,f images g5]\sly made available by gallica 7,biblio?que nationale de ,france7 at http3_/_/gallica4bnf4fr4 99 99 99 99 99 ,,le ,,culte ,,du ,,moi 99 99 99 99 99 ,,un ,,homme ,,libre ,p> ,,maurice ,,b>r,s ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise 99 99 99 99 99 ,,p>is #aiab 99 99 99 99 99 ,,table ,,pr,,face de l'dition de #aijd ,d,,dicace ,,livre ,,premi] ,,en ,,tat ,,de ,,grace ,,*apitre ,i4--,la j\rne de ,j]sey ,,*apitre ,,ii4--,mditation sur la j\rne de ,j]sey ,,livre ,,deuxi,,me ,l',,glise ,,militante ,,*apitre ,,iii4--,in/allation a7 ,in/allation matrielle b7 ,in/allation spirituelle c7 ,prire-programme ,,*apitre ,,iv4--,exam5s de consci5ce a7 ,exam5 physique b7 ,exam5 moral 7,composition de lieu4--,ex]cice de la mort4--,colloque7 ,,*apitre ,v4--,les int]cesseurs a7 ,mditation spirituelle sur ,b5jam9 ,con/ant 7,application des s5s4--,mditation4--,colloque4 --,oraison7 b7 ,mditation spirituelle sur ,sa9te-,beuve 7,application des s5s4--,mditation4--,colloque4 --,oraison7 ,,*apitre ,,vi4--,en ,lorra9e ,premire j\rne3 ,naissance de la ,lorra9e4 --,deuxime j\rne3 ,la ,lorra9e en enfance4 --,troisime j\rne3 ,la ,lorra9e se dveloppe4 --,quatrime j\rne3 ,agonie de la ,lorra9e4 --,c9quime j\rne3 ,la ,lorra9e morte4 --,sixime j\rne3 ,conclusion1 la soire d',h>\4 ,,livre ,,troisi,,me ,l',,glise ,,triomphante ,,*apitre ,,vii4--,acdia1 ,sp>ation dans le mona/re ,,*apitre ,,viii4--,a ,luc]ne1 ,m>ie ,b ,,*apitre ,,ix4--,veille d',italie 7,enseignem5t du ,v9ci74 ,,*apitre ,x4--,mon triomphe de ,v5ise a7 ,sa beaut du dehors b7 ,sa beaut du d$ans 7,sa ,loi4--,mon tre4 --,l'tre de ,v5ise4--,description du type qui les runit en les rsumant7 c7 ,je suis satur de ,v5ise ,,livre ,,quatri,,me ,,excursion ,,dans ,,la ,,vie ,,*apitre ,,xi4--,une anecdote d'am\r4 ,j'amasse des docum5ts ,je pr(ite de mes motions ,mditation sur l'anecdote d'am\r ,,*apitre ,,xii4--,mes conclusions 7,la rgle de ma vie4--,lettre ,simon7 ,pas de veau gras4 7,rponse ,m4 ,d\mic7 ,petite note de l'dition de #ahii 99 99 99 99 99 ,,pr,,face ,,de ,l',,dition ,,de #aijd ,ceux qui ne connur5t jamais l'ivresse de dplaire ne peuv5t imag9] les div9es satisfactions de ma v+t-c9quime anne3 j'ai sc&alis4 ,des g5s se mettai5t cause de mes livres en fureur4 ,leur sottise me crevait de bonheur4 ,s\s l'oeil des ,b>b>es p>ut en novembre #ahhg et l' ,homme libre1 v]s ,pques1 en #ahhi4 ,les matres de la gr&e espce vivai5t encore4 ,je croisais dans le qu>ti] ,lat9 ,ta9e1 ,r5an et ,leconte de ,lisle4 ,j'avais vu1 de mes yeux vu ,hugo4 ,j\r in\bliable1 celui o je causais avec ,leconte de ,lisle et ,anatole ,france dans la biblio?que du ,snat et qu'un petit vieill>d vig\reux--c'tait le ,pre1 c'tait l',emp]eur1 c'tait ,victor ,hugo--n\s rejoignit6 ,je m\rrai sans avoir ri5 vu qui m'importe davantage4 ,ah6 si1 quelque j\r1 je p\vais mrit] que l',hi/oire acceptt ce gr\pe de quatre ges littraires6 ,a9si qu& j'tais jeune1 il y avait encore des dieux4 ,mais une p5se t\t acilic faisait recette auprs du public4 ,on pr5ait la grossiret p\r de la =ce1 l'obscnit p\r de la passion et des tableaux en trompe-l'oeil p\r des pages gr\illantes de vie4 ,autant de raisons p\r qu'un petit livre d'analyse ne ft pe9t rem>qu4 ,et puis l',homme libre tait peu comprh5sible4 ,croyez-v\s donc que j'eusse v\lu tre ent5du de n'importe qui8 ,j'crivais p\r mettre de l'ordre en moi-mme et p\r me dlivr]1 c> on ne p5se1 ce qui s'appelle p5s]1 que la plume la ma94 ,mais le premi] v5u allait-il p5*] sa tte1 p>-dessus mon paule1 sur mon papi]8--,fi1 ,monsieur6 m'criai-je1 moy5nant #c fr4 #ej1 v\s v\driez connatre mes plus dlicates complications4 ,faites d'abord des tudes prlim9aires ou plutt adressez-v\s ailleurs1 c> ri5 ne m'assure que v\s soyez n p\r que n\s causions ensemble4 ,cette disposition mprisante a ses inconvni5ts4 ,j'ai cr un prjug contre mes livres4 ,p5dant une diza9e d'annes1 il y eut sur l',egotisme de ,m4 ,b>rs1 sur le ,moi de ,m4 ,b>rs les plus sots jugem5ts1 et il semblait presque impossible que je tes surmontasse4 ,en effet1 il n'a fallu ri5 mo9s qu'une gu]re civile4 ,v]di rptait s\v5t3 ,n\s autres arti/es1 n\s n'arrivons la clbrit que p> la calomnie4 ,je ne suis ni clbre ni calomni1 mais on a trave/i mes ?ses4 ,qu& j'eus bi5 ri de ces mal5t5dus1 ils me donnr5t de l'ennui4 ,j'ai eu le dgt d'ent5dre un m9i/re de l'in/ruction publique amus] la ,*ambre avec des plaisant]ies sur le ,moi de ,m4 ,b>rs4 ,ce problme de l'individualisme qui passionne nos dputs qu& on le leur pose s\s la =me concrte d'une m>mite r5v]sem5t 7,vaillant7 ne leur p>ut 9 ab/racto qu'un phnomne de prt5tion littraire4 ,jamais ,m4 ,*>les ,dupuy1 qui a beauc\p de bonhomie la ,s>cey1 ne me p>ut mieux en v]ve4 ,je n'y revi5s po9t p\r raviv] l'ennui des discordes passes1 mais p\r m>qu] comm5t je connus mon erreur4 ,cette aprs-midi me montra clairem5t que p\r agir sur des intellig5ces la s9crit ne suffit pas4 ,j'ai p* contre ma p5se1 p> trop de scrupule4 ,j'ai cra9t d'introduire mon didactisme en supplm5t aux faits2 je me suis ab/5u de me rgl]1 de me mettre au po9t1 j'ai v\lu me produire t\t nm5t4 ,je voyais s'veill] mes gr\pes de s5sations1 je les notais1 je les dcrivais1 j'acceptais ma spontanx4 ,j'oubliais qu'il s'agit de crer un rapport entre l'auteur et le lecteur1 et qu'a9si le plus probe philosophe doit se proccup] de l'effet produire4 ,j'avais une t5dance conduire au gr& j\r t\t ce que je tr\vais dans mon me1 c> t\t cela v\lait int5sm5t vivre2 or il y a1 dans ma consci5ce un moqueur1 qui surveille mes expri5ces les plus s9cres et qui rit qu& je patauge4 ,mes premi]s livres ne dissimul5t pas suffisamm5t ce rire4 ,si ,j\ffroy1 dans sa fameuse nuit1 avait t capable de ce dd\blem5t1 et s'il avait ml son *ant pa?tique les raill]ies de son surveillant intrieur1 il aurait dconc]t4 ,mes ans1 ,anatole ,france et ,jules ,lematre1 me comblai5t2 ils m'ont1 ds la premire m9ute1 trait avec une gr&e gnrosit1 mais ils prt5dai5t que je fusse un ironi/e4 ,ils ne voyai5t pas que je v\lais pr\v] quelque *ose et que l'ironie n'tait qu'un de mes moy5s4 ,ces gr&s navigateurs1 n'ayant pas encore jet l'ancre1 n'admettai5t pas que mes inquitudes diffrass5t de leur curiosit4 ,peut-tre ,m4 ,paul ,desj>d9s rsumait-il l'op9ion moy5ne des g5s de lettres autoriss dans une phrase qui me tr\blait p> un mlange de ju/esse et d'inju/ice4 ,cet adolesc5t1 disait le critique des ,dbats1 cet adolesc5t1 si m]veilleusem5t d\ p\r le /yle1 a tr\v le m\le de phrases le plus sav\reux et le plus plaisant2 p> malheur1 il s'e/ g> dans son propre d&ysme et il lui e/ arriv1 ce qui n'e/ pas r>e1 qu'il n'a plus su lui-mme si ce qu'il disait tait srieux ou non4 ,c'e/ un mlange extraord9aire de s9crit nave et d'ironie trs s]re4444 ,il a v\lu pr5dre le monde p\r j\et et il e/ lui-mme le j\et de sa cad5ce v]bale4 ,il n'e/ pas du t\t sr de lui s\s son air imp]turbable4444#a ,je l'ai dit ailleurs dj#b1 je n allai po9t droit sur la vrit comme une fl*e sur la cible4 ,l'oiseau plane d'abord et s'ori5te2 les arbres p\r s'lev] tag5t leurs ramures2 t\te p5se procde p> tapes4 ,je vivais dans une crise p]ptuelle2 ma p5se tait1 que dis-je6 elle e/ encore une *ose vivante1 la =me de mon me4 ,qu'e/-ce que mon oeuvre8 ,ma p]sonne t\te vive emprisonne4 ,la cage en f] d'une des btes du ,j>d9 des ,plantes4 ,a la date o j'cris cette prface1 je vi5s d'entrepr5dre les ,ba/ions de l',e/3 ils ne sont en moi qu'une va/e s5sibilit4 ,qu'en tir]a ma raison8 ,en #ahij1 au l5dema9 de l' ,homme libre1 je s5tais mon abondance1 je ne me possdais pas comme un tre intelligible et c]n4 ,c'e/ la rgle de t\te production arti/ique4 ,l'on ne dlibre gure sur les ouvrages qu'on crira2 on se surpr5d les avoir dj vcus1 qu& on se dem&e si on les appr\ve4 ,c'e/ p> plnitude1 p> ncessit et de la manire la plus irrfl*ie que se produis5t les g]mes qui1 bi5 soigns1 devi5dront de gr&es oeuvres droites4 ,magnifique ge/e d'une mre qui pr5d son fils aux ma9s de l'acc\*euse et le reg>de4 ,elle l'a mis au monde et ne le connat po9t4 ,mais p\rquoi *]*] tant de raisons ce refus de me compr5dre que j'ai subi durant d\ze annes8 ,c'e/ bi5 simple3 n\s ne conqurons jamais ceux qui n\s prcd5t dans la vie4 ,en va9 n\s prt5t-ils du tal5t1 n\s ne p\vons pas les m\voir4 ,a v+t ans1 une fois p\r t\tes1 ils se sont *oisi leurs potes et leurs philosophes4 ,un criva9 ne se cre un public srieux que p>mi les g5s de son ge ou1 mieux encore1 p>mi ceux qui le suiv5t4 ,les jeunes g5s me ddommageai5t4 ,ils se rptai5t la d]nire page des ,b>b>es3 ,o mon matre444 je te supplie que p> une suprme tutelle1 tu me *oisisses le s5ti] ou s'accomplira ma de/9e444 ,toi seul1 matre1 si tu exi/es quelque "p1 axiome1 religion ou pr9ce des hommes4 ,ils di/+uai5t dans l' ,homme libre des =ces d'en?\siasme4 ,ils vir5t que je *]*ais une raison de vivre et une discipl9e4 ,ils s'intressr5t passionnm5t une re*]*e qu'eux-mmes euss5t v\lu entrepr5dre4 ,ce petit livre produisit dans c]ta9s jeunes esprits une agitation s+ulire4 ,on m'a racont qu'au ,conseil suprieur de l'in/ruction publique1 v]s #ahij1 ,m4 ,grard exprima le regret que je fusse avec ,v]la9e l'auteur le plus lu p> nos rhtorici5s et nos philosophes de ,p>is4 ,a cet poque on disputait s'il fallait tre b>rsi/e ou b>rsi54 ,*>les ,maurras ti5t p\r b>rsi54 ,la ,revue indp5dante avait publi de ,m4 ,camille ,mauclair une sorte de manife/e sur le b>rsisme4 ,un sage aurait1 ds ce db1 disc]n *ez les t5ants du culte du ,moi des =mations trs div]ses2 mais n\s avions en commun le plus bel lan de jeunesse4 ,n\s n\s gr\pmes t\s1 mi/rali5s1 pr\dhoni5s1 jeunes juifs1 no-ca?oliques et sociali/es dans la fameuse ,coc>de4 ,du #a;er septembre #ahid m>s #ahie1 ce j\rnal fut un magnifique excitateur de l'intellig5ce4 ,je n'ai jamais f9i de rire qu& je p5se que cette quipe b>iole travailla aux fondations du nationalisme1 et non po9t seulem5t du nationalisme politique mais d'un l>ge classicisme franais4 ,p>faitem5t1 ,f\rnire1 ,h5ri ,br5g]1 ,camille ,mauclair tai5t avec n\s4 ,il y avait un mal5t5du4 ,on le vit qu& p>ur5t les ,drac9s1 qui1 peu avant une crise publique trop ret5tissante1 obligr5t de *oisir entre le po9t de vue intellectuel et le traditionalisme4 ,en #ahig1 le ds>roi des amis que l',homme libre m'avait faits fut extrme4 ,beauc\p de jeunes gr\pem5ts m'envoyr5t leur ,p4,p4,c4 ,j'ai g>d une lettre prive1 la fois t\*ante et s+ulire1 de la ,revue blan*e4 ,c'tait l'poque hroque4 ,le fameux ,m4 ,h]r1 biblio?caire de l'cole normale1 un ,alsaci5 et un aptre 7c'e/ v\s dire deux fois qu'il ne manque pas de vivacit71 se *>gea de =mul] une excommunication4 ,ce philosophe qui vaudrait davantage s'il tait un peu plus d',ob]nai me repro*a d'tre de ,*>mes4 ,il se glorifie d'tre le fils des livres et me mprise d'tre le fils de mon petit pays4 ,je le flicite t\t au mo9s de pos] a9si le problme4 ,oui1 l'homme libre v5ait de di/+u] et d'accept] son dt]m9isme4 ,il y a1 dans la prface du ,disciple1 une page de gr& effet4 ,b\rget s'adresse aux jeunes g5s de #ahhi p\r les invit] se mfi] du nihili/e /ruggle=lif] cynique et volonti]s jovial et du nihili/e dlicat4 ,celui-ci1 dit-il1 a t\tes les ari/ocraties des n]fs1 t\tes celle de l'esprit444 c'e/ un picuri5 intellectuel et raff94444 ,ce nihili/e dlicat1 comme il e/ effrayant r5contr] et comme il abonde6 ,a v+t-c9q ans1 il a fait le t\r de t\tes les ides4 ,son esprit critique1 prcocem5t veill1 a compris les rsultats d]ni]s des plus subtiles philosophies de cet ge4 ,ne lui p>le pas d'impit1 de matrialisme4 ,il sait que le mot matire n'a pas de s5s prcis1 et il e/1 d'autre "p1 trop intellig5t p\r ne pas admettre que t\tes les religions ont pu tre lgitimes leur heure4 ,seulem5t il n'a jamais cru1 il ne croira jamais aucune1 pas plus qu'il ne croira jamais quoi que ce soit1 s9on au jeu de son esprit qu'il a trans=m en un outil de p]v]sit lgante4 ,le bi5 et le mal1 la beaut et la laideur1 les vices et les v]tus lui p>aiss5t des objets de simple curiosit4 ,l'me huma9e t\t entire e/1 p\r lui1 un mcanisme savant et dont le dmontage l'intresse comme un objet d'expri5ce4 ,p\r lui1 ri5 n'e/ vrai1 ri5 n'e/ faux1 ri5 n'e/ moral1 ri5 n'e/ immoral4 ,c'e/ un g/e subtil et raff9 dont t\te l'ambition1 comme l'a dit un rem>quable analy/e1 ,maurice ,b>rs1 dans son beau roman de l',homme libre1--ce *ef-d'oeuvre d'ironie auquel il manque seulem5t une conclusion1--consi/e ador] son moi1 le p>] de s5sations n\velles4 ,oui1 l',homme libre racontait une re*]*e sans donn] de rsultat1 mais1 cette conclusion susp5due1 les ,drac9s la f\rniss5t4 ,dans les ,drac9s1 l'homme libre di/+ue et accepte son dt]m9isme4 ,un c&idat au nihilisme p\rsuit son appr5tissage1 et1 d'analyse en analyse1 il pr\ve le nant du ,moi1 jusqu' pr5dre le s5s social4 ,la tradition retr\ve p> l'analyse du moi1 c'e/ la moralit que r5f]mait l',homme libre1 que ,b\rget rclamait et qu'allait pr\v] le roman de l' n]gie nationale4 ,je ne p]mets qu' des ca?oliques les diatribes contre l'gotisme4 ,si v\s n'tes pas un croyant1 d'o pr5ez-v\s vtres po9t de vue p\r fltrir l'individualisme8 ,au re/e1 d'une manire gnrale1 il s]ait dte/able que n\s pussions contra9dre des tres en =mation4 ,s\v5t leurs maladies prp>5t leur sant4 ,ce fi] et vif s5tim5t du ,moi que dcrit ,un ,homme libre1 c'e/ un in/ant ncessaire1 dans la srie des m\vem5ts1 p> o un jeune homme s'ori5te p\r recueillir et puis transmettre les trsors de sa ligne4 ,un moi qui ne subit pas1 voil le hros de notre petit livre4 ,ne po9t subir6 ,c'e/ le salut1 qu& n\s sommes presss p> une socit an>*ique1 o la multitude des doctr9es ne laisse plus aucune discipl9e et qu&1 p>-dessus nos frontires1 les flots puissants de l'trang] vi5n5t1 sur les *amps pat]nels1 n\s t\rdir et n\s entran]4 ,l',homme libre n'a po9t f\rni aux jeunes g5s une connaissance nette de leur vritable tradition1 mais il les pressait de se dgag] et de retr\v] leur filiation propre4 ,si je ne subis pas1 e/-ce dire que je n'acquire po9t8 ,j'eus mes victoires et mes conqutes en ,espagne et en ,italie2 nos dfaites sur le ,rh9 contribur5t ma =mation2 c'e/ d'un ,disraeli que j'ai reu peut-tre ma vue pr9cipale1 savoir que1 le j\r o les dmocrates trahiss5t les intrts et la vritable tradition du pays1 il y a lieu de p\rsuivre la trans=mation du p>ti ari/ocratique1 p\r lui confi] la fois l'amlioration sociale et les gr&es ambitions nationales4 ,si n\s dressions la li/e de nos bi5faiteurs1 elle s]ait plus longue que celle de ,m>c-,aurle4 ,n\s ne sommes po9t f]ms l'univ]s4 ,il n\s enri*it4 ,mais n\s sommes une plante qui *oisit1 et trans=me ses alim5ts4 ,j'ai m>qu ailleurs1 comm5t un premi] travail de mes ides n'e/1 t\t au fond1 que d'avoir reconnu d'une manire s5sible que le moi individuel tait support et n\rri p> la socit4 ,sur cette tape je ne revi5drai pas1 mais on veut l>gir ici le raisonnem5t1 et1 d'une volution in/9ctive1 faire une m?ode franaise4 99 99 99 99 99 ,a mon s5s1 on n'a pas dit gr&'*ose qu& on a dit que l'individualisme e/ mauvais4 ,le ,franais e/ individuali/e1 voil un fait4 ,et de quelque manire qu'on le qualifie1 ce fait subsi/e4 ,t\tes les =tes critiques que n\s accumulons contre la ,dcl>ation des ,droits de l'homme n'emp*5t po9t que ce cat*isme de l'individualisme a t =mul dans notre pays4 ,dans notre pays et non ailleurs6 ,et ce phnomne 7qu'aucun hi/ori5 jusqu' cette heure n'a r5du comprh5sible7 m>que en traits de jeu combi5 notre nation e/ prdispose l'individualisme4 ,la ju/e horreur que n\s inspire le ,rob]t ,gresl\ de ,b\rget n'emp*e po9t que quelques-unes des prcieuses qualits de nos jeunes g5s vi5n5t1 comme leurs graves dfauts1 de ce qu'ils sont des tres qui ne s'agrg5t po9t naturellem5t en tr\peau4 ,si je ne m'abuse1 l',homme libre1 complt p> les ,drac9s1 e/ utile aux jeunes ,franais1 en ce qu'il accorde avec le bi5 gnral des dispositions c]ta9es qui les euss5t aism5t jets dans un nihilisme funbre4 ,je ne me suis jamais int]rompu de plaid] p\r l'individu1 alors mme que je semblais le plus l'humili]4 ,une de mes ?ses favorites e/ de rclam] que l'ducation ne soit pas dp>tie aux enfants sans g>d p\r leur individualit propre4 ,je v\drais qu'on respectt leur prp>ation familiale et t]ri5ne4 ,j'ai dnonc l'esprit de conqurant et de millnaire d'un ,b\teill] qui tombe sur les populations indignes comme un adm9i/rateur despotique d\bl d'un aptre fanatique2 j'ai m>qu p\rquoi le kantisme1 qui e/ la religion (ficielle de l',univ]sit1 drac9e les esprits4 ,si l'on veut bi5 y rfl*ir1 ce ne s]a pas une petite *ose qu'un traditionali/e soit demeur att5tif aux nuances de l'individu4 ,aussi bi5 je ne p\vais pas les nglig]1 puisque je v\lais dcrire une c]ta9e s5sibilit franaise et surt\t agir sur des ,franais4 ,mon mrite e/ d'avoir tir de l'individualisme mme ces gr&s pr9cipes de subord9ation que la plup>t des trang]s possd5t in/9ctivem5t ou tr\v5t dans leur religion4 ,les jeunes ,franais croi5t en eux-mmes2 ils jug5t de t\tes *oses p> rapport leur p]sonne4 ,ailleurs1 il y a le loyalisme2 *ez n\s1 c'e/ l'honneur1 l'honneur du nom qui fait notre pr9cipal ressort4 ,mes contempora9s ne m'euss5t pas c\t si j'avais pris mon po9t de d"p ailleurs que du ,moi4 ,au milieu d'un ocan et d'un sombre my/re de vagues qui me press5t1 je me ti5s ma conception hi/orique1 comme un naufrag sa b>que4 ,je ne t\*e pas l'nigme du comm5cem5t des *oses1 ni la d\l\reuse nigme de la f9 de t\tes *oses4 ,je me cramponne ma c\rte solidit4 ,je me place dans une collectivit un peu plus longue que mon individu2 je m'inv5te une de/9ation un peu plus raisonnable que ma *tive c>rire4 ,a =ce d'humiliations1 ma p5se1 d'abord si fire d'tre libre1 arrive con/at] sa dp5dance de cette t]re et de ces morts qui1 bi5 avant que je naquisse1 l'ont comm&e jusque dans ses nuances4444 99 99 99 99 99 ,t&is que je crois caus] ici avec quelques milli]s de fidles lecteurs1 il e/ possible qu'un trang] s'appro*e de notre c]cle et que1 jetant les yeux sur cette prface1 il s'tonne4 ,en effet1 p\r t\t le monde1 v+t ans1 la gr&e affaire c'e/ de vivre1 mais bi5 peu se proccup5t de tr\v] le fondem5t philosophique de leur activit4 ,nos s\cis ennuy5t t\t naturellem5t celui qui ne les p>tage pas4 ,l-dessus1 je n'ai ri5 rpondre4 ,d'autres p]sonnes sembl5t cra9dre que le gt de la rflexion ne dnature et ne comprime la navet de nos impressions s5suelles ou proprem5t arti/iques4 ,eh bi56 l'art p\r n\s1 ce s]ait d'excit]1 d'm\voir l'tre pr(ond p> la ju/esse des cad5ces1 mais en mme temps de le p]suad] p> la =ce de la doctr9e4 ,oui1 l'art d'crire doit cont5t] ce d\ble beso9 de musique et de gomtrie que n\s portons1 la franaise1 dans une me bi5 faite4444 ,ah6 mon ,dieu6 ce pauvre petit livre1 qu'il e/ lo9 de satisfaire cette magnifique ambition6 ,il a du mo9s de la jeunesse1 de la fi]t sans aucun ?tral et ne rtrcit pas le coeur4 ,juillet #aijd4 note #a3 ,les ,dbats du #ac dcembre #ahij3 les ,ironi/es1 p> ,paul ,desj>d9s4 note #b3 ,voir l',app5dice3 ,une rponse ,m4 ,d\mic3 ,pas de veau gras4 99 99 99 99 99 ,d,,dicace 99 99 99 99 99 ,a ,,quelques ,,coll,,gi5s ,,de ,,p>is ,,et ,,de ,,la ,,prov9ce ,j',,(fre ,,ce ,,livre ,j'cris p\r les enfants et les t\t jeunes g5s4 ,si je cont5tais les gr&es p]sonnes1 j'en aurais de la vanit1 mais il n'e/ gure utile qu'elles me lis5t4 ,elles ont fait d'elles-mmes les expri5ces que je vais not]1 elles ont sy/matis leur vie1 ou bi5 elles ne sont pas nes p\r m'ent5dre4 ,dans l'un et l'autre cas1 cette lecture leur s]a sup]flue4 ,les collgi5s sont peu prs les seuls tres qu'on puisse pla9dre4 ,encore la moiti d'entre eux sont-ils des petits g\jats qui empoisonn5t la vie de leurs cam>ades4 ,n\s autres adultes1 n\s n\s isolons1 n\s n\s di/rayons selon le sy/me qui n\s p>at conv5able4 ,au collge1 ils sont s\mis une discipl9e qu'ils n'ont pas *oisie3 cela e/ abom9able4 ,j'ai relev avec pit1 depuis six sept ans1 les noms des enfants qui se sont suicids4 ,c'e/ une longue li/e que je n'ose pas publi]4 ,j'aurais aim ddi] leur mmoire ce petit livre1 mais il m'a p>u que j'irais contre leurs int5tions1 en rp&ant leurs noms dans la vie4 ,s'ils m'avai5t lu1 je crois qu'ils n'aurai5t pas pris une rsolution aussi extrme4 ,ces mes dlicates et p>esseuses tai5t videmm5t mal r5seignes4 ,elles crur5t qu'il y a du srieux au monde4 ,elles atta*ai5t de l'importance c9q ou six *oses3 en ayant pr\v du dsagrm5t1 elles reculr5t hors de la vie4 ,l'ess5tiel e/ de se conva9cre qu'il n'y a que des manires de voir1 que *acune d'elles contr$it l'autre1 et que n\s p\vons1 avec un peu d'habilet1 les avoir t\tes sur un mme objet4 ,a9si n\s amo9drissons nos mortifications p5s] quelles sont causes p> ri5 du t\t1 et n\s arrivons s\ffrir trs peu4 ,p>ce qu'il dtaille ces pr9cipes et les illu/re de petits exemples emprunts l'ord9aire de l'exi/5ce1 mon livre1 je crois1 e/ appel r5dre s]vice4 ,quelques amis que j'ai dans la politique m'ont affirm qu'aux sicles d]ni]s les esprits de notre race1 je veux dire les esprits religieux1 se plaisai5t dj faire des proslytes4 ,ils enf]mai5t p>fois les esprits pais dans une *ambre de f] *auffe au r\ge4 ,le matriali/e en tait rduit saut] prcipitamm5t sur l'un et l'autre pi$1 jusqu' ce qu'il et modifi sa conception de l'univ]s4 ,c'e/ a9si que la ,provid5ce en agit encore auj\rd'hui p\r n\s r5dre idali/es4 ,notre s5tim5t lev du problme de la vie e/ fait de notre inquitude p]ptuelle4 ,n\s ne savons sur quel pi$ dans]4 ,dans cette disgrce je gte un plaisir rel4 ,*]*] cont9uellem5t la paix et le bonheur1 avec la conviction qu'on ne les tr\v]a jamais1 c'e/ t\te la solution que je propose4 ,il faut mettre sa flicit dans les expri5ces qu'on in/itue1 et non dans les rsultats qu'elles sembl5t promettre4 ,amusons-n\s aux moy5s1 sans s\ci du b4 ,n\s *app]ons a9si au malaise habituel des enfants honorables1 qui e/ dans la disproportion entre l'objet qu'ils rvai5t et celui qu'ils atteign5t4 ,jrme ,paturot dsirait un peu vivem5t une position sociale4 ,c'e/ d'une petite me4 ,il et t plus heureux s'il avait suivi ma m?ode1 s'gayant de ses re*]*es et n'atta*ant jamais la mo9dre importance aux buts qu'il p\rsuivait6 ,il eut de curieuses av5tures3 il n'y prit pas de plaisir4 ,c'e/ faute d'avoir possd ma philosophie4 ,je vais p>mi les hommes1 le coeur dfiant et la b\*e dgte2 j'hsite p]ptuellem5t entre les rves de ,paturot et ceux des my/iques3 les uns et les autres comme moi s'agit5t1 p>ce que l'ord9aire de la vie ne peut les satisfaire4 ,mais j'ai s\v5t p5s qu'entre t\s1 ,ignace de ,loyola avait montr le plus de gnie1 et je le dis le pr9ce des psy*ologues1 p>ce qu'il dcl>e la d]nire ligne de ses ,ex]cices spirituels1 ou suite de mcaniques p\r donn] la paix l'me3 ,et ma9t5ant le fidle n'a plus qu' recomm5c]4 ,cela e/ admirable4 ,v\s travaillez depuis des mois tr\v] le bonheur1 v\s p5sez l'avoir enf9 conquis2 c'e/ qu& v\s le dsiriez si =t que v\s l'avez le plus appro*2 recomm5cez ma9t5ant6 ,faisons des rves *aque mat91 et avec une extrme n]gie1 mais sa*ons qu'ils n ab\tiront pas4 ,soyons ard5ts et sceptiques4 ,c'e/ trs facile avec le joli tempram5t que n\s avons t\s auj\rd'hui4 ,cette m?ode1 je l'ai expose et ju/ifie1 je crois1 dans la fiction qu'on va lire4 ,il m'aurait plu de la ramass] dans quelque symbole1 de l'acc5tu] dans v+t-c9q feuillets trs savants1 trs obscurs et un peu tri/es2 mais s\cieux uniquem5t de r5dre s]vice aux collgi5s que j'aime1 je m'en ti5s la =me la plus enfant9e qu'on puisse imag9] d'un j\rnal4 99 99 99 99 99 ,,un ,,homme ,,libre 99 99 99 99 99 ,,livre ,,premi] ,,en ,,tat ,,de ,,grace 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,premi] ,,la ,,j\rn,e ,,de ,,j]sey ,je suis all ,j]sey avec mon ami ,simon4 ,je l'ai connu bb1 qu& je l'tais moi-mme1 dans le sable de sa gr&'mre1 o dj n\s btissions des *teaux4 ,mais n\s ne fmes intimes qu' notre majorit4 ,je me rappelle le soir o1 place de l',opra1 v]s neuf heures1 t\s deux en frac de soire1 n\s n\s tr\vmes3 je m'ap]u1 avec un frisson de joie cont5ue1 que n\s avions en commun des prjugs1 un vocabulaire et des dda9s4 ,n\s n\s sommes inscrits l'cole de ,m4 ,b\tmy1 rue ,sa9t-,guillaume4 ,mais voyais-je ,simon trois mois p> anne8 ,il tait monda9 ,londres et ,p>is1 puis se refaisait la campagne4 ,il passe p\r exc5trique1 p>ce qu'il a de l'imprvu dans ses dt]m9ations et des ge/es heurts4 ,c'e/ un g>on trs n]veux et sy/matique1 d'aspect glacial4 ,mrime1 me disait-il1 e/ e/imable cause des g5s qui le dte/5t1 mais bi5 hassable cause de ceux qu'il satisfait4 ,simon1 qui ne ti5t pas plaire1 aime t\tefois p>atre1 et cela blesse gnralem5t4 ,trs jeune1 il tait faiseur2 auj\rd'hui encore1 il se met dans des emb>ras d'arg5t4 ,c'e/ un trav]s bi5 pr(ond1 puisque moi-mme1 p\r l'en confess]1 je pr5ds des prcautions2 p\rtant notre dlice1 le secret de notre liaison1 e/ de n\s analys] avec m9utie1 et si n\s t5ons trs haut notre intellig5ce1 n\s flattons peu notre c>actre4 ,sa dp5se et son s\ci de la bonne t5ue le rduis5t de longs sj\rs dans la proprit de sa famille sur la ,loire4 ,la cuis9e y e/ intellig5te1 ses p>5ts l'affectionn5t2 mais1 faute de femmes et de sec\sses intellectuelles1 il s'y ennuie p> les *audes aprs-midi4 ,je note p\rtant qu'il me disait un j\r3 ,j'adore la t]re1 les va/es *amps d'un seul t5ant et dont je s]ais propritaire2 cras] du talon une motte en lanant un petit jet de salive1 les deux ma9s fond dans les po*es1 voil une s5sation sa9e et orgueilleuse4 ,l'obs]vation me p>ut admirable1 c> je ne s\ponnais gure cette sorte de s5sibilit4 ,voil huit ans que1 p\r tre moi1 j'ai beso9 d'une socit exceptionnelle1 d'exaltation cont9ue et de mille petites am]tumes4 ,t\t ce qui e/ facile1 les rires1 la bonne honorabilit1 les conv]sations oiseuses me font jaunir et bill]4 ,je suis entr dans le monde du ,palais1 de la littrature et de la politique sans c]titudes1 mais avec des motions viol5tes1 ayant lu ,/5dhal et trs clairvoyant de naissance4 ,je puis dire1 qu'en six mois1 je fis un long *em94 ,j'obs]vais mal l'hygine1 je me dgtai1 je p>tis2 puis je rev9s1 ayant bu du qu9qu9a et adorant ,r5an4 ,je dus encore m'abs5t]2 les l>moiem5ts idali/es cdr5t aux petits faits de ,sa9te-,beuve4 ,en #hf1 je pris du bromure2 je ne p5sais plus qu' moi-mme4 ,dyspepsique1 un peu hypocondriaque1 j'appris avec plaisir que ,simon s\ffrait de coliques nphrtiques4 ,de plus1 il n'e/ime au monde que ,m4 ,cokson1 qui a trois ya*ts1 et1 dans les lettres1 il n'admet que ,*ateaubri& au congrs de ,vrone3 ce qui plat mon dgt univ]sel4 ,enf9 ,p>is1 qu& n\s djeunons ensemble1 il a le c\rage de me dire v]s les deux heures3 ,je v\s quitte2 puis1 s'il fume immodrm5t1 du mo9s blme-t-il les excs de tabac4 ,ces deux po9ts m'agrent spcialem5t1 c> moi1 je demeure sans df5se contre des jeunes g5s rsolus qui m'accap>5t et m'impos5t leur grossire hygine4 ,c'e/ dans quelques prom5ades de sant1 c\pes de fra*es ptiss]ies au rond-po9t de l'toile1 que je t\*ai les p5ses intimes de ,simon1 et que je dc\vris en lui cette s5sibilit1 peu p\sse mais trs complte1 qui me ravit1 bi5 qu'elle manque d'pret4 ,n\s dcidmes de pass] ensemble les mois d't ,j]sey4 99 99 99 99 99 ,cette villgiature e/ mprisable3 mauvais cig>es1 fadeur des pturages suisses1 mdiocrits du bonheur4 ,n\s emes la faiblesse d'emm5] avec n\s nos matresses4 ,et leur vulg>it n\s donnait un malaise dans les petits wagons j]siais bonds de g5tilles misses4 ,a ,p>is1 nos amies faisai5t un app>eillage trs di/+u3 belles femmes1 jolis te9ts2 ici1 rapidem5t engraisses1 elles se conge/ionnr5t4 ,elles riai5t avec bruit et m>*ai5t sottem5t1 ayant les pi$s meurtris4 ,dans notre monotone *alet1 au bord de la grve1 le soir1 elles prote/ai5t avec une sorte de piti contre nos analyses et dductions1 qu'elles dcl>ai5t des niais]ies 7 cause que n\s avons l'habitude de remont] jusqu' un pr9cipe vid5t7 et inconv5antes 7p>ce que n\s rivalisons de s9crit froide74 ,ah6 ces hom>ds de dige/ion si l5te1 dont n\s s\ffrmes1 ,simon et moi1 durant les longues aprs-midi de soleil1 en face de l',ocan qui fait mal aux yeux6 ,ah6 ce ? dont n\s abusmes p> eng\em5t6 99 99 99 99 99 ,un soir1 au cas9o1 n\s r5contrmes c9q cam>ades qui avai5t bi5 dn et qui riai5t comme de grossi]s enfants4 ,ils se rj\issai5t cit] le nom familial de tel comm]ant de la localit1 et patoisai5t la j]siaise4 ,ils invitr5t le capita9e du btim5t de ,granville-,j]sey boire de l'alcool1 puis ils p>lr5t de la t]ritoriale4 ,ils fur5t cordiaux2 nos femmes leur plur5t2 ,simon n'ouvrit pas la b\*e4 ,moi1 p> urbanit1 je t*ais de rire *aque fois qu'ils riai5t4 ,avant de n\s c\*]1 mon ami et moi1 seuls sur le petit *em91 prs de la plage o se refltait l'imm5se f5tre brutalem5t claire de notre salon1 dans la va/e rumeur des flots noirs1 n\s gtmes une relle satisfaction pilogu] sur la vulg>it des g5s1 ou du mo9s sur notre impuissance les support]4 ,o moi1 disions-n\s l'un et l'autre1 ,moi1 *] enfant que je cre *aque j\r1 p>donne-n\s ces frqu5tations misrables dont n\s ne savons t'p>gn] l'n]vem5t4 99 99 99 99 99 ,a djeun]1 le l5dema91 ,simon1 qui e/ trs dp5si]1 mais que les gaspillages d'autrui dsoblig5t1 fit rem>qu] son amie qu'elle mangeait gl\tonnem5t4 ,dj le mme dfaut de t5ue m'avait *oqu *ez ma matresse1 et je pris texte de l'occasion p\r faire une c\rte morale4 ,elles s'emportr5t1 et t\s deux1 p> des clignem5ts d'yeux1 n\s n\s signalions leur grossiret4 99 99 99 99 99 ,v]s deux heures1 t&is qu'elles allai5t dans les magas9s1 une voiture n\s conduisit jusqu' la baie de ,sa9t-,ou54 ,n\s emes d'abord la s5sation joyeuse de voir1 p\r la premire fois1 cette plage troite et furieuse1 et n\s n\s assmes auprs de l'cume des lames brises4 ,puis une tasse de ? n\s raff]mit l'e/omac4 ,n\s tions bi5 s]vis1 p> un temps tide1 sur la faade nette d'un htel trs neuf1 p>mi c9q ou six gr\pes lgants et modrs4 ,je surveillais le visage de ,simon2 la troisime gorge je vis sa gravit se dt5dre4 ,moi-mme je me s5tais dispos4 --,n'e/-ce pas1 lui dis-je1 la premire m9ute agrable que n\s tr\vons ,j]sey8 ,il n'tait p\rtant pas difficile de n\s organis] a9si4 ,quoi en effet8 un joli temps 7c'e/ la saison71 de l'inconnu 7le monde en e/ ple971 une tasse de ? qui enc\rage notre c]veau 7#a fr4 #ej74 --,tu oublies1 me dit-il1 deux autres plaisirs3 l'analyse que n\s fmes1 hi] soir1 de notre ennui1 et l'clair de ce mat91 table1 qu& n\s n\s sommes surpris s\ffrir1 l'un et l'autre1 de l'impudeur de leurs apptits4 --,arrte6 m'criai-je1 c> j'entrevois une pi/e de p5se4 ,et1 riant de la joie d'avoir un ?me mdit]1 n\s c\rmes n\s in/all] sur un ro*] en face de l',ocan sal4 ,au b\t d'une heure1 n\s avions ab\ti aux pr9cipes suivants1 que je copiai le soir mme avant de m'endormir3 99 99 99 99 99 ,,premi] ,,pr9cipe3 ,n\s ne sommes jamais si heureux que dans l'exaltation4 ,,deuxi,,me ,,pr9cipe3 ,ce qui augm5te beauc\p le plaisir de l'exaltation1 c'e/ de l'analys]4 ,la plus faible s5sation atte9t n\s f\rnir une joie considrable1 si n\s en exposons le dtail quelqu'un qui n\s compr5d demi-mot4 ,et les motions humiliantes elles-mmes1 a9si trans=mes en matire de p5se1 peuv5t dev5ir voluptueuses4 ,,cons,,qu5ce3 ,il faut s5tir le plus possible en analysant le plus possible4 ,je rem>que que1 p\r analys] avec consci5ce et avec joie mes s5sations1 il me faut l'ord9aire un compagnon4 99 99 99 99 99 ,je me rappelle les dtails et t\te la physionomie de cette longue sance que n\s fmes1 c\*s dans la brise purifiante et virile de l',ocan4 ,nos intellig5ces tai5t lucides1 tonifies p> le bel air1 s\t5ues p> le ?4 ,j'aj\t]ai mme que ,simon s'loigna un in/ant s\s les ro*es fra*es1 ce dont je le flicitai1 en l'enviant1 c> la n\rriture et l'air des plages entravai5t =t la rgul>it de nos dige/ions1 o n\s n\s montrmes t\j\rs capricieux4 99 99 99 99 99 ,le mme soir1 v]s onze heures1 runis auprs de nos femmes dans le petit salon de notre frle villa1 je disais ,simon1 avec la fran*ise un peu *oquante des heures de nuit3 --,je t'av\]ai que s\v5t je songeai entr] en religion p\r avoir une vie trace et aucune responsabilit de moi sur moi4 ,enf]m dans ma cellule1 rsign l'irrp>able1 je cultiv]ais et p\ss]ais au p>oxysme c]ta9s dons d'en?