,desc>tes1 ,r5 ,oeuvres de ,desc>tes1 prcdes de l'loge de ,r5 ,desc>tes p> ,?omas ,,oeuvres ,,de ,,desc>tes4 ,,tome ,,premi] ,,publi,,es ,,p> ,,victor ,,c\s94 ,a ,m4 ,,roy]-,,coll>d1 ,pr(esseur de l'hi/oire de la philosophie morale la ,facult des ,lettres de l',acadmie de ,p>is ,,qui ,,le ,,premi]1 ,,dans ,,une ,,*aire ,,fran,,aise1 ,,combattit ,,la ,,philosophie ,,des ,,s5s1 ,,et ,r,,habilita ,,desc>tes1 ,tmoignage ,,de ,,ma ,,vive ,,reconnaissance ,,p\r ,,ses ,,le,,ons1 ,,ses ,,conseils ,,et ,,son ,,amiti ,,loge ,,de ,,r5 ,,desc>tes1 ,,p> ,,?omas1 ,,disc\rs ,,qui ,a ,,remport ,,le ,,prix ,,de ,l',,acad,,mie ,,fran,,aise ,,en #agfe4 ,lorsque les c5dres de ,,desc>tes1 n en ,france et mort en ,sude1 fur5t rapportes1 seize ans aprs sa mort1 de ,/ockholm ,p>is2 lorsque t\s les savants1 rassembls dans un temple1 r5doi5t sa dp\ille des honneurs qu'il n'obt9t jamais p5dant sa vie1 et qu'un orateur se prp>ait l\] devant cette assemble le gr& homme qu'elle regrettait1 t\t--c\p il v9t un ordre qui df5dit de prononc] cet loge funbre4 ,sans d\te on p5soit alors que les gr&s seuls ont droit aux loges publics2 et l'on craignit de donn] la nation l'exemple dang]eux d'honor] un homme qui n'avoit eu que le mrite et la di/9ction du gnie4 ,je vi5s1 aprs c5t ans1 prononc] cet loge4 ,puisse-t-il tre digne et de celui qui il e/ (f]t1 et des sages qui vont l'ent5dre6 ,peut-tre au sicle de ,desc>tes on toit encore trop prs de lui p\r le bi5 l\]4 ,le temps seul juge les philosophes comme les rois1 et les met leur place4 ,le temps a dtruit les op9ions de ,desc>tes1 mais sa gloire subsi/e4 ,il e/ semblable ces rois dtrns qui1 sur les ru9es mme de leur empire1 p>oiss5t ns p\r comm&] aux hommes4 ,tant que la philosophie et la vrit s]ont quelque *ose sur la t]re1 on honor]a celui qui a jet les fondem5ts de nos connaissances1 et recr1 p\r a9si dire1 l'ent5dem5t huma94 ,on l\]a ,desc>tes p> admiration1 p> reconnoissance1 p> intrt mme2 c> si la vrit e/ un bi51 il faut enc\rag] ceux qui la *]*5t4 ,ce s]oit aux pi$s de la /atue de ,newton qu'il faudroit prononc] l'loge de ,desc>tes2 ou plutt ce s]oit ,newton l\] ,desc>tes4 ,qui mieux que lui s]oit capable de mesur] la c>rire p>c\rue avant lui8 ,aussi simple qu'il toit gr&1 ,newton n\s dc\vriroit t\tes les p5ses que les p5ses de ,desc>tes lui ont fait natre4 ,il y a des vrits /riles1 et p\r a9si dire mortes1 qui n'avanc5t de ri5 dans l'tude de la nature3 il y a des erreurs de gr&s hommes qui devi5n5t fcondes en vrits4 ,aprs ,desc>tes1 on a t plus lo9 que lui2 mais ,desc>tes a fray la r\te4 ,l\ons ,magellan d'avoir fait le t\r du globe2 mais r5dons ju/ice ,colomb1 qui le premi] a s\ponn1 a *]*1 a tr\v un n\veau monde4 ,t\t dans cet ouvrage s]a consacr la philosophie et la v]tu4 ,peut-tre y a-t-il des hommes dans ma nation qui ne me p>donn]oi5t po9t l'loge d'un philosophe vivant2 mais ,desc>tes e/ mort1 et depuis c5t qu9ze ans il n'e/ plus2 je ne cra9s ni de bless] l'orgueil ni d'irrit] l'envie4 ,p\r jug] ,desc>tes1 p\r voir ce que l'esprit d'un seul homme a aj\t l'esprit huma91 il faut voir le po9t d'o il e/ p>ti4 ,je pe9drai donc l'tat de la philosophie et des sci5ces au mom5t o naquit ce gr& homme2 je f]ai voir comm5t la nature le =ma1 et comm5t elle prp>a cette rvolution qui a eu tant d'influ5ce4 ,ensuite je f]ai l'hi/oire de ses p5ses4 ,ses erreurs mmes auront je ne sais quoi de gr&4 ,ou v]ra l'esprit huma91 frapp d'une lumire n\velle1 se rveill]1 s'agit]1 et m>*] sur ses pas4 ,le m\vem5t philosophique se communiqu]a d'un b\t de l',europe l'autre4 ,cep5dant1 au milieu de ce m\vem5t gnral1 n\s revi5drons sur ,desc>tes2 n\s contempl]ons l'homme en lui2 n\s *]*]ons si le gnie donne des droits au bonheur2 et n\s f9irons peut-tre p> rp&re des l>mes sur ceux qui1 p\r le bi5 de l'humanit et leur propre malheur1 sont condamns tre de gr&s hommes4 ,la philosophie1 ne dans l'gypte1 dans l',inde et dans la ,p]se1 avoit t en naissant presque aussi b>b>e que les hommes4 ,dans la ,grce1 aussi fconde que h>die1 elle avoit cr t\s ces sy/mes qui expliquoi5t l'univ]s1 ou p> le pr9cipe des lm5ts1 ou p> l'h>monie des nombres1 ou p> les ides t]nelles1 ou p> des comb9aisons de masses1 de figures et de m\vem5ts1 ou p> l'activit de la =me qui vi5t s'unir la matire4 ,dans ,alex&rie1 et la c\r des rois1 elle avoit p]du ce c>actre orig9al et ce pr9cipe de fcondit que lui avoit donn un pays libre4 ,a ,rome1 p>mi des matres et des esclaves1 elle avoit t galem5t /rile2 elle s'y toit occupe1 ou flatt] la curiosit des pr9ces1 ou lire dans les a/res la *ute des tyrans4 ,dans les premi]s sicles de l'glise1 v\e aux en*antem5ts et aux my/res1 elle avoit *]* li] comm]ce avec les puissances cle/es ou inf]nales4 ,dans ,con/ant9ople1 elle avoit t\rn aut\r des ides des anci5s ,grecs1 comme aut\r des bornes du monde4 ,*ez les ,arabes1 *ez ce peuple d\blem5t esclave et p> sa religion et p> son g\v]nem5t1 elle avoit eu ce mme c>actre d'esclavage1 borne comm5t] un homme1 au lieu d'tudi] la nature4 ,dans les sicles b>b>es de l',occid5t1 elle n'avoit t qu'un j>gon absurde et ins5s que consacroit le fanatisme et qu'adoroit la sup]/ition4 ,enf91 la r5aissance des lettres1 elle n'avoit pr(it de quelques lumires que p\r se remettre p> *oix dans les *anes d',ari/ote4 ,ce philosophe1 depuis plus de c9q sicles1 combattu1 proscrit1 ador1 excommuni1 et t\j\rs va9queur1 dictoit aux nations ce qu'elles devoi5t croire2 ses ouvrages tant plus connus1 ses erreurs toi5t plus respectes4 ,on ngligeoit p\r lui l'univ]s2 et les hommes1 acc\tums depuis longtemps se pass] de l'vid5ce1 croyoi5t t5ir dans leurs ma9s les premi]s pr9cipes des *oses1 p>ce que leur ignorance h>die prononoit des mots obscurs et vagues qu'ils croyoi5t ent5dre4 ,voil les progrs que l'esprit huma9 avoit faits p5dant tr5te sicles4 ,on rem>que1 p5dant cette longue rvolution de temps1 c9q ou six hommes qui ont p5s1 et cr des ides2 et le re/e du monde a travaill sur ces p5ses1 comme l'artisan1 dans sa =ge1 travaille sur les mtaux que lui f\rnit la m9e4 ,il y a eu plusieurs sicles de suite o l'on n'a po9t avanc d'un pas v]s la vrit2 il y a eu des nations qui n'ont pas contribu d'une ide la masse des ides gnrales4 ,du sicle d',ari/ote celui de ,desc>tes1 j'ap]ois un vide de deux mille ans4 ,l1 la p5se orig9ale se p]d1 comme un fleuve qui meurt dans les sables1 ou qui s'ensevelit s\s t]re1 et qui ne rep>ot qu' mille lieues de l1 s\s de n\veaux cieux et sur une t]re n\velle4 ,quoi donc6 y a-t-il p\r l'esprit huma9 des temps de sommeil et de mort1 comme il y en a de vie et d'activit8 ou le don de p5s] p> soi-mme e/-il rs]v un si petit nombre d'hommes8 ou les gr&es comb9aisons d'ides sont-elles bornes p> la nature1 et s'puis5t-elles avec rapidit8 ,dans cet tat de l'esprit huma91 dans cet eng\rdissem5t gnral1 il falloit un homme qui remontt l'espce huma9e1 qui aj\tt de n\veaux ressorts l'ent5dem5t1 qui se ressaist du don de p5s]1 qui vt ce qui toit fait1 ce qui re/oit faire1 et p\rquoi les progrs avoi5t t susp5dus tant de sicles2 un homme qui et assez d'audace p\r r5v]s]1 assez de gnie p\r recon/ruire1 assez de sagesse p\r pos] des fondem5ts srs1 assez d'clat p\r bl\ir son sicle et rompre l'en*antem5t des sicles passs2 un homme qui tonnt p> la gr&eur de ses vues2 un homme en tat de rassembl] t\t ce que les sci5ces avoi5t imag9 ou dc\v]t dans t\s les sicles1 et de runir t\tes ces =ces disp]ses p\r en compos] une seule =ce avec laquelle il remut p\r a9si dire l'univ]s2 un homme d'un gnie actif1 entrepr5ant1 qui st voir o p]sonne ne voyoit1 qui dsignt le b et qui trat la r\te1 qui1 seul et sans guide1 fran*t p>-dessus les prcipices un int]valle imm5se1 et entrant aprs lui le g5re huma94 ,cet homme devoit tre ,desc>tes4 ,ce s]oit sans d\te un beau spectacle de voir comm5t la nature le prp>a du lo9 et le =ma2 mais qui peut suivre la nature dans sa m>*e8 ,il y a sans d\te une *ane des p5ses des hommes depuis l'orig9e du monde jusqu' n\s2 *ane qui n'e/ ni mo9s my/rieuse ni mo9s gr&e que celle des tres physiques4 ,les sicles ont influ sur les sicles1 les nations sur les nations1 les vrits sur les erreurs1 les erreurs sur les vrits4 ,t\t se ti5t dans l'univ]s2 mais qui p\rrait trac] la ligne8 ,on peut du mo9s entrevoir ce rapport gnral2 on peut dire que1 sans cette f\le d'erreurs qui ont inond le monde1 ,desc>tes peut-tre n'et po9t tr\v la r\te de la vrit4 ,a9si *aque philosophe en s'g>ant avanoit le t]me4 ,mais1 laissant l les temps trop reculs1 je veux *]*] dans le sicle mme de ,desc>tes1 ou dans ceux qui ont immdiatem5t prcd sa naissance1 t\t ce qui a pu s]vir le =m] en influant sur son gnie4 ,et d'abord j'ap]ois dans l'univ]s une espce de f]m5tation gnrale4 ,la nature semble tre dans un de ces mom5ts o elle fait les plus gr&s ef=ts3 t\t s'agite2 on veut p>t\t remu] les anci5nes bornes1 on veut t5dre la sphre huma9e4 ,vasco de ,gama dc\vre les ,indes1 ,colomb dc\vre l',amrique1 ,corts et ,piz>ro subjugu5t des contres imm5ses et n\velles1 ,magellan *]*e les t]res au/rales1 ,drake fait le t\r du monde4 ,l'esprit des dc\v]tes anime t\tes les nations4 ,de gr&s *angem5ts dans la politique et les religions branl5t l',europe1 l',asie et l',afrique4 ,cette sec\sse se communique aux sci5ces4 ,l'a/ronomie r5at ds le qu9zime sicle4 ,cop]nic rtablit le sy/me de ,py?agore et le m\vem5t de la t]re2 pas imm5se fait dans la nature6 ,ty*o-,brah aj\te aux obs]vations de t\s les sicles2 il corrige et p]fectionne la ?orie des plantes1 dt]m9e le lieu d'un gr& nombre d'toiles fixes1 dmontre la rgion que les comtes occup5t dans l'espace4 ,le nombre des phnomnes connus s'augm5te4 ,le lgislateur des deux p>ot2 ,kepl] confirme ce qui a t tr\v avant lui1 et ouvre la r\te des vrits n\velles4 ,mais il falloit de plus gr&s sec\rs4 ,les v]res concaves et convexes1 inv5ts p> has>d au treizime sicle1 sont runis trois c5ts ans aprs1 et =m5t le premi] tlescope4 ,l'homme t\*e aux extrmits de la cration4 ,galile fait dans les cieux ce que les gr&s navigateurs faisoi5t sur les m]s2 il aborde de n\veaux mondes4 ,les satellites de ,jupit] sont connus4 ,le m\vem5t de la t]re e/ confirm p> les phases de ,vnus4 ,la gomtrie e/ applique la doctr9e du m\vem5t4 ,la =ce acclratrice dans la *ute des corps e/ mesure2 on dc\vre la pesanteur de l'air1 on entrevoit son la/icit4 ,bacon fait le dnombrem5t des connoissances huma9es et les juge3 il annonce le beso9 de refaire des ides n\velles1 et prdit quelque *ose de gr& p\r les sicles v5ir4 ,voil ce que la nature avoit fait p\r ,desc>tes avant sa naissance2 et comme p> la b\ssole elle avoit runi les p>ties les plus loignes du globe1 p> le tlescope rappro* de la t]re les d]nires limites des cieux1 p> l'imprim]ie elle avoit tabli la communication rapide du m\vem5t entre les esprits d'un b\t du monde l'autre4 ,t\t toit dispos p\r une rvolution4 ,dj e/ n celui qui doit faire ce gr& *angem5t#a2 il ne re/e la nature que d'a*ev] son ouvrage1 et de mrir ,desc>tes p\r le g5re huma91 comme elle a mri le g5re huma9 p\r lui4 ,je ne m'arrte po9t sur son ducation#b2 ds qu'il s'agit des mes extraord9aires1 il n'en faut po9t p>l]4 ,il y a une ducation p\r l'homme vulgaire2 il n'y en a po9t d'autre p\r l'homme de gnie que celle qu'il se donne lui-mme3 elle consi/e presque t\j\rs dtruire la premire4 ,desc>tes1 p> celle qu'il reut1 jugea son sicle4 ,dj il voit au-del2 dj il imag9e et press5t un n\vel ordre des sci5ces3 tel1 de ,madrid ou de ,gnes1 ,colomb press5toit l',amrique4 ,la nature1 qui travailloit sur cette me et la disposoit ins5siblem5t aux gr&es *oses1 y avoit mis d'abord une =te passion p\r la vrit4 ,ce fut l peut-tre son premi] ressort4 ,elle y aj\te ce dsir d'tre utile aux hommes1 qui s't5d t\s les sicles et t\tes les nations2 dsir qu'on ne s'toit po9t encore avis de calomni]4 ,elle lui donne ensuite1 p\r t\t le temps de sa jeunesse1 une activit inquite#c1 ces t\rm5ts du gnie1 ce vide d'une me que ri5 ne remplit encore1 et qui se fatigue *]*] aut\r d'elle ce qui doit la fix]4 ,alors elle le promne dans l',europe entire1 et fait pass] rapidem5t s\s ses yeux les plus gr&s spectacles4 ,elle lui prs5te1 en ,holl&e1 un peuple qui brise ses *anes et devi5t libre1 le fanatisme g]mant au se9 de la lib]t1 les qu]elles de la religion *anges en factions d'tat2 en ,allemagne1 le *oc de la ligue prote/ante et de la ligue ca?olique1 le comm5cem5t d'un c>nage de tr5te annes2 aux extrmits de la ,pologne1 dans le ,br&eb\rg1 la ,pomranie et le ,hol/e91 les contre-c\ps de cette gu]re affreuse2 en ,fl&re1 le contra/e de dix prov9ces opul5tes re/es s\mises l',espagne1 t&is que sept prov9ces pauvres combattoi5t depuis c9quante ans p\r leur lib]t2 dans la ,valtel9e1 les m\vem5ts de l'ambition espagnole1 les prcautions inquites de la c\r de ,savoie2 eu ,suisse1 des lois et des moeurs1 une pauvret fire1 une lib]t sans orages2 ,gnes1 t\tes les factions des rpubliques1 t\t l'orgueil des mon>*ies2 ,v5ise1 le p\voir des nobles1 l'esclavage du peuple1 une lib]t tyrannique2 ,flor5ce1 les ,mdicis1 les arts1 et ,galile2 ,rome1 t\tes les nations rassembles p> la religion1 spectacle qui vaut peut-tre bi5 celui des /atues et des tableaux2 en ,anglet]re1 les droits des peuples luttant contre ceux des rois1 ,*>les ,i] sur le trne1 et ,cromwell encore dans la f\le#d4 ,l'me de ,desc>tes1 trav]s t\s ces objets1 s'lve et s'agr&it4 ,la religion1 la politique1 la lib]t1 la nature1 la morale1 t\t contribue t5dre ses ides2 c> l'on se trompe si l'on croit que l'me du philosophe doit se conc5tr] dans l'objet p>ticuli] qui l'occupe4 ,il doit t\t embrass]1 t\t voir4 ,il y a des po9ts de runion o t\tes les vrits se t\*5t2 et la vrit univ]selle n'e/ elle-mme que la *ane de t\s les rapports4 ,p\r voir de plus prs le g5re huma9 s\s t\tes les faces1 ,desc>tes se mle dans ces jeux sanglants des rois1 o le gnie s'puise dtruire1 et o des milli]s d'hommes1 assembls contre des milli]s d'hommes1 ex]c5t le meurtre p> art et p> pr9cipes#e4 ,a9si ,socrate porta les armes dans sa jeunesse4 ,p>t\t il tudie l'homme et le monde4 ,il analyse l'esprit huma92 il obs]ve les op9ions1 suit leur progrs1 exam9e leur influ5ce1 remonte leur s\rce4 ,de ces op9ions1 les unes naiss5t du g\v]nem5t1 d'autres du climat1 d'autres de la religion1 d'autres de la =me des langues1 quelques unes des moeurs1 d'autres des lois1 plusieurs de t\tes ces causes runies3 il y en a qui sort5t du fond mme de l'esprit huma9 et de la con/itution de l'homme1 et celles-l sont peu prs les mmes *ez t\s les peuples2 il y en a d'autres qui sont bornes p> les montagnes et p> les fleuves1 c> *aque pays a ses op9ions comme ses plantes3 t\tes ensemble =m5t la raison du peuple4 ,quel spectacle p\r un philosophe6 ,desc>tes en fut p\vant4 ,voil donc1 dit-il1 la raison huma9e6 ,ds ce mom5t il s5tit s'branl] t\t l'difice de ses connoissances3 il v\lut y port] la ma9 p\r a*ev] de le r5v]s]2 mais il n'avoit po9t encore assez de =ce1 et il s'arrta4 ,il p\rsuit ses obs]vations2 il tudie la nature physique3 tantt il la considre dans t\te son t5due1 comme ne =mant qu'un seul et imm5se ouvrage2 tantt il la suit dans ses dtails4 ,la nature vivante et la nature morte1 l'tre brut et l'tre organis1 les diffr5tes classes de gr&eurs et de =mes1 les de/ructions et les r5\vellem5ts1 les v>its et les rapports1 ri5 ne lui *appe1 comme ri5 ne l'tonne4 ,j'aime le voir deb\t sur la cime des ,alpes1 lev1 p> sa situation1 au-dessus de l',europe entire1 suivant de l'oeil la c\rse du ,p1 du ,rh91 du ,rhne et du ,danube1 et de l s'levant p> la p5se v]s les deux1 qu'il p>ot t\*]1 pntrant dans les rs]voirs de/9s f\rnir l',europe ces amas d'eaux imm5ses2 quelquefois obs]vant ses pi$s les espces innombrables de vgtaux sems p> la nature sur le p5*ant des prcipices1 ou entre les po9tes des ro*]s2 quelquefois mesurant la hauteur de ces montagnes de glace1 qui sembl5t jetes dans les vallons des ,alpes p\r les combl]1 ou mditant pr(ondm5t la lueur des orages#f4 ,ah6 c'e/ dans ces mom5ts que l'me du philosophe s't5d1 devi5t imm5se et pr(onde comme la nature2 c'e/ alors que ses ides s'lv5t et p>c\r5t l'univ]s4 ,insatiable de voir et de connotre1 p>t\t o il passe1 ,desc>tes int]roge la vrit2 il la dem&e t\s les lieux qu'il p>c\rt1 il la p\rsuit de pays en pays4 ,dans les villes prises d'assaut1 ce sont les savants qu'il *]*e4 ,maximili5 de ,bavire voit dans ,prague1 dont il s'e/ r5du matre1 la capitale d'un royaume conquis2 ,desc>tes n'y voit que l'anci5 sj\r de ,ty*o-,brah4 ,sa mmoire y toit encore rc5te2 il int]roge t\s ceux qui l'ont connu1 il suit les traces de ses p5ses2 il rassemble dans les conv]sations le gnie d'un gr& homme4 ,a9si voyageoi5t autrefois les ,py?agore1 et les ,platon1 lorsqu'ils alloi5t dans l',ori5t tudi] ces colonnes1 ar*ives des nations et monum5ts des dc\v]tes antiques4 ,desc>tes1 leur exemple1 ramasse t\t ce qui peut l'in/ruire4 ,mais tant d'ides acquises dans ses voyages ne lui auroi5t encore s]vi de ri51 s'il n'avoit eu l'art de se les appropri] p> des mditations pr(ondes2 art si ncessaire au philosophe1 si inconnu au vulgaire1 et peut-tre si trang] l'homme4 ,en effet1 qu'e/-ce que mdit]8 ,c'e/ ram5] au d$ans de n\s notre exi/5ce rp&ue t\t entire au dehors2 c'e/ n\s retir] de l'univ]s p\r habit] dans notre me2 c'e/ anantir t\te l'activit des s5s p\r augm5t] celle de la p5se2 c'e/ rassembl] en un po9t t\tes les =ces de l'esprit2 c'e/ mesur] le temps1 non plus p> le m\vem5t et p> l'espace1 mais p> la succession l5te ou rapide des ides4 ,ces mditations1 dans ,desc>tes1 avoi5t t\rn en habitude#g2 elles le suivoi5t p>t\t3 dans les voyages1 dans les camps1 dans les occupations les plus tumultueuses1 il avoit t\j\rs un asile prt o son me se retiroit au beso94 ,c'toit l qu'il appeloit ses ides2 elles acc\roi5t en f\le3 la mditation les faisoit natre1 l'esprit gomtrique v5oit les en*an]4 ,ds sa jeunesse il s'toit avidem5t atta* aux ma?matiques1 comme au seul objet qui lui prs5toit l'vid5ce#h4 ,c'toit l que son me se reposoit de l'inquitude qui la t\rm5toit p>t\t ailleurs4 ,mais1 dgt bi5tt de spculations ab/raites1 le dsir de se rappro*] des hommes le r5tranoit l'tude de la nature4 ,il se livroit t\tes les sci5ces3 il n'y tr\voit pas la c]titude de la gomtrie1 qu'elle ne doit qu' la simplicit de son objet2 mais il y transportoit du mo9s la m?ode des gomtres4 ,c'e/ d'elle qu'il appr5oit fix] t\j\rs le s5s des t]mes1 et n'en abus] jamais2 dcompos] l'objet de son tude1 li] les consqu5ces aux pr9cipes2 remont] p> l'analyse1 desc5dre p> la syn?se4 ,a9si l'esprit gomtrique aff]missoit sa m>*e2 mais le c\rage et l'esprit d'indp5dance brisoi5t devant lui les b>rires p\r lui fray] des r\tes4 ,il toit n avec l'audace qui c>actrise le gnie2 et sans d\te les vnem5ts dont il avoit t tmo91 les gr&s spectacles de lib]t qu'il avoit vus en ,allemagne1 en ,holl&e1 dans la ,hongrie et dans la ,bohme1 avoi5t contribu dvelopp] encore en lui cette fi]t d'esprit naturelle4 ,il osa donc concevoir l'ide de s'lev] contre les tyrans de la raison4 ,mais1 avant de dtruire t\s les prjugs qui toi5t sur la t]re1 il falloit comm5c] p> les dtruire en lui-mme4 ,comm5t y p>v5ir8 comm5t anantir des =mes qui ne sont po9t notre ouvrage1 et qui sont le rsultat ncessaire de mille comb9aisons faites sans n\s8 ,il falloit1 p\r a9si dire1 dtruire son me et la refaire4 ,tant de difficults n'effrayr5t po9t ,desc>tes4 ,je le vois1 p5dant prs de dix ans1 luttant contre lui-mme p\r sec\] t\tes ses op9ions4 ,il dem&e compte ses s5s de t\tes les ides qu'ils ont portes dans son me2 il exam9e t\s les tableaux de son imag9ation1 et les comp>e avec les objets rels2 il desc5d dans l'intrieur de ses p]ceptions1 qu'il analyse2 il p>c\rt le dpt de sa mmoire1 et juge t\t ce qui y e/ rassembl4 ,p>t\t il p\rsuit le prjug1 il le *asse de retraite en retraite2 son ent5dem5t1 peupl aup>avant d'op9ions et d'ides1 devi5t un ds]t imm5se1 mais o dsormais la vrit peut entr]#i4 ,voil donc la rvolution faite dans l'me de ,desc>tes3 voil ses ides anci5nes dtruites4 ,il ne s'agit plus que d'en crer d'autres4 ,c>1 p\r *ang] les nations1 il ne suffit po9t d'abattre2 il faut recon/ruire4 ,ds ce mom5t1 ,desc>tes ne p5se plus qu' lev] une philosophie n\velle4 ,t\t l'y invite2 les exhortations de ses amis1 le dsir de combl] le vide qu'il avoit fait dans ses ides1 je ne sais quel in/9ct qui dom9e le gr& homme1 et1 plus que t\t cela1 l'ambition de faire des dc\v]tes dans la nature1 p\r r5dre les hommes mo9s misrables ou plus heureux4 ,mais1 p\r excut] un p>eil desse91 il s5tit qu'il falloit se ca*]4 ,hommes du monde1 si fi]s de votre politesse et de vos avantages1 s\ffrez que je v\s dise la vrit2 ce n'e/ jamais p>mi v\s que l'on f]a ni que l'on p5s]a de gr&es *oses4 ,v\s polissez l'esprit1 mais v\s n]vez le gnie4 ,qu'a-t-il beso9 de vos va9s ornem5ts8 ,sa gr&eur fait sa beaut4 ,c'e/ dans la solitude que l'homme de gnie e/ ce qu'il doit tre2 c'e/ l qu'il rassemble t\tes les =ces de son me4 ,auroit-il beso9 des hommes8 ,n'a-t-il pas avec lui la nature8 et il ne la voit po9t trav]s les petites =mes de la socit1 mais dans sa gr&eur primitive1 dans sa beaut orig9ale et pure4 ,c'e/ dans la solitude que t\tes les heures laiss5t une trace1 que t\s les in/ants sont reprs5ts p> une p5se1 que le temps e/ au sage1 et le sage lui-mme4 ,c'e/ dans la solitude surt\t que l'me a t\te la vigueur de l'indp5dance4 ,l elle n'ent5d po9t le bruit des *anes que le despotisme et la sup]/ition sec\5t sur leurs esclaves3 elle e/ libre comme la p5se de l'homme qui exi/]oit seul4 ,cette indp5dance1 aprs la vrit1 toit la plus gr&e passion de ,desc>tes4 ,ne v\s en tonnez po9t2 ces deux passions ti5n5t l'une l'autre4 ,la vrit e/ l'alim5t d'une me fire et libre1 t&is que l'esclave n'ose mme lev] les yeux jusqu' elle4 ,c'e/ cet am\r de la lib]t qui engage ,desc>tes fuir t\s les engagem5ts1 rompre t\s les petits li5s de socit1 r5onc] ces emplois qui ne sont trop s\v5t que les *anes de l'orgueil4 ,il falloit qu'un homme comme lui ne ft qu' la nature et au g5re huma94 ,desc>tes ne fut donc ni magi/rat1 ni militaire1 ni homme de c\r#aj4 ,il cons5tit n'tre qu'un philosophe1 qu'un homme de gnie1 c'e/--dire ri5 aux yeux du peuple4 ,il r5once mme son pays2 il *oisit une retraite dans la ,holl&e4 ,c'e/ dans le sj\r de la lib]t qu'il va fond] une philosophie libre4 ,il dit adieu ses p>5ts1 ses amis1 sa patrie2 il "p#aa4 ,l'am\r de la vrit n'e/ plus dans son coeur un s5tim5t ord9aire2 c'e/ un s5tim5t religieux qui lve et remplit son me4 ,dieu1 la nature1 les hommes1 voil quels vont tre1 le re/e de sa vie1 les objets de ses p5ses4 ,il se consacre cette occupation aux pi$s des autels4 ,o j\r1 mom5t rem>quable dans l'hi/oire de l'esprit huma96 ,je crois voir ,desc>tes1 avec le respect dont il toit pntr p\r la ,div9it1 entr] dans le temple1 et s'y pro/]n]4 ,je crois l'ent5dre dire ,dieu3 ,o ,dieu1 puisque tu m'z cr1 je ne veux po9t m\rir sans avoir mdit sur tes ouvrages4 ,je vais *]*] la vrit1 si tu l'z mise sur la t]re4 ,je vais me r5dre utile l'homme1 puisque je suis homme4 ,s\ti5s ma foiblesse1 agr&is mon esprit1 r5ds-le digne de la nature et de toi4 ,si tu p]mets que j'aj\te la p]fection des hommes1 je te r5drai grce en m\rant1 et ne me rep5tirai po9t d'tre n4 ,je m'arrte un mom5t3 l'ouvrage de la nature e/ a*ev4 ,elle a prp> avant la naissance de ,desc>tes t\t ce qui devoit influ] sur lui2 elle lui a donn les prdcesseurs dont il avoit beso92 elle a jet dans son se9 les sem5ces qui devoi5t y g]m]2 elle a tabli entre son esprit et son me les rapports ncessaires2 elle a fait pass] s\s ses yeux t\s les gr&s spectacles et du monde physique et du monde moral2 elle a rassembl aut\r de lui1 ou dans lui1 t\s les ressorts2 elle a mis dans sa ma9 t\s les in/rum5ts3 son travail e/ f9i4 ,ici comm5ce celui de ,desc>tes4 ,je vais faire l'hi/oire de ses p5ses3 on v]ra une espce de cration2 elle embrass]a t\t ce qui e/2 elle prs5t]a une ma*9e imm5se1 mue avec peu de ressorts3 on y tr\v]a le gr& c>actre de la simplicit1 l'en*anem5t de t\tes les p>ties1 et s\v5t1 comme dans la nature physique1 un ordre rel ca* s\s un dsordre app>5t4 ,je comm5ce p> o il a comm5c lui-mme4 ,avant de mettre la ma9 l'difice1 il faut jet] les fondem5ts2 il faut creus] jusqu' la s\rce de la vrit2 il faut tablir l'vid5ce1 et di/+u] son c>actre4 ,n\s avons vu ,desc>tes r5v]s] t\tes les fausses op9ions qui toi5t dans son me2 il fait plus1 il s'lve un d\te univ]sel#ab4 ,celui qui s'e/ tromp une fois peut se tromp] t\j\rs4 ,aussitt les cieux1 la t]re1 les figures1 les sons1 les c\leurs1 son corps mme1 et les s5s avec lesquels il voyage dans l'univ]s1 t\t s'anantit ses yeux4 ,ri5 n'e/ assur1 ri5 n'exi/e4 ,dans ce d\te gnral1 o tr\v] un po9t d'appui8 ,quelle premire vrit s]vira de base t\tes les vrits8 ,p\r ,dieu1 cette premire vrit e/ p>t\t4 ,desc>tes la tr\ve dans son d\te mme4 ,puisque je d\te1 je p5se2 puisque je p5se1 j'exi/e4 ,mais quelle m>que la reconnot-il8 ,a l'empre9te de l'vid5ce4 ,il tablit donc p\r pr9cipe de ne reg>d] comme vrai que ce qui e/ vid5t1 c'e/--dire ce qui e/ clairem5t cont5u dans l'ide de l'objet qu'il contemple4 ,tel e/ ce fameux d\te philosophique de ,desc>tes4 ,tel e/ le premi] pas qu'il fait p\r en sortir1 et la premire rgle qu'il tablit4 ,c'e/ cette rgle qui a fait la rvolution de l'esprit huma94 ,p\r dirig] l'ent5dem5t1 il jo9t l'analyse au d\te4 ,dcompos] les que/ions et les divis] en plusieurs bran*es2 avanc] p> degrs des objets les plus simples aux plus composs1 et des plus connus aux plus ca*s2 combl] l'int]valle qui e/ entre les ides loignes et le remplir p> t\tes les ides int]mdiaires2 mettre dans ces ides un tel en*anem5t que t\tes se dduis5t aism5t les unes des autres1 et que les nonc]1 ce soit p\r a9si dire les dmontr]2 voil les autres rgles qu'il a tablies1 et dont il a donn l'exemple#ac4 ,on entrevoit dj t\te la m>*e de sa philosophie4 ,puisqu'il faut comm5c] p> ce qui e/ vid5t et simple1 il tablira des pr9cipes qui runiss5t ce d\ble c>actre4 ,p\r raisonn] sur la nature1 il s'appui]a sur des axiomes1 et dduira des causes gnrales t\s les effets p>ticuli]s4 ,ne craignons pas de l'av\]1 ,desc>tes a trac un plan trop lev p\r l'homme2 ce gnie h>di a eu l'ambition de connotre comme ,dieu mme connot1 c'e/--dire p> les pr9cipes3 mais sa m?ode n'en e/ pas mo9s la cratrice de la philosophie4 ,avant lui1 il n'y avoit qu'une logique de mots4 ,celle d',ari/ote appr5oit plus df9ir et divis] qu' connotre2 tir] les consqu5ces1 qu' dc\vrir les pr9cipes4 ,celle des scola/iques1 absurdem5t subtile1 laissoit les ralits p\r s'g>] dans des ab/ractions b>b>es4 ,celle de ,raimond ,lulle n'toit qu'un assemblage de c>actres magiques p\r int]rog] sans ent5dre1 et rpondre sans tre ent5du4 ,c'e/ ,desc>tes qui cra cette logique intrieure de l'me1 p> laquelle l'ent5dem5t se r5d compte lui-mme de t\tes ses ides1 calcule sa m>*e1 ne p]d jamais de vue le po9t d'o il "p et le t]me o il veut arriv]2 esprit de raison plutt que de raisonnem5t1 et qui s'applique t\s les arts comme t\tes les sci5ces4 ,sa m?ode e/ cre3 il a fait comme ces gr&s ar*itectes qui1 concevant des ouvrages n\veaux1 comm5c5t p> se faire de n\veaux in/rum5ts et des ma*9es n\velles4 ,aid de ce sec\rs1 il entre dans la mtaphysique4 ,il y jette d'abord un reg>d4 ,qu'ap]oit-il8 une audace purile de l'esprit huma91 des tres imag9aires1 des rv]ies pr(ondes1 des mots b>b>es2 c>1 dans t\s les temps1 l'homme1 qu& il n'a pu connotre1 a cr des signes p\r reprs5t] des ides qu'il n'avoit pas1 et il a pris ces signes p\r des connoissances4 ,desc>tes vit d'un c\p d'oeil ce que devoit tre la mtaphysique4 ,dieu1 l'me1 et les pr9cipes gnraux des sci5ces1 voil ses objets#ad4 ,je m'lve avec lui jusqu' la premire cause4 ,newton la *]*a dans les mondes2 ,desc>tes la *]*e dans lui-mme4 ,il s'toit conva9cu de l'exi/5ce de son me2 il avoit s5ti en lui l'tre qui p5se1 c'e/--dire l'tre qui d\te1 qui nie1 qui affirme1 qui conoit1 qui veut1 qui a des erreurs1 qui les combat4 ,cet tre intellig5t e/ donc sujet des imp]fections4 ,mais t\te ide d'imp]fection suppose l'ide d'un tre plus p>fait4 ,de l'ide du p>fait nat l'ide de l'inf9i4 ,d'o lui nat cette ide8 ,comm5t l'homme1 dont les facults sont si bornes1 l'homme qui passe sa vie t\rn] dans l'intrieur d'un c]cle troit1 comm5t cet tre si foible a-t-il pu embrass] et concevoir l'inf9i8 ,cette ide ne lui e/-elle pas trangre8 ne suppose-t-elle pas hors de lui un tre qui en soit le modle et le pr9cipe8 ,cet tre n'e/-il pas ,dieu8 ,t\tes les autres ides claires et di/9ctes que l'homme tr\ve en lui ne r5f]m5t que l'exi/5ce possible de leur objet3 l'ide seule de l'tre p>fait r5f]me une exi/5ce ncessaire4 ,cette ide e/ p\r ,desc>tes le comm5cem5t de la gr&e *ane4 ,si t\s les tres crs sont une manation du premi] tre1 si t\tes les lois qui font l'ordre physique et l'ordre moral sont1 ou des rapports ncessaires que ,dieu a vus1 ou des rapports qu'il a tablis librem5t1 en connoissant ce qui e/ le plus con=me ses attributs1 on connotra les lois primitives de la nature4 ,a9si la connoissance de t\s les tres se tr\ve en*ane celle du premi]4 ,c'e/ elle aussi qui aff]mit la m>*e de l'esprit huma91 et s]t de base l'vid5ce2 c'e/ elle qui1 en m'appr5ant que la vrit t]nelle ne peut me tromp]1 m'ordonne de reg>d] comme vrai t\t ce que ma raison me prs5t]a comme vid5t4 ,appuy de ce pr9cipe1 et sr de sa m>*e1 ,desc>tes passe l'analyse de son me4 ,il a rem>qu que1 dans son d\te1 l't5due1 la figure et le m\vem5t s'anantissoi5t p\r lui4 ,sa p5se seule demeuroit2 seule elle re/oit immuablem5t atta*e son tre1 sans qu'il lui ft possible de l'en sp>]4 ,il peut donc concevoir di/9ctem5t que sa p5se exi/e1 sans que ri5 n'exi/e aut\r de lui4 ,l'me se conoit donc sans le corps4 ,de l nat la di/9ction de l'tre p5sant et de l'tre matriel4 ,p\r jug] de la nature des deux sub/ances1 ,desc>tes *]*e une proprit gnrale dont t\tes les autres dp5d5t3 c'e/ l't5due dans la matire2 dans l'me1 c'e/ la p5se4 ,de l't5due naiss5t la figure et le m\vem5t2 de la p5se nat la facult de s5tir1 de v\loir1 d'imag9]4 ,l't5due e/ divisible de sa nature2 la p5se1 simple et indivisible4 ,comm5t ce qui e/ simple app>ti5droit-il un tre compos de p>ties8 comm5t des milli]s d'lm5ts1 qui =m5t un corps1 p\rroi5t-ils =m] une p]ception ou un jugem5t unique8 ,cep5dant il exi/e une *ane secrte entre l'me et le corps4 ,l'me n'e/-elle que semblable au pilote qui dirige le vaisseau8 ,non2 elle fait un t\t avec le vaisseau qu'elle g\v]ne4 ,c'e/ donc de l'troite correspondance qui e/ entre les m\vem5ts de l'un et les s5sations ou p5ses de l'autre1 que dp5d la liaison de ces deux pr9cipes si diviss et si unis#ae4 ,c'e/ a9si que ,desc>tes t\rne aut\r de son tre1 et exam9e t\t ce qui le compose4 ,n\rri d'ides intellectuelles1 et dta* de ses s5s1 c'e/ son me qui le frappe le plus4 ,voici une p5se faite p\r tonn] le peuple1 mais que le philosophe concevra sans pe9e4 ,desc>tes e/ plus sr de l'exi/5ce de son me que de celle de son corps4 ,en effet1 que sont t\tes les s5sations1 s9on un av]tissem5t t]nel p\r l'me qu'elle exi/e8 ,peut-elle sortir hors d'elle-mme sans y r5tr] *aque in/ant p> la p5se8 ,qu& je p>c\re t\s les objets de l'univ]s1 ce n'e/ jamais que ma p5se que j'ap]ois4 ,mais comm5t cette me fran*it-elle l'int]valle imm5se qui e/ entre elle et la matire8 ,ici ,desc>tes repr5d son analyse et le fil de sa m?ode4 ,p\r jug] s'il exi/e des corps1 il consulte d'abord ses ides4 ,il tr\ve dans son me les ides gnrales d't5due1 de gr&eur1 de figure1 de situation1 de m\vem5t1 et une f\le de p]ceptions p>ticulires4 ,ces ides lui appr5n5t bi5 l'exi/5ce de la matire1 comme objet ma?matique1 mais ne lui dis5t ri5 de son exi/5ce physique et relle4 ,il int]roge ensuite son imag9ation4 ,elle lui (fre une suite de tableaux o des corps sont reprs5ts2 sans d\te l'orig9al de ces tableaux exi/e1 mais ce n'e/ encore qu'une probabilit4 ,il remonte jusqu' ses s5s4 ,ce sont eux qui font la communication de l'me et de l'univ]s2 ou plutt ce sont eux qui crent l'univ]s p\r l'me4 ,ils lui port5t *aque portion du monde en dtail2 p> une mtamorphose rapide1 la s5sation devi5t ide1 et l'me voit dans cette ide1 comme dans un miroir1 le monde qui e/ hors d'elle4 ,les s5s sont donc les messag]s de l'me4 ,mais quelle foi peut-elle aj\t] leur rapport8 ,s\v5t ce rapport la trompe4 ,desc>tes remonte alors jusqu' ,dieu4 ,d'un ct1 la vracit de l'tre suprme2 de l'autre1 le p5*ant irrsi/ible de l'homme rapport] ses s5sations des objets rels qui exi/5t hors de lui3 voil les motifs qui le dt]m95t1 et il se ressaisit de l'univ]s physique qui lui *appoit4 ,f]ai-je voir ce gr& homme1 malgr la circonspection de sa m>*e1 s'g>ant dans la mtaphysique1 et crant son sy/me des ides innes8 ,mais cette erreur mme t5oit son gnie4 ,acc\tum des mditations pr(ondes1 habitu vivre lo9 des s5s1 *]*] dans son me ou dans l'ess5ce de ,dieu1 l'orig9e1 l'ordre et le fil de ses connoissances1 p\voit-il s\ponn] que l'me ft entirem5t dp5dante des s5s p\r les ides8 ,n'toit-il pas trop avilissant p\r elle qu'elle ne ft occupe qu' p>c\rir le monde physique p\r ramass] les matriaux de ses connoissances1 comme le botani/e qui cueille ses vgtaux1 ou extraire des pr9cipes de ses s5sations1 comme le *imi/e qui analyse les corps8 ,il toit rs]v ,locke de n\s donn] sur les ides le vrai sy/me de la nature1 en dveloppant un pr9cipe connu p> ,ari/ote et saisi p> ,bacon1 mais dont ,locke n'e/ pas mo9s le crateur1 c> un pr9cipe n'e/ cr que lorsqu'il e/ dmontr aux hommes4 ,qui n\s dmontr]a de mme ce que c'e/ que l'me des btes8 quels sont ces tres s+uli]s1 si suprieurs aux vgtaux p> leurs organes1 si infrieurs l'homme p> leurs facults8 quel e/ ce pr9cipe qui1 sans leur donn] la raison1 produit en eux des s5sations1 du m\vem5t et de la vie8 ,quelque p>ti que l'on embrasse1 la raison se tr\ble1 la dignit de l'homme s'(f5se1 ou la religion s'p\vante4 ,*aque sy/me e/ vois9 d'une erreur2 *aque r\te e/ sur le bord d'un prcipice4 ,ici ,desc>tes e/ entran1 p> la =ce des consqu5ces et l'en*anem5t de ses ides1 v]s un sy/me aussi s+uli] que h>di1 et qui e/ digne au mo9s de la gr&eur de ,dieu4 ,en effet1 quelle ide plus sublime que de concevoir une multitude innombrable de ma*9es qui l'organisation ti5t lieu de pr9cipe intellig5t2 dont t\s les ressorts sont diffr5ts1 selon les diffr5tes espces et les diffr5ts buts de la cration2 o t\t e/ prvu1 t\t comb9 p\r la cons]vation et la reproduction des tres2 o t\tes les oprations sont le rsultat t\j\rs sr des lois du m\vem5t2 o t\tes les causes qui doiv5t produire des millions d'effets sont arranges jusqu' la f9 des sicles1 et ne dp5d5t que de la correspondance et de l'h>monie de quelque p>tie de matire8 ,av\ons-le1 ce sy/me donne la plus gr&e ide de l'art de l't]nel gomtre1 comme l'appeloit ,platon4 ,c'e/ ce mme c>actre de gr&eur que l'on a retr\v depuis dans l'h>monie prtablie de ,leibnitz1 c>actre plus propre que t\t autre sduire les hommes de gnie1 qui aim5t mieux voir t\t en un in/ant dans une gr&e ide1 que de se tran] sur des dtails d'obs]vations et sur quelques vrits p>ses et isoles4 ,desc>tes s'e/ lev ,dieu1 e/ desc5du dans son me1 a saisi sa p5se1 l'a sp>e de la matire1 s'e/ assur qu'il exi/oit des corps hors de lui4 ,sr de t\s les pr9cipes de ses connoissances1 il va ma9t5ant s'lanc] dans l'univ]s physique2 il va le p>c\rir1 l'embrass]1 le connotre3 mais aup>avant il p]fectionne l'in/rum5t de la gomtrie1 dont il a beso94 ,c'e/ ici une des p>ties les plus solides de la gloire de ,desc>tes2 c'e/ ici qu'il a trac une r\te qui s]a t]nellem5t m>que dans l'hi/oire de l'esprit huma94 ,l'algbre toit cre depuis longtemps4 ,cette gomtrie mtaphysique1 qui exprime t\s les rapports p> des signes univ]sels1 qui facilite le calcul en le gnralisant1 opre sur les quantits inconnues comme si elles toi5t connues1 acclre la m>*e et augm5te l't5due de l'esprit en sub/ituant un signe abrg des comb9aisons nombreuses2 cette sci5ce1 inv5te p> les ,arabes1 ou du mo9s transporte p> eux en ,espagne1 cultive p> les ,itali5s1 avoit t agr&ie et p]fectionne p> un ,franais3 mais1 malgr les dc\v]tes importantes de l'illu/re ,vite1 malgr un pas ou deux qu'on avoit faits aprs lui en ,anglet]re1 il re/oit encore beauc\p dc\vrir4 ,tel toit le sort de ,desc>tes1 qu'il ne p\voit appro*] d'une sci5ce sans qu'aussitt elle ne prt une face n\velle4 ,d'abord il travaille sur les m?odes de l'analyse pure3 p\r s\lag] l'imag9ation1 il dim9ue le nombre des signes2 il reprs5te p> des *iffres les puissances des quantits1 et simplifie1 p\r a9si dire1 le mcanisme algbrique4 ,il s'lve ensuite plus haut3 il tr\ve sa fameuse m?ode des indt]m9es1 artifice ple9 d'adresse1 o l'art1 conduit p> le gnie1 surpr5d la vrit en p>aissant s'loign] d'elle2 il appr5d connotre le nombre et la nature des rac9es dans *aque quation p> la comb9aison successive des signes2 rgle aussi utile que simple1 que la jal\sie et l'ignorance ont attaque1 que la rivalit nationale1 a dispute ,desc>tes1 et qui n'a t dmontre que depuis quelques annes,a4 ,c'e/ a9si que les gr&s hommes dc\vr5t1 comme p> inspiration1 des vrits que les hommes ord9aires n'ent5d5t quelquefois qu'au b\t de c5t ans de pratique et d'tude2 et celui qui dmontre ces vrits aprs eux acqui]t encore une gloire immortelle4 ,l'algbre a9si p]fectionne1 il re/oit un pas plus difficile faire4 ,la m?ode d',apollonius et d',ar*imde1 qui fut celle de t\s les anci5s gomtres1 exacte et rig\reuse p\r les dmon/rations1 toit peu utile p\r les dc\v]tes4 ,semblable ces ma*9es qui dp5s5t une quantit prodigieuse de =ces p\r peu de m\vem5t1 elle consumoit l'esprit dans un dtail d'oprations trop compliques1 et le tranoit l5tem5t d'une vrit l'autre4 ,il falloit une m?ode plus rapide2 il falloit un in/rum5t qui levt le gomtre une hauteur d'o il pt dom9] sur t\tes ses oprations1 et1 sans fatigu] sa vue1 voir d'un c\p d'oeil des espaces imm5ses se ress]r] comme en un po9t3 cet in/rum5t1 c'e/ ,desc>tes qui l'a cr2 c'e/ l'application de l'algbre la gomtrie4 ,il comm5a donc p> traduire les lignes1 les surfaces et les solides en c>actres algbriques2 mais ce qui toit l'ef=t du gnie1 c'toit1 aprs la rsolution du problme1 de traduire de n\veau les c>actres algbriques en figures4 ,je n'entrepr5drai po9t de dtaill] les admirables dc\v]tes sur lesquelles e/ fonde cette analyse cre p> ,desc>tes4 ,ces vrits ab/raites et pures1 faites p\r tre mesures p> le compas1 *app5t au p9ceau de l'loqu5ce2 et j'affoiblirois l'loge d'un gr& homme en *]*ant pe9dre ce qui ne doit tre que calcul4 ,cont5tons-n\s de rem>qu] ici que1 p> son analyse1 ,desc>tes fit faire plus de progrs la gomtrie qu'elle n'en avoit fait depuis la cration du monde4 ,il abrgea les travaux1 il multiplia les =ces1 il donna une n\velle m>*e l'esprit huma94 ,c'e/ l'analyse qui a t l'in/rum5t de t\tes les gr&es dc\v]tes des mod]nes2 c'e/ l'analyse qui1 dans les ma9s des ,leibnitz1 des ,newton et des ,b]n\lli1 a produit cette gomtrie n\velle et sublime qui s\met l'inf9i au calcul3 voil l'ouvrage de ,desc>tes4 ,quel e/ donc cet homme extraord9aire qui a laiss si lo9 de lui t\s les sicles passs1 qui a ouv]t de n\velles r\tes aux sicles v5ir1 et qui dans le si5 avoit pe9e trois hommes qui fuss5t en tat de l'ent5dre8 ,il e/ vrai qu'il avoit rp&u sur t\te sa gomtrie une c]ta9e obscurit3 soit qu'acc\tum fran*ir d'un saut des int]valles imm5ses1 il ne s'ap]t pas seulem5t de t\tes les ides int]mdiaires qu'il supprimoit1 et qui sont des po9ts d'appui ncessaires la foiblesse2 soit que son desse9 ft de sec\] l'esprit huma91 et de l'acc\tum] aux gr&s ef=ts2 soit enf9 que1 t\rm5t p> des rivaux jal\x et foibles1 il v\lt une fois les accabl] de son gnie1 et les p\vant] de t\te la di/ance qui toit entre eux et lui#af4 ,note ,a3 ,voyez les ,mmoires de l',acadmie des sci5ces1 anne #agda4 ,mais ce qui pr\ve le mieux t\te l't5due de l'esprit de ,desc>tes1 c'e/ qu'il e/ le premi] qui ait conu la gr&e ide de runir t\tes les sci5ces1 et de les faire s]vir la p]fection l'une de l'autre4 ,on a vu qu'il avoit transport dans sa logique la m?ode des gomtres2 il se s]vit de l'analyse logique p\r p]fectionn] l'algbre2 il appliqua ensuite l'algbre la gomtrie1 la gomtrie et l'algbre la mcanique1 et ces trois sci5ces comb9es ensemble l'a/ronomie4 ,c'e/ donc lui qu'on doit les premi]s essais de l'application de la gomtrie la physique2 application qui a cr encore une sci5ce t\te n\velle4 ,arm de tant de =ces runies1 ,desc>tes m>*e la nature2 il entrepr5d de d*ir] ses voiles1 et d'expliqu] le sy/me du monde4 ,voici un n\vel ordre de *oses3 voici des tableaux plus gr&s peut-tre que ceux que prs5te l'hi/oire de t\tes les nations et de t\s les empires#ag4 ,qu'on me donne de la matire et du m\vem5t1 dit ,desc>tes1 et je vais crer un monde4 ,d'abord il s'lve p> la p5se v]s les cieux1 et de l il embrasse l'univ]s d'un c\p d'oeil2 il voit le monde enti] comme une seule et imm5se ma*9e1 dont les r\es et les ressorts ont t disposs au comm5cem5t1 de la manire la plus simple1 p> une ma9 t]nelle4 ,p>mi cette quantit effroyable de corps et de m\vem5ts1 il *]*e la disposition des c5tres4 ,*aque corps a son c5tre p>ticuli]1 *aque sy/me a son c5tre gnral4 ,sans d\te aussi il y a un c5tre univ]sel1 aut\r duquel sont rangs t\s les sy/mes de la nature4 ,mais o e/-il1 et dans quel po9t de l'espace8 ,desc>tes place dans le soleil le c5tre du sy/me auquel n\s sommes atta*s4 ,ce sy/me e/ une des r\es de la ma*9e3 le soleil e/ le po9t d'appui4 ,cette gr&e r\e embrasse dix-huit c5t millions de lieues dans sa circonfr5ce1 ne compt] que jusqu' l'orbe de ,saturne4 ,que s]oit-ce si on p\voit suivre la m>*e exc5trique des comtes6 ,cette r\e de l'univ]s doit communiqu] une r\e vois9e1 dont la circonfr5ce e/ peut-tre plus gr&e encore2 celle-ci communique une troisime1 cette troisime une autre1 et a9si de suite dans une progression inf9ie1 jusqu' celles qui sont bornes p> les d]nires limites de l'espace4 ,t\tes1 p> la communication du m\vem5t1 se balanc5t et se contre-balanc5t1 agiss5t et ragiss5t l'une sur l'autre1 se s]v5t mutuellem5t de poids et de contre-poids1 d'o rsulte l'quilibre de *aque sy/me1 et1 de *aque quilibre p>ticuli]1 l'quilibre du monde4 ,telle e/ l'ide de cette gr&e ma*9e1 qui s't5d plus de c5ta9es de millions de lieues que l'imag9ation n'en peut concevoir et dont t\tes les r\es sont des mondes comb9s les uns avec les autres4 ,c'e/ cette ma*9e que ,desc>tes conoit1 et qu'il entrepr5d de crer avec trois lois de mcanique4 ,mais aup>avant il tablit les proprits gnrales de l'espace1 de la matire et du m\vem5t4 ,d'abord1 comme t\tes les p>ties sont en*anes1 que nulle "p le mcanisme n'e/ int]rompu1 et que la matire seule peut agir sur la matire1 il faut que t\t soit ple94 ,il admet donc un fluide imm5se et cont9u1 qui circule entre les p>ties solides de l'univ]s2 a9si le vide e/ proscrit de la nature4 ,l'ide de l'espace e/ ncessairem5t lie celle de l't5due1 et ,desc>tes confond l'ide de l't5due avec celle de la matire3 c> on peut dp\ill] successivem5t les corps de t\tes leurs qualits2 mais l't5due y re/]a1 sans qu'on puisse jamais l'en dta*]4 ,c'e/ donc l't5due qui con/itue la matire1 et c'e/ la matire qui con/itue l'espace4 ,mais o sont les bornes de l'espace8 ,desc>tes ne les conoit nulle "p1 p>ce que l'imag9ation peut t\j\rs s't5dre au-del4 ,l'univ]s e/ donc illimit3 il semble que l'me de ce gr& homme et t trop ress]re p> les bornes du monde2 il n'ose po9t les fix]4 ,il exam9e ensuite les lois du m\vem5t3 mais qu'e/-ce que le m\vem5t8 c'e/ le plus gr& phnomne de la nature1 et le plus inconnu4 ,jamais l'homme ne saura comm5t le m\vem5t d'un corps peut pass] dans un autre4 ,il faut donc se born] connotre p> quelles lois gnrales il se di/ribue1 se cons]ve ou se dtruit2 et c'e/ ce que p]sonne n'avoit *]* avant ,desc>tes4 ,c'e/ lui qui le premi] a gnralis t\s les phnomnes1 a comp> t\s les rsultats et t\s les effets1 p\r en extraire ces lois primitives3 et puisque dans les m]s1 sur la t]re et dans les cieux1 t\t s'opre p> le m\vem5t1 n'toit-ce pas remettre aux hommes la clef de la nature8 ,il se trompa1 je le sais2 mais1 malgr son erreur1 il n'en e/ pas mo9s l'auteur des lois du m\vem5t3 c>1 p5dant tr5te sicles1 les philosophes n'y avoi5t pas mme p5s2 et ds qu'il en eut donn de fausses1 on s'appliqua *]*] les vritables4 ,trois ma?matici5s clbres les tr\vr5t en mme temps3 c'toit l'effet de ses re*]*es et de la sec\sse qu'il avoit donne aux esprits4 ,du m\vem5t il passe la matire1 *ose aussi incomprh5sible p\r l'homme4 ,il admet une matire primitive1 unique1 lm5taire1 s\rce et pr9cipe de t\s les tres1 divise et divisible l'inf9i2 qui se modifie p> le m\vem5t2 qui se compose et se dcompose2 qui vgte ou s'organise2 qui1 p> l'activit rapide de ses p>ties1 devi5t fluide2 qui1 p> leur repos1 demeure inactive et l5te2 qui circule sans cesse dans des m\les et des filires innombrables1 et1 p> l'assemblage des =mes1 con/itue l'univ]s3 c'e/ avec cette matire qu'il entrepr5d de crer un monde4 ,je n'entr]ai po9t dans le dtail de cette cration4 ,je ne pe9drai po9t ces trois lm5ts si connus1 =ms p> des millions de p>ticules entasses1 qui se heurt5t1 se froiss5t et se bris5t2 ces lm5ts emports d'un m\vem5t rapide aut\r de div]s c5tres1 et m>*ant p> t\rbillons2 la =ce c5trifuge qui nat du m\vem5t circulaire2 *aque lm5t qui se place diffr5tes di/ances1 raison de sa pesanteur2 la matire la plus dlie qui se prcipite v]s les c5tres et y va =m] des soleils2 la plus massive rejete v]s les circonfr5ces2 les gr&s t\rbillons qui engl\tiss5t les t\rbillons vois9s trop foibles p\r leur rsi/]1 et les emport5t dans leurs c\rs2 t\s ces t\rbillons r\lant dans l'espace imm5se1 et *acun en quilibre1 raison de leur masse et de leur vitesse4 ,c'e/ au physici5 plutt qu' l'orateur donn] l'ide de ce sy/me1 que l',europe adopta avec transport1 qui a prsid si long-temps au m\vem5t des cieux1 et qui e/ auj\rd'hui t\t--fait r5v]s4 ,en va9 les hommes les plus savants du sicle pass et du ntre1 en va9 les ,huyg5s1 les ,bulf+]1 les ,malebran*e1 les ,leibnitz1 les ,kir*] et les ,b]n\lli ont travaill rp>] ce gr& difice2 il m5aoit ru9e de t\tes p>ts1 et il a fallu l'ab&onn]4 ,g>dons-n\s cep5dant de croire que ce sy/me1 tel qu'il e/1 ne soit pas l'ouvrage d'un gnie extraord9aire4 ,p]sonne encore n'avoit conu une ma*9e aussi gr&e ni aussi va/e2 p]sonne n'avoit eu l'ide de rassembl] t\tes les obs]vations faites dans t\s les sicles1 et d'en btir un sy/me gnral du monde2 p]sonne n'avoit fait un usage aussi beau des lois de l'quilibre et du m\vem5t2 p]sonne1 d'un petit nombre de pr9cipes simples1 n'avoit tir une f\le de consqu5ces si bi5 en*anes4 ,dans un temps o les lois du mcanisme toi5t si peu connues1 o les obs]vations a/ronomiques toi5t si imp>faites1 il e/ beau d'avoir mme bau* l'univ]s4 ,d'ailleurs t\t sembloit invit] l'homme croire que c'toit l le sy/me de la nature2 du mo9s le m\vem5t rapide de t\tes les sphres1 leur rotation sur leur propre c5tre1 leurs orbes plus ou mo9s rguli]s aut\r d'un c5tre commun1 les lois de l'impulsion tablies et connues dans t\s les corps qui n\s environn5t1 l'analogie de la t]re avec les cieux1 l'en*anem5t de t\s les corps de l'univ]s1 en*anem5t qui doit tre =m p> des li5s physiques et rels1 t\t semble n\s dire que les sphres cle/es communiqu5t ensemble1 et sont entranes p> un fluide invisible et imm5se qui circule aut\r d'elles4 ,mais quel e/ ce fluide8 quelle e/ cette impulsion8 quelles sont les causes qui la modifi5t1 qui l'altr5t et qui la *ang5t8 comm5t t\tes ces causes se comb95t ou se divis5t-elles p\r produire les plus tonnants effets8 ,c'e/ ce que ,desc>tes ne n\s appr5d pas1 c'e/ ce que l'homme ne saura peut-tre jamais bi52 c> la gomtrie1 qui e/ le plus gr& in/rum5t dont on se s]ve auj\rd'hui dans la physique1 n'a de prise que sur les objets simples4 ,aussi ,newton1 t\t gr& qu'il toit1 a t oblig de simplifi] l'univ]s p\r le calcul]4 ,il a fait m\voir t\s les a/res dans des espaces libres3 ds lors plus de fluide1 plus de rsi/ances1 plus de frottem5ts2 les li5s qui uniss5t ensemble t\tes les p>ties du monde ne sont plus que des rapports de gravitation1 des tres purem5t ma?matiques4 ,il faut en conv5ir1 un tel univ]s e/ bi5 plus ais calcul] que celui de ,desc>tes1 o t\te action e/ fonde sur un mcanisme4 ,le newtoni51 tranquille dans son cab9et1 calcule la m>*e des sphres d'aprs un seul pr9cipe qui agit t\j\rs d'une manire uni=me4 ,que la ma9 du gnie qui prside l'univ]s saisisse le gomtre et le transporte t\t--c\p dans le monde de ,desc>tes3 ,vi5s1 monte1 fran*is l'int]valle qui te sp>e des cieux1 appro*e de ,m]cure1 passe l'orbe de ,vnus1 laisse ,m>s d]rire toi1 vi5s te plac] entre ,jupit] et ,saturne2 te voil quatre-v+t mille diamtres de ton globe4 ,reg>de ma9t5ant3 vois-tu ces gr&s corps qui de lo9 te p>oiss5t mus d'une manire uni=me8 ,vois leurs agitations et leurs balancem5ts1 semblables ceux d'un vaisseau t\rm5t p> la tempte1 dans un fluide qui presse et qui b\illonne2 vois et calcule1 si tu peux1 ces m\vem5ts4 ,a9si1 qu& le sy/me de ,desc>tes n'et po9t t aussi dfectueux1 ni celui de ,newton aussi admirable1 les gomtres devoi5t1 p> prfr5ce1 embrass] le d]ni]2 et ils l'ont fait4 ,quelle ma9 plus h>die1 pr(itant des n\veaux phnomnes connus et des dc\v]tes n\velles1 os]a recon/ruire avec plus d'audace et de solidit ces t\rbillons que ,desc>tes lui-mme n'leva que d'une ma9 foible8 ou1 rappro*ant deux empires diviss1 entrepr5dra de runir l'attraction avec l'impulsion1 en dc\vrant la *ane qui les jo9t8 ou peut-tre n\s apport]a une n\velle loi de la nature1 inconnue jusqu' ce j\r1 qui n\s r5de compte galem5t et des phnomnes des cieux et de ceux de la t]re8 ,mais l'excution de ce projet e/ encore recule4 ,au sicle de ,desc>tes1 il n'toit pas temps d'expliqu] le sy/me du monde2 ce temps n'e/ pas v5u p\r n\s4 ,peut-tre l'esprit huma9 n'e/-il qu' son enfance4 ,combi5 de sicles faudra-t-il encore p\r que cette gr&e entreprise vi5ne sa maturit6 ,combi5 de fois faudra-t-il que les comtes les plus loignes se rappro*5t de n\s1 et desc5d5t dans la p>tie infrieure de leurs orbites6 ,combi5 faudra-t-il dc\vrir1 dans le monde plantaire1 ou de satellites n\veaux1 ou de n\veaux phnomnes des satellites dj connus6 combi5 de m\vem5ts irrguli]s assign] leurs vritables causes6 combi5 p]fectionn] les moy5s d't5dre notre vue aux plus gr&es di/ances1 ou p> la rfraction ou p> la rflexion de la lumire6 combi5 att5dre de has>ds qui s]viront mieux la philosophie que des sicles d'obs]vations6 combi5 dc\vrir de *anes et de fils imp]ceptibles1 d'abord entre t\s les tres qui n\s environn5t1 ensuite entre les tres loigns6 ,et peut-tre aprs ces collections imm5ses de faits1 fruits de deux ou trois c5ts sicles1 combi5 de b\lev]sem5ts et de rvolutions ou physiques ou morales sur le globe susp5dront encore p5dant des milli]s d'annes les progrs de l'esprit huma9 dans cette tude de la nature6 ,heureux si1 aprs ces longues int]ruptions1 le g5re huma9 r5\e le fil de ses connoissances au po9t o il avoit t rompu6 ,c'e/ alors peut-tre qu'il s]a p]mis l'homme de p5s] faire un sy/me du monde2 et que ce qui a t comm5c dans l'gypte et dans l',inde1 p\rsuivi dans la ,grce1 repris et dvelopp en ,italie1 en ,france1 en ,allemagne et en ,anglet]re1 s'a*v]a peut-tre1 ou dans les pays intrieurs de l',afrique1 ou dans quelque endroit sauvage de l',amrique sept5trionale ou des ,t]res au/rales2 t&is que notre ,europe savante ne s]a plus qu'une solitude b>b>e1 ou s]a peut-tre engl\tie s\s les flots de l'ocan rejo9t la ,mdit]rane4 ,alors on se s\vi5dra de ,desc>tes1 et son nom s]a prononc peut-tre dans des lieux o aucun son ne s'e/ fait ent5dre depuis la naissance du monde4 ,il p\rsuit sa cration3 des cieux il desc5d sur la t]re4 ,les mmes ma9s qui ont arrang et con/ruit les corps cle/es travaill5t la composition du globe de la t]re4 ,t\tes les p>ties t5d5t v]s le c5tre4 ,la pesanteur e/ l'effet de la =ce c5trifuge du t\rbillon4 ,ce fluide1 qui t5d s'loign]1 p\sse v]s le c5tre t\s les corps qui ont mo9s de =ce que lui p\r s'*app]3 a9si la matire n'a p> elle-mme aucun poids4 ,bi5tt t\t devoit *ang]3 la pesanteur e/ dev5ue une qualit primitive et inhr5te1 qui s't5d t\tes les di/ances et t\s les mondes1 qui fait gravit] t\tes les p>ties les unes v]s les autres1 reti5t la lune dans son orbite1 et fait tomb] les corps sur la t]re4 ,on devoit faire plus1 on devoit pes] les a/res2 monum5t s+uli] de l'audace de l'homme6 ,mais t\tes ces gr&es dc\v]tes ne sont que des calculs sur les effets4 ,desc>tes1 plus h>di a os *]*] la cause4 ,il cont9ue sa m>*e3 l'air1 fluide lg]1 la/ique et transp>5t1 se dta*e des p>ties t]re/res plus paisses1 et se balance dans l'atmosphre2 le feu nat d'une agitation plus vive1 et acqui]t son activit brlante2 l'eau devi5t fluide1 et ses g\ttes s'arrondiss5t2 les montagnes s'lv5t1 et les abmes des m]s se creus5t2 un balancem5t priodique s\lve et abaisse t\r t\r les flots et remue la masse de l'ocan1 depuis la surface jusqu'aux plus gr&es pr(ondeurs2 c'e/ le passage de la lune au-dessus du mridi5 qui presse et ress]re les torr5ts de fluide cont5us entre la lune et l'ocan4 ,l'intrieur du globe s'organise1 une *aleur fconde "p du c5tre de la t]re1 et se di/ribue dans t\tes ses p>ties2 les sels1 les bitumes et les s\fres se compos5t2 les m9raux naiss5t de plusieurs mlanges2 les ve9es mtalliques s't5d5t2 les volcans s'allum5t2 l'air1 dilat dans les cav]nes s\t]ra9es1 clate1 et donne des sec\sses au globe4 ,de plus gr&s prodiges s'opr5t3 la v]tu magntique se dploie1 l'aimant attire et rep\sse1 il communique sa =ce1 et se dirige v]s les ples du monde2 le fluide lectrique circule dans les corps1 et le frottem5t le r5d actif4 ,tels sont les pr9cipaux phnomnes du globe que n\s habitons1 et que ,desc>tes entrepr5d d'expliqu]4 ,il s\lve une p>tie du voile qui les c\vre4 ,mais ce globe e/ envelopp d'une masse invisible et flottante1 qui e/ entrane du mme m\vem5t que la t]re1 presse sur sa surface1 et y atta*e t\s les corps3 c'e/ l'atmosphre2 ocan la/ique1 et qui1 comme le ntre1 e/ sujet des altrations et des temptes2 rgion dta*e de l'homme1 et qui1 p> son poids1 a sur l'homme la plus gr&e influ5ce2 lieu o se r5d5t sans cesse les p>ticules *appes de t\s les tres2 assemblage des ru9es de la nature1 ou volatilise p> le feu1 ou diss\te p> l'action de l'air1 ou pompe p> le soleil2 laboratoire imm5se1 o t\tes ces p>ties isoles et extraites d'un million de corps diffr5ts se runiss5t de n\veau1 f]m5t5t1 se compos5t1 produis5t de n\velles =mes1 et (fr5t aux yeux ces mtores v>is qui tonn5t le peuple1 et que re*]*e le philosophe4 ,desc>tes1 aprs avoir p>c\ru la t]re1 s'lve dans cette rgion #ah4 ,dj on comm5oit dans t\te l',europe tudi] la nature de l'air4 ,galile le premi] avoit dc\v]t sa pesanteur4 ,torricelli avoit mesur la pression de l'atmosphre4 ,on l'avoit tr\ve gale un cyl9dre d'eau de mme base et de tr5te-deux pi$s de hauteur1 ou une colonne de vif-arg5t de v+t-neuf p\ces4 ,ces expri5ces n'tonn5t po9t ,desc>tes3 elles toi5t con=mes ses pr9cipes4 ,il avoit dev9 la nature avant qu'on l'et mesure4 ,c'e/ lui qui donne ,pascal l'ide de sa fameuse expri5ce sur une haute montagne,b2 expri5ce qui confirma t\tes les autres1 p>ce qu'on vit que la colonne de m]cure baissoit proportion que la colonne d'air dim9uoit en hauteur4 ,p\rquoi ,pascal n'a-t-il po9t av\ qu'il devoit cette ide ,desc>tes8 ,n'toi5t-ils pas t\s deux assez gr&s p\r que cet aveu pt l'honor]8 ,note ,b3 ,le ,puy de ,dme1 en ,auv]gne4 ,les proprits de l'air1 sa fluidit1 sa pesanteur et son ressort le r5d5t un des ag5ts les plus univ]sels de la nature4 ,de son la/icit naiss5t les v5ts4 ,desc>tes les exam9e dans leur m>*e4 ,il les voit natre s\s l'impression du soleil1 qui r>fie les vapeurs de l'atmosphre2 suivre entre les tropiques le c\rs de cet a/re1 d'ori5t en occid5t2 *ang] de direction tr5te degrs de l'quateur2 se *>g] de p>ticules glaces1 en trav]sant des montagnes c\v]tes de neiges2 dev5ir secs et brlants en p>c\rant la zone torride2 obir1 sur les rivages de l'ocan1 au m\vem5t du flux et du reflux2 se comb9] p> mille causes diffr5tes des lieux1 des mtores et des saisons2 =m] p>t\t des c\rants1 ou l5ts ou rapides1 plus rguli]s sur l'espace imm5se et libre des m]s1 plus 9gaux sur la t]re1 o leur direction e/ cont9uellem5t *ange p> le *oc des =ts1 des villes et des montagnes1 qui les bris5t et qui les rfl*iss5t4 ,il pntre ensuite dans les ateli]s secrets de la nature2 il voit la vapeur en quilibre se cond5s] en nuage2 il analyse l'organisation des neiges et des grles2 il dcompose le tonn]re1 et assigne l'orig9e des temptes qui b\lev]s5t les m]s1 ou enseveliss5t quelquefois l',africa9 et l',arabe s\s des monceaux de sable4 ,un spectacle plus riant vi5t s'(frir4 ,l'quilibre des eaux susp5dues dans le nuage s'e/ rompu1 la v]dure des campagnes e/ humecte1 la nature rafra*ie se repose en sil5ce1 le soleil brille1 un arc1 p> de c\leurs clatantes1 se dess9e dans l'air4 ,desc>tes en *]*e la cause2 il la tr\ve dans l'action du soleil sur les g\ttes d'eau qui compos5t la nue3 les rayons p>tis de cet a/re tomb5t sur la surface de la g\tte sphrique1 se bris5t leur entre1 se rfl*iss5t dans l'intrieur1 ressort5t1 se bris5t de n\veau1 et vont tomb] sur l'oeil qui les reoit4 ,je ne *]*e po9t p>] ,desc>tes d'une gloire trangre2 je sais qu'avant lui ,antonio de ,dom9is avoit expliqu l'arc-en-ciel p> les rfractions de la lumire2 mais je sais que ce prlat clbre avoit ml plusieurs erreurs ces vrits4 ,desc>tes expliqua ce phnomne d'une manire plus prcise et plus vraie3 il dc\vrit le premi] la cause de l'arc-en-ciel extrieur2 il fit voir qu'il dp5doit de deux rfractions et de deux rflexions comb9es4 ,s'il se trompa dans les raisons qu'il donne de l'arrangem5t des c\leurs1 c'e/ que l'esprit huma9 ne m>*e que pas pas v]s la vrit2 c'e/ qu'on n'avoit po9t encore analys la lumire2 c'e/ qu'on ne savoit po9t alors qu'elle e/ compose de sept rayons primitifs1 que *aque rayon a un degr de rfrangibilit qui lui e/ propre1 et que c'e/ de la diffr5ce des angles s\s lesquels ces rayons se bris5t que dp5d l'ordre des c\leurs4 ,ces dc\v]tes toi5t rs]ves ,newton4 ,mais1 quoique ,desc>tes ne connt pas bi5 la nature de la lumire1 quoiqu'il la crt une matire homogne et globuleuse rp&ue dans l'espace1 et qui1 p\sse p> le soleil1 communique en un in/ant son impression jusqu' n\s2 quoique la fameuse obs]vation de ,roem] sur les satellites de ,jupit] n'et po9t encore appris aux hommes que la lumire emploie sept huit m9utes p>c\rir les tr5te millions de lieues du soleil la t]re1 ,desc>tes n'en explique pas avec mo9s de prcision1 et les proprits gnrales de la lumire1 et les lois qu'elle suit dans son m\vem5t1 et son action sur l'organe de l'homme4 ,il reprs5te la vue comme une espce de t\*]1 mais un t\*] d'une nature extraord9aire et plus p>faite1 qui ne s'ex]ce po9t p> le contact immdiat des corps1 mais qui s't5d jusqu'aux extrmits de l'espace1 va saisir ce qui e/ hors de l'empire de t\s les autres s5s1 et unit l'exi/5ce de l'homme l'exi/5ce des objets les plus loigns4 ,c'e/ p> le moy5 de la lumire que s'opre ce prodige4 ,elle e/1 p\r l'homme clair1 ce que le bton e/ p\r l'aveugle3 p> l'un1 on voit1 p\r a9si dire1 avec ses ma9s2 p> l'autre1 on t\*e avec ses yeux4 ,mais1 p\r que la lumire agisse sur l'oeil1 il faut qu'elle trav]se des espaces imm5ses2 ces espaces sont sems de corps innombrables1 les uns opaques1 les autres transp>5ts ou fluides4 ,desc>tes suit la lumire dans sa r\te1 et trav]s t\s ces *ocs3 il la voit1 dans un milieu uni=me1 se m\voir en ligne droite2 il la voit se rfl*ir sur la surface des corps solides1 et t\j\rs s\s un angle gal celui d'incid5ce2 il la voit enf91 lorsqu'elle trav]se diffr5ts milieux1 *ang] son c\rs1 et se bris] selon diffr5tes lois4 ,la lumire1 mue en ligne droite1 ou rfl*ie1 ou brise1 p>vi5t jusqu' l'organe qui doit la recevoir4 ,quel e/ cet organe tonnant1 prodige de la nature1 o t\s les objets acquir5t t\r t\r une exi/5ce successive2 o les espaces1 les figures et les m\vem5ts qui m'environn5t sont crs2 o les a/res qui exi/5t c5t millions de lieues devi5n5t comme p>tie de moi-mme2 o1 dans un demi-p\ce de diamtre1 e/ cont5u l'univ]s8 ,quelles lois prsid5t ce mcanisme8 quelle h>monie fait conc\rir au mme b tant de p>ties diffr5tes8 ,desc>tes analyse et dess9e t\tes ces p>ties1 et celles qui ont beso9 d'un c]ta9 degr de convexit p\r procur] la vue1 et celles qui se rtrciss5t ou s't5d5t proportion du nombre de rayons qu'il faut recevoir2 et ces humeurs1 d'une nature comme d'une d5sit diffr5te1 o la lumire s\ffre trois rfractions successives2 et cette membrane si dlie1 compose des filets du n]f optique1 o l'objet vi5t se pe9dre2 et ces muscles si agiles qui imprim5t l'oeil t\s les m\vem5ts dont il a beso94 ,p> le jeu rapide et simultan de t\s ces ressorts1 les rayons rassembls vi5n5t pe9dre sur la rt9e l'image des objets2 et les h\ppes n]veuses transmett5t p> leur branlem5t leur impression jusqu'au c]veau4 ,l f9iss5t les oprations mcaniques1 et comm5c5t celles de l'me4 ,cette pe9ture si admirable e/ encore imp>faite1 et il faut en corrig] les dfauts2 il faut appr5dre voir4 ,l'image pe9te dans l'oeil e/ r5v]se2 il faut remettre les objets dans leur situation3 l'image e/ d\ble2 il faut la simplifi]4 ,mais v\s n'aurez po9t encore les ides de di/ance1 de figure et de gr&eur2 v\s n'avez que des lignes et des angles ma?matiques4 ,l'me s'assure d'abord de la di/ance p> le s5s du t\*] et le m\vem5t progressif2 elle juge ensuite les gr&eurs relatives p> les di/ances1 en comp>ant l'ouv]ture des angles =ms au fond de l'oeil4 ,des di/ances et des gr&eurs comb9es rsulte la connoissance des figures4 ,a9si le s5s de la vue se p]fectionne et se =me p> degrs2 a9si l'organe qui t\*e prte ses sec\rs l'organe qui voit2 et la vision e/ en mme temps le rsultat de l'image trace dans l'oeil et d'une f\le de jugem5ts rapides et imp]ceptibles1 fruits de l'expri5ce4 ,desc>tes1 sur t\s ces objets1 donne des rgles que p]sonne n'avoit encore dveloppes avant lui2 il guide la nature1 et appr5d l'homme se s]vir du plus noble de ses s5s4 ,mais1 dans un tre aussi born et aussi foible1 t\t s'altre2 cette organisation si tonnante e/ sujette se drang]2 enf91 le g5re huma9 e/ en droit d'accus] la nature1 qui1 l'ayant plac et comme susp5du entre deux inf9is1 celui de l'extrme gr&eur et celui de l'extrme petitesse1 a galem5t born sa vue des deux cts1 et lui drobe les deux extrmits de la *ane4 ,grces l'indu/rie huma9e applique aux productions de la nature1 l'aide du sable diss\s p> le feu1 on a su faire de n\veaux yeux l'homme1 prescrire de n\velles r\tes la lumire1 rappro*] l'espace1 et r5dre visible ce qui ne l'e/ pas4 ,rog] ,bacon1 dans un sicle b>b>e1 prdit le premi] ces effets tonnants2 ,alex&re ,sp9a dc\vrit les v]res concaves et convexes2 ,mtius1 artisan holl&ais1 =ma le premi] tlescope2 ,galile en expliqua le mcanisme3 ,desc>tes s'emp>e de t\s ces prodiges2 il en dveloppe et p]fectionne la ?orie2 il les cre p\r a9si dire de n\veau p> le calcul ma?matique2 il y aj\te une inf9it de vues1 soit p\r acclr] la runion des p>ties de la lumire1 soit p\r la ret>d]1 soit p\r dt]m9] les c\rbes les plus propres la rfraction1 soit p\r comb9] celles qui1 runies1 f]ont le plus d'effet2 il desc5d mme jusqu' guid] la ma9 de l'arti/e qui faonne les v]res1 et1 le compas la ma91 il lui trace des ma*9es n\velles p\r p]fectionn] et facilit] ses travaux4 ,tels sont les objets et la m>*e de la dioptrique de ,desc>tes#ai1 un des plus beaux monum5ts de ce gr& homme1 qui suffiroit seul p\r l'immortalis]1 et qui e/ le premi] ouvrage o l'on ait appliqu1 avec autant d't5due que de succs1 la gomtrie la physique4 ,ds l'ge de v+t ans il avoit jet un c\p d'ceil rapide sur la ?orie des sons1 qui peut-tre a tant d'analogie avec celle de la lumire#bj4 ,il avoit port une gomtrie pr(onde dans cet art1 qui *ez les anci5s t5oit aux moeurs et faisoit p>tie de la con/itution des tats1 qui *ez les mod]nes e/ pe9e cr depuis un sicle1 qui *ez quelques nations e/ encore son b]ceau2 art tonnant et incroyable1 qui pe9t p> le son1 et qui1 p> les vibrations de l'air1 rveille t\tes les passions de l'me4 ,il applique de mme les calculs ma?matiques la sci5ce des m\vem5ts2 il dt]m9e l'effet de ces ma*9es qui multipli5t les bras de l'homme1 et sont comme de n\veaux muscles aj\ts ceux qu'il ti5t de la nature4 ,l'quilibre des =ces1 la rsi/ance des poids1 l'action des frottem5ts1 le rapport des vitesses et des masses1 la comb9aison des plus gr&s effets p> les plus petites puissances possibles2 t\t e/ ou dvelopp ou indiqu dans quelques lignes que ,desc>tes a jetes presque au has>d#ba4 ,mais1 comme1 jusque dans ses plus petits ouvrages1 sa m>*e e/ t\j\rs gr&e et philosophique1 c'e/ d'un seul pr9cipe qu'il dduit les proprits diffr5tes de t\tes les ma*9es qu'il explique4 ,un plus gr& objet vi5t se prs5t] lui3 une ma*9e plus tonnante1 compose de p>ties innombrables1 dont plusieurs sont d'une f9esse qui les r5d imp]ceptibles l'oeil mme le plus p]ant2 ma*9e qui1 p> ses p>ties solides1 reprs5te des levi]s1 des cordes1 des p\lies1 des poids et des contre-poids1 et e/ assujettie aux lois de la /atique ord9aire2 qui1 p> ses fluides et les vaisseaux qui les conti5n5t1 suit les rgles de l'quilibre et du m\vem5t des liqueurs2 qui1 p> des pompes qui aspir5t l'air et qui le r5d5t1 e/ ass]vie aux 9galits et la pression de l'atmosphre2 qui1 p> des filets presque invisibles rp&us t\tes ses extrmits1 a des rapports innombrables et rapides avec ce qui l'environne2 ma*9e sur laquelle t\s les objets de l'univ]s vi5n5t agir1 et qui ragit sur eux2 qui1 comme la plante1 se n\rrit1 se dveloppe et se reproduit1 mais qui la vie vgtale jo9t le m\vem5t progressif2 ma*9e organise1 mcanique vivante1 mais dont t\s les ressorts sont intrieurs et drobs l'oeil1 t&is qu'au dehors on ne voit qu'une dcoration simple la fois et magnifique1 o sont rassembls et le *>me des c\leurs1 et la beaut des =mes1 et l'lgance des cont\rs1 et l'h>monie des proportions3 c'e/ le corps huma94 ,desc>tes ose le considr] dans son ensemble et dans t\s ses dtails4 ,aprs avoir p>c\ru l'univ]s et t\tes les portions de la nature1 il revi5t lui-mme4 ,il veut se r5dre compte de sa vie1 de ses m\vem5ts1 de ses s5s4 ,qui lui expliqu]a un n\vel univ]s plus incomprh5sible que le premi]8 ,ce n'e/ po9t dans les auteurs qui ont crit qu'il va puis] ses connoissances1 c'e/ dans la nature2 c'e/ elle qui fait la raison d'un gr& homme1 et non po9t ce qu'on a p5s avant lui4 ,on lui dem&e o sont ses livres4 ,les voil1 dit-il en montrant des animaux qu'il toit prt dissqu]4 ,l'anatomie1 cre p> ,hippocrate1 cultive p> ,ari/ote1 rduite en art p> les travaux d',hrophile et d',erasi/rate1 rassemble en corps p> ,gali51 susp5due et presque anantie p5dant prs de onze sicles1 avoit t ranime t\t--c\p p> ,vsale4 ,depuis c5t ans elle faisoit des progrs en ,europe1 mais les faisoit avec l5teur1 comme t\tes les connoissances huma9es1 qui sont filles du temps4 ,desc>tes eut aussi la gloire d'tre un des premi]s anatomi/es de son sicle2 mais1 comme il toit n encore plus p\r li] des connoissances et les ordonn] entre elles que p\r faire des obs]vations1 il porta dans l'anatomie ce c>actre qui le suivoit p>t\t4 ,en dc\vrant l'effet1 il remontoit la cause2 en analysant les p>ties1 il exam9oit leurs rapports entre elles1 et leurs rapports avec le t\t4 ,ne *]*ez po9t le fix] long-temps sur un petit objet2 il veut voir l'ensemble de t\t ce qu'il embrasse4 ,son esprit impati5t et rapide c\rt au devant de l'obs]vation2 il la prcde plus qu'il ne la suit2 il lui indique sa r\te2 elle m>*e2 il revi5t ensuite sur elle2 il gnralise d'un c\p d'oeil et en un in/ant t\t ce qu'elle lui rapporte2 s\v5t il a vu avant qu'elle ait p>l4 ,que doit-il rsult] d'une p>eille m>*e dans un homme de gnie8 quelques erreurs et de gr&es ides1 des masses de lumire trav]s des nuages4 ,c'e/ aussi ce que l'on tr\ve dans le ,trait de ,desc>tes sur l'homme#bb4 ,il le composa aprs qu9ze ans d'obs]vations anatomiques4 ,il suppose d'abord une ma*9e entirem5t semblable la ntre3 qu& il en s]a temps1 il lui donn]a une me2 mais d'abord il veut voir ce que le mcanisme seul peut produire dans un p>eil ouvrage4 ,il lui met seulem5t dans le coeur un feu secret et actif1 semblable celui qui fait b\illonn] les liqueurs n\velles3 ds ce mom5t s'excut5t t\tes les fonctions qui sont indp5dantes de l'me4 ,la respiration appelle et *asse l'air t\r t\r4 ,l'e/omac devi5t un f\rneau *imique1 o des liqueurs en f]m5tation s]v5t la dissolution et l'analyse des n\rritures3 ces p>ties dcomposes pass5t p> diffr5ts canaux1 se rassembl5t dans des rs]voirs1 s'pur5t dans leur c\rs1 se trans=m5t en sang1 augm5t5t et dvelopp5t la masse solide de la ma*9e1 et devi5n5t une portion d'elle-mme4 ,le sang1 comme un torr5t rapide1 circule p> des r\tes innombrables2 il se sp>e1 il se runit1 port p> les artres aux extrmits de la ma*9e1 et ram5 p> les ve9es des extrmits v]s le coeur4 ,le coeur e/ le c5tre de ce gr& m\vem5t1 et le foy] de la vie int]ne3 c'e/ de l qu'elle se di/ribue4 ,au dehors t\s les m\vem5ts s'opr5t4 ,du c]veau p>t5t des faisceaux de n]fs qui s'pan\iss5t et se dvelopp5t aux extrmits1 et vont =m] l'organe du s5tim5t4 ,les uns sont propres rfl*ir les atomes imp]ceptibles de la lumire2 les autres1 les vibrations des corps sonores2 ceux-ci ne s]ont branls que p> les p>ticules odorantes2 ceux-l1 p> les esprits et les sels qui se dta*]ont des alim5ts et des liqueurs2 les d]ni]s enf91 disp]ss sur t\te la surface de la ma*9e1 ne peuv5t tre heurts que p> le contact et les p>ties grossires des corps solides3 a9si se =m5t les s5s4 ,*aque objet extrieur vi5t donn] ume sec\sse l'organe qui lui e/ propre4 ,les n]fs qui le compos5t1 a9si qu'une corde t5due1 port5t cet branlem5t jusqu'au c]veau3 l e/ le rs]voir de ces esprits subtils et rapides1 p>tie la plus dlie du sang1 manations ari5nes ou enflammes1 et invisibles comme impalpables4 ,a l'impression que le c]veau reoit1 ces s\ffles volatils c\r5t rapidem5t dans les n]fs2 ils pass5t dans les muscles4 ,ceux-ci sont des ressorts la/iques qui se t5d5t ou se dt5d5t1 des cordes qui s'allong5t ou se racc\rciss5t1 selon la quantit du fluide n]veux qui les remplit ou qui en sort4 ,de cette compression ou dilatation des muscles rsult5t t\s les m\vem5ts4 ,les esprits animaux1 pr9cipes moteurs1 sont eux-mmes dans une t]nelle agitation2 et t&is que les uns a*v5t de se =m] et se volatilis5t dans le laboratoire1 que les autres1 au premi] signal1 s'lanc5t rapidem5t1 une f\le innombrable1 disp]se dj dans la ma*9e1 circule dans t\s les membres1 suit les d]nires ramifications des n]fs1 va1 vi5t1 desc5d1 remonte1 et porte p>t\t la vie1 l'activit et la s\plesse4 ,pr5ez ma9t5ant une me1 et mettez-la dans cette ma*9e2 aussitt nat un ordre d'oprations n\velles4 ,desc>tes place cette me dans le c]veau1 p>ceque c'e/ l que se porte le contre-c\p de t\tes les s5sations2 c'e/ de l que "p le pr9cipe des m\vem5ts2 c'e/ la qu'elle e/ av]tie p> des messag]s rapides de t\t ce qui se passe aux extrmits de son empire2 c'e/ de l qu'elle di/ribue ses ordres4 ,les n]fs sont ses m9i/res et les excuteurs de ses volonts4 ,le c]veau devi5t comme un s5s intrieur qui conti5t1 p\r a9si dire1 le rsultat de t\s les s5s du dehors4 ,l se =me une image de *aque objet4 ,l'me voit l'objet dans cette image qu& il e/ prs5t2 et c'e/ la p]ception3 elle la reproduit d'elle-mme qu& l'objet e/ loign2 et c'e/ l'imag9ation3 elle en fait au beso9 r5atre l'ide1 avec la consci5ce de l'avoir eue2 et c'e/ la mmoire4 ,a *acune de ces oprations de l'me correspond une modification p>ticulire dans les fibres du c]veau1 ou dans le c\rs des esprits2 et c'e/ la *ane invisible des deux sub/ances4 ,mais l'me a deux facults bi5 di/9ctes3 elle e/ la fois intellig5te et s5sible4 ,dans quelques unes de ses fonctions elle ex]ce et dploie un pr9cipe d'activit1 elle veut1 elle *oisit1 elle comp>e2 dans d'autres elle e/ passive3 ce sont des motions qu'elle pr\ve1 mais qu'elle ne se donne pas1 et qui lui arriv5t des objets qui l'environn5t4 ,telle e/ l'orig9e des passions1 prs5t utile et fune/e4 ,le philosophe1 errant au pi$ du ,vsuve1 ou trav]s les ro*]s noircis de l',isl&e1 ou sur les sommets sauvages des ,cordilires1 entran p> le dsir de connotre1 appro*e de la b\*e des volcans2 il en mesure de l'oeil la pr(ondeur2 il en obs]ve les effets2 assis sur un ro*]1 il calcule loisir et mdite pr(ondm5t sur ce qui fait le ravage du monde4 ,a9si ,desc>tes obs]ve et analyse les passions #bc4 ,avant lui on en avoit dvelopp le moral2 lui seul a t5t d'en expliqu] le physique2 lui seul a fait voir jusqu'o les lois du mcanisme influ5t sur elles1 et o ce mcanisme s'arrte4 ,il a m>qu dans *aque passion primitive le degr de m\vem5t et d'imptuosit du sang1 le c\rs des esprits1 leur agitation1 leur activit ou plus ou mo9s rapide1 les altrations qu'elles produis5t dans les organes intrieurs4 ,il les suit au dehors3 il r5d compte de leurs effets sur la surface de la ma*9e qu& l'oeil devi5t un tableau rapide1 tantt d\x et tantt t]rible2 qu& l'h>monie des traits se drange2 qu& les c\leurs ou s'embelliss5t ou s'effac5t2 qu& les muscles se t5d5t ou se rel*5t2 qu& le m\vem5t se ral5tit ou se prcipite2 qu& le son in>ticul de la d\leur ou de la joie se fait ent5dre1 et sort p> sec\sses du se9 agit2 qu& les l>mes c\l5t1 les l>mes1 ces m>ques t\*antes de la s5sibilit1 ou ces m>ques t]ribles du dsespoir impuissant2 qu& l'excs du s5tim5t affoiblit p> degrs ou consume en un mom5t les =ces de la vie4 ,a9si les passions influ5t sur l'organisation1 et l'organisation influe sur elles3 mais elles n'en sont pas mo9s assujetties l'empire de l'me4 ,c'e/ l'me qui les modifie p> les jugem5ts qu'elle jo9t l'impression des objets2 l'me les g\v]ne et les dompte p> l'ex]cice de sa volont1 en rprimant son gr les m\vem5ts physiques1 en donnant un n\veau c\rs aux esprits1 en s'acc\tumant rveill] une ide plutt qu'une autre la vue d'un objet qui vi5t la frapp]4 ,mais cette volont imprieuse ne suffit pas1 il faut qu'elle soit claire4 ,il faut donc connotre les vrais rapports de l'homme avec t\t ce qui exi/e4 ,c'e/ p> l'tude de ces rapports qu'il saura qu& il doit t5dre son exi/5ce hors de lui p> le s5tim5t1 et qu& il doit la ress]r]4 ,a9si la morale e/ lie une f\le de connoissances qui l'agr&iss5t et la p]fectionn5t2 a9si t\tes les sci5ces ragiss5t les unes sur les autres4 ,c'toit l1 comme n\s avons vu1 la gr&e ide de ,desc>tes4 ,cette imag9ation va/e avoit con/ruit un sy/me de sci5ce univ]selle1 dont t\tes les p>ties se t5oi5t1 et qui t\tes se rapportoi5t l'homme4 ,il avoit plac l'homme au milieu de cet univ]s2 c'toit l'homme qui toit le c5tre de t\s ces c]cles tracs aut\r de lui1 et qui passai5t p> t\s les po9ts de la nature4 ,desc>tes s5toit bi5 t\te l't5due d'un p>eil plan1 et il n'imag9oit pas p\voir le remplir seul2 mais1 press p> le temps1 il se htoit d'en excut] quelques p>ties1 et croyot que la po/rit a*v]oit le re/e4 ,il invitoit les hommes de t\tes les nations et de t\s les sicles s'unir ensemble2 et1 p\r rassembl] tant de =ces disp]ses1 p\r facilit] la correspondance rapide des esprits dans les lieux et les temps1 il conut l'ide d'une langue univ]selle qui tabliroit des signes gnraux p\r t\tes les p5ses1 de mme qu'il y en a p\r exprim] t\s les nombres2 projet que plusieurs philosophes clbres ont r5\vel1 qui sans d\te a donn ,leibnitz l'ide d'un alphabet des p5ses huma9es1 et qui1 s'il e/ excut un j\r1 s]a probablem5t l'poque d'une rvolution dans l'esprit huma94 ,j'ai t* de suivre ,desc>tes dans t\s ses ouvrages2 j'ai p>c\ru presque t\tes les ides de cet homme extraord9aire2 j'en ai dvelopp quelques unes1 j'en ai indiqu d'autres4 ,il a t ais de suivre la m>*e de sa philosophie et d'en saisir l'ensemble4 ,on l'a vu comm5c] p> t\t abattre af9 de t\t recon/ruire2 on l'a vu jet] des fondem5ts pr(onds2 s'assur] de l'vid5ce et des moy5s de la reconnotre2 desc5dre dans son me p\r s'lev] ,dieu2 de ,dieu r$esc5dre t\s les tres crs2 atta*] cette cause t\s les pr9cipes de ses connoissances2 simplifi] ces pr9cipes p\r leur donn] plus de fcondit et d't5due1 c> c'e/ la m>*e du gnie comme de la nature2 appliqu] ensuite ces pr9cipes la ?orie des plantes1 aux m\vem5ts des deux1 aux phnomnes de la t]re1 la nature des lm5ts1 aux prodiges des mtores1 aux effets et la m>*e de la lumire1 l'organisation des corps bruts1 la vie active des tres anims2 t]m9ant enf9 cette gr&e c\rse p> l'homme1 qui tait l'objet et le b de ses travaux2 dveloppant p>t\t des lois mcaniques qu'il a dev9es le premi]2 desc5dant t\j\rs des causes aux effets2 en*anant t\t p> des consqu5ces ncessaires2 joignant quelquefois l'expri5ce aux spculations1 mais alors mme matrisant l'expri5ce p> le gnie2 clairant la physique p> la gomtrie1 la gomtrie p> l'algbre1 l'algbre p> la logique1 la mdec9e p> l'anatomie1 l'anatomie p> les mcaniques2 sublime mme dans ses fautes1 m?odique dans ses g>em5ts1 utile p> ses erreurs1 =ant l'admiration et le respect1 lors mme qu'il ne peut =c] p5s] comme lui4 ,si on *]*e les gr&s hommes mod]nes avec qui on peut le comp>]1 on en tr\v]a trois3 ,bacon1 ,leibnitz1 et ,newton4 ,bacon p>c\rut t\te la surface des connoissances huma9es2 il jugea les sicles passs1 et alla au-devant des sicles v5ir3 mais il indiqua plus de gr&es *oses qu'il n'en excuta2 il con/ruisit l'*afaud d'un difice imm5se1 et laissa d'autres le so9 de con/ruire l'difice4 ,leibnitz fut t\t ce qu'il v\lut tre3 il porta dans la philosophie une gr&e hauteur d'intellig5ce2 mais il ne traita la sci5ce de la nature que p> lambeaux1 et ses sy/mes mtaphysiques sembl5t plus faits p\r tonn] et accabl] l'homme que p\r l'clair]4 ,newton a cr une optique n\velle1 et dmontr les rapports de la gravitation dans les cieux4 ,je ne prt5ds po9t ici dim9u] la gloire de ce gr& homme1 mais je rem>que seulem5t t\s les sec\rs qu'il a eus p\r ces gr&es dc\v]tes4 ,je vois que ,galile lui avoit donn la ?orie de la pesanteur2 ,kepl]1 les lois des a/res dans leurs rvolutions2 ,huyg5s1 la comb9aison et les rapports des =ces c5trales et des =ces c5trifuges2 ,bacon1 le gr& pr9cipe de remont] des phnomnes v]s les causes2 ,desc>tes1 sa m?ode p\r le raisonnem5t1 son analyse p\r la gomtrie1 une f\le innombrable de connoissances p\r la physique1 et plus que t\t cela peut-tre1 la de/ruction de t\s les prjugs4 ,la gloire de ,newton a donc t de pr(it] de t\s ces avantages1 de rassembl] t\tes ces =ces trangres1 d'y jo9dre les si5nes propres1 qui tai5t imm5ses1 et de les en*an] t\tes p> les calculs d'une gomtrie aussi sublime que pr(onde4 ,si ma9t5ant je rappro*e ,desc>tes de ces trois hommes clbres1 j'os]ai dire qu'il avoit des vues aussi n\velles et bi5 plus t5dues que ,bacon2 qu'il a eu l'clat et l'imm5sit du gnie de ,leibnitz1 mais bi5 plus de consi/ance et de ralit dans sa gr&eur2 qu'enf9 il a mrit d'tre mis ct de ,newton1 p>ce qu'il a cr une p>tie de ,newton1 et qu'il n'a t cr que p> lui-mme2 p>ceque1 si l'un a dc\v]t plus de vrits1 l'autre a ouv]t la r\te de t\tes les vrits2 gomtre aussi sublime1 quoiqu'il n'ait po9t fait un aussi gr& usage de la gomtrie2 plus orig9al p> son gnie1 quoique ce gnie l'ait s\v5t tromp2 plus univ]sel dans ses connoissances1 comme dans ses tal5ts1 quoique mo9s sage et mo9s assur dans sa m>*e2 ayant peut-tre en t5due ce que ,newton avoit en pr(ondeur2 fait p\r concevoir en gr&1 mais peu fait p\r suivre les dtails1 t&is que ,newton donnoit aux plus petits dtails l'empre9te