,d',,alemb]t ,,p> ,,joseph ,,b]tr& ,,membre ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,,et ,,secr,,taire ,,p]p,,tuel ,,de ,l',,acad,,mie ,,des ,,sci5ces ,,*apitre ,i ,l',,enfance ,,de ,d',,alemb]t ,leibniz1 dit-on1 ne faisait cas de la sci5ce que p>ce qu'elle lui donnait le droit d'tre c\t qu& il p>lait de philosophie et de religion4 ,l'ide c]tes e/ gnreuse et digne de son gr& esprit1 mais si t\s ceux qui abord5t ces hautes que/ions devai5t comm5c] p> tre des ,leibniz1 ils devi5drai5t s+ulirem5t r>es4 ,quelque haut d'ailleurs qu'ils fuss5t placs1 leurs disc\rs loqu5ts ou vulgaires1 or?odoxes ou hrtiques1 vaudrai5t seulem5t p> eux-mmes et nullem5t p> le nom de l'auteur4 ,les plus illu/res sur ce t]ra9 sont les gaux des plus humbles1 et l'autorit n'y peut tre accepte dans aucune mesure4 ,que les lu?ri5s ne triomph5t donc pas p\r avoir compt dans leurs rangs ,kpl] et ,leibniz1 c> les ca?oliques leur oppos]ai5t ,desc>tes et ,pascal1 et si ces gr&s hommes se sont hautem5t dcl>s *rti5s1 on p\rrait1 p>mi les p5seurs les plus libres et les sceptiques les plus h>dis1 cit] des gnies du mme ordre1 au premi] rang desquels se place d',alemb]t4 ,le nom de d',alemb]t rappelle aux gomtres l'mule de ,clairaut et d',eul]1 le prdcesseur de ,lagrange et de ,laplace1 le successeur d',huyg5s et de ,newton2 d',alemb]t e/1 p\r les lettrs1 l'orateur spirituel1 dont l'loqu5ce t\j\rs prte fut1 p5dant un qu>t de sicle1 p\r deux ,acadmies1 le plus gr& attrait des sances sol5nelles4 ,les curieux d'anecdotes littraires sav5t ses relations avec un gr& homme et avec un gr& roi1 qu'il osait1 t\t en les respectant et les aimant1 et sans mconnatre l'honneur de leur amiti1 contr$ire s\v5t1 blm] quelquefois et conseill] avec une indp5dante sagesse4 ,a la f9 comme au comm5cem5t de sa vie1 la de/9e de d',alemb]t le mit en lutte avec le malheur4 ,va9queur dans son enfance1 il a su1 p> la =ce de son c>actre et la grce de son esprit1 triomph] d'une situation difficile et cruelle4 ,bris p> le *agr9 aux appro*es de la vieillesse1 il a c\rb tri/em5t la tte et1 sans accept] les consolations de l'amiti ni se s\ci] des di/ractions de la gloire1 att5du la mort comme une dlivrance4 ,d',alemb]t fut expos quelques heures aprs sa naissance1 le #ag novembre #agag1 sur les m>*es de l'glise ,sa9t-,jean-,l]ond4 ,cette petite glise1 dmolie en #agdh1 avant d'tre un sanctuaire p>ticuli]1 avait t une *apelle dp5dant de la ca?drale ou1 p\r p>l] plus exactem5t1 le bapti/re mme de ,notre-,dame de ,p>is1 accol la gau*e de la faade1 dont ,claude ,frollo1 p5dant sa *ute1 ap]cevait le toit1 petit comme une c>te ploye en deux4 ,dans plusieurs glises1 ,s5s et ,aux]re notamm5t1 les *apelles rs]ves aux crmonies du baptme s'appell5t galem5t ,sa9t-,jean-,l]ond4 ,la mre de d',alemb]t1 en le livrant la *>it publique1 s'tait rs]v heureusem5t le moy5 de le retr\v] un j\r4 ,l'enfant1 baptis p> les so9s d'un commissaire de police1 reut le nom de ,jean-,bapti/e ,l]ond4 ,on l'envoya en n\rrice au village de ,crm]y1 prs de ,montdidi]2 il y re/a six sema9es4 ,la premire n\rrice1 ,anne ,frayon1 femme de ,l\is ,lemaire1 en le r5dant le #a;er janvi] #agah1 reut #e livres p\r le premi] mois et #b livres #e sols p\r les quatorze premi]s j\rs du second4 ,mol91 mdec9 du roi1 probablem5t acc\*eur de la mre1 l'avait rclam en pr5ant l'engagem5t de p\rvoir ses beso9s4 ,on ne r5contre plus dans la vie de d',alemb]t l'int]v5tion de ce pratici5 clbre p> son av>ice4 ,jamais1 disait-il1 mes hriti]s n'auront autant de plaisir dp5s] mon bi5 que j'en ai eu l'amass]4 ,cette =tune tait gr&e1 on le dev9e2 d',alemb]t n'en eut aucune "p4 ,mol91 en l'adoptant1 n'tait que le prte-nom de son pre1 le *evali] ,de/\*es1 gnral d'artill]ie4 ,de/\*es1 au mois de novembre #agag1 tait en mission l'trang]4 ,au ret\r1 il s'in=ma de l'enfant4 ,la mre tait ,mme de ,t5c91 *ano9esse et soeur du futur c>d9al-ar*evque de ,lyon4 ,n\s n'avons ici qu' n\s dt\rn] d'elle4 ,dsireuse avant t\t d'vit] le sc&ale1 elle ne dem&ait l'enfant1 s'il vivait1 que de ne pas faire p>l] de lui4 ,cdant cep5dant aux in/ances de ,de/\*es1 elle lui donna1 quoique regret1 le moy5 de retr\v] le pauvre ab&onn4 ,de/\*es ne cessa jamais de veill] sur lui4 ,lors de sa mort en #agbf1 l'enfant1 g de neuf ans1 laissait prvoir dj ce qu'il s]ait un j\r4 ,on l'avait plac dans un p5sionnat du faub\rg ,sa9t-,anto9e1 celui de ,bre1 o ,mme ,r\sseau1 son excell5te n\rrice1 passait p\r sa mre et mritait ce titre p> son empressem5t1 sa t5dresse et son orgueil d'avoir un tel fils4 ,jean ,l]ond pr(ita beauc\p des leons de ,bre1 qui1 ds l'ge de dix ans1 dcl>ait n'avoir plus ri5 lui appr5dre4 ,de/\*es en m\rant ne laissa son fils ni sans ress\rce1 ni sans appui3 il lui lguait #a #bjj livres de r5te et le recomm&ait l'affectueuse protection de son excell5te famille4 ,c'e/ p> l'influ5ce des p>5ts de son pre que d',alemb]t1 l'ge de d\ze ans1 t\j\rs s\s le nom de ,l]ond1 fut admis au collge des ,quatre-,nations4 ,c'tait une gr&e faveur4 ,ce collge1 fond p> la volont du c>d9al ,maz>91 ne recevait que des b\rsi]s *oisis p> la famille du c>d9al1 fils de familles nobles1 s'il tait possible1 et orig9aires de l'une des prov9ces rcemm5t annexes la ,france4 ,jean ,l]ond y fut admis comme g5tilhomme4 ,d',alemb]t1 sans ignor] le nom et la situation de sa mre dans le monde1 n'a jamais eu de relations avec elle4 ,il n'e/ pas vrai que dev5u clbre il ait refus de la voir4 ,c'e/ ,mme de ,t5c9 qui le fuyait comme un remords4 ,le rcit de ,mme ,su>d1 dans ses ,mmoires1 a t\tes les app>5ces de la vrit3 ,m4 d',alemb]t1 dit-elle1 m'a p>l avec la plus gr&e confiance de ,mme de ,t5c91 sa mre1 et de son pre1 ,m4 ,de/\*es1 militaire di/+u et le plus honnte homme du monde4 ,m4 d',alemb]t m'a dit que sa n\rrice 7,mme ,r\sseau7 l'avait reu avec une tte pas plus grosse qu'une pomme ord9aire1 des ma9s comme des fuseaux1 t]m9es p> des doigts aussi m5us que des aiguilles4 ,son pre l'emporta bi5 envelopp dans son c>rosse et p>c\rut t\t ,p>is p\r lui donn] une n\rrice2 mais aucune ne v\lait se *>g] d'un enfant qui p>aissait au mom5t de r5dre son d]ni] s\ffle4 ,enf9 il arriva *ez cette bonne ,mme ,r\sseau1 qui1 t\*e de piti p\r ce pauvre petit tre1 cons5tit s'en *>g] et promit au pre qu'elle f]ait t\t ce qui dp5drait d'elle p\r le lui cons]v]3 elle y p>v9t =ce de so9s1 et ceux qui ont connu d',alemb]t ont t tmo9s de la t5dresse qu'il a cons]ve p\r cette excell5te femme1 qui s'e/ montre sa vritable mre4 ,il e/ re/ auprs d'elle jusqu' l'ge de c9quante ans1 et1 lorsqu'il alla vivre avec ,mlle de l',esp9asse1 il allait sans cesse *]*] sa *re n\rrice1 la consol] de ses pe9es1 faire des c>esses ses petits enfants1 et la laissait heureuse d'avoir un tel fils4 ,son pre le voyait s\v5t et s'amusait beauc\p1 m'a dit d',alemb]t1 de ses g5tillesses et bi5tt de ses rponses1 qui annonai5t1 ds l'ge de c9q ans1 une intellig5ce peu commune2 il allait en p5sion et son matre tait en*ant de son esprit4 ,un j\r ,m4 ,de/\*es1 qui en p>lait sans cesse ,mme de ,t5c91 obt9t d'elle qu'elle l'accompagn]ait o il l'avait plac1 et p> les c>esses et les que/ions qu'il adressa son fils en tira beauc\p de rponses qui le div]tir5t et l'intressr5t4 ,av\ez1 madame1 dit ,m4 ,de/\*es ,mme de ,t5c91 qu'il et t bi5 dommage que cet aimable enfant et t ab&onn4 ,d',alemb]t1 qui avait alors sept ans1 se s\v5ait p>faitem5t de cette visite et de la rponse de ,mme de ,t5c91 qui se leva l'in/ant en disant3 ,p>tons1 c> je vois qu'il ne fait pas bon ici p\r moi4 ,m4 ,de/\*es1 en m\rant1 recomm&a d',alemb]t sa famille1 qui jamais ne l'a p]du de vue4 ,qu& j'ai connu d',alemb]t1 aj\te ,mme ,su>d1 il allait encore dn] avec le neveu et la nice de son pre une fois p> sema9e1 et il tait t\j\rs reu avec autant d'g>ds que d'e/ime et d'amiti4 ,en me mettant si avant dans sa confid5ce1 d',alemb]t m'autorisa lui dem&] s'il tait vrai que ,mme de ,t5c9 lui et fait dire p> un ami1 qu& il eut acquis une gr&e clbrit1 qu'elle s]ait *>me de le voir3 ,jamais1 m'a-t-il dit1 elle ne m'a ri5 fait dire de semblable4--,cep5dant1 monsieur1 on v\s prte dans cette occasion une rponse trs fire une mre qui1 jusqu' votre clbrit1 ne v\s avait pas donn un signe de vie2 et j'ai ent5du bi5 des p]sonnes applaudir votre refus comme un ju/e ress5tim5t4--,ah6 me dit-il1 jamais je ne me s]ais refus aux embrassem5ts d'une mre qui m'aurait rclam2 il m'et t trop d\x de la rec\vr]4 ,qu& ,mme de ,t5c9 m\rut1 elle laissa t\t son bi5 ,a/uc1 son mdec94 ,on prt5dit que c'tait un fidicommis et que le bi5 devait pass] d',alemb]t1 mais il n'en a jamais ri5 reu2 il disait qu'elle aimait beauc\p ,a/uc et que1 quant lui1 il tait bi5 sr qu'elle n'avait pas plus p5s lui sa mort que p5dant sa vie4 ,l'ducation des pupilles du c>d9al tait complte et brillante4 ,c5t livres p> an leur tai5t accordes p\r leur entreti5 et m5ues dp5ses3 une acadmie annexe au collge devait leur enseign] l'quitation1 l'escrime et la danse4 ,l',univ]sit de ,p>is1 excutrice des volonts du c>d9al1 refusa sur ce po9t de s'y con=m]4 ,d',alemb]t1 dans son enfance1 n'apprit pas les belles manires et ne les connut jamais4 ,le jeune ,l]ond fit de brillantes tudes4 ,la famille de ,de/\*es1 heureuse sans d\te de ses succs1 ne cessa jamais de veill] sur lui4 ,la preuve en e/ inscrite sur le regi/re de la ,facult des arts4 ,a la f9 de l'anne #agce1 le jeune coli]1 g de dix-huit ans1 fut reu ba*eli] s arts4 ,il e/ inscrit s\s le nom de ,d>emb]g4 ,le regi/re1 dont je dois la connaissance aux re*]*es p]spicaces de ,m4 ,abel ,lefranc1 m5tionne la rclamation du c&idat ,jean-,bapti/e ,l]ond qui rep\sse le nom de ,d>emb]g que sa famille veut lui impos]4 ,une note du recteur du collge des ,quatre-,nations atte/e que ,d>emb]g et ,jean ,l]ond sont une mme p]sonne et l'un des plus brillants lves du collge3 ,l]ond ,p>is9us1 qui cum a pu]itia cr$idisset et solitus esset a p>5tibus vocit>i ,d>emb]g1 inscripsit se 9 catalogis philosophicis ,joannem ,bapti/um ,ludovicum ,d>emb]g1 omisso nom9e suo g5tilitio ,l]ond4 ,supplicavit ut inscribatur suo nom9e ,joannes ,l]ond s9e ullo alio cognom9e4 ,ut non alia subesse possit dubilatio de ,joanne ,l]ond1 dixit idem prosyndicus1 juv5em illum 9 collegio ,maz>9eo a pluribus annis magna cum laude /ud]e1 omnibusque magi/ris esse notissimum1 praes]tim ipsi amplissimo rectori1 et ,m4 ,ge(froy philosophiae pr(essori1 quorum lectiones excep]it1 et sibi ipsi qui eum habu]it discipulum1 caet]is longe antecell5tem1 ita ut nullus sit dubit&i locus qu9 juv5is qui se inscripsit ,joannem ,bapti/um ,ludovicum ,d>emb]g idem sit qui nunc po/ulat inscribi se ,joannem ,l]ond4 ,quelle e/ l'orig9e de ce nom de ,d>emb]g8 ,p\rquoi la famille de ,de/\*es v\lait-elle le lui impos]8 ,p\rquoi ,jean ,l]ond1 comme p> une transaction1 adoptait-il trois ans plus t>d celui de d',alemb]t1 qu'il a r5du illu/re8 ,ces que/ions p>aiss5t insolubles4 ,je propos]ai une rem>que au mo9s s+ulire4 ,l'anagramme de ,,bati/e ,,l]ond e/ ,d',,al5b]t1 ,,soit4 ,il n'e/ pas impossible que le jeune gomtre1 famili] avec la ?orie des p]mutations1 ait t\rn lui-mme cette inv]sion assez con=me aux habitudes de l'poque4 ,quoi qu'il en soit1 dans la famille ,de/\*es on le nommait ds l'enfance le *evali] ,d>emb]g4 ,les ,ar*ives nationales possd5t l'inv5taire aprs dcs de ,mi*el-,camus ,de/\*es1 commissaire gnral de l'artill]ie1 frre et hriti] du pre de d',alemb]t4 ,on y lit3 ,item1 une autre liasse cont5ant seize pices qui sont mmoires des f\rnitures faites p> l$it deffunt ,mi*el-,camus ,de/\*es et payem5ts p> lui faits au *evali] d',aremb]t1 m9eur1 p\r s]vir au compte des arrrages de la p5sion viagre de #a #bjj livres p> an lui lgues p> l$it deffunt ,l\is-,camus ,de/\*es4 ,le te/am5t de ,l\is-,camus ,de/\*es1 cons]v dans l'tude de ,me ,rob9eau1 notaire ,p>is1 porte d'autre "p3 ,je donne et lgue44444444444441 plus au sieur ,jean d',aremb]t prs5t en p5sion *ez ,bre1 faub\rg ,sa9t-,anto9e1 #a #bjj livres de p5sion viagre1 que je veux et ent5ds qui lui soi5t rgulirem5t payes et p> prfr5ce t\s autres legs1 en ayant t\* les fonds de ceux qui il app>ti5t1 et1 s'il e/ encore en bas ge qu& je m\rrai1 on lui nomm]a un tuteur ad hoc4 ,que signifi5t ces mots1 en ayant t\* les fonds de ceux qui il app>ti5t8 ,le legs s]ait-il un s\v5ir de sa mre1 le seul qu'il en ait jamais reu8 ,les ,ar*ives nationales possd5t une lettre de d',alemb]t du mois de m>s #aggi1 adresse au m9i/re de la maison du roi et comm5ant p> ces mots3 ,j'ai l'honneur de v\s envoy] mon extrait bapti/aire4 ,v\s n'y tr\v]ez pas le nom de d',alemb]t1 qui ne m'a t donn que dans mon enfance et que j'ai t\j\rs port depuis1 mais je suis connu de plusieurs p]sonnes s\s le nom de ,jean ,l]ond1 qui e/ mon nom vritable4 ,l'or?ographe des noms au ,x,v,i,i,ie sicle avait mo9s de fixit qu'auj\rd'hui2 il e/ difficile cep5dant de considr] d',alemb]t1 d',ar5b]t et d',aremb]g comme trois manires d'crire le mme nom4 ,d',alemb]t apprit au collge ce qu'on y enseignait alors4 ,il en sortit excell5t lat9i/e1 sa*ant assez le grec p\r lire plus t>d dans le texte ,ar*imde et ,ptolme4 ,on l'ex]a1 con=mm5t la tradition1 circonduire et allong] des priodes et faire brillamm5t des amplifications1 nom trs conv5able1 disait-il plus t>d1 non sans quelque inju/ice1 noy] dans deux feuilles de v]biage ce qu'on p\rrait et devrait dire en deux lignes4 ,le tal5t de bi5 dire en amplifiant et de tr\v] sans ef=t l'heureux arrangem5t des p>oles1 dvelopp p> ses matres au collge ,maz>91 n'a pas peu contribu sans d\te1 n'en dplaise d',alemb]t1 ses succs comme orateur acadmique4 ,s'ils n'aj\t5t ri5 sa gloire1 ils ont pu1 en procurant ses contempora9s des heures de vif plaisir1 dev5ir une des joies de sa vie4 ,aprs avoir pass--c'e/ a9si que lui-mme juge ses tudes--sept ou huit ans appr5dre des mots ou p>l] sans ri5 dire1 il comm5a ou1 p\r mieux dire1 on crut lui faire comm5c] l'tude des *oses3 c'tait la df9ition de la philosophie4 ,on dsignait alors s\s ce nom la logique ou1 trs peu prs1 ce que le matre de philosophie se proposait d'appr5dre ,m4 ,j\rda93 ,bi5 concevoir1 p> le moy5 des univ]saux2 bi5 jug]1 p> le moy5 des catgories1 et bi5 con/ruire un syllogisme1 p> le moy5 des figures3 ,b>b>a1 ,cel>5t1 ,d>ii1 ,f]io1 ,b>alipton4 ,on se dem&ait si la logique e/ un art ou une sci5ce1 si la conclusion e/ de l'ess5ce du syllogisme4 ,quoique la =me prte la comdie1 ne n\s p]suadons pas qu'une telle tude ne ft alors qu'une inutile et ridicule curiosit4 ,nul ne songe auj\rd'hui invoqu] les rgles du syllogisme1 on ne le compr5drait pas4 ,lorsque1 il y a deux c5ts ans1 ces rgles rig\reuses et irrpro*ables tai5t connues de t\s les honntes g5s1 il suffisait1 aux yeux des bons juges1 p\r triomph] dans une discussion1 de rs\dre 9 modo et figura les argum5ts sophi/iques de l'adv]saire2 *acun flicitait le va9queur sans ignor] p\r cela que le va9cu p\vait avoir raison4 ,p> le respect de ces rgles excell5tes1 +nieux ?ormes dans la sci5ce du raisonnem5t1 on faisait preuve d'ducation classique1 peu prs comme la connaissance de l'escrime ou de l'quitation faisait p>atre un lve des acadmies vraisemblablem5t de bonne famille4 ,l'ducation1 t\tes les poques--on aurait gr& tort de s'en pla9dre1--a jo9t aux connaissances rellem5t utiles t\s un savoir conv5u1 sorte de franc-maonn]ie entre ceux qui le possd5t4 ,a quoi s]t l'or?ographe1 s9on dmontr] qu'on a t bi5 lev8 ,en ,*9e1 les lettrs ont une langue "p1 cela n'e/ ni sans int5tion ni sans avantage4 ,la physique de ,desc>tes enseigne p5dant les annes de philosophie conv5ait mo9s encore l'esprit rig\reux de d',alemb]t4 ,les c>tsi5s de collge draisonnai5t en t]mes obscurs sur des que/ions mal df9ies et mal comprises2 d',alemb]t ne cons]va de ses matres en physique que le s\v5ir de p>alogismes qu'il p>odiait avec gaiet4 ,c'e/ en songeant son pr(esseur de physique qu'il avait conu l'ide d'une antiphysique dans laquelle on expliqu]ait et dmontr]ait1 p> des raisonnem5ts non mo9s plausibles que ceux de l'cole1 le contraire prcism5t de la vrit4 ,on dirait1 p> exemple3 ,le b>omtre hausse p\r annonc] la pluie4 ,explication4--,lorsqu'il doit pleuvoir1 l'air e/ plus *>g de vapeurs1 p> consqu5t plus pesant1 p> consqu5t il doit faire hauss] le b>omtre4 ,ce qu'il fallait dmontr]4 ,l'hiv] e/ la saison o la grle doit pr9cipalem5t tomb]4 ,explication4--,l'atmosphre tant plus froide en hiv]1 il e/ vid5t que c'e/ surt\t dans cette saison que les g\ttes de pluie doiv5t se congel] jusqu' se durcir en trav]sant l'atmosphre4 ,ce qu'il fallait dmontr]4 ,p> malheur p\r ces explications1 les faits y sont absolum5t opposs4 ,la baisse du b>omtre annonce la pluie1 et la grle1 en t1 tombe plus s\v5t qu'en hiv]4 ,les raisons sont prfrables cep5dant celles qu'on invoquait *aque j\r dans l'tude de la physique4 ,la li/e peut s't5dre1 et d',alemb]t =mait le projet d'y introduire t\s les phnomnes physiques4 ,d'autres bran*es d'tudes1 qui rclam5t auj\rd'hui bi5 du temps et provoqu5t bi5 des ef=ts1 ne j\ai5t dans les classes aucun rle4 ,les plans d'tudes du ,x,v,i,i,ie sicle ne n\s dis5t pas comm5t un excell5t lve1 comme d',alemb]t1 appr5ait avant de quitt] le collge que ,*>lemagne au ,i,xe sicle avait r5\vel l'empire1 et qu'un sa9t roi nomm ,l\is s'tait crois au ,x,i,i,ie4 ,on p\vait mrit] t\s les prix dans t\tes les classes sans avoir appris que ,madrid e/ en ,espagne et que ,franois ,i] y a t prisonni] de ,*>les-,qu9t4 ,il ne p>at pas que les gnrations in/ruites p> cette m?ode ignorass5t plus que celles d'auj\rd'hui la gographie et l'hi/oire4 ,l'excs du mal tait le meilleur des remdes et l'ignorance complte le meilleur /imulant4 ,les jeunes g5s qui n'avai5t ri5 appris lisai5t les hi/oires et consultai5t les c>tes1 leur j\r et leur heure1 qu& ils en s5tai5t le dsir et le beso91 avec pr(it p> consqu5t4 ,l'habitude de faire p5dant les repas des lectures in/ructives p\vait aussi laiss] quelques s\v5irs1 mais il e/ croire qu'on n'c\tait gure4 ,quoi qu'il en soit1 ,did]ot1 ,voltaire et d',alemb]t1 et1 au sicle prcd5t1 ,corneille1 ,rac9e et ,bossuet ont t in/ruits p> cette m?ode2 leur ignorance a t passagre4 ,le dsir d'appr5dre e/ le meilleur fruit des premires tudes4 ,on le fait natre en ex]ant l'esprit1 non en fatiguant la mmoire4 ,qu& l'ignorance devi5t un ennemi1 la victoire n'e/ pas d\teuse4 ,les coli]s du ,x,v,i,i,ie sicle en sortant du collge ne p\vai5t pas s'cri] comme ceux d'auj\rd'hui3 ,me voil1 grce ,dieu1 db>rass de mes tudes6 ,ils ne l'tai5t pas1 et c'tait un gr& bi54 ,le b n'tait pas alors de prp>] l'lve une pr(ession librale1 mo9s encore un exam51 on lui livrait la s\rce1 c'tait lui d'y boire et d'appr5dre1 aprs son entre dans le monde1 suivant ses beso9s et son zle1 les vrits utiles ou utilisables4 ,le collge l'y prp>ait p> l'tude des bonnes lettres en le r5dant capable de p>l] et de raisonn] des *oses avec les honntes g5s1 de lire avec fruit t\s les livres1 d'en crire au beso91 en donnant son esprit la politesse commune t\s les temps et t\tes les nations4 ,deux conditions sont ncessaires1 on ne saurait le ni]3 la premire e/ de connatre les *oses2 la seconde e/ de savoir p>l]1 raisonn] et crire sur celles que l'on a apprises4 ,la premire n'e/ pas la plus importante2 elle s'appr5d t\t ge4 ,si la seconde v+t ans n'e/ pas acquise1 on risque =t de l'ignor] t\j\rs4 ,jean ,l]ond1 aprs avoir subi l'exam5 du baccalaurat es arts1 suivit p5dant deux annes les leons de l'cole de droit4 ,il s'inscrivit p\r les c\rs des pr(esseurs ,amyot1 ,leg5dre1 de ,f]rire et ,r\sseau4 ,on lit sur les regi/res dix m5tions relatives d',alemb]t4 ,il suffira d'en cit] une3 ,ego ,joannes ,l]ond ,p>isi5sis excipio lectiones dom9orum ,amyot et ,leg5dre1 octob4 #agcf die ultimo4 ,dans le regi/re intitul ,regi/rum supplicantium pro assequ5dis gradibus3 ,die ,jovis #aa ,juli #agch1 supplicav]unt pro exam9e gallico3 ,joannes ,l]ond ,p>isi5sis et ,d4 ,r\sseau1 ,leg5dre1 ,maillot1 ,del>o*e1 ,b]n>d4 ,d',alemb]t1 lic5ci en droit1 p\vait plaid]1 et son brillant esprit lui promettait de gr&s succs1 mais la pr(ession ne lui plaisait pas4 ,il n'aurait accept que de bonnes causes1 et elles sont r>es4 ,il faut se g>d] d'en valu] le nombre la moiti de celles qui se plaid5t4 ,qu& l'un des plaideurs a tort1 il n'e/ pas c]ta9 que l'autre ait raison2 d',alemb]t connaissait les fables de ,la ,fonta9e4 ,ri*e de #a #bjj livres de r5te1 il vivait *ez sa mre adoptive1 heureux d'apport] dans la mode/e vie de la famille s9on l'aisance au mo9s la scurit4 ,jamais le ,palais ne le vit la b>re4 ,il v\lut tudi] en mdec9e4 ,lui-mme l'a racont1 mais son passage la ,facult n'a pas laiss de traces4 ,les pr(esseurs du collge ,maz>91 presque t\s prtres1 se faisai5t aim] de leurs lves4 ,jansni/es ard5ts1 ils s]vai5t volonti]s de directeurs leurs consci5ces et de guides leurs premi]s pas dans le monde4 ,jean ,l]ond1 joyeux et confiant1 accepta d'abord leurs conseils4 ,leurs livres de dvotion l'ennuyr5t1 ils s'y att5dai5t3 on lui prta les livres de controv]se4 ,la sympa?ie et la confiance ont des bornes4 ,d',alemb]t1 effray de cette pieuse f]veur qui n'eng5drait que la ha9e1 rejeta cet am] breuvage1 et1 sans ca*] t\te sa rpugnance1 dev9t l'adv]saire1 bi5tt l'ennemi de ceux qui le lui prs5tai5t4 ,les invectives1 dans les discussions ?ologiques1 en #agcf1 allai5t jusqu' la fureur4 ,jansni/es et jsuites1 p\r l'attaqu] ou p\r la df5dre1 faisai5t de la bulle ,unig5itus l'ess5tiel de la religion et la pi]re de t\*e de la foi4 ,les pamphlets succdai5t aux pamphlets1 et si d',alemb]t1 comme il s'en e/ vant1 lisait avec consci5ce t\s ceux qu'on lui prtait1 la polmique la plus viol5te occupait une gr&e "p de son temps4 ,le livre du pre ,quesnel3 ,rflexions sur le ,n\veau ,te/am5t avait t l'occasion et dev5ait le t]ra9 de la lutte4 ,la de/9e de ce livre e/ s+ulire4 ,publi en #afga1 on le recomm&ait dans plusieurs diocses et le citait comme le s\ti5 le meilleur et le plus difiant de la foi1 tir des pures s\rces de l'criture et de la tradition4 ,son succs p5dant un qu>t de sicle s'accroissait sans cesse4 ,l'ar*evque de ,p>is1 crit ,bossuet qui l'appr\ve1 tant encore vque de ,*lons1 crut tr\v] dans ce livre un trsor p\r son glise4 ,le pieux vque1 aprs l'avoir revu et annot1 l'adressa aux curs1 aux vicaires et aux autres ecclsia/iques de son diocse p\r s]vir de matire leurs in/ructions4 ,les ,rflexions du pre ,quesnel tai5t reues avec avidit et dification1 les libraires ne p\vai5t suffire la dvotion des fidles2 *aque mois voyait natre une dition n\velle4 ,il suffisait1 si n\s en croyons le tmoignage de ,bossuet1 de lire le livre des ,rflexions morales p\r y tr\v]1 avec le recueil des plus belles p5ses des sa9ts1 t\t ce qu'on peut dsir] p\r l'dification1 p\r l'in/ruction et p\r la consolation des fidles4 ,tant d'excell5tes pages cep5dant et tant de pieuses annotations ca*ai5t le poison jansni/e4 ,les jsuites eur5t d'abord des scrupules et des d\tes1 la discussion anima leur zle4 ,la "q fut porte ,rome4 ,on s'y p>tagea comme ,p>is4 ,la dcision sans appel de la bulle ,unig5itus ordonna enf91 en #agac1 la s\mission et le sil5ce aux esprits les plus orgueilleux et les plus t5aces qui fur5t jamais4 ,un livre difiant et or?odoxe p5dant qu>ante ans tait int]dit4 ,les maximes et les conseils que les jsuites eux-mmes avai5t eus en vnration dev5ai5t1 sur leur insi/ance1 dang]eux et impies4 ,on condamnait c5t une propositions d'autant plus c\pables que le v59 y tait plus ca*4 ,il l'tait extrmem5t1 et beauc\p de fidles1 une gr&e p>tie mme du cl]g1 habitus en n\rrir leur esprit1 refusr5t de *ang] de rgime4 ,la gu]re fut dcl>e et tr\bla la ,france p5dant plus d'un demi-sicle4 ,qu>ante ans aprs la publication de la bulle1 le nombre des lettres de ca*et lances son occasion dpassait qu>ante mille4 ,du haut en bas1 la socit tait divise4 ,on tait appelant ou non appelant2 les plus ard5ts tai5t rappelants2 les non communiquants refusai5t t\te relation avec les approbateurs de la bulle4 ,le sil5ce respectueux tait blm de t\s1 le mpris prodigu ceux qui pesai5t les affaires du sanctuaire dans la balance de la raison1 et le tolrantisme fltri comme une faiblesse ou dnonc comme un crime4 ,p\r dlivr] la vrit ret5ue dans l'inju/ice1 *acun se faisait gloire de dev5ir une ville =te1 une colonne 9branlable et un mur d'aira94 ,un b\rgeois de ,p>is bi5 p5sant n'aurait pas confi ses s\li]s un dcrotteur ou sa malle un commissionnaire sans pr5dre des in=mations1 p\r ne pas s\ill] sa consci5ce en enc\rageant l'indiffr5ce d'un non appelant ou l'erreur crim9elle d'un p>tisan de la bulle4 ,il fallait tre jansni/e ou mol9i/e4 ,bo9d91 auteur comique =t oubli1 disait3 ,entre ,dum>sais et moi la diffr5ce e/ gr&e3 ,dum>sais e/ a?e jansni/e1 et moi je suis a?e mol9i/e4 ,quoique la bulle ft de #agac1 au mom5t o d',alemb]t quitta le collge1 en #agce1 la polmique r$\blait de viol5ce4 ,les gurisons du cimetire de ,sa9t-,md>d sur le tombeau du diacre ,pris accroissai5t l'ardeur fanatique des jansni/es1 t\t fi]s des miracles que ,dieu faisait p\r eux4 ,on discutait sur les limites de l'obs]vance due la c\r de ,rome3 s't5d-elle aux que/ions de fait8 ,le problme1 comme au temps de ,pascal1 avait deux solutions opposes1 vid5tes *acune p\r ceux qui l'adoptai5t4 ,p\r se faire une ide de l'a*>nem5t des p>tis1 il faut les laiss] p>l]4 ,la *>it *rti5ne1 disait une bro*ure du temps1 p]met-elle1 sans se faire leur complice1 de communiqu] avec ceux qui1 p\r combattre la vrit1 desc5d5t t\t vivants dans l',enf]8 ,qu& j'ouvre cette bulle1 disait un autre auteur1 et que j'y vois condamn] c5t une vrits qui sont l'lixir de la tradition1 l'abrg du *ri/ianisme1 le remp>t de l'glise1 le fondem5t de la religion1 dois-je me cont5t] de dire3 on veut me faire illusion8 ,la bulle e/ visiblem5t subreptice et porte t\s les c>actres de la plus p]nicieuse n\veaut4 ,c'e/ sur ce ton que1 p> des milli]s de pamphlets se rpondant comme les voix d'un *oeur d'ana?mes1 les p>tis1 p5dant un qu>t de sicle1 se maudiss5t1 se d*ir5t et s'insult5t4 ,p\r ceux qui pr5drai5t intrt au fond1 ils sont r>es auj\rd'hui1 il s]ait malais de les in/ruire4 ,p\r voir ce v59 si bi5 ca* et compr5dre ces subtiles di/9ctions1 il faut reg>d] de prs et avoir de bons yeux4 ,qu& ,dieu veut sauv] l'me1 en t\t temps1 en t\t lieu1 ,l'9vitable effet suit le v\loir de ,dieu4 ,l'innoc5ce de ces deux v]s semble gal] leur platitude4 ,c'e/ une dang]euse erreur3 ils conti5n5t deux hrsies condamnes p> la bulle4 ,dans les miracles accomplis sur le tombeau d'un appelant1 le bi5heureux ,pris1 les jsuites n'accordai5t aucun sujet de triomphe leurs adv]saires4 ,il fallait avant t\t df9ir le mot miracle4 ,comm5t espr] sans cela une argum5tation solide8 ,un miracle1 disai5t-ils1 doit tre in/antan et complet4 ,t\t ce qui vi5t de ,dieu a d'abord sa p]fection4 ,ses oeuvres sont a*eves suivant la =ce du t]me4 ,c'e/ une vrit dont ,mose n\s e/ g>ant4 ,quelque *ose que ,dieu fasse1 il e/ impossible1 dit le ,sage1 d'y aj\t] ou d'en retran*]4 ,os]ait-on prt5dre qu'il e/ impossible d'aj\t] une gurison imp>faite8 ,elle n'e/ donc pas l'oeuvre de ,dieu4 ,satan1 le pre du m5songe1 qui remue le ciel et la t]re p\r suscit] des ennemis ,dieu p>mi les hommes1 ne peut-il pas aussi faire des miracles8 ,on n'en peut pas *rti5nem5t d\t]4 ,les malfices sont con/ants1 les hi/oires en sont remplies1 les confessions des malfaiteurs en font foi1 les arrts des c\rs s\v]a9es le confirm5t4 ,mais le dmon n'a pas la t\te-puissance1 il essaye1 il ttonne1 il s'y repr5d plusieurs fois4 ,entre sa folle malice et la sage bont de ,dieu1 la di/9ction devi5t facile4 ,les malades guris ,sa9t-,md>d1 aprs avoir aj\t neuva9es sur neuva9es1 ne peuv5t tre1 suivant cette doctr9e1 que des impo/eurs ou des dmoniaques4 ,un p>alytique jette ses bquilles sur le tombeau du diacre1 et r5tre pi$ *ez lui1 mais en boitant4 ,ce n'e/ pas ,dieu qui fait a9si les *oses demi1 le miracle e/ un pige1 l'app>5te promesse une m5ace1 et les convulsions qui la prcd5t1 les effets1 dans ce lieu maudit1 de la rage et de la furie du dmon4 ,il n'e/ ri5 de mieux fond sur les critures4 ,n'a-t-il pas t dit dans l',apocalypse3 ,vae t]rae et m>i1 quia desc5dit diabolus ad vos hab5s iram magnam6 ,a ces preuves en app>5ce si solides on opposait l'vid5ce des faits4 ,la premire oeuvre de ,dieu a t la production du *aos1 et la t]re fut d'abord sans beaut1 af9 que l'on apprt que t\te crature ne devi5t p>faite qu' mesure que ,dieu l'enri*it4 ,l'enfant ressuscit p> lie ne l'a t qu'aprs que le prophte se fut t5du trois fois sur lui4 ,le mme prophte1 le texte e/ =mel1 a envoy sept fois son s]viteur avant que la pluie promise ,a*ab et comm5c tomb]4 lise s'e/ c\* sept fois sur l'enfant de la ,sunamite1 il a frapp sept fois le ,j\rda94 ,naaman1 qu'il envoya au ,j\rda91 s'y e/ baign sept fois conscutives1 et ,ez*ias1 p]sonne ne l'ignore1 n'a t guri que le troisime j\r2 si ,dieu et v\lu le gurir subitem5t1 on ne lui aurait pas promis comme une gr&e grce qu'il irait au temple dans trois j\rs4 ,comme dans l'antiphysique de d',alemb]t1 les faits dm5t5t la ?orie4 ,cette ?orie d'ailleurs suppose ce qui e/ en "q4 ,les maladies du corps sont l'image des maladies de l'me1 c'e/--dire des p*s2 les gurisons miraculeuses que ,dieu opre des maladies du corps sont l'image de celles qu'il opre dans nos mes4 ,la consqu5ce e/ vid5te3 ,dieu quelquefois conv]tit un p*eur en un mom5t p> un c\p extraord9aire de sa grce1 mais cela arrive aussi r>em5t dans cette lie des sicles1 qu'il arrivait frquemm5t dans l'glise naissante4 ,dans les ef=ts que fait un p*eur p\r rompre ses li5s et ses mauvaises habitudes1 l'me s\ffre des espces de convulsions dont celles des corps malades dans le cimetire de ,sa9t-,md>d ne sont auj\rd'hui que l'image4 ,le pre ,quesnel a dit3 ,on ne sait ce que c'e/ que le p* et la vraie pnit5ce1 qu& on veut tre rtabli d'abord dans la possession des bi5s dont le p* n\s a dpossds et qu'on ne veut pas port] la confusion de cette sp>ation2 et l-dessus les deux p>tis triomphai5t1 c> cette maxime1 accepte p> les appelants et favorable aux miracles l5tem5t accomplis1 e/ la quatre-v+t-huitime proposition condamne p> la bulle4 ,les miracles du dmon sont des crimes4 ,ceux qui en pr(it5t mrit5t la mort1 et la responsabilit s't5d =t lo94 ,t\te la po/rit d',aman fut p5due comme lui1 et les enfants des accusateurs de ,daniel fur5t jets avec eux dans la fosse aux lions4 ,la pe9e e/ porte plus lo9 p>mi les ,*9ois3 les m&>9s sont dposs en mme temps que leurs p>5ts sont punis lorsqu'il se consomme quelque gr& crime1 comme qu& les enfants ont dit des injures leurs pres4 ,sur ce pi$1 la punition des convulsionnaires irait bi5 lo91 puisque leur tat crim9el e/ injurieux ,dieu1 le pre de t\s les *rti5s4 ,l'ironie e/ une arme puissante4 ,on lisait beauc\p en #agce ,c>t\*e1 ou le ,sclrat sans repro*e p> la grce du pre ,quesnel4 ,c>t\*e e/ un honnte homme1 un =t honnte homme1 en un mot un homme irrpro*able1 et ceux qui en jug5t autrem5t sont obligs en consci5ce d'abjur] le pre ,quesnel ou de faire rp>ation ,c>t\*e4 ,p\rquoi le blm]8 ,p\vait-il1 si la grce lui a manqu1 se df5dre des crimes dont il tait t5t8 c> les comm&em5ts sont impossibles qui les transgresse4 ,un j\r1 dit la ,correspondance de ,grimm1 le c>d9al de ,ro*e*\>t1 ambassadeur de ,france ,rome1 entre *ez le pape ,b5ot ,,xiv avec un visage =t allong3 ,eh bi51 qu'y a-t-il1 monsieur l'ambassadeur8 lui dit-il4--,je vi5s de recevoir la n\velle1 lui dit l'ambassadeur1 que l'ar*evque de ,p>is e/ de n\veau exil4--,et t\j\rs p\r cette bulle8 dem&e le pape4--,hlas6 oui1 ,sa9t-,pre4--,cela me rappelle1 repr5d le pontife1 une av5ture du temps de ma lgation ,bologne4 ,deux snateurs prir5t qu]elle sur la prm95ce du ,tasse sur l',ario/e4 ,celui qui t5ait p\r l',ario/e reut un bon c\p d'pe dont il m\rut4 ,j'allai le voir dans ses d]ni]s mom5ts3 ,e/-il possible1 me dit-il1 qu'il faille prir dans la =ce de l'ge p\r l',ario/e que je n'ai jamais lu6 ,c'e/ ,b5ot ,,xiv si peu confiant dans les lumires des df5seurs de la bulle1 que ,voltaire a ddi sa tragdie de ,mahomet1 p\r l'exam5 de laquelle1 p> une fantaisie s+ulire de ,m4 d',arg5son1 d',alemb]t avait t p\r une fois trans=m en c5seur4 ,b5ot ,,xiv avait raison sans d\te1 mais s\s ces que/ions mal comprises p> les plus ard5ts s'agitait dj la prt5tion de p5s] librem5t4 ,les jansni/es n'en conv5ai5t pas1 mais les jsuites montrai5t clairem5t qu'en se faisant juge de la foi1 en prfrant la p]suasion de *acun t\te autorit visible1 on fait de l'glise une rpublique o le scepticisme doit triomph]4 ,les pres fondai5t de gr&es esprances sur ,jean ,l]ond2 ils v\lai5t de leur brillant lve faire un ennemi des jsuites4 ,leur pieux dsir eut un succs complet1 mais ils dpassr5t le b1 et d',alemb]t dev9t galem5t ho/ile aux deux p>tis4 ,il cons]va p5dant t\te sa vie p\r cette n\rriture1 qu'il s]ait inju/e d'appel] ?ologique1 une rpugnance mle de colre1 traitant d'ennemis publics t\s ceux qui1 p\r ces bagatelles sacres1 tr\blai5t la tranquillit des citoy5s et la paix des esprits4 ,d',alemb]t aimait rire4 ,les hi/oires de convulsionnaires1 premi] alim5t de son esprit1 lui en donnai5t r>em5t l'occasion4 ,on me p]mettra cep5dant1 dans la ,vie du diacre ,pris condamne au feu p> l',inquisition et sol5nellem5t brle ,rome1 de signal] une anecdote =t oublie et cep5dant dev5ue clbre4 ,labi*e en a fait le sujet de sa *>mante pice le ,misan?rope et l',auv]gnat4 ,bi5 peu de nos contempora9s1 en l'applaudissant au ?tre du ,palais-,royal1 y ont s\ponn une rm9isc5ce des convulsionnaires de ,sa9t-,md>d4 ,le diacre ,pris1 int]dit comme appelant de la bulle au futur concile1 vivait sa9tem5t et s\ffrait sans se pla9dre3 le p>ti le canonisait4 ,le bon diacre consacrait aux bonnes oeuvres une =tune suprieure ses beso9s4 ,sa consci5ce timore se repro*ait *aque j\r des faiblesses qu'il tait seul ap]cevoir4 ,un prtre du diocse d',orlans s'tait r5du clbre p> son humeur frondeuse et son c>actre difficile4 ,il avait dans plusieurs p>oisses apport la discorde et le tr\ble2 suspect1 de plus1 de jansnisme et condamn p> son vque1 il tait tomb dans la pauvret4 ,le bon diacre lui (frit l'hospitalit avec l'injonction =melle de t\t obs]v] dans la maison et d'tudi]1 sans cra9dre l'indiscrtion1 les imp]fections et les p*s de son hte4 ,pris c\*ait sans draps et vivait de lgumes4 ,en *ange de cette maigre *re1 la t*e impose son surveillant tait facile4 ,le sa9t homme p*ait r>em5t4 ,la situation tait celle de ,ma*avo9e *ez ,*iffonet4 ,le dn\em5t fut le mme2 un j\r v9t o le diacre1 b\t de pati5ce1 s'cria3 ,vritablem5t1 il va un peu lo96 ,les livres jansni/es prts d',alemb]t cont5ai5t peu d'hi/oires de ce g5re2 il s'en dgta bi5 vite4 ,p5dant ses tudes de mdec9e comme l'cole de droit1 d',alemb]t s'ex]ait aux ma?matiques4 ,les leons lm5taires reues au collge tai5t excell5tes1 et un s\v5ir reconnaissant e/ d son matre ,m4 ,c>on4 ,les amis de d',alemb]t1 reg>dant1 non sans raison1 les ma?matiques comme un mauvais in/rum5t de =tune1 eur5t assez d'influ5ce p\r le dcid] se sp>] p\r un temps de ses livres de sci5ce4 ,il les porta *ez un ami1 *ez ,did]ot peut-tre4 ,la mdec9e re/ait sa seule tude1 mais la gomtrie1 quoi qu'il ft1 le div]tissait sans cesse4 ,les problmes tr\blai5t son repos4 ,impati5t de t\te contra9te1 mme volontaire1 d',alemb]t1 *aque fois qu'une difficult l'arrtait1 allait *]*] un des volumes4 ,ils rev9r5t t\s dans sa petite *ambre4 ,la maladie tait sans remde3 il l'accepta comme un bonheur4 ,la mdec9e fut ab&onne2 les problmes1 rsolus sans scrupule1 fur5t discuts avec p]svrance4 ,d',alemb]t1 l'ge de v+t ans1 avait1 sans ri5 rv] de plus p\r l'av5ir1 la mode/e ambition de dev5ir un gr& gomtre4 ,,*apitre ,,ii ,d',,alemb]t ,,et ,l',,acad,,mie ,,des ,,sci5ces ,d',alemb]t1 v]s la f9 de sa vie1 songeant ses premi]s travaux1 crivait avec motion3 ,les ma?matiques ont t p\r moi une matresse6 ,cette matresse1 quoique s\v5t nglige1 ne l'a jamais trahi4 ,le temps p5dant lequel des succs sans clat c\ronnai5t des travaux sans ambition fut p\r lui le plus heureux et le plus regrett4 ,s\s le mode/e toit de celle qui lui s]vait de mre1 il tr\vait la tranquillit ncessaire ses pr(ondes re*]*es4 ,en se rveillant dans sa petite *ambre mal are1 et de laquelle on voyait trois aunes de ciel1 il songeait avec joie la re*]*e comm5ce la veille et qui allait remplir sa mat9e1 au plaisir qu'il allait gt] le soir au spectacle1 et1 dans les entr'actes des pices1 au plaisir plus gr& encore que lui promettait le travail du l5dema94 ,le monde--je veux dire les socits brillantes dans lesquelles d',alemb]t devait tre bi5tt re*]* et admir tait p\r lui sans attrait2 il ne le connaissait ni ne le dsirait4 ,quelques amis1 dont quelques-uns dev9r5t clbres ou illu/res1 =mai5t sa socit habituelle4 ,le pr(ond gomtre tait cit comme le plus gai1 le plus plaisant1 le plus aimable de t\s4 ,la premire communication de d',alemb]t l',acadmie des sci5ces e/ du #ai juillet #agci2 elle e/ insignifiante4 ,il propose une rem>que relative un passage d'un livre classique alors1 l'analyse dmontre du pre ,reyneau4 ,t\t lecteur att5tif p\vait l'crire sans travail en m>ge de son exemplaire4 ,clairaut1 nomm rapporteur1 l\a avec bi5veillance le jeune gomtre de v+t et un ans p\r son exactitude et son zle4 ,un an aprs1 en #agdj1 d',alemb]t aborde la mcanique des fluides4 ,il vise trop haut cette fois1 et les plus habiles auj\rd'hui1 malgr les progrs ou1 p\r mieux dire1 cause des progrs de la sci5ce1 recul]ai5t devant les difficults qu'il accumule4 ,il tudie la rfraction d'un corps solide lanc obliquem5t dans un liquide4 ,clairaut1 sans affirm] l'exactitude de la solution1 y signale beauc\p de savoir et y l\e beauc\p d'habilet4 ,trois mmoires n\veaux1 que d',alemb]t n'a pas jugs dignes1 non plus que les prcd5ts1 de figur] dans ses opuscules imprims1 confirmr5t l'op9ion trs favorable qu'il avait su ds le premi] j\r donn] de ses tal5ts4 ,sans att5dre d'autres titres la confiance des gomtres1 le #a;er m>s #agda1 l'ge de v+t-trois ans1 d',alemb]t osa dem&] l',acadmie des sci5ces une place d'associ dev5ue vacante4 ,on dbutait habituellem5t p> le titre d'adjo9t4 ,l',acadmie prfra ,lemonni]1 qui1 depuis c9q ans dj1 avait fran*i ce premi] pas de la c>rire acadmique4 ,la promotion de ,lemonni] laissait vacante une place d'adjo9t3 d',alemb]t la dem&a4 ,l',acadmie nomma l'abb de ,gua4 ,va9cu une troisime fois p> l'a/ronome ,lacaille1 le jeune c&idat fut enf9 nomm1 le #ag m>s #agdb1 adjo9t p\r la section d'a/ronomie4 ,il tait g de v+t-quatre ans4 ,l'extrme jeunesse des c&idats proposs au *oix du roi p\rrait surpr5dre4 ,lemonni]1 prfr d',alemb]t lors de sa premire c&idature1 tait entr l',acadmie l'ge de v+t et un ans1 ,clairaut dix-huit ans2 ,lacaille1 g de v+t-huit ans1 tait un c&idat dj mr4 ,les savants p\r lesquels auj\rd'hui les portes de l',acadmie s'ouvr5t avant leur tr5time anne sont =t r>es4 ,l'avantage accord nos anci5s ne rvle ni des gnies plus prcoces1 ni des ef=ts plus heureux1 ni des luttes mo9s difficiles4 ,les jeunes savants1 admis autrefois comme adjo9ts ou mme comme associs de l',acadmie1 ne port]ai5t pas auj\rd'hui le nom de membres4 ,ils avai5t le droit d'assi/] aux sances et d'y dem&] la p>ole3 ri5 de plus2 ils ne votai5t pas dans les lections4 ,les p5sionnaires1 seuls p5sionns comme l'indique leur nom1 se p>tageai5t les jetons de prs5ce4 ,l'tude des procs-v]baux suffirait p\r f\rnir une de ces preuves dont l'hi/oire s\v5t doit se cont5t]4 ,en relevant p\r plusieurs annes le nombre des signatures1 j'ai tr\v1 p\r t\tes1 les p5sionnaires plus exacts que leurs jeunes confrres4 ,la consqu5ce e/ vid5te2 la probabilit ne peut se calcul]1 mais la vraisemblance n'e/ pas conte/able4 ,en ralit1 les adjo9ts l\*ai5t les jetons de prs5ce1 qui tai5t de deux francs1 dans un cas seulem5t1 celui de l'ent]rem5t d'un confrre4 ,d',alemb]t fut promu en #agdf au rang d'associ gomtre4 ,on lit sur les regi/res1 la date du #bf fvri] #agdf3 ,,mm4 d',alemb]t et ,blidor obti5n5t la majorit des voix p\r la place d'associ gomtre vacante p> la promotion de ,lemonni] celle de p5sionnaire a/ronome4 ,deux pages plus lo93 ,le roy a *oisi ,m4 d',alemb]t p\r la place d'associ gomtre4 ,d',alemb]t1 p> une faveur spciale et =t r>e1 avait obt5u en #agde1 tant encore adjo9t1 une p5sion de #ejj livres sur les fonds de l',acadmie4 ,le #g avril #agef1 d',alemb]t figure encore p>mi les associs4 ,le #aj avril #agef1 sans qu'aucune m5tion soit faite d'une nom9ation1 il e/ inscrit au nombre des p5sionnaires4 ,le #h mai #agef1 le comte d',arg5son crit3 ,je v\s donne avis que le roy dsire qu'il soit incessamm5t procd l'lection la place d'associ qui vaque l',acadmie des sci5ces p> la promotion de ,m4 d',alemb]t celle de p5sionnaire surnumraire4 ,m4 de ,p>cieux e/ nomm4 ,c'e/ seulem5t en #agfe que d',alemb]t1 plus de v+t ans aprs son entre l',acadmie1 *angea le titre de p5sionnaire surnumraire p\r celui de p5sionnaire titulaire1 et fut enf9 mis en possession de t\s les avantages et de t\s les droits accords aux membres de l',acadmie des sci5ces4 ,le trait de dynamique de d',alemb]t1 publi en #agdc1 plaa immdiatem5t son auteur au nombre des premi]s gomtres de l',europe4 ,la matire1 difficile et n\velle1 tait traite de ma9 de matre4 ,le livre de d',alemb]t1 auj\rd'hui r>em5t consult1 fait poque dans l'hi/oire de la mcanique4 ,lagrange1 un demi-sicle plus t>d1 crivant avec lgance et pr(ondeur l'hi/oire de la sci5ce qu'il trans=mait de n\veau1 dit en p>lant du livre de d',alemb]t3 ,le trait de dynamique de d',alemb]t1 qui p>ut en #agdc1 mit f9 ces espces de dfis1 en (frant une m?ode directe et gnrale p\r rs\dre ou du mo9s p\r mettre en quations t\s les problmes de dynamique qu'on peut imag9]4 ,cette m?ode rduit t\tes les lois du m\vem5t des corps celle de leur quilibre et ramne a9si la dynamique la /atique4 ,ram5] la dynamique la /atique6 ,le progrs accompli p> d',alemb]t se rsume en effet p> ces p>oles1 qui malheureusem5t1 p\r qui n'a pas appr(ondi la "q1 ne peuv5t avoir aucun s5s2 incomprh5sible p\r les uns1 la phrase1 dans sa concision1 en dit beauc\p trop p\r les autres4 ,il s'agit seulem5t--il faut appel] sur ce po9t l'att5tion--de la mise du problme en quations4 ,la rsolution de ces quations p> des m?odes qui v>i]ont d'un cas l'autre laiss]a subsi/] un va/e *amp de re*]*es4 ,la /atique fait connatre les conditions de l'quilibre4 ,qu'ont-elles de commun avec les lois du m\vem5t8 ,si1 dans l'espoir de le compr5dre1 n\s considrons le cas le plus simple1 celui d'un po9t matriel isol1 les deux problmes re/5t entirem5t di/9cts4 ,on peut appr(ondir les conditions d'quilibre sans avoir fait un pas dans l'tude du m\vem5t2 la dp5dance mutuelle des deux ?ories n'exi/e que p\r les sy/mes dans lesquels les po9ts lis les uns aux autres sont r5dus solidaires4 ,l'un des cas les plus simples e/ celui du p5dule4 ,le p5dule simple1 =m p> un po9t pesant oscillant l'extrmit d'un fil dp\rvu de masse1 e/ une ab/raction ma?matique2 c'e/ le plus simple des sy/mes4 ,le po9t n'e/ pas libre2 il ne peut quitt] le c]cle dont l'extrmit fixe du fil e/ le c5tre4 ,le p5dule compos1 dans lequel oscille une masse d dim5sions apprciables susp5due une tige pesante comme elle1 prs5te un second cas1 beauc\p mo9s simple4 ,si *aque po9t tait libre1 il oscill]ait d'autant plus vite qu'il s]ait plus rappro* du c5tre2 il ne peut en tre a9si3 la tige rigide et la masse qui la t]m9e oscill5t dans le mme temps4 ,les po9ts se font des concessions1 ils y sont =cs4 ,ceux d'en bas iront plus vite et ceux d'en haut plus l5tem5t que s'ils tai5t seuls4 ,les liaisons1 p\r impos] ces *angem5ts1 font natre des =ces1 et ces =ces doiv5t tre introduites dans les quations du problme2 elles sont inconnues3 comm5t faire8 ,les plus habiles avant d',alemb]t avai5t r5contr ce problme1 dont la solution pralable semble indisp5sable1 sans ap]cevoir de solution4 ,sans entr] au dtail1 ce qui s]ait impossible1 n\s rduirons la gr&e dc\v]te de d',alemb]t la rem>que qui lui s]t de base4 ,le sy/me1 quel qu'il soit1 p> la nature des liaisons qui le df9iss5t1 e/ capable de produire c]ta9es =ces4 ,ces =ces sont les mmes dans l'tat d'quilibre et dans l'tat de m\vem5t4 ,les lois de la /atique sont depuis longtemps connues1 ces =ces y j\5t un rle1 et1 p> cette tude antrieure1 le problme auxiliaire1 si difficile en app>5ce1 se tr\ve rsolu d'avance ou1 p\r mieux dire1 lud4 ,dans le disc\rs prlim9aire qui prcde le trait de mcanique1 app>aiss5t p\r la premire fois quelques-unes des qualits qui devai5t appel] si s\v5t d',alemb]t lo9 du ?tre de ses premi]s succs4 ,on r5contre dj l'criva9 habile et le philosophe h>di qui ose abord] les que/ions les plus hautes1 discutant le degr de c]titude de t\te vrit accepte4 ,les que/ions les plus ab/raites1 celles que le commun des hommes reg>de comme les plus inaccessibles1 sont s\v5t1 dit-il1 celles qui port5t avec elles une plus gr&e lumire4 ,l'obscurit semble s'emp>] de nos ides mesure que n\s exam9ons dans un objet plus de proprits s5sibles2 l'impntrabilit aj\te l'ide d't5due semble ne n\s (frir qu'un my/re de plus2 la nature du m\vem5t e/ une nigme p\r les philosophes2 le pr9cipe mtaphysique des lois de la p]cussion ne leur e/ pas mo9s ca*2 en un mot1 plus ils appr(ondiss5t l'ide qu'ils =m5t de la matire et des proprits qui la reprs5t5t1 plus cette ide s'obscurcit et p>at v\loir leur *app]1 plus ils se p]suad5t que l'exi/5ce des objets extrieurs1 appuye sur le tmoignage quivoque de nos s5s1 e/ ce que n\s connaissons le mo9s imp>faitem5t encore4 ,d',alemb]t aborde dans son disc\rs une "q =t clbre alors et que les gomtres1 qui peuv5t seuls appr(ondir la discussion1 rsolv5t t\s auj\rd'hui1 sans1 il e/ vrai1 s'en inquit] beauc\p1 dans un s5s oppos celui qu'il adopte4 ,les lois de la mcanique sont-elles des vrits ncessaires ou cont+5tes8 ,peut-on1 en d'autres t]mes1 p> le seul raisonnem5t et en dehors de t\te expri5ce1 dmontr] les pr9cipes de la sci5ce et dc\vrir les lois du m\vem5t8 ,p\r fix] nos ides sur cette "q1 il faut1 dit d',alemb]t1 d'abord la rduire au seul s5s raisonnable qu'elle puisse avoir4 ,il ne s'agit pas de dcid] si l'auteur de la nature aurait pu lui donn] d'autres lois que celles que n\s obs]vons2 ds qu'on admet un tre intellig5t et capable d'agir sur la matire1 il e/ vid5t que cet tre peut *aque in/ant la m\voir et l'arrt] son gr1 ou suivant des lois uni=mes1 ou suivant des lois qui soi5t diffr5tes p\r *aque in/ant et p\r *aque p>tie de matire2 l'expri5ce cont9uelle de notre corps n\s pr\ve assez que la matire1 s\mise la volont d'un pr9cipe p5sant1 peut s'c>t] dans ses m\vem5ts de ceux qu'elle aurait vritablem5t si elle tait ab&onne elle-mme4 ,la "q propose se rduit donc savoir si les lois de l'quilibre et du m\vem5t qu'on obs]ve dans la nature sont diffr5tes de celles que la matire ab&onne elle-mme aurait suivies4 ,cette seule manire raisonnable de pos] la "q semble1 il faut l'av\]1 bi5 s+ulire1 et l'ide de considr] la matire ab&onne elle-mme et affran*ie du g\v]nem5t1 on p\rrait presque dire des caprices de la raison s\v]a9e1 laisse entrevoir l'ami de ,did]ot dispos c>t] p>t\t et t\j\rs1 dt-il ne ri5 re/]1 les argum5ts puiss dans une telle considration4 ,lorsque ,lagrange dcl>e que la dynamique de d',alemb]t a mis f9 entre les gomtres aux problmes difficiles proposs p> dfi1 si le lecteur suppose que la ?orie du m\vem5t1 trop bi5 connue1 n'tait plus digne de s]vir d'preuve1 il a trs mal compris l'ass]tion4 ,desc>tes1 p>lant de sa gr&e dc\v]te1 l'analyse applique la gomtrie1 dcl>e1 non sans orgueil et mme avec plus d'orgueil qu'il n'e/ p]mis1 qu'il se disp5se de rs\dre les problmes auxquels sa m?ode e/ applicable1 p\r laiss] ses desc5dants le plaisir facile de s'y ex]c]4 ,p\r la gomtrie1 comme p\r la mcanique1 l'ass]tion e/ trompeuse4 ,la sci5ce1 dans aucun cas1 n'a procd a9si4 ,plus une m?ode e/ n\velle et fconde1 plus elle t5d le *amp de l'inconnu4 ,les difficults va9cre p\r avanc] encore gr&iss5t aux appro*es des sommets1 qui1 p\r cette raison peut-tre1 ne s]ont jamais atte9ts4 ,d',alemb]t n'a vu dans son pr9cipe qu'une voie signale t\s et ouv]te lui-mme p\r t5t] de n\veaux travaux4 ,quelques-uns sont admirables4 ,l'un des premi]s1 malgr le succs obt5u1 ne doit tre auj\rd'hui l\ qu'avec rs]ves4 ,d',alemb]t1 en #agdf1 obt9t le prix propos p> l',acadmie de ,b]l9 l'auteur du meilleur ouvrage sur la cause des v5ts4 ,ce conc\rs eut sur la vie de d',alemb]t une gr&e influ5ce en le mettant en relation avec ,frdric1 dont1 p5dant qu>ante ans1 il re/a l'ami3 c'e/ le seul mot qui convi5ne4 ,le livre de d',alemb]t sur la cause des v5ts ne t5d pas l'application4 ,d',alemb]t n'a pas tudi le vritable mcanisme1 dj connu1 dans ses traits gnraux au mo9s1 qui explique les v5ts alizs s\fflant sans cesse dans la zone torride et presque exactem5t de l'e/ v]s l'oue/4 ,ils sont produits p> les diffr5ces de temprature1 qui dans ces rgions dt]m95t l'lvation de l'air3 l'air plus froid qui le remplace et vi5t des rgions borales e/ anim d'une mo9dre vitesse de rotation et semble p> consqu5t s\ffl] en s5s oppos au m\vem5t de la t]re4 ,d',alemb]t ne p>le de cette cause pr9cipale et prpondrante que p\r refus] de s'en occup]4 ,j'av\e1 dit-il1 que la diffr5te *aleur que le soleil rp& sur les p>ties de l'atmosphre doit y excit] des m\vem5ts2 je veux mme accord] qu'il en rsulte un v5t gnral qui s\ffle t\j\rs dans le mme s5s1 quoique la preuve qu'on en donne ne me p>aisse pas assez vid5te p\r port] dans l'esprit une lumire p>faite2 mais si on se propose de dt]m9] la vitesse de ce v5t gnral et sa direction dans *aque endroit de la t]re1 on v]ra facilem5t qu'un p>eil problme ne peut tre rsolu que p> un calcul exact2 or les pr9cipes ncessaires p\r ce calcul n\s manqu5t entirem5t1 puisque n\s ignorons et la loi suivant laquelle la *aleur agit et la dilatation qu'elle produit dans les p>ties de l'air3 cette d]nire raison e/ plus que suffisante p\r n\s dt]m9] faire ici ab/raction de la *aleur solaire1 c>1 comme il n'e/ pas possible de calcul] avec quelque exactitude les m\vem5ts qu'elle peut occasionn] dans l'atmosphre1 il faut ncessairem5t reconnatre que la ?orie des v5ts n'e/ susceptible d'aucun degr de p]fection de ce ct-l4 ,ces lignes conti5n5t une dcl>ation de pr9cipes bi5 dang]euse p\r les progrs de la physique4 ,bi5 loign de v\loir appr(ondir les causes ca*es1 d',alemb]t n'accepte que des problmes bi5 nets et bi5 purs1 dont l'nonc p]mette une solution exacte et a*eve2 non cont5t de nglig] ce qui e/ petit et sans influ5ce s5sible1 il c>te avec dda9 t\t ce qui1 lui semblant mal connu et mal dt]m91 dim9ue la prcision et la beaut du problme4 ,c'e/ la mme t5dance qui plus t>d et dans un autre ordre d'ides devait le conduire re/re9dre1 jusqu' l'annul]1 le *amp de la mtaphysique et de la philosophie4 ,malgr l'habilet qu'il y dploie1 l'insuffisance de la ?orie de d',alemb]t e/ visible d'ailleurs au premi] c\p d'oeil3 la gr&eur et la direction actuelle des v5ts dp5drai5t en effet1 suivant elle1 auj\rd'hui encore1 de l'tat initial des c\*es atmosphriques1 sans que les frottem5ts et les *ocs r5\vels depuis le comm5cem5t du monde en ai5t dissip l'influ5ce4 ,le prix accord d',alemb]t fut-il donc le rsultat d'une mprise1 et le titre de membre de l',acadmie de ,b]l9 tait-il immrit8 ,il y aurait gr&e inju/ice le croire4 ,dans l'ouvrage sur la cause des v5ts on reconnat *aque page le gr& gomtre pr(ondm5t in/ruit de la sci5ce du m\vem5t et capable d'ouvrir des voies n\velles4 ,de tels essais prcd5t les *efs-d'oeuvre et les prp>5t1 p>ce qu'ils p]fectionn5t l'in/rum5t des re*]*es en enseignant le mani] avec plus d'lgance et de sret4 ,d',alemb]t1 suivant les consqu5ces de son pr9cipe de dynamique1 en a fait l'application la ?orie de la prcession des qu9oxes1 et son livre sur ce sujet difficile suffirait p\r le r5dre immortel4 ,les ples de la t]re1 mo9s de *ocs que ri5 ne fait prvoir dans l'av5ir et que ri5 ne pr\ve dans le pass1 sont immobiles la surface2 ceux du ciel1 au contraire1 se dplac5t sans cesse p> rapport aux toiles fixes4 ,c'e/ la gr&e dc\v]te d',hipp>que4 ,le ple1 aut\r duquel semble t\rn] le ciel1 p>c\rt un petit c]cle dont le rayon mesure #bc #a_/b et1 s'avanant de #ej environ p> an1 en f]a le t\r en v+t-six mille ans4 ,l'quateur1 p]p5diculaire la ligne des ples1 t\rne ncessairem5t avec elle2 en v]tu de cette rotation1 il c\pe le plan cliptique1 qui e/ fixe1 en des po9ts v>iables4 ,ces po9ts sont les qu9oxes1 qui comme le ple1 p> consqu5t1 accompliront leur rvolution en v+t-six mille annes4 ,les obs]vations a/ronomiques confirm5t la prdiction h>die du gr& a/ronome de l'antiquit4 ,les sicles succd5t aux sicles et l'qu9oxe cont9ue sa m>*e uni=me4 ,quelle =ce produit et rgle son m\vem5t8 ,la "q p\r ,kpl] n'aurait pas eu de s5s4 ,heureux et fi] de pntr] le mcanisme du monde1 il n'avait pas l'audace de *]*] les causes4 ,newton a rvl le ressort2 c'e/ la mcanique en *]*] les effets4 ,la t]re *aque anne t\rne aut\r du soleil4 ,c'e/ qu'elle e/ attire p> lui2 sans cette attraction insuffisante les runir1 anims p> les vitesses acquises1 les deux corps s'loign]ai5t indf9im5t4 ,le soleil1 en attirant la t]re1 n'e/ pas la cause de la rotation qui produit les j\rs et les nuits2 il ne p\rrait1 si la t]re tait homogne et sphrique1 ni l'acclr] ni la ral5tir4 ,mais sur un globe aplati et htrogne l'action e/ dvie et1 ne s'ex]ant pas exactem5t v]s le c5tre1 produit une rotation qui dplace *aque j\r d'une quantit inapprciable aux obs]vations la position de l'axe du monde4 ,newton a signal cette cause inconte/e du phnomne4 ,d',alemb]t l'a s\mise au calcul4 c\tons ,laplace1 en p>eille matire le gr& juge4 ,la dc\v]te de ces rsultats1 dit-il aprs avoir expliqu le dtail du phnomne1 tait au temps de ,newton au-dessus des moy5s de l'analyse et de la mcanique2 il fallait en inv5t] de n\veaux4 ,l'honneur de cette inv5tion tait rs]v d',alemb]t4 ,un an et demi aprs la publication de l'crit dans lequel ,bradley prs5ta sa dc\v]te1 d',alemb]t fit p>atre son trait de la prcession des qu9oxes1 ouvrage aussi rem>quable dans l'hi/oire de la mcanique cle/e et de la dynamique1 que l'crit de ,bradley dans les annales de l'a/ronomie4 ,d',alemb]t en suivant sa voie devait r5contr] les plus gr&s problmes de la mcanique cle/e4 ,les que/ions depuis ,newton tai5t nettem5t poses1 et nul mieux que lui n'tait prp> la lutte4 ,le trait de dynamique de d',alemb]t e/ l'annonce et en quelque sorte le prologue de la mcanique analytique1 *ef-d'oeuvre de ,lagrange4 ,les crits de d',alemb]t sur le sy/me du monde =m5t un trait de mcanique cle/e dans lequel ,laplace1 qui l'a loyalem5t reconnu1 a l>gem5t et fructueusem5t puis4 ,d',alemb]t a repris la ?orie de la lune esquisse seulem5t p> ,newton4 ,le problme app>t5ait t\s2 si ,clairaut et ,eul]1 en l'abordant en mme temps que lui1 y ont r5contr les mmes succs1 il faut se g>d] d'en conclure qu'il ft facile4 ,newton y avait *\1 et les =ces runies des trois n\veaux a?ltes ont laiss leurs successeurs un va/e *amp p>c\rir4 ,les obs]vations se p]fectionn5t2 aprs les degrs sont v5ues les m9utes1 aprs les m9utes les secondes1 et auj\rd'hui les diximes de seconde4 ,les calculateurs prt5d5t t\t expliqu] et y russiss5t2 c'e/ en a/ronomie surt\t que les dtails sont la pi]re de t\*e des ?ories4 ,l'accord dans la ?orie de la lune n'a pas t immdiat1 et l'obs]vation1 en dm5tant d'abord le calcul1 a veill de gr&es motions et provoqu d'ard5tes discussions4 ,did]ot ne faisait qu'en rire et1 sans ri5 ent5dre la "q1 se faisait lire en la discutant4 ,ce qu'il y a d'utile en gomtrie peut1 disait-il1 s'appr5dre en six mois4 ,le re/e e/ de pure curiosit4 ,cela e/ vrai sans d\te4 ,mais la posie1 la pe9ture1 la mtaphysique et bi5 d'autres produits de l'activit huma9e sont aussi de pure curiosit2 si l'on doit p\r cela les envelopp] dans un mme dda91 la b>b>ie devi5dra l'idal des sages et le voeu des g5s s5ss4 ,il n'exi/e dans la nature1 aj\te ,did]ot1 ni surface sans pr(ondeur1 ni ligne sans l>geur1 ni po9t sans dim5sions1 ni aucun corps qui ait cette rgul>it hypo?tique du gomtre ,ds que la "q qu'on lui propose le fait sortir de ses suppositions1 ds qu'il e/ =c de faire entr] dans la solution d'un problme l'valuation de quelques causes ou qualits physiques1 il ne sait plus ce qu'il fait4 ,si le calcul s'applique si p>faitem5t l'a/ronomie--c'e/ t\j\rs ,did]ot qui p>le---c'e/ que la di/ance imm5se laquelle n\s sommes placs des corps cle/es rduit leurs orbes des lignes presque gomtriques4 ,mais pr5ez le gomtre au t\pet et appro*ez-le de la lune d'une c9quanta9e de diamtres t]re/res3 alors1 effray du balancem5t norme et des t]ribles alt]natives du globe lunaire1 il tr\v]a qu'il y a autant de folie lui propos] de trac] la m>*e de notre satellite dans le ciel que d'indiqu] celle d'un vaisseau dans nos m]s qu& elles sont agites p> la tempte4 ,l'imag9ation de ,did]ot le s]t mal4 ,les gomtres ont depuis le trait de d',alemb]t p]fectionn sans cesse les calculs dont il a nettem5t donn le pr9cipe4 ,glairaut et ,eul] ses contempora9s1 ,lagrange et ,laplace1 et1 aprs eux1 ,plana1 ,damoiseau1 ,hans51 ,delaunay et ,adams ont inscrit leurs noms dans l'hi/oire de la sci5ce en consacrant de nombreuses annes p]fectionn] et refaire cette ?orie rebelle aux =mules4 ,la longueur des calculs dpasse t\te prvision et s'accrot sans cesse4 ,p\r l'a/ronome auj\rd'hui t\t e/ fait1 ri5 n'e/ bau* p\r le gomtre4 ,un problme trs connu et p> comp>aison trs facile donn]a la clef de l'nigme4 ,la quadrature du c]cle e/ en gomtrie comme la pi]re philosophale en *imie1 la *ose impossible2 les ignorants seuls os5t la *]*]1 et qu& ils l'ont pniblem5t tr\ve1 il leur faut de n\veau de longs ef=ts p\r dcid] un savant vritable leur montr]1 en entrant au dtail1 l'illusion de leur dc\v]te4 ,les acadmies depuis longtemps rejett5t avec dda91 sans en avoir pris connaissance1 t\te annonce d'une solution n\velle4 ,le problme e/ class comme insoluble4 ,ar*imde l'a rsolu p\rtant1 prcism5t comme d',alemb]t a rsolu celui du m\vem5t de la lune1 et1 depuis deux mille ans1 quiconque ne se cont5te pas de l'exactitude acquise peut1 sans ef=t d'esprit1 tr\v]1 autant qu'il lui plat1 de n\veaux *iffres exacts et c]ta9s4 ,le rayon du c]cle tant donn1 la surface e/ connue avec une prcision illimite2 on peut p>tag] un millimtre c>r en un million de p>ties gales1 et *aque p>tie1 de n\veau1 en un million de p>ties n\velles1 recomm5c] c9quante fois la division2 le rsultat imp]ceptible de t\tes ces oprations de l'esprit re/]a1 si le calculateur le veut1 suprieur l'erreur commise4 ,que dem&e-t-on de plus8 ,p\rquoi trait] d'insoluble un problme si p>faitem5t rsolu8 ,la rponse e/ bi5 simple3 le gomtre veut une erreur nulle4 ,entre zro p\r lui et l'extrme petitesse1 d'aprs les rgles du jeu qu'il veut j\]1 il y a un abme4 ,une solution n'e/ pas plus ou mo9s p>faite1 elle e/ exacte ou inexacte4 ,l'hi/oire du problme des trois corps e/ semblable4 ,les travaux ma?matiques de d',alemb]t sont innombrables4 ,n\s ne p\vons en faire le rsum4 ,il e/ impossible mme de cit] ceux qui p\rrai5t1 en l'abs5ce de t\t autre titre1 assur] son nom une place leve dans l'hi/oire de la sci5ce4 ,ses tudes sur les cordes vibrantes sont du nombre4 ,taylor avant d',alemb]t avait rsolu le problme2 ,eul]1 ,b]n\illi et ,lagrange s'y sont ex]cs aprs lui4 ,aprs de longues et subtiles discussions1 leur dsaccord a s\v5t subsi/4 ,une gloire inconte/able re/e d',alemb]t3 il a cr l'occasion de ce problme de physique une m?ode n\velle d'analyse4 ,d',alemb]t e/ le crateur de la ?orie si fconde des quations aux drives p>tielles4 ,il faut dire t\te la vrit4 ,l'esprit de d',alemb]t1 +nieux et pr(ond sur t\tes les p>ties de la sci5ce1 se refusait sur l'une d'elles aux dmon/rations les plus claires4 ,il a t\j\rs rep\ss les pr9cipes du calcul des probabilits1 et1 dans ses discussions plusieurs fois rptes avec ,daniel ,b]n\illi1 la po/rit ne peut refus] son illu/re adv]saire l'avantage d'avoir eu raison sur t\s les po9ts4 ,malgr les travaux de ,pascal1 d',huyg5s et de ,jacques ,b]n\illi1 d',alemb]t refuse de voir dans le calcul des probabilits une bran*e lgitime des ma?matiques4 ,le problme qui fut le po9t de d"p de ses d\tes et l'occasion de ses critiques e/ re/ clbre dans l'hi/oire de la sci5ce s\s le nom de problme de ,sa9t-,pt]sb\rg4 ,on suppose qu'un j\eur1 ,pi]re1 jette une pice en l'air autant de fois qu'il faut p\r am5] face4 ,le jeu s'arrte alors et il paye son adv]saire ,paul1 #a franc s'il a suffi de jet] la pice une fois1 #b francs s'il a fallu la jet] deux fois1 #d francs s'il y a eu trois c\ps1 puis #h francs1 #af francs1 et a9si de suite en d\blant la somme *aque fois que l'arrive de face e/ ret>de d'un c\p4 ,on dem&e combi5 ,paul doit pay] quitablem5t en *ange d'un tel engagem5t8 ,le calcul fait p> ,daniel ,b]n\illi1 qui avait propos le problme1 exige que l'enjeu de ,paul soit inf9i4 ,quelque somme qu'il paye ,pi]re avant de comm5c] le jeu1 l'avantage s]a de son ct2 tel e/ le s5s du mot inf9i4 ,ce rsultat1 quoique rig\reusem5t dmontr1 semble contraire aux indications du bon s5s4 ,aucun homme raisonnable ne v\drait pay] c5t francs les promesses de ,pi]re4 ,l'esprit de d',alemb]t1 p\r rep\ss] ce p>adoxe1 rejetait avec dda9 les pr9cipes qui y conduis5t1 en proposant1 p\r en ni] la rigueur et en conte/] l'vid5ce1 les raisonnem5ts les mo9s fonds et les plus s+ulires objections4 ,il refuse1 p> exemple1 aux gomtres le droit d'assimil] dans leurs dductions c5t preuves faites successivem5t avec la mme pice c5t autres faites simultanm5t avec c5t pices diffr5tes4 ,les *ances1 dit-il1 ne sont pas les mmes dans les deux cas1 et la raison qu'il en donne e/ fonde sur un s+uli] sophisme3 ,il e/ trs possible1 dit-il1 et mme facile de produire le mme vnem5t en un seul c\p autant de fois qu'on le v\dra1 et il e/ au contraire trs difficile de le produire en plusieurs c\ps successifs1 et peut-tre impossible1 si le nombre des c\ps e/ trs gr&4 ,si j'ai1 aj\te d',alemb]t1 deux c5ts pices dans la ma9 et que je les jette en l'air la fois1 il e/ c]ta9 que l'un des c\ps croix ou pile se tr\v]a au mo9s c5t fois dans les pices jetes1 au lieu que1 si l'on jetait une pice successivem5t en l'air c5t fois1 on j\]ait peut-tre t\te l't]nit avant de produire croix ou pile c5t fois de suite4 ,e/-il ncessaire de faire rem>qu] que les deux cas assimils sont entirem5t di/9cts1 et que jet] deux c5ts pices en l'air p\r *oisir aprs c\p les c5t qui t\rn5t la mme face1 c'e/ absolum5t comme si l'on jetait en l'air une pice deux c5ts fois de suite1 en *oisissant aprs1 p\r les compt] seules1 les preuves qui ont f\rni le rsultat dsir8 ,dans cette discussion1 qui d'ailleurs n'occupe qu'une bi5 faible place p>mi ses opuscules1 d',alemb]t se trompe compltem5t et sur t\s les po9ts4 ,son esprit1 dsireux de lumire1 t\j\rs prt dcl>] impntrable ce qui lui semble obscur1 tait plus qu'un autre expos au pril de condamn] lgrem5t les raisonnem5ts si glissants et si f9s du calcul des *ances4 ,quant au p>adoxe du problme de ,sa9t-,pt]sb\rg1 il disp>at entirem5t lorsqu'on int]prte exactem5t la rponse du calcul3 une conv5tion quitable n'e/ pas une conv5tion indiffr5te p\r les p>ties2 cette di/9ction claircit t\t4 ,un jeu peut tre la fois trs ju/e et trs draisonnable4 ,supposons1 p\r mettre cette vrit dans t\t son j\r1 que l'on propose mille p]sonnes possdant *acune un million de =m] en commun un capital d'un milli>d1 qui s]a ab&onn l'une d'elles dsigne p> le sort1 t\tes les autres re/ant ru9es4 ,le jeu s]a quitable1 et p\rtant aucun homme s5s n'y v\dra pr5dre "p4 ,en t]mes plus simples et plus vid5ts encore3 un trs gros jeu e/ ins5s sans tre inique4 ,le problme de ,sa9t-,pt]sb\rg (fre1 s\s l'app>5ce d'un jeu trs modr1 dans lequel on doit vraisemblablem5t pay] quelques francs seulem5t1 des conv5tions qui peuv5t1 dans des cas qui n'ont ri5 d'impossible1 r5dre la p]te colossale4 ,les plus gr&s gomtres ont crit sur le calcul des probabilits2 presque t\s ont commis des erreurs3 la cause en e/1 le plus s\v5t1 au dsir d'appliqu] des pr9cipes des problmes qui p> leur nature *app5t la sci5ce4 ,d',alemb]t commet la faute oppose3 il nie les pr9cipes4 ,impos] aux has>ds des lois ma?matiques e/ p\r lui un contres5s2 il rejette le problme et dt\rne les yeux4 ,les gomtres1 sur ce po9t1 n'avai5t qu'un p>ti pr5dre1 celui de ne pas le lire4 ,il n'a jamais connu la "q4 ,daniel ,b]n\illi l'a invit se mettre au fait des matires dont il p>le4 ,d',alemb]t l'a trait d'imp]t95t3 ils avai5t t\s les deux raison4 ,lorsque1 trop confiant dans la ?orie1 on l'invoque dans des cas o elle n'a que faire1 le scepticisme repr5d l'avantage4 ,la clbre "q de l'inoculation en (fre un exemple4 ,l'inoculation1 au ,x,v,i,i,ie sicle1 avant la dc\v]te de la vacc9e1 tait p\r les familles le p>ti le plus sage2 l'tude des faits le r5dait vid5t1 mais il ne fallait pas ml] de =mules la discussion3 telle e/ la ?se de d',alemb]t4 ,il l'a1 selon sa c\tume1 s\t5ue avec *aleur et esprit2 il adopte la bonne cause et combat ceux qui la df5d5t mal2 n\s ne devons pas pass] s\s sil5ce ce rle qui lui fait honneur4 ,la "q de fait dom9e t\t2 elle repose sur des *iffres inc]ta9s4 ,les /ati/iques n'tai5t pas d'accord4 ,d',alemb]t1 dont la conclusion e/ rsolum5t favorable l'inoculation1 allgue surt\t le trs petit nombre des dcs1 =t infrieur1 suivant les r5seignem5ts les plus c]ta9s1 celui qu'on avait propos d'abord en conseillant p\rtant de brav] le dang]4 ,sur deux c5ts inoculs1 avait dit ,daniel ,b]n\illi1 il en meurt un en moy5ne dans le mois qui suit l'opration4 ,si cela tait vrai1 rpond d',alemb]t1 il faudrait laiss] *acun libre4 ,*acun1 comme dit ,pantagruel1 s]ait arbitre de ses propres p5ses et de soy-mme pr5drait conseil2 mais le *iffre e/ exagr4 ,les prcautions *aque j\r mieux connues ont r5du le nombre des victimes dix fois mo9dre et p\rront le rduire encore4 ,sans insi/] sur ces *iffres d\teux1 la ?se qu'il s\ti5t e/ celle-ci3 ,l'valuation de la vie moy5ne n'a p\r une telle "q ri5 qui soit dcisif4 ,il n'e/ pas vrai que1 la vie moy5ne tant suppose1 p> exemple1 de v+t-c9q ans p\r les hommes de tr5te ans bi5 portants1 t\te innovation qui la port]a v+t-sept ans doive tre accepte comme un avantage4 ,supposons1 p\r c>t] t\te hsitation1 que la petite vrole soit la seule maladie mortelle2 on sait gurir t\tes les autres2 quiconque ne meurt pas de celle-l atte9dra l'ge de c5t ans4 ,les ravages de cette maladie unique sont cep5dant t]ribles2 ils rduis5t de quatre-v+ts ans soixante la vie moy5ne d'un homme de v+t ans4 ,l'inoculation--c'e/ l'hypo?se--fait m\rir1 le l5dema9 du j\r o elle e/ pratique1 le c9quime de ceux qui s'y expos5t4 ,la vie moy5ne1 si t\s se font inocul] v+t ans1 