\siasme et d'am]tume que je possde et qui sont mes dlices4 ,je fus dt\rn de ce *] projet p> la ncessit d'tre extrmem5t n]gique p\r l'excut]4 ,mme je me suis arrt de s\hait] fran*em5t cette vie1 c> j'ai s\ponn qu'elle devi5drait vite une habitude et remplie de mesqu9]ies3 rires de sm9>i/es1 contacts de compagnons que je n'aurais pas *oisis et p>mi lesquels je s]ais la m9orit4 ,nos femmes1 en m'ent5dant1 se mir5t blasphm]1 p> esprit d'opposition1 et se frapp] le front1 p\r signifi] que je draisonnais4 --,c'e/ trange1 rpondit ,simon1 que je ne t'aie pas connu ce gt p5dant des annes4 ,je p5sais3 il e/ aimable1 actif1 *angeant1 t\tes les v]tus de ,p>is1 mais il ne s5t ri5 hors de cette ville4 ,moi1 c'e/ la campagne1 des *i5s1 une pipe et les notions abondantes et froides de ,sp5c] dbr\ill] p5dant six mois4 --,erreur6 lui dis-je1 tu t'y ennuyais4 ,n\s avons l'un et l'autre vtu un p]sonnage4 ,j'affectai en t\s lieux1 d'tre p>eil aux autres1 et je ne m'int]rompis jamais de les ddaign] secrtem5t4 ,ce me fut t\j\rs une torture d'avoir la physionomie mobile et les yeux expressifs4 ,si tu me vis1 s\s l'oeil des b>b>es1 me prt] v+t gr\pes bruyants et div]s1 c'tait p\r qu'on me laisst le rpit de me con/ruire une vision p]sonnelle de l'univ]s1 quelque rve ma taille1 o me rfugi]1 moi1 homme libre4 ,a9si rev5ions-n\s nos pr9cipes de l'aprs-midi1 et conv5ir que n\s avons t crs p\r analys] nos s5sations1 et p\r en ress5tir le plus gr& nombre possible qui soi5t exaltes et subtiles4 ,j'entrai dans la vie avec ce d\ble beso94 ,notre v]tu la mo9s conte/able1 c'e/ d'tre clairvoyants1 et n\s sommes en mme temps ard5ts avec dlire4 ,*ez n\s1 l'apaisem5t n'e/ que dbilit2 il a t\te la tri/esse du malade qui t\rne la tte contre le mur4 ,n\s possdons l un don bi5 r>e de not] les modifications de notre moi1 avant que les frissons se soi5t effacs sur notre pid]me4 ,qu& on a l'honneur d'tre1 un p>eil degr1 passionn et rfl*i1 il faut soign] en soi une p>ticul>it aussi piquante4 ,raff9ons soigneusem5t de s5sibilit et d'analyse4 ,la besogne s]a aise1 c> nos beso9s1 mesure que n\s les satisfaisons1 croiss5t en exig5ces et en dlicatesses1 et seule1 cette m?ode saura n\s faire t\*] le bonheur4 ,c'e/ a9si que ,simon et moi1 p> emballem5t1 p> oisivet1 n\s dcidmes de t5t] l'expri5ce4 ,c\rons la solitude6 ,soyons des n\veau-ns6 ,dp\ills de nos attitudes1 oublieux de nos vanits et de t\t ce qui n'e/ pas notre me1 vritables librs1 n\s crerons une atmosphre neuve1 o n\s embellir p> de sagaces exprim5tations4 99 99 99 99 99 ,ds lors1 n\s vcmes dans le l5dema92 et *acune de nos rflexions accroissait notre enivrem5t4 ,dsormais n\s aurons un coeur ard5t et satisfait1 n\s affirmions-n\s l'un l'autre sur la plage1 c> n\s avions sagem5t dcid de procd] p> affirmation4 ,cette sole e/ trs fra*e4442 votre matresse1 dlicieuse444 me disait jadis un compagnon d'ailleurs mdiocre1 et grce son ton premptoire la sauce passait lgre1 je j\issais des bi5s de la vie4 99 99 99 99 99 ,dans la li/e qu'une ag5ce n\s fit t5ir1 n\s *oismes1 p\r la l\]1 une maison de matre1 avec va/e j>d9 plant en bois et en vignes1 sise dans un canton dlaiss1 c9q kilomtres de la voie f]re1 sur les conf9s des dp>tem5ts de ,meur!-et-,moselle et des ,vosges4 ,orig9aires n\s-mmes de ces pays1 n\s comptions n'y tre di/raits ni p> le ciel1 ni p> les plaisirs1 ni p> les moeurs4 ,puis n\s n'y connaissions p]sonne1 dont la g5tillesse pt n\s dt\rn] de notre gnreux gotisme4 ,c'e/ alors que1 corrects une suprme fois env]s nos tri/es amies1 qui fur5t t\r t\r ironiques et mues1 n\s passmes ,p>is liquid] nos app>tem5ts et notre situation sociale4 ,n\s sortmes de la gr&e ville avec la joie un peu n]veuse du portefaix qui vi5t de dlivr] ses paules d'une *>ge trs l\rde4 ,n\s n\s tions db>rasss du sicle4 ,dans le tra9 qui n\s emporta v]s notre retraite de ,sa9t-,g]ma91 p> ,bayon 7,meur!-et-,moselle71 n\s mditions le *apitre xx du livre ,i] de l',imitation1 qui traite ,de l'am\r de la solitude et du sil5ce4 ,et p\r n\s dlass] de la prodigieuse s5sibilit de ce vieux mo9e1 n\s tablissions notre budget 7#ad4jjj francs de r5te74 ,malgr que l'odeur de la h\ille et les visages des voyageurs1 t\j\rs1 me b\lev]s5t l'e/omac1 l'av5ir me p>aissait dsirable4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,ii ,m,,ditation ,,sur ,,la ,,j\rn,e ,,de ,,j]sey ,cette j\rne de ,j]sey fut purile en plus d'un in/ant1 et pas trs nette p\r moi-mme4 ,comm5t accommod] cette ha9e my/ique du monde et cet am\r de l'agitation qui me possd5t galem5t6 ,c'e/ ,j]sey p\rtant1 n]veux qui *icanions au bord de l',ocan1 que j'appro*ai le plus d'un tat hroque4 ,je t5dais a me dgag] de moi-mme4 ,l'am\r de ,dieu s\levait ma poitr9e4 ,je dis ,dieu1 c> de l'closion confuse qui se fit alors en mon imag9ation1 ri5 n'appro*e autant que l'ardeur d'une jeune femme1 *]*euse et comble1 lasse du monde qu'elle ne saurait quitt] et qui1 dvote1 s'ag5\ille en v\s invoquant1 ,m>ie ,vi]ge et ,*ri/ ,dieu6 ,ces cratures-l1 puisqu'elles n\s tr\bl5t1 ne sont pas p>faites1 mais la civilisation ne produit ri5 de plus intressant4 ,les vieux mots qui leur sont famili]s embelliront notre malaise1 dont ils donn5t en mme temps une figure assez exacte4 ,hlas6 les contr>its d'o sortit mon tat de grce1 je vois trop nettem5t leur mdiocrit p\r que mon rve de ,j]sey n'ait trs vite p]du mes yeux ce c>actre religieux que lui cons]v5t mes vocables4 ,jamais ri5 ne surv9t en mon me qui ne ft emb>rass de mesqu9]ies4 ,am]tume contre ce qui e/1 curiosit dgte de ce que j'ignore1 voil peut-tre les tiges fltries de mes plus belles exaltations6 99 99 99 99 99 ,avant cette j\rne dcisive1 dj la grce m'avait visit4 ,j'avais dj entrevu mon ,dieu intrieur1 mais aussitt son m\vante image s'emplissait d'ombre4 ,ces flirts avec le div9 me t]nissai5t le sicle1 sans qu'ils modifiass5t srieusem5t mon ignom9ie4 ,c'e/ p> le dda9 qu'enf9 j'atteignis l'am\r4 ,c]tes1 je compr5ais que seul le dgt prv5tif l'g>d de la vie n\s g>antit de t\te dception1 et que se livr] aux *oses qui meur5t e/ t\j\rs une dim9ution2 mais il fallut la rvlation de ,j]sey1 p\r que je prisse le c\rage de me con=m] ces vrits s\ponnes1 et de conqurir p> la culture de mes inquitudes l'embellissem5t de l'univ]s4 ,c'e/ en m'aimant inf9im5t1 c'e/ en m'embrassant1 que j'embrass]ai les *oses et les r$ress]ai selon mon rve4 ,oui1 dj j'avais t trav]s de ce dlire d'anim] t\tes les m9utes de ma vie4 ,sur les petits c>nets o je note les po9tes de mes s5sations p\r la curiosit de les pr\v] n\veau1 qu& le temps les aura m\sses1 je retr\ve une mat9e de juillet que1 malade1 vraim5t puis1 tant mon corps tait rompu et mon esprit lucide d'insomnie1 je m'tais fait conduire la biblio?que de ,nancy1 p\r lire les ,ex]cices spirituels d',ignace de ,loyola4 ,livre de s*]esse1 mais inf9im5t fcond1 dont la mcanique fut t\j\rs p\r moi la plus tr\blante des lectures2 livre de dilettante et de fanatique4 ,il dilate mon scepticisme et mon mpris2 il dmonte t\t ce qu'on respecte1 en mme temps qu'il rcon=te mon dsir d'en?\siasme2 il saurait me faire homme libre1 t\t-puissant sur moi-mme4 ,alors que j'tais a9si mordu p> ce *] engr5age1 des militaires passr5t sur les dix heures1 rev5ant de la prom5ade mat9ale1 avec de la p\ssire1 des trompettes ret5tissantes et des gam9s admirateurs4 ,et n\s1 ceux de la biblio?que1 un prtre1 un petit vieux1 trois tudiants1 n\s n\s p5*mes des f5tres de notre palais sur ces hommes actifs4 ,et l'orgueil *antait dans ma tte3 ,tu es un soldat1 toi aussi2 tu es mille soldats1 t\te une arme4 ,que leurs trompettes leves v]s le ciel sonn5t un hallali6 ,ti5s en ma9 t\tes les =ces que tu z1 af9 que tu puisses1 p> des comm&em5ts rapides1 pr5dre s\da9 t\tes les figures en face des circon/ances4 ,et1 frmissant jusqu' s]r] les po+s du dsir de dom9] la vie1 je me replongeai dans l'tude des moy5s p\r possd] les ressorts de mon me comme un capita9e possde sa compagnie4 --,quelque j\r1 un /ati/ici5 dress]a la ?orie des motions1 af9 que l'homme volont les cre t\tes en lui et t\tes en un mme mom5t4 ,et puis ce fut la vie1 c> il fallut agir2 et je me rappelle cette d\l\reuse mat9e o je vis un de ma race1 mais ayant t\j\rs rsi/ l'apptit de se dtruire1 qui me disait dans un accs d'orgueil3 ,ma tte e/ une m]veilleuse ma*9e p5ses et phrases2 jamais elle ne s'arrte de produire avec aisance des mots sav\reux1 des images prcises et des ides imprieuses2 c'e/ mon royaume1 un empire que je g\v]ne4 ,et moi1 t&is qu'il m>*ait dans l'app>tem5t1 j'tais assombri et congel p> le bromure1 au po9t que je n'avais pas la =ce de lui rpondre1 et je me raidissais1 avec un ef=t trop visible1 p\r s\rire et p\r p>atre al]te4 ,et je rev9s midi1 seul1 p> la longue rue ,ri*elieu 7une de ces rues troites qui me donn5t un malaise71 plus accabl et plus inconsci5t1 mais conva9cu1 au fond de mon dc\ragem5t1 que le p>adis c'e/ d'tre clairvoyant et fivreux4 99 99 99 99 99 ,je m'c>te p>mi ces s\v5irs4 ,c'e/ que j'y appr5ds connatre mon tempramm5t1 ses hauts et ses bas4 ,voil les s\cis1 les nuances o je revi5s1 sitt que j'ai quelques loisirs4 ,je veux accueillir t\s les frissons de l'univ]s2 je m'amus]ai de t\s mes n]fs4 ,ces anecdotes qui v\s p>aiss5t peu de *ose1 je les ai *oisies scrupuleusem5t dans le petit bagage d'motions qui e/ t\t mon moi4 ,a c]ta9s j\rs1 elles m'intress5t beauc\p plus que la nom5clature des empires qui s'effondr5t4 ,elles me sont ,hlne1 ,cloptre1 la ,juliette sur son balcon et ,mlle de ,lesp9asse1 p\r qui jamais ne se lasse la t5dre curiosit des jeunes g5s4 ,belle paix froide de ,sa9t-,g]ma96 ,c'e/ l que mon coeur *auff sans trve retr\v]a et s'assur]a la possession de ces frissons obscurs qui1 p>fois1 m'ont trav]s p\r m'indiqu] ce que je devais tre6 ,ma faiblesse jusqu' cette heure n'a pu =c] se ralis] cet esprit my/rieux qui se dissimule en moi4 ,mais je le saisirai1 et je dp>tirai sa beaut l'univ]s1 qui me fut jusqu'alors mdiocre comme mon me4 --,mais1 dira-t-on1 ,simon1 qu'intress5t la vie 7am\r des =ts et du con=t7 et la prcision sci5tifique 7philosophie anglaise71 comm5t s'associait-il vos aspirations8 ,je p5se qu'tant =t n]veux et comprh5sif1 il vibrait avec mes n]gies quelles qu'elles fuss5t4 ,puis il billait de sa vie sans arg5t ni ambition4444 ,mais p\rquoi m'inquit]ais-je d'expliqu] cette me qui n'e/ pas la mi5ne8 ,il sufft que je v\s le fasse voir1 aux in/ants o1 me comp>ant lui1 v\s y gagn]ez de me mieux connatre4 99 99 99 99 99 ,,livre ,,deuxi,,me ,l',,glise ,,militante 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iii ,,in/allation ,le l5dema9 de notre arrive1 v]s les neuf heures1 qu& le paysage1 dans la fran*ise de son rveil1 n'a pas encore vtu la spl5deur du midi ou ces mollesses du c\*ant qui tr\bl5t l'obs]vateur1 n\s tudimes la proprit1 et sa sa9e banalit n\s agra4 ,btie sur un vieux mona/re dont les ru9es l'enclos5t et l'ennobliss5t1 elle occupe le sommet et les p5tes peles d'une cte volcanique4 ,et cette lg5de de volcan1 dans nos prom5ades du soir1 n\s invitait des rv]ies gologiques1 t\j\rs te9tes de mlancolie p\r de jeunes esprits plus ri*es d'imag9ation que de sci5ce4 ,nos f5tres dom9ai5t une va/e cuvette de t]res lab\res1 sans eau1 et dont la c\rbe sol5nelle m5ait jusqu' l'horizon des f5tres sil5cieuses4 ,dans la transp>5ce du soleil c\*ant1 p>fois1 les ,vosges m9uscules et tri/es app>aissai5t tasses dans le lo9ta94 ,sur un autre ballon trs pro*e1 le village dployait sa rue morne2 et l'glise au milieu des tombes dom9ait le pays4 ,cette mise en scne1 si compltem5t prive de jeunesse1 devait mieux s]vir nos svres analyses que n'euss5t fait les somptuosits n]giques de la gr&e nature1 la mollesse belltre du littoral mdit]ranen1 ou mme ces pla9es d'tangs et de roseaux dont j'ai tant aim la rsignation grelottante4 ,les vieilles *oses qui n'ont ni gloire1 ni d\ceur1 p> leur seul aspect1 sav5t mettre t\tes nos p5ses leur place4 99 99 99 99 99 ,in/allation matrielle ,en une sema9e n\s fmes organiss4 ,un g>s du village1 anci5 ordonnance d'un capita9e1 suffit notre s]vice4 ,qu& il s'agit de *oisir les *ambres de sommeil et de mditation1 ,simon1 que je crois un peu apoplectique1 v\lut avoir de gr&s espaces s\s les yeux4 ,p\r moi1 uniquem5t curieux de surveill] mes s5sations1 et qui dsire m'anmi]1 tant j'ai le gt des frissons dlicats1 je considrai qu'une bran*e d'arbre trs maigre1 frlant ma f5tre et que je connatrais1 me suffirait4 ,la salle mang] n\s p>ut p>faite1 ds qu'un excell5t pole y fut in/all4 ,dans la biblio?que o n\s agitmes des problmes p> les nuits d'hiv]1 on mit un gr& bureau d\ble o n\s n\s faisions vis--vis1 avec *acun notre lampe et notre fauteuil ,voltaire1 p\r faire nos re*]*es ou rdig]1 puis1 au co9 de la *em9e1 deux gana*es p\r la mtaphysique des problmes4 ,la pice vois9e tait tapisse de livres1 mls et contradictoires comme t\tes ces fivres dont la big>rure fait mon me4 ,seul ,balzac en fui exclu1 c> ce passionn met en valeur les luttes et l'am]tume de la vie sociale2 et1 malgr t\t1 romanesques et de =t apptit1 n\s tr\v]ions dans son oeuvre1 c]ta9s j\rs1 la no/algie de ce que n\s avons r5onc4 ,je m'opposai avec la mme n]gie ce qu'aucune *aise pntrt dans la maison3 ces petits meubles ne peuv5t qu'incl9] aux basses conceptions l'honnte homme qu'ils fatigu5t4 ,je ne crois pas qu'un p5seur ait jamais ri5 comb9 d'e/imable hors d'un fauteuil4 ,t\s nos murs fur5t blan*is la *aux4 ,j'aime le mutisme des gr&s panneaux nus2 et mon me1 raconte sur les murs p> le dtail des bibelots1 me devi5drait insupportable4 ,une ide que j'ai exprime1 dsormais1 n'aura plus mes intimes t5dresses4 ,c'e/ p> une incessante hypocrisie1 p> des manques frqu5ts de s9crit dons la conv]sation1 que j'arrive possd] encore en moi un petit gr\pe de s5tim5ts qui m'intress5t4 ,peut-tre qu'ayant t\t av\ dans ces pages1 il me faudra t5t] une volution de mon me1 p\r que je pr5ne encore du gt moi-mme4 ,n\s fmes des visites aux notables et quelques aumnes aux indig5ts4 ,et p\r acqurir la considration1 *ose si ncessaire1 n\s rp&mes le bruit que1 frres de lits diffr5ts1 n\s tions ns d'un (fici] suprieur en retraite4 ,enf91 sur l'initiative de ,simon1 n\s causmes des femmes4 ,la femme1 qui1 t\tes les poques1 eut la v]tu f*euse de r5dre bav>ds les imbciles1 r5f]me de bons lm5ts qu'un dlicat p>fois utilise p\r se faire soi-mme une belle illusion4 ,t\tefois1 elle fait un div]tissem5t qui peut nuire notre conc5tration et compromettre les expri5ces que n\s v\lons t5t]4 ,simon1 ayant rfl*i1 aj\ta3 --,le malheur6 c'e/ que n\s avons p]du l'habitude de la *a/et6 --,avec son tact de femme1 ,ca!r9e de ,si5ne1 lui dis-je1 a trs bi5 vu1 comme n\s1 que t\s nos s5s1 notre vue1 notre oue et le re/e s'uniss5t en quelque sorte avec les objets1 de sorte que1 si les objets ne sont pas purs1 la virg9it de nos s5s se gte4 ,mais les objets sont ce que n\s les faisons4 ,or1 puisqu'il n'e/ pas dans notre programme de n\s difi] une gr&e passion1 ne voyons dans la femme ri5 de tr\blant ni de my/rieux2 dp\illons-la de t\t ce lyrisme que n\s jetons comme de longs voiles sur nos tr\bles3 qu'elle soit p\r n\s vraim5t nature4 ,cette comb9aison n\s laiss]a t\t le calme de la *a/et4 ,simon v\lut bi5 m'appr\v]4 ,c'e/ p\rquoi n\s sommes alls la messe4 ,et entre les jeunes p]sonnes1 n\s avons di/+u une fille p\r sa fra*e sant et p\r son imp]sonnalit4 ,ses ge/es l5ts et son reg>d incolore1 quoique malicieux1 sont bi5 de ce pays et de cette race qui ne peut en ri5 n\s di/raire du dveloppem5t de notre tre4 ,n\s fmes donc un arrangem5t avec la famille de cette jeune fille1 et n\s en emes de la satisfaction4 99 99 99 99 99 ,au soir de cette premire sema9e1 dans notre cadre d'une simplicit de bon gt1 assis et s\riant en face du paysage svre que dsol5t la brume et le sil5ce1 n\s rsolmes de c\p] t\t fil avec le monde et de brl] les lettres qui n\s arriv]ai5t4 99 99 99 99 99 ,in/allation spirituelle ,je fus flatt de tr\v] un clotre dans les co9s dlabrs de notre proprit4 ,p5dant que le soir tombait sur l',italie1 prom5eur attri/ de s\v5irs dsagrables et de dsirs1 p>fois j'ai dsir a*ev] ma vie s\s les clotres o ma curiosit s'tait satisfaite un j\r4 ,ce me s]ait un pis all] dlicieux de veill] s\s les l\rds arceaux de ,sa9t-,trophime ,arles1 d'o1 c]ta9 j\r1 je desc5dis dans l'glise lugubre p\r me mpris]1 p\r aim] la mort 7qui triomph]a d'une beaut dont je s\ffre71 et p\r glorifi] le ,moi qu'avec plus d'n]gie je saurais tre4 ,notre clotre1 qui date de la f9 du treizime sicle1 n'abritait plus que des volailles qu& n\s le fmes appropri]1 p\r l'am\r du *ri/ianisme dont les allures s5tim5tales et la discipl9e satisfont notre ve9e d'asctisme et d'n]vem5t4 ,il e/ bas1 tri/e et c\v]t de tuiles m\ssues4 ,une jolie suite d'arceaux trilobs l'ent\r5t1 s\s *acun desquels avait t sculpt un petit bas-relief4 ,quoique le temps les et dgrads1 je v\lus y di/+u] la re9e de ,saba en face du roi ,salomon4 ,une ce9ture de cuir s]re la taille de la re9e2 sa robe entr'ouv]te sur sa gorge laisse dev9] une ligne de *air1 et cela me p>ut tr\blant dans une si vieille *ose4 ,elle appuie contre sa ligure les plis de sa pl]9e1 et je me dsolai frquemm5t avec elle1 p5sant avec complaisance qu'elle ne fut pas plus fausse ni coquette avec ce roi1 que je ne le suis env]s moi-mme1 qu& je donne ma vie une rgle monacale4 ,c'e/ l qu'au mat9 n\s desc5dions1 t&is qu'on prp>ait nos *ambres2 et ce m'tait un plaisir p>fait d'y salu] ,simon1 d'un ge/e poli1 sans plus1 c> n\s pratiquions la rgle du sil5ce jusqu'au repas du soir pris en commun4 ,l'aprs-midi1 o je n'ai jamais pu m'appliqu]1 tant il e/ difficile de tromp] la m*ancet des dige/ions1 c'tait aprs le djeun]1 une fum]ie 7en ple9 air1 qu& il n'y a pas de v5t71--une prom5ade jusqu' deux heures1--une p>tie de volant dans le clotre1 comme faisai5t1 p\r se dlass]1 ,jansnius et ,m4 de ,sa9t-,cyran1--du repos dans un fauteuil balanc1 puis un n\veau cig>e1--une mditation l'glise1 suivie d'une petite prom5ade1-- quatre heures1 la r5tre en cellule4 7,on not]a que ,simon1 en dpit d'une lgre t5dance l'apoplexie1 faisait la sie/e jusqu' deux heures74 ,et cette gr&e v>it de m\vem5t dans un si bref espace de temps n\s portait1 sans trop d'ennui1 trav]s les heures crasantes du milieu du j\r4 ,a sept heures1 dn] en commun2 et =t avant dans la nuit1 n\s analysions nos s5sations de la j\rne4 99 99 99 99 99 ,c'e/ dans l'une de ces confr5ces du soir que j'appelai l'att5tion de ,simon sur la ncessit de n\s enf]m]1 comme dans un corset1 dans une rgle plus troite encore1 dans un sy/me qui ma9ti5drait et =tifi]ait notre volont4 --,il ne sufft pas1 lui disais-je1 de fix] les heures o n\s mdit]ons2 il faut f\rnir notre c]veau d'images conv5ables4 ,j'ai un s5tim5t d'inutilit1 aucun ressort4 ,je cra9s dema92 saurai-je le vivifi]8 ,l'n]gie fuit de moi comme trois g\ttes d'ess5ce sur la ma94 ,p\r qu'il comprit cette anmie de mon me1 je lui rappelai un caf qui n\s tait famili]4--,que de fois je suis sorti de l v]s les dix heures du soir1 dgt de fum] et avec des g5s qui disai5t des niais]ies6 ,les feuilles des arbres tai5t lgrem5t claires en dess\s p> le gaz2 la pluie luisait sur les trottoirs4 ,n\s n'avions pas de b2 j'tais mcont5t de moi1 amo9dri devant les autres1 et je n'avais pas l'n]gie de rompre l4 ,simon connaissait la s5sation que je v\lais dire1 et il m'en donna des exemples p]sonnels4 --,p> contre1 lui dis-je1 des niais]ies me fir5t des soirs sublimes4 ,une nuit1 prs de m'endormir1 je fus frapp p> cette ide1 qui v\s p>atra =t ord9aire1 que le ,don1 fleuve de ,russie1 tait l'antique ,tanas des lg5des classiques4 ,et cette notion prit en moi un telle int5sit1 une beaut si my/rieuse qui je dus1 ayant allum1 *]*] dans la biblio?que une c>te o je suivis ce fleuve ds sa sortie du lac1 t\t au trav]s du pays de ,cosaques4 ,gr&i p> tant de sicles int]poss1 ,orphe m'app>ut errant trav]s les glaces hyp]borennes1 sur les rives neigeuses du ,tanas1 dans les pla9es du ,riph que c\vr5t d't]nels frimas1 pleurant ,eurydice et les faveurs inutiles de ,pluton4 ,cet esprit dlicat fut sacrifi p> les femmes t\j\rs ivres et cruelles4 ,on s'tonn]a que je m'meuve d'un incid5t si frqu5t4 ,il e/ vrai1 p\r l'ord9aire1 ce my! ne me tr\ble gure2 mais ce soir-l1 mille s5s admirables s'en levai5t1 si presss que je ne p\vais les saisir4 ,et ce dsolations lo9ta9es1 voques sans autres dtails1 m'emplissai5t d'indicible ivresse4 ,a9si s'a*ve dans l'en?\siasme une j\rne de s*]esse1 de la plus fade banalit4 ,qu'ils sont beaux les n]fs de l'homme6 ,a g5\x1 prions les app>5ces qu'elles se reflt5t dans nos mes1 p\r y veill] leurs types4 ,les plus petits dtails1 c]ta9s j\rs1 ret5tiss5t inf9im5t en moi4 ,ces s5sibilits trop r>es ne sont pas l'effet du has>d4 ,*]*] p\r les appliqu] les lois de l'en?\siasme1 c'e/ le rve entrevu dans notre cottage de ,j]sey4 99 99 99 99 99 ,prire-programme ,combi5 je s]ais une ma*9e admirable si je savais mon secret6 ,n\s n'avons *aque j\r qu'une c]ta9e somme de =ce n]veuse dp5s]3 n\s pr(it]ons des mom5ts de lucidit de nos organes1 et n\s ne =c]ons jamais notre ma*9e1 qu& son tat de rmission invite au repos4 ,peut-tre mme surpr5drons-n\s ces rgles fixes des m\vem5ts de notre sang qui amn5t ou c>t5t les priodes o notre s5sibilit e/ vif4 ,cabanis p5se que p> l'obs]vation on arriv]ait *ang]1 dirig] ces m\vem5ts qu& l'ordre n'en s]ait pas con=me nos beso9s4 ,p> des h>diesses d'hygini/e ou de ph>maci51 n\s p\rrions n\s mettre en situation de f\rnir trs rapidem5t les tats les plus r>es de l'me huma9e4 ,enf91 si n\s savions v>i] avec m9utie les circon/ances o n\s plaons nos facults1 n\s v]rions aussitt nos dsirs 7qui ne sont que les beso9s de nos facults7 *ang] au po9t que notre me en p>atra trans=me4 ,et p\r n\s crer ces milieux1 il ne s'agit pas d'us] de raisonnem5ts1 mais d'une m?ode mcanique2 n\s n\s envelopp]ons d'images appropries et d'un effet puissant1 n\s les int]pos]ons entre notre me et le monde extrieur si nfa/e4 ,bi5tt1 srs de notre procd1 n\s p\ss]ons avec clairvoyance nos motions d'excs en excs2 n\s connatrons t\tes les convictions1 t\tes les passions et jusqu'aux plus hautes exaltations qu'il soit donn d'abord] l'esprit huma91 dont n\s sommes1 ds auj\rd'hui1 une des plus lgantes rductions que je sa*e4 99 99 99 99 99 ,les ordres religieux ont cr une hygine de l'me qui se propose d'aim] p>faitem5t ,dieu2 une hygine analogue n\s avanc]a dans l'adoration du ,moi4 ,c'e/ ici1 ,sa9t-,g]ma91 un in/itut p\r le dveloppem5t et la possession de t\tes nos facults de s5tir2 c'e/ ici un laboratoire de l'en?\siasme4 ,et non mo9s n]giquem5t que fir5t les gr&s sa9ts du *ri/ianisme1 proscrivons le p*1 le p* qui e/ la tideur1 le gris1 le manque de fivre1 le p*1 c'e/--dire t\t ce qui contr>ie l'am\r4 ,l'homme idal rsum]ait en soi l'univ]s2 c'e/ un programme d'am\r que je veux ralis]4 ,je convoque t\s les viol5ts m\vem5ts dont peuv5t tre n]vs les hommes2 je p>atrai devant moi-mme comme la somme sans cesse croissante des s5sations4 ,af9 que je sois di/rait de ma /rilit et flatt dans mon orgueil1 nulle fivre ne me demeur]a inconnue1 et nulle ne me fix]a4 ,c'e/ alors1 ,simon1 que1 n\s t5ant en ma9 comme un p>tisan ti5t son *eval et son fusil1 n\s dirons avec orgueil3 ,je suis un homme libre4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,iv ,,exam5s ,,de ,,consci5ce ,j'ai f]m la porte de ma cellule1 et mon coeur1 encore tr\bl des nauses que lui donnait le sicle1 *]*e avec agitation4444 ,connatre l'esprit de l'univ]s1 entass] l'motion de tant de sci5ces1 tre sec\ p> ce qu'il y a d'immortel dans les *oses1 cette passion m'enfivre1 t&is que sonn5t les heures de nuit444 ,je me c\*ai avec le dsespoir de c\p] mon ardeur2 je me suis lev ce mat9 avec un b\rdonnem5t de joie dans le c]veau1 p>ce que je vois des j\rs de tranquillit t5dus devant moi4 ,ma poitr9e1 mes s5s sont l>gem5t ouv]ts celui que j'aime3 l',en?\siasme4 ,il ne s'agit pas qu'ayant accumul des notions1 je devi5ne p>eil un dictionnaire2 mon bonheur s]a de me contempl] agit de t\s les frissons1 et d'en tre insatiable4 ,seule flicit digne de moi1 ces in/ants o j'adore un ,dieu1 que grce ma clairvoyance croissante1 je p]fectionne *aque j\r6 99 99 99 99 99 ,p\r ne pas succomb] s\s l'me univ]selle que n\s allons essay] de dgag] en n\s1 comm5ons p> connatre les =ces et les faiblesses de notre esprit et de notre corps4 ,il importe au plus haut po9t que n\s t5ions en ma9 ce d\ble in/rum5t1 p\r avoir une consci5ce nette de l'motion p]ue1 et p\r p\voir la faire app>atre volont4 ,tel fut l'objet de nos confr5ces d'octobre4 99 99 99 99 99 ,exam5 physique ,n\s inspectmes d'abord nos organes3 de leur disposition rsulte notre =ce et notre clairvoyance4 99 99 99 99 99 ,un mdec9 compt5t que n\s fmes v5ir de la ville n\s mit t\t nus et n\s exam9a4 ,ce pratici51 soigneusem5t1 de l'oreille et des doigts runis1 n\s auscultait1 t&is que n\s comptions d'une voix =te jusqu' tr5te2 a9si l'avait-il ordonn4 --,v\s tes dlicats1 mais sa9s4 ,telle fut son op9ion1 qui n\s plut4 ,n\s s]ions impressionns p> une dif=mit aussi pniblem5t que p> un manque de t5ue4 ,c'e/ encore du lyrisme que d'tre boiteux ou man*ot2 il y a du pana*e dans une bosse4 ,t\te affectation n\s *oque4 ,avoir la pituite ou une gibbosit6 disait ,simon1 mais j'aim]ais autant qu'on me tr\vt le t\r d'esprit de ,victor ,hugo4 ,simon a bi5 du gt de rpugn] aux tres excessifs2 ces mon/res ne peuv5t jug] sa9em5t la vie ni les passions4 ,un esprit agile dans un corps simplifi1 tel e/ notre rve p\r assi/] la vie4 99 99 99 99 99 ,t&is qu'il se rhabillait1 ,simon se rappela avoir bu div]ses ph>macies et qu'il manqua d'esprit de suite4 ,p\r moi1 ayant db dans l'exi/5ce p> l'huile de foie de morue1 j'alt]nai vig\reusem5t les f]s et les qu9qu9as2 mais t\j\rs me rpugna le gr& air qui seul m'et tonifi sans m'*auff]4 99 99 99 99 99 ,maigres l'un et l'autre1 mais lui plus musculeux1 n\s naqumes dans des familles n]veuses1 la si5ne apoplectique du ct des hommes et biz>re p> les femmes4 ,ses s5sations se p\ss5t avec une viol5te vivacit dans des s5s div]s4 ,ses m\vem5ts sont brusques1 et prt]ai5t p>fois au ridicule sans sa p>faite ducation4 ,il e/ bilieux4 --,a la campagne1 me dit-il1 fumant ma pipe en ple9 air1 f\aillant mes *i5s et criant aprs eux1 ds les six heures du mat91 je j\is1 je respire l'aise4 ,cabanis obs]ve1 en effet1 que l'abondance de bile met une *aleur cre dans t\s le corps1 en sorte que le bilieux tr\ve le bi5-tre seulem5t dans de gr&s m\vem5ts qui emploi5t t\tes ses =ces4 ,ce mdec9 philosophe aj\te que1 *ez les hommes de ce tempram5t1 l'activit du coeur e/ excessive et exigeante4 --,j'ent5ds bi51 me rpond en s\riant ,simon2 mes j\rnes ne sont heureuses qu'en prov9ce1 mes nuits ne sont agrables qu' ,p>is4444 ,cette ville t\tefois dim9ue ma =ce musculaire4 ,des occupations sd5taires1 l'ex]cice exclusif des organes int]nes entran5t des dsordres hypocondriaques et n]veux4 ,oh6 la f*euse contraction de mon sy/me piga/rique6 ,ma circulation s'alanguit jusqu' faire hsit] ma vie4 ,je p]ds cette consci5ce de ma =ce que donn5t t\j\rs une *aleur active et un m\vem5t rguli] du c]veau1 et qui e/ si ncessaire p\r v5ir b\t des ob/acles de la vie active4 ,c'e/ a9si que tu me vis indiffr5t aux ambitions1 que tu p\rsuivais t\t au mo9s p> saccade4 --,eh6 lui dis-je1 crois-tu que je ne les ai pas connues1 au milieu de mes plus belles n]gies1 ces hsitations et ces rs]ves6 ,toi1 ,simon1 bilio-n]veux1 tu mles une inc]titude pre cette multiple n]gie crbrale qui nat de ton tat n]veux4 ,cette complexit e/ le po9t extrme o tu atte9s s\s l'action de ,p>is1 mais elle fut ma premire tape4 ,je suis n tel que cette ville te fait4 ,*ez moi1 d'une activit musculaire t\j\rs nulle1 le sy/me crbral et n]veux a t\t accap>4 ,dans ce dfaut d'quilibre1 les organes 9galem5t vivifis se sont altrs1 la s5sibilit alla se dnaturant4 ,c'e/ l'e/omac qui p>tit le premi]4 ,j'(fre un phnomne bi5 connu des philosophes de la mdec9e et des directeurs de consci5ce3 je passe p> des alt]natives incessantes de langueur et d'exaltation4 ,c'e/ a9si que je fus p\ss cette srie d'expri5ces1 o je veux me crer une exaltation cont9ue et proscrire jamais les abattem5ts4 ,dans ma dfaillance que r5d extrme l'impuissance de mes muscles1 p>fois une excitation passagre me trav]se2 en ces in/ants1 je s5s d'une manire heureuse et vive2 la multiplicit et la promptitude de mes ides sont incomp>ables3 elles m'en*ant5t et me t\rm5t5t4 ,ah6 que ne puis-je les fix] jamais6 ,si l'aube1 elles se retir5t1 me laissant dans l'accablem5t1 c'e/ que je n'ai pas su les canalis]2 si1 au soir1 je les att5ds en va91 c'e/ que je n'ai pas surpris le secret de les voqu]444 ,je te m>que l quelle s]a notre t*e de ,sa9t-,g]ma94 ,n\s sommes l'un et l'autre des mlancoliques4 ,mais faut-il n\s en pla9dre8 ,admirable complication qu'a ne le savant6 ,les apptits du mlancolique pr5n5t plutt le c>actre de la passion que celui du beso94 ,n\s