du gnie2 mo9s admirable sans d\te p\r la connoissance des deux1 mais bi5 plus utile p\r le g5re huma91 p> sa gr&e influ5ce sur les esprits et sur les sicles4 ,c'e/ ici le vrai triomphe de ,desc>tes2 c'e/ l sa gr&eur4 ,il n'e/ plus1 mais son esprit vit encore3 cet esprit e/ immortel2 il se rp& de nation en nation1 et de sicle en sicle2 il respire ,p>is1 ,londres1 ,b]l91 ,leipsick1 ,flor5ce2 il pntre ,pt]sb\rg2 il pntr]a un j\r jusque dans ces climats o le g5re huma9 e/ encore ignorant et avili2 peut-tre il f]a le t\r de l'univ]s4 ,on a vu dans quel tat toi5t les sci5ces au mom5t o ,desc>tes p>ut2 comm5t l'autorit en*anoit la raison2 comm5t l'tre qui p5se avoit r5onc au droit de p5s]4 ,il en e/ des esprits comme de la nature physique3 l'eng\rdissem5t en e/ la mort2 il faut de l'agitation et des sec\sses2 il vaut mieux que les v5ts branl5t l'air p> des orages1 que si t\t demeuroit dans un t]nel repos4 ,desc>tes donna l'impulsion cette masse immobile4 ,quel fut l'tonnem5t de l',europe1 lorsqu'on vit p>otre t\t--c\p cette philosophie si h>die et si n\velle6 ,peignez-v\s des esclaves qui m>*5t c\rbs s\s le poids de leurs f]s3 si t\t--c\p un d'entre eux brise sa *ane1 et fait ret5tir leurs oreilles le nom de lib]t1 ils s'agit5t1 ils frmiss5t1 et des dbris de leurs *anes rompues accabl5t leurs tyrans4 ,tel e/ le m\vem5t qui se fit dans les esprits d'un b\t de l',europe l'autre4 ,cette masse n\velle de connoissances que ,desc>tes y avoit jete se joignit la f]m5tation de son esprit4 ,rveill p> de si gr&es ides et p> un si gr& exemple1 *acun s'int]roge et juge ses p5ses1 *acun discute ses op9ions4 ,la raison de l'univ]s n'e/ plus celle d'un homme qui exi/oit il y a qu9ze sicles2 elle e/ dans l'me de *acun1 elle e/ dans l'vid5ce et dans la cl>t des ides4 ,la p5se1 esclave depuis deux mille ans1 se relve1 avec la consci5ce de sa gr&eur2 de t\tes p>ts on cre des pr9cipes1 et on les suit2 on consulte la nature1 et non plus les hommes4 ,la ,france1 l',italie1 l',allemagne et l',anglet]re travaill5t sur le mme plan4 ,la m?ode mme de ,desc>tes appr5d connotre et combattre ses erreurs4 ,t\t se p]fectionne1 ou du mo9s t\t avance4 ,les ma?matiques devi5n5t plus fcondes1 les m?odes plus simples2 l'algbre1 porte si lo9 p> ,desc>tes1 e/ p]fectionne p> ,halley1 et le gr& ,newton y aj\te encore4 ,l'analyse e/ applique au calcul de l'inf9i1 et produit une n\velle bran*e de gomtrie sublime4 ,plusieurs hommes clbres port5t cet difice une hauteur imm5se3 l',allemagne et l',anglet]re se divis5t sur cette dc\v]te1 comme l',espagne et le ,portugal sur la conqute des ,indes4 ,l'application de la gomtrie la physique devi5t plus t5due et plus va/e3 ,newton fait sur les m\vem5ts des corps cle/es ce que ,desc>tes avoit fait sur la dioptrique1 et sur quelques p>ties des mtores2 les lois de ,kepl] sont dmontres p> le calcul2 la m>*e elliptique des plantes e/ explique2 la gravitation univ]selle tonne l'univ]s p> la fcondit et la simplicit de son pr9cipe4 ,cette application de la gomtrie s't5d t\tes les bran*es de la physique1 depuis l'quilibre des liqueurs jusqu'aux d]ni]s balancem5ts des comtes dans leurs r\tes les plus c>tes4 ,ces a/res errants sont mieux connus3 ,desc>tes les avoit tirs p\r jamais de la classe des mtores1 en les fixant au nombre des plantes2 ,newton rond compte de l'exc5tricit de leurs orbites2 ,halley1 d'aprs quelques po9ts donns1 dt]m9e le c\rs et fixe la m>*e de v+t-quatre comtes4 ,les 9galits de la lune sont calcules2 on dc\vre l'anneau et les satellites de ,saturne2 on fait des satellites de ,jupit] l'usage le plus important p\r la navigation4 ,les cieux sont connus comme la t]re4 ,la t]re *ange de =me2 son quateur s'lve et ses ples s'aplatiss5t1 et la diffr5ce de ses deux diamtres e/ mesure4 ,des obs]vatoires s'lv5t auprs des digues de la ,holl&e1 s\s le ciel de ,/ockholm1 et p>mi les glaces de la ,russie4 ,t\tes les sci5ces suiv5t cette impulsion gnrale4 ,la physique p>ticulire1 cre p> le gnie de ,desc>tes1 s't5d et aff]mit sa m>*e p> les expri5ces3 il e/ vrai qu'il avoit peu suivi cette r\te2 mais sa m?ode1 plus puissante que son exemple1 devoit y ram5]4 ,les prodiges de l'lectricit se multipli5t4 ,les dcl9aisons de l'aiguille aimante s'obs]v5t selon la diffr5ce des lieux et des temps4 ,halley trace dans t\te l't5due du globe une ligne qui s]t de po9t fixe1 o la dcl9aison comm5ce1 et qui1 bi5 con/ate1 peut-tre p\rroit t5ir lieu des longitudes4 ,l'optique devi5t une sci5ce n\velle1 p> les dc\v]tes sublimes sur les c\leurs4 ,la ,dioptrique de ,desc>tes n'e/ plus la borne de l'esprit huma93 l'art d'agr&ir la vue s't5d2 on sub/itue1 p\r lire dans les cieux1 les mtaux aux v]res1 et la rflexion de la lumire la rfraction4 ,la *imie1 qui aup>avant toit presque isole1 s'unit aux autres sci5ces2 on l'applique la fois la physique1 l'hi/oire naturelle et la mdec9e4 ,la circulation du sang1 dc\v]te p> ,h>vey1 embrasse et df5due p> ,desc>tes1 devi5t la s\rce d'une f\le de vrits4 ,le mcanisme du corps huma9 e/ tudi avec plus de zle et de succs3 on dc\vre des vaisseaux inconnus et de n\veaux rs]voirs4 ,borelli t5te d'assujettir au calcul gomtrique les m\vem5ts des animaux4 ,leuw5hoeck1 le microscope la ma91 surpr5d ces atomes vivants qui sembl5t tre les lm5ts de la vie de l'homme2 ,ruis* p]fectionne l'art de donn] p> des injections une n\velle vie ce qui e/ mort2 ,malpighi transporte l'anatomie aux plantes1 et remplit un projet que ,desc>tes n'avoit pas eu le temps d'excut]4 ,son gnie respire encore aprs lui dans la mtaphysique3 c'e/ lui qui1 dans ,malebran*e1 dmle les erreurs de l'imag9ation et des s5s2 c'e/ lui qui1 dans ,locke1 combat et dtruit les ides innes1 fait l'analyse de l'esprit huma91 et pose d'une ma9 h>die les limites de la raison2 c'e/ lui qui1 de nos j\rs1 a attaqu et r5v]s les sy/mes4 ,son influ5ce ne s'e/ po9t borne la philosophie3 semblable cette me univ]selle des /oci5s1 l'esprit de ,desc>tes e/ p>t\t2 on l'a appliqu aux lettres et aux arts comme aux sci5ces4 ,si dans t\s les g5res on va saisir les premi]s pr9cipes2 si la mtaphysique des arts e/ cre2 si on a *]* dans des ides inv>iables les rgles du gt p\r t\s les pays et p\r t\s les sicles2 si on a sec\ cette sup]/ition qui jugeoit mal p>ce qu'elle admiroit trop1 et donnoit des entraves au gnie en ress]rant trop sa sphre2 si on exam9e et discute t\tes nos connoissances2 si l'esprit s'agite p\r recul] t\tes les bornes2 si on veut savoir sur t\s les objets le degr de vrit qui app>ti5t l'homme3 c'e/ l l'ouvrage de ,desc>tes4 ,l'a/ronome1 le gomtre1 le mtaphysici51 le grammairi51 le morali/e1 l'orateur1 le politique1 le pote1 t\s ont une portion de cet esprit qui les anime4 ,il a guid galem5t ,pascal et ,corneille1 ,locke et ,b\rdal\e1 ,newton et ,montesquieu4 ,telle e/ la trace pr(onde et l'empre9te m>que de l'homme de gnie sur l'univ]s4 ,il n'exi/e qu'un mom5t2 mais cette exi/5ce e/ employe t\t entire quelque gr&e opration1 qui *ange la direction des *oses p\r plusieurs sicles4 ,arrtons-n\s ma9t5ant sur celui qui le g5re huma9 a eu tant d'obligations1 et qui la d]nire po/rit s]a encore r$evable4 ,quels honneurs lui a-t-on r5dus de son vivant8 quelles /atues lui fur5t leves dans su patrie8 quels hommages a-t-il reu des nations8444 ,que p>lons-n\s d'hommages1 et de /atues1 et d'honneurs8 ,oublions-n\s qu'il s'agit d'un gr& homme8 oublions-n\s qu'il a vcu p>mi des hommes8 ,p>lons plutt et des p]scutions1 et de la ha9e1 et des t\rm5ts de l'envie1 et des noirceurs de la calomnie1 et de t\t ce qui a t et s]a t]nellem5t le p>tage de l'homme qui aura le malheur de s'lev] au-dessus de son sicle4 ,desc>tes l'avoit prvu3 il connoissoit trop les hommes p\r ne les pas cra9dre2 il avoit t av]ti p> l'exemple de ,galile2 il avoit vu1 dans la p]sonne de ce vieill>d1 la vrit en *eveux blancs *>ge de f]s1 et trane indignem5t dans les prisons #bd4 ,la c\pe de ,socrate1 les *anes d',anaxagore1 la fuite et l'empoisonnem5t d',ari/ote1 les malheurs d',hraclite1 les calomnies ins5ses contre ,g]b]t1 les gmissem5ts pla9tifs de ,rog] ,bacon s\s les votes d'un ca*ot1 l'orage excit contre ,ramus1 et les poign>ds qui l'assass9r5t2 les b*]s allums en c5t lieux p\r consum] des malheureux qui ne p5soi5t pas comme leurs concitoy5s2 tant d'autres qui avoi5t t errants et proscrits sur la t]re1 sans asile et sans protecteurs1 emportant avec eux de pays en pays la vrit fugitive et bannie du monde3 t\t l'av]tissoit du dang] qui le m5aoit2 t\t lui crioit que le d]ni] des crimes que l'on p>donne e/ celui d'annonc] des vrits n\velles4 ,mais la vrit n'e/ po9t l'homme qui la conoit2 elle app>ti5t l'univ]s1 et *]*e s'y rp&re4 ,desc>tes crut mme qu'il en devoit compte au ,dieu qui la lui donnoit4 ,il se dv\a donc #be2 et1 grces aux passions huma9es1 il ne t>da po9t recueillir les fruits de sa rsolution4 ,il y avoit alors en ,holl&e un de ces hommes qui sont (fusqus de t\t ce qui e/ gr&1 qui aux vues troites de la mdiocrit joign5t t\tes les hauteurs du despotisme1 insult5t ce qu'ils ne compr5n5t pas1 c\vr5t leur foiblesse p> leur audace1 et leur bassesse p> leur orgueil2 intrigants fanatiques1 pieux calomniateurs1 qui prononc5t sans cesse le mot de ,dieu et l'outrag5t1 n'affect5t de la religion que p\r nuire1 ne font s]vir le glaive des lois qu' assass9]1 ont assez de crdit p\r inspir] des fureurs subalt]nes2 espces de mon/res ns p\r p]scut] et p\r har1 comme le tigre e/ n p\r dvor]4 ,ce fut un de ces hommes qui s'leva contre ,desc>tes #bf4 ,il ne s]oit peut-tre pas inutile l'hi/oire de l'esprit huma9 et des passions de pe9dre t\tes les intrigues et la m>*e de ce p]scuteur2 de le faire voir1 du mom5t qu'il conut le desse9 de p]dre ,desc>tes1 travaillant d'abord s\rdem5t et en sil5ce1 semant dans les esprits des ides et des s\pons vagues d'a?isme1 n\rrissant ces s\pons p> des libelles et des noirceurs anonymes1 suivant de l'oeil1 et sans se dc\vrir1 les progrs de la f]m5tation gnrale2 au mom5t d'clat]1 briguant la premire place de son corps1 af9 de p\voir jo9dre l'autorit la ha9e2 alors1 m>*ant dc\v]t1 armant contre ,desc>tes et le peuple et les magi/rats1 et les fureurs sacres des m9i/res2 le peignant t\s les yeux comme un a?e1 qui comm5oit p> bris] les autels1 et f9iroit p> b\lev]s] l'tat2 invoquant gr&s cris la religion et les lois4 ,il faudrait racont] comm5t ce gr& homme fut cit au son de la clo*e1 et sur le po9t d'tre tran comme un vil crim9el2 comm5t ensuite1 p\r lui t] mme la ress\rce de se ju/ifi]1 on travailla le condamn] en sil5ce et sans qu'il en pt tre av]ti2 comm5t son affreux p]scuteur1 s'il ne p\voit le p]dre t\t--fait1 v\loit du mo9s le faire proscrire de la ,holl&e1 v\loit faire consum] dans les flammes ces livres d'un a?e o l'a?isme e/ combattu2 comm5t il avoit dj transig avec le b\rreau d',utre*t p\r qu'on allumt un feu d'une hauteur extraord9aire1 af9 de mieux frapp] les yeux du peuple4 ,le b>b>e et v\lu que la flamme du b*] pt tre ap]ue en mme temps de t\s les lieux de la ,holl&e1 de la ,france1 de l',italie et de l',anglet]re4 ,dj mme il se prp>oit rp&re dans t\te l',europe ce rcit fltrissant1 af9 que1 *ass des sept prov9ces1 ,desc>tes ft banni du monde enti]1 et que p>t\t o il arriv]oit il se tr\vt devanc p> sa honte4 ,mais c'e/ l'hi/oire entr] dans ces dtails2 c'e/ elle m>qu] d'une ignom9ie t]nelle le front du calomniateur2 c'e/ elle fltrir ces magi/rats qui1 dupes d'un sclrat1 s]voi5t d'in/rum5t la ha9e1 et combattoi5t p\r l'envie4 ,et que prt5doi5t-ils avec leurs flammes et leurs b*]s8 ,croyoi5t-ils dans cet inc5die t\ff] la voix de la vrit8 croyoi5t-ils faire disp>otre la gloire d'un gr& homme8 ,il dp5d de l'envie et de l'autorit inju/e de =g] des *anes et de dress] des *afauds1 mais il ne dp5d po9t d'elle d'anantir la vrit et de tromp] la ju/ice des sicles4 ,tel e/ le sort que ,desc>tes pr\va en ,holl&e4 ,dans son pays1 je le vois presque inconnu1 reg>d avec indiffr5ce p> les uns1 attaqu et combattu p> les autres1 re*]* de quelques gr&s comme un va9 spectacle de curiosit1 ignor ou calomni la c\r #bg4 ,je vois sa famille le trait] avec mpris2 je vois son frre1 dont t\t le mrite peut-tre toit de p>tag] son nom1 p>l] avec dda9 d'un frre qui1 n g5tilhomme1 s'toit abaiss jusqu' se faire philosophe #bh1 et mettre au nombre des j\rs malheureux celui o ,desc>tes naquit p\r d%onor] sa race p> un p>eil mti]4 ,o prjugs6 ridicule fi]t des places et du rang6 ,il importe de cons]v] ces traits la po/rit1 p\r appr5dre1 s'il se peut1 aux hommes r\gir4 ,o sont auj\rd'hui ceux qui1 la vue de ,desc>tes1 s\rioi5t ddaigneusem5t1 et disoi5t avec hauteur3 ,c'e/ un homme qui crit8 ,ils ne sont plus4 ,ont-ils jamais t8 ,mais l'homme de gnie vivra t]nellem5t3 son nom fait l'orgueil de ses compatriotes2 sa gloire e/ un dpt que les sicles se transmett5t1 et qui e/ s\s la g>de de la ju/ice et de la vrit4 ,il e/ vrai que le gr& homme tr\ve quelquefois la considration de son vivant2 mais il faut presque t\j\rs qu'il la *]*e trois c5ts lieues de lui4 ,desc>tes1 p]scut en ,holl&e et mconnu en ,france1 comptoit p>mi ses admirateurs et ses disciples la fameuse pr9cesse palat9e1 pr9cesse qui e/ du petit nombre dcolles qui ont plac la philosophie ct du trne #bi4 ,elle toit digne d'int]rog] ,desc>tes1 et ,desc>tes toit digne de l'in/ruire4 ,leur comm]ce n'toit po9t un trafic de flatt]ies et de m5songes de la "p de ,desc>tes1 de protection et de hauteurs de la "p d',elisabe?4 ,dieu1 la nature1 l'homme1 ses malheurs et les moy5s qu'il a d'tre heureux1 ses devoirs et ses foiblesses1 la *ane morale de t\s ses rapports1 voil le sujet de leurs entreti5s et de leurs lettres4 ,c'e/ a9si que les philosophes doiv5t s'entret5ir avec les gr&s4 ,la nature avoit de/9 ,desc>tes un autre disciple encore plus clbre3 c'toit la fille de ,gu/ave-,adolphe1 c'toit la fameuse ,*ri/9e#cj4 ,elle toit ne avec une de ces mes encore plus s+ulires que gr&es1 qui sembl5t jetes hors des r\tes ord9aires1 et qui tonn5t t\j\rs1 mme lorsqu'on ne les admire pas4 ,en?\sia/e du gnie et des mes =tes1 le gr& ,cond1 ,desc>tes et ,sobieski avoi5t droit dans son coeur aux mmes s5tim5ts4 ,vi5s1 dit-elle ,desc>tes3 je suis re9e1 et tu es philosophe2 faisons un trait ensemble3 tu annonc]as la vrit1 et je te df5drai contre tes ennemis4 ,les murs de mon palais s]ont tes remp>ts4 ,c'e/ donc l'esprance de tr\v] un abri contre la p]scution qui1 seule1 put attir] ,desc>tes ,/ockholm4 ,sans ce motif1 auroit-il t se fix] auprs d'un trne8 qu'e/-ce qu'un homme tel que ,desc>tes a de commun avec les rois8 ,leur me1 leur c>actre1 leurs passions1 leur langage1 ri5 ne se ressemble2 ils ne sont pas mme faits p\r se rappro*]1 leur gr&eur se *oque et se rep\sse4 ,mais s'il fut =c p> le malheur de se rfugi] dans nue c\r1 il eut du mo9s la gloire de n'y pas dm5tir sa conduite2 il y vcut tel qu'il avoit vcu dans le fond de la ,nord-,holl&e2 il osa y avoir des moeurs et de la v]tu2 il ne fut ni vil1 ni bas1 ni flatteur2 il ne fut po9t le l*e complaisant des pr9ces ni des gr&s2 il ne crut po9t qu'il devoit oubli] la philosophie p\r la =tune2 il ne brigua po9t ces places qui n'agr&iss5t jamais ceux qui sont petits1 et rabaiss]oi5t plutt ceux qui sont gr&s4 ,et comm5t ,desc>tes auroit-il pu avoir de telles p5ses8 ,celui qui e/ sans cesse occup mdit] sur l't]nit1 sur le temps1 sur l'espace1 ne doit-il pas contract] une habitude de gr&eur1 qui de son esprit passe son me8 celui qui mesure la di/ance des a/res1 et voit ,dieu au-del2 celui qui se transporte dans le soleil ou dans ,saturne p\r y voir l'espace qu'occupe la t]re1 et qui *]*e alors va9em5t ce po9t g> comme un sable trav]s les mondes1 revi5dra-t-il sur ce gra9 de p\ssire p\r y flatt]1 p\r y ramp]1 p\r y disput] ou quelques honneurs ou quelques ri*esses8 ,non3 il vit avec ,dieu et avec la nature2 il ab&onne aux hommes les objets de leurs passions1 et p\rsuit le c\rs de ses p5ses1 qui suiv5t le c\rs de l'univ]s2 il s'applique mettre dans son me l'ordre qu'il contemple1 ou plutt son me se monte ins5siblem5t au ton de cette gr&e h>monie4 ,je ne l\]ai donc po9t ,desc>tes de n'avoir t ni intrigant ni ambitieux4 ,je ne le l\]ai po9t d'avoir t frugal1 modr1 bi5faisant1 pauvre la fois et gnreux1 simple comme le sont t\s les gr&s hommes2 ple9 de respect1 comme ,newton1 p\r la ,div9it2 comme lui1 fidle la religion2 aimant s'occup] dans la retraite et avec ses amis de l'ide de ,dieu4 ,malheur celui qui ne tr\v]oit pas dans cette ide1 si gr&e et si consolante1 les plus d\x mom5ts de sa vie6 ,d'ailleurs1 t\tes ces v]tus ne di/+uoi5t po9t un homme aux sicles de nos pres4 ,mais je rem>qu]ai que1 quoique sa =tune ne pt pas suffire ses projets1 jamais il n'accepta les sec\rs qu'on lui (frit4 ,ce n'toit pas qu'il ft effray de la reconnoissance2 un p>eil f>deau n'p\vante po9t une me v]tueuse3 mais le droit d'tre le bi5faiteur d'un homme e/ un droit trop beau p\r qu'il l'accorde avec indiffr5ce4 ,peut-tre faudroit-il *oisir encore avec plus de so9 ses bi5faiteurs que ses amis1 si ces deux titres p\voi5t se sp>]3 a9si p5soit ,desc>tes#ca4 ,avec ses s5tim5ts1 son gnie et sa gloire1 il dut tr\v] l'envie ,/ockholm1 comme il l'avoit tr\ve ,utre*t1 ,la ,haye et dans ,am/]dam4 ,l'envie le suivoit de ville en ville1 et de climat en climat2 elle avoit fran*i les m]s avec lui1 elle ne cessa de le p\rsuivre que lorsqu'elle vit entre elle et lui un tombeau#cb3 alors elle s\rit un mom5t sur sa tombe1 et c\rut dans ,p>is1 o la r5omme lui dnonoit ,corneille et ,tur5ne4 ,hommes de gnie1 de quelque pays que v\s soyez1 voil votre sort4 ,les malheurs1 les p]scutions1 les inju/ices1 le mpris des c\rs1 l'indiffr5ce du peuple1 les calomnies de vos rivaux ou de ceux qui croiront l'tre1 l'indig5ce1 l'exil1 et peut-tre une mort obscure c9q c5ts lieues de votre patrie1 voil ce que je v\s annonce4 ,faut-il que p\r cela v\s r5onciez clair] les hommes8 ,non1 sans d\te4 ,et qu& v\s le v\driez1 en tes-v\s les matres8 tes-v\s les matres de dompt] votre gnie1 et de rsi/] cette impulsion rapide et t]rible qu'il v\s donne8 ,n'tes-v\s pas ns p\r p5s]1 comme le soleil p\r rp&re sa lumire8 ,n'avez-v\s pas reu comme lui votre m\vem5t8 ,obissez donc la loi qui v\s dom9e1 et g>dez-v\s de v\s croire in=tuns4 ,que sont t\s vos ennemis auprs de la vrit8 ,elle e/ t]nelle1 et le re/e passe4 ,la vrit fait votre rcomp5se2 elle e/ l'alim5t de votre gnie1 elle e/ le s\ti5 de vos travaux4 ,des milli]s d'hommes1 ou ins5ss1 on indiffr5ts1 ou b>b>es1 v\s p]scut5t ou v\s mpris5t2 mais dans le mme temps il y a des mes avec qui les vtres correspond5t d'un b\t de la t]re l'autre4 ,songez qu'elles s\ffr5t et p5s5t avec v\s2 songez que les ,socrate et les ,platon1 morts il y a deux mille ans1 sont vos amis2 songez que1 dans les sicles v5ir1 il y aura d'autres mes qui v\s ent5dront de mme1 et que leurs p5ses s]ont les vtres4 ,v\s ne =mez qu'un peuple et qu'une famille avec t\s les gr&s hommes qui fur5t autrefois ou qui s]ont un j\r4 ,votre sort n'e/ pas d'exi/] dans un po9t de l'espace ou de la dure4 ,vivez p\r t\s les pays et p\r t\s les sicles2 t5dez votre vie sur celle du g5re huma94 ,portez vos ides encore plus haut2 ne voyez-v\s po9t le rapport qui e/ entre ,dieu et votre me8 ,pr5ez devant lui cette assurance qui si$ si bi5 un ami de la vrit4 ,quoi6 ,dieu v\s voit1 v\s ent5d1 v\s appr\ve1 et v\s s]iez malheureux6 ,enf91 s'il v\s faut le tmoignage des hommes1 j'ose encore v\s le promettre1 non po9t foible et inc]ta91 comme il l'e/ p5dant ce rapide in/ant de la vie1 mais univ]sel et durable p5dant la vie des sicles4 ,voyez la po/rit qui s'avance1 et qui dit *acun de v\s3 ,essuie tes l>mes2 je vi5s te r5dre ju/ice et f9ir tes maux3 c'e/ moi qui fais la vie des gr&s hommes2 c'e/ moi qui ai v5g ,desc>tes de ceux qui l'outrageoi5t2 c'e/ moi qui1 du milieu des ro*]s et des glaces1 ai transport ses c5dres dans ,p>is2 c'e/ moi qui fltris les calomniateurs1 et anantis les hommes qui abus5t de leur p\voir2 c'e/ moi qui reg>de avec mpris ces mausoles levs dans plusieurs temples des hommes qui n'ont t que puissants1 et qui honore comme sacre la pi]re brute qui c\vre la c5dre de l'homme de gnie4 ,s\vi5s-toi que ton me e/ immortelle1 et que ton nom le s]a4 ,le temps fuit1 les mom5ts se succd5t1 le songe de la vie s'c\le4 ,att5ds1 et tu vas vivre2 et tu p>donn]as ton sicle ses inju/ices1 aux oppresseurs leur cruaut1 la nature de t'avoir *oisi p\r in/ruire et p\r clair] les hommes4 ,,notes ,,sur ,l',,loge ,,de ,,desc>tes4 ,n\s rimprimons ici les notes de l'loge de ,desc>tes1 supprimant celles que remplit une philosophie commune et dclamatoire1 et1 dans presque t\tes1 les traits de mauvais gt qui s'y r5contr5t frquemm5t4 ,n\s avons scrupuleusem5t cons]v t\te la p>tie biographique1 propre bi5 faire connatre le c>actre1 les habitudes et t\te la c>rire de ,desc>tes4 ,note #a3 ,r5 ,desc>tes1 seigneur du ,p]ron1 dont on fait ici l'loge1 naquit ,la ,haye en ,t\ra9e le #cj m>s #aeif1 de ,jeanne ,bro*>d1 fille d'un lieut5ant-gnral de ,poiti]s1 et de ,joa*im ,desc>tes1 conseill] au p>lem5t de ,bretagne1 dont il fut le troisime fils4 ,sa maison toit une des plus anci5nes de la ,t\ra9e4 ,il avoit eu dans sa famille un ar*evque de ,t\rs1 et plusieurs braves g5til%ommes qui avoi5t s]vi avec di/9ction444 ,son pre1 soit p> gt1 soit p> raison de =tune1 entra dans la robe444 ,depuis que le pre de ,desc>tes se fut tabli ,r5nes1 ses desc5dants y ont t\j\rs demeur4 ,on en compte six qui ont occup avec di/9ction des *>ges dans le p>lem5t de ,bretagne4 ,madame la prsid5te de ,*teaugiron1 d]nire de la famille1 vi5t de m\rir4 ,on dit qu'elle avoit dans son c>actre plusieurs traits de ressemblance avec ,desc>tes4 ,il y a eu aussi une ,ca!r9e ,desc>tes1 nice du philosophe1 clbre p> son esprit1 et p> son tal5t p\r les v]s agrables4 ,elle le e/ morte en #agjf4 ,note #b3 ,desc>tes toit n avec une complexion trs foible1 et les mdec9s ne manqur5t pas de dire qu'il m\rroit trs jeune2 cep5dant il les trompa au mo9s d'une qu>anta9e d'annes4 ,ayant p]du sa mre presque en naissant1 il fut trs r$evable aux so9s d'une n\rrice1 qui suppla la nature p> t\s les so9s de la t5dresse4 ,desc>tes en fut trs reconnoissant2 il lui fit une p5sion viagre qui lui fut paye exactem5t jusqu' la mort2 et1 comme il n'toit pas de ceux qui croi5t que l'arg5t acquitte t\t1 il joignoit encore ces bi5faits les devoirs et l'atta*em5t d'un fils4 ,son pre ne v\lut po9t fatigu] des organes encore foibles p> des tudes prmatures2 il lui donna le temps de crotre et de se =tifi]4 ,mais l'esprit de ,desc>tes alloit au-devant des in/ructions4 ,il n'avoit pas encore huit ans1 et dj on l'appeloit le philosophe4 ,il dem&oit les causes et les effets de t\t1 et savoit ne pas ent5dre ce qui ne signifioit ri54 ,en #afjd1 il fut mis au collge de ,la ,fl*e4 ,son imag9ation vive et ard5te fut la premire facult de son me qui se dploya4 ,il cultiva la posie avec transport444 ,ce gt de la posie lui demeura t\j\rs1 et peu de temps avant sa mort il fit des v]s franais la c\r de ,sude44 ,c'e/ une ressemblance qu'il eut avec ,platon1 et que ,leibnitz eut avec lui4 ,il aimoit aussi beauc\p l'hi/oire1 et passoit les j\rs et les nuits lire2 mais cette passion ne devoit pas dur] long-temps444 ,il toit encore a ,la ,fl*e en #afaj1 lorsque le coeur du plus gr& et du meilleur des rois1 assass9 dans ,p>is1 y fut port p\r tre dpos dans la *apelle des jsuites4 ,il fut tmo9 de cette pompe cruelle1 et nomm p>mi les v+t-quatre g5til%ommes qui allr5t au-devant de ce tri/e dpt4 ,il tudioit alors en philosophie4 ,il y fit des progrs qui annoncr5t son gnie2 c>1 au lieu d'appr5dre1 il d\toit4 ,la logique de ses matres lui p>ut *>ge d'une f\le de prceptes ou inutiles ou dang]eux2 il s'occupoit l'en sp>]1 comme le /atuaire1 dit-il lui-mme1 travaille tir] une ,m9]ve d'un bloc de m>bre qui e/ in=me4 ,leur mtaphysique le rvoltoit p> la b>b>ie des mots et le vide des ides2 leur physique p> l'obscurit du j>gon et p> la fureur d'expliqu] t\t ce qu'elle n'expliquoit pas4 ,les ma?matiques seules le satisfir5t2 il y tr\va l'vid5ce qu'il *]*oit p>t\t4 ,il s'y livra en homme qui avoit beso9 de connotre4 ,quelques auteurs prt5d5t qu'il inv5ta1 tant encore au collge1 sa fameuse analyse4 ,ce s]oit un prodige bi5 plus tonnant que celui de ,newton1 qui v+t-c9q ans avoit tr\v le calcul de l'inf9i4 ,quoi qu'il en soit de cette p>ticul>it1 ,desc>tes f9it ses tudes en #afab4 ,le fruit ord9aire de ces premires tudes e/ de s'imag9] savoir beauc\p4 ,desc>tes toit dj assez avanc p\r voir qu'il ne savoit ri54 ,en se comp>ant avec t\s ceux qu'on nommoit savants1 il apprit mpris] ce nom4 ,de l au mpris des sci5ces il n'y a qu'un pas4 ,il oublia donc et les lettres1 et les livres1 et l'tude2 et celui qui devoit crer la philosophie en ,europe r5ona p5dant quelque temps t\te espce de connoissance4 ,voil peu prs t\t ce que n\s savons des premires annes de ,desc>tes444 ,note #c3 ,il toit impossible que ,desc>tes demeurt dans l'inaction4 ,il faut un alim5t p\r les mes ard5tes4 ,ds qu'il eut r5onc aux livres1 il s'ab&onna aux plaisirs4 ,eu #afad il fit ,p>is l'essai d'une lib]t dang]euse2 mais son gnie le ram5a bi5tt4 ,t\t--c\p il rompt avec ses amis et ses connoissances2 il l\e une petite maison dans un qu>ti] ds]t du faub\rg ,sa9t-,g]ma91 s'y enf]me avec un ou deux dome/iques1 n'av]tit p]sonne de sa retraite1 et y passe les annes #afae et #afaf appliqu l'tude1 et inconnu presque t\te la t]re4 ,ce ne fut qu'au b\t de plus de deux ans qu'un ami le r5contra p> has>d dans une rue c>te1 s'ob/9a le p\rsuivre jusque *ez lui1 et le r5trana enf9 dans le monde4 ,on peut jug] p> ce seul trait du c>actre de ,desc>tes1 et de la passion que lui inspirait l'tude444 ,note #d3 ,desc>tes avait v+t-un ans lorsqu'il sortit de ,france p\r la premire fois3 c'toit en #afag4 ,il alla d'abord en ,holl&e1 o il demeura deux ans2 ce dut tre p\r lui un spectacle curieux1 qu'un pays o t\t comm5oit natre1 et o t\t toit l'ouvrage de la lib]t4 ,mais s'il y vit un t]ra9 ',s n\veau--cr p\r a9si dire1 et arra* la m]1 s'il vit le spectacle magnifique des canaux1 des digues1 du comm]ce et des villes de la ,holl&e1 il fut aussi tmo9 des qu]elles sanglantes des gom>i/es et des arm9i5s4 ,on sait comm5t l'ambition du pr9ce d',orange v\lut faire s]vir ces gu]res de religion sa gr&eur4 ,b>nevelt1 g de soixante-seize ans1 fut condamn1 et m\rut sur l'*afaud1 p\r avoir v\lu g>antir son pays du despotisme4 ,ce fur5t les premi]s mmoires que l',europe f\rnit ,desc>tes p\r la connoissance de l'esprit huma94 ,eu #afai il passa en ,allemagne4 ,quelques annes plus tt1 il y aurait vu ce ,rodolphe qui conv]soit avec ,ty*o-,brah au lieu de travaill] avec ses m9i/res1 et faisoit avec ,kepl] des tables a/ronomiques t&is que les ,turcs ravageoi5t ses tats4 ,il vit c\ronn] ,franc=t ,f]d9& ,,ii2 et il p>ot qu'il obs]va avec curiosit t\tes ces crmonies1 ou politiques1 ou sacres1 qui r5d5t plus imposant aux yeux des peuples le matre qui doit les g\v]n]4 ,ce c\ronnem5t fut le signal de la fameuse gu]re de tr5te ans4 ,desc>tes passa les annes #afai et #afbj en ,bavire1 dans la ,s\abe1 dans l',autri*e et dans la ,bohme4 ,en #afba il fut en ,hongrie2 il p>c\rut la ,moravie1 la ,silesie1 pntra dans le nord de l',allemagne1 alla en ,pomranie p> les extrmits de la ,pologne1 visita t\tes les ctes de la m] ,baltique1 remonta de ,/ett9 dans la ,m>*e de ,br&eb\rg1 passa au du* de ,meckelh\rg1 et de l dans le ,hol/e91 et enf9 s'emb>qua sur l',elbe1 d'o il ret\rna en ,holl&e4 ,il fut sur le po9t de prir dans ce trajet4 ,p\r tre plus libre1 il avoit pris ,emhd5 un bateau p\r lui seul et son valet4 ,les m>9i]s1 qui son air d\x et tranquille et sa petite taille n'en imposoi5t pas app>emm5t beauc\p1 =mr5t le complot de le tu]1 af9 de pr(it] de ses dp\illes4 ,comme ils ne se d\toi5t pas qu'il ent5dt leur langue1 ils eur5t l'heureuse imprud5ce de t5ir conseil devant lui2 p> bonheur ,desc>tes savoit le holl&ais3 il se lve t\t--c\p1 *ange de cont5ance1 tire l'pe avec fi]t1 et m5ace de p]c] le premi] qui os]oit appro*]4 ,cette heureuse audace les intimida1 et ,desc>tes fut sauv444 ,quatre ou c9q m>9i]s de la ,we/-,frise p5sr5t dispos] de celui qui devoit faire la rvolution de l'esprit huma9444 ,desc>tes passa la f9 de #afba et les premi]s mois de #afbb a ,la ,haye4 ,c'e/ l qu'il vit cet lecteur palat9 qui1 p\r avoir t c\ronn roi1 toit dev5u le plus malheureux des hommes4 ,il passoit sa vie sollicit] des sec\rs et p]dre des batailles4 ,la pr9cesse lisabe? sa fille1 que sa liaison avec ,desc>tes r5dit depuis si fameuse1 avoit alors t\t au plus trois ou quatre ans4 ,elle toit errante avec sa mre1 et p>tageoit des maux qu'elle ne s5toit pas encore4 ,la mme anne ,desc>tes trav]sa les ,pays-,bas espagnols1 et s'arrta la c\r de ,bruxelles4 ,la trve entre l',espagne et la ,holl&e toit rompue4 ,il y vit l'infante ,isabelle1 qui1 s\s un habit de religieuse1 g\v]noit dix prov9ces1 et signoit des ordres p\r livr] des batailles1 peu prs comme on vit ,xim5s g\v]n] l',espagne1 l',amrique et les ,indes1 s\s un habit de cordeli]444 ,en #afbc il fit le voyage d',italie2 il trav]sa la ,suisse1 o il obs]va plus la nature que les hommes2 s'arrta quelque temps dans la ,valtel9e2 vit ,v5ise le m>iage du doge avec la m] ,adriatique444 et arriva enf9 ,rome sur la f9 de #afbd4 ,il y fut tmo9 d'un jubil qui attiroit une quantit prodigieuse de peuple de t\s les b\ts du l',europe4 ,ce mlange de tant de nations diffr5tes tait un spectacle intressant p\r un philosophe4 ,desc>tes y donna t\te son att5tion4 ,il comp>oit les c>actres de t\s ces peuples runis1 comme un amateur habile comp>e1 dans une belle gal]ie de tableaux1 les manires des diffr5tes coles de pe9ture4 ,en #afbe il passa p> la ,toscane3 ,galilo toit alors g de soixante ans1 et l'inquisition ne s'toit pas encore fltrie p> la condamnation de ce gr& homme4 ,en #afca il fit le voyage d',anglet]re1 et en #afcd celui de ,danem>ck4 ,l',espagne et le ,portugal sont les seuls pays de l',europe o ,desc>tes n'ait pas voyag4 ,note #e3 ,desc>tes porta les armes dans sa jeunesse3 d'abord en ,holl&e1 s\s le clbre ,maurice de ,nassau1 qui aff]mit la lib]t fonde p> son pre1 et mrita de balanc] la rputation de ,f>nse2 de l en ,allemagne1 s\s ,maximili5 de ,bavire1 au comm5cem5t de la gu]re de tr5te ans4 ,il vit dans cette gu]re le *oc de deux religions opposes1 l'ambition des *efs1 le fanatisme des peuples1 la fureur des p>tis1 l'abus des succs1 l'orgueil du p\voir1 et tr5te prov9ces dva/es1 p>ce qu'on se disputoit qui g\v]n]oit la ,bohme4 ,il passa ensuite au s]vice de l'emp]eur ,f]d9& ,,ii1 p\r voir de plus prs les tr\bles de la ,hongrie4 ,la mort du comte de ,bucquoy1 gnral de l'arme impriale1 qui fut tu1 dans une dr\te1 de trois c\ps de lance et de plus de tr5te c\ps de pi/olet1 le dgta du mti] des armes4 ,il avoit s]vi environ quatre ans1 et en avoit alors v+t-c9q4 ,on croit p\rtant qu'au sige de ,la ,ro*elle il combattit1 comme volontaire1 dans une bataille contre la flotte anglaise4 ,on se d\te bi5 que l'ambition de ,desc>tes n'toit po9t de dev5ir un gr& capita9e4 ,avide de connotre1 il v\loit tudi] les hommes dans t\s les tats2 et malheureusem5t la gu]re e/ dev5ue un des gr&s spectacles de l'humanit4 ,il avoit d'abord aim cette pr(ession1 comme il l'av\oit lui-mme1 sans d\te p>ce qu'elle conv5oit l'activit inquite de son me2 mais dans la suite1 un c\p d'oeil plus philosophique ne lui laissa voir que le malheur des hommes444 ,note #f3 ,ce fut en #afbe1 au ret\r de son voyage d',italie1 que ,desc>tes ft ses obs]vations sur la cime des ,alpes4 ,il e/ peu d'mes s5sibles ou =tes qui la vue de ces montagnes n'inspire de gr&es ides4 ,l'homme mlancolique y voit une retraite dlicieuse et sauvage1 le gu]ri] s'y rappelle les armes qui les ont trav]ses1 et le philosophe s'y occupe des phnomnes de la nature4 ,desc>tes y composa une p>tie de son sy/me sur les grles1 les neiges1 les tonn]res et les t\rbillons de v5ts444 ,note #g3 ,ds son enfance1 ,desc>tes avoit l'habitude de mdit]4 ,lorsqu'il toit ,la ,fl*e1 on lui p]mettoit1 cause de la foiblesse de sa sant1 de pass] une p>tie des mat9es au lit4 ,il employoit ce temps rfl*ir pr(ondm5t sur les objets de ses tudes2 et il en contracta l'habitude p\r le re/e de sa vie4 ,ce temps1 o le sommeil a rp> les =ces1 o les s5s sont calmes1 o l'ombre et le demi-j\r favoris5t la rv]ie1 et o l'me ne s'e/ po9t encore rp&ue sur les objets qui sont hors d'elle1 lui p>oissoit le plus propre la p5se4 ,c'e/ dans ces mat9es qu'il a fait la plup>t de ses dc\v]tes1 et arrang ses mondes4 ,il porta la gu]re ce mme esprit de mditation4 ,en #afai1 tant en qu>ti] d'hiv] sur les frontires de ,bavire1 dans un lieu trs c>t1 il y passa plusieurs mois dans une solitude pr(onde1 uniquem5t occup mdit]4 ,il *]*oit alors les moy5s de crer une sci5ce n\velle4 ,sa tte1 fatigue sans d\te p> la solitude ou p> le travail1 s'*auffa tellem5t1 qu'il crut avoir des songes my/rieux4 ,il crut voir des fantmes2 il ent5dit une voix qui l'appeloit la re*]*e de la vrit4 ,il ne d\ta po9t1 dit l'hi/ori5 de sa vie1 que ces songes ne v9ss5t du ciel1 et il y mla un s5tim5t de religion444 ,note #h3 ,la premire tude qui atta*a vritablem5t ,desc>tes fut celle des ma?matiques4 ,dans son enfance1 il les tudia avec transport1 et en p>ticuli] l'algbre et l'analyse des anci5s4 ,a l'ge de dix-neuf ans1 lorsqu'il r5ona brusquem5t t\s les plaisirs1 et qu'il passa deux ans dans la retraite1 il employa t\t ce temps l'tude de la gomtrie4 ,en #afag1 tant au s]vice de la ,holl&e1 un inconnu fit affi*] dans les rues de ,brda un problme rs\dre4 ,desc>tes vit un gr& conc\rs de passants qui s'arrtoi5t p\r lire4 ,il s'appro*a2 mais l'affi*e toit en flam&1 qu'il n'ent5doit pas4 ,il pria un homme qui toit ct de lui de la lui expliqu]4 ,c'toit un ma?matici5 nomm ,beckman1 pr9cipal du collge de ,dordre*t4 ,le pr9cipal1 homme grave1 voyant un petit (fici] franais en habit uni=me1 crut qu'un problme de gomtrie n'toit pas =t intressant p\r lui2 et1 app>emm5t p\r le plaisant]1 il lui (frit de lui expliqu] l'affi*e1 condition qu'il rs\droit le problme4 ,c'toit une espce de dfi4 ,desc>tes l'accepta2 le l5dema9 mat9 le problme toit rsolu4 ,beckman fut =t tonn2 il entra en conv]sation avec le jeune homme2 et il se tr\va que le militaire de v+t ans en savoit beauc\p plus sur la gomtrie que le vieux pr(esseur de ma?matiques4 ,deux ou trois ans aprs1 tant ,ulm1 en ,s\abe1 il eut une av5ture peu prs p>eille avec ,faulhab]1 ma?matici5 allem&4 ,celui-ci v5oit de donn] un gros livre sur l'algbre1 et il traitoit ,desc>tes assez le/em5t1 comme un jeune (fici] aimable1 et qui ne p>oissoit pas t\t--fait ignorant4 ,cep5dant un j\r1 quelques que/ions qu'il lui fit1 il se d\ta que ,desc>tes p\voit bi5 avoir quelque mrite4 ,bi5tt1 la cl>t et la rapidit de ses rponses sur les que/ions les plus ab/raites1 il reconnut dans ce jeune homme le plus puissant gnie1 et ne reg>da plus qu'avec respect celui qu'il croyoit honor] en le recevant *ez lui4 ,desc>tes fut li ou du mo9s fut en comm]ce avec t\s les plus savants gomtres de son sicle4 ,il ne se passoit pas d'anne qu'il ne donnt la solution d'un trs gr& nombre de problmes qu'on lui adressoit dans sa retraite2 c> c'toit alors la m?ode entre les gomtres1 peu prs comme les anci5s sages et mmes les rois dans l',ori5t s'envoyoi5t des nigmes dev9]4 ,desc>tes eut beauc\p de "p la fameuse "q de la r\lette et de la cyclode4 ,la cyclode e/ une ligne dcrite p> le m\vem5t d'un po9t de la circonfr5ce d'un c]cle1 t&is que le c]cle fait une rvolution sur une ligne droite4 ,a9si qu& une r\e de c>rosse t\rne1 un des cl\s de la circonfr5ce dcrit dans l'air une cyclode4 ,cette ligne fut dc\v]te p> le ,p4 ,m]s5ne1 explique p> ,rob]val1 exam9e p> ,desc>tes1 qui en dc\vrit la tang5te2 usurpe p> ,toricelli1 qui s'en donna p\r l'inv5teur2 appr(ondie p> ,pascal1 qui contribua beauc\p en dmontr] la nature et les rapports4 ,depuis1 les gomtres les plus clbres1 tels que ,huyg5s1 ,wallis1 ,wr51 ,leibniz1 et les ,b]n\lli1 y travaillr5t encore4 ,avant de f9ir cet article1 il ne s]a peut-tre pas inutile de rem>qu] que ,desc>tes1 qui fut le plus gr& gomtre de son sicle1 p>ut t\j\rs faire assez peu de cas de la gomtrie4 ,il t5ta au mo9s c9q ou six fois d'y r5onc]1 et il y rev5oit sans cesse444 ,note #i3 ,c'e/ un spectacle aussi curieux que philosophique de suivre t\te la m>*e de l'esprit de ,desc>tes1 et de voir t\s les degrs p> o il passa p\r p>v5ir *ang] la face des sci5ces4 ,heureusem5t1 en n\s donnant ses dc\v]tes1 il n\s a indiqu la r\te qui l'y avoit m54 ,il s]oit s\hait] que t\s les inv5teurs euss5t fait de mme2 mais la plup>t n\s on ca* leur m>*e1 et n\s n'avons que le rsultat de leurs travaux4 ,il semble qu'ils ai5t cra9t1 ou de trop in/ruire les hommes1 ou de s'humili] leurs yeux en se montrant eux-mmes luttant contre les difficults4 ,quoi qu'il en soit1 voici la m>*e de ,desc>tes4 ,ds l'ge de qu9ze ans1 il comm5a d\t]4 ,il ne tr\voit dans les leons de ses matres que des op9ions2 et il *]*oit des vrits4 ,ce qui le frappoit le plus1 c'e/ qu'il voyoit qu'on disputoit sur t\t4 ,a dix-sept ans1 ayant f9i ses tudes1 il s'exam9a sur ce qu'il avoit appris3 il r\git de lui-mme2 et1 puisqu'il avoit eu les plus habiles matres1 il conclut que les hommes ne savoi5t ri51 et qu'app>emm5t ils ne p\voi5t ri5 savoir4 ,il r5ona p\r jamais aux sci5ces4 ,a dix-neuf1 il se remit l'tude des ma?matiques1 qu'il avoit t\j\rs aimes4 ,a v+t-un1 il se mit voyag] p\r tudi] les hommes4 ,en voyant *ez t\s les peuples mille *oses extravagantes et =t appr\ves1 il appr5oit1 dit-il1 se dfi] de l'esprit huma91 et ne po9t reg>d] l'exemple1 la c\tume et l'op9ion comme des autorits4 ,a v+t-trois1 se tr\vant dans une solitude pr(onde1 il employa trois ou quatre mois de suite p5s]4 ,le premi] pas qu'il fit fut d'obs]v] que t\s les ouvrages composs p> plusieurs ma9s sont beauc\p mo9s p>faits que ceux qui ont t conu1 entrepris et a*evs p> un seul homme3 c'e/ ce qu'il e/ ais de voir dans les ouvrages d'ar*itecture1 dans les /atues1 dans les tableaux1 et mme dans les plans de lgislation et de g\v]nem5t4 ,son second pas fut d'appliqu] cette ide aux sci5ces4 ,il les vit comme =mes d'une inf9it de pices de rapport1 grossies des op9ions de *aque philosophe1 t\s d'un esprit et d'un c>actre diffr5t4 ,cet assemblage1 cette comb9aison d'ides s\v5t mal lies et mal assorties peut-elle autant appro*] de la vrit que le f]oi5t les raisonnem5ts ju/es et simples d'un seul homme8 ,son troisime pas fut d'appliqu] cette mme ide la raison huma9e4 ,comme n\s sommes enfants avant que d'tre hommes1 notre raison n'e/ que le compos d'une f\le de jugem5ts s\v5t contraires1 qui n\s ont t dicts p> nos s5s1 p> notre n\rrice et p> nos matres4 ,ces jugem5ts n'auroi5t-ils pas plus de vrit et plus d'unit1 si l'homme1 sans pass] p> la faiblesse de l'enfance1 p\voit jug] en naissant1 et compos] lui seul t\tes ses ides8 ,p>v5u jusque l1 ,desc>tes rsolut d't] de son esprit t\tes les op9ions qui y toi5t1 p\r y en sub/itu] de n\velles1 ou y remettre les mmes aprs qu'il les auroit vrifies2 et ce fut son quatrime pas4 ,il v\loit1 p\r a9si dire1 recompos] sa raison1 af9 qu'elle ft lui1 et qu'il pt s'assur] p\r la suite des fondem5ts de ses connoissances4 ,il ne p5soit po9t encore r=m] les sci5ces p\r le public2 il reg>dait t\t *angem5t comme dang]eux4 ,les tablissem5ts une fois faits1 disoit-il1 sont comme ces gr&s corps dont la *ute ne peut tre que trs rude1 et qui sont encore plus difficiles relev] qu& ils sont abattus1 qu' ret5ir qu& ils sont branls4 ,mais comme il s]oit ju/e de blm] un homme qui entrepr5droit de r5v]s] t\tes les maisons d'une ville1 dans le seul desse9 de les rebtir sur un n\veau plan1 il doit tre p]mis un p>ticuli] d'abattre la si5ne1 p\r la recon/ruire sur des fondem5ts plus solides4 ,il entreprit donc d'excut] la premire p>tie de ses desse9s1 qui consi/oit dtruire2 et ce fut son c9quime pas4 ,mais il pr\va bi5tt les plus gr&es difficults4 ,je m'ap]ut1 dit-il1 qu'il n'e/ pas aussi ais un homme de se dfaire de ses prjugs1 que de brl] sa maison4 ,il y travailla con/amm5t plusieurs annes de suite1 et il crut la f9 en tre v5u b\t4 ,je ne sais si je me trompe1 mais cette m>*e de l'esprit de ,desc>tes me p>ot admirable4 ,cont9uons de le suivre4 ,a l'ge de v+t-quatre ans1 il ent5dit p>l] en ,allemagne d'une socit d'hommes qui n'avoit p\r b que la re*]*e de la vrit3 on l'appeloit la confrrie des ,rose-,croix4 ,un de ses pr9cipaux /atuts toit de demeur] ca*e4 ,elle avoit1 ce qu'on dit1 p\r fondateur1 un ,allem& n dans le quatorzime sicle4 ,on raconte de cet homme des *oses m]veilleuses4 ,il avoit pr(ondm5t tudi la magie1 qui toit alors une sci5ce =t importante4 ,il avoit voyag en ,arabie1 en ,turquie1 en ,afrique1 en ,espagne1 avoit vu sur la t]re des sages et des cabali/es1 avoit appris plusieurs secrets de la nature1 et s'toit retir enf9 en ,allemagne1 o il vcut solitaire dans une grotte jusqu' l'ge de c5t six ans4 ,on se d\te bi5 qu'il fit des prodiges p5dant sa vie et aprs sa mort4 ,son hi/oire ne ressemble pas mal celle d',apollonius du ,tyane4 ,on imag9a un soleil dans la grotte o il toit ent]r2 et ce soleil n'avoit d'autre fonction que celle d'clair] son tombeau4 ,la confrrie fonde p> cet homme extraord9aire toit1 dit-on1 *>ge de r=m] les sci5ces dans t\t l'univ]s4 ,en att5dant1 elle ne p>oissoit pas2 et ,desc>tes1 malgr t\tes ses re*]*es1 ne put tr\v] un seul homme qui en ft4 ,il y a cep5dant app>5ce qu'elle exi/oit1 c> on en p>loit beauc\p dans t\te l',allemagne2 on crivoit p\r et contre2 et mme en #afbc on fit l'honneur ces philosophes de les j\] ,p>is1 sur le ?tre de l'htel de ,b\rgogne4 ,desc>tes1 d*u de l'esprance de tr\v] dans cette socit quelques sec\rs p\r ses desse9s1 rsolut dsormais de se pass] des livres et des savants4 ,il ne v\loit plus lire que dans ce qu'il appeloit le gr& livre du monde1 et s'occupait ramass] des expri5ces4 ,a v+t-sept ans1 il pr\va une sec\sse qui lui fit ab&onn] les ma?matiques et la physique2 les unes lui p>oissoi5t trop vides1 l'autre trop inc]ta9e4 ,il v\lut ne plus s'occup] que de la morale2 mais la premire occasion il ret\rnoit l'tude de la nature4 ,emport comme malgr lui1 il s'enfona de n\veau dans les sci5ces ab/raites4 ,il les quitta encore p\r rev5ir l'homme2 il esproit tr\v] plus de sec\rs p\r cette sci5ce1 mais il reconnut bi5tt qu'il s'toit tromp4 ,il vit que dans ,p>is1 comme ,rome et dans ,v5ise1 il y avoit encore mo9s de g5s qui tudioi5t l'homme que la gomtrie4 ,il passa trois ans dans ces alt]natives1 dans ce flux et reflux d'ides contraires1 entran p> son gnie tantt v]s un objet1 tantt v]s un autre1 inquiet et t\rm5t1 et combattant sans cesse avec lui-mme4 ,ce ne fut qu' tr5te-deux ans que t\s ces orages cessr5t4 ,alors il p5sa srieusem5t refaire une philosophie n\velle2 mais il rsolut de ne po9t embrass] de secte1 et de travaill] sur la nature mme4 ,voil p> quels degrs ,desc>tes p>v9t cette gr&e rvolution3 il y fut conduit p> le d\te et l'exam5444 ,note #aj3 ,desc>tes fut trs long-temps inc]ta9 sur le g5re de vie qu'il devoit embrass]4 ,d'abord il prit le p>ti des armes1 comme on l'a vu1 mais il s'en dgta au b\t de quatre ans4 ,en #afbc1 dans le temps des tr\bles de la ,valtel9e1 il eut quelque envie d'tre int5dant de l'arme2 mais ses sollicitations ne pur5t tre assez vives p\r qu'il russt3 il mettoit trop peu de *aleur t\t ce qui n'intressoit que sa =tune4 ,en #afbe1 il fut sur le po9t d'a*et] la *>ge de lieut5ant-gnral de ,*tell]ault2 et comme il toit p]suad que p\r ex]c] une *>ge il falloit tre in/ruit1 il m&a son pre qu'il iroit se mettre ,p>is *ez un procureur au ,*telet1 p\r y appr5dre la pratique4 ,il faut av\] que c'toit l un s+uli] appr5tissage p\r un homme tel que ,desc>tes3 il avoit alors v+t-neuf ans4 ,mais ce projet manqua comme l'autre4 ,s'il avoit russi1 il e/ croire que ,desc>tes auroit fait comme le prsid5t de ,montesquieu1 et qu'il ne ft pas long-temps re/ juge4 ,enf91 aprs avoir pass dix ou d\ze ans obs]v] t\s les tats1 il f9it p> n'en *oisir aucun4 ,il rsolut de g>d] son indp5dance1 et de s'occup] t\t enti] la re*]*e de la vrit4 ,il p5soit sans d\te que c'toit assez remplir son devoir d'homme et de citoy51 de travaill] clair] les hommes4 ,note #aa3 ,ce fut en #afbi1 sur la f9 de m>s1 que ,desc>tes p>tit p\r all] s'tablir en ,holl&e2 il avoit alors tr5te-trois ans4 ,comme sa rsolution auroit p>u extraord9aire1 il n'en av]tit ni ses p>5ts ni ses amis2 il se cont5ta de leur crire avant son d"p4 ,on ne manqua po9t de murmur]4 ,il n'y a que celui qui a pu concevoir un tel projet qui soit capable de l'appr\v]4 ,mais son p>ti toit pris4 ,il n\s r5d compte lui-mme des motifs qui l'engagr5t quitt] la ,france4 ,le premi] fut la raison du climat4 ,il craignoit que la *aleur1 en exaltant un peu trop son imag9ation1 ne lui tt une p>tie du sang-froid et du calme ncessaires p\r les dc\v]tes philosophiques2 le climat de la ,holl&e lui p>ut plus favorable ses desse9s4 ,mais son pr9cipal motif fut la passion qu'il avoit p\r la retraite1 et le dsir de vivre dans une solitude pr(onde4 ,en ,france1 il eut t sans cesse dt\rn de l'tude p> ses p>5ts ou ses amis444 au lieu qu'en ,holl&e il toit sr qu'on n'exig]oit ri5 de lui4 ,il esproit vivre p>faitem5t inconnu1 solitaire au milieu d'un peuple actif qui s'occup]oit de son comm]ce1 t&is que lui s'occup]oit p5s]4 ,comme son gr& b toit la retraits1 il prit t\tes sortes de moy5s p\r n'tre pas dc\v]t4 ,il ne confia sa demeure qu' un seul ami *>g de sa correspondance4 ,jamais il ne datoit ses lettres du lieu o il demeuroit1 mais de quelque gr&e ville o il toit sr qu'on ne le tr\v]ait pas4 ,p5dant plus de v+t ans qu'il demeura en ,holl&e1 il *angea trs s\v5t de sj\r1 fuyant sa rputation p>t\t o elle le p\rsuivoit1 et se drobant aux importuns qui v\loi5t seulem5t l'avoir vu4 ,il habitoit quelquefois dans les gr&es villes2 mais il prfroit ord9airem5t les villages ou les b\rgs1 et le plus s\v5t les maisons solitaires t\t--fait isoles dans la campagne4 ,quelquefois il alloit s'tablir dans une petite maison aux bords de la m]3 on montre encore en plusieurs endroits les maisons qu'il a habites444 ,le gt que ,desc>tes avoit p\r la ,holl&e toit si vif1 qu'il *]*oit y attir] ceux de ses amis qui v\loi5t se retir] du monde4 ,je vais traduire une lettre qu'il crivoit ,balzac sur ce sujet2 on la v]ra peut-tre avec plaisir4 ,je ne suis po9t tonn1 lui dit-il1 qu'une me gr&e et =te1 telle que la vtre1 ne puisse se pli] aux usages s]viles de la c\r4 ,j'ose donc v\s conseill] de v5ir ,am/]dam1 et de v\s y retir]1 plutt que dans des *>treuses1 ou mme dans les lieux les plus agrables de ,france ou d',italie4 ,je prfre mme son sj\r cette solitude *>mante o v\s tiez l'anne d]nire4 ,quelque agrable que soit une maison de campagne1 on y manque de mille *oses qu'on ne tr\ve que dans les villes2 on n'y e/ pas mme aussi seul qu'on le v\droit4 ,peut-tre y tr\v]ez-v\s un ruisseau dont le murmure v\s f]a rv] dlicieusem5t1 ou un vallon solitaire qui v\s jett]a dans l'en*antem5t2 mais aussi v\s aurez v\s df5dre d'une quantit de petits vois9s qui v\s assig]ont sans cesse4 ,ici1 comme t\t le monde1 except moi1 e/ occup au comm]ce1 il ne ti5t qu' moi de vivre inconnu t\t le monde4 ,je me promne t\s les j\rs trav]s un peuple imm5se1 presque aussi tranquillem5t que v\s p\vez le faire dans vos alles4 ,les hommes que je r5contre me font la mme impression que si je voyois les arbres de vos =ts ou les tr\peaux de vos campagnes4 ,le bruit intime de t\s ces comm]ants ne me di/rait pas plus que si j'ent5dois le bruit d'un ruisseau4 ,si je m'amuse quelquefois considr] leurs m\vem5ts1 j'pr\ve le mme plaisir que v\s considr] ceux qui cultiv5t vos t]res3 c> je vois que le b de t\s ces travaux e/ d'embellir le lieu que j'habite1 et de prv5ir t\s mes beso9s4 ,si v\s avez du plaisir voir les fruits crotre dans vos v]g]s1 et v\s promettre l'abondance1 p5sez-v\s que j'en aie mo9s voir t\s les vaisseaux qui abord5t sur mes ctes m'apport] les productions de l',europe et des ,indes8 ,dans quel lieu de l'univ]s tr\v]ez-v\s plus aism5t qu'ici t\t ce qui peut intress] la vanit ou flatt] le gt8 ,y a-t-il un pays dans le monde o l'on soit plus libre1 o le sommeil soit plus tranquille1 o il y ait mo9s de dang]s cra9dre1 o les lois veill5t mieux sur le crime1 o les empoisonnem5ts1 les trahisons1 les calomnies soi5t mo9s connus1 o il re/e enf9 plus de traces de l'heureuse et tranquille innoc5ce de nos pres8 ,je ne sais p\rquoi v\s tes si am\reux de votre ciel d',italie1 la pe/e se mle avec l'air qu'on y respire2 la *aleur du j\r y e/ insupportable2 les fra*eurs du soir y sont malsa9es2 l'ombre des nuits y c\vre des l>c9s et des meurtres4 ,que si v\s craignez les hiv]s du ,nord1 comm5t ,rome1 mme avec des bosquets1 des fonta9es et des grottes1 v\s g>antirez-v\s aussi bi5 de la *aleur1 que v\s p\rrez ici1 avec un bon pole ou une *em9e1 v\s g>antir du froid8 ,je v\s att5ds avec une petite provision d'ides philosophiques qui v\s f]ont peut-tre quelque plaisir2 et1 soit que v\s v5iez ou que v\s ne v5iez pas1 je n'en s]ai pas mo9s votre t5dre et fidle ami4 ,cette lettre e/ trs intressante4 ,d'abord elle n\s fait voir le gt de ,desc>tes p\r la ,holl&e1 et la manire dont il y vivoit4 ,elle n\s montre ensuite son imag9ation et le t\r agrable qu'il savoit donn] ses ides4 ,on a accus la gomtrie de dess*] l'esprit2 je ne sais s'il y a ri5 dans t\t ,balzac o il y ait autant d'esprit et d'agrm5t4 ,l'imag9ation brillante de ,desc>tes se dcle p>t\t dans ses ouvrages2 et s'il n'avoit v\lu tre ni gomtre1 ni philosophe1 il n'auroit encore t5u qu' lui d'tre le plus bel-esprit de son temps4 ,note #ab3 ,le ,disc\rs sur la m?ode p>ut le #h ju9 #afcg4 ,il toit la tte de ses ,essais de philosophie4 ,desc>tes y indique les moy5s qu'il a suivis p\r t*] de p>v5ir la vrit1 et ce qu'il faut faire encore p\r all] plus avant4 ,on y tr\va une pr(ondeur de mditation inconnue jusqu'alors4 ,c'e/ l qu'e/ l'hi/oire de son fameux d\te4 ,il a depuis rpt cette hi/oire dans deux autres ouvrages1 dans le premi] livre de ses ,pr9cipes1 et dans la premire de ses ,mditations mtaphysiques4 ,il falloit qu'il s5tt bi5 vivem5t l'importance et la ncessit du d\te1 p\r y rev5ir jusqu' trois fois1 lui qui toit si av>e de p>oles4 ,mais il reg>doit le d\te comme la base de la philosophie1 et le g>ant sr des progrs qu'on p\rroit y faire dans t\s les sicles444 ,note #ac3 ,les rgles de l'analyse logique1 qu'on peut reg>d] comme la seconde p>tie de sa ,m?ode1 sont indiques dans plusieurs de ses ouvrages1 et rassembles en gr&e p>tie dans un manuscrit qui n'a t imprim qu'aprs sa mort4 ,l'ouvrage e/ intitul1 ,rgles p\r conduire notre esprit dans la re*]*e de la vrit4 ,en voici peu prs la m>*e4 ,v\lez-v\s tr\v] la vrit1 =mez votre esprit1 et r5dez-le capable de bi5 jug]4 ,p\r y p>v5ir1 ne l'appliquez d'abord qu' ce qu'il peut bi5 connotre p> lui-mme4 ,p\r bi5 connotre1 ne *]*ez pas ce qu'on a crit ou p5s avant v\s2 mais sa*ez v\s en t5ir ce que v\s reconnoissez v\s-mme p\r vid5t4 ,v\s ne tr\v]ez po9t la vrit sans m?ode2 la m?ode consi/e dans l'ordre2 l'ordre consi/e rduire les propositions complexes des propositions simples1 et v\s lev] p> degrs des unes aux autres4 ,p\r v\s p]fectionn] dans une sci5ce1 p>c\rez-en t\tes les que/ions et t\tes les bran*es1 en*anant t\j\rs vos p5ses les unes aux autres4 ,qu& votre esprit ne conoit pas1 sa*ez v\s arrt]2 exam9ez long-temps les *oses les plus faciles2 v\s v\s acc\tum]ez a9si reg>d] fixem5t la vrit1 et la reconnotre4 ,v\lez-v\s aiguis] votre esprit et le prp>] dc\vrir un j\r p> lui-mme1 ex]cez-le d'abord sur ce qui a t inv5t p> d'autres4 ,suivez surt\t les dc\v]tes o il y a de l'ordre et un en*anem5t d'ides4 ,qu& il aura exam9 beauc\p de propositions simples1 qu'il s'essaie peu peu embrass] di/9ctem5t plusieurs objets la fois2 bi5tt il acqu]ra de la =ce et de l't5due4 ,enf91 mettez pr(it t\s les sec\rs de l'ent5dem5t1 de l'imag9ation1 de la mmoire et des s5s1 p\r comp>] ce qui e/ dj connu avec1 ce qui ne l'e/ pas1 et dc\vrir l'un p> l'autre4 ,desc>tes divise t\s les objets de nos connoissances en propositions simples et en que/ions4 ,les que/ions sont de deux sortes3 ou on les ent5d p>faitem5t1 quoiqu'on ignore la manire de les rs\dre2 ou la connoissance qu'on en a e/ imp>faite4 ,le plan de ,desc>tes toit de donn] tr5te-six rgles1 c'e/--dire d\ze p\r *acune de ses divisions4 ,il n'a excut que la moiti de l'ouvrage2 mais il e/ ais de voir p> cet essai comm5t il portoit l'esprit de sy/me et d'analyse dans t\tes ses re*]*es1 et avec quelle adresse il dcomposoit1 p\r a9si dire1 t\t le mcanisme du raisonnem5t4 ,note #ad3 ,les ,mditations mtaphysiques de ,desc>tes p>ur5t en #afda4 ,c'toit1 de t\s ses ouvrages1 celui qu'il e/imoit le plus4 ,il le l\oit avec un en?\siasme de bonne foi2 c> il croyoit avoir tr\v le moy5 de dmontr] les vrits mtaphysiques d'une manire plus vid5te que les dmon/rations de gomtrie4 ,ce qui c>actrise surt\t cet ouvrage1 c'e/ qu'il conti5t sa fameuse dmon/ration de ,dieu p> l'ide1 dmon/ration si rpte depuis1 adopte p> les uns1 et rejete p> les autres2 et qu'il e/ le premi] o la di/9ction de l'esprit et de la matire soit p>faitem5t dveloppe1 c> avant ,desc>tes on n'avoit po9t encore bi5 appr(ondi les preuves philosophiques de la spiritualit de l'me4 ,une *ose rem>quable1 c'e/ que ,desc>tes ne donna cet ouvrage au public que p> pr9cipe de consci5ce4 ,ennuy des tracass]ies qu'on lui suscitoit depuis trois ans p\r ses ,essais de philosophie1 il avoit rsolu de ne plus ri5 imprim]4 ,j'aurois1 dit-il1 une v+ta9e d'approbateurs et des milli]s d'ennemis3 ne vaut-il pas mieux me taire1 et m'in/ruire en sil5ce8 ,il crut cep5dant qu'il ne devoit pas supprim] un ouvrage qui p\voit f\rnir ou de n\velles preuves de l'exi/5ce de ,dieu1 ou de n\velles lumires sur la nature de l'me4 ,mais1 avant de le risqu]1 il le communiqua t\s les hommes les plus savants de l',europe1 recueillit leurs objections1 et y rpondit4 ,le clbre ,arnauld fut du nombre de ceux qu'il consulta4 ,arnauld n'avoit alors que v+t-huit ans4 ,desc>tes fut tonn de la pr(ondeur et de l't5due de gnie qu'il tr\va dans ce jeune homme4 ,il s'en falloit de beauc\p qu'il et port le mme jugem5t des objections de ,hobbes et de celles de ,gass5di4 ,il fit imprim] t\tes ces objections1 avec les rponses1 la suite des ,mditations2 et1 p\r leur donn] encore plus de poids1 le philosophe ddia son ouvrage la ,sorbonne4 ,je veux m'appuy] de l'autorit1 disoit-il1 puisque la vrit e/ si peu de *ose qu& elle e/ seule4 ,il n'avoit po9t encore pris assez de prcautions4 ,ce livre1 appr\v p> les docteurs1 discut p> des savants1 ddi la ,sorbonne1 et o le gnie s'puise pr\v] l'exi/5ce de ,dieu et la spiritualit de l'me1 fut mis1 v+t-deux ans aprs1 l'index ,rome4 ,note #ae3 ,on a t tonn que1 dans ses ,mditations mtaphysiques1 ,desc>tes n'ait po9t p>l de l'immortalit de l'me4 ,ses ennemis avoi5t beau jeu2 et ils n'ont pas manqu de pr(it] de ce sil5ce p\r l'accus] de n'y pas croire4 ,mais il n\s appr5d lui-mme1 p> une de ses lettres1 qu'ayant tabli clairem5t dans cet ouvrage la di/9ction de l'me et de la matire1 il suivoit ncessairem5t de cette di/9ction que l'me p> sa nature ne p\voit prir avec le corps444 ,note #af3 ,la ,gomtrie de ,desc>tes p>ut en #afcg avec le ,trait de la m?ode1 son ,trait des mtores et sa ,dioptrique4 ,ces quatre traits runis ensemble =moi5t ses ,essais de philosophie4 ,sa ,gomtrie toit si =t au-dessus de son sicle1 qu'il n'y avoit rellem5t que trs peu d'hommes en tat de l'ent5dre4 ,c'e/ ce qui arriva depuis ,newton2 c'e/ ce qui arrive presque t\s les gr&s hommes4 ,il faut que leur sicle c\re aprs eux p\r les atte9dre4 ,outre que sa ,gomtrie toit trs pr(onde et entirem5t n\velle1 p>ce qu'il avoit comm5c o les autres avai5t f9i1 il av\e lui-mme dans une de ses lettres qu'il n'avoit pas t f* d'tre un peu obscur1 af9 de mortifi] un peu ces hommes qui sav5t t\t4 ,si on l'et ent5du trop aism5t1 on n'auroit pas manqu de dire qu'il n'avait ri5 crit de n\veau1 au lieu que la vanit humilie toit =ce de lui r5dre hommage4 ,dans une autre lettre1 on voit qu'il calcule avec plaisir les gomtres en ,europe qui sont en tat de l'ent5dre4 ,il en tr\ve trois ou quatre en ,france1 deux en ,holl&e1 et deux dans les ,pays-,bas espagnols444 ,note #ag3 ,presque t\te la physique de ,desc>tes e/ r5f]me dans son livre des ,pr9cipes4 ,cet ouvrage1 qui p>ut en #afdd1 e/ divis en quatre p>ties4 ,la premire e/ t\te mtaphysique1 et conti5t les pr9cipes des connoissances huma9es4 ,la seconde e/ sa physique gnrale1 et traite des premires lois de la nature1 des lm5ts de la matire1 des proprits de l'espace et du m\vem5t4 ,la troisime e/ l'explication p>ticulire du sy/me du monde et de l'arrangem5t des corps cle/es4 ,la quatrime conti5t t\t ce qui conc]ne la t]re444 ,note #ah3 ,trait des mtores1 imprim en #afcg1 comme on l'a dj dit4 ,ce fut un des ouvrages de ,desc>tes qui pr\va le mo9s de contradiction4 ,au re/e1 ce ne s]oit pas une manire t\j\rs sre de l\] un ouvrage philosophique2 mais quelquefois aussi les hommes font grce la vrit4 ,c'e/ le premi] morceau de physique que ,desc>tes donna444 ,note #ai3 ,trait de la dioptrique1 imprim aussi en #afcg1 la suite du ,disc\rs sur la m?ode444 ,note #bj3 ,trait de musique1 compos p> ,desc>tes en #afah1 dans le temps qu'il s]voit en ,holl&e4 ,il n'avoit alors que v+t-deux ans4 ,cet ouvrage de sa jeunesse ne fut imprim qu'aprs sa mort4 ,il fut comm5t et traduit en plusieurs langues2 mais il ne fit po9t de rvolution444 ,note #ba3 ,il s'en faut de beauc\p que le ,trait de mcanique de ,desc>tes soit complet4 ,desc>tes le composa la hte en #afcf1 p\r faire plaisir un de ses amis1 pre du fameux ,huyg5s4 ,c'tait un prs5t que le gnie (froit l'amiti4 ,il esproit dans la suite refondre cet ouvrage1 et lui donn] une ju/e t5due2 mais il n'en eut po9t le temps4 ,on le fit imprim] aprs sa mort1 p> cette curiosit naturelle qu'on a de rassembl] t\t ce qui e/ sorti des ma9s d'un gr& homme4 ,ce petit trait p>ut p\r la premire fois en #affh4 ,note #bb3 ,t\t le monde connat ,desc>tes comme mtaphysici51 comme physici5 et comme gomtre2 mais peu de g5s sav5t qu'il fut encore un trs gr& anatomi/e4 ,comme le b gnral de ses travaux toit l'utilit des hommes1 au lieu de cette philosophie va9e et spculative qui jusqu'alors avait rgn dans les coles1 il v\loit une philosophie pratique1 o *aque connoissance se ralist p> un effet1 et qui se rapportt t\t entire au bonheur du g5re huma94 ,les deux bran*es de cette philosophie devoi5t tre la mdec9e et la mcanique4 ,p> l'une1 il v\loit aff]mir la sant de l'homme1 dim9u] ses maux1 t5dre son exi/5ce1 et peut-tre affoiblir l'impression de la vieillesse2 p> l'autre1 facilit] ses travaux1 multipli] ses =ces1 et le mettre en tat d'embellir son sj\r4 ,desc>tes toit surt\t p\vant du passage rapide et presque in/antan de l'homme sur la t]re4 ,il crut qu'il ne s]oit peut-tre pas impossible d'en prolong] l'exi/5ce4 ,si c'e/ un songe1 c'e/ du mo9s un beau songe1 et il e/ d\x de s'en occup]4 ,il y a mme un co9 de gr&eur dans cette ide2 et les moy5s que ,desc>tes proposa p\r l'excution de ce projet n'tai5t pas mo9s gr&s3 c'toit de saisir et d'embrass] t\s les rapports qu'il y a entre t\s les lm5ts1 l'eau1 l'air1 le feu1 et l'homme2 entre t\tes les productions de la t]re1 et l'homme2 entre t\tes les influ5ces du soleil et des a/res1 et l'homme2 entre l'homme enf91 et t\s les po9ts de l'univ]s les plus rappro*s de lui3 ide va/e1 qui accuse la foiblesse de l'esprit huma91 et ne p>ot t\*] des erreurs que p>ceque1 p\r la ralis]1 ou peut-tre mme p\r la bi5 concevoir1 il faudrait une intellig5ce suprieure la ntre4 ,on voit p> l dans quelle vue il tudioit la physique4 ,on peut aussi jug] de quelle manire il p5soit sur la mdec9e actuelle4 ,en r5dant ju/ice aux travaux d'une inf9it d'hommes clbres qui se sont appliqus cet art utile et dang]eux1 il p5soit que ce qu'on savoit jusqu' prs5t n'toit presque ri51 en comp>aison de ce qui re/oit savoir4 ,il v\loit donc que la mdec9e1 c'e/--dire la physique applique au corps huma91 fut la gr&e tude de t\s les philosophes4 ,qu'ils se ligu5t t\s ensemble1 disait-il dans un de ses ouvrages2 que les uns comm5c5t o les autres auront f9i3 en joignant a9si les vies de plusieurs hommes et les travaux de plusieurs sicles1 on =m]a un va/e dpt de connoissances1 et l'on assujettira enf9 la nature l'homme4 ,mais le premi] pas toit de bi5 connotre la /ructure du corps huma94 ,il comm5a donc l'excution de son plan p> l'tude de l'anatomie4 ,il y employa t\t l'hiv] de #afbi2 il cont9ua cette tude p5dant plus de d\ze ans1 obs]vant t\t et expliquant t\t p> les causes naturelles4 ,il ne lisoit presque po9t1 comme on l'a dj dit plus d'une fois4 ,c'toit dans les corps qu'il tudioit les corps4 ,il joignit cette tude celle de la *imie1 laissant t\j\rs les livres et reg>dant la nature4 ,c'e/ d'aprs ces travaux qu'il composa son ,trait de l'homme4 ,ds qu'il p>ut1 on le mit au nombre de ses plus beaux ouvrages4 ,il n'y en a peut-tre mme aucun dont la m>*e soit aussi h>die et aussi neuve4 ,la manire dont il y explique t\t le mcanisme et t\t le jeu des ressorts dut tonn] le sicle des qualits occultes et des =mes sub/antielles4 ,avant lui on n'avoit po9t os assign] les actions qui dp5d5t de l'me1 et celles qui ne sont que le rsultat des m\vem5ts de la ma*9e4 ,il semble qu'il ait v\lu pos] les bornes entre les deux empires4 ,cet ouvrage n'toit po9t a*ev qu& ,desc>tes m\rut2 il ne fut imprim que dix ans aprs sa mort4 ,note #bc3 ,desc>tes composa son ,trait des passions en #afdf1 p\r l'usage p>ticuli] de la pr9cesse lisabe?4 ,il l'avoit envoy manuscrit la re9e de ,sude sur la f9 de #afdg2 il le fit imprim]1 la sollicitation de ses amis1 eu #afdi4 ,son desse91 dit-il1 dans la composition de cet ouvrage1 toit d'essay] si la physique p\rroit lui s]vir tablir des fondem5ts c]ta9s dans la morale4 ,aussi n'y traite-t-il gure les passions qu'en physici54 ,c'toit encore un ouvrage n\veau et t\t--fait orig9al4 ,on y voit1 presque *aque pas1 l'me et le corps agir et ragir l'un sur l'autre2 et on croit1 p\r a9si dire1 t\*] les li5s qui les uniss5t4 ,note #bd3 ,c'e/ en #afcc que ,galile fut condamne p> l'inquisition1 p\r avoir enseign le m\vem5t de la t]re4 ,il y avoit dj quatre ans que ,desc>tes travailloit en ,holl&e4 ,l'emprisonnem5t de ,galile fit une si =te impression sur lui qu'il fut sur le po9t de brl] t\s ses papi]s444 ,note #be3 ,il e/ trs sr que ,desc>tes prvit t\tes les p]scutions qui l'att5doi5t4 ,il avoit s\v5t rsolu de ne ri5 faire imprim]1 et il ne cda jamais qu'aux plus pressantes sollicitations de ses amis4 ,s\v5t il regretta son loisir1 qui lui *appoit p\r un va9 fantme de gloire4 ,newton1 aprs lui1 eut le mme s5tim5t2 et au milieu des qu]elles philosophiques1 il se repro*a plus d'une fois d'avoir p]du son repos4 ,a9si les hommes qui ont le plus clair le g5re huma9 ont t =cs s'en rep5tir4 ,au re/e1 ,desc>tes ne fut jamais plus philosophe que lorsque ses ennemis l'toi5t le mo9s444 ,desc>tes crut qu'il valoit mieux m9] ins5siblem5t les b>rires1 que de les r5v]s] avec clat4 ,il v\lut ca*] la vrit comme on ca*e l'erreur4 ,il t*a de p]suad] que ses pr9cipes tai5t les mmes que ceux d',ari/ote4 ,sans cesse il recomm&oit la modration ses disciples4 ,mais il s'en falloit bi5 que ses disciples fuss5t aussi philosophes que lui4 ,ils toi5t trop s5sibles la gloire de ne pas p5s] comme le re/e des hommes4 ,la p]scution les animoit encore1 et aj\toit l'en?\siasme4 ,desc>tes et cons5ti tre ignor p\r tre utile3 mais ses disciples j\issoi5t avec orgueil des lumires de leur matre1 et insultoi5t l'ignorance qu'ils avoi5t combattre4 ,ce n'toit pas le moy5 d'avoir raison4 ,note #bf3 ,gisb]t ,votius1 fameux ?ologi5 prote/ant1 et m9i/re d',utre*t1 n en #aehi1 et mort en #afgf3 il vcut #hg ans1 taudis que ,desc>tes m\rut #ed4 ,il toit tel qu'on l'a pe9t dans ce disc\rs444 ,t\t ce qu'on raconte de ses p]scutions contre ,desc>tes e/ exactem5t tir de l'hi/oire4 ,il comm5a ses ho/ilits en #afci1 p> des ?ses sur l'a?isme4 ,desc>tes n'y toit po9t nomm2 mais on avoit eu so9 d'y insr] t\tes ses op9ions comme celles d'un a?e4 ,en #afdj1 secondes et troisimes ?ses1 o toit r5\vele la mme calomnie4 ,rgius1 disciple de ,desc>tes1 et pr(esseur de mdec9e1 s\t5oit la circulation du sang4 ,autre crime contre ,desc>tes3 on joignit cette accusation celle d'a?isme2 ordonnance des magi/rats qui df5d5t d'introduire des n\veauts dang]euses4 ,en #afda1 ,votius se fait lire recteur de l'univ]sit d',utre*t4 ,n'osant po9t encore attaqu] le matre1 il veut d'abord faire condamn] le disciple comme hrtique4 ,quatrimes ?ses publiques contre ,desc>tes4 ,en #afdb1 dcret des magi/rats p\r df5dre d'enseign] la philosophie n\velle4 ,cep5dant les libelles pleuvoi5t de t\te "p2 et le philosophe toit tranquille au milieu des orages1 s'occupant en paix de ses mditations4 ,en #afdc1 ,votius eut rec\rs des tr\pes auxiliaires4 ,il alla les *]*] dans l'univ]sit de ,gron+ue1 o un nomm ,s*oockius s'associa ses fureurs4 ,c'toit un de ces m*ants subalt]nes qui n'ont pas mme l'audace du crime et qui1 trop l*es p\r attaqu] p> eux-mmes1 sont assez vils p\r nuire s\s les ordres d'un autre4 ,il dbuta p> un gros livre contre ,desc>tes1 dont le b tait de pr\v] que la n\velle philosophie m5oit droit au scepticisme1 l'a?isme et la frnsie4 ,desc>tes crut enf9 qu'il toit temps de rpondre4 ,il avoit dj crit une petite lettre sur ,votius2 et celui-ci n'avoit pas manqu de la faire condamn]1 comme injurieuse et att5tatoire la religion r=me1 dans la p]sonne d'un de ses pr9cipaux pa/eurs4 ,dans sa rponse contre le n\veau livre1 ,desc>tes se proposoit trois *oses3 d'abord de se ju/ifi] lui-mme1 c> jusqu'alors il n'avoit ri5 rpondu plus de d\ze libelles2 ensuite de ju/ifi] ses amis et ses disciples2 enf91 de dmasqu] un homme aussi odieux que ,votius1 qui1 p> une ignorance h>die1 et s\s le masque de la religion1 sduisoit la populace et aveugloit les magi/rats4 ,mais les esprits c'toi5t trop *auffs2 il ne russit po9t4 ,s5t5ce contre ,desc>tes1 o ses lettres sur ,votius sont dcl>es libelles diffamatoires4 ,ce fut alors que les magi/rats travaillr5t lui faire son procs secrtem5t1 et sans qu'il en ft av]ti4 ,leur int5tion toit de le condamn] comme a?e et comme calomniateur3 comme a?e1 p>ce qu'il avoit donn de n\velles preuves de l'exi/5ce de ,dieu2 comme calomniateur4 ,p>ce qu'il avoit rep\ss les calomnies de ses ennemis4444 ,desc>tes apprit p> une espce de has>d qu'on lui faisoit son procs4 ,il s'adressa l'ambassadeur de ,france1 qui heureusem5t1 p> l'autorit du pr9ce d',orange1 fit arrt] les procdures1 dj trs avances4 ,il sut alors t\tes les noirceurs de ses ennemis2 il sut t\tes les intrigues de ,votius3 ce sclrat1 p\r faire circul] le poison1 avoit rp&u dans t\tes les compagnies d',utre*t des hommes *>gs de le dcri]4 ,il v\loit qu'on ne pronont son nom qu'avec horreur4 ,on le peignoit aux ca?oliques comme a?e1 aux prote/ants comme ami des jsuites4 ,il y avoit dans t\s les esprits une si gr&e f]m5tation1 que p]sonne n'osoit plus se dcl>] son ami4444 ,note #bg3 ,depuis que ,desc>tes se fut tabli en ,holl&e1 il fit trois voyages en ,france1 en #afdd1 #afdg et #afdh4 ,dans le premi]1 il vit trs peu de monde1 et n'apprit qu' se dgt] de ,p>is4 ,ce qu'il y fit de mieux fut la connoissance de ,m4 de ,*anut1 depuis ambassadeur en ,sude4 ,comme leurs mes se conv5oi5t1 leur amiti fut bi5tt trs vive4 ,m4 de ,*anut mloit l'admiration p\r un gr& homme un s5tim5t plus t5dre et plus fait p\r r5dre heureux4 ,il sollicita auprs du c>d9al ,maz>91 alors m9i/re1 une p5sion p\r ,desc>tes4 ,on ne sait p\rquoi la p5sion lui fut refuse4 ,en #afdh1 les hi/ori5s prt5d5t qu'il fut appel en ,france p> les ordres du roi4 ,l'int5tion de la c\r1 disoit-on1 toit de lui faire un tablissem5t honorable et digne de son mrite4 ,on lui fit mme expdi] d'avance le brevet d'une p5sion1 et il en reut les lettres en p>*em94 ,sur cette esprance il arrive ,p>is2 il se prs5te la c\r4 ,t\t toit en feu3 c'toit le comm5cem5t de la gu]re de la ,fronde4 ,il tr\va qu'on avoit fait pay] un de ses p>5ts l'expdition du brevet1 et qu'il en devoit l'arg5t4 ,il le paya en effet2 ce qui lui fit dire plaisamm5t que jamais il n'avoit a*et p>*em9 plus *]4 ,voil t\t ce qu'il retira de son voyage4 ,ceux qui l'avoi5t appel fur5t curieux de le voir1 non p\r l'ent5dre et pr(it] de ses lumires1 mais p\r connotre sa figure4 ,je m'ap]u1 dit-il dans une de ses lettres1 qu'on v\loit m'avoir en ,france1 peu prs comme les gr&s seigneurs veul5t avoir dans leur mnag]ie un lphant1 ou un lion1 ou quelques animaux r>es4 ,ce que je pus p5s] de mieux sur leur compte1 ce fut de les reg>d] comme des g5s qui aurai5t t bi5 aises de m'avoir dn] *ez eux2 mais en arrivant1 je tr\vai leur cuis9e en dsordre et leur m>mite r5v]se4 ,au re/e1 il ne faut po9t omettre ici le ju/e loge dit au *anceli] ,segui]1 qui di/+ua ,desc>tes comme il le devoit1 et le traita avec le respect d un homme qui honorait son sicle et sa nation4 ,note #bh3 ,il s'en falloit de beauc\p que t\te la famille de ,desc>tes lui r5dt ju/ice1 et s5tt l'honneur que ,desc>tes lui faisoit4 ,il e/ vrai que son pre l'aimoit t5drem5t1 et l'appeloit t\j\rs son *] philosophe2 mais le frre an de ,desc>tes avoit p\r lui trs peu de considration4 ,ses p>5ts1 dit l'hi/ori5 de sa vie1 sembloi5t le compt] p\r peu de *ose dans sa famille1 et1 ne le reg>dant plus que s\s le titre odieux de philosophe1 t*oi5t de l'effac] de leur mmoire1 comme s'il et t la honte de sa race4 ,on lui donna une m>que bi5 cruelle de cette indiffr5ce1 la mort de son pre4 ,ce vieill>d respectable1 doy5 du p>lem5t de ,bretagne1 m\rut en #afdj1 g de soixante et dix-huit ans2 on n'in/ruisit ,desc>tes ni de sa maladie ni de sa mort4 ,il y avoit dj prs de qu9ze j\rs que ce bon vieill>d toit ent]r1 qu& ,desc>tes lui crivit la lettre du monde la plus t5dre4 ,il se ju/ifioit d'habit] dans un pays trang]1 lo9 d'un pre qu'il aimoit4 ,il lui m>quoit le dsir qu'il avoit de faire un voyage en ,france p\r le revoir1 p\r l'embrass]1 p\r recevoir encore une fois sa bndiction444 ,qu& la lettre de ,desc>tes arriva1 il y avoit dj un mois que son pre tait mort4 ,on se s\v9t alors qu'il y avoit dans les pays trang]s une autre p]sonne de la famille1 et on lui crivit p> bi5sance4 ,desc>tes ne se consola po9t de n'avoir pas reu les d]nires p>oles et les d]ni]s embrassem5ts de son pre4 ,il n'eut pas plus se l\] de son frre dans les arrangem5ts qu'il fit avec lui p\r ses affaires de famille et les rglem5ts de succession4 ,ce frre toit un homme intress et avide1 et qui savoit bi5 que les philosophes n'aim5t po9t plaid]2 en consqu5ce1 il tira t\t le p>ti qu'il put de cette d\ceur philosophique4 ,il faut conv5ir que les neveux de ,desc>tes r5dir5t la mmoire de leur oncle t\t l'honneur qu'il mritoit2 mais le nom de ,desc>tes toit alors le premi] nom de la ,france4 ,note #bi3 ,elisabe? de ,bohme1 pr9cesse palat9e1 fille de ce fameux lecteur palat9 qui disputa ,f]d9& ,,ii les royaumes de ,hongrie et de ,bohme1 ne en #afah4 ,on sait qu'elle fut la premire disciple de ,desc>tes4 ,elle eut encore un titre plus *]3 elle fut son amie2 c> l'amiti fait quelquefois ce que la philosophie mme ne fait pas1 elle comble l'int]valle qui e/ entre les rangs4 ,elisabe? avoit t re*]*e p> ,ladislas ,,iv1 roi de ,pologne2 mais elle prfra le plaisir de cultiv] son me dans la retraite l'honneur d'occup] un trne4 ,sa mre1 dans son enfance1 lui avoit appris six langues2 elle possdoit p>faitem5t les belles-lettres4 ,son gnie la porta aux sci5ces pr(ondes4 ,elle tudia la philosophie et les ma?matiques2 mais ds que les premi]s ouvrages de ,desc>tes lui tombr5t entre les ma9s1 elle crut n'avoir ri5 appris jusqu'alors4 ,elle le fit pri] de la v5ir voir1 p\r qu'elle put l'ent5dre lui-mme4 ,desc>tes lui tr\va un esprit aussi facile que pr(ond2 en peu de temps1 elle fut au niveau de sa gomtrie et de sa mtaphysique4 ,bi5tt aprs ,desc>tes lui ddia ses ,pr9cipes2 il la flicite d'avoir su runir tant de connoissances dans un ge o la plup>t des femmes ne sav5t que plaire4 ,cette ddicace n'e/ po9t un monum5t de flatt]ie2 l'homme qui l\e y p>ot t\j\rs un philosophe qui p5se4 ,comm5t1 dit-il1 la tte d'un ouvrage o je jette les fondem5ts de la vrit1 os]ois-je la trahir8 ,il cont9ua jusqu' la f9 de sa vie un comm]ce de lettres avec elle4 ,s\v5t cette pr9cesse fut malheureuse2 ,desc>tes la consoloit alors4 ,malheureux et t\rm5t lui-mme1 il tr\voit dans son propre coeur cette loqu5ce d\ce qui va *]*] l'me des autres1 et ad\cit le s5tim5t de leurs pe9es4 ,aprs avoir t long-temps errante et presque sans asile1 ,elisabe? se retira enf9 dans une abbaye de la ,we/phalie1 o elle fonda une espce d'acadmie de philosophes laquelle elle prsidoit4 ,le nom de ,desc>tes n'y toit jamais prononc qu'avec respect2 sa mmoire lui toit trop *re p\r l'oubli]4 ,elle lui survcut prs de tr5te ans1 et m\rut eu #afhj4 ,note #cj3 ,c'e/ une *ose rem>quable que ,desc>tes ait eu p\r disciples les deux femmes les plus clbres de son temps444 ,je ne m't5drai po9t sur l'hi/oire de ,*ri/9e1 t\t le monde la connot4 ,ce fut ,m4 de ,*anut qui le premi] engagea cette re9e lire les ouvrages de ,desc>tes4 ,en #afdg1 elle lui fit crire1 p\r savoir de lui en quoi consi/oit le s\v]a9 bi54 ,la plup>t des pr9ces1 ou ne font pas ces que/ions-l1 ou les font des c\rtisans plutt qu' des philosophes2 et alors la rponse e/ facile dev9]4 ,celle de ,desc>tes fut un peu diffr5te3 il faisoit consi/] le s\v]a9 bi5 dans la volont t\j\rs f]me d'tre v]tueux1 et dans le *>me de la consci5ce qui j\it de sa v]tu4 ,c'tait une belle leon de morale p\r une re9e2 ,*ri/9e en fut si cont5te1 qu'elle lui crivit de sa ma9 p\r le rem]ci]4 ,peu de temps aprs1 ,desc>tes lui envoya son ,trait des passions4 ,en #afdi1 la re9e lui fit faire les plus vives in/ances p\r l'engag] v5ir ,/ockholm1 et dj elle avoit donn ordre un de ses amiraux p\r l'all] pr5dre et le conduire en ,sude4 ,le philosophe1 avant de quitt] sa retraite1 hsita long-temps3 il e/ probable qu'il fut dcid p> t\tes les p]scutions qu'il essuyoit en ,holl&e4 ,il p>tit enf91 et arriva au comm5cem5t d'octobre ,/ockholm4 ,la re9e le reut avec une di/9ction qu'on dut rem>qu] dans une c\r4 ,elle comm5a p> l'exempt] de t\s les assujettissem5ts des c\rtisans2 elle s5toit bi5 qu'ils n'toi5t pas faits p\r ,desc>tes4 ,elle conv9t ensuite avec lui d'une heure o elle p\rroit l'entret5ir t\s les j\rs et recevoir ses leons4 ,on s]a assez tonn qu& on saura que ce r5dez-v\s d'un philosophe et d'une re9e toit c9q heures du mat91 dans un hiv] trs cruel4 ,*ri/9e1 passionne p\r les sci5ces1 s'toit fait un plan de comm5c] la j\rne p> ses tudes1 af9 de p\voir donn] le re/e au g\v]nem5t de ses tats4 ,elle n'accordait au repos que le temps qu'elle ne p\vait lui refus]1 et n'avoit d'autre dlassem5t que la conv]sation de ceux qui p\voi5t l'in/ruire4 ,elle fut si satisfaite de la philosophie de ,desc>tes1 qu'elle rsolut de le fix] dans ses tats p> t\tes sortes de moy5s4 ,son projet toit de lui donn]1 titre de seigneurie1 des t]res considrables dans les prov9ces les plus mridionales de la ,sude1 p\r lui et p\r ses hriti]s p]ptuit4 ,elle esproit a9si l'en*an] p> ses bi5faits4 ,malgr les bonts de la re9e1 il p>ot que ,desc>tes eut t\j\rs un s5tim5t de prfr5ce p\r la pr9cesse palat9e1 soit que1 celle-ci ayant t sa premire disciple1 il dt tre plus flatt de cet hommage2 soit que les malheurs d'une jeune pr9cesse la r5diss5t plus intressante aux yeux d'un philosophe s5sible4 ,ce qu'il y a de sr1 c'e/ qu'il employa t\t son crdit auprs de ,*ri/9e p\r s]vir ,elisabe?3 mais l'intrt mme qu'il p>ut y pr5dre l'emp*a probablem5t de russir2 c> la re9e de ,sude1 assez gr&e p\r aspir] l'amiti de ,desc>tes1 ne l'toit pas assez p\r cons5tir p>tag] ce s5tim5t avec une autre4 ,note #ca3 ,les qualits p>ticulires de ,desc>tes toi5t telles qu'on les indique ici4 ,on doit lui en savoir gr2 la v]tu e/ peut-tre plus r>e que les tal5ts1 et le philosophe spculatif n'e/ pas t\j\rs philosophe pratique4 ,desc>tes fut l'un et l'autre4 ,ds sa jeunesse il avoit raisonn sa morale4 ,en r5v]sant ses op9ions p> le d\te1 il vit qu'il falloit g>d] des pr9cipes p\r se conduire4 ,voici quels toi5t les si5s3 #a d'obir en t\t temps aux lois et aux c\tumes de son pays2 #b de n'en*an] jamais sa lib]t p\r l'av5ir2 #c de se dcid] t\j\rs p\r les op9ions modres1 p>ceque1 dans le moral1 t\t ce qui e/ extrme e/ presque t\j\rs vicieux2 #d de travaill] se va9cre soi-mme1 plutt que la =tune1 p>ceque l'on *ange ses dsirs plutt que l'ordre du monde1 et que ri5 n'e/ en notre p\voir que nos p5ses4 ,ce fut l p\r a9si dire la base de sa conduite4 ,on voit que cet homme s+uli] s'toit fait une m?ode p\r agir1 comme il s'en fit une p\r p5s]4 ,il fut de bonne heure indiffr5t p\r la =tune1 qui de son ct le fit ri5 p\r lui4 ,son bi5 de patrimo9e n'alloit pas au-del de six ou sept mille livres2 c'toit tre pauvre p\r un homme acc\tum dans son enfonce beauc\p de beso9s1 et qui v\lait tudi] la nature2 c> il y a une f\le de connoissances qu'on n'a qu' prix d'arg5t4 ,sa mdiocrit ne lui cota po9t un dsir4 ,il avoit sur les ri*esses un s5tim5t bi5 honnte1 et que t\s les coeurs ne s5tiront pas3 il e/imoit plus mille francs de patrimo9e1 que dix mille livres qui lui s]oi5t v5ues d'ailleurs4 ,jamais il ne v\lut accept] de sec\rs d'aucun p>ticuli]4 ,le comte d',avaux lui envoya une somme considrable en ,holl&e3 il la refusa4 ,plusieurs p]sonnes de m>que lui fir5t les mmes (fres3 il les rem]cia1 et se *>gea de la reconnoissance1 sans se *>g] du bi5fait4 ,c'e/ au public1 disoit-il1 pay] ce que je fais p\r le public4 ,il se faisoit ri*e en dim9uant sa dp5se4 ,son habillem5t toit trs philosophique1 et sa table trs frugale4 ,du mom5t qu'il fut retir en ,holl&e1 il fut t\j\rs vtu d'un simple drap noir4 ,a table il prfroit1 comme le bon ,plut>que1 les lgumes et les fruits la *air des animaux4 ,ses aprs-d9es toi5t p>tages entre la conv]sation de ses amis et la culture de son j>d94 ,occup le mat9 du sy/me du monde1 il alloit le soir cultiv] ses fleurs4 ,sa sant toit faible2 mais il en pr5oit so9 sans en tre esclave4 ,on sait combi5 les passions influ5t sur elle2 ,desc>tes en toit vivem5t p]suad1 et il s'appliquoit sans cesse les rgl]4 ,c'e/ a9si que ,m4 de ,font5elle e/ p>v5u vivre prs d'un sicle4 ,il faut av\] que ce rgime ne russit pas si bi5 ,desc>tes2 mais1 dcrivoit-il un j\r1 au lieu de tr\v] le moy5 de cons]v] la vie1 j'en ai tr\v un autre bi5 plus sr1 c'e/ celui de ne pas cra9dre la mort4 ,il *]*oit la solitude1 autant p> gt que p> sy/me4 ,il avoit pris p\r devise ce v]s d',ovide3 ,b5e qui latuit1 b5e vixit1 ,vivre ca*1 c'e/ vivre heureux2 et ces autres de ,snque3 ,illi mors gravis incubat1 qui notus nimis omnibus1 ignotus moritur sibi1 ,malheureux en m\rant1 qui1 trop connu des autres1 meurt sans se connotre lui-mme4 ,il devoit donc avoir une espce d'indiffr5ce p\r la gloire1 non p\r la mrit]1 mais p\r en j\ir4444 ,desc>tes craignoit la rputation1 et s'y droboit4 ,il la reg>doit surt\t comme un ob/acle sa lib]t et son loisir1 les deux plus gr&s bi5s d'un philosophe1 disoit-il4 ,on se d\te bi5 qu'il n'toit pas gr& p>leur4 ,il n'et pas brill dans ces socits o l'on dit d'un ton facile des *oses lgres1 et o l'on p>c\rt v+t objets sans s'arrt] sur aucun4444 ,l'habitude de mdit] et de vivre seul l'avoit r5du taciturne2 mais ce qu'on ne