s'lv]a--le calcul e/ facile--de soixante ans soixante-quatre4 ,qui os]ait cep5dant1 dans de telles conditions1 je ne dis pas conseill]1 mais pratiqu] l'opration8 ,quel mdec9 cons5tirait se prs5t] dans une ville1 (frant mille habitants jeunes et bi5 portants d'accrotre de quatre ans leur vie moy5ne1 en se faisant accompagn] de deux c5ts c]cueils de/9s recevoir le l5dema9 ceux qui n'auront pas acquis la c]titude de vivre c5t ans8 ,l'accroissem5t de la vie moy5ne sembl]ait =t indiffr5t4 ,devant la cra9te de m\rir dema91 quels que soi5t les raisonnem5ts1 disp>aiss5t t\tes les esprances et t\tes les cra9tes relatives aux quatre-v+ts annes qui suiv5t4 ,d',alemb]t dans ses crits ma?matiques manque d'lgance et de cl>t4 ,comm5t ce savant univ]sel1 n\rri aux tudes classiques1 habile diss]t] spirituellem5t et avec loqu5ce sur les sujets les plus div]s1 cet criva9 clbre p\r la vigueur et la prcision de son /yle1 p]d-il son habilet et sa grce en rdigeant ses belles dc\v]tes8 ,je has>d]ai une explication4 ,d',alemb]t aucune poque de sa vie n'a v\lu tre pr(esseur4 ,au sortir du collge et p5dant ses tudes en droit1 grce aux #abjj livres lgues p> son pre1 il dim9uait1 en la p>tageant1 la gne de ses p>5ts adoptifs4 ,leur ord9aire de pauvres artisans suffisait la simplicit de ses gts4 ,rsign comme son ami ,did]ot revtir s\v5t un co/ume en dsaccord avec la saison1 il n'a jamais cons5ti comme lui *ang] son temps contre un salaire4 ,did]ot n\s appr5d sans emb>ras que1 pr(itant de t\te occasion1 il enseignait p\r gagn] le pa9 quotidi5 les sci5ces aussi volonti]s que les lettres4 ,que faisiez-v\s dans l'alle des ,s\pirs8 --,une assez tri/e figure4 --,au sortir de l v\s battiez le pav4 --,d'accord4 --,v\s donniez des leons de ma?matiques4 --,sans en savoir un mot4 ,n'e/-ce pas l que v\s v\lez en v5ir8 --,ju/em5t4 --,j'appr5ais en montrant aux autres et j'ai fait quelques bons lves4 ,d',alemb]t1 en cela comme s\s beauc\p d'autres rapports1 dissemblait de son ami ,did]ot3 ,did]ot enseignait les ma?matiques sans les savoir2 d',alemb]t les savait1 mais n'a jamais v\lu v5dre une heure de son temps4 ,dem&ez1 dit ailleurs ,did]ot le neveu de ,rameau1 son cynique int]locuteur1 dem&ez votre ami d',alemb]t1 le coryphe de la sci5ce ma?matique1 s'il s]ait trop bon p\r en faire les lm5ts4 ,d',alemb]t ne se posait pas la "q1 jamais il n'a =m d'lve1 et jamais1 dans le dsir d'tre compris des intellig5ces p>esseuses et rebelles1 il n'a fait ef=t p\r tre1 comme disait ,desc>tes1 transc5d5talem5t clair4 ,on raconte qu'un jeune homme abordant le calcul diffr5tiel y r5contrait des contradictions qui1 s'il e/ mal enseign1 peuv5t rellem5t s'y tr\v]4 ,il osa consult] d',alemb]t1 illu/re dj et1 comme disait ,did]ot1 coryphe admir des sci5ces ma?matiques4 ,la rponse e/ re/e clbre3 ,allez en avant1 la foi v\s vi5dra4 ,ce mot brillant1 mais dp\rvu de t\te vrit1 explique assez bi5 les dfauts de d',alemb]t4 ,il se rs]ve d'clair] *aque page p> la lecture de la suivante2 c'e/ ce qu'on appelle manqu] de m?ode4 ,si d',alemb]t n'avait pas t\j\rs dans ses compositions gomtriques le /yle net et prcis d',euclide1 il runissait un haut degr1 avec une rputation t\j\rs croissante1 les qualits dsires dans un secrtaire p]ptuel de l',acadmie des sci5ces4 ,trop jeune p\r remplac] ,font5elle1 il aurait t1 s'il l'avait v\lu1 le successeur de ,mairan ou celui de ,gr&jean de ,f\*y4 ,plusieurs fois dans sa correspondance il fait allusion p\r les dm5tir aux bruits rp&us ce sujet4 ,la voix publique une premire fois le dsignait p\r remplir une place que le titulaire n'avait pas le dsir de quitt]4 ,d',alemb]t ne p\vait admettre qu'on lui prtt de telles int5tions4 ,il crivait ,mme du ,deffant1 amie dv\e de celui qui1 bi5 ou mal1 comme dit d',alemb]t1 occupait la place3 ,je suis t\j\rs et plus que jamais dans les dispositions o v\s m'avez vu de ne ri5 dem&]2 je ne p5se po9t du t\t1 et n'ai jamais p5s la place de secrtaire de l',acadmie des sci5ces1 je s]ais trs f*1 qu& je le p\rrais1 d'en dp\ill] celui qui la remplit bi5 ou mal4 ,je ne veux po9t non plus all] sur les brises de ,montigny qui1 je crois1 p5se cette place1 en cas que ,dieu ou ,m4 d',arg5son1 s\s sa figure1 dispose du titulaire2 si j'ai fait la prface de l',encyclopdie1 'a t p\r contribu] de mon mieux au bi5 de l'ouvrage2 l'g>d des deux loges 7allgus comme preuve de sa c&idature71 je ne les ai faits que p>ce que les auteurs du ,m]cure me les ont dem&s4 ,je n'ai eu dans t\t cela aucune vue d'intrt et de =tune et po9t d'autre que de pr\v] qu'on peut tre gomtre et avoir le s5s commun4 tes-v\s cont5te prs5t1 madame1 et me condamn]ez-v\s sur la p>ole de ,m4 ,sim>d1 c>1 selon ce que l'abb ,canaye m'crit1 je vois que v\s tes =t en colre4 ,je lui p>donne cette dm>*e1 p>ce qu'il n'a po9t eu envie de me dsoblig]2 je v\s p>donne mme de l'avoir cru1 mais je ne v\s p>donn]ais pas de le croire encore4 ,il crivait plus t>d ,lagrange3 ,depuis que je v\s ai crit1 j'ai acquis une dignit1 celle de secrtaire de l',acadmie franaise1 vacante p> la mort de mon ami ,duclos4 ,cette place n'e/ pas =t avantageuse1 mais en rcomp5se elle donne peu de besogne faire1 ce qui me convi5t =t dans l'tat o je suis4 ,il n'en e/ pas de mme de la place de secrtaire de notre ,acadmie des sci5ces1 qui vraisemblablem5t ne t>d]a pas vaqu]1 et que je travaille faire retomb] notre ami ,condorcet qui la remplira m]veilleusem5t4 ,d',alemb]t1 lu l',acadmie franaise en #agee1 sans jamais dlaiss] la sci5ce1 portait depuis longtemps v]s les lettres1 la philosophie et les polmiques de p>ti la plus gr&e "p de son activit4 ,le dv\em5t de d',alemb]t p\r ceux qu'il aimait tait sans limite et t\j\rs prt1 mais il aimait peu de monde4 ,jovial et famili] avec les indiffr5ts1 il avait le don de leur plaire1 les traitait en amis sans s'engag] ri51 et sa v]ve satirique1 qui s\v5t dpassait sa p5se1 pr5ait en s'ex]ant sur eux l'app>5ce d'une trahison4 ,il se plaisait peu p>mi ses confrres de l',acadmie des sci5ces et1 sans v\loir s'en faire des ennemis1 p>lait s\v5t d'eux comme s'ils l'avai5t t4 ,sa correspondance avec ,lagrange e/ t\te sci5tifique2 l',acadmie des sci5ces y semble occup] le c5tre de ses p5ses et de sa vie4 ,dans la lib]t d'un comm]ce intime1 il dit sans y atta*] d'importance ce qu'il p5se de *acun4 ,le secrtaire p]ptuel1 ,gr&jean de ,f\*y1 dont il de/9e la succession son ami ,condorcet1 e/ nglig5t et inepte4 ,l'pi?te de ,vidaze semble faite p\r lui comme celle de3 aux pi$s lg]s1 p\r ,a*ille4 ,qu& le nom de ,lal&e se r5contre s\s sa plume1 une pi?te injurieuse le prcde ou le suit4 ,les diteurs de la correspondance ont remplac l'une d'elles p> des po9ts2 n\s imit]ons leur rs]ve4 ,lagrange1 en appr5ant p> un ti]s la rconciliation de d',alemb]t avec celui qu'il traitait si mal1 m>que un tonnem5t bi5 naturel4 ,d',alemb]t lui rpond3 ,a propos de ,lal&e1 il e/ vrai que n\s sommes raccommods p>ce qu'il en a tmoign un gr& dsir et qu'au fond je suis bon diable4 ,le mot e/ trs ju/e2 d',alemb]t a des colres et des mots piquants1 il dit sur t\s t\te la vrit1 mais n'en veut p]sonne4 ,le vaniteux ,fonta9e1 quoi qu'en ait dit ,did]ot1 n'tait ni e/im ni aim de d',alemb]t4 ,il en p>le s\v5t avec dda91 et qu& il annonce sa mort ,lagrange1 c'e/ avec plus que de l'indiffr5ce4 ,monsieur ,fonta9e e/ mort dans un tat =t misrable1 accabl de dettes et mme ru92 le t\t p> sa faute et p\r avoir eu la vanit de v\loir tre seigneur de p>oisse et d'avoir a*et p\r cela une t]re qu'on lui a v5due un prix f\ et qu'il n'a pas pu pay]4 ,c'tait un homme de gnie1 mais d'ailleurs un =t vila9 homme4 ,la socit gagne sa mort encore plus que la gomtrie n'y p]d4 ,fonta9e n'tait pas un homme de gnie1 d',alemb]t le savait bi51 mais il fallait aiguis] la po9te de l'pigramme4 ,lagrange rpond3 ,j'ai t =t t\* de la mort de ,m4 ,fonta9e et surt\t des circon/ances qui l'ont accompagne1 quoiqu'il se ft d*an contre moi sans rime ni raison4 ,le s\v5ir de ses anci5nes bonts p\r moi m'emp*ait cep5dant de lui v\loir du mal4 ,les traits lancs p> d',alemb]t contre ses confrres sont cont9uels4 ,lorsque ,lagrange e/ nomm associ trang] de l',acadmie des sci5ces1 une voix manque l'unanimit4 ,c'e/ celle d'un mdec9 nomm ,hriss5t1 trs plat sujet et bi5 m*ant b\gre4 ,lorsque l',acadmie *oisit l'abb ,bossut1 gomtre e/imable1 auteur d'une trs bonne hi/oire des ma?matiques1 d',alemb]t crit en annonant ce *oix3 ,n\s avions p\rtant gr& beso9 de gomtres4 ,dep>cieux1 homme projets utiles1 que ,voltaire a appel gr& gomtre1 e/ c>actris p> d',alemb]t comme un de ces hommes qu'il e/ bon d'avoir dans les ,acadmies af9 que les g5s en place soi5t p]suads qu'elles sont bonnes quelque *ose4 ,d',alemb]t d'ailleurs--c'e/ la fois une explication et une excuse--n'p>gne pas ses propres ouvrages ses jugem5ts ddaigneux ou svres4 ,je m'amuse1 crit-il ,lagrange1 faire imprim] deux volumes d'opuscules qui compr5n5t t\s les rogatons gomtriques que j'imprime1 p\r m'en db>rass]1 comme les femmes qui p\s5t leurs amants p\r s'en dfaire4 ,je ne quitt]ai pas la correspondance entre d',alemb]t et ,lagrange sans y relev] un trait piquant qui tr\v]ait difficilem5t place ailleurs4 ,d',alemb]t protgeait et aimait le jeune ,lagrange2 il avait1 lors d'un voyage de ,tur9 ,p>is1 recomm& le gr& gomtre son ami ,voltaire1 dont le doma9e des ,dlices se tr\vait sur la r\te4 ,le jeune protg de d',alemb]t1 accueilli gracieusem5t p> l'auteur de la ,h5riade1 de ,zare1 de l',essai sur les moeurs et de ,c&ide1 il y en avait p\r t\s les gts1 ne p>ut nullem5t bl\i4 ,il crit d',alemb]t3 ,j'ai pass p> ,g5ve1 comme je me l'tais propos1 et1 la faveur de votre recomm&ation1 j'ai eu l'honneur de dn] *ez ,monsieur de ,voltaire1 qui m'a fait un trs gracieux accueil4 ,il tait ce j\r-l en humeur de rire et ses plaisant]ies tombai5t t\j\rs1 comme de c\tume1 sur la religion1 ce qui amusa beauc\p t\te la compagnie4 ,c'e/1 en vrit1 un orig9al qui mrite d'tre vu4 ,voltaire n'a pas mme rem>qu le gomtre2 le nom de ,lagrange dans ses lettres n'e/ pas prononc4 ,on l'aurait bi5 surpris en lui prdisant que ce jeune homme insignifiant1 qui le tr\vait curieux voir1 occup]ait dans l'hi/oire de l'esprit huma9 une place plus haute s9on plus gr&e que la si5ne4 ,l'esprit de d',alemb]t e/ complexe1 mais son coeur e/ facile connatre4 ,l'ef=t ncessaire p\r la dissimulation dpassait ses =ces4 ,ses amitis1 ses am\rs1 ses dda9s et ses ha9es1 son incrdulit et son scepticisme tai5t connus de quiconque l'appro*ait1 et lorsque1 dsireux de tranquillit1 il pr5ait la rsolution d'tre correct et prud5t1 il ne t>dait pas rire de lui-mme1 comme il v\lait rire de ,t\t4 ,,*apitre ,,iii ,d',,alemb]t ,,et ,l',,encyclop,,die ,dans la satire trop vante de l'envieux ,gilb]t1 dont1 p> une r>e et inju/e =tune1 les v]s +nieusem5t m*ants sont presque t\s demeurs clbres1 on a s\v5t cit le trait lanc au froid d',alemb]t3 444,*anceli] du ,p>nasse1 ,qui se croit un gr& homme et fit une prface4 ,on ne saurait plus mal dire4 ,les amis de d',alemb]t le traitai5t d'illu/re1 les envieux s'incl9ai5t devant lui4 ,sa gloire tait c]ta9e1 il ne p\vait f]m] les yeux l'vid5ce1 il tait gr&1 jamais il ne fut fi]4 ,simple et sans prt5tions1 il compr5ait t\t et s'intressait t\t4 ,son rire t9celant bravait les lois du dcorum2 prompt saisir les ridicules1 habile les imit]1 excell5t mime1 quelquefois b\ffon1 d',alemb]t se plaisait l'tonnem5t de ceux qui mesur5t l'importance d'un p]sonnage la dignit de ses manires4 ,did]ot1 dont l'influ5ce fit p>tag] d',alemb]t la t*e imm5se de l',encyclopdie1 avait avec lui1 malgr la gr&e diffr5ce de c>actre et de tal5t1 un fonds d'ides communes qui les rappro*ai5t et p\vai5t ma9t5ir leur amiti4 ,libres t\s deux de t\te ambition1 avec la mme ardeur p\r l'tude et p\r les travaux de l'esprit1 ils tai5t galem5t curieux de sci5ce1 d'art1 de littrature1 de philosophie1 en enveloppant dans un mme scepticisme t\tes les que/ions qui1 de prs ou de lo91 app>ti5n5t la ?ologie4 ,l'exemple de leur vie et de leur noble c>actre peut s]vir d'argum5t sans rplique qui v\dra conva9cre les esprits les plus prv5us que la bont1 le dv\em5t1 le ds9tressem5t et la v]tu ne sont l'apanage d'aucune secte1 le privilge d'aucune croyance4 ,l',encyclopdie fut d'abord une entreprise de librairie4 ,les polmiques religieuses n'inspirai5t d',alemb]t qu'loignem5t et dda94 ,satisfait de p5s] librem5t1 il ne dem&ait aux autres que la tolrance1 mais il la v\lait p\r lui-mme et p\r t\s4 ,c'tait une dcl>ation de gu]re4 ,l',encyclopdie anglaise de ,*amb]s1 ,londres1 enri*issait les diteurs4 ,le premi] projet tait de la traduire4 ,did]ot avait fait ses preuves4 ,il ne traduisait pas1 il trans=mait4 ,en prtant un auteur obscur l'clat de son propre /yle et la h>diesse de ses p5ses1 il ne trahissait que lui-mme2 sa plume infidle ne p\vait ri5 crire de mdiocre4 ,la t*e1 mme re/re9te au programme primitif1 tait imm5se4 ,en s'associant d',alemb]t d'abord1 puis une petite arme1 dont il dev9t l'me1 ,did]ot ne prvoyait pas la campagne ret5tissante qu'il devait dirig]4 ,d',alemb]t1 s\cieux de son repos1 aurait refus de s'y associ]4 ,le prospectus de l',encyclopdie lui donnait p\r titre3 ,encyclopdie ou ,dictionnaire raisonn des sci5ces1 des arts et des mti]s4 ,l'ordre alphabtique tait adopt4 ,on compr5d mal la conv5ance d'associ] le tableau des ides et du savoir huma9 une srie d'articles se succdant sans ordre ni m?ode4 ,les diteurs p5sai5t autrem5t1 et le disc\rs prlim9aire1 en assignant dans *aque sci5ce la place de *aque "q1 et *aque sci5ce sa place dans le dveloppem5t de l'esprit huma91 devait corrig]1 en in/ruisant le lecteur1 le dfaut de m?ode accept p\r la commodit des re*]*es4 ,un *ef-d'oeuvre d'ailleurs e/ t\j\rs bi5v5u4 ,did]ot en att5dait un de d',alemb]t4 ,uniquem5t s\cieux de l'intrt de l'oeuvre1 au-dessus1 p> son c>actre1 de la vanit et mme de l'orgueil1 il lui importait surt\t de prp>] un succs son ami4 ,le disc\rs prlim9aire s]vant de prface l',encyclopdie conti5t1 dit d',alemb]t1 la qu9tess5ce des connaissances ma?matiques1 philosophiques et littraires acquises p> v+t annes d'tudes4 ,il fait a9si remont] ses mditations au j\r de son entre au collge des ,quatre-,nations4 ,le disc\rs conti5t deux p>ties di/9ctes3 l'exposition dtaille de l'ordre dans lequel sont nes les div]ses bran*es du savoir huma91 et le tableau hi/orique du progrs depuis la ,r5aissance jusqu' nos j\rs4 ,le premi] problme e/ insoluble4 ,n\s ne savons les orig9es en aucun g5re4 ,il faut donc dev9]4 ,on e/ c]ta9 de propos] des vrits d\teuses1 c]ta9 aussi de n'tre pas conva9cu d'erreur4 ,t\tes nos connaissances vi5n5t p> les s5s1 tel e/ le po9t de d"p de d',alemb]t4 ,la prcision n'e/ qu'app>5te1 l'ass]tion e/ vague4 ,veut-on dire qu'un aveugle1 s\rd et muet de naissance1 dp\rvu des organes du t\*]1 n\rri p> une sonde1 n'acqu]rait1 s'il p\vait vivre1 qu'un bi5 petit nombre d'ides8 ,on l'accord]a sans pe9e4 ,les s5s sont ncessaires assurm5t4 ,t\t vi5t-il d'eux8 et qu'ent5d-on p> l8 ,les s5s des animaux val5t les ntres p\r le mo9s3 la s\rce des ides p\r eux n'e/ donc pas mo9s ri*e que p\r n\s4 ,p\rquoi n'arriv5t-ils pas n\s gal]8 ,helvtius a fait l'objection et tr\v la rponse4 ,les animaux n'ont pas de ma9s4 ,l'ide du moi e/ la premire4 ,la premire *ose que nos s5sations n\s appr5n5t1 c'e/ notre exi/5ce4 ,les s5sations sont-elles indisp5sables8 ,p\rrait-on concevoir un tre intellig5t dp\rvu1 faute de s5sations1 du s5tim5t de sa propre exi/5ce8 ,aprs avoir connu notre propre exi/5ce1 n\s devons nos s5sations la connaissance des objets extrieurs et1 p>mi eux1 celle de notre corps2 un s5tim5t irrsi/ible n\s fait croire la ralit de ces objets4 ,d',alemb]t1 l'appui de cette ide1 propose un s+uli] argum5t4 ,n'ayant aucun rapport1 dit-il1 entre *aque s5sation et l'objet qui l'occasionne ou du mo9s auquel n\s le rapportons1 il ne p>at pas qu'on puisse pr\v] p> le raisonnem5t de passage possible de l'un l'autre4 ,il n'y a qu'une espce d'in/9ct plus sr que la raison mme qui puisse n\s =c] fran*ir un si gr& int]valle4 ,n'e/-on pas t5t de traduire a9si3 la croyance la ralit des objets extrieurs n'e/ pas ju/ifiable p> la raison2 elle n'en e/ que plus c]ta9e8 ,t\tes les r\tes conduis5t d',alemb]t au scepticisme4 ,il ne lui semble pas qu'on puisse avoir d'ide di/9cte1 mo9s encore d'ide complte ni de la matire ni d'autre *ose4 ,qu& je me p]ds dans mes rflexions ce sujet1 crivait-il v+t ans plus t>d1 ce qui m'arrive t\tes les fois que j'y p5se1 je suis t5t de croire que t\t ce que n\s voyons n'e/ qu'un phnomne qui n'a ri51 hors de n\s1 de semblable ce que n\s imag9ons1 et j'en revi5s t\j\rs la "q du roi indi53 ,p\rquoi y a-t-il quelque *ose8 ,le gr& ,ampre1 qui1 plus s\v5t que d',alemb]t et avec plus de confiance et plus d'espoir1 aimait s'g>] dans les tnbres de la mtaphysique1 tr\vait aussi la diffr5ce entre les phnomnes et les n\mnes difficile et inc]ta9e4 ,la "q *ange de nom sans avanc] d'un pas4 ,c'e/ le problme du moi et du non-moi4 ,qu& les savants s'emb>rass5t p\r le rs\dre1 on p\rrait leur rpondre1 en p>odiant le v]s d'un gr& pote3 ,il faut p\r l'ignor] avoir fait ses tudes4 ,l'tude des objets extrieurs e/ le premi] so9 de l'homme3 elle a p\r orig9e la ncessit de g>antir notre propre corps de la d\leur et de la de/ruction4 ,il faut donc1 avant t\t1 *]*] ce qui n\s e/ utile ou nuisible4 ,cette re*]*e n\s rvle nos semblables et n\s sommes attirs v]s eux4 ,l'explication du rappro*em5t des hommes e/ trange1 il faut l'av\]4 ,mais ce qui suit l'e/ plus encore4 ,l'homme *]*e l'homme1 on en convi5t sans pe9e2 mais que tr\ve-t-il8 ,l'inju/ice et le vice1 dont la vue lui enseigne la ju/ice et la v]tu4 ,le mal que n\s pr\vons p> les vices de nos semblables1 produit en n\s la connaissance rfl*ie des v]tus opposes1 connaissance prcieuse dont une union et une galit p>faite n\s aurai5t peut-tre privs4 ,de l'ide de v]tu l'homme s'lve compr5dre la spiritualit de l'me1 l'exi/5ce de ,dieu et nos devoirs env]s lui4 ,malgr l'intrt de ces hautes vrits1 il ne faut pas1 comme on l'a dit plaisamm5t1 que le corps soit la dupe de l'immortalit de l'me4 ,telle e/ l'orig9e de l'agriculture1 de la mdec9e et des arts ncessaires4 ,avides de connaissances utiles1 les premi]s hommes ont d c>t] d'abord t\te spculation oisive2 mais l'tude de la nature entreprise p\r n\s donn] le ncessaire f\rnit avec pr(usion nos plaisirs4 ,la satisfaction d'appr5dre des vrits mme inutiles e/ une espce de sup]flu qui supple ce qui n\s manque4 ,en recueillant ce sup]flu p\r gt] l'amusem5t qui s'y atta*e1 l'esprit huma9 r5contre la physique et la mcanique1 et l'ab/raction des proprits s5sibles autres que l't5due fait natre la gomtrie4 ,cette sci5ce e/ le t]me le plus loign o la contemplation des proprits de la matire puisse n\s conduire1 et n\s ne p\rrions all] plus lo9 sans sortir de l'univ]s matriel2 mais telle e/ la m>*e de l'esprit dans ses re*]*es1 qu'aprs avoir gnralis les p]ceptions1 il revi5t sur ses pas1 recompose de n\veau les p]ceptions mmes1 et en =me peu peu et p> gradation des tres rels qui sont l'objet immdiat et direct de nos s5sations4 ,la physique ma?matique1 l'a/ronomie et1 qu& le raisonnem5t se tr\ve impuissant t\t en*an]1 la physique exprim5tale1 sont nes de ce m\vem5t rtrograde fait p> l'esprit4 ,entre les limites trs loignes de nos connaissances c]ta9es1 dont l'une e/ l'ide de n\s-mme et l'autre cette p>tie des ma?matiques qui a p\r objet les proprits gnrales des corps1 se tr\ve un int]valle imm5se ou l'intellig5ce suprme semble avoir v\lu se j\] de la curiosit huma9e1 tant p> les nuages qu'elle y a rp&us sans nombre que p> quelques traits de lumire qui sembl5t *app] de di/ance en di/ance p\r n\s attir]4 ,la nature de l'homme1 dont l'tude e/ si ncessaire1 e/ un my/re impntrable l'homme mme qu& il n'e/ clair que p> la raison seule4 ,ri5 ne n\s e/ donc plus ncessaire qu'une religion rvle qui n\s in/ruise sur tant de div]s objets4 ,de/9e s]vir de supplm5t la connaissance naturelle1 elle n\s montre une p>tie de ce qui tait ca*1 mais elle se borne ce qu'il n\s e/ absolum5t ncessaire de connatre4 ,le re/e e/ f]m p\r n\s et app>emm5t le s]a t\j\rs4 ,quelques vrits croire1 un petit nombre de prceptes pratiqu]1 voil quoi la religion rvle se rduit3 nanmo9s1 la faveur des lumires qu'elle a communiques au monde1 le peuple mme e/ plus f]me et plus dcid sur un gr& nombre de que/ions intressantes que ne l'ont t t\tes les sectes de philosophes4 ,les lecteurs de l',encyclopdie tai5t prv5us4 ,ces lignes m>qu5t aussi fran*em5t qu'on p\vait le faire sans imprud5ce t\t le programme ?ologique2 p\r un pas de plus dans cette voie la porte se s]ait f]me4 ,quelquefois cep5dant1 mais avec mo9s de lgret1 d',alemb]t imite le t\r habituel de ,voltaire4 ,d'ailleurs1 dit-il plus lo91 quelque absurde qu'une religion puisse tre 7repro*e que l'impit seule peut faire la ntre71 ce ne sont jamais les philosophes qui la dtruis5t4 ,lors mme qu'ils enseign5t la vrit1 ils se cont5t5t de la montr] sans =c] p]sonne la connatre4 ,l'avantage que les hommes ont tr\v t5dre la sphre de leurs ides soit p> leurs propres ef=ts1 soit p> le sec\rs de leurs semblables1 leur a fait p5s] qu'il s]ait utile de rduire en art la manire mme d'acqurir des connaissances et celle de se communiqu] rciproquem5t leurs p5ses4 ,cet art a donc t tr\v et nomm logique4 ,la sci5ce de la communication des ides ne se borne pas mettre de l'ordre dans les ides mmes2 elle doit appr5dre encore exprim] *aque ide de la manire la plus nette4 ,la sci5ce du langage e/ dev5ue ncessaire1 et comme les hommes en se communiquant leurs ides *]*5t aussi se communiqu] leurs passions1 l'loqu5ce e/ une arme ncessaire4 ,faite p\r p>l] au s5tim5t comme la logique et la grammaire p>l5t l'esprit1 elle impose sil5ce la raison mme1 mais les rgles ici ne peuv5t suppler au tal5t1 et le gnie ne peut se rduire en prceptes4 ,il ne n\s suffit pas de vivre avec nos contempora9s et de les dom9] p\r embrass] le pass et l'av5ir4 ,de l1 l'orig9e de l'hi/oire4 ,les bran*es pr9cipales se divis5t en une inf9it d'autres1 dont l'numration s]ait imm5se et app>ti5t plus l',encyclopdie qu' la prface4 ,les beaux-arts jusqu'ici n'ont pas t m5tionns4 ,e/-il ncessaire de les df9ir et d'en *]*] l'orig9e8 ,d',alemb]t s'e/ donn la t*e de t\t en*an] logiquem5t4 ,il e/1 dit-il1 une autre espce de connaissances rfl*ies dont n\s devons ma9t5ant p>l]4 ,elles consi/5t dans les ides que n\s n\s =mons n\s-mmes1 en imag9ant et composant des tres semblables ceux qui sont l'objet de nos ides directes4 ,c'e/ ce qu'on nomme l'imitation de la nature1 si connue et si recomm&e p> les anci5s4 ,comme les ides directes qui n\s frapp5t le plus vivem5t sont celles dont n\s cons]vons plus vivem5t le s\v5ir1 ce sont aussi celles que n\s *]*ons le plus rveill] en n\s p> l'imitation de leurs objets4 ,si les objets agrables n\s frapp5t plus1 tant rels1 que simplem5t reprs5ts1 ce qu'ils p]d5t d'agrm5t en ce d]ni] cas e/ en quelque manire comp5s p> celui qui rsulte du plaisir de l'imitation4 l'g>d des objets qui n'excit]ai5t1 tant rels1 que des s5tim5ts tri/es ou tumultueux1 leur imitation e/ plus agrable que les objets mmes1 p>ce qu'elle n\s place cette ju/e di/ance o n\s pr\vons le plaisir de l'motion sans en ress5tir le dsordre2 c'e/ dans cette imitation des objets capables d'excit] en n\s des s5tim5ts vifs ou agrables1 de quelque nature qu'ils soi5t1 que consi/e1 en gnral1 l'imitation de la belle nature1 sur laquelle tant d'auteurs ont crit sans en donn] d'ide nette4 ,ce que n\s savons de l'hi/oire semble s'accord] mal avec l'en*anem5t expos p> d',alemb]t4 ,il prvoit l'objection4 ,qu& on considre depuis l'poque de la ,r5aissance les progrs de l'esprit huma91 on tr\ve1 dit-il1 que les progrs se sont faits dans l'ordre qu'ils devai5t naturellem5t suivre4 ,cet ordre e/ prcism5t le contraire de celui que propose le disc\rs4 ,en sortant d'un long int]valle d'ignorance que des sicles de lumire avai5t prcd1 la rgnration des ides a d ncessairem5t tre diffr5te de leur gnration primitive4 ,un gr& pote a dit3 ,le prs5t au has>d flotte sur le pass4 ,d',alemb]t ne veut pas croire au has>d4 ,la p>tie la plus brillante du disc\rs prlim9aire e/ le tableau trac1 d'aprs l'hi/oire1 de la m>*e de l'esprit huma9 depuis son r5\vellem5t p> l'inv5tion de l'imprim]ie et l'migration des savants du ,bas-,empire apportant les ri*esses de l'antiquit4 ,le /yle convi5t au sujet2 il e/ digne la fois des gr&es que/ions qu'on aborde1 des gr&s hommes que l'on juge et du gr& esprit qui rvle sa puissance4 ,les *efs-d'oeuvre que les anci5s n\s avai5t laisss dans presque t\s les g5res1 avai5t t oublis p5dant d\ze sicles4 ,les pr9cipes des arts et des sci5ces tai5t p]dus1 p>ce que le beau et le vrai1 qui sembl5t se montr] de t\tes p>ts aux hommes1 ne les frapp5t gure mo9s qu'ils ne soi5t av]tis4 ,ce n'e/ pas que ces temps malheureux ai5t t plus /riles que d'autres en gnies r>es4 ,la nature e/ t\j\rs la mme2 mais que p\vai5t faire ces gr&s hommes sems de lo9 en lo91 comme ils le sont t\j\rs1 occups d'objets diffr5ts et ab&onns sans culture leurs lumires8 ,les ides qu'on acqui]t p> la lecture et p> la socit sont le g]me de presque t\tes les dc\v]tes4 ,c'e/ un air que l'on respire sans y p5s] et auquel on doit la vie2 les hommes dont n\s p>lons tai5t privs d'un tel sec\rs4 ,celui qui inv5ta les r\es et les pignons et inv5t les montres dans un autre sicle1 et ,g]b]t au temps d',ar*imde l'aurait peut-tre gal4 ,d',alemb]t semble plus heureux qu'emb>rass de l'imm5sit de sa t*e4 ,il trace avec ardeur et vivacit le tableau des progrs de la posie4 ,ses jugem5ts p>fois peuv5t caus] quelques surprises4 ,au lieu d'enri*ir la langue franaise1 on *]*a d'abord la dfigur]4 ,rons>d en fit un j>gon b>b>e1 hriss de grec et de lat92 mais heureusem5t il la r5dit assez mconnaissable p\r qu'elle devnt ridicule4 ,d',alemb]t n'aurait-il pas mieux fait de pass] ,rons>d s\s sil5ce1 comme il a fait de ,clm5t ,m>ot8 ,p\r lui1 comme p\r ,boileau1 la posie franaise comm5ce ,malh]be4 ,son admiration e/ s9cre et l'inspire heureusem5t4 ,malh]be1 n\rri de la lecture des excell5ts potes de l'antiquit1 et pr5ant comme eux la nature p\r modle1 rp&it le premi] dans notre posie une h>monie et des beauts aup>avant inconnues4 ,balzac1 auj\rd'hui trop mpris1 donne notre prose de la noblesse et du nombre4 ,les criva9s de ,port-,royal cont9ur5t ce que ,balzac avait comm5c2 ils y aj\tr5t cette prcision1 cet heureux *oix des t]mes et cette puret qui ont cons]v jusqu' prs5t la plup>t de leurs ouvrages un air mod]ne et qui les di/+u5t d'un gr& nombre de livres suranns crits dans le mme temps4 ,corneille1 aprs avoir sacrifi p5dant plusieurs annes au mauvais gt dans la c>rire dramatique1 s'en affran*it enf91 dc\vrit p> la =ce de son gnie1 bi5 plus que p> la lecture1 les lois du ?tre1 et les exposa dans ses disc\rs admirables sur la tragdie1 dans ses rflexions sur *acune de ses pices1 mais pr9cipalem5t dans ses pices mmes4 ,rac9e1 s'ouvrant une autre r\te1 fit p>atre sur le ?tre une passion que les anci5s n'y avai5t gure connue1 et1 dveloppant les ressorts du coeur huma91 joignait une lgance et une vrit cont9ues quelques traits de sublime4 ,despraux dans son ,art potique se r5dit l'gal d',horace en l'imitant4 ,molire1 p> la pe9ture f9e des ridicules et des moeurs de son temps1 laisse lo9 d]rire lui la comdie anci5ne4 ,la ,fonta9e ft presque oubli] sope et ,phdre1 et ,bossuet alla se plac] ct de ,dmo/hne4 ,t\t cela n'e/ pas et n'tait pas mme alors bi5 n\veau1 mais suffit p\r ju/ifi] d',alemb]t d'avoir aspir pr\v]1 en l'crivant1 qu'un gomtre peut avoir le s5s commun4 ,le rle des ,itali5s1 celui des ,anglais *ez lesquels il admire sans limite l'immortel *anceli] ,bacon et le sage philosophe ,locke1 sont indiqus avec une imp>tiale ju/ice4 ,desc>tes e/ jug de haut p> un de ses pairs comme gomtre1 p> un adv]saire indulg5t p\r les autres faces de son gnie4 ,il a peut-tre t gr&1 mais il n'a pas t heureux4 ,il p>at impossible de mieux dire en mo9s de mots4 ,sur sa philosophie et sur son sy/me du monde1 d',alemb]t e/ bi5 lo9 de v\loir l'amo9drir4 ,sa m?ode aurait suffi p\r le r5dre immortel4 ,cet homme r>e1 dit-il1 dont la =tune a tant v>i en mo9s d'un sicle1 avait t\t ce qu'il fallait p\r *ang] la face de la philosophie4 ,une imag9ation =te1 un esprit trs consqu5t1 des connaissances puises dans lui-mme plus que dans les livres1 beauc\p de c\rage p\r combattre les prjugs les plus gnralem5t reu et aucune espce de dp5dance qui le =t les mnag]4 ,aussi pr\va-t-il1 de son vivant mme1 ce qui arrive1 p\r l'ord9aire1 t\t homme qui pr5d un asc5dant trop m>qu sur les autres1 il fit quelques en?