,l4 ,,becq ,,de ,,f\qui,,res ,l',,art ,,de ,,la ,,mise ,,en ,,sc,,ne ,,essai ,d',,e/h,,tique ,,?,,atrale ,,p>is ,g4 ,,*>p5ti] ,,et ,cie1 ,,diteurs #ahhd ,,pr,,face ,il n'exi/e pas d'ouvrage d'ensemble sur la mise en scne2 c'e/ donc sans fausse mode/ie que j'ai donn le titre d',essai cette tude4 ,ceux qui1 aprs moi1 s'intress]ont ce sujet et v\dront le trait] de n\veau auront sans d\te combl] quelques lacunes1 complt] ou rectifi] quelques-unes des ?ories exposes et peut-tre p\ss] plus lo9 et en diffr5ts s5s leurs inve/igations4 ,au premi] abord1 le sujet p>at simple et trs limit2 mais plus on y rfl*it1 plus il app>at tel qu'il e/ en ralit1 complexe et d'une t5due inf9ie4 ,p\r beauc\p de p]sonnes il se rsume dans une "q t\te matrielle2 et la mise en scne se rduit au plus ou mo9s de spl5deur apporte la reprs5tation d'un ouvrage dramatique1 au plus ou mo9s de ri*esse des co/umes et une plus ou mo9s nombreuse figuration4 ,ce ne sont l cep5dant que les dehors les plus app>5ts du sujet1 c>1 en y reg>dant bi51 la mise en scne se confond presque avec l'art dramatique1 et c'e/ dans le c]veau mme du pote qu'il faudrait en comm5c] l'tude4 ,t\tefois1 il y a l une ligne de p>tage assez nettem5t trace3 d'un ct1 l'art dramatique1 c'e/--dire t\t ce qui e/ l'oeuvre propre du pote2 de l'autre1 la mise en scne1 c'e/--dire ce qui e/ l'oeuvre commune de t\s ceux qui1 un degr quelconque1 conc\r5t la reprs5tation4 ,sans d\te ces deux arts se pntr5t rciproquem5t4 ,qu& le pote se proccupe de dispositions scniques1 qui ne se dduis5t pas ncessairem5t des c>actres et des passions1 il fait de l'art ?tral2 qu& un comdi5 met en relief c]ta9s s5tim5ts auxquels l'auteur n'avait pas t\t d'abord accord une importance suffisante1 il fait de l'art dramatique4 ,cep5dant1 comme il e/ ncessaire que t\t sujet soit dlimit1 je ma9ti5drai la di/9ction au mo9s app>5te qui sp>e l'art dramatique de l'art ?tral4 ,cette tude comm5ce donc au mom5t o le pote a t]m9 son oeuvre4 ,a9si limite1 elle e/ encore =t complexe2 elle compr5d la re*]*e de l'effet gnral que doit produire la reprs5tation et la dt]m9ation des effets p>ticuli]s des actes et des tableaux1 dans lesquels se dcompos5t la pice4 ,il faut donc arrt] le c>actre pittoresque de la dcoration1 son plus ou mo9s de relief et de pr(ondeur1 etc4 ,l'arti/e *>g d'excut] une dcoration en trace d'abord une vue d'ensemble sur un plan v]tical1 qu'il suppose place dans l'encadrem5t de la scne la place du rideau4 ,ensuite il excute la maquette1 c'e/--dire une rduction du dcor tel qu'il doit tre dispos sur le plan gomtral4 ,le public a pu voir dans plusieurs expositions quelques maquettes clbres1 cons]ves la biblio?que de l',opra4 ,p5dant que les pe9tres prp>5t et bross5t les dcors1 on monte la pice4 ,l'opration prlim9aire1 qui e/ la di/ribution des rles1 e/ peut-tre la plus importante1 c> le succs df9itif en dp5d4 ,une fois les rles di/ribus1 *aque acteur appr5d le si54 ,la conception et la composition d'un rle impos5t l'acteur qui en e/ *>g un labeur considrable et un gr& ef=t subjectif4 ,qu& t\s les rles sont sus1 on les assemble2 alors comm5ce le travail long et m9utieux des rptitions1 c> on se propose d'arriv] une h>monie gnrale et un ensemble1 qui s\v5t1 dfaut d'acteurs de premi] ordre1 suffis5t assur] le succs4 ,tel rle doit tre te9t1 tel autre doit tre au contraire plus acc5tu4 ,en mme temps1 on tudie les m\vem5ts scniques2 on dt]m9e les places successives que les p]sonnages doiv5t occup] les uns p> rapport aux autres ou p> rapport la dcoration2 on rgle les entres et les sorties1 ce qui exige p>fois des remaniem5ts dans le texte de la pice4 ,puis vi5t la composition de la figuration1 et son in/ruction or*e/rique1 s'il y a lieu4 ,p5dant le temps des rptitions1 on confectionne les co/umes1 dont les dess9s exig5t beauc\p de gt et dem&5t s\v5t de longues re*]*es4 ,bi5tt1 aux rptitions p>tielles succd5t les rptitions d'ensemble1 o t\s les accessoires j\5t le rle qui leur e/ assign4 ,la rptition gnrale a lieu en co/ume3 c'e/ une premire anticipe4 ,enf9 arrive le j\r de la premire reprs5tation1 qui dlivre t\t le p]sonnel du ?tre de l'anxit f9ale et libre auteur1 directeur et acteurs d'un labeur o comm5ai5t s'us] les meilleures volonts4 ,telle e/ l'esquisse sommaire du sujet complexe dont j'ai entrepris l'tude4 ,si celle-ci devait tre p\sse fond1 elle exig]ait plusieurs volumes1 c> elle compr5drait3 l'ar*itecture ?trale1 la pe9ture dcorative1 la sci5ce trs complique de la p]spective1 la mcanique p>ticulire des ma*9es1 les applications de l'lectricit1 la description des dess\s1 du c9tre et des c\lisses1 le rle de ces diffr5tes p>ties1 la plantation des dcors1 la composition et l'exam5 des magas9s d'accessoires1 puis les sci5ces de l'optique et de l'ac\/ique1 et enf9 l'art sans limites prcises du comdi51 etc4 ,de t\t ce va/e ensemble1 je ne reti5drai que l',,e/h,,tique ,,?,,atrale1 c'e/--dire l'tude des pr9cipes et des lois gnrales ou p>ticulires qui rgiss5t la reprs5tation des oeuvres dramatiques et conc\r5t la production du pa?tique et du beau4 ,p\r la composition de cet ouvrage1 la division du sujet et la rp>tition des matires1 j'avais le *oix entre l'ordre hi/orique et l'ordre e/htique4 ,le premi] exigeait que je suivisse pas pas le travail de la mise en scne1 p>tir du mom5t o l'auteur dpose son manuscrit jusqu'au mom5t o le rideau se lve p\r la premire reprs5tation4 ,j'ai prfr le second1 qui va du gnral au p>ticuli] et qui1 des pr9cipes gnraux1 dduit les lois p>ticulires4 ,le premi] aurait t prfrable si cet ouvrage avait d tre anecdotique4 ,quant la m?ode de travail qui a prsid l'laboration de cette tude1 je crois devoir en dire ici quelques mots4 ,la m?ode rudite consi/e suivre *aque j\r le m\vem5t littraire1 not] les faits mesure qu'ils veill5t l'att5tion du public et les discussions critiques auxquelles ils donn5t lieu dans les j\rnaux et dans les revues2 extraire des ouvrages spciaux les rem>ques utiles l'claircissem5t du sujet2 puis class] les notes innombrables a9si accumules1 a les rp>tir en un c]ta9 nombre de *apitres et reli] le t\t au moy5 des ides gnrales qui naiss5t du gr\pem5t des faits4 ,cette m?ode implique l'indication de t\s les emprunts qu'on a pu faire1 et la citation1 de t\s les auteurs dont on reproduit intgralem5t les ides4 ,il suffira au lecteur de feuillet] cet ouvrage sans notes et sans rfr5ces p\r conclure que je n'ai pas employ cette m?ode4 ,il a t crit en effet d'un b\t l'autre sans le sec\rs d'aucune note et d'aucun livre1 p> la simple m?ode spculative4 ,*acune des deux m?odes que j'oppose l'une l'autre a ses v]tus et ses dfauts3 ce n'e/ pas ici le lieu de les comp>] entre elles4 ,si j'ai cru devoir indiqu] celle que j'ai suivie1 c'e/ uniquem5t p\r expliqu] l'abs5ce absolue de citations et af9 qu'on ne l'attribut pas un dda91 qui ne s]ait nullem5t ju/ifi1 p\r les travaux de t\s ceux qui1 avant moi1 ont tudi en arti/es ou en critiques l'art de la mise en scne4 ,p\r tre accessible un p>eil s5tim5t1 il faudrait ne pas tre conva9cu comme je le suis que l'esprit de l'homme doit la majeure et la meilleure p>tie de ses crations en app>5ce les plus orig9ales une collaboration incessante1 quoique s\v5t insaisissable et secrte4 ,p\r moi1 j'pr\ve le plus vif plaisir av\] ici la d\ble dette de reconnaissance que j'ai contracte4 ,suivant assidm5t les reprs5tations de la ,comdie-,franaise1 j'y puise un enseignem5t dont le prix augm5te *aque j\r mes yeux4 ,depuis que mon att5tion s'e/ arrte sur la mise en scne1 j'ai pu admir] la sci5ce et le gt qui prsid5t la composition arti/ique des dcorations1 la re*]*e des effets pittoresques ou gr&ioses1 au *oix tudi des co/umes1 la ju/e somptuosit des ameublem5ts1 l'in/ruction or*e/rique de la figuration et la m]veilleuse prcision des jeux de scne4 ,c'e/ cet art exquis1 jo9t au labeur consci5cieux et l'incomp>able tal5t des comdi5s1 qui fait de la ,comdie-,franaise la premire cole dramatique et ?trale de l',europe1 c'e/--dire du monde enti]4 ,or1 ce gt irrpro*able et cette sci5ce1 qui s'appuie sur une longue expri5ce1 sont les deux qualits matresses de son adm9i/rateur actuel4 ,je suis donc heureux de salu] ici ,m4 mile ,p]r9 comme un des matres de la mise en scne mod]ne4 ,si cet ouvrage a quelque mrite1 il lui en e/ r$evable en gr&e p>tie1 c> c'e/ devant ses belles conceptions ?trales que j'ai pu apprci] la porte arti/ique de la mise en scne et le rle important qu'elle e/ appele j\] dans l'art dramatique mod]ne4 ,p> une r5contre piquante1 c'e/ prcism5t un adv]saire de ,m4 ,p]r9 que je me s5s le devoir de pay] ma seconde dette de reconnaissance4 ,on se rappelle la discussion rc5te qui1 dans un t\rnoi littraire1 a arm l'un contre l'autre ,m4 ,s>cey et l'adm9i/rateur de la ,comdie-,franaise1 t\s deux1 au fond1 am\reux du mme objet1 ,t\rnoi heureusem5t sans f91 sans va9queur ni va9cu1 et dont aprs t\t l'art fait son pr(it1 c>1 la lumire qui jaillit du *oc de tels esprits1 la vrit tr\ve mieux son *em9 qu'au milieu du sil5ce et de la nuit4 ,mais je ne puis taire que si ,m4 ,s>cey rdige depuis plus de qu9ze ans le feuilleton dramatique du ,temps1 je le lis assidm5t depuis le mme nombre d'annes4 ,or1 s'il m'et t impossible de dsign] avec prcision les ides que j'ai pu directem5t lui emprunt]1 j'ai la consci5ce de beauc\p lui devoir1 et d'avoir s\v5t1 en le lisant1 s5ti ma p5se s'agit] l'agitation intellectuelle de la si5ne4 ,j'ai donc contract vis--vis de lui une dette1 dont je ne saurais mconnatre la valeur2 et il m'e/ agrable d'av\] hautem5t l'influ5ce qu'a pu avoir sur mon oeuvre un des matres inconte/s de la critique contempora9e4 ,je n'ai plus aj\t] que quelques mots explicatifs1 p\r clore cette prface4 ,ayant s5ti la ncessit d'appuy] d'un c]ta9 nombre d'exemples l'exposition de mes ides1 j'ai cru cep5dant devoir me re/re9dre ceux que je p\vais tir] des ouvrages mod]nes reprs5ts depuis peu1 ou des oeuvres classiques j\es le plus rcemm5t4 ,il tait ncessaire1 en effet1 que le public et encore prs5ts la mmoire les faits sur lesquels j'attire son att5tion4 ,j'ai s\v5t employ l'expression de metteur en scne2 mais la plup>t du temps c'e/ p\r moi une expression complexe qui ne rpond pas une p]sonnalit di/9cte et une fonction relle4 ,en p>lant du travail ?tral1 des dcors1 des jeux et des comb9aisons scniques1 j'ai d'ailleurs vit de me s]vir d'expressions te*niques peu familires aux lecteurs4 ,p> contre1 *aque fois que j'ai d me s]vir de mots app>t5ant la langue e/htique ou psy*ologique1 je me suis ef=c d'atte9dre la cl>t p> l'exactitude et la proprit des t]mes4 ,enf91 dirai-je p\r t]m9]1 j'ai r5contr comme cela tait fatal1 la ?orie rali/e ou naturali/e4 ,je ne me suis pas drob l'obligation de la s\mettre l'analyse critique4 ,je l'ai fait sans ide prconue et sans aucun p>ti pris d'ho/ilit4 ,on p\rra tr\v]1 je crois1 que le jugem5t que je porte sur cette cole1 sans tre complaisant1 n'e/ ni rig\reux ni inju/e4 ,je n'ai eu d'ailleurs exam9] ses ?ories qu'au po9t de vue p>ticuli] du ?tre4 ,l',,art ,,de ,,la ,,mise ,,en ,,sc,,ne ,,*apitre ,,premi] ,le succs n'e/ pas la mesure de la valeur intr9sque d'une oeuvre dramatique4--,les v>iations de l'art correspond5t aux v>iations de l'esprit4 ,j'exam9]ai t\t d'abord la "q de la mise en scne dans ses t]mes les plus gnraux1 ce qui me p]mettra de =mul] des lois gnrales d'o il s]a ensuite plus facile de dduire les rgles p>ticulires4 ,je comm5c]ai p> rappel] cette vrit univ]sellem5t admise et accepte c\ramm5t comme un lieu commun3 la valeur intr9sque d'une oeuvre dramatique n'a pas t\j\rs p\r mesure la valeur que lui attribu5t les contempora9s4 ,cette proposition ne peut r5contr] beauc\p de contradicteurs4 ,il suffit de rappel] l'eng\em5t peu ju/ifi du public1 t\tes les poques1 p\r tel pote ou p\r telle oeuvre dramatique4 ,les exemples que l'on p\rrait cit] sont innombrables4 ,si l'on dressait la li/e de t\s les auteurs ayant j\i d'une gr&e rputation de leur vivant et ayant remport de trs vifs succs au ?tre1 on p\rrait con/at] qu'il en e/ quelques-uns dont les noms ont disp>u de la mmoire des hommes1 et que la plup>t ne n\s sont auj\rd'hui connus que p> les titres de pices qu'on ne lit plus4 ,comme t\te *ose ici-bas1 les oeuvres d'art se pli5t aux caprices passag]s de la mode et aux p]v]sions mom5tanes du gt4 ,une lite peu nombreuse porte seule des jugem5ts c]ta9s que ratifie l'av5ir1 t&is que la f\le se complat dans le plaisir qu'elle pr\ve s5tir c>ess] ses passions et favoris] ses p5*ants4 ,elle s'admire dans les oeuvres qui flatt5t ses gts1 comme le fat devant un miroir qui reflte son air la mode4 ,*aque pas du temps fait des hcatombes d'oeuvres dramatiques2 et la gr&e rputation d'une oeuvre passe n'a s\v5t d'gal que l'tonnem5t ple9 de tri/esse et de ds5*antem5t que n\s cause sa reprise4 ,qui ne sait mme1 un po9t de vue plus gnral encore1 combi5 n\s sommes exposs gt] nos plus *]s s\v5irs1 qu& dans l'ge mr n\s avons la faiblesse de r\vrir les livres qui n\s ont ravi dans notre jeunesse4 ,en p>eil cas1 on se console navem5t en disant que l'oeuvre a vieilli1 t&is que c'e/ t\t le contraire qui e/ le vrai3 l'oeuvre a g>d son ge1 et n\s seuls n\s avons vieilli4 ,or1 ce qui se passe dans la vie d'un homme se passe dans la vie d'une nation et dans celle de l'humanit4 ,les jugem5ts des hommes sont s\mis des trans=mations p]ptuelles1 c> les lm5ts de leur esprit se comb95t de mille manires selon leur nombre et leur nature4 ,il e/ croire que ces comb9aisons donn5t lieu1 comme en *imie1 des composs dont les uns sont trs /ables et les autres p>ticulirem5t in/ables4 ,qu& les oeuvres littraires correspond5t aux premi]s1 ils viv5t dans la mme e/ime aussi longtemps que la comb9aison p]si/e2 qu& elles se rapport5t aux seconds1 elles ne plais5t qu'un j\r1 et t\t ce que l'on peut espr] p\r elles c'e/ que la mme comb9aison1 v5ant se reproduire =tuitem5t1 leur ramne mom5tanm5t la =tune4 ,il e/1 au contraire1 quelques