croirait peut-tre pas1 c'e/ qu'elle ne lui avoit ri5 t de son enj\em5t naturel4 ,il avoit t\j\rs de la gaiet1 quoiqu'il n'et pas t\j\rs de la joie4 ,la philosophie n'exempte pas des fautes1 mais elle appr5d les connotre et s'en corrig]4 ,desc>tes av\oit ses erreurs1 sans s'ap]cevoir mme qu'il en ft plus gr&4 ,c'e/ avec la mme fran*ise qu'il s5toit son mrite1 et qu'il en conv5oit4 ,on ne manquait po9t d'appel] cela de la vanit2 mais s'il en avoit eu1 il auroit pris plus de so9 de la dguis]4 ,il n'avoit po9t assez d'orgueil p\r t*] d'tre mode/e4 ,ce s5tim5t1 tel qu'il ft1 n'toit po9t *>ge aux autres4 ,il avoit dans le comm]ce une politesse d\ce1 et qui toit encore plus dans les s5tim5ts que dans les manires4 ,ce n'e/ po9t t\j\rs la politesse du monde1 mois c'e/ srem5t celle du philosophe4 ,il vitoit les l\anges1 comme un homme qui leur e/ suprieur4 ,il les int]disoit l'amiti2 il ne les p>donnoit pas la flatt]ie4 ,il n'eut jamais avec ses ennemis d'autre tort que celui de les humili] p> sa modration2 et il eut ce tort trs s\v5t4 ,la calomnie le blessoit plus comme un outrage fait la vrit1 que comme une injure qui lui ft p]sonnelle4 ,qu& on me fait une (f5se1 disoit-il1 je t*e d'lev] mon me si haut1 que l'(f5se ne p>vi5ne pas jusqu' moi4 ,l'indignation toit p\r lui un s5tim5t pnible2 et s'il et fallu1 il et plutt ouv]t son me au mpris4 ,au re/e1 ces deux s5tim5ts lui toi5t comme trang]s1 et ce qui se tr\voit naturellem5t dans son me1 c'toit la d\ceur et la bont4 ,cette me =te et pr(onde toit trs s5sible4 ,n\s avons dj vu son t5dre atta*em5t p\r sa n\rrice4 ,il traitoit ses dome/iques comme des amis malheureux qu'il toit *>g de consol]4 ,sa maison toit p\r eux une cole de moeurs1 et elle dev9t p\r plusieurs une cole de ma?matiques et de sci5ces4 ,on rapporte qu'il les in/ruisoit avec la bont d'un pre2 et qu& ils n'avoi5t plus beso9 de son sec\rs1 il les r5doit la socit1 o ils alloi5t j\ir du rang qu'ils s'toi5t fait p> leur mrite4 ,un j\r l'un d'eux v\lut le rem]ci]3 ,que faites-v\s6 lui dit-il1 v\s tes mon gal1 et j'acquitte une dette4 ,plusieurs qu'il avoit a9si =ms ont rempli avec di/9ction des places honorables4 ,j'ai dj rapport quelques traits qui font connotre sa vive t5dresse p\r son pre4 ,je ne prt5ds pas le l\] p> l2 mais il e/ d\x de s'arrt] sur les s5tim5ts de la nature4 ,on lui a repro* de s'tre livr aux foiblesses de l'am\r1 bi5 diffr5t en cela de ,newton1 qui vcut plus de quatre-v+ts ans dans la plus gr&e au/rit de moeurs4 ,il y a app>5ce que ,desc>tes1 n avec une me trs s5sible1 ne put se df5dre des *>mes de la beaut4 ,quelques auteurs ont prt5du qu'il toit m>i secrtem5t2 mais1 dans un de ces entreti5s o l'me1 ab&onne elle-mme1 s'pan*e librem5t au se9 de l'amiti1 ,desc>tes1 ce qu'on dit1 av\a lui-mme le contraire4 ,quoi qu'il en soit1 t\t le monde sait qu'il eut une fille nomme ,franc9e2 elle naquit en ,holl&e le #ac juillet #afce1 et fut baptise s\s son nom4 ,dj il p5soit la faire transport] en ,france1 p\r y faire comm5c] son ducation2 mais elle m\rut t\t--c\p entre ses bras1 le #g septembre #afdj4 ,elle n'avoit que c9q ans4 ,il fut inconsolable de cette mort4 ,jamais1 dit-il1 il n'pr\va de plus gr&e d\leur de sa vie4 ,depuis1 il aimoit s'en entret5ir avec ses amis2 il prononoit s\v5t le nom de sa *re ,franc9e2 il en p>loit avec la d\leur la plus t5dre1 et il crivit lui-mme l'hi/oire de cette enfant1 la tte d'un ouvrage qu'il comptoit donn] au public4 ,il semble que1 n'ayant pu la cons]v]1 il v\loit du mo9s cons]v] son nom4444 ,avec ce naturel bon et t5dre1 ,desc>tes dut avoir des amis3 il en eut en effet un trs gr& nombre4 ,il en eut en ,france1 en ,holl&e1 en ,anglet]re1 en ,allemagne1 et jusqu' ,rome2 il en eut dans t\s les tats et dans t\s les rangs4 ,il ne p\voit po9t se faire que1 de t\s ces amis1 il n'y en et plusieurs qui ne lui fuss5t atta*s p> vanit4 ,ceux-l1 il les payoit avec sa gloire2 mais il rs]voit aux autres cette amiti simple et pure1 ces d\x pan*em5ts de l'me1 ce comm]ce intime qui fait les dlices d'une vie obscure et que ri5 ne remplace p\r les mes s5sibles4 ,la plup>t des hommes veul5t qu'on soit reconnoissant de leurs bi5faits3 p\r moi1 disoit ,desc>tes1 je crois devoir du ret\r ceux qui m'(fr5t l'occasion de les s]vir4 ,ce beau s5tim5t1 qu'on a tant rpt depuis1 et qui e/ presque dev5u une =mule1 se tr\ve dans plusieurs de ses lettres4 ,a l'g>d de ,dieu et de la religion1 voici comme il p5soit4 ,jamais philosophe ne fut plus respectueux p\r la ,div9it4 ,il prt5doit que les vrits mme qu'on appelle t]nelles et ma?matiques ne sont telles que p>ceque ,dieu l'a v\lu4 ,ce sont des lois1 disoit-il1 que ,dieu a tablies dans la nature1 comme un pr9ce fait des lois dans son royaume4 ,il tr\voit ridicule que l'homme ost prononc] sur ce que ,dieu peut et ce qu'il ne peut pas4 ,il n'toit pas mo9s indign que ceux qui traitoi5t de ,dieu dans leurs ouvrages p>lass5t si s\v5t de l'inf9i1 comme s'ils savoi5t ce que veut dire ce mot4 ,les ca?oliques l'accusr5t d'tre calv9i/e1 les calv9i/es d'tre plagi52 sur son d\te1 on l'accusa d'tre sceptique2 plusieurs l'accusr5t d'tre di/e1 et l'honnte ,votius d'tre a?e4 ,voil les accusations4 ,voici ma9t5ant ce qu'il y a de vrai4 ,il puisa son gnie tr\v] de n\velles preuves de l'exi/5ce de ,dieu1 et les prs5t] dans t\te leur =ce4 ,dans t\s ses ouvrages1 il p>la t\j\rs avec le plus gr& respect de la religion rvle4 ,dans t\s les pays qu'il habita1 il fit t\j\rs les fonctions de ca?olique4 ,dans son voyage d',italie1 p\r s'acquitt] d'un voeu1 il fit un pl]9age ,notre-,dame de ,lorette4 ,dans ses ,mditations mtaphysiques et dans ses lettres1 il donna deux explications diffr5tes de la transsub/antiation4 ,dans son sj\r en ,sude1 il ne manqua jamais une fois aux ex]cices sacrs qui se faisai5t dans la *apelle de l'ambassadeur4 ,dans sa d]nire maladie1 il se confessa1 et communia de la ma9 d'un religieux1 en prs5ce de l'ambassadeur et de t\te sa famille4 ,e/-ce l un calv9i/e8 ,e/-ce l un plagi58 ,e/-ce un di/e1 un sceptique1 un a?e8444 ,note #cb3 ,desc>tes fut attaqu le #b fvri] #afej de la maladie dont il m\rut4 ,il n'y avoit pas plus de quatre mois qu'il toit ,/ockholm4 ,il y a gr&e app>5ce que sa maladie v9t de la rigueur du froid1 et du *angem5t qu'il fit son rgime1 p\r se tr\v] t\s les j\rs au palais c9q heures du mat94 ,a9si il fut la victime de sa complaisance p\r la re9e2 mais il n'en eut po9t du t\t p\r les mdec9s sudois1 qui v\lai5t le saign]4 ,messieurs1 leur crioit-il dans l'ardeur de la fivre1 p>gnez le sang franais4 ,il se laissa saign] au b\t de huit j\rs1 mais il n'toit plus temps2 l'inflammation toit trop =te4 ,il eut du mo9s1 p5dant sa maladie1 la consolation de voir le t5dre intrt qu'on pr5oit sant4 ,la re9e envoyoit savoir deux fois p> j\r de ses n\velles4 ,m4 et madame de ,*anut lui prodiguoi5t les so9s les plus t5dres et les plus (ficieux4 ,madame de ,*anut ne le quitta po9t depuis sa maladie4 ,elle toit prs5te t\t4 ,elle le s]voit elle-mme p5dant le j\r2 elle le soignoit durant les nuits4 ,m4 de ,*anut1 qui v5oit d'tre malade1 et encore pe9e convalesc5t1 se tranoit s\v5t dans sa *ambre1 p\r voir1 p\r consol] et p\r s\t5ir son ami4444 ,desc>tes m\rant s]roit p> reconnoissance les ma9s qui le s]voi5t2 mais ses =ces s'puisoi5t p> degrs1 et ne p\voi5t plus suffire au s5tim5t4 ,le soir du neuvime j\r1 il eut une dfaillance4 ,rev5u un mom5t aprs1 il s5tit qu'il falloit m\rir4 ,on c\rut *ez ,m4 de ,*anut2 il v9t p\r recueillir le d]ni] s\pir et les d]nires p>oles d'un ami3 mais il ne p>loit plus4 ,on le vit seulem5t lev] les yeux au ciel1 comme un homme qui imploroit ,dieu p\r la d]nire fois4 ,en effet1 il m\rut la mme nuit1 le #aa fvri]1 quatre heures du mat91 g de prs de c9quante-quatre ans4 ,m4 de ,*anut1 accabl de d\leur1 envoya aussitt son secrtaire au palais1 p\r av]tir la re9e son lev] que ,desc>tes toit mort4 ,*ri/9e en l'appr5ant v]sa des l>mes4 ,elle v\lut le faire ent]r] auprs des rois1 et lui lev] un mausole4 ,des vues de religion s'opposr5t ce desse94 ,m4 de ,*anut dem&a et obt9t qu'il ft ent]r avec simplicit dans un cimetire1 p>mi les ca?oliques4 ,un prtre1 quelques flambeaux1 et quatre p]sonnes de m>que qui toi5t aux quatre co9s du c]cueil1 voil quelle fut la pompe funbre de ,desc>tes4 ,m4 de ,*anut1 p\r honor] la mmoire de son ami et d'un gr& homme1 fit lev] sur son tombeau une pyramide c>re1 avec des inscriptions4 ,la ,holl&e1 o il avoit t p]scut de son vivant1 fit frapp] en son honneur une mdaille1 ds qu'il fut mort4 ,seize ans aprs1 c'e/--dire en #afff1 son corps fut transport en ,france4 ,on c\*a ses ossem5ts sur les c5dres qui re/oi5t1 et on les enf]ma dans un c]cueil de cuivre4 ,c'e/ a9si qu'ils arrivr5t ,p>is1 o on les dposa dans l'glise de ,sa9te-,g5evive4 ,le #bd ju9 #affg1 on lui fit un s]vice sol5nel avec la plus gr&e magnific5ce4 ,on devoit aprs le s]vice prononc] son oraison funbre2 mais il v9t un ordre exprs du la c\r1 qui df5dit qu'on la pronont4 ,on se cont5ta de lui dress] un monum5t de m>bre trs simple1 contre la muraille1 au-dessus de son tombeau1 avec une pitaphe au bas de son bu/e4 ,il y a deux inscriptions1 l'une lat9e en /yle lapidaire1 et l'autre en v]s franais4 ,voil les honneurs qui lui fur5t r5dus alors4 ,mais p\r que son loge ft prononc1 il a fallu qu'il se soit c\l prs de c5t ans1 et que cet loge d'un gr& homme ait t ordonn p> une compagnie de g5s de lettres4 99 99 99 99 99 ,,disc\rs ,,de ,,la ,m,,?ode4 ,ce disc\rs1 crit en franais p> ,desc>tes1 p>ut1 p\r la premire fois1 avec la ,dioptrique1 les ,mtores et la ,gomtrie ,leyde1 #afcg1 9-#d4 ,il a t rimprim ,p>is1 9-#ab1 #agbd1 avec la ,dioptrique1 les ,mtores1 la ,mcanique1 et la ,musique1 et sans la ,gomtrie4 ,une traduction lat9e en fut publie ,am/]dam en #afdd1 9-#d1 et ibid41 9-#d1 #afef4 ,,disc\rs ,,de ,,la ,m,,?ode ,,p\r ,,bi5 ,,conduire ,,sa ,,raison1 ,,et ,,*]*] ,,la ,v,,rit ,,dans ,,les ,,sci5ces4 ,si ce disc\rs semble trop long p\r tre lu en une fois1 on le p\rra di/+u] en six p>ties4 ,et1 en la premire1 on tr\v]a div]ses considrations t\*ant les sci5ces4 ,en la seconde1 les pr9cipales rgles de la m?ode que l'auteur a *]*e4 ,en la troisime1 quelques unes de celles de la morale qu'il a tire de cette m?ode4 ,en la quatrime1 les raisons p> lesquelles il pr\ve l'exi/5ce de ,dieu et de l'me huma9e1 qui sont les fondem5ts de sa mtaphysique4 ,en la c9quime1 l'ordre des que/ions de physique qu'il a *]*es1 et p>ticulirem5t l'explication du m\vem5t du coeur et de quelques autres difficults qui app>ti5n5t la mdec9e2 puis aussi la diffr5ce qui e/ entre notre me et celle des btes4 ,et en la d]nire1 quelles *oses il croit tre requises p\r all] plus avant en la re*]*e de la nature qu'il n'a t1 et quelles raisons l'ont fait crire4 ,,premi,,re ,,p>tie4 ,le bon s5s e/ la *ose du monde la mieux p>tage2 c> *acun p5se en tre si bi5 p\rvu1 que ceux mme qui sont les plus difficiles cont5t] en t\te autre *ose n'ont po9t c\tume d'en dsir] plus qu'ils en ont4 ,en quoi il n'e/ pas vraisemblable que t\s se tromp5t3 mais plutt cela tmoigne que la puissance de bi5 jug] et di/+u] le vrai d'avec le faux1 qui e/ proprem5t ce qu'on nomme le bon s5s ou la raison1 e/ naturellem5t gale en t\s les hommes2 et a9si que la div]sit de nos op9ions ne vi5t pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres1 mais seulem5t de ce que n\s conduisons nos p5ses p> div]ses voies1 et ne considrons pas les mmes *oses4 ,c> ce n'e/ pas assez d'avoir l'esprit bon1 mais le pr9cipal e/ de l'appliqu] bi54 ,les plus gr&es mes sont capables des plus gr&s vices aussi bi5 que des plus gr&es v]tus2 et ceux qui ne m>*5t que =t l5tem5t peuv5t avanc] beauc\p davantage1 s'ils suiv5t t\j\rs le droit *em91 que ne font ceux qui c\r5t et qui s'en loign5t4 ,p\r moi1 je n'ai jamais prsum que mon esprit ft en ri5 plus p>fait que ceux du commun2 mme j'ai s\v5t s\hait d'avoir la p5se aussi prompte1 ou l'imag9ation aussi nette et di/9cte1 ou la mmoire aussi ample ou aussi prs5te1 que quelques autres4 ,et je ne sa*e po9t de qualits que celles-ci qui s]v5t la p]fection de l'esprit2 c> p\r la raison1 ou le s5s1 d'autant qu'elle e/ la seule *ose qui n\s r5d hommes et n\s di/+ue des btes1 je veux croire qu'elle e/ t\t entire en un *acun2 et suivre en ceci l'op9ion commune des philosophes1 qui dis5t qu'il n'y a du plus et du mo9s qu'entre les accid5ts1 et non po9t entre les =mes ou natures des individus d'une mme espce4 ,mais je ne cra9drai pas de dire que je p5se avoir eu beauc\p d'heur de m'tre r5contr ds ma jeunesse en c]ta9s *em9s qui m'ont conduit des considrations et des maximes dont j'ai =m une m?ode1 p> laquelle il me semble que j'ai moy5 d'augm5t] p> degrs ma connoissance1 et de l'lev] peu peu au plus haut po9t auquel la mdiocrit de mon esprit et la c\rte dure de ma vie lui p\rront p]mettre d'atte9dre4 ,c> j'en ai dj recueilli de tels fruits1 qu'encore qu'au jugem5t que je fais de moi-mme je t*e t\j\rs de p5*] v]s le ct de la dfiance plutt que v]s celui de la prsomption1 et que1 reg>dant d'un oeil de philosophe les div]ses actions et entreprises de t\s les hommes1 il n'y en ait quasi aucune qui ne me semble va9e et inutile1 je ne laisse pas de recevoir une extrme satisfaction du progrs que je p5se avoir dj fait en la re*]*e de la vrit1 et de concevoir de telles esprances p\r l'av5ir1 que si1 entre les occupations des hommes1 purem5t hommes1 il y en a quelqu'une qui soit solidem5t bonne et importante1 j'ose croire que c'e/ celle que j'ai *oisie4 ,t\tefois il se peut faire que je me trompe1 et ce n'e/ peut-tre qu'un peu de cuivre et de v]re que je pr5ds p\r de l'or et des diamants4 ,je sais combi5 n\s sommes sujets n\s mpr5dre en ce qui n\s t\*e1 et combi5 aussi les jugem5ts de nos amis n\s doiv5t tre suspects1 lorsqu'ils sont en notre faveur4 ,mais je s]ai bi5 aise de faire voir en ce disc\rs quels sont les *em9s que j'ai suivis1 et d'y reprs5t] ma vie comme en un tableau1 af9 que *acun en puisse jug]1 et qu'appr5ant du bruit commun les op9ions qu'on en aura1 ce soit un n\veau moy5 de m'in/ruire1 que j'aj\t]ai ceux dont j'ai c\tume de me s]vir4 ,a9si mon desse9 n'e/ pas d'enseign] ici la m?ode que *acun doit suivre p\r bi5 conduire sa raison1 mais seulem5t de faire voir en quelle sorte j'ai t* de conduire la mi5ne4 ,ceux qui se ml5t de donn] des prceptes se doiv5t e/im] plus habiles que ceux auxquels ils les donn5t2 et s'ils manqu5t en la mo9dre *ose1 ils en sont blmables4 ,mais1 ne proposant cet crit que comme une hi/oire1 ou1 si v\s l'aimez mieux1 que comme une fable1 en laquelle1 p>mi quelques exemples qu'on peut imit]1 on en tr\v]a peut-tre aussi plusieurs autres qu'on aura raison de ne pas suivre1 j'espre qu'il s]a utile quelques uns sans tre nuisible p]sonne1 et que t\s me sauront gr de ma fran*ise4 ,j'ai t n\rri aux lettres ds mon enfance2 et1 p\rce qu'on me p]suadoit que p> leur moy5 on p\voit acqurir une connaissance claire et assure de t\t ce qui e/ utile la vie1 j'avois un extrme dsir de les appr5dre4 ,mais sitt que j'eus a*ev t\t ce c\rs d'tudes1 au b\t duquel on a c\tume d'tre reu au rang des doctes1 je *angeai entirem5t d'op9ion4 ,c> je me tr\vois emb>rass de tant de d\tes et d'erreurs1 qu'il me sembloit n'avoir fait autre pr(it1 en t*ant de m'in/ruire1 s9on que j'avois dc\v]t de plus en plus mon ignorance4 ,et nanmo9s j'tois en l'une des plus clbres coles de l',europe1 o je p5sois qu'il devoit y avoir de savants hommes1 s'il y en avoit en aucun endroit de la t]re4 ,j'y avois appris t\t ce que les autres y appr5oi5t2 et mme1 ne m'tant pas cont5t des sci5ces qu'on n\s enseignoit1 j'avois p>c\ru t\s les livres traitant de celles qu'on e/ime les plus curieuses et les plus r>es1 qui avoi5t pu tomb] entre mes ma9s4 ,avec cela je savois les jugem5ts que les autres faisoi5t de moi2 et je ne voyois po9t qu'on m'e/imt infrieur mes condisciples1 bi5 qu'il y en et dj entre eux quelques uns qu'on de/9oit remplir les places de nos matres4 ,et enf9 notre sicle me sembloit aussi fleurissant et aussi f]tile en bons esprits qu'ait t aucun des prcd5ts4 ,ce qui me faisoit pr5dre la lib]t de jug] p> moi de t\s les autres1 et de p5s] qu'il n'y avoit aucune doctr9e dans le monde qui ft telle qu'on m'avoit aup>avant fait espr]4 ,je ne laissois pas t\tefois d'e/im] les ex]cices auxquels on s'occupe dans les coles4 ,je savois que les langues qu'on y appr5d sont ncessaires p\r l'intellig5ce des livres anci5s2 que la g5tillesse des fables rveille l'esprit2 que les actions mmorables des hi/oires le relv5t1 et qu'tant lues avec discrtion elles aid5t =m] le jugem5t2 que la lecture de t\s les bons livres e/ comme une conv]sation avec les plus honntes g5s des sicles passs1 qui en ont t les auteurs1 et mme une conv]sation tudie en laquelle ils ne n\s dc\vr5t que les meilleures de leurs p5ses2 que l'loqu5ce a des =ces et des beauts incomp>ables2 que la posie a des dlicatesses et des d\ceurs trs ravissantes2 que les ma?matiques ont des inv5tions trs subtiles1 et qui peuv5t beauc\p s]vir tant cont5t] les curieux qu' facilit] t\s les arts et dim9u] le travail des hommes2 que les crits qui trait5t des moeurs conti5n5t plusieurs enseignem5ts et plusieurs exhortations la v]tu qui sont =t utiles2 que la ?ologie enseigne gagn] le ciel2 que la philosophie donne moy5 de p>l] vraisemblablem5t de t\tes *oses1 et se faire admir] des mo9s savants2 que la jurisprud5ce1 la mdec9e et les autres sci5ces apport5t des honneurs et des ri*esses ceux qui les cultiv5t2 et enf9 qu'il e/ bon de les avoir t\tes exam9es1 mme les plus sup]/itieuses et les plus fausses1 af9 de connotre leur ju/e valeur et se g>d] d'en tre tromp4 ,mais je croyois avoir dj donn assez de temps aux langues1 et mme aussi la lecture des livres anci5s1 et leurs hi/oires1 et leurs fables4 ,c> c'e/ quasi le mme de conv]s] avec ceux des autres sicles que de voyag]4 ,il e/ bon de savoir quelque *ose des moeurs de div]s peuples1 af9 de jug] des ntres plus sa9em5t1 et que n\s ne p5sions pas que t\t ce qui e/ contre nos modes soit ridicule et contre raison1 a9si qu'ont c\tume de faire ceux qui n'ont ri5 vu4 ,mais lorsqu'on emploie trop de temps voyag]1 on devi5t enf9 trang] en son pays2 et lorsqu'on e/ trop curieux des *oses qui se pratiquoi5t aux sicles passs1 on demeure ord9airem5t =t ignorant de celles qui se pratiqu5t en celui-ci4 ,outre que les fables font imag9] plusieurs vnem5ts comme possibles qui ne le sont po9t2 et que mme les hi/oires les plus fidles1 si elles ne *ang5t ni n'augm5t5t la valeur des *oses p\r les r5dre plus dignes d'tre lues1 au mo9s en omett5t-elles presque t\j\rs les plus basses et mo9s illu/res circon/ances1 d'o vi5t que le re/e ne p>ot pas tel qu'il e/1 et que ceux qui rgl5t leurs moeurs p> les exemples qu'ils en tir5t sont sujets tomb] dans les extravagances des palad9s de nos romans1 et concevoir des desse9s qui pass5t leurs =ces4 ,j'e/imois =t l'loqu5ce1 et j'tois am\reux de la posie2 mais je p5sois que l'une et l'autre toi5t des dons de l'esprit plutt que des fruits de l'tude4 ,ceux qui ont le raisonnem5t le plus =t1 et qui digr5t le mieux leurs p5ses af9 de les r5dre claires et intelligibles1 peuv5t t\j\rs le mieux p]suad] ce qu'ils propos5t1 encore qu'ils ne p>lass5t que bas-breton1 et qu'ils n'euss5t jamais appris de rhtorique2 et ceux qui ont les inv5tions les plus agrables et qui les sav5t exprim] avec le plus d'ornem5t et de d\ceur1 ne laiss]oi5t pas d'tre les meilleurs potes1 encore que l'art potique leur ft inconnu4 ,je me plaisois surt\t aux ma?matiques1 cause de la c]titude et de l'vid5ce de leurs raisons3 mais je ne rem>quois po9t encore leur vrai usage2 et1 p5sant qu'elles ne s]voi5t qu'aux arts mcaniques1 je m'tonnois de ce que leurs fondem5ts tant si f]mes et si solides1 on n'avoit ri5 bti dessus de plus relev3 comme au contraire je comp>ois les crits des anci5s paens qui trait5t des moeurs1 des palais =t sup]bes et =t magnifiques1 qui n'toi5t btis que sur du sable et sur de la b\e3 ils lv5t =t haut les v]tus1 et les font p>otre e/imables p>-dessus t\tes les *oses qui sont au monde2 mais ils n'enseign5t pas assez les connotre1 et s\v5t ce qu'ils appell5t d'un si beau nom n'e/ qu'une ins5sibilit1 ou un orgueil1 ou un dsespoir1 ou un p>ricide4 ,je rvrois notre ?ologie1 et prt5dois autant qu'aucun autre gagn] le ciel3 mais ayant appris1 comme *ose trs assure1 que le *em9 n'en e/ pas mo9s ouv]t aux plus ignorants qu'aux plus doctes1 et que les vrits rvles qui y conduis5t sont au-dessus de notre intellig5ce1 je n'eusse os les s\mettre la foiblesse de mes raisonnem5ts2 et je p5sois que1 p\r entrepr5dre de les exam9] et y russir1 il toit beso9 d'avoir quelque extraord9aire assi/ance du ciel1 et d'tre plus qu'homme4 ,je ne dirai ri5 de la philosophie1 s9on que1 voyant qu'elle a t cultive p> les plus excell5ts esprits qui ai5t vcu depuis plusieurs sicles1 et que nanmo9s il ne s'y tr\ve encore aucune *ose dont on ne dispute1 et p> consqu5t qui ne soit d\teuse1 je n'avois po9t assez de prsomption p\r espr] d'y r5contr] mieux que les autres2 et que1 considrant combi5 il peut y avoir de div]ses op9ions t\*ant une mme matire1 qui soi5t s\t5ues p> des g5s doctes1 sans qu'il y en puisse avoir jamais plus d'une seule qui soit vraie1 je rputois presque p\r faux t\t ce qui n'toit que vraisemblable4 ,puis1 p\r les autres sci5ces1 d'autant qu'elles emprunt5t leurs pr9cipes de la philosophie1 je jugeois qu'on ne p\voit avoir ri5 bti qui ft solide sur des fondem5ts si peu f]mes2 et ni l'honneur ni le ga9 qu'elles promett5t n'toi5t suffisants p\r me convi] les appr5dre3 c> je ne me s5tois po9t1 grces ,dieu1 de condition qui m'obliget faire un mti] de la sci5ce p\r le s\lagem5t de ma =tune2 et1 quoique je ne fisse pas pr(ession de mpris] la gloire en cynique1 je faisois nanmo9s =t peu d'tat de celle que je n'esprois po9t p\voir acqurir qu' faux titres4 ,et enf91 p\r les mauvaises doctr9es1 je p5sois dj connotre assez ce qu'elles valoi5t p\r n'tre plus sujet tre tromp ni p> les promesses d'un al*imi/e1 ni p> les prdictions d'un a/rologue1 ni p> les impo/ures d'un magici51 ni p> les artifices ou la vant]ie d'aucun de ceux qui font pr(ession de savoir plus qu'ils ne sav5t4 ,c'e/ p\rquoi1 sitt que l'ge me p]mit de sortir de la sujtion de mes prcepteurs1 je quittoi entirem5t l'tude des lettres2 et me rsolvant de ne *]*] plus d'autre sci5ce que celle qui se p\rrait tr\v] en moi-mme1 ou bi5 dans le gr& livre du monde1 j'employai le re/e de ma jeunesse voyag]1 voir des c\rs et des armes1 frqu5t] des g5s de div]ses humeurs et conditions1 recueillir div]ses expri5ces1 m'pr\v] moi-mme dans les r5contres que la =tune me proposoit1 et p>t\t faire telle rflexion sur les *oses qui se prs5toi5t que j'en pusse tir] quelque pr(it4 ,c> il me sembloit que je p\rrois r5contr] beauc\p plus de vrit dans les raisonnem5ts que *acun fait t\*ant les affaires qui lui import5t1 et dont l'vnem5t le doit punir bi5tt aprs s'il a mal jug1 que dans ceux que fait un homme de lettres dans son cab9et1 t\*ant des spculations qui ne produis5t aucun effet1 et qui ne lui sont d'autre consqu5ce1 s9on que peut-tre il en tir]a d'autant plus de vanit qu'elles s]ont plus loignes du s5s commun1 cause qu'il aura d employ] d'autant plus d'esprit et d'artifice t*] de les r5dre vraisemblables4 ,et j'avois t\j\rs un extrme dsir d'appr5dre di/+u] le vrai d'avec le faux1 p\r voir clair en mes actions1 et m>*] avec assurance en cette vie4 ,il e/ vrai que p5dant que je ne faisois que considr] les moeurs des autres hommes1 je n'y tr\vois gure de quoi m'assur]1 et que j'y rem>quois quasi autant de div]sit que j'avois fait aup>avant entre les op9ions des philosophes4 ,en sorte que le plus gr& pr(it que j'en retirois toit que1 voyant plusieurs *oses qui1 bi5 qu'elles n\s sembl5t =t extravagantes et ridicules1 ne laiss5t pas d'tre communm5t reues et appr\ves p> d'autres gr&s peuples1 j'appr5ois ne ri5 croire trop f]mem5t de ce qui ne m'avoit t p]suad que p> l'exemple et p> la c\tume3 et a9si je me dlivrois peu peu de beauc\p d'erreurs qui peuv5t (fusqu] notre lumire naturelle1 et n\s r5dre mo9s capables d'ent5dre raison4 ,mais1 aprs que j'eus employ quelques annes tudi] a9si dans le livre du monde1 et t*] d'acqurir quelque expri5ce1 je pris un j\r rsolution d'tudi] aussi en moi-mme1 et d'employ] t\tes les =ces de mon esprit *oisir les *em9s que je devois suivre2 ce qui me russit beauc\p mieux1 ce me semble1 que si je ne me fusse jamais loign ni de mon pays ni de mes livres4 ,,seconde ,,p>tie4 ,j'tois alors en ,allemagne1 o l'occasion des gu]res qui n'y sont pas encore f9ies m'avoit appel2 et comme je ret\rnois du c\ronnem5t de l'emp]eur v]s l'arme1 le comm5cem5t de l'hiv] m'arrta en un qu>ti] o1 ne tr\vant aucune conv]sation qui me div]tit1 et n'ayant d'ailleurs1 p> bonheur1 aucuns so9s ni passions qui me tr\blass5t1 je demeurois t\t le j\r enf]m seul dans un pole1 o j'avois t\t le loisir de m'entret5ir de mes p5ses4 ,entre lesquelles l'une des premires fut que je m'avisai de considr] que s\v5t il n'y a pas tant de p]fection dans les ouvrages composs de plusieurs pices1 et faits de la ma9 de div]s matres1 qu'en ceux auxquels un seul a travaill4 ,a9si voit-on que les btim5ts qu'un seul ar*itecte a entrepris et a*evs ont c\tume d'tre plus beaux et mieux ordonns que ceux que plusieurs ont t* de raccommod]1 en faisant s]vir de vieilles murailles qui avoi5t t bties d'autres f9s4 ,a9si ces anci5nes cits qui1 n'ayant t au comm5cem5t que des b\rgades1 sont dev5ues p> succession de temps de gr&es villes1 sont ord9airem5t si mal compasses1 au prix de ces places rgulires qu'un +nieur trace sa fantaisie dans une pla9e1 qu'encore que1 considrant leurs difices *acun "p1 on y tr\ve s\v5t autant ou plus d'art qu'en ceux des autres1 t\tefois1 voir comme ils sont arrangs1 ici un gr&1 l un petit1 et comme ils r5d5t les rues c\rbes et 9gales1 on diroit que c'e/ plutt la =tune que la volont de quelques hommes usants de raison1 qui les a a9si disposs4 ,et si on considre qu'il y a eu nanmo9s de t\t temps quelques (fici]s qui ont eu *>ge de pr5dre g>de aux btim5ts des p>ticuli]s1 p\r les faire s]vir l'ornem5t du public1 on connotra bi5 qu'il e/ malais1 en ne travaillant que sur les ouvrages d'autrui1 de faire des *oses =t accomplies4 ,a9si je m'imag9ai que les peuples qui1 ayant t autrefois demi-sauvages1 et ne s'tant civiliss que peu peu1 n'ont fait leurs lois qu' mesure que l'incommodit des crimes et des qu]elles les y a contra9ts1 ne sauroi5t tre si bi5 polics que ceux qui1 ds le comm5cem5t qu'ils se sont assembls1 ont obs]v les con/itutions de quelque prud5t lgislateur4 ,comme il e/ bi5 c]ta9 que l'tat de la vraie religion1 dont ,dieu seul a fait les ordonnances1 doit tre incomp>ablem5t mieux rgl que t\s les autres4 ,et1 p\r p>l] des *oses huma9es1 je crois que si ,sp>te a t autrefois trs florissante1 ce n'a pas t cause de la bont de *acune de ses lois en p>ticuli]1 vu que plusieurs toi5t =t tranges1 et mme contraires aux bonnes moeurs2 mais cause que1 n'ayant t inv5tes que p> un seul1 elles t5doi5t t\tes mme f94 ,et a9si je p5sai que les sci5ces des livres1 au mo9s celles dont les raisons ne sont que probables1 et qui n'ont aucunes dmon/rations1 s'tant composes et grossies peu peu des op9ions de plusieurs div]ses p]sonnes1 ne sont po9t si appro*antes de la vrit que les simples raisonnem5ts que peut faire naturellem5t un homme de bon s5s t\*ant les *oses qui se prs5t5t4 ,et a9si encore je p5sai que p\rce que n\s avons t\s t enfants avant que d'tre hommes1 et qu'il n\s a fallu long-temps tre g\v]ns p> nos apptits et nos prcepteurs1 qui toi5t s\v5t contraires les uns aux autres1 et qui1 ni les uns ni les autres1 ne n\s conseilloi5t peut-tre pas t\j\rs le meilleur1 il e/ presque impossible que nos jugem5ts soi5t si purs ni si solides qu'ils auroi5t t si n\s avions eu l'usage enti] de notre raison ds le po9t de notre naissance1 et que n\s n'eussions jamais t conduits que p> elle4 ,il e/ vrai que n\s ne voyons po9t qu'on jette p> t]re t\tes les maisons d'une ville p\r le seul desse9 de les refaire d'autre faon et d'en r5dre les rues plus belles2 mais on voit bi5 que plusieurs font abattre les leurs1 p\r les rebtir1 et que mme quelquefois ils y sont contra9ts1 qu& elles sont en dang] de tomb] d'elles-mmes1 et que les fondem5ts n'en sont pas bi5 f]mes4 ,a l'exemple de quoi je me p]suadai qu'il n'y auroit vritablem5t po9t d'app>5ce1 qu'un p>ticuli] ft desse9 de r=m] un tat1 en y *angeant t\t ds les fondem5ts1 et en le r5v]sant p\r le r$ress]2 ni mme aussi de r=m] le corps des sci5ces1 ou l'ordre tabli dans les coles p\r les enseign]3 mais que1 p\r t\tes les op9ions que j'avois reues jusques alors en ma crance1 je ne p\vois mieux faire que d'entrepr5dre une bonne fois de les en t]1 af9 d'y en remettre p> aprs ou d'autres meilleures1 ou bi5 les mmes lorsque je les aurois aju/es au niveau de la raison4 ,et je crus f]mem5t que p> ce moy5 je russirois conduire ma vie beauc\p mieux que si je ne btissois que sur de vieux fondem5ts1 et que je ne m'appuyasse que sur les pr9cipes que je m'tois laiss p]suad] en ma jeunesse1 sans avoir jamais exam9 s'ils toi5t vrais4 ,c>1 bi5 que je rem>quasse en ceci div]ses difficults1 elles n'toi5t po9t t\tefois sans remde1 ni comp>ables celles qui se tr\v5t en la r=mation des mo9dres *oses qui t\*5t le public4 ,ces gr&s corps sont trop malaiss relev] tant abattus1 ou mme ret5ir tant branls1 et leurs *utes ne peuv5t tre que trs rudes4 ,puis1 p\r leurs imp]fections1 s'ils en ont1 comme la seule div]sit qui e/ entre eux suffit p\r assur] que plusieurs en ont1 l'usage les a sans d\te =t ad\cies1 et mme il en a vit ou corrig ins5siblem5t quantit1 auxquelles on ne p\rroit si bi5 p\rvoir p> prud5ce2 et enf9 elles sont quasi t\j\rs plus supportables que ne s]oit leur *angem5t2 en mme faon que les gr&s *em9s1 qui t\rnoi5t entre des montagnes1 devi5n5t peu peu si unis et si commodes1 =ce d'tre frqu5ts1 qu'il e/ beauc\p meilleur de les suivre1 que d'entrepr5dre d'all] plus droit1 en grimpant au-dessus des ro*]s et desc5dant jusques aux bas des prcipices4 ,c'e/ p\rquoi je ne saurois aucunem5t appr\v] ces humeurs br\illonnes et inquites1 qui1 n'tant appeles ni p> leur naissance ni p> leur =tune au maniem5t des affaires publiques1 ne laiss5t pas d'y faire t\j\rs en ide quelque n\velle r=mation2 et si je p5sois qu'il y et la mo9dre *ose en cet crit p> laquelle on me pt s\ponn] de cette folie1 je s]ois trs m>ri de s\ffrir qu'il ft publi4 ,jamais mon desse9 ne s'e/ t5du plus avant que de t*] r=m] mes propres p5ses1 et de btir dans un fonds qui e/ t\t moi4 ,que si mon ouvrage m'ayant assez plu1 je v\s en fais voir ici le modle1 ce n'e/ pas1 p\r cela1 que je veuille conseill] p]sonne de l'imit]4 ,ceux que ,dieu a mieux p>tags de ses grces auront peut-tre des desse9s plus relevs2 mais je cra9s bi5 que celui-ci ne soit dj que trop h>di p\r plusieurs4 ,la seule rsolution de se dfaire de t\tes les op9ions qu'on a reues aup>avant en sa crance n'e/ pas un exemple que *acun doive suivre4 ,et le monde n'e/ quasi compos que de deux sortes d'esprits auxquels il ne convi5t aucunem5t3 savoir de ceux qui1 se croyant plus habiles qu'ils ne sont1 ne se peuv5t emp*] de prcipit] leurs jugem5ts1 ni avoir assez de pati5ce p\r conduire p> ordre t\tes leurs p5ses1 d'o vi5t que1 s'ils avoi5t une fois pris la lib]t de d\t] des pr9cipes qu'ils ont reu1 et de s'c>t] du *em9 commun1 jamais ils ne p\rroi5t t5ir le s5ti] qu'il faut pr5dre p\r all] plus droit1 et demeur]ai5t g>s t\te leur vie2 puis de ceux qui1 ayant assez de raison ou de mode/ie p\r jug] qu'ils sont mo9s capables de di/+u] le vrai d'avec le faux que quelques autres p> lesquels ils peuv5t tre in/ruits1 doiv5t bi5 plutt se cont5t] de suivre les op9ions de ces autres1 qu'en *]*] eux-mmes de meilleures4 ,et p\r moi j'aurois t sans d\te du nombre de ces d]ni]s1 si je n'avois jamais eu qu'un seul matre1 ou que je n'eusse po9t su les diffr5ces qui ont t de t\t temps entre les op9ions des plus doctes4 ,mais ayant appris ds le collge qu'on ne sauroit ri5 imag9] de si trange et si peu croyable1 qu'il n'ait t dit p> quelqu'un des philosophes2 et depuis1 en voyageant1 ayant reconnu que t\s ceux qui ont des s5tim5ts =t contraires aux ntres ne sont pas p\r cela b>b>es ni sauvages1 mais que plusieurs us5t autant ou plus que n\s de raison2 et ayant considr combi5 un mme homme1 avec son mme esprit1 tant n\rri ds son enfance entre des ,franais ou des ,allem&s1 devi5t diffr5t de ce qu'il s]oit s'il avoit t\j\rs vcu entre des ,*9ois ou des cannibales1 et comm5t1 jusques aux modes de nos habits1 la mme *ose qui n\s a plu il y a dix ans1 et qui n\s plaira peut-tre encore avant dix ans1 n\s semble ma9t5ant extravagante et ridicule2 en sorte que c'e/ bi5 plus la c\tume et l'exemple qui n\s p]suade1 qu'aucune connoissance c]ta9e2 et que nanmo9s la pluralit des voix n'e/ pas une preuve qui vaille ri51 p\r les vrits un peu malaises dc\vrir1 cause qu'il e/ bi5 plus vraisemblable qu'un homme seul les ait r5contres que t\t un peuple2 je ne p\vois *oisir p]sonne dont les op9ions me semblass5t devoir tre prfres celles des autres1 et je me tr\vai comme contra9t d'entrepr5dre moi-mme de me conduire4 ,mais1 comme un homme qui m>*e seul1 et dans les tnbres1 je me rsolus d'all] si l5tem5t et d'us] de tant de circonspection en t\tes *oses1 que si je n'avanois que =t peu1 je me g>d]ois bi5 au mo9s de tomb]4 ,mme je ne v\lus po9t comm5c] rejet] t\t--fait aucune des op9ions qui s'toi5t pu gliss] autrefois en ma crance sans y avoir t introduites p> la raison1 que je n'eusse aup>avant employ assez de temps faire le projet de l'ouvrage que j'entrepr5ois1 et *]*] la vraie m?ode p\r p>v5ir la connoissance de t\tes les *oses dont mon esprit s]oit capable4 ,j'avois un peu tudi1 tant plus jeune1 entre les p>ties de la philosophie1 la logique1 et1 entre les ma?matiques1 l'analyse des gomtres et l'algbre1 trois arts ou sci5ces qui sembloi5t devoir contribu] quelque *ose mon desse94 ,mais1 en les exam9ant1 je pris g>de que1 p\r la logique1 ses syllogismes et la plup>t de ses autres in/ructions s]v5t plutt expliqu] autrui les *oses qu'on sait1 ou mme1 comme l'art de ,lulle1 p>l] sans jugem5t de celles qu'on ignore1 qu' les appr5dre2 et bi5 qu'elle conti5ne en effet beauc\p de prceptes trs vrais et trs bons1 il y en a t\tefois tant d'autres mls p>mi1 qui sont ou nuisibles ou sup]flus1 qu'il e/ presque aussi malais de les en sp>]1 que de tir] une ,diane ou une ,m9]ve hors d'un bloc de m>bre qui n'e/ po9t encore bau*4 ,puis1 p\r l'analyse des anci5s et l'algbre des mod]nes1 outre qu'elles ne s't5d5t qu' des matires =t ab/raites1 et qui ne sembl5t d'aucun usage1 la premire e/ t\j\rs si a/re9te la considration des figures1 qu'elle ne peut ex]c] l'ent5dem5t sans fatigu] beauc\p l'imag9ation2 et on s'e/ tellem5t assujetti en lu d]nire c]ta9es rgles et c]ta9s *iffres1 qu'on en a fait un art confus et obscur qui emb>rasse l'esprit1 au lieu d'une sci5ce qui le cultive4 ,ce qui fut cause que je p5sai qu'il falloit *]*] quelque autre m?ode1 qui1 compr5ant les avantages de ces trois1 ft exempte de leurs dfauts4 ,et comme la multitude des lois f\rnit s\v5t des excuses aux vices1 en sorte qu'un tat e/ bi5 mieux rgl lorsque1 n'en ayant que =t peu1 elles y sont =t troitem5t obs]ves2 a9si1 au lieu de ce gr& nombre de prceptes dont la logique e/ compose1 je crus que j'aurois assez des quatre suivants1 p\rvu que je prisse une f]me et con/ante rsolution de ne manqu] pas une seule fois les obs]v]4 ,le premi] toit de ne recevoir jamais aucune *ose p\r vraie que je ne la connusse videmm5t tre telle2 c'e/--dire1 d'vit] soigneusem5t la prcipitation et la prv5tion1 et de ne compr5dre ri5 de plus en mes jugem5ts que ce qui se prs5t]oit si clairem5t et si di/9ctem5t mon esprit1 que je n'eusse aucune occasion de le mettre en d\te4 ,le second1 de divis] *acune des difficults que j'exam9]ais1 en autant de p>celles qu'il se p\rroit1 et qu'il s]oit requis p\r les mieux rs\dre4 ,le troisime1 de conduire p> ordre mes p5ses1 en comm5ant p> les objets les plus simples et les plus aiss connotre1 p\r mont] peu peu comme p> degrs jusques la connoissance des plus composs1 et supposant mme de l'ordre entre ceux qui ne se prcd5t po9t naturellem5t les uns les autres4 ,et le d]ni]1 de taire p>t\t des dnombrem5ts si enti]s et des revues si gnrales1 que je fusse assur de ne ri5 omettre4 ,ces longues *anes de raisons1 t\tes simples et faciles1 dont les gomtres ont c\tume de se s]vir p\r p>v5ir leurs plus difficiles dmon/rations1 m'avoi5t donn occasion de m'imag9] que t\tes les *oses qui peuv5t tomb] s\s la connoissance des hommes s'entresuiv5t en mme faon1 et que1 p\rvu seulem5t qu'on s'ab/i5ne d'en recevoir aucune p\r vraie qui ne le soit1 et qu'on g>de t\j\rs l'ordre qu'il faut p\r les dduire les unes des autres1 il n'y en peut avoir de si loignes auxquelles enf9 on ne p>vi5ne1 ni de si ca*es qu'on ne dc\vre4 ,et je ne fus pas beauc\p en pe9e de *]*] p> lesquelles il toit beso9 de comm5c]3 c> je savois dj que c'toit p> les plus simples et les plus aises connotre2 et1 considrant qu'entre t\s ceux qui ont ci-devant re*]* la vrit dans les sci5ces1 il n'y a eu que les seuls ma?matici5s qui ont pu tr\v] quelques dmon/rations1 c'e/--dire quelques raisons c]ta9es et vid5tes1 je ne d\tois po9t que ce ne ft p> les mmes qu'ils ont exam9es2 bi5 que je n'en esprasse aucune autre utilit1 s9on qu'elles acc\tum]oi5t mon esprit se repatre de vrits1 et ne se cont5t] po9t de fausses raisons4 ,mais je n'eus pas desse9 p\r cela de t*] d'appr5dre t\tes ces sci5ces p>ticulires qu'on nomme communm5t ma?matiques2 et voyant qu'encore que leurs objets soi5t diffr5ts1 elle ne laiss5t pas de s'accord] t\tes1 en ce qu'elles n'y considr5t autre *ose que les div]s rapports ou proportions qui s'y tr\v5t1 je p5sai qu'il valoit mieux que j'exam9asse seulem5t ces proportions en gnral1 et sans les suppos] que dans les sujets qui s]viroi5t m'en r5dre la connoissance plus aise1 mme aussi sans les y a/re9dre aucunem5t1 af9 de les p\voir d'autant mieux appliqu] aprs t\s les autres auxquels elles convi5droi5t4 ,puis1 ayant pris g>de que p\r les connotre j'aurais quelquefois beso9 de les considr] *acune en p>ticuli]1 et quelquefois seulem5t de les ret5ir1 ou de les compr5dre plusieurs ensemble1 je p5sai que1 p\r les considr] mieux en p>ticuli]1 je les devois suppos] en des lignes1 cause que je ne tr\vois ri5 de plus simple1 ni que je pusse plus di/9ctem5t reprs5t] mon imag9ation et mes s5s2 mais que1 p\r les ret5ir1 ou les compr5dre plusieurs ensemble1 il falloit que je les expliquasse p> quelques *iffres les plus c\rts qu'il s]oit possible2 et que1 p> ce moy51 j'emprunt]ois t\t le meilleur de l'analyse gomtrique et de l'algbre1 et corrig]ois t\s les dfauts de l'une p> l'autre4 ,comme en effet j'ose dire que l'exacte obs]vation de ce peu de prceptes que j'avois *oisis me donna telle facilit dml] t\tes les que/ions auxquelles ces deux sci5ces s't5d5t1 qu'en deux ou trois mois que j'employai les exam9]1 ayant comm5c p> les plus simples et plus gnrales1 et *aque vrit que je tr\vois tant une rgle qui me s]voit aprs en tr\v] d'autres1 non seulem5t je v9s b\t de plusieurs que j'avois juges autrefois trs difficiles1 mais il me sembla aussi v]s la f9 que je p\vois dt]m9]1 en celles mme que j'ignorois1 p> quels moy5s et jusqu'o il toit possible de les rs\dre4 ,en quoi je ne v\s p>otrai peut-tre pas tre =t va91 si v\s considrez que1 n'y ayant qu'une vrit de *aque *ose1 quiconque la tr\ve en sait autant qu'on en peut savoir2 et que1 p> exemple1 un enfant in/ruit en l'ari?mtique1 ayant fait une addition suivant ses rgles1 se peut assur] d'avoir tr\v1 t\*ant la somme qu'il exam9oit1 t\t ce que l'esprit huma9 sauroit tr\v]3 c> enf9 la m?ode1 qui enseigne suivre le vrai ordre1 et dnombr] exactem5t t\tes les circon/ances de ce qu'on *]*e1 conti5t t\t ce qui donne de la c]titude aux rgles d'ari?mtique4 ,mais ce qui me cont5toit le plus de cette m?ode toit que p> elle j'tois assur d'us] en t\t de ma raison1 s9on p>faitem5t1 au mo9s le mieux qui ft en mon p\voir3 outre que je s5tois1 en la pratiquant1 que mon esprit s'acc\tumoit peu peu concevoir plus nettem5t et plus di/9ctem5t ses objets2 et que1 ne l'ayant po9t assujettie aucune matire p>ticulire1 je me promettois de l'appliqu] aussi utilem5t aux difficults des autres sci5ces que j'avois fait celles de l'algbre4 ,non que p\r cela j'osasse entrepr5dre d'abord d'exam9] t\tes celles qui se prs5t]oi5t1 c> cela mme et t contraire l'ordre qu'elle prescrit3 mais1 ayant pris g>de que leurs pr9cipes devoi5t t\s tre emprunts de la philosophie1 en laquelle je n'en tr\vois po9t encore de c]ta9s1 je p5sai qu'il falloit avant t\t que je t*asse d'y en tablir2 et que1 cela tant la *ose du monde la plus importante1 et o la prcipitation et la prv5tion toi5t le plus cra9dre1 je ne devois po9t entrepr5dre d'en v5ir b\t que je n'eusse atte9t un ge bi5 plus mr que celui de v+t-trois ans que j'avois alors1 et que je n'eusse aup>avant employ beauc\p de temps m'y prp>]1 tant en drac9ant de mon esprit t\tes les mauvaises op9ions que j'y avois reues avant ce temps-l1 qu'en faisant amas de plusieurs expri5ces1 p\r tre aprs la matire de mes raisonnem5ts1 et en m'ex]ant t\j\rs en la m?ode que je m'tois prescrite1 af9 de m'y aff]mir de plus en plus4 ,,troisi,,me ,,p>tie4 ,et enf91 comme ce n'e/ pas assez1 avant de comm5c] rebtir le logis o on demeure1 que de l'abattre1 et de faire provision de matriaux et d'ar*itectes1 ou s'ex]c] soi-mme l'ar*itecture1 et outre cela d'en avoir soigneusem5t trac de dess91 mais qu'il faut aussi s'tre p\rvu de quelque autre o on puisse tre log commodm5t p5dant le temps qu'on y travaill]a2 a9si1 af9 que je ne demeurasse po9t irrsolu en mes actions1 p5dant que la raison m'oblig]oit de l'tre en mes jugem5ts1 et que je ne laissasse pas de vivre ds lors le plus heureusem5t que je p\rrois1 je me =mai une morale p> provision1 qui ne consi/oit qu'en trois ou quatre maximes dont je veux bi5 v\s faire "p4 ,la premire toit d'obir aux lois et aux c\tumes de mon pays1 ret5ant con/amm5t la religion en laquelle ,dieu m'a fait la grce d'tre in/ruit ds mon enfance1 et me g\v]nant en t\te autre *ose suivant les op9ions les plus modres et les plus loignes de l'excs qui fuss5t communm5t reues en pratique p> les mieux s5ss de ceux avec lesquels j'aurois vivre4 ,c>1 comm5ant ds lors ne compt] p\r ri5 les mi5nes propres1 cause que je les v\lois remettre t\tes l'exam51 j'tois assur de ne p\voir mieux que de suivre celles des mieux s5ss4 ,et encore qu'il y en ait peut-tre d'aussi bi5 s5ss p>mi les ,p]ses ou les ,*9ois que p>mi n\s1 il me sembloit que le plus utile toit de me rgl] selon ceux avec lesquels j'aurois vivre2 et que1 p\r savoir quelles toi5t vritablem5t leurs op9ions1 je devois plutt pr5dre g>de ce qu'ils pratiquoi5t qu' ce qu'ils disoi5t1 non seulem5t cause qu'en la corruption de nos moeurs il y a peu de g5s qui veuill5t dire t\t ce qu'ils croi5t1 mais aussi cause que plusieurs l'ignor5t eux-mmes2 c> l'action de la p5se p> laquelle on croit une *ose tant diffr5te de celle p> laquelle on connot qu'on la croit1 elles sont s\v5t l'une sans l'autre4 ,et1 entre plusieurs op9ions galem5t reues1 je ne *oisissois que les plus modres1 tant cause que ce sont t\j\rs les plus commodes p\r la pratique1 et vraisemblablem5t les meilleures1 t\s excs ayant c\tume d'tre mauvais1 comme aussi af9 de me dt\rn] mo9s du vrai *em91 en cas que je faillisse1 que si1 ayant *oisi l'un des extrmes1 c'et t l'autre qu'il et fallu suivre4 ,et p>ticulirem5t je mettois entre les excs t\tes les promesses p> lesquelles on retran*e quelque *ose de sa lib]t2 non que je dsappr\vasse les lois1 qui1 p\r remdi] l'incon/ance des esprits foibles1 p]mett5t1 lorsqu'on a quelque bon desse91 ou mme1 p\r la sret du comm]ce1 quelque desse9 qui n'e/ qu'indiffr5t1 qu'on fasse des voeux ou des contrats qui oblig5t y p]svr]3 mais cause que je ne voyois au monde aucune *ose qui demeurt t\j\rs en mme tat1 et que1 p\r mon p>ticuli]1 je me promettois de p]fectionn] de plus en plus mes jugem5ts1 et non po9t de les r5dre pires1 j'eusse p5s commettre une gr&e faute contre le bon s5s1 si1 p\r ce que j'appr\vois alors quelque *ose1 je me fusse oblig de la pr5dre p\r bonne encore aprs1 lorsqu'elle auroit peut-tre cess de l'tre1 ou que j'aurois cess de l'e/im] telle4 ,ma seconde maxime toit d'tre le plus f]me et le plus rsolu en mes actions que je p\rrois1 et de ne suivre pas mo9s con/amm5t les op9ions les plus d\teuses lorsque je m'y s]ois une fois dt]m91 que si elles euss5t t trs assures3 imitant en ceci les voyageurs1 qui1 se tr\vant g>s en quelque =t1 ne doiv5t pas err] en t\rnoyant tantt d'un ct tantt d'un autre1 ni encore mo9s s'arrt] en une place1 mais m>*] t\j\rs le plus droit qu'ils peuv5t v]s un mme ct1 et ne le *ang] po9t p\r de foibles raisons1 encore que ce n'ait peut-tre t au comm5cem5t que le has>d seul qui les ait dt]m9s le *oisir2 c>1 p> ce moy51 s'ils ne vont ju/em5t o ils dsir5t1 ils arriv]ont au mo9s la f9 quelque "p o vraisemblablem5t ils s]ont mieux que dans le milieu d'une =t4 ,et a9si les actions de la vie ne s\ffrant s\v5t aucun dlai1 c'e/ une vrit trs c]ta9e que1 lorsqu'il n'e/ pas en notre p\voir de disc]n] les plus vraies op9ions1 n\s devons suivre les plus probables2 et mme qu'encore que n\s ne rem>quions po9t davantage de probabilit aux unes qu'aux autres1 n\s devons nanmo9s n\s dt]m9] quelques unes1 et les considr] aprs1 non plus comme d\teuses en tant qu'elles se rapport5t la pratique1 mais comme trs vraies et trs c]ta9es1 cause que la raison qui n\s y a fait dt]m9] se tr\ve telle4 ,et ceci fut capable ds lors de me dlivr] de t\s les rep5tirs et les remords qui ont c\tume d'agit] les consci5ces de ces esprits foibles et *ancelants qui se laiss5t all] incon/amm5t pratiqu] comme bonnes les *oses qu'ils jug5t aprs tre mauvaises4 ,ma troisime maxime toit de t*] t\j\rs plutt me va9cre que la =tune1 et *ang] mes dsirs que l'ordre du monde1 et gnralem5t de m'acc\tum] croire qu'il n'y a ri5 qui soit entirem5t en notre p\voir que nos p5ses1 en sorte qu'aprs que n\s avons fait notre mieux t\*ant les *oses qui n\s sont extrieures1 t\t ce qui manque de n\s russir e/ au reg>d de n\s absolum5t impossible4 ,et ceci seul me sembloit tre suffisant p\r m'emp*] de ri5 dsir] l'av5ir que je n'acquisse1 et a9si p\r me r5dre cont5t2 c> notre volont ne se portant naturellem5t dsir] que les *oses que notre ent5dem5t lui reprs5te en quelque faon comme possibles1 il e/ c]ta9 que si n\s considrons t\s les bi5s qui sont hors de n\s comme galem5t loigns de notre p\voir1 n\s n'aurons pas plus de regret de manqu] de ceux qui sembl5t tre dus notre naissance1 lorsque n\s en s]ons privs sans notre faute1 que n\s avons de ne possd] pas les royaumes de la ,*9e ou de ,mexique2 et que faisant1 comme on dit1 de ncessit v]tu1 n\s ne dsir]ons pas davantage d'tre sa9s tant malades1 ou d'tre libres tant en prison1 que n\s faisons ma9t5ant d'avoir des corps d'une matire aussi peu corruptible que les diamants1 ou des ailes p\r vol] comme les oiseaux4 ,mais j'av\e qu'il e/ beso9 d'un long ex]cice1 et d'une mditation s\v5t rxre1 p\r s'acc\tum] reg>d] de ce biais t\tes les *oses2 et je crois que c'e/ pr9cipalem5t en ceci que consi/oit le secret de ces philosophes qui ont pu autrefois se s\/raire de l'empire de la =tune1 et1 malgr les d\leurs et la pauvret1 disput] de la flicit avec leurs dieux4 ,c>1 s'occupant sans cesse considr] les bornes qui leur toi5t prescrites p> la nature1 ils se p]suadoi5t si p>faitem5t que ri5 n'toit en leur p\voir que leurs p5ses1 que cela seul toit suffisant p\r les emp*] d'avoir aucune affection p\r d'autres *oses2 et ils disposoi5t d'elles si absolum5t qu'ils avoi5t en cela quelque raison de s'e/im] plus ri*es et plus puissants et plus libres et plus heureux qu'aucun des autres hommes1 qui1 n'ayant po9t cette philosophie1 tant favoriss de la nature et de la =tune qu'ils puiss5t tre1 ne dispos5t jamais a9si de t\t ce qu'ils veul5t4 ,enf91 p\r conclusion de cette morale1 je m'avisai de faire une revue sur les div]ses occupations qu'ont les hommes en cette vie1 p\r t*] faire *oix de la meilleure2 et1 sans que je veuille ri5 dire de celles des autres1 je p5sai que je ne p\vois mieux que de cont9u] en celle-l mme o je me tr\vois1 c'e/--dire que d'employ] t\te ma vie cultiv] ma raison1 et m'avanc] autant que je p\rrois en la connoissance de la vrit1 suivant la m?ode que je m'tois prescrite4 ,j'avois pr\v de si extrmes cont5tem5ts depuis que j'avois comm5c me s]vir de cette m?ode1 que je ne croyois pas qu'on en put recevoir de plus d\x ni de plus innoc5ts en cette vie2 et dc\vrant t\s les j\rs p> son moy5 quelques vrits qui me sembloi5t assez importantes et communm5t ignores des autres hommes1 la satisfaction que j'en avois remplissoit tellem5t mon esprit que t\t le re/e ne me t\*oit po9t4 ,outre que les trois maximes prcd5tes n'toi5t fondes que sur le desse9 que j'avois de cont9u] m'in/ruire c> ,dieu n\s ayant donn *acun quelque lumire p\r disc]n] le vrai d'avec le faux1 je n'eusse pas cru me devoir cont5t] des op9ions d'autrui un seul mom5t1 si je ne me fusse propos d'employ] mon propre jugem5t les exam9] lorsqu'il s]ait temps2 et je n'eusse su m'exempt] de scrupule en les suivant1 si je n'eusse espr de ne p]dre p\r cela aucune occasion d'en tr\v] de meilleures en cas qu'il y en et2 et enf91 je n'eusse su born] mes dsirs ni tre cont5t1 si je n'eusse suivi un *em9 p> lequel1 p5sant tre assur de l'acquisition de t\tes les connoissances dont je s]ois capable1 je le p5sois tre p> mme moy5 de celle de t\s les vrais bi5s qui s]oi5t jamais en mon p\voir2 d'autant que1 notre volont ne se portant suivre ni fuir aucune *ose que selon que notre ent5dem5t la lui reprs5te bonne ou mauvaise1 il suffit de bi5 jug] p\r bi5 faire1 et de jug] le mieux qu'on puisse p\r faire aussi t\t son mieux1 c'e/--dire p\r acqurir t\tes les v]tus1 et ensemble t\s les autres bi5s qu'on puisse acqurir2 et lorsqu'on e/ c]ta9 que cela e/1 on ne sauroit manqu] d'tre cont5t4 ,aprs m'tre a9si assur de ces maximes1 et les avoir mises "p avec les vrits de la foi1 qui ont t\j\rs t les premires en ma crance1 je jugeai que p\r t\t le re/e de mes op9ions je p\vois librem5t entrepr5dre de m'en dfaire4 ,et d'autant que j'esprois en p\voir mieux v5ir b\t en conv]sant avec les hommes qu'en demeurant plus longtemps r5f]m dans le pole o j'avois eu t\tes ces p5ses1 l'hiv] n'tait pas encore bi5 a*ev que je me remis voyag]4 ,et en t\tes les neuf annes suivantes je ne fis autre *ose que r\l] a et l dans le monde1 t*ant d'y tre spectateur plutt qu'acteur en t\tes les comdies qui s'y j\5t2 et1 faisant p>ticulirem5t rflexion en *aque matire sur ce qui la p\voit r5dre suspecte et n\s donn] occasion de n\s mpr5dre1 je drac9ois cep5dant de mon esprit t\tes les erreurs qui s'y toi5t pu gliss] aup>avant4 ,non que j'imitasse p\r cela les sceptiques1 qui ne d\t5t que p\r d\t]1 et affect5t d'tre t\j\rs irrsolus2 c>1 au contraire1 t\t mon desse9 ne t5doit qu' m'assur]1 et rejet] la t]re m\vante et le sable p\r tr\v] le roc ou l'argile4 ,ce qui me russissoit1 ce me semble1 assez bi51 d'autant que1 t*ant dc\vrir la fausset ou l'inc]titude des propositions que j'exam9ois1 non p> de foibles conjectures1 mais p> des raisonnem5ts clairs et assurs1 je n'en r5controis po9t de si d\teuse que je n'en tirasse t\j\rs quelque conclusion assez c]ta9e1 qu& ce n'et t que cela mme qu'elle ne cont5oit ri5 de c]ta94 ,et1 comme1 en abattant un vieux logis1 on en rs]ve ord9airem5t les dmolitions p\r s]vir en btir un n\veau1 a9si1 en dtruisant t\tes celles de mes op9ions que je jugeois tre mal fondes1 je faisois div]ses obs]vations et acqurois plusieurs expri5ces qui m'ont s]vi depuis en tablir de plus c]ta9es4 ,et de plus je cont9uois m'ex]c] en la m?ode que je m'tois prescrite2 c>1 outre que j'avois so9 de conduire gnralem5t t\tes mes p5ses selon les rgles1 je me rs]vois de temps en temps quelques heures1 que j'employois p>ticulirem5t la pratiqu] en des difficults de ma?matique1 ou mme aussi en quelques autres que je p\vois r5dre quasi semblables celles des ma?matiques1 en les dta*ant de t\s les pr9cipes des autres sci5ces que je ne tr\vois pas assez f]mes1 comme v\s v]rez que j'ai fait en plusieurs qui sont expliques en ce volume#a4 ,et a9si1 sans vivre d'autre faon en app>5ce que ceux qui1 n'ayant aucun emploi qu' pass] une vie d\ce et innoc5te1 s'tudi5t sp>] les plaisirs des vices1 et qui1 p\r j\ir de leur loisir sans s'ennuy]1 us5t de t\s les div]tissem5ts qui sont honntes1 je ne laissois pas de p\rsuivre en mon desse9 et de pr(it] en la connoissance de la vrit1 peut-tre plus que si je n'eusse fait que lire des livres ou frqu5t] des g5s de lettres4 ,t\tefois ces neuf ans s'c\lr5t avant que j'eusse encore pris aucun p>ti t\*ant les difficults qui ont c\tume d'tre disputes entre les doctes1 ni comm5c *]*] les fondem5ts d'aucune philosophie plus c]ta9e que la vulgaire4 ,et l'exemple de plusieurs excell5ts esprits1 qui en ayant eu ci-devant le desse9 me sembloi5t n'y avoir pas russi1 m'y faisoit imag9] tant de difficult1 que je n'eusse peut-tre pas encore sitt os l'entrepr5dre1 si je n'eusse vu que quelques uns faisoi5t dj c\rre le bruit que j'en tois v5u b\t4 ,je ne saurois pas dire sur quoi ils fondoi5t cette op9ion2 et si j'y ai contribu quelque *ose p> mes disc\rs1 ce doit avoir t en confessant plus +num5t ce que j'ignorois1 que n'ont c\tume de faire ceux qui ont un peu tudi1 et peut-tre aussi eu faisant voir les raisons que j'avois de d\t] de beauc\p de *oses que les autres e/im5t c]ta9es1 plutt qu'en me vantant d'aucune doctr9e4 ,mais ayant le coeur assez bon p\r ne v\loir po9t qu'on me prit p\r autre que je n'tois1 je p5sai qu'il falloit que je t*asse p> t\s moy5s me r5dre digne de la rputation qu'on me donnoit2 et il y a ju/em5t huit ans que ce dsir me fit rs\dre m'loign] de t\s les lieux o je p\vois avoir des connoissances1 et me retir] ici1 en un pays o la longue dure de la gu]re a fait tablir de tels ordres1 que les armes qu'on y entreti5t ne sembl5t s]vir qu' faire qu'on y j\isse des fruits de la paix avec d'autant plus de sret1 et o1 p>mi la f\le d'un gr& peuple =t actif1 et plus soigneux de ses propres affaires que curieux de celles d'autrui1 sans manqu] d'aucune des commodits qui sont dans les villes les plus frqu5tes1 j'ai pu vivre aussi solitaire et retir que dans les ds]ts les plus c>ts4 ,note #cc3 ,la ,dioptrique1 les ,mtores et la ,gomtrie p>ur5t d'abord dans le mme volume que ce disc\rs4 ,,quatri,,me ,,p>tie4 ,je ne sais si je dois v\s entret5ir des premires mditations que j'y ai faites2 c> elles sont si mtaphysiques et si peu communes1 qu'elles ne s]ont peut-tre pas au gt de t\t le monde3 et t\tefois1 af9 qu'on puisse jug] si les fondem5ts que j'ai pris sont assez f]mes1 je me tr\ve en quelque faon contra9t d'en p>l]4 ,j'avois ds long-temps rem>qu que p\r les moeurs il e/ beso9 quelquefois de suivre des op9ions qu'on sait tre =t inc]ta9es1 t\t de mme que si elles toi5t indubitables1 a9si qu'il a t dit ci-dessus3 mais p\rce qu'alors je dsirois vaqu] seulem5t la re*]*e de la vrit1 je p5sai qu'il falloit que je fisse t\t le contraire1 et que je rejetasse comme absolum5t faux t\t ce en quoi je p\rrois imag9] le mo9dre d\te1 af9 de voir s'il ne re/]oit po9t aprs cela quelque *ose en ma crance qui ft entirem5t indubitable4 ,a9si1 cause que nos s5s n\s tromp5t quelquefois1 je v\lus suppos] qu'il n'y avoit aucune *ose qui ft telle qu'ils n\s la font imag9]2 et p>ce qu'il y a des hommes qui se mpr5n5t en raisonnant1 mme t\*ant les plus simples matires de gomtrie1 et y font des p>alogismes1 jugeant que j'tois sujet faillir autant qu'aucun autre1 je rejetai comme fausses t\tes les raisons que j'avois prises aup>avant p\r dmon/rations2 et enf91 considrant que t\tes les mmes p5ses que n\s avons tant veills n\s peuv5t aussi v5ir qu& n\s dormons1 sans qu'il y en ait aucune p\r lors qui soit vraie1 je me rsolus de fe9dre que t\tes les *oses qui m'toi5t jamais entres en l'esprit n'toi5t non plus vraies que les illusions de mes songes4 ,mais aussitt aprs je pris g>de que1 p5dant que je v\lois a9si p5s] que t\t toit faux1 il falloit ncessairem5t que moi qui le p5sois fusse quelque *ose2 et rem>quant que cette vrit1 je p5se1 donc je suis1 toit si f]me et si assure1 que t\tes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'toi5t pas capables de l'branl]1 je jugeai que je p\vois la recevoir sans scrupule p\r le premi] pr9cipe de la philosophie que je *]*ois4 ,puis1 exam9ant avec att5tion ce que j'tois1 et voyant que je p\vois fe9dre que je n'avois aucun corps1 et qu'il n'y avoit aucun monde ni aucun lieu o je fusse2 mais que je ne p\vois pas fe9dre p\r cela que je n'tois po9t2 et qu'au contraire de cela mme que je p5sois d\t] de la vrit des autres *oses1 il suivoit trs videmm5t et trs c]ta9em5t que j'tois2 au lieu que si j'eusse seulem5t cess de p5s]1 encore que t\t le re/e de ce que j'avois jamais imag9 et t vrai1 je n'avois aucune raison de croire que j'eusse t2 je connus de l que j'tois une sub/ance dont t\te l'ess5ce ou la nature n'e/ que de p5s]1 et qui p\r tre n'a beso9 d'aucun lieu ni ne dp5d d'aucune *ose matrielle2 en sorte que ce moi1 c'e/--dire l'me1 p> laquelle je suis ce que je suis1 e/ entirem5t di/9cte du corps1 et mme qu'elle e/ plus aise connotre que lui1 et qu'encore qu'il ne ft po9t1 elle ne l'auroit pus d'tre t\t ce qu'elle e/4 ,aprs cela je considrai en gnral ce qui e/ requis une proposition p\r tre vraie et c]ta9e2 c> puisque je v5ois d'en tr\v] une que je savois tre telle1 je p5sai que je devois aussi savoir en quoi consi/e cette c]titude4 ,et ayant rem>qu qu'il n'y a ri5 du t\t en ceci1 je p5se1 donc je suis1 qui m'assure que je dis la vrit1 s9on que je vois trs clairem5t que p\r p5s] il faut tre1 je jugeai que je p\vois pr5dre p\r rgle gnrale que les *oses que n\s concevons =t clairem5t et =t di/9ctem5t sont t\tes vraies1 mais qu'il y a seulem5t quelque difficult bi5 rem>qu] quelles sont celles que n\s concevons di/9ctem5t4 ,ensuite de quoi1 faisant rflexion sur ce que je d\tois1 et que p> consqu5t mon tre n'toit pas t\t p>fait1 c> je voyois clairem5t que c'toit une plus gr&e p]fection de connotre1 que de d\t]1 je m'avisai de *]*] d'o j'avois appris p5s] quelque *ose de plus p>fait que je n'tois2 et je connus videmm5t que ce devoit tre de quelque nature qui ft en effet plus p>faite4 ,p\r ce qui e/ des p5ses que j'avois de plusieurs autres *oses hors de moi1 comme du ciel1 de la t]re1 de la lumire1 de la *aleur1 et de mille autres1 je n'tois po9t tant en pe9e de savoir d'o elles v5oi5t1 cause que1 ne rem>quant ri5 en elles qui me semblt les r5dre suprieures moi1 je p\vois croire que1 si elles toi5t vraies1 c'toi5t des dp5dances de ma nature1 en tant qu'elle avoit quelque p]fection1 et1 si elles ne l'toi5t pas1 que je les t5ois du nant1 c'e/--dire qu'elles toi5t en moi p\rce que j'avois du dfaut4 ,mais ce ne p\voit tre le mme de l'ide d'un tre plus p>fait que le mi53 c>1 de la t5ir du nant1 c'toit *ose manife/em5t impossible3 et p\rce qu'il n'y a pas mo9s de rpugnance que le plus p>fait soit une suite et une dp5dance du mo9s p>fait1 qu'il y en a que de ri5 procde quelque *ose1 je ne la p\vois t5ir non plus de moi-mme3 de faon qu'il re/oit qu'elle et t mise en moi p> une nature qui ft vritablem5t plus p>faite que je n'tois1 et mme qui et en soi t\tes les p]fections dont je p\vois avoir quelque ide1 c'e/ dire1 p\r m'expliqu] en un mot1 qui ft ,dieu4 ,a quoi j'aj\tai que1 puisque je connoissois quelques p]fections que je n'avois po9t1 je n'tois pas le seul tre qui exi/t 7j'us]ai1 s'il v\s plat1 ici librem5t des mots de l'cole72 mais qu'il falloit de ncessit1 qu'il y en et quelque autre plus p>fait1 duquel je dp5disse1 et duquel j'eusse acquis t\t ce que j'avois3 c>1 si j'eusse t seul et indp5dant de t\t autre1 en sorte que j'eusse eu de moi-mme t\t ce peu que je p>ticipois de l'tre p>fait1 j'eusse pu avoir de moi1 p> mme raison1 t\t le surplus que je connoissois me manqu]1 et a9si tre moi-mme inf9i1 t]nel1 immuable1 t\t connoissant1 t\t puissant1 et enf9 avoir t\tes les p]fections que je p\vois rem>qu] tre en ,dieu4 ,c>1 suivant les raisonnem5ts que je vi5s de faire1 p\r connotre la nature de ,dieu1 autant que la mi5ne en toit capable1 je n'avois qu' considr]1 de t\tes les *oses dont je tr\vois en moi quelque ide1 si c'toit p]fection ou non de les possd]2 et j'tois assur qu'aucune de celles qui m>quoi5t quelque imp]fection n'toit en lui1 mais que t\tes les autres y toi5t3 comme je voyois que le d\te1 l'incon/ance1 la tri/esse1 et *oses semblables1 n'y p\voi5t tre1 vu que j'eusse t moi-mme bi5 ais d'en tre exempt4 ,puis1 outre cela1 j'avois des ides de plusieurs *oses s5sibles et corporelles2 c>1 quoique je supposasse que je revois1 et que t\t ce que je voyois ou imag9ois toit faux1 je ne p\vois ni] t\tefois que les ides n'en fuss5t vritablem5t en ma p5se4 ,mais p\rce que j'avois dj connu en moi trs clairem5t que la nature intellig5te e/ di/9cte de la corporelle2 considrant que t\te composition tmoigne de la dp5dance1 et que la dp5dance e/ manife/em5t un dfaut1 je jugeois de l que ce ne p\voit tre une p]fection en ,dieu d'tre compos de ces deux natures1 et que p> consqu5t il ne l'toit pas2 mais que s'il y avoit quelques corps dans le monde1 ou bi5 quelques intellig5ces ou autres natures qui ne fuss5t po9t t\tes p>faites1 leur tre devoit dp5dre de sa puissance1 en telle sorte quelles ne p\voi5t subsi/] sans lui un seul mom5t4 ,je v\lus *]*] aprs cela d'autres vrits2 et m'tant propos l'objet des gomtres1 que je concevois comme un corps cont9u1 ou un espace indf9im5t t5du en longueur1 l>geur et hauteur ou pr(ondeur1 divisible en div]ses p>ties1 qui p\voi5t avoir div]ses figures et gr&eurs1 et tre mues ou transposes en t\tes sortes1 c> les gomtres suppos5t t\t cela en leur objet1 je p>c\rus quelques unes de leurs plus simples dmon/rations2 et1 ayant pris g>de que cette gr&e c]titude1 que t\t le monde leur attribue1 n'e/ fonde que sur ce qu'on les conoit videmm5t1 suivant la rgle que j'ai tantt dite1 je pris g>de aussi qu'il n'y avoit ri5 du t\t en elles qui m'assurt de l'exi/5ce de leur objet3 c>1 p> exemple1 je voyois bi5 que1 supposant un triangle1 il falloit que ses trois angles fuss5t gaux deux droits1 mais je ne voyois ri5 p\r cela qui m'assurt qu'il y et au monde aucun triangle3 au lieu que1 rev5ant exam9] l'ide que j'avois d'un tre p>fait1 je tr\vois que l'exi/5ce y toit comprise en mme faon qu'il e/ compris en celle d'un triangle que ses trois angles sont gaux deux droits1 ou en celle d'une sphre que t\tes ses p>ties sont galem5t di/antes de son c5tre1 ou mme encore plus videmm5t2 et que p> consqu5t il e/ p\r le mo9s aussi c]ta9 que ,dieu1 qui e/ cet tre si p>fait1 e/ ou exi/e1 qu'aucune dmon/ration de gomtrie le sauroit tre4 ,mais ce qui fait qu'il y en a plusieurs qui se p]suad5t qu'il y a de la difficult le connotre1 et mme aussi connotre ce que c'e/ que leur me1 c'e/ qu'ils n'lv5t jamais leur esprit au-del des *oses s5sibles1 et qu'ils sont tellem5t acc\tums ne ri5 considr] qu'en l'imag9ant1 qui e/ une faon de p5s] p>ticulire p\r les *oses matrielles1 que t\t ce qui n'e/ pas imag9able1 leur semble n'tre pas intelligible4 ,ce qui e/ assez manife/e de ce que mme les philosophes ti5n5t p\r maxime1 dans les coles1 qu'il n'y a ri5 dans l'ent5dem5t qui n'ait premirem5t t dans le s5s1 o t\tefois il e/ c]ta9 que les ides de ,dieu et de l'me n'ont jamais t2 et il me semble que ceux qui veul5t us] de leur imag9ation p\r les compr5dre font t\t de mme que si1 p\r our les sons ou s5tir les odeurs1 ils se v\loi5t s]vir de leurs yeux3 s9on qu'il y a encore cette diffr5ce1 que le s5s de la vue ne n\s assure pas mo9s de la vrit de ses objets que font ceux de l'odorat ou de l'oue2 au lieu que ni notre imag9ation ni nos s5s ne n\s sauroi5t jamais assur] d'aucune *ose si notre ent5dem5t n'y int]vi5t4 ,enf91 s'il y a encore des hommes qui ne soi5t pas assez p]suads de l'exi/5ce de ,dieu et de leur me p> les raisons que j'ai apportes1 je veux bi5 qu'ils sa*5t que t\tes les autres *oses dont ils se p5s5t peut-tre plus assurs1 comme d'avoir un corps1 et qu'il y a des a/res et une t]re1 et *oses semblables1 sont mo9s c]ta9es2 c>1 encore qu'on ait une assurance morale de ces *oses1 qui e/ telle qu'il semble qu' mo9s d'tre extravagant on n'en peut d\t]1 t\tefois aussi1 mo9s que d'tre draisonnable1 lorsqu'il e/ "q d'une c]titude mtaphysique1 on ne peut ni] que ce ne soit assez de sujet p\r n'en tre pas entirem5t assur1 que d'avoir pris g>de qu'on peut en mme faon s'imag9]1 tant endormi1 qu'on a un autre corps1 et qu'on voit d'autres a/res et une autre t]re1 sans qu'il en soit ri54 ,c> d'o sait-on que les p5ses qui vi5n5t en songe sont plutt fausses que les autres1 vu que s\v5t elles ne sont pas mo9s vives et expresses8 ,et que les meilleurs esprits y tudi5t tant qu'il leur plaira1 je ne crois pas qu'ils puiss5t donn] aucune raison qui soit suffisante p\r t] ce d\te1 s'ils ne prsuppos5t l'exi/5ce de ,dieu4 ,c>1 premirem5t1 cela mme que j'ai tantt pris p\r une rgle1 savoir que les *oses que n\s concevons trs clairem5t et trs di/9ctem5t sont t\tes vraies1 n'e/ assur qu' cause que ,dieu e/ ou exi/e1 et qu'il e/ un tre p>fait1 et que t\t ce qui e/ en n\s vi5t de lui3 d'o il suit que nos ides ou notions1 tant des *oses relles et qui vi5n5t de ,dieu1 en t\t ce en quoi elles sont claires et di/9ctes1 ne peuv5t en cela tre que vraies4 ,en sorte que si n\s en avons assez s\v5t qui conti5n5t de la fausset1 ce ne peut tre que de celles qui ont quelque *ose de confus et obscur1 cause qu'en cela elles p>ticip5t du nant1 c'e/--dire qu'elles ne sont en n\s a9si confuses qu' cause que n\s ne sommes pas t\t p>faits4 ,et il e/ vid5t qu'il n'y a pas mo9s de rpugnance que la fausset ou l'imp]fection procde de ,dieu en tant que telle1 qu'il y en a que la vrit ou la p]fection procde du nant4 ,mais si n\s ne savions po9t que t\t ce qui e/ en n\s de rel et de vrai vi5t d'un tre p>fait et inf9i1 p\r claires et di/9ctes que fuss5t nos ides1 n\s n'aurions aucune raison qui n\s assurt qu'elles euss5t la p]fection d'tre vraies4 ,or1 aprs que la connoissance de ,dieu et de l'me n\s a a9si r5dus c]ta9s de cette rgle1 il e/ bi5 ais connotre que les rv]ies que n\s imag9ons tant endormis ne doiv5t aucunem5t n\s faire d\t] de la vrit des p5ses que n\s avons tant veills4 ,c> s'il arrivoit mme en dormant qu'on et quelque ide =t di/9cte1 comme1 p> exemple1 qu'un gomtre inv5tt quelque n\velle dmon/ration1 son sommeil ne l'emp*]oit pas d'tre vraie2 et p\r l'erreur la plus ord9aire de nos songes1 qui consi/e en ce qu'ils n\s reprs5t5t div]s objets en mme faon que font nos s5s extrieurs1 n'importe pas qu'elle n\s donne occasion de n\s dfi] de la vrit de telles ides1 cause qu'elles peuv5t aussi n\s tromp] assez s\v5t sans que n\s dormions2 comme lorsque ceux qui ont la jaunisse voi5t t\t de c\leur jaune1 ou que les a/res ou autres corps =t loigns n\s p>oiss5t beauc\p plus petits qu'ils ne sont4 ,c> enf91 soit que n\s veillions1 soit que n\s dormions1 n\s ne n\s devons jamais laiss] p]suad] qu' l'vid5ce de notre raison4 ,et il e/ rem>qu] que je dis de notre raison1 et non po9t de notre imag9ation ni de nos s5s3 comme encore que n\s voyions le soleil trs clairem5t1 n\s ne devons pas jug] p\r cela qu'il ne soit que de la gr&eur que n\s le voyons2 et n\s p\vons bi5 imag9] di/9ctem5t une tte de lion ente sur le corps d'une *vre1 sans qu'il faille conclure p\r cela qu'il y ait au monde une *imre3 c> la raison ne n\s dicte po9t que ce que n\s voyons ou imag9ons a9si soit vritable2 mais elle n\s dicte bi5 que t\tes nos ides ou notions doiv5t avoir quelque fondem5t de vrit2 c> il ne s]oit pas possible que ,dieu1 qui e/ t\t p>fait et t\t vritable1 les et mises en n\s sans cela2 et1 p\rce que nos raisonnem5ts ne sont jamais si vid5ts ni si enti]s p5dant le sommeil que p5dant la veille1 bi5 que quelquefois nos imag9ations soi5t alors autant ou plus vives et expresses1 elle n\s dicte aussi que nos p5ses ne p\vant tre t\tes vraies1 cause que n\s ne sommes pas t\t p>faits1 ce qu'elles ont de vrit doit infailliblem5t se r5contr] en celles que n\s avons tant veills plutt qu'en nos songes4 ,,c9qui,,me ,,p>tie4 ,je s]ois bi5 aise de p\rsuivre1 et de faire voir ici t\te la *ane des autres vrits que j'ai dduites de ces premires2 mais1 cause que p\r cet effet il s]oit ma9t5ant beso9 que je p>lasse de plusieurs que/ions qui sont en controv]se entre les doctes1 avec lesquels je ne dsire po9t me br\ill]1 je crois qu'il s]a mieux que je m'en ab/i5ne1 et que je dise seulem5t en gnral quelles elles sont1 af9 de laiss] jug] aux plus sages s'il s]ait utile que le public en ft plus p>ticulirem5t in=m4 ,je suis t\j\rs demeur f]me en la rsolution que j'avois prise de ne suppos] aucun autre pr9cipe que celui dont je vi5s de me s]vir p\r dmontr] l'exi/5ce de ,dieu et de l'me1 et de ne recevoir aucune *ose p\r vraie qui ne me semblt plus claire et plus c]ta9e que n'avoi5t fait aup>avant les dmon/rations des gomtres2 et nanmo9s j'ose dire que non seulem5t j'ai tr\v moy5 de me satisfaire en peu de temps t\*ant t\tes les pr9cipales difficults dont on a c\tume de trait] en la philosophie1 mais aussi que j'ai rem>qu c]ta9es lois que ,dieu a tellem5t tablies en la nature1 et dont il a imprim de telles notions en nos mes1 qu'aprs y avoir fait assez de rflexion n\s ne saurions d\t] qu'elles ne soi5t exactem5t obs]ves en t\t ce qui e/ ou qui se fait dans le monde4 ,puis1 en considrant la suite de ces lois1 il me semble avoir dc\v]t plusieurs vrits plus utiles et plus importantes que t\t ce que j'avois appris aup>avant ou mme espr d'appr5dre4 ,mais1 p\r ce que j'ai t* d'en expliqu] les pr9cipales dans un trait que quelques considrations m'emp*5t de publi]1 je ne les saurois mieux faire connotre qu'en disant ici sommairem5t ce qu'il conti5t4 ,j'ai eu desse9 d'y compr5dre t\t ce que je p5sois savoir1 avant que de rcrire1 t\*ant la nature des *oses matrielles4 ,mais1 t\t de mme que les pe9tres1 ne p\vant galem5t bi5 reprs5t] dans un tableau plat t\tes les div]ses faces d'un corps solide1 en *oisiss5t une des pr9cipales1 qu'ils mett5t seule v]s le j\r1 et1 ombrageant les autres1 ne les font p>otre qu'autant qu'on les peut voir en la reg>dant2 a9si1 craignant de ne p\voir mettre en mon disc\rs t\t ce que j'avois eu la p5se1 j'entrepris seulem5t d'y expos] bi5 amplem5t ce que je concevois de la lumire2 puis1 son occasion1 d'y aj\t] quelque *ose du soleil et des toiles fixes1 cause qu'elle en procde presque t\te2 des cieux1 cause qu'ils la transmett5t2 des plantes1 des comtes et de la t]re1 cause qu'elles la font rfl*ir2 et en p>ticuli] de t\s les corps qui sont sur la t]re1 cause qu'ils sont ou colors1 ou transp>5ts1 ou lum9eux2 et enf9 de l'homme1 cause qu'il en e/ le spectateur4 ,mme1 p\r ombrag] un peu t\tes ces *oses1 et p\voir dire plus librem5t ce que j'en jugeois1 sans tre oblig de suivre ni de rfut] les op9ions qui sont reues entre les doctes1 je me rsolus de laiss] t\t ce monde ici leurs disputes1 et de p>l] seulem5t de ce qui arriv]oit dans un n\veau1 si ,dieu croit ma9t5ant quelque "p1 dans les espaces imag9aires1 assez de matire p\r le compos]1 et qu'il agitt div]sem5t et sans ordre les div]ses p>ties de cette matire1 en sorte qu'il en compost un *aos aussi confus que les potes en puiss5t fe9dre1 et que p> aprs il ne ft autre *ose que prt] son conc\rs ord9aire la nature1 et la laiss] agir suivant les lois qu'il a tablies4 ,a9si1 premirem5t1 je dcrivis cette matire1 et t*ai de la reprs5t] telle qu'il n'y a ri5 au monde1 ce me semble1 de plus clair ni plus intelligible1 except ce qui a tantt t dit dit de ,dieu et de l'me2 c> mme je supposai expressm5t qu'il n'y avoit en elle aucune de ces =mes ou qualits dont on dispute dans les coles1 ni gnralem5t aucune *ose dont la connoissance ne fut si naturelle nos mes qu'on ne pt pas mme fe9dre de l'ignor]4 ,de plus1 je fis voir quelles toi5t les lois de la nature2 et1 sans appuy] mes raisons sur aucun autre pr9cipe que sur les p]fections inf9ies de ,dieu1 je t*ai dmontr] t\tes celles dont on et pu avoir quelque d\te1 et faire voir qu'elles sont telles qu'encore que ,dieu auroit cr plusieurs mondes1 il n'y en sauroit avoir aucun o elles manquass5t d'tre obs]ves4 ,aprs cela1 je montrai comm5t la plus gr&e "p de la matire de ce *aos devoit1 en suite de ces lois1 se dispos] et s'arrang] d'une c]ta9e faon qui la r5doit semblable nos cieux2 comm5t cep5dant quelques unes de ses p>ties dvoi5t compos] une t]re et quelques unes des plantes et des comtes1 et quelques autres un soleil et des toiles fixes4 ,et ici1 m't5dant sur le sujet de la lumire1 j'expliquai bi5 au long quelle toit celle qui se devoit tr\v] dans le soleil et les toiles1 et comm5t de l elle trav]sait en un in/ant les imm5ses espaces des cieux1 et comm5t elle se rfl*issoit des plantes et des comtes v]s la t]re4 ,j'y aj\tai aussi plusieurs *oses t\*ant la sub/ance1 la situation1 les m\vem5ts1 et t\tes les div]ses qualits de ces cieux et de ces a/res2 en sorte que je p5sois en dire assez p\r faire connotre qu'il ne se rem>que ri5 en ceux de ce monde qui ne dt ou du mo9s qui ne put p>otre t\t semblable en ceux du monde que je dcrivois4 ,de l je v9s p>l] p>ticulirem5t de la t]re3 comm5t1 encore que j'eusse expressm5t suppos que ,dieu n'avoit mis aucune pesanteur en la matire dont elle toit compose1 t\tes ses p>ties ne laissoi5t pas de t5dre exactem5t v]s son c5tre2 comm5t1 y ayant de l'eau et de l'air sur sa sup]ficie1 la disposition des cieux et des a/res1 pr9cipalem5t de la lune1 y devoit caus] un flux et reflux qui ft semblable en t\tes ses circon/ances celui qui se rem>que dans nos m]s1 et outre cela un c]ta9 c\rs tant de l'eau que de l'air1 du levant v]s le c\*ant1 tel qu'on le rem>que aussi entre les tropiques2 comm5t les montagnes1 les m]s1 les fonta9es et les rivires p\voi5t naturellem5t s'y =m]1 et les mtaux y v5ir dans les m9es1 et les plantes y crotre dans les campagnes1 et gnralem5t t\s les corps qu'on nomme mls ou composs s'y eng5dr]3 et1 entre autres *oses1 cause qu'aprs les a/res je ne connois ri5 au monde que le feu qui produise de la lumire1 je m'tudiai faire ent5dre bi5 clairem5t t\t ce qui app>ti5t sa nature1 comm5t il se fait1 comm5t il se n\rrit1 comm5t il n'a quelquefois que de la *aleur sans lumire1 et quelquefois que de la lumire sans *aleur2 comm5t il peut introduire div]ses c\leurs en div]s corps1 et div]ses autres qualits2 comm5t il en fond quelques uns et en durcit d'autres2 comm5t il les peut consum] presque t\s ou conv]tir en c5dres et en fume2 et enf9 comm5t de ces c5dres1 p> la seule viol5ce de son action1 il =me du v]re2 c> cette transmutation de c5dres en v]re me semblant tre aussi admirable qu'aucune autre qui se fasse en la nature1 je pris p>ticulirem5t plaisir la dcrire4 ,t\tefois je ne v\lois pas infr] de t\tes ces *oses que ce monde ait t cr en la faon que je proposois2 c> il e/ bi5 plus vraisemblable que ds le comm5cem5t ,dieu l'a r5du tel qu'il devoit tre4 ,mais il e/ c]ta91 et c'e/ une op9ion communm5t reue entre les ?ologi5s1 que l'action p> laquelle ma9t5ant il le cons]ve1 e/ t\te la mme que celle p> laquelle il l'a cr2 de faon qu'encore qu'il ne lui aurait po9t donn au comm5cem5t d'autre =me que celle du *aos1 p\rvu qu'ayant tabli les lois de la nature1 il lui prtt son conc\rs p\r agir a9si qu'elle a de c\tume1 ou peut croire1 sans faire tort au miracle de la cration1 que p> cela seul t\tes les *oses qui sont purem5t matrielles auroi5t pu avec le temps s'y r5dre telles que n\s les voyons prs5t2 et leur nature e/ bi5 plus aise concevoir1 lorsqu'on les voit natre peu peu en cette sorte1 que lorsqu'on ne les considre que t\tes faites4 ,de la description des corps inanims et des plantes1 je passai celle des animaux1 et p>ticulirem5t celle des hommes4 ,mais p\r ce que je n'en avois pas encore assez de connoissance p\r en p>l] du mme /yle que du re/e1 c'e/--dire en dmontrant les effets p> les causes1 et faisant voir de quelles sem5ces et en quelle faon la nature les doit produire1 je me cont5tai de suppos] que ,dieu =mt le corps d'un homme entirem5t semblable l'un des ntres1 tant en la figure extrieure de ses membres1 qu'en la con=mation intrieure de ses organes1 sans le compos] d'autre matire que de celle que j'avois dcrite1 et sans mettre en lui au comm5cem5t aucune me raisonnable1 ni aucune autre *ose p\r y s]vir d'me vgtante ou s5sitive1 s9on qu'il excitt en son coeur un de ces feux sans lumire que j'avois dj expliqus1 et que je ne concevois po9t d'autre nature que celui qui *auffe le fo9 lorsqu'on l'a r5f]m avant qu'il ft sec1 ou qui fait b\illir les v9s n\veaux lorsqu'on les laisse cuv] sur la rpe3 c>1 exam9ant les fonctions qui p\voi5t en suite de cela tre en ce corps1 j'y tr\vois exactem5t t\tes celles qui peuv5t tre en n\s sans que n\s y p5sions1 ni p> consqu5t que notre me1 c'e/--dire cette p>tie di/9cte du corps dont il a t dit ci-dessus que la nature n'e/ que de p5s]1 y contribue1 et qui sont t\tes les mmes en quoi on peut dire que les animaux sans raison n\s ressembl5t2 sans que j'y en pusse p\r cela tr\v] aucune de celles qui1 tant dp5dantes de la p5se1 sont les seules qui n\s app>ti5n5t1 en tant qu'hommes2 au lieu que je les y tr\vois t\tes p> aprs1 ayant suppos que ,dieu crt une me raisonnable1 et qu'il la joignt ce corps en c]ta9e faon que je dcrivois4 ,mais af9 qu'on puisse voir en quelle sorte j'y traitais cette matire1 je veux mettre ici l'explication du m\vem5t du coeur et des artres1 qui tant le premi] et le plus gnral qu'on obs]ve dans les animaux1 on jug]a facilem5t de lui ce qu'on doit p5s] de t\s les autres4 ,et af9 qu'on ait mo9s de difficult ent5dre ce que j'en dirai1 je v\drois que ceux qui ne sont po9t v]ss en l'anatomie priss5t la pe9e1 avant que de lire ceci1 de faire c\p] devant eux le coeur de quelque gr& animal qui ait des p\mons1 c> il e/ en t\s assez semblable celui de l'homme1 et qu'ils se fiss5t montr] les deux *ambres ou concavits qui y sont3 premirem5t celle qui e/ dans son ct droit1 laquelle rpond5t deux tuyaux =t l>ges2 savoir1 la ve9e cave1 qui e/ le pr9cipal rceptacle du sang1 et comme le tronc de l'arbre dont t\tes les autres ve9es du corps sont les bran*es2 et la ve9e artrieuse1 qui a t a9si mal nomme1 p\rce que c'e/ en effet une artre1 laquelle1 pr5ant son orig9e du coeur1 se divise1 aprs en tre sortie1 en plusieurs bran*es qui vont se rp&re p>t\t dans les p\mons3 puis celle qui e/ dans son ct gau*e1 laquelle rpond5t en mme faon deux tuyaux qui sont autant1 ou plus l>ges que les prcd5ts2 savoir1 l'artre ve9euse1 qui a t aussi mal nomme1 cause qu'elle n'e/ autre *ose qu'une ve9e1 laquelle vi5t des p\mons1 o elle e/ divise en plusieurs bran*es entrelaces avec celles de la ve9e artrieuse1 et celles de ce conduit qu'on nomme le sifflet1 p> o entre l'air de la respiration2 et la gr&e artre qui1 sortant du coeur1 envoie ses bran*es p>t\t le corps4 ,je v\drois aussi qu'on leur montrt soigneusem5t les onze petites peaux qui1 comme autant de petites portes1 ouvr5t et f]m5t les quatre ouv]tures qui sont en ces deux concavits2 savoir1 trois l'entre de la ve9e cave1 o elles sont tellem5t disposes qu'elles ne