\sia/es et eut beauc\p d'ennemis4 ,soit qu'il connt sa nation1 soit qu'il s'en dfit seulem5t1 il s'tait rfugi dans un pays entirem5t libre p\r y mdit] plus son aise4 ,quoiqu'il p5st beauc\p mo9s faire des disciples qu' les mrit]1 la p]scution alla le *]*] dans sa retraite1 et la vie ca*e qu'il m5ait ne put l'y s\/raire4 ,malgr t\te la sagacit qu'il avait employe p\r pr\v] l'exi/5ce de ,dieu1 il fut accus de la ni] p> des m9i/res qui1 peut-tre1 n'y croyai5t pas4 ,t\rm5t et calomni p> des trang]s et assez mal accueilli p> ses compatriotes1 il alla m\rir en ,sude1 bi5 loign sans d\te s'att5dre au succs brillant que ses op9ions eur5t un j\r4 ,on peut considr] ,desc>tes comme gomtre ou comme philosophe4 ,les ma?matiques1 dont il semble avoir fait assez peu de cas1 font nanmo9s auj\rd'hui la p>tie la plus solide et la mo9s conte/e de sa gloire4 ,la gomtrie1 qui1 p> sa nature1 doit t\j\rs gagn] sans p]dre1 ne p\vait manqu]1 tant manie p> un si gr& gnie1 de faire des progrs trs s5sibles et app>5ts p\r t\t le monde4 ,la philosophie se tr\vait dans un tat trs diffr5t4 ,t\t y tait comm5c]2 et que ne cot5t po9t les premi]s pas en t\t g5re6 ,le mrite de les faire disp5se de celui d'en faire de gr&s4 ,osons pntr] et traduire la p5se de d',alemb]t4 ,les loqu5tes rv]ies de ,platon et la savante logique d',ari/ote avai5t laiss t\t faire en philosophie4 ,on doit ,desc>tes un premi] pas1 il e/ petit et l'on att5d encore le second4 ,*ez un esprit habitu exig] la rigueur1 un tel jugem5t n'a ri5 qui doive surpr5dre4 ,mais p\rquoi tant crire alors sur la philosophie8 ,les pages sur ,newton1 quoique belles1 ne sont pas dignes d'un tel sujet4 ,d',alemb]t aurait eu bonne grce s'incl9] plus pr(ondm5t devant son vritable matre4 ,lorsque1 press p> les limites ncessaires de son oeuvre1 il salue rapidem5t les gr&s hommes en les jugeant d'un seul mot1 ce mot n'e/ pas t\j\rs heureux3 ,galile1 qui la gographie doit tant p\r ses dc\v]tes a/ronomiques1 et la mcanique p\r sa ?orie de l'acclration4 ,il y avait plus et mieux dire sur l'adv]saire victorieux du sy/me de ,ptolme4 ,huyg5s1 qui p> ses ouvrages ple9s de =ce et de gnie a su bi5 mrit] de la gomtrie et de la physique4 ,le lecteur1 s'il ne le sait dj1 peut-il dev9]1 dans ce savant qui mrite bi5 de la sci5ce1 le gnie immortel que dans son enfance on nommait ,ar*imde et dont la longue c>rire a ju/ifi ce glorieux surnom4 ,pascal1 auteur d'un trait sur la cyclode4444 ,quelle que puisse tre la suite1 d',alemb]t ici le pr5d de trop bas4 ,mais1 lo9 de rp>] une maladresse irrp>able1 il aj\te avec une froide ironie3 ,gnie immortel et sublime dont les tal5ts ne p\rrai5t tre trop regretts de la philosophie si la religion n'en avait pas pr(it4 ,ni ,galile1 ni ,huyg5s1 ni ,pascal ne sont traits suivant leur mrite4 ,la prface de d',alemb]t fut beauc\p admire4 ,les critiques les plus vives tai5t ent\res de l\anges4 ,on respectait mme en le combattant le savant qui1 dj illu/re1 montrait dans un *amp aussi va/e la pr(ondeur de son esprit et la f]met de son /yle4 ,la prface que ,m4 d',alemb]t a mise la tte de ce gr& ouvrage e/ bi5 propre prv5ir en sa faveur2 c'e/ un morceau de gnie o brille un savoir exquis revtu de t\tes les grces du /yle4 ,on y voit un esprit noble1 lev1 vraim5t philosophique1 un disc\rs n\rri1 p\r a9si dire1 de rflexions lum9euses qui =m5t un texte s]r et trs dlicat4 ,tel e/ le db de l'une des critiques les plus rem>ques et les plus libres publies sur l',encyclopdie4 ,d',alemb]t s'lve1 dans un de ses crits1 contre le gomtre 7on n'a jamais dit lequel7 qui1 en prs5ce d'une belle oeuvre de l'esprit1 dem&ait3 ,qu'e/-ce que cela pr\ve8 ,je me cont5t]ais1 aj\te-t-il1 de dem&] qu'e/-ce que cela appr5d8 ,cette "q adresse la prface de l',encyclopdie re/]ait sans rponse4 ,l',encyclopdie1 plus encore que la prface1 s\leva de vives critiques4 ,l'oeuvre de tant de ma9s tait =t 9gale4 ,on citait beauc\p de que/ions faiblem5t traites2 d'autres n'aurai5t pas d l'tre du t\t4 ,le dictionnaire1 en somme intressant et utile1 attirait surt\t l'att5tion p> le scepticisme philosophique qui y rgne4 ,voltaire1 qui prvoyait les difficults de cet imm5se programme1 e/ demi ironique1 mais aussi moiti srieux1 qu& il t]m9e p> ces mots une lettre aux deux collaborateurs3 ,adieu1 ,atlas et ,h]cule1 qui portez le monde sur vos paules4 ,tant que j'aurai un s\ffle dvie1 je suis au s]vice des illu/res auteurs de l',encyclopdie4 ,il envoie des articles de t\s g5res au bureau qui enri*it le g5re huma94 ,le g5re huma9 ne p\vait s'enri*ir en un j\r4 ,le monum5t sans av5ir s'levait trop vite4 ,d',alemb]t le comp>ait un habit d'arlequ91 o il y a quelques morceaux de bonne t(fe et beauc\p de haillons4 ,le magnifique programme planait au-dessus des dbris1 mais les ennemis1 a*>ns et nombreux1 ne v\lai5t et ne p\vai5t voir que les dtails3 ils en signalai5t d'tranges4 ,did]ot y introduisait jusqu' de longs articles extraits de la ,cuis9ire b\rgeoise4 ,l'article ,,agneau a tr5te-c9q lignes3 ,t\t ce qui se mange de l'agneau e/ dlicat4 ,on met la tte et les pi$s en potage1 on les *aude1 on les assaisonne avec le petit l>d1 le sel1 le poivre1 les cl\s de gir(le et les f9es h]bes2 on frit la c]velle aprs l'avoir bi5 saup\dre de mie de pa94444 ,bonne ou mauvaise1 et je la crois mauvaise1 cette cuis9e n'e/ pas sa place4 ,l'article ,,g5,,ve1 crit p> d',alemb]t1 a plus qu'un autre attir l'att5tion4 ,le consi/oire calv9i/e de la petite rpublique y e/ l\ d'accept]1 sans l'av\] publiquem5t1 un soc9ianisme p>fait4 ,les soc9i5s1 p]sonne ne l'ignorait alors1 feignant d'tre *rti5s1 ne croi5t ni au p>adis ni l'enf]4 ,p\r les or?odoxes1 ils mrit5t le b*]4 ,en les tolrant--c'tait l'op9ion de ,bossuet--1 on fran*irait t\tes les bornes4 ,soc9i5s ou non1 les pa/eurs prote/ai5t avec viol5ce1 et ,j4-,j4 ,r\sseau1 sans se s\ci] du fond1 qu'il dcl>ait ne pas connatre1 combattit la prt5tion de faire sans leur aveu la confession publique de leurs s5tim5ts secrets4 ,la ?se tait ju/e1 l'argum5tation facile1 et ,jean-,jacques se donna le plaisir de la dvelopp] dans quelques pages irrfutables4 ,mais la lettre clbre adresse d',alemb]t traite une "q beauc\p mo9s simple4 ,d',alemb]t avait crit3 ,on ne s\ffre pas ,g5ve de comdie2 ce n'e/ pas qu'on y dsappr\ve les spectacles en eux-mmes1 mais on cra9t1 dit-on1 le gt de p>ure1 de dissipation et de lib]t9age que les tr\pes de comdi5s rp&5t p>mi la jeunesse4 ,cep5dant ne s]ait-il pas possible de remdi] cet inconvni5t1 p> des lois svres et bi5 excutes sur la conduite des comdi5s8 ,p> ce moy5 ,g5ve aurait des spectacles et des moeurs1 et j\irait de l'avantage des uns et des autres2 les reprs5tations ?trales =m]ai5t le gt des citoy5s1 et leur donn]ai5t une f9esse de tact1 une dlicatesse de s5tim5t qu'il e/ difficile d'acqurir sans ces leons4 ,la littrature en pr(it]ait sans que le lib]t9age fit des progrs4 ,g5ve runirait la sagesse de ,lacdmone la politesse d',a?nes4 ,d',alemb]t1 son ord9aire1 appuie et dveloppe trop longuem5t4 ,peu importe ,r\sseau1 c'e/ le fond qu'il conte/e et le ?tre qu'il veut proscrire1 non p>t\t1 mais ,g5ve4 ,la lettre de ,r\sseau d',alemb]t a l't5due d'un livre2 t\s les reg>ds alors se t\rnai5t v]s lui1 les mes se p5*ai5t v]s les p>adoxes dont son /yle1 quelle que ft sa ?se1 assurait le ret5tissem5t4 ,r\sseau ne ca*e pas ses pr9cipes3 ,au premi] c\p d'oeil jet sur ces in/itutions1 dit-il1 je vois d'abord qu'un spectacle e/ un amusem5t1 et s'il e/ vrai qu'il faille des amusem5ts l'homme1 v\s convi5drez au mo9s qu'ils ne sont p]mis qu'autant qu'ils sont ncessaires1 et que t\t amusem5t inutile e/ un mal p\r un tre dont la vie e/ si c\rte et le temps si prcieux4 ,les luttes littraires plaisai5t d',alemb]t2 il rpondit en s'ef=ant1 non sans succs1 d'imit] le /yle de son adv]saire4 ,le public1 dans cette j\te oratoire que ri5 ne r5dait ncessaire1 vit cep5dant un amusem5t p]mis3 la lettre et la rponse fur5t beauc\p lues et beauc\p admires1 l'op9ion donna raison d',alemb]t1 mais dc]na le prix d'loqu5ce ,r\sseau4 ,le c>actre philosophique1 c'e/--dire antireligieux de l',encyclopdie1 devait excit] des prote/ations4 ,ds le second volume un arrt du ,conseil avait int]dit la v5te des articles dj p>us1 en s\mettant la c5sure pralable t\s ceux qui intress]ai5t l'av5ir la religion4 ,sa ,maje/ a reconnu1 disait l'arrt1 que dans les deux volumes on a affect d'insr] des maximes t5dant dtruire l'autorit royale1 tablir l'esprit d'indp5dance et de rvolte1 et1 s\s des t]mes obscurs et quivoques1 lev] les fondem5ts de l'erreur1 de la corruption des moeurs1 de l'irrligion et de l'incrdulit4 ,le g\v]nem5t tait faible2 ses irrsolutions gr&issai5t avec l'audace de ses adv]saires4 ,la df5se fut leve2 d'autres rclamations s'levr5t4 ,l'avocat gnral ,om] ,fleury1 l'une des victimes les mo9s intressantes de ,voltaire1 s'criait1 quelques annes aprs1 dans un rquisitoire demeur clbre3 ,la socit1 l'tat et la religion se prs5t5t auj\rd'hui au tribunal de la ju/ice p\r lui port] leurs pla9tes4 ,c'e/ avec d\leur que n\s sommes contra9ts de le dire1 on ne peut se dissimul] qu'il n'y ait un projet conu1 une socit =me p\r s\t5ir le matrialisme1 p\r dtruire la religion1 p\r inspir] l'indp5dance et n\rrir la corruption des moeurs4 ,quelques annes aprs1 le #h m>s #agei1 un arrt du ,conseil supprimait les lettres de privilge accordes p\r l'impression de l',encyclopdie4 ,on avait publi sept volumes4 ,d',alemb]t1 fatigu de la lutte et effray non sans excell5tes raisons1 se retira df9itivem5t4 ,une lettre adresse ,voltaire fait connatre les motifs d'une rsolution qui1 malgr les vives in/ances de ,did]ot1 demeura 9branlable3 ,oui1 sans d\te1 mon *] matre1 l',encyclopdie e/ dev5ue un ouvrage ncessaire et se p]fectionne mesure qu'elle avance2 mais il e/ dev5u impossible de l'a*ev] dans le maudit pays o n\s sommes4 ,les bro*ures1 les libelles1 t\t cela n'e/ ri52 mais croiriez-v\s que tel de ces libelles a t imprim p> des ordres suprieurs dont ,m4 de ,male%]bes n'a pu emp*] l'excution8 croiriez-v\s qu'une satire atroce contre n\s qui se tr\ve dans une feuille priodique qu'on appelle les ,affi*es de prov9ce a t envoye de ,v]sailles l'auteur avec ordre de l'imprim]1 et qu'aprs avoir rsi/ autant qu'il a pu jusqu' s'expos] p]dre son gagne-pa91 il a enf9 imprim cette satire en l'ad\cissant de son mieux8 ,ce qui en re/e1 aprs cet ad\cissem5t fait p> la discrtion du prteur1 c'e/ que n\s =mons une secte qui a jur la ru9e de t\te socit1 de t\t g\v]nem5t et de t\te morale4 ,cela e/ gaill>d2 mais v\s s5tez1 mon *] philosophe1 que si on imprime auj\rd'hui de p>eilles *oses1 p> ordre exprs de ceux qui ont l'autorit en ma91 ce n'e/ pas p\r en re/] l4 ,cela s'appelle amass] des fagots au septime volume p\r n\s jet] dans le feu au huitime4 ,n\s n'avons plus de c5seurs raisonnables espr]1 tels que n\s en avions eu jusqu' prs5t4 ,m4 de ,male%]bes a reu l-dessus les ordres les plus prcis et en a donn de p>eils aux c5seurs qu'il a nomms4 ,d'ailleurs1 qu& n\s obti5drions qu'ils fuss5t *angs1 n\s n'y gagn]ions ri52 n\s cons]v]ions alors le ton que n\s avons pris1 et l'orage recomm5c]ait au huitime volume4 ,il faudrait donc quitt] de n\veau1 et cette comdie-l n'e/ pas bonne j\] t\s les six mois4 ,si v\s connaissiez d'ailleurs ,m4 de ,male%]bes1 si v\s saviez combi5 il a peu de n]f et de consi/ance1 v\s s]iez conva9cu que n\s ne saurions compt] sur ri5 avec lui1 mme aprs les promesses les plus positives4 ,mon avis e/ donc1 et je p]si/e1 qu'il faut laiss] l l',encyclopdie et att5dre un temps plus favorable 7qui ne revi5dra peut-tre jamais7 p\r la cont9u]4 ,s'il tait possible qu'elle s'imprimt dans le pays trang] en cont9uant1 comme de raison1 se faire ,p>is1 je repr5drais mon travail1 mais le g\v]nem5t n'y cons5tira jamais2 et1 qu& il le v\drait bi51 e/-il possible que l'ouvrage s'imprime c5t ou deux c5ts lieues des auteurs8 ,p\r t\tes ces raisons1 je p]si/e en ma ?se4 ,il laissa ,did]ot t]m9] sans lui le monum5t plus va/e que gr&1 plus vite oubli que les promesses auxquelles on cont9uait croire4 ,d',alemb]t a crit en traant son propre portrait3 ,impati5t et colre jusqu' la viol5ce1 t\t ce qui le contr>ie1 t\t ce qui le blesse1 fait sur lui une impression vive1 dont il n'e/ pas le matre4 ,ce jugem5t e/ confirm p> les dtails d'une affaire peu connue1 celle du jsuite ,tolomas1 membre de l',acadmie de ,lyon1 p\rsuivi1 sur des motifs qu'on jug]a bi5 lg]s1 p> la colre de d',alemb]t qui dem&e avec insi/ance la ,compagnie dont il tait correspondant l'expulsion de celui qui l'avait1 disait-il1 (f5s4 ,le pre ,tolomas1 pr(esseur au collge de ,lyon1 la r5tre des classes1 le #cj novembre #aged1 pronona un disc\rs lat9 en prs5ce du consulat et d'une assemble nombreuse4 ,il avait pris p\r sujet l'apologie du collge et des m?odes adoptes p\r l'ducation et p\r l'enseignem5t4 ,l'int5tion tait vid5te4 ,tolomas rpondait l'article ,collge rcemm5t p>u dans l',encyclopdie1 dont l'auteur tait d',alemb]t4 ,l'attaque avait t vive1 la rponse tait de droit4 ,un jeune homme1 lisait-on dans l',encyclopdie1 aprs avoir pass dans un collge dix annes qu'on doit mettre au nombre des plus prcieuses de sa vie1 en sort1 lorsqu'il a le mieux employ son temps1 avec la connaissance trs imp>faite d'une langue morte1 avec des pr9cipes de rhtorique et des pr9cipes de philosophie qu'il doit t*] d'oubli]1 s\v5t avec une corruption de moeurs dont l'altration de la sant e/ la mo9dre suite4 ,on c\ta ,tolomas avec bi5veillance2 plus d'une allusion1 quoique faite en lat91 fut comprise et applaudie p> l'lite de la socit lyonnaise4 ,on savait alors les classiques p> coeur4 ,qu& le pre ,tolomas p>la d'un auteur ,cui nec e/ pat] nec res1 *acun se rappela un v]s d',horace et p5sa la naissance de d',alemb]t4 ,d',alemb]t crivit p\r s'en pla9dre la ,socit royale de ,lyon4 ,sa lettre e/ du #cj janvi] #agee4 ,il s'tonne de son sil5ce et att5d une ju/ice publique4 ,le secrtaire p]ptuel de la ,socit rpondit le #bb fvri] #agee que la ,socit n'avait pas ent5du le disc\rs de l'un de ses collgues1 ni ne l'a exam92 que1 prononc au collge1 ce qui s'y passe n'e/ pas de son ressort et que la seule satisfaction que la ,socit puisse lui donn] e/ de lui assur] que sa lettre a t lue en assemble gnrale1 que l'acadmici5 inculp y tait prs5t et a prote/ de son innoc5ce d'int5tion et de fait1 puisque son disc\rs ne cont5ait aucun trait qui puisse le reg>d] et qu'il (fre1 ce que la ,socit a accept1 d'crire lui-mme ,m4 d',alemb]t4 ,le pre ,braud1 savant a/ronome1 correspondant de l',acadmie des sci5ces1 crivit de ,lyon le #ba fvri] #agee ,m4 d',alemb]t p\r lui assur] que la h>angue du pre ,tolomas1 qu'il a ent5due1 ne cont5ait aucune attaque p]sonnelle contre lui4 ,le pre ,tolomas lui-mme1 le #be fvri] #agee1 crivit d',alemb]t p\r se pla9dre des prv5tions qu'on lui a donnes4 ,il ne s'e/ p]mis aucune p]sonnalit1 il a dans son disc\rs df5du les collges avec modration1 il l'a dpos entre les ma9s de ,m4 le ,prvt des m>*&s de ,lyon4 ,d',alemb]t1 dans une lettre du #ag m>s #agee1 adresse ,m4 ,b\rjelat1 cuy] du roi 7frre ,b\rjelat1 comme il le nomme en p>lant ,voltaire71 p]si/e dans sa rclamation contre l'injure du pre ,tolomas1 p>ce que1 dit-il1 la ,socit ne lui a pas r5du ju/ice4 ,il n'a pas rpondu la rponse de son secrtaire p>ce qu'il se croit quitte dsormais de t\t env]s elle4 ,il n'aurait pas cru qu'au ,x,v,i,i,ie sicle1 dans une des premires villes de ,france1 il pt y avoir une ,socit littraire qui autorise *acun de ses membres outrag] de la manire la plus indigne un homme de lettres qui n'a jamais insult qui que ce soit2 il lui dem&e de r5dre publique sa lettre la ,socit1 la rponse qu'il en a reue1 celle des deux jsuites et la prs5te4 ,il doit ce procd aux dignes membres de la ,socit de ,lyon qui1 n'ayant pu lui faire r5dre ju/ice et ne v\lant pas atte/] que la h>angue qu'ils ont ent5due ne cont5ait ri5 d'injurieux1 ont pris le p>ti de se retir]4 ,si ces lettres1 comme le dem&e d',alemb]t1 ont t runies et publies en #agee1 la bro*ure qui les conti5t e/ actuellem5t intr\vable4 ,le disc\rs manuscrit de ,tolomas n'exi/e non plus ni dans les ar*ives de la municipalit de ,lyon1 ni la biblio?que de la ville4 ,le dossi] de l'affaire d',alemb]t-,tolomas1 la biblio?que de ,lyon1 conti5t #be pices4 ,n\s en cit]ons deux seulem5t3 ,monsieur et *] confrre1 ,dans le mom5t que votre lettre1 le mmoire y jo9t et les jettons qui m'ont surpris comme *ose que je ne croyais pas avoir mrite dans les rgles1 ,m4 ,b\rjelat tait avec moi2 il m'a fait "p du sil5ce affect de ,m4 de ,male%]bes sur ce qui n\s conc]ne2 lui qui l'avait prv5u il y a quelques sema9es1 il lui a rpondu aux autres articles les mo9s importants de ses lettres et a laiss celui-l4 ,de plus1 il m'a montr une lettre de ,m4 d',alemb]t qui lui m&e que s'il avait eu l'honneur d'tre de la ,socit royale de ,lyon1 il aurait eu celui de lui crire p\r le pri] de ray] de la li/e le nom de ,?olomas ou le si54 ,ce sont ses t]mes4 ,enf9 il e/ con/ant et n\s en avons des n\velles c]ta9es1 le disc\rs du pre ,?olomas a fait une gr&e s5sation ,p>is1 et n\s avons t\t lieu de prsum] qu'il n\s fait p]dre la protection de ,m4 de ,male%]bes et mme celle de ,m4 d',arg5son1 protecteur de l',encyclopdie4 ,au surplus1 ,m4 ,b\rjelat e/ t\j\rs trs dispos n\s aid] de t\s les bons (fices qui s]ont en son p\voir4 ,il a dj t* de remdi] au premi] effet que produit le programme envoy ,m,mrs de l',encyclopdie en prote/ant que le corps n'avait ri5 de commun dans cette affaire2 il p>at nanmo9s qu'on y fait entr] p\r beauc\p notre ,compagnie4 ,j'aurais1 sitt qu'il me s]a possible1 l'honneur de confr] avec v\s plus amplem5t sur cette affaire4 ,,goiffon4 ,goiffon dans une seconde lettre se montre beauc\p plus vif2 il a pris son p>ti4 ,c'e/ avec ,m4 de ,male%]bes qu'il veut se mnag]1 et la bi5veillance de ,m4 d',arg5son qu'il ne veut pas p]dre4 ,il a d'ailleurs ent5du la h>angue et1 t\te rflexion faite1 la tr\ve injurieuse2 il prie en consqu5ce la ,socit d'accept] sa dmission4 ,c9q autres membres prir5t le mme p>ti4 ,l'un d'eux e/ le clbre ,montucla1 hi/ori5 des ma?matiques2 il hsita longtemps1 c> sa lettre e/ du #e ju9 #agee4 ,je suis extrmem5t mortifi de n'avoir v\s crire depuis que v\s tes secrtaire de la ,socit royale de ,lyon que p\r le sujet p\r lequel je le fais auj\rd'hui4 ,il m'aurait t d\x de cons]v] davantage le titre de votre associ2 mais mes liaisons avec ,m4 d',alemb]t et l'amiti dont il m'honore ne me p]mett5t pas de me rput] davantage d'un corps dont il a de ju/es motifs de se pla9dre4 ,je v\s prie1 monsieur1 de lire ma lettre l',acadmie p\r lui notifi] la dmission que je lui donne de ma qualit d'acadmici54 ,votre trs humble et trs obissant s]viteur1 ,,montucla4 ,je dois au savant doy5 de la ,facult ca?olique des sci5ces de ,lyon1 ,m4 ,valson1 un rappro*em5t curieux4 ,voltaire tait arriv ,lyon le #ae novembre #aged1 avec l'int5tion de s'y tablir4 ,la tradition rapporte mme qu'il devait fix] sa rsid5ce sur les bords de la ,sane1 prs de l'le ,b>be4 ,deux ,acadmies1 runies depuis1 exi/ai5t alors ,lyon3 l',acadmie des sci5ces et belles-lettres et l',acadmie des beaux-arts ou ,socit royale4 ,t\tes deux tai5t =t considres1 mais animes d'un esprit diffr5t4 ,la premire1 dont le membre le le plus connu1 ,fleurieu1 tait ami de ,voltaire1 favorisait les ,encyclopdi/es4 ,la seconde1 ayant p\r directeur le clbre ar*itecte ,s\fflot et patronne p> l'ar*evque de ,lyon1 le c>d9al de ,t5c91 oncle de d',alemb]t1 avait des sympa?ies t\t opposes4 ,trs fire du titre de ,socit royale1 elle s'arrogeait le premi] rang4 ,c'e/ celle-l qu'app>t5ait ,tolomas4 ,voltaire1 quelques j\rs aprs son arrive1 assi/a avec son ami ,fleurieu une sance de l',acadmie des sci5ces et belles-lettres4 ,l'ar*evque de ,lyon1 patron de l',acadmie royale1 ne p\vait aim] les allusions la naissance de son neveu2 il s'en prit ,voltaire4 ,p\r m5ac] ses crits de p\rsuites on n'avait que l'emb>ras du *oix2 il s'ent5dit avec le duc de ,vill>s1 g\v]neur de la ville1 et ,voltaire jugea prud5t de quitt] ,lyon le #i dcembre #aged1 en attribuant au disc\rs de ,tolomas les tracass]ies qui l'inquitai5t4 ,la mauvaise humeur de d',alemb]t devait naturellem5t s'en accrotre4 ,on peut rappro*] de cette affaire ,tolomas les ef=ts de d',alemb]t p\r obt5ir la suppression de la feuille de ,frron1 l',anne littraire4 ,on attaquait de t\tes p>ts les ,encyclopdi/es comme ennemis des lois et de la religion4 ,d',alemb]t et ,did]ot tai5t traits *aque j\r d'empoisonneurs publics4 ,frron1 que ,voltaire a r5du intressant =ce d'inju/ice1 tait un des plus viol5ts dtracteurs de l'oeuvre4 ,d',alemb]t osa port] pla9te ,m4 de ,male%]bes1 directeur de la librairie4 ,on esprait de lui plus que de la bi5veillance p\r l',encyclopdie2 on en avait acquis le droit4 ,m4 de ,male%]bes1 peu de temps avant1 =c p> des ordres suprieurs de faire saisir les papi]s de ,did]ot1 le fit prv5ir quelques heures l'avance4 ,on me laisse trop peu de temps6 s'cria-t-il1 o v\lez-v\s que je les ca*e8--,qu'il les envoie *ez moi1 rpondit ,male%]bes1 ils y s]ont en sret4 ,s'il tait prt protg] ses amis1 ,m4 de ,male%]bes ne p\vait ni ne v\lait p]scut] leurs adv]saires4 ,il saisit l'occasion de donn] d',alemb]t une leon de pati5ce et d'quit4 ,mes pr9cipes1 lui crivit-il1 sont qu'en gnral t\te critique littraire e/ p]mise1 et que t\te critique qui n'a p\r objet que le livre critiqu et dans laquelle l'auteur n'e/ jug que d'aprs son ouvrage1 e/ une critique littraire4 ,frron cont9ua sa polmique vigilante et svre en relevant1 non sans esprit1 les mprises1 les faiblesses et les emprunts de l',encyclopdie4 ,la voix de ,voltaire1 ,cette voix qui s'aiguise et vibre comme un glaive1 r$\bla de s>casmes et d'injures contre celui qu'il appelait ,zole ,aliboron et1 dans ses j\rs de gr&e colre1 ,c>t\*e ,frron4 ,il ne s]ait pas ju/e1 en jugeant les faits1 d'oubli] l'tat des esprits4 ,la gu]re tait dcl>e4 ,quoique faites avec la plume1 les blessures tai5t dang]euses et les reprsailles r$\tables4 ,l'irritation tait univ]selle4 ,*aque j\r le ,p>lem5t supprimait ou condamnait au feu quelque publication n\velle4 ,l'emprisonnem5t d'un auteur1 son exil sans jugem5t ou plus s\v5t encore sa fuite1 tai5t dev5us des vnem5ts sans importance4 ,les imprimeurs et les colporteurs de livres prohibs tai5t condamns avec une rigueur int]mitt5te et capricieuse1 tantt au c>can1 tantt aux galres1 quelquefois mort4 ,de pieux *rti5s1 p\r avoir obi leur consci5ce1 tai5t1 p> une vexation in\e1 privs des sacrem5ts leur d]nire heure et m\rai5t sans consolation4 ,un des collaborateurs de l',encyclopdie1 ,morellet1 v5ait d'tre envoy la ,ba/ille4 ,l'abb de ,prades1 autre rdacteur des articles ?ologiques1 s'tait trs prudemm5t enfui prs de ,frdric4 ,n\s ne p\vons pas en lev] un1 disait d',alemb]t4 ,la confrat]nit acadmique et la c\rtoisie due entre g5s de lettres disp>aissai5t dans ces temps tr\bls devant les ha9es de p>ti4 ,frron p\r les amis de d',alemb]t1 p\r d',alemb]t mme1 p]sonne dans le p>ti n'en v\lait d\t] quoique la po/rit en d\te =t1 tait un p]sonnage v5imeux1 un vil spadass9 littraire1 l'opprobre de la nation1 capable de t\tes les infamies et s\ill p> t\s les vices3 444 444 444 444 444 444 444 444 444 444 444 444 ,cet animal se nommait ,jean ,frron4 ,on ne peut cit] les v]s qui prcd5t4 ,tolomas tait un jsuite6 ,l'indignation contre les pieuses fureurs des jansni/es1 qui1 p\r va9cre et dtruire les ennemis de la foi1 croyai5t t\te arme p]mise et t\te p]scution lgitime1 avait jet d',alemb]t dans la lutte4 ,dans l'ardeur du combat il croyait1 son t\r1 t\t p]mis contre ceux qu'il traitait1 sans faire de di/9ction1 de plate et odieuse canaille4 ,la gomtrie respecte t\j\rs la logique2 les gomtres l'oubli5t quelquefois4 ,,*apitre ,,iv ,d',,alemb]t ,,et ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,la prface de l',encyclopdie fut un vnem5t4 ,les salons les plus brillants1 =t indiffr5ts aux problmes de dynamique et la prcession des qu9oxes1 s'empressr5t d'accueillir et d'attir] ce jeune savant1 si pr(ond1 si univ]sel1 si habile bi5 dire4 ,d',alemb]t r5contra *ez le prsid5t ,hnault la clbre ,mme du ,deffant4 ,il allait volonti]s o il se s5tait dsir4 ,*aque j\r bi5tt il la voyait ou lui crivait4 ,dans ce monde n\veau il sut plaire t\s1 ,voltaire comme ,montesquieu1 ,mme de ,/ahl comme la du*esse du ,ma9e4 ,le comte des ,alleurs1 un des habitus de la maison1 p>le dans une de ses lettres du prodigieux et aimable d',alemb]t1 le sublime gomtre4 ,d',alemb]t1 p\r plaire sa spirituelle amie1 dployait t\tes les ress\rces de son esprit4 ,sur un po9t seulem5t il tait intraitable3 il ne v\lait pas tre protg et drangeait p> ses maladresses volontaires les plans arrangs p\r le s]vir4 ,mme du ,deffant lui promettait une place l',acadmie franaise2 d',alemb]t l'acceptait volonti]s1 mais la condition de ne faire la c\r p]sonne1 de p>l] librem5t sur t\s les sujets1 et peut-tre1 sans l'av\]1 de se montr] d'autant plus raide ou plutt plus taqu9--la raideur n'tait pas son g5re--qu'on p\vait davantage lui tre utile4 ,mme du ,deffant1 protectrice dj de plus d'une c&idature1 n'avait ri5 r5contr de p>eil3 ,il *oisit bi5 son temps p\r j\] les ,alce/e6 ,tant qu'il v\dra qu& on l'aura nomm4 ,l',encyclopdie e/ en vue1 il suffit d'y brl] quelques gra9s d'enc5s4 ,un mot dans un tel livre peut faire un ami et ne doit ri5 cot] une consci5ce raisonnable6 ,le prsid5t ,hnault1 auteur d'une hi/oire *ronologique de ,france1 tait acadmici52 ,mme du ,deffant tait son amie aprs avoir t un peu plus1 mais bi5 peu1 s'il faut l'en croire4 ,lorsque1 n'tant plus jeune1 elle rsolut1 t\t en re/ant philosophe1 de r5dre son g5re de vie plus difiant1 d'loign] les occasions et de r5onc] aux habitudes compromettantes1 elle aj\tait1 en l'annonant3 ,quant au prsid5t ,hnault1 je ne compte pas lui faire l'honneur de r5onc] lui4 ,elle l'aimait assez p\r v\loir dans l',encyclopdie une l\ange p\r son livre1 ou s'intressait assez d',alemb]t p\r dsir] dans sa c&idature le protecteur zl que cette l\ange devait assur]4 ,d',alemb]t ne v\lait ri5 compr5dre3 le tal5t du prsid5t ne mrite pas l'honneur d'une citation1 il n'en aura pas4 ,ni ,dieu ni v\s1 crit-il sa protectrice1 ni v\s t\te seule1 ne p\rrez russir m'y dcid]4 ,p5sez-v\s de bonne foi1 madame1 que dans un ouvrage de/9 clbr] les gr&s gnies1 je doive p>l] de l'abrg *ronologique8 ,c'e/ un ouvrage utile et assez commode1 mais voil t\t4 ,en vrit1 c'e/ l ce qu'on en dira qu& le prsid5t ne s]a plus1 et qu& je ne s]ai plus1 moi1 je suis jal\x qu'on ne me repro*e pas d'avoir donn des loges excessifs p]sonne4 ,ne voil-t-il pas t\t c\p que les gr&es runions fatigu5t d',alemb]t2 il ne veut plus accept] d'invitation *ez ,mme du ,deffant que p\r dn] avec elle en tte--tte3 il e/ insupportable6 ,il fait bi5 pis encore4 ,au mom5t o sa c&idature p>at en bonne voie1 il la compromet plaisir3 c'e/ n'y ri5 compr5dre6 ,dans un opuscule qu'aucun devoir ne comm&e1 il p>le des relations des hommes de lettres avec les gr&s comme s'il n'avait plus beso9 de protecteurs4 ,p\r ,mme du ,deffant1 c'e/ de la folie2 p\r d',alemb]t1 une occasion de rire3 ,voil1 dit-il1 comme il faut trait] ces g5s-l2 on n'e/ po9t de l',acadmie1 mais on e/ quak] et on passe le *apeau sur la tte devant l',acadmie et devant ceux qui en font tre4 ,un autre j\r1 il crit sa protectrice ob/9e3 ,que diable avez-v\s donc dit au prsid5t sur mon compte8 ,e/-ce encore p\r l',acadmie8 ,eh6 mon ,dieu6 laissez t\t cela en repos4 ,j'en s]ai si on m'en met1 voil t\t4 ,il devait *\]2 cela ne manqua pas4 ,d',alemb]t1 qui n'avait obt5u l',acadmie des sci5ces le mode/e titre d'adjo9t qu' sa quatrime c&idature1 fut galem5t battu trois fois l',acadmie franaise4 ,buffon avait remplac1 en #agec1 ,languet de ,g]gy1 ar*evque de ,s5s4 ,quatre places fur5t vacantes en #aged4 ,d',alemb]t dut laiss] pass] avant lui le comte de ,cl]mont1 ,b\ga9ville et de ,boissy4 ,l'lection du comte de ,cl]mont fit sc&ale4 ,on a g>d le s\v5ir d'une pigramme qui valut1 dit-on1 quelques c\ps de bton au pote ,roi3 ,tr5te-neuf qu'on jo9t zro1 ,si j'ent5ds bi5 le numro1 ,n'ont jamais pu faire qu>ante4 ,d'o je conclus1 tr\pe savante1 ,qu'ayant dans vos cadres admis ,cl]mont1 cette masse pesante1 ,ce digne c\s9 de ,l\is1 ,la place e/ encore vacante4 ,de ,boissy1 pote comique1 s'tait lev jusqu' la tragdie4 ,la supriorit du g5re tait alors accepte4 ,son ,alce/e1 tel tait le sujet1 se t]m9e p> la mort du tratre qui1 se voyant dmasqu1 sort d'emb>ras en se poign>dant4 ,il tombe mort sur la scne1 et ,h]cule s'crie1 admirant ce vig\reux c\p de poign>d3 ,dieux1 avec tant de =ce et d'intrpidit1 ,que n'avait-il un coeur la v]tu port6 ,ce sont les d]ni]s v]s de la pice4 ,alce/e n'avait pas t reprs5te depuis #agbg1 on l'avait peut-tre oublie4 ,on avait oubli aussi les dbuts de ,boissy1 dont les ,satires1 premi] fruit de sa muse1 avai5t1 dit d',alemb]t dans son loge1 (f5s les hommes de lettres les plus m95ts4 ,le troisime concurr5t prfr d',alemb]t1 ,b\ga9ville1 tait secrtaire p]ptuel de l',acadmie des inscriptions et belles-lettres4 ,ce *oix1 s'il e/ p]mis de jug] di/ance1 tait le plus mauvais des trois3 ,b\ga9ville1 dit ,grimm1 qui peut-tre exagre1 fut nomm malgr l',acadmie et malgr le public4 ,il accroissait ses *ances en se disant m\rant3 ,n\s croyez-v\s1 lui rpondit ,duclos1 *>gs de donn] l'extrme-onction8 ,la sance de rception de ,b\ga9ville e/ re/e clbre4 ,ayant faire l'loge de ,la ,*ausse1 adv]saire dcid de ses prcd5tes c&idatures1 p\r montr] la gr&eur de son me1 il le comp>e ,molire et1 t\t bi5 pes1 lui accorde la prfr5ce4 ,l',acadmie re/a froide1 le public rit beauc\p1 et l'on cont9ua regrett] l'abs5ce du nom de ,molire dans cet augu/e sanctuaire o le petit-fils du gr& ,cond 7le comte de ,cl]mont7 v5ait confondre ses lauri]s avec ceux du neveu du gr& ,corneille 7,font5elle74 ,la nom9ation de d',alemb]t fut trs dispute4 ,la suppression rc5te de deux volumes de l',encyclopdie lui donnait un c>actre d'opposition auquel l',acadmie n'tait pas habitue4 ,le c&idat lu1 d'aprs les usages1 tait s\mis dans un second scrut9 l'approbation de l',acadmie4 ,on votait p> b\les noires ou blan*es4 ,on a prt5du que1 p\r d',alemb]t1 le nombre des b\les noires devait entran] l'exclusion et qu'une fraude de ,duclos en dissimula quelques-unes4 ,l'anecdote e/ fausse1 mais les b\les noires fur5t nombreuses4 ,la rception de d',alemb]t eut beauc\p d'clat2 son prdcesseur tait ,surian1 vque de ,v5ce4 ,l',encyclopdie dans ce j\r de triomphe se montra c\rtoise et mode/e2 d',alemb]t eut le bon gt de l\] sans rtic5ce les v]tus de son prdcesseur et sa foi sans ironie4 ,on exagr]ait en disant que l'loge de d',alemb]t a r5du l'vque de ,v5ce illu/re3 il l'a prs]v de l'oubli4 ,les loges acadmiques de d',alemb]t1 r>em5t cits et =t peu lus1 sont mo9s inconnus cep5dant que les oeuvres de ,surian et que l'hi/oire de l'v* de ,v5ce4 ,d',alemb]t a compos beauc\p d'loges4 ,dans ce g5re de littrature1 a dit avec esprit ,m4 ,guizot1 beauc\p de travail et beauc\p de so9 imit5t le tal5t sans y prt5dre4 ,d',alemb]t1 qui n'avait pas beso9 d'imit] le tal5t1 travaillait peu ses loges4 ,ce n'e/ pas la po/rit qu'il les adresse3 on ne doit pas1 comme on l'a fait trop s\v5t1 jug] p> eux de son /yle et de son gt4 ,d',alemb]t au collge mritait le premi] rang dans t\s les g5res d'tude1 il n'excellait pas mo9s en amplifications qu'en v]s lat9s4 ,il *]*a p5dant t\te sa vie1 dans ces ex]cices de plus en plus faciles sa plume ex]ce1 une di/raction ses pr(ondes re*]*es4 ,le succs t\j\rs gr& de ces oeuvres phmres a t une des joies de sa vie2 il acceptait t\tes les occasions de les r5\vel]1 s\v5t les faisait natre3 on le tr\vait t\j\rs prt4 ,lecteur trs habile1 trop habile1 disai5t les malveillants1 il amusait t\j\rs l'auditoire3 c'tait t\t ce qu'il v\lait4 ,une lecture faite p> lui1 quel qu'en ft l'auteur1 assurait une sance publique une afflu5ce dont il tait fi]4 l',acadmie des sci5ces comme l',acadmie franaise1 avant mme d'en tre secrtaire p]ptuel1 il pr5ait la p>ole presque t\tes les runions publiques et se *>geait1 avec une complaisance empresse1 de lire les disc\rs des laurats et les pices de posie c\ronnes4 ,s\v5t mme1 les j\rs de rception1 sans avoir de rle (ficiel1 il ouvrait la sance p> quelques rflexions ou quelques conseils sur des sujets de morale1 de posie ou d'hi/oire4 ,c'e/ ce que ,ba*aumont appelle faire la p>ade4 ,la production rapide de ces travaux sans gloire ne ral5tissait ni sa correspondance t\j\rs active1 ni son ardeur t\j\rs fconde p\r la sci5ce4 ,v\s tes1 lui crivait ,voltaire l'occasion de l'une de ses lectures1 le seul criva9 qui n'aille jamais ni en de ni au del de ce qu'il veut dire4 ,je v\s reg>de comme le premi] criva9 du sicle4 ,la po/rit n'a pas ratifi la l\ange4 ,did]ot tr\ve d',alemb]t dlicat1 +nieux1 plaisant1 ironique et h>di1 mais il l'accuse d'crire sur la posie en gomtre4 ,qu'e/-ce que cela veut dire8 ,le doma9e des vrits dmontres e/ troit4 ,s]ait-il vrai qu'en y pntrant on se condamne n'en plus sortir et que l'habitude de la ligne droite r5de l'esprit mauvais juge des gracieux dt\rs de la fantaisie4 ,il n'y a pas cela plus de raison que p\r qu'un pe9tre ignore la musique4 ,p\r tre diffr5tes1 les facults de l'esprit ne s'exclu5t pas4 ,l'habitude de bi5 raisonn] e/ une =ce1 il e/ r>e qu'elle soit inutile1 plus r>e encore qu'elle puisse nuire4 ,d',alemb]t a crit dans l'loge de ,bossuet3 ,de t\tes les tudes pr(anes1 celle des ma?matiques fut la seule que le jeune ecclsia/ique se crut en droit de nglig]4 ,les connaissances gomtriques ne lui p>ur5t d'aucune utilit p\r la religion4 ,on n\s accus]ait d'tre la fois juge et p>tie1 si n\s osions appel] de cette proscription rig\reuse4 ,cep5dant n\s s]ait-il p]mis d'obs]v]1 t\t intrt p>ticuli] mis "p1 que le ?ologi5 naissant ne traite pas avec assez de ju/ice et de lumire une sci5ce qui n'e/ pas aussi inutile qu'il le p5sait au ?ologi5 mme4 ,sci5ce en effet si propre non pas r$ress] les esprits faux condamns re/] ce que la nature les a faits1 mais =tifi] dans les beaux esprits cette ju/esse d'autant plus ncessaire que l'objet de leurs mditations e/ plus important ou plus sublime4 ,bossuet p\vait-il ignor] que l'habitude de la dmon/ration1 en n\s faisant reconnatre et saisir l'vid5ce dans t\t ce qui en e/ susceptible1 n\s appr5d encore ne po9t appel] dmon/ration ce qui ne l'e/ pas et disc]n] les limites qui1 dans ce c]cle troit des connaissances huma9es1 sp>5t la lumire du crpuscule et le crpuscule des tnbres4 ,l'int5tion e/ vid5te1 mais p\r la r5dre claire1 et c'e/ t\t ce que v\lait d',alemb]t1 il aurait suffi de trois lignes4 ,d',alemb]t1 p\r rire et p\r faire rire1 dpassait quelquefois les limites du bon gt4 ,il e/ impossible de l'appr\v] lorsque1 faisant l'loge de ,m4 de ,cl]mont-,tonn]re1 vque de ,noyon1 dont ,boileau disait3 ,il m'e/im]ait bi5 davantage1 s'il savait que je suis g5tilhomme1 il *angeait le titre habituel de sa lecture en celui de pangyrique1 p> la raison que ce prlat1 clbre p> ses ridicules1 ne saurait tre l\ dans le /yle habituel2 il tait ncessaire de combattre les exagrations1 de dm5tir les lg5des qui ont runi dans l'hi/oire de son hros t\s les traits ridicules de la vanit1 comme dans celle d',h]cule t\s les prodiges de la =ce4 ,d',alemb]t e/ s\v5t +nieux1 r>em5t lg]4 ,v\lant l\] ,segrais qui n'a pas accept l'honneur qu'on v\lait lui faire d'avoir compos s\s le nom de ,mme de ,lafayette son petit *ef-d'oeuvre3 la ,pr9cesse de ,clves1 il dit3 ,segrais n'a jamais hsit le r5dre son vritable auteur et l'a t\j\rs r5du avec la s9crit la plus fran*e1 sans emprunt]1 comme ont fait tant d'autres en p>eil cas1 le voile transp>5t de cette mode/ie hypocrite qui a so9 de mal j\] la discrtion1 et qui1 en rep\ssant mollem5t un honneur dont elle n'e/ pas digne1 dsire et se flatte de n'tre pas crue sur p>ole4 ,font5elle1 qui re/e le modle de l'loqu5ce acadmique1 aurait supprim les d]nires lignes4 ,sans tre des ,font5elles ni manqu] de cl>t1 beauc\p d'autres1 en abrgeant la phrase1 aurai5t laiss au lecteur le plaisir de dev9] quelque *ose4 ,d',alemb]t1 lorsque t\t e/ dit1 repr5d s\v5t l'ide p\r r$\bl] l'ass]tion sans accrotre la cl>t qui e/ complte1 ou =tifi] la preuve qui semble vid5te4 ,il rapporte1 dans l'loge de ,sa9t-,aulaire1 que p\r df5dre les v]s de ce pote de salon dev5u c&idat contre la critique de ,boileau1 un acadmici5 lui reprs5ta mode/em5t que le m>quis de ,sa9t-,aulaire tait un homme dont la naissance et p> consqu5t les v]s mritai5t des g>ds4 ,le trait e/ lanc1 l'auditoire a compris1 celui qui a pu dire et p> consqu5t les v]s e/ jug2 d',alemb]t aj\te p\r l'accabl]3 ,je ne lui conte/e pas1 rpondit ,despraux1 les titres de noblesse1 mais les titres du ,p>nasse2 et quant v\s1 monsieur1 qui tr\vez ces v]s-l si bons1 v\s me f]ez beauc\p d'honneur et de plaisir de dire du mal des mi5s4 ,l'incid5t e/-il vid8 nullem5t2 d',alemb]t aj\te3 ,l'apologi/e1 il faut en conv5ir1 donnait beau jeu ,despraux en prt5dant que les v]s qui le mettai5t de si mauvaise humeur tai5t mo9s obligs d'tre bons1 p>ce qu'ils se prs5tai5t s\s la sauveg>de des aeux de l'auteur4 ,la rflexion e/ sage1 trop sage mme4 ,e/-ce f9i8 pas encore2 d',alemb]t cont9ue3 ,cet acadmici5 si indulg5t ne devait pas ignor] que des v]s1 fuss5t-ils d'un emp]eur1 n'ont pas plus de droit d'tre mdiocres que s'ils avai5t un simple b\rgeois p\r pre1 et si en p>eil cas1 comme dit le ,misan?rope1 le temps ne fait ri5 l'affaire1 la gnalogie du pote y fait encore mo9s4 ,on a repro* aussi d',alemb]t d'oubli] le c>actre de la tribune qui lui e/ (f]te1 en luttant sans att5dre l'occasion p\r le triomphe de la raison1 tel tait le nom inscrit sur son drapeau4 ,le repro*e n'e/ pas inju/e4 ,lorsque1 p> exemple1 dans l'loge de ,bossuet1 d',alemb]t crit3 ,bossuet se reprs5tait avec frayeur combi5 l'humanit s]ait pla9dre si ce petit nombre d'hommes auxquels la ,provid5ce a commis leurs semblables1 et qui n'ont r$\t] sur la t]re que le mom5t o ils la quitt5t1 ne voyai5t au-dessus de leur trne un arbitre suprme1 qui promet v5geance