sommes libres qu& nos actes man5t de notre p]sonnalit entire1 qu& ils l'exprim5t1 qu& ils ont avec elle cette indf9issable ressemblance qu'on tr\ve p>fois entre l'uvre et l'arti/e4 ,en va9 on allgu]a que n\s cdons alors l'influ5ce t\te-puissante de notre c>actre4 ,notre c>actre1 c'e/ encore n\s2 et p>ce qu'on s'e/ plu sc9d] la p]sonne en deux p>ties p\r considr] t\r t\r1 p> un ef=t d'ab/raction1 le moi qui p5se et le moi qui agit1 il y aurait quelque purilit conclure que l'un des deux moi pse sur l'autre4444 ,en un mot1 si l'on convi5t d'appel] libre t\t acte qui mane du moi1 et du moi seulem5t1 l'acte qui porte la m>que de notre p]sonne e/ vritablem5t libre1 c> notre moi seul en rev5diqu]a la pat]nit4#aab ,cette notion de la lib]t n\s p>at la fois trop troite et trop l>ge4 ,d'abord trop troite1 c> elle n'embrasse pas une quantit d'actes libres--peut-tre les plus nombreux1--o1 sans avoir beso9 de faire vibr] t\te la lyre des s5tim5ts et des puissances de l'me t\t entire1 n\s agissons p\rtant en ple9e lib]t1 comme notre consci5ce en tmoigne clairem5t4 ,a9si1 j'cris en ce mom5t1 je lis1 je p>le ou je me repose1 =t librem5t1 alors que ma p]sonnalit t\t entire#aac devrait p\r a9si dire vibr]1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 p\r faire un acte libre4 ,c'e/ donc une exagration d'aj\t] que les actes libres sont r>es1 mme de la "p de ceux qui ont le plus c\tume de s'obs]v] eux-mmes et de raisonn] sur ce qu'ils font4#aad ,d'autre "p1 cette df9ition de la lib]t e/ beauc\p trop l>ge1 c> elle risque d'embrass] des actes qui ne sont po9t libres4 ,p> exemple1 le dsir du bonheur en gnral1 qui e/ le plus pr(ond de notre nature et remue notre me t\t entire1 prcism5t p>ce qu'il e/ le fond de notre in/9ct naturel1 vi5t au monde avec n\s1 et n\s ne p\vons pas plus y r5onc] qu' notre nature raisonnable4 ,que si n\s sommes libres de plac] notre bonheur ici ou l1 dans tel ou tel moy5 p>ticuli]1 la f9 elle-mme1 qui e/ d'tre heureux1 s'impose tellem5t n\s que n\s ne p\vons pas ne pas la v\loir4 ,la rsultante de t\tes les puissances de notre me n'e/ donc pas t\j\rs un acte de lib]t4 ,accordons-le1 p\r un in/ant1 ,m4 ,b]gson4 ,et dem&ons-lui d'o p\rrait v5ir qu'une telle rsultante ft libre4 ,les animaux1 eux aussi1 peuv5t agir suivant la rsultante de t\tes leurs facults1 ils n'en sont pas mo9s incapables de lib]t4 ,si ,m4 ,b]gson n'tait pas anti9tellectuali/e1 il n\s rpondrait en n\s montrant dans l'intellig5ce de l'homme la rac9e de sa lib]t4 ,c'e/ l'idal conu p> l'intellig5ce qui n\s dc\vre p> comp>aison les imp]fections de t\s les bi5s crs1 n\s f\rnissant a9si des motifs suffisants p\r les refus]1 en dsirant et *]*ant t\j\rs mieux4 ,c'e/ cette p\sse idale v]s l'inf9i qui n\s p]met de *oisir librem5t p>mi les bi5s f9is4 ,mais aprs avoir fait fi de l'intellig5ce1 que peut bi5 n\s rpondre un anti9tellectuali/e8 ,comm5t va-t-il s'y pr5dre p\r fond] la lib]t sur les ru9es de la raison8 ,jugez de son emb>ras4 ,il revi5t la rsultante des =ces psy*iques1 et l'acte libre ne s]a plus que leur produit spontan1 s'en dta*ant comme un fruit mr4 ,en ralit1 dit-il1 il n'y a pas 7dans nos mes7 deux t5dances ni mme deux directions1 mais bi5 un moi qui vit et se dveloppe p> l'effet de ses hsitations mmes1 jusqu' ce que l'action libre s'en dta*e la manire d'un fruit trop mr4#aae ,cette conception b]gsoni5ne e/ grosse de consqu5ces extrmem5t graves4 ,si l'intellig5ce n'e/ plus p\r ri5 dans la lib]t1 p\rquoi ne pas l'attribu] aussi aux tres in9tellig5ts8 ,si l'acte libre n'e/ qu'un produit qui se dta*e comme un fruit mr1 s'il n'e/ que la rsultante de nos =ces psy*iques1 p\rquoi ne s]ait-il pas galem5t la rsultante des =ces psy*iques des animaux infrieurs l'homme1 et mme de t\tes les autres =ces de la nature conues sur le modle des ntres plus ou mo9s dgrades8--,cette conclusion1 p>faitem5t logique1 ,m4 ,b]gson la f]a si5ne4 ,non seulem5t dans son d]ni] volume1 o il n\s montr]a une lib]t fondam5tale dans cet lan vital de l',evolution cratrice qui p\sse en avant t\s les tres de la nature1 mais1 ds ma9t5ant1 il prlude nettem5t sa ?orie future1 en confondant ensemble les ides de =ce1 de causalit1 de spontanx et de lib]t4 ,l'ide de =ce1 crit-il1 exclut en ralit celle de dt]m9ation ncessaire4444 ,n\s p]cevons la =ce1 tort ou raison1 comme une libre spontanx4444 ,t\te conception claire de la causalit1 o l'on s'ent5d avec soi mme 7871 conduit a l'ide de la lib]t huma9e comme une consqu5ce naturelle4444#aaf ,que si t\te =ce1 t\te spontanx1 t\te causalit e/ libre1 il n'y a plus de place p\r les =ces1 les spontanxs1 les causalits ncessaires2 il n'y a plus de di/9ction entre la lib]t et la ncessit1 c'e/--dire que le dt]m9isme univ]sel a triomph1 en sacrifiant son enseigne et en appelant la ncessit du nom de lib]t4 ,et c'e/ a9si que le gr& sabre de ,m4 ,prudhomme1 qui devait si vaillamm5t df5dre la cause sacre de la ,lib]t1 a russi la combattre et assur] sa dfaite1 t\t en proclamant sa victoire4 ,avions-n\s raison1 en comm5ant1 de n\s dfi] des mots et du v]balisme sonore de la ,philosophie n\velle8 ,le lecteur en jug]a4 ,p>v5u la f9 de ce premi] volume1 on se s5t vraim5t humili et comme dup d'avoir t oblig de faire la lecture--et la rfutation--de #ahb pages 9-#h de subtilits v]tig9euses sur le temps et l'espace p\r en arriv] une conclusion si inatt5due4 ,m4 ,b]gson aurait bi5 mieux fait de n\s vit] cette fatigue inutile en n\s av\ant clairem5t sa p5se ds le db4 ,il et t si simple de la dcl>] de suite aux belligrants--dt]m9i/es et leurs adv]saires--qu'il v\lait r5voy] dos dos1 et de leur dire3 votre discussion n'a pas d'objet2 lib]t et ncessit1 c'e/ au fond la mme *ose1 s\s deux noms diffr5ts6 ,du mo9s1 les plaideurs euss5t compris de suite de qui l'on prt5dait se moqu] au nom des soi-disant donnes immdiates de la consci5ce4 99 99 99 99 99 ,,iii ,l',,union ,,de ,l',,me ,,et ,,du ,,corps4 ,la n\velle notion du ,temps n'a pas seulem5t la prt5tion de n\s donn] la cl du problme de la ,lib]t1 mais encore celle de l'union de l'me et du corps4 ,c'e/ l'objet du second volume de ,m4 ,b]gson4 ,son titre3 ,matire et ,mmoire e/ l'quival5t de ,matire et ,esprit1 puisque1 dans le n\veau sy/me--comme n\s le v]rons1--la mmoire1 c'e/ l'esprit ou la manife/ation la plus indiscutable de l'esprit4 ,du re/e1 le s\s-titre3 ,essai sur la relation du ,corps et de l',esprit n\s en av]tit dj1 et n\s n'en saurions d\t]3 il s'agit bi5 de l'union de l'me et du corps4 ,ce problme crucial de la philosophie1 dont on ne s'occupait plus dans les *aires univ]sitaires de ,france1 depuis l'invasion du kantisme o il tait trait de pseudo-problme1 ,m4 ,b]gson a le c\rage1 non sans mrite1 de le repr5dre des ma9s de ,desc>tes1 en passant irrespectueusem5t p>-dessus le veto de ,kant4 ,il a le c\rage1 malgr les clameurs univ]selles des positivi/es1 kanti/es et no-kanti/es1 de s\t5ir que la nature de l'me et du corps n'e/ plus inconnaissable et de se proclam] spirituali/e4 ,n\s avons rpudi le matrialisme1 crit-il1 qui prt5d faire driv] le premi] t]me du second 7l'esprit de la matire72 et n\s n'acceptons pas davantage l'idalisme qui veut que le second soit une simple con/ruction du premi]4 ,n\s s\t5ons contre le matrialisme que la p]ception dpasse inf9im5t l'tat crbral2 et n\s avons essay d'tablir contre l'idalisme que la matire dborde de t\s cts la reprs5tation que n\s avons d'elle1 reprs5tation que l'esprit y a p\r a9si dire cueillie p> un *oix intellig5t4 ,de ces deux doctr9es opposes1 l'une attribue au corps et l'autre l'esprit un don de cration vritable1 la premire v\lant que notre c]veau eng5dre la reprs5tation1 et la seconde que notre ent5dem5t dess9e le plan de la nature4#aag ,a la page prcd5te1 l'auteur avait dj prcis la "q rs\dre3 ,ce problme n'e/ ri5 mo9s que celui de l'union de l'me et du corps4 ,il se pose n\s s\s une =me aigu1 p>ce que n\s di/+uons pr(ondm5t la matire et l'esprit4 ,et n\s ne p\vons le t5ir p\r insoluble1 p>ce que n\s df9issons esprit et matire p> des c>actres positifs1 non p> des ngations4#aah ,cette pr(ession de foi spirituali/e1 *ez ,m4 ,b]gson1 n'e/ pas accid5telle ni int]mitt5te4 ,il ne laisse gure *app] une occasion de combattre le matrialisme s\s t\tes ses =mes1 et1 au beso91 de le cribl] de ses traits acrs1 p> exemple1 lorsqu'il rfute la clbre ?orie de la consci5ce-piphnomne qu'il qualifie d'in9telligible piphnomne1 de vrai miracle ou de ,deus ex ma*9a#aai4 ,quant son spiritualisme1 il aime le p\ss] l'extrme2 et1 de fait1 n\s y tr\v]ons des exagrations inutiles o il n\s s]a impossible de le suivre4 ,le corps1 dit-il1 ne saurait eng5dr] ni occasionn] 787un tat intellectuel4444 ,les tats crbraux qui accompagn5t la p]ception n'en sont ni la cause ni le duplicat4444#abj ,il aime a9si se j\] en p>aissant creus] entre le corps et l'me un abme infran*issable#aba1 p\r se donn] ensuite la joie et la surprise de les avoir encore mieux unis4 ,cette av]sion intransigeante p\r le matrialisme et cette foi robu/e1 excessive mme1 en la puissance du spiritualisme1 ont contribu beauc\p--comme on le dev9e-- la rputation et au succs de ,m4 ,b]gson dans c]ta9s milieux religieux et mme p>mi des ca?oliques1 dont on ne peut s'expliqu] autrem5t l'trange eng\em5t4 ,avant de pr5dre feu si vite1 ces admirateurs euss5t t bi5 plus sages de se dire3 att5dons la f96444 ,avec ,m4 ,b]gson1 en effet1 on n'e/ jamais p>faitem5t sr de l'exacte signification des mots ni du s5s de ses pr(essions de foi les plus s9cres4 ,corps et me1 qu'e/-ce que cela peut bi5 v\loir dire p\r un coryphe du phnomnisme et du monisme univ]sel8 ,"q anticipe4 ,ici1 je n'en sais ri5 ou n'en veux ri5 savoir1 et prie le lecteur de v\loir bi51 lui aussi1 att5dre la f94 ,p\r le mom5t1 la position du b]gsonisme1 ddaigneuse de ,kant et de ses vtos prims1 agressive contre le matrialisme et l'idalisme1 v5g]esse du spiritualisme1 n'e/ que digne de nos loges les plus s9cres4 99 99 99 99 99 ,l'union de l'me et du corps e/ donc bi5 le sujet pr9cipal de ce second volume4 ,il e/ bon de le s\lign] et d'en av]tir le lecteur1 qui ne s'en d\t]ait gure aprs l'avoir lu en enti]1 tellem5t e/ exigu la place qui lui e/ consacre4 ,la ?se pr9cipale y e/ tellem5t noye dans les ?ses accessoires qui la prcd5t ou l'accompagn5t qu'elle risque de dev5ir peu prs insaisissable l'obs]vateur qui ne s]ait po9t av]ti4 ,mais passons l'ponge sur ce repro*e--p\rtant si grave du manque presque absolu de composition1--et voyons le fond de la doctr9e n\velle sur cet unique sujet de l'union de l'me et du corps1 n\s rs]vant de repr5dre en temps et lieu la critique des autres sujets accessoires4 ,d'abord1 la m?ode positive qu'on n\s annonce et qui doit faire repos] la solution mtaphysique sur des bases exprim5tales et psy*ologiques n'a ri5 p\r n\s dplaire4 ,au contraire1 l'avons-n\s n\s-mmes prne depuis longtemps comme excell5te et comme la seule vraim5t srieuse4 ,le seul po9t difficile e/ de bi5 int]prt] les faits obs]vs la lumire des donnes intellectuelles sans jamais les fauss] ni les outrepass]4 ,si les faits obs]vs n'tai5t que l'occasion ou le prtexte de rv]ies philosophiques1 il e/ clair que n\s retomb]ions dans t\s les inconvni5ts des con/ructions sy/matiques a priori4 ,sur le pr9cipe de la m?ode1 n\s voil d'accord avec ,m4 ,b]gson3 ,la mme obs]vation psy*ologique1 dit-il1 qui n\s rvl la di/9ction de la matire et de l'esprit1 n\s fait assi/] leur union4#abb ,ce po9t de d"p tant reconnu vrai1 exam9ons la m>*e des ides et leur dr\lem5t v]s le b annonc4 ,avant d'expliqu] l'union des deux t]mes3 corps et me1 il e/ indisp5sable de n\s en donn] quelque notion1 au mo9s trs sommaire1 et n\s compr5ons la rs]ve de ,m4 ,b]gson qui se refuse appr(ondir ici t\te la mtaphysique de la matire et de l'esprit4 ,il ne peut tre "q ici de con/ruire une ?orie de la matire 444 ni de l'esprit4 ,n\s n'avons pas explor] ce doma9e4#abc ,il n\s faut donc t5ir compte l'auteur de cette rs]ve expresse et lui faire crdit1 jusqu'au j\r o il v\dra bi5 n\s rvl] ou n\s laiss] entrevoir1 sur ce sujet capital1 le fond de sa p5se4 ,qu'e/-ce que le corps8--,ds la premire page de son ouvrage1 il se hte de rpondre cette "q1 et sa rponse mtaphorique e/ tellem5t dconc]tante1 au premi] abord1 qu'elle a beso9 d'tre explique p\r ne pas sc&alis] le lecteur3 ,les corps sont des images4 ,et cette mtaphore p>adoxale1 il la rpte1 il la repr5d sans cesse1 n\s en sature1 sans pr5dre la pe9e de n\s l'expliqu] clairem5t4 ,ce n'e/ qu' la c9quantime page qu'on f9it p> en dev9] le s5s4 ,on dc\vre alors que cette image e/ vraim5t du rel1 et que si l'expression e/ idali/e en ple91 la p5se n'en e/ pas mo9s absolum5t rali/e4 ,on saisit ici sur le vif la manire de ,m4 ,b]gson4 ,non seulem5t il veut piqu] la curiosit1 mais il *]*e comme plaisir j\] au p>adoxe et bl\ir les esprits p> les clairs-obscurs de ses feux d'artifice4 ,les amis passionns de la vrit1 de ,platon ou d',ari/ote jusqu' ,desc>tes et ,leibnitz1 n'ont jamais procd a9si4 ,n\s osons dire qu'ils n'ont mme pas s\ponn qu'une telle manire de philosoph] ft la vraie4 ,en voici quelques *antillons4 ,n\s allons fe9dre p\r un in/ant que n\s ne connaissons ri5 des ?ories de la matire et des ?ories de l'esprit1 ri5 des discussions sur la ralit ou l'idalit du monde extrieur4 ,me voici donc en prs5ce d'images1 au s5s le plus vague o l'on puisse pr5dre ce mot1 images p]ues qu& j'ouvre mes s5s1 inap]u qu& je les f]me4 ,t\tes ces images agiss5t et ragiss5t les unes sur les autres dans t\tes leurs p>ties lm5taires1 selon les lois con/antes que j'appelle les lois de la nature4444 ,il en e/ une 7image7 qui tran*e sur t\tes les autres en ce que je ne la connais pas seulem5t du dehors p> des p]ceptions1 mais aussi du d$ans p> des affections3 c'e/ mon corps4444#abd--,les n]fs affr5ts sont des images1 le c]veau e/ une image1 les branlem5ts transmis p> les n]fs s5sitifs et propags dans le c]veau sont des images encore4444#abe ,t\t se passe comme si1 dans cet1 ensemble d'images que j'appelle l'univ]s1 ri5 ne se p\vait produire de rellem5t n\veau que p> l'int]mdiaire de c]ta9es images p>ticulires1 dont le type m'e/ f\rni p> mon corps4#abf--;,j'appelle matire l'ensemble des images1 et p]ception de la matire ces mmes images rapportes l'action possible d'une c]ta9e image dt]m9e1 mon corps4#abg ,de temps en temps1 cep5dant1 mais r>em5t1 l'auteur cons5t appel] ces images d'un autre nom4 ,il p]met qu'on les appelle des objets matriels1 des c5tres de rayonnem5t#abh1 indiquant p> l qu'elles ont une ralit indp5dante de notre reprs5tation4 ,il l'affirm]a mme expressm5t3 ,il e/ vrai1 dira-t-il1 qu'une image peut tre sans tre p]ue4#abi--,qu& n\s disons que l'image exi/e en dehors de n\s1 n\s ent5dons p> l qu'elle e/ extrieure notre corps4444 ,et c'e/ p\rquoi n\s affirmons que la totalit des images p]ues subsi/e1 mme si notre corps s'van\it1 t&is que n\s ne p\vons supprim] notre corps sans faire van\ir nos s5sations4#acj ,n\s voil donc enf9 rassurs sur la ralit objective des images b]gsoni5nes2 elles sont indp5dantes de nos images m5tales et n'ont ri5 de commun avec ces fantmes de l'idalisme dont t\te la ralit consi/e tre p]ue3 esse e/ p]cipi4 ,mais p\rquoi ne pas n\s avoir rassurs plus tt8 ,p\rquoi ne pas n\s avoir montr1 ds le db1 dans ce mot d'image1 le synonyme de phnomne1 pris dans son s5s tymologique et rig\reux8 ,le phnomne1 en effet1 c'e/ l'tre lui-mme en tant qu'il app>at au dehors et se manife/e2 c'e/ l'tre en tant qu'il agit et rayonne aut\r de lui4 ,or1 l'action1 c'e/ l'expression mme de l'ag5t1 et p>tant son image2 c> on agit comme on e/1 ag]e sequitur esse4 ,voil p\rquoi cette action1 lorsqu'elle e/ reue passivem5t ou imprime dans un organe s5tant1 pr5d le nom de species impressa1 selon le vocabulaire si clair et si rig\reusem5t prcis de la philosophie scola/ique4 ,avant d'tre reue dans l'organe1 elle tait dj species1 image physique2 elle devi5t alors physico-psy*ique1 c'e/--dire s5tie ou consci5te4 ,le mot d'images matrielles appliqu aux corps peut donc revtir un s5s trs exact et aussi trs pr(ond1 celui que lui a donn la philosophie traditionnelle4 ,en l'employant1 malgr t\s les usages reu1 ,m4 ,b]gson ne s\ponnait probablem5t pas qu'il p>lait la vieille langue des scola/iques et qu'il se rappro*ait de leur doctr9e4 99 99 99 99 99 ,aprs avoir df9i le premi] t]me du problme1 le corps1 il faudrait essay] de df9ir le second1 l'me1 et rpondre cette n\velle "q3 qu'e/-ce que l'me8 ,malheureusem5t1 n\s n'avons pu dc\vrir aucune rponse claire ni mme aucun essai de rponse4 ,on compr5d1 d'ailleurs1 qu'aprs avoir df9i le corps en t]mes psy*iques1 on soit emb>rass1 c> la df9ition de l'me en t]mes psy*iques s]ait une tautologie4 ,aussi bi5 l'auteur1 au lieu de df9ir l'me1 va s'en remettre l'obs]vation psy*ologique p\r n\s faire exprim5t] l'esprit dans son opposition irrductible la matire1 en mme temps que dans son union avec elle4 ,et o n\s propose-t-il de saisir l'esprit8 ,s]ait-ce dans la p]ception des s5s1 dans la mmoire ou bi5 dans les oprations intellectuelles8 ,ces d]nires sont c>tes p> un sil5ce qui1 lo9 d'tre respectueux1 p>at plutt ddaigneux4 ,il fallait s'y att5dre de la "p d'un anti9tellectuali/e intransigeant comme ,m4 ,b]gson4 ,l'intellig5ce1 qui di/+ue l'homme de l'animal1 qui e/ la s\rce du jugem5t1 du raisonnem5t1 du *oix et de la lib]t huma9e1 et p>tant la gr&e et fconde preuve1 d'une 9puisable ri*esse1 de la spiritualit de l'me1 e/ laisse dans l'oubli4 ,et l'on croira plus solide et plus =t de pr\v] cette spiritualit de l'me p> la spiritualit de la mmoire6 ,voici donc la ?se de la philosophie n\velle3 ,la p]ception pure annonce dj et prp>e l'esprit1 mais c'e/ la mmoire qui manife/e l'esprit4 ,donnons quelques dveloppem5ts *acune de ces deux propositions4 ,d'abord1 n\s dit ,m4 ,b]gson1 tant que n\s en re/ons la s5sation et la p]ception pure1 on peut pe9e dire que n\s ayons affaire l'esprit4 ,sans d\te n\s tablissons1 contre la ?orie de la consci5ce-piphnomne1 qu'aucun tat crbral n'e/ l'quival5t d'une p]ception4 ,sans d\te1 la slection des p]ceptions p>mi les images en gnral e/ l'effet d'un disc]nem5t qui annonce dj l'esprit4444 #aca ,mais ce n'e/ pas encore l'esprit4 ,quelle en e/ la raison8 ,c'e/ que la p]ception pure noms place d'emble dans la matire4 ,assurm5t1 dit-il1 n\s s\t5ons contre le matrialisme que la p]ception dpasse inf9im5t l'tat crbral #acb1 mais il n'en e/ pas mo9s vrai que dans la p]ception des s5s l'esprit concide avec son objet matriel et ne s'en dgage pas encore4 ,dans la p]ception visuelle d'un objet1 le c]veau1 les n]fs1 la rt9e et l'objet lui-mme =m5t un t\t solidaire1 un processus cont9u#acc2 si bi5 que la p]ception de l'objet extrieur semble plutt hors de moi qu'en moi1 plutt ext5sive et matrielle que simple et spirituelle4 ,en effet1 sa t*e e/ de se m\l] sur l'objet extrieur44441 bi5 lo9 de n'tre qu'une espce de vision intrieure et subjective1 qui ne diffr]ait du s\v5ir que p> sa plus gr&e int5sit#acd2 nos p]ceptions se dispos5t en cont9uit rig\reuse dans l'espace#ace4 ,c'e/ donc une grave erreur de les pr5dre p\r des tats de consci5ce inext5sifs4 ,la p]ception objective1 comme les s5sations subjectives qui l'accompagn5t1 sont des tats psy*iques galem5t ext5sifs1 p> ess5ce et non p> accid5t1 ds le db de leur =mation et non pas seulem5t la f9#acf4 ,vrit capitale1 fonde sur l'obs]vation la plus lm5taire de notre consci5ce1 et sur laquelle ,m4 ,b]gson ne cesse de rev5ir p\r la faire bi5 pntr] dans les esprits1 malgr les prjugs contraires de nos contempora9s4 ,en cela1 ,m4 ,b]gson rejo9t la ,scola/ique4 ,ec\tons avec quelle vigueur il df5d sa cause3 ,pr(itant de ce que la s5sation-- cause de l'ef=t confus qu'elle enveloppe--n'e/ 7p>fois7 que vaguem5t localise1 le psy*ologue la dcl>e t\t de suite inext5sive1 et il fait ds lors de la s5sation en gnral l'lm5t simple avec lequel n\s obt5ons p> voie de composition les images extrieures4 ,la vrit e/ que l'affection n'e/ pas la matire premire dont la p]ception e/ faite2 elle e/ bi5 plutt l'impuret qui s'y mle4444 ,l'affection elle-mme possde1 ds le db1 une c]ta9e dt]m9ation ext5sive4444#acg--;,de l l'illusion qui consi/e voir dans la s5sation un tat flottant et inext5sif1 lequel n'acqu]rait l'ext5sion et ne se consolid]ait dans le corps que p> accid5t3 illusion qui vicie pr(ondm5t1 comme n\s l'avons vu1 la ?orie de la p]ception extrieure et s\lve bon nombre de que/ions p5dantes entre les div]ses mtaphysiques de la matire4 ,il faut en pr5dre son p>ti3 la s5sation e/1 p> ess5ce1 ext5sive et localise4#ach ,sur ce t]ra9 solide1 il y aurait plaisir suivre ,m4 ,b]gson dans sa campagne vig\reuse contre l'idalisme anglais qui s'puise en va9s ef=ts p\r con/ruire la matire ext5sive avec des tats intrieurs inext5sifs1 et p\r expliqu] la p]ception des s5s p> une halluc9ation vraie1 suivant la fameuse =mule de ,ta9e1 dont le p>adoxe seul a pu faire l'tonnant succs4 ,mais cela n\s loign]ait beauc\p trop de notre sujet prs5t1 et n\s aimons mieux aj\rn] ces dveloppem5ts au *apitre que n\s consacr]ons la ?orie b]gsoni5ne de la connaissance s5sible4 ,p\r le mom5t1 il n\s suffit de conclure que p]ceptions et s5sations se dr\lant dans l'espace1 ce sont l des facults organiques1 et qu'il n\s faut *]*] ailleurs l'esprit pur ou sans mlange avec le corps4 ,or1 ,m4 ,b]gson1 avons-n\s dit1 prt5d l'avoir tr\v dans la mmoire#aci1 et comme cette ass]tion a de quoi surpr5dre la fois physiologi/es et psy*ologues1 il se hte de di/+u] deux espces de mmoires3 la mmoire motrice et la mmoire proprem5t dite#adj4 ,il y a deux mmoires pr(ondm5t di/9ctes3 l'une1 fixe dans l'organisme1 n'e/ po9t autre *ose que l'ensemble des mcanismes intelligemm5t monts 7dans le c]veau et la moelle7 qui assur5t une rplique conv5able aux div]ses int]pellations possibles4 ,elle fait que n\s n\s adaptons la situation prs5te1 et que les actions subies p> n\s se prolong5t d'elles-mmes en ractions tantt accomplies1 tantt simplem5t naissantes1 mais t\j\rs plus ou mo9s appropries4 ,habitude plutt que mmoire1 elle j\e notre expri5ce passe1 mais n'en voque pas l'image4 ,l'autre e/ la mmoire vraie4 ,coext5sive la consci5ce1 elle reti5t et aligne la suite les uns des autres t\s nos tats au fur et mesure qu'ils se produis5t1 laissant *aque fait sa place et p> consqu5t lui m>quant sa date1 se m\vant bi5 rellem5t dans le pass df9itif et non pas1 comme la premire1 dans un prs5t qui recomm5ce sans cesse4#ada ,cep5dant1 ces deux mmoires1 lo9 d'tre sp>es1 se prt5t un mutuel appui4 ,la mmoire du pass prs5te aux mcanismes s5sori-moteurs t\s les s\v5irs-images capables de les guid] dans leur t*e et de dirig] utilem5t leurs ractions motrices4 ,de l naiss5t les associations d'images et de m\vem5ts1 soit p> contigut1 soit p> similitude4 ,d'autre "p1 les app>eils s5sori-moteurs1 grce leurs habitudes1 peuv5t rveill] les s\v5irs-images endormis ou inconsci5ts1 leur donnant a9si le moy5 de pr5dre corps1 de se matrialis] en r$ev5ant prs5ts et actifs4 ,c'e/ la solidit plus ou mo9s bi5 tablie de cet accord entre les images et les m\vem5ts et sa prcision plus ou mo9s p>faite que n\s reconnaissons les esprits quilibrs ou dsquilibrs et impulsifs#adb4 ,a son t\r1 la mmoire proprem5t dite se subdivise en s\v5ir-image et en s\v5ir pur4 ,le s\v5ir-image1 comme son nom l'indique1 emmagas9e et reproduit les images2 le s\v5ir pur les reconnat4 ,en effet1 ,m4 ,b]gson l'a =t bi5 dit3 ,imag9] n'e/ pas se s\v5ir4 ,sans d\te1 un s\v5ir1 mesure qu'il s'actualise1 t5d vivre en image2 mais la rciproque n'e/ pas vraie1 et l'image pure et simple ne me report]a au pass que si c'e/ en effet dans le pass que je suis all la *]*]4#adc ,or1 p\r ,m4 ,b]gson1 ces deux espces de s\v5ir sont galem5t inorganiques et con/itu5t l'esprit pur#add4 ,la seule diffr5ce qui exi/]ait entre eux1 c'e/ que le s\v5ir-image t5d se matrialis] en actions motrices dont n\s avons indiqu le mcanisme1 t&is que le s\v5ir pur ne le peut p> lui-mme et sans s'tre exprim dans une image4 ,de l dc\le une gradation ins5sible entre trois t]mes3 #a ,le s\v5ir pur qui t5d s'exprim] en image2 #b le s\v5ir-image qui t5d s'associ] une p]ception prs5te p\r la complt]2 #c la p]ception elle-mme qui t5d a se matrialis] en m\vem5ts#ade4 ,n\s n'hsit]ons pas accord] l'auteur la di/9ction qu'il dem&e entre le s\v5ir pur et le s\v5ir-image4 ,c'e/ une de nos ?ses fondam5tales en philosophie scola/ique qu'au-dessus de la mmoire des images il y a une mmoire pure et inorganique1 celle des ides1 jugem5ts1 raisonnem5ts et des s5tim5ts purem5t spirituels4 ,mais n\s croyons que la mmoire des images1 lo9 d'tre inorganique et purem5t spirituelle1 comme il le s\ti5t1 e/ vraim5t organique et localise dans des organes4 ,ici1 ,m4 ,b]gson va contre l'op9ion univ]sellem5t admise p> t\s les physiologi/es et psy*ologues contempora9s1 et n\s n'avons aucune raison de le suivre dans un des excs les plus repro*s au spiritualisme c>tsi54 ,je sais bi5 qu'il s'en df5d et qu'il a con/ruit t\t un long plaidoy] p\r montr] que sa ?se ultra-spirituali/e n'tait po9t entame p> les plus rc5tes expri5ces sur les localisations crbrales1 notamm5t p> les re*]*es si curieuses sur les cas pa?ologiques de l'aphasie4 ,mais sa df5se1 si +nieuse qu'elle soit1 ne n\s a po9t conva9cu1 et n\s p]si/ons p5s] que la vieille ?se sur le c>actre organique de t\tes nos s5sations1 et p>tant des images s5sibles du s\v5ir1 e/ bi5 plus con=me et mme la seule con=me aux faits obs]vs4 ,comm5t explique-t-il1 en effet1 les cas pa?ologiques o n\s con/atons qu' c]ta9es lsions localises de l'corce crbrale correspond5t t\j\rs des tr\bles de la mmoire imag9ative et de la reconnaissance1 soit de la reconnaissance visuelle ou auditive 7ccit ou surdit psy*ique71 soit de la reconnaissance des mots 7ccit v]bale1 surdit v]bale71 etc48 ,il rpond que ces tr\bles des images et du s\v5ir p\rrai5t bi5 prov5ir indirectem5t de ce que les mcanismes moteurs du c]veau s]ai5t lss sans que les images elles-mmes soi5t atte9tes4 ,ces images ne s]ai5t donc pas localises dans le c]veau4 ,ces lsions des images1 dit-il1 ne vi5n5t pas du t\t de ce qu'elles occupai5t la rgion lse4 ,elles ti5n5t deux autres causes3 ,tantt ce que notre corps ne peut plus pr5dre automatiquem5t l'attitude prcise p> l'int]mdiaire de laquelle s'oprait une slection entre nos s\v5irs1 tantt ce que les s\v5irs ne tr\v5t plus dans le corps un po9t d'application1 un moy5 de se prolong] en action4 ,dans le premi] cas1 la lsion port]a sur les mcanismes qui fix5t l'att5tion et prp>5t les s\v5irs2 dans le second1 sur les c5tres qu'on appelle1 tort ou raison1 des c5tres imag9atifs1 et qui prp>5t les m\vem5ts4 ,dans un cas comme dans l'autre1 ce sont des m\vem5ts actuels qui s]ont lss ou des m\vem5ts v5ir qui cess]ont d'tre prp>s3 il n'y aura pas eu de/ruction de s\v5irs4#adf ,admettons1 p\r un in/ant1 cette explication4 ,elle n'vit]a qu'en p>tie la localisation des images4 ,p\rquoi1 dans le second cas1 les m\vem5ts v5ir cess5t-ils d'tre prp>s8 s9on p>ce que les c5tres qu'on appelle1 tort ou raison1 des c5tres imag9atifs sont lss et que les images lses ou dtruites ne peuv5t plus faire leur fonction habituelle d'clair] et de coordonn] les m\vem5ts4 ,donc1 les images sont bi5 lses1 et ce n'e/ pas tort1 mais raison1 qu'on p>le de c5tres imag9atifs4 ,ce qui a*ve de r5dre plus vraisemblable cette explication1 c'e/ le cas trs frqu5t o1 p> suite de lsions crbrales1 les mcanismes moteurs p>aiss5t intacts1 alors que les images seules font dfaut4 ,tels sont les cas de ccit ou de surdit v]bale1 o le malade n'e/ ni aveugle ni s\rd1 c> il voit et il ent5d =t bi51 mais il ne peut plus compr5dre les mots qu'il ent5d ou qu'il lit1 p>ce qu'il ne sait plus traduire ces signes matriels en images intelligibles4 ,et cep5dant1 il n'e/ nullem5t idiot1 c> il reconnat son infirmit et en gmit4 ,bi5 plus1 si le dialogue le dr\te1 le monologue peut lui tre encore p]mis4 ,p>fois mme1 il p\rra dialogu] encore1 mais seulem5t p> crit4 ,que lui manque-t-il donc8 ,ce n'e/ pas le mcanisme moteur1 mais seulem5t les images p> lesquelles il avait c\tume de traduire les sons articuls p]u p> son oreille ou les signes graphiques que ses yeux p]oiv5t encore4 ,or1 les siges de ces images ou c5tres imag9atifs p>aiss5t auj\rd'hui trs nettem5t dt]m9s4 ,ce ne sont donc pas les faits de psy*o-physiologie nettem5t obs]vs qui ont conduit ,m4 ,b]gson son int]prtation sy/matique1 mais l'ide prconue que le c]veau ne p\vait tre un magas9 d'images4 ,n\s ne voyons pas1 dit-il1 comm5t la mmoire se log]ait dans la matire4#adg ,en sorte que s'il nie les faits obs]vs1 c'e/ s\s le prtexte qu'ils sont impossibles compr5dre4 ,t\j\rs la m?ode a priori6 ,p\r n\s1 si n\s accordons qu'il peut y avoir des conceptions grossires de la localisation des images1 p> exemple celle qui v\drait assimil] le c]veau un gr5i] de ?tre ou un entrept de tableaux1 n\s s\t5ons qu'il doit y avoir des conceptions mo9s grossires et plus intellig5tes4 ,et les exemples si curieux de l'enregi/rem5t d'un disc\rs ou d'un conc]t de musique dans la cire molle d'un phonographe n\s engag5t espr] que le mode de leur enregi/rem5t1 dans le c]veau se dc\vrira tt ou t>d et n\s rvl]a une n\velle m]veille de l',intellig5ce cratrice1 ins\ponne du gnie huma94 ,en att5dant le j\r1 plus ou mo9s loign1 d'une rvlation si in/ructive1 n\s incl9ons croire que ces images1 ve/iges microscopiques de la p]ception des s5s1 sont cons]ves1 non pas en acte1 mais en puissance virtuelle dans les cellules crbrales o elles sommeill5t4 ,c'e/ la consci5ce qui les rveille et qui1 en elles et p> elles1 dr\le sa puissance d'imag9ation et de ress\v5ir4 ,n\s reconnaissons donc l des oprations organiques de l'me qu'elle ex]ce dans le corps et p> le corps et qui p>ticip5t la nature de ces deux copr9cipes1 matire et esprit4 ,quoi qu'il en soit1 accordons ,m4 ,b]gson que la nature du s\v5ir-image peut encore prt] controv]ses2 accordons-lui mme qu'il soit inorganique et spirituel1 l'gal du s\v5ir pur1 et exam9ons comm5t il va n\s expliqu] l'union de l'esprit et de la matire1 de l'me et du corps4 ,c'e/1 en effet1 le gr& problme dont la solution1 avons-n\s dit1 e/ l'objet de ce volume1 et qui n\s ti5t en veil trav]s t\s ces longs prlim9aires sur la nature de la matire et de l'esprit4 ,n\s entrons ici au cur mme du sujet1 au po9t le plus subtil qui rclam]a t\t notre ef=t d'application4 99 99 99 99 99 ,le problme de l'union de l'me et du corps a t mal pos jusqu' ce j\r1 d'aprs ,m4 ,b]gson4 ,il a t pos en fonction de l'espace1 alors qu'il doit se pos] dsormais en fonction du temps4 ,desc>tes1 en effet1 ayant df9i le corps p> l't5due et l'me p> la p5se 9t5due1 avait r5du impossible t\te union et mme t\t rappro*em5t entre eux4 ,la di/9ction de l't5du et de l'9t5du tant radicale1 ne comporte pas de degr1 pas d'int]mdiaire qui puisse les runir4 ,si la matire e/ dans l'espace et l'esprit hors de l'espace1 il n'y a pas de transition possible entre eux et t\t rappro*em5t devi5t contradictoire et *imrique4 ,ne p\vant plus unir les deux t]mes1 il ne re/e plus qu' les suppos] p>allles1 comme deux horloges p>faitem5t rgles qui m>*5t d'accord sans s'influ5c] mutuellem5t1 et v]s] avec les c>tsi5s dans les sy/mes si artificiels de l'h>monie prtablie ou de l'occasionnalisme4 ,or1 ,m4 ,b]gson rejette avec raison t\s ces sy/mes qui esquiv5t la difficult au lieu de la rs\dre2 il dmontre que l'hypo?se du p>alllisme repose sur un p>alogisme et mme sur un vritable en*evtrem5t de p>alogismes4 ,non seulem5t l'hypo?se e/ arbitraire1 dit-il1 mais elle n'explique pas la russite de la sci5ce qui demeure un my/re#adh4 ,d'autre "p1 il accorde ,desc>tes que l'opposition entre le corps et l'esprit e/ bi5 celle de l't5du et de l'9t5du4 ,bi5 plus1 il la r5=ce et la complique de deux n\velles anti?ses3 #a opposition de la quantit homogne qui c>actrise les corps et des qualits htrognes qui di/+u5t les phnomnes psy*iques2 #b opposition de la ncessit qui dt]m9e la matire et de la lib]t qui di/+ue l'esprit4 ,triple anti?se au lieu d'une seule6 ,ayant a9si creus plus fond que jamais le foss infran*issable entre la matire et l'esprit1 et p\r a9si dire exaspr comme plaisir la difficult du problme1 ,m4 ,b]gson va faire jaillir la solution d'une innovation due son gnie4 ,il suffira1 n\s l'avons dit1 de pos] autrem5t le problme3 en fonction du temps1 et non plus en fonction de l'espace6 ,solution vraim5t orig9ale mais si tonnante qu'elle ne peut manqu] de laiss] quelque peu sceptique et rveur un vieux pr(esseur de mtaphysique6444 ,cons5tons t\tefois de bonne grce c\t] l'explication du secret magique1 et ne le jugeons qu'aprs l'avoir ent5du4 ,la voici fidlem5t reproduite3 ,n\s avions raison de dire1 au db de ce livre1 que la di/9ction du corps et de l'esprit ne doit pas s'tablir en fonction de l'espace1 mais du temps4 ,le tort du dualisme vulgaire e/ de se plac] au po9t de vue de l'espace1 de mettre d'un ct la matire avec ses modifications dans l'espace1 de l'autre des s5sations inext5sives dans la consci5ce4 ,de l l'impossibilit de compr5dre comm5t l'esprit agit sur le corps et le corps sur l'esprit4 ,de l les hypo?ses qui ne sont et ne peuv5t tre que des con/atations dguises du fait1 l'ide d'un p>alllisme ou celle d'une h>monie prtablie4 ,mais de l aussi l'impossibilit d'tablir1 soit une psy*ologie de la mmoire1 soit une mtaphysique de la matire4444#adi ,or1 n\s avons russi con/itu] l'une et l'autre4 ,la matire1 mesure qu'on en cont9ue plus lo9 l'analyse1 t5d de plus en plus n'tre qu'une succession de mom5ts 787 inf9im5t rapides qui se dduis5t les uns des autres et p> l s'quival5t4 ,l'esprit1 tant dj mmoire dans la p]ception1 s'affirme de plus en plus comme un prolongem5t du pass dans le prs5t1 un progrs1 une volution vritable4 ,c'e/ donc l'esprit qui1 p> la mmoire1 relie entre eux et p\r a9si dire solidifie l'c\lem5t cont9u des *oses2 c'e/ p> l qu'il a prise sur le corps1 en liant les mom5ts successifs de sa dure4 ,mais la relation du corps l'esprit en devi5t-elle plus claire8 ,a une di/9ction spatiale n\s sub/ituons une di/9ction temporelle3 les deux t]mes en sont-ils plus capables de s'unir8--,a cette objection facile prvoir1 ,m4 ,b]gson rpond aussitt3 ,il faut rem>qu] que la premire di/9ction 7celle de l't5du et de l'9t5du7 ne comporte pas de degrs3 la matire e/ dans l'espace1 l'esprit e/ hors de l'espace2 il n'y a pas de transition possible entre eux4 ,au contraire1 si le rle le plus humble de l'esprit 7mmoire7 e/ de li] les mom5ts successifs de la dure des *oses1 si c'e/ dans cette opration qu'il pr5d contact 787 avec la matire1 et p> elle aussi qu'il s'en di/+ue d'abord1 on conoit une inf9it de degrs entre la matire et l'esprit 7la mmoire7 ple9em5t dvelopp4 444,a9si1 entre la matire brute et l'esprit le plus capable de rflexion1 il y a t\tes les int5sits possibles de la mmoire1 ou1 ce qui revi5t au mme1 t\s les degrs de la lib]t 7874 ,dans la premire hypo?se1 celle qui exprime la di/9ction de l'esprit et du corps en t]mes d'espace1 corps et esprit sont comme deux voies f]res qui se c\p]ai5t angle droit2 dans la seconde1 les rails se raccord5t selon une c\rbe1 de sorte que l'on passe ins5siblem5t d'une voie sur l'autre4#aej ,telle e/ la rponse de ,m4 ,b]gson l'objection ci-dessus4 ,av\ons qu'elle e/ vraim5t bi5 faible1 p\r ne pas dire nulle4 ,c'e/ une affirmation sans preuve1 se dguisant mal s\s une image trangre la "q4 ,si le corps et l'me1 l't5du et l'9t5du1 ne peuv5t s'unir dans l'espace1 comm5t s'uniront-ils mieux dans le temps8--,on n\s rpond que le rle le plus humble de l'esprit e/ de li] les mom5ts successifs de la dure des *oses1 que c'e/ dans cette opration qu'il pr5d contact avec la matire4 ,mais n'e/-ce pas prcism5t ce qu'il faut expliqu]8 ,comm5t l'esprit peut-il pr5dre contact avec la matire dans le temps1 sans pr5dre contact aussi dans l'espace8 ,comm5t le contact dans le temps p\rrait-il s]vir de prp>ation ou d'int]mdiaire au mme contact dans l'espace8 ,le premi] s]ait-il donc antrieur au second8 ,et qui p\rra jamais compr5dre des subtilits si nuageuses qui laiss5t lo9 d]rire elles t\tes les *imres des entits scola/iques6 ,aj\t] cette mauvaise rponse qu'on peut admettre t\tes les int5sits possibles de la mmoire et en imag9] une d'un degr inf9im5t petit n'attnue en ri5 la difficult de greff] l'un sur l'autre les deux t]mes du problme1 l't5du et l'9t5du4 ,l'esprit le plus infrieur demeur]a t\j\rs esprit 9t5du1 en prs5ce du corps t5du--malgr le prt5du int]mdiaire du temps1--et le problme en re/]a t\j\rs au mme po9t4 ,les deux voies f]res s]ont t\j\rs c\pes angle droit1 et l'lgante c\rbe qui devait les reli] re/]a dans le pays des rves4 ,la solution gniale qu'on n\s annonait n'e/ donc1 l'exam9] de prs1 qu'une solution purem5t v]bale3 voces et v]ba1 prt]eaque nihil6 ,il faut bi5 que ,m4 ,b]gson ait eu quelque intuition de sa faiblesse p\r avoir *]* une autre solution au r$\table problme1 c> il va n\s en propos] une autre1 et mme deux4 99 99 99 99 99 ,d'abord1 rappelons-n\s la triple anti?se qu'il a admise entre le corps et l'esprit4 ,l'opposition des deux pr9cipes1 a-t-il crit1 dans le dualisme en gnral1 se rs\t en la triple opposition de l'9t5du l't5du1 de la qualit la quantit et de la lib]t la ncessit4#aea ,or1 il a l'int5tion de lev] ou d'attnu] ces trois oppositions et de n\s donn] a9si une solution que j'appell]ai p> l'id5tit des contraires4 ,au lieu de *]*] unir les t]mes opposs mais complm5taires dans un mme sujet1 comme l'a essay la philosophie traditionelle1 il va s'escrim] les id5tifi] en tr\vant des t]mes moy5s entre les deux extrmes1 qui rduiront ou sembl]ont rduire les oppositions de nature de simples diffr5ces de degrs4 ,et c'e/ alors que les deux voies qui se c\pai5t angle droit se tr\v]ont relies p> d'lgantes c\rbes se fondant l'une dans l'autre4 ,n\s jug]ons bi5tt de la valeur d'une telle m?ode4 ,voyons-en d'abord les rsultats4 ,la premire anti?se1 avons-n\s dit1 e/ celle qui oppose l't5du l'9t5du4 ,m4 ,b]gson1 qui avait1 un peu plus haut1 jug cette opposition absolum5t irrductible1 va se ravis] et f9ir1 grce la s\plesse de sa dialectique1 p> leur imag9] un moy5 t]me4 ,laissons-lui la p>ole4 ,d'abord1 il n\s prvi5t contre une illusion3 ,notre ent5dem5t1 cdant son illusion habituelle 7871 pose ce dilemme qu'une *ose e/ t5due ou ne l'e/ pas4444#aeb ,puis il n\s indique comm5t il a *app cette illusion4 ,si l'on imag9e1 d'un ct1 une t5due rellem5t divise en corpuscules1 p> exemple1 de l'autre1 une consci5ce avec des s5sations p> elles-mmes inext5sives qui vi5drai5t se projet] dans l'espace1 on ne tr\v]a videmm5t ri5 de commun entre cette matire et cette consci5ce1 entre le corps et l'esprit4 ,mais cette opposition de la p]ception et de la matire e/ l'uvre artificielle d'un ent5dem5t qui dcompose et recompose selon ses habitudes et ses lois3 elle n'e/ pas donne l'intuition immdiate4 ,ce qui e/ donn1 ce ne sont pas des s5sations inext5sives3 comm5t irai5t-elles rejo9dre l'espace1 y *oisir un lieu1 s'y coordonn] enf9 p\r con/ruire une expri5ce univ]selle8 ,ce qui e/ rel1 ce n'e/ pas davantage une t5due divise en p>ties indp5dantes4444 ,ce qui e/ donn1 ce qui e/ rel1 c'e/ quelque *ose d'int]mdiaire entre l't5due divise et l'9t5du pur2 c'e/ ce que n\s avons appel l'ext5sif4#aec ,a9si ,m4 ,b]gson di/+ue l't5due dj divise de l't5due indivise1 mais p\rtant divisible1 qu'il appelle l'ext5sif4 ,accordons-lui cette t]m9ologie1 quoiqu'elle ne soit pas exacte1 c> l't5due dj divise =me plusieurs t5dues1 t&is que l'indivise e/ seule une t5due4 ,qu'en conclure8 ,le corps huma9--comme t\s les organismes vraim5t d\s d'unit--tant prcism5t une t5due indivise ou ext5sive1 on n'a pas encore tr\v de moy5 t]me entre le corps et l'me ni dim9u le foss qui les sp>e4 ,la di/9ction de ,m4 ,b]gson re/e ct de la "q et ne porte pas le c\p qu'il en esprait4 ,deuxime ant9omie4 ,l'obscurit du problme de l'union ti5drait1 en second lieu1 l'anti?se que l'ent5dem5t tablit entre la quantit et la qualit4 ,la sci5ce1 en effet1 t5d de plus en plus assimil] les corps des quantits et des m\vem5ts homognes1 t&is que la consci5ce p>at ess5tiellem5t con/itue d'tats qualitatifs et htrognes4 ,mais t\t rappro*em5t entre ces deux conceptions contraires ne p>at plus impossible dans la ?orie b]gsoni5ne1 et le foss s]ait de n\veau combl si l'on p\vait les considr] comme les deux extrmes d'un tat moy54 ,or1 il en s]ait bi5 a9si3 la qualit htrogne ne s]ait qu'un gr\pem5t et une cond5sation p> la mmoire d'une multitude d'tats homognes4 ,a9si1 p> exemple1 la qualit r\ge ne s]ait que la contraction p> la consci5ce de plusieurs trillions de vibrations homognes4 ,cet tat moy5 entre la quantit homogne et les qualits htrognes a pris le nom de t5sion dans la n\velle cole4 ,l'analyse de la p]ception pure n\s a laiss entrevoir dans l'ide2 d'ext5sion un rappro*em5t possible entre l't5du et l'9t5du4 ,mais noire conception de la mmoire pure devrait n\s conduire1 p> une voie p>allle1 attnu] la seconde opposition1 celle de la qualit et de la quantit4444 ,o e/ au ju/e la diffr5ce entre les qualits htrognes qui se succd5t dans notre p]ception concrte et les *angem5ts homognes que la sci5ce met d]rire ces p]ceptions dans l'espace8 ,les premires sont discont9ues et ne peuv5t se dduire les unes des autres2 les seconds1 au contraire1 se prt5t au calcul4 ,mais p\r qu'ils s'y prt5t1 po9t n'e/ beso9 d'en faire des quantits pures3 autant vaudrait les rduire au nant4 ,il suffit que leur htrognx soit assez dilue1 en quelque sorte1 p\r dev5ir1 notre po9t de vue1 pratiquem5t ngligeable4 ,or1 si t\te p]ception concrte1 si c\rte qu'on la suppose1 e/ dj la syn?se1 p> la mmoire1 d'une inf9it de p]ceptions pures qui se succd5t1 ne doit-on pas p5s] que l'htrognx des qualits s5sibles ti5t leur contraction dans la mmoire1 et l'homognx relative des *angem5ts objectifs leur rel*em5t naturel8 ,et l'int]valle de la quantit la qualit ne p\rrait-il pas alors tre dim9u p> des considrations de t5sion1 comme p> celles d'ext5sion1 la di/ance de l't5du l'9t5du8#aed ,a9si--n\s n'avions pas mal compris ces di/9ctions subtiles1--la quantit et la qualit1 l'homogne et l'htrogne ne sont que des degrs dans la contraction ou le rel*em5t d'une mme *ose1 la t5sion1 de mme que l't5du et l'9t5du sont des degrs et comme les limites extrmes d'un mme tat1 l'ext5sion4 ,en s]a-t-il de mme p\r le ncessaire et le libre8 ,s]ont-ils une mme et unique *ose1 plus ou mo9s dilue8 ,c'e/ ce qu'on va n\s dire4 ,troisime ant9omie4 ,dsormais1 on aura mo9s de pe9e1 aj\te ,m4 ,b]gson1 compr5dre la troisime et d]nire opposition1 celle de la lib]t et de la ncessit4 ,la ncessit absolue s]ait reprs5te p> une quival5ce p>faite des mom5ts successifs de la dure les uns dans les autres4 ,en e/-il a9si de la dure de l'univ]s matriel8 ,*acun de ses mom5ts p\rrait-il se dduire ma?matiquem5t du prcd5t8 ,n\s avons suppos dans t\t ce travail1 p\r la commodit de l'tude1 qu'il en tait bi5 a9si4444 que la cont+5ce du c\rs de la nature1 si pr(ondm5t tudie dans une philosophie rc5te1 doit quivaloir pratiquem5t p\r n\s la ncessit4444 ,la lib]t n'e/ pas dans la nature un empire dans un empire4444 ,le progrs de la matire vivante consi/e dans une diffr5ciation des fonctions qui amne la =mation d'abord1 puis la complication graduelle d'un sy/me n]veux capable de canalis] des excitations et d'organis] des actions3 plus les c5tres suprieurs se dvelopp5t1 plus nombreuses devi5dront les voies motrices entre lesquelles une mme excitation propos]a l'action un *oix4 ,une latitude de plus en plus gr&e e/ laisse au m\vem5t dans l'espace4444 ,elle devi5t de plus en plus capable de crer des actes dont l'indt]m9ation int]ne1 devant se rp>tir sur une multiplicit aussi gr&e qu'on v\dra des mom5ts de la matire1 pass]a d'autant plus facilem5t trav]s les mailles de la ncessit4 ,a9si1 qu'on l'envisage dans le temps ou dans l'espace1 la lib]t p>at t\j\rs p\ss] dans la ncessit des rac9es pr(ondes et s'organis] intimem5t avec elle#aee4 ,et c'e/ a9si que ,m4 ,b]gson espre avoir lev ou attnu les trois oppositions qu'il a tablies entre le corps et l'esprit6 99 99 99 99 99 ,mais p\rquoi s'arrt] sur cette p5te rapide et v]tig9euse des rappro*em5ts p> id5tification8 ,aprs avoir id5tifi l't5du et l'9t5du1 la quantit homogne et la qualit htrogne1 la ncessit et la lib]t--o l'on ne veut plus voir que des degrs ou des tats plus ou mo9s dilus1--n'e/-il pas plus simple et plus logique d'all] jusqu'au fond de l'abme1 en id5tifiant la matire et l'esprit1 le corps et l'me8 ,c'tait mme logiquem5t la premire ant9omie laquelle il fallait s'attaqu]4 ,s'il avait comm5c p> l1 ,m4 ,b]gson n\s aurait du mo9s vit un trs long et trs pnible dt\r trav]s la pnombre pr(onde de subtilits vraim5t inextricables1 et n\s s]ions alls droit au b du monisme univ]sel4 ,avec un peu de pati5ce1 voici que n\s y arrivons qu& mme1 et quoique l'auteur--p> une rs]ve qu'il ne g>d]a pas t\j\rs--se soit cont5t de n\s laiss] entrevoir sa p5se1 elle n\s p>at suffisamm5t claire3 ,intellig5ti pauca4 ,le lecteur va en jug] lui-mme p> quelques citations *oisies4 ,il v]ra si1 aprs avoir p\ss le dualisme de l'me et du corps jusqu' l'extrme1 ces extrmes n'ont pas f9i de se rejo9dre et s'id5tifi]3 ,que t\te ralit ait une p>5t1 une analogie1 un rapport enf9 avec la consci5ce1 c'e/ ce que n\s concdions l'idalisme1 p> cela mme que n\s appelions les *oses des images#aef4--,l'univ]s matriel1 df9i comme la totalit des images1 e/ une espce de consci5ce1 une consci5ce o t\t se comp5se et se neutralise1 une consci5ce dont t\tes les p>ties v5tuelles1 s'quilibrant les unes les autres p> des ractions t\j\rs gales aux actions1 s'emp*5t rciproquem5t de faire saillie4#aeg--,la matire t5due1 envisage dans son ensemble1 e/ comme une consci5ce o t\t s'quilibre1 se comp5se et se neutralise4#aeh,n\s disions que cette nature p\vait tre considre comme une consci5ce neutralise et p> consqu5t lat5te1 une consci5ce dont les manife/ations v5tuelles se ti5drai5t rciproquem5t en *ec et s'annul]ai5t au mom5t prcis o elles veul5t p>atre4 ,les premires lueurs qu'y vi5t jet] une consci5ce individuelle ne l'clair5t donc pas d'une lumire inatt5due4#aei--,on conoit une inf9it de degrs entre la matire et l'esprit ple9em5t dvelopp4 ,a9si1 entre la matire brute et l'esprit le plus capable de rflexion1 il y a t\tes les int5sits possibles de la mmoire1 ou1 ce qui revi5t au mme1 t\s les degrs de la lib]t4#afj ,n\s p\rrions multipli] les passages o cette ?orie e/ ins9ue ou s\s-ent5due4 ,ceux-ci sont assez nets p\r n'en p\voir plus d\t]3 ,la matire et l'esprit sont bi5 au fond de la mme nature1 ou1 selon une =mule clbre que n\s r5contr]ons plus t>d3 le physique n'e/ que du psy*ique inv]ti4 ,p\r l'apprci] comme il convi5t1 il n\s suffira de n\s dem&] si cette hypo?se f9ale e/ vraim5t une solution du fameux problme1 pris des ma9s de ,desc>tes1 sur l'union de la matire et de l'esprit1 du corps et de l'me4 ,il e/ clair que non4 ,ce n'e/ pas une solution1 mais au contraire une ngation du problme qu'on s'tait propos de rs\dre4 ,si le corps et l'me sont une mme nature des degrs div]s1 leur po9t de jonction ou leur po9t de contact n'e/ pas re*]*]4 ,le problme de leur union ne se pose mme plus3 il n'e/ qu'un pseudo-problme4 ,c'e/ bi5 l la f9 de non-recevoir commune t\tes les philosophies incapables de lui tr\v] une solution4 ,c'e/ donc un aveu dguis d'impuissance4 ,or1 cet *ec provi5t d'une ob/9ation aveugle dans une fausse m?ode1 issue de ce prjug qu'on ne peut unir deux t]mes sans les id5tifi]1 alors que la plus lm5taire obs]vation dmontre le contraire4 ,eh6 p\rquoi le mme sujet ne s]ait-il pas la fois d\ de qualit et de quantit1 de lib]t et de ncessit1 des po9ts de vue diffr5ts8 ,un corps1 quoique passif et in]te1 ne peut-il pas cont5ir de gr&es n]gies8 ,la mme p]sonne n'e/-elle pas ncessite dans ses actes irrfl*is ou automatiques et libre dans ses actes rfl*is8 ,en vrit1 c'e/ une opposition bi5 factice qu'on imag9e entre des t]mes qui s'uniss5t si naturellem5t dans la nature1 p>ce qu'ils se complt5t grce leur div]sit mme1 et la prt5tion d'exaspr] a9si comme plaisir la difficult de l'union p\r la mieux rs\dre e/ purem5t illusoire4 ,re/e l'opposition classique entre l't5du et l'9t5du4 ,mais1 l non plus1 il n'e/ pas ncessaire d'id5tifi] les t]mes p\r les unir4 ,en appr(ondissant la notion d't5due concrte1 il e/ facile de dc\vrir1 aprs ,ari/ote et sa9t ,?omas1 que les p>ties multiples de l't5due ne peuv5t coexi/] sans un li5 qui les unisse4 ,t\t tre e/ un1 dit sa9t ,?omas1 et ne p>ticipe l'tre que dans une proportion mme o il p>ticipe a l'unit#afa4 ,il faut donc que l'un runisse le multiple1 que l'9t5du c5tralise et enveloppe l't5du4 ,et c'e/ prcism5t ce que n\s con/atons dans la nature o n\s ne r5controns jamais de matire sans une =ce animant ou unifiant cette matire4 ,du re/e1 que vaudrait la passivit et l'in]tie de la matire sans un pr9cipe d'action suraj\t8 ,etre1 c'e/ p\voir agir1 et ce qui ne peut agir n'e/ pas un tre complet4 ,or1 un pr9cipe d'action1 c'e/ encore un pr9cipe d'unit1 qui vi5t complt] la matire1 bi5 lo9 de s'oppos] elle comme incompatible4 ,de l e/ issue la clbre ?orie de la dualit de l'tre matriel compos de matire et de =me1 d'un pr9cipe ext5sif et passif et d'un copr9cipe inext5sif et actif4 ,elle unit les contraires sans avoir beso9 de les id5tifi]1 comme on unit l'endroit et l'env]s1 l'actif et le passif1 l'acte et la puissance sans avoir beso9 de rec\rir des id5tifications contradictoires et draisonnables4 ,elle concilie a9si1 sans leur faire la mo9dre viol5ce1 les donnes de la raison avec celles de l'expri5ce1 soit vulgaire1 soit sci5tifique1 comme n\s l'avons montr ailleurs surabondamm5t#afb4 ,t&is que l'id5tit des contraires fait la fois viol5ce au bon s5s et aux faits4 ,cette ?orie fameuse1 qui p5dant plus de v+t sicles a eu les faveurs des plus gr&s gnies de l'humanit1 d',ari/ote jusqu' ,leibnitz1 mritait bi5 au mo9s quelque m5tion dans un volume consacr l'union de l'me et du corps4 ,n\s avons le regret de n'y voir m5tionns que des essais mod]nes1 comme si l'esprit huma9 n'avait comm5c p5s] que depuis deux ou trois sicles1 et n\s avons con/at que ces n\veauts rajeunissai5t1 sans s'en d\t]1 de trs vieilles erreurs c5t fois rfutes1 telles que l'id5tit des contraires4 ,bi5 lo9 de les id5tifi]1 l'esprit huma9 n'a jamais russi qu' se dissimul] leur opposition2 aussi a-t-on pu trs ju/em5t df9ir le monisme3 un dualisme dguis1 o l'un des deux combattants e/ laiss dans l'ombre#afc4 ,le problme de l'union de l'me et du corps1 lo9 d'tre rsolu p> la philosophie n\velle1 en re/e donc au mme po9t1 et ce n\vel *ec1 aprs tant d'autres1 n\s montre la /rilit des spculations qui ont rompu de p>ti pris avec les traditions sculaires de l'esprit huma94 99 99 99 99 99 ,,iv ,,la ,,philosophie ,,du ,,dev5ir ,,pur4 ,paulo majora canamus6 ,le mom5t e/ v5u d'appliqu] aux prt5tions de la ,philosophie n\velle l'orgueilleux v]s du pote3 ,magnas ab integro sclorum nascitur ordo4 ,jusqu'ici1 la n\velle notion du ,temps ou de la ,dure n'a encore enfant que des hors d'uvre et pas une uvre matresse4 ,ses essais1 p\r raff]mir sur ses bases la ,lib]t huma9e ou p\r expliqu] l'union de rame et du corps1 n\s ont p>u comme des con/ructions accessoires et bi5 fragiles1 de vritables jeux d'esprit--et aussi de pati5ce1--qu'il faut admir] de lo91 en vitant de les t\*] du b\t de l'index p\r ne pas leur faire p]dre leur quilibre in/able4 ,or1 voici que--p> une espce d'volution brusque et imprvue--elle va enfant] t\t un monde n\veau1 bi5 diffr5t et mme au reb\rs de celui o n\s avions c\tume de vivre et de p5s]4 ,du c\p1 ,m4 ,b]gson va se pos] en adv]saire1 non seulem5t de ,kant1 mais de t\s les p5seurs de gnie depuis le sicle de ,pricls jusqu' nos j\rs4 ,ce monde n\veau1 que la n\velle notion portait en g]me dans ses flancs tnbreux1 semblait p\rtant ins\ponn jusqu'ici1 soit du lecteur1 soit de l'auteur lui-mme1 qui a d tre surpris en lui donnant le j\r4 ,en effet1 dans ses premi]s ouvrages1 ,m4 ,b]gson p>lait habituellem5t comme un p>tisan de la ,philosophie de l'tre et un df5seur de la raison laquelle il fait sans cesse appel2 et voici qu'il va dev5ir le fondateur de la ,philosophie du non-tre et de l'anti9tellectualisme contempora9s4 ,comm5t a pu se produire un revirem5t si brusque8 ,n'tait-il qu'app>5t8 ,n\s ne le re*]*]ons pas4 ,aussi bi5 l'auteur lui-mme semble-t-il n\s l'int]dire lorsqu'il s\ti5t--sans d\te1 p\r en avoir fait l'expri5ce--que les m\vem5ts de la vie et de la p5se sont absolum5t imprvisibles3 ?se curieuse que n\s retr\v]ons en son lieu4 ,il n\s faut donc pntr]1 sa suite1 dans ce monde si inconnu du ,dev5ir pur et de l',anti9tellectualisme p\r en exam9] au mo9s les lignes matresses et apprci] leur valeur4 99 99 99 99 99 ,comm5ons p> expos] le problme et les div]ses solutions qui ont t proposes2 n\s f]ons ensuite la critique de la solution b]gsoni5ne1 soit en elle-mme1 soit dans ses consqu5ces ru9euses4 ,t\te philosophie1 qui se respecte assez p\r v\loir s'appuy] sur les donnes de l'obs]vation et ne pas tre une va9e con/ruction a priori btie sur les nuages1 doit p>tir du fait univ]sel qui dom9e la nature entire3 le m\vem5t4 ,la nature1 disait ,ari/ote1 c'e/ l'ensemble des *oses qui se meuv5t2 c'e/ le pr9cipe du m\vem5t ou du *angem5t4444 ,ignor] ce qu'il e/1 ce s]ait ignor] la nature entire4#afd ,c'e/ la vraie m?ode1 croyons-n\s2 la seule qui puisse enf9 faire desc5dre du ciel sur la t]re les ?ories des philosophes4 ,m4 ,b]gson l'a trs bi5 vu1 lorsqu'il crit3 ,c'e/ du m\vem5t que la spculation devrait p>tir4#afe ,n\s devons aussi lui r5dre cette ju/ice qu'il a trs bi5 compris que le m\vem5t dont il s'agit ici n'e/ pas seulem5t le m\vem5t de translation d'un lieu un autre3 m\vem5t sup]ficiel1 dit-il =t ju/em5t1 mais encore le m\vem5t de trans=mation qui se produit en pr(ondeur et affecte la qualit mme de l'tre1 t&is que le premi] ne *ange que son lieu#aff4 ,le m\vem5t dont il s'agit ici n'e/ donc pas un phnomne purem5t local et re/re9t1 mais un phnomne univ]sel que t\te obs]vation1 soit extrieure1 soit intrieure et consci5te1 ne cesse de con/at]1 celui du *angem5t1 soit dans le lieu1 soit dans la qualit1 soit dans la quantit1 soit mme dans la sub/ance des *oses qui se meuv5t4 ,dans le s5s l>ge de ce mot1 le m\vem5t signifi]a dsormais le dev5ir4 ,mais il ne suffit pas au philosophe d'admettre ou de con/at] ce gr& fait du m\vem5t1 il faut surt\t qu'il en tr\ve l'explication1 qu'il n\s en propose une ?orie raisonnable4 ,or1 depuis que l'esprit huma9 s'y ex]ce1 il n'a pu tr\v] que trois solutions possibles3 ,la premire--celle de l'cole d',ele1 dont le sophi/e ,znon fut un des plus brillants int]prtes--consi/e trait] ce fait d'impossible et d'illusoire1 et ni] la ralit objective du m\vem5t4 ,de t\t temps1 en effet1 l'illusion a t1 p\r c]ta9s philosophes1 l'explication commode des faits qu'ils ne p>v5ai5t pas compr5dre4 ,mais cette explication p>esseuse1 cette f9 de non-recevoir peu s9cre se heurte ensuite des difficults autrem5t insolubles lorsqu'il leur faut expliqu] l'illusion elle-mme4 ,au lieu d'une nigme1 alors ils en ont deux1 et lo9 que la lumire ait comm5c po9dre1 ils n'ont russi qu' d\bl] les tnbres en expliquant un my/re p> un autre encore plus pr(ond3 obscurum p] obscurius4 ,aprs avoir pris la pe9e d'expos] trs longuem5t les quatre fameux argum5ts de ,znon contre la possibilit du m\vem5t et en avoir dmontr victorieusem5t l'inanit sophi/ique#afg1 ,ari/ote s'e/ surt\t lev avec =ce contre le procd et la m?ode a priori qui les avait inspirs4 ,il n'hsite pas trait] de raisonneurs ins5ss ceux qui os5t ni] les faits les mieux con/ats1 s\s prtexte qu'on ne peut les compr5dre et qu'ils sont obscurs p\r la raison4 ,ne se fi] qu'au raisonnem5t1 aj\te-t-il1 et mpris] l'vid5ce des s5s1 lo9 d'tre la m>que d'un esprit =t1 e/ le signe c]ta9 d'une faiblesse d'esprit1 infirmitas qudam cogitationis e/3 #afh4 ,a ce trait1 il e/ ais de reconnatre l'adv]saire irrductible des ?ories purem5t spculatives et le fondateur de la m?ode d'obs]vation qui c>actrise la philosophie pripattici5ne et scola/ique4 ,la seconde solution1 qui se p9ce aux antipodes de la premire1 e/ celle d',hraclite4 ,t&is que ,znon nie la ralit du m\vem5t1 celui-ci s\ti5t qu'il e/ la seule ralit1 t\te la ralit4 ,znon niait le tmoignage des s5s p\r mieux rehauss] celui de la raison2 il niait le m\vant qui e/ un non-tre en tra9 de dev5ir1 p\r mieux affirm] ce qui e/1 l'tre qui demeure s\s le t\rbillon des phnomnes qui pass5t4 ,hraclite suit la m>*e diamtralem5t oppose4 ,cet anctre de l'anti9tellectualisme suspecte dj le tmoignage de la raison p\r ne se fi] qu' l'obs]vation positive des s5s2 il nie l'tre qui demeure p\r ne reconnatre que le m\vant qui passe4 ,p\r lui1 l'tre n'e/ pas2 le m\vem5t1 le dev5ir--qui e/ un non-tre en tra9 de se faire et ne s]a jamais fait--e/ la seule exi/5ce p]ptuellem5t *angeante et insaisissable4 ,c'e/ la philosophie du non-tre4 ,entre ces deux solutions extrmes1 se place celle d',ari/ote1 qui vi5t les concili] dans une op9ion moy5ne4 ,p\rquoi ne se fi] qu'aux s5s ou la raison seulem5t au lieu de se fi] aux deux la fois1 puisque la nature n\s a galem5t p\rvus de ces deux in/rum5ts de connaissance8 ,p\rquoi ne pas admettre en mme temps le m\vem5t et l'tre en m\vem5t8 ,bi5 lo9 de s'exclure1 les deux notions s'appell5t et s'exig5t mutuellem5t p>ce qu'elles se complt5t4 ,une action sans un ag5t s]ait in9telligible1 de mme qu'une passion sans un pati5t1 un m\vem5t sans un mobile1 un *angem5t sans un objet qui *ange1 un attribut sans sujet1 une manire d'tre sans tre4 ,le phnomne n'e/ donc que la manife/ation de l'tre2 le dynamique ou le m\vant n'e/ que le rayonnem5t du /atique et du /able2 l'effet qui passe un produit de la cause qui subsi/e4 ,l'tre e/ donc conu p> ,ari/ote dans deux tats diffr5ts1 soit dans son pan\issem5t dynamique1 en acte1 1 soit dans sa conc5tration en g]me ou en puissance1 1 et le passage de la puissance l'acte s'appelle le m\vem5t ou *angem5t1 3 c'e/ le dev5ir en m>*e4 ,l'explication du m\vem5t e/ a9si complte1 puisqu'aucun des deux lm5ts du problme n'e/ omis4 ,l'tre qui se meut ou qui e/ m tait ni p> ,hraclite2 son m\vem5t lui-mme tait ni p> ,znon4 ,ici1 les deux donnes sont galem5t reconnues et runies dans une raisonnable syn?se4 ,c'e/ le progrs o l'pan\issem5t de la puissance en acte1 du g]me en vgtal ou animal1 p> exemple1 qui con/itue le m\vem5t volutif2 et ce fait n'e/ pas illusoire mais trs rel1 c> il y a sans cesse du n\veau en ce monde1 et non pas seulem5t des comb9aisons n\velles de p>ties anci5nes2 c'e/ un progrs vritable dans le dveloppem5t de l'tre que n\s con/atons#afi4 ,or1 de ces trois solutions1 quelle s]a la prfre de ,m4 ,b]gson8 ,ce n'e/ pas la premire1 assurm5t1 celle de ,znon et des mcani/es c>tsi5s1 p\r lesquels t\t e/ donn ds le comm5cem5t1 du monde1 puisqu' leurs yeux il ne se produit ri5 de n\veau dans l'tre1 mais seulem5t des comb9aisons n\velles d'tres entre eux4 ,on ne saurait trop flicit] ,m4 ,b]gson de l'n]gie--je dirai presque de l'a*>nem5t--qu'il met t\t propos p\r combattre1 s\s t\tes ses =mes1 une erreur si contraire l'obs]vation la plus lm5taire4 ,cette rfutation du mcanisme et des ?ories atomi/iques s]a srem5t la meilleure p>tie de ses travaux4 ,ce n'e/ pas davantage la troisime solution qu'il accepte1 celle d',ari/ote1 qu'il semble connatre bi5 peu1 c> il dfigure2 les notions d'acte et de puissance au po9t de les r5dre grotesques4 ,en cela1 je ne p>le pas seulem5t de l',acte pur d',ari/ote que ,m4 ,b]gson comp>e faussem5t aux ,ides platonici5nes ramasses en b\le#agj1 mais encore de la ,puissance qu'il confond avec la matire4 ,la matire1 l' des ,pripattici5s1 ne dsigne nullem5t le ,dev5ir2 ni le ,dev5ir lat5t ou puissance1 21 ni le ,dev5ir en m>*e ou m\vem5t1 4 ,elle n'e/ que le sujet passif du ,dev5ir1 t&is que la =me en e/ le sujet actif4 ,n\s avons dj relev *ez d'autres auteurs contempora9s#aga la mme confusion qui1 p\r tre rpte de confiance1 n'en e/ pas mo9s une confusion regrettable4 ,a cette premire mprise1 ,m4 ,b]gson en aj\te une seconde encore plus grave en imag9ant que la matire ari/otlici5ne e/ un zro mtaphysique qui1 accol l',ide comme le zro ari?mtique l'unit1 la multiplie dans l'espace et le temps4444 ,c'e/ donc1 dit-il1 du ngatif1 ou t\t au plus du zro1 qu'il faudra aj\t] aux ,ides p\r obt5ir le *angem5t#agb4 ,c]tes1 cette explication du *angem5t ou m\vem5t e/ grotesque et absurde1 mais ce n'e/ ni celle de l',ecole ni la ntre4 ,et le passage de la puissance l'acte1 du g]me la plante1 de l'uf au p\ss91 ne ressemble en ri5 la prt5due addition d'un zro une ide4 ,si mal comprise1 il n'e/ plus tonnant que la troisime solution n'ait pas eu les faveurs de ,m4 ,b]gson4 ,on ne peut prfr] ce que l'on ignore3 ignoti nulla cupido4 ,s'il n'a pas tr\v l'occasion d'expos] ni de discut]1 mme brivem5t1 la gr&e ?orie ari/otlici5ne du *angem5t ou de l'volution dans un gros volume t\t consacr l'volution1 n\s ne p\vons l'attribu] un oubli1 encore mo9s un dda9 mprisant1 mais une simple lacune de son rudition philosophique#agc4 ,il ne re/ait donc plus au *oix de ,m4 ,b]gson que la deuxime solution1 celle d',hraclite1 qui ti5t une si petite place dans l'hi/oire de la p5se huma9e1 puisqu'elle semblait clipse et disp>ue1 sans aucun reprs5tant notoire1 depuis le sicle de ,pricls jusqu'au j\r o ,hegel essaya1 sans gr& succs d'ailleurs1 de la repr5dre et de la re/aur]4 ,l'cole b]gsoni5ne s]a-t-elle plus heureuse dans cette re/auration8 ,le lecteur en jug]a aprs l'expos trs succ9ct que n\s allons lui faire des difficults--disons mme des impossibilits--o elle doit v5ir se heurt] fatalem5t4 99 99 99 99 99 ,d'abord1 que telle soit bi5 la p5se de ,m4 ,b]gson et qu'il se soit ralli a la philosophie hracliti5ne du dev5ir pur1 cela ne saurait faire aucun d\te4 ,t\t son sy/me e/ fond sur la ngation de la catgorie de *ose ou d'tre /able et p]man5t1 qu'il remplace p> un flux p]ptuel et un dev5ir incessant4 ,matire ou esprit1 crit-il1 la ralit n\s e/ app>ue comme un p]ptuel dev5ir4 ,elle se fait ou elle se dfait1 mais elle n'e/ jamais quelque *ose de fait4 ,telle e/ l'intuition que n\s avons de l'esprit qu& n\s c>tons le voile qui s'int]pose entre notre consci5ce et n\s4 ,voil aussi ce que l'intellig5ce et les s5s eux-mmes n\s montr]ai5t de la matire1 s'ils en obt5ai5t une reprs5tation immdiate et ds9tresse4#agd ,ds les premires pages de l',evolution cratrice1 l'auteur avait pos sa ?se encore plus nettem5t en se dem&ant quel e/ le s5s prcis du mot exi/]4 ,il y rpond qu'exi/]1 c'e/ *ang] et *ang] sans cesse1 en sorte que1 p> exemple1 si un tat d'me cessait de v>i]1 sa dure cess]ait de c\l]4--,la vrit1 aj\te-t-il1 e/ qu'on *ange sans cesse et que l'tat lui-mme e/ dj du *angem5t4#age ,de l ces expressions que l'on r5contre *aque in/ant dans t\t le c\rs de cet ouvrage3 la masse fluide de notre exi/5ce2--le flux p]ptuel des *oses2--la ralit e/ fluide2--elle se rs\t en un simple flux1 une cont9uit d'c\lem5t1 un dev5ir2--elle e/ une croissance p]ptuelle1 une cration qui se p\rsuit sans f92--elle e/ un flux plutt qu'une *ose2--elle e/ un lieu de passage2--elle e/ un m\vem5t2--il n'y a pas de *ose1 il n'y a que des actions#agf4 ,la ?se de ,m4 ,b]gson e/ donc bi5 celle d',hraclite3 t\t s'c\le et ri5 ne demeure1 #agg4 ,c'e/ celle que les mod]ni/es lui ont emprunte dans leur trs irrvr5cieuse ,rispo/a l',encyclique ,pasc5di1 o ils pr(ess5t explicitem5t que l'exi/5ce e/ m\vem5t#agh4 ,les uns et les autres doiv5t admettre1 p> consqu5t1 l'exemple fameux du sophi/e grec3 on ne se baigne pas deux fois dans le mme fleuve--ni mme une seule fois1--puisque ri5 ne demeure dans ce p]ptuel dev5ir et que t\t *ange *aque in/ant1 soit dans le fleuve1 soit dans le baigneur#agi4 ,si telle e/ bi5 la ?se de ,m4 ,b]gson1 le lecteur ne s'tonn]a pas que n\s en relevions l'exagration manife/e4 ,sans d\te1 t\t e/ en m\vem5t1 en ce s5s que dans l'tre en m\vem5t une p>tie *ange t&is que l'autre p>tie demeure4 ,et la p>tie qui *ange e/1 p\r l'ord9aire1 la plus accid5telle et la plus sup]ficielle de l'tre1 bi5 lo9 d'tre la plus pr(onde et la plus importante3 p> exemple1 lorsqu'il ne fait que *ang] de figure ou de position dans l'espace4 ,mais dire que l'tre t\t enti] *ange la fois n'a plus de s5s4 ,ce s]ait r5\vel] la m]veille du fameux c\teau ,jeannot1 dont on avait *ang la lame et puis le man*e1 t\t en prt5dant qu'il re/ait le mme c\teau4 ,ou bi5 ce s]ait remplac] la p]man5ce des tres p> leur rptition4 ,leur dure1 si ri5 en eux ne demeure id5tique1 ne s]ait qu'un fantme qui disp>atrait en naissant p\r r5atre l'in/ant suivant4 ,or1 ces r5aissances successives con/itu]ai5t des sries d'tres n\veaux et nullem5t la dure ou la p]man5ce des tres anci5s4 ,la dualit de l'tre e/ donc la premire condition p\r que le *angem5t soit intelligible2 de l la clbre ?orie ari/otlici5ne de la matire et de la =me1 sans laquelle n\s croyons bi5 impossible d'expliqu] le *angem5t4 ,m4 ,b>?lmy ,sa9t-,hilaire1 d'abord si trang] cette ?orie1 avait f9i p> la compr5dre et en proclam] la vrit3 ,oui1 sans d\te1 crivait-il1 si l'tre e/ un1 il ne peut avoir de m\vem5t3 mais s'il a une p>tie qui *ange1 et si la matire s'aj\te la =me1 ds lors le m\vem5t e/ possible1 c> la =me *ange puisqu'elle peut pass] d'un contraire l'autre4444 ,l'unit de l'tre e/ incompatible avec sa mobilit2 mais du mom5t que l'tre e/ multiple1 il e/ susceptible de m\vem5t4#ahj ,mais laissons de ct1 p\r le mom5t1 cette controv]se1 p\r attaqu] directem5t la ?se b]gsoni5ne que t\t s'c\le et que ri5 ne demeure4 ,n\s s\t5ons1 au contraire1 que1 s\s l'c\lem5t1 il y a quelque *ose qui demeure1 et ce quelque *ose qui demeure1 n\s l'appelons l'tre lui-mme1 p> opposition ses modalits ou ses accid5ts qui *ang5t4 99 99 99 99 99 ,p\r cette dmon/ration1 n\s f]ons appel1 soit la raison1 soit l'expri5ce des faits les plus univ]sels4 ,d'abord1 aux yeux de la raison1 la mobilit pure e/ une conception in9telligible et contradictoire4 ,le m\vem5t e/ une relation de passage entre des t]mes fixes1 en sorte que supprim] ces t]mes s]ait supprim] le m\vem5t4 ,et quels sont ces t]mes ou lm5ts fixes8 ,il y en a au mo9s trois3 un po9t de d"p1 un po9t d'arrive et les pr9cipes ou les lois fixes qui prsid5t au passage de l'un l'autre4 ,t\t ce qui devi5t n'e/ pas encore ce qu'il s]a1 sans d\te1 mais il e/ dj ce qu'il e/ actuellem5t4 ,voil le po9t de d"p1 l'tre1 qui n'e/ pas encore le m\vem5t4 ,p> exemple1 il e/ dj un g]me ou un uf avant de dev5ir une plante ou un oiseau2 il e/ dj une puissance et va pass] l'acte4 ,s'il n'tait ri5 du t\t1 il ne p\rrait pas se m\voir2 c> le nant ne se meut pas et ne peut tre m4 ,donc1 la conception de ,m4 ,b]gson d'un m\vem5t sans ri5 qui se meut1 d'une dure sans ri5 qui dure1 e/ vide de s5s4 ,le po9t d'arrive ou le b n'e/ pas mo9s indisp5sable4 ,on ne se meut pas uniquem5t p\r se m\voir1 mais p\r arriv] quelque *ose1 p\r ab\tir4 ,*ang] uniquem5t p\r *ang] s]ait in9telligible4 ,l'tre1 en p>aissant agir et faire quelque *ose1 ne f]ait ri5 du t\t4 ,son activit s]ait donc inaction et son travail un repos4 ,et telle e/ bi5 la conception b]gsoni5ne du dev5ir pur o il n'y a jamais ri5 de fait1 ni au po9t de d"p ni au po9t d'arrive1 o t\t s'ef=ce d'tre sans jamais p\voir tre4 ,un tel dev5ir n'e/ mme pas la montagne enfantant une s\ris1 puisqu'elle n'enfante ri5 du t\t4 ,que si elle acc\*ait d'un tre quelconque1 l'tre s]ait au t]me du dev5ir1 comme son po9t de d"p1 et le rve du dev5ir pur se s]ait van\i4 ,le dev5ir n'e/ donc intelligible que p> l'tre qui peut dev5ir et qui devi5t4 ,il e/ le dev5ir-tre1 c> le dev5ir-ri5 e/ un non-s5s4 ,t\t n'e/ donc pas dev5ir1 il y a du dev5u2 il y a de l'tre et pas seulem5t une fuite p]due trav]s l'inf9i d'app>5ces p]ptuellem5t naissantes et vanesc5tes4 ,bi5 plus1 le m\vem5t n'e/ qu'un moy5 p\r produire l'tre n\veau2 il n'e/ donc pas l'ess5tiel ni le pr9cipal3 l'tre prime le non-tre du dev5ir4 ,a ces deux t]mes extrmes1 le po9t de d"p et le po9t d'arrive du m\vem5t1 qui ne sont pas du m\vem5t1 mais des po9ts de repre et des conditions ess5tielles du m\vem5t1 n\s avons aj\t des t]mes moy5s qui le g\v]n5t ou le rgl5t4 ,le m\vem5t1 qui se di/+ue du has>d1 n'e/ ri5 sans rgle2 mais la rgle e/ fixe1 et c'e/ ici ce qui n\s importe4 ,or1 la premire rgle du m\vem5t e/ d'avoir une direction4 ,un m\vem5t qui n'aurait aucune direction n'aurait aucun s5s4 ,plus de progrs concevable sans elle3 impossible de dire o l'on va et mme si l'on y va4 ,d'autre "p1 une direction e/ ess5tiellem5t quelque *ose de fixe1 au mo9s p5dant un temps donn1 jusqu' ce que le b soit atte9t4 ,en sorte qu'une direction p]ptuellem5t *angeante ne s]ait plus une direction4 ,l'introduction d'une direction quelconque dans le mobilisme univ]sel s]ait donc une contradiction flagrante4 ,je sais bi5 que ,m4 ,b]gson a t5t cep5dant ce t\r de =ce de l'introduire s\s le nom de t5dance1 qu'il df9it3 un *angem5t de direction l'tat