peuv5t aucunem5t emp*] que le sang qu'elle conti5t ne c\le dans la concavit droite du coeur1 et t\tefois emp*5t exactem5t qu'il n'en puisse sortir2 trois l'entre de la ve9e artrieuse1 qui1 tant disposes t\t au contraire1 p]mett5t bi5 au sang qui e/ dans cette concavit de pass] dans les p\mons1 mais non pas celui qui e/ dans les p\mons d'y ret\rn]2 et a9si deux autres l'entre de l'artre ve9euse1 qui laiss5t c\l] le sang des p\mons v]s la concavit gau*e du coeur1 mais s'oppos5t son ret\r2 et trois l'entre de la gr&e artre1 qui lui p]mett5t de sortir du coeur1 mais l'emp*5t d'y ret\rn]3 et il n'e/ po9t beso9 de *]*] d'autre raison du nombre de ces peaux1 s9on que l'ouv]ture de l'artre ve9euse tant en ovale1 cause du lieu o elle se r5contre1 peut tre commodm5t f]me avec deux1 au lieu que les autres tant rondes1 le peuv5t mieux tre avec trois4 ,de plus1 je v\drois qu'on leur ft considr] que la gr&e artre et la ve9e artrieuse sont d'une composition beauc\p plus dure et plus f]me que ne sont l'artre ve9euse et la ve9e cave2 et que ces deux d]nires s'l>giss5t avant que d'entr] dans le coeur1 et y font comme deux b\rses1 nommes les oreilles du coeur1 qui sont composes d'une *air semblable la si5ne2 et qu'il y a t\j\rs plus de *aleur dans le coeur qu'en aucun autre endroit du corps2 et enf9 que cette *aleur e/ capable de faire que1 s'il entre quelque g\tte de sang en ses concavits1 elle s'enfle promptem5t et se dilate1 a9si que font gnralem5t t\tes les liqueurs1 lorsqu'on les laisse tomb] g\tte g\tte en quelque vaisseau qui e/ =t *aud4 ,c>1 aprs cela1 je n'ai beso9 de dire autre *ose p\r expliqu] le m\vem5t du coeur1 s9on que lorsque ses concavits ne sont pas ple9es de sang1 il y en c\le ncessairem5t de la ve9e cave dans la droite et de l'artre ve9euse dans la gau*e1 d'autant que ces deux vaisseaux en sont t\j\rs ple9s1 et que leurs ouv]tures1 qui reg>d5t v]s le coeur1 ne peuv5t alors tre b\*es2 mais que sitt qu'il e/ entr a9si deux g\ttes de sang1 une en *acune de ses concavits1 ces g\ttes1 qui ne peuv5t tre que =t grosses1 cause que les ouv]tures p> o elles entr5t sont =t l>ges et les vaisseaux d'o elles vi5n5t =t ple9s de sang1 se r>fi5t et se dilat5t1 cause de la *aleur qu'elles y tr\v5t2 au moy5 de quoi1 faisant enfl] t\t le coeur1 elles p\ss5t et f]m5t les c9q petites portes qui sont aux entres des deux vaisseaux d'o elles vi5n5t1 emp*ant a9si qu'il ne desc5de davantage de sang dans le coeur2 et1 cont9uant se r>fi] de plus en plus1 elles p\ss5t et ouvr5t les six autres petites portes qui sont aux entres des deux autres vaisseaux p> o elles sort5t1 faisant enfl] p> ce moy5 t\tes les bran*es de la ve9e artrieuse et de la gr&e artre1 quasi au mme in/ant que le coeur2 lequel incont95t aprs se ds5fle1 comme font aussi ces artres1 cause que le sang qui y e/ entr s'y refroidit2 et leurs six petites portes se ref]m5t1 et les c9q de la ve9e cave et de l'artre ve9euse se r\vr5t1 et donn5t passage deux autres g\ttes de sang1 qui font d]e*ef enfl] le coeur et les artres1 t\t de mme que les prcd5tes4 ,et p\rce que le sang qui entre a9si dans le coeur passe p> ces deux b\rses qu'on nomme ses oreilles1 de l vi5t que leur m\vem5t e/ contraire au si51 et qu'elles se ds5fl5t lorsqu'il s'enfle4 ,au re/e1 af9 que ceux qui ne connoiss5t pas la =ce des dmon/rations ma?matiques1 et ne sont pas acc\tums di/+u] les vraies raisons des vraisemblables1 ne se has>d5t pas de ni] ceci sans l'exam9]1 je les veux av]tir que ce m\vem5t que je vi5s d'expliqu] suit aussi ncessairem5t de la seule disposition des organes qu'on peut voir l'oeil dans le coeur1 et de la *aleur qu'on y peut s5tir avec les doigts1 et de la nature du sang qu'on peut connotre p> expri5ce1 que fait celui d'un horloge1 de la =ce1 de la situation et de la figure de ses contre-poids et de ses r\es4 ,mais si on dem&e comm5t le sang des ve9es ne s'puise po9t1 en c\lant a9si cont9uellem5t dans le coeur1 et comm5t les artres n'en sont po9t trop remplies1 puisque t\t celui qui passe p> le coeur s'y va r5dre1 je n'ai pas beso9 d'y rpondre autre *ose que ce qui a dj t crit p> un mdec9 d',anglet]re #a1 auquel il faut donn] la l\ange d'avoir rompu la glace en cet endroit1 et d'tre le premi] qui a enseign qu'il y a plusieurs petits passages aux extrmits des artres1 p> o le sang qu'elles reoiv5t du coeur entre dans les petites bran*es des ve9es1 d'o il va se r5dre d]e*ef v]s le coeur2 en sorte que son c\rs n'e/ autre *ose qu'une circulation p]ptuelle4 ,ce qu'il pr\ve =t bi5 p> l'expri5ce ord9aire des *irurgi5s1 qui1 ayant li le bras mdiocrem5t =t1 au-dessus de l'endroit o ils ouvr5t la ve9e1 font que le sang en sort plus abondamm5t que s'ils ne l'avoi5t po9t li2 et il arriv]oit t\t le contraire s'ils le lioi5t au-dess\s entre la ma9 et l'ouv]ture1 ou bi5 qu'ils le liass5t trs =t au-dessus4 ,c> il e/ manife/e que le li51 mdiocrem5t s]r1 p\vant emp*] que le sang qui e/ dj dans le bras ne ret\rne v]s le coeur p> les ve9es1 n'emp*e pas p\r cela qu'il n'y en vi5ne t\j\rs de n\veau p> les artres1 cause qu'elles sont situes au-dess\s des ve9es1 et que leurs peaux1 tant plus dures1 sont mo9s aises press]2 et aussi que le sang qui vi5t du coeur t5d avec plus de =ce pass] p> elles v]s la ma91 qu'il ne fait ret\rn] de l v]s le coeur p> les ve9es2 et puisque ce sang sort du bras p> l'ouv]ture qui e/ en l'une des ve9es1 il doit ncessairem5t y avoir quelques passages au-dess\s du lieu1 c'e/--dire v]s les extrmits du bras1 p> o il y puisse v5ir des artres4 ,il pr\ve aussi =t bi5 ce qu'il dit du c\rs du sang1 p> c]ta9es petites peaux1 qui sont tellem5t disposes en div]s lieux le long des ve9es1 qu'elles ne lui p]mett5t po9t d'y pass] du milieu du corps v]s les extrmits1 mais seulem5t de ret\rn] des extrmits v]s le coeur2 et de plus p> l'expri5ce qui montre que t\t celui qui e/ dans le corps en peut sortir en =t peu de temps p> une seule artre lorsqu'elle e/ c\pe1 encore mme qu'elle ft troitem5t lie =t pro*e du coeur1 et c\pe entre lui et le li51 en sorte qu'on n'et aucun sujet d'imag9] que le sang qui en sortiroit vnt d'ailleurs4 ,note #cd3 ,h]vaeus1 de motu cordis4 ,mais il y n plusieurs autres *oses qui tmoign5t que la vraie cause de ce m\vem5t du sang e/ celle que j'ai dite4 ,comme1 premirem5t1 la diffr5ce qu'on rem>que entre celui qui sort des ve9es et celui qui sort des artres ne peut procd] que de ce qu'tant r>fi et comme di/ill en passant p> le coeur1 il e/ plus subtil et plus vif et plus *aud incont95t aprs en tre sorti1 c'e/--dire tant dans les artres1 qu'il n'e/ un peu devant que d'y entr]1 c'e/--dire tant dans les ve9es4 ,et si on y pr5d g>de1 on tr\v]a que cette diffr5ce ne p>at bi5 que v]s le coeur1 et non po9t tant aux lieux qui en sont les plus loigns4 ,puis1 la duret des peaux dont la ve9e artrieuse et la gr&e artre sont composes montre assez que le sang bat contre elles avec plus de =ce que contre les ve9es4 ,et p\rquoi la concavit gau*e du coeur et la gr&e artre s]oi5t-elles plus amples et plus l>ges que la concavit droite et la ve9e artrieuse1 si ce n'toit que le sang de l'artre ve9euse1 n'ayant t que dans les p\mons depuis qu'il a pass p> le coeur1 e/ plus subtil et se r>fie plus =t et plus aism5t que celui qui vi5t immdiatem5t de la ve9e cave8 ,et qu'e/-ce que les mdec9s peuv5t dev9] en ttant le p\ls1 s'ils ne sav5t que1 selon que le sang *ange de nature1 il peut tre r>fi p> la *aleur du coeur plus ou mo9s =t1 et plus ou mo9s vile qu'aup>avant8 ,et si ou exam9e comm5t cette *aleur se communique aux autres membres1 ne faut-il pas av\] que c'e/ p> le moy5 du sang1 qui1 passant p> le coeur1 s'y r*auffe1 et se rp& de l p> t\t le corps3 d'o vi5t que si on te le sang de quelque p>tie1 on en te p> mme moy5 la *aleur2 et encore que le coeur ft aussi ard5t qu'un f] embras1 il ne suffiroit pas p\r r*auff] les pi$s et les ma9s tant qu'il fait1 s'il n'y envoyoit cont9uellem5t de n\veau sang4 ,puis aussi on connot de l que le vrai usage de la respiration e/ d'apport] assez d'air frais dans le p\mon p\r faire que le sang qui y vi5t de la concavit droite du coeur1 o il a t r>fi et comme *ang en vapeurs1 s'y paississe et conv]tisse en sang d]e*ef1 avant que de retomb] dans la gau*e1 sans quoi il ne p\rrait tre propre s]vir de n\rriture au feu qui y e/2 ce qui se confirme p>ce qu'on voit que les animaux qui n'ont po9t de p\mons n'ont aussi qu'une seule concavit dans le coeur1 et que les enfants1 qui n'en peuv5t us] p5dant qu'ils sont r5f]ms au v5tre de leurs mres1 ont une ouv]ture p> o il c\le du sang de la ve9e cave en la concavit gau*e du coeur1 et un conduit p> o il en vi5t de la ve9e artrieuse en la gr&e artre1 sans pass] p> le p\mon4 ,puis la coction comm5t se f]oit-elle en l'e/omac1 si le coeur n'y envoyoit de la *aleur p> les artres1 et avec cela quelques unes des plus c\lantes p>ties du sang1 qui aid5t diss\dre les vi&es qu'on y a mises8 ,et l'action qui conv]tit le suc de ces vi&es en sang n'e/-elle pas aise connotre1 si on considre qu'il se di/ille1 en passant et repassant p> le coeur1 peut-tre plus de c5t ou deux c5ts fois en *aque j\r8 ,et qu'a-t-on beso9 d'autre *ose p\r expliqu] la nutrition et la production des div]ses humeurs qui sont dans le corps1 s9on de dire que la =ce dont le sang1 en se r>fiant1 passe du coeur v]s les extrmits des artres1 fait que quelques unes de ses p>ties s'arrt5t entre celles des membres o elles se tr\v5t1 et y pr5n5t la place de quelques autres qu'elles en *ass5t1 et que1 selon la situation ou la figure ou la petitesse des pores qu'elles r5contr5t1 les unes se vont r5dre en c]ta9s lieux plutt que les autres1 en mme faon que *acun peut avoir vu div]s cribles1 qui1 tant div]sem5t p]cs1 s]v5t sp>] div]s gra9s les uns des autres8 ,et enf91 ce qu'il y a de plus rem>quable en t\t ceci1 c'e/ la gnration des esprits animaux1 qui sont comme un v5t trs subtil1 ou plutt comme une flamme trs pure et trs vive1 qui1 montant cont9uellem5t eu gr&e abondance du coeur dans le c]veau1 se va r5dre1 de l p> les n]fs dans les muscles1 et donne le m\vem5t t\s les membres2 sans qu'il faille imag9] d'autre cause qui fasse que les p>ties du sang qui1 tant les plus agites et les plus pntrantes1 sont les plus propres compos] ces esprits1 se vont r5dre plutt v]s le c]veau que v]s ailleurs1 s9on que les artres qui les y port5t sont celles qui vi5n5t du coeur le plus en ligne droite de t\tes1 et que1 selon les rgles des mcaniques1 qui sont les mmes que celles de la nature1 lorsque plusieurs *oses t5d5t ensemble se m\voir v]s un mme ct o il n'y a pas assez de place p\r t\tes1 a9si que les p>ties du sang qui sort5t de la concavit gau*e du coeur t5d5t v]s le c]veau1 les plus foibles et mo9s agites en doiv5t tre dt\rnes p> les plus =tes1 qui p> ce moy5 s'y vont r5dre seules4 ,j'avois expliqu assez p>ticulirem5t t\tes ces *oses dans le trait que j'avois eu ci-devant desse9 de publi]4 ,et ensuite j'y avois montr quelle doit tre la fabrique des n]fs et des muscles du corps huma91 p\r faire que les esprits animaux tant d$ans ai5t la =ce de m\voir ses membres1 a9si qu'on voit que les ttes1 un peu aprs tre c\pes1 se remu5t encore et mord5t la t]re nonob/ant qu'elles ne soi5t plus animes2 quels *angem5ts se doiv5t faire dans le c]veau p\r caus] la veille1 et le sommeil1 et les songes2 comm5t la lumire1 les sons1 les odeurs1 les gts1 la *aleur1 et t\tes les autres qualits des objets extrieurs y peuv5t imprim] div]ses ides1 p> l'entremise des s5s2 comm5t la faim1 la soif1 et les autres passions intrieures y peuv5t aussi envoy] les leurs2 ce qui doit y tre pris p\r le s5s commun o ces ides sont reues1 p\r la mmoire qui les cons]ve1 et p\r la fantaisie qui les peut div]sem5t *ang] et en compos] de n\velles1 et1 p> mme moy51 di/ribuant les esprits animaux dans les muscles1 faire m\voir les membres de ce corps en autant de div]ses faons1 et autant propos des objets qui se prs5t5t ses s5s et des passions intrieures qui sont en lui1 que les ntres se puiss5t m\voir sans que la volont les conduise3 ce qui ne sembl]a nullem5t trange ceux qui1 sa*ant combi5 de div]s automates ou ma*9es m\vantes1 l'indu/rie des hommes peut faire1 sans y employ] que =t peu de pices1 comp>aison de la gr&e multitude des os1 des muscles1 des n]fs1 des artres1 des ve9es1 et de t\tes les autres p>ties qui sont dans le corps de *aque animal1 considr]ont ce corps comme une ma*9e1 qui1 ayant t faite des ma9s de ,dieu1 e/ incomp>ablem5t mieux ordonne et a en soi des m\vem5ts plus admirables qu'aucune de celles qui peuv5t tre inv5tes p> les hommes4 ,et je m'tois ici p>ticulirem5t arrt faire voir que s'il y avoit de telles ma*9es qui euss5t les organes et la figure extrieure d'un s+e ou de quelque autre animal sans raison1 n\s n'aurions aucun moy5 p\r reconnotre qu'elles ne s]ai5t pas en t\t de mme nature que ces animaux2 au lieu que s'il y en avoit qui euss5t la ressemblance de nos corps1 et imitass5t autant nos actions que moralem5t il s]oit possible1 n\s aurions t\j\rs deux moy5s trs c]ta9s p\r reconnotre qu'elles ne s]oi5t po9t p\r cela de vrais hommes3 dont le premi] e/ que jamais elles ne p\rroi5t us] de p>oles ni d'autres signes en les composant1 comme n\s faisons p\r dcl>] aux autres nos p5ses3 c> on peut bi5 concevoir qu'une ma*9e soit tellem5t faite qu'elle pr(re des p>oles1 et mme quelle en pr(re quelques unes propos des actions corporelles qui caus]ont quelque *angem5t en ses organes1 comme1 si on la t\*e en quelque endroit1 qu'elle dem&e ce qu'on lui veut dire2 si en un autre1 qu'elle crie qu'on lui fait mal1 et *oses semblables2 mais non pas qu'elle les arrange div]sem5t p\r rpondre au s5s de t\t ce qui se dira en sa prs5ce1 a9si que les hommes les plus hbts peuv5t faire4 ,et le second e/ que1 bi5 qu'elles fiss5t plusieurs *oses aussi bi5 ou peut-tre mieux qu'aucun de n\s1 elles manqu]oi5t infailliblem5t en quelques autres1 p> lesquelles on dc\vrirait qu'elles n'agirai5t pas p> connoissance1 mais seulem5t p> la disposition de leurs organes3 c>1 au lieu que la raison e/ un in/rum5t univ]sel qui peut s]vir en t\tes sortes de r5contres1 ces organes ont beso9 de quelque p>ticulire disposition p\r *aque action p>ticulire2 d'o vi5t qu'il e/ moralem5t impossible qu'il y en ait assez de div]s en une ma*9e p\r la faire agir en t\tes les occurr5ces de la vie de mme faon que notre raison n\s fait agir4 ,or1 p> ces deux mmes moy5s1 on peut aussi connotre la diffr5ce qui e/ entre les hommes et les btes4 ,c> c'e/ une *ose bi5 rem>quable qu'il n'y a po9t d'hommes si hbts et si /upides1 sans en except] mme les ins5ss1 qu'ils ne soi5t capables d'arrang] ensemble div]ses p>oles1 et d'en compos] un disc\rs p> lequel ils fass5t ent5dre leurs p5ses2 et qu'au contraire il n'y a po9t d'autre animal1 tant p>fait et tant heureusem5t n qu'il puisse tre1 qui fasse le semblable4 ,ce qui n'arrive pas de ce qu'ils ont faute d'organes3 c> on voit que les pies et les p]roquets peuv5t pr(r] des p>oles a9si que n\s1 et t\tefois ne peuv5t p>l] a9si que n\s1 c'e/--dire en tmoignant qu'ils p5s5t ce qu'ils dis5t2 au lieu que les hommes qui tant ns s\rds et muets sont privs des organes qui s]v5t aux autres p\r p>l]1 autant ou plus que les btes1 ont c\tume d'inv5t] d'eux-mmes quelques signes1 p> lesquels ils se font ent5dre ceux qui tant ord9airem5t avec eux ont loisir d'appr5dre leur langue4 ,et ceci ne tmoigne pas seulem5t que les btes ont mo9s de raison que les hommes1 mais qu'elles n'en ont po9t du t\t3 c> on voit qu'il n'en faut que =t peu p\r savoir p>l]2 et d'autant qu'on rem>que de l'9galit entre les animaux d'une mme espce1 aussi bi5 qu'entre les hommes1 et que les uns sont plus aiss dress] que les autres1 il n'e/ pas croyable qu'un s+e ou un p]roquet qui s]oit des plus p>faits de son espce n'galt en cela un enfant des plus /upides1 ou du mo9s un enfant qui auroit le c]veau tr\bl1 si leur me n'toit d'une nature t\te diffr5te de la ntre4 ,et on ne doit pas confondre les p>oles avec les m\vem5ts naturels1 qui tmoign5t les passions1 et peuv5t tre imits p> des ma*9es aussi bi5 que p> les animaux2 ni p5s]1 comme quelques anci5s1 que les btes p>l5t1 bi5 que n\s n'ent5dions pas leur langage4 ,c> s'il toit vrai1 puisqu'elles ont plusieurs organes qui se rapport5t aux ntres1 elles p\rroi5t aussi bi5 se faire ent5dre n\s qu' leurs semblables4 ,c'e/ aussi une *ose =t rem>quable que1 bi5 qu'il y ait plusieurs animaux qui tmoign5t plus d'indu/rie que n\s en quelques unes de leurs actions1 on voit t\tefois que les mmes n'en tmoign5t po9t du t\t en beauc\p d'autres3 de faon que ce qu'ils font mieux que n\s ne pr\ve pas qu'ils ont de l'esprit1 c> ce compte ils en auroi5t plus qu'aucun de n\s et f]oi5t mieux en t\te autre *ose2 mais plutt qu'ils n'en ont po9t1 et que c'e/ la nature qui agit en eux selon la disposition de leurs organes3 a9si qu'on voit qu'un horloge1 qui n'e/ compos que de r\es et de ressorts1 peut compt] les heures et mesur] le temps plus ju/em5t que n\s avec t\te notre prud5ce4 ,j'avois dcrit aprs cela l'me raisonnable1 et fait voir qu'elle ne peut aucunem5t tre tire de la puissance de la matire1 a9si que les autres *oses dont j'avois p>l1 mais qu'elle doit expressm5t tre cre2 et comm5t il ne suffit pas qu'elle soit loge dans le corps huma91 a9si qu'un pilote en son navire1 s9on peut-tre p\r m\voir ses membres1 mais qu'il e/ beso9 qu'elle soit jo9te et unie plus troitem5t avec lui1 p\r avoir outre cela des s5tim5ts et des apptits semblables aux ntres1 et a9si compos] un vrai homme4 ,au re/e1 je me suis ici un peu t5du sur le sujet de l'me1 cause qu'il e/ des plus importants3 c>1 aprs l'erreur de ceux qui ni5t ,dieu1 laquelle je p5se avoir ci-dessus assez rfute1 il n'y en a po9t qui loigne plutt les esprits foibles du droit *em9 de la v]tu1 que d'imag9] que l'me des btes soit de mme nature que la ntre1 et que p> consqu5t n\s n'avons ri5 cra9dre ni espr] aprs cette vie1 non plus que les m\*es et les f\rmis2 au lieu que lorsqu'on sait combi5 elles diffr5t1 on compr5d beauc\p mieux les raisons qui pr\v5t que la ntre e/ d'une nature entirem5t indp5dante du corps1 et p> consqu5t qu'elle n'e/ po9t sujette m\rir avec lui2 puis1 d'autant qu'on ne voit po9t d'autres causes qui la dtruis5t1 on e/ naturellem5t port jug] de l qu'elle e/ immortelle4 ,,sixi,,me ,,p>tie4 ,or il y a ma9t5ant trois ans que j'tois p>v5u la f9 du trait qui conti5t t\tes ces *oses1 et que je comm5ois le revoir af9 de le mettre entre les ma9s d'un imprimeur1 lorsque j'appris que des p]sonnes qui je dfre1 et dont l'autorit ne peut gure mo9s sur mes actions que ma propre raison sur mes p5ses1 avoi5t dsappr\v une op9ion de physique publie un peu aup>avant p> quelque autre1 de laquelle je ne veux pas dire que je fusse1 mais bi5 que je n'y avois ri5 rem>qu avant leur c5sure que je pusse imag9] tre prjudiciable ni la religion ni l'tat1 ni p> consqu5t qui m'et emp* de l'crire si la raison me l'et p]suade2 et que cela me fit cra9dre qu'il ne s'en tr\vt t\t de mme quelqu'une entre les mi5nes en laquelle je me fusse mpris1 nonob/ant le gr& so9 que j'ai t\j\rs eu de n'en po9t recevoir de n\velles en ma crance dont je n'eusse des dmon/rations trs c]ta9es1 et de n'en po9t crire qui puss5t t\rn] au dsavantage de p]sonne4 ,ce qui a t suffisant p\r m'oblig] *ang] la rsolution que j'avois eue de les publi]2 c>1 encore que les raisons p\r lesquelles je l'avois prise aup>avant fuss5t trs =tes1 mon incl9ation1 qui m'a t\j\rs fait har le mti] de faire des livres1 m'en fit incont95t tr\v] assez d'autres p\r m'en excus]4 ,et ces raisons de "p et d'autre sont telles1 que non seulem5t j'ai ici quelque intrt de les dire1 mais peut-tre aussi que le public en a de les savoir4 ,je n'ai jamais fait beauc\p d'tat des *oses qui v5oi5t de mon esprit2 et p5dant que je n'ai recueilli d'autres fruits de la m?ode dont je me s]s1 s9on que je me suis satisfait t\*ant quelques difficults qui app>ti5n5t aux sci5ces spculatives1 ou bi5 que j'ai t* de rgl] mes moeurs p> les raisons qu'elle m'enseignoit1 je n'ai po9t cru tre oblig d'en ri5 crire4 ,c>1 p\r ce qui t\*e les moeurs1 *acun abonde si =t en son s5s1 qu'il se p\rrait tr\v] autant de r=mateurs que de ttes1 s'il toit p]mis d'autres qu' ceux que ,dieu a tablis p\r s\v]a9s sur ses peuples1 ou bi5 auxquels il a donn assez de grce et de zle p\r tre prophtes1 d'entrepr5dre d'y ri5 *ang]2 et1 bi5 que mes spculations me pluss5t =t1 j'ai cru que les autres en avoi5t aussi qui leur plaisoi5t peut-tre davantage4 ,mais1 sitt que j'ai eu acquis quelques notions gnrales t\*ant la physique1 et que1 comm5ant les pr\v] en div]ses difficults p>ticulires1 j'ai rem>qu jusques o elles peuv5t conduire1 et combi5 elles diffr5t des pr9cipes dont on s'e/ s]vi jusques prs5t1 j'ai cru que je ne p\vois les t5ir ca*es sans p*] gr&em5t contre la loi qui n\s oblige procur] autant qu'il e/ en n\s le bi5 gnral de t\s les hommes3 c> elles m'ont fait voir qu'il e/ possible de p>v5ir des connoissances qui soi5t =t utiles la vie2 et qu'au lieu de cette philosophie spculative qu'on enseigne dans les coles1 on en peut tr\v] une pratique1 p> laquelle1 connoissant la =ce et les actions du feu1 de l'eau1 de l'air1 des a/res1 des cieux1 et de t\s les autres corps qui n\s environn5t1 aussi di/9ctem5t que n\s connoissons les div]s mti]s de nos artisans1 n\s les p\rrions employ] en mme faon t\s les usages auxquels ils sont propres1 et a9si n\s r5dre comme matres et possesseurs de la nature4 ,ce qui n'e/ pas seulem5t dsir] p\r l'inv5tion d'une inf9it d'artifices1 qui f]oi5t qu'on j\iroit sans aucune pe9e des fruits de la t]re et de t\tes les commodits qui s'y tr\v5t1 mais pr9cipalem5t aussi p\r la cons]vation de la sant1 laquelle e/ sans d\te le premi] bi5 et le fondem5t de t\s les autres bi5s de cette vie2 c> mme l'esprit dp5d si =t du tempram5t et de la disposition des organes du corps1 que1 s'il e/ possibles de tr\v] quelque moy5 qui r5de communm5t les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont t jusques ici1 je crois que c'e/ dans la mdec9e qu'on doit le *]*]4 ,il e/ vrai que celle qui e/ ma9t5ant en usage conti5t peu de *oses dont l'utilit soit si rem>quable3 mais1 sans que j'aie aucun desse9 de la mpris]1 je m'assure qu'il n'y a p]sonne1 mme de ceux qui en font pr(ession1 qui n'av\e que t\t ce qu'on y sait n'e/ presque ri5 comp>aison de ce qui re/e y savoir2 et qu'on se p\rroit exempt] d'une inf9it de maladies tant du corps que de l'esprit1 et mme aussi peut-tre de l'affoiblissem5t de la vieillesse1 si on avoit assez de connoissance de leurs causes et de t\s les remdes dont la nature n\s a p\rvus4 ,or1 ayant desse9 d'employ] t\te ma vie la re*]*e d'une sci5ce si ncessaire1 et ayant r5contr un *em9 qui me semble tel qu'on doit infailliblem5t la tr\v] en le suivant1 si ce n'e/ qu'on en soit emp* ou p> la brivet de la vie ou p> le dfaut des expri5ces1 je jugeois qu'il n'y avoit po9t de meilleur remde contre ces deux emp*em5ts que de communiqu] fidlem5t au public t\t le peu que j'aurois tr\v1 et de convi] les bons esprits t*] de pass] plus outre1 en contribuant1 *acun selon son incl9ation et son p\voir1 aux expri5ces qu'il faudroit faire1 et communiquant aussi au public t\tes les *oses qu'ils appr5droi5t1 af9 que les d]ni]s comm5ant o les prcd5ts auroi5t a*ev1 et a9si joignant les vies et les travaux de plusieurs1 n\s allassions t\s ensemble beauc\p plus lo9 que *acun en p>ticuli] ne sauroit faire4 ,mme je rem>quois1 t\*ant les expri5ces1 qu'elles sont d'autant plus ncessaires qu'on e/ plus avanc en connoissance2 c>1 p\r le comm5cem5t1 il vaut mieux ne se s]vir que de celles qui se prs5t5t d'elles-mmes nos s5s1 et que n\s ne saurions ignor] p\rvu que n\s y fassions tant soit peu de rflexion1 que d'en *]*] de plus r>es et tudies3 dont la raison e/ que ces plus r>es tromp5t s\v5t1 lorsqu'on ne sait pas encore les causes des plus communes1 et que les circon/ances dont elles dp5d5t sont quasi t\j\rs si p>ticulires et si petites1 qu'il e/ trs malais de les rem>qu]4 ,mais l'ordre que j'ai t5u en ceci a t tel4 ,premirem5t1 j'ai t* de tr\v] en gnral les pr9cipes ou premires causes de t\t ce qui e/ ou qui peut tre dans le monde1 sans ri5 considr] p\r cet effet que ,dieu seul qui l'a cr1 ni les tir] d'ailleurs que de c]ta9e sem5ces de vrits qui sont naturellem5t en nos mes4 ,aprs cela1 j'ai exam9 quels toi5t les premi]s et plus ord9aires effets qu'on p\voit dduire de ces causes2 et il me semble que p> l j'ai tr\v des cieux1 des a/res1 une t]re1 et mme sur la t]re de l'eau1 de l'air1 du feu1 des m9raux1 et quelques autres telles *oses1 qui sont les plus communes de t\tes et les plus simples1 et p> consqu5t les plus aises connotre4 ,puis1 lorsque j'ai v\lu desc5dre celles qui toi5t plus p>ticulires1 il s'en e/ tant prs5t moi de div]ses1 que je n'ai pus cru qu'il ft possible l'esprit huma9 de di/+u] les =mes ou espces de corps qui sont sur la t]re1 d'une inf9it d'autres qui p\rroi5t y tre si c'et t le v\loir de ,dieu de les y mettre1 ni p> consqu5t de les rapport] notre usage1 si ce n'e/ qu'on vi5ne au-devant des causes p> les effets1 et qu'on se s]ve de plusieurs expri5ces p>ticulires4 ,ensuite de quoi1 repassant mon esprit sur t\s les objets qui s'toi5t jamais prs5ts mes s5s1 j'ose bi5 dire que je n'y ai rem>qu aucune *ose que je ne pusse assez commodm5t expliqu] p> les pr9cipes que j'avois tr\vs4 ,mais il faut aussi que j'av\e que la puissance de la nature e/ si ample et si va/e1 et que ces pr9cipes sont si simples et si gnraux1 que je ne rem>que quasi plus aucun effet p>ticuli] que d'abord je ne connoisse qu'il peut en tre dduit en plusieurs div]ses faons1 et que ma plus gr&e difficult e/ d'ord9aire de tr\v] en laquelle de ces faons il en dp5d2 c> cela je ne sais po9t d'autre expdi5t que de *]*] d]e*ef quelques expri5ces qui soi5t telles que leur vnem5t ne soit pas le mme si c'e/ en l'une de ces faons qu'on doit l'expliqu] que si c'e/ en l'autre4 ,au re/e1 j'en suis ma9t5ant l que je vois1 ce me semble1 assez bi5 de quel biais on se doit pr5dre faire la plup>t de celles qui peuv5t s]vir cet effet3 mais je vois aussi qu'elles sont telles1 et en si gr& nombre1 que ni mes ma9s ni mon rev5u1 bi5 que j'en eusse mille fois plus que je n'en ai1 ne sauroi5t suffire p\r t\tes2 en sorte que1 selon que j'aurai dsormais la commodit d'en faire plus ou mo9s1 j'avanc]ai aussi plus ou mo9s en la connoissance de la nature3 ce que je me promettois de faire connotre p> le trait que j'avois crit1 et d'y montr] si clairem5t l'utilit que le public en peut recevoir1 que j'oblig]ois t\s ceux qui dsir5t en gnral le bi5 des hommes1 c'e/--dire t\s ceux qui sont en effet v]tueux1 et non po9t p> faux semblant ni seulem5t p> op9ion1 tant me communiqu] celles qu'ils ont dj faites1 qu' m'aid] en la re*]*e de celles qui re/5t faire4 ,mais j'ai eu depuis ce temps-l d'autres raisons qui m'ont fait *ang] d'op9ion1 et p5s] que je devois vritablem5t cont9u] d'crire t\tes les *oses que je jug]ois de quelque importance1 mesure que j'en dc\vrirois la vrit1 et y apport] le mme so9 que si je les v\lois faire imprim]1 tant af9 d'avoir d'autant plus d'occasion de les bi5 exam9]1 comme sans d\te on reg>de t\j\rs de plus prs ce qu'on croit devoir tre vu p> plusieurs qu' ce qu'on ne fait que p\r soi-mme1 et s\v5t les *oses qui m'ont sembl vraies lorsque j'ai comm5c les concevoir1 m'ont p>u fausses lorsque je les ai v\lu mettre sur le papi]1 qu'af9 de ne p]dre aucune occasion de pr(it] au public1 si j'en suis capable1 et que si mes crits val5t quelque *ose1 ceux qui les auront aprs ma mort en puiss5t us] a9si qu'il s]a le plus propos2 mais que je ne devois aucunem5t cons5tir qu'ils fuss5t publis p5dant ma vie1 af9 que ni les oppositions et controv]ses auxquelles ils s]oi5t peut-tre sujets1 ni mme la rputation telle quelle qu'ils me p\rroi5t acqurir1 ne me donnass5t aucune occasion de p]dre le temps que j'ai desse9 d'employ] m'in/ruire4 ,c>1 bi5 qu'il soit vrai que *aque homme e/ oblig de procur] autant qu'il e/ en lui le bi5 des autres1 et que c'e/ proprem5t ne valoir ri5 que de n'tre utile p]sonne1 t\tefois il e/ vrai aussi que nos so9s se doiv5t t5dre plus lo9 que le temps prs5t1 et qu'il e/ bon d'omettre les *oses qui apport]oi5t peut-tre quelque pr(it ceux qui viv5t1 lorsque c'e/ desse9 d'en faire d'autres qui en apport5t davantage nos neveux4 ,comme en effet je veux bi5 qu'on sa*e que le peu que j'ai appris jusques ici n'e/ presque ri5 comp>aison de ce que j'ignore et que je ne dsespre pas de p\voir appr5dre3 c> c'e/ quasi le mme de ceux qui dc\vr5t peu peu la vrit dans les sci5ces1 que de ceux qui1 comm5ant dev5ir ri*es1 ont mo9s de pe9e faire de gr&es acquisitions1 qu'ils n'ont eu aup>avant1 tant plus pauvres1 en faire de beauc\p mo9dres4 ,ou bi5 on peut les comp>] aux *efs d'arme1 dont les =ces ont c\tume de crotre proportion de leurs victoires1 et qui ont beso9 de plus de conduite p\r se ma9t5ir aprs la p]te d'une bataille1 qu'ils n'ont1 aprs l'avoir gagne1 pr5dre des villes et des prov9ces3 c> c'e/ vritablem5t donn] des batailles que de t*] va9cre t\tes les difficults et les erreurs qui n\s emp*5t de p>v5ir la connoissance de la vrit1 et c'e/ en p]dre une que de recevoir quelque fausse op9ion t\*ant une matire un peu gnrale et importante2 il faut aprs beauc\p plus d'adresse p\r se remettre au mme tat qu'on toit aup>avant1 qu'il ne faut faire de gr&s progrs lorsqu'on a dj des pr9cipes qui sont assurs4 ,p\r moi1 si j'ai ci-devant tr\v quelques vrits dans les sci5ces 7et j'espre que les *oses qui sont cont5ues en ce volume f]ont jug] que j'en ai tr\v quelques unes71 je puis dire que ce ne sont que des suites et des dp5dances de c9q ou six pr9cipales difficults que j'ai surmontes1 et que je compte p\r autant de batailles o j'ai eu l'heur de mon ct3 mme je ne cra9drai pas de dire que je p5se n'avoir plus beso9 d'en gagn] que deux ou trois autres semblables p\r v5ir entirem5t b\t de mes desse9s2 et que mon ge n'e/ po9t si avanc que1 selon le c\rs ord9aire de la nature1 je ne puisse encore avoir assez de loisir p\r cet effet4 ,mais je crois tre d'autant plus oblig mnag] le temps qui me re/e1 que j'ai plus d'esprance de le p\voir bi5 employ]2 et j'aurois sans d\te plusieurs occasions de le p]dre1 si je publiois les fondem5ts de ma physique3 c>1 encore qu'ils soi5t presque t\s si vid5ts qu'il ne faut que les ent5dre p\r les croire1 et qu'il n'y en ait aucun dont je ne p5se p\voir donn] des dmon/rations1 t\tefois1 cause qu'il e/ impossible qu'ils soi5t accordants avec t\tes les div]ses op9ions des autres hommes1 je prvois que je s]ois s\v5t div]ti p> les oppositions qu'ils f]oi5t natre4 ,on peut dire que ces oppositions s]oi5t utiles1 tant af9 de me faire connotre mes fautes1 qu'af9 que1 si j'avois quelque *ose de bon1 les autres en euss5t p> ce moy5 plus d'intellig5ce1 et1 comme plusieurs peuv5t plus voir qu'un homme seul1 que1 comm5ant ds ma9t5ant s'en s]vir1 ils m'aidass5t aussi de leurs inv5tions4 ,mais encore que je me reconnoisse extrmem5t sujet faillir1 et que je ne me fie quasi jamais aux premires p5ses qui me vi5n5t1 t\tefois l'expri5ce que j'ai des objections qu'on me peut faire m'emp*e d'en espr] aucun pr(it3 c> j'ai dj s\v5t pr\v les jugem5ts tant de ceux que j'ai t5us p\r mes amis que de quelques autres qui je p5sois tre indiffr5t1 et mme aussi de quelques uns dont je savois que la malignit et l'envie t*]oit assez dc\vrir ce que l'affection ca*]oit mes amis2 mais il e/ r>em5t arriv qu'on m'ait object quelque *ose que je n'eusse po9t du t\t prvue1 si ce n'e/ qu'elle ft =t loigne de mon sujet2 en sorte que je n'ai quasi jamais r5contr aucun c5seur de mes op9ions qui ne me semblt ou mo9s rig\reux ou mo9s quitable que moi-mme4 ,et je n'ai jamais rem>qu non plus que p> le moy5 des disputes qui se pratiqu5t dans les coles1 on ait dc\v]t aucune vrit qu'on ignort aup>avant3 c> p5dant que *acun t*e de va9cre1 on s'ex]ce bi5 plus faire valoir la vraisemblance qu' pes] les raisons de "p et d'autre2 et ceux qui ont t long-temps bons avocats ne sont pas p\r cela p> aprs meilleurs juges4 ,p\r l'utilit que les autres recevroi5t de la communication de mes p5ses1 elle ne p\rroit aussi tre =t gr&e1 d'autant que je ne les ai po9t encore conduites si lo9 qu'il ne soit beso9 d'y aj\t] beauc\p de *oses avant que de les appliqu] l'usage4 ,et je p5se p\voir dire sans vanit que s'il y a quelqu'un qui en soit capable1 ce doit tre plutt moi qu'aucun autre3 non pas qu'il ne puisse y avoir au monde plusieurs esprits incomp>ablem5t meilleurs que le mi51 mais p\rce qu'on ne sauroit si bi5 concevoir une *ose et la r5dre si5ne1 lorsqu'on l'appr5d de quelque autre1 que lorsqu'on l'inv5te soi-mme1 ,ce qui e/ si vritable en cette matire1 que1 bi5 que j'aie s\v5t expliqu quelques unes de mes op9ions des p]sonnes de trs bon esprit1 et qui1 p5dant que je leur p>lois1 sembloi5t les ent5dre =t di/9ctem5t1 t\tefois1 lorsqu'ils les ont r$ites1 j'ai rem>qu qu'ils les ont *anges presque t\j\rs en telle sorte que je ne les p\vois plus av\] p\r mi5nes4 ,a l'occasion de quoi je suis bi5 aise de pri] ici nos neveux de ne croire jamais que les *oses qu'on leur dira vi5n5t de moi1 lorsque je ne les aurai po9t moi-mme divulgues2 et je ne m'tonne aucunem5t des extravagances qu'on attribue t\s ces anci5s philosophes dont n\s n'avons po9t les crits1 ni ne juge pas p\r cela que leurs p5ses ai5t t =t draisonnables1 vu qu'ils toi5t des meilleurs esprits de leurs temps1 mais seulem5t qu'on n\s les a mal rapportes4 ,comme on voit aussi que presque jamais il n'e/ arriv qu'aucun de leurs sectateurs les ait surpasss2 et je m'assure que les plus passionns de ceux qui suiv5t ma9t5ant ,ari/ote se croiroi5t heureux s'ils avoi5t autant de connoissance de la nature qu'il en a eu1 encore mme que ce ft condition qu'ils n'en auroi5t jamais davantage4 ,ils sont comme le li]re1 qui ne t5d po9t mont] plus haut que les arbres qui le s\ti5n5t1 et mme s\v5t qui r$esc5d1 aprs qu'il e/ p>v5u jusques leur fate2 c> il me semble aussi que ceux-l r$esc5d5t1 c'e/--dire se r5d5t en quelque faon mo9s savants que s'ils s'ab/5oi5t d'tudi]1 lesquels1 non cont5ts de savoir t\t ce qui e/ intelligiblem5t expliqu dans leur auteur1 veul5t outre cela y tr\v] la solution de plusieurs difficults dont il ne dit ri51 et auxquelles il n'a peut-tre jamais p5s4 ,t\tefois leur faon de philosoph] e/ =t commode p\r ceux qui n'ont que des esprits =t mdiocres2 c> l'obscurit des di/9ctions et des pr9cipes dont ils se s]v5t e/ cause qu'ils peuv5t p>l] de t\tes *oses aussi h>dim5t que s'ils les savoi5t1 et s\t5ir t\t ce qu'ils en dis5t contre les plus subtils et les plus habiles1 sans qu'o ait moy5 de les conva9cre3 en quoi ils me sembl5t p>eils un aveugle qui1 p\r se battre sans dsavantage contre un qui voit1 l'auroit fait v5ir dans le fond de quelque cave =t obscure3 et je puis dire que ceux-ci ont intrt que je m'ab/i5ne de publi] les pr9cipes de la philosophie dont je me s]s2 c> tant trs simples et trs vid5ts1 comme ils sont1 je f]ois quasi le mme en les publiant que si j'ouvrois quelques f5tres1 et faisois entr] du j\r dans cette cave o ils sont desc5dus p\r se battre4 ,mais mme les meilleurs esprits n'ont pas occasion de s\hait] de les connotre2 c> s'ils veul5t savoir p>l] de t\tes *oses1 et acqurir la rputation d'tre doctes1 ils y p>vi5dront plus aism5t en se cont5tant de la vraisemblance1 qui peut tre tr\ve sans gr&e pe9e en t\tes sortes de matires1 qu'en *]*ant la vrit1 qui ne se dc\vre que peu peu en quelques unes1 et qui1 lorsqu'il e/ "q de p>l] des autres1 oblige confess] fran*em5t qu'on les ignore4 ,que s'ils prfr5t la connoissance de quelque peu de vrits la vanit de p>atre n'ignor] ri51 comme sans d\te elle e/ bi5 prfrable1 et qu'ils veuill5t suivre un desse9 semblable au mi51 ils n'ont pas beso9 p\r cela que je leur die ri5 davantage que ce que j'ai dj dit en ce disc\rs3 c> s'ils sont capables de pass] plus outre que je n'ai fait1 ils le s]ont aussi1 plus =te raison1 de tr\v] d'eux-mmes t\t ce que je p5se avoir tr\v2 d'autant que n'ayant jamais ri5 exam9 que p> ordres il e/ c]ta9 que ce qui me re/e encore dc\vrir e/ de soi plus difficile et plus ca* que ce que j'ai pu ci-devant r5contr]1 et ils aurai5t bi5 mo9s de plaisir l'appr5dre de moi que d'eux-mmes2 outre que l'habitude qu'ils acqu]ront1 en *]*ant premirem5t des *oses faciles1 et passant peu peu p> degrs d'autres plus difficiles1 leur s]vira plus que t\tes mes in/ructions ne saurai5t faire4 ,comme p\r moi je me p]suade que si on m'et enseign ds ma jeunesse t\tes les vrits dont j'ai *]* depuis les dmon/rations1 et que je n'eusse eu aucune pe9e les appr5dre1 je n'en aurois peut-tre jamais su aucunes autres1 et du mo9s que jamais je n'aurois acquis l'habitude et la facilit que je p5se avoir d'en tr\v] t\j\rs de n\velles mesure que je m'applique les *]*]4 ,et en un mot s'il y a au monde quelque ouvrage qui ne puisse tre si bi5 a*ev p> aucun autre que p> le mme qui l'a comm5c1 c'e/ celui auquel je travaille4 ,il e/ vrai que p\r ce qui e/ des expri5ces qui peuv5t y s]vir1 un homme seul ne saurait suffire les faire t\tes3 mais il n'y sauroit aussi employ] utilem5t d'autres ma9s que les si5nes1 s9on celles des artisans1 ou telles g5s qu'il p\rrait pay]1 et qui l'esprance du ga91 qui e/ un moy5 trs efficace1 f]ait faire exactem5t t\tes les *oses qu'il leur prescriroit4 ,c> p\r les volontaires qui1 p> curiosit ou dsir d'appr5dre1 s'(frirai5t peut-tre de lui aid]1 outre qu'ils ont p\r l'ord9aire plus de promesses que d'effet1 et qu'ils ne font que de belles propositions dont aucune jamais ne russit1 ils v\drai5t infailliblem5t tre pays p> l'explication de quelques difficults1 ou du mo9s1 p> des complim5ts et des entreti5s inutiles1 qui ne lui sauroi5t cot] si peu de son temps qu'il n'y p]dt4 ,et p\r les expri5ces que les autres ont dj faites1 qu& bi5 mme ils les lui v\droi5t communiqu]1 ce que ceux qui les nomm5t des secrets ne f]oi5t jamais1 elles sont p\r la plup>t composes de tant de circon/ances ou d'+rdi5ts sup]flus1 qu'il lui s]ait trs malais d'en d*iffr] la vrit2 outre qu'il les tr\v]ait presque t\tes si mal expliques1 ou mme si fausses1 cause que ceux qui les ont faites se sont ef=cs de les faire p>atre con=mes leurs pr9cipes1 que s'il y en avoit quelques unes qui lui s]viss5t1 elles ne p\rrai5t d]e*ef valoir le temps qu'il lui faudrait employ] les *oisir4 ,de faon que s'il y avoit au monde quelqu'un qu'on st assrm5t tre capable de tr\v] les plus gr&es *oses et les plus utiles au public qui puiss5t tre1 et que p\r cette cause les autres hommes s'ef=ass5t p> t\s moy5s de l'aid] v5ir b\t de ses desse9s1 je ne vois pas qu'ils puss5t autre *ose p\r lui1 s9on f\rnir aux frais des expri5ces dont il auroit beso91 et du re/e emp*] que son loisir ne lui ft t p> l'importunit de p]sonne4 ,mais1 outre que je ne prsume pas tant de moi-mme que de v\loir ri5 promettre d'extraord9aire1 ni ne me repais po9t de p5ses si va9es que de m'imag9] que le public se doive beauc\p intress] en mes desse9s1 je n'ai pas aussi l'me si basse que je v\lusse accept] de qui que ce ft aucune faveur qu'on pt croire que je n'aurois pas mrite4 ,t\tes ces considrations jo9tes ensemble fur5t cause1 il y a trois ans1 que je ne v\lus po9t divulgu] le trait que j'avois entre les ma9s1 et mme que je pris rsolution de n'en faire voir aucun autre p5dant ma vie qui ft si gnral1 ni duquel on pt ent5dre les fondem5ts de ma physique4 ,mais il y a eu depuis d]e*ef deux autres raisons qui m'ont oblig mettre ici quelques essais p>ticuli]s1 et r5dre au public quelque compte de mes actions et de mes desse9s4 ,la premire e/ que si j'y manquois1 plusieurs1 qui ont su l'int5tion que j'avois eue ci-devant de faire imprim] quelques crits1 p\rrai5t s'imag9] que les causes p\r lesquelles je m'en ab/i5s s]oi5t plus mon dsavantage qu'elles ne sont3 c>1 bi5 que je n'aime pas la gloire p> excs1 ou mme1 si j'ose le dire1 que je la hasse en tant que je la juge contraire au repos1 lequel j'e/ime sur t\tes *oses1 t\tefois aussi je n'ai jamais t* de ca*] mes actions comme des crimes1 ni n'ai u de beauc\p de prcautions p\r tre inconnu1 tant cause que j'eusse cru me faire tort1 qu' cause que cela m'auroit donn quelque espce d'inquitude1 qui et d]e*ef t contraire au p>fait repos d'esprit que je *]*e2 et p\rce que1 m'tant t\j\rs a9si t5u indiffr5t entre le so9 d'tre connu ou de ne l'tre pas1 je n'ai pu emp*] que je n'acquisse quelque sorte de rputation1 j'ai p5s que je devois faire mon mieux p\r m'exempt] au mo9s de l'avoir mauvaise4 ,l'autre raison qui m'a oblig crire ceci e/ que1 voyant t\s les j\rs de plus en plus le ret>dem5t que s\ffre le desse9 que j'ai de m'in/ruire1 cause d'une inf9it d'expri5ces dont j'ai beso91 et qu'il e/ impossible que je fasse sans l'aide d'autrui1 bi5 que je ne me flatte pas tant que d'espr] que le public pr5ne gr&e "p en mes intrts1 t\tefois je ne veux pas aussi me dfaillir tant moi-mme que de donn] sujet ceux qui me survivront de me repro*] quelque j\r que j'eusse pu leur laiss] plusieurs *oses beauc\p meilleures que je n'aurai fait1 si je n'eusse po9t trop nglig de leur faire ent5dre en quoi ils p\voi5t contribu] mes desse9s4 ,et j'ai p5s qu'il m'toit ais de *oisir quelques matires qui1 sans tre sujettes beauc\p de controv]ses1 ni m'oblig] dcl>] davantage de mes pr9cipes que je ne dsire1 ne lairroi5t pas de faire voir assez clairem5t ce que je puis ou ne puis pas dans les sci5ces4 ,en quoi je ne saurois dire si j'ai russi1 et je ne veux po9t prv5ir les jugem5ts de p]sonne1 en p>lant moi-mme de mes crits3 mais je s]ai bi5 aise qu'on les exam9e2 et af9 qu'on en ait d'autant plus d'occasion1 je supplie t\s ceux qui auront quelques objections y faire de pr5dre la pe9e de les envoy] mon libraire1 p> lequel en tant av]ti1 je t*]ai d'y jo9dre ma rponse en mme temps2 et p> ce moy5 les lecteurs1 voyant ensemble l'un et l'autre1 jug]ont d'autant plus aism5t de la vrit3 c> je ne promets pas d'y faire jamais de longues rponses1 mais seulem5t d'av\] mes fautes =t fran*em5t1 si je les connois1 ou bi51 si je ne les puis ap]cevoir1 de dire simplem5t ce que je croirai tre requis p\r la df5se des *oses que j'ai crites1 sans y aj\t] l'explication d'aucune n\velle matire1 af9 de ne me pas engag] sans f9 de l'une en l'autre4 ,que si quelques unes de celles dont j'ai p>l au comm5cem5t de la ,dioptrique et des ,mtores *oqu5t d'abord1 cause que je les nomme des suppositions1 et que je ne semble pas avoir envie de les pr\v]1 qu'on ait la pati5ce de lire le t\t avec att5tion1 et j'espre qu'on s'en tr\v]a satisfait3 c> il me semble que les raisons s'y entresuiv5t en telle sorte1 que comme les d]nires sont dmontres p> les premires qui sont leurs causes1 ces premires le sont rciproquem5t p> les d]nires qui sont leurs effets4 ,et on ne doit pas imag9] que je commette en ceci la faute que les logici5s nomm5t un c]cle3 c> l'expri5ce r5dant la plup>t de ces effets trs c]ta9s1 les causes dont je les dduis ne s]v5t pas tant les pr\v] qu' les expliqu]2 mais t\t au contraire ce sont elles qui sont pr\ves p> eux4 ,et je ne les ai nommes des suppositions qu'af9 qu'on sa*e que je p5se les p\voir dduire de ces premires vrits que j'ai ci-dessus expliques2 mais que j'ai v\lu expressm5t ne le pas faire1 p\r emp*] que c]ta9s esprits1 qui s'imag95t qu'ils sav5t en un j\r t\t ce qu'un autre a p5s en v+t annes1 sitt qu'il leur en a seulem5t dit deux ou trois mots1 et qui sont d'autant plus sujets faillir et mo9s capables de la vrit qu'ils sont plus pntrants et plus vifs1 ne puiss5t de l pr5dre occasion de btir quelque philosophie extravagante sur ce qu'ils croiront tre mes pr9cipes1 et qu'on m'en attribue la faute3 c> p\r les op9ions qui sont t\tes mi5nes1 je ne les excuse po9t comme n\velles1 d'autant que si on en considre bi5 les raisons1 je m'assure qu'on les tr\v]a si simples et si con=mes au s5s commun1 qu'elles sembl]ont mo9s extraord9aires et mo9s tranges qu'aucunes autres qu'on puisse avoir sur mmes sujets2 et je ne me vante po9t aussi d'tre le premi] inv5teur d'aucunes1 mais bi5 que je ne les ai jamais reues ni p\rce qu'elles avoi5t t dites p> d'autres1 ni p\rce qu'elles ne l'avoi5t po9t t1 mais seulem5t p\rce que la raison me les a p]suades4 ,que si les artisans ne peuv5t sitt excut] l'inv5tion qui e/ explique en la ,dioptrique1 je ne crois pas qu'on puisse dire p\r cela qu'elle soit mauvaise2 c>1 d'autant qu'il faut de l'adresse et de l'habitude p\r faire et p\r aju/] les ma*9es que j'ai dcrites1 sans qu'il y manque aucune circon/ance1 je ne m'tonn]ois pas mo9s s'ils r5controi5t du premi] c\p1 que si quelqu'un p\voit appr5dre en un j\r j\] du lu? excellemm5t1 p> cela seul qu'on lui auroit donn de la tablature qui s]oit bonne4 ,et si j'cris en franais1 qui e/ la langue de mon pays1 plutt qu'en lat91 qui e/ celle de mes prcepteurs1 c'e/ cause que j'espre que ceux qui ne se s]v5t que de leur raison naturelle t\te pure jug]ont mieux de mes op9ions que ceux qui ne croi5t qu'aux livres anci5s2 et p\r ceux qui joign5t le bon s5s avec l'tude1 lesquels seuls je s\haite p\r mes juges1 ils ne s]ont po9t1 je m'assure1 si p>tiaux p\r le lat91 qu'ils refus5t d'ent5dre mes raisons p\rce que je les explique en langue vulgaire4 ,au re/e1 je ne veux po9t p>l] ici en p>ticuli] des progrs que j'ai esprance de faire l'av5ir dans les sci5ces1 ni m'engag] env]s le public d'aucune promesse que je ne sois pas assur d'accomplir2 mais je dirai seulem5t que j'ai rsolu de n'employ] le temps qui me re/e vivre autre *ose qu' t*] d'acqurir quelque connoissance de la nature1 qui soit telle qu'on en puisse tir] des rgles p\r la mdec9e1 plus assures que celles qu'on a eues jusques prs5t2 et que mon incl9ation m'loigne si =t de t\te sorte d'autres desse9s1 pr9cipalem5t de ceux qui ne sauroi5t tre utiles aux uns qu'en nuisant aux autres1 que si quelques occasions me contraignoi5t de m'y employ]1 je ne crois po9t que je fusse capable d'y russir4 ,de quoi je fais ici une dcl>ation que je sais bi5 ne p\voir s]vir me r5dre considrable dans le monde2 mais aussi n'ai aucunem5t envie de l'tre2 et je me ti5drai t\j\rs plus oblig ceux p> la faveur desquels je j\irai sans emp*em5t de mon loisir1 que je ne s]ois ceux qui m'(friroi5t les plus honorables emplois de la t]re4 ,,f9 ,,du ,,disc\rs ,,de ,,la ,m,,?ode4 ,m,,ditations ,m,,taphysiques4 ,cet ouvrage p>ut d'abord1 en lat91 ,p>is1 #afda1 s\s ce titre3 ,m$itationes de prima philosophia ubi de ,dei exi/5tia et animae immortalitate4 ,il en p>ut une seconde dition lat9e ,am/]dam1 *ez ,elzevir1 9-#ab1 #afdb4 ,l'auteur y fit corrig] le titre de l'dition de ,p>is1 et sub/itu] le t]me de di/9ction de l'me d'avec le corps la place de celui de l'immortalit de l'me1 qui n'y conv5ait pas si bi54 ,nice l'on p>le d'une autre dition lat9e faite ,naples1 #agai1 9-#h1 p> les so9s de ,giovac*9o ,pota4 ,il p>ut ,p>is1 #afag1 9-#d1 une traduction franaise1 p> ,m4 le ,d4 ,d4 ,l4 ,n4 ,s4 7,m4 le duc de ,luynes71 revue et corrige p> ,desc>tes1 qui a fait au texte lat9 quelques *angem5ts4 ,il s'en e/ fait ,p>is une rimpression1 #affa1 9-#d2 une troisime ,p>is1 #afgc1 9-#d1 divise p> articles1 et avec des sommaires1 p> ,r4 ,f4 7,r5 ,f$1 docteur en mdec9e de la facult d',aug]s74 ,cette dition a t reproduite 9-#ab1 ,p>is1 #agbd4 ,c'e/ elle que n\s donnons ici1 en retran*ant les sommaires1 et la division p> articles1 qui altre un peu les proportions et les =mes du monum5t primitif av\ p> ,desc>tes4 ,a ,,messieurs ,,les ,,doy5s ,,et ,,docteurs ,,de ,,la ,,sacr,e ,,facult ,,de ,,?,,ologie ,,de ,,p>is4 ,messieurs1 ,la raison qui me porte v\s prs5t] cet ouvrage e/ si ju/e1 et1 qu& v\s en connotrez le desse91 je m'assure que v\s en aurez aussi une si ju/e de le pr5dre en votre protection1 que je p5se ne p\voir mieux faire p\r v\s le r5dre en quelque sorte recomm&able1 que de v\s dire en peu de mots ce que je m'y suis propos4 ,j'ai t\j\rs e/im que les deux que/ions de ,dieu et de l'me toi5t les pr9cipales de celles qui doiv5t plutt tre dmontres p> les raisons de la philosophie que de la ?ologie3 c>1 bi5 qu'il n\s suffise n\s autres qui sommes fidles1 de croire p> la foi qu'il y a un ,dieu1 et que l'me huma9e ne meurt po9t avec le corps1 c]ta9em5t il ne semble pas possible de p\voir jamais p]suad] aux infidles aucune religion1 ni quasi mme aucune v]tu morale1 si premirem5t on ne leur pr\ve ces deux *oses p> raison naturelle2 et d'autant qu'on propose s\v5t en cette vie de plus gr&es rcomp5ses p\r les vices que p\r les v]tus1 peu de p]sonnes prfr]oi5t le ju/e l'utile1 si elles n'toi5t ret5ues ni p> la cra9te de ,dieu ni p> l'att5te d'une autre vie2 et quoiqu'il soit absolum5t vrai qu'il faut croire qu'il y a un ,dieu1 p>ce qu'il e/ a9si enseign dans les sa9tes critures1 et d'autre "p qu'il faut croire les sa9tes critures p>ce qu'elles vi5n5t de ,dieu 7la raison de cela e/ que la foi tant un don de ,dieu1 celui-l mme qui donne la grce p\r faire croire les autres *oses la peut aussi donn] p\r n\s faire croire qu'il exi/e71 on ne sauroit nanmo9s propos] cela aux infidles1 qui p\rroi5t s'imag9] que l'on commettroit en ceci la faute que les logici5s nomm5t un c]cle4 ,et de vrai j'ai pris g>de que v\s autres1 ,messieurs1 avec t\s les ?ologi5s1 n'assuriez pas seulem5t que l'exi/5ce de ,dieu se peut pr\v] p> raison naturelle1 mais aussi que l'on infre de la sa9te criture que sa connoissance e/ beauc\p plus claire que celle que l'on a de plusieurs *oses cres1 et qu'en effet elle e/ si facile que ceux qui ne l'ont po9t sont c\pables2 comme il p>ot p> ces p>oles de la ,sagesse1 *ap4 ,,xiii1 o il e/ dit que leur ignorance n'e/ po9t p>donnable2 c> si leur esprit a pntr si avant dans la connoissance des *oses du monde1 comm5t e/-il possible qu'ils n'en ai5t po9t reconnu plus facilem5t le s\v]a9 ,seigneur8 et aux ,roma9s1 *ap4 ,i1 il e/ dit qu'ils sont inexcusables2 et encore au mme endroit1 p> ces p>oles1 ,ce qui e/ connu de ,dieu e/ manife/e dans eux1 il semble que n\s soyons av]tis que t\t ce qui se peut savoir de ,dieu peut tre montr p> des raisons qu'il n'e/ pas beso9 de tir] d'ailleurs que de n\s-mmes et de la simple considration de la nature de notre esprit4 ,c'e/ p\rquoi j'ai cru qu'il ne s]oit pas contre le devoir d'un philosophe si je faisois voir ici comm5t et p> quelle voie n\s p\vons1 sans sortir de n\s-mmes1 connotre ,dieu plus facilem5t et plus c]ta9em5t que n\s ne connoissons les *oses du monde4 ,et1 p\r ce qui reg>de l'me1 quoique plusieurs ai5t cru qu'il n'e/ pas ais d'en connotre la nature1 et que quelques uns ai5t mme os dire que les raisons huma9es n\s p]suadoi5t qu'elle m\roit avec le corps1 et qu'il n'y avoit que la seule foi qui n\s enseignt le contraire1 nanmo9s1 d'autant que le concile de ,latran t5u s\s ,lon ,x1 en la session #h1 les condamne1 et qu'il ordonne expressm5t aux philosophes *rti5s de rpondre leurs argum5ts1 et d'employ] t\tes les =ces de leur esprit p\r faire connotre la vrit1 j'ai bi5 os l'entrepr5dre dans cet crit4 ,de plus1 sa*ant que la pr9cipale raison qui fait que plusieurs impies ne veul5t po9t croire qu'il y a un ,dieu et que l'me huma9e e/ di/9cte du corps1 e/ qu'ils dis5t que p]sonne jusqu'ici n'a pu dmontr] ces deux *oses2 quoique je ne sois po9t de leur op9ion1 mais qu'au contraire je ti5ne que la plup>t des raisons qui ont t apportes p> tant de gr&s p]sonnages1 t\*ant ces deux que/ions1 sont autant de dmon/rations qu& elles sont bi5 ent5dues1 et qu'il soit presque impossible d'en inv5t] de n\velles2 si e/-ce que je crois qu'on ne sauroit ri5 faire de plus utile en la philosophie que d'en re*]*] une fois avec so9 les meilleures1 et les dispos] en un ordre si clair et si exact qu'il soit con/ant dsormais t\t le monde que ce sont de vritables dmon/rations4 ,et enf91 d'autant que plusieurs p]sonnes ont dsir cela de moi1 qui ont connoissance que j'ai cultiv une c]ta9e m?ode p\r rs\dre t\tes sortes de difficults dans les sci5ces2 m?ode qui de vrai n'e/ pas n\velle1 n'y ayant ri5 de plus anci5 que la vrit1 mais de laquelle ils sav5t que je me suis s]vi assez heureusem5t en d'autres r5contres1 j'ai p5s qu'il toit de mon devoir d'en faire aussi l'preuve sur une matire si importante4 ,or1 j'ai travaill de t\t mon possible p\r compr5dre dans ce trait t\t ce que j'ai pu dc\vrir p> son moy54 ,ce n'e/ pas que j'aie ici ramass t\tes les div]ses raisons qu'on p\rroit allgu] p\r s]vir de preuve un si gr& sujet2 c> je n'ai jamais cru que cela ft ncessaire1 s9on lorsqu'il n'y en a aucune qui soit c]ta9e3 mais seulem5t j'ai trait les premires et pr9cipales d'une telle manire que j'ose bi5 les propos] p\r de trs vid5tes et trs c]ta9es dmon/rations4 ,et je dirai de plus qu'elles sont telles1 que je ne p5se pas qu'il y ait aucune voie p> o l'esprit huma9 en puisse jamais dc\vrir de meilleures2 c> l'importance du sujet1 et la gloire de ,dieu1 laquelle t\t ceci se rapporte1 me contraign5t de p>l] ici un peu plus librem5t de moi que je n'ai de c\tume4 ,nanmo9s1 quelque c]titude et vid5ce que je tr\ve en mes raisons1 je ne puis pas me p]suad] que t\t le monde soit capable de les ent5dre4 ,mais1 t\t a9si que dans la gomtrie il y en a plusieurs qui n\s ont t laisses p> ,ar*imde1 p> ,apollonius1 p> ,pappus1 et p> plusieurs autres1 qui sont reues de t\t le monde p\r trs c]ta9es et trs vid5tes1 p>ce qu'elles ne conti5n5t ri5 qui1 considr sp>m5t1 ne soit trs facile connotre1 et que p>t\t les *oses qui suiv5t ont une exacte liaison et dp5dance avec celles qui les prcd5t2 nanmo9s1 p>ce qu'elles sont un peu longues1 et qu'elles dem&5t un esprit t\t enti]1 elles ne sont comprises et ent5dues que de =t peu de p]sonnes3 de mme1 encore que j'e/ime que celles dont je me s]s ici gal5t ou mme surpass5t en c]titude et vid5ce les dmon/rations de gomtrie1 j'apprh5de nanmo9s qu'elles ne puiss5t pas tre assez suffisamm5t ent5dues de plusieurs1 tant p>ce qu'elles sont aussi un peu longues et dp5dantes les unes des autres1 que pr9cipalem5t p>ce qu'elles dem&5t un esprit entirem5t libre de t\s prjugs1 et qui se puisse aism5t dta*] du comm]ce des s5s4 ,et1 dire le vrai1 il ne s'en tr\ve pas tant dans le monde qui soi5t propres p\r les spculations de la mtaphysique que p\r celles de la gomtrie4 ,et de plus il y a encore cette diffr5ce1 que dans la gomtrie1 *acun tant prv5u de cette op9ion qu'il ne s'y avance ri5 dont on n'ait une dmon/ration c]ta9e1 ceux qui n'y sont pas entirem5t v]ss p*5t bi5 plus s\v5t en appr\vant de fausses dmon/rations1 p\r faire croire qu'ils les ent5d5t1 qu'en rfutant les vritables4 ,il n'en e/ pas de mme dans la philosophie1 o *acun croyant que t\t y e/ problmatique1 peu de p]sonnes s'adonn5t la re*]*e de la vrit1 et mme beauc\p1 se v\lant acqurir la rputation d'esprits =ts1 ne s'tudi5t autre *ose qu' combattre avec arrogance les vrits les plus app>5tes4 ,c'e/ p\rquoi1 ,messieurs1 quelque =ce que puiss5t avoir mes raisons1 p>ce qu'elles app>ti5n5t la philosophie1 je n'espre pas qu'elles fass5t un gr& effet sur les esprits1 si v\s ne les pr5ez en votre protection4 ,mais l'e/ime que t\t le monde fait de votre compagnie tant si gr&e1 et le nom de ,sorbonne d'une telle autorit que non seulem5t en ce qui reg>de la foi1 aprs les sacrs conciles1 on n'a jamais tant dfr au jugem5t d'aucune autre compagnie1 mais aussi en ce qui reg>de l'huma9e philosophie1 *acun croyant qu'il n'e/ pas possible de tr\v] ailleurs plus de solidit et de connoissance1 ni plus de prud5ce et d'intgrit p\r donn] son jugem5t1 je ne d\te po9t1 si v\s daignez pr5dre tant de so9 de cet crit que de v\loir premirem5t le corrig] 7c> ayant connoissance non seulem5t de mon infirmit1 mais aussi de mon ignorance1 je n'os]ois pas assur] qu'il n'y ait aucunes erreurs71 puis aprs y aj\t] les *oses qui y manqu5t1 a*ev] celles qui ne sont pas p>faites1 et pr5dre v\s-mmes la pe9e de donn] une explication plus ample celles qui en ont beso91 ou du mo9s de m'en av]tir af9 que j'y travaille2 et enf91 aprs que les raisons p> lesquelles je pr\ve qu'il y a un ,dieu et que l'me huma9e diffre d'avec le corps auront t portes jusques ce po9t de cl>t et d'vid5ce1 o je m'assure qu'on les peut conduire1 qu'elles devront tre t5ues p\r de trs exactes dmon/rations1 si v\s daignez les autoris] de votre approbation1 et r5dre un tmoignage public de leur vrit et c]titude2 je ne d\te po9t1 dis-je1 qu'aprs cela t\tes les erreurs et fausses op9ions qui ont jamais t t\*ant ces deux que/ions ne soi5t bi5tt effaces de l'esprit des hommes4 ,c> la vrit f]a que t\s les doctes et g5s d'esprit s\scriront votre jugem5t2 et votre autorit1 que les a?es1 qui sont p\r l'ord9aire plus arrogants que doctes et judicieux1 se dp\ill]ont de leur esprit de contradiction1 ou que peut-tre ils df5dront eux-mmes les raisons qu'ils v]ront tre reues p> t\tes les p]sonnes d'esprit p\r des dmon/rations1 de peur de p>atre n'en avoir pas l'intellig5ce2 et enf9 t\s les autres se r5dront aism5t tant de tmoignages1 et il n'y aura plus p]sonne qui ose d\t] de l'exi/5ce de ,dieu et de la di/9ction relle et vritable de l'me huma9e d'avec le corps4 ,c'e/ v\s ma9t5ant jug] du fruit qui rev9droit de cette crance1 si elle toit une fois bi5 tablie1 v\s qui voyez les dsordres que son d\te produit3 mais je n'aurois pas ici bonne grce de recomm&] davantage la cause de ,dieu et de la religion ceux qui eu ont t\j\rs t les plus f]mes colonnes4 ,j'ai dj t\* ces deux que/ions de ,dieu et de l'me huma9e dans le ,disc\rs franais que je mis en lumire en l'anne #afcg1 t\*ant la m?ode p\r bi5 conduire1 sa raison et *]*] la vrit dans les sci5ces3 non pas desse9 d'en trait] alors qu' fond1 mais seulem5t comme en passant1 af9 d'appr5dre p> le jugem5t qu'on en f]oit de quelle sorte j'en devrois trait] p> aprs2 c> elles m'ont t\j\rs sembl tre d'une telle importance1 que je jugeois qu'il toit propos d'en p>l] plus d'une fois2 et le *em9 que je ti5s p\r les expliqu] e/ si peu battu1 et si loign de la r\te ord9aire1 que je n'ai pas cru qu'il ft utile de le montr] en franais1 et dans un disc\rs qui pt tre lu de t\t le monde1 de peur que les foibles esprits ne cruss5t qu'il leur ft p]mis de t5t] cette voie4 ,or1 ayant pri dans ce ,disc\rs de la ,m?ode t\s ceux qui auroi5t tr\v dans mes crits quelque *ose digne de c5sure de me faire la faveur de m'en av]tir1 on ne m'a ri5 object de rem>quable que deux *oses sur ce que j'avois dit t\*ant ces deux que/ions1 auxquelles je veux rpondre ici en peu de mots avant que d'entrepr5dre leur explication plus exacte4 ,la premire e/ qu'il ne s'ensuit pas de ce que l'esprit huma91 faisant rflexion sur soi-mme1 ne se connot tre autre *ose qu'une *ose qui p5se1 que sa nature ou son ess5ce ne soit seulem5t que de p5s]2 en telle sorte que ce mot seulem5t exclue t\tes les autres *oses qu'on p\rroit peut-tre aussi dire app>t5ir la nature de l'me4 ,a laquelle objection je rponds que ce n'a po9t aussi t en ce lieu-l mon int5tion de les exclure selon l'ordre de la vrit de la *ose 7de laquelle je ne traitois pas alors71 mais seulem5t selon l'ordre de ma p5se2 si bi5 que mon s5s toit que je ne connoissois ri5 que je susse app>t5ir mon ess5ce1 s9on que j'tois une *ose qui p5se1 ou une *ose qui a en soi la facult de p5s]4 ,or je f]ai voir ci-aprs comm5t1 de ce que je ne connois ri5 autre *ose qui app>ti5ne mon ess5ce1 il s'ensuit qu'il n'y a aussi ri5 autre *ose qui en effet lui app>ti5ne4 ,la seconde e/ qu'il ne s'ensuit pas1 de ce que j'ai en moi l'ide d'une *ose plus p>faite que je ne suis1 que cette ide soit plus p>faite que moi1 et beauc\p mo9s que ce qui e/ reprs5t p> cette ide exi/e4 ,mais je rponds que dans ce mot d'ide il y a ici de l'quivoque3 c>1 ou il peut tre pris matriellem5t p\r une opration de mon ent5dem5t1 et en ce s5s on ne peut pas dire qu'elle soit plus p>faite que moi2 ou il peut tre pris objectivem5t p\r la *ose qui e/ reprs5te p> cette opration1 laquelle1 quoiqu'on ne suppose po9t qu'elle exi/e hors de mon ent5dem5t1 peut nanmo9s tre plus p>faite que moi1 raison de son ess5ce4 ,or dans la suite de ce trait je f]ai voir plus amplem5t comm5t de cela seulem5t que j'ai en moi l'ide d'une *ose plus p>faite que moi1 il s'ensuit que cette *ose exi/e vritablem5t4 ,de plus1 j'ai vu aussi deux autres crits assez amples sur cette matire1 mais qui ne combattoi5t pas tant mes raisons que mes conclusions1 et ce p> des argum5ts tirs des lieux communs des a?es4 ,mais1 p>ceque ces sortes d'argum5ts ne peuv5t faire aucune impression dans l'esprit de ceux qui ent5dront bi5 mes raisons1 et que les jugem5ts de plusieurs sont si foibles et si peu raisonnables qu'ils se laiss5t bi5 plus s\v5t p]suad] p> les premires op9ions qu'ils auront eues d'une *ose1 p\r fausses et loignes de la raison qu'elles puiss5t tre1 que p> une solide et vritable1 mais po/rieurem5t ent5due1 rfutation de leurs op9ions1 je ne veux po9t ici y rpondre1 de peur d'tre premirem5t oblig de les rapport]4 ,je dirai seulem5t en gnral que t\t ce que dis5t les a?es1 p\r combattre l'exi/5ce de ,dieu1 dp5d t\j\rs1 ou de ce que l'on fe9t dans ,dieu des affections huma9es1 ou de ce qu'on attribue nos esprits tant de =ce et de sagesse1 que n\s avons bi5 la prsomption de v\loir dt]m9] et compr5dre ce que ,dieu peut et doit faire2 de sorte que t\t ce qu'ils dis5t ne n\s donn]a aucune difficult1 p\rvu seulem5t que n\s n\s ress\v5ions que n\s devons considr] nos esprits comme des *oses f9ies et limites1 et ,dieu comme un tre inf9i et incomprh5sible4 ,ma9t5ant1 aprs avoir suffisamm5t reconnu les s5tim5ts des hommes1 j'entrepr5ds d]e*ef de trait] de ,dieu et de l'me huma9e1 et ensemble de jet] les fondem5ts de la philosophie premire1 mais sans en att5dre aucune l\ange du vulgaire1 ni espr] que mon livre soit vu de plusieurs4 ,au contraire1 je ne conseill]ai jamais p]sonne de le lire1 s9on ceux qui v\dront avec moi mdit] srieusem5t1 et qui p\rront dta*] leur esprit du comm]ce des s5s1 et le dlivr] entirem5t de t\tes sortes de prjugs1 lesquels je ne sais que trop tre en =t petit nombre4 ,mais p\r ceux qui1 sans se s\ci] beauc\p de l'ordre et de la liaison de mes raisons1 s'amus]ont pilogu] sur *acune des p>ties1 comme font plusieurs1 ceux-l1 dis-je1 ne f]ont pas gr& pr(it de lu lecture de ce trait2 et bi5 que peut-tre ils tr\v5t occasion de po9till] en plusieurs lieux1 gr&'pe9e p\rront-ils object] ri5 de pressant ou qui soit digne de rponse4 ,et1 d'autant que je ne promets pas aux autres de les satisfaire de prime abord1 et que je ne prsume pas tant de moi que de croire p\voir prvoir t\t ce qui p\rra faire de la difficult un *acun1 j'expos]ai premirem5t dans ces ,mditations les mmes p5ses p> lesquelles je me p]suade tre p>v5u une c]ta9e et vid5te connoissance de la vrit1 af9 de voir si1 p> les mmes raisons qui m'ont p]suad1 je p\rrai aussi en p]suad] d'autres2 et1 aprs cela1 je rpondrai aux objections qui m'ont t faites p> des p]sonnes d'esprit et de doctr9e1 qui j'avois envoy mes ,mditations p\r tre exam9es avant que de les mettre s\s la presse2 c> ils m'en ont fait un si gr& nombre et de si diffr5tes1 que j'ose bi5 me promettre qu'il s]a difficile un autre d'en propos] aucunes qui soi5t de consqu5ce qui n'ai5t po9t t t\*es4 ,c'e/ p\rquoi je supplie ceux qui dsir]ont lire ces ,mditations1 de n'en =m] aucun jugem5t que premirem5t ils ne se soi5t donn la pe9e de lire t\tes ces objections et les rponses que j'y ai faites4 ,,abr,g ,,des ,,six ,m,,ditations ,,suivantes4 ,dans la premire1 je mets en avant les raisons p\r lesquelles n\s p\vons d\t] gnralem5t de t\tes *oses1 et p>ticulirem5t du *oses matrielles1 au mo9s tant que n\s n'aurons po9t d'autres fondem5ts dans les sci5ces que ceux que n\s avons eus jusqu' prs5t4 ,or1 bi5 que l'utilit d'un d\te si gnral ne p>oisse pas d'abord1 elle e/ t\tefois en cela trs gr&e1 qu'il n\s dlivre de t\tes sortes de prjugs1 et n\s prp>e un *em9 trs facile p\r acc\tum] notre esprit se dta*] des s5s2 et enf9 en ce qu'il fait qu'il n'e/ pas possible que n\s puissions jamais plus d\t] des *oses que n\s dc\vrirons p> aprs tre vritables4 ,dans la seconde1 l'esprit1 qui1 usant de sa propre lib]t1 suppose que t\tes les *oses ne sont po9t1 de l'exi/5ce desquelles il a le mo9dre d\te1 reconnoit qu'il e/ absolum5t impossible que cep5dant il n'exi/e pas lui-mme4 ,ce qui e/ aussi d'une trs gr&e utilit1 d'autant que p> ce moy5 il fait aism5t di/9ction des *oses qui lui app>ti5n5t1 c'e/--dire la nature intellectuelle1 et de celles qui app>ti5n5t au corps4 ,mais1 p>ce qu'il peut arriv] que quelques uns att5dront de moi en ce lieu-l des raisons p\r pr\v] l'immortalit de l'me1 j'e/ime les devoir ici av]tir qu'ayant t* de ne ri5 crire dans t\t ce trait dont je n'eusse des dmon/rations trs exactes1 je me suis vu oblig de suivre un ordre semblable celui dont se s]v5t les gomtres1 qui e/ d'avanc] premirem5t t\tes les *oses desquelles dp5d la proposition que l'on *]*e1 avant que d'en ri5 conclure4 ,or la premire et pr9cipale *ose qui e/ requise p\r bi5 connotre l'immortalit de l'me e/ d'en =m] une conception claire et nette1 et entirem5t di/9cte de t\tes les conceptions que l'on peut avoir du corps2 ce qui a t fait en ce lieu-l4 ,il e/ requis1 outre cela1 de savoir que t\tes les *oses que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t sont vraies1 de la faon que n\s les concevons2 ce qui n'a pu tre pr\v avant la quatrime ,mditation4 ,de plus1 il faut avoir une conception di/9cte de la nature corporelle1 laquelle se =me p>tie dans cette seconde1 et p>tie dans la c9quime et sixime ,mditation4 ,et enf91 l'on doit conclure de t\t cela que les *oses que l'on conoit clairem5t et di/9ctem5t tre des sub/ances div]ses1 a9si que l'on conoit l'esprit et le corps1 sont en effet des sub/ances rellem5t di/9ctes les unes des autres1 et c'e/ ce que l'on conclut dans la sixime ,mditation2 ce qui se confirme encore1 dans cette mme ,mditation1 de ce que n\s ne concevons aucun corps que comme divisible1 au lieu que l'esprit ou l'me de l'homme ne se peut concevoir que comme indivisible2 c>1 en effet1 n\s ne saurions concevoir la moiti d'aucune me1 comme n\s p\vons faire du plus petit de t\s les corps2 en sorte que l'on reconnot que leurs natures ne sont pas seulem5t div]ses1 mais mme en quelque faon contraires4 ,or je n'ai pas trait plus avant de cette matire dans cet crit1 tant p>ceque cela suffit p\r montr] assez clairem5t que de la corruption du corps la mort de l'me ne s'ensuit pas1 et a9si p\r donn] aux hommes l'esprance d'une seconde vie aprs la mort2 comme aussi p>ceque les prmisses desquelles on peut conclure l'immortalit de l'me dp5d5t de l'explication de t\te la physique3 premirem5t1 p\r savoir que gnralem5t t\tes les sub/ances1 c'e/--dire t\tes les *oses qui ne peuv5t exi/] sans tre cres de ,dieu1 sont de leur nature incorruptibles1 et qu'elles ne peuv5t jamais cess] d'tre1 si ,dieu mme en leur dniant son conc\rs ne les rduit au nant2 et ensuite p\r rem>qu] que le corps pris en gnral e/ une sub/ance1 c'e/ p\rquoi aussi il ne prit po9t2 mais que le corps huma91 en tant qu'il diffre des autres corps1 n'e/ compos que d'une c]ta9e configuration de membres et d'autres semblables accid5ts1 l o l'me huma9e n'e/ po9t a9si compose d'aucuns accid5ts1 mais e/ une pure sub/ance4 ,c>1 encore que t\s ses accid5ts se *ang5t1 p> exemple encore qu'elle conoive de c]ta9es *oses1 qu'elle en veuille d'autres1 et qu'elle en s5te d'autres1 etc41 l'me p\rtant ne devi5t po9t autre2 au lieu que le corps huma9 devi5t une autre *ose1 de cela seul que la figure de quelques-unes de ses p>ties se tr\ve *ange2 d'o il s'ensuit que le corps huma9 peut bi5 facilem5t prir1 mais que l'esprit ou l'me de l'homme 7ce que je ne di/+ue po9t7 e/ immortelle de sa nature4 9999999999999999999999999999999999999999 999999999999999999999999999999999999 ,dans la troisime ,mditation1 j'ai1 ce me semble1 expliqu assez au long le pr9cipal argum5t dont je me s]s p\r pr\v] l'exi/5ce de ,dieu4 ,mais nanmo9s1 p>ce que je n'ai po9t v\lu me s]vir en ce lieu-l d'aucunes comp>aisons tires des *oses corporelles1 af9 d'loign] autant que je p\rrois les esprits des lecteurs de l'usage et du comm]ce des s5s1 peut-tre y e/-il re/ beauc\p d'obscurits 7lesquelles1 comme j'espre1 s]ont entirem5t claircies dans les rponses que j'ai faites aux objections qui m'ont depuis t proposes71 comme entre autres celle-ci1 ,comm5t l'ide d'un tre s\v]a9em5t p>fait1 laquelle se tr\ve en n\s1 conti5t tant de ralit objective1 c'e/--dire p>ticipe p> reprs5tation tant de degrs d'tre et de p]fection1 qu'elle doit v5ir d'une cause s\v]a9em5t p>faite3 ce que j'ai clairci dans ces rponses p> la comp>aison d'une ma*9e =t +nieuse et artificielle1 dont l'ide se r5contre dans l'esprit de quelque ouvri]2 c> comme l'artifice objectif de cette ide doit avoir quelque cause1 savoir e/ ou la sci5ce de cet ouvri]1 ou celle de quelque autre de qui il ait reu celle ide1 de mme il e/ impossible que l'ide de ,dieu qui e/ en n\s n'ait pas ,dieu mme p\r sa cause4 9999999999999999999999999999999999999999 99999999 ,dans la quatrime1 il e/ pr\v que t\tes les *oses que n\s concevons =t clairem5t et =t di/9ctem5t sont t\tes vraies2 et ensemble e/ expliqu en quoi consi/e la nature de l'erreur ou fausset2 ce qui doit ncessairem5t tre su1 tant p\r confirm] les vrits prcd5tes que p\r mieux ent5dre celles qui suiv5t4 ,mais cep5dant il e/ rem>qu] que je ne traite nullem5t en ce lieu-l du p*1 c'e/--dire de l'erreur qui se commet dans la p\rsuite du bi5 et du mal1 mais seulem5t de celle qui arrive dans le jugem5t et le disc]nem5t du vrai et du faux2 et que je n'ent5ds po9t y p>l] des *oses qui app>ti5n5t la foi ou la conduite de la vie1 mais seulem5t de celles qui reg>d5t les vrits spculatives1 et qui peuv5t tre connues p> l'aide de la seule lumire naturelle4 ,dans la c9quime ,mditation1 outre que la nature corporelle prise en gnral y e/ explique1 l'exi/5ce de ,dieu y e/ encore dmontre p> une n\velle raison1 dans laquelle nanmo9s peut-tre s'y r5contr]a-t-il aussi quelques difficults1 mais on en v]ra la solution dans les rponses aux objections qui m'ont t faites2 et de plus je fais voir de quelle faon il e/ vritable que la c]titude mme des dmon/rations gomtriques dp5d de la connoissance de ,dieu4 ,enf91 dans la sixime1 je di/+ue l'action de l'ent5dem5t d'avec celle de l'imag9ation2 les m>ques de celle di/9ction y sont dcrites2 j'y montre que l'me de l'homme e/ rellem5t di/9cte du corps1 et t\tefois qu'elle lui e/ si troitem5t conjo9te et unie1 qu'elle ne compose que comme une mme *ose avec lui4 ,t\tes les erreurs qui procd5t des s5s y sont exposes1 avec les moy5s de les vit]2 et enf9 j'y apporte t\tes les raisons desquelles on peut conclure l'exi/5ce des *oses matrielles3 non que je les juge =t utiles p\r pr\v] ce qu'elles pr\v5t1 savoir1 qu'il y a un monde1 que les hommes ont des corps1 et autres *oses semblables1 qui n'ont jamais t mises en d\te p> aucun homme de bon s5s2 mais p>ce qu'en les considrant de prs1 l'on vi5t connotre qu'elles ne sont pas si f]mes ni si vid5tes que celles qui n\s conduis5t la connoissance de ,dieu et de notre me2 en sorte que celles-ci sont les plus c]ta9es et les plus vid5tes qui puiss5t tomb] en la connoissance de l'esprit huma91 et c'e/ t\t ce que j'ai eu dess9 de pr\v] dans ces six ,mditations2 ce qui fait que j'omets ici beauc\p d'autres que/ions1 dont j'ai aussi p>l p> occasion dans ce trait4 ,m,,ditations ,,t\*ant ,,la ,,philosophie ,,premi,,re1 ,,dans ,,lesquelles ,,on ,,pr\ve ,,clairem5t ,l',,exi/5ce ,,de ,,dieu ,,et ,,la ,,di/9ction ,r,,elle ,,entre ,l',,ame ,,et ,,le ,,corps ,,de ,l',,homme4 ,,premi,,re ,m,,ditation4 ,,des ,,*oses ,,que ,l',,on ,,peut ,r,,voqu] ,,en ,,d\te4 ,ce n'e/ pas d'auj\rd'hui que je me suis ap]u que1 ds mes premires annes1 j'ai reu quantit de fausses op9ions p\r vritables1 et que ce que j'ai depuis fond sur des pr9cipes si mal assurs ne sauroit tre que =t d\teux et inc]ta92 et ds lors j'ai bi5 jug qu'il me falloit entrepr5dre srieusem5t une fois en ma vie de me dfaire de t\tes les op9ions que j'avois reues aup>avant en ma crance1 et comm5c] t\t de n\veau ds les fondem5ts1 si je v\lois tablir quelque *ose de f]me et de con/ant dans les sci5ces4 ,mais cette entreprise me semblant tre =t gr&e1 j'ai att5du que j'eusse atte9t un ge qui ft si mr que je n'en pusse espr] d'autre aprs lui auquel je fusse plus propre l'excut]2 ce qui m'a fait diffr] si long-temps1 que dsormais je croirois commettre une faute si j'employois encore dlibr] le temps qui me re/e p\r agir4 ,auj\rd'hui donc que1 =t propos p\r ce desse91 j'ai dlivr mon esprit de t\tes sortes de so9s1 que p> bonheur je ne me s5s agit d'aucunes passions1 et que je me suis procur un repos assur dans une paisible solitude1 je m'appliqu]ai srieusem5t et avec lib]t dtruire gnralem5t t\tes mes anci5nes op9ions4 ,or1 p\r cet effet1 il ne s]a pas ncessaire que je montre qu'elles sont t\tes fausses1 de quoi peut-tre je ne vi5drois jamais b\t4 ,mais1 d'autant que la raison me p]suade dj que je ne dois pas mo9s soigneusem5t m'emp*] de donn] crance aux *oses qui ne sont pas entirem5t c]ta9es et indubitables1 qu' celles qui me p>oiss5t manife/em5t tre fausses1 ce me s]a assez p\r les rejet] t\tes1 si je puis tr\v] en *acune quelque raison de d\t]4 ,et p\r cela il ne s]a pas aussi beso9 que je les exam9e *acune en p>ticuli]1 ce qui s]oit d'un travail inf9i2 mais1 p>ceque la ru9e des fondem5ts entrane ncessairem5t avec soi t\t le re/e de l'difice1 je m'attaqu]ai d'abord aux pr9cipes sur lesquels t\tes mes anci5nes op9ions toi5t appuyes4 ,t\t ce que j'ai reu jusqu' prs5t p\r le plus vrai et assur1 je l'ai appris des s5s ou p> les s5s3 or j'ai quelquefois pr\v que ces s5s toi5t trompeurs2 et il e/ de la prud5ce de ne se fi] jamais entirem5t ceux qui n\s ont une fois tromps4 ,mais peut-tre qu'encore que les s5s n\s tromp5t quelquefois t\*ant des *oses =t peu s5sibles et =t loignes1 il s'en r5contre nanmo9s beauc\p d'autres desquelles on ne peut pas raisonnablem5t d\t]1 quoique n\s les connoissions p> leur moy53 p> exemple1 que je suis ici1 assis auprs du feu1 vtu d'une robe de *ambre1 ayant ce papi] entre les ma9s1 et autres *oses de cette nature4 ,et comm5t e/-ce que je p\rrois ni] que ces ma9s et ce corps soi5t moi8 si ce n'e/ peut-tre que je me comp>e c]ta9s ins5ss1 de qui le c]veau e/ tellem5t tr\bl et (fusqu p> les noires vapeurs de la bile1 qu'ils assur5t con/amm5t qu'ils sont des rois1 lorsqu'ils sont trs pauvres2 qu'ils sont vtus d'or et de p\rpre1 lorsqu'ils sont t\t nus2 ou qui s'imag95t tre des cru*es ou avoir un corps de v]re4 ,mais quoi6 ce sont des f\s1 et je ne s]ois pas mo9s extravagant si je me rglois sur leurs exemples4 ,t\tefois j'ai ici considr] que je suis homme1 et p> consqu5t que j'ai c\tume de dormir1 et de me reprs5t] en mes songes les mmes *oses1 ou quelquefois de mo9s vraisemblables1 que ces ins5ss lorsqu'ils veill5t4 ,combi5 de fois m'e/-il arriv de song] la nuit que j'tois en ce lieu1 que j'tois habill1 que j'tois auprs du feu1 quoique je fusse t\t nu d$ans mon lit6 ,il me semble bi5 prs5t que ce n'e/ po9t avec des yeux endormis que je reg>de ce papi]2 que cette tte que je branle n'e/ po9t ass\pie2 que c'e/ avec desse9 et de propos dlibr que j't5ds cette ma91 et que je la s5s3 ce qui arrive dans le sommeil ne semble po9t si clair ni si di/9ct que t\t ceci4 ,mais1 en y p5sant soigneusem5t1 je me ress\vi5s d'avoir s\v5t t tromp en dormant p> de semblables illusions2 et1 en m'arrtant sur cette p5se1 je vois si manife/em5t qu'il n'y a po9t d'indices c]ta9s p> o l'on puisse di/+u] nettem5t la veille d'avec le sommeil1 que j'en suis t\t tonn2 et mon tonnem5t e/ tel qu'il e/ presque capable de me p]suad] que je dors4 ,supposons donc ma9t5ant que n\s sommes endormis1 et que t\tes ces p>ticul>its1 savoir que n\s ouvrons les yeux1 que n\s branlons la tte1 que n\s t5dons les ma9s1 et *oses semblables1 ne sont que de fausses illusions2 et p5sons que peut-tre nos ma9s ni t\t notre corps ne sont pas tels que n\s les voyons4 ,t\tefois il faut au mo9s av\] que les *oses qui n\s sont reprs5tes dans le sommeil sont comme des tableaux et des pe9tures1 qui ne peuv5t tre =mes qu' la ressemblance de quelque *ose de rel et de vritable2 et qu'a9si1 p\r le mo9s1 ces *oses gnrales1 savoir des yeux1 une tte1 des ma9s1 et t\t un corps1 ne sont pas *oses imag9aires1 mais relles et exi/antes4 ,c> de vrai les pe9tres1 lors mme qu'ils s'tudi5t avec le plus d'artifice reprs5t] des sirnes et des satyres p> des figures biz>res et extraord9aires1 ne peuv5t t\tefois leur donn] des =mes et des natures entirem5t n\velles1 mais font seulem5t un c]ta9 mlange et composition des membres de div]s animaux2 ou bi5 si peut-tre leur imag9ation e/ assez extravagante p\r inv5t] quelque *ose de si n\veau que jamais on n'ait ri5 vu de semblable1 et qu'a9si leur ouvrage reprs5te une *ose purem5t fe9te et absolum5t fausse1 c]tes t\t le mo9s les c\leurs dont ils les compos5t doiv5t-elles tre vritables4 ,et p> la mme raison1 encore que ces *oses gnrales1 savoir un corps1 des yeux1 une tte1 des ma9s1 et autres semblables1 puss5t tre imag9aires1 t\tefois il faut ncessairem5t av\] qu'il y en a au mo9s quelques autres encore plus simples et plus univ]selles qui sont vraies et exi/antes2 du mlange desquelles1 ni plus ni mo9s que de celui de quelques vritables c\leurs1 t\tes ces images des *oses qui rsid5t en notre p5se1 soit vraies et relles1 soit fe9tes et fanta/iques1 sont =mes4 ,de ce g5re de *oses e/ la nature corporelle eu gnral et son t5due2 ensemble la figure des *oses t5dues1 leur quantit ou gr&eur1 et leur nombre2 comme aussi le lieu o elles sont1 le temps qui mesure leur dure1 et autres semblables4 ,c'e/ p\rquoi peut-tre que de l n\s ne conclurons pas mal1 si n\s disons que la physique1 l'a/ronomie1 la mdec9e1 et t\tes les autres sci5ces qui dp5d5t de la considration des *oses composes1 sont =t d\teuses et inc]ta9es1 mais que l'ari?mtique1 la gomtrie1 et les autres sci5ces de cette nature1 qui ne trait5t que de *oses =t simples et =t gnrales1 sans se mettre beauc\p en pe9e si elles sont dans la nature ou si elles n'y sont pas1 conti5n5t quelque *ose1 de c]ta9 et d'indubitable3 c>1 soit que je veille ou que je dorme1 deux et trois jo9ts ensemble =m]ont t\j\rs le nombre de c9q1 et le c>r n'aura jamais plus de quatre cts2 et il ne semble pas possible que des vrits si claires et si app>5tes puiss5t tre s\ponnes d'aucune fausset ou d'inc]titude4 ,t\tefois1 il y a longtemps que j'ai dans mon esprit une c]ta9e op9ion qu'il y a un ,dieu qui peut t\t1 et p> qui j'ai t fait et cr tel que je suis4 ,or1 que sais-je s'il n'a po9t fait qu'il n'y ait aucune t]re1 aucun ciel1 aucun corps t5du1 aucune figure1 aucune gr&eur1 aucun lieu1 et que nanmo9s j'aie les s5tim5ts de t\tes ces *oses1 et que t\t cela ne me semble po9t exi/] autrem5t que je le vois8 ,et mme1 comme je juge quelquefois que les autres se tromp5t dans les *oses qu'ils p5s5t le mieux savoir1 que sais-je s'il n'a po9t fait que je me trompe aussi t\tes les fois que je fais l'addition de deux et de trois1 ou que je nombre les cts d'un c>r1 ou que je juge de quelque *ose encore plus facile1 si l'on se peut imag9] ri5 de plus facile que cela8 ,mais peut-tre que ,dieu n'a pas v\lu que je fusse du de la sorte1 c> il e/ dit s\v]a9em5t bon4 ,t\tefois1 si cela rpugnait sa bont de m'avoir fait tel que je me trompasse t\j\rs1 cela sembl]oit aussi lui tre contraire de p]mettre que je me trompe quelquefois1 et nanmo9s je ne puis d\t] qu'il ne le p]mette4 ,il y aura peut-tre ici des