oeuvres privilgies qui correspond5t des comb9aisons indissolubles3 elles sont immortelles2 et l'esprit en sav\r]a sans f9 la beaut et la vrit t]nelle1 de mme que le corps huma9 puis]a la vie1 jusqu' la consommation des temps1 dans l'air immuable qui l'enveloppe4 ,,*apitre ,,ii ,la valeur d'une pice ne dp5d pas de son effet reprs5tatif4--,ce n'e/ pas l'effet reprs5tatif qui a assur la r5omme du ?tre des ,grecs1 non plus que des ?tres trang]s et de notre ?tre classique4 ,n\s f]ons un pas de plus dans la connaissance du sujet en mettant cette seconde proposition3 la valeur intr9sque d'une oeuvre dramatique ne dp5d pas de son effet reprs5tatif4 ,si n\s n'avions en vue que l'effet reprs5tatif produit sur des contempora9s une poque donne1 il e/ clair que cette proposition r5tr]ait dans la prcd5te3 ,mais il s'agit ici de l'effet reprs5tatif absolu1 et ce titre elle mrite de n\s arrt]4 ,je rem>qu]ai d'abord1 au sujet des oeuvres app>t5ant aux littratures anci5nes ou trangres1 que si la reprs5tation d'une oeuvre dramatique a s]vi la mettre en lumire1 ce qui n'e/ pas niable1 elle n'a pas suffi lui assur] la r5omme durable qui en a p]ptu le s\v5ir dans la po/rit4 ,l'effet reprs5tatif e/ dans ce cas sans influ5ce sur le jugem5t que n\s portons de la valeur d'une oeuvre dramatique4 ,en effet1 si n\s considrons le ?tre des ,grecs1 n\s p\vons dire que n\s n'avons aucune ide1 ou t\t au mo9s que des ides excessivem5t confuses1 de ce que p\vait tre la reprs5tation des tragdies d',es*yle1 de ,sophocle et d',euripide1 ou celle des comdies d',ari/ophane4 ,c'e/ uniquem5t p> leur valeur intr9sque qu'elles s'impos5t notre admiration1 et c'e/ avec raison que n\s les considrons comme des modles presque inimitables1 sans que n\s ayons beso9 de t5ir compte d'un effet reprs5tatif que n\s ne p\vons imag9] qu' gr& r5=t d'rudition1 sans jamais p\voir tre sr de l'apprci] sa ju/e valeur4 ,il en e/ peu prs de mme du ?tre des ,espagnols1 aussi bi5 que de celui des ,anglais et des ,allem&s4 ,bi5 que les sujets en soi5t pris dans un monde en t\t mo9s loign du ntre et qui e/ celui o se meuv5t s\v5t encore nos p]sonnages de ?tre1 ce n'e/ nullem5t dans leur effet reprs5tatif que n\s *]*ons et que n\s tr\vons les ju/es motifs de leur r5omme4 ,n\s n'en sommes que trs r>em5t les spectateurs1 et c'e/ uniquem5t comme lecteurs que n\s appr5ons les connatre et que n\s les jugeons4 ,c'e/ bi5 dans ce cas l'esprit seul qui en gte la posie1 sans que nos yeux soi5t dupes des sductions de la mise en scne4 ,le ?tre franais lui-mme n'*appe pas au mme phnomne4 ,la reprs5tation l'amo9drit presque t\j\rs1 en attnue les proportions psy*ologiques et en rapetisse s5siblem5t les hros4 ,que s]ait-ce si n\s t5ions compte du maigre app>eil dont1 jusqu' la f9 du ,x,v,i,i,ie sicle1 on ent\rait la reprs5tation de notre ?tre classique6 ,l'effet reprs5tatif des tragdies de ,corneille et de ,rac9e n'a donc que peu d'influ5ce sur l'admiration que n\s pr\vons p\r elles4 ,bi5 au contraire1 la reprs5tation n\s apporte s\v5t un ds5*antem5t en quelque sorte prvu4 ,cette rem>que ne t5d pas en proscrire la reprs5tation1 qu'en r5d5t1 au contraire1 ncessaire et dsirable d'autres raisons que n\s expos]ons plus lo94 ,on a s\v5t v\lu transport] les ?tres trang]s sur la scne franaise1 notamm5t les drames de ,%akspe>e4 ,t\j\rs l'effet a t infrieur celui qu'on en att5dait1 ce qui p\rtant n'a jamais dim9u l'admiration que n\s ress5tons p\r le gr& pote anglais4 ,il s]ait d'ailleurs puril d'en re*]*] la cause dans le *angem5t de langue que ncessite la translation de ses oeuvres sur notre ?tre1 c> c'e/ p> la traduction seule qu'un gr& nombre de lecteurs franais connaiss5t ,%akspe>e et appr5n5t l'aim] et l'apprci]4 ,la traduction d'une oeuvre anci5ne ou trangre1 lo9 de lui nuire1 la rajeunit s\v5t en attnuant ou en modifiant des ides ou des images qui s]ai5t de nature *oqu] notre gt actuel2 elle ti5t =cm5t compte1 ri5 que p> l'emploi de la langue dont elle se s]t1 de la diffr5ce des temps1 des lieux et des trans=mations de l'esprit4 ,c'e/ une n\velle mise au po9t1 qui dgage ce qu'il y a dans t\te oeuvre d'ess5tiellem5t huma9 et d't]nellem5t beau4 ,d'ailleurs1 un autre po9t de vue1 il suffit d'un mom5t de rflexion p\r s'ap]cevoir que l'effet reprs5tatif n'e/ pas la mesure de la valeur intr9sque d'une oeuvre dramatique4 ,si n\s comp>ons entre eux le ,guillaume ,tell et les ,brig&s de ,s*ill]1 l',iphignie et l',egmont de ,goe!1 le ,polyeucte et le ,cid de ,corneille1 le ,misan?rope et le ,t>tufe de ,molire1 il e/ c]ta9 que de t\tes ces pices les premires ont une valeur intr9sque au mo9s aussi gr&e1 si ce n'e/ plus gr&e1 que les secondes1 t&is que celles-ci ont un effet reprs5tatif beauc\p plus gr&4 ,c'e/ que la valeur reprs5tative et la valeur potique d'une oeuvre dramatique ne se compos5t pas des mmes lm5ts1 et p> consqu5t n'ont pas de commune mesure4 ,si les contempora9s se tromp5t s\v5t sur la valeur d'une pice1 c'e/ que dans leurs jugem5ts ils ti5n5t compte de l'effet reprs5tatif qui prcism5t s'adapte leur gt actuel4 ,la po/rit1 au contraire1 fait ab/raction de cet effet et s\v5t n'en a pas mme l'ide2 c'e/ p\rquoi son jugem5t1 portant uniquem5t sur la valeur potique de l'oeuvre1 e/ plus durable4 ,ngligeant ce qui e/ v>iable et passag]1 elle ne fonde son jugem5t que sur ce qui e/ inv>iable et con/ant4 ,ce n'e/ pas1 en rsum1 dans l'effet reprs5tatif d'une oeuvre dramatique qu'il faut *]*] la raison suprieure de l'apprciation qu'en a porte la po/rit4 ,ce n'e/ donc pas en augm5tant1 p> la mise en scne1 l'effet reprs5tatif d'une oeuvre dramatique que l'on aj\te sa valeur intr9sque4 ,,*apitre ,,iii ,de l'effet reprs5tatif idal dans un esprit cultiv4--,imp]fections de la mise en scne relle4--,sa ncessit p\r les esprits peu cultivs4--,la mise en scne idale e/ le modle et le po9t de d"p de la mise en scne relle4 ,l'effet reprs5tatif1 on le conoit1 n'e/ pas cr de t\tes pices p> la mise en scne4 ,t\te oeuvre dramatique possde p> elle-mme une valeur potique et une valeur reprs5tative4 ,seulem5t1 dans l'imag9ation du pote1 elles sont s\v5t dans une relation inv]se de ce qu'elles n\s p>aiss5t sur un ?tre1 o la mise en scne modifie et p>fois r5v]se la proportion3 on peut dire que la mise en scne e/ l'pan\issem5t1 r5du visible1 d'un g]me idal4 ,c'e/ ce dont il e/ facile de se r5dre compte4 ,n\s ne sommes l'aurore ni de l'humanit1 ni de l'hi/oire1 ni de la littrature4 ,n\s sommes1 bi5 qu' diffr5ts degrs1 les produits d'une ducation p\rsuivie p5dant des sicles trav]s un gr& nombre de gnrations4 ,modifis p> l'hrdit1 p> une somme sans cesse croissante de connaissances transmises ou acquises1 n\s avons pass p> des tats de consci5ce inconnus aux hommes que n'a pas visits la civilisation4 ,il e/ c]ta9 qu'un sauvage ne compr5drait ri5 la lecture d'une tragdie de ,rac9e ou d'un drame de ,%akspe>e1 si mme p> impossible il p\vait saisir le s5s des mots2 il ne s]ait nullem5t dans les conditions ncessaires d'in/ruction et d'ducation intellectuelles et morales4 ,que se passe-t-il donc en n\s qu& n\s lisons une oeuvre dramatique8 ,il e/ clair qu'elle ne pntre pas dans un esprit vi]ge de t\te impression similaire4 ,n\s avons t\s vu des ?tres de =mes les plus div]ses1 les uns ouv]ts1 les autres f]ms1 s\v5t *ez diffr5ts peuples2 n\s avons assi/ de nombreuses reprs5tations dramatiques2 n\s possdons dans notre imag9ation une ample collection1 un peu confuse1 mais trs ri*e1 de co/umes de t\s les ges2 n\s connaissons plus ou mo9s les moeurs des nations anci5nes et mod]nes ayant j\ un rle important dans l'hi/oire2 enf91 n\s sommes famili]s avec les lg5des hroques1 les my?ologies1 s\v5t mme avec les langues des pays trang]s4 ,une f\le innombrable d'objets se sont prs5ts notre esprit et se tr\v5t enregi/rs dans notre mmoire1 o ils re/5t d'ord9aire l'tat lat5t4 ,mais aussitt qu'une lecture en ravive le s\v5ir1 il se fait dans notre esprit une reprs5tation subjective de t\s les objets dont n\s avons cons]v les images4 ,et cette reprs5tation illu/re immdiatem5t notre lecture et lui s]t de mise en scne idale3 mise en scne t\j\rs discrte1 qui p>at1 s'efface1 disp>at et rep>at sans s'impos] notre esprit1 sans le di/raire2 dcor mobile o t\t re/e son plan et qui se rappro*e ou s'loigne au gr de notre imag9ation4 ,dans cette mise en scne idale1 t\t se rduit s\v5t des signes purem5t idographiques2 c'e/ un fond t\j\rs un peu effac1 sem d'images confuses1 qui s'van\iss5t ds qu'on veut les considr] avec fixit1 mais sur lequel l'oeuvre potique s'enlve en ple9e lumire1 comme une belle pice d'orfvr]ie se dta*e sur une tapiss]ie ue p> le temps4 ,ce fond s'h>monise m]veilleusem5t avec le texte potique4 ,des images1 diffuses ou in/ables1 sembl5t v5ir du lo9ta9 le plus recul et =m5t cette mise en scne idale que n\s projetons objectivem5t dans l'espace inc]ta94 ,c'e/ sur ce fond propice que se dta*5t les hros du drame3 ils ont la /ature1 le reg>d1 le ge/e1 la voix qu'ils doiv5t avoir4 ,dans cette j\issance un peu extatique ri5 ne vi5t contr>i] le pa?tique des situations1 ri5 ne di/rait de la beaut des v]s1 de la logique de l'action1 de la ju/esse des p5ses1 de l'effet motionnel des passions2 et c'e/ alors que n\s ress5tons l'motion e/htique1 non la plus =te1 ni la plus pr(onde1 ni la plus complte1 mais la plus pure de t\t alliage1 qu'il n\s soit donn d'pr\v]4 ,combi5 l'effet reprs5tatif rel e/ viol5t p> rapport cet effet reprs5tatif idal6 ,la ma9 s\v5t brutale du dcorateur ou du metteur en scne immobilise t\t ce qui prcism5t avait une grce mobile et fugitive2 elle fait une sorte de trompe-l'oeil de ce qui n'tait qu'un jeu de notre imag9ation4 ,au milieu d'une nature de c>ton pe9t1 s\s une lumire invraisemblable1 s'accumul5t alors des imp]fections de t\tes sortes1 imp]fections de dcors1 de co/umes1 de m\vem5ts1 de ge/es1 de diction1 qui sont autant d'outrages la beaut potique4 ,ce sont l1 en effet1 les conditions dsa/reuses dans lesquelles une oeuvre dramatique p>at sur le ?tre4 ,mais1 htons-n\s de le dire1 il faut s'y rsign]4 ,p\r un homme qui a assez de loisir1 de gt1 de dlicatesse et d'imag9ation p\r s'ab&onn] sans rs]ve ce jeu de l'esprit qu'on appelle l'art1 qui se laisse t\t enti] att5drir et subjugu] p> les acc5ts pa?tiques d',iphignie ou p> la mlancolique *anson d',ophlie1 combi5 y a-t-il d'hommes dont le c]veau n'e/ peupl que des images cruelles de la ralit vivante1 qui n'ont ni l'heur ni le loisir de s'essay] a9si sur la flte des dieux1 et qui le soir1 las et meurtris d'un labeur avilissant1 ont beso9 qu'un c\p de baguette magique les transporte dans un monde n\veau1 rveille leur imag9ation eng\rdie et les ravisse eux-mmes et la bassesse de leurs travaux j\rnali]s6 ,p\r ces hommes1 le plaisir de l'esprit n'e/ jamais pur2 il s'y mle t\j\rs un plaisir des s5s4 ,c'e/ donc prcism5t p> ses dfauts mmes que la mise en scne agit plus puissamm5t sur leur organisme4 ,quoi qu'il en soit1 l'effet reprs5tatif idal s]a t\j\rs le modle que le metteur en scne devra se propos] de ralis]1 en t5ant compte des ncessits psy*ologiques1 intellectuelles et morales que lui impose la composition p>ticulire de la f\le des spectateurs laquelle il s'adresse4 ,n\s aj\t]ons1 ce qui rsulte des ides dj exposes et sur lesquelles n\s revi5drons1 qu'on doit dans la mise en scne se rappro*] de la sobrit et de la discrtion de la mise en scne idale1 dans la proportion o l'oeuvre reprs5te s'appro*e de la p]fection4 ,,*apitre ,,iv ,rapports de la mise en scne avec la valeur d'une oeuvre dramatique4 --,le peu d'app>eil des ?tres de prov9ce favorisait l'art dramatique4--,l'excs de mise en scne lui e/ nuisible4 ,puisqu'il n'y a pas quation entre l'effet reprs5tatif d'une oeuvre dramatique et sa valeur intr9sque1 n\s p\vons en conclure qu'en augm5tant son effet reprs5tatif on n'aj\te ri5 sa valeur intr9sque1 et que les valeurs relatives de deux oeuvres dramatiques ne sont pas entre elles comme leurs effets reprs5tatifs4 ,mais1 dans la gnralit des cas1 le plaisir que l'on *]*e procur] au spectateur e/ un plaisir gnral et total qui se compose de la somme de t\tes ses s5sations et de t\tes ses motions1 de quelque nature qu'elles soi5t4 ,il suit de l1 premirem5t1 que la mise en scne p\rra tre s\v5t considre comme un correctif la faiblesse d'une oeuvre dramatique2 deuximem5t1 que la mise en scne peut p> son excs tre un drivatif l'att5tion que mrit]ait la valeur intr9sque d'une oeuvre dramatique4 ,c'e/ pe9e si la premire proposition mrite que n\s n\s y arrtions4 ,t\t le monde sait qu'un c]ta9 nombre des ?tres de ,p>is ne viv5t que p> la mise en scne4 ,les ouvrages mdiocres qu'ils mont5t ne russiss5t la plup>t du temps captiv] le public que p> le pittoresque des dcors1 la ri*esse des co/umes1 l'ampleur de la figuration1 ou mme p> les exhibitions les plus exc5triques4 ,l'art dramatique ram5 a9si n'tre que de l'art ?tral devi5t un art t\t fait infrieur4 ,t\tefois1 si la premire proposition ne dem&e que quelques mots d'explication1 elle e/ cep5dant importante p> une des conclusions qu'on en peut tir] et qui n\s (fre la rsolution d'un problme intressant4 ,jadis1 qu& il y avait des ?tres en prov9ce et des tr\pes qui s'y tablissai5t demeure p\r la saison d'hiv]1 les directeurs1 n'ayant en gnral leur disposition qu'un trs maigre app>eil reprs5tatif1 avai5t se proccup] dans une c]ta9e mesure de la valeur des pices qu'ils montai5t4 ,ces ?tres tai5t a9si favorables au progrs de l'art dramatique4 ,auj\rd'hui1 un autre sy/me a prvalu4 ,une tr\pe "p de ,p>is1 avec armes et bagages1 et s'en va de ville en ville1 montant p>t\t l'unique pice qui compose son rp]toire et p\r laquelle elle a pu faire les dp5ses d'un app>eil reprs5tatif1 trs suprieur celui qu'aurait eu sa disposition un directeur de prov9ce4 ,or1 la faveur de cet app>eil et grce au pre/ige de quelques acteurs en r5om1 on p>vi5t impos] aux applaudissem5ts de la prov9ce des pices d'une valeur intr9sque infrieure4 ,c'e/ a9si que les n\velles moeurs ?trales et que ces tr\pes de voyage sont contraires au progrs de l'art dramatique4 ,ici1 je n'ai pas d'ailleurs exam9] cette "q dans les dtails inf9is qu'elle comport]ait3 je l'ai ram5e sa plus simple expression4 ,je ne puis cep5dant rsi/] au dsir de signal]1 comme la consqu5ce1 la plus grave peut-tre1 du sy/me actuel1 l'anantissem5t du rp]toire classique4 ,l'exam5 de la seconde proposition n\s conduira une conclusion id5tique4 ,l'abus ou l'excs de la mise en scne dt\rne le jugem5t du spectateur de l'objet qui devrait faire sa proccupation pr9cipale1 p> suite abaisse son gt1 et en mme temps p\sse les auteurs1 qui peuv5t compt] sur l'effet d'un puissant app>eil reprs5tatif1 se cont5t] d'un succs plus facile obt5ir et nglig] la conception de leur oeuvre et la conduite de l'action4 ,l'abus ou l'excs de la mise en scne e/ donc a9si contraire aux progrs de l'art dramatique4 ,,*apitre ,v ,re*]*e d'un pr9cipe physiologique auquel puiss5t se ratta*] les lois de la mise eu scne4--,les impressions intellectuelles et les s5sations organiques s'annihil5t rciproquem5t4 ,on a pu m'accord] les propositions mises prcdemm5t et en reconnatre la ju/esse4 ,en effet1 elles rsult5t de la con/atation de faits que *acun a pu obs]v]4 ,mais il me p>at ncessaire de les ratta*] un po9t fixe et de *]*]1 en dehors du ?tre1 une m?ode de dmon/ration4 ,or1 en physiologie1 ou en psy*ologie1 comme on v\dra1 on admet1 en se basant sur des sries d'expri5ces p\r a9si dire quotidi5nes1 et que *acun peut contrl] p> ses propres obs]vations1 que notre att5tion1 ord9airem5t diffuse et mobile1 peut1 en se conc5trant sur des impressions reues p> notre esprit ou sur des s5sations pr\ves p> un de nos organes1 n\s r5dre ins5sibles t\t ce qui ne se rapporte pas exclusivem5t soit ces impressions intellectuelles1 soit ces s5sations organiques4 ,en d'autres t]mes1 s\s l'influ5ce de proccupations spciales1 un gr\pe de s5sations1 d'images ou d'ides1 s'impose n\s l'exclusion de t\s les autres qui re/5t alors inap]u4 ,on p\rrait dire1 en quelque sorte1 que la s5sibilit n]giquem5t surexcite d'un de nos organes ane/hsie mom5tanm5t nos autres organes4 ,les exemples sont nombreux et bi5 connus4 ,une p]sonne absorbe p> une p5se reg>de fixem5t sans les voir les autres p]sonnes qui sont devant elle2 ou bi51 captive p> un spectacle1 elle n'ent5dra pas qu'on lui p>le4 ,un soldat1 au milieu de la mle1 n'a pas immdiatem5t consci5ce d'une blessure qu'il vi5t de recevoir2 il ne s'en ap]oit que lorsque le sang qui c\le attire son att5tion4 ,pascal domptait la d\leur p> le travail1 et ,ar*imde1 occup de la rsolution d'un problme1 ne p]cevait pas le bruit du combat qui se livrait dans les rues de ,syracuse4 ,la vue des images div9es1 qui hantai5t l'esprit des m>tyrs1 les absorbait s\v5t tel po9t qu'ils ne s5tai5t ni le f] ni le feu qui torturai5t leurs *airs4 ,mais1 p\r pr5dre un exemple mo9s tragique et d'obs]vation plus aise1 t\t le monde sait que1 lorsque n\s v\lons conc5tr] notre esprit sur une ide1 n\s f]mons in/9ctivem5t les yeux1 ou bi5 que n\s fixons nos reg>ds sur quelque angle banal et obscur de la *ambre2 que l'enfant1 p\r appr5dre ses leons1 se b\*e les oreilles de ses deux ma9s1 et que le collgi5 qui reg>de les m\*es vol] ne pr(ite pas beauc\p des dmon/rations du pr(esseur4 ,c'e/ l'inf9i qu'on p\rrait recueillir des faits semblables4 ,tantt1 c'e/ la proccupation de l'esprit qui emp*e nos reg>ds de p]cevoir les =mes et les c\leurs ou nos oreilles de p]cevoir les sons1 tantt ce sont des images optiques ou des sons qui s'oppos5t t\te autre association d'ides4 ,a cette obs]vation d'ordre physiologique on object]a1 qu'en ralit il n\s e/ possible dans le mme mom5t d'c\t]1 de reg>d] et de p5s]4 ,en effet1 c'e/ l le c\rs p]ptuel de la vie2 mais1 dans ce cas1 les impressions auditives1 optiques et intellectuelles doiv5t tre assez faibles p\r p\voir tre p]ues t\tes la fois1 c>1 si l'quilibre entre ces impressions galem5t faibles vi5t se rompre1 la loi physiologique s'impose4 ,n\s p\vons donc dire que1 p\r tre p]ues la fois1 des impressions auditives1 optiques et intellectuelles doiv5t1 premirem5t1 tre trs faibles ou avoir un rapport commun1 et1 deuximem5t1 cons]v] entre elles la proportion d'int5sit qui leur a p]mis de se manife/] dans le mme mom5t4 ,,*apitre ,,vi ,de la f9 que se propos5t les beaux-arts4--,l'excs de la mise en scne nuit l'intgrit du plaisir de l'esprit4--,la lecture e/ la pi]re de t\*e des oeuvres dramatiques4--,la mise en scne e/ tantt une "q de gt1 tantt une "q d'habilet4 ,les arts 7et p\r plus de simplicit1 je ne considr]ai ici que la posie1 la pe9ture et la musique71 les arts1 dis-je1 n'ont d'autre b que de n\s f\rnir des impressions auditives1 optiques et intellectuelles4 ,ils se propos5t1 p\r f9 unique3 la posie1 le plaisir de l'esprit2 la pe9ture1 celui des yeux et la musique celui de l'oreille4 ,tant qu'un de ces trois arts borne son ambition n\s procur]1 dans t\te son intgrit1 le plaisir p>ticuli] p\r lequel il a t cr1 il se ma9ti5t dans la sphre leve qui lui e/ propre2 il d*oit ds qu'il empite sur le doma9e des deux autres4 ,telles sont la musique descriptive et pittoresque1 et la pe9ture spirituelle ou philosophique1 g5res bt>ds1 auxquels ne se laiss5t jamais entran] les vritables arti/es4 ,le cas de la posie e/ plus complexe1 p>ce que ri5 ne p>vi5t notre esprit que p> l'int]mdiaire oblig de nos organes2 mais la posie elle-mme d*oit si1 au lieu de considr] le plaisir des yeux et de l'oreille comme subordonn celui de l'esprit1 elle emploie1 p\r captiv] l'esprit1 le pre/ige de la pe9ture ou la sduction de la musique4 ,la posie dramatique1 que sa nature mme plac]ait dans une sphre infrieure la posie pique et la posie lyrique1 repr5d cep5dant sa place leve lorsque1 dans la lecture1 p> exemple1 ri5 ne vi5t di/raire notre esprit du plaisir idal qu'elle n\s procure1 et que notre imag9ation seule fait t\s les frais de la mise en scne4 ,l'art dramatique e/ donc sur une p5te t\j\rs dang]euse1 sur laquelle il lui e/ malheureusem5t trop facile de se laiss] gliss]4 ,dans la reprs5tation d'une oeuvre dramatique1 t\t ce qu'au del d'une c]ta9e limite un directeur aj\te1 p\r le plaisir des yeux ou p\r celui de l'oreille1 dtruit l'intgrit d'un plaisir qui n'aurait d tre de/9 qu' l'esprit4 ,le spectateur1 dont les magnific5ces de la mise en scne captiv5t les yeux1 n'e/ plus dans un tat de consci5ce susceptible de gt]1 soit la beaut littraire de l'oeuvre reprs5te1 soit la pr(ondeur et la vrit psy*ologique des passions qu'elle met en jeu4 ,l'att5tion e/ dt\rne de son objet pr9cipal1 et1 dans ce cas1 le plaisir que n\s gtons1 vritable plaisir des s5s1 e/ infrieur celui que n\s aurions d ress5tir4 ,on peut donc affirm]1 sans cra9te de se tromp]1 que l'abus et l'excs de la mise en scne t5d5t la dcad5ce de l'art dramatique4 ,a un autre po9t de vue1 il e/ ju/e de dire que la ncessit de la mise en scne s'impose d'autant plus que l'oeuvre e/ plus faible4 ,sans le sec\rs des dcors1 des co/umes1 d'une nombreuse figuration1 combi5 de pices1 prives de ces moy5s artificiels de dt\rn] notre att5tion1 n'os]ai5t ou ne p\rrai5t affront] le jugem5t intgral de notre esprit4 ,sans d\te c'e/ un mrite1 et mme un gr& mrite1 d'amus] les spectateurs1 et n\s n\s plaisons s\v5t n\s laiss] dup] p> de brillantes images2 cela n\s vite un ef=t intellectuel1 et qu& n\s arrivons fatigus au ?tre1 n\s sommes reconnaissants env]s un auteur de son habilet n\s procur] une dlectation facile et mnag] la p>esse de notre esprit4 ,mais combi5 s\v5t le l5dema9 n\s n\s v5geons cruellem5t de cette dup]ie1 dont cep5dant n\s n\s sommes faits les complices2 c>1 t\t en av\ant le plaisir que n\s avons gt1 n\s condamnons la pice en dcl>ant qu'elle ne supporte pas la lecture4 ,aucun jugem5t critique ne dpasse celui-l1 en rigueur et en vrit t\t la fois1 c> il e/ port p> l'esprit1 dgag des sductions de la mise en scne et s\/rait aux complaisances faciles de nos organes4 ,la lecture infirme ou confirme donc le jugem5t port p> le spectateur aprs la reprs5tation4 ,la plup>t des pices dont le comique t\*e l'extravagance n\s p>aiss5t en effet1 ds qu'elles sont imprimes1 d'une telle platitude que n\s avons pe9e compr5dre le plaisir que n\s avons pu y pr5dre4 ,au contraire1 la lecture des comdies de ,m4 ,labi*e1 mme des plus folles1 aj\te encore leur valeur en mettant en relief la f9esse et la ju/esse d'obs]vation de l'auteur4 ,la lecture e/ donc la vritable pi]re de t\*e des oeuvres dramatiques4 ,a9si1 n\s rev5ons1 p> un autre *em9 et en n\s appuyant de l'expri5ce physiologique et psy*ologique1 aux propositions que n\s avons mises prcdemm5t4 ,l'art dramatique ne peut se s\/raire aux lois qui dom95t notre tre t\t enti]4 ,qu& n\s sommes sollicits la fois p> un plaisir de l'esprit et p> un plaisir des s5s1 n\s ne p\vons n\s dd\bl] et j\ir intgralem5t et galem5t de l'un et de l'autre2 n\s n\s ab&onnons1 celui qui s'impose avec le plus de =ce1 de mme que de deux d\leurs1 la plus =te te9t la plus faible4 ,il y a donc dans l'art ?tral une ju/e balance t5ir1 un tat d'quilibre obs]v]4 ,p\r mont] telle pice1 c'e/ faire acte de gt que de tempr] l'clat de la mise en scne2 p\r mont] telle autre pice1 c'e/ faire acte d'habilet que de dt\rn] l'att5tion du spectateur en agitant un lambeau de p\rpre ses yeux4 ,,*apitre ,,vii ,compt5ce littraire ncessaire un directeur de ?tre4--tablissem5t ?orique des frais gnraux de mise eu scne4--,l'art dramatique exig]ait des vues longue porte4 ,n\s avons jusqu' prs5t insi/ sur ce fait que l'effet reprs5tatif1 obt5u p> la mise en scne1 devait tre inv]sem5t proportionnel la valeur intr9sque de l'oeuvre dramatique4 ,en un mot1 il faut contre-balanc]1 p> l'emploi des arts accessoires1 ce que l'effet direct de la posie sur l'esprit du spectateur s]ait impuissant obt5ir4 ,a9si il arrive assez s\v5t que dans une pice ayant une valeur intr9sque inconte/able1 mais dont les diffr5ts actes ont une puissance dramatique 9gale1 on e/ oblig de masqu] la langueur mom5tane de l'action p> un habile dploiem5t de mise en scne4 ,ce qui dom9e donc t\t d'abord la mise en scne d'une oeuvre dramatique1 c'e/ le jugem5t littraire qu'en porte le directeur *>g des so9s et de la responsabilit de la reprs5tation4 ,un directeur incapable de =mul] un jugem5t sur une pice n'e/ qu'un entrepr5eur de spectacles4 ,en dehors de ce cas1 il e/ clair que l'intrt mme de l'exploitation e/ li la sret de jugem5t du directeur2 c>1 s'il p>vi5t tir] quelque pr(it d'une oeuvre faible au moy5 de quelques dp5ses de mise en scne1 d'un autre ct1 ce s]ait une dp5se p]due et p> l in9tellig5te que de se rs\dre aux mmes frais p\r une pice qui ne l'exig]ait pas4 ,*aque fois qu'on met un tra9 de *em9 de f] en m>*e1 le nombre des wagons que la ma*9e doit tir] e/ calcul sur le nombre prsum des voyageurs2 et le poids du tra9 dt]m9e la =ce que doit produire la ma*9e et p> suite la dp5se qu'occasionn]a la traction4 ,que dirait-on du *ef d'exploitation qui f]ait une gr&e dp5se de combu/ible p\r mettre en m>*e un tra9 t\j\rs compos d'un mme nombre de wagons1 quel que soit le nombre des voyageurs8 ,que dirait-on d'un mcanici5 qui ne saurait pas pr(it] de la dclivit du sol et de la vitesse dt]m9e p> le seul poids du tra9 p\r dim9u] la =ce de traction et p> suite la dp5se de combu/ible8 ,on p\rrait a9si rassembl] un gr& nombre d'exemples ayant t\s un rapport plus ou mo9s pro*a9 avec les devoirs et les proccupations d'un directeur de ?tre4 ,t\s conduirai5t la mme conclusion3 savoir que les frais de mise en scne doiv5t tre en raison inv]se de la valeur propre de l'oeuvre reprs5te4 ,l'idal p\r un directeur1 s]ait de n'avoir mont] que des pices qu'on pt reprs5t] dans un dcor banal4 ,a9si donc1 la direction d'un ?tre exige deux conditions de celui qui assume la responsabilit d'une p>eille entreprise4 ,la premire e/ qu'il soit en tat de port] un jugem5t sur la valeur intr9sque des oeuvres dramatiques2 la seconde1 qu'il ait la sagesse de faire dp5dre les frais de mise en scne du jugem5t qu'il a port4 ,je ne sais si beauc\p de directeurs rempliss5t ces deux conditions4 ,en t\t cas1 ce qu'on voit frquemm5t1 ce sont des pices1 que la critique qualifie d'ineptes1 rapport] de grosses sommes d'arg5t la faveur d'une bl\issante mise en scne4 ,on peut donc croire que les directeurs rempliss5t la seconde condition1 au mo9s *aque fois qu'il ne s'agit que d'exagr] la mise en scne4 ,la premire condition p>at beauc\p plus r>e2 elle exige non seulem5t une compt5ce spciale1 mais encore un labeur quotidi5 et p]svrant1 sans lequel la direction d'un ?tre n'e/ pas trs diffr5te d'une simple p>tie de bacc>at4 ,les directeurs se plaign5t de ne pas r5contr] de *efs-d'oeuvre2 mais ont-ils la consci5ce de faire t\t ce qu'il faut p\r tr\v]1 non des *efs-d'oeuvre qui sont t\j\rs *oses r>es1 mais seulem5t des pices vritablem5t e/imables8 ,malheureusem5t1 la direction d'un ?tre n'e/ trop s\v5t qu'une entreprise f9ancire dont les ga9s doiv5t tre immdiats1 ce qui ne se concilie pas avec des vues longue porte4 ,un directeur avis et prvoyant s]ait celui qui mont]ait une pice1 mme mdiocre1 s'il dev9ait dans son auteur un s5s dramatique capable de produire un *ef-d'oeuvre dans dix ans4 ,faute de cette prvision d'av5ir1 que leur int]dit la ncessit d'un ga9 immdiat1 les directeurs =c5t les auteurs re/] de jeunes auteurs jusqu' soixante ans4 ,c'e/ a9si que les directeurs1 qui se plaign5t1 contribu5t plus que t\t autre la dcad5ce de l'art dramatique et la ru9e de ceux qui leur succd]ont4 ,,*apitre ,,viii ,la mise en scne e/ conditionne p> le nombre probable de spectateurs4--,grossissem5t p> les acteurs des effets reprs5tatifs4--,les actrices mo9s portes exagr] les effets4--,le ,monde o l'on s'ennuie4--,ncessit actuelle de plaire la f\le4--,abaissem5t de l'idal4--,comp5sation4--,utilit et devoir des ?tres subv5tionns4 ,les deux conditions que n\s v5ons