anoblissons si bi5 *acun de nos beso9s que le b devi5t secondaire2 c'e/ dans notre apptit mme que n\s n\s complaisons1 et il devi5t une ardeur sans objet1 c> ri5 ne saurait le satisfaire4 ,a9si sommes-n\s ess5tiellem5t des idali/es4 ,de cet tat1 dis5t les mdec9s1 sort5t des passions tri/es1 m9utieuses1 p]sonnelles1 des ides petites1 troites et portant sur les objets des plus lgres s5sations4 ,et la vie s'c\le1 p\r ces sujets1 dans une succession de petites joies et de petits *agr9s qui donn5t t\te leur manire d'tre un c>actre de purilit1 d'autant plus frappant qu'on l'obs]ve s\v5t *ez des hommes d'un esprit d'ailleurs =t di/+u4 ,n'en d\tons pas1 voil comm5t n\s juge le docteur qui1 t\t l'heure1 n\s auscultait4 ,passions tri/es1 dit-il2--mais g>d] de l'univ]s une vision ard5te et mlancolique1 se peut-il ri5 imag9] de mieux8 ,m9utieuses et p]sonnelles2--c'e/ que n\s savons faire t5ir l'inf9i dans une seconde de n\s-mmes4 ,nos raisonnem5ts tortueux demeur5t incomplets1 c'e/ que l'motion n\s a saisis au dt\r d'une dduction1 et ds lors a r5du t\te logique sup]flue4 ,il ne faut pas dem&] ici des raisonnem5ts quilibrs4 ,je n'ai s\ci que d'tre mu4 ,et flicitons-n\s1 ,simon3 toi1 d'tre dev5u mlancolique2 et moi1 d'avoir t anmi p> les veilles et les dyspepsies4 ,flicitons-n\s d'tre dbilits1 c> toi1 bilieux1 tu aurais t satisfait p> l'activit du g5tilhomme campagn>d1 et moi1 n]veux dlicat1 je s]ais simplem5t di/+u4 ,mais p>ce que l'activit de notre circulation tait affaiblie1 notre sy/me ve9eux engorg1 t\s nos actes accompagns de gne et de travail1 n\s avons mis l'ge mr dans la jeunesse4 ,n\s n'avons jamais connu l'irrflexion des adolesc5ts1 leurs gambades ni leurs dportem5ts4 ,la vie t\j\rs *ez n\s r5contra des ob/acles4 ,n\s n'avons pas eu le s5tim5t de la =ce1 cette n]gie vitale qui p\sse le jeune homme hors de lui-mme4 ,je ne me crus jamais inv9cible4 ,et en mme temps1 j'ai eu peu de confiance dans les autres4 ,notre exi/5ce1 qui peut p>atre tri/e et inquite1 fut du mo9s clairvoyante et circonspecte4 ,ce s5tim5t de nos =ces m\sses n\s engage vivem5t ne nglig] aucune de celles qui n\s re/5t1 en augm5t] l'effet p> un meilleur usage1 les =tifi] de t\tes les ress\rces de l'expri5ce4 99 99 99 99 99 ,tel e/ notre corps1 n\s disions-n\s l'un l'autre1 et c'e/ un des plus satisfaisants qu'on puisse tr\v] p\r le jeu des gr&es expri5ces4 99 99 99 99 99 ,exam5 moral ,n\s cont9umes notre exam52 et laissant notre corps1 n\s *]*ions clair] notre consci5ce4 ,sil5cieux et retirs1 d'aprs un plan m?odique1 n\s avons pass en revue nos p*s1 nos manques d'am\r4 ,a ce trs long labeur je tr\vai inf9im5t d'intrt4 ,et ,simon1 au dn] du d]ni] j\r1 une heure avant la confession sol5nelle1 me disait2 --,auj\rd'hui1 comme le malade arrive connatre la plaie dont il s\ffre et qu'il inspecte t\te m9ute1 je suis obsd de la laideur qu'a prise mon me au contact des hommes4 99 99 99 99 99 ,n\s avions dcid de pass] nos fracs1 cravates noires1 s\li]s v]nis1 de boire du ? en gtant des sucr]ies1 et de n\s c\*] seulem5t l'aube1 af9 de m>qu] cette gr&e j\rne de quelques traits s+uli]s p>mi l'ord9aire monotonie de notre retraite 7c> il faut considr] qu'un dcor trop famili] rapetisse les plus vives s5sations74 ,qu& n\s fmes assis dans les deux gana*es de la *em9e1 t\tes lampes allumes et le feu trs clair1 ,simon1 qui sans d\te atta*ait une gr&e importance ces premires dm>*es de notre rgnration1 tait mu1 au po9t que1 d'n]vem5t presque d\l\reux ml d'hil>it1 il fit1 avec ses doigts crisps en l'air1 le ge/e d'un pileptique4 ,je notai cela comme un excell5t signe1 et je s5tis bi5 les avantages d'tre deux1 c> p> contagion je gtai1 avant mme les premi]s mots1 une *aleur1 un entra9 un peu grossi]1 mais trs curieux4 99 99 99 99 99 ,et d'abord p>c\rons1 lui dis-je1 les lieux o n\s avons demeur4 #a ,,dans ,,le ,,gr\pe ,,de ,,la ,,famille 7c'e/--dire au milieu de ces relations que je ne me suis pas faites moi-mme71 j'ai p*2 ,p> p5se 7les p*s p> p5se sont les plus graves1 c> la p5se e/ l'homme mme72 c'e/ a9si que je m'abaissai jusqu' avoir des prjugs sur les situations sociales et que je respectai malgr t\t celui qui avait russi4 ,oui1 p>fois j'eus cette honte de m'enf]m] dans les catgories4 ,p> p>ole 7les p*s p> p>ole sont dang]eux1 c> p> ses p>oles on arrive s'influ5c] soi-mme72 c'e/ a9si que j'ai dit1 p\r ne po9t p>atre diffr5t1 mille phrases mdiocres qui m'ont fait l'me plus mdiocre4 ,p> oeuvre 7les p*s p> oeuvre1 c'e/--dire les actions1 n'ont pas gr&e importance1 si la p5se prote/e72 t\tefois il y a des cas3 a9si1 le tort que je me fis en me refusant un fauteuil oreillettes o j'aurais mdit plus noblem5t4 #b ,,dans ,,la ,,vie ,,active 7c'e/--dire au milieu de ceux que j'ai connus p> ma propre initiative71 j'ai p*3 ,p> p5se3 m'tre proccup de l'op9ion4 ,je fus t5t de tr\v] les g5s mo9s ignobles qu& ils me ressemblai5t4 ,p> p>ole3 avoir r5i mon me1 jolie volupt de rire intrieur1 mais qui dem&e un tact inf9i1 c> l'me ne demeure int5se qu' s'affirm] et s'exagr] t\j\rs4 ,p> oeuvre3 n'avoir pas su g>d] mon isolem5t4 ,trop s\v5t je me plus inv5t] des hommes suprieurs1 p\r le plaisir de les l\] et de m'humili]4 ,c'e/ une fausse dm>*e2 on ne pr(ite qu'avec soi-mme1 mditant et s'exasprant4 99 99 99 99 99 ,qu& j'a*evai cette confession1 ,simon me dit3 --,il e/ un po9t o v\s glissez qui importe1 c> n\s saurions en tir] d'utiles r5seignem5ts p\r telle manoeuvre importante3 v\s avez eu un mti]4 --,c'e/ ju/e1 lui dis-je4 ,un mti]1 quel qu'il soit1 fait notre p]sonnalit un fondem5t solide2 c'e/ t\te une rs]ve de connaissances et d'motions4 ,j'avais p\r mti] d'tre ambitieux et de voir clair4 ,je connais p>faitem5t quelques cts de l'intrigue p>isi5ne4 --,v\lez-v\s me donn] des dtails sur les hommes suprieurs que v\s rem>quiez8 ,v\s en p>les1 ce semble1 avec *aleur4 ,ces liaisons intellectuelles expliqu5t quelquefois nos attitudes de la v+time anne4 --,a dix-huit ans1 mon me tait mprisante1 timide et rvolte4 ,je vis un sceptique c>essant et d'une d\ceur inf9ie2 en ralit il ne se laissait pas abord]4 ,o mon ami1 de qui je tais le nom1 auprs de votre dlicatesse j'tais maladroit et confus2 aussi n'avez-v\s pas compris combi5 je v\s compr5ais2 peut-tre v\s n'avez pas j\i des sductions qu'ex]ait sur mon esprit avide l'abondance de vos ri*esses4 ,v\s me faisiez s\ffrir qu& v\s pr5iez si peu s\ci d'embellir mes jeunes annes qui v\s c\tai5t1 et p> d'un flottant dsir de plaire1 v\s n'tiez proccup que de v\s p>atre +nieux v\s-mme4 ,or1 cdant l'attrait de reproduire la sduisante image que v\s m'app>aissiez1 je ngligeai la puissance de dte/] et de s\ffrir qui s\rd en moi4 ,v\s captiviez mon me1 sans daign] mme savoir qu'elle e/ *>mante1 et v\s l'entraniez votre suite en lui lanant p>-dessus votre paule des p>oles flatteuses dnues d'-propos4 ,celui que je r5contrai ensuite tait am] et ddaigneux1 mais son esprit1 ard5t et ds9tress4 ,je le vis orgueilleux de son vrai moi jusqu' s'humili] devant t\s1 p\r que du mo9s il ne ft jamais trait en gal4 ,je l'adorais1 mais1 malades l'un et l'autre1 n\s ne pmes n\s support]1 c> *acun de n\s s\ffrait avec acuit d'avoir dans l'autre un tmo94 ,aussi avons-n\s prfr--du mo9s tel fut mon s5tim5t1 c> je ne veux mme plus imag9] ce qu'il p5sait--oubli] que n\s n\s connaissions et si1 rusant avec la vie1 je fis p>fois des concessions1 je n'avais plus m'en impati5t] que devant moi-mme4 ,o solitude1 toi seule ne m'z pas avili2 tu me f]as des loisirs p\r que j'avance dans la voie des p>faits1 et tu m'enseign]as le secret de vtir volont des convictions div]ses1 p\r quoi je sois l'image la plus complte possible de l'univ]s4 ,solitude1 ton se9 vig\reux et morne1 dj j'ai pu l'ador]2 mais j'ai manqu de discipl9e1 et ton tre9te m'avait gris4 ,ne veux-tu pas m'enseign] pri] m?odiquem5t8 99 99 99 99 99 ,simon m'a dit dans la suite que j'avais excellemm5t p>l4 ,mon motion l'enleva4 ,n\s connmes1 ce soir-l1 une ard5te bont env]s mille indices de beaut qui s\pir5t en n\s et que la grossiret de la vie ne laisse pas ab\tir4 ,j'aspirais s\ffrir et frapp] mon corps1 p>ce que son paisse indol5ce opprime mes jolies dlicatesses4 ,comme je me connais impressionnable1 je m'en ab/9s1 et p\rtant je n'eusse ress5ti aucune d\leur1 mais seulem5t l'pre plaisir de la v5geance4444 ,t\t cela j'hsite le transcrire2 ce ne sont pas des raisonnem5ts qu'il faudrait v\s donn]1 mais l'motion montante de cette scne laquelle je ne sais pas laiss] son vague my/rieux4 ,qu'ils s'essay5t repass] p> les phases que j'ai dites1 ceux qui s\ponn5t la s9crit de ma description6 ,si mes habitudes d'homme rfl*i n'avai5t ret5u mon bras1 j'eusse t aism5t sublime1 et frappant mon corps1 j'aurais dit3 ,s\ffre1 misrable6 gmis1 c> tu es infme de ne connatre que des in/ants d'motion1 rapides comme des po9tes de feu4 ,s\ffre1 et pr(ondm5t1 p\r que ton ,moi1 cet veil brutal1 enf9 te soit connu4 ,tu n'es qu'un infirme1 somnol5t s\s la pluie de la vie4 ,depuis huit annes que tes s5s sont baigns de s5sations1 quelle ardeur peux-tu me montr] dont tu brles1 qu& il faudrait que tu fusses consum de t\tes la fois et sans trve6 ,mais comm5t support]ais-tu cette belle ivresse1 toi qui n'z pas mme un rel dsir d'tre ivre1 encore que tu enfles ta voix p\r injuri] ta mdiocrit6 ,s\ffre donc1 homme insuffisant1 c> t\s sont meilleurs que toi4 ,et si tu te vantes que leur supriorit t'e/ indiffr5te1 je ne t'autorise pas tir] mrite de ce r5oncem5t3 il n'e/ beau d'tre misrable et d'aim] sa misre qu'aprs s'tre dp\ill volontairem5t4 ,ah6 ,simon1 quel ennui6 ,que d'annes excell5tes p]dues p\r le dveloppem5t de ma s5sibilit6 ,j'entrevois la beaut de mon me1 et ne sais pas la dgag]6 ,c'e/ un gr& dpit d'tre enf]m dans un corps et dans un sicle1 qu& on se s5t les loisirs et le gt de vivre tant de vies6 99 99 99 99 99 ,simon re/ait assis auprs du feu1 *]*ant le calme dans une raideur de n]fs1 videmm5t =t d\l\reuse4 ,j'int]rompis ma prom5ade1 et m'asseyant ses cts3--,faisons la composition de lieu1 lui dis-je4 ,c'e/ aux ex]cices spirituels d',ignace de ,loyola1 au plus surpr5ant des psy*ologues1 que n\s empruntons cette m?ode1 dont je me suis t\j\rs bi5 tr\ve4 ,la vie e/ insupportable qui n'a pas t\te heure s\s la ma9 un en?\siasme4 ,que si la grce n\s e/ donne de ress5tir une motion pr(onde1 assurons-n\s de la retr\v] au premi] appel4 ,et p\r ce1 ratta*ons-la1 ft-elle de l'ordre mtaphysique le plus haut1 quelque objet matriel que n\s puissions t\*] jusque dans nos pires dnuem5ts4 ,rduisons l'ab/rait en images s5sibles4 ,c'e/ a9si que l'appr5ti mcanici5 trace sur le tableau noir des signes conv5tionnels1 p\r fix] la figure idale qu'il calcule et qui t\j\rs e/ prs de lui *app]4 ,j'imag9]ai un guide-ne et t\te une mnmote*nic1 qui me p]mettront de retr\v] mon caprice les plus subtiles motions que j'aurai l'honneur de me donn]4 ,le monde s5tim5tal1 catalogu et cond5s en rbus sugge/ifs1 ti5dra sur les murs de mon va/e palais intrieur1 et m'enf]mant dans *acune de ses *ambres1 en quelques m9utes de contemplation1 je retr\v]ai le beau frisson du premi] j\r4 ,surt\t je p>vi5drai fix] mon esprit4 ,l'att5tion ramasse t\te sur un mme po9t y augm5te inf9im5t la s5sibilit4 ,une d\leur lgre1 qu& on la mdite1 s'accrot et envahit t\t l'tre4 ,si v\s essayes de song] cette phrase ab/raite3 ,j'ai manqu d'am\r dans mes mditations1 c'e/ p\rquoi j'ai t humili1 votre esprit dissip n'arrive pas l'motion4 ,mais allumez un cig>e v]s les dix heures du soir1 seul dans votre *ambre o ri5 ne v\s di/rait1 et dites3 ,composition de lieu ,un homme e/ accr\pi sur son lit1 dans le nuit1 levant sa face v]s le ciel1 p> dsespoir et p> impuissance1 c> il s\ffre de lanc9ations sans trve que la morph9e ne matrise plus4 ,il sait sa mort assure1 d\l\reuse et l5te4 ,il gt lo9 de ses pairs1 p>mi des hommes grossi]s qui ont l'habitude de rire avec bruit2 mme il en e/ arriv r\gir de soi-mme1 et p\r plaire ces g5s il a v\lu p>atre leur semblable4 ,dans cet abaissem5t1 qu'il allume sa lampe1 qu'il pr5ne les lettres des rois qui le trait5t en amis1 qu'il clbre le culte dont l'ent\ra sa matresse1 jeune et de qui les beaux yeux fur5t p> lui remplis jusqu'au soir o elle m\rut en le dsirant1 qu'il oublie son infirmit et les ge/es dont on l'ent\re6 ,voici que l'am\r1 celui qu'il aime1 l'am\r frre de l'orgueil1 r5tre en lui1 et ses p5ses ennoblies r$evi5n5t dignes des gr&s qui l'honor5t1 t5dues et ddaigneuses4 99 99 99 99 99 ,a9si s'a*evait cette nuit4 ,sil5cieux et dsabuss1 n\s appuyions nos fronts aux vitres fra*es4 ,sur la va/e cuvette des t]res endormies1 p>mi les vapeurs qui s'tir5t1 l'aube comm5ait2 alors1 n\s entreprmes1 dans le malaise de ce mat9 glac1 l'ex]cice de la mort4 99 99 99 99 99 ,ex]cice de la mort ,n\s s]ons un j\r 7mais qui de n\s deux le premi]87 meurtris p> notre c]cueil1 nos ma9s jo9tes s]ont opprimes p> des plan*es cl\es gr& bruit2 nos visages d'humori/es n'auront plus que les m>ques pnibles de cette lutte d]nire que *acun s'ef=ce de taire1 mais qui1 dans la plup>t des cas1 e/ atroce4 ,ce s]a f9i1 sans que ce mom5t suprme pr5ne la mo9dre gr&eur tragique1 c> l'accid5t ne p>at s+uli] qu' l'agonisant lui-mme4 ,ce s]a t]m94 ,t\t ce que j'aurai emmagas9 d'ides1 d'motions1 et mes conceptions si v>ies de l'univ]s s'effac]ont4 ,il convi5t donc qu'au milieu de ces en?\siasmes si dsirs1 n\s n'oubliions pas d'en faire t\t au fond peu de cas1 et il convi5t en mme temps que n\s en j\issions sans trve4 ,j\issons de t\t et htivem5t1 et ne n\s disons jamais3 ,ceci1 des milli]s d'hommes l'ont fait avant moi2 c>1 n'excut] que la petite danse que la ,provid5ce n\s a rs]ve dans le cotillon gnral1 n\s f]ions une trop longue tapiss]ie4 ,j\issons et dansons1 mais voyons clair4 ,il faut trait] t\tes *oses au monde comme les g5s d'esprit trait5t les jeunes filles4 ,les jeunes filles1 au mo9s en dsir1 se sont prtes t\s les imbciles1 et lors mme qu'elles sont vi]ges de dsir1 croyez-v\s qu'il n'exi/e pas un imbcile qui puisse leur plaire6 ,il faut faire un assez petit cas des jeunes filles1 mais n\s m\voir les reg>d]1 et n\s admir] de ress5tir p\r de si maigres *oses un s5tim5t aussi agrable4 99 99 99 99 99 ,colloque ,cette ha9e du p* et cette ardeur v]s les *oses div9es que je vi5s de trav]s]1 ce sont des in/ants furtifs de mon me1 je les ai analyss2 j'ai dmont ces s5tim5ts hroques1 je saurais volont les recompos]4 ,une c5ta9e de petites anecdotes grossires inscrites sur mon c>net me donn5t srem5t les rves les plus exquis que l'humanit puisse concevoir4 ,elles sont les clo*]s qui guid5t le fidle jusqu' la *apelle o il s'ag5\ille4 ,mon me mcanise e/ t\te en ma ma91 prte me f\rnir les plus r>es motions4 ,a9si je devi5s vraim5t un homme libre4 ,p\rquoi1 mon me1 t'humili]1 si de toi1 pauvre dsori5te1 je fais une admirable mcanique8 ,simon m'a dit1 qu'enfant1 il savait se faire pleur] d'am\r p\r sa famille1 en songeant la d\leur qu'il caus]ait1 s'il se suicidait4 ,il voyait son corps abm1 l'imprvu de cette n\velle tombant au milieu du s\p]1 apporte p> un p>5t qui peut pe9e se cont5ir1 ces gr&s cris1 ces sanglots qui c\p5t t\tes les voix p5dant trois j\rs4 ,et1 prcisant ce tableau matriel avec m9utie1 il s'levait en pleurant sur soi-mme jusqu' la plus noble motion d'am\r filial3 le dsespoir de pe9] les si5s4 ,p\rquoi les philosophes s'indign]ai5t-ils contre ce ma*9isme de ,loyola8 ,grce des associations d'ides dev5ues *ez la plup>t des hommes in/9ctives1 ne fait-on pas j\] volont les ressorts de la mcanique huma9e8 ,prononcez tel nom devant les plus ignorants1 v\s v]rez *acun d'eux pr\v] des s5sations id5tiques4 ,a t\t ce qui e/ p>s dans le monde1 l'op9ion a atta* une faon de s5tir dt]m9e1 et ne p]met gure qu'on la modifie4 ,n\s pr\vons des s5tim5ts de respectueuse motion devant une c5ta9e d'anecdotes ou devant de simples mots peut-tre vides de ralit4 ,voil la mcanique laquelle t\te culture s\met l'humanit1 qui1 la plup>t du temps ne se connat mme po9t comme dupe4 ,et moi qui1 p> une m?ode analogue1 aussi artificielle1 mais que je sais telle1 m'+nie me procur] des motions p]fectionnes1 v\s vi5driez me blm]6 ,l'humanit s'meut s\v5t son dommage1 tant elle y porte une dplorable conviction2 quant moi1 sa*ant que je fais un jeu1 je m'arrt]ai presque t\j\rs avant de me nuire4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,v ,,les ,,int]cesseurs ,ayant t\* avec lucidit nos organes et nos agitations familires sa*ons utilis] cette enqute4 ,que notre me se r$resse et que l'univ]s ne soit plus d=m6 ,notre me et l'univ]s ne sont en ri5 di/9cts l'un de l'autre2 ces deux t]mes ne signifi5t qu'une mme *ose1 la somme des motions possibles4 ,hlas6 devant un imm5se labeur1 mon ardeur si int5se dfaille4 ,comm5t1 sans m'g>]1 amass] cette somme des motions possibles8 ,il faut qu'on me sec\re1 j'appelle des int]cesseurs4 ,il e/1 ,simon1 des hommes qui ont runi un plus gr& nombre de s5sations que le commun des tres4 *elonns sur la voie des p>faits1 ils appro*5t des degrs div]s du type le plus complet qu'on puisse concevoir2 ils sont vois9s de ,dieu4 ,vnrons-les comme des sa9ts4 ,appliquons-n\s reproduire leurs v]tus1 af9 que n\s appro*ions de la p]fection dont ils sont des fragm5ts de gr&e valeur4 ,aism5t n\s n\s faonn]ons leur imitation1 ma9t5ant que n\s connaissons notre mcanisme4 ,d'ailleurs1 il ne s'agit que de tr\v] en n\s les v]tus qui c>actris5t ces p>faits et de les dgag] des scories dont la vie les a rec\v]tes4 ,comme une jolie figure1 qu'un matre peignit et que le temps a remplie d'ombre1 rapp>at s\s les so9s d'un exp]t1 a9si1 p> ma m?ode et ma p]svrance1 rapp>atront ma vritable p]sonne et mon univ]s enf\is s\s l'injure des b>b>es4 ,c\rons ds auj\rd'hui r5dre ces pr9ces un hommage rfl*i4 ,je veux quelques m9utes m'asseoir sur leurs trnes1 et de la dignit qu'on y tr\ve je demeur]ai embelli4 ,figures que je *rissais ds mes premires s5sibilits1 je v\s prie en croyant1 et p> l'ardeur de mes dsirs vos v]tus m]g]ont en moi2 je v\s prie en philosophe1 et p> l'analyse je recon/itu]ai m?odiquem5t en mon esprit votre beaut4 99 99 99 99 99 ,ds lors1 n\s passmes des heures paisibles t\rn] les feuillets1 comme un prtre grne son *apelet4 ,dans la petite biblio?que1 crase de livres et assombrie p> un ciel d'hiv]1 durant de longs j\rs1 n\s mditmes la biographie de nos sa9ts1 et ces bi5veillants amis t\*ai5t notre me et l p\r n\s faire voir combi5 elle e/ intressante4 ,dans cette tude de l',intellig5ce s\ffrante1 je =tifiais mon dsir de l',intellig5ce triomphante4 ,a9si la passion de ,jsus-,*ri/ excite le *rti5 mrit] les spl5deurs et la flicit du p>adis4 ,aimable vie ab/raite de ,sa9t-,g]ma96 ,dgag des ncessits de l'action1 fidle mon rgime de mditation et de solitude1 assur au soir1 qu& je me c\*ais1 que nulle di/raction ne me dt\rn]ait le l5dema9 de mes v]tus1 protg contre les dfaillances au po9t que j'avais oubli le sicle1 je passai les mois de novembre1 dcembre et janvi] avec les morts qui m'ont t\j\rs plu4 ,et je m'atta*ai spcialem5t a quelques-uns qui1 au dt\r d'un feuillet1 me b\lev]s5t et me conduis5t s\da91 p> un frisson1 des co9s n\veaux de mon me4 ,des figures livresques peu a peu vcur5t p\r moi avec une incroyable n]gie4 ,qu& une trop heureuse sant ne m'appesantit pas1 ,b5jam9 ,con/ant1 le ,sa9te-,beuve de #ahce1 et d'autres me sont prs5ts1 avec une ralit dans le dtail que n'eur5t jamais p\r moi les vivants1 si confus et si furtifs4 ,c'e/ que ces illu/res esprits1 au mo9s tels que je les frqu5te1 sont des fragm5ts de moi-mme4 ,de l cette ard5te sympa?ie qu'ils m'inspir5t4 ,s\s leurs masques1 c'e/ moi-mme que je vois palpit]1 c'e/ mon me que j'appr\ve1 r$resse et adore4 ,leur beaut peu sre me fait ent5dre des fragm5ts de mon dialogue intrieur1 elle me r5d plus prcise cette trange s5sation d'angoisse et d'orgueil dont n\s sommes trav]ss1 qu&1 le tumulte extrieur apais quelques mom5ts1 n\s assi/ons au *oc de nos div]s ,moi4 99 99 99 99 99 ,l'ennui v\s emp*]ait de me suivre1 si j'entrais dans le dtail de t\s ceux que j'ai invoqus4 ,voici1 titre de spcim51 quelques-unes des mditations les plus p\sses o n\s n\s satisfaisions4 7,je p5se qu'on se reprs5te comm5t naquir5t ces consultations spirituelles4 ,n\s g>dions mmoire de nos rflexions s+ulires1 et n\s n\s les communiquions l'un l'autre dans notre confr5ce du soir4 ,elles n\s s]vai5t encore fix] le plan de nos tudes p\r les j\rs suivants2 ce plan se modifiait d'ailleurs sur les v>iations de notre s5sibilit47 99 99 99 99 99 ,i ,m,,ditation ,,spirituelle ,,sur ,,b5jam9 ,,con/ant ,c'e/ p> raisonnem5t que ,simon gte ,b5jam9 ,con/ant4 ,simon e/ sduit p> ce rle (ficiel et p> cette allure ddaigneuse qui masquai5t un bohmianisme =c5 de l'imag9ation2 il flicite ,b5jam9 ,con/ant de ce que t\j\rs il surveilla son attitude devant soi-mme et devant la socit1 p> orgueil de s5sibilit1 et encore de ce qu'il et peu d'illusions sur soi et sur ses contempora9s4 99 99 99 99 99 ,moi1 c'e/ d'in/9ct que j'adore ,b5jam9 ,con/ant4 ,s'il tait possible et utile de caus] sans hypocrisie1 je me s]ais ent5du1 sur div]s po9ts qui me passionn5t1 avec cet homme assez di/+u p\r tre t\t la fois dilettante et fanatique4 ,j'aime qu'il *]*e avec fureur la solitude o il ne p\rra pas se cont5t]4 ,j'aime1 qu& ,mme de ,rcami] se refuse1 le dsespoir1 la folie lucide de cet homme de dsir qui n'aima jamais que soi1 mais que la contr>it r5dait f\4 ,j'aime les saccades de son exi/5ce qui fut m5e p> la gnrosit et le scepticisme1 p> l'exaltation et le calcul4 ,j'aime ses convictions1 qui eur5t aux ,c5t-,j\rs des dt\rs un peu brusques1 cause du s\rire trop s\hait d'une femme4 ,j'admire de telles faiblesses comme le plus beau trait de cet am\r hroque et rfl*i que seuls connaiss5t les plus gr&s esprits4 ,enf91 ses dettes payes p> ,l\is-,philippe et cette humiliation d'une c>rire f9issante qui jetait encore tant d'clat me rempliss5t d'une mlancolie romanesque1 o je me p]ds longuem5t4 ,j'aime qu'il ait t brave4 ,qu& on gte peu les hommes les plus considrs1 et qu'on se place volonti]s en dehors des conv5tions sociales1 il e/ joli l'occasion de pay] de sa p]sonne4 ,d'ailleurs beauc\p de petites imag9ations 7et les facults imag9atives1 c'e/ le secret de la peur7 sont t\ff] qu& l'me va devant soi1 t\te prud5ce p]due6 ,mais j'aime surt\t ,b5jam9 ,con/ant p>ce qu'il vivait dans la p\ssire dess*ante de ses ides1 sans jamais respir] la nature1 et qu'il mettait sa volupt surveill] ironiquem5t son me si f9e et si misrable4 ,roy]-,coll>d le mse/imait2 mais n\s-mmes1 ,simon1 n\s et-il considrs1 cet honnte homme premptoire qui1 p> sa rudesse v\lue1 fit un j\r pleur] ,j\ffroy et n'en fut pas dsol8 99 99 99 99 99 ,application des s5s ,si cet apptit d'intrigue p>isi5ne et de dom9ation qui p>fois n\s inquite au contact du fivreux ,balzac arrivait n\s dom9]1 notre s5sibilit et notre vie reproduirai5t peut-tre les c\rbes et les compromis que n\s voyons dans la biographie de ,b5jam9 ,con/ant4 ,a dix-huit ans1 il s\ffrait d'tre inutile4444 ,peut-tre ne sommes-n\s ici que p\r n'avoir pas su plac] notre p]sonne4 ,il s'emb>rassait dans un long travail1 non qu'il en pr\vt un beso9 rel1 mais p\r m>qu] sa place1 et p>ce que1 qu>ante ans1 il ne se p>donn]ait pus de ne l'avoir pas fait4 ,il dsirait de l'activit plus encore que du gnie4444 ,ce qu'il n\s faut1 ,simon1 c'e/ sortir de l'angoisse o n\s n\s /rilisons2 avons-n\s dans cette retraite le s\ci de crer ri5 de n\veau8 ,il n\s suffit que notre ,moi s'agite2 n\s mcanisons notre me p\r qu'elle reproduise t\tes les motions connues4 ,p>mi ses tr5te-six fivres1 ,con/ant g>dait p\rtant une ide s]e9e des *oses2 ,pati5ce1 disait-il son am\r1 son ambition1 son dsir du bonheur1 pati5ce1 n\s arriv]ons peut-tre et n\s m\rrons srem5t3 ce s]a alors t\t comme4 ,ce s5tim5t ne me quitte gure4 ,deux ou trois fois il me pressa avec une int5sit dont je g>de un s\v5ir qui ne prira pas4 ,dans une petite ville d',allemagne1 v]s les quatre heures d'une aprs-midi de soleil1 mes f5tres tant ouv]tes1 p> o montai5t la b\sculade joyeuse des enfants et le r\lem5t des tonneaux d'un lo9ta9 tonneli]1 je travaillais avec n]gie p\r *app] une s5tim5talit aigu que l'loignem5t avait =tifie4 ,mais =ant ma rsi/ance1 dans mon c]veau lass1 sans trve dfilait n\veau la suite des comb9aisons p> lesquelles je *]*ais encore satisfaire mon s5tim5t contr>i4 ,s\da91 va9cu p> l'ob/9ation de cette re*]*e aussi inutile que d\l\reuse1 je m'ab&onnai mon dc\ragem5t2 je le considrai en face4 ,ces rves romanesques de bonheur1 auxquels il me fallait r5onc]1 m'intressai5t inf9im5t plus que les ides de devoir 7le devoir1 n'tait-ce pas1 alors comme t\j\rs1 d'tre orgueilleux87 o j'essayais de me consol]4 ,sans d\te1 me disais-je1 j'ai dj connu ces exagrations2 je sais que dans soixante j\rs1 ces *agr9s dmesurs me devi5dront incomprh5sibles1 mais c'e/ du bonheur1 t\t un r5\veau de moi-mme1 une jeunesse de *aque mat9 qui m'auront *app4 ,la vie cont9u]a1 apaise 7mais si dcolore671 jusqu' un n\vel accid5t1 jusqu' ce que je s\ffre encore devant une flicit1 que je ne saurai pas acqurir3 #a p>ce que la flicit en ralit n'exi/e pas2 #b p>ce que si elle exi/ait1 cela m'humili]ait de la devoir un autre4 ,puis des j\rs t]nes repr5dront1 c\ps de sec\sses plus r>es1 p\r arriv] l'ge des regrets sans objet444 ,telle tait la seule vision que je pusse me =m] du monde4 ,elle m'tait =t dsagrable4 ,j'ai vu un boa m\rir de faim enr\l aut\r d'une clo*e de v]re qui abritait un agneau4 ,moi aussi1 j'ai enr\l ma vie aut\r d'un rve intangible4 ,n'att5dant ri5 de bon du l5dema91 j'accueillis un projet s9i/re3 dsespr de p>tir inass\vi1 mais envisageant qu'alors je ne saurais plus mon inass\vissem5t4 ,je contemplais dans une glace mon visage dfait2 j'tais curieux et effray de moi-mme4 ,combi5 je me blmais6 ,je ne d\tais pas un in/ant que je ne gurisse1 mais j'tais affol de dn] et de veill] dans cette ville o ri5 ne m'aimait1 de m'endormir 7avec quelle pe9e67 et puis de me rveill]1 au mat9 d'une ple j\rne1 avec l'atroce s\v5ir deb\t sur mon c]veau4 ,quel sacrifice je fis une *re affection1 en me rsignant accept] ces qu9ze j\rs d'n]vem5t trs pnible6 ,je me rptai la p>ole de ,b5jam9 ,con/ant3 ,pati5ce6 n\s arriv]ons peut-tre 7 ne plus dsir]1 tre d'me morne71 et puis n\s m\rrons srem5t2 ce s]a alors t\t comme4 99 99 99 99 99 ,mditation ,au c\rant de cette neuva9e que n\s faisons en l'honneur de ,b5jam9 ,con/ant1 et propos d'une controv]se cul9aire un peu trop prolonge que n\s emes sur un gibi]1 une rem>que m'e/ v5ue4 ,j'aime beauc\p ,simon p\r t\t ce que n\s mprisons en commun1 mais il me blesse p> l'9gale importance que n\s prtons div]ses attitudes de la vie4 ,c]tes1 je me =me des ides claires de mes exaltations1 et t\t ce cabot9age suprieur1 je le mprise comme je mprise t\tes *oses1 mais je l'adore4 ,je me plais avoir un c>actre passionn1 et manqu] de bon s5s le plus s\v5t que je peux4 ,mon ami1 sans d\te1 n'a pas de gt p\r le bon s5s1 s9on p\rrais-je le frqu5t]8 ,mais les so9s dont j'ent\re la culture de ma bohme morale1 c'e/ sa t5ue1 son con=t1 son d&ysme extrieur qu'il les prodigue4 ,v\s ne sauriez croire quel orgueil il met tran*] dans les que/ions de vn]ie6--,h6 direz-v\s1 que fait-il alors dans cette retraite8--,en vrit1 je s\ponne p>fois qu'avec plus de =tune il ne s]ait pas ici4 ,ces petites rflexions o1 p\r la premire fois1 je me diffr5ciais de ,simon1 je ne les lui communiquai pas4 ,p\rquoi le dsoblig]8 ,b5jam9 ,con/ant l'a vu avec am]tume4 ,deux tres ne peuv5t pas se connatre4 ,le langage ayant t fait p\r l'usage quotidi5 ne sait exprim] que des tats grossi]s2 t\t le vague1 t\t ce qui e/ s9cre n'a pas de mot p\r s'exprim]4 ,l'in/ant appro*e o je cess]ai de lutt] contre cette insuffisance2 je ne me plairai plus prs5t] mon me mes amis1 mme s\p]4 ,j'entrevois la possibilit d'tre las de moi-mme autant que des autres4 ,mais quoi6 m'ab&onn]6 je r5i]ais mon s]vice1 je dlaiss]ais le culte que je me dois6 ,il faut que je veuille et que je me ti5ne en ma9 p\r pntr] au j\r pro*a9 dans un univ]s que je vais dlimit]1 appropri] et illum9]1 et qui s]a le cirque joyeux o je m'app>atrai1 dress en haute cole4 99 99 99 99 99 ,colloque --,b5jam9 ,con/ant1 mon matre1 mon ami1 qui peux me =tifi]1 ai-je rgl ma vie selon qu'il conv5ait8 --,les affaires publiques dans un gr& c5tre1 ou la solitude3 voil les vies conv5ables4 ,le frottem5t et les d\leurs sans b de la socit sont insupportables4 --,tu le vois1 je m'enf]me dans la mditation2 mais on ne m'a pas (f]t les occupations que tu indiques1 o peut-tre j'eusse tr\v une excitation plus agrable4 --,a dire vrai1 dans la solitude je me dsesprais4 ,ds que je le pus1 je m'criai3 ,s]vons la bonne cause et s]vons-n\s n\s-mme4 --,mais comm5t se reconnat la bonne cause8 et jusqu' quel po9t v\s tes-v\s s]vi v\s-mme8 --,h6 me dit-il avec son f9 s\rire1 j'ai s]vi t\tes les causes p\r lesquelles je me s5tais un m\vem5t gnreux4 ,quelquefois elles n'tai5t pas p>faites1 et s\v5t elles me nuisir5t4 ,mais j'y dp5sai la passion qu'avait mise en moi quelque femme4 --,je te compr5ds1 mon matre2 si tu p>us accord] de l'importance deux ou trois des accid5ts de la vie extrieure1 c'tait p\r dt\rn] des motions intimes qui te dva/ai5t et qui1 trans=mes1 p>pilles1 ne t'tai5t plus qu'une joyeuse activit4 99 99 99 99 99 ,oraison ,a9si1 ,b5jam9 ,con/ant1 comme ,simon et moi1 tu ne dem&ais l'exi/5ce que d'tre p]ptuellem5t n\velle et agite4 ,tu s\ffris de t\t ce qui t'tait refus3 *oses p\rtant qui ne t'importai5t gure4 ,tu te dvorais d'am\r et d'ambition2 mais ni la femme ni le p\voir n'avai5t de place dans ton me4 ,c'e/ le dsir mme que tu re*]*ais2 qu& il avait atte9t son b1 tu te retr\vais /rile et dsol4 ,tu connus ce vif s5tim5t du prcaire qui fait dire p> l'amant1 le soir1 sa matresse3 ,va-t'en1 je ne veux pas j\ir de ton bonheur cette nuit1 puisque tu ne peux pas me pr\v] que dema9 et t\j\rs1 jusqu' ce que tu meures la premire1 tu s]as galem5t heureuse de te donn] moi4 ,tu n'aimas ri5 de ce que tu avais en ma91 mais tu t'exaspras volontairem5t dsir] t\s les bi5s de ce monde4 ,tu tr\vais une volupt d\l\reuse dans l'am]tume4 ,quelques dbau*s connaiss5t une ardeur analogue4 ,ils se plais5t abus] de leurs =ces1 non p\r augm5t] l'int5sit ou la quantit de leurs s5sations1 mais p>ce que1 ns avec des in/9cts romanesques1 ils tr\v5t un plaisir vraim5t intellectuel1 plaisir d'orgueil1 s5tir leur vie qui s'puise dans des occupations qu'ils mpris5t4 ,toi-mme1 vieill>d clbre et mcont5t1 tu f9is p> ne plus rsi/] au