,f images g5]\sly made available by gallica 7,biblio?que nationale de ,france7 at http3_/_/gallica4bnf4fr4 99 99 99 99 99 ,,le ,,culte ,,du ,,moi 99 99 99 99 99 ,,s\s ,l',,oeil ,,des ,,b>b>es p> ,,maurice ,,b>res ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise 99 99 99 99 99 ,,n\velle ,,dition ,,p>is #aiaa 99 99 99 99 99 ,,table ,,exam5 ,,des ,,trois ,,romans ,,id,,ologiques4 ,,s\s ,l',,oeil ,,des ,,b>b>es ,voici une c\rte monographie rali/e ,,livre ,i ,,avec ,,ses ,,livres ,,*apitre ,,premi]4--,concordance ,d"p inquiet ,,*apitre ,,deuxi,,me4--,concordance ,t5dresse ,,*apitre ,,troisi,,me4--,concordance ,ds9tressem5t ,,livre ,,ii ,a ,,p>is ,,*apitre ,,quatri,,me4--,concordance ,p>is v+t ans ,,*apitre ,,c9qui,,me4--,concordance ,d&ysme ,,*apitre ,,sixi,,me4--,concordance ,extase ,,*apitre ,,septi,,me1--,concordance ,affaissem5t ,oraison 99 99 99 99 99 ,,exam5 ,,des ,,trois ,,romans ,,id,,ologiques 99 99 99 99 99 ,a ,m4 ,,paul ,,b\rget ,,mon ,,*] ,,ami1 ,ce volume1 ,s\s l'oeil des ,b>b>es1 mis en v5te depuis six sema9es1 tait ignor du public1 et la plup>t des pr(essionnels le jugeai5t incomprh5sible et *oquant1 qu& v\s lui apporttes votre autorit et voire amiti frat]nelle4 ,v\s m'en avez cont9u le bnfice jusqu' ce j\r4 ,v\s m'avez abrg de quelques annes le temps =t pnible o un criva9 se *]*e un public4 ,peut-tre aussi mon travail m'e/-il dev5u plus agrable moi-mme1 grce cette c\rtoise et affectueuse comprh5sion p> o v\s ngligez les imp]fections de ces pages p\r y s\lign] ce qu'elles comport5t de t5tatives intressantes4 ,ah6 les *res j\rnes entre autres que n\s avons passes ,hyres6 ,comme v\s criviez ,un coeur de femme1 n\s n'avions s\ci que du viveur ,casal1 de ,poyanne1 de la pliante madame de ,tillire1 puis aussi de la jeune ,brnice et de cet idiot de ,*>les ,m>t9 qui faisai5t alors ma complaisance4 ,ils n\s amusai5t p>faitem5t4 ,j'aj\te que v\s avez un art incomp>able p\r organis] la vie dans ses mo9dres dtails1 c'e/--dire donn] de l'intellig5ce aux hteli]s et de la timidit aux importuns2 ce po9t que pas une fois1 en me mettant table1 dans ce temps-l1 il ne me v9t l'esprit une rflexion qui m'attri/e en voyage1 savoir qu'tant donn le gr& nombre de btes qu'on r5contre trav]s le monde1 il e/ bi5 pnible que seuls1 ou peu prs1 le veau1 le boeuf et le m\ton soi5t come/ibles4 ,et c'e/ a9si1 mon *] ,b\rget1 que v\s m'avez procur le plaisir le plus d\x p\r un jeune esprit1 qui e/ d'aim] celui qu'il admire4 ,si j'aj\te que v\s tes le p5seur de ce temps ayant la vue la plus nette des m?odes conv5ables *aque espce d'esprit et le gt le plus vif p\r en discut]1 on s'expliqu]a surabondamm5t que je pr5ne la lib]t de v\s adress] ce petit travail1 ou je me suis propos d'exam9] quelques que/ions que s\lve cette ?orie de la culture du ,moi dveloppe dans ,s\s l'oeil des ,b>b>es1 ,un homme libre et le ,j>d9 de ,brnice4 99 99 99 99 99 ,,exam5 ,oui1 il m'a sembl1 en lisant mes critiques les plus bi5veillants1 que ces trois volumes1 publis de l>ges int]valles 7de #ahhh #ia7 n'avai5t pas su dire t\t leur s5s4 ,on s'e/ atta* l\] ou conte/] des dtails2 c'e/ la suite1 l'ensemble logique1 le sy/me qui seuls import5t4 ,voici donc un exam5 de l'ouvrage en rponse aux critiques les plus frqu5tes qu'on en fait4 ,t\tefois1 de cra9te d'(f5s] aucun de ceux qui me font la gracieuset de me suivre1 je procd]ai p> exposition1 non p> discussion4 ,que peut-on dem&] ces trois livres8 ,n'y *]*ez pas de psy*ologie1 du mo9s ce ne s]a pas celle de ,,mm4 ,ta9e ou ,b\rget4 ,ceux-ci procd5t selon la m?ode des botani/es qui n\s font voir comm5t la feuille e/ n\rrie p> la plante1 p> ses rac9es1 p> le sol o elle se dveloppe1 p> l'air qui l'ent\re4 ,ces vritables psy*ologues prt5d5t remont] la srie des causes de t\t frisson huma92 en outre1 des cas p>ticuli]s et des anecdotes qu'ils n\s n>r5t1 ils tir5t des lois gnrales4 ,t\t l'encontre1 ces ouvrages-ci ont t crits p> quelqu'un qui tr\ve l',imitation de ,jsus-,*ri/ ou la ,vita nuova du ,dante inf9im5t satisfaisantes1 et dont la proccupation d'analyse s'arrte donn] une description m9utieuse1 m\vante et contagieuse des tats d'me qu'il s'e/ proposs4 ,le pr9cipal dfaut de cette manire1 c'e/ qu'elle laisse in9telligibles1 p\r qui ne les p>tage pas1 les s5tim5ts qu'elle dcrit4 ,expliqu] que tel c>actre exceptionnel d'un p]sonnage fut prp> p> les habitudes de ses anctres et p> les excitations du milieu o il ragit1 c'e/ le pont aux nes de la psy*ologie1 et c'e/ p> l que les lecteurs les mo9s prp>s p>vi5n5t pntr] dans les doma9es trs p>ticuli]s o les invite leur auteur4 ,si un bon psy*ologue en effet ne n\s faisait le pont p> quelque comm5taire1 que compr5drions-n\s tel livre1 l',imitation1 p> exemple1 dont n\s ne p>tageons ni les ardeurs ni les lassitudes8 ,encore la cellule d'un pieux mo9e n'e/-elle pas1 p\r les lecteurs ns ca?oliques1 le lieu le plus secret du monde3 le mo9s my/ique de n\s croit avoir des lueurs sur les s5tim5ts qu'elle comporte2 mais la vie et les s5tim5ts d'un pur lettr1 orgueilleux1 raff9 et ds>m1 jet v+t ans dans la rude concurr5ce p>isi5ne1 comm5t un honnte homme en aurait-il quelque lueur8 ,et comm5t1 p\r t\t dire1 un ,anglais1 un ,norvgi51 un ,russe se p\rront-ils reconnatre dans le livre que voici1 o j'ai t5t la monographie des c9q ou six annes d'appr5tissage d'un jeune ,franais intellectuel8 ,on le voit1 je ne me dissimule pas les difficults de la m?ode que j'ai adopte4 ,cette obscurit qu'on me repro*a durant quelques annes n'e/ nullem5t emb>ras de /yle1 insuffisance de l'ide1 c'e/ manque d'explications psy*ologiques4 ,mais qu& j'crivais1 t\t m5 p> mon motion1 je ne savais que dt]m9] et dcrire les conditions des phnomnes qui se passai5t en moi4 ,comm5t les euss-je expliqus8 ,et d'ailleurs1 s'il y faut des comm5taires1 ne peuv5t-ils tre f\rnis p> les articles de j\rnaux1 p> la conv]sation8 ,il m'e/ bi5 p]mis de not] qu'on n'e/ plus arrt auj\rd'hui p> ce qu'on dcl>ait incomprh5sible l'app>ition de ces volumes4 ,enf9 ce livre1--et voici le fond de ma p5se1--je n'y mlai aucune "p didactique1 p>ce que1 dans mon esprit1 je le recomm&e uniquem5t ceux qui gt5t la s9crit sans plus et qui se passionn5t p\r les crises de l'me1 fuss5t-elles d'ailleurs s+ulires4 ,ces idologies1 au re/e1 sont exprimes avec une motion communicative2 ceux qui p>tag5t le vieux gt franais p\r les diss]tations psy*iques tr\v]ont l un intrt dramatique4 ,j'ai fait de l'idologie passionne4 ,on a vu le roman hi/orique1 le roman des moeurs p>isi5nes2 p\rquoi une gnration dgte de beauc\p de *oses1 de t\t peut-tre1 hors de j\] avec des ides1 n'essay]ait-elle pas le roman de la mtaphysique8 ,voici des mmoires spirituels1 des jaculations aussi1 comme ces livres de discussions scola/iques que c\p5t d'ard5tes prires4 ,ces monographies prs5t5t un triple intrt3 #a ,elles propos5t plusieurs les =mules prcises de s5tim5ts qu'ils pr\v5t eux aussi1 mais dont ils ne pr5n5t eux seuls qu'une consci5ce imp>faite2 #b ,elles sont un r5seignem5t sur un type de jeune homme dj frqu5t et qui1 je le press5s1 va dev5ir plus nombreux encore p>mi ceux qui sont auj\rd'hui au lyce4 ,ces livres1 s'ils ne sont pas trop dlays et trop =cs p> les imitateurs1 s]ont consults dans la suite comme docum5ts2 #c ,mais voici un troisime po9t qui fait l'objet de ma sollicitude t\te spciale3 ces monographies sont un enseignem5t4 ,quel que soit le dang] d'av\] des buts trop hauts1 je laiss]ais le lecteur s'g>] inf9im5t si je ne l'av\ais4 ,jamais je ne me suis s\/rait l'ambition qu'a exprime un pote trang]3 ,t\te gr&e posie e/ un enseignem5t1 je veux que l'on me considre comme un matre ou ri54 ,et1 p> l1 j'appelle la discussion sur la ?orie qui remplit ces volumes1 sur le culte du ,moi4 ,j'aurai ensuite m'expliqu] de mon ,scepticisme1 comme ils dis5t4 99 99 99 99 99 ,i--,,culte ,,du ,,moi a4--,,ju/ification ,,du ,,culte ,,du ,,moi ,m'tant propos de mettre en roman la conception que peuv5t se faire de l'univ]s les g5s de notre poque dcids p5s] p> eux-mmes et non pas rpt] des =mules prises au cab9et de lecture1 j'ai cru devoir comm5c] p> une tude du ,moi4 ,mes raisons1 je les ai exposes dans une confr5ce de dcembre #ahij1 au ?tre d'application1 et quoique cette diss]tation n'ait pas t publie1 il me p>at sup]flu de la repr5dre ici dans son dtail4 ,notre morale1 notre religion1 notre s5tim5t des nationalits sont *oses cr\les1 con/atais-je1 auxquelles n\s ne p\vons emprunt] de rgles de vie1 et1 en att5dant que nos matres n\s ai5t refait des c]titudes1 il convi5t que n\s n\s en t5ions la seule ralit1 au ,moi4 ,c'e/ la conclusion du premi] *apitre 7assez insuffisant1 d'ailleurs7 de ,s\s l'oeil des ,b>b>es4 ,on p\rra dire que cette affirmation n'a ri5 de bi5 fcond1 vu qu'on la tr\ve p>t\t4 ,a cela1 s'il faut rpondre1 je rponds qu'une ide pr5d t\te son importance et sa signification de l'ordre o n\s la plaons dans l'app>eil de notre logique4 ,et le culte du ,moi a reu un c>actre prpondrant dans l'exposition de mes ides1 en mme temps que j'essayais de lui donn] une valeur dramatique dans mon oeuvre4 gsme1 gotisme1 ,moi avec une majuscule1 ont d'ailleurs fait leur *em94 ,t&is qu'un gr& nombre de jeunes esprits1 dans leur ds>roi moral1 accueillai5t d'en?\siasme cette *al\pe1 il s'leva des rcrim9ations1 les sempit]nelles dclamations contre l'gsme4 ,cette clameur fait s\rire4 ,il e/ f*eux qu'on soit encore oblig d'en rev5ir des notions qui1 une fois p\r t\tes1 devrai5t tre acquises aux esprits un peu dfri*s4 ,les morali/es1 disait avec une haute clairvoyance ,sa9t-,simon en #ahjg1 se mett5t en contradiction qu& ils df5d5t l'homme l'gsme et appr\v5t le patriotisme1 c> le patriotisme n'e/ pas autre *ose que l'gsme national1 et cet gsme fait commettre de nation nation les mmes inju/ices que l'gsme p]sonnel entre les individus4 ,en ralit1 avec ,sa9t-,simon1 t\s les p5seurs l'ont bi5 vu1 la cons]vation des corps organiss ti5t l'gsme4 ,le mieux o l'on peut prt5dre1 c'e/ comb9] les intrts des hommes de telle faon que l'intrt p>ticuli] et l'intrt gnral soi5t dans une commune direction4 ,et de mme que la premire gnration de l'humanit e/ celle o il y eut le plus d'gsme p]sonnel1 puisque les individus ne comb9ai5t pas leurs intrts1 de mme des jeunes g5s s9cres1 ne tr\vant pas1 leur entre dans la vie1 un matre1 axiome1 religion ou pr9ce des hommes1 qui s'impose a eux1 doiv5t t\t d'abord s]vir les beso9s de leur ,moi4 ,le premi] po9t1 c'e/ d'exi/]4 ,qu& ils se s5tiront assez =ts et possesseurs de leur me1 qu'ils reg>d5t alors l'humanit et *]*5t une voie commune o s'h>monis]4 ,c'e/ le s\ci qui n\s m\vait aux j\rs d'am\r du ,j>d9 de ,brnice4 ,mais1 p> un exam5 att5tif des seuls titres de ces trois petites suites1 n\s allons t\*]1 srem5t et sans tran]1 leur ess5tiel et leur ordonnance4 99 99 99 99 99 b4--,,?,,se ,,de ,,s\s ,l',,oeil ,,des ,,b>b>es ,grave erreur de prt] ce mot de b>b>es la signification de phili/9s ou de b\rgeois4 ,quelques-uns s'y mprir5t t\t d'abord4 ,une telle synonymie p\rtant e/ =t oppose nos proccupations4 ,p> quelle grossire obsession pr(essionnelle sp>]ais-je l'humanit en arti/es1 fabricants d'oeuvres d'art et en non-arti/es8 ,si ,philippe se pla9t de vivre s\s l'oeil des b>b>es1 ce n'e/ pas qu'il se s5te opprim p> des hommes sans culture ou p> des ngociants2 son *agr9 c'e/ de vivre p>mi des tres qui de la vie possd5t un rve oppos celui qu'il s'en compose4 ,fuss5t-ils p> ailleurs de f9s lettrs1 ils sont p\r lui des trang]s et des adv]saires4 ,dans le mme s5s les ,grecs ne voyai5t que b>b>es hors de la patrie grecque4 ,au contact des trang]s1 et quel que ft d'ailleurs le degr de civilisation de ceux-ci1 ce peuple jal\x de sa propre culture pr\vait un froissem5t analogue celui que ress5t un jeune homme contra9t p> la vie frqu5t] des tres qui ne sont pas de sa patrie psy*ique4 ,ah6 que m'importe la qualit d'me de qui contr$it une s5sibilit6 ,ces trang]s qui entrav5t ou dvoi5t le dveloppem5t de tel ,moi dlicat1 hsitant et qui se *]*e1 ces b>b>es s\s la pression de qui un jeune homme faillira sa de/9e et ne tr\v]a pas sa joie de vivre1 je les has4 99 99 99 99 99 ,a9si1 qu& on les oppose1 pr5n5t leur ple9e intellig5ce ces deux t]mes ,b>b>es et ,moi4 ,notre ,moi1 c'e/ la manire dont notre organisme ragit aux excitations du milieu et s\s la contradiction des ,b>b>es4 ,p> une innovation qui1 peut-tre1 ne demeur]a pas infconde1 j'ai t5u compte de cette opposition dans l'ag5cem5t du livre4 ,les concordances sont le rx des faits tels qu'ils peuv5t tre relevs du dehors1 puis1 dans une contre-p>tie1 je donne le mme fait1 tel qu'il e/ s5ti au d$ans4 ,ici1 la vision que les ,b>b>es se font d'un tat de notre me1 l le mme tat tel que n\s en pr5ons consci5ce4 ,et t\t le livre1 c'e/ la lutte de ,philippe p\r se ma9t5ir au milieu des ,b>b>es qui veul5t le pli] leur image4 ,notre ,moi1 en effet1 n'e/ pas immuable2 il n\s faut le df5dre *aque j\r et *aque j\r le crer4 ,voil la d\ble vrit sur quoi sont btis ces ouvrages4 ,le culte du ,moi n'e/ pas de s'accept] t\t enti]4 ,cette ?ique1 o n\s avons mis notre ard5te et notre unique complaisance1 rclame de ses s]vants un con/ant ef=t4 ,c'e/ une culture qui se fait p> laguem5ts et p> accroissem5ts3 n\s avons d'abord pur] notre ,moi de t\tes les p>celles trangres que la vie cont9uellem5t y introduit1 et puis lui aj\t]4 ,quoi donc8 ,t\t ce qui lui e/ id5tique1 assimilable2 p>lons net3 t\t ce qui se colle lui qu& il se livre sans raction aux =ces de son in/9ct4 ,moi1 disait ,pr\dhon1 se s\v5ant de son enfance1 c'tait t\t ce que je p\vais t\*] de la ma91 atte9dre du reg>d et qui m'tait bon quelque *ose2 non-moi tait t\t ce qui p\vait nuire ou rsi/] moi4 ,p\r t\t tre passionn qu'emporte son jeune in/9ct1 c'e/ bi5 avec cette simplicit que le monde se dess9e4 ,pr\dhon1 petit villageois qui se r\lait dans les h]bages de ,b\rgogne1 ne j\issait pas plus du soleil et du bon air que n\s n'avons j\i de ,balzac et de ,fi*te dans nos *ambres troites1 ouv]tes sur le gr& ,p>is1 n\s autres jeunes b\rgeois plis1 affams de t\s les bonheurs4 ,appliquez l'aspect spirituel des *oses ce qu'il dit de l'ordre physique1 v\s avez l'tat de ,philippe dans ,s\s l'oeil des ,b>b>es4 ,les ,b>b>es1 voil le non-moi1 c'e/--dire t\t ce qui peut nuire ou rsi/] au ,moi4 ,cette df9ition1 qui s'illum9]a dans l',homme libre et le ,j>d9 de ,brnice1 e/ bi5 tr\ble encore au c\rs de ce premi] volume4 ,c'e/ que la naissance de notre ,moi1 comme t\tes les que/ions d'orig9e1 se drobe notre clairvoyance2 et le s\v5ir confus que n\s en cons]vons ne p\vait s'exprim] que dans la =me ambigu du symbole4 ,ces premi]s *apitres des ,b>b>es1 le ,bonhomme ,sy/me1 ducation dsole qu'avant t\te expri5ce n\s remes de nos matres1 ,premires ,t5dresses1 qui ne sont qu'un bais] sur un miroir1 puis ,a?n1 assaillie dans une faon de t\r d'ivoire p> les ,b>b>es1 sont la description s9cre des c\*es pr(ondes de ma s5sibilit4444 ,att5dez6 voici qu' ,milan1 devant le s\rire du ,v9ci1 le ,moi fait sa haute ducation2 voici que les ,b>b>es1 vus avec une plus l>ge comprh5sion1 devi5n5t l'adv]saire1 celui qui contr$it1 qui divise4 ,ce s]a l',homme libre1 ce s]a ,brnice4 ,quant ce premi] volume1 je le rpte1 po9t de d"p et assise de la srie1 il se limite dcrire l'veil d'un jeune homme la vie consci5te1 au milieu de ses livres d'abord1 puis p>mi les premires brutalits de ,p>is4 ,je le vrifiai leurs sympa?ies1 ils sont nombreux ceux de v+t ans qui s'a*>n5t conqurir et protg] leur ,moi1 s\s t\te l'cume dont l'ducation l'a rec\v]t et qu'y rejette la vie *aque heure4 ,je les vis plus nombreux encore qu&1 non cont5ts de clbr] la s5sibilit qu'ils ont d'eux-mmes1 je leur proposai de la cultiv]1 d'tre des hommes libres1 des hommes se possdant en ma94 99 99 99 99 99 c4--,,?,,se ,d',,un ,,homme ,,libre ,ce ,moi1 qui t\t l'heure ne savait mme pas s'il p\vait exi/]1 voici qu'il se p]fectionne et s'augm5te4 ,ce second volume e/ le dtail des expri5ces que ,philippe in/itua et de la religion qu'il pratiqua p\r se con=m] a la loi qu'il se posait d'tre ard5t et clairvoyant4 ,p\r p>v5ir dlibrm5t l'en?\siasme1 je me flicite d'avoir re/aur la puissante m?ode de ,loyola4 ,ah6 que cette mcanique morale1 complte p> une bonne connaissance des rapports du physique et du moral 7o j'ai suivi ,cabanis1 quelqu'autre dema9 utilis]a nos hypnotiseurs71 saurait r5dre de s]vices un amateur des m\vem5ts de l'me6 ,livre t\t de volont et d'aspect dess* comme un recueil de =mules1 mais si rellem5t noble6 ,j'y =tifie d'une m?ode rfl*ie un desse9 que j'avais =m d'in/9ct1 et en mme temps je l'lve4 ,a ,milan1 devant le ,v9ci1 ,philippe pure sa conception des ,b>b>es2 en ,lorra9e1 sa conception du ,moi4 ,ce ne sont pas des hors-d'oeuvre1 ces *apitres sur la ,lorra9e que t\t d'abord le public accueillit avec indulg5ce1 ni ce d\ble *apitre sur ,v5ise1 qui m'e/ peut-tre le plus prcieux du volume4 ,ils dcriv5t les mom5ts o ,philippe se comprit comme un in/ant d'une *ose immortelle4 ,avec une pit s9cre1 il retr\vait ses orig9es et il entrevoyait ses possibilits futures4 ,a int]rog] son ,moi dans son accord avec des gr\pes1 ,philippe en prit le vrai s5s4 ,il l'ap]ut comme l'ef=t de l'in/9ct p\r se ralis]4 ,il comprit aussi qu'il s\ffrait de s'agit]1 sans tradition dans le pass et t\t consacr une oeuvre viagre4 ,a9si1 =ce de s't5dre1 le ,moi va se fondre dans l',inconsci5t4 ,non pas y disp>atre1 mais s'agr&ir des =ces 9puisables de l'humanit1 de la vie univ]selle4 ,de l ce troisime volume1 le ,j>d9 de ,brnice1 une ?orie de l'am\r1 o les producteurs franais qui tapageai5t contre ,s*op5hau] et ne savai5t pas reconnatre en lui l'esprit de notre dix- huitime sicle1 p\rront v>i] leurs dveloppem5ts1 s'ils di/+u5t qu'ici l'on a mis ,h>tmann en action4 99 99 99 99 99 d4--,,?,,se ,,du ,,j>d9 ,,de ,b,r,,nice ,mais peut-tre n'e/-il pas sup]flu d'indiqu] que la logique de l'intrigue e/ aussi s]re que la succession des ides4444 ,a la f9 de ,s\s l'oeil des ,b>b>es1 ,philippe1 dc\rag du contact avec les hommes1 aspirait tr\v] un ami qui le guidt4 ,il faut t\j\rs en rabattre de nos rves3 du mo9s tr\va-t-il un cam>ade qui p>tagea ses rflexions et ses s5sations dans une retraite m?odique et fconde4 ,c'e/ ,simon1 ce fameux ,simon 7de ,sa9t-,g]ma974 ,lass p\rtant de cette solitude1 de ce dilettantisme contemplatif et de tant d'expri5ces m5ues1 aux d]nires pages d',un ,homme libre1 ,philippe e/ prt p\r l'action4 ,le ,j>d9 de ,brnice raconte une campagne lectorale4 ,ce que ,philippe appr5d1 et du peuple et de ,brnice qui ne font qu'un1 je n'ai pas le reproduire ici1 c> je me propose de s\lign] l'esprit de suite que j'ai mis dans ces trois volumes1 mais non pas de suivre leurs dveloppem5ts4 ,une vive allure et d'lgants racc\rcis t\j\rs me plur5t trop p\r que je les gte de comm5taires sup]flus4 ,qu'il me suffise de r5voy] une phrase des ,b>b>es1 =t ess5tielle1 quelques-uns qui se tr\bl5t1 disant3 ,brnice e/-elle une petite-fille1 ou l'me populaire1 ou l',inconsci5t8 ,aux premi]s feuillets1 leur rpondais-je1 on voit une jeune femme aut\r d'un jeune homme4 ,n'e/-ce pas plutt l'hi/oire d'une me avec ses deux lm5ts1 fm99 et mle8 ,ou encore1 ct du ,moi qui se g>de1 veut se connatre et s'affirm]1 la fantaisie1 le gt du plaisir1 le vagabondage1 si vif *ez un tre jeune et s5sible8 ,que ne peut-on y voir8 ,je sais seulem5t que mes tr\bles m'(frir5t cette complexit o je ne tr\vais alors ri5 d'obscur4 ,ce n'e/ pas ici une enqute logique sur la trans=mation de la s5sibilit2 je re/itue sans ret\*e des visions ou des motions pr(ondm5t ress5ties4 ,a9si1 dans le plus t\*ant des pomes1 dans la ,vita nuova1 la ,batrice e/-elle une am\reuse1 l'glise ou la ,?ologie8 ,dante1 qui ne *]*ait po9t cette confusion1 y ab\tit1 p>ce qu' des mes1 aux plus s5sitives1 le vocabulaire commun devi5t insuffisant4 ,il vivait dans une surexcitation n]veuse qu'il nommait1 selon les heures1 dsir de savoir1 dsir d'aim]1 dsir sans nom1--et qu'il r5dit immortelle p> des procds heureux4 ,a-t-on rem>qu que la femme e/ la mme trav]s ces trois volumes1 accommode simplem5t au milieu8 ,l'ombre lgante et trs raisonneuse des premi]s *apitres des ,b>b>es1 c'e/ dj celle qui s]a ,brnice2 elle e/ vraim5t dsigne avec exactitude au *apitre ,av5tures d'am\r1 dans l',homme libre1 qu& ,philippe l'appelle l',objet4 ,voil bi5 le nom qui lui convi5t dans t\s ses aspects1 au c\rs de ces trois volumes4 ,elle e/1 en effet1 objective1 la "p s5tim5tale qu'il y a dans un jeune homme de ce temps4444 ,et vraim5t n'tait-il pas temps qu'un conteur accueillt ce pr9cipe1 admis p> t\s les analy/es et vrifi p> *acun de n\s jusqu'au plus pr(ond ds5*antem5t1 savoir que l'am\r consi/e vtir la premire v5ue qui s'y prte un peu des qualits que n\s re*]*ons cette saison-l8 ,c'e/ n\s qui crons l'univ]s1 telle e/ la vrit qui imprgne *aque page de cette petite oeuvre4 ,de l leurs conclusions3 le ,moi dc\vre une h>monie univ]selle mesure qu'il pr5d du monde une consci5ce plus l>ge et plus s9cre4 ,cela se conoit1 il cre con=mm5t lui-mme2 il suffit qu'il exi/e rellem5t1 qu'il ne soit pas dev5u un reflet des ,b>b>es1 et dans un univ]s qui n'e/ que l'ensemble de ses p5ses rgn]a la belle ordonnance selon laquelle s'adapt5t ncessairem5t les unes aux autres les conceptions d'un c]veau lucide4 ,cette h>monie1 cette scurit1 c'e/ la rvlation qu'on tr\ve au ,j>d9 de ,brnice1 et en vrit y a-t-il contradiction entre cette d]nire tape et l'inquitude du d"p ,s\s l'oeil des ,b>b>es8 ,nullem5t1 c'tait a*em9em5t4 ,avant que le ,moi crt l'univ]s1 il lui fallait exi/]3 ses durets1 ses ngations1 c'tait ef=t p\r bris] la coquille1 p\r tre4 99 99 99 99 99 ,,ii4--,,pr,,t5du ,,scepticisme ,et ma9t5ant au lecteur in=m de revis] ce jugem5t de scepticisme qu'on porta sur notre oeuvre4 ,nul plus que n\s ne fut affirmatif4 ,p>mi tant de contradictions que1 notre entre dans la vie1 n\s recueillons1 n\s1 jeunes g5s in=ms de t\tes les faons de s5tir1 je ne v\lus ri5 admettre que je ne l'eusse pr\v en moi-mme4 ,l'op9ion publique fltrit bon droit l'hypocrisie4 ,celle-ci p\rtant n'e/ qu'une concession l'op9ion elle-mme1 et p>fois1 qu& elle e/ l'habilet d'un ,sp9oza ou d'un ,r5an sacrifiant p\r leur scurit aux dieux de l'empire1 bi5 qu'elle demeure une dfaillance du c>actre1 elle devi5t excusable p\r les qualits de clairvoyance qui la dcidr5t4 ,mais de ce po9t de vue intellectuel mme1 comm5t excus] des dguiss sans le savoir1 qui m>*5t vtus de faons de s5tir qui ne fur5t jamais les leurs8 ,ils introduis5t le plus gr& dsordre dans l'humanit2 ils contr$is5t