naissant2 mais c'e/ l j\] sur les mots3 un *angem5t p]ptuel de direction1 mme a l'tat p]ptuellem5t naissant1 n'e/ plus une direction4 ,n\s ret5ons d'ailleurs cet essai de correction au mobilisme pur comme un aveu que1 le m\vem5t seul ne se suffit pas4 ,il lui faut encore une direction fixe4 ,il lui faut en outre des raisons d'tre et des lois4 ,or1 ces n\veaux t]mes sont encore fixes4 ,p> exemple1 les rapports mcaniques de deux ou plusieurs m\vem5ts ne peuv5t pas plus *ang] que les rapports gomtriques ou algbriques dont ils sont la consqu5ce4 ,mon compas1 en t\rnant sur une po9te1 ne peut pas ne pas dcrire un c]cle1 puisque t\s les po9ts de la circonfr5ce qu'il trace sont a gale di/ance du c5tre et que telle e/ prcism5t la raison d'tre du c]cle4 ,donc les raisons d'tre sont fixes4 ,quant aux lois cont+5tes qui rgiss5t les m\vem5ts physico-*imiques ou biologiques1 ne dites pas qu'elles sont v>iables et la m]ci d'un fait n\veau4 ,c'e/ notre sci5ce huma9e qui e/ la m]ci d'un fait n\veau et qui p>tant e/ provisoire4 ,notre =mulation des lois de la nature e/ t\j\rs incomplte et provisoire1 mais la loi elle-mme ne l'e/ pas4 ,si elle semble p>fois fl*ir1 c'e/ p\r r5tr] dans une loi plus haute o n\s retr\v]ons encore la fixit4 ,comme l'a trs bi5 dit ,m4 ,f\ille3 ,t\t s]ait-il m\vant sur cette t]re1 notre p5se s'lv]ait au-dessus de l'c\lem5t univ]sel1 l*]ait de dc\vrir les lois et le ry?me qui p\ss5t les flots contre les flots1 et au-dessus de ces lois fixes mais cont+5tes1 elle atte9drait jusqu'aux pr9cipes t]nels et ncessaires qui la dom95t et la rgiss5t4#aha ,aux raisons d'tre et aux lois physiques du m\vem5t1 n\s devrions enf9 aj\t] des causes4 ,le m\vem5t ou *angem5t e/1 en effet1 une abs5ce d'id5tit dans le mme tre1 ce qui ne peut s'expliqu] sans l'int]v5tion d'une cause trangre1 si l'on ne veut pas se laiss] accul] l'id5tit des contradictoires4 ,m4 ,le ,roy en fait l'aveu lorsqu'il crit3 ,qu'e/-ce que le ,dev5ir1 s9on une fuite p]ptuelle de contradictoires qui se fond5t8#ahb ,il faut donc au m\vem5t une cause motrice et1 au-dessus de t\tes les causes secondes et mobiles1 un premi] moteur immobile1 c'e/--dire m\vant t\t sans tre m lui-mme1 p>ce que le m\vem5t suppose l'immuable1 comme le cont+5t suppose le ncessaire1 et le dev5ir imp>fait suppose le p>fait1 l',acte pur4 ,mais c'e/ l une asc5sion que n\s ne p\vons entrepr5dre en ce mom5t4 ,n\s l'indiquons cep5dant1 p\r mettre en lumire la syn?se gr&iose de notre doctr9e3 le m\vem5t s'appuie sur l'immobile comme sur le po9t d'appui qui le r5d possible et fait t\te sa =ce4 ,le mobilisme pur e/ donc un corps sans me1 un mcanisme sans ressort et sans contrepoids1 un sy/me mtaphysique mort-n1 sans raison d'tre4 ,telle e/ la rponse de la raison pure qu'il n\s faut ma9t5ant s\mettre au contrle de l'expri5ce et des faits4 99 99 99 99 99 ,d'abord1 l'obs]vation s5sible laquelle ,m4 ,b]gson n\s r5voie n\s p>at avoir t faite bi5 incompltem5t p> ce philosophe4 ,p>ti du po9t de vue exclusivem5t psy*ologique1 il a cru obs]v] qu'au d$ans de notre consci5ce t\t *ange incessamm5t sans que ri5 y demeure--conclusion que n\s exam9]ons bi5tt1--et cette conclusion1 il comm5ce p> la gnralis] en l't5dant la nature entire4 ,or1 ds ce premi] pas1 n\s refusons de le suivre dans son affirmation que l'exi/5ce e/ m\vem5t4 ,le monde de la matire ou des corps bruts1 qui e/ beauc\p plus considrable que l'autre--c> la vie s]ait plutt une exception1--et qui d'ailleurs s'(fre le premi] nos reg>ds et notre obs]vation1 n\s donne1 au contraire1 un spectacle diamtralem5t oppos celui d'un flux p]ptuel4 ,c'e/ le monde de la solidit1 de la /abilit1 de la p]man5ce p]ptuelle4 ,t\t y e/ in]te1 incapable p> lui-mme de *ang]1 ce po9t que la loi de l'in]tie e/ dev5ue le pr9cipe fondam5tal de la mcanique1 de l'a/ronomie et de t\tes les sci5ces physiques4 ,p\r *ang]1 soit de figure1 soit de qualit1 soit mme de position1 t\te masse1 t\te molcule doit att5dre un *oc et une impulsion extrieure4 ,son tre e/ donc /able p> lui-mme et ne *ange qu'accid5tellem5t4 ,et non seulem5t l'tre matriel n\s app>at a9si comme de nature /able et p]man5te1 mais les lois qui g\v]n5t ses *angem5ts accid5tels et qui sont tudies p> la mcanique1 la physique1 la *imie1 la cri/allographie1 etc41 sont p>faitem5t fixes et /ables1 et1 en ce s5s1 ncessaires1 au tmoignage unanime de t\s les savants4 ,p>mi ces lois1 il en e/ de fondam5tales et de c>actri/iques1 telles que la loi de la cons]vation de l'n]gie1 la loi de la p]man5ce des poids ou de la cons]vation de la matire trav]s t\s les *angem5ts physico-*imiques1 qui n\s montr5t avec vid5ce qu'il y a du fixe et de l'immobile jusqu'au se9 du mobile et du *angem5t1 et que s\s le flux des *angem5ts on dc\vre un fonds /able et p]man5t4 ,il e/ donc faux ou contraire l'obs]vation la plus lm5taire d'id5tifi] l'exi/5ce avec le m\vem5t1 l'tre /able avec son m\vem5t passag]4 ,pr5dre a9si la p>tie p\r le t\t e/ une mtaphore de rhtorique qui doit tre exclue de la sci5ce positive et de la philosophie fonde sur la sci5ce4 ,en prs5ce de ce spectacle du monde matriel qui dm5t si ouv]tem5t la ?se b]gsoni5ne que t\te exi/5ce e/ du m\vem5t1 on doit press5tir l'emb>ras de son auteur4 ,il ne s'en tire qu'en f]mant les yeux et en dcl>ant que t\t ce spectacle de la nature n'e/ qu'une illusion#ahc4 ,l'illusion1 n\s l'avons dj vu1 e/ la rponse commode1 p>esseuse1 qui esquive les difficults qu'on ne peut rs\dre4 ,en rsum1 crit-il1 les qualits 7prt5dues /ables7 de la matire sont autant de vues /ables que n\s pr5ons sur son in/abilit4444 ,le corps *ange de =me t\t in/ant4 ,ou plutt il n'y a pas de =me1 puisque la =me e/ de l'immobile et que la ralit e/ m\vem5t4 ,ce qui e/ rel1 c'e/ le *angem5t cont9uel de =me3 la =me n'e/ qu'un in/antan pris sur une transition4 ,donc1 ici encore1 notre p]ception s'arrange p\r solidifi] en images discont9ues la cont9uit fluide du rel4 ,qu& les images successives ne diffr5t pas trop les unes des autres1 n\s les considrons t\tes comme l'accroissem5t et la dim9ution d'une seule image moy5ne1 ou comme la d=mation de cette1 image dans des s5s diffr5ts4 ,et c'e/ celle moy5ne que n\s p5sons qu& n\s p>lons de l'ess5ce d'une *ose ou de la *ose mme4#ahd ,la /abilit con/ate p> les savants1 comme p> le vulgaire1 dans les proprits des mtaux1 p> exemple1 de l'or1 de l'arg5t1 du cuivre1 etc41 qui n\s p]met de dcrire l'avance les phnomnes physico-*imiques qu'ils produiront dans un cas donn1 n'e/ donc qu'une illusion de nos s5s qui s'arrang5t p\r solidifi] leur cont9uit fluide4 ,en vrit1 cet arrangem5t produit p> nos s5s e/ le fait d'une habilet m]veilleuse1 d'autant plus m]veilleuse qu'elle produit t\j\rs et p>t\t les mmes arrangem5ts4 ,dem&ez t\s les *imi/es du monde enti] quelles sont les proprits connues de tels ou tels corps1 solide1 liquide ou gazeux1 mtal ou mtallode1 acide ou base1 et de leurs composs *imiques1 ils v\s f]ont des rponses inv>iables1 au fond id5tiques1 et si v\s tes incrdules1 ils v\s en f]ont faire la vrification exprim5tale4 ,dem&ez t\s les physici5s les lois de la pesanteur1 de l'optique1 de l'ac\/ique44444 ils v\s indiqu]ont t\j\rs les mmes et rpt]ont c5t fois s\s vos yeux des expri5ces id5tiques4 ,mais cette adaptation p]man5te et univ]selle de t\s les s5s et de t\s les esprits *ez t\s les hommes1 p\r produire t\j\rs et p>t\t les mmes m]veilleuses illusions de con/ance et de /abilit dans les tres et les lois de la nature1 n'e/-elle pas elle-mme un lm5t de fixit et de /abilit8444 ,en sorte que le /atique *ass--comme le naturel--n\s revi5t au galop6444 ,cep5dant1 quel artifice invraisemblable de v\loir mettre seulem5t dans l'esprit ce /atique que n\s dc\vrons si clairem5t dans la matire elle-mme et dans les lois naturelles qui la rgiss5t6 ,un ex]cice d'quilibre sur cette po9te d'aiguille ne peut dur] longtemps1 et ,m4 ,b]gson y r5onc]a bi5tt en appelant la matire du psy*ique inv]ti ou congel1 cri/allis#ahe4 ,le physique e/-il du psy*ique1 la matire e/-elle de l'esprit d*u8--,n\s l'exam9]ons plus t>d4 ,p\r le mom5t1 n\s pr5ons acte que c'e/ bi5 du congel1 du cri/allis et p>tant du /atique et de l'in]te4 ,ce n'e/ donc pas l'obs]vation +nue et loyale de la nature matrielle qui a pu suggr] le contraire ,m4 ,b]gson1 c'e/ seulem5t son prjug psy*ologique qui lui a fait voir du psy*ique et du flu5t p>t\t1 jusqu'au se9 de la nature morte et in]te4 ,ce mirage n'tait qu'un rve et nullem5t l'intuition d'un fait rel1 c> il contr$irait trop audacieusem5t t\tes les obs]vations vulgaires ou sci5tifiques4 ,du monde de la matire1 passons ma9t5ant au monde de l'esprit ou de la consci5ce p\r exam9] si1 l encore1 l'obs]vation psy*ologique1 d'ailleurs si pntrante1 de ,m4 ,b]gson ne s]ait pas prise en dfaut1 comme gravem5t incomplte4 ,c'e/ dans le doma9e de la vie1 en effet1 que le df5seur du dev5ir pur pr5d des airs de triomphe et de dfi4 ,il semble tre l *ez lui1 matre de la place1 l'abri de t\te attaque srieuse4 ,ec\tons sa brillante analyse du c\rant de la vie consci5te3 ,s5sations1 s5tim5ts1 volitions1 reprs5tations1 voil les modifications entre lesquelles mon exi/5ce se p>tage et qui la color5t t\r t\r4 ,je *ange donc sans cesse4 ,mais ce n'e/ pas assez dire4 ,le *angem5t e/ bi5 plus radical qu'on ne le croirait d'abord4 ,je p>le1 en effet1 de *acun de mes tats comme s'il =mait un bloc4 ,je dis bi5 que je *ange1 mais le *angem5t m'a l'air de rsid] dans le passage d'un tat l'tat suivant3 de *aque tat1 pris "p1 j'aime croire qu'il re/e ce qu'il e/ p5dant t\t le temps qu'il se produit4 ,p\rtant1 un lg] ef=t d'att5tion me rvl]ait qu'il n'y a pas d'affection1 pas de reprs5tation1 pas de volition qui ne se modifie t\t mom5t2 si un tat d'me cessait de v>i]1 sa dure cess]ait de c\l]4 ,pr5ons le plus /able des tats int]nes1 la p]ception visuelle d'un objet extrieur immobile4 ,l'objet a beau re/] le mme1 j'ai beau le reg>d] du mme ct1 s\s le mme angle1 au mme j\r3 la vision que j'en ai n'en diffre pas mo9s de celle que je vi5s d'avoir1 qu& ce ne s]ait que p>ce qu'elle a vieilli d'un in/ant4444 ,la vrit e/ qu'on *ange sans cesse et que l'tat lui-mme e/ dj du *angem5t4444 ,o il n'y a qu'une p5te d\ce1 n\s croyons ap]cevoir1 en suivant la ligne brise de nos actes d'att5tion1 les m>*es d'un escali]4 ,il e/ vrai que notre vie psy*ologique e/ ple9e d'imprvu4444 ce sont des c\ps de cymbales qui clat5t de lo9 en lo9 dans la symphonie4 ,notre att5tion se fixe sur eux p>ce qu'ils l'intress5t davantage1 mais *acun d'eux e/ port p> la masse fluide de notre exi/5ce psy*ologique t\t entire4 ,*acun d'eux n'e/ que le po9t le mieux clair d'une zone m\vante1 etc4#ahf ,a cette description psy*ologique si f9e et si nuance1 n\s allons repro*] de manqu] de nuance et de f9esse4 ,lorsque le pe9tre fixe att5tivem5t son modle p5dant plusieurs secondes1 direz-v\s que ce reg>d n'e/ plus le mme de la premire la troisime seconde1 uniquem5t p>ce qu'il a vieilli ou que le modle lui-mme a vieilli8 ,lorsque je fais un jugem5t en acc\plant un second t]me un premi]1 ou bi5 un raisonnem5t en unissant trois propositions3 majeure1 m9eure et conclusion1 direz-v\s que le jugem5t a *ang p>ce que j'ai vieilli en passant d'un premi] t]me un second1 ou que mon raisonnem5t n'e/ plus le mme arriv la conclusion1 p>ce que je suis plus vieux qu'au mom5t o je posais les prmisses8 ,en vrit1 ce n'e/ pas seulem5t le bon s5s que *oqu]ai5t de p>eilles subtilits1 mais l'analyse psy*ologique elle-mme4 ,une *ose e/ t\j\rs la mme lorsqu'elle ne *ange qu'accid5tellem5t1 surt\t lorsque ce *angem5t accid5tel e/ ins5sible ou inf9itsimal4 ,e/-ce que je *ange de p]sonne p>ce que je m>*e ou que je me promne8 ,il faut donc savoir di/+u]1 soit dans un tre1 soit mme dans une manire d'tre1 ce qui e/ l'ess5ce ou ce qui n'e/ qu'accid5tel4 ,et c'e/ cette di/9ction--si lm5taire p\rtant--que ,m4 ,b]gson1 malgr t\te sa f9esse1 a oubli de faire4 ,n\s en concluons que s5sations1 s5tim5ts1 volitions1 reprs5tations peuv5t se prolong] en demeurant les mmes1 lorsqu'ils ne subiss5t que des v>iations accid5telles1 surt\t des v>iations imp]ceptibles4 ,s\t5ir le contraire1 s\t5ir que la mo9dre dure les *ange au po9t qu'ils ne sont plus les mmes1 ce s]ait r5dre leur exi/5ce mme impossible1 c> t\te s5sation exige un m9ima de temps1 c'e/--dire une c]ta9e paisseur de dure1 une s5sation absolum5t in/antane tant impossible1 comme t\s les psy*ologues en convi5n5t unanimem5t1 sans en except] ,m4 ,b]gson4 ,au demeurant1 soyons plus gnreux1 et accordons que t\s nos phnomnes de consci5ce1 v>iant sans cesse1 sont dans un p]ptuel c\lem5t4 ,n\s n'avons encore l qu'une moiti de l'obs]vation psy*ologique4 ,oubli] l'autre moiti s]ait une omission des plus graves4 ,n\s sommes la fois *angeants et id5tiques n\s-mmes3 tel e/ le tmoignage ess5tiel de nos consci5ces4 ,oui1 l'homme passe1 mais sans pass] t\t enti]2 et ce qui passe en n\s n'e/ srem5t ni l'ess5tiel ni le plus important de n\s-mmes4 ,d'abord1 il y a une ori5tation /able de la vie qui ne passe pas4 ,la t5dance l'tre1 au bi5-tre1 au plus-tre1 au rayonnem5t et la multiplication de l'tre1 e/ une loi univ]selle1 et la biologie n\s montre p>t\t1 t\s les degrs de la vie1 la fixit inv>iable de cette loi4 ,mais desc5dons au plus pr(ond de nos consci5ces1 n\s y dc\vrirons la p]man5ce de notre id5tit p]sonnelle1 trav]s t\s les ges et t\tes les vicissitudes de notre vie4 ,c'e/ l la contre-p>tie ncessaire du flux p]ptuel des phnomnes4 ,le *angem5t n'tait qu' la surface1 le fond e/ demeur le mme4 ,une analyse plus m9utieuse de ce fait n\s montre que dans la srie des s5tim5ts1 p5ses ou v\loirs1 qui compos5t le c\rant de la consci5ce1 *aque p>tie e/ atta*e aux autres p>ties p> un lm5t commun t\tes1 c> t\tes sont moi et vi5n5t de moi4 ,or1 cet lm5t1 puisqu'il e/ commun t\s les t]mes successifs de la srie1 e/ quelque *ose de /able et de p]man5t4 ,n\s l'appelons le moi-ag5t1 dont l'unit produit la fois l'unit et la multiplicit des oprations de nos consci5ces4 ,que si v\s supprimez cette s\rce p]man5te de multiplicit et d'unit1 les p>ties de la srie se dsagrg5t1 retomb5t en p\ssire atomique1 et le fait qu'elles se connaiss5t mutuellem5t1 comme passes1 prs5tes ou v5ir1 devi5t un p>adoxe incomprh5sible4 ,m4 ,b]gson n\s rplique que le pass1 le prs5t et le futur se ti5n5t comme un t\t indivisible1 comp>able une mlodie2 et il revi5t dans t\s ses ouvrages sur cette comp>aison4#ahg ,mais cette mtaphore e/ trompeuse4 ,jamais il n'y aurait unit de phrase musicale sans l'unit et la p]man5ce de l'esprit qui la compose ou qui l'c\te1 sans la mmoire qui en reti5t les notes et en fait la syn?se4 ,la mlodie suppose donc la p]man5ce et l'id5tit du moi-ag5t1 bi5 lo9 de les remplac]4 ,il y a donc s\s les phnomnes passag]s un n\mne /able1 s\s le m\vant1 un lm5t fixe et immobile1 ce que les ,grecs avai5t appel 1 et les ,lat9s sub-/antia1 sub/ance1 qui e/ l'tre proprem5t dit1 p>ce qu'il e/ t&is que le phnomne devi5t1 il dure t&is que t\t le re/e passe4 ,or1 ,m4 ,b]gson rejette la sub/ance2 il e/ phnomni/e pur1 et c'e/ sur ce po9t que son analyse psy*ologique n\s p>at autrem5t1 dfectueuse et incomplte4 ,la gravit mme de cette lacune va n\s dem&] une tude critique plus att5tive4 ,jusqu'ici n\s avons montr que1 s\s le m\vant1 il y a un lm5t /able2 il n\s faut expliqu] ma9t5ant la nature et le rle de cet lm5t fonci] de l'tre1 qui e/ l'tre lui-mme1 les phnomnes n'en tant que la manife/ation et le rayonnem5t4 99 99 99 99 99 ,ceux qui ni5t la sub/ance--il s'en tr\ve mme p>mi les philosophes *rti5s--la ni5t p>ce qu'ils ne la compr5n5t pas4 ,aussi mett5t-ils son sujet les ides les plus fausses1 p>fois les plus grotesques4 ,avant de les rfut]1 n\s croyons utile de rappel] brivem5t au lecteur la vraie notion classique de la sub/ance1 si oublie de nos contempora9s4 ,elle prp>]a utilem5t les voies notre discussion1 en c>tant t\s les mal5t5dus qu'on accumule son sujet4 ,n\s p\rrions df9ir la sub/ance3 l'tre ou la ralit qui s\ti5t ses manires d'tre et les produit4 ,de l une d\ble fonction de cet tre p> rapport ses manires d'tre3 fonction /atique et dynamique4 ,dans le premi] rle1 la sub/ance e/ le sujet d'inhr5ce1 le sub/ratum1 1 des phnomnes ou accid5ts4 ,a9si1 la blan*eur e/ inhr5te cette feuille de papi] qui j\e le rle de sub/ratum p> rapport la blan*eur4 ,cette qualit1 en effet1 ne peut demeur] en l'air sans tre s\t5ue p> ri52 elle a beso9 d'un sujet d'inhr5ce1 t&is que le papi] subsi/e sans aucun sujet d'inhr5ce4 ,tel e/ le s5s de la =mule classique3 la sub/ance subsi/e en elle-mme et non dans un autre2 l'accid5t ne subsi/e que dans un autre et non en lui-mme1 aussi e/-il bi5 mo9s un tre qu'une manire d'tre1 un tre driv ens-entis4 ,et ce que n\s disons de la blan*eur p> rapport au papi] se dit de t\s les autres attributs p> rapport leur sujet1 p> exemple1 de t\s les tats psy*ologiques p> rapport au moi consci5t4 ,le second rle de la sub/ance1 le plus important e/ d'tre la s\rce des accid5ts ou le pr9cipe producteur des phnomnes qui en man5t comme de leur cause effici5te4 ,de l'aveu unanime de t\s les pripattici5s et scola/iques1 les qualits d'un objet ne sont que le rayonnem5t et la manife/ation de son tre#ahh4 ,le mode d'tre vi5t de la nature de l'tre1 et celui-ci agit comme il e/4 ,et c'e/ prcism5t ce rle dynamique de la sub/ance p> rapport ses phnomnes qui n\s explique sa fonction /atique4 ,p\rquoi1 en effet1 la sub/ance doit-elle demeur] s\s les phnomnes8 ,p>ce qu'elle les produit--d'une manire ou d'une autre1--et qu'il e/ bi5 impossible de ne pas suppos] un ag5t s\s l'action produite1 une cause d]rire l'effet qui en mane1 un n\mne s\s sa manife/ation phnomnale1 en un mot1 une s\rce de *aleur ou de lumire s\s leur rayonnem5t4 ,en outre1 qu'e/-ce qui fait le li5 ou l'unit des multiples phnomnes dans le mme tre8 ,c'e/ l'unit mme de celle s\rce pr(onde ou de cette cause ess5tielle d'o ils man5t dans *acun des tres individuels4 ,sans l'unit et la p]man5ce de cet ag5t qui subsi/e en moi1 p> exemple1 et qui n'e/ autre que moi-mme1 l'unit et la cont9uit de mon propre dev5ir s]ai5t brises4 ,je ne tr\v]ais plus en ma consci5ce qu'une p\ssire de phnomnes disp>ates et sans li53 l'unit mme de ma consci5ce se s]ait van\ie4 ,m4 ,b]gson et t\s les autres phnomni/es font donc preuve de rflexion insuffisante1 lorsqu'ils trait5t de vide ou d'in9telligible la notion de sub/ance4 ,son rle l'g>d de ses phnomnes e/ clairem5t indiqu dans le rapport de la cause l'effet ou de la puissance l'acte4 ,c'e/ donc dfigur] entirem5t noire p5se de dire que la sub/ance s]ait p\r n\s un fil artificiel p> lequel n\s unirions les phnomnes comme on enfile les p]les d'un colli]#ahi4 ,l'in9tellig5ce e/ ici complte et le facile triomphe contre des *imres a9si =ges de t\tes pices1 bi5 peu glorieux4 ,au surplus1 ce n'e/ pas seulem5t la notion de sub/ance que n\s devons mettre en lumire1 mais encore sa ralit et son exi/5ce4 ,n\s avons d sans d\te l'exprim5t]1 d'une manire consci5te ou inconsci5te1 puisque n\s en avons l'ide1 t\tes nos ides v5ant p> ab/raction de l'expri5ce concrte4 ,or1 celle expri5ce1 soit int]ne1 soit ext]ne1 il n\s e/ facile de la recon/itu]4 ,en effet1 au d$ans de n\s-mmes1 il e/ facile de saisir trs clairem5t la ralit du moi1 c'e/--dire d'une ralit j\issant1 p> rapport aux phnomnes1 de la d\ble fonction des sub/ances1 /atique et dynamique4 a7 ,le moi consci5t se p]oit d'abord lui-mme comme un sujet un et p]man5t s\s le flux cont9uel de ses p5ses1 de ses s5tim5ts1 de ses volitions4 ,il lui suffit p\r cela de comp>] les s\v5irs qu'il cons]ve de ces faits multiples et transitoires avec ce pr9cipe d'unit et de p]man5ce qu'il s5t au d$ans de lui-mme4 ,en effet1 je ne c\le pas avec mes p5ses2 sans m'en isol]1 je me di/+ue d'elles2 en les produisant1 je ne me p]ds pas en elles4 ,elles sont des attributs passag]s dont je suis le sujet p]man5t4 b7 ,le moi se p]oit en mme temps comme le pr9cipe producteur de ces phnomnes1 notamm5t lorsqu'il fait un ef=t d'att5tion ou de volont libre4 ,et jamais il n'a consci5ce d'une p5se ou d'un acte de volont sp> de l'ag5t qui p5se ou qui veut en n\s4 ,pr5ons un exemple3 ,je suis dj vieux1 mais je me s\vi5s =t bi5 d'avoir t petit enfant1 jeune homme et homme fait4 ,or1 s\s ces trois gr\pes de *angem5ts1 qui en rsum5t une multitude1 je s5s et je compr5ds que je suis re/ au fond le mme individu1 le mme tre ou la mme p]sonne1 c'e/--dire le mme pr9cipe subsi/ant d'actions ou de passions auquel je rapporte t\s les mrites et dmrites1 t\s les vnem5ts actifs et passifs de ma vie entire4 ,ni] l'id5tit ou la p]svrance inaltrable de notre moi dans sa s\rce pr(onde n\s conduirait d'ailleurs l'absurde4 ,comm5t1 en effet1 me s\vi5drai-je du pass1 si le moi qui en fut l'acteur ou le tmo91 au lieu de re/] id5tique lui-mme p5dant t\te une vie1 *angeait d'tre *aque in/ant8 ,d'o le dilemme suivant3 ou mon tre que j'appelle moi subsi/e depuis ma naissance1 ou je ne me s\vi5s de ri56 ,cep5dant1 ce n'e/ pas seulem5t p> des raisonnem5ts1 c'e/ p> une intuition immdiate que n\s saisissons1 s\s les phnomnes qui pass5t1 le moi1 l'tre qui agit en n\s et qui demeure un et le mme s\s t\s les *angem5ts de surface4 ,quoi qu'en dis5t nos contempora9s1 ce n'e/ pas seulem5t des phnomnes de vie et des s5sations vitales que n\s saisissons dans nos consci5ces1 mais encore et surt\t le vivant1 le sujet qui p5se et qui vit en n\s4 ,la cne/sie1 ou le s5s de la vie1 n'puise pas la consci5ce qui atte9t jusqu'au sujet agissant et vivant4 ,en effet1 p> la consci5ce1 je me saisis moi-mme avec mon action1 c> l'action e/ insp>able de l'ag5t4 ,je me s5s agir1 p5s]1 v\loir4 ,et c'e/ p\r cela que je dis3 ma p5se1 mon action1 au lieu de dire3 votre p5se1 votre action1 ou bi5 encore1 s\s une =me imp]sonnelle3 une p5se1 une action4 ,voil le fait de consci5ce4 ,aussitt1 dans ce fait s5sible1 mon intellig5ce a p]u l'tre1 mon tre1 ce pr9cipe qui1 dans le s5tim5t de l'ef=t p]sonnel1 dploie si clairem5t son opration en passant de la puissance l'acte4 ,a9si1 du premi] c\p1 ma consci5ce a pris contact avec l'tre rel que je suis1 avec le pr9cipe ou la cause vivante qui s5t1 p5se et veut en moi4 ,supposez1 au contraire1 qu'au lieu d'atte9dre l'ag5t trav]s son action1 je ne puisse saisir que l'action elle-mme sans compr5dre la s\rce d'o elle mane2 supposez que je ne puisse atte9dre que le phnomne de la p5se sp> de celui qui p5se ou qui agit en moi4 ,dsormais1 je ne puis conclure avec ,desc>tes3 je p5se1 donc je suis un tre3 cogito ergo sum2 je dois dire seulem5t3 donc1 je suis une p5se4 ,encore cette conclusion s]ait-elle excessive4 ,ne saisissant qu'une p5se sans voir la relation1 dsormais inconnue1 avec l'ag5t qui produit la p5se1 je ne puis plus dire ,,je p5se1 mais seulem5t ,,on p5se1 comme on dit imp]sonnellem5t3 ,,il pleut ou ,,il neige6 ,en sorte qu'il n'y aurait plus p]sonne en moi6 ,p\r vit] une conclusion si absurde1 il faut donc reconnatre que n\s saisissons p> la consci5ce1 non seulem5t nos propres oprations1 mais encore l'ag5t qui les produit et qui dit moi6 ,c'e/ ce pr9cipe p]man5t que n\s avons appel la sub/ance1 notre me1 quelle qu'en soit d'ailleurs la nature1 matrielle ou spirituelle1 que n\s n'avons pas tudi] ici4 ,ne p\vant ni] directem5t le tmoignage si clair de leur consci5ce ni t\ff] sa voix1 nos adv]saires s'appliqu5t conte/] sa valeur4 ,ta9e1 p> exemple1 n'en p>le qu'avec dda9 et le traite d'illusion mtaphysique4 ,le moi1 crit-il1 n'e/ qu'une entit v]bale et un fantme mtaphysique4 ,ce quelque *ose d'intime 444 on le voit s'van\ir et r5tr] dans la rgion des mots4444 ,il ne re/e de n\s que nos vnem5ts1 nos mots4444 ,il ne re/e de n\s que nos vnem5ts1 s5sations1 images1 s\v5irs1 ides3 ce sont eux qui con/itu5t notre tre4#aij ,et il appelle notre moi la ,,file de nos vnem5ts de consci5ce4 ,voici la p>tie la plus clbre de son argum5tation4 ,l'illusion de l'esprit1 d'aprs ,m4 ,ta9e1 s]ait semblable celle d'un homme qui1 p\r mieux connatre une longue plan*e1 l'aurait divise en triangles1 en losanges1 en c>rs1 t\s m>qus la craie1 et qui dirait en p>c\rant t\r t\r les divisions de sa plan*e3 cette plan*e e/ ici un c>r1 t\t l'heure elle luit un losange1 l-bas elle s]a un triangle2 j'ai beau avanc]1 recul]1 me rappel] le pass1 prvoir l'av5ir1 je tr\ve t\j\rs la plan*e inv>iable1 id5tique1 unique1 p5dant que ses divisions v>i5t2 donc elle en diffre1 elle e/ un tre di/9ct et subsi/ant1 c'e/--dire une sub/ance indp5dante1 dont les losanges1 les triangles et les c>rs ne sont que les tats successifs4 ,p> une illusion d'optique1 cet homme cre une sub/ance vide qui e/ la plan*e en soi4 ,p> une illusion d'optique semblable1 n\s crons une sub/ance vide qui e/ le moi pris en lui-mme4 ,de mme que la plan*e n'e/ que la srie cont9ue de ses divisions successives1 de mme le moi n'e/ que la trame cont9ue de ses vnem5ts successifs#aia4 ,le lecteur un peu ex]c n'aura pas de pe9e dc\vrir le sophisme qui se ca*e s\s ces images4 ,la plan*e et ses divisions sont entre elles dans le rapport du t\t ses p>ties1 t&is que le moi et ses oprations sont dans le rapport de cause effets4 ,s'il e/ clair que la collection des p>ties de la plan*e ne soit pas di/9cte du t\t1 il n'e/ pas mo9s vid5t que la collection des effets e/ di/9cte de leur cause4 ,la confusion de ,ta9e e/ donc manife/e2 son erreur e/ de v\loir faire des effets une p>tie de la cause1 des oprations une p>tie de l'ag5t qui opre4 ,non1 l'me n'e/ pas la collection ou la file des phnomnes de consci5ce1 mais la cause qui les produit en n\s4 ,comme n\s l'avons dj dit1 les phnomnes pass5t et leur cause demeure id5tique elle-mme2 on ne saurait donc les confondre#aib4 ,cette confusion1 du re/e1 n\s conduirait aux conclusions les plus absurdes4 ,non seulem5t notre id5tit p]sonnelle s]ait dtruite *aque in/ant1 puisque *aque in/ant nos p5ses1 nos s5sations1 nos volitions se succd5t et pass5t2 non seulem5t notre mmoire--n\s l'avons vu--s]ait r5due impossible1 puisque le tmo9 du pass s'van\irait *aque in/ant2 mais la file elle-mme de nos vnem5ts s'arrt]ait4 ,en effet1 supposons trois ides qui devrai5t se suivre dans la proposition suivante3 l'homme e/ mortel4 ,ce n'e/ pas la premire ide1 homme1 qui peut produire la seconde1 e/1 ni la seconde qui peut produire la troisime1 mortel2 la file s]a donc arrte si v\s avez supprim le moteur c5tral de la p5se1 l'me4 ,de mme1 supposez trois s5tim5ts htrognes et successifs3 am\r1 ha9e1 esprance4 ,ce n'e/ pas l'am\r qui produit la ha9e ni la ha9e qui peut produire l'esprance4 ,il faut donc rtablir le moteur c5tral1 l'me1 qui n\s f]a pass] p> ces trois phases du s5tim5t1 si v\s ne v\lez pas que leur file soit r5due impossible4 ,que diriez-v\s d'un obs]vateur assez sup]ficiel p\r df9ir une montre ou une horloge3 la file des m\vem5ts ou des t\rs d'aiguilles sur un cadran1 sans faire aucune m5tion du ressort invisible qui les fait t\rn]8 ou qui croirait navem5t que c'e/ le premi] t\r d'aiguille qui cause le second1 le second qui cause le troisime1 a9si de suite1 en sorte que la causalit d'un ressort intrieur s]ait ses yeux une hypo?se sup]flue8 ,eh bi56 ce rveur ne s]ait pas plus aveugle ni plus sy/matique que nos phnomni/es ne v\lant voir dans la consci5ce que la file des vnem5ts dont elle e/ le ?tre1 et ngligeant l'ag5t qui les produit4 ,cet ag5t1 n\s l'appelons l'me ou le moi4 ,le fait de son exi/5ce et de son opration incessante en n\s e/ d'une vid5ce tellem5t primordiale que1 p\r ne pas v\loir le con/at]1 il faudrait avoir bu longs traits dans la c\pe des utopies idali/es et dlirantes de la ,g]manie4 ,du fond de nos consci5ces s'lv]a t\j\rs le cri du bon s5s et de l'vid5ce3 ,,je suis1 ,,je p5se1 ,j'agis6 ,t\tes les subtilits du phnomnisme s'van\iss5t comme une ombre devant la spl5deur de cette simple affirmation4 ,il ne faut donc pas croire ceux qui rpt5t1 aprs ,kant1 que l'tre ou le n\mne1 comme ils dis5t1 e/ situ en dehors et au del du monde phnomnal4 ,il lui e/ prs5t1 au contraire1 et c'e/ dans le phnomne mme que n\s le dc\vrons1 p>ce que l'action1 t\j\rs insp>able de l'ag5t1 n\s le manife/e1 bi5 lo9 de n\s le ca*]4 ,si le phnomne e/ ess5tiellem5t ce qui app>at1 il faut bi5 que l'ag5t app>aisse avec son action1 en elle et p> elle3 impossible de saisir l'un sans l'autre4 ,du re/e1 l'ide de moi-ag5t n'e/ pas inne2 donc elle e/ exprim5tale4 ,voil p\rquoi les ,docteurs de l',ecole sont unanimes faire de l'tre concret et sub/antiel l'objet vritable du s5s intime1 quoique ce soit1 p] accid5s1 puisqu'il n'e/ saisi qu' trav]s son action et p> son action4 ,seule1 la nature de l'tre n'e/ dc\v]te que p> le raisonnem5t2 mais son exi/5ce e/ objet d'une simple p]ception4 ,l'tre concret e/ aussi l'objet de l'intellig5ce4 ,objet direct p\r ,scot et ,su>ez2 objet indirect p\r sa9t ,?omas1 d'aprs lequel l'intellig5ce saisirait d'abord l'ab/rait et puis seulem5t le concret p> un ret\r ou une rflexion sur la *ose ab/raite4 ,mais1 dans les deux hypo?ses1 l'tre concret e/ bi5 un objet d'intuition1 soit p\r les s5s1 soit p\r l'intellig5ce1 et non pas objet d'une foi aveugle1 comme c]ta9s le rpt5t faussem5t4 99 99 99 99 99 ,tel e/ l'expos succ9ct de la doctr9e traditionnelle sur la sub/ance4 ,il s]a curieux et in/ructif de mettre en p>allle celle de ,m4 ,b]gson3 esprons que du contra/e jaillira la lumire4 ,d'abord1 il n'hsite po9t affirm] cette ?se in9telligible qu'il y a des actions sans ag5t1 des m\vem5ts sans *ose mue1 des attributs sans sujet1 des manires d'tre sans tre#aic4 ,en va91 dit-il1 on *]*e ici1 s\s le *angem5t1 la *ose qui *ange3 c'e/ t\j\rs provisoirem5t1 et p\r satisfaire notre imag9ation1 que n\s atta*ons le m\vem5t un mobile4 ,le mobile fuit sans cesse s\s le reg>d de la sci5ce1 celle-ci n'a jamais affaire qu' la mobilit4#aid ,et il rpte satit dans t\t son ouvrage3 ,il n'y a pas de *oses1 il n'y a que des actions4#aie ,quelle preuve donne-t-il d'une ass]tion si r5v]sante p\r le s5s commun8 ,il n'en donne aucune4 ,il lui suffit d'un ge/e de mpris p\r ces *oses normes qui s'appell5t la ,sub/ance1 l',attribut et le ,mode#aif ,il faut donc le croire sur p>ole4 ,puisqu'il a pos en pr9cipe1 avec ,hraclite1 que t\t s'c\le et que ri5 ne demeure1 il faut bi5 conclure1 malgr l'vid5ce contraire1 que la sub/ance qui demeure n'e/ qu'illusion1 =ge p\r satisfaire notre imag9ation1 alors que n\s l'admettons1 soit p\r satisfaire aux exig5ces de notre raison qui se refuse ob/9m5t compr5dre une action sans ag5t1 soit aussi p\r satisfaire au tmoignage de notre consci5ce qui affirme si n]giquem5t l'id5tit et la p]man5ce de notre moi agissant1 s\s le flot mobile de ses actions ou de ses passions4 ,ce pr9cipe hracliti5 du dev5ir pur ou de l'c\lem5t p]ptuel de t\te *ose doit conduire encore plus lo9 ,m4 ,b]gson3 ce n'e/ pas seulem5t la sub/ance qu'il doit ni]1 mais jusqu' la p]man5ce de ses qualits ou de ses tats4 ,qualits d tats ne s]ont p\r lui que des vues in/antanes prises sur le *angem5t p]ptuel1 et que n\s solidifions faussem5t en leur prtant une dure quelconque4 ,en ralit1 le corps *ange de =me t\t in/ant--de mme p\r l'esprit2--ou plutt il n'y a pas de =me1 puisque la =me e/ de l'immobile et que la ralit e/ m\vem5t4 ,ce qui e/ rel1 c'e/ le *angem5t cont9uel de =me3 la =me n'e/ qu'un in/antan pris sur une transition4 ,donc1 ici encore1 notre p]ception s'arrange 787 p\r solidifi] en images discont9ues la cont9uit fluide du rel4 ,qu& les images successives ne diffr5t pas trop les unes des autres1 n\s les considrons t\tes comme l'accroissem5t ou la dim9ution d'une seule image moy5ne ou comme la d=mation de cette image dans des s5s diffr5ts4 ,et c'e/ cette image moy5ne que n\s p5sons qu& n\s p>lons de l'ess5ce d'une *ose ou de la *ose elle-mme4#aig ,mais une image moy5ne peut-elle n\s t5ir lieu de la sub/ance et la remplac]8 ,nullem5t1 puisqu'elle ne saurait j\] le d\ble rle1 /atique et dynamique1 de la sub/ance4 ,une image moy5ne1 en effet1 n'e/ qu'une vue de l'esprit qui e/ bi5 incapable de s]vir de support ou de sub/rat aux autres images1 je veux dire aux autres qualits ou tats fluides dont n\s pr5drions des vues in/antanes4 ,encore mo9s peut-elle j\] le rle d'ag5t relativem5t a ces div]ses images4 ,elle e/ un effet produit1 et nullem5t une cause productrice1 une s\rce d'o les phnomnes man]ai5t4 ,en sorte que l'explication p> une image moy5ne n'explique ri5 puisqu'elle laisse t\j\rs les attributs sans sujet et les actions sans ag5t4 ,un exemple va faire saisir clairem5t notre p5se4 ,lorsque je dis que tel enfant devi5t un homme1 il e/ clair que je n'attribue nullem5t le qualificatif homme au sujet enfant4 ,et l'absurdit ne s]ait nullem5t dim9ue en attribuant l'image moy5ne de l'homme l'image moy5ne de l'enfant4 ,ma phrase e/ donc ellyptique3 elle s\s-ent5d le vritable sujet3 tel tre huma91 ,pi]re1 qui tait enfant1 devi5t un homme4 ,or1 cet tre huma91 qui a revtu successivem5t deux figures1 t\t en demeurant au fond id5tique et le mme1 e/ prcism5t ce que n\s avons appel une sub/ance ou un tre dans la plnitude de ce mot3 un tre subsi/ant4 ,m4 ,b]gson e/ all au-devant de l'objection et dissimule mal l'emb>ras qu'elle lui cause4 ,qu& n\s disons que l'enfant devi5t homme1 crit-il1 g>dons-n\s de trop appr(ondir le s5s littral de l'expression4 ,n\s tr\v]ions que1 lorsque n\s posons le sujet enfant1 l'attribut homme ne lui convi5t pas encore1 et que1 lorsque n\s nonons l'attribut homme1 il ne s'applique dj plus au sujet enfant4 ,la ralit1 qui e/ la transition de l'enfance l'ge mr1 n\s a gliss entre les doigts4444 ,la vrit e/ que1 si le langage se m\lait ici sur le rel1 n\s ne dirions pas3 l'enfant devi5t homme1 mais il y a dev5ir de l'enfant l'homme4444 dev5ir e/ un sujet4 ,il passe au premi] plan4 ,il e/ la ralit mme4444#aih ,en vrit1 voil une explication orig9ale1 dont l'esprit huma9 ne s'tait po9t encore avis4 ,ce n'e/ plus monsieur ,pi]re qui d'enfant devi5t homme1 mais monsieur ,dev5ir1 puisqu'il e/ le sujet et la seule ralit4 ,et comme le dev5ir e/ imp]sonnel1 n'app>t5ant p]sonne--ce que ,m4 ,b]gson exprime =t bi5 en disant3 ,,il ,y ,a dev5ir1 comme on dit3 ,,il pleut ou ,,il neige1--concluons que p]sonne1 dans l$it *angem5t1 n'a pass de l'enfance l'ge mr4 ,conclusion si contraire ce s5s commun--auquel ,m4 ,b]gson e/ le premi] r5dre hommage--qu'elle suffit a rfut] une explication si exc5trique4 99 99 99 99 99 ,aussi bi5 ce philosopha lui-mme va-t-il faire appel une ?orie beauc\p plus subtile et pr(onde1 me de t\te la philosophie b]gsoni5ne1 la ?orie du ,temps ou de la ,dure1 p\r t5t] d'expliqu] autrem5t ce gr& fait psy*ologique de la p]man5ce et de l'id5tit p]sonnelle1 que notre consci5ce pose si f]mem5t comme une b>rire infran*issable t\t phnomnisme ngateur de la sub/ance4 ,n\s avons dj longuem5t dcrit la notion b]gsoni5ne du temps4 ,il n\s suffit de rappel] ici au lecteur qu'aprs avoir confondu le temps--longueur ou mesure de dure--avec la consci5ce qui dure1 c'e/--dire confondu le cont5ant avec son cont5u1 et la mesure avec la *ose mesure1 il avait t conduit donn] cette *ose elle-mme1 la consci5ce qui dure1 une df9ition t\t fait n\velle4 ,p\r ,m4 ,b]gson1 la dure consci5te fait b\le de neige4 ,le pass1 lo9 d'tre pass1 e/ t\j\rs prs5t4 ,et c'e/ ce grossissem5t p]ptuel du prs5t p> le pass1 augm5tant sans cesse en avanant dans l'av5ir1 qui va p]mettre au phnomne de faire fonction de sub/ance1 la consci5ce prs5te de j\] le rle de p]sonne t\j\rs id5tique elle-mme4 ,ec\tons l'exposition de ce sy/me p> son inv5teur lui-mme4 ,la dure e/ l't(fe mme de la ralit 444 la sub/ance mme des *oses 444 l't(fe mme de notre vie4#aii ,mon tat d'me1 en avanant sur la r\te du temps1 s'enfle cont9uellem5t de la dure qu'il ramasse 7872 il fait p\r a9si dire b\le de neige avec lui-mme4444 ,notre dure n'e/ pas un in/ant qui remplace un in/ant3 il n'y aurait alors jamais que du prs5t1 pas de prolongem5t du pass dans l'actuel1 pas d'volution1 pas de dure concrte4 ,la dure e/ le progrs cont9u du pass qui ronge l'av5ir et qui gonfle en avanant4444 ,en ralit1 le pass se cons]ve de lui-mme automatiquem5t4 ,t\t enti]1 sans d\te1 il n\s suit t\t in/ant3 ce que n\s avons s5ti1 p5s1 v\lu depuis notre premire enfance e/ l1 p5* sur le prs5t qui va s'y jo9dre1 pressant contre la porte de la consci5ce qui v\drait le laiss] dehors4#bjj ,son pass 7de *aque tre7 se prolonge t\t enti] dans son prs5t1 y demeure actuel et agissant4 ,compr5drait-on autrem5t qu'il trav]st des phases bi5 rgles1 qu'il *anget d'ge1 enf9 qu'il et une hi/oire8#bja ,n\s tranons d]rire n\s1 sans n\s en ap]cevoir1 la totalit de notre pass2 mais la mmoire ne v]se dans le prs5t que les deux ou trois s\v5irs qui complt]ont p> quelque ct notre situation actuelle4444 ,c'e/ dans la dure pure que n\s n\s replongeons1 une dure o le pass1 t\j\rs en m>*e1 se grossit sans cesse d'un prs5t absolum5t n\veau4444 ,que l'action grossisse en avanant1 qu'elle cre au fur et mesure de son progrs1 c'e/ ce que *acun de n\s con/ate qu& il se reg>de agir4#bjb ,inutile de prolong] encore ces citations4 ,elles suffis5t montr] que n\s n'avons pas trahi la p5se de l'auteur4 ,et puisqu'il vi5t de fuire appel notre expri5ce1 c'e/ sur ce t]ra9 de l'obs]vation que n\s port]ons le dbat4 ,c]tes1 t\t n'e/ pas faux dans les descriptions prcd5tes4 ,il e/ bi5 vrai1 p> exemple1 que notre dure n'e/ pas un in/ant qui remplace un autre in/ant4 ,n\s ne sommes pas *aque in/ant anantis et de n\veau crs1 c> notre id5tit p]sonnelle1 lo9 d'tre dtruite et remplace *aque in/ant1 demeure la mme de notre naissance notre mort1 comme l'obs]vation consci5te la plus lm5taire n\s l'atte/e avec ple9e vid5ce4 ,mais ce fait pr\ve prcism5t notre ?se3 qu'il y a s\s nos actions passagres un ag5t qui subsi/e t\j\rs id5tique lui-mme2 un tre subsi/ant s\s nos manires d'tre multiples et fugitives4 ,la deuxime obs]vation port]a sur un po9t de la plus haute importance dans la ?se b]gsoni5ne et non mo9s facile vrifi]4 ,le pass1 dit-on1 se cons]ve4--,oui1 mtaphoriquem5t1 mais s\s quelle =me8 ,t\te la "q e/ l4 ,hi]1 j'ai visit ,rome et admir la basilique de ,sa9t-,pi]re4 ,auj\rd'hui1 lo9 de ,rome1 cette vision si m\vante demeure bi5 vive en mon esprit1 mais s\s une =me t\te n\velle4 ,ce n'e/ plus du rel que mes yeux contempl5t1 mais une image m5tale grave dans mon esprit et dans mon cur que je p]ois4 ,en un mot1 ce n'e/ plus une intuition1 mais le s\v5ir d'une intuition disp>ue4 ,or1 cette image m5tale1 quoiqu'elle rappelle le pass1 e/ vraim5t actuelle et prs5te4 ,c'e/ donc du prs5t1 et non du pass1 qui s'aj\te au prs5t4 ,autre exemple3 ma jeunesse s'e/ donc1 elle aussi1 cons]ve8 dira le vieill>d4 ,mais quelle amre ironie1 alors qu'il ne peut mme plus dc\vrir en lui l'ombre de sa jeunesse6 ,ce qui se cons]ve n'e/ donc pas le pass1 mais un s\v5ir du pass4 ,cep5dant1 le pass peut laiss] des effets qui demeur5t plus ou mo9s de temps1 p> exemple1 une empre9te1 ou encore une accumulation de matriaux4 ,a9si l'animal1 en gr&issant1 cons]ve plus ou mo9s la figure qu'il a reue et les rs]ves de matire qui sont un legs du pass4 ,n\velle preuve que t\t ne passe pas et qu'il y a aussi du /able s\s le m\vant4 ,mais un hritage du pass n'e/ pas le pass lui-mme4 ,aprs avoir longtemps gr&i et grossi1 l'animal f9it avec l'ge p> dim9u] de poids et de taille3 il maigrit1 il se rab\grit1 l'homme r$evi5t en enfance4 ,aprs avoir longtemps enr\l son fil et grossi son peloton1 voici que le peloton se dr\le4 ,direz-v\s que c'e/ le ,temps qui revi5t sur ses pas et remonte son po9t de d"p8 ,il e/ clair que non1 le ,temps tant irrv]sible4 ,donc1 le peloton ou la b\le de neige1 ce n'tait pas du temps accumul1 du pass mis en cons]ve1 c'tait t\t autre *ose3 un legs matriel du pass4 ,le pass1 comme tel1 n'e/ donc plus--quoique ses effets puiss5t demeur] matriellem5t et son s\v5ir tre t\j\rs cons]v prs5t mon esprit ou mon cur1--et p>tant1 le pass qui n'e/ plus e/ incapable de s'aj\t]1 au prs5t1 de gonfl] le prs5t ou de faire avec lui b\le de neige1 p\r j\] le rle de sub/ance4 ,ce sont l des mtaphores cres p\r l'quivoque1 des bulles de savon brillantes et qu'un simple c\p d'p+le suffit dgonfl]4 ,ce c\p d'p+le--n\s l'avons dj vu--a t donn d'une manire spirituelle et dcisive p> ,m4 ,f\ille3 ,ce s]a1 dit-il1 l'orig9alit des b]gsoni5s d'avoir inv5t un n\veau sophisme du *auve4 ,les *eveux de l'homme *auve exi/5t encore1 puisqu'il en a l'ide et que cette ide opre p\r l'incit] faire sur son crne des lotions rgnratrices2 donc1 le *auve n'e/ pas *auve4#bjc ,s\s prtexte qu'il y a cont9uation du pass au prs5t1 on confond le pass avec le prs5t4 ,mais alors le pr9cipe de cont9uit univ]selle n\s p]mettrait de t\t confondre4 ,m4 ,b]gson aj\te--et ce s]a l'objet de notre troisime obs]vation--que1 non seulem5t le pass se cons]ve1 mais qu'il se cons]ve t\t enti]1 automatiquem5t4 ,c]tes1 ce n'e/ pas l'expri5ce qui a pu lui inspir] cette ?orie4 ,n\s ne saisissons qu'un trop gr& nombre de lacunes et d'oublis dans la trame de notre pass1 surt\t le plus lo9ta92 et l'ef=t si pnible qui n\s e/ impos p\r ret5ir ou appr5dre p> cur ce que n\s avons lu ou ent5du e/ t\t l'oppos d'une facilit spontane ou automatique4 ,ces deux traits sont d'une invraisemblance manife/e1 mais l'auteur en a beso9 p\r complt] sa notion a priori4 ,si le pass se cons]ve dans le prs5t1 en faisant b\le de neige1 aucune p>celle de ce pass ne saurait tre excepte1 puisqu'il lui suffit d'avoir t p\r tre encore4 ,d'autre "p1 puisque la mmoire n'e/ plus une facult ni un ef=t de nos puissances1 l'enregi/rem5t du pass dans le prs5t ne peut se faire qu'automatiquem5t et sans que notre lib]t s'en mle4 ,n\s devrions ret5ir1 comme n\s dev5ons vieux1 p> le seul c\lem5t du temps1 et malgr n\s4 ,mais ce n'e/ pas seulem5t les faits d'expri5ce les mieux tablis que contr$it la ?orie b]gsoni5ne2 elle se contr$it elle-mme4 ,d'une "p1 en effet1 elle a pos en ?se fondam5tale1 avec ,hraclite1 que t\t passe et ri5 ne demeure2 d'autre "p1 p> sa ?orie du temps b\le de neige1 elle s\ti5t que t\t demeure et que ri5 ne passe1 puisque le pass demeure et qu'il s'accrot mme sans cesse4 ,il faudrait p\rtant *oisir entre ces deux conceptions opposes et contradictoires4 ,que si ,m4 ,b]gson refuse de *oisir et d'en sacrifi] aucune1 c'e/ un aveu manife/e qu'il e/ indisp5sable d'aj\t] l'lm5t phnomnal qui passe un lm5t /atique qui demeure1 si l'on veut expliqu] la fois la mobilit des phnomnes de consci5ce et l'id5tit p]man5te du sujet consci5t4 ,c'e/ le triomphe de notre ?se4 ,p\r n\s1 l'lm5t /able e/ la s\rce causale d'o rayonn5t t\s l'os phnomnes1 et l'accord des deux lm5ts ont a9si compris comme un simple rapport de la cause une et p]man5te ses effets multiples et passag]s4 ,p\r ,m4 ,b]gson1 au contraire1 c'e/ le pass qui demeure et s'enr\le avec le prs5t1 c'e/ donc le pass qui e/ prs5t1 le m\vant qui e/ /able3 et la contradiction la plus flagrante e/ p> l mme introduite au se9 du sy/me4 ,p\r la dissimul] au reg>d des lecteurs mo9s att5tifs1 il suffira de ne jamais mettre en prs5ce les deux ?ses contradictoires1 mais de s'en s]vir t\r t\r1 suivant les beso9s du mom5t4 ,veut-on expliqu] la mmoire et la p]man5ce du moi t\j\rs id5tique lui-mme1 on f]a p>atre la b\le de neige et la prt5due p]si/ance du pass dans le prs5t4 ,veut-on expliqu] le fond de la ralit elle-mme1 soit matrielle1 soit spirituelle1 aussitt l'on enf\r*e l'autre gr& *eval de bataille3 t\t e/ fluide et m\vant4 ,janus avait aussi deux faces opposes4 ,celle que n\s montre habituellem5t le b]gsonisme et qui le c>actris]a dans l'hi/oire1 c'e/ la seconde1 celle de la fluidit et de la mobilit ess5tielle et univ]selle de t\te exi/5ce3 il n'y a pas de *oses1 il n'y a que des actions sans ag5t4 ,voyons-en les consqu5ces un n\veau po9t de vue1 celui de la critriologie ou de la di/9ction du vrai et du faux4 99 99 99 99 99 ,aprs avoir fait van\ir l'tre dans un p]ptuel et insaisissable dev5ir1 la philosophie b]gsoni5ne doit1 p> une consqu5ce fatale1 ru9] p> la base t\te sci5ce de l'tre4 ,c]tes1 l'int5tion de l'auteur n'e/ pas de ru9] la ,vrit4 ,lo9 de l1 il la re*]*e s9crem5t1 avidem5t1 et n\s l'avons ent5du s'cri]3 ,et il n'y a p\rtant qu'une vrit6#bjd exclamation qui n'e/ pas d'un sceptique4 ,mais les bonnes int5tions ne suffis5t pas enray] la logique d'un sy/me4 ,or1 n\s croyons qu'un sy/me o le sujet et l'objet de la connaissance sont s\mis un dev5ir radical1 un *angem5t total et p]ptuel1 ab\tit1 bon gr1 mal gr1 la ru9e de t\te sci5ce et de t\te vrit4 ,la ,vrit1 c'e/ ce qui e/2 la sci5ce e/ la connaissance de ce qui e/4 ,mais si ce qui e/ e/ ess5tiellem5t fuyant et insaisissable1 fuyante et p>eillem5t insaisissable s]a la ,vrit4 ,suivant une comp>aison clbre1 re*]*] la vrit ne s]a dsormais que p\rsuivre des oiseaux qui s'envol5t4 ,c'e/ la ru9e de t\te sci5ce huma9e4 ,cette consqu5ce inadmissible avait t dnonce p> les premi]s p5seurs de la ,grce4 ,voici en quels t]mes saisissants ,platon faisait dj dialogu] sur ce sujet ,socrate et ,cratyle4 ,si l'tre passait incessamm5t1 s]ait-il possible de dire qu'il exi/e et ce qu'il e/8 ,t&is que n\s p>lons1 ne s]ait-il pas dj autre1 et n'aurait-il pas p]du sa premire =me8--7,cratyle7 ,ncessairem5t4 --7,socrate7 ,or1 comm5t une *ose p\rrait-elle tre1 qui ne fut jamais de la mme manire8 ,c> s'il n'y a un mom5t o elle demeure semblable elle-mme1 il e/ clair que dans ce mom5t-l elle ne passe po9t4444 ,en outre1 une p>eille *ose ne p\rrait tre connue p> p]sonne4 ,c>1 t&is qu'on s'appro*]ait p\r la connatre1 elle devi5drait autre2 de sorte qu'il s]ait impossible de savoir ce qu'elle e/ et comm5t elle e/4 ,il ne saurait y avoir connaissance d'un objet qui n'a pas de manire d'tre dt]m9e44444 ,on ne peut pas mme dire qu'il puisse y avoir une connaissance quelconque1 si t\t *ange sans cesse et si ri5 ne subsi/e4 ,c> si cette *ose mme que n\s nommons la connaissance ne cesse pas d'tre la connaissance1 la connaissance subsi/e et il y a connaissance4 ,mais si la =me mme de la connaissance vi5t *ang]1 elle se *ange en une autre =me qui n'e/ pas celle de la connaissance1 et il n'y a plus connaissance2 et si elle *ange t\j\rs1 il n'y aura jamais de connaissance4 ,mais si ce qui connat subsi/e1 si ce qui e/ connu subsi/e aussi 444 cela ne ressemble gure cette mobilit et ce flux univ]sel dont n\s p>lions t\t l'heure4#bje ,dans le ,sophi/e1 ,platon revi5t encore sur cette dmon/ration capitale p\r conclure3 ,c]tes1 il faut combattre avec t\tes les armes du raisonnem5t celui qui 7p> le mobilisme univ]sel71 dtruisant la sci5ce1 la p5se1 l'intellig5ce1 prt5d encore p\voir affirm] quelque *ose de quoi que ce soit4#bjf ,c'e/ donc la ngation de la p5se elle-mme que n\s conduit la ngation de l'tre4 ,et comme la p5se huma9e manife/e son savoir pr9cipalem5t de deux manires1 p> la df9ition et p> la preuve--la df9ition qui indique l'ess5ce d'un objet1 la preuve qui dmontre son exi/5ce1--n\s allons montr] combi5 gravem5t sont atte9tes et ru9es ces deux manife/ations de la vrit ou de la sci5ce4 99 99 99 99 99 ,d'abord1 comm5t donn] une df9ition de ce qui *ange sans cesse et qui e/ le *angem5t p> ess5ce8 ,il e/ clair que c'e/ t\t fait impossible4 ,a pe9e aurez-v\s ouv]t la b\*e p\r essay] une df9ition1 v\s devriez v\s arrt] et v\s taire1 puisque l'objet df9ir aurait dj *ang et ne s]ait plus le mme4 ,en affirmant que le m\vem5t e/ la seule ralit ou que t\t e/ m\vem5t1 la philosophie n\velle a donc r5du t\te df9ition impossible4 ,cette consqu5ce s'impose si clairem5t que ,m4 ,b]gson1 bi5 lo9 de la ni]1 doit en faire l'aveu4 ,p>lant de la vie1 il admet qu'une df9ition exacte n'en saurait tre =mule1 et la raison qu'il en donne e/ celle que n\s v5ons d'allgu] n\s-mmes3 ,une df9ition p>faite ne s'applique qu' une ralit faite2 or1 les proprits vitales ne sont jamais entirem5t ralises1 mais t\j\rs en voie de ralisation3 ce sont mo9s des tats que des t5dances4#bjg ,ni l'intellig5ce ni l'in/9ct ne se prt5t des df9itions rigides2 ce sont des t5dances et non pas des *oses faites4444 ,c'e/ p\rquoi1 aj\te-t-il1 on ne devra voir dans t\t ce qui va suivre qu'un dess9 s*matique1 o les cont\rs respectifs de l'intellig5ce et de l'in/9ct s]ont plus accuss qu'il ne le faut et o n\s aurons nglig l'e/ompage qui vi5t t\t la fois de l'indcision de *acun d'eux et de leur empitem5t rciproque l'un sur l'autre4444 ,il s]a t\j\rs ais de r5dre ensuite les =mes plus fl\es1 de corrig] ce que le dess9 aurait de trop gomtrique1 enf9 de sub/itu] la raideur d'un s*ma la s\plesse de la vie4#bjh ,tel e/ le secret de la proccupation con/ante qu'affecte ,m4 ,b]gson d'attnu] ou d'extnu] t\tes ses affirmations ou ngations1 d'e/omp] ou de r5dre fl\ t\t ce qui aurait le dfaut d'tre clair et net1 surt\t en ce qui conc]ne le monde vivant4 ,on croirait qu'il a adopt la maxime clbre3 ,ri5 n'e/ vrai que le vague4 ,jamais on ne saura1 p> exemple1 si1 ses yeux1 le vivant1 mme le plus p>fait1 tel que l'homme1 e/ un ou multiple4 ,l'un et le multiple1 dit-il1 sont des catgories qui ne s'appliqu5t pas aux vivants1 ou du mo9s qu'il s'av\e incapable de leur appliqu]#bji4 ,mais on aurait gr& tort d'en conclure que cette impossibilit de ri5 df9ir nettem5t e/ propre au monde de la vie4 ,elle doit s'appliqu] aussi la matire brute1 et p\r la mme raison4 ,dj n'avons-n\s pas ent5du ,m4 ,b]gson n\s dire3 ,matire ou esprit1 la ralit n\s e/ app>ue comme un p]ptuel dev5ir4 ,elle se fait ou elle se dfait1 mais elle n'e/ jamais quelque *ose de fait4#baj ,puisqu'il n'y a en elle jamais ri5 de fait1 mais un p]ptuel et insaisissable dev5ir1 il n'y a donc l encore ri5 de df9issable4 ,p> exemple1 la matire e/-elle t5due ou 9t5due8 ,elle n'e/ ni l'un ni l'autre ou les deux la fois1 c> elle s't5d dans l'espace sans y tre absolum5t t5due4 ,elle e/ l'extra-spatial se dgradant en spatialit4 ,a9si1 quoiqu'elle se dploie dans le s5s de l'espace1 la matire n'y ab\tit pas t\t fait4#baa ,mme rponse p\r savoir si la matire e/ ou n'e/ pas esprit1 si elle e/ une ou multiple1 f9ie ou inf9ie1 si elle dure ou ne dure pas1 etc4#bab4 ,a cette difficult extrme--disons impossibilit--p\r l'intellig5ce de ri5 df9ir s'en aj\te une n\velle du ct de l'intuition4 ,cette facult1 dont n\s p>l]ons plus t>d1 inv5te p> ,m4 ,b]gson p\r suppler aux lacunes de l'intellig5ce1 e/ c5se voir le fond mme des *oses1 l'intrieur desquelles elle peut pntr]4 ,elle voit donc des ralits que l'intellig5ce ne voit pas1 mais1 ne p\vant les exprim] qu'avec les catgories de l'intellig5ce qui ne leur sont plus applicables--puisqu'elle transc5de t\tes les catgories1--elle re/e muette et sans voix1 malgr sa clairvoyance4 ,elle ne peut donc ri5 df9ir1 au mo9s en langage intelligible1 et son tmoignage ne peut qu'aj\t] la nbulosit vague des n\velles df9itions4 ,un exemple typique n\s e/ f\rni p> la fameuse notion b]gsoni5ne du ,temps1 dj r5contre sur notre *em94 ,a la notion intellectuelle de ,temps-longueur de dure1 comprise de t\s1 savants et ignorants1 ,m4 ,b]gson oppose celle de ,temps-inv5tion1 que l'intuition1 dit-il1 lui a rvle et qu'il df9it t\r t\r1 comme une =ce active1 psy*ique1 comme une vie1 un c\rant de vie1 un lan vital1 un ef=t1 une consci5ce1 une supra-consci5ce1 une lib]t1 un v\loir1 un *oix1 une intuition1 un progrs1 une croissance p]ptuelle1 une cont9uit de *angem5ts1 une inv5tion de n\veauts t\j\rs imprvisibles1 une cration incessante1 une exig5ce p]ptuelle de cration2--ou bi5 encore comme l't(fe dont t\te *ose e/ faite1 comme la sub/ance et la ralit mme des *oses2--enf91 comme un accroissem5t progressif de l',absolu1 une mmoire1 une prolongation du pass dans le prs5t1 etc41 etc4#bac4 ,il e/ clair que cet amoncellem5t de notions incompatibles1 soit entre elles1 soit avec ce que t\t le monde appelle le ,temps1 transc5de compltem5t t\tes nos catgories intellectuelles2 c'e/ de l'in9telligible et p>tant du v]balisme pur3 v]ba et voces6 ,molire et appel cela1 trs irrvr5cieusem5t1 un triple galimatias1 ou l'et comp> au *apeau d',arlequ91 susceptible des =mes les plus v>ies et les plus tranges4 ,aprs ces explications1 n\s ne mettrons plus en d\te que la philosophie du non-tre ou du dev5ir pur a ru9 t\te possibilit de ri5 df9ir4 ,il e/ mme impossible de df9ir ce dev5ir p> sa direction--comme ,m4 ,b]gson le suppose#bad1--;c> s'il n'y a plus ri5 de fixe et de /able1 on ne saurait plus p>l]1 sans se contr$ire1 de direction fixe et df9issable4 ,t\t au plus p\rrait-on p>l] d'une direction de la direction elle-mme1 et l'on press5t dans quelle imprcision vague et dsesprante n\s retombons4 ,c'e/ la dissolution de t\te nettet dans la p5se1 et de la p5se elle-mme qui ne vit que de prcision et de cl>t4 ,si les hommes1 disait ,leibnitz1 s'ent5dai5t p\r df9ir avec prcision ce dont ils p>l5t1 presque t\tes leurs discussions cess]ai5t4 ,aux antipodes de cette maxime si pr(onde se place une philosophie qui1 p> pr9cipe1 dcl>e ne p\voir ri5 df9ir exactem5t et ne se m\voir que dans le vague et l'quivoque4 ,ds lors1 dans la bataille des ides1 on ne sait mme plus p\r qui ni p\rquoi l'on se bat2 et ce s]ait p\rtant si ncessaire de le savoir6 99 99 99 99 99 ,a la ru9e de la df9ition va s'aj\t] celle de la preuve4 ,t\te preuve ou dmon/ration rationnelle1 en effet1 s'appuie sur des pr9cipes ncessaires4 ,a9si1 p> exemple1 je dmontre un ?orme de gomtrie p> ce pr9cipe que deux quantits gales une troisime sont gales entre elles4 ,eh bi56 voyons ce que devi5n5t dans la philosophie n\velle ces lm5ts fondam5taux de la dmon/ration3 les premi]s pr9cipes4 ,t\t d'abord1 les pr9cipes ncessaires et absolus d'id5tit1 de contradiction1 de causalit s'van\iss5t fatalem5t dans un sy/me o ri5 n'e/ fixe et p]man5t1 o1 au contraire1 t\t e/ *angem5t p]ptuel et fluidit insaisissable4 ,y a-t-il des vrits t]nelles et ncessaires8 ,on en peut d\t]1 crivait un des plus brillants disciples de la n\velle cole2 et il aj\tait3 ,axiomes et catgories1 =mes de l'ent5dem5t ou de la s5sibilit1 t\t cela devi5t1 t\t cela volue1 l'esprit huma9 e/ pla/ique et peut *ang] ses plus intimes dsirs4#bae ,sans d\te1 ces messieurs daign5t encore ret5ir p\r leur usage les pr9cipes les plus pratiques1 tels que #b #b #d1 mais uniquem5t comme des =mules commodes1 sans aucune valeur intellectuelle4 ,comme si le pr9cipe #b #b #d p\vait avoir une valeur pratique p\r rgl] avec mon cranci]1 sans aucune valeur ?orique1 alors que t\te son utilit vi5t de sa vrit6 ,reconnaissons volonti]s que n\s n'avons pas encore r5contr s\s la plume de ,m4 ,b]gson lui-mme des ass]tions si audacieuses et d'une crudit si rvoltante4 ,n\s avons dj vu le so9 qu'il pr5ait e/omp] et r5dre fl\4 ,aj\tons mme que1 dans ses prcd5ts ouvrages1 il avait nettem5t ma9t5u le c>actre absolu du pr9cipe d'id5tit ou de contradiction4 ,le pr9cipe d'id5tit e/ la loi absolue de notre consci5ce1 crivait-il2 il affirme que ce qui e/ p5s e/ p5s au mom5t o on le p5se2 et ce qui fait l'absolue ncessit de ce pr9cipe1 c'e/ qu'il ne lie pas l'av5ir au prs5t1 mais seulem5t le prs5t au prs5t3 il exprime la confiance 9branlable que la consci5ce se s5t en elle-mme1 tant que1 fidle son rle1 elle se borne con/at] l'tat actuel app>5t de l'me4#baf ,mais ces lignes tai5t crites il y a plus de v+t-deux ans1 v]s #ahhi1 et longtemps avant l'app>ition de la philosophie du dev5ir4 ,leur auteur les crirait-il de n\veau auj\rd'hui sans les e/omp] et les neutralis]8 ,n\s ne le croyons pas4 ,son monisme le lui int]dit4 ,quoi qu'il en soit1 elles ne cadr5t plus avec cette philosophie n\velle o t\t s'c\le et o ri5 ne peut demeur] fixe et le mme4 ,si l'tre exi/e1 il e/ ncessairem5t id5tique lui-mme3 ,a ,a4 ,c'e/ la premire vrit qui saute aux yeux de celui qui1 aprs avoir saisi l'tre1 le comp>e avec lui-mme4 ,p>tant1 il ne peut tre id5tique la ngation de lui-mme4 ,l'tre ne peut1 tre id5tique au non-tre4 ,c'e/ le pr9cipe de contradiction3 ,idem non pote/ esse et non esse4 ,impossible d'affirm] et de ni] en mme temps1 c> aucun homme s9cre ne saurait croire l'id5tit de l'affirmation et de la ngation4 ,que si1 au contraire1 l'tre n'e/ plus qu'une illusion1 s'il n'y a jamais ri5 de fait ni de saisissable dans le rel1 v\s ne p\vez plus le dire id5tique lui-mme4 ,dans la mme phrase1 v\s ne p\vez plus unir un sujet un attribut1 puisque entre ces deux in/ants du dev5ir le sujet a dj *ang ncessairem5t et p> df9ition4 ,bi5 plus1 dans le mme in/ant1 s'il n'y a plus d'tre /able s\s le *angem5t1 s'il n'y a que du *angem5t pur1 v\s ne p\vez plus l'arrt] au passage1 le fix]1 le congel] p\r dire ce qu'il e/1 c> t\te son ess5ce e/ de *ang] et de n'tre jamais id5tique lui-mme#bag4 ,m4 ,le ,roy n\s accord]ait t\tefois que si le pr9cipe de contradiction n'e/ plus la loi du rel1 il demeure la loi suprme du disc\rs4 ,mais cette concession n\s p>at bi5 va9e4 ,t\te la valeur du disc\rs tant dans sa con=mit avec le rel1 on ne peut plus exclure la contradiction dans le disc\rs aprs l'avoir admise dans le rel4 ,s' il y a de la contradiction dans le monde1 comme l'affirme ,m4 ,le ,roy#bah1 il faut bi5 admettre qu'il y en ait aussi dans le disc\rs et la p5se qui doiv5t reprs5t] ce rel4 ,en brisant le pr9cipe d'id5tit ou de contradiction1 on brise donc les ressorts ess5tiels de la raison huma9e1 on id5tifie les contraires et l'on v]se dans t\s les dlires du monisme pan?i/ique#bai4 ,ari/ote avait bi5 saisi t\te la gravit de ces consqu5ces logiques du pr9cipe hracliti5 et les avait dj vig\reusem5t dnonces4 ,si les contradictoires tai5t galem5t vraies1 relativem5t la mme *ose1 crivait-il1 ds lors t\t s]ait confondu avec t\t4 ,ce s]ait une seule et mme *ose qu'une galre1 un mur et un homme1 si l'on peut indiffremm5t t\t affirm] ou t\t ni]4444 ,un homme n'e/ videmm5t pas une galre1 mais il l'e/ a9si dans le pan?isme d',anaxagore1 p\r lequel t\tes *oses sont confondues les unes avec les autres1 et p> l mme il n'y a plus ri5 qui soit rellem5t exi/ant4444 ,c> s'il e/ vrai que tel tre soit homme et en mme temps non-homme1 indiffremm5t1 il n'y a plus rellem5t ni homme ni non-homme4#bbj ,cette rfutation p> l'absurde du monisme d',hraclite et d',anaxagore n'e/ pas mo9s dcisive contre celui de ,m4 ,b]gson4 ,celui-ci ne fait que rajeunir l'exemple de la galre1 du mur et de l'homme lorsqu'il n\s rpte avec une insi/ance inquitante que1 p\r lui1 un v]re d'eau1 l'eau1 le sucre et le processus de dissolution du sucre dans l'eau sont sans d\te des ab/ractions4#bba ,p\r le monisme contempora91 en effet1 comme p\r le monisme antique1 t\te di/9ction relle des tres e/ une illusion1 le fond de leur tre tant le mme4 ,voil o n\s conduit l'id5tit des contraires4 ,et1 comme la contradiction sy/matique f9it p> se dtruire elle-mme1 voici la d]nire consqu5ce galem5t dnonce p> ,ari/ote4 ,prt5dre que l'tre et le non-tre sont id5tiques1 c'e/ admettre l't]nel repos des *oses et non leur t]nel dev5ir4 ,il n'y a ri51 en effet1 dans ce sy/me en quoi puiss5t se trans=m] les tres1 puisque t\t e/ id5tique t\t#bbb ,si t\t e/ id5tique1 assurm5t1 *ang] s]ait demeur] id5tique1 et le *angem5t lui-mme n'a plus de s5s4 ,voici donc qu'en s\t5ant que le m\vem5t seul exi/e1 on a r5du impossible le m\vem5t lui-mme1 ju/ifiant a9si la critique f9ale d',ari/ote3 ,le malheur commun de t\tes ces belles ?ories1 c'e/1 comme on l'a rpt c5t fois1 de se rfut] elles-mmes4#bbc ,elles dtruis5t en mme temps t\te sci5ce philosophique4 ,la vrit dev5ant insaisissable et inaccessible l'esprit huma91 on ne peut plus prt5dre la p\rsuivre srieusem5t#bbd4 ,la philosophie cesse d'tre une sci5ce p\r dev5ir un art4 ,son objet n'e/ plus la re*]*e de ce qui e/1 mais de ce qui plat4 ,tel e/ le n\veau critre4 ,un tableau du sy/me du monde trac a priori1 enlev de *ic1 revtu de c\leurs tranges1 orig9ales et sduisantes--qu'il soit ou non con=me1 au monde rel1--s'il peut plaire1 s]a t5u p\r vrai1 d'autant plus vrai qu'il plaira davantage p> sa h>diesse surt\t et sa n\veaut4 ,un exemple des plus rem>quables va n\s en tre (f]t p> ,m4 ,b]gson lui-mme4 ,il va dr\l] s\s nos yeux1 comme dans une vision fanta/ique1 t\te la prhi/oire et la gnalogie des tres anims et inanims qui ont peupl t\s les mondes4 ,aprs avoir plaisant l',ontologie des anci5s avec son ambition ins5se de connatre les ess5ces des *oses1 lui-mme va les dpass] d'audace en n\s dc\vrant les secrets prhi/oriques de la g5se des corps et des esprits et de l'intellig5ce elle-mme3 ,le mom5t e/ v5u1 p>at-il1 de t5t] une g5se de l'intellig5ce en mme temps qu'une g5se des corps4#bbe 99 99 99 99 99 ,v4 ,l',,volution ,,des ,,mondes4 #a4 ,expos4--,la rfutation de t\s les sy/mes volutionni/es t5ts jusqu' ce j\r e/ une des p>ties les plus intressantes et les plus solides de l',evolution cratrice1 dont n\s entrepr5ons l'analyse et la critique4 ,m4 ,b]gson s'y montre ju/e1 mais impitoyable p\r ses prdcesseurs4 ,h]b]t ,sp5c] e/ assez malm54 ,ds les premires pages de sa prface1 l'auteur se hte de s'attaqu] au faux volutionnisme de ,sp5c]1 qui consi/e dc\p] la ralit actuelle1 dj volue1 en petits morceaux non mo9s volus1 puis la recompos] avec ces fragm5ts et se donn] a9si1 p> avance1 t\t ce qu'il s'agit d'expliqu]#bbf4 ,plus t>d1 il comp>]a ironiquem5t sa m?ode au jeu de cet enfant qui colle une image t\te faite sur un c>ton1 le dc\pe en petits morceaux1 juxtapose ensuite ces fragm5ts et f9it p> croire que l'image totale a9si obt5ue a t produite p> lui1 comme s'il en avait produit le dess9 et la c\leur4 ,l'volution vraie des *oses ne peut donc ressembl] en ri5 la juxtaposition1 si habile qu'elle soit1 des fragm5ts de l'volu#bbg4 ,la ?orie de ,fi*te#bbh1 quoique un peu mo9s dnue de s5s philosophique que celle de ,sp5c]1 ne le conduit gure plus lo94 ,celui-ci tait p>ti de l'inorganique et prt5dait1 en le compliquant avec lui-mme1 recon/itu] la vie et la p5se4 ,celui-l1 p> un decresc5do habilem5t mnag1 "p de l'intellig5ce et de la vie p\r r$esc5dre peu peu jusqu' la matire brute4 ,l'un compose et complique avec des lm5ts donns1 l'autre dcompose et dgrade1 mais t\j\rs avec des lm5ts donns dont on n'indique pas la g5se1 alors que l'volution a prcism5t p\r b de l'expliqu]4 ,le gr& tort des uns et des autres e/ aussi de ne pas voir la c\pure entre l'inorganis et l'organis et de prt5dre les tir] l'un de l'autre4 ,cette illusion fondam5tale tant commune t\s les sy/mes d'volution p> simple mcanisme1 ,m4 ,b]gson ne cesse t\t propos de la dmasqu] et de la confondre4 ,le d>w9isme n'y *appe po9t4 ,n'a-t-il pas1 lui aussi1 la prt5tion d'expliqu] l'volution p> de simples causes accid5telles et extrieures8 ,l'adaptation aux milieux ambiants1 la lutte p\r la vie1 la slection p> le has>d des batailles1 la transmission hrditaire des c>actres acquis =tuitem5t 444 t\t cela s5t encore trop le mcanisme1 puisque la cause intrieure de l'volution1 l'lan vital orig9el et sa direction privilgie en sont rig\reusem5t exclus4 ,le no-d>w9isme#bbi e/ un peu plus heureux qu& il rec\rt1 p\r expliqu] les v>iations1 des diffr5ces inhr5tes au g]me dont l'individu e/ porteur1 et non pas aux dm>*es accid5telles de cet individu au c\rs de sa c>rire4 ,mais ce que ,m4 ,b]gson ne peut admettre1 c'e/ que ces diffr5ces inhr5tes au g]me soi5t purem5t accid5telles et individuelles1 alors que t\t conc\rt pr\v] qu'elles sont le dveloppem5t d'une impulsion gnrale et orig9elle qui passe de g]me en g]me trav]s les individus et leur imprime sa m>que1 soit dans la mme ligne1 soit dans des bran*es latrales si div]g5tes que n\s sommes t\t surpris d'y voir rapp>atre c]ta9s traits orig9els que l'on croyait disp>us4 ,a9si1 p> exemple1 n\s retr\vons de gr&es similitude dans la /ructure de l'il *ez des espces trs loignes et qui n'ont pas du t\t la mme hi/oire4 ,les v]tbrs et tel mollusque1 l'homme et le ,peigne1 ont une mme rt9e4 ,c'e/ donc l une empre9te d'une mme t5dance orig9elle#bcj4 ,d'ailleurs1 la ?orie n\velle des mutations brusques de ,m4 de ,vries e/ v5ue modifi] pr(ondm5t le d>w9isme sur ce po9t4 ,la t5dance *ang] brusquem5t au b\t de c]ta9es priodes ne peut plus tre dite accid5telle et individuelle4 ,malheureusem5t1 cette ?orie e/ encore trop jeune p\r qu'elle soit vrifie4 ,m4 de ,vries n'apporte qu'un seul fait1 d'ailleurs conte/able1 dans le rgne vgtal et aucun dans le rgne animal#bca4 ,lam>ck et les no-lam>cki5s#bcb sont mieux inspirs lorsqu'ils reconnaiss5t p\r cause ess5tielle des *angem5ts une =ce1 un ef=t intrieur1 ou encore un beso91 puisque leur maxime e/ que le beso9 cre l'organe4 ,mais ils ont gr& tort de considr] cet ef=t comme individuel4 ,l'ef=t p> lequel une espce modifie ses organes ou ses in/9cts doit tre une *ose bi5 plus pr(onde et qui ne dp5d pas uniquem5t des circon/ances ni des individus1 quoique les individus y collabor5t1 et il n'e/ pas purem5t accid5tel1 quoique l'accid5t y ti5ne une l>ge place4 ,a ces critiques gnrales des div]s sy/mes volutionni/es1 ,m4 ,b]gson en aj\te de p>ticulires1 dont n\s relv]ons les deux plus intressantes sur l'insuffisance de l'adaptation aux milieux ambiants et l'insuffisance de l'hrdit4 ,voici la premire3 ,il e/ bi5 vid5t qu'une espce disp>at qu& elle ne se plie pas aux conditions d'exi/5ce qui lui sont faites4 ,mais autre *ose e/ de reconnatre que les circon/ances extrieures sont des =ces avec lesquelles l'volution doit compt]1 autre *ose s\t5ir qu'elles sont les causes directrices de l'volution4 ,cette d]nire ?se e/ celle du mcanisme4 ,elle exclut absolum5t l'hypo?se d'un lan orig9el1 je veux dire d'une p\sse intrieure qui port]ait la vie1 p> des =mes de plus en plus complexes1 des de/9es de plus en plus hautes4 ,cet lan e/ p\rtant visible4444 ,la vrit e/ que l'adaptation explique les s9uosits du m\vem5t volutif1 mais non pas les directions gnrales du m\vem5t1 encore mo9s le m\vem5t lui mme4 ,la r\te qui mne la ville1 e/ bi5 oblig] de mont] les ctes et de desc5dre les p5tes1 clic s'adapte aux accid5ts du t]ra92 mais les accid5ts de t]ra9 ne sont pas cause de la r\te et ne lui ont pas non plus imprim sa direction4#bcc ,l'on ne saurait mieux dire2 c'e/ dcisif4 ,la seconde critique ne l'e/ pas mo9s4 ,d'abord les faits n\s montr5t1 d'une manire irrfragable1 que la transmission hrditaire des c>actres acquis e/ l'exception et non la rgle4 ,cette simple rem>que suffirait r5v]s] t\s les sy/mes dj critiqus4 ,mais il y a plus1 l'exception mme devi5t inexplicable3 ,comm5t att5dre d'elle 7de l'hrdit7 qu'elle dveloppe 7peu peu7 un organe tel que l'il8 ,qu& on p5se au nombre norme de v>iations1 t\tes diriges dans le mme s5s1 qu'il faut suppos] accumules les unes sur les autres p\r pass] de la ta*e pigm5taire de l',infusoire l'il du ,mollusque ou du ,v]tbr1 on se dem&e comm5t l'hrdit1 telle que n\s l'obs]vons1 aurait jamais dt]m9 cet amoncellem5t de diffr5ces1 suppos] que des ef=ts individuels euss5t pu produire *acune d'elles en p>ticuli]4#bcd ,des ef=ts accid5tels et individuels ne suffis5t donc pas expliqu] cette m>*e la vision v]s le plus p>fait des organes visuels1 tel que l'il du v]tbr4 ,au-dessus des individus1 incapables de se conc]t] entre eux p\r un tel b1 au-dessus des circon/ances accid5telles et =tuites1 il faut plac] une =ce suprieure qui les dom9e et les dirige4 ,elle seule peut emp*] l'volution d'tre un c\lem5t aveugle et *aotique1 comme l'eau qui dborde1 tantt bi5faisante et tantt de/ructrice4 ,il faut une direction4 ,c'e/ dire qu'aucun des sy/mes volutionni/es imag9s jusqu' ce j\r n'e/ capable de rs\dre le problme de l'volution4 ,voil une critique1 nos yeux premptoire1 de l'volutionnisme1 et--quoiqu'il ne l'ait po9t inv5te--n\s devons savoir gr ,m4 ,b]gson de n\s l'avoir si bi5 expose4 ,re/e exam9] ce qu'il va n\s propos] de mettre la place1 c> il ne suffit pas de dtruire1 il faut encore et surt\t remplac]4 99 99 99 99 99 ,d'abord--et ce procd p> anti?se n'e/ plus p\r n\s surpr5dre1 --,m4 ,b]gson ma9ti5t qu& mme1 et malgr t\s ses *ecs successifs1 le pr9cipe de l'volution univ]selle1 s't5dant t\s les tres sans exception4 ,pr9cipe dont n\s avons montr ailleurs#bce l't5due exagre1 c> si les faits peuv5t n\s suggr] d'admettre des volutions p>tielles d'une multitude de types primitifs1 animaux et vgtaux1 aucun fait n'autorise la ngation de ces types primitifs1 aucun ne favorise l'hypo?se de l'volution univ]selle s't5dant de la molcule inorganique jusqu' l'homme et l'intellig5ce huma9e4 ,bi5 lo9 de l1 t\s les faits sci5tifiques1 non mo9s que les impossibilits rationelles qu'elle implique1 la contr$is5t ouv]tem5t4 ,cep5dant1 ,m4 ,b]gson s'ob/9e ret5ir le pr9cipe1 et la raison de cette ob/9ation1 commune un si gr& nombre de p5seurs contempora9s1 n\s la tr\vons clairem5t =mule dans cet aveu d'un de ses collgues en ,sorbonne1 pr(esseur d'anatomie comp>e1 et qui n'e/ nullem5t suspect d'atta*es religieuses3 ,je suis absolum5t conva9cu1 crivait-il1 qu'on e/ ou qu'on n'e/ pas trans=mi/e1 non p\r des raisons tires de l'hi/oire naturelle1 mais en raison de ses op9ions philosophiques4 ,s'il exi/ait une hypo?se sci5tifique autre que le trans=misme p\r expliqu] l'orig9e des espces 7sans rec\rir ,dieu71 nombre de trans=mi/es actuels ab&onn]ai5t leur op9ion actuelle comme insuffisamm5t dmontre4#bcf ,l'hypo?se de l'volution univ]selle et absolue