d'numr] ne sont pas les seules que doit remplir un directeur de ?tre4 ,une troisime condition indisp5sable e/ la connaissance des milieux3 la mme oeuvre qui russit rue ,ri*elieu ne russira pas b\lev>d du ,temple4 ,cette "q du milieu e/ connexe celle du nombre4 tant donne une oeuvre dramatique d'une c]ta9e valeur intr9sque1 si une mise en scne judicieuse et modre lui fait produire un effet reprs5tatif suffisant p\r tr5te mille p]sonnes1 ce mme effet reprs5tatif s]a insuffisant p\r deux c5t mille4 ,la prvision du nombre possible de spectateurs entre donc dans les calculs pralables d'un directeur4 ,une fois la pice lance1 l'ensemble de la mise en scne n'e/ plus modifiable1 mais il arrive presque t\j\rs que1 lorsqu'une pice re/e longtemps sur l'affi*e1 les acteurs cd5t la t5tation d'exagr] l'effet reprs5tatif de leurs rles2 et ils y sont enc\rags p> les applaudissem5ts du public1 qui devi5t mo9s dlicat1 mesure qu'augm5te le nombre des reprs5tations4 ,mais t\s les rles ne possdant pas un effet reprs5tatif susceptible d'un gal grossissem5t1 et les acteurs cdant 9galem5t la t5tation des applaudissem5ts1 il en rsulte ce fait rem>quable que la pice1 mesure que s'accrot le nombre des reprs5tations1 p]d sa physionomie premire en mme temps que l'quilibre primitif rsultant de l'accord entre sa valeur intr9sque et son effet reprs5tatif4 ,c'e/1 en un mot1 l'oeuvre reprs5te qui p]d cette trans=mation ins5sible2 et si la direction du ?tre y gagne quelque pr(it actuel1 c'e/1 il faut l'av\]1 au dtrim5t de la direction future et de l'art dramatique lui-mme4 ,en gnral1 les hommes se laiss5t all] beauc\p plus facilem5t que les femmes grossir l'effet reprs5tatif de leur rle2 cela ti5t sans d\te ce que les femmes possd5t un plus haut degr la facult d'imitation et d'assimilation1 t&is que les hommes sont p\sss p> une puissance d'agir1 difficile cont5ir1 =c] leurs premi]s effets et en essay] de n\veaux4 ,je cit]ai comme un exemple rem>quable le ,monde o l'on s'ennuie1 qui a t5u l'affi*e p5dant deux c5t c9quante reprs5tations4 ,les hommes se sont visiblem5t fatigus2 les premi]s acteurs ont t remplacs p> d'autres1 qui se sont eux-mmes lasss1 ce dont je suis bi5 lo9 de leur faire un crime2 mais les actrices qui avai5t cr les rles les ont cons]vs sans int]ruption jusqu' la f91 et non seulem5t elles ont rsi/ la t5tation de grossir des effets faciles exagr]1 mais encore elles ont eu le mrite peu commun de n\s cons]v] jusque dans les d]nires reprs5tations la p]fection de jeu et de diction qu'elles avai5t atte9te ds les premires4 ,un directeur att5tif s'ap]oit sans d\te de la t5dance qu'ont les acteurs d'une pice grossir l'effet reprs5tatif de leur rle2 mais1 outre qu'il e/ assez difficile d'enray] un m\vem5t qui ne s'acclre qu'ins5siblem5t1 il faut reconnatre que la rsolution pr5dre dans ces cas-l1 de la "p du directeur1 e/ s\v5t aussi dlicate que difficile et complexe4 ,d'un ct1 c'e/ manqu] ce que l'on doit au gnie d'un pote que de laiss] altr] si peu que ce soit la physionomie de son oeuvre2 d'un autre1 sacrifi] l'effet reprs5tatif1 c'e/ augm5t] l'attrait et la sduction que peut ex]c] une pice et attir] la connaissance et l'e/ime des belles oeuvres un public de plus en plus nombreux4 ,il semble qu'il y ait l une sorte de comp5sation1 bi5 difficile ne pas accept] dans l'tat actuel de la socit franaise4 ,la ,rvolution a bris les b>rires qui sp>ai5t les classes les unes des autres4 ,la ,france e/ auj\rd'hui une dmocratie4 ,les plus humbles veul5t j\ir des mmes plaisirs que les plus =tuns2 aussi1 depuis la f9 du sicle d]ni]1 on peut dire que le public qui suit les reprs5tations dramatiques a presque c5tupl4 ,il faut non seulem5t un plus gr& nombre de ?tres p\r satisfaire t\s ses gts2 mais encore une pice qui1 jadis1 et t arrte de la v+t-c9quime la c9quantime reprs5tation atte9t facilem5t auj\rd'hui la c5time1 la deux-c5time mme et s\v5t aprs un nombre p>eil de reprs5tations n'a puis que mom5tanm5t son succs4 ,la ncessit de plaire la f\le s'impose donc1 mais impose du mme c\p l'art un sacrifice pnible2 c> l'idal s'abaisse s5siblem5t mesure qu'augm5te en nombre le public dont on sollicite les applaudissem5ts4 ,il n'y a relativem5t qu'un petit nombre d'esprits dlicats et cultivs qui soi5t capables de s5tir la beaut svre d'une oeuvre d'art4 ,en revan*e1 en attirant la f\le1 ft-ce au prix de quelques concessions1 en la sollicitant1 p> l'attrait d'un plaisir facile1 gt] son t\r le *>me des belles oeuvres1 on rehausse et on purifie si peu que ce soit son idal4 ,si donc la cime de l'art s'abaisse1 la culture gnrale de l'esprit s't5d1 s'lve mme1 et l encore il y a comp5sation4 ,or1 dans une socit dmocratique1 c'e/ une comp5sation qu'il n'e/ pas p]mis de nglig] et qu'on s]ait mme c\pable de ne pas re*]*]4 ,mais1 si n\s p\vons n\s consol] de l'abaissem5t fatal de l'art p> la comp5sation que n\s tr\vons dans la culture du plus gr& nombre1 c'e/ la condition que n\s ne p]dions pas de vue le sommet auquel il s'e/ lev et v]s lequel il doit t5dre remont]1 p> un autre *em9 peut-tre1 af9 que n\s ayons t\j\rs consci5ce de l'ef=t qu'il n\s faudrait faire p\r l'atte9dre4 ,c'e/ p\rquoi1 s'il e/ p>donnable la plup>t des directeurs de sacrifi] la mo9dre culture du plus gr& nombre1 il e/ du devoir de quelques directeurs privilgis de ma9t5ir1 autant que possible1 l'art dans t\te son intgrit et de rsi/] au dsir de trop flatt] les in/9cts mo9s dlicats d'un public plus nombreux4 ,or1 s'ils rempliss5t ce devoir1 c'e/ la condition de se rsign] une p]te de ga9 possible1 sacrifice qui tr\ve sa comp5sation dans les subv5tions de l'tat4 ,un directeur privilgi et g>anti p> l'tat contre des p]tes trop s5sibles a p\r devoir de ne pas sacrifi] l'art un dsir de ga9 immodr4 ,il doit s'appliqu] mettre en lumire la valeur intr9sque des ouvrages qu'il met en scne2 am5] son po9t de p]fection leur effet reprs5tatif1 sans p]mettre qu'il puisse dt\rn] l'esprit des spectateurs de ce qui doit tre l'objet pr9cipal de son att5tion4 ,il doit1 en outre1 int]dire aux comdi5s de tr\bl] l'h>monie gnrale de l'oeuvre en grossissant trop s5siblem5t l'effet reprs5tatif de leur rle4 ,il doit1 en un mot1 s'ef=c] de mrit] les applaudissem5ts du public1 mais se montr] svre sur les moy5s de les lui arra*]4 ,c'e/ son honneur et sa gloire de mont] p>fois des oeuvres qui ne soi5t susceptibles de plaire qu' un public re/re9t1 mais dlicat et lettr4 ,c> cette lite plus claire1 que t\te nation possde en elle-mme1 e/ de/9e voir peu peu grossir ses rangs p> l'adjonction de ceux qu'lv5t jusqu' elle l'in/ruction et l'ducation de j\r en j\r plus rp&ues4 ,travaill] p\r cette lite1 c'e/ donc travaill] p\r t\s1 c'e/ conspir] contre l'ignorance et le mauvais gt1 en veillant les meilleurs in/9cts de la f\le1 en la conviant la j\issance d'un idal suprieur4 ,malheureusem5t1 le devoir qui incombe un ?tre subv5tionn e/ r>em5t bi5 compris de la f\le4 ,un gr& nombre de spectateurs s'imag95t qu'une subv5tion impose au ?tre qui la reoit la proccupation con/ante d'une mise en scne luxueuse4 ,or1 c'e/ prcism5t t\t le contraire1 comme n\s l'avons fait voir dans ce *apitre4 ,ce qui r5d donc difficile la position d'un directeur subv5tionn1 c'e/ la ncessit de ragir contre ce prjug de la f\le1 sans tre assur que ses int5tions s]ont bi5 comprises1 et qu'on ne blm]a pas t\t ce qui1 dans sa conduite1 mrit]ait prcism5t l'loge4 ,,*apitre ,,ix ,la mise en scne ne doit p> p*] p> dfaut4--,de la cont5tion d'esprit du spectateur4--,la mise en scne ne doit pas propos] l'esprit de coord9ations contradictoires4 ,n\s avons insi/ sur l'accord qui devait rgn] entre l'effet reprs5tatif d'une oeuvre dramatique et sa valeur intr9sque1 et n\s avons surt\t montr que t\t ce qui s'aj\tait inutilem5t cet effet reprs5tatif tait nuisible l'oeuvre elle-mme1 en di/rayant l'esprit de ce qui devait tre sa pr9cipale et quelquefois son unique proccupation4 ,mais il e/ vid5t que1 p\r ralis] cet accord1 s'il convi5t de ne ri5 aj\t] la ju/e mise en scne1 il ne faut pas non plus en ri5 retran*]4 ,de mme que la mise en scne peut p*] p> excs1 elle peut aussi p*] p> dfaut4 ,l'esprit e/ t\j\rs frapp =tem5t p> un contra/e4 ,le dcor1 les co/umes1 les jeux de scne1 la figuration1 doiv5t donc conv5ir au texte potique2 c'e/ ce que jadis on aurait exprim en disant que la mise en scne doit tre dc5te4 ,elle ne le s]ait pas si1 p> exemple1 on j\ait le ,misan?rope dans le mme dcor que les ,femmes savantes2 elle ne l'e/ pas qu& l'aspect de la figuration rpugne l'ide avantageuse qu'en fait natre le texte de la pice4 ,p\r suivre avec pr(it une oeuvre dramatique1 =te et bi5 lie dans t\tes ses p>ties1 il faut une gr&e cont5tion d'esprit1 dont en gnral on n'apprcie pas assez la puissance4 ,on en aura une ide approximative qu& on se s]a r5du compte que l'esprit e/ occup la coord9ation d'un nombre considrable d'impressions auditives1 visuelles et intellectuelles1 dont les lm5ts *ang5t con/amm5t1 se compliqu5t1 se crois5t1 s'aj\t5t ou se retran*5t dans un m\vem5t incessant4 ,il faudrait une longue analyse p\r dcompos] ce travail1 dont on aura une mesure bi5 affaiblie si n\s disons que l'esprit coordonne d'abord1 non seulem5t son tat de consci5ce prs5t1 mais encore ses tats de consci5ce antrieurs1 avec les lieux1 les co/umes et le langage des p]sonnages2 ensuite qu'il coordonne entre eux les m\vem5ts1 les attitudes1 les ge/es1 la physionomie1 les reg>ds1 les mots1 les phrases1 la hauteur des sons1 leurs relations1 leur int5sit1 le ry?me1 et enf9 les ides1 qui se drob5t s\s une f\le d'images1 faibles ou vives1 s\v5t lo9ta9es1 et qu'il calcule encore leurs rapports avec t\te la succession des faits c\ls et des faits possibles1 etc4 ,il faut l'esprit1 p\r suffire cette coord9ation presque incomm5surable1 un influx con/ant de =ce n]veuse dont ri5 ne doit v5ir tr\bl] ou dt\rn] le c\rs4 ,on doit donc se g>d] de s\mettre l'esprit des coord9ations contradictoires4 ,c'e/ bi5 assez qu'il ait rs\dre les contradictions qui rsult5t du jeu ou de la diction imp>faite des acteurs1 ou de tant d'autres causes qui provi5n5t s\v5t1 du pote lui-mme4 ,il faut vit] les contradictions qui p\rrai5t natre de la mise en scne1 telles que les dtails du dcor qui ne rpondrai5t aucune des circon/ances du pome2 les co/umes qui ne convi5drai5t pas la condition des p]sonnages ou leur situation actuelle1 le dsaccord entre la figuration et les exig5ces du drame4 ,il suffit s\v5t d'une nglig5ce de dtail1 telle p> exemple que le m\vem5t intempe/if d'un figurant au milieu d'une scne pa?tique1 p\r dt\rn] le c\rs de l'influx n]veux1 que l'esprit emploie immdiatem5t des coord9ations t\t fait trangres l'oeuvre reprs5te s\s nos yeux1 ou p\r que cette =ce n]veuse se dissipe brusquem5t en se jetant sur les muscles du rire4 ,les contra/es qui ne rsult5t ni de l'action ni des pripties du drame sont au nombre des causes les plus puissantes qui dt\rn5t fatalem5t l'att5tion du spectateur4 ,n\s n\s en ti5drons ces considrations gnrales1 en vitant d'entr] dans les dtails d'une analyse qui n\s entran]ait trop lo91 sans beauc\p de pr(it4 ,ce que n\s avons dit suffit p\r dmontr] que la mise en scne ne doit jamais contr$ire le texte potique ou l'ide qu'on peut se faire des lieux1 de l'poque1 des co/umes1 de l'attitude et du langage des p]sonnages4 ,,*apitre ,x ,de la p]spective ?trale4--,contradiction du p]sonnage huma9 avec la p]spective des dcors4--,prcautions pr5dre p> le dcorateur et p> le metteur en scne4 ,il peut tre utile de comp>] l'art de la pe9ture l'art de la dcoration ?trale1 en se t5ant un po9t de vue gnral et en laissant de ct t\te explication ma?matique4 ,la p]spective d'un tableau se rapporte un unique plan v]tical4 ,il n'en e/ pas de mme sur un ?tre1 o les acteurs se meuv5t sur un plan suppos horizontal1 t]m9 p> un plan v]tical qui =me le dcor du fond4 ,en ralit1 le plan sur lequel m>*5t les acteurs e/ incl9 et =me approximativem5t un angle de trois degrs avec le plan horizontal4 ,le b de cette incl9aison e/ de faire fuir la p]spective plus vite que dans la nature et de faire p>atre a9si la scne plus pr(onde qu'elle ne l'e/ vritablem5t4 ,on rappro*e a9si les acteurs de l'avant-scne et on vite que la voix aille se p]dre dans le c9tre et dans les dess\s1 ce qui arriv]ait 9vitablem5t si on j\ait sur des scnes pr(ondes4 ,la p]spective d'un dcor doit tre considre comme rationnelle1 p> rapport du mo9s une range de spectateurs4 ,qu& l'acteur e/ sur l'avant-scne il e/ son plan2 mais mesure qu'il s'avance v]s le fond de la scne1 il monte1 et1 p> consqu5t1 lo9 de dim9u] dans la proportion exige p> la p]spective du dcor1 il semble au contraire gr&ir et n'e/ plus en rapport avec les objets dont les dim5sions sont calcules d'aprs le plan qu'ils occup5t dans la p]spective fuyante de la scne4 ,c'e/ un contra/e qu'on ne peut entirem5t vit]1 mais qu'il ne faut pas re*]*] de p>ti pris4 ,aussi la mise en scne1 qui se rappro*e un peu p> l de l'art du bas-relief1 doit autant que possible ma9t5ir les acteurs sur les premi]s plans et ne pas laiss] les jeux de scne1 surt\t ceux auxquels p>ticip5t les p]sonnages pr9cipaux1 se prolong] inutilem5t le long et prs de la toile du fond4 ,en rsum1 il y a contradiction entre la p]spective trompeuse du dcor et la p]spective vritable laquelle se s\met naturellem5t l'acteur4 ,celui-ci1 en p>c\rant la scne dans le s5s de la pr(ondeur1 dtruit donc t\j\rs plus ou mo9s l'illusion habilem5t produite p> le dcor4 ,dans un tableau1 cette contradiction s]ait absolum5t *oquante et con/itu]ait une faute grossire4 ,au ?tre1 des considrations de premi] ordre font pass] p>-dessus cette anomalie4 ,le spectateur l'accepte1 et qu& le p]sonnage en scne captive son att5tion1 il ap]oit vaguem5t l'incohr5ce ma?matique qu'il y a entre la dcoration et les p]sonnages1 mais il conc5tre ses reg>ds sur ceux-ci et n'accorde qu'une importance secondaire au milieu fictif qui les ent\re4 ,t\tefois1 on conoit que1 dans