l'inconsci5t1 en se drobant j\] le p]sonnage p\r lequel de t\te t]nit ils fur5t faonns4 coeur de cette masc>ade et de ces mlanges impurs1 n\s avons eu la passion d'tre s9cre et con=me nos in/9cts4 ,n\s s]vons en sectaire la "p ess5tielle de n\s-mme qui compose notre ,moi1 n\s hassons ces trang]s1 ces ,b>b>es1 qui l'euss5t corrod4 ,et cet acte de foi1 dont reur5t la =mule1 p> mes so9s1 tant de lvres qui ne savai5t plus que raill]1 il me vaudrait qu'on me dt sceptique6 ,j'entrevois une confusion4 ,des lecteurs sup]ficiels se s]ont mpris sur l'ironie1 procd littraire qui n\s e/ famili]4 ,vraim5t je ne l'employai qu'env]s ceux qui viv5t1 comme dans un m>di-gras p]ptuel1 s\s des =mules l\es *ez le co/umi] la mode4 ,leurs convictions1 t\s leurs s5tim5ts1 ce sont manteaux de c\r qui p5d5t avilis et flasques1 non pas sur des re9s maladroits1 sur des mollets de bureaucrates1 mais1 disgrce plus grave1 sur des mes indignes4 ,combi5 en ai-je vu de ces nobles po/ures qui trs c]ta9em5t n'tai5t pas hrditaires6444 ,ah6 laissez-m'en s\rire1 t\t au mo9s une fois p> sema9e1 c> tel e/ notre manque d'hrosme que n\s v\lons bi5 n\s accommod] des conv5tions de la vie de socit et mme accept] l'trange dictionnaire o v\s avez df9i1 selon votre intrt1 le ju/e et l'inju/e1 les devoirs et les mrites2 mais un s\rire1 c'e/ le ge/e qu'il n\s faut p\r aval] tant de crapauds4 ,soldats1 magi/rats1 morali/es1 ducateurs1 p\r di/raire les simples de l'p\vante o v\s les mettez1 laissez qu'on leur dmasque s\s vos durs raisonnem5ts l'imbcillit de la plup>t d'entre v\s et le remords du surplus4 ,si n\s sommes impuissants dgag] notre vie du c\rant qui n\s emporte avec v\s1 n'att5dez p\rtant pas1 dte/ables compagnons1 que n\s pr5ions au srieux ces devoirs que v\s affi*ez et ces mille s5tim5ts qui ne v\s ont pas cot une l>me4 ,ai-je eu en revan*e la mo9dre ironie p\r ,a?n dans son ,srapis1 p\r ma t5dre ,brnice humilie1 p\r les pauvres animaux8 ,nul ne peut me repro*] le rire de ,gundry sur le passage de ,jsus portant sa croix1 ce rire qui n\s glace dans ,p>sifal4 ,seulem5t1 ,gundry non plus je ne jett]ai pas la rprobation1 p>ce que1 si n]veuse1 elle-mme e/ bi5 faite p\r s\ffrir4 ,t\j\rs je fus l'ami de ceux qui tai5t misrables en quelque *ose1 et si je n'ai pas l'espoir d'all] jusqu'aux pauvres et aux d%rits1 je crois que je plairai t\s ceux qui se tr\v5t dans un tat f*eux au milieu de l'ordre du monde1 t\s ceux qui se s5t5t faibles devant la vie4 ,je leur dis1 et d'un ton =t assur3 ,il n'y a qu'une *ose que n\s connaissions et qui exi/e rellem5t p>mi t\tes les fausses religions qu'on te propose1 p>mi t\s ces cris du coeur avec lesquels on prt5d te rebtir l'ide de patrie1 te communiqu] le s\ci social et t'indiqu] une direction morale4 ,cette seule ralit tangible1 c'e/ le ,moi1 et l'univ]s n'e/ qu'une fresque qu'il fait belle ou laide4 ,atta*ons-n\s notre ,moi1 protgeons-le contre les trang]s1 contre les ,b>b>es4 ,mais ce n'e/ pas assez qu'il exi/e2 comme il e/ vivant1 il faut le cultiv]1 agir sur lui mcaniquem5t 7tude1 curiosit1 voyages74 ,s'il a faim encore1 donne-lui l'action 7re*]*e de la gloire1 politique1 indu/rie1 f9ances74 ,et s'il s5t trop de s*]esse1 r5tre dans l'in/9ct1 aime les humbles1 les misrables1 ceux qui font ef=t p\r crotre4 ,au soleil incl9 d'automne qui n\s fait s5tir l'isolem5t aux bras mme de notre matresse1 c\rons contempl] les beaux yeux des phoques et n\s dsol] de la my/rieuse angoisse que tmoign5t dans leur vasque ces btes au coeur si d\x1 les frres des *i5s et les ntres4 ,un tel repliem5t sur soi-mme e/ dess*ant1 m'a-t-on dit4 ,nul d'entre v\s1 mes *]s amis1 qui ne s\rie de cette objection1 s'il se con=me la m?ode que j'expose4 ,ce que l'on dit de l'homme de gnie1 qu'il s'amliore p> son oeuvre1 e/ galem5t vrai de t\t analy/e du ,moi4 ,c'e/ de manqu] d'n]gie et de ne savoir o s'intress] que s\ffre le jeune homme mod]ne1 si prodigieusem5t r5seign sur t\tes les faons de s5tir4 ,eh bi56 qu'il appr5ne se connatre1 il di/+u]a o sont ses curiosits s9cres1 la direction de son in/9ct1 sa vrit4 ,au sortir de cette tude ob/9e de son ,moi1 laquelle il ne ret\rn]a pas plus qu'on ne ret\rne sa v+time anne1 je lui vois une admirable =ce de s5tir1 plus d'n]gie1 de la jeunesse enf9 et mo9s de puissance de s\ffrir4 ,incomp>ables bnfices6 ,il les doit la sci5ce du mcanisme de son ,moi qui lui p]met de v>i] sa volont le jeu1 assez re/re9t d'ailleurs1 qui compose la vie d'un ,occid5tal s5sible4 ,j'ent5ds que l'on va me p>l] de solid>it4 ,le premi] po9t c'tait d'exi/]4 ,que si ma9t5ant v\s v\s s5tez libres des ,b>b>es et vritablem5t possesseurs de votre me1 reg>dez l'humanit et *]*ez une voie commune o v\s h>monis]4 ,pr5ez d'ailleurs le ,moi p\r un t]ra9 d'att5te sur lequel v\s devez v\s t5ir jusqu' ce qu'une p]sonne n]gique v\s ait recon/ruit une religion4 ,sur ce t]ra9 btir1 n\s camp]ons1 non pas tels qu'on puisse n\s qualifi] de religieux1 c> aucun doctr9aire n'a su n\s propos] d'argum5t valable1 sceptiques non plus1 puisque n\s avons consci5ce d'un problme srieux1--mais t\t la fois religieux et sceptiques4 ,en effet1 n\s s]ions en*ant que quelqu'un survnt qui n\s f\rnt des convictions4444 ,et1 d'autre "p1 n\s ne mprisons pas le scepticisme1 n\s ne ddaignons pas l'ironie4444 ,p\r les p]sonnes d'une vie intrieure un peu int5se1 qui p>fois sont t5tes d'accueillir des solutions mal vrifies1 le s5s de l'ironie e/ une =te g>antie de lib]t4 99 99 99 99 99 ,au t]me de cet exam51 o j'ai ress]r l'ide qui anime ces petits traits1 mais d'une ma9 si dure qu'ils m'en p>aiss5t ma9t5ant t\t froisss1 je cra9s que le ton dmon/ratif de ce comm5taire ne donne le *ange sur nos proccupations d'art4 ,en vrit1 si notre oeuvre n'avait que l'intrt prcis que n\s expliquons ici et n'y joignait pas des qualits mo9s saisissables1 plus nuageuses et qui ouvr5t le rve1 je me ti5drais p\r malheureux4 ,mais ces livres sont de telle naissance qu'on y peut tr\v] plusieurs s5s4 ,une besogne purem5t didactique et t\te de cl>t n'a ri5 p\r n\s t5t]4 ,s'il m'y fallait pli]1 je r\girais d'ailleurs de me limit] dans une froide ?orie p>cellaire et v\drais me j\] dans l'abondante rudition du dictionnaire des sci5ces philosophiques4 ,aurais-je admis que ma contribution d\blt telle page des manuels crits p> des matres de confr5ces sur l'ord9aire de qui j'eusse p>u empit]6 ,nul qui s'y mpr5ne3 dans ces volumes-ci1 il s'agissait mo9s de compos] une *ose logique que de donn] en tableaux m\vants une description s9cre de c]ta9es faons de s5tir4 ,ne voici pas de la scola/ique1 mais de la vie4 ,de mme qu' la salle d'armes n\s prfrons le jeu utile de l'pe aux f9esses du fleuret1 de mme1 si n\s aimons la philosophie1 c'e/ p\r les s]vices que n\s en att5dons4 ,n\s lui dem&ons de prt] de la pr(ondeur aux circon/ances div]ses de notre exi/5ce4 ,celles-ci1 en effet1 elles seules1 n'veill5t que le billem5t4 ,je ne m'intresse mes actes que s'ils sont mls d'idologie1 en sorte qu'ils pr5n5t devant mon imag9ation quelque *ose de brillant et de passionn4 ,des p5ses pures1 des actes sans plus1 sont galem5t insuffisants4 ,j'envoyai *acun de mes rves br\t] de la ralit dans le *amp illimit du monde1 en sorte qu'ils dev9ss5t des btes vivantes1 non plus d'insaisissables *imres1 mais des tres qui dsir5t et qui s\ffr5t4 ,ces ides o du sang circule1 je les livre non mes ans1 non ceux qui vi5dront plus t>d1 mais plusieurs de mes contempora9s4 ,ce sont des livres et c'e/ la vie ard5te1 subtile et clairvoyante o n\s sommes quelques-uns n\s plaire4 ,en suivant a9si mon in/9ct1 je me con=mais l'e/htique o excell5t les ,goe!1 les ,byron1 les ,he9e qui1 proccups d'intellectualisme1 ne manqu5t jamais cep5dant de trans=m] en matire arti/ique la *ose dmontr]4 ,or1 si j'y avais russi en quelque mesure1 il m'en faudrait report] t\t l'honneur l',italie1 o je compris les =mes4 ,rfl*issant p>fois ce que j'avais le plus aim au monde1 j'ai p5s que ce n'tait pas mme un homme qui me flatte1 pas mme une femme qui pleure1 mais ,v5ise2 et quoique ses canaux me soi5t malsa9s1 la fivre que j'y pr5ais m'tait trs *re1 c> elle l>git la clairvoyance au po9t que ma vie inconsci5te la plus pr(onde et ma vie psy*ique se mlai5t p\r m'tre un imm5se rs]voir de j\issance4 ,et je suivais avec une telle acuit mes s5tim5ts encore les plus confus que j'y lisais l'av5ir en tra9 de se =m]4 ,c'e/ a ,v5ise que j'ai dcid t\te ma vie1 c'e/ de ,v5ise galem5t que je p\rrais dat] ces ouvrages4 ,sur cette rive lum9euse1 je crois m'tre fait une ide assez exacte de ces dlires lucides que les anci5s pr\vai5t aux bords de c]ta9s tangs4 99 99 99 99 99 ,,s\s ,l',,oeil ,,des ,,b>b>es 99 99 99 99 99 ,voici une c\rte monographie rali/e4 ,la ralit v>ie avec *acun de n\s puisqu'elle e/ l'ensemble de nos habitudes de voir1 de s5tir et de raisonn]4 ,je dcris un tre jeune et s5sible dont la vision de l'univ]s se trans=me frquemm5t et qui g>de une mmoire =t nette de six ou sept ralits diffr5tes4 ,t\t en soignant la liaison des ides et l'agrm5t du vocabulaire1 je me suis surt\t appliqu copi] exactem5t les tableaux de l'univ]s que je retr\vais sup]poss dans une consci5ce4 ,c'e/ ici l'hi/oire des annes d'appr5tissage d'un ,moi1 me ou esprit4 99 99 99 99 99 ,un soir de s*]esse1 dont j'ai dcrit le malaise la page #bgg voir3 ,,affaissem5t 7f973 p>4 qui comm5ce avec3 ,s\v5t1 trs s\v5t1444,m4,d4 celui de qui je p>le imag9a de se plaire p>mi ses rves et ses casui/iques1 p>mi t\s ces sy/mes qu'il avait successivem5t vtus et rejets4 ,il procda avec m?ode1 et de frissons en frissons il se retr\va3 depuis l'veil de sa p5se1 l-bas dans un de ces lits de dortoir1 o press p> les misres prs5tes1 trop s\mis ses premires lectures1 il essayait dj d'individualis] son humeur indocile et hauta9e1--jusqu' cette fivre de se connatre qui veut ici laiss] sa trace4 ,dans ce roman de la vie intrieure1 la suite des j\rs avec leur pittoresque et leurs ana ne devait ri5 laiss] qui ne ft trans=m en rve ou motion1 c> t\t y e/ annonc d'une consci5ce qui se s\vi5t et dans laquelle ri5 ne demeure qui ne se greffe sur le ,moi p\r en dev5ir une p>celle vivante4 ,c'e/ aux manuels spciaux de racont] o jette sa g\rme un jeune homme1 sa biblio?que1 son in/allation ,p>is1 son entre aux ,affaires trangres et t\te son intrigue3 n\s leur avons emprunt leur langage p\r tablir les concordances1 mais le b prcis que je me suis pos1 c'e/ de mettre en valeur les modifications qu'a subies1 de ces passes banales1 une me inf9im5t s5sible4 ,celui de qui je dcris les appr5tissages voqu]ait peut-tre dans une caus]ie des visages1 des anecdotes de jadis3 il les inv5t]ait mesure4 ,c]ta9es s5sibilits t\j\rs en moi vibr5t si violemm5t que la p\ssire extrieure glisse sur elles sans les pntr]4 ,j'ai rep\ss ce bad9age1 que p> fausse honte ou p\r qu'on admire l'apaisem5t de notre maturit1 n\s affectons s\v5t au sujet de nos illusions de jeunesse2 mais je me dfiai aussi de prt] l'cret1 o il atteignit sur la f91 ma description de ses premires annes1 si belles de confiance1 de t5dresse1 d'hrosme s5tim5tal4 99 99 99 99 99 ,*aque vision qu'il eut de l'univ]s1 avec les images int]mdiaires et son atmosphre1 se rsumant en un pisode c>actri/ique2 les scnes premires1 vagues et un peu ab/raites p\r respect] l'effacem5t du s\v5ir et p>ce qu'elles sont d'une m9orit dfiante et qui p\ssa t\t au rve2 de petits traits *oisis1 plus abondants mesure qu'on appro*e de l'in/ant o n\s crivons2 enf9 dans une soire m9utieuse1 cet analy/e s'ab&onnant la bohme de son esprit et de son coeur3 ,voila ce qu'il aurait fallu p\r que ce livre reproduist exactem5t les c9q annes d'appr5tissage de ce jeune homme1 telles qu'elles lui app>aiss5t lui-mme depuis cette page #bgg et d]nire o n\s le surpr5ons exigeant et lass qui contemple le tableau de sa vie4 ,voil ce que je projetais1 le curieux livret mtaphysique1 prcis et succ9ct1 que j'aurais fait pr5dre en amiti p> quelques d&ies misan?ropes1 rvant dans un j\r d'hiv] d]rire des vitres grsilles4 99 99 99 99 99 ,du mo9s ai-je dcrit sans malice d'art1 en bonne lumire et sobrem5t4 ,je me suis dcid manqu] d'loqu5ce littraire2 je n'avais pas l'onction1 ni l'autorit des ecclsia/iques qui p>lr5t en t]mes =tifiants des humiliations de la consci5ce4 ,annali/e d'une ducation1 je fis le t\r de mon sujet en p\ssant devant moi des mots amoraux et des phrases conciliantes4 ,c'e/ ici une faon assez r>e de catalogue s5tim5tal4 99 99 99 99 99 ,mais p\rquoi si l5ts et si froids1 les petits traits d'analyse6 ,p\rquoi les mots1 cette prcision grossire et qui maltraite nos complications6 ,au premi] feuillet on voit une jeune femme aut\r d'un jeune homme4 ,n'e/-ce pas plutt l'hi/oire d'une me avec ses deux lm5ts1 fm99 et mle8 ou encore1 ct du ,moi qui se g>de1 veut se connatre et s'affirm]1 la fantaisie1 le gt du plaisir1 le vagabondage1 si vif *ez un tre jeune et s5sible8 ,que ne peut-on y voir8 ,je sais seulem5t que mes tr\bles m'(frir5t cette complexit o je ne tr\vais alors ri5 d'obscur4 ,ce n'e/ pas ici une enqute logique sur la trans=mation de la s5sibilit2 je re/itue sans ret\*e des visions ou motions1 pr(ondm5t ress5ties4 ,a9si1 dans le plus t\*ant des pomes1 dans la ,vita nuova1 la ,batrice e/-elle une am\reuse1 l'glise ou la ,?ologie8 ,dante qui ne *]*ait po9t cette confusion y ab\tit1 p>ce qu' des mes1 aux plus s5sitives1 le vocabulaire commun devi5t insuffisant4 ,il vivait dans une excitation n]veuse qu'il nommait1 selon les heures1 dsir de savoir1 dsir d'aim]1 dsir sans nom--et qu'il r5dit immortelle p> des procds heureux4 ,avec sa s*]esse1 cette monographie1 crite malgr t\t deux pas de l'd5 o je flnai tant de soirs1 e/ aussi une p>tie d'un livre de mmoires4 99 99 99 99 99 ,on p\rra jug] que ma probit de copi/e va p>fois jusqu' la c&eur4 ,j'av\e que de simples femmes1 agrables et gaies1 mais s\mises la vision c\tumire de l'univ]s qu'elles relv5t d'une ironie facile1 me fir5t plus d'un soir r5i] "p moi mes p\pes de d]rire la tte4 ,mais quoi6 de la fatigue1 une dception1 de la musique1 et je rev5ais mes nuances4 ,sa9t ,bonav5ture1 avec un gr& s5s littraire1 crit qu'il faut lire en aimant4 ,ceux qui feuillett5t ce brviaire d'gotisme y tr\v]ont mo9s raill] la s5sibilit de l'auteur s'ils veul5t bi5 rfl*ir sur eux-mmes4 ,c> *acun de n\s1 quel qu'il soit1 se fait sa lg5de4 ,n\s s]vons notre me comme notre idole2 les ides assimiles1 les hommes pntrs1 t\tes nos expri5ces n\s s]v5t l'embellir et n\s tromp]4 ,c'e/ en c\tant les lg5des des autres que n\s comm5ons limit] notre me2 n\s s\ponnons qu'elle n'occupe pas la place que n\s croyons dans l'univ]s4 ,dans ses pires surexcitations1 celui que je pe9s g>dait quelque lueur de ne s'm\voir que d'une fiction4 ,hors cette fiction1 trop s\v5t sans d\ceur1 ri5 ne lui tait4 ,a9si le v\lut une s5sibilit trs jeune unie une intellig5ce assez mre4 ,dsireux de respect] cette t5ue en p>tie d\ble de son imag9ation1 j'ai rdig des concordances1 o je m>que la clairvoyance qu'il cons]vait sur soi-mme dans ses tr\bles les plus indociles4 ,j'y ai jo9t les besognes que1 p5dant ses crises s5tim5tales1 il m5ait dans le monde extrieur4 ,je s\haite avoir complt a9si l'atmosphre o ce ,moi se dveloppait sans s'apais] et qu'on ne tr\ve pas de lacunes entre ces div]ses heures vraim5t si5nes1 heures du soir le plus s\v5t1 o1 aprs des sema9es de vision banale1 s\da9 rveill la vie p]sonnelle p> quelque froissem5t1 il ramassait la *ane de ses motions et disait son pass1 r5i p>fois aux in/ants gais et de bonne sant3 ,petit g>on1 si timide1 tu n'avais pas tort4 99 99 99 99 99 ,,livre ,i ,,avec ,,ses ,,livres ,a ,/anislas de ,guaita4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,premi] 99 99 99 99 99 ,,concordance ,il naquit dans l',e/ de la ,france et dans un milieu o1 il n'y avait ri5 de mridional4 ,qu& il eut dix ans1 on le mit au collge o1 dans une gr&e misre physique 7sommeils c\rts1 froids et humidit des rcrations1 n\rriture grossire71 il dut vivre p>mi les enfants de son ge1 f*eux milieu1 c> dix ans ce sont prcism5t les futurs g\jats qui dom95t p> leur hbl]ie et leur vigueur1 mais celui qui s]a plus t>d un galant homme ou un esprit f91 dix ans e/ encore dans les br\ill>ds4 ,il fut initi au rudim5t p> ,m4,f41 le pr(esseur le plus =t qu'on pt voir2 d'une seule ma9 ce pdagogue arra*ait l'oreille d'un lve qui de plus en dev5ait ridicule4 ,comme son t\r d'esprit portait notre sujet gnralis]1 il comm5a ds lors ne p5s] des hommes ri5 de bon4 tant mal n\rri1 p> manque de globules sangu9s il dev9t timide1 et son agitation faite d'orgueil et de malaise dplut4 ,bi5tt1 p\r relev] ses humiliations quotidi5nes1 il eut des lectures qui lui donnr5t sur les *oses des c]titudes htives et ple9es d'cret4 ,le roi ,rhamss ,,ii e/ blm p> les cons]vateurs du ,l\vre1 ayant usurp un sph9x sur ses prdcesseurs4 ,le jeune homme de qui je p>le inscrivit de mme son nom sur des tr\pes de sph9x qui lgitimem5t app>t5ai5t des littrateurs franais4 ,il s'enorgueillit d'tranges d\leurs qu'il n'avait pas inv5tes4 ,on s]ait t5t de croire qu'il se donna1 comme t\s les jeunes esprits curieux1 aux posies de ,he9e1 au ,?omas ,gra9dorge de ,ta9e1 la ,t5tation de sa9t ,anto9e1 aux ,fleurs du ,mal2 il lut cela en effet et bi5 d'autres littratures1 des pires et des meilleures1 mais surt\t dans les biblio?ques de qu>ti] du lyce1 il se passionnait p\r les doctr9es audacieuses qui sont mieux exposes que rfutes p> la ligne classique qui va du *>mant ,j\ffroy ,m4 ,c>o4 ,l e/ le gr& secret de l'ducation d'un jeune homme2 il s'atta*e aux auteurs qu'on prt5dait ne lui faire connatre que p\r les accabl] ses yeux4 ,a dix-huit ans1 il tait gorg des plus audacieux p>adoxes de la p5se huma9e2 il en et mal dvelopp l'armature1 c'e/ possible1 mais il s'en faisait de la sub/ance s5tim5tale4 ,et le t\t ab\tit aux visions suivantes auxquelles on a g>d leur dess9 de songe augm5t peut-tre p> le recul4 99 99 99 99 99 ,d,,"p ,,inquiet ,il r5contra le bonhomme ,sy/me sur la b\rrique ,pessimisme4 ,le jeune homme et la t\te jeune femme dont l'heureuse p>ure et les *>mes embaum5t cette aurore fleurie1 la ma9 dans la ma9 s'a*em95t et le soleil les conduit4 --,pr5ez g>de1 ami1 n'tes-v\s pas sur le po9t de v\s ennuy]8 ,sur ses lvres1 son me exquise s\riait au jeune homme1 et les jonquilles s'incl9ai5t son s\ffle lg]4 --,n'esprons plus1 dit-il avec lassitude1 que ma pleur soit la c>esse livide du petit j\r2 je me tr\ble de ce d"p4 ,jadis1 en d'autres poitr9es1 mon coeur puisa cette n]gie dont le suprme p>fum1 qui m'enfivre v]s des buts inconnus1 s'vapora dans la brume de ces s5ti]s inc]ta9s4 ,de ses doigts blancs1 sur la tige v]te d'un nnuph>1 la jeune fille saisit une libellule dont l'mail vibre1 et1 jetant v]s le soleil l'insecte qui miroite et se brise de caprice en caprice1 +num5t elle s\riait4--,mais lui contemple sa p5se qui frissonne en son me *agr9e4--,elle reprit avec honntet3 --,p\rquoi v\s isol] de l'univ]s8 ,les nuages1 les fleurs s\s la rose et p>fois mes *ansons1 ne v\lez-v\s pas connatre leur d\ceur8 --,ah6 prs des matres qui conc5tr5t la sagesse des d]ni]s soirs1 que ne puis-je appr5dre la c]titude6 ,et que mon rve mat9al possde ce qu'il s\pire6 --,qu'importe1 reprit-elle1 plus t5dre et se p5*ant sur lui1 votre sagesse n'e/-elle pas en v\s8 ,et si je v\s suis affectionne tel que v\s m'app>aissez1 ne v\s plat-il pas de p]si/]8 ,il dcroisa les ma9s de la jeune fille1 et f\lant aux pi$s les fleurs heureuses1 il errait p>mi la frivolit des libellules4 ,cep5dant elle le suivait de lo91 dlicate et de han*es m]veilleuses4 99 99 99 99 99 ,sur l'h]be1 au long d'une rivire jon*e de palmes1 de palmipdes et d'enfants tr\sss et vifs1 prs de sa maison solitaire o fra*it la brise dans les /ores1 le matre1 adoss un osi] mort1 contemple la fuite de l'eau s\s la tri/esse des saules4 ,son l\rd vtem5t1 sa face blme aux l>ges paupires1 son attitude pr(essorale et retran*e1 en aucun lieu ne tr\v]ai5t leur atmosphre4 ,le jeune homme s'arrte1 et son coeur battait d'appro*] la vrit4 ,le miroir bleutre frissonna du plongeon des can>ds hupps de v]t1 aux becs jaunes et claquant2 p>mi la lumire clatante jaillissait le rhy?me l\rd des lav&ires4 ,l5tem5t et sans dc\vrir ses yeux1 le matre lui p>la3 --,contempl] di/rait de vivre4 ,*aque mat91 je vi5s ici2 deux c5ts mtres born5t mon activit4 ,combi5 d'esprits naiss5t au b\t du *em92 et leur s5ti] tait t]m9 qu'ils m>*ai5t encore en lisire4 ,les can>ds balancs1 les gam9s avec des ge/es1 cancanai5t sur la grve4 --,monsieur1 reprit-il avec sol5nit1 des jeunes hommes p\r l'ord9aire m'ent\r5t1 qui se font habill] ,londres p> des tailleurs dont ils p>l5t la langue4 ,ils suiv5t mes prom5ades o me porte un non qui m'conomise une p]te de *aleur prjudiciable l'activit crbrale4 ,v\lez-v\s m'accompagn] auj\rd'hui8 ,p>mi les fleurs1 au pturage1 une b\rrique selle se leva1 et cep5dant que de ses longs yeux1 d\cem5t voils de cils1 elle inspectait le jeune homme mu1 sa pla9te s]p5tait v]s les cieux4 ,une belle nesse d'outre-,rh91 et1 p\r son moral1 je v\s le g>antis4 ,c'e/ en ces t]mes qu'un vtr9aire lui proposa cette acquisition4 ,un moral g>anti6 ,jadis on dut beauc\p te battre4 ,que ne peux-tu ent5dre le matre1 t&is qu'il dtaille tes qualits et ton hum\r1 ju* sur ton dos et te c>essant le gras du col1 toi si mode/e s\s ta selle neuve1 le poil aimable1 les oreilles droites et circonspectes6 ,des g5s c\rbs sur leurs *amps se r$ress5t2 ils abrit5t leurs yeux de la ma91 et les plus ord9aires rican5t4 ,cep5dant le matre murmure3 --,t\t e/ l2 rp&re les fleurs prfres s\s les qu>ante ans de vie moy5ne qu' notre majorit n\s entreprmes4 ,satisfaisons nos apptits1 de quelque nom que les glorifie ou les invective le vulgaire4 ,je v\s le dirai en confid5ce1 mon ami1 je n'aime plus gure cette heure que les vi&es grilles vivem5t cuites et les dclamations un peu c\rtes4 ,heureux le monde1 s'il ne savait de passions plus envahissantes6444 ,un homme d'esprit se fait t\j\rs quelque satisfaction1 ft-ce tre trs malheureux4 ,la rflexion e/ une bonne gymna/ique1 de celles qui lass5t le plus t>d4 ,tt] le p\ls nos motions1 c'e/ un digne et suffisant emploi de la vie2 du mo9s faut-il que ri5 de l'extrieur ne vi5ne tr\bl] cet apaisem5t3 ,ayez de l'arg5t et soyez considr4 ,la *aleur frmissait1 monotone1 dans le ciel bleu2 p> la prairie r\sse le jeune homme au coeur bondissant voyait la p>ole de son matre vacill] l'horizon connu2 et des fleurs que lui donna la jeune fille1 il *assait les m\*es avides de cette frissonnante b\rrique4 ,v\s ftes