aux in=tuns dont ils auront s\ff]t ou caus les l>mes4 ,ce prlat citoy5 tait p]suad que ceux mmes qui aurai5t le malheur de reg>d] la croyance d'un ,dieu comme inutile aux autres hommes1 commettrai5t un crime de lse-humanit en v\lant t] cette croyance aux mon>ques3 il faut que les sujets espr5t en ,dieu et que les s\v]a9s le craign5t4 ,c'e/ ici d',alemb]t qui p>le et p\r lui-mme1 on ne saurait en d\t]2 un tel langage *oqu]ait dans les oeuvres de ,bossuet1 n'importe quelle place1 comme un intolrable contres5s4 ,l'illu/re *rti5 aurait cru1 mme p> figure oratoire1 d%onor] sa plume en plaant les o9ts du ,seigneur1 les rois qui rgn5t p> lui1 dont lui-mme a ordonn la puissance1 au nombre de ces ins5ss qui dans l'empire de ,dieu1 p>mi ses ouvrages1 p>mi ses bi5faits1 os5t dire qu'il n'e/ pas et ravir l'exi/5ce celui p> lequel subsi/e t\te la nature4 ,en crivant l'loge de ,bossuet1 d',alemb]t a le droit de lui emprunt] sa plume1 non de lui prt] la si5ne4 ,d',alemb]t traite ,rons>d et ,m>ot avec un dda9 que ri5 n'ad\cit1 admire ,boileau avec une conviction que ri5 ne modre1 et dans une page plus digne d'un rhtorici5 que d'un gomtre il le met en balance avec ,rac9e et ,voltaire1 c'e/--dire avec ceux qu'il place au premi] rang3 ,ne p\rrait-on pas comp>] ensemble1 dit-il1 nos trois plus gr&s matres en posie3 ,despraux1 ,rac9e et ,voltaire8 ,je nomme le d]ni] quoique vivant1 c> p\rquoi se refus] au plaisir de voir d'avance un gr& homme la place que la po/rit lui de/9e8 ,ne p\rrait-on pas dire1 p\r exprim] les diffr5ces qui les c>actris5t1 que ,despraux frappe et fabrique trs heureusem5t ses v]s2 que ,rac9e jette les si5s dans une espce de m\le p>fait qui dcle la ma9 de l'arti/e sans en cons]v] l'empre9te1 et que ,voltaire1 laissant comme *app] des v]s qui c\l5t de s\rce1 semble p>l] sans art et sans tude sa langue naturelle8 ,ne p\rrait-on pas obs]v] qu'en lisant ,despraux on conclut et on s5t le travail2 que dans ,rac9e on le conclut sans le s5tir p>ce que d'un ct si la facilit cont9ue en c>te l'app>5ce1 de l'autre la p]fection cont9ue en rappelle sans cesse l'ide au lecteur2 qu'enf91 dans ,voltaire1 le travail ne peut ni se s5tir ni se conclure1 p>ce que les v]s mo9s soigns qui lui *app5t p> int]valles laiss5t croire que les beaux v]s qui prcd5t et qui suiv5t n'ont pas cot davantage au pote8 ,enf91 ne p\rrait-on pas aj\t]1 en *]*ant dans les *efs-d'oeuvre des beaux-arts un objet s5sible de comp>aison entre ces trois criva9s1 que la manire de ,despraux1 correcte1 f]me et n]veuse1 e/ assez bi5 reprs5te p> la belle /atue du ,gladiateur2 celle de ,rac9e1 aussi correcte1 mais plus moelleuse et plus arrondie1 p> la ,vnus de ,mdicis1 et celle de ,voltaire1 aise1 svelte et t\j\rs noble1 p> l',apollon du ,belvdre4 ,p\r ,voltaire1 qu& ce morceau fut lu1 il n'y avait pas d'indiffr5ts4 ,les amis applaudir5t1 et les ennemis tr\vr5t sans d\te qu'on leur r5dait la critique facile4 ,d',alemb]t--puisque1 usant d'une fran*ise qu'il appr\v]ait1 n\s insi/ons sur ses dfauts oratoires--oubliait trop s\v5t l'excell5te maxime d',horace3 ,semp] ad ev5tum fe/9a2 il se plaisait aux digressions4 ,son motif1 trs app>5t quelquefois1 e/ d'introduire la l\ange d'un ami1 presque t\j\rs celle de ,voltaire4 ,le caprice seul dans d'autres occasions lui fait oubli] la ligne droite4 ,campi/ron1 secrtaire de ,m4 de ,v5dme1 le suivait un j\r1 sans qu'aucun devoir l'y appelt1 dans l'endroit le plus prilleux d'un *amp de bataille3 ,campi/ron1 que faites-v\s ici8 lui dem&a ,m4 de ,v5dme4--,monseigneur1 rpondit le pote1 v\lez-v\s v\s en all]8 ,il aurait cru se d%onor] en ne p>tageant pas dans les plus brillantes occasions les prils et la gloire de son bi5faiteur4 ,d',alemb]t1 en laissant c\rir sa plume et oubliant ,campi/ron1 aj\te3 ,horace1 comme l'on sait1 n'avait pas si bi5 pay de sa p]sonne la bataille de ,philippes2 il eut mme le c\rage1 si c'en e/ un1 de plaisant] sur sa fuite p> ce v]s d'une de ses odes3 ,relicta non b5e p>mula4 ,quelqu'un a fait grav] son bu/e et a mis au bas1 en retran*ant simplem5t le non3 ,relicta b5e p>mula4 ,on ne peut faire valoir plus heureusem5t une fuite qui d'un mauvais gu]ri] a fait un excell5t pote4 ,mais il et encore mieux valu tre la fois l'un et l'autre comme ,es*yle et ,tyrte2 et peut-tre ,horace a-t-il contribu p> l'aveu naf de sa poltronn]ie aux s\pons peu obligeants qu'on s'e/ plu quelquefois jet] sur la brav\re des potes4 ,on revi5t enf9 l'loge de ,campi/ron1 ce tal5t prcoce1 un in/ant clbre1 et qui n'a jamais pu mrir2 la l\ange que lui donne d',alemb]t l'aurait peu flatt3 ,s'il ne s'e/ pas s]vi de sa plume aussi bi5 qu',horace1 il lui re/e du mo9s la gloire de s'tre mieux s]vi de son pe4 ,n'aurons-n\s pas notre t\r le tort d'appuy] trop1 en aj\tant qu'il n'y a aucune gloire se prom5]1 avec ou sans pe1 sur un *amp de bataille o l'on n'a que faire8 ,d',alemb]t avant t\t aimait la s9crit1 il ne p\vait se rsign] faire des avances ou mme rem]ci] ceux qui1 r5seignant le public1 croi5t p> un jugem5t bi5veillant mrit] la reconnaissance4 ,ils n'ont droit qu' l'e/ime s'ils sont s9cres1 l'indiffr5ce s'ils font de leur plume l'in/rum5t des amitis ou des ha9es que s\v5t ils ne p>tag5t pas4 ,la presse1 mo9s bruyante mais non mo9s c\rtise qu'auj\rd'hui1 ne devait pas lui tre favorable4 ,t&is que des amis ob/9s ou des amis de ses amis saisissai5t t\tes les occasions de vant] l'clat de son /yle et le *>me de son dbit1 d'autres se plaignai5t1 avec un p>ti pris non mo9s inv>iable1 du mauvais gt de ses plaisant]ies et de la l5teur de sa diction trop savamm5t ponctue4 ,sur plus d'un po9t les folliculaires du ,x,v,i,i,ie sicle sont les seuls tmo9s qui n\s re/5t4 ,aucun d'eux malheureusem5t n'a jur de dire la vrit4 ,il fallait avant t\t s]vir sa cot]ie et df5dre ses amis4 ,ne dem&ons donc ni ,frron1 ni ,ba*aumont1 ni ,grimm1 ni au ,j\rnal de ,trv\x la vrit sur l'loqu5ce acadmique de d',alemb]t2 ne n\s fions pas trop aux correspondants de ,mme du ,deffant2 avant #agfe ils n'annonc]ont que des succs2 mais ds que la rupture e/ complte1 qu& d',alemb]t son nom1 *aque fois qu'il le r5contre1 associe d'injurieuses pi?tes1 on ne doit plus1 p> une reprsaille t\te naturelle1 appr5dre p> elle que des *ecs4 ,d',alemb]t1 secrtaire p]ptuel de l',acadmie franaise1 aimait l',acadmie et dte/ait les sots4 ,il v\lait que *aque lu ft honneur la ,compagnie4 ,ces pr9cipes tai5t ceux de t\s les p>tis2 mais p\r c>t] les cratures de la cot]ie rivale1 *acun tolrait1 dsirait et russissait s\v5t impos] de nombreuses exceptions la rgle4 ,d',alemb]t1 att5tif aux op9ions des c&idats non mo9s qu' leur tal5t1 tait peu favorable aux gr&s seigneurs et aux prlats4 ,son influ5ce tait acquise aux amis de la libre p5se plus encore qu'aux hommes de lettres4 ,il tait au fond =t indiffr5t1 mais1 prs5t p> devoir sur le ?tre de la lutte1 organe de t\tes les dem&es1 c5tre naturel de t\tes les sollicitations1 il ne p\vait manqu] de j\] un rle1 et les va9cus devai5t l'exagr]4 ,les recomm&ations de ,voltaire1 les conseils ou les ambitions de ,condorcet1 de ,m>montel1 de ,lah>pe1 de ,turgot ou de ,did]ot1 les prfr5ces de ,mlle de ,lesp9asse et les amitis de ,mme ,ge(fr9 dirigeai5t sa rsolution4 ,lorsqu'il l'avait prise1 il aimait va9cre1 comme t\t jeu *acun dsire gagn] la p>tie4 ,appel *oisir entre ,coetlosquet et ,trublet1 entre ,l\is de ,rohan et ,radonvilli]s1 entre ,lomnie de ,bri5ne et ,roquelaure1 entre le pr9ce de ,beauvau et ,gaill>d1 entre ,brequigny et l'abb ,arnaud1 il faudrait1 avant d'accus] son imp>tialit1 revoir1 soyons franc1 et disons voir1 soyons plus franc encore1 et disons dc\vrir les pices de ces procs1 obscurs auj\rd'hui1 jadis si m\vants4 ,la correspondance trs active entre d',alemb]t et ,voltaire r\lait s\v5t sur les affaires acadmiques4 ,les deux amis1 habituellem5t d'accord1 se font volonti]s des concessions4 ,on a beauc\p blm l'une d'elles4 ,d',alemb]t a prt ,voltaire t\s les ef=ts de son zle p\r c>t] de l',acadmie le prsid5t ,debrosses1 dont le livre *>mant1 alors 9dit1 il faut le rem>qu]1 occupe dans la biblio?que des g5s de gt une place dans laquelle aucun de ses concurr5ts1 si leurs oeuvres exi/ai5t encore1 ne s]ait auj\rd'hui tolr4 ,voltaire avait t le locataire du prsid5t4 ,se croyant t\t p]mis1 je veux dire se croyant seul juge de ses droits1 il avait fait c\p] p\r son usage quelques cordes de bois1 sans en avoir nul droit1 puisqu'il faut p>l] net4 ,le prsid5t1 allguant la c\tume et l'usage et rclamant ses droits1 qu'il connaissait1 exigea le prix de son bois4 ,voltaire1 non mo9s indiffr5t sans d\te que son adv]saire aux trois c5ts francs qui f9ir5t p> tre donns aux pauvres1 ne v\lut pas s'av\] dans son tort4 ,debrosses eut le mauvais gt de l'y contra9dre en se donnant le dang]eux plaisir d'engag] avec lui une lutte d'esprit et le plaisir plus dang]eux encore1 sur ce t]ra9 favorable un magi/rat qui a raison1 de mettre les rieurs de son ct4 ,n'et-il pas t1 je ne dis pas plus prud5t--d',alemb]t ne l'aurait pas p>donn1--mais plus gracieux et plus sage au prsid5t de dt\rn] les yeux d'une faiblesse vid5te de ,voltaire et de lui laiss] voir--l'esprit p\r cela ne lui manquait pas--que1 sans tre sa dupe1 il tait et v\lait re/] son trs humble s]viteur8 ,c'e/ l1 je crois1 ce que1 sans aucune proccupation acadmique1 les aimables amis de ,debrosses lui aurai5t conseill et le conseil que1 dans un cas semblable1 lui-mme leur aurait donn4 ,il ne faudrait pas croire que d',alemb]t1 humblem5t incl9 devant le patri>*e1 suivt sans le discut] le mot d'ordre envoy de ,f]ney4 ,qu& un ami de ,voltaire dplat d',alemb]t1 il lui fait rsolum5t la gu]re4 ,si ,voltaire1 p> une vieille habitude1 appelle ,ri*elieu son hros1 d',alemb]t le nomme ,*ildebr&4 ,si ,voltaire df5d le vieill>d jadis aimable et brillant1 d',alemb]t aussitt se p]met d'trill] ,ross9ante-,*ildebr&4 ,lorsqu'une av5ture sc&aleuse1 qui fit alors beauc\p de bruit1 vi5t d%onor]1 la satisfaction peu dissimule de d',alemb]t1 celui qu'on nommait l',acadmie le *ef du p>ti ca?olique1 d',alemb]t pla9t son admirateur habituel de ne p\voir cette fois p>l] librem5t sur ,m&r9-,*ildebr&1 qu'il ose1 dans une lettre ,voltaire1 rappro*] de ,c>t\*e-,frron4 ,une vieille coquett]ie d'esprit rappro*e ,voltaire de ,mme du ,deffant3 d',alemb]t1 qui ne l'ignore pas1 s'tonne qu'il crive des lettres *>mantes cette vieille et infme cat94 ,on a dit s\v5t et rpt plus s\v5t encore que d',alemb]t1 l',acadmie franaise1 faisait les lections3 c'e/ presque une accusation4 ,celui qui fait les lections en e/ responsable4 ,d',alemb]t ne l'tait pas3 l'lection de son anci5 ami ,*abanon1 faite deux ans aprs la mort de ,voltaire et quatre ans avant celle de d',alemb]t1 en peut tre cite comme preuve4 ,v\s savez1 lui avait crit ,voltaire1 que ,*abanon a la plus gr&e envie d'tre des ntres1 mais les octognaires de notre tripot ne sont pas encore morts ni moi non plus4 ,j'att5ds p\r v\s en p>l] que la place soit vacante4 ,la place devi5t vacante2 d',alemb]t fait la s\rde oreille2 il v\drait ,condorcet1 que les deux amis1 on ne sait p\rquoi1 ont pris l'habitude d'appel] ,pascal4 ,la c&idature e/ cette fois impossible4 ,n\s n'aurons pas ,pascal1 dit d',alemb]t1 j'espre au mo9s que n\s n'aurons pas ,cot9-,*abanon qui dem&e l',acadmie t\t la fois comme on dem&e l'aumne et comme on dem&e la b\rse1 et qui veut accumul] sur sa tte des titres au lieu de tal5ts4 ,*abanon *\e4 ,n\s avons prfr1 crit d',alemb]t1 ne p\vant avoir ,pascal-,condorcet1 ,*apela9-,lemi]re et ,cot9-,*abanon1 ,eutrope ,millot qui a du mo9s le mrite d'avoir crit l'hi/oire en philosophe et de ne s'tre jamais s\v5u qu'il tait jsuite et prtre4 ,*abanon avait t1 v+t ou tr5te ans aup>avant1 il s'en vante du mo9s1 l'ami trs intime de d',alemb]t4 ,dans ses mmoires1 platem5t crits1 o1 sans esprit1 sans tact et sans dc5ce1 il raconte longuem5t ses succs et ses dceptions d'am\r1 il fait j\] d',alemb]t le rle de confid5t1 et l'excell5t gomtre lui prodigue sa sympa?ie et ses consolations4 ,*abanon1 dans un j\r de gr&e tri/esse1 entre *ez d',alemb]t1 qui1 du premi] c\p d'oeil1 le voyant malheureux1 l'accable de que/ions ple9es d'intrt sur la cause de son *agr94 ,*abanon tait am\reux et trahi4 ,comm5t pe9dre1 dit-il1 la s5sibilit de d',alemb]t et la f\gueuse prcipitation de ses m\vem5ts8 ,f]m] la porte aux deux v]r\s1 ouvrir un petit escali] qui rpondait la b\tique du vitri]1 y cri]3 ,madame ,r\sseau1 je n'y suis p\r p]sonne6 et rev5ir moi1 me s]r] dans ses bras1 ce ne fut p\r lui que l'affaire d'un in/ant4 ,dans les premi]s mots de d',alemb]t rep>at cep5dant l'ins5sibilit affecte du sceptique railleur1 s\s lequel quelques contempora9s ont mconnu l'homme t5dre et bon4 ,que v\lez-v\s6 dit-il ,*abanon3 v\s avez comm5c p> tre heureux6 ,et il aj\te de la voix de fausset qui lui tait p>ticulire3 ,c'e/ t\j\rs la fi*e de consolation4 ,mais1 mu p> le dsespoir de son ami1 il pr5d aussitt un autre ton3 ,mon ami1 lui dit-il1 il faut vit] de re/] avec v\s-mme4 ,jetez l les livres1 voyez vos amis1 c\rez1 di/rayez-v\s4 ,t\tes les fois que je v\s s]ai ncessaire1 je quitt]ai avec plaisir mon travail1 et n\s irons n\s prom5] ensemble4 ,p\rquoi les s5tim5ts de d',alemb]t avai5t-ils *ang8 ,les oeuvres de ,*abanon l'expliqu5t4 ,d',alemb]t ne se rsignait pas1 p> am\r p\r l',acadmie1 y voir sig] l'auteur d'pon9e4 ,*apela9-,lemi]re et ,cot9-,*abanon f9ir5t t\s deux p> =c] la porte3 le meilleur des deux--c'tait ,*apela9--ne passa que le second4 ,cette d\ble victoire remporte sur d',alemb]t le ju/ifie du repro*e adress p> un criva9 qu'on n'a pas encore compltem5t oubli1 ,snac de ,meilhan1 qui a crit3 ,l'intrigue et la cabale mir5t dans les ma9s de d',alemb]t1 qui survcut ,voltaire1 le sceptre de la littrature4 ,ri5 n'e/ ju/e dans cette phrase et ri5 n'e/ vrai1 s9on que d',alemb]t a eu le *agr9 d'assi/] la mort de ,voltaire4 ,,*apitre ,v ,d',,alemb]t ,,et ,,la ,,suppression ,,des ,j,,suites ,un p]sonnage alors considrable--c'tait le m>*al ,vaillant--me disait un j\r3 ,je passe l't dans une petite commune de ,b\rgogne2 l1 quoique voltairi51 *aque diman*e ma prs5ce l'glise difie les fidles3 v\s me direz que c'e/ de l'hypocrisie6--,ah6 m>*al6 rpondis-je sans hsitation444--,v\s v\lez dire1 cont9ua-t-il1 que ce n'e/ pas de l'hypocrisie3 v\s me f]iez plaisir en m'expliquant p\rquoi4 ,je fus emb>rass2 il s'y att5dait et n\s rmes t\s deux4 ,d',alemb]t1 incrdule conva9cu et plus voltairi5 que ,voltaire1 affectait quelquefois1 dans ses crits et s\v5t dans ses disc\rs acadmiques1 des =mes respectueuses qui contra/5t avec le ton de sa correspondance4 ,p\r l'accus] cep5dant d'hypocrisie1 il faudrait ne l'avoir jamais connu4 ,en ne compromettant ni l',acadmie ni lui-mme1 il faisait preuve de tact et de prud5ce4 ,il riait de sa sagesse4 ,aprs avoir prononc l'loge de ,bossuet1 il reut de l'ar*evque de ,t\l\se des l\anges trs mrites2 il se frottait les ma9s et se rj\issait d'avoir si gravem5t j\ l'or?odoxie4 ,s'il a pris trop de plaisir ce jeu1 le p* n'e/ pas grave4 ,d',alemb]t1 trs srieux au fond1 affectait de ne pas l'tre4 ,voltaire lui a repro* quelquefois un langage trop loign de sa p5se4 ,v\s me faites1 lui rpond un j\r d',alemb]t1 une qu]elle de ,suisse que v\s tes1 au sujet du ,dictionnaire de ,bayle4 ,premirem5t je n'ai pas dit3 ,heureux s'il et plus respect la religion et les moeurs6 ,ma phrase e/ beauc\p plus mode/e4 ,mais1 d'ailleurs1 qui ne sait que dans ce maudit pays o n\s crivons1 ces sortes de phrases sont /yle de notaire et s]v5t de passeport aux vrits qu'on veut tablir8 ,p]sonne n'y e/ tromp444 ,il faut connatre la situation4 ,on vi5t1 crivait peu de temps aprs d',alemb]t1 de publi] une dcl>ation qui inflige la pe9e de mort t\s ceux qui s]ont conva9cus d'avoir compos1 fait compos] et imprim] des crits t5dans attaqu] la religion4 ,la cra9te des fagots e/ trs rafra*issante1 aj\te d',alemb]t4 ,c'e/ ceux qui les prp>ai5t que fait allusion ce mot de ralliem5t si connu3 crasons l'infme4 ,il avait c\rs entre amis seulem5t et les portes f]mes2 on ne confiait pas les lettres la po/e4 ,qu& on ne peut combattre en rase campagne1 les embuscades sont p]mises4 ,qu'un croyant aspire au m>tyre1 il j\e son jeu et vise au p>adis4 ,un mcrant n'a pas d'ambitions si hautes4 ,d',alemb]t ne craignait pas srieusem5t d'tre brl1 mais il ne v\lait pas s'expos] comme ,did]ot habit] ,v9c5nes1 ni comme ,voltaire s'exil] hors de ,france4 ,son coeur le ret5ait ,p>is4 ,il ne v\lait compromettre ni ses intrts ni son repos4 ,voltaire cep5dant excitait son zle2 il ne lui dem&ait que c9q ou six bons mots p> j\r4 ,lui-mme d'ailleurs conseillait la prud5ce et en donnait l'exemple4 ,je v\drais1 disait-il1 que *acun des frres lant t\s les ans des fl*es de son c>quois contre le mon/re1 sans qu'il st de quelle ma9 les c\ps p>t5t4 ,il ne faut ri5 donn] s\s son nom4 ,je n'ai pas mme fait la ,pucelle4 ,je dirai matre ,joly de ,fleury que c'e/ lui qui l'a faite4 ,voltaire1 pas plus que d',alemb]t1 ne se s\ciait de boire la cigu4 ,il cons5tait p\r loign] ce calice communi] dans l'glise de ,f]ney4 ,abbeville1 o le *evali] de la ,b>re v5ait d'tre supplici1 il aurait mis *apeau bas devant t\tes les processions4 ,d',alemb]t publia en #agfe un livre intitul3 ,hi/oire de la de/ruction des ,jsuites1 p> un auteur ds9tress4 ,en l'imprimant en ,suisse1 on avait1 suivant le conseil de ,voltaire1 soigneusem5t ca* le nom de l'auteur4 ,on feignait au mo9s de le croire et l'on s'amusait du my/re4 ,c'e/ mots c\v]ts que ,voltaire donne des n\velles de l'impression4 ,on prp>e un ouvrage de gomtrie1 et sur ce ?me les deux amis r5contr5t1 sans song] que jamais ils en amus]ont le public1 des plaisant]ies qui les rj\iss5t4 ,deux ans aprs1 d',alemb]t crit ,voltaire propos de la disp]sion des jsuites d',espagne3 ,notre jeune ma?matici5 a fait une petite suite p\r l'ouvrage que v\s connaissez o il traite de l'tat de la gographie en ,espagne4 ,v\s le recevrez incessamm5t4 ,voltaire le reoit et rpond3 ,j'ai envoy vos gants d',espagne sur-le-*amp leur de/9ation2 leur odeur m'a rj\i le nez4 ,le livre fut introduit ,p>is p> les so9s de ,m>9 7frre ,m>971 secrtaire du lieut5ant de police4 ,ceux qui en reur5t les premi]s exemplaires rem]cir5t le frre d',alemb]t4 ,il ne faut pas reg>d] le secret1 bi5 ou mal g>d1 ni surt\t l'impression l'trang] comme des prcautions inutiles4 ,les ouvrages dans ce cas ne =mai5t pas dlit4 ,la police p\vait les int]dire1 le ,p>lem5t n'avait pas les jug]4 ,le livre de d',alemb]t tait df5du1 mais il circulait librem5t4 ,un an aprs sa publication1 ,did]ot crivait3 ,le livre de d',alemb]t sur la de/ruction des jsuites1 qui n'e/ ri51 a fait plus de s5sation dans ,p>is que les quatre volumes de ses opuscules ma?matiques4 ,lorsque d',alemb]t se dcl>e imp>tial1 il a l'int5tion de l'tre2 comme hi/ori51 il y russit4 ,la premire p>tie du livre devait1 p\r ses amis tonns1 ressembl] une apologie de la socit de ,jsus4 ,l'hi/oire de ,loyola et des +nieux /atuts qu'il inv5ta n'inspire d',alemb]t ni raill]ies ni bons mots4 ,les jsuites sont irrpro*ables dans leurs moeurs1 fidles leurs voeux1 laborieux dans leurs tudes et dv\s la t*e qui leur e/ confie4 ,on a bi5 fait cep5dant de les supprim]4 ,on f]ait mieux encore de supprim] leurs ennemis les jansni/es et avec eux t\s les ordres religieux4 ,c'e/ a9si que1 fidle sa promesse1 l'auteur ds9tress p\rrait1 l'inv]se de ,sosie1 se prs5t]1 en disant3 ,messieurs1 ennemi de t\t le monde1 c> il l'e/ aussi des p>lem5taires1 et dcl>e1 huis clos bi5 ent5du1 qu'il se plat c+l]1 sans qu'on sa*e d'o le c\p vi5t1 la canaille jsuitique1 la canaille jansni/e et la canaille p>lem5taire4 ,les mo9s maltraits sont les jsuites4 ,les jansni/es ne s'y trompr5t pas4 ,les g5s raisonnables1 dit d',alemb]t1 ont tr\v l'ouvrage imp>tial et utile1 mais les conseill]s de la c\r jansni/e1 en att5dant le prophte lie1 qui aurait bi5 d leur prdire cette tuile qui leur tombe sur la tte1 ont cri comme t\s les diables4 ,ce qu'il y a de plaisant1 c'e/ que cette canaille tr\ve mauvais qu'on lui applique sur le dos des c\ps de b*e qu'elle se fait donn] sur la poitr9e4 ,la plaisant]ie n'e/ pas heureuse2 d',alemb]t1 t\j\rs le f\et la ma91 promet des c\ps plus rudes encore4 ,j'env]rai pro*a9em5t frre ,gabriel1 dit-il 7,gabriel e/ le libraire ,cram]71 de quoi les faire braill] encore1 c> p5dant qu'ils sont en tra9 de braire il n'y a pas de mal leur t5ir la b\*e ouv]te4 ,j'ai comm5c p> les croquignoles1 je cont9u]ai p> des c\ps de h\ss9e2 ensuite vi5dront les c\ps de gaule1 et je f9irai p> les c\ps de bton4 ,il rve mieux que le bton et aj\te3 ,mon ,dieu6 l'odieuse et plate canaille6 mais elle n'a pas longtemps vivre et je ne lui p>gn]ai pas les c\ps de /ylet6 ,la h\ss9e1 le bton1 le /ylet1 c'e/ t\j\rs la mme plume1 div]sem5t taille1 et l'app>5te frocit de d',alemb]t n'e/ au fond qu'un petit accs de vanit4 ,d',alemb]t rit et s'amuse1 il ne veut poign>d] p]sonne4 ,il v>ie ses plaisant]ies4 ,s'ils aval5t ce crapaud1 dit-il dans une autre lettre1 je leur s]virai d'une c\leuvre1 elle e/ t\te prte4 ,je f]ai seulem5t la sauce plus ou mo9s piquante selon que je les v]rai plus ou mo9s en apptit4 ,je respect]ai t\j\rs1 comme de raison1 la religion1 le g\v]nem5t et mme les m9i/res1 mais je ne f]ai pas de qu>ti] t\tes les autres sottises et assurm5t j'aurai de quoi p>l]4 ,voltaire devait tre cont5t cette fois3 ce n'e/ pas l /yle de notaire4 ,d',alemb]t aussi tait cont5t de lui-mme1 ,voltaire lui crivait3 ,*] df5seur de la raison1 macte animo1 et passez joyeusem5t votre vie cras] de votre ma9 les ttes de l'hydre4 ,je ne v\s le dissimule pas1 mon *] matre1 rpondait d',alemb]t1 v\s me comblez de satisfaction p> t\t ce que v\s me dites de mon ouvrage4 ,je le recomm&e votre protection et je crois qu'en effet il p\rra tre utile la cause commune et que l'infme1 avec t\tes les rvr5ces que je fais semblant de lui faire1 ne s'en tr\v]a pas mieux4 ,si j'tais1 comme v\s1 assez lo9 de ,p>is p\r lui donn] des c\ps de bton1 assurm5t ce s]ait de t\t mon coeur1 de t\t mon esprit et de t\tes mes =ces1 comme on prt5d qu'il faut aim] ,dieu1 mais je ne suis po/ que p\r lui donn] des croquignoles1 en lui dem&ant p>don de la lib]t gr&e1 et il me semble que je ne m'en suis pas mal acquitt4 ,dans la premire p>tie du livre de d',alemb]t1 les croquignoles ne pleuv5t pas encore4 ,on ne peut mieux comp>] cette socit1 p>t\t ent\re d'ennemis et p>t\t triomphante l'espace de deux sicles1 dit d',alemb]t1 qu'aux m>ais de ,holl&e1 cultivs p> un travail op9itre1 assigs p> la m] qui m5ace *aque in/ant de les engl\tir1 et sans cesse opposant leurs digues cet lm5t de/ructeur4 ,qu'on p]ce la digue en un seul endroit1 la ,holl&e s]a subm]ge aprs tant de sicles de travaux et de vigilance4 ,c'e/ aussi ce qui e/ arriv la socit4 ,ses ennemis ont enf9 tr\v l'endroit faible et p]c la digue2 mais ceux qui l'avai5t con/ruite avec tant de so9 et de pati5ce1 ceux qui ont ensuite veill si longtemps sa cons]vation1 ceux qui ont cultiv avec tant de succs le t]ra9 que protgeait cette digue1 n'en mrit5t pas mo9s d'loges4 ,dans la di/ribution des c\ps de h\ss9e1 les jsuites1 on le voit1 n'ont pas leur ju/e "p4 ,d',alemb]t raconte le rle des jsuites p5dant le premi] sicle et les raisons1 =t honorables p\r eux1 de leurs succs3 ,la libralit qui admet et enc\rage t\s les tal5ts1 la longue dure du noviciat1 les srieuses preuves qui prcd5t l'engagem5t3 nul n'e/ admis sans vocation et sans un dv\em5t t\te preuve4 ,les pratiques religieuses leur sont r5dues faciles3 qui travaille prie4 ,ils se lv5t1 a-t-on dit p> raill]ie1 quatre heures du mat9 p\r rcit] ensemble des litanies quatre heures du soir4 ,c'e/ qu'ils croi5t plus honorable et plus utile d'avoir p>mi eux des ,ptau et des ,b\rdal\e que des fa9ants et des *antres4 ,t\t cela n'e/ c]tes pas d'un adv]saire fanatique et aveugle4 ,les jsuites sont unis p\r le bi5 de la cause commune4 ,dans les autres socits1 les intrts et les ha9es rciproques des p>ticuli]s nuis5t presque t\j\rs au bi5 du corps4 ,*ez les jsuites il en e/ autrem5t4 ,attaquez un seul d'entre eux1 v\s tes sr d'avoir la socit p\r ennemie4 ,jamais rpublica9 n'aima la patrie comme *aque jsuite aime sa socit4 ,le d]ni] de ses membres s'intresse sa gloire1 dont il croit qu'il rejaillit sur lui quelques rayons4 ,ce n'e/ pas sans raison qu'on les a df9is une pe dont la po9te e/ ,rome4 ,cet atta*em5t des jsuites leur compagnie ne peut tre que l'effet de l'orgueil qu'elle leur inspire et nullem5t des avantages qu'elle procure *acun de ses membres4 ,le mrite mode/e ou born au travail de cab9et y e/ mconnu1 peu considr1 quelquefois p]scut si l'intrt de la socit le dem&e4 t\s ces moy5s d'augm5t] leur considration et leur crdit1 ils en joign5t un autre1 non mo9s efficace4 ,c'e/ la rgul>it de la conduite et des moeurs4 ,leur discipl9e sur ce po9t e/ aussi svre que sage1 et1 quoi qu'en ait publi la calomnie1 il faut av\] qu'aucun ordre religieux ne donne mo9s de prise cet g>d4 ,ceux d'entre eux qui ont enseign la morale la plus mon/rueuse1 qui ont crit sur les matires les plus obscnes1 ont m5 la vie la plus difiante et la plus exemplaire4 ,c'tait au pi$ du crucifix que le pre ,san*ez crivit ses abom9ables et dgtants ouvrages1 et on a dit en p>ticuli] d',escob>1 galem5t connu p> l'au/rit de ses moeurs et le rel*em5t de sa morale1 qu'il a*etait le ciel bi5 *] p\r lui-mme et le donnait bon m>* aux autres4 ,d',alemb]t raconte l'hi/oire des lettres de *ange signes p> les jsuites d',amrique et non payes en ,europe1 le procs comm]cial fait p> les ngociants de ,lyon et de ,m>seille ces m>*&s auxquels leurs /atuts prescrivai5t la pauvret4 ,*aque pr(s en effet avait prononc ce s]m5t3 ,je ne travaill]ai jamais1 en aucune faon1 ni ne cons5tirai jamais au *angem5t des rglem5ts faits sur la pauvret p> les con/itutions de la socit1 si ce n'e/ qu&1 p> de ju/es causes1 les circon/ances p\rront exig] que cette pauvret soit encore re/re9te davantage4 ,on faisait rem>qu] cep5dant qu'on peut tre pauvre au milieu de l'abondance4 ,si la socit possdait des bi5s considrables1 les membres de ce corps dev5u opul5t p\rrai5t encore pratiqu] la pauvret vanglique4 ,cette +nieuse rem>que ju/ifiait t\t4 ,la banqu]\te tait un malheur impossible prvoir4 ,cela tait vrai1 mais ce malheur n'arrive pas sans qu'on s'y soit expos4 ,la maldiction des ri*esses tombe plus encore que sur les ri*es sur ceux qui ont soif de le dev5ir4 ,la banqu]\te des jsuites1 importante p> le *iffre des intrts engags--les dettes s'levai5t #c millions1--l'tait surt\t p> les rvlations qui en sortai5t4 ,elle fut porte la gr&'*ambre du ,p>lem5t de ,p>is4 ,les jsuites fur5t condamns1 aux applaudissem5ts de la f\le qui encombrait le palais1 pay] les dettes de leurs frres1 avec df5se de faire du comm]ce4 ,la joie fut univ]selle4 ,ce fut le comm5cem5t de leurs malheurs4 ,leurs con/itutions1 qu'il fallut produire1 fur5t dcl>es contraires aux lois du royaume1 l'obissance due au s\v]a91 la sret de sa p]sonne et la tranquillit de l'tat4 ,aprs avoir jusque-l cons]v en racontant les faits son rle d'hi/ori5 imp>tial1 d',alemb]t r5contre la "q de droit2 sa doctr9e e/ s+ulire4 ,la suppression des jsuites tait utile la tranquillit publique2 il faut applaudir sans se s\ci] des motifs allgus4 ,les moy5s juridiques1 il le dcl>e et l'appr\ve1 ne sont et ne devai5t tre que des prtextes4 ,ce n'e/ pas p>ce qu'on croit les jsuites plus mauvais ,franais que les autres religieux qu'il faut les disp]s] et les dtruire1 c'e/ p>ce qu'on les sait plus r$\tables4 ,ce motif1 quoique non juridique1 e/ meilleur qu'il ne faut p\r s'en dfaire4 ,s+ulire et dang]euse doctr9e sur les devoirs et les droits du premi] tribunal de l'tat4 ,d',alemb]t1 t\j\rs franc1 aj\te1 p\r que sa p5se soit bi5 comprise3 ,la ligue de la nation contre les jsuites ressemble la ligue de ,cambrai contre la rpublique de ,v5ise1 qui avait p\r pr9cipale cause les ri*esses et l'insol5ce de ces rpublica9s4 ,les pres1 aj\te-t-il1 ont os prt5dre1 et plusieurs vques ont os l'imprim]1 que le gros recueil d'ass]tions extrait des auteurs jsuites p> ordre du ,p>lem5t1 recueil qui a s]vi de motif pr9cipal p\r leur de/ruction1 n'aurait pas d opr] cet effet2 qu'il avait t compos la hte p> des prtres jansni/es et mal vrifi p> des magi/rats peu propres ce travail2 qu'il tait ple9 de citations fausses1 de passages tronqus et mal ent5dus1 d'objections prises p\r des rponses1 enf9 de mille autres infidlits semblables4 ,telle e/ la prt5tion des jsuites4 ,les magi/rats1 dit d',alemb]t1 ont pris la pe9e de rpondre4 quoi bon8 ,on ne peut ni]1 aj\te-t-il1 que p>mi un gr& nombre de citations exactes1 il ne soit *app quelques mprises2 elles ont t av\es sans pe9e2 mais ces mprises1 qu& elles s]ai5t beauc\p plus frqu5tes1 emp*5t-elles que le re/e ne soit vrai8 ,d',alemb]t ici se borne oubli] les leons reues l'cole de droit4 ,mais ce qui suit dpasse t\te mesure4 ,la pla9te des jsuites et de leurs df5seurs ft-elle aussi ju/e qu'elle le p>at peu1 qui se donn]a la pe9e de vrifi] tant de passages8 ,en att5dant que la vrit s'claircisse1 si de p>eilles vrits en valai5t la pe9e1 le recueil aura produit le bi5 que la nation dsirait3 l'anantissem5t des jsuites4 ,et ce n'e/ pas dans une lettre confid5tielle1 c'e/ dans le livre mme de l'auteur ds9tress qu'on peut lire cet trange passage4 ,le tort fait la ju/ice et la morale p> un arrt motiv sur des calomnies 7telle e/ l'hypo?se7 ne s]ait-il pas prcism5t con=me aux pr9cipes les plus dang]eux repro*s la socit8 ,on p\rrait applaudir l'expulsion fran*em5t dcide et sans procdure1 p\r raison d'tat2 mais les faux griefs1 mls ou non des accusations fondes1 ne saurai5t tr\v] d'approbateurs4 ,d',alemb]t1 rem>quons-le bi51 n'admet pas la fausset des griefs1 mais il dcl>e1 sans ncessit p> consqu5t1 que1 les repro*es euss5t-ils t des calomnies1 il faudrait se rj\ir et appr\v]4 ,telle n'tait pas au fond1 telle ne p\vait tre sa doctr9e4 ,deux ans aprs1 propos de la suppression des jsuites d',espagne1 il crivait ,voltaire3 ,croyez-v\s t\t ce qu'on dit ce sujet8 croyez-v\s la lettre de ,m4 d',ossun1 lue en ple9 ,conseil et qui m>que que les jsuites avai5t =m le complot d'attaqu]1 le jeudi sa9t1 bon j\r1 bonne oeuvre1 le roi d',espagne et t\te la famille royale8 ,ne croyez-v\s pas comme moi qu'ils sont assez m*ants1 mais non pas assez f\s p\r cela1 et ne dsirez-v\s pas que cette n\velle soit tire au clair8 ,mais que dites-v\s de l'ide du roi d',espagne qui les *asse si brusquem5t8 ,p]suad comme moi qu'il a eu p\r cela de bonnes raisons1 ne p5sez-v\s pas qu'il aurait bi5 fait de les dire et de ne pas les r5f]m] dans son coeur royal8 ,ne p5sez-v\s pas qu'on p\rrait p]mettre aux jsuites de se ju/ifi]1 surt\t qu& on croit tre sr qu'ils ne le peuv5t pas8 ,ne p5sez-v\s pas encore qu'il s]ait bi5 inju/e de les faire t\s m\rir de faim1 si un seul frre c\pable ou non s'avise d'crire bi5 ou mal en leur faveur8 propos du jsuite ,malagrida1 brl ,lisbonne p\r de bi5 faibles motifs1 d',alemb]t aj\te3 ,c'e/ une *ose plaisante que l'emb>ras o les jsuites et les jansni/es se tr\v5t l'occasion de cette victime immole p> l',inquisition4 ,les jsuites1 dv\s jusque-l ce tribunal de sang1 n'osai5t plus en pr5dre le p>ti depuis qu'il avait brl un des leurs4 ,les jansni/es comm5ai5t le tr\v] ju/e ds qu'il eut condamn un jsuite aux flammes4 ,ils assurr5t et imprimr5t que l',inquisition n'tait pas ce qu'ils avai5t cru jusqu'alors1 et que la ju/ice s'y r5dait avec beauc\p de sagesse et de maturit4 ,on aim]ait voir d',alemb]t et ,voltaire plus huma9s et mo9s aveugls p> la passion que les *rti5s =t imp>faits qu'ils attaqu5t2 ni l'un ni l'autre n'aurait allum ni reg>d le b*]1 mais ils en riai5t et de lo9 feignai5t d'y p5s] avec plaisir4 ,d',alemb]t1 l'occasion de la tragdie d',olympie faite p> ,voltaire en six j\rs1 lui crit3 ,donnez-n\s vite votre oeuvre des six j\rs1 mais ne faites pas comme ,dieu et ne v\s reposez pas le septime4 ,ce n'e/ po9t un plat complim5t que je prt5ds v\s faire2 mais je ne v\s dis que ce que j'ai dj dit c5t fois d'autres4 ,vos pices seules ont du m\vem5t et de l'intrt et1 ce qui vaut bi5 cela1 de la philosophie1 non pas de la philosophie froide et p>lire1 mais de la philosophie en action4 ,je ne v\s dem&e plus d'*afaud1 je sais et je respecte t\te la rpugnance que v\s y avez1 quoique depuis ,malagrida les *afauds ai5t leur mrite4 ,a la lueur d'un b*] le rire devi5t s9i/re2 d',alemb]t1 en l'oubliant1 fait p5s] ce mot de ,grimm3 ,il semble voir des enfants qui j\5t avec les in/rum5ts du b\rreau4 ,les jsuites1 condamns1 tranai5t l'affaire en longueur4 ,le g\v]nem5t hsitait4 ,une circon/ance =tuite prcipita leur ru9e4 ,on reut la f9 de m>s #agfb la tri/e n\velle de la prise de la ,m>t9ique p> les ,anglais4 ,la prud5ce du g\v]nem5t v\lut prv5ir les pla9tes qu'une si gr&e p]te devait caus] dans le public4 ,on imag9a1 p\r faire div]sion1 de donn] aux ,franais un autre objet d'entreti52 comme autrefois ,alcibiade avait imag9 de faire c\p] la queue son *i5 p\r emp*] les ,a?ni5s de p>l] d'affaires plus srieuses1 on dcl>a donc au pr9cipal des jsuites qu'ils n'avai5t plus qu' obir au ,p>lem5t et cess] leurs leons4 ,il e/ c]ta91 aj\te d',alemb]t1 t\j\rs s9cre1 que la plup>t des jsuites1 ceux qui dans cette socit comme ailleurs ne se ml5t de ri51 et qui y sont en plus gr& nombre qu'on ne croit1 