p]sonnes qui aim]oi5t mieux ni] l'exi/5ce d'un ,dieu si puissant1 que de croire que t\tes les autres *oses sont inc]ta9es4 ,mais ne leur rsi/ons pas p\r le prs5t1 et supposons en leur faveur que t\t ce qui e/ dit ici d'un ,dieu soit une fable3 t\tefois1 de quelque faon qu'ils suppos5t que je sois p>v5u l'tat et l'tre que je possde1 soit qu'ils l'attribu5t quelque de/9 ou fatalit1 soit qu'ils le rfr5t au has>d1 soit qu'ils veuill5t que ce soit p> une cont9uelle suite et liaison des *oses1 ou enf9 p> quoique autre manire2 puisque faillir et se tromp] e/ une imp]fection1 d'autant mo9s puissant s]a l'auteur qu'ils assign]ont mon orig9e1 d'autant plus s]a-t-il probable que je suis tellem5t imp>fait que je me trompe t\j\rs4 ,auxquelles raisons je n'ai c]tes ri5 rpondre2 mais enf9 je suis contra9t d'av\] qu'il n'y a ri5 de t\t ce que je croyois autrefois tre vritable dont je ne puisse en quelque faon d\t]2 et cela non po9t p> inconsidration ou lgret1 mais p\r des raisons trs =tes et mrem5t considres3 de sorte que dsormais je ne dois pas mo9s soigneusem5t m'emp*] d'y donn] crance qu' ce qui s]oit manife/em5t faux1 si je veux tr\v] quelque *ose de c]ta9 et d'assur dans les sci5ces4 ,mais il ne suffit pas d'avoir fait ces rem>ques1 il faut encore que je pr5ne so9 de m'en s\v5ir2 c> ces anci5nes et ord9aires op9ions me revi5n5t encore s\v5t en la p5se1 le long et famili] usage qu'elles ont eu avec moi leur donnant droit d'occup] mon esprit contre mon gr1 et de se r5dre presque matresses de ma crance2 et je ne me dsacc\tum]ai jamais de leur dfr]1 et de pr5dre confiance en elles tant que je les considr]ai telles qu'elles sont on effet1 c'e/--dire en quelque faon d\teuses1 comme je vi5s de montr]1 et t\tefois =t probables1 en sorte que l'on a beauc\p plus de raison de les croire que de les ni]4 ,c'e/ p\rquoi je p5se que je ne f]ai pas mal si1 pr5ant de propos dlibr un s5tim5t contraire1 je me trompe moi-mme1 et si je fe9s p\r quelque temps que t\tes ces op9ions sont entirem5t fausses et imag9aires2 jusqu' ce qu'enf91 ayant tellem5t balanc mes anci5s et mes n\veaux prjugs qu'ils ne puiss5t faire p5*] mon avis plus d'un ct que d'un autre1 mon jugem5t ne soit plus dsormais matris p> de mauvais usages et dt\rn du droit *em9 qui le peut conduire la connoissance de la vrit4 ,c> je suis assur qu'il ne peut y avoir de pril ni d'erreur en cette voie1 et que je ne saurais auj\rd'hui trop accord] ma dfiance1 puisqu'il n'e/ pas ma9t5ant "q d'agir1 mais seulem5t de mdit] et de connotre4 ,je suppos]ai donc1 non pas que ,dieu1 qui e/ trs bon1 et qui e/ la s\v]a9e s\rce de vrit1 mais qu'un c]ta9 mauvais gnie1 non mo9s rus et trompeur que puissant1 a employ t\te son indu/rie me tromp]2 je p5s]ai que ,je ciel1 l'air1 la t]re1 les c\leurs1 les figures1 les sons1 et t\tes les autres *oses extrieures1 ne sont ri5 que des illusions et rv]ies dont il s'e/ s]vi p\r t5dre des piges ma crdulit2 je me considr]ai moi-mme comme n'ayant po9t de ma9s1 po9t d'yeux1 po9t de *air1 po9t de sang2 comme n'ayant aucun s5s1 mais croyant faussem5t avoir t\tes ces *oses2 je demeur]ai ob/9m5t atta* cette p5se2 et si1 p> ce moy51 il n'e/ pas en mon p\voir de p>v5ir la connoissance d'aucune vrit1 t\t le mo9s il e/ en ma puissance de susp5dre mon jugem5t3 c'e/ p\rquoi je pr5drai g>de soigneusem5t de ne recevoir en ma croyance aucune fausset1 et prp>]ai si bi5 mon esprit t\tes les ruses de ce gr& trompeur1 que1 p\r puissant et rus qu'il soit1 il ne me p\rra jamais ri5 impos]4 ,mais ce desse9 e/ pnible et laborieux1 et une c]ta9e p>esse m'entrane ins5siblem5t dans le tra9 de ma vie ord9aire2 et t\t de mme qu'un esclave qui j\issoit dans le sommeil d'une lib]t imag9aire1 lorsqu'il comm5ce s\ponn] que sa lib]t n'e/ qu'un songe1 cra9t de se rveill]1 et conspire avec ces illusions agrables p\r en tre plus longtemps abus1 a9si je retombe ins5siblem5t de moi-mme dans mes anci5nes op9ions1 et j'apprh5de de me rveill] de cet ass\pissem5t1 de peur que les veilles laborieuses qui auroi5t succd] la tranquillit de ce repos1 au lieu de m'apport] quelque j\r et quelque lumire dans la connoissance de la vrit1 ne fuss5t pas suffisantes p\r claircir t\tes les tnbres des difficults qui vi5n5t d'tre ,agites4 ,m,,ditation ,,seconde4 ,,de ,,la ,,nature ,,de ,l',,esprit ,,huma92 ,,et ,,qu',,il ,,e/ ,,plus ,,ais ,,conno,,tre ,,que ,,le ,,corps4 ,la mditation que je fis hi] m'a rempli l'esprit de tant de d\tes1 qu'il n'e/ plus dsormais en ma puissance de les oubli]4 ,et cep5dant je ne vois pas de quelle faon je les p\rrai rs\dre2 et comme si t\t--c\p j'tois tomb dans une eau trs pr(onde1 je suis tellem5t surpris que je ne puis ni assur] mes pi$s dans le fond1 ni nag] p\r me s\t5ir au-dessus4 ,je m'ef=c]ai nanmo9s1 et suivrai d]e*ef la mme voie o j'tois entr hi]1 en m'loignant de t\t ce en quoi je p\rrai imag9] le mo9dre d\te1 t\t de mme que si je connoissois que cela ft absolum5t faux2 et je cont9u]ai t\j\rs dans ce *em91 jusqu' ce que j'aie r5contr quelque *ose de c]ta91 ou du mo9s1 si je ne puis autre *ose1 jusqu' ce que j'aie appris c]ta9em5t qu'il n'y a ri5 au monde de c]ta94 ,ar*imde1 p\r tir] le globe t]re/re de sa place et le transport] en un autre lieu1 ne dem&oit ri5 qu'un po9t qui ft f]me et immobile3 a9si j'aurai droit de concevoir de hautes esprances1 si je suis assez heureux p\r tr\v] seulem5t une *ose qui soit c]ta9e et indubitable4 ,je suppose donc que t\tes les *oses que je vois sont fausses2 je me p]suade que ri5 n'a jamais t de t\t ce que ma mmoire remplie de m5songes me reprs5te2 je p5se n'avoir aucuns s5s2 je crois que le corps1 la figure1 l't5due1 le m\vem5t et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit4 ,qu'e/-ce donc qui p\rra tre e/im vritable8 ,peut-tre ri5 autre *ose1 s9on qu'il n'y a ri5 au monde de c]ta94 ,mais que sais-je s'il n'y a po9t quelque autre *ose diffr5te de celles que je vi5s de jug] inc]ta9es1 de laquelle on ne puisse avoir le mo9dre d\te8 ,n'y a-t-il po9t quelque ,dieu1 ou quelque autre puissance1 qui me met en esprit ces p5ses8 ,cela n'e/ pas ncessaire2 c> peut-tre que je suis capable de les produire de moi-mme4 ,moi donc t\t le mo9s ne suis-je po9t quelque *ose8 ,mais j'ai dj ni que j'eusse aucuns s5s ni aucun corps3 j'hsite nanmo9s1 c> que s'ensuit-il de la8 ,suis-je tellem5t dp5dant du corps et des s5s que je ne puisse tre sans eux8 ,mais je me suis p]suad qu'il n'y avoit ri5 du t\t dans le monde1 qu'il n'y avoit aucun ciel1 aucune t]re1 aucuns esprits1 ni aucuns corps3 ne me suis-je donc pas aussi p]suad que je n'tois po9t8 ,tant s'en faut2 j'tois sans d\te1 si je me suis p]suad ou seulem5t si j'ai p5s quelque *ose4 ,mais il y a un je ne sais quel trompeur trs puissant et trs rus1 qui emploie t\te son indu/rie me tromp] t\j\rs4 ,il n'y a donc po9t de d\te que je suis1 s'il me trompe2 et qu'il me trompe tant qu'il v\dra1 il ne saura jamais faire que je ne sois ri51 tant que je p5s]ai tre quelque *ose4 ,de sorte qu'aprs y avoir bi5 p5s1 et avoir soigneusem5t exam9 t\tes *oses1 enf9 il faut conclure et t5ir p\r con/ant que cette proposition1 je suis1 j'exi/e1 e/ ncessairem5t vraie1 t\tes les fois que je la prononce ou que je la conois en mon esprit4 ,mais je ne connois pas encore assez clairem5t quel je suis1 moi qui suis c]ta9 que je suis2 de sorte que dsormais il faut que je pr5ne soigneusem5t g>de de ne pr5dre pas imprudemm5t quelque autre *ose p\r moi1 et a9si de ne me po9t mpr5dre dans cette connoissance1 que je s\ti5s tre plus c]ta9e et plus vid5te que t\tes celles que j'ai eues aup>avant4 ,c'e/ p\rquoi je considr]ai ma9t5ant t\t de n\veau ce que je croyois tre avant que j'entrasse dans ces d]nires p5ses2 et de mes anci5nes op9ions je retran*]ai t\t ce qui peut tre tant soit peu combattu p> les raisons que j'ai tantt allgues1 en sorte qu'il ne demeure prcism5t que cela seul qui e/ entirem5t c]ta9 et indubitable4 ,qu'e/-ce donc que j'ai cru tre ci-devant8 ,sans difficult1 j'ai p5s que j'tois un homme4 ,mais qu'e/-ce qu'un homme8 ,dirai-je que c'e/ un animal raisonnable8 ,non c]tes2 c> il me faudroit p> aprs re*]*] ce que c'e/ qu'animal1 et ce que c'e/ que raisonnable2 et a9si d'une seule "q je tomb]ois ins5siblem5t en une inf9it d'autres plus difficiles et plus emb>rasses2 et je ne v\drais pas abus] du peu de temps et de loisir qui me re/e1 en l'employant dml] de semblables difficults4 ,mais je m'arrt]ai plutt considr] ici les p5ses qui naissoi5t ci-devant d'elles-mmes en mon esprit1 et qui ne m'toi5t inspires que de ma seule nature1 lorsque je m'appliquois la considration de mon tre4 ,je me considrois premirem5t comme ayant un visage1 des ma9s1 des bras1 et t\te cette ma*9e compose d'os et de *air1 telle qu'elle p>ot en un cadavre1 laquelle je dsignois p> le nom de corps4 ,je considrois1 outre cela1 que je me n\rrissois1 que je m>*ois1 que je s5tois et que je p5sois1 et je rapportois t\tes ces actions l'me2 mais je ne m'arrtois po9t p5s] ce que c'toit que cette me1 ou bi51 si je m'y arrtois1 je m'imag9ois qu'elle toit quelque *ose d'extrmem5t r>e et subtil1 comme un v5t1 une flamme ou un air trs dli1 qui toit ins9u et rp&u dans mes plus grossires p>ties4 ,p\r ce qui toit du corps1 je ne d\tois nullem5t de sa nature2 mais je p5sois la connotre =t di/9ctem5t2 et si je l'eusse v\lu expliqu] suivant les notions que j'en avois alors1 je l'eusse dcrite en cette sorte3 ,p> le corps1 j'ent5ds t\t ce qui peut tre t]m9 p> quelque figure2 qui peut tre compris en quelque lieu1 et remplir un espace en telle sorte que t\t autre corps en soit exclus2 qui peut tre s5ti1 ou p> l'att\*em5t1 ou p> la vue1 ou p> l'oue1 ou p> le gt1 ou p> l'odorat2 qui peut tre m eu plusieurs faons1 non pas la vrit p> lui-mme1 mais p> quelque *ose d'trang] duquel il soit t\* et dont il reoive l'impression3 c> d'avoir la puissance de se m\voir de soi-mme1 comme aussi de s5tir ou de p5s]1 je ne croyois nullem5t que cela app>t9t la nature du corps2 au contraire1 je m'tonnois plutt de voir que de semblables facults se r5controi5t en quelques uns4 ,mais moi1 qui suis-je1 ma9t5ant que je suppose qu'il y a un c]ta9 gnie qui e/ extrmem5t puissant1 et1 si j'ose le dire1 malicieux et rus1 qui emploie t\tes ses =ces et t\te son indu/rie me tromp]8 ,puis-je assur] que j'aie la mo9dre *ose de t\tes celles que j'ai dites nagure app>t5ir la nature du corps8 ,je m'arrte a p5s] avec att5tion1 je passe et repasse t\tes ces *oses en mon esprit1 et je n'en r5contre aucune que je puisse dire tre en moi4 ,il n'e/ pas beso9 que je m'arrte les dnombr]4 ,passons donc aux attributs de l'me1 et voyons s'il y en a quelqu'un qui soit en moi4 ,les premi]s sont de me n\rrir et de m>*]2 mais s'il e/ vrai que je n'ai po9t de corps1 il e/ vrai aussi que je ne puis m>*] ni me n\rrir4 ,un autre e/ de s5tir2 mais on ne peut aussi s5tir sans le corps1 outre que j'ai p5s s5tir autrefois plusieurs *oses p5dant le sommeil1 que j'ai reconnu mon rveil n'avoir po9t en effet s5ties4 ,un autre e/ de p5s]1 et je tr\ve ici que la p5se e/ un attribut qui m'app>ti5t3 elle seule ne peut tre dta*e de moi4 ,je suis1 j'exi/e1 cela e/ c]ta92 mais combi5 de temps8 autant de temps que je p5se2 c> peut-tre mme qu'il se p\rroit faire1 si je cessois totalem5t de p5s]1 que je cess]ois en mme temps t\t--fait d'tre4 ,je n'admets ma9t5ant ri5 qui ne soit ncessairem5t vrai3 je ne suis donc1 prcism5t p>lant1 qu'une *ose qui p5se1 c'e/--dire un esprit1 un ent5dem5t ou une raison1 qui sont des t]mes dont la signification m'toit aup>avant inconnue4 ,or1 je suis une *ose vraie et vraim5t exi/ante3 mais quelle *ose8 ,je l'ai dit3 une *ose qui p5se4 ,et quoi davantage8 ,j'excit]ai mon imag9ation p\r voir si je ne suis po9t encore quelque *ose de plus4 ,je ne suis po9t cet assemblage de membres que l'on appelle le corps huma92 je ne suis po9t un air dli et pntrant rp&u dans t\s ces membres2 je ne suis po9t un v5t1 un s\ffle1 une vapeur1 ni ri5 de t\t ce que je puis fe9dre et m'imag9]1 puisque j'ai suppos que t\t cela n'toit ri51 et que1 sans *ang] cette supposition1 je tr\ve que je ne laisse pas d'tre c]ta9 que je suis quelque *ose4 ,mais peut-tre e/-il vrai que ces mmes *oses-l que je suppose n'tre po9t1 p>ce qu'elles me sont inconnues1 ne sont po9t en effet diffr5tes de moi1 que je connois4 ,je n'en sais ri52 je ne dispute pas ma9t5ant de cela2 je ne puis donn] mon jugem5t que des *oses qui me sont connues3 je connois que j'exi/e1 et je *]*e quel je suis1 moi que je connois tre4 ,or1 il e/ trs c]ta9 que la connoissance de mon tre1 a9si prcism5t pris1 ne dp5d po9t des *oses dont l'exi/5ce ne m'e/ pas encore connue2 p> consqu5t elle ne dp5d d'aucunes de celles que je puis fe9dre p> mon imag9ation4 ,et mme ces t]mes de fe9dre et d'imag9] m'av]tiss5t de mon erreur3 c> je fe9drois en effet si je m'imag9ois tre quelque *ose1 puisque imag9] n'e/ ri5 autre *ose que contempl] la figure ou l'image d'une *ose corporelle2 or1 je sais dj c]ta9em5t que je suis1 et que t\t ensemble il se peut faire que t\tes ces images1 et gnralem5t t\tes les *oses qui se rapport5t la nature du corps1 ne soi5t que des songes ou des *imres4 ,ensuite de quoi je vois clairem5t que j'ai aussi peu de raison en disant1 ,j'excit]ai mon imag9ation p\r connotre plus di/9ctem5t quel je suis1 que si je disois1 ,je suis ma9t5ant veill1 et j'ap]ois quelque *ose de rel et de vritable2 mais1 p>ceque je ne l'ap]ois pas encore assez nettem5t1 je m'endormirai t\t exprs1 af9 que mes songes me reprs5t5t cela mme avec plus de vrit et d'vid5ce4 ,et1 p>tant1 je connois manife/em5t que ri5 de t\t ce que je puis compr5dre p> le moy5 de l'imag9ation n'app>ti5t cette connoissance que j'ai de moi-mme1 et qu'il e/ beso9 de rappel] et dt\rn] son esprit de cette faon de concevoir1 af9 qu'il puisse lui-mme connotre bi5 di/9ctem5t sa nature4 ,mais qu'e/-ce donc que je suis8 une *ose qui p5se4 ,qu'e/-ce qu'une *ose qui p5se8 c'e/ une *ose qui d\te1 qui ent5d1 qui conoit1 qui affirme1 qui nie1 qui veut1 qui ne veut pas1 qui imag9e aussi1 et qui s5t4 ,c]tes1 ce n'e/ pas peu si t\tes ces *oses app>ti5n5t ma nature4 ,mais p\rquoi n'y app>ti5droi5t-elles pas8 ,ne suis-je pas celui-l mme qui ma9t5ant d\te presque de t\t1 qui nanmo9s ent5d et conoit c]ta9es *oses1 qui assure et affirme celles-l seules tre vritables1 qui nie t\tes les autres1 qui veut et dsire d'en connotre davantage1 qui ne veut pas tre tromp1 qui imag9e beauc\p de *oses1 mme quelquefois en dpit que j'en aie1 et qui en s5t aussi beauc\p1 comme p> l'entremise des organes du corps4 ,y a-t-il ri5 de t\t cela qui ne soit aussi vritable qu'il e/ c]ta9 que je suis et que j'exi/e1 qu& mme je dormirois t\j\rs1 et que celui qui m'a donn l'tre se s]viroit de t\te son indu/rie p\r m'abus]8 ,y a-t-il aussi aucun de ces attributs qui puisse tre di/+u de ma p5se1 ou qu'on puisse dire tre sp> de moi-mme8 ,c> il e/ de soi si vid5t que c'e/ moi qui d\te1 qui ent5ds et qui dsire1 qu'il n'e/ pas ici beso9 de ri5 aj\t] p\r l'expliqu]4 ,et j'ai aussi c]ta9em5t la puissance d'imag9]2 c>1 encore qu'il puisse arriv] 7comme j'ai suppos aup>avant7 que les *oses que j'imag9e ne soi5t pas vraies1 nanmo9s cette puissance d'imag9] ne laisse pas d'tre rellem5t en moi1 et fait p>tie de ma p5se4 ,enf91 je suis le mme qui s5s1 c'e/--dire qui ap]ois c]ta9es *oses comme p> les organes des s5s1 puisqu'en effet je vois de la lumire1 j'ent5ds du bruit1 je s5s de la *aleur4 ,mais l'on me dira que ces app>5ces-l sont fausses et que je dors4 ,qu'il soit a9si2 t\tefois1 t\t le mo9s1 il e/ trs c]ta9 qu'il me semble que je vois de la lumire1 que j'ent5ds du bruit1 et que je s5s de la *aleur2 cela ne peut tre faux2 et c'e/ proprem5t ce qui en moi s'appelle s5tir2 et cela prcism5t n'e/ ri5 autre *ose que p5s]4 ,d'o je comm5ce connotre quel je suis1 avec un peu plus de cl>t et de di/9ction que ci-devant4 ,mais nanmo9s il me semble encore et je ne puis m'emp*] de croire que les *oses corporelles1 dont les images se =m5t p> la p5se1 qui tomb5t s\s les s5s1 et que les s5s mmes exam95t1 ne soi5t beauc\p plus di/9ctem5t connues que cette je ne sais quelle p>tie de moi-mme qui ne tombe po9t s\s l'imag9ation3 quoi-qu'en effet cela soit bi5 trange de dire que je connoisse et compr5ne plus di/9ctem5t des *oses dont l'exi/5ce me p>ot d\teuse1 qui me sont inconnues et qui ne m'app>ti5n5t po9t1 que celles de la vrit desquelles je suis p]suad1 qui me sont connues1 et qui app>ti5n5t ma propre nature1 en un mot que moi-mme4 ,mais je vois bi5 ce que c'e/2 mon esprit e/ un vagabond qui se plat m'g>]1 et qui ne sauroit encore s\ffrir qu'on le reti5ne dans les ju/es bornes de la vrit4 ,l*ons-lui donc encore une fois la bride1 et1 lui donnant t\te sorte de lib]t1 p]mettons-lui de considr] les objets qui lui p>oiss5t au dehors1 af9 que1 v5ant ci-aprs la retir] d\cem5t et propos1 et de l'arrt] sur la considration de son tre et des *oses qu'il tr\ve en lui1 il se laisse aprs cela plus facilem5t rgl] et conduire4 ,considrons donc ma9t5ant les *oses que l'on e/ime vulgairem5t tre les plus faciles de t\tes connotre1 et que l'on croit aussi tre le plus di/9ctem5t connues1 c'e/ savoir les corps que n\s t\*ons et que n\s voyons3 non pas la vrit les corps en gnral1 c> ces notions gnrales sont d'ord9aire un peu plus confuses2 mais considrons-en un en p>ticuli]4 ,pr5ons p> exemple ce morceau de cire3 il vi5t t\t fra*em5t d'tre tir de la ru*e1 il n'a pas encore p]du la d\ceur du miel qu'il cont5oit1 il reti5t encore quelque *ose de l'odeur des fleurs dont il a t recueilli2 sa c\leur1 sa figure1 sa gr&eur1 sont app>5tes2 il e/ dur1 il e/ froid1 il e/ maniable1 et si v\s frappez dessus il r5dra quelque son4 ,enf9 t\tes les *oses qui peuv5t di/9ctem5t faire connotre un corps se r5contr5t en celui-ci4 ,mais voici que p5dant que je p>le on l'appro*e du feu3 ce qui y re/oit de saveur s'exhale1 l'odeur s'vapore1 sa c\leur se *ange1 sa figure se p]d1 sa gr&eur augm5te1 il devi5t liquide1 il s'*auffe1 pe9e le peut-on mani]1 et quoique l'on frappe dessus il ne r5dra plus aucun son4 ,la mme cire demeure-t-elle encore aprs ce *angem5t8 ,il faut av\] qu'elle demeure2 p]sonne n'en d\te1 p]sonne ne juge autrem5t4 ,qu'e/-ce donc que l'on connoissoit en ce morceau de cire avec tant de di/9ction8 ,c]tes ce ne peut tre ri5 de t\t ce que j'y ai rem>qu p> l'entremise des s5s1 puisque t\tes les *oses qui tomboi5t s\s le gt1 s\s l'odorat1 s\s la vue1 s\s l'att\*em5t1 et s\s l'oue1 se tr\v5t *anges1 et que cep5dant la mme cire demeure4 ,peut-tre toit-ce ce que je p5se ma9t5ant1 savoir que cette cire n'toit pas ni cette d\ceur de miel1 ni cette agrable odeur de fleurs1 ni cette blan*eur1 ni cette figure1 ni ce son2 mais seulem5t un corps qui un peu aup>avant me p>oissoit s5sible s\s ces =mes1 et qui ma9t5ant se fait s5tir s\s d'autres4 ,mais qu'e/-ce1 prcism5t p>lant1 que j'imag9e lorsque je la conois en cette sorte8 ,considrons-le att5tivem5t1 et1 retran*ant t\tes les *oses qui n'app>ti5n5t po9t la cire1 voyons ce qui re/e4 ,c]tes il ne demeure ri5 que quelque *ose d't5du1 de flexible et de muable4 ,or qu'e/-ce que cela1 flexible et muable8 ,n'e/-ce pas que j'imag9e que cette cire tant ronde1 e/ capable de dev5ir c>re1 et de pass] du c>r en une figure triangulaire8 ,non c]tes1 ce n'e/ pas cela1 puisque je la conois capable de recevoir une inf9it de semblables *angem5ts1 et je ne saurois nanmo9s p>c\rir cette inf9it p> mon imag9ation1 et p> consqu5t cette conception que j'ai de la cire ne s'accomplit pas p> la facult d'imag9]4 ,qu'e/-ce ma9t5ant que cette ext5sion8 ,n'e/-elle pas aussi inconnue8 c> elle devi5t plus gr&e qu& la cire se fond1 plus gr&e qu& elle b\t1 et plus gr&e encore qu& la *aleur augm5te2 et je ne concevrois pas clairem5t et selon la vrit ce que c'e/ que de la cire1 si je ne p5sois que mme ce morceau que n\s considrons e/ capable de recevoir plus de v>its selon l'ext5sion que je n'en ai jamais imag94 ,il faut donc demeur] d'accord que je ne saurois pas mme compr5dre p> l'imag9ation ce que c'e/ que ce morceau de cire1 et qu'il n'y a que mon ent5dem5t seul qui le compr5ne4 ,je dis ce morceau de cire en p>ticuli]2 c> p\r la cire en gnral1 il e/ encore plus vid5t4 ,mais quel e/ ce morceau de cire qui ne peut tre compris que p> l'ent5dem5t ou p> l'esprit8 ,c]tes c'e/ le mme que je vois1 que je t\*e1 que j'imag9e1 et enf9 c'e/ le mme que j'ai t\j\rs cru que c'toit au comm5cem5t4 ,or ce qui e/ ici gr&em5t rem>qu]1 c'e/ que sa p]ception n'e/ po9t une vision1 ni un att\*em5t1 ni une imag9ation1 et ne l'a jamais t1 quoiqu'il le semblt a9si aup>avant1 mais seulem5t une inspection de l'esprit1 laquelle peut tre imp>faite et confuse1 comme elle toit aup>avant1 ou bi5 claire et di/9cte1 comme elle e/ prs5t1 selon que mon att5tion se porte plus ou mo9s aux *oses qui sont en elle1 et dont elle e/ compose4 ,cep5dant je ne me saurois trop tonn] qu& je considre combi5 mon esprit a de foiblesse et de p5te qui le porte ins5siblem5t dans l'erreur4 ,c> encore que sans p>l] je considre t\t cela en moi-mme1 les p>oles t\tefois m'arrt5t1 et je suis presque du p> les t]mes du langage ord9aire3 c> n\s disons que n\s voyons la mme cire1 si elle e/ prs5te1 et non pas que n\s jugeons que c'e/ la mme1 de ce qu'elle a mme c\leur et mme figure3 d'o je v\drois presque conclure que l'on connot la cire p> la vision des yeux1 et non p> la seule inspection de l'esprit2 si p> has>d je ne reg>dois d'une f5tre des hommes qui pass5t dans la rue1 la vue desquels je ne manque pas de dire que je vois des hommes1 t\t de mme que je dis que je vois de la cire2 et cep5dant que vois-je de cette f5tre1 s9on des *apeaux et des manteaux1 qui p\rrai5t c\vrir des ma*9es artificielles qui ne se remu]ai5t que p> ressorts8 mais je juge que ce sont des hommes2 et a9si je compr5ds p> la seule puissance de jug] qui rside en mon esprit ce que je croyois voir de mes yeux4 ,un homme qui t*e d'lev] sa connoissance au-del du commun doit avoir honte de tir] des occasions de d\t] des =mes de p>l] que le vulgaire a inv5tes3 j'aime mieux pass] outre1 et considr] si je concevois avec plus d'vid5ce et de p]fection ce que c'etoit que de la cire1 lorsque je l'ai d'abord ap]ue1 et que j'ai cru la connotre p> le moy5 des s5s extrieurs1 ou t\t le mo9s p> le s5s commun1 a9si qu'ils appell5t1 c'e/--dire p> la facult imag9ative1 que je ne la conois prs5t1 aprs avoir plus soigneusem5t exam9 ce qu'elle e/ et de quelle faon elle peut tre connue4 ,c]tes il s]oit ridicule de mettre cela en d\te4 ,c> qu'y avoit-il dans cette premire p]ception qui ft di/9ct8 qu'y avoit-il qui ne semblt p\voir tomb] en mme sorte dans le s5s du mo9dre des animaux8 ,mais qu& je di/+ue la cire d'avec ses =mes extrieures1 et que1 t\t de mme que si je lui avois t ses vtem5ts1 je la considre t\te nue1 il e/ c]ta9 que1 bi5 qu'il se puisse encore r5contr] quelque erreur dans mon jugem5t1 je ne la puis nanmo9s concevoir de cette sorte sans un esprit huma94 ,mais enf9 que dirai-je de cet esprit1 c'e/--dire de moi-mme1 c> jusques ici je n'admets en moi ri5 autre *ose que l'esprit8 ,quoi donc6 moi qui semble concevoir avec tant de nettet et de di/9ction ce morceau de cire1 ne me connois-je pas moi-mme1 non seulem5t avec bi5 plus de vrit et de c]titude1 mais encore avec beauc\p plus de di/9ction et de nettet8 c> si je juge que la cire e/ ou exi/e de ce que je la vois1 c]tes il suit bi5 plus videmm5t que je suis ou que j'exi/e moi-mme de ce que je la vois3 c> il se peut faire que ce que je vois ne soit pas en effet de la cire1 il se peut faire aussi que je n'aie pas mme des yeux p\r voir aucune *ose2 mais il ne se peut faire que lorsque je vois1 ou1 ce que je ne di/+ue po9t1 lorsque je p5se voir1 que moi qui p5se ne sois quelque *ose4 ,de mme1 si je juge que la cire exi/e de ce que je la t\*e1 il s'ensuivra encore la mme *ose1 savoir que je suis2 et si je le juge de ce que mon imag9ation1 ou quelque autre cause que ce soit1 me le p]suade1 je conclurai t\j\rs la mme *ose4 ,et ce que j'ai rem>qu ici de la cire se peut appliqu] t\tes les autres *oses qui me sont extrieures et qui se r5contr5t hors de moi4 ,et1 de plus1 si la notion ou p]ception de la cire ma sembl plus nette et plus di/9cte aprs que non seulem5t la vue ou le t\*]1 mais encore beauc\p d'autres causes me l'ont r5due plus manife/e1 avec combi5 plus d'vid5ce1 de di/9ction et de nettet faut-il av\] que je me connois prs5t moi-mme1 puisque t\tes les raisons qui s]v5t connotre concevoir la nature de la cire1 ou de quelque autre corps que ce soit1 pr\v5t beauc\p mieux la nature de mon esprit2 et il se r5contre encore tant d'autres *oses en l'esprit mme qui peuv5t contribu] l'claircissem5t de sa nature1 que celles qui dp5d5t du corps1 comme celles-ci1 ne mrit5t quasi pas d'tre mises en compte4 ,mais enf9 me voici ins5siblem5t rev5u o je v\lois2 c>1 puisque c'e/ une *ose qui m'e/ prs5t manife/e1 que les corps mmes ne sont pas proprem5t connus p> les s5s ou p> la facult d'imag9]1 mais p> le seul ent5dem5t1 et qu'ils ne sont pas connus de ce qu'ils sont vus ou t\*s1 mais seulem5t de ce qu'ils sont ent5dus1 ou bi5 compris p> la p5se1 je vois clairem5t qu'il n'y a ri5 qui me soit plus facile connotre que mon esprit4 ,mais1 p>ce qu'il e/ malais de se dfaire si promptem5t d'une op9ion laquelle on s'e/ acc\tum de longue ma91 il s]a bon que je m'arrte un peu en cet endroit1 af9 que p> la longueur de ma mditation j'imprime plus pr(ondm5t en ma mmoire cette n\velle connoissance4 ,m,,ditation ,,troisi,,me ,,de ,,dieu2 ,,qu',,il ,,exi/e4 ,je f]m]ai ma9t5ant les yeux1 je b\*]ai mes oreilles1 je dt\rn]ai t\s mes s5s1 j'effac]ai mme de ma p5se t\tes les images des *oses corporelles1 ou du mo9s1 p>ce qu' pe9e cela se peut-il faire1 je les rput]ai comme va9es et comme fausses2 et a9si m'entret5ant seulem5t moi-mme1 et considrant mon intrieur1 je t*]ai de me r5dre peu peu plus connu et plus famili] moi-mme4 ,je suis une *ose qui p5se1 c'e/--dire qui d\te1 qui affirme1 qui nie1 qui connot peu de *oses1 qui en ignore beauc\p1 qui aime1 qui hait1 qui veut1 qui ne veut pas1 qui imag9e aussi1 et qui s5t2 c>1 a9si que j'ai rem>qu ci-devant1 quoique les *oses que je s5s et que j'imag9e ne soi5t peut-tre ri5 du t\t hors de moi et en elles-mmes1 je suis nanmo9s assur que ces faons de p5s] que j'appelle s5tim5ts et imag9ations1 en tant seulem5t qu'elles sont des faons de p5s]1 rsid5t et se r5contr5t c]ta9em5t en moi4 ,et dans ce peu que je vi5s de dire1 je crois avoir rapport t\t ce que je sais vritablem5t1 ou du mo9s t\t ce que jusques ici j'ai rem>qu que je savois4 ,ma9t5ant1 p\r t*] d't5dre ma connoissance plus avant1 j'us]ai de circonspection1 et considr]ai avec so9 si je ne p\rrai po9t encore dc\vrir en moi quelques autres *oses que je n'aie po9t encore jusques ici ap]ues4 ,je suis assur que je suis une *ose qui p5se2 mais ne sais-je donc pas aussi ce qui e/ requis p\r me r5dre c]ta9 de quelque *ose8 ,c]tes1 dans cette premire connoissance1 il n'y a ri5 qui m'assure de la vrit1 que la claire et di/9cte p]ception de ce que je dis1 laquelle de vrai ne s]oit pas suffisante p\r m'assur] que ce que je dis e/ vrai1 s'il p\voit jamais arriv] qu'une *ose que je concevrois a9si clairem5t et di/9ctem5t se tr\vt fausse3 et p>tant il me semble que dj je puis tablir p\r rgle gnrale que t\tes les *oses que n\s concevons =t clairem5t et =t di/9ctem5t sont t\tes vraies4 ,t\tefois j'ai reu et admis ci-devant plusieurs *oses comme trs c]ta9es et trs manife/es1 lesquelles nanmo9s j'ai reconnu p> aprs tre d\teuses et inc]ta9es4 ,quelles toi5t donc ces *oses-l8 ,c'toit la t]re1 le ciel1 les a/res1 et t\tes les autres *oses que j'ap]cevois p> l'entremise de mes s5s4 ,or qu'e/-ce que je concevois clairem5t et di/9ctem5t en elles8 ,c]tes ri5 autre *ose1 s9on que les ides ou les p5ses de ces *oses-l se prs5toi5t mon esprit4 ,et encore prs5t je ne nie pas que ces ides ne se r5contr5t en moi4 ,mais il y avoit encore une autre *ose que j'assurois1 et qu' cause de l'habitude que j'avois la croire1 je p5sois ap]cevoir trs clairem5t1 quoique vritablem5t je ne l'ap]usse po9t1 savoir qu'il y avoit des *oses hors de moi d'o procdoi5t ces ides1 et auxquelles elles toi5t t\t--fait semblables3 et c'toit en cela que je me trompois2 ou si peut-tre je jugeois selon la vrit1 ce n'toit aucune connoissance que j'eusse qui ft cause de la vrit de mon jugem5t4 ,mais lorsque je considrois quelque *ose de =t simple et de =t facile t\*ant l'ari?mtique et la gomtrie1 p> exemple que deux et trois jo9ts ensemble produis5t le nombre de c9q1 et autres *oses semblables1 ne les concevois-je pas au mo9s assez clairem5t p\r assur] qu'elles toi5t vraies8 ,c]tes si j'ai jug depuis qu'on p\voit d\t] de ces *oses1 ce n'a po9t t p\r autre raison que p>ce qu'il me v5oit en l'esprit que peut-tre quelque ,dieu avoit pu me donn] une telle nature que je me trompasse mme t\*ant les *oses qui me sembl5t les plus manife/es4 ,or t\tes les fois que cette op9ion ci-devant conue de la s\v]a9e puissance d'un ,dieu se prs5te ma p5se1 je suis contra9t d'av\] qu'il lui e/ facile1 s'il le veut1 de faire en sorte que je m'abuse mme dans les *oses que je crois connotre avec une vid5ce trs gr&e3 et au contraire t\tes les fois que je me t\rne v]s les *oses que je p5se concevoir =t clairem5t1 je suis tellem5t p]suad p> elles1 que de moi-mme je me laisse emport] ces p>oles3 ,me trompe qui p\rra1 si e/-ce qu'il ne sauroit jamais faire que je ne sois ri51 t&is que je p5s]ai tre quelque *ose1 ou que quelque j\r il soit vrai que je n'aie jamais t1 tant vrai ma9t5ant que je suis1 on bi5 que deux et trois jo9ts ensemble fass5t plus ni mo9s que c9q1 ou *oses semblables1 que je vois clairem5t ne p\voir tre d'autre faon que je les conois4 ,et c]tes1 puisque je n'ai aucune raison de croire qu'il y ait quelque ,dieu qui soit trompeur1 et mme que je n'ai pas encore considr celles qui pr\v5t qu'il y a un ,dieu1 la raison de d\t] qui dp5d seulem5t de cette op9ion e/ bi5 lgre1 et p\r a9si dire mtaphysique4 ,mais af9 de la p\voir t\t--fait t]1 je dois exam9] s'il y a un ,dieu1 sitt que l'occasion s'en prs5t]a2 et si je tr\ve qu'il y en ait un1 je dois aussi exam9] s'il peut tre trompeur3 c>1 sans la connoissance de ces deux vrits1 je ne vois pas que je puisse jamais tre c]ta9 d'aucune *ose4 ,et af9 que je puisse avoir occasion d'exam9] cela sans int]rompre l'ordre du mdit] que je me suis propos1 qui e/ de pass] p> degrs des notions que je tr\v]ai les premires en mon esprit1 celles que j'y p\rrai tr\v] p> aprs1 il faut ici que je divise t\tes mes p5ses en c]ta9s g5res1 et que je considre dans lesquels de ces g5res il y a proprem5t de la vrit ou de l'erreur4 ,entre mes p5ses1 quelques unes sont comme les images des *oses1 et c'e/ celles-l seules que convi5t proprem5t le nom d'ide2 comme lorsque je me reprs5te un homme1 ou une *imre1 ou le ciel1 ou un ange1 ou ,dieu mme4 ,d'autres1 outre cela1 ont quelques autres =mes2 comme lorsque je veux1 que je cra9s1 que j'affirme ou que je nie1 je conois bi5 alors quelque *ose comme le sujet de l'action de mon esprit1 mais j'aj\te aussi quelque autre *ose p> cette action l'ide que j'ai de cette *ose-l2 et de ce g5re de p5ses1 les unes sont appeles volonts ou affections1 et les autres jugem5ts4 ,ma9t5ant1 p\r ce qui conc]ne les ides1 si on les considre seulem5t en elles-mmes1 et qu'on ne les rapporte po9t quelque autre *ose1 elles ne peuv5t1 proprem5t p>l]1 tre fausses3 c> soit que j'imag9e une *vre ou une *imre1 il n'e/ pas mo9s vrai que j'imag9e l'une que l'autre4 ,il ne faut pas cra9dre aussi qu'il se puisse r5contr] de la fausset dans les affections ou volonts3 c> encore que je puisse dsir] des *oses mauvaises1 ou mme qui ne fur5t jamais1 t\tefois il n'e/ pas p\r cela mo9s vrai que je les dsire4 ,a9si il ne re/e plus que les seuls jugem5ts1 dans lesquels je dois pr5dre g>de soigneusem5t de ne me po9t tromp]4 ,or la pr9cipale erreur et la plus ord9aire qui s'y puisse r5contr] consi/e en ce que je juge que les ides qui sont en moi sont semblables ou con=mes des *oses qui sont hors de moi3 c> c]ta9em5t si je considrois seulem5t les ides comme de c]ta9s modes ou faons de ma p5se1 sans les v\loir rapport] quelque autre *ose d'extrieur1 pe9e me p\rroi5t-elles donn] occasion de faillir4 ,or1 entre ces ides1 les unes me sembl5t tre nes avec moi1 les autres tre trangres et v5ir de dehors1 et les autres tre faites et inv5tes p> moi-mme4 ,c> que j'aie la facult de concevoir ce que c'e/ qu'on nomme en gnral une *oses1 ou une vrit1 ou une p5se1 il me semble que je ne ti5s po9t cela d'ailleurs que de ma nature propre2 mais si j'ois ma9t5ant quelque bruit1 si je vois le soleil1 si je s5s de la *aleur1 jusqu' cette heure j'ai jug que ces s5tim5ts procdoi5t de quelques *oses qui exi/5t hors de moi2 et enf9 il me semble que les sirnes1 les hippogriffes et t\tes les autres semblables *imres sont des fictions et inv5tions du mon esprit4 ,mais aussi peut-tre me puis-je p]suad] que t\tes ces ides sont du g5re de celles que j'appelle trangres1 et qui vi5n5t de dehors1 ou bi5 qu'elles sont t\tes nes avec moi1 ou bi5 qu'elles ont t\tes t faites p> moi3 c> je n'ai po9t encore clairem5t dc\v]t leur vritable orig9e4 ,et ce que j'ai pr9cipalem5t faire en cet endroit e/ de considr]1 t\*ant celles qui me sembl5t v5ir de quelques objets qui sont hors de moi1 quelles sont les raisons qui m'oblig5t les croire semblables ces objets4 ,la premire de ces raisons e/ qu'il me semble que cela m'e/ enseign p> la nature2 et la seconde1 que j'exprim5te en moi-mme que ces ides ne dp5d5t po9t de ma volont2 c> s\v5t elles se prs5t5t moi malgr moi1 comme ma9t5ant1 soit que je le veuille1 soit que je ne le veuille pas1 je s5s de la *aleur1 et p\r cela je me p]suade que ce s5tim5t1 ou bi5 cette ide de la *aleur e/ produite en moi p> une *ose diffr5te de moi1 savoir p> la *aleur du feu auprs duquel je suis assis4 ,et je ne vois ri5 qui me semble plus raisonnable que de jug] que cette *ose trangre envoie et imprime en moi sa ressemblance plutt qu'aucune autre *ose4 ,ma9t5ant il faut que je voie si ces raisons sont assez =tes et conva9cantes4 ,qu& je dis qu'il me semble que cela m'e/ enseign p> la nature1 j'ent5ds seulem5t p> ce mot de nature une c]ta9e incl9ation qui me porte le croire1 et non pas une lumire naturelle qui me fasse connotre que cela e/ vritable4 ,or ces deux faons de p>l] diffr5t beauc\p entre elles4 ,c> je ne saurois ri5 rvoqu] en d\te de ce que la lumire naturelle me fait voir tre vrai1 a9si qu'elle m'a tantt fait voir que de ce que je d\tois je p\vois conclure que j'tois2 d'autant que je n'ai en moi aucune autre facult ou puissance p\r di/+u] le vrai d'avec le faux1 qui me puisse enseign] que ce que cette lumire me montre comme vrai ne l'e/ pas1 et qui je me puisse tant fi] qu' elle4 ,mais p\r ce qui e/ des incl9ations qui me sembl5t aussi m'tre naturelles1 j'ai s\v5t rem>qu1 lorsqu'il a t "q de faire *oix entre les v]tus et les vices1 qu'elles ne m'ont pas mo9s port au mal qu'au bi52 c'e/ p\rquoi je n'ai pas sujet de les suivre non plus en ce qui reg>de le vrai et le faux4 ,et p\r l'autre raison1 qui e/ que ces ides doiv5t v5ir d'ailleurs1 puisqu'elles ne dp5d5t pas de ma volont1 je ne la tr\ve non plus conva9cante4 ,c> t\t de mme que ces incl9ations dont je p>lois t\t ma9t5ant se tr\v5t en moi1 nonob/ant qu'elles ne s'accord5t pas t\j\rs avec ma volont1 a9si peut-tre qu'il y a en moi quelque facult ou puissance propre produire ces ides sans l'aide d'aucunes *oses extrieures1 bi5 qu'elle ne me soit pas encore connue2 comme en effet il m'a t\j\rs sembl jusques ici que lorsque je dors elles se =m5t a9si en moi sans l'aide des objets qu'elles reprs5t5t4 ,et enf9 encore que je demeurasse d'accord qu'elles sont causes p> ces objets1 ce n'e/ pas une consqu5ce ncessaire qu'elles doiv5t leur tre semblables4 ,au contraire1 j'ai s\v5t rem>qu en beauc\p d'exemples qu'il y avoit une gr&e diffr5ce entre l'objet et son ide4 ,comme p> exemple je tr\ve en moi deux ides du soleil t\tes div]ses3 l'une tire son orig9e des s5s1 et doit tre place dans le g5re de celles que j'ai dites ci-dessus v5ir de dehors1 p> laquelle il me p>ot extrmem5t petit2 l'autre e/ prise des raisons de l'a/ronomie1 c'e/--dire de c]ta9es notions nes avec moi1 ou enf9 e/ =me p> moi-mme de quelque sorte que ce puisse tre1 p> laquelle il me p>ot plusieurs fois plus gr& que t\te la t]re4 ,c]tes ces deux ides que je conois du soleil ne peuv5t pas tre t\tes deux semblables au mme soleil2 et la raison me fait croire que celle qui vi5t immdiatem5t de son app>5ce e/ celle qui lui e/ le plus dissemblable4 ,t\t cela me fait assez connotre que jusques celle heure ce n'a po9t t p> un jugem5t c]ta9 et prmdit1 mais seulem5t p> une aveugle et tmraire impulsion1 que j'ai cru qu'il y avoit des *oses hors de moi1 et diffr5tes de mon tre1 qui1 p> les organes1 de mes s5s1 ou p> quelque autre moy5 que ce puisse tre1 envoyoi5t en moi leurs ides ou images1 et y imprimoi5t leurs ressemblances4 ,mais il se prs5te encore une autre voie p\r re*]*] si entre les *oses dont j'ai en moi les ides1 il y en a quelques unes qui exi/5t hors de moi4 ,a savoir1 si ces ides sont prises en tant seulem5t que ce sont de c]ta9es faons de p5s]1 je ne reconnois entre elles aucune diffr5ce ou 9galit1 et t\tes me sembl5t procd] de moi d'une mme faon2 mais les considrant comme des images1 dont les unes reprs5t5t une *ose et les autres une autre1 il e/ vid5t qu'elles sont =t diffr5tes les unes des autres4 ,c> en effet celles qui me reprs5t5t des sub/ances sont sans d\te quelque *ose de plus1 et conti5n5t en soi1 p\r a9si p>l]1 plus de ralit objective1 c'e/--dire p>ticip5t p> reprs5tation plus de degrs d'tre ou de p]fection1 que celles qui me reprs5t5t seulem5t des modes ou accid5ts4 ,de plus1 celle p> laquelle je conois un ,dieu s\v]a91 t]nel1 inf9i1 immuable1 t\t connoissant1 t\t puissant1 et crateur univ]sel de t\tes les *oses qui sont hors de lui2 celle-l1 dis-je1 a c]ta9em5t en soi plus de ralit objective que celles p> qui les sub/ances f9ies me sont reprs5tes4 ,ma9t5ant c'e/ une *ose manife/e p> la lumire naturelle1 qu'il doit y avoir p\r le mo9s autant de ralit dans la cause effici5te et totale que dans son effet3 c> d'o e/-ce que l'effet peut tir] sa ralit1 s9on de sa cause2 et comm5t cette cause la lui p\rroit-elle communiqu]1 si elle ne l'avoit en elle-mme8 ,et de l il suit non seulem5t que le nant ne saurait produire aucune *ose1 mais aussi que ce qui e/ plus p>fait1 c'e/--dire qui conti5t en soi plus de ralit1 ne peut tre une suite et une dp5dance du mo9s p>fait4 ,et cette vrit n'e/ pas seulem5t claire et vid5te dans les effets qui ont cette ralit que les philosophes appell5t actuelle ou =melle1 mais aussi dans les ides o l'on considre seulem5t la ralit qu'ils nomm5t objective3 p> exemple1 la pi]re qui n'a po9t encore t1 non seulem5t ne peut pas ma9t5ant comm5c] d'tre1 si elle n'e/ produite p> une *ose qui possde en soi =mellem5t ou m9emm5t t\t ce qui entre en la composition de la pi]re1 c'e/--dire qui conti5ne en soi les mmes *oses1 ou d'autres plus excell5tes que celles qui sont dans la pi]re2 et la *aleur ne peut tre produite dans un sujet qui en toit aup>avant priv1 si ce n'e/ p> une *ose qui soit d'un ordre1 d'un degr ou d'un g5re au mo9s aussi p>fait que la *aleur1 et a9si des autres4 ,mais encore1 outre cela1 l'ide de la *aleur ou de la pi]re ne peut pas tre en moi1 si elle n'y a t mise p> quelque cause qui conti5ne en soi p\r le mo9s autant de ralit que j'en conois dans la *aleur ou dans la pi]re3 c>1 encore que cette cause-l ne transmette en mon ide aucune *ose de sa ralit actuelle ou =melle1 on ne doit pas p\r cela s'imag9] que cette cause doive tre mo9s relle2 mais on doit savoir que t\te ide tant un ouvrage de l'esprit1 sa nature e/ telle qu'elle ne dem&e de soi aucune autre ralit =melle que celle qu'elle reoit et emprunte de la p5se ou de l'esprit1 dont elle e/ seulem5t un mode1 c'e/--dire une manire ou faon de p5s]4 ,or1 af9 qu'une ide conti5ne une telle ralit objective plutt qu'une autre1 elle doit sans d\te avoir cela de quelque cause dans laquelle il se r5contre p\r le mo9s autant de ralit =melle que cette ide conti5t de ralit objective2 c> si n\s supposons qu'il se tr\ve quelque *ose dans une ide qui ne se r5contre pas dans sa cause1 il faut donc qu'elle ti5ne cela du nant4 ,mais1 p\r imp>faite que soit cette faon d'tre p> laquelle une *ose e/ objectivem5t ou p> reprs5tation dans l'ent5dem5t p> son ide1 c]tes on ne peut pas nanmo9s dire que cette faon et manire-l d'tre ne soit ri51 ni p> consqu5t que cette ide tire son orig9e du nant4 ,et je ne dois pas aussi m'imag9] que la ralit que je considre dans mes ides n'tant qu'objective1 il n'e/ pas ncessaire1 que la mme ralit soit =mellem5t ou actuellem5t dans les causes de ces ides1 mais qu'il suffit qu'elle soit aussi objectivem5t en elles3 c>1 t\t a9si que cette manire d'tre objectivem5t app>ti5t aux ides de leur propre nature1 de mme aussi la manire ou la faon d'tre =mellem5t app>ti5t aux causes de ces ides 7 t\t le mo9s aux premires et pr9cipales7 de leur propre nature4 ,et encore qu'il puisse arriv] qu'une ide donne naissance une autre ide1 cela ne peut pas t\tefois tre l'inf9i2 mais il faut la f9 p>v5ir une premire ide1 dont la cause soit comme un patron ou un orig9al dans lequel t\te la ralit ou p]fection soit cont5ue =mellem5t et en effet1 qui se r5contre seulem5t objectivem5t ou p> reprs5tation dans ces ides4 ,en sorte que la lumire naturelle me fait connotre videmm5t que les ides sont en moi comme des tableaux ou des images qui peuv5t la vrit facilem5t d*oir de la p]fection des *oses dont elles ont t tires1 mais qui ne peuv5t jamais ri5 cont5ir de plus gr& ou de plus p>fait4 ,et d'autant plus longuem5t et soigneusem5t j'exam9e t\tes ces *oses1 d'autant plus clairem5t et di/9ctem5t je connois qu'elles sont vraies4 ,mais1 enf91 que conclurai-je de t\t cela8 ,c'e/ savoir que1 si la ralit ou p]fection objective de quelqu'une de mes ides e/ telle que je connoisse clairem5t que cette mme ralit ou p]fection n'e/ po9t en moi ni =mellem5t ni m9emm5t1 et que p> consqu5t je ne puis moi-mme en tre la cause1 il suit de l ncessairem5t que je ne suis pas seul dans le monde1 mais qu'il y a encore quelque autre *ose qui exi/e et qui e/ la cause de cette ide2 au lieu que1 s'il ne se r5contre po9t en moi de telle ide1 je n'aurai aucun argum5t qui me puisse conva9cre et r5dre c]ta9 de l'exi/5ce d'aucune autre *ose que de moi-mme1 c> je les ai t\s soigneusem5t re*]*s1 et je n'en ai pu tr\v] aucun autre jusqu' prs5t4 ,or1 entre t\tes ces ides qui sont en moi1 outre celles qui me reprs5t5t moi-mme moi-mme1 de laquelle il ne peut y avoir ici aucune difficult1 il y en a une autre qui me reprs5te un ,dieu1 d'autres des *oses corporelles et inanimes1 d'autres des anges1 d'autres des animaux1 et d'autres enf9 qui me reprs5t5t des hommes semblables moi4 ,mais1 p\r ce qui reg>de les ides qui me reprs5t5t d'autres hommes1 ou des animaux1 ou des anges1 je conois facilem5t qu'elles peuv5t tre =mes p> le mlange et la composition des autres ides que j'ai des *oses corporelles et de ,dieu1 encore que hors de moi il n'y et po9t d'autres hommes dans le monde1 ni aucuns animaux1 ni aucuns anges4 ,et p\r ce qui reg>de les ides des *oses corporelles1 je n'y reconnois ri5 de si gr& ni de si excell5t qui ne me semble p\voir v5ir de moi-mme2 c>1 si je les considre de plus prs1 et si je les exam9e de la mme faon que j'exam9ai hi] l'ide de la cire1 je tr\ve qu'il ne s'y r5contre que =t peu de *ose que je conoive clairem5t et di/9ctem5t1 savoir la gr&eur ou bi5 l'ext5sion en longueur1 l>geur et pr(ondeur1 la figure qui rsulte de la t]m9aison de cette ext5sion1 la situation que les corps div]sem5t figurs g>d5t entre eux1 et le m\vem5t ou le *angem5t de cette situation1 auxquelles on peut aj\t] la sub/ance1 la dure et le nombre4 ,quant aux autres *oses1 comme la lumire1 les c\leurs1 les sons1 les odeurs1 les saveurs1 la *aleur1 le froid1 et les autres qualits qui tomb5t s\s l'att\*em5t1 elles se r5contr5t dans ma p5se avec tant d'obscurit et de confusion1 que j'ignore mme si elles sont vraies ou fausses1 c'e/--dire si les ides que je conois de ces qualits sont en effet les ides de quelques *oses relles1 ou bi5 si elles ne me reprs5t5t que des tres *imriques qui ne peuv5t exi/]4 ,c>1 encore que j'aie rem>qu ci-devant qu'il n'y a que dans les jugem5ts que se puisse r5contr] la vraie et =melle fausset1 il se peut nanmo9s tr\v] dans les ides une c]ta9e fausset matrielle1 savoir lorsqu'elles reprs5t5t ce qui n'e/ ri5 comme si c'toit quelque *ose4 ,p> exemple1 les ides que j'ai du froid et de la *aleur sont si peu claires et si peu di/9ctes1 qu'elles ne me sauroi5t appr5dre si le froid e/ seulem5t une privation de la *aleur1 ou la *aleur une privation du froid2 ou bi5 si l'une et l'autre sont des qualits relles1 ou si elles ne le sont pas3 et1 d'autant que les ides tant comme des images1 il n'y en peut avoir aucune qui ne n\s semble reprs5t] quelque *ose1 s'il e/ vrai de dire que le froid ne soit autre *ose qu'une privation de la *aleur1 l'ide qui me le reprs5te comme quelque *ose de rel et de positif ne s]a pas mal propos appele fausse1 et a9si des autres4 ,mais1 dire le vrai1 il n'e/ pas ncessaire que je leur attribue d'autre auteur que moi-mme3 c>1 si elles sont fausses1 c'e/--dire si elles reprs5t5t des *oses qui ne sont po9t1 la lumire naturelle me fait connotre qu'elles procd5t du nant1 c'e/--dire qu'elles ne sont en moi que p>ce qu'il manque quelque *ose ma nature1 et qu'elle n'e/ pas t\te p>faite2 et si ces ides sont vraies1 nanmo9s1 p>ce qu'elles me font p>otre si peu de ralit que mme je ne saurois di/+u] la *ose reprs5te d'avec le non-tre1 je ne vois pas p\rquoi je ne p\rrais po9t en tre l'auteur4 ,quant aux ides claires et di/9ctes que j'ai des *oses corporelles1 il y en a quelques unes qu'il semble que j'ai pu tir] de l'ide que j'ai de moi-mme2 comme celles que j'ai de la sub/ance1 de la dure1 du nombre1 et d'autres *oses semblables4 ,c> lorsque je p5se que la pi]re e/ une sub/ance1 ou bi5 une *ose qui de soi e/ capable d'exi/]1 et que je suis aussi moi-mme une sub/ance2 quoique je conoive bi5 que je suis une *ose1 qui p5se et non t5due1 et que la pi]re au contraire e/ une *ose t5due et qui ne p5se po9t1 et qu'a9si entre ces deux conceptions il se r5contre une notable diffr5ce1 t\tefois elles sembl5t conv5ir en ce po9t qu'elles reprs5t5t t\tes deux des sub/ances4 ,de mme1 qu& je p5se que je suis ma9t5ant1 et que je me ress\vi5s outre cela d'avoir t autrefois1 et que je conois plusieurs div]ses p5ses dont je connois le nombre1 alors j'acqui]s en moi les ides de la dure et du nombre1 lesquelles1 p> aprs1 je puis transfr] t\tes les autres *oses que je v\drai4 ,p\r ce qui e/ des autres qualits dont les ides des *oses corporelles sont composes1 savoir l't5due1 la figure1 la situation et le m\vem5t1 il e/ vrai qu'elles ne sont po9t =mellem5t en moi1 puisque je ne suis qu'une *ose qui p5se2 mais p>ceque ce sont seulem5t de c]ta9s modes de la sub/ance1 et que je suis moi-mme une sub/ance1 il semble qu'elles puiss5t tre cont5ues en moi m9emm5t4 ,p>tant1 il ne re/e que la seule ide de ,dieu dans laquelle il faut considr] s'il y a quelque *ose qui n'ait pu v5ir de moi-mme4 ,p> le nom de ,dieu j'ent5ds une sub/ance inf9ie1 t]nelle1 immuable1 indp5dante1 t\te connoissante1 t\te puissante1 et p> laquelle moi-mme et t\tes les autres *oses qui sont 7s'il e/ vrai qu'il y en ait qui exi/5t7 ont t cres et produites4 ,or1 ces avantages sont si gr&s et si m95ts1 que plus att5tivem5t je les considre1 et mo9s je me p]suade que l'ide que j'en ai puisse tir] son orig9e de moi seul4 ,et p> consqu5t il faut ncessairem5t conclure de t\t ce que j'ai dit aup>avant que ,dieu exi/e3 c>1 encore que l'ide de la sub/ance soit en moi de cela mme que je suis une sub/ance1 je n'aurois pas nanmo9s l'ide d'une sub/ance inf9ie1 moi qui suis un tre f9i1 si elle n'avoit t mise en moi p> quelque sub/ance qui ft vritablem5t inf9ie4 ,et je ne me dois pas imag9] que je ne conois pas l'inf9i p> une vritable ide1 mais seulem5t p> la ngation de ce qui e/ f9i1 de mme que je compr5ds le repos et les tnbres p> la ngation du m\vem5t et de la lumire3 puisqu'au contraire je vois manife/em5t qu'il se r5contre plus de ralit dans la sub/ance inf9ie que dans la sub/ance f9ie1 et p>tant que j'ai en quelque faon plutt en moi la notion de l'inf9i que du f9i1 c'e/--dire de ,dieu que de moi-mme3 c>1 comm5t s]oit-il possible que je pusse connotre que je d\te et que je dsire1 c'e/--dire qu'il me manque quelque *ose et que je ne suis pas t\t p>fait1 si je n'avois en moi aucune ide d'un tre plus p>fait que le mi51 p> la comp>aison duquel je connotrois les dfauts de ma nature8 ,et l'on ne peut pas dire que peut-tre cette ide de ,dieu e/ matriellem5t fausse1 et p> consqu5t que je la puis t5ir du nant1 c'e/--dire qu'elle peut tre en moi p\rce que j'ai du dfaut1 comme j'ai tantt dit des ides de la *aleur et du froid et d'autres *oses semblables3 c> au contraire cette ide tant =t claire et =t di/9cte1 et cont5ant en soi plus de ralit objective qu'aucune autre1 il n'y en a po9t qui de soi soit plus vraie1 ni qui puisse tre mo9s s\ponne d'erreur et de fausset4 ,cette ide1 dis-je1 d'un tre s\v]a9em5t p>fait et inf9i e/ trs vraie2 c> encore que peut-tre l'on puisse fe9dre qu'un tel tre n'exi/e po9t1 on ne peut pas fe9dre nanmo9s que son ide ne me reprs5te ri5 de rel1 comme j'ai tantt dit de l'ide du froid4 ,elle e/ aussi =t claire et =t di/9cte1 puisque t\t ce que mon esprit conoit clairem5t et di/9ctem5t de rel et de vrai1 et qui conti5t en soi quelque p]fection1 e/ cont5u et r5f]m t\t enti] dans cette ide4 ,et ceci ne laisse pas d'tre vrai1 encore que je ne compr5ne pas l'inf9i1 et qu'il se r5contre en ,dieu une inf9it de *oses que je ne puis compr5dre1 ni peut-tre aussi atte9dre aucunem5t de la p5se2 c> il e/ de la nature de l'inf9i1 que moi qui suis f9i et born ne le puisse compr5dre2 et il sufft que j'ent5de bi5 cela et que je juge que t\tes les *oses que je conois clairem5t1 et dans lesquelles je sais qu'il y a quelque p]fection1 et peut-tre aussi une inf9it d'autres que j'ignore1 sont en ,dieu =mellem5t ou m9emm5t1 af9 que l'ide que j'en ai soit la plus vraie1 la plus claire et la plus di/9cte de t\tes celles qui sont en mon esprit4 ,mais peut-tre aussi que je suis quelque *ose de plus que je ne m'imag9e1 et que t\tes les p]fections que j'attribue la nature d'un ,dieu sont en quelque faon en moi en puissance1 quoiqu'elles ne se produis5t pas encore et ne se fass5t po9t p>otre p> leurs actions4 ,en effet1 j'exprim5te dj que ma connoissance s'augm5te et se p]fectionne peu peu2 et je ne vois ri5 qui puisse emp*] qu'elle ne s'augm5te a9si de plus eu plus jusques l'inf9i1 ni aussi p\rquoi1 tant a9si accrue et p]fectionne1 je ne p\rrois pas acqurir p> son moy5 t\tes les autres p]fections de la nature div9e1 ni enf9 p\rquoi la puissance que j'ai p\r l'acquisition de ces p]fections1 s'il e/ vrai qu'elle soit ma9t5ant en moi1 ne s]oit pas suffisante p\r en produire les ides4 ,t\tefois1 en y reg>dant un peu de prs1 je reconnois que cela ne peut tre2 c> premirem5t1 encore qu'il ft vrai que ma connoissance acqut t\s les j\rs de n\veaux degrs de p]fection1 et qu'il y et en ma nature beauc\p de *oses en puissance qui n'y sont pas encore actuellem5t1 t\tefois t\s ces avantages n'app>ti5n5t et n'appro*5t en aucune sorte de l'ide que j'ai de la ,div9it1 dans laquelle ri5 ne se r5contre seulem5t en puissance1 mais t\t y e/ actuellem5t et en effet4 ,et mme n'e/-ce pas un argum5t infaillible et trs c]ta9 d'imp]fection en ma connoissance1 de ce qu'elle s'accrot peu peu et qu'elle s'augm5te p> degrs8 ,de plus1 encore que ma connoissance s'augm5tt de plus en plus1 nanmo9s je ne laisse pas de concevoir qu'elle ne sauroit tre actuellem5t inf9ie1 puisqu'elle n'arriv]a jamais un si haut po9t de p]fection1 qu'elle ne soit encore capable d'acqurir quelque plus gr& accroissem5t4 ,mais je conois ,dieu actuellem5t inf9i en un si haut degr1 qu'il ne se peut ri5 aj\t] la s\v]a9e p]fection qu'il possde4 ,et1 enf91 je compr5ds =t bi5 que l'tre objectif d'une ide ne peut tre produit p> un tre qui exi/e seulem5t en puissance1 lequel proprem5t p>l] n'e/ ri51 mais seulem5t p> un tre =mel ou actuel4 ,et c]tes je ne vois ri5 en t\t ce que je vi5s de dire qui ne soit trs ais connotre p> la lumire naturelle t\s ceux qui v\dront y p5s] soigneusem5t2 mais lorsque je rel*e quelque *ose de mon att5tion1 mon esprit se tr\vant obscurci et comme aveugl p> les images des *oses s5sibles1 ne se ress\vi5t pas facilem5t de la raison p\rquoi l'ide que j'ai d'un tre plus p>fait que le mi5 doit ncessairem5t avoir t mise en moi p> un tre qui soit en effet plus p>fait4 ,c'e/ p\rquoi je veux ici pass] outre1 et considr] si moi-mme qui ai cette ide de ,dieu1 je p\rrais tre1 en cas qu'il n'y et po9t de ,dieu4 ,et je dem&e1 de qui aurois-je mon exi/5ce8 ,peut-tre de moi-mme1 ou de mes p>5ts1 ou bi5 de quelques autres causes mo9s p>faites que ,dieu2 c> on ne se peut ri5 imag9] de plus p>fait1 ni mme d'gal lui4 ,or1 si j'tois indp5dant de t\t autre1 et que je fusse moi-mme l'aut\r de mon tre1 je ne d\t]ois d'aucune *ose1 je ne concevrois po9t de dsirs2 et enf9 il ne me manqu]oit aucune p]fection1 c> je me s]ois donn moi-mme t\tes celles dont j'ai en moi quelque ide2 et a9si je s]ois ,dieu4 ,et je ne me dois pas imag9] que les *oses qui me manqu5t sont peut-tre plus difficiles acqurir que celles dont je suis dj en possession2 c> au contraire il e/ trs c]ta9 qu'il a t beauc\p plus difficile que moi1 c'e/--dire une *ose ou une sub/ance qui p5se1 sois sorti du nant1 qu'il ne me s]oit d'acqurir les lumires et les connoissances de plusieurs *oses que j'ignore1 et qui ne sont que des accid5ts de cette sub/ance2 et c]ta9em5t si je m'tois donn ce plus que je vi5s de dire1 c'e/--dire si j'tois moi-mme l'auteur de mon tre1 je ne me s]ois pas au mo9s dni les *oses qui se peuv5t avoir avec plus de facilit1 comme sont une inf9it de connoissances dont ma nature se tr\ve dnue3 je ne me s]ois pas mme dni aucune des *oses que je vois tre cont5ues dans l'ide de ,dieu1 p>ce qu'il n'y en a aucune qui me semble plus difficile faire ou acqurir2 et s'il y en avoit quelqu'une qui ft plus difficile1 c]ta9em5t elle me p>otroit telle 7suppos que j'eusse de moi t\tes les autres *oses que je possde71 p>ceque je v]rois en cela ma puissance t]m9e4 ,et encore que je puisse suppos] que peut-tre j'ai t\j\rs t comme je suis ma9t5ant1 je ne saurois pas p\r cela vit] la =ce de ce raisonnem5t1 et ne laisse pas de connotre qu'il e/ ncessaire que ,dieu soit l'auteur de mon exi/5ce4 ,c> t\t le temps de ma vie peut tre divis en une inf9it de p>ties1 *acune desquelles ne dp5d en aucune faon des autres2 et a9si1 de ce qu'un peu aup>avant j'ai t1 il ne s'ensuit pas que je doive ma9t5ant tre1 si ce n'e/ qu'en ce mom5t quelque cause me produise et me cre p\r a9si dire d]e*ef1 c'e/--dire me cons]ve4 ,en effet1 c'e/ une *ose bi5 claire et bi5 vid5te t\s ceux qui considr]ont avec att5tion la nature du temps1 qu'une sub/ance1 p\r tre cons]ve dans t\s les mom5ts qu'elle dure1 a beso9 du mme p\voir et de la mme action qui s]oit ncessaire p\r la produire et la crer t\t de n\veau1 si elle n'toit po9t encore2 en sorte que c'e/ une *ose que la lumire naturelle n\s fait voir clairem5t1 que la cons]vation et la cration ne diffr5t qu'au reg>d de notre faon de p5s]1 et non po9t en effet4 ,il faut donc seulem5t ici que je m'int]roge et me consulte moi-mme1 p\r voir si j'ai en moi quelque p\voir et quelque v]tu au moy5 de laquelle je puisse faire que moi qui suis ma9t5ant1 je sois encore un mom5t aprs3 c> puisque je ne suis ri5 qu'une *ose qui p5se 7ou du mo9s puisqu'il ne s'agit encore jusques ici prcism5t que de cette p>tie-l de moi-mme71 si une telle puissance rsidoit en moi1 c]tes je devrois t\t le mo9s le p5s]1 et en avoir connoissance2 mais je n'en ress5s aucune dans moi1 et p> l je connois videmm5t que je dp5ds de quelque tre diffr5t de moi4 ,mais peut-tre que cet tre-l duquel je dp5ds n'e/ pas ,dieu1 et que je suis produit ou p> mes p>5ts1 ou p> quelques autres causes mo9s p>faites que lui8 ,tant s'en faut1 cela ne peut tre3 c>1 comme j'ai dj dit aup>avant1 c'e/ une *ose trs vid5te qu'il doit y avoir p\r le mo9s autant de ralit dans la cause que dans son effet2 et p>tant1 puisque je suis une *ose qui p5se1 et qui ai en moi quelque ide de ,dieu1 quelle que soit enf9 la cause de mon tre1 il faut ncessairem5t av\] qu'elle e/ aussi une *ose qui p5se et qu'elle a en soi l'ide de t\tes les p]fections que j'attribue ,dieu4 ,puis l'on peut d]e*ef re*]*] si cette cause ti5t son orig9e et son exi/5ce de soi-mme1 ou de quelque autre *ose4 ,c> si elle la ti5t de soi-mme1 il s'ensuit1 p> les raisons que j'ai ci-devant allgues1 que cette cause e/ ,dieu2 puisque ayant la v]tu d'tre et d'exi/] p> soi1 elle doit aussi sans d\te avoir la puissance de possd] actuellem5t t\tes les p]fections dont elle a en soi les ides1 c'e/--dire t\tes celles que je conois tre en ,dieu4 ,que si elle ti5t son exi/5ce de quelque autre cause que de soi1 on dem&]a d]e*ef p> la mme raison de cette seconde cause si elle e/ p> soi1 ou p> autrui1 jusques ce que de degrs en degrs on p>vi5ne enf9 a une d]nire cause1 qui se tr\v]a tre ,dieu4 ,et il e/ trs manife/e qu'en cela il ne peut y avoir de progrs l'inf9i1 vu qu'il ne s'agit pas tant ici de la cause qui m'a produit autrefois1 comme de celle qui me cons]ve prs5tem5t4 ,on ne peut pas fe9dre aussi que peut-tre plusieurs causes ont ensemble conc\ru en p>tie ma production1 et que de l'une j'ai reu l'ide d'une des p]fections que j'attribue ,dieu1 et d'une autre l'ide de quelque autre1 en sorte que t\tes ces p]fections se tr\v5t bi5 la vrit quelque "p dans l'univ]s1 mais ne se r5contr5t pas t\tes jo9tes et assembles dans une seule qui soit ,dieu3 c> au contraire l'unit1 la simplicit1 ou l'insp>abilit de t\tes les *oses qui sont en ,dieu e/ une des pr9cipales p]fections que je conois tre en lui2 et c]tes l'ide de cette unit de t\tes les p]fections de ,dieu n'a pu tre mise en moi p> aucune cause de qui je n'aie po9t aussi reu les ides de t\tes les autres p]fections2 c> elle n'a pu faire que je les comprisse t\tes jo9tes ensemble et insp>ables1 sans avoir fait en sorte en mme temps que je susse ce qu'elles toi5t et que je les connusse t\tes en quelque faon4 ,enf91 p\r ce qui reg>de mes p>5ts1 desquels il semble que je tire ma naissance1 encore que t\t ce que j'en ai jamais pu croire soit vritable1 cela ne fait pas t\tefois que ce soit eux qui me cons]v5t1 ni mme qui m'ai5t fait et produit en tant que je suis une *ose qui p5se1 n'y ayant aucun rapport entre l'action corporelle1 p> laquelle j'ai c\tume de croire qu'ils m'ont eng5dr1 et la production d'une telle sub/ance3 mais ce qu'ils ont t\t au plus contribu ma naissance1 e/ qu'ils ont mis quelques dispositions dans cette matire1 dans laquelle j'ai jug jusques ici que moi1 c'e/--dire mon esprit1 lequel seul je pr5ds ma9t5ant p\r moi-mme1 e/ r5f]m2 et p>tant il ne peut y avoir ici leur g>d aucune difficult1 mais il faut ncessairem5t conclure que1 de cela seul que j'exi/e1 et que l'ide d'un tre s\v]a9em5t p>fait1 c'e/--dire de ,dieu1 e/ en moi1 l'exi/5ce de ,dieu e/ trs videmm5t dmontre4 ,il me re/e seulem5t exam9] de quelle faon j'ai acquis cette ide3 c> je ne l'ai pas reue p> les s5s1 et jamais elle ne s'e/ (f]te moi contre mon att5te1 a9si que font d'ord9aire les ides des *oses s5sibles1 lorsque ces *oses se prs5t5t ou sembl5t se prs5t] aux organes extrieurs des s5s2 elle n'e/ pas aussi une pure production ou fiction de mon esprit1 c> il n'e/ pas en mon p\voir d'y dim9u] ni d'y aj\t] aucune *ose2 et p> consqu5t il ne re/e plus autre *ose dire1 s9on que cette ide e/ ne et produite avec moi ds lors que j'ai t cr1 a9si que l'e/ l'ide de moi-mme4 ,et de vrai1 on ne doit pas tr\v] trange que ,dieu1 en me crant1 ait mis en moi cette ide p\r tre comme la m>que de l'ouvri] empre9te sur son ouvrage2 et il n'e/ pas aussi ncessaire que cette m>que soit quelque *ose de diffr5t de cet ouvrage mme3 mais1 de cela seul que ,dieu m'a cr1 il e/ =t croyable qu'il m'a en quelque faon produit son image et semblance1 et que je conois cette ressemblance1 dans laquelle l'ide de ,dieu se tr\ve cont5ue1 p> la mme facult p> laquelle je me conois moi-mme1 c'e/--dire que1 lorsque je fais rflexion sur moi1 non seulem5t je connois que je suis une *ose imp>faite1 incomplte et dp5dante d'autrui1 qui t5d et qui aspire sans cesse quelque *ose de meilleur et de plus gr& que je ne suis1 mais je connois aussi en mme temps que celui duquel je dp5ds possde en soi t\tes ces gr&es *oses auxquelles j'aspire et dont je tr\ve en moi les ides1 non pas indf9im5t et seulem5t en puissance1 mais qu'il en j\it en effet1 actuellem5t et inf9im5t1 et a9si qu'il e/ ,dieu4 ,et t\te la =ce de l'argum5t dont j'ai ici u p\r pr\v] l'exi/5ce de ,dieu consi/e en ce que je reconnois qu'il ne s]oit pas possible que ma nature ft telle qu'elle e/1 c'e/--dire que j'eusse en moi l'ide d'un ,dieu1 si ,dieu n'exi/oit vritablem5t2 ce mme ,dieu1 dis-je1 duquel l'ide e/ en moi1 c'e/--dire qui possde t\tes ces hautes p]fections dont notre esprit peut bi5 avoir quelque lgre ide1 sans p\rtant les p\voir compr5dre1 qui n'e/ sujet aucuns dfauts1 et qui n'a ri5 de t\tes les *oses qui dnot5t quelque imp]fection4 ,d'o il e/ assez vid5t qu'il ne peut tre trompeur1 puisque la lumire naturelle n\s enseigne que la tromp]ie dp5d ncessairem5t de quelque dfaut4 ,mais aup>avant que j'exam9e cela plus soigneusem5t1 et que je passe la considration des autres vrits que l'on en peut recueillir1 il me semble trs propos de m'arrt] quelque temps la contemplation de ce ,dieu t\t p>fait1 de pes] t\t loisir ses m]veilleux attributs1 de considr]1 d'admir] et d'ador] l'incomp>able beaut de cette imm5se lumire au mo9s autant que la =ce de mon esprit1 qui en demeure en quelque sorte bl\i1 me le p\rra p]mettre4 ,c> comme la foi n\s appr5d que la s\v]a9e flicit de l'autre vie ne consi/e que dans cette contemplation de la maje/ div9e1 a9si exprim5tons-n\s ds ma9t5ant qu'une semblable mditation1 quoique incomp>ablem5t mo9s p>faite1 n\s fait j\ir du plus gr& cont5tem5t que n\s soyons capables de ress5tir en cette vie4 ,m,,ditation ,,quatri,,me4 ,,du ,,vrai ,,et ,,du ,,faux4 ,je me suis tellem5t acc\tum ces j\rs passs dta*] mon esprit des s5s1 et j'ai si exactem5t rem>qu qu'il y a =t peu de *oses que l'on connoisse avec c]titude t\*ant les *oses corporelles1 qu'il y en a beauc\p plus qui n\s sont connues t\*ant l'esprit huma91 et beauc\p plus encore de ,dieu mme1 qu'il me s]a ma9t5ant ais de dt\rn] ma p5se de la considration des *oses s5sibles ou imag9ables1 p\r la port] celles qui1 tant dgages de t\te matire1 sont purem5t intelligibles4 ,et c]tes1 l'ide que j'ai de l'esprit huma91 en tant qu'il e/ une *ose qui p5se1 et non t5due en longueur1 l>geur et pr(ondeur1 et qui ne p>ticipe ri5 de ce qui app>ti5t au corps1 e/ incomp>ablem5t plus di/9cte que l'ide d'aucune *ose corporelle3 et lorsque je considre que je d\te1 c'e/--dire que je suis une *ose incomplte et dp5dante1 l'ide d'un tre complet et indp5dant1 c'e/--dire de ,dieu1 se prs5te mon esprit avec tant de di/9ction et de cl>t3 et de cela seul que cette ide se tr\ve en moi1 ou bi5 que je suis ou exi/e1 moi qui possde cette ide1 je conclus si videmm5t l'exi/5ce de ,dieu1 et que la mi5ne dp5d entirem5t de lui en t\s les mom5ts de ma vie1 que je ne p5se pas que l'esprit huma9 puisse ri5 connotre avec plus d'vid5ce et de c]titude4 ,et dj il me semble que je dc\vre un *em9 qui n\s conduira de cette contemplation du vrai ,dieu1 dans lequel t\s les trsors de la sci5ce et de la sagesse sont r5f]ms1 la connoissance des autres *oses de l'univ]s4 ,c> premirem5t1 je reconnois qu'il e/ impossible que jamais il me trompe1 puisqu'en t\te fraude et tromp]ie il se r5contre quelque sorte d'imp]fection3 et quoiqu'il semble que p\voir tromp] soit une m>que de subtilit ou de puissance1 t\tefois v\loir tromp] tmoigne sans d\te de la foiblesse ou de la malice2 et1 p>tant1 cela ne peut se r5contr] en ,dieu4 ,ensuite1 je connois p> ma propre expri5ce qu'il y a en moi une c]ta9e facult de jug]1 ou de disc]n] le vrai d'avec le faux1 laquelle sans d\te j'ai reue de ,dieu1 aussi bi5 que t\t le re/e des *oses qui sont en moi et que je possde2 et puisqu'il e/ impossible qu'il veuille me tromp]1 il e/ c]ta9 aussi qu'il ne me l'a pas donne telle que je puisse jamais faillir lorsque j'en us]ai comme il faut4 ,et il ne re/]oit aucun d\te t\*ant cela1 si l'on n'en p\voit1 ce semble1 tir] cette consqu5ce1 qu'a9si je ne me puis jamais tromp]2 c>1 si t\t ce qui e/ en moi vi5t de ,dieu1 et s'il n'a mis en moi aucune facult de faillir1 il semble que je ne me doive jamais abus]4 ,aussi e/-il vrai que1 lorsque je me reg>de seulem5t comme v5ant de ,dieu1 et que je me t\rne t\t enti] v]s lui1 je ne dc\vre en moi aucune cause d'erreur ou de fausset3 mais aussitt aprs1 rev5ant moi1 l'expri5ce me fait connotre que je suis nanmo9s sujet une inf9it d'erreurs1 desquelles v5ant re*]*] la cause1 je rem>que qu'il ne se prs5te pas seulem5t ma p5se une relle et positive ide de ,dieu1 ou bi5 d'un tre s\v]a9em5t p>fait2 mais aussi1 p\r a9si p>l]1 une c]ta9e ide ngative du nant1 c'e/--dire de ce qui e/ inf9im5t loign de t\te sorte de p]fection2 et que je suis comme un milieu entre ,dieu et le nant1 c'e/--dire plac de telle sorte entre le s\v]a9 tre et le non-tre1 qu'il ne se r5contre de vrai ri5 en moi qui me puisse conduire dans l'erreur1 en tant qu'un s\v]a9 tre m'a produit3 mais que1 si je me considre comme p>ticipant en quelque faon du nant ou du non-tre1 c'e/--dire en tant que je ne suis pas moi-mme le s\v]a9 tre et qu'il me manque plusieurs *oses1 je me tr\ve expos une inf9it de manquem5ts2 de faon que je ne me dois pus tonn] si je me trompe4 ,et a9si je connais que l'erreur1 en tant que telle1 n'e/ pas quelque *ose de rel qui dp5de de ,dieu1 mais que c'e/ seulem5t un dfaut2 et p>tant que1 p\r faillir1 je n'ai pas beso9 d'une facult qui m'ait t donne de ,dieu p>ticulirem5t p\r cet effet3 mais qu'il arrive que je me trompe de ce que la puissance que ,dieu m'a donne p\r disc]n] le vrai d'avec le faux n'e/ pas en moi inf9ie4 ,t\tefois1 cela ne me satisfait pas encore t\t--fait1 c> l'erreur n'e/ pas une pure ngation1 c'e/--dire n'e/ pas le simple dfaut ou manquem5t de quelque p]fection qui ne m'e/ po9t due1 mais c'e/ une privation de quelque connoissance qu'il semble que je devrois avoir4 ,or1 en considrant la nature de ,dieu1 il ne semble pas possible qu'il ait mis en moi quelque facult qui ne soit pas p>faite en son g5re1 c'e/--dire qui manque de quelque p]fection qui lui soit due3 c>1 s'il e/ vrai que plus l'artisan e/ exp]t1 plus les ouvrages qui sort5t de ses ma9s sont p>faits et accomplis1 quelle *ose peut avoir t produite p> ce s\v]a9 ,crateur de l'univ]s qui ne soit p>faite et entirem5t a*eve en t\tes ses p>ties8 ,et c]tes1 il n'y a po9t de d\te que ,dieu n'ait pu me crer tel que je ne me trompasse jamais3 il e/ c]ta9 aussi qu'il veut t\j\rs ce qui e/ le meilleur3 e/-ce donc une *ose meilleure que je puisse me tromp] que de ne le p\voir pas8 ,considrant cela avec att5tion1 il me vi5t d'abord en la p5se que je ne me dois pas tonn] si je ne suis pas capable de compr5dre p\rquoi ,dieu fait ce qu'il fait1 et qu'il ne faut pas p\r cela d\t] de son exi/5ce1 de ce que peut-tre je vois p> expri5ce beauc\p d'autres *oses qui exi/5t1 bi5 que je ne puisse compr5dre p\r quelle raison ni comm5t ,dieu les a faites3 c>1 sa*ant dj que ma nature e/ extrmem5t foible et limite1 et que celle de ,dieu au contraire e/ imm5se1 incomprh5sible et inf9ie1 je n'ai plus de pe9e reconnotre qu'il y a une inf9it de *oses en sa puissance desquelles les causes surpass5t la porte de mon esprit2 et cette seule raison e/ suffisante p\r me p]suad] que t\t ce g5re de causes1 qu'on a c\tume de tir] de la f91 n'e/ d'aucun usage dans les *oses physiques ou naturelles2 c> il ne me semble pas que je puisse sans tmrit re*]*] et entrepr5dre de dc\vrir les f9s impntrables de ,dieu4 ,de plus1 il me vi5t encore en l'esprit qu'on ne doit pas considr] une seule crature sp>m5t1 lorsqu'on re*]*e si les ouvrages de ,dieu sont p>faits1 mais gnralem5t t\tes les cratures ensemble3 c> la mme *ose qui p\rroit peut-tre avec quelque sorte de raison sembl] =t imp>faite si elle toit seule dans le monde1 ne laisse pas d'tre trs p>faite tant considre comme faisant p>tie de t\t cet univ]s2 et quoique1 depuis que j'ai fait desse9 de d\t] de t\tes *oses1 je n'aie encore connu c]ta9em5t que mon exi/5ce et celle de ,dieu1 t\tefois aussi1 depuis que j'ai reconnu l'inf9ie puissance de ,dieu1 je ne saurois ni] qu'il n'ait produit beauc\p d'autres *oses1 ou du mo9s qu'il n'en puisse produire1 en sorte que j'exi/e et sois plac dans le monde comme faisant p>tie de l'univ]salit de t\s les tres4 ,ensuite de quoi1 v5ant me reg>d] de plus prs1 et considr] quelles sont mes erreurs1 lesquelles seules tmoign5t qu'il y a en moi de l'imp]fection1 je tr\ve qu'elles dp5d5t du conc\rs de deux causes1 savoir1 de la facult de connotre1 qui e/ en moi1 et de la facult d'lire1 ou bi5 de mon libre arbitre1 c'e/--dire de mon ent5dem5t1 et ensemble de ma volont4 ,c> p> l'ent5dem5t seul je n'assure ni ne nie aucune *ose1 mais je conois seulem5t les ides des *oses1 que je puis assur] ou ni]4 ,or1 en le considrant a9si prcism5t1 on peut dire qu'il ne se tr\ve jamais en lui aucune erreur1 p\rvu qu'on pr5ne le mot d'erreur en sa propre signification4 ,et encore qu'il y ait peut-tre une inf9it de *oses dans le monde dont je n'ai aucune ide en mon ent5dem5t1 ou ne peut pas dire p\r cela qu'il soit priv de ces ides1 comme de quelque *ose qui soit due sa nature1 mais seulem5t qu'il ne les a pas2 p>ce qu'en effet il n'y a aucune raison qui puisse pr\v] que ,dieu ait d me donn] une plus gr&e et plus ample facult de connotre que celle qu'il m'a donne3 et1 quelque adroit et savant ouvri] que je me le reprs5te1 je ne dois pas p\r cela p5s] qu'il ait d mettre dans *acun de ses ouvrages t\tes les p]fections qu'il peut mettre dans quelques uns4 ,je ne puis pas aussi me pla9dre que ,dieu ne m'ait pas donn un libre arbitre ou une volont assez ample et assez p>faite1 puisqu'en effet je l'exprim5te si ample et si t5due qu'elle n'e/ r5f]me dans aucunes bornes4 ,et ce qui me semble ici bi5 rem>quable1 e/ que1 de t\tes les autres *oses qui sont en moi1 il n'y en a aucune si p>faite et si gr&e1 que je ne reconnoisse bi5 qu'elle p\rroit tre encore plus gr&e et plus p>faite4 ,c>1 p> exemple1 si je considre la facult de concevoir qui e/ en moi1 je tr\ve qu'elle e/ d'une =t petite t5due1 et gr&em5t limite1 et t\t ensemble je me reprs5te l'ide d'une autre facult beauc\p plus ample et mme inf9ie2 et de cela seul que je puis me reprs5t] son ide1 je connois sans difficult qu'elle app>ti5t la nature de ,dieu4 ,en mme faon si j'exam9e la mmoire1 ou l'imag9ation1 ou quelque autre facult qui soit en moi1 je n'en tr\ve aucune qui ne soit trs petite et borne1 et qui en ,dieu ne soit imm5se et inf9ie4 ,il n'y a que la volont seule ou la seule lib]t du franc arbitre que j'exprim5te en moi tre si gr&e1 que je ne conois po9t l'ide d'aucune autre plus ample et plus t5due3 en sorte que c'e/ elle pr9cipalem5t qui me fait connotre que je porte l'image et la ressemblance de ,dieu4 ,c> encore qu'elle soit incomp>ablem5t plus gr&e dans ,dieu que dans moi1 soit raison de la connoissance et de la puissance qui se tr\v5t jo9tes avec elle et qui la r5d5t plus f]me et plus efficace1 soit raison de l'objet1 d'autant qu'elle se porte et s't5d inf9im5t plus de *oses1 elle ne me semble pas t\tefois plus gr&e1 si je la considre =mellem5t et prcism5t en elle-mme4 ,c> elle consi/e seulem5t en ce que n\s p\vons faire une mme *ose ou ne la faire pas1 c'e/--dire affirm] ou ni]1 p\rsuivre ou fuir une mme *ose1 ou plutt elle consi/e seulem5t en ce que1 p\r affirm] ou ni]1 p\rsuivre ou fuir les *oses que l'ent5dem5t n\s propose1 n\s agissons de telle sorte que n\s ne s5tons po9t qu'aucune =ce extrieure n\s y contraigne4 ,c>1 af9 que je sois libre1 il n'e/ pas ncessaire que je sois indiffr5t *oisir l'un ou l'autre des deux contraires2 mais plutt1 d'autant plus que je p5*e v]s l'un1 soit que je connoisse videmm5t que le bi5 et le vrai s'y r5contr5t1 soit que ,dieu dispose a9si l'intrieur de ma p5se1 d'autant plus librem5t j'en fais *oix et je l'embrasse3 et c]tes1 la grce div9e et la connoissance naturelle1 bi5 lo9 de dim9u] ma lib]t1 l'augm5t5t plutt et la =tifi5t2 de faon que cette indiffr5ce que je s5s lorsque je ne suis po9t emport v]s un ct plutt que v]s un autre p> le poids d'aucune raison1 e/ le plus bas degr de la lib]t1 et fait plutt p>atre un dfaut dans la connoissance qu'une p]fection dans la volont2 c> si je connoissois t\j\rs clairem5t ce qui e/ vrai et ce qui e/ bon1 je ne s]ois jamais en pe9e de dlibr] quel jugem5t et quel *oix je devrois faire2 et a9si je s]ois entirem5t libre1 sans jamais tre indiffr5t4 ,de t\t ceci je reconnois que ni la puissance de v\loir1 laquelle j'ai reue de ,dieu1 n'e/ po9t d'elle-mme la cause de mes erreurs1 c> elle e/ trs ample et trs p>faite en son g5re2 ni aussi la puissance d'ent5dre ou de concevoir1 c> ne concevant ri5 que p> le moy5 de cette puissance que ,dieu m'a donne p\r concevoir1 sans d\te que t\t ce que je conois1 je le conois comme il faut1 et il n'e/ pas possible qu'en cela je me trompe4 ,d'o e/-ce donc que naiss5t mes erreur8 c'e/ savoir de cela seul que la volont tant beauc\p plus ample et plus t5due que l'ent5dem5t1 je ne la conti5s pas dans les mmes limites1 mais que je l't5ds aussi aux *oses que je n'ent5ds pas2 auxquelles tant de soi indiffr5te1 elle s'g>e =t aism5t1 et *oisit le faux p\r le vrai1 et le mal p\r le bi53 ce qui fait que je me trompe et que je p*e4 ,p> exemple1 exam9ant ces j\rs passs si quelque *ose exi/oit vritablem5t dans le monde1 et connoissant que de cela seul que j'exam9ois cette "q1 il suivoit trs videmm5t que j'exi/ois moi-mme1 je ne p\vois pas m'emp*] de jug] qu'une *ose que je concevois si clairem5t toit vraie2 non que je m'y tr\vasse =c p> aucune cause extrieure1 mais seulem5t p>ceque d'une gr&e cl>t qui toit en mon ent5dem5t1 a suivi une gr&e incl9ation en ma volont2 et je me suis port croire avec d'autant plus de lib]t1 que je me suis tr\v avec mo9s d'indiffr5ce4 ,au contraire1 prs5t je ne connois pas seulem5t que j'exi/e1 en tant que je suis quelque *ose qui p5se2 mais il se prs5te aussi mon esprit une c]ta9e ide de la nature corporelle3 ce qui fait que je d\te si cette nature qui p5se qui e/ en moi1 ou plutt que je suis moi-mme1 e/ diffr5te de cette nature corporelle1 ou bi5 si t\tes deux ne sont qu'une mme *ose2 et je suppose ici que je ne connois encore aucune raison qui me p]suade plutt l'un que l'autre3 d'o il suit que je suis entirem5t indiffr5t le ni] ou l'assur]1 ou bi5 mme m'ab/5ir d'en donn] aucun jugem5t4 ,et cette indiffr5ce ne s't5d pas seulem5t aux *oses dont l'ent5dem5t n'a aucune connoissance1 mais gnralem5t aussi t\tes celles qu'il ne dc\vre pas avec une p>faite cl>t1 au mom5t que la volont en dlibre2 c> p\r probables que soi5t les conjectures qui me r5d5t encl9 jug] quelque *ose1 la seule connoissance que j'ai que ce ne sont que des conjectures et non des raisons c]ta9es et indubitables1 suffit p\r me donn] occasion de jug] le contraire3 ce que j'ai suffisamm5t exprim5t ces j\rs passs1 lorsque j'ai pos p\r faux t\t ce que j'avois t5u aup>avant p\r trs vritable1 p\r cela seul que j'ai rem>qu que l'on en p\voit en quelque faon d\t]4 ,or1 si je m'ab/i5s de donn] mon jugem5t sur une *ose1 lorsque je ne la conois pas avec assez de cl>t et de di/9ction1 il e/ vid5t que je fais bi51 et que je ne suis po9t tromp2 mais si je me dt]m9e la ni] ou assur]1 alors je ne me s]s pas comme je dois de mon libre arbitre2 et si j'assure ce qui n'e/ pas vrai1 il e/ vid5t que je me trompe3 mme aussi1 encore que je juge selon la vrit1 cela n'arrive que p> has>d1 et je ne laisse pas de faillir et d'us] mal de mon libre arbitre2 c> la lumire naturelle n\s enseigne que la connaissance de l'ent5dem5t doit t\j\rs prcd] la dt]m9ation de la volont4 ,et c'e/ dans ce mauvais usage du libre arbitre que se r5contre la privation qui con/itue la =me de l'erreur4 ,la privation1 dis-je1 se r5contre dans l'opration1 en tant qu'elle procde de moi1 mais elle ne se tr\ve pas dans la facult que j'ai reue de ,dieu1 ni mme dans l'opration1 en tant qu'elle dp5d de lui4 ,c> je n'ai c]tes aucun sujet de me pla9dre de ce que ,dieu ne m'a pas donn une intellig5ce plus ample1 ou une lumire naturelle plus p>faite que celle qu'il m'a donne1 puisqu'il e/ de la nature d'un ent5dem5t f9i de ne pas ent5dre plusieurs *oses1 et de la nature d'un ent5dem5t cr d'tre f9i3 mais j'ai t\t sujet de lui r5dre grces de ce que ne m'ayant jamais ri5 d1 il m'a nanmo9s donn t\t le peu de p]fections qui e/ en moi2 bi5 lo9 de concevoir des s5tim5ts si inju/es que de m'imag9] qu'il m'ait t ou ret5u inju/em5t les autres p]fections qu'il ne m'a po9t donnes4 ,je n'ai pas aussi sujet de me pla9dre de ce qu'il m'a donn une volont plus ample que l'ent5dem5t1 puisque la volont ne consi/ant que dans une seule *ose et comme dans un indivisible1 il semble que sa nature e/ telle qu'on ne lui sauroit ri5 t] sans la dtruire2 et c]tes1 plus elle a d't5due1 et plus ai-je rem]ci] la bont de celui qui me l'a donne4 ,et enf9 je ne dois pas aussi me pla9dre de ce que ,dieu conc\rt avec moi p\r =m] les actes de cette volont1 c'e/--dire les jugem5ts dans lesquels je me trompe1 p>ce que ces actes-l sont entirem5t vrais et absolum5t bons1 en tant qu'ils dp5d5t de ,dieu2 et il y a en quelque sorte plus de p]fection en ma nature1 de ce que je les puis =m]1 que si je ne le p\vois pas4 ,p\r la privation1 dans laquelle seule consi/e la raison =melle de l'erreur et du p*1 elle n'a beso9 d'aucun conc\rs de ,dieu1 p>ce que ce n'e/ pas une *ose ou un tre1 et que si on la rapporte ,dieu comme sa cause1 elle ne doit pas tre nomme privation1 mais seulem5t ngation1 selon la signification qu'on donne ces mots dans l'cole4 ,c> en effet ce n'e/ po9t une imp]fection en ,dieu de ce qu'il ma donn la lib]t de donn] mon jugem5t1 ou de ne le pas donn] sur c]ta9es *oses dont il n'a pas mis une claire et di/9cte connoissance en mon ent5dem5t2 mais sans d\te c'e/ en moi une imp]fection de ce que je n'use pas bi5 de cette lib]t1 et que je donne tmrairem5t mon jugem5t sur des *oses que je ne conois qu'avec obscurit et confusion4 ,je vois nanmo9s qu'il toit ais ,dieu de faire en sorte que je ne me trompasse jamais1 quoique je demeurasse libre et d'une connaissance borne-- savoir1 s'il et donn mon ent5dem5t une claire et di/9cte intellig5ce de t\tes les *oses dont je devois jamais dlibr]1 ou bi5 seulem5t s'il et si pr(ondm5t grav dans ma mmoire la rsolution de ne jug] jamais d'aucune *ose sans la concevoir clairem5t et di/9ctem5t1 que je ne la pusse jamais oubli]4 ,et je rem>que bi5 qu'en tant que je me considre t\t seul1 comme s'il n'y avoit que moi au monde1 j'aurois t beauc\p plus p>fait que je ne suis1 si ,dieu m'avoit cr tel que je ne faillisse jamais2 mais je ne puis pas p\r cela ni] que ce ne soit en