sage1 b\rrique1 cette heure4 ,un foss v\s prs5tait son h]be drue et son eau clatante que f5dill5t les g5ts4 ,v\s arrttes leurs disc\rs et votre m>*e2 v\s saviez les habitudes1 la halte ombreuse1 le pa9 tir de la po*e et qu'on se p>tage4 ,des p>oles1 mme excell5tes1 ne tr\blai5t po9t votre judiciaire1 et les yeux discrtem5t f]ms1 avec la longue figure d'un contemplateur qui ddaigne jusqu'aux mditations1 v\s demeuriez entre eux deux1 rem*ant votre gt]1 et vos longues oreilles d'arg5t dresses comme une symbolique bannire p>-dessus leurs ttes inquites1 cep5dant que votre matre et le mi5 repr5ait son enseignem5t3 99 99 99 99 99 ,je n'insi/]ai pas sur ces m5us pr9cipes d'une enfant9e simplicit et trs vieux4 ,v\s voil in/all dans l'arg5t et la considration2 v\s e/imez honteux et le trait d'un b>b>e de brid] votre naturel1 hormis p>fois p> raff9em5t2 v\s ass\vissez vos apptits1 vos vices et vos v]tus les plus exasprs1 et le d]ni] de vos caprices se dta*e de son objet comme la sangsue des *airs qui la gorg5t et qui la tu5t2 alors1 si v\s ne gisez po9t dans la voiture des ramollis ou le cabanon des f\s1 alors1 mon excell5t ami1 comme s'exhale des roses un p>fum1 un suffisant dgt des hommes et des femmes en v\s se lv]a4 ,des hommes d'abord1 c> prs d'eux votre expri5ce s'in/ruisit de plus lo93 v\s etes leur sottise p\r compagne1 alors que v\s gr&issiez s\s la brutalit des cam>ades et l'imbcillit des matres2 v\s mpristes de suite la grossiret de leur fantaisie et la l\rdeur de leurs bats2 v\s rpugniez leurs plaisirs et au s]rem5t de leurs ma9s gluantes2 mais le has>d lut quelques-uns vos amis4--,hlas6 outre qu'un si bel ouvrage1 *acun tirant soi1 se d*ire t\j\rs p> quelque endroit1 dans une vie amie que puis]1 s9on les petitesses et les tracas qui dom95t au fond de t\s8 ,c]tes1 il e/ quelque agrm5t consol] et confess] autrui3 s'pan*] aprs que l'on a bu4 ,mais p\r ces f9s rgals d'analy/e1 faut-il tant d'app>eil6 ,et le premi] v5u1 cette b\rrique1 ne s]ai5t-ils pas de suffisants prtextes dgu/] l'expansion1 cette tisane du noctambule8 ,ce qui e/ d\x1 my/rieux et regrettable dans l'apptit d'amiti1 c'e/ les premi]s mom5ts qu'elle s'veille1 alors que les p>ties se connaiss5t peu et se pris5t =t1 qu'elles sont encore polies et ne se piqu5t po9t de fran*ise4--,t\tefois1 considrez ceci3 deux *i5s se r5contr5t2 ils s'abord5t1 se flicit5t1 s'inspect5t1 et1 qu& ils odor5t leur gr1 les jeux comm5c5t3 aimables indc5ces1 mang] qu'on p>tage et qu'on se vole1 t\tes les mulations2 puis1 lasss1 ils s'loign5t v]s leurs *5ils ou des liaisons n\velles4 ,je compr5ds que1 p>mi les hommes1 la socit e/ un peu mle p\r ce mode de vivre2 t\tefois1 avec du tact et quelque judiciaire1 un galant homme saura tir] pr(it1 je p5se1 de cette facile obs]vation4 ,mais que s]t de raisonn]1 monsieur6 ,les fades s5sibilits1 qui s\pir5t depuis des sicles au fond des consci5ces huma9es1 ne se lass5t pas s\s les argum5ts que n\s leur jetons comme des pi]res aux gr5\illes crpusculaires coassant dans la campagne4 ,a l'heure o la lune s'allume1 o les btes froces jadis assaillai5t nos lo9ta9s aeux1 o nagure s'embuscadai5t nos pres p>aphant des alliances dans la *air des assass9s1 cette heure toile qui frissonne du gmissem5t des fivreux et du p]ptuel s\pir des amantes1 une langueur n\s pntre1 un effroi de la solitude1 une lvation my/ique et des dsirs assez vifs1--et s'avance p\r triomph] la femme4 ,celle-l n\s ti5t plus longtemps que l'homme4 ,mo9s fran*em5t p]sonnelle1 plus reposante1 elle satisfait mieux notre gotisme4 ,et puis1 trs jeunes p>l5t les s5s4 ,cela ne dure gure4 ,les sports1 quels qu'ils soi5t1 ne propos5t aux intellectuels que l'occupation d'une heure oisive1 qu'un spcifique aux billem5ts et aux n\rritures *auffantes4 ,mais la reposante btise1 l'esprit t\t extrieur 7la f9esse d'un s\rire attirant1 la d\ceur d'une voix inutile et qui c>esse1 l'alanguissem5t s\ple et tide d'un corps qui se confie71 c'e/ ce qu'ignore le jeune mle et que ne peut oubli] l'honnte homme aff9 et fatigu4 ,hlas6 qu& il atte9t cette maturit de savoir *oisir ses bais]s1 elles sont p>ties les petites jeunes et fra*es1 dont le caprice e/ dlicieux1 c>1 la navet et t\te la virg9it de coeur des am\rs pures1 elles joign5t des sci5ces et des coquett]ies dont la complaisance en*ante l'homme sa91 le sage4 ,roses closes du mat9 7prfrables au b\ton orgueilleux et intact1 comme la fleur p>fume d'ess5ce1 s\t5ue d'aci] et malgr t\t dc\rage71 les jeunes amantes ont de l'apptit1 une me amusante fleur de peau1 une pleur qui leur donne un c>actre de passion2 et leur corps e/ frais4 tant g\rm&es de sottises1 elles s'atta*5t la jeunesse4 ,quelque ,mridional bi5tt les entran]a1 ravies et bondissantes1 v]s des locaux tumultueux4--,trs vite l'homme *auve se lass]a des caprices *angeants1 cause des rveils trop froids et des soires dues1 cause aussi de la cuis9e d'am\r jamais humiliante et p>eille1 cause des nuques p]ces de la lance et des jambes qui cotonn5t4 ,nu d'am\r et d'amiti1 il s'enfonc]a plus avant dans la vie intellectuelle4 ,trs sec1 opul5t et considr1 il connat alors la d\ceur de t5dre son esprit v]s la froide sci5ce qui grise et de contract] d'g/es j\issances son coeur et sa c]velle4 ,heures exquises et rapides o1 =t bi5 in/all1 l'on rve de ,b>u* de ,sp9oza qui1 lass de mditation1 s\rit aux araignes dvorant des m\*es1 et ne ddaigne pas d'aid] la ncessit de s\ffrir1--o l'on assi/e ,hypa?ie1 la s]vante de ,platon et d',homre1 trs vieille et trs pdante1--o l'on s'att5drit jusqu'aux pleurs et sur soi-mme devant l'immortel trsor des biblio?ques4 ,peu peu1 j\r sombre1 on se l'av\e3 t\t e/ dit1 r$it3 aucune ide qu'il ne soit honteux d'exprim]4 ,en sorte que cette con/atation mme n'e/ qu'un lieu commun et cet enseignem5t une vieill]ie suranne1 et que ri5 ne vaut que p> la =me du dire4 ,et cette =me1 si belle que les plus p>faits des vritables d&ies ont frissonn1 jusqu' la nvro/hnie1 de l'am\r des phrases1 cette =me qui consol]ait de vivre1 qui sait des alanguissem5ts comme des c>esses p\r les d\leurs1 des *u*otem5ts et des no/algies p\r les t5dresses et des sursauts d'hosannah p\r nos triomphes r>es1 cette beaut du v]be1 pla/ique et idale et dont il e/ dlicieux de se t\rm5t]1--on l'explique1 on la dmonte2 elle se fait d'pi?tes1 de cad5ces que les sots appr5n5t presque1 dont ils jongl5t et qu'ils aviliss5t2 et t\t cela coeure la longue1 comme une liqueur trop d\ce1 comme la comdie d'amiti1 comme encore les bais]s que probablem5t v\s dsirez4444 99 99 99 99 99 7,une motion ridicule t5ait la gorge le pauvre homme1 et son compagnon connut l'orgueil d'tre am]47 99 99 99 99 99 ,il se tut4 ,la brume tombait avec sa fra*eur4 ,ils se levr5t2 et tirant rudem5t la b\rrique qui sommeillait1 il cria1 son bras t5du v]s l'inconnu3 ,qu'importe6 ceux-l ont s\ff]t que je raconte1 mais ils fir5t *ant] leur indp5dance les *ansons qu'ils prfrai5t2 t\te heure ils p\vai5t s'isol] dans leur orgueil ou dans le nant3 leur vie fut telle qu'ils daignr5t4 ,et je ne crois pas qu'un homme raisonnable hsite jamais m5] les mmes expri5ces4 99 99 99 99 99 ,dans l'ombre plus paisse ils se htai5t en sil5ce4 ,lui flattait le g>rot de la b\rrique et mme1 s'tant p5*1 il l'embrassa4 ,la bte appr\vait de ses longues oreilles amicales et t\s trois ils m>*ai5t s\s la lune apaisante4 ,la vieille dome/ique 7admirable de bon s5s1 t\t fait dans la tradition71 deb\t sur le *em91 guettait le ret\r de son matre2 elle dit simplem5t3 ,v\s n'tes gure raisonnables1 messieurs1 mais l'inquitude faisait trembl] sa voix4 ,et peu aprs1 ils l'ent5dir5t injuri] la b\rrique3 ,bte d',allemagne1 sac tri/esse1 et des jurons1 je crois4 ,le matre s'int]rompit p\r s\rire1 il haussa lgrem5t les paules1 en levant le bras4 ,non1 vraim5t1 vieille judicieuse1 ces messieurs n'tai5t gure raisonnable4 99 99 99 99 99 ,et s\levant ses paupires1 il reg>da le jeune homme qui s'tait laiss gliss] t]re4 ,peut-tre tant de lassitude l'effraya2 peut-tre dans ces yeux vit-il l'aube des j\rs n\veaux6 il lui frappa l'paule petits c\ps3 ,qui sait6--cela du mo9s n\s fit pass] une j\rne4--,d'ailleurs1 nos ides influ5t-elles sur nos actes8--,et qu& n\s savons si peu connatre nos actes1 p\vons-n\s apprci] nos ides8--,atta*ons-n\s l'unique ralit1 au ,moi4--,et moi1 alors que j'aurais tort et qu'il s]ait quelqu'un capable de gurir t\s mes mpris1 p\rquoi l'accueill]ai-je8 ,j'en sais qui aim5t leurs tortures et leur deuil1 qui n'ont que faire des *>its de leurs frres et de la paix des religions2 leur orgueil se rj\it de reconnatre un monde sans c\leurs1 sans p>fums1 sans =mes dans les idoles du vulgaire1 de rep\ss] comme va9es t\tes les dilections qui sduis5t les en?\sia/es et les faibles2 c> ils ont la magnific5ce de leur me1 ce va/e *>ni] de l'univ]s4 ,c'tait une belle attitude1 dans le c\*ant du premi] j\r de cet adolesc5t qu'un homme *auve et trs r5seign1 d'une voix gr&ie1 lui atte/ant p> la p\ssire des traditions la dtresse d'tre1 et r5iant le pass et l'av5ir et la ,*imre elle-mme1 cause de ses ailes dcevantes4--,le jeune homme entrevit les luttes1 les hauts et les bas qui vacill5t1 le tr\peau des inconsqu5ces2 une gr&e fatigue l'affaissait au d"p1 devant la prairie des f\les4 ,et son me demeura p>mi tant de dbris1 solitaire au foss de son premi] *em94 99 99 99 99 99 ,qu& la jeune fille lui app>ut-elle8 ,dans sa *evelure fleurissait t\te une claire j\rne de prairie2 la t5dresse de la lune nimbait l'clat de ses *>mes2 ses p>oles sonnai5t comme une eau fra*e sur un front brlant4 --,p\rquoi daignez-v\s1 mon ami1 t]nir vos yeux des ides qui plan5t et qui s'en vont8 ,n\s autres dames1 n\s allons plus vite et plus lo9 que v\s2 o v\s raisonnez1 n\s pntrons d'un trait de notre coeur1 n\s p5sons si f9 que des nuances familires nos mes *app5t vos =mules1 peut-tre mme nos s\pirs4 --,ah6 dit-il1 l'int]rompant et le coeur mu1 e/-ce que v\s exi/ez donc1 v\s1 mon amie6 et il sanglotait sur le sable4 --,cela dp5d1 reprit l'enfant avec tranquillit1 mais t\t d'abord1 puisque v\s avez pntr les app>5ces et les conv5ances1 c\rez les oubli] avec n\s qui savons tre ignorantes4 ,n\s respectons des voiles lg]s1 qui n'entrav5t gure nos caprices2 n\s ngligeons le triomphe +nu de supprim] des ombres4 ,que des mes un peu paisses se dbatt5t avec le reflet de leur vulg>it2 vivons des en*antem5ts qui n'exi/5t pas4 ,vi5s n\s enivr] p>mi des fleurs inconnues2 dans mes bras te s\ri5t des songes4 ,et s'il tait vrai que t\tes *oses euss5t p]du leur ralit p\r ta clairvoyance1 g>de-toi de r5onc] ou d'in/itu] en ton rve le mal et la laideur1 mais daigne dsir] p\r qu'elles naiss5t1 les *oses belles et les *oses bonnes4 --,quoi1 dit-il1 relevant son visage lass1 aspir] quelque b6 n'e/-ce pas oubli] la sagesse8 --,assez cont de btises1 auj\rd'hui6 fit-elle +num5t en se p5dant au c\ du jeune homme2 tu n'auras ri5 p]du si je t'appr5ds s\rire4 ,p\r tes dsirs1 mon *] enfant1 n\s y veill]ons plus t>d1 et puisqu'il faut absolum5t ta faiblesse un matre1 daigne te guid] dsormais sur mon inaltrable futilit4 99 99 99 99 99 ,et la ma9 dans la ma91 le jeune homme et la jeune femme s'a*em95t v]s l'horizon fuyant des montagnes bleues1 s\s un ciel sombre con/ell de ptales de roses4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,deuxi,,me 99 99 99 99 99 ,,concordance ,p> luxure assurm5t et p> dsir de p>atre1 il fit le ge/e de l'am\r quelquefois2 autant que leurs s\rces et son hygine s'y prtai5t4 ,ces p]sonnes dfaut d'urbanit de coeur n'(frai5t pas mme ces l5teurs de la politesse qui seules ad\ciss5t les sp>ations4 ,frquemm5t donc il se *agr9a4 99 99 99 99 99 ,et les soirs suivants1 jusqu' l'aube1 s'*auffant l'imag9ation1 il ennoblissait son av5ture de symbolismes vagues et pntrants1 en sorte qu'elle dev9t digne de son dsir de se dsol] et de la niais]ie 9vitable de son ge4 99 99 99 99 99 ,,t5dresse ,combi5 je t'aurais aim si je ne savais qu'il n'y a qu'un ,dieu4 ,l',,ar,,opagite4 ,c'e/ un bais] sur un miroir4 ,au soir1 une d\ce tideur emplit l'air violet o se tur5t enf9 les oiseaux2 et p>mi les saules1 au bord des tangs1 le jeune homme et la jeune femme s'illum9ai5t du soleil alangui sur l'horizon4 ,elle avait de longs cils1 des *eveux dn\s1 des drap]ies flottantes et t\s les *>mes qui attir5t les c>esses4 ,et cep5dant que de sa baguette1 c\ps lg]s1 elle s\levait en p]les l'eau dormante1 son f9 visage demi t\rn s\riait au jeune homme4 ,et lui1 c\* p>mi les r>es fleurs1 il suivait avec non*alance le reflet de son image balance sur les tangs4 99 99 99 99 99 ,alors1 sans cra9te de froiss] les petites bran*es de lav&e1 elle s'ag5\illa devant lui et le baisa d\cem5t au front p\r murmur]3 --,e/-ce moi1 mon ami1 ou sont-ce vos p5ses que v\s v\lez accueillir cette heure8 ,daignez compr5dre ce qui me plat p>mi ces saules4 ,v\lez-v\s donc que je r\gisse8 ,mais elle s'int]rompit de s\rire1 inquite de ce jeune homme si las1 dev9ant peut-tre qu'il contemplait l-bas1 plus lo9 que t\t dsir1 le temple de la ,sagesse t]nelle v]s qui les plus nobles s'exalt5t4 ,elle posa sa ma9 dlicate sur les yeux du jeune homme4 --,ah6 dit-elle1 ne sais-tu pas que je suis faite p\r qu'on m'aime8 ,et p\rquoi faut-il donc que tu m'c>tes1 p\rquoi te pe9]1 de mon s\rire8 ,j'ai t\j\rs vu que les hommes s'y complaisai5t4 ,mais lui rpondit cette am\reuse1 avec une lgre fatigue3 --,ne connais-tu pas aussi ceux-l qui ddaign5t vos frissons et n'ont pas s\ci de vos petites prunelles s\s leurs paupires l\rdes6 ,et comme elle ne rpondait po9t et qu'il craignait t\te tri/esse1 il leva les yeux de sa vague image balance sur l'eau1 p\r reg>d] la jeune femme4 ,deb\t dans la lucidit de ce soir or et ros1--un oiseau comme une fl*e dans le ciel entrait1--d'un ge/e pur1 elle entr'ouvrit son manteau et rvla son corps dont la ligne tait fran*e1 la *air jeune et mate4 ,sa nudit et assailli t\t autre2 ses =tes han*es de vi]ge exaltai5t sur sa taille une gorge fra*e et r\gissante4 ,mais le jeune homme se s\leva p\r atte9dre les pans de la drap]ie envole dans la brise et1 l'ayant avec grce baise1 la ram5a sur les *>mes de la jeune femme4 ,il s\riait et il disait3 --,j'aime les l5tes tri/esses1 mon amie2 passez-moi ce lg] trav]s1 comme je v\s p>donne vos yeux1 votre taille qui fl*irait et t\tes ces grces peut-tre in\bliables4 ,je sais que la petite ligne du s\rire des femmes tr\ble la p5se des sages et1 p\r n\s1 la nuance des nuages mme4 ,dans vos prunelles mon image s]ait plus agite qu'au miroir de ces tangs rafra*is p> la brise4 ,elle se laissa gliss] sur la grve et1 ca*ant contre lui son visage1 elle gmissait3 --,ah6 tu sais trop de *oses avant les initiations4 ,je p5se que tu c\tas ce qui monte du pass1 et les morts t'auront mang le coeur4 ,veux-tu donc tre ma soeur1 toi qui p\rrais me comm&]8 ,mais peut-tre t'inquites-tu p> ignorance4 ,sa*e que mon corps e/ beau et que je dfie t\tes les femmes4 ,et lui s\riant de cette rvolte +nue3 --,les femmes1 amie6 cra9s plutt ce dsir d'am\r o je me pme malgr mon me4 ,sais-tu si nos bais]s satisf]ai5t cette agitation8 ,veuille ne pas j\] a9si de mon repos2 pr5ds g>de que ton hale9e n'veille mon coeur que n\s ignorons4 ,mais vois donc que je suis las1 las avant l'ef=t et que j'ai peur4444 ,b]cez1 calmez mes caprices1 amie1 et s\ffrez que je ne m'*appe pas moi-mme4 ,hlas6 cette musique pla9tive mit une joie qui me gte sa t5dresse aux lvres si f9es et dans les cils trs longs de la jeune fille4 ,son oreille contre la poitr9e du jeune homme guettait les battem5ts de ce coeur4 ,crature *>mante1 p\vait-elle savoir que c'e/ au front que bat la vie *ez les lus4 ,p>ce que le se9 du jeune homme palpitait1 elle bondit deb\t et1 frappant ses ma9s1 t&is que s'en volai5t ses *eveux p>s1 elle p>pilla dans l'ombre son rire joyeux4 99 99 99 99 99 ,ils atteignir5t l5tem5t au sommet de la coll9e1 s\s un ciel de lune r\gissant4 ,ce pr(ond paysage d'o affleurai5t des bran*es raides et la pla9te monotone des campagnes noyes dans la nuit1 fut-il si en*anteur1 ou leurs mes avai5t-elles atte9t ces quilibres furtifs que p>fois ralis5t deux illusions entrelaces2 brlai5t-elles de cette ardeur intime qui vaporise t\te inquitude8 ,qu'importe le mot de leur fivre dvorante6 ,p>mi cette t5dresse du soir1 sur les gazons onctueux1 dans le sil5ce pntrant et la fra*eur fconde1 la mme allgresse1 en leurs poitr9es allges d'un mme poids1 rhy?mait leurs p5ses et leur sang2 et c'e/ a9si qu't5dus cte cte1 sans se m\voir1 sans un s\pir1 yeux p]dus dans la nuit d'arg5t que t\j\rs on regrett]a s\s la pluie dore de midi1 ils ne fur5t plus qu'un frissonnem5t du bonheur imp]sonnel4--,nuances des musiques trs lo9ta9es qui fondez les plus tnues subtilits6 limites o notre vie qui va s'affaiss] dj ne se connat plus6 seules peut-tre effleurez-v\s la d\ceur my/ique de t\tes ces *oses oublies4 ,et lui1 le premi]1 murmura3 ,ai-je raison de me croire heureux8 ,la jeune femme se s\leva1 ses se9s peut-tre haletai5t faiblem5t4 ,un rais de lune c>essait le jeune homme et deux fleurs fanes se p5*ai5t comme des yeux mi-clos sur son visage4 ,elle n'avait jamais vu tant de noblesse qu'en cette lassitude prcoce4 ,a cette m9ute il semble qu'elle se tr\bla de cette pleur et de ces lignes inquites4 ,abs5te1 elle pronona ce mot1 si vulgaire3 ,que v\s tes joli1 mon am\r6 ,alors s\da9 il eut au coeur une flure lgre1 la premire flure d'am\r1 p> o s'enfuit le p>fum de sa flicit1 et se relevant1 il froissa les deux fleurs4 --,ah6 combi5 je le prvoyais6 v\s daignez gt] quelques =mes o j'habite1 et jamais v\s n'atte9drez m'aim] moi-mme1 c> votre caprice peut-tre ne s\ponne mme pas s\s mes app>5ces mon me4 ,ah6 mon inc]ta9e beaut qui n'e/ qu'un reflet de votre jeunesse6 ma p>ole1 ce masque que ne peut rejet] ma p5se6 mes inc]titudes1 o trbu*e mon lan6 t\s ces s5ti]s que je pit9e6 t\t ce ve/iaire1 c'e/ donc v]s cela que tu s\pirais1 pauvre me8 ,et une r\geur avivait son te9t dlicat4 ,p\vait-elle compr5dre6 ,elle attira d\cem5t la tte du jeune homme sur son se92 elle posa sa ma9 un peu tide sur les yeux de l'adolesc5t1 et d\cem5t elle le b]ait2 en sorte qu'il cessa de se pla9dre comme un enfant qui se r*auffe et qui s'endort4444 ,puis il entrevit peut-tre ce temple de la sagesse qui fait la no/algie des fronts les plus nobles s\s les bais]s4444 ,la jeune femme1 ayant cueilli les fleurs qu'il avait brises1 les plaa dans sa *evelure2 et ces frles mortes faisai5t la plus t\*ante p>ure qu'une am\reuse et jamais p\r se faire aim]4 ,tel tait son *>me1 et si pur l'ovale de sa figure p>mi ses *eveux dr\ls et fleuris1 si f9e la ligne de sa b\*e1 si subtile la c>esse des cils sur ses yeux1 que le jeune homme ne sut plus que p5s] elle4 ,mais un malaise1 un regret in=me de la solitude flottait en son me t&is qu'ils desc5dai5t v]s la valle4 ,et comme il tait mu il jugea bon de se rvl] a son amie4 99 99 99 99 99 --,mon me1 disait-il1 ces lg5des o notre mmoire rsume la vie des plus passionns1 ce s5tim5t qui m'entrane v]s toi1 et mme l'inexprimable d\ceur de tes attitudes1 t\tes ces dlicatesses1 les plus raff9es que n\s puissions connatre1 ne sont que frivoles papillons dont use l',ide p\r dpi/] les p\rsuites vulgaires4 ,ma lassitude1 qui t'tonna1 se complat s\rire de ces furtives app>5ces et tressaillir du frlem5t de l',inconnu4 ,j'aime aspir] v]s ,celui que je ne connais pas4 ,il ne me t5t]a plus le s\rire fleuri des s5ti]s qui s'enfui5t1 du j\r qu'au trav]s du *em9 mon dsir aura ramass son objet4 ,et puisque mon plaisir e/ d'aim] uniquem5t l'irrel1 ne puis-je dire1 mon amie1 que je possde l'immuable et l'absolu1 moi qui rduisis t\t mon tre l'espoir d'une *ose qui jamais ne s]a4 ,compr5ds donc mon effroi4 ,je ne cra9s pas que tu me dom9es3 obir1 c'e/ encore la paix2 mais peut-tre fauss]as-tu1 me donn] trop de bonheur1 le dlicat app>eil de mon rve6 ,ta beaut e/ *>mante et robu/e1 p>gne mes contemplations4 ,que j'aie sur tes jeunes se9s un t5dre oreill] mes lassitudes1 un d\x s5tim5t jamais dfleuri1 p>eil ces affections dj anci5nes qui sont plus indulg5tes peut-tre que le miel des dbuts et dont la paisible fadeur e/ t\*ante comme ces deux fleurs fanes en tes *eveux4 ,et l'un prs de l'autre1 s\riant la tri/esse1 et s\riant de notre bonheur mme1 fugitifs p>mi t\tes ces *oses fugitives1 n\s saurions n\s complaire1 sans vulgaire ab&on ni raideur1 contempl] la ?orie des ides qui pass5t1 froides et blan*es et peut-tre illusoires aussi1 dans le ciel mort de nos dsirs2 et p>mi elles s]ait l'am\r2 et si tu veux1 mon me1 n\s aurons un culte plus spcial et des =mules familires p\r voqu] les illu/res am\rs1 celles de l'hi/oire et celles1 plus d\ces encore1 qu'on imag9e2 en sorte qu'aimant l'un et l'autre les plus p>faits des impossibles amants1 n\s croirons n\s aim] n\s-mmes4 99 99 99 99 99 ,la *evelure de la jeune femme1 s\leve p> le v5t1 v9t bais] la b\*e du jeune homme1 et cette odeur cont9uait si h>monieusem5t sa p5se qu'il se tut1 impuissant saisir ses propres subtilits2 et seule la fra*eur1 o s\pirai5t les fleurs du soir1 n'et pas froiss la dlicatesse de son rve4 ,l'enfant si belle1 n'ayant d'autre guide que la logique de son coeur1 se p]dait p>mi t\tes ces *oses2 et peut-tre s'tonnait-elle1 tant jeune et de bonne sant4 ,ah6 ce sable qui gmissait s\s leurs pi$s dans la valle sil5cieuse1 p\rra-t-il jamais l'oubli]8 ,dans cette volupt1 un gsme presque m*ant l'isolait peu peu2 jamais sa solitude ne l'avait fait si seul4 et l1 s\s les palmes noires1 des gr\pes obscurs s'enlaai5t1 et il r\git s\da9 song] que peut-tre son s5tim5t n'tait pas unique au monde4 ,mais la jeune fille l'entranait2 lgre p>mi ses drap]ies et ses *eveux indiqus dans le v5t1 elle c\rait au bosquet qu'clair5t violemm5t les *ansons et le v94 ,s\s des arbres trs durs1 s\s des tor*es noires et r\ges vacillantes1 dans un c]cle de p>ieurs ge/iculants1 deux lutteurs s'enlaai5t4 ,d'une beaut *oquante1 ils r\lr5t enf9 p>mi le tumulte4 ,alors les fleurs dlicates de ses *eveux1 elle les jeta contre la poitr9e puissante du va9queur4444--,au repro*e du jeune homme1 elle rpondit sans mme le reg>d]1 ,dieu sait p\rquoi3 ,j'adore la gymna/ique4 ,d'une grce un peu exagre1 elle n'en tait que plus m\vante4 ,il s'loigna1 et le s\ci de p>atre indiffr5t ne lui laissait pas le loisir de s\ffrir4 ,puis la d\leur brutalem5t l'assaillit4 ,comm5t avait-il os cette *ose irrp>able1 peut-tre bris] son bonheur8 ,d'o lui v5ait cette n]gie se p]dre8--,il fut *oqu de pass] en arguties les premires m9utes d'une angoisse inconnue4--,mais sa d\leur e/ donc une joie1 