n'aurai5t pas d1 s'il et t possible1 port] la pe9e des fautes de leurs suprieurs4 ,ce sont des milli]s d'innoc5ts qu'on a confondus regret avec une v+ta9e de c\pables4 ,de plus1 ces innoc5ts se tr\vai5t p> malheur les seuls punis et les seuls pla9dre1 c> les *efs avai5t obt5u p> leur crdit des p5sions dont ils p\vai5t j\ir leur aise1 t&is que la multitude immole re/ait sans pa9 comme sans appui4 ,t\t ce qu'on a pu allgu] en faveur de l'arrt gnral d'expulsion prononc contre ces pres1 c'e/ le fameux passage de ,tacite au sujet de la loi des ,roma9s qui condamnait mort t\s les esclaves d'une maison p\r le crime d'un seul4 ,habet aliquid ex iniquo omne magnum exemplum4 ,t\t gr& exemple a quelque *ose d'inju/e4 ,il faut s'y rsign]1 il y a deux morales1 ou1 ce qui s]ait plus tri/e encore1 contre l'intrt public allgu1 il n'en faut invoqu] aucune4 ,cont9uons l'analyse du livre4 ,quelques p>lem5ts n'avai5t ri5 prononc contre l'in/itut1 et les jsuites subsi/ai5t encore en enti] dans une p>tie de la ,france4 ,il y avait lieu d'apprh5d] qu'au premi] signal de ralliem5t la p>tie disp]se1 se rejoignant t\t c\p la p>tie runie1 ne =mt une socit n\velle1 avant mme qu'on ft en tat de la combattre4 ,la sagesse et l'honneur mme du g\v]nem5t semblai5t exig] que la jurisprud5ce l'g>d des jsuites1 quelle qu'elle pt tre1 ft con=me dans t\t le royaume4 ,ces vues p>aiss5t avoir dict l'dit p> lequel on vi5t d'abolir la socit dans t\te l't5due de la ,france4 ,t\t s'tait runi p\r accabl] les jsuites et prp>] leur ru9e4 ,aux griefs accumuls contre eux ils avai5t aj\t deux fautes capitales4 ,n\s n'en rappelons qu'une4 ,ils avai5t refus1 p> des motifs de respect huma91 de recevoir s\s leur direction des p]sonnes puissantes 7,mme de ,pompad\r7 qui n'avai5t pas lieu d'att5dre d'eux une svrit si s+ulire tant d'g>ds4 ,ce refus indiscret a contribu prcipit] leur ru9e4 ,a9si ces hommes qu'on avait tant accuss de morale rel*e et qui ne s'tai5t s\t5us la c\r que p> cette morale mme1 ont t p]dus ds qu'ils ont v\lu1 mme leur gr& regret1 pr(ess] le rigorisme4 ,matire abondante de rflexion et preuve vid5te que les jsuites depuis leur naissance jusqu' cette poque avai5t pris le bon *em9 p\r se s\t5ir1 puisqu'ils ont cess d'tre ds qu'ils s'en sont c>ts4 ,il e/ c]ta91 telle e/ la conclusion de d',alemb]t1 que l'anantissem5t de la socit peut procur] la raison de gr&s avantages1 p\rvu que l'intolrance jansni/e ne succde pas en crdit l'intolrance jsuitique4 ,c>1 on ne cra9t pas de l'avanc]1 entre ces deux sectes l'une et l'autre m*antes et p]nicieuses1 si on tait =c de *oisir1 en leur supposant le mme degr de p\voir1 la socit qu'on vi5t d'expuls] s]ait la mo9s tyrannique4 ,les jsuites1 g5s accommodants p\rvu qu'on ne se dcl>e pas leur ennemi1 p]mett5t assez qu'on p5se comme on v\dra4 ,les jansni/es1 sans g>ds comme sans lumires1 veul5t qu'on p5se comme eux4 ,s'ils tai5t les matres1 ils ex]c]ai5t sur les ouvrages1 sur les esprits1 sur les disc\rs1 sur les moeurs l'inquisition la plus viol5te4 ,les jsuites tai5t des tr\pes rgulires1 rallies et discipl9es s\s l't5d>d de la sup]/ition4 ,c'tait la phalange macdoni5ne qu'il importait la raison d'avoir rompue et dtruite4 ,les jansni/es ne sont que des cosaques et des p&\rs dont la raison aura bon m>*4 ,imp>tial comme il l'a promis1 d',alemb]t e/ contre t\s galem5t implacable4 ,le livre sur la de/ruction des jsuites obt9t un gr& succs et s\leva de viol5tes colres4 ,l'auteur1 s'il faut en croire ,voltaire qui cite de mmoire et inv5te quelquefois1 fut trait d'hyne1 de ,phili/91 d',amorrhen1 de bte puante1 de ,satan et de ,rabsacs4 ,les pamphlets les plus env5ims ne viv5t gure2 la trace des invectives disp>at avec eux4 ,la plup>t s'adressai5t mo9s d',alemb]t qu'au p>ti des philosophes t\t enti]4 ,l'y5ne du ,gvaudan1 dit l'auteur anonyme d'une lettre un ami sur le livre n\veau1 a fait mo9s de mal que les crits publis depuis peu4 ,l'auteur de la lettre un ami1 qui s'appelait1 je crois1 le pre ,guidy1 veut p>l] des crits condamns rcemm5t p> l'assemble gnrale du cl]g 7aot #agfe7 dans des t]mes d'une viol5ce presque gale3 ,une multitude d'criva9s tmraires1 disai5t les vques runis1 ont f\l aux pi$s les lois div9es et huma9es4 ,les vrits les plus sa9tes ont t obscurcies et les pr9cipes de la mon>*ie branls4 ,ri5 n'a t respect ni dans l'ordre civil1 ni dans l'ordre spirituel4 ,la maje/ de l'tre suprme et celle des rois sont outrages et l'on ne peut se dissimul] que dans l'ordre de la foi1 dans celui des moeurs1 dans l'ordre mme de l'tat1 l'esprit du sicle semble le m5ac] d'une rvolution qui prsage de t\tes p>ts une ru9e et une de/ruction totale4 ,le cl]g voyait ju/e4 ,mais l',encyclopdie dans ses cra9tes n'occupe qu'une petite "p1 et le livre sur la de/ruction des jsuites tait pe9e signal4 ,il n'e/ pas vrai non plus1 quoique ,voltaire1 heureux d'enri*ir d'un mot n\veau le sottisi] littraire1 l'ait rpt plusieurs fois1 que d',alemb]t ait t appel ,rabsacs4 ,j'ai tr\v le passage4 ,d',alemb]t avait crit3 ,la philosophie1 laquelle les jansni/es avai5t dcl> une gu]re presque aussi vive qu' la ,compagnie de ,jsus1 avait fait malgr eux et p> bonheur p\r eux des progrs semblables4 ,les jsuites1 intolrants p> sy/me et p> tat1 n'en tai5t dev5us que plus odieux4 ,on les reg>dait1 si je puis p>l] de la sorte1 comme les gr&s gr5adi]s du fanatisme1 comme les plus dang]eux ennemis de la raison et comme ceux dont il lui importait le plus de se dfaire4 ,les p>lem5ts1 qu& ils ont comm5c attaqu] la ,socit1 ont tr\v cette disposition dans t\s les esprits4 ,c'e/ proprem5t la philosophie qui p> la b\*e des magi/rats a port l'arrt contre les jsuites4 ,le jansnisme n'a t que le solliciteur4 ,c'e/ l'occasion de ce passage que l'un des auteurs des deux pamphlets trs diffr5ts portant t\s deux p\r titre le ,philosophe r$ress a provoqu p> l'introduction du nom de ,rabsacs l'ironie dang]euse de ,voltaire4 ,qu& j'accord]ais1 dit-il1 ces prt5dus de/ructeurs des jsuites la gloire1 dont ils p>aiss5t jal\x1 d'avoir prononc l'arrt de leur ru9e1 e/-ce qu'il ne faudra pas t\j\rs dire que c'e/ ,dieu qui s'e/ s]vi de blasphmateurs1 ,rabsacs leur tte1 p\r taill] en pices les ?iopi5s1 tellem5t qu'il ne re/a p]sonne de leur ct p\r ent]r] les morts1 t&is que les philosophes de ,jrusalem s'applaudissai5t de leur politique1 qui1 disai5t-ils1 avait fait p> leur div]sion lev] le sige aux ,assyri5s8 ,l'allusion n'e/ pas claire2 en consultant la ,bible on la tr\ve plus obscure encore4 ,l'auteur avait oubli les dtails du sige de ,jrusalem2 mais il n'a pas appel d',alemb]t ,rabsacs4 ,on lui en a dit bi5 d'autres3 ,ne s]ait-ce pas s'avilir et faire trop d'honneur cet criva9 que de qualifi] en dtail t\tes ses contradictions8 ,un mon/re devant un miroir doit avoir horreur de lui-mme4 ,l'auteur1 disait un autre1 e/ un philosophe qui ose t\t contre la vrit et qui1 di/rait sur son ignorance1 se croit un savant du premi] ordre4 ,on p\rrait df9ir son crit3 ,pot-p\rri ou ,recueil d'invectives ineptes contre la religion4 ,la m5ace se mle l'injure3 ,s'il n'e/ pas *rti51 qu'il ne s'avise pas de le dire2 il p\rrait bi5 se faire *ass] p> le peuple c\ps de pi]re4 ,d',alemb]t n'tait pas *rti51 on ne peut le ni]2 mais1 p\r le lapid] sans crime1 il fallait att5dre une condamnation2 le supplice sans cela n'aurait pas t rguli]4 ,d'autres1 plus modrs1 se cont5tai5t de ddaign] son tal5t littraire4 ,dans un pamphlet signal p> ,ba*aumont on dcl>e que *ez lui la vrit se montre sans beaut et l'erreur se ca*e sans f9esse4 ,il veut tre le s+e de ,pascal1 il n'e/ qu'un ,pasqu94 ,ba*aumont aj\te3 ,et cela e/ vrai4 ,le nom de l'auteur ds9tress tait connu de t\s4 ,la mort de ,clairaut laissa vacante l',acadmie des sci5ces une des places de p5sionnaire4 ,d',alemb]t1 membre de l',acadmie depuis v+t-deux ans et depuis dix ans dj p5sionnaire surnumraire1 ne t\*ait qu'une p>tie de la p5sion4 ,il avait t\s les droits remplac] ,clairaut2 l'usage le dsignait1 son mrite l'imposait1 et l',acadmie1 p> un vote unanime1 le prs5tait au *oix du roi4 ,l'accueil fait au directeur de l',acadmie fut trs froid4 ,le m9i/re1 sans refus]1 rpondit3 ,n\s ne sommes pas cont5ts de ,m4 d',alemb]t4 ,on laissa la p5sion disponible1 et l'un des membres de l',acadmie1 dont le nom e/ re/ ju/em5t populaire1 ,vaucanson1 eut l'indlicatesse de la dem&]4 ,les prote/ations fur5t unanimes1 et cette mesqu9e p]scution fit tant de bruit1 sans que d',alemb]t s'en mlt en ri51 qu'aprs un an d'att5te la p5sion lui fut attribue4 ,d',alemb]t crit ,lagrange3 ,je dois v\s appr5dre qu'on s'e/ enf9 lass de me refus] cette misrable p5sion qu' la vrit je n'ai jamais dem&e1 mais que l',acadmie dem&ait vivem5t p\r moi4 ,j'en ai fait au m9i/re un rem]ciem5t trs succ9ct et trs sec1 et je me suis su bon gr de n'avoir dm5ti dans cette ridicule affaire ni mes pr9cipes ni ma conduite antrieure1 dont j'espre1 p> la grce de ,dieu1 ne jamais me dp>tir4 ,,*apitre ,,vi ,d',,alemb]t ,,et ,,fr$]ic ,d',alemb]t crivait un j\r ,voltaire3 ,je n'aime les gr&s que qu& ils le sont comme v\s1 c'e/--dire p> eux-mmes et qu'on peut vraim5t se t5ir p\r honor de leur amiti et de leur e/ime4 ,p\r les autres1 je les salue de lo91 je les respecte comme je dois et je les e/ime comme je peux4 ,p\r accept] l'amiti (f]te p> ,frdric1 d',alemb]t n'avait ri5 *ang] ni ses pr9cipes ni ses dfiances4 ,dans leur correspondance1 dans leurs relations de *aque j\r et de *aque heure p5dant que d',alemb]t tait son hte1 le c>actre royal effac sans affectation p> ,frdric tait respect sans flatt]ie p> d',alemb]t4 ,l'e/ime et la sympa?ie mutuelle faisai5t natre une amiti s9cre2 jamais le c>actre ne s'en e/ dm5ti4 ,les affectueux g>ds du roi tai5t pays p> la reconnaissance et l'admiration du philosophe1 sans que la lib]t ait t m5ace ni l'galit mise en "q4 ,d',alemb]t avait conc\ru en #agde et obt5u un prix l',acadmie de ,b]l94 ,l'pigraphe du mmoire tait une l\ange assez insignifiante adresse l'illu/re mon>que1 habilem5t t\rne en v]s lat9s1 sans platitude et sans emphase4 ,le mmoire fut admir p> l',acadmie1 l'pigraphe rem>que p> ,frdric4 ,maup]tuis1 quelques annes plus t>d1 v\lait quitt] ,b]l91 mal portant1 malade1 m\rant peut-tre de la diatribe du ,dr ,akakia4 ,la situation p\r lui tait moralem5t amo9drie4 ,les fl*es de ,voltaire tai5t empoisonnes et les blessures incurables4 ,malgr la protection trs f]me et l'indignation trs s9cre du roi contre ,voltaire1 ,maup]tuis1 d'autant plus s5sible qu'en frappant beauc\p trop =t1 la diatribe avait t\* trs ju/e1 avait p]du t\te autorit morale4 lev trop haut nagure1 il tait prcipit trop bas4 ,son importance acadmique tait dtruite4 ,le roi fit (frir d',alemb]t1 avec des avantages considrables1 la prsid5ce de son ,acadmie4 ,c'tait en #ageb4 ,d',alemb]t tait pauvre2 les disp5sateurs des p5sions et des faveurs en ,france n'tai5t pas alors et ne fur5t jamais ses amis4 ,il ne p\vait espr] dans l'av5ir ni la =tune ni l'aisance4 ,il refusa p\rtant sans hsit]4 ,les in/ances r$\blr5t sans l'branl]4 ,aucune analyse ne peut remplac] les lettres *anges1 rellem5t belles1 p>ce qu'elles sont s9cres et qu'aucun mot n'en e/ dm5ti p> la vie de d',alemb]t4 la lettre crite p> le m>quis d',arg5s p\r lui communiqu] les (fres de ,frdric1 d',alemb]t rpondit3 ,on ne peut tre1 monsieur1 plus s5sible que je le suis aux bonts dont le roi m'honore4 ,je n'en avais pas beso9 p\r lui tre t5drem5t et inviolablem5t atta*3 le respect et l'admiration que ses actions m'ont inspirs1 ne suffis5t pas mon coeur2 c'e/ un s5tim5t que je p>tage avec t\te l',europe2 un mon>que tel que lui e/ digne d'en inspir] de plus d\x et j'ose dire que je le dispute sur ce po9t t\s ceux qui ont l'honneur de l'appro*]4 ,jugez donc1 monsieur1 du dsir que j'aurais de j\ir de ses bi5faits1 si les circon/ances o je me tr\ve p\vai5t me le p]mettre2 mais elles ne me laiss5t que le regret de ne p\voir en pr(it]1 et ce regret ne fait qu'augm5t] ma reconnaissance4 ,p]mettez-moi1 monsieur1 d'entr] l-dessus dans quelques dtails avec v\s et de v\s ouvrir mon coeur comme un ami digne de ma confiance et de mon e/ime4 ,j'ose pr5dre ce titre avec v\s2 t\t semble m'y invit]3 la lettre ple9e de bont que v\s m'avez fait l'honneur de m'crire2 la gnrosit de vos procds env]s l'abb de ,prades1 auquel je m'intresse trs vivem5t1 et qui se l\e1 dans t\tes ses lettres1 de v\s plus que de p]sonne2 enf9 la rputation dont v\s j\issez si ju/e titre p> vos lumires1 p> vos connaissances1 p> la noblesse de vos s5tim5ts1 et p> une probit d'autant plus prcieuse qu'elle e/ plus r>e4 ,la situation o je suis s]ait peut-tre1 monsieur1 un motif suffisant p\r bi5 d'autres de r5onc] son pays4 ,ma =tune e/ au-dess\s du mdiocre2 #agjj livres de r5te font t\t mon rev5u4 ,entirem5t indp5dant et matre de mes volonts1 je n'ai po9t de famille qui s'y oppose4 ,oubli du g\v]nem5t1 comme tant de g5s le sont de la ,provid5ce1 p]scut mme autant qu'on peut l'tre qu& on vite de donn] trop d'avantage sur soi la m*ancet des hommes1 je n'ai aucune "p aux rcomp5ses qui pleuv5t ici sur les g5s de lettres avec plus de pr(usion que de lumires4 ,une p5sion trs modique1 qui vraisemblablem5t me vi5dra =t t>d1 et qui pe9e un j\r me suffira si j'ai le bonheur ou le malheur de p>v5ir la vieillesse1 e/ la seule *ose que je puisse raisonnablem5t espr]4 ,encore cette ress\rce n'e/-elle pas trop c]ta9e si la c\r de ,france1 comme on me l'assure1 e/ aussi mal dispose p\r moi que celle de ,prusse l'e/ favorablem5t4 ,malgr t\t cela1 monsieur1 la tranquillit dont je j\is e/ si p>faite et si d\ce1 que je ne puis me rs\dre lui faire c\rir le mo9dre risque4 ,suprieur la mauvaise =tune1 les preuves de t\te espce que j'ai essuyes dans ce g5re1 m'ont endurci l'indig5ce et au malheur1 et ne m'ont laiss de s5sibilit que p\r ceux qui me ressembl5t4 =ce de privations1 je me suis acc\tum sans ef=t me cont5t] du plus troit ncessaire1 et je s]ais mme en tat de p>tag] mon peu de =tune avec d'honntes g5s plus pauvres que moi4 ,j'ai comm5c1 comme les autres hommes1 p> dsir] les places et les ri*esses1 j'ai f9i p> y r5onc] absolum5t3 et de j\r en j\r je m'en tr\ve mieux4 ,la vie retire et obscure que je mne e/ p>faitem5t con=me mon c>actre1 mon am\r extrme p\r l'indp5dance1 et peut-tre un peu d'loignem5t que les vnem5ts de ma vie m'ont inspir p\r les hommes4 ,la retraite et le rgime que me prescriv5t mon tat et mon gt m'ont procur la sant la plus p>faite et la plus gale1 c'e/--dire le premi] bi5 d'un philosophe4 ,enf91 j'ai le bonheur de j\ir d'un petit nombre d'amis dont le comm]ce et la confiance font la consolation et le *>me de ma vie4 ,jugez ma9t5ant v\s-mme1 monsieur1 s'il m'e/ possible de r5onc] ces avantages1 et de *ang] un bonheur sr p\r une situation t\j\rs inc]ta9e1 quelque brillante qu'elle puisse tre4 ,je ne d\te nullem5t des bonts du roi1 et de t\t ce qu'il peut faire p\r me r5dre agrable mon n\vel tat2 mais1 malheureusem5t p\r moi1 t\tes les conditions ess5tielles mon bonheur ne sont pas en son p\voir4 ,l'exemple de ,m4 de ,maup]tuis m'effraye avec ju/e raison2 j'aurais d'autant plus lieu de cra9dre la rigueur du climat de ,b]l9 et de ,potsdam1 que la nature m'a donn un corps trs faible et qui a beso9 de t\s les mnagem5ts possibles4 ,si ma sant v5ait s'altr]1 ce qui ne s]ait que trop cra9dre1 que devi5drais-je alors8 ,incapable de me r5dre utile au roi1 je me v]rais =c all] f9ir mes j\rs lo9 de lui1 et repr5dre dans ma patrie1 ou ailleurs1 mon anci5 tat qui aurait p]du ses premi]s *>mes3 peut-tre mme n'aurais-je plus la consolation de retr\v] en ,france les amis que j'y aurais laisss1 et qui je p]c]ais le coeur p> mon d"p4 ,je v\s av\e1 monsieur1 que cette d]nire raison seule peut t\t sur moi2 le roi e/ trop philosophe et trop gr& p\r ne pas en s5tir le prix2 il connat l'amiti2 il la ress5t et il la mrite2 qu'il soit lui-mme mon juge4 ces motifs1 monsieur1 dont le p\voir e/ le plus gr& sans d\te1 je p\rrais en aj\t] d'autres4 ,je ne dois ri51 il e/ vrai1 au g\v]nem5t de ,france1 dont je cra9s t\t sans en ri5 espr]2 mais je dois quelque *ose ma nation1 qui m'a t\j\rs bi5 trait1 qui me rcomp5se autant qu'il e/ en elle p> son e/ime1 et que je ne p\rrais ab&onn] sans une espce d'+ratitude4 ,je suis d'ailleurs1 comme v\s le savez1 *>g1 conjo9tem5t avec ,m4 ,did]ot1 d'un gr& ouvrage1 p\r lequel n\s avons pris avec le public les engagem5ts les plus sol5nels1 et p\r lequel ma prs5ce e/ indisp5sable2 il e/ absolum5t ncessaire que cet ouvrage se fasse et s'imprime s\s nos yeux1 que n\s n\s voyions s\v5t et que n\s travaillions de conc]t4 ,v\s connaissez trop1 monsieur1 les dtails d'une si gr&e entreprise1 p\r que j'insi/e davantage l-dessus4 ,enf91 et je v\s prie d'tre p]suad que je ne *]*e po9t me p>] ici d'une fausse mode/ie1 je d\te que je fusse aussi propre cette place que ,sa ,maje/ veut bi5 le croire4 ,livr ds mon enfance des tudes cont9uelles1 je n'ai que dans la ?orie la connaissance des hommes1 qui e/ si ncessaire dans la pratique qu& on a affaire eux4 ,la tranquillit et1 si j'ose le dire1 l'oisivet du cab9et m'ont r5du absolum5t incapable des dtails auxquels le *ef d'un corps doit se livr]4 ,d'ailleurs1 dans les diffr5ts objets dont l',acadmie s'occupe1 il en e/ qui me sont entirem5t inconnus1 comme la *imie1 l'hi/oire naturelle et plusieurs autres1 sur lesquels1 p> consqu5t1 je ne p\rrais tre aussi utile que je le dsir]ais4 ,enf91 une place aussi brillante que celle dont le roi veut m'honor]1 oblige une sorte de reprs5tation1 t\t fait loigne du tra9 de vie que j'ai pris jusqu'ici2 elle engage un gr& nombre de devoirs1 et les devoirs sont les entraves d'un homme libre3 je ne p>le po9t de ceux qu'on r5d au roi4 ,le mot de devoir n'e/ pas fait p\r lui2 les plaisirs qu'on gte dans sa socit sont faits p\r consol] des devoirs et du temps qu'on met les remplir4 ,enf91 monsieur1 je ne suis absolum5t propre1 p> mon c>actre1 qu' l'tude1 la retraite et la socit la plus f]me et la plus libre4 ,je ne v\s p>le po9t des *agr9s1 gr&s ou petits1 ncessairem5t atta*s aux places o l'on a des hommes et surt\t des g5s de lettres dans sa dp5dance4 ,sans d\te le plaisir de faire des heureux et de rcomp5s] le mrite s]ait trs s5sible p\r moi2 mais il e/ =t inc]ta9 que je fisse des heureux1 et il e/ infaillible que je f]ais des mcont5ts et des +rats4 ,a9si1 sans p]dre les ennemis que je puis avoir en ,france1 o je ne suis cep5dant sur le *em9 de p]sonne1 j'irais trois c5ts lieues en *]*] de n\veaux4 ,j'en tr\v]ais1 ds mon arrive1 dans ceux qui aurai5t pu aspir] cette place1 dans leurs p>tisans et dans leurs cratures2 et t\tes mes prcautions n'emp*]ai5t pas que bi5 des g5s se plaigniss5t et ne *]*ass5t me r5dre la vie dsagrable4 ,selon ma manire de p5s]1 ce s]ait p\r moi un poison l5t1 que la =tune et la considration atta*es ma place ne p\rrai5t drac9]4 ,je n'ai pas beso9 d'aj\t]1 monsieur1 que ri5 ne p\rrait me rs\dre accept]1 du vivant de ,m4 de ,maup]tuis1 sa survivance1 et v5ir1 p\r a9si dire1 ,b]l9 recueillir sa succession4 ,il tait mon ami2 je ne puis croire1 comme on me l'a m&1 qu'il ait *]*1 malgr ma recomm&ation1 nuire l'abb de ,prades2 mais qu& j'aurais ce repro*e lui faire1 l'tat dplorable o il e/ suffirait p\r m'engag] une plus gr&e dlicatesse dans les procds4 ,cep5dant cet tat1 quelque f*eux qu'il soit1 peut dur] longtemps1 et peut dem&] qu'on lui donne ds prs5t un coadjuteur2 en ce cas1 ce s]ait un n\veau motif p\r moi de ne me pas dplac]4 ,voil1 monsieur1 les raisons qui me reti5n5t dans ma patrie2 je s]ais au dsespoir que ,sa ,maje/ les dsappr\vt4 ,je me flatte1 au contraire1 que ma philosophie et ma fran*ise1 bi5 lo9 de me nuire auprs de lui1 m'aff]miront dans son e/ime4 ,ple9 de confiance en sa bont1 sa sagesse et sa v]tu1 bi5 plus *res mes yeux que sa c\ronne1 je me jette ses pi$s1 et je le supplie d'tre p]suad qu'un des plus gr&s regrets que j'aurai dans ma vie1 s]a de ne p\voir pr(it] des bi5faits d'un pr9ce aussi digne de l'tre1 aussi fait p\r comm&] aux hommes que p\r les clair]4 ,je m'att5dris en v\s crivant4 ,je v\s prie d'assur] le roi que je cons]v]ai t\te ma vie1 p\r sa p]sonne1 l'atta*em5t le plus ds9tress1 le plus fidle et le plus respectueux2 et que je s]ai t\j\rs son sujet au mo9s dans le coeur1 puisque c'e/ la seule faon dont je puisse l'tre4 ,si la p]scution et le malheur m'oblig5t un j\r quitt] ma patrie1 ce s]a dans ses tats que j'irai *]*] un asile3 je ne lui dem&]ai que la satisfaction d'all] m\rir auprs de lui libre et pauvre4 ,au re/e1 je ne dois po9t v\s dissimul]1 monsieur1 que longtemps avant le desse9 que le roi v\s a confi1 le bruit s'e/ rp&u1 sans fondem5t comme tant d'autres1 que ,sa ,maje/ songeait moi p\r la place de prsid5t4 ,j'ai rpondu ceux qui m'en ont p>l1 que je n'avais ent5du p>l] de ri51 et qu'on me faisait beauc\p plus d'honneur que je ne mritais4 ,je cont9u]ai1 si on m'en p>le encore1 rpondre de mme1 p>ce que1 dans ces circon/ances1 les rponses les plus simples sont les meilleures4 ,a9si1 monsieur1 v\s p\vez assur] ,sa ,maje/ que son secret s]a inviolable2 je le respecte autant que sa p]sonne1 et mes amis ignor]ont t\j\rs le sacrifice que je leur fais4 ,j'ai l'honneur d'tre1 etc4 ,l'e/ime de ,frdric r$\bla4 ,ne p\vant russir attir] d',alemb]t et n'y r5onant pas p\r l'av5ir1 il lui fit (frir1 p> son ambassadeur1 une p5sion de #a #bjj livres4 ,l\is ,,xv1 dit ,mme du ,hausset1 n'aimait pas le roi de ,prusse1444 les raill]ies de ,frdric l'avai5t ulcr444 ,il entra un j\r *ez ,mme 7de ,pompad\r7 avec un papi] la ma9 et lui dit3 ,le roi de ,prusse e/ c]ta9em5t un gr& homme2 il aime les g5s tal5ts et1 comme ,l\is ,,xiv1 il veut faire ret5tir l',europe de ses bi5faits env]s les savants des pays trang]s4 ,voici1 aj\ta-t-il1 une lettre de lui adresse milord ,m>*al p\r lui ordonn] de faire "p un homme suprieur de mon royaume d'une p5sion qu'il lui accorde4 ,et1 jetant les yeux sur la lettre1 il lut ces mots3 ,v\s saurez qu'il y a un homme ,p>is du plus gr& mrite qui ne j\it pas des avantages d'une =tune proportionne ses tal5ts et son c>actre4 ,je p\rrais s]vir d'yeux l'aveugle desse et rp>] au mo9s quelques-uns de ses torts2 je v\s prie d'(frir p> cette considration444 ,je me flatte qu'il accept]a cette p5sion en faveur du plaisir que j'aurai d'avoir oblig un homme qui jo9t la beaut du c>actre aux tal5ts les plus sublimes de l'esprit4 ,le roi s'arrta3 en ce mom5t arrivr5t ,,mm4 de ,m>igny et d',ay51 auxquels il recomm5a la lettre et il aj\ta3 ,elle m'a t remise p> le m9i/re des affaires trangres1 qui l'a confie milord ,m>*al p\r que je p]mette ce gnie sublime d'accept] ce bi5fait4 ,mais1 dit le roi1 combi5 croyez-v\s que se monte ce bi5fait8 ,les uns dir5t six1 huit1 dix mille livres4 ,v\s n'y tes pas1 dit le roi1 d\ze c5ts livres4 --,p\r des tal5ts sublimes1 dit le duc d',ay51 ce n'e/ pas beauc\p4 ,le roi de ,prusse aura le plaisir de faire du bruit peu de frais4 ,m4 de ,m>igny raconta cette hi/oire *ez ,quesnay et il aj\ta que l'homme de gnie tait d',alemb]t et que le roi avait p]mis d'accept] la p5sion4 ,sa soeur 7,mme de ,pompad\r7 avait1 dit-il1 ins9u au roi de donn] le d\ble d',alemb]t et de lui df5dre d'accept] la p5sion1 mais il n'avait pas v\lu1 p>ce qu'il reg>dait d',alemb]t comme un impie4 ,lorsque ,maup]tuis m\rut1 en #agei1 ,frdric r5\vela ses in/ances4 ,d',alemb]t refusa de n\veau4 ,voltaire le lui conseillait =t4 ,que dites-v\s1 lui crit-il1 de ,maup]tuis mort entre deux capuc9s8 ,il tait malade depuis longtemps d'une rpltion d'orgueil2 mais je ne le croyais ni hypocrite1 ni imbcile4 ,je ne v\s conseille pas d'all] jamais remplir sa place ,b]l91 v\s v\s en rep5tiriez4 ,je suis ,a/olphe qui av]tit ,rog] de ne pas se livr] l'en*ant]esse ,alc9e1 mais ,rog] ne le crut pas4 ,en prv5ant d',alemb]t des dang]s qu'il connaissait bi51 ,voltaire n'avait aucun tort4 ,la ma9 gante de vel\rs que ,frdric t5dait gracieusem5t d',alemb]t p\vait gratign] les imprud5ts et broy] les +rats4 ,l'amiti de ,frdric n'tait pas banale1 et s'il respectait les gnies sublimes1 c'tai5t ceux que lui-mme jugeait tels4 ,le bon et gr& ,eul] ne r5contrait la c\r et l',acadmie ni les avantages (f]ts d',alemb]t avec tant d'empressem5t1 ni les g>ds que sa nave bonhomie ne savait pas impos]4 ,frdric le traitait avec la mme bi5veillance prcism5t qu'il montrait au j>d9i] de ,sans-,s\ci qu& il tait cont5t de ses s]vices4 ,eul] p\r ,frdric n'tait pas plus un ami que d',alemb]t p\r ,l\is ,,xv4 ,l\is ,,xv disait en p>lant de l'un3 ,c'e/ un impie4 ,frdric1 s'il daignait s'en in=m]1 p\vait dire d',eul] t\t le contraire4 ,il tait tolrant et le lui p>donnait1 mais ri5 de plus4 ,eul]1 si d',alemb]t l'avait consult et s'il avait os rpondre1 aurait donn le mme conseil que ,voltaire4 ,un de ses neveux avait t incorpor dans un rgim5t4 ,le jeune homme se de/9ait au comm]ce2 la famille tait dsole4 ,eul] adressa une supplique4 ,le roi lui rpondit3 ,comme je sais qu'il e/ d'une bonne taille1 ce qui m>que un tempram5t flegmatique qui ne p>at pas propre p\r l'activit et la s\plesse si ncessaires un habile m>*&1 je crois que la nature l'a de/9 p\r embrass] le mti] des armes4 ,j'espre que v\s n'envi]ez pas au susdit rgim5t cet homme1 dont j'aurai so9 de faire la =tune en votre considration4 ,l'occasion tait bonne de quitt] ,b]l92 la place d',eul]1 d',alemb]t n'y et pas manqu4 ,le voyage de d',alemb]t ,b]l9 ne put avoir lieu que trois ans aprs la mort de ,maup]tuis1 en #agfb4 ,son empressem5t pr(it] des (fres de ,frdric n'eut1 on le voit1 ri5 d'indiscret4 ,frdric lui-mme n'tait pas t\j\rs de loisir4 ,d',alemb]t1 p\r accept] son invitation1 *oisit le mom5t o le roi lui crivait3 ,je vais donc vivre tranquillem5t avec les ,muses et occup rp>] les malheurs de la gu]re dont j'ai t\j\rs gmi4 ,d'autres1 en lisant ces lignes1 aurai5t eu le droit de s\rire4 ,d',alemb]t ne l'avait pas4 ,la nature de ,frdric tait d\ble2 jamais il ne s'e/ montr d',alemb]t1 jamais il n'a t p\r lui qu'un ami spirituel1 pr(ond1 gnreux et dv\4 ,p5dant deux mois enti]s le philosophe accepta l'hospitalit simple et intime de cet ami qui ne v\lait pas avoir de c\r1 et dont l'accueil et l'empressem5t cordial n'avai5t ri5 de commun avec la politesse d'un gr& seigneur ou les bonts d'un mon>que4 ,dnant et s\pant la table du roi1 d',alemb]t y p>lait1 quels que fuss5t les invits1 avec aisance et lib]t1 sans se s\ci] de l'tiquette1 sans la connatre mme2 il ne *]*ait pas l'appr5dre1 ayant compris1 ds le premi] j\r1 qu'il s]ait mauvaise cole4 ,d',alemb]t cep5dant veille sur lui1 jamais il ne dpasse les bornes et rassure sur ce po9t ,mlle de ,lesp9asse1 laquelle il r5d compte de t\t4 ,ne v\s flattez pas1 aj\ta-t-il1 que j'en sois ni mo9s polisson mon ret\r1 ni de meilleure cont5ance table4 ,il e/ vrai que je ne polissonne pas ici1 mais1 p> cette raison mme1 j'aurai gr& beso9 de me ddommag]1 et1 l'g>d du ma9ti5 de la table1 c'e/ la *ose du monde dont le roi e/ le mo9s occup et je ne saurais m'in/ruire avec lui sur ce gr& sujet4 ,frdric dsirait vivem5t g>d] d',alemb]t2 il lui proposait avec une affectueuse et discrte insi/ance la prsid5ce de son ,acadmie4 ,je ne v\s rpt]ai pas1 p\r ne pas v\s ennuy]1 crit d',alemb]t son amie1 quel po9t le roi e/ aimable et t\tes les bonts dont il me comble4 ,hi]1 aprs son conc]t1 je me prom5ai avec lui dans son j>d92 il cueillit une rose et me la prs5ta en aj\tant qu'il v\drait bi5 me donn] mieux4 ,v\s s5tez ce que cela signifie1 et ce n'e/ pas la premire fois qu'il m'a p>l sur ce ton-l4 ,il me dit hi] qu'il fallait que je visse l',acadmie et t\t ce qui lui app>ti5t p\r en jug] p> moi-mme4 ,je crus ent5dre ce que cela v\lait dire et je lui dis que c'tait bi5 aussi mon projet1 mais que1 mon premi] objet tant de lui faire la c\r1 je n'irais ,b]l9 qu'avec lui4 ,aprs m'avoir p>l de mes lm5ts de philosophie1 dont il e/ trs cont5t1 le roi me dem&a si je n'aurais pas piti de ses pauvres orphel9s1 c'e/ a9si qu'il appelle son ,acadmie4 ,il aj\ta cette occasion les *oses les plus obligeantes p\r moi1 auxquelles je rpondis de mon mieux1 mais en lui faisant connatre cep5dant la f]me rsolution o j'tais de ne po9t r5onc] ma patrie ni mes amis4 ,je dois ce pr9ce la ju/ice de dire qu'il s5t t\tes mes raisons1 malgr le dsir qu'il aurait de les va9cre4 ,il e/ impossible de me p>l] de cela avec plus de bont et de discrtion qu'il l'a fait4 ,il a f9i la conv]sation p> dsir] que je visse son ,acadmie et les savants qui la compos5t4 ,le #ac au mat91 n\s sommes p>tis p\r v5ir ici1 ,*>lott5b\rg1 une petite lieue de ,b]l91 et1 le #ad1 j'ai pr(it du voyage p\r all] voir la ville et l',acadmie4 ,j'y ai t reu avec t\tes les m>ques possibles d'e/ime et d'empressem5t4 ,le soir je ret\rnai auprs du roi1 que je tr\vai se prom5ant t\t seul 7cela lui arrive s\v5t72 il me dem&a si le coeur m'en disait4 ,je lui rpondis que t\s ces messieurs m'avai5t reu avec t\te la bont possible et qu'assurm5t le coeur m'en dirait beauc\p s'il ne me disait pas avec une =ce inv9cible p\r les amis que j'avais laisss en ,france4 ,d',alemb]t1 t\j\rs bon et dv\1 ne v\lant ri5 accept]1 mo9s encore dem&] p\r lui-mme1 tait heureux d'employ] sa faveur v5ir en aide aux autres4 ,je me porte mieux1 crit-il1 p>ce que le roi m'a donn hi] une gr&e satisfaction3 c'e/ d'accord]1 sur les reprs5tations que je lui ai faites1 une augm5tation de p5sion au pr(esseur ,eul]1 le plus gr& sujet de son ,acadmie1 et qui1 se tr\vant *>g de famille et assez mal ais1 v\lait s'en all] ,pt]sb\rg4 ,eul] re/a ,b]l91 mais on le dsirait ,sa9t-,pt]sb\rg1 et avec raison1 c> jamais acadmici5 ne fut plus fcond ni mieux inspir dans ses incessantes productions4 ,v+t ans aprs la mort d',eul]1 l',acadmie de ,sa9t-,pt]sb\rg devait encore *aque anne le plus gr& attrait de ses recueils la publication de ses mmoires 9dits4 ,d',alemb]t--on le voit p> le trait que n\s v5ons de cit] et p> d'autres passages de sa correspondance--tait ple9 de dfr5ce1 d'admiration et de dv\em5t p\r celui qu'il appelait le gr& ,eul]4 ,le gr& ,eul]1 dit-il en racontant sa visite l',acadmie1 m'a rgal d'un mmoire de gomtrie qu'il a lu l'assemble et qu'il a bi5 v\lu me prt]1 sur le dsir que je lui ai m>qu de lire ce mmoire plus mon aise4 ,il n'y avait entre eux1 cep5dant1 ni sympa?ie ni amiti4 ,lorsque1 c9q ans aprs1 ,eul]1 dev5u presque aveugle1 accepta les (fres de la ,russie1 c'e/ sur le conseil de d',alemb]t et les *aleureux tmoignages donns son r>e mrite que ,frdric1 =t indiffr5t la gomtrie1 insi/a longtemps p\r le g>d]4 ,qu& le d"p fut rsolu1 d',alemb]t1 t\j\rs empress favoris] les tal5ts1 proposa au gr& ,lagrange1 alors trs jeune1 trs pauvre et inconnu ,tur91 la succession du gr& ,eul]1 en rglant avec ,frdric1 sans r5contr] ni objections ni refus1 les conditions (f]tes ce gr& homme qui1 disait-il1 vaudrait bi5 ,eul]4 ,je ne dem&e pas mieux1 rpondit ,frdric1 de *ang] un gomtre borgne 7,eul] tait presque aveugle7 contre un gomtre qui a les deux yeux4 ,lagrange se r5dit ,b]l92 mais l'admiration de d',alemb]t p\r le jeune gomtre dont1 sur plus d'un po9t1 les dc\v]tes devai5t balanc] et quelquefois effac] les si5nes1 faillit faire t\t *\]4 ,dans la lettre crite ,lagrange au nom de ,frdric1 il tait dit que le plus gr& gomtre devait1 naturellem5t1 v5ir pr5dre la place auprs du plus gr& roi4 ,lagrange1 dont la vanit n'tait p\rtant pas le dfaut1 montra les lignes flatteuses1 qui1 adresses un jeune homme jusque-l =t peu rem>qu et p\rvu d'un trs mode/e emploi1 fir5t quelque bruit ,tur94 la c\r on en fut *oqu1 et qu& ,lagrange dem&a un cong1 on laissa sa dem&e sans rponse4 ,il fallut p\r dcid] le roi de ,pimont1 qui au fond ne se s\ciait nullem5t d'un jeune pr(esseur son cole d'artill]ie1 l'int]v5tion directe de ,frdric1 accorde sans hsitation la dem&e de d',alemb]t4 ,la correspondance de d',alemb]t avec son royal ami donne plus d'un exemple de sa con/ante et efficace sollicitude p\r les hommes de mrite malheureux ou mconnus4 ,un savant illu/re1 ,lamb]t1 avait t appel l',acadmie de ,b]l9 sur sa rputation qui tait gr&e et que le temps devait accrotre encore4 ,frdric v\lut caus] avec lui3 ,lamb]t ne lui plut pas4 ,je puis assur]1 crivit-il d',alemb]t1 qu'il n'a pas le s5s commun4 ,lamb]t crivait en allem& sur la physique ma?matique plus que sur la gomtrie4 ,d',alemb]t1 vrai dire1 ne connaissait ni ses oeuvres ni sa p]sonne1 mais il savait p> ,lagrange son +nieuse sagacit4 ,il se hta d'crire ,frdric1 qui1 sans attir] de n\veau prs de lui le savant et peu sociable gomtre1 lui fit l',acadmie une situation digne de son mrite4 ,aprs avoir protg la jeunesse de ,lagrange1 d',alemb]t (frit son appui au jeune ,laplace1 qui1 mcont5t ,p>is de sa position et des l5teurs de sa c>rire acadmique1 avait confi d',alemb]t son dc\ragem5t et son ennui4 ,laplace re/a en ,france1 heureusem5t p\r lui et p\r n\s1 mais l'influ5ce de d',alemb]t1 la vue de ses premi]s travaux1 bi5 infrieurs p\rtant ceux de ,lagrange1 tait entirem5t son s]vice4 ,lorsqu'aprs la mort de ,clairaut1 au mom5t o l'ouvrage de d',alemb]t sur la de/ruction des jsuites faisait beauc\p de bruit et un peu de sc&ale1 le m9i/re hsita quelque temps avant de lui accord] la p5sion dev5ue vacante1 laquelle il avait t\s les droits1 ,frdric1 ne r5onant pas ses projets1 lui crivait3 ,mon *] d',alemb]t1 ,j'ai t f* d'appr5dre les mortifications qu'on vi5t de v\s faire essuy]1 et l'inju/ice avec laquelle on v\s prive d'une p5sion qui