plaisir de le dconsidr]1 tu passas tes nuits aux jeux du ,palais-,royal1 et tu t9s des propos sceptiques devant des doctr9aires4 ,je te salue avec un am\r sans gal1 gr& sa9t1 l'un des plus illu/res de ceux qui1 p> orgueil de leur vrai ,moi qu'ils ne p>vi5n5t pas dgag]1 meurtriss5t1 s\ill5t et r5i5t sans trve ce qu'ils ont de commun avec la masse des hommes4 ,qu& ils humili5t ce qui e/ en eux de commun avec ,roy]-,coll>d1 ce que ,roy]-,coll>d porte comme un sacrem5t1 je les compr5ds et je les flicite4 ,la dignit des hommes de notre sorte e/ atta*e exclusivem5t c]ta9s frissons1 que le monde ne connat ni ne peut voir1 et qu'il n\s faut multipli] en n\s4 99 99 99 99 99 ,,ii ,m,,ditation ,,spirituelle ,,sur ,,sa9te-,,beuve ,les froids et la brume qui salissai5t la ,lorra9e rtrcir5t encore l'horizon de notre curiosit4 ,enf]ms plus dvotem5t que jamais dans les m9uties de notre rgle1 n\s j\issions des vtem5ts amples et des livres entasss dans nos cellules *audes4 ,je lus ,joseph ,delorme1 les ,consolations1 ,volupt et le ,livre d'am\r1 avec les p5ses jo9tes aux ,portraits du lundi4 c>tant les oeuvres du critique1 je m'en t9s au ,sa9te-,beuve de la v+time anne1 aux misres de celui qui s'tonnait devant soi-mme et qui1 p> la v]tu de son orgueil /udieux1 tr\vait des motions pr(ondes dans un infime dtail de sa s5sibilit4 ,a cette poque dj1 il v\lait le succs1 c> n dans une bonne b\rgeoisie1 il t5ait compte de l'op9ion des hommes de poids1 et puis il avait des vices qui veul5t quelque arg5t4 ,t\tefois1 son me incl9ait v]s la religion4 ,ce my/icisme fait des inquitudes d'une jeunesse sans am\r et de son impati5ce ambitieuse1 n'tait en somme que ce vague mcont5tem5t qu'il ass\pit plus t>d entre les bras vulgaires des petites filles et dans un travail ob/9 de b\qu9i/e4 ,son my/icisme alla s'atrophiant4 ,mais v+t-c9q ans son rve tait prcism5t de la cellule que n\s con/ruisons dans l'atmosphre froide du monotone ,sa9t-,g]ma94 99 99 99 99 99 ,application des s5s ,au ,l\vre1 dans la salle ,*audet1 muse des sculptures mod]nes1 p>mi les mdaillons de ,david1 en se dressant sur la po9te des pi$s1 on peut tudi] le ,sa9te-,beuve de #ahbh4 ,sa vieille figure des d]nires annes1 trop grasse et d'une intellig5ce s5suelle1 ne fait voir que le plus matois des lettrs1 t&is qu'il e/ vraim5t notre ami1 ce jeune homme grave1 timide et p]spicace qui a s5ti deux ou trois nuances pr(ondm5t4 ,il s'tait compos de la vie une vision s5tim5tale et dom9e p> un dgt trs f94 ,cette intellig5ce frissonnante fut la plus m9utieuse1 la plus exalte1 la plus rudite1 la plus s9cre1 jusqu'au j\r o1 envahie de p>esse1 elle se ngligea soi-mme p\r travaill] simplem5t1 et ds lors eut du tal5t1 de l'avis de t\t le monde1 mais comme t\t le monde4 ,jeune homme1 si dgt que tu cdas devant les bruyants1 ne s\illons pas notre p5se conte/] avec les g5s de bon s5s qui sacrifi5t ton adolesc5ce ta maturit4 ,il n'e/ que moi qui puisse te compr5dre1 c> tu me prs5tes1 p\sss en relief1 quelques-uns de mes c>actres4 ,a v+t-c9q ans1 s\s le mme toit que ta mre1 dans ta *ambre1 tu travailles4 ,je vois sur tes tables des potes1 tes contempora9s1 des my/iques1 tels que l',imitation et ,sa9t-,m>t91 des mdec9s philosophes1 ,de/ut de ,tracy1 ,cabanis1 puis des j\rnaux1 des revues1 c> ton esprit t\j\rs inquiet accepte les ides du has>d1 en mme temps qu'il p\rsuit un travail sy/matique4 ,j'ent5ds ta voix1 un peu =te sur c]ta9s mots1 et qui n'a*ve pas2 pe9e tes phrases indiques1 tu sembles n'y plus t5ir4 ,dans cette belle crise d'une s5sibilit trop vite dess*e1 ,sa9te-,beuve atta*ait peu d'importance au fruit de sa mditation4 ,de la p5se1 il ne gtait que la *aleur qu'elle n\s met au c]veau4 ,il aimait mieux suivre les voltes de sa propre motion que conva9cre2 il ddaignait les s5tim5ts qu'on raconte et qui ds lors ne sont plus qu'une s*e notion4 ,de l cette mollesse s\t5ir son avis1 ce bris dans le dveloppem5t de ses ides4 ,il savait que ,dieu seul1 pntrant les coeurs1 peut jug] la s9crit d'une prire4444 ,ceux de ma race1 eux-mmes1 imag9]ont-ils l'ardeur du s5tim5t d'o sort ici cette tide mditation8 99 99 99 99 99 ,mditation ,a considr] longuem5t ,sa9te-,beuve1 je vois que son extrme politesse et sa comprh5sion ne sont accompagnes d'aucune sympa?ie p\r ceux mmes qu'il pntre le plus intimem5t4 ,il e/ l1 trs timide et trs jeune1 avec une indication de s\rire dans une raie au-dessus des yeux et quelque *ose de si complexe dans l'intellig5ce qu'on ne le s5t qu' demi s9cre4 ,que sa b\*e et ses yeux indiqu5t de rflexion6 ,e/-ce une nuance d'envie1 ce mcont5tem5t qui plit son visage8 ,c'e/ la fatigue1 l'inquitude d'un voluptueux las1 d'un voluptueux qui ne f\rnit pas ses s5sualits des satisfactions l>ges1 p>ce qu'il faudrait de la p]si/ance1 et que1 les crises passes1 son intellig5ce ne s'att>de pas4 ,tu n'z pas d'yeux p\r vivre sur un dcor1 tu ne te satisfais qu'avec des ides1 et tu te dvor]ais t'int]rog] si l'on ne te jetait prcipitamm5t des sy/mes et des hommes pr\v]4 ,c'e/ a9si qu'il me faut sans trve des motions et de l'inconnu1 tant j'ai vite puis1 si v>is qu'on les imag9e1 t\s les aspects du plus beau j\r du monde4 ,dans la suite1 la s*]esse t'envahit p>ce que tu tais trop intellig5t4 ,tu ddaignas de s]vir plus longtemps de mannequ9 des motions que tu jugeais4 ,heureux les pauvres d'esprit6 comme ils ne se =m5t pas des ides claires sur leurs motions1 ils se plais5t et ils s'honor5t2 mais toi1 tu t'irritais contre toi-mme1 et tu n'tais pas plus satisfait de ta vie intime que des vnem5ts4 ,tu savais que tu vivais mdiocrem5t1 sans imag9] comm5t il fallait vivre4 99 99 99 99 99 ,colloque ,je t'aime1 jeune homme de #ahbh4 ,le soir1 aprs une j\rne d'action1 j'ai s5ti1 moi aussi1 et jusqu' s\hait] que s\da9 dix annes m'loignass5t de ce j\r1 un tri/e mcont5tem5t2 je me suis dsol d'tre si diffr5t de ce que je p\rrais tre1 d'avoir p> lgret pe9 quelqu'un1 et encore d'avoir donn ma physionomie morale une attitude irrp>able4 ,p>fois1 je suis t\* de regrets en considrant les hommes =ts et simples4 ,et j'appr\ve ton ,amaury auquel en imposait le c>actre p\ssant droit de ,m4 de ,c\a54 ,p>fois1 et bi5 qu'ils n\s gn5t1 il n\s arrive de frqu5t] des sectaires1 p\r surpr5dre le secret qui les mit t\te leur vie l'aise env]s eux-mmes et env]s les autres4 ,mais1 aussi f]mes qu'eux dans les ncessits1 n\s leur en v\lons de ce manque d'imag9ation qui les emp*e de suppos] un cas o ils p\rrai5t ne plus se suffire1 et qui les r5d durs env]s c]ta9es natures *ancelantes1 plus pro*es de notre coeur p>ce qu'elles connaiss5t la joie d\l\reuse de se rabaiss]4 ,je crois que1 dans l'intimit de ton coeur1 tu hassais1 au noble s5s et sans mauvais s\hait1 ,c\s9 et ,hugo4 ,mais tu z v\lu p5s] et agir selon qu'il tait conv5able2 et autant que te le p]mir5t tes m\vem5ts in/9ctifs1 tu ctoyas ces natures brutales dont tu s\ffris4 ,a9si1 peu peu1 tu quittais le s]vice de ton me p\r te con=m] la vision commune de l'univ]s4 ,c'tait la ncessit1 z-tu dit1 qui te =ait abdiqu] ta p]sonnalit excessive2 c'tait aussi lassitude de tes casui/iques o t\j\rs tu voyais tes fautes4 ,tu t'es mo9s aim2 tu t'es born ce ,sa9te-,beuve comprh5sif o tu te rfugiais d'abord aux seules heures de lassitude crbrale4 ,oublieux de toi-mme1 tu ne raisonnas plus que sur les autres mes4 ,et ce n'tait pas1 comme je fais1 p\r comp>] leurs s5sibilits la ti5ne et l'embellir1 c'tait p\r qu'elle exi/t mo9s4 ,je te compr5ds1 admirable esprit2 mais comme il s]ait tri/e qu'un j\r1 faute d'une s\rce int>issable d'motions1 j'en v9sse imit] ton r5oncem5t6 ,ce n'e/ pas la vie publique que tu dem&ais l'motion4 ,a l'ge ou ,b5jam9 ,con/ant tait ambitieux et amant1 tu fus am\reux et my/ique4 ,si tu n'a pas eu ce don de spiritualit *rti5ne qui retr\ve ,dieu et son int5tion vivante jusque dans les plus petits dtails et les mo9dres m\vem5ts1 du mo9s tu te l'assimilas4 ,tu pleurais de dpit de n'tre pas aim et de ne pas aim] ,dieu4 ,tu z jusqu' l'pi?te un peu grasse et s5suelle du prtre qui dsire4 ,ta rv]ie religieuse tait ple9e de jeunes femmes2 tu n'tais pas prcism5t hypocrite1 mais leur prs5ce t'enc\rageait blm] la *air4 ,ds que le s5tim5t te p>ut va91 tu ne t'ob/9as pas te faire aim] et v]s le mme temps1 tu cessas de v\loir croire4 ,c'tait f9i de tes m]veilleux frissons qui te val5t mon att5drissem5t2 tu ne fus dsormais que le plus intellig5t des hommes4 99 99 99 99 99 ,oraison ,toi qui z ab&onn le bohmianisme d'esprit1 la libre fantaisie des n]fs1 p\r dev5ir raisonnable1 tu tais n cep5dant1 comme je suis n1 p\r n'aim] que le ds>roi des puissances de l'me4 ,ta jeune hy/rie se plaisait dans la s\ffrance2 l'humiliation fit ton gnie4 ,ton erreur fut de *]*] l'am\r s\s =me de bonheur4 ,il fallait p]svr] le gt] s\s =me de s\ffrance1 puisque celle-ci e/ le rs]voir de t\tes les v]tus4 444 ,et n\s-mmes1 malheureux ,simon1 qui ne tr\vons notre motion que dans les froissem5ts de la vie1 n'in/allons-n\s pas notre inquite p5se dans un cadre de bureaucratie6 ,ah6 que j'aie f9i d'tre froiss1 et je n'aurai plus que de l'intellig5ce1 c'e/--dire ri5 d'intressant4 ,mon me1 matresse frissonnante1 ne s]a plus qu'une caissire1 esclave du doit et avoir1 et qui se c\rbe sur des regi/res4 99 99 99 99 99 ,n\s fmes d'autres mditations1 en gr& nombre4 ,n\s n\s atta*ions surt\t aux p]sonnes fameuses qui eur5t de la spiritualit4 ,b5jam9 ,con/ant1 p\r s'm\voir1 avait beso9 de dsir] le p\voir et l'am\r2 ,sa9te-,beuve ne fut lui que p> ses disgrces auprs des jeunes femmes2 mais d'autres atteign5t t\*] ,dieu p> le seul ef=t de leur s5sibilit1 p\r des motifs ab/raits et sans int]v5tion du monde intrieur4 ,ceux-l sont t\t mon coeur4 ,*]s esprits excessifs1 les plus m]veilleux int]cesseurs que n\s puissions tr\v] entre n\s et notre confus idal1 p\rquoi confess]ais-je le culte que je v\s ai6 ,v\s n'exi/ez qu'en moi4 ,quel rapport entre vos mes telles que je les possde et telles que les dpeign5t vos meilleurs amis6 ,il n'e/ de succs au monde que p\r celui qui (fre un po9t de contact t\te une srie d'esprits4 ,mais cette con=mit que vos vulgaires admirateurs proclam5t me rpugne pr(ondm5t4 ,v\s n'atteignez me satisfaire qu'aux in/ants o v\s ddaignez de donn] aucune image de v\s-mme aux autres1 et qu& v\s t\*ez enf9 ce b suprme du haut dilettantisme1 entrevu p> l'un des plus n]vs d'entre v\s3 ,avant t\t1 tre un gr& homme et un sa9t p\r soi-mme444 ,p\r soi-mme6444 d]ni] mot de la vraie s9crit1 =mule ennoblie de la haute culture du ,moi qu' ,j]sey n\s n\s proposions4 99 99 99 99 99 ,simon et moi1 n\s emes le gr& s5s de ne pas discut] sur les mrites comp>s des sa9ts4 ,encore qu'ils se contr$is5t s\v5t1 je les soigne et je les entreti5s t\s dans mon me1 c> je sais que p\r ,dieu il y a id5tit de t\tes les motions4 ,mais j'entrevois que ces c\*es sup]poses de ma consci5ce1 qui je donne les noms d'hommes fameux1 ne sont pas t\t mon ,moi4 ,je suis agit p>fois de s5tim5ts mal df9is qui n'ont ri5 de commun avec les ,b5jam9 ,con/ant et les ,sa9te-,beuve4 ,peut-tre ces int]cesseurs ne val5t-ils qu' m'clair] les p>ties les plus rc5tes de moi-mme4444 99 99 99 99 99 ,il e/ c]ta9 que nos d]nires mditations avai5t t d'une gr&e s*]esse4 ,n\s pressions une p>tie de n\s-mmes dj puise4 ,ce n'tai5t plus que r$ites dans la biblio?que de ,sa9t-,g]ma94 ,et1 mesure que les livres cessai5t de m'm\voir1 de cette glise o j'entrais *aque j\r1 de ces tombes qui l'ent\r5t et de cette l5te population pe9ant sur des labeurs hrditaires1 des impressions se levai5t1 trs confuses mais pntrantes4 ,je me dc\vrais une s5sibilit n\velle et pr(onde qui me p>ut sav\reuse4 ,c'e/ qu'aussi bi5 mon tre sort de ces campagnes4 ,l'action de ce ciel lorra9 ne peut si vite m\rir4 ,j'ai vu ,p>is des filles avec les beaux yeux des m>9s qui ont longtemps reg>d la m]4 ,elles habitai5t simplem5t ,montm>tre1 mais ce reg>d1 qu'elles avai5t hrit d'une longue suite d'anctres ballotts sur les flots1 me p>ut admirable dans les villes4 ,a9si1 quoique jamais je n'aie s]vi la t]re lorra9e1 j'entrevois au fond de moi des traits s+uli]s qui me vi5n5t des vieux lab\reurs4 ,dans mon patrimo9e de mlancolie1 il re/e quelque p>celle des inquitudes que mes anctres ont ress5ties dans cet horizon4 ,a suivre comm5t ils ont bti leur pays1 je retr\v]ai l'ordre suivant lequel fur5t poses mes propres assises4 ,c'e/ une bonne m?ode p\r desc5dre dans quelques p>ties obscures de ma consci5ce4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,vi ,,en ,,lorra9e ,notre ermitage de ,sa9t-,g]ma9 tait situ peu prs sur la limite1 entre la pla9e et la montagne4 ,le ,lorra9 de la pla9e1 qui a d]rire lui de belles annales et t\t un essai de civilisation1 ne ressemble gure au montagn>d1 au vosgi5 vig\reux qui s'veille d'une longue misre incolore4 ,simon et moi qui sommes depuis des sicles du plateau lorra91 n\s n'hsitmes pas t\rn] le dos aux ,vosges4 ,puisque n\s *]*ons uniquem5t tre clairs sur nos motions1 le pittoresque des ballons et des sap9s n'a ri5 p\r satisfaire notre manie4 ,mme n\s n\s born]ons la rgion que limit5t ,lunville1 ,t\l1 ,nancy et notre ,sa9t-,g]ma93 c'e/ l que notre race acquit le meilleur d'elle-mme4 ,l1 *aque pi]re faonne1 les noms mme des lieux et la physionomie laisse aux paysans p> des ef=ts sculaires n\s aid]ont suivre le dveloppem5t de la nation qui n\s a transmis son esprit4 ,en faisant sonn] les dalles de ces glises o les vieux gisants sont mes pres1 je rveille des morts dans ma consci5ce4 ,le langage populaire a baptis ce co9 le coeur de la ,lorra9e4 ,*aque individu possde la puissance de vibr] t\s les battem5ts dont le coeur de ses p>5ts fut agit au long des sicles4 ,dans cet troit espace1 si n\s sommes respectueux et clairvoyants1 n\s p\vons connatre des motions plus significatives qu'auprs des matres analy/es qui1 hi]1 m'clairai5t sur moi-mme4 99 99 99 99 99 ,,premi,,re ,,j\rn,e ,,naissance ,,de ,,la ,,lorra9e ,a la /ation qui prcde immdiatem5t ,nancy1 au b\rg de ,sa9t-,nicolas1 n\s sommes desc5dus du tra91 c> il convi5t d'entr] dans l'hi/oire de ,lorra9e p> une visite son patron4 ,dans son glise flamboyante1 n\s saluons ,nicolas1 deb\t prs de sa cuve et des petits enfants4 ,cette malheureuse localit1 qu'illu/r5t encore cette ca?drale et des lg5des1 fut ru9e p> des gu]res confuses2 elle tait ri*e et1 p\r la pill]1 t\s les p>tis se mir5t qu>ante-huit heures d'accord4 ,le noble vque de ,myre p]dit sa dom9ation4 ,il ne t\*e plus auj\rd'hui que les petits enfants2 mme il prte un peu rire comme un bonhomme grossi]4 ,le ,lorra91 comme j'ai moi-mme c\tume1 honore mal le s\v5ir de ses motions passes2 c'e/ bon au ,breton de s'm\voir encore o tremblai5t ses pres4 ,m\s rapetissons ce que n\s t\*ons1 et n\s n\s plaisons g\aill]4 ,cet hommage r5du au protecteur1 n\s primes une voiture p\r assi/] au premi] j\r de la ,lorra9e1 et visit] les lieux o cette nation naquit1 en se con/ituant patrie p> un ef=t contre l'trang]4 ,c'e/ entre ,sa9t-,nicolas et ,nancy que ,r5 ,,ii1 appuy des ,suisses1 tua le ,tmraire4 ,victoire de gr&e consqu5ce1 qui n\s dlivra des trang]s et d'une civilisation que n\s n'avions pas *oisie6 ,sec\sse de t]reur1 puis de joie1 dans lequel ce pays s'acc\*e6 ,ds lors il y a un c>actre lorra94 ,*>les de ,b\rgogne1 le ,tmraire6 ,quelle magnifique aisance dans ses allures bruyantes et romantiques6 ,auprs des gr&s crus de ,b\rgogne qui mett5t la confiance au coeur le plus hsitant1 comm5t se ti5dra le petit v9 de ,moselle1 de v9 un peu plat1 froid et dont la saveur n'tonne pas t\t d'abord1 mais sduit un dlicat rfl*i6 ,comm5t ,r5 ,,ii1 faible pr9ce qui p>c\rt en suppliant les rudes cantons suisses1 a-t-il pu triomph]8 ,dans la vie1 frquemm5t1 ,simon et moi n\s avons r5contr ces tres t\t brillants1 m5ant gr& tapage1 apoplectiques de confiance en soi2 n\s ne les aimions gure et t\j\rs les dpassions4 ,a l'usage1 il app>at qu'un ,r5 ,,ii1 avec sa d\ceur un peu grise1 n'e/ pas un dp\rvu2 il e/ rfl*i1 p]svrant1 et sa mode/ie le s]t mieux que =fant]ie4 ,dans l'hi/oire1 l'extrme simplicit de sa t5ue passe inf9im5t en lgance1 du mo9s p\r l'homme de gt1 l'o/5tation de votre ,tmraire4 ,aprs la victoire1 quelle gravit +nieuse dans les p>oles modres qu'il adresse au cadavre va9cu et dans l'inscription que notre co*] n\s fit lire la ,comm&]ie ,sa9t-,jean1 o le ,b\rguignon subit la ru9e et de gr&s c\ps d'pe6 ,la magnanimit de ,r5 n'a ri5 de ?tral1 et s'il honore ,*>les d'un spl5dide s]vice funbre1 c'e/ qu'il v\lait publi] devant son peuple p\vant la df9itive innocuit du brutal adv]saire4 ,n\s avions suivi le corps du ,tmraire dans ,nancy1 et jusque dans cette p>tie dite ,ville-,vieille1 o il fut publiquem5t expos4 ,qu& n\s rvions prs la pi]re tombale de ,r51 dans la froide glise des ,cordeli]s1 le soir v9t1 qui1 dans les lieux sacrs1 n\s dispose t\j\rs la mlancolie4 ,une race qui pr5d consci5ce d'elle-mme s'affirme aussitt en honorant ses morts4 ,ce sanctuaire national1 reliquaire des gloires de ,lorra9e1 mais incomplet comme le s5tim5t qu'eut jamais de soi ce peuple1 date de ,r5 ,,ii4 ,les d5telures dores qui fe/onn5t aut\r de sa /atue mod]ne1 t\te cette vgtation dlicate de figur9es et l'lgance de l'ensemble n\s reportai5t ces premires poques de la ,lorra9e1 d'une grce bonhomme1 si dp\rvue d'emphase4 ,dans cette maison des s\v5irs1 n\s ne vmes aucun dsir d'tonn]4 ,ces images de morts sans morgue ne se proccup5t ni de la noblesse classique1 ni de la pompe4 ,r5 ,,ii aimait le peuple1 c'e/ a9si qu'il sduisit les cantons suisses1 et il ftait l'anniv]saire de la victoire de ,nancy1 *aque anne1 en buvant avec les b\rgeois2 ,jeanne tait l'aise avec les gr&s1 et la soeur en t\te fran*ise des petits2 ,dr\ot1 quittant la gloire de la ,gr&e ,arme1 o il fut le plus simple des hros1 a*eva sa vie en brave homme p>mi ses concitoy5s4 ,c'e/ mal dire qu'ils aim5t le peuple1 ils ne s'en di/+u5t pas4 ,leur race se confond avec eux-mmes4 ,simon et moi n\s comprmes alors notre ha9e des trang]s1 des b>b>es1 et notre gotisme o n\s enf]mons avec n\s-mmes t\te notre petite famille morale4 ,le premi] so9 de celui qui veut vivre1 c'e/ de s'ent\r] de hautes murailles2 mais dans son j>d9 f]m il introduit ceux que guid5t des faons de s5tir et des intrts analogues aux si5s4 99 99 99 99 99 ,,deuxi,,me ,,j\rn,e ,,la ,,lorra9e ,,en ,,enfance ,cette p>tie anci5ne de ,nancy1 la ,ville-,vieille1 e/ bi5 fragm5taire2 elle fut p]ptuellem5t refaite4 ,cette race nullem5t endormie1 mais de trop bon s5s1 hsitait affirm] sa p]sonnalit4 ,sa f9esse1 son s5tim5t exagr du ridicule l'entravr5t t\j\rs4 ,*aque gnration r5iait la prcd5te1 sacrifiait les oeuvres de la veille la mode de l'trang]4 ,leur ,*apelle ,ronde1 monum5t national s'il en ft1 copie la ,*apelle des ,mdicis de ,flor5ce1 mais avec maigreur1 conomie4 ,le ,lorra9 n'a pas d'abondance dans l'inv5tion1 et ne fut jamais prodigue4 ,les successeurs de ,r51 ayant visit les palais de la ,r5aissance1 rebtir5t le palais ducal4 ,cette race son veil cra9t de se confess]2 peu de pi]res ici qui puiss5t n\s cont] les orig9es de nos mes4 ,p\rtant une vi]ge de ,mansuy ,gauva91 dans l'glise de ,bon-,sec\rs1 e/ t\t fait significative4 ,voil nos primitifs6 ,n\s n\s ag5\illons devant une ,mre1 et dans son manteau entr'ouv]t t\t un peuple se prcipite4 ,ces enfants me t\*5t1 si intrpides contre le ,b\rguignon et qui exprim5t leur rve p> cette image s9cre1 je vois qu'ils ont beauc\p s\ff]t4 ,ils conoiv5t la div9it non s\s la =me de beaut1 mais dans l'ide de protection4 ,flor5ce1 leur soeur1 et qui donne p>fois l'image la plus appro*ante de cet idal de cl>t froide1 d'lgance s*e1 que les meilleurs ,lorra9s entrevoyai5t1 ,flor5ce pr5d les loisirs d'embellir l'univ]s4 ,ceux-ci1 dans la ncessit de sauv] d'abord leur indp5dance1 mett5t leur orgueil1 leur art naissant1 t\tes leurs ress\rces dans des remp>ts4 ,c]ns d'trang]s qui les inquit5t1 s\s l'oeil des b>b>es1 ils n'ont pas le loisir de se dvelopp] logiquem5t4 ,la grce1 qui p\r un ri5 et app>u1 presque mlancolique1 dans le petit pr9ce ,r5 ,,ii1 n'ab\tit pas en ,lorra9e4 ,ils n'ont pas cr un type de femme3 ,jeanne d',arc1 que d'autres peuples euss5t v\lu honor] en lui prtant les *>mes des gr&es am\reuses1 demeure1 dans la lg5de lorra9e1 celle qui protge1 et cela uniquem5t4 ,elle e/ la soeur de gnie de ,r5 ,,ii2 p]svrante1 simple1 trs bonne et un peu matoise4 ,celle de qui l',espagne et l',italie fuss5t dev5ues am\reuses1 e/ ici une vi]ge nullem5t tr\blante3 nos pres affirm5t que ,jeanne ignora t\j\rs les misres physiques de la femme4 ,cette lg5de de ,lorra9e n'e/-elle pas plus belle1 selon le p5seur1 que les t5dres s\pirs du ,tasse6 ,voil bi5 le mme s5tim5t qui fit ag5\ill] ce peuple devant la mre gigogne de ,mansuy ,gauv91 devant la vi]ge de ,bon-,sec\rs4 ,et moi1 ,simon1 s\s l'oeil des b>b>es1 comme eux je ne savais que dire3 ,qui donc me sec\rra8 99 99 99 99 99 ,dans le palais ducal de la ,ville-,vieille1 n\s avons visit le muse hi/orique lorra94 ,les premires salles sont consacres aux poques gallo-roma9es et mrov+i5nes2 n\s y int]rogions va9em5t les plus anci5s s\v5irs de notre tre4 ,c'e/ la mme ignorance que n\s tr\vions1 le l5dema91 aux *amps o fut ,sc>ponne1 *ez ces pauvres enfants qui n\s v5dir5t des mdailles roma9es arra*es ces t]ra9s ds]ts4 ,et p\rtant1 les ondulations de ces pla9es o ,attila et les sicles ne laissr5t pas mme une ru9e1 meuv5t des voyageurs av]tis4 ,quelque *ose de n\s autres ,lorra9s vivait dj ces poques lo9ta9es4 ,mais qu'il e/ obscur1 ind*iffrable1 le frisson qui n\s attire v]s cette vieille p\ssire de nos anctres6 ,n\s visitmes1 sans plus de pr(it1 les f]mes mrov+i5nes de ,savonne et de ,v5dires1 et prs de l des grottes qui jadis fur5t habites4 ,la neige dsolait les campagnes4 ,la tri/esse de l'hiv]1 un dcor lam5table de pluie et de sil5ce n\s aid5t d'habitude imag9] le pass1 mais comm5t retr\v]ons-n\s dans notre consci5ce aucune p>celle de ces hommes lo9ta9s1 qui ne contribur5t en ri5 =m] notre s5sibilit4 ,a ,latre-s\s-,amance1 enf91 n\s contemplons une des plus anci5nes images o la ,lorra9e se soit exprime4 ,bi5 pauvre encore1 mal diffr5cie de t\t ce qui se faisait aut\r d'elle1 et si *tive6 ,c'e/ un portail avec quelques sculptures du onzime sicle4 ,a ,t\l1 grce des s\v5irs de l'organisation municipale roma9e1 la commune populaire se =ma plus vite1 s\s la protection des vques1 et le treizime sicle s'affirma dans l'glise ,sa9t-,g5g\lt et des fragm5ts de ,sa9t-ti5ne4 ,en vrit le s]vice que ,r5 ,,ii a r5du la ,lorra9e e/ imm5se2 il lui a cr une consci5ce4 ,l'enfant1 qui n'avait qu'une vie vgtative1 s'individualisa2 il exi/ait confusm5t1 il v\lut vivre4 ,il l'avait montr au ,b\rguignon1 il le rappela aux lu?ri5s en #aebb4 99 99 99 99 99 ,,troisi,,me ,,j\rn,e ,,la ,,lorra9e ,,se ,d,,veloppe ,cette ,ville-,vieille1 ce muse lorra91 t\t incomplets1 veill5t *aque pas des traits dlicats de ma s5sibilit2 ils me raviss5t p> la cl>t qu'ils apport5t dans mes motions familires1 ils m'attri/5t p>ce qu'ils me font t\*] l'irrmdiable insuffisance de l'me que me fit cette race4 ,deux gr&es causes d'*ec p\r la ,lorra9e3 le pays fut si t\rm5t que les arti/es1 c'e/--dire une des p>ties les plus consci5tes de la race1 ds]tai5t cont9uellem5t1 s'tablissai5t en ,italie1 s'y d=mai5t2 bons ou mauvais1 ils dev5ai5t ,itali5s en ,lorra9e4 ,puis il n'y eut pas de ri*e b\rgeoisie p\r s'enorgueillir d'un art local1 mais une ari/ocratie1 sans cesse en rapport avec des pays plus puissants1 honteuse de s5tir son prov9cial et pr5ant le bel air de ,france ou d',italie4 ,p\rtant1 le palais ducal1 modifi dans le gt ,r5aissance et dont les quatre c9quimes ont disp>u1 n\s fait voir un ct de l'me lorra9e1 l'esprit g\ailleur2 une g\aill]ie nullem5t rabelaisi5ne1 jamais lyrique1 mais faite d'obs]vation1 plutt matoise que v]veuse4 ,c'e/ de la c>icature1 sans gr&e joie4 ,le sec ,callot1 sec en dpit de l'abondance /udieuse de ses compositions1 app>ti5t la jeunesse de la race2 le gr\illem5t et l'motion des gu]res qu'il a vues le s\ti5n5t4 ,mais ,gr& ville1 si mesqu9 et pnible1 devait tre le d]ni] mot de cette ve9e qui n'ab\tit pas4 ,on la s5t p\rtant bi5 p]sonnelle1 la malice de ce petit peuple2 si cette race et t heureuse1 elle possdait l'lm5t d'un art p>ticuli]4 ,les lg5des1 *ansons1 anecdotes1 la f9esse si p>ticulire de ses gr&s hommes1 et mme auj\rd'hui le t\r d'esprit des campagn>ds tabliss5t bi5 qu'un c]ta9 comique se prp>ait4 ,cette v]ve1 t\j\rs un peu maigre1 puise p> les gu]res et l'loignem5t des arti/es1 alla se dess*ant4 ,il ne re/a plus de cette promesse qu'une t5dance dplorable au prcis1 au v\lu1 un a*>nem5t l'lgance mticuleuse4 ,au qu9zime sicle1 ct de cette grle malice1 l'me lorra9e fait voir un s5s huma9 de la vie trs pr(ond1 une gr&e piti4 ,ce petit peuple1 qui s'ag5\illait devant la ,dame de ,bon-,sec\rs et qui hassait la s]vitude1 ne laissait pas de ress5tir des frissons tragiques4 ,comme ,mi*el-,ange1 qui presque seul au milieu d'un peuple d'imag9ation riante1 reut une empre9te des horreurs de l',italie gu]rire1 ,ligi]-,ri*i] dramatisa p>mi les ,lorra9s1 qui1 sans trve f\ls1 g\aillai5t4 ,quelle simplicit1 quelle fran*ise6 ,il e/ bi5 le frre des hros nafs de cette race6 ,ah6 l'admirable voie que c'tait l6 ,ne discutons pas la =ce sublime de l',itali51 mais ,sa9t-,mi*el1 prs de la ,mise au tombeau1 l'glise des ,cordeli]s1 prs du monum5t de ,philippe de ,gueldres1 n\s rvons un art db>rass de cette rhtorique qu' c]ta9s j\rs on croit t\*] dans ,mi*el-,ange3 un art ayant t\te la saveur tragique du langage populaire1 o n'atte9t jamais la plus noble loqu5ce des potes4 ,mais cette race mal consci5te d'elle-mme1 qui v5ait d'enfant] obscurm5t le gnie de ,ligi]-,ri*i]1 se mit t\j\rs l'cole *ez ses vois9s4 ,elle ignora quel fils elle portait4 ,cette beaut imprieuse dont ,ligi] a vtu la mort1 auj\rd'hui encore e/ mal connue4 ,une vague lg5de1 d'ailleurs ins\t5able1 voil t\t ce que sav5t les ,lorra9s3 ,mi*el-,ange r5contrant l'arti/e lui aurait fait l'honneur de l'emm5] avec lui4 ,eh6 gr& ,dieu6 le sot loge6 ,ces deux ,lorra9es *\r5t1 la ,lorra9e de l'ironie comme celle de la gr&eur sans morgue1 p\r avoir ignor leur gnie et d\t d'elles-mmes timidem5t4 ,le s5tim5t qui donnait cette race une notion si f9e du ridicule lui fit peut-tre cra9dre de s'pan*]4 ,a *aque gnration1 elle se rtrcit4 ,son art n'a jamais d'ab&on ni d'audace1 t\t e/ v\lu3 suppression des dtails significatifs1 imitation des coles trangres4 ,la meilleure p>tie de la ,lorra9e1 sa noblesse et ses arti/es1 t\j\rs avai5t s\pir avec une admiration nave v]s l',italie2 ,claude ,gelle il fut donn d'y vivre4 ,il porta dans l'cole roma9e nos in/9cts et notre discipl9e4 ,il peignit ce ciel1 cette t]re et cette m] dans une lumire si vaporeuse1 avec une h>monie si impossible1 qu'on peut dire vraim5t qu'en copiant1 c'tait son rve1 notre rve1 qu'il exprimait4 ,c'tait une ds]tion4 ,il pr(itait de l'idal de ces anctres1 p\r en =tifi] l',italie2 il n'a pas accru la consci5ce de sa race4 ,aprs lui1 la ,lorra9e1 qui l'ignora1 comme elle avait mconnu ,ligi]-,ri*i]1 dess*e de plus en plus sa ve9e4 ,et l'ef=t du d]ni] arti/e sorti vraim5t de l'me populaire1 le d]ni] travail ne devant ri5 l'trang]1 s]a cette admirable grille du s]ruri] ,jean ,lam\r3 une d5telle en f]4 ,qu'importe si la dlicieuse /atue de ,bag>d 7#afci-agji71 g>onnire maligne et t\*ante qui porte un mdaillon1 n\s ravit et n\s reti5t longuem5t dans le rez-de-*ausse du muse lorra96 ,c'e/ une gr&e dame raff9e2 sa spirituelle afft]ie monda9e f]ait p>atre un peu grossire la simplicit1 la g\aill]ie de nos meilleurs aeux4 ,elle e/ bi5 du pass1 l'me lorra9e3 ,bag>d n'y songe gure4444 ,et n\s-mmes1 ,simon1 il n\s faut un ef=t p\r la retr\v] s\s nos mes acquises4 ,cette jeune femme1 cette ,franaise1 c'e/ t\te notre s5sibilit fleur de peau1 une floraison t\te neuve1 p\r laquelle1 comme ,bag>d1 comme la ,lorra9e entire d'auj\rd'hui1 n\s avons ddaign de cultiv] le simple j>d9 s5tim5tal hrit de nos vieux p>5ts4 99 99 99 99 99 ,,quatri,,me ,,j\rn,e ,,agonie ,,de ,,la ,,lorra9e ,ne quittons pas si vite un peuple qui v\lait se dvelopp]4 ,n\s savons quels ttonnem5ts1 quelles misres c'e/ de *]*] sa loi4 ,des *ecs si nobles val5t qu'on s'y intresse4 ,allons voir ces pla9es de ,vzelize1 t\s ces *amps de bataille sans gloire o la ,lorra9e s'puisa4 ,quelques traits de ce peuple s'y cons]v5t mieux que dans les villes2 c>1 ,nancy1 v+t c\rants trang]s ont r5v]s1 subm]g l'esprit auto*tone4 99 99 99 99 99 ,la campagne e/ plate1 assez abondante1 pas aff9e1 peut-tre maussade1 sans joie de vivre4 ,les physionomies n'ont pas de beaut2 les petites filles font voir une grimace vieillotte1 malicieuse sans malveillance2 en ri5 cette race1 d'ailleurs de gr&e ress\rce et sa9e1 n'a p\ss au type4 ,p> les aprs-midi d't1 on se runit au ,qu>oi et les femmes1 travaillant dans l'ombre que dc\p5t les maisons1 se donn5t le plaisir de ridiculis]4 99 99 99 99 99 ,quels s\v5irs ont-ils g>ds de jadis8 ,p> les coles1 les inscriptions locales1 ils sav5t une vague bataille de ,nancy1 o ,r5 ,,ii leur donna la vie2 puis ,/anislas1 qui fut leur agonie4 ,mais dans le peuple1 c'e/ la tradition des ,sudois qui dom9e2 *aque ville en raconte quelque horreur4 ,ils tur5t vraim5t la ,lorra9e4 ,ils saccagr5t t\t1 ,ri*elieu s'applaudissant4 ,mme les amis du duc ,*>les ,,iv e/imr5t sage de s'appropri] les d]nires ress\rces de ceux qu'ils ne p\vai5t df5dre4 ,c5t c9quante mille b&its1 aids d'autant de femmes1 pit9ai5t le pays dont la ru9e se prolongea jusqu' la f9 du sicle4 ,cep5dant la race lorra9e affame s'entre-dvorait4 ,il y avait dans les campagnes des piges p\r hommes1 comme on en met aux l\ps2 des familles mangr5t leurs enfants1 et mme des jeunes g5s1 leurs gr&s-p>5ts4 ,t\tefois ce pauvre peuple se rj\issait quelques petits dboires de ses ennemis1 tels que des vasions de prisonni]s1 et surt\t pr5ait son plaisir aux bons t\rs de l'extraord9aire ,*>les ,,iv4 trange f\1 que produisit ce pays raisonnable dans les viol5tes convulsions de son agonie6 ,il semble que ,*>les ,,iv ait g* en une vie t\te l'n]gie qui1 dp5se sagem5t dans une suite d'hommes1 et t fconde en gr&es *oses4 ,c'e/ le va-t\t d'une situation dsespre1 d'une race qui s5t l'av5ir lui manqu]4 ,en ,*>les ,,iv1 il y a pl?ore1 qualits lorra9es trop haute pression1 mais il ne contr$it pas les c>actres de sa race4 ,ce m]veilleux av5turi]1 avec les tresses blondes de ses *eveux p5dants et ses s\ples voltiges d'cuy] devant les femmes de ,l\is ,,xiii1 tait sagace1 pratique1 