une curiosit p\r une p>tie de lui-mme1 qu'il se repro*e de l'oubli]8--,en effet1 il e/ fi] de dev5ir une portion d'homme n\veau4--,il se p]dait ces dd\blem5ts4 ,sa s\ffrance pleurait et sa tte se vidait rfl*ir4 ,une tri/esse dc\rage runit enf9 et ass\vit les diffr5tes mes qu'il se s5tait4 ,il comprit qu'il tait sali p>ce qu'il s'tait abaiss p5s] autrui4 ,balanant ses bras dans la nuit1 sans b1 il rva de la d\ceur d'tre deux4 ,et1 p5* sur la pla9e1 il *]*ait la jeune fille4 ,il l'entrevit deb\t p>mi des hommes4 ,cette p5se lui fut une s5sation si complte de sa d\leur1 qu'il atteignit cette sorte de joie du fivreux enf9 seul1 grelottant s\s ses c\v]tures4 ,dans l'obscurit1 s\da9 il s'ent5dit rican]1 et1 au b\t de quelques m9utes1 il songea que les morts1 ceux-l mmes qui lui avai5t mang le coeur1 comme elle disait1 riai5t en lui de son angoisse4 ,ah6 maudit soit le m\vem5t d'orgueil qui lui fit le bonheur impossible6 ,et t\te la montagne1 les arbres1 les nuages l'enveloppai5t1 rptant ce mot ,jamais qui b>r]a sa vie4--,combi5 de temps durr5t ces *oses8 ,il crut s5tir sur ses j\es la c>esse des cils trs longs1 et il se leva brusquem5t1 le c\ s]r4 ,seules des l>mes glissai5t sur son visage4 99 99 99 99 99 ,et je ne sais s'il s'ap]ut qu'il gravissait v]s le temple de la ,sagesse t]nelle4 99 99 99 99 99 ,le soleil *assait les langueurs de l'horizon qu& le jeune homme releva son front1 rafra*i p> l'ombre du temple et le frisson des hymnes4 ,ces t]nelles sacrifies1 les mres et les am\reuses1 et les blmes enfants un peu morts1 de qui les pres escomptr5t la vie p\r anim] une =mule1 t\tes les victimes des gsmes suprieurs1 transv]b]es de ces fl*es glorieuses qui sont les p5ses des sages1 gisai5t sur les p>vis du lieu que n\s rvons4--,lui1 porteur du signe d'lection1 il pntra dans le ,temple4 ,l1 jamais ne s'exalte la vigueur du soleil1 ne s'alanguit l'a/re s5tim5tal2 une froide cl>t /agnante e/ p&ue sur la f\le des sages que r\le le fleuve des contradictions2 et ce flot immmorial effrite les gr\pes cramponns des convictions div]ses2 il sp>e et il jo9t2 il brise ceux-l qui se d*ir5t p\r aid] l',idal1 il ballotte les plus nobles qui s'ab&onn5t et s\ri5t1 il jette t\s les rivages des sy/mes1 des loqu5ces et des crnes fls2 p>fois une c]titude1 comme une furtive cume sur la vague1 app>at p\r disp>atre4 ,t\tes ces *oses sont l'orgueil de l'humanit2 une incomp>able h>monie s'en dgage p\r les amateurs4 99 99 99 99 99 ,et sa d\leur reconnut en ces tnbres la brume de son me3 ce tumulte n'tait que l'*o gr&i de la pla9te qui1 g\tte g\tte1 murmurait en son coeur4 99 99 99 99 99 ,comme des spirales de vapeur qui n\s baign5t et s'effac5t et r5aiss5t1 la monotone subtilit de son regret t\rnoyait en sa tte fivreuse4 ,qu'ils sont noirs tes cils sur ton visage mat6 ,comme ta b\*e s\rit d\cem5t6 ,qu'il flotte t\j\rs1 le rve de ton corps et de ta gorge troite qui me torture6 ,ah6 notre t5dresse s\ille6 ,affaiss dans le c\*ant de son s\v5ir1 voquant les s5teurs affaiblies de ce sable humide qui criait jadis s\s leurs pas1 il revcut les nuances de sa t5dresse dans la lam5tation sculaire des sages4 ,t\s p\ssai5t gr&s cris dans le mange des p5ses dome/iques p> les anctres1 mais son reg>d ne se plaisait que sur les plus suranns qui1 ttus de complexits1 coquett5t avec les my/res et sur ces sages lg]s qui pivot5t sur leurs talons et1 sa*ant s\rire1 ignor5t p>fois la pati5ce de compr5dre4 ,l'esprit huma91 avec ses attitudes div]ses1 t\t aut\r de lui m\tonnait de telles pr(ondeurs1 qu'un v]tige et des c]cles oiseux l'incommodr5t4 --,suprme fleur de t\tes ces cultures1 l'hriti] d'une telle sagesse1 t5du sur le dos1 billait4 ,sa jeunesse comprit les suprmes ass\pissem5ts et combi5 t\t e/ ge/iculation4 ,flottantes images de ce bonheur6 ,nos mots qui sont des empre9tes d'ef=ts voqu]ai5t-ils la furtive flicit de cette me en dissolution1 heureuse p>ce qu'elle ne s5tait que le mo9s possible6444 99 99 99 99 99 ,mais le prtexte de notre moi1 sa *air1 si lasse que son rve fuyait trav]s elle p\r communi] au rve de t\s1 se s\v9t p\rtant des s\illures de la femme et r5tra p> des frissons dans la ralit familire4 ,il ne p\vait *ass] de lui cette femme fugitive4 ,lui-mme t5ait trop de place en soi p\r qu'y pt entr] l',absolu4 ,e/-il p>mi le tr\peau des contradictions qui l'ent\r5t1 le mot qui f]a sa vie une8 ,les plus absorbantes d\ceurs qu'il et connues ne v5ai5t-elles pas de l'am\r8 ,or1 son am\r1 il l'avait fait lui-mme et de sa sub/ance3 il aimait de cette faon1 p>ce qu'il tait lui1 et t\s les c>actres de sa t5dresse v5ai5t de lui1 non de l'objet o il la disp5sait4 ,ds lors p\rquoi s'en t5ir cette femme dont il s\ffrait p>ce qu'elle tait *angeante8 ,ne peut-il la remplac]1 et d'aprs cette crature borne qui n'avait pas su port] les illusions brillantes dont il la vtait1 se crer une image fm99e1 f9e et d\ce1 et qui tressaill]ait en lui1 et qui s]ait lui4 99 99 99 99 99 ,c'e/ a9si qu'il vcut dsormais p>mi la /rile mlope de t\s ces sages1 extasi en face la bi5-aime1 aussi belle1 mais plus rveuse que son infidle4 ,elle avait1 s\s les cils trs longs1 l'clatante t5dresse de ses prunelles1 et sa b\*e imposait dans l'ovale de sa figure p>fois voile de *eveux4 ,il reposait ses yeux dans les yeux de son amante1 et qu&1 semblable aux vi]ges impossibles1 elle baissait ses paupires bleutres1 il voyait encore leur d\ce flamme transp>atre4 ,il s'ag5\illa devant cette dame bnie et jamais extase ne fut plus affaisse que les murmures de cet am\r4 ,de son me1 comme d'un enc5soir la fume1 s'*appait le corps diaphane et presque nu de l'amante1 si dlicate avec ses han*es exquises1 son troite poitr9e aigu et sur ses j\es l'ombre des cils4 ,frle app>ition6 dans ce nimbe de vapeurs lgres1 elle semblait un *ant trs bas1 la monotone litanie des p]fections des am\rs va9es1 l'odeur attnue d'une fleur lo9ta9e1 le s\pir de d\leur lgre qui se dissipe en hale9e4 99 99 99 99 99 ,o mon me1 enseignez-moi si je s\ffre ou si je crois s\ffrir1 c> aprs tant de rves je ne puis le savoir4 ,suis-je n ou me suis-je cr8 ,ah6 ces inc]titudes qui flott5t devant l'oeil p\r avoir trop fix6 ,j'ose ddaign] la vie et ses app>5ces qu'elle dr\le auprs de mes s5s4 ,le pass1 je me suis s\/rait ses traditions ds mes premi]s balbutiem5ts4 ,l'av5ir1 je me refuse le crer1 lui qui1 hi] encore1 palpitait en moi au s\v5ir d'une femme4 ,de mes s\v5irs et de mes espoirs1 je compose des v]s incomp>ables4 ,j'appris de nos pres que les c\leurs1 les p>fums1 les v]tus1 t\t ce qui *>me n'e/ qu'un tremblem5t que fait le petit s\ffle de nos dsirs2 et comme eux tur5t dj l'tre1 je tuai mme le dsir d'tre4 ,l'h>monie o j'atte9s ne me survivra pas4 ,j'aime p>ce qu'il me plat d'aim] et c'e/ moi seul que j'aime1 p\r le p>fum fm99 de mon me4 ,ah6 qu'elle vi5ne auj\rd'hui la femme6 je dfie ses *>mes imp>faits4 99 99 99 99 99 ,alors un d\x murmure1 le bruissem5t des voiles d'une vi]ge sur l'admiration des humbles pro/]ns glissa des p>vis du temple dont les portes s'c>tr5t l5tem5t4 ,et comme la beaut e/ une sagesse encore1 dfie1 sur le seuil elle app>ut4 ,son bras lg] au-dessus de sa tte s'appuyait avec grce aux colonnades1 t&is que le *>me de sa jeune gorge s'pan\issait4 ,des arbres r>es1 un pan du ciel1 t\t l'univ]s se rsumait au lo9 la hauteur de ses petits pi$s4 ,si frle1 elle emplissait t\t ce paysage1 en sorte que les fleuves1 les peupli]s et les peuples n'tai5t plus que des lignes m5ues1 et au-dessus d'elle il voyait l'idal l'appr\v]4 ,le soir bleutre desc5dait sur les campagnes4 99 99 99 99 99 ,un gr& tr\ble1 comme un c\p de v5t1 emporta l'me du jeune homme4 ,et son coeur se gonfla de l>mes et de joie4 ,il ent5dit un tumulte de t\t le temple devant cette invasion des problmes2 et son moi r$\blait s5tir la t]reur de t\s1 en sorte qu'il n'essaya po9t de lutt]4 ,les yeux clos et le c\ bondissant1 comme si sa vie s'puisait v]s la bi5-aime1 il att5dit2 et ses bras se t5dai5t v]s elle1 indcis comme un balbutiem5t4444 ,il frissonnait de cette hale9e lgre et de t\s les frlem5ts un peu tides oublis4 ,elle c>essait ma9t5ant ses se9s nus contre ce coeur1 vritable petit animal d'am\r1 +nue et n]veuse1 avec son reg>d bleu1 en sorte qu'il murmura bris3 ,fais-moi la piti de p]mettre que je ne t'aime po9t4 ,et peut-tre et-il prfr qu'elle l'aimt4 ,mais elle le considrait avec curiosit et quoi qu'elle ne comprt gure1 son s\rire triomphait2 puis elle rit dans ce l\rd sil5ce1 de ce rire incomprh5sible qu'elle eut t\j\rs4 ,alors1 s\da91 ple9e ma91 il rep\sse les petits se9s /riles de cette femme4 ,elle *ancelle1 presque nue1 ses bras ronds et f]mes batt5t l'air2 et dans le bruit triomphal de la sagesse sauve1 au trav]s du temple acclamant le hros1 s\s les bras indigns1 rapide et c\rbe1 elle sortit4 ,jamais elle ne lui fut plus dlicieuse qu' cette heure1 va9cue et s\s ses longs *eveux4 99 99 99 99 99 ,et les sages d'un mme sursaut1 dlivrs1 dr\lr5t l'hymne du r5oncem5t1 la banalit des soirs alanguis et l'am]tume des lvres qu'on essuie1 la h\le des bais]s1 leurs frissons qu'il e/ malsa9 mme de maudire1 leurs fadeurs et t\tes nos misres affaires4 ,puis ils rp&ir5t comme une rose les m]veilles de dema91 de ce sicle dlicat et somnol5t o des rveurs aux ge/es d\x1 avec bi5veillance1 subissant une vie pe9e vivante1 s'c>t]ont des r=mateurs et autres belles mes1 comme de voluptueuses /riles qui ge/icul5t aux c>ref\rs1 et dlaissant t\tes les hymnes1 ignor]ont t\s les m>tyrs4 ,il leva d\cem5t le bras puis le laissa retomb]4 ,que lui importait le sort de la c>avane1 pass l'horizon de sa vie6 ,peut-tre s'tait-il conva9cu que tant de qu]elles la passion t\rnoy5t comme une paille dans une seconde d'motion6 ,il les quitta4 ,que la /rile ordonnance de leurs cantiques se dr\le t]nellem5t6 99 99 99 99 99 ,aux appels de son amant la jeune femme ne se ret\rna po9t4 ,elle disp>ut s\s les feuillages entre les troncs clatants des b\leaux4 ,elle ne daignait mme pas s\ponn] ces bras suppliants et ces dsirs4 ,il p>ut au jeune homme que leur di/ance augm5tait2 peut-tre seulem5t son coeur tait-il froiss4 ,il reconnut l'univ]s2 il s5tit une allgresse1 mais allait-il encore vivre vis--vis de soi-mme6 ,une sorte de fivre le releva1 il eut un lan v]s l'action1 l'n]gie1 il aspirait l'hrosme p\r s'affirm] sa volont4 99 99 99 99 99 ,v]s le soir il atteignit le sable des tangs1 et p>mi les saules1 au bord de ces miroirs1 il reg>da la nuit desc5dre sur la campagne4 ,l-bas app>ut cette =me am\reuse1 s\v5ir qui vacille au bord de la mmoire et qui n'a plus de nom2 dans un nuage vague elle se fit indi/9cte1 comme un dsir s'apaise4 ,il n'avait tant m>* que p\r rev5ir cette petite plage o naquit sa t5dresse4 ,son coeur tait b\t4 ,il savait que la vie peut tre dlicieuse2 il r5ona rv] avec elle au bois des citronni]s de l'am\r et cela seul lui et s\ri4 ,ses mditations familires lui faisai5t horreur comme une pla9e de glace dj raye de ses pat9s4 ,il billa lgrem5t1 s\rit de soi-mme1 puis dsira pleur]4 ,du doigt1 il traa sur la grve quelques rapides c>actres4 ,la brise qui rafra*issait son me effaa ces traits lg]s4-- ,cette lg5de e/ vraim5t de celles qui sont crites sur le sable4 99 99 99 99 99 ,t\t de son long t5du1 les yeux fatigus p> le c\*ant1 seul et lass1 il p>ut reg>d] en soi4444 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,troisi,,me 99 99 99 99 99 ,,concordance ,a v+t ans1 il s5tait comme dix-huit1 mais il tait tudiant et sa table d'hte 7celle des (fici]s c5t francs p> mois7 mangeait mieux qu'au lyce2 en outre il p\vait s'isol]4 ,l'usage de la solitude et une n\rriture tonique augm5tr5t sa =ce de raction4 ,les lm5ts div]s qui tai5t en lui3 #a culture d'un lycen qui a pass son baccalaurat en #ahhj2 #b expri5ce du dgt que donn5t une me f9e la cui/r]ie des matres1 la grossiret des cam>ades1 l'obscnit des di/ractions2 #c dsir et noblesse idale1 ab\tir5t au rve4 ,en frissonnant1 il s'enfonait dans cette faon de rve scolaire et s5tim5tal o l'on retr\v]a juxtaposes de confuses aspirations idali/es1 des t5dresses sans emploi et de l'cret4 ,en vrit1 ceux qui se ret\rn5t avec f]veur v]s des images d'outre-tombe ne tmoign5t-ils pas qu'ils sont mcont5ts de leurs contempora9s1 *auffs de quelque s5tim5t intime1 inass\vi8 99 99 99 99 99 ,d,,s9t,,ressem5t ,t\j\rs tri/e1 ,am>yllis6 les jeunes hommes t'aurai5t-ils dlaisse1 tes fleurs s]ai5t-elles fanes ou tes p>fums van\is8 ,atys1 l'enfant div91 te lass]ait-il dj de ses va9es c>esses8 ,am>yllis1 s\haite quelque objet1 un dieu ou un bij\2 s\haite t\t1 hors l'am\r1 o je suis dsormais impuissant2--encore1 que ne p\rrait un s\rire de celle que *rit ,aphrodite6 ,a9si ,lucius raillait d\cem5t ,am>yllis1 la trs jeune c\rtisane1 aux yeux et aux *eveux d'une cl>t d'or1 t&is que glissait la b>que sur le bleu canal1 p>mi les nnuph>s bruissants4 ,trs bas sur leurs ttes1 les arbres en b]ceau se mir5t1 sans un frisson1 dans l'eau pr(onde4 ,la rive s'enorgueillit de ses molles villas1 de ses =ts d'orang]s et de sa quitude4 ,entre les bran*es v]tes1 app>at p> in/ant le m>bre vieil ivoire des dieux qui sembl5t de leurs attitudes immuables ddaign] les disc\rs *angeants de la facile ,ori5tale et de son sceptique ami4--,au lo91 ple ligne rose fondant s\s la *aleur1 les montagnes1 refuges des solitaires et des btes froces1 tr\blai5t seules la rv]ie de ce ciel4 99 99 99 99 99 ,mais dj on appro*ait de la plage o1 mollem5t c\*e s\s la c>esse des flots et des brises1 la ville t5d ses bras sur l'ocan et semble appel] l'univ]s enti] dans sa c\*e p>fume et fivreuse1 p\r aid] l'agonie d'un monde et la =mation des sicles n\veaux4 ,avec une grce lasse1 ,am>yllis reposait sur des c\ss9s de soie blan*e4 ,son l\rd manteau d'arg5t cass semblait voluptueusem5t bless] son corps s\ple4 ,ses bras ronds ve9s de bleu c\ronnai5t son visage de vi]ge qui tr\ble les adolesc5ts1 et de sa faible voix trs h>monieuse3 --,riez1 ,lucius1 riez4 ,si quelqu'un des mortels p\vait dissip] mon ennui1 c'e/ toi qu'irait mon espoir4 ,tu z aim1 ,lucius1 on le dit1 tu pleuras prs des c\*es trop ple9es4 ,tu t'es lass du rire de la femme2 compr5ds donc que je me dsespre du p]ptuel s\pir des hommes4 ,je suis jeune et je suis belle et je m'ennuie1 ,lucius4 ,les div9es t5dresses d',atys1 les inquitants my/res d',isis et la gr&eur de ,s]apis n'apais5t pas mes longs dsirs2 or je sais trop ce qu'e/ ,aphrodite p\r daign] me t\rn] v]s elle4 ,c'e/ p> moi que nat l'am\r1 et je sais ses s\ffrances et qu'elles lass5t1 c> gmir mme devi5t une habitude4 ,je suis une ,syri5ne1 la fille d'une affran*ie qui prophtisait2 tu es un ,roma91 presque un ,hellne1 tu sais raill]1 ,lucius1 mais il s]ait plus d\x et plus r>e de p\voir consol]4 ,deb\t contre la rampe du baldaqu9 p\rpre et noir1 le ,roma9 j\ait avec les gl&s d'or de sa tunique de soie jaune4 ,l'lgance de ses m\vem5ts rvlait l'usage et la fatigue de vivre ple9em5t4 ,il vitait les mots srieux qui sont maussades3 --,am>yllis1 disait-il1 laisse-moi m'tonn] qu'un si petit coeur puisse tant s\ffrir et qu'il ti5ne de telles curiosits s\s un front gracieux si troit4 ,tu z de jeunes et ri*es amants1 des philosophes et mme des s+es qui font rire4 ,p\rquoi dsir] des dieux et des *oses innommes6 99 99 99 99 99 ,s\s la soie bleutre de sa tunique transp>aissait le corps tant ador de la jeune femme encadr de broc>t4 ,ses doigts effils j\ai5t avec la bulle de cri/al jauntre1 o sa mre jadis enf]ma les conjurations4 ,on n'ent5dait que le bruissem5t de l'eau contre la b>que2 de lo9 en lo9 sautait un poisson avec le rapide clat d'arg5t de son v5tre4 ,mais seul un s\ffle tri/e agitait le coeur meurtri de l'enfant4 --,quel mime1 quel ?aumaturge1 quel temple visit]a auj\rd'hui notre *re ,am>yllis8 ,je la conduirai selon ses dsirs avant de me r5dre au ,s]apeum4 --,a?n v\s convoque auj\rd'hui8 int]rogea1 en se s\levant et d'une voix rveille1 la jeune femme4 ,a?n6 on dit qu'elle sait les *oses et des dieux la protg5t4 ,une fois que j'tais c\ronne de fleurs et de jeunes amants1 comme on sort d'une fte de nuit1 je l'ai vue sur les t\rs de ,s]apeum1 extasie et en robe blan*e4 ,mes amis l'acclamr5t et je ne fus pas jal\se1 puisqu'elle e/ une div9it *a/e4 ,alors surv9r5t p\r la hu] ces hommes qui ador5t un crucifi et possd5t t\te c]titude4 ,au-dessus d'elle la lune plissait1 plus lo9ta9e *aque insulte2 mais eux tai5t tremps du soleil levant comme du sang de la victoire et je p5se que c'e/ un prsage4 ,comm5t subjugue-t-elle les mes8 ,e/-elle donc plus belle que moi8 ,elle p\rrait gurir mon *agr94 --,tu rves t\j\rs1 ,am>yllis1 et tes rves te gt5t ta vie4 ,daigne s\rire1 ma *re ,lydi5ne1 et contre ton bais] vi5dront se bris] les faibles et dp\ill] leurs d]nires illusions les =ts4 ,j\is de l'heure qui passe1 des c>esses des plus jeunes et de l'amiti de ceux qui sont las1 et laissons vivre du pass la vi]ge du ,s]apeum4 ,et s'tant incl91 il s]rait la ma9 d',am>yllis entre ses doigts4 ,mais elle se mit pleur]4 --,au nom de nos plaisirs que tu te rappelles1 p> l'am\r que tu avais de mes petites fossettes1 p> ta ha9e des *rti5s qui seuls me rsi/5t1 p> mes l>mes qui me r5dront laide1 ,lucius1 mne-moi *ez ,a?n4 ,le jeune homme la s\t9t dans ses bras et s'ag5\illant devant elle3 --,le sort1 lui dit-il1 t'avait donn un corps sa9 et beau4 ,faut-il y introduire la p5se qui d=me t\t6 ,mais comme elle ne cessait de gmir et que les pleurs d'une femme attri/5t les plus belles j\rnes3 --,soit1 ,am>yllis1 s\ris et donne-moi la ma9 p\r que n\s allions v]s ,a?n et que je te mne comme un jeune disciple4 99 99 99 99 99 ,l'enfant releva la tte4 ,un s\rire joyeux clairait son f9 visage t&is qu'elle rp>ait l'app>eil de sa beaut4 ,les avirons se tur5t1 et contre la rive o circulait t\t un peuple1 un faible *oc sec\a la b>que4 99 99 99 99 99 ,au ,s]apeum1 dit-elle avec orgueil4 ,dans une litire1 l'ombre des colonnades1 ils avanai5t l5tem5t p>mi t\tes les races p>fumes de cet ,ori5t1 que rehauss5t les plus curieuses pro/itutions de la femme et des jeunes hommes4 ,s\da91 au dt\r d'une rue1 ils r5contrr5t une populace hurlante1 de figures froces et en?\sia/es3 *rti5s qui c\rai5t assomm] les ,juifs4 ,la c\rtisane1 tremblante1 p5*ait malgr elle son f9 visage hors des drap]ies1 et dans le ruissellem5t de sa *evelure dore elle *]*ait1 en s\riant un peu1 le reg>d de ,lucius4 ,alors du milieu de ce torr5t1 un homme qui les dom9ait t\s de sa taille et de ses excitations lui cria3 --,la femme des banquets ira pleur] au temple6 le dieu e/ v5u dont le bais] dlivre des c>esses de l'homme6 99 99 99 99 99 ,et t\s disp>ur5t p> les rues s9ueuses v]s les massacres4 99 99 99 99 99 ,avec la triple c\ronne de ses gal]ies effrites et les c5t m>*es cr\lantes de son escali]1 le ,s]apeum dom9ait la ville1 ses spl5deurs1 ses luxures et t\s ses fanatismes4 ,sur ses murs djo9ts fleurissai5t des cpri]s sauvages4 ,mais il app>aissait comme le tombeau d',hellas4 ,les images des gloires anci5nes et plus de sept c5t mille volumes l'emplissai5t4 ,ces nobles reliques vivai5t de la pit d'une augu/e vi]ge1 ,a?n1 p>eille notre s5sibilit froisse qui se retire dans sa t\r d'ivoire4 ,elle avait hrit des enseignem5ts1 et *aque sema9e elle runissait les ,hellnes4 ,elle s\t5ait dans ces esprits1 exils de leur sicle et de leur patrie1 la dignit de p5s] et le c\rage de se s\v5ir4 ,ceux-l mme l'aimai5t qui ne la p\vai5t compr5dre4 ,dans la gr&e salle1 pave de mosaques clatantes et tapisse des p5ses huma9es1 ,a?n1 qu'ent\rai5t des ,roma9s1 des ,grecs1 beauc\p de l5ts vieill>ds et quelques lgantes am\reuses des beaux diseurs et des jolies p>oles1 semblait une jeune s\v]a9e2 ses yeux et t\s ses m\vem5ts tai5t h>monieux et calmes4 99 99 99 99 99 ,suivie de ,lucius1 ,am>yllis entra ple9e de tr\ble et de *>me4 ,la vi]ge les accueillit avec simplicit4 --,tu es belle1 ,am>yllis1 il convi5t donc que tu sois des ntres4 ,tu connatras ce que fut la ,grce1 ses portiques s\s un ciel bleu1 ses bois d'olivi]s t\j\rs v]ts et que b]ait l'hale9e des dieux1 la joie qui baignait les corps et les esprits sa9s1 et ton coeur mobile compr5dra l'h>monie des dsirs et de la vie4 ,plot91 qui les dieux se confir5t1 avait c\tume de dire3 ,o l'am\r a pass1 l'intellig5ce n'a que faire4 ,am>yllis1 en toi ,kypris habita1 pr5ds place au milieu de n\s1 comme une soeur digne d'tre c\te4 --,l'am\r1 ,a?n1 dit un jeune homme1 e/-ce bi5 toi qui le salue8 ,elle ddaigna d'ent5dre ce suppliant repro*e1 et fit signe qu'elle avait cess de p>l]4 99 99 99 99 99 ,un orateur communiqua de tri/es r5seignem5ts sur les progrs de la secte *rti5ne1 qui prt5d impos] ses convictions1 sur le discrdit des temples indulg5ts et le dlaissem5t des hautes traditions4 ,il voqua le tableau s9i/re des pla9es o m\rut un emp]eur philosophe p>mi les lgions con/]nes4 ,il dit ta gloire1 ,juli51 ple figure d'assass9 au guet-ap5s des religions2 tu sortais d',alex&rie1 et tu t'honoras du manteau des sages s\s la p\rpre des triomphateurs2 tu sus raill]1 qu& t\s les hommes comme des femmes pleurai5t2 au milieu des flots de m5aces et de supplications qui battai5t ton trne1 tu connus les belles phrases et les hautes p5ses qui ddaign5t de s'ag5\ill]4 ,t\s applaudir5t cette glorification de leur frre c\ronn1 et qu& le vieill>d1 gr&i p> son sujet1 salua de t]mes anci5s et magnifiques ceux qui meur5t p\r la paix du monde devant les b>b>es1 et ceux-l1 plus nobles encore1 qui combatt5t p\r l'indp5dance de l'esprit et le culte des tombeaux1 t\s1 les femmes et les hommes1 les jeunes g5s que grise le sang et ceux qui trembl5t de froid1 se levr5t1 glorifiant l'orateur et le nom de ,juli51 et dcl>ant t\t d'une voix que le disc\rs fameux de ,pricls avait t une fois gal4 ,l'orateur tait vieux1 il ne sut s'arrt]4 99 99 99 99 99 --,laissez1 disait un pote1 laissez agir les dieux et la posie1 n\s triomph]ons de la populace comme1 jadis1 nos pres1 de t\s les b>b>es4 ,quelques-uns de leurs *efs ne sont-ils pas des ntres8 --,moi1 je v\s dis1 int]rompit un ,roma91 anci5 *ef de lgion1 que leurs *efs ne peuv5t ri51 je dis que t\s v\s aimez et compr5ez trop de *oses1 que la f\le v\s hait1 comme elle hait le ,s]apis p\r ce qu'elle l'ignore1 et que si v\s n'agissez en b>b>es1 ces b>b>es v\s cras]ont4 ,un murmure s'leva1 et des femmes voilr5t leur visage4 ,cep5dant ,am>yllis disait aux jeunes hommes d'une voix *antante et assez basse3 --,n\s sommes des ,hellnes d'orgueil1 mais o va notre coeur8 ,de ,phrygie1 de ,phnicie n\s v9r5t ,adonis que les femmes rveill5t avec des bais]s1 ,isis qui rgnait et la gr&e ,artmis d',ephse1 