v\s rev5ait de droit4 ,je me suis flatt que v\s s]iez assez s5sible cet affront p\r ne pas v\s expos] en s\ffrir d'autres4 ,et quelque temps aprs3 ,je suis t5t quelquefois de faire des voeux p\r que la p]scution des lus r$\ble en c]ta9s pays4 ,je sais que ce voeu e/ en quelque sorte crim9el4 ,l'int5tion e/ claire3 si la p]scution *assait d',alemb]t1 des bras ,b]l9 lui s]ai5t ouv]ts4 ,d',alemb]t une seule fois eut rec\rs la b\rse de ,frdric1 dans des circon/ances et s\s des =mes qui leur font honneur t\s deux4 ,la sant de d',alemb]t al>mait ses amis4 ,mlle de ,lesp9asse crivait ,condorcet3 ,v5ez mon sec\rs1 monsieur1 j'implore t\t la fois votre amiti et votre v]tu4 ,notre ami ,m4 d',alemb]t e/ dans un tat le plus al>mant2 il dprit d'une manire effrayante et ne mange que p> raison4 ,mais ce qui e/ pis que t\t cela encore1 c'e/ qu'il e/ tomb dans la plus pr(onde mlancolie4 ,son me ne se n\rrit que de tri/esse et de d\leur4 ,il n'a plus d'activit ni de volont p\r ri52 en un mot1 il prit si on ne le tire p> un ef=t de la vie qu'il mne4 ,ce pays-ci ne lui prs5te plus aucune dissipation2 mon amiti1 celle des autres1 ne suffis5t pas p\r faire la div]sion qui lui e/ ncessaire4 ,enf9 n\s n\s runissons t\s p\r le conjur] de *ang] de lieu et de faire le voyage d',italie2 il ne s'y refuse pas t\t fait1 mais jamais il ne se dcid]a faire ce voyage seul1 moi-mme je ne le v\drais pas4 ,il a beso9 des sec\rs et des so9s de l'amiti et il faut qu'il tr\ve cela dans un ami tel que v\s1 monsieur4 ,mlle de ,lesp9asse ne p\vait ignor] la cause vritable de la tri/esse de d',alemb]t4 ,mon amiti1 dit-elle1 ne suffit pas faire la div]sion ncessaire4 ,c'e/ son am\r qu'il aurait fallu4 ,elle lui avait donn le droit d'y compt]1 et depuis deux ans dj1 t\t entire au jeune de ,mora1 g de v+t-deux ans1 elle t\rm5tait d',alemb]t1 qui ne dev9ait ri51 p> ses humeurs fantasques et la duret de ses refus4 ,d',alemb]t1 press p> ses amis et p> ses mdec9s1 se dcida p>tir4 ,sa =tune ne lui p]mettait pas de faire l'improvi/e une aussi grosse dp5se2 il crivit ,frdric3 ,ma sant dprit de j\r en j\r4 l'impossibilit absolue o je suis de me livr] au plus lg] travail se jo9t une insomnie affreuse et une pr(onde mlancolie4 ,t\s mes amis et mes mdec9s me conseill5t le voyage d',italie comme le seul remde mon malheureux tat2 mais mon peu de =tune m'int]dit cette ress\rce1 l'unique cep5dant qui me re/e p\r ne pas prir d'une mort l5te et cruelle4 ,v\s avez eu la bont de m'(frir1 il y a sept ans1 les sec\rs ncessaires p\r ce voyage4 ,j'ai rec\rs auj\rd'hui au bi5faiteur qui je dois tant et qui je vais devoir encore la vie4 ,on m'assure que le voyage1 p\r tre fait avec un peu d'aisance1 exige environ #b #jjj cus de ,france4 ,je pr5ds la lib]t de les dem&] ,votre ,maje/4 ,frdric rpondit3 ,mon *] d',alemb]t1 je tr\ve votre ,facult de mdec9e bi5 aimable4 ,ah6 si j'avais de p>eils mdec9s6 ,ceux de ce pays-ci ne prescriv5t leurs pati5ts que des g\ttes et des drogues abom9ables4 ,c'e/ une consolation p\r moi que ces rois tant vilip5ds puiss5t tre de quelque sec\rs aux philosophes2 ils sont au mo9s bons quelque *ose4 ,adieu1 mon *]4 ,l'ordonnancem5t des six mille francs dem&s accompagnait la lettre4 ,le voyage fut int]rompu1 les deux amis s'arrtr5t ,f]ney4 ,d',alemb]t1 un peu mieux portant et t\j\rs malheureux lo9 de celle qui se passait si bi5 de lui1 reprit avec ,condorcet la r\te de ,p>is4 ,il tait lo9 d'avoir dp5s la somme envoye p> ,frdric2 il v\lut r5dre le re/e4 ,frdric lui rpond3 ,ne me p>lez pas de f9ances4 ,on m'en rebat les oreilles ici et je dis comme ,pilate3 ,ce qui e/ crit e/ crit4 ,c'e/ dans de telles occasions seulem5t que ,frdric pr5ait un ton de matre4 ,lorsque1 six ans aprs1 d',alemb]t p]dit ,mlle de ,lesp9asse1 son dsespoir fut connu de t\s4 ,frdric lui crivit de longues lettres de condolance et de consolation4 ,essayant t\s les tons p\r mieux russir1 il avait1 dans l'une d'elles1 introduit quelques plaisant]ies4 ,le l5dema9 une lettre de d',alemb]t laisse voir une d\leur si pr(onde et si vraie que ,frdric1 craignant de l'avoir bless1 lui envoie des excuses4 ,mon *] d',alemb]t1 je v\s avais crit hi] et1 je ne sais comm5t1 je m'tais p]mis quelques bad9ages4 ,je me le suis repro* auj\rd'hui en recevant votre lettre4 ,un tel trait m>que sans laiss] de d\te ce qu'ils tai5t l'un p\r l'autre4 ,les relations de d',alemb]t avec l'impratrice ,ca!r9e ne font pas mo9s d'honneur son ds9tressem5t et la dignit de sa conduite que son intimit avec ,frdric4 ,le #b septembre #agfb1 avant son voyage ,b]l91 d',alemb]t avait reu d',od>1 conseill] de c\r et biblio?caire de l'impratrice de ,russie1 la lettre suivante3 ,monsieur1 la nature de ma commission peut excus] auprs de v\s la lib]t que je pr5ds de v\s crire sans avoir l'honneur d'tre connu de v\s4 ,c'e/ p> zle p\r le s]vice de l'tat1 duquel j'ai l'avantage d'tre citoy51 que j'ai pris sur moi de v\s sond]1 monsieur1 si v\s p\rriez c\t] les propositions de conc\rir l'in/ruction du jeune gr&-duc de ,russie4 ,ri5 ne peut v\s donn] une preuve plus conva9cante de l'admiration gnrale que v\s v\s tes acquise1 que la confiance qu'une c\r si loigne met dans votre esprit et dans votre coeur2 c'e/ un mrite que ,son m95ce ,m4 de ,pann91 g\v]neur de ce jeune pr9ce1 v\drait se faire auprs de sa s\v]a9e1 que de mettre entre des ma9s si habiles un ouvrage qu'elle a tant coeur4 ,t\te l',europe e/ si unanime sur l'loge de notre gracieuse ,impratrice1 qu'il s]ait sup]flu de v\s retrac] ici la gr&eur de son me1 son am\r p\r les sci5ces et p\r ceux qui s'y di/+u5t1 son humanit1 sa gnrosit1 si t\tes ces v]tus1 en v\s g>antissant l'accueil le plus gracieux et les rcomp5ses proportionnes au plaisir que v\s lui f]ez1 ne me s]vai5t d'argum5ts les plus /r+5ts p\r v\s y invit]4 ,je sais bi5 que les ri*esses et les honneurs ne sont pas ce qui dt]m9e un philosophe1 mais l'occasion de faire un bi5 si important ne peut que v\s t5t]1 d'autant plus qu'elle e/ accompagne d'appro*] une pr9cesse des plus accomplies4 ,esprant1 monsieur1 que v\s v\drez bi5 m'honor] d'une rponse favorable1 j'ai l'honneur d'tre aussi pntr d'admiration p\r vos tal5ts1 que de la considration la plus di/+ue1 monsieur1 de votre trs humble et trs obissant s]viteur4 ,d',alemb]t refusa les (fres de ,ca!r9e et p\r les mmes raisons que celles de ,frdric4 ,il ne v\lait quitt] ni ,p>is ni surt\t ,mlle de ,lesp9asse4 ,monsieur1 il faudrait tre plus que philosophe ou plutt ne l'tre pas assez p\r ne pas s5tir t\t le prix d'une place aussi importante qu'honorable1 qui1 tant remplie comme elle mrite de l'tre1 peut contribu] au bonheur d'une gr&e nation4 ,je suis donc inf9im5t flatt1 comme je le dois1 de la proposition que v\s v\lez bi5 me faire au nom de ,s4 ,e4 ,m4 de ,pann91 qui je v\s prie de faire agrer ma reconnaissance et mon respect4 ,ce que v\s me faites l'honneur de me dire des qualits m95tes de votre augu/e ,impratrice1 doit r5dre prcieux t\t homme qui p5se l'avantage de l'appro*] et le bonheur de mrit] sa confiance dans une ducation qui lui e/ si *re4 ,mais1 monsieur1 plus cette confiance m'honor]ait p> les devoirs sacrs qu'elle impose1 plus elle m'effraye p> l'incapacit que je me s5s d'y rpondre4 ,ne croyez pas que je veuille me p>] d'une fausse mode/ie2 si j'avais l'honneur d'tre connu de v\s1 v\s sauriez avec quelle fran*ise j'exprime ici ce que je suis et encore plus quel po9t je dis la vrit en cette occasion4 ,quelques connaissances philosophiques et littraires acquises dans la retraite1 peu d'usage des hommes et encore mo9s des c\rs1 peu de lumires sur les matires p9euses du g\v]nem5t dans lesquelles un pr9ce doit tre in/ruit1 t\t cela1 monseigneur1 e/ bi5 lo9 des tal5ts ncessaires p\r remplir dignem5t la place que l'on me fait l'honneur de me propos]4 ,il y a tr5te ans que je travaille uniquem5t et sans rel*e1 si je puis p>l] de la sorte1 ma propre ducation1 et il s'en faut bi5 que je sois cont5t de mon ouvrage4 ,jugez du peu de succs que je devrais me promettre d'une ducation inf9im5t plus importante1 plus difficile et plus t5due4 ,je n'aj\t]ai po9t ces raisons1 monsieur1 les lieux communs ord9aires sur l'am\r de la patrie4 ,je n'ai ni assez me l\] de la mi5ne p\r qu'elle soit en droit d'exig] de moi de gr&s sacrifices1 ni en mme temps assez m'en pla9dre p\r ne pas dsir] lui tre utile1 si elle m'en jugeait capable2 j'y ai1 en commun avec t\s les g5s de lettres qui ont le bonheur ou le malheur de se faire connatre p> leur travail1 les agrm5ts et les dgts atta*s la rputation2 ma =tune y e/ trs mdiocre1 mais suffisante mes dsirs2 ma sant naturellem5t faible1 acc\tume un climat d\x et tempr1 ne p\rrait en support] un plus rude2 enf91 monsieur1 c'e/ une des maximes de ma philosophie de ne po9t *ang] de situation qu& on n'e/ pas t\t fait mal2 mais ce qui loigne de moi t\te envie de me transplant]1 c'e/ mon atta*em5t p\r un petit nombre d'amis qui je suis *]1 qui ne me le sont pas mo9s et dont la socit fait ma consolation et mon bonheur4 ,il n'y a1 monsieur1 ni honneurs1 ni ri*esses qui puiss5t t5ir lieu d'un bi5 si prcieux4 ,un autre motif1 non mo9s respectable p\r moi1 ne me p]met pas1 monsieur1 d'accept] les (fres si flatteuses de la c\r de ,russie4 ,il y a plus de dix ans que le roi de ,prusse me fit faire les propositions les plus avantageuses2 il les a rxres sans succs plusieurs reprises1 et mon sil5ce ne l'a pas emp* de mettre le comble ses bonts p\r moi1 p> une p5sion dont je j\is depuis huit ans1 et que la gu]re n'a po9t susp5due4 ,il a t mon premi] bi5faiteur2 il a t longtemps le seul2 je j\is de ses bi5faits sans avoir la consolation de lui tre utile et je me croirais indigne de l'op9ion favorable que les trang]s veul5t bi5 avoir de moi1 si j'tais capable de faire p\r quelque pr9ce que ce ft ce que je n'ai pas eu le c\rage de faire p\r lui4 ,ca!r9e rpondit elle-mme3 ,monsieur d',alemb]t1 je vi5s de lire la rponse que v\s avez crite au sieur d',od>1 p> laquelle v\s refusez de v\s transplant] p\r contribu] l'ducation de mon fils4 ,philosophe comme v\s tes1 je compr5ds qu'il ne v\s cote ri5 de mpris] ce qu'on appelle gr&eurs et honneurs dans ce monde2 vos yeux t\t cela e/ peu de *ose1 et aism5t je me range de votre avis4 ,a envisag] les *oses sur ce pi$1 je reg>d]ais comme trs petite la conduite de la re9e ,*ri/9e qu'on a tant l\ 7sic7 et s\v5t blm 7sic7 plus ju/e titre2 mais tre n ou appel p\r contribu] au bonheur et mme l'in/ruction d'un peuple enti] et y r5onc]1 me semble1 s'e/ 7sic7 refus] de faire le bi5 que v\s avez coeur4 ,votre philosophie e/ fonde sur l'humanit2 p]mettez-moi de v\s dire que de ne po9t ce 7sic7 prt] la s]vir tant qu'on le peut1 c'e/ manqu] son b4 ,je v\s sais trop honnte homme p\r attribu] vos refus la vanit2 je sais que la cause n'en e/ que l'am\r du repos p\r cultiv] les lettres et l'amiti1 mais quoi ti5t-il8 ,v5ez avec t\s vos amis1 je v\s promets et eux aussi t\s les agrm5ts et aisances qui peuv5t dp5dre de moi et peut-tre v\s tr\v]ez plus de lib]t et de repos que *ez v\s2 v\s ne v\s prtez po9t aux in/ances du roi de ,prusse et la reconnaissance que v\s lui avez2 mais ce pr9ce n'a pas de fils4 ,j'av\e que l'ducation de ce fils me ti5t si =t coeur et v\s m'tes si ncessaire que peut-tre je v\s presse trop2 p>donnez mon indiscrtion en faveur de la cause et soyez assur que c'e/ l'e/ime qui m'a r5due si intresse4 ,p4-,s4 ,dans t\te cette lettre je n'ai employe 7sic7 que les s5tim5ts que j'ai tr\vs dans vos ouvrages4 ,v\s ne v\driez pas v\s contr$ire4 ,il faut cit] encore la rponse de d',alemb]t3 ,madame1 la lettre dont ,votre ,maje/ ,impriale vi5t de m'honor] me pntre de la plus vive reconnaissance et en mme temps de la plus vive d\leur de ne p\voir rpondre ses bonts4 ,j'ose nanmo9s1 madame1 espr] de ces bonts mme et j'aj\te de l'quit de ,votre ,maje/ ,impriale1 de l'lvation et de la s5sibilit de son me1 qu'elle v\dra bi5 r5dre ju/ice aux motifs qui ne me p]mett5t pas d'accept] ses (fres4 ,si la philosophie e/ ins5sible aux honneurs1 elle ne saurait l'tre au prcieux avantage d'appro*] une pr9cesse claire1 c\rageuse et philosophe 7phnomne si r>e sur le trne71 de mrit] sa confiance dans la p>tie la plus importante de sa glorieuse adm9i/ration et de conc\rir ses vues respectables p\r le bonheur d'un gr& peuple4 ,mais1 madame 7et je supplie ,votre ,maje/ ,impriale d'tre p]suade que je la respecte trop p\r ne pas lui p>l] avec t\te la fran*ise philosophique71 je ne suis nullem5t en tat p> le g5re d'tudes que j'ai faites1 de donn] un jeune pr9ce de/9 au g\v]nem5t d'un gr& empire les connaissances ncessaires p\r rgn]2 je ne p\rrais t\t au plus que le =m] p> les faibles leons aux v]tus dont ,votre ,maje/ ,impriale lui donne bi5 mieux les exemples4 ,ma sant d'ailleurs ne p\rrait rsi/] au climat rig\reux de la ,russie1 et me r5drait incapable du gr& ouvrage auquel ,sa ,maje/ ,impriale me fait l'honneur de m'appel]4 ,enf91 madame1 le petit nombre d'amis que j'ai le bonheur d'avoir1 aussi obscurs et aussi sd5taires que moi1 ne p\rrai5t cons5tir notre sp>ation ni se rs\dre ab&onn] avec moi une patrie dont ils ne sont pas mieux traits4 ,p\rquoi faut-il1 madame1 que la di/ance imm5se o je suis des tats que ,votre ,maje/ ,impriale g\v]ne avec tant de sagesse et de gloire1 ne me p]mette pas d'all] moi-mme la suppli] d'appr\v] ces raisons1 mettre ses pi$s 7au nom de t\s les g5s de lettres et de t\s les sages de l',europe7 mon admiration1 ma reconnaissance et mon pr(ond respect1 et l'assur] surt\t que ce n'e/ po9t un pr9cipe de vanit raff9e qui me dt\rne de ce qu'elle dsire2 la vanit du philosophe peut refus] t\t la supriorit du rang1 mais elle ent5d trop bi5 ses intrts p\r ne pas se dv\] la supriorit des lumires1 en s'atta*ant1 comme elle le s\hait]ait1 ,votre ,maje/ ,impriale1 si les motifs les plus puissants et les plus respectables ne s'y opposai5t4 ,je cons]v]ai prcieusem5t t\te ma vie la glorieuse m>que que ,votre ,maje/ ,impriale vi5t de me donn] de ses bonts et de son e/ime1 mais l'honneur qu'elle me fait e/ si gr&1 il suffit tellem5t mon bonheur que je ne song]ai pas mme m'en glorifi]4 ,soltik(1 ambassadeur de ,russie ,p>is1 fut *>g d'(frir d',alemb]t une p5sion de c5t mille francs sans branl] la rsolution du philosophe4 ,votre ,maje/ ,impriale1 depuis la lettre qu'elle m'a fait l'honneur de m'crire1 vi5t encore de mettre le comble ses bonts en me faisant (frir p> son ambassadeur la =tune la plus imm5se et les di/9ctions les plus flatteuses4 ,mais1 madame1 si quelque *ose avait pu me dt]m9] quitt] la ,france et mes amis p\r me *>g] d'un travail suprieur mes =ces1 la lettre de ,sa ,maje/ ,impriale et t p\r moi le plus puissant de t\s les motifs3 ceux de l'intrt et de la vanit sont bi5 faibles en comp>aison4 ,le ds9tressem5t de d',alemb]t fut admir ,sa9t-,pt]sb\rg comme ,p>is2 ,ca!r9e eut comme ,frdric l'ambition de l'avoir p\r ami1 et sa correspondance1 mo9s familire et mo9s intime que celle de ,frdric1 ne fut plus int]rompue4 ,ca!r9e daigne lui p>l] de ses pr9cipes de g\v]nem5t et de ses dcrets4 ,lorsqu'elle dcide la runion des bi5s du cl]g au doma9e de la c\ronne1 bi5 assure de son approbation1 elle lui crit en ces t]mes3 ,*] monsieur1 on a trop de respect p\r les *oses spirituelles p\r les ml] au temporel1 et celui-ci se prte s\lag] l'autre des vanits qui lui sont trangres4 ,*acun re/e dans l't5due de sa dom9ation1 sans qu'il s'avise seulem5t d'empit] sur ce qui n'e/ pas de sa compt5ce4 ,ca!r9e ne veut dans son empire ni p]scutions ni discussions religieuses2 les autocrates ne d\t5t de ri54 ,elle crit d',alemb]t3 ,si les hrtiques n'tai5t po9t s\ff]ts1 les fidles dsespr]ai5t de les ram5] dans le giron de l',eglise4 ,les articles de foi sont 9branlables1 il n'y a pas de quoi discut]4 ,*acun e/ libre de vivre hrtique1 mais il faut se taire4 ,les prv5ances et les bonts de ,ca!r9e p\r d',alemb]t n'tai5t pas1 comme celles de ,frdric1 exemptes de calcul4 ,elle v\lait bi5 se laiss] l\] d'tre gr&e et simple1 mais sans ab&onn] le droit de comm&] et d'impos] les limites4 ,d',alemb]t1 ne compr5ant pas ou ne v\lant pas compr5dre quelle di/ance ,ca!r9e v\lait re/] de ,frdric1 accepta la mission de lui prs5t] un mmoire en faveur de quelques prisonni]s de gu]re envoys en ,sibrie4 ,ces jeunes g5s1 recomm&ables p> leur c\rage1 en avai5t fait trs mauvais usage2 aprs tre v5us1 en leur propre nom1 port] dans ses tats l'insurrection et la gu]re1 ils avai5t trs indiscrtem5t1 s'il faut en croire ,voltaire1 dit sur elle des *oses horribles4 ,d',alemb]t1 en invoquant sa clm5ce1 lui montrait de quel avantage s]ait p\r elle la reconnaissance des philosophes4 ,la rpublique des lettres1 dont la philosophie e/ auj\rd'hui le plus digne organe et dont elle ti5t p\r a9si dire la plume1 ne laiss]a ignor] ni la ,france ni l',europe que cette mme impratrice qui1 du sud au nord1 a fait trembl] ,con/ant9ople1 s'e/ montre plus gr&e encore aprs la victoire que dans la victoire mme2 qu'elle a su non seulem5t e/im]1 mais rcomp5s] le c\rage imprud5t et malheureux qui s'e/ tromp en osant la combattre2 que si quelques ,franais ont pris les armes contre elle1 elle a v\lu p> son indulg5ce leur g>d tmoign] leur nation qu'elle ne la reg>de po9t comme ennemie1 et surt\t qu'elle se s\vi5t avec bont de l'en?\siasme si ju/e que ses tal5ts1 ses v]tus et ses lumires ont inspir la p>tie la plus claire de la nation4 ,cette maladroite amplification de collge avait peu de *ances de succs4 ,ca!r9e rpondit brivem5t et s*em5t3 ,j'ai reu la belle lettre que v\s avez jug propos de m'crire1 au sujet de vos compatriotes prisonni]s de gu]re dans mes tats1 et que v\s rclamez au nom de la philosophie et des philosophes4 ,on v\s les a reprs5ts en*ans1 gmissant et manquant de t\t au fond de la ,sibrie4 ,eh bi56 monsieur1 rassurez-v\s et vos amis aussi1 et appr5ez que ri5 de t\t cela n'exi/e4 ,les prisonni]s de votre nation1 faits dans diffr5ts endroits de la ,pologne1 o ils fom5tai5t et entret5ai5t les diss5sions1 sont ,kiovie 7,kiev71 o ils j\iss5t de leur propre aveu d'un tat supportable4 ,ils sont en ple9e correspondance avec ,m4 ,dur&1 envoy du roi de ,france ma c\r1 et avec leurs p>5ts4 ,j'ai vu une lettre d'un ,m4 ,galib]t1 qui e/ p>mi eux1 p> laquelle il se l\e des bons procds du g\v]nem5t gnral de ,kiovie1 etc4 ,voil p\r le mom5t t\t ce que je peux v\s dire d'eux4 ,acc\tume voir rp&re p> le monde les traits de la plus noire calomnie1 je n'ai po9t t tonne de celle-ci2 une mme s\rce peut les avoir produites1 aussi ce n'e/ pas de cela que je m'emb>rasse1 j'en suis bi5 console p> t\t ce que v\s me dites de flatteur de la "p des g5s clairs de votre patrie1 la tte desquels v\s v\s tr\vez4 ,soyez assur1 monsieur1 de la cont9uation de t\s les s5tim5ts que v\s me connaissez4 ,d',alemb]t insi/a1 p>lant de ,phocion1 cet ,a?ni5 v]tueux1 e/im et *ri d',alex&re4 ,ca!r9e lui rpondit de manire t]m9] la correspondance3 ,monsieur d',alemb]t1 j'ai reu une seconde lettre crite de votre ma9 qui cont5ait mot p\r mot la mme *ose que la premire4444 ,mais1 monsieur1 p]mettez-moi de v\s tmoign] mon tonnem5t de v\s voir un aussi gr& empressem5t p\r dlivr] d'une captivit qui n'en a que le nom des b\tefeux qui s\fflai5t la discorde p>t\t o ils se prs5tai5t4 ,d',alemb]t n'crivit plus ,ca!r9e4 ,en #aghb1 cep5dant1 le fils de l'impratrice1 celui qui fut ,paul ,i]1 v5ant visit] ,p>is1 v\lut se r5dre *ez d',alemb]t1 et se montra p\r lui ple9 de respect1 faisant allusion en le quittant au dsir que sa mre avait eu de lui donn] p\r prcepteur l'illu/re ,franais4 ,il lui dit en le quittant3 ,v\s devez compr5dre1 monsieur1 t\t le regret que j'ai de ne pas v\s avoir connu plus tt4 ,si d',alemb]t avait t5t de s'immisc] avec ,frdric dans les affaires du g\v]nem5t1 il n'aurait pas eu sans d\te plus de succs qu'avec ,ca!r9e1 mais on l'aurait conduit mo9s s*em5t4 ,la longue correspondance de ,frdric avec d',alemb]t r\le sur la philosophie1 sur l'am\r des lettres et la ha9e du fanatisme1 t5due1 sans qu'ils s'en ca*5t l'un l'autre1 la religion qui l'inspire4 ,mais ,frdric1 ple9 de dfr5ce p\r le philosophe qu'il admire et qu'il aime1 s'il lui p]met d'oubli] qu'il e/ roi1 ent5d bi5 ne jamais l'oubli] lui-mme4 ,,*apitre ,,vii ,d',,alemb]t ,,et ,,mademoiselle ,,de ,,lesp9asse ,d',alemb]t dans son enfance n'avait appris ni les belles manires ni l'usage du monde4 ,sa r5omme imposait l'indulg5ce2 ri5 de lui ne p\vait sc&alis]2 il riait de t\t sans jamais se contra9dre1 laissant un libre c\rs sa v]ve satirique1 dcl>ant sans colre ses inimitis et ses griefs4 ,il semblait t\j\rs1 avec des =mes libres et gaies1 rappel] aux plus hauts p]sonnages qu'en acceptant leurs invitations il tr\vait bon qu'on lui en st gr4 ,avec les femmes il tait timide1 trs t5dre au fond du coeur1 mais fi]1 facile dc\rag] et1 p\r des raisons que l'on ignore1 l'ayant t presque t\j\rs qu& il avait v\lu dev5ir plus qu'un ami4 ,mme du ,deffant et ,mme ,ge(fr91 prneuses et introductrices de d',alemb]t dans la socit lgante1 avai5t l'une et l'autre v+t ans de plus que lui4 ,ces deux amitis dans leurs meilleurs j\rs ne p\vai5t suffire son coeur4 ,lorsque d',alemb]t m\rut1 ,grimm dans sa correspondance raconta une anecdote invraisemblable qu'il faut croire vraie1 puisque d',alemb]t1 qui en e/ le hros1 l'a raconte lui-mme1 dans une lettre crite ,condorcet sur ,mme ,ge(fr94 ,un jeune homme1 qui ,mme ,ge(fr9 s'intressait1 jusqu'alors uniquem5t livr l'tude1 fut saisi et frapp comme subitem5t d'une passion malheureuse qui lui r5dait l'tude et la vie mme insupportables2 elle v9t b\t de le gurir4 ,quelque temps aprs1 elle s'ap]ut que ce jeune homme lui p>lait avec intrt d'une femme aimable qu'il voyait depuis peu de j\rs4 ,mme ,ge(fr91 qui connaissait cette femme1 l'alla tr\v]3 ,je vi5s1 lui dit-elle1 v\s dem&] une grce2 ne tmoignez pas 999999 trop d'amiti ni d'envie de le voir2 il devi5drait am\reux de v\s2 il s]ait malheureux2 je le s]ais de le voir s\ffrir et v\s s\ffririez v\s-mme de lui avoir fait tant de mal4 ,cette femme1 vraim5t honnte1 lui promit ce qu'elle dem&ait1 et lui t9t p>ole4 ,la bonne ,mme ,ge(fr9 savait ce qu'elle faisait2 elle connaissait d',alemb]t mieux que n\s1 elle connaissait aussi la dame2 elle leur a sans d\te r5du s]vice t\s deux4 ,d',alemb]t lui en a su gr6 c'e/ le trait le plus s+uli] de cette s+ulire anecdote4 ,quoi qu'il en soit1 dans cette socit et dans ce sicle o les liaisons avai5t peu de my/re1 lorsque aut\r de d',alemb]t ses amis (frai5t leurs coeurs de trs honntes dames qui p\r l'accept] ne se ca*ai5t gure1 on ne lui a connu qu'une seule passion qui a fait le *>me puis le t\rm5t de sa vie4 ,mlle de ,lesp9asse a t mal connue de ses contempora9s4 ,s\s la grce de son esprit qu'ils admirai5t1 s\s la di/9ction de ses manires1 la rgul>it de sa vie et la dignit de sa conduite1 elle a ca* les faiblesses de son coeur4 ,elle e/ clbre auj\rd'hui1 grce ses lettres qui n\s sont re/es1 p> l'ardeur de ses passions1 p> l'extase de ses ravissem5ts am\reux1 p> la promptitude de ses infidlits4 ,sa jeunesse fut =t tri/e4 ,ne ,lyon en #agcb1 elle avait qu9ze ans de mo9s que d',alemb]t4 ,sa mre1 sp>e de son m>i1 devait ca*] sa naissance4 ,on la baptisa s\s le nom de ,julie de ,lesp9asse1 fille illgitime de ,claude ,lesp9asse1 m>*&1 et de ,julie ,novaire4 ,elle fut leve *ez ,claude ,lesp9asse2 ce trs honnte homme la prit en amiti4 ,sa mre1 comtesse d',albon1 dev5ue veuve1 v\lut pr5dre *ez elle la jeune ,julie1 ge alors de qu9ze ans4 ,ses autres enfants conur5t p\r cette soeur qu'ils dev9ai5t une ha9e viol5te4 ,julie ne rappelait jamais ces s\v5irs1 qu'elle rsumait p> un seul mot3 des atrocits4 ,la comtesse d',albon quelques heures avant sa mort rvla ,julie le secret de sa naissance1 en lui remettant dans une cassette des papi]s importants p\r elle et la clef d'un secrtaire o elle devait tr\v] l'hritage qu'elle lui de/9ait4 ,julie porta la clef son frre4 ,v\s faites bi51 lui dit-il froidem5t4 ,ri5 ici ne peut v\s app>t5ir2 et ds le l5dema91 aprs lui avoir drob la cassette1 sans song] son sort ni son av5ir1 il lui envoya p> un laquais l'ordre de quitt] le *teau4 ,sans se pla9dre1 sans ri5 rclam] et c]ta9e d'un accueil empress1 elle reprit sa place au foy] de ,claude ,lesp9asse4 ,peu de temps aprs1 elle entra comme g\v]nante *ez une p>5te de sa mre1 belle-soeur de ,mme du ,deffant4 ,mme du ,deffant v9t pass] quelques mois *ez son frre2 elle rem>qua cette jeune fille plutt laide que jolie1 intellig5te et fire1 mrie p> le malheur et sa*ant oppos] des humiliations cont9uelles une inaltrable pati5ce et une dignit impassible4 ,mme du ,deffant1 mue et *>me1 lui proposa prs d'elle la situation de demoiselle de compagnie1 en y mettant la condition bi5 inutile de ne jamais inquit] p> la rev5dication de ses droits une famille dont elle tait l'amie4 ,t\t alla bi5 p5dant plusieurs annes4 ,jeune1 spirituelle1 gracieuse sans tre belle1 ,mlle de ,lesp9asse faisait honneur sa protectrice1 qui1 fire de ses succs1 aimait la produire et se p>] d'elle4 ,dans cette maison o l'esprit tait roi1 la *>mante causeuse1 traite en pr9cesse1 devait avoir le dsir de rgn]4 ,le salon de ,mme du ,deffant dev5ait celui de ,mlle de ,lesp9asse4 ,la matresse de la maison se levait t>d2 avant c9q heures sa porte tait f]me4 ,mlle de ,lesp9asse ouvrait la si5ne1 oubliant que c'tait la mme4 ,ses admirateurs v5ai5t racont] les n\velles et discut] les que/ions du j\r4 ,quelquefois mme1 des visiteurs d'importance1 satisfaits d'avoir vu ,mlle de ,lesp9asse1 sans att5dre l'heure fixe p> ,mme du ,deffant1 allai5t port] dans d'autres salons les anecdotes et les bons mots recueillis *ez elle en son abs5ce4 ,quoi qu'ai5t pu dire les amis trop prv5us et quel qu'ait t l'emportem5t trop vif de ,mme du ,deffant1 il y avait indlicatesse et trahison4 ,mlle de ,lesp9asse1 lo9 de se montr] rep5tante1 le prit de trs haut et1 rompant sans ret\r avec sa bi5faitrice qui la *assait1 accepta l'aide de ses amis4 ,*acun s'inscrivit suivant ses moy5s4 ,mme ,ge(fr9 fit don de #c #jjj livres de r5te viagre2 ,mme de ,luxemb\rg se *>gea du mobili]1 et les admirateurs de ,mlle de ,lesp9asse lui assurr5t avec une mode/e aisance le moy5 de les recevoir encore4 ,la colre de ,mme du ,deffant fut t]rible4 ,il fallut *oisir entre les deux salons3 d',alemb]t n'hsita pas4 ,blmant avec colre la vieille amie1 qu'il ne revit plus1 il prit p>ti p\r ,mlle de ,lesp9asse4 ,mme du ,deffant l'aimait quoi qu'il pt faire ou dire4 ,qu9ze ans aprs1 la mort de ,mlle de ,lesp9asse ne lui arra*a qu'une seule exclamation3 ,si elle tait morte qu9ze ans plus tt1 j'aurais cons]v d',alemb]t4 ,on a beauc\p crit et beauc\p rappro* de dates l'occasion de d',alemb]t et de ,mlle de ,lesp9asse4 ,le rcit accept ne p>at pas exact4 ,mo9s d'une anne aprs avoir quitt ,mme du ,deffant1 ,mlle de ,lesp9asse p>tageait avec d',alemb]t son app>tem5t de la rue ,belle*asse4 ,d',alemb]t avait d quitt] la rue ,mi*el-,lecomte p> ordre de son mdec91 le mme sans d\te qui1 d\ze ans plus t>d1 ordonnait ,m4 de ,mora1 au nom de sa sant m5ace ,madrid p> l'air natal1 de se rappro*] de la rue ,belle*asse4 ,en ralit1 ,mlle de ,lesp9asse1 qu& elle quitta ,mme du ,deffant1 tait depuis plusieurs annes la matresse de d',alemb]t4 ,le gomtre savait compt]4 ,lorsqu'en #aggf il p]dit son amie1 son dsespoir s'exhala dans des pages qu'il n'a pas dtruites4 ,depuis huit ans au mo9s--elle lui en a lgu la preuve--il n'tait plus le premi] objet de son coeur4 ,qui peut me rpondre1 s'crie-t-il aprs cette affligeante lecture1 que p5dant les huit ou dix autres annes que je me suis cru tant aim1 v\s n'avez pas tromp ma t5dresse6 ,il e/ impossible d'en d\t]4 ,d',alemb]t1 au mom5t o il rep\ssait sans hsitation les (fres brillantes de ,frdric1 avait acquis dj le droit de considr] comme une trahison la t5dresse de ,julie p\r un autre4 ,une lettre ,voltaire date de #agfj n\s appr5d que d',alemb]t et ,mme du ,deffant s'tai5t br\ills dj4 ,il crivait ,voltaire seize ans avant la mort de son amie1 au db p> consqu5t de leur intimit3 ,a propos1 vraim5t1 j'oubliais de v\s dire que je suis raccommod vaille que vaille avec ,mme du ,deffant4 ,le seul p]sonnage important p\r d',alemb]t--n\s le savons auj\rd'hui--tait alors ,mlle de ,lesp9asse2 elle demeurait *ez ,mme du ,deffant2 qu& d',alemb]t qui s'tait loign y ret\rne1 c'e/ elle videmm5t qui le ramne4 ,lors donc que ,mme du ,deffant s'cria3 ,sans elle1 j'aurais cons]v d',alemb]t1 il y a lieu de croire qu'elle se faisait illusion4 ,mme du ,deffant n'tait aveugle que des yeux2 elle avait dev9 la passion de d',alemb]t1 sans d\te aussi elle la savait p>tage2 ces faiblesses1 p\r elle1 tai5t *oses t\tes simples4 ,c'e/ p> elle que ,voltaire en fut in/ruit2 une de ses lettres y fait allusion4 ,d',alemb]t1 sans ri5 av\]1 lui rpond3 ,si v\s tes am\reux1 dites-v\s1 re/ez ,p>is4 ,a propos de quoi me supposez-v\s l'am\r en tte8 ,je n'ai pas ce bonheur ou ce malheur-l4 ,j'imag9e bi5 qui peut v\s avoir crit cette imp]t95ce et propos de quoi2 mais il vaut mieux qu'on v\s crive que je suis am\reux que si l'on v\s crivait des faussets plus atroces dont on e/ bi5 capable4 ,on n'a v\lu que me r5dre ridicule4 ,l'influ5ce de ,mlle de ,lesp9asse sur d',alemb]t p>tir de leur runion a t de t\s les in/ants4 ,il aimait l'associ] ses travaux2 drobant pe9e quelques heures p\r la gomtrie1 son anci5ne matresse1 il ne se plaisait plus qu' des oeuvres lgres1 auxquelles son amie pr5ait "p4 ,la ma9 de ,mlle de ,lesp9asse dans ses manuscrits--on p\rrait dire dans leurs manuscrits--e/ sans cesse mls la si5ne2 plus d'une page signe p> d',alemb]t aurait pu l'tre p> ,mlle de ,lesp9asse3 t\tes sont inspires p> elle4 ,beauc\p de lettres de ,mlle de ,lesp9asse sont crites de la ma9 de d',alemb]t4 ,leur vie tranquille et libre d'ennuis semblait runir t\s les lm5ts de bonheur4 ,des amis m95ts ou illu/res1 des savants1 des lettrs1 des beaux-esprits et des gr&s seigneurs admirai5t *aque j\r ,mlle de ,lesp9asse4 ,condorcet1 ,turgot1 ,m>montel1 ,su>d1 le comte d',anlezy1 ,m4 de ,sa9t-,*amans1 ,morellet1 ,*a/eluz lui adressai5t1 qu& ils ne p\vai5t la voir1 des lettres ple9es d'affection et de respect4 ,voltaire tr\vait ses billets *>mants4 ,elle p\ssait jusqu'au gnie1 disait-on1 le tal5t de dirig] une runion1 en y mnageant *acun son rle4 ,son esprit1 plus rem>quable p> le gt que p>la vivacit1 s'enivrait avec dlices de celui qu'elle inspirait aux autres2 elle-mme1 sur t\te *ose1 *]*ait le mot ju/e2 on lui repro*ait de le tr\v] trop bi52 elle tait un peu pdante4 ,p>mi tant de tmoignages unanimes sur la grce et l'esprit de sa conv]sation1 rapportons une seule anecdote1 emprunte aux mmoires de ,morellet1 dans laquelle cet am\r du beau langage e/ =t bi5 mis en relief4 ,mlle de ,lesp9asse aimait avec passion les hommes d'esprit1 et ne ngligeait ri5 p\r les connatre et les attir] dans sa socit4 ,elle avait dsir vivem5t voir ,m4 de ,buffon4 ,mme ,ge(fr91 s'tant *>ge de lui procur] ce bonheur1 avait engag ,buffon v5ir pass] la soire *ez elle4 ,voil ,mlle de ,lesp9asse aux anges1 se promettant bi5 d'obs]v] cet homme clbre1 et de ne ri5 p]dre de ce qui sortirait de sa b\*e4 ,la conv]sation ayant comm5c de la "p de ,mlle de ,lesp9asse p> des complim5ts flatteurs et f9s1 comme elle savait les faire1 on vi5t p>l] de l'art d'crire1 et quelqu'un rem>que avec loge combi5 ,m4 de ,buffon avait su runir la cl>t l'lvation du /yle1 runion difficile et r>e4 ,oh6 diable6 dit ,m4 de ,buffon1 la tte haute1 les yeux demi f]ms et avec un air moiti niais1 moiti inspir1 oh6 diable1 qu& il e/ "q de cl>ifi] son /yle1 c'e/ une autre paire de man*es4 ,a ce propos1 cette comp>aison des rues1 voil ,mlle de ,lesp9asse qui se tr\ble2 sa physionomie s'altre1 elle se r5v]se sur son fauteuil1 rptant entre ses d5ts3 une autre paire de man*es6 cl>ifi] son /yle6 ,elle n'en rev9t pas de t\te la soire4 ,dans les lettres de ,mlle de ,lesp9asse on a admir l'loqu5ce1 on p\rrait dire1 comme ,phdre1 les fureurs de l'am\r4 ,en y tudiant1 non sans indiscrtion1 l'hi/oire de ses viol5tes passions1 on a rappro* les dates1 int]prt les mots--on sait qu'elle employait t\j\rs le mot ju/e--et racont avec indulg5ce1 mais dt]m9 avec prcision1 le j\r1 l'heure et l'occasion de ses faiblesses4 ,le pre ,quesnel l'aurait abs\te4 ,p\r rsi/]1 la =ce lui manquait non mo9s que la grce p\r le v\loir4 ,elle aurait pu s'cri] comme une amie de ,mme de ,lamb]t3 ,je me s5s g>rotte1 entrane1 ce sont les fautes de l'am\r1 ce ne sont plus les mi5nes4 ,aprs avoir (f]t son coeur d',alemb]t et s'tre donne lui jusqu' tre effraye de son bonheur1 envahie p> une passion irrsi/ible1 elle a aim ,m4 de ,mora sans mesure et plus que sa vie4 ,subjugue plus t>d p> ,m4 de ,guib]t1 qui semblait lui faire une grce1 elle a d*ir t\s les voiles de son me dans un long cri de d\leur et d'am\r4 ,les remords exaltai5t sa t5dresse p\r ,m4 de ,mora1 sans lui donn] la =ce d'av\] d',alemb]t que son coeur battait p\r un autre4 ,elle e/ morte dsespre1 en associant avec tri/esse et confusion dans ses s\v5irs et dans ses regrets sa t5dresse exalte p\r ,m4 de ,mora qui v5ait de m\rir ,bordeaux1 son am\r p\r ,m4 de ,guib]t qui s'tait m>i1 et sa vive affection p\r d',alemb]t dont elle brisait le coeur4 ,il faut de l'loqu5ce p\r expliqu] t\t cela4 ,mlle de ,lesp9asse en avait beauc\p2 elle n'a pas russi le faire aim]4 ,m4 de ,mora1 fils de l'ambassadeur