e/ donc comme la c>te =ce p\r t\s ceux qui veul5t masqu] leur prt5tion irrationnelle de se pass] de ,dieu1 et cela n\s explique la vraie porte des p>oles suivantes3 ,en s\mettant a9si les div]ses =mes actuelles de l'volutionnisme une commune preuve1 en montrant qu'elles vi5n5t t\tes se heurt] une mme insurmontable difficult1 n\s n'avons nullem5t l'int5tion de les r5voy] dos dos4444#bcg1 mais seulem5t de les trans=m] et de les remplac] p> une hypo?se n\velle qui vit]a les cueils o t\tes les autres sont v5ues se heurt] et se bris]4 ,le premi] de ces cueils1 c'tait1 n\s semble-t-il1 le s\ci de faire concord] la ?orie avec les faits4 ,or1 ce b e/ impossible atte9dre1 att5du que les docum5ts n\s manqu5t p\r recon/itu] cette hi/oire de l'volution#bch4 ,il vaut donc bi5 mieux1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 s'en t5ir des gnralits1 d'autant que la philosophie n'e/ pas t5ue aux mmes prcisions que les sci5ces#bci4 ,la philosophie1 que l'on avait fait desc5dre du ciel sur la t]re1 va donc remont] un in/ant dans les nuages p\r s'y m\voir plus son aise4 ,le deuxime cueil tait la proccupation con/ante d'accord] la ?orie avec les premi]s pr9cipes de la raison1 notamm5t avec le pr9cipe de causalit4 ,on supposait t\j\rs qu'en voluant un tre ne p\vait produire que ce qu'il cont5ait dj en puissance4 ,t\t tait donc donn1 l'orig9e de l'volution1 au mo9s l'tat virtuel ou de puissance4 ,a9si1 p> exemple1 deux espces vois9es1 comme le s+e et l'homme1 tai5t supposes desc5dre d'un anctre commun1 c>actres encore indcis1 ni homme ni s+e1 mais p\vant volu] dans l'un ou l'autre s5s1 le g5re cont5ant virtuellem5t les espces4 ,c'tait encore l un b *imrique1 impossible atte9dre1 au mo9s dans l'tat actuel de la sci5ce4 ,aussi les gnalogies qu'on n\s propose p\r les div]ses espces sont le plus s\v5t problmatiques4 ,elles v>i5t avec les auteurs1 avec les vues ?oriques dont elles s'inspir5t1 et s\lv5t des dbats que l'tat actuel de la sci5ce ne p]met pas de tran*]#bdj4 ,il e/ donc beauc\p plus simple de s'en pass] et de suppos] que l'volution1 au lieu de dr\l] peu peu les g]mes qu'elle portait dans ses flancs1 a cr de t\te pice t\t ce qu'elle a produit4 ,l'volution ne s]a plus une simple volution novatrice1 mais une cration qui se p\rsuit sans f9 en v]tu d'un m\vem5t initial#bda4 ,de l le nom assez contradictoire1 mais significatif d',evolution cratrice4 ,ds lors1 plus n'e/ beso9 de tr\v] des anctres communs1 des types gnriques d'o sortirai5t des espces3 t\t peut sortir de t\t1 grce l'hypo?se d'une cration p]ptuelle #bdb4 ,db>rass de la sorte de t\s ces va9s scrupules1 d'accord avec les premi]s pr9cipes de la raison ou de concordance avec les faits1 on dev9e combi5 notre auteur va se m\voir son aise dans la description qu'il va n\s faire de l'volution des tres organiss ou inorganiss1 soit sur notre t]re1 soit sur d'autres plantes1 dans d'autres sy/mes solaires#bdc4 ,et c'e/ l'intuition gr&iose de ce pote ou de ce voyant que n\s avons hte d'analys]1 aprs avoir pri le lecteur de v\loir bi5 se rappel] la fameuse notion b]gsoni5ne du ,temps1 vritable inspiratrice des ?ories n\velles4 99 99 99 99 99 ,au comm5cem5t tait le ,temps1 et le ,temps tait un pr9cipe psy*ique1 d\ d'activit1 c> un temps dp\rvu d'efficace1 du mom5t qu'il ne fait ri51 n'e/ ri5#bdd4 ,comm5t le df9ir8 ,c'e/ bi5 impossible1 c>1 tant un produit de l'intuition1 il ne r5tre dans aucune des catgories de l'intellig5ce4 ,cep5dant1 faute d'un meilleur mot#bde1 n\s avons dj vu qu'il l'appelle consci5ce ou sup]consci5ce1 mais plus s\v5t vie1 lan vital1 c\rant de vie1 cration incessante1 ou exig5ce de cration1 inv5tion1 *oix1 lib]t1 intuition1 v\loir1 progrs1 etc4 ,cette puissance cosmique n'e/ p\rtant pas inf9ie1 mais /rictem5t limite et imp>faite1 c> il ne faut pas oubli]1 dit-il1 que la =ce qui volue trav]s le monde organis e/ une =ce limite qui t\j\rs *]*e se dpass] elle-mme et t\j\rs re/e inadquate l'uvre qu'elle t5d p\rsuivie#bdf4 ,or1 voici comm5t l'volution de cette =ce orig9elle s'e/ t\t c\p produite sans aucune cause assignable4 ,a un c]ta9 mom5t1 en c]ta9s po9ts de l'espace1 un c\rant bi5 visible a pris naissance3 ce c\rant de vie1 trav]sant les corps qu'il a organiss t\r t\r1 passant de gnration en gnration1 s'e/ divis entre les espces et p>pill entre les individus1 sans ri5 p]dre de sa =ce1 s'int5sifiant plutt mesure qu'il avanait4#bdg ,t\tefois1 cette m>*e de l'volution n'e/ pas *ose si simple1 c>1 au lieu de ne pr5dre qu'une seule direction et de dcrire une trajectoire unique1 comme celle d'un b\let de canon1 elle s'e/ fragm5te en un nombre considrable de directions4 ,n\s avons affaire ici un obus qui a t\t de suite clat en fragm5ts1 lesquels1 tant eux-mmes des espces d'obus1 ont clat leur t\r en fragm5ts de/9s clat] encore1 et a9si de suite p5dant =t longtemps4444 ,qu& l'obus clate1 sa fragm5tation p>ticulire s'explique t\t la fois p> la =ce explosive de la p\dre qu'il r5f]me et p> la rsi/ance que le mtal y oppose4 ,a9si p\r la fragm5tation de la vie en individus et en espces4 ,elle ti5t1 croyons-n\s1 deux sries de causes3 la rsi/ance que la vie pr\ve de la "p de la matire brute1 et la =ce explosive--due un quilibre in/able de t5dances--que la vie porte en elle4 ,la rsi/ance de la matire brute e/ l'ob/acle qu'il fallut t\rn] d'abord4 ,la vie semble y avoir russi =ce d'humilit 767 en se faisant trs petite et trs ins9uante1 biaisant avec les =ces physiques et *imiques1 cons5tant mme faire avec elles une p>tie du *em91 comme l'aiguille de la voie f]re qu& elle adopte p5dant quelque temps la direction du rail dont elle veut se dta*]4 ,voil p\rquoi les premires =mes de la vie fur5t d'une simplicit extrme1 se di/+uant pe9e des =mes inorganiques4 ,elles devai5t tre comp>ables celles de nos ,amibes1 mais avec1 en plus1 la =midable p\sse intrieure qui devait les hauss] jusqu'aux =mes suprieures de la vie#bdh4 ,mais les causes vraies et pr(ondes de division tai5t celles que la vie portait en elle4 ,c> la vie e/ une t5dance1 et l'ess5ce d'une t5dance e/ de se dvelopp] en =me de g]be1 crant1 p> le seul fait de sa croissance1 des directions div]g5tes entre lesquelles se p>tag]a son clan4#bdi ,l'hi/oire de l'volution consi/]a donc dml] le nombre de ces directions div]g5tes1 en apprci] l'importance relative1 en faire le dosage p\r mettre en relief les directions pr9cipales4 ,or1 l'on voit1 du premi] c\p d'il1 que les bifurcations1 au c\rs du trajet1 ont t nombreuses1 mais il y a eu beauc\p d'impasses ct de deux ou trois gr&es r\tes2 et de ces r\tes elles-mmes1 une seule1 celle qui monte le long des v]tbrs jusqu' l'homme1 a t assez l>ge p\r laiss] pass] librem5t le gr& s\ffle de la vie4#bej ,d'abord1 l'lan orig9el1 quoique simple et unique1 s'e/ p>tag entre deux gr&es lignes d'volution div]g5tes3 le vgtal d l'animal4 ,la preuve que c'e/ bi5 le mme lan vital qui s'e/ a9si divis1 c'e/ que quelque *ose du t\t subsi/e encore dans les p>ties1 comme une empre9te orig9elle4 ,a9si n\s retr\vons dans les organismes les plus diffr5ts des organes semblables ou analogues1 comme des cam>ades sp>s depuis longtemps g>d5t les mmes s\v5irs d'enfance#bea4 ,c'e/ donc bi5 le mme lan primitif qui se cont9ue dans les voies les plus div]ses4 ,comme exemple de ces analogies pr(ondes1 ,m4 ,b]gson cite la gnration sexue3 elle n'e/ peut-tre qu'un luxe p\r la plante1 mais il fallait que l'animal y vnt1 et la plante a d y tre porte p> le mme lan qui y p\ssait l'animal1 lan primitif1 orig9el1 antrieur au dd\blem5t des deux rgnes4 ,n\s en dirons autant de la t5dance du vgtal une complexit croissante4 ,cette t5dance e/ ess5tielle au rgne animal1 que travaille le beso9 d'une action de plus en plus t5due1 de plus en plus efficace4 ,mais les vgtaux1 qui se sont condamns 767 l'ins5sibilit et l'immobilit1 ne prs5t5t la mme t5dance que p>ce qu'ils ont reu au db la mme impulsion#beb4 ,quoi qu'il en soit de la =ce ou de la faiblesse de tels argum5ts1 exam9ons la division prt5due de l'lan vital orig9el entre les deux rgnes1 vgtal et animal4 ,p\r la compr5dre1 il faudrait t\t d'abord connatre les ressemblances et surt\t les diffr5ces c>actri/iques de la plante avec l'animal4 ,malheureusem5t1 aux yeux de ,m4 ,b]gson1 aucun c>actre prcis ne les di/+ue1 et t\te df9ition1 jusqu' ce j\r1 a *\4 ,t\t au plus p\rra-t-on les di/+u] p> leur t5dance acc5tu] trois c>actres plus rem>quables#bec4 #a ,leur mode d'alim5tation4 ,les vgtaux tir5t leur n\rriture1 en p>ticuli] le c>bone et l'azote1 directem5t des sub/ances m9rales2 l'animal1 des sub/ances vgtales et dj labores p> la vie4 ,mais cette loi s\ffre des exceptions3 a9si les *ampignons s'alim5t5t comme les animaux1 et l'on connat des plantes insectivores1 telles que le ,drosra1 la ,dione1 la ,p+uicula1 etc4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai que les vgtaux se di/+u5t des animaux1 pris en bloc1 p> leur p\voir de crer de la matire organique aux dp5s de l'inorganique4 #b ,la t5dance des vgtaux l'immobilit et des animaux la mobilit e/ une consqu5ce de leur mode d'alim5tation4 ,la plante n'a pas beso9 de se drang] p\r se n\rrir4 ,tr\vant t\t ce qu'il lui faut aut\r d'elle dans la t]re imbibe de sucs1 elle y re/e fixe4 ,l'animal1 au contraire1 e/ oblig de *]*] sa n\rriture1 et p>tant de se m\voir p\r la tr\v]4 ,voil p\rquoi la cellule vgtale s'ent\re d'une membrane de cellulose qui la condamne l'immobilit1 t&is que les animaux suprieurs ont des organes s5soriels p\r reconnatre leur proie1 des organes locomoteurs p\r la saisir1 et les animaux infrieurs1 tels que les ,amibes1 ont au mo9s des pseudopodes qu'ils lanc5t de div]s cts p\r saisir les matires organiques p>ses dans une g\tte d'eau4 ,les exceptions cette seconde loi1 pas plus qu' la premire1 n'emp*5t leur gnralit c>actri/ique4 ,mais ces t5dances la fixit ou la mobilit ne sont encore que des signes sup]ficiels d'une autre t5dance encore plus pr(onde1 la t5dance au rveil ou l'atrophie de la consci5ce4 #c ,entre la mobilit et la consci5ce1 en effet1 il y a un rapport vid5t4 ,la consci5ce e/-elle cause ou effet de la mobilit8 ,l'un et l'autre sont vrais4 ,c'e/ la consci5ce qui fait m\voir1 mais le m\vem5t1 son t\r1 /imule et dveloppe la consci5ce1 comme l'abs5ce de m\vem5t t5d l'atrophi]4 ,de ce po9t de vue1 dit ,m4 ,b]gson1 n\s df9irons l'animal p> la s5sibilit et la consci5ce veille1 le vgtal p> la consci5ce endormie et l'ins5sibilit#bed4 ,et que l'on n'objecte pas que la s5sibilit et la mobilit ont p\r condition ncessaire un sy/me n]veux4 ,autant vaudrait dire qu'un tre vivant qui n'a pas d'e/omac e/ incapable de se n\rrir4 ,la vrit e/ que le sy/me n]veux e/ n1 comme les autres sy/mes1 d'une division du travail4 ,il ne cre pas la fonction1 il la dveloppe seulem5t en la portant son maximum d'int5sit et de prcision4 ,c'e/ dire que le plus humble organisme e/ consci5t dans la mesure o il se meut librem5t4#bee ,et voil p\rquoi la plante1 qui s'e/ fixe au sol1 n'a pu se dvelopp] dans le s5s de l'activit consci5te4 ,mais sa consci5ce n'e/ pas nulle p\r cela1 elle e/ seulem5t endormie4 ,et1 de mme qu'elle peut se rveill] *ez c]ta9s vgtaux qui ont reconquis leur mobilit et leur lib]t--tels que les zoospores des ,algues1--a9si elle peut s'atrophi] et s'endormir *ez des animaux dgnrs en p>asites immobiles4 ,consci5ce et inconsci5ce n'en m>qu5t pas mo9s les deux directions gnrales et opposes de l'animal et du vgtal#bef4 --,inutile d'int]rompre ici cette analyse de l'hypo?se b]gsoni5ne p\r en montr] au lecteur le c>actre t\t a priori4 ,attribu] aux plantes une consci5ce--inconsci5te--dont elles n'ont jamais donn aucun signe1 ce n'e/ pas s'appuy] sur des faits1 mais sur un sy/me en l'air et sans aucune base exprim5tale4 ,quant aux prt5dus vgtaux mobiles et consci5ts1 il n'y a aucune raison srieuse de ne pas les class] p>mi les animaux4 ,ari/ote a cr p\r eux le nom c>actri/ique de zoophytes1 qui leur e/ re/4 ,aprs cette p>5?se1 p\rsuivons notre expos de l'volution b]gsoni5ne4 ,l'lan vital s'e/ donc p>tag en un d\ble c\rant3 l'un volue dans le s5s de l'activit locomotrice et p> consqu5t d'une consci5ce de plus en plus int5se1 laissant l'autre c\rant suivre la m>*e inv]se4 ,celui-ci cre le monde des plantes2 celui-l le monde animal4 ,mais la raison de ce p>tage8 ,p\rquoi cette division en plusieurs rgnes1 et mme cette division en une multitude d'individus dans *aque rgne8 ,m4 ,b]gson ne peut rpondre p> l'utilit1 la beaut et la gr&eur de ce plan de la cration1 puisqu'il n'admet pas de plan prvu et v\lu4 ,sa rponse n'en s]a que plus curieuse et plus in/ructive4 ,a la rigueur1 dit-il1 ri5 n'emp*]ait d'imag9] un individu unique en lequel1 p> suite de trans=mations rp>ties sur des milli]s de sicles1 se s]ait effectue l'volution de la vie4 ,ou encore1 dfaut d'un individu unique1 on p\rrait suppos] une pluralit d'individus se succdant en une srie unil9aire4#beg ,p\rquoi donc l'volution s'e/-elle faite sur des lignes div]g5tes et p> l'int]mdiaire de millions d'individus8--,c'e/ que l'lan orig9el a acquis peu peu une multitude de t5dances div]ses qui ne p\vai5t crotre sans dev5ir incompatibles entre elles et t5dre se sp>] en des voies diffr5tes#beh4 ,or1 p>mi ces t5dances1 il y en avait deux fondam5tales et opposes3 l'une v]s l'activit1 l'autre v]s le repos2 l'une v]s le travail1 l'autre v]s la p>esse4 ,la premire a produit le monde animal1 la seconde1 le monde vgtal4 ,les deux t5dances1 qui s'impliquai5t rciproquem5t s\s une =me rudim5taire1 se sont dissocies en gr&issant4 ,de l1 le monde des plantes avec sa fixit et son ins5sibilit2 de l1 les animaux avec leur mobilit et leur consci5ce4 ,po9t n'e/ beso91 d'ailleurs1 p\r expliqu] ce dd\blem5t1 de faire int]v5ir une =ce my/rieuse4 ,il suffit de rem>qu] que l'tre vivant appuie naturellem5t v]s ce qui lui e/ le plus commode1 et que vgtaux et animaux ont opt 7871 *acun de leur ct1 p\r deux g5res diffr5ts de commodit dans la manire de se procur] le c>bone et l'azote dont ils avai5t beso94444 ,ce sont deux manires diffr5tes de compr5dre le travail1 ou1 si l'on aime mieux1 la p>esse4444 ,le mme lan qui a port l'animal se donn] des n]fs et des c5tres n]veux a d ab\tir1 dans la plante1 la fonction *lorophylli5ne4#bei ,que cette explication soit +nieuse1 je le veux bi54 ,mais qu'elle soit vraim5t satisfaisante p\r l'esprit1 j'en d\te =t4 ,n\s dire que les vgtaux et animaux ont opt1 *acun de leur ct1 p\r les =mes les plus commodes1 c'e/ les suppos] dj exi/ants au lieu de n\s expliqu] leur g5se4 ,aj\t] que la =me animale e/ plus commode aux beso9s de l'animal1 et la =me vgtale aux beso9s du vgtal1 c'e/ contradictoire l'hypo?se o il n'y a encore ni animal ni vgtal1 et o les beso9s sont les mmes dans l',elan vital orig9el4 ,que si l'on veut p>l] de leurs beso9s futurs1 lorsqu'ils s]ont dev5us plantes ou animaux1 cette prvision du futur et cette m]veilleuse adaptation des organes des beso9s futurs pr\v5t au contraire la conception d'un plan et la ralisation de ce plan1 dont ,m4 ,b]gson ne v\drait aucun prix1 et qui p\rtant s'impose celui qui analyse ce fait d'une volution sagem5t prvoyante et adaptant l'avance les organismes leurs beso9s futurs4 ,allons plus lo91 et disons que ces deux t5dances l'action et au repos s'alli5t =t bi5 dans le mme tre et ne sont pas une cause suffisante de dd\blem5t et de divorce4 ,ce sont deux moitis du mme programme t\r t\r applicables4 ,et l'oubli1 p> *aque rgne--animal et vgtal1--d'une des deux moitis du programme#bfj--que ,m4 ,b]gson1 sans l'adopt]1 ne juge pas impossible1--n\s p>at au contraire absolum5t invraisemblable4 ,t\s les tres vivants de la nature agiss5t et sommeill5t t\r t\r1 et le sommeil des plantes elles-mmes1 surt\t dans leurs priodes d'hib]nation1 sont des faits lm5taires4 ,l'explication propose e/ donc beauc\p trop raff9e1 c> elle devi5t purem5t v]bale3 v]ba et voces4 ,il e/ tellem5t arbitraire de v\loir c>actris] l'animalit p> la t5dance une mobilit de plus en plus haute1 et la vie vgtative p> une t5dance contraire une fixit et une somnol5ce de plus en plus gr&es1 que les faits et les lois biologiques se montr5t rfractaires une telle explication4 ,n\s con/atons1 p> exemple1 que *aque espce bi5 c>actrise1 soit animale1 soit vgtale1 a une t5dance inv9cible se cons]v]1 et nullem5t v>i] sans cesse4 ,si la ma9 de l'homme leur fait viol5ce p> des acc\plem5ts contre nature1 elles sont infcondes ou leurs produits hybrides font bi5 vite ret\r au type primitif4 ,cette loi fondam5tale du ret\r rvle bi5 leur t5dance la fixit plutt qu'au p]ptuel *angem5t4 ,les *angem5ts eux-mmes1 lorsqu'ils se produis5t accid5tellem5t1 tels que les adaptations au milieu ambiant1 ne dmontr5t pas mo9s leur t5dance se cons]v] les mmes au prix de quelques lgres concessions de dtail4 ,s'ils *ang5t un peu leur =me1 c'e/ p\r cons]v] leur tre et assur] leur dure4 ,ce contra/e entre la p]man5ce ou la fixit des types et la prt5due mobilit p]ptuelle de l'lan vital qui les porte e/ difficilem5t expliqu p> ,m4 ,b]gson4 ,on p\rrait dire1 rplique-t-il1 que la vie t5d agir le plus possible1 mais que *aque espce prfre 787 donn] la plus petite somme possible d'ef=t4444 ,la vie e/ une action t\j\rs gr&issante4 ,mais *acune des espces trav]s lesquelles la vie passe ne vise qu' sa commodit4 ,elle va ce qui dem&e le mo9s de pe9e4 ,s'absorbant dans la =me qu'elle va pr5dre1 elle entre dans un demi-sommeil1 o elle ignore peu prs t\t le re/e de la vie4444 ,ce sont deux m\vem5ts diffr5ts et s\v5t antagoni/es4 ,le premi] se prolonge dans le second1 mais il ne peut s'y prolong] sans se di/raire 787 de sa direction1 comme il arriv]ait un sauteur1 qui1 p\r fran*ir l'ob/acle1 s]ait oblig d'en dt\rn] les yeux et de se reg>d] lui-mme4#bfa ,a9si la vie t5d au *angem5t1 et le vivant t5d la p]man5ce2 cep5dant1 la seconde t5dance n'e/ qu'un prolongem5t de la premire1 qui n'a pu a9si se prolong] sans se di/raire1 et cette di/raction l'a *ange en t5dance contraire4 ,compr5ne qui p\rra6444 ,p\r n\s1 n\s conclurons qu'il y a contradiction flagrante1 non pas au se9 de la nature1 mais au se9 de l'hypo?se b]gsoni5ne4 ,et ce n'e/ pas l'image du sauteur et de sa di/raction qui n\s conva9cra du contraire4 ,p\r cadr] avec les faits biologiques ou ne pas les heurt] trop ouv]tem5t1 ce n'e/ pas seulem5t des di/ractions accid5telles que ,m4 ,b]gson va attribu] son ,elan vital1 mais encore des accid5ts plus f*eux1 tels que des cas de p>alysie1 d'hypnose1 de maladresse1 d'alination1 etc4 ,ec\tons-le3 ,de bas en haut du monde organis1 c'e/ t\j\rs un seul gr& ef=t2 mais1 le plus s\v5t1 cet ef=t t\rne c\rt1 tantt p>alys p> des =ces contraires 7871 tantt di/rait de ce qu'il doit faire p> ce qu'il fait1 absorb p> la =me qu'il e/ occup pr5dre1 hypnotis sur elle comme sur un miroir4 ,jusque dans ses uvres les plus p>faites1 alors qu'il p>at avoir triomph des rsi/ances extrieures 787 et aussi de la si5ne propre 7871 il e/ la m]ci de la matrialit qu'il a d se donn]4#bfb ,en vrit1 t\te cette imag]ie n\s laisse rveur1 sans n\s clair] mme un peu4 ,on se dem&e quelles sont ces rsi/ances extrieures qui ont pu occasionn] tant d'accid5ts l',elan vital1 puisqu'il e/ seul au monde2 comm5t il peut se dd\bl] lui-mme p\r avoir lutt] contre sa rsi/ance propre1 comm5t il peut se donn] une matrialit ho/ile p\r se combattre a9si lui-mme4 ,autant d'affirmations1 autant de my/res6 ,n\s *]*ons avec avidit quelque lumire la page suivante1 et n\s y lisons que t\t s'explique facilem5t p> une diffr5ce de ry?me4 ,voici le procd3 ,la cause pr(onde de ces dissonances gt dans une irrmdiable diffr5ce de ry?me4 ,la vie en gnral e/ la mobilit mme2 les manife/ations p>ticulires de la vie n'accept5t cette mobilit qu' regret et ret>d5t con/amm5t sur elle4 ,celle-l va t\j\rs de l'avant1 celles-ci v\drai5t pit9] sur place4 ,l'volution en gnral se f]ait autant que possible en ligne droite2 *aque volution spciale e/ un processus circulaire4 ,comme des t\rbillons de p\ssire s\levs p> le v5t qui passe1 les vivants t\rn5t sur eux-mmes1 susp5dus au gr& s\ffle de la vie4 ,ils sont donc relativem5t /ables et contrefont si bi5 l'immobilit que n\s les traitons comme des *oses plutt que comme des progrs1 oubliant que la p]man5ce mme de leurs =mes n'e/ que le dess9 d'un m\vem5t4#bfc ,c'e/ donc t\j\rs ici lu mme imag]ie4 ,la lant]ne magique y remplace le raisonnem5t4 ,encore n'e/-elle pas trs bi5 claire4 ,la vie en gnral et la vie individuelle et concrte sont entre elles comme l'ombre et la ralit4 ,or1 on ne compr5d pas que l'ombre ne suive plus la ralit et puisse avanc] ou ret>d] sur elle4 ,c'e/ l une diffr5ce de ry?me invraisemblable4 ,quant oppos] la vie ab/raite et la vie concrte p\r se donn] le spectacle de les voir aux prises1 luttant ensemble1 comme deux a?ltes diffr5ts1 c'e/ ralis] des ab/ractions un degr o l'abus des entits scola/iques n'avait jamais encore atte9t4 ,quoi qu'il en soit de ces subtilits v]tig9euses1 il semble que l',elan vital1 ne luttant que contre lui-mme1 aurait d tre t\j\rs va9queur1 comme ces j\eurs timors qui ne j\5t ou ne p>i5t qu'avec eux-mmes et ne peuv5t a9si jamais p]dre4 ,mais il n'en e/ ri54 ,*acune des espces successives que dcriv5t la palontologie et la zoologie fut un succs remport p> la vie4 ,et ces succs fur5t r>es3 ,l'insuccs app>at comme la rgle1 le succs comme exceptionnel et t\j\rs imp>fait4 ,n\s allons voir que des quatre gr&es directions o s'e/ engage la vie animale1 deux ont conduit des impasses4#bfd ,en effet1 ds que vgtaux et animaux se fur5t sp>s de leur s\*e commune1 le vgtal s'endormant dans l'immobilit1 l'animal1 au contraire1 s'veillant dans une mobilit de plus en plus p>faite1 et p\r cela m>*ant la conqute d'un sy/me n]veux1 le premi] ef=t du rgne animal dut sans d\te ab\tir crer des organismes trs simples1 semblables c]ta9s de nos v]s1 et qui fur5t la s\*e commune des ,e*9od]mes1 des ,mollusques1 des ,ar?ropodes et des ,v]tbrs4 ,mais un dang] les guettait1 un ob/acle faillit arrt] l'essor de t\te la vie animale4 ,ces premires espces s'emprisonnr5t dans une enveloppe plus ou mo9s dure qui gnait ou p>alysait leurs m\vem5ts4 ,les ,mollusques s'enf]mr5t dans une coquille1 les ,e*9od]mes dans une peau dure et calcaire1 les ,ar?ropodes dans une c>apace2 c]ta9s poissons dans une enveloppe osseuse1 et cela dans un b de df5se p\r se r5dre indvorables4 ,mais cette cuirasse1 d]rire laquelle l'animal se mettait l'abri1 le gnait dans ses m\vem5ts et p>fois l'immobilisait1 le condamnant p\r a9si dire un demi-sommeil4 ,c'e/ dans cette torpeur que viv5t encore nos ,mollusques et nos ,e*9od]mes4 ,heureusem5t que les ,ar?ropodes et les ,v]tbrs ont su *app] ce pril1 grce une circon/ance heureuse que ,m4 ,b]gson ne n\s indique pas4 ,c'e/ cette circon/ance heureuse que ti5t l'pan\issem5t actuel des =mes les plus hautes de la vie4 ,dans ces deux directions1 en effet1 n\s voyons la p\sse de la vie v]s le m\vem5t repr5dre le dessus4 ,les ,poissons *ang5t leur cuirasse ganode p\r des cailles qui p]mett5t leur mobilit4 ,les insectes se db>rass5t de la cuirasse1 qui protgeait leurs anctres4 ,c'e/ leur agilit mme qui leur p]mettra auj\rd'hui d'*app] leurs ennemis et1 au beso91 de pr5dre l'(f5sive et d'attaqu] p\r se mieux df5dre4 ,mais l'intrt p>ticuli] ou la plus gr&e commodit n'e/ encore qu'une explication sup]ficielle de la trans=mation des espces4 ,la cause pr(onde e/ l'impulsion qui lana la vie dans le monde1 et qui1 dans le monde animal m5ac de s'ass\pir1 obt9t1 sur quelques po9ts t\t au mo9s1 qu'on se rveillt et qu'on allt de l'avant4 ,sur les deux voies o s'levai5t les ,v]tbrs et les ,ar?ropodes1 le dveloppem5t a consi/ dans le progrs du sy/me n]veux s5sori-moteur1 qui facilite de plus en plus la v>it des m\vem5ts4 ,mais cette m>*e la conqute d'un sy/me n]veux s'e/ faite dans deux directions div]g5tes4 ,il suffit d'un c\p d'il jet sur le sy/me n]veux des ,ar?ropodes et celui des ,v]tbrs p\r s'en conva9cre#bff4 ,malgr cette dualit de plan1 le progrs consi/]a t\j\rs compliqu] les mcanismes du sy/me n]veux1 c'e/--dire multipli] les c>ref\rs o s'entre-crois5t les voies s5sorielles et les voies motrices p\r augm5t] avec le nombre des directions possibles du m\vem5t la latitude de *oix de l'animal2 en un mot1 accrotre sa mobilit p\r accrotre p>alllem5t son degr de consci5ce#bfd4 ,en effet1 l'tre vivant e/ un c5tre d'action1 et sa p]fection ne peut consi/] que dans la p]fection de son activit motrice1 soit automatique1 soit volontaire1 laquelle t\tes les autres facults sont subordonnes4 ,voil p\rquoi l'indp5dance des m\vem5ts devi5t complte *ez l'homme1 dont la ma9 peut excut] n'importe quel travail#bfg4 ,mais ce n'e/ pas l t\t le progrs4 ,d]rire le dveloppem5t organique et visible de cette activit motrice on dev9e1 un dveloppem5t p>allle des deux puissances invisibles d'abord confondues au se9 de l',elan vital3 l'in/9ct et l'intellig5ce4 99 99 99 99 99 ,comm5t df9ir ces deux n\velles puissances8 ,m4 ,b]gson n\s a dj annonc que t\te df9ition en tait impossible4 ,p\r y suppler1 il va s'appliqu] n\s dcrire le s5s de leur direction4 ,il semble bi5 que l'une et l'autre soi5t des modes de connaissance1 mais tellem5t opposes qu'elles sont deux natures irrductibles1 bi5 lo9 d'tre des degrs1 suprieur ou infrieur1 de la mme connaissance4 ,l'volution du rgne animal s'e/ accomplie sur deux voies div]g5tes dont l'une allait l'in/9ct et l'autre l'intellig5ce4444 ,la diffr5ce entre elles n'e/ pas une diffr5ce d'int5sit ni plus gnralem5t de degr1 mais de nature4#bfi ,ici1 n\s sommes heureux de n\s tr\v] d'accord avec ,m4 ,b]gson et lui savons gr d'avoir insi/ sur ce po9t capital1 malgr t\tes les rs]ves que n\s aurions faire sur les dveloppem5ts qu'il va n\s donn] de sa ?se fondam5tale4 ,si tant de philosophes ont t t5ts de voir dans l'intellig5ce et l'in/9ct des activits de mme ordre dont la premire s]ait d'un degr suprieur la seconde1 alors que ce sont des natures diffr5tes1 c'e/ que les deux activits1 aprs s'tre entre-pntres dans l',elan vital orig9el1 se retr\v5t l'une et l'autre1 la fois1 quoique des degrs div]s1 *ez t\s les animaux4 ,de mme qu'on retr\ve quelques degrs bi5 dim9us d'in/9ct *ez l'homme intellig5t1 on retr\ve aussi quelques faibles degrs d'intellig5ce dans la brute4 ,seule1 la proportion diffre4 --,inutile d'ouvrir ici une p>5?se p\r montr] l'quivoque de ce mot intellig5ce appliqu la brute4 ,n\s l'avons expliqu ailleurs#bfg et dmontr assez longuem5t4 ,le lecteur e/ difi4 ,p\rsuivons notre analyse3 ,il n'y a pas d'intellig5ce o l'on ne dc\vre1 ct1 des traces d'in/9ct2 pas d'in/9ct qui ne soit ent\r d'une frange d'intellig5ce#bgj4 ,et c'e/ cette frange d'intellig5ce ou d'in/9ct qui a caus tant de mprises4 ,de leur union1 on a conclu faussem5t leur id5tit4 ,en ralit1 ils ne s'accompagn5t que p>ce qu'ils se complt5t2 et ils ne se complt5t que p>ce qu'ils sont diffr5ts4 ,la vie tant un ef=t p\r obt5ir c]ta9es *oses de la matire brute1 on ne peut s'tonn] que l'in/9ct et l'intellig5ce soi5t deux m?odes v>ies et mme opposes p\r agir sur la matire in]te4 ,ce sont deux m?odes de fabrication4 ,l'intellig5ce e/ la facult de fabriqu] des objets artificiels 7inorganiques71 en p>ticuli] des outils faire des outils et d'en v>i] indf9im5t la fabrication4--,au contraire1 l'in/9ct e/ une facult d'utilis] et mme de con/ruire des in/rum5ts organiss#bga4 ,voici les avantages et les inconvni5ts de ces deux modes d'activit4 ,l'in/9ct1 tr\vant sa porte des in/rum5ts organiques m]veilleux qui se fabriqu5t et se rp>5t eux-mmes1 fait t\t de suite1 sans appr5tissage1 avec une p]fection s\v5t admirable1 ce qu'il e/ appel faire4 ,en revan*e1 il e/ ncessairem5t spcialis et limit un objet dt]m94 ,au contraire1 l'intellig5ce n'emploie que des in/rum5ts imp>faits et fabriqus p> elle au prix d'un gr& ef=t1 mais le *amp de son action e/ illimit1 grce aux =mes inf9im5t v>ies qu'elle sait donn] ses in/rum5ts4 ,*acune de ses inv5tions cre un beso9 n\veau2 en sorte qu'au lieu de f]m]1 comme l'in/9ct1 le c]cle d'action o il se meut automatiquem5t1 elle l>git de plus en plus ce c]cle et t5d de plus en plus lo9 sa sphre d'activit4 ,mais cette supriorit de l'intellig5ce sur l'in/9ct n'app>at que t>d1 lorsqu'elle fabrique des ma*9es fabriqu]4 ,au db1 les avantages et les inconvni5ts se balanc5t si bi5 qu'il e/ difficile de dire lequel des deux assur]a l'tre vivant un plus gr& empire sur la nature#bgc4 ,l'intellig5ce a encore plus beso9 de l'in/9ct que l'in/9ct de l'intellig5ce4 ,celle-ci ne devi5t matresse et indp5dante que *ez l'homme2 c'e/ alors le cong df9itif que l'in/9ct reoit de l'intellig5ce4 ,il n'en e/ pas mo9s vrai que la nature a d hsit] entre ces deux modes d'activit3 l'un assur du succs1 mais limit dans ses effets2 l'autre alatoire1 mais indf9i dans ses conqutes4 ,de son ct tait le plus gros risque1 mais aussi les plus gr&s succs4 ,en rsum3 in/9ct et intellig5ce reprs5t5t deux solutions div]g5tes1 galem5t lgantes1 d'un seul et mme problme#bga4 ,t\tefois1 l'activit qui fabrique a beso9 p\r s'ex]c] d'une direction4 ,si elle e/ intellig5te et consci5te1 elle se dirig]a elle-mme2 mais si elle e/ inconsci5te et automatique1 son mcanisme psy*ique aura d tre pralablem5t ag5c et mont p> un con/ructeur intellig5t4 ,telle e/ du mo9s notre conclusion et celle de t\s les philosophes spirituali/es jusqu' ce j\r1 p\r lesquels l'in/9ct e/ une espce de mmoire ou de s5tim5t inns provoquant et dirigeant les oprations de l'animal4 ,m4 ,b]gson ne contr$ira po9t compltem5t cette ?orie2 il l't5dra mme l'excs jusqu'aux plantes et aux fonctions de la vie vgtative4 ,il dira sans hsit]3 la plante a des in/9cts3 il e/ d\teux1 aj\te-t-il1 que ces in/9cts s'accompagn5t *ez elle de s5tim5ts#bgd4 ,mais l'op9ion lui p>at au mo9s probable puisqu'il n\s p>le de l' am\r mat]nel1 si frappant1 si t\*ant1 *ez la plup>t des animaux et obs]vable jusque dans la sollicitude de la plante p\r sa gra9e1 et se plat n\s dcrire *aque gnration p5*e sur celle qui suivra#bgf4 ,quoi qu'il en soit de cette potique prosopope1 il ti5t n\s bi5 montr] que la prt5due inconsci5ce de l'in/9ct n'e/ pas encore une inconsci5ce vritable4 ,ce n'e/ pas une consci5ce nulle1 dit-il1 mais seulem5t annule passagrem5t p> le travail qu'elle comm&e et dirige3 la reprs5tation e/ alors b\*e p> l'action#bgd4 ,mais c'e/ bi5 la reprs5tation inconsci5te qui a dclan* t\te la srie des m\vem5ts automatiques de l'in/9ct4 ,de l on peut conclure que l'in/9ct s]a ori5t v]s l'inconsci5ce et l'intellig5ce v]s la consci5ce4 ,la reprs5tation s]a plutt j\e et inconsci5te dans le cas de l'in/9ct1 plutt p5se et consci5te dans le cas de l'intellig5ce#bgg4 ,les exemples rem>quables d'in/9ct que ,m4 ,b]gson dveloppe avec une c]ta9e complaisance sont bi5 connus du lecteur4 ,c'e/ l'/re du *eval qui dpose ses ufs sur les jambes ou les paules de l'animal1 comme s'il savait que sa l>ve doit1 se dvelopp] dans l'e/omac du *eval et que celui ci1 en se l*ant1 l'y transport]a srem5t4 ,c'e/ le ,sphex p>alyseur qui sait frapp] sa victime l'endroit prcis des c5tres n]veux de manire l'immobilis] sans la tu]1 et cons]v] a9si une n\rriture t\j\rs fra*e1 etc4 ,ce qui e/ mo9s connu du lecteur1 c'e/ l'explication moni/ique que notre auteur a essay de n\s en donn]#bgi4 ,ne p\vant attribu] au ,sphex la sci5ce d'un entomologi/e consomm ni l'art du plus habile *irurgi52 d'autre "p1 ne v\lant pas rec\rir la ,sci5ce suprme et l'art inf9i de ,celui qui a organis le ,sphex1 il aime mieux suppos] entre le ,sphex et sa victime une sympa?ie 7au s5s tymologique du mot71 comme on l'obs]ve entre deux organes du mme individu1 qui leur p]mettrait de communiqu] p> le fond de leur tre1 de se saisir mutuellem5t p> le d$ans et non plus seulem5t du dehors p> les s5s int]nes1 et d'avoir une intuition mutuelle 7vcue plutt que reprs5te7 de ce qui les intresse l'un l'autre4 ,c'e/ ce que ,m4 ,b]gson a nomm une sympa?ie div9atrice#bgg4 ,il e/ vrai qu'une telle explication--outre son c>actre moni/ique--a deux autres graves dfauts4 ,elle n'a ri5 de sci5tifique1 puisqu'elle n'e/ fonde sur aucun fait1 mais seulem5t sur des a priori4 ,de plus1 elle n'e/ pas intelligible4 ,et ,m4 ,b]gson a beau n\s rpliqu]3 ,p\rquoi l'in/9ct se rs\drait-il en lm5ts intellig5ts8 ,p\rquoi mme en t]mes t\t fait intelligibles8#bhj n\s rpondrons qu'aux yeux de ce s5s commun1 si s\v5t invoqu1 une explication qui n'e/ pas intelligible e/ purem5t v]bale3 v]ba et voces4 ,n\s devons aj\t] que cette explication se dtruit elle-mme4 ,c> si t\s les tres ne font qu'un1 leur intime compntration ne devrait pas leur donn] seulem5t une connaissance mutuelle de quelques r>es dtails--comme p\r le ,sphex qui ne dev9e que la vulnrabilit de c]ta9s ganglions de la ,*5ille1--mais la connaissance totale de t\t leur tre4 ,d'autre "p1 la ,*5ille1 son t\r1 aurait l'intuition des int5tions ho/iles du ,sphex1 et la sci5ce gale des deux adv]saires les neutralis]ait4 ,a9si l'hypo?se1 p> son propre excs1 se r5d ins\t5able4 ,l'volution b]gsoni5ne n'explique donc pas l'in/9ct animal pris en gnral1 encore mo9s la div]sit m]veilleuse des in/9cts propres *aque espce d'animaux2 exam9ons si elle explique mieux l'intellig5ce et l'app>ition de l'homme sur notre t]re4 ,il faut r5dre cette ju/ice ,m4 ,b]gson qu'il a pr(ondm5t s5ti la diffr5ce radicale1 le hiatus infran*issable qui sp>e l'homme de la bte4 ,je dis s5ti plutt que dmontr avec exactitude3 ce n'en e/ pas mo9s trs l\able4 ,il oppose d'abord le c]veau de l'homme celui du s+e le plus p]fectionn4 ,aprs avoir rappel que la consci5ce ne jaillit pas du c]veau#bha1 mais lui e/ seulem5t associe1 il aj\te que le c]veau huma9 e/ fait--comme t\t c]veau--p\r mont] des mcanismes moteurs1 mais qu'il diffre des autres en ce que le nombre des mcanismes qu'il peut mont] et1 p> consqu5t1 le nombre des dclics entre lesquels il n\s donne le *oix e/ indf9i1 t&is que les autres sont /rictem5t limits4 ,or1 du limit l'illimit1 il y a1 dit-il1 t\te la di/ance du f]m l'ouv]t4 ,ce qui n'e/ pas une diffr5ce de degr1 mais de nature4 ,radicale aussi1 p> consqu5t1 e/ la diffr5ce entre la connaissance de l'animal et l'intellig5ce de l'homme4 ,encore la di/ance du f9i l'inf9i4 ,voil p\rquoi l'inv5tion *ez l'animal n'e/ jamais qu'une v>iation sur le ?me de la r\t9e4 ,les portes de sa prison se ref]m5t aussitt ouv]tes2 en tirant sur sa *ane1 il ne russit qu' l'allong]4 ,avec l'homme1 au contraire1 la consci5ce libre brise sa *ane4 ,*ez l'homme1 et *ez l'homme seulem5t1 elle se libre4 ,t\te l'hi/oire de la vie1 jusque-l1 se rsumait dans un gr& ef=t de la consci5ce p\r s\lev] la matire1 suivi d'un crasem5t plus ou mo9s complet de la consci5ce p> la matire qui retombait sur elle4 ,l'entreprise de se libr] tait p>adoxale4 ,mais l'homme tait le mieux arm1 p> la supriorit de son c]veau1 p> la puissance de la p>ole et celle de la vie sociale4 ,ces trois p\voirs dis5t1 *acun sa manire1 le succs unique1 exceptionnel1 que la vie a remport un mom5t donn de son volution4 ,ils traduis5t la diffr5ce de nature1 et non pas seulem5t de degr1 qui sp>e l'homme du re/e de l'animalit4 ,ils n\s laiss5t dev9] que si1 au b\t du l>ge trempl9 sur lequel la vie avait pris son lan1 t\s les autres sont desc5dus1 tr\vant la corde t5due trop haute1 l'homme seul a saut l'ob/acle#bhb4 ,ce beau m\vem5t oratoire--que n\s avons t5u reproduire--vi5t =t propos masqu] ou c\vrir de fleurs un raisonnem5t qui n\s p>at un peu faible4 ,sans d\te1 si n\s supposons l'homme dj faonn compltem5t et arm de pi$ en cap de ces trois puissances3 un c]veau huma91 la p>ole huma9e1 la vie sociale1 on conoit sans pe9e qu'il ait pu saut] la corde et conqurir la lib]t4 ,n\s aurions t beauc\p plus curieux de savoir comm5t l'volution avait pu orn] l'homme de t\s ces dons qui impliqu5t dj la lib]t4 ,les suppos] dj donns--on ne sait comm5t1--c'e/ une ptition de pr9cipes2 c'e/ esquiv] le problme au lieu de le rs\dre1 c> il re/e t\j\rs n\s expliqu] comm5t l'animalit a pu se trans=m] en humanit4 ,aprs avoir admis entre l'homme et la bte un hiatus infran*issable1 on se dem&e avec plus d'angoisse que jamais comm5t il a pu tre fran*i4 ,le sil5ce de ,m4 ,b]gson sur un po9t si important n'en e/ que plus significatif4 ,le lecteur ne l'oubli]a pas3 c'e/ un aveu d'impuissance4 ,htons-n\s de pass] la =mation de l'intellig5ce huma9e--dont on n\s a encore si peu p>l1--sans d\te p>ce qu'elle n'e/ qu'un accessoire aux yeux de nos philosophes anti9tellectuali/es4 ,quel que soit1 en effet1 le rle de l'action et de la lib]t dans la vie huma9e1 si important qu'on le suppose1 il faut bi5 f9ir p> con/at] le fait de l'intellig5ce et n\s expliqu] son app>ition4 ,l'explication n'en s]a pas trs lum9euse4 ,av]tissons-en d'avance nos lecteurs4 ,elle se rsum]a peu prs dans cette =mule si s\v5t rpte3 ,l'intellig5ce a t dpose en c\rs de r\te p> l'volution#bhc4 ,et1 sans d\te1 dpose en c\rs de r\te1 avec un c]ta9 dda91 au mom5t o elle comm5ait dcl9]#bhd4 ,l'intellig5ce n'e/ nullem5t un in/9ct p]fectionn1 mais une connaissance de nature bi5 diffr5te4 ,t&is que l'in/9ct re/e intrieur lui-mme et connat les *oses p> leur intrieur--d'une manire1 il e/ vrai1 plus ou mo9s inconsci5te1--l'intellig5ce s'extriorise et les connat p> l'extrieur1 d'une manire consci5te4 ,cette t5dance s'extrioris] explique p\rquoi elle s'absorbe dans la connaissance et l'utilisation de la matire brute#bhe4 ,elle e/ t\rne v]s l'inorganique et le solide1 t&is que l'in/9ct e/ t\rn v]s le m\vant et la vie4 ,elle rpugne au flu5t et solidifie t\t ce qu'elle l\*e4#bhf ,malgr cette opposition de nature1 ,m4 ,b]gson en fait deux dveloppem5ts div]g5ts du mme pr9cipe1 de l',elan vital1 et considre l'intellig5ce comme un rtrcissem5t p> cond5sation d'une puissance plus va/e#bhg4 ,cette cond5sation a fait de l'intellig5ce comme un noyau lum9eux qui se dta*e sur la frange indcise et fl\e de l'in/9ct qui va se p]dre dans la nuit4 ,le lecteur va s'cri] sans d\te que cette explication n'e/ pas trs claire4444 ,mais ,m4 ,b]gson e/ le premi] en conv5ir4 ,il reconnat que cette puissance plus va/e d'o mane l'intellig5ce p>at alors insaisissable4#bhh4 ,mais il prt5d qu'on n'a pas le droit de s'en tonn]1 que ce qu'il y a d'ess5tiel dans l'in/9ct ne saurait s'exprim] en t]mes intellectuels ni p> consqu5t s'analys]#bhi4 ,n'en dem&ez pas davantage4 ,il n\s suffit de savoir que l'intellig5ce--bi5 lo9 d'avoir p\r objet les =mes ab/raites de la matire1 c'e/--dire l'tre1 le vrai1 le bi51 le beau1 etc41 comme le s\ti5n5t unanimem5t t\s les spirituali/es--a1 au contraire1 p\r objet la matire1 le solide gomtrique1 et que l'intellectualit et matrialit se sont con/itues1 dans le dtail1 p> une adaptation rciproque1 l'une et l'autre drivant d'une =me d'exi/5ce plus va/e et plus haute#bij4 ,mais1 en se dta*ant de cette ralit plus va/e1 elle n'a produit aucune c\pure nette entre les deux1 comme en tmoigne la frange indi/9cte qui en rappelle l'orig9e#bia4 ,et c'e/ a9si que l'intellig5ce a t dpose en c\rs de r\te p> l'volution1 comme une simple annexe de la facult d'agir1 et que l'homme a conquis la lib]t1 b suprme de l',elan orig9el4 ,en rsum1 conclut noire auteur1 si l'on v\lait s'exprim] en t]mes de f9alit1 il faudrait dire que la consci5ce 7l',elan vital71 aprs avoir t oblige1 p\r se libr] elle-mme1 de sc9d] l'organisme en deux p>ties complm5taires1 vgtaux1 d'une "p1 et animaux1 de l'autre1 a *]* une issue dans la d\ble direction de l'in/9ct et de l'intellig5ce3 elle ne l'a pas tr\ve avec l'in/9ct1 et elle ne l'a obt5ue du ct de l'intellig5ce que p> un saut brusque de l'animal l'homme4 ,de sorte que1 en d]nire analyse1 l'homme s]ait la raison d'tre de l'organisation entire de la vie sur notre plante4 ,mais ce ne s]ait l qu'une manire de p>l]4 ,il n'y a en ralit qu'un c]ta9 c\rant d'exi/5ce et le c\rant antagoni/e 7sans aucun plan prconu72 de l1 t\te l'volution de la vie4#bib 99 99 99 99 99 ,le lecteur imag9]a peut-tre que l'expos de l',evolution cratrice se t]m9e ici4 ,mais il n'en e/ ri54 ,le d\ble c\rant auquel n\s avons ab\ti3 c\rant de vie1 d'une "p2 c\rant antagoni/e de matire1 d'autre "p1 n\s laisse dans un dualisme inexpliqu1 et qu'un moni/e op9itre comme ,m4 ,b]gson va faire la gageure de ram5] l'unit4 ,p\r cela1 il ne supprim]a--au mo9s en app>5ce--aucun des deux t]mes opposs3 ni l'objectivit de la matire1 comme l'ont essay les idali/es1 ni la ralit de l'esprit1 comme les matriali/es de t\s les temps l'ont dj fait4 ,mais il les id5tifi]a rsolum5t1 t\t en les di/+uant1 grce une s\plesse et une subtilit d'esprit peu commune4 ,le physique ne s]a que du psy*ique inv]ti#bic4 ,avant d'expos] cette ?se p>adoxale1 av]tissons le lecteur que le *ef de la n\velle cole n'a pas su conva9cre t\s ses disciples2 les plus en?\sia/es eux-mmes ont refus1 croyons-n\s1 de le suivre jusqu' ces excs de brillante sophi/ique4 ,au mom5t de n\s engag] dans ces voies n\velles1 lui-mme n\s av]tit loyalem5t que1 p> l1 n\s pntrons aussi dans les plus obscures rgions de la mtaphysique#bid4 ,t5ons-n\s donc sur nos guides1 c> les demi-cl>ts de la nuit sont favorables aux surprises4 ,il s'agit de s]r] de plus prs l'opposition des deux c\rants antagoni/es3 celui de la vie1 celui de la matire1 et de leur dc\vrir une s\rce commune4 ,en voici la description que n\s emprunt]ons mot mot l'inv5teur1 c> elle dfie t\te analyse4 ,n\s n\s p]mettrons seulem5t de s\lign] quelques mots ess5tiels l'intellig5ce du texte4 ,l'esprit peut m>*] dans deux s5s opposs4 ,tantt il suit sa direction naturelle 7in/9ct et intellig5ce73 c'e/ alors le progrs s\s =me de t5sion1 la cration cont9ue1 l'activit libre4 ,tantt il l'inv]tit1 et cette inv]sion1 p\sse jusqu'au b\t1 mn]ait l'ext5sion1 a la dt]m9ation rciproque ncessaire des lm5ts extrioriss les uns p> rapport aux autres1 enf9 au mcanisme gomtrique4#bie ,cette puissance de cration une fois pose 7et elle exi/e1 puisque n\s en pr5ons consci5ce en n\s1 t\t au mo9s qu& n\s agissons librem5t71 elle n'a qu' se di/raire 787 d'elle-mme p\r se dt5dre1 se dt5dre p\r s't5dre1 s't5dre p\r que l'ordre ma?matique qui prside la disposition des lm5ts a9si di/+us1 et le dt]m9isme inflexible qui les lie1 manife/5t l'int]ruption de l'acte crateur2 ils ne font qu'un1 d'ailleurs1 avec cette int]ruption mme4444 ,la matire e/ un rel*em5t de l'inext5sif en ext5sif1 et1 p> l1 de la lib]t en ncessit4#bif ,a9si1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 l'esprit n'a qu' se dt5dre p\r s't5dre et dev5ir matire6444 ,et p\r que le lecteur ne soit pas t5t de ne voir l qu'un jeu de mots1 un calemb\r *app un mom5t d'hum\r--alors que c'e/ le fond mme du sy/me b]gsoni51--n\s allons prolong] nos citations4 ,il v]ra que si di/raction il y a1 elle ne n\s e/ pas imputable4 ,cette longue analyse 7des ides d'ordre et de dsordre7 tait ncessaire p\r montr] combi5 le rel p\rrait pass] de la t5sion l'ext5sion et de la lib]t la ncessit mcanique p> voie d'inv]sion4444 ,quel e/ donc le pr9cipe qui n'a qu' se dt5dre p\r s't5dre1 l'int]ruption de la cause quivalant ici un r5v]sem5t de l'effet8 ,faute d'un meilleur mot1 n\s l'avons appel consci5ce4 ,mais il ne s'agit pas de cette consci5ce dim9ue qui fonctionne en *acun de n\s4 ,notre consci5ce n\s e/ la consci5ce d'un c]ta9 tre vivant1 plac en un c]ta9 po9t de l'espace2 et1 si elle va bi5 dans la mme direction que son pr9cipe 7la consci5ce univ]selle871 elle e/ sans cesse tire en s5s inv]se1 oblige1 quoiqu'elle m>*e en avant1 de reg>d] en arrire4#big ,un peu plus lo91 le mme auteur1 aprs avoir dcl> que1 contrairem5t l'op9ion des sci5ces physiques1 il fallait *]*] l'orig9e de la matire dans un processus extra-spatial1 aj\te encore plus clairem5t3 ,considre-t-on 9 ab/racto l't5due en gnral8 ,l'ext5sion app>at seulem5t comme une t5sion qui s'int]rompt4 ,s'atta*e-t-on la ralit concrte qui remplit cette t5due8 ,l'ordre qui y rgne1 et qui se manife/e p> les lois de la nature1 e/ un ordre qui doit natre de lui-mme qu& l'ordre inv]se e/ supprim3 une dt5te du v\loir produirait prcism5t cette suppression4 ,enf91 voici que le s5s o m>*e cette ralit n\s suggre ma9t5ant l'ide d'une *ose qui se dfait2 l e/1 sans aucun d\te1 un des traits ess5tiels de la matrialit4 ,que conclure de l1 s9on que le processus p> lequel cette *ose se fait e/ dirig en s5s contraire des processus physiques et qu'il e/ ds lors1 p> df9ition mme1 immatriel8 ,notre vision du monde matriel e/ celle d'un poids qui retombe2 aucune image tire de la matire proprem5t dite ne n\s donn]a une ide du poids qui s'lve4444 ,la vie e/ un ef=t p\r remont] la p5te que la matire desc5d4 ,p> l1 elle n\s laisse entrevoir la possibilit1 la ncessit mme d'un processus inv]se de la matrialit1 crateur de la matire p> sa seule int]ruption4#bih ,d'o les conclusions moni/iques que ,m4 ,b]gson rpte pr(usion3 ,un processus id5tique a d taill] en mme temps matire et intellig5ce dans une t(fe qui les cont5ait t\tes deux4--,les deux t]mes sont de mme ess5ce 444 et le physique e/ simplem5t du psy*ique inv]ti4--,intellectualit et matrialit1 tant de mme nature1 se produis5t de la mme manire4--,c'e/ la progression ou plutt la rgression de l'extra-spatial se dgradant en spatialit4--,la matire e/ df9ie p> une espce de desc5te1 cette desc5te p> une int]ruption de monte#bii1 mais ces deux s5s dans le m\vem5t n'emp*5t pas l'unit de l'lan orig9el1 de l',elan vital1 du ,flux univ]sel4 ,le monisme b]gsoni5 a donc reli ensemble--ou plutt confondu--t\tes les p>ties de la cration3 l'esprit et la matire1 l'organique et l'inorganique1 l'homme et l'animal1 grce un savant dosage de contradictions1 dilues jusqu' leur donn] quelque app>5ce lo9ta9e de cont9uit4 ,dsormais1 il peut pr5dre des airs de triomphe et emb\*] la trompette4 ,ec\tez plutt3 ,une telle doctr9e ne facilite pas seulem5t la spculation 7874 ,elle n\s donne aussi plus de =ce 787 p\r agir et p\r vivre4 ,c>1 avec elle1 n\s ne n\s s5tons plus isols 767 dans l'humanit1 l'humanit ne n\s semble pas non plus isole dans la nature qu'elle dom9e4 ,comme le plus petit gra9 de p\ssire e/ solidaire de notre sy/me solaire t\t enti]1 entran avec lui dans ce m\vem5t indivis de desc5te qui e/ la matrialit mme1 a9si t\s les tres organiss1 du plus humble au plus lev1 depuis les premires orig9es de la vie jusqu'au temps o n\s sommes1 et dans t\s les lieux comme dans t\s les temps1 ne font que r5dre s5sible aux yeux une impulsion unique1 inv]se du m\vem5t de la matire1 et1 en elle-mme1 indivisible4 ,t\s les vivants se ti5n5t1 et t\s cd5t la mme =midable p\sse4 ,l'animal pr5d son po9t1 d'appui sur la plante1 l'homme *evau*e sur l'animalit1 et l'humanit entire1 dans l'espace et dans le temps1 e/ une imm5se arme qui galope ct de *acun de n\s1 en avant et en arrire de n\s1 dans une *>ge entranante1 capable de culbut] t\tes les rsi/ances et de fran*ir bi5 des ob/acles1 mme peut-tre la mort6#cjj ,aprs un si beau m\vem5t d'loqu5ce1 n\s aurions quelque scrupule d'attnu] l'admiration du lecteur p> c]ta9es rs]ves4 ,aussi bi5 les croyons n\s inutiles4 ,n\s n\s cont5t]ons de pos] une ou deux que/ions1 peut-tre indiscrtes1 dont les rponses mettrai5t s+ulirem5t au j\r les po9ts obscurs d'un sy/me qui ne brille pas p> ses lumires4 ,la premire e/ celle-ci4 ,puisque l'esprit et la matire sont deux m\vem5ts antagoni/es1 en s5s inv]se1 comm5t peuv5t-ils prov5ir d'une seule et mme impulsion orig9elle8 ,comm5t le second peut-il natre de lui-mme du premi]2 la rgression natre spontanm5t de la progression2 comm5t l'asc5sion et la desc5te peuv5t-elles n'avoir qu'une seule et mme cause8--,on ne le compr5d pas4 ,la deuxime "q e/ encore plus importante4 ,la desc5te tant po/rieure la monte1 la cration de la matire doit donc tre po/rieure celle de l'esprit et de la vie4 ,or1 la vie e/ impossible sans une matire prexi/ante4 ,voil p\rquoi ,m4 ,b]gson n\s a dpe9t l'esprit et la vie comme un c\rant lanc trav]s la matire1 comme une =ce qui lve sans cesse un poids qui retombe1 comme un ef=t p\r remont] la p5te que la matire desc5d1 etc4 ,il faut donc suppos] donnes ou eng5dres la fois la matire et la vie au lieu de les faire driv] l'une de l'autre1 et le physique ne peut tre du psy*ique inv]ti1 puisque le psy*ique ne peut exi/] sans le physique4 ,il y a donc1 au fond de l'op9ion qui essaye d'id5tifi] l'esprit et la matire en faisant de celle-ci un rel*em5t ou une *ute de celui-l1 une contradiction foncire qui a beso9 de se dissimul] dans une obscurit pr(onde3 celle d'un sy/me qui prt5d avoir le droit de s'exprim] en notions peu ou po9t intelligibles1 et transc5dantes t\te intellig5ce huma9e4 99 99 99 99 99 ,,ii4 ,critique4--,jusqu'ici n\s n'avons pu exam9] et critiqu] en passant que des dtails secondaires mesure que l'hypo?se de l'volution b]gsoni5ne se dr\lait s\s nos yeux4 ,il e/ temps de s'lev] une vue syn?tique et d'en faire une critique d'ensemble1 autrem5t importante qu'une critique de p>ties plus ou mo9s accessoires4 ,or1 n\s avons vu que le n\veau sy/me tait une raction--d'ailleurs ju/e et gnreuse--contre t\s les sy/mes antrieurs d'volution1 qui se cont5tai5t1 p\r expliqu] le dveloppem5t des tres1 d'invoqu] les lois des comb9aisons mcaniques1 diriges p> des r5contres de has>d4 ,p\r eux1 le t\t e/ donn ds l'orig9e et ne fait que se dr\l] automatiquem5t4 ,p\r ,m4 ,b]gson1 au contraire1 l'orig9e1 ri5 n'e/ donn de ce qui s]a plus t>d4 ,t\t va se crer1 matire et =me1 au fur et mesure de l'c\lem5t du ,temps1 p> des app>itions successives de *oses absolum5t n\velles1 c'e/--dire imprvisibles et irrductibles aux lm5ts antrieurs4 ,de l l'pi?te de cratrice donne l'volution n\velle qui e/ bi5 mo9s une volution1 ou passage l'acte de ce qui tait dj en puissance1 qu'une cration p]ptuelle jets cont9us4 ,en sorte que l'ide de cration ex nihilo1 ab&onne et comme prime1 surt\t depuis ,d>w9 et ,lam>ck1 va1 p> un s+uli] ret\r des *oses ici-bas1 tre remise en honneur et re/aure p> ,m4 ,b]gson#cja4 ,l'int5tion e/ des plus l\ables1 assurm5t2 re/e savoir comm5t il la ralis]a et si les esprances du spiritualisme ne s]ont pas f9alem5t dues encore une fois4 ,p\r le spiritualisme1 en effet1 aucune volution des mondes--encore mo9s une volution cratrice--n'e/ concevable sans un pr9cipe ou une =ce motrice qui la mette en branle ni sans une ide qui la dirige2 ou1 p\r employ] le langage te*nique1 une cause motrice et une cause f9ale1 sans lesquelles l',evolution ne s]ait plus qu'un mot maje/ueux et trompeur dissimulant un non-s5s4 ,exam9ons comm5t ,m4 ,b]gson a rpondu ces deux desid]ata ess5tiels de l'esprit huma94 ,i4 ,d'abord1 une cause effici5te ou motrice e/ indisp5sable4 ,p> lui-mme1 un tre tant et demeurant id5tique lui-mme ne peut tre ou dev5ir autre qu'il n'e/4 ,il lui faut donc le conc\rs ou la mise en branle d'un autre tre p\r dev5ir autre qu'il n'e/1 c'e/--dire p\r *ang]4 ,tel e/ le pr9cipe d'id5tit se dveloppant en pr9cipe de causalit1 comme n\s l'avons expos longuem5t dans un autre ouvrage#cjb4 ,or1 si t\t *angem5t exige une cause1 plus =te raison cette espce de *angem5t qui con/itue un passage du mo9s au plus1 c'e/--dire un progrs1 une asc5sion2-- plus =te raison encore si cette asc5sion e/ une cration de t\tes pices1 un passage de la possibilit pure l'exi/5ce4 ,or1 tel e/ bi5 le cas de l'volution cratrice4 ,dans les autres sy/mes d'volution1 p\r ram5] deux espces l'une l'autre p> voie de filiation1 il fallait dc\vrir entre elles une c]ta9e id5tit de nature1 p]mettant de suppos] leur fusion dans un g5re suprieur d'o elles s]ai5t issues4 ,il suffisait donc d'une cause occasionnelle p\r faire dd\bl] le g5re en ses espces qu'il cont5ait dj virtuellem5t4 ,dans le sy/me b]gsoni51 la difficult e/ autrem5t gr&e1 puisque les natures les plus disp>ates--voire mme l'esprit et la matire--peuv5t tre produites p> le mme antcd5t grce l'volution cratrice qui cre de t\te pice des =mes imprvisibles et irrductibles aux lm5ts antrieurs4 ,l'hypo?se e/ plus commode1 assurm5t1 au po9t de vue des gnalogies tablir entre les tres app>us1 puisque t\t peut prov5ir de t\t4 ,l'inv5tion de ces arbres gnalogiques1 si difficiles du re/e imag9] p\r les savants les plus audacieux1 devi5t a9si un ef=t inutile1 un casse-tte *9ois c>t]4 ,mais1 d'autre "p1 c'e/ une =ce cratrice qu'il faudra suppos] en action p]ptuelle1 au lieu de causes simplem5t occasionnelles4 ,les heureux accid5ts imag9s p> ,d>w9 ne s]ont plus de mise1 n'auront plus aucun s5s dans le sy/me de l',evolution cratrice4 ,quelle e/ donc la ,=ce cratrice admise p> ,m4 ,b]gson8 ,srem5t1 ce problme n'a pas *app son esprit4 ,n\s sommes mme t5ts de dire qu'il l'a t\rm5t1 aprs avoir lu cette phrase significative *appe sa plume3 ,dans le prs5t travail 444 un ,pr9cipe de cration1 enf9 7671 a t mis au fond des *oses4#cjc ,encore une fois1 quel e/ donc ce ,pr9cipe 7avec un gr& ,p78 ,s]ait-ce le ,crateur1 le ,dieu des spirituali/es8 ,en ce cas1 bi5 des difficults s]ai5t leves1 et l',evolution cratrice dev5ue t\te-puissante p\rrait fonctionn]4 ,mais n\s n'osons espr] cette solution1 aprs les critiques ddaigneuses du ,dieu de ,platon et d',ari/ote1 qui n\s ont d'autant plus tonn qu'elles sont gravem5t inexactes et peu bi5veillantes env]s de si gr&s gnies#cjd4 ,encore mo9s l'esprons-n\s aprs avoir lu que ,dieu1 ne saurait tre une *ose1 c'e/--dire une sub/ance1 un ag5t1 une cause1 mais seulem5t un c5tre d'o les mondes jaillirai5t1 c'e/--dire une conv]g5ce de jaillissem5t se confondant avec le jaillissem5t lui-mme1 puisqu'il n'a ri5 de t\t fait et progresse avec lui#cje4 ,c'e/ d'ailleurs la conclusion fatale d'une ?orie qui a supprim l'tre p\r le remplac] p> le dev5ir univ]sel4 ,or1 t\t cela ressemble trop un monisme pan?i/ique et n'a ri5 de commun avec un vrai et s9cre ?isme1 celui des plus gr&s philosophes dont s'honore l'hi/oire de la p5se huma9e1 sans en except] les crateurs de l'volutionnisme contempora93 ,lam>ck et ,d>w9 lui-mme1 qui1 sur ses vieux j\rs1 en fit l'aveu4 ,au lieu de ,dieu1 ,m4 ,b]gson se cont5te de mettre au fond des *oses la ,,dur,e et le ,,libre ,,*oix#cjf1 c'e/--dire ce qu'il a dj appel le ,temps ou le p]ptuel ,dev5ir4 ,son ,pr9cipe s]a le ,dieu-,cronos de la my?ologie grecque1 rajeuni sans d\te et mod]nis1 et s'il dvore encore ses enfants1 ce ne s]a plus p> jal\sie1 mais uniquem5t p\r se gonfl] de leur sub/ance et faire b\le de neige avec eux dans une id5tit moni/ique ,univ]selle4 ,l'anci5 ,cronos n'tait que l'alli de la puissance cratrice2 le n\veau s]a l'ombre de cette puissance div9e1 il s]a le ,dev5ir dans son p]ptuel jaillissem5t4 ,le lecteur s]ait =t surpris de n\s voir accept] sans prote/ation une conception si biz>re qui n\s ramne la my?ologie et l'enfance de l'humanit4 ,cep5dant1 ce n'e/ ni sa biz>r]ie ni son antiquit qui n\s la font rep\ss]1 mais uniquem5t son opposition flagrante aux premi]s pr9cipes de la raison4 ,le ,temps1 la dure1 l'lan vital--s]ai5t-ils df9is au s5s de ,m4 ,b]gson--ne peuv5t tre un pr9cipe de la production des *oses1 encore mo9s un pr9cipe premi] et ncessaire4 #a ,le ,temps n'e/ ni un tre ni un pr9cipe actif4 ,en va9 ,m4 ,b]gson n\s rplique que le ,temps agit rellem5t1 que sa d5t mord sur t\s les tres#cjg3 ce sont l des mtaphores4 ,ce qui use ma montre1 c'e/ le frottem5t des r\ages1 la p\ssire1 l'humidit1 la r\ille1 ce n'e/ pas le ,temps1 qui e/ p>faitem5t inactif et indiffr5t t\s les *angem5ts qui se produis5t dans le ,temps4 ,a son t\r1 la dure e/ un effet produit et non une cause productrice2 c'e/ donc une consqu5ce1 non un pr9cipe4 ,si je suis auj\rd'hui1 ce n'e/ pas une raison suffisante p\r que je sois dema91 et si je vis et j'exi/e depuis c9quante ans1 c'e/ p>ce que j'ai reu le j\r de mes p>5ts1 et qu'aprs avoir reu d'eux l'tre et la vie1 je les ai entret5us con/amm5t p> la n\rriture1 les so9s1 les remdes1 les prcautions contre les accid5ts ou les maladies1 etc4 ,au contraire1 dire que j'exi/e p>ce que je dure1 c'e/ bi5 mo9s qu'une vrit de ,m4 de ,la ,palisse2 c'e/ une ptition de pr9cipe et un r5v]sem5t de l'ordre des facteurs-- 1--c> l'effet ne peut tre la cause1 sa propre cause#cjh4 ,ce raisonnem5t va p>atre encore plus clair1 mais s\s une autre =me1 si1 au lieu de p5s] la dure1 n\s p5sons l'lan vital1 spontan et libre1 que ,m4 ,b]gson emploie si s\v5t comme synonyme de la dure4 ,l'lan1 c'e/ une action1 et p> consqu5t l'action d'un ag5t2 ce n'e/ donc pas l'action qui j\e le rle de pr9cipe1 mais l'ag5t4 ,il e/ vrai que dans le phnomnisme univ]sel de ,m4 ,b]gson il n'y a plus d'ag5t s\s l'action1 mais des actions t\tes pures et sans ag5t4 ,en consqu5ce1 n\s ab\tissons cette conception contradictoire l'une volution sans ri5 qui volue ou qui fasse volu]1 et d'une p]ptuelle cration sans aucun crateur4 ,c'e/ une auto-cration se donnant incessamm5t elle-mme l'exi/5ce qu'elle n'a pas4 ,l'ide de comm5cem5t absolu et sans cause--si *re ,r5\vi]--e/ a9si mise p>t\t dans l',univ]s3 au comm5cem5t1 au milieu1 la f9 et p\sse jusqu' la plus clatante absurdit6 ,n\s refusons nettem5t de n\s en cont5t]4 #b ,suppos]ait-on1 p> impossible1 que la dure des *oses de ce monde ou leur volution soit leur pr9cipe1 il ne saurait tre le pr9cipe premi] de ces *oses1 p>ce qu'il n'e/ pas une cause ncessaire1 mais cont+5te4 ,en effet1 l'volution e/ un dev5ir qui se fait peu peu2 or1 avoir beso9 de dev5ir p\r tre e/ mo9s p>fait qu'tre dj sans avoir beso9 de dev5ir4 ,l'tre e/ donc plus p>fait que le dev5ir2 ou1 suivant la =mule classique1 l'acte prime la puissance4 ,le dev5ir n'e/ donc pas un tre premi]1 mais second et driv2 donc1 il e/ la cont+5ce et l'imp]fection mme4 ,telle e/ la ?se fondam5tale de la philosophia p]5nis4 ,a son encontre1 ,m4 ,b]gson s\ti5t le primat du dev5ir1 la supriorit de la puissance sur l'acte1 du non-tre sur l'tre1 et t\te la ?se b]gsoni5ne repose sur cette contre-vrit4 ,il y a plus1 n\s dit-il1 dans le m\vem5t que dans l'immobile2 il y a plus dans un m\vem5t que dans les positions successives attribues au mobile2 plus dans un dev5ir que dans les =mes trav]ses t\r t\r2 plus dans l'volution de la =me que dans les =mes ralises l'une aprs l'autre4#cji ,donc1 le dev5ir e/ plus p>fait4 ,un des plus brillants disciples de la mme cole dit de mme3 ,p\rquoi le p>fait ne s]ait-il pas une asc5sion1 une croissance1 plutt qu'une plnitude immobile8#caj ,cette objection1 laquelle il n\s faut rpondre1 r5f]me un aveu capital qu'il n\s plat d'abord de s\lign]4 ,elle reconnat =mellem5t ce pr9cipe premi]1 si famili] ,ari/ote1 que le p>fait prime l'imp>fait#caa1 et devant lequel s'incl95t nos p5seurs contempora9s les plus m95ts1 tels que ,m4 ,b\tr\x1 lorsqu'il concluait3 ,il re/e donc vrai que l'imp>fait n'exi/e et ne se dt]m9e qu'en vue du plus p>fait4#cab ,l'imp>fait1 en effet1 ne peut exi/] et volu] t\t seul v]s le p>fait1 p>ce qu'il ne peut se donn] lui-mme l'tre qu'il n'a pas4 ,ce pr9cipe une fois reconnu p> nos adv]saires1 il n\s re/e discut] avec eux si c'e/ la puissance qui e/ plus p>faite que l'acte2 le dev5ir-tre plus p>fait que l'tre a*ev2 le m\vem5t v]s un b plus p>fait que le repos et la j\issance dans le b atte9t8 ,mais1 p> ce simple nonc1 qui ne voit que c'e/ prcism5t l'inv]se8 ,si l'on ne se meut pas p\r se m\voir va9em5t1 mais p\r arriv]1 si le m\vem5t n'e/ pas une f9 mais un moy51 n'e/-il pas vid5t qu'il e/ plus p>fait d'tre arriv au b que de le *]*]1 meilleur d'en j\ir que d'y t5dre laborieusem5t8 ,si ,,mm4 ,b]gson et ,le ,roy ont p>u en d\t]1 s'ils ont prfr le m\vant l'immobile1 c'e/ qu'ils se sont fait une fausse ide de ce que n\s appelons avec ,ari/ote l'tre immobile ou immuable4 ,ils ont cru que mettre l'immobilit dans l'tre p>fait1 c'tait le r5dre inactif et infcond1 et p>tant s\v]a9em5t imp>fait4 ,mais c'e/ l pure quivoque4 ,autre *ose e/ le m\vem5t de croissance p\r gr&ir soi-mme dans l'tre et la p]fection2 autre *ose le m\vem5t de vie ad intra p\r j\ir de sa batitude1 et celui de fcondit ad extra p\r communiqu] d'autres de cette plnitude d'tre et de p]fection4 ,le premi] m\vem5t1 celui de croissance ou d'volution1 n\s le nions de l'tre s\v]a9em5t p>fait1 puisqu'il suppose un beso91 une indig5ce satisfaire4 ,il faut donc qu'il soit immobile s\s ce rapport4 ,mais le second et le troisime1 sans le premi]1 sont le privilge de l'tre p>fait1 puisqu'ils ont p\r f91 non d'acqurir ce qui lui manqu]ait1 mais de j\ir et de donn] de sa plnitude4 ,or1 ces activits ad intra et ad extra sont p>faitem5t compatibles avec l'immobilit de croissance4 ,elles ne sont pas des dev5ir p\r l',etre p>fait1 soit qu'il j\isse de sa p]fection dans une ineffable batitude1 soit qu'il opre la cration d'tres cont+5ts sans s'appauvrir ni s'enri*ir lui-mme1 soit enf9 qu'il produise en eux des *angem5ts1 sans en pr\v] aucun4 ,ces activits ne sont pas des dev5ir1 mais des actes et des actes purs1 sans mlange de pot5tialit1 suivant la =mule gniale d',ari/ote et de t\s les ,docteurs *rti5s4 ,au contraire1 le ,dev5ir b]gsoni5 e/ un m\vem5t de croissance1 c'e/ une ,puissance en voie de s'actu]1 aussi e/-il un signe ess5tiel d'indig5ce1 d'imp]fection et de cont+5ce4 ,le ,p>fait n'e/ donc pas ce qui a beso9 de dev5ir et qui devi5t peu peu1 mois ce qui e/ et qui fait dev5ir t\t le re/e4 ,ce n'e/ pas la ,puissance1 mais l',acte2 ce n'e/ pas le non-tre1 c'e/ l'tre4 ,voil ce que proclame le bon s5s1 avec l'unanimit des ,docteurs de l',ecole trav]s t\s les sicles4 ,en sorte que s\t5ir avec ,r5an que le gr& progrs de la critique contempora9e a t de sub/itu] la catgorie du dev5ir a celle de l'tre#cac1 ou bi5 avec ,hegel que le non-tre prime l'tre1 e/ un flagrant p>adoxe et une injure au s5s commun#cad4 ,on voit p> l comm5t notre ,dieu e/ la fois un ,dieu immuable et un ,dieu vivant4 ,immuable p>ce qu'tant de soi l'tre p>fait1 il n'e/ nullem5t en tra9 de se faire comme on ose le s\t5ir dans la ,philosophie n\velle#cae4 ,vivant aussi1 p>ce qu'il e/ agissant ad intra et ad extra1 mais d'une vie bi5 diffr5te de la ntre4 ,noire vie p\r dur] a beso9 du t\rbillon vital1 de ce m\vem5t in9t]rompu de va-et-vi5t entre la mort et la vie1 qui n\s v]se la vie g\tte g\tte dans un recomm5cem5t p]ptuel4 ,mais bi5 lo9 d'tre une vie p>faite1 ce n'e/ l qu'une vie misrable1 qui s'use et se dtruit sans cesse1 une p]ptuelle lutte contre la mort1 suivant la clbre df9ition de ,bi*at1 ou mieux encore une p]ptuelle agonie1 suivant l'heureuse expression de sa9t ,grgoire le ,gr&4 ,attribu] la vie p>faite de notre ,dieu l'agitation inquite et l'in/abilit de la ntre ne s]ait que de l'an?ropomorphisme le plus grossi]3 repro*e que nos adv]saires n\s adress5t assez s\v5t p\r qu'ils vit5t de le mrit]4 ,la vie p>faite n'e/ donc pas un p]ptuel dev5ir1 mais un acte pur sans aucun mlange d'imp]fection ni de pot5tialit4 ,elle exclut donc t\t m\vem5t1 dans le s5s imp>fait de ce mot1 c'e/--dire t\t passage de la puissance l'acte ou de l'acte la puissance4 ,elle e/ une plnitude indfectible d'action et de batitude4 ,mais quoi1 s'criait ,platon1 n\s p]suad]a-t-on si facilem5t que1 dans la ralit1 le m\vem5t1 la vie1 l'me1 l'intellig5ce1 ne convi5n5t pas l',etre absolu2 que cet ,etre ne vit ni ne p5se et qu'il demeure immobile1 immuable1 sans avoir "p l'augu/e et sa9te intellig5ce1 6 ,de mme1 ,ari/ote rev5dique p\r l',etre en soi la p5se1 l'action1 la vie1 la batitude1 en des t]mes non mo9s admirables#caf4 ,p> l mme1 n\s avons rpondu cette trange objection de ,m4 ,b]gson n\s repro*ant le dda9 de notre mtaphysique p\r t\te ralit qui dure#cag4 ,ce n'e/ que la dure successive et reue g\tte g\tte1 en un mot1 le dev5ir1 que n\s e/imons imp>faite et cont+5te1 incompatible avec l'tre ncessaire et p>fait4 ,mais la vraie dure t]nelle et ncessaire du tota simul ou de l'acte pur1 n\s en faisons l'ess5ce mme de l',etre p>fait en lequel l'ess5ce et l'exi/5ce s'id5tifi5t4 ,bi5 lo9 de la ddaign]1 n\s la div9isons1 t&is que ,m4 ,b]gson n'a div9is que son ombre1 p\r ne pas dire sa c>icature1 le ,temps1 qui se fait et se dfait1 qui devi5t et qui passe4 ,son ,cronos n'e/ mme pas un demi-dieu4 ,il n'e/ qu'un avat> de la sub/ance inf9ie de ,sp9osa1 de l'ide absolue de ,hegel ou de la volont pure de ,s*op5hau]4 ,lo9 d'tre un progrs1 c'e/ plutt1 bi5 des g>ds1 un recul de la conception pan?i/ique4 ,,ii4 ,dcapite p> la suppression de la ,cause premire1 effici5te et motrice1 l',evolution b]gsoni5ne va se tr\v] dsori5te p> l'abs5ce de ,cause f9ale4 ,cep5dant1 ce n'e/ pas une abs5ce totale de cause f9ale que n\s repro*]ons ce sy/me4 ,un repro*e si excessif s]ait une vritable inju/ice env]s son auteur4 ,s'il e/ quelqu'un p>mi nos contempora9s qui ait proclam plus ouv]tem5t la faillite du mcanisme s\s t\tes ses =mes3 c>tsi5ne1 sp9osi5ne1 leibnitzi5ne1 sp5cri5ne1 kanti5ne1 etc41 c'e/ bi5 assurm5t ,m4 ,b]gson4 ,il a crit contre le has>d de t\s les mcanismes des pages v5g]esses qui re/]ont1 c> elles sont la meilleure p>tie de son uvre4 ,t\tefois1 aprs avoir vig\reusem5t rejet le mcanisme qui v\drait expliqu] les m]veilles du cosmos p> des comb9aisons accid5telles et =tuites1 il refuse d'adopt] le f9alisme4 ,ce ne sont l1 dit-il1 que deux vtem5ts de confection qui ne vont ni l'un ni l'autre1 et les deux t]nels plaideurs vont tre1 suivant sa c\tume1 r5voys p> lui dos dos1 lorsqu'il se ravise et semble pr\v] quelque regret en faveur de l'un des deux sy/mes qui p\rrait1 dit-il1 tre rec\p1 rec\su1 et1 s\s une =me n\velle1 all] mo9s mal que l'autre#cah4 ,c'e/ le f9alisme qui va bnfici] de ses indulg5tes ret\*es4 ,taill1 c\p en deux1 il va dev5ir un demi-f9alisme4 ,en voici les traits ess5tiels4 ,n\s avons vu que le ,dieu ou demi-,dieu ,cronos1 ,elan vital1 ,c\rant de vie 444 tait esprit1 et mme intellig5ce1 au mo9s dans un s5s trs l>ge1 puisque l'in/9ct des animaux et l'intellig5ce de l'homme en sont issus p>eillem5t4 ,bi5 plus--n\s l'avons dit1--il e/ lib]t1 *oix1 exig5ce de cration4 ,de t\s ces attributs1 n\s p\vons conclure que son volution cratrice ne s]a pas aveugle ni laisse au has>d4 ,sa m?ode ou son processus s]ont donc psy*iques et nullem5t mcaniques1 libres et nullem5t ass]vis la fatalit4 ,m4 ,b]gson ira mme jusqu' dire3 ,la sci5ce n'e/ donc pas une con/ruction huma9e4 ,elle e/ antrieure notre intellig5ce1 indp5dante d'elle1 vritablem5t gnratrice des *oses4#cai ,ori5te p> de telles prmisses1 on dev9e que l'volution cratrice se rappro*]a beauc\p du f9alisme intgral4 ,nombreuses sont aussi les pages de ce volume qu'un f9ali/e conva9cu n'hsit]ait po9t sign]4 ,et n\s ne p>lons pas seulem5t des pages diriges contre le mcanisme1 o ce sy/me e/ mis au dfi1 p> exemple1 d'expliqu] les similitudes d'organes sur des lignes div]g5tes et depuis longtemps sp>es1 telles que la similitude complte d'un il rt9e *ez l'homme et *ez un mollusque tel que le peigne#cbj4 ,n\s p>lons aussi des pages qui n\s montr5t la m>*e de l'volution clairem5t ori5te p> une direction suprieure aux individus1 et p>tant p> la f9alit4 ,voici d'abord comm5t l'auteur rsume et conclut sa discussion sur rvolution p> v>iations l5tes ou brusques4 ,en rsum1 dit il1 si les v>iations accid5telles qui dt]m95t l'volution sont des v>iations ins5sibles1 il faudra faire appel un bon gnie--le gnie de l'espce future--p\r cons]v] et additionn] ces innombrables v>iations1 c> ce n'e/ pas la slection qui s'en *>g]a4 ,si1 d'autre "p1 les v>iations accid5telles sont brusques1 l'anci5ne fonction ne cont9u]a s'ex]c] ou une fonction n\velle ne la remplac]a que si t\s les *angem5ts surv5us ensemble se complt5t en vue de l'accomplissem5t d'un mme acte3 il faudra encore rec\rir au bon gnie1 cette fois p\r obt5ir la conv]g5ce des *angem5ts simultans1 comme t\t l'heure p\r assur] la cont9uit de direction des v>iations successives4444 ,bon gr1 mal gr1 c'e/ un pr9cipe int]ne de direction qu'il faudra faire appel p\r obt5ir cette conv]g5ce d'effets4#cba ,ce pr9cipe int]ne de direction1 dont t\s les mcanismes ont va9em5t *]* se pass]1 ,m4 ,b]gson l'appelle quelquefois du nom d'ef=t1 mais il pr5d bi5 so9 de n\s av]tir de la diffr5ce pr(onde qui exi/e entre ce pr9cipe de direction et un ef=t au s5s vulgaire4 ,celui-ci e/ p]sonnel et n'ab\tit qu' des v>iations insignifiantes1 p> exemple1 dvelopp] un muscle2 celui-l1 au contraire1 e/ au-dessus de l'individu et produit l'volution des espces4 ,il n'y a donc entre les deux s5s qu'une analogie lo9ta9e1 mais suffisante p\r n\s faire compr5dre comm5t un mme ef=t1 p\r tir] p>ti des mmes circon/ances1 peut ab\tir aux mmes rsultats1 rs\dre id5tiquem5t les mmes problmes1 surt\t lorsque ces problmes ne comport5t qu'une mme solution#cbb4 ,un *angem5t hrditaire1 crit notre auteur1 et de s5s df9i1 qui va s'accumulant et se composant avec lui-mme de manire con/ruire une ma*9e de plus en plus complique1 doit sans d\te se rapport] quelque espce d'ef=t1 mais un ef=t autrem5t pr(ond que l'ef=t individuel1 autrem5t indp5dant des circon/ances1 commun la plup>t des reprs5tants d'une mme espce1 inhr5t aux g]mes qu'ils port5t plutt qu' leur seule sub/ance1 assur p> l de se transmettre leurs desc5dants4 ,n\s rev5ons a9si l'ide d'o n\s tions p>tis1 celle d'un lan orig9el de la vie4#cbc ,un peu plus lo91 rev5ant sur cette hypo?se d'un lan orig9el1 c'e/--dire d'une p\sse intrieure