d'loqu5ce simple1 et pas *eval]esque le mo9s du monde4 ,il avait le don de plaire t\s1 mais se g>dait de t\s4 ,ce fantasque1 ce railleur qui ne sut mme pas s'p>gn] dans ses bons contes1 ce p]ptuel irrsolu dsirait violemm5t1 et s\v5t il demeura f]me dans son s5tim5t4 ,c'e/1 au rsum1 un ,lorra9 des premi]s temps1 mais avec t\te la fivre inquite d'un peuple qui va m\rir4 ,*>les ,,iv ne n\s montre qu'un trait n\veau1 le dsir de p>atre2 c'e/ qu'il avait t lev la c\r de ,france1 et que les circon/ances le =cr5t t\te sa vie vivre p>mi les trang]s2 or n\s avons vu le c>actre1 l'art lorra9s1 t\j\rs cra9tifs de p>atre ridicules1 pr5dre l'air la mode4 ,p>-dess\s sa brillante *eval]ie1 c'tait ess5tiellem5t un capita9e brave et g\ailleur1 sa*ant plaire sans ef=t aux hommes simples1 l'un d'eux vraim5t1 comme on le vit bi51 aprs cette fleur de jeunesse la franaise1 dans sa t5ue de vie et dans ses projets de m>iage qui sc&alisr5t si =t ,p>is et ,v]sailles1 sans qu'il s'mt le mo9s du monde4 ,le malheur l'avait remis dans la logique de sa race4 ,c'e/ du haut de ,sion1 pl]9age jadis fameux1 auj\rd'hui attri/ de mdiocrit1 que1 mo9s di/raits p> le dtail1 n\s pr5ons une possession complte de la gr&eur et de la dcad5ce lorra9e4 ,devant n\s1 cette prov9ce s't5d srieuse et sans grce1 qui fut le pays le plus peupl de l',europe1 qui fit press5tir une haute civilisation1 qui produisit une poigne de hros et qui ne se s\vi5t mme plus de ses =t]esses ni de son gnie4 ,ds le sicle d]ni]1 cette brave population dut accept] de t\te "p les trang]s qu'elle avait rep\sss tant qu'elle tait une race libre1 une race se dveloppant selon sa loi4 ,du mo9s1 la consci5ce lorra9e1 englobe dans la franaise1 l'enri*it en y disp>aissant4 ,la beaut du c>actre de la ,france e/ faite p\r quelques p>celles importantes de la s5sibilit cre l5tem5t p> mes vieux p>5ts de ,lorra9e4 ,cette petite race disp>ut1 ni dgrade1 ni ass\pie1 mais brutalem5t saigne aux quatre ve9es4 ,depuis longtemps les arti/es tai5t obligs de s'loign]1 en ,italie de prfr5ce1 p\r tr\v]1 avec la paix de l'tude1 des amateurs suffisamm5t ri*es4 ,les ducs enf9 quittr5t le pays1 o ils se ma9t5ai5t difficilem5t contre l'trang]1 emm5ant une p>tie de leur noblesse4 ,dans la masse de la population cruellem5t dim9ue1 les vides tai5t combls p> des ,allem&s1 dome/iques et autres hommes de bas mti]1 dont fut paissie la v]ve naturelle de ma race1 de cette noble race qui rep\ssait le prote/antisme 7admirable rsi/ance d',anto9e aux b&es lu?ri5nes1 en #aebc74 ,si je dfaille1 ce s]a de mme p> manque de vigueur et non faute de dons naturels4 ,n\s avons1 mon ami et moi1 les plus jolis in/9cts p\r n\s crer une p]sonnalit4 ,saurons-n\s les agrg]8 ,les b>b>es s'impos]ont peu peu nos mes cause des basses ncessits de la vie2 j'entrevois les meilleures p>ties de nos tres1 qui s'accommod5t1 tant bi5 que mal1 de rves conu p> des races trangres4 99 99 99 99 99 ,,c9qui,,me ,,j\rn,e ,,la ,,lorra9e ,,morte ,notre enqute t\*e sa f92 de ,sion n\s desc5drons notre ermitage de ,sa9t-,g]ma94 ,visit] ,lunville6 ,ret\rn] ,nancy o n\s ngligemes la ville neuve6 p\rquoi prolong] a9si la tri/esse dont m'emplit l'avortem5t de l'me lorra9e8 ,dans ce *teau de ,lunville1 les ntres fur5t humilis4 ,ce palais ne me p>l]ait que de ,/anislas1 un pr9ce bon et f91 je l'accorde1 mais ent\r de petites femmes et de petits abbs qui1 p> bel air1 raillai5t les *oses locales et copiai5t ,v]sailles4 ,la ,lorra9e1 dit-on1 l'aima2 c'e/ qu'elle avait p]du t\te consci5ce de soi-mme2 elle tait morte2 seul son nom subsi/ait4 ,a c]ta9s j\rs1 mon ami et moi1 n\s sommes aussi capables de pr5dre plaisir des plaisant]ies faciles sur ce qu'il y a de plus pr(ond et d'ess5tiel en nos mes4 ,c'e/ que n\s vivons pe9e2 n\s vivons p> un ef=t d'analyse4 ,comme le n\veau ,nancy1 je m'accommode de la s5sibilit que ,p>is n\s donne t\te faite4 ,en *ange d'un bonheur calme1 assur1 la ,lorra9e a laiss ,p>is l'initiative4 ,n'e/-ce pas a9si que1 lasss de heurt] les trang]s1 n\s ab&onnions notre libre dveloppem5t p\r adopt] le ton de la majorit8 ,je refuse d'admir]1 sur l'emplacem5t du vieux ,nancy de mes ducs1 la place ,/anislas1 qui p>t\t ailleurs m'en*ant]ait4 ,et s'il m'arrivait1 devant l'lgance un peu froide de cette belle dcoration1 s'il m'arrivait de retr\v] quelques traits de la m?ode et du rve con/ant de l'me lorra9e1 je n'en aurais que de la tri/esse1 me disant3 la m?ode et le rve que j'honore en moi avec tant d'ardeur n'app>aiss5t gure plus dans l'ord9aire de mes actions que1 dans ce ,nancy mod]ne1 les vieux c>actres lorra9s4 ,ah6 nos aeux1 leurs v]tus et t\t ce possible qu'ils portai5t en eux sont bi5 morts4 ,*oses de muse ma9t5ant et obscures p]ceptions d'analy/e4 ,/anislas a cr une acadmie et une biblio?que4 ,dans la suite1 une socit ar*ologique fut jo9te ces in/itutions4 ,seules1 elles abrit5t ce qui peut encore vivre de la consci5ce lorra9e4 ,elles sont le s\v5ir de ce qui n'exi/e plus4 ,o la mort e/ entre1 il ne re/e qu' dress] l'inv5taire4 99 99 99 99 99 ,vi]ge de ,sion1 je ne puis v\s pri] p\r ce pays de ,lorra9e ni p\r moi4 ,la s*]esse dont je sais que cette race e/ morte m'envahit4 ,v\s-mme m'app>aissez si tri/e et dlaisse que je v\s aime avec une nuance de piti1 sans l'lan am\reux de celui qui voit sa vi]ge clatante et dsire de t\s4 ,p>ce que je connais l'tre que j'ai hrit de mes pres1 je d\te de mon p]fectionnem5t indf9i4 ,je cra9s d'avoir bi5tt t\* la limite des s5sations dont je suis susceptible4 ,petit-fils de ces aeux qui ne sur5t pas se dvelopp]1 ne vais-je po9t demeur] inf9im5t loign de ,dieu1 qui e/ la somme des motions ayant consci5ce d'elles-mmes8 ,mais non6 il ne faut pas que je m'ab&onne4 ,je calomnie ma race4 ,si elle n'a pas utilis t\s les dons qui lui tai5t disp5ss1 il en e/ un qu'elle a dvelopp jusqu'au type4 ,elle a augm5t l'humanit d'un idal assez neuf4 ,de ,r5 ,,ii ,dr\ot1 en passant p> ,jeanne1 une des =mes du ds9tressem5t1 le devoir militaire a p>u ici s\s son plus bel aspect4 ,il y a dans ma race1 non pas l'esprit d'attaque1 la tmrit trop s\v5t mle de vanit1 mais la f]met rfl*ie1 p]svrante et opportune4 ,faire en temps v\lu ce qui e/ conv5able4 ,on vit en ,lorra9e les plus sages soldats du monde1 ceux que le p5seur accueille4 ,p> les armes1 le ,lorra9 avait fond sa race2 p> les armes1 il essaye hroquem5t de la protg]4 ,press p> les trang]s1 il n'eut pas le loisir de *]*] d'autres procds p\r tre un homme libre4 ,comm5t et-il dvelopp ces dons d'ironie1 ce ralisme huma9 si noble qu'il n\s fit entrevoir8 ,il bataillait sans trve ct de son duc4 ,le loyalisme ducal1 en ,lorra9e1 s'e/ fondu plus troitem5t que p>t\t ailleurs avec l'ide de patrie4 ,dans sa misre1 cette race se consolait d'tre mutile de ses qualits naissantes en aimant ses ducs1 qui fur5t s\v5t des pr9ces exemplaires et jamais de mauvais hommes4 ,que je dp5se la mme n]gie1 la mme p]svrance me protg] contre les trang]s1 contre les ,b>b>es1 alors je s]ai un homme libre4 99 99 99 99 99 ,,sixi,,me ,,j\rn,e ,,conclusion4--,,la ,,soir,e ,d',,h>\ ,simon1 un peu gt1 selon moi1 p> l'ducation de la rue ,sa9t-,guillaume1 ne gtait qu' demi mes intuitions4 ,c'e/ un hi/ori5 d'une rs]ve extrme4 ,il collectionne et cote les petits faits1 sans cons5tir recevoir d'eux cette abondante motion qui1 p\r moi1 e/ t\te l'hi/oire4 ,or1 les vieilles *oses de ,lorra9e1 en huit j\rs1 avai5t rveill des belles-aux-bois qui sommeill5t en mon me2 ,simon me laissa t\t les c>ess]4 ,il me prcda ,sa9t-,g]ma92 d'ailleurs des repas mdiocres1 t\j\rs1 l'indisposr5t4 99 99 99 99 99 ,je n'ai pas oubli cette soire sil5cieuse1 v]s les c9q heures1 dans la petite ville d',h>\1 o la vieille place e/ abrite de noy]s malades4 ,le soleil de fvri]1 en s'incl9ant1 avait laiss dans l'air quelque d\ceur4 ,j'allai1 dsoeuvr1 jusqu' l'tang que =m5t les fosss cr\ls d'un *teau pompeux1 bti s\s ,lopold1 et dont la froide impriosit contr>ie le paysage4 ,je m'ennuyais d'un ennui mol1 et t\j\rs les pla9es d'eau me disposr5t la mlancolie4 ,il me sembla que l'eau elle-mme1 s\s ce climat1 dsormais vivait avec mdiocrit4 ,je s5tais bi5 que des p>celles de l'anci5ne me de ,lorra9e1 p>ses encore dans ce paysage mal+re d'hiv]1 faisai5t ef=t p\r me di/raire2 mais la ru9e de ma nation m'avait trop lass p\r que sa d\ceur po/hume me consolt de sa vigueur abolie2 et une tri/e migra9e me v5ait du ple9 air4 ,le ple soleil c\*ant (f5sait mes yeux1 /ris de fibrilles p> la lampe t>d allume sur les actes et les p5ses de ,lorra9e4 ,nancy1 oublieuse du pass1 m'avait *oqu1 mais dans ces campagnes1 o t\t e/ s\v5ir de nos aeux et qui1 replies sur elles-mmes1 n'ont pas remplac la gr&e morte qui les animait1 je me s5tis avec une nettet s+ulire l'hriti] d'une race inju/em5t va9cue4 ,de r>es paysans--mes frres1 c> nos aeux communs combattai5t auprs de nos ducs--passai5t1 me saluant1 comme un ami1 d'un ge/e grave dans ce crpuscule4 ,tri/em5t je les aimais4 ,a cause de l'humidit je rev9s jusqu' l'aub]ge4 ,avec le soir1 la voiture du *em9 de f] arriva1 et j'eus le coeur s]r que p]sonne n'en desc5dt p\r me press] dans ses bras4 ,je dnai mal1 impati5t d'en f9ir1 la lueur du ptrole4 ,ensuite1 qu& je v\lus1 malgr l'obscurit pr(onde1 faire quelques pas l'air1 c> j'tais conge/ionn1 des *i5s hurlant m'intimidr5t4 ,je r5trai dans l'aub]ge1 disant3 ,je suis l1 p]du1 isol1 et p\rtant des =ces sommeill5t en moi1 et pas plus que ma race1 je ne saurai les pan\ir4 ,dans cette vieille salle1 le sil5ce me pntrait d'angoisse4 ,je s5tais bi5 que ce n'tait que de l'inacc\tum1 que t\t ce dcor tait en somme de bont4 ,dans la nuit rp&ue1 la ,lorra9e m'app>aissait comme un gr& animal in(f5sif qui1 t\te n]gie puise1 ne vit plus que d'une vie vgtative2 mais je compris que n\s n\s gnions galem5t1 tant l'un a l'autre le miroir de notre propre affaissem5t4 ,p\r r5dre un peu si5 un endroit qu'on ignore1 o l'on n'a pas sa *aise familire1 son co9 de table1 et o la lampe dc\pe des ombres inacc\tumes1 le meilleur expdi5t e/ de se mettre au lit4 ,ce sans-gne r*auffe la situation4 ,mais je n'osais appuy] ma j\e sur ces draps bis2 t\t mon corps se sauvait en frissonnant de ces rudes toiles1 o1 solide et confiant en moi1 je me s]ais brutalem5t enf\i au *aud4 ,alors je r5trai dans mon univ]s4 ,p> un ef=t vig\reux que facilitai5t ma dtresse morale et la solitude nue de cette *ambre1 je projetai hors de moi-mme ma consci5ce1 son atmosphre et les pr9cipales ides qui s'y meuv5t4 ,je matrialisai les =mes habituelles de ma s5sibilit4 ,j'avais l1 camps devant moi comme une c>te de gographie1 t\s les po9ts que1 grce mon analyse1 j'ai relevs et dcrits en mon me3 ,d'abord un va/e t]ritoire1 mon tempram5t1 produisant avec abondance une belle v>it de phnomnes1 rebelle c]ta9es cultures1 /rile sur plusieurs po9ts1 o des p>ties sont encore dc\vrir1 ples indcises et flottantes4 ,p>-dessus ce premi] moi1 je vis dess9es des figures frmissantes qui semblai5t p>l]4 ,ce sont les matres que n\s int]rogions ,sa9t-,g]ma91 dev5us auj\rd'hui une p>tie importante de mon me4 ,je vis aussi de gr&s travaux accomplis p> des gnrations d'inconnus1 et je reconnus que c'tait le labeur de mes anctres lorra9s4 ,or1 t\s ces morts qui m'ont bti ma s5sibilit bi5tt rompir5t le sil5ce4 ,v\s compr5ez comm5t cela se fit3 c'e/ une conv]sation intrieure que j'avais avec moi-mme2 les v]tus div]ses dont je suis le son total me donnai5t le conseil de *acun de ceux qui m'ont cr trav]s les ges4 ,je leur disais3 ,v\s tes l'glise s\ffrante l'esprit en tra9 de mrit] le triomphe2 ne p\rrai-je pas m'lev] plus haut1 jusqu' l'glise triomphante8 ,comme le veut l',imitation1 qui guide mon ef=t spirituel1 je me suis repos dans vos plaies2 j'ai vcu la passion de l'esprit que v\s avez s\ff]te4 ,qu& mrit]ai-je le bonheur8 ,l'espoir de m'lev] enf9 auprs de ,dieu me s]ait-il int]dit8 ,p\rquoi1 mes amis1 ne ftes-v\s pas heureux8 ,alors t\s ceux que j'ai t un in/ant me rpondir5t4 ,d'abord ,,les ,,jeunes ,,g5s 7p>s dans les gr&es villes1 au c\*] du soleil73 ,il n'e/ d'autre remde que la mort1 et n\s n\s dlivrons rsolum5t ou p> des excs dsesprs4 ,moi 7avec dgt p\r une p>eille infirmit de philosophe73 ,mes frres1 votre solution ne m'intresse pas1 puisqu'elle m'e/ t\j\rs (f]te1 puisque j'ai la c]titude qu'elle me s]a impose un j\r1 et qu'enf91 si l'usage elle m'app>at insuffisante1 elle ne me laisse pas la ress\rce de rec\rir un autre procd4 ,d'ailleurs v\s me proposez t\t le contraire de mon dsir1 c> j'aspire non pas m\rir1 mais vivre dans ce corps-ci et vivre le plus possible4 ,alors ,,b5jam9 ,,con/ant3 ,j'aurais d ne pas dem&] mon bonheur aux autres4 ,,sa9te-,,beuve3 ,j'eus tort de *]*] leur plaire4 444 ,a9si p>lr5t-ils1 et ,moi je leur disais3 ,v\s s\ffriez donc p\r avoir accept les ,b>b>es6 ,v\s1 que je pris p\r int]cesseurs1 v\s n'avez mme pas compris la ncessit de l'isolem5t1 le bi5fait de l'univ]s qu'on se cre4 ,v\s ignoriez qu'il faut tre un homme libre6 99 99 99 99 99 t5du sur ce lit1 la lueur tragique d'une *&elle d'aub]ge1 je mprisai d\l\reusem5t ces g5s-l2 je vis qu'ils tai5t grossi]s4 ,et ces p>ties de moi-mme1 qui m'avai5t en*ant jadis1 m'coeurr5t4 ,l'imitation des hommes les meilleurs *\ait me hauss] jusqu' toi1 ,esprit1 ,total des motions6 ,lass de ne recueillir de mes int]cesseurs que des notions sur ma s5sibilit1 sans arriv] jamais l'amlior]1 j'ai re*]* en ,lorra9e la loi de mon dveloppem5t4 ,a suivre le travail de l'inconsci5t1 refaire a9si l'asc5sion p> o mon tre s'e/ lev au degr que je suis1 j'ai tr\v la direction de ,dieu4 ,press5tir ,dieu1 c'e/ la meilleure faon de l'appro*]4 ,qu& les ,b>b>es n\s ont d=ms1 p\r n\s retr\v] ri5 de plus excell5t que de rfl*ir sur notre pass4 ,j'eus raison de re*]*] o se p\ssait l'in/9ct de mes anctres2 l'individu e/ m5 p> la mme loi que sa race4 ,a ce titre1 ,lorra9e1 tu me fus un miroir plus puissant qu'aucun des analy/es o je me contemplai4 ,mais1 ,lorra9e1 j'ai t\* ta limite1 tu n'z pas ab\ti1 tu t'es dess*e4 ,je t'ai une inf9ie reconnaissance1 et p\rtant tu ju/ifies mon dc\ragem5t4 ,jusqu' toi j'avais sur moi-mme des ides confuses2 tu m'z montr que j'app>t5ais une race incapable de se ralis]4 ,je ne saurai qu'entrevoir4 ,il faut que je me dissolve comme ma race4 ,mes meilleures p>celles ne vaudront qu' enri*ir des hommes plus heureux4 99 99 99 99 99 ,alors la ,lorra9e me rpondit3 ,il e/ un in/9ct en moi qui a ab\ti2 t&is que tu me p>c\rais1 tu l'z reconnu3 c'e/ le s5tim5t du devoir1 que les circon/ances m'ont fait tmoign] s\s la =me de brav\re militaire4 ,et1 si dc\rage que puisse tre ta race1 cette v]tu doit subsi/] en toi p\r te donn] l'assurance de bi5 faire1 et p\r que tu p]svres4 ,qu& tu t'abaisses1 je veux te vant] comme le favori de tes vieux p>5ts1 c> tu es la consci5ce de notre race4 ,c'e/ peut-tre en ton me que moi1 ,lorra9e1 je me s]ai connue le plus compltem5t4 ,jusqu' toi1 je trav]sais des =mes que je crais1 p\r a9si dire1 les yeux f]ms2 j'ignorais la raison selon laquelle je me m\vais2 je ne voyais pas mon mcanisme4 ,la loi que j'tais en tra9 de crer1 je la dr\lais sans ri5 connatre de cet univ]s dont je compltais l'h>monie4 ,mais ce po9t de mon dveloppem5t que tu reprs5tes1 je possde une consci5ce assez complte2 j'entrevois quels possibles lutt5t en moi p\r p>v5ir l'exi/5ce4 ,soit6 tu ne saurais all] plus vite que ta race2 tu ne peux tre auj\rd'hui l'in/ant qu'elle et t dans quelques gnrations2 mais ce futur1 qui e/ en elle l'tat de dsir et qu'elle n'a plus l'n]gie de ralis]1 cultive-le1 pr5ds-en une ide claire4 ,p\rquoi t\j\rs te complaire dans tes humiliations8 ,pose devant toi ton press5tim5t du meilleur1 et que ce rve te soit un univ]s1 un refuge4 ,ces beauts qui sont encore imag9atives1 tu peux les habit]4 ,tu s]as ton ,moi embelli3 l',esprit ,triomphant1 aprs avoir t si longtemps l',esprit ,militant4 99 99 99 99 99 ,,livre ,,troisi,,me ,l',,glise ,,triomphante 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,vii ,,ac,,dia4----,s,,p>ation ,,dans ,,le ,,mona/,,re ,la brutalit du gr& air1 l'insomnie des nuits d'aub]ge sur des oreill]s inacc\tums et cette l\rde n\rriture me donnr5t une fivre de fatigue4 ,au dt\r d'un *em91 la femme d'un cab>eti] dem&ait mon voituri]3 ,e/-ce qu'il ne va pas m\rir8 ,c'e/ p\r avoir eu le mme d\te sur ma race que je p>aissais puis4 ,la nuit1 surt\t je m'agitais inf9im5t4 ,ds l'aube1 s\s le clotre1 je me prom5ais bi5 avant ,simon1 et la j\rne s'allongeait dans l'ennui4 ,t\tes p5ses m'tai5t *tives et p\ssireuses4 ,l'horizon g>dait la dsolante mdiocrit des *oses dj vues4 ,a *aque m9ute1 je calculais qu& vi5drait le pro*a9 repas1 o je m'asseyais sans apptit1 et la vi&e1 entre t\tes *oses1 me faisait horreur4 ,puis s'allongeait une n\velle b&e de temps4 ,je suis conva9cu que1 p\r des tres s5sibles et raisonneurs1 les maladies sont contagieuses4 ,simon1 jusqu'alors encl9 la voracit1 fut pris d'un dgt de n\rriture2 il tait humili d'une con/ipation malsa9e que c\p5t des coliques prcipites4 crass dans nos bas fauteuils1 et p>eils au ,pauvre ,p*eur de ,puvis de ,*avannes1 n\s n\s lam5tions avec m9utie4 ,nos lvres et nos doigts1 t\t notre tre s'agitai5t dans un dsir maniaque de fum]1 alors que notre e/omac en avait horreur4 ,l5tes aprs-midi de janvi]6 la campagne clatante de neige6 notre b\*e pteuse1 nos d5ts s]res de malades1 et la peau tire de notre visage qui n\s donnait un rictus dgt6 ,or1 n\s tant reg>ds en face1 n\s emes le c\rage de mpris] haute voix l'difice que n\s avions entrepris4 ,cep5dant que je me r5iais1 il me p>ut que je commettais une mauvaise action1 et une incroyable humiliation se rp&it en moi comme un flot sale4 ,j'tais rduit un tel enfantillage que j'aurais aim pleur]4 ,j'tais bless que ,simon abondt si brutalem5t dans mes blasphmes c> j'avais une n\velle dm>*e lui propos]4 ,mais je s5tis bi5 qu'il accueill]ait avec dfiance mes rflexions d',h>\4 ,en va9 essaymes-n\s1 avec une excell5te f9e *ampagne1 de n\s relev]4 ,j'y gagnai le soir un sommeil pais1 mais ds l'aube c'tait une acuit1 une surexcitation d'esprit insupportable1 avec1 p> t\t le corps1 des f\rmillem5ts4 ,je fus obsd1 cette poque1 d'un s5tim5t int5se1 qui1 sans raison app>5te1 se lve en moi de longs int]valles3 l'ide qu'un j\r1 ne ft-ce qu' ma d]nire nuit1 sur mon oreill] froiss et brlant1 je regrett]ai de n'avoir pas j\i de moi-mme1 comme t\te la nature semble j\ir de sa =ce1 en laissant mon in/9ct s'impos] mon me en irrfl*i4 ,p]scut p> cette ide fixe1 je s]rais mon front dans mes ma9s1 et me rejetais en arrire avec une dtresse incroyable4 ,je crois bi5 que je ne dsire pas gr&'*ose1 et les *oses que je dsire1 il me s]ait possible de les obt5ir avec quelque ef=t2 aussi n'e/-ce pas leur abs5ce qui m'attri/e1 mais l'ide qu'il vi5dra un j\r o1 si je les dsirais1 ce s]ait trop t>d4 ,et1 seule1 la probabilit que1 dans la mort on ne regrette ri51 peut attnu] ma tri/esse4 ,c'e/ un gr& malheur que notre in/9ctive croyance notre lib]t1 et puisque n\s ne *angeons ri5 la m>*e des *oses1 il vaudrait mieux que la nature n\s laisst aveugles au dbat qu'elle mne en n\s sur les div]ses manires d'agir galem5t possibles4 ,malheureux spectateur1 qui n'avons pas le droit de ri5 dcid]1 mais seulem5t de t\t regrett]6 ,p>fois1 dans ce ds>roi de mon tre1 d'tranges images montai5t du fond de ma s5sibilit que je ne sy/matisais plus4 ,il tait six heures2 depuis tr5te m9utes peut-tre n\s n'avions pas ouv]t la b\*e4 ,je me pris rv] t\t haut dans cette *ambre claire seulem5t p> le foy]3 ,peut-tre s]ait-ce le bonheur d'avoir une matresse jeune et impure1 vivant au dehors1 t&is que moi je ne b\g]ais jamais1 jamais4 ,elle vi5drait me voir avec ardeur2 mais *aque fois1 la d]nire m9ute1 me pressant dans ses bras1 elle me montr]ait un visage si tri/e1 et son sil5ce s]ait tel que je croirais v5u le j\r de sa d]nire visite4 ,elle revi5drait1 mais p]ptuellem5t j'aurais v+t-quatre heures d'angoisse entre *acun de nos r5dez-v\s1 avec le c\p de massue de l'ab&on susp5du sur ma tte4 ,mme il faudrait qu'elle arrivt un j\r aprs un long ret>d1 et qu'elle prolonget a9si cette heure d'agonie o je guette son pas dans le petit escali]4 ,peut-tre s]ait-ce le bonheur1 c>1 dans une vie jamais di/raite1 une telle t5sion des s5tim5ts f]ait l'unit4 ,ce s]ait une vie sy/matise4 ,ma matresse1 lo9 de moi1 ne s]ait pas heureuse2 elle subirait une passion vig\reuse laquelle p>fois elle rpondrait1 tant e/ faible la *air1 mais en t\rnant son me dsespre v]s moi4 ,et j'aurais un plaisir ineffable lui expliqu] avec des mots d'am]tume et de t5dresse les pures doctr9es du quitisme3 ,qu'importe ce que fait notre corps1 si notre me n'y cons5t pas6 ,ah6 ,simon1 combi5 j'aim]ais tre ce malheureux consolateur-l4 ,elle s]ait pieuse4 ,elle et moi1 malgr nos p*s1 n\s bais]ions la robe de la ,vi]ge4 ,et comme l'am\r r5d inf9im5t comprh5sif1 ou1 mieux encore1 comme elle ne connatrait ri5 de l'homme que je puis p>atre au vulgaire1 elle ne s\ponn]ait pas un in/ant ma bonne foi2 en sorte que mon me indcise p\rrait tre1 aux plis de sa robe1 fran*em5t religieuse4 ,et comme ,simon ne rpondait pas1 je repris1 cause de ce beso9 naturel de plaire qui me fait *]*] t\j\rs un acquiescem5t3 ,elle s]ait jeune1 belle fille1 avec des g5\x f9s1 un corps ayant une ligne fran*e et un s\rire imprvu inf9im5t t\*ant de s5sualit tri/e4 ,elle s]ait vtue d't(fes s\ples1 et un j\r1 pe9e entre1 je la vois qui me dsole de sanglots sans cause1 en ca*ant contre moi son f9 visage4 99 99 99 99 99 ,mon ,moi e/ jal\x comme une idole2 il ne veut pas que je le dlaisse4 ,dj une lassitude et dgt n]veux m'avai5t av]ti qu& je me ngligeais p\r ador] des trang]s4 ,j'avais compris que les ,sa9te-,beuve et les ,b5jam9 ,con/ant ne val5t que comme miroirs grossissants p\r c]ta9s dtails de mon me4 ,une fois encore mes n]fs me fir5t r5tr] dans la bonne voie4 ,je p\ssai l'extrme mon coeurem5t1 je le passionnai1 en sorte qu'ennobli p> l'exaltation1 il dev9t digne de moi-mme et me fconda4 ,voici comm5t la *ose se fit4 ,j'exam9ais avec ,simon notre ds>roi et je lui disais que la difficult n'tait pas de tr\v] un bon sy/me de vie1 mais de l'appliqu]3 --,il faudrait des ncessits intellig5tes me contraignant faire le conv5able p\r que je sois heureux4 --,quoi6 me rpondait-il1 un mdec9 dans un hpital8 un pre suprieur dans un mona/re8 ,o pr5drais-tu l'n]gie de leur obir8 ,et si tu la possdes1 leurs conseils sont sup]flus1 c> tu peux te les donn] toi-mme4 --,je ne v\drais pas tre m5 avec d\ceur1 c> je me mfie de mes dfaillances4 ,c'e/ peut-tre que mon me s'effm9e2 mais elle v\drait tre rudoye4 ,s\s un clotre1 dans ma cellule1 je s]ais heureux si je savais qu'un matre t]rible ne me laisse pas d'autre ress\rces que de subir une discipl9e4 ,le rve de ma race e/ mal employ et je dsespre qu' moi seul je puisse l'am5] la vie4 ,simon prote/a3 --,les hommes1 dit-il1 sont abjects1 ou du mo9s ils me p>aiss5t tels4 7,on se fait des imag9ations qui val5t des vrits3 a9si toi1 p\r qui *acun fut aimable1 c> tu es sduisant et dta*1 tu te figures avoir t m>tyris47 ,jamais1 ft-ce p\r mon bonheur1 je ne reconnatrai la dom9ation d'un homme4 ,t\s1 hors moi1 sont des b>b>es1 des trang]s1 et la ,lorra9e prcism5t n'a pas ab\ti p>ce qu'elle dut se s\mettre l'trang]4 ,et moi aussi1 j'avais rsolu de ne plus me con=m] des hommes4 ,le soir d',h>\1 j'avais r5i mes int]cesseurs4 ,simon p>tageait donc1 p\r le fond et sans le savoir1 mon op9ion secrte1 et p\rtant je fus mcont5t3 c'e/ que1 si n\s arrivions peu prs au mme po9t1 c'tait p> des raisonnem5ts trs diffr5ts4 ,je lui rpliquai avec mauvaise humeur3 --,encore cet odieux s5tim5t de la dignit6 cette morgue anglaise6 cette respectability que n'ab&onne pas ton ,sp5c] lui-mme6 ,en voil une fiction1 la dignit des g5s d'esprit6 ,en toi1 n'tes-v\s pas v+t v\s humili]1 v\s ddaign]1 v\s comm&]8 ,ici j'eus le tort de me lev]4 ,le ton dc\rag de notre entreti5 me mettait mal l'aise p\r lui s\mettre la n\velle m?ode que j'entrevoyais1 mais j'allais tre victime moi-mme de la dignit huma9e1 s'il ne me priait pas de me rasseoir4 ,il me laissa mont] dans ma *ambre4 --,t\t1 au monde1 lui dis-je avec dsespoir1 e/ mal fait1 et ce gr& dsordre de l'univ]s me blesse4 99 99 99 99 99 ,la nuit1 exaltant mon indignation1 me fut dplorable4 ,petite *ose accr\pie sur mon lit1 dans l'obscurit et le sil5ce1 j'att5dais que la d\leur me l*t4 ,impuissant et dsespr1 j'eus le s\v5ir de sa9t ,?omas d',aqu9 disant l'autel de ,jsus3 ,seigneur1 ai-je bi5 p>l devant v\s8 ,et devant moi-mme1 qui ai m?odiquem5t ador mon corps et mon esprit1 je m'int]rogeai3 ,me suis-je cultiv selon qu'il conv5ait8 99 99 99 99 99 ,je me levai p]du de froid1 trs t>d1 dans une mat9e de dgel4 ,rose1 qui e/ trop honnte fille p\r que j'en fasse des anecdotes1 entrait dans ma *ambre avec bonhomie1 c> c'tait son j\r4 ,si elle avait pr(it des enseignem5ts du cat*isme1 elle se ft plu 7elle un peu g\ailleuse7 me comp>] au vieux roi ,david qui r*auffait sa vigueur prs de jeunes ,juives4 ,ensuite1 je la priai qu'elle baisst les /ores fleurs clatantes p\r me ca*] l'ignom9ie du monde1 qu'elle activt le feu comme un f\r de v]ri]1 et qu'elle se retirt4 ,je me rec\*ai t\t le j\r1 s\cieux uniquem5t d'int]rog] ma consci5ce4 ,et dans notre confr5ce du soir1 sans plus t>d]1 je dis ,simon3 --,s+ulire physionomie de mon me6 ,la disgrce univ]selle me mcont5te1 au po9t que v\s-mme me blessez1 mon *] ami1 mon frre1 qu& v\s p>tagez mes faons de voir4 ,il ne me suffit plus qu'on m'appr\ve4 ,je m'irrite de t\t ce qu'on nie1 qu& on exalte ce que j'aime4 ,je v\s dirai t\te la vrit3 je ne puis plus support] qu'on nonce une op9ion sur les *oses qui sont4 ,je m'intresse uniquem5t ce qui devrait exi/]4 ,j'ai f9i de me contempl]4 ,comme les arbres qui p\ss5t et comme la nature entire1 je me s\cie seulem5t de mon ,moi futur4 ,alors ,simon1 avec cette faon glaciale que j'ai s\v5t gte1 mais qui me dplut cette occasion1 arrta le dbat3 --,je crois comme v\s que notre collaboration n'ab\tira pas1 c> n\s ne p\vons discut] que sur des po9ts du pass4 ,comm5t n\s faire en commun des ides claires sur ces obscures inquitudes et sur ces press5tim5ts qui sont t\tes nos notions de l'av5ir6 ,en consqu5ce1 je ret\rn]ai volonti]s ,p>is1 d'autant que j'ai fait des conomies1 et que n\s appro*ons de mai1 saison qui gay mon tempram5t4 ,voil bi5 la sp>ation que je dsirais1 mais ce me fut un dsespoir que lui-mme me l'impost4 99 99 99 99 99 ,je repris mon rve d',h>\1 en feuilletant des guides ,ba$ek] sur mon oreill]4 ,*acun de ces titres3 ,belgique1 ,allemagne en trois p>ties1 ,italie1 s\da9 m\vait un co9 de mon tre4 ,dsireux de m'assimil] ces sommes d'en?\siasmes1 quel mpris ne ress5tais-je pas p\r t\s ces maigres sa9ts devant qui je m'tais ag5\ill et qui ne sont qu'un po9t imp]ceptible dans le long dveloppem5t p\rsuivi p> l'me du monde trav]s t\tes les =mes6 ,le l5dema9 je dis ,simon3 --,je n'ab&onne pas le s]vice de ,dieu2 je cont9u]ai vivre dans la contemplation de ses p]fections p\r les dgag] en moi et p\r que j'appro*e le plus possible de mon absolu4 ,mais je donne cong aux petits scribes passionns et analy/es1 qui fur5t jusqu'alors nos int]cesseurs4 ,a9si que n\s essaymes en ,lorra9e1 je veux me model] sur des gr\pes huma9s1 qui me f]ont t\*] en un =t relief t\s les c>actres dont mon tre a le press5tim5t4 ,les individus1 si p>faits qu'on les imag9e1 ne sont que des fragm5ts du sy/me plus complet qu'e/ la race1 fragm5t elle-mme de ,dieu4 *appant dsormais la /rile analyse de mon organisation1 je travaill]ai ralis] la t5dance de mon tre4 ,t5dance obscure6 ,mais p\r la satisfaire je me modl]ai sur ceux que mon in/9ct lit comme analogues et suprieurs mon tre4 ,et c'e/ ,v5ise que je *oisis1 d'autant qu'il y fait en moy5ne #ac1ch en m>s et #ah1bc en mai4 ,puis la vie matrielle y e/ extrmem5t facile1 ce qui convi5t un contemplateur4 99 99 99 99 99 ,n\s n\s quittmes en n\s s]rant la ma94 ,la cra9te de m'loign] sur une motion un peu banale d'un local o n\s avions eu des frissons trs curieux m'emp*a seule de press] ,simon dans mes bras4 ,mais je con/atai que n\s n\s aimions beauc\p4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,viii ,a ,,luc]ne1 ,,m>ie ,b444 ,dans une g>e1 sur le trajet de ,bayon ,luc]ne1 ,milan et ,v5ise1 j'a*etai un livre alors n\veau1 le ,j\rnal de ,m>ie ,ba%kirtsef4 ,ri5 qu' la c\v]ture1 je compris que cet ouvrage tait p\r me plaire4 ,jamais mon intuition ne me trompe2 je vais m'enf]m] dans ,v5ise1 confiant que cette race me s]a d'un bon conseil4 ,cette jeune fille fut curieuse de s5tir4 ,avec mille trav]s1 elle se g>da t\j\rs ard5te et fire4 ,quoiqu'elle n'ait pas nettem5t di/+u qu'elle tait mue simplem5t p> l'am\r de l'arg5t1 qui fait l'indp5dance1 et p> l'horreur du vulgaire1 on peut la dire clairvoyante4 ,je l'e/ime4 ,sur le t>d1 elle fut effleure p> des s5tim5ts grossi]s3 elle dsira la gloire et elle m\rut de la poitr9e4 ,voil deux fautes graves2 au mo9s p> la seconde fut-elle corrige de la premire4 ,et le fait qu'elle a disp>u m'autorise lui donn] t\te ma sympa?ie1 qui pr5d p>fois des nuances de t5dresse4 99 99 99 99 99 ,je m'arrtai t\t un diman*e ,luc]ne4 ,les clo*es sonnant sans trve1 la neige p&ue sur le paysage1 le froid m'accablai5t de tri/esse4 ,je me prom5ai le long d'un lac invisible s\s le br\ill>d1 je bus des grogs dans de va/es htels solitaires1 et1 songeant ,simon abs5t1 l',italie d\teuse1 je craignis que sur le t>d de la soire1 une crise de dc\ragem5t me prt et me laisst sans sommeil dans mon lit de passage4 ,un conc]t annonait le ,p>adis et la ,pri de ,s*umann4 ,il me p>ut que s\s ce titre je p\rrais rv] avec pr(it4 ,et t&is qu'(ficiai5t les voix et les in/rum5ts1 p>mi tant de ,suissesses1 je me dem&ais3 ,a quoi p5sait ,m>ie8 ,quel monde cra-t-elle p\r s'y rfugi] contre la grossiret de la vie8 ,les *anteurs1 la musique disai5t3 ,l'clat des l>mes que l'esprit rp&444 ,les pleurs v]ss p> de tels yeux ont un p\voir my/rieux1 ,m>ie *]*ait la volupt dans l'imprvu2 elle fut trompe p> les gr&s mots du vulgaire1 elle eut cette honte que l'approbation des hommes la t5ta4 ,la gloire6 disait-elle1 ne compr5ant pas que ce mot signifie le contact avec les trang]s1 avec les ,b>b>es4 ,cep5dant je ne puis la mpris]4 ,*ez elle1 cette indigne proccupation ne fut pas bassesse naturelle1 mais t\*ante folie4 ,sa jeunesse ard5te1 qu'elle refusait la c>esse grossire des jeunes g5s1 *]*ait ailleurs des satisfactions4 ,elle embellissait1 sans d\te1 p> t\te la noblesse de sa s5sibilit1 cette gloire qu'elle entrevoyait1 et qui n'e/ p\r moi que le rsultat de mille calculs dont je connais l'intrigue4 ,un dsir d'une telle ardeur purifie son objet4 ,c'e/ ,titania t5dant ses petites ma9s ,bottom4 ,l'clat des l>mes que l'esprit rp& transfigure l'univ]s qu'il contemple4 ,les *anteurs1 la musique disai5t3 444 ,ah laisse-moi puis] la fivre444 ,m>ie s'g>a dans sa t5tative p\r sy/matis] sa vie4 ,un prix au ,salon annuel n'e/ pas1 comme elle le croyait1 un b suffisant t\s ces dsirs v]s t\s les possibles qui sommeill5t au fond de n\s4 ,du mo9s1 elle dsira l'en?