quelque faon une plus gr&e p]fection dans l'univ]s1 de ce que quelques unes de ses p>ties ne sont pas exemptes de dfaut1 que d'autres le sont1 que si elles toi5t t\tes semblables4 ,et je n'ai aucun droit de me pla9dre que ,dieu1 m'ayant mis au monde1 n'ait pas v\lu me mettre au rang des *oses les plus nobles et les plus p>faites3 mme j'ai sujet de me cont5t] de ce que1 s'il ne m'a pas donn la p]fection de ne po9t faillir p> le premi] moy5 que j'ai ci-dessus dcl>1 qui dp5d d'une claire et vid5te connaissance de t\tes les *oses dont je puis dlibr]1 il a au mo9s laiss en ma puissance l'autre moy51 qui e/ de ret5ir f]mem5t la rsolution de ne jamais donn] mon jugem5t sur les *oses dont la vrit ne m'e/ pas clairem5t connue2 c> quoique j'exprim5te en moi cette faiblesse de ne p\voir atta*] cont9uellem5t mon esprit une mme p5se1 je puis t\tefois1 p> une mditation att5tive et s\v5t rxre1 me l'imprim] si =tem5t en la mmoire1 que je ne manque jamais de m'en ress\v5ir t\tes les fois que j'en aurai beso91 et acqurir de cette faon l'habitude de ne po9t faillir2 et d'autant que c'e/ en cela que consi/e la plus gr&e et la pr9cipale p]fection de l'homme1 j'e/ime n'avoir pas auj\rd'hui peu gagn p> cette mditation1 d'avoir dc\v]t la cause de l'erreur et de la fausset4 ,et c]tes il n'y en peut avoir d'autres que celle que je vi5s d'expliqu]3 c> t\tes les fois que je reti5s tellem5t ma volont dans les bornes de ma connoissance1 qu'elle ne fait aucun jugem5t que des *oses qui lui sont clairem5t et di/9ctem5t reprs5tes p> l'ent5dem5t1 il ne se peut faire que je me trompe2 p>ceque t\te conception claire et di/9cte e/ sans d\te quelque *ose1 et p>tant elle ne peut tir] son orig9e du nant1 mais doit ncessairem5t avoir ,dieu p\r son auteur2 ,dieu1 dis-je1 qui tant s\v]a9em5t p>fait ne peut tre cause d'aucune erreur2 et p> consqu5t il faut conclure qu'une telle conception ou un tel jugem5t e/ vritable4 ,au re/e je n'ai pas seulem5t appris auj\rd'hui ce que je dois vit] p\r ne plus faillir1 mais aussi ce que je dois faire p\r p>v5ir la connoissance de la vrit4 ,c> c]ta9em5t j'y p>vi5drai si j'arrte suffisamm5t mon att5tion sur t\tes les *oses que je conois p>faitem5t1 et si je les sp>e des autres que je ne conois qu'avec confusion et obscurit-- quoi dornavant je pr5drai soigneusem5t g>de4 ,m,,ditation ,,c9qui,,me4 ,,de ,l',,ess5ce ,,des ,,*oses ,,mat,,rielles2 ,,et1 ,,p\r ,,la ,,seconde ,,fois1 ,,de ,l',,exi/5ce ,,de ,,dieu4 ,il me re/e beauc\p d'autres *oses exam9] t\*ant les attributs de ,dieu et t\*ant ma propre nature1 c'e/--dire celle de mon esprit3 mais j'en repr5drai peut-tre une autre fois la re*]*e4 ,ma9t5ant1 aprs avoir rem>qu ce qu'il faut faire ou vit] p\r p>v5ir la connoissance de la vrit1 ce que j'ai pr9cipalem5t faire e/ d'essay] de sortir et me db>rass] de t\s les d\tes o je suis tomb ces j\rs passs1 et de voir si l'on ne peut ri5 connotre de c]ta9 t\*ant les *oses matrielles4 ,mais avant que j'exam9e s'il y a de telles *oses qui exi/5t hors de moi1 je dois considr] leurs ides1 en tant qu'elles sont en ma p5se1 et voir quelles sont celles qui sont di/9ctes1 et quelles sont celles qui sont confuses4 ,en premi] lieu1 j'imag9e di/9ctem5t cette quantit que les philosophes appell5t vulgairem5t la quantit cont9ue1 ou bi5 l'ext5sion en longueur1 l>geur et pr(ondeur1 qui e/ en cette quantit1 ou plutt en la *ose qui on l'attribue4 ,de plus1 je puis nombr] en elle plusieurs div]ses p>ties1 et attribu] *acune de ces p>ties t\tes sortes de gr&eurs1 de figures1 de situations et de m\vem5ts2 et enf9 je puis assign] *acun de ces m\vem5ts t\tes sortes de dures4 ,et je ne connois pas seulem5t ces *oses avec di/9ction1 lorsque je les considre a9si en gnral2 mais aussi1 p\r peu que j'y applique mon att5tion1 je vi5s connotre une inf9it de p>ticul>its t\*ant les nombres1 les figures1 les m\vem5ts1 et autres *oses semblables1 dont la vrit se fait p>otre avec tant d'vid5ce et s'accorde si bi5 avec ma nature1 que lorsque je comm5ce les dc\vrir1 il ne me semble pas que j'appr5ne ri5 de n\veau1 mais plutt que je me ress\vi5s de ce que je savois dj aup>avant1 c'e/--dire que j'ap]ois des *oses qui toi5t dj dans mon esprit1 quoique je n'eusse pas encore t\rn ma p5se v]s elles4 ,et ce que je tr\ve ici de plus considrable1 c'e/ que je tr\ve en moi une inf9it d'ides de c]ta9es *oses qui ne peuv5t pas tre e/imes un pur nant1 quoique peut-tre elles n'ai5t aucune exi/5ce hors de ma p5se2 et qui ne sont pas fe9tes p> moi1 bi5 qu'il soit en ma lib]t de les p5s] ou de ne les p5s] pas2 mais qui ont leurs vraies et immuables natures4 ,comme1 p> exemple1 lorsque j'imag9e un triangle1 encore qu'il n'y ait peut-tre en aucun lieu du monde hors de ma p5se une telle figure1 et qu'il n'y en ait jamais eu1 il ne laisse pas nanmo9s d'y avoir une c]ta9e nature1 ou =me1 ou ess5ce dt]m9e du cette figure1 laquelle e/ immuable et t]nelle1 que je n'ai po9t inv5te1 et qui ne dp5d en aucune faon de mon esprit2 comme il p>oit de ce que l'on peut dmontr] div]ses proprits de ce triangle1 savoir1 que ses trois angles sont gaux deux droits1 que le plus gr& angle1 e/ s\t5u p> le plus gr& ct1 et autres semblables1 lesquelles ma9t5ant1 soit que je le veuille on non1 je reconnois trs clairem5t et trs videmm5t tre en lui1 encore que je n'y aie p5s aup>avant en aucune faon1 lorsque je me suis imag9 la premire fois un triangle1 et p>tant on ne peut pas dire que je les aie fe9tes et inv5tes4 ,et je n'ai que faire ici de m'object] que peut-tre cette ide du triangle e/ v5ue en mon esprit p> l'entremise de mes s5s1 p\r avoir vu quelquefois des corps de figure triangulaire2 c> je puis =m] en mon esprit une inf9it d'autres figures1 dont on ne peut avoir le mo9dre s\pon que jamais elles me soi5t tombes s\s les s5s1 et je ne laisse pas t\tefois de p\voir dmontr] div]ses proprits t\*ant leur nature1 aussi bi5 que t\*ant celle du triangle2 lesquelles1 c]tes1 doiv5t tre t\tes vraies1 puisque je les conois clairem5t3 et p>tant elles sont quelque *ose1 et non pas un pur nant2 c> il e/ trs vid5t que t\t ce qui e/ vrai e/ quelque *ose1 la vrit tant une mme *ose avec l'tre2 et j'ai dj amplem5t dmontr ci-dessus que t\tes les *oses que je connois clairem5t et di/9ctem5t sont vraies4 ,et quoique je ne l'eusse pas dmontr1 t\tefois la nature de mon esprit e/ telle1 que je ne me saurois emp*] de les e/im] vraies1 p5dant que je les conois clairem5t et di/9ctem5t2 et je me ress\vi5s que lors mme que j'tois encore =tem5t atta* aux objets des s5s1 j'avois t5u au nombre des plus con/antes vrits celles que je concevois clairem5t et di/9ctem5t t\*ant les figures1 les nombres1 et les autres *oses qui app>ti5n5t l'ari?mtique et la gomtrie4 ,or1 ma9t5ant si de cela seul que je puis tir] de ma p5se l'ide de quelque *ose1 il s'ensuit que t\t ce que je reconnois clairem5t et di/9ctem5t app>t5ir cette *ose lui app>ti5t en effet1 ne puis-je pas tir] de ceci un argum5t et une preuve dmon/rative de l'exi/5ce de ,dieu8 ,il e/ c]ta9 que je ne tr\ve pas mo9s en moi son ide1 c'e/--dire l'ide d'un tre s\v]a9em5t p>fait1 que celle de quelque figure ou de quelque nombre que ce soit3 et je ne connois pas mo9s clairem5t et di/9ctem5t qu'une actuelle et t]nelle exi/5ce app>ti5t sa nature1 que je connois que t\t ce que je puis dmontr] de quelque figure1 ou de quelque nombre1 app>ti5t vritablem5t la nature de cette figure ou de ce nombre2 et p>tant1 encore que t\t ce que j'ai conclu dans les mditations prcd5tes ne se tr\vt po9t vritable1 l'exi/5ce de ,dieu devroit pass] en mon esprit au mo9s p\r aussi c]ta9e que j'ai e/im jusques ici t\tes les vrits des ma?matiques1 qui ne reg>d5t que les nombres et les figures3 bi5 qu' la vrit1 cela ne p>oisse pas d'abord entirem5t manife/e1 mais semble avoir quelque app>5ce de sophisme4 ,c> ayant acc\tum dans t\tes les autres *oses de faire di/9ction entre l'exi/5ce et l'ess5ce1 je me p]suade aism5t que l'exi/5ce peut tre sp>e de l'ess5ce de ,dieu1 et qu'a9si on peut concevoir ,dieu comme n'tant pas actuellem5t4 ,mais nanmo9s1 lorsque j'y p5se avec plus d'att5tion1 je tr\ve manife/em5t que l'exi/5ce ne peut non plus tre sp>e de l'ess5ce de ,dieu1 que de l'ess5ce d'un triangle rectiligne la gr&eur de ses trois angles gaux deux droits1 ou bi5 de l'ide d'une montagne l'ide d'une valle2 en sorte qu'il n'y a pas mo9s de rpugnance de concevoir un ,dieu1 c'e/--dire un tre s\v]a9em5t p>fait1 auquel manque l'exi/5ce1 c'e/--dire auquel manque quelque p]fection1 que de concevoir une montagne qui n'ait po9t de valle4 ,mais encore qu'en effet je ne puisse pas concevoir un ,dieu sans exi/5ce1 non plus qu'une montagne sans valle2 t\tefois1 comme de cela seul que je conois une montagne avec une valle1 il ne s'ensuit pas qu'il y ait aucune montagne dans le monde1 de mme aussi1 quoique je conoive ,dieu comme exi/ant1 il ne s'ensuit pas ce semble p\r cela que ,dieu exi/e3 c> ma p5se n'impose aucune ncessit aux *oses2 et comme il ne ti5t qu' moi d'imag9] un *eval ail1 encore qu'il n'y en ait aucun qui ait des ailes1 a9si je p\rrois peut-tre attribu] l'exi/5ce ,dieu1 encore qu'il n'y et aucun ,dieu qui exi/t4 ,tant s'en faut1 c'e/ ici qu'il y a un sophisme ca* s\s l'app>5ce de cette objection3 c> de ce que je ne puis concevoir une montagne sans une valle1 il ne s'ensuit pas qu'il y ait au monde aucune montagne ni aucune valle1 mais seulem5t que la montagne et la valle1 soit qu'il y en ait1 soit qu'il n'y en ait po9t1 sont insp>ables l'une de l'autre2 au lieu que de cela seul que je ne puis concevoir ,dieu que comme exi/ant1 il s'ensuit que l'exi/5ce e/ insp>able de lui1 et p>tant qu'il exi/e vritablem5t3 non que ma p5se puisse faire que cela soit1 ou qu'elle impose aux *oses aucune ncessit2 mais1 au contraire1 la ncessit qui e/ en la *ose mme1 c'e/--dire la ncessit de l'exi/5ce de ,dieu1 me dt]m9e avoir cette p5se4 ,c> il n'e/ pas en ma lib]t de concevoir un ,dieu sans exi/5ce1 c'e/--dire un tre s\v]a9em5t p>fait sans une s\v]a9e p]fection1 comme il m'e/ libre d'imag9] un *eval sans ailes ou avec des ailes4 ,et l'on ne doit pas aussi dire ici qu'il e/ la vrit ncessaire que j'av\e que ,dieu exi/e1 aprs que j'ai suppos qu'il possde t\tes sortes de p]fections1 puisque l'exi/5ce en e/ une1 mais que ma premire supposition n'toit pas ncessaire2 non plus qu'il n'e/ po9t ncessaire de p5s] que t\tes les figures de quatre cts se peuv5t inscrire dans le c]cle1 mais que1 supposant que j'aie cette p5se1 je suis contra9t d'av\] que le rhombe y peut tre inscrit1 puisque c'e/ une figure de quatre cts1 et a9si je s]ai contra9t d'av\] une *ose fausse4 ,on ne doit po9t1 dis-je1 allgu] cela3 c> encore qu'il ne soit pas ncessaire que je tombe jamais dans aucune p5se de ,dieu1 nanmo9s1 t\tes les fois qu'il m'arrive de p5s] un tre premi] et s\v]a91 et de tir]1 p\r a9si dire1 son ide du trsor de mon esprit1 il e/ ncessaire que je lui attribue t\tes sortes de p]fections1 quoique je ne vi5ne pas les nombr] t\tes1 et appliqu] mon att5tion sur *acune d'elles en p>ticuli]4 ,et cette ncessit e/ suffisante p\r faire que p> aprs 7sitt que je vi5s reconnotre que l'exi/5ce e/ une p]fection7 je conclus =t bi5 que cet tre premi] et s\v]a9 exi/e3 de mme qu'il n'e/ pas ncessaire que j'imag9e jamais aucun triangle2 mais t\tes les fois que je veux considr] une figure rectiligne1 compose seulem5t de trois angles1 il e/ absolum5t ncessaire que je lui attribue t\tes les *oses qui s]v5t conclure que ces trois angles ne sont pas plus gr&s que deux droits1 encore que peut-tre je ne considre pas alors cela en p>ticuli]4 ,mais qu& j'exam9e quelles figures sont capables d'tre inscrites dans le c]cle1 il n'e/ en aucune faon ncessaire que je p5se que t\tes les figures de quatre cts sont de ce nombre2 au contraire1 je ne puis pas mme fe9dre que cela soit1 tant que je ne v\drai ri5 recevoir en ma p5se que ce que je p\rrai concevoir clairem5t et di/9ctem5t4 ,et p> consqu5t il y a une gr&e diffr5ce entre les fausses suppositions1 comme e/ celle-ci1 et les vritables ides qui sont nes avec moi1 dont la premire et pr9cipale e/ celle de ,dieu4 ,c> en effet je reconnois en plusieurs faons que cette ide n'e/ po9t quelque *ose de fe9t ou d'inv5t1 dp5dant seulem5t de ma p5se1 mais que c'e/ l'image d'une vraie et immuable nature3 premirem5t1 cause que je ne saurois concevoir autre *ose que ,dieu seul1 l'ess5ce de laquelle l'exi/5ce app>ti5ne avec ncessit3 puis aussi1 p\rce qu'il ne m'e/ pas possible de concevoir deux ou plusieurs dieux tels que lui2 et1 pos qu'il y en ait un ma9t5ant qui exi/e1 je vois clairem5t qu'il e/ ncessaire qu'il ait t aup>avant de t\te t]nit1 et qu'il soit t]nellem5t l'av5ir3 et enf91 p>ceque je conois plusieurs autres *oses en ,dieu o je ne puis ri5 dim9u] ni *ang]4 ,au re/e1 de quelque preuve et argum5t que je me s]ve1 il en faut t\j\rs rev5ir l1 qu'il n'y a que les *oses que je conois clairem5t et di/9ctem5t1 qui ai5t la =ce de me p]suad] entirem5t4 ,et quoique entre les *oses que je conois de cette sorte1 il y en ait la vrit quelques unes manife/em5t connues d'un *acun1 et qu'il y en ait d'autres aussi qui ne se dc\vr5t qu' ceux qui les considr5t de plus prs et qui les exam95t plus exactem5t1 t\tefois aprs qu'elles sont une fois dc\v]tes1 elles ne sont pas e/imes mo9s c]ta9es les unes que les autres4 ,comme1 p> exemple1 en t\t triangle rectangle1 encore qu'il ne p>oisse pas d'abord si facilem5t que le c>r de la base e/ gal aux c>rs des deux autres cts1 comme il e/ vid5t que cette base e/ oppose au plus gr& angle1 nanmo9s1 depuis que cela a t une fois reconnu1 on e/ autant p]suad de la vrit de l'un que de l'autre4 ,et p\r ce qui e/ de ,dieu1 c]tes si mon esprit n'toit prv5u d'aucuns prjugs1 et que ma p5se ne se tr\vt po9t div]tie p> la prs5ce cont9uelle des images des *oses s5sibles1 il n'y auroit aucune *ose que je connusse plus tt ni plus facilem5t que lui4 ,c> y a-t-il ri5 de soi plus clair et plus manife/e que de p5s] qu'il y a un ,dieu1 c'e/--dire un tre s\v]a9 et p>fait1 en l'ide duquel seul l'exi/5ce ncessaire ou t]nelle e/ comprise1 et p> consqu5t qui exi/e8 ,et quoique1 p\r bi5 concevoir cette vrit1 j'aie eu beso9 d'une gr&e application d'esprit1 t\tefois prs5t je ne m'en ti5s pas seulem5t aussi assur que de t\t ce qui me semble le plus c]ta93 mais outre cela je rem>que que la c]titude de t\tes les autres *oses en dp5d si absolum5t1 que sans cette connoissance il e/ impossible de p\voir jamais ri5 savoir p>faitem5t4 ,c> encore que je sois d'une telle nature que1 ds aussitt que je compr5ds quelque *ose =t clairem5t et =t di/9ctem5t1 je ne puis m'emp*] de la croire vraie2 nanmo9s1 p>ceque je suis aussi d'une telle nature que je ne puis pas avoir l'esprit cont9uellem5t atta* une mme *ose1 et que s\v5t je me ress\vi5s d'avoir jug une *ose tre vraie1 lorsque je cesse de considr] les raisons qui m'ont oblig la jug] telle1 il peut arriv] p5dant ce temps-l que d'autres raisons se prs5t5t moi1 lesquelles me f]oi5t aism5t *ang] d'op9ion1 si j'ignorois qu'il y et un ,dieu2 et a9si je n'aurois jamais une vraie et c]ta9e sci5ce d'aucune *ose que ce soit1 mais seulem5t de vagues et incon/antes op9ions4 ,comme1 p> exemple1 lorsque je considre la nature du triangle rectiligne1 je connois videmm5t1 moi qui suis un peu v]s dans la gomtrie1 que ses trois angles sont gaux deux droits2 et il ne m'e/ pas possible de ne le po9t croire1 p5dant que j'applique ma p5se sa dmon/ration3 mais aussitt que je l'en dt\rne1 encore que je me ress\vi5ne de l'avoir clairem5t comprise1 t\tefois il se peut faire aism5t que je d\te de sa vrit1 si j'ignore qu'il y ait un ,dieu2 c> je puis me p]suad] d'avoir t fait tel p> la nature1 que je me puisse aism5t tromp]1 mme dans les *oses que je crois compr5dre avec le plus d'vid5ce et de c]titude2 vu pr9cipalem5t que je me ress\vi5s d'avoir s\v5t e/im beauc\p de *oses p\r vraies et c]ta9es1 lesquelles d'autres raisons m'ont p> aprs port jug] absolum5t fausses4 ,mais aprs avoir reconnu qu'il y a un ,dieu2 p\rce qu'en mme temps j'ai reconnu aussi que t\tes *oses dp5d5t de lui1 et qu'il n'e/ po9t trompeur1 et qu'ensuite de cela j'ai jug que t\t ce que je conois clairem5t et di/9ctem5t ne peut manqu] d'tre vrai2 encore que je ne p5se plus aux raisons p\r lesquelles j'ai jug cela tre vritable1 p\rvu seulem5t que je me ress\vi5ne de l'avoir clairem5t et di/9ctem5t compris1 on ne me peut apport] aucune raison contraire qui me le fasse jamais rvoqu] en d\te2 et a9si j'en ai une vraie et c]ta9e sci5ce4 ,et cette mme sci5ce s't5d aussi t\tes les autres *oses que je me ress\vi5s d'avoir autrefois dmontres1 comme aux vrits de la gomtrie1 et autres semblables3 c> qu'e/-ce que l'on me peut object] p\r m'oblig] les rvoqu] en d\te8 ,s]a-ce que ma nature e/ telle que je suis =t sujet me mpr5dre8 ,mais je sais dj que je ne puis me tromp] dans les jugem5ts dont je connois clairem5t les raisons4 ,s]a-ce que j'ai e/im autrefois beauc\p de *oses p\r vraies et p\r c]ta9es1 que j'ai reconnues p> aprs tre fausses8 ,mais je n'avois connu clairem5t ni di/9ctem5t aucunes de ces *oses-l1 et ne sa*ant po9t encore cette rgle p> laquelle je m'assure de la vrit1 j'avois t port les croire1 p> des raisons que j'ai reconnues depuis tre mo9s =tes que je ne me les tois p\r lors imag9es4 ,que me p\rra-t-on donc object] davantage8 ,s]a-ce que peut-tre je dors 7comme je me l'tois moi-mme object ci-devant71 ou bi5 que t\tes les p5ses que j'ai ma9t5ant ne soit pas plus vraies que les rv]ies que n\s imag9ons tant endormis8 ,mais1 qu& bi5 mme je dormirois1 t\t ce qui se prs5te mon esprit avec vid5ce e/ absolum5t vritable4 ,et a9si je reconnois trs clairem5t que la c]titude et la vrit de t\te sci5ce dp5d de la seule connoissance du vrai ,dieu3 en sorte qu'avant que je le connusse je ne p\vois savoir p>faitem5t aucune autre *ose4 ,et prs5t que je le connois1 j'ai le moy5 d'acqurir une sci5ce p>faite t\*ant une inf9it de *oses1 non seulem5t de celles qui sont en lui1 mais aussi de celles qui app>ti5n5t la nature corporelle1 en tant qu'elle peut s]vir d'objet aux dmon/rations des gomtres1 lesquels n'ont po9t d'g>d son exi/5ce4 ,,m$itation ,,sixi,,me4 ,,de ,l',,exi/5ce ,,des ,,*oses ,,mat,,rielles1 ,,et ,,de ,,la ,,di/9ction ,r,,elle ,,entre ,l',,ame ,,et ,,le ,,corps ,,de ,l',,homme4 ,il ne me re/e plus ma9t5ant qu' exam9] s'il y a des *oses matrielles3 et c]tes1 au mo9s sais-je dj qu'il y en peut avoir1 en tant qu'on les considre comme l'objet des dmon/rations de gomtrie1 vu que de cette faon je les conois =t clairem5t et =t di/9ctem5t4 ,c> il n'y a po9t de d\te que ,dieu n'ait la puissance de produire t\tes les *oses que je suis capable de concevoir avec di/9ction2 et je n'ai jamais jug qu'il lui ft impossible de faire quelque *ose1 que p> cela seul que je tr\vois de la contradiction la p\voir bi5 concevoir4 ,de plus1 la facult d'imag9] qui e/ en moi1 et de laquelle je vois p> expri5ce que je me s]s lorsque je m'applique la considration des *oses matrielles1 e/ capable de me p]suad] leur exi/5ce3 c>1 qu& je considre att5tivem5t ce que c'e/ que l'imag9ation1 je tr\ve qu'elle n'e/ autre *ose qu'une c]ta9e application de la facult qui connot1 au corps qui lui e/ intimem5t prs5t1 et p>tant qui exi/e4 ,et p\r r5dre cela trs manife/e1 je rem>que premirem5t la diffr5ce qui e/ entre l'imag9ation et l pure intellection ou conception4 ,p> exemple1 lorsque j'imag9e un triangle1 non seulem5t je conois que c'e/ une figure compose de trois lignes1 mais avec cela j'envisage ces trois lignes comme prs5tes p> la =ce et l'application intrieure de mon esprit2 et c'e/ proprem5t ce que j'appelle imag9]4 ,que si je veux p5s] un *iliogone1 je conois bi5 la vrit que c'e/ une figure compose de mille cts aussi facilem5t que je conois qu'un triangle e/ une figure compose de trois cts seulem5t2 mais je ne puis pas imag9] les mille cts d'un *iliogone comme je fais les trois d'un triangle1 ni p\r a9si dire les reg>d] comme prs5ts avec les yeux de mon esprit4 ,et quoique1 suivant la c\tume que j'ai de me s]vir t\j\rs de mon imag9ation lorsque je p5se aux *oses corporelles1 il arrive qu'en concevant un *iliogone je me reprs5te confusm5t quelque figure1 t\tefois il e/ trs vid5t que cette figure n'e/ po9t un *iliogone1 puisqu'elle ne diffre nullem5t de celle que je me reprs5t]ois1 si je p5sois un myriogone ou quelque autre figure de beauc\p de cts2 et qu'elle ne s]t en aucune faon dc\vrir les proprits qui font la diffr5ce du *iliogone d'avec les autres polygones4 ,que s'il e/ "q de considr] un p5tagone1 il e/ bi5 vrai que je puis concevoir sa figure1 aussi bi5 que celle d'un *iliogone1 sans le sec\rs de l'imag9ation2 mais je la puis aussi imag9] en appliquant l'att5tion de mon esprit *acun de ses c9q cts1 et t\t ensemble l'aire ou l'espace qu'ils r5f]m5t4 ,a9si1 je connois clairem5t que j'ai beso9 d'une p>ticulire cont5tion d'esprit p\r imag9]1 de laquelle je ne me s]s po9t p\r concevoir on p\r ent5dre2 et cette p>ticulire cont5tion d'esprit montre videmm5t la diffr5ce qui e/ entre l'imag9ation et l'intellection ou conception pure4 ,je rem>que outre cela que cette v]tu d'imag9] qui e/ en moi1 en tant qu'elle diffre de la puissance de concevoir1 n'e/ en aucune faon ncessaire ma nature ou mon ess5ce1 c'e/--dire l'ess5ce de mon esprit2 c>1 encore que je ne l'eusse po9t1 il e/ sans d\te que je demeur]ois t\j\rs le mme que je suis ma9t5ant3 d'o il semble que l'on puisse conclure qu'elle dp5d de quelque *ose qui diffre de mon esprit4 ,et je conois facilem5t que1 si quelque corps exi/e auquel mon esprit soit tellem5t conjo9t et uni qu'il se puisse appliqu] le considr] qu& il lui plat1 il se peut faire que p> ce moy5 il imag9e les *oses corporelles2 en sorte que cette faon de p5s] diffre seulem5t de la pure intellection en ce que l'esprit en concevant se t\rne en quelque faon v]s soi-mme1 et considre quelqu'une des ides qu'il a en soi2 mais en imag9ant il se t\rne v]s le corps1 et considre en lui quelque *ose de con=me l'ide qu'il a lui-mme =me ou qu'il a reue p> les s5s4 ,je conois1 dis-je1 aism5t que l'imag9ation se peut faire de cette sorte1 s'il e/ vrai qu'il y ait des corps2 et1 p>ceque je ne puis r5contr] aucune autre voie p\r expliqu] comm5t elle se fait1 je conjecture de l probablem5t qu'il y en a3 mais ce n'e/ que probablem5t2 et1 quoique j'exam9e soigneusem5t t\tes *oses1 je ne tr\ve pas nanmo9s que1 de cette ide di/9cte de la nature corporelle que j'ai en mon imag9ation1 je puisse tir] aucun argum5t qui conclue avec ncessit l'exi/5ce de quelque corps4 ,or j'ai acc\tum d'imag9] beauc\p d'autres *oses outre cette nature corporelle qui e/ l'objet de la gomtrie1 savoir les c\leurs1 les sons1 les saveurs1 la d\leur1 et autres *oses semblables1 quoique mo9s di/9ctem5t2 et d'autant que j'ap]ois beauc\p mieux ces *oses-l p> les s5s1 p> l'entremise desquels et de la mmoire1 elles sembl5t tre p>v5ues jusqu' mon imag9ation1 je crois que1 p\r les exam9] plus commodm5t1 il e/ propos que j'exam9e en mme temps ce que c'e/ que s5tir1 et que je voie si de ces ides que je reois eu mon esprit p> cette faon de p5s] que j'appelle s5tir1 je ne p\rrai po9t tir] quelque preuve c]ta9e de l'exi/5ce des *oses corporelles4 ,et premirem5t1 je rappell]ai en ma mmoire quelles sont les *oses que j'ai ci-devant t5ues p\r vraies1 comme les ayant reues p> les s5s1 et sur quels fondem5ts ma crance toit appuye2 aprs1 j'exam9]ai les raisons qui m'ont oblig depuis les rvoqu] en d\te2 et enf91 je considr]ai ce que j'en dois ma9t5ant croire4 ,premirem5t donc j'ai s5ti que j'avois une tte1 des ma9s1 des pi$s1 et t\s les autres membres dont e/ compos ce corps que je considrois comme une p>tie de moi-mme ou peut-tre aussi comme le t\t3 de plus1 j'ai s5ti que ce corps toit plac entre beauc\p d'autres1 desquels il toit capable de recevoir div]ses commodits et incommodits1 et je rem>quois ces commodits p> un c]ta9 s5tim5t de plaisir ou de volupt1 et ces incommodits p> un s5tim5t de d\leur4 ,et1 outre ce plaisir et cette d\leur1 je ress5tois aussi en moi la faim1 la soif1 et d'autres semblables apptits2 comme aussi de c]ta9es incl9ations corporelles v]s la joie1 la tri/esse1 la colre1 et autres semblables passions4 ,et au dehors1 outre l'ext5sion1 les figures1 les m\vem5ts des corps1 je rem>quois en eux de la duret1 de la *aleur1 et t\tes les autres qualits qui tomb5t s\s l'att\*em5t2 de plus1 j'y rem>quois de la lumire1 des c\leurs1 des odeurs1 des saveurs et des sons1 dont la v>it me donnait moy5 de di/+u] le ciel1 la t]re1 la m]1 et gnralem5t t\s les autres corps les uns d'avec les autres4 ,et c]tes1 considrant les ides de t\tes ces qualits qui se prs5toi5t ma p5se1 et lesquelles seules je s5tois proprem5t et immdiatem5t1 ce n'toit pas sans raison que je croyois s5tir des *oses entirem5t diffr5tes de ma p5se1 savoir des corps d'o procdoi5t ces ides3 c> j'exprim5tois qu'elles se prs5toi5t elle sans que mon cons5tem5t y ft requis1 en sorte que je ne p\vois s5tir aucun objet1 quelque volont que j'en eusse1 s'il ne se tr\voit prs5t l'organe d'un de mes s5s2 et il n'toit nullem5t en mon p\voir de ne le pas s5tir lorsqu'il s'y tr\voit prs5t4 ,et p>ce que les ides que je recevois p> les s5s toi5t beauc\p plus vives1 plus expresses1 et mme leur faon plus di/9ctes qu'aucunes de celles que je p\vois fe9dre de moi-mme en mditant1 ou bi5 que je tr\vois imprimes en ma mmoire1 il sembloit qu'elles ne p\voi5t procd] de mon esprit2 de faon qu'il toit ncessaire qu'elles fuss5t causes en moi p> quelques autres *oses4 ,desquelles *oses n'ayant aucune connoissance1 s9on celle que me donnoi5t ces mmes ides1 il ne me p\voit v5ir autre *ose en l'esprit1 s9on que ces *oses-l tai5t semblables aux ides qu'elles causoi5t4 ,et p\rce que je me ress\v5ois aussi que je m'tois plutt s]vi des s5s que de ma raison1 et que je reeonnoissois que les ides que je =mois de moi-mme n'toi5t pas si expresses que celles que je recevois p> les s5s1 et mme qu'elles toi5t le plus s\v5t composes des p>ties de celles-ci1 je me p]suadois aism5t que je n'avois aucune ide dans mon esprit qui n'et pass aup>avant p> mes s5s4 ,ce n'toit pas aussi sans quelque raison que je croyois que ce corps1 lequel p> un c]ta9 droit p>ticuli] j'appelois mi51 m'app>t5oit plus proprem5t et plus troitem5t que pas un autre2 c> en effet je n'en p\vois jamais tre sp> comme des autres corps3 je ress5tois en lui et p\r lui t\s mes apptits et t\tes mes affections2 et enf9 j'tois t\* des s5tim5ts de plaisir et de d\leur en ses p>ties1 et non pas en celles des autres corps1 qui en sont sp>s4 ,mais qu& j'exam9ois p\rquoi de ce je ne sais quel s5tim5t de d\leur suit la tri/esse en l'esprit1 et du s5tim5t de plaisir nait la joie1 ou bi5 p\rquoi cette je ne sais quelle motion de l'e/omac1 que j'appelle faim1 n\s fait avoir envie de mang]1 et la s*]esse du gosi] n\s fait avoir envie de boire1 et a9si du re/e1 je n'en p\vois r5dre aucune raison1 s9on que la nature me l'enseignoit de la sorte2 c> il n'y a c]tes aucune aff9it ni aucun rapport1 au mo9s que je puisse compr5dre1 entre cette motion de l'e/omac et le dsir de mang]1 non plus qu'entre le s5tim5t de la *ose qui cause de la d\leur1 et la p5se de tri/esse que fait natre ce s5tim5t4 ,et1 en mme faon1 il me sembloit que j'avois appris de la nature t\tes les autres *oses que je jugeois t\*ant les objets de mes s5s2 p\rce que je rem>quois que les jugem5ts que j'avois c\tume de faire de ces objets se =moi5t en moi avant que j'eusse le loisir de pes] et considr] aucunes raisons qui me puss5t oblig] les faire4 ,mais p> aprs1 plusieurs expri5ces ont peu peu ru9 t\te la crance que j'avois aj\te mes s5s3 c> j'ai obs]v plusieurs fois que des t\rs1 qui de lo9 m'avoi5t sembl rondes1 me p>oissoi5t de prs tre c>res1 et que des colosses levs sur les plus hauts sommets de ces t\rs me p>oissoi5t de petites /atues les reg>d] d'en bas2 et a9si1 dans une inf9it d'autres r5contres1 j'ai tr\v de l'erreur dans les jugem5ts fonds sur les s5s extrieurs2 et non pas seulem5t sur les s5s extrieurs1 mais mme sur les intrieurs3 c> y a-t-il *ose plus intime ou plus intrieure que la d\leur8 et cep5dant j'ai autrefois appris de quelques p]sonnes qui avoi5t les bras et les jambes c\pes1 qu'il leur sembloit encore quelquefois s5tir de la d\leur dans la p>tie qu'ils n'avoi5t plus2 ce qui me donnoit sujet de p5s] que je ne p\vois aussi tre entirem5t assur d'avoir mal quelqu'un de mes membres1 quoique je s5tisse en lui de la d\leur4 ,et ces raisons de d\t] j'en ai encore aj\t depuis peu deux autres =t gnrales3 la premire e/ que je n'ai jamais ri5 cru s5tir tant veill que je ne puisse quelquefois croire aussi s5tir qu& je dors2 et comme je ne crois pas que les *oses qu'il me semble que je s5s en dormant procd5t de quelques objets hors de moi1 je ne voyois pas p\rquoi je devois plutt avoir cette crance t\*ant celles qu'il me semble que je s5s tant veill3 et la seconde1 que1 ne connoissant pas encore ou plutt feignant de ne pas connotre l'auteur du mon tre1 je ne voyois ri5 qui put emp*] que je n'eusse t fait tel p> la nature1 que je me trompasse mme dans les *oses qui me p>oissoi5t les plus vritables4 ,et1 p\r les raisons qui m'avoi5t ci-devant p]suad la vrit des *oses s5sibles1 je n'avois pas beauc\p de pe9e y rpondre2 c> la nature semblant me port] beauc\p de *oses dont la raison me dt\rnoit1 je ne croyois pas me devoir confi] beauc\p aux enseignem5ts de cette nature4 ,et quoique les ides que je reois p> les s5s ne dp5d5t po9t de ma volont1 je ne p5sois pas devoir p\r cela conclure qu'elles procdoi5t de *oses diffr5tes de moi1 puisque peut-tre il se peut r5contr] en moi quelque facult1 bi5 qu'elle m'ait t jusques ici inconnue1 qui en soit la cause et qui les produise4 ,mais ma9t5ant que je comm5ce me mieux connotre moi-mme et dc\vrir plus clairem5t l'auteur de mon orig9e1 je ne p5se pas la vrit que je doive tmrairem5t admettre t\tes les *oses que les s5s sembl5t n\s enseign]1 mais je ne p5se pas aussi que je les doive t\tes gnralem5t rvoqu] en d\te4 ,et premirem5t1 p\rce que je sais que t\tes les *oses que je conois clairem5t et di/9ctem5t peuv5t tre produites p> ,dieu telles que je les conois1 il suffit que je puisse concevoir clairem5t et di/9ctem5t une *ose sans une autre1 p\r tre c]ta9 que l'une e/ di/9cte ou diffr5te de l'autre1 p>ce qu'elles peuv5t tre mises sp>m5t1 au mo9s p> la t\te-puissance de ,dieu2 et il n'importe p> quelle puissance cette sp>ation se fasse p\r tre oblig les jug] diffr5tes3 et p>tant1 de cela mme que je connois avec c]titude que j'exi/e1 et que cep5dant je ne rem>que po9t qu'il app>ti5ne ncessairem5t aucune autre *ose ma nature ou mon ess5ce s9on que je suis une *ose qui p5se1 je conclus =t bi5 que mon ess5ce consi/e en cela seul que je suis une *ose qui p5se1 ou une sub/ance dont t\te l'ess5ce ou la nature n'e/ que de p5s]4 ,et quoique peut-tre1 ou plutt c]ta9em5t1 comme je le dirai tantt1 j'aie un corps auquel je suis trs troitem5t conjo9t2 nanmo9s1 p\rce que d'un cot j'ai une claire et di/9cte ide de moi-mme1 en tant que je suis seulem5t une *ose qui p5se et non t5due1 et que d'un autre j'ai une ide di/9cte du corps1 en tant qu'il e/ seulem5t une *ose t5due et qui ne p5se po9t1 il e/ c]ta9 que moi1 c'e/--dire mon me1 p> laquelle je suis ce que je suis1 e/ entirem5t et vritablem5t di/9cte de mon corps1 et qu'elle peut tre ou exi/] sans lui4 ,de plus1 je tr\ve en moi div]ses facults de p5s] qui ont *acune leur manire p>ticulire2 p> exemple1 je tr\ve en moi les facults d'imag9] et de s5tir1 sans lesquelles je puis bi5 me concevoir clairem5t et di/9ctem5t t\t enti]1 mais non pas rciproquem5t elles sans moi1 c'e/--dire sans une sub/ance intellig5te qui elles soi5t atta*es ou qui elles app>ti5n5t2 c>1 dans la notion que n\s avons de ces facults1 ou1 p\r me s]vir des t]mes de l'cole1 dans leur concept =mel1 elles enf]m5t quelque sorte d'intellection3 d'o je conois qu'elles sont di/9ctes de moi comme les modes le sont des *oses4 ,je connois aussi quelques autres facults1 comme celles de *ang] de lieu1 de pr5dre div]ses situations1 et autres semblables1 qui ne peuv5t tre conues1 non plus que les prcd5tes1 sans quelque sub/ance qui elles soi5t atta*es1 ni p> consqu5t exi/] sans elle2 mais il e/ trs vid5t que ces facults1 s'il e/ vrai qu'elles exi/5t1 doiv5t app>t5ir quelque sub/ance corporelle ou t5due1 et non pas une sub/ance intellig5te1 puisque dans leur concept clair et di/9ct1 il y a bi5 quelque sorte d'ext5sion qui se tr\ve cont5ue1 mais po9t du t\t d'intellig5ce4 ,de plus1 je ne puis d\t] qu'il n'y ait en moi une c]ta9e facult passive de s5tir1 c'e/--dire de recevoir et de connotre les ides des *oses s5sibles2 mais elle me s]oit inutile1 et je ne m'en p\rrois aucunem5t s]vir1 s'il n'y avoit aussi en moi1 ou en quelque autre *ose1 une autre facult active1 capable de =m] et produire ces ides4 ,or1 cette facult active ne peut tre en moi en tant que je ne suis qu'une *ose qui p5se1 vu qu'elle ne prsuppose po9t ma p5se1 et aussi que ces ides-l me sont s\v5t reprs5tes sans que j'y contribue en aucune faon1 et mme s\v5t contre mon gr2 il faut donc ncessairem5t qu'elle soit en quelque sub/ance diffr5te de moi1 dans laquelle t\te la ralit1 qui e/ objectivem5t dans les ides qui sont produites p> cette facult1 soit cont5ue =mellem5t ou m9emm5t1 comme je l'ai rem>qu ci-devant3 et cette sub/ance e/ ou un corps1 c'e/--dire une nature corporelle1 dans laquelle e/ cont5u =mellem5t et en effet t\t ce qui e/ effectivem5t et p> reprs5tation dans ces ides2 ou bi5 c'e/ ,dieu mme1 ou quelque autre crature plus noble que le corps4 dans laquelle cela mme e/ cont5u m9emm5t4 ,or1 ,dieu n'tant po9t trompeur1 il e/ trs manife/e qu'il ne m'envoie po9t ces ides immdiatem5t p> lui-mme1 ni aussi p> l'entremise de quelque crature dans laquelle leur ralit ne soit pas cont5ue =mellem5t1 mais seulem5t m9emm5t4 ,c> ne m'ayant donn aucune facult p\r connotre que cela soit1 mais au contraire une trs gr&e incl9ation croire qu'elles p>t5t des *oses corporelles1 je ne vois pas comm5t on p\rroit l'excus] de tromp]ie1 si en effet ces ides p>toi5t d'ailleurs1 ou toi5t produites p> d'autres causes que p> des *oses corporelles3 et p>tant il faut conclure qu'il y a des *oses corporelles qui exi/5t4 ,t\tefois elles ne sont peut-tre pas entirem5t telles que n\s les ap]cevons p> les s5s1 c> il y a bi5 des *oses qui r5d5t cette p]ception des s5s =t obscure et confuse2 mais au mo9s faut-il av\] que t\tes les *oses que je conois clairem5t et di/9ctem5t1 c'e/--dire t\tes les *oses1 gnralem5t p>lant1 qui sont comprises dans l'objet de la gomtrie spculative1 s'y r5contr5t vritablem5t4 ,mais p\r ce qui e/ des autres *oses1 lesquelles ou sont seulem5t p>ticulires1 p> exemple que le soleil soit de telle gr&eur et de telle figure1 etc42 ou bi5 sont conues mo9s clairem5t et mo9s di/9ctem5t1 comme la lumire1 le son1 la d\leur1 et autres semblables1 il e/ c]ta9 qu'encore qu'elles soi5t =t d\teuses et inc]ta9es1 t\tefois de cela seul que ,dieu n'e/ po9t trompeur1 et que p> consqu5t il n'a po9t p]mis qu'il pt y avoir aucune fausset dans mes op9ions qu'il ne m'ait aussi donn quelque facult capable de la corrig]1 je crois p\voir conclure assurm5t que j'ai en moi les moy5s de les connotre avec c]titude4 ,et premirem5t1 il n'y a po9t de d\te que t\t ce que la nature m'enseigne conti5t quelque vrit3 c> p> la nature1 considre en gnral1 je n'ent5ds ma9t5ant autre *ose que ,dieu mme1 ou bi5 l'ordre et la disposition que ,dieu a tablie dans les *oses cres2 et p> ma nature en p>ticuli]1 je n'ent5ds autre *ose que la complexion ou l'assemblage de t\tes les *oses que ,dieu m'a donnes4 ,or1 il n'y a ri5 que cette nature m'enseigne plus expressm5t ni plus s5siblem5t1 s9on que j'ai un corps qui e/ mal dispos qu& je s5s de la d\leur1 qui a beso9 de mang] ou de boire qu& j'ai les s5tim5ts de la faim ou de la soif1 etc4 ,et p>tant je ne dois aucunem5t d\t] qu'il n'y ait en cela quelque vrit4 ,la nature m'enseigne aussi p> ces s5tim5ts de d\leur1 de faim1 de soif1 etc41 que je ne suis pas seulem5t log dans mon corps a9si qu'un pilote en son navire1 mais outre cela que je lui suis conjo9t trs troitem5t1 et tellem5t confondu et ml que je compose comme un seul t\t avec lui4 ,c> si cela n'toit1 lorsque mon corps e/ bless1 je ne s5tirois pas p\r cela de la d\leur1 moi qui ne suis qu'une *ose qui p5se1 mais j'ap]cevrois cette blessure p> le seul ent5dem5t1 comme un pilote ap]oit p> la vue si quelque *ose se rompt dans son vaisseau4 ,et lorsque mon corps a beso9 de boire ou de mang]1 je connotrois simplem5t cela mme1 sans en tre av]ti p> des s5tim5ts confus de faim et de soif3 c> en effet t\s ces s5tim5ts de faim1 de soif1 de d\leur1 etc41 ne sont autre *ose que de c]ta9es faons confuses de p5s]1 qui provi5n5t et dp5d5t de l'union et comme du mlange de l'esprit avec le corps4 ,outre cela1 la nature m'enseigne que plusieurs autres corps exi/5t aut\r du mi51 desquels j'ai p\rsuivre les uns et fuir les autres ,et c]tes1 de ce que je s5s diffr5tes sortes de c\leurs1 d'odeurs1 de saveurs1 de sons1 de *aleur1 de duret1 etc41 je conclus =t bi5 qu'il y a dans les corps d'o procd5t t\tes ces div]ses p]ceptions des s5s1 quelques v>its qui leur rpond5t1 quoique peut-tre ces v>its ne leur soi5t po9t en effet semblables2 et de ce qu'entre ces div]ses p]ceptions des s5s1 les unes me sont agrables1 et les autres dsagrables1 il n'y a po9t de d\te que mon corps1 ou plutt moi-mme t\t enti]1 en tant que je suis compos de corps et d'me1 ne puisse recevoir div]ses commodits ou incommodits des autres corps qui l'environn5t4 ,mais il y a plusieurs autres *oses qu'il semble que la nature m'ait enseignes1 lesquelles t\tefois je n'ai pas vritablem5t apprises d'elle1 mais qui se sont introduites en mon esprit p> une c]ta9e c\tume que j'ai de jug] inconsidrm5t des *oses2 et a9si il peut aism5t arriv] qu'elles conti5n5t quelque fausset3 comme1 p> exemple1 l'op9ion que j'ai que t\t espace dans lequel il n'y a ri5 qui meuve et fasse impression sur mes s5s soit vide2 que dans un corps qui e/ *aud il y ait quelque *ose de semblable l'ide de la *aleur qui e/ en moi2 que dans un corps blanc ou noir il y ait la mme blan*eur ou noirceur que je s5s2 que dans un corps am] ou d\x il y ait le mme gt ou la mme saveur1 et a9si des autres2 que les a/res1 les t\rs1 et t\s les autres corps loigns1 soi5t de la mme figure et gr&eur qu'ils p>oiss5t de lo9 nos yeux1 etc4 ,mais af9 qu'il n'y ait ri5 en ceci que je ne conoive di/9ctem5t1 je dois prcism5t df9ir ce que j'ent5ds proprem5t lorsque je dis que la nature m'enseigne quelque *ose4 ,c> je pr5ds ici la nature eu une signification plus ress]re que lorsque je l'appelle un assemblage ou une complexion de t\tes les *oses que ,dieu m'a donnes2 vu que cet assemblage ou complexion compr5d beauc\p de *oses qui n'app>ti5n5t qu' l'esprit seul1 desquelles je n'ent5ds po9t ici p>l] en p>lant de la nature1 comme1 p> exemple1 la notion que j'ai de cette vrit1 que ce qui a une fois t fait ne peut plus n'avoir po9t t fait1 et une inf9it d'autres semblables1 que je connois p> la lumire naturelle sans l'aide du corps2 et qu'il en compr5d aussi plusieurs autres qui n'app>ti5n5t qu'au corps seul1 et ne sont po9t ici non plus cont5ues s\s le nom de nature1 comme la qualit qu'il a d'tre pesant1 et plusieurs autres semblables1 desquelles je ne p>le pas aussi1 mais seulem5t des *oses que ,dieu m'a donnes1 comme tant compos d'esprit et de corps4 ,or1 cette nature m'appr5d bi5 fuir les *oses qui caus5t en moi le s5tim5t de la d\leur1 et me port] v]s celles qui me font avoir quelque s5tim5t de plaisir2 mais je ne vois po9t qu'outre cela elle m'appr5ne que de ces div]ses p]ceptions des s5s1 n\s devions jamais ri5 conclure t\*ant les *oses qui sont hors de n\s1 sans que l'esprit les ait soigneusem5t et mrem5t exam9es2 c> c'e/1 ce me semble1 l'esprit seul1 et non po9t au compos de l'esprit et du corps1 qu'il app>ti5t de connotre la vrit de ces *oses-l4 ,a9si1 quoiqu'une toile ne fasse pas plus d'impression en mon oeil que le feu d'une *&elle1 il n'y a t\tefois en moi aucune facult relle ou naturelle qui me porte croire qu'elle n'e/ pas plus gr&e que ce feu1 mais je l'ai jug a9si ds mes premires annes sans aucun raisonnable fondem5t4 ,et quoiqu'en appro*ant du feu je s5te de la *aleur1 et mme que m'en appro*ant un peu trop prs je ress5te de la d\leur1 il n'y a t\tefois aucune raison qui me puisse p]suad] qu'il y a dans le feu quelque *ose de semblable cette *aleur1 non plus qu' cette d\leur2 mais seulem5t j'ai raison de croire qu'il y a quelque *ose en lui1 quelle qu'elle puisse tre1 qui excite eu moi ces s5tim5ts de *aleur ou de d\leur4 ,de mme aussi1 quoiqu'il y ait des espaces dans lesquels je ne tr\ve ri5 qui excite et meuve mes s5s1 je ne dois pas conclure p\r cela que ces espaces ne conti5n5t en eux aucun corps2 mais je vois que tant en ceci qu'en plusieurs autres *oses semblables1 j'ai acc\tum de p]v]tir et confondre l'ordre de la nature1 p>ceque ces s5tim5ts ou p]ceptions des s5s n'ayant t mises en moi que p\r signifi] mon esprit quelles *oses sont conv5ables ou nuisibles au compos dont il e/ p>tie1 et jusque l tant assez claires et assez di/9ctes1 je m'en s]s nanmo9s comme si elles toi5t des rgles trs c]ta9es1 p> lesquelles je pusse connotre immdiatem5t l'ess5ce et la nature des corps qui sont hors de moi1 de laquelle t\tefois elles ne me peuv5t ri5 enseign] que de =t obscur et confus4 ,mais j'ai dj ci-devant assez exam9 comm5t1 nonob/ant la s\v]a9e bont de ,dieu1 il arrive qu'il y ait de la fausset dans les jugem5ts que je fais en cette sorte4 ,il se prs5te seulem5t encore ici une difficult t\*ant les *oses que la nature m'enseigne devoir tre suivies ou vites1 et aussi t\*ant les s5tim5ts intrieurs qu'elle a mis en moi2 c> il me semble y avoir quelquefois rem>qu de l'erreur1 et a9si que je suis directem5t tromp p> ma nature3 comme1 p> exemple1 le gt agrable de quelque vi&e en laquelle on aura ml du poison peut m'invit] pr5dre ce poison1 et a9si me tromp]4 ,il e/ vrai t\tefois qu'en ceci la nature peut tre excuse1 c> elle me porte seulem5t dsir] la vi&e dans laquelle se r5contre une saveur agrable1 et non po9t dsir] le poison1 lequel lui e/ inconnu2 de faon que je ne puis conclure de ceci autre *ose s9on que ma nature ne connot pas entirem5t et univ]sellem5t t\tes *oses1 de quoi c]tes il n'y a pas lieu de s'tonn]1 puisque l'homme1 tant d'une nature f9ie1 ne peut aussi avoir qu'une connoissance d'une p]fection limite4 ,mais n\s n\s trompons aussi assez s\v5t1 mme dans les *oses auxquelles n\s sommes directem5t ports p> la nature1 comme il arrive aux malades1 lorsqu'ils dsir5t de boire ou de mang] des *oses qui leur peuv5t nuire4 ,on dira peut-tre ici que ce qui e/ cause qu'ils se tromp5t1 e/ que leur nature e/ corrompue mais cela n'te pas la difficult1 c> un homme malade n'e/ pas mo9s vritablem5t la crature de ,dieu qu'un homme qui e/ en ple9e sant2 et p>tant il rpugne autant la bont de ,dieu qu'il ait une nature trompeuse et fautive que l'autre4 ,et comme une horloge1 compose de r\es et de contrepoids1 n'obs]ve pas mo9s exactem5t t\tes les lois de la nature lorsqu'elle e/ mal faite et qu'elle ne montre pas bi5 les heures que lorsqu'elle satisfait entirem5t au dsir de l'ouvri]1 de mme aussi si je considre le corps de l'homme comme tant une ma*9e tellem5t btie et compose d'os1 de n]fs1 de muscles1 de ve9es1 de sang et de peau1 qu'encore bi5 qu'il n'y et en lui aucun esprit1 il ne laiss]oit pas de se m\voir en t\tes les mmes faons qu'il fait prs5t1 lorsqu'il ne se meut po9t p> la direction de sa volont1 ni p> consqu5t p> l'aide de l'esprit1 mais seulem5t p> la disposition de ses organes1 je reconnois facilem5t qu'il s]oit aussi naturel ce corps1 tant p> exemple hydropique1 de s\ffrir la s*]esse du gosi]1 qui a c\tume de port] l'esprit le s5tim5t de la soif1 et d'tre dispos p> cette s*]esse m\voir ses n]fs et ses autres p>ties en la faon qui e/ requise p\r boire1 et a9si d'augm5t] son mal et se nuire soi-mme1 qu'il lui e/ naturel1 lorsqu'il n'a aucune indisposition1 d'tre port boire p\r son utilit p> une semblable s*]esse de gosi]2 et quoique1 reg>dant l'usage auquel une horloge a t de/9e p> son ouvri]1 je puisse dire qu'elle se dt\rne de sa nature lorsqu'elle ne m>que pas bi5 les heures2 et qu'en mme faon1 considrant la ma*9e du corps huma9 comme ayant t =me de ,dieu p\r avoir en soi t\s les m\vem5ts qui ont c\tume d'y tre1 j'aie sujet de p5s] qu'elle ne suit pas l'ordre de sa nature qu& son gosi] e/ sec1 et que le boire nuit sa cons]vation2 je reconnois t\tefois que cette d]nire faon d'expliqu] la nature e/ beauc\p diffr5te de l'autre3 c> celle-ci n'e/ autre *ose qu'une c]ta9e dnom9ation extrieure1 laquelle dp5d entirem5t de ma p5se1 qui comp>e un homme malade et une horloge mal faite avec l'ide que j'ai d'un homme sa9 et d'une horloge bi5 faite1 et laquelle ne signifie ri5 qui se tr\ve1 en effet dans la *ose dont elle se dit2 au lieu que1 p> l'autre faon d'expliqu] la nature1 j'ent5ds quelque *ose qui se r5contre vritablem5t dans les *oses1 et p>tant qui n'e/ po9t sans quelque vrit4 ,mais c]tes1 quoique au reg>d d'un corps hydropique ce ne soit qu'une dnom9ation extrieure qu& on dit que sa nature e/ corrompue lorsque1 sans avoir beso9 de boire1 il ne laisse pas d'avoir le gosi] sec et aride1 t\tefois1 au reg>d de t\t le compos1 c'e/--dire de l'esprit1 ou de l'me unie au corps1 ce n'e/ pas une pure dnom9ation1 mais bi5 une vritable erreur de nature1 de ce qu'il a soif lorsqu'il lui e/ trs nuisible de boire2 et p>tant il re/e encore exam9] comm5t la bont de ,dieu n'emp*e pas que la nature de l'homme1 prise de cette sorte1 soit fautive et trompeuse4 ,p\r comm5c] donc cet exam51 je rem>que ici1 premirem5t1 qu'il y a une gr&e diffr5ce entre l'esprit et le corps1 en ce que le corps1 de sa nature1 e/ t\j\rs divisible1 et que l'esprit e/ entirem5t indivisible4 ,c>1 en effet1 qu& je le considre1 c'e/--dire qu& je me considre moi-mme1 en tant que je suis seulem5t une *ose qui p5se1 je ne puis di/+u] en moi aucunes p>ties1 mais je connois et conois =t clairem5t que je suis une *ose absolum5t une et entire4 ,et quoique t\t l'esprit semble tre uni t\t le corps1 t\tefois lorsqu'un pi$1 ou un bras1 ou quelque autre p>tie vi5t en tre sp>e1 je connois =t bi5 que ri5 p\r cela n'a t retran* de mon esprit4 ,et les facults de v\loir1 de s5tir1 de concevoir1 etc41 ne peuv5t pas non plus tre dites proprem5t ses p>ties3 c> c'e/ le mme esprit qui s'emploie t\t enti] v\loir1 et t\t enti] s5tir et concevoir1 etc4 ,mais c'e/ t\t le contraire dans les *oses corporelles ou t5dues3 c> je n'en puis imag9] aucune1 p\r petite qu'elle soit1 que je ne mette aism5t en pices p> ma p5se1 ou que mon esprit ne divise =t facilem5t en plusieurs p>ties1 et p> consqu5t que je ne connoisse tre divisible4 ,ce qui suffiroit p\r m'enseign] que l'esprit ou l'me de l'homme e/ entirem5t diffr5te du corps1 si je ne l'avois dj d'ailleurs assez appris4 ,je rem>que aussi que l'esprit ne reoit pas immdiatem5t l'impression de t\tes les p>ties du corps1 mais seulem5t du c]veau1 ou peut-tre mme d'une de ses plus petites p>ties1 savoir de celle o s'ex]ce cette facult qu'ils appell5t le s5s commun1 laquelle1 t\tes les fois qu'elle e/ dispose de mme faon1 fait s5tir la mme *ose l'esprit1 quoique cep5dant les autres p>ties du corps puiss5t tre div]sem5t disposes1 comme le tmoign5t une inf9it d'expri5ces1 lesquelles il n'e/ pas beso9 ici de rapport]4 ,je rem>que1 outre cela1 que la nature du corps e/ telle1 qu'aucune de ses p>ties ne peut tre mue p> une autre p>tie un peu loigne1 qu'elle ne le puisse tre aussi de la mme sorte p> *acune des p>ties qui sont entre deux1 quoique cette p>tie plus loigne n'agisse po9t4 ,comme1 p> exemple1 dans la corde ,a ,b ,c ,d1 qui e/ t\te t5due1 si l'on vi5t tir] et remu] la d]nire p>tie ,d1 la premire ,a ne s]a pas mue d'une autre faon qu'elle le p\rroit aussi tre si on tiroit une des p>ties moy5nes ,b ou ,c1 et que la d]nire ,d demeurt cep5dant immobile4 ,et en mme faon1 qu& je ress5s de la d\leur au pi$1 la physique m'appr5d que ce s5tim5t se communique p> le moy5 des n]fs disp]ss dans le pi$1 qui se tr\vant t5dus comme des cordes depuis l jusqu'au c]veau1 lorsqu'ils sont tirs dans le pi$1 tir5t aussi en mme temps l'endroit du c]veau d'o ils vi5n5t1 et auquel ils ab\tiss5t1 et y excit5t un c]ta9 m\vem5t que la nature a in/itu p\r faire s5tir de la d\leur l'esprit1 comme si cette d\leur toit dans le pi$2 mais p>ce que ces n]fs doiv5t pass] p> la jambe1 p> la cuisse1 p> les re9s1 p> le dos et p> le col1 p\r s't5dre depuis le pi$ jusqu'au c]veau1 il peut arriv] qu'encore bi5 que leurs extrmits qui sont dans le pi$ ne soi5t po9t remues1 mais seulem5t quelques unes de leurs p>ties qui pass5t p> les re9s ou p> le col1 cela nanmo9s excite les mmes m\vem5ts dans le c]veau qui p\rroi5t y tre excits p> une blessure reue dans le pi$2 ensuite de quoi il s]a ncessaire que l'esprit ress5te dans le pi$ la mme d\leur que s'il y avoit reu une blessure3 et il faut jug] le semblable de t\tes les autres p]ceptions de nos s5s4 ,enf91 je rem>que que1 puisque *acun des m\vem5ts qui se font dans la p>tie du c]veau dont l'esprit reoit immdiatem5t l'impression1 ne lui fait ress5tir qu'un seul s5tim5t1 on ne peut en cela s\hait] ni imag9] ri5 de mieux1 s9on que ce m\vem5t fasse ress5tir l'esprit1 entre t\s les s5tim5ts qu'il e/ capable de caus]1 celui qui e/ le plus propre et le plus ord9airem5t utile la cons]vation du corps huma9 lorsqu'il e/ en ple9e sant4 ,or l'expri5ce n\s fait connotre que t\s les s5tim5ts que la nature n\s a donns sont tels que je vi5s de dire2 et p>tant il ne se tr\ve ri5 en eux qui ne fasse p>otre la puissance et la bont de ,dieu4 ,a9si1 p> exemple1 lorsque les n]fs qui sont dans le pi$ sont remus =tem5t et plus qu' l'ord9aire1 leur m\vem5t passant p> la moelle de l'p9e du dos jusqu'au c]veau1 y fait l une impression l'esprit qui lui fait s5tir quelque *ose1 savoir de la d\leur1 comme tant dans le pi$1 p> laquelle l'esprit e/ av]ti et excit faire son possible p\r en *ass] la cause1 comme trs dang]euse et nuisible au pi$4 ,il e/ vrai que ,dieu p\voit tablir la nature de l'homme de telle sorte que ce mme m\vem5t dans le c]veau ft s5tir t\te autre *ose l'esprit2 p> exemple1 qu'il se ft s5tir soi-mme1 ou en tant qu'il e/ dans le c]veau1 ou en tant qu'il e/ dans le pi$1 ou bi5 en tant qu'il e/ en quelque autre endroit entre le pi$ et le c]veau1 ou enf9 quelque autre *ose telle qu'elle peut tre3 mais ri5 de t\t cela n'et si bi5 contribu la cons]vation du corps que ce qu'il lui fait s5tir4 ,de mme1 lorsque n\s avons beso9 de boire1 il nat de l une c]ta9e s*]esse dans le gosi] qui remue ses n]fs1 et p> leur moy5 les p>ties intrieures du c]veau2 et ce m\vem5t fait ress5tir l'esprit le s5tim5t de la soif1 p>ce qu'en cette occasion-l il n'y a ri5 qui n\s soit plus utile que de savoir que n\s avons beso9 de boire p\r la cons]vation de notre sant1 et a9si des autres4 ,d'o il e/ entirem5t manife/e que1 nonob/ant la s\v]a9e bont de ,dieu1 la nature de l'homme1 en tant qu'il e/ compos de l'esprit et du corps1 ne peut qu'elle ne soit quelquefois fautive et trompeuse4 ,c> s'il y a quelque cause qui excite1 non dans le pi$1 mais en quelqu'une des p>ties du n]f qui e/ t5du depuis le pi$ jusqu'au c]veau1 ou mme dans le c]veau1 le mme m\vem5t qui se fait ord9airem5t qu& le pi$ e/ mal dispos1 on s5tira de la d\leur comme si elle toit dans le pi$1 et le s5s s]a naturellem5t tromp2 p>ce qu'un mme m\vem5t dans le c]veau ne p\vant caus] en l'esprit qu'un mme s5tim5t1 et ce s5tim5t tant beauc\p plus s\v5t excit p> une cause qui blesse le pi$ que p> une autre qui soit ailleurs1 il e/ bi5 plus raisonnable qu'il porte t\j\rs l'esprit la d\leur du pi$ que celle d'aucune autre p>tie4 ,et1 s'il arrive que p>fois la s*]esse du gosi] ne vi5ne pas comme l'ord9aire de ce que le boire e/ ncessaire p\r la sant du corps1 mais de quelque cause t\te contraire1 comme il arrive ceux qui sont hydropiques1 t\tefois il e/ beauc\p mieux qu'elle trompe en ce r5contre-l1 que si1 au contraire1 elle trompoit t\j\rs lorsque le corps e/ bi5 dispos1 et a9si des autres4 ,et c]tes1 cette considration me s]t beauc\p non seulem5t p\r reconnotre t\tes les erreurs auxquelles ma nature e/ sujette1 mais aussi p\r les vit] ou p\r les corrig] plus facilem5t3 c>1 sa*ant que t\s mes s5s me signifi5t plus ord9airem5t le vrai que le faux t\*ant les *oses qui reg>d5t les commodits ou incommodits du corps1 et p\vant presque t\j\rs me s]vir de plusieurs d'entre eux p\r exam9] une mme *ose1 et1 outre cela1 p\vant us] de ma mmoire p\r li] et jo9dre les connoissances prs5tes aux passes1 et de mon ent5dem5t qui a dj dc\v]t t\tes les causes de mes erreurs1 je ne dois plus cra9dre dsormais qu'il se r5contre de la fausset dans les *oses qui me sont le plus ord9airem5t reprs5tes p> mes s5s4 ,et je dois rejet] t\s les d\tes de ces j\rs passs1 comme hyp]boliques et ridicules1 p>ticulirem5t cette inc]titude si gnrale1 t\*ant le sommeil1 que je ne p\vois di/+u] de la veille3 c> prs5t j'y r5contre une trs notable diffr5ce1 en ce que notre mmoire ne peut jamais li] et jo9dre nos songes les uns avec les autres1 et avec t\te la suite de notre vie1 a9si qu'elle a de c\tume de jo9dre les *oses qui n\s arriv5t tant veills4 ,et en effet1 si quelqu'un1 lorsque je veille1 m'app>oissoit t\t s\da9 et disp>oissoit de mme1 comme font les images que je vois en dormant1 en sorte que je ne pusse rem>qu] ni d'o il vi5drait ni o il iroit1 ce ne s]oit pas sans raison que je l'e/im]ois un spectre ou un fantme =m dans mon c]veau1 et semblable ceux qui s'y =m5t qu& je dors1 plutt qu'un vrai homme4 ,mais lorsque j'ap]ois des *oses dont je connois di/9ctem5t et le lieu d'o elles vi5n5t1 et celui o elles sont1 et le temps auquel elles m'app>oiss5t1 et que1 sans aucune int]ruption1 je puis li] le s5tim5t que j'en ai avec la suite du re/e de ma vie1 je suis entirem5t assur que je les ap]ois en veillant et non po9t dans le sommeil4 ,et je ne dois en aucune faon d\t] de la vrit de ces *oses-l1 si1 aprs avoir appel t\s mes s5s1 ma mmoire et mon ent5dem5t p\r les exam9]1 il ne m'e/ ri5 rapport p> aucun d'eux qui ait de la rpugnance avec ce qui m'e/ rapport p> les autres4 ,c>1 de ce que ,dieu n'e/ po9t trompeur1 il suit ncessairem5t que je ne suis po9t en cela tromp4 ,mais1 p>ceque la ncessit des affaires n\s oblige s\v5t n\s dt]m9] avant que n\s ayons eu le loisir de les exam9] si soigneusem5t1 il faut av\] que la vie de l'homme e/ sujette faillir =t s\v5t dans les *oses p>ticulires2 et enf9 il faut reconnotre l'infirmit et la faiblesse de notre nature4 ,,f9 ,,des ,m,,ditations4 ,,objections ,,aux ,m,,ditations4 ,ce recueil1 publi en lat9 p> ,desc>tes1 ,p>is1 #afda1 et ,am/]dam1 #afdb la suite des ,m,,ditations1 a t traduit p> ,m4 ,cl]seli]1 lve et ami de ,desc>tes1 qui a revu1 ret\* et reconnu cette traduction4 ,elle a t\j\rs t rimprime la suite des ,mditations4 ,,objections ,,faites ,,p> ,,des ,,p]sonnes ,,tr,s ,,doctes ,,contre ,,les ,,pr,c,,d5tes ,m,,ditations1 ,,les ,r,,ponses ,,de ,l',,auteur4 ,,premi,,res ,,objections1 ,,faites ,,p> ,m4 ,,cat,,rus1 ,,savant ,,?,,ologi5 ,,des ,,pays-,,bas1 ,,sur ,,les ,i,i,ie1 ,ve ,,et ,v,ie ,m,,ditations4 ,,messieurs1 ,aussitt que j'ai reconnu le dsir que v\s aviez que j'exam9asse avec so9 les crits de ,m4 ,desc>tes1 j'ai p5s qu'il toit de mon devoir de satisfaire en cette occasion des p]sonnes qui me sont si *res1 tant p\r v\s tmoign] p> l l'e/ime que je fais de votre amiti1 que p\r v\s faire connoitre ce qui manque ma suffisance et la p]fection de mon esprit2 af9 que dornavant v\s ayez un peu plus de *>it p\r moi1 si j'en ai beso91 et que v\s m'p>gniez une autre fois1 si je ne puis port] la *>ge que v\s m'avez impose4 ,on peut dire avec vrit1 selon que j'en puis jug]1 que ,m4 ,desc>tes e/ un homme d'un trs gr& esprit et d'une trs pr(onde mode/ie1 et sur lequel je ne p5se pas que ,momus lui-mme put tr\v] repr5dre4 ,je p5se1 dit-il1 donc je suis2 voire mme je suis la p5se mme ou l'esprit4 ,cela e/ vrai4 ,or e/-il qu'en p5sant j'ai en moi les ides des *oses1 et premirem5t celle d'un tre trs p>fait et inf9i4 ,je l'accorde4 ,mais je n'en suis pas la cause1 moi qui n'gale pas la ralit objective d'une telle ide3 donc quelque *ose de plus p>fait que moi en e/ la cause2 et p>tant il y a un tre diffr5t de moi qui exi/e1 et qui a plus de p]fections que je n'ai pas4 ,ou1 comme dit sa9t ,d5ys au *apitre c9quime des ,noms div9s1 il y a quelque nature qui ne possde pas l'tre la faon des autres *oses1 mais qui embrasse et conti5t en soi trs simplem5t et sans aucune circonscription t\t ce qu'il y a d'ess5ce dans l'tre1 et en qui t\tes *oses sont r5f]mes comme dans la cause premire et univ]selle4 ,mais je suis ici contra9t de m'arrt] un peu1 de peur de me fatigu] trop2 c> j'ai dj l'esprit aussi agit que le flottant ,euripe3 j'accorde1 je nie1 j'appr\ve1 je rfute1 je ne veux pas m'loign] de l'op9ion de ce gr& homme1 et t\tefois je n'y puis cons5tir4 ,c>1 je v\s prie1 quelle cause requi]t une ide8 ou dites-moi ce que c'e/ qu'ide4 ,si je l'ai bi5 compris1 c'e/ la *ose mme p5se en tant qu'elle e/ objectivem5t dans l'ent5dem5t4 ,mais qu'e/-ce qu'tre objectivem5t dans l'ent5dem5t8 ,si je l'ai bi5 appris1 c'e/ t]m9] la faon d'un objet l'acte de l'ent5dem5t1 ce qui en effet n'e/ qu'une dnom9ation extrieure1 et qui n'aj\te ri5 de rel la *ose4 ,c>1 t\t a9si qu'tre vu n'e/ en moi autre *ose s9on que l'acte que la vision t5d v]s moi1 de mme tre p5s1 ou tre objectivem5t dans l'ent5dem5t1 c'e/ t]m9] et arrt] en soi la p5se de l'esprit2 ce qui se peut faire sans aucun m\vem5t et *angem5t en la *ose1 voire mme sans que la *ose soit4 ,p\rquoi donc re*]*]ai-je la cause d'une *ose qui actuellem5t n'e/ po9t1 qui n'e/ qu'une simple dnom9ation et un pur nant8 ,et nanmo9s1 dit ce gr& esprit1 de ce qu'une ide conti5t une telle ralit objective1 ou celle-l plutt qu'une autre1 elle doit sans d\te avoir cela de quelque cause#a4 ,au contraire1 d'aucune2 c> la ralit objective e/ une pure dnom9ation3 actuellem5t elle n'e/ po9t4 ,or l'influ5ce que donne une cause e/ relle et actuelle3 ce qui actuellem5t n'e/ po9t1 ne la peut pas recevoir1 et p>tant ne peut pas dp5dre ni procd] d'aucune vritable cause1 tant s'en faut qu'il en require4 ,donc j'ai des ides1 mais il n'y a po9t de causes de ces ides2 tant s'en faut qu'il y en ait une plus gr&e que moi et inf9ie4 ,note #ce3 ,voyez ,mditation ,,iii ,mais quelqu'un me dira peut-tre1 ,si v\s n'assignez po9t de cause aux ides1 dites-n\s au mo9s la raison p\rquoi cette ide conti5t plutt cette ralit objective que celle-la3 c'e/ trs bi5 dit2 c> je n'ai pas c\tume d'tre rs]v avec mes amis1 mais je traite avec eux libralem5t4 ,je dis univ]sellem5t de t\tes les ides ce que ,m4 ,desc>tes a dit autrefois du triangle3 ,encore que peut-tre1 dit-il1 il n'y ait en aucun lieu du monde hors de ma p5se une telle figure1 et qu'il n'y en ait jamais eu1 il ne laisse pas nanmo9s d'y avoir une c]ta9e nature1 ou =me1 ou ess5ce dt]m9e de cette figure1 laquelle e/ immuable et t]nelle4 ,a9si cette vrit e/ t]nelle1 et elle ne requi]t po9t de cause4 ,un bateau e/ un bateau1 et ri5 autre *ose2 ,davus e/ ,davus1 et non ,o,edipus4 ,si nanmo9s v\s me pressez de v\s dire une raison1 je v\s dirai que cela vi5t de l'imp]fection de notre esprit1 qui n'e/ pas inf9i3 c>1 ne p\vant p> une seule apprh5sion embrass] l'univ]s1 c'e/--dire t\t l'tre et t\t le bi5 en gnral1 qui e/ t\t ensemble et t\t la fois1 il le divise et le p>tage2 et a9si ce qu'il ne sauroit enfant] ou produire t\t enti]1 il le conoit petit petit1 ou bi51 comme on dit en l'cole 7inadoequat71 imp>faitem5t et p> p>tie4 ,mais ce gr& homme p\rsuit3,or1 p\r imp>faite que soit cette faon d'tre1 p> laquelle une *ose e/ objectivem5t dans l'ent5dem5t p> son ide1 c]tes on ne peut pas nanmo9s dire que cette faon et manire-l ne soit ri51 ni p> consqu5t que cette ide vi5t du nant#a4 ,note #cf3 ,mditation ,,iii4 ,il y a ici de l'quivoque2 c> si ce mot ri5 e/ la mme *ose que n'tre pas actuellem5t1 eu effet ce n'e/ ri51 p>ce qu'elle n'e/ pas actuellem5t1 et a9si elle vi5t du nant1 c'e/--dire qu'elle n'a po9t de cause4 ,mais si ce mot ri5 dit quelque *ose de fe9t p> l'esprit1 qu'ils appell5t vulgairem5t tre de raison1 ce n'e/ pas un ri51 mais une *ose relle1 qui e/ conue di/9ctem5t4 ,et nanmo9s1 p>ce qu'elle e/ seulem5t conue1 et qu'actuellem5t elle n'e/ pas1 elle peut la vrit tre conue1 mais elle ne peut aucunem5t tre cause ou mise hors de l'ent5dem5t4 ,mais je veux1 dit-il1 outre cela exam9] si moi1 qui ai celle ide de ,dieu1 je p\rrois tre1 en cas qu'il n'y et po9t de ,dieu1 ou 7comme il dit immdiatem5t aup>avant7 en cas qu'il n'y et po9t d'tre plus p>fait que le mi51 et qui ait mis en moi son ide4 ,c> 7dit-il7 de qui aurois-je mon exi/5ce8 peut-tre de moi-mme1 ou de mes p>5ts1 ou de quelques autres1 etc43 or e/-il que si je l'avois du moi-mme1 je ne d\t]ois po9t ni ne dsir]ois po9t1 et il ne me manqu]oit aucune *ose2 c> je me s]ois donn t\tes les p]fections dont j'ai en moi quelque ide1 et a9si moi-mme je s]ois ,dieu4 ,que si j'ai mon exi/5ce d'autrui1 je vi5drai enf9 ce qui l'a de soi2 et a9si le mme raisonnem5t que je vi5s de faire p\r moi e/ p\r lui1 et pr\ve qu'il e/ ,dieu4#a ,voil c]tes1 mon avis1 la mme voie que suit sa9t ,?omas1 qu'il appelle la voie de la causalit de la cause effici5te1 laquelle il a tire du ,philosophe1 hormis que sa9t ,?omas ni ,ari/ote ne se sont pas s\cis des causes des ides4 ,et peut-tre n'en toit-il pas beso92 c> p\rquoi ne suivrai-je pas la voie la plus droite et la mo9s c>te8 ,je p5se1 donc je suis1 voire mme je suis l'esprit mme et la p5se2 or1 cette p5se et cet esprit1 ou il e/ p> soi-mme ou p> autrui2 si p> autrui1 celui-l enf9 p> qui e/-il8 s'il e/ p> soi1 donc il e/ ,dieu2 c> ce qui e/ p> soi se s]a aism5t donn t\tes *oses4 ,note #cg3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,je prie ici ce gr& p]sonnage et le conjure de ne se po9t ca*] un lecteur qui e/ dsireux d'appr5dre1 et qui peut-tre n'e/ pas beauc\p intellig5t4 ,c> ce mot p> soi e/ pris en deux faons3 en la premire1 il e/ pris positivem5t1 savoir p> soi-mme1 comme p> une cause2 et a9si ce qui s]oit p> soi et se donn]oit l'tre soi-mme1 si1 p> un *oix prvu et prmdit1 il se donnoit ce qu'il v\droit1 sans d\te qu'il se donn]oit t\tes *oses1 et p>tant il s]ait ,dieu4 ,en la seconde1 ce mot p> soi e/ pris ngativem5t et e/ la mme *ose que de soi-mme ou non p> autrui2 et c'e/ de cette faon1 si je m'en s\vi5s1 qu'il e/ pris de t\t le monde4 ,or ma9t5ant1 si une *ose e/ p> soi1 c'e/--dire non p> autrui1 comm5t pr\v]ez-v\s p\r cela qu'elle compr5d t\t et qu'elle e/ inf9ie8 c>1 prs5t1 je ne v\s c\te po9t1 si v\s dites1 ,puisqu'elle e/ p> soi elle se s]a aism5t donn t\tes *oses2 d'autant qu'elle n'e/ pas p> soi comme p> une cause1 et qu'il ne lui a pas t possible1 avant1 qu'elle ft1 de prvoir ce qu'elle p\rrait tre p\r *oisir ce qu'elle s]oit aprs4 ,il me s\vi5t d'avoir autrefois ent5du ,su>ez raisonn] de la sorte3 ,t\te limitation vi5t d'une cause2 c> une *ose e/ f9ie et limite1 un p>ceque la cause ne lui a pu donn] ri5 de plus gr& ni de plus p>fait1 ou p>ce qu'elle ne l'a pas v\lu3 si donc quelque *ose e/ p> soi et non p> une cause1 il e/ vrai de dire qu'elle e/ inf9ie et non limite4 ,p\r moi1 je n'acquiesce pas t\t--fait ce raisonnem5t2 c>1 qu'une *ose soit p> soi tant qu'il v\s plaira1 c'e/--dire qu'elle ne soit po9t p> autrui1 que p\rrez-v\s dire si cette limitation vi5t de ses pr9cipes int]nes et con/ituants1 c'e/--dire de sa =me mme et de son ess5ce1 laquelle nanmo9s v\s n'avez pas encore pr\v tre inf9ie8 ,c]ta9em5t1 si v\s supposez que le *aud e/ *aud1 il s]a *aud p> ses pr9cipes int]nes et con/ituants1 et non pas froid1 encore que v\s imag9iez qu'il ne soit pas p> autrui ce qu'il e/4 ,je ne d\te po9t que ,m4 ,desc>tes ne manque pas de raisons p\r sub/itu] ce que les autres n'ont peut-tre pas assez suffisamm5t expliqu ni dduit assez clairem5t4 ,enf91 je convi5s avec ce gr& homme en ce qu'il tablit p\r rgle gnrale que les *oses que n\s concevons =t clairem5t et =t di/9ctem5t sont t\tes vraies4 ,mme je crois que t\t ce que je p5se e/ vrai3 et il y a dj longtemps que j'ai r5onc t\tes les *imres et t\s les tres de raison1 c> aucune puissance ne se peut dt\rn] du son propre objet2 si la volont se meut1 elle t5d au bi52 les s5s mmes ne se tromp5t po9t3 c> la vue voit ce qu'elle voit1 l'oreille ent5d ce qu'elle ent5d2 et si on voit de l'oripeau1 on voit bi52 mais ou se trompe lorsqu'on dt]m9e p> son jugem5t que ce que l'on voit e/ de l'or4 ,et alors c'e/ qu'on ne conoit pas bi51 ou plutt qu'on ne conoit po9t2 c>1 comme *aque facult ne se trompe po9t v]s son propre objet1 si une fois l'ent5dem5t conoit clairem5t et di/9ctem5t une *ose1 elle e/ vraie2 de sorte que ,m4 ,desc>tes attribue avec beauc\p de raison t\tes les erreurs au jugem5t et la volont4 ,mais ma9t5ant voyons si ce qu'il veut infr] de cette rgle e/ vritable4 ,je connois1 dit-il1 clairem5t et di/9ctem5t l'tre inf9i2 donc c'e/ un tre vrai et qui e/ quelque *ose4 ,quelqu'un lui dem&]a3 ,connoissez-v\s clairem5t et di/9ctem5t l'tre inf9i8 ,que veut donc dire cette commune maxime1 laquelle e/ reue d'un *acun3 ,l'inf9i1 en tant qu'inf9i1 e/ inconnu4 ,c> si1 lorsque je p5se un *iliogone1 me reprs5tant confusm5t quelque figure1 je n'imag9e ou ne connois pas di/9ctem5t ce *iliogone1 p>ce que je ne me reprs5te pas di/9ctem5t ses mille cts1 comm5t e/-ce que je concevrai di/9ctem5t et non pas confusm5t l'tre inf9i1 en tant qu'inf9i1 vu que je ne puis voir clairem5t1 et comme au doigt et l'oeil1 les inf9ies p]fections dont il e/ compos8 ,et c'e/ peut-tre ce qu'a v\lu dire sa9t ,?omas3 c>1 ayant ni que cette proposition1 ,dieu e/1 ft claire et connue sans preuve1 il se fait soi-mme cette objection des p>oles de sa9t ,damascne3 ,la connaissance que ,dieu e/1 e/ naturellem5t empre9te en l'esprit de t\s les hommes2 donc c'e/ une *ose claire1 et qui n'a po9t beso9 de preuve p\r tre connue4 ,a quoi il rpond3 ,connoitre que4 ,dieu e/ en gnral1 et1 comme il dit s\s quelque confusion1 sa voir en tant3 qu'il e/ la batitude de l'homme1 cela e/ naturellem5t imprim en n\s2 mais ce n'e/ pas1 dit-il1 connotre simplem5t que ,dieu e/2 t\t a9si que connoitre que quelqu'un vi5t1 ce n'e/ pas connotre ,pi]re2 encore que ce soit ,pi]re qui vi5ne1 etc4 ,comme s'il v\loit dire que ,dieu e/ connu s\s une raison commune on de f9 d]nire1 ou mme de premi] tre et trs p>fait1 ou enf9 s\s la raison d'un tre qui compr5d et embrasse confusm5t et en gnral t\tes *oses2 mais non pas s\s la raison prcise cl son tre1 c> a9si il e/ inf9i et n\s e/ inconnu4 ,je sais que ,m4 ,desc>tes rpondra facilem5t celui qui l'int]rog]a de la sorte3 je crois nanmo9s que les *oses que j'allgue ici1 seulem5t p> =me d'entreti5 et d'ex]cice1 f]ont qu'il se ress\vi5dra de ce que dit ,boce1 qu'il y a c]ta9es notions communes qui ne peuv5t tre connues sans preuves que p> les savants4 ,de sorte qu'il ne se faut pas =t tonn] si ceux-l int]rog5t beauc\p qui dsir5t savoir plus que les autres1 et s'ils s'arrt5t long-temps considr] ce qu'ils sav5t avoir t dit et avanc1 comme le premi] et pr9cipal fondem5t de t\te l'affaire1 et que nanmo9s ils ne peuv5t ent5dre sans une longue re*]*e et une trs gr&e att5tion d'esprit4 ,mais demeurons d'accord de ce pr9cipe1 et supposons que quelqu'un ait l'ide claire et di/9cte d'un tre s\v]a9 et s\v]a9em5t p>fait3 que prt5dez-v\s infr] de l8 ,c'e/ savoir que cet tre inf9i exi/e2 et cela si c]ta9em5t1 que je dois tre au mo9s aussi assur de l'exi/5ce de ,dieu1 que je l'ai t jusques ici de la vrit des dmon/rations ma?matiques2 en sorte qu'il n'y a pas mo9s de rpugnance de concevoir un ,dieu1 c'e/--dire un tre s\v]a9em5t p>fait1 auquel manque l'exi/5ce1 c'e/--dire auquel manque quelque p]fection1 que de concevoir une montagne qui n'ait po9t de valle#a4 ,c'e/ ici le noeud de t\te la "q2 qui cde prs5t1 il faut qu'il se confesse va9cu3 p\r moi1 qui ai affaire avec un puissant adv]saire1 il faut que j'esquive un peu1 af9 qu'ayant tre va9cu1 je diffre au mo9s p\r quelque temps ce que je ne puis vit]4 ,note #ch3 ,voyez ,mditation v4 ,et1 premirem5t1 encore que n\s n'agissions pas ici p> autorit1 mais seulem5t p> raison1 nanmo9s1 de peur qu'il ne semble que je me veuille oppos] sans sujet ce gr& esprit1 c\tez plutt sa9t ,?omas1 qui se fait soi-mme cette objection3 aussitt qu'on a compris et ent5du ce que signifie ce nom ,dieu1 on sait que ,dieu e/2 c>1 p> ce nom1 on ent5d une *ose telle que ri5 de plus gr& ne peut tre conu4 ,or1 ce qui e/ dans l'ent5dem5t et en effet e/ plus gr& que ce qui e/ seulem5t dans l'ent5dem5t2 c'e/ p\rquoi1 puisque ce nom ,dieu tant ent5du1 ,dieu e/ dans l'ent5dem5t1 il s'ensuit aussi qu'il e/ en effet2 lequel argum5t je r5ds a9si en =me3 ,dieu e/ ce qui e/ tel que ri5 de plus gr& ne peut tre conu2 mais ce qui e/ tel que ri5 de plus gr& ne peut tre conu enf]me l'exi/5ce3 donc ,dieu1 p> son nom ou p> son concept1 enf]me l'exi/5ce2 et p>tant il ne peut tre ni tre conu sans exi/5ce4 ,ma9t5ant dites-moi1 je v\s prie1 n'e/-ce pas l le mme argum5t de ,m4 ,desc>tes8 ,sa9t ,?omas df9it ,dieu a9si1 ,ce qui e/ tel que ri5 de plus gr& ne peut tre conu2 ,m4 ,desc>tes l'appelle un tre s\v]a9em5t p>fait3 c]tes ri5 de plus gr& que lui ne peut tre conu4 ,sa9t ,?omas p\rsuit3 ce qui e/ tel que ri5 de plus gr& ne peut tre conu enf]me l'exi/5ce2 autrem5t quelque *ose de plus gr& que lui p\rroit tre conu1 savoir ce qui e/ conu enf]me aussi l'exi/5ce4 ,mais ,m4 ,desc>tes ne semble-t-il pas se s]vir de la mme m9eure dans son argum5t3 ,dieu e/ un tre s\v]a9em5t p>fait2 or e/-il que l'tre s\v]a9em5t p>fait enf]me l'exi/5ce1 autrem5t il ne s]oit pas s\v]a9em5t p>fait4 ,sa9t ,?omas infre3 donc1 puisque ce nom ,dieu tant compris et ent5du1 il e/ dans l'ent5dem5t1 il s'ensuit aussi qu'il e/ eu effet2 c'e/--dire de ce que dans le concept ou la notion ess5tielle d'un tre tel que ri5 de plus gr& ne peut tre conu l'exi/5ce e/ comprise et enf]me1 il s'ensuit que cet tre exi/e4 ,m4 ,desc>tes infre la mme *ose4 ,mais1 dit-il1 de cela seul que je ne puis concevoir ,dieu sans exi/5ce1 il s'ensuit que l'exi/5ce e/ insp>able de lui1 et p>tant qu'il exi/e vritablem5t4 ,que ma9t5ant sa9t ,?omas rponde soi-mme et ,m4 ,desc>tes4 ,pos1 dit-il1 que *acun ent5de que p> ce nom ,dieu il e/ signifi ce qui a t dit1 savoir ce qui e/ tel que ri5 de plus gr& ne peut tre conu1 il ne s'ensuit pas p\r cela qu'on ent5de que la *ose qui e/ signifie p> ce nom soit dans la nature1 mais seulem5t dans l'apprh5sion de l'ent5dem5t4 ,et on ne peut pas dire qu'elle soit en effet1 si on ne demeure d'accord qu'il y a en effet quelque *ose tel que ri5 de plus gr& ne peut tre conu2 ce que ceux-l ni5t ouv]tem5t1 qui dis5t qu'il n'y a po9t de ,dieu4 ,d'o je rponds aussi en peu de p>oles1 ,encore que l'on demeure d'accord que l'tre s\v]a9em5t p>fait p> son propre nom emporte l'exi/5ce1 nanmo9s il ne s'ensuit pas que cette mme exi/5ce soit dans la nature actuellem5t quelque *ose1 mais seulem5t qu'avec le concept ou la notion de l'tre s\v]a9em5t p>fait1 celle de l'exi/5ce e/ insp>ablem5t conjo9te4 ,d'o v\s ne p\vez pas infr] que l'exi/5ce de ,dieu soit actuellem5t quelque *ose1 si v\s ne supposez que cet tre s\v]a9em5t p>fait exi/e actuellem5t2 c> p\r lors il conti5dra actuellem5t t\tes les p]fections1 et celle aussi d'une exi/5ce relle4 ,tr\vez bon ma9t5ant qu'aprs tant de fatigue je dlasse un peu mon esprit4 ,ce compos1 un lion exi/ant1 enf]me ess5tiellem5t ces deux p>ties1 savoir1 un lion et l'exi/5ce2 c> si v\s tez l'une ou l'autre1 ce ne s]a plus le mme compos4 ,ma9t5ant ,dieu n'a-t-il pas de t\te t]nit1 connu clairem5t et di/9ctem5t ce compos8 ,et l'ide de ce compos1 en tant que tel1 n'enf]me-t-elle pas ess5tiellem5t l'une et l'autre de ces p>ties8 ,c'e/--dire l'exi/5ce n'e/-elle pas de l'ess5ce de ce compos un lion exi/ant8 ,et nanmo9s la di/9cte connoissance que ,dieu en a eue de t\te t]nit ne fait pas ncessairem5t que l'une ou l'autre p>tie de ce compos soit1 si on ne suppose que t\t ce compos e/ actuellem5t2 c> alors if enf]m]a et conti5dra en soi t\tes ses p]fections ess5tielles1 et p>tant aussi l'exi/5ce actuelle4 ,de mme1 encore que je connoisse clairem5t et di/9ctem5t l'tre s\v]a91 et encore que l'tre s\v]a9em5t p>fait dans son concept ess5tiel enf]me l'exi/5ce1 nanmo9s il ne s'ensuit pas que cette exi/5ce soit actuellem5t quelque *ose1 si v\s ne supposez que cet tre s\v]a9 exi/e2 c> alors1 avec t\tes ses autres p]fections1 il enf]m]a aussi actuellem5t celle de l'exi/5ce2 et a9si il faut pr\v] d'ailleurs que cet tre s\v]a9em5t p>fait exi/e4 ,j'en dirai peu t\*ant l'ess5ce de l'me et sa di/9ction relle d'avec le corps2 c> je confesse que ce gr& esprit m'a dj tellem5t fatigu qu'au-del je ne puis quasi plus ri54 ,s'il y a une di/9ction entre l'me et le corps1 il semble la pr\v] de ce que ces deux *oses peuv5t tre conues di/9ctem5t et sp>m5t l'une de l'autre4 ,et sur cela je mets ce savant homme aux prises avec ,scot1 qui dit qu'af9 qu'une *ose soit c\rue di/9ctem5t et sp>m5t d'une autre1 il suffit qu'il y ait entre elles une di/9ction1 qu'il appelle =melle et objective1 laquelle il met entre la di/9ction relle et celle de raison2 et c'e/ a9si qu'il di/+ue la ju/ice de ,dieu d'avec sa misricorde2 c> elles ont1 dit-il1 avant aucune opration de l'ent5dem5t des raisons =melles diffr5tes1 en sorte que l'une n'e/ pas l'autre2 et nanmo9s ce s]oit une mauvaise consqu5ce de dire1 ,la ju/ice peut tre conue sp>m5t d'avec la misricorde1 donc elle peut aussi exi/] sp>m5t4 ,mais je ne vois pas que j'ai dj pass les bornes d'une lettre4 ,voil1 ,messieurs1 les *oses que j'avois dire t\*ant ce que v\s m'avez propos2 c'e/ v\s ma9t5ant d'en tre les juges4 ,si v\s prononcez en ma faveur1 il ne s]a pas malais d'oblig] ,m4 ,desc>tes ne me v\loir po9t de mal1 si je lui ai un peu contr$it2 que si v\s tes p\r lui1 je donne ds prs5t les ma9s1 et me confesse va9cu1 et ce d'autant plus volonti]s que je cra9drois de l'tre encore une autre fois4 ,adieu4 ,r,,ponses ,,de ,l',,auteur ,,aux ,,premi,,res ,,objections4 ,,messieurs1 ,je v\s confesse que v\s avez suscit contre moi un puissant adv]saire1 duquel l'esprit et la doctr9e euss5t pu me donn] beauc\p de pe9e1 si cet (ficieux et dvot ?ologi5 n'et mieux aim favoris] la cause de ,dieu et celle de son foible df5seur1 que de la combattre =ce ouv]te4 ,mais quoiqu'il lui ait t trs honnte d'en us] de la sorte1 je ne p\rrois pas m'exempt] de blme si je t*ois de m'en prvaloir3 c'e/ p\rquoi mon desse9 e/ plutt de dc\vrir ici l'artifice dont il s'e/ s]vi p\r m'assi/]1 que de lui rpondre comme un adv]saire4 ,il a comm5c p> une brive dduction de la pr9cipale raison dont je me s]s p\r pr\v] l'exi/5ce de ,dieu1 af9 que les lecteurs s'en ress\v9ss5t d'autant mieux4 ,puis1 ayant succ9ctem5t accord les *oses qu'il a juges tre suffisamm5t dmontres1 et a9si les ayant appuyes de son autorit1 il e/ v5u au noeud de la difficult1 qui e/ de savoir ce qu'il faut ici ent5dre p> le nom d'ide1 et quelle cause cette ide requi]t4 ,or1 j'ai crit quelque "p que l'ide e/ la *ose mme conue1 ou p5se1 en tant quelle e/ objectivem5t dans l'ent5dem5t1 lesquelles p>oles il fe9t d'ent5dre t\t autrem5t que je ne les ai dites1 af9 de me donn] occasion de les expliqu] plus clairem5t4 tre1 dit-il1 objectivem5t dans l'ent5dem5t1 c'e/ t]m9] la faon d'un objet l'acte de l'ent5dem5t1 ce qui n'e/ qu'une dnom9ation extrieure1 et qui n'aj\te ri5 de rel la *ose1 etc4 ,o il faut rem>qu] qu'il a g>d la *ose mme1 en tant qu'elle e/ hors de l'ent5dem5t1 au respect de laquelle c'e/ de vrai une dnom9ation extrieure qu'elle soit objectivem5t dans l'ent5dem5t2 mais que je p>le de l'ide qui n'e/ jamais hors de l'ent5dem5t1 et au respect de laquelle tre objectivem5t ne signifie autre *ose qu'tre dans l'ent5dem5t en la manire que les objets ont c\tume d'y tre4 ,a9si1 p> exemple1 si quelqu'un dem&e qu'e/-ce qui arrive au soleil de ce qu'il e/ objectivem5t dans mon ent5dem5t1 on rpond =t bi5 qu'il ne lui arrive ri5 qu'une dnom9ation extrieure1 savoir e/ qu'il t]m9e la faon d'un objet l'opration de mon ent5dem5t3 mais si l'on dem&e de l'ide du soleil ce que c'e/1 et qu'on rpond que c'e/ la *ose mme p5se1 en tant qu'elle e/ objectivem5t dans l'ent5dem5t1 p]sonne n'ent5dra que c'e/ le soleil mme1 en tant que cette extrieure dnom9ation e/ en lui4 ,et l tre objectivem5t dans l'ent5dem5t ne signifi]a pas t]m9] son opration la faon d'un objet1 mais bi5 tre dans l'ent5dem5t en la manire que ses objets ont c\tume d'y tre3 en telle sorte que l'ide du soleil e/ le soleil mme exi/ant dans l'ent5dem5t1 non pas la vrit =mellem5t1 comme il e/ au ciel1 mais objectivem5t1 c'e/--dire en la manire que les objets ont c\tume d'exi/] dans l'ent5dem5t3 laquelle faon d'tre e/ de vrai bi5 plus imp>faite que celle p> laquelle les *oses exi/5t hors de l'ent5dem5t2 mais p\rtant ce n'e/ pas un pur ri51 comme j'ai dj dit ci-devant4 ,et lorsque ce savant ?ologi5 dit qu'il y a de l'quivoque en ces p>oles1 un pur ri51 il semble avoir v\lu m'av]tir de celle que je vi5s t\t ma9t5ant de rem>qu]1 de peur que je n'y prisse pas g>de4 ,c> il dit premirem5t qu'une *ose a9si exi/ante dans l'ent5dem5t p> son ide n'e/ pas un tre rel ou actuel1 c'e/--dire que ce n'e/ pas quelque *ose qui soit hors de l'ent5dem5t1 ce qui e/ vrai2 et aprs il dit aussi que ce n'e/ pas quelque *ose de fe9t p> l'esprit1 ou un tre de raison1 mais quelque *ose de rel1 qui e/ conu di/9ctem5t3 p> lesquelles p>oles il admet entirem5t t\t ce que j'ai avanc2 mais nanmo9s il aj\te1 p>ce que cette *ose e/ seulem5t conue1 et qu'actuellem5t elle n'e/ pas1 c'e/--dire p>ce qu'elle e/ seulem5t une ide et non pas quelque *ose hors de l'ent5dem5t1 elle peut la vrit tre conue1 mais elle ne peut aucunem5t tre cause ou mise hors de l'ent5dem5t1 c'e/--dire qu'elle n'a pas beso9 de cause p\r exi/] hors de l'ent5dem5t3 ce que je confesse1 c> hors de lui elle n'e/ ri52 mais c]tes elle a beso9 de cause p\r tre conue1 et c'e/ de celle-l seule qu'il e/ ici "q4 ,a9si1 si quelqu'un a dans l'esprit l'ide de quelque ma*9e =t artificielle1 on peut avec raison dem&] quelle e/ la caus de cette ide2 et celui-l ne satisf]oit pas qui diroit que cette ide hors de l'ent5dem5t n'e/ ri51 et p>tant qu'elle ne peut tre cause1 mais seulem5t conue2 c> on ne dem&e ici ri5 autre *ose1 s9on quelle e/ la cause p\rquoi elle e/ conue3 celui-l ne satisf]a pas non plus qui dira que l'ent5dem5t mme en e/ la cause1 comme tant une de ses oprations2 c> on ne d\te po9t de cela1 mais seulem5t on dem&e quelle e/ la cause de l'artifice objectif qui e/ en elle4 ,c>1 que cette ide conti5ne un tel artifice objectif plutt qu'un autre1 elle doit sans d\te avoir cela de quelque cause2 et l'artifice objectif e/ la mme *ose au respect de cette ide1 qu'un respect de l'ide de ,dieu la ralit ou p]fection objective4 ,et de vrai l'on peut assign] div]ses causes de cet artifice2 c> ou c'e/ quelque relle et semblable ma*9e qu'on aura vue aup>avant1 la ressemblance de laquelle cette ide a t =me1 ou une gr&e connoissance de la mcanique qui e/ dans l'ent5dem5t de celui qui a cette ide1 ou peut-tre une gr&e subtilit d'esprit1 p> le moy5 de laquelle il a pu l'inv5t] sans aucune autre connoissance prcd5te4 ,et il faut rem>qu] que t\t l'artifice1 qui n'e/ qu'objectivem5t dans cette ide1 doit p> ncessit tre =mellem5t ou m9emm5t dans sa cause1 quelle que cette cause puisse tre4 ,le mme aussi faut-il p5s] de la ralit objective qui e/ dans l'ide de ,dieu4 ,mais en qui e/-ce que t\te cette ralit ou p]fection se p\rra a9si r5contr]1 s9on en ,dieu rellem5t exi/ant8 ,et cet esprit excell5t a =t bi5 vu t\tes ces *oses2 c'e/ p\rquoi il confesse qu'on peut dem&] p\rquoi cette ide conti5t cette ralit objective plutt qu'une autre1 laquelle dem&e il a rpondu premirem5t3 que de t\tes les ides il en e/ de mme que de ce que j'ai crit de l'ide du triangle1 savoir e/ que bi5 que peut-tre il n'y ait po9t de triangle en aucun lieu du monde1 il ne laisse pas nanmo9s d'y avoir une c]ta9e nature1 ou =me1 ou ess5ce dt]m9e du triangle1 laquelle e/ immuable et t]nelle2 et laquelle il dit n'avoir pas beso9 de cause4 ,ce que nanmo9s il a bi5 jug ne p\voir pas satisfaire2 c>1 encore que la nature du triangle soit immuable et t]nelle1 il n'e/ pas p\r cela mo9s p]mis de dem&] p\rquoi son ide e/ en n\s4 ,c'e/ p\rquoi il a aj\t3 ,si nanmo9s v\s me pressez de v\s dire une raison1 je v\s dirai que cela vi5t de l'imp]fection de notre esprit1 etc4 ,p> laquelle rponse il semble n'avoir v\lu signifi] autre *ose1 s9on que ceux qui se v\dront ici loign] de mon s5tim5t ne p\rront ri5 rpondre de vraisemblable4 ,c>1 en effet1 il n'e/ pas plus probable de dire que la cause p\rquoi l'ide de ,dieu e/ en n\s soit l'imp]fection de notre esprit1 que si on disoit que l'ignorance des mcaniques ft la cause p\rquoi n\s imag9ons plutt une ma*9e =t ple9e d'artifice qu'une autre mo9s p>faite2 c>1 t\t au contraire1 si quelqu'un a l'ide d'une ma*9e dans laquelle soit cont5u t\t l'artifice que l'on sauroit imag9]1 l'on infre =t bi5 de l que cette ide procde d'une cause dans laquelle il y avoit rellem5t et en effet t\t l'artifice imag9able1 encore qu'il ne soit qu'objectivem5t et non po9t en effet dans cette ide4 ,et p> la mme raison1 puisque n\s avons en n\s l'ide de ,dieu1 dans laquelle t\te la p]fection e/ cont5ue que l'on puisse jamais concevoir1 on peut de l conclure trs videmm5t que cette ide dp5d et procde de quelque cause qui conti5t en soi vritablem5t t\te cette p]fection1 savoir de ,dieu rellem5t exi/ant4 ,et c]tes la difficult ne p>otroit pas plus gr&e en l'un qu'en l'autre1 si1 comme t\s les hommes ne sont pas savants en la mcanique1 et p\r cela ne peuv5t pas avoir des ides de ma*9es =t artificielles1 a9si t\s n'avoi5t pas la mme facult de concevoir l'ide de ,dieu2 mais1 p>ce qu'elle e/ empre9te d'une mme faon dans l'esprit de t\t le monde1 et que n\s ne voyons pas qu'elle n\s vi5ne jamais d'ailleurs que de n\s-mmes1 n\s supposons qu'elle app>ti5t la nature de notre esprit2 et c]tes non mal propos3 mais n\s oublions une autre *ose que l'on doit pr9cipalem5t considr]1 et d'o dp5d t\te la =ce et t\te la lumire ou l'intellig5ce de cet argum5t1 qui e/ que cette facult d'avoir en soi l'ide de ,dieu ne p\rroit tre en n\s si notre esprit toit seulem5t une *ose f9ie1 comme il e/ en effet1 et qu'il n'et po9t p\r cause de son tre une cause qui ft ,dieu4 ,c'e/ p\rquoi1 outre cela1 j'ai dem&1 savoir1 si je p\rrois tre en cas que ,dieu ne ft po9t2 non tant p\r apport] une raison diffr5te de la prcd5te1 que p\r l'expliqu] plus p>faitem5t4 ,mais ici la c\rtoisie de cet adv]saire me jette dans un passage assez difficile1 et capable d'attir] sur moi l'envie et la jal\sie de plusieurs2 c> il comp>e mon argum5t avec un autre tir de sa9t ,?omas et d',ari/ote1 comme s'il v\loit p> ce moy5 m'oblig] dire la raison p\rquoi tant entr avec eux dans un mme *em91 je ne l'ai pas nanmo9s suivi en t\tes *oses2 mais je le prie de me p]mettre de ne po9t p>l] des autres1 et de r5dre seulem5t raison des *oses que j'ai crites4 ,premirem5t donc1 je n'ai po9t tir mon argum5t de ce que je voyois que dans les *oses s5sibles il y avoit un ordre ou une c]ta9e suite de causes effici5tes2 p>tie cause que j'ai p5s que l'exi/5ce de ,dieu toit beauc\p plus vid5te que celle d'aucune *ose s5sible2 et p>tie aussi p\rce que je ne voyois pas que cette suite de causes me pt conduire ailleurs qu' me faire connotre l'imp]fection de mon esprit1 en ce que je ne puis compr5dre comm5t une inf9it de telles causes ont tellem5t succd les unes aux autres de t\te t]nit qu'il n'y en ait po9t eu de premire3 c> c]ta9em5t1 de ce que je ne puis compr5dre cela1 il ne s'ensuit pas qu'il y en doive avoir une premire2 non plus que de ce que je ne puis compr5dre une inf9it de divisions en une quantit f9ie1 il ne s'ensuit pas que l'on puisse v5ir une d]nire1 aprs laquelle cette quantit ne puisse plus tre divise2 mais bi5 il suit seulem5t que mon ent5dem5t1 qui e/ f9i1 ne peut compr5dre l'inf9i4 ,c'e/ p\rquoi j'ai mieux aim appuy] mon raisonnem5t sur l'exi/5ce de moi-mme1 laquelle ne dp5d d'aucune suite de causes1 et qui m'e/ si connue que ri5 ne le peut tre davantage3 et1 m'int]rogeant sur cela moi-mme1 je n'ai pas tant *]* p> quelle cause j'ai autrefois t produit1 que j'ai *]* quelle e/ la cause qui prs5t me cons]ve1 af9 de me dlivr] p> ce moy5 de t\te suite et succession de causes4 ,outre cela1 je n'ai pas *]* quelle e/ la cause de mon tre en tant que je suis compos de corps et d'me1 mais seulem5t et prcism5t en tant que je suis une *ose qui p5se1 ce que je crois ne s]vir pas peu ce sujet3 c> a9si j'ai pu beauc\p mieux me dlivr] des prjugs1 considr] ce que dicte la lumire naturelle1 m'int]rog] moi-mme1 et t5ir p\r c]ta9 que ri5 ne peut tre en moi dont je n'aie quelque connoissance3 ce qui en effet e/ t\t autre *ose que si1 de ce que je vois que je suis n de mon pre1 je considrois que mon pre vi5t aussi de mon aeul2 et si1 voyant qu'en re*]*ant a9si les pres de mes pres je ne p\rrois pas cont9u] ce progrs l'inf9i1 p\r mettre f9 cette re*]*e1 je concluois qu'il y a une premire cause4 ,de plus1 je n'ai pas seulem5t re*]* quelle e/ la cause de mon tre en tant que je suis une *ose qui p5se2 mais je l'ai pr9cipalem5t et prcism5t re*]*e en tant que je suis une *ose qui p5se1 qui1 entre plusieurs autres p5ses1 reconnois avoir en moi l'ide d'un tre s\v]a9em5t p>tait2 c> c'e/ de cela seul que dp5d t\te la =ce de ma dmon/ration4 ,premirem5t1 p>ceque cette ide me fait connotre ce que c'e/ que ,dieu1 au mo9s autant que je suis capable de le connotre3 et1 selon les lois de la vraie logique1 on ne doit jamais dem&] d'aucune *ose si elle e/1 qu'on ne sa*e premirem5t ce qu'elle e/4 ,en second lieu1 p>ceque c'e/ cette mme ide qui me donne occasion d'exam9] si je suis p> moi ou p> autrui1 et de reconnotre mes dfauts4 ,et1 en d]ni] lieu1 c'e/ elle qui m'appr5d que non seulem5t il y a une cause de mon tre1 mais de plus aussi que cette cause conti5t t\tes sortes de p]fections1 et p>tant qu'elle e/ ,dieu4 ,enf91 je n'ai po9t dit qu'il e/ impossible qu'une *ose soit la cause effici5te de soi-mme2 c>1 encore que cela soit manife/em5t vritable1 lorsqu'on re/re9t la signification d'effici5t ces causes qui sont diffr5tes de leurs effets1 ou qui les prcd5t en temps1 il semble t\tefois que dans cette "q elle ne doit pas tre a9si re/re9te1 tant p>ceque ce s]oit une "q frivole1 c> qui ne sait qu'une mme *ose ne peut pas tre diffr5te de soi-mme ni se prcd] en temps8 comme aussi p>ceque la lumire naturelle ne n\s dicte po9t que ce soit le propre de la cause effici5t de prcd] en temps son effet2 c> au contraire1 proprem5t p>i]1 elle n'a po9t le nom ni la nature de cause effici5te1 s9on lorsqu'elle produit son effet1 et p>tant elle n'e/ po9t devant lui4 ,mais c]tes la lumire naturelle n\s dicte qu'il n'y a aucune *ose de laquelle il ne soit loisible de dem&] p\rquoi elle exi/e1 ou bi5 dont on ne puisse re*]*] la cause effici5te2 ou1 si elle n'en a po9t1 dem&] p\rquoi elle n'en a pas beso92 de sorte que1 si je p5sois qu'aucune *ose ne peut en quelque faon tre l'g>d de soi-mme ce que la cause effici5te e/ l'g>d de son effet1 tant s'en faut que de l je v\lusse conclure qu'il y a une premire cause1 qu'au contraire de celle-l mme qu'on appell]oit premire1 je re*]*]ais d]e*ef la cause1 et a9si je ne vi5drois jamais une premire4 ,mais c]tes j'av\e fran*em5t qu'il peut y avoir quelque *ose dans laquelle il y ait une puissance si gr&e et si 9puisable qu'elle n'ait jamais eu beso9 d'aucun sec\rs p\r exi/]1 et qui n'eu ait pas encore beso9 ma9t5ant p\r tre cons]ve1 et a9si qui soit en quelque faon la cause de soi-mme2 et je conois que ,dieu e/ tel3 c>1 t\t de mme que bi5 que j'eusse t de t\te t]nit1 et que p> consqu5t il n'y et ri5 eu avant moi1 nanmo9s1 p>ceque je vois que les p>ties du temps peuv5t tre sp>es les unes d'avec les autres1 et qu'a9si1 de ce ce que je suis ma9t5ant1 il ne s'ensuit pas que je doive tre encore aprs1 si1 p\r a9si p>l]1 je ne suis cr de n\veau *aque mom5t p> quelque cause1 je ne f]ois po9t difficult d'appel] effici5te la cause qui me cre cont9uellem5t en cette faon1 c'e/--dire qui me cons]ve4 ,a9si1 encore que ,dieu ait t\j\rs t1 nanmo9s1 p>ceque c'e/ lui-mme qui en effet se cons]ve1 il semble qu'assez proprem5t il peut tre dit et appel la cause de soi-mme4 ,t\tefois il faut rem>qu] que je n'ent5ds pas ici p>l] d'une cons]vation qui se fasse p> aucune influ5ce relle et positive de la cause effici5te1 mais que j'ent5ds seulem5t que l'ess5ce de ,dieu e/ telle1 qu'il e/ impossible qu'il ne soit ou n'exi/e pas t\j\rs4 ,cela tant pos1 il me s]a facile de rpondre la di/9ction du mot p> soi1 que ce trs docte ?ologi5 m'av]tit devoir tre explique2 c> encore bi5 que ceux qui1 ne s'atta*ant qu' la propre et troite signification d'effici5t1 p5s5t qu'il e/ impossible qu'une *ose soit la cause effici5te de soi-mme1 et ne rem>qu5t ici aucun autre g5re de cause qui ait rapport et analogie avec la cause effici5te1 encore1 dis-je1 que ceux-l n'ai5t pas de c\tume d'ent5dre autre *ose lorsqu'ils dis5t que quelque *ose e/ p> soi1 s9on qu'elle n'a po9t de cause1 si t\tefois ils veul5t plutt s'arrt] la *ose2 qu'aux p>oles1 ils reconnotront facilem5t que la signification ngative du mot p> soi ne procde que de la seule imp]fection de l'esprit huma91 et qu'elle n'a aucun fondem5t dans les *oses1 mais qu'il y en a une autre positive1 tire de la vrit des *oses1 et sur laquelle seule mon argum5t e/ appuy4 ,c> si1 p> exemple1 quelqu'un p5se qu'un corps soit p> soi1 il peut n'ent5dre p> l autre *ose1 s9on que ce corps n'a po9t de cause2 et a9si il n'assure po9t ce qu'il p5se p> aucune raison positive1 mais seulem5t d'une faon ngative1 p>ce qu'il ne connot aucune cause de ce corps3 mais cela tmoigne quelque imp]fection en son jugem5t1 comme il reconnotra facilem5t aprs1 s'il considre que les p>ties du temps ne dp5d5t po9t les unes des autres1 et que1 p>tant de ce qu'il a suppos que ce corps jusqu' cette heure a t p> soi1 c'e/--dire sans cause1 il ne s'ensuit pas p\r cela qu'il doive tre encore l'av5ir1 si ce n'e/ qu'il y ait en lui quelque puissance relle et positive laquelle1 p\r a9si dire1 le produise cont9uellem5t2 c> alors1 voyant que dans l'ide du corps il ne se r5contre po9t une telle puissance1 il lui s]a ais d'infr] de l que ce corps n'e/ pas p> soi2 et a9si il pr5dra ce mot1 p> soi1 positivem5t4 ,de mme1 lorsque n\s disons que ,dieu e/ p> soi1 n\s p\vons aussi la vrit ent5dre cela ngativem5t1 comme v\lant dire qu'il n'a po9t de cause2 mais si n\s avons aup>avant re*]* la cause p\rquoi il e/1 ou p\rquoi il ne cesse po9t d'tre1 et que1 considrant l'imm5se et incomprh5sible puissance qui e/ cont5ue dans son ide1 n\s l'ayons reconnue si ple9e et si abondante qu'en effet elle soit la vraie cause p\rquoi il e/1 et p\rquoi il cont9ue a9si t\j\rs d'tre1 et qu'il n'y en puisse avoir d'autre que celle-l1 n\s disons que ,dieu e/ p> soi1 non plus ngativem5t1 mais au contraire trs positivem5t4 ,c>1 encore qu'il ne soit pas beso9 de dire qu'il e/ la cause effici5te de soi-mme1 de peur que peut-tre on n'entre en dispute du mot1 nanmo9s1 p>ceque n\s voyons que ce qui fait qu'il e/ p> soi1 ou qu'il n'a po9t de cause diffr5te de soi-mme1 ne procde pas du nant1 mais de la relle et vritable imm5sit de sa puissance1 il n\s e/ t\t--fait loisible de p5s] qu'il fait en quelque faon la mme *ose l'g>d de soi-mme1 que la cause effici5te l'g>d de son effet1 et p>tant qu'il e/ p> soi positivem5t4 ,il e/ aussi loisible un *acun de s'int]rog] soi-mme1 savoir si en ce mme s5s il e/ p> soi2 et lorsqu'il ne tr\ve en soi aucune puissance capable de le cons]v] seulem5t un mom5t1 il conclut avec raison qu'il e/ p> un autre1 et mme p> un autre qui e/ p> soi1 p\rce qu'tant ici "q du temps prs5t1 et non po9t du pass ou du futur1 le progrs ne peut pas tre cont9u l'inf9i2 voire mme j'aj\t]ai ici de plus1 ce que nanmo9s je n'ai po9t crit ailleurs1 qu'on ne peut pas seulem5t all] jusqu' une seconde cause1 p\rce que celle qui a tant de puissance que de cons]v] une *ose qui e/ hors de soi1 se cons]ve plus =te raison soi-mme p> sa propre puissance1 et a9si elle e/ p> soi4 ,et1 p\r prv5ir ici une objection que l'on p\rroit faire1 savoir que peut-tre celui qui s'int]roge a9si soi-mme a la puissance de se cons]v] sans qu'il s'en ap]oive1 je dis que cela ne peut tre1 et que si cette puissance toit en lui1 il en auroit ncessairem5t connoissance2 c>1 comme il ne se considre en ce mom5t que comme une *ose qui p5se1 ri5 ne peut tre en lui dont il n'ait ou ne puisse avoir connoissance1 cause que t\tes les actions d'un esprit1 comme s]oit celle de se cons]v] soi-mme si elle procdoit de lui1 tant1 des p5ses1 et p>tant tant prs5tes et connues l'esprit1 celle-l1 comme les autres1 lui s]oit aussi prs5te et connue1 et p> elle il vi5droit ncessairem5t connotre la facult qui la produiroit1 t\te action n\s m5ant ncessairem5t la connoissance de la facult qui la produit4 ,ma9t5ant1 lorsqu'on dit que t\te limitation e/ p> une cause1 je p5se la vrit qu'on ent5d une *ose vraie1 mais qu'on ne l'exprime pas en t]mes assez propres1 et qu'on n'te pas la difficult2 c>1 proprem5t p>l]1 la limitation e/ seulem5t une ngation d'une plus gr&e p]fection1 laquelle ngation n'e/ po9t p> une cause1 mais bi5 la *ose limite4 ,et encore qu'il soit vrai que t\te *ose e/ limite p> une cause1 cela nanmo9s n'e/ pas de soi manife/e1 mais il le faut pr\v] d'ailleurs4 ,c>1 comme rpond =t bi5 ce subtil ?ologi51 une *ose peut tre limite en deux faons1 ou p>ceque celui qui l'a produite ne lui a pas donn plus de p]fections1 ou p>ceque sa nature e/ telle qu'elle n'en peut recevoir qu'un c]ta9 nombre1 comme il e/ de la nature du triangle de n'avoir pas plus de trois cts3 mais il me semble que c'e/ une *ose de soi vid5te1 et qui n'a pas beso9 de preuve1 que t\t ce qui exi/e e/ ou p> une cause1 ou p> soi comme p> une cause2 c> puisque n\s concevons et ent5dons =t bi51 non seulem5t l'exi/5ce1 mais aussi la ngation de l'exi/5ce1 il n'y a ri5 que n\s puissions fe9dre tre tellem5t p> soi1 qu'il ne faille donn] aucune raison p\rquoi plutt il exi/e qu'il n'exi/e po9t2 et a9si n\s devons t\j\rs int]prt] ce mot1 tre p> soi1 positivem5t1 et comme si c'toit tre p> une cause1 savoir p> une surabondance de sa propre puissance1 laquelle ne peut tre qu'en ,dieu seul1 a9si qu'on peut aism5t dmontr]4 ,ce qui m'e/ ensuite accord p> ce savant docteur1 bi5 qu'en effet il ne reoive aucun d\te1 e/ nanmo9s ord9airem5t si peu considr1 et e/ d'une telle importance p\r tir] t\te la philosophie hors des tnbres o elle semble tre ensevelie1 que lorsqu'il le confirme p> son autorit1 il m'aide beauc\p en mon desse94 ,et il dem&e ici#a1 avec beauc\p de raison1 si je connois clairem5t et di/9ctem5t l'inf9i2 c> bi5 que j'aie t* de prv5ir cette objection1 nanmo9s elle se prs5te si facilem5t un *acun1 qu'il e/ ncessaire que j'y rponde un peu amplem5t4 ,c'e/ p\rquoi je dirai ici premirem5t que l'inf9i1 en tant qu'inf9i1 n'e/ po9t la vrit compris1 mais que nanmo9s il e/ ent5du2 c>1 ent5dre clairem5t et di/9ctem5t qu'une *ose e/ telle qu'un ne peut du t\t po9t y r5contr] de limites1 c'e/ clairem5t ent5dre qu'elle e/ inf9ie4 ,et je mets ici de la di/9ction entre l'indf9i et l'inf9i4 ,et il n'y a ri5 que je nomme proprem5t inf9i1 s9on ce en quoi de t\tes p>ts je ne r5contre po9t de limites1 auquel s5s ,dieu seul e/ inf9i2 mais p\r les *oses o s\s quelque considration seulem5t je ne vois po9t de f91 comme l't5due des espaces imag9aires1 la multitude des nombres1 la divisibilit des p>ties de la quantit1 et autres *oses semblables1 je les appelle indf9ies et non pas inf9ies1 p>ceque de t\tes p>ts elles ne sont pas sans f9 ni sans ,limites4 ,note #ci3 ,voyez ,objections ,de plus je mets di/9ction entre la raison =melle de l'inf9i1 ou l'inf9it1 et la *ose qui e/ inf9ie4 ,c>1 quant l'inf9it1 encore que n\s la concevions tre trs positive1 n\s ne l'ent5dons nanmo9s que d'une faon ngative1 savoir e/ de ce que n\s ne rem>quons en la *ose aucune limitation3 et quant la *ose qui e/ inf9ie1 n\s la concevons la vrit positivem5t1 mais non pas selon t\te son t5due1 c'e/--dire que n\s ne compr5ons pas t\t ce qui e/ intelligible en elle4 ,mais t\t a9si que1 lorsque n\s jetons les yeux sur la m]1 on ne laisse pas de dire que n\s la voyons1 quoique notre vue n'en atteigne pas t\tes les p>ties et n'en mesure pas la va/e t5due2 et de vrai1 lorsque n\s ne la reg>dons que de lo91 comme si n\s la v\lions embrass] t\te avec les yeux1 n\s ne la voyons que confusm5t3 comme aussi n'imag9ons-n\s que confusm5t un *iliogone1 lorsque n\s t*ons d'imag9] t\s ses cts ensemble2 mais lorsque notre vue s'arrte sur une p>tie de la m] seulem5t1 cette vision alors peut tre =t claire et =t di/9cte1 comme aussi l'imag9ation d'un *iliogone1 lorsqu'elle s't5d seulem5t sur un ou deux de ses cts4 ,de mme ,j'av\e avec t\s les ?ologi5s que ,dieu ne peut tre compris p> l'esprit huma92 et mme qu'il ne peut tre di/9ctem5t connu p> ceux qui t*5t de l'embrass] t\t enti] et t\t la fois p> la p5se1 et qui le reg>d5t comme de lo92 auquel s5s sa9t ,?omas a dit1 au lieu ci-devant cit1 que la connoissance de ,dieu e/ en n\s s\s une espce de confusion seulem5t1 et comme s\s une image obscure3 mais ceux qui considr5t att5tivem5t *acune de ses p]fections1 et qui appliqu5t t\tes les =ces de leur esprit les contempl]1 non po9t desse9 de les compr5dre1 mais plutt de les admir] et reconnotre combi5 elles sont au-del de t\te comprh5sion1 ceux-l1 dis-je1 tr\v5t en lui incomp>ablem5t plus de *oses qui peuv5t tre clairem5t et di/9ctem5t connues1 et avec plus de facilit1 qu'il ne s'en tr\ve en aucune des *oses cres4 ,ce que sa9t ,?omas a =t bi5 reconnu lui-mme en ce lieu-l1 comme il e/ ais de voir de ce qu'en l'article suivant il assure que l'exi/5ce de ,dieu peut tre dmontre4 ,p\r moi1 t\tes les fois que j'ai dit que ,dieu p\voit tre connu clairem5t et di/9ctem5t1 je n'ai jamais ent5du p>l] que de cette connoissance f9ie1 et accommode la petite capacit de nos esprits2 aussi n'a-t-il pas t ncessaire de l'ent5dre autrem5t p\r la vrit des *oses que j'ai avances1 comme un v]ra facilem5t1 si on pr5d g>de que je n'ai dit cela qu'en deux endroits1 en l'un desquels il toit "q de savoir si quelque *ose de rel toit cont5u dans l'ide que n\s =mons de ,dieu1 ou bi5 s'il n'y avoit qu'une ngation de *ose 7a9si qu'on peut d\t] si1 dans l'ide du froid1 il n'y a ri5 qu'une ngation de *aleur71 ce qui peut aism5t tre connu1 encore qu'on ne compr5ne pas l'inf9i4 ,et en l'autre j'ai ma9t5u que l'exi/5ce n'app>t5oit pas mo9s la nature de l'tre s\v]a9em5t p>fait1 que trois cts app>ti5n5t la nature du triangle3 ce qui se peut aussi assez ent5dre sans qu'on ait une connoissance de ,dieu si t5due qu'elle compr5ne t\t ce qui e/ en lui4 ,il comp>e ici d]e*ef un de mes argum5ts avec un autre de sa9t ,?omas1 af9 de m'oblig] en quelque faon de montr] lequel des deux a le plus de =ce4 ,et il me semble que je le puis faire sans beauc\p d'envie1 p>ce que sa9t ,?omas ne s'e/ pas s]vi de cet argum5t comme si51 et il ne conclut pas la mme *ose que celui dont je me s]s2 et1 enf91 je ne m'loigne ici en aucune faon de l'op9ion de cet anglique docteur4 ,c> on lui dem&e1 savoir1 si la connoissance de l'exi/5ce de ,dieu e/ si naturelle l'esprit huma9 qu'il ne soit pas beso9 de la pr\v]1 c'e/--dire si elle e/ claire et manife/e un *acun1 ce qu'il nie1 et moi avec lui4 ,or l'argum5t qu'il s'objecte soi-mme se peut a9si propos]4 ,lorsqu'on compr5d et ent5d ce que signifie ce nom ,dieu1 on ent5d une *ose telle que ri5 de plus gr& ne peut tre conu2 mais c'e/ une *ose plus gr&e d'tre en effet et dans l'ent5dem5t1 que d'tre seulem5t dans l'ent5dem5t3 donc1 lorsqu'on compr5d et ent5d ce que signifie ce nom ,dieu1 on ent5d que ,dieu e/ en effet et dans l'ent5dem5t4 ,o il y a une faute manife/e en la =me2 c> on devoit seulem5t conclure3 donc1 lorsqu'on compr5d et ent5d ce que signifie ce nom ,dieu1 on ent5d qu'il signifie une *ose qui e/ en effet1 et dans l'ent5dem5t2 or ce qui e/ signifi p> un mot1 ne p>ot pas p\r cela tre vrai4 ,mais mon argum5t a t tel3 ,ce que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t app>t5ir la nature ou l'ess5ce ou la =me immuable et vraie de quelque *ose1 cela peut tre dit ou affirm avec vrit de cette *ose2 mais aprs que n\s avons assez soigneusem5t re*]* ce que c'e/ que ,dieu1 n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t qu'il app>ti5t sa vraie et immuable nature qu'il exi/e2 donc alors n\s p\vons affirm] avec vrit qu'il exi/e3 ou du mo9s la conclusion e/ lgitime4 ,mais la majeure ne se peut aussi ni]1 p>ce qu'un e/ dj demeur d'accord ci-devant que t\t ce que n\s ent5dons ou concevons clairem5t et di/9ctem5t1 e/ vrai4 ,il ne re/e plus que la m9eure1 o je confesse que la difficult n'e/ pas petite2 premirem5t1 p>ceque n\s sommes tellem5t acc\tums dans t\tes les autres *oses de di/+u] l'exi/5ce de l'ess5ce1 que n\s ne pr5ons pas assez g>de comm5t elle app>ti5t l'ess5ce de ,dieu plutt qu' celle des autres *oses2 et aussi p\rce que ne di/+uant pas assez soigneusem5t les *oses qui app>ti5n5t la vraie et immuable ess5ce de quelque *ose de celles qui ne lui sont attribues que p> la fiction de notre ent5dem5t1 encore que n\s ap]cevions assez clairem5t que l'exi/5ce app>ti5t l'ess5ce de ,dieu1 n\s ne concluons pas t\tefois de l que ,dieu exi/e1 p\rce que n\s ne savons pas si son ess5ce e/ immuable et vraie1 on si elle a seulem5t t faite et inv5te p> notre esprit4 ,mais1 p\r t] la premire p>tie de cette difficult1 il faut faire di/9ction entre l'exi/5ce possible et la ncessaire2 et rem>qu] que l'exi/5ce possible e/ cont5ue dans la notion ou dans l'ide de t\tes les *oses que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t1 mais que l'exi/5ce ncessaire n'e/ cont5ue que dans l'ide seule de ,dieu3 c> je ne d\te po9t que ceux qui considr]ont avec att5tion cette diffr5ce qui e/ entre l'ide de ,dieu et t\tes les autres ides n'ap]oiv5t =t bi5 qu'encore que n\s ne concevions jamais les autres *oses s9on comme exi/antes1 il ne s'ensuit pas nanmo9s de l qu'elles exi/5t1 mais seulem5t qu'elles peuv5t exi/]2 p>ce que n\s ne concevons pas qu'il soit ncessaire que l'exi/5ce actuelle soit conjo9te avec leurs autres proprits1 mais que de ce que n\s concevons clairem5t que l'exi/5ce actuelle e/ ncessairem5t et t\j\rs conjo9te avec les autres attributs de ,dieu1 il suit de l ncessairem5t que ,dieu exi/e4 ,puis1 p\r t] l'autre p>tie de la difficult1 il faut pr5dre g>de que les ides qui ne conti5n5t pas de vraies et immuables natures1 mais seulem5t de fe9tes et composes p> l'ent5dem5t1 peuv5t tre divises p> l'ent5dem5t mme1 non seulem5t p> une ab/raction ou re/riction de sa p5se1 mais p> une claire et di/9cte opration2 en sorte que les *oses que l'ent5dem5t ne peut pas a9si divis] n'ont po9t sans d\te t faites ou composes p> lui4 ,p> exemple1 lorsque je me reprs5te un *eval ail1 ou un lion actuellem5t exi/ant1 ou un triangle inscrit dans un c>r1 je conois facilem5t que je puis aussi t\t au contraire me reprs5t] un *eval qui n'ait po9t d'ailes1 un lion qui ne soit po9t exi/ant1 un triangle sans c>r2 et p>tant1 que ces *oses n'ont po9t de vraies et immuables natures4 ,mais si je me reprs5te un triangle ou un c>r 7je ne p>le po9t ici du lion ni du *eval1 p\rce que leurs natures ne n\s sont pas entirem5t connues71 alors c]tes t\tes les *oses que je reconnotrai tre cont5ues dans l'ide du triangle1 comme que ses trois angles sont gaux deux droits1 etc41 je l'assur]ai avec vrit d'un triangle2 et d'un c>r1 t\t ce que je tr\v]ai tre cont5u dans l'ide dit c>r2 c> encore que je puisse concevoir un triangle1 en re/reignant tellem5t ma p5se que je ne conoive en aucune faon que ses trois angles sont gaux deux droits1 je ne puis pas nanmo9s ni] cela de lui p> une claire et di/9cte opration1 c'e/--dire ent5dant nettem5t ce que je dis4 ,de plus1 si je considre un triangle inscrit dans un c>r1 non af9 d'attribu] au c>r ce qui app>ti5t seulem5t au triangle1 ou d'attribu] au triangle ce qui app>ti5t au c>r1 mais p\r exam9] seulem5t les *oses qui naiss5t de la conjonction de l'un et de l'autre1 la nature de cette figure compose du triangle et du c>r ne s]a pas mo9s vraie et immuable que celle du seul c>r1 ou du seul triangle4 ,de faon que je p\rrai assur] avec vrit que le c>r n'e/ pas mo9dre que le d\ble du triangle qui lui e/ inscrit1 et autres *oses semblables qui app>ti5n5t la nature de cette figure compose4 ,mais si je considre que1 dans l'ide d'un corps trs p>fait1 l'exi/5ce e/ cont5ue1 et cela p\rce que c'e/ une plus gr&e p]fection d'tre en effet et dans l'ent5dem5t que d'tre seulem5t dans l'ent5dem5t1 je ne puis pas de l conclure que ce corps trs p>lait exi/e1 mais seulem5t qu'il peut exi/]4 ,c> je reconnois assez que cette ide a t faite p> mon ent5dem5t mme1 lequel a jo9t ensemble t\tes les p]fections corporelles2 et aussi que l'exi/5ce ne rsulte po9t des autres p]fections qui sont comprises en la nature du corps1 p\rce que l'on peut galem5t affirm] ou ni] qu'elles exi/5t1 c'e/--dire les concevoir comme exi/antes ou non exi/antes4 ,et de plus1 cause qu'en exam9ant l'ide du corps1 je ne vois en lui aucune =ce p> laquelle il se produise ou se cons]ve lui-mme1 je conclus =t bi5 que l'exi/5ce ncessaire1 de laquelle seule il e/ ici "q1 convi5t aussi peu la nature du corps1 tant p>fait qu'il puisse tre1 qu'il app>ti5t la nature d'une montagne de n'avoir po9t de valle1 ou la nature du triangle d'avoir ses trois angles plus gr&s que deux droits4 ,mais ma9t5ant si n\s dem&ons1 non d'un corps1 mais d'une *ose1 telle qu'elle puisse tre1 qui ait en soi t\tes les p]fections qui peuv5t tre ensemble1 savoir si l'exi/5ce doit tre compte p>mi elles2 il e/ vrai que d'abord n\s en p\rrons d\t]1 p>ce que notre esprit1 qui e/ f9i1 n'ayant c\tume de les considr] que sp>es1 n'ap]cevra peut-tre pas du premi] c\p combi5 ncessairem5t elles sont jo9tes entre elles4 ,mais si n\s exam9ons soigneusem5t1 savoir1 si l'exi/5ce convi5t l'tre s\v]a9em5t puissant1 et quelle sorte d'exi/5ce1 n\s p\rrons clairem5t et di/9ctem5t connotre1 premirem5t1 qu'au mo9s l'exi/5ce possible lui convi5t1 comme t\tes les autres *oses dont n\s avons en n\s quelque ide di/9cte1 mme celles qui sont composes p> les fictions de notre esprit4 ,en aprs1 p>ce que n\s ne p\vons p5s] que son exi/5ce e/ possible qu'en mme temps1 pr5ant g>de sa puissance inf9ie1 n\s ne connoissions qu'il peut exi/] p> sa propre =ce1 n\s conclurons de l que rellem5t il exi/e1 et qu'il a t de t\te t]nit2 c> il e/ trs manife/e1 p> la lumire naturelle1 que ce qui peut exi/] p> sa propre =ce exi/e t\j\rs2 et a9si n\s connotrons que l'exi/5ce ncessaire e/ cont5ue dans l'ide d'un tre s\v]a9em5t puissant1 non p> une fiction de l'ent5dem5t1 mais p>ce qu'il app>ti5t la vraie et immuable nature d'un tel tre d'exi/]2 et il n\s s]a aussi ais de connotre qu'il e/ impossible que cet tre s\v]a9em5t puissant n'ait po9t en soi t\tes les autres p]fections qui sont cont5ues dans l'ide de ,dieu1 en sorte que1 de leur propre nature1 et sans aucune fiction de l'ent5dem5t1 elles soi5t t\tes jo9tes ensemble et exi/5t dans ,dieu3 t\tes lesquelles *oses sont manife/es celui qui y p5se srieusem5t1 et ne diffr5t po9t de celles que j'avois dj ci-devant crites1 si ce n'e/ seulem5t en la faon dont elles sont ici expliques1 laquelle j'ai expressm5t *ange p\r m'accommod] la div]sit des esprits4 ,et je confess]ai ici librem5t que cet argum5t e/ tel1 que ceux qui ne se ress\vi5dront pas de t\tes les *oses qui s]v5t sa dmon/ration1 le pr5dront aism5t p\r un sophisme2 et que cela m'a fait d\t] au comm5cem5t si je m'en devois s]vir1 de peur de donn] occasion ceux qui ne le compr5droi5t pas de se dfi] aussi des autres4 ,mais p\rce qu'il n'y a que deux voies p> lesquelles on puisse pr\v] qu'il y a un ,dieu1 savoir1 l'une p> ses effets1 et l'autre p> son ess5ce ou sa nature mme1 et que j'ai expliqu1 autant qu'il m'a t possible1 la premire dans la troisime ,mditation1 j'ai cru qu'aprs cela je ne devois pas omettre l'autre4 ,p\r ce qui reg>de la di/9ction =melle1 que ce trs docte ?ologi5 dit avoir prise de ,scot#a1 je rponds brivem5t qu'elle ne diffre po9t de la modale1 et qu'elle ne s't5d que sur les tres incomplets1 lesquels j'ai soigneusem5t di/+us de ceux qui sont complets2 et qu' la vrit elle suffit p\r faire qu'une *ose soit conue sp>m5t et di/9ctem5t d'une autre1 p> une ab/raction de l'esprit qui conoive la *ose imp>faitem5t1 mais non pas p\r faire que deux *oses soi5t conues tellem5t di/9ctes et sp>es l'une de l'autre que n\s ent5dions que *acune e/ un tre complet et diffr5t de t\t autre2 c> p\r cela il e/ beso9 d'une di/9ction relle4 ,a9si1 p> exemple1 entre le m\vem5t et la figure d'un mme corps il y a une di/9ction =melle1 et je puis =t bi5 concevoir le m\vem5t sans la figure1 et la figure sans le m\vem5t1 et l'un et l'autre sans p5s] p>ticulirem5t au corps qui se meut ou qui e/ figur2 mais je ne puis pas nanmo9s concevoir ple9em5t et p>faitem5t le m\vem5t sans quelque corps auquel ce m\vem5t soit atta*1 ni la figure sans quelque corps o rside cette figure1 ni enf9 je ne puis pas fe9dre que le m\vem5t soit en une *ose dans laquelle la figure ne puisse tre1 ou la figure en une *ose incapable de m\vem5t4 ,de mme je ne puis pas concevoir la ju/ice sans un ju/e1 ou la misricorde sans un misricordieux2 et on ne peut pas fe9dre que celui-l mme qui e/ ju/e ne puisse pas tre misricordieux4 ,mais je conois ple9em5t ce que c'e/ que le corps 7c'e/--dire je conois le corps comme une *ose complte71 en p5sant seulem5t que c'e/ une *ose t5due1 figure1 mobile1 etc41 encore que je nie de lui t\tes les *oses qui app>ti5n5t a la nature de l'esprit2 et je conois aussi que l'esprit e/ une *ose complte1 qui d\te1 qui ent5d1 qui veut1 etc41 encore que je nie qu'il y ait en lui aucune des *oses qui sont cont5ues en l'ide du corps3 ce qui ne se p\rroit aucunem5t faire s'il n'y avoit une di/9ction relle entre le corps et l'esprit4 ,note #dj3 ,voyez ,objections4 ,voil1 ,messieurs1 ce que j'ai eu rpondre aux objections subtiles et (ficieuses de votre ami commun4 ,mais si je n'ai pas t assez heureux d'y satisfaire entirem5t1 je v\s prie que je puisse tre av]ti des lieux qui mrit5t une plus ample explication1 ou peut-tre mme sa c5sure2 que si je puis obt5ir cela de lui p> votre moy51 je me ti5drai t\s inf9im5t votre oblig4 ,,secondes ,,objections1 ,,recueillies ,,p> ,,le ,r4 ,p4 ,,m]s5ne1 ,,de ,,la ,,b\*e ,,de ,,div]s ,,?,,ologi5s ,,et ,,philosophes1 ,,contre ,,les ,i,ie1 ,i,i,ie1 ,i,ve1 ,ve ,,et ,v,ie ,m,,ditations4 ,,monsieur1 ,puisque1 p\r confondre les n\veaux gants du sicle1 qui os5t attaqu] l',auteur de t\tes *oses1 v\s avez entrepris d'en aff]mir le trne en dmontrant son exi/5ce2 et que votre desse9 semble si bi5 conduit que les g5s de bi5 peuv5t espr] qu'il ne se tr\v]a dsormais p]sonne qui1 aprs avoir lu att5tivem5t vos ,mditations1 ne confesse qu'il y a un ,dieu t]nel de qui t\tes *oses dp5d5t1 n\s avons jug propos de v\s av]tir et v\s pri] t\t ensemble de rp&re encore sur de c]ta9s lieux1 que n\s v\s m>qu]ons ci-aprs1 une telle lumire qu'il ne re/e ri5 dans t\t votre ouvrage qui ne soit1 s'il e/ possible1 trs clairem5t et trs manife/em5t dmontr4 ,c> d'autant que depuis plusieurs annes v\s avez1 p> de cont9uelles mditations1 tellem5t ex]c votre esprit1 que les *oses qui sembl5t aux autres obscures et inc]ta9es v\s peuv5t p>otre plus claires1 et que v\s les concevez peut-tre p> une simple inspection de l'esprit1 sans v\s ap]cevoir de l'obscurit que les autres y tr\v5t1 il s]a bon que v\s soyez av]ti de celles qui ont beso9 d'tre plus clairem5t et plus amplem5t expliques et dmontres2 et lorsque v\s n\s aurez satisfait en ceci1 n\s ne jugeons pas qu'il y ait gure p]sonne qui puisse ni] que les raisons dont v\s avez comm5c la dduction p\r la gloire de ,dieu et l'utilit du public ne doiv5t tre prises p\r des dmon/rations4 ,premirem5t1 v\s v\s ress\vi5drez que ce n'e/ pas t\t de bon et en vrit1 mais seulem5t p> une fiction d'esprit1 que v\s avez rejet1 autant qu'il v\s a t possible1 t\s les fantmes des corps1 p\r conclure que v\s tes seulem5t une *ose qui p5se1 de peur qu'aprs cela v\s ne croyiez peut-tre que l'on puisse conclure qu'en effet et sans fiction v\s n'tes ri5 autre *ose qu'un esprit ou une *ose qui p5se2 et c'e/ t\t ce que n\s avons tr\v digne d'obs]vation t\*ant vos deux premires ,mditations1 dans lesquelles v\s faites voir clairem5t qu'au mo9s il e/ c]ta9 que v\s qui p5sez tes quelque *ose4 ,mais arrtons-n\s un peu ici4#a ,jusque l v\s connoissez que v\s tes une *ose qui p5se1 mais v\s ne savez pas encore ce que c'e/ que cette *ose qui p5se4 ,et que savez-v\s si ce n'e/ po9t un corps qui1 p> ses div]s m\vem5ts et r5contres1 fait cette action que n\s appelons du nom de p5se8 ,c>1 encore que v\s croyiez avoir rejet t\tes sortes de corps1 v\s v\s tes pu tromp] en cela1 que v\s ne v\s tes pas rejet v\s-mme1 qui peut-tre tes un corps4 ,c> comm5t pr\vez-v\s qu'un corps ne peut p5s]1 ou que des m\vem5ts corporels ne sont po9t la p5se mme8 ,et p\rquoi t\t le sy/me de votre corps1 que v\s croyez avoir rejet1 ou quelques p>ties d'icelui1 p> exemple celles du c]veau1 ne p\rroi5t-elles pas conc\rir =m] ces sortes de m\vem5ts que n\s appelons des p5ses8 ,je suis1 dites-v\s1 une *ose qui p5se2 mais que savez-v\s si v\s n'tes po9t aussi un m\vem5t corporel1 ou un corps remu8 ,note #da3 ,voyez ,mditation ,,ii4 ,secondem5t1 de l'ide d'un tre s\v]a91 laquelle v\s s\t5ez ne p\voir tre produite p> v\s1 v\s osez conclure l'exi/5ce d'un s\v]a9 tre1 duquel seul peut procd] l'ide qui e/ en votre esprit#a2 comme si n\s ne n\s tr\vions pas en n\s un fondem5t suffisant1 sur lequel seul tant appuys1 n\s p\vons =m] cette ide1 quoiqu'il n'y et po9t de s\v]a9 tre1 ou que n\s ne sussions pas s'il y en a un1 et que son exi/5ce ne n\s vnt pas mme en la p5se3 c> ne vois-je pas que moi1 qui p5se1 j'ai quelque degr de p]fection8 ,et ne vois-je pas aussi que d'autres que moi ont un semblable degr8 ce qui me s]t de fondem5t p\r p5s] quelque nombre que ce soit1 et a9si p\r aj\t] un degr de p]fection un autre jusqu' l'inf9i2 t\t de mme que1 bi5 qu'il n'y et au monde qu'un degr de *aleur ou de lumire1 je p\rrois nanmo9s en aj\t] et en fe9dre t\j\rs de n\veaux jusques l'inf9i4 ,p\rquoi p>eillem5t ne p\rrai-je pas aj\t] quelque degr d'tre que j'ap]ois tre en moi1 tel autre degr que ce soit1 et1 de t\s les degrs capables d'tre aj\ts1 =m] l'ide d'un tre p>fait8 ,mais1 dites-v\s1 l'effet ne peut avoir aucun degr de p]fection ou de ralit qui n'ait t aup>avant dans sa cause2 mais1 outre que n\s voyons t\s les j\rs que les m\*es1 et plusieurs autres animaux1 comme aussi les plantes1 sont produites p> le soleil1 la pluie et la t]re1 dans lesquels il n'y a po9t de vie comme en ces animaux1 laquelle vie e/ plus noble qu'aucun autre degr purem5t corporel1 d'o il arrive que l'effet lire quelque ralit de sa cause1 qui nanmo9s n'toit pas dans sa cause2 mais1 dis-je1 cette ide n'e/ ri5 autre *ose qu'un tre de raison1 qui n'e/ pas plus noble que votre esprit qui la conoit4 ,de plus1 que savez-v\s si cette ide se ft jamais (f]te votre esprit1 si v\s eussiez pass t\te votre vie dans un ds]t1 et non po9t en la compagnie de p]sonnes savantes8 et ne peut-on pas dire que v\s l'avez puise des p5ses que v\s avez eues aup>avant1 des enseignem5ts des livres1 des disc\rs et entreti5s de vos amis1 etc41 et non pas de votre esprit seul ou d'un s\v]a9 tre exi/ant8 ,et p>tant il faut pr\v] plus clairem5t que cette ide ne p\rroit tre en v\s1 s'il n'y avoit po9t de s\v]a9 tre2 et alors n\s s]ons les premi]s n\s r5dre votre raisonnem5t1 et n\s y donn]ons t\s les ma9s4 ,or1 que cette ide procde de ces notions anticipes1 cela p>ot1 ce semble1 assez clairem5t de ce que les ,canadi5s1 les ,hurons et les autres hommes sauvages n'ont po9t en eux une telle ide1 laquelle v\s p\vez mme =m] de la connoissance que v\s avez des *oses corporelles2 en sorte que votre ide ne reprs5te ri5 que ce monde corporel1 qui embrasse t\tes les p]fections que v\s sauriez imag9]3 de sorte que v\s ne p\vez conclure autre *ose1 s9on qu'il y a un tre corporel trs p>fait1 si ce n'e/ que v\s aj\tiez quelque *ose de plus qui lve notre esprit jusqu' la connoissance des *oses spirituelles ou incorporelles4 ,n\s p\vons ici encore dire que l'ide d'un ange peut tre en v\s aussi bi5 que celle d'un tre trs p>fait1 sans qu'il soit beso9 p\r cela qu'elle soit =me en v\s p> un ange rellem5t exi/ant1 bi5 que l'ange soit plus p>fait que v\s4 ,mais je dis de plus que v\s n'avez pas l'ide de ,dieu non plus que celle d'un nombre ou d'une ligne inf9ie1 laquelle qu& v\s p\rriez avoir1 ce nombre nanmo9s e/ entirem5t impossible3 aj\tez cela que l'ide de l'unit et simplicit d'une seule p]fection1 qui embrasse et conti5ne t\tes les autres1 se fait seulem5t p> l'opration de l'ent5dem5t qui raisonne1 t\t a9si que se font les units univ]selles1 qui ne sont po9t dans les *oses1 mais seulem5t dans l'ent5dem5t1 comme on peut voir p> l'unit gnrique1 transc5dantale1 etc4 ,note #db3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,en troisime lieu1 puisque v\s n'tes pas encore assur de l'exi/5ce de ,dieu1 et que v\s dites#a nanmo9s que v\s ne sauriez tre assur d'aucune *ose1 ou que v\s ne p\vez ri5 connotre clairem5t et di/9ctem5t si premirem5t v\s ne connoissez c]ta9em5t et clairem5t que ,dieu exi/e1 il s'ensuit que v\s ne savez pas encore que v\s tes une *ose qui p5se1 puisque1 selon v\s1 cette connoissance dp5d de la connoissance claire d'un ,dieu exi/ant1 laquelle v\s n'avez pas encore dmontre1 aux lieux o v\s concluez que v\s connoissez clairem5t ce que v\s tes4 ,aj\tez cela qu'un a?e connot clairem5t et di/9ctem5t que les trois angles d'un triangle sont gaux deux droits1 quoique nanmo9s il soit =t loign de croire l'exi/5ce de ,dieu1 puisqu'il la nie t\t--fait2 p>ce1 dit-il1 que si ,dieu exi/oit il y auroit un s\v]a9 tre et un s\v]a9 bi51 c'e/--dire un inf9i2 or ce qui e/ inf9i en t\t g5re de p]fection exclut t\te autre *ose que ce soit1 non seulem5t t\te sorte d'tre et de bi51 mais aussi t\te sorte du non-tre et de mal3 et nanmo9s il y a plusieurs tres et plusieurs bi5s1 comme aussi plusieurs non-tres et plusieurs maux2 laquelle objection n\s jugeons propos que v\s rpondiez1 af9 qu'il ne re/e plus ri5 aux impies object]1 et qui puisse s]vir de prtexte leur ,impit4 ,note #dc3 ,voyez ,mditation ,,ii4 ,en quatrime lieu1 v\s niez#a que ,dieu puisse m5tir ou dcevoir2 quoique nanmo9s il se tr\ve des scola/iques qui ti5n5t le contraire1 comme ,gabriel1 ,arim95sis1 et quelques autres1 qui p5s5t que ,dieu m5t1 absolum5t p>lant1 c'e/--dire qu'il signifie quelque *ose aux hommes contre son int5tion et contre ce qu'il a dcrt et rsolu1 comme lorsque1 sans aj\t] de condition1 il dit aux ,n9ivites p> son prophte3 ,encore qu>ante j\rs1 et ,n9ive s]a subv]tie4 ,et lorsqu'il a dit plusieurs autres *oses qui ne sont po9t arrives1 p>ce qu'il n'a pas v\lu que telles p>oles rpondiss5t son int5tion ou son dcret4 ,que1 s'il a endurci et aveugl ,ph>aon1 et s'il a mis dans les prophtes un esprit de m5songe1 comm5t p\vez-v\s dire que n\s ne p\vons tre tromps p> lui8 ,dieu ne peut-il pas se comport] env]s les hommes comme un mdec9 env]s ses malades et un pre env]s ses enfants1 lesquels l'un et l'autre tromp5t si s\v5t1 mais t\j\rs avec prud5ce et utilit2 c> si ,dieu n\s montroit la vrit t\te nue1 quel oeil ou plutt quel esprit auroit assez de =ce p\r la support]8 ,combi5 qu' vrai dire il ne soit pas ncessaire de fe9dre un ,dieu trompeur af9 que v\s soyez du dans les *oses que v\s p5sez connotre clairem5t et di/9ctem5t1 vu que la cause de cette dception peut tre en v\s1 quoique v\s n'y songiez seulem5t pas4 ,c> que savez-v\s si votre nature n'e/ po9t telle qu'elle se trompe t\j\rs1 ou du mo9s =t s\v5t8 ,et d'o avez-v\s appris que1 t\*ant les *oses que v\s p5sez connotre clairem5t et di/9ctem5t1 il e/ c]ta9 que v\s n'tes jamais tromp1 et que v\s ne le p\vez tre8 ,c> combi5 de fois avons-n\s vu que des p]sonnes se sont trompes en des *oses qu'elles p5soi5t voir plus clairem5t que le soleil8 ,et p>tant1 ce pr9cipe d'une claire et di/9cte connoissance doit tre expliqu si clairem5t et si di/9ctem5t que p]sonne dsormais1 qui ait l'esprit raisonnable1 ne puisse tre du dans les *oses qu'il croira savoir clairem5t et di/9ctem5t2 autrem5t n\s ne voyons po9t encore que n\s puissions rpondre avec c]titude de la vrit d'aucune *ose4 ,note #dd3 ,voyez ,mditations ,,iii et ,,iv4 ,en c9quime lieu1 si la volont ne peut jamais faillir1 on ne p*e po9t lorsqu'elle suit et se laisse conduire p> les lumires claires et di/9ctes de l'esprit qui la g\v]ne1 et si1 au contraire1 elle se met en dang] du faillir lorsqu'elle p\rsuit et embrasse les connoissances obscures et confuses de l'ent5dem5t1 pr5ez g>de que de l il semble que l'on puisse infr] que les ,turcs et les autres infidles non seulem5t ne p*5t po9t lorsqu'ils n'embrass5t pas la religion *rti5ne et ca?olique1 mais mme qu'ils p*5t lorsqu'ils l'embrass5t1 puisqu'ils n'en connoiss5t po9t la vrit ni clairem5t ni di/9ctem5t4 ,bi5 plus1 si cette rgle que v\s tablissez#a e/ vraie1 il ne s]a p]mis la volont d'embrass] que =t peu de *oses1 vu que n\s ne connoissons quasi ri5 avec cette cl>t et di/9ction que v\s requrez p\r =m] une c]titude qui ne puisse tre sujette aucun d\te4 ,pr5ez donc g>de1 s'il v\s plat1 que1 v\lant aff]mir le p>ti de la vrit1 v\s ne pr\viez plus qu'il ne faut1 et qu'au lieu de l'appuy] v\s ne la r5v]siez4 ,note #de3 ,voyez ,mditation ,,iv4 ,en sixime lieu1 dans vos rponses#a aux prcd5tes objections1 il semble que v\s ayez manqu de bi5 tir] la conclusion dont voici l'argum5t3 ,ce que clairem5t et di/9ctem5t n\s ent5dons app>t5ir la nature1 ou l'ess5ce1 ou la =me immuable et vraie de quelque *ose1 cela peut tre dit ou affirm avec vrit de cette *ose2 mais1 aprs que n\s avons soigneusem5t obs]v ce que c'e/ que ,dieu1 n\s ent5dons clairem5t et di/9ctem5t qu'il app>ti5t sa vraie et immuable nature qu'il exi/e4 ,il faudroit conclure3 ,donc1 aprs que n\s avons assez soigneusem5t obs]v ce que c'e/ que ,dieu1 n\s p\vons dire ou affirm] cette vrit1 qu'il app>ti5t la nature de ,dieu qu'il exi/e4 ,d'o il ne s'ensuit pas que ,dieu exi/e en effet1 mais seulem5t qu'il doit exi/] si sa nature e/ possible ou ne rpugne po9t1 c'e/--dire que la nature ou l'ess5ce de ,dieu ne peut tre conue sans exi/5ce1 en telle sorte que1 si cette ess5ce e/1 il exi/e rellem5t2 ce qui se rapporte cet argum5t1 que d'autres propos5t de la sorte3 ,s'il n'implique po9t que ,dieu soit1 il e/ c]ta9 qu'il exi/e2 or il n'implique po9t qu'il exi/e1 donc1 etc4 ,mais on e/ en "q de la m9eure1 savoir1 qu'il n'implique po9t qu'il exi/e1 la vrit de laquelle quelques uns de nos adv]saires rvoqu5t en d\te1 et d'autres la ni5t4 ,de plus1 cette clause de votre raisonnem5t1 aprs que n\s avons assez clairem5t reconnu ou obs]v ce que c'e/ que ,dieu1 e/ suppose comme vraie1 dont t\t le monde ne tombe pas encore d'accord1 vu que v\s av\ez v\s-mme que v\s ne compr5ez l'inf9i qu'imp>faitem5t2 le mme faut-il dire de t\s ses autres attributs3 c> t\t ce qui e/ en ,dieu tant entirem5t inf9i1 quel e/ l'esprit qui puisse compr5dre la mo9dre *ose qui soit en ,dieu que trs imp>faitem5t8 ,comm5t donc p\vez-v\s avoir assez clairem5t et di/9ctem5t obs]v ce que c'e/ que ,dieu8 ,note #df3 ,voyez ,rponses aux premires objections4 ,en septime lieu1 n\s ne tr\vons pas un seul mot dans vos ,mditations t\*ant l'immortalit de l'me de l'homme1 laquelle nanmo9s v\s deviez pr9cipalem5t pr\v]1 et en faire une trs exacte dmon/ration p\r confondre ces p]sonnes indignes de l'immortalit1 puisqu'ils la ni5t1 et que peut-tre ils la dte/5t4 ,mais1 outre cela1 n\s craignons que v\s n'ayez pas encore assez pr\v la di/9ction qui e/ entre l'me et le corps de l'homme#a1 comme n\s avons dj rem>qu en la premire de nos obs]vations1 laquelle n\s aj\tons qu'il ne semble pas que1 de cette di/9ction de l'me d'avec le corps1 il s'ensuive qu'elle soit incorruptible ou immortelle3 c> qui sait si sa nature n'e/ po9t limite selon la dure de la vie corporelle1 et si ,dieu n'a po9t tellem5t mesur ses =ces et son exi/5ce qu'elle f9isse avec le ,corps8 ,note #dg3 ,voyez ,mditation ,,vi4 ,voil1 ,monsieur1 les *oses auxquelles n\s dsirons que v\s apportiez une plus gr&e lumire1 af9 que la lecture de vos trs subtiles et1 comme n\s e/imons1 trs vritables ,mditations soit pr(itable t\t le monde4 ,c'e/ p\rquoi ce s]oit une *ose =t utile si1 la f9 de vos solutions1 aprs avoir premirem5t avanc quelques df9itions1 dem&es et axiomes1 v\s concluiez le t\t selon la m?ode des gomtres1 en laquelle v\s tes si bi5 v]s1 af9 que t\t d'un c\p et comme d'une seule oeillade1 vos lecteurs y puiss5t voir de quoi se satisfaire1 et que v\s remplissiez leur esprit de la connoissance de la ,div9it4 ,r,,ponses ,,de ,l',,auteur ,,aux ,,secondes ,,objections4 ,,messieurs1 ,c'e/ avec beauc\p de satisfaction que j'ai lu les obs]vations que v\s avez faites sur mon petit trait de la premire philosophie2 c> elles m'ont fait connotre la bi5veillance que v\s avez p\r moi1 votre pit env]s ,dieu1 et le so9 que v\s pr5ez p\r l'avancem5t de sa gloire3 et je ne puis que je ne me rj\isse non seulem5t de ce que v\s avez jug mes raisons dignes de votre c5sure1 mais aussi de ce que v\s n'avancez ri5 contre elles quoi il ne me semble que je p\rrai rpondre assez commodm5t4 ,en premi] lieu1 v\s m'av]tissez de me ress\v5ir que ce n'e/ pas t\t de bon et en vrit1 mais seulem5t p> une fiction d'esprit1 que j'ai rejet les ides ou les fantmes des corps p\r conclure que je suis une *ose qui p5se1 de peur que peut-tre je n'e/ime qu'il suit de l que je ne suis qu'une *ose qui p5se#a4 ,mais j'ai dj fait voir1 dans ma seconde ,mditation1 que je m'en tois assez s\v5u1 vu que j'y ai mis ces p>oles3 ,mais aussi peut-il arriv] que ces mmes *oses que je suppose n'tre po9t p>ce qu'elles me sont inconnues1 ne sont po9t en effet diffr5tes de moi que je connois3 je n'en sais ri51 je ne dispute pas ma9t5ant de cela1 etc4 ,p> lesquelles j'ai v\lu expressm5t av]tir le lecteur1 que je ne *]*ois pas encore en ce lieu-l si l'esprit toit diffr5t du corps1 mais que j'exam9ois seulem5t celles de ses proprits dont je puis avoir une claire et assure connoissance4 ,et1 d'autant que j'en ai l rem>qu plusieurs1 je ne puis admettre sans di/9ction ce que v\s aj\tez ensuite3 ,que je ne sais pas nanmo9s ce que c'e/ qu'une *ose qui p5se4 ,c>1 bi5 que j'av\e que je ne savois pas encore si cette *ose qui p5se n'toit po9t diffr5te du corps1 ou si elle l'toit1 je n'av\e pas p\r cela que je ne la connoissois po9t2 c> qui a jamais tellem5t connu aucune *ose qu'il st n'y avoir ri5 en elle que cela mme qu'il connoissoit8 ,mais n\s p5sons d'autant mieux connotre une *ose qu'il y a plus de p>ticul>its en elle que n\s connoissons2 a9si n\s avons plus de connoissance de ceux avec qui n\s conv]sons t\s les j\rs que de ceux dont n\s ne connoissons que le nom ou le visage2 et t\tefois n\s ne jugeons pas que ceux-ci n\s soi5t t\t--fait inconnus2 auquel s5s je p5se avoir assez dmontr que l'esprit1 considr sans les *oses que l'on a de c\tume d'attribu] au corps1 e/ plus connu que le corps considr sans l'esprit3 et c'e/ t\t ce que j'avois desse9 de pr\v] en cette seconde ,mditation4 ,note #dh3 ,voyez secondes objections4 ,mais je vois bi5 ce que v\s v\lez dire1 c'e/ savoir que1 n'ayant crit que six mditations t\*ant la premire philosophie1 les lecteurs s'tonn]ont que dans les deux premires je ne conclue ri5 autre *ose que ce que je vi5s de dire t\t ma9t5ant1 et que p\r cela ils les tr\v]ont trop /riles1 et indignes d'avoir t mises en lumire4 ,a quoi je rponds seulem5t que je ne cra9s pas que ceux qui auront lu avec jugem5t le re/e de ce que j'ai crit ai5t occasion de s\ponn] que la matire m'ait manqu2 mais qu'il m'a sembl trs raisonnable que les *oses qui dem&5t une p>ticulire att5tion1 et qui doiv5t tre considres sp>m5t d'avec les autres1 fuss5t mises dans des mditations sp>es4 ,c'e/ p\rquoi1 ne sa*ant ri5 de plus utile p\r p>v5ir une f]me et assure connoissance des *oses que si1 avant de ri5 tablir1 on s'acc\tume d\t] de t\t et pr9cipalem5t des *oses corporelles1 encore que j'eusse vu il y a long-temps plusieurs livres crits p> les sceptiques et acadmici5s t\*ant cette matire1 et que ce ne ft pas sans quelque dgt que je ram*ois une vi&e si commune1 je n'ai pu t\tefois me disp5s] de lui donn] une mditation t\t entire2 et je v\drois que les lecteurs n'employass5t pas seulem5t le peu de temps qu'il faut p\r la lire1 mais quelques mois1 ou du mo9s quelques sema9es1 considr] les *oses dont elle traite aup>avant que de pass] outre3 c> a9si je ne d\te po9t qu'ils ne liss5t bi5 mieux leur pr(it de la lecture du re/e4 ,de plus1 cause que n\s n'avons eu jusques ici aucunes ides des *oses qui app>ti5n5t l'esprit qui n'ai5t t trs confuses et mles avec les ides des *oses s5sibles1 et que c'a t la premire et pr9cipale cause p\rquoi on n'a pu ent5dre assez clairem5t aucune des *oses qui se sont dites de ,dieu et de l'me1 j'ai p5s que je ne f]ois pas peu1 si je montrois comm5t il faut di/+u] les proprits ou qualits de l'esprit des proprits ou qualits du corps1 et comm5t il les faut reconnotre2 c>1 encore qu'il ait dj t dit p> plusieurs que1 p\r bi5 concevoir les *oses immatrielles ou mtaphysiques1 il faut loign] son esprit des s5s1 nanmo9s p]sonne1 que je sa*e1 n'avoit encore montr p> quel moy5 cela se peut faire4 ,or le vrai et mon jugem5t l'unique moy5 p\r cela e/ cont5u dans ma seconde ,mditation2 mais il e/ tel que ce n'e/ pas assez de l'avoir envisag une fois1 il le faut exam9] s\v5t et le considr] longtemps1 af9 que l'habitude de confondre les *oses intellectuelles avec les corporelles1 qui s'e/ enrac9e en n\s p5dant t\t le c\rs de notre vie1 puisse tre efface p> une habitude contraire de les di/+u]1 acquise p> l'ex]cice de quelques j\rnes4 ,ce qui m'a sembl une cause assez ju/e p\r ne po9t trait] d'autre matire en la seconde ,mditation4 ,v\s dem&ez ici comm5t je dmontre que le corps ne peut p5s]3 mais p>donnez-moi si je rponds que je n'ai pas encore donn lieu cette "q1 n'ayant comm5c en trait] que dans la sixime ,mditation1 p> ces p>oles3 ,c'e/ assez1 que je puisse clairem5t et di/9ctem5t concevoir une *ose sans une autre p\r tre c]ta9 que l'une e/ di/9cte ou diffr5te de l'autre1 etc4 ,et un peu aprs3 ,encore que j'aie un corps qui me soit =t troitem5t conjo9t1 nanmo9s1 p>ce que1 d'un ct1 j'ai une claire et di/9cte ide de moi-mme en tant que je suis seulem5t une *ose qui p5se et non t5due1 et que d'un autre j'ai une claire et di/9cte ide du corps en tant qu'il e/ seulem5t une *ose t5due et qui ne p5se po9t1 il e/ c]ta9 que moi1 c'e/--dire mon esprit ou mon me1 p> laquelle je suis ce que je suis1 e/ entirem5t et vritablem5t di/9cte de mon corps1 et qu'elle peut tre ou exi/] sans lui4 ,a quoi il e/ ais d'aj\t]3 ,t\t ce qui peut p5s] e/ esprit ou s'appelle esprit4 ,mais1 puisque le corps et l'esprit sont rellem5t di/9cts1 nul corps n'e/ esprit3 donc nul corps ne peut p5s]4 ,et c]tes je ne vois ri5 en cela que v\s puissiez ni]2 c> ni]ez-v\s qu'il suffit que n\s concevions clairem5t une *ose sans une autre p\r savoir qu'elles sont rellem5t di/9ctes8 ,donnez-n\s donc quelque signe1 plus c]ta9 de la di/9ction relle1 si t\tefois on en peut donn] aucun4 ,c> que direz-v\s8 ,s]a-ce que ces *oses-l sont rellem5t di/9ctes1 *acune desquelles peut exi/] sans l'autre8 ,mais d]e*ef je v\s dem&]ai d'o v\s connoissez qu'une *ose peut exi/] sans une autre8 ,c>1 af9 que ce soit un signe de di/9ction1 il e/ ncessaire qu'il soit connu4 ,peut-tre direz-v\s que les s5s v\s le font connotre1 p>ce que v\s voyez une *ose en l'abs5ce de l'autre1 ou que v\s la t\*ez1 etc4 ,mais la foi des s5s e/ plus inc]ta9e que celle de l'ent5dem5t2 et il se peut faire en plusieurs faons qu'une seule et mme *ose p>oisse nos s5s s\s div]ses =mes1 ou en plusieurs lieux ou manires1 et qu'a9si elle soit prise p\r deux4 ,et enf91 si v\s v\s ress\v5ez de ce qui a t dit de la cire l f9 de la seconde ,mditation1 v\s saurez que les corps mmes ne sont pas proprem5t connus p> les s5s1 mais p> le seul ent5dem5t2 en telle sorte que s5tir une *ose sans une autre n'e/ ri5 autre *ose s9on avoir l'ide d'une *ose1 et savoir que cette ide n'e/ pas la mme que l'ide d'une autre3 or cela ne peut tre connu d'ailleurs que de ce qu'une *ose e/ conue sans l'autre2 et cela ne peut tre c]ta9em5t connu si l'on n'a l'ide claire et di/9cte de ces deux *oses3 et a9si ce signe de relle di/9ction doit tre rduit au mi5 p\r tre c]ta94 ,que s'il y en a qui ni5t qu'ils ai5t des ides di/9ctes de l'esprit et du corps1 je ne puis autre *ose que les pri] de considr] assez att5tivem5t les *oses qui sont cont5ues dans cette seconde ,mditation1 et de rem>qu] que l'op9ion qu'ils ont que les p>ties du c]veau conc\r5t avec l'esprit p\r =m] nos p5ses n'e/ fonde sur aucune raison positive1 mais seulem5t sur ce qu'ils n'ont jamais exprim5t d'avoir t sans corps1 et qu'assez s\v5t ils ont t emp*s p> lui dans leurs oprations2 et c'e/ le mme que si quelqu'un1 de ce que ds son enfance il auroit eu des f]s aux pi$s1 e/imoit que ces f]s fiss5t une p>tie de son corps1 et qu'ils lui fuss5t ncessaires p\r m>*]4 ,en second lieu1 lorsque v\s dites #a que n\s tr\vons de n\s-mmes nu fondem5t suffisant p\r =m] l'ide le ,dieu1 v\s ne dites ri5 de contraire mon op9ion2 c> j'ai dit moi-mme2 en t]mes exprs1 la f9 de la troisime ,mditation1 que cette ide e/ ne avec moi1 et qu'elle ne me vi5t po9t d'ailleurs que de moi-mme4 ,j'av\e aussi que n\s la p\rrions =m] encore que n\s ne sussions pas qu'il y a un s\v]a9 tre1 mais non pas si en effet il n'y en avoit po9t2 c> au contraire j'ai av]ti que t\te la =ce de mon argum5t consi/e en ce qu'il ne se p\rrait faire que la facult de =m] cette ide ft en moi1 si je n'avois t cr de ,dieu4 ,note #di3 ,voyez secondes objections4 ,et ce que v\s dites des m\*es1 des plantes1 etc41 ne pr\ve en aucune faon que quelque degr de p]fection peut tre dans un effet qui n'ait po9t t aup>avant dans sa cause4 ,c>1 ou il e/ c]ta9 qu'il n'y a po9t de p]fection dans les animaux qui n'ont po9t de raison qui ne se r5contre aussi dans les corps inanims1 ou1 s'il y en a quelqu'une1 qu'elle leur vi5t d'ailleurs2 et que le soleil1 la pluie et la t]re ne sont po9t les causes totales de ces animaux4 ,et ce s]oit une *ose =t loigne de la raison si quelqu'un1 de cela seul qu'il ne connot po9t de cause qui conc\re la gnration d'une m\*e et qui ait autant de degrs de p]fection qu'en a une m\*e1 n'tant pas cep5dant assur qu'il n'y en ait po9t d'autres que celles qu'il connot1 pr5oit de l occasion de d\t] d'une *ose laquelle1 comme je dirai tantt plus au long1 e/ manife/e p> la lumire naturelle4 ,a quoi j'aj\te que ce que v\s objectez ici des m\*es1 tant tir de la considration des *oses matrielles1 ne peut v5ir on l'esprit de ceux qui1 suivant l'ordre de mes ,mditations1 dt\rn]ont leurs p5ses des *oses s5sibles p\r comm5c] philosoph]4 ,il ne me semble pas aussi que v\s pr\viez ri5 contre moi en disant que l'ide de ,dieu qui e/ en n\s n'e/ qu'un tre de raison4 ,c> cela n'e/ pas vrai1 si p> un tre de raison l'on ent5d une *ose qui n'e/ po9t3 mais seulem5t si t\tes les oprations de l'ent5dem5t sont prises p\r des tres de raison1 c'e/--dire p\r des tres qui p>t5t de la raison1 auquel s5s t\t ce monde peut aussi tre appel un tre de raison div9e1 c'e/--dire un tre cr p> un simple acte de l'ent5dem5t div94 ,et j'ai dj suffisamm5t av]ti en plusieurs lieux que je p>lois seulem5t de la p]fection ou ralit objective de cette ide de ,dieu1 laquelle ne requi]t pas mo9s une cause qui conti5ne en effet t\t ce qui n'e/ cont5u en elle qu'objectivem5t ou p> reprs5tation1 que fait l'artifice objectif ou reprs5t1 qui e/ en l'ide que quelque artisan a d'une ma*9e =t artificielle4 ,et c]tes je ne vois pas que l'on puisse ri5 aj\t] p\r faire connotre plus clairem5t que cette ide ne peut tre en n\s si un s\v]a9 tre n'exi/e1 si ce n'e/ que le lecteur1 pr5ant g>de de plus prs aux *oses que j'ai dj crites1 se dlivre lui-mme des prjugs qui (fusqu5t peut-tre sa lumire naturelle1 et qu'il s'acc\tume donn] crance aux premires notions1 dont les connaissances sont si vraies et si vid5tes que ri5 ne le peut tre davantage1 plutt qu' des op9ions obscures et fausses1 mais qu'un long usage a pr(ondm5t graves en nos esprits4 ,c>1 qu'il n'y ait ri5 dans un effet qui n'ait t d'une semblable ou plus excell5te faon dans sa cause1 c'e/ une premire notion1 et si vid5te qu'il n'y en a po9t de plus claire3 et cette autre commune notion1 que de ri5 ri5 ne se fait1 la compr5d en soi1 p>ce que1 si on accorde qu'il y ait quelque *ose dans l'effet qui n'ait po9t t dans sa cause1 il faut aussi demeur] d'accord que cela procde du nant2 et s'il e/ vid5t que le nant ne peut tre la cause de quelque *ose1 c'e/ seulem5t p>ce que dans cette cause il n'y auroit pas la mme *ose que dans l'effet4 ,c'e/ aussi une premire notion1 que t\te la ralit1 ou t\te la p]fection1 qui n'e/ qu'objectivem5t dans les ides1 doit tre =mellem5t ou m9emm5t dans leurs causes2 et t\te l'op9ion que n\s avons jamais eue de l'exi/5ce des *oses qui sont hors de notre esprit1 n'e/ appuye que sur elle seule4 ,c> d'o n\s a pu v5ir le s\pon qu'elles exi/oi5t1 s9on de cela seul que leurs ides v5oi5t p> les s5s frapp] notre esprit8 ,or1 qu'il y ait en n\s quelque ide d'un tre s\v]a9em5t puissant et p>fait1 et aussi que la ralit objective de cette ide ne se tr\ve po9t en n\s1 ni =mellem5t1 ni m9emm5t1 cela devi5dra manife/e ceux qui y p5s]ont srieusem5t1 et qui v\dront avec moi pr5dre la pe9e d'y mdit]2 mais je ne le saurais pas mettre p> =ce en l'esprit de ceux qui ne liront mes ,mditations que comme un roman1 p\r se ds5nuy]1 et sans y avoir gr&e att5tion4 ,or de t\t cela on conclut trs manife/em5t que ,dieu exi/e4 ,et t\tefois1 en faveur de ceux dont la lumire naturelle e/ si foible qu'ils ne voi5t pas que c'e/ une premire notion1 que t\te la p]fection qui e/ objectivem5t dans une ide doit tre rellem5t dans quelqu'une de ses causes1 je l'ai encore dmontr d'une faon plus aise concevoir1 en montrant que l'esprit qui a cette ide ne peut pas exi/] p> soi-mme2 et p>tant je ne vois pas ce que v\s p\rriez dsir] de plus p\r donn] des ma9s1 a9si que v\s avez promis4 ,je ne vois pas aussi que v\s pr\viez ri5 contre moi1 en disant que j'ai peut-tre reu l'ide qui me reprs5te ,dieu1 des p5ses que j'ai eues aup>avant des enseignem5ts des livres1 des disc\rs et entreti5s de mes amis1 etc41 et non pas de mon esprit seul4 ,c> mon argum5t aura t\j\rs la mme =ce1 si1 m'adressant ceux de qui l'on dit que je l'ai reue1 je leur dem&e s'ils l'ont p> eux-mmes on bi5 p> autrui1 au lieu de le dem&] de moi-mme2 et je conclurai t\j\rs que celui-l e/ ,dieu1 de qui elle e/ premirem5t drive4 ,quant ce que v\s aj\tez eu ce lieu-l1 qu'elle peut tre =me de la considration des *oses corporelles1 cela ne me semble pas plus vraisemblable que si v\s disiez que n\s n'avons aucune facult p\r our1 mais que1 p> la seule vue des c\leurs1 n\s p>v5ons la connoissance des sons4 ,c> on peut dire qu'il y a plus d'analogie ou de rapport entre les c\leurs et les sons1 qu'entre les *oses corporelles et ,dieu4 ,et lorsque v\s dem&ez que j'aj\te quelque *ose qui n\s lve jusqu' la connoissance de l'tre immatriel ou spirituel1 je ne puis mieux faire que de v\s r5voy] ma seconde ,mditation1 af9 qu'au mo9s v\s connoissiez qu'elle n'e/ pas t\t--fait inutile2 c> que p\rrois-je faire ici p> une ou deux priodes1 si je n'ai pu ri5 avanc] p> un long disc\rs prp> seulem5t p\r ce sujet1 et auquel il me semble n'avoir pas mo9s apport d'indu/rie qu'en aucun autre crit que j'aie publi4 ,et1 encore qu'en cette ,mditation j'aie seulem5t trait de l'esprit huma91 elle n'e/ pas p\r cela mo9s utile faire connotre la diffr5ce qui e/ entre la nature div9e et celle des *oses matrielles4 ,c> je veux bi5 ici av\] fran*em5t que l'ide que n\s avons1 p> exemple1 de l'ent5dem5t div9 ne me semble po9t diffr] de celle que n\s avons de notre propre ent5dem5t1 s9on seulem5t comme l'ide d'un nombre inf9i diffre de l'ide du nombre b9aire ou du t]naire2 et il en e/ de mme de t\s les attributs de ,dieu1 dont n\s reconnoissons en n\s quelque ve/ige4 ,mais1 outre cela1 n\s concevons en ,dieu une imm5sit1 simplicit on unit absolue1 qui embrasse et conti5t t\s ses autres attributs1 et de laquelle n\s ne tr\vons ni en n\s ni ailleurs aucun exemple2 mais elle e/1 a9si que j'ai dit aup>avant1 comme la m>que de l'ouvri] imprime sur son ouvrage4 ,et1 p> son moy51 n\s connoissons qu'aucune des *oses que n\s concevons tre en ,dieu et en n\s1 et que n\s considrons en lui p> p>ties1 et comme si elles toi5t di/9ctes1 cause de la faiblesse de notre ent5dem5t et que n\s les exprim5tons telles en n\s1 ne convi5n5t po9t ,dieu et n\s1 en la faon qu'on nomme univoque dans les coles2 comme aussi n\s connoissons que de plusieurs *oses p>ticulires qui n'ont po9t de f91 dont n\s avons les ides1 comme d'une connoissance sans f91 d'une puissance1 d'un nombre1 d'une longueur1 etc41 qui sont aussi sans f91 il y en a quelques unes qui sont cont5ues =mellem5t dans l'ide que n\s avons de ,dieu1 comme la connoissance et la puissance1 et d'autres qui n'y sont qu'm9emm5t1 comme le nombre et la longueur2 ce qui c]tes ne s]oit pas a9si1 si cette ide n'toit ri5 autre *ose en n\s qu'une fiction4 ,et elle ne s]oit pas aussi conue si exactem5t de la mme faon de t\t le monde3 c> c'e/ une *ose trs rem>quable1 que t\s les mtaphysici5s s'accord5t unanimem5t dans la description qu'ils font des attributs de ,dieu1 au mo9s de ceux qui peuv5t tre connus p> la seule raison huma9e1 en telle sorte qu'il n'y a aucune *ose physique ni s5sible1 aucune *ose dont n\s ayons une ide si expresse et si palpable1 t\*ant la nature de laquelle il ne se r5contre *ez les philosophes une plus gr&e div]sit d'op9ions1 qu'il ne s'en r5contre t\*ant celle de ,dieu4 ,et c]tes jamais les hommes ne p\rroi5t s'loign] de la vraie connoissance de cette nature div9e1 s'ils v\loi5t seulem5t port] leur att5tion sur l'ide qu'ils ont de l'tre s\v]a9em5t p>fait4 ,mais ceux qui ml5t quelques autres ides avec celle-l compos5t p> ce moy5 un dieu *imrique1 en la nature duquel il y a des *oses qui se contr>i5t2 et1 aprs l'avoir a9si compos1 ce n'e/ pas m]veille s'ils ni5t qu'un tel dieu1 qui leur e/ reprs5t p> une fausse ide1 exi/e4 ,a9si1 lorsque v\s p>lez ici d'un tre corporel trs p>fait1 si v\s pr5ez le nom de trs p>fait absolum5t1 en sorte que v\s ent5diez que le corps e/ un tre dans lequel t\tes les p]fections se r5contr5t1 v\s dites des *oses qui se contr>i5t1 d'autant que la nature du corps enf]me plusieurs imp]fections2 p> exemple1 que le corps soit divisible en p>ties1 que *acune de ses p>ties ne soit pas l'autre1 et autres semblables3 c> c'e/ une *ose de soi manife/e1 que c'e/ une plus gr&e p]fection de ne p\voir tre divis1 que de le p\voir tre1 etc42 que si v\s ent5dez seulem5t ce qui e/ trs p>fait dans le g5re de corps1 cela n'e/ po9t le vrai ,dieu4 ,ce que v\s aj\tez de l'ide d'un ange1 laquelle e/ plus p>faite que n\s1 savoir qu'il n'e/ pas beso9 qu'elle ait t mise en n\s p> un ange1 j'en demeure aism5t d'accord2 c> j'ai dj dit moi-mme1 dans la troisime ,mditation1 qu'elle peut tre compose des ides que n\s avons de ,dieu1 et de l'homme4 ,et cela ne m'e/ en aucune faon contraire4 ,quant ceux qui ni5t d'avoir en eux l'ide de ,dieu1 et qui au lieu d'elle =g5t quelque idole1 etc44 ceux-l1 dis-je1 ni5t le nom et accord5t la *ose3 c> c]ta9em5t je ne p5se pas que cette ide soit de mme nature que les images des *oses matrielles dpe9tes en la fantaisie2 mais1 au contraire1 je crois qu'elle ne peut tre conue que p> l'ent5dem5t seul1 et qu'en effet elle n'e/ que cela mme que n\s ap]cevons p> son moy51 soit lorsqu'il conoit1 soit lorsqu'il juge1 soit lorsqu'il raisonne4 ,et je prt5ds ma9t5ir que de cela seul que quelque p]fection qui e/ au-dessus de moi devi5t l'objet de mon ent5dem5t1 en quelque faon que ce soit qu'elle se prs5te lui2 p> exemple1 de cela seul que j'ap]ois que je ne puis jamais1 en nombrant1 arriv] au plus gr& de t\s les nombres1 et que de l je connois qu'il y a quelque *ose en matire de nombr] qui surpasse mes =ces1 je puis conclure ncessairem5t1 non pas la vrit qu'un nombre inf9i exi/e1 ni aussi que son exi/5ce implique contradiction1 comme v\s dites1 mais que cette puissance que j'ai de compr5dre qu'il y a t\j\rs quelque *ose de plus concevoir dans le plus gr& des nombres1 que je ne puis jamais concevoir1 ne me vi5t pas de moi-mme1 et que je l'ai reue de quelque autre tre qui e/ plus p>fait que je ne suis4 ,et il importe =t peu qu'on donne le nom d'ide ce concept d'un nombre indf9i1 ou qu'on ne lui donne pas4 ,mais1 p\r ent5dre quel e/ cet tre plus p>fait que je ne suis1 et si ce n'e/ po9t ce mme nombre dont je ne puis tr\v] la f91 qui e/ rellem5t exi/ant et inf9i1 on bi5 si c'e/ quelque autre *ose1 il faut considr] t\tes les autres p]fections1 lesquelles1 outre la puissance de me donn] cette ide peuv5t tre en la mme *ose en qui e/ cette puissance2 et a9si on tr\v]a que cette *ose e/ ,dieu4 ,enf91 lorsque ,dieu e/ dit tre inconcevable1 cela s'ent5d d'une ple9e et entire conception1 qui compr5ne et embrasse p>faitem5t t\t ce qui e/ en lui1 et non pas de cette mdiocre et imp>faite qui e/ en n\s1 laquelle nanmo9s suffit p\r connotre qu'il exi/e4 ,et v\s ne pr\vez ri5 contre moi en disant que l'ide de l'unit de t\tes les p]fections qui sont eu ,dieu e/ =me de la mme faon que l'unit gnrique et celle des autres univ]saux4 ,mais nanmo9s elle en e/ =t diffr5te2 c> elle dnote une p>ticulire et positive p]fection en ,dieu1 au lieu que l'unit gnrique n'aj\te ri5 de rel la nature de *aque individu4 ,en troisime lieu1 o j'ai dit que n\s ne p\vons ri5 savoir c]ta9em5t1 si n\s ne connoissons premirem5t que ,dieu exi/e3 j'ai dit en t]mes exprs que je ne p>lois que de la sci5ce de ces conclusions1 dont la mmoire n\s peut rev5ir eu l'esprit lorsque n\s ne p5sons plus aux raisons d'o n\s les avons tires4 ,c> la connoissance des premi]s pr9cipes ou axiomes n'a pas acc\tum d'tre appele sci5ce p> les dialectici5s4 ,mais qu& n\s ap]cevons que n\s sommes des *oses qui p5s5t1 c'e/ une premire notion qui n'e/ tire d'aucun syllogisme3 et lorsque quelqu'un dit1 ,je p5se1 donc je suis1 ou j'exi/e1 il ne conclut pas son exi/5ce de sa p5se comme p> la =ce de quelque syllogisme1 mais comme une *ose connue de soi2 il la voit p> une simple inspection de l'esprit3 comme il p>ot de ce que s'il la dduisoit d'un syllogisme1 il auroit d aup>avant connotre cette majeure1 ,t\t ce qui p5se e/1 ou exi/e3 mais au contraire elle lui e/ enseigne de ce qu'il s5t en lui-mme qu'il ne se peut pas faire qu'il p5se1 s'il n'exi/e4 ,c> c'e/ le propre de notre esprit1 de =m] les propositions gnrales de la connoissance des p>ticulires4 ,or1 qu'un a?e#a puisse connotre clairem5t que les trois angles d'un triangle sont gaux deux droits1 je ne le nie pas2 mais je ma9ti5s seulem5t que la connoissance qu'il en a n'e/ pas une vraie sci5ce1 p>ce que t\te connoissance qui peut tre r5due d\teuse ne doit pas tre appele du nom de sci5ce2 et puisque l'on suppose que celui-l e/ un a?e1 il ne peut pas tre c]ta9 de n'tre po9t du dans les *oses qui lui sembl5t tre trs vid5tes1 comme il a dj t montr ci-devant2 et encore que peut-tre ce d\te ne lui vi5ne po9t en la p5se1 il lui peut nanmo9s v5ir s'il l'exam9e1 ou s'il lui e/ propos p> un autre3 et jamais il ne s]a hors du dang] de l'avoir1 si premirem5t il ne reconnot un ,dieu4 ,note #ej3 ,voyez secondes objections4 ,et il n'importe pas que peut-tre il e/ime qu'il a des dmon/rations p\r pr\v] qu'il n'y a po9t de ,dieu2 c> ces dmon/rations prt5dues tant fausses1 on lui en petit t\j\rs faire connotre la fausset1 et alors on le f]a *ang] d'op9ion4 ,ce qui la vrit ne s]a pas difficile1 si p\r t\tes raisons il apporte seulem5t celles que v\s allguez ici1 c'e/ savoir que l'inf9i en t\t g5re de p]fection exclue t\te autre sorte d'tre1 etc4 ,c>1 premirem5t1 si ou lui dem&e d'o il a pris que cette exclusion de t\s les autres tres app>ti5t la nature de l'inf9i1 il n'aura ri5 qu'il puisse2 rpondre p]t9emm5t3 d'autant que1 p> le nom d'inf9i1 on n'a pas c\tume d'ent5dre ce qui exclut l'exi/5ce des *oses f9ies1 et qu'il ne peut ri5 savoir de la nature d'une *ose qu'il p5se n'tre ri5 du t\t1 et p> consqu5t n'avoir po9t de nature1 s9on ce qui e/ cont5u dans la seule et ord9aire signification du nom de cette *ose4 ,du plus1 quoi s]viroit l'inf9ie puissance de cet inf9i imag9aire1 s'il ne p\vait jamais ri5 crer8 et enf9 de ce que n\s exprim5tons avoir en n\s-mmes quelque puissance de p5s]1 n\s concevons facilem5t qu'une telle puissance peut tre en quelque autre1 et mme plus gr&e qu'en n\s3 mais encore que n\s p5sions que celle-l s'augm5te l'inf9i1 n\s ne cra9drons pas p\r cela que la ntre devi5ne mo9dre4 ,il en e/ de mme de t\s les autres attributs de ,dieu1 mme de la puissance de produire quelques effets hors de soi1 p\rvu que n\s supposions qu'il n'y en a po9t en n\s qui ne soit s\mise la volont de ,dieu2 et p>tant il peut tre conu t\t--fait inf9i sans aucune exclusion des *oses cres4 ,en quatrime lieu1 lorsque je dis que ,dieu ne peut m5tir ni tre trompeur1 je p5se conv5ir avec t\s les ?ologi5s qui ont jamais t1 et qui s]ont l'av5ir4 ,et t\t ce que v\s allguez#a au contraire n'a pas plus de =ce que si1 ayant ni que ,dieu se mt en colre1 ou qu'il ft sujet aux autres passions de l'me1 v\s m'objectiez les lieux de l'criture o il semble que quelques passions huma9es lui sont attribues4 ,c> t\t le monde connoit assez la di/9ction qui e/ entre ces faons de p>l] de ,dieu1 dont l'criture se s]t ord9airem5t1 qui sont accommodes la capacit du vulgaire1 et qui conti5n5t bi5 quelque vrit1 mais seulem5t on tant qu'elle e/ rapporte aux hommes2 et celles qui exprim5t une vrit plus simple et plus pure1 et qui ne *ange po9t de nature1 encore qu'elle ne leur soit po9t rapporte2 desquelles *acun doit us] en philosophant1 et dont j'ai d pr9cipalem5t me s]vir dans mes ,mditations1 vu qu'en ce lieu-l mme je ne supposais pas encore qu'aucun homme me ft connu1 et que je ne me considrois pas non plus en tant que compos de corps et d'esprit1 mais comme un esprit seulem5t4 ,d'o il e/ vid5t que je n'ai po9t p>l en ce lieu-l du m5songe qui s'exprime p> des p>oles1 mais seulem5t de la malice int]ne et =melle qui se r5contre dans la tromp]ie1 quoique nanmo9s ces p>oles que v\s apportez du prophte1 ,encore qu>ante j\rs1 et ,n9ive s]a subv]tie1 ne soi5t pas mme un m5songe v]bal1 mais une simple m5ace1 dont l'vnem5t dp5doit d'une condition2 et lorsqu'il e/ dit que ,dieu a endurci le coeur de ,ph>aon1 ou quelque *ose de semblable1 il ne faut pas p5s] qu'il ait fait cela positivem5t1 mais seulem5t ngativem5t1 savoir1 ne donnant pas ,ph>aon une grce efficace p\r se conv]tir4 ,note #ea3 ,voyez secondes objections4 ,je ne v\drais pas nanmo9s condamn] ceux qui dis5t que ,dieu peut pr(r] p> ses prophtes quelque m5songe v]bal1 tels que sont ceux dont se s]v5t les mdec9s qu& ils doiv5t leurs malades p\r les gurir1 c'e/--dire qui ft exempt de t\te la malice qui se r5contre ord9airem5t dans lu tromp]3 mais1 bi5 davantage1 n\s voyons quelquefois que n\s sommes rellem5t tromps p> cet in/9ct naturel qui n\s a t donn de ,dieu1 comme lorsqu'un hydropique a soif2 c> alors il e/ rellem5t p\ss boire p> la nature qui lui a t donne de ,dieu p\r la cons]vation de snu corps1 quoique nanmo9s cette nature le trompe1 puisque le boire lui doit tre nuisible3 mais j'ai expliqu1 dans la sixime ,mditation1 comm5t cela peut compatir avec la bont et la vrit de ,dieu4 ,mais dans les *oses qui ne peuv5t pas tre a9si expliques1 savoir1 dans nos jugem5ts trs clairs et trs exacts1 lesquels s'ils toi5t faux ne p\rroi5t tre corrigs p> d'autres plus clairs1 ni p> l'aide d'aucune autre facult naturelle1 je s\ti5s h>dim5t que n\s ne p\vons tre tromps4 ,c> ,dieu tant le s\v]a9 tre1 il e/ aussi ncessairem5t le s\v]a9 bi5 et lu s\v]a9e vrit1 et p>tant il rpugne que quelque *ose vi5ne de lui qui t5de positivem5t la fausset4 ,mais puis-qu'il ne peut y avoir en n\s ri5 de rel qui ne n\s ait t donn p> lui1 comme il a t dmontr en pr\vant son exi/5ce1 et puisque n\s avons en n\s une facult relle p\r1 connotre le vrai et le di/+u] d'avec le faux1 comme on le peut pr\v] de cela seul que n\s avons eu n\s les ides du vrai et du faux1 si cette facult ne t5doit au vrai1 au mo9s lorsque n\s n\s en s]vons comme il faut1 c'e/--dire lorsque n\s ne donnons notre cons5tem5t qu'aux *oses que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t1 c> on ne sauroit fe9dre un autre bon usage de cette facult1 ce ne s]oit pas sans raison que ,dieu1 qui n\s l'a donne1 s]oit t5u p\r un trompeur4 ,et a9si v\s voyez qu'aprs avoir connu que ,dieu exi/e1 il e/ ncessaire de fe9dre qu'il soit trompeur1 si n\s v\lons rvoqu] en d\te les *oses que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t2 et p>ce que cela ne se peut pas mme fe9dre1 il faut ncessairem5t admettre ces *oses comme trs vraies et trs assures4 ,mais d'autant que je rem>que ici que v\s v\s arrtez encore aux d\tes que j'ai proposs dans ma premire ,mditation1 et que je p5sois avoir levs assez exactem5t dans les suivantes1 j'expliqu]ai ici d]e*ef le fondem5t sur lequel il me semble que t\te la c]titude huma9e peut tre appuye4 ,premirem5t1 aussitt que n\s p5sons concevoir clairem5t quelque vrit1 n\s sommes naturellem5t ports la croire4 ,et si cette croyance e/ si f]me que n\s ne puissions jamais avoir aucune raison de d\t] de ce que n\s croyons de la sorte1 il n'y a ri5 re*]*] davantage1 n\s avons t\*ant cela t\te la c]titude qui se peut raisonnablem5t s\hait]4 ,c> que n\s importe si peut--tre quelqu'un fe9t que cela mme de la vrit duquel n\s sommes si =tem5t p]suads p>oit faux aux yeux de ,dieu ou des anges1 et que p>tant1 absolum5t p>lant1 il e/ faux2 qu'avons-n\s faire de n\s mettre en pe9e de cette fausset absolue1 puisque n\s ne la croyons po9t du t\t1 et que n\s n'en avons pas mme le mo9dre s\pon8 ,c> n\s supposons une croyance ou une p]suasion si f]me qu'elle ne puisse tre branle2 laquelle p> consqu5t e/ en t\t la mme *ose qu'une trs p>faite c]titude4 ,mais on peut bi5 d\t] si l'on a quelque c]titude de cette nature1 ou quelque p]suasion qui soit f]me et immuable4 ,et c]tes1 il e/ manife/e qu'on n'en peut pas avoir des *oses obscures et confuses1 p\r peu d'obscurit ou de confusion que n\s y rem>quions2 c> cette obscurit1 quelle qu'elle soit1 e/ une cause assez suffisante p\r n\s faire d\t] de ces *oses4 ,on n'en peut pas aussi avoir des *oses qui ne sont ap]ues que p> les s5s1 quelque cl>t qu'il y ait en leur p]ception1 p>ce que n\s avons s\v5t rem>qu que dans le s5s il peut y avoir de l'erreur1 comme lorsqu'un hydropique a soif ou que la neige p>oit jaune celui qui a la jaunisse3 c> celui-l ne la voit pas mo9s clairem5t et di/9ctem5t de la sorte que n\s1 qui elle p>ot blan*e2 il re/e donc que1 si on en peut avoir1 ce soit seulem5t des *oses que l'esprit conoit clairem5t et di/9ctem5t4 ,or entre ces *oses il y en a de si claires et t\t ensemble de si simples1 qu'il n\s e/ impossible de p5s] elles que n\s ne les croyions tre vraies2 p> exemple1 que j'exi/e lorsque je p5se1 que les *oses qui ont une fois t faites ne peuv5t n'avoir po9t t faites1 et autres *oses semblables1 dont il e/ manife/e que n\s avons une p>faite c]titude4 ,c> n\s ne p\vons pas d\t] de ces *oses-l sans p5s] elles1 mais n\s n'y p\vons jamais p5s] sans croire qu'elles sont vraies1 comme je vi5s de dire2 donc1 n\s n'en p\vons d\t] que n\s ne les croyions tre vraies1 c'e/--dire que n\s n'en p\vons jamais d\t]4 ,et il ne s]t de ri5 de dire#a que n\s avons s\v5t exprim5t que des p]sonnes se sont trompes en des *oses qu'elles p5soi5t voir plus clairem5t que le soleil2 c> n\s n'avons jamais vu1 ni n\s ni p]sonne1 que cela soit arriv ceux qui ont tir t\te la cl>t de leur p]ception de l'ent5dem5t seul1 mais bi5 ceux qui l'ont prise des s5s ou de quelque faux prjug4 ,il ne s]t aussi de ri5 de v\loir fe9dre que peut-tre ces *oses sembl5t fausses ,dieu ou aux anges2 p>ce que l'vid5ce de notre p]ception ne n\s p]mettra jamais d'c\t] celui qui le v\droit fe9dre et qui n\s le v\droit p]suad]4 ,note #eb3 ,voyez secondes objections4 ,il y a d'autres *oses que notre ent5dem5t conoit aussi =t clairem5t lorsque n\s pr5ons g>de de prs aux raisons d'o dp5d leur connoissance1 et p\r ce n\s ne p\vons pas alors en d\t]2 mais1 p>ce que n\s p\vons oubli] ces raisons1 et cep5dant n\s ress\v5ir des conclusions qui en ont t tires1 on dem&e si on peut avoir une f]me et immuable p]suasion de ces conclusions1 taudis que n\s n\s ress\v5ons qu'elles ont t dduites de pr9cipes trs vid5ts2 c> ce s\v5ir doit tre suppos p\r p\voir tre appeles des conclusions4 ,et je rponds que ceux-l en peuv5t avoir qui connoiss5t tellem5t ,dieu1 qu'ils sav5t qu'il ne se peut pas faire que la facult d'ent5dre1 qui leur a t donne p> lui1 ait autre *ose que la vrit p\r objet2 mais que les autres n'en ont po9t3 et cela a t si clairem5t expliqu la f9 de la c9quime ,mditation1 que je ne p5se pas y devoir ici ri5 aj\t]4 ,en c9quime lieu1 je m'tonne que v\s niiez #a que la volont se met en dang] de faillir lorsqu'elle p\rsuit et embrasse les connoissances obscures et confuses de l'ent5dem5t2 c> qu'e/-ce qui la peut r5dre c]ta9e si ce qu'elle suit n'e/ pas clairem5t connu8 ,et quel a jamais t le philosophe1 ou le ?ologi51 ou bi5 seulem5t l'homme usant de raison1 qui n'ait confess que le dang] de faillir o n\s n\s exposons e/ d'autant mo9dre que plus claire e/ la *ose que n\s concevons aup>avant que d'y donn] notre cons5tem5t2 et que ceux-l p*5t qui1 sans connoissance de cause1 port5t quelque jugem5t8 ,or nulle conception n'e/ dite obscure ou confuse1 s9on p>ce qu'il y a en elle quelque *ose de cont5u qui n'e/ pas connu4 ,note #ec3 ,voyez secondes objections4 ,et p>tant1 ce que v\s objectez t\*ant la foi qu'on doit embrass] n'a pas plus de =ce contre moi que contre t\s ceux qui ont jamais cultiv la raison huma9e1 et1 vrai dire1 elle n'en a aucune contre pas un4 ,c>1 encore qu'on dise que la foi a p\r objet des *oses obscures1 nanmo9s ce p\rquoi n\s les croyons n'e/ pas obscur1 mais il e/ plus clair qu'aucune lumire naturelle4 ,d'autant qu'il faut di/+u] entre la matire ou la *ose laquelle n\s donnons notre crance1 et la raison =melle qui meut notre volont la donn]4 ,c> c'e/ dans cette seule