qui port]ait la vie1 p> des =mes de plus en plus complexes1 des de/9es de plus en plus hautes1 il aj\te3 ,cet lan e/ p\rtant visible1 et un simple c\p d'il jet sur les espces fossiles n\s montre que la vie aurait pu se pass] d'volu]1 ou n'volu] que dans des limites trs re/re9tes1 si elle avait pris le p>ti1 beauc\p plus commode p\r elle1 de s'ankylos] dans ses =mes primitives4 ,c]ta9s ,=am9ifres1 p> exemple1 n'ont pas v>i depuis l'poque siluri5ne4 ,impassibles tmo9s des rvolutions sans nombre qui ont b\lev]s notre plante1 les ,l+ules sont auj\rd'hui ce qu'elles tai5t aux temps les plus reculs de l're palzoque4#cbd ,l'exi/5ce de cet lan vital orig9el p\r donn] le branle et la direction l'volution ne n\s gne nullem5t4 ,aprs l'avoir accord volonti]s1 n\s demeurons encore en ple9 f9alisme1 puisque ,m4 ,b]gson admet comme n\s et avec t\s les pripattici5s que l'volution elle-mme ne peut s'expliqu] sans une direction1 la fois intrieure et suprieure aux individus4 ,jusqu'ici1 l'accord e/ facile1 mais voici o la div]g5ce entre n\s va comm5c]4 ,d'aprs ,m4 ,b]gson1 la direction de l'volution se fait sans aucun plan gnral trac d'avance1 mais p> la solution1 au fur et mesure qu'ils se prs5t5t1 de *aque problme p>ticuli]1 qui e/ librem5t rsolu p> la cration de =mes absolum5t imprvisibles4 ,l'volution n'e/ pas davantage la ralisation d'un plan4 ,un plan e/ donn p> avance4 ,il e/ reprs5t1 ou t\t au mo9s reprs5table1 avant le dtail de sa ralisation4 ,l'excution en peut tre rep\sse dans un av5ir lo9ta91 recule mme indf9im5t3 l'ide n'en e/ pas mo9s =mule1 ds ma9t5ant1 en t]mes actuellem5t donns4 ,au contraire1 si l'volution e/ une cration sans cesse r5\vele1 elle cre au fur et mesure1 non seulem5t les =mes de la vie1 mais les ides qui p]mettrai5t une intellig5ce de la compr5dre1 les t]mes qui s]virai5t l'exprim]4 ,c'e/--dire que son av5ir dborde son prs5t et ne p\rrait s'y dess9] en une ide4 ,l e/ la premire erreur du f9alisme4#cbe ,cette ?se antif9ali/e repose sur deux argum5ts pr9cipaux4 ,premi] argum5t4 ,un plan trac d'avance assimile trop le travail de la nature au travail de l'ouvri] qui fabrique en assemblant des pices une une4 ,la nature1 au contraire1 con/ruit ses organes vivants1 non p> des additions successives1 mais p> division de la cellule-mre qui se dd\ble en cellules drives1 lesquelles se dd\bl5t leur t\r jusqu' la con/ruction complte de l'organe#cbf4 ,n\s rpondons que l'opposition de ces deux modes de travail n'e/ pas si absolue4 ,il e/ vrai que l'ouvri] n'en a qu'un son s]vice2 mais la nature a les deux1 et si la cellule vivante procde p> dd\blem5t1 elle procde aussi p> addition des lm5ts de *oix qui doiv5t la n\rrir et sans l'assimilation desquels elle ne se dd\bl]ait jamais4 ,il lui faut *oisir du phosphore p\r fabriqu] le tissu n]veux1 de la silice p\r les fibres vgtales1 de la *aux p\r les os1 du f] p\r enri*ir le sang1 etc4 ,la nature procde donc p> additions aussi bi5 que p> dissociations et dd\blem5ts4 ,t\tefois1 ce n'e/ l qu'une diffr5ce secondaire4 ,l'ess5tiel e/ que t\s les lm5ts1 associs ou dissocis1 obiss5t a une mme ide qui comm&e l'ensemble1 et p>tant un plan conu d'avance1 c> l'ide e/ un plan1 au mo9s p>tiel4 ,deuxime argum5t4 ,un plan e/ un t]me assign un travail2 il clt l'av5ir dont il dess9e la =me4 ,devant l'volution de la vie1 au contraire1 les portes de l'av5ir re/5t gr&es ouv]tes4 ,c'e/ une cration 7de =mes imprvues et imprvisibles7 qui se p\rsuit sans f9 en v]tu d'un m\vem5t initial4#cbg ,cet argum5t e/ sans valeur4 ,l'av5ir n'e/ nullem5t clos1 p>ce que le ,crateur ralis]ait en ce mom5t un plan1 le plan qui e/ s\s nos yeux1 et qu'il se rs]v]ait de faire succd] au monde prs5t d'autres mondes et d'autres plans futurs1 et mme une srie indf9ie de mondes et de plans4 ,les portes de l'av5ir re/]ai5t donc gr&es ouv]tes4 ,elles s]ai5t seulem5t f]mes1 p5dant la dure d'excution de tel ou tel plan1 l'intrusion an>*ique de plans diffr5ts4 ,ce qui e/ une protection de l'ordre actuel et non un ob/acle aux progrs futurs4 ,v\loir1 au contraire1 qu' *aque in/ant puiss5t app>atre des =mes n\velles imprvues et imprvisibles1 c'e/ introduire l'incohr5ce et le *aos dans l',univ]s actuel4 ,la suppression du plan ne s]ait donc que la suppression de l'ordre4 ,d'autre "p1 quelle ncessit voyez-v\s ce que les portes de l'av5ir ne soi5t pas f]mes ni son plan dess9 l'avance8 ,n\s avons beau *]*] les raisons de cette prt5due ncessit1 n\s n'en tr\vons aucune4 ,lo9 de l1 puisque l't]nit e/ un t]nel prs5t1 ri5 n'e/ pass ni futur1 ri5 n'e/ ca* au reg>d t]nel1 et1 p\r lui1 l'imprvu ou l'imprvisible sont des non-s5s4 ,autant dire que la volont t\te-puissante du ,crateur ne sait plus ce qu'elle veut ni ce qu'elle fait1 ni ce qu'elle cre4 ,quant l'hypo?se aj\te p> ,m4 ,b]gson1 que1 sans avoir ri5 prvu1 l'impulsion initiale sufft mettre dans l',univ]s un ordre imprvisible1 au fur et mesure des vnem5ts1 c'e/ encore un non-s5s philosophique1 au tmoignage1 non seulem5t d',ari/ote1 mais des mod]nes eux-mmes1 tels que ,m4 ,hamel91 pr(esseur en ,sorbonne1 qui1 dans sa brillante ?se de doctorat1 ne craignit pas de s\t5ir qu'une cause motrice e/ in9telligible sans une direction1 et p>tant sans une f9alit4 ,une causalit non tlologique1 crivait-il1 demeure frappe d'impuissance1 disons d'impossibilit1 et cela simplem5t p>ce qu'il lui manque une condition encore p\r tre quelque *ose d'entirem5t intelligible4#cbh ,en d'autres t]mes3 l'impulsion orig9elle qui doit mettre en branle l'volution a dj une direction ou elle n'en a pas4 ,si elle n'en a pas1 elle ne peut ri5 m\voir ni se m\voir elle-mme1 c> il n'y a pas de m\vem5t sans direction4 ,si elle a1 au contraire1 une direction1 elle t5d v]s un b1 v]s la ralisation d'une ide1 d'un plan1 et n\s rev5ons1 bon gr1 mal gr1 la f9alit4 99 99 99 99 99 ,aprs ces rponses aux deux pr9cipaux argum5ts de ,m4 ,b]gson1 aj\tons une rfutation plus directe de son sy/me de f9alit p>tielle4 ,dmontrons son insuffisance4 ,c'e/1 n\s dit-on1 au fur et mesure des circon/ances que l'lan vital *oisira ce qu'il doit faire2 *aque problme s\lev1 il apport]a sa solution1 sans avoir beso9 de faire l'avance aucun plan gnral4 ,de la sorte1 on croit p\voir concili] l'abs5ce de t\t plan prconu avec la ralisation effective d'un plan4 ,et de mme que ,m4 ,j\rda9 faisait de la prose sans le savoir1 a9si l'volution cratrice dr\l]a un plan admirable et inf9im5t compliqu sans l'avoir prvu4 ,eh bi56 n\s n'hsitons pas dcl>] que cette conception e/ incohr5te et qu'elle ne ti5t pas deb\t4 ,p\r le montr]1 il n\s suffira de n\s en t5ir aux donnes mmes de ,m4 ,b]gson4 ,en n\s dcrivant potiquem5t la m>*e de l'volution cosmique1 il n\s p>le avec insi/ance de la m>*e la vision1 de la m>*e la rflexion1 l'intellig5ce1 la lib]t1 la vie sociale1 etc4#cbi4 ,pr5ons la premire de ces donnes et atta*ons-n\s la compr5dre4 ,il s'agit de la m>*e asc5sionnelle de l'organe le plus lm5taire et le plus grossi] de la vision1 tel que la simple ta*e pigm5taire de l',infusoire1 l'organe le plus p>fait1 l'il rt9i5 du v]tbr1 en passant p> t\tes les =mes int]mdiaires4 ,or1 cette m>*e ne peut se produire que p> v>iations ins5sibles ou p> *angem5ts brusques4 ,si l'on suppose des v>iations ins5sibles1 les premires v>iations ne gn]ont pas trop le fonctionnem5t primitif de l'organe1 puisqu'on les suppose ins5sibles1 mais elles ne s]ont pas davantage utiles ce fonctionnem5t1 tant que les v>iations complm5taires ne se s]ont produites4 ,ds lors1 ne p\vant encore fonctionn]1 elles s'atrophi]ont au lieu de se dvelopp] et ne se cons]v]ont ni dans l'individu ni dans l'espce4 ,p\r avoir une raison de les cons]v]1 l'volution doit les reg>d] comme des pi]res d'att5te1 poses en vue d'une con/ruction ultrieure1 c'e/--dire en vue d'un plan df9itif4 ,il e/ vid5t qu'ici les p>ties sont comm&es p> le t\t1 comme le proclamait ,ari/ote#ccj1 elles obiss5t un lm5t futur qui n'exi/e pas encore2 il y a donc un plan1 et ri5 ne peut comm5c] utilem5t ou s'accrotre qu'en prvision de ce b f9al4 ,en d'autres t]mes1 il e/ impossible l',elan vital de rs\dre utilem5t les div]s problmes au fur et mesure qu'ils se pos5t le long du *em9 de l'volution1 sans avoir dj prvu le problme f9al1 qui devi5t p> avance l'lm5t ess5tiel des problmes antrieurs4 ,impossible de con/ruire peu peu un organe tel que l'il1 surt\t l'il des v]tbrs o des mill>ds d'lm5ts sont con/itus et coordonns en vue d'une unique fonction1 sans avoir prvu l'avance le plan d'ensemble d'un il cri/all94 ,ce raisonnem5t1 dans l'hypo?se de l'volution brusque1 s]a le mme avec un grossissem5t d'vid5ce encore plus saisissant4 ,*aque pas en avant de l'volution v]s la =mation d'un il rt9e acqui]t ici une importance encore plus gr&e4 ,p\r tre opportun et ne ri5 gt]1 il doit prvoir t\s les pas suivants1 tre ori5t p> une ide directrice1 selon l'expression de ,claude ,b]n>d1 c'e/--dire ori5t p> le plan f9al de l'il con/ruire4 ,bi5 plus1 comme *aque pas en avant e/ ici1 p> hypo?se1 un progrs notable d brusque sur un po9t p>ticuli]1 il aura son contre-c\p sur une multitude d'autres po9ts1 c> un lm5t n\veau amne des *angem5ts corrlatifs dans t\s les lm5ts anci5s4 ,*aque remaniem5t p>tiel exige donc1 s\s pe9e de t\t gt]1 un remaniem5t complet de l'ensemble4 ,il e/ donc impossible l',elan vital de donn] des solutions p>tielles *aque dtail inf9im5t compliqu du problme1 sans donn] en mme temps des solutions d'ensemble1 c'e/--dire s'ori5t] p> un plan f9al4 ,enf91 comme il e/ impossible de con/ruire utilem5t un il rt9e1 sans savoir l'endroit du corps animal o il s]a plac1 et sans l'adapt] aux organes vois9s1 puisqu'il devra collabor] avec eux1--p> exemple1 avec le second il1 s'il doit y avoir vision b9oculaire1 avec le sy/me s5sori-moteur d'o il tir]a la s5sibilit et le m\vem5t1 avec les organes de la circulation du sang1 de la respiration1 de la dige/ion1 de la reproduction1 etc41--le plan de l'il se tr\ve lui-mme dp5dant du plan spcifique de l'animal auquel on le de/9e4 ,l'animal1 son t\r1 e/ une p>tie d'un plan plus gnral et doit obir ce plan d'ensemble total s\s pe9e de t\t gt]4 ,ces corrlations des p>ties avec l'ensemble sont si manife/es que ,m4 ,b]gson en fait l'aveu en v+t passages4 ,*aque pice n\velle1 crit-il1 exige1 s\s pe9e de t\t gt]1 un remaniem5t complet de l'ensemble4 ,comm5t att5dre du has>d un p>eil remaniem5t8444 ,l'addition d'un lm5t n\veau amne le *angem5t corrlatif de t\s les lm5ts anci5s4 ,p]sonne ne s\ti5dra que le has>d puisse accomplir un p>eil miracle4#cca--,la ma*9e qu'e/ l'il e/ donc compose d'une inf9it de ma*9es1 t\tes d'une complexit extrme4444 ,la plus lgre di/raction de la nature dans la con/ruction de la ma*9e inf9im5t complique et r5du la vision impossible4#ccb ,impossible d'av\] plus clairem5t que la nature ou l',elan vital ne peut se di/raire un seul in/ant du b atte9dre et du plan excut]4 ,il y a donc un plan prvu et v\lu4 ,et cep5dant ,m4 ,b]gson revi5t sa ?se prfre qu'il n'y a aucun plan4 ,mais il n'y revi5t pas sans un c]ta9 emb>ras1 trahi p> des hsitations et des rs]ves peu intelligibles4 ,qu'on en juge p> sa rplique4 ,mais en p>lant d'une m>*e la vision1 ne rev5ons-n\s pas l'anci5ne conception de la f9alit8 ,il en s]ait a9si1 sans aucun d\te1 si cette m>*e exigeait la reprs5tation1 consci5te ou inconsci5te1 d'un b atte9dre4 ,mais la vrit e/ qu'elle s'effectue en v]tu de l'lan orig9el de la vie1 qu'elle e/ implique dans ce m\vem5t mme1 et que c'e/ prcism5t p\rquoi on la retr\ve sur des lignes d'volution indp5dantes4--,jusqu'ici n\s sommes d'accord avec ,m4 ,b]gson3 ,la reprs5tation du b n'e/ videmm5t pas dans le g]me ou l'embryon qui volue1 mais dans l'lan orig9el du ,crateur1 de mme qu'il n'e/ pas dans le mcanisme de l'horloge qui m>que l'heure1 mais uniquem5t dans la p5se de l'horlog] qui a mont ce mcanisme4 ,mais p\rsuivons3 ,que si ma9t5ant on n\s dem&ait p\rquoi et comm5t elle 7la m>*e la vision7 y e/ implique 7dans l'lan orig9el71 n\s rpondrons que la vie e/1 avant t\t1 une t5dance agir sur la matire brute4 ,le s5s de cette action n'e/ sans d\te pas prdt]m9 7873 de l l'imprvisible v>it des =mes que la vie1 en voluant1 sme sur son *em94 ,mais cette action prs5te t\j\rs1 un degr plus ou mo9s lev1 le c>actre de la cont+5ce3 elle implique t\t au mo9s un rudim5t de *oix4 ,or1 un *oix suppose la reprs5tation anticipe de plusieurs actions possibles4 ,il faut donc que des possibilits d'action se dess95t1 p\r l'tre vivant1 avant l'action mme4 ,la p]ception visuelle n'e/ pas autre *ose3 les cont\rs visibles des corps sont le desse9 de notre action v5tuelle sur eux4 ,la vision se retr\v]a donc1 des degrs diffr5ts1 *ez les animaux les plus div]s1 et elle se manife/]a p> la complexit de /ructure p>t\t o elle aura atte9t le mme degr d'int5sit4#ccc ,telle e/ la rplique intgrale de ,m4 ,b]gson4 ,n\s avons t5u la cit] en enti]1 au lieu de l'analys]1 p\r que ce petit *ef-d'uvre de clair-obscur ne n\s ft pas imputable4 ,au fait1 les dieux d',homre1 eux aussi1 au plus =t du combat1 disp>aissai5t p>fois dans les nuages1 et n\s aurions mauvaise grce de repro*] de simples mortels de suivre un exemple v5u de si haut4 ,cep5dant1 t\t n'e/ pas insaisissable dans cette page1 et n\s y dc\vrons des rs]ves intressantes qui attnu5t normm5t t\te ngation d'un plan prvu et vis4 ,on n\s accorde que la m>*e la vision implique t\j\rs un rudim5t de *oix--et p>tant1 aj\t]ons-n\s1 au mo9s un rudim5t de b1 c> on ne peut *oisir sans b4 ,on n\s accorde aussi que le *oix suppose la reprs5tation anticipe de plusieurs actions possibles1--et p>tant1 p\r *oisir entre ces div]s moy5s1 il faut les comp>] au b atte9dre1 il faut une reprs5tation de ce b4 ,aprs cette grave concession1 comm5t s\t5ir encore que la m>*e la vision n'exige pas la reprs5tation1 consci5te ou inconsci5te1 d'un b atte9dre8--,il y a l une contradiction flagrante outre ces deux ?ses du mme p>agraphe4 ,elle n\s montre1 mieux que t\t raisonnem5t1 qu'une demi-f9alit e/ une hypo?se incohr5te1 se dtruisant elle-mme4 ,c'e/ trs bi5 de rpudi] le mcanisme et le has>d comme une explication insuffisante de l'volution2 c'e/ trs bi5 d'admettre qu'elle e/ p\sse en avant p> le *oix d'une volont libre2 mais cette volont libre ne peut p\ss] p> d]rire l'volution des mondes1 et ne peut tre une vis a t]go#ccd comme l'imag9e ,m4 ,b]gson1 sans reg>d] en avant1 sans avoir un b ou une srie de buts successifs2 en un mot1 elle ne peut tre cause motrice sans tre cause f9ale4 ,si elle p\ssait sans savoir o clic va1 elle p\ss]ait aveuglm5t et n\s revi5drions ce has>d dont on a si ju/em5t proclam la faillite4 99 99 99 99 99 ,concluons que l'volution cratrice sans crateur et sans b p*e la fois contre les deux pr9cipes premi]s de l'esprit huma91 le pr9cipe de causalit et celui de f9alit4 ,il lui manque les deux ressorts ess5tiels de t\t m\vem5t1 surt\t du m\vem5t vital et libre dont elle se rclame4 ,n\s l'arrtons donc son po9t de d"p1 comme on arrte un voyageur qui n'a pas de quoi faire son voyage1 comme la nature elle-mme arrte un g]me ou un embryon mon/rueux qui n'e/ pas n viable4 ,le ,dieu-,cronos n'e/ qu'un fantme sans consi/ance1 incapable de n\s expliqu] l'volution4 ,il n\s faut un ,dieu vivant qui en soit le pr9cipe et la f91 qui soit l'alpha et l'omga de l'volution des mondes4 ,et ma9t5ant n\s p\vons1 en t]m9ant1 assi/] au brillant feu d'artifice de mtaphores tir p> ,m4 ,b]gson en l'honneur de l'volution cratrice1 sans aucun risque d'en tre bl\is ou dconc]ts4 ,imag9ons1 n\s dit-il1 un rcipi5t ple9 de vapeur une haute t5sion1 et1 et l1 dans les p>ois du vase1 une fissure p> o la vapeur s'*appe en jet4 ,la vapeur lance en l'air se cond5se presque t\t entire en g\ttelettes qui retomb5t4444 ,a9si1 d'un imm5se rs]voir de vie1 doiv5t s'lanc] sans cesse des jets1 dont *acun1 retombant1 e/ un monde4#cce ,cep5dant1 la cration d'un monde e/ un acte libre1 et la vie l'intrieur du monde matriel p>ticipe de cette lib]t4 ,p5sons donc plutt un ge/e comme celui d'un bras qu'on lve2 puis supposons que le bras1 ab&onn lui-mme1 retombe1 et que p\rtant subsi/e en lui1 s'ef=ant de le relev]1 quelque *ose du v\loir qui l'anima3 avec cette image d'un ge/e crateur qui se dfait1 n\s aurons dj une reprs5tation plus exacte de la matire4 ,et n\s v]rons alors1 dans l'activit vitale1 ce qui subsi/e du m\vem5t direct dans le m\vem5t inv]ti1 une ralit qui se fait trav]s celle qui se dfait#ccf4 ,t\t e/ obscur dans l'ide de cration si l'on p5se des *oses qui s]ai5t cres et une *ose qui cre1 comme on le fait d'habitude1 comme l'ent5dem5t ne peut s'emp*] de le faire4444 ,il n'y a pas de *oses1 il n'y a que des actions4444 ,j'exprime simplem5t cette similitude probable qu& je p>le d'un c5tre d'o les mondes jaillirai5t comme des fuses d'un imm5se b\quet1 p\rvu t\tefois que je ne donne pas ce c5tre p\r une *ose1 mais p\r une cont9uit de jaillissem5t4 ,dieu a9si df9i non comme une cause1 mais une cont9uit de jaillissem5t sans cause n'a ri5 de t\t fait3 il e/ vie incessante1 action1 lib]t4 ,la cration1 a9si conue1 n'e/ pas un my/re2 n\s l'exprim5tons en n\s ds que n\s agissons librem5t4#ccg ,la vie e/ un m\vem5t1 la matrialit e/ le m\vem5t inv]se 444 c'e/ une action qui se fait trav]s une action du mme g5re qui se dfait1 quelque *ose comme le *em9 que se fraye la d]nire fuse du feu d'artifice p>mi les dbris qui retomb5t des fuses te9tes4#cch ,ess5tielle aussi e/ la m>*e la rflexion4 ,si nos analyses sont exactes1 c'e/ la consci5ce1 ou mieux la supra-consci5ce qui e/ l'orig9e de la vie2 consci5ce ou supra-consci5ce e/ la fuse dont les dbris te9ts retomb5t en matire2 consci5ce e/ encore ce qui subsi/e de la fuse mme1 trav]sant les dbris et les illum9ant en organismes4#cci ,voil1 c]tes1 de brillantes images1 dont la flamme produit encore plus de fume que de lumire4 ,n'importe1 ces nuages de vapeur lgre plais5t c]ta9s spectateurs qui imag95t dc\vrir dans ces =mes vagues et indcises t\t ce qui leur agre4 ,eh bi56 malgr t\s les c>ts possibles d'int]prtations les plus fantaisi/es1 n\s mettons t\s les hommes de bon s5s1 sans exception1 au dfi d'imag9] que les fuses du b\quet1 s'levant en g]be v]s le ciel1 sont p>ties t\tes seules d'un c5tre de jaillissem5t1 d'un c5tre vide1 d'o la ma9 de l'artifici] s]ait abs5te4 ,n\s les mettons au dfi d'imag9] un bras qui se lve ou qui retombe sans que ce bras n'app>ti5ne aucune p]sonne qui le lve ou le baisse4 ,n\s les mettons au dfi d'imag9] des jets de vapeur sortis d'une *audire vide o ne b\illonn]ai5t po9t tumultueusem5t des litres d'eau sur*auffe4 ,jamais ils n'admettront1 p\r plaire ,m4 ,b]gson1 des actions sans ag5t1 des effets sans cause1 pas plus que des actions libres sans direction et sans b4 ,voil p\rquoi n\s rptons avec assurance1 malgr t\s les trompe-l'il de ces mtaphores1 qu'une volution cratrice sans aucun crateur et sans aucun b n'e/ pas une conception intelligible1 mais qu'elle e/ un dfi la raison huma9e1 mo9s qu'elle ne soit un simple jeu d'esprit ou une rv]ie et un amusem5t d'arti/e4 ,dans ce cas1 n\s la comp>]ions cette trs +nieuse maison l'env]s de l',exposition univ]selle qui eut un vrai succs de curiosit1 mais qu'aucun homme s5s n'aurait jamais v\lu habit] rellem5t4 99 99 99 99 99 ,,vi ,,?,,orie ,,de ,,la ,,connaissance ,,s5sible4 ,jusqu'ici n\s avons tudi l'anti9tellectualisme en action dans les div]ses applications qu'en a faites l'cole b]gsoni5ne3 il e/ temps d'en abord] la ?orie elle-mme4 ,si quelque lecteur n\s repro*ait de l'abord] trop t>d et de ne pas avoir comm5c p> expos] la ?orie1 avant de faire connatre ses applications1 notre rponse ne s]ait po9t emb>rasse4 ,de fait1 cette ?orie e/ ne la d]nire4 ,quoiqu'on ait dit et rpt que la mtaphysique t\t entire dp5dait de la ?orie de la connaissance1 c'e/ plutt l'inv]se qui e/ vrai3 t\j\rs la ?orie de la connaissance a d faire suite la mtaphysique que l'on avait adopte4 ,on aura beau *]*] dans l'hi/oire de la philosophie1 on ne tr\v]a pas une seule ?orie de la connaissance qui ne po/ule ou ne s\s-ent5de1 t\t au mo9s1 des donnes mtaphysiques4 ,la position mme du problme de la connaissance en dp5d t\t entire4 ,a9si1 p> exemple1 t\s les subjectivi/es1 qui s'accord5t ni] la possibilit mme de l'action dite transitive1 le pos]ont de la sorte3 tant donn que le sujet s5tant et l'objet s5ti sont deux t]mes extrieurs l'un l'autre1 et p>tant impntrables et sans aucune action commune entre eux1 expliqu] le mcanisme de la connaissance s5sible4 ,il e/ clair que le problme a9si pos ne comporte qu'une solution subjectivi/e et plus ou mo9s idali/e1 c>tant a priori t\t essai de solution rali/e4 ,autre exemple3 l'cole kanti/e a suppos donn comme inconte/able que le signe mme d'une donne mtaphysique1 c'e/ de ne p\voir se traduire dans l'esprit huma9 que p> une proposition contradictoire#cdj4 ,ce =midable a priori des ant9omies 9vitables1 qui suppose dj rsolus dans un c]ta9 s5s t\s les problmes de la mtaphysique1 doit ab\tir fatalem5t aux jugem5ts syn?tiques a priori et aux =mes innes de l'esprit huma91 suivant la =mule du criticisme kanti54 ,le sy/me anti9tellectuali/e de ,m4 ,b]gson ne f]a pas exception cette rgle gnrale4 ,la ?orie de la connaissance ne s]a gure qu'un corollaire de son volution cratrice4 ,n\s allons le montr] bi5tt surabondamm5t4 ,ici1 un seul trait suffira4 ,puisque l'intellig5ce huma9e a t dpose en c\rs de r\te p> l'volution1 ne peut-elle pas1 ne doit-elle pas tre dpasse8 ,puisqu'on c\rs de r\te elle a p]du l'in/9ct et l'intuition1 ne peut-elle pas1 ne doit-elle pas les rec\vr]8444 ,la rponse affirmative ces deux que/ions f]a le fond de la ?orie n\velle4 ,cette int]prtation1 du re/e1 n\s p>at entirem5t con=me la p5se de ,m4 ,b]gson4 ,ds son ,introduction1 il n\s av]tit que les deux ?ories de l'volution et de la connaissance sont insp>ables l'une de l'autre#cda1 et que c'e/ celle-ci qui doit accompagn] et suivre celle-l4 ,dans le corps de l'ouvrage1 il y revi5t avec insi/ance p\r n\s dire que le problme de la connaissance ne fait qu'un avec le problme mtaphysique1 que *acune de ces re*]*es conduit l'autre2 elles font c]cle1 et le c]cle ne peut avoir p\r c5tre que l'tude empirique de l'volution#cdb4 ,bi5 plus1 il va jusqu' n\s dire que la philosophie elle-mme n'e/ pas seulem5t le ret\r de l'esprit sur lui-mme1 mais surt\t un ret\r sur le pr9cipe d'o il mane1 une prise de contact avec l'ef=t crateur#cdc4 ,elle e/ donc susp5due t\t entire la ?orie de l'volution cratrice4 ,impossible de compr5dre la valeur de l'intellig5ce huma9e sans avoir dj tudi et compris sa g5se4 ,on tr\v]a sans d\te qu'une telle m?ode e/ bi5 h>die et bi5 prt5tieuse4 ,l'auteur e/ le premi] le reconnatre4 ,la ?orie de la connaissance devi5t a9si une entreprise inf9im5t difficile et qui passe les =ces de la pure intellig5ce4 ,il ne suffit plus1 en effet1 de dt]m9] p> une analyse conduite avec prud5ce les catgories de la p5se1 il s'agit de les eng5dr]4 ,en ce qui conc]ne l'espace1 il faudrait1 p> un ef=t sui g5]is de l'esprit1 suivre la progression ou plutt la rgression de l'extra-spatial se dgradant en spatialit4 ,en n\s plaant d'abord aussi haut que possible dans notre consci5ce1 p\r n\s laiss] ensuite peu peu tomb]1 etc4#cdd ,n\s ne n\s sommes donc pas mpris sur le s5s et l'exceptionnelle difficult de la n\velle m?ode o l'auteur va s'engag]4 ,plus l'ex]cice e/ difficile et prilleux1 plus les spectateurs vont r$\bl] d'att5tion et d'ef=t p\r le suivre en t\tes ses volutions1 sans le p]dre jamais de vue4 ,n\s allons voir comm5t une intellig5ce huma9e va essay] de se dpass] elle-mme6 ,p\r mettre un peu d'ordre et de cl>t dans l'analyse et la critique d'une ?orie si difficile et si complique1 n\s tudi]ons successivem5t les ?ses et hypo?ses b]gsoni5nes sur la connaissance s5sible1 sur la connaissance intellectuelle1 enf9 sur cette n\velle facult de connatre qui a pris le nom1 dsormais clbre1 d'intuition4 ,mais *acune de ces trois re*]*es--vu son importance--f]a l'objet d'un *apitre spcial4 ,comm5ons p> la connaissance s5sible4 99 99 99 99 99 ,disons de suite que1 des trois p>ties de la ?orie1 celle-ci e/ de beauc\p la meilleure4 ,sans les proccupations et les s\s-ent5dus moni/iques qui la dp>5t1 elle s]ait p\r n\s peu prs acceptable1 tant elle se rappro*e de la conception pripattici5ne et scola/ique4 ,t\t d'abord1 ,m4 ,b]gson pr5d nettem5t p>ti p\r la ?se traditionnelle de la p]ception immdiate des s5s ext]nes1 p\r son objectivit foncire1 et mme p\r l'objectivit des qualits s5sibles1 telles que les sons et les c\leurs4 ,on convi5dra que cette attitude ne manque ni de nettet ni de c\rage1 au milieu des prjugs t5aces qui rgn5t dans les esprits contempora9s1 depuis ,desc>tes et ,kant4 ,et de mme qu'il a rfut le mcanisme avec une vigueur impitoyable1 il va faire un rquisitoire crasant contre t\s les subjectivi/es mod]nes1 sans p>gn] ni ,kant ni ,ta9e1 le fameux inv5teur de l'halluc9ation vraie4 ,cette attitude de ,m4 ,b]gson n'e/ pas rc5te4 ,c'e/1 au contraire1 croyons-n\s1 une de ses plus vieilles convictions4 ,aussi devrons-n\s rec\rir ses ouvrags antrieurs p\r complt] notre tableau4 ,ds les premires pages de ,matire et ,mmoire1 il ti5t prote/] contre le p>adoxe idali/e qui v\drait faire de ce monde une cration subjective de notre c]veau ou de notre esprit4 ,p\r que 444 l'branlem5t crbral eng5drt les images extrieures1 crit-il1 il faudrait qu'il les contnt d'une manire ou d'une autre1 et que la reprs5tation de l'univ]s matriel t\t enti] ft implique dans celle de ce m\vem5t molculaire4 ,or1 il suffit d'nonc] une p>eille proposition p\r en dc\vrir l'absurdit4 ,c'e/ le c]veau qui fait p>tie du monde matriel1 et non pas le monde matriel qui fait p>tie du c]veau4 ,supprimez le monde matriel1 v\s anantissez du mme c\p le c]veau et son image4 ,au contraire1 supprimez le c]veau et son image1 c'e/--dire un dtail insignifiant dans le tableau imm5se de l'univ]s1 il e/ clair que le tableau re/e et que l'univ]s subsi/e qu& mme#cde4 ,a ce premi] argum5t de simple bon s5s1 il va aj\t] des argum5ts sci5tifiques et rationnels tirs de l'impossibilit de t\s les sy/mes idali/es expliqu] la prt5due illusion d'un monde extrieur1 cr de t\tes pices p> notre esprit4 ,ma croyance l'exi/5ce d'un monde extrieur1 dit-il1 ne peut v5ir que de son action sur moi et non de mon action sur un vide extrieur2 elle e/ le produit des actions conv]g5tes v5ues de la priphrie au c5tre que j'occupe1 et non du c5tre la priphrie4 ,t\t s'obscurcit1 en effet1 et les problmes se multipli5t1 si l'on prt5d all]1 avec les ?orici5s 7de l'idalisme71 du c5tre la priphrie4 ,d'o vi5t donc alors cette ide d'un monde extrieur 7et t5du7 con/ruit artificiellem5t1 pice pice1 avec des s5sations inext5sives dont on ne compr5d ni comm5t elles arriv]ai5t =m] une surface t5due1 ni comm5t elles se projett]ai5t ensuite au dehors de notre corps8444 ,il y a1 dans cette croyance au c>actre d'abord inext5sif de notre p]ception extrieure1 tant d'illusions runies1 on tr\v]ait dans cette ide que n\s projetons hors de n\s des tats purem5t int]nes tant de mal5t5dus1 tant de rponses boiteuses des que/ions mal poses1 que n\s ne saurions prt5dre faire la lumire t\t d'un c\p4#cdf ,ce n'e/ pas que l'auteur r5once lucid] ple9em5t un problme qui lui ti5t tant cur4 ,il le f]a1 au contraire1 satit1 dans t\t le c\rs de son ouvrage1 p> des argum5ts premptoires1 mais qui n'tai5t p\r n\s nullem5t n\veaux4 ,celui qu'il semble prfr]1 tant il lui p>at dcisif1 e/ la simple comp>aison des deux explications idali/e et rali/e4 ,dans la premire1 dit-il1 des s5sations inext5sives de la vue se compos]ont avec des s5sations inext5sives du t\*] et des autres s5s p\r donn]1 p> leur syn?se1 l'ide d'un objet matriel4 ,mais d'abord on ne voit pas comm5t ces s5sations acqu]ront de l'ext5sion ni surt\t comm5t1 une fois l'ext5sion acquise en droit1 s'expliqu]a la prfr5ce de telle d'entre elles1 en fait1 p\r tel po9t de l'espace4 ,et ensuite on peut se dem&] p> quel heureux accord1 en v]tu de quelle h>monie prtablie1 ces s5sations d'espces diffr5tes vont se coordonn] ensemble p\r =m] un objet /able1 dsormais solidifi1 commun mon expri5ce et celle des autres hommes1 s\mis1 vis--vis des autres objets1 ces rgles inflexibles qu'on appelle les lois de la nature4--,dans la seconde explication1 au contraire 7celle du ralisme71 les donnes de nos diffr5ts s5s sont des qualits des *oses1 p]ues d'abord en elles plutt qu'en n\s3 e/-il tonnant qu'elles se rejoign5t1 alors que l'ab/raction seule les a sp>es8#cdg ,or1 p>mi ces donnes des s5s1 en ralit extraites des objets et nullem5t du sujet1 l'auteur ne compr5d pas seulem5t des donnes quantitatives telles que l't5due1 la masse1 la figure et le m\vem5t1 mais encore des donnes qualitatives1 ce que n\s appelons les qualits s5sibles des corps#cdh4 ,au fond1 le mme raisonnem5t s'applique t\t aussi bi5 aux unes et aux autres1 et la raison de c]ta9es exceptions1 si la mode soi5t-elles1 ne s'impose nullem5t4 ,on se plat1 crit ,m4 ,b]gson1 mettre les qualits1 s\s =me de s5sations1 dans la consci5ce1 t&is que les m\vem5ts s'excut5t indp5damm5t de n\s dans l'espace4 ,ces m\vem5ts1 se composant entre eux1 ne donn]ai5t jamais que des m\vem5ts2 p> un processus my/rieux1 notre consci5ce1 incapable de les t\*]1 les traduirait en s5sations qui se projett]ai5t ensuite dans l'espace et vi5drai5t rec\vrir1 on ne sait comm5t1 les m\vem5ts qu'elles traduis5t4 ,de l deux mondes diffr5ts1 incapables de communiqu] autrem5t que p> un miracle3 d'un ct celui des m\vem5ts dans l'espace1 de l'autre la consci5ce avec les s5sations4 ,et1 c]tes1 la diffr5ce re/e irrductible1 comme n\s l'avons montr n\s-mmes autrefois1 entre la qualit1 d'une "p1 et la quantit pure1 de l'autre4 ,mais la "q e/ ju/em5t de savoir si les m\vem5ts rels ne prs5t5t entre eux que des diffr5ces de quantit1 et s'ils ne s]ai5t pas la qualit mme1 vibrant p\r a9si dire intrieurem5t et sc&ant sa propre exi/5ce en un nombre s\v5t incalculable de mom5ts4#cdi ,suit une explication des qualits s5sibles des corps1 =t +nieuse1 mais dont la discussion n\s entran]ait trop lo9 de notre sujet#cej4 ,il suffit de con/at] ici que la ?orie b]gsoni5ne de la p]ception s5sible e/ nettem5t ho/ile t\t idalisme1 mme ce demi-idalisme c>tsi51 si en faveur de nos j\rs1 qui1 t\t en admettant l'objectivit de l't5due et de la quantit des corps1 rejette celle de leurs qualits s5sibles1 p\r en faire de pures modifications de la consci5ce4 ,la vraie raison de cette lutte sans m]ci contre t\t idalisme1 mme mitig1 ,m4 ,b]gson ne s'en ca*e po9t1 c'e/ son av]sion pr(onde p\r l'agno/icisme4 ,ec\tons ses dcl>ations ce sujet1 si in/ructives p\r saisir le vritable esprit de sa philosophie4 ,dans la premire hypo?se 7celle de l'idalisme71 l'objet matriel n'e/ ri5 de t\t ce que n\s ap]cevons3 on mettra d'un ct le pr9cipe consci5t avec les qualits s5sibles1 de l'autre une matire dont on ne peut ri5 dire et qu'on df9it p> des ngations p>ce qu'on l'a dp\ille t\t d'abord de t\t ce qui la rvle4--,dans la seconde 7le ralisme71 une connaissance de plus en plus appr(ondie de la matire e/ possible4 ,bi5 lo9 d'en retran*] quelque *ose d'ap]u1 n\s devons au contraire rappro*] t\tes les qualits s5sibles1 en retr\v] la p>5t1 rtablir entre elles la cont9uit que nos beso9s 7d'analyse7 ont rompue4 ,notre p]ception de la matire n'e/ plus alors relative ni subjective1 du mo9s en pr9cipe et ab/raction faite de l'affection et surt\t de la mmoire4 ,un peu plus lo91 il aj\te encore avec plus de =ce3 p\r l'idalisme1 la matire ne peut ri5 tre de ce que n\s connaissons1 ri5 de ce que n\s imag9ons2 elle demeure l'tat d'entit my/rieuse#cea4 ,et cet abme insondable de l'agno/icisme1 o l'idalisme n\s fait pliss]1 suffit sa condamnation sans appel4 ,mais ce n'e/ pas seulem5t dans les sci5ces du monde extrieur1 dites sci5ces naturelles et physiques1 que l'idalisme a des consqu5ces ru9euses1 c'e/ encore dans la sci5ce du monde intrieur1 dans la ,psy*ologie1 o il jett]ait une pr(onde confusion4 ,m4 ,b]gson l'a =t bi5 vu et ses analyses pntrantes ont su le dmontr]4 ,si la p]ception ext]ne1 en effet1 au lieu d'tre une action ou image reue du dehors1 n'tait plus qu'une image m5tale1 produite p> l'esprit et projete l'extrieur1 les deux phnomnes si diffr5ts et mme si opposs de la p]ception et du s\v5ir se tr\v]ai5t confondus1 comme des tats =ts ou faibles du mme phnomne3 la p]ception ext]ne ne srail plus qu'une halluc9ation vraie1 suivant la p>adoxale =mule de ,ta9e4 ,c'e/ cette fausse conception que ,m4 ,b]gson va ju/em5t appel] une erreur capitale4 ,l'erreur capitale1 dit il1 l'erreur qui1 remontant de la psy*ologie la mtaphysique1 f9it p> n\s masqu] la connaissance du corps aussi bi5 que celle de l'esprit1 e/ celle qui consi/e ne voir qu'une diffr5ce d'int5sit au lieu d'une diffr5ce de nature1 entre la p]ception pure et le s\v5ir4 ,sans d\te1 aj\te-t-il1 nos p]ceptions sont d'ord9aire imprgnes de s\v5irs1 qui s'aj\t5t la p]ception pure p\r l'int]prt] et la complt]1 mais l'union de ces deux actes n'e/ pas leur id5tit4 ,le rle du psy*ologue s]ait de les dissoci]1 de r5dre *acun d'eux1 sa puret naturelle3 a9si s'clair]ai5t bon nombre de difficults que s\lve la psy*ologie1 et peut-tre aussi la mtaphysique4 ,mais po9t du t\t4 ,on veut que ces tats mixtes1 t\s composs1 doses 9gales1 de p]ception pure et de s\v5ir pur1 soi5t des tats simples4 ,p> l1 on se condamne ignor] aussi bi5 le s\v5ir pur que la p]ception pure1 ne plus connatre qu'un seul g5re de phnomnes1 qu'on appell]a tantt s\v5ir et tantt p]ception1 selon que prdom9]a en lui l'un ou l'autre de ces deux aspects1 et1 p> consqu5t1 ne tr\v] entre la p]ception et le s\v5ir qu'une diffr5ce de degr1 et non plus de nature4 ,cette erreur a p\r premi] effet1 comme on le v]ra en dtail1 de vici] pr(ondm5t la ?orie de la mmoire2 c> en faisant du s\v5ir une p]ception plus faible1 on mconnat la diffr5ce ess5tielle qui sp>e le pass du prs5t1 on r5once compr5dre les phnomnes de la reconnaissance et plus gnralem5t le mcanisme de l'inconsci5t4 ,mais inv]sem5t1 et p>ce qu'on a fait du s\v5ir une p]ception plus faible1 on ne p\rra plus voir dans la p]ception qu'un s\v5ir plus int5se4 ,on raisonn]a comme si elle n\s tait donne1 la manire d'un s\v5ir1 comme un tat intrieur1 comme une simple modification de notre p]sonne4 ,on mconnatra l'acte orig9el et fondam5tal de la p]ception1 cet acte1 con/itutif de la p]ception pure1 p> lequel n\s n\s plaons d'emble dans les *oses4 ,et la mme erreur1 qui s'exprime en psy*ologie p> une impuissance radicale expliqu] le mcanisme de la mmoire1 imprgn]a pr(ondm5t1 en mtaphysique1 les conceptions idali/e et rali/e de la matire4#ceb ,n\s avons t5u cit] cette page o les consqu5ces capitales d'une erreur1 si univ]sellem5t accepte de nos j\rs1 sont mises dans un relief si saisissant4 ,srem5t1 un disciple d',ari/ote et de sa9t ,?omas n'aurait pas t plus vig\reux contre nos mod]nes subjectivi/es1 et n\s devons en savoir gr ,m4 ,b]gson4 ,du re/e1 ce ne sont pas seulem5t les consqu5ces ru9euses de cette erreur qu'il a releves1 il a aussi montr combi5 elle tait contraire aux faits les mieux obs]vs4 ,en effet1 l'obs]vation pure et simple peut tran*] 7le litige74 ,comm5t le tran*e-t-elle8 ,si le s\v5ir d'une p]ception n'tait que cette p]ception affaiblie1 il n\s arriv]ait1 p> exemple1 de pr5dre la p]ception d'un son lg] p\r le s\v5ir d'un bruit int5se4 ,or1 p>eille confusion ne se produit jamais4444 ,jamais la consci5ce d'un s\v5ir ne comm5ce p> un tat actuel plus faible que n\s *]*]ions rejet] dans le pass aprs avoir pris consci5ce de sa faiblesse4444#cec ,jamais une d\leur faible ne m'app>atra comme le s\v5ir d'une d\leur int5se4 ,le s\v5ir e/ donc t\t autre *ose que la p]ception4 ,sans d\te1 l'auteur aurait pu multipli] les exemples de cette nature2 il aurait pu surt\t numr] les oppositions et les contra/es rvls p> l'obs]vation sci5tifique1 soit entre la vision imag9aire du s\v5ir ou du rve et la vision de l'image conscutive ou halluc9atoire1 soit entre celle-ci et la vision extrieure normale4 ,il aurait pu enf9 tudi] le d\ble jeu de nos organes priphriques1 p> exemple1 de l'il huma9 dans la vision objective o l'il reoit l'image comme une *ambre noire de photographe1 et dans la vision subjective o l'il j\e le rle inv]se d'app>eil projection1 p\r conclure d'une manire encore plus clatante l'opposition radicale des deux phnomnes subjectif et objectif#ced4 ,si l'auteur n'a pas su expos] la ?orie de ce d\ble jeu de *aque organe priphrique1 du mo9s semble-t-il en avoir eu quelque vague press5tim5t dans plusieurs passages1 notamm5t dans celui-ci3 ,n\s l'avons dj dit1 mais n\s ne saurions trop le rpt]3 nos ?ories 7subjectivi/es7 de la p]ception sont t\t entires vicies p> cette ide que si un c]ta9 dispositif 7de l'organe7 produit1 un mom5t donn1 l'illusion d'une c]ta9e p]ception1 il a t\j\rs pu suffire produire cette p]ception mme4#cee ,donc1 fallait-il aj\t]1 il y a deux dispositifs1 deux jeux1 diffr5ts et opposs1 p\r *aque organe1 comme il y a deux jeux opposs p\r le mme app>eil photographique1 qui peut s]vir recevoir et fix] une image v5ue de l'extrieur1 ou au contraire projet] au dehors une image int]ne1 comme une lant]ne magique4 ,il suffit de se s]vir reb\rs du mme in/rum5t4 ,eh bi56 cette explication si simple et si lum9euse p\r montr] que l'il peut tre tantt un app>eil de vision normale1 tantt de projection halluc9atoire1 ,m4 ,b]gson a oubli de n\s la donn]4 ,quelque incomplte qu'elle soit1 son argum5tation re/e encore assez victorieuse p\r lui donn] le droit de conclure3 ,le g]me de l'idalisme anglais e/ l4 ,cet idalisme consi/e ne voir qu'une diffr5ce de degr1 et non pas de nature1 entre la ralit de l'objet p]u et l'idalit de l'objet conu4 ,et l'ide que n\s con/ruisons la matire avec nos tats intrieurs1 que la p]ception n'e/ qu'une halluc9ation vraie1 vi5t de l galem5t4 ,c'e/ cette ide que n\s n'avons cess de combattre qu& n\s avons trait de la matire4 ,ou bi5 donc notre conception de la matire e/ fausse1 ou le s\v5ir se di/+ue radicalem5t de la p]ception4#cef 99 99 99 99 99 ,aprs avoir dmoli les sy/mes idali/es et subjectivi/es de la connaissance s5sible--t*e relativem5t aise1--il re/e recon/ruire1 et c'e/ ici que l'ef=t de la philosophie n\velle va dev5ir laborieux1 p>ce qu'elle a v\lu ignor]1 de p>ti pris1 t\s les essais de recon/ruction dj t5ts au c\rs des sicles p> l'esprit huma94 ,p\r prp>] le lecteur l'intellig5ce du sy/me de la p]ception des s5s1 il faut d'abord rappel] que1 p\r ,m4 ,b]gson--comme p\r n\s1 d'ailleurs1 et t\s les no-scola/iques1--la s5sation a lieu l o elle p>at tre1 c'e/--dire dans les organes priphriques1 seuls capables de subir un contact immdiat avec les objets extrieurs1 et nullem5t dans le c]veau#ceg4 ,ces organes s5tants de la priphrie sont du re/e de vritables c5tres n]veux4 ,l'il1 p> exemple n'e/ qu'un c5tre n]veux dta* et transport la priphrie1 comme on le con/ate dans le dveloppem5t de l'embryon4 ,on ne voit donc pas la raison qui les emp*]ait de s5tir t\t aussi bi5 que le c]veau4 ,l'union des organes priphriques avec le c]veau n'e/ donc qu'une condition p\r leur fonctionnem5t consci5t1 et aussi p\r la c5tralisation de t\tes leurs donnes dans un organe c5tral qui les comp>e1 les comb9e et les cons]ve l'tat de s\v5irs4 ,m4 ,b]gson va mme plus lo9 que n\s et ne considre le c]veau que comme une collection de c5tres moteurs1 sans aucun c5tre imag9atif4 ,n\s avons dj vu et discut cette op9ion-- nos yeux excessive-- propos de la mmoire et des phnomnes d'aphasie3 aussi croyons-n\s inutile d'y rev5ir ici4 ,il n\s faut donc p>tir de cette donne que ce n'e/ pas le c]veau qui voit1 qui ent5d1 qui t\*e et palpe 444 mais uniquem5t les organes priphriques des c9q s5s ext]nes4 ,donne m9emm5t d'accord avec le s5s commun de t\s les hommes1 mais qui aurait eu beso9 d'tre explique et mise en lumire p> une ?orie de l'union sub/antielle de l'me et du corps1 ?orie dont n\s n'avons pu tr\v] la mo9dre trace dans les ouvrages que n\s analysons4 ,quoi qu'il en soit1 tant donn1 p> exemple1 que c'e/ l'organe du t\*] qui palpe le relief rsi/ant de tel objet--et t\s les autres s5s sont des espces de t\*]#ceh1--;il re/e n\s dire quel e/ le phnomne qui se produit1 comm5t il se produit1 enf9 quelle e/ sa valeur critriologique4 ,la premire "q1 qui e/ d'ordre purem5t exprim5tal et psy*ologique1 n\s p>at bi5 comprise d rsolue p> ,m4 ,b]gson4 ,n\s saisissons dans notre p]ception1 crit-il1 t\t lu fois un tat de notre consci5ce et une ralit indp5dante de n\s4 ,ce c>actre mixte de notre p]ception immdiate1 cette app>5ce de contradiction ralise1 e/ la pr9cipale raison ?orique que n\s ayons de croire un monde extrieur4444#cei ,cette analyse1 qui e/ la s9crit et l'vid5ce mme p\r t\t obs]vateur att5tif1 ,m4 ,b]gson aurait pu la retr\v] dans les ouvrages de l'cole cossaise1 d',hamilton1 p> exemple1 qui con/atait1 lui aussi1 que n\s sommes consci5ts immdiatem5t1 dans la p]ception1 d'un moi et d'un non-moi1 connus ensemble et connus en opposition mutuelle 444 que n\s avons consci5ce de deux exi/5ces p> une mme et indivisible intuition 444 que la consci5ce donne1 comme d]ni] fait1 une dualit primitive1 une anti?se orig9elle4444#cfj ,il aurait pu aussi la retr\v] dans t\s les ouvrages de l'cole pripattici5ne et ?omi/e1 anci5s et mod]nes1 avec cette nuance1 t\tefois1 que la p]ception du non-moi y e/ t\j\rs ne comme antrieure celle du moi1 laquelle exige une c]ta9e rflexion et un ret\r du sujet s5tant sur lui-mme4 ,en sorte que la r5contre des deux lm5ts1 moi et non-moi1 quoique simultane1 a p\r premi] effet de mettre en relief celui-ci1 en laissant celui-l mom5tanm5t dans l'ombre4 ,analyse si f9e et si saisissante de vrit1 qu'elle arra*ait cet aveu ,b>?lmy ,sa9t-,hilaire3 ,il n'y a pas de psy*ologie mod]ne qui ait port dans ses re*]*es plus de sagacit ni plus de sci5ce qu',ari/ote4 ,la psy*ologie cossaise n'a t ni plus f9e ni plus exacte4#cea ,aprs cette description1 se tr\v5t illum9es t\tes les =mules1 p> elles-mmes un peu concises et obscures1 employes p> ,m4 ,b]gson p\r dsign] la p]ception des s5s4 ,p\r lui1 c'e/ une intuition immdiate--qui me place d'emble dans le monde matriel1--p> laquelle n\s n\s plaons d'emble dans les *oses1--qui e/ dans les *oses plutt qu'en moi1--hors de n\s plutt qu'en n\s1 etc4#cfb4 ,t\s ces aphorismes tonn5t de prime abord1 mais ils ont mo9s beso9 de correction que d'explication4 99 99 99 99 99 ,la deuxime "q a p\r objet d'expliqu] le comm5t ou le processus de la p]ception immdiate p> les organes priphriques4 ,la rponse e/ assez simple dans le sy/me pripattici51 qui a pos en pr9cipe la di/9ction de la sub/ance et de l'accid5t1 c'e/--dire de l'ag5t et de son action4 ,si les sub/ances sont entre elles impntrables1 elles si2 laiss5t pntr] p> leurs actions mutuelles4 ,bi5 plus1 l'action e/ t\j\rs commune deux sub/ances1 ag5t1 et pati5t1 c> elle e/ le rsultat1 non pas de deux activits1 comme on l'ent5d dire si faussem5t1 mais d'une activit et d'une passivit correspondante1 ou1 si l'on prfre1 elle e/ le produit simultan de deux copr9cipes1 l'un actif et l'autre passif4 ,l'action n'exi/ant jamais en dehors d'une passion1 l'ag5t et le pati5t sont a9si compntrs1 ou in=ms1 p> une action commune1 qui j\e a9si le rle de trait d'union entre les sub/ances4 ,d'o n\s concluons que1 dans la s5sation ext]ne1 l'action de l'ag5t tant dans le pati5t1 celui-ci n'a qu' en pr5dre consci5ce p\r p]cevoir en lui-mme un lm5t trang]--un non-moi dans le moi1--c'e/--dire qu'il p]oit1 non pas une sub/ance trangre1 mais une action trangre qui e/ la manife/ation mme de cette sub/ance4 ,la p]ception immdiate des s5s e/ a9si mise en lumire p> la ?orie gnrale de l'action et de la passion dont elle n'e/ plus qu'un cas p>ticuli] ou un simple corollaire#cfc4 ,au contraire1 dans l'hypo?se phnomni/e de ,m4 ,b]gson1 o les actions sont sans ag5t et les phnomnes sans sub/ance1 on dev9e l'emb>ras o va le jet] l'explication d'une compntration et d'une p]ception immdiate entre deux phnomnes trang]s l'un l'autre3 sujet et objet4 ,notre auteur s'en tir]a de deux manires4 ,la premire consi/]a oubli]1 p\r un temps1 son phnomnisme et p>l] le langage sub/antiali/e du s5s commun4 ,en ce premi] s5s1 les textes abond5t3 ,dans la p]ception pure1 l'objet p]u e/ un objet prs5t1 un corps qui modifie le ntre4 ,l'image en e/ donc actuellem5t donne4444--,consci5ce et matire1 me et corps entrai5t a9si en contact dans la p]ception4--,la p]ception e/ un contact de l'esprit avec l'objet prs5t2--l'action virtuelle des *oses sur notre corps et de notre corps sur les *oses e/ la p]ception mme2--la p]ception ressemble un simple contact4#cfd ,bi5 plus1 n\s p\rrions cit] une page entire1 o1 traitant ex pr(esso de la p]ception des s5s1 il di/+ue et oppose les deux actions qui en =m5t le processus1 la premire qui vi5t de l'objet dans le sujet p\r y produire son empre9te1 la seconde qui "p du sujet p\r rev5ir l'objet et p\r a9si dire lui re/itu] ce qu'il en a reu4 ,cette seconde p>tie qu'il appelle la rflexion e/ la plus curieuse3 ,t\te p]ception att5tive suppose vritablem5t1 au s5s tymologique du mot1 une rflexion1 c'e/--dire la projection extrieure d'une image activem5t cre1 id5tique ou semblable l'objet1 et qui vi5t se m\l] sur ses cont\rs4 ,si1 aprs avoir fix un objet1 n\s dt\rnons brusquem5t notre reg>d1 n\s en obt5ons une image conscutive3 ne devons-n\s pas suppos] que cette image se produisait dj qu& n\s la reg>dions8 ,la dc\v]te rc5te de fibres p]ceptives c5trifuges n\s incl9]ait p5s] que les *oses se pass5t rgulirem5t a9si1 et qu' ct du processus affr5t qui porte l'impression au c5tre1 il y en a un autre inv]se qui ramne l'image la priphrie4444 ,a9si notre p]ception di/9cte e/ vritablem5t comp>able un c]cle f]m1 o l'image-p]ception dirige sur l'esprit et l'image-s\v5ir lance dans l'espace c\rrai5t l'une d]rire l'autre4#cfe ,ce passage e/ d'autant plus curieux qu'il traduit en langage mod]ne le d\ble processus de l'espce impresse et de l'espce expresse des scola/iques3 la premire reue passivem5t dans le sujet1 la seconde produite activem5t p> raction et r5voye v]s l'objet d'o l'action tait p>tie4 ,impossible de rappro*] cette description des deux mom5ts de la p]ception des s5s ext]nes avec celles qu'en ont essay les no-scola/iques contempora9s1 sans tre frapp de leurs analogies pr(ondes4 ,telle e/ la premire manire d'expliqu] le processus de la p]ception2 avec elle1 n\s p\rrions facilem5t n\s ent5dre4 ,mais il en e/ une autre qui ne recevra pas de n\s les mmes loges4 ,la seconde manire d'expliqu] le contact du sujet et de l'objet1 de la consci5ce et de la matire1 e/ de les id5tifi] dans une unit moni/ique4 ,t\s les tres de l'univ]s ne =m]ai5t qu'une seule et unique consci5ce4 ,alors la difficult s'van\it1 dit-il4 ,la matire t5due1 envisage dans son ensemble1 e/ comme une consci5ce o t\t s'quilibre1 se comp5se et se neutralise4 ,elle (fre vritablem5t l'indivisibilit de notre p]ception2 de sorte qu'inv]sem5t n\s p\vons1 sans scrupule1 attribu] la p]ception quelque *ose de l't5due de la matire4 ,ces deux t]mes1 p]ception et matire1 m>*5t a9si l'un v]s l'autre4444 la s5sation reconqui]t l'ext5sion1 l't5due concrte repr5d sa cont9uit et son indivisibilit naturelles4 ,et l'espace homogne1 qui se dressait entre les deux t]mes comme une b>rire insurmontable1 n'a plus d'autre ralit que celle d'un s*me ou d'un symbole4#cff ,et notre auteur aime rev5ir s\v5t la contemplation d'un ,univ]s matriel--au fond spirituel--qui s]ait une espce de consci5ce univ]selle4 ,c'e/ le rve d'un monisme spirituali/e ou panpsy*i/e4 ,malheureusem5t1 ce n'e/ qu'un rve1 en contradiction flagrante avec le fait de consci5ce qu'il s'agit prcism5t d'expliqu]3 dans la p]ception1 avons-n\s dit1 n\s avons consci5ce de deux exi/5ces1 le moi et le non-moi1 connus ensemble mais en opposition mutuelle1 et irrductibles l'un l'autre4--,or1 les rduire l'un l'autre1 id5tifi] le moi et le non-moi dans une consci5ce unique1 comme ,m4 ,b]gson1 vi5t de le faire1 c'e/ prcism5t ni] le problme au lieu de l'expliqu]2 c'e/ dtruire ce qu'on prt5dait difi]4 ,c'e/ donc un aveu d'impuissance du sy/me b]gsoni5 et non pas une solution4 ,ce prjug moniale expliqu]a au lecteur un c]ta9 nombre de =mules dont le s5s p>atrait nigmatique et ind*iffrable4 ,celles-ci1 p> exemple3 plus de diffr5ce ess5tielle1 pas mme de di/9ction vritable entre la p]ception et la *ose p]ue1 entre le moi et le non-moi2--il y a entre la p]ception et la ralit le rapport de la p>tie au t\t2--la di/9ction de l'intrieur et de l'extrieur se ramne celle de la p>tie et du t\t#cfg1 et autres =mules non mo9s p>adoxales qui n'emp*5t nullem5t noire auteur de se rclam] ds sa prface des conclusions du s5s commun6#cfh 99 99 99 99 99 ,la troisime "q que n\s avons pose e/ celle de la valeur d'une p]ception immdiate a9si comprise et explique1 p\r n\s faire atte9dre le rel1 en un mot1 sa porte objective ou critriologique4 ,on peut l'exam9] d'abord en dehors de t\te hypo?se moni/ique--dont elle e/ p> elle-mme indp5dante--et puis dans cette hypo?se moni/ique4 ,indp5damm5t de t\t prjug de monisme1 il e/ clair qu'une p]ception immdiate1 une intuition du rel1 e/ =cm5t objective4 ,pas d'erreur possible dans l'apprh5sion3 on n'apprh5de pas ce qui n'e/ pas4 ,m4 ,b]gson e/ le premi] le reconnatre et le proclam]4 ,n\s t\*ons la ralit de l'objet1 dit-il1 dans une intuition immdiate4#cfi ,en droit1 la p]ception pure e/ absorbe1 l'exclusion de t\t autre travail1 dans la t*e de se m\l] sur l'objet extrieur4444 ,en fait1 il n'y a pas de p]ception qui ne soit imprgne de s\v5irs4 ,aux donnes immdiates et prs5tes de nos s5s1 n\s mlons mille et mille dtails de notre expri5ce passe4444 ,mais n\s esprons montr] que les accid5ts individuels sont greffs sur cette p]ception imp]sonnelle1 que cette p]ception e/ la base mme de notre connaissance des *oses1 et que c'e/ p\r l'avoir mconnue1 p\r ne pas l'avoir di/+ue de ce que la mmoire y aj\te ou en retran*e1 qu'on a fait de la p]ception t\t entire une espce de vision intrieure et subjective qui ne diffr]ait du s\v5ir que p> sa plus gr&e int5sit4 ,et il aj\te un peu plus lo93 ,cette p]ception se di/+u]a radicalem5t du s\v5ir3 la ralit des *oses ne s]a plus con/ruite ou recon/ruite1 mais t\*e1 pntre1 vcue2 et le problme p5dant entre le ralisme et l'idalisme1 au lieu de se p]ptu] dans des discussions mtaphysiques1 devra tre tran* p> l'intuition4#cgj ,voil qui e/ =t bi5 dit1 et le plus fidle disciple d',ari/ote et1 de sa9t ,?omas ne dirait pas mieux4 ,il e/ inconte/able qu'au fonds d'intuition imp]sonnelle et commune t\s les hommes contemplant un mme objet s'aj\t5t une multitude de s\v5irs ou d'associations d'images1 propres *aque individu3 c'e/ ce que les scola/iques avai5t appel l'objet accessoire ou accid5tel1 p] accid5s1 de la connaissance1 et qu'ils opposai5t si ju/em5t l'objet propre1 p] se1 seul objet de la p]ception vritable4 ,peut-tre mme--accordons-le--ce fonds d'intuition relle e/-il peu de *ose p> comp>aison t\t ce que notre mmoire y aj\te dans la connaissance totale d'un mme objet4 ,mais cela n'emp*e po9t que1 s'il y a dans notre p]ception quelque *ose en plus de ce qui n\s e/ donn prs5tem5t1 il y a aussi ce donn rel1 et que les lm5ts qui s'y aj\t5t sont1 eux aussi1 des donnes antrieures4 ,c'e/ donc la syn?se de notre connaissance globale qui s]a sujette au contrle et la critique1 et nullem5t *acun des lm5ts donns4 ,c'e/ l une ?se importante p\r l'objectivit de la p]ception s5sible1 que ,m4 ,b]gson a =t bi5 comprise et qu'il rsume a9si3 ,il y a dans la matire quelque *ose en plus1 mais non pas quelque *ose de diffr5t de ce qui e/ actuellem5t donn4--,un fonds imp]sonnel demeure o la p]ception concide avec l'objet p]u1 et ce fonds e/ l'extriorit mme4--,la p]ception pure n\s donne le t\t ou au mo9s l'ess5tiel de la matire4#cga ,au surplus1 la totalit de ce donn rel1 qui fait le fond de *aque p]ception des s5s1 n'e/ pas ncessairem5t s\mise intgralem5t notre att5tion ni t\j\rs p]ue s\s t\s ses aspects4 ,et c'e/ l encore une attnuation l'objectivit p>faite et intgrale de nos s5sations1 que n\s accordons volonti]s ,m4 ,b]gson4 ,dans t\te p]ception1 notre att5tion une ori5tation p>ticulire1 correspondant nos proccupations actuelles4 ,n\s ne sommes gure att5tifs qu' ce qui n\s intresse prs5tem5t4 ,en ce s5s1 p\vons-n\s accord] que notre p]ception e/ une slection#cgb4 ,elle ne cre ri51 son rle e/1 au contraire1 d'lim9] de l'ensemble des images les p>ties qui n'ont p\r n\s aucun intrt actuel4 ,mais ce qui re/e1 aprs cette lim9ation1 n'en e/ pas mo9s du donn et du rel3 cela suffit l'objectivit fondam5tale4 ,t\tefois1 n\s ne p\vons accord] que l'intrt dont il s'agit ici1 comme in/rum5t de slection1 e/ t\j\rs un intrt pratique1 utilitaire1 et jamais un intrt spculatif4 ,c'e/ l une exagration regrettable4 ,la spculation pure1 qu'on appelle aussi ds9tresse1 p>ce qu'elle e/ trangre notre intrt priv1 e/ troitem5t lie l'intrt public1 au progrs des sci5ces et des arts1 qui peuv5t n\s t\*] encore plus =tem5t que nos intrts privs1 et ori5t] notre att5tion4 ,lorsque ,newton vit tomb] la fumeuse pomme dont la *ute lui rvla la gr&e loi de l'attraction univ]selle1 le dtail qui attira son att5tion l'intressait bi5 plus que t\s les autres dtails dont le vulgaire et t frapp4 ,il e/ donc exagr de dire que notre p]ception e/ t\j\rs ori5te v]s l'action2--qu'elle mesure ju/em5t notre action virtuelle sur les *oses2--qu'elle n'e/ que le miroir d'une action possible1 --une action naissante qui se dess9e#cgc4 ,mais ces exagrations issues d'un c]ta9 utilit>isme pratique1 dont n\s aurons n\s occup] plus t>d1 ne nuis5t en ri5 la ?se de l'objectivit fondam5tale qui seule n\s occupe ici4 ,il e/ clair que1 p> la p]ception immdiate ou l'intuition1 n\s avons atte9t quelque *ose de rel et d'absolu1 et l'idalisme1 le subjectivisme1 le relativisme sont a9si confondus4 ,ma connaissance de la matire n'e/ plus alors ni subjective1 comme elle l'e/ p\r l'idalisme anglais1 ni relative comme le veut l'idalisme kanti54 ,elle n'e/ pas subjective1 p>ce qu'elle e/ dans les *oses plutt qu'en moi4 ,elle n'e/ pas relative1 p>ce qu'il n'y a pas entre le phnomne et la *ose le rapport de l'app>5ce la ralit1 mais simplem5t celui de la p>tie au t\t#cgd1 l'action qui me frappe tant une p>tie du rel1 une manife/ation de l'ag5t4 ,aprs avoir a9si t\* p> l'intuition au roc du rel ou de l'absolu1 ,m4 ,b]gson p\rra conclure triomphalem5t3 ,dans l'absolu n\s sommes1 n\s circulons et n\s vivons4 ,la connaissance que n\s en avons e/ incomplte1 sans d\te1 mais non pas extrieure ou relative4 ,c'e/ l'tre mme1 dans ses pr(ondeurs1 que n\s atteignons p> le dveloppem5t comb9 et progressif de la sci5ce et de la philosophie4444 ,la physique 444 t\*e l'absolu4#cge ,p>oles audacieuses1 qu'il a rptes satit1 comme un dfi t\s nos contempora9s1 plus ou mo9s imbus de kantisme et de subjectivisme2--p>oles p\rtant =t ju/es1 si on les pr5d la lettre et sans aucun s\s-ent5du moni/ique1 c> l'union du sujet et de l'objet1 sans leur id5tit1 suffit les ju/ifi]4 ,malheureusem5t1 ce s\s-ent5du e/ trop nettem5t =mul--au mo9s dans ses d]ni]s ouvrages--p\r qu'il soit possible de se mpr5dre sur la p5se actuelle de ,m4 ,b]gson4 ,c'e/ bi5 sur l'id5tit du sujet et de l'objet qu'il s'appui]a f9alem5t p\r les faire communiqu] dans une consci5ce univ]selle4 ,et voil p\rquoi il n\s p>le p>fois d'une intuition intemporelle et d'une connaissance p> le d$ans#cgf que les tres aurai5t les uns des autres1 et que n\s ne saurions admettre4 ,p\r n\s1 au contraire1 c'e/ uniquem5t pur leurs actions extrieures que n\s connaissons les sub/ances qui agiss5t2 et p>tant c'e/ p> le dehors1 p> leurs manife/ations au dehors1 que n\s les saisissons4 ,le moi lui-mme1 l'ag5t intrieur1 quoique beauc\p plus intime1 n'*appe pas compltem5t cette loi4 ,notre intuition consci5te de ce pr9cipe d'opration ne se produit qu'au mom5t de son ef=t p\r agir1 p\r pass] de la puissance l'acte1 et p>tant n\s n'en pr5ons consci5ce qu'au trav]s de son opration4 ,il e/ donc bi5 exagr de dire3 ,j'en p]ois l'intrieur1 le d$ans#cgg1 alors que n\s ne p]cevons que le jaillissem5t de ses oprations1 dans l'espace et le temps4 ,c'e/ assez1 assurm5t1 p\r avoir l'intuition consci5te de son exi/5ce1 mais non celle de sa nature intrieure4 ,le raisonnem5t seul peut y atte9dre1 appuy sur ce pr9cipe3 on agit comme on e/1 l'action e/ la manife/ation de l'ag5t3 op]>i sequitur esse4 ,l'intuition des tres p> le d$ans de leur tre ou de leur ess5ce e/ donc une prt5tion excessive1 issue des prjugs moni/iques1 d'ailleurs dm5tie p> l'expri5ce1 dont la ?orie de la p]ception ou intuition immdiate n'a nul beso9 p\r tre viable et complte1 et dont elle n'e/ nullem5t responsable4 ,telle e/ p\r ,m4 ,b]gson la ?orie de la connaissance p> les s5s2 htons-n\s de pass] la connaissance1 autrem5t importante1 p> l'intellig5ce4 99 99 99 99 99 ,,vii ,,?,,orie ,,de ,,la ,,connaissance ,,intellectuelle4 ,une ?orie de la connaissance intellectuelle p> un anti9tellectuali/e conva9cu ne saurait tre qu'intressante et in/ructive4 ,aussi allons-n\s essay] d'en faire "p au lecteur4 ,n\s lui expos]ons d'abord la critique1 puis la ?orie de l'intellig5ce1 telles que ,m4 ,b]gson les a comprises4 ,i4 ,la critique de l'intellig5ce ne ressembl]a en ri5 celle que ,kant en a dj faite4 ,sans d\te1 il faut v>i] et le public dem&e t\j\rs du n\veau4 ,mais le po9t de vue de ,m4 ,b]gson e/ tellem5t diffr5t de celui de ,kant qu'il leur tait bi5 impossible de se r5contr] ici et de risqu] de se rpt]4 ,aussi ne retr\vons-n\s plus dans cette critique ce jeu clbre1 mais bi5 artificiel1 des ant9omies ess5tielles t\tes les notions intellectuelles de l'esprit huma94 ,on ne n\s r$ira plus que le signe mme d'une donne mtaphysique e/ de ne p\voir se traduire dans l'intellig5ce huma9e que p> une proposition contradictoire4 ,cette ?se p>adoxale1 dont on n\s a vant l'efficacit de/ructive p5dant plus d'un demi-sicle1 comm5ce dev5ir vieux jeu et cd] la place un jeu plus n\veau4 ,celui-ci consi/]a s\t5ir seulem5t que l'intellig5ce e/ incapable de compr5dre le m\vem5t1 la vie1 le cont9u1 p>ce qu'elle ne peut concevoir que l'immobile1 l'in]te1 le discont9u4 ,on dev9e la porte d'une telle accusation dans une philosophie o t\t le rel e/ m\vem5t vital ou psy*ique1 et jaillissem5t cont9u de =mes absolum5t imprvisibles sans aucune proportion avec leurs antcd5ts4 ,ce n'e/ pas seulem5t--comme on le prt5d--limit] le doma9e de l'intellig5ce en lui int]disant t\te spculation sur la vie2 c'e/ encore1 bon gr1 mal gr1 la condamn] ne plus p\voir spcul] du t\t2 n'tre qu'une facult d'illusion et d'erreur4 ,une premire rponse a dj t faite p> n\s1 lorsque n\s avons dmoli pice p> pice l'audacieuse hypo?se du mobilisme univ]sel en montrant1 p> les donnes de l'expri5ce et de la raison1 que t\t n'e/ pas m\vem5t1 encore mo9s m\vem5t vital2 il n\s re/e complt] notre argum5t en pr\vant que l'intellig5ce peut =t bi5 compr5dre ce qu'e/ le m\vem5t1 la vie1 le cont9u4 ,bi5 plus1 l'intellig5ce seule peut n\s en donn]1 et n\s en donne1 de fait1 des notions intelligibles et claires4 99 99 99 99 99 ,a7 ,c'e/ t\t d'abord le m\vem5t que l'intellig5ce huma9e1 p>at-il1 ne saurait compr5dre4 ,elle ne compr5drait que l'immobile1 et c'e/ avec des po9ts immobiles additionns qu'elle essaye1 va9em5t d'ailleurs1 de recompos] le m\vant4 ,telle e/ la ?se qu'on r5contre si s\v5t dans les ouvrages de ,m4 ,b]gson1 qu'elle f9it p> produire l'effet d'une t5tative d'obsession prmdite sur l'esprit du lecteur4 ,cep5dant1 elle n'e/ gure qu'une ide fixe1 et p>tant draisonnable4 ,citons au has>d1 c> n\s n'avons que l'emb>ras du *oix4 ,l'intellig5ce n'e/ po9t faite p\r p5s] l'volution1 au s5s propre de ce mot1 c'e/--dire la cont9uit d'un *angem5t qui s]ait la mobilit pure4444 ,l'intellig5ce se reprs5te le dev5ir comme une srie d'tats1 dont *acun e/ homogne avec lui-mme et p> consqu5t ne *ange pas4 ,notre att5tion e/-elle appele sur le *angem5t int]ne d'un de ces tats8 ,vite1 n\s le dcomposons en une autre suite d'tats qui con/itu]ont1 runis1 sa modification intrieure4 ,ces n\veaux tats1 eux1 s]ont *acun inv>iables1 ou bi5 alors leur *angem5t int]ne1 s'il n\s frappe1 se rs\t aussitt en une srie n\velle d'tats inv>iables1 et a9si de suite indf9im5t4 ,ici encore1 p5s] consi/e recon/itu]1 et1 naturellem5t1 c'e/ avec des lm5ts donns1 avec des lm5ts /ables1 p> consqu5t1 que n\s recon/ituons4 ,de sorte que n\s aurons beau faire1 n\s p\rrons imit]1 p> le progrs indf9i de notre addition1 la mobilit du dev5ir1 mais le dev5ir lui-mme n\s gliss]a entre les doigts qu& n\s croirons le t5ir4#cgh ,la raison de cette infirmit intellectuelle e/ intressante connatre1 et quoique n\s n'ayons pas l'int5tion d'en discut] ici le bi5 fond--ce que n\s f]ons un peu plus lo91--n\s croyons utile de la m5tionn] de suite1 c> elle n\s clair]a sur la porte de l'accusation elle-mme4 ,voici comm5t ,m4 ,b]gson l'a =mule3 ,l'intellig5ce n'e/ pas faite p\r la spculation1 mais p\r l'action#cgi4 ,si elle tait faite p\r la spculation1 elle s'atta*]ait au m\vem5t1 seule ralit1 p\r en compr5dre la nature4 ,au lieu de cela1 elle ne s'atta*e qu' des po9ts fixes2 p> exemple3 o e/ le m\vem5t1 d'o il vi5t1 o il va1 quelle e/ sa =me1 p>ce que cela seul intresse l'action4 ,mais n'analysons pas2 c\tons plutt l'auteur lui-mme1 p\r tre plus srs de sa p5se4 ,les objets sur lesquels notre action s'ex]ce sont sans d\te des objets mobiles4 ,mais ce qui n\s importe1 c'e/ de savoir o le mobile va1 o il e/ un mom5t quelconque de son trajet4 ,en d'autres t]mes1 n\s n\s atta*ons avant t\t ses positions actuelles ou futures1 et non pas au progrs p> lequel il passe d'une position une autre1 progrs qui e/ le m\vem5t mme4 ,dans les actions que n\s accomplissons1 et qui sont des m\vem5ts sy/matiss1 c'e/ sur le b ou la signification du m\vem5t1 sur son dess9 d'ensemble1 en un mot1 sur le plan d'excution immobile que n\s fixons notre esprit4 ,ce qu'il y a de m\vant dans l'action ne n\s intresse que dans la mesure o le t\t en p\rrait tre avanc1 ret>d ou emp* p> tel ou tel incid5t surv5u en r\te4 ,de la mobilit mme1 notre intellig5ce se dt\rne1 p>ce qu'elle n'a aucun intrt s'en occup]4 ,si elle tait de/9e la ?orie pure1 c'e/ dans le m\vem5t qu'elle s'in/all]ait1 c> le m\vem5t e/ sans d\te la ralit mme1 et l'immobilit n'e/ jamais qu'app>5te ou relative4 ,mais l'intellig5ce e/ de/9e t\t autre *ose4 ,a mo9s de se faire viol5ce elle-mme1 elle suit la m>*e inv]se3 c'e/ de l'immobilit qu'elle "p t\j\rs1 comme si c'tait la ralit ultime ou l'lm5t2 qu& elle veut se reprs5t] le m\vem5t1 elle le recon/ruit avec des immobilits qu'elle juxtapose4 ,cette opration1 dont n\s montr]ons l'illgitimit et le dang] dans l'ordre spculatif 7elle conduit des impasses et cre artificiellem5t des problmes philosophiques insolubles71 se ju/ifie sans pe9e qu& on se rapporte sa de/9ation4 ,l'intellig5ce1 l'tat naturel1 vise un b pratiquem5t utile4 ,qu& elle sub/itue au m\vem5t des immobilits juxtaposes1 elle ne prt5d pas recon/ruire le m\vem5t tel qu'il e/2 elle le remplace seulem5t p> un quival5t pratique4 ,ce sont les philosophes qui se tromp5t qu& ils transport5t dans le doma9e de la spculation une m?ode de p5s] qui e/ faite p\r l'action4#chj ,ces d]nires p>oles que n\s v5ons de s\lign] sont un correctif ncessaire--n\s p\rrions dire une vraie rfutation--de la plaidoirie qui prcde4 ,si ce sont les philosophes qui se tromp5t--et encore un petit gr\pe de philosophes1--comm5t attribu] cette erreur l'intellig5ce huma9e8 ,erreur vraim5t trop grossire1 puisqu'elle consi/]ait v\loir compos] le mobile avec des lm5ts immobiles1 comme d'autres recomposai5t l't5due avec des po9ts 9t5dus1 ou bi5 des c]cles avec des polygones nombre inf9i de cts6 ,ce sont l des fictions gomtriques qui peuv5t simplifi] les calculs des ma?matici5s1 mais qu'ils n'ont jamais pris p\r l'expression exacte de la ralit4 ,jamais un gomtre n'a confondu un c]cle avec un polygone1 ni une ligne avec une suite de po9ts1 ni un m\vem5t cont9u avec une srie de positions1 ces positions1 ces po9ts1 ces polygones s]ai5t-ils supposs en nombre inf9i4 ,encore une fois1 de telles fictions--utiles comme quival5ts pratiques--n'ont jamais t confondues avec la ralit p> aucun savant ni p> aucun p5seur digne de ce nom4 ,il faut en rev5ir aux sophi/es de l'cole d',ele1 aux clbres argum5ts de ,znon1 p\r dc\vrir une confusion si grossire1 base de t\tes leurs subtilits sophi/iques4 ,et si quelques philosophes1 dans le c\rs des sicles1 ne se sont pas suffisamm5t mis en g>de contre de si normes confusions1 du mo9s les gr&es coles1 surt\t l',ecole pripattici5ne et ?omi/e1 sont compltem5t l'abri d'un tel repro*e4 ,ari/ote1 le premi]1 a dmasqu cette quivoque en rfutant ,znon1 et t\s ses disciples1 jusqu' nos j\rs1 ont inv>iablem5t suivi sur ce po9t la sa9e doctr9e du matre4 ,au beso91 n\s mettrions ,m4 ,b]gson au dfi de retr\v] *ez n\s cette grossire erreur1 qui ne n\s a jamais t imputable4 ,c'e/ donc calomni] l'intellig5ce huma9e que d'os] conclure d'une manire gnrale3 ,notre intellig5ce ne se reprs5te clairem5t que l'immobilit4#cha ,du re/e1 ,m4 ,b]gson n'a-t-il pas la prt5tion contraire8 ,n'a-t-il pas la prt5tion d'avoir compris lui-mme1 et peut-tre rvl au monde qui l'ignorait1 la vraie notion du m\vem5t8 ,or1 notre prt5tion1 n\s1 e/ de croire que la notion b]gsoni5ne du m\vem5t e/ bi5 infrieure1 en exactitude et en cl>t1 celle que n\s a lgue ,ari/ote1 et qui depuis plus de trois mille ans claire et ori5te t\s les p5seurs qui n'ont pas compltem5t rompu avec la tradition pripattici5ne4 ,ari/ote n\s a enseign que le m\vem5t tait un *angem5t ou un passage d'un tat un autre tat4 ,il a mme di/+u dans le *angem5t en gnral trois espces3 *angem5t dans le lieu1 dans la qualit ou dans la quantit1--obs]vant bi5 longtemps avant ,m4 ,b]gson que le *angem5t local e/ le phnomne le plus sup]ficiel et le mo9s pr(ond des trois1 quoiqu'il soit la condition ou le vhicule de t\s les *angem5ts physiques4 ,ensuite il a appr(ondi cette notion de passage d'un tat un autre tat4 ,quelque my/rieuse qu'elle soit1 dcl>e-t-il1 elle n'e/ po9t au-dessus de la puissance de l'intellig5ce huma9e6--,belle p>ole qui donne du cur et du rcon=t t\s les *]*eurs ds9tresss4 ,puis il explique que ce passage n'e/ pas quelque *ose de ngatif1 mais de trs positif4 ,or1 cet lm5t positif n'e/ pas une simple puissance d'agir1 c'e/ donc un acte1 mais c'e/ un acte incomplet1 puisqu'il e/ en voie de ralisation1 en voie d'arriv] son t]me complet4 ,il e/ donc p>tie en acte1 p>tie en puissance1 des po9ts de vue diffr5ts4 ,d'o la df9ition clbre3 le m\vem5t1 c'e/ le passage de la puissance l'acte1 ou bi5 c'e/ l'acte de la puissance1 comme telle1 c'e/--dire en tant qu'elle e/ encore en puissance passant l'acte3 1 1 #chb4,on traduirait peut-tre encore plus clairem5t3 c'e/ l'acte du dev5ir en tant que dev5ir1 #chc4 ,c'e/ le dev5ir en m>*e4 ,df9ition aussi l>ge que pr(onde1 qui1 une fois bi5 comprise1 rayonne de lumire et subjugue l'esprit1 en lui arra*ant ce cri d'admiration3 ,elle e/ aussi ju/e que f9e 444 et il e/ impossible de pntr] plus pr(ondm5t que ne l'a fait ici ,ari/ote dans la nature intime du m\vem5t4#chd ,a la place1 que n\s propose ,m4 ,b]gson8 ,sans discut] ni daign] mme rappel] la solution d',ari/ote1 il propose la si5ne4 ,d'abord1 il n\s dit que c'e/ un progrs#che4 ,sans d\te1 le m\vem5t peut tre un progrs1 mais il peut tre aussi un recul1 c> on se meut1 soit en avanant1 soit en reculant4 ,la df9ition propose e/ donc p\r le mo9s incomplte4 ,en outre1 elle e/ obscure1 c> on peut lui rpondre3 qu'e/-ce qu'un progrs8 ,quel en e/ le g5re pro*a9 et la diffr5ce spcifique8 ,seul1 ,ari/ote a su rpondre3 son g5re e/ d'tre un acte et non pas une pure puissance2 sa diffr5ce spcifique3 d'tre un acte incomplet1 encore ml de puissance4 ,il e/ la fois acte et puissance1 tre et non-tre1 mais des po9ts de vue diffr5ts4 ,il e/ con/itu p> la composition de ces deux lm5ts et non p> leur id5tit4 ,en cela1 ri5 de contradictoire1 ri5 qui ne soit intelligible4 ,au contraire1 le monisme b]gsoni5 exige l'id5tit1 l'homognx des deux lm5ts1 acte et puissance1 tre et non-tre2 et c'e/ ce qu'il appelle la mobilit pure4 ,il met donc la contradiction la rac9e des *oses1 et p>lant leur p>faite in9telligibilit4 ,bi5 plus1 le monisme supprime le m\vem5t au lieu de n\s l'expliqu]1 c> tant qu'il y avait dualit d'lm5ts3 acte et puissance1 tre et non-tre1 on concevait aism5t le passage de l'un l'autre4 ,on concevait1 p> exemple1 que l'n]gie actuelle pt gr&ir en proportion inv]se de l'n]gie pot5tielle1 ou vice-v]sa4 ,s'il n'y a plus au contraire qu'un seul lm5t1 dsormais plus de passage possible entre deux t]mes1 plus de m\vem5t1 et c'e/ en ce s5s qu',ari/ote a s\t5u que le simple tait1 de soi1 immobile3 ce qui e/ homogne et sans p>tie ne *ange pas4 ,la notion b]gsoni5ne et moni/ique du m\vem5t e/ donc1 non seulem5t incomplte et obscure1 mais encore ple9em5t contradictoire1 au po9t de r5dre