d',espagne1 tait trs beau1 son coeur tait s5sible1 et sa =tune imm5se lui p]mettait d'tre gnreux et magnifique2 mais ce n'e/ pas p> l que ,mlle de ,lesp9asse tait accessible4 ,ce coeur incapable de lutt] et avide d'motions1 dans lequel d',alemb]t avait pntr pas pas1 s'ouvrit t\t enti] aux premi]s reg>ds du jeune ,espagnol4 ,elle ne put ni ne v\lut lui ca*] son tr\ble4 ,m4 de ,mora ne rsi/a pas4 ,p5dant une de ses abs5ces1 d',alemb]t vit arriv] en dix j\rs v+t-deux lettres adresses ,mlle de ,lesp9asse4 ,il ne dev9a ri54 ,m4 de ,mora ret\rna en ,espagne4 ,julie lui crivait *aque j\r1 att5dait les rponses avec une impati5ce fbrile et1 les j\rs de c\rri]1 envoyait la po/e le bon d',alemb]t p\r les recevoir quelques heures plus tt4 ,le *agr9 la r5dait dure et blessante4 ,sa t5dresse p\r d',alemb]t se *angeait en loignem5t et en av]sion4 ,il faisait t\t p\r la di/raire et combattre son humeur 9gale et *agr9e4 ,il la conduisit un j\r un dn] littraire2 elle y r5contra ,m4 de ,guib]t1 dont les succs ou1 p\r p>l] mieux1 les promesses attirai5t alors t\s les reg>ds4 ,ses admirateurs sur ses premi]s essais en div]s g5res prdisai5t en lui1 t\t ensemble1 le successeur de ,bossuet1 de ,corneille et de ,cond3 il ne remplaa que ,m4 de ,mora dans le coeur de ,mlle de ,lesp9asse4 ,le l5dema9 de sa premire r5contre1 ,mlle de ,lesp9asse dj va9cue crivait ,condorcet3 ,j'ai fait connaissance avec ,m4 de ,guib]t1 il me plat beauc\p2 son me se pe9t dans t\t ce qu'il dit1 il a de la =ce1 de l'lvation1 il ne ressemble p]sonne4 ,quelques j\rs aprs1 dans une autre lettre ,condorcet3 ,je v\drais que v\s lussiez le disc\rs prlim9aire de l'ouvrage de ,m4 de ,guib]t1 je suis sre qu'il v\s f]ait gr& plaisir4 ,mlle de ,lesp9asse aj\tait3 ,j'ai vu ,m4 de ,guib]t *ez moi1 il cont9ue me plaire extrmem5t4 ,elle n'en disait ri5 ,m4 de ,mora1 en p>lait d',alemb]t beauc\p mo9s qu' ,condorcet et beauc\p plus--il e/ impossible d'en d\t]-- ,m4 de ,guib]t lui-mme1 qui ne s'en s\ciait gure4 ,p\r ,mlle de ,lesp9asse1 t\tes les passions tai5t soeurs3 en s'(frant ,m4 de ,guib]t1 elle aimait ,m4 de ,mora avec une t5dresse plus exalte encore4 ,d',alemb]t ici devrait n\s occup] seul3 il tait impossible cep5dant de ne pas racont] en p>lant de lui ces trahisons qui brisr5t sa vie4 ,d',alemb]t sans connatre t\te la vrit ne p\vait l'ignor] compltem5t4 ,la ddicace de son portrait (f]t ,mlle de ,lesp9asse se t]m9ait p> ces deux v]s1 la fois tri/es et d\x3 ,et dites quelquefois en voyant cette image1 ,de t\s ceux que j'aimai qui m'aima comme lui8 ,si elle tait *ange p\r lui1 d',alemb]t ne le fut jamais p\r elle4 ,mo9s savant que son amie dans les *oses du coeur1 il avait j\i de son bonheur sans en tre effray4 ,il croyait son am\r endormi et en att5dait le rveil2 c'e/ p> les empressem5ts de la t5dresse la plus dv\e et de la plus affectueuse bont qu'il combattait1 sans jamais se pla9dre1 l'indiffr5ce et les rebuts de cette me tr\ble et inquite1 jusqu'au j\r o1 puise d'am\r et de s\ffrance1 impati5te surt\t de tant d'indignits1 elle hta volontairem5t sa f91 et m\rut dans ses bras en murmurant le nom de ,m4 de ,guib]t4 ,on n'a pas d'lgie plus t\*ante que le cri de d\leur adress p> d',alemb]t aux mnes de ,mlle de ,lesp9asse et tr\v plus t>d dans ses papi]s3 ,o v\s qui ne p\vez plus m'ent5dre1 v\s que j'ai si t5drem5t et si con/amm5t aime1 v\s dont j'ai cru tre aim quelques mom5ts1 v\s que j'ai prfre t\t1 v\s qui m'eussiez t5u lieu de t\t si v\s l'aviez v\lu4444 ,p> quel motif1 que je ne puis ni compr5dre ni s\ponn]1 ce s5tim5t si d\x p\r moi1 que v\s pr\viez peut-tre encore dans le d]ni] mom5t o v\s m'en avez assur1 s'e/-il *ang t\t c\p en loignem5t et en av]sion8444 ,que ne v\s plaigniez-v\s moi1 si v\s aviez v\s pla9dre6444 ,ou plutt1 ma *re ,julie1--c> je ne p\vais avoir de torts env]s v\s1--aviez-v\s avec moi quelque tort que j'ignorais et que j'aurais eu tant de d\ceur v\s p>donn]1 si je l'avais su8 ,la pr(onde blessure de d',alemb]t d*ira l'enveloppe de froideur et d'ins5sibilit affecte qui ca*ait aux yeux du plus gr& nombre ses trsors de dv\em5t et de bont4 ,le monde philosophique et lettr vit que ce gr& savant qui savait si bi5 rire savait pleur] aussi4 ,*acun l'ent\ra de sympa?ie et d'affection4 ,frdric et ,voltaire surt\t1 sans lutt] avec sa d\leur1 fir5t p\r l'ad\cir de con/ants et affectueux ef=ts4 ,mais la vie de d',alemb]t re/a dcolore et sans b3 l'hiv] tait v5u p\r son me4 ,la gomtrie1 si longtemps nglige1 lui r5dait seule l'exi/5ce tolrable4 ,le respect et l'admiration qui l'ent\rr5t jusqu' son d]ni] j\r p\vai5t le di/raire1 mais non le consol] de vieillir sans famille1 sans esprance et sans t5ir ri5 ici-bas4 ,une maladie d\l\reuse v9t bi5tt bris] sa sant con/amm5t *ancelante1 et il m\rut le #bi octobre #aghc1 l'ge de soixante-six ans1 en tr\vant que la vie ne vaut pas un regret4 ,honnte homme et homme de bi51 d',alemb]t fut aim et e/im de t\s ceux qui l'ont connu4 ,ses contempora9s ont exalt l'envi sa bont et sa gnrosit1 t\j\rs prte1 sans o/5tation de v]tu4 ,admir et vant jeune encore p> les juges les plus illu/res1 il n'excita l'envie de p]sonne4 ,il s'ex]a dans les g5res les plus div]s1 et1 sans avoir produit dans t\s d'immortels *efs-d'oeuvre1 il fut plac p> l'op9ion au premi] rang des savants1 des littrateurs et des philosophes4 ,sans =tune1 sans dignits1 malgr le malheur de sa naissance et l'humble simplicit de sa vie1 il fut gr& entre ses contempora9s p> l't5due de son influ5ce4 ,l'lvation de son c>actre gala celle de son esprit4 ,dans son comm]ce famili] et intime avec les plus gr&s p]sonnages de son sicle1 il sut cons]v] sans froideur t\te la dignit de ses manires et obt5ir sans l'exig] autant de dfr5ce au mo9s qu'il en accordait2 mais1 quoique s5sible la gloire et aux satisfactions de l'am\r-propre1 il ne cessa jamais1 au milieu de ses succs si nombreux et si con/ants1 de *]*] en va9 le bonheur1 qu'il n'entrevit qu'un in/ant1 celui d'une affection pr(onde1 dv\e1 exclusive et1 p\r t\t dire enf91 gale celle dont il se s5tait capable4 ,,*apitre ,,viii ,,deux ,,portraits ,,portrait ,,de ,d',,alemb]t ,,fait ,,p> ,,lui-,m,,me1 en #agfj4 ,m4 d',alemb]t n'a ri5 dans sa figure de rem>quable1 soit en bi51 soit en mal2 on prt5d1 c> il ne peut en jug] lui-mme1 que sa physionomie e/ p\r l'ord9aire ironique et maligne2 la vrit1 il e/ trs frapp du ridicule1 et peut-tre a quelque tal5t p\r le saisir3 a9si il ne s]ait pas tonnant que l'impression qu'il en reoit se peignt s\v5t sur son visage4 ,sa conv]sation e/ trs 9gale1 tantt srieuse1 tantt gaie1 suivant l'tat o son me se tr\ve1 assez s\v5t dc\sue1 mais jamais fatigante ni pdantesque4 ,on ne se d\t]ait po9t1 en le voyant1 qu'il a donn des tudes pr(ondes la plus gr&e p>tie de sa vie2 la dose d'esprit qu'il met dans la conv]sation n'e/ ni assez =te ni assez abondante p\r effray] ou *oqu] l'am\r-propre de p]sonne2 et ce qui e/ heureux p\r lui1 c'e/ qu'il ne lui vi5t pas plus d'esprit qu'il n'en montre1 c> il le laiss]ait voir1 ne ft-ce que p> l'impuissance absolue o il e/ de se contra9dre sur quoi que ce puisse tre4 ,t\t le monde e/ donc son aise avec lui sans qu'il y t*e2 et on s'ap]oit bi5 qu'il n'y t*e pas2 ce qui fait qu'on lui en sait bon gr4 ,il e/ d'ailleurs d'une gaiet qui va quelquefois jusqu' l'enfance2 et le contra/e de cette gaiet d'coli] avec la rputation bi5 ou mal fonde qu'il a acquise dans les sci5ces1 fait encore qu'il plat assez gnralem5t1 quoiqu'il soit r>em5t occup de plaire3 il ne *]*e qu' s'amus] et div]tir ceux qu'il aime2 les autres s'amus5t p> contre-c\p1 sans qu'il y p5se et qu'il s'en s\cie4 ,il dispute r>em5t et jamais avec aigreur3 ce n'e/ pas qu'il ne soit1 au mo9s quelquefois1 atta* son avis2 mais il e/ trop peu jal\x de subjugu] les autres p\r tre =t empress de les am5] p5s] comme lui4 ,d'ailleurs1 l'exception des sci5ces exactes1 il n'y a presque ri5 qui lui p>aisse assez clair p\r ne pas laiss] beauc\p de lib]t aux op9ions2 et sa maxime favorite e/ que presque sur t\t on peut dire t\t ce qu'on veut4 ,le c>actre pr9cipal de son esprit e/ la nettet et la ju/esse4 ,il a apport dans l'tude de la haute gomtrie quelque tal5t et beauc\p de facilit1 ce qui lui a fait en ce g5re un assez gr& nom de trs bonne heure4 ,cette facilit lui a laiss le temps de cultiv] encore les belles-lettres avec quelque succs3 son /yle s]r1 clair et prcis1 ord9airem5t facile1 sans prt5tion quoique *ti1 quelquefois un peu sec1 mais jamais de mauvais gt1 a plus d'n]gie que de *aleur1 plus de ju/esse que d'imag9ation1 plus de noblesse que de grce4 ,livr au travail et la retraite jusqu' l'ge de plus de v+t-c9q ans1 il n'e/ entr dans le monde que =t t>d et ne s'y e/ jamais beauc\p plu2 jamais il n'a pu se pli] en appr5dre les usages et la langue1 et peut-tre mme met-il une sorte de vanit assez petite les mpris]3 il n'e/ cep5dant jamais impoli1 p>ce qu'il n'e/ ni grossi] ni dur2 mais il e/ quelquefois incivil p> inatt5tion ou p> ignorance4 ,les complim5ts qu'on lui fait l'emb>rass5t p>ce qu'il ne tr\ve jamais s\s sa ma9 les =mules p> lesquelles on y rpond3 ses disc\rs n'ont ni galant]ie ni grce2 qu& il dit des *oses obligeantes1 c'e/ uniquem5t p>ce qu'il les p5se1 et que ceux qui il les dit lui plais5t4 ,aussi le fond de son c>actre e/ une fran*ise et une vrit s\v5t un peu brutes1 mais jamais *oquantes4 ,impati5t et colre jusqu' la viol5ce1 t\t ce qui le contr>ie1 t\t ce qui le blesse fait sur lui une impression vive dont il n'e/ pas le matre1 mais qui se dissipe en s'exprimant3 au fond il e/ trs d\x1 trs ais vivre1 plus complaisant mme qu'il ne le p>at1 et assez facile g\v]n]1 p\rvu nanmo9s qu'il ne s'ap]oive pas qu'on en a l'int5tion1 c> son am\r p\r l'indp5dance va jusqu'au fanatisme1 au po9t qu'il se refuse s\v5t des *oses qui lui s]ai5t agrables1 lorsqu'il prvoit qu'elles p\rrai5t tre p\r lui l'orig9e de quelque contra9te2 ce qui a fait dire avec raison un de ses amis qu'il tait esclave de sa lib]t4 ,quelques p]sonnes le croi5t m*ant1 p>ce qu'il se moque sans scrupule des sots prt5tion qui l'ennui5t2 mais1 si c'e/ un mal1 c'e/ t\t celui qu'il e/ capable de faire3 il n'a ni le fiel ni la pati5ce ncessaires p\r all] au del2 et il s]ait au dsespoir de p5s] que quelqu'un ft malheureux p> lui1 mme p>mi ceux qui ont *]* le plus lui nuire4 ,ce n'e/ pas qu'il oublie les mauvais procds ni les injures1 mais il ne sait s'en v5g] qu'en refusant con/amm5t son amiti et sa confiance ceux dont il a lieu de se pla9dre4 ,l'expri5ce et l'exemple des autres lui ont appris en gnral qu'il faut se dfi] des hommes2 mais son extrme fran*ise ne lui p]met pas de se dfi] d'aucun en p>ticuli]3 il ne peut se p]suad] qu'on le trompe2 et ce dfaut 7c> c'en e/ un1 quoiqu'il vi5ne d'un bon pr9cipe7 en produit *ez lui un autre plus gr&1 c'e/ d'tre trop aism5t susceptible des impressions qu'on veut lui donn]4 ,sans famille et sans li5s d'aucune espce1 ab&onn de trs bonne heure lui-mme1 acc\tum ds son enfance un g5re de vie obscur et troit1 mais libre2 n1 p> bonheur p\r lui1 avec quelques tal5ts et peu de passions1 il a tr\v dans l'tude et dans sa gaiet naturelle une ress\rce contre le dlaissem5t o il tait2 il s'e/ fait une sorte d'exi/5ce dans le monde sans le sec\rs de qui que ce soit1 et mme sans trop *]*] se la faire4 ,comme il ne doit ri5 qu' lui-mme et la nature1 il ignore la bassesse1 le mange1 l'art si ncessaire de faire sa c\r p\r arriv] la =tune3 son mpris p\r les noms et p\r les titres e/ si gr& qu'il a eu l'imprud5ce de l'affi*] dans un de ses crits2 ce qui lui a fait1 dans cette classe d'hommes orgueilleux et puissants1 un assez gr& nombre d'ennemis1 qui v\drai5t le faire pass] p\r le plus va9 de t\s les hommes2 mais il n'e/ que fi] et indp5dant1 plus port d'ailleurs s'apprci] au-dess\s qu'au-dessus de ce qu'il vaut4 ,p]sonne n'e/ mo9s jal\x des tal5ts et des succs des autres1 et n'y applaudit plus volonti]s1 p\rvu nanmo9s qu'il n'y voie ni *>latan]ie ni prsomption *oquante2 c> alors il devi5t svre1 cau/ique et peut-tre quelquefois inju/e4 ,quoique sa vanit ne soit pas aussi excessive que bi5 des g5s le croi5t1 elle n'e/ pas non plus ins5sible2 elle e/ mme trs s5sible1 au premi] mom5t1 soit ce qui la flatte1 soit ce qui la blesse2 mais le second mom5t et la rflexion remett5t bi5tt son me sa place et lui font voir les loges avec assez d'indiffr5ce et les satires avec assez de mpris4 ,son pr9cipe e/ qu'un homme de lettres qui *]*e fond] son nom sur des monum5ts durables1 doit tre =t att5tif ce qu'il crit1 assez ce qu'il fait et mdiocrem5t ce qu'il dit4 ,m4 d',alemb]t con=me sa conduite ce pr9cipe2 il dit beauc\p de sottises1 n'en crit gure et n'en fait po9t4 ,p]sonne ne porte plus lo9 que lui le ds9tressem5t2 mais comme il n'a ni beso9s1 ni fantaisies1 ces v]tus lui cot5t si peu qu'on ne doit pas l'en l\]2 ce sont plutt en lui des vices de mo9s que des v]tus de plus4 ,comme il y a trs peu de p]sonnes qu'il aime vritablem5t et que1 d'ailleurs1 il n'e/ pas =t affectueux avec celles qu'il aime1 ceux qui ne le connaiss5t que sup]ficiellem5t le croi5t peu capable d'amiti3 p]sonne cep5dant ne s'intresse plus vivem5t au bonheur ou au malheur de ses amis2 il en p]d le sommeil et le repos1 et il n'y a pas de sacrifice qu'il ne soit prt leur faire4 ,son me1 naturellem5t s5sible1 aime s'ouvrir t\s les s5tim5ts d\x2 c'e/ p\r cela qu'il e/ t\t la fois trs gai et trs port la mlancolie2 il se livre mme ce d]ni] s5tim5t avec une sorte de dlices2 et cette p5te que son me a naturellem5t s'afflig]1 le r5d assez propre crire des *oses tri/es et pa?tiques4 ,avec une p>eille disposition1 il ne faut pas s'tonn] qu'il ait t susceptible1 dans sa jeunesse1 de la plus vive1 de la plus t5dre et de la plus d\ce des passions2 les di/ractions et la solitude la lui ont fait ignor] longtemps4 ,ce s5tim5t dormait1 p\r a9si dire1 au fond de son me2 mais le rveil a t t]rible2 l'am\r n'a presque fait que le malheur de ,m4 d',alemb]t1 et les *agr9s qu'il lui a causs l'ont dgt longtemps des hommes1 de la vie et de l'tude mme4 ,aprs avoir consum ses premires annes dans la mditation et le travail1 il a vu1 comme le sage1 le nant des connaissances huma9es2 il a s5ti qu'elles ne p\vai5t occup] son coeur et s'e/ cri avec l',am9te du ,tasse3 ,j'ai p]du t\t le temps que j'ai pass sans aim]4 ,mais comme il ne pr5ait pas aism5t de l'am\r1 il ne se p]suadait pas aism5t qu'on en et p\r lui2 une rsi/ance trop longue le rebutait1 non p> l'(f5se qu'elle faisait son am\r-propre1 mais p>ce que la simplicit et la c&eur de son me ne lui p]mettai5t pas de croire qu'une rsi/ance s\t5ue ne ft qu'app>5te4 ,son me a beso9 d'tre remplie et non pas t\rm5te2 il ne lui faut que des motions d\ces2 les sec\sses l'us5t et l'amortiss5t4 ,,portrait ,,de ,,mademoiselle ,,de ,,lesp9asse ,,p> ,d',,alemb]t1 ,,adress ,,elle-,m,,me ,,en #agga ,le temps et l'habitude1 qui dnatur5t t\t1 mademoiselle1 qui dtruis5t nos op9ions et nos illusions1 qui anantiss5t ou affaibliss5t l'am\r mme1 ne peuv5t ri5 sur le s5tim5t que j'ai p\r v\s et que v\s m'avez inspir depuis dix-sept ans3 ce s5tim5t se =tifie de plus en plus p> la connaissance que j'ai des qualits aimables et solides qui =m5t votre c>actre2 il me fait s5tir en ce mom5t le plaisir de m'occup] de v\s1 en v\s peignant telle que je v\s vois4 ,v\s ne v\lez pas1 dites-v\s1 que je me borne faire la moiti de votre portrait en ne composant qu'un pangyrique2 v\s y v\driez des ombres1 app>emm5t p\r relev] la vrit du re/e2 et v\s m'ordonnez de v\s entret5ir de vos dfauts1 mme1 en cas de beso91 de vos vices1 si je v\s en connais quelques-uns4 ,de vices1 j'av\e que je ne v\s en sais po9t1 et j'en suis presque f*1 tant j'aurais envie de v\s obir4 ,de dfauts1 je v\s en connais quelques-uns1 et mme d'assez dplaisants p\r les g5s qui v\s aim5t4 ,tr\vez-v\s cette dcl>ation assez grossire8 ,je s\hait]ais mme que v\s eussiez d'autres dfauts que ceux dont j'ai v\s faire le repro*e4 ,je v\drais en v\s ces dfauts qui r5d5t aimable1 de ceux qui sont l'effet des passions2 c> j'av\e que j'aime les dfauts de cette espce3 mais p> malheur ceux que j'ai v\s repro*] n'en sont pas1 et pr\v5t peut-tre 7je ne v\s dis cela qu' l'oreille7 qu'il n'y a gure de passion *ez v\s4 ,je ne p>l]ai po9t de votre figure2 v\s n'y atta*ez aucune prt5tion1 et d'ailleurs c'e/ un objet auquel un vieux et tri/e philosophe comme moi ne pr5d pas g>de1 auquel il ne se connat pas1 auquel mme il se pique de ne se pas connatre1 soit p> ineptie1 soit p> vanit1 comme il v\s plaira4 ,je dirai cep5dant de votre extrieur1 ce qui me p>at frapp] t\t le monde3 que v\s avez beauc\p de noblesse et de grces dans t\t votre ma9ti5 et1 ce qui e/ bi5 prfrable une beaut froide1 beauc\p de physionomie et d'me dans t\s vos traits4 ,aussi p\rrais-je v\s nomm] plus d'un de vos amis qui aurai5t eu p\r v\s plus que de l'amiti1 si v\s l'aviez v\lu4 ,le gt qu'on a p\r v\s ne ti5t pas seulem5t vos agrm5ts extrieurs2 il ti5t surt\t ceux de votre esprit et de votre c>actre1 votre esprit plat et doit plaire p> bi5 des qualits1 p> l'excell5ce de votre ton1 p> la ju/esse de votre gt1 p> l'art que v\s avez de dire *acun ce qui lui convi5t4 ,l'excell5ce de votre ton ne s]ait pas un loge p\r une p]sonne ne la c\r et qui ne peut p>l] que la langue qu'elle a apprise3 en v\s c'e/ un mrite trs rel1 et mme trs r>e2 v\s l'avez apport du fond d'une prov9ce1 o v\s n'aviez tr\v p]sonne qui v\s l'enseignt4 ,v\s tiez sur ce po9t aussi p>faite le l5dema9 de votre arrive ,p>is1 que v\s l'tes auj\rd'hui4 ,v\s v\s y tes tr\ve ds le premi] j\r aussi libre1 aussi peu dplace dans les socits les plus brillantes et les plus difficiles1 que si v\s y aviez pass votre vie2 v\s en avez s5ti les usages avant de les connatre1 ce qui suppose une ju/esse et une f9esse de tact trs peu communes1 une connaissance exquise des conv5ances4 ,en un mot v\s avez dev9 le langage de ce qu'on appelle bonne compagnie1 comme ,pascal dans ses ,prov9ciales avait dev9 la langue franaise1 qui n'tait pas =me de son temps1 et le ton de la bonne plaisant]ie1 qu'il n'avait pu appr5dre de p]sonne dans la retraite o il vivait4 ,mais comme v\s s5tez p>faitem5t que v\s avez ce mrite1 et mme que ce n'e/ pas en v\s un mrite ord9aire1 v\s avez peut-tre le dfaut d'y atta*] trop de prix dans les autres3 il faut bi5 des qualits relles p\r v\s faire p>donn] ceux qui ne l'ont pas2 et sur cet objet assez peu important1 v\s tes impitoyable jusqu' la m9utie4 ,oui1 mademoiselle1 la seule *ose sur laquelle v\s soyez dlicate1 et dlicate au po9t d'en tre quelquefois odieuse1 ici je suis comme ,mme ,b]tr& dans la comdie du ,m\l9 de ,javelle1 et je vais d'abord aux invectives1 p>ce qu'il e/ "q de df5dre mes propres foy]s1 c'e/ votre excessive s5sibilit sur ce qu'on nomme le bon ton dans les manires et dans les disc\rs2 le dfaut de cette qualit v\s p>at pe9e effac p> le s5tim5t le plus t5dre et le plus vrai qu'on puisse v\s m>qu]3 mais1 en rcomp5se1 il e/ des hommes en qui cette qualit supple auprs de v\s t\tes les autres2 v\s les tr\vez tels qu'ils sont1 faibles1 p]sonnels1 ple9s d'airs1 incapables d'un s5tim5t pr(ond et suivi1 mais aimables et ple9s de grces1 et v\s avez la plus gr&e disposition les prfr] vos plus fidles1 vos plus s9cres amis2 avec un peu plus de so9 et d'att5tion p\r v\s1 ils clips]ai5t t\t vos yeux1 et peut-tre v\s ti5drai5t lieu de t\t4 ,la mme ju/esse de gt qui v\s donne un si gr& usage du monde1 se montre assez gnralem5t dans les jugem5ts que v\s portez sur les ouvrages4 ,v\s ne v\s y trompez gure1 et v\s v\s y tromp]iez encore mo9s1 si v\s v\liez t\j\rs tre rellem5t de votre op9ion1 et ne po9t jug] d'aprs c]ta9es p]sonnes aux g5\x desquelles votre esprit a la bont de se pro/]n]1 quoiqu'elles n'ai5t pas beauc\p prs le don d'tre infaillibles4 ,v\s leur faites quelquefois l'honneur d'att5dre leur avis1 p\r en avoir un qui ne vaut pas celui que v\s auriez eu de v\s-mme4 ,v\s avez encore un autre dfaut1 c'e/ de v\s prv5ir et1 comme on dit1 de v\s eng\] l'excs en faveur de c]ta9s ouvrages4 ,v\s jugez avec assez de ju/ice et de ju/esse t\s les livres o il n'y a qu'un degr mdiocre de s5tim5t et de *aleur3 mais qu& ces deux qualits dom95t dans c]ta9s endroits d'un ouvrage1 t\tes les ta*es1 mme considrables1 qu'il peut avoir1 disp>aiss5t p\r v\s2 il e/ p>fait vos yeux1 et il v\s faut du temps et un s5s plus rassis p\r le jug] tel qu'il e/4 ,j'aj\t]ai cep5dant1 p\r v\s consol] de cette c5sure1 que t\t ce qui ti5t au s5tim5t e/ un objet sur lequel v\s ne v\s trompez jamais1 et qu'on peut appel] votre doma9e4 ,mais ce qui v\s di/+ue surt\t dans la socit1 c'e/ l'art de dire *acun ce qui lui convi5t2 et cet art1 quoique peu commun1 e/ p\rtant bi5 simple *ez v\s2 il consi/e ne jamais p>l] de v\s aux autres1 et beauc\p d'eux4 ,c'e/ un moy5 infaillible de plaire2 aussi plaisez-v\s gnralem5t1 quoiqu'il s'en faille de beauc\p que t\t le monde v\s plaise3 v\s savez mme ne pas dplaire aux p]sonnes qui v\s sont les mo9s agrables4 ,ce dsir de plaire t\t le monde v\s a fait dire un mot qui p\rrait donn] mauvaise op9ion de v\s ceux qui ne v\s connatrai5t pas fond4 ,ah6 que je v\drais1 v\s tes-v\s crie un j\r1 connatre le faible de *acun6 ,ce trait sembl]ait p>tir d'une pr(onde politique et d'une politique mme qui avois9e la fausset3 cep5dant v\s n'avez nulle fausset2 t\te votre politique se rduit dsir] qu'on v\s tr\ve aimable1 et v\s le dsirez1 non pas p> un pr9cipe de vanit dont v\s n'tes que trop loigne1 mais p> l'envie et le beso9 de rp&re plus d'agrm5t dans votre vie j\rnalire4 ,si v\s plaisez gnralem5t t\t le monde1 v\s plaisez surt\t aux g5s aimables2 et v\s leur plaisez p> l'effet qu'ils font sur v\s1 p> l'espce de j\issance qu'pr\ve leur am\r-propre en voyant quel po9t v\s s5tez leurs agrm5ts2 v\s avez l'air de leur tre oblige de ces agrm5ts comme s'ils n'tai5t que p\r v\s1 et v\s d\blez p\r a9si dire le plaisir qu'ils ont de se tr\v] aimables4 ,la f9esse de gt qui se jo9t en v\s au dsir cont9uel de plaire1 fait que1 d'un ct1 il n'y a jamais ri5 en v\s de re*]*1 et que de l'autre il n'y a ri5 de nglig2 aussi peut-on dire de v\s que v\s tes trs naturelle et nullem5t simple4 ,discrte1 prud5te et rs]ve1 v\s possdez l'art de v\s contra9dre sans ef=t1 et de ca*] vos s5tim5ts sans les dissimul]4 ,vraie et fran*e avec ceux que v\s e/imez1 l'expri5ce v\s a r5due dfiante avec t\t le re/e2 mais cette disposition1 qui e/ un vice qu& on comm5ce vivre1 e/ une qualit prcieuse p\r peu qu'on ait vcu4 ,cep5dant cette att5tion1 cette circonspection dans la socit1 qui v\s sont ord9aires1 n'emp*5t pas que v\s ne soyez quelquefois inconsidre2 il v\s e/ arriv1 la vrit bi5 r>em5t1 de laiss] *app] en prs5ce de c]ta9es p]sonnes des disc\rs qui v\s ont beauc\p nui auprs d'elles3 c'e/ que v\s tes fran*e p> nature et discrte seulem5t p> rflexion2 et que la nature s'*appe quelquefois malgr nos ef=ts4 ,les diffr5ts contra/es qu'(fre votre c>actre1 de naturel sans simplicit1 de rs]ve et d'imprud5ce1 contra/es qui vi5n5t en v\s du combat de l'art et de la nature1 ne sont pas les seuls qui exi/5t dans votre manire d'tre1 et t\j\rs p> la mme cause4 ,v\s tes la fois gaie et mlancolique1 mais gaie p> votre naturel et mlancolique encore p> rflexion3 vos accs de mlancolie sont l'effet des diffr5ts malheurs que v\s avez pr\vs2 votre disposition physique ou morale du mom5t les fait natre2 v\s v\s y livrez avec une satisfaction d\l\reuse1 et en mme temps si pr(onde1 que v\s s\ffrez avec pe9e qu'on v\s arra*e de la mlancolie p> la gaiet1 et qu'au contraire v\s retombez avec une sorte de plaisir1 de la gaiet dans la mlancolie4 ,quoique v\s ne soyez pas t\j\rs mlancolique1 v\s tes sans cesse pntre d'un s5tim5t plus tri/e encore2 c'e/ le dgt de la vie3 ce dgt v\s quitte si peu1 que si mme dans un mom5t de gaiet on v\s proposait de m\rir1 v\s y cons5tiriez sans pe9e4 ,ce s5tim5t cont9u ti5t l'impression vive et pr(onde que vos *agr9s v\s ont laisse2 vos affections mme1 et l'espce de passion que v\s y mettez1 ne la dtruis5t pas2 on voit que la d\leur1 si je puis p>l] de la sorte1 v\s a n\rrie1 et que les affections ne font que v\s consol]4 ,ce n'e/ pas seulem5t p> vos agrm5ts et p> votre esprit que v\s plaisez gnralem5t1 c'e/ encore p> votre c>actre4 ,quoique v\s s5tiez bi5 les ridicules1 p]sonne n'e/ plus loign que v\s d'en donn]2 v\s abhorrez la m*ancet et la satire3 v\s ne hassez p]sonne1 si ce n'e/ peut-tre une seule femme1 qui la vrit a bi5 fait t\t ce qu'il fallait p\r tre hae de v\s2 encore votre ha9e p\r elle n'e/-elle pas active1 quoique la si5ne votre g>d le soit jusqu'au ridicule et jusqu' un excs qui r5d cette femme trs malheureuse4 ,v\s avez une autre qualit trs r>e1 et surt\t dans une femme2 v\s n'tes nullem5t envieuse3 v\s r5dez ju/ice avec la satisfaction la plus vraie aux agrm5ts et aux bonnes qualits de t\tes les femmes que v\s connaissez2 v\s la r5dez mme votre ennemie dans ce qu'elle peut avoir soit de bon et d'e/imable1 soit d'agrable et de piquant4 ,cep5dant1 c> il ne faut pas v\s flatt] mme en disant du bi5 de v\s1 cette bonne qualit1 t\te r>e qu'elle e/1 e/ peut-tre mo9s l\able en v\s qu'elle ne le s]ait en beauc\p d'autres4 ,si v\s n'tes po9t envieuse1 ce n'e/ pas prcism5t p>ce que v\s tr\vez bon que d'autres p]sonnes ai5t sur v\s les mmes avantages2 c'e/ qu'aprs avoir bi5 reg>d aut\r de v\s1 t\s les tres exi/ants v\s p>aiss5t galem5t pla9dre et qu'il n'y en a aucun dont v\s v\lussiez *ang] la situation contre la vtre4 ,s'il y avait ou si v\s connaissiez un tre s\v]a9em5t heureux1 v\s s]iez peut-tre trs capable de lui port] envie2 et on v\s a s\v5t ou dire qu'il tait ju/e que les p]sonnes qui ont de gr&s avantages euss5t aussi de gr&s malheurs1 p\r consol] ceux qui s]ai5t t5ts d'en tre jal\x4 ,ne croyez pas cep5dant que votre peu de jal\sie cesse d'tre une v]tu1 quoique le pr9cipe n'en soit pas aussi pur qu'il p\rrait l'tre2 c> combi5 y a-t-il de g5s qui ne croi5t pas que p]sonne soit heureux1 qui ne v\drai5t tre la place de p]sonne et qui ne laiss5t pas d'tre jal\x8 ,votre loignem5t p\r la m*ancet et l'envie suppose en v\s une me noble2 aussi la vtre l'e/-elle t\s g>ds3 quoique v\s dsiriez la =tune et que v\s en ayez beso91 v\s tes incapable de v\s donn] aucun m\vem5t p\r v\s la procur]2 v\s n'avez pas mme su pr(it] des occasions les plus favorables que v\s avez eues p\r v\s faire un sort plus heureux4 ,non seulem5t v\s avez l'me trs leve1 v\s l'avez encore trs s5sible2 mais cette s5sibilit e/ p\r v\s un t\rm5t plutt qu'un plaisir2 v\s tes p]suade qu'on ne peut tre heureux que p> les passions1 et v\s connaissez trop le dang] des passions p\r v\s y livr]4 ,v\s n'aimez donc qu'autant que v\s l'osez2 mais v\s aimez t\t ce que v\s p\vez ou tant que v\s le p\vez2 v\s donnez vos amis1 sur cette s5sibilit qui v\s sur*>ge1 t\t ce que v\s p\vez v\s p]mettre3 mais il v\s en re/e encore une surabondance dont v\s ne savez que faire1 et que1 p\r a9si dire1 v\s jett]iez volonti]s t\s les passants2 cette surabondance de s5sibilit v\s r5d trs compatissante p\r les malheureux1 mme p\r ceux que v\s ne connaissez pas2 ri5 ne v\s cote p\r les s\lag]4 ,avec cette disposition1 il e/ naturel que v\s soyez trs obligeante3 aussi ne peut-on v\s faire plus de plaisir que de v\s en f\rnir l'occasion2 c'e/ donn] la fois de l'alim5t votre bont et votre activit naturelle4 ,j'ai dit que v\s donniez vos amis t\s les s5tim5ts que v\s p\viez v\s p]mettre2 v\s leur accordez mme quelquefois au del de ce qu'ils s]ai5t en droit d'exig]3 v\s les df5dez avec c\rage1 en t\te circon/ance et en t\t tat de cause1 soit qu'ils ai5t tort ou raison4 ,ce n'e/ peut-tre pas la meilleure manire de les s]vir2 mais tant de g5s ab&onn5t leurs amis lors mme qu'ils p\rrai5t et devrai5t les df5dre1 qu'on doit savoir gr votre amiti de fuir et d'abhorr] cette l*et1 mme jusqu' l'excs4 ,l'espce de m\vem5t s\rd et inte/9 qui agite sans cesse votre me1 fait qu'elle n'e/ pas aussi gale qu'elle le p>at1 mme vos amis4 ,v\s avez s\v5t de l'humeur et de la s*]esse1 mais1 p> une suite de votre dsir gnral de plaire1 v\s ne la laissez gure p>atre qu' l'auteur de ce portrait3 il e/ vrai que v\s r5dez ju/ice son amiti en ne craignant po9t de v\s laiss] voir lui telle que v\s tes2 mais cette amiti se croit oblige de v\s dire que la s*]esse et l'humeur v\s dp>5t beauc\p t\s g>ds4 ,a9si1 p\r l'intrt mme de votre am\r-propre1 l'amiti v\s conseille d'avoir le mo9s de s*]esse et d'humeur que v\s p\rrez1 mo9s que vos amis ne le mrit5t1 ce qui doit leur arriv] bi5 r>em5t1 grce aux s5tim5ts si pr(onds et si ju/es dont ils sont pntrs p\r v\s4 ,v\s conv5ez de cette maudite s*]esse1 et c'e/ bi5 fait v\s2 ce qu'il y aurait encore de mieux faire1 ce s]ait de v\s en corrig]4 ,p\r v\s en disp5s]1 v\s *]*ez v\s p]suad] qu'elle e/ incorrigible et qu'elle ti5t votre c>actre3 je crois que v\s v\s trompez l-dessus et qu'elle ti5t bi5 plutt la situation o v\s tes4 ,v\s tiez ne avec une me t5dre1 d\ce et s5sible2 v\s ne l'avez que trop pr\ve1 et les effets p\r v\s n'ont t que trop cruels3 or1 v\s en direz t\t ce qu'il v\s en plaira1 mais la s5sibilit extrme exclut la s*]esse4 ,ce vila9 dfaut n'e/ donc pas en v\s l'ouvrage de la nature1 mais1 ce qui e/ affreux1 l'ouvrage de l'art3 =ce d'tre contr>ie1 *oque1 blesse dans vos s5tim5ts et dans vos gts1 v\s v\s tes acc\tume ne v\s affect] de ri52 =ce de rprim] les s5tim5ts qui aurai5t pu faire votre malheur1 v\s avez amorti ceux qui aurai5t rp&u la d\ceur dans votre me2 ils re/5t comme endormis au fond de votre coeur1 sans m\vem5t1 sans activit1 et v\s avez prp> bi5 du mal vos amis en v\s mettant l'abri de celui que vos ennemis *]*ai5t v\s faire2 en travaillant v\s r5dre dure v\s-mme1 v\s l'tes dev5ue p\r ceux qui v\s aim5t4 ,il e/ vrai--c> le s5tim5t n'e/ po9t ananti *ez v\s1 il n'e/ qu'ass\pi--que v\s ne t>dez pas v\s rep5tir des *agr9s que votre s*]esse a causs1 qu& v\s voyez que ces *agr9s ont fait une impression pr(onde2 v\s rev5ez alors votre s5sibilit anci5ne2 un mom5t1 un mot rp>e t\t4 ,dans les autres1 le premi] m\vem5t e/ l'effet de la nature1 le second e/ celui de la rflexion3 *ez v\s c'e/ t\t le contraire2 et tel e/ dans votre me1 d'ailleurs si e/imable1 le cruel et malheureux effet de l'habitude4 ,ce qui pr\ve encore que cette s*]esse n'e/ po9t naturelle en v\s1 c'e/ un autre dfaut que je v\s ai repro* et qui e/ presque l'oppos de celui-l1 le dsir banal de plaire t\t le monde3 p\r ce dfaut-l1 v\s le t5ez beauc\p plus que l'autre de la nature2 elle v\s a donn dans l'esprit les qualits les plus faites p\r plaire1 de la noblesse1 des agrm5ts et de la grce2 il e/ t\t simple que v\s *]*iez en tir] p>ti1 et v\s n'y russissez que trop bi54 ,je ne connais p]sonne1 je le rpte1 qui plaise aussi gnralem5t que v\s1 et peu de p]sonnes qui y soi5t plus s5sibles2 v\s ne refusez pas mme de faire les avances qu& on ne va pas au-devant de v\s2 et sur ce po9t votre fi]t e/ sacrifie votre am\r-propre3 assez sre de cons]v] ceux que v\s avez acquis1 v\s tes pr9cipalem5t occupe en acqurir d'autres2 v\s n'tes pas mme1 il faut en conv5ir1 aussi difficile sur le *oix qu'il v\s convi5drait de l'tre4 ,la f9esse et la ju/esse de votre tact devrai5t v\s r5dre dlicate sur le g5re et le *oix des connaissances2 l'envie d'avoir une c\r et ce qu'on appelle dans le monde des amis1 v\s a r5due d'assez bonne composition et les ennuyeux ne v\s dplais5t pas trop1 p\rvu que ces ennuyeux-l v\s soi5t dv\s4 ,les noms1 les titres ne v\s en impos5t pas2 v\s voyez les gr&s comme il faut les voir1 sans bassesse et sans dda94 ,l'in=tune v\s a donn cet orgueil respectable qu'elle inspire t\j\rs ceux qui ne la mrit5t pas4 ,votre peu d'aisance et la tri/e connaissance que v\s avez acquise des hommes1 v\s font r$\t] les bi5faits dont le j\g e/ si s\v5t cra9dre p\r les mes bi5 nes2 peut-tre mme tes-v\s porte p\ss] ce s5tim5t jusqu' l'excs3 mais1 en ce g5re1 l'excs mme e/ une v]tu4 ,votre c\rage e/ au-dessus de votre =ce2 l'indig5ce1 la mauvaise sant1 les malheurs de t\te espce ex]c5t votre pati5ce sans l'abattre4 ,cette pati5ce intressante et le spectacle de ce que v\s avez s\ff]t devai5t v\s faire des amis et v\s en ont fait2 v\s avez tr\v quelque consolation dans leur atta*em5t et dans leur e/ime4 ,voil1 mademoiselle1 ce que v\s me p>aissez tre3 v\s n'tes pas p>faite1 sans d\te1 et c'e/ en vrit tant mieux p\r v\s2 c> le p>fait ,gr&isson m'a t\j\rs p>u un odieux p]sonnage4 ,je ne sais si je v\s vois bi52 mais1 telle que je v\s vois1 p]sonne ne me p>at plus digne d'pr\v] p> soi-mme et de faire pr\v] aux autres ce qui seul peut ad\cir les maux de la vie1 les d\ceurs du s5tim5t et de la confiance4 ,en f9issant ce portrait1 je ne puis pas aj\t] comme dans la *anson3 ,le prieur qui l'a fait ,en e/ trs satisfait2 mais je s5s que je v\s applique1 et de t\t mon coeur1 le v]s de ,dufresny sur la jeunesse3 444 ,que de dfauts elle a ,cette jeunesse6 ,on l'aime avec ces dfauts-l4 ,,f9 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,*apitre ,i ,l'enfance de d',alemb]t4 ,,*apitre ,,ii ,d',alemb]t et l',acadmie des sci5ces4 ,,*apitre ,,iii ,d',alemb]t et l',encyclopdie4 ,,*apitre ,,iv ,d',alemb]t et l',acadmie franaise4 ,,*apitre ,v ,d',alemb]t et la suppression des jsuites4 ,,*apitre ,,vi ,d',alemb]t et ,frdric4 ,,*apitre ,,vii ,d',alemb]t et mademoiselle de ,lesp9asse4 ,,*apitre ,,viii ,deux portraits4