la mesure du possible1 il soit ncessaire d'attnu] la disproportion qui exi/e entre les acteurs et les objets figurs4 ,il ressort de l que le dcorateur doit vit] dans les d]ni]s plans la reprs5tation d'objets dim5sions dt]m9es1 attirant1 d'une manire trop spciale l'oeil du spectateur2 c> il peut arriv] un mom5t o cet objet se tr\ve en ralit sur le mme plan qu'un des acteurs1 bi5 qu'il soit c5s app>t5ir un plan beauc\p plus loign1 effet de contra/e qui s\mettrait l'esprit une coord9ation contradictoire4 ,c'e/ l d'ailleurs1 empressons-n\s de l'aj\t]1 un de ces dtails te*niques qui ne sont de la compt5ce ni de la direction1 ni du metteur en scne2 ils r5tr5t dans l'art spcial du dcorateur1 ex]c en gnral p> des p]specteurs trs habiles1 qui us5t de diffr5ts procds p\r masqu] les contacts entre les p]sonnages et les dcors trop lo9ta9s4 ,t\tefois1 comme cet art prs5te des difficults quelquefois insurmontables1 il e/ ncessaire que le metteur en scne aide le dcorateur vit] l'oeil du spectateur la ncessit d'une coord9ation impossible4 ,dans les cas o cette conjonction de p]spectives se produit1 on rem>qu]a combi5 l'acteur1 t\t en se tr\vant dmesurm5t gr&i1 p]d en importance dramatique4 ,l'illusion qui n\s faisait voir en lui un p]sonnage du drame1 faisant corps avec le milieu figur1 cr p> le pote et le dcorateur1 s'van\it en un in/ant1 et n\s n'avons plus devant les yeux qu'une m>ionnette trop gr&e1 se prom5ant dans un ?tre d'enfant4 ,t\s les spectateurs ont s\v5t rem>qu combi5 e/ maigre l'effet reprs5tatif d'objets qui1 app>t5ant c5sm5t l'un des plans reprs5ts en pe9ture sur la toile de fond1 sembl5t s'en dta*] et vi5n5t j\] un rle sur le plan horizontal de la scne4 ,je cit]ai surt\t les navires dont les proportions sont t\j\rs ridicules p> rapport aux p]sonnages qui s'appro*5t d'eux4 ,ce sont l de ces contradictions scniques qu'on doit considr] comme absolum5t mauvaises3 c'e/ de l'art incohr5t4 ,de mme sont les *evaux qui entr5t sur la scne en longeant la toile de fond2 ils font l'effet grotesque d'animaux dmesurs4 ,d'ailleurs1 p\r d'autres raisons qui ti5n5t l'ess5ce mme de l'art dramatique1 l'exhibition d'animaux quelconques sur la scne e/ absolum5t anti>ti/ique4 ,les conditions sci5tifiques de la mise en scne et de la dcoration n'admett5t donc pas t\tes les possibilits relles2 comme t\s les arts1 c'e/ un art qui a ses limites4 ,s\v5t un ?tre se met en gr&s frais p\r retomb] dans un art absolum5t enfant91 o se c\doi5t le rel et l'imag9aire4 ,en se plaant un po9t de vue littraire1 on peut dire que1 ds que le pote1 p> ses inv5tions drgles1 impose une mise en scne inconciliable avec les lois p\rtant complaisantes de la p]spective ?trale1 il fait oeuvre de pote pique1 p\r lequel la di/ance n'exi/e pas1 et non de pote dramatique1 qui doit se r5f]m] dans le lieu immdiat de l'action4 ,,*apitre ,,xi ,la dcoration doit avoir une valeur gnrale et non p>ticulire un mom5t dt]m94--,modration dans l'emploi des moy5s accessoires4 ,la comp>aison entre la pe9ture et la dcoration ?trale peut encore n\s suggr] quelques rflexions importantes4 ,un tableau ne reprs5te jamais qu'un mom5t d'une action1 t&is que la mise en scne doit s'adapt] des mom5ts successifs4 ,mais1 p\r un mme mom5t1 le pe9tre et le dcorateur ne peuv5t de la mme manire associ] la nature des actes huma9s4 ,le premi] peut saisir la nature dans un m\vem5t qui ne s'a*ve pas1 t&is que le dcorateur s]a oblig d'a*ev] le m\vem5t1 ce qui e/ incompatible avec l'immobilit dcorative4 ,a9si le ,titi51 dans un de ses plus beaux tableaux1 auj\rd'hui dtruit p> un inc5die1 a reprs5t un arbre tordu p> le v5t et aux pi$s duquel un dom9ica9 succombe s\s le poign>d d'un assass94 ,le pe9tre a a9si associ une t\rm5te de la nature un acte crim9el4 ,la reprs5tation n'en s]ait pas possible au ?tre p> les mmes moy5s2 c> la nature y e/ immobile et le v5t n'y c\rbe pas les arbres4 ,c'e/ p> le sifflem5t du v5t et le bruit du tonn]re que le metteur en scne arriv]ait produire un effet analogue4 ,l'effet obt5u1 qu'augm5t]ait encore l'assombrissem5t du j\r et le m\vem5t des nuages sur le disque lunaire1 obt5u p> l'lectricit1 dpass]ait peut-tre en int5sit d'impression l'effet obt5u p> le pe9tre2 mais1 qu'on le rem>que1 il s]ait produit p> un app>eil trang] la scne4 ,les arbres de la dcoration1 quelque =t que soit le sifflem5t du v5t1 ne re/]ont pas mo9s immobiles1 et que ce soit avant1 p5dant ou aprs la tempte1 ils s]ont t\j\rs id5tiques1 eux-mmes4 ,aussi1 comme la dcoration ne peut v>i] ses effets selon les mom5ts successifs d'une action1 elle doit tre1 soit dans le m\vem5t1 soit dans le ton des *oses inanimes1 en relation gnrale avec l'action et non en relation spciale avec un des mom5ts p>ticuli]s de cette action4 ,un dcorateur qui v\drait associ] sa toile avec un in/ant unique ex]c]ait une impression prv5tive et dtruirait p> avance l'effet qu'il aurait v\lu obt5ir2 et si l'effet p]si/ait aprs l'a*vem5t de l'acte associ1 il r$evi5drait contradictoire comme il l'tait antrieurem5t au mom5t *oisi4 ,c'e/ donc une impression gnrale que doit s'atta*] produire le dcorateur2 et cette loi n'e/ pas sans crer des obligations semblables au metteur en scne4 ,celui-ci sans d\te peut son gr d*an] le v5t et le tonn]re2 il a s\s la ma91 dans son magas9 d'accessoires1 l'outre d'ole et le f\dre de ,jupit]2 mais1 p\r peu qu'il ait consci5ce des conditions p>ticulires de son art1 il se g>d]a bi5 d'abus] de p>eils effets4 ,outre qu'il s]ait absurde de c\vrir la voix de l'acteur1 il sait qu'il ne produira d'illusion que p5dant un temps relativem5t c\rt1 la condition qu'il ne f]a que dt]m9] *ez le spectateur une s5sation rapide1 de/9e s'associ] l'action1 et qu'il ne dt\rn]a pas l'att5tion de celui-ci sur ses imitations approximatives des phnomnes de la nature4 ,qu& bi5 mme d'ailleurs celles-ci s]ai5t p>faites1 leur p]si/ance =c]ait l'esprit du spectateur une coord9ation t\t fait contradictoire1 l'immobilit de l'air et de la nature pe9te s'associant =t mal au grondem5t p]ptuel de la f\dre et au bruit in9t]rompu du v5t4 ,il e/ t\j\rs maladroit de rappel] au spectateur1 qu& le pa?tique du drame le lui fait oubli]1 la contradiction et l'impuissance de la mise en scne4 ,t\t e/ faux dans la nature pe9te qui enveloppe les acteurs2 il e/ donc inutile de faire ressortir ce dfaut inhr5t aux reprs5tations ?trales1 t&is que t\t e/ vrai1 absolum5t vrai1 ou doit le p>atre1 dans les passions qui anim5t les p]sonnages du drame4 ,la mise en scne doit donc respect] la vrit dramatique1 la laiss] se produire dans t\te son intgrit et ne pas maladroitem5t dtruire le c\rant sympa?ique qui va de l'me du spectateur ceux des p]sonnages du drame4 ,l'art du metteur en scne dem&e beauc\p plus de prcaution que d'audace4 ,il doit mettre t\s ses so9s ne dirig] sur les yeux att5tifs des spectateurs que des faisceaux d'impressions visuelles ncessaires1 et surt\t te9dre ou attnu] les rayons trop brillants4 ,p> cette h>monie1 dans laquelle il ma9ti5t t\t l'app>eil objectif de la scne1 il se rappro*e du pe9tre qui n'obti5t un effet rellem5t puissant qu'en sa*ant se dcid] une f\le de sacrifices ncessaires4 ,,*apitre ,,xii ,la mise en scne e/ conditionne p> la logique de l'esprit4--,de la dcoration pe9te et du matriel figuratif4--,leurs relations avec le drame4--,leur action diffr5te sur l'esprit du spectateur4 ,en pe9ture1 l'art de la composition e/ en gr&e p>tie fond sur l'association des ides et sur la logique de l'esprit4 ,socrate1 assis sur un lit1 s'entreti5t avec ses disciples2 t\t en p>lant1 il t5d la ma9 v]s une c\pe que lui prs5te le s]viteur des ,onze3 ce tableau reprs5te la mort de ,socrate4 ,l'esprit du spectateur a*ve le m\vem5t comm5c de ,socrate2 et le sujet a9si prs5t e/ beauc\p plus dramatique p>ce que la mort1 au lieu d'tre un fait accompli1 e/ in/ante1 et que l'att5te tragique agit t]nellem5t sur l'me du spectateur4 ,il en e/ de mme de la mort de ,jane ,grey4 ,l'esprit a*ve le m\vem5t de la victime1 qui1 les yeux b&s t5d la ma9 v]s le billot1 t&is que le b\rreau se ti5t ct1 appuy sur sa ha*e4 ,le spectateur s\ffre de l'angoisse des d]ni]s in/ants1 plus t]ribles que la mort elle-mme4 ,la composition de ces tableaux e/ donc fonde sur la fatalit de l'vnem5t2 et t\s deux1 p> suite de la logique rig\reuse de l'esprit1 reprs5t5t la mort de ,socrate et celle de ,jane ,grey aussi srem5t que si les cadavres des deux victimes tai5t tals nos yeux4 ,cette loi1 qui ouvre un *amp fcond l'imag9ation du pe9tre1 dom9e l'art de la mise en scne4 ,s\s aucun prtexte il n'e/ p]mis de s'y s\/raire4 ,en pe9ture1 qu&-il ne s'agit pas d'un vnem5t hi/orique1 et que la ncessit d'une f9 ne s'impose pas1 le pe9tre *oisit s\v5t les attitudes et les ge/es de ses p]sonnages p\r le *>me et le pittoresque de leur m\vem5t1 et non p\r dt]m9] l'esprit envisag] un vnem5t subsqu5t1 dont la possibilit n'e/ pas en cause4 ,la pe9ture se r5f]me alors dans une pure actualit2 et l'oeil e/ ici le seul juge compt5t1 c> c'e/ lui procur] un plaisir spcial et sans mlange que le gnie du pe9tre conspire4 ,dans la mise en scne1 il n'en e/ pas de mme3 l1 ri5 n'e/ susp5du1 t\t se prcipite irrvocablem5t sa f92 les mom5ts se succd5t ncessairem5t1 et l'esprit1 p> le d\ble moy5 de la dduction et de l'induction1 devance l'action mme dans la voie o elle s'avance v]s un dn\em5t fatal4 ,t&is que l'oeil du spectateur enveloppe la scne1 int]roge t\s les objets tmo9s de l'action qui va se dr\l]1 scrute jusqu'au mo9dre dtail de la dcoration1 suit les p]sonnages dans leurs m\vem5ts1 dans leurs attitudes1 dans leurs ge/es1 son oreille e/ susp5due aux lvres des acteurs1 analyse t\tes les impressions sonores qu'elle reoit2 et ces deux organes f\rniss5t incessamm5t l'esprit les lm5ts qu'il va successivem5t coordonn] avec les faits a9si qu'avec les c>actres et les passions des p]sonnages4 ,l'auteur et le metteur en scne ne doiv5t jamais oubli] que1 depuis le mom5t o le rideau se lve1 jusqu' celui o il retombe1 ils vont se tr\v] aux prises avec la logique inexorable de l'esprit4 ,cette ncessit 9luctable de ne pas bless] la raison du spectateur1 de ne pas l'induire de faux jugem5ts1 de ne pas l'g>] sur de fausses pi/es1 a fait imag9] de class] t\t ce qui1 en dehors des acteurs1 se rapporte la mise en scne du drame en deux catgories di/9ctes1 la premire fe9te et immobile1 la seconde relle et mobile4 ,t\t ce qui doit faire p>tie de la premire catgorie e/ pe9t et fait corps avec les panneaux dcoratifs et avec la toile du fond2 t\t ce qui doit tre compris dans la seconde1 pr5d place en ralit sur la scne et compose le matriel figuratif4 ,les objets de mise en scne de la premire catgorie n'ont qu'un rapport gnral avec l'action1 t&is que ceux de la seconde ont avec elle un rapport p>ticuli]1 plus ou mo9s troit4 ,c'e/ cette diffr5ce qui t\t d'abord frappe l'esprit du spectateur ds que la toile se lve et avant mme que l'action comm5ce4 ,t\t ce que son oeil juge pe9t et sans ralit n'a qu'une influ5ce gnrale et faible sur son esprit2 il ne lui accorde1 avec raison1 qu'une att5tion de surface4 ,il n'y a l ri5 de plus que la con/atation du milieu o va se dr\l] la suite des vnem5ts4 ,t\s les objets qui font corps avec la dcoration ne sont que des c>actri/iques de ce milieu1 et le spectateur n'e/ pas entran *]*] une relation1 qu'il sait devoir tre impossible1 entre ces objets sans ralit et un mom5t quelconque de l'action4 ,si1 p> exemple1 une porte e/ pe9te sur un des panneaux1 le spectateur sait bi5 que p]sonne ne la p\ss]a4 ,mais1 au contraire1 t\t ce que son oeil juge rel et voit dta* de la dcoration veille son att5tion1 et il dev9e un rapport p>ticuli] entre tel ou tel objet et l'action du drame4 ,ce s]a un secrtaire1 une biblio?que1 une table *>ge de papi]s ou un trophe d'armes1 dont la vue dt]m9e dans l'esprit soit une possibilit1 soit une probabilit4 ,le spectateur se tr\ve a9si prp> telle volution du drame1 tel acte tragique d'un p]sonnage1 tel dn\em5t4 ,le drame comm5ce donc p> une ent5te tacite entre le spectateur et le pote2 celui-ci e/ c]ta9 qu'au mom5t v\lu l'esprit du public pr5dra telle direction1 appell]a et p> suite accept]a telle priptie qui1 sans cette sorte de complicit pralable1 aurait peut-tre p>u inutile ou contraire la logique1 et qui1 en t\t cas1 un mom5t inopportun1 aurait compliqu l'action d'un lm5t n\veau et di/rait l'att5tion du public en exigeant de lui une coord9ation immdiate et inatt5due4 ,au surplus1 je f]ai rem>qu] que dans t\t ce qui prcde il ne s'agit nullem5t de conv5tions e/htiques plus ou mo9s fondes4 ,la mise en scne e/ conditionne p> la logique de l'esprit1 qui e/ exactem5t la mme au ?tre que dans la vie relle4 ,supposez1 p> exemple1 qu'une viol5te qu]elle1 s'lve entre deux hommes irascibles et que v\s eu soyez les tmo9s1 ne frmirez-v\s pas si v\s ap]cevez un c\teau plac sur une table porte de ces deux hommes8 ,eh bi51 le spectateur e/ un tmo9 qui calcule les consqu5ces fatales d'un fait2 et que ce soit au ?tre ou dans la vie relle1 la vue du c\teau dt]m9]a la mme motion1 qui dans les deux cas s]a id5tique1 en qualit s9on en quantit4 ,concluons donc que les conditions de la mise en scne ne sont pas s\mises aux vues plus ou mo9s arbitraires d'une cole1 mais dp5d5t uniquem5t des lois mmes de l'esprit huma94 ,,*apitre ,,xiii ,de la f9 ncessaire des objets composant le matriel figuratif4--,le ,misan?rope et les ,femmes savantes4--,le has>d n'e/ pas un ressort dramatique4 ,n\s p\vons tir] quelques conclusions des ides exposes dans le *apitre prcd5t4 ,puisque le dcor ne doit avoir qu'une influ5ce gnrale sur l'esprit du spectateur1 il e/ ncessaire qu'il soit trait avec une gr&e modration de tons et une gr&e simplicit de dtails2 il ne doit pas trop attir] les yeux1 et1 si ceux-ci s'y repos5t1 il ne doit leur prs5t] aucun trait susceptible de produire sur l'esprit une excitation spciale4 ,quant aux objets reprs5ts1 qui p> leur nature aurai5t pu faire p>tie du