\siasme4 ,et mme cette fivre put gr&ir en elle avec plus de viol5ce que *ez p]sonne1 c> elle tait un objet dlicat1 nullem5t emb>rasse de ces grossi]s in/9cts qui ral5tiss5t la plup>t des hommes4 ,a son contact1 j'aff9]ai mes frissons1 et mon sang brl]a d'une ardeur plus vive auprs d'un tel corps qui me semble une flamme4 ,ah6 laisse-moi puis] la fivre m'imag9] cette jeune poitr9e qui ne fut gonfle que p\r des *oses ab/raites4 ,les *anteurs1 la musique disai5t3 ,dors1 noble enfant1 repose jamais444 ,quoi qu'on me dise un j\r1 quelque dgt qui me vi5ne te relire1 je te promets de cont9u] te voir1 selon la lg5de qu'auj\rd'hui je me fais de toi4 ,comm5t p\vais-tu caus] des heures entires avec cet artisan8 mo9s peut-tre qu'mu p> ta div9e complaisance1 ce petit pe9tre grossi] n'ait t trs bon et trs naturel1 ce qui e/ un gr& *>me6 ,jamais tu n'av\as aucun s5tim5t t5dre2 je veux all] jusqu' croire que jamais tu ne ress5tis le mo9dre tr\ble1 mme qu& la date de ton d]ni] s\pir se prcisant1 tu vis qu'il fallait quitt] la vie sans avoir ralis aucun de tes press5tim5ts de bonheur4 ,tu n'aurais connu que dception *]*] ta "p de femme1 mais 'et t une faiblesse bi5 naturelle4 ,je te l\e hautem5t d'avoir vu que cette image du bonheur e/ va9e4 ,dors1 noble enfant1 repose jamais dans ma mmoire1 seule comme il faut qu'un tre libre vive4 ,les *anteurs1 la musique disai5t3 ,au bord du lac1 tranquille abri444 ,et moi1 r5tr au sil5cieux ds]t de mon htel1 regrettant presque la retraite troite1 la demi-scurit de ,sa9t-,g]ma91 mal s\t5u p> l'espoir si vague de con/ruire mon bonheur dans ,v5ise1 tremblant que1 d'un in/ant l'autre1 ma fatigue ne se *anget en aveu d'impuissance1 je me plus m'imag9] qu' ,simon j'avais sub/itu ,m>ie1 et que cette voyageuse m'allait tre un compagnon idal1 dans un tranquille abri1 au bord d'un lac1 qui e/ l'univ]s enti] o je veux me contempl]4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,ix ,,veill,e ,d',,italie 7,enseignem5t du ,v9ci7 ,n\s avions pass le ?tral ,sa9t-,go?>d et ses prcipices4 ,un d\x plaisir me t\*a devant la fuite du lac de ,lugano1 qu& sa rive trempe de grce fut effleure p> le tra9 de ,milan4 ,au soir1 n\s acc5tumes la gr&e desc5te sur l',italie4 ,un poitr9aire1 portant sa b\*e sans cesse une liqueur d'apaisem5t1 m5ait un bruit lugubre d]rire moi4 ,mais qu'e/-ce qu'un homme8 ,j'ouvris au froid les f5tres du wagon4 ,des mots hi/oriques se pressai5t dans ma tte3 ,soldats1 v\s tes pauvres1 v\s allez tr\v] l'abondance6 ,et je me disais avec hte3 ,e/-ce que je s5s quelque *ose8 ,cette qu9za9e e/ une des priodes les plus honorables de mon exi/5ce2 j'ai su conqurir l'motion que je me proposais4 ,oui1 j'allais tr\v] l'abondance4 ,et dj1 j'tais rempli de bont4 ,je m'occupai du poitr9aire1 je lui promis la sant1 les femmes1 le v91 t\t ce que j'imag9ais lui plaire4 ,mme1 p\r qu'il s\rit1 je lui dis que j'tais ,p>isi51 et je l'aidai desc5dre du tra9 dans la g>e de ,milan4 ,dcide aux plus gr&s sacrifices p\r tre en?\siasm1 ds le soir je sortis de l'htel et me r5dis aut\r de la ca?drale1 m'int]pellant et m'exclamant 7bi5 qu'elle me plt mdiocrem5t7 en =mules admiratives1 c> je sais que le ge/e et le cri ne manqu5t gure de produire le s5tim5t qui leur correspond4 99 99 99 99 99 ,seul avec le conci]ge qui simule un rhume1 l',ambrosi5ne1 ce mat9 d'hiv]1 j'admirai les e/ampes1 et sur elles2 int]rogeai mon me4 ,c'tait encore ma s5sibilit du clotre1 le s5tim5t qui me fit dem&] ma biblio?que qu'elle me rvlt moi-mme4 ,inv9cible gotisme qui me prive de j\ir des belles =mes6 ,d]rire elles je saisis leurs mes p\r les mesur] la mi5ne et m'attri/] de ce qui me manque4 ,l'univ]s e/ un blason1 que je d*iffre p\r connatre le rang de mes frres1 et je m'attri/e des *oses qu'ils fir5t sans moi4 99 99 99 99 99 ,a l',ambrosi5ne je vis1 avec quelle ard5te curiosit6 un portrait d',ignace de ,loyola4 ,son gnie logique cra une m?ode1 dont il obt9t1 sur les mes les plus sup]bes1 de prodigieux rsultats1 et que j'essaye de m'appliqu]4 ,sa tte e/ une grosse b\le avec une calvitie1 une =te b>be c\rte1 et une po9te au m5ton4 ,je s5s comme une b>re de migra9e sur ses yeux et sur son front4 ,cet homme fut poli et froid1 sans le mo9dre s\ci de plaire4 ,il avait des amis1 mais ne se livra jamais1 et nul ne put compt] sur lui4 ,s'il s'atta*ait1 c tait p> une sorte d'in/9ct pr(ond2 le manieur d'hommes le plus s\ple dsespre de sduire celui-l4 ,qu& je contemple cette physionomie imprieuse1 mes l5teurs me donn5t r\gir4 ,je n'ai pas su encore m'emp>] de moi-mme6 ,du mo9s j'ai visit soigneusem5t mes ress\rces1 je connais les fondem5ts de mon tre2 ds lors1 me p]fectionnant *aque j\r dans le mcanisme de ,loyola1 je dirig]ai mes motions1 je les f]ai rapp>atre volont2 je s]ai sans trve agit des en?\siasmes les plus intressants et tels que je les aurai *oisis4 ,sur le mme mur1 une gravure d'aprs un jeune homme de ,rembr&t3 la b\*e entr'ouv]te1 la lvre suprieure un peu releve1 les yeux sup]bes1 mais te9ts1 t\te la figure dgte1 anantie4 ,je lui disais3 ,o mon pauvre enfant1 ne me t5tez pas avec votre ju/e accablem5t1 c> je veux loyalem5t faire cette t5tative4 ,devant un portrait de jeune fille qui fut longtemps1 mais tort1 attribu au ,v9ci1 jeune fille gracieuse sans plus1 avec une me un peu ironique et de petite race1 je tr\vai un jeune homme qui pleurait4 --,l'hi/oire de cette jeune fille e/-elle t\*ante8 lui dis-je3 ni ,gauti]1 ni ,ta9e1 ni ,rusk9 n'en p>l5t4 7,je citais ces noms p\r gagn] sa confiance1 c> je p5sais3 voil quelque pote47 --,je l'ignore1 me rpondit-il4 --,il y a p>fois des ressemblances m\vantes4 7,sa vive motion1 ses pleurs me p]mettai5t ces famili>its47 --,je ne p5se pas qu'on puisse comp>] aucune fille celle-ci4 --,eh bi56 repris-je4 --,ah6 me dit-il simplem5t1 le gr& homme a mis sa ma9 l4 ,je le ti5s admirable p\r sa foi1 ce croyant4 ,notez que le conci]ge lui-mme sait que le tableau n'e/ pas de ,lon>d4 ,puis la jeune fille1 dlicate1 n'a aucune impriosit4 ,mais celui-ci1 peu connaisseur1 mal r5seign1 e/ p\rtant trs pro*e de ,dieu2 son me *>ge d'ardeur1 p\r vibr] n'a nul beso9 qu'un art +nieux la c>esse4 ,c'e/ l'en?\siasme du *>bonni]4 ,il saisit la premire occasion de gr\p] les motions dont il e/ rempli et d'en j\ir4 ,l'important n'e/ pas d'avoir du bon s5s1 mais le plus d'lan possible4 ,je ti5s mme le bon s5s p\r un odieux dfaut4 ,l',imitation de ,notre-,seigneur ,jsus-,*ri/1 *] petit manuel de la plus jolie vie qu'ai5t imag9e les dlicats1 l'a trs bi5 vu3 les pauvres d'esprit1 s'ils ont cru et aim1 sont ceux qui appro*5t le plus de leur idal1 c'e/--dire de ,dieu4 ,ce n'e/ pas en *icanant *acun de mes dsirs1 en me vrifiant jusqu' m'attri/]1 mais en p\ssant h>dim5t que je tr\v]ai le bonheur4 99 99 99 99 99 ,p> un j\r de pluie1 j'entrai dans le cab9et du ,br]a2 et la ,tte du ,*ri/1 p> le ,v9ci 7l'tude au crayon r\ge p\r le ,*ri/ de la ,cne71 ne me laissait ri5 voir d'autre4444 99 99 99 99 99 ,cette j\rne fameuse1 dont la v]tu *aque j\r gr&it en moi1 me confirme dans la m?ode que j'entrevoyais depuis ,h>\4 ,plus jeune1 p> une mat9e s*e d'hiv] flor5t91 ral5tissant ma prom5ade sur le ,lung',arno1 en face des coll9es dlicates et presque n]veuses1 j'ai suivi le mme ordre de rflexions4 ,je sortais de voir au ,pitti la ,simonetta1 matresse fameuse du ,magnifique1 pe9te p> ,botticelli4 ,combi5 d'ef=ts il me fallut d'abord p\r gt] sa beaut mal+re de jeune fille moricaude6 ,dans la suite1 je v9s l'aim]2 au premi] reg>d1 elle ne me donnait que de la curiosit4 ,il en adv9t a9si de moi-mme devant moi-mme4 ,jusqu' cette heure1 je fus simplem5t curieux de mon me4 ,je considrais mes div]s s5tim5ts1 qui ont la physionomie re*igne et mal+re des enfants difficilem5t levs1 mais je ne m'aimais pas4 ,or1 le ,v9ci p\r reprs5t] le plus comprh5sif des hommes1 celui qui lit dans les coeurs1 ne lui donne pas le s\rire railleur dont il e/ le prodigue inv5teur1 ni cet air dgt qui m'e/ famili]2 mais le ,*ri/ qu'il pe9t accepte1 sans v\loir ri5 modifi]4 ,il accepte sa de/9e et mme la bassesse de ses amis3 c'e/ qu'il donne t\tes *oses leur ple9e signification4 ,au lieu d'triqu] la vie1 il pan\it devant son intellig5ce la "p de beaut qui sommeille dans le mdiocre4 ,auj\rd'hui1 dans cette veille d',italie1 je vois qu'il n'y a pas comprh5sion complte sans bont4 ,je cesse de har4 ,je p>donn]ai t\t ce qui e/ vil en moi1 non p> un mot1 mais en le ju/ifiant4 ,je repass]ai p> t\tes les phases de *acun de mes s5tim5ts2 je v]rai qu'ils sont simplem5t incomplets1 et qu'en se dveloppant encore1 ils ab\tiront satisfaire l'ordre4 ,et sur l'heure je j\irai de cet ordre4 ,a9si m'enseigna le ,v9ci1 t&is que je le priais au ,br]a1 tant acc\d sur la rampe de f] qui ent\re la salle4 ,la figure que son crayon traa a le s\rire qui p>donne t\s les ,judas de la vie1 elle a les yeux qui reconnaiss5t dans les actions les plus obscures la direction raisonnable de ,dieu1 elle a le pli des lvres qu'aucune am]tume n'tonne plus4 99 99 99 99 99 tant desc5du avec ces p5ses1 je rejoignis ma voiture1 et t&is qu'une tri/e humidit tombait sur la ville1 envelopp dans un gr& manteau de voyage1 je me pris song]4 ,je vis nettem5t qu'un second problme se greffait sur le premi]3 #a ,dans ma cellule1 j'avais fait une enqute sur moi-mme1 j'tais arriv embrass] le dveloppem5t de mon tre2 mais j'avais t proccup de mon imp]fection avant t\t4 #b ,il s'agit ma9t5ant de prt] l'homme1 que je suis1 la beaut que je v\drais lui voir2 il faut illum9] l'univ]s que je possde de t\te cette lumire que je press5s2 le programme1 c'e/ d'escompt] en quelque sorte1 p\r en j\ir t\t de suite1 la p]fection laquelle mon tre arriv]a le long des sicles1 si1 comme ma raison le suppose1 il y a progrs a l'inf9i4 ,en un mot1 il faut que je campe devant moi1 p\r m'y con=m]1 mon rve fait de t\s les s\pons de beaut qui me tr\bl5t p>fois jusqu' me faire aim] la mort1 p>ce qu'elle hte le futur4 ,je suis un po9t dans le dveloppem5t de mon tre2 or1 jusqu' cette heure1 j'ai reg>d d]rire moi1 dsormais je t\rn]ai mes yeux v]s l'av5ir4 ,et comme la mre dote son fils de t\s les mrites qu'elle imag9e confusm5t1 je cre mon idal de t\s les s\pirs dont m'emplit la banalit de la vie4 99 99 99 99 99 ,j'tais =t n]v2 il me fallut pass] la po/e1 o l'on me dem&a un passeport4 ,je discutai1 m'emportai et1 tremblant de colre1 mole/ai de p>oles les commis4 ,puis aussitt je me pris rire1 comme un malade1 en songeant mes beaux plans d'indulg5ce univ]selle4444 ,qu'importe6 il faut que je m'accepte comme j'accepte les autres4 ,mon indulg5ce1 faite de comprh5sion1 doit s't5dre jusqu' ma propre faiblesse4 ,se dta*] de soi-mme1 *ose belle et ncessaire6 ,d'ailleurs1 mon moi du dehors1 que me fait6 ,les actes ne compt5t pas2 ce qui importe uniquem5t1 c'e/ mon moi du d$ans6 le ,dieu que je con/ruis4 ,mon royaume n'e/ pas de ce monde2 mon royaume e/ un doma9e que j'embellis m?odiquem5t l'aide de t\s mes press5tim5ts de la beaut2 c'e/ un rve plus c]ta9 que la ralit1 et je m'y rfugie mes meilleurs mom5ts1 ins\cieux de mes hontes familires4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,x ,,mon ,,triomphe ,,de ,,v5ise ,sur la ligne de ,milan ,v5ise1 je ne cessai de mdit] les enseignem5ts de ma veille d',italie1 la sagesse du ,v9ci4 ,j'tais prt m'aim]1 me compr5dre jusque dans mes tnbres4 ,p\r me guid]1 je comptais sur ,v5ise et sur la race que m'a dsigne une intuition de mon coeur4 99 99 99 99 99 ,et p\rtant j'hsitais encore devant ce n\vel ef=t1 qu& je desc5dis ,pad\e1 dsireux de visit]1 dans un j>d9 sil5cieux1 l'glise ,santa ,m>ia dell' ,ar5a1 o ,giotto raconte en fresques nombreuses l'hi/oire de la ,vi]ge et du ,*ri/4 ,aux clotres flor5t9s1 jadis1 combi5 n'ai-je pas clbr les primitifs6 ,j'avais p\r la socit des hommes une ha9e timide1 j'enviais la vie ret5ue des cellules4 ,mme ,sa9t-,g]ma91 la gau*]ie de ces mes pe9tes1 leurs ge/es simplifis1 leurs physionomies trop prcises et trop inc]ta9es satisfaisai5t mon ardeur si s*e1 si complique4 ,mais la soire d',h>\ et le ,v9ci m'ont trans=m3 le plus vnrable des primitifs ,pad\e ne m'inspire qu'une sorte de piti complaisante1 qui e/ t\t le contraire de l'am\r4 ,voil bi51 sur ces figures1 la mfiance dlicate que je ress5s moi-mme devant l'univ]s1 mais je n'y dev9e aucune culture de soi p> soi4 ,s'ils g>d5t1 l'g>d de la vie1 une rs]ve analogue la mi5ne1 c'e/ p\r des raisons si diffr5tes6 ,je les mdite1 et je songe la religion des petites soeurs1 qui1 malgr mon gt trs vif p\r t\tes les =mes de la dvotion1 ne peut gure me satisfaire4 ,sur ces physionomies le s5tim5t1 maladif1 /rile1 met une lueur2 mais aucune clairvoyance1 aucun s\ci de se compr5dre et de se dvelopp]4 ,pauvres sa9ts du ,giotto et petites soeurs6 ,ils s'en ti5n5t s'm\voir devant des lg5des imposes2 or1 moi1 je m'enorgueillis cause de fictions que j'anime en s\riant et que je r5\velle *aque soir4444 ,ces mes naves de ,santa ,m>ia dell' ,ar5a1 je s5s que je les trompe en p>aissant communi] avec elles4 ,j'eus p>fois le mme scrupule s\s mon clotre de ,sa9t-,g]ma91 qu& j'invoquais les mo9es qui m'y prcdr5t4 ,c'e/ p> coquett]ie1 et grce des jeux de mots1 que je grossis nos lg]s po9ts de contact4 ,dans un sicle ho/ile et vulgaire1 s\s l'oeil des ,b>b>es1 des familles p>pilles et presque dtruites se plais5t ress]r] leurs li5s4 ,mais il faut av\] que voil une p>5t bi5 lo9ta9e4 ,p\r un ct de moi qui peut-tre satisf]ait le ,giotto1 combi5 qui l'tonn]ai5t extrmem5t6 ,dans sa *apelle1 en mme temps que je bille un peu1 ma loyaut e/ la gne4 99 99 99 99 99 ,trois heures aprs1 ,v5ise1 j'tudiais les ,vronse2 leur =ce me rafra*issait4 ,ils m'attirai5t1 m'levai5t v]s eux1 mais m'intimidai5t4 ,l encore je me s5s un trang]2 mes hsitations1 t\te ma subtilit mesqu9e doiv5t les remplir de pit4 ,pas plus qu'avec les ,giotto1 je n'ai mrit de vivre avec les ,vronse4 ,dans le sicle et dans mes combats de ,sa9t-,g]ma91 je n'ai fait voir que cet tat exprim p> les ,botticelli3 tri/esse tortueuse1 mcont5tem5t1 t\te la b\d]ie des faibles et des plus di/+us en face de la vie4 ,mais d'tre tel1 je ne me satisfais pas4 ,je suis v5u ,v5ise p\r m'accrotre et p\r me crer heureux4 ,voici cet in/ant arriv4 ,ce soir-l1 qu&1 tonifi de gr& air et re/aur p> un p>fait *ocolat1 j'atteignis l'heure o le soleil c\*ant met au lo91 sur la m]1 une limpidit m]veilleuse1 ma puissance de s5tir s'l>git4 ,des in/9cts trs vagues qui1 depuis quelques mois montai5t du fond de mon tre1 se sy/matisr5t4 ,*aque p>celle de mon me fut =tifie1 trans=me4 ,une ta*e imm5se et ple c\vrait l'univ]s devant moi1 brillante sur la m]1 rose sur les maisons2 le ciel presque incolore s'acc5tuait au c\*ant jusqu' la r\geur norme du soleil dcl94 ,et t\te cette te9te lave semblait s'tre ad\cie1 p\r que je passe aism5t abord] la beaut in/ructive de ,v5ise et que ri5 ne m'en blesst3 m\sse sucre du *ampagne qu'on fait boire aux anmiques4 ,la seule image d'ef=t que j'y vis1 c'tait sur l'eau un gondeli] se dta*ant en noir avec une nettet extrme1 presque risible4 ,d'un ry?me l5t1 trs prcis1 il faisait son travail1 qui e/ simplem5t de dplac] un peu d'eau p\r prom5] un homme qui dort4 ,et devant ce bonheur orn1 je s5tis bi5 que j'tais va9cu p> ,v5ise4 ,au contact de la loi que sa beaut rvle1 la loi que je s]vais faillit4 ,j'eus le c\rage de me r5onc]4 ,mon cont5tem5t sy/matique fit place une sympa?ie aise1 facile1 p\r t\t ce qui e/ moi-mme4 ,hi] je compliquais ma misre1 je rpr\vais des p>ties de mon tre3 j'entret5ais sur mes lvres le s\rire ddaigneux des ,botticelli1 et *aque j\r1 p> mes subtilits1 je me dess*ais4 ,dsormais conva9cu que ,v5ise a tir de soi une vision de l'univ]s analogue et suprieure celle que j'difiais si pniblem5t1 je prt5ds me guid] sur le dveloppem5t de ,v5ise4 ,au lieu de repli] ma s5sibilit et de lam5t] ce qui me dplat en moi1 j'ordonn]ai avec les meilleures beauts de ,v5ise un rve de vie heureuse p\r le contempl] et m'y con=m]4 99 99 99 99 99 ,i ,,v5ise ,,sa ,,beaut ,,du ,,dehors ,ds lors je passai mes j\rs1 dans des palais ds]ts1 lire les annales magnifiques et confuses de la ,rpublique1--dans les muses et les glises crases d'or1 contrl] les catalogues1--sur la rive des ,s*iavoni1 l\] la m]1 le soleil et l'air pur qui gay5t mes v+t-c9q ans1--et sur les petits ponts imprvus1 je m'attri/ais longuem5t des canaux immobiles entre des murs cussonns4 99 99 99 99 99 ,aprs trois sema9es1 qu& mes n]fs fur5t mo9s s5sibles cette dlicate cit1 je brusquai mon rgime jusqu'alors rgl p> ,ba$ek]1 et quittant la ,piazza1 o p>mi des trang]s *oquants on lit les j\rnaux franais1 je me conf9ai dans une ,v5ise plus vniti5ne4 ,j'habitai les ,fondam5ta ,bragad92 cela me plut1 c> ,bragad9 e/ un doge qui1 p> gr&eur d'me1 cons5tit tre cor* vif1 et p>fois je songe que je me suis fait un sort analogue4 ,je v\drais transcrire quelques tableaux trs brefs des s5sations les plus joyeuses que je connus au has>d de ces premires curiosits2 mais il et fallu les esquiss] sur l'in/ant4 ,je ne puis m'allg] de mes imag9ations habituelles et retr\v] ces mom5ts de bonheur ail4 ,c'e/ en va9 que p5dant des sema9es1 auprs de ma table de travail1 j'ai att5du la ve9e heureuse qui me f]ait s\v5ir4 ,je vois une mat9e ,sa9t-,m>c1 o j'tais assis sur des m>bres antiques et frais1 t&is qu'un bon *i5 7musel7 allongeait sur mes g5\x sa vieille tte de s]p5t honnte4 ,et l'un et l'autre n\s reg>dions1 avec une p>faite volupt1 le fa/e et la sduction raliss t\t aut\r de n\s4--,ah6 ,simon1 comme la raideur anglaise s]ait misrable dans cette vgtation div9e6 ,je vois un j\r le soleil que je m't5dis sur un banc de m>bre1 au ras de la m]3 alors je compris qu'un misrable m5diant n'e/ pas ncessairem5t un malheureux1 et que p\r eux aussi l'univ]s a sa beaut4 ,je vois au quai des ,s*iavoni le vapeur du ,lido1 *>g de misses froides et de t\ri/es aux ge/es agaants4 ,une b>que s\s le ple9 soleil s'appro*e4 ,une fille de dix-sept ans1 deb\t1 avec aisance y *antait une *anson1 clatante comme ces vagues qui n\s brlai5t les yeux4 ,v5ise1 l'atmosphre bleue et or1 l',adriatique qui fuit en s'attri/ant et cette voix n]veuse v]s le ciel faisai5t si cruellem5t ressortir la morne hbtude de ces m>*&s sans me que je bnis l'ordre des *oses de m'avoir di/+u de ces hommes dont je portais le co/ume4 99 99 99 99 99 ,cep5dant j'att5dais avec impati5ce le j\r o j'aurais t\t reg>d1 non p\r ne plus ri5 voir1 mais p\r f]m] les yeux et p\r faire des p5ses enf9 avec ces *oses que j'avais tant frles4 ,la beaut du dehors jamais ne m'mut vraim5t4 ,les plus beaux spectacles ne me sont que des tableaux psy*ologiques4 ,je dirai que1 p>mi ces dlices s5suelles1 jamais je n'oubliai l'heure qu'il tait4 ,aux meilleurs dt\rs de cette ville abondante et t\j\rs imprvue1 jamais je ne p]dis l'impression qui fait mon angoisse3 le s5s du provisoire4 ,mais qu'on me laisse dcrire l'ordre de mes associations d'ides1 t&is qu'en ce j>d9 de *efs-d'oeuvre j'errais1 mal s5sible la prodigalit des essais du gnie vniti5 et s\cieux uniquem5t d'absolu4 ,je pr5ds un exemple au has>d3 v]s le crpuscule1 db\*ant de mon canal ,bragad9 sur les ,fondam5ta ,zatt]e1 s\da9 je voyais le soleil comme une bte norme flamboy] au v]sant d'un ciel dlicat1 p>-dessus une m] indiffr5te cette brutalit1 t\te lgante et de t5dresse vaporeuse4 ,alors1 avec un haut-le-corps1 je m'exclamais et je ge/iculais4 ,puis aussitt3 ,quoi donc6 es-tu c]ta9 que cela t'intresse8 ,mais en mme temps3 ,saisissons l'occasion1 me disais-je1 p\r p\ss] jusqu' l'extrmit des ,zatt]e 7un kilomtre le long d'un bras de m] canalis1 sur un quai l>gem5t dall74 ,je suis c]ta9em5t en face d'un des plus beaux paysages du monde4444 ,et puis1 mon dn] ret>d de v+t m9utes1 la soire me s]a mo9s longue4444 ,ah6 ces soires1 t\tes ces j\rnes de la vie extrieure6444 ,et s'il pleuvait1 j'aurais un frisson d'humidit1 la table du re/aurant me s]ait lugubre et1 l'ayant quitte1 il me faudrait r5tr] immdiatem5t dans un *ez moi meubl de malaise1 ou m'enf]m] dans un caf qui me conge/ionne6 ,ce *oeur des p5ses qui m'emplissai5t fait voir que les plus voluptueux dcors ne peuv5t impos] sil5ce mes s5sibilits mesqu9es4 ,la grce de ,v5ise qui me pntrait ne p\vait t\ff] les prote/ations dont mon tre naquit gonfl4 ,il fallait que l'me de cette ville se fondt avec mon me dans quelqu'une de ces mditations confuses dont p>fois mon isolem5t s'embellit4 99 99 99 99 99 ,,ii ,,v5ise ,,sa ,,beaut ,,int,,rieure1 ,,sa ,,loi ,,qui ,,me ,p,n,,tre ,heureux les yeux qui1 f]ms aux *oses extrieures1 ne contempl5t plus que les intrieures ,enf91 je connus ,v5ise4 ,je possdais t\s mes docum5ts p\r dgag] la loi de cette cit et m'y con=m]4 ,le long des canaux1 s\s le soleil du milieu du j\r1 je prom5ais avec maussad]ie une dyspepsie que /imulait encore l'air de la m]4 7,on e/ trop dispos oubli] que ,v5ise1 avec sa langueur et ses p]ptuelles tasses de caf1 e/ lgrem5t malsa9e47 ,les photographies 9vitables des vitr9es avai5t fait banales les plus belles images des clotres et des muses4 ,seule1 la tri/esse de mon re/aurant solitaire m'm\vait encore p\r la beaut de la ,v5ise du dehors1 t&is que la nuit1 desc5dant d'un ciel au coloris pli1 ennoblissait d'une agonie romanesque l',adriatique4 ,et si ce dcl9 du j\r me t\*a plus longtemps qu'aucun in/ant de cette ville1 c'e/ qu'il e/ le po9t de jonction entre ma s5sibilit anmique et la vigueur vniti5ne4 ,ds lors1 je ne quittai plus mon app>tem5t1 o1 sans phrases1 un enfant m'apportait des repas sommaires4 ,vtu d't(fes faciles1 ddaigneux de t\s so9s de toilette1 mais seulem5t p\dr de p\dre insecticide1 je demeurais le j\r et la nuit p>mi mes cig>es1 t5du sur mon va/e lit4 ,j'avais enf9 divorc avec ma gu5ille1 avec celle qui doit m\rir4 ,ma *ambre tait fra*e et d'aspect amical4 ,ignorant du bruyant appel des horloges ob/9es1 je m'occupai seulem5t reg>d] en moi-mme1 que v5ai5t de remu] tant de beaux spectacles4 ,je pr(itais de l'ennui que je m'tais donn vivre en proie aux cic]oni1 tte nue1 p>mi les difices rem>quables4 ,mes s\v5irs1 rapidem5t d=ms p> mon in/9ct1 me prs5tr5t une ,v5ise qui n'exi/e nulle "p4 ,aux attraits que cette noble cit (fre t\s les passants1 je sub/ituai ma*9alem5t une beaut plus sre de me plaire1 une beaut selon moi-mme4 ,ses spl5deurs tangibles1 je les p\ssai jusqu' l'impalpable beaut des ides1 c> les =mes les plus p>faites ne sont que des symboles p\r ma curiosit d'idologue4 ,et cette cit ab/raite1 btie p\r mon usage p]sonnel1 se dr\lait devant mes yeux clos1 hors du temps et de l'espace4 ,je la voyais ncessaire comme une ,loi2 *ane d'ides dont le premi] anneau e/ l'ide de ,dieu4 ,cette syn?se1 dont j'tais l'artisan1 me fit p>atre bi5 mesqu9e la ,v5ise borne o se rj\iss5t les arti/es et les t\ri/es4 99 99 99 99 99 ,qu'on ne saurait gt] que ,dieu seul1 et qu'on le gte en t\tes *oses1 qu& on l'aime vritablem5t4 ,je le dis1 un in/ant des *oses1 si beau qu'on l'imag9e1 ne saurait gure m'intress]4 ,mon orgueil1 ma plnitude1 c'e/ de les concevoir s\s la =me d't]nit4 ,mon tre m'en*ante1 qu& je l'entrevois *elonn sur les sicles1 se dveloppant trav]s une longue suite de corps4 ,mais dans mes j\rs de s*]esse1 si je crois qu'il naquit il y a v+t-c9q ans1 avec ce corps que je suis et qui m\rra dans tr5te ans1 je n'en ai que du dgt4 ,oui1 une p>tie de mon me1 t\te celle qui n'e/ pas atta*e au monde extrieur1 a vcu de longs sicles avant de s'tablir en moi4 ,autrem5t1 s]ait-il possible qu'elle ft orne comme je la vois6 ,elle a si peu progress1 depuis v+t-c9q ans que je pe9e l'embellir6 ,j'en conclus que1 p\r l'am5] au degr o je la tr\vai ds ma naissance1 il a fallu une inf9it de vies4 ,l'me qui habite auj\rd'hui en moi e/ faite de p>celles qui survcur5t des milli]s de morts2 et cette somme1 grossie du meilleur de moi-mme1 me survivra en p]dant mon s\v5ir4 ,je ne suis qu'un in/ant d'un long dveloppem5t de mon tre2 de mme la ,v5ise de cette poque n'e/ qu'un in/ant de l',ame vniti5ne4 ,mon tre et l'tre vniti5 sont illimits4 ,grce ma clairvoyance1 je puis recon/itu] une p>tie de leurs dveloppem5ts2 mais mon horizon e/ born p> ma faiblesse3 jamais je n'atte9drai jusqu'au bonheur p>fait de contempl] ,dieu1 de connatre le ,pr9cipe qui conti5t et qui ncessite t\t4 ,que j'entrevoie une p>tie de ce qui e/ ou du mo9s de ce qui p>at tre1 cela dj e/ bi5 beau4 ,cette satisfaction me fut donne1 qu& je contemplai dans l'me de ,v5ise1 mon tre agr&i et plus pro*e de ,dieu4 99 99 99 99 99 ,l'tre de ,v5ise4 ,cette qualit d'motion1 qui e/ con/ante dans ,v5ise et dont *acun des dtails de cette nation porte l'empre9te1 seules la p]oiv5t ple9em5t les mes d\es d'une s5sibilit p>5te4 ,ce c>actre my/rieux1 que je nomme l'me de t\t gr\pe d'humanit et qui v>ie avec *acun d'eux1 on l'obti5t en lim9ant mille traits mesqu9s1 o s'emb>rasse le vulgaire4 ,et cette lim9ation1 cette ab/raction se font sans rflexion1 mcaniquem5t1 p> la rptition des mmes impressions dans un esprit s\cieux de communi] directem5t avec t\s les aspects et t\tes les poques d'une civilisation4 99 99 99 99 99 ,mon tre4 ,de mme1 qu& ma p5se se promne en moi1 p>mi mille banalits qui semblai5t t\t d'abord importantes1 elle di/+ue jusqu' en tre frappe des traits demi effacs2 et bi5tt une image demeure fixe dans mon imag9ation4 ,et cette image1 c'e/ moi-mme1 mais moi plus noble que dans l'ord9aire2 c'e/ l'ess5tiel de mon tre1 non pas de ce que je p>ais en #hi1 mais de t\t ce dveloppem5t trav]s les gnrations dont je vis auj\rd'hui un in/ant4 99 99 99 99 99 ,description de ce type qui runit1 en les rsumant1 les c>actres du dveloppem5t de mon tre et de l'tre de ,v5ise4 ,je l'avais press5ti qu& je feuilletais des guides ,ba$ek]1 le soir de notre sp>ation ,sa9t-,g]ma93 cette image de mon tre et cette image de l'tre de ,v5ise1 obt5ues p> une inconsci5te ab/raction1 concord5t en de nombreux po9ts4 ,en les sup]posant1 p> une sorte d'addition lgrem5t confuse1 j'obt9s une image inf9im5t noble o je me mirai avec dlice dans ma *ambre solitaire et fra*e4 ,fragm5t bi5 petit encore de l'tre inf9i de ,dieu6 mais le plus beau rsultat que j'eusse atte9t depuis mon voeu de ,j]sey4 ,voici donc que je contemplais mes motions6 ,et non plus des motions t\j\rs inquites et sans li51 mais sy/matises1 p\sses jusqu' la fleur qu'elles press5tai5t4 ,hi]1 je les analysais avec tri/esse2 auj\rd'hui1 p> un ef=t de comprh5sion1 de bont1 je les assemble et je les div9ise4 ,je m'acc\*e de t\s les possibles qui se t\rm5tai5t en moi4 ,je dresse devant moi mon type4 99 99 99 99 99 ,durant quelques sema9es1 c\* sur mon va/e lit des ,fondam5ta ,bragad91 ou1 plus rellem5t1 vivant dans l't]nel1 je fus ravi t\t ce qu'il y a de bas en moi et aut\r de moi3 je fus s\/rait aux ,b>b>es4 ,mme je ne les connaissais plus4 ,ayant t au milieu d'eux l'esprit s\ffrant1 puis l'c>t l'esprit militant1 p> ma m?ode je dev5ais l'esprit triomphant4 ,ici se rfugir5t des rois dans l'ab&on1 et des pr9ces de l'esprit dans le m>asme4 ,v5ise e/ d\ce t\tes les impriosits abattues4 ,p> ce s5tim5t spcial qui fait que n\s portons plus haut la tte s\s un ciel pur et devant des *efs-d'oeuvre lancs1 elle console nos *agr9s et relve notre jugem5t sur n\s-mmes4 ,j'ai apport ,v5ise t\s les dieux tr\vs un un dans les c\*es div]ses de ma consci5ce4 ,ils tai5t p>s en moi1 tels qu'au soir de mon abattem5t d',h>\2 je l'ai prie de les concili] et de leur donn] du /yle4 ,et t&is que je contemplais sa beaut1 j'ai s5ti ma =ce qui1 sans s'accrotre d'lm5ts n\veaux1 pr5ait une m]veilleuse int5sit4 99 99 99 99 99 ,v5ise1 me disais-je1 fut btie sur les lagunes p> un gr\pe d'hommes jal\x de leur indp5dance2 cette fi]t d'tre libre1 elle la cons]va t\j\rs2 sa politique1 ses moeurs1 ses arts jamais ne subir5t les trang]s4--,a9si le premi] trait de ma vie intellectuelle e/ de fuir les ,b>b>es1 les trang]s2 et le p]ptuel ressort de ma v]tu1 c'e/ que je me veux homme libre4 ,v5ise1 p\r avoir t hroique contre les trang]s1 amassa dans l'me de ses citoy5s les plus beaux ds9tressem5ts4--,a9si1 je fus t\j\rs mu d'une sorte de gnrosit naturelle1 je hais l'hypocrisie des au/res1 l'troitesse des fanatiques et t\tes les banalits de la majorit4 ,t\tefois j'av\e ne pas cons]v] s\v5ir des luttes qu'en d'autres corps1 jadis1 mon tre a d s\t5ir p\r acqurir ces v]tus4 ,v5ise1 qui jusqu'alors luttait p\r exi/]1 ne se =me une vision p]sonnelle de l'univ]s que s\s une lgre atte9te de d\ceur my/ique3 ,meml+1 v5u d',allemagne1 fait natre ,jean ,bell94--,de mme1 c'e/ p> ce beso9 de protection que connur5t t\tes les enfances mortifies1 et p> l'enseignem5t mtaphysique d'outre-,rh91 que je fus veill me faire des *oses une ide p]sonnelle4 ,a d\ze ans1 dans la *apelle de mon collge1 je lisais avec a*>nem5t les psaumes de la ,pnit5ce1 p\r tromp] mon coeurem5t2 et plus t>d1 dans l'intrigue de ,p>is1 le soir1 je me suis libr de moi-mme p>mi les ivresses confuses de ,fi*te et dans l'orgueil un peu sec de ,sp9oza4 ,si fivreux et *angeant que je p>aisse1 la vision sa9e que se faisait de l'univ]s le ,titi5 ne contr>ie pas l'analogie de mon tre et de l'tre de ,v5ise4--,il e/ clair que jamais je n'atteignis la paix qu'on lui voit1 mais c'e/ p\r y p>v5ir que t\j\rs je m'agitai4 ,si je suis inquiet sans trve1 c'e/ p>ce que j'ai en moi la notion obscure ou le regret de cette srnit4 ,ma fbrilit actuelle n'e/ sans d\te qu'un secret in/9ct de mon tre1 qui se s\vi5t d'avoir possd1 entrevu ces heures =tes et paisibles m>ques ,v5ise p> ,titi54 ,ri5 au plus intime de moi ne rpond au gnie viol5t de ,t9toret4 ,mon sy/me n'en e/ pas dconc]t4 ,aussi bi51 dans cette rpublique magnifique et s\riante1 ce fanatique sombre g>de une allure "p1 que n'expliqu5t ni les arts ni les moeurs de son temps4 ,le ,t9toret e/ ,v5ise un accid5t1 un ct4 ,c'e/ avec ,vronse1 si noble1 si ais1 que la vraie ,v5ise se dveloppait alors4 ,mon tre se s\vi5t sans ef=t d'avoir connu l'in/ant de dignit1 de bont et de puissance que ,vronse signifie4 ,alors p\r moi 7mais dans quel corps habitai-je87 la vie tait