impossible ce qu'il s'agissait de n\s df9ir ou de n\s expliqu]4 ,si ,m4 ,b]gson a v\lu vis] sa propre notion du m\vem5t1 en la dcl>ant inaccessible l'intellig5ce huma9e1 il e/ clair qu'il a eu raison1 puisque c'e/ une notion contradictoire et in9telligible2 mais1 de grce1 qu'il ne gnralise pas en t5dant cette in9telligibilit t\tes les autres notions1 notamm5t la notion pripattici5ne1 n\s prote/]ions1 et t\s les gr&s gnies1 t\s les matres qui sont la gloire de notre ,ecole prote/]ai5t avec n\s1 qu'ils l'ont comprise1 et p>tant qu'elle n'e/ pas inaccessible l'intellig5ce huma9e4 99 99 99 99 99 ,b7 ,en second lieu1 c'e/ la vie qui s]ait inaccessible l'intellig5ce de l'homme4 ,puisqu'il e/ incapable de compr5dre le m\vem5t des corps bruts1 plus =te raison celui des corps vivants4 ,l'intellig5ce1 crit ,m4 ,b]gson1 e/ c>actrise p> une incomprh5sion naturelle de la vie4#chf ,et c'e/ sur cette incapacit radicale qu'il aime le plus rev5ir4 ,ds la premire page de son ,introduction1 il n\s signale cette infirmit native de notre intellig5ce incapable de se reprs5t] la vraie nature de la vie1 la signification pr(onde du m\vem5t volutif4 ,cre p> la vie1 dans des circon/ances dt]m9es1 p\r agir sur des *oses dt]m9es1 comm5t embrass]ait-elle la vie1 dont elle n'e/ qu'une manation ou un aspect8 ,dpose1 en c\rs de r\te p> le m\vem5t volutif1 comm5t s'appliqu]ait-elle le long du m\vem5t volutif lui-mme8 ,autant vaudrait-il prt5dre que la p>tie gale le t\t4444#chg ,cette argum5tation1 vraim5t1 n'e/ pas bi5 =te1 et1 ds le db d'un ouvrage1 ne donne pas une ide suprieure de la logique de son auteur4 ,il n'y aurait donc que le t\t qui puisse connatre et compr5dre une de ses p>ties8 ,il faudrait que notre intellig5ce individuelle galt l',univ]s enti] p\r en p\voir connatre le mo9dre dtail8 ,en vrit1 cette prt5tion e/ un peu excessive4 ,jusqu'ici1 t\s les philosophes avai5t cru qu'il suffit un tre vivant d'avoir consci5ce de sa vie propre1 p\r exprim5t]1 connatre la vie et1 s'il e/ intellig5t1 p\r s'lev] ensuite la notion gnrale de la vie4 ,dans le mme ouvrage1 aprs avoir esquiss sa ?orie de l',evolution cratrice et fait la g5se de l'intellig5ce1 qui s]ait app>ue en se dta*ant de l'animalit et de l'in/9ct animal1 c'e/--dire ce t\rnant de l'hi/oire qui m>que une desc5te de l',elan vital v]s la matire1 il en conclut que l'intellig5ce a d s'adapt] la matire et se limit] au doma9e de la matire brute4 ,progressivem5t1 dit-il1 l'intellig5ce et la matire se sont adaptes l'une l'autre p\r s'arrt] enf9 une =me commune4 ,cette adaptation se s]ait d'ailleurs effectue t\t naturellem5t1 p>ce que c'e/ la mme inv]sion du mme m\vem5t qui cre la fois l'intellectualit de l'esprit et la matrialit des *oses4#chh ,a9si1 l'intellig5ce dev5ue apte p5s] la matire1 le solide gomtrique1 s]ait dsormais inapte p5s] la vie4 ,en ab&onnant les animaux1 ces utiles compagnons de r\te1 l'volution de l'homme lui a fait p]dre un bi5 prcieux1 l'in/9ct1 et acqurir l'intellig5ce4 ,or1 in/9ct et intellig5ce reprs5t5t deux directions opposes du travail consci5t3 l'in/9ct m>*e dans le s5s mme de la vie1 l'intellig5ce va en s5s inv]se et se tr\ve a9si t\t naturellem5t rgle sur le m\vem5t de la matire4 ,de l vi5t que l'intellig5ce huma9e se s5t *ez elle tant qu'on la laisse p>mi les objets in]tes1 plus spcialem5t p>mi les solides1 o notre action tr\ve son po9t d'appui et notre indu/rie ses in/rum5ts de travail1 que nos concepts ont t =ms l'image des solides4 ,de l vi5t en outre que notre logique e/ surt\t la logique des solides1 que1 p> l mme1 notre intellig5ce triomphe dans la gomtrie1 o se rvle la p>5t de la p5se logique avec la matire in]te1 et o l'intellig5ce n'a qu' suivre son m\vem5t naturel1 aprs le plus lg] contact possible avec l'expri5ce1 p\r all] de dc\v]te en dc\v]te avec la c]titude que l'expri5ce m>*e d]rire elle et lui donn]a inv>iablem5t raison#chi4 ,ces rem>ques1 d'ailleurs +nieuses1 ne sont po9t dp\rvues d'exactitude exprim5tale et de vrits4 ,il e/ sr que l'esprit huma9 triomphe surt\t dans les sci5ces o la "p de l'indt]m9ation et de la cont+5ce e/ nulle on se rappro*e de zro1 et que plus la "p de l'indt]m9ation ou de la cont+5ce augm5te1 plus la difficult de prvoir--et p>tant de savoir--augm5te p>alllem5t4 ,mais qui os]ait ni] aussi les triomphes de l'esprit huma9 dans les sci5ces de la vie3 biologie1 physiologie1 mdec9e1 etc41 surt\t depuis un sicle o l'cole de ,pa/eur a brill d'un si vif clat8 ,qui os]ait ni] les progrs m]veilleux et inatt5dus de la ,psy*ologie elle-mme1 surt\t de la ,psy*ologie exprim5tale8 ,c'e/ donc une exagration manife/e d'exalt] uniquem5t l'aptitude de l'esprit huma9 p\r les sci5ces ma?matiques et physiques1 et de proclam] son impuissance radicale en ,biologie et dans t\t le doma9e de la vie4 ,une telle ngation ne dc\le nullem5t des faits s9crem5t int]rogs1 mais seulem5t d'une hypo?se a priori sur l'volution4 ,encore cette hypo?se--si conte/able qu'elle soit en elle-mme--ne n\s semble nullem5t comport] une ngation si tran*e4 ,que l'intellig5ce se s5te plus son aise dans le monde gomtrique1 au milieu des solides1 cela se compr5d1 c> c'e/ l'objet le plus simple et le mo9s compliqu (f]t son tude4 ,t\t y e/ facile prvoir et p>tant connatre4 ,voil p\rquoi la ,gomtrie1 p>mi les sci5ces ab/raites1 et l',a/ronomie1 p>mi les sci5ces naturelles1 sont nes les premires1 ds le b]ceau du g5re huma94 ,etant a9si facilem5t accorde avec le solide et l'in]te1 on peut admettre qu'elle aura une t5dance m>que transport] au doma9e de la vie des m?odes si simples1 qui lui russiss5t si bi51 et trait] les vivants m geometrico4 ,de l ces explications mcaniques de l'univ]s qui avai5t la prt5tion de t\t rduire au m\vem5t local1 mme la vie vgtative et animale1 la s5sibilit et la p5se elle-mme4 ,malgr leurs invraisemblances normes1 ces sy/mes de mcanisme univ]sel ont pu avoir un c]ta9 succs et ex]c] une gr&e influ5ce1 surt\t auprs des amis des ides claires1 que la cl>t et la simplicit des explications ont t\j\rs eu le don de fasc9]4 ,mais cette mconnaissance de la nature de la vie n'a t que l'erreur de quelques philosophes1 et il s]ait inju/e de l'imput] l'intellig5ce huma9e elle-mme et son incapacit radicale de p5s] la vie4 ,de telles exagrations ne dc\l5t pas =cm5t de l'hypo?se b]gsoni5ne sur l'volution4 ,au surplus1 n\s e/imons que t\te cette controv]se s\leve p> ,m4 ,b]gson--savoir si l'intellig5ce e/ naturellem5t capable ou incapable de spcul]1 notamm5t sur la vie--ne doit pas1 ne peut mme pas se tran*] a priori1 mais uniquem5t p> les faits de l'hi/oire4 ,d'abord1 c'e/ l'hi/oire de la civilisation elle-mme qu'il faudrait int]rog] p\r lui dem&] s'il e/ vrai que l'esprit huma9 soit t\t enti] absorb p> ce qui e/ utile aux beso9s de la vie matrielle1 ce po9t que p5s] ou spcul] ne soit p\r lui qu'un artifice contre nature2--ou1 p\r employ] l'expression b]gsoni5ne1 s'il e/ vrai que l'homme ne soit naturellem5t qu'un animal fabricant d'outils p\r agir1 homo fab]1 et nullem5t un animal raisonnable et spculant sur la raison des *oses1 homo sapi5s#cij4 ,mais dans l'acte le plus humble de l'homme primitif1 celui de taill]--et s\v5t d'orn] de sculptures--des silex ou des os de r5ne1 p\r en faire des armes telles qu'une fl*e ou des outils tels que ha*e1 m>teau1 po9on1 rcloir1 etc41 ne voyons-n\s pas dj p]c] la p5se spculative8 ,p\r fabriqu] des armes ou des outils adapts des l9s spciales1 ne faut-il pas t\t d'abord rfl*ir1 comp>]1 calcul]1 raisonn] p\r prvoir1 en un mot1 spcul] sur les moy5s et les f9s1 les causes et les effets8 ,le sauvage prhi/orique de ,cro-,magnon1 dit =t bi5 ,m4 ,f\ille1 a spcul sur les qualits de la pi]re1 sur les lois lm5taires de la pesanteur et du m\vem5t2 il a gnralis1 il a univ]salis2 il a fait de la sci5ce en faisant de l'indu/rie1 et n'a pu faire d'indu/rie qu'en faisant de la sci5ce4 ,admirons ces humbles savants des ges primitifs qui ont assez rfl*i et spcul p\r inv5t] l'arc et la fl*e f5dant l'air1 le canot f5dant la vague1 le soc creusant la t]re4 ,on aura beau n\s rpt] que leur intellig5ce tait faite exclusivem5t p\r faonn] la matire1 et que la ntre1 au fond1 e/ re/e la mme2 n\s cont9u]ons d'en d\t]4 ,l'artisan1 l'homo fab]1 e/ dj un arti/e2 l'arti/e e/ dj un p5seur4#cia ,un peu plus lo91 le mme auteur1 s'appuyant sur les donnes de la l+ui/ique1 aj\te une seconde obs]vation4 ,dans les langues sauvages1 les v]bes ont p>mi t\s les mots une place prpondrante4 ,or1 qu'exprim5t les v]bes8 s9on l'action1 le m\vem5t1 la vie1 le raisonnem5t1 le s5tim5t1 qui n'ont ri5 voir avec les solides ni avec les outils fabriqu]8 ,t\t cela exprime de la psy*ologie1 non de la gomtrie ou de la /romtrie4 ,les langues primitives sont surt\t ri*es en tats d'mes et trs pauvres en tat des corps4 ,les corps eux-mmes sont peupls d'mes ou d'esprits bi5veillants ou malveillants4 ,o e/1 en t\t cela1 la ,gomtrie8 ,qu& le petit sauvage s'veille l'intellig5ce1 ce n'e/ pas p\r mesur] ou compt] des corps ni p\r fabriqu] des outils1 c'e/ p\r pi] le s\rire de sa mre1 c'e/ p\r j\] ou seul ou avec ses petits frres1 et le voil heureux4 ,il f]a de la ,psy*ologie avant de faire de la ,gomtrie4 ,ce qui l'intresse1 c'e/ le n\veau2 c'e/ le p\rquoi et le comm5t de ce n\veau1 et lorsqu'il a compris la liaison et la raison des *oses1 il rit de plaisir4 ,et ,m4 ,f\ille de conclure avec vid5ce3 ,les beso9s matriels sont lo9 d'absorb] t\te l'intellig5ce1 mme primitive4 ,n\s ne saurions donc admettre que notre pauvre p5se soit t\te d'ess5ce utilitaire1 t\t atta*e aux in/rum5ts matriels qui doiv5t satisfaire nos apptits1 qu'elle soit s]vile de nature et non librale4444 ,la petite flamme de la p5se brille d'abord p\r brill] et p\r se s5tir brill]4 ,il y a dj du ,pascal en g]me jusque dans le d]ni] des enfants qui remplissai5t les *>s des ,gaulois4#cib ,cep5dant1 cette premire rponse de l',hi/oire e/ encore trop gnrale4 ,dem&ons l'hi/oire p>ticulire de la ,philosophie si l'esprit huma9 n'a pas su de t\t temps spcul] sur lui-mme et sur la nature de sa propre vie1 aussi bi5 que sur la matire in]te4 ,y a-t-il eu des philosophes adv]saires rsolus de t\te conception matriali/e ou mcani/ique de la vie1 et n\s ayant laiss de la nature du vivant une conception raisonnable1 exacte1 pr(onde et p\vant rivalis] avantageusem5t avec celle qu'a inv5te ,m4 ,b]gson8 ,t\te la "q e/ l1 c> si l'on peut dmontr] que1 depuis plus de trois mille ans1 les philosophes sont en possession d'une notion exacte de la vie1 on ne p\rra plus accus] l'incapacit foncire de la raison huma9e4 ,il suffira d'un simple p>allle avec la notion traditionnelle de l',ecole pripattici5ne et la notion n\velle qu'on vi5t n\s rvl]4 ,or1 voici1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 la c>actri/ique de la vie3 ,la vie e/ avant t\t une t5dance agir sur la matire 444 un c]ta9 ef=t p\r obt5ir c]ta9es *oses de la matire brute4444--,de l1 les expressions si frqu5tes de3 c\rant de vie lanc dans la matire1 etc4#cic4 ,eh bi56 non6 ,ds ce db1 n\s arrtons net une df9ition qui a dj l\rdem5t dvi4 ,la vie se c>actrise p> activit imman5te1 oppose l'activit t\t extrieure des corps bruts4 ,le vivant agit d'abord sur lui-mme2 il se meut lui-mme1 au mo9s p\r se n\rrir1 se gr&ir1 se gurir1 etc41 s'il n'e/ d\ que de la vie vgtative1 et s'il e/ en plus d\ de la vie s5sible1 il se meut p> la connaissance et le dsir p\r se mettre en rapport avec le milieu ambiant4 ,le vivant e/ donc pr9cipe et t]me de son propre m\vem5t1 la fois ag5t et pati5t3 ce qui n'a jamais lieu p\r les molcules inorganiques dont t\te l'activit consi/e se m\voir ou s'influ5c] les unes les autres4 ,ici1 le s5s commun e/ ple9em5t d'accord avec la ?orie philosophique2 et p\r reconnatre si un corps e/ vivant ou mort1 il pose t\j\rs la "q lm5taire3 e/-ce qu'il se remue8 ,sans d\te1 une p>alysie locale p\rrait l'emp*] de se m\voir t\t en le laissant vivant4 ,mais si la p>alysie se gnralise au po9t d'atte9dre t\s les organes ess5tiels la vie1 c'e/ la mort4 ,la vie a cess avec le m\vem5t imman5t4 ,le second signe c>actri/ique de la vie e/ la spontanx4 ,le vivant a le privilge de se m\voir lui-mme1 c'e/--dire de pass] d'un premi] acte un second1 puis un troisime1 et a9si de suite1 tant que sa vie dure4 ,spontanm5t1 il se n\rrit1 se dveloppe1 se multiplie4 ,au contraire1 le corps inorganis e/ in]te1 c'e/--dire incapable de se modifi] lui-mme4 ,et c'e/ cette gr&e loi de l'in]tie1 univ]sellem5t fconde en mcanique1 qui p]met la con/ruction de nos ma*9es avec des matriaux in]tes et incapables de j\] t\t seuls4 ,c> s'ils tai5t capables de j\] t\t seuls1 t\s les plans du con/ructeur s]ai5t dj\s1 et son art de con/ruire s]ait dev5u impossible4 ,or1 cette spontanx si bi5 analyse p> les anci5s philosophes va s'amplifi] et se transfigur] trangem5t dans la ?orie b]gsoni5ne4 ,elle va dev5ir une spontanx libre4 ,et1 j\ant de plus en plus au p>adoxe1 ce n'e/ pas seulem5t la lib]t et le *oix qu'on va faire entr] dans la df9ition de la vie1 mais encore une puissance et une exig5ce de cration1 un jaillissem5t cont9u de =mes imprvisibles sans aucune proportion avec les antcd5ts#cid4 ,n\s aurions beau jeu de ram5] ici notre auteur l'tude et l'obs]vation s9cre d'un br9 d'h]be1 d'une gra9e1 d'une fleur1 d'un insecte ou d'un animal quelconque4 ,de lui montr]1 p> exemple1 que les =mes n\velles qui jailliss5t d'une gra9e ou d'un uf ne sont nullem5t imprvisibles ni sans aucune proportion avec les causes d'o elles jailliss5t4 ,et si quelques dtails m9uscules de ces plantes ou de ces animaux n\veau-ns sont v>iables et imprvus1 qui p\rrait se flatt] d'avoir numr1 sans ri5 omettre1 t\s les antcd5ts et t\tes les circon/ances inf9im5t complexes o la cause donne a produit son effet8 ,le pr9cipe que les mmes causes dans les mmes circon/ances produis5t t\j\rs les mmes effets e/ donc inattaquable et ri5 ne pr\ve qu'il ne s'applique pas aussi rig\reusem5t aux corps vivants qu'aux corps bruts4 ,seule la complexit inf9im5t croissante des circon/ances1 mesure que n\s n\s levons dans l'*elle des tres1 peut dj\] nos calculs1 non pas sur les effets d'ensemble1 mais sur quelques dtails1 d'ailleurs le plus s\v5t ngligeables1 de ces effets4 ,et la c]titude dans les prvisions de la sci5ce demeure--au mo9s en pr9cipe--p\r la biologie comme p\r la physique4 ,ce n'e/ donc pas l'obs]vation s9cre et ds9tresse qui a pu conduire ,m4 ,b]gson une telle conception de la vie1 mais uniquem5t son hypo?se panpsy*ique de l'volution4 ,il e/ clair que si t\t e/ esprit et lib]t1 la vie vgtative et la vie s5sible sont du psy*ique dim9u1 comme la matire elle-mme e/ du psy*ique inv]ti4 ,mais l'normit de telles consqu5ces n\s suffit p\r reconnatre que le po9t de d"p d'o elles dc\l5t e/ gratuit4 ,le panpsy*isme e/ un rve d'arti/e1 non une conclusion sci5tifique d'obs]vateur s9cre4 ,allons plus lo94 ,accordons un in/ant que--p> impossible--l'activit spontane de la vie vgtative e/ capable de lib]t et de *oix1 il ne s]ait pas p]mis d'en conclure qu'elle peut tre un jaillissem5t cont9u de =mes absolum5t incomm5surables avec leurs antcd5ts4 ,c'e/ l une ass]tion qui *oque le bon s5s1 p>ce qu'elle e/ la ngation du pr9cipe de causalit4 ,si les effets ne sont plus proportionns leurs causes1 ils sont littralem5t des effets sans cause1 c> une cause non proportionne n'e/ plus une cause4 ,mme p\r la lib]t huma9e1 l'effet produit n'e/ jamais suprieur sa cause4 ,n\s avons sans d\te le *oix entre plusieurs effets galem5t proportionns nos =ces3 agir ou ne pas agir1 me prom5] ou me repos]1 rsi/] une t5tation ou la va9cre4 ,mais des effets au-dessus de nos =ces1 tel que port] une montagne sur nos paules1 ne peut tre un effet de notre libre *oix4 ,n\s retr\vons ici un *o d'une erreur de ,kant df9issant l'acte libre3 un effet sans cause1 un comm5cem5t absolu4444 ,ri5 de plus faux qu'une telle conception4 ,la lib]t ne n\s met pas au-dessus du pr9cipe de causalit1 pas plus que des autres premi]s pr9cipes de la raison1 ncessaires t\j\rs et p>t\t4 ,elle n\s laisse seulem5t le *oix entre plusieurs effets galem5t proportionns nos =ces individuelles1 et cela suffit p\r la lib]t de notre *oix et la responsabilit morale qui en dc\le4 ,encore une fois1 si les effets p\vai5t tre suprieurs leur cause ou hors de t\te proportion avec elle1 la causalit s]ait viole1 t\t p\rrait galem5t sortir de t\t4 ,et il ne s]ait plus absurde de dire1 p> exemple1 que des s\ris peuv5t natre d'un tas de vieux *iffons pils dans un pot d'argile1 comme la sup]/ition populaire le racontait au moy5 ge4 ,enonc] auj\rd'hui de telles absurdits sufft p\r en faire ju/ice et montr] aux yeux les plus prv5us qu'un effet produit p> une cause1 et cep5dant hors de proportion avec elle1 e/ une contradiction dans les t]mes4 ,et que l'on ne dise pas que ce s]ait l seulem5t une cration4 ,nullem5t1 l'tre cr e/ t\j\rs un effet proportionn la t\te-puissance du ,crateur2 il ne saurait l'puis] jamais1 bi5 lo9 de la dpass]4 ,l'tiquette d'volution cratrice qui s]t masqu] de telles contradictions n'e/ donc qu'un trompe-l'il4 ,n\s ne s]ons pas dupes d'une mtaphore4 ,concluons1 encore une fois1 que c'e/ la notion b]gsoni5ne de la vie--comme celle du m\vem5t--qui e/ inaccessible l'intellig5ce huma9e--et p\r cause1--mais nullem5t la vie elle-mme dont la philosophie s'e/ dj =m depuis des sicles une conception aussi ju/e que pr(onde1 en h>monie p>faite avec les faits obs]vs4 99 99 99 99 99 ,c7 ,en troisime lieu1 on repro*e l'intellig5ce de ne se reprs5t] que le discont9u et d'tre incapable de concevoir le cont9u1 s9on indirectem5t p> une simple ngation du discont9u4 ,la raison--ou le prtexte--de ce repro*e1 si trange au premi] abord1 vi5t de l'importance capitale atta*e au cont9u p> la philosophie moni/ique o t\t e/ un dans une cont9uit et mme une int]pntration absolue4 ,a ce po9t1 que la multiplicit des individus di/9cts--si n]giquem5t proclame p> nos consci5ces--s]a nie1 traite d'illusion1 ou si bi5 obscurcie qu'elle s'van\ira dans l'unit du c\rant de vie qui trav]se les individus4 ,on repro*e donc1 au fond1 l'intellig5ce huma9e de ne pas v\loir pactis] avec de telles confusions moni/iques et d'lev] contre elles la voix de sa prote/ation indfectible4 ,c'e/ l ce qu'on appelle son impuissance concevoir le cont9u1 s9on indirectem5t comme une simple ngation du discont9u4 ,voici l'expos de cette ?orie captieuse3 ,a la possibilit de dcompos] la matire autant qu'il n\s plat et comme il n\s plat#cie1 n\s faisons allusion qu& n\s p>lons de la cont9uit de l't5due matrielle2 mais cette cont9uit1 comme on le voit1 se rduit p\r n\s la facult que la matire n\s laisse de *oisir le mode de discont9uit que n\s lui tr\v]ons4 ,c'e/ t\j\rs1 en somme1 le mode de discont9uit une fois *oisi qui n\s app>at comme effectivem5t rel et qui fixe notre att5tion1 p>ce que c'e/ sur lui que se rgle notre action prs5te4 ,a9si la discont9uit e/ p5se p\r elle-mme1 elle e/ p5sable en elle-mme1 n\s n\s la reprs5tons p> un acte positif de notre esprit1 t&is que la reprs5tation intellectuelle de la cont9uit e/ plutt ngative1 n'tant1 au fond1 que le refus de notre esprit1 devant n'importe quel sy/me de dcomposition actuellem5t donn1 de le t5ir p\r seul possible4 ,l'intellig5ce ne se reprs5te clairem5t que le discont9u4#cif ,a ces subtilits nuageuses1 n\s p\rrions d'abord rpondre en dplaant le t]ra9 de la discussion ou en *angeant l'exemple *oisi4 ,au lieu du cont9u matriel1 dont la cont9uit relle ou app>5te n'e/ pas t\j\rs visible du premi] c\p1 *oisissons le cont9u si clair et si indiscutable du c\rant de la consci5ce ou du moi consci5t4 ,c'e/ le premi] objet qui tombe s\s le reg>d de la rflexion psy*ologique lorsque je me saisis moi-mme p5sant1 v\lant1 agissant4 ,or1 l'tre vivant et consci5t s'affirme a9si lui-mme comme l'tre p>faitem5t un et indivis1 ens indivisum 9 se1 en mme temps que di/9ct de t\t le re/e que j'appelle le non-moi3 ens divisum a quolibet alio4 ,jamais l'unit et l'indivisibilit d'un tre cont9u n'app>atront plus brillantes au reg>d de mon esprit4 ,c'e/ mme ce cont9u-type que j'appliqu]ai plus t>d p> analogie aux individus et aux *oses qui m'ent\r5t4 ,or1 ce cont9u-type1 je l'ai p]u immdiatem5t sans p5s] au discont9u qui en e/ l'anti?se1 et sans m'en aid] comme d'un trempl9 p\r m'lev] jusqu' l'ide positive du cont9u4 ,mais rev5ons l'exemple du cont9u matriel1 *oisi p> ,m4 ,b]gson1 p\r ne pas avoir l'air de fuir son t]ra9 favori4 ,les *oses matrielles cont9ues sont celles dont les extrmits ne font qu'un1 quorum extrema unum sunt4 ,c'e/--dire que les p>ties en sont unies de telle sorte que la f9 de l'une soit le comm5cem5t de l'autre4 ,a9si la f9 de la j\rne d'auj\rd'hui s]a le comm5cem5t de celle de dema93 les j\rs se succdant en se prolongeant les uns dans les autres4 ,au contraire1 les p>ties contigus ne sont que juxtaposes sans se confondre 7quorum extrema sunt simul71 telles sont deux billes en contact2 et les p>ties discont9ues ne sont ni unies ni juxtaposes1 mais sp>es p> des int]valles1 comme deux billes di/ance#cig4 ,or1 cette notion de cont9u e/ bi5 positive1 nullem5t ngative1 et je la =me sans rec\rir en ri5 au discont9u4 ,il e/ donc faux que l'intellig5ce huma9e ne puisse p5s] positivem5t le cont9u et soit rduite en faire une pure ngation du discont9u4 ,ce sujet va n\s conduire la fameuse ?orie du morcelage qui en s]a le complm5t4 ,mais comme le morcelage du gr& ,t\t e/1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 une des premires et ess5tielles fonctions de l'intellig5ce1 il n\s faut pass] de l'analyse de la critique de l'intellig5ce l'analyse de sa ?orie4 ,n\s avons vu jusqu'ici le rquisitoire en trois po9ts contre l'intellig5ce--incapable de p5s] le m\vem5t1 ni la vie1 ni le cont9u1--voyons prs5t la n\velle conception qu'on n\s en propose dans l'cole b]gsoni5ne4 99 99 99 99 99 ,,ii4 ,la ?orie de l',intellig5ce ou du ,concept1 imag9e p> l'auteur que n\s tudions1 e/ tellem5t dissemblable de t\t ce que les philosophes ont jamais dit sur ce sujet1 et p>tant tellem5t trange1 que le mpris affi* p> la n\velle cole p\r une intellig5ce a9si ent5due ne semble que trop ju/ifi4 ,il n\s app>ti5dra de montr] que le tableau qu'on n\s prs5te ne ressemble en ri5 l'orig9al1 et que celui-ci n'e/ nullem5t t\* p> les critiques adresses sa c>icature4 ,il y a donc erreur de fait1 erreur de p]sonne4 ,n\s accord]ons seulem5t que les critiques de ,m4 ,b]gson vis5t et atteign5t cette intellig5ce dfigure et mutile des philosophes mod]nes2--soit l'intellig5ce t\te passive des c>tsi5s et des s5suali/es avec ses ides innes et ses images gnralises1--soit l'intellig5ce a priori des kanti/es avec ses =mes t\tes faites et ses cadres vides o t\t le rel doit se c\l] de =ce4 ,n\s accord]ons aussi que l'une et l'autre sont irrmdiablem5t mcani/es et sans vie4 ,mais ce sont l des pseudo-intellig5ces qui n'ont ri5 de commun avec l'intellig5ce active et t\j\rs m\le sur le rel1 telle que la tradition des sicles n\s l'a transmise1 la seule que n\s df5dons4 ,dans la =mation du concept1 ses deux oprations ess5tielles--d'aprs n\s--sont l'ab/raction et la gnralisation4 ,l'ab/raction di/+ue et p\r a9si dire sp>e un des lm5ts1 la =me indf9im5t imitable1 et puis la gnralise p> comp>aison avec d'autres =mes possibles p>faitem5t semblables4 ,or1 dans l'cole n\velle1 on a trave/i l'ab/raction en simple morcelage et la gnralisation en ce qu'ils appell5t une solidification du flu5t4 ,a ces deux titres pittoresques et biz>res1 on peut ram5]1 croyons-n\s1 t\t l'ensemble de la n\velle ?orie1 au mo9s dans ses p>ties ess5tielles et son esprit4 ,a7 ,?orie du morcelage4 ,t\t e/ un1 d'aprs ,m4 ,b]gson1 et l',univ]s n'e/ qu'une imm5se cont9uit1 o l'intellig5ce huma9e dc\pe des p>ties di/9ctes1 comme v\s et moi4 ,mais ce n'e/ l qu'un morcelage arbitraire que n\s impos5t1 cause de son utilit1 les beso9s de la vie pratique4 ,nos ciseaux1 en effet1 suiv5t en quelque sorte le po9till des lignes sur lesquelles l'action pass]ait4#cih ,ce n'en e/ pas mo9s une vue illusoire1 contre laquelle les n\veaux philosophes s'lv5t avec =ce et non sans quelque dda9 p\r ce qu'ils ont appel notre po/ulat du morcelage4 ,voici en quels t]mes ,m4 ,b]gson a =mul et mis en v$ette cette ?se1 ses yeux fondam5tale3 ,t\te division de la matire en corps indp5dants1 aux cont\rs absolum5t dt]m9s1 e/ une division artificielle#cii4 ,en effet1 dit-il1 notre t\*] doit suivre la sup]ficie des artes des objets1 sans jamais r5contr] d'int]ruption vritable4 ,le vide n'e/ nulle "p2 donc le cont9u univ]sel e/ un et in9t]rompu4 ,voici un des exemples les plus famili]s notre m95t pr(esseur1 rpt deux fois dans le mme ouvrage4 ,lorsqu'il prp>e sur sa table un v]re d'eau sucre1 il a1 p>at-il1 l'intuition et la c]titude que le v]re d'eau1 l'eau1 le sucre et le processus de dissolution du sucre dans l'eau sont sans d\te des ab/ractions#djj4 ,seul le gr& ,t\t1 dans lequel ces objets ont t dc\ps1 exi/e et dure rellem5t4 ,eh bi56 de ces deux prt5dus po/ulats1 du pluralisme ou du monisme1 lequel mrite rellem5t ce nom1 plus ou mo9s ddaigneux1 de po/ulat8 ,le pluralisme1 c'e/--dire la di/9ction relle des tres cosmiques1 p> exemple1 de v\s et de moi1 du pre et du fils1 ou des hommes et des animaux entre eux1 ou bi5 des membres diffr5ts dans le mme animal1 e/-ce vraim5t un po/ulat1 une supposition non vid5te et gratuite8 ,ne s]ait-ce pas1 au contraire1 un fait1 le plus univ]sel et le plus indniable des faits qu'aucun artifice ne saurait supprim]2 une donne premire de l'expri5ce1 laquelle pose la fois le m\vem5t rciproque des tres de ce monde et leur multiplicit8#dja ,au contraire1 e/-ce un fait s5sible et vid5t1 cette unit et cont9uit sub/antielle du gr& ,t\t dont on n\s p>le8 ,qui a jamais pu la voir ou la con/at]1 cette unit8 ,p]sonne1 assurm5t1 p>ce que l'expri5ce ne saisit que la multitude des individus et la pluralit des exi/5ces1 jamais une totalisation de l'ensemble qui n\s *appe entirem5t4 ,elle n'e/ donc qu'une hypo?se ou une ab/raction4 ,en consqu5ce1 le po/ulat du monisme ou de l'unit de t\te sub/ance1 lo9 d'tre une donne premire de l'expri5ce1 en e/ une int]prtation mtaphysique2 elle e/ une conception sy/matique et artificielle1 qu'on ne saurait pr5dre p\r po9t de d"p de la philosophie ou de la critriologie1 sans une norme ptition de pr9cipe4 ,l doit tre le mirage trompeur1 puisque cette unit ab/raite1 si tant e/ qu'elle exi/e1 il n\s e/ impossible de la con/at]4 ,au contraire1 l'illusion ne peut se tr\v] admettre la multiplicit des hommes et des *oses1 puisque c'e/ un des premi]s faits dont l'vid5ce s'impose t\s4 ,c'e/ ce que proclamait ,ari/ote lorsqu'il disait que la pluralit e/ une notion exprim5tale bi5 antrieure celle de l'unit#djb4 ,on n\s rplique que cette multiplicit des *oses p\rrait bi5 n'tre qu'une idole de l'imag9ation pratique1 ou bi5 le produit artificiel d'une laboration m5tale opre en vue de l'utilit pratique et du disc\rs--comme ils dis5t si lgamm5t4 ,en vrit1 cette objection n\s tr\ble peu4 ,quelle utilit pratique la vie et le disc\rs p\rrai5t tr\v] une si grossire illusion1 p> exemple1 n\s trait] v\s et moi comme deux individus di/9cts1 si en ralit n\s ne faisions qu'un8 ,n\s le *]*ons va9em5t1 et n\s croyons qu'un si pr(ond dsaccord entre la p5se et le rel1 bi5 lo9 d'tre d'une utilit pratique1 s]ait la s\rce p]man5te des plus graves mprises4 ,ici encore1 c'e/ la vrit qui e/ utile3 nullem5t le m5songe et l'erreur4 ,il n'e/ pas vrai1 rplique =t bi5 ,m4 ,f\ille1 que le rle de l'intellig5ce soit de morcel] la ralit p\r la r5dre utilisable4 ,ce n'e/ nullem5t mon intellig5ce qui morcelle l'eau en hydrogne et en oxygne1 ni qui donne sa =me et son poids l'atome d'hydrogne1 ni qui fixe les espces *imiques2 et ce n'e/ pas non plus p\r utilis] ces espces1 si p>faitem5t dt]m9es indp5damm5t de mon utilit1 que j'en dc\vre les proprits objectives1 s\mises aux lois du poids1 du nombre et de la mesure4 ,ce n'e/ pas non plus p\r mon utilit que je dc\pe la vie en espces animales1 telles que le tigre ou le s]p5t4 ,ces dc\pages se font sans moi et p>fois contre moi4 ,la sci5ce n'e/ pas une discont9uit artificielle au se9 de la nature cont9ue4 ,voici1 dans un bocal1 de la s\de1 et dans un autre1 de l'acide sulfurique4 ,malgr la cont9uit de l'univ]s1 les deux sub/ances n'agiss5t pas l'une sur l'autre d'une manire *imique2 si1 au contraire1 je les mle1 il se produit du sulfate de s\de4 ,dira-t-on que les concepts d'acide sulfurique1 de s\de et de sulfate de s\de sont dc\ps artificiellem5t dans le gr& ,t\t p> une ab/raction volontaire8 ,n\s aurons beau v\loir que l'acide sulfurique et le sodium donn5t du *lorure de potassium1 ne comptons pas sur nos volonts p\r modifi] d'un iota le livre de la nature4#djc ,cette rplique p>atra irrfutable t\t homme de bon s5s4 ,c'e/ la ralit mme qui impose notre esprit ces dc\pages dont t\te l'utilit pratique vi5t prcism5t de leur con=mit avec le rel1 puisque notre action ne p\rrait se m\voir dans l'irrel1 comme l'av\e ,m4 ,b]gson4 ,cep5dant1 htons-n\s de le dire1 la ?orie b]gsoni5ne du cont9u univ]sel1 si elle e/ bi5 comprise1 peut avoir un s5s acceptable4 ,il y a1 en effet1 un cont9u spatial univ]sel que les s5s p]oiv5t1 sans aucune int]ruption1 de droite gau*e1 du haut en bas1 en surface et en pr(ondeur1 mais qui ne prjuge en ri5 la "q du cont9u sub/antiel1 c'e/--dire de l'unit des sub/ances qui rempliss5t ce cadre imm5se4 ,n'ayant pas eu l'imprud5ce de faire van\ir la sub/ance des tres1 comme ,m4 ,b]gson1 n\s sommes bi5 notre aise p\r p>l] de ce cont9u spatial sans tomb] dans le monisme2 aussi l'admettons-n\s volonti]s1 avec sa9t ,?omas1 ce cont9u b]gsoni51 au db de t\te connaissance1 comme le premi] objet connu4 ,la connaissance1 en effet1 soit s5sible1 soit intellectuelle1 comm5ce t\j\rs p> ce qui e/ le plus commun et le plus confus4 ,tam secundum s5sum1 dit sa9t ,?omas1 quam secundum intellectum1 cognitio magis communis e/ prior quam cognitio m9us communis#djd4 ,mais ce n'e/ l qu'un po9t de d"p1 une premire vue gnrale et sup]ficielle1 encore indi/9cte et confuse4 ,c'e/ celle du petit enfant qui vi5t de natre et qui voit t\t ce qui l'ent\re1 comme un seul bloc1 sans ri5 di/+u] du t\t4 ,ce n'e/ donc pas encore une connaissance vritable1 une connaissance claire et di/9cte1 celle laquelle aspire t\t esprit huma91 c> connaissance vraie et disc]nem5t ne font qu'un4 ,celle-ci se produit peu a peu p> l'att5tion progressive et la rem>que de diffr5ces pr(ondes entre les div]s objets qui n\s ent\r5t et qui se di/+u5t eux-mmes nos reg>ds en se m\vant l'un l'autre ou en se sp>ant1 s'loignant1 se rappro*ant1 se croisant ou s'entre-*oquant dans l'imm5sit cont9ue de l'espace et du temps4 ,et1 dans *aque objet1 les pr9cipales p>ties se di/+u5t leur t\r p> des figures1 des c\leurs ou des qualits si v>ies et si diffr5tes qu'il n\s e/ impossible de les confondre2 ou bi5 encore p> les morceaux ou les fragm5ts que n\s en dta*ons et dont la multiplicit saute aux yeux4 ,a9si1 quelques mom5ts aprs sa naissance1 le petit enfant di/+ue dj la flamme d'une b\gie qu'on lui montre et la suit att5tivem5t du reg>d dans les m\vem5ts v>is qu'on lui imprime4 ,il di/+ue bi5tt les bruits et les sons des div]s in/rum5ts et ne t>d]a pas longtemps savoir di/+u] la voix et le s\rire de sa mre4 ,mais c'e/ surt\t p> le t\*] qu'il di/+u]a les div]s objets solides1 mesure qu'il p\rra les palp]1 les manipul]1 les sp>] ou les rappro*] les uns des autres1 ou les bris] en morceaux4 ,ds qu'il s]a dev5u capable de rflexion1 sa consci5ce di/+u]a de plus en plus clairem5t le moi et le non-moi1 son corps et les corps trang]s1 et jamais il n'aura la t5tation de les confondre ou de les fusionn] en un seul1 tel que le gr& ,t\t b]gsoni54 ,cette t5tation ne vi5dra pas non plus l'esprit du savant1 encore mo9s qu' celui du vulgaire4 ,au contraire1 la sci5ce ne f]a que p\ss] cette di/9ction banale des *oses v]s une prcision plus pr(onde et plus rig\reuse2 elle la p\rsuivra jusque dans leurs p>ties invisibles ou microscopiques1 t\t en proclamant la solid>it de ces p>ties dans l'h>monie univ]selle4 ,la sci5ce1 en effet1 s'occupe avant t\t d'tablir des divisions1 subdivisions et classifications naturelles4 ,t\j\rs elle proscrit les divisions et classifications artificielles1 ou ne les accepte que provisoirem5t4 ,aussi le biologi/e met-il t\te son activit obs]v] la nature lorsqu'elle divise elle-mme les tres et les sp>e en embran*em5ts1 g5res1 espces et individus4 ,dans le mme individu1 il con/ate la multiplicit des organes et de leurs fonctions1 t\j\rs v>ies1 s\v5t opposes4 ,puis il cont9ue obs]v] avec le microscope les lm5ts des tissus organiques1 et voit avec admiration la nature divis] et subdivis] sans trve la cellule-mre ou le g]me d'o sort5t progressivem5t t\s les dtails de l'organisme le plus complexe4 ,le *imi/e fait de mme1 et aprs avoir divis les espces m9rales p> la classification de leurs proprits ess5tielles1 il t5te de surpr5dre le morcelage naturel de la molcule en atomes1 s\s-atomes ou en lectrons4 ,a son t\r1 le philosophe1 encore plus ami de la di/9ction1 dont il abuse p>fois1 sans que l'abus puisse en proscrire l'usage1 procde la connaissance mtaphysique de l'tre1 objet propre de l'intellig5ce1 p> le d\ble procd de la df9ition et de la division4 ,les tres sont d'abord multiples p> leur df9ition1 dit ,ari/ote#dje1 c> la df9ition de l'homme et celle du vgtal ou du m9ral suppos5t des tres ess5tiellem5t diffr5ts4 ,de mme p\r les qualits accid5telles que l'on reconnat multiples p> leurs df9itions4 ,a9si1 p> exemple1 la df9ition du blanc e/ autre que celle du musici51 bi5 que ces deux qualits puiss5t app>t5ir un seul et mme individu4 ,on a a9si une n\velle di/9ction trs naturelle entre l'tre et ses accid5ts4 ,les *oses sont encore multiples p> leur division1 aj\te ,ari/ote1 comme le t\t et ses p>ties naturelles4 ,a9si l'espce et ses individus s]ont di/9cts1 ou bi5 les individus entre eux1 ou bi51 dans le mme individu1 les membres entre eux1 qui sont naturellem5t diviss1 quoique unis4 ,il y a t\tefois cette diffr5ce que la di/9ction des individus entre eux s]a t\j\rs relle et absolue1 t&is que la division des p>ties s]a plus ou mo9s naturelle1 plus ou mo9s idale1 suivant les cas4 ,p>fois mme le philosophe1 au lieu de di/+u] des p>ties relles de l'tre1 ne di/+u]a que des modes ou des po9ts de vue de l'tre1 vraim5t diffr5ts quoique insp>ables1 s9on p> ab/raction3 tels sont le vrai1 le bi51 le beau dans le mme tre4 ,en con/ruisant a9si ses classifications ou ses catgories1 le vrai philosophe se f]a une loi d'imit] la nature et de la copi] exactem5t4 ,aussi1 quelque "p1 ,platon a-t-il comp> le bon mtaphysici5 l'anatomi/e habile ou l'cuy] tran*ant1 qui sav5t dc\p] la bte1 sans lui bris] les os1 en suivant les articulations dess9es p> la nature elle-mme#djf4 ,a son t\r1 ,ari/ote proclame la lgitimit de cette m?ode applique avec mesure4 ,lorsqu'on sp>e p> la p5se c]ta9s accid5ts1 dit-il1 et qu'on les considre "p1 l'on n'e/ pas p\r cela dans le faux4444 ,l'erreur n'e/ jamais dans des propositions de ce g5re1 et la manire la plus p>faite de considr] les *oses avec exactitude1 c'e/ d'isol] ce qui n'e/ pas isol1 a9si que le pratiqu5t les savants4#djg ,l'analyse sci5tifique1 en effet1 ne r5d pas les *oses discont9ues--si elles ne le sont pas1--mais seulem5t disc]nables3 ce qui e/ bi5 diffr5t4 ,voici1 p> exemple1 l'homme4 ,en tant qu'homme1 il e/ un et indivisible1 et cep5dant l'analyse anatomique ou physiologique de *aque organe e/ indisp5sable p\r connatre son corps1 de mme que l'analyse psy*ologique de ses facults p\r connatre son me4 ,aussi ,ari/ote rpte-t-il si s\v5t qu'une telle ab/raction n'e/ pas un m5songe3 #djh4 ,ri5 n'e/ intelligible p\r n\s qu'en fonction de l'tre a9si naturellem5t fragm5t p> des concepts et des comb9aisons de concepts3 compon5do et divid5do1 comme le dit sa9t ,?omas#dji4 ,en mme temps1 ri5 n'e/ plus vrai1 puisque *acun de ces fragm5ts de l'tre1 si la division e/ faite suivant la nature1 e/ bi5 du rel2 en sorte que la connaissance huma9e1 quoique fragm5taire1 n'en devi5t pas p\r cela illusoire1 mais seulem5t imp>faite1 l5te1 progressive1 analytique et bi5 infrieure la connaissance syn?tique des esprits suprieurs4 ,c'e/ donc une erreur de dire1 avec les b]gsoni5s1 que ce morcelage e/ opr en vue de l'utilit pratique et du disc\rs1 alors qu'il e/ de l'ess5ce mme de la connaissance et de la sci5ce huma9es4 ,erreur encore plus grave de trait] d'illusion notre sci5ce de la multiplicit des tres ou de leurs p>ties1 alors qu'elle e/ copie sur la nature mme1 dont elle e/ la donne premire et fondam5tale4 ,t\tefois1 aprs avoir comm5c son tude p> l'analyse1 le philosophe doit la t]m9] p> la syn?se4 ,or1 cette syn?se n'e/ pas une simple addition1 un amoncellem5t de concepts1--comme on n\s le repro*e faussem5t4 ,c'e/1 au contraire1 leur fusion hir>*ique dans un seul concept d'une unit suprieure4 ,la diffr5ce et le g5re1 dit sa9t ,?omas1 font un seul tre1 comme la matire et la =me1 et comme c'e/ une seule et mme nature que la matire et la =me con/itu5t1 a9si la diffr5ce n'aj\te pas au g5re une nature trangre1 mais dt]m9e sa nature lui4444#daj ,aprs la syn?se de *aque tre ou catgorie d'tres1 on t*e de se hauss] jusqu' la syn?se de l',univ]s enti]4 ,p> exemple1 on repr5d ce po9t de vue l'tude de ce cont9u primitif de l'espace et du temps que l'enfant a dj vaguem5t s5ti sans le compr5dre4 ,le philosophe s'lve alors de la divisibilit de leurs p>ties l'ide de leur totalit4 ,mais quelle e/ la nature de l'espace ou du temps8 quelle e/ la nature de ce gr& ,t\t spatial ou temporel dont on n\s p>le8 ,comme elle *appe t\te obs]vation1 les hypo?ses des mtaphysici5s s]ont nombreuses3 de l le conceptualisme1 le nom9alisme1 le ralisme mitig et le ralisme absolu4 ,les conceptuali/es ne voi5t dans l',espace et le ,temps que des produits ou des =mes subjectives de notre esprit4 ,les nom9ali/es n'y dc\vr5t qu'une somme1 une totalisation artificielle de p>ties1 qui1 sp>e des p>ties relles1 n'e/ plus qu'un mot vide de ralit4 ,p\r les rali/es modrs1 au contraire1 une ab/raction1 une ide gnrale n'e/ pas un mot vide1 puisqu'il dsigne une ess5ce commune t\s les individus4 ,a9si l'espace et le temps dsign5t une ess5ce commune t\tes les *oses temporelles ou spatiales4 ,d'autres enf9 ralis]ont cette ab/raction p\r faire de l',espace et du ,temps la sub/ance mme des *oses1 l't(fe o t\s les tres sont dc\ps1 ou bi5 la sub/ance s\s-jac5te o plong5t p> leurs rac9es t\s les phnomnes de l'univ]s4 ,quoi qu'il en soit de ces hypo?ses--que n\s n'avons pas discut] ici1--n\s retr\vons1 au t]me de la philosophie1 le cont9u b]gsoni51 comme une hypo?se mtaphysique et moni/ique nettem5t df9ie1 aprs l'avoir saisi au rveil de la connaissance enfant9e1 comme un fait obscur1 indp5dant de t\te hypo?se mtaphysique4 ,il n'tait alors qu'un simple fait de cont9uit spatiale1 dans laquelle1 comme dans un imm5se rceptacle1 se meuv5t et pullul5t des milli>ds d'tres bi5 diffr5ts1 au mo9s en app>5ce1 et sans aucune prt5tion l'unit et l'id5tit moni/ique4 ,le divisible et le multiple re/5t donc comme le donn primitif1 connu directem5t p> l'obs]vation1 bi5 avant l'unit et la simplicit cosmique1 qui sont le rsultat des hypo?ses et des spculations les plus t>dives4 ,con=mm5t ce fait1 il e/ donc naturel que nos ides correspondantes soi5t p>eillem5t multiples et di/9ctes4 ,d'ailleurs1 qu'advi5drait-il s'il en tait autrem5t8 ,ce s]ait la confusion univ]selle des ides1 et les jugem5ts ne s]ai5t plus possibles1 comme l'obs]vait dj ,ari/ote3 ,si l'on dit que t\s les tres peuv5t tre un 444 on ne fait que reproduire l'op9ion d',hraclite4 ,dsormais1 t\t se confond2 le bi5 se confond avec le mal1 ce qui e/ bon avec ce qui n'e/ pas bon2 le bi5 et ce qui n'e/ pas bi5 sont id5tiques2 l'homme et le *eval sont t\t un4 ,mais alors ce n'e/ plus affirm] vraim5t que t\s les tres sont un1 c'e/ affirm] qu'ils ne sont ri5 et que la qualit et la quantit sont id5tiques4#daa ,on le voit clairem5t3 impossible l'homme de p5s] et de connatre sans des objets multiples et di/9cts1 et p>tant sans les ides di/9ctes correspondantes4 ,impossible de s'en pass] et de prononc]1 p> exemple1 un jugem5t quelconque1 affirmatif ou ngatif1 sans di/+u] un sujet1 un v]be1 un attribut4 ,et la philosophie n\velle qui se dit anti9tellectuali/e et se pose en ennemie de l'ide fragm5taire ou du morcelage e/ la premire s'en s]vir1 *aque ligne de ses expositions ou de ses discussions4 ,ne p\vant s'affran*ir de la p5se a9si morcele1 l'ef=t mme qu'elle a t5t p\r la combattre la pose encore et la conti5t comme un 9vitable hommage4 ,voyez1 en effet1 s'il leur a t possible de re/] d'accord avec eux-mmes4 ,aprs avoir ni la di/9ction de la sub/ance et de l'accid5t1 ils ont f9i p> replac] s\s les phnomnes un n\mne s\s-jac5t1 une t(fe dont les *oses sont faites1 qui1 malgr son c>actre pan?i/ique1 e/ une vritable sub/ance s\s les accid5ts4 ,aprs avoir ni la causalit1 ils ont reconnu que les phnomnes plongeai5t leurs rac9es dans ce n\mne s\s-jac5t1 ce qui e/ rtablir la causalit nie1 avec la di/9ction de la cause et de ses effets4 ,aprs avoir clbr l'volution cratrice comme un pur dev5ir qui se pose lui-mme1 une auto-cration se crant elle-mme 7ce qui d'ailleurs e/ in9telligible71 ils ont laiss croire volonti]s qu'elle e/ cre p> le n\mne s\s-jac5t1 p> le ,pr9cipe mis enf9 au fond des *oses4 ,en sorte que1 malgr eux1 ils en revi5n5t au po/ulat du morcelage1 en se repr5ant di/+u] ce qui cre et ce qui e/ cr1 la sub/ance et le phnomne1 la cause et l'effet1 l'immobile et le mobile1 l'acte et la puissance4441 en un mot1 ils revi5n5t fatalem5t ce jeu des entits conceptuelles1 p\r lesquelles ils n'avai5t pas assez de mpris4 ,quel hommage involontaire1 mais dcisif1 r5du p> nos anti9tellectuali/es la philosophie intellectuelle1 la philosophie du s5s commun6 ,que s'ils sont obligs1 comme n\s1 de se s]vir du morcelage1 quelle s]a la diffr5ce entre eux et n\s8 ,la voici1 ou1 du mo9s1 voici la pr9cipale3 ,puisque n\s avons reconnu que le morcelage e/ dans la nature elle-mme1 notre loi--n\s l'avons dj dit1 aprs ,platon--s]a de la copi]1 de l'imit] aussi fidlem5t que possible4 ,au contraire1 aprs l'avoir dcl>e contre-nature et artificielle1 les b]gsoni5s ne peuv5t plus avoir d'autre loi que le caprice et l'arbitraire de *aque p5seur4 ,et c'e/ ce qu'ils confess5t +num5t3 ,la matire1 dit ,m4 ,b]gson1 7e/ une7 imm5se t(fe o n\s p\vons taill] ce que n\s v\drons1 p\r le rec\dre comme il n\s plat4#dab--,t\t isolem5t1 t\t morcelage1 dit son t\r ,m4 ,le ,roy1 sont =cm5t relatifs un po9t de vue *oisi d'avance4 ,les faits sont taills p> l'esprit dans la matire amorphe du donn1 p> le mme mcanisme qu'emploie le s5s commun mais dans une autre int5tion3 celle de prp>] l'tablissem5t d'un sy/me rig\reux4#dac--;,critique dcisive que la philosophie n\velle fait navem5t d'elle-mme1 c> si elle n'e/ plus qu'une int]prtation arbitraire1 imag9e dans l'int5tion de prp>] un sy/me *oisi d'avance1 elle n'a plus aucune valeur objective et imp]sonnelle4 ,a quoi peut s]vir une intellig5ce qui dcompose et recompose sans aucune loi et suivant sa fantaisie8 ,*acun peut se faire un sy/me ou le dfaire son gr2 la sci5ce n'e/ plus qu'un jeu d'esprit4 ,rsumons-n\s4 ,pos] le monisme biologique en po/ulat gratuit au db de la re*]*e philosophique ou critriologique e/ un po9t de d"p inacceptable1 et tel e/ le sophisme plus ou mo9s dissimul dans la ?orie b]gsoni5ne du morcelage#dad4 ,p> peur de ce fameux morcelage1 ne v\loir plus di/+u] rellem5t le moi et le non-moi1 le ti5 et le mi51 l'homme et la bte1 la plante et le m9ral1 c'e/ laiss] t\s les tres et t\s les modes d'tre se p]dre et se confondre dans un gr& ,t\t1 p> df9ition mme1 in9telligible1 puisqu'il e/ l'id5tit des contraires et la confusion absolue2--c'e/ en outre supprim] la p5se avec le pr9cipe de contradiction2--c'e/ enf9 brav] trop ouv]tem5t1 soit ce s5s intime1 que t\s les philosophes admett5t comme une donne irrductible1 soit ce s5s commun ou ce bon s5s1 sans lequel t\te p5se philosophique n'a plus de g>de-f\4 ,que s'il y a un po/ulat vraim5t gratuit et--comme ils dis5t lgamm5t--une idole de l'imag9ation en dlire1 les voil6 99 99 99 99 99 ,b7 ,?orie de la solidification du flu5t4 ,si l'ab/raction intellectuelle qui di/+ue et morcelle n'e/ pas un m5songe1 mais un procd t\t naturel et absolum5t indisp5sable la connaissance huma9e1 en s]a-t-il de mme de la gnralisation8 ,oui1 n\s n'en d\tons pas2 il suffit de la bi5 compr5dre et surt\t de ne pas la trave/ir1 comme on le fait dans l'cole n\velle4 ,rem>quant que t\s nos concepts gnraux ont un c>actre ess5tiel de fixit qui n\s les fait p>atre comme immuables1 ncessaires et t]nels1 alors que t\t e/ flu5t et mobile aut\r de n\s1 nos anti9tellectuali/es ont s\ponn l un n\veau m5songe1 et d'un mot magique ils ont cru l'ext]m9] en proclamant que le concept ou l'ide tait *ose cri/allise et morte1 d'o la vie s'e/ retire4 ,mais ce ne sont l que des mtaphores et des jeux d'esprit qui rec\vr5t une grave confusion entre l'ide gnrale et l'image individuelle ou collective4 ,l'ide1 elle-mme1 e/ l'acte vital p> excell5ce de notre esprit4 ,c'e/ l'ide qui n\s hausse du fait s5sible jusqu' sa raison d'tre1 de la copie imp>faite jusqu'au type idal et p>fait1 du cont+5t au ncessaire1 du prissable l't]nel4 ,or1 cette asc5sion magnifique e/ l'acte d'une vie suprieure1 la vie intellectuelle1 privilge de l'animal raisonnable dont t\te la dignit relve de sa p5se4 ,l'ide1 bi5 lo9 d'tre une *ose morte ou un rsidu in]te1 e/ une fleur ou un fruit de son activit vitale2 elle e/ un produit de son enfantem5t laborieux1 un v]be intrieur dictio v]bi#dae dont la p>ole extrieure e/ l'*o4 ,elle e/ une action intrieure t5dant se prolong] en actions extrieures4 ,bi5 lo9 d'avoir l'immobilit impuissante du cadavre1 elle e/ donc la puissance et la fcondit mme4 ,comme l'obs]vait sa9t ,?omas1 nos ides se divis5t ou s'acc\pl5t et se fcond5t entre elles1 donc elles viv5t4 ,une ide appelle d'autres ides2 elles voqu5t ensemble des s5tim5ts et des m\vem5ts associs1 et tressaill5t de vie intrieure en enfantant la ,sci5ce1 la ,morale et les ,arts4 ,quel magnifique dploiem5t de vie6 ,d'abord1 l'ide e/ la mre de t\tes les sci5ces1 c> il n'y a de sci5ce vritable que du gnral1 comme le rptait encore rcemm5t ,m4 ,po9c>1 aprs ,ari/ote et sa9t ,?omas4 ,p\r eux1 comme p\r n\s1 t\te sci5ce e/ gnrale dans ses pr9cipes1 quoiqu'elle soit p>ticulire dans ses applications1 comme la p5se a p\r uvre le gnral et p\r objet le p>ticuli]#daf4 ,p> exemple1 ce sont les ides gnrales et les pr9cipes gnraux qui p]mett5t au savant de prvoir l'av5ir avec assurance ou de recon/itu] le pass disp>u depuis des c5ta9es de sicles2 ce qui1 de l'aveu unanime1 e/ le plus beau triomphe du gnie huma94 ,seules1 les ides gnrales peuv5t aussi faire l'accord entre les hommes et donn] la sci5ce sociale une base solide4 ,les images in/ables et fugitives sont trop individuelles et trop *angeantes p\r faire cet accord et ri5 fond] de durable4 ,on ne nat la moralit que p> la contemplation de l'idal qui n\s attire1 p>ce qu'il e/ un idal de vrit univ]selle1 de p]fection et d'am\r p\r t\s les hommes et mme p\r t\s les tres4 ,la p5se ne peut remont] plus lo9 ni aspir] plus haut1 ni se s5tir plus =tem5t branle v]s le bi51 p>ce qu'elle p\rsuit l'univ]sel et ne se repose que dans ce qui a une valeur p\r t\s les temps1 t\s les lieux1 t\s les hommes4 ,alors1 l'esprit p5sant univ]sellem5t1 peut agir univ]sellem5t1 vivre de la vie la mo9s g/e et la plus sociale1 c'e/--dire la plus morale4 ,t\te p5se gnrale devi5t a9si de la moralit comm5ce1 c>--suivant la belle image de ,m4 ,f\ille--elle brise la prison troite du moi p\r y faire entr] un peu de ciel1 une p]spective sur le ,vrai1 le ,bi51 le ,beau1 v]s l',inf9i4 ,elle seule peut trans=m] le monde rel p> l'ide d'un monde meilleur#dag4 ,non seulem5t l'ide cre la sci5ce et la morale1 mais encore c'e/ elle qui enfante les beaux-arts4 ,c'e/ l'idal qui inspire le gnie de l'arti/e aussi bi5 que la conception du plus humble artisan4 ,po9t d'en?\siasme sans une ide qui n\s s\lve v]s une beaut suprieure4 ,t\t se dit1 t\t se fait l'image de quelque ide et s\s son impulsion4 ,on ne peut s'en pass]4 ,aussi nos anti9tellectuali/es1 aprs avoir fulm9 contre l'ide1 soi-disant morte ou cri/allise1 sont-ils les premi]s s'en s]vir *aque in/ant1 en remplir leurs ouvrages1 alors mme qu'ils affect5t de la dguis] s\s de brillantes images4 ,preuve vid5te qu'on ne peut s'en dp\ill]2 elle e/ la vie de l'esprit1 le guide de l'action1 le moteur univ]sel4 ,mais ce moteur e/ lui-mme immobile1 c'e/--dire qu'il prside t\s les *angem5ts sans en subir aucun4 ,de mme1 que le soleil claire sans avoir beso9 d'tre lui-mme clair1 que le feu r*auffe sans tre p\r cela r*auff1 que le ressort p\sse sans tre p\ss1 que l'aimant attire sans tre lui-mme attir1 a9si l'ide attire elle ou p\sse v]s elle1 sans subir aucun de ces m\vem5ts4 ,c'e/ ce qu'explique l'adage3 t\t premi] moteur n'e/ jamais m p> le g5re de m\vem5t qu'il communique3 primum mov5s 9 quolibet g5]e non e/ motum 9 illo g5]e motus#dah4 ,en ce s5s1 le premi] m\vem5t vi5t t\j\rs de l'immobile corrlatif1 et n\s avons vu comm5t ,m4 ,b]gson1 en supprimant t\t lm5t fixe1 r5dait le m\vem5t lui-mme impossible1 soit mesur]1 soit concevoir4 ,on ne peut le mesur] sans une mesure fixe2 on ne peut le concevoir sans un po9t fixe d'o il vi5t1 un po9t fixe o il va1 une direction fixe1 un plan et une =me fixes qu'il ralise4 ,si t\s ces lm5ts sont fluides1 v>iables et inc]ta9s1 le m\vem5t devi5t irrel et imp5sable1 c> il manque de l'ess5tiel4 ,ne craignons donc pas cette fixit immobile et radieuse de l'ide4 ,c'e/ cette fixit du ph>e qui guide les m\vem5ts du pilote en ple9e m] et l'emp*e de s'g>]2 c'e/ cette immobilit du po9t d'appui qui fait la =ce du levi] de notre esprit1 c> le /atique s]a t\j\rs le pivot du dynamique1 aussi bi5 p\r les m\vem5ts de l'esprit que p\r ceux du corps4 ,a9si1 p> exemple1 le raisonnem5t doit s'appuy] sur le pr9cipe et le pr9cipe sur l'ide p\r qu'ils soi5t fonds et solides4 ,il y a donc une mprise trs grave dans la ?orie de ,m4 ,b]gson2 au fond1 elle provi5t de la confusion des s5s et de la raison1 de l'image et du concept4 ,l'image s5sible peut tre m\vante et reprs5t] a9si le m\vant encore plus fidlem5t que si elle tait fixe2 l'ide ne le peut pas4 ,elle doit t\j\rs tre fixe1 c'e/--dire immuable1 ncessaire et t]nelle4 ,p\rquoi cette diffr5ce ess5tielle et ce contra/e complet8 ,si l'ide ab/raite1 p> exemple l'ide de m\vem5t en gnral1 n'e/ pas m\vante1 mais fixe et inv>iable1 ce n'e/ donc pas que n\s soyons privs d'images m\vantes du m\vem5t et obligs de n\s cont5t] d'in/antans fixes et immobiles1 pris sur la ralit mobile1 comme ,m4 ,b]gson va n\s le dire bi5tt1 mais uniquem5t p>ce que l'ide 7ou le concept7 ne reprs5te nullem5t le mme objet que l'image4 ,l'image reprs5te un fait in/able3 quod e/2 l'ide1 au contraire1 reprs5te une raison d'tre /able3 quod quid e/4 ,expliquons ces =mules classiques4 ,s\s l'image s5sible d'un m\vem5t quelconque1 mon esprit dc\vre une possibilit t]nelle ralise1 et c'e/ ce type possible que l'ide reprs5te4 ,or1 ce type d'un m\vem5t fugitif1 temporel et cont+5t1 e/ lui-mme un type immobile1 t]nel et ncessaire4 ,c'e/ l'ar*type idal1 ou la =me ncessaire1 ou l' de ,platon1 d',ari/ote44 de ,desc>tes et de ,leibnitz1 de ,kant lui-mme et de l'humanit t\t entire4 ,c'e/ la vision de ce monde idal des possibles--quelle qu'en soit d'ailleurs la nature#dai1--;et dont notre monde actuel e/ une ralisation imp>faite et fugitive4 ,l'ide n'e/ donc pas une vue /able prise sur l'in/abilit des *oses1 comme le croit ,m4 ,b]gson#dbj1 mais un po9t de vue pris sur la ,p5se univ]selle1 ou1 si l'on prfre1 une vue /able de la p>tie /able des *oses4 ,t\te *ose1 en effet1 a deux aspects3 l'un individuel et cont+5t1 l'autre idal et ncessaire2 l'un mobile et fugitif1 l'autre immobile et t]nel qui n\s donne la raison d'tre du premi] et n\s le r5d intelligible4 ,celui-l tombe s\s les s5s2 celui-ci s\s le reg>d de l'intellig5ce1 qui seule lit au d$ans des *oses s5sibles 7intus-leg]e7 quel e/ leur type possible1 leur raison d'tre1 leur ess5ce4 ,sans d\te1 et n\s l'accordons volonti]s1 il faut se g>d] des ides t\tes faites comme des vtem5ts de confection--aussi avons-n\s rejet la fois les ides innes de ,desc>tes et les =mes a priori de ,kant4 ,bi5 au contraire1 il faut faire n\s-mmes nos ides sur mesure1 en les faonnant peu peu et en leur donnant une ressemblance de plus en plus rig\reuse et adquate avec les ralits intuitivem5t p]ues dans la nature3 ,c5t fois sur le mti] remettez votre ouvrage2 ,polissez-le sans cesse et le repolissez4 ,de telles ides1 ab/raites de la ralit et t\j\rs ma9t5ues en contact avec la ralit1 quelque incompltes qu'on les suppose1 cons]v5t t\j\rs la valeur de leur orig9e4 ,elles sont le fruit de l'incessant comm]ce de l'esprit avec le monde1 et n\s n'avons aucun droit de les t5ir en suspicion1 s\s prtexte qu'elles sont cri/allises et mortes1 alors qu'elles exprim5t une des faces de la ralit vivante4 ,eh bi56 osons le dire s9crem5t1 ,m4 ,b]gson ne semble avoir ri5 compris cette belle et lum9euse ?orie#dba4 ,il n'a su ri5 voir dans l'ide que son c>actre de fixit et d'immobilit1 et comme il avait admis que t\t e/ flu5t et que le flu5t seul exi/e1 il a cru se tir] d'affaire en supposant qu'elle devait tre une vue in/antane prise sur la ralit m\vante3 la succession rapide de ces in/antans immobiles n\s donn]ait seule l'app>5ce de cette ralit m\vante4 ,de l la clbre comp>aison1 dont il e/ l'inv5teur1 de l'intellig5ce huma9e avec le m]veilleux app>eil du c9matographe qui produit l'illusion du m\vem5t p> la succession trs rapide de vues immobiles4 ,mtaphore brillante qui rec\vre de son clat trompeur les plus graves erreurs4 ,enumrons les pr9cipales3 #a ,une vue n'e/ jamais absolum5t in/antane1 c> elle suppose t\j\rs une paisseur de temps1 et p>tant une quantit de m\vem5t4 ,l'in/antan e/ donc un my!4 #b ,s]ait-elle in/antane1 cette vue s]ait t\j\rs une image et non po9t une ide1 puisque l'image reprs5te le s+uli]1 le prissable1 le temporel2 t&is que l'ide reprs5te le gnral1 l't]nel et le ncessaire4 ,en effet1 cette vue in/antane n'e/ qu'une tran*e du concret1 qui n'e/ pas encore transfigure en idal4 ,elle e/ donc une image1 non une ide1 et ne saurait tre un sub/itut de l'ide puisque l'image et l'ide ont un cont5u diffr5t4 #c ,si l'ide n'e/ qu'une image in/antane1 elle n'a plus aucune raison d'tre1 c> n\s p\vons avoir bi5 mieux qu'une srie discont9ue d'in/antans3 les s5sations n\s donn5t en effet--qu& il n\s plat--des images cont9ues et flu5tes de m\vem5ts cont9us4 ,d'autre "p1 les actes flu5ts de l'imag9ation et du langage n\s p]mett5t de les pe9dre ou de les exprim] dans leur fluidit4 ,le concept intellectuel s]ait donc bi5 inutile2 les s5s suffirai5t l'homme4 ,l'ide e/ donc t\t autre *ose qu'une image in/antane1 et l'accusation qu'on lui adresse de solidifi] le flu5t1 de reifi] maladroitem5t le m\vant1 de cri/allis] ou de momifi] la vie e/ une accusation inju/e qui ne ti5t pas deb\t4 ,rptons-le encore une fois1 elle n'e/ pas une vue /able prise sur l'in/abilit des *oses1 mais une vue /able prise sur la p>tie /able des *oses1 qui e/ leur p>tie la plus importante1 c> cette p>tie n'e/ pas leur matire prissable1 mais leur =me ncessaire et t]nelle qui n\s les r5d intelligibles4 99 99 99 99 99 ,ici se plac]ait une objection qu'on e/ t\t tonn de r5contr] s\s la plume d'm95ts spirituali/es4 ,que si la connaissance1 p> le concept ne saisit qu'une p>tie de l'objet1 savoir sa =me sans sa matire1 son ess5ce sans son exi/5ce concrte1 sa nature sans son sujet1 elle e/ donc une connaissance incomplte4 ,le po9t de vue conceptuel n'e/ pas le po9t de vue total4 ,on a mme os aj\t]3 c'e/ la t>e irrmdiable de l'intellig5ce huma9e6#dbb ,c]tes1 voil un bi5 gros mot1 l* bi5 lgrem5t6 ,s]ait-ce aussi la t>e de la vue huma9e de ne pas ent5dre2 la t>e de l'oue de ne pas savoir palp]1 etc48 ,que si ce n'e/ po9t une t>e p\r *aque s5s d'tre limit p> le doma9e du vois91 ni la t>e de la s5sation de s5tir sans compr5dre la nature de ce qu'elle s5t1 ce ne peut tre davantage la t>e de l'intellig5ce de ne pas s5tir4 ,mais comme aucune de nos facults n'e/ isole dans l'me1 qu'elles s'aid5t et se sec\r5t mutuellem5t1 l'intellig5ce n'a qu' se complt] p> la s5sation p\r atte9dre ce qui e/ hors de son doma9e propre4 ,c'e/ ce qu'exprime =t bi5 l'adage ari/otlique3 quod non pote/ fi]i p] unum1 fiat aliqualit] p] plura#dbc4 ,au surplus1 de l'aveu de t\s les philosophes1 l'intellig5ce1 facult de l'ab/rait1 p]oit aussi le concret s5sible1 soit directem5t et antrieurem5t l'ab/rait1 suivant l'op9ion de ,scot et de ,su>ez1 et dans ce cas l'tre concret1 le 1 s]ait l'objet de la premire apprh5sion intellectuelle2--soit au mo9s indirectem5t p> un ret\r rfl*i sur son acte d'ab/raction1 suivant l'op9ion plus probable d',ari/ote et de sa9t ,?omas4 ,aprs avoir saisi directem5t l'ab/rait dans le concret qui l'exprime1 elle saisit les deux la fois1 cont5ant et cont5u1 ab/rait et concret4 ,elle voit1 p> exemple1 l'homme dans cet homme1 le c]cle dans ce c]cle1 et prononce le jugem5t3 cet homme e/ un homme2 ce c]cle e/ un c]cle4 ,or1 ce jugem5t1 qui affirme l'union dans le mme tre des deux lm5ts 7nature et sujet1 ess5ce et exi/5ce71 s]ait draisonnable et impossible si ces deux lm5ts n'tai5t pas vus l'un dans l'autre1 insp>ablem5t unis1 comme l'acte et la puissance4 ,la connaissance devi5t a9si complte3 le sujet e/ s5ti1 sa nature p5se1 et1 p> rflexion1 les deux objets ou p>ties du mme objet fusionn5t dans une syn?se f9ale4 ,et voil comm5t1 sans aucun art magique1 se tr\ve p>faitem5t gurie la t>e +urissable6 ,d'ailleurs1 ce re/e inext+uible qu'admett5t nos adv]saires1 ce caput mortuum irrductible aux =mes de la connaissance1 cette irrationabilit fondam5tale de l'tre1 *appant aux pr9cipes d'id5tit et de contradiction et ne p\vant tre dit ni ceci1 ni cela1 ni qualit1 ni quantit1 ni cause1 ni effet1 ni possible1 ni impossible1 exi/ant ou n'exi/ant pas--soit en acte1 soit au mo9s en puissance1--s]ait de l'in9telligible pur et un pur nant#dbd4 ,c'e/ donc un rve4 ,p\r n\s1 la matire elle-mme e/ connue p> la =me1 la puissance p> l'acte1 comme le g]me p> la plante qui en sort3 ce qui suffit n\s les r5dre intelligibles et raisonnables4 99 99 99 99 99 ,une autre objection contre le concept e/ qu'il ne peut exprim] une proprit spciale sans la gnralis]1 c'e/--dire sans la r5dre commune une inf9it d'autres sujets semblables4 ,il la d=me donc t\j\rs plus ou mo9s p> l'ext5sion qu'il lui donne4 ,replace dans l'objet qui la possde1 une proprit concide avec lui1 se m\le au mo9s sur lui1 adopte les mmes cont\rs4 ,extraite de l'objet et reprs5te en un concept1 elle s'l>git indf9im5t1 elle dpasse l'objet puisqu'elle doit dsormais le cont5ir avec d'autres4#dbe ,mais cette seconde t>e de l'intellig5ce ne n\s e/ pas mieux pr\ve que la premire4 ,p\r lui donn] quelque app>5ce de fondem5t1 on a eu rec\rs des mtaphores trompeuses4 ,une sub/ance la/ique ne peut1 en effet1 s'l>gir indf9im5t1 lorsqu'on l'tire1 qu'en d=mant plus ou mo9s gravem5t sa premire figure4 ,au contraire1 l'ext5sion idale d'une mme ess5ce plusieurs individus et mme t\s les individus possibles1 indf9im5t1 ne dfigure en ri5 la nature ou la comprh5sion de cette ess5ce4 ,il suffit de se rappel] la nature logique de l'ext5sion et de la comprh5sion des ides et des propositions4 ,sans entr] dans t\s ces dtails te*niques1 un exemple trs simple suffira n\s en bi5 conva9cre4 ,quelle e/ l'ess5ce d'une circonfr5ce8 ,c'e/ d'tre une ligne c\rbe trace sur un plan de manire que t\s ses po9ts soi5t gale di/ance du c5tre4 ,telle e/ sa nature ou sa comprh5sion4 ,or1 de l'aveu de t\s1 elle re/e la mme1 absolum5t1 sans la plus lgre d=mation1 qu'on l't5de un petit nombre ou des milli>ds de circonfr5ces1 et mme t\tes les circonfr5ces possibles1 indf9im5t4 ,on en dirait autant de l'ess5ce du triangle1 ou du solide1 ou du m9ral1 ou de l'homme1 en un mot1 de t\tes les autres ess5ces connues4 ,t\tes ces ext5sions physiques dont on n\s p>le et qui d=m5t les objets la/iques ne sont donc qu'un jeu trompeur de mtaphores1 sans la mo9dre analogie avec l'ext5sion et la comprh5sion logique des ides4 ,ari/ote et class un tel argum5t p>mi les sophismes de mots ou de figure4 ,c'e/ une homonymie4 99 99 99 99 99 ,une d]nire objection contre la valeur de l'ide gnrale e/ de prt5dre qu'elle e/ vide de t\te ralit2 elle ne s]ait qu'un mot1 un signe pratique n\s rappelant t\te la srie des *oses individuelles dj exprim5tes dans le pass ou exprim5t] dans l'av5ir4 ,on reconnat l l'erreur du ,nom9alisme4 ,elle e/ le fond mme de la ?orie b]gsoni5ne#dbf et suffirait annul] t\tes les objections prcd5tes4 ,si le concept1 en effet1 ne correspond aucun objet rel1 s'il e/ vide1 c'e/ le nant1 et l'on ne peut--comme on vi5t de le faire--repro*] au nant d'tre un objet solidifi ou cri/allis1 encore mo9s un objet d=m p> son rtrcissem5t contre nature ou son ext5sion artificielle4 ,ces premi]s assauts contre le concept rvl5t une m>*e incohr5te de l'adv]saire1 trahiss5t ses hsitations et ses inc]titudes4 ,il n'ose dire du premi] c\p3 le concept n'e/ qu'un va9 mot6--,mais c'e/ l que n\s l'att5dions4 ,la clbre dispute des ,univ]saux1 qui semblait prime avec le moy5 ge1 et dont nos mod]nes ne daignai5t plus p>l] que sur un ton plaisant1 revi5t donc fatalem5t l'ordre du j\r1 comme t\s les problmes cruciaux de l'esprit huma91 dont on a oubli les solutions vritables1 p>ce qu'ils ne peuv5t re/] sans tre rsolus4 ,impossible de philosoph] sans avoir pris p>ti1 explicitem5t ou au mo9s implicitem5t1 p\r ou contre le ,nom9alisme1 le ,ralisme et le ,conceptualisme4 ,ou bi5 nos ides gnrales--telles que le c]cle1 l'humanit--sont des mots vides qui ne reprs5t5t ri5 de rel1 ou bi5 elles traduis5t quelque *ose de rel1 ou bi5 enf9 ne sont que des conceptions ou des =mes illusoires de notre esprit4 ,m4 ,b]gson a opt p\r le nom9alisme d',epicure et de ,ta9e1 contre le conceptualisme de ,kant et le ralisme de ,platon4 ,n\s croyons qu'il a eu tort4 ,il e/ vrai que les deux autres doctr9es plac5t le pr9cipe d'intelligibilit des *oses1 l'ess5ce univ]selle1 hors les *oses individuelles1 et en cela elles sont ins\t5ables4 ,l'intelligibilit d'une *ose n'e/ pas une autre *ose ct de la premire6 ,on ne peut donc la plac]1 avec ,platon1 dans un monde idal "p1 ni avec ,kant1 dans les =mes a priori de l'esprit huma94 ,mais c'e/ une erreur encore plus grave de l'exclure aussi des *oses exi/antes1 avec les ,nom9ali/es4 ,exclure du rel t\te idalit1 c'e/ le r5dre in9telligible et p>tant irrel4 ,en outre1 ce n'e/ pas expliqu] p\rquoi et comm5t1 au-dessus ou au d$ans des images cont+5tes1 n\s p]cevons des types ncessaires2 p\rquoi au-dessus ou au d$ans du flu5t et du temporel n\s dc\vrons de l'immuable et de l't]nel4 ,la solution nom9ali/e esquive ou nie ce problme au lieu de le rs\dre4 ,quelle s]a donc la solution8 ,si les ess5ces ne sont pas hors des *oses ni dans l'esprit seul1 il faut bi5 qu'elles soi5t ralises dans les *oses elles-mmes4 ,leur intelligibilit ne peut v5ir du dehors1 donc elle vi5t du d$ans4 ,ce s]a la gloire d',ari/ote et de sa9t ,?omas d'avoir su retr\v] le gnral dans le p>ticuli]1 le type univ]sel dans l'individu qui l'exprime et le concrtise1 et d'avoir =mul le pr9cipe de l'imman5ce de l'idal intelligible dans le rel s5sible4 ,de l cette ?se clbre o se rsume la p5se de l',ecole entire3 ,l'univ]sel direct#dbg exi/e dans les individus1 mais non de la manire ab/raite dont l'esprit le conoit2 l'univ]sel rflexe exi/e =mellem5t dans l'intellect1 avec un fondem5t rel dans les *oses4 ,a9si l'univ]sel direct1 tel que le c]cle1 exi/e dans ce c]cle1 l'homme dans cet homme2 s9on1 on ne p\rrait dire que cette figure e/ un c]cle et cet individu un homme4 ,mais ces ess5ces sont concrtes dans les individus1 t&is que dans notre esprit elles sont ab/raites de t\t lm5t individuel4 ,d'autre "p1 l'univ]sel rflexe--c'e/--dire t5du p> la rflexion et la comp>aison t\s les individus exi/ants ou possibles1--l'intelligible pur1 tel que l'humanit1 exi/e =mellem5t dans l'intellect seul1 mais avec un fondem5t rel dans les *oses1 puisqu'il exprime quelque *ose de vraim5t rel dans les individus4 ,les univ]saux n'exi/5t donc pas1 comme tels1 et =mellem5t1 en dehors de mon esprit1 mais ils exi/5t fondam5talem5t dans les ralits individuelles2 ce qui suffit p\r assur] leur valeur objective4 ,inutile1 p> exemple1 que l'humanit subsi/e en dehors des hommes1 p\r que je puisse me fi] ce concept3 il suffit qu'elle se tr\ve ralise dans t\s les tres huma9s exi/ants ou possibles4 ,et c'e/ a9si--p> une simple di/9ction aussi naturelle que pr(onde--qu'a t rsolu p> les plus puissants gnies de l'humanit un problme qui a fait le t\rm5t des sicles4 ,les gnralits sont des =mes ab/raites du rel et p>tant objectives4 ,d'autre "p1 ce ne sont pas des ralits sp>es des *oses1 mais les lm5ts intelligibles des *oses elles-mmes4 ,et p\r les ab/raire1 l'intellig5ce n'a pas sortir des phnomnes p\r se p]dre dans un monde suprieur4 ,les ess5ces ne sont ri5 en dehors des phnomnes2 elles sont les phnomnes eux-mmes considrs dans leur =me et leur gnralit4 ,le phnomne e/ s5sible2 sa =me ou son ess5ce intelligible4 ,or1 les deux po9ts de vue se complt5t comme l'tre et sa raison d'tre1 le fait et son explication4 ,on le voit donc clairem5t3 c'e/ la br*e faite dans le rel p> le fameux morcelage de l'ab/raction qui n\s a p]mis d'entr] dans la place et d'y surpr5dre la p>tie intime des *oses1 l'ess5ce mme qui n\s les fait compr5dre4 ,aussitt la gnralisation a a*ev l'uvre intellectuelle de l'ab/raction3 l'ide gnrale a t conue2 le concept n\s e/ n1 et sa lumire1 en r5dant les *oses intelligibles1 illum9e le monde s5sible4 ,sans cette lumire intellectuelle1 p\rrait-on encore p5s] et surt\t philosoph]8 ,la n\velle cole anti9tellectuali/e le s\ti5t h>dim5t1 et n\s allons voir la t5tative dsespre qu'elle a essaye p\r s'en pass]4 99 99 99 99 99 ,,viii ,,?,,orie ,,de ,l',,intuition4 ,d'aprs la n\velle cole1 l'intellig5ce e/ donc radicalem5t impuissante p5s] le m\vem5t1 la vie1 le cont9u2 elle e/ incapable de t\te vritable spculation sur le flu5t4 ,t\t au plus peut-elle n\s en f\rnir quelque connaissance symbolique dont les figures s]ont empruntes p> une analogie lo9ta9e l'immobile1 l'in]te1 au discont9u1 seul objet propre et adquat de sa puissance t\te ori5te v]s l'action4 ,elle e/ bi5 mo9s1 en effet1 une puissance de connatre qu'une puissance d'agir4 ,c'e/ une annexe de la facult d'agir1 t\t entire c\le dans le m\le de l'action2 elle ne peut donc en ri5 n\s faire connatre le rel1 n\s livr] l'absolu1 dans ce doma9e4 ,telle e/ la pauvre facult que l'volution1 lorsqu'elle tait sur son dcl91 a dpose en c\rs de r\te#dbh1 sans d\te comme un bagage plutt encombrant qu'utile1 et dsormais l'on peut se moqu] agrablem5t des philosophes qui l'avai5t prise p\r un ,soleil qui illum9]ait le monde1 alors qu'elle n'e/ en ralit qu' une lant]ne manuvre au fond d'un s\t]ra9#dbi4 ,cep5dant1 ,m4 ,b]gson ne se rsigne pas fl*ir le g5\1 les yeux f]ms1 devant l',inconnaissable4 ,ce s]ait l un excs d'humilit1 n\s dit-il1 et1 l'exemple des plus clbres disciples de ,kant1 ,fi*te1 ,s*ell+1 ,hegel1 il brav]a audacieusem5t la consigne du matre2 au lieu de s'ab/5ir de spcul]1 il se livr]a comme eux ce qu'on a pu appel] une vritable dbau*e de spculation4 ,le procd p\r bris] et fran*ir la b>rire kanti5ne artificiellem5t leve entre le rel et l'esprit s]a seul diffr5t et d'une orig9alit inconte/able4 ,ces trois philosophes1 en effet1 s'tai5t cont5ts d'id5tifi] les deux t]mes--sujet et objet--qu'ils ne savai5t plus comm5t unir4 ,ils les id5tifir5t avec un troisime t]me1 soit de nature psy*ologique1 le mot1 comme le v\lait ,fi*te2--soit de nature ontologique1 l'absolu1 comme l'imag9ait ,s*ell+2--soit de nature purem5t idale et logique1 l'ide1 comme le rvait ,hegel4 ,b]gson1 lui1 va inv5t] une n\velle facult1 di/9cte de l'intellig5ce dsormais mise au rebut1 qui s]a capable de lire directem5t dans le rel et dans l'absolu1 savoir l'intuition#dcj1 dont le processus s\s-ent5dra1 encore et t\j\rs1 l'id5tit des t]mes1 sujet et objet1 confondus dans l'id5tit univ]selle4 ,p\r lgitim] sa re*]*e d'une facult n\velle1#dca notre auteur allgue une raison pr(onde qui s]ait bi5 prs de n\s conva9cre4 ,notre intellig5ce1 dit-il1 e/ faite p\r l'action2 or1 l'action ne saurait se m\voir dans l'irrel4 ,d'un esprit n p\r spcul] ou p\r rv]1 aj\te-t-il1 je p\rrais admettre qu'il re/e extrieur la ralit1 qu'il la d=me ou la trans=me1 peut-tre mme qu'il la cre1 comme n\s crons les figures d'hommes et d'animaux que notre imag9ation dc\pe dans le nuage qui passe4 ,mais une intellig5ce t5due v]s l'action qui s'accomplira et v]s la raction qui s'ensuivra1 palpant son objet p\r en recevoir *aque