matriel figuratif1 il e/ important qu'ils soi5t pe9ts l>gem5t1 sans aucune re*]*e du trompe-l'oeil4 ,agir autrem5t s]ait une gr&e faute2 c>1 puisqu'on a jug que tel objet1 inutile l'action1 ne devait pas figur] en ralit sur la scne1 il ne faut pas donn] cet objet pe9t la valeur de l'objet rel4 ,il e/ pe9e beso9 de signal] le cas o un objet figurant rellem5t doit avoir un p5dant similaire3 il e/ clair que ce p5dant doit tre rel et non pe9t4 ,dans un cab9et de travail1 gau*e et droite de la porte du milieu1 sont places deux biblio?ques2 il faut de t\te vid5ce qu'elles soi5t pe9tes t\tes deux1 ou que1 si l'une e/ utile l'action1 elles soi5t t\tes deux relles4 ,il e/ inutile d'insi/] sur d'aussi simples dtails4 ,si les dtails du dcor ne doiv5t pas affect] outre mesure l'esprit du spectateur1 on conoit combi51 p> contra/e1 le matriel figuratif pr5dra d'importance aux yeux du public et s'impos]a son att5tion4 ,a9si1 p> le seul effet de cette d\ble loi1 le pote agit d'une faon c]ta9e sur la direction de nos p5ses4 ,en faisant app>atre c]ta9s objets nos yeux1 il n\s prp>e tacitem5t une volution du drame4 ,puisque n\s avons dit que le matriel figuratif1 avait un rapport p>ticuli] avec l'action1 il suit de l qu'aucun des objets rels qui le compos5t ne peut tre indiffr5t4 ,c'e/ donc une loi absolue de la mise en scne qu'aucun objet rel1 prde/9 p> sa nature ou p> sa place attir] l'att5tion du spectateur1 ne peut tre mis s\s nos yeux mo9s qu'il n'ait un rapport c]ta9 avec la m>*e du drame4 ,*acun d'eux j\e donc un rle1 plus ou mo9s important1 et un mom5t donn aide au dveloppem5t du drame et s\v5t conc\rt une de ses volutions4 ,dans ,t>tufe1 la table c\v]te d'un tapis et s\s laquelle se ca*e ,orgon remplit un rle de premi] ordre4 ,la vue d'une table sur la scne e/ donc lo9 d'tre indiffr5te1 et on peut en dire autant de t\t le matriel figuratif4 ,naturellem5t1 il y a t\j\rs un c]ta9 nombre d'objets rels qui peuv5t figur] dans la dcoration sans attir] notre att5tion4 ,p> exemple1 si la mise en scne comporte une *em9e1 on y jo9dra une g>niture1 p5dule1 vases1 flambeaux1 etc41 sans que cela tire consqu5ce1 puisque cela =me p\r l'oeil un ensemble auquel il e/ habitu4 ,d'ailleurs1 il e/ clair que c]ta9s objets sont plus c>actri/iques que d'autres4 ,il e/ inutile d'insi/]3 il y a dans t\s les arts des rgles de dtail qui ne relv5t que du bon s5s4 ,en outre1 l'app>ition d'objets1 mme c>actri/iques1 p]d de son importance si elle se ratta*e une m?ode gnrale de mise en scne1 et si l'amplification porte sur t\t l'ensemble du matriel figuratif4 ,dans la vie1 les objets n'ont qu'une importance cont+5te2 dans une oeuvre dramatique1 ils sont lis d'une faon ncessaire l'action qui va se dvelopp] s\s nos yeux4 ,dans un salon1 p> exemple1 o une femme reoit c]ta9 j\r des visites1 le nombre de siges =mant c]cle aut\r de la *em9e e/ inv>iable et en gnral suprieur au nombre de p]sonnes prs5tes4 ,un pe9tre1 *oisissant une scne de visites p\r sujet d'un tableau de g5re1 s]a naturellem5t vrai en reproduisant la ralit1 et il ne vi5dra l'esprit d'aucun spectateur du tableau de comp>] le nombre des visiteurs celui des siges4 ,c'e/ qu'en effet la suite de cette scne a la cont+5ce de la vie3 il p\rra v5ir d'autres visiteurs1 comme il p\rra n'en pas v5ir4 ,dans cette oeuvre d'art1 la reprs5tation e/ elle-mme sa propre f94 ,l'esprit n'e/ sollicit en ri5 *]*] un rapport entre cette scne et une scne subsqu5te qui ne vi5dra jamais4 ,transportons-n\s dans le salon de ,climne au deuxime acte du ,misan?rope4 ,lorsque ,basque avance des siges sur l'ordre de sa matresse1 il p\rrait lui arriv]1 sur le ?tre comme dans la vie relle1 d'appro*] un nombre de siges suprieur celui des p]sonnages4 ,supposez que cela se produist sur la scne1 et imag9ez qu'au milieu d'liante1 de ,phil9te1 d',aca/e1 de ,clit&re1 d',alce/e et de ,climne1 t\s assis1 il re/t un sige vide3 quelle importance ce dtail ne pr5drait-il pas aux yeux des spectateurs6 ,ce sige vide intrigu]ait le public et di/rairait l'esprit d'une des plus belles scnes de l'ouvrage1 c> il s]ait l comme un sige d'att5te et sembl]ait annonc] un n\veau p]sonnage1 et p> suite une priptie que notre esprit s]ait du de ne po9t voir se produire4 ,cette obs]vation p\rra p>atre subtile4 ,p\r compr5dre t\te son importance1 il n\s suffira de n\s report] la mise en scne des ,femmes savantes4 ,a la seconde scne de l'acte ,,iii1 lorsque le valet appro*e les siges sur lesquels pr5n5t place ,h5riette1 ,philam9te1 ,trissot91 ,blise et ,arm&e1 il dispose1 sur le premi] plan1 six siges1 dont c9q seulem5t sont occups p> les p]sonnages en scne1 t&is que le sixime re/e vide4 ,voil bi5 ce sige d'att5te dont n\s p>lions2 or1 ici1 il annonce une scne subsqu5te dont le public e/ a9si av]ti1 qu'il att5d1 et qui se produira en effet4 ,p5dant t\t le temps que dure la scne o ,trissot9 lit ses v]s1 ce sige vide e/ un tmo9 muet2 sa prs5ce e/ dj une prote/ation contre les m*ants v]s de ,trissot91 et le public se dit qu'il annonce ncessairem5t un autre p]sonnage qui v5g]a le bon s5s outrag4 ,et ce v5geur1 en effet1 c'e/ un autre pdant1 ,vadius1 qui1 t\t pdant qu'il e/ lui-mme1 f]a ent5dre ,trissot9 de dures1 mais ju/es vrits4 ,on voit p> cet exemple comm5t la mise en scne conspire l'volution de l'action dramatique1 en fondant ses dispositions quelquefois les plus simples sur la logique rig\reuse qui rgit l'esprit du spectateur4 ,il n'e/ pas jusqu'aux objets non visibles qu'il soit p]mis de produire sans prp>ation et sans prcaution4 ,t\s les j\rs1 n\s croisons dans la rue des p]sonnes qui port5t un revolv] sur elles et auxquelles il p\rrait arriv] d'tre en situation de le tir] de leur po*e4 ,sur la scne1 un p]sonnage ne peut impunm5t tir] l'improvi/e un revolv] de sa po*e2 il faut1 ou que le public soit av]ti de la prs5ce d'une arme dans la po*e de tel p]sonnage1 ou que t\t au mo9s il soit prdispos voir cette arme app>atre4 ,il ne s]ait pas non plus p]mis un p]sonnage de p>l] d'un pi/olet qu'il porte sur lui1 l'occasion mme s]ait-elle naturelle1 si cette arme ne devait po9t j\] un rle subsqu5t4 ,mais ces deux d]ni]s exemples ont trait aux fautes de mise en scne qui peuv5t tre commises1 non p> la direction du ?tre1 mais p> l'auteur lui-mme4 ,le has>d1 en rsum1 ne peut jamais tre un ressort dramatique1 et la raison en e/ simple3 le mot has>d et le mot art s'exclu5t mutuellem5t1 le premi] impliquant une r5contre =tuite1 le second un arrangem5t pralable4 ,si donc1 p> impossible1 le has>d montait sur la scne1 l'art en desc5drait4 ,il n'y a pas l une "q d'apprciation que des coles opposes puiss5t rs\dre diffremm5t4 ,la signification exacte du mot art entrane ncessairem5t l'ide que n\s devons n\s faire d'une oeuvre arti/ique1 dont t\tes les p>ties doiv5t tre articules1 et dont le mo9dre objet doit tre un article ncessaire4 ,si des p]sonnes p5sai5t diffremm5t1 il faudrait1 au pralable1 qu'elles *]*ass5t d'autres mots qui correspondiss5t leurs manires de voir4 ,au ?tre1 t\te priptie doit avoir t antrieurem5t l'tat de possibilit1 et dans les dn\em5ts1 p> exemple1 le gr& art consi/e surpr5dre le spectateur p> un trait ou un acte f9al1 qu'il a la satisfaction de dduire immdiatem5t ou du c>actre du p]sonnage tel qu'il a t expos1 ou d'une situation antrieure1 opration m5tale rapide comme l'clair et qui e/ l'pan\issem5t du plaisir e/htique4 ,,*apitre ,,xiv ,de la s5sualit et de l'individualit dans le gt actuel4--,drogations aux pr9cipes4--,rapports de la mise en scne avec le milieu ?tral4--,c>actre d'un ?tre1 de son rp]toire et du public qui le frqu5te4 ,les pr9cipes que n\s v5ons d'expos] dom95t l'art de la mise en scne et ne sont pas impunm5t viols en ce qu'ils ont d'ess5tiel4 ,cep5dant1 on ne peut ni] que notre poque n'ait une t5dance en attnu] la rigueur4 ,n\s incl9ons1 ce qu'il semble1 gt] les arts p> leurs cts s5suali/es1 et n\s apportons au ?tre cette t5dance qui n\s prdispose t5ir un gr& compte du plaisir de nos yeux dans le *>me qu'ex]c5t sur n\s les ouvrages dramatiques4 ,en outre1 dans la vie mod]ne1 l'individualit des gts suppose un rapport plus troit entre le sujet et les objets qui l'ent\r5t1 et cre en quelque sorte p\r *aque homme un milieu individuel dont n\s ne p\vons l'ab/raire absolum5t4 ,en pe9ture1 on se proccupe ju/e titre de la coloration et de l'int5sit des reflets2 il en s]a de mme au ?tre1 et puisque notre t\rnure d'esprit elle-mme se reflte sur les objets dont n\s meublons notre vie1 l'auteur et le metteur en scne devront s'atta*] satisfaire la prdisposition qu'ont les spectateurs mod]nes *]*] dans les objets le reflet des qualits morales ou intellectuelles du sujet4 ,les ?tres sont donc am5s presque fatalem5t1 p\r ces div]ses raisons1 apport] la mise en scne des so9s de plus en plus m9utieux1 et desc5dre du gnral au p>ticuli] dans la reprs5tation de la ralit4 ,en outre1 ils ont d obir la ncessit d'augm5t] l'effet reprs5tatif des pices qu'ils remont5t ou qu'ils expos5t p\r la premire fois devant les yeux du public4 ,il e/ donc intressant d'exam9] dans quelle mesure les pr9cipes peuv5t s'infl*ir et s'accommod] notre gt actuel4 ,aprs avoir tudi les pr9cipes de la mise en scne en ce qu'ils ont d'absolu1 il n\s faut donc les tudi] dans ce qu'ils ont de relatif4 ,n\s allons pass] en revue le plus rapidem5t possible les modifications dont e/ susceptible la mise en scne1 selon qu'on l'tudi dans ses rapports soit avec le milieu ?tral1 soit avec le milieu dramatique1 soit avec le milieu social4 ,occupons-n\s d'abord du milieu ?tral4 ,il e/ c]ta9 que n\s n'allons pas la ,comdie-,franaise1 l',ambigu ou au ,*telet dans les mmes dispositions d'esprit1 et que selon le milieu ?tral n\s incl9ons re*]*] tantt un plaisir o l'esprit aura la plus gr&e "p1 tantt un plaisir plus ou mo9s =tem5t imprgn de s5sualisme4 ,dans le premi] cas1 n\s s]ons mo9s exposs subir l'influ5ce de nos yeux1 et l'att5tion de notre esprit s]a une =ce subjective trs rsi/ante t\tes les causes objectives de di/raction1 t&is que dans le second notre esprit1 mobile et flottant1 ouv]t aux impressions du dehors1 s]a dispos se laiss] sduire p> le *>me des images optiques4 ,en outre1 le *oix mme du ?tre a t ord9airem5t dt]m9 p> le c>actre p>ticuli] de son rp]toire habituel4 ,n\s savons qu'en gnral ici la crise dramatique clat]a p> suite du conflit probable de passions plus ou mo9s =tes ou p> suite du *oc 9vitable de c>actres dissemblables2 t&is que l l'intrt p\rra natre du conc\rs des vnem5ts et de l'influ5ce qu'ex]c]a sur eux1 comme dans la vie relle1 la cont+5ce 9vitable des *oses4 ,dans le premi] cas1 le monde intrieur de l'me n\s enveloppe en quelque sorte t\t enti] et n\s protge contre t\te influ5ce trangre2 dans le second1 le monde extrieur n\s sollicite avec l'extrme div]sit des s5sations qui n\s att5d5t de t\s les cts4 ,donc1 ici1 la ,comdie-,franaise1 p> exemple1 un peu d'excs dans la mise en scne ne modifi]a pas s5siblem5t le c>actre gnral qu'elle doit cons]v]1 et n\s ne s]ons pas t5ts de scrut] les rapports spciaux que le matriel figuratif1 un peu trop amplifi1 p\rrait avoir avec la m>*e du drame1 t&is que l1 au ,*telet p> exemple1 *acun des dtails du matriel figuratif n\s attir]a p> le rapport probable que n\s le s\ponn]ons d'avoir avec la suite du drame4 ,a9si1 la ,comdie-,franaise1 tel meuble1 inutile l'action1 ne s]a priori qu'un tmoignage de con=table ou de somptuosit1 t&is qu'au ,*telet1 n\s s]ons t5ts1 priori1 de reg>d] ce mme meuble comme indisp5sable l'action ou mme comme une bote surprise possible4 ,donc1 suivant le milieu ?tral1 des effets de mise en scne1 d'int5sit gale1 n'auront pas une porte id5tique4 ,plus le rp]toire habituel d'un ?tre e/ intellectuellem5t relev1 mo9s l'accroissem5t de l'effet reprs5tatif aura d'influ5ce f*euse1 la condition cep5dant que t\t le matriel figuratif soit s\mis la mme proportion d'int5sit1 et qu'aucun dtail n'veille en n\s une att5tion p>ticulire4 ,c'e/ p\rquoi1 la ,comdie-,franaise1 on p\rra apport] des so9s presque excessifs la composition des ameublem5ts sans cra9te de jet] l'esprit du spectateur sur de fausses pi/es4 ,le gt plus dlicat du public habituel en s]a satisfait1 et la mise en scne s'associ]a a9si aux habitudes sociales du monde auquel app>ti5n5t les spectateurs et les p]sonnages de la plup>t des pices qu'on reprs5te ce ?tre4 ,au ,*telet1 comme la ,gat ou l',ambigu1 c'e/ au contraire au dcor pe9t qu'il faudra uniquem5t dem&] un accroissem5t de mise en scne2 c> on ne peut modifi] le matriel figuratif sans *ang] l'effet spcial qu'en att5d le spectateur4 ,en rsum1 lorsque p\r des raisons suprieures on croira ncessaire d'augm5t] l'effet reprs5tatif d'une oeuvre dramatique1 la drogation aux pr9cipes ess5tiels de la mise en scne tr\v]a dans le milieu ?tral soit des circon/ances attnuantes1 soit des circon/ances aggravantes4 ,,*apitre ,,xv ,rapports de la mise en scne avec le milieu dramatique4--,pices o dom9e l'imag9ation4--,le ?tre de ,scribe4--,le ?tre de ,victor ,hugo4--,effet curieux obs]v dans ,quatre-v+t-treize4 ,le milieu dramatique e/ trs diffr5t du milieu ?tral1 puisque le milieu dramatique peut v>i] dans un mme milieu ?tral4 ,n\s c>tons t\t d'abord les oeuvres classiques qui mrit5t une tude spciale4 ,mais il e/ encore ncessaire de re/re9dre notre sujet2 c> il ne t5drait ri5 mo9s qu' pass] en revue t\s les g5res de la littrature dramatique1 tels que le drame hroque1 hi/orique1 romantique ou b\rgeois1 et la comdie d'intrigue1 de c>actre ou de s5tim5t4 ,n\s croyons plus pr(itable de considr] le milieu dramatique dans ses rapports avec l'imag9ation1 le s5tim5t et la fantaisie4 ,la nature de l'imag9ation dp5d de la nature de l'esprit2 elle v>ie suivant l'attrait que l'esprit pr\ve p\r telle qualit1 tel c>actre1 telle =me ou telle coloration des images remmores et associes4 ,en se plaant un po9t de vue trs gnral1 on peut dire qu'il y a deux sortes d'imag9ations2 premirem5t1 celle qui e/ surt\t