qui fut t\j\rs bonne4 ,d',ori5t encore n\s vi5n5t les amulettes1 et les noms de leurs dieux1 tant plus anci5s1 plais5t davantage la div9it4 ,un autre se rcitait des idylles1 et une d\ce joie inondait son visage4 99 99 99 99 99 ,l'ombre ma9t5ant envahissait la salle4 ,p> les portes ouv]tes des t]rasses un peu d'air pntrait4 ,sur la mosaque1 les jeunes hommes tranr5t leurs escabeaux d'bne prs des c\ss9s des femmes4 ,la ligne sombre des armoires encadrait la soie et les broc>ts2 les fresques s'teignai5t1 plus religieuses dans ce demi-j\r2 la salle semblait plus haute1 et les dieux de m>bre tai5t plus des dieux4 ,la vi]ge1 deb\t1 considrait ce petit monde1 le seul qu'elle connt p>mi les vivants1 le seul qui pt la compr5dre et la protg]2 si elle s\ffrait des phrases inutiles1 de l'intrigue et de la vanit de son ent\rage1 ou si elle vaguait lo9 de l dans le se9 de l'tre1 sa noble figure ne le disait po9t4 ,alors des sicles de grossiret n'avai5t pas model le visage huma9 grimac] comme font mes contempora9s4 ,a ce mom5t une clameur monta de la place1 et pntra en t\rbillons indi/9cts dans l'assemble1 qu'elle balaya et fit se dress] inquite4 ,une b&e impure vocifrait au pi$ du ,s]apeum4 ,les plus h>dis avai5t gravi les premires m>*es du temple4 ,on les voyait dgtants de haillons1 la tte r5v]se en arrire1 la gorge et la poitr9e gonfles d'insultes4 ,et le nom d',a?n montait confusm5t de cette t\rbe1 comme une bue d'un m>ais malsa94 ,sans faiblir1 la vi]ge s'appuyait au m>bre effrit des balu/rades4 ,sur la pla9e uni=me des toits1 les raies noires des rues ab\tissant au ,s]apeum lui p>aissai5t les g\ts qui *>riai5t la fange de la cit dans cette populace ignom9ieuse4 ,un vieill>d1 avec respect1 prit la ma9 de la jeune fille et lui dit2 --,tu ne dois pas les c\t] ni les cra9dre4 ,elle l'c>ta d\cem5t4 99 99 99 99 99 ,am>yllis se dem&ait3 ,e/-il vrai que leurs temples sont ple9s de femmes8 ,quel *>me inf9i mane du bel adolesc5t qu'ils s]v5t6 ,elle se s5tait attire v]s cet inconnu1 et plus soeur de ces hommes ard5ts et r$\tables que de ces ,roma9s alti]s1 de ces railleurs et de ces pdantismes secs4 ,elle ent5dait demi l'acc5t ironique de ,lucius3 --,ddaignons-les6 un lg] dda9 e/ encore un plaisir4 ,mais g>dons-n\s de les mpris]2 le mpris veut un ef=t et n\s rappro*]ait de ces curieux fanatiques4 ,a ce mom5t1 s\s l'ef=t de la f\le1 un des ,anubis qui dcorait la place *ancela1 s'abattit1 et une clameur triomphale flotta p>-dessus les dcombres4 ,l5tem5t ,a?n se ret\rna4 ,une haute dignit s'imposait de cette vi]ge indiffr5te la colre d'un peuple1 et d'une voix ample et d\ce1 semblable sur les clameurs de la f\le la noblesse d'un cygne sur des vagues orageuses1 elle dclama un hymne hroque des anctres4 ,qu& elle s'arrta1 le c\ gonfl1 haletante1 transfigure s\s le bais] de l'a/re qui1 l-bas1 dans l'or et la p\rpre s'incl9ait1 les jeunes g5s palpitai5t de sa beaut4 ,un sil5ce maje/ueux retomba d]rire ses p>oles4 ,elle haussait les mes mdiocres4 ,lucius1 acc\d aux dbris de quelque immortel1 gtait une pr(onde et dlicieuse mlancolie4 ,le soleil disp>ut de ce j\r dans une ta* de p\rpre et de sang1 comme un triomphateur et un m>tyr4 ,il avait plong dans la m] t\te bleue1 mais de son reflet il illum9ait encore le ciel1 semblable t\tes ces gr&es *oses qui dj ne sont plus qu'un va9 s\t5ir qu& n\s les admirons encore4 99 99 99 99 99 ,a?n ma9t5ant contemplait les j>d9s1 leur /rilit1 la ru9e des laboratoires1 et une fade tri/esse la pntrait comme un press5tim5t4 ,elle leva la ma91 et d'une voix basse et prcipite2 t&is qu'au lo9 les clo*es de ,mi?ra et telles des *rti5s convoquai5t leurs fidles1 t&is que les hurleurs s'c\lai5t et que seul le soir bruissait dans la fra*eur3 --,je jure1 dit-elle1 je jure d'aim] jamais les nobles phrases et les hautes p5ses1 et de dp\ill] plutt la vie que mon indp5dance4 ,et d'une voix calme1 presque div9e3 ,jurez t\s1 mes frres6 --,a?n1 sur quoi veux-tu que n\s jurions8 --,sur moi1 dit-elle1 qui suis ,hellas4 ,et t\s t5dir5t la ma94 99 99 99 99 99 ,mais dj1 la reprs5tation f9ie1 ils s'empressai5t raju/] leurs tuniques1 drap] les plis de leurs manteaux1 p\r sortir p> les j>d9s4 ,am>yllis l'c>t pleurait2 aprs cette j\rne tant mue1 ses n]fs avai5t faibli s\s la suprme invocation de la vi]ge4 ,a?n prom5ait ses l5ts reg>ds1 et ri5 dans sa srnit ne trahissait l'impati5ce de solitude que ces longues sances lui laissai5t4 ,elle vit la c\rtisane et l'embrassa devant t\s1 et la t5dre ,lydi5ne s'ab&onnait cette tre9te4 ,on applaudit4 ,ces fils arti/es de la ,grce tr\vai5t beau la vi]ge aux cont\rs div9s enlae de la s\ple ,ori5tale3 pure colonne de ,p>os o s'enr\le le pampre des ivresses4 99 99 99 99 99 ,lucius songeait3 ,hlas6 ,a?n1 v\s v\lez n\s lev] jusqu' l'intellig5ce pure et n\s df5dre t\tes les illusions1 celles qui n\s font pleur] et celles dont n\s rvons2 craignez qu'il ne v\s enlve encore cette enfant1 celui qui abaissa les p5ses de nos sages jusqu'au peuple1 et qui1 dans sa mort comme dans sa vie1 voque t\s les tr\bles de la passion4 99 99 99 99 99 ,l'agitation p]si/a1 c> les ennemis d',a?n gagnai5t de l'audace demeur] impunis1 et la f\le se pr5ait har celle qu'on insultait t\t le j\r4 99 99 99 99 99 ,qu& rev9t le c\rs de la vi]ge1 le ,roma91 avec une bi5veillante ironie1 lui conduisit l',ori5tale3 --,je te prs5tai une s]vante d',adonis1 c'e/ une *rti5ne qu'il faut dire auj\rd'hui4 ,a?n1 avec la lassitude de son isolem5t et de son lvation1 rpondit3 --,qu'importe1 peut-tre1 ,lucius6 ,ne pas sommeill] dans l'ord9aire de la vie1 tre curieux de l'inconnaissable1 c'e/ t\te la d\l\reuse noblesse de l'esprit2 tu la possdes1 ,am>yllis4 ,et p\vons-n\s te repro*]1 toi qui naquis d'une affran*ie ori5tale1 le malheur d'ignor] la =me s]e9e et df9itive1 que sur5t donn] cette inquitude nos aeux1 les p5seurs d',hellas8 ,dans cette excuse se dressait un peu de fi]t1 et ce fut t\t son repro*e la ,*rti5ne4 ,puis en peu de mots elle les rem]cia d'tre v5us4 ,ses amis le plus affi*s1 jugeant le pril imm95t1 s'tai5t excuss4 ,seul1 un vieill>d rejoignit1 auprs de la vi]ge1 ,am>yllis et ,lucius4 ,il tait pote et *ancelant4 ,il affirma que la populace1 un peu g>e1 se g>d]ait de t\s excs4 ,lucius et ,a?n emp*r5t ,am>yllis de lui dessill] les yeux3 cette vi]ge ignorante de la vie et ce dbau* trop savant e/imai5t cruel et inutile de rompre l'h>monie d'un esprit1 et que les plus beaux c>actres sont faits du dveloppem5t logique de leurs illusions4 99 99 99 99 99 ,cep5dant1 avec simplicit1 ,a?n comm5a son enseignem5t au petit gr\pe att5tif3 --,je comptais sur v\s1 mes amis1 c> t\j\rs il me sembla que les potes et les amis du plaisir1 disposant1 les uns du coeur des gr&es hrones1 les autres du coeur des jeunes hommes et des jeunes femmes1 n'ont po9t us] de leur propre coeur p\r les frivolits passagres1 et qu'a9si1 aux heures tr\bles1 ils le tr\v5t intact dans leur poitr9e4 ,et puis les potes et les voluptueux ne sav5t-ils pas se comport] plus dignem5t qu'aucun env]s la mort1 c> ceux-ci n'en p>l5t jamais1 et les hommes inspirs la *ant5t en t]mes magnifiques1 avec t\t le dploiem5t de langage qui convi5t aux *oses sacres4 ,elle e/ la flicit suprme1 l'inconnue digne de nos mditations1 la patrie des rves et des mlancolies4 ,elle e/ le seul1 le vrai bonheur4 ,quelques sueurs et des contractions la prcd5t qu'il faut c\vrir d'un voile1 mais aussitt n\s n\s fondons dans l'tre1 n\s sommes s\/raits aux d\leurs du corps2 plus d'angoisse1 plus de dsir1 n\s n\s absorbons dans l'un1 dans le t\t4444 99 99 99 99 99 ,sa voix tait un peu cad5ce et1 p> mom5ts1 s'envolait avec l'ampleur d'un hymne aux dieux4 ,au milieu des hues d'un peuple1 il y avait une r>e dignit dans cette vi]ge si jeune et belle1 dployant1 comme un ri*e l9ceul1 l'apo?ose de la mort4 ,elle vit le vieill>d qui considrait la salle vide avec des yeux t\*s de l>mes1 c> ces nobles p>oles le faisai5t song] plus amrem5t encore cet ab&on4 ,et s'int]rompant3 99 99 99 99 99 ,je veux laiss] l1 dit-elle1 les p5ses des sages1 puisque auj\rd'hui elles l'attri/5t1 mon pote6 mais g>de-toi de ml] de mauvaises p5ses au regret des abs5ts4 ,ce n'e/ pas sans d\te faute de c\rage qu'ils se refus5t brav] la populace1 mais songez1 mes amis1 combi5 ju/em5t les hommes raisonnables p\rrai5t v\s trait] d'ins5ss1 v\s qui prfrez v\s jo9dre aux femmes plutt que de suivre les pr9cipaux2 et t\tes deux1 ,am>yllis1 ne devons-n\s pas r\gir1 qu& ces autres support5t avec une telle f]met la vie qui n\s e/ si l\rde6 99 99 99 99 99 ,a cet in/ant une rumeur monta de la place1 un bruit de c\rse1 des cris d'effroi3 dans le lo9ta91 un nuage de p\ssire s'levait1 comme la m>*e d'un gr& tr\peau4 ,les ,solitaires6 ,a9si tai5t d*ans les plus froces des hommes contre une femme4 99 99 99 99 99 ,lucius et ses amis v\lur5t entran] ,a?n4 --,ils n'ont que moi1 rpondit-elle en indiquant d'un ge/e les armoires1 les biblio?ques et les /atues des anctres4 ,je ne dlaiss]ai pas les exils4 ,am>yllis se jeta g5\x1 et elle baisait les ma9s de la vi]ge hroque4 --,jamais6 reprit-elle4 ,la gr&eur du sacrifice lui donnait cette heure une beaut inconnue des vivants4 ,elle reprit3 --,quittons-n\s1 mes frres4 ,le passage des j>d9s e/ libre encore4 ,elle dev9a leurs refus1 et ses lvres qu'allait scell] la mort cons5tir5t au m5songe4 --,seuls1 dit-elle1 leurs *efs peuv5t arrt] ces fanatiques2 ils n\s sav5t innoc5ts et nobles2 htez-v\s de les prv5ir4444 ,mais s'il adv5ait ce que v\s craignez1 g>de-toi1 ,lucius1 de t\te am]tume4 ,transmets nos frres ma suprme p5se1 et que t\j\rs ils se s\vi5n5t des anctres4 ,et toi1 ,am>yllis1 puisque tu es belle1 console les jeunes hommes2 s'il se tr\vait1--je puis1 cette extrmit1 suppos] une *ose p>eille1--s'il se tr\vait que quelqu'un d'entre eux ait s\pir auprs de moi1 et que ma froideur l'ait contri/1 prie-le qu'il veuille me p>donn]1 dis-lui qu'il n'e/ ri5 de vil dans la maison de ,jupit]1 mais qu'il m'a p>u que1 la d]nire d'une race1 cela conv5ait de demeur] vi]ge et de se born] concevoir l'immortel2 et comme je n'avais pas la l>ge poitr9e des femmes hroques1 mon coeur gonfl p\r ,hellas l'emplissait t\te4 ,am>yllis1 qui pleurait depuis longtemps dj1 clata de sanglots et d*ira ses vtem5ts avec des cris qui faisai5t mal4 ,le vieill>d et ,lucius ne pur5t ret5ir leurs l>mes4 ,a?n leur dit d\cem5t3 --,je v\s prie1 amis4 ,puis ,am>yllis tremblait d'effroi4 ,dehors un sil5ce s9i/re pesait4 ,on s5tait l'att5te de t\te une ville et comme l'embuscade d'un gr& crime4 ,la vi]ge dit au vieill>d1 qui seul tait demeur3 ,pre1 laisse-moi4 ,il rpondit en sanglotant3 --,je t'ai connue qu& tu tais petite4444 ,je suis trs vieux1 et toi seule m'aime p>mi les vivants4444 ,s\da9 ils se tur5t4 99 99 99 99 99 ,en bas1 une m>*e cad5ce ret5tissait sur les dalles4 ,les lgions6 cria-t-il4 ,et t\s deux se s5tir5t une imm5se joie1 et cep5dant quelque *ose comme une dception de m>tyrs4 ,c'tai5t les ,b>b>es la solde de l',empire1 casqus d'aira9 et leurs pes sonnant *aque pas4 ,honte6 ils protg5t la ville seule6 ils sacrifi5t le ,s]apis aux fanatiques qui acc\r5t1 f>\*es s\s leurs peaux de btes1 avec des piques4 99 99 99 99 99 ,elle rpta3 ,pre1 laisse-moi1 c> il n'e/ pas conv5able qu'une femme meure devant un homme4 ,il cessa de pleur]1 et relevant la tte3 --,l9us fut d*ir p> des *i5s enrags1 mais ,orphe en*antait les btes froces4 ,le d]ni] de leurs pieux disciples s'enorgueillit de t5t] un de/9 semblable4 ,la jeune fille n'essaya pas de le ret5ir4 ,peut-tre conv5ait-il que des v]s fuss5t dclams devant la mort de la petite-fille de ,platon et d',homre4 99 99 99 99 99 ,de la t]rasse1 elle vit le d\x vieill>d s'avanc] v]s la populace4 ,a pe9e il ouvrait la b\*e qu'une pi]re lui f5dit le front1 o *ante le gnie des potes4 ,et la vi]ge immacule ddaigna d'en voir davantage4 ,de ce peuple vautr dans la be/ialit1 elle haussa son reg>d jusqu'au ciel et jusqu'au div9 ,hlios1 qu'environne l'!r imm5se o se meuv5t1 sur le rhy?me des a/res1 les mes les plus nobles4 ,on ent5dait le bruit des p\tres contre les portes v]m\lues1 et des voix hurlant la mort4 99 99 99 99 99 ,comme une prtresse1 avec une l5te srnit1 dans un j\r sol5nel1 accomplit selon les rites anci5s les prescriptions sacres1 a9si ,a?n se t\rna v]s la lo9ta9e1 v]s la pieuse patrie d',hellas3 --,adieu1 disait-elle1 ma mre6 la mre de mes aeux6 ,a?nes qui n'es plus qu'une ru9e h>monieuse1 prs de dp\ill] l'exi/5ce1 je te salue de ma d]nire invocation6 ,tu m'ad\cis ma jeunesse1 tu m'in/ituas un refuge dans ta gloire contre les *oses viles1 contre la mdiocrit et la s\ffrance1 et s'il n'avait t5u qu' toi1 j'eusse connu la d\ceur du s\rire4 ,tu dposas en moi tes plus nobles p5ses et tes rhy?mes les plus h>monieux1 et tu ne craignis po9t que ma faiblesse1 de femme et de vi]ge1 alangut ton gnie4 ,et ma9t5ant1 mre1 puisqu'il te plat de me dlivr]1 enseigne-moi l'antique secret de m\rir avec simplicit4 99 99 99 99 99 ,puis s'adressant aux /atues d',homre et de ,platon3 --,un j\r1 dit-elle1 que je rvais vos cts1 j'appris de mon coeur qu'une belle p5se e/ prfrable mme une belle action4 ,et p\rtant je dois me cont5t] de bi5 m\rir4 ,le corps e/ beau1 mais il vaut mieux qu'il s\ffre que l'esprit2 et m'exil] de v\s ne s]ait-ce pas *agr9] jamais mon me8 ,ma mort t\tefois n'(f5s]a po9t votre srnit1 et mon sang pli lav]a les p>vis de votre demeure4 99 99 99 99 99 ,elle se p5*a encore v]s les c\rs intrieures4 et l1 des pigeons y sautillai5t de gra9s en gra9s4 ,rveuse1 elle demeura un in/ant reg>d] les plantes1 les btes1 la vie qu'elle avait t\j\rs ddaigne1 et cette d]nire seconde lui p>ut dlicieuse4 99 99 99 99 99 ,cep5dant elle c\vrit son noble visage d'un long voile1 puis elle app>ut aux reg>ds de la f\le sur les hauts escali]s4 ,le flot d'abord s'entr\vrit devant elle1 c> sa dm>*e tait d'une desse1 et nul ne voyait ses lvres plies4 ,mais ses =ces faillir5t son c\rage1 elle s'van\it sur les dalles4--,alors1 comme les m*oires d'une bte fauve1 la f\le se ref]ma1 et les membres de la vi]ge fur5t disp]ss1 t&is que1 impassibles s\s leurs casques et s\s leurs aigles1 les ,b>b>es ricanai5t de cet assass9at1 clab\ssant la maje/ de l'empire et le l9ceul du monde antique4 99 99 99 99 99 ,au soir1 t&is qu',alex&rie ayant trahi les sicles anci5s se tordait dans l'p\vante et le dlire avec les cris d'une agonisante et d'une femme qui enfante1 ,am>yllis et ,lucius re*]*r5t les re/es div9s de la vi]ge du ,s]apis4 99 99 99 99 99 ,a9si m\rut p\r ses illusions1 s\s l'oeil des ,b>b>es1 p> le bton des fanatiques1 la d]nire des ,hellnes2 et seuls1 une c\rtisane et un dbau* frivole1 honorr5t ses d]ni]s in/ants4 ,mais que t'importe1 vi]ge immortelle1 ces dfaillances passagres des hommes6 ton de/9 mlancolique et ta pit trav]sr5t les sicles d\l\reux1 et les petits-fils de ceux-l qui ricanai5t ton m>tyre s'ag5\ill5t devant ton apo?ose1 et1 r\gissant de leurs pres1 ils te dem&5t d'oubli] les *oses irrp>ables1 c> cette obscure inquitude1 qui jadis excita les aeux contre ta srnit1 =ce auj\rd'hui les plus nobles s'enf]m] dans leur t\r d'ivoire1 o ils int]rog5t avec am\r ta vie et ton enseignem5t2 et ce fut un gr& bonheur1 p\r un des jeunes hommes de cette poque1 que ces quelques j\rs passs tes g5\x1 dans l'en?\siasme qui te baigne et qui seul et pu r5dre ces pages dignes de ton hroque lg5de4 99 99 99 99 99 ,,livre ,,ii ,a ,,p>is ,a ,h5ry de ,v]neville4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,quatri,,me 99 99 99 99 99 ,,concordance ,quelques mois avant d'tre majeur1 il quitta sa prov9ce p\r t]m9] de niaises tudes1 probablem5t son droit1 ,p>is4 ,il y vcut la vie des conv]sations int]m9ables qui e/ t\te l'exi/5ce d'un tudiant franais un peu intellig5t4 ,il frqu5ta habituellem5t3 #a ,des cafs o se retr\vai5t des jeunes g5s ambitieux ou arti/es2 #b ,quelques cab9ets de travail de littrateurs connus2 #c ,la ,biblio?que ,nationale1 l'cole des hautes tudes1 des conc]ts le diman*e1 des muses4 ,dans cette vie o il se disp]sait1 il apportait en somme assez de clairvoyance4 ,a ,p>is1 il ne tr\va pas ces hommes d'exception qu'il imag9ait et cause desquels il s'tait mpris p5dant des annes4 ,quant l'aimable plaisir qu'on y r5contre *aque heurt de rue ou de conv]sation1 il e/imait qu'il en faudrait davantage p\r que cela suffit4 99 99 99 99 99 ,,p>is ,a ,,v+t ,,ans ,en ces rves 7*apitre ,,iii71 l'adolesc5t p>ait de noms pompeux ses premires s5sibilits4 ,durant tr5te j\rs et davantage1 il gonfla son me jusqu' l'hrosme4 ,de sa t\r d'ivoire1--comme ,a?n1 du ,s]apis --son imag9ation voyait la vie gr\illante de fanatiques grossi]s4 ,il s'in/ituait victime de mille b\rreaux1 p\r la joie de les mpris]4 ,et cet enfant isol1 vaniteux et meurtri1 vcut son rve d'une telle n]gie que sa s\ffrance galait son orgueil4 ,solitaires prom5ades jusqu' l'aube dans l'ombre de ,notre-,dame6 ,c'tait une philosophie ab&onne qu'il v5ait l pieusem5t s]vir4 ,que lui importait alors une va9e ar*itecture6 ,ces pi]res1 si +nieux qu'il en st l'ag5cem5t1 ne p>aissai5t son esprit que le manteau d'un ,dieu4 ,sa dvotion1 s\levant ce l9ceul qu'elle et jug grossi] de trop admir]1 frissonnait *aque soir d'y tr\v] l'en?\siasme4 ,qu>ti] d*u6 ruelles dcries1 qui ombragr5t la *rti5t d'incomp>ables mtaphysiques6 sa fivre v\s p>c\rait1 insatiable de vos inspirations1 et ses pi$s m>*] sur tant de s\v5irs ne s5tai5t plus leurs meurtrissures4 ,soires glorieuses et d\ces6 ,son c]veau gorg de jeunesse ddaignait de prcis] sa vision2 a9si son gnie lui p>ut inf9i1 et il s'enivrait d'tre tel4 99 99 99 99 99 ,la raction fut viol5te4 ,a ces dlices succda la s*]esse4 ,tant de nobles aspirations ananties lui p>ur5t s\da9 conv5ues et froides4 ,et son c]veau anmi1 ses n]fs surm5s s'affolr5t p\r voqu] immdiatem5t1 dans cet horizon pit9 comme un mange1 quelque s5ti] o fleurt une f]veur n\velle4 ,il avait horreur de la monotone solitude de ses mditations1 comme d'une dbau*e qu& notre tte et les b\gies vacill5t au v5t de l'aube4 ,une fra*e c>esse et de di/rayantes niais]ies l'euss5t repos4 ,mais son amie1 enfonce dans la brume f9ale du *apitre ,,ii1 n'avait pas rep>u4 ,aussi1 las et dsespr de ne s'tre plus ri5 de neuf1 il dte/a de vivre1 p>ce qu'il ne savait pas de faon prcise se con/ruire un univ]s p]man5t4 ,t\te la j\rne1 il somnolait d'un vague l'e/omac2 il fumait sans plaisir et billait4 ,il visita des g5s et leurs conv]sations poisseuses l'coeurr5t4 99 99 99 99 99 ,or un j\r1 dans une fte1 au soleil sec1 o ,p>is s'pan\issait dont le p>fum enfivre un peu et dissipe les songes pleureurs1 p>mi des m>bres d'art1 des corbeilles colores et un tumulte poli1 il la r5contra1 elle1 la jeune femme1 jadis son amie4 ,de ses s\rires et de ses cils elle guidait une tr\pe de jeunes g5s *>ms4 ,elle avait mis sa libre allure de jeune fille le masque frivole d'une monda9e1 et ennuag son corps s\ple du f\illis des *oses la mode4 ,t\j\rs dlicieuse1 il la reconnut1 elle dont il ne put df9ir le s\rire ni les yeux ple9s de bont1 et qui1 c\ronne de fleurs1 rcon=tait les premires mlancolies dont il s\pira1--elle dont il s\ffrit d'am\r1--elle encore qui fut ,am>yllis1 p>fume et prs de qui l'on se plat gaspill] le temps1 la s5sualit et la mtaphysique4 ,il lui sembla qu'une p>tie de soi-mme1 depuis longtemps f]me1 se r\vrait en lui4 ,de suite s'agr&it sa vision de l'univ]s4 99 99 99 99 99 ,fonta9e de vie1 figure my/rieuse de petit animal nubile1 et dont un ge/e1 un s\rire1 un pr(il p>fois mett5t sur la voie d'une motion fconde4 ,lueur qui n\s app>at aux heures r>es d'*auffem5t1 et qui revt une =me h>monieuse au dcor du mom5t1 p\r (frir notre me1 *]*euse de dieux1 comme un rsum int5se de t\s nos tr\bles4--,son dsir n\veau se cri/allisait devant lui4 ,s\s les feuillages1 p>mi la f\le qui s'c>te et admire1 elle papote1 capricieuse et re9e1 t&is que les attitudes r>es1 les vocalises conv5ues et ironiques1 les ge/es qui s'incl95t1 t\t l'app>eil de son ent\rage1 irrit5t notre adolesc5t qui envie4 ,mais elle le reg>de avec une gravit subite1 avec des yeux plus beaux que jamais4 ,et il aspire dom9] le monde p\r mpris] t\t et t\s1 et que son mpris soit vid5t4 ,cep5dant auprs de lui1 ses cam>ades1 des buveurs de bire1 disc\r5t d'une voix assure o sonn5t *aque phrase des mots d'arg5t1 t&is que le g>on1 balanc sur un pi$ et qui s]re contre son coeur une s]viette1 appr\ve4--,mais p\rquoi indiqu]ais-je les c]titudes grossires qu'ils affi*5t sur l'am\r6 ,leur faconde1 leurs pr\esses et leurs rires ne sont pas plus *oquants que le fait seul qu'ils exi/5t4 ,sur son coeur un in/ant *auff1 du ciel las1 la pluie tombe f9e4 ,le soleil1 sa joie1 t\te la fte se t]m95t4 ,la jeune femme s]re la ma9 de ses amis1 avec un ge/e sec et bi5 gai2 elle se prte gracieusem5t au bais] d'un p]sonnage g et considrable1 -- qui elle *u*ote quelques mots1 en dsignant le jeune homme4 ,puis le c\p1 glaces releves1 s'loigne2 et s'efface s\s la pluie le co*]1 rapide et ddaigneux4 99 99 99 99 99 ,le vieill>d demeure seul4 ,il semble l'ombre dc\pe sur la vie p> cette voluptueuse image de jeune fille2 il e/ l'app>5ce1 la =me de l'me furtive qu'elle signifie4 ,ses lvres1 trop mobiles et dconc]tantes1 sont p>eilles au rire lg] de cette monda9e crature2 et1 comme elle n\s en*ante p> les ondulations de sa taille pliante1 il n\s conqui]t t\s p> l'approbation p]ptuelle de sa tte qui s'incl9e4 ,c'e/ ,m4 ,x4444 ,m4 ,x4441 causeur div91 matre qui in/itua des d\bles t\tes les c]titudes1 et dont le contact exquis amollit les plus rudes sectaires4 ,ses paupires sont al\rdies1 c> sur elles repose la vi]ge fantaisie4 ,mais le jeune homme1 p>ce qu'il aimait1 sut voir les prunelles bleues du sophi/e rveur4 ,il l'aborda sans hsit]2 il lui dit son inquitude1 qu'une b\rrique pessimi/e et un ?orici5 ne sur5t apais]1 ses am\rs anmiques1 ses rves et ses pit9em5ts4 ,il le pria de lui indiqu] le b de la vie1 en peu de mots1 dans ce dcor d'une fte de ,p>is4 99 99 99 99 99 ,le philosophe v\lut bi5 s\rire et le compr5dre t\t d'abord4 99 99 99 99 99 ,je p5se que n\s p\rrons v\s tir] de pe9e1 mon ami1 et v\s procur] le bonheur puisque1 en vos successives inc]titudes1 v\s respecttes la division des g5res4 ,v\s conntes l'am\r1 et hi] encore v\s frissonniez des plus nobles en?