in/ant l'impression mobile1 e/ une intellig5ce qui t\*e quelque *ose de l'absolu#dcb4 --,=t bi56 rpliqu]ons-n\s3 il n\s faut p\r agir sur le rel une facult capable d'atte9dre et de connatre le rel1 c> l'action ne peut se m\voir dans l'irrel4 ,mais n'e/-ce pas l prcism5t le fait n\veau qui devrait v\s =c] revis] le procs de l'intellig5ce si lgrem5t1 si inju/em5t condamne8 ,v\s n'avez cess de proclam]1 l'excs1 que l'intellig5ce e/ faite p\r l'action1 t\t entire ori5te v]s l'action#dcc2 donc elle e/ ori5te v]s le rel1 auriez-v\s d conclure4 ,donc la connaissance et l'action1 la ?orie et la pratique1 au lieu de se combattre1 s'entr'aid5t et se complt5t#dcd4 ,il e/ donc inju/e de les oppos]1 en traitant d'illusoire la connaissance pratique1 utilitaire4 ,inju/e1 p> exemple1 d'admettre le flu5t et le cont9u1 en niant le /able et le multiple1 alors que mon action se meut la fois dans l'un et dans l'autre4 ,l'unit doit se faire dans la v>it et la hir>*ie1 non dans l'id5tit et la confusion des t]mes4 ,si l'intellig5ce et l'action s'opposai5t1 l'homme d\ de facults si contradictoires ne s]ait-il pas une mon/ruosit dans la cration8 ,p\rquoi donc rv] des facults n\velles1 au lieu d'utilis] celles que n\s avons8 ,n'e/-ce pas l*] la proie p\r l'ombre8 ,si la nature n\s avait donn des ailes comme l'oiseau1 ne s]ait-ce pas folie de les arra*] p\r en con/ruire d'artificielles sur un plan que n\s croirions plus +nieux8 ,va9es remontrances6 ,l'appel en rvision de procs ne s]a pas ent5du de nos anti9tellectuali/es3 leur sige e/ fait4 ,c'e/ bi5 la condamnation de l'intellig5ce qui e/ t5ue p\r df9itive1 et c'e/ v]s la re*]*e d'une facult n\velle qu'ils sont ori5ts4 ,ils croi5t mme l'avoir dc\v]te1 n\s l'avons dit1 et lui ont donn le nom my/rieux ou my/ique d'intuition4 99 99 99 99 99 ,i4 ,expos4--,qu'e/-ce donc que cette facult n\velle1 l'intuition b]gsoni5ne8 ,s'il ne s'agissait que de l'intuition produite p> la p]ception immdiate des objets extrieurs ou du moi intime1 dont n\s avons dj p>l1 la rponse s]ait facile4 ,mais non1 il s'agit de t\t autre *ose1 c> les s5s ext]nes et le s5s intime lui-mme ne p]oiv5t leur objet que p> leurs oprations1 et p>tant du dehors de leur tre4 ,ici1 il s'agit d'une p]ception et d'une connaissance p> le d$ans et dans l'intrieur mme de leur tre1 en dehors ou au-dess\s de l'espace et du temps#dce4 ,ce qui e/ compltem5t n\veau et 9dit2 croyons-n\s1 dans l'hi/oire de la philosophie4 ,qu'e/-ce donc que cette n\velle sorte d'intuition8 ,c]tes1 du premi] c\p d'il1 on ne le voit gure1 son inv5teur ayant pris so9 de ne la df9ir jamais1 se cont5tant de descriptions nuageuses qui sembl5t plutt ca*] soigneusem5t que dc\vrir son my/rieux secret4 ,il faut longtemps p\r que les yeux du lecteur s'acc\tum5t cette pnombre1 si vois9e de l'ombre totale4 ,t\tefois1 avec de la pati5ce et un ef=t qui n'e/ pas sans mrite1 on f9it p> voir se dess9] vaguem5t dans la nuit la =me de la div9it n\velle1 qui se ca*ait dans la frange1 dans la nbulosit qui ent\re le noyau lum9eux de l'intellig5ce et dont cette intellig5ce a t tire p> voie de cond5sation d'une puissance plus va/e1 savoir l'in/9ct1 l'intuition4 ,citons plutt notre auteur1 p\r ne pas tre s\ponn de le traduire mal4 ,le s5tim5t que n\s avons 787 de notre volution et de l'volution de t\tes *oses dans la pure dure e/ l1 dess9ant aut\r de la reprs5tation intellectuelle proprem5t dite une frange indcise qui va se p]dre dans la nuit4 ,mcanisme et f9alisme s'accord5t ne t5ir compte que du noyau lum9eux 7l'intellig5ce7 qui brille au c5tre4 ,ils oubli5t que ce noyau s'e/ =m aux dp5s du re/e p> voie de cond5sation1 et qu'il faudrait se s]vir du t\t1 du fluide autant et plus que du cond5s1 p\r ressaisir le m\vem5t intrieur de la vie4 ,a vrai dire1 si la frange exi/e1 mme indi/9cte et fl\e1 elle doit avoir plus d'importance encore p\r le philosophe que le noyau lum9eux qu'elle ent\re4 ,c> c'e/ sa prs5ce qui n\s p]met d'affirm] que le noyau e/ un noyau1 que l'intellig5ce t\te pure e/ un rtrcissem5t1 p> cond5sation d'une puissance plus va/e4#dcf ,vraim5t1 ,m4 ,b]gson n'e/ pas t\j\rs heureux dans le *oix de ses mtaphores4 ,en n\s invitant dt\rn] les yeux du noyau lum9eux--l'intellig5ce trompeuse1--p\r contempl] surt\t et de prfr5ce cette pnombre indcise et fl\e qui se p]d si bi5 dans la nuit1 que le lecteur ne l'aura sans d\te jamais vue ni s\ponne1 ne semble-t-il pas avoir fait la gageure de remplac] la clbre m?ode des ides claires p> une m?ode n\velle1 celle des ides obscures8 ,n'e/-ce pas prcism5t dans ces nuages que n\s p\rrons dc\p] notre gr t\tes les silh\ettes fanta/iques qu'il n\s plaira de rv]8 ,et ne risque-t-on pas de remplac] a9si l'obs]vation et l'tude s9cre de la nature relle p> le rve et la fantaisie de l'arti/e8 ,hlas6 notre cra9te n'e/ pas *imrique1 et le lecteur rpondra si la n\velle cole ne l'a pas conduit jusqu'ici trav]s le pays des rves et des fantmes4 ,au demeurant1 cette mtaphore n'e/ po9t une image has>de1 *appe l'improvisation4 ,c'e/ une image rfl*ie1 rpte satit1 laquelle l'auteur a atta* une importance capitale1 au po9t de rsum] t\te sa p5se1 t\t l'ess5tiel de son inv5tion4 ,c'e/ l'tude de cette frange qu'il fait sans cesse appel p\r p5s] le m\vem5t1 la vie1 le cont9u1 en un mot t\te sa mtaphysique4 ,n\s y s]ons aids1 dit-il1 p> la frange de reprs5tation confuse qui ent\re notre reprs5tation di/9cte1 je veux dire intellectuelle4 ,que peut tre cette frange inutile 7871 en effet1 s9on la p>tie du pr9cipe voluant qui ne s'e/ pas rtrcie la =me spciale de notre organisation et qui a pass en contreb&e8 ,c'e/ donc l que n\s devons all] *]*] des indications p\r dilat] la =me intellectuelle de notre p5se2 c'e/ l que n\s puis]ons l'lan ncessaire p\r n\s hauss] au-dessus de n\s-mme4#dcg ,une objection se prs5te aussitt l'esprit du lecteur4 ,cette frange1 cette bordure1 s]ait-elle exi/ante et nullem5t imag9aire1 comm5t l'tudi]1 s9on avec notre intellig5ce8 comm5t reconnatre si elle a pass en contreb&e1 s9on p> la critique de notre intellig5ce8 ,impossible de sortir hors de n\s-mme1 de voir sans nos yeux1 de p5s] ou de jug] sans notre esprit6 ,v\loir donc r5onc] notre intellig5ce p\r p5s] sans elle1 et p\r tudi] sans elle la fameuse frange1 n'e/ qu'une m?ode contradictoire et *imrique4 ,bon gr1 mal gr1 c'e/ elle que v\s rec\rez4 ,l'objection e/ tellem5t vid5te que ,m4 ,b]gson ne p\vait pas ne pas la prvoir ni la pass] s\s sil5ce4 ,sa rponse n'en s]a p\r n\s que plus curieuse ent5dre4 ,cette m?ode--il le confesse--a contre elle les habitudes 767 les plus invtres de l'esprit4 ,elle suggre t\t de suite l'ide d'un c]cle vicieux4 ,en va91 n\s dira-t-on1 v\s prt5dez all] plus lo9 que votre intellig5ce2 comm5t le f]ez-v\s1 s9on avec l'intellig5ce mme8 ,t\t ce qu'il y a d'clair dans votre consci5ce e/ intellig5ce4 ,v\s tes intrieur votre p5se1 v\s ne sortirez pas d'elle4444 ,l'objection se prs5te naturellem5t l'esprit4 ,mais on pr\v]ait aussi bi51 avec un p>eil raisonnem5t1 l'impossibilit d'acqurir n'importe quelle habitude n\velle4 ,il e/ de l'ess5ce du raisonnem5t de n\s enf]m] dans le c]cle du donn4 ,mais l'action brise le c]cle4 ,si v\s n'aviez jamais vu un homme nag]1 v\s me diriez peut-tre que nag] e/ *ose impossible1 att5du que1 p\r appr5dre nag]1 il faudrait comm5c] p> se t5ir sur l'eau1 et p> consqu5t savoir dj nag]4 ,le raisonnem5t me cl\]a t\j\rs1 en effet1 la t]re f]me4 ,mais si1 t\t bonnem5t1 je me jette l'eau sans avoir peur1 je me s\ti5drai d'abord sur l'eau tant bi5 que mal en me dbattant contre elle1 et peu peu je m'adapt]ai ce n\veau milieu1 j'appr5drai nag]4 ,a9si1 en ?orie1 il y a une espce d'absurdit v\loir connatre autrem5t que p> l'intellig5ce2 mais si l'on accepte fran*em5t le risque1 l'action tran*]a peut-tre le nud que le raisonnem5t a n\ et qu'il ne dn\]a pas4444 ,celui qui se jette l'eau1 n'ayant jamais connu que la rsi/ance de la t]re f]me1 se noi]ait t\t de suite s'il ne se dbattait pas contre la fluidit du n\veau milieu3 =ce lui e/ de se cramponn] ce que l'eau lui prs5te encore1 p\r a9si dire1 de solidit4 ,a cette condition seulem5t1 on f9it p> s'accommod] au fluide dans ce qu'il a d'inconsi/ant4 ,a9si p\r notre p5se1 qu& elle s'e/ dcide faire le saut4 ,mais il faut qu'elle saule1 c'e/--dire qu'elle sorte de son milieu4444 ,il faut brusqu] les *oses1 et1 p> un acte de volont1 p\ss] l'intellig5ce hors de *ez elle4 ,le c]cle vicieux n'e/ donc qu'app>5t4#dch ,eh bi56 non1 le c]cle vicieux demeure en dpit de la lumire tr\ble et d\teuse des n\velles images4 ,on use encore de l'intellig5ce p\r t5t] de la dpass]4 ,celui qui se jette dans l'eau p\r appr5dre nag]--m?ode assez prilleuse qu'on ne saurait conseill] p]sonne--ne comm5ce pas p> se priv] de l'usage de ses bras et de ses jambes2 il cont9ue en us] librem5t2 bi5 plus1 il en use selon les mmes pr9cipes gnraux1 puisqu'il se cramponne ce que l'eau lui prs5te encore1 p\r a9si dire1 de solidit1 comme il s'appuyait sur la rsi/ance de la t]re f]me4 ,l'application des =ces seule v>ie1 t&is que les =ces et leur pr9cipe d'application demeur5t les mmes4 ,l'intellig5ce1 en sautant dans la nbulosit de frange--si tant e/ qu'elle exi/e1--cont9u]a donc us] de ses propres =ces et re*]*] avidem5t le re/e de cl>t que cette pnombre peut recel]2 son pr9cipe d'ori5tation comme d'action demeurant id5tique jusque dans un milieu n\veau4 ,c'e/ donc l'intellig5ce qui cont9u]a p5s] selon ses propres =ces2 et comm5t v\lez-v\s qu'elle puisse se dpass] elle-mme1 voir plus lo9 que sa porte native8 ,le c]cle vicieux e/ l1 manife/e1 dfiant t\s les c\ps de =ce4 ,le sic volo1 sic jubeo1 sit pro ratione voluntas vi5t se bris] pitoyablem5t devant l'absurde6 ,cep5dant1 ,m4 ,b]gson ti5t en rs]ve un autre argum5t1 meilleur ou mo9s mauvais4 ,au lieu de dire3 ,p\ssez l'intellig5ce hors de *ez elle p\r qu'elle y voie plus clair1 il dirait3 p\ssez-la hors de *ez elle p\r qu'une autre facult plus clairvoyante pr5ne sa place et n\s fasse voir mieux et plus lo9#dci4 ,cette facult1 c'e/ l'intuition1 l'in/9ct4 ,et n\s rev5ons la "q dj pose et si peu clairem5t rsolue3 ,qu'e/-ce que cette facult n\velle1 qu'e/-ce que l'intuition8 ,in/9ct et intuition ne sont pas des mots compltem5t synonymes dans la langue b]gsoni5ne1 quoi-qu'ils soi5t s\v5t pris l'un p\r l'autre4 ,l'intuition e/ cet ,elan vital orig9el qui a graduellem5t volu en in/9ct animal1 puis en intellig5ce1 mais qui s'e/ bi5 mieux exprim dans l'in/9ct que dans l'intellig5ce1 celle-ci1 comme n\s l'avons vu1 tant due un saut brusque de l'animal l'homme et diffrant de l'in/9ct1 non en degr1 mais en nature4 ,il faut donc int]rog] l'in/9ct p\r connatre l'intuition orig9elle2 or1 voici ce qu'e/ l'in/9ct4 ,c'e/ sur la =me mme de la vie1 au contraire1 qu'e/ m\l l'in/9ct4 ,t&is que l'intellig5ce traite t\tes *oses mcaniquem5t1 l'in/9ct procde1 si l'on peut p>l] a9si1 organiquem5t4 ,si la consci5ce qui sommeille en lui se rveillait1 s'il s'intriorisait en connaissance au lieu de s'extrioris] en action1 si n\s savions l'int]rog] et s'il p\vait rpondre 76671 il n\s livr]ait les secrets les plus intimes de la vie4#ddj ,en2 un mot1 l'in/9ct n'e/ que l'intuition rtrcis1 c'e/--dire rduite n'embrass] que telle ou telle portion de la vie1 intressant l'organisation spciale de l'individu#dda4 ,on peut donc l'int]rog] librem5t p\r connatre ce qu'e/ l'intuition1 la condition t\tefois que sa consci5ce endormie veuille bi5 se rveill] p\r s'tudi] elle-mme1 qu'au li5 de j\] sa connaissance1 sans la p5s]1 comme elle fait d'habitude1 elle veuille bi5 la p5s] sans la j\]2 puis qu'elle s'analyse elle-mme1 et enf9 qu'elle n\s rponde1 si elle peut p>l]1 c> jusqu'ici l'in/9ct n'a jamais eu la p>ole1 pas mme le v]be intrieur dont le v]be extrieur e/ l'expression4 ,c]tes1 voil bi5 des conditions requises6444 ,on s]ait t5t de croire qu'en les posant1 l'auteur e/ le j\et de cette intellig5ce expulse qui les lui dicte1 mo9s qu'il ne soit t\t simplem5t victime de sa propre imag9ation6 ,cep5dant1 ne n\s rebutons pas p\r ces difficults1 si normes qu'elles soi5t1 et cont9uons notre tude4 ,int]rogeons donc l'in/9ct animal4 ,n\s avons dj vu comm5t il fonctionne d'aprs la ?orie n\velle3 ce n'e/ po9t une habitude inne1 un mcanisme psy*ique mont l'avance--au mo9s p\r l'ess5tiel--p> l',auteur de la nature4 ,non1 c'e/ un produit de la sympa?ie univ]selle 7au s5s tymologique du mot74 ,t\s les tres se confondant ou se compntrant dans l'unit moni/ique1 il s'ensuit que t\t ret5tit dans t\t1 et grce cette sympa?ie div9atrice1 t\s les tres se press5t5t1 se compr5n5t di/ance--c> il n'y a plus de vraie di/ance--et s'adapt5t mutuellem5t les uns aux autres1 encore plus srem5t qu'ils p\rrai5t le faire avec les s5s ext]nes1 puisque c'e/ une sci5ce int]ne1 une vue p> le d$ans1 qui les unit comme des membres multiples en un seul tre total#ddb4 ,notre auteur n\s a donn l'exemple du ,sphex et de sa victime qu'il sait si bi5 p>alys] en la blessant en des ganglions *oisis trs habilem5t4 ,ce s]a l'effet de cette sci5ce intrieure1 bi5 suprieure t\te sci5ce p> le dehors1 de cette sympa?ie div9atrice4 ,telle e/ donc l'intuition elle-mme1 cette prcieuse facult que l'homme a p]due en se dta*ant de l'animalit1 et qu'il s'agit de reconqurir p\r philosoph]4 ,en fait1 dans l'humanit dont n\s faisons p>tie1 l'intuition e/ peu prs compltem5t sacrifie l'intellig5ce4 ,il semble qu' conqurir la matire et se conqurir elle-mme1 la consci5ce ait d puis] le meilleur de sa =ce4 ,cette conqute1 dans les conditions p>ticulires o elle s'e/ faite1 exigeait que la consci5ce s'adaptt aux habitudes de la matire et conc5trt t\te son att5tion sur elles1 enf9 se dt]m9t plus spcialem5t en intellig5ce4 ,l'intuition e/ l cep5dant1 mais vague et surt\t discont9ue4 ,c'e/ une lampe presque te9te1 qui ne se ranime que de lo9 en lo91 p\r quelques in/ants pe9e4 ,mais elle se ranime1 en somme1 l o un intrt vital e/ en jeu4 ,sur notre p]sonnalit1 sur notre lib]t1 sur la place que n\s occupons dans l'ensemble de la nature1 sur notre orig9e et peut-tre aussi sur notre de/9e 7871 elle projette une lumire vacillante et faible1 mais qui n'en p]ce pas mo9s l'obscurit de la nuit o n\s laisse l'intellig5ce qu'on vi5t d'appel] le noyau lum9eux64 ,de ces intuitions van\issantes et qui n'clair5t leur objet que de di/ance en di/ance1 la philosophie doit s'emp>]1 d'abord p\r les s\t5ir1 ensuite p\r les dilat] 787 et les raccord] a9si entre elles4 ,plus elle avance dans ce travail1 plus elle s'ap]oit que l'intuition e/ l'esprit mme et1 en un c]ta9 s5s1 la vie mme4#ddc ,de ces textes1 et de bi5 d'autres1 il rsulte que l'intuition et l'intellig5ce sont deux facults di/9ctes et mme opposes4 ,mais ce n'e/ l1 p\r le monisme b]gsoni51 qu'une concession app>5te qu'il va repr5dre la premire occasion1 p]dant a9si t\t le bnfice d'une mo9dre in9telligibilit que n\s avions escompt trop tt4 ,ce n'e/ plus l'intuition qui aura mission de remplac] l'intellig5ce1 c'e/ l'intellig5ce mme que l'on va faire r5tr]1 de gr ou de =ce1 dans l'intuition d'o elle tait sortie1 p\r s'y confondre et s'y p]dre de n\veau4 ,on va lui dem&] de faire ef=t p\r se fondre n\veau dans le t\t1 p\r se rsorb] dans son pr9cipe et revivre reb\rs sa propre g5se#ddd4 ,ef=t que ,m4 ,b]gson reconnatra d\l\reux1 c> il d=me et p]v]tit notre manire naturelle de p5s]1 et que n\s appelons t\t simplem5t extra-naturel et *imrique4 ,p\r que notre consci5ce 7notre intellig5ce7 concidt avec quelque *ose de son pr9cipe1 il faudrait qu'elle se dta*t du t\t fait et s'atta*t au se faisant4 ,il faudrait que1 se ret\rnant et se tordant sur elle-mme 7671 la facult de voir ne ft plus qu'un avec l'acte de v\loir 7874 ,ef=t d\l\reux1 que n\s p\vons donn] brusquem5t en viol5tant la nature1 mais non pas s\t5ir au del de quelques in/ants4#dde ,d'o la clbre df9ition de cette facult n\velle1 r5tre dans son pr9cipe1 p> un ef=t viol5t fait au reb\rs de sa direction et de sa g5se3 c'e/ une facult de voir1 imman5te la facult d'agir 787 et qui jaillit1 en quelque sorte1 de la torsion du v\loir sur lui-mme 7887 #ddf4--;,compr5ne qui p\rra6444 ,une telle philosophie1 fonde sur des intuitions si obscures et si van\issantes1 ne saurait tre l'uvre d'un seul j\r ni d'une seule gnration4 ,aussi ,m4 ,b]gson fait-il appel la bonne volont et la p]spicacit de t\s ceux qui1 aprs lui1 v\dront bi5 essay] de tordre leur esprit sur lui-mme1 au risque d'en fauss] compltem5t les ressorts4 ,mais l'entreprise ne p\rra plus s'a*ev] t\t d'un c\p2 elle s]a ncessairem5t collective et progressive4 ,elle consi/]a dans un *ange d'impressions 767 qui1 se corrigeant entre elles et se sup]posant aussi les unes les autres1 f9iront p> dilat] en n\s l'humanit et p> obt5ir qu'elle se transc5de elle-mme 444#ddg mo9s qu'elles ne f9iss5t p> complt] la confusion et le *aos de la p5se contempora9e1 dont n\s sommes t\s les spectateurs al>ms6 ,en att5dant ces magnifiques dc\v]tes p> les gnrations futures1 voici un premi] co9 du voile my/rieux s\lev p> ,m4 ,b]gson lui-mme dans une de ses visions intuitives et ess5tiellem5t vanesc5tes de l'unique ralit1 la ,dure pure ou le ,temps4 ,aprs avoir prv5u ses auditeurs du ,congrs de ,bologne que t\t se ramne un po9t unique1 l'intuition immdiate de la ,dure pure1 et que ce po9t e/ quelque *ose de si simple1 de si extraord9airem5t simple1 qu'il e/ vraim5t ineffable et impossible traduire1 en sorte que le voyant pass]a t\te sa vie le balbuti] sans arriv] jamais se faire compr5dre1 il essaye p\rtant de dcrire p\r n\s sa vision d'un monde n\veau1 entirem5t diffr5t de celui que n\s sommes habitus contempl] avec les yeux du corps ou de l'intellig5ce naturelle4 ,ec\tons-le3 ,t\t e/ dev5ir 444 le dev5ir tant sub/antiel n'a pas beso9 d'un support4 ,plus d'tuis in]tes1 plus de *oses mortes2 ri5 que la mobilit dont e/ faite la /abilit de la vie4444 ,une vision de ce g5re1 o la ralit app>at comme cont9ue et indivisible e/ sur le *em9 qui mne l'intuition4444 ,le temps o n\s re/ons naturellem5t placs1 le *angem5t dont n\s n\s donnons ord9airem5t le spectacle sont un temps et un *angem5t que nos sons et notre consci5ce ont rduits en p\ssire p\r facilit] notre action sur les *oses4 ,dfaisons ce qu'ils ont fait1 ram5ons notre p]ception ses orig9es1 et n\s aurons une connaissance d'un n\veau g5re4444 ,le monde o nos s5s et notre consci5ce n\s introduis5t habituellem5t n'e/ plus que l'ombre de lui-mme1 et il e/ froid comme la mort4 ,t\t y e/ arrang p\r notre plus gr&e commodit1 mais t\t y e/ dans un prs5t qui semble recomm5c] sans cesse2 et n\s-mmes1 artificiellem5t faonns l'image d'un univ]s non artificiel1 n\s n\s ap]cevons dans l'in/antan1 n\s p>lons du pass comme de l'aboli4444 ,ressaisissons-n\s1 au contraire1 tels que n\s sommes1 dans un prs5t pais et1 de plus1 la/ique1 que n\s p\vons dilat] indf9im5t v]s l'arrire1 en reculant de plus en plus lo9 l'cran qui n\s masque n\s-mmes2 ressaisissons le monde extrieur tel qu'il e/1 non seulem5t en surface1 dans le mom5t actuel1 mais en pr(ondeur1 avec le pass immdiat qui le presse et qui lui imprime son lan2 habituons-n\s1 en un mot1 voir t\te *ose sub specie durationis2 aussitt le raidi se dt5d1 l'ass\pi se rveille1 le mort ressuscite dans notre p]ception galvanise1 etc4#ddh ,le lecteur e/im]a peut-tre que cette vision n'e/ pas bi5 claire1 mais ,m4 ,b]gson1 prvoyant l'objection1 a eu so9 de prv5ir son auditoire qu'elle tait plutt un contact qu'une vision#ddi1 de l sans d\te une obscurit bi5 naturelle4 ,il t]m9e en n\s promettant que cette vision n\s donn]a la joie1 mais cette promesse p>atra bi5 tmraire ceux qui prfr5t voir le monde l'endroit qu' l'env]s4 ,l'univ]s ne s]ait-il donc qu'une srie bi5 ordonne d'illusions que la p5se trav]se p\r ab\tir en proclam] la vanit8--,si c'tait vrai1 p> impossible1 n\s ne le tr\v]ions pas trs gai6444 99 99 99 99 99 ,,ii4 ,critique4--,aprs avoir expos de notre mieux et essay de faire compr5dre au lecteur un procd de connaissance supra-intellectuelle si obscur et si difficile saisir clairem5t1 il n\s faut encore en exam9] la valeur et re*]*] t\t d'abord s'il *appe aux repro*es adresss l'intellig5ce p> ,,mm4 les b]gsoni5s4 ,c> si1 p> has>d1 il retombait dans les mmes errem5ts ou dans des dfauts encore plus graves1 ce ne s]ait vraim5t pas la pe9e de *ang] et de troqu] l'intellig5ce contre l'intuition4 ,premirem5t1 l'intuition vite-t-elle ce fameux morcelage du gr& ,t\t1 si amrem5t repro* l'intellig5ce8#dej ,n\s ne le voyons po9t4 ,en se posant elle-mme comme la rivale et l'antagoni/e de l'intellig5ce1 l'intuition fait dj une br*e irrmdiable l'unit univ]selle4 ,elle oppose comme irrductibles deux facults ou t\t au mo9s deux ordres de phnomnes vitaux1 l'intuition et la p5se4 ,la vie m5tale e/ a9si c\pe en deux2 ce qu'on prt5dait indivisible e/ divis2 ce qui se compntrait et se fondait l'un dans l'autre e/ sp>4 ,a notre t\r de leur repro*] de dfaire c\ps de ciseaux la trame inextricable des *oses1 de les dfigur] en les morcelant6 ,et ce n'e/ pas seulem5t le sujet connaissant que l'intuition morcelle1 c'e/ encore et surt\t l'objet connu4 ,j'ai beau appr(ondir et scrut] ma consci5ce1 j'y *]*e en va9 l'intuition simultane du gr& ,t\t4 ,je n'ap]ois que des fragm5ts p>s1 tels que le moi et le non-moi2 quant au li5 qui les unit ou au pr9cipe commun o ils entr5t en fusion1 je n'en vois po9t4 ,sans d\te1 n\s avons le s5tim5t de saisir en n\s un c\lem5t cont9u1 mais *aque tre a son c\lem5t propre1 di/9ct des autres2 *acun vit p\r son compte4 ,bi5 plus1 dans cet c\lem5t des *oses1 n\s ne saisissons p> l'intuition seule que des in/antans ou des tran*es d'une paisseur de temps inf9im5t m9ce4 ,c'e/ la mmoire et l'intellig5ce qui n\s p]mett5t de c\dre ensemble t\s ces in/ants et de n\s donn] l'illusion c9matographique de la cont9uit pure4 ,il n'e/ donn p]sonne de saisir d'un seul reg>d intuitif la totalit de son exi/5ce2 plus =te raison1 celle de l'exi/5ce univ]selle4 ,supprimez la mmoire1 l'intellig5ce et aussi les conclusions du raisonnem5t2 aussitt1 malgr l'intuition1 notre vie tombe en p\ssire ou se vaporise en fume4 ,p\r r5dre l'unit l'intuition sans cesse van\issante et lui donn] une dure1 il faut t\j\rs faire r5tr] en scne la mmoire1 la consci5ce et l'intellig5ce qui seule en peut compr5dre l'unit4 ,le morcelage s'impose donc l'intuition comme l'intellig5ce4 ,deuximem5t1 l'intuition vite-t-elle le repro*e adress l'intellig5ce de ne pas tre ne p\r spcul]1 mais uniquem5t p\r les beso9s pratiques de l'action8--,on ne peut plus le prt5dre1 lorsqu'on a fait de l'intuition un ret\r l'in/9ct animal primitif1 lorsqu'on a assimil sa sympa?ie div9atrice ce s5tim5t obscur et aveugle1 ess5tiellem5t pratique1 p> lequel le ,sphex sait reconnatre les ganglions de la *5ille et le po9t prcis o il doit les bless] p\r les p>alys] sans les tu]4 ,bi5 au contraire1 si quelque facult s'e/ dveloppe dans l'animal en vue des beso9s pratiques de la vie cons]v]1 dvelopp]1 df5dre ou multipli]1 c'e/ prcism5t l'in/9ct4 ,si la spculation e/ inutile quelque fonction animale1 c'e/ videmm5t l'in/9ct4 ,p\r scrt] le suc ncessaire la dige/ion1 les gl&es /omacales n'ont nul beso9 de la connaissance de ce qu'elles font ni des moy5s *imiques qu'elles utilis5t si bi5 sans le savoir1 encore mo9s des raisons d'tre de leur m]veilleux mcanisme4 ,elles agiss5t sans y p5s]1 et bi5 mieux que p> les ttonnem5ts de la p5se4 ,a9si donc1 aprs avoir id5tifi l'intuition l'in/9ct1 on ne peut plus lui attribu] de connaissances spculatives2 t\t au plus1 un savoir inconsci5t se bornant la pratique1 utile seulem5t aux f9s de l'individu et de l'espce4 ,l'in/9ct e/ donc bi5 plus utilitaire que l'intellig5ce1 et l'objection se ret\rne entirem5t contre ceux qui n\s l'ont adresse4 ,ce n'e/ pas dire que t\s nos in/9cts soi5t inutiles la spculation3 ce s]ait l une exagration dm5tie p> les faits4 ,aussi sa9t ,?omas a longuem5t appuy sur l'importance de ces habitudes innes de l'intellect qu'il appelait l'habitude des premi]s pr9cipes et que n\s appelons nos in/9cts mtaphysiques et moraux4 ,ils sont une espce de sci5ce infuse qui n\s ouvre spontanm5t des p]spectives sur les sci5ces spculatives et morales4 ,mais ces espces d'in/9ct sont dj de l'intellig5ce en g]me3 elles sont la direction mme de la p5se intellectuelle et l'apanage exclusif de l'animal raisonnable4 ,troisimem5t1 l'intuition pure peut-elle n\s faire vit] t\te promiscuit avec les concepts et leurs t>es +urissables8 ,hlas6 non4 ,kant l'a dit quelque "p1 et le mot a t s\v5t r$it aprs lui3 ,l'intuition sans le concept e/ aveugle4#dea ,si v\s v\s bornez l'intuition immdiate de la consci5ce ou du c\rant de la consci5ce1 comme ils dis5t1 du /ream ( consci\sness1 que p]cevrez-v\s1 s9on que v\s tes1 que v\s voluez1 que v\s dev5ez8 ,mais p\vez-v\s dire3 je suis1 je vis1 j'volue1 je devi5s1 sans aussitt catgoris] et v\s s]vir des concepts d'tre ou d'exi/5ce1 de vie1 d'volution1 de dev5ir8 ,il e/ clair que non4 ,que si v\s aj\tez1 avec ,m4 ,b]gson3 ,je suis un esprit1 je *ange librem5t2 ma lib]t e/ cratrice d'effets t\j\rs imprvus et incomm5surables avec leurs antcd5ts1 n'e/-ce pas catgoris] davantage encore et v\s s]vir de plus en plus de ces fameux concepts de spiritualit1 de lib]t1 de causalit1 de cration1 voire mme de cration ex nihilo ou de comm5cem5ts absolus1 qui sont les concepts les plus relevs de la mtaphysique8 ,v\s j\ez donc avec les concepts1 comme ,m4 ,j\rda9 avec la prose 444 sans v\s en d\t]1 peut-tre1 mais trs rellem5t4 ,je ne v\s en blme pas1 sans d\te1 c> v\s ne p\vez faire autrem5t4 ,l'intuition se traduira t\j\rs en ides ou en concepts1 p>ce qu'en dehors de l'ide1 ri5 n'e/ intelligible ni exprimable4 ,v\loir p>l] sans ide1 plus =te raison v\loir philosoph] sans ide1 n'a plus aucun s5s1 mais il faudrait le confess] loyalem5t1 au lieu de v\loir l'ignor]4 ,l'espoir de n\s prs5t] une ralit purge de t\t concept et de t\te ide--crit ,m4 ,f\ille--ne s]ait-il pas d'ailleurs *ez un philosophe une involontaire contradiction8 ,il n'y a qu'un moy5 de philosoph] sans concept1 c'e/ de se laiss] vivre1 sans mme se reg>d] vivre et p>tant ne pas philosoph] du t\t4 ,a ce compte1 l'enfant s]ait le plus gr& des sages1 lui qui vit sans altr] du reg>d la limpidit ou plutt la tr\ble obscurit du c\rs de sa vie4 ,aussi ,m4 ,william ,james n\s conseille-t-il1 la faon vanglique1 de r$ev5ir comme les petits enfants4 ,qu'e/-ce p\rtant que spcul]1 s9on rfl*ir sur la vie mme1 sans se dissimul] qu'une p>faite adquation de nos ides aux *oses e/ impossible8#deb ,p\r philosoph]1 il faut donc rfl*ir sur l'objet mme de l'intuition1 p> exemple sur ce c\rant de vie1 qu'il n\s dvoile1 ou sur ce s5tim5t si vif d'un flot montant de vie intrieure4 ,il faut en re*]*] la nature1 l'ess5ce1 la raison d'tre1 les causes1 le b ou la f91 etc4 ,or1 t\t ce travail s'labore p> la prcision de plus en plus rig\reuse de nos concepts taills sur mesure et p> le d\ble jeu des concepts3 l'analyse et la syn?se1 l'induction et la dduction4 ,sans ce travail m?odique de la p5se1 l'intuition ne n\s aurait f\rni qu'une matire in=me1 qu'un incomprh5sible et insaisissable dev5ir1 s'van\issant entre nos doigts1 comme la fume qui passe et que le petit enfant t5te va9em5t de ret5ir dans sa ma94 ,l'opration intellectuelle n'e/ donc pas1 comme on le rpte1 un pis-all] p\r remplac]1 tant bi5 que mal1 l'intuition abs5te#dec1 mais au contraire un moy5 indisp5sable p\r r5dre l'intuition comprise et utile4 ,insi/ons sur ce po9t important qu'on a dfigur4 ,on a dit que l'intellig5ce tait une facult pr5euse ou capteuse d'tre4 ,cela e/ vrai1 mais incompltem5t vrai4 ,t\te connaissance1 mme celle des s5s1 e/ aussi capteuse de son objet1 auquel elle s'assimile en le dev5ant1 d'une c]ta9e faon1 dans une vivante intimit4 ,le t\*] saisit la figure1 la rsi/ance2 l'il saisit sa c\leur1 etc4 ,et le s5s c5tral ou commun saisit la totalit de l'objet individuel4 ,quelle e/ donc la diffr5ce capitale8 ,la voici4 ,le s5s ne fait que voir son objet1 le saisir1 le pr5dre2 l'intellig5ce peut1 en outre1 le compr5dre dans sa nature1 sa quiddit1 en un mot1 elle peut se r5dre compte de ce qu'elle a pris1 p>ce que1 seule1 elle peut le connatre p> ses causes ou ses raisons d'tre1 cognitio p] causas4 ,or1 p\r connatre a9si p> les causes1 il y a trois procds3 div91 anglique et huma94 ,la sci5ce de ,dieu e/ intuitive1 c> il voit t\t dans son ,v]be1 dont la p5se e/ cratrice de t\te *ose1 suivant l'adage3 ,sci5tia ,dei e/ factiva r]um4 ,la sci5ce des anges e/ aussi intuitive4 ,grce leurs ides infuses1 ces purs esprits voi5t t\t le cr dans une lumire suprieure1 reflet du ,v]be1 raison et cause de t\t ce qui e/4 ,p\r eux1 l'tre cr e/ t\t diaphane3 aussi leur intuition et leur comprh5sion concid5t et s'id5tifi5t#ded4 ,aux antipodes de cette intuition syn?tique a priori se place la connaissance huma9e1 t\te a po/]iori et discursive4 ,elle n'claire son objet que peu peu1 en remontant des effets leurs causes1 de l'tre sa raison d'tre1 p> l'analyse et la syn?se1 divid5do et compon5do4 ,et c'e/ seulem5t p> ce travail qu'elle peut f9ir p> compr5dre ce qu'elle a pris4 ,sans lui1 au contraire1 le livre de la nature demeur]ait f]m et incompris4 ,c'e/ donc--p> une trange confusion--attribu] l'homme une connaissance au-dessus de ses moy5s prs5ts--puisque les donnes angliques n\s manqu5t1--de lui suppos] une intuition syn?tique des *oses qui lui p]mettrait de compr5dre l'tre1 ri5 qu'en le pr5ant ou en le surpr5ant dans l'exi/5ce4 ,cette confusion t5drait faire de n\s des ,anges1 alors que l'homme--comme on le sait--ne doit faire ni l'ange ni la bte4 ,une telle intuition n'exi/e donc pas p\r n\s sur la t]re1 o notre il--suivant la belle comp>aison d',ari/ote--ressemble plutt celui de l'oiseau de nuit en face du ple9 soleil4 ,il e/ p\r a9si dire =c d'analys] pniblem5t *aque rayon1 l'un aprs l'autre1 c> il s]ait bl\i p> leur syn?se4 ,l'intuition b]gsoni5ne n'e/ donc qu'un rve ici-bas ou une anticipation *imrique sur la vision batifique du ciel4 ,si telle e/ l'insuffisance de l'intuition p\r n\s saisir et n\s compr5dre n\s-mmes1 tels que notre consci5ce n\s rvle1 plus =te raison p\r saisir et p\r compr5dre les autres que n\s1 c'e/--dire l'imm5sit de l'univ]s4 ,on a beau faire appel la sympa?ie intuitive qui reli]ait entre eux t\s les tres de la cration et n\s fusionn]ait n\s-mmes avec eux1 ce n'e/ l qu'un va9 mirage1 de brillantes mtaphores qui s'teign5t brusquem5t devant la ralit des faits les plus simples et les plus faciles contrl]4 ,jamais la sympa?ie p\r une autre p]sonne1 si intime soit-elle1 ne s]a la consci5ce d'autrui4 ,si n\s dev9ons p>fois ses s5tim5ts intimes1 ses proccupations ou ses projets1 c'e/ p> un processus d'inductions et de dductions qui n'a ri5 voir avec l'intuition1 s]ait-il rapide comme l'clair4 ,c'e/ t\j\rs p> l'obs]vation extrieure que n\s pntrons ou que n\s semblons pntr] dans l'intrieur des autres tres2 aussi le psy*ologue1 le naturali/e ou le physici5 n'ont-ils pas d'autre procd leur disposition que l'obs]vation extrieure4 ,et ce simple fait suffit rfut] la prt5due exi/5ce en n\s d'une espce de sympa?ie intellectuelle p> laquelle on se transporte l'intrieur d'un objet p\r concid] avec ce qu'il a d'unique et p> consqu5t d'inexprimable#dee4 ,ce rve brillant n'e/ assurm5t qu'un rve4 ,il aura du mo9s p\r n\s une utile leon1 celle de n\s mettre en g>de contre les prt5dues intuitions b]gsoni5nes1 sur les donnes soi-disant immdiates de la consci5ce4 ,ri5 de plus subjectif1 en effet1 ni de plus illusoire que ce prt5du reg>d intuitif jet dans l'intrieur des *oses4 ,w4 ,james lui-mme a av\ que les intuitions s\rdes ne sont le plus s\v5t que le reflet d'un c>actre v>iable avec *aque p5seur4 ,le motif s'en dev9e aism5t4 ,libr des entraves de la raison et de ses premi]s pr9cipes1 l'esprit intuitif y dc\vre facilem5t t\t ce qu'il veut4 ,m4 ,b]gson prt5d y saisir l'ess5ce de la vie aussi bi5 que de la matire1 aussi fait-il du s5tim5t immdiat de la vie le fond de sa mtaphysique2 ,m4 ,blondel y p]oit une manife/ation concrte et progressive de l',inf9i2 ,m4 ,le ,roy y a entrevu1 avec le s5s du div91 la prs5ce mme de ,dieu2 avant eux1 ,s*ell+ et ,ravaison y avai5t dc\v]t la /abilit de la vie t]nelle2 contrairem5t t\s les disciples d',hraclite qui n'y tr\v5t que la mobilit du dev5ir pur4 ,eh6 ,qui p\rrait prvoir t\tes les dc\v]tes futures que cette sympa?ie div9atrice rs]ve nos f]v5ts adeptes de l'intuitionisme et du my/icisme6 ,qu'e/-ce qui ne devi5t pas croyable1 qu& on ne croit plus qu'au s5tim5t et au flair de l'in/9ct individuel8 ,p\r n\s re/re9dre la dc\v]te de ,m4 ,b]gson1 elle se rsume--comme n\s l'avons dj expose longuem5t--dans l'ide de ,temps1 t(fe ou sub/ance des *oses et pr9cipe de la vie1 non mo9s que de ce psy*ique inv]ti qui e/ la matire4 ,or1 cette ide gnrale e/ non seulem5t un concept1 mais le plus compliqu et le plus raff9 de t\s1 c> il suppose une laboration trs complexe d'une multitude de concepts1 de s5tim5ts et d'imag9ations amalgams dans une conception prodigieusem5t trange et sy/matique4 ,en cela1 ri5 ne ressemble mo9s une intuition pure et simple3 c'e/ au contraire la cration de t\te pice d'une va/e et brillante *imre1 baptise aprs c\p de contact supra-intellectuel avec la ralit absolue1 l',evolution cratrice 444 ce que ,m4 ,f\ille appelle ironiquem5t l',imag9ation cratrice4 ,ce n'e/ l1 aj\te-t-il ju/em5t1 qu'une cration de la p5se1 non une manire immdiate de f\ill] les entrailles des *oses4 ,l'imag9ation philosophique ou sci5tifique e/ simplem5t une syn?se rapide d'analyses antrieures ou une con/ruction de syn?ses hypo?tiques1 qui n'ont de valeur qu'en s'appuyant sur les analyses4 ,les prt5dues intuitions sont alors de la logique aile1 prompte comme l'oiseau1 ramassant les syllogismes en en?ymmes1 les en?ymmes en jugem5ts1 les jugem5ts en ides saisies d'un reg>d de la p5se4#def ,l'intuition1 lo9 d'tre un procd privilgi1 se rs\t donc en ces jeux d'entits conceptuelles p\r lesquels on pr(essait tant de mpris4 ,qu'ils soi5t l5ts ou rapides comme un trait de lumire1 leur procd re/e t\j\rs le mme4 ,n\s voil donc bi5 lo9 de cette intuition des *oses p> le d$ans1 de cette connaissance p>faite et infaillible--p>ce qu'elle s]ait la concid5ce avec l'acte gnrateur de la ralit1--que l'on n\s avait si pompeusem5t annonce4 ,l'intuition1 dans un vol p>eil en audace a celui de ,prom?e1 devait n\s ravir t\s les secrets du ciel et de la t]re4 ,elle ne n\s p>lait que de p]ception pure1 de s\v5ir pur1 de dure pure1 d'htrognx pure1 de lib]t pure1 de mobilit pure1 de vie et de cration l'tat pur1 comme de donnes immdiates de la consci5ce intuitive4 ,or1 t\s ces espoirs sont va9s2 de fait1 la vie ne se saisit pas l'tat pur2 ri5 ne se laisse a9si saisir1 s\/rait t\tes ses relations naturelles4 ,les notions pures qu'on n\s proposait sont donc des entits imag9es de t\te pice et mises bi5 indm5t au rang des ralits vcues4 ,suivant le mot de ,tacite3 ils fabriqu5t des idoles et y croi5t3 f+unt atque cr$unt6 ,n'importe1 les entits conceptuelles n'aurai5t pu prt5dre l'honneur d'une telle rhabilitation4 ,on en r5contre p>t\t dans les uvres de la n\velle cole2 elles sont dev5ues la trame ess5tielle de t\te la philosophie intuitionni/e4 ,si l'on retran*ait1 p> exemple1 de l',evolution cratrice1 t\t ce qu'elle conti5t de notions gnrales et d'infr5ces rationnelles p> induction ou dduction--ces procds si suspects1--il n'en re/]ait pas gr&'*ose1 c> elle e/ plus *>ge de mtaphysique syllogisante que d'obs]vation pure4 ,sans cet appel incessant aux donnes conceptuelles de l'intellig5ce et au raisonnem5t--si s\v5t calomnies p> l'auteur1--que devi5drai5t ses belles rfutations du matrialisme1 du mcanisme et de l'idalisme anglais8 ,elles ne ti5drai5t plus deb\t4 ,que si p>fois il draisonne lui-mme1 c'e/ encore en raisonnant outrance4 ,donc1 son brillant aro/at e/ t\t gonfl d'intellectualisme4 ,le fait e/ si vid5t que ,m4 ,b]gson a d pr5dre la pe9e de s'en excus]4 ,il n\s a rpondu que les concepts dont il se s]t sont des concepts s\ples1 mobiles1 fluides1 bi5 diffr5ts de ceux que n\s manions d'habitude 444 des concepts appropris un seul objet 444 concepts dont on peut dire pe9e que c'e/ encore un concept1 puisqu'il ne s'applique qu' une seule *ose#deg4 ,le lecteur jug]a de la valeur de cette *appatoire4 ,comme si l'on p\vait discut] sur un objet dont le concept s]ait fluide1 avec des df9itions mobiles et p]ptuellem5t *angeantes6 ,ou comme si nos jugem5ts et nos raisonnem5ts1 p\r tre valides1 p\vai5t se pass] de t]mes gnraux6 ,si ,m4 ,b]gson ne s'tait s]vi que de tels pseudo-concepts1 t\s ses beaux raisonnem5ts s]ai5t caducs1 d'aprs les rgles les plus lm5taires de la ,logique4 ,concluons1 encore une fois1 que l'intuition1 pure de t\t concept1 telle que les b]gsoni5s la conoiv5t1 ne peut tre qu'un rve4 ,aurait-elle t\tes les qualits de la fumeuse jum5t de ,roll&1 elle en aurait surt\t le grave dfaut1 celui de ne po9t exi/]4 ,l'intuition1 sans les ides correspondantes aux objets p]u1 s]ait une facult aveugle plonge dans un tr\ noir o elle ne p\rrait ri5 disc]n] ni se disc]n] elle-mme4 ,seule l'ide claire les objets et n\s p]met de les disc]n]1 soit dans l'analyse de leurs dtails1 soit dans leur unit syn?tique4 ,mais si la valeur de l'ide gnrale ou du concept et des premi]s pr9cipes qui l'accompagn5t a dj t mise en d\te ou nie p> une mtaphysique nom9ali/e1 ce vice ess5tiel rejaillit sur l'intuition elle-mme4 ,aussitt1 l'intuition s'cr\le1 avec l'intellig5ce1 dans le g\ffre du scepticisme univ]sel4 ,g\ffre sans fond et sans espoir de remde1 c> les ngations nom9ali/es1 en sapant p> la base t\te connaissance intellectuelle1 p]mett5t l'anti9tellectuali/e de ne t5ir aucun compte des objections qu'on lui adresse au nom du bon s5s et de la raison1 facults dsormais primes4 ,la t5tative de ,m4 ,b]gson d'lev] une intuition philosophique sur les ru9es de l'intellig5ce--alors que leur sort e/ ess5tiellem5t li--n'tait donc qu'un essai *imrique1 condamn un avortem5t c]ta94 ,la philosophie s]a intellectuali/e ou elle ne s]a pas6 ,non1 sans d\te1 qu'elle doive rev5ir un intellectualisme a priori1 irrvocablem5t condamn1 mais ce sage intellectualisme exprim5tal si bi5 appel p> ,m4 ,rabi] un empirisme intellig5t3 celui d',ari/ote et de sa9t ,?omas1 si peu connu des mod]nes4 99 99 99 99 99 ,,iii4 ,rem>ques4--,il s'en faut cep5dant que cet appel l'intuition ne rponde po9t un beso9 raisonnable de la p5se contempora9e et soit rejet] sans aucune rs]ve4 ,et cette me de vrit1 n\s v\drions1 en t]m9ant1 la dgag] des scories et de la gangue paisse dont on l'a enveloppe et obscurcie4 ,on a vraim5t trop abus1 surt\t depuis ,desc>tes et ,kant1 des con/ructions a priori4 ,il tait temps de r5onc] une telle m?ode si prilleuse et si /rile1 en pr5ant contact avec les ralits de la nature1 et de subir le contrle des expri5ces vulgaires et sci5tifiques4 ,il tait temps de rev5ir une vue directe des *oses4 ,que la p5se du ,x,i,xe sicle ait rclam une philosophie de ce g5re1 s\/raite l'arbitraire1 capable de desc5dre au dtail des faits p>ticuli]s1 cela n'e/ pas d\teux4#deh ,m4 ,b]gson le reconnat1 mais on l'avait reconnu avant lui1 et c'tait l prcism5t la pr9cipale raison d'tre de la r5aissance au c\rs de ce sicle du pripattisme1 qui a p\r m?ode de tir] ses ides ab/raites des faits concrets et d'difi] la mtaphysique sur la physique1 en sorte que p\r elle il n'y a jamais ni intuition pure ou vide de t\te ide1 ni ide pure ou a priori sans aucune intuition pr(onde du rel4 ,on connat1 au contraire1 la manire t\t a priori/ique dont ,desc>tes a u1 p> exemple1 p\r =mul] les lois du m\vem5t des corps1 en les dduisant de l'ide de ,dieu1 de son immutabilit ou de quelque autre ide claire4 ,on sait que s'il a fait appel l'expri5ce1 c'e/ p\r lui faire j\] un rle trs secondaire et subordonn1 celui de confirm] ou de complt] nos ides claires1 entirem5t innes et indp5dantes de l'expri5ce#dei4 ,ne considr] celle-ci que comme la trs humble s]vante de la ratioc9ation n\s p>at auj\rd'hui un abus invraisemblable4 ,quant aux =mes a priori de ,kant1 elles tomb5t s\s la mme rprobation1 et ,m4 ,b]gson n'a cess de les cribl] des traits de sa critique v5g]esse4 ,bi5 des pages s]ai5t cit]2 en voici une prise au has>d qui n'e/ pas la mo9s vig\reuse3 ,un des pr9cipaux artifices de la critique kanti5ne a consi/ pr5dre au mot le mtaphysici5 et le savant 7qui spculai5t a priori71 p\ss] la mtaphysique et la sci5ce jusqu' la limite extrme du symbolisme o elles p\rrai5t all]1 et o d'ailleurs elles s'a*em9ai5t d'elles-mmes1 ds que l'ent5dem5t rev5dique une indp5dance 7des faits7 ple9e de prils4 ,une fois mconnues les atta*es de la sci5ce et de la mtaphysique avec l'intuition intellectuelle 7des faits71 ,kant n'a pas de pe9e montr] que notre sci5ce e/ t\te relative et notre mtaphysique t\t artificielle4 ,comme il a exaspr l'indp5dance de l'ent5dem5t dans un cas comme dans l'autre1 comme il a allg la mtaphysique et la sci5ce de l'intuition intellectuelle qui les le/ait intrieurem5t1 la sci5ce ne lui prs5te plus1 avec ses relations1 qu'une pellicule de =me1 et la mtaphysique1 avec ses *oses1 qu'une pellicule de matire4 ,e/-il tonnant que la premire ne lui montre alors que des cadres embots dans des cadres1 et la seconde des fantmes qui c\r5t aprs des fantmes8 444 ,il a port notre sci5ce et notre mtaphysique des c\ps si rudes qu'elles ne sont pas encore t\t fait rev5ues de leur t\rdissem5t4 ,et aprs une critique vig\reuse de ce gr& rve de la ma?matique univ]selle que ,kant a eu le gr& tort de pr5dre p\r une ralit1 et de ces =mes a priori o t\t le rel doit entr] de gr ou de =ce1 il conclut a9si3 ,bref1 t\te la ,critique de la ,raison pure ab\tit tablir que le ,platonisme1 illgitime si les ides sont des *oses 7des sub/ances71 devi5t lgitime si les ides sont des rapports 7des =mes71 et que l'ide t\te faite1 une fois a9si ram5e du ciel sur la t]re1 e/ bi51 comme l'avait v\lu ,platon1 le fond commun de la p5se et de la nature4 ,mais t\te la ,critique de la ,raison pure repose aussi sur ce po/ulat que notre intellig5ce e/ incapable d'autre *ose que de platonis]1 c'e/--dire de c\l] t\te expri5ce dans des m\les prexi/ants4#dfj ,voil qui e/ =t bi5 raisonn2 c'e/ l'ide qu'il faut m\l] sur le rel et non pas le rel sur l'ide a priori4 ,et c'e/ l1 prcism5t1 n\s l'avons dj dit1 la gr&e supriorit de l'ari/otlisme sur le platonisme1 de la philosophie traditionnelle sur t\tes les philosophies mod]nes#dfa4 ,mais comm5t ralis] ce progrs1 comm5t pass] de la p5se la nature1 du sujet l'objet8 ,n'e/-ce pas l prcism5t l'abme que depuis ,desc>tes et ,kant on ne savait plus comm5t fran*ir1 t\s les ponts p>aissant irrmdiablem5t c\ps entre les deux rives di/antes l'inf9i8 ,t\te la philosophie mod]ne1 plus ou mo9s imbue de subjectivisme1 s'tait donc enf]me dans l'tude du sujet p5sant--sans en p\voir sortir1--comme dans un tr\ o l'on t\ffe4 ,la philosophie traditionnelle1 depuis ,ari/ote1 avait bi5 dc\v]t et publi la ?orie clbre de la communication des tres entre eux1 mais le secret s'tait p]du et l'on ne t5tait mme plus aucun ef=t p\r le retr\v]1 p>ce qu'on le disait impossible4 ,ce prjug e/ si t5ace que l'on voit encore des p5seurs de tal5t crire sans la mo9dre hsitation des p>adoxes comme celui-ci3 ,un dehors et un au del de la p5se e/1 p> df9ition1 *ose absolum5t imp5sable4 ,jamais on ne sortira de cette objection4444 ,la p5se1 en se *]*ant un objet absolu1 ne tr\ve jamais qu'elle-mme2 le rel conu comme *ose purem5t donne fuit sans cesse devant la critique4#dfb ,c'e/ donc1 p\r t\s nos mod]nes1 la p5se qui se contemple et se saisit elle-mme1 en croyant saisir et contempl] un objet trang] au moi6 ,p\r n\s1 au contraire1 c'e/ l'illusion trange et fanta/ique de ce solipsisme qui e/ contradictoire et imp5sable6 ,n\s avons vu comm5t ,m4 ,b]gson1 lo9 d'accept] cette df5se de communiqu] avec le dehors1 avait h>dim5t bris et fran*i la b>rire imag9aire en posant en pr9cipe l'intuition immdiate du monde extrieur4 ,c'tait l1 aux yeux de ses contempora9s--et mme de ses plus m95ts disciples qui ont refus de le suivre1--une audace rvolutionnaire4 ,a nos yeux1 c'e/ un acte de c\rage l\able2 mais c'e/ surt\t un acte de simple bon s5s4 ,s'il et t s\t5u p> une analyse psy*ologique et mtaphysique plus pr(onde1 se rappro*ant de la fameuse ?orie pripattici5ne sur la communication de l'ag5t et du pati5t--qu'il semble ignor] totalem5t1--son acte de bon s5s se ft d\bl d'un acte philosophique d'une plus haute porte4 ,quoi qu'il en soit1 l'intuition du rel e/ enf9 re9tgre dans la philosophie positive1 une place d'autant plus honorable que son exil avait t plus long et plus immrit4 ,aprs l'intuition immdiate du monde extrieur p> les s5s ext]nes1 il fallait aussi rintgr] l'intuition immdiate du moi-ag5t p> le s5s intime4 ,ici1 ,m4 ,b]gson1 quoique en avance sur ses contempora9s1 n\s p>at encore bi5 incomplet4 ,si cette intuition exi/e1 crit-il1 une prise de possession de l'esprit p> lui-mme e/ possible et non plus seulem5t une connaissance extrieure et phnomnale4#dfc ,aprs une affirmation si nette1 on s'att5d voir app>atre le moi-ag5t et l'on e/ du4 ,sans d\te1 il n\s a bi5 dit que le moi tait p]u dans ses pr(ondeurs et non sa surface3 ,j'en p]ois l'intrieur1 le d$ans1 p> des s5sations que j'appelle affectives1 au lieu d'en connatre seulem5t la pellicule sup]ficielle4#dfd ,mais cette analyse psy*ologique e/ encore bi5 insuffisante4 ,s'il avait tudi1 comme ,ma9e de ,biran1 le s5tim5t de l'ef=t actuel1 o1 s\s l'action1 app>at si clairem5t l'exi/5ce d'un ag5t qui s'ef=ce p\r pass] de la puissance l'acte1 ,m4 ,b]gson aurait conclu la p]ception immdiate de l'exi/5ce--je ne dis pas de la nature que le raisonnem5t seul peut atte9dre--de cet ag5t qui n'a ri5 de my/rieux puisqu'il s'appelle moi1 et qu'il se proclame matre de son action1 en disant3 ma p5se1 mon v\loir1 mon *oix1 au lieu de dire votre p5se1 votre v\loir1 voire *oix4 ,sans cette intuition1 le raisonnem5t seul ne p]mettrait jamais au moi de se connatre lui-mme4 ,appuy sur le pr9cipe de sub/ance3 l'accid5t suppose un sujet1 il n'aurait pas droit de conclure que ce sujet e/ notre moi1 notre p]sonne4 ,au lieu de dire3 je p5se1 je veux1 je *oisis1 il devrait conclure seulem5t--s\s une =me imp]sonnelle3--on p5se1 on veut1 on *oisit1 comme on dit3 il pleut ou il neige6 ,cette intuition immdiate d'un ag5t s\s l'action1 il tait difficile ,m4 ,b]gson de la reconnatre1 aprs avoir fait pr(ession du plus pur phnomnisme1 sans se contr$ire ouv]tem5t et r5v]s] de fond en comble son propre sy/me4 ,il a donc l comme une app>5ce d'excuse4 ,mais ceux-l n'en ont aucune qui1 aprs avoir combattu le phnomnisme et admis des ag5ts s\s les actions1 des tres s\s les modes d'tre1 os5t trait] d'illusion d'ultra-raff9s la p]ception immdiate du moi-ag5t#dfe4 ,ceux-l sont sans excuse qui t5t5t de *ass] de la psy*ologie exprim5tale la p]ception de cet ag5t1 quelle qu'en soit d'ailleurs la nature1 spirituelle ou matrielle4 ,en cela1 il font le jeu1 sans s'en d\t]1 des positivi/es et des phnomni/es1 et en devi5n5t1 bon gr1 mal gr1 les prisonni]s1 p>ce qu'il e/ impossible de dcrire les faits psy*ologiques sans les jug]1 et que les dcrire comme le fait un pur phnomni/e1 c'e/ dj jug] que le phnomnisme e/ vrai4 ,p> exemple1 impossible de dire1 comme psy*ologue1 que l'me 7quelle qu'en soit la nature7 e/ une hypo?se sup]flue p\r expliqu] les faits psy*iques2--et puis d'aj\t]1 comme mtaphysici51 qu'elle e/ indisp5sable p\r expliqu] les mmes faits4 ,ce raisonnem5t e/ tellem5t vid5t qu'il a =c l'adhsion de ,m4 ,b]gson lui-mme dans une page mmorable que n\s recomm&ons la mditation des philosophes spirituali/es auxquels n\s v5ons de faire allusion4 ,a premire vue1 il peut p>atre prud5t d'ab&onn] la sci5ce 7la ,psy*ologie positive7 la considration des faits4444 ,a cette connaissance1 le philosophe sup]pos]a une critique de la facult de connatre et aussi1 le cas *ant1 une mtaphysique3 quant la connaissance mme1 dans sa matrialit1 il la ti5t p\r affaire de sci5ce et non pas de philosophie4 ,mais comm5t ne pas voir que cette prt5due division du travail revi5t t\t br\ill] et t\t confondre8 ,la mtaphysique ou la critique que le philosophe se rs]ve de faire1 il va les recevoir t\tes faites de la sci5ce positive1 dj cont5ues dans les descriptions et les analyses dont il a abondonn au savant t\t le s\ci4 ,p\r n'avoir pas v\lu int]v5ir1 ds le db1 dans les que/ions de fait1 il se tr\ve rduit dans les que/ions de pr9cipe =mul] purem5t et simplem5t en t]mes plus prcis la mtaphysique et la critique inconsci5tes1 p>tant inconsi/antes1 que dess9e l'attitude mme de la sci5ce vis--vis de la ralit4444 ,on ne peut pas dcrire l'aspect de l'objet sans prjug] sa nature intime et son organisation4 ,la =me n'e/ pas t\t fait isolable de la matire1 et celui qui a comm5c p> rs]v] la philosophie les que/ions de pr9cipe1 et qui a v\lu1 p> l1 mettre la philosophie au-dessus des sci5ces comme une ,c\r de cassation au-dessus des ,c\rs d'assises et d'appel1 s]a am51 de degr en degr1 ne plus faire d'elle qu'une simple c\r d'enregi/rem5t *>ge t\t au plus de libell] en t]mes plus prcis des s5t5ces qui lui arriv5t irrvocablem5t r5dues4#dff ,voil qui e/ =t bi5 dit4 ,c'e/ la psy*ologie exprim5tale qui ti5dra la psy*ologie mtaphysique prisonnire1 si celle-ci abdique t\t contrle sur la m>*e de la premire3 ce qui se f]a sans elle1 se f]a contre elle4 ,et cette bonne leon n\s vi5t de nos adv]saires eux-mmes3 fas e/ et ab ho/e doc]i6 99 99 99 99 99 ,a l'intuition du moi-ag5t et de t\s les ag5ts extrieurs p]u trav]s leurs actions1 il faut aj\t] une troisime espce d'intuition1 bi5 diffr5te des deux premires1 l'intuition intellectuelle1 fonction propre de l'intellig5ce huma9e4 ,elle seule sait lire l'intrieur 7intus-leg]e7 de l'objet concret1 cont+5t et prissable1 le type t]nel et ncessaire dont il e/ l'expression s5sible#dfg4 ,elle seule1 conoit l'ide ou notion gnrale1 et1 p> l'intuition des rapports ncessaires entre les ides1 n\s dc\vre les jugem5ts ou pr9cipes premi]s4 ,or1 les notions les plus lm5taires--avant leurs comb9aisons savantes dans des notions complexes--sont directem5t p]ues p> une pure intuition dans les ralits extrieures ou intimes qui les exprim5t4 ,telles sont les notions transc5dantales d'tre#dfh1 d'unit1 de bont1 de beaut1 etc42 a9si que les notions catgoriques de sub/ance et d'accid5t1 de qualit et de quantit1 d'action et de passion1 d'espace et de temps1 etc4 ,t\t cela1 n\s l'exprim5tons *aque in/ant2 bi5 plus1 t\t cela1 n\s le sommes1 n\s le saisissons sur le vif en n\s-mmes1 n\s le vivons1 et s'il y eut jamais des connaissances vcues1 ce sont bi5 celles-l4 ,grce cette antique notion d' intuition1 dsormais reconquise1 la philosophie t\t entire se transfigure4 ,l'intuition du rel1 comme un ph>e lum9eux1 l'enveloppe de la base au sommet4 ,elle e/ la base1 puisqu'elle tire du rel t\tes ses donnes concrtes1 t\s les matriaux de ses con/ructions idales1 et qu'elle peut vrifi] sans cesse la con=mit de ses images s5sibles avec le rel intuitivem5t p]u4 ,elle e/ au sommet1 c> c'e/ encore l'intuition s5sible que revi5t l'esprit1 *acune des tapes de ses asc5sions v]s la vrit totale1 soit p\r jug] de la valeur objective de ce qu'elle a bti1 en repr5ant contact avec le rel1 soit p\r appr(ondir davantage ses notions1 ses ?ories1 en les replongeant dans le milieu rel d'o elles ont surgi1 en les reg>dant de n\veau la lumire de ce concret dont la pr(ondeur de s5s e/ 9puisable1 suivant l'adage scola/ique3 omne individuum ineffabile4 ,la beaut et surt\t la vrit d'une telle sci5ce philosophique1 a9si recon/ruite sur l'intuition du rel1 clat5t t\s les reg>ds4 ,elle n'e/ plus une div9ation hypo?tique d'un n\mne inconnaissable2--e/ une contemplation de la vrit--s9on directem5t dans le ,soleil div9 o elle habite1--du mo9s dans les ralits cres o se rfl*iss5t et se j\5t1 plus accessibles nos faibles reg>ds1 les innombrables rayons de sa lumire4 ,a ses yeux1 les lois de l'tre sont p]ues dans l'tre lui-mme et leur porte philosophique e/ dsormais fonde#dfi4 ,au contraire1 supprimez t\te intuition du rel1 le sujet p5sant t\rne2 au d$ans de lui-mme sans en p\voir sortir4 ,comme l'cureuil dans sa cage1 il peut en t\rnant rapidem5t se donn] l'illusion de fran*ir l'imm5sit des espaces2 de fait1 il re/e t\j\rs sur place4 ,le philosophe subjectivi/e1 incapable de confront] sa p5se avec le rel qu'elle doit reprs5t]1 ne p\rra plus la confront] qu'avec elle-mme3 ce qui n'a aucun s5s1 c> la norme de la p5se ne peut tre la p5se elle-mme1 sans une vid5te contradiction2 ou bi5 comp>] ensemble deux p5ses3 un prdicat et un attribut1 p\r voir leur con=mit logique3 ce qui n'a aucune utilit p\r jug] de leur valeur relle ou ontologique4 ,ds lors1 quoi lui s]t d'avoir des notions et des pr9cipes1 p> exemple les notions de cause et d'effet1 et le pr9cipe de causalit1 si l'esprit ne peut plus con/at]1 en lui et hors de lui1 l'exi/5ce de causes et d'effets rels correspondant ces notions ab/raites8 ,a quoi lui s]t le pr9cipe de causalit1 s'il ignore s'il y a dans la nature des ralits concrtes auxquelles il s]ait applicable8 ,t\te sa mtaphysique a priori re/e a9si susp5due en l'air comme un monde possible1 mais peut-tre irrel ou =t diffr5t de celui que n\s habitons et sans aucune application lgitime notre monde actuel4 ,en un mot1 sans l'intuition de l'tre1 t\te la ,mtaphysique s'van\it comme sci5ce du rel4 ,ces consqu5ces1 ,m4 ,b]gson les a =t bi5 vues--r5dons-lui cette ju/ice1--et il a eu le c\rage de les rappel] nos contempora9s qui les avai5t p]dues de vue ou plutt entirem5t mconnues4 ,il a mme su pos] le problme avec une p>faite nettet3 l'esprit huma9 e/-il1 oui ou non1 incapable d'aucune intuition du rel8--,t\te la "q e/ l1 dcl>ait-il =t ju/em5t1 et il aj\tait3 ,les doctr9es qui ont un fond d'intuition 7du rel7 *app5t la critique kanti5ne1 dans la mesure mme o elles sont intuitives4#dgj ,c'e/1 en effet1 la seule manire de t\rn] ou de bris] la b>rire artificielle leve p> ,kant entre la p5se et l'objet rel4 ,m4 ,b]gson n'aurait-il crit que ces p>oles p\r rsum] sa ?orie de l'intuition1 n\s devrions lui en savoir gr1 c> elles sont le mot d'ordre d'une rvolution antikanti5ne et antisubjectivi/e4 ,malheureusem5t1 sa raction si lgitime1 si ncessaire1 a dpass le b1 comme il arrive ord9airem5t t\te raction4 ,il a imag9 une intuition de l'objet1 en soi1 p> le d$ans1 qui n\s le f]ait saisir tel qu'il e/ l'intrieur de lui-mme1 dans la syn?se pr(onde et inexhau/ible de son ess5ce1 alors qu'il n\s suffit d'une intuition de l'objet en soi1 mais vu p> le dehors1 dans les manife/ations physiques ou psy*iques qui l'exprim5t et que mon image m5tale a la prt5tion lgitime de reproduire4 ,il tait d'ailleurs entran cet excs p> son prjug moni/ique o t\s les tres1 sujets ou objets1 se confond5t et se compntr5t dans une id5tit *imrique1 ne p\vant plus ri5 avoir de ca* ou d'insaisissable les uns p\r les autres4 ,a cet excs sur un po9t1 il a aj\t un trs grave dfaut sur un autre po9t non mo9s important4 ,ce df5seur outrance de l'intuition s5sible a ni ou mconnu l'intuition intellectuelle1 encore plus ncessaire que la premire1 c> si l'intuition s5sible n\s donne la matire cont+5te et prissable1 l'intuition intellectuelle n\s en donne la =me t]nelle et ncessaire4 ,or1 c'e/ la =me qui n\s fait compr5dre la matire1 et1 sans elle1 la matire re/]ait in9telligible et incomprise1 comme p\r les animaux sans raison qui voi5t t\t sans ri5 compr5dre4 ,non seulem5t la =me t]nelle n\s fait compr5dre ce qui e/ mais encore et surt\t ce qui doit tre1 c'e/--dire les pr9cipes qui doiv5t ori5t] notre action et notre vie morale4 ,or1 il e/ bi5 impossible de pass] de l'intuition de ce que n\s sommes prs5tem5t l'intuition de ce que n\s devons tre1 sans le sec\rs de l'intellig5ce1 facult intuitive des pr9cipes ncessaires aussi bi5 en morale qu'en logique et en mtaphysique4 ,sans elle1 p> consqu5t1 il e/ impossible ,m4 ,b]gson de c\ronn] sa psy*ologie p> une sci5ce morale vraim5t digne de ce nom4 ,p\r se connatre soi-mme1 suivant l'antique maxime1 il ne suffit ni d'un reg>d sur le prs5t ni d'un ret\r sur le pass1 il faut en outre une vue de l'av5ir1 ou plutt de l'idal t]nel ralis]1 idal de bont et de beaut qui doit n\s attir] et n\s entran] en ori5tant notre vie t\t entire4 ,or1 ce progrs moral individuel et social1 cette asc5sion dans une voie de spiritualit croissante1 ce n'e/ pas un fait univ]sel que l'on con/ate2 c'e/ un pr9cipe d'ordre qui s'impose notre esprit et notre action1 malgr t\s les faits contraires4 ,ici1 l'intuition morale va bi5 au del de l'expri5ce prs5te2 elle e/ donc intellectuelle4 ,elle porte sur des pr9cipes et non sur des faits1 sur ce qui doit tre et non sur ce qui e/4 ,elle n'e/ pas une p]spective sur le temps ni mme sur l'av5ir1 mais sur l't]nit4 ,la sci5ce morale s]a donc intellectuelle ou elle ne s]a pas4 ,cette ngation audacieuse de l'intellig5ce p> l'cole n\velle--qui se dit elle-mme no-positivi/e et anti9tellectuali/e--a bris les ailes de l'esprit huma91 dont t\te1 la dignit consi/e1 non s5tir1 mais p5s]4 ,elle a dconsidr1 en mme temps1 sa philosophie1 c> le premi] devoir du p5seur qui *]*e expliqu] la nature huma9e e/ de ne pas la mutil]1 s\s prtexte de la mieux expliqu]4 ,p> cette mutilation1 les no-positivi/es r5v]s5t la lgislation naturelle de l'esprit huma91 dont ils ne peuv5t p\rtant pas plus se pass] que n\s1 puisqu'ils se s]v5t de l'ide1 et p>tant l'affirm5t encore au mom5t mme o ils la ni5t4 ,une intuition s5sible du concret1 sans une intuition correspondante de l'idal et des pr9cipes premi]s1 ne peut conduire qu' la confusion des ides1 l'an>*ie et au *aos4 ,tmo9s t\tes ces incohr5ces1 t\tes ces contradictions1 t\tes ces in9telligibilits que n\s n'avons cess1 *aque page de ce travail1 de relev] en dtail et de dnonc] au lecteur4 ,elle conduit aussi t\s les c>ts de l'imag9ation--cette folle du logis1 si brillante soit-elle--qui li5t dsormais les rnes du *> emb\rb1 aux lieu et place de la raison4 ,a *aque page de cette tude1 n\s aurions pu en s\lign] l'influ5ce fatale et p>fois dlirante4 ,sans remont] plus haut1 la ?orie mme de l'intuition b]gsoni5ne va n\s en f\rnir une preuve tangible4 ,aprs avoir pos la ?se que l'intuition n\s fait pntr] l'intrieur mme de la vie et des vivants1 il s'ef=ce d'attnu] l'tonnem5t que doit en pr\v] t\t lecteur de bon s5s p> la comp>aison suivante3 ,qu'un ef=t de ce g5re n'e/ pas impossible1 c'e/ ce que dmontre dj l'exi/5ce1 *ez l'homme1 d'une facult e/htique ct de la p]ception normale4444 ,l'arti/e vise ressaisir 7les s5tim5ts intrieurs de son modle7 en se replaant l'intrieur de l'objet p> une espce de sympa?ie1 en abaissant p> un ef=t d'intuition 787 la b>rire que l'espace int]pose entre lui et le modle4 ,il e/ vrai que cette intuition e/htique1 comme d'ailleurs la p]ception extrieure1 n'atte9t que l'individuel4 ,mais on peut concevoir une re*]*e ori5te dans le mme s5s que l'art et qui pr5drait p\r objet la vie en gnral4444 ,p> la communication sympa?ique qu'elle tablira entre n\s et le re/e des vivants1 p> la dilatation qu'elle obti5dra de notre consci5ce 7671 elle n\s tablira dans le doma9e propre de la vie1 qui e/ compntration rciproque et cration indf9im5t cont9ue4 ,mais si p> l elle dpasse l'intellig5ce1 c'e/ de l'intellig5ce que s]a v5ue la sec\sse qui l'aura fait mont] au po9t o elle e/4#dga ,encore un mirage dcevant de l'imag9ation6 ,sans d\te1 l'arti/e qui veut pe9dre un modle1 comme le romanci] qui veut compos] un p]sonnage1 peut pntr] p> sympa?ie dans l'intrieur de cette individualit trangre1 lire dans sa p5se1 ress5tir ses impressions et ses s5tim5ts les plus intimes4 ,mais qui donc en lui accomplit ce prodige1 s9on l'imag9ation8 ,en vrit1 il rve1 il ne voit po9t ce qu'il dcrit d'une manire si m\vante4 ,il n'y a de mme qu'un rve de l'imag9ation dans l'ef=t intuitif inv5t p> l'auteur de l',evolution cratrice4 ,une intuition suprieure celle de l'intellig5ce n'exi/e po9t1 et le p\voir my/ique qu'on lui prte de lire dc\v]t t\s les secrets de la nature e/ va94 ,l'intuition d'une vie individuelle di/9cte de la ntre1 plus =te raison l'intuition de la vie en gnral1 n'e/ donc qu'un my!2 et si ,m4 ,b]gson en a fait l'me de sa philosophie n\velle1 il a t\t simplem5t ralis une ab/raction1 c>ess une *imre1 galvanis un brillant fantme1 auprs duquel pliss5t t\tes entits scola/iques les plus clbres4 ,a ce jeu lgant1 et qui1 p> sa n\veaut1 peut plaire un c]ta9 public1 la philosophie ne peut ri5 gagn]2 elle s'abaisse au contraire en dev5ant un art1 un prolongem5t des beaux-arts1 n\s allions dire un roman philosophique1 au lieu de re/] ce qu'elle doit tre3 un am\r incorruptible et une re*]*e p>faitem5t s9cre de ce qui e/1 de la ,vrit4 ,l'intuition du rel1 tant prne1 s'e/ *ange en songe fanta/ique6 ,comme dans le pome de ,lakm1 la fantaisie y dploie ses ailes d'or et s'imag9e plan] bi5 au-dessus des simples mortels 444 alors qu'elle rve6 99 99 99 99 99 ,,note ,,sur ,,le ,,pragmatisme ,,de ,m4 ,,b]gson4 ,n\s avons omis de p>l] du ,pragmatisme de ,m4 ,b]gson1 p>ce que--quoi qu'on en ait dit--n\s n'avons pu dc\vrir en ses ouvrages ni le mot ni la *ose4 ,sans d\te1 il e/ facile de1 pass] de l'anti9tellectualisme et du mobilisme pur au ,pragmatisme1 mais ce passage1 n\s n'avons pu le surpr5dre *ez notre auteur4 ,p\r ,m4 ,b]gson1 l'action prime la connaissance4 ,bi5 plus1 l'intellig5ce e/ impuissante spcul]1 p>ce qu'elle e/ ne p\r l'action et t\t entire ori5te v]s l'action4 ,cette proccupation con/ante ne lui p]met pas de voir p\r compr5dre1 mais seulem5t de voir p\r agir4 ,en sorte que nos p]ceptions n\s donn5t le dess9 de nos actions possibles sur les *oses1 bi5 plus que celui des *oses elles-mmes2 c'e/ notre action v5tuelle qui n\s e/ r5voye p> la matire1 comme p> un miroir1 qu& n\s la contemplons#dgb4 ,de l1 le morcelage du cont9u1 la solidification du flu5t1 la cri/allisation de la vie et notre incapacit intellectuelle4 ,or1 t\t cela e/ une c]ta9e ,philosophie de l'action1 sans tre un ,pragmatisme4 ,nulle "p ,m4 ,b]gson ne pr5d l'utile1 ni le succs1 ni le bi5#dgc p\r critre du vrai1 comme les pragmati/es anglo-saxons2 nulle "p il ne pr5d son compte leur fameuse df9ition de la vrit des premi]s pr9cipes1 tels que deux et deux font quatre1 o ils ne voi5t que des hypo?ses commodes succs extraord9aire4 ,bi5 au contraire1 p\r ,m4 ,b]gson1 le vrai se tr\v]ait plutt l o le beso9 pratique de l'action--l'utilit--ne f]ait plus s5tir son influ5ce d=matrice4 ,a9si1 p> exemple1 si les qualits s5sibles lui app>aiss5t si ple9em5t objectives1 c'e/ que la p]ception des qualits s5sibles e/ beauc\p plus indp5dante du beso9 et prs5te p> l mme une ralit objective suprieure#dgd4--;,autre exemple4 ,il exalte la philosophie bi5 au-dessus des sci5ces positives1 p\r cette raison3 la sci5ce ne *]*e voir que p\r prvoir et p\r agir1 t&is que la philosophie intuitionni/e *]*e voir p\r voir#dge4 ,t\te l'excell5ce de l'intuition e/ l4 ,la vrit s]ait donc plutt en raison inv]se de l'utilit4 ,ce qui e/ le contre-pi$ du ,pragmatisme amrica94 ,t\tefois1 l'abs5ce d'utilit ne s]ait encore qu'une m>que ngative et comme une prsomption de vrit4 ,re/]ait prcis] sa m>que positive1 son critre2 et c'e/ ici que notre auteur devi5t muet4 ,p>fois1 il e/ vrai1 il ins9ue que le seul moy5 de compr5dre une *ose s]ait de la vivre4 ,le vrai critre s]ait donc la vie8#dgf ,comme si une hypo?se fausse ne p\vait pas tre aussi vcue qu'une hypo?se vraie6 ,t\tes les philosophies1 t\tes les religions exi/antes ou vivantes s]ai5t donc galem5t vraies8444 ,a son t\r1 la vie consi/]ait n'avoir plus de critre8444 ,autant de problmes qui re/5t en l'air1 dans la philosophie b]gsoni5ne1 sans qu'on en puisse prjug] encore la solution4 ,m4 ,b]gson ne peut manqu] d'abord] de front un sujet si important et si ple9 d'actualit4 ,aussi att5drons-n\s qu'il ait plus clairem5t =mul son op9ion df9itive p\r la discut]4 ,que si le lecteur plus exigeant rclamait de n\s un prono/ic1 n\s lui dirions que n\s s]ions =t surpris de ne pas voir ,m4 ,b]gson se sp>] nettem5t des pragmati/es qui--un peu htivem5t--se rclamr5t de lui comme d'un matre4 99 99 99 99 99 ,,ix ,,le ,,probl,,me ,,de ,,la ,,cont+5ce ,,et ,,de ,,la ,,de/9,e ,,huma9e4 ,t\te philosophie qui se respecte doit bi5 f9ir1 au t]me de ses spculations ou de ses divagations1 p> r5contr] le problme angoissant de la cont+5ce et de la de/9e huma9e4 ,aussi bi5 la philosophie n\velle n'a-t-elle pu compltem5t l'esquiv]4 ,v]s la f9 du volume de l',evolution cratrice auquel n\s v5ons de consacr] les c9q d]ni]s *apitres de cette critique1 n\s tr\vons1 en effet1 pose la fameuse et 9vitable "q1 mais elle n\s a p>u accompagne de deux rponses bi5 diffr5tes et mme opposes4 ,la premire--la mo9s satisfaisante des deux--e/ un ef=t puissant de dialectique a priori p\r n\s dmontr] que ce n'e/ l qu'un pseudo-problme s\lev aut\r d'une pseudo-ide4 ,volonti]s1 l'auteur n\s dirait avec ,littr3 ,laissez l ces *imres4444 ,ces problmes sont une maladie4 ,le moy5 d'en gurir1 c'e/ de n'y pas p5s]4#dgg ,c'e/ p> l'exam5 de cette premire solution que n\s allons comm5c]4 99 99 99 99 99 ,i4--,t\s nos lecteurs sav5t ce que l'on ent5d p> la cont+5ce4 ,t\t ce qui comm5ce ayant une cause e/ un tre ab alio1 un tre driv1 second1 c'e/--dire un tre cont+5t1 t&is que ce qui n'e/ pas p> un autre e/ p> lui-mme1 a se1 et tr\ve en lui-mme1 dans la p]fection de sa propre nature1 son explication ou sa raison d'tre4 ,a9si un fils vi5t de son pre et de sa mre3 il e/ donc cont+5t4 ,et comme le pre et la mre ont comm5c p> tre eux-mmes eng5drs1 ils sont encore des tres cont+5ts4 ,de mme1 ma p5se actuelle vi5t de la fcondit de mon esprit1 elle e/ donc cont+5te1 et mon esprit lui aussi e/ cont+5t s'il n'e/ pas ncessaire et t]nel4 ,t&is que l'tre cont+5t1 p\r avoir pass de la puissance l'acte1 re/e m>qu du sceau de la puissance qui e/ une dp5dance et une relativit ess5tielles1 comme n\s l'avons vu1 l'tre qui s]ait acte1 pur1 sans aucun mlange de pot5tialit1 s]ait l'indp5dance mme et l'absolue ncessit4 ,or1 cette ?orie1 qui e/ d'une complte vid5ce p\r ceux qui n\s ont suivi jusqu'ici1 en mme temps qu'elle e/ d'une simplicit et d'une beaut m]veilleuses1 ne p\vait avoir le don de plaire aux philosophes qui ont saccag et ru9 les premires notions du bon s5s sur lesquelles notre ?orie e/ fonde1 notamm5t les notions d'tre1 d'id5tit1 de contradiction et de causalit4 ,dsormais1 il s]a1 non seulem5t curieux1 mais trs in/ructif de les voir se heurt] et se dbattre impuissants contre cette n\velle b>rire1 et1 ne p\vant plus rs\dre le problme qu'elle suscite1 *]*] du mo9s le subtilis]4 ,voici1 en effet1 comm5t ils ont essay de supprim] le gr& problme 9luctable1 celui de la cont+5ce4 ,avant d'attaqu] la cont+5ce possible de l'tre lui-mme1 ,m4 ,b]gson comm5ce1 p> une savante /ratgie1 combattre la cont+5ce d'une des manires d'tre les plus frappantes des *oses de ce monde1 savoir leur ordre#dgh4 ,l'ide de dsordre1 dit-il1 n'e/ qu'une pseudo-ide1 s\levant un pseudo-problme1 celui de l'orig9e ou de la raison d'tre de cet ordre4 ,or1 le dsordre n'e/ mme pas possible2 donc l'ordre e/ ncessaire2 donc1 du mme c\p s'van\iss5t 7avec l'ide de dsordre7 les problmes que l'on faisait lev] aut\r d'elle#dgi4 ,t\t d'abord1 l'auteur di/+ue deux espces d'ordre irrductibles l'un l'autre3 #a l'ordre v\lu1 o les *oses sont disposes de conc]t v]s un b2 #b l'ordre automatique1 o les *oses sont disp]ses d'une manire quelconque4 ,a9si1 tracez au has>d sur le tableau noir n'importe quelle figure3 elle con/itu]a t\j\rs une figure gomtrique4 ,voici ma9t5ant l'application de ces deux notions un cas donn3 ,qu& j'entre dans une *ambre et que je la juge en dsordre1 qu'e/-ce que j'ent5ds p> l8 ,la position de *aque objet s'explique p> les m\vem5ts automatiques de la p]sonne qui c\*e dans la *ambre1 ou p> les causes effici5tes1 quelles qu'elles soi5t1 qui ont mis *aque meuble1 *aque vtem5t1 etc41 la place o ils sont3 l'ordre au second s5s du mot e/ p>fait4 ,mais c'e/ l'ordre du premi] g5re que j'att5ds1 l'ordre que met consciemm5t dans sa vie une p]sonne range1 l'ordre v\lu1 enf91 et non pas l'ordre automatique4 ,j'appelle alors dsordre l'abs5ce de cet ordre4#dhj ,le dsordre n'e/ donc que la dsillusion de l'esprit qui *]*e un ordre et qui en tr\ve un autre4 ,mais il faut ncessairem5t que l'un ou l'autre exi/e2 l'ordre e/ donc ncessaire2 il e/ p>t\t et t\j\rs4 ,et s'il e/ ncessaire1 il n'e/ plus un my/re claircir et n'a plus beso9 d'explication4 ,la seule "q3 p\rquoi il y a de l'ordre n'a plus de s5s4 ,a ce raisonnem5t d'app>5ce spcieuse1 n\s rpondrons en accordant ,m4 ,b]gson1 qu'en effet1 si l'on admet sa df9ition--et n\s l'admettrons p\r simplifi] la discussion1--si l'on admet qu'on doive appel] du mot d'ordre t\t arrangem5t quelconque des *oses--ordonn ou dsordonn1--sa conclusion s'impose3 il e/ ncessaire que n\s tr\vions t\j\rs et p>t\t dans les *oses l'un de ces deux ordres4 ,mais e/-il ncessaire d'y tr\v] l'un plutt que l'autre8 il e/ clair que non4 ,le *oix entre les deux e/ cont+5t4 ,a plus =te raison1 si n\s sommes en prs5ce d'un ordre int5tionnel1 le *oix de tel ou tel plan p>mi le nombre inf9i de plans galem5t possibles s]a cont+5t4 ,et alors le problme premi]1 que l'on a v\lu supprim]1 revi5t t\t enti] avec sa =ce imprieuse3 p\rquoi ce plan plutt qu'un autre8 ,s'il e/ ncessaire qu'il y en ait un1 aucun d'eux p\rtant n'tait ncessaire3 et s'ils sont t\s cont+5ts1 ils ont donc une cause4 ,m4 ,b]gson lui-mme n\s aide dans notre raisonnem5t lorsqu'il reconnat qu'un ordre e/ cont+5t et n\s app>at cont+5t p> rapport l'ordre inv]se1 comme les v]s sont cont+5ts p> rapport la prose et la prose p> rapport aux v]s#dha4--;,c'e/ l t\t ce que n\s dem&ons4 ,il e/ donc cont+5t et nullem5t ncessaire que l'univ]s soit un pome crit en v]s ou en prose2 si c'e/ en v]s1 il e/ cont+5t que ce soit en v]s de telle ou telle mesure1 s\mis telles ou telles lois1 etc4 ,la cont+5ce r5at a9si de ses c5dres2 et le problme de savoir quelle e/ la cause de l'ordre cont+5t que n\s admirons1 au lieu de s'van\ir1 avec la pseudo-ide du dsordre1 comme on n\s l'avait annonc1 s'impose aussi imprieux que jamais aux inve/igations de l'esprit huma94 ,ce premi] problme n\s conduit naturellem5t au second4 ,de la cont+5ce de l'ordre qui n'e/ qu'une manire d'tre1 passons la cont+5ce de l'tre lui-mme4 ,ici1 n\s allons s]r] encore de plus prs et voir plus fond la difficult qu'on n\s oppose4 ,la ncessit d'un c]ta9 ordre que n\s avons accorde n'tait d'ailleurs qu'une ncessit hypo?tique4 ,si tel tre exi/e1 il lui faut ncessairem5t une manire d'tre et un ordre quelconque2 mais aucune manire d'tre1 aucun ordre n'e/ ncessaire cet tre si1 lo9 d'tre lui-mme ncessaire1 il e/ cont+5t4 ,c'e/ donc la cont+5ce de l'tre lui-mme qu'il importe surt\t d'exam9]4 ,la seconde attaque de ,m4 ,b]gson contre la cont+5ce s]a p>allle la premire#dhb4 ,elle en s]a presque une rptition4 ,le dsordre tait une pseudo-ide s\levant un pseudo-problme3 quelle e/ la cause de l'ordre8--,le nant s]a ici la pseudo-ide s\levant un autre pseudo-problme3 quelle e/ la cause de l'exi/5ce8--,on entrevoit dj t\t le plan de bataille1 ou plutt la trame subtile du pige qu'on n\s prp>e4 ,l'auteur ne consacre pas mo9s de v+t-six pages n\s dmontr] la majeure de sa preuve1 savoir que l'ide du nant absolu e/ une ide de/ructive d'elle-mme1 une pseudo-ide1 qui se rduit un simple mot4 ,cette longue diss]tation1 dj p>ue s\s =me de c\rs et d'article1 de ,revue#dhc1 e/1 en effet1 trs in/ructive relire1 si l'on veut compr5dre le =t et le faible de ce m]veilleux analy/e psy*ologue qu'e/ ,m4 ,b]gson1 confr5ci] aussi brillant que subtil1 aussi habile jongl] avec les ides qu'avec les images et les =mes littraires4 ,mais p\rquoi sa pntrante psy*ologie n'e/-elle pas d\ble d'une logique impeccable8 ,qu'on juge de la porte de notre d\te p> un simple trait4 ,aprs s'tre v]tu n\s montr] que l'ide de nant n'tait elle-mme qu'un pur nant et un mot vide1 voici qu' son t\r1 victime sans d\te de l'illusion commune1 il se pr5d lui attribu] un rle2 et non seulem5t un rle ngatif1 comme on le fait c\ramm5t dans l',ecole1 mais encore un rle positif1 et mme un premi] rle4 ,a9si1 d'aprs lui1 n\s n\s s]vons du vide p\r p5s] le ple92--n\s allons de l'abs5ce la prs5ce2--n\s passons p> l'ide du nant p\r arriv] celle de l'tre2--l'ide du nant e/ s\v5t le ressort ca*1 l'invisible moteur de la p5se philosophique1 etc4 ,l'auteur a beau aj\t] que c'e/ en v]tu d'une illusion fondam5tale de l'ent5dem5t1 il n'en re/e pas mo9s qu'un rle si utile et si puissant1 attribu une ide qui n'exi/e mme pas1 semble quelque peu contradictoire4 ,ari/ote et sa9t ,?omas1 qui reconnaiss5t p\rtant la ralit de cette ide ngative du nant1 ne lui ont jamais attribu une telle v]tu4 ,jamais ils n'ont dit que notre p5se doit s'lev] du vide au ple91 du nant l'tre4 ,p\r eux1 au contraire1 l'ide d'tre e/ la premire que puisse saisir l'intellig5ce#dhd2 et le nant n'e/ conu qu'en second lieu1 ngativem5t et p> le contra/e de la prs5ce avec l'abs5ce2 p\r eux1 c'e/ l'ide d'tre qui e/ le ressort ca* et l'invisible moteur de la p5se philosophique et non pas l'ide du nant4 ,jamais ils n'aurai5t crit1 comme ,m4 ,b]gson3 l'exi/5ce m'app>at 7p> une illusion naturelle7 comme une conqute sur le nant2--je me reprs5te t\te ralit comme t5due sur le nant comme sur un tapis2--si quelque *ose a t\j\rs exi/1 il faut que le nant lui ait t\j\rs s]vi de sub/rat ou de rceptacle1 et lui soit1 p> consqu5t1 t]nellem5t antrieur4 ,t\tes ces prt5dues illusions fondam5tales notre ent5dem5t ne sont que des imag9ations fanta/iques et puriles1 auxquelles aucun esprit srieux ne s'arrte1 et qu'il suffit de class] ct de la fameuse m?ode fabriqu] les canons3 pr5ez un tr\1 et t\t aut\r de ce tr\1 c\lez du bronze4444 ,mais voici qui p>at encore plus =t4 ,aprs avoir s\t5u que l'ide de nant n'e/ qu'un mot vide1 on aj\te1 sans hsit]1 qu'il e/ trs ple91 c> il conti5t autant et mme plus que l'ide d'tre4 ,ici n\s devons cit] textuellem5t1 tant la *ose e/ invraisemblable3 ,si trange que notre ass]tion puisse p>atre1 il y a plus1 et non pas mo9s dans l'ide d'un objet conu comme n'exi/ant pas que dans l'ide de ce mme objet conu connue exi/ant1 c> l'ide de l'objet n'exi/ant pas e/ ncessairem5t l'ide de l'objet exi/ant1 avec1 en plus1 la reprs5tation d'une exclusion de cet objet p> la ralit actuelle prise en bloc4#dhe ,p> l1 ,m4 ,b]gson v\drait-il dire avec ,mi*elet et les sophi/es hgli5s3 le nant e/ une catgorie plus ri*e que celle de l'tre8#dhf--,n\s n\s refusons le suppos]4 ,il faut donc expliqu] autrem5t sa p5se4 ,on peut s\t5ir1 en effet1 qu'il y a plus de complication dans une =mule ngative que dans une =mule positive4 ,a9si1 dans la =mule ,xn-,xn1 il y a plus de signes que dans la simple1 =mule ,xn4 ,mais il e/ clair qu'il n'y a pas plus d'tre1 et qu'une p]sonne qui il manque c5t francs n'e/ c]tes pas plus ri*e que celui qui les a4 ,n\s aimons croire que telle e/ la vraie p5se de l'auteur1 d'accord avec celle du bon s5s4 ,mais1 alors1 on convi5dra que1 p\r arriv] ce rsultat1 t\t cet app>eil brillant de ?ses et d'anti?ses1 d'affirmations et de ngations1 n'tait pas indisp5sable4 ,c'e/ l un jeu qui amuse sans in/ruire beauc\p1 un feu d'artifice qui bl\it sans clair]2 et lo9 d'claircir a9si les que/ions1 on les embr\ille plaisir4 ,quelque utiles que soi5t ces obs]vations p\r compr5dre la manire brillante de notre adv]saire1 rev5ons sa ?se capitale3 l'ide du nant absolu n'e/ qu'une pseudo-ide1 un mot vide de s5s2 elle n'exi/e mme pas subjectivem5t4 ,en effet1 si elle tait quelque *ose en n\s1 ce s]ait ou une image1 ou une ide positive1 ou une ide ngative4 ,or1 elle n'e/ ri5 de ces trois *oses4 ,les deux premires hypo?ses sont longuem5t dveloppes1 et l'auteur a ici le triomphe facile4 ,on p\rrait dire qu'il enfonce des portes ouv]tes4 ,p]sonne n'a jamais prt5du que le nant pt tre dess91 photographi ou mis en image1 ni que son ide et un cont5u positif4 ,quant la troisime hypo?se1 celle d'une ide vraie1 quoique ngative1 la "q e/ beauc\p plus dlicate et subtile1 n\s le reconnaissons volonti]s1 mais p\r des motifs bi5 diffr5ts de ceux p> lui allgus4 ,dire1 p> exemple1 qu'on ne peut ni] une *ose sans la remplac] p> une autre1 au mo9s implicitem5t1 ne n\s p>at pas un pr9cipe univ]sel4 ,cela e/ vrai p\r la s\/raction physique des objets1 c> on ne peut enlev] un objet matriel sans le remplac] en mme temps au mo9s p> de l'air1 puisque le vide e/ impossible4 ,cela e/ vrai aussi p\r les jugem5ts1 c> on ne peut ni] une proposition sans affirm]1 au mo9s implicitem5t1 sa contradictoire4 ,mais cela ne n\s p>at plus vid5t p\r les simples notions4 ,si je mets un signe ngatif devant une quantit quelconque1 il n'en re/e plus ri51 et la quantit n'e/ nullem5t remplace p> une autre quantit ni p> une qualit ou t\te autre notion4 ,c'e/ a9si que se =m5t les notions de quantits ngatives et les autres notions ngatives4 ,du re/e1 ,m4 ,b]gson reconnat1 comme t\t le monde1 qu'on peut ni] l'exi/5ce de *aque *ose en p>ticuli]1 p>mi t\tes celles qui n\s ent\r5t2 ce s]ait seulem5t la ngation en bloc de t\tes ces *oses la fois qui s]ait impossible et contradictoire4 ,mais d'o p\rrait v5ir cette prt5due contradiction8 ,sans d\te1 la ralisation ou la possibilit extr9sque de cette supposition1 savoir3 il aurait pu se faire qu'il n'exi/t ri5 du t\t1 e/ en contradiction avec les faits1 soit avec l'exi/5ce de cette p5se elle-mme1 soit de t\te autre ralit prs5te1 c>1 selon la p>ole bi5 connue de ,bossuet3 ,si ri5 n'exi/e1 ri5 n'exi/]a jamais4 ,l'hypo?se qu' un mom5t donn il a pu n'y avoir ri5 e/ donc dm5tie p> les faits2 elle e/ en contradiction avec les faits1 mais e/-elle en contradiction avec elle-mme8 ,n\s ne le voyons pas4 ,et lorsque ,m4 ,b]gson la prt5d contradictoire p>ce qu'elle s]ait un fantme *evau*ant sur le corps de la ralit positive auquel elle e/ atta*e1 je reconnais qu'en effet elle s]ait contradictoire si1 en mme temps qu'elle suppose que ri5 n'exi/e1 elle supposait sa propre exi/5ce ou celle du sujet p5sant o elle *evau*e4 ,mais il n'en e/ pas a9si1 et ce concept implique que ri5 n'exi/e1 sans s'except] lui-mme4 ,supposition contradictoire avec les faits1 n\s le rptons1 c'e/ clair2 mais nullem5t contradictoire en elle-mme3 ce qui con/itue sa possibilit intr9sque4 ,si le nant absolu ne peut tre affirm1 il peut du mo9s tre p5s3 c'e/ un tre de raison1 c'e/--dire un concept auquel1 dans la ralit1 ne correspond aucun tre1 mais seulem5t une relation que la raison conoit#dhg4 ,quoi qu'il en soit de cette subtile controv]se1 accordons ,m4 ,b]gson que cette ide de nant absolu soit contradictoire et impossible2--p\r n'avoir pas l'air d'asseoir sur une po9te d'aiguille la grave conclusion que n\s allons tir]4 ,accordons-lui qu'on peut suppos] la non-exi/5ce de *acun des tres qui n\s ent\re1 mais pas de t\tes les exi/5ces la fois4 ,que faut-il en conclure8 ,qu'il y a au mo9s une ou plusieurs exi/5ces ncessaires8 ,assurm5t4 ,mais que t\te exi/5ce e/ ncessaire et qu'aucune n'e/ cont+5te8 ,on ne le peut sans brav] la plus lm5taire logique4 ,ce s]ait d'ailleurs contr$ire trop ouv]tem5t aux faits3 puisqu'il y a des tres qui ne sont pas p> eux-mmes1 mais p> d'autres1 ab alio1 comme les fils qui vi5n5t de leurs pres1 et1 en gnral1 comme t\s les effets qui vi5n5t de leurs causes1 et1 p> suite1 sont cont+5ts4 ,et alors1 la "q de savoir p\rquoi exi/5t ces tres cont+5ts rep>at t\t entire4 ,p\r la seconde fois1 le cont+5t qu'on avait cru anantir r5at de ses c5dres1 et l'on a fait faillite la promesse de supprim] avec sa notion les problmes qu'elle s\lve t\t esprit qui p5se4 ,ds le premi] veil de la rflexion1 avait-on dcl>1 c'e/ elle 7l'ide du nant absolu7 qui p\sse en avant1 droit s\s le reg>d de la consci5ce1 les problmes angoissants1 les que/ions qu'on ne peut fix] sans tre pris de v]tige4 ,je n'ai pas plutt comm5c philosoph] que je me dem&e p\rquoi j'exi/e4--,aprs cette dcl>ation qui n'e/ pas entirem5t ju/e1 puisqu'il suffit p\r pos] la mme "q que le nant p>tiel soit possible1 p> la non-exi/5ce de ma seule p]sonne1 l'auteur a aj\t tmrairem5t la promesse de faire van\ir ce problme tr\blant1 ri5 qu'en s\fflant sur la notion de nant absolu2 il n\s a promis qu'aprs l'ext9ction de cette ide obsdante1 on p\rra conclure avec assurance que la "q de savoir p\rquoi quelque *ose exi/e e/ une "q dp\rvue de s5s1 un pseudo-problme s\lev aut\r d'une pseudo-ide#dhh4 ,et voici que le rsultat e/ lo9 d'tre obt5u3 on a bi5 tabli la ncessit de l'exi/5ce de l'tre ncessaire 7la belle affaire671 mais on n'a pas mme comm5c d'tablir la ncessit des autres exi/5ces1 de v\s et de moi1 et la "q angoissante3 p\rquoi j'exi/e8--impossible subtilis] p> les ma9s les plus habiles--demeure aussi ce angoissante que jamais4 99 99 99 99 99 ,,ii4--,cette premire solution t\te ngative tait si peu satisfaisante que ,m4 ,b]gson n'a plus hsit en *]*] une autre#dhi4 ,aprs avoir trait ddaigneusem5t le problme angoissant de la cont+5ce comme un pseudo-problme1 qu'il n'tait plus p]mis de pos] nos contempora9s1 voici qu'il va le pr5dre lui-mme assez au srieux p\r lui *]*] une solution positive4 ,a nos yeux1 c'e/ l bi5 mo9s une contradiction qu'un dveloppem5t et un progrs de la p5se de ce philosophe4 ,en effet1 sa premire diss]tation sur le nant1 dj connue de ses auditeurs1 p>at tre plutt une uvre de jeunesse1 si l'on s'en t5ait la critique int]ne4 ,on n'y retr\ve aucune de ses proccupations sy/matiques actuelles sur le ,temps1 la ,dure pure1 l',evolution1 l',intuition et ses demi-concepts1 encore mo9s sur l'impuissance mtaphysique de l'intellig5ce huma9e1 c> elle e/ un modle de spculation a priori1 un jeu d'entits conceptuelles audacieusem5t dbrid4 ,ce morceau n\s semble donc compos antrieurem5t1 puis aj\t aprs c\p et comme g> dans le sy/me de l',evolution cratrice4 ,quoi qu'il en soit1 voici la n\velle solution propose1 et celle-ci prt5d bi5 tre tire des entrailles mmes du n\veau sy/me4 #a ,m4 ,b]gson n\s dcl>e d'abord que dans le prs5t travail 7l',evolution cratrice7 un ,pr9cipe de cration enf9 a t mis au fond des *oses#dij4 ,ce ,pr9cipe 7avec un gr& ,p71 on ne le dc\vre1 il e/ vrai1 nulle "p bi5 clairem5t exprim1 mais il ne saurait tre que son dieu-,cronos1 le ,temps1 la ,dure pure1 dont il a fait la sub/ance mme des *oses4 ,dans ce cas1 malgr cette confusion pan?i/ique de la crature avec son pr9cipe1 la cration t\t entire et1 p>tant1 l'humanit sont bi5 reconnues cont+5tes--la cont+5ce de l'homme e/ a9si confesse1--ce qui e/ un premi] pas en avant d'une importance inconte/able4 ,p\rquoi j'exi/e8--p>ce que je suis cr p> un ,pr9cipe suprieur4 ,telle e/ mon orig9e3 re/e savoir quelle e/ ma f94 #b ,sur la de/9e huma9e1 ,m4 ,b]gson n'a pas encore dit son d]ni] mot1 mais il a pos des pi]res d'att5te significatives4 ,p\r lui1 l'immortalit e/ un dogme la fois affirm p> l',intuition et ni p> l'intellig5ce et la sci5ce1--comme t\s les autres dogmes spirituali/es1 d'ailleurs1 sujets la mme ant9omie4 ,ec\tons sa pr(ession de foi3 ,c]tes1 elles 7les doctr9es spirituali/es7 ont raison d'c\t] la consci5ce1 qu& la consci5ce affirme la lib]t huma9e2--mais l'intellig5ce e/ l1 qui dit que la cause dt]m9e son effet1 que le mme conditionne le mme1 que t\t se rpte et que t\t e/ donn4 ,elles ont raison de croire la ralit absolue de la p]sonne et son indp5dance vis--vis de la matire2--mais la sci5ce e/ l1 qui montre la solid>it de la vie consci5te et de l'activit crbrale4444 ,elles ont raison d'attribu] l'homme une place privilgie dans la nature1 de t5ir p\r inf9ie la di/ance de l'animal l'homme2--mais l'hi/oire de la vie e/ l1 qui n\s fait assi/] la g5se ds espces p> voie de trans=mation graduelle et qui semble a9si rintgr] l'homme dans l'animalit4 ,qu& un in/9ct puissant proclame la survivance probable de la p]sonne1 elles ont raison de ne pas f]m] l'oreille sa voix2--mais s'il exi/e a9si des mes capables d'une vie indp5dante1 d'o vi5n5t-elles8 qu&1 comm5t1 p\rquoi entr5t-elles dans ce corps que n\s voyons1 s\s nos yeux1 sortir trs naturellem5t d'une cellule mixte emprunte aux corps de ses deux p>5ts8 ,t\tes ces que/ions re/]ont sans rponse1 une philosophie d'intuition s]a la ngation de la sci5ce2 tt ou t>d1 elle s]a balaye p> la sci5ce1 si elle ne se dcide pas voir la vie du corps l o elle e/ rellem5t1 sur le *em9 qui mne la vie de l'esprit4#dia ,n\s avons dj vu1 en ce qui conc]ne les trois premires que/ions1 combi5 ces anti?ses sont artificielles et sy/matiques2 t5ons-n\s-en1 p\r le mom5t1 la d]nire et rpondons aux int]rogations de ,m4 ,b]gson4 ,d'o vi5n5t les mes8--,mais de celui qui les cre3 rponse autrem5t intelligible que celle de l'auto-cration et des comm5cem5ts absolus et sans cause1 dont ,m4 ,b]gson a rempli son ,evolution4 ,p\rquoi vi5n5t-elles dans les corps8--,c'e/ p\r y vivre d'une manire complte1 puisqu'elles ont beso9 d'organes corporels p\r vivre de la vie vgtative1 de la vie s5sible1 et mme1 indirectem5t1 de la vie intellectuelle1 comme le pr\ve surabondamm5t l'expri5ce vulgaire et sci5tifique1 d'aprs ,m4 ,b]gson lui-mme4 ,comm5t entr5t-elles dans les corps8--,elles y vi5n5t du dehors1 1 d'en haut1 comme le disait ,ari/ote1 suivant les lois provid5tielles de la ,biologie1 que savants et philosophes *]*5t dc\vrir peu peu1 mais que p]sonne ne peut ni]4 ,qu& l'me entre-t-elle dans le corps8--,ds qu'il e/ apte la recevoir3 en cela1 ri5 de plus raisonnable4 ,il e/ donc entirem5t inexact d'affirm] que t\tes ces que/ions re/]ont sans rponse1 alors que des rponses1 si simples et si satisfaisantes1 sont dj faites depuis longtemps et connues de t\s4 ,c'e/ mme plus qu'inexact1 c'e/ entirem5t faux1 d'aj\t] que ces doctr9es spirituali/es sont la ngation de la sci5ce4 ,une si norme ass]tion1 dp\rvue de la mo9dre preuve1 n'a aucune valeur4 ,quant se dcid] voir la vie du corps sur le *em9 qui conduit la vie de l'esprit1 il y a longtemps que les spirituali/es p>tisans de l'volution s'y sont dcids1 sans r5i] p\r cela aucun de leurs pr9cipes1 comme n\s le propose ,m4 ,b]gson4 ,a9si1 l',intuitionnisme spirituali/e n'a ri5 r$\t] des objections de l'intellig5ce ni de la sci5ce4 ,ce sont l de va9s scrupules qu'une tude plus att5tive des premires notions et des premi]s pr9cipes d',ontologie suffirait dissip]4 ,en revan*e1 cet ,intuitionnisme spirituali/e a1 croyons-n\s1 t\t r$\t] de lui-mme1 c'e/--dire de ses autres doctr9es soi-disant intuitionni/es1 et c'e/ sur ce po9t capital que n\s v\drions attir] l'att5tion du lecteur4 99 99 99 99 99 ,qu'e/-ce que l'me1 qu'e/-ce que la p]sonne huma9e p\r ,m4 ,b]gson8 ,le mot me1 t\j\rs mis p> lui entre guillemets1 e/ compltem5t vid de son s5s naturel2 il ne signifie plus un ag5t ni un pr9cipe sub/antiel d'activit psy*ique1 puisqu'il n'y a plus dans ce sy/me que des actions sans ag5t1 des attributs sans sujet1 des modes d'tre sans tre4 ,l'me n'e/ donc plus qu'un m\vem5t1 un pur phnomne1 une ombre d'elle-mme4 ,or1 un m\vem5t1 un phnomne1 une ombre1 n'ont ri51 comme la sub/ance1 de /able ni de p]man5t1 et1 de p> leur nature1 ne peuv5t avoir aucune prt5tion l'immortalit4 ,en ralit1 au contraire1 l'me e/ une sub/ance simple et spirituelle1 c'e/--dire1 de p> sa nature mme1 incorruptible et suffisamm5t indp5dante de la matire p\r vivre sp>e dans l'immortalit4 ,qu'e/-ce que la p]sonne p\r ,m4 ,b]gson8--,p\r n\s1 c'e/ une sub/ance individuelle et raisonnable1 suivant la df9ition classique3 rationalis natur individua sub/antia4 ,on peut donc lui attribu] encore1 malgr son union naturelle avec un corps corruptible1 la spiritualit1 l'incorruptibilit1 l'immortalit4 ,p\r ,m4 ,b]gson1 au contraire1 elle n'e/ que la cont9uit d'un m\vem5t purem5t psy*ique1 il e/ vrai1 comme la mmoire qui en fait le fond#dib2--ou bi5 encore elle e/ un lan en avant4 ,qui donc p\rrait dsormais n\s g>antir qu'il ne s'arrt]a pas8 ,mais n\s avons faire un repro*e encore plus grave la ?orie b]gsoni5ne4 ,les mes sp>es de leurs corps ne s]ai5t plus di/9ctes et fusionn]ai5t comme des m\vem5ts dans une rsultante commune4 ,en effet1 d'aprs ce sy/me moni/e1 l'orig9e t\tes les mes tai5t confondues dans l'unit du gr& ,t\t psy*ique4 ,ce gr& c\rant de la consci5ce univ]selle essaya ensuite d'entr] dans la matire p\r la conv]tir ses f9s1 c'e/--dire en faire un in/rum5t de lib]t4 ,mais bi5tt p>alys1 bris1 p> les ob/acles matriels1 il a d se dissoci] et se di/+u] en p]sonnalits indp5dantes4 ,c'e/ donc la multiplicit des corps qui seule f]ait la multiplicit1 au mo9s app>5te et provisoire1 des mes et des p]sonnes4 ,or1 cela e/ inadmissible#dic4 ,il e/ vrai que les scola/iques1 la suite de sa9t ,?omas1 ont bi5 admis le pr9cipe d'individuation des esprits p> la matire1 mais dans un t\t autre s5s4 ,p\r sa9t ,?omas1 telle me1 cre la mesure de tel corps1 doit ce corps d'tre telle me4 ,la multiplication des corps n'e/ donc que l'occasion de la multiplication des mes1 dj di/9ctes p> leur aptitude tel ou tel corps4 ,en sorte qu'aprs la sp>ation de son corps1 cette me g>de son aptitude l'in=m] de n\veau1 et p>tant son individualit4 ,elle demeure donc t\j\rs di/9cte des autres mes4 ,or1 ici il n'en e/ ri54 ,le corps a dc\p une me dans le gr& ,t\t psy*ique#did1 et cette me1 aprs sa sp>ation de ce corps1 revi5t s'y plong] et s'y p]dre de n\veau p\r refaire l'unit passagrem5t brise4 ,l'immortalit1 au s5s b]gsoni51 s]ait donc imp]sonnelle1 si tant e/ qu'elle exi/e encore2 et ce n'e/ plus l qu'une contrefaon de l'immortalit vritable4 99 99 99 99 99 ,enf91 un d]ni] repro*e1 le plus ess5tiel nos yeux3 ,dans le spiritualisme sans ,dieu de ,m4 ,b]gson1 t\tes les gr&es preuves morales de l'immortalit s'cr\l5t1 et ce dogme demeure en l'air sans aucun fondem5t4 ,on ne peut plus s\t5ir1 en effet1 que la ,ju/ice de ,dieu exige qu'il r5de *acun selon ses uvres dans une autre vie2 ou qu'il rponde p> des sanctions futures cette sublime prote/ation de la consci5ce huma9e contre t\tes les inju/ices des m*ants1 contre t\tes les tyrannies de l'iniquit triomphante3 ,tremblez1 tyrans1 v\s tes immortels6 ,on ne peut plus prt5dre que la ,sagesse de ,dieu se doit elle-mme de ne pas dtruire sans motif son *ef-d'uvre1 qui e/ l'me huma9e1 aprs l'avoir cre avec une nature et des aspirations immortelles2 et surt\t de ne pas dtruire sur cette t]re l'ordre moral p> la suppression des sanctions futures1 base ess5tielle du devoir1 de la morale et de la vie sociale4 ,on ne peut pas davantage faire appel la ,bont de ce ,dieu1 gage non mo9s c]ta9 que sa ,sagesse et sa ,ju/ice de notre immortalit future4 ,aprs avoir mis au trfond du cur huma9 le dsir inf9i du ,vrai1 du ,bi51 du ,beau1 dans une vie sans limite--dsir dont l'animal sans raison e/ incapable2--aprs n\s avoir crs p\r le bonheur et p\r la flicit suprme1 la ,bont div9e ne peut1 en effet1 n\s anantir au mom5t o n\s semblons t\*] au b dsir et prts recueillir la rcomp5se de nos travaux1 de nos luttes et de nos s\ffrances t]re/res4 ,en imposant l'homme de si dcevantes esprances1 cette ,bont se r5i]ait elle-mme et se *ang]ait en absurde cruaut6 ,eh bi56 t\tes ces preuves1 t\tes ces intuitions vid5tes--qui ont arrt et va9cu le scepticisme univ]sel de ,kant1 de ,r5an et de t\s les curs simplem5t honntes--s'cr\l5t1 disons-n\s1 et disp>aiss5t aprs la ngation de l'exi/5ce de ,dieu4 ,et comme elles sont le fond mme de cet in/9ct pr(ond d'immortalit1 allgu p> ,m4 ,b]gson1 et t\t ptri du s5tim5t de la ,ju/ice1 de la ,sagesse et de la ,bont t]nelles1 cet in/9ct n'e/ plus qu'un mot vide1 sur lequel n\s ne p\vons plus fond] nos esprances4 ,que ,m4 ,b]gson y rfl*isse bi51 avant de faire subir une si grave mutilation un sy/me qu'il dit tre encore spirituali/e4 ,et puisqu'il mdite si s\v5t sur la mort2 puisqu'il semble hant et p\rsuivi p> le t\rm5t de l'au-del--au tmoignage des amis qui l'appro*5t et mme des j\rnali/es admis l'int]view] #die1--n\s g>dons encore espoir4 ,la p5se de la mort a t\j\rs t une si sage conseillre6 ,sans d\te1 elle peut1 de prime abord1 eff>\*] l'orgueil de l'homme et le provoqu] la rvolte4 ,il f]a alors appel aux dc\v]tes de la sci5ce future qui f9ira--peut-tre6--p> arra*] aux =ces de la nature le secret de va9cre la mort et de n\s lev] la surhumanit#dif4 ,ou bi5 il s'imag9]a voir et ent5dre dans le lo9ta9 des sicles cette *>ge irrsi/ible de l',evolution cratrice1 qui doit culbut] t\s les ob/acles au progrs sans f9 et n\s affran*ir de la mort elle-mme4444#dig ,mais ce premi] rve d'orgueil une fois pass et son frmissem5t calm1 l'intuition de l'esprit et du cur1 en face des ralits prs5tes1 ramn]a cet homme1 trs d\cem5t1 trs humblem5t1 aux pi$s du s\v]a9 ,matre de la vie1 qui seul peut comm&] la mort1 n\s lav] de nos iniquits et n\s ouvrir les portes de la ,vie bi5heureuse4 ,p\r les amis de ,dieu1 en effet1 la vie n'e/ po9t enleve p> la mort1 mais seulem5t trans=me1 vita mutatur1 non tollitur2 ,il e/ p\r eux la ,rsurrection et la ,vie4 ,c'e/ donc lui qu'il faut all]1 c> il a seul les secrets de la ,vie t]nelle6 ,l'expri5ce vcue de cette intuition religieuse en e/ faite et refaite *aque j\r p> des milli]s d'esprits sup]bes qui s'essay5t r$ev5ir humbles1 et l'un d'eux1 l'un des plus incrdules1 adressait rcemm5t dans un ,te/am5t suprme1 quelques-uns de ses frres1 de qui elle e/ att5due1 peut-tre1 cette loqu5te pr(ession de foi3 ,l'exi/5ce d'une ,piti suprme 7du ,crateur p\r sa crature71 on la s5t plus que jamais s'affirm] univ]sellem5t dans les mes hautes qui s'clair5t t\tes les gr&es lueurs n\velles4444 ,la ,piti suprme v]s laquelle se t5d5t nos ma9s de dsesprs1 il faut qu'elle exi/e1 quelque nom qu'on lui donne2 il faut qu'elle soit l1 capable d'ent5dre1 au mom5t des sp>ations de la mort1 notre clameur d'inf9ie dtresse2 sans quoi1 la cration1 laquelle on ne peut raisonnablem5t plus accord] l'inconsci5ce comme excuse1 devi5drait une cruaut p> trop inadmissible =ce d'tre odieuse et =ce d'tre l*e4#dih ,celle belle p>ole de ,pi]re ,loti1 t\te ple9e de sanglots et d'esprances1 e/1 son insu peut-tre1 un *o de la gr&e voix du ,roi-prophte dans son ,de ,pr(undis qu'ont r$it et que r$iront jusqu' la consommation des sicles1 *acune en sa langue1 t\tes les nations et t\tes les gnrations huma9es4 ,elle e/ le cri de la nature1 la voix de ,dieux6 99 99 99 99 99 ,,note ,,sur ,,le ,,monisme ,,de ,m4 ,,b]gson4 ,deux lettres importantes de ,m4 ,b]gson au ,p4 de ,tonqudec1 rcemm5t publies dans les ,etudes 7#bj fv4 #aiab71 dmontr5t que la mditation des problmes moraux comm5ce--comme n\s l'esprions-- faire volu] sa p5se et l'ori5t] des conf9s du monisme v]s un c]ta9 dualisme encore vague4 ,mais ce s]ait une gr&e illusion de croire que1 p\r opr] cette volution et faire app>atre un ,crateur transc5dant sa crature--tel que l'enseigne un vrai spiritualisme1--il suffirait de quelques ret\*es sup]ficielles au sy/me de l',evolution cratrice4 ,non1 il ne peut suffire de *ang]1 p> exemple1 le c5tre ou la cont9uit de jaillissem5t d'o driv5t les mondes1 en s\rce de jaillissem5t#dii4 ,c]tes1 la premire =mule e/ malheureuse4 ,un c5tre ne peut faire fonction de cause transc5dante4 ,il ne peut tre rellem5t di/9ct des flots qui jailliss5t1 encore mo9s tre du nature diffr5te4 ,la cont9uit de jaillissem5t n'eut qu'un nom collectif de ces flots incessants1 ce n'e/ po9t une cause suprieure4 ,quant la s\rce de jaillissem5t1 elle e/ une =mule meilleure1 mais encore bi5 vague1 qui se prte trop aism5t une int]prtation moni/ique4 ,sans d\te1 sa s\rce1 la vie e/ plus pure2 elle n'e/ pas encore *>ge de cette matrialit qu'elle produira p> une espce de dgradation d'n]gie1 de rel*em5t d'int5sit1 qui rappelle un peu trop la *ute de l',absolu *ez les ,alex&r9s4 ,elle e/ donc plus pure1 mais e/-elle de nature diffr5te8 ,il e/ clair que non4 ,une s\rce de jaillissem5t p\rrait tre une image d'un pan?isme manationni/e1 nullem5t d'une cration ?i/e4 ,bi5 plus1 l'volution des mondes1 lo9 de se produire ad extra hors de sa s\rce1 se f]ait plutt ad intra p> un simple grossissem5t intrieur1 si n\s n\s en rapportons cette explication de ,m4 ,b]gson3 ,t\t e/ obscur dans l'ide de cration1 si l'on p5se des *oses 7des sub/ances7 qui s]ai5t cres et une *ose 7une sub/ance7 qui cre4444 ,mais que l'action grossisse en avanant1 qu'elle cre au fur et mesure de son progrs1 c'e/ ce que *acun de n\s con/ate qu& il se reg>de agir4#ejj ,c'e/ ce que l'auteur1 dans le mme passage1 explique en t]mes encore plus clairs en disant3 ,dieu1 a9si df9i1 n'a ri5 de t\t fait4 ,il se fait donc sans cesse et progresse avec le jaillissem5t des mondes#eja4 ,aprs cela1 que ,m4 ,b]gson se df5de d'tre encore moni/e ou pan?i/e1 cela ne peut avoir qu'un s5s4 ,il ne l'e/ pas la manire de ,sp9osa1 de ,sp5c]1 de ,ta9e ou d',hckel1 assurm5t1 c> il ne pr(esse pas comme eux un monisme p> id5tit et homognx sub/antielle1 encore mo9s un monisme matriali/e1 mais ce n'en e/ pas mo9s un autre monisme p> croissance et volution trav]s des tats successifs t\j\rs n\veaux et irrductibles aux prcd5ts4 ,libre ,m4 ,le ,roy d'appel] cela un pan?isme or?odoxe#ejb2 p\r n\s1 n\s l'appell]ons un pan?isme t\t c\rt1 p>ce qu'il efface la di/9ction sub/antielle entre le ,crateur et ses cratures1 p\r ne laiss] entre eux que des di/9ctions modales#ejc4 ,on compr5d ma9t5ant que p\r trans=m] en ,dualisme le ,monisme ,b]gsoni51 quelques ret\*es sup]ficielles ne puiss5t suffire4 ,il ne s'agit po9t ici de =mules1 il s'agit de l'me1 mme du sy/me4 ,encore deux rem>ques p\r le faire mieux compr5dre4 #a ,le sy/me de ,m4 ,b]gson1 n\s l'avons vu trs longuem5t1 e/ t\t enti] fond sur le ,dev5ir pur3 ce n'e/ plus l',acte qui prime la ,puissance1 mais la ,puissance qui prime l',acte4 ,or1 cela e/ aux antipodes de la doctr9e spirituali/e qui a fait de ,dieu l',acte pur1 inf9im5t actif et p>fait4 ,le dieu ,b]gsoni5 qui e/ en tra9 de se faire ne s]a jamais qu'une c>icature du vrai ,dieu4 #b ,le sy/me ,b]gsoni5 e/ ess5tiellem5t anti9tellectuali/e4 ,or1 je le dfie bi5 de rev5ir au vrai ,dieu p> des considrations morales-- la manire de ,kant--sans us] comme lui de l'intellig5ce1 c'e/--dire des notions intellectuelles et des procds intellectuels qu'il a comm5c p> rpudi] comme illusoires4 ,kant1 p\r rdifi] p> la ,raison pratique ce qu'il a dmoli p> la ,raison pure1 rec\rt la foi aveugle du s5tim5t moral4 ,b]gson *ang]a seulem5t d'tiquette en appelant du nom d'intuition la foi morale de ,kant1 mais le p>alogisme s]a le mme4 ,les notions fondam5tales et les raisonnem5ts cont5us dans l'uvre de rdification p> la ,morale1 sont du doma9e et s\s le contrle de l',intellig5ce ou de la ,raison pure4 ,l'anti9tellectualisme e/ a9si accul dans une impasse1 emmur dans la prison sans issue qu'il s'e/ btie de ses propres ma9s4 ,son auteur1 malgr ses meilleures int5tions1 e/ donc le prisonni] de son sy/me4 ,p\r en sortir1 il ne suffit plus de le ret\*] p> les sommets1 il faut le refaire p> la base4444 ,c]tes1 c'e/ l un sacrifice d\l\reux et mme hroque p\r t\s les inv5teurs clbres3 aussi se cont5t5t-ils1 d'ord9aire1 de dd\bl] leur p]sonnalit4 ,ils sp>5t p> une cloison tan*e la raison ?orique et la foi morale1 la spculation pure et l'action pratique--dmontrant a9si1 mieux que p> des raisonnem5ts1 la fausset de sy/mes qui ne peuv5t tre vcus4 ,quoi qu'il en soit1 n\s salu]ons de t\s nos vux cette t5tative d'volution de ,m4 ,b]gson v]s une ,morale ?i/e4 ,se f]ait-elle au prix d'un dd\blem5t de la p5se et de la consci5ce1 ce ne s]ait pas la pay] trop *]4 ,au surplus1 qui p\rrait la tax] d'inconsqu5ce dans un sy/me o les effets de l',evolution cratrice sont t\j\rs imprvisibles et sans aucune proportion avec leurs antcd5ts8444 99 99 99 99 99 ,,conclusion ,g,n,,rale4 ,i4 ,arrivs au t]me de cette tude1 une vue rtrospective peut n\s p]mett] de mieux saisir l'ensemble et la syn?se de la philosophie b]gsoni54 ,ds le db1 n\s disions que son po9t de d"p n'tait pas sans analogie ni sans p>5t avec celui d',ari/ote4 ,p\r le philosophe d ,/agire1 c'e/ le m\vem5t2 p\r ,m4 ,b]gson1 c'e/ le ,temps1 qui e/ la =me la plus saillante du m\vem5t1 comme le m\vem5t e/ la =me la plus saillante du rel4 ,mais si les po9ts de d"p diffr5t dj1 les procds diffr5t encore plus4 ,ari/ote1 p> une simple analyse1 di/+ue d'abord le m\vem5t du mobile ou du sujet en m\vem5t3 sub/ance et accid5t4 ,puis1 dans le m\vem5t1 qui e/ un passage de la puissance l'acte1 il di/+ue aussitt deux tats opposs de la ralit3 l'tat pot5tiel et l'tat actuel3 cl de vote de t\te sa mtaphysique4 ,m4 ,b]gson1 au contraire1 syn?tise ou plutt confond t\s ces t]mes3 le m\vem5t ne se di/+ue plus du mobile en m\vem5t1 et le mobile se tr\ve a9si supprim3 plus d'ag5t ni de pati5t1 plus de sub/ance3 le m\vem5t e/ le t\t du rel4 ,enf91 le temps lui-mme e/ id5tifi au m\vem5t et devi5t la sub/ance mme des *oses1 la seule ralit4 ,c'e/ un pur phnomnisme4 ,quant la nature de cette sub/ance1 ,ari/ote avait encore di/+u la matire et l'esprit4 ,m4 ,b]gson ne les di/+ue que p\r mieux les confondre4 ,t\t e/ psy*ique1 et la matire elle-mme n'e/ que du psy*ique dont le m\vem5t e/ inv]ti4 ,en consqu5ce1 t&is qu',ari/ote s'a*em9e v]s une conception plurali/e de l',univ]s o l'unit se fait dans la hir>*ie des =mes1 ,m4 ,b]gson s'ori5te v]s le monisme univ]sel o l'unit ne se fait que p> l'id5tification et la confusion des p>ties4 ,la seule diffr5ce du monisme psy*ique de ,m4 ,b]gson avec le monisme matriali/e ord9aire e/ qu'il donn]a le rle de sub/ance univ]selle1 non plus l',espace-matire1 mais au ,temps-esprit1 o t\t ne s]a pas mo9s confondu4 ,dsormais1 t\t tant id5tique t\t1 la logique de l'id5tit n'a plus de raison d'tre2 les pr9cipes premi]s sont caducs2 et l'anti9tellectualisme triomphe sur les ru9es de l'intellig5ce et du bon s5s4 ,p\r relev] ensuite de ses ru9es imm5ses la mtaphysique--c> l'esprit huma9 ne saurait s'en pass]1--l'on fait appel une facult n\velle qu'on appelle l'intuition4 ,malgr sa prt5tion de lire dans l'intrieur mme des *oses1 elle n'e/ autre que l'imag9ation cratrice1 et c'e/ elle que l'on *>ge de refaire le plan de l',univ]s4 ,une e/htique subtile et brillante1 p>fois my/ique1 le plus s\v5t potique1 va dtrn] la raison froide et calculatrice1 en att5dant que cette folle du logis se dtruise elle-mme p> ses extravagances et ses excs4 ,voici les pr9cipales conclusions auxquelles elle ab\tit et qui sont les traits les plus saillants de la mtaphysique n\velle3 #a ,ngation de l'tre2 t\t e/ ,dev5ir pur#ejd1 sans que ri5 soit dj dev5u1 ou puisse jamais tre et demeur] id5tique lui-mme1 s\s le flot *angeant des phnomnes4 ,en d'autres t]mes1 il n'y a plus de p]sonnes p]man5tes1 ni de sub/ances /ables1 ni de causes actives1 mais seulem5t des actions sans ag5t1 des attributs sans sujet1 des accid5ts sans sub/ance1 des manires d'tre sans tre1 un dev5ir p]ptuel de ce qui ne peut jamais tre6 #b ,ngation du vrai2 plus de vrit /able ou acquise une fois p\r t\tes4 ,la vrit1 en effet1 c'e/ ce qui e/1 ce que je conois comme il e/4 ,mais puisque ri5 n'e/ ni ne peut tre1 et que t\t le rel e/ entran dans un c\lem5t p]ptuel et insaisissable1 il faut bi5 que la ,vrit suive le sort de l'tre et s'abme dans le g\ffre sans fond de l'inconnaissable4 ,de l ces =mules si s\v5t r5contres dans la philosophie n\velle3 plus de doctr9e arrte1 pas mme de m?ode fixe1 mais une simple t5dance1 une ori5tation de la p5se plutt que des rsultats#eje1 ou bi5 encore1 comme le dit ,w4 ,james3 les *oses ont mo9s d'importance que la re*]*e des *oses2 les vrits ne sont que des inv5tions commodes qui ont russi1--mot clbre qui a fait =tune4 ,en sorte que n\s s]ions rduits *]*] t\j\rs sans p\voir ri5 tr\v] jamais4 ,c'e/ le travail dsesprant de ,pnlope ou de ,sisyphe auquel on v\drait condamn] l'esprit huma96 #c ,ngation des pr9cipes d'id5tit ou de contradiction1 lois du disc\rs1 dis5t-ils1 mais non du rel4 ,en effet1 puisque l'tre n'e/ pas1 on ne peut le dire jamais id5tique lui-mme4 ,quant au contradictoire1 il re/e encore imp5sable1 vu la con/itution actuelle de notre esprit1 mais il n'e/ plus impossible4 ,au contraire1 il e/ au fond du ,dev5ir et la rac9e mme des *oses1 le ,dev5ir tant la fois tre et non-tre1 c'e/--dire fusion ou id5tit des contradictoires4 ,a9si les contradictoires logiques s'alli5t m]veille dans ce que ,m4 ,le ,roy appelle les pr(ondeurs supra-logiques1 et dsormais la fire devise de l'inv5teur s]a3 ,au-dessus ou au del de la ,logique6 #d ,ngation du pr9cipe de causalit4 ,puisqu'il n'y a plus ni causes ni effets1 le pr9cipe de causalit n'a plus aucun s5s et doit tre relgu au muse des antiques4 ,dsormais1 ce qui comm5ce n'a plus de cause et se fait t\t seul4 ,aussi bi5 l',evolution cratrice e/-elle conue comme un pur m\vem5t1 sans aucune *ose1 qui soit mue ou qui meuve2 comme un m\vem5t qui se cre lui-mme1 en se donnant incessamm5t lui-mme l'exi/5ce qu'il n'a pas4 ,l'ide de comm5cem5t absolu et sans cause--n\s l'avons dj fait rem>qu]--e/ a9si mise p>t\t dans l',univ]s1 au comm5cem5t1 au milieu1 la f9 de t\te exi/5ce1 et p\sse jusqu' la plus clatante absurdit4 #e ,ngation de la multiplicit relle des individus et des *oses3 t\t e/ un4 ,le moi et le non-moi1 le sujet et l'objet1 la cause et l'effet1 le pre et le fils1 la matire et l'esprit1 ne sont1 p>at-il1 que des illusions de notre po/ulat du morcelage ou des exig5ces et des ncessits de l'action4 ,en ralit1 t\s les individus et t\tes les natures fusionn5t dans le gr& ,t\t4 ,mais l o l'on ne peut plus di/+u] des t]mes df9is et multiples1 il n'y a plus de relations ni de lois4 ,t\te loi devi5t donc illusoire1 c'e/--dire que t\te la lgislation de la ,logique et de la ,morale1 de la ,physique et de la ,mtaphysique s'cr\le dans un abme *aotique et sans fond o l'esprit n'a plus de prise4 #f ,ngation du primat de la ,raison4 ,l'in/9ct e/1 n\s dit-on1 suprieur l'intellig5ce1 laquelle n'e/ qu'un rtrcissem5t p> cond5sation d'une puissance plus va/e1 savoir de l'lan vital primitif ou de l'in/9ct4 ,c'e/ l'volution de l'lan vital qui l'a dpose en c\rs de r\te1 lorsqu'il tait sur son dcl94 ,aussi faut-il se dfi] des concepts qui ont maladroitem5t cri/allis le flu5t1 a9si que de ces jeux de concepts qu'on appelle les jugem5ts et les raisonnem5ts1 les dductions et les inductions1 dont l'app>5te ncessit e/ illusoire2 il ne faut se fi] qu'aux intuitions de l'in/9ct rfl*issant sur son pr9cipe1 l'lan vital1 d'o il e/ sorti4 ,cet in/9ct supra-intellectuel e/ une sympa?ie div9atrice--impossible df9ir p> des concepts--qui n\s donne une vision directe et immdiate de l'intrieur mme des *oses avec lesquelles n\s communions intrieurem5t p> l'action4 ,c'e/ l que n\s dc\vrons comme un monde n\veau1 o t\t s'aurole de fluidit dans un p]ptuel c\lem5t4 ,telle e/ la vision de la dure pure ou du ,temps1 qui ressemble une cont9uit opaque et m\vante1 une htrognx indi/9cte et amorphe o t\t fusionne dans l',unit suprme de la vie1 comme dans un abme my/ique o l'esprit se p]d4 ,or1 cette vision pure e/ tellem5t ineffable1 que ,m4 ,b]gson lui-mme1 se s5tant impuissant l'exprim]1 n\s dcl>ait au ,congrs de ,bologne qu'il pass]ait t\te sa vie la balbuti] sans p\voir jamais arriv] se faire compr5dre4 ,voici ses p>oles textuelles3 ,t\t se ramasse en un po9t unique 7la dure pure7 444 et ce po9t e/ quelque *ose de simple1 d'inf9im5t simple1 de si extraord9airem5t simple que le philosophe n'a jamais russi le dire1 et c'e/ p\rquoi il a p>l t\te sa vie sans p\voir tre compris4#ejf ,cette vision de la ,dure pure ou du ,temps--s'levant de la subconsci5ce la limite de la consci5ce p> une torsion de l'esprit sur lui-mme--n\s remet en mmoire la fameuse1 vision de l',etre simplicit]1 tant clbre p> les ,ontologi/es1 et1 qui eut un mom5t de vogue en?\sia/e1 il y a quelque qu>ante ans4 ,n\s tions alors au collge1 et p>mi nos cam>ades les plus f]v5ts p\r les n\velles doctr9es1 plusieurs1 qui croyai5t avoir vu l',etre1 se levai5t p5dant la nuit p\r le revoir et le contempl] loisir dans la lune ou les toiles4 ,et ces visions nocturnes ou diurnes ab\tissai5t rgulirem5t un dtraquem5t crbral4444 ,aussi ne conseillons-n\s pas aux lecteurs de trop prolong] les ex]cices de vision de la dure pure1 si tant e/ qu'ils les veuill5t essay]4 ,ce n'e/ pas l'univ]s qu'elle mettrait l'env]s1 mais leurs c]veaux4 ,du re/e1 il n'y a ri5 contempl] dans ce tr\ noir1 et ,m4 ,b]gson se flatte ou s'illusionne gr&em5t s'il croit y avoir vu le plan et les dveloppem5ts de son ,evolution cratrice4 #g ,divorce de la ,philosophie avec les ,sci5ces4 ,une telle ,philosophie t\te imag9aire ne p\vait pas ne pas ab\tir tt ou t>d un divorce complet avec la ,sci5ce positive4 ,et ce s]a l le d]ni] trait c>actri/ique de la ,philosophie n\velle4 ,inaugure dans un lan gnreux de raction contre t\tes les m?odes a priori1 elle se posait comme un ret\r lgitime l'obs]vation directe des *oses1 comme un ef=t p\r se rajeunir et se retremp]1 en se plongeant avidem5t dans la ralit1 ou1 comme elle le rptait1 p\r faire enf9 r$esc5dre du ciel sur la t]re la p5se huma9e#ejg4 ,et ce n'tait pas l une va9e prote/ation de sa "p4 ,les travaux qu'elle inspirait tai5t t\t hrisss de l'app>eil sci5tifique le plus acc5tu3 =mules1 comp>aisons et dmon/rations ma?matiques1 physico-*imiques1 biologiques1 psy*ologiques1 etc4 ,c'tait bi5 avec les sci5ces positives une alliance ardemm5t re*]*e et df9itivem5t conclue4 ,malheureusem5t1 les s]m5ts de fidlit t]nelle n'auront dur que l'espace d'une lune de miel6 ,il suffirait de relire le disc\rs de ,bologne p\r se bi5 conva9cre que le divorce e/ bi5 df9itivem5t proclam4 ,p\r n\s et t\s les disciples d',ari/ote et de sa9t ,?omas1 l'esprit philosophique pr5d son po9t de d"p dans les donnes positives de la sci5ce exprim5tale et fait ef=t p\r la cont9u] et l'appr(ondir en l'univ]salisant4 ,ce n'e/1 du re/e1 qu'une application du pr9cipe fondam5tal que t\tes les ides n\s vi5n5t p> les s5s1 et t\tes les ?ories1 dignes de ce beau nom1 1 doiv5t n\s v5ir de l'expri5ce vulgaire ou sci5tifique4 ,p\r ,m4 ,b]gson1 au contraire1 la philosophie1 bi5 lo9 d'tre imman5te la ,sci5ce1 lui e/ transc5dante1 en ce s5s que ce sont deux connaissances entirem5t diffr5tes et htrognes4 ,la ,philosophie1 grce l',intuition1 saisit le d$ans mme du rel1 l'me de l',univ]s1 j\it d'une communion my/ique avec sa vie intime1 son lan vital4 ,a l'oppos1 la ,sci5ce ne saisit que le dehors de l'tre1 la gangue1 la matire4 ,voil p\rquoi1 au lieu de p\voir communi] la vie de la nature1 le savant e/ oblig de la heurt] de front comme un ennemi qu'il faut dompt] p\r les beso9s pratiques de l'action quotidi5ne4 ,donc1 il la saisit1 il l'analyse1 la torture1 la dissque1 il la tue p\r la dom9]4 ,comme on le voit1 la ,philosophie et la ,sci5ce sont a9si conues comme deux mondes aussi diffr5ts que la vie et la mort1 et tudis p> deux procds htrognes4 ,d'o la conclusion de ,m4 ,b]gson3 ,la rgle de la ,sci5ce a t pose p> ,bacon2 obir 7 la nature7 p\r comm&]4 ,le philosophe n'obx ni ne comm&e3 il *]*e sympa?is]4#ejh ,l'union dont on s'tait flatt au db e/ donc dev5ue entirem5t impossible4 ,les c>actres des deux conjo9ts1 leurs m?odes1 leurs f9s sont opposs et antipa?iques4 ,que1 *acun re/e donc sa place6 ,sans d\te1 on ne nie pas la sci5ce#eji1 mais on la prie de re/] dsormais *ez elle4 ,c'e/ un libellum repudii aussi clair1 aussi catgorique qu'on puisse le =mul] en belle langue diplomatique4 ,de son ct1 d'ailleurs1 la ,sci5ce en a facilem5t pris son p>ti4 ,elle a mme proclam bi5 haut son antipa?ie p\r l'anti9tellectualisme p> cette prote/ation clbre de ,m4 ,po9c>3 ,la sci5ce s]a intellectuali/e ou elle ne s]a pas4#eaj ,la dsunion e/ donc mutuelle et complte4 ,en rsum1 s'il tait possible de syn?tis] t\s ces c>actres en un seul mot typique1 n\s dirions de la ,philosophie n\velle3 elle prt5d se pass] de l',intellig5ce p\r philosoph]2 elle prt5d1 comme elle l'a audacieusem5t dcl>1 p\ss] l'intellig5ce hors de *ez elle p> un acte de volont 444 p> la torsion du v\loir sur lui-mme4444 ,ef=t d'ailleurs d\l\reux que n\s p\vons donn] brusquem5t en viol5tant la nature1 mais non pas s\t5ir au del de quelques in/ants#eaa4444 ,n\s n'exagrons ri51 et tel e/ bi5 le s5s et la porte de ces tranges =mules1 reconnus unanimem5t p> t\s les comm5tateurs#eab4 ,w4 ,james l'av\ait3 ,c'e/ bi5 l une sorte de cata/rophe intrieure que ,b]gson rclame de n\s1 et t\t le monde n'e/ pas capable d'une telle rvolution logique4--,il n'y a1 je crois1 aj\tait-il1 qu'un petit nombre d'entre v\s qui auront pu obir l'appel de ,b]gson4--,james a v\lu tre du petit nombre de ces lus et a propos son t\r de r5onc] t\t fait au rationnel#eac et de faire fi de la ,logique4 ,n'e/-ce pas1 vraim5t1 rv] les yeux ouv]ts6444 ,mais ce qui n'e/ pas mo9s trange1 c'e/ de rappro*] ce po9t d'arrive f9al avec le po9t de d"p4 ,p>tie d'une c]ta9e ?orie du ,temps ou de la ,dure1 con/ruite avec une confiance audacieuse dans la t\te-puissante =ce d'ab/raction de la raison huma9e1 la p5se ,b]gsoni5ne ab\tit une conclusion anti9tellectuali/e qui dnie l'intellig5ce t\t vrai p\voir de connaissance objective4 ,cette p5se se dtruit donc elle-mme et se suicide6 #h ,aprs le divorce de la philosophie1 b]gsoni5ne avec la ,sci5ce et avec la raison1 il e/ bi5 inutile de p>l] de son ,divorce avec la foi religieuse et *rti5ne4 ,les preuves en s]ai5t si nombreuses et si pr(ondes qu'il s]ait impossible de les numr] en quelques mots4 ,aussi bi5 une seule peut les rsum] t\tes4 ,comme l'a si bi5 compris et dit un philosophe laque3 ,une philosophie qui blasphme l'intellig5ce ne s]a jamais ca?olique4#ead ,non1 jamais la foi du *rti5 ne p\rra cons5tir ne plus tre raisonnable1 c'e/--dire fonde en raison et ju/ifie p> les donnes de la raison1 selon la maxime de nos pres2 ,fides qur5s intellectum1 ou le prcepte de sa9t ,paul3 ,rationabile sit obsequium ve/rum4 ,la foi mme du *>bonni] n'e/ jamais totalem5t aveugle1 et si ses raisons de croire sont extr9sques et banales1 elles n'en sont pas mo9s des raisons sa porte qui lui donn5t une c]titude relative de la rvlation1 et ju/ifi5t sa conduite4 ,a plus =te raison la foi des savants et des gnies1 des ,augu/91 des sa9t ,?omas ou des ,bossuet a-t-elle beso9 d'tre illum9e p> t\tes les lumires intellectuelles et =tifie p> t\s les argum5ts logiques dont l'ordonnance rig\reuse con/itue l'uvre colossale et m]veilleuse de la ,?ologie4 ,cette citadelle inexpugnable de la foi ca?olique1 l',eglise ne peut y r5onc]1 et c'e/ p\r cela qu'elle e/ t\t naturellem5t la protectrice et la g>di5ne de la raison huma9e non mo9s que de la foi rvle1 df5dant la raison contre ses propres excs1 t\r t\r contre les orgueils rationali/es et contre les dfaillances fidi/es4 ,tel e/ son rle sculaire qu'elle n'abdiqu]a jamais6 ,bi5 aveugles ou bi5 nafs fur5t donc c]ta9s p5seurs ca?oliques qui ne l'ont pas compris et qui1 emports p> l'eng\em5t gnral1 crur5t p\voir emprunt] la philosophie b]gsoni5ne la plup>t de ses m?odes et de ses ?ses1 esprant qu'elles p\rrai5t tre acceptes ou assimiles p> la foi ca?olique4 ,c'e/ l une illusion qu'il s]ait va9 d'entret5ir davantage3 l'expri5ce de ces philosophes mod]ni/es l'a dmontr assez clairem5t et trop d\l\reusem5t p\r qu'il soit utile d'insi/] davantage#eae4 99 99 99 99 99 ,,ii4 ,comm5t une telle philosophie1 ennemie-ne de la raison et si r5v]sante p\r le s5s commun1 a-t-elle pu--surt\t en ,france1 t]re classique des ides claires et du bon s5s--obt5ir un succs colossal1 p\r ne pas dire un succs f\8 ,c'e/ le secret qu'il n\s re/e expliqu] au lecteur avant de pr5dre cong de lui4 ,ce succs in\ ti5t assurm5t des causes multiples4 ,n\s ne dirons ri5 des causes artificielles telles que la rclame dans les j\rnaux1 les revues et la presse des deux mondes--p> la lgion des ?urifraires (ficiels et (ficieux1--sans mconnatre p\r cela son efficacit prodigieuse notre poque4 ,bornons-n\s indiqu] les causes naturelles2 encore n'avons-n\s pas la prt5tion de les numr] t\tes1 mais seulem5t les pr9cipales1 celles qui n\s ont le plus frapp4 #a ,la premire cause--la plus vid5te--d'une telle =tune vi5t de ce que la ,philosophie n\velle a p>u inaugur] une raction c\rageuse contre le ,logicisme outranci] et le v]balisme de la philosophie classique po/rieure ,kant1 et surt\t une raction v5g]esse contre le kantisme lui-mme1 dont le public franais comm5ait en avoir s\p4 ,l'attrait p]si/ant de l'esprit huma9 p\r la mtaphysique et ses problmes vitaux1 trop longtemps comprim p> l'int]dit kanti51 se rveillait et prp>ait enf9 sa revan*e4 ,le mot d'ordre3 il faut trav]s] ,kant6 v5ait de ret5tir la ,sorbonne1 comme le comm5cem5t d'un exode qui provoquait l'en?\siasme4 ,on *]*ait un prophte des temps n\veaux et l'on crut l'avoir tr\v#eaf4 ,malheureusem5t1 ,m4 ,b]gson re/ait encore1 en secret1 le prisonni] de ,kant1 puisqu'il ab\tit1 comme ,kant1 quoique p> d'autres voies1 la ngation de la valeur mtaphysique de l'intellig5ce huma9e4 ,p\r lui1 comme p\r ,kant1 la critique de la ,raison pure e/ df9itive4 ,il tait donc rduit faire de la mtaphysique1 non en intellectuel1 mais en arti/e4 #b ,la deuxime cause me p>at rsume dans l'attrait des ides spirituali/es1 leves et gnreuses1 hautem5t pr(esses p> le n\veau matre4 ,p\r lui1 la philosophie ne peut tre qu'un va/e ef=t p\r transc5d] la condition huma9e44441 qu'un irrsi/ible c\rant p\r hauss] l'me huma9e au-dessus de l'ide#eag4 ,or1 t\t cela devait plaire cette multitude d'mes qui s\ffr5t de l'insuffisance si manife/e de la vie t]re/re4 ,il les a aussi *>mes en se posant crnem5t1 ds le db1 en df5seur de la lib]t contre le dt]m9isme1 du spiritualisme contre le grossi] matrialisme et mme contre le mcanisme p> qui en e/ la premire tape4 ,on sait avec quelle =ce1 en effet1 et quel succs il a combattu sans rel*e ces deux erreurs la mode4 ,il y revi5t sans cesse1 t\t propos1 et t\tes ses pr(essions de foi spirituali/es sont applaudies vig\reusem5t p> son auditoire4 ,malheureusem5t1 ses prjugs moni/iques l'incl9]ont plus t>d effac] peu peu les di/9ctions ess5tielles qui oppos5t l'esprit la matire1 la lib]t la ncessit4 ,aprs les avoir fusionnes dans l'id5tit univ]selle1 on ne saura plus les reconnatre4 ,ses prjugs anti9tellectuali/es1 d'autre "p1 le port]ont rhabilit] le s5sible aux dp5s de l'ide1 la matire aux dp5s de l'esprit1 et faire a9si le jeu de ceux qu'il v\lait combattre4 ,mais t\t cela e/ trop subtil p\r effac] dans l'esprit du public la bonne impression premire de sa doctr9e nettem5t spirituali/e4 ,il e/ vrai que cette doctr9e1 en mme temps qu'elle exalte les aspirations leves de l'me huma9e1 rabaisse son intellig5ce et sa raison1 dont les croyants faisai5t logiquem5t la base et le s\ti5 de leur foi religieuse3 fides qur5s intellectum4 ,mais ,pascal1 l'auteur de la clbre apo/rophe3 ,taisez-v\s1 raison imbcile6 ne leur a-t-il pas appris voir1 au contraire1 dans l'impuissance de la raison1 un sec\rs inespr p\r leur foi8 ,de l une gr&e cause de succs auprs de c]ta9es mes1 au fond religieuses1 mais surt\t amies d'une religiosit vague1 sans symbole et sans dogme et mme sans rite obligatoire4 ,prive du contrepoids de la raison1 l'intuition s5tim5tale ou my/ique leur p]met de t\t croire1 comme le pragmatisme qui en drive si facilem5t leur p]met de t\t faire1 puisque agir c'e/ crer la vrit de ce qu'on fait4 ,et *acun peut a9si vivre sa vie et se faire1 son gr1 p\r son usage p]sonnel1 comme la pr9cesse ,palat9e1 son petite ,religion4 ,quoi de plus commode et de mieux prde/9 une imm5se vogue8 #c ,a ce spiritualisme lev1 ,m4 ,b]gson a su aj\t] discrtem5t quelques ides irrligieuses qui en ont fait un spiritualisme sans ,dieu et vraim5t laque3 autre cause de succs p> ce temps de lacit outrance4 ,ses critiques ddaigneuses et d'ailleurs inju/es sur le ,dieu de ,platon et d',ari/ote font assez press5tir ce qu'il n'a pas encore exprim bi5 clairem5t1 mais qui re/e p>t\t s\s-ent5du4 ,sa religion--si tant e/ qu'on puisse lui appliqu] ce gr& mot--s]a pan?i/ique et my/ique4 ,les amateurs des rves flottants et nuageux--ils sont si nombreux6--pr\v5t dj dans la s5sation dissolvante de l't]nel c\lem5t le frissonnem5t de l'tre univ]sel qui e/ l'me des *oses et qui n\s met en communication invisible avec l'intrieur mme de t\tes les activits ca*es de la nature4 ,tlpa?ie1 rayonnem5t des esprits dans l'espace1 consci5ce et communion univ]selle des tres1 my/rieux secrets de l'occultisme1 sont des croyances qui n'ont ri5 r$\t]--n\s dit-on--des dogmes de la ,religion n\velle4 ,quant la n\velle ,morale1 elle e/ att5due1 dans la crise actuelle1 comme le ,messie d',isral4444 ,on n'en connat pas encore les cont\rs prcis1 encore mo9s la base1 mais on dev9e que1 sans un ,dieu p]sonnel1 elle ne saurait tre que sans obligation ni sanction1 c'e/--dire p>faitem5t laque4 ,eh6 comm5t l'anti9tellectualisme p\rrait-il tr\v] une loi morale suprieure l'expri5ce huma9e8444 ,de mme qu'il aura affran*i la sci5ce de la notion de ,vrit1 la ,religion1 de l'ide de ,dieu1 il ne peut donc manqu] d'affran*ir la ,morale de la notion du ,bi5 obligatoire ou du ,devoir4 ,att5dons t\tefois qu'il n\s rvle clairem5t son secret sur des que/ions futures qu'il lui a plu de rs]v]4 #d ,a ce fonds de vrits et aussi d'erreurs sduisantes p\r le public de noire poque1 le matre a su aj\t] l'clat de la =me4 ,p>fois1 c'e/ un app>eil sci5tifique sol5nel et au/re1 comme un ?orme qui m>*e et qui en impose au vulgaire4 ,a ce liait1 on reconnat l'anci5ne vocation de ,m4 ,b]gson p\r les ma?matiques4 ,mais1 d'ord9aire1 c'e/ l'arti/e qui se rvle s\s les =mes littraires les plus brillantes4 ,n\s avons dj p>l de ses mtaphores jet cont9u1 qui ont la v]tu de masqu] des erreurs ou de faire p>atre l'endroit ce qui e/ ret\rn l'env]s1 c> le public les int]prte spontanm5t suivant les donnes du bon s5s4 ,elles ont aussi le don de prt] de la vie et de l'intrt aux ?ories les plus ab/ruses que l'auditoire s]ait bi5 incapable de suivre1 et de lui donn] au mo9s l'illusion de les avoir comprises4 ,l'anci5ne cole rep\ssait la philosophie littraire avec ses considrations e/htiques ou my/iques4 ,la n\velle1 au contraire1 en fait sa m?ode ess5tielle d'exposition4 ,l'image1 qui v5ait p>fois complt] la preuve1 ici ti5t sa place2 elle ti5t lieu d'argum5t1 c> elle suffit satisfaire c]ta9s esprits peu exigeants ou du mo9s obt5ir d'eux qu'ils lui fass5t crdit4 ,d'ailleurs1 elle *>me et captive p> son clat imprvu1 sa t\rnure pittoresque1 orig9ale et vraim5t neuve2 et on applaudit l'incomp>able virtuosit de l'arti/e4 ,on l'c\te donc volonti]s2 sa musique e/ comp>e au *ant de l'al\ette dans le ciel bleu1 et l'on se presse1 l'on s'entasse aut\r de sa *aire p\r l'ent5dre4 ,il e/ vrai que sa lecture e/ mo9s facile2 ct des pages m]veilleusem5t enleves2 on en r5contre d'autres--beauc\p plus nombreuses--d'un opacit soporifique et vraim5t ennuyeuses1 qui n\s ont fait trop s\v5t r$ire le qu&oque bonus dormitat ,hom]us4 ,ses ouvrages manqu5t aussi de suite et de composition4 ,il suffit d'en p>c\rir la table des matires p\r tre surpris de leur pauvret1 surt\t de l'imprcision et du vague dans la division et l'en*anem5t des sujets4 ,le logici5 e/ ici pris en dfaut3 l'arti/e fait tort au pr(esseur4 ,t\tefois1 l'arti/e excelle ouvrir des horizons de rve1 propres satisfaire les t5dances de l'imag9ation et les beso9s du cur dans t\tes les mes que le ,positivisme du sicle pass n'a pu cont5t] t\t fait et qui dsir5t s'lev] plus haut3 au del et audessus du ,positivisme6 ,tel e/ le secret de bi5 des en?\siasmes4 #e ,enf91 une d]nire cause d'un si gr& succs--et ce n'e/ srem5t pas la mo9dre1--c'e/ le gt du public actuel1 ou1 si l'on veut1 la mode du j\r1 qui se passionne galem5t p\r la philosophie n\velle comme p\r le ?tre n\veau4 ,a propos d'une pice gr& succs1 de la ,vi]ge folle--si j'ai bonne mmoire1--un des plus di/+us critiques p>mi nos contempora9s--aprs avoir salu cette pice comme un *ef-d'uvre1--suivant la =mule protocolaire obligatoire1 aj\tait aussitt ces judicieuses rem>ques3 ,cet art e/ en tra9 de dvi]4 ,il n'e/ que temps de le reconnatre et de signal] la f*euse erreur de direction qui le mne droit a l'cueil4 ,l'art1 et cela peut se dire aussi bi5 de t\s les arts1 une t5dance cont9uelle s'c>t] du rel et du vrai4 ,cette vrit 444 e/ une insupportable contra9te dont il mdite sans cesse de s'affran*ir4 ,nature1 raison1 logique1 vraisemblance1 autant de1 dures matresses qui lui int]dis5t les plus agrables t\rs d'adresse et les plus pre/igieuses jongl]ies4 ,le j\r o il se libre de ces entraves1 il se peut qu'il y soit enc\rag p> la complaisance du public1 celui ci ne dem&ant qu' tre div]ti et comm5ant p> applaudir t\tes les exc5tricits qui le di/rai5t de son ennui4 ,c'e/ alors que la critique peut t5ir un emploi utile4 ,elle rappelle l'criva9 que l'art du ?tre e/ ess5tiellem5t un art d'imitation1 qu'une comdie de murs e/ un portrait et que son premi] mrite e/ de ressembl]4444 ,tant que v\s n'aurez pas *ang les conditions de l'humanit1 v\s s]ez oblig de v\s y con=m]1 ou v\s aurez tort4444 ,ce tort e/ celui du ?tre n\veau4444 ,il se place en dehors de t\tes les conditions de la vie relle1 il imag9e des situations de fantaisie1 il en tire des effets qui peuv5t donn] l'illusion de la vigueur1 mais ne support5t ni la discussion ni l'exam5#eah4 ,il n\s e/ cep5dant impossible de dp\ill] t\tes les donnes que l'expri5ce et la rflexion n\s ont l5tem5t apportes4 ,on exige de n\s que n\s dposions au ve/iaire1 avec notre paletot1 t\tes les notions acquises1 t\tes les con/atations1 t\s les s\v5irs qui risqu5t de dm5tir des tableaux enlevs de *ic p> une brosse exaspre4 ,p\rquoi et de quel droit8#eai ,eh bi56 ces rflexions svres mais ju/es1 n\s tions en tra9 de les faire en lisant l',evolution cratrice1 p>ce que n\s n'avions pas cru devoir dpos] au ve/iaire de ce gr& ,c9ma t\tes les notions premires ni t\s les premi]s pr9cipes de la raison huma9e4 ,aprs avoir r5du un ju/e hommage ce qu'on e/ conv5u d'appel] un *ef-d'uvre1 ou t\t au mo9s le *ef-d'uvre de ,m4 ,b]gson1 n\s n\s dem&ions comm5t on avait pu concevoir une ,evolution qui s]ait cratrice d'elle-mme1 ou une cration sans aucun ,crateur et sans aucune *ose cre2 comm5t une si prodigieuse imag9ation1 qui froisse la fois la nature1 la raison1 la logique1 les vraisemblances et t\tes ces dures matresses de la vrit1 qui sont les g>de-f\ de l'esprit huma91 avait pu tre c>esse p> un esprit suprieur4 ,n\s n\s le dem&ions avec angoisse1 sans p\voir tr\v] d'autre rponse que le gt du public qu'il faut bi5 satisfaire1 et dont la tyrannie a fait tant d'autres victimes4 ,r5an1 ce gr& romanci] de la religion auquel on peut bi5 comp>] les gr&s romanci]s de la philosophie1 crivait quelque "p cette pla9te bi5 connue3 ,sitt que j'eus montr le petit c>illon qui tait en moi1 le monde s'y plut1 et1 peut-tre p\r mon malheur1 je fus engag a le cont9u]4 ,or1 ce gt dprave du public contempora9 vi5t de l'tat intellectuel de la gnration prs5te4 ,dp\rvue de t\te culture la plus lm5taire en ,logique et en ,ontologie--c> on ne les enseigne plus dans nos lyces ni nos collges1--elle se laisse facilem5t sduire p> t\tes les n\veauts et les h>diesses de l'imag9ation4 ,on dirait qu'auj\rd'hui les esprits sont fatigus d'ides claires et prcises2 que le gt des fuyances de la p5se a remplac l'antique gt des crdos positifs et des vrits t]nelles2 qu'on prfre les rv]ies potiques aux solides dmon/rations exprim5tales et rationnelles4 ,les contradictions elles-mmes ne *oqu5t plus2 leurs dissonances amus5t plutt comme un jeu orig9al et lgant4 ,e/-ce l'anmie intellectuelle des races dcad5tes8 ,n\s n'osons rpondre cette angoissante "q2 mais ce que n\s ne craignons pas de dire1 avec la plus pr(onde conviction1 c'e/ que la n\velle philosophie anti9tellectuali/e n'e/ po9t le remde *]*1 qu'elle e/1 au contraire1 dans une c]ta9e mesure1 la fois cause et effet de ce recul et de cette dcad5ce de la p5se contempora9e ou de l'esprit public4 ,heureusem5t que les modes du j\r sont phmres et sans aucune prt5tion la dure t]nelle4 ,aprs une clipse mom5tane1 n\s rev]rons de n\veau--n'en d\tons pas--se lev] sur notre horizon et brill] de son clat naturel cette foi calme et tranquille en la valeur de la raison huma9e1 qui a inspir t\s les *efs-d'uvre et ori5t t\s les plus gr&s gnies des sicles passs4 ,m4 ,b]gson ne n\s dm5tira pas1 au contraire4 ,il dom9e de trop haut son auditoire p\r ne pas avoir s5ti o e/ le po9t vulnrable de son brillant sy/me1 et il a eu plus d'une fois la loyale fran*ise de n\s av\] ses d\tes4 ,a la f9 de son c\rs1 en mai #aiaa1 adressant ses adieux son bel auditoire1 il lui confiait que la joie de crer e/ la meilleure de t\tes et qu'il pr\vait cette joie de crateur en contemplant son sy/me4 ,puis il aj\tait ces p>oles significatives3 ,si le philosophe s'atta*e la p\rsuite de la r5omme1 c'e/ p>ce qu'il lui manque la scurit d'avoir cr du viable4 ,donnez-lui cette assurance1 v\s le v]rez aussitt faire peu de cas du bruit qui ent\re1 son nom4#ebj ,notre crateur d'anti9tellectualisme a donc la cra9te--d'ailleurs bi5 fonde--de n'avoir po9t cr du viable4 ,c'e/ l'oppos de l'auteur classique qui t]m9ait son uvre p> ce cri de confiance en l'immortalit3 ,exegi monum5tum 444 re p]5nius6 ,cet aveu de ,m4 ,b]gson1 lo9 d'tre isol1 semble au contraire le t\rm5t] et le p\rsuivre1 comme un secret remords4 ,dans son ,evolution cratrice1 aprs avoir clbr1 en t]mes magnifiques1 cette philosophie intellectuali/e des gnies de la ,grce1 dont il a pris le contrepi$2 aprs avoir reconnu que si l'on fait ab/raction des quelques matriaux friables qui entr5t dans la con/ruction de cet imm5se difice1 une *>p5te solide demeure1 et cette *>p5te dess9e les gr&es lignes d'une mtaphysique qui e/1 croyons-n\s1 la mtaphysique naturelle de l'intellig5ce huma9e1 il se dem&e quel s]a son av5ir et sa dure dans les sicles futurs1 et voici sa loyale rponse3 ,un irrsi/ible attrait ramne l'intellig5ce son m\vem5t naturel et la mtaphysique des mod]nes aux conclusions gnrales de la mtaphysique grecque4 ,et il aj\te mlancoliquem5t3 ,illusion1 sans d\te1 mais illusion naturelle indrac9able qui dur]a autant que l'esprit huma94#eba ,ce prono/ic1 sur les lvres de ,m4 ,b]gson1 e/1 ce n\s semble1 un aveu loyal1 complet1 dpassant t\tes nos esprances4 ,c'e/ en va9 qu'on lutt]a contre l'intellig5ce au nom de l'intellig5ce mme2 cette lutte e/ contre nature4 ,la raison f9ira t\j\rs p> avoir raison4 ,cet espoir e/ p\r n\s une c]titude fonde sur ce fait con/ant et univ]sel de la biologie3 les produits draisonnables--quelque curieux ou normes que soi5t ces mon/res--sont lim9s p> la nature fatalem5t4 ,or1 la philosophie de ,m4 ,b]gson recle en ses flancs ce que son ami ,w4 ,james appelait le mon/re in9telligible du ,monisme#ebb1 acc\pl avec le mon/re non mo9s in9telligible de l',anti9tellectualisme absolu4 ,elle e/ donc r=me et condamne deux fois4 ,elle ne p>le que de vie ou d'lan vital1 et elle e/ une philosophie anmique1 incapable de vivre et de n\s faire vivre de la vie la plus haute1 la vie intellectuelle1 pr9cipe de la vie morale et prlude de la vie div9e4 ,aussi1 concluons-n\s1 cette uvre de ,m4 ,b]gson1 qui a pu p>atre belle p> l'art de l'criva9 et le tal5t pre/igieux qu'il rvle1 e/1 p\r ceux qui nglig5t la =me p\r s'atta*] au fond1 entirem5t dcevante4 ,il lui manque cette foi robu/e en la puissance de la raison huma9e qui gurirait les esprits contempora9s si malades et les reti5drait sur la p5te d'une dcad5ce fatale2 il lui manque ce rayon de lumire v5u de l',inf9i1 qui seul peut n\s dvoil] nos de/9es immortelles1 relev] nos c\rages et attir] nos curs en haut1 v]s ,celui qui e/ p> ess5ce le ,vrai1 le ,bi5 et le ,beau1 triple s\rce d'o jaillit la ,vie bi5heureuse6 99 99 99 99 99 ,,notes3 #a ,s4 ,,?omas1 ,somme ?ol4 ,i1 q4 i1 a4 #h1 ad #b4 #b ,h4 ,,b]gson1 ,a propos d'un article de ,m4,w4 ,pitk9 intitul ,james et ,b]gson1 ,j\rnal ( ,philosophy1 #g juill4 #aiaj1 p4 #che-chh4 7,voir les articles de ,,pitk9 et de ,,kall5 dans les numros des #bh avril et #bc ju9 #aiaj1 et celui de ,w4 ,,james1 #bj janv47--,voir aussi ,,tonqu,,dec3 ,m4 ,b]gson e/-il moni/e8 7,etudes1 #bj fvr4 #aiab7 et les lettres de ,m4 ,b]gson ,m4 de ,tonqudec4 #c ,etudes philosophiques1 ,i4 ,i]4 ,?orie fondam5tale1 #g;e dition4 ,*ez ,b]*e et ,tral91 ,p>is4 #d ,le mot e/ de ,w4 ,james1 ,v4 p4 #dgf4 #e ,,maurice ,,pujo1 ,la f9 du ,b]gsonisme1 cf4 ,,juli5 ,,b5da1 ,le ,b]gsonisme4 #f ,m4 ,h5ri ,b]gson e/ n ,p>is1 de famille juive et d'orig9e trangre1 le #ah octobre #ahei4 ,il fit de brillantes tudes au lyce ,condorcet de #ahfh #ahgh4 ,ses biographes le reprs5t5t surt\t comme un =t en ?me1 avec des succs m>qus en ma?matiques4 ,aussi hsita-t-il entre les lettres et les sci5ces4 ,en #ahgh1 il entrait l',ecole normale1 section des lettres1 et dev5ait agrg en philosophie en #ahha4 ,sa ?se e/ de #ahhi4 ,aprs avoir enseign dans div]s lyces de prov9ce1 il v9t ,p>is au collge ,roll91 puis au lyce ,h5ri ,,iv de #ahhh #ahih1 fut matre de confr5ces l',ecole normale de #ahih #aijj1 et nomm au ,collge de ,france en #aijj4 ,l',in/itut l'a lu en #aija4 #g ,n\s v]rons plus lo9 cette =mule applique ,dieu lui-mme qui s]ait en tra9 de se faire6 #h ,disc\rs au ,congrs de ,bologne1 #aj avril #aiaa1 dans la ,revue de ,mta4 et de ,morale1 nov4 #aiaa1 p4 #hab4--,on voit p> l combi5 exagre le ?urifraire cit plus haut1 lorsqu'il n\s reprs5te cette philosophie sortie d'un seul jet et t\te arme1 comme ,m9]ve du c]veau de ,jupit]4 #i ,essai sur les donnes immdiates de la consci5ce 7#ahhi72--7,matire et ,mmoire #ahif72--l',evolution cratrice 7#aijg1 ,alcan47 ,plusieurs ditions avec de lgres v>iantes dans la pag9ation4 #aj ,notons dans la ,revue de ,mta4 et de ,morale3 ,le ,p>alogisme psy*ophysique1 l',introduction la ,mtaphysique et l',intuition4--,dans la ,revue philosophique 7#aijh73 ,la p>amnsie ou fausse reconnaissance4--,deux confr5ces ,ox=d1 la ,p]ception du *angem5t 7#aiaa71 etc4 #aa ,,b]gson1 les ,donnes immdiates de la consci5ce1 p4 #agh4 ,n\s citons d'aprs la deuxime dition4 #ab ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bag4 ,cf4 p4 #eb1 #baf1 #bbe1 #bea1 #chg1 #chi4 #ac ,revue philosophique1 #aijf1 vol4 ,,lxi1 p4 #adc4 #ad ,elle 7la philosophie7 doit n\s ram5]1 p> l'analyse des faits et comp>aison des doctr9es1 aux conclusions du s5s commun4 7,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 ,avant-propos1 p4 iii47 #ae ,le ,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #ada1 #adb4--,le s5s commun n\s masque la nature4 7,rev4 des ,deux ,mondes1 #a;er fv4 #aiab1 p4 #eeh47--;,il aj\te1 il e/ vrai 7p4 #eei73 ,du s5s commun le fond e/ sr et la =me suspecte4 ,mais1 p\r lui1 le fond n'e/ qu'un comm&em5t pratique3 ,agis comme si4444 ,seule la =me a un s5s intellectuel et p>tant suspect4 ,d'o la fameuse "q3 ,qu'e/-ce qu'un ,dogme8 ,rponse3 c'e/ un comm&em5t pratique3 ,agis comme si 444 sans aucun s5s intellectuel acceptable4--,la philosophie n\velle s'ouvre p> une analyse critique du s5s commun4 7,revue de ,mta4 et de ,morale #aija1 p4 #djg47 ,c'e/ la dcapitation pralable du s5s commun4 #af ,cf4 ,,platon1 ,cratyle1 #djb ,a2 #djd ,d2 ,?at41 #aeb ,d2 #afj ,d4 #ag ,ces premi]s pr9cipes ont t traits d'hypo?ses succs extraord9aire6 #ah ,de mme p\r ,w4 ,james3 ,je me suis vu contra9t de r5onc] la ,logique1 c>rm5t1 fran*em5t1 irrvocablem5t6 ,a ,plurali/ic ,univ]se 7,london1 #aiji74 #ai ,n\s donn]ons alors citations et rfr5ces4 #bj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ceb4 #ba ,rappelons sa s5t5ce fameuse3 4 #bb ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #caj4 ,c'e/ n\s qui s\lignons4 #bc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bgj4 ,t\tefois1 aj\te-t-il1 je ne donne pas ce c5tre p\r une *ose1 mais p\r une cont9uit de jaillissem5t4 7,ibid4 p4 #bgj47 #bd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ag4 #be ,exi/] consi/e *ang]4444 ,l'tat lui-mme e/ dj du *angem5t4444 ,si un tat d'me cessait de v>i]1 sa dure cess]ait de c\l]4 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #a1 #b1 #c1 #h1 #bea1 #bfj1 etc47 #bf ,b4 ,,sa9t-,,hilaire1 trad4 d',ari/ote1 ,logiq4 ,prf4 t4 ,,iii1 p4 v4 #bg ,le ,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #cjd1 #cje1 #cjf4 #bh ,m4 ,f\ille lui-mme ne se gne plus p\r p>l] de la r5aissance de la sophi/ique grecque4--,d'autres1 encore mo9s respectueux1 rappro*5t ce beso9 d'obscurit de celui qu'pr\v5t les mdiums spirites1 tels qu',eusapia qui rclame t\j\rs mo9s de lumire3 ,m5o luce6 ,c'e/ la condition indisp5sable de leurs succs4--,m4 ,gaudeau l'a =t bi5 dit3 ,l'obscurit e/ prcism5t le contraire de la pr(ondeur4 ,la pr(ondeur de la p5se1 *ez un criva91 doit tre une puissance d'clairem5t qui n\s p]met de voir ou mme n\s =ce voir le fond des *oses4 ,or1 l'obscurit1 d'o qu'elle vi5ne1 e/ un voile qui s'int]pose entre notre reg>d et le fond des *oses1 entre n\s et la pr(ondeur4444 ,la p5se qui e/ un reg>d et qui doit tre une lumire1 n'e/ pr(onde que si elle e/ claire p>faitem5t4 7,la foi ca?olique1 avril #aiaj1 p4 #agb47 #bi ,,platon1 ,sophi/e1 p4 #aia1 #cjj 7,ed4 ,c\s974 #cj ,,moisant1 dans les ,etudes du #e mai #aijh4 #ca ,rflexions d'un ,phili/91 ,gr&e ,revue1 #aj juill4 #aiaj1 p4 #af1 p> ,m4 ,,le ,,dantec4 #cb ,t\t e/ obscur767 dans l'ide de cration1 si l'on p5se des *oses qui s]ai5t cres et une *ose qui cre1 comme on le fait d'habitude et comme l'ent5dem5t ne peut s'emp*] de le faire4 7,l',evolution cratrice1 p4 #bfi47--,une cration sans aucun ag5t qui cre ni sans *ose cre e/-elle donc plus claire8444 ,n\s revi5drons plus t>d sur cet trange p>adoxe4 #cc ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #gd 7#b dit474 #cd ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #gh4 #ce ,,ari/41 ,phys41 ,i4 ,,iv1 c4 xi1 #e et #ab4 ,cette df9ition reg>de surt\t le temps qui mesure4 ,quant au temps qui e/ mesur1 il n'e/ autre que le m\vem5t en tant qu'il tombe s\s la mesure de l'avant et de l'aprs4 ,c'e/ la mme di/9ction que p\r le nombre nombrant et le nombre nombr1 1 7,phys4 l4 ,,iv1 c4 xiv1 #c47 #cf ,voici le texte complet d',ari/ote3 ,quantum dicitur