une fte2 et bi5 lo9 de m'absorb]1 comme je le fais1 dans l'am\r de mes plaies1 je p\ssai t\te ma =ce v]s le bonheur4 ,vronse cep5dant m'intimide4 ,plus qu'un ami il m'e/ un matre2 je lui ca*e quelques-uns de mes s\rires4--,mon cam>ade1 mon vrai ,moi1 c'e/ ,tiepolo4 ,tiepolo ,celui-l1 ,tiepolo1 e/ la consci5ce de ,v5ise4 ,en lui l',ame vniti5ne qui s'tait accrue in/9ctivem5t avec les ,jean ,bell91 les ,titi51 les ,vronse s'arrta de crer2 elle se contempla et se connut4 ,dj ,vronse avait la fi]t de celui qui s5t sa =ce2 ,tiepolo ne se cont5te plus de cet orgueil in/9ctif1 il sait le dtail de ses mrites1 il les tale1 il en fait tapage4--,comme moi auj\rd'hui1 ,tiepolo e/ un analy/e1 un analy/e qui j\e du trsor des v]tus hrites de ses anctres4 ,je ne me suis dot d'aucune =ce n\velle1 mais celles que mon tre s'tait acquises dans des exi/5ces antrieures j'ai donn une int5sit diffr5te4 ,de s5sibilits in/9ctives1 j'ai fait des s5sibilits rfl*ies4 ,mes visions du monde m'ont t amasses p> mon tre dans *acune de ses trans=mations2 sup]poses dans ma consci5ce1 elles s'obscurcissai5t les unes les autres3 si je n'y puis ri5 aj\t]1 du mo9s je sais que je les possde4 ,cette clairvoyance et cette impuissance ne vont pas sans tri/esse4 ,a9si s'explique la mlancolie que n\s faisons voir1 ,tiepolo et moi1 a9si que les sicles dilettanti qui1 seuls1 n\s p\rrai5t faire une atmosphre conv5able4 ,l'n]gie de notre tre1 puise p> les ef=ts de jadis1 n'atte9t qu' donn] notre tri/esse une sorte de fantaisie trop imprvue1 p>fois une ardeur *oquante4 ,ces plafonds de ,v5ise qui n\s montr5t l'me de ,gianbati/a ,tiepolo1 quel tapage clatant et mlancolique6 ,il s'y s\vi5t du ,titi51 du ,t9toret1 du ,vronse2 il en fait o/5tation3 gr&es drap]ies1 racc\rcis tapageurs1 ftes1 soies et s\rires6 quel feu1 quelle abondance1 quelle v]ve mobile6 ,t\t le peuple des crateurs de jadis1 il le rpte satit1 l'embr\ille1 lui donne la fivre1 le met en lambeaux1 =ce de frissons6 mais il l'inonde de lumire4 ,c'e/ l son oeuvre1 dbordante de s\v5irs fragm5taires1 ple-mle de t\tes les coles1 heurte1 sans fre9 ni conv5ance1 dites-v\s1 mais o l'h>monie nat d'une incomp>able vibration lum9euse4--,a9si mon unit e/ faite de t\te la cl>t que je porte p>mi tant de visions accumules en moi4 ,tiepolo e/ le c5tre consci5t de sa race4 ,en lui1 comme en moi1 t\te une race ab\tit4 ,il ne cre pas la beaut1 mais il fait voir inf9im5t d'esprit1 d'+niosit2 c'e/ la consci5ce la plus orne qu'on puisse imag9]1 et *ez lui la =ce1 dp\ille de sa premire n]gie1 inv5te une grce ignore des sectaires4 ,ah6 ces airs de tte1 ces attitudes1 ces prt5tions1 cet lan *>mant et qui sans cesse se brise6 ,ce qu'il aime avant t\t1 c'e/ la lumire2 il en inonde ses tableaux2 les cont\rs se p]d5t1 seules re/5t des ta*es colores qui se pntr5t et se fond5t div9em5t4--,a9si1 j'ai p]du le s\v5ir des anecdotes qui conc]nai5t mes div]ses motions1 et seule demeure1 au fond de moi1 ma s5sibilit qui pr5d1 selon ses hauts et ses bas1 des te9tes plus ou mo9s vives4 ,ciel1 drapeaux1 m>bres1 livres1 adolesc5ts1 t\t ce que pe9t ,tiepolo e/ raill1 frip1 dvor p> sa fivre et p> un torr5t de lumire1 a9si que sont mes images intrieures que je m'n]ve clair] durant mes longues solitudes4 ,dans une suite de ,caprices1 livres d'eaux-=tes p\r ses s5sations au j\r le j\r1 ,tiepolo n\s a dit t\te sa mlancolie4 ,il tait trop sceptique p\r p\ss] l'am]tume4 ,ses conceptions ont cette lassitude qui suit les gr&es volupts et que leur prfr5t les picuri5s dlicats4 ,il s5tait une fatigue confuse des ef=ts hroques de ses pres1 et t\t en g>dant la noble attitude qu'ils lui avai5t l5tem5t =me p> leur gloire1 il en s\riait4 ,les ,caprices de ,tiepolo sont des recueils hroques1 o t\tes les mes de ,v5ise sont runies2 mais tant de sicles se rsumant en figures symboliques1 ce s\rire inav\1 cette mlancolie dans l'opul5ce sont d'un scepticisme trop dlicat p\r la masse des hommes4 ,un homme trop clairvoyant p>at nigmatique4 ,on traite volonti]s d'obscur ce qu'on ne compr5d pas2 cela e/ vrai grammaticalem5t1 mais il app>ti5t au pote de faire s5tir ce qui ne peut tre compris4 ,tiepolo contemple en soi t\te sa race4 ,que p>mi des gu]ri]s p5sifs1 une jeune fille agite un drapeau6 ,a cette page de ,tiepolo1 je m'arrte2 j'ai reconnu son me1 la mi5ne6 ,ah6 celui-l1 comm5t s'tonn] si je le prfre t\t autre8 99 99 99 99 99 ,aprs ,tiepolo1 ,v5ise n'avait plus qu' dress] son catalogue4 ,auj\rd'hui1 elle e/ t\te se f\ill]1 mettre en valeur *acune de ses poques2 ce sont des dispositions mortuaires4 ,et moi qui suis ,tiepolo1 et qui1 repli sur moi-mme1 ne sais plus que rp&re la lumire dans ma consci5ce1 comb9] les v]tus que j'y tr\ve1 et me mcanis]1 j'appro*e de cette d]nire priode4 ,qu& ce corps o je vis s]a disp>u1 mon tre dans une n\velle tape ne vaudra que p\r class] froidem5t t\tes les motions que le long des sicles il a cres4 ,moi fils p> l'esprit des hommes de dsirs1 je n'eng5dr]ai qu'un froid critique ou un biblio?caire4 ,celui-l dress]a m?odiquem5t le catalogue de mon dveloppem5t1 que j'entrevois dj1 mais o je mle trop de s5sibilit4 ,puis la srie s]a t]m9e4 ,a9si1 dans cet ef=t1 le plus heureux1 que j'ai f\rni depuis la j\rne de ,j]sey1 je contemplai le dtail et le dveloppem5t de cette suite d'ides qu'e/ mon ,moi4 ,admirables et fivreuses j\rnes des ,fondam5ta ,bragad96 ,au contact de ,v5ise dlivr p\r un in/ant de l'inquitude de mes s5s1 je pus me satisfaire du spectacle de t\s mes c>actres div9iss en un seul type de gloire6 ,grce mes l5tes analyses1 l'av5ir dev5ait p\r mon intellig5ce une conception nette6 ,j'entrevis que l'ef=t de t\s mes in/9cts ab\tissait la ple9e consci5ce de moi-mme1 et qu'a9si je devi5drais ,dieu1 si un temps inf9i tait donn mon tre1 p\r qu'il t5tt t\tes les expri5ces o m'incit5t mes mlancolies4 ,ds lors que m'importe si les sicles et l'n]gie font dfaut cette t*e6 j'ai t\t l'orgueil du succs qu& j'en ai trac les lois4 ,c'e/ possd] une *ose que s'en faire une ide trs nette1 trs prcise4 99 99 99 99 99 ,v]s cette poque1 un soir que je mangeais au re/aurant1 un jeune ,anglais1 jadis r5contr ,londres1 v9t s'asseoir ma table4 ,je causai avec un peu de fivre1 explicable *ez un solitaire qui depuis deux mois n'avait fait que song]4 ,la conv]sation se rappro*a trs vite de mes mditations familires1 et v]s dix heures ce jeune homme me disait3 ,je compte que j'ai lieu d'tre heureux3 mon pre a beauc\p travaill2 il m'a mis ,eton1 o je me suis fait des amis nombreux qui me s]ont utiles dans la vie4 ,cette satisfaction a9si motive me fit t\*] l'c>t qui gr&it *aque j\r entre moi et le commun des honntes g5s4 99 99 99 99 99 ,,iii ,,je ,,suis ,,satur ,,de ,,v5ise ,grgoire ,,xi3 ,c'e/ ici que mon me tr\ve son repos dans l'tude et la contemplation des belles *oses4 ,sa9te ,ca!r9e de ,si5ne3 ,p\r accomplir votre devoir1 trs ,sa9t-,pre1 et suivant la volont de ,dieu1 v\s f]m]ez les portes de ce beau palais1 et v\s pr5drez la r\te de ,rome1 o les difficults et la mal>ia v\s att5d5t en *ange des dlices d',avignon4 ,au degr o j'tais p>v5u1 je ne ress5tais plus ces viol5ts m\vem5ts qui sont ce que j'aime et dsire4 ,j'tais satur de cette ville1 qui ds lors n'agissait plus sur moi2 je glissais peu peu dans la torpeur4 ,l'homme e/ un ensemble inf9im5t compliqu3 dans le bonheur le mieux pur n\s n\s dim9uons4 ,je jugeai opportun de me vivifi] p> la s\ffrance et dans l'humiliation1 qui seules peuv5t me r5dre un s5tim5t exquis de l'am\r de ,dieu4 ,nulle "p je ne p\vais mieux tr\v] qu' ,p>is4 7,il e/ ju/e d'aj\t] qu' ces nobles motifs se joignait un dsir d'agitation3 dsir mdiocre1 mais aprs t\t n'e/-ce pas un synonyme intressant de mes beaux apptits d'idal4 ,il faut que je respecte t\t ce qui e/ en moi2 il ne convi5t pas que ri5 avorte4 ,or ma sant s'tait =t consolide1 et des p>ties de moi-mme s'veillant peu peu1 ne se satisfaisai5t pas de la vie de ,v5ise47 ,p\r me ma9t5ir dans l'glise ,triomphante1 il faut sans cesse que je mrite1 il faut que j'ennoblisse les p>ties de p* qui subsi/5t probablem5t en moi4 ,je ne les connatrai que dans la vie2 j'y ret\rne4 99 99 99 99 99 ,,livre ,,quatri,,me ,,excursion ,,dans ,,la ,,vie 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,xi ,,une ,,anecdote ,d',,am\r ,i ,j',,amasse ,,des ,,docum5ts ,ple comme sa *emise4 ,le huitime j\r de mon arrive ,p>is1 qu& la petite motion de retr\v] d'anci5nes connaissances et de me compos] selon l'*elle sociale et le c>actre des g5s que je r5contre1 m'eut sec\ une c5ta9e de fois1 mes n]fs se montr5t et je tr\vai l'motion vulgaire que je v5ais *]*]4 ,c'tait la petite fille d'une actrice1 jadis fameuse p> son esprit et la loyaut de ses amitis4 ,jolie fille1 jeune1 m5e uniquem5t p> son imag9ation1 un peu prt5tieuse d'allure et de ton1 mais incapable d'un ge/e qui ne ft pas gracieux1 elle m'mut4 ,je m'ap]u de mon s5tim5t au so9 que je pris de ne pas m'av\] qu'elle ne possdait que des ides acquises et1 p\r son propre fonds1 de la vanit4 ,d'ailleurs1 je lui vis le g5re de s\rire que je prfre1 imprvu1 fait de coquett]ie et de bont4 ,quelque *ose de ha* dans mes disc\rs1 une app>5ce de fran*ise qui e/ faite de dsir de plaire et d'indiffr5ce l'op9ion1 voil les c>actres qui lui plur5t t\t d'abord en la dr\tant4 99 99 99 99 99 ,c'e/ une lgre tri/esse de con/at]1 *ez un objet de v+t ans qu'on affectionne1 la sci5ce de dom9] les hommes p> un mlange de pudeur et de c>esses1 qu& on rfl*it aux expri5ces qui la lui acquir5t4 ,elle usa d'un jeu de passion brise1 puis reprise1 qui e/ le plus conv5able p\r m'm\voir4 ,qu& je me dpitais1 elle ne faisait que rire1 ne v\lant pas croire que je pusse t5ir elle4 ,si elle m'avait promis de bonne grce et ds le db du dn] ce dont je la pressais la f9 de la soire1 peut-tre en aurais-je bill4 ,c> allum] une d]nire cig>ette1--att5dre dans un fauteuil l'in/ant de la voir jolie1 fra*e d'une toilette simplifie1 et complaisante avec de beaux *eveux et des yeux t5dres1--ne plus me disp]s] dans mille s\cis mais me runir dans une action vive1--t\tes ces f9es motions1 les soirs que1 me s]rant la ma91 elle ne me laissait pas desc5dre de la voiture qui la reconduisait1 je m'n]vais les voqu] et croire que1 la veille1 je les avais gtes *ez elle4 ,mais en vrit j'y tais demeur =t ins5sible4 ,seule n\s meut la beaut que n\s ne p\vons t\*]4 ,cette atmosphre de s5sualit dlicate dont mon regret emplissait sa *ambre1 je la composais p> le procd de l'ab/raction1 malhonnte au cas p>ticuli]4 ,en ralit1 les traits sduisants que j'assemble aut\r de son bais] ne fur5t jamais runis2 cette heure-l au contraire e/ faite de mille dtails oiseux et p>fois *oquants4 ,d'ailleurs1 ces m9utes (frirai5t-elles t\t ce plaisir dont ma fivre contr>ie les embellit1 elles ne me s]ai5t nullem5t indisp5sables2 et si trois soirs de suite1 je me c\*ais v]s les onze heures1 ayant pris int]valles gaux trois paquets1 tr5te c5tigrammes de qu99e1 mon gt se dissip]ait4 99 99 99 99 99 ,je m'tais propos p\r mes f9s idales de pr5dre l quelque *agr91 un peu d'am]tume qui me re/itut le dsir de ,dieu4 ,ds les premi]s j\rs de cet essai1 j'appliquai ma m?ode avec plus d'entra9 que dans aucun de mes en?\siasmes prcd5ts4 ,il s'agissait comme t\j\rs de rsum] dans une passion ard5te le vague dsir1 qui sans trve t\rbillonne en moi1 de ralis] l'unit de mon tre4 ,sur ce t]ra9 n\veau je fis une moisson abondante d'analyses1 c> aprs le clotre et ,v5ise mes yeux tai5t neufs p\r ,p>is4 ,en moi gr&it avec rapidit1 con=mm5t mon rle1 cet apptit de se dtruire1 cette hte de se plong] corps et me dans un manque de bon s5s1 cette sorte de ha9e de soi-mme qui con/itu5t la passion6 ,ah6 l'attrait de l'irrp>able1 o t\j\rs je v\lus tr\v] un p]ptuel repos3 au clotre1 qu& je me v\ai l'imitation de mes sa9ts1--au soir d',h>\1 qu& je me fis une belle mlancolie de l'avortem5t de ma race1--sur les canaux clatants de ,v5ise1 qu& je m'exaltais des magnific5ces de cette ville qui j'avais l'esprit li6 ,c'e/ encore ce morne irrp>able que ma fivre *]*e ,p>is1 t&is que je veux me remettre t\t enti] entre des ma9s ornes de trop de bagues6 ,je sais p\rtant que je suis une somme inf9ie d'n]gies en puissance1 et que p\r moi il n'e/ pas de /abilit possible4 ,je le sais au po9t que1 sur cet axiome1 j'ai fond ma m?ode de vie1 qui e/ de s5tir et d'analys] sans trve4 99 99 99 99 99 ,p\r aiguillonn] ma s5sibilit et la p\ss] dans cette voie d'am\r que j'exprim5te1 j'ai tr\v c9q six traits d'un effet sr4 #a ,se reprs5t] l',objet1 de *air dlicate et de ge/es c>essants1 aux bras d'un homme brutal1 et pme de cette brutalit mme1 embellissant ses yeux de misrables l>mes de volupt1 qu'elle n'et d v]s] que sa9te et honorant ,dieu mes cts4 ,cette trahison des s5s1 cette dfaite de la femme1 si faible contre les exig5ces de ses v+t ans1 f\rnissait un ?me abondant et monotone mes entreti5s du soir avec l',objet4 ,l',objet surpris1 *oqu1 puis fatigu p> mon insi/ance1 m'av\a div]ses circon/ances o elle avait gt violemm5t ces affreux entranem5ts4 ,je l'c\tais en sil5ce1 rempli d'am]tume et de tr\ble1 t&is que1 s'animant1 elle mettait ses aveux un vila9 am\r-propre4 ,cep5dant1 vi]ge et intimide1 elle ne m'et inspir qu'une sorte de piti1 ennemie de t\te passion4 #b ,se reprs5t] qu'ayant fait le bonheur de beauc\p d'indiffr5ts qui t\s l'abm]ont un peu1 elle devi5dra vieille et ddaigne1 sans revan*e possible4 ,m'ab&onnant une bont tri/e et s5suelle1 je s\ffrais de cette fatalit o son beau corps engr5 tait *aque j\r froiss1 et m'appuyant contre cette pauvre amie1 je me faisais a9si une mlancolie facile qui m'n]vait dlicieusem5t1 mais o elle ne voyait durant nos soirs d'automne que de longs sil5ces insupportables4 ,une s+ulire contradiction de s5tim5t sans trve t\rnoie en moi comme une d\ble prire4 ,je m'irritai t\j\rs du mpris qu'affect5t les mes vulgaires p\r les cratures qui consacr5t leur jeune beaut et leur fantaisie s]vir la volupt4 ,leur corps si s\ple1 leur s\rire de petit animal et t\tes leurs fossettes1 qu& elles les livr5t au passant mu1 c'e/ qu'elles sont agites du mme dieu1 dieu d'orgueil et de gnrosit1 qui fait les analy/es4 ,les analy/es pri5t l'inconnu qu'il veuille tre leur ami1 et rejetant t\te pudeur1 ils le provoqu5t connatre leur me et en j\ir4 ,les uns et les autres sont victimes d'une fatalit1 c> ils naquir5t *>gs d'attraits s+uli]s4 ,j'aime l'orgueil qui les p\sse rvl] publiquem5t leur beaut4 ,j'aime leur ds9tressem5t qui leur fait ddaign] t\tes ces petites proccupations1 gr\pes p> le vulgaire s\s le nom de dignit1 et auxquelles ,simon prtait de l'importance4 ,j'aime leurs emportem5ts qui m'aid5t compr5dre la mort2 ils se ht5t de faire leur t*e et d'pan\ir leurs v]tus1 c> ils n'auront pas de fils1 selon le sang1 qui les transmettre4 ,il faut qu'ils se gagn5t des fils spirituels o dpos] le secret de leurs motions4 ,la frnsie des monographi/es s9cres et celle de ,cloptre ab&onne dans les bras de ,cs>1 d',anto9e et de tant de soldats1 n'veill5t aucune raill]ie facile *ez les esprits rfl*is3 de telles impudeurs transmett5t1 de gnration en gnration1 les v]tus d'exception4 ,ces femmes et ces p5seurs ont sacrifi leur "p de dignit vulgaire p\r mettre une t9celle dans des mes sauves de l'ass\pissem5t4 ,cep5dant1 et voil ma contradiction1 je me dsesprais que l',objet ft telle4 ,seule son infme +niosit m'intressait elle1 et je la lui repro*ais1 me plaisant lui dtaill] t\t haut1 combi5 elle violait les lois ord9aires de la nature et de la bi5sance4 ,am\reuse d'absurde1 autant que je le suis1 et vaniteuse1 elle pr5ait un gt trs vif mes irritations4 ,n\s en plaisantions l'un et l'autre1 mais p>fois j'tais presque brutal1 et p>fois encore j'tais prs de regrett] qu'elle ft un objet irrp>ablem5t gt4 ,mais sans trve1 au fond de moi1 quelqu'un riait disant3 ,ah6 l'insignifiante p>ade6 ,ah6 que ces *oses me s]ai5t indiffr5tes1 s'il me plaisait d'en dt\rn] mon reg>d6 99 99 99 99 99 ,de telles expri5ces1 m5es avec trop de zle1 prs5t5t quelque dang]4 ,c'e/ le jeu un peu fbrile du pauvre enfant qui1 p> un j\r de pluie1 assis dans un co9 de la *ambre1 exam9e son j\et au risque de le cass]1--non lo9 des gr&es p]sonnes qui sont1 en t\tes circon/ances1 un *tim5t imm95t4 99 99 99 99 99 ,elle avait de la gnrosit de coeur1 et1 malgr sa vanit1 un conv5able bohmianisme4 ,autrem5t son s\rire m'aurait-il arrt8 ,deux ou trois fois1 dans notre jeu s5tim5tal1 n\s n\s sommes t\*s fond1 et s\da9 presque s9cres1 n\s cessions notre intrigue p\r v\loir n\s aim] bonnem5t4 ,n\s aurions pu gt]1 l'c>t1 quelques sema9es de vrai satisfaction4 ,mais quoi6 tant de s5tim5ts dlicats1 que j'ai acquis p> de longs ef=ts m?odiques1 ds lors me dev5ai5t inutiles6 ,p\vais-je accept] de me rduire la petite s5sibilit s5suelle de ma v+time anne6 ,r5i]1 p\r la premire fois1 la j\rne de ,j]sey6 99 99 99 99 99 ,quelque irraisonnable que cela ft1 tels tai5t ses yeux c]cls de fatigue *>mante1 qu& elle se s\levait d'entre mes bras1 que je cdais mon gt p\r cet objet1 plus qu'il n'tait m>qu dans mon programme4444 ,ce g5re d'motions e/ assez connu p\r que je n'en f\rnisse pas la description4 99 99 99 99 99 ,dans ce ds>roi de mon sy/me1 dfaut de ma volont1 quelques ge/es dont j'avais pris l'habitude t\te ma*9ale me sauvr5t4 ,cela e/ l\able1 mais je ne puis m'en glorifi]3 en ralit j'tais ds>m2 ses ma9s fivreuses avai5t =c le tab]nacle de mon vrai ,moi4 ,t&is qu'intrieurem5t j'tais pr(an1 je p>us encore s]vir avec orgueil mon ,dieu4 ,ce fut une suprme j\rne4 ,comme moi1 elle tait limite4 ,de dc\ragem5t1 s\da91 elle ab&onna la p>tie2 elle m'avait va9cu1 et ne le sut jamais4 ,mais n'e/-ce pas aussi que je la fatiguais p> la monotonie de mes propos8 ,mon gotisme1 outre qu'il e/ peu sduisant1 ne se r5\velle gure4--,ou bi5 fut-elle dcide p> des *oses de la vulgaire ralit8 ,j'ai peut-tre un dda9 excessif des ncessits de la vie4444 ,t\tes les inductions sont p]mises1 mais has>deuses1 sur ces rapports d'homme femme4 ,frquemm5t1 p\r me procur] de l'am]tume1 j'ai rfl*i sur mon cas1 et les hypo?ses les plus div]ses m'ont t\r t\r satisfait1 selon les heures de la j\rne3 j'ai le rveil dgt1 l'aprs-dn] indulg5t et un peu brutal1 la soire fivreuse et qui grossit t\t4 ,le fait1 c'e/ qu'elle fut inexacte jusqu' l'impolitesse p5dant c9q j\rs1 t\j\rs gracieuse d'ailleurs1 puis s'en alla n'importe o avec une p]sonne de mon sexe4 ,les femmes oscill5t trangem5t d'une complaisance maladive la m*ancet4 ,j'en conu du dgt1 et1 jugeant l'expri5ce t]m9e1 je p>tis p\r le littoral mdit]ranen4 99 99 99 99 99 ,,ii ,,je ,,pr(ite ,,de ,,mes ,,motions ,cannes tait encore vide 7octobre74 ,je prom5ais mon malaise au long de la plage v5te jusqu' la ,croisette1 o je demeurais immobile reg>d] sur l'eau ri5 du t\t1 puis je repassais1 avec la migra9e1 dans la gr&e rue1 trs vex de n'avoir pas envie de ptiss]ies4 ,quelques prom5ades en voiture ne p\vai5t remplir mes j\rnes2 j'avais spcialem5t horreur des wagons1 qui m'enf]mai5t trop troitem5t dans ma p5se1 et de ,nice1 o je prom5ais mon ennui dans les cafs1 en att5dant l'heure du tra9 p\r ,cannes4 ,jamais les aprs-midi ne fur5t aussi grises qu' cette poque4 ,et quelles soires1 devant un grog6 ,il e/ bi5 f*eux que je n'aie eu p]sonne avec qui analys]1 br9s p> br9s1 mon *agr91 p\r le dess*]1 puis le rduire en p\ssire qu'on jette au v5t4 ,voyez quel recul j'avais fait dans la voie des p>faits1 puisque ,simon1 qui fut ma premire tape1 me r$ev5ait ncessaire4 99 99 99 99 99 ,v\s connaissez ces insomnies que n\s fait une ide fixe1 deb\t sur notre c]veau comme le gnie de la ,ba/ille1 t&is que1 n\s enfonant dans notre oreill]1 n\s n\s supplions de ne p5s] ri5 et n\s recroquevillons dans un travail ma*9al1 tel que de suivre le balanci] de la p5dule1 de compt] jusqu' c5t et autres btises insuffisantes4 ,s\da91 trav]s le voile de banalits qu'on lui oppose1 l'ide rapp>at1 confuse1 puis p>faitem5t nette4 ,et va9cu1 n\s essayons encore de lui *app]1 en n\s ret\rnant dans nos draps4 ,enf91 je me levais1 et p> quelque lecture m\vante je *]*ais m'oubli]4 ,t\t me disait mon *agr91 au po9t que les romans de mes contempora9s me p>ur5t admirables4 ,ce n'tai5t pas ses yeux1 ni son s\rire qui m'app>aissai5t dans mes tr\bles2 je ne m'att5drissais que sur moi-mme4 ,j'imag9ais le sy/me de vie que j'aurais m5 avec elle1 et je me dsesprais qu'une faon d'tre mu1 que j'avais entrevue1 me ft irrmdiablem5t f]me4 ,au rsum1 j'aurais v\lu recomm5c] avec elle la solitude mditative que ,simon et moi n\s t5tmes4 ,retraite *>mante6 ,ma m?ode1 en tonnant l',objet1 m'et p>u rajeunie moi-mme4 ,puis ces comm]ce d'ides avec des tres d'un autre sexe se compliqu5t de m5ues s5sations qui meubl5t la vie4 ,a9si1 tudi] ce qui aurait pu tre1 j'empirais ma tri/e situation4 ,et1 pit9ant ma *ambre banale1 je suppliais les sema9es de pass]4 ,il e/ vid5t que a ne dur]a pas1 mais les m9utes en p>aiss5t si longues6 ,j'ai connu une angoisse analogue sur le fauteuil r5v]s des d5ti/es1 et p\rtant l'univ]s1 que je reg>dais dsesprm5t p> leurs va/es f5tres1 ne me p>ut pas aussi dcolor que je le vis1 durant ces nuits dte/ables et ces aprs-midi o je me c\*ais v]s les trois heures et m'endormais enf91 hypnotis p> mon ide fixe1 clatante p>mi le t]ne de t\tes *oses4 ,ah6 les rveils1 au soir tomb1 les membres c\v]ts de froid6 ,les repas1 sans apptit1 s\s des lumires brutales6 ,p>fois mme il pleuvait4 ,j'aurais d me mfi] que l'air de la m]1 prcieux en ce qu'il p\sse aux crises 7cf4 ,j]sey et ,v5ise7 m'tait dans l'espce dte/able4 99 99 99 99 99 ,seule1 elle a pu me faire pr5dre quelque intrt la vie extrieure4 ,elle tait p\r moi1 habitu des gr&es t5tures nues1 un petit j\j\ prcieux1 un bibelot vivant4 ,et comme son p>fum br\illait avec mon sang t\tes mes ides1 je gtais des *oses vulgaires1 je cancanais un peu et j'tais fat la prom5ade4 99 99 99 99 99 ,les petits tableaux qui ranim5t le s\v5ir que je lui g>de sont au re/e =t r>es4 ,elle ne m'a jamais ri5 dit de mmorable1 ni de t\*ant2 c'e/ peut-tre que je ne l'c\tais gure8 ,l'ayant aborde avec le simple dsir de me donn] quelque am]tume et de repr5dre du ton1 j'ai habill selon ma conv5ance et avec un art m]veilleux le premi] objet qui j'ai plu4 ,elle n'e/ qu'un in/9ct dansant que je v\lus ador]1 p\r le plaisir d'humili] mes p5ses4 ,comme elle tait v5ue me surpr5dre1 un mat9 de nagure1 dans ma *ambre d'htel1 elle me tr\va appuy sur une malle1 qui lisais l',imitation4 ,je la priai d'ent5dre le *apitre si bref sur l'am\r *>nel4 ,elle m'assura que cela lui plaisait inf9im5t1 et p\r me le pr\v] elle riait4 ,la socit de ,simon a p]v]ti en moi le s5s de la sociabilit4 ,il e/ vid5t que j'ai ennuy au del de t\t l',objet4 ,uniquem5t s\cieux de me di/raire1 je ne songeais pas assez qu'elle tait un objet vivant4 ,ce j\r o1 sur ma malle de voyageur1 je prt5dis l'in/ruire de l'in/abilit des passions s5suelles1 e/ l'in/ant o je me crus le plus prs d'tre aim et d'aim]1 mais comme il tait midi un qu>t1 elle1 avec une nettet d'analyse intime1 que je n'atteignis jamais1 se r5dait compte qu'elle avait une gr&e faim4 ,un autre s\v5ir qui m'meut dans l'exil de ,cannes1 c'e/ ce fiacre1 neuf heures du soir1 qui n\s emporta le long des b\lev>ds imm5ses et tri/es v]s la g>e de ,lyon1 o l'on se b\scule confusm5t s\s trop de lumires4 ,je m'abs5tais p\r deux j\rs1 mais af9 de dramatis] la situation et de me faire un peu mal aux n]fs1 je lui dis la quitt] p\r deux mois4 ,ses l>mes *audes tombai5t sur mes ma9s dans l'obscurit misrable4 ,c'e/ a9si qu'un peu aprs1 seul dans mon wagon1 je gtai une petite mlancolie et une petite fi]t1 ce qui fait une dlicate s5sualit4 99 99 99 99 99 ,a imag9] ce s5tim5t s9cre de petite fille qu'elle eut p\r moi1 t&is qu'elle sanglotait de mon faux d"p1 je me dsole de mon mauvais coeur1 et une vision d'elle1 t\t embellie et aff9e1 s'impose mon s\v5ir3 figure si pure que je n'pr\ve plus qu'un regret viol5t et att5dri de la savoir malheureuse4 ,elle e/ de la mme race que moi2 si elle entrevoit ce qu'elle devrait tre et ce qu'elle e/1 combi5 elle s\ffre de ne pas vivre mes cts1 p5sant t\t haut et se =tifiant de mes p5ses6 ,c'e/ ma faute1 ma faute irrp>able1 de ne pas lui tre app>u tel que je suis rellem5t6 ,oh6 ma con/ante hypocrisie6 mon impuissance dml] ce qui e/ conv5able1 p>mi tant de *>mantes faons d'tre1 qui s'(fr5t moi comme possibles en t\tes occasions6 ,avec son joli corps1 pm des hommes grossi]s1 que la voil misrable1 elle1 *>mante comme une sa9te paenne6 ,hlas6 p\rquoi suis-je si vivem5t frapp du dsordre qu'il y a dans les *oses8444 ,ou p\rquoi n'e/-elle pas morte8 ,la nuit1 durant mes dte/ables lucidits1 elle ne m'app>atrait plus comme un bonheur possible et que je ne sais acqurir4 ,elle s]ait un cadavre d\x et tri/e1 une *ose de paix4 99 99 99 99 99 ,je lui crivis4 ,ds lors je connus *aque c\rri] l'angoisse1 puis la sec\sse bris] mes g5\x1 qu& le facteur si longtemps guett s'loignait1 sans une lettre p\r moi qui sifflotais d'indiffr5ce affecte4 ,je n'eus plus le c\rage de p5s] ri5 autre qu' elle1 qui peut-tre en ce mom5t riait4 ,elle ne m'a pas crit1--me disais-je *aque mat9 avant de quitt] mon lit1--faut-il en conclure qu'elle ne me rpondra pas8 ,elle fut t\j\rs dte/able2 son sans-gne d'auj\rd'hui pr\ve-t-il que son amiti ait fl*i8 ,et1 s+uli] amant1 je *]*ais les preuves d'indiffr5ce qu'elle m'avait donnes aux meilleurs j\rs1 avec plus d'ardeur qu'un homme raisonnable ne se rappelle les preuves de t5dresse4 ,a cette poque1 le gt que je lui g>dais prit des proportions vraim5t curieuses4 ,v\s connaissez ces inquitudes n]veuses qui1 c]ta9s j\rs1 n\s tiraill5t dans t\tes les jo9tures1 n\s cass5t les jambes la hauteur des g5\x1 et n\s rduis5t enf9 un ge/e brusque1 c\p de pi$ dans les meubles ou assiettes casses1 en mme temps qu'elles n\s font une ide claire des s5sations du vritable pileptique4 ,j'avais l'imag9ation une angoisse analogue4 ,ds l'aube1 je lui tlgraphiai son anci5ne adresse4 ,j\rne dplorable6 ,a trav]s ,cannes1 p]due d'humidit1 je ne cessais d'all] de l'htel au tlgraphe1 o les employs agacs me sec\ai5t leurs ttes1 et mon coeur s'arrtait de battre1 sans que mon attitude p]dt ri5 de sa dignit4 ,le long de la plage1 dans la gr&e rue1 cette j\rne dont j'ent5dis sonn] t\s les qu>ts d'heure me brisa1 tant mon espoir sur*auff *aque seconde se v5ait butt] contre l'impossible1 de la sec\sse d'un express qui s'arrte brutalem5t4444 ,v]s c9q heures1 seul dans le salon humide de l'htel1 je n'avais encore ri5 reu2 la totalit des *oses me p>ut s9i/re1 puis je fus dm5t4 ,comme elle tait oublie1 la fille des premi]s in/ants de cette av5ture1--celle qui je v\lus bi5 prt] un s\rire d\x et manir6 ,j'avais propos d'elle conu un si viol5t dsir d'tre heureux1 j'y tais all d'une telle *evau*e d'imag9ation qu'en me ret\rnant1 je me tr\vais seul4 ,de la mme manire1 s\s le clotre1 mes sa9ts1-- ,v5ise1 ,v5ise1--et en am\r1 l'amante1 se dissipai5t p\r me laiss] mang] du vide1 face face de mon dsir4 99 99 99 99 99 ,pr5dre l'express sur l'heure1 retr\v] ,p>is1 p> l'obligeance des conci]ges1 l'adresse de l',objet1 la repr5dre1 puisqu'elle e/ mobile et que je ne lui dplais pas1 ri5 de plus simple mais il y faudrait qu9ze j\rs1 et j'aime mieux croire que dans ce dlai je s]ai guri4 ,ce bonheur-l1 p\r me plaire1 devrait m'tre donn tel que je l'imag9e1 et l'heure mme o je le dsire4 ,quant revivre les j\rs passs auprs d'elle1 vraim5t je m'en s\ci]ais peu4 ,ce qui me dsole1 c'e/ la non-ralisation de t\t ce que j'ai entrevu en la pr5ant p\r po9t de d"p4 ,je considre avec affolem5t combi5 la vie e/ ple9e de fragm5ts de bonheur que je ne saurai jamais h>monis]1 et d'indications v]s ri5 du t\t4 ,et puis1 comm5t me consol] de cette ignom9ie qu'un lm5t ess5tiel de ma flicit soit un objet d'entre les ,b>b>es1 quelque *ose qui n'e/ pas ,moi8 99 99 99 99 99 ,un mat91 t\j\rs sans n\velle1 j'eus au mo9s la petite satisfaction d'avoir prvu ds la veille1 qu'il fallait laiss] t\t espoir4 ,m'exam9ant avec m9utie1 je con/atai que je trav]sais une priode de dm5ce4 ,la direction de mon n]vem5t ne me p>ut pas blmable1 mais seulem5t son int5sit4 ,il faut av\] que la russite de mon excursion dans la vie dpassait mes plus belles esprances2 vraim5t j'avais rajeuni ma puissance de s5tir6 ,et malgr qu'une p>tie de moi-mme1 t\j\rs un peu l>moyante1 rsi/t1 je m'amusai p5dant quelques m9utes d'tre si p>faitem5t dupe de la dup]ie que j'avais m?odiquem5t organise4 99 99 99 99 99 ,le soleil gai c\rait de la m] bleue et arg5te jusque dans ma *ambre t\t ouv]te2 mon *ocolat embaumait2 j'avais faim et je s\riais4 ,pr(itant avec un gr& s5s de cet clair d'n]gie1 je pris le tra9 de ,nice4 ,de ,nice ,monte-,c>lo je suivis le cte pi$1 dans une atmosphre lgre qui me disposait aux s5tim5ts f9s4 ,je m'imposais3 #a ,de respir] avec s5sualit2 #b ,de me conva9cre qu'aucune des beauts s\pires p> moi depuis trois sema9es n'tait en cette fille3 ,je subis une qu]elle de mes rves intimes2 l'am\r n'e/ qu'un dom9o qu'ils ont pris p\r piqu] ma curiosit4 ,mais1 en vrit1 je n'ai pas me mpris]2 p]sonne n'a port la ma9 sur moi4 ,si je suis tr\bl1 c'e/ moi seul qui me tr\ble4 99 99 99 99 99 ,je dnai abondamm5t1 et malgr que cette heure 7de six neuf7 soit lugubre au s5tim5tal indispos1 je sortis du re/aurant plus viril1 un peu ballon et un cig>e trs curieux la b\*e4 ,l'excell5t remde que l'orgueil qu& on va s'miett] dans un dsagrm5t6 ,je relve un peu la tte1 je fais table rase de t\t les m5us s\v5irs et je dis3 ,quoi6 des scnettes t\*antes que je fabrique p\r m'att5drir6 vais-je m'emptr] l d$ans6 ,je suis c5tre des *oses2 elles me doiv5t obir4 ,je m\rrai fatalem5t1 et1 si j'en pr\ve le beso91 je puis avanc] cette date4 ,en att5dant1 soyons un homme libre1 p\r j\ir m?odiquem5t de la beaut de notre imag9ation4 99 99 99 99 99 ,les salles de jeu m'ont t\j\rs ennuy4 ,j'ai p\rtant t\s les in/9cts du j\eur4 ,si je m'intressais la politique1 la religion et aux qu]elles monda9es1 j'embrass]ais le p>ti du plus faible4 ,c'e/ gnrosit naturelle2 c'e/ aussi calcul de j\eur3 j'espr]ais tre rcomp5s au c5tuple4 ,en outre1 il m'arrive1 qu& je s\ffre un peu des n]fs1 de dsir] avec frnsie risqu] ma vie quelque *ose3 p\r ri51 p\r l'orgueil de c\rir un gr& risque4 ,mais mettre des l\is sur le tapis v]t1 voil qui n'intresse pas la dixime p>tie de moi-mme4 ,et si je p]dais1 t\t mon tre s]ait annihil4 ,c> sans arg5t1 comm5t dvelopp] son imag9ation8 ,sans arg5t1 plus d'homme libre4 ,celui qui se laisse empoign] p> ses in/9cts naturels e/ p]du4 ,il r$evi5t inconsci5t2 