\siasmes4 ,de telles expri5ces bi5 conduites sont prcieuses4444 ,v\s avez sans d\te v+t-un ans8 ,il s\rt et se frotta les ma9s4 99 99 99 99 99 ,s'il v\s plat1 reprit-il1 gtons quelque abs9!4 ,voil des annes que je clbre les j\issances faciles sans les connatre4 ,a mon ge1 imag9] ne suffit plus2 de petits faits1 de m5ues expri5ces me raviss5t4 ,et battant son abs9! avec une dlicieuse gau*]ie1 l'illu/re vieill>d se complut encore quelques complim5ts +nieux1 t&is qu' *aque gorge leur soir se te9tait de confiance4 99 99 99 99 99 ,mon jeune ami1 p]mettez que je ret\*e lgrem5t votre univ]s4 ,il e/ assez du gt rc5t le meilleur1 je v\drais seulem5t le prcis] a et l4 ,vos matres1 leurs livres et leurs p5ses diffuses v\s fir5t une excell5te vision1 un monde d'o e/ abs5te l'ide du devoir 7l'ef=t1 le dv\em5t71 s9on comme volupt raff9e2 c'e/ un v]g] o v\s n'avez qu' v\s satisfaire1 +num5t1 p> mille gymna/iques 7je v\s suppose quelques r5tes et de la sant74 ,et p\rtant v\s v\s plaignez6 ,c]tes1 tant du t5dresse1 dont v\s me disiez les s\pirs1 n'ass\vit pas votre coeur1 et vos bras sont rompus p\r avoir hauss dessus les b>b>es un rve hroque4 ,mais quoi6 faut-il1 cause de ces l5dema9s dsabuss1 que votre coeur mfiant oublie des in/ants dlicieux8 ,une femme ne fit-elle pas votre poitr9e ple9e de *>mes8 ,le spectacle de la v]tu pit9e p> la plbe ne v\s a-t-il pas mont jusqu' l'en?\siasme8--,sicle l\rdaud6 ,logique dte/able6 ,ils dis5t3 ,ni la femme1 ni la v]tu1 que n\s eng5drons dans la joie1 n'ont de l5dema94 ,qu'importe6 ,une me vraim5t am\reuse ou hroque bondit de n\velles entreprises4 ,c'e/ v\s-mme qu'il faut v\s atta*] et non aux imp>faites images de votre me3 femmes1 v]tus1 sci5ces1 que v\s projetez sur le monde4 ,les petits enfants1 entre deux travaux de leur ge1 j\5t au voleur2 ils gt5t avec int5sit les plaisirs de l'a/uce1 de l'indp5dance et du p*1 entre quatre murs1 de telle telle heure4 ,a9si faites1 et crez-v\s mille univ]s4 ,que votre p5se v\s soit une atmosphre aimable et *angeant l'inf9i4 ,"l ,beaconsfield1 qu'il n\s faut honor]1 crit3 ,s'il *]*a un refuge dans le suicide1 ce fut1 comme tant d'autres1 p>ce qu'il n'avait pas assez d'imag9ation4 ,stes-v\s j\] de l'am\r2 en tress] des guirl&es votre vie et votre rve8 ,je v\s vis l'c>t1 froiss4444 ,le jeune homme frissonna s\s ce d]ni] contact trop intime1 et le vieill>d qui s'en ap]ut fit obliqu] son disc\rs3 99 99 99 99 99 ,hlas6 je ngligeai moi-mme les mimiques d'am\r4 ,je s]ai plus compt5t v\s dcrire un autre synonyme du bonheur1 c'e/ la re*]*e de la notorit que je veux dire3 rputation1 gloire1 t\te publicit suivie d'avantages flatteurs4 ,des hommes mrs1 et des jeunes mme1 s'y complur5t1 que l'am\r n'avait su ret5ir4 ,sans d\te1 t5dre la ma9 d]rire ces in/ants aimables que je veux v\s indiqu]1 v\s ne tr\v]ez ri5 de plus qu'aprs le bais] de votre amie ou l'enivrem5t de votre v]tu1 mais1 p\r crer cette troisime illusion1 les m?odes sont trs amusantes4 ,jeune1 inf9im5t s5sible et p>fois peut-tre humili1 v\s tes prt p\r l'ambition4 ,p]mettez que je v\s trace un it9raire sr1 que je v\s signale les t\rnants pittoresques1 que je v\s t5de la g\rde et le manteau1 cause des dsillusions et du soir o1 lass1 on bille dans l'aub]ge solitaire4--,donc qu'un g>on me v]se et l'abs9! et la gomme1 puis p>lons librem5t et sans cra9te de commettre des solcismes1 comme faisai5t jadis deux cui/res1 discutant de la grammaire en cab9et p>ticuli]4 99 99 99 99 99 ,et d'abord in/ituez-v\s une spcialit et un b4 ,si votre esprit timide ne sait pas1 ds sa majorit1 embrass] t\te une c>rire1 qu'il jalonne du mo9s l'av5ir1 comme le sage c\pe sa vie de lg]s repas1 d'paisses fum]ies et de nocturnes ab&ons o l'amiti1 l'am\r et soi-mme lui s\ri5t4 ,c'e/ d'tape en tape que votre jeune audace s'enh>dira4 ,dnombrez avec scrupule vos =ces3 votre sant1 votre extrieur1 vos relations4 ,craignez de v\s dissimul] vos t>es3 votre s*]esse r>em5t sur*auffe1 vos fln]ies et cette dlicatesse qui p\rra v\s nuire4 ,ayant dress ce que v\s tes et ce qu'il v\s faut dev5ir1 v\s possd]ez la =mule prcise de votre conduite4 ,a la rectifi]1 *aque j\r consacrez quelques m9utes1 dans votre voiture si l5te et qui v\s n]ve1 dans l'embrasure des f5tres monda9es1 t&is que pass5t les valseurs4 ,mais g>dez de laiss] cet ag5da sur l'oreill] d'une amie qui s'tonne et admire1 ou dans le v]re d'un cam>ade qui s'crie3 ,moi aussi4444 ,que dsormais *acun dc\vre1 et votre attitude seule1 combi5 v\s tes n p\r ce b mme que secrtem5t v\s v\s fixez4 ,vos frqu5tations1 la c\pe de vos vtem5ts contribu]ont crer l'op9ion4 ,soignez vos manies1 vos p>tis pris et vos ridicules2 c'e/ l'app>eil o se trahit un spciali/e4 ,de l s]a dduit votre c>actre4 ,je glisse sur le dtail1 mais que d'exemples1 in/ructifs et *>mants1 tir] de la vie p>isi5ne3 si cela n'tait impud5t4 99 99 99 99 99 ,votre attitude compose1 re/e1 p\r ralis] votre =mule1 v\s faire aid]4 ,p> qui8 ,les jeunes g5s v\s *oqu]ont1 c> p]sonnels et bruyants4 ,comm5t d'ailleurs les tri]8 p>mi eux des enfants dom9ateurs pt>ad5t et disp>atront bi5tt4 ,puis vos intrts et les leurs1 id5tiques1 se contrec>r5t4 ,voyez-les le mo9s possible1 et surt\t c>tez t\te famili>it4 ,des p]sonnes ges v\s s]ont une meilleure ress\rce3 du premi] j\r leur amiti v\s recomm&]a4 ,la suite ne v\s vaudra ri5 de plus1 s9on des besognes peut-tre et gratuites4 ,comm5t1 retirs sur les sommets de la vie1 aid]ai5t-ils ces petites comb9aisons dont ils s\ri5t8 ils ont oubli leurs ef=ts6--,plus qu'aucun t\tefois1 leur comm]ce v\s donn]a de l'agrm5t4 ,la vie1 si b\ffonne1 enseigne ces hautes intellig5ces j\ir de la notorit avec ce dta*em5t que je v\s pr*e ds votre d"p4 ,enf91 ayant un noble esprit1 ils y joign5t le plus s\v5t des moeurs d\ces4 ,mais le vieill>d1 songez-y1 trs g/e1 ne veut pas qu'on se rel*e4 ,l'excell5te socit p\r vos projets1 c'e/ vos ans immdiats2 j'ent5ds qu'ils ont tr5te tr5te-c9q ans et v\s v+t-trois4 ,p\r activ] leur succs ils ti5n5t entre les ma9s beauc\p de fils2 ils ont un pi$ encore dans les *em9s o v\s entrez1 ils s'inquit5t de qui les talonne1 ils *]*5t qui les appuie4 ,ils sont encore flatts d'oblig]4 99 99 99 99 99 ,p\r us] des p]sonnes ges et de ceux-ci1 faites-v\s agrable1 plaisez4 ,g>dez de prt5dre quelque supriorit2 le mrite ne suffit pas conqurir les plus honntes4 ,ayez s\ci d'appr\v] et non qu'on v\s applaudisse4 ,il e/ humiliant de flatt]1 mais dans l'me la plus vulgaire v\s tr\v]ez1 je v\s assure1 quelque mrite rel mettre en relief4 ,qute amusante1 d'ailleurs1 o il ne faut qu'un peu d'+niosit4 ,t5ez encore p\r c]ta9 que vos affaires ne poign5t pas plus les autres que les leurs ne v\s font1 et que1 si v\s bornez votre rle c\t] *acun en tte tte et le rvl] soi-mme1 on v\s gt]a inf9im5t4 ,a la faveur de cette incl9ation 7et non plus tt1 c> celui qui prt5d n\s oblig] ds le premi] j\r s\v5t n\s blesse et t\j\rs se dprcie71 app>aissez utile4 ,a aid] autrui1 bi5 que le t>if des voitures soit assez lev ,p>is1 nul jamais ne se nuit4 ,p\r la jal\sie1 t\ffez-la m9utieusem5t en v\s1 p>ce qu'elle torture et qu'elle nat de cette conviction1 bonne p\r des niais ou des indig5ts1 qu'il e/ au monde quelque *ose d'important4 99 99 99 99 99 ,j'aj\t]ai et j'y appuie2 ,ne t'arrte jamais mi-*em9 dans ce jeu d'ambition4 ,ralise ou p>ais ralis] ta =mule entire2 acqui]s t\te la gloire que tu t'es ouv]tem5t propose4 ,ceci e/ une ncessit3 il ne s'agit plus seulem5t de te rj\ir1 en un co9 de toi-mme1 de tes cont5ances savantes2 il s'agit d'tre ou de ne pas tre battu qu& tu s]as vieux4 99 99 99 99 99 ,p\r moi1 jeune homme1--il vida son v]re et prit sa voix grave1-- cause qu'tant jeune j'eus des beso9s d'expansion sur l'exgse et la morale1 je me vis contra9t de p\ss] jusqu' cette notorit considrable o l'on m'honore4 ,je ne songeais gure rire4 ,j'avais ds mon d"p av\ des buts trop hauts4 ,il me fallut y atte9dre ou qu'on me btonnt4 ,auj\rd'hui1 ayant satisfait ma =mule1 je salue et j'aime qui je veux1 je s\ris et je m'attri/e mon plaisir2 t\t le monde1 et mme des p]sonnes conv5ables1 raffol5t de mes petits m\vem5ts de tte1 de mon gr& m\*oir et des ironies1 o j'excelle4 ,je dne t\s les soirs en ville avec des dames dcolletes1 un peu grasses comme je les prfre1 qui m'entrepr5n5t sur la div9it1 et avec des messieurs qui ri5t t\t le temps p> politesse4 ,voil quelle belle *ose e/ la notorit6 ,ah1 jeune homme6 soyons optimi/es6 99 99 99 99 99 ,le vnrable ,m4 ,x444 se prit rire un peu l\rdem5t1 puis se leva et sur le talon1 malgr sa corpul5ce1 pir\etta3 ce fut presque une gambade4 ,ensuite1 excusez-moi1 il porta les ma9s son coeur1 en ouvrant brusquem5t la b\*e1 comme un homme incommod qui va vomir4 ,d'un trait p\rtant il vida son v]re4 ,et1 aprs un sil5ce3 ,oui1 reprit-il1 c'e/ le p>adis1 cette n\velle vision de la vie3 les hommes conva9cus qu'on se cre ses dsirs1 ses inc]titudes et son horizon1 et acqurant *aque j\r un doigt plus exquis v\loir des *oses plus h>monieuses4--,hlas6 il y aura t\j\rs la maladie4--,oh6 je suis bi5 s\ffrant 7et il appuyait son front dans sa ma91 son c\de sur la table74 ,c'e/ t\j\rs l'extriorit qui n\s oppresse4 ,mais vivons en d$ans4 ,soyons idali/es4444 7,il s'essuyait le visage47 ,a l'alcool qui n'e/ dcidm5t qu'une v]tu vulgaire1 prfrez la gloire1 jeune homme4444 7,il s'v5tait avec le ,fig>o47 ,elle te p]mettra t\t au mo9s1 sur le t>d1 de donn] des conseils1 de te racont]1 d'tre affectueux et simple1 c> le gr& idali/e se plat tress] *aque soir une p>ure de hros p\r sa patrie4--,mais buvons ceux qui n\s succd]ont et qui1 soit dit sans te rabaiss]1 produiront des problmes d'une complexit autrem5t coquette que tes mlancolies1 s'ils aj\t5t au vieux fonds de la nature huma9e la curiosit et la sci5ce de t\s ces jeux que n\s entrevoyons4 7,et le vieill>d un peu *ancelant se leva47 ,mais j'abrge ce pnible incid5t4 ,le jeune homme1 naf1 inculte ou piqu8 ne sut compr5dre l'agrm5t de cette philosophie1 et p\ss1 je suppose1 p> un respect1 peut-tre hrditaire1 p\r l'impratif catgorique1 il passa t\t d'un trait les bornes mmes du pyrrhonisme qu'on lui enseignait3 jusqu' s\da9 adm9i/r] ce vieill>d compliqu une vole de c\ps de canne4 ,celui-ci s'affligea bruyamm5t1 mais lui triomphait disant3 ,eh bi56 grattez l'ironi/e1 v\s tr\vez l'lgiaque4 ,mme il et rpliqu p> les *oses de la morale et de la mtaphysique aux argum5ts de ,m4 ,x444 si les g>ons et le matre d'htel ne les avai5t p\sss dehors4 ,et le peuple ricanait4 99 99 99 99 99 ,de ce j>d91 vritable pr9temps de ,p>is1 lgant et sec et ple9 de malaise1 le jeune homme sortit =t n]v4 ,il levait jusqu' la ha9e de t\t son mcont5tem5t intime4 ,ardeur trange et dont je le blme1 il et volonti]s cons5ti la dynamite1 c> sa confiance dans ce qu'il dsirait s'cr\lait1 et au mme in/ant il revoyait t\tes les dceptions et humiliations dj amasses4 ,aprs s'tre a9si meurtri1 s'inquitant d'avoir battu le glorieux vieill>d qui fait p>t\t autorit1 il *]*ait une ju/ification raisonnable cet excs injurieux de s5sibilit4 ,et il disait3 ,si la gloire 7acadmie1 tribune franaise1 notorit1 ,panama7 n'e/ que cette comb9aison qu'il m'indiqua1 p\rquoi la respect]ais-je8 ,s'il m5tait1 je fis bi5 de le *ti]1 c> il salissait un des premi]s mobiles de la v]tu huma9e4 ,enf9 s'il n'tait qu'ivre1 j\eur de flte ou corybante1 je ne l'endommageai gure1 c> les os de l'ivrogne sont la/iques1 n\s enseigne la sci5ce1 qui e/ une belle *ose aussi4 99 99 99 99 99 ,c'e/ a9si que1 t\t la fois trop grossi] et trop s5sible1 il s'loigna de cette prairie1 la plus riante qu'ouvre ce sicle aux viveurs dlicats4--,en va9 crut-il ent5dre la jeune fille qui s\pirait d]rire lui1 c'tait la pla9te des lampes lectriques se dvorant dans le soir1 entre ,p>is et les toiles4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,c9qui,,me 99 99 99 99 99 ,,concordance ,qu& sa9t ,georges a sauv la vi]ge de ,b]yte et qu'il e/ prs de l'p\s]1 ,c>paccio a bi5 so9 de la faire plus belle que dans les tableaux prcd5ts4--,t\t au contraire1 la s5tim5tale1 dont n\s peignons les av5tures1 devi5t dcidm5t peu sduisante dans ce *apitre et s\s ce ciel de ,p>is1 o il semble qu'elle et pu s'accord] ple9em5t avec ,lui4 ,aussi ,c>paccio1 n\s dis5t les hi/ori5s1 fut pleur de ses concitoy5s1 et il j\it dans le ciel de la batitude t]nelle4--,mais ici ,lui s'agite2 et le dsaccord s'acc5tue entre ses gts mal df9is et les conditions de la vie4 99 99 99 99 99 ,l'imp]fection des plus di/+us1 la niais]ie de quelques notoires1 le tapage d'un gr& nombre lui donnai5t l'horreur de t\s les spciali/es et la conviction que1 s'il faut p>fois se rsign] p>atre fonctionnaire1 comm]ant1 soldat1 arti/e ou savant1 il convi5t de n'oubli] jamais que ce sont l de tri/es infirmits1 et que seules deux *oses import5t3 #a se dvelopp] soi-mme p\r soi-mme2 #b tre bi5 lev4 ,pr9cipes auxquels il prtait une excessive importance4 99 99 99 99 99 ,,d&ysme ,et sa poitr9e attnue ne m'e/ plus qu'une poitr9e maigre4 ,son cig>e r\geoya s\da9 avec ce petit crpitem5t dont le s\v5ir dsespre le dyspeptique jamais priv de tabac2 une fume se fondit v]s le ciel3 la c\ronne blanc c5dr app>ut4 ,il esprait dans son fauteuil tre tranquille et ne p5s] ri51 seulem5t1 avant son troisime cig>e1 se di/raire feuillet] l',indicateur ,*aix4 99 99 99 99 99 --,ah6 dit-il en r\gissant un peu de dpit4 ,elle s'tait pose sur le bras d'un fauteuil1 et1 sans t] son *apeau1 dj dveloppait ce ?me3 ,j'ai des ennuis d'arg5t4 ,il fut excessivem5t *oqu de l'impudeur de ce propos2 puis1 rsign rev5ir encore sur le pass1 il p>la1 naturellem5t avec mlancolie3 --,votre p>ole1 mode/e jadis1 m'tait d\ce1 madame2 v\s tes ne le mme j\r que moi2 v\s me p]mettiez de reg>d] dans votre coeur1 comme au miroir qui conseillait ma vie4 ,n\s tions deux enfants amis4444 ,faut-il qu'auj\rd'hui tes beso9s vulgaires m'attri/5t8444 ,mais elle l'int]rompit1 lui passant le/em5t sa ma9 sur la figure4444 --,des phrases p>eilles1 mon ami1 sont encore le vocabulaire de l'am\r s5tim5tal2 ce n'e/ pas ce bonheur-l que je sollicite auj\rd'hui4 ,mon pici]1 mon tailleur1 mon co*] et t\s f\rnisseurs ne me veul5t p>l] que d'arg5t4 ,c'e/ un vila9 mot et seul tu saurais l'ennoblir4 ,avec cette grce dgage qui subjuguait les coeurs1 elle lui t5dit du papi] timbr4 ,il le refusa gravem5t4 ,elle eut un m\vem5t de viol5te impati5ce4 --,l'arg5t6 dit-elle4 ,que ce mot d*ire enf9 le voile u de ton univ]s4 ,p> l'arg5t1 imag9es-tu combi5 je s]ais belle8 ,lui seul peut me p>] de la suprme lgance1 de cette bi5veillance qui si$ aux jeunes femmes1 de ces s\rires hospitali]s1 de cet art dlicat qui e/ de flatt] presque s9crem5t1 de t\s ces *>mes enf9 qui flott5t impalpables dans tes dsirs4 ,ils sont en toi qui aspir5t tre1 qui te tr\bl5t1 et que tu ignores4 ,combi5 d'images tremblantes s\s tes s\pirs1 dont le s5s se drob]a t\j\rs ta jeunesse1 isole dans son altire indig5ce1 si la =tune ne me p]met de les consolid]6444 ,de l'arg5t6 ,et ces bonheurs obscurs et magnifiques1 je les dr\l]ai nettem5t sur ton horizon1 comme si mon doigt1 pos sur ta s5sibilit1 en avait tr\v le secret4 ,c'e/ alors qu'intimid p> le cortge de ma beaut1 dom9 p> ma sduction hauta9e et qui pose le dsir dans la prunelle de t\s1 tu ne te lass]as po9t de *]*] ma b\*e4 ,elle remuait de m5ues anecdotes p\r lui pr\v] quelle importance lui-mme1 dans sa mdiocrit1 il prtait la =tune4 ,elle disait3 --,celui-ci te manqua gravem5t2 tu le sus petit1 jauntre et qu'il mangeait au ,b\illon ,duval2 ds lors ton mcontem5t se dissipa4--,une belle fille1 qu'un soir tu allais aim]1 t'inspira de la rpulsion1 qu& tu compris que rellem5t sa b\*e avait faim4--,tu supportes1 ton me en frissonne1 mais tu supportes 7mme ne les re*]*es-tu pas87 les rudes famili>its d'un homme gras1 bruyant et vulgaire1 p>ce que considrable et secrtaire d'tat4 ,il n'aimait gure qu'on brusqut les conv5ances4 ,il r\git qu'elle lui jett des op9ions p]sonnelles aussi crues4 ,mais1 selon sa c\tume1 agr&issant son dplaisir p> des considrations philosophiques1 il rpondit avec gravit3 --,cela me *oque beauc\p1 mon amie1 que tu aies des c]titudes4 ,je n'appr\ve ni ne blme l'indp5dance de tes obs]vations2 je regrette simplem5t que tu tr\bles mon hygine spirituelle1 c> la ma?matique des banqui]s m'importune4 ,elle1 alors1 s'm\vant et d'une d\leur contagieuse3 --,je vois bi5 que tu ne veux plus m'aim] s\s aucune =me1 et p\rtant1 petite fille1 je te consolais l'aurore de ta vie1 au foss de ton premi] *agr94 ,te s\vi5s-tu qu'ensuite je te fis presque aim] l'am\r8 ,c'e/ encore s\s mon reflet que tu dvidas les s5tim5ts *oisis1 qu& tu me nommais ,a?n ou ,am>yllis1 cause de tes lectures6 --,ah6--dit-il en frissonnant1 ram5 p> cette d\ceur une vision de l'univ]s plus banale et c\tumire1--je ne suis qu'un atta* de seconde classe aux ,affaires trangres1 et les re/aurants sont =t disp5dieux4444 ,a9si1 je dois aim] le beau et t\s les dieux1 sans *]*] les plac] dans la poitr9e fra*e des femmes4 --,mais sais-tu ce que tu ngliges8 ,il craignit qu'elle ne recomm5t la scne du *apitre ,,ii1 et qu'elle se dvtit4 ,elle ouvrit simplem5t la f5tre t\t au l>ge3 99 99 99 99 99 ,de ce c9quime d'un numro impair du b\lev>d ,haussmann s't5dai5t l'inf9i les vagues de ,p>is1 sombres1 o sont enf\is les tapis de jeux clatants1 ta*s d'or2--les nappes1 les b\gies1 les fruits normes et dlicats1 dans les re/aurants o l'on rit avec le malaise de dsir]2--les ab&ons1 o la femme e/ jeune1 dans les htels de tapiss]ie1 de soie et sil5cieux2--les imm5ses biblio?ques1 o s'align5t p]te de vue ces *oses1 si belles et qui font trembl] de joie1 c9q c5t mille volumes bi5 catalogus2--les musiques qui n\s modl5t l'me et n\s font le plaisir de t\t s5tir1 depuis les hrosmes jusqu'aux motions les plus viles1 t&is qu'immobiles n\s sommes conv5ables dans notre cravate blan*e2--les salons tides et fleuris1 o1 c9q heures1 n\s causons f9em5t avec trois dames et un monsieur1 qui s\ri5t et se reg>d5t et n\s admir5t1 t&is qu'avec aisance n\s buvons une tasse de ?1 et que1 sans cra9te1 n\s allongeons la jambe1 ayant des *aussettes de soie trs soignes2--puis des rues plates et solitaires et s*es1 o des voitures rapides n\s emport5t v]s des affaires1 dont il e/ amusant de dbr\ill]1 avec une petite fivre1 la complexit4 ,rumeur tr\blante s\s ce ciel pr(ond6 vie facile6 ,l enf91 il se dessaisirait de s'pi] sans trve2 et t\tefois1 frqu5tant mille socits diffr5tes1 il ne connatrait p]sonne en quelque sorte2 il s]ait p\r t\s galem5t aimable1 et aucun ne le meurtrirait4 99 99 99 99 99 ,son coeur se gonflait d'envie et d'une enivrante mlancolie1 mais s\da9 il songea qu'il p5sait peu prs comme les jeunes g5s de brass]ie et autres ,ra/ignacs4 ,et un flot d'cret le pntra4 ,dsormais1 dit-il1 je ne pr5drai plus en grce les prires1 les s\rires et autres lieux communs4 ,je n'y tr\vai jamais que des visions vulgaires4 ,et 7t\j\rs acc\d devant ,p>is7 sa p5se se mit c\rir sans rel*e hors de cette imm5se pla9e o camp5t les ,b>b>es4 99 99 99 99 99 ,alors il se tr\va p5* sur son propre univ]s1 et il vaguait p>mi ses p5ses indcises4 ,il se rappelait qu' la petite f5tre d',o/ie qui donnait sur le j>d9 et sur les vagues 7ce fut une des heures les plus t\*antes de l'esprit huma9 que ce soir de la tri/e plage itali5ne71 ,augu/9 et ,monique1 sa mre1 qui m\rut des fivres c9q j\rs aprs1 s'entret9r5t de ce que s]a la vie bi5heureuse1 la vie que l'oeil n'a po9t vue1 que l'oreille n'a pas ent5due1 et que le coeur de l'homme ne conoit pas4 ,avec une int5sit aigu1 il entrevit qu'il n'avait1 lui1 ri5 *]*]1 et que1 seul1 le vide de sa p5se1 sans trve lui battait dans la tte4 99 99 99 99 99 --,mais1 lui dit-elle1 rapp>aissant comme une ide obsdante qui trav]se nos mditations1 ne t'ai-je pas envoy ,m4 ,x4448 ,ses op9ions sont la =mule exacte de ce que conseille mon s\rire obscur2 il e/ le dictionnaire du langage que ti5n5t mes ge/es l'univ]s4 ,puisque tu naquis ailleurs1 il devait te prp>] ma v5ue1 le comm5t] le n\veau rve de la vie1 qui1 p> moi1 doit natre en toi4 99 99 99 99 99 ,le jeune homme1 la f5tre f]me1 s'assit1 baissa un peu l'abat-j\r c> la lumire blessait ses yeux1 puis il s'expliqua posm5t4 --,veuillez1 madame1 m'c\t]4 ,m4 ,x4441 dont je ne conte/e ni les sductions1 ni la logique dlicieuse1 m'in/allait dans un univ]s l'usage des fils de banqui]s4 ,il bornait mon horizon ces app>5ces que1 p\r la facilit des relations monda9es ou comm]ciales1 t\s les ,p>isi5s admett5t1 et dont les j\rnaux qu9ze c5times n\s trac5t *aque mat9 la gographie4 ,cette conception de l'exi/5ce1 qui n'e/ en somme que l'hypo?se la plus rp&ue1 c'e/--dire la plus accessible t\tes les intellig5ces1 il me condamnait la t5ir p\r la rgle c]ta9e et m'engageait n'y pas croire "p moi4 ,limite exactem5t ton me des ides1 des s5tim5ts1 des espoirs fixs p> le suffrage univ]sel1 me disait-il1 mais qu& tu es seul ne te prive pas d'en rire4 ,puis dans ce monde a9si rgl il me *]*a un b de vie4 ,comme il avait surpris1 p>mi tant de susceptibilits qui s'inquit5t en moi1 un dsir d'tre diffr5t et indp5dant1 il me proposa la dom9ation4 ,grossire psy*ologie6 ,j'eus tort de m'emport]4 ,ce rle qu'il me proposait1 si dplaisant1 tait du mo9s compos p> un homme de gt4 ,plus apais1 je reconnais qu'avec de bi5 lgres ret\*es le palais qu'il (frait mes rves me p>atrait assez coquet1--si l'horizon1 hlas6 n'en tait irrmdiablem5t vulgaire4 ,la gloire ou notorit flatteuse e/ uniquem5t1 me disait-il1 une c]ta9e op9ion que les autres pr5n5t de n\s1 s\s prtexte que n\s sommes ri*es1 arti/es1 v]tueux1 savants1 etc4--,p\r moi1 j'entrevois la possibilit de modifi] la cote des valeurs huma9es et d'exalt] p>-dessus t\tes un p\voir sans nom1 vraim5t fait de ri5 du t\t4 ,a9si la gloire t\te rajeunie devi5drait peu fatigante4 ,c'e/ une rude *ose1 en effet1 que de se faire t5ir p\r spciali/e1 la mode d'auj\rd'hui6 ,le soir1 devisant avec un ami sur le mail en prov9ce1 ou s'exaltant v]s m9uit dans la tabagie solitaire de ,montm>tre1 la complexit des intrigues1 les tapes d'o l'on voit *aque sema9e le *em9 p>c\ru s'allong]1 les j\rnes dcisives1 les victoires1 les *ecs mme1 t\t cela p>at gai1 ennobli de fivre et d'imprvu2 mais1 en fait1 il faut dn] avec des imbciles2 on pr5d des r5dez-v\s p> milli]s p\r ne ri5 dire2 on entreti5t ses relations6 ,on pie t\j\rs le facteur2 on s'amasse un pass coeurant1 et le prs5t ne *ange jamais4 ,et je t'en p>le sciemm5t2 p5dant trois mois j'ai connu l'ambition1 j'ai dem& des lettres p\r celui-ci et p\r celle-l1 et l'on me vit1 qui mditais dans des anti*ambres les romans de ,balzac avec la vie de ,napolon4 ,o gloire6 voil les preuves p> o l'on t'appro*e1 ma9t5ant que tu ne t'ab&onnes qu'au va9queur heureux t'apportant =tune1 sci5ce ou quelque tal5t6 ,quel repos n'aurai-je pas donn tes amants1 si je leur enseigne te conqurir avec