raison =melle2 que n\s v\lons qu'il y ait de la cl>t et de l'vid5ce4 ,et1 quant la matire1 p]sonne n'a jamais ni qu'elle peut tre obscure1 voire l'obscurit mme2 c>1 qu& je juge que l'obscurit doit tre te de nos p5ses p\r leur p\voir donn] notre cons5tem5t sans aucun dang] de faillir1 c'e/ l'obscurit mme qui me s]t de matire p\r =m] un jugem5t clair et di/9ct4 ,outre cela1 il faut rem>qu] que la cl>t ou l'vid5ce p> laquelle notre volont peut tre excite croire e/ de deux sortes3 l'une qui "p de la lumire naturelle1 et l'autre qui vi5t de la grce div9e4 ,or1 quoiqu'on die ord9airem5t que la foi e/ des *oses obscures1 t\tefois cela s'ent5d seulem5t de sa matire1 et non po9t de la raison =melle p\r laquelle n\s croyons2 c>1 au contraire1 cette raison =melle consi/e en une c]ta9e lumire intrieure1 de laquelle ,dieu n\s ayant surnaturellem5t clairs1 n\s avons une confiance c]ta9e que les *oses qui n\s sont proposes croire ont t rvles p> lui1 et qu'il e/ entirem5t impossible qu'il soit m5teur et qu'il n\s trompe2 ce qui e/ plus assur que t\te autre lumire naturelle1 et s\v5t mme plus vid5t cause de la lumire de la grce4 ,et c]tes les ,turcs et les autres infidles1 lorsqu'ils n'embrass5t po9t la religion *rti5ne1 ne p*5t pas p\r ne v\loir po9t aj\t] foi aux *oses obscures comme tant obscures2 mais ils p*5t1 ou de ce qu'ils rsi/5t la grce div9e qui les av]tit intrieurem5t1 ou que1 p*ant en d'autres *oses1 ils se r5d5t indignes de cette grce4 ,et je dirai h>dim5t qu'un infidle1 qui1 de/itu de t\te grce surnaturelle et ignorant t\t--fait que les *oses que n\s autres *rti5s croyons ont t rvles de ,dieu1 nanmo9s1 attir p> quelques faux raisonnem5ts1 se port]oit croire ces mmes *oses qui lui s]oi5t obscures1 ne s]oit pas p\r cela fidle1 mais plutt qu'il p*]oit en ce qu'il ne se s]viroit pas comme il faut de sa raison4 ,et je ne p5se pas que jamais aucun ?ologi5 or?odoxe ait eu d'autres s5tim5ts t\*ant cela2 et ceux aussi qui liront mes ,mditations n'auront pas sujet de croire que je n'aie po9t connu cette lumire surnaturelle1 puisque1 dans la quatrime1 o j'ai soigneusem5t re*]* la cause de l'erreur ou fausset1 j'ai dit1 en p>oles expresses1 qu'elle dispose l'intrieur de notre p5se v\loir1 et que nanmo9s elle ne dim9ue po9t la lib]t4 ,au re/e1 je v\s prie ici de v\s s\v5ir que1 t\*ant les *oses que la volont peut embrass]1 j'ai t\j\rs mis une trs gr&e di/9ction entre l'usage de la vie et la contemplation de la vrit4 ,c>1 p\r ce qui reg>de l'usage de la vie1 tant s'en faut que je p5se qu'il ne faille suivre que les *oses que n\s connoissons trs clairem5t1 qu'au contraire je ti5s qu'il ne faut pas mme t\j\rs att5dre les plus vraisemblables1 mais qu'il faut quelquefois1 entre plusieurs *oses t\t--fait inconnues et inc]ta9es1 en *oisir une et s'y dt]m9]1 et aprs cela s'y arrt] aussi f]mem5t1 tant que n\s ne voyons po9t de raisons au contraire1 que si n\s l'avions *oisie p\r des raisons c]ta9es et trs vid5tes1 a9si que j'ai dj expliqu dans le disc\rs de la ,m?ode4 ,mais o il ne s'agit que de la contemplation de la vrit1 qui a jamais ni qu'il faille susp5dre son jugem5t l'g>d des *oses obscures1 et qui ne sont pas assez di/9ctem5t connues8 ,or1 que cette seule contemplation de la vrit soit le seul b de mes ,mditations1 outre que cela se reconnot assez clairem5t p> elles-mmes1 je l'ai de plus dcl> en p>oles expresses sur la f9 de la premire1 en disant que je ne p\vois p\r lors us] de trop de dfiance1 d'autant que je ne m'appliquois pas aux *oses qui reg>d5t l'usage de la vie1 mais seulem5t la re*]*e de la vrit4 ,en sixime lieu1 o v\s repr5ez#a la conclusion d'un syllogisme que j'avois mis en =me1 il semble que v\s p*iez v\s-mmes en la =me2 c>1 p\r conclure ce que v\s v\lez1 la majeure devoit tre telle1 ce que clairem5t et di/9ctem5t n\s concevons app>t5ir la nature de quelque *ose1 cela peut tre dit ou affirm avec vrit app>t5ir la nature de cette *ose4 ,et a9si elle ne conti5droit ri5 qu'une inutile et sup]flue rptition4 ,mais la majeure de mon argum5t a t telle3 ,ce que clairem5t et di/9ctem5t n\s concevons app>t5ir la nature de quelque *ose1 cela peut tre dit ou affirm avec vrit de cette *ose4 ,c'e/--dire1 si tre animal app>ti5t l'ess5ce ou la nature de l'homme1 on peut assur] que l'homme e/ animal2 si avoir les trois angles gaux deux droits app>ti5t la nature du triangle rectiligne1 on peut assur] que le triangle rectiligne a ses trois angles gaux deux droits2 si exi/] app>ti5t la nature de ,dieu1 on peut assur] que ,dieu exi/e1 etc4 ,et la m9eure a t telle3 ,or e/-il qu'il app>ti5t la nature de ,dieu d'exi/]4 ,d'o il e/ vid5t qu'il faut conclure comme j'ai fait1 c'e/ savoir1 ,donc on peut avec vrit assur] de ,dieu qu'il exi/e2 et non pas comme v\s v\lez1 ,donc n\s p\vons assur] avec vrit qu'il app>ti5t la nature de ,dieu d'exi/]4 ,et p>tant1 p\r us] de l'exception que v\s apportez ensuite1 il v\s et fallu ni] la majeure1 et dire que ce que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t app>t5ir la nature de quelque *ose ne peut pas p\r cela tre dit ou affirm de cette *ose1 si ce n'e/ que sa nature soit possible ou ne rpugne po9t4 ,mais voyez1 je v\s prie1 la faiblesse de cette exception4 ,c>1 ou bi5 p> ce mot de possible v\s ent5dez1 comme l'on fait d'ord9aire1 t\t ce qui ne rpugne po9t la p5se huma9e1 auquel s5s il e/ manife/e que la nature de ,dieu1 de la faon que je l'ai dcrite1 e/ possible1 p>ce que je n'ai ri5 suppos en elle1 s9on ce que n\s concevons clairem5t et di/9ctem5t lui devoir app>t5ir1 et a9si je n'ai ri5 suppos qui rpugne la p5se ou ait concept huma93 ou bi5 v\s feignez quelque autre possibilit de la "p de l'objet mme1 laquelle1 si elle ne convi5t avec la prcd5te1 ne peut jamais tre connue p> l'ent5dem5t huma91 et p>tant elle n'a pas plus de =ce p\r n\s oblig] ni] la nature de ,dieu ou son exi/5ce que p\r dtruire t\tes les autres *oses qui tomb5t s\s la connoissance des hommes2 c>1 p> la mme raison que l'on nie que la nature de ,dieu e/ possible1 encore qu'il ne se r5contre aucune impossibilit de la "p du concept ou de la p5se1 mais qu'au contraire t\tes les *oses qui sont cont5ues dans ce concept de la nature div9e soi5t tellem5t connexes entre elles qu'il n\s semble y avoir de la contradiction dire qu'il y en ait quelqu'une qui n'app>ti5ne pas la nature de ,dieu1 on p\rra aussi ni] qu'il soit possible que les trois angles d'un triangle soi5t gaux deux droits1 ou que celui qui p5se actuellem5t exi/e3 et bi5 plus =te raison p\rra-t-on ni] qu'il y ait ri5 de vrai de t\tes les *oses que n\s ap]cevons p> les s5s2 et a9si t\te la connoissance huma9e s]a r5v]se sans aucune raison ni fondem5t4 ,note #ed3 ,voyez secondes objections4 ,et p\r ce qui e/ de cet argum5t1 que v\s comp>ez avec le mi51 savoir1 ,s'il n'implique po9t que ,dieu exi/e1 il e/ c]ta9 qu'il exi/e3 mais il n'implique po9t2 donc1 etc41 matriellem5t p>lant il e/ vrai1 mais =mellem5t c'e/ un sophisme2 c> dans la majeure ce mot il implique reg>de le concept de la cause p> laquelle ,dieu peut tre1 et dans la m9eure il reg>de le seul concept de l'exi/5ce et de la nature de ,dieu1 comme il p>oit de ce que si on nie la majeure1 il la faudra pr\v] a9si3 ,si ,dieu n'exi/e po9t encore1 il implique qu'il exi/e1 p>ce qu'on ne sauroit assign] de cause suffisante p\r le produire3 mais il n'implique po9t qu'il exi/e1 comme il a t accord dans la m9eure2 donc1 etc4 ,et si on nie la m9eure1 il la faudra pr\v] a9si3 ,cette *ose n'implique po9t dans le concept =mel de laquelle il n'y a ri5 qui enf]me contradiction3 mais1 dans le concept =mel de l'exi/5ce ou de la nature div9e1 il n'y a ri5 qui enf]me contradiction2 donc1 etc4 ,et a9si ce mot il implique e/ pris en deux div]s s5s4 ,c> il se peut faire qu'on ne concevra ri5 dans la *ose mme qui emp*e qu'elle ne puisse exi/]1 et que cep5dant on concevra quelque *ose de la "p de sa cause qui emp*e qu'elle ne soit produite4 ,or1 encore que n\s ne concevions ,dieu que trs imp>faitem5t1 cela n'emp*e pas qu'il ne soit c]ta9 que sa nature e/ possible1 ou qu'elle n'implique po9t2 ni aussi que n\s ne puissions assur] avec vrit que n\s l'avons assez soigneusem5t exam9e1 et assez clairem5t connue1 savoir autant qu'il suffit p\r connotre qu'elle e/ possible1 et aussi que l'exi/5ce ncessaire lui app>ti5t4 ,c> t\te impossibilit1 ou1 s'il m'e/ p]mis de me s]vir ici du mot de l'cole1 t\te implicance consi/e seulem5t en notre concept ou p5se1 qui ne peut conjo9dre les ides qui se contr>i5t les unes les autres2 et elle ne peut consi/] en aucune *ose qui soit hors de l'ent5dem5t1 p>ce que de cela mme qu'une *ose e/ hors de l'ent5dem5t il e/ manife/e qu'elle n'implique po9t1 mais qu'elle e/ possible4 ,or l'impossibilit que n\s tr\vons en nos p5ses ne vi5t que de ce qu'elles sont obscures et confuses1 et il n'y en peut avoir aucune dans celles qui sont claires et di/9ctes2 et p>tant1 af9 que n\s puissions assur] que n\s connoissons assez la nature de ,dieu p\r savoir qu'il n'y a po9t de rpugnance qu'elle exi/e1 il suffit que n\s ent5dions clairem5t et di/9ctem5t t\tes les *oses que n\s ap]cevons tre en elle1 quoique ces *oses ne soi5t qu'en petit nombre au reg>d de telles que n\s n'ap]cevons pas1 bi5 qu'elles soi5t aussi en elle1 et qu'avec cela n\s rem>quions que l'exi/5ce ncessaire e/ l'une des *oses que n\s ap]cevons a9si tre en ,dieu4 ,en septime lieu1 j'ai dj donn la raison1 dans l'abrg de mes ,mditations1 p\rquoi je n'ai ri5 dit ici t\*ant l'immortalit de l'me2 j'ai aussi fait voir ci-devant comme quoi j'ai suffisamm5t pr\v la di/9ction qui e/ entre l'esprit et t\te sorte de corps4 ,quant ce que v\s aj\tez#a1 que de la di/9ction de l'me d'avec le corps il ne s'ensuit pas qu'elle soit immortelle1 p>ce que nonob/ant cela on peut dire que ,dieu l'a faite d'une telle nature que sa dure f9it avec celle de la vie du corps1 je confesse que je n'ai ri5 y rpondre2 c> je n'ai pas tant de prsomption que d'entrepr5dre de dt]m9] p> la =ce du raisonnem5t huma9 une *ose qui ne dp5d que de la pure volont de ,dieu4 ,note #ee3 ,voyez secondes objections4 ,la connoissance naturelle n\s appr5d que l'esprit e/ diffr5t du corps1 et qu'il e/ une sub/ance2 et aussi que le corps huma91 en tant qu'il diffre des autres corps1 e/ seulem5t compos d'une c]ta9e configuration de membres1 et autres semblables accid5ts2 et enf9 que la mort du corps dp5d seulem5t de quelque division ou *angem5t de figure4 ,or n\s n'avons aucun argum5t ni aucun exemple qui n\s p]suade que la mort1 ou l'anantissem5t d'une sub/ance telle qu'e/ l'esprit1 doive suivre d'une cause si lgre comme e/ un *angem5t de figure1 qui n'e/ autre *ose qu'un mode1 et encore un mode non de l'esprit1 mais du corps1 qui e/ rellem5t di/9ct de l'esprit4 ,et mme n\s n'avons aucun argum5t ni exemple qui n\s puisse p]suad] qu'il y a des sub/ances qui sont sujettes tre ananties4 ,ce qui suffit p\r conclure que l'esprit ou l'me de l'homme1 autant que cela peut tre connu p> la philosophie naturelle1 e/ immortelle4 ,mais si on dem&e si ,dieu1 p> son absolue puissance1 n'a po9t peut-tre dt]m9 que les mes des hommes cess5t d'tre au mme temps que les corps auxquels elles sont unies sont dtruits1 c'e/ ,dieu seul d'en rpondre4 ,et puisqu'il n\s a ma9t5ant rvl que cela n'arriv]a po9t1 il ne n\s doit plus re/] t\*ant cela aucun d\te4 ,au re/e1 j'ai beauc\p v\s rem]ci] de ce que v\s avez daign si (ficieusem5t et avec tant de fran*ise m'av]tir non seulem5t des *oses qui v\s ont sembl dignes d'explication1 mais aussi des difficults qui p\voi5t m'tre faites p> les a?es1 ou p> quelques envieux et mdisants4 ,c> encore que je ne voie ri5 entre les *oses que v\s m'avez proposes que je n'eusse aup>avant rejet ou expliqu dans mes ,mditations 7comme1 p> exemple1 ce que v\s avez allgu des m\*es qui sont produites p> le soleil1 des ,canadi5s1 des ,n9ivites1 des ,turcs1 et autres *oses semblables1 ne peut v5ir en l'esprit de ceux qui1 suivant l'ordre de ces ,mditations1 mettront "p p\r quelque temps t\tes les *oses qu'ils ont apprises des s5s1 p\r pr5dre g>de ce que dicte la plus pure et plus sa9e raison1 c'e/ p\rquoi je p5sois avoir dj rejet t\tes ces *oses71 encore1 dis-je1 que cela soit1 je juge nanmo9s que ces objections s]ont =t utiles mon desse91 d'autant que je ne me promets pas d'avoir beauc\p de lecteurs qui veuill5t apport] tant d'att5tion aux *oses que j'ai crites1 qu'tant p>v5us lu f9 ils se ress\vi5n5t de t\t ce qu'ils auront lu aup>avant3 et ceux qui ne le f]ont pas tomb]ont aism5t en des difficults1 auxquelles ils v]ront puis aprs que j'aurai satisfait p> cette rponse1 ou du mo9s ils pr5dront de l occasion d'exam9] plus soigneusem5t la vrit4 ,p\r ce qui reg>de le conseil que v\s me donnez de dispos] mes raisons selon la m?ode des gomtres1 af9 que t\t d'un c\p les lecteur les puiss5t compr5dre1 je v\s dirai ici en quelle faon j'ai dj t* ci-devant de la suivre1 et comm5t j'y t*]ai encore ci-aprs4 ,dans la faon d'crire des gomtres je di/+ue deux *oses1 savoir l'ordre1 et la manire de dmontr]4 ,l'ordre consi/e en cela seulem5t que les *oses qui sont proposes les premires doiv5t tre connues sans l'aide des suivantes1 et que les suivantes doiv5t aprs tre disposes de telle faon1 qu'elles soi5t dmontres p> les seules *oses qui les prcd5t4 ,et c]ta9em5t j'ai t* autant que j'ai pu de suivre cet ordre en mes ,mditations4 ,et c'e/ ce qui a fait que je n'ai pas trait dans la seconde de la di/9ction qui e/ entre l'esprit et le corps1 mais seulem5t dans la sixime1 et que j'ai omis t\t exprs beauc\p de *oses dans ce trait1 p>ce qu'elles prsupposoi5t l'explication de plusieurs autres4 ,la manire de dmontr] e/ d\ble3 l'une se fait p> l'analyse ou rsolution1 et l'autre p> la syn?se ou composition4 ,l'analyse montre la vraie voie2 p> laquelle une *ose a t m?odiquem5t inv5te1 et fait voir comm5t les effets dp5d5t des causes2 en sorte que si le lecteur la veut suivre1 et jet] les yeux soigneusem5t sur t\t ce qu'elle conti5t1 il n'ent5dra pas mo9s p>faitem5t la *ose a9si dmontre1 et ne la r5dra pas mo9s si5ne1 que si lui-mme l'avoit inv5te4 ,mais cette sorte de dmon/ration n'e/ pas propre conva9cre les lecteurs op9itres ou peu att5tifs3 c> si ont laisse *app] sans y pr5dre g>de la mo9dre des *oses qu'elle propose1 la ncessit de ses conclusions ne p>atra po9t2 et on n'a pas c\tume d'y exprim] =t amplem5t les *oses qui sont assez claires d'elles-mmes1 bi5 que ce soit ord9airem5t celles auxquelles il faut le plus pr5dre g>de4 ,la syn?se au contraire1 p> une voie t\te diffr5te1 et comme en exam9ant les causes p> leurs effets1 bi5 que la preuve qu'elle conti5t soit s\v5t aussi des effets p> les causes1 dmontre la vrit clairem5t ce qui e/ cont5u en ses conclusions1 et se s]t d'une longue suite de df9itions1 de dem&es1 d'axiomes1 de ?ormes et de problmes1 af9 que si on lui nie quelques consqu5ces1 elle fasse voir comm5t elles sont cont5ues dans les antcd5ts1 et qu'elle arra*e le cons5tem5t du lecteur1 tant ob/9 et op9itre qu'il puisse tre2 mais elle ne donne pas comme l'autre une entire satisfaction l'esprit de ceux qui dsir5t d'appr5dre1 p>ce qu'elle n'enseigne pas la m?ode p> laquelle la *ose a t inv5te4 ,les anci5s gomtres avoi5t c\tume de se s]vir seulem5t de cette syn?se dans leurs crits1 non qu'ils ignorass5t entirem5t l'analyse1 mais mon avis p>ce qu'ils en faisoi5t tant d'tat qu'ils la rs]voi5t p\r eux seuls comme un secret d'importance4 ,p\r moi1 j'ai suivi seulem5t la voie analytique1 dans mes ,mditations1 p>ce qu'elle me semble tre la plus vraie et la plus propre p\r enseign]2 mais quant la syn?se1 laquelle sans d\te e/ celle que v\s dsirez de moi1 encore que1 t\*ant les *oses qui se trait5t en la gomtrie1 elle puisse utilem5t tre mise aprs l'analyse1 elle ne convi5t pas t\tefois si bi5 aux matires qui app>ti5n5t la mtaphysique4 ,c> il y a cette diffr5ce1 que les premires notions qui sont supposes p\r dmontr] les propositions gomtriques1 ayant de la conv5ance avec les s5s1 sont reues facilem5t d'un *acun3 c'e/ p\rquoi il n'y a po9t l de difficult1 s9on bi5 tir] les consqu5ces1 ce qui se peut faire p> t\tes sortes de p]sonnes1 mme p> les mo9s att5tives1 p\rvu seulem5t qu'elles se ress\vi5n5t des *oses prcd5tes2 et on les oblige aism5t a s'en s\v5ir1 en di/+uant autant de div]ses propositions qu'il y a de *oses rem>qu] dans la difficult propose1 af9 qu'elles s'arrt5t sp>m5t sur *acune1 et qu'on les leur puisse cit] p> aprs p\r les av]tir de celles auxquelles elles doiv5t p5s]4 ,mais au contraire1 t\*ant les que/ions qui app>ti5n5t la mtaphysique1 la pr9cipale difficult e/ de concevoir clairem5t1 et di/9ctem5t les premires notions4 ,c>1 encore que de leur nature elles ne soi5t pas mo9s claires1 et mme que s\v5t elles soi5t plus claires que celles qui sont considres p> les gomtres1 nanmo9s1 d'autant qu'elles sembl5t ne s'accord] pas avec plusieurs prjugs que n\s avons reu p> les s5s1 et auxquels n\s sommes acc\tums ds notre enfance1 elles ne sont p>faitem5t comprises que p> ceux qui sont =t att5tifs et qui s'tudi5t dta*] autant qu'ils peuv5t leur esprit du comm]ce des s5s3 c'e/ p\rquoi1 si on les proposait t\tes seules1 elles s]ai5t aism5t nies p> ceux qui ont l'esprit port la contradiction4 ,et c'e/ ce qui a t la cause que j'ai plutt crit des ,mditations que des disputes ou des que/ions1 comme font les philosophes2 ou bi5 des ?ormes ou des problmes1 comme les gomtres1 af9 de tmoign] p> l que je n'ai crit que p\r ceux qui se v\dront donn] la pe9e de mdit] avec moi srieusem5t et considr] les *oses avec att5tion4 ,c>1 de cela mme que quelqu'un se prp>e combattre la vrit1 il se r5d mo9s propre la compr5dre1 d'autant qu'il dt\rne son esprit de la considration des raisons qui la p]suad5t1 p\r l'appliqu] la re*]*e de celles qui la dtruis5t4 ,mais nanmo9s1 p\r tmoign] combi5 je dfre votre conseil1 je t*]ai ici d'imit] la syn?se des gomtres1 et y f]ai un abrg des pr9cipales raisons dont j'ai u p\r dmontr] l'exi/5ce de ,dieu et la di/9ction qui e/ entre l'esprit et le corps huma92 ce qui ne s]vira peut-tre pas peu p\r s\lag] l'att5tion des lecteurs4 ,,raisons ,,qui ,,pr\v5t ,l',,exi/5ce ,,de ,,dieu1 ,,et ,,la ,,di/9ction ,,qui ,,e/ ,,entre ,l',,esprit ,,et ,,le ,,corps ,,de ,l',,homme1 ,,dispos,,es ,,dune ,,fa,,on ,g,,om,,trique4 ,d,,f9itions4 ,i4 ,p> le nom de p5se je compr5ds t\t ce qui e/ tellem5t en n\s que n\s l'ap]cevons immdiatem5t p> n\s-mmes et en avons une connoissance intrieure3 a9si t\tes les oprations de la volont1 de l'ent5dem5t1 de l'imag9ation et des s5s sont des p5ses4 ,mais j'ai aj\t immdiatem5t p\r exclure les *oses qui suiv5t et dp5d5t de nos p5ses2 p> exemple1 le m\vem5t volontaire a bi5 la vrit la volont p\r son pr9cipe1 mais lui-mme nanmo9s n'e/ pas une p5se4 ,a9si se prom5] n'e/ pas une p5se1 mais bi5 le s5tim5t ou la connoissance que l'on a qu'on se promne4 ,,ii4 ,p> le nom d'ide1 j'ent5ds cette =me de *acune de nos p5ses p> la p]ception immdiate de laquelle n\s avons connoissance de ces mmes p5ses4 ,de sorte que je ne puis ri5 exprim] p> des p>oles lorsque j'ent5ds ce que je dis1 que de cela mme il ne soit c]ta9 que j'ai en moi l'ide de la *ose qui e/ signifie p> mes p>oles4 ,et a9si je n'appelle pas du nom d'ide les seules images qui sont dpe9tes en la fantaisie2 au contraire1 je ne les appelle po9t ici de ce nom1 en tant qu'elles sont en la fantaisie corporelle1 c'e/--dire en tant qu'elles sont dpe9tes en quelques p>ties du c]veau1 mais seulem5t en tant qu'elles in=m5t l'esprit mme qui s'applique cette p>tie du c]veau4 ,,iii4 ,p> la ralit objective d'une ide1 j'ent5ds l'entit ou l'tre de la *ose reprs5te p> cette ide1 en tant que cette entit e/ dans l'ide2 et de la mme faon1 on peut dire une p]fection objective1 ou un artifice objectif1 etc4 ,c> t\t ce que n\s concevons comme tant dans les objets des ides1 t\t cela e/ objectivem5t ou p> reprs5tations dans les ides mmes4 ,,iv4 ,les mmes *oses sont dites tre =mellem5t dans les objets des ides qu& elles sont en eux telles que n\s les concevons2 et elles sont dites y tre m9emm5t qu& elles n'y sont pas la vrit telles1 mais qu'elles sont si gr&es qu'elles peuv5t suppler ce dfaut p> leur excell5ce4 ,v4 ,t\te *ose dans laquelle rside immdiatem5t comme dans un sujet1 ou p> laquelle exi/e quelque *ose que n\s ap]cevons1 c'e/--dire quelque proprit1 qualit ou attribut dont n\s avons en n\s une relle ide1 s'appelle sub/ance4 ,c> n\s n'avons po9t d'autre ide de la sub/ance prcism5t prise1 s9on qu'elle e/ une *ose dans laquelle exi/e =mellem5t ou m9emm5t cette proprit ou qualit que n\s ap]cevons1 ou qui e/ objectivem5t dans quelqu'une de nos ides1 d'autant que la lumire naturelle n\s enseigne que le nant ne peut avoir aucun attribut qui soit rel4 ,,vi4 ,la sub/ance dans laquelle rside immdiatem5t la p5se e/ ici appele esprit4 ,et t\tefois ce nom e/ quivoque1 en ce qu'on l'attribue aussi quelquefois au v5t et aux liqueurs =t subtiles2 mais je n'en sa*e po9t de plus propre4 ,,vii4 ,la sub/ance qui e/ le sujet immdiat de l'ext5sion locale et des accid5ts qui prsuppos5t cette ext5sion1 comme sont la figure1 la situation et le m\vem5t de lieu1 etc41 s'appelle corps4 ,mais de savoir si la sub/ance qui e/ appele esprit e/ la mme que celle que n\s appelons corps1 ou bi5 si ce sont deux sub/ances div]ses1 c'e/ ce qui s]a exam9 ci-aprs4 ,,viii4 ,la sub/ance que n\s ent5dons tre s\v]a9em5t p>faite1 et dans laquelle n\s ne concevons ri5 qui enf]me quelque dfaut ou limitation de p]fection1 s'appelle ,dieu4 ,,ix4 ,qu& n\s disons que quelque attribut e/ cont5u dans la nature ou dans le concept d'une *ose1 c'e/ de mme que si n\s disions que cet attribut e/ vrai de cette *ose1 et qu'on peut assur] qu'il e/ en elle4 ,x4 ,deux sub/ances sont dites tre rellem5t di/9ctes qu& *acune d'elles peut exi/] sans l'autre4 ,,dem&es4 ,je dem&e premirem5t que les lecteurs considr5t combi5 foibles sont les raisons qui leur ont fait jusques ici aj\t] foi leurs s5s1 et combi5 sont inc]ta9s t\s les jugem5ts qu'ils ont depuis appuys sur eux2 et qu'ils repass5t si long-temps et si s\v5t cette considration en leur esprit1 qu'enf9 ils acquir5t l'habitude de ne se plus fi] si =t en leurs s5s3 c> j'e/ime que cela e/ ncessaire p\r se r5dre capable de connotre la vrit des *oses mtaphysiques1 lesquelles ne dp5d5t po9t des s5s4 ,en second lieu1 je dem&e qu'ils considr5t leur propre esprit et t\s ceux de ses attributs dont ils reconnotront ne p\voir en aucune faon d\t]1 encore mme qu'ils supposass5t que t\t ce qu'ils ont jamais reu p> les s5s ft entirem5t faux2 et qu'ils ne cess5t po9t de le considr] que premirem5t ils n'ai5t acquis l'usage de le concevoir di/9ctem5t1 et de croire qu'il e/ plus ais connotre que t\tes les *oses corporelles4 ,en troisime lieu1 qu'ils exam95t diligemm5t les propositions qui n'ont pas beso9 de preuve p\r tre connues1 et dont *acun tr\ve les notions en soi-mme1 comme sont celles-ci1 qu'une mme *ose ne peut pas tre et n'tre pas t\t ensemble2 que le nant ne peut tre la cause effici5te d'aucune *ose1 et autres semblables3 et qu'a9si ils ex]c5t cette cl>t de l'ent5dem5t qui leur a t donne p> la nature1 mais que les p]ceptions des s5s ont acc\tum de tr\bl] et d'obscurcir2 qu'ils l'ex]c5t1 dis-je1 t\te pure et dlivre de leurs prjugs2 c> p> ce moy5 la vrit des axiomes suivants leur s]a =t vid5te4 ,eu quatrime lieu1 qu'ils exam95t les ides de ces natures qui conti5n5t en elles un assemblage de plusieurs attributs ensemble1 comme e/ la nature du triangle1 celle du c>r ou de quelque autre figure2 comme aussi la nature de l'esprit1 la nature du corps1 et p>-dessus t\tes la nature de ,dieu ou d'un tre s\v]a9em5t p>fait4 ,et qu'ils pr5n5t g>de qu'on peut assur] avec vrit que t\tes ces *oses-l sont en elles que n\s concevons clairem5t y tre cont5ues4 ,p> exemple1 p>ce que dans la nature du triangle rectiligne cette proprit se tr\ve cont5ue1 que ses trois angles sont gaux deux droits2 et que dans la nature du corps ou d'une *ose t5due la divisibilit y e/ comprise1 c> n\s ne concevons po9t de *ose t5due si petite que n\s ne la puissions divis]1 au mo9s p> la p5se2 il e/ vrai de dire que les trois angles de t\t triangle rectiligne sont gaux deux droits1 et que t\t corps e/ divisible4 ,en c9quime lieu1 je dem&e qu'ils s'arrt5t long-temps contempl] la nature de l'tre s\v]a9em5t p>fait3 et1 entre autres *oses1 qu'ils considr5t que dans les ides de t\tes les autres natures l'exi/5ce possible se tr\ve bi5 cont5ue2 mais que dans l'ide de ,dieu ce n'e/ pas seulem5t une exi/5ce possible qui se tr\ve cont5ue1 mais une exi/5ce absolum5t ncessaire4 ,c> de cela seul1 et sans aucun raisonnem5t1 ils connotront que ,dieu exi/e2 et il ne leur s]a pas mo9s clair et vid5t1 sans autre preuve1 qu'il e/ manife/e que deux e/ un nombre pair1 et que trois e/ un nombre impair1 et *oses semblables4 ,c> il y a des *oses qui sont a9si connues sans preuves p> quelques uns1 que d'autres n'ent5d5t que p> un long disc\rs et raisonnem5t4 ,en sixime lieu1 que1 considrant avec so9 t\s les exemples d'une claire et di/9cte p]ception1 et t\s ceux dont la p]ception e/ obscure et confuse desquels j'ai p>l dans mes ,mditations1 ils s'acc\tum5t di/+u] les *oses qui sont clairem5t connues de celles qui sont obscures3 c> cela s'appr5d mieux p> des exemples que p> des rgles2 et je p5se qu'on n'en peut donn] aucun exemple dont je n'aie t\* quelque *ose4 ,en septime lieu1 je dem&e que les lecteurs1 pr5ant g>de qu'ils n'ont jamais reconnu aucune fausset dans les *oses qu'ils ont clairem5t conues1 et qu'au contraire ils n'ont jamais r5contr1 s9on p> has>d1 aucune vrit dans les *oses qu'ils n'ont conues qu'avec obscurit1 ils considr5t que ce s]oit une *ose t\t--fait draisonnable1 si1 p\r quelques prjugs des s5s ou p\r quelques suppositions faites plaisir1 et fondes sur quelque *ose d'obscur et d'inconnu1 ils rvoquoi5t en d\te les *oses que l'ent5dem5t conoit clairem5t et di/9ctem5t2 au moy5 de quoi ils admettront facilem5t les axiomes suivants p\r vrais et p\r indubitables3 bi5 que j'av\e que plusieurs d'entre eux euss5t pu tre mieux expliqus1 et euss5t d tre plutt proposs comme des ?ormes que comme des axiomes1 si j'eusse v\lu tre plus exact4 ,,axiomes4 ou ,,notions ,,communes4 ,i4 ,il n'y a aucune *ose exi/ante de laquelle ou ne puisse dem&] quelle e/ la cause p\rquoi elle exi/e3 c> cela mme se peut dem&] de ,dieu2 non qu'il ait beso9 d'aucune cause p\r exi/]1 mais p>ce que l'imm5sit mme de sa nature e/ la cause ou la raison p\r laquelle il n'a beso9 d'aucune cause p\r exi/]4 ,,ii4 ,le temps prs5t ne dp5d po9t de celui qui l'a immdiatem5t prcd2 c'e/ p\rquoi il n'e/ pas beso9 d'une mo9dre cause p\r cons]v] une *ose1 que p\r la produire la premire lois4 ,,iii4 ,aucune *ose1 ni aucune p]fection de cette *ose actuellem5t exi/ante1 ne peut avoir le nant1 ou une *ose non exi/ante1 p\r la cause de son exi/5ce4 ,,iv4 ,t\te la ralit ou p]fection qui e/ dans une *ose1 se r5contre =mellem5t ou m9emm5t dans sa cause premire et totale4 ,v4 ,d'o il suit aussi que la ralit objective de nos ides requi]t une cause dans laquelle cette mme ralit soit cont5ue1 non pas simplem5t objectivem5t1 mais =mellem5t ou m9emm5t4 ,et il faut rem>qu] que cet axiome doit si ncessairem5t tre admis1 que de lui seul dp5d la connoissance de t\tes les *oses1 tant s5sibles qu'ins5sibles2 c> d'o savons-n\s1 p> exemple1 que le ciel exi/e8 e/-ce p>ce que n\s le voyons8 mais cette vision ne t\*e po9t l'esprit1 s9on en tant qu'elle e/ une ide1 une ide1 dis-je1 inhr5te en l'esprit mme1 et non pas une image dpe9te en la fantaisie2 et1 l'occasion de cette ide1 n\s ne p\vons pas jug] que le ciel exi/e1 si ce n'e/ que n\s supposions que t\te ide doit avoir une cause de sa ralit objective qui soit rellem5t exi/ante2 laquelle cause n\s jugeons que c'e/ le ciel mme1 et a9si des autres4 ,,vi4 ,il y a div]s degrs de ralit1 c'e/--dire d'entit ou de p]fection3 c> la sub/ance a plus de ralit que l'accid5t ou le mode1 et la sub/ance inf9ie que la f9ie2 c'e/ p\rquoi aussi il y a plus de ralit objective dans l'ide de la sub/ance que dans celle de l'accid5t1 et dans l'ide de la sub/ance inf9ie que dans l'ide de la sub/ance f9ie4 ,,vii4 ,la volont se porte volontairem5t et librem5t1 c> cela e/ de son ess5ce1 mais nanmo9s infailliblem5t au bi5 qui lui e/ clairem5t connu3 c'e/ p\rquoi1 si elle vi5t connotre quelques p]fections qu'elle n'ait pas1 elle se les donn]a aussitt1 si elles sont en sa puissance2 c> elle connatra que ce lui e/ un plus gr& bi5 de les avoir que de ne les avoir pas4 ,,viii4 ,ce qui peut faire le plus1 ou le plus difficile1 peut aussi faire le mo9s1 ou le plus facile4 ,,ix4 ,c'e/ une *ose plus gr&e et plus difficile de crer ou cons]v] une sub/ance1 que de crer ou cons]v] ses attributs ou proprits2 mais ce n'e/ pas une *ose plus gr&e1 ou plus difficile1 de crer une *ose que de la cons]v]1 a9si qu'il a dj t dit4 ,x4 ,dans l'ide ou le concept de *aque *ose1 l'exi/5ce y e/ cont5ue1 p>ce que n\s ne p\vons ri5 concevoir que s\s la =me d'une *ose qui exi/e2 mais avec cette diffr5ce1 que1 dans le concept d'une *ose limite1 l'exi/5ce possible ou cont+5te e/ seulem5t cont5ue1 et dans le concept d'un tre s\v]a9em5t p>fait1 la p>faite et ncessaire y e/ comprise4 ,,proposition ,,premi,,re ,l',,exi/5ce ,,de ,,dieu ,,se ,,conno,t ,,de ,,la ,,seule ,,consid,,ration ,,de ,,sa ,,nature4 ,d,,mon/ration ,dire que quelque attribut e/ cont5u dans la nature ou dans le concept d'une *ose1 c'e/ le mme que de dire que cet attribut e/ vrai de cette *ose1 et qu'on peut assur] qu'il e/ en elle1 p> la df9ition neuvime2 ,or e/-il que l'exi/5ce ncessaire e/ cont5ue dans la nature ou dans le concept de ,dieu1 p> l'axiome dixime3 ,donc il e/ vrai de dire que l'exi/5ce ncessaire e/ en ,dieu1 ou bi5 que ,dieu exi/e4 ,et ce syllogisme e/ le mme dont je me suis s]vi en ma rponse au sixime article de ces objections2 et sa conclusion peut tre connue sans preuve p> ceux qui sont libres de t\s prjugs1 comme il a t dit en la c9quime dem&e4 ,mais p>ce qu'il n'e/ pas ais de p>v5ir une si gr&e cl>t d'esprit1 n\s t*]ons de pr\v] la mme *ose p> d'autres voies4 ,,proposition ,,seconde4 ,l',,exi/5ce ,,de ,,dieu ,,e/ ,d,,montr,e ,,p> ,,ses ,,effets1 ,,de ,,cela ,,seul ,,que ,,son ,,id,e ,,e/ ,,en ,,n\s4 ,d,,mon/ration ,la ralit objective de *acune de nos ides requi]t une cause dans laquelle cette mme ralit soit cont5ue non pas simplem5t objectivem5t1 mais =mellem5t ou m9emm5t1 p> l'axiome c9quime2 ,or e/-il que n\s avons en n\s l'ide de ,dieu 7p> la df9ition deuxime et huitime71 et que la ralit objective de cette ide n'e/ po9t cont5ue en n\s1 ni =mellem5t1 ni m9emm5t 7p> l'axiome sixime71 et qu'elle ne peut tre cont5ue dans aucun autre que dans ,dieu mme1 p> l df9ition huitime3 ,donc cette ide de ,dieu qui e/ en n\s dem&e ,dieu p\r sa cause2 et p> consqu5t ,dieu exi/e1 p> l'axiome troisime4 ,,proposition ,,troisi,,me4 ,l',,exi/5ce ,,de ,,dieu ,,e/ ,,encore ,d,,montr,e ,,de ,,ce ,,que ,,n\s-,m,,mes1 ,,qui ,,avons ,,en ,,n\s ,,son ,,id,e1 ,,n\s ,,exi/ons4 ,d,,mon/ration4 ,si j'avois lu puissance de me cons]v] moi-mme1 j'aurois aussi1 plus =te raison1 le p\voir de me donn] t\tes les p]fections qui me manqu5t 7p> l'axiome huitime et neuvime71 c> ces p]fections ne sont que des attributs de la sub/ance1 et moi je suis une sub/ance2 ,mais je n'ai pas la puissance de me donn] t\tes ces p]fections1 c> autrem5t je les possd]ois dj1 p> l'axiome septime3 ,donc je n'ai pas la puissance de me cons]v] moi-mme4 ,en aprs1 je ne puis exi/] sans tre cons]v tant que j'exi/e1 soit p> moi-mme1 suppos que j'en aie le p\voir1 soit p> un autre qui ait cette puissance1 p> l'axiome premi] et deuxime2 ,or e/-il que j'exi/e1 et t\tefois je n'ai pas la puissance de me cons]v] moi-mme1 comme je vi5s de pr\v]3 ,donc je suis cons]v p> un autre4 ,de plus1 celui p> qui je suis cons]v a en soi =mellem5t ou m9emm5t t\t ce qui e/ en moi1 p> l'axiome quatrime2 ,or e/-il que j'ai en moi la p]ception de plusieurs p]fections qui me manqu5t1 et celle aussi de l'ide de ,dieu1 p> la df9ition deuxime et huitime3 ,donc la p]ception de ces mmes p]fections e/ aussi en celui p> qui je suis cons]v4 ,enf91 celui--l mme p> qui je suis cons]v ne peut avoir la p]ception d'aucunes p]fections qui lui manqu5t1 c'e/--dire qu'il n'ait po9t en soi =mellem5t ou m9emm5t1 p> l'axiome septime2 c> ayant la puissance de me cons]v]1 comme il a t dit ma9t5ant1 il aurait1 plus =te raison1 le p\voir de se les donn] lui-mme1 si elles lui manquoi5t1 p> l'axiome huitime et neuvime2 ,or e/-il qu'il a la p]ception de t\tes les p]fections que je reconnois me manqu]1 et que je conois ne p\voir tre qu'en ,dieu seul1 comme je vi5s de pr\v]3 ,donc il les a t\tes en soi =mellem5t ou m9emm5t2 et a9si il e/ ,dieu4 ,,corollaire4 ,,dieu ,a ,,cr ,,le ,,ciel ,,et ,,la ,,t]re1 ,,et ,,t\t ,,ce ,,qui ,y ,,e/ ,,cont5u1 ,,et ,,outre ,,cela ,,il ,,peut ,,faire ,,t\tes ,,les ,,*oses ,,que ,,n\s ,,concevons ,,clairem5t1 ,,en ,,la ,,mani,,re ,,que ,,n\s ,,les ,,concevons ,d,,mon/ration ,t\tes ces *oses suiv5t clairem5t de la proposition prcd5te4 ,c> n\s y avons pr\v l'exi/5ce de ,dieu1 p>ce qu'il e/ ncessaire qu'il y ait un tre qui exi/e dans lequel t\tes les p]fections dont il y a en n\s quelque ide soi5t cont5ues =mellem5t ou m9emm5t2 ,or e/-il que n\s avons en n\s l'ide d'une puissance si gr&e1 que p> celui-l seul en qui elle rside1 non seulem5t le ciel et la t]re1 etc41 doiv5t avoir t crs1 mais aussi t\tes les autres *oses que n\s concevons comme possibles peuv5t tre produites3 ,donc1 en pr\vant l'exi/5ce de ,dieu1 n\s avons aussi pr\v de lui t\tes ces *oses4 ,,proposition ,,quatri,,me4 ,l',,esprit ,,et ,,le ,,corps ,,sont ,r,,ellem5t ,,di/9cts4 ,d,,mon/ration4 ,t\t ce que n\s concevons clairem5t peut tre fait p> ,dieu en la manire que n\s le concevons1 p> le corollaire prcd5t4 ,mais n\s concevons clairem5t l'esprit1 c'e/--dire une sub/ance qui p5se1 sans le corps1 c'e/--dire sans une sub/ance t5due1 p> la dem&e ,,ii2 et d'autre "p n\s concevons aussi clairem5t le corps sans l'esprit1 a9si que *acun accorde facilem5t3 ,donc au mo9s1 p> la t\te-puissance de ,dieu1 l'esprit peut tre sans le corps1 et le corps sans l'esprit4 ,ma9t5ant les sub/ances qui peuv5t tre l'une sans l'autre sont rellem5t di/9ctes1 p> la def9ition ,x4 ,or e/-il que l'esprit et le corps sont des sub/ances1 p> les df9itions ,v1 ,,vi et ,,vii1 qui peuv5t tre l'une sans l'autre1 comme je le vi5s de pr\v]3 ,donc l'esprit et le corps sont rellem5t di/9cts4 ,et il faut rem>qu] que je me suis ici s]vi de la t\te-puissance de ,dieu p\r en tir] ma preuve2 non qu'il soit beso9 de quelque puissance extraord9aire p\r sp>] l'esprit d'avec le corps1 mais p\rce que1 n'ayant trait que de ,dieu seul dans les propositions prcd5tes1 je ne la p\vois tir] d'ailleurs que de lui4 ,et il importe =t peu p> quelle puissance deux *oses soi5t sp>es1 p\r connotre qu'elles soi5t rellem5t di/9ctes4 ,,troisi,,mes ,,objections1 ,,faites ,,p> ,,hobbes ,,contre ,,les ,,six ,m,,ditations ,,objection ,i]4 ,,sur ,,la ,m,,ditation ,,premi,,re ,,des ,,*oses ,,qui ,,peuv5t ,,tre ,r,,voqu,,es ,,en ,,docte4 ,il p>oit assez1 p> ce qui a t dit dans cette ,mditation1 qu'il n'y a po9t de m>que c]ta9e et vid5te p> laquelle n\s puissions reconnotre et di/+u] nos songes d'avec la veille et d'avec une vraie p]ception des s5s2 et p>tant que ces images ou ces fantmes que n\s s5tons tant veills1 ne plus ne mo9s que ceux que n\s ap]cevons tant endormis1 ne sont po9t des accid5ts atta*s des objets extrieurs1 et ne sont po9t des preuves suffisantes p\r1 montr] que ces objets extrieurs exi/5t vritablem5t4 ,c'e/ p\rquoi si1 sans n\s aid] d'aucun autre raisonnem5t1 n\s suivons seulem5t le tmoignage de nos s5s1 n\s aurons ju/e sujet de d\t] si quelque *ose exi/e ou non4 ,n\s reconnoissons donc la vrit de cette mditation4 ,mais d'autant que ,platon a p>l de cette inc]titude des *oses s5sibles1 plusieurs autres anci5s philosophes avant et aprs lui1 et qu'il e/ ais de rem>qu] la difficult qu'il y a de disc]n] la veille du sommeil1 j'eusse v\lu que cet excell5t auteur de n\velles spculations se ft ab/5u de publi] des *oses si vieilles4 ,r,,ponse4 ,les raisons de d\t] qui sont ici reues p\r vraies p> ce philosophe n'ont t proposes p> moi que comme vraisemblables3 et je m'en suis s]vi1 non p\r les dbit] comme n\velles1 mais en p>tie p\r prp>] les esprits des lecteurs considr] les *oses intellectuelles1 et les di/+u] des corporelles1 quoi elles m'ont t\j\rs sembl trs ncessaires2 en p>tie p\r y rpondre dans les mditations suivantes1 et en p>tie aussi p\r faire voir combi5 les vrits que je propose ensuite sont f]mes et assures1 puisqu'elles ne peuv5t tre branles p> des d\tes si gnraux et si extraord9aires4 ,et ce n'a po9t t p\r acqurir de la gloire que je les ai rapportes2 mais je p5se n'avoir pas t mo9s oblig de les expliqu]1 qu'un mdec9 de dcrire la maladie dont il a entrepris d'enseign] la cure4 ,,objection ,i,ie4 ,,sur ,,la ,,seconde ,m,,ditation4 ,,de ,,la ,,nature ,,de ,l',,esprit ,,huma94 ,je suis une *ose qui p5se3 c'e/ =t bi5 dit4 ,c> de ce que je p5se ou de ce que j'ai une ide1 soit en veillant1 soit en dormant1 l'on infre que je suis p5sant3 c> ces deux *oses1 je p5se et je suis p5sant1 signifi5t la mme *ose4 ,de ce que je suis p5sant1 il s'ensuit que je suis1 p>ce que ce qui p5se n'e/ pas un ri54 ,mais o notre auteur aj\te1 c'e/--dire un esprit1 une me1 un ent5dem5t1 une raison3 de l nat un d\te4 ,c> ce raisonnem5t ne me semble pas bi5 dduit1 de dire ,je suis p5sant1 donc je suis une p5se2 ou bi5 je suis intellig5t1 donc je suis un ent5dem5t4 ,c> de la mme faon je p\rrois dire1 je suis prom5ant1 donc je suis une prom5ade4 ,m4 ,desc>tes donc pr5d la *ose intellig5te1 et l'intellection qui en e/ l'acte1 p\r une mme *ose2 ou du mo9s il dit que c'e/ le mme que la *ose qui ent5d1 et l'ent5dem5t1 qui e/ une puissance ou facult d'une *ose intellig5te4 ,nanmo9s t\s les philosophes di/+u5t le sujet de ses facults et de ses actes1 c'e/--dire de ses proprits et de ses ess5ces2 c> c'e/ autre *ose que la *ose mme qui e/1 et autre *ose que son ess5ce2 il se peut donc faire qu'une *ose qui p5se soit le sujet de l'esprit1 de la raison ou de l'ent5dem5t1 et p>tant que ce soit quelque *ose de corporel1 dont le contraire e/ pris ou avanc1 et n'e/ pas pr\v4 ,et nanmo9s c'e/ en cela que consi/e le fondem5t de la conclusion qu'il semble que ,m4 ,desc>tes veuille tablir4 ,au mme endroit il dit3#a ,je connois que j'exi/e1 et je *]*e quel je suis1 moi que je connois tre4 ,or il e/ trs c]ta9 que cette notion et connoissance de moi-mme1 a9si prcism5t prise1 ne dp5d po9t des *oses dont l'exi/5ce ne m'e/ pas encore connue4 ,note #ef3 ,voyez ,mditation ,,ii4 ,il e/ trs c]ta9 que la connoissance de cette proposition1 j'exi/e1 dp5d de celle-ci1 je p5se1 comme il n\s a =t bi5 enseign3 mais d'o n\s vi5t la connoissance de celle-ci1 je p5se8 ,c]tes1 ce n'e/ po9t d'autre *ose que de ce que n\s ne p\vons concevoir aucun acte sans son sujet1 comme la p5se sans une *ose qui p5se1 la sci5ce sans une *ose qui sa*e1 et la prom5ade sans une *ose qui se promne4 ,et de l il semble suivre qu'une *ose qui p5se e/ quelque *ose de corporel2 c> les sujets de t\s les actes sembl5t tre seulem5t ent5dus s\s une raison corporelle1 ou s\s une raison de matire1 comme il a lui-mme montr un peu aprs p> l'exemple de la cire1 laquelle1 quoique sa c\leur1 sa duret1 sa figure1 et t\s ses autres actes soi5t *angs1 e/ t\j\rs conue tre la mme *ose1 c'e/--dire la mme matire sujette t\s ces *angem5ts4 ,or ce n'e/ pas p> une autre p5se que j'infre que je p5se3 c> encore que quelqu'un puisse p5s] qu'il a p5s1 laquelle p5se n'e/ ri5 autre *ose qu'un s\v5ir1 nanmo9s il e/ t\t--fait impossible de p5s] qu'on p5se1 ni de savoir qu'on sait3 c> ce s]ait une int]rogation qui ne f9iroit jamais1 d'o savez-v\s que v\s savez que v\s savez que v\s savez1 etc48 ,et p>tant1 puisque la connoissance de cette proposition1 j'exi/e1 dp5d de la connoissance de celle-ci1 je p5se1 et la connoissance de1 celle-ci de ce que n\s ne p\vons sp>] la p5se d'une matire qui p5se1 il semble qu'on doit plutt infr] qu'une *ose qui p5se e/ matrielle qu'immatrielle4 ,r,,ponse ,o j'ai dit1 c'e/--dire un esprit1 une me1 un ent5dem5t1 une raison1 etc41 je n'ai po9t ent5du p> ces noms les seules facults1 mais les *oses d\es de la facult de p5s]1 comme2 p> les deux premi]s on a c\tume d'ent5dre2 et assez s\v5t aussi p> les deux d]ni]s3 ce que j'ai si s\v5t expliqu1 et en t]mes si exprs1 que je ne vois pas qu'il y ait eu lieu d'en d\t]4 ,et il n'y a po9t ici de rapport ou de conv5ance entre la prom5ade et la p5se1 p>ce que la prom5ade n'e/ jamais prise autrem5t que p\r l'action mme2 mais la p5se se pr5d quelquefois p\r l'action1 quelquefois p\r la facult1 et quelquefois p\r la *ose en laquelle rside cette facult4 ,et je ne dis pas que l'intellection et la *ose qui ent5d soi5t une mme *ose1 non pas mme la *ose qui ent5d et l'ent5dem5t1 si l'ent5dem5t e/ pris p\r une facult1 mais seulem5t lorsqu'il e/ pris p\r la *ose mme qui ent5d4 ,or j'av\e fran*em5t que p\r signifi] une *ose ou une sub/ance1 laquelle je v\lois dp\ill] de t\tes les *oses qui ne lui app>ti5n5t po9t1 je me suis s]vi de t5ues autant simples et ab/raits que j'ai pu1 comme au contraire ce philosophe1 p\r signifi] la mme sub/ance1 en emploie d'autres =t concrets et composs1 savoir ceux de sujet1 de matire et de corps1 af9 d'emp*] autant qu'il peut qu'on ne puisse sp>] la p5se d'avec le corps4 ,et je ne cra9s pas que la faon dont il se s]t1 qui e/ de jo9dre a9si plusieurs *oses ensemble1 soit tr\ve plus propre p\r p>v5ir la connoissance de la vrit3 qu'e/ la mi5ne1 p> laquelle je di/+ue autant que je puis *aque *ose4 ,mais ne n\s arrtons pas davantage aux p>oles1 v5ons la *ose dont il e/ "q4 ,il se peut faire1 dit-il1 qu'une *ose qui p5se soit quelque *ose de corporel1 dont le contraire e/ pris ou avanc et n'e/ pas pr\v4 ,tant s'en faut1 je n'ai po9t avanc le contraire et ne m'en suis en faon quelconque s]vi p\r fondem5t1 mais je l'ai laiss entirem5t indt]m9 jusqu' la sixime ,mditation1 dans laquelle il e/ pr\v4 ,eu aprs il dit =t bi5 que n\s ne p\vons concevoir aucun acte sans son sujet1 comme la p5se sans une *ose qui p5se1 p>ce que la *ose qui p5se n'e/ pas un ri52 mais c'e/ sans aucune raison et contre t\te bonne logique1 et mme contre la faon ord9aire de p>l]1 qu'il aj\te que de l il semble suivre qu'une *ose qui p5se e/ quelque *ose de corporel2 c> les sujets de t\s les actes sont bi5 la vrit ent5dus comme tant des sub/ances1 ou si v\s v\lez comme des matires1 savoir des matires mtaphysiques2 mais non pas p\r cela comme des corps4 ,au contraire1 t\s les logici5s1 et presque t\t le monde avec eux1 ont c\tume de dire qu'entre les sub/ances les unes sont spirituelles et les autres corporelles4 ,et je n'ai pr\v autre *ose p> l'exemple de la cire1 s9on que la c\leur1 la duret1 la figure1 etc41 n'app>ti5n5t po9t la raison =melle de la cire1 c'e/--dire qu'on peut concevoir t\t ce qui se tr\ve ncessairem5t dans la cire sans avoir beso9 p\r cela de p5s] elles3 je n'ai po9t aussi p>l en ce lieu-l de la raison =melle de l'esprit1 ni mme de celle du corps4 ,et il ne s]t de ri5 de dire1 comme fait ici ce philosophe1 qu'une p5se ne peut pas tre le sujet d'une autre p5se4 ,c> qui a jamais fe9t cela que lui8 ,mais je t*]ai ici d'expliqu] en peu de p>oles t\t le sujet dont e/ "q4 ,il e/ c]ta9 que la p5se ne peut pas tre sans une *ose qui p5se1 et en gnral aucun accid5t ou aucun acte ne peut tre sans une sub/ance de laquelle il soit l'acte4 ,mais d'autant que n\s ne connoissons pas la sub/ance immdiatem5t p> elle-mme1 mais seulem5t p>ce qu'elle e/ le sujet de quelques actes1 il e/ =t conv5able la raison1 et l'usage mme le requi]t1 que n\s appelions de div]s noms ces sub/ances que n\s connoissons tre les sujets de plusieurs actes ou accid5ts entirem5t diffr5ts1 et qu'aprs cela n\s exam9ions si ces div]s noms signifi5t des *oses diffr5tes ou une seule et mme *ose4 ,or il y a c]ta9s actes que n\s appelons corporels1 comme la gr&eur1 la figure1 le m\vem5t1 et t\tes les autres *oses qui ne peuv5t tre conues sans une ext5sion locale2 et n\s appelons du nom de corps la sub/ance en laquelle ils rsid5t2 et on ne peut pas fe9dre que ce soit une autre sub/ance qui soit le sujet de la figure1 une autre qui soit le sujet du m\vem5t local1 etc41 p>ce que t\s ces actes convi5n5t entre eux1 en ce qu'ils prsuppos5t l't5due4 ,en aprs il y a d'autres actes que n\s appelons intellectuels1 comme ent5dre1 v\loir1 imag9]1 s5tir1 etc41 t\s lesquels convi5n5t entre eux en ce qu'ils ne peuv5t tre sans p5se1 ou p]ception1 ou consci5ce et connoissance2 et la sub/ance en laquelle ils rsid5t1 n\s la nommons une *ose qui p5se1 ou un esprit1 ou de tel autre nom qu'il n\s plat1 p\rvu que n\s ne la confondions po9t avec la sub/ance corporelle1 d'autant que les actes intellectuels n'ont aucune aff9it avec les actes corporels1 et que la p5se1 qui e/ la raison commune en laquelle ils convi5n5t1 diffre totalem5t de l'ext5sion1 qui e/ la raison commune des autres4 ,mais aprs que n\s avons =m deux concepts clairs et di/9cts de ces deux sub/ances1 il e/ ais de connotre1 p> ce qui a t dit en la sixime ,mditation1 si elles ne sont qu'une mme *ose1 ou si elles en sont deux diffr5tes4 ,,objection ,i,i,ie ,,sur ,,la ,,seconde ,m,,ditation4 #a ,qu'y a-t-il donc qui soit di/+u de ma p5se8 ,qu'y a-t-il que l'on puisse dire tre sp> de moi-mme8 ,note #eg3 ,voyez ,mditation ,,ii4 ,quelqu'un rpondra peut-tre cette "q3 ,je suis di/+u de ma p5se moi-mme qui p5se2 et quoiqu'elle ne soit pas la vrit sp>e de moi-mme1 elle e/ nanmo9s diffr5te de moi3 de la mme faon que la prom5ade1 comme il a t dit ci-dessus1 e/ di/+ue de celui qui se promne4 ,que si ,m4 ,desc>tes montre que celui qui ent5d et l'ent5dem5t sont une mme *ose1 n\s tomb]ons dans cette faon de p>l] scola/ique1 l'ent5dem5t ent5d1 la vue voit1 la volont veut2 et1 p> une ju/e analogie1 on p\rra dire que la prom5ade1 ou du mo9s la facult de se prom5]1 se promne3 t\tes lesquelles *oses sont obscures1 impropres1 et =t loignes de la nettet ord9aire de ,m4 ,desc>tes4 ,r,,ponse4 ,je ne nie pas que moi1 qui p5se1 ne sois di/+u de ma p5se1 comme une *ose l'e/ de son mode2 mais o je dem&e1 qu'y a-t-il donc qui soit di/+u de ma p5se8 j'ent5ds cela des div]ses faons de p5s] qui sont l nonces1 et non pas de ma sub/ance2 et o j'aj\te1 qu'y a-t-il que l'on puisse dire tre sp> de moi-mme8 je veux dire seulem5t que t\tes ces manires de p5s] qui sont en moi ne peuv5t avoir aucune exi/5ce hors de moi2 et je ne vois pas qu'il y ait en cela aucun lieu de d\t]1 ni p\rquoi l'on me blme ici d'obscurit4 ,,objection ,i,ve4 ,,sur ,,la ,,seconde ,m,,ditation4 #a ,il faut donc que je demeure d'accord que je ne saurois pas mme compr5dre p> mon imag9ation ce que c'e/ que ce morceau de cire1 et qu'il n'y a que mon ent5dem5t seul qui le compr5ne4 ,note #eh3 ,voyez ,mditation ,,ii4 ,il y a gr&e diffr5ce entre imag9]1 c'e/--dire avoir quelque ide1 et concevoir de l'ent5dem5t1 c'e/--dire conclure en raisonnant que quelque *ose e/ ou exi/e2 mais ,m4 ,desc>tes ne n\s a pas expliqu en quoi ils diffr5t4 ,les anci5s pripattici5s ont aussi enseign assez clairem5t que la sub/ance ne s'ap]oit po9t p> les sons1 mais qu'elle se conoit p> la raison4 ,que dirons-n\s ma9t5ant si peut-tre le raisonnem5t n'e/ ri5 autre *ose qu'un assemblage et un en*anem5t de noms p> ce mot e/8 ,d'o il s'ensuivroit que p> la raison n\s ne concluons ri5 du t\t t\*ant la nature des *oses1 mais seulem5t t\*ant leurs appellations1 c'e/--dire que p> elle n\s voyons simplem5t si n\s assemblons bi5 ou mal les noms des *oses1 selon les conv5tions que n\s avons faites notre fantaisie t\*ant leurs significations4 ,si cela e/ a9si1 comme il peut tre1 le raisonnem5t dp5dra des noms1 les noms de l'imag9ation1 et l'imag9ation peut-tre1 et ceci selon mon s5tim5t1 du m\vem5t des organes corporels1 et a9si l'esprit ne s]a ri5 autre *ose qu'un m\vem5t en c]ta9es p>ties du corps organique4 ,r,,ponse4 ,j'ai expliqu1 dans la seconde ,mditation1 la diffr5ce qui e/ entre l'imag9ation et le pur concept de l'ent5dem5t ou de l'esprit1 lorsqu'en l'exemple de la cire j'ai fait voir quelles sont les *oses que n\s imag9ons en elle1 et quelles sont celles que n\s concevons p> le seul ent5dem5t2 mais j'ai encore expliqu ailleurs comm5t n\s ent5dons autrem5t une *ose que n\s ne l'imag9ons1 en ce que p\r imag9]1 p> exemple1 un p5tagone1 il e/ beso9 d'une p>ticulire cont5tion d'esprit qui n\s r5de cette figure1 c'e/--dire ses c9q cts et l'espace qu'ils r5f]m5t1 comme prs5te1 de laquelle n\s ne n\s s]vons po9t p\r concevoir4 ,or l'assemblage qui se fait dans le raisonnem5t n'e/ pas celui des noms1 mais bi5 celui des *oses signifies p> les noms2 et je m'tonne que le contraire puisse v5ir en l'esprit de p]sonne4 ,c> qui d\te qu'un ,franois et qu'un ,allem& ne puiss5t avoir les mmes p5ses ou raisonnem5ts t\*ant les mmes *oses1 quoique nanmo9s ils conoiv5t des mots entirem5t diffr5ts8 ,et ce philosophe ne se condamne-t-il pas lui-mme1 lorsqu'il p>le des conv5tions que n\s avons faites notre fantaisie t\*ant la signification des mots8 ,c> s'il admet que quelque *ose e/ signifie p> les p>oles1 p\rquoi ne veut-il pas que nos disc\rs et raisonnem5ts soi5t plutt de la *ose qui e/ signifie que des p>oles seules8 ,et c]tes de la mme faon et avec une aussi ju/e raison qu'il conclut que l'esprit e/ un m\vem5t1 il p\rroit aussi conclure que la t]re e/ le ciel1 ou telle autre *ose qu'il lui plaira2 p\rce qu'il n'y a po9t de *oses au monde entre lesquelles il n'y ait autant de conv5ance qu'il y a entre le m\vem5t et l'esprit1 qui sont de deux g5res entirem5t diffr5ts4 ,,objection ,ve4 ,,sur ,,la ,,troisi,,me ,m,,ditation4 ,,de ,,dieu #a,quelques unes d'entre elles 7 savoir d'entre les p5ses des hommes7 sont comme les images des *oses auxquelles seules convi5t proprem5t le nom d'ide1 comme lorsque je p5se un homme1 une *imre1 au ciel1 un ange1 ou ,dieu4 ,note #ei3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,lorsque je p5se un homme1 je me reprs5te une ide ou une image compose de c\leur et de figure1 de laquelle je puis d\t] si elle a la ressemblance d'un homme ou si elle ne l'a pas4 ,il en e/ de mme lorsque je p5se au ciel4 ,lorsque je p5se une *imre1 je me reprs5te une ide ou une image1 de laquelle je puis d\t] si elle e/ le portrait de quelque animal qui n'exi/e po9t1 mais qui puisse tre1 ou qui ait t autrefois1 ou bi5 qui n'ait jamais t4 ,et lorsque quelqu'un p5se un ange1 quelquefois l'image d'une flamme se prs5te son esprit1 et quelquefois celle d'un jeune enfant qui a des ailes1 de laquelle je p5se p\voir dire avec c]titude qu'elle n'a po9t la ressemblance d'un ange1 et p>tant qu'elle n'e/ po9t l'ide d'un ange2 mais1 croyant qu'il y a des cratures invisibles et immatrielles qui sont les m9i/res de ,dieu1 n\s donnons une *ose que n\s croyons ou supposons le nom d'ange1 quoique nanmo9s l'ide s\s laquelle j'imag9e un ange soit compose des ides des *oses visibles4 ,il en e/ de mme du nom vnrable de ,dieu1 de qui n\s n'avons aucune image ou ide2 c'e/ p\rquoi on n\s df5d de l'ador] s\s une image1 de peur qu'il ne n\s semble que n\s concevions celui qui e/ inconcevable4 ,n\s n'avons donc po9t en n\s ce semble aucune ide de ,dieu2 mais t\t a9si qu'un aveugle-n qui s'e/ plusieurs fois appro* du feu1 et qui en a s5ti la *aleur1 reconnot qu'il y a quelque *ose p> quoi il a t *auff1 et1 ent5dant dire que cela s'appelle du feu1 conclut qu'il y a du feu1 et nanmo9s n'en connot pas la figure ni la c\leur1 et n'a1 vrai dire1 aucune ide ou image du feu qui se prs5te son esprit4 ,de mme1 l'homme1 voyant qu'il doit y avoir quelque cause de ses images ou de ses ides1 et de cette cause une autre premire1 et a9si de suite1 e/ enf9 conduit une f9 ou une supposition de quelque cause t]nelle1 qui1 p\rce qu'elle n'a jamais comm5c d'tre1 ne peut avoir de cause qui la prcde1 ce qui fait qu'il conclut ncessairem5t qu'il y a un tre t]nel qui exi/e2 et nanmo9s il n'a po9t d'ide qu'il puisse dire tre celle de cet tre t]nel1 mais il nomme ou appelle du nom de ,dieu cette *ose que la foi ou sa raison lui p]suade4 ,ma9t5ant1 d'autant que de cette supposition1 savoir que n\s avons en n\s l'ide de ,dieu1 ,m4 ,desc>tes vi5t la preuve de cette proposition1 que ,dieu 7c'e/--dire un tre t\t-puissant1 trs sage1 crateur de l'univ]s1 etc47 exi/e1 il a d mieux expliqu] cette ide de ,dieu1 et de l en conclure non seulem5t son exi/5ce1 mais aussi la cration du monde4 ,r,,ponse4 ,p> le nom d'ide1 il veut seulem5t qu'on ent5de ici les images des *oses matrielles dpe9tes en la fantaisie corporelle2 et cela tant suppos1 il lui e/ ais de montr] qu'on ne peut avoir aucune propre et vritable ide de ,dieu ni d'un ange3 mais j'ai s\v5t av]ti1 et pr9cipalem5t en ce lieu-l mme1 que je pr5ds le nom d'ide p\r t\t ce qui e/ conu immdiatem5t p> l'esprit2 en sorte que1 lorsque je veux et que je cra9s1 p>ce que je conois en mme temps que je veux et que je cra9s1 ce v\loir et cette cra9te sont mis p> moi au nombre des ides2 et je me suis s]vi de ce mot1 p>ce qu'il toit dj communm5t reu p> les philosophes p\r signifi] les =mes des conceptions de l'ent5dem5t div91 encore que n\s ne reconnoissions en ,dieu aucune fantaisie ou imag9ation corporelle1 et je n'en savois po9t de plus propre4 ,et je p5se avoir assez expliqu l'ide de ,dieu p\r ceux qui veul5t concevoir le s5s que je donne mes p>oles2 mais p\r ceux qui s'atta*5t les ent5dre autrem5t que je ne fais1 je ne le p\rrois jamais assez4 ,enf91 ce qu'il aj\te ici de la cration du monde e/ t\t--fait hors de propos3 c> j'ai pr\v que ,dieu exi/e avant que d'exam9] s'il y avoit un monde cr p> lui1 et de cela seul que ,dieu1 c'e/--dire un tre s\v]a9em5t puissant exi/e1 il suit que1 s'il y a un monde1 il doit avoir t cr p> lui4 ,,objection ,v,ie4 ,,sur ,,la ,,troisi,,me ,m,,ditation #a,mais il y en a d'autres 7 savoir d'autres p5ses7 qui conti5n5t de plus d'autres =mes3 p> exemple1 lorsque je veux1 que je cra9s1 que j'affirme1 que je nie1 je conois bi5 la vrit t\j\rs quelque *ose comme le sujet de l'action de mon esprit1 mais j'aj\te aussi quelque autre *ose p> cette action l'ide que j'ai de cette *ose-l2 et de ce g5re de p5ses1 les unes sont appeles volonts ou affections1 et les autres jugem5ts4 ,note #fj3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,lorsque quelqu'un veut ou cra9t1 il a bi5 la vrit l'image de la *ose qu'il cra9t et de l'action qu'il veut2 mais qu'e/-ce que celui qui veut ou qui cra9t embrasse de plus p> sa p5se1 cela n'e/ pas ici expliqu4 ,et1 quoique le bi5 pr5dre la cra9te soit une p5se1 je ne vois pas comm5t elle peut tre autre que la p5se ou l'ide de la *ose que l'on cra9t4 ,c> qu'e/-ce autre *ose que la cra9te d'un lion qui s'avance v]s n\s1 s9on l'ide de ce lion1 et l'effet1 qu'une telle ide eng5dre dans le coeur1 p> lequel celui qui cra9t e/ port ce m\vem5t animal que n\s appelons fuite4 ,ma9t5ant ce m\vem5t de fuite n'e/ pas une p5se2 et p>tant il re/e que dans ta cra9te il n'y a po9t d'autre p5se que celle qui consi/e en la ressemblance de la *ose que l'on cra9t3 le mme se peut dire aussi de la volont4 ,de plus l'affirmation et la ngation ne se font po9t sans p>ole et sans noms1 d'o vi5t que les btes ne peuv5t ri5 affirm] ni ni]1 non pas mme p> la p5se1 et p>tant ne peuv5t aussi faire aucun jugem5t2 et nanmo9s la p5se peut tre semblable dans un homme et dans une bte4 ,c>1 qu& n\s affirmons qu'un homme c\rt1 n\s n'avons po9t d'autre p5se que celle qu'a un *i5 qui voit c\rir son matre1 et p>tant l'affirmation et la ngation n'aj\t5t ri5 aux simples p5ses1 si ce n'e/ peut-tre la p5se que les noms dont l'affirmation e/ compose sont les noms de la *ose mme qui e/ en l'esprit de celui qui affirme2 et cela n'e/ ri5 autre *ose que compr5dre p> la p5se la ressemblance de la *ose1 mais cette ressemblance deux fois4 ,r,,ponse4 ,il e/ de soi trs vid5t que c'e/ autre *ose de voir un lion et ensemble de le cra9dre1 que de le voir seulem5t2 et t\t de mme que c'e/ autre *ose de voir un homme qui c\rt1 que d'assur] qu'on le voit4 ,et je ne rem>que ri5 ici qui ait beso9 de rponse ou d'explication4 ,,objection ,v,i,ie4 ,,sur ,,la ,,troisi,,me ,m,,ditation4 #a;,il me re/e seulem5t exam9] de quelle faon j'ai acquis cette ide1 c> je ne l'ai po9t reue p> les s5s1 et jamais elle ne s'e/ (f]te moi contre mon att5te1 comme font d'ord9aire les ides des *oses s5sibles1 lorsque ces *oses se prs5t5t aux organes extrieurs de mes s5s1 ou qu'elles sembl5t s'y prs5t]4 ,elle n'e/ pas aussi une pure production ou fiction de mon esprit1 c> il n'e/ pas en mon p\voir d'y dim9u] ni d'y aj\t] aucune *ose2 et p>tant il ne re/e plus autre *ose dire1 s9on que1 comme l'ide de moi-mme1 elle e/ ne et produite avec moi ds lors que j'ai t cr4 ,note #fa3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,s'il n'y a po9t d'ide de ,dieu 7or on ne pr\ve po9t qu'il y en ait71 comme il semble qu'il n'y en a po9t1 t\te cette re*]*e e/ inutile4 ,de plus1 l'ide de moi-mme me vi5t1 si on reg>de le corps1 pr9cipalem5t de la vue2 si l'me1 n\s n'en avons aucune ide3 mais la raison n\s fait conclure qu'il y a quelque *ose de r5f]m dans le corps huma9 qui lui donne le m\vem5t animal1 qui fait qu'il s5t et se meut2 et cela1 quoi que ce soit1 sans aucune ide1 n\s l'appelons me4 ,r,,ponse4 ,s'il y a une ide de ,dieu 7comme il e/ manife/e qu'il y en a une71 t\te cette objection e/ r5v]se2 et lorsqu'on aj\te que n\s n'avons po9t d'ide de l'me1 mais qu'elle se conoit p> la raison1 c'e/ de mme que si on disoit qu'on n'en a po9t d'image dpe9te en la fantaisie1 mais qu'on en a nanmo9s cette notion que jusqu'ici j'ai appele du nom d'ide4 ,,objection ,v,i,i,ie4 ,,sur ,,la ,,troisi,,me ,m,,ditation4 #a,mais l'autre ide du soleil e/ prise des raisons de l'a/ronomie1 c'e/--dire de c]ta9es notions qui sont naturellem5t en moi4 ,note #fb3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,il semble qu'il ne puisse y avoir en mme temps qu'une ide du soleil1 soit qu'il soit vu p> les yeux1 soit qu'il soit conu p> le raisonnem5t tre plusieurs fois plus gr& qu'il ne p>ot la vue2 c> cette d]nire n'e/ pas l'ide du soleil1 mais une consqu5ce de notre raisonnem5t1 qui n\s appr5d que l'ide du soleil s]oit plusieurs fois plus gr&e s'il toit reg>d de beauc\p plus prs4 ,il e/ vrai qu'en div]s temps il peut y avoir div]ses ides du soleil1 comme si en un temps il e/ reg>d seulem5t avec les yeux1 et en un autre avec une lunette d'appro*e2 mais les raisons de l'a/ronomie ne r5d5t po9t l'ide du soleil plus gr&e on plus petite1 seulem5t elles n\s enseign5t que l'ide s5sible du soleil e/ trompeuse4 ,r,,ponse ,je rponds d]e*ef que ce qui e/ dit ici n'tre po9t l'ide du soleil1 et qui nanmo9s e/ dcrit1 c'e/ cela mme que j'appelle du nom d'ide4 ,et p5dant que ce philosophe ne veut pas conv5ir avec moi de la signification des mots1 il ne me peut ri5 object] qui ne soit frivole4 ,,objection ,i,xe4 ,,sur ,,la ,,troisi,,me ,m,,ditation4 #a;,c>1 en effet1 les ides qui me reprs5t5t des sub/ances sont sans d\te quelque *ose de plus et ont p\r a9si dire plus de ralit objective que celles qui me reprs5t5t seulem5t des modes ou accid5ts4 ,comme aussi celle p> laquelle je conois un ,dieu s\v]a91 t]nel1 inf9i1 t\t-connoissant1 t\t-puissant1 et crateur univ]sel de t\tes les *oses qui sont hors de lui1 a aussi sans d\te en soi plus de ralit objective que celles p> qui les sub/ances f9ies me sont reprs5tes4 ,note #fc3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,j'ai dj plusieurs fois rem>qu ci-devant que n\s n'avons aucune ide de ,dieu ni de l'me2 j'aj\te ma9t5ant ni de la sub/ance3 c> j'av\e bi5 que la sub/ance1 en tant qu'elle e/ une matire capable de recevoir div]s accid5ts1 et qui e/ sujette leurs *angem5ts1 e/ ap]ue et pr\ve p> le raisonnem5t2 mais nanmo9s elle n'e/ po9t conue1 ou n\s n'en avons aucune ide4 ,si cela e/ vrai1 comm5t peut-on dire que les ides qui n\s reprs5t5t des sub/ances sont quelque *ose de plus et ont plus de ralit objective que celles qui n\s reprs5t5t des accid5ts8 ,de plus1 il semble que ,m4 ,desc>tes n'ait pas assez considr ce qu'il veut dire p> ces mots1 ont plus de ralit4 ,la ralit reoit-elle le plus et le mo9s8 ,ou1 s'il p5se qu'une *ose soit plus *ose qu'une autre1 qu'il considre comm5t il e/ possible que cela puisse tre r5du clair l'esprit1 et expliqu avec t\te la cl>t et l'vid5ce qui e/ requise en une dmon/ration1 et avec laquelle il a plusieurs fois trait d'autres matires4 ,r,,ponse4 ,j'ai plusieurs fois dit que j'appelois du nom d'ide cela mme que la raison n\s fait connotre1 comme aussi t\tes les autres *oses que n\s concevons1 de quelque faon que n\s les concevions4 ,et j'ai suffisamm5t expliqu comm5t la ralit reoit le plus et le mo9s1 en disant que la sub/ance e/ quelque *ose de plus que le mode1 et que s'il y a des qualits relles ou des sub/ances incompltes1 elles sont aussi quelque *ose de plus que les modes1 mais quelque *ose de mo9s que les sub/ances compltes2 et enf9 que s'il y a une sub/ance inf9ie et indp5dante1 cette sub/ance a plus d'tre ou plus de ralit que la sub/ance f9ie et dp5dante3 ce qui e/ le soi si manife/e qu'il n'e/ pas beso9 d'y apport] une plus ample explication4 ,,objection ,xe4 ,,sur ,,la ,,troisi,,me ,m,,ditation4 #a,p>tant1 il ne re/e que la seule ide de ,dieu1 dans laquelle il faut considr] s'il y a quelque *ose qui n'ait pu v5ir de moi-mme4 ,p> le nom de ,dieu1 j'ent5ds une sub/ance inf9ie1 indp5dante1 s\v]a9em5t intellig5te1 s\v]a9em5t puissante1 et p> laquelle non seulem5t moi1 mais t\tes les autres *oses qui sont 7s'il y en a d'autres qui exi/5t7 ont t cres3 t\tes lesquelles *oses1 dire le vrai1 sont telles1 que plus j'y p5se1 et mo9s me sembl5t-elles p\voir v5ir de moi seul4 ,et p> consqu5t il faut conclure de t\t ce qui a t dit ci-devant1 que ,dieu exi/e ncessairem5t4 ,note #fd3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,considrant les attributs de ,dieu1 af9 que de l n\s en ayons l'ide1 et que n\s voyions s'il y a quelque *ose en elle qui n'ait pu v5ir de n\s-mmes1 je tr\ve1 si je ne me trompe1 que ni les *oses que n\s concevons p> le nom de ,dieu ne vi5n5t po9t de n\s1 ni qu'il n'e/ pas ncessaire qu'elles vi5n5t d'ailleurs que des objets extrieurs4 ,c>1 p> le nom de ,dieu1 j'ent5ds une sub/ance1 c'e/--dire j'ent5ds que ,dieu exi/e 7non po9t p> une ide1 mais p> raisonnem5t73 inf9ie1 c'e/--dire que je ne puis concevoir ni imag9] ses t]mes ou ses d]nires p>ties1 que je n'en puisse encore imag9] d'autres au-del2 d'o il suit que le nom d'inf9i ne n\s f\rnit pas l'ide de l'inf9it div9e1 mais bi5 celle de mes propres t]mes et limites3 indp5dante1 c'e/--dire je ne conois po9t de cause de laquelle ,dieu puisse v5ir2 d'o il p>ot que je n'ai po9t d'autre ide qui rponde ce nom d'indp5dant1 s9on la mmoire de mes propres ides1 qui ont t\tes leur comm5cem5t en div]s temps1 et qui p> consqu5t sont dp5dantes4 ,c'e/ p\rquoi1 dire que ,dieu e/ indp5dant1 ce n'e/ ri5 dire autre *ose1 s9on que ,dieu e/ du nombre des *oses dont je ne puis imag9] l'orig9e2 t\t a9si que dire que ,dieu e/ inf9i1 c'e/ de-mme que si n\s disions qu'il e/ du nombre des *oses dont n\s ne concevons po9t les limites4 ,et a9si t\te cette ide de ,dieu e/ rfute2 c> quelle e/ cette ide qui e/ sans f9 et sans orig9e8 ,s\v]a9em5t intellig5te4 ,je dem&e aussi p> quelle ide ,m4 ,desc>tes conoit l'intellection de ,dieu4 ,s\v]a9em5t puissante4 ,je dem&e aussi p> quelle ide sa puissance1 qui reg>de les *oses futures1 c'e/--dire non exi/antes1 e/ ent5due4 ,c]tes1 p\r moi1 je conois la puissance p> l'image ou la mmoire des *oses passes1 en raisonnant de cette sorte3 ,il a fait a9si1 donc il a pu faire a9si2 donc1 tant qu'il s]a1 il p\rra encore1 faire a9si1 c'e/--dire il en a la puissance4 ,or t\tes ces *oses sont des ides qui peuv5t v5ir des objets extrieurs4 ,crateur de t\tes les *oses qui sont au monde4 ,je puis =m] quelque image de la cration p> le moy5 des *oses que j'ai vues1 p> exemple de ce que j'ai vu un homme naissant1 et qui e/ p>v5u1 d'une petitesse presque inconcevable1 la =me et la gr&eur qu'il a ma9t5ant2 et p]sonne mon avis n'a d'autre ide ce nom de crateur mais il ne sufft pas1 p\r pr\v] la cration du monde1 que n\s puissions imag9] le monde cr4 ,c'e/ p\rquoi1 encore qu'on et dmontr qu'un tre inf9i1 indp5dant1 t\t-puissant1 etc41 exi/e1 il ne s'ensuit pas nanmo9s qu'un crateur exi/e1 si ce n'e/ que quelqu'un p5se qu'on infre =t bi5 de ce qu'un c]ta9 tre exi/e1 lequel n\s croyons avoir cr t\tes les autres *oses1 que p\r cela le monde a autrefois t cr p> lui4 ,de plus1 o ,m4 ,desc>tes dit que l'ide de ,dieu et de notre me e/ ne et rsidante en n\s1 je v\drais bi5 savoir si les mes de ceux-l p5s5t qui dorm5t pr(ondm5t et sans aucune rv]ie3 si elles ne p5s5t po9t1 elles n'ont alors aucunes ides2 et p>tant il n'y a po9t d'ide qui soit ne et rsidante en n\s1 c> ce qui e/ n et rsidant en n\s e/ t\j\rs prs5t notre p5se4 ,r,,ponse4 ,aucune *ose de celles que n\s attribuons ,dieu ne peut v5ir des objets extrieurs comme d'une cause exemplaire3 c> il n'y a ri5 en ,dieu de semblable aux *oses extrieures1 c'e/--dire aux *oses corporelles4 ,or il e/ manife/e que t\t ce que n\s concevons tre en ,dieu de dissemblable aux *oses extrieures ne peut v5ir en notre p5se p> l'entremise de ces mmes *oses1 mais seulem5t p> celle de la cause de cette div]sit1 c'e/--dire de ,dieu4 ,et je dem&e ici de quelle faon ce philosophe tire l'intellection de ,dieu des *oses extrieures3 c> p\r moi j'explique aism5t quelle e/ l'ide que j'en ai1 en disant que p> le mot d'ide j'ent5ds la =me de t\te p]ception2 c> qui e/ celui qui conoit quelque *ose qui ne s'en ap]oive1 et p>tant qui n'ait cette =me ou cette ide de l'intellection1 laquelle v5ant t5dre l'inf9i il =me l'ide de l'intellection div9e8 ,et ce que je dis de cette p]fection se doit ent5dre de mme de t\tes les autres4 ,mais1 d'autant que je me suis s]vi de l'ide de ,dieu qui e/ en n\s p\r dmontr] son exi/5ce1 et que dans cette ide une puissance si imm5se e/ cont5ue que n\s concevons qu'il rpugne1 s'il e/ vrai que ,dieu exi/e1 que quelque autre *ose que lui exi/e si elle n'a t cre p> lui1 il suit clairem5t de ce que son exi/5ce a t dmontre qu'il a t aussi dmontr que t\t ce monde1 c'e/--dire t\tes les autres *oses diffr5tes de ,dieu qui exi/5t1 ont t cres p> lui4 ,enf91 lorsque je dis que quelque ide e/ ne avec n\s1 ou qu'elle e/ naturellem5t empre9te en nos mes1 je n'ent5ds pas qu'elle se prs5te t\j\rs notre p5se1 c> a9si il n'y en auroit aucune2 mais j'ent5ds seulem5t que n\s avons en n\s-mmes la facult de la produire4 ,,objection ,x,ie4 ,,sur ,,la ,,troisi,,me ,m,,ditation4 #a;,et t\te la =ce de l'argum5t dont je me suis s]vi p\r pr\v] l'exi/5ce de ,dieu consi/e en ce que je vois qu'il ne s]oit pas possible que ma nature ft telle qu'elle e/1 c'e/--dire que j'eusse en moi l'ide de ,dieu1 si ,dieu n'exi/oit vritablem5t1 savoir ce mme ,dieu dont j'ai en moi l'ide4 ,note #fe3 ,voyez ,mditation ,,iii4 ,donc1 puisque ce n'e/ pas une *ose dmontre que n\s ayons en n\s l'ide de ,dieu1 et que la religion *rti5ne n\s oblige de croire que ,dieu e/ inconcevable1 c'e/--dire1 selon mon op9ion1 qu'on n'en peut avoir d'ide1 il s'ensuit que l'exi/5ce de ,dieu n'a po9t t dmontre1 et beauc\p mo9s la cration4 ,r,,ponse4 ,lorsque ,dieu e/ dit inconcevable1 cela s'ent5d d'une conception qui le compr5ne totalem5t et p>faitem5t4 ,au re/e1 j'ai dj tant de fois expliqu comm5t n\s avons en n\s l'ide de ,dieu1 que je ne le puis encore ici rpt] sans ennuy] les lecteurs4 ,,objection ,x,i,ie4 ,,sur ,,la ,,quatri,,me ,m,,ditation4 ,,du ,,vrai ,,et ,,du ,,faux4 #a;,et a9si je connois que l'erreur1 en tant que telle1 n'e/ pas quelque *ose de rel qui dp5de de ,dieu1 mais que c'e/ seulem5t un dfaut2 et p>tant que p\r faillir je n'ai pas beso9 de quelque facult qui m'ait t donne de ,dieu p>ticulirem5t p\r cet effet4 ,note #ff3 ,voyez ,mditation ,,iv4 ,il e/ c]ta9 que l'ignorance e/ seulem5t un dfaut1 et qu'il n'e/ pas beso9 d'aucune facult positive p\r ignor]2 mais1 quant l'erreur1 la *ose n'e/ pas si manife/e3 c> il semble que si les pi]res et les autres *oses inanimes ne peuv5t err]1 c'e/ seulem5t p>ce qu'elles n'ont pas la facult de raisonn] ni d'imag9]2 et p>tant il faut conclure que p\r err] il e/ beso9 d'un ent5dem5t1 ou du mo9s d'une imag9ation1 qui sont des facults t\tes deux positives1 accorde t\s ceux qui se tromp5t1 mais aussi eux seuls4 ,outre cela1 ,m4 ,desc>tes aj\te3 ,j'ap]ois que mes erreurs dp5d5t du conc\rs de deux causes1 savoir de la facult de connotre qui e/ en moi1 et de la facult d'lire ou bi5 de mon libre arbitre4 ,ce qui me semble avoir de la contradiction avec les *oses qui ont t dites aup>avant4 ,o il faut aussi rem>qu] que la lib]t du franc arbitre e/ suppose sans tre pr\ve1 quoique cette supposition soit contraire l'op9ion des calv9i/es4 ,r,,ponse4 ,encore que p\r faillir il soit beso9 de la facult de raisonn]1 ou p\r mieux dire de jug]1 c'e/--dire d'affirm] et de ni]1 d'autant que c'en e/ le dfaut1 il ne s'ensuit pas p\r cela que ce dfaut soit rel1 non plus que l'aveuglem5t n'e/ pas appel rel1 quoique les pi]res ne soi5t pas dites aveugles p\r cela seulem5t qu'elles ne sont pas capables de voir4 ,et je suis tonn de n'avoir encore pu r5contr] dans t\tes ces objections aucune consqu5ce qui me semblt tre bi5 dduite de ses pr9cipes4 ,je n'ai ri5 suppos ou avanc t\*ant la lib]t que ce que n\s ress5tons t\s les j\rs en n\s-mmes1 et qui e/ trs connu p> la lumire naturelle3 et je ne puis compr5dre p\rquoi il e/ dit ici que cela rpugne ou a de la contradiction avec ce qui a t dit aup>avant4 ,mais encore que peut-tre il y en ait plusieurs qui1 lorsqu'ils considr5t la prord9ation de ,dieu1 ne peuv5t compr5dre comm5t notre lib]t peut subsi/] et s'accord] avec elle1 il n'y a nanmo9s p]sonne qui1 se reg>dant soi-mme1 ne ress5te et n'exprim5te que la volont et la lib]t ne sont qu'une mme *ose1 ou plutt qu'il n'y a po9t de diffr5ce entre ce qui e/ volontaire et ce qui e/ libre4 ,et ce n'e/ pas ici le lieu d'exam9] quelle e/ en cela l'op9ion des calv9i/es4 ,,objection ,x,i,i,ie4 ,,sur ,,la ,,quatri,,me ,m,,ditation4 #a ,p> exemple1 exam9ant ces j\rs passs si quelque *ose exi/oit vritablem5t dans le monde1 et pr5ant g>de que de cela seul que j'exam9ois cette "q il suivoit trs videmm5t que j'exi/ois moi-mme1 je ne p\vois pas m'emp*] de jug] qu'une *ose que je concevois si clairem5t toit vraie2 non que je m'y tr\vasse =c p> une cause extrieure1 mais seulem5t p>ce que d'une gr&e cl>t qui toit en mon ent5dem5t a suivi une gr&e incl9ation en ma volont1 et a9si je me suis port croire avec d'autant plus de lib]t que je me suis tr\v avec mo9s d'indiffr5ce4 ,note #fg3 ,voyez ,mditation ,,iv4 ,cette faon de p>l]1 une gr&e cl>t dans l'ent5dem5t1 e/ mtaphorique1 et p>tant n'e/ pas propre entr] dans un argum5t3 or celui qui n'a aucun d\te prt5d avoir une semblable cl>t1 et sa volont n'a pas une mo9dre incl9ation p\r affirm] ce dont il n'a aucun d\te que celui qui a une p>faite sci5ce4 ,cette cl>t peut donc bi5 tre la cause p\rquoi quelqu'un aura et df5dra avec op9itret quelque op9ion1 mais elle ne lui sauroit faire connotre avec c]titude qu'elle e/ vraie4 ,de plus1 non seulem5t savoir qu'une *ose e/ vraie1 mais aussi la croire ou lui donn] son aveu et cons5tem5t1 ce sont *oses qui ne dp5d5t po9t de la volont2 c> les *oses qui n\s sont pr\ves p> de bons argum5ts ou racontes comme croyables1 soit que n\s le v\lions ou non1 n\s sommes contra9ts de les croire4 ,il e/ bi5 vrai qu'affirm] ou ni]1 s\t5ir ou rfut] des propositions1 ce sont des actes de la volont2 mais il ne s'ensuit pas que le cons5tem5t et l'aveu intrieur dp5d5t de la volont4 ,et p>tant1 la conclusion qui suit n'e/ pas suffisamm5t dmontre3 ,et c'e/ dans ce mauvais usage de notre lib]t que consi/e cette privation qui con/itue la =me de l'erreur4 ,r,,ponse4 ,il importe peu que cette faon de p>l]1 une gr&e cl>t1 soit propre ou non entr] dans un argum5t1 p\rvu qu'elle soit propre p\r expliqu] nettem5t notre p5se1 comme elle l'e/ en effet4 ,c> il n'y a p]sonne qui ne sa*e que p> ce mot1 une cl>t dans l'ent5dem5t1 on ent5d une cl>t ou p]spicuit de connoissance1 que t\s ceux-l n'ont peut-tre pas qui p5s5t l'avoir2 mais cela n'emp*e pas qu'elle ne diffre beauc\p d'une op9ion ob/9e qui t conue sans une vid5te p]ception4 ,or1 qu& il e/ dit ici que1 soit que n\s v\lions ou que n\s ne v\lions pas1 n\s donnons notre crance aux *oses que n\s concevons clairem5t1 c'e/ de mme que si on disoit que1 soit que n\s v\lions ou que n\s ne v\lions pas1 n\s v\lons et dsirons les *oses bonnes qu& elles n\s sont clairem5t connues3 c> cette faon de p>l]1 soit que n\s ne v\lions pas1 n'a po9t de li5 en telles occasions1 p>ce qu'il y a de la contradiction v\loir et ne v\loir pas une mme *ose4 ,,objection ,x,i,ve4 ,,sur ,,la ,,c9qui,,me ,m,,ditation4 ,,de ,l',,ess5ce ,,des ,,*oses ,,corporelles4 #a;,comme1 p> exemple1 lorsque j'imag9e un triangle1 encore qu'il n'y ait peut-tre en aucun lieu du monde hors de ma p5se une telle figure1 et qu'il n'y en ait jamais eu1 il ne laisse pas nanmo9s d'y avoir une c]ta9e nature1 ou =me1 ou ess5ce dt]m9e de cette figure1 laquelle e/ immuable et t]nelle1 que je n'ai po9t inv5te1 et qui ne dp5d en aucune faon de mon esprit1 comme il p>ot de ce que l'on peut dmontr] div]ses proprits de ce triangle4 ,note #fh3 ,voyez ,mditation ,v4 ,s'il n'y a po9t de triangle en aucun lieu du monde1 je ne puis compr5dre comm5t il a une nature1 c> ce qui n'e/ nulle "p n'e/ po9t du t\t1 et n'a donc po9t aussi d'tre ou de nature4 ,l'ide que notre esprit conoit du triangle vi5t d'un autre triangle que n\s avons vu ou inv5t sur les *oses que n\s avons vues2 mais depuis qu'une fois n\s avons appel du nom de triangle la *ose d'o n\s p5sons que l'ide du triangle tire son orig9e1 encore que cette *ose prisse1 le nom demeure t\j\rs4 ,de mme1 si n\s avons une fois conu p> la p5se que t\s les angles d'un triangle pris ensemble sont gaux deux droits1 et que n\s ayons donn cet autre nom au triangle1 qu'il e/ une *ose qui a trois angles gaux deux droits1 qu& il n'y auroit au monde aucun triangle1 le nom nanmo9s ne laiss]oit pas de demeur]4 ,et a9si la vrit de cette proposition s]a t]nelle1 que le triangle e/ une *ose qui a trois angles gaux deux droits2 mais la nature du triangle ne s]a pas p\r cela t]nelle1 c> s'il arrivoit p> has>d que t\t triangle gnralem5t prit1 elle cess]oit aussi d'tre4 ,de mme cette proposition1 l'homme e/ un animal1 s]a vraie t]nellem5t cause des noms2 mais1 suppos que le g5re huma9 fut ananti1 il n'y auroit plus de nature huma9e4 ,d'o il e/ vid5t que l'ess5ce1 en tant qu'elle e/ di/+ue de l'exi/5ce1 n'e/ ri5 autre *ose qu'un assemblage de noms p> le v]be e/2 et p>tant l'ess5ce sans l'exi/5ce e/ une fiction de notre esprit3 et il semble que comme l'image d'un homme qui e/ dans l'esprit e/ cet homme1 a9si l'ess5ce e/ l'exi/5ce2 ou bi5 comme cette proposition1 ,socrate e/ homme1 e/ celle-ci1 ,socrate e/ ou exi/e1 a9si l'ess5ce de ,socrate e/ l'exi/5ce du mme ,socrate3 or ceci1 ,socrate e/ homme1 qu& ,socrate n'exi/e po9t1 ne signifie autre *ose qu'un assemblage de noms1 et ce mot e/ ou tre a s\s soi l'image de l'unit d'une *ose qui e/ dsigne p> deux noms4 ,r,,ponse ,la di/9ction qui e/ entre l'ess5ce et l'exi/5ce e/ connue de t\t le monde2 et ce qui e/ dit ici des noms t]nels1 au lieu des concepts ou des ides d'une t]nelle vrit1 a dj t ci-devant assez rfut et rejet4 ,,objection ,x,ve4 ,,sur ,,la ,,sixi,,me ,m,,ditation4 ,,de ,l',,exi/5ce ,,des ,,*oses ,,mat,,rielles4 #a;,c> ,dieu ne m'ayant donn aucune facult p\r connotre que cela soit 7 savoir que ,dieu1 p> lui-mme ou p> l'entremise de quelque crature plus noble que le corps1 m'envoie les ides du corps71 mais au contraire1 m'ayant donn une gr&e incl9ation croire qu'elles me sont envoyes ou qu'elles p>t5t des *oses corporelles1 je ne vois pas comm5t on p\rroit l'excus] de tromp]ie1 si en effet ces ides p>toi5t d'ailleurs ou m'toi5t envoyes p> d'autres causes que p> des *oses corporelles2 et p>tant il faut av\] qu'il y a des *oses corporelles qui exi/5t4 ,note #fi3 ,voyez ,mditation ,,vi4 ,c'e/ la commune op9ion que les mdec9s ne p*5t po9t qui doiv5t les malades p\r leur propre sant1 ni les pres qui tromp5t leurs enfants p\r leur propre bi52 et que le mal de la tromp]ie ne consi/e pas dans la fausset des p>oles1 mais dans la malice de celui qui trompe4 ,que ,m4 ,desc>tes pr5ne donc g>de si cette proposition1 ,dieu ne n\s peut jamais tromp]1 prise univ]sellem5t1 e/ vraie2 c> si elle n'e/ pas vraie1 a9si univ]sellem5t prise1 cette conclusion n'e/ pas bonne1 donc il y a des *oses corporelles qui exi/5t4 ,r,,ponse4 ,p\r la vrit de cette conclusion il n'e/ pas ncessaire que n\s ne puissions jamais tre tromps1 c> au contraire j'ai av\ fran*em5t que n\s le sommes s\v5t2 mais seulem5t que n\s ne le soyons po9t qu& notre erreur f]oit p>otre en ,dieu une volont de dcevoir1 laquelle ne peut tre en lui3 et il y a encore ici une consqu5ce qui ne me semble pas tre bi5 dduite de ses pr9cipes4 ,,objection ,x,v,ie4 ,,sur ,,la ,,sixi,,me ,m,,ditation4 #a;,c> je reconnois ma9t5ant qu'il y a entre l'une et l'autre 7savoir entre la veille et le sommeil7 une trs notable diffr5ce1 en ce que notre mmoire ne peut jamais li] et jo9dre nos songes les uns aux autres et avec t\te la suite de notre vie1 a9si qu'elle a de c\tume de jo9dre les *oses qui n\s arriv5t tant veills4 ,note #gj3 ,voyez ,mditation ,,vi4 ,je dem&e si c'e/ une *ose c]ta9e qu'une p]sonne1 songeant qu'elle d\te si elle songe ou non1 ne puisse song] que son songe e/ jo9t et li avec les ides d'une longue suite de *oses passes4 ,si elle le peut1 les *oses qui sembl5t a9si celui qui dort tre les actions de sa vie passe peuv5t tre t5ues p\r vraies1 t\t de mme que s'il toit veill4 ,de plus1 d'autant1 comme il dit lui-mme1 que t\te la c]titude de la sci5ce et t\te sa vrit dp5d de la seule connoissance du vrai ,dieu1 ou bi5 un a?e ne peut pas reconnotre qu'il veille p> la mmoire des actions de sa vie passe1 ou bi5 une p]sonne peut savoir qu'elle veille sans la connoissance du vrai ,dieu4 ,r,,ponse4 ,celui qui dort et songe ne peut pas jo9dre et assembl] p>faitem5t et avec vrit ses rv]ies avec les ides des *oses passes1 encore qu'il puisse song] qu'il les assemble4 ,c> qui e/-ce qui nie que celui qui dort se puisse tromp]8 ,mais aprs1 tant veill1 il connotra facilem5t son erreur4 ,et un a?e peut reconnotre qu'il veille p> la mmoire des actions de sa vie passe2 mais il ne peut pas savoir que ce signe e/ suffisant p\r le r5dre c]ta9 qu'il ne se trompe po9t1 s'il ne sait qu'il a t cr de ,dieu1 et que ,dieu ne peut tre trompeur4 ,,f9 ,,du ,,tome ,,premi]4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,cont5ues ,,dans ,,le ,,tome ,,premi]4 ,,loge ,,de ,,desc>tes ,,notes ,,disc\rs ,,de ,,la ,m,,?ode ,m,,ditations ,m,,taphysiques ,p,,tre ,,pr,,face ,,abr,g ,,des ,,six ,m,,ditations ,m,,ditation ,,premi,,re ,m,,ditation ,,deuxi,,me ,m,,ditation ,,troisi,,me ,m,,ditation ,,quatri,,me ,m,,ditation ,,c9qui,,me ,m,,ditation ,,sixi,,me ,,objections ,,et ,r,,ponses ,,premi,,res ,,objections1 ,,faites ,,p> ,m4 ,,cat,,rus ,r,,ponses ,,secondes ,,objections1 ,,recueillies ,,p> ,,le ,p4 ,,m]s5ne4 ,r,,ponses ,,troisi,,mes ,,objections1 ,,faites ,,p> ,m4 ,,hobbes1 ,,et ,r,,ponses4