il p]d la clairvoyance1 t\t au mo9s la libre direction de son mcanisme4 ,le j\eur de ,monte-,c>lo e/ l p\r se f\ett] un peu les n]fs1 p\r son plaisir4 ,que la *ance l'ab&onne1 c'e/ un homme qui ne possde plus et qui compromet ses plaisirs de dema94--,a9si1 j'allais ,p>is faire une expri5ce s5tim5tale af9 de me rveill] un peu 7mettre quelque am]tume dans mon bonheur trop fade74 ,la *ance a t\rn1 j'ai t pris4 ,c'e/ que j'avais *oisi une des lot]ies les plus grossires3 l'am\r p\r un tre6 ,l'homme vraim5t rfl*i ne j\e qu'avec des ab/ractions2 il se g>de d'introduire dans ses comb9aisons une femme ou un cr\pi] de ,monte-,c>lo4 ,j'ai tremp dans l'humanit vulgaire2 j'en ai s\ff]t4 ,fuyons1 r5trons dans l'artificiel4 ,si mes passions cabal5t p\r la vie1 je suis assez exp]t mcanis] mon me p\r les dt\rn]4 ,c'e/ une honte1 ou du mo9s une fausse manoeuvre1 qu'aprs tant d'inv5tions +nieuses o je les ai di/raites1 elles m'impos5t encore de ces drames communs1 que je n'ai pas *oisis1 et qui ne prs5t5t pas d'intrt4 ,sortons de ce ,cas9o o des hommes1 d'imag9ation c]tes1 mais d'une imag9ation peu orne1 mes frres sans d\te1 mais de quel lit6 *]*5t comme moi r*auffem5t1 et ce jeu se brl5t4 ,je suis un j\eur qui pipe les ds2 ds9tress du rsultat que je connais1 j'ai l'esprit assez libre p\r pr5dre plaisir aux plus m9utieux dtails de la p>tie4 ,plaisir un peu froid1 mais exquis6 ,oh6 ces halles1 ces filles1 cette l\rde *aleur6 ,quelle grossire salle d'att5te1 auprs du wagon lg] dans lequel je trav]s]ai la vie1 prv5u de t\tes les /ations et considrant des paysages div]s1 sans qu'une g\tte de sueur m\ille mon front1 qu'il faudrait c\ronn] des plus dlicates roses1 si cet usage n'tait pas ?tral6 99 99 99 99 99 ,je repris le tra9 de ,cannes4 ,auprs de moi des (fici]s de m>9e causai5t1 et je fus frapp t\t d'abord de leur simplicit1 de la cam>ad]ie enfant9e de leurs propos4 ,je me rafra*issais les suivre4 ,naturellem5t ils bav>dai5t sur la r\lette1 avec ce ton de plaisant]ie ma?matique p>ticuli] aux lves de ,polyte*nique ou de ,navale3 --,puisque c'e/ le banqui] qui f9it p> gagn]1 disai5t-ils1 plus v\s divisez la somme que v\s p\vez risqu]1 plus v\s augm5tez vos *ances de p]te4 ,le meilleur1 c'e/ encore de risqu] un gros c\p1 puis de s'loign]4 ,ah6 l'admirable vrit1 m'criai-je entre ,villefran*e et ,nice1 dans les cahots du wagon1 et comme cela confirme ma ?orie6 ,dans la vie1 la somme des maux1 nul ne le conte/e1 e/ suprieure celle des bonheurs4 ,plus v\s av5turez de comb9aisons p\r gagn] le bonheur1 plus v\s augm5tez vos *ances de p]tes4 ,puisqu'il r5trait dans mon sy/me d'aim] et d'tre aim1 c'tait bi5 de m'y risqu] un j\r2 mais la sotte comb9aison que de laiss] ma mise sur le tapis p5dant c9quante j\rs6 99 99 99 99 99 ,heureusem5t p\r mes bonnes dispositions1 je ne tr\vai pas l'htel de lettre de l',objet4 ,je pris une pilule d'opium1 p\r qu'une insomnie1 t\j\rs dprimante1 ne vnt pas me dsespr] n\veau1 et1 mon rveil1 je me p>us satisfaisant4 ,je sais d'ailleurs qu'il faut tre indulg5t aux convalesc5ts1 et ne pas trop dem&] leurs =ces trbu*antes4 ,le l5dema91 je p>tis p\r m'ar] n'importe o4 99 99 99 99 99 ,,iii ,m,,ditation ,,sur ,l',,anecdote ,d',,am\r ,il ne faut pas que je me plaigne de cette d*ance subie durant quelques j\rs4 ,l'humiliation m'e/ bonne1 c'e/ la seule =me de d\leur qui me pntre et me baigne pr(ondm5t4 ,le dang] de mon ma*9isme1 p>fait tant d'g>ds1 e/ qu'il me dess*e4 ,cette anecdote d'am\r me s]a p\r plusieurs mois une s\rce de s5sibilit2 elle me rappell]a combi5 il e/ urg5t que je me btisse un refuge4 ,et puis cette belle expri5ce que je vi5s de crer1 je p\rrai mon loisir la rpt]4 ,dsormais je connais la voie p\r tre m\/ill1 att5dri1 voire libid9eux comme sont la plup>t des hommes et des femmes4 ,mon rve fut t\j\rs d'assimil] mon me aux orgues mcaniques1 et qu'elle me *antt les airs les plus v>is *aque fois qu'il me plairait de press] sur tel b\ton4 ,j'ai enri*i mon rp]toire du *ant de l'am\r4 ,je ne p\vais gure m'en pass]4 ,la *ose se ft trs le/em5t4 ,la priode grossire1 o l'on s\ffre vraim5t1 o l'on j\it vraim5t 7et je ne sais1 p\r un esprit s\cieux de voir clair1 quel e/ de ces g>em5ts le plus pnible671 je ne p]mis pas qu'elle durt plus de deux mois4 ,le plaisir ne comm5ce que dans la mlancolie de se s\v5ir1 qu& les s\rires1 t\j\rs si grossi]s1 sont purs p> la nuit qui dj les remplit4 ,p\r prs5t] quelques d\ceurs1 il faut qu'un acte soit trans=m en matire de p5se4 ,j'ai activ les phnomnes ord9aires de la s5sibilit4 ,en trois sema9es1 d'une vulgaire anecdote je me suis fait un s\v5ir dlicieux que je puis press] dans mes bras1 mes soirs d'anmie1 me lam5tant p> simple gt de mlancolique1 craignant la vie1 l'in/9ct1 t\t le p* orig9el qui s'agite en moi1 et =tifiant l'univ]s p]sonnel que je me suis con/ruit p\r y tr\v] la paix4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,xii ,,mes ,,conclusions ,la rgle de ma vie ,auj\rd'hui j'habite un rve fait d'lgance morale et de clairvoyance4 ,la vulg>it mme ne m'atte9t pas1 c> assis au fond de mon palais lucide1 je c\vre le sc&aleux murmure qui monte des autres v]s moi p> des airs v>is1 que mon me me f\rnit volont4 ,j'ai r5onc la solitude2 je me suis dcid btir au milieu du sicle1 p>ce qu'il y a un c]ta9 nombre d'apptits qui ne peuv5t se satisfaire que dans la vie active4 ,dans la solitude1 ils m'emb>rass5t comme des s\d>ds sans emploi4 ,la p>tie basse de mon tre1 mcont5te de son inaction1 tr\blait p>fois le meilleur de moi-mme4 ,p>mi les hommes je lui ai tr\v des j\j\x1 af9 qu'elle me laisse la paix4 ,ce fut la gr&e tri/esse de ,dieu de voir que ses anges1 des manations de lui-mme1 ds]tai5t son p>adis p\r aim] les filles des hommes4 ,j'ai tr\v un jo9t qui me p]met de support] sans am]tume que des p>ties de moi-mme incl95t v]s des *oses vulgaires4 ,je me suis morcel en un gr& nombre d'mes4 ,aucune n'e/ une me de dfiance2 elles se donn5t t\s les s5tim5ts qui les trav]s5t4 ,les unes vont l'glise1 les autres au mauvais lieu4 ,je ne dte/e pas que des p>ties de moi s'abaiss5t quelquefois3 il y a un plaisir my/ique contempl]1 du bas de l'humiliation1 la v]tu qu'on e/ digne d'atte9dre2 puis un esprit vraim5t orn ne doit pas se di/raire de ses proccupations p\r pes] les vil5ies qu'il commet au mme mom5t4 ,j'ai pris d'ailleurs cette g>antie que mes div]ses mes ne se connaiss5t qu'en moi de sorte que n'ayant d'autre po9t de contact que ma clairvoyance qui les cra1 elles ne peuv5t cabal] ensemble4 ,qu'une d'elles compromette la scurit du gr\pe et p> ses excs risque d'entran] la somme de mes mes1 t\tes se ru5t sur la rfractaire4 ,aprs une c\rte lutte1 elles l'ont vite matrise2 c'e/ ce qu'on a pu voir dans l'anecdote d'am\r4 ,vraim5t1 qu& j'tais trs jeune1 s\s l'oeil des ,b>b>es et encore ,j]sey1 je me mfiais avec excs du monde extrieur4 ,il e/ rep\ssant1 mais presque in(f5sif4 ,comme l'onagre p> le nez1 il faut matris] les hommes en les empoignant p> leur vanit4 ,avec un peu d'alcool et des vi&es saignantes ses repas1 avec de l'arg5t dans ses po*es1 on peut support] t\s les contacts4 ,un dang] bi5 plus grave1 c'e/1 dans le monde intrieur1 la /rilit et l'emballem5t6 ,auj\rd'hui1 ma gr&e proccupation e/ d'vit] l'une et l'autre de ces maladresses4 ,on connat ma m?ode3 je ti5s en ma9 mon me p\r qu'elle ne butte pas1 comme un vieux *eval qui sommeille en trottant1 et je m'+nie lui procur] *aque j\r de n\veaux frissons4 ,on m'accord]a que j'excelle la ram5] ds qu'elle se drobe4 ,p>fois je m'int]romps p\r m'adress] une prire3 ,o moi1 univ]s dont je possde une vision1 *aque j\r plus claire1 peuple qui m'obx au doigt et l'oeil ne crois pas que je te dlaisse si je cesse dsormais de not] les obs]vations que ton dveloppem5t m'inspire2 mais l'intressant1 c'e/ de crer la m?ode et de la vrifi] dans ses premires applications4 ,somme sans cesse croissante d'mes ard5tes et m?odiques1 je ne dcrirai plus tes ef=ts2 je me cont5t]ai de faire connatre quelques-uns des rves de bonheur les plus lgants que tu imag9]as4 ,cont9uons t\tefois embellir et agr&ir notre tre intime1 t&is que n\s r\l]ons p>mi les traces extrieurs4 ,soyons conva9cus que les actes n'ont aucune importance1 c> ils ne signifi5t nullem5t l'me qui les a ordonns et ne val5t que p> l'int]prtation qu'elle leur donne4 99 99 99 99 99 ,lettre ,simon ,j'ai crit d]nirem5t ,simon3 ,avec v\s1 lui dis-je1 j'avais vcu dans l'glise ,militante1 faite de t\tes les misres de l',esprit mole/ p> la vie4 ,demeur seul1 j'ai projet devant moi1 p> un ef=t considrable1 ce press5tim5t du meilleur que n\s portions en n\s2 j'ai ralis cette glise ,triomphante que p>fois n\s entrevoyions2 j'ai p>ticip de ses joies4 ,ri5 de plus dlicat que de se ma9t5ir sur ce sommet de l'artificiel4 ,mes passions ont cabal p\r la vie4444 ,aussitt mon me me signalait leur insurrection1 et1 t\te coalise1 les rduisait4 ,cep5dant j'avais gliss plus bas que jamais n\s ne fmes4 ,il faut que je remonte la srie d'ex]cices spirituels qui n\s avai5t si =t embellis1 mon *] ami4 ,c'e/ une gr&e erreur de concevoir le bonheur comme un po9t fixe2 il y a des m?odes1 il n'y a pas de rsultats4 ,les motions que n\s connmes hi]1 dj ne n\s app>ti5n5t plus4 ,les dsirs1 les ardeurs1 les aspirations sont t\t2 le b ri54 ,je fus inconsidr de croire que j'tais arriv quelque "p4 ,mieux av]ti1 je vais recomm5c] nos curieuses expri5ces4 ,v\s et moi1 mon *] ,simon1 n\s sommes de la petite race4 ,nos exam5s de consci5ce1 les excursions que n\s fmes botte botte hors du rel et l'assaut que je vi5s de subir ne me laiss5t pas en d\t]4 ,je ne veux pas me risqu] ri5 inv5t]2 je veux m'en t5ir des motions que j'aurai peses l'avance4 ,ri5 de plus dang]eux que nos apptits naturels et notre in/9ct4 ,je les t\ff]ai s\s les en?\siasmes artificiels se succdant sans int]valle4 ,ce sy/me excell5t p\r l'individu s]ait1 la vrit1 dplorable p\r l'espce4 ,les voluptueux de mon ordre demeur5t /riles4 ,mais je ne cra9s pas que la masse des hommes m'imite jamais3 il faut1 p\r g>d] la mesure que je prescris1 un tact1 une clairvoyance inf9is4 ,v\s le savez bi51 ,simon1 s'il m'et plu1 j'tais un m]veilleux in/rum5t p\r produire des phnomnes r>es4 ,je p5*e quelquefois me dvelopp] dans le s5s de l'n]vem5t2 nvropa! et dlicat1 j'aurais enregi/r les plus m5ues disgrces de la vie4 ,je p\vais aussi prt5dre la comprh5sion2 j'ai un gt vif des passions les plus contradictoires4 ,enf9 je suis d\ p\r la bont2 je me plais plaire1 je s\ris2 en p]svrant1 j'aurais atte9t cette v]tu royale1 la *>it4 ,mais dcidm5t je ne m'enf]m]ai dans aucune spcialit2 je me refuse mes in/9cts1 je drang]ai les projets de la ,provid5ce4 ,que mes v]tus naturelles soi5t en moi un j>d9 f]m1 une t]re inculte6 ,je cra9s trop ces =ces vives qui n\s entran5t dans l'imprvu1 et1 p\r des buts ca*s1 n\s font p>ticip] t\s les *agr9s vulgaires4 ,je vais jusqu' p5s] que ce s]ait un bon sy/me de vie de n'avoir pas de domicile1 d'habit] n'importe o dans le monde4 ,un *ez soi e/ comme un prolongem5t du pass2 les motions d'hi] le tapiss5t4 ,mais1 c\pant sans cesse d]rire moi1 je veux que *aque mat9 la vie m'app>aisse neuve1 et que t\tes *oses me soi5t un db4 ,mon *] ami1 v\s tes entr dans une c>rire rgulire3 v\s utilis]ez notre dda91 qui n\s conduisit ,j]sey1 p\r en faire de la morgue de haut p]sonnage2 notre clairvoyance1 qui fit nos longues mditations1 devi5dra *ez v\s un scepticisme de bon ton2 notre misan?ropie1 qui n\s sp>a1 une di/9ction et une froideur ju/em5t e/imes de ce monde sans dclamation o v\s tes appel russir4 ,nul d\te que v\s n'arriviez proscrire p\r des raisons suprieures ce que le vulgaire proscrit1 et appr\v] ce qu'il s]t4 ,c]ta9es natures avec leur f9e ironie s'accomod5t m]veille1 quoique p\r des raisons trs diffr5tes1 du vulgaire bon s5s4 ,alors1 assi/ant de lo9 au dveloppem5t de ma c>rire1 si v\s la voyez t\rn] mille *oses faciles que j'tais n p\r mpris] t\j\rs1 ne v\s tonnez pas4 ,croyez que je demeure celui que v\s avez connu1 mais p\ss un tel po9t que les attitudes mmes que n\s e/imions jadis1 je les ddaigne3 c> vis--vis des rves que j'entrevois1 un peu plus1 un peu mo9s1 c'e/ bi5 indiffr5t4 ,et ces rves eux-mmes n'ont pas gr&e importance1 p>ce que je m\rrai un j\r1 p>ce que je ne suis pas sr que dans cette c\rte vie elle-mme mon idal d'auj\rd'hui soit dema9 mon idal1 enf9 p>ce que je sais n'avoir une ide claire qu' de r>es int]valles1 au plus deux heures p> j\r dans mes bonnes priodes4--,en consqu5ce1 j'ai adopt c9q ou six d\tes trs vifs sur l'importance des p>ties les meilleures de mon ,moi4 ,l'vid5te insignifiance de t\tes les po/ures que pr5d l'lite au trav]s de l'ordre immuable des vnem5ts m'obsde4 ,je ne vois p>t\t que gymna/ique4 ,quoi que je fasse dsormais1 mon ami1 jugez-moi d'aprs ce p>ti pris qui dom9e mes mo9dres actes4 ,il e/ impossible que n\s cessions de n\s intress] l'un l'autre2 il e/ probable cep5dant que n\s cess]ons de n\s crire4 ,cela ne v\s bless]a pas1 mon *] ,simon4 ,v\s savez si je v\s aime2 en ralit1 n\s sommes frres1 de lits diffr5ts1 aj\t]ai-je1 p\r ju/ifi] c]ta9es diffr5ces de nos mes2 n\s avons une p>tie de notre ,moi qui n\s e/ commune l'un et l'autre2 eh bi56 c'e/ p>ce que je veux tre trang] mme moi que je veux m'loign] de v\s4 ,ali5us6 trang] au monde extrieur1 trang] mme mon pass1 trang] mes in/9cts1 connaissant seulem5t des motions rapides que j'aurai *oisies3 vritablem5t ,homme libre6 99 99 99 99 99 ,cette lettre crite1 je refl*is que ce dsir d'tre compris1 ce beso9 de me racont]1 de tr\v] des esprits analogues au mi5 tait encore une sujtion1 un manque de confiance env]s mon ,moi4 ,et si je la fis t5ir ,simon1 c'e/ uniquem5t p> esprit d'ordre1 p\r f]m] la b\cle de la premire priode de ma vie4 ,avril #ahhg4 99 99 99 99 99 ,,app5dice ,,note ,,de ,,la ,,page ,,vi 99 99 99 99 99 ,r,,ponse ,a ,m4 ,,r5 ,,d\mic ,,pas ,,de ,,veau ,,gras6 ,dans un article de la ,revue des ,deux ,mondes1 ,m4 ,r5 ,d\mic dresse le ,bilan d'une gnration1 et voici comm5t il le rsume3 ,les beaux j\rs du dilettantisme sont df9itivem5t passs4 ,le livre que ,m4 ,sailles consacrait nagure ,erne/ ,r5an tmoigne assez de cette espce de colre contre l'idole de la veille4 ,les reprs5tants les plus attitrs du pessimisme1 de l'impressionnisme et de l'ironie ont abjur leurs erreurs avec sol5nit4 ,c'e/ ,m4 ,paul ,b\rget1 de qui n\s enregi/rons auj\rd'hui la nette et significative pr(ession de foi4 ,c'e/ ,m4 ,jules ,lematre1 si habile jadis ces balancem5ts d'une p5se inc]ta9e1 et qui s'e/ ressaisi avec tant de vigueur et de c\rage4 ,c'e/ ,m4 ,b>rs1 si empress dans ses premi]s livres jet] le dfi au bon s5s et qui1 dans son d]ni]1 s'occupait relev] t\s les autels qu'il avait briss4 ,m4 ,d\mic me p]mettra de lui prs5t] ma prote/ation3 je ne relve aucun autel que j'aie bris et je n'abjure pas mes erreurs1 c> je ne les connais po9t4 ,je crois qu'avec plus de recul1 ,m4 ,d\mic tr\v]a dans mon oeuvre1 non pas des contradictions1 mais un dveloppem5t2 je crois qu'elle e/ vivifie1 s9on p> la s*e logique de l'cole1 du mo9s p> cette logique suprieure d'un arbre *]*ant la lumire et cdant sa ncessit intrieure4 ,je m'explique l-dessus1 p>ce que ,m4 ,d\mic n'e/ pas le seul me faire une rception d'enfant prodigue4 ,d'autres me donn5t des loges dont s'emb>rasse mon indignit4 ,eh6 messieurs1 mes erreurs1 il s'en faut bi5 que je les abjure1 sol5nellem5t ou non3 elles demeur5t1 t\j\rs fcondes1 la rac9e de t\tes mes vrits4 ,si c'e/ mon illusion1 elle e/ autorise p> tant de jeunes esprits qui m'ont g>d leur confiance1 non p>ce que je les amusais 7j'aime croire que je suis un criva9 plutt ennuyeux qu'amusant2 on e/ pri d'all] rire ailleurs71 mais p>ce que je les aidais se connatre6 ,sans d\te1 mon petit monde cr p> d\ze ans de propag&e1 p> ,simon1 p> ,brnice et p> le *i5 velu1 a t dcim p> l'affaire ,dreyfus4 ,je g>de un s\v5ir aux amis p]dus1 mais notre premire ent5te m'app>at comme un mal5t5du2 n\s n'tions pas de mme physiologie4 ,seuls les purs1 aprs cette preuve1 sont demeurs4 ,c'e/ p\r le mieux4 ,ils reconnaiss5t que je n'ai jamais crit qu'un livre3 ,un ,homme libre1 et qu' v+t-quatre ans j'y indiquais t\t ce que j'ai dvelopp depuis1 ne faisant dans les ,drac9s1 dans la ,t]re et les ,morts1 et dans cette ,valle de la ,moselle 7o j'ai peut-tre mis le meilleur de moi-mme71 que donn] plus de complexit aux motifs de mes premires et con/antes op9ions4 ,ils peuv5t tmoign] que1 dans la ,coc>de1 en #ahid1 n\s avons trac avec une s+ulire vivacit1 dont s'effrayai5t peut-tre tels amis d'auj\rd'hui1 t\t le programme du nationalisme que1 depuis longtemps1 n\s appelions p> son nom4 ,ce n'e/ pas n\s qui avons *ang1 c'e/ l',affaire qui a plac bi5 des esprits un n\veau po9t de vue4 ,ti5s1 dis5t-ils1 ,b>rs a cess de n\s dplaire4 ,j'en suis pr(ondm5t heureux1 mais je ne fis que suivre mon *em91 et *aque anne je portais la mme c\ronne1 les mmes p5ses sur une tombe en exil#a4 ,sur quoi donc me fait-on qu]elle8 ,je n'allai po9t droit sur la vrit comme une fl*e sur la cible4 ,l'oiseau s'ori5te1 les arbres p\r s'lev] tag5t leurs ramures1 t\te p5se procde p> tapes4 ,on ne m'a po9t tr\v comme une p]le p>faite1 quelque beau mat91 entre deux cailles d'hutre4 ,comme j'y aspirais dans ,s\s l'oeil des ,b>b>es et dans ,un ,homme libre1 je me fis une discipl9e en g>dant mon indp5dance4 ,un ,homme libre1 pauvre petit livre o ma jeunesse se vantait de son isolem5t6 ,j'*appais l't\ffem5t du collge1 je me librais1 me dlivrais l'me1 je pr5ais consci5ce de ma volont4 ,ceux qui connaiss5t la jeune littrature franaise dcl>]ont que ce livre eut des suites4 ,je me suis t5du1 mais il demeure mon expression c5trale4 ,si ma vue embrasse plus de *oses1 c'e/ p\rtant du mme po9t que je reg>de4 ,et si l',homme libre incita bi5 des jeunes g5s se diffr5ci] des ,b>b>es 7c'e/--dire des trang]s71 reconnatre leur vritable nature1 faire de leur me le meilleur emploi1 c'e/ encore la mme m?ode que je leur propose qu& je leur dis3 ,con/atez que v\s tes faits p\r s5tir en ,lorra9s1 en ,alsaci5s1 en ,bretons1 en ,belges1 en ,juifs4 ,p5s] solitairem5t1 c'e/ s'a*em9] p5s] solidairem5t#b4 ,p> n\s1 les drac9s se connaiss5t comme tels4 ,et c'e/ ma9t5ant un problme social1 de savoir si l'tat leur f]a les conditions ncessaires p\r qu'ils repr5n5t rac9e et qu'ils se n\rriss5t selon leurs aff9its4 ,au fond le travail de mes ides se ramne avoir reconnu que le moi individuel tait t\t support et alim5t p> la socit4 ,ide banale1 capable cep5dant de fcond] l'oeuvre d'un gr& arti/e et d'un homme d'action4 ,je ne suis ni celui-ci1 ni celui-l1 mais j'ai pass p> les div]ses tapes de cet a*em9em5t v]s le moi social2 j'ai vcu les div]s in/ants de cette consci5ce qui se =me4 ,et si v\s v\lez bi5 me suivre1 v\s di/+u]ez qu'il n'y a aucune opposition entre les div]ses phases d'un dveloppem5t si facile1 si logique1 irrsi/ible4 ,ce n'e/ qu'une lumire plus =te mesure que le mat9 cde au midi4 ,on juge vite ,p>is4 ,on se fait une op9ion sur une oeuvre d'aprs quelque =mule qu'un homme d'esprit lance et que p]sonne ne contrle4 ,j'ai publi trois volumes s\s ce titre3 ,le culte du ,moi1 ou1 comme je disais encore3 ,la culture du ,moi1 et qui n'tai5t au demeurant que des petits traits d'individualisme4 ,je crois que ,m4 ,d\mic m'p>gn]a et s'p>gn]a volonti]s des plaisant]ies et des indignations sur l'gsme1 sur la contemplation de soi-mme1 dont j'ai t encombr p5dant une diza9e d'annes4 ,j'tais un fameux individuali/e et j'en disais1 sans gne1 les raisons4 ,j'ai appliqu mes propres motions la dialectique morale enseigne p> les gr&s religieux1 p> les ,franois de ,sales et les ,ignace de ,loyola1 et c'e/ t\te la g5se de l',homme libre 7,b\rget72 j'ai pr* le dveloppem5t de la p]sonnalit p> une c]ta9e discipl9e de mditations et d'analyses4 ,mon s5tim5t *aque j\r plus pr(ond de l'individu me contraignit de connatre comm5t la socit le supporte4 ,un ,napolon lui-mme1 qu'e/-ce donc1 s9on un gr\pe innombrable d'vnem5ts et d'hommes8 ,et mon gr&-pre1 soldat obscur de la ,gr&e ,arme1 je sais bi5 qu'il e/ une p>tie con/itutive de ,napolon1 emp]eur et roi4 ,ayant longuem5t creus l'ide du ,moi avec la seule m?ode des potes et des my/iques1 p> l'obs]vation intrieure1 je desc5dis p>mi des sables sans rsi/ance jusqu' tr\v] au fond et p\r support la collectivit4 ,les tapes de cet a*em9em5t1 je les ai fran*ies dans la solitude morale4 ,ici l'cole ne m'aida po9t4 ,je dois t\t cette logique suprieure d'un arbre *]*ant la lumire et cdant avec une s9crit p>faite sa ncessit intrieure4 ,donc1 je le proclame3 si je possde l'lm5t le plus intime et le plus noble de l'organisation sociale1 savoir le s5tim5t vivant de l'intrt gnral1 c'e/ p\r avoir con/at que le ,moi1 s\mis l'analyse un peu srieusem5t1 s'anantit et ne laisse que la socit dont il e/ l'phmre produit4 ,voil dj qui n\s rabat l'orgueil individuel4 ,mais le ,moi s'anantit d'une manire plus t]rifiante encore si n\s di/+uons notre automatisme4 ,il e/ tel que la consci5ce plus ou mo9s vague que n\s p\vons en pr5dre n'y *ange ri54 ,quelque *ose d't]nel gt en n\s1 dont n\s n'avons que l'usufruit1 et cette j\issance mme1 nos morts n\s la rgl5t4 ,t\s les matres qui n\s ont prcds et que j'ai tant aims1 et non seulem5t les ,hugo1 les ,mi*elet1 mais ceux qui font transition1 les ,ta9e et les ,r5an1 croyai5t une raison indp5dante exi/ant en *acun de n\s et qui n\s p]met d'appro*] la vrit4 ,l'individu1 son intellig5ce1 sa facult de saisir les lois de l'univ]s6 ,il faut en rabattre4 ,n\s ne sommes pas les matres des p5ses qui naiss5t en n\s4 ,elles sont des faons de ragir o se traduis5t de trs anci5nes dispositions physiologiques4 ,selon le milieu o n\s sommes plongs1 n\s laborons des jugem5ts et des raisonnem5ts4 ,il n'y a pas d'ides p]sonnelles2 les ides mme les plus r>es1 les jugem5ts mme les plus ab/raits1 les sophismes de la mtaphysique la plus infatue sont des faons de s5tir gnrales et app>aiss5t ncessairem5t *ez t\s les tres de mme organisme assigs p> les mmes images4 ,notre raison1 cette re9e en*ane1 n\s oblige plac] nos pas sur les pas de nos prdcesseurs4 ,dans cet excs d'humiliation1 une magnifique d\ceur n\s apaise1 n\s p]suade d'accept] nos esclavages3 c'e/1 si l'on veut bi5 compr5dre1 --et non pas seulem5t dire du b\t des lvres1 mais se reprs5t] d'une manire s5sible1--que n\s sommes le prolongem5t et la cont9uit de nos pres et mres4 ,c'e/ peu de dire que les morts p5s5t et p>l5t p> n\s2 t\te la suite des desc5dants ne fait qu'un mme tre4 ,sans d\te1 celui-ci1 s\s l'action de la vie ambiante1 p\rra montr] une plus gr&e complexit1 mais elle ne le dnatur]a pas4 ,c'e/ comme un ordre ar*itectural que l'on p]fectionne3 c'e/ t\j\rs le mme ordre4 ,c'e/ comme une maison o l'on introduit d'autres dispositions3 non seulem5t elle repose sur les mmes assises1 mais encore elle e/ faite des mmes moellons1 et c'e/ t\j\rs la mme maison4 ,celui qui se laisse pntr] de ces c]titudes ab&onne la prt5tion de s5tir mieux1 de p5s] mieux1 de v\loir mieux que son pre et sa mre2 il se dit2 ,je suis eux-mmes4 ,de cette consci5ce1 quelles consqu5ces1 dans t\s les ordres1 il tir]a6 ,quelle acceptation6 ,v\s l'entrevoyez4 ,c'e/ t\t un v]tige dlicieux o l'individu se dfait p\r se ressaisir dans la famille1 dans la race1 dans la nation1 dans des milli]s d'annes que n'annule pas le tombeau4 ,j'apprcie beauc\p une lettre ouv]te que j'ai dc\pe dans le ,times4 ,a l'occasion d'une lection la ,*ambre des communes1 un ,m4 ,oswald ,john ,simon1 isralite et membre d'une association politique de ,londres1 crit3 444 ,je suis t5u de dcl>] ce qui suit p\r le cas o j'entr]ais dans la vie p>lem5taire3 ,si un conflit v5ait malheureusem5t natre entre les obligations d'un ,anglais et celles d'un juif1 je suivrais la ligne de conduite qui p>atrait en p>eil cas naturelle t\t autre ,anglais1 c'e/--dire que je suis ce que mes anctres ont t p5dant des milli]s d'annes1 plutt que quelque *ose qu'ils n'ont t que depuis le temps d',olivi] ,cromwell4 ,la belle lettre6 ,que la d]nire phrase de ce juif e/ puissante6 ,elle rvle un homme lev une magnifique consci5ce de son n]gie1 des secrets de sa vie4 ,mais qu& mme cet ,oswald ,john ,simon n'aurait pas saisi et =mul la loi de sa de/9e1 cep5dant il obirait cette loi4 ,et n\s t\s1 les plus rfl*is comme les plus in/9ctifs1 n\s sommes ce que nos anctres ont t p5dant des milli]s d'annes1 plutt que quelque *ose qu'ils n'ont t que depuis le temps d',olivi] ,cromwell4 ,je dis au spulcre3 ,v\s s]ez mon pre4 ,p>ole abondante en s5s magnifique6 ,je la recueille de l'glise dans son sublime (fice des ,morts4 ,t\tes mes p5ses1 t\s mes actes essaim]ont d'une belle prire1--effusion et mditation1--sur la t]re de mes morts4 ,les anctres que n\s prolongeons ne n\s transmett5t intgralem5t l'hritage accumul de leurs mes que p> la p]man5ce de l'action t]ri5ne4 ,c'e/ en ma9t5ant s\s nos yeux l'horizon qui c]na leurs travaux1 leurs flicits ou leurs ru9es1 que n\s ent5drons le mieux ce qui n\s e/ p]mis ou df5du4 ,de la campagne1 en t\te saison1 s'lve le *ant des morts4 ,un v5t lg] le porte et le disp]se comme une s5teur4 ,que son appel n\s ori5te6 ,le cri et le vol des oiseaux1 la multiplicit des br9s d'h]be1 la ramure des arbres1 les te9tes *angeantes du ciel et le sil5ce des espaces n\s r5d5t s5sible1 en t\s lieux1 la loi de l't]nelle dcomposition2 mais le climat1 la vgtation1 *aque aspect1 les plus humbles influ5ces de notre pays natal n\s rvl5t et n\s comm&5t notre de/9 propre1 n\s =c5t d'accept] nos beso9s1 nos insuffisances1 nos limites enf9 et une discipl9e1 c> les morts aurai5t peu fait de n\s donn] la vie1 si la t]re dev5ue leur spulcre ne n\s conduisait aux lois de la vie4 ,*acun de nos actes qui dm5t notre t]re et nos morts n\s enfonce dans un m5songe qui n\s /rilise4 ,comm5t ne s]ait-ce po9t a9si8 ,en eux1 je vivais depuis les comm5cem5ts de l'tre1 et des conditions qui s\t9r5t ma vie obscure trav]s les sicles1 qui me prde/9r5t1 me r5seign5t assurm5t mieux que les expri5ces o mon caprice a pu m'av5tur] depuis une tr5ta9e d'annes4 ,qu& des lib]t9s s'levr5t au milieu de la ,france contre les vrits de la ,france t]nelle1 n\s t\s qui s5tons bi5 ne pas exi/] seulem5t depuis le temps d',olivi] ,cromwell n\s dmes n\s prcipit]4 ,que d'autres p]sonnes se croi5t mieux cultives p\r avoir t\ff en elles la voix du sang et l'in/9ct du t]roir2 qu'elles prt5d5t se rgl] sur des lois qu'elles ont *oisies dlibrm5t et qui1 fuss5t-elles trs logiques1 risqu5t de contr>i] nos n]gies pr(ondes2 quant n\s1 p\r n\s sauv] d'une /rile an>*ie1 n\s v\lons n\s reli] notre t]re et nos morts4 ,je n'acc\rus pas s\t5ir des autels que j'avais branls1 mais s\t5ir les autels qui font le pide/al de ce moi auquel j'avais r5du un culte pralable et ncessaire4 ,les lecteurs et ,m4 ,d\mic me p>donn]ont-ils de cette explication pro domo8 ,je ne mrite pas les repro*es ni le veau gras que connut successivem5t l'enfant prodigue4 ,je n'ai aucun pass r5i]4 ,n\s avons v\lu ma9t5ir la maison de nos pres que les invits branlai5t4 ,qu& n\s aurons remis ces d]ni]s leur place 7l'anti-*ambre1--en /yle plus noble1 l'atrium des cat*umnes71 n\s repr5drons1 *acun selon nos aptitudes1 les div]tissem5ts o se plur5t nos aeux4 ,on ne peut pas t\j\rs demeur] s\s les armes et il y a d'autres expressions nationales que la propag&e politique1 bi5 qu' cette m9ute je ne sa*e pas d'oeuvre plus utile et plus belle4 ,mais1 aprs la victoire1 n\s ne p5s]ons pas n\s int]dire l'art total4 ,ironie1 pessimisme1 symbolisme 7que dnonce ,m4 ,d\mic71 sont-ce l de si gr&s crimes8 ,n\s s]ons ironi/es1 pessimi/es1 comme le fur5t quelques-uns des plus gr&s gnies de notre race1 n\s v]rons s'il n'y a pas moy5 de tir] quelque *ose de ces vellxs de symbolisme que les critiques devrai5t aid] et enc\rag]1 plutt que baf\]1--et ce rle d'excitateur1 de conseill]1 s]ait digne de ,m4 ,d\mic1--c> en vrit1 comm5t p\rrions-n\s avoir confiance dans la de/9e du pays et aid] son dveloppem5t1 si n\s p]dions le s5tim5t de notre propre activit et si n\s n\s dc\ragions de la manife/] p> ces spculations littraires1 dont notre conduite prs5te dmontre assez qu'on avait tort de se mfi]8 7,scnes et ,doctr9es du ,nationalisme47 ,sur le mme ?me1 on peut voir le #b novembre en ,lorra9e1 dans ,amori et ,dolori sacrum4 99 99 99 99 99 ,dans l'dition de #ahii le texte tait suivi de la petite note suivante et gui tait signe de l'diteur3 ,on y v]ra une me agite p> l'espoir de l'en?\siasme1 plus encore que p> l'en?\siasme4 7,m4 ,,de ,,cu/9e47 ,cette srie de petits romans idologiques1 qui comm5ce avec ,s\s l'oeil des ,b>b>es1 s]a t]m9e p> un troisime volume1 ,qualis artifex p]eo4 ,le t\t s]a complt p> un ,exam5 de ces trois ouvrages4 ,si les circon/ances le p]mett5t1 il s]a publi de ces livrets une dition avec des bquets p\r v+t-c9q p]sonnes4 ,l'auteur de ces petits miroirs de s9crit n'e/ pas dispos s'en exagr] l'importance4 ,c'e/ un culte qu'il r5d la p>tie de soi qui l'intresse le plus cette heure2 dans la suite1 il se dc\vrira peut-tre des v]tus suprieures4 ,il imag9e volonti]s quelques pages affectueuses et plus clairvoyantes encore au *] s\v5ir de l'auteur de ,s\s l'oeil des ,b>b>es4 ,la conclusion mme d',un ,homme libre l'autorise prsum] a9si de son av5ir1 sduisant av5ir d'ailleurs4 ,l'ouvrage d'abord annonc s\s le titre de ,qualis artifex p]eo e/ dev5u le ,j>d9 de ,brnice4 99 99 99 99 99 ,,notes3 note #a3 ,au cimetire d',ixelles4--,voir la ddicace de l',appel au ,soldat ,jules ,lematre4 ,footnote #b3 ,c'e/ p> je ne sais quel s\v5ir d'une assonance anti?tique de ,hugo que j'emploie ici ce mot de solid>it4 ,on l'a gt en y mettant ce qui dans le vocabulaire *rti5 e/ *>it4 ,t\te relation entre ouvri] et patron e/ une solid>it4 ,cette solid>it n'implique ncessairem5t aucune humanit1 aucune ju/ice1 et p> exemple1 au gros entrepr5eur qui a transport mille ouvri]s sur les *anti]s de ,panama1 elle ne comm&e pas qu'il soigne le t]rassi] dev5u fivreux2 bi5 au contraire1 si celui-ci ds5combre rapidem5t p> sa mort les hpitaux de l'i/hme1 c'e/ bnfice p\r celui-l4 ,mais il fallait con/ruire une morale1 et voil p\rquoi on a fauss1 en l'dulcorant1 le s5s du mot solid>it4 ,qu& n\s v\drons m>qu] ces s5tim5ts in/9ctifs de sympa?ie p> quoi des tres1 dans le temps aussi bi5 que dans l'espace1 se reconnaiss5t1 t5d5t s'associ] et se comb9]1 je propose qu'on p>le plutt d'aff9its4 ,le fait d'tre de mme race1 de mme famille1 =me un dt]m9isme psy*ologique2 c'e/ en ce s5s que je pr5ds le mot d'aff9its--ou1 p>fois1 d'amitis4 ,,f9