ri5 du t\t6 99 99 99 99 99 ,,recette ,,p\r ,,se ,,faire ,,avec ,,ri5 ,,de ,,la ,,notori,t ,il v\s faut d'abord une op9ion ple9em5t avantageuse de v\s-mme3 ,pr5ez donc une ide exacte2 joignez-y un relev des qualits qu'il leur faut1 plus la li/e des adresses o l'on se procure ces qualits1 avec le temps et l'arg5t qu'elles cot5t2 agitez le t\t avec vos p5ses1 vos s5tim5ts famili]s2 laissez repos]1--votre op9ion e/ faite4 ,n'y t\*ez pas4 ,elle v\s pntre l5tem5t1 elle dpose dans votre me la conviction qu'il n'e/ ri5 de m]veilleux dans les plus belles russites du monde1 et qu'a9si v\s atte9driez o il v\s plairait4 ,ds lors les hommes v\s p>aiss5t des agits1 qui ttonn5t dans une obscurit o t\t v\s e/ net et lum9eux4 ,peu peu cette fatuit intime exsude2 elle ad\cit et trans=me vos attitudes2 comme une vapeur1 elle v\s baigne d'une atmosphre spciale2 cette confiance sup]be que v\s respirez subjugue1 ds l'abord1 les timides et les inc]ta9s4 ,les =ts se cabr5t1 puis affect5t de v\s ignor]1 puis v\s conte/5t2 mais des ent]rem5ts les font mont] au grade qui v\s lv5t aussi1 v\s1 objet de leurs s\cis4 ,p\r mieux accabl] leurs mules qui les press5t1 ils imag95t de v\s attir]2 ils respect5t1 admett5t1 consacr5t enf9 votre fatuit4 ,v\s p5sez bi5 que la f\le les suit4 ,alors si v\s avez vit avec so9 d'excell] en quoi que ce soit1 d'tre raff9 de p>ure et de savoir-vivre1 ou simplem5t d'tre la mode1 si l'on ne peut v\s dcl>] un ,brummel1 un don ,juan1 un viveur1 non plus qu'un ,ro?s*ild1 un ,lesseps ou un ,pa/eur1 votre supriorit demeure incomp>able1 puisque1 faite de ri51 elle n'e/ limite p> aucune df9ition4 ,et vraim5t1 madame1 j'admire assez ce plan de vie1 o m'et conduit ,m4 ,x444 p\r regrett] de ne p\voir m'y plaire4 99 99 99 99 99 ,mais je suis t\t ensemble un matre de danse et sa premire danseuse4 ,ce pas du d&ysme intellectuel1 si piquant p> l'extrme simplicit des moy5s1 ne saurait satisfaire ple9em5t une d\ble vie d'action et de p5se4 ,t&is qu'applaudirait le public1 moi qui bats la mesure et moi la ball]9e1 n'aurais-je pas honte du signe misrable que j'crirais8 ,c'e/ trop peu de born] son orgueil l'approbation d'une plbe4 ,laisse ces ,b>b>es p>ticip] les uns des autres4 ,qu'on le classe vulgaire ou d'lite1 *acun1 hors moi1 n'e/ que b>b>e4 ,a v\loir me compr5dre1 les plus subtils et bi5veillants ne peuv5t que ttonn]1 dnatur]1 rican]1 s'attri/]1 me d=m] enf91 comme de grossi]s dva/ateurs1 auprs de la t5dresse1 des re/rictions1 de la s\plesse1 de l'am\r enf9 que je prodigue cultiv] les dlicates nuances de mon ,moi4 ,et c'e/ ces ,b>b>es que je cd]ais le so9 de me crer *aque mat91 puisque je dp5drais de leur op9ion quotidi5ne6 ,petit philosophe1 s'il imag9e que cette risible vie m'allait sduire6 99 99 99 99 99 ,mon esprit1 qui ne s'meut que p\r bannir les visions fausses1 se retr\ve1 aprs ces beaux raisonnem5ts /riles1 en face du vide4 ,j'ai du mo9s gagn une lumire sur moi-mme2 j'ai compris que ri5 n'e/ plus risible que la =me de ma s5sibilit1 c'e/--dire les dialogues o1 toi et moi1 n\s n\s dp5sons4 ,respectons dornavant les adjectifs de la majorit4 ,n\s allions1 dans un tel app>eil et sur un rhy?me si t\*ant1 qu'avec les mes les plus neuves n\s p>aissions les pa/i*es des bon%ommes de jadis4 ,desc5ds de ta p5dule p\r voir l'heure6 ,ma bi5-aime1 jamais je n'os]ai relire les quatre *apitres prcd5ts2 c'e/ le plus net rsultat de l'ducation de ,p>is4 ,j'ignore quel univ]s me btir1 mais je r\gis de mon pass mlancolique4--,et voil p\rquoi1 madame1 je dsire que v\s cessiez d'exi/]1 et je retire de dess\s v\s mon dsir1 qui v\s s\t5ait sur le nant4 99 99 99 99 99 ,ces p>oles judicieuses o vibrait une nuance amre1 n\velle en lui1 n'tai5t qu'un j>gon pdant p\r une crature aussi dnue de mtaphysique que cette am\reuse4 ,elle y tr\va le temps de repr5dre empire sur soi-mme2 elle se s\v9t des conv5ances4 ,qu& il p>lait de d&ysme et de s'impos] la mode1 elle appr\vait avec un srieux exagr et de petits c\ps d'oeil sur les gr&s murs nus2 qu& il conclut sur le nant de ses re*]*es1 elle tr\va un s\rire mlancolique comme une page de l',eau de ,j\v5ce4 99 99 99 99 99 ,puis1 quels que fuss5t ses s5tim5ts intrieurs1 avec une audace m]veilleuse1 elle fut gaie et agaante jusqu' dire1 s\da9 trans=me3 --,si tu veux1 j'ai v+t-trois ans et j'habite le qu>ti] de l',europe1 je te v]rai deux fois p> sema9e4 99 99 99 99 99 ,il m>*ait dans la *ambre gr&s pas1 irrsolu1 les deux ma9s enfonces dans son l>ge pantalon4 ,avec un joli s\rire1 un peu emb>rass1 presque timide1 il rpondit4 --,oui1 je ne dis pas que n\s ne n\s v]rons plus4 ,envoie-moi ton adresse4 ,mais faut-il y p5s] l'avance1 et prcism5t l'heure de la j\rne o je suis le plus capable d'atte9dre l'en?\siasme et p> suite la vrit8 ,la jeune femme se leva2 elle e/imait que la scne dev5ait un peu excessive et sa n\velle nature s5tait le petit froid du ridicule4 ,elle lui r5dit son lg] s\rire de moqu]ie ou de simplicit p\r qu'il l'embrasst4 99 99 99 99 99 ,mais lui1 avec rapidit1 compr5ant la situation et qu'il n'avait plus le droit d'tre de ,g5ve3 ,sans d\te1 dit-il1 ce que n\s faisons e/ assez p>ticuli]2 mais s]ait-ce la pe9e d'avoir lu tant de volumes #g1ej p\r aim] comme t\t le monde8 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,sixi,,me 99 99 99 99 99 ,,concordance ,c'e/ une s\ffrance1 aprs que p> la p5se on a embrass t\s les degrs du dveloppem5t huma91 de comm5c] soi-mme la vie p> les plus bas *elons4 ,p5dant six mois il fut son affaire4 ,il prit des apritifs avec des publici/es1 mme il s'ex]a sur trois jeunes g5s mani] les hommes4 ,c'e/ p\rquoi des p]sonnes bi5veillantes disai5t au mom5t du cig>e3 ,h1 voil que ce jeune homme se fait sa place au soleil4 ,ce que ton nomme encore3 il se p\sse4 ,et quoiqu'il n'et qu' se l\] de t\t le monde et de soi-mme1 son horreur p\r ces contacts tait *aque j\r plus n]veuse4 ,peut-tre aussi se sur*>geait-il1 tant atta* aux ,affaires trangres1 secrtaire d'un s\s-secrtaire d'tat1 avec d'autres br\tilles4 99 99 99 99 99 ,,extase ,qu'on me r5de mon moi6 ,,mi*elet4 ,a cette poque1 p\r quelque besogne1 une enqute sans d\te1 il fut ,bictre4 ,et dans la v]dure d'un p>c imm5se1 p> une belle mat9e de soleil1 il vit les f\s joyeux et affairs1 qu'un pr(esseur1 vieux matre dcor1 et des jeunes g5s srieux et simples int]rogeai5t discrtem5t et t\j\rs appr\vai5t4 ,le jeune homme tait las3 fatigu de cette c\rse mat9ale et humili de sa besogne prt5tieuse4 ,ce palais de ple9 air1 cette imprvue hospitalit o1 dans un cadre p>fait1 dans une exquise rgul>it de con=t1 ces hommes1 si diffr5ts cep5dant1 suivai5t leur rve et se con/ruisai5t des univ]s1 l'mur5t4 ,il les voyait1 ces idali/es1 se prom5] en lib]t1 l'c>t1 fronts srieux1 ma9s d]rire le dos1 s'arrtant p>fois p\r saisir une impression4 ,nul ne raillait leur /rile activit1 nul ne les faisait r\gir2 leurs mes vagabondai5t1 et vtus de vtem5ts amples1 ils laissai5t all] leurs ge/es4 ,isol dans ce dlicieux sj\r1 t&is que p]sonne ne daignait s'intress] lui1 s9on d'un oeil int]rogateur et ddaigneux1 il fit un ret\r sur lui-mme1 p\ssireux1 inc]ta9 du l5dema91 htif et n'ayant pas tr\v son atmosphre4444 99 99 99 99 99 ,de ces nobles praux o une sage hygine pr5d so9 de ces rveurs1 il sortit bras ballants1 re9t p> le soleil de midi1 sans voiture1 sans re/aurants vois9s1 conva9cu des difficults in\es qu'on r5contre vivre au plus pais des hommes4 99 99 99 99 99 ,t\t le j\r1 dans les int]valles de sa misrable besogne1 il revit la d\ce image de ces jeunes g5s de ,platon se prom5ant1 se reposant1 se rj\issant s\da9 cause d'un ge/e obscur qui se lve en leur me1 et t\j\rs p5*s sur le nuage qu'a s\lev en eux quelque gr&e ide tombe de ,dieu4 99 99 99 99 99 ,que dites-v\s8 qu'il avait mal vu8 ,n'importe6 ,c'e/ cette vision1 inexacte peut-tre1 qu'il s'attri/e de ne p\voir vivre4 ,s\s les feuillages un peu bruissants1 se c\*]1 rv]1 ne pas prvoir1 ne plus connatre p]sonne1 et cep5dant que soit ma*9 avec prcision le dcor de la vie3 mang]1 dormir1 avoir *aud et reg>d] s\s des arbres des eaux c\rantes4 99 99 99 99 99 ,au soir1 n\rriture et besogne accomplies1 le long des rues p\ssireuses o le j\r trop sali devi5t noir1 p>mi la f\le ge/iculante et qui cagne1 v]s son app>tem5t quelconque il s]p5ta4 ,sur les horribles b\lev>ds1 comme il flairait1 p\r leur *app]1 les bruyants et les ressasseurs1 il ap]ut1 p>eille sa m>*e1 la fuite grle d'un avec qui volonti]s1 des nuits entires1 il avait ?oris4 ,celui-l ti5t t\te affirmation p\r le propre des pdants et n'en use que p\r des effets de pittoresque4 ,il e/ incapable de conv5u et1 qu& il e/ soi1 ne tr\ve jamais ridicules les *oses s9cres4 ,il l'abordait d'un premi] lan1 ple9 d'une dlectation fbrile l'ide que1 dans un co91 t\t bas1 l'un et l'autre1 ils allai5t longuem5t et p\r ri53 #a4--;,insult] la socit1 les hommes et surt\t les ides4 #b4--,se r\l] soi-mme et leur sotte exi/5ce dans la b\e4 99 99 99 99 99 ,p\rquoi celui-ci lui dit-il1 avec une *aleur fe9te et un air press1 d'une voix humble o vibrait une nuance amre3 ,ah6 v\s voil un gr& homme1 ma9t5ant 444 mais si 444 mais si 444 ,et le ton de cette phrase tait difficile r5dre4 ,p\rquoi celui-ci se t\rnait-il contre lui8 ,p\rquoi ne p\vai5t-ils plus s'ent5dre8 ,il n'eut pas la =ce de p>atre indiffr5t4 ,mais il s'ab&onnait1 c> son coeur1 et jusque la salive de sa b\*e tai5t malades1 son av5ir dgtant et son pass ple9 d'humiliation4 99 99 99 99 99 ,h>ass1 affaibli de sueurs1 il monte l'escali] presque en c\rant4 ,il f]me les p]si5nes1 allume sa lampe et rapidem5t jette dans un co9 ses vtem5ts p\r enfil] un l>ge pantalon1 un ve/on de vel\rs1 puis r5tr dans son cab9et1 dans son fauteuil1 dans l'atmosphre familire3 --,enf91 dit-il1 je vais m'embt] mon saol1 tranquillem5t4 ,un petit rire n]veux de s\lagem5t le sec\e1 tant il avait beso9 de cette solitude4 ,il se r5v]se1 il ca*e son visage dans ses ma9s4 ,deux1 trois fois1 et sans qu'il s'ent5de1 la mme int]jection lui *appe4 ,il a dans sa gorge l'tranglem5t des sanglots4 ,il n'ose mme pas reg>d] sa situation et l'av5ir4 ,il s'ab&onne ses imag9ations1--et t\tes ides l'envahiss5t4 ,et d'abord le dsir1 le beso9 presque maladif d'oubli] les g5s1 ceux surt\t qui sont quelque "p des *efs et qui se b>ricad5t de dda9 ou de protection4 ,j'oubli]ai aussi les vnem5ts1 hassables p>ce qu'ils limit5t 7et cep5dant si j'tais bon et simple1 avec l'n]gie un peu grossire des hros1 je p\rrais remont] cette t\rbe des conseils1 des exemples1 des prud5ces et t\tes ces mesqu9]ies o je drive74 ,je veux *app] encore t\s ces livres1 t\s ces problmes1 t\tes ces solutions4 ,t\te *ose prcise et df9ie1 que ce soit une "q ou une rponse1 la premire tape ou la limite de la connaissance1 se rduit en d]nire analyse quelque drisoire banalit4 ,ces *efs-d'oeuvre tant vants1 comme aussi l'imm5se dlayage des papi]s n\veaux1 ne laiss5t1 aprs qu'on les a presss mot p> mot1 que de maigres affirmations juxtaposes1 c5t fois discutes1 insipides et s*es4 ,je n'y tr\vai jamais qu'un prtexte m'*auff]2 quelques-uns m>qu5t l'in/ant o telle image s'veilla en moi4 ,anecdotes rtrcies1 tableaux fragm5taires d'aprs lesquels je crois pli] mon motion1 moi qui suis le pr9cipe et l'univ]salit des *oses4 ,quelque filet d'ides que je veuille remont]1 fatalem5t je revi5s moi-mme4 ,je suis la s\rce4 ,ils ti5n5t de moi qui les lis1 t\s ces livres1 leur philosophie1 leur drame1 leur rire1 l'exactitude mme de leurs nom5clatures4 ,simples casi]s o je classe grossirem5t les notions que j'ai sur moi-mme6 ,leurs titres admis de t\s s]v5t d'tiquettes sottem5t prcises div]ses p>ties de mon apptit4 ,n\s disons ,hamlet1 ,valmont1 ,adolphe1 ,dom9ique1 et cela facilite la conv]sation4 ,a9si en ple9e pte1 l'emporte-pice1 on dc\pe des toiles1 les signes du zodiaque et c5t petites images de l'univ]s1 dlicieuses p\r le potage et qui facilit5t aux enfants la cosmographie2 mais t\t ce firmam5t dans une assiette claire-t-il le ciel inconnaissable et qui n\s tr\ble8 99 99 99 99 99 ,il alluma un cig>e norme1 noir et sableux4 ,et il contemplait les associations d'ides qui s'amassai5t des lo9ta9s de sa mmoire p\r lui btir son univ]s4 99 99 99 99 99 444 ,dj les murs avec leur tapiss]ie de livres secs1 jaunes1 v]ts1 s\ills1 trop connu1 ont disp>u4 ,plus ri5 qu'une masse pr(onde de p5ses qui baign5t son me1 aussi relles1 quoique insaisissables1 que le p>fum rp&u dans t\t notre tre p> le s\v5ir d'une femme et que n\s ne saurions prcis]4 ,des b\ffes d'imag9ation indf9ies et puissantes le rempliss5t3 dsirs d'ides1 apptits de savoir1 motions de compr5dre2 il e/ ivre comme de la ple9e fume presque pteuse de son cig>e4 ,il halte de t\t embrass]1 s'assimil]1 h>monis]4 ,son mcanisme de tte puissamm5t *auff ne s'arrte pas se r5seign]1 dduire1 di/+u]1 rappro*]2 son reg>d n'e/ t5du v]s ri5 de relatif1 de s+uli]1--c'e/ t\te besogne de fabricant de dictionnaire4 ,il aspire l'absolu4 ,il se s5t dev5ir l'ide de l'ide2 a9si dans le monde s5tim5tal le mom5t suprme e/ l'am\r de l'am\r3 aim] sans objet1 aim] aim]4 99 99 99 99 99 ,cep5dant une fois encore1 dans cette atmosphre de son ,moi1 l-bas sur l'horizon de cet univ]s volontaire qui n'e/ que son me dr\le l'inf9i1 il dev9e la jeune femme ou plutt le lieu o jadis elle lui app>ut2--p>fois dans un clair de recueillem5t n\s retr\vons les longs *agr9s qui n\s faisai5t pleur]4 ,jadis c'tait une acuit pr(onde2 t\t l'tre transp]c4 ,auj\rd'hui1 une notion1 une froide *ose de mmoire4 ,cette femme1 ce mom5t pleureur de sa vie1 belle et rose et qu'enc5sai5t ces fleurs c\rbes1 la t5dresse et la volupt1 jadis le tr\bla jusqu'au deuil4 ,puis elle app>ut1 subtile et railleuse1 dans un dcor de t5tations dlicates2 elle me s\illait les h>diesses qui dompt5t les hommes4 ,mais le soir1 assis prs d'elle et me rongeant l'esprit1 je l'ai salie la discut]4--,et il bille devant cette fade et p]ptuelle rev5ante1 sa s5tim5talit4 99 99 99 99 99 --,tu fus le prcurseur1 songe-t-il1 tu me r5dis att5tif ce fluide et pr(ond univ]s qui s't5d d]rire les m9utes et les faits4 ,mais p\rquoi plus longtemps nomm] femme mon dsir8 ,je ne gtai de plaisir p> toi qu' mes heures de bonne sant et d'irrflexion2 gat bi5 furtive puisqu'il n'en re/e ri5 sur ces pages6 ,c'e/ qu& tu m'ab&onnais que je connus la faiblesse dlicieuse de s\pir]4 ,mon rve solitaire fut fcond1 il m'a donn la mollesse am\reuse et les l>mes4 ,d'ailleurs tu comp>es et tu envies1 a9si tu autorises les accid5ts1 les app>5ces et t\tes les petitesses de l'ambition n\s proccup]4 ,je ne veux plus te rv] et tu ne m'app>atras plus4 ,j'ent5ds vivre avec la p>tie de moi-mme qui e/ intacte des basses besognes4 99 99 99 99 99 ,alors dans la fume1 lo9 du bruit de la vie1 quittant les vnem5ts et t\tes ces mortifications1 le jeune homme sortit du s5sible4 ,devant lui fuyait cette vie troite p\r laquelle on a pu crer un vocabulaire4 ,un amas de rves1 de nuances1 de dlicatesses sans nom et qui s'enfonc5t l'inf9i1 t\rbillonn5t aut\r de lui3 monde n\veau1 o sont inconnus les buts et les causes1 o sont tran*s ces mille li5s qui n\s ratta*5t p\r s\ffrir aux hommes et aux *oses1 o le drame mme qui se j\e en notre tte ne n\s e/ plus qu'un spectacle4 ,qu&1 port p> l'en?\siasme1 il r5trait a9si dans son royaume1 qu'aurai5t-ils dit de cette transfiguration1 ses famili]s1 qui t\j\rs le vir5t vtu de complaisance1 de mdiocres ambitions1 de futilits et s'n]vant des plaisant]ies de caf-conc]t4 ,au j\r les besognes *ass]ont de son coeur ces influ5ces sublimes4 ,qu'importe6 ,cette nuit clbre la rsurrection de son me2 il e/ soi1 il e/ le passage o se press5t les images et les ides4 ,s\s ce dfil sol5nel il frissonne d'une petite fivre1 d'un tremblem5t de hte3 vivra-t-il assez p\r s5tir1 p5s]1 essay] t\t ce qui l'meut dans les peuples1 le long des sicles6 ,il se rejette en arrire p\r aspir] une b\ffe de tabac1 et sa p5se s\da9 se divise2 et t&is qu'une p>tie de soi t\j\rs se glorifiait1 l'autre contemplait le monde4 ,il se p5*ait du haut d'une t\r comme d'un temple sur la vie4 ,il y voyait gr\ill] les ,b>b>es1 il tremblait l'ide de desc5dre p>mi eux2 ce lui tait une rpulsion et une timidit1 avec une angoisse4 ,en mme temps il les mprisait4 ,il reconnaissait quelques-uns d'entre eux2 il di/+uait leur l>ge s\rire blessant1 cette vigueur et cette turbul5ce4 99 99 99 99 99 ,n\s sommes les ,b>b>es1 *ant5t-ils en se t5ant p> le bras1 n\s sommes les conva9cus4 ,n\s avons donn *aque *ose son nom2 n\s savons qu& il convi5t de rire et d'tre srieux4 ,n\s sommes s\rds et bi5 n\rris1 et n\s plaisons--c> de cela encore n\s sommes juges1 tant bruyants4 ,n\s avons au fond de nos po*es la considration1 la patrie et t\tes les places4 ,n\s avons cr la notion du ridicule 7contre ceux qui sont diffr5ts71 et le type du bon g>on 7tant la pr(ondeur de notre me e/ admirable74 99 99 99 99 99 --,ah6 songeait-il1 se mettant en m>*e1 t\t en flambant son quatrime cig>e1 petite *ose le plus triomphant de ces repus6 ,oui1 je me s5s le frre trbu*ant des mes fires qui se g>d5t l'c>t une vision s+ulire du monde4 ,les *oses basses peuv5t limit] de t\tes p>ts ma vie1 je ne veux po9t p>ticip] de leur mdiocrit4 ,je me reconnais2 je suis t\tes les imag9ations et pr9ce des univ]s que je puis voqu] ici p> trois ides associes4 ,que t\tes les =ces de mon orgueil r5tr5t en mon me4 ,et que cette me ddaigneuse sec\e la sueur dont l'a s\ille un indigne labeur4 ,qu'elle soit bondissante4 ,j'avais hte de cette nuit1 mon bi5-aim1 moi1 p\r r$ev5ir un dieu4 99 99 99 99 99 --,mon pauvre ami1 que p5sez-v\s donc dj\] a9si les jeunes dieux6 ,hi] v\s p>tes encore un enfant2 vos re9s s'tai5t c\rbaturs p5dant que v\s int]rogiez les contradictions des p5seurs2 l'aube1 on v\s a vu la peau fripe et dans les yeux de lgres fibrilles r\ges aprs des expri5ces s5tim5tales4 --,qu'importe mon corps6 ,dm5ce que d'int]rog] ce j\et6 ,il n'e/ ri5 de commun entre ce produit mdiocre de mes f\rnisseurs et mon me o j'ai mis ma t5dresse4 ,et quelque bvue o ce corps me compromette1 c'e/ lui d'en r\gir devant moi4 --,mon pauvre ami1 que p5sez-v\s donc8 ,vos ides1 votre me enf91 c9quante que v\s connaissez les possdr5t et les ont exprimes avec des mots dlicieux4 ,sa*ez donc que1 n'tant pas neuf1 v\s p>aissez encore sec1 ess\ffl1 fivreux2 qui donc p5sez-v\s *>m]8 --,mes p5ses1 mon me1 que m'importe6 ,je sais en quelle e/ime t5ir ces reprs5tations imp>faites de mon moi1 ces images fragm5taires et furtives o v\s prt5dez me jug]4 ,moi qui suis la loi des *oses1 et p> qui elles exi/5t dans leurs diffr5ces et dans leur unit1 p\vez-v\s croire que je me confonde avec mon corps1 avec mes p5ses1 avec mes actes1 t\tes vapeurs grossires qui s'lv5t de vos s5s qu& v\s me reg>dez6 ,il s]ait beau1 dites-v\s1 d'tre petit-fils d'une race qui comm&a1 et l'aeul d'une ligne de p5seurs2--il s]ait beau que mon corps (frt l'opul5ce des magnifiques de ,v5ise1 la gr&e allure de ,van ,dyck1 la morgue de ,velasquez2--il s]ait beau de satisfaire ple9em5t ma s5sibilit contre une s5sibilit p>eille1 et qu'en cette r>e union l'e/ime et la volupt ne fuss5t pas sp>es4 ,misres1 t\t cela6 ,fragm5ts p>pills du bon et du beau6 ,je sais que je v\s app>ais intellig5t1 trop jeune1 obscur et pas vig\reux2 en vrit1 je ne suis pas cela1 mais simplem5t j'y habite4 ,j'exi/e1 ess5ce immuable et insaisissable1 d]rire ce corps1 d]rire ces p5ses1 d]rire ces actes que v\s me repro*ez2 je =me et d=me l'univ]s1 et ri5 n'exi/e que je sois t5t d'ador]4 ,je me ds9tresse de t\t ce qui sort de moi4 ,je n'en suis pas plus responsable que du ciel de mon pays1 des maladies de la *ose agraire et de la dpopulation4 ,aprs quoi si l'on me dit3 ,pr\vez-v\s donc1 tmoignez que v\s tes un dieu4 ,je m'indigne et je rponds3 ,quoi6 comme les autres6 me df9ir1 c'e/--dire me limit]6 me reflt] dans des intellig5ces qui me d=m]ont selon leurs1 c\rbes6 ,et quel p>t]re m'avez-v\s prp>8 ,ma t*e1 puisque mon plaisir m'y engage1 e/ de me cons]v] intact4 ,je m'en ti5s dgag] mon ,moi des alluvions qu'y rejette sans cesse le fleuve immonde des ,b>b>es4 99 99 99 99 99 ,a9si se retr\vait-il faonn selon son dsir4 99 99 99 99 99 ,et peu peu l'am]tume mle ce t\rbillon de p5ses se fondait4 ,ab&onn dans un fauteuil1 les pi$s sur le m>bre de la *em9e p>mi les pap]asses1 immobile ou bi5 ayant des ge/es l5ts comme s'il maniait des objets explosifs1 il t5ait son reg>d t5du sur ces ides qui ne se rvl5t que dans un clair4 ,la sol5nit et la pr(ondeur de son motion semblai5t emplir la *ambre comme un *oeur4 ,son ivresse n'tait pas de magnific5ce et d'isolem5t sur le gr& canal au pi$ des palais de ,v5ise2 elle ne v5ait pas non plus porte1 s\s un ciel bas1 p> un v5t pre1 sur la bruyre imm5se de l'ocan breton2 mais entre ces murs nus et dsesprants1 ses mo9dres p5ses pr5ai5t une int5sit p\sse jusqu' un degr prodigieux4 ,il s'enfonait avec passion en contempl] en lui l'involontaire et gr&iose procession 444 ,plnitude1 s9crit d'ardeur1 que ne peut v\s faire s5tir l'analyse4 ,port sur ce fleuve norme de p5ses qui c\le ress]r entre le c\*] du soleil et l'aube1 il lui semblait que1 dsormais dbordant cet troit canal d'une nuit1 le fleuve allait se rp&re et l'emport] lui-mme sur t\t le *amp de la vie4 ,dlices de compr5dre1 de se dvelopp]1 de vibr]1 de faire l'h>monie entre soi et le monde1 de se remplir d'images indf9ies et pr(ondes3 beaux yeux qu'on voit au d$ans de soi ple9s de passion1 de sci5ce et d'ironie1 et qui n\s gris5t en se df5dant1 et qui de leur secret dis5t seulem5t3 ,n\s sommes de la mme race que toi1 ard5ts et dc\rags4 99 99 99 99 99 ,et ce ne sont pas l les p5ses familires1 les *res p5ses dome/iques1 de fln]ie ou d'tude1 que l'on protge1 que l'on r*auffe1 qu'on voit gr&ir4 ,a celles-l1 le soir1 comme des am\reuses n\s p>lons sur l'oreill]2 n\s leur aj\tons un argum5t comme une fleur dans les *eveux3 elles sont notre compagne et notre coquett]ie1 et n\s enlevons d'elles la mo9dre p\ssire d'imp]fection4 ,bonheur paisible6 mais dans leurs bras j'ent5ds encore le monde qui frappe aux vitres4 ,et puis1 trop s\v5t cette angoisse t]rible3 ,sont-elles bonnes8 et leur beaut8 ,un nuage passe3 ,d'autres les ont possdes2 dema9 elles me p>atront peut-tre froides1 vides1 banales4 ,ah6 cette s*]esse6 ces h>assem5ts de repr5dre1 froid et d'une me rtrcie1 des ?ories qui hi] m'*auffai5t6 ,ah6 press] une imag9ation1 sy/matis]1 syn?tis]1 lim9]1 aff9]1 comp>]6 besogne d'coeurem5t6 dgt6 d'o l'on atte9t la /rilit4 ,et devant cet amas de rves g*s1 le c]veau f\rbu demeure t\j\rs1 affam jusqu'au dsespoir et ne tr\vant plus ri51 plus une rognure de sy/me b>att]4--,vraim5t1 je me s\cie peu de connatre ces angoisses4 ,ce que j'aime et qui m'en?