quod e/ divisibile 9 ea1 qu insunt1 quorum utrumque vel unumquodque unum1 quiddam et hoc aliquid aptum e/ esse4 o o e1 4 ,mta41 l4 ,v1 c4 xiii1 text4 #ah4 #cg ,p\r les purs esprits1 les notions tires des tres matriels sont mtaphoriques4 ,a9si l'galit ou l'9galit des intellig5ces n'e/ qu'une quantit mtaphorique4 ,mais l'me huma9e n'e/ pas un pur esprit4 ,elle a des oprations organiques d\es de quantit ext5sive et mesurable au mo9s indirectem5t4 #ch ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 janvi] #aijc1 p4 #bh4 #ci ,,f\ill,e1 la ,p5se et les n\velles coles anti9tellectuali/es1 p4 #db1 #dd #dj ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #b4 #da ,species quantitatis di/+untur secundum div]sos modos divisionis4 7,s4 ,,?om41 ,pot41 ix1 #g1 b4 #d47 #db ,p>oles de sa9t ,?omas 7,de ente et ess5tia71 cites p> ,pie ,x dans le ,motu proprio du #a;er septembre #aiaj4 #dc ,la nature de la quantit virtuelle1 quantitas virtatis1 a t1 disons-n\s1 m]veilleusem5t analyse p> les scola/iques4 ,on en p\rra jug] p> cet *antillon4 ,sa9t ,?omas dit qu'on peut la considr] dans sa rac9e ou dans ses effets extrieurs4 ,dans sa rac9e1 elle se confond avec la p]fection de la =me ou de la qualit3 ,9 radice1 id e/1 9 ipsa p]fectione =m vel natur4 ,mais on peut la considr] aussi dans ses effets extrieurs1 surt\t dans l'int5sit de ses effets3 ,att5ditur quantitas virtualis 9 effectibus =m1 et c'e/ ce po9t de vue qu'elle e/ divisible et mesurable4 7,i ,s5t41 di/4 ,,xvii1 q4 ,,ii1 a4 ,i1 c47 ,et comme la quantit1 aj\te-t-il1 se df9it p> la divisibilit1 il suffit que ses effets extrieurs soi5t divisibles et mesurables p\r qu'elle ait1 sa manire--quivalemm5t--la nature de la quantit4 ,bi5 plus1 elle p>ticipe la fois la quantit discrte et la quantit cont9ue4 ,a la premire1 p> le nombre de ses effets ou des objets simultans auxquels sa v]tu peut s't5dre la fois2 la seconde1 p> l'int5sit ou le degr de v]tu de son action sur le mme objet4 ,elle a donc deux fois le titre de quantit1 mais sa manire propre1 c> il y a autant d'espces de quantit que d'espces possibles de division4 ,species quantitatis di/+untur secundum div]sos modos divisionis 7,po/41 ix1 #g1 b4 #d47--,ratio quantitatis 9 communi consi/it 9 qudam divisibilitate3 unde ratio quantitatis inv5itur propri 9 illis qu secundum se dividuntur4444 ,inv5itur etiam quodammodo 9 illis quorum divisio att5ditur secundum ea qu extr9secus sunt1 sicut virtus dicitur divisibilis et quantitatis rationem hab5s1 ex ratione et divisione actuum et objectorum4 7,i ,s5t41 di/4 ,,xix1 q4 ,i1 a4 #a1 ad #a47--,quantitas virtutis att5ditur duplicit]3 vel quantum ad num]um objectorum1 et hoc p] modum quantitatis discret2 vel quantum ad int5sionem actus sup] idem objectum1 et hoc e/ sicut quantitas cont9ua4 7,i ,s5t41 di/4 ,,xvii1 q4 ,,ii1 a4 #a ad #b47--;,duplex e/ quantitas4 ,una scilicet qu dicitur quantitas molis vel quantitas dim5siva1 qu 9 solis rebus corporalibus e/4444 ,s$ alia e/ quantitas virtutis1 qu att5ditur secundum p]fectionem alicujus natur vel =m qu quidem quantitas designatur secundum quod dicitur aliquid e/ magis vel m9us calidum1 9 quantum e/ p]fectius vel m9us p]fectum 9 tali caliditate4 ,hujusmodi autem quantitas virtualis att5ditur primo quidem 9 radice1 id e/ 9 ipsa p]fectione =m vel natur2 et sic dicitur magnitudo specialis1 sicut dicitur magnus calor propt] suam int5sionem et p]fectionem4444--,secundo autem att5ditur quantitas virtualis 9 effectibus =m4 ,primus autem effectus =m e/ esse 7dur>e72 nam omnis res habet esse secundum suam =mam4 ,secundus autem effectus e/ op]atio1 nam omne ag5s agit p] suam =mam4 ,att5ditur igitur quantitas virtualis et secundum esse et secundum op]ationem4 ,secundum esse quidem1 9 quantum ea qu sunt p]fectionis natur1 sunt majoris durationis4 ,secundum op]ationem v]o1 9 quantum ea qu sunt p]fectionis natur sunt magis pot5tia ad ag5dum4 7,i1 q4 xlii1 a4 #a1 ad #a4--;,cf4 ,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,v1 c4 xiii4--,s4 ,,?om41 9 ,mta41 l4 ,v1 lec4 #e2 ,opuscule de ,natura g5]is1 c4 xx4--,,su>ez1 ,,complut5ses1 ,,scotus1 ,,g\d91 ,,lossada1 etc47 #dd ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #fb4 #de ,n\s retr\v]ons plus t>d la mme mprise dans la conception du moi dont ,m4 ,b]gson f]a la somme ou la file des phnomnes psy*iques1 alors qu'il en e/ la cause et le pr9cipe2--et dans la notion de cont9u1 dont ,m4 ,le ,roy f]a une p\ssire incohr5te et inf9im5t tnue1 ne prs5tant ni li5s intrieurs ni lacunes4 7,revue de ,mta4 et de ,m41 #ahii1 p4 #edg47 ,une telle notion s]ait celle du discont9u absolu ou du contigu et non du cont9u4 ,le cont9u e/ une unit dont les fractions sont seulem5t en puissance4 #df ,,ari/ote1 ,polit41 l4 ,i1 c4 #aa4 #dg ,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,iv1 c4 xxvi1 #a4 #dh ,pr(ecto impossibile ex individuis esse aliquid cont9uum1 ut l9eam ex punctis1 siquidem l9ea e/ res cont9ua1 punctum autem individua4 ,,ari/ote1 ,phys41 l4 ,,vi1 c4 #a4 #di ,au s5s psy*ologique1 on peut aussi introduire l'ide d'un ma9t5ant 7nunc7 dans la notion de temps1 comme l'ide d'un ici prs5t 7hic7 dans la notion d'espace4 ,le nunc du temps df9it l'avant et l'aprs p> rapport la s5sation prs5te4 ,le hic de l'espace df9it la gau*e et la droite1 l'avant et l'arrire1 le dessus et le dess\s1 p> rapport un ici4 ,on dit alors que l'espace ou le temps sont c5trs4 ,mais ce sont l des donnes accessoires dont les sci5ces et la philosophie font ab/raction4 #ej ,voir notre rfutation de ,znon3 ,?orie fondam5tale de l'acte et de la puissance1 p4 #fb et suiv4 #ea ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #fd4 #eb ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #fj1 #fd1 #agb4 ,l'ide mme du nombre deux1 ou plus gnralem5t d'un nombre quelconque1 r5f]me celle d'une juxtaposition dans l'espace 444 comme si la reprs5tation du nombre deux1 mme ab/rait1 n'tait pas dj celle de deux positions diffr5tes dans l'espace4 7,ibid41 p4 #fg47--,l'impntrabilit fait donc son app>ition en mme temps que le nombre4 7,ibid41 p4 #fh47 #ec ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #fb4 #ed ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #fd4 #ee ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #gd4 #ef ,,ari/ote1 ,phys41 l4 ,,iv1 c4 x1 text4 #ie1 #if1 et ,s4 ,,?omas1 ,ibid41 lec4 #af2 opuscule de ,tempore1 c4 ii4--,cf4 ,s4 ,,augu/91 ,,complut5ses1 ,,rubius1 ,,de ,,san1 etc4--,e contra1 ,,scot1 ,,su>ez 4441 ,,nys1 etc4 #eg ,s4 ,,?omas1 ,9 ,phys41 l4 ,,iv1 lec4 #ag4 #eh ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #hh4 #ei ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #hg1 #hi4 #fj ,n\s ne v\drions pas ni] cep5dant que1 p\r des dures trs c\rtes1 la consci5ce ne puisse apprci] directem5t l'galit ou l'9galit de deux m\vem5ts4 ,a9si l'horlog] apprcie l'oreille si les battem5ts d'un p5dule sont iso*rones4 ,p> la rptition1 et p\r a9si dire la sup]position idale d'un int]valle temporel sur un autre int]valle1 l'uni=mit des dures e/ assez clairem5t apprcie4 ,on peut mme apprci] directem5t s'il bat la seconde4 ,mais ce mode de m5suration1 outre qu'il e/ exceptionnel1 e/ encore trop subjectif p\r tre rig\reux et sci5tifique4 ,il exige comme complm5t des mesures ext]nes4 ,a9si l'on a dt]m9 qu' ,p>is1 p\r battre exactem5t la seconde1 le p5dule doit avoir une longueur de ,o1#iichd4 #fa ,m4 ,b]gson imite en cela ,b]kley qui avait fait sur l'espace une analyse analogue celle de ,m4 ,b]gson sur le temps4 ,l'un et l'autre di/+u5t deux sortes de notions1 l'une vulgaire et illusoire1 l'autre mtaphysique et vraie1 leur s5s1 qu'ils pr5n5t p\r base de leurs sy/mes4 ,mais l'un et l'autre1 au c\rs de leur exposition1 ont t obligs de se contr$ire et de rtablir implicitem5t celle des notions qu'ils avai5t explicitem5t nie4 ,a9si1 p> exemple1 la notion d'un m9imum s5sible de temps s'impos]a ,m4 ,b]gson1 comme ,b]kley s'tait impos le m9imum s5sible d'espace 7,cf4 ,,b]!lot1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aiaj1 p4 #gdd-gge47 #fb ,le temps conu s\s la =me d'un milieu homogne e/ un concept bt>d d l'intrusion de l'ide d'espace dans le doma9e de la consci5ce pure4 7,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #gd47 #fc ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #ff4 #fd ,le temps ent5du dans le s5s d'un milieu o l'on di/+ue et o l'on compte n'e/ que de l'espace4 7,ibid41 p4 #fi47 #fe ,lorsque n\s p>lons du temps1 n\s p5sons le plus s\v5t un milieu homogne o nos faits de consci5ce s'align5t1 se juxtapos5t comme dans l'espace4 7,ibid41 p4 #fh47--,que ce milieu idal soit p>tiellem5t analogue au milieu idal de l'espace1 oui2 id5tique1 non4 ,l'un a trois dim5sions1 l'autre n'en a qu'une2 l'un e/ simultan1 l'autre successif4 #ff ,si une somme s'obti5t p> la considration successive de diffr5ts t]mes1 encore faut-il que *acun de ces t]mes demeure lorsqu'on passe au suivant1 et att5de1 p\r a9si dire1 qu'on l'aj\te aux autres3 comm5t att5drait-il s'il n'e/ qu'un in/ant de la dure8 et o att5drait-il si n\s ne le localisons dans l'espace8 7,,b]gson1 ,ibid41 p4 #fj47 #fg ,qudam sunt qu hab5t fundam5tum 9 re extra animam1 s$ complem5tum rationis eorum1 quantum ad id quod e/ =male1 e/ p] op]ationem anim1 ut patet 9 univ]sali 444 et similit] e/ de tempore1 quod habet fundam5tum 9 motu1 scilicet prius et po/]ius motus1 s$ quantum ad id quod e/ =male 9 tempore1 scilicet num]atio1 completur p] op]ationem intellectus num]antis4 7,s4 ,,?om41 ,i di/41 d4 #ai1 q4 v1 a4 #a4--;,cf4 ,,ii di/41 d4 ,,xii1 q4 i1 a4 #e1 ad #b4--,phys41 lec4 #c et sq47 #fh ,lorsqu'on fait du temps un milieu homogne o les tats de consci5ce se dr\l5t 7comme dans un cont5ant solide7 on se le donne p> l mme t\t d'un c\p 7871 ce qui revi5t dire qu'on le s\/rait la dure4 ,cette simple rflexion devrait n\s av]tir que n\s retombons alors inconsciemm5t dans l'espace4 7,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #gd47 #fi ,la dure int]ne se confond avec l'embotem5t des faits de consci5ce les uns dans les autres4 7,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #ha47 ,on peut donc concevoir la succession sans la di/9ction1 comme une pntration mutuelle 444 d'lm5ts l'un dans l'autre4--,ils se fond5t l'un dans l'autre1 se pntr5t et s'organis5t1 sans aucune t5dance s'extrioris] les uns p> rapport aux autres1 sans aucune p>5t avec le nombre4444 7,ibid41 p4 #gf1 #gh1 #gi1 #hg1 #if47 #gj ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #gi1 #hj4 #ga ,,f\ill,e1 ,la ,p5se et les n\velles coles1 p4 #caa4 #gb ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #ij4--;,il en rsulte qu'il n'y a dans l'espace ni dure ni mme succession1 au s5s o la consci5ce pr5d ces mots3 *acun des tats dits successifs du monde exi/e seul1 et leur multiplicit n'a de ralit que p\r une consci5ce capable de les juxtapos]4 7,ibid41 p4 #hg47 #gc ,n\s ne disons pas qu'il e/ une cause active1 c> ni l'espace1 ni le temps ne sont des ag5ts2 mais ils sont la condition indisp5sable p\r que les ag5ts de la nature puiss5t dploy] leurs activits4 #gd ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #hc1 #hd1 #ij4 #ge ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #ha4 #gf ,p]man5tia rei 9 exi/5do4 7,s4 ,,?om1 ,i1 di/4 ,,xix q4 #a47 #gg ,n\s v]rons alors la va9e t5tative de ,m4 ,b]gson p\r remplac] la sub/ance p> un ,temps qui f]ait b\le de neige p> la cons]vation du pass4 #gh ,qu>e non male ,plato ait1 quum dixit sophi/icam circa non ens immor>i1 o 4 ,mta41 #a4 ,x1 c4 viii1 #b4 ,et putantes de ente trocl>e1 de non ente dicunt1 1 ,mta41 l4 ,,iii1 c4 iv1 #ag4 #gi ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #hj4 #hj ,,b]gson1 ,essai sur les donnes immdiates1 p4 #afg4--,pr9cipe rfut plus haut1 p4 #ge4 #ha ,cette tactique n'e/ pas n\velle4 ,leibnitz avait a9si procd l'g>d des disciples de ,desc>tes1 au nom des droits de la raison1 et ,locke au nom des droits de l'expri5ce4 #hb ,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,iii1 c4 v1 #ab4 #hc ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #afa1 #afe1 #afh4 #hd ,ailleurs1 il raille ,kant de ce qu'au lieu de proscrire la lib]t1 il la respecte p> scrupule moral1 et la conduit avec beauc\p d'g>ds dans le doma9e intemporel des *oses en soi1 dont notre consci5ce ne dpasse pas le seuil my/rieux4 7,,b]gson1 ,ibid41 p4 #aha47 #he ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #agg1 #agi4 #hf ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #abj4 #hg ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aba1 #abd4 #hh ,m4 ,b]gson a va9em5t essay d'expliqu] ces faits avec sa ?orie1 dans une confr5ce sur la ,?orie de la p]sonne1 au ,collge de ,france1 en mai #aiaa 7,cf4 ,etudes1 #bj nov4 #aiaa1 art4 de ,grivet1 p4 #ddi et suiv474 #hi ,cette multiplicit de sries p>allles ou div]g5tes dans un mme temps ne sufft pas faire un temps plusieurs dim5sions1 comme l'a imag9 ,o/wald 7,esquisse d'une philosophie des sci5ces71 esprant faire a9si le p5dant l'espace non-euclidi5 n dim5sions4 ,de mme qu'une seconde1 troisime ou n dim5sion spatiale e/ relie aux prcd5tes p> un n\veau rapport spatial1 a9si une deuxime dim5sion temporelle devrait se reli] la premire p> un rapport temporel diffr5t4 ,or1 il n'en e/ ri54 ,c'e/ au mme mom5t que les sries d'tats psy*ologiques s'c\l5t simultanm5t4 ,il n'y a donc pas ici une seconde relation temporelle diffr5te de la premire4 ,la simultanx ne peut con/itu] un temps diffr5t 7,cf4 ,,le*alas1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 sept4 #aiaa1 p4 #hjc74 #ij ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #agb4 #ia ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #abd4 #ib ,il et t plus exact de dire que l'exi/5ce de l'tre sub/antiel--du moi-ag5t--a seule une cont9uit ncessaire1 de sa naissance sa mort4 ,ses oprations1 consci5tes ou inconsci5tes1 peuv5t1 au contraire1 se succd] sans aucune cont9uit4 ,de l vi5t qu'elles sont si s\v5t int]rompues et reprises4 ,mais ,m4 ,b]gson n'admettant l'exi/5ce d'aucun tre sub/antiel1 n\s avons d1 p\r le mom5t1 n\s plac] sur son t]ra9 et montr] que1 mme dans la succession cont9ue des tats de consci5ce1 il y a di/9ction et multiplicit4 #ic ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #acd4 #id ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #acf1 #acg1 #ach4 #ie ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aci4 #if ,cette figure ne me montre pas l'action s'accomplissant1 mais l'action accomplie4 7,,b]gson1 ,ibid41 p4 #acg47 #ig ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #adj1 #ada4 #ih ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aea4 #ii ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #adj #aea4 #ajj ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #adc1 #add4 #aja ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #ade1 #aej4 #ajb ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aeb1 #aec4 #ajc ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aah4 #ajd ,ce sont p>fois les mon/res les plus r>es de la nature qui n\s font le mieux connatre ses lois4 ,aussi1 les cas tratologiques sont-ils d'une importance capitale p\r l'tude des lois biologiques4 #aje ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aec4 #ajf ,n\s v]rons plus t>d si ,m4 ,b]gson n'a pas d modifi] sur un po9t si important sa premire op9ion4 #ajg ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aeh4 #ajh ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #afa4 #aji ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #afg4 #aaj ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #afg4 #aaa ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #abf1 #abh4 #aab ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aca1 #acb4 #aac ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #abi4 #aad ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #abh4 #aae ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #acd4 #aaf ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #afd1 #afe4 ,dans l'ouvrage suivant1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bje1 il *]*e un correctif1 en appelant l'acte libre une syn?se de s5tim5ts et d'ides1 mais il revi5t bi5tt sa conception moni/ique4 #aag ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aii4 #aah ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aih4 #aai ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ac1 #beg1 #bfb4 #abj ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aig1 #bfc4 #aba ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #beb4 #abb ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aii4 #abc ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bjg4 ,n\s n'avions pas explor] ce doma9e4 ,placs au conflu5t de l'esprit et de la matire1 dsireux avant t\t de les voir c\l] l'un dans l'autre1 n\s ne devions ret5ir de la spontanx de l'intellig5ce que son po9t de jonction avec son mcanisme corporel4 7,ibid41 p4 #bfi47 #abd ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #a4 #abe ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #c4 #abf ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #b4 #abg ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #g4 #abh ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bc1 #ef1 #fb4 #abi ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bb4 #acj ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #di #aca ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bfb4 #acb ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aii4 #acc ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ca1 #bdj4 #acd ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bj1 #ba4 #ace ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aei4 #acf ,t\tes les s5sations p>ticip5t de l't5due2 t\tes p\ss5t dans l't5due des rac9es plus ou mo9s pr(ondes4444 ,l'ide que t\tes nos s5sations sont ext5sives quelque degr pntre de plus en plus la psy*ologie contempora9e4 ,on s\ti5t1 non sans quelque app>5ce de raison1 qu'il n'y a pas de s5sation sans ext5sit ou sans un s5tim5t de volume4 ,l'idalisme anglais prt5dait rs]v] la p]ception tactile le monopole de l't5due1 les autres s5s ne s'ex]ant dans l'espace que dans la mesure o ils n\s rappell5t les donnes du t\*]4 ,une psy*ologie plus att5tive n\s rvle1 au contraire1 et n\s rvl]a sans d\te de mieux en mieux1 la ncessit de t5ir t\tes les s5sations p\r primitivem5t ext5sives1 leur t5due plissant et s'effaant devant l'int5sit et l'utilit suprieures de l't5due tactile1 et sans d\te aussi de l't5due visuelle4 7,ibid41 p4 #bdb1 #bdc4 ,cf4 p4 #bcg47 #acg ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ej1 #ea4 #ach ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aea4 #aci ,c'e/ bi5 vritablem5t dans la matire que la p]ception pure n\s place1 et bi5 rellem5t dans l'esprit mme que n\s n\s plaons dj avec la mmoire4 7,ibid41 p4 #aih47 ,en passant de la p]ception pure la mmoire1 n\s quittons df9itivem5t la matire p\r l'esprit4 7p4 #bfc47 #adj ,de ces deux mmoires1 l'une imag9e1 l'autre rpte4 ,la seconde peut suppler la premire et en donn] l'illusion4 ,alors le mcanisme moteur supple l'image qui fait dfaut4 7,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #gi1 #hc47 ,la seconde1 celle que les psy*ologues tudi5t d'ord9aire1 e/ l'habitude claire p> la mmoire plutt que la mmoire mme4 7,ibid41 p4 #ha47 #ada ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #afd4 #adb ,cf4 ,ibid41 p4 #aff4 #adc ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #adf4 #add ,le s\v5ir pur e/ une manife/ation spirituelle4 ,avec la mmoire1 n\s sommes bi5 vritablem5t dans le doma9e de l'esprit4 7,ibid41 p4 #bfi47 #ade ,m4 ,b]gson a exprim cette gradation p> un graphique1 p4 #adc4 #adf ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 iii4 ,cf41 p4 #ge1 #abd1 #ace1 #aic1 #bfe4 7,c'e/ n\s qui s\lignons47 #adg ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aie4 #adh ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ad4 #adi ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bdg4 #aej ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bdh et #bdi4 #aea ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bgc4 #aeb ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #dd4 #aec ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bgc1 #bgd4 #aed ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bjj1 #bja4 ,cf41 p4 #bge4 #aee ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bgh1 #bgi4 #aef ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bef4 #aeg ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bfb1 #bfc4 #aeh ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bde4 #aei ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bgh4 #afj ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bdh4 #afa ,esse cujusque rei consi/it 9 indivisione2 et inde e/ quod unumquodque1 sicut cu/odit suum esse1 ita cu/odit suam unitatem4 7,s4 ,,?omas1 ,sum4 !ol41 ,i1 q4 xi1 a4 i1 ad #c47 #afb ,etudes1 t4 ,,ii1 ,matire et ,=me en prs5ce des sci5ces mod]nes4 #afc ,le lecteur sait que le monisme a deux degrs3 #a ,id5tit de nature de t\s les tres crs2 #b des cratures et du ,crateur4--,n\s ne p>lons ici que du premi] degr4 ,mais le premi] conduit au second1 c> l'un et l'autre se fond5t sur l'id5tit des contraires et l'indiffr5ce des diffr5ts4 #afd ,,ari/ote1 ,de ausculta1 natur1 ,physic41 l4 ,,iii1 c4 i4 #afe ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cdb4 #aff ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ce1 #gi1 #bfc1 #cbi4 #afg ,voir cette rfutation dans notre ,?orie fondam5tale1 t4 ,i] de nos ,etudes1 p4 #fb et suiv4 #afh ,,ari/ote1 ,physic41 l4 ,,viii1 c4 iii1 #b et #f4 ,cf4 #a4 ,i]1 c4 ii1 #f2 l4 ,,ii1 c4 i1 #f2 c4 iv1 #aj1 etc4 #afi ,notons que la mme solution avait dj t indique p> ,platon3 ,voici donc que le philosophe e/ absolum5t =c de n'c\t] ni ceux qui croi5t le monde immobile1 ni ceux qui mett5t l'tre dans le m\vem5t univ]sel4 ,entre le repos et le m\vem5t de l'tre et du monde1 il faut qu'il fasse comme les enfants dans leurs s\haits1 qu'il pr5n5t l'un et l'autre4 7,sophi/e1 #bdh;,e1 #bdi;,d47 #agj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cdh4 #aga ,voir ,,rivaud1 le ,problme du dev5ir dans la philosophie grecque1 p4 #dd1 #cgc1 etc4 #agb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cdb4 #agc ,voir notre ,?orie fondam5tale de l',acte et de la ,puissance ou de ,m\vem5t1 #g dition1 9-#h de #daj pages 7*ez ,b]*e et ,tral974 #agd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bie4 ,la *ose rsulte d'une solidification opre p> notre ent5dem5t1 et il n'y a jamais d'autres *oses que celles que l'ent5dem5t a con/itues4 7,ibid41 p4 #bgj47 ,la matire 444 doit tre un flux plutt qu'une *ose4 7,ibid41 p4 #bjc47 #age ,,b]gson1 ,ibid4 p4 #a1 #b4 #agf ,,b]gson1 ,ibid4 ,cf4 p4 #ab1 #aci1 #bjc1 #bea1 #bfj1 #cbg1 #cdb1 #cie1 #cih1 etc41 etc4 #agg ,cf4 ,,platon1 ,cratyle1 #djb ,a2 #djd ,d2 ,?at41 #aeb ,d2 #afj ,d4 #agh ,rplique des mod]ni/es1 p4 #aj4 ,de mme ,,le ,,roy3 ,le dev5ir e/ la seule ralit concrte4 7,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #dah47 #agi ,elle c\le 7la ralit7 sans que n\s puissions dire si c'e/ dans une direction unique1 ni mme si c'e/ t\j\rs et p>t\t la mme rivire qui c\le4 7,,b]gson1 prface une traduction de ,w4 ,james ,flamm>ion1 #aiaj1 ,philosophie de l'expri5ce47 #ahj ,b4 ,,sa9t-,,hilaire1 ,physique1 prface1 p4 xxviii4 #aha ,revue philosoph41 avril #aiaa1 p4 #ced4 #ahb ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #daa4 #ahc ,l'illusion s]ait due aux prjugs utilitaires de l'action6 ,l'immobilit tant ce dont notre action a beso91 n\s l'rigeons en ralit4 7,,b]gson1 ,confr4 d',ox=d1 p4 #bj47 ,comme si notre action n'avait pas un gal beso9 de mobilit6 #ahd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cbf1 #cbg4 #ahe ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bai1 #bbj1 #bbe1 #bfj4 #ahf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #a #c4 #ahg ,il y a simplem5t 7en n\s7 la mlodie cont9ue de notre vie intrieure1 mlodie qui se p\rsuit1 indivisible1 du comm5cem5t la f9 de notre exi/5ce consci5te4 ,notre p]sonnalit e/ cela mme4 7,,b]gson1 ,confr5ces d',ox=d1 p4 #bf47 #ahh ,cette causalit effici5te de la sub/ance p> rapport aux accid5ts e/ enseigne p> sa9t ,?omas et t\s les scola/iques2 la seule "q en litige entre eux e/ celle de la nature de cette causalit4 ,la sub/ance j\e-t-elle le rle de cause effici5te pr9cipale ou seulem5t in/rum5tale8 ,p> exemple1 lors de la production d'une sub/ance1 se tr\ve-t-on en prs5ce de deux actes1 dont l'un s]ait la production de la sub/ance1 l'autre la gnration des accid5ts p> cette mme sub/ance 7telle e/ la doctr9e de ,su>ez72 ou bi51 n'y a-t-il qu'un seul acte consi/ant dans la production simultane de la sub/ance et des accid5ts1 avec cette rs]ve que la sub/ance j\]ait dans la gnration des accid5ts le rle d'une cause in/rum5tale 7c'e/ l'op9ion de sa9t ,?omas78 ,mais dans l'une et l'autre ?se1 la causalit de la sub/ance e/ sauveg>de1 en sorte que dans les deux op9ions1 la nature des accid5ts p]met de conclure p> induction celle de la sub/ance1 t&is que dans l'op9ion de ,kant1 il s]ait impossible de s'lev] du phnomne au n\mne qui re/e inconnaissable4 7,cf4 ,s4 ,,?om41 ,quodlib1 ix1 a4 #e2--,sum !ol41 p4 ,i1 q4 ,,lxxvii1 a4 #f1 #g2--;,ia ,,ii1 q4 ,,lxxvii1 a4 #a2--;,de ,virtut41 q4 ,i1 a4 #c2--;,de ,v]it41 q4 xiv1 a4 #e2--;,9 ,,iv ,s5t41 q4 ,i4 a4 #a4--,,ubraburu1 ,ontol41 n4 #cai-cbe2--;,,de ,,m>ia1 ,ontol41 p4 #egh1 etc47 #ahi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #c1 #d4 #aij ,,ta9e1 ,de l',intellig5ce1 ,i1 p4 #cdc4 ,au lieu de file1 les b]gsoni5s dis5t plus s\v5t le cont9u1 mais la p5se e/ au fond la mme4 ,p\r eux1 la seule ralit e/ celle du cont9u4 #aia ,,ta9e1 ,ibid41 p4 #cde4 #aib ,voici un aveu de ,m4 ,b]gson3 ,la psy*ologie sub/itue donc au moi une srie d'lm5ts qui sont les faits psy*iques4 ,mais ces lm5ts sont-ils des p>ties8 ,t\te la "q e/ l4 ,et c'e/ p\r l'avoir lude qu'on a pos en t]mes insolubles le problme de la p]sonnalit huma9e4444 ,ils *]*5t le moi et prt5d5t le tr\v] dans les tats 7ou la file des tats7 psy*ologiques4444 ,aussi1 ont-ils beau juxtapos] des tats aux tats1 en multipli] les contacts1 en explor] les int]/ices1 le moi leur *appe t\j\rs1 si bi5 qu'ils f9iss5t p> n'y voir qu'un va9 fantme4444 ,bi5 vite1 elle 7la psy*ologie7 arrive croire qu'elle p\rrait1 en composant ensemble t\s les po9ts de vue1 recon/itu] l'objet4 ,e/-il tonnant qu'elle voie fuir cet objet devant elle1 comme l'enfant qui v\drait se fabriqu] un j\et solide avec les ombres qui se pr(il5t le long des murs4444 ,l'unit du moi ne p\rra plus tre qu'une =me sans matire4 ,ce s]a l'indt]m9 et le vide absolu4 7,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 janv4 #aijc1 p4 #aj1 #ab1 #ac47 #aic ,il y a des *angem5ts1 mais il n'y a pas de *oses qui *ang5t2 le *angem5t n'a pas beso9 d'un support4 ,il y a des m\vem5ts1 mais il n'y a pas ncessairem5t des objets inv>iables qui se meuv5t3 le m\vem5t n'implique pas un mobile4 7,,b]gson1 ,confr5ces d',ox=d1 p4 #bd47 7,c'e/ l'auteur qui a s\lign47 #aid ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cbe4 #aie ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bgj4 #aif ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 nov4 #aiaa1 p4 #had4 ,de mme ,w4 ,james qui les appelle une masc>ade de noms4 7,phil4 de l'expri5ce1 p4 #bjj47 ,mme c>icature dans ,lab]?onnire1 qui ose df9ir l'me3 ,entit in]te qu'on imag9e au-del de la consci5ce 767 p>-dess\s 76671 comme un morceau de matire 76667 sur lequel vi5drai5t s'imprim] les div]sits de la vie psy*ique4444 7,annales de philosophie *r41 nov4 #aiaj1 p4 #agh47 ,w4 ,james1 ,ibid41 appelle aussi l'me3 ,un b\*e-tr\ ?orique2 il m>que une place et rs]ve cette place une explication qui devra v5ir l'occup] plus t>d4--,plus t>d6 c'e/ t\j\rs commode4 ,en att5dant1 l'unit de l'ag5t que j'appelle mon me explique seule l'unit de mes actions et du c\rant de ma consci5ce4 #aig ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cbg4 #aih ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cch4 #aii ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bfb1 #bic1 #bie4 ,cf4 p4 #db1 #cdc1 #cij1 etc4 ,il n'y a pas d't(fe plus rsi/ante ni plus sub/antielle4 7p4 #d47 #bjj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #b1 #e4 #bja ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #af4 #bjb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aha1 #bah1 #bgj4 ,le pass fait corps avec le prs5t4444 ,ce n'e/ pas seulem5t notre pass n\s qui se cons]ve1 c'e/ le pass de n'importe quel *angem5t4444 7,,b]gson1 ,confr5ces d',ox=d1 p4 #cc1 #cd47 #bjc ,,f\ill,e1 ,revue philosophique1 avril #aiaa1 p4 #cec4 #bjd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bei4 #bje ,,platon1 ,cratyle1 trad4 de ,c\s91 p4 #aed4 #bjf ,,platon1 ,sophi/e1 ,ibid41 p4 #bfc4 #bjg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ad4 #bjh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #adh1 #adi4 #bji ,ma p]sonne un mom5t donne e/-elle une ou multiple8444 ,je suis donc 444 unit multiple et multiplicit une4444 ,je n'entre ni dans l'une ni dans l'autre 7de ces catgories7 ni dans les deux la fois1 quoique les deux runies puiss5t tre une imitation approximative de cette int]pntration rciproque et de cette cont9uit que je tr\ve au fond de moi-mme4 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bhj4 ,cf4 #bhc47 #baj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bie4 #baa ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bbb et #bbf4 #bab ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bai1 #bfe1 #bhj1 #bhc1 #bib4 #bac ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ah1 #di1 #eh1 #bfj1 #cfg1 #cfh1 #cgj1 #cga1 #cgb1 #cgc1 etc4 #bad ,il n'y a plus que des directions4 7,,b]gson1 ,ibid41 p4 #ag47 #bae ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #cje2 #aijg1 p4 #afg4 ,cf4 juill41 p4 #dhj1 etc4 #baf ,,b]gson1 ,essai sur les donnes1 p4 #aeh4 #bag ,qu'e/-ce que le dev5ir1 s9on une fuite p]ptuelle de contradictoires qui se fond5t8 7,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #daa47 #bah ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aije1 p4 #bjj-bjd4 #bai ,voyez avec quelle n]gie ,ari/ote a /igmatis ces sophismes1 dans notre ,?orie fondam5tale1 p4 #hb et suiv4 #bbj ,item si contradictiones simul v] de eodem omnes1 patet quod omnia erunt unum1 1 erit et5im idem et triremis1 et p>ies1 et homo1 si de omni cont+it quicquam aut affirm>e aut neg>e 444 patet quod homo non erit triremis3 s$ e/ etiam1 si contradictio v]a e/4 ,et jam fit quod ,anaxagoras aiebat3 ,simul omnes res esse1 ita ut nihil v]e sit unum4--,nam si v]um e/ quod homo e/ non-homo1 patet quod etiam nec homo1 nec non-homo erit4 7,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,iii1 c4 iv1 #af1 #ai47 #bba ,,b]gson4 l',evolution cratrice1 p4 #aj1 #cff4 #bbb ,accidit eis qui simul dicunt esse et non esse1 magis dic]e quiesc]e cuncta1 quam mov]i4 ,non enim e/ 9 quod quicquam mutetur1 1 nam omnia omnibus insunt4 7,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,iii41 c4 v41 #af47 #bbc ,acc$it igitur id quod f]tur vulgo 8 omnibus orationibus1 eas seipsas p]im]e1 4 7,,ari/ote1 ,mta1 l4 ,,iii1 c4 viii1 #e47 #bbd ,voici une rplique de ,m4 ,b]gson3 ,on ne croit plus auj\rd'hui que le vrai puisse tre donn une fois p\r t\tes1 saisi dans son intgralit 7887 p> l'ef=t h>di d'un vig\reux gnie4 ,si p>eille *ose tait possible1 ce s]ait l'arrt f9al de la p5se huma9e dsormais inutile4 7,congrs de ,bologne1 #aj avr4 #aiaa47 ,c'e/ le sophisme du t\t ou ri5 que le lecteur n'aura pas de pe9e dmasqu]4 #bbe ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #baa4 #bbf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 ,introd41 p4 vi4 #bbg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #cic et suiv4 #bbh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #bjg4 #bbi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #ib4 #bcj ,cf4 l',evolution cratrice1 p4 #ei1 #fb1 #hb4 #bca ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #ic4 #bcb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #ahe4 #bcc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aaa4 #bcd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ia4 #bce ,cf4 ,,f>ges1 la ,vie et l'volution des espces1 c4 vii4 #bcf ,,delage1 la ,/ructure du protoplasme et les ?ories sur l'hrdit1 p4 #ahd4 #bcg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ib4 #bch ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ada4 #bci ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ib4 #bdj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aad4 #bda ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 ,ibid4 #bdb ,comme si t\t s]vait de moy5 t\t4 7,l',evolution cratrice1 p4 #acf47 #bdc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bgh4 #bdd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #db1 #bfa1 #cia4 ,n\s avons vu que le ,temps n'e/ pas un tre1 mais une condition d'exi/5ce et d'activit p\r t\s les tres crs4 #bde ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bjc4 #bdf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #acg1 #aed1 #cgf4 #bdg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bh4 #bdh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ajg1 #ajh4 #bdi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ajh4 #bej ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aji4 #bea ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #eh4 #beb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #acj4 #bec ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #aae et suiv4 #bed ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #abb4 #bee ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aba4 #bef ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 #abb4 #beg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #eh4 #beh ,quelque *ose a gr&i 7dans l'lan orig9el71 quelque *ose s'e/ dvelopp p> une srie d'additions qui ont t autant de crations4 ,c'e/ ce dveloppem5t mme qui a am5 se dissoci] des t5dances qui ne p\vai5t crotre au-del d'un c]ta9 po9t sans dev5ir incompatibles entre elles4 7,,b]gson1 ,ibid41 p4 #eg1 #eh47 #bei ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #abc1 #abd4 #bfj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #abf4 #bfa ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #adj4 #bfb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ach4 #bfc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aci4 #bfd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #adj1 #ada4 #bfe ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ach-add4 #bff ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #acg1 #bhd4 #bfg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #add4 #bfh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #adf1 #adg4 #bfi ,cf4 ,,f>ges1 le ,c]veau1 l',ame et les ,facults1 p4 #dbj-dfj4 #bgj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #adg et suiv4 #bga ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aea1 #aeb4 #bgb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #aec4 #bgc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aee4 #bgd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aee1 #aef4 #bge ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aci4 #bgf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aef4 #bgg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aeh4 #bgh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ahh et suiv4 #bgi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aia4 #bhj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aij4 #bha ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ahe4 #bhb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bhf1 #bhg4 #bhc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #ef1 #aad1 #abh1 #adh4 #bhd ,c'e/ la mme inv]sion du mme m\vem5t qui cre la fois l'intellectualit de l'esprit et la matrialit des *oses4 7,l',evolution cratrice1 p4 #bbe47 #bhe ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ahb4 #bhf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ej4 #bhg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ej2 cf4 p4 #ahb4 #bhh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #eg4 #bhi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ahb4 #bij ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bjd4 #bia ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #baj4 #bib ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bjj1 #bja4 #bic ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bbj4 #bid ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p1 #bja4 #bie ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bdc4 #bif ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bcg4 #big ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #beg1 #beh4 #bih ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bff1 #bfg4 #bii ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bag1 #bbj-bba1 #bch1 #bbf1 #bii2 cf4 p4 #bga4 #cjj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bic1 #bid4 #cja ,un cration de la matire ne s]ait ni incomprh5sible ni inadmissible4 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bfj47 #cjb ,cf4 ,,f>ges1 ,?orie fondam5tale1 p4 #ahj-aib4 #cjc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bii4 #cjd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #cdh1 #cej1 #cgg1 #cha1 #che4 #cje ,il n'y a pas de *oses1 il n'y a que des actions4444 ,j'exprime cette similitude probable qu& je p>le d'un c5tre d'o les mondes jaillirai5t comme les fuses d'un imm5se b\quet1--p\rvu t\tefois que je ne donne pas ce c5tre p\r une *ose1 mais p\r une cont9uit de jaillissem5t4 ,dieu1 a9si df9i1 n'a ri5 de t\t fait2 il e/ vie incessante1 action1 lib]t4 7,,b]gson1 ,ibid41 p4 #bgj47 #cjf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bji4 7,c'e/ n\s qui s\lignons47 #cjg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #di2 cf4 p4 #cfg1 #cgc4 #cjh ,au fond1 c'e/ la confusion de l'ess5ce et de l'exi/5ce que les scola/iques avai5t si bi5 di/+ues4 ,l'exi/5ce n'e/ id5tique l'ess5ce que dans un seul tre1 l',etre p>fait4 ,dire que le monde exi/e p>ce qu'il dure1 qu'il e/ la dure mme1 c'e/ dire qu'il e/ l',etre p>fait1 alors que son imp]fection et sa cont+5ce clat5t de t\te "p4 #cji ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cda4 #caj ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 juill4 #aijg1 p4 #dhb4 #caa ,semp] prius e/ quod melius e/4 4 ,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,ii1 c4 iii1 #ab4--4 4 ,mta41 l4 ,,xi1 c4 vi1 #aa4 #cab ,,b\tr\x1 ,etudes d'hi/4 et de philosophie1 p4 #bjb4 #cac ,,r5an1 ,av]rhos1 p4 #g4 #cad ,la =mule matresse de ces novateurs e/ prcism5t le contraire de la ntre1 et t\te leur doctr9e se rsume dans cette phrase3 le non-tre prime l'tre4 ,aussi1 de l1 ces belles conclusions que l'on sait3 t\t a comm5c p> le nant2--le dev5ir e/ la seule exi/5ce vritable2--le plus sort du mo9s2--ce qui passe e/ rel2 ce qui demeure1 une ab/raction2--l',etre inf9i e/ la d]nire et la plus vide des ab/ractions4 ,t\j\rs et p>t\t1 c'e/ la primaut du nant affirme impudemm5t2 le d]ni] mot de t\t ceci e/ la =mule3 le non-tre prime l'tre4 7,,de ,r,,gnon1 la ,mtaph4 des causes1 p4 #aaf47 #cae ,dieu1 a9si df9i1 n'a ri5 de t\t fait4--,il e/ une cont9uit de jaillissem5t4--7,il e/ donc en tra9 de se faire et d'volu] avec l'univ]s47 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bgj47 #caf ,,platon1 ,sophi/e1 trad4 ,c\s91 p4 #bfa4--;,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,xii1 c4 ix4 #cag ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bii4 #cah ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 ,introd41 p4 vii2 cf4 p4 #if1 #aaa4--,la doctr9e des causes f9ales ne s]a jamais rfute df9itivem5t4 ,si l'on c>te une =me1 elle en pr5dra une autre4 7p4 #dc47 #cai ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cdg4 #cbj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #fg-hc4 #cba ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ge1 #hc4 #cbb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #hd4 #cbc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ie4 #cbd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aaa4 #cbe ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aab4 #cbf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #ig4 #cbg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aad4 #cbh ,,hamel91 ,essai sur les lm5ts de la reprs5tation1 #aijg1 p4 #cba4 #cbi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ajd1 #aaj1 #bjj1 #bhc4 #ccj 4 7,polit44 l4 ,i1 c4 ii47 #cca ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ahd4 #ccb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #if4 #ccc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aje4 #ccd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aac4 #cce ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bfh4 #ccf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bfi4 #ccg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bgj4 #cch ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bgb4 #cci ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bhc4 #cdj ,,sully-,,prud',,homme1 le ,problme des causes f9ales1 p4 #aeg4 #cda ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 ,introd41 p4 vi4 #cdb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aic1 #aid1 cf4 p4 #bja4 #cdc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cii4 #cdd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bbf4 #cde ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #c4--;,cf4 l',evolution cratrice1 p4 #caf4 #cdf ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #cg4 #cdg ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ci4--;,cf4 p4 #ec1 #ef1 #aea1 #bfb1 etc4 #cdh ,elles ont mme le maximum possible d'objectivit1 p>ce que la p]ception des qualits s5sibles e/ beauc\p plus indp5dante du beso9 et prs5te p> l mme une ralit objective suprieure4 7,,b]gson1 ,rponse ,pitk91 ,j\rnal ( ,philosophy1 #g juill4 #aiaj47 #cdi ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bbe2 cf4 #bbh1 #ff4 #cej ,la qualit s5sible consi/]ait dans une espce de contraction du rel opr p> un tat v>iable de t5sion ou de rel*em5t1 p4 #ba1 #bcb4 #cea ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #dj1 #ef4 #ceb ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #fj1 #fa4--;,cf4 p4 #ade1 #adg1 #aej1 #bfd4--;,de l l'illusion qui consi/e voir dans la s5sation un tat flottant et inext5sif1 lequel n'acqu]rait l'ext5sion et ne se consolid]ait dans le corps que p> accid5t3 illusion qui vicie pr(ondm5t la ?orie de la p]ception extrieure4444 ,il faut en pr5dre son p>ti3 la s5sation e/1 p> ess5ce1 ext5sive et localise4 7,ibid41 p4 #aea47 #cec ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #adg1 #bfg4 #ced ,cf41 sur ce d\ble jeu1 notre tude l',objectivit de la p]ception1 p4 #bbi et suiv4 #cee ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bci4 #cef ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bfg4 #ceg ,les tats crbraux qui accompagn5t la p]ception n'en sont ni la cause ni le duplicat4 7,matire et ,mmoire1 p4 #bfc4 ,cf4 p4 #eb1 #fh47 ,le c]veau e/ un in/rum5t d'action1 non de reprs5tation4 7p4 #fi47 #ceh ,cette ?orie pr(onde d',ari/ote et des scola/iques tr\ve un *o dans l',evolution cratrice1 p4 #ahb1 o la vision e/ appele un t\*] rt9i54 #cei ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bbg4 #cfj ,,hamilton1 ,lec4 on ,met41 t4 ,i1 p4 #bhh4 #cfa ,b4 ,,sa9t-,,hilaire1 ,de ,anima1 prf41 p4 #aag4 #cfb ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ei1 #cg1 #fa1 #beg1 #bdd4 #cfc ,voir notre tude ,i4 ,?orie fondam5tale1 p4 #cgj #djb4 #cfd ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bfc1 #bde1 #adc1 #bfj1 #ai4 #cfe ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aje1 #ajf4 #cff ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bde4--;,cf4 p4 #bfc4 #cfg ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bdd1 #bef1 #cf4 #cfh ,elle 7la vraie philosophie7 doit n\s ram5]1 p> l'analyse des faits et la comp>aison des doctr9es1 aux conclusions du s5s commun4 7,ibid4 ,avant-propos1 p4 iii47 ,un aveu si prcieux e/ ret5ir p\r jug] la philosophie n\velle4 ,on ne saurait trop le rpt]4 #cfi ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #gj2 cf4 p4 #di1 #eb1 #bfa4 #cgj ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #bj1 #ba1 #fc4 #cga ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #fe1 #fj1 #fg4 #cgb ,,b]gson1 ,matire et mmoire1 p4 #bee4 ,les beso9s des animaux et ceux de l'homme tant diffr5ts1 on peut en conclure que leur p]ception du monde e/ diffr5te de la ntre1 dans une c]ta9e mesure1 mais le fond e/ le mme4 #cgc ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #aig1 #fb4 #cgd ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #beg4 #cge ,p\rvu que l'on ne considre de la ,physique que sa =me gnrale et non pas le dtail de sa ralisation1 on peut dire qu'elle t\*e l'absolu4 ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bag1 #baf2 cf4 p4 #eb1 #bbe1 #bea1 #chg1 #chi1 etc4 ,on voit p> l combi5 ,m4 ,b]gson e/ lo9 de ne voir dans les sci5ces--avec nos pragmati/es--que des df9itions nom9ales ou conv5tionnelles plus ou mo9s dguises1 auxquelles le succs ti5drait lieu de vrit4 #cgf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cij1 #cia4 #cgg ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ed4 #cgh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #agg4 #cgi ,orig9ellem5t1 n\s ne p5sons que p\r agir4 ,c'e/ dans le m\le de l'action que notre intellig5ce a t c\le4 ,la spculation e/ un luxe1 t&is que l'action e/ une ncessit4 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #dg47 ,le mme repro*e e/ adress au ,s5s commun3 p4 #dh1 #di1 #aff1 #afg1 #cjf1 #cbb1 etc4 ,on le traite d'intress2 d'utilitaire1 et p>tant de suspect4 #chj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #afh1 #afi4 #cha ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #afi4 #chb ,,ari/ote1 ,phys41 l4 ,,iii1 c4 i1 #f2 ,mta1 l4 ,x1 c4 ix1 #b1 #d4 #chc ,,ari/ote1 ,phys41 l4 ,,iii1 c4 i1 #i4 #chd ,,b>?,l,,my ,,sa9t-,,hilaire1 ,phys41 ,prf41 p4 #ch2 et l4 ,,iii1 c4 ii1 #d1 note4 #che ,progrs qui e/ le m\vem5t mme4 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #afh47 #chf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #agi2 cf4 p4 ii1 #age1 #aic4 #chg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 introd41 p4 ii2 cf4 p4 #ec4 #chh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bbe4 #chi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 introd41 p4 i1 ii2 cf4 p4 #agc1 #age1 #bac1 #bhi1 #cih4 #cij ,cf4 ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aea1 #aeg1 #aff1 #aij1 #aih4--7,l'intellig5ce7 e/ la facult de fabriqu] des objets artificiels1 en p>ticuli] des outils faire des outils1 et d'en v>i] indf9im5t la fabrication4 7,ibid41 p4 #aea47 #cia ,,f\ill,e1 la ,p5se1 p4 #gi4 #cib ,,f\ill,e1 ,ibid41 p4 #afa4 #cic ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #acg1 #aje1 #adh1 #acj1 #abe4 #cid ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aa1 #ag1 #bb1 #bi4 #cie ,cette confusion de l't5due ab/raite avec la matire a t releve plus haut4 ,ni l'anatomi/e ni le *imi/e ne peuv5t dcompos] les corps leur fantaisie4 ,ils doiv5t en respect] les articulations naturelles4 #cif ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #afg4 #cig ,on peut voir ces trois notions dans ,ari/ote1 ,,vi ,phys41 c4 i2--,cont9ua1 quorum extrema sunt unum3 1 4--,contigua1 quorum extrema sunt simul3 ' 4 --,dissita1 ea int]qu nihil e/ m$ium1 quod sit ejusdem rationis3 ' 4 #cih ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ac1 #afj1 etc4 #cii ,,b]gson1 ,matire et mmoire1 p4 #bah4 #djj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aj1 #cff4 #dja ,moi et non-moi1 moi et v\s1 moi et t\s1 =m5t une discont9uit primitive qu'aucun artifice ne saurait supprim]4 7,,f\ill,e1 la ,p5se1 p4 #af47--,si n\s dc\pons le rel1 c'e/ qu'il e/ dc\pable1 c'e/ qu'il e/ jusqu' un c]ta9 po9t dc\p1 c'e/ que n\s y sommes dc\ps n\s-mmes2 c'e/1 p> exemple1 qu'un homme n'e/ pas un autre homme1 qu'un homme n'e/ pas un *eval 444 bref que nos ides1 nos concepts et nos lois ont un fondem5t dans le rel4 7,ibid44 p4 #gd47 #djb ,multitud9em esse et divisibile1 magis e/ s5sibile quam esse indivisibile4 ,qu>e multitudo ratione prior quam indivisibile p] s5sum e/4 1 4 7,mta41 l4 ,,ix1 c4 iii1 #b47 #djc ,,f\ill,e1 la ,p5se1 p4 #bbc4 #djd ,s4 ,,?omas1 ,i1 q4 ,,lxxxv1 a4 #c4 #dje ,,ari/ote1 ,phys41 l4 ,i1 c4 ii1 #ae4 #djf ,,platon1 ,phdre1 #bfe ,e4--,voir aussi contre l'unit de l'tre ,p>mnide et le ,sophi/e1 surt\t1 p4 #bdh1 trad4 ,c\s94 #djg ,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,xii1 c4 iii1 #h1 #i4 #djh ,,ari/ote1 ,phys41 l4 ,,ii1 c4 ii1 #c2--,mta41 l4 ,,xii1 c4 iii1 #h4 #dji ,s4 ,,?omas1 ,i1 q4 ,,lxxxv1 a4 #d4 #daj ,,sa9t ,,?omas1 ,contra ,g5t41 l4 ,,ii1 c4 xcv4 #daa ,quocirca idem erit bonum et non bonum1 idem homo et equus3 nec de hoc erit illius disputatio1 an omnia entia s9t unum1 s$ eo potius an nihil s9t3 item tale esse et tantum esse1 idem erunt4 1 1 1 1 7,phys41 l4 ,i1 c4 ii1 #ad47 #dab ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #agj4 #dac ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 sept4 #ahii1 p4 #eag4 #dad ,m4 ,f\ille l'a trs bi5 vu3 ,la t5tative p\r expliqu] entirem5t l'orig9e des ides et leur vrit p> la biologie con/itue une imm5se ptition de pr9cipe4 7,la ,p5se1 p4 #hj47 #dae ,9 quantum dicit v]bum anima cognoscit objectum4 ,s4 ,,?omas1 de ,v]it41 q4 iv1 a4 #b4 ,aprs l'intuition de son objet1 l'esprit se l'exprime et se le dit lui-mme4 #daf ,omnis sci5tia e/ univ]salium4444 ,quodam modo sci5tia e/ univ]salis 7dans ses pr9cipes72 quodam modo autem m9ime 7dans ses applications p>ticulires74 7,,ari/ote1 ,mta41 l4 ,,xii1 c4 x1 #h47 ,un j\eur d'*ecs1 p> exemple1 ne cre pas une sci5ce en gagnant une p>tie4 ,il n'y a de sci5ce que du gnral4 7,,po9c>1 la ,sci5ce et l'hypo?se1 p4 #ac47 #dag ,lo9 de faire fi des pr9cipes1 n\s croyons qu'ils sont l'ess5tiel4 ,y sub/itu] la pure tude des faits biologiques1 c'e/ v\loir faire m>*] une montre sans y introduire le gr& ressort4444 ,va9em5t on n\s invite dlaiss] p\r les que/ions pratiques du j\r la paix des que/ions t]nelles--dites plutt le t\rnant des que/ions t]nelles4 ,les problmes du j\r ne peuv5t vraim5t se rs\dre qu'en v]tu de raisons qui les dpass5t3 l'actuel dp5d du p]ptuel4 7,,f\ill,e1 ,morale des ides-=ces1 p4 ,,xxvii1 ,,xxix47 #dah 7,,ari/ote1 ,phys41 l4 ,,viii1 c4 v47 #dai ,p\r ,ari/ote1 c'e/ quelque *ose de div91 2 p\r sa9t ,?omas et p\r n\s1 c'e/ la p5se mme de ,dieu reflte p> ses cratures4 #dbj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cdj4 #dba ,concevoir 7le concept7 e/ un pis all] 7667 dans les cas o l'on ne peut pas p]cevoir 76674444 ,une conception ne vaut que p> les p]ceptions v5tuelles qu'elle reprs5te 76674 7,,b]gson1 ,confr5ces d',ox=d1 p4 #e47 ,le lecteur apprci]a si ce n'e/ pas l une in9tellig5ce totale4 #dbb ,p]si/ance inext+uible d'un re/e3 c'e/ la t>e ess5tielle du concept4 7,revue no-scola/iq41 nov4 #aiaj1 p4 #dhi47 #dbc ,,sa9t ,,?omas1 9 ,il ,clor41 l4 ,,xviii4 #dbd ,quidquid esse pote/ intelligi pote/4 ,s4 ,,?omas1 ,contra ,g5t41 l4 ,,ii1 c4 #ih4--,la raison en e/ que t\t ce qui vi5t l'exi/5ce e/ la ralisation d'un possible et p>tant d'une ide4 #dbe ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aijc1 p4 #h4 #dbf ,nom9ali/e p\r t\s les concepts1 except p\r celui de ,temps1 o ,m4 ,b]gson e/ ultra-rali/e1 puisqu'il en fait la sub/ance des *oses dans le gr& ,t\t4 ,en faisant du ,temps non pas un fluide1 mais la fluidit mme1 il hypo/asie une ab/raction4 #dbg ,l'univ]sel veut dire ess5ce commune plusieurs individus4 ,a9si la rondeur e/ une ess5ce commune t\tes les *oses rondes4 ,la premire vue de l'esprit dc\vre une ess5ce1 v4g4 la rondeur de ce c]cle3 c'e/ l'univ]sel direct4 ,la seconde vue la considre comme tant commune t\s les autres c]cles1 exi/ants ou possibles1 c'e/--dire comme inf9im5t imitable3 c'e/ l'univ]sel rflexe4 #dbh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ef1 #aad1 #abh1 #acf1 #adh4 #dbi ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 introd41 p4 iii4 #dcj ,en gnral1 l'intuition dsigne l'acte de connatre un objet immdiatem5t1 sans raisonnem5t ni passage p> des ides int]mdiaires4 ,elle s'oppose l'acte discursif4 #dca ,une facult t\t autre que celle d'analys]4 ,ce s]a1 p> df9ition mme1 l'intuition4 7,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aijc1 p4 #ce47 #dcb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 introd41 p4 iv2 cf4 p4 #baf4 #dcc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ca1 #dg1 #di1 #afd1 #cbc1 etc4 #dcd ,voici un aveu3 ,mme qu& elle se lance dans la ?orie1 la sci5ce e/ t5ue d'adapt] sa dm>*e la configuration gnrale de la pratique 7et du rel74 ,si haut qu'elle s'lve1 elle doit tre prte retomb] dans le *amp de l'action et s'y retr\v] t\t de suite sur ses pi$s4 ,ce ne lui s]ait pas possible si son ry?me diffrait absolum5t de celui de l'action elle-mme4 7,l',evolution cratrice1 p4 #cef47 ,bi5 lo9 de s'oppos]1 le ?orici5 et le pratici5 se complt5t4 #dce ,il s'agit d'une connaissance p> le d$ans1 qui les saisit 7les faits7 dans leur jaillissem5t mme au lieu de les pr5dre une fois jaillis1 qui creus]ait a9si au-dess\s de l'espace et du temps spatialis4444 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cij47 #dcf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ej2 cf4 p4 #baf4 #dcg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #ec4 #dch ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #baj1 #baa4 #dci ,mme hsitation *ez ,m4 ,le ,roy qui crit3 ,la t*e propre du philosophe s]ait de rsorb] l'intellig5ce dans l'in/9ct1 ou plutt de rintgr] l'in/9ct dans l'intellig5ce4 7,revue des ,deux ,mondes1 fvri] #aiab47 #ddj ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #agi4 #dda ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 cf4 p4 #aig4 #ddb ,la premire 7connaissance7 implique qu'on t\rne aut\r de cette *ose2 la seconde1 qu'on entre en elle4 7,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aijc1 p4 i47 #ddc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bij4 #ddd ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bji4 #dde ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #beh1 cf4 p4 #bei4--;,en les rappro*ant les unes des autres 7les =mes de l'in/9ct71 en les faisant ensuite fusionn] avec l'intellig5ce1 n'obti5drait-on pas cette fois une consci5ce coext5sive la vie et capable1 en se ret\rnant brusquem5t contre la p\sse vitale qu'elle s5t d]rire elle1 d'en obt5ir une vision intgrale1 quoique sans d\te van\issante8 7,ibid41 introd41 p4 v47 #ddf ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bgb4--,on appelle intuition cette espce de sympa?ie intellectuelle p> laquelle on se transporte l'intrieur d'un objet p\r concid] avec ce qu'il a d'unique et p>tant d'inexprimable4 7,rev4 de ,mta4 et de ,morale1 #aijc1 p4 #c47 #ddg ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bji4 #ddh ,,b]gson1 ,disc\rs de ,bologne1 #aj avril #aiaa1 dans la ,revue de ,mta4 et de ,morale1 nov4 #aiaa1 p4 #hbf1 #hbg4 #ddi ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #hac1 #hbd4 #dej ,p\r ,kant1 c'e/ le concept qui rec\d le dc\su in=me de l'intuition s5sible4 ,p\r ,b]gson1 c'e/1 au contraire1 l'intuition s5sible qui rec\d le morcelage du concept4 ,opposition curieuse qui trahit le c>actre artificiel de ces sy/mes6 #dea ,ari/ote avait dj dit3 ,s5tir n'e/ pas encore savoir4 7,anal4 ,po/47 #deb ,,f\ill,e1 la ,p5se1 p4 #cfc4 #dec ,concevoir e/ un pis-all] dans le cas o l'on ne peut pas p]cevoir4 7,,b]gson1 conf4 d',ox=d1 la ,p]ception du *angem5t1 p4 #e47 #ded ,cf4 ,s4 ,,aug4 ,de ,g5es4 ad litt41 ,,iv1 #cb1 #ej4--,s4 ,?omas aj\te que la vision dans le ,v]be e/ la connaissance la plus p>faite1 soit du gnral1 soit du p>ticuli]4 ,p]fectius 7res7 cognoscitur p] ,v]bum quam p] se ipsam1 etiam 9 quantum e/ talis1 7,de v]it4 q4 #h1 a4 #af1 ad ,,ii2 cf4 q4 #d1 a4 #f47 #dee ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 janv4 #aijc1 p4 #ac4 #def ,,f\ill,e1 la ,p5se1 p4 #cec4 #deg ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 janv4 #aijc1 p4 #i1 #ae1 #bg4 ,voici quelques jolis exemples de ces concepts fluides4 ,df9ition de l'ide3 ,une c]ta9e assurance de facile intelligibilit4 ,df9ition de l'me3 ,une c]ta9e inquitude de vie4 7,ibid41 p4 #ca47 ,on compr5d que de tels concepts soi5t p]ptuellem5t *angeants4 #deh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cic4 #dei ,cf4 notre tude ,i sur le ,m\vem5t1 p4 #adb et suiv4 #dfj ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aijc1 p4 #cb1 #cc4 #dfa ,ari/ote1 lui aussi1 a v\lu rev5ir de la s*]esse et de l'insuffisance logique la ri*esse fconde de l'expri5ce1 de l'artificiel au naturel4 7,,ravaisson1 ,te/am5t philosophique1 p4 #g47 #dfb ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aijg1 p4 #dhh1 #die4 #dfc ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #chi4 #dfd ,,b]gson1 ,matire et ,mmoire1 p4 #ed4 #dfe ,l'intuition de soi e/ l'illusion d'un ultra-raff9 qui pr5d la consci5ce aigu d'une s5sation p\r la concid5ce avec l'tre4 7,revue no-scola/ique1 nov4 #aiaj1 p4 #dij47 ,une mprise si grossire n'e/ c]tes pas d'un ultra-raff96444 ,la consci5ce ne saisit pas seulem5t la p5se1 mais aussi celui qui p5se3 intellectus intelligit semetipsum--1 dit sa9t ,?omas4 ,et ce n'e/ pas seulem5t l'cole d',ari/ote et de sa9t ,?omas qui e/ unanime sur ce po9t capital1 mais encore l'cole su>si5ne3 ,prima cognitio accid5tis non t]m9atur ad ab/ractum s$ ad concretum 444 sicque sub/antia cognoscitur simul cum accid5te1 hoc e/ 9 confuso1 9 quantum e/ p>s talis concreti accid5talis4 7,,su>ez1 ,de ,anima1 l4 ,,iv1 c4 iv47 ,quant aux coles spirituali/es mod]nes1 cont5tons-n\s de cit] cette magnifique et dcisive p>ole de ,f4 ,b\illi]3 ,dni] la consci5ce le p\voir d'atte9dre1 en mme temps que les phnomnes1 l'tre que n\s sommes1 l'tre un1 id5tique1 ess5tiellem5t actif1 vie et p5se1 c'e/ la mutil] pr(ondm5t1 c'e/ rejet] la meilleure p>tie de ce qu'elle n\s atte/e1 et cela seul qui e/ cont9uellem5t prs5t au milieu de la div]sit de t\s ses autres tmoignages4 7,la ,consci5ce en psy*ologie1 p4 #ie74 ,une psy*ologie exprim5tale sans me n'e/ donc qu'une mutilation pr(onde de l'expri5ce4 #dff ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bab1 #bac4 #dfg ,c'e/ ce que les scola/iques ont appel la quiddit3 ,intellectus humani proprium objectum e/ quidditas sive natura 9 mat]ia corporali exi/5s4 7,s4 ,,?omas1 ,sum4 !ol41 ,i1 q4 ,,lxxxiv1 a4 #c1 et q4 ,,lxxxix1 a4 #c47 #dfh ,la premire notion acquise e/ celle de l'tre3 ,ens e/ primum quod cadit 9 appreh5sione simplicit]4 7,s4 ,,?omas1 ,qu/4 disp41 ,de ,v]it41 q4 x1 a4 #a47 ,or1 l'tre le dit d'abord de ce qui e/ de soi 7sub/ance71 puis de l'tre driv 7accid5ts73 ,ens absolute et primo dicitur de sub/antia1 po/]ius1 secundum quid de accid5tibus4 7,s4 ,,?omas1 ,de ente et ess5tia1 c4 ii47 #dfi ,on sait que1 p\r ,ari/ote et sa9t ,?omas1 c'e/ l'intuition de l'tre rel qui fonde t\te la mtaphysique4 7,s4 ,,?omas1 ,i1 q4 ,,lxxxxv1 a4 #e47 ,la connaissance qui en dc\le e/ progressive3 #a connaissance de l'tre 7quelque *ose qui e/72 #b connaissance confuse de la sub/ance2 #c connaissance confuse des accid5ts2 #d connaissance di/9cte de la sub/ance2 #e connaissance di/9cte des accid5ts4 ,ensuite vi5t la connaissance de la nature des tres tudis3 ess5ces et proprits4 ,on voit p> l que l'intellig5ce saisit la sub/ance avant les accid5ts 7c'e/ l'inv]s p\r les s5s71 p>ce qu'elle ne peut compr5dre l'tre driv qu'aprs l'tre de soi4 ,sicut prdicam5ta non hab5t esse nisi p] hoc quod insunt sub/anti1 ita non hab5t cognosci nisi 9 quantum p>ticipant aliquid de modo cognitionis sub/anti quod e/ cognosc]e quid e/4 7,s ,,?omas1 ,9 libro ,,xii mtaph41 l4 ,,vii1 lec4 ,i47 ,c'e/ l'inv]se p\r les s5s qui sont t\t d'abord frapps p> les accid5ts et ne saisiss5t l'objet que p> concommitance1 comme on saisit une ma9 gante s\s le gant4 ,en rsum1 la sub/ance e/ s5sible p] accid5s et intelligible p] se4 #dgj ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aijc1 p4 #cc1 #ce2 cf4 ,matire et ,mmoire1 p4 #bjc1 #bje-bjg4 ,grce cette intuition directe du rel1 n\s p\vons confront] l'image du s\v5ir avec le rel p\r la r5dre de plus en plus adquate4 ,l'adquatio rei et intellectus e/ a9si r5due possible4 ,elle e/ impossible1 au contraire1 p\r ceux qui ni5t l'intuition et ne peuv5t plus comp>] l'image qu'avec d'autres images1 sans jamais saisir l'orig9al4 #dga ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #aib1 #aic4 #dgb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bjf2 et rponse ,pitk91 ,j\rnal ( ,philosophy1 #g juill4 #aiaj4 #dgc ,d'ailleurs1 qui di/+u]a les vritables bi5s1 la vritable utilit1 les succs dignes d'envie1 s9on l'intellig5ce claire p> d'autres critres8 #dgd ,,b]gson1 ,rponse ,pitk91 ,ibid4 #dge ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cbc4 #dgf ,cf4 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #cag4 #dgg ,,littr1 ,revue des ,deux ,mondes1 #aj ju9 #ahfe4 #dgh ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bci-beg4 #dgi ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #bdb4 #dhj ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #bec4 #dha ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #bec4 #dhb ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bie-cbc4 #dhc ,a l'exemple de ,m4 ,b]gson1 n\s avons n\s-mme rdit dans ce p>agraphe1 presque littralem5t1 notre rplique dj p>ue ailleurs4 #dhd ,s4 ,,?omas1 ,i ,s5t41 di/4 ,,viii1 q4 i1 a4 #c4 #dhe ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #caj4 #dhf ,,mi*elet1 ,esquisse de logique4 #dhg ,ens rationis dicitur1 quod cum 9 re nihil ponat1 et 9 se non sit ens1 =matur tam5 seu accipitur ut ens 9 ratione4 7,s4 ,,?omas1 ,v4 ,mta41 l4 ,,ix2--,summa !ol41 ,i1 q4 ,,xvi1 a4 #c1 ad #b4--;,cf4 ,,jean ,,de ,s4 ,,?omas1 ,log41 ,,ii1 q4 #b47 #dhh ,,b]gson1 ,ibid41 p4 #cbj4 #dhi ,dans sa lettre au ,p4 de ,tonqudec 7,etudes1 #bj janv4 #aiab1 p4 #eaf71 ,m4 ,b]gson a eu la loyaut de reconnatre l'insuffisance de cette premire argum5tation3 ,elle ab\tit simplem5t montr] que quelque *ose a t\j\rs exi/4 ,sur la nature de ce quelque *ose1 elle n'apporte1 il e/ vrai1 aucune conclusion positive4 ,le lecteur comp>]a cet aveu ses prt5tions premires4 #dij ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bii4 #dia ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bia4 #dib ,p\r ces citations et les suivantes1 voy4 ,b]gson1 son c\rs au ,collge de ,france1 en mai #aiaa3 ,?orie de la ,p]sonne1 cit p> ,grivet1 ,etudes1 #cj nov4 #aiaa4 #dic ,seule1 la matire qu'il 7le c\rant de la consci5ce univ]selle7 *>rie avec lui1 et dans les int]/ices de laquelle il s'insre1 peut le divis] en individualits di/9ctes4 ,le c\rant passe donc1 trav]sant les gnrations huma9es1 se subdivisant en individus3 cette division tait dess9e en lui vaguem5t 7871 mais elle ne se ft pas accuse sans la matire4 ,a9si se crent sans cesse des mes1 qui cep5dant1 en un c]ta9 s5s1 prexi/ai5t4 ,elles ne sont pas autre *ose que les ruisselets entre lesquels se p>tage le gr& fleuve de la vie1 c\lant trav]s le corps de l'humanit4 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bib47 #did ,n\s avons vu plus haut1 en p>lant du morcelage1 que c'e/ l'esprit1 au contraire1 qui se dc\pait un corps4 ,ce sont l des ass]tions difficilem5t conciliables nos yeux4 #die ,voir1 p> exemple1 l'int]view de ,maurice ,v]ne dans l',intransigeant du #bf nov4 #aiaa4 #dif ,voir l'int]view ci-dessus4 #dig ,cf4 l',evolution cratrice1 p4 #bid4 #dih ,,pi]re ,,loti1 le ,pl]9 d',angkor 7,calmann-,lvy74 ,cf4 ,disc\rs de rception l',acadmie franaise de ,m4 ,jean ,aic>d1 p> ,pi]re ,loti1 #bc dc4 #aiji4 #dii ,je p>le de ,dieu comme d'une s\rce d'o sort5t t\r t\r1 p> un effet de sa lib]t1 les c\rants ou lans dont *acun =m]a un monde3 il en re/e donc di/9ct 78871 et ce n'e/ pas de lui qu'on peut dire que le plus s\v5t il t\rne c\rt1 ou qu'il soit la m]ci de la matrialit qu'il a d se donn]4 7#are lettre au ,p4 de ,tonqudec1 p4 #eag des ,etudes47--,m4 ,b]gson avait crit 7,evolution cratrice1 p4 #bgj73 ,je p>le d'un c5tre d'o les mondes jaillirai5t comme les fuses d'un imm5se b\quet1--p\rvu t\tefois que je ne donne pas ce c5tre p\r une *ose une sub/ance mais p\r une cont9uit de jaillissem5t4 ,dieu1 a9si df9i1 n'a ri5 de t\t fait4444 #ejj ,l',evolution cratrice1 p4 #bgj1 #bga4 #eja ,de mme p\r ,m4 ,le ,roy3 ,p\r n\s1 ,dieu n'e/ pas1 mais devi5t4 ,son dev5ir e/ notre progrs mme4 7,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aijg1 p4 #eji47 #ejb ,,le ,,roi1 ,dogme et ,critique1 p4 #ade4 #ejc ,malgr cela1 ,m4 ,b]gson p]si/e croire qu'il n'e/ pas pan?i/e1 et sa bonne foi ne saurait tre mise en d\te4 ,de t\t cela1 crit-il1 se dgage nettem5t l'ide d'un ,dieu crateur et libre1 gnrateur la fois de la matire et de la vie1 dont l'ef=t de cration se cont9ue du ct de la vie1 p> l'volution des espces et p> la con/itution des p]sonnalits huma9es4 ,de t\t cela se dgage1 p> consqu5t1 la rfutation du monisme et du pan?isme en gnral 78874 ,mais1 p\r prcis] encore ces conclusions et en dire davantage1 il faudrait abord] des problmes d'un t\t autre g5re1 les problmes moraux4 ,je ne suis pas sr de jamais ri5 publi] ce sujet2 je ne le f]ai que si j'arrive des rsultats qui me p>aiss5t aussi dmontrables ou aussi montrables que ceux de mes autres travaux4 7,lettre au ,p4 de ,tonqudec1 ,i,ie lettre1 ,etudes1 p4 #eae47 #ejd ,autre =mule de la mme erreur3 ,le temps n'e/ jamais2 il devi5t t\j\rs4--,comme si le prs5t n'tait pas en acte6 ,nihil e/ temporis1 dit sa9t ,?omas1 nisi nunc4 7,i q4 #df1 a4 #c1 ad #c47 #eje ,cf4 ,,le ,,roy1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #aija1 p4 #bib et suiv4 #ejf ,congrs de ,bologne1 #aj avril #aiaa1 dans la ,revue de ,mta4 et de ,morale1 nov4 #aiaa1 p4 #haj4 #ejg ,sa premire devise tait3 ,mettre plus de sci5ce dans la mtaphysique et plus de mtaphysique dans la sci5ce4 7,,b]gson1 ,revue de ,mta et de ,morale1 janv4 #aijc1 p4 #bi47 #ejh ,,b]gson1 ,congrs de ,bologne1 #aj avril #aiaa1 dans la ,revue de ,mta4 et de ,morale1 nov4 #aiaa1 p4 #hbe4 #eji ,en pr9cipe1 la sci5ce positive porte sur la ralit mme1 p\rvu qu'elle ne sorte pas de son doma9e qui e/ la matire in]te4 7,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bbe2 cf4 p4 #baf47 #eaj ,,po9c>1 la ,valeur de la sci5ce1 p4 #bad4 #eaa ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #bah1 #beh1 #baa1 #bgb4 #eab ,d'aprs cette n\velle m?ode1 p\r connatre les *oses telles qu'elles sont1 il ne faut pas us] de l'intellig5ce1 qui ne peut que les dnatur]1 mais se rappro*] 7p> l'intuition7 de l'expri5ce brute1 se plong] dans le t\rbillon des s5sations1 s'abm] enf9 dans le torr5t de la vie animale et vgtative1 se p]dre dans l'inconsci5ce et se noy] dans les *oses4 ,ce ralisme psy*ologique conduit l'idoltrie du fait en mtaphysique et en morale44447,,c\turat1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 #ahig1 p4 #bda1 #bdb47 #eac ,w4 ,,james1 ,philosophie de l'expri5ce1 p4 #beg1 #bfd1 #bfe1 #cji1 #caf4 ,le meilleur *em9 suivre e/ celui de ,fe*5]1 de ,royce1 de ,hgel3 ,fe*5] n'a jamais ent5du le veto de la ,logique2 ,royce ent5d sa voix1 mais refuse dlibrm5t de savoir ce qu'elle dit2 ,hgel n'ent5d ce qu'elle dit que p\r en faire fi2 et t\s pass5t joyeusem5t leur *em94 ,s]ons-n\s les seuls subir son veto8 7,ibid41 p4 #aig47 ,c'e/ ,b]gson1 dit-il1 qui l'a enh>di dans cette voie4--,je me suis vu contra9t de r5onc] la ,logique c>rm5t1 fran*em5t1 irrvocablem5t6 7,a ,plurali/ic univ]se47 #ead ,,m>ita91 l',evolutionnisme de ,m4 ,b]gson1 dans la ,revue de ,philosophie1 sept4 #aiaa1 p4 #eci4 #eae ,cf4 ,c>d4 ,,m]ci]1 ,disc\rs du #h dc4 #aijg l',univ]sit de ,l\va94 #eaf ,m4 ,b]gson e/ peu prs le seul philosophe univ]sitaire trait] les que/ions de mtaphysique1 comme on peut s'en conva9cre en feuilletant le catalogue d'ouvrages philosophiques publis *ez ,alcan4 #eag ,,b]gson1 ,revue de ,mta4 et de ,morale1 janv4 #aijc1 p4 #cj1 #ca4 #eah ,cette critique1 il e/ vrai1 n'e/ pas n\velle4 ,dj ,platon l'adressait aux arti/es de son temps3 ,n'e/-il pas vrai que les arti/es1 s'inquitant peu de la vrit1 donn5t leurs ouvrages1 au lieu de proportions naturelles1 celles qu'ils jug5t devoir faire le plus bel effet8 7,le ,sophi/e1 trad4 ,c\s91 p4 #bbj47 #eai ,,r5 ,,d\mic1 ,revue des ,deux ,mondes1 #ae m>s #aiaj1 p4 #dcc4 #ebj ,cit p> ,,grivet1 ,etudes1 #bj nov4 #aiaa4 #eba ,,b]gson1 l',evolution cratrice1 p4 #cge1 #cee1 #cfi4 #ebb ,w4 ,,james1 ,philosophie de l'expri5ce1 p4 #cje4