\siasme1 c'e/ de crer4 ,en cet in/ant je suis une fonction4 ,o bonheur6 ivresse6 je cre4 ,quoi8 ,peu importe2 t\t4 ,l'univ]s me pntre et se dveloppe et s'h>monise en moi4 ,p\rquoi m'inquit] que ces p5ses soi5t vraies1 ju/es1 gr&es8 ,leurs pi?tes v>i5t selon les tres qui les considr5t2 et moi1 je suis t\s les tres4 ,je frissonne de joie1 et1 comme la mre qui palpite d'un monde1 j'ignore ce qui nat en moi4 99 99 99 99 99 ,l\rds soirs d't1 qu& sorti de la ville odieuse1 ple9e de bue1 de sueur et de ge/iculations1 j'allais seul dans la campagne et1 c\* sur l'h]be jusqu'au tra9 de m9uit1 je s5tais1 je voyais1 j'tais enivr jusqu' la migra9e d'un dfil s5suel d'images faites de gr&s paysages d'eau1 d'immobilit et de sant dol5te1 d\cem5t console p>mi d'imm5ses solitudes brutalises d'air sal94--,a9si dans cette *ambre s*e r\lait en moi t\t un univ]s1 pre et sol5nis4 99 99 99 99 99 ,comme il se prom5ait dans l'app>tem5t demi obscur1 p>lant t\t haut et p> saccades et ge/iculant1 il heurta ses bott9es jetes l ngligemm5t1 avec la hte de sa r5tre1 et s\da9 il se rappela qu'il devait pass] *ez son cordonni]1 puisqu' midi recomm5ait son labeur4 ,dj sonnai5t trois heures du mat93 un dc\ragem5t p\vantable l'envahit3 il fallait ma9t5ant t*] de dormir jusqu' l'heure de r5tr] dans la cohue p>mi les g5s4 ,p\r rafra*ir l'atmosphre enfivre1 il ouvrit sur l'norme ,p>is1 qui1 repu1 lui sembla se prp>] au l5dema94 ,il se dvtit avec ce calme presque somnambulique qui nat1 aprs une viol5te surexcitation1 de la c]titude de l'irrmdiable4 ,et longtemps avant de s'endormir il se rptait1 en la grossissant *aque fois1 l'horreur de la vie qu'il subissait4 ,son sommeil fut agit et p> tronons1 cause qu'il avait trop fum3 ,n\s autres analyseurs1 songeait-il1 ri5 de ce qui se passe en n\s ne n\s *appe4 ,je vois di/9ctem5t de petits morceaux de rosbif qui bataill5t1 hideux et r\ges1 dans mon tube dige/if4 ,et1 le corps f\rmillant1 il pliait et repliait ses oreill]s p\r lev] sa tte brlante4 99 99 99 99 99 ,,*apitre ,,septi,,me 99 99 99 99 99 ,,concordance ,de longs affaissem5ts alt]nai5t avec ces surexcitations2 mais son anxit1 p>fois ad\cie1 jamais ne s'apaisait4 ,c]tes il ne prt5dait son dgt univ]sel ju/ifi que contre l'espce2 il reconnaissait qu'applique l'individu sa mfiance avait s\v5t tort1 c> les c>actres spcifiques se tmoign5t *ez *acun dans des proportions v>iables4 ,seulem5t il tait cra9tif de t\te socit4 ,c]tes il e/imait que sa vie1 p\r ceci et cela1 p\vait p>atre enviable1 mais il mprisait les mes mdiocres qui peuv5t se satisfaire ple9em5t4 99 99 99 99 99 ,c'e/ malgr lui qu'il manife/ait avec cette viol5ce le fond de sa nature1 que n\s avons vu se =m] p> c9q annes d'ef=ts1 deux hors du monde1 trois ,p>is4 ,sil5cieux et affaiss1 il ca*ait le plus possible ses s5tim5ts1 mais la meilleure rfutation qu'il leur connt consi/ait en un long ba9 v]s dix heures du soir et une prp>ation de *loral4 99 99 99 99 99 ,,affaisem5t ,c'tait1 sur le bois de ,b\logne1 le ciel bas et voil des *ansons bretonnes4 ,il rev9t d\cem5t1 en voiture1 sur le pav de bois1 un peu gris du luxe abondant des quipages1 et satisfait de n'avoir aucun labeur p\r cette soire ni le l5dema94 ,il dna sans n]vem5t1 dans un endroit paisible et frais1 s]vi p> un g>on incolore4 ,il n'eut pas consci5ce des phnomnes de la dige/ion1 et attabl devant le caf lgant et ds]t d'une sil5cieuse av5ue1 il gta sans importuns le lg] *auffem5t des v+t m9utes qui suiv5t un sage repas4 ,dans le soir tombant1 un peu froid p\r faire plus agrable son londrs blond p>faitem5t allum1 il contemplait de vagues mtaphysiques1 *>mantes et qu'il ne savait trop di/+u] des f9es et rapides jeunes filles s'*appant cette heure de leurs ateli]s +nieux de c\ture4 tai5t-elles dans son me1 ou les voyait-il rellem5t s\s ses yeux8 p\r qu'il prt s\ci de l'clair] cet affaissem5t rveur tait trop d\x4 99 99 99 99 99 ,bi5tt1 mortifi des durs btons de sa *aise1 il se leva et dut se *oisir une occupation1 un lieu o il et sa raison d'tre ce soir dans cet ocan mesqu9 de ,p>is4 444 ,a dix m9utes de m>*e1 il sait un endroit c]ta9em5t ple9 de cam>ades4 ,on arrive1 on e/ surpris et illum9 de se revoir2 on se s]re cordialem5t la ma91 *acun selon son tic 7deux doigts avec non*alance1 ou cordialem5t en cam>ade loyal1 ou d'une ma9 humide1 ou sans lev] les yeux l'homme proccup1 ou en disant3 mon vieux74 ,puis quoi6 les bav>dages connus1 les dolances1 de petites envies4 ,auprs de ces braves gaill>ds1 id5tiques hi] et dema91 je n'irai pas risqu] ma quitude4 ,t&is que les muscles de leurs visages et les secrtes transitions de leurs disc\rs rvl5t qu'ils mett5t leur honneur et leur joie dans les mdiocres sommes et faveurs o ils se hiss5t1 ils n'arrt5t pas de /igmatis]1 avec emportem5t et navet1 les concessions de leurs ans4 ,le plus agaant e/ que1 cramponns des op9ions fragm5taires qu'ils reur5t du has>d1 ils s'indign5t contre celui qui ti5t d'gale valeur ce qu'ils mpris5t et ce qu'ils exalt5t1 comme si t\tes attitudes n'tai5t pas galem5t insignifiantes et ju/ifies4 99 99 99 99 99 444 ,dans le monde1 ce db de l't1 plus de rceptions tapageuses4 ,aux salons reposs et frais1 qu9ze v+t p]sonnes se succd5t d\cem5t1 qui appr\v5t quelque *ose en pr5ant une tasse de ?4 ,que n'allait-il s'y dlass]8 ,on r5contre dans la socit1 dfaut d'affection1 des g5s affectueux et bi5 levs4 ,les impressions qu'on y *ange1 prvues1 un peu trop lucides1 du mo9s n'veill5t jamais ce malaise que n\s fait la v]ve heurte des jeunes g5s4 ,peu rp&u1 je sais mal1 av\ait-il1 l'intrigue de ces banqui]s1 fonctionnaires1 politici5s et monda9es2 je ne di/+ue gure leurs petitesses1 et1 dans un milieu de bon ton1 je ti5s volonti]s galant homme t\t causeur bi5veillant et bref4--,hlas6 sa d\l\reuse s5sibilit lui f]mait ces lgants loisirs4 ,il le confessait avec clairvoyance3 ,je n'ai pas s\v5ir d'une connaissance de salon1 la plus frivole et furtive1 qui ne m'ait mortifi ds l'abord p> quelque p>ole1 insignifiante mais o je savais tr\v]1 malgr que je me t9sse1 de la pe9e et de l'irritation4 ,j'excepte deux ou trois femmes1 qui me di/+ur5t avec un gt *>mant1 et leur accueil m'et transport1 si l'impuissance de p>atre en une seule m9ute t\t ce que je puis tre n'avait alors gt mon naf pan\issem5t et si pr(ondm5t qu'auj\rd'hui encore1 dans mes in/ants de fatuit1 la s\da9e vocation de ces circon/ances me ress]re4 ,imag9ation pnible qu'a "p soi il comp>ait la vanit po9tilleuse des campagn>ds1 mais enfonce si avant dans sa *air qu'il p\vait la ca*] mais non po9t ne pas en s\ffrir4 99 99 99 99 99 444 ,une troisime di/raction s'(frait3 la musique4 ,amie puissante1 elle met l'abondance dans l'me1 et1 sur la plus s*e1 comme une humidit de floraison4 ,avec quelle ardeur1 lui1 mcont5t honteux1 p5dant les noires j\rnes d'hiv]1 n'aspirait-il pas cette vie s5tim5tale des sons1 o les tri/esses mme palpit5t d'une si l>ge noblesse6 ,la musique ne lui faisait ri5 oubli]2 il n'et pas accept cette dim9ution2 elle haussait jusqu'au romantisme le ton de ses p5ses familires4 ,p\r quelques m9utes1 p>mi les nuages d'h>monie1 le front t\* d'orgueil comme aux meilleures ivresses du travail nocturne1 il se conva9quait d'avoir t lu p\r des in=tunes spciales4--,mais dans cette molle soire de tideur il rpugnait t\te sec\sse4 ,je me g>d]ai1 qu& mon humeur sommeille1 de lui donn] les violons2 leur puissance trop implore dcrot1 et leur v]tu ne saurait tre mise en rs]ve qui se subtilise avec le s\pir expirant de l'ar*et4 99 99 99 99 99 ,il alla simplem5t se prom5] au p>c ,monceau4 ,quoique le soir elle s5te un peu le m>cage1 il aimait cette nurs]y4 ,l1 solitaire et les ma9s dans ses po*es1 il se p]mettait d'ab&onn] l'air gaill>d et sr de soi1 uni=me du b\lev>d4 ,tant tait d\ce sa philosophie1 il e/imait que *oqu] les moeurs de la majorit ne fut jamais spirituel4 ,les g5s m'p\vant5t1 aj\tait-il1 mais la veille d'un diman*e o je p\rrai m'enf]m] t\t le j\r1 j'ai p\r l'humanit mille indulg5ces4 ,mes m*ancets ne sont que des crises1 des excs de c\doiem5t4 ,je suis1 p>mi t\s mes agrs admirables et p>faits1 un capita9e sur son vaisseau qui fuit la vague et s'enorgueillit uniquem5t de flott] 444 ,oh6 je me fais des objections2 petites phrases de ,mi*elet si pntrantes1 brlantes du culte des gr\pes huma9s6 amis1 belles mes1 qui me communiquez au dess]t votre s5tim5t de la responsabilit6 moi-mme j'ai s5ti une n]gie de vie1 un s\ffle qui v5ait du l>ge1 le soir1 sur le mail1 qu& les militaires s\fflai5t dans leurs trompettes ret5tissantes4 --,ce n'e/ donc pas que je m'admire t\t d'une pice1 mais je me plais inf9im5t4 99 99 99 99 99 ,dans son paule1 une nvralgie lanc9a s\da91 qui le gurit sans plus de sa dplaisante fatuit4 ,humant l'humidit1 il se hta de fuir4 ,puis repr5ant avec pondration sa politique3 ,la rflexion et l'usage m'engag5t ensevelir au fond de mon me ma vision p>ticulire du monde4 ,la g>dant immacule1 prcise et consolante p\r moi t\te heure1 je p\rrai1 puisqu'il le faut1 support] la bi5veillance1 la sottise1 tant de vulg>its des g5s4--,je saurai que moi et mes cam>ades1 jeunes politici5s1 n\s plairons1 p> quelles approbations6 dans les c\loirs du ,palais-,b\rbon4 ,et si l'on agr&it le jeu1 j'imag9e qu'on tr\v]a1 dans cette s\plesse se g>d] en mme temps qu'on p>at se donn]1 un plaisir aigu de mpris4 quilibre p\rtant difficile t5ir6 ,l'homme intrieur1 celui qui possde une vision p]sonnelle du monde1 p>fois s'*appe soi-mme1 b\scule qui l'ent\re et1 se rvlant1 annule des mois m]veilleux de prud5ce2 s'il se plie sans clat s]vir l'univ]s vulgaire1 s'il frat]nise et s'il ravale ses dgts1 je vois l'am]tume amasse dans son me qui le pntre1 l'aigrit1 l'empoisonne4 ,ah6 ces faces bilieuses1 et ces lvres s*es1 avec bi5tt des coliques hpatiques6 99 99 99 99 99 ,il s'arrta dans son raisonnem5t1 un peu inquiet de voir qu'une fois encore1 ayant pos la vrit 7qui e/ de respect] la majorit71 les raisonnem5ts se drobai5t1 le laissant en contradiction avec soi-mme4 ,t\j\rs atte9dre au vide6 ,il reprit op9itrem5t p> un autre ct sa rhapsodie3 99 99 99 99 99 ,avec quoi me consol] de t\t ce que j'inv5te de t\rn] en dgt8 7,et cette petite =mule1 dplaisante1 trop maigre1 dsolait sa vie depuis des mois47 ,un j\r vi5dra o ce sy/me1 d'aprs lequel je plie ma conduite1 me dplaira4 ,aux heures vagues de la j\rne1 s\v5t1 p> une f5te brusque sur l'av5ir1 j'entrevois le dsespoir qui alors me t\rn]a contre moi-mme1 alors qu'il s]a trop t>d4 ,c'e/ piti que dans ce qu>ti] ds]t je sois seul et indcis remu] mes vieilles humeurs1 que fait et dfait le has>d des tempratures4 ,et ce soir1 avec ce p]ptuel ress]rem5t de l'piga/re et cette insupportable angoisse d'att5dre t\j\rs quelque *ose et de s5tir les n]fs qui se mont5t et s]ont bi5tt les matres1 ressemble t\t mes soirs1 sans trve agits comme les m9utes qui prcd5t un r5dez-v\s4 ,ceux de mon ge1 v]sores1 des ravageurs1 dit sa9t ,augu/91 ont une jactance dont je suis tri/e2 ils sont sangu9s et spontans2 ils doiv5t s'amus] beauc\p1 c> ils se donn5t en s'abordant de gr&s c\ps sur les paules et s\v5t mme sur le plat du v5tre1 avec en?\siasme4 ,moi qui rpugne ces ptulances et leurs g\rmes1 plus t>d1 impot5t1 assis devant mes livres1 ne s\ffrirai-je pas de m'tre loign des ivresses o des jeunes femmes1 avec des fleurs1 des p>fums viol5ts et des corsages dlicats1 sont gaies puis se d%abill5t4 ,et voil mon mo9dre regret prs de tant de succs proposs1 autorit1 =tune1 qu'irrvocablem5t je refuse4 ,refuss6 qui le croira4 ,o m'arrt]ais-je si je me dcidais v\loir8444 ,hlas6 quelque vie que je mne1 t\j\rs je me t\rm5t]ai d'une cret mcont5te1 p\r n'avoir pu m5] p>alllem5t les contemplations du mo9e1 les expri5ces du cosmopolite1 la spculation du b\rsi] et tant de vies dont j'aurais su agr&ir les dlices4 ,cep5dant1 p> de rapides frottem5ts il *auffait son rhumatisme1 et il circulait dans ce pt de maisons mornes1 rue de ,cli*y1 squ>e ,v9timille1 rue ,blan*e1 p>mi lesquelles il ress5tait alors un s+uli] mlange de dgt et de timidit1 jusqu' ne p\voir prononc] leurs noms sans malaise1 c> il y avait rcemm5t habit4 ,et le s\v5ir des espoirs1 des *ecs1 des angoisses1 tant de dgts subis des ,b>b>es6 prcisant sa p5se1 il t5te1 une fois encore1 de reconnatre sa position dans la vision commune de l'univ]s3 99 99 99 99 99 ,a c]ta9s j\rs1 se disait-il1 je suis capable d'in/all]1 et avec passion1 les plans les plus +nieux1 imag9ations comm]ciales1 succs monda9s1 voie intellectuelle1 enviable d&ysme1 t\t au net1 avec les devis et les adresses dans mes c>tons4 ,mais aussitt p> les ,b>b>es s5suels et vulgaires s\s l'oeil de qui je vague1 je s]ai contrl1 e/im1 cot1 tois1 apprci enf92 ils m'admone/]ont1 re=m]ont1 r$ress]ont1 puis ils daign]ont m'autoris] t5t] la =tune2 et je s]ai exploit1 humili1 vex en tre tonn moi-mme1 jusqu' ce qu'enf91 excd de cet abaissem5t et de me r5i] t\j\rs1 je m'en revi5ne ma solitude1 de plus en plus ress]r1 fan1 froid1 subtil1 aride et de mo9s en mo9s loquace avec mon me4 ,oui1 c'e/ trop t>d p\r r5onc] d'tre l'ab/raction qu'on me voit4 ,je fus trop a*>n vrifi] de quoi tait faite mon ardeur4 ,p\r m'pr\v]1 je me t\*ai avec +niosit de mille traits aigus d'analyse jusque dans les fibres les plus dlicates de ma p5se4 ,mon me e/ t\te d*ire4 ,je fatigue la rp>]4 ,mes curiosits1 jadis si vives et agrables voir3 tri/esse et drision4 ,et voil bi5 la guit>e dmode de celui qui ne fut jamais qu'un enfant de promesse6 ,tri/esse1 tu n'intresses plus auj\rd'hui que des fabricants de pilules1 qui te va9cront p> la *imie4 ,drision6 m'tant mang la tte comme un oeuf frais1 il ne re/e plus que la coquille2 ju/e l'paisseur p\r que je s\rie encore4 ,mon s\rire a p]du sa fatuit4 ,je p5sais me s\rire moi-mme1 et j'ai p]du pi$ dans l'indf9i me has>d] hors la gographie morale4 ,la t*e n'tait pas impossible4 ,j'ai trop v\lu me subtilis]4 ,f\ill1 am9ci1 je me refuse dsormais de n\velles expri5ces4 ,je ne sais plus que me rpt]2 mes dgts mme n'ont plus de v]ve3 simples s\v5irs mis en ordre6 ,*em9s d'anmie1 misres du pass1 je v\s vois mesqu9s du haut de la loi que j'bau*ai1 ridicules avec les yeux du vulgaire4 ,ce que j'appelais mes p5ses sont en moi de petits caill\x1 t]nes et secs1 qui bruiss5t et m't\ff5t et me bless5t4 ,je v\drais pleur]1 tre b]c2 je v\drais dsir] pleur]4 ,le voeu que je dc\vre en moi e/ d'un ami1 avec qui m'isol] et me pla9dre1 et tel que je ne le pr5drais pas en grippe4 99 99 99 99 99 ,j'aurais pass ma j\rne tant bi5 que mal s\s les besognes4 ,le soir1 t\s soirs1 sans app>eil j'irais lui4 ,dans la cellule de notre amiti f]me au monde1 il me dev9]ait2 et jamais sa curiosit ou son indiffr5ce ne me f]ai5t tressaillir4 ,je s]ais s9cre2 lui affectueux et grave4 ,il s]ait plus qu'un confid5t3 un confesseur4 ,je lui tr\v]ais de l'autorit1 ce s]ait mon an2 et1 p\r t\t dire1 il s]ait mes cts8 moi-mme plus vieux4 ,telle s5sation dont v\s s\ffrez1 me dirait-il1 e/ r>e mme *ez v\s2 telle autre que v\s prtez au monde1 v\s e/ une vision spciale2 analysez mieux4 ,n\s suivrions ensemble du doigt la c\rbe de mes agitations2 v\s tes au pire1 dirait-il2 l'aube dema9 v\s calm]a4 ,et si mon c]veau trop sillonn p> le mal se refusait compr5dre1 et1 cette supposition e/ plus tri/e encore1 si je mprisais la vrit p> orgueil de malade1 lui1 sans m*antes p>oles1 modifi]ait son traitem5t4 ,c> il s]ait mo9s un morali/e qu'un complice clairvoyant de mon cret4 ,il m'admir]ait p\r des raisons qu'il saurait me faire p>tag]2 c'e/ qu& la fi]t me manque qu'il faut violemm5t me sec\rir et me mettre un dieu dans les bras1 p\r que du mo9s le prtexte de ma lassitude soit noble4 ,dans mes dte/ables lucidits et expansions1 il saurait me donn] l'ironie p\r que je ne sois pas t\t nu devant les hommes4 ,la s*]esse1 cette re9e crasante et dsole qui s'assi$ sur le coeur des fanatiques qui ont abus de la vie intrieure1 il la *ass]ait4 ,a moi qui t5tai de transfigur] mon me en absolu1 il r$onn]ait peut-tre l'ardeur si bonne v]s l'absolu4 ,ah6 quelque *ose dsir]1 regrett]1 pleur]6 p\r que je n'aie pas la gorge s*e1 la tte vide et les yeux flottants1 au milieu des militaires1 des curs1 des +nieurs1 des demoiselles et des collectionneurs4 99 99 99 99 99 ,m>*] dans les rues1 cd] le trottoir1 heurt] celui-ci et respect] son propre rhumatisme sec\e et c\pe les ides4 ,au milieu de son motion1 ce jeune homme se mit t\t c\p rv] de la vie qu'il s'in/all]ait1 s'il p>v5ait support] le contact des ,b>b>es2 ,je s]ais1 p\r qu'on ne m'crase pas1 bon1 aimable1 r>e et sans y p>atre trs circonspect4 ,puis j'aurais un bon cuis9i] p\r le/em5t me prp>] des mets lg]s et qui1 dans une (fice fra*e1 o j'irais prs de lui p>fois m'in/ruire en buvant un v]re de qu9qu9a1 se di/rairait le long du j\r feuillet] des traits d'hygine4 ,j'aurais encore quelque voiture1 luisante et d\ce et de lignes nettes1 p\r visit] commodm5t c]ta9es curiosits du vieux ,p>is1 o il faut apport] le guide ,joanne1 gros =mat4 ,*aque anne1 de rapides voyages de tr5te j\rs me mn]ai5t ,v5ise p\r ennoblir mon type1 ,dresde p\r rv] devant ses pe9tures et ses musiques1 au ,vatican et ,b]l9 p\r que leurs antiques prcis5t mes rves4 ,enf91 t\s in/ants1 je mont]ais en wagon2 c'e/ le temps de dormir1 et je me rveille1 lo9 de t\s1 grelottant dans la brise1 en face du va-et-vi5t admirable de l'hroque ocan breton1 mle et pat]nel4 99 99 99 99 99 ,r5tr *ez lui1 il calcula sur papi] le rev5u ncessaire ce tra9 de vie et les besognes qu'il lui en cot]ait4 ,puis il s\rit de cet enfantillage--qui p\rtant ne laissa pas de l'impressionn]4 ,ensuite accabl1 il ne tr\va plus la mo9dre rflexion faire 444 matre qui gurirait de la s*]esse4 99 99 99 99 99 ,c'e/ ce soir-l que dcidm5t incapable de s'*auff] sans un b\lev]sem5t de son univ]s intrieur1 t\j\rs possible mais que depuis des mois il esprait en va91 timide et affaiss devant l'av5ir1 t\rm5t d'insomnies1 il eut le gt de se s\v5ir1 de rpt] les motions1 les visions du monde dont jadis il s'tait si violemm5t *auff4 ,il lui s\riait de se c>ess] et de se pla9dre dans cette monographie1 aux heures que lui laissai5t libres son patron et les solliciteurs de ce dput s\s-secrtaire d'tat4 ,il ne s'ef=a nullem5t de comb9]1 de pr\v]1 ni que ses tableaux fuss5t agrables4 ,il copiait /rictem5t1 sans ampleur ni habilet1 les div]s rves demeurs empre9ts sur sa mmoire depuis c9q ans4 ,seulem5t cette heure de /rilit1 il s'tonnait p>fois de retr\v] dans son s\v5ir c]ta9s accs de t5dresse ou de ha9e4 ,e/-il possible que j'aie dclam6 ,j'esprais cela6 ,o navet6 ,il r\gissait4 ,et malgr sa s9crit1 a et l v\s dev9]ez peut-tre qu'il a mis la s\rd9e1 p> respect p\r le lecteur et p\r soi-mme4 ,s\v5t1 trs s\v5t1 fatigu1 p]du dans cette casui/ique monotone1 t\* du s\pon qu'il n'avait connu que des enfantillages1 plus effray encore l'ide de recomm5c] une vraie vie srieuse1 f]me1 utile1 il s'int]rompait3 99 99 99 99 99 ,o matre1 matre1 o es-tu1 que je v\drais aim]1 s]vir1 en qui je me remets6 99 99 99 99 99 ,o matre1 ,je me rappelle qu' dix ans1 qu& je pleurais contre le poteau de gau*e1 s\s le hang> au fond de la c\r des petits1 et que les cui/res1 en me b\rradant1 m'affirmai5t que j'tais ridicule1 je m'int]rogeais avec angoisse6 ,plus t>d1 qu& je s]ai une gr&e p]sonne1 e/-ce que je r\girai de ce que je suis auj\rd'hui8--,je ne sais ri5 que j'aime autant et qui me t\*e plus que ce gam91 trop s5sible et trop raisonneur1 qui m'implorait a9si1 il y a qu9ze ans4 ,petit g>on1 tu n'avais pas tort de mpris] les cui/res1 disp5sateurs d'loge et ordonnateurs de la vie1 de qui tu dp5dais2 tu montrais du gt de te plaire1 de fois autre1 p> les temps humides1 pleur] dans un co9 plutt que de j\] avec ceux que tu n'avais pas *oisis4 ,crois bi5 que les s\cis et les prt5tions des gr&es p]sonnes ont cont9u m'tre s\v]a9em5t indiffr5ts4 ,auj\rd'hui comme alors1 je s5s en elles l'ennemi2 prs d'elles je retr\ve le dda9 et la timidit que t'inspirait la mdiocrit de tes matres4 ,ri5 de mes motions de jadis ne me p>atrait lg] auj\rd'hui4 ,j'ai les mmes n]fs2 seul mon raisonnem5t s'e/ =tifi1 et il m'enseigne que j'avais tort1 qu&1 t\s m'ayant bless1 je disais en moi-mme3 ,ils v]ront bi51 un j\r4 ,*aque anne1 *aque sema9e presque1 j'ai pu rpt]3 ,ils v]ront bi51 ce mot des enfants sans df5se qu'on humilie4 ,mais je n'ai plus le dsir ni la volont de manife/] ri5 qui soit digne de moi4 ,l'ef=t g/e et pre m'a /rilis4 ,il faut1 mon matre1 que tu me sec\res4 ,je n'ai plus d'n]gie1 mais compte qu' la s5sibilit viol5te d'un enfant je jo9s une clairvoyance ds longtemps av]tie4 ,et je te dis cela p\r que tu le compr5nes1 ce n'e/ pas de conseils mais de =ce et de fcondit spirituelle que j'ai beso94 ,je sais que ce fut mon tort et le comm5cem5t de mon impuissance de laiss] vagu] mon intellig5ce1 comme une petite bte qui flaire et vagabonde4 ,a9si je s\ffris dans ma t5dresse1 ayant jet mon s5tim5t celle qui passait sans que ma psy*ologie l'et lue4 ,le secret des =ts e/ de se contra9dre sans rpit4 ,je sais aussi1--puisque le dcor o je vis m'e/ attri/ p> mille s\v5irs1 p> des s5sations confuses inc>nes dans les tables du b\lev>d1 dans les s\illures de ce tapis d'escali]1 dans l'odeur fade de ce fiacre r\lant1--je sais des endroits intacts o veill5t mille *ef-d'oeuvres1 et quoique j'ai t\j\rs pr\v que les *oses trs belles me remplissai5t d'une cre mlancolie p> le ret\r qu'elles m'impos5t sur ma petitesse1 je p5se qu'une syllabe dite d\cem5t les passionn]ait4 ,je sais1 mais qui me donn]a la grce8 qui f]a que je veuille6 ,o matre1 dissipe la torpeur d\l\reuse1 p\r que je me livre avec confiance la seule re*]*e de mon absolu4 ,cette lg5de alex&r9e1 qui m'eng5dra autrefois la vie p]sonnelle1 m'enseigne que mon me1 tant remonte dans sa t\r d'ivoire qu'assig5t les ,b>b>es1 s\s l'assaut de tant d'influ5ces vulgaires se trans=m]a p\r se t\rn] v]s quel av5ir8 ,t\t ce rcit n'e/ que l'in/ant o le problme de la vie se prs5te moi avec une gr&e cl>t4 ,puisqu'on a dit qu'il ne faut pas aim] en p>oles mais en oeuvres1 aprs l'lan de l'me1 aprs la t5dresse du coeur1 le vritable am\r s]ait d'agir4 ,toi seul1 mon matre1 m'ayant =tifi dans cette agitation s\v5t d\l\reuse d'o je t'implore1 tu saurais m'en entret5ir le bi5fait1 et je te supplie que p> une suprme tutelle1 tu me *oisisses le s5ti] o s'accomplira ma de/9e4 ,toi seul1 matre1 si tu exi/es quelque "p1 axiome1 religion ou pr9ce des hommes4 99 99 99 99 99