sduite p> les cont\rs et les =mes1 les rapports des =mes entre elles1 leur ag5cem5t1 les qualits extrieures et sup]ficielles des objets2 deuximem5t1 celle qui se laisse *>m] p> la c\leur1 les effets d'ombre et de lumire1 les rapports de nature entre les objets1 leurs qualits sub/antielles et leur ag5cem5t pittoresque dans les pr(ondeurs de l'espace4 ,qu& il s'agit d'oeuvres ?trales1 la mise en scne devra naturellem5t v>i] selon la nature p>ticulire de l'imag9ation du pote4 ,scribe1 on ne peut le ni]1 avait une imag9ation fconde1 mais celle-ci avait un c>actre sup]ficiel et tait uniquem5t ?trale4 ,p\r lui1 le monde extrieur n'tait qu'un dcor et les hommes n'tai5t que des comdi5s4 ,il n'y avait en quelque sorte aucun li5 sympa?ique entre son me et l'me des tres et des *oses4 ,son reg>d ne pntre pas plus pr(ondm5t que sa p5se2 l'un et l'autre s'arrt5t aux surfaces et son gnie se complat dans les app>5ces4 ,aussi s]ait-ce une faute1 qu& il s'agit des oeuvres de ,scribe1 de dta*] l'action sur un dcor trop tudi1 trop nature en quelque sorte2 il leur faut une dcoration un peu banale1 qui ne fasse pas trop illusion1 qui soit bi5 du c>ton et du papi] pe9ts1 et d]rire laquelle notre esprit dev9e la c\lisse4 ,de mme1 les acteurs devront cra9dre de p>atre trop huma9s et de trop se rappro*] de la nature1 c> ils se mettrai5t en contradiction avec le gnie p>ticuli] de l'auteur2 ils doiv5t s'atta*] re/] comdi5s4 ,aux yeux de ,scribe1 l'art e/ de/9 n\s procur] une dlectation facile1 sans sec\sse viol5te2 et dans la reprs5tation de ses pices t\t doit cons]v] ce c>actre tempr4 ,la dcoration ne doit ex]c] sur nos yeux qu'une illusion facile s'vapor]1 comme ces brillantes bulles de savon qu'un s\ffle fait van\ir2 de mme1 l'action et la diction des acteurs1 les pripties tri/es ou gaies p> lesquelles pass5t les p]sonnages doiv5t g>d] le c>actre aimable d'un jeu d'esprit1 comme il si$ une socit d'o la belle humeur a proscrit les passions tr\blantes4 ,en un mot1 ri5 ne doit avoir la prt5tion d'affect] trop pr(ondm5t notre me4 ,c'e/ p\rquoi il ne faut ri5 de trop ri*e dans la dcoration1 ri5 d'inutile dans le matriel figuratif1 ri5 de trop vrai surt\t3 des app>5ces de tableaux1 des app>5ces de p5dules1 des app>5ces de meubles2 des co/umes s5tant le ?tre et des accessoires sortant o/5siblem5t du magas94 ,c'e/ l que les f\r*ettes piqu5t des morceaux *imriques dans des pts de c>ton et que les v]res ne s'empliss5t que du vide des b\teilles4 ,transportons ma9t5ant ces procds de mise en scne dans un autre milieu dramatique1 dans le ?tre de ,victor ,hugo1 p> exemple1 n\s n'obti5drons s\v5t p> ces mmes moy5s que des effets disp>ates4 ,c'e/ que t\te autre e/ l'imag9ation sub/antielle et pittoresque du pote2 elle e/ une reprs5tation embellie1 agr&ie et en quelque sorte outre de la nature1 et l'tre huma9 s'y montre t\j\rs l'tat hroque1 ou gr&iose ou grotesque1 s\s une lumire int5se qui r5d les ombres plus pr(ondes4 ,ce gr& effet de clair-obscur1 que le pote projette sur les tres et sur les *oses1 leur donne un relief saisissant4 ,lui-mme1 dans les indications de mise en scne qu'il jo9t son oeuvre1 f\ille les dtails1 dcrit les ameublem5ts et les co/umes1 sculpte les bahuts et cisle les armes4 ,dans ses v]s1 pas plus que dans ses indications scniques1 il ne se cont5te de l' peu prs ?tral3 il t\*e et faonne les objets du p\ce de ,mi*el-,ange et les revt de la c\leur du ,titi54 ,il faut ses p]sonnages des p\rpo9ts de vel\rs et de soie1 des pes brillantes et s\ples2 il faut ses heureux int]prtes un visage maje/ueux ou f>\*e1 une p>ole c>essante ou hauta9e1 un jeu de proportion hroque1 de faon que1 laissant bi5 lo9 d'eux le comdi51 ils dpass5t un peu le p]sonnage lui-mme4 ,a ses drames convi5n5t les dcorations spl5dides1 les ameublem5ts somptueux1 les f\les innombrables de la figuration2 c> p>t\t et t\j\rs1 d]rire la dcoration1 d]rire les p]sonnages1 comme un dieu impalpable d]rire un hros de l',iliade1 on dev9e la gr&e ombre du pote dont la volont puissante assemble les *oses ou p\sse et fait m\voir ses p]sonnages nos yeux4 ,gnie ess5tiellem5t lyrique1 bi5 plutt que dramatique1 qui jamais n'ab/rait son oeuvre de lui-mme1 et qui se s5t l'troit sur les plan*es et entre les c\lisses d'un ?tre4 ,la vritable scne o se meuv5t les p]sonnages du drame1 c'e/ le c]veau mme du pote3 c'e/ l qu'il faut *]*] les mobiles secrets de ses hros1 qui obiss5t bi5 plus la volont expresse de leur crateur qu' la logique de leurs propres passions2 et c'e/ l seulem5t que peuv5t entirem5t se ralis] ses conceptions scniques et dcoratives s\v5t peu prs irralisables1 comme dans le ,roi s'amuse4 ,dans t\s les drames de ,victor ,hugo1 l'imag9ation e/ tellem5t in/ante et puissante1 t\s les mom5ts de l'action1 qu'un j\r1 fait in\ dans les annales dramatiques1 dans un tableau qui ouvre un des actes de ,quatre-,v+t-,treize1 le pote a s\da9 supprim dcors et acteurs1 et1 sans autre int]mdiaire que l'or*e/re et des comp>ses d]rire la toile baisse1 a fait assi/] t\te une salle de ?tre un drame sanglant1 faisant a9si pass] directem5t de son imag9ation dans celle du spectateur une srie d'images m\vantes1 sans l'int]position ncessaire d'images s5sibles et relles4 ,qu& je dis t\te la salle1 je me trompe1 c> t&is qu'une p>tie de l'or*e/re s'associait l'motion e/htique du pote1 des hauteurs du ?tre on rclamait gr&s cris le lev] du rideau4 ,l haut1 ils v\lai5t voir ce qui n'exi/ait pas1 et ils rclamai5t la vue directe d'un drame dont leur imag9ation tait incapable de leur f\rnir une image subjective6 ,il leur aurait t\t au mo9s fallu le rcit classique que ju/ifie donc1 dans c]ta9s cas1 le procd du matre mod]ne4 ,la mise en scne d'un tel pote s]a t\j\rs difficile ralis]4 ,elle devra s\v5t tre d'ordre composite1 associant le faux et le vrai1 p\rsuivant s\v5t l'impossible1 dc\pant ou tageant la scne1 tantt talant au premi] plan les pauvrets maladroites de ses dcors pe9ts1 tantt se lanant dans le luxe exagr des dcorations d'opra4 ,,*apitre ,,xvi ,des pices o dom9e le s5tim5t4--,cas o les causes de l'motion sont subjectives4--,le ,m>iage de ,victor9e4--,cas o les causes de l'motion sont objectives4--,l',ami ,fritz4 ,dans les pices fondes sur le s5tim5t1 les ressorts pr9cipaux de l'action sont les motions morales1 t5dres ou tri/es1 dont sont agits les p]sonnages4 ,ce sont des m\vem5ts de l'me qui dt]m95t le m\vem5t scnique4 ,l'auteur *]*e n\s intress] ces motions en veillant sympa?iquem5t notre s5sibilit1 c'e/--dire notre susceptibilit l'impression des *oses morales4 ,ce que n\s devons considr]1 c'e/ la s\rce d'o jaillit l'motion1 c'e/--dire la cause d'o nat le s5tim5t qui agite les p]sonnages et qui de leur me passe sympa?iquem5t dans la ntre4 ,il e/ donc ncessaire1 dans l'tude des oeuvres dramatiques fondes sur le dveloppem5t psy*ologique des s5tim5ts1 de di/+u] celles o les motions dc\l5t de causes subjectives de celles o elles provi5n5t de causes objectives4 ,c'e/ la di/9ction qui importe et d'o se dduis5t les conditions de la mise en scne4 ,p\r claircir cette "q1 il convi5t d'exam9] ce po9t de vue deux oeuvres dramatiques dans lesquelles les motions de tri/esse ou de joie sont prcism5t fondes1 dans l'une1 sur des causes subjectives1 dans l'autre1 sur des causes objectives4 ,dans le ,m>iage de ,victor9e1 de ,george ,s&1 n\s assi/ons un drame m\vant qui se j\e dans le coeur d'un pre et dans celui de sa fille4 ,celle-ci1 sans os] se l'av\]1 aime le fils du matre et du bi5faiteur de son pre4 ,celui-ci1 qui voit natre cette aveugle passion1 veut la combattre en m>iant sa fille un des commis de son matre4 ,la gr&eur d'me du pre et de la fille1 la puret de leur consci5ce morale1 leur respect p\r les hir>*ies sociales1 le so9 de leur propre dignit1 l'e/ime qu'ils ont d'eux-mmes1 la fi]t qui relve jusqu' l'hrosme le s5tim5t de leur devoir1 font un spectacle poignant et d\l\reux de la lutte gnreuse qui se livre dans le coeur du pre entre son am\r pat]nel et le respect qu'il a p\r son bi5faiteur1 dans le coeur de la fille entre son am\r et son affection filiale4 ,le drame auquel n\s assi/ons se j\e rellem5t dans ces deux mes1 et la ntre en suit les pripties avec une sympa?ie d\l\reuse4 ,n\s s5tons combi5 sont intimes et subjectives t\tes les causes de leur dt]m9ation1 et combi5 dans ce drame psy*ologique sont de peu de prix t\s les attraits du monde extrieur4 ,ri5 aux yeux de ce pre et de cette jeune fille1 comme ceux du spectateur1 n'e/ digne d'ex]c] une influ5ce quelconque sur leur rsolution morale1 ni le luxe des app>tem5ts1 ni les ri*esses qui s'entass5t dans les c(fres de banqui]1 ni la beaut des co/umes1 ri5 enf9 de ce qui e/ la m>que de la position plus haute laquelle leur position plus humble leur df5d d'aspir]4 ,aussi t\t ce qui1 dans la dcoration et dans la mise en scne1 attir]ait les reg>ds ce po9t de vue r5drait presque impossible le dn\em5t que le public att5d et dsire1 et en t\s cas en dnatur]ait la gr&eur morale4 ,la mise en scne doit tre humble1 mode/e1 presque efface1 pauvre de dtails1 c> ri5 n'y a d'intrt p\r n\s2 les co/umes simples et un peu au/res1 le jeu des acteurs cont5u1 leurs ge/es et leur diction sans emphase4 ,il faut1 en un mot1 ress]r] l'action1 la ma9t5ir et la dn\] dans1 un milieu purem5t moral1 sans qu'aucun dtail de la mise en scne vi5ne de sa po9te trop brillante d*ir] le voile de l>mes que le drame a fait desc5dre sur les reg>ds des spectateurs4 ,combi5 s]ont diffr5ts les effets que l'on devra se propos] d'obt5ir dans la reprs5tation de l',ami ,fritz1 de ,,mm4 ,erckmann-,*atrian4 ,dans ce drame2 les causes immdiates sont t\tes objectives4 ,fritz e/ un homme jeune1 bi5 portant1 g/e et heureux4 ,t\t lui s\rit dans la vie1 et il possde ce qui ses yeux compose le vritable bonheur ici-bas1 une maison bi5 ensoleille1 des buffets bi5 g>nis d'arg5t]ie et de beau l+e1 une g\v]nante qui prvi5t ses mo9dres dsirs1 et un e/omac capable de t5ir tte aux amis qu'il rassemble sa table et avec lesquels il sable les v9s de la ,moselle et du ,rh9 ou sav\re1 en fumant1 la bonne bire d',alsace4 ,t\t ce qui a sur le c>actre de ,fritz une influ5ce si heureuse compose prcism5t t\s les lm5ts de la mise en scne4 ,ici1 il faut que les reg>ds du spectateur se repos5t avec plaisir1 comme ceux de ,fritz1 sur les mo9dres dtails de l'ameublem5t1 sur le s]vice de table et sur le l+e que la g\v]nante tale avec orgueil et complaisance4 ,le repas lui-mme auquel il convie ses amis ne peut avoir la simplicit sommaire des repas de ?tres1 c> c'e/ l un des facteurs pr9cipaux du seul bonheur qu'il a connu jusqu'ici4 ,qu& l'am\r s'ins9ue dans son coeur1 c'e/ encore p> les cts s5suels de sa nature qu'il se laisse sduire3 c'e/ la bonne odeur de la f5aison1 la voix pure de ,szel1 qui s'unit celles des fau*eurs1 les c]ises1 t\tes glaces de la rose du mat91 que du haut de l'arbre lui jette en riant la jeune fille1 les beignets succul5ts qu'elle a confectionns de ses blan*es ma9s1 les oeufs frais dont elle lui donne le dsir1 et les belles truites qu'elle lui p]met d'espr]4 ,avec quel so9 un directeur ne compos]a-t-il pas celte mise en scne1 dont *aque dtail e/ de/9 produire un effet psy*ologique6 ,ici1 il ne faut plus que t\s les accessoires s5t5t trop le ?tre2 il y faut un c]ta9 naturel qui puisse faire quelque illusion l'oeil complaisant du spectateur1 et le sduire lui-mme cette bonne vie matrielle de ,fritz4 ,plus t>d1 qu& t\t ce bonheur se s]a abm dans la dtresse de son coeur1 t\te cette mise en scne s]vira encore1 p> contra/e1 accus] plus =tem5t la dsesprance de ,fritz4 ,mais j'en ai dit assez1 il me semble2 p\r faire saisir la diffr5ce ess5tielle qu'il y a entre la mise en scne d'une pice fonde sur un s5tim5t subjectif et celle d'une oeuvre o dom9e1 dans les s5tim5ts1 la puissance objective des *oses4 ,j'aj\t]ai1 af9 qu'on ne se mpr5ne pas sur ma p5se1 que cette diffr5ce peut tre considre comme le fondem5t du jugem5t littraire4 ,de deux oeuvres1 dissemblables p> la nature des s5tim5ts1 un gt clair prfr]a t\j\rs celle qui aura ncessit un mo9s gr& app>eil de mise en scne4 ,un m\vem5t gnreux de l'me vaut p> lui-mme1 et c'e/ en dim9u] le mrite que de le faire dp5dre de causes matrielles et accid5telles4 ,n\s en rev5ons ce que n\s avons expos dans les premires pages de cet ouvrage1 sur le rapport inv]se qu'il y a entre la ri*esse de la mise en scne et la valeur intr9sque d'une oeuvre dramatique4 ,,*apitre ,,xvii ,des pices o dom9e la fantaisie4--,c>actre de la fantaisie4--,le ?tre de ,m4 ,labi*e et de ,m4 ,meilhac4--,limites de la fantaisie4--,de la conv5ance dans la fantaisie4--,lili4--,pices d'ordre composite4--,ma ,cam>ade4--,les feries4 ,n\s exam9]ons1 dans ce *apitre1 les rapports de la mise en scne avec ce que n\s avons appel la fantaisie4 ,une premire difficult se prs5te1 c'e/ de df9ir la fantaisie et de la di/+u] de l'imag9ation4 ,a ne considr] que le s5s premi] des mots1 il n'y a gure de diffr5ce entre elles2 cep5dant on ne peut conte/] qu'il n'y en ait une notable si n\s considrons l'emploi que n\s faisons de ces deux mots1 qu& n\s les appliquons des ouvrages dramatiques4 ,l'imag9ation e/ la facult que n\s avons d'voqu] des images et des sries associes d'images1 auxquelles correspond5t des ides et des sries associes d'ides1 et qui t\tes sont relies p> un li5 de contigut srielle1 s9on immdiate1 au mo9s saisissable et c]ta9e4 ,la fantaisie1 au contraire1 associe entre elles des images qui n'app>ti5n5t pas une mme srie et n'ont p> consqu5t pas entre elles de rapport ncessaire et pro*a94 ,le contra/e app>5t des images associes e/ donc la premire loi de la fantaisie2 mais la seconde loi e/ que ces images associes doiv5t prs5t] immdiatem5t l'esprit un rapport inatt5du1 qui1 bi5 que lo9ta9 et inacc\tum1 mette en relation des ides qu'on aurait pu croire absolum5t disp>ates4 ,c'e/ en mme temps l'tranget et la vrit relative de ce rappro*em5t qui en con/itue le piquant et l'orig9alit4 ,en un mot1 on p\rrait dire que la fantaisie1 c'e/ de l'esprit dans l'imag9ation4 ,il y a quelque *ose de cela dans ce que les ,anglais appell5t l'hum\r4 ,p> exemple1 on peut1 je crois1 tr\v] que dans les oeuvres de ,m4 ,alex&re ,dumas fils il y a plus d'esprit que de fantaisie1 t&is que dans c]ta9es oeuvres d',alfr$ de ,musset il y a plus de fantaisie que d'esprit4 ,dans les pices de ,m4 ,meilhac et de ,m4 ,labi*e1 il y a tantt de l'esprit1 et du plus f91 tantt de la fantaisie1 et de la plus orig9ale4 ,cette association de l'esprit et de la fantaisie e/1 en effet1 le propre des oeuvres comiques1 c> les lois de l'esprit et de la fantaisie sembl5t tre id5tiques celles de la gaiet et du rire1 et consi/] dans le rapport s\da9 que l'auteur n\s fait ap]cevoir entre deux objets les plus disp>ates d'app>5ce4 ,a mesure que dcrot le nombre des p>ties ju/em5t associes dans les images mises en prs5ce1 la fantaisie p]d de son prix1 n'e/ bi5tt qu'une sorte d'imag9ation vagabonde et drgle1 devi5t enf9 grossire et tombe dans ce qu'on appelle familirem5t la btise1 qui n'e/ autre *ose qu'une contradiction irrmdiable entre deux images conjugues4 ,la btise e/ donc encore susceptible d'excit] le rire p> l'inatt5du burlesque de la contradiction qu'elle propose l'esprit4 ,si n\s avons russi prs5t] une ide ju/e de ce que n\s ent5dons p> fantaisie1 on doit compr5dre combi5 les oeuvres dramatiques qui sont des crations de la fantaisie1 telles que la ,cagnotte1 le ,*apeau de paille d',italie1 la ,gr&e-,du*esse1 la ,cigale1 etc41 s'loign5t *aque in/ant de la ralit des actes et des cont+5ces possibles de la vie4 ,les comdi5s qui traduis5t sur la scne ces comb9aisons orig9ales et fantaisi/es doiv5t s'y s5tir dgags du monde rel1 sans quoi ils se tr\v]ai5t aussi mal l'aise sur la scne que n\s p\rrions n\s tr\v] gns de n\s voir en habit d',arlequ9 dans la compagnie de g5s graves et srieux4 ,la mise en scne ne doit avoir qu'un b1 c'e/ de f\rnir un fond suffisant sur lequel se dta*5t en ple9e lumire ces crations de la fantaisie4 ,elle doit donc tre sommaire et p\rvoir uniquem5t aux ncessits scniques4 ,les co/umes surt\t dem&5t une appropriation heureuse1 aussi loigne de la correction que de l'exc5tricit banale4 ,il y faut cons]v] un c]ta9 rapport avec la vrit4 ,aussi ce sont les arti/es les mieux d\s s\s le rapport de l'obs]vation qui tr\v5t les co/umes les plus comiques2 c>1 en d=mant la ralit1 ils ne la p]d5t cep5dant pas de vue et font saillir aux yeux des spectateurs des rappro*em5ts aussi piquants qu'inatt5dus4 ,la diction et les ge/es doiv5t1 eux aussi1 conc\rir au mme effet gnral1 s'c>t] de la logique dans les limites du comprh5sible1 et prs5t] t\j\rs un rapport1 amusant p\r l'esprit1 entre la fiction et la ralit4 ,il e/ encore une limite que ne doit pas dpass] la fantaisie1 c'e/ celle des conv5ances4 ,je ne p>le pas seulem5t des conv5ances banales qui consi/5t ne pas outrag] les bonnes moeurs4 ,mais un exemple f]a mieux compr5dre la porte de cette obs]vation4 ,qu& un auteur veut traduire sur la scne1 p\r en tir] des effets comiques1 des p]sonnages de la vie relle1 auxquels n\s atta*ons des ides1 factices peut-tre1 mais trs puissantes1 de dignit1 de fi]t morale1 et qui dans notre esprit sont associs des s5tim5ts extrmem5t dlicats1 il ne peut le faire1 sans n\s bless]1 qu'en exagrant ce qui e/ prcism5t *ez eux une qualit ess5tielle4 ,c'e/ p\rquoi dans ,lili1 le rle du ,comm&ant tait si amusant1 t&is que ceux des autres (fici]s mls la mme action tai5t si *oquants4 ,c'e/ qu'en effet c'e/ une qualit *ez un militaire d'tre bref1 n]gique1 et d'avoir en mme temps le coeur bon et s5sible1 et que p> consqu5t on peut rire des exagrations burlesques de ces mmes qualits4 ,la fantaisie cons]ve un rapport c]ta9 entre les images associes1 et qu& n\s r$esc5dons de la fantaisie au rel1 n\s ne tr\vons ri5 que de respectable dans l'ide veille en n\s p> l'auteur4 ,notre rire ne se tr\ve pas en dsaccord =mel avec ce qui compose notre s5tim5t4 ,au contraire1 une s5tim5talit de goguette1 la frqu5tation d'un monde int]lope1 la trivialit du gt et des habitudes n\s *oqu]ont *ez un militaire1 auquel n\s atta*ons des ides d'honorabilit1 de rigidit mme1 de droiture et de dignit2 et c'e/ p\rquoi n\s n'acceptons pas sur la scne1 qu& il s'agit de militaires1 la reprs5tation de ces dfauts bi5 qu'ils soi5t huma9s4 ,la fantaisie ne f]a qu'exagr] notre rpugnance1 c> il y aura une contradiction *oquante entre l'image qu'on n\s prs5te et l'image relle que n\s voquons en n\s3 et n\s n\s s5tirons d'autant plus blesss que l'image qui n\s e/ *re repose sur une ide acquise1 laborieusem5t fonde p> ncessit sociale et soigneusem5t entret5ue p> am\r-propre national4 ,p\r en rev5ir la mise en scne1 si l'on faisait une tude comp>ative des pices d'obs]vation pure et des pices qui sont fondes sur la fantaisie1 on rem>qu]ait que les premires dem&5t plus de vrit que les secondes dans l'effet reprs5tatif1 et surt\t plus de so9 dans la composition du matriel figuratif4 ,dans une pice o un acte d'obs]vation se ml]ait plusieurs actes de fantaisie1 on v]rait de mme la ncessit de modifi] les conditions de la mise en scne1 et t&is que dans celui-l elle s]ait d'une gr&e exactitude jusque dans les mo9dres dtails1 dans ceux-ci au contraire elle devrait re/] sommaire et re/re9te aux ncessits scniques4 ,on en a un exemple frappant dans ,ma ,cam>ade1 o un acte d'obs]vation et de f9e comdie s'int]cale entre deux actes de pure fantaisie4 ,t&is que dans ceux-ci la mise en scne re/e sommaire et t\t fait approximative1 elle e/ traite dans celui-l avec les plus gr&s so9s1 tant dans l'ensemble de la dcoration que dans t\s les dtails du matriel figuratif4 ,e/-il beso9 qu'en t]m9ant ce *apitre j'aborde la mise en scne des feries8 ,je ne le crois pas3 il n'y a pas de conditions dans le doma9e de l'impossible4 ,cep5dant il e/ mme une limite l'bl\issem5t des yeux et l'effet produit sur n\s p> le nombre et p> un m\vem5t mme v]tig9eux4 ,ce n'e/ donc ni dans l'int5sit croissante de la lumire ni dans l'exagration du nombre et du m\vem5t qu'on tr\v]a des effets n\veaux et amusants1 mais en *]*ant dans des sries d'images de plus en plus loignes quelque rapport app>5t entre le possible et l'impossible4 ,la ferie e/ de la fantaisie hyp]bolique2 mais1 comme telle1 elle ne doit pas viol] trop ouv]tem5t les lois de la fantaisie4 ,,*apitre ,,xviii ,rapports de la mise en scne avec le milieu social4--,la mise en scne se modifie comme la socit4--,types gnraux de l'anci5ne comdie4--,le ,t>tufe4--,complexit et htrognx de la socit actuelle4--,pla/icit ncessaire de la mise en scne4--,vieillissem5t rapide du ?tre mod]ne4 ,les rapports de la mise en scne avec le milieu social sont trs importants1 eu g>d nos ides actuelles4 ,mais1 p\r plus de cl>t et ne p\vant t\t dire la fois1 n\s n\s rs]vons d'exam9] plus lo9 t\t ce que le temps et la di/ance amn5t de modifications dans ces rapports4 ,n\s pos]ons ce pr9cipe1 qui n'a pas1 il semble1 beso9 de dmon/ration3 l'a mise en scne doit correspondre exactem5t au milieu social1 c'e/--dire doit conv5ir l'tat social des p]sonnages mis en scne et s'adapt] leurs moeurs et leurs usages4 ,t\tefois1 et c'e/ ici le po9t intressant1 ce n'e/ qu' une poque relativem5t rc5te que la mise en scne a conquis un rle de plus en plus prpondrant4 ,autrefois1 on aurait pu concevoir uniquem5t trois dcorations1 autrem5t dit trois milieux1 un milieu gr& seigneur1 un milieu b\rgeois et un milieu populaire4 ,et encore c'e/ ?oriquem5t que je compte ce d]ni] qui en fait n'exi/ait pas et dont p> consqu5t la dcoration correspondante s]ait re/e d'une p>faite inutilit4 ,ce qui en t5ait lieu1 c'tait le milieu villageois ou autrem5t dit le milieu pa/oral4 ,jadis les classes tai5t nettem5t sp>es les unes des autres et ne se confondai5t jamais4 ,le ,b\rgeois g5tilhomme e/ l p\r n\s montr] combi5 tait ridicule un b\rgeois v\lant tran*] du gr& seigneur4 ,en fait1 un gr& seigneur1 ri*e ou pauvre1 tait t\j\rs un gr& seigneur1 t&is qu'un b\rgeois1 ri*e ou pauvre1 n'tait jamais qu'un b\rgeois4 ,c'tait la naissance seule qui importait2 on s'inquitait =t peu de la fonction et du mrite social4 ,auj\rd'hui1 malgr t\t ce qui peut subsi/] de notre anci5ne division sociale1 n\s ne sommes plus rp>tis selon les rgles troites d'une hir>*ie immuable4 ,les rangs sont confondus4 ,c'e/ en gnral le tal5t et l'arg5t qui1 bi5 plus que la naissance1 assur5t une haute position sociale4 ,c'e/ p\rquoi1 au ?tre1 l'anci5ne unit dcorative ne correspondrait plus en ri5 nos ides actuelles4 ,t&is qu'il n'y avait jadis qu'un petit nombre de divisions gnrales1 il y en a auj\rd'hui une inf9it1 et n\s assimilons nos fonctions1 nos gts1 nos moeurs1 t\t ce qui n\s ent\re et p>ticipe notre exi/5ce4 ,en un mot1 a9si que n\s l'avons dj dit plus haut1 notre p]sonnalit morale se reflte aut\r de n\s jusque sur les mo9dres objets4 ,de l le rle de la mise en scne dans les pices mod]nes1 ou du mo9s dans celles qui s'+ni5t traduire sur le ?tre la socit franaise actuelle1 et la ncessit d'en accord] t\s les lm5ts avec la p]sonnalit morale des p]sonnages reprs5ts4 ,c'e/ donc p> une consqu5ce logique que le dcorateur et le metteur en scne se sont faits tapissi]s et en quelque sorte bibeloti]s1 et qu'ils ont d *]*] donn] au matriel figuratif cette physionomie p]sonnelle qui e/ la c>actri/ique de la mise en scne mod]ne4 ,l'intrieur d'un jeune homme ri*e v>i]a selon le monde au milieu duquel il vit1 monde de *eval ou de galant]ie4 ,le cab9et d'un f9anci] ne s]a pas celui d'un diplomate4 ,le salon d'une femme du monde n'aura pas le mme aspect que celui d'une demi-monda9e1 et celui-ci ne ressembl]a pas celui d'une femme galante4 ,dans l'effet gnral1 qui e/ celui que doiv5t produire la dcoration et la mise en scne1 l'e/htique mod]ne a introduit une f\le de spcialisations ncessaires4 ,nos pices actuelles exig5t une adaptation p]ptuellem5t n\velle de la mise en scne2 c'e/ peut-tre ce qui les f]a vieillir assez vite1 et1 au b\t d'un c]ta9 nombre d'annes1 r5dra leur reprise trs difficile4 ,mais la mise en scne e/ bi5 oblige de suivre en cela l'e/htique1 qui ne se cont5te plus des types gnraux de l'humanit4 ,dans les comdies de ,molire1 les p]sonnages sont le mo9s possible de leur temps1 ou du mo9s ils ne le sont que dans la mesure ncessaire2 c'e/ l'homme que pe9t ,molire plutt que tel ou tel homme4 ,dans les pices mod]nes1 au contraire1 dans les pices de ,m4 ,emile ,augi] ou de ,m4 ,alex&re ,dumas fils1 p> exemple1 les p]sonnages sont le plus possible de leur temps2 et ce n'e/ plus l'homme en gnral qu'ils s'+ni5t n\s pe9dre1 mais l'homme pla/iquem5t et moralem5t con=m ou d=m1 selon le milieu social p>ticuli] o s'ex]ce son c>actre et o s'agit5t ses passions4 ,dans ,t>tufe1 p> exemple1 il n\s s]ait t\t fait impossible de dev9] quelle e/ la fonction sociale de *aque p]sonnage1 et1 ce po9t de vue1 ,t>tufe lui-mme e/ un gr& emb>ras p\r notre manire de voir t\te mod]ne4 ,c'e/ un dvot1 mais ce n'e/ l que sa fonction psy*ologique4 ,qu'e/-il1 socialem5t p>lant8 ,app>ti5t-il ou non un ordre1 une confrrie8 ,a-t-il une fonction religieuse8 ,quelle e/ sa position dans la socit8 ,quels sont ses antcd5ts8 ,ces que/ions ne recevront jamais de rponse2 de telle sorte qu'auj\rd'hui le co/ume de ,t>tufe e/ un problme insoluble4 ,dans une pice mod]ne1 au contraire1 ce qu'on tablit t\t d'abord1 c'e/ la fonction sociale des p]sonnages1 leur position dans le monde3 l'un e/ dput1 l'autre banqui]1 celui-ci e/ militaire1 celui-l e/ avocat1 procureur gnral1 magi/rat1 etc4 ,nos auteurs mod]nes p>t5t d'une ide1 qui n'e/ assurm5t pas fausse1 et qui e/ en t\t cas fconde3 c'e/ que l'expression de nos passions v>ie suivant le milieu o n\s vivons et suivant les ides transmises ou acquises1 dont *acun de n\s e/ en quelque sorte un recueil diffr5t4 ,ils s'intress5t l'humanit en dtail et ti5n5t compte d'une f\le de diffr5ciations1 dont autrefois on ne s'inquitait nullem5t1 p>ce qu'en somme elles tai5t mo9s visibles4 ,cette rvolution e/htique s'accorde d'ailleurs avec nos ides mtaphysiques1 psy*ologiques et physiologiques actuelles4 ,comme le monde1 comme les socits1 comme t\tes les sci5ces1 l'e/htique a cr en complexit et en htrognx1 et n\s ne sommes pas sans d\te encore au b\t des trans=mations que l'av5ir lui impos]a4 ,la mise en scne ne peut pas s'isol] et se sp>] de l'e/htique1 dont elle n'e/ qu'une p>tie subordonne2 elle ne doit pas obir des pr9cipes diffr5ts4 ,c'e/ p\rquoi l'volution de la mise en scne n'e/ pas le rsultat d'un p>ti pris1 mais au contraire rsulte d'une trans=mation ins5sible de l'e/htique dramatique et de la socit mod]ne4 ,la mise en scne a a9si acquis une pla/icit qu'elle n'avait pas autrefois1 et sur ce po9t semble se s\mettre ou t\t au mo9s se prt] aux ?ories de l'cole rali/e ou naturali/e1 dont le plus gr& tort e/ de v\loir prcipit] une volution1 qui1 a9si que n\s le v]rons plus lo91 amn]ait fatalem5t une d*ance de l'art1 si elle n'tait modifie et ret>de p> une l5te diffusion de la culture gnrale de l'esprit et p> un relvem5t graduel de l'idal arti/ique4 ,t\tefois1 cette physionomie p>ticulire de la mise en scne p\rrait tre un ob/acle la reprise future de nos pices mod]nes2 c> ce qui n\s p>ait auj\rd'hui un trait de jeunesse s]a un j\r une ride d'autant plus m>que que le trait aura t plus prcis4 ,t\tefois1 une rflexion s'impose1 qui n\s p]met de ne pas t5ir gr& compte de ce vieillissem5t c]ta93 c'e/ que1 dans une oeuvre dramatique1 la mise en scne e/ la p>tie ess5tiellem5t de/ructible4 ,au b\t d'un petit nombre d'annes1 les dcorations d'une pice et son matriel figuratif n'exi/5t plus4 ,p> consqu5t1 une reprise ncessite une mise en oeuvre n\velle1 qui devra tre s5siblem5t diffr5te de la mise en oeuvre primitive1 a9si que n\s le f]ons voir plus lo94 ,ici1 il n\s suffira de dire que l'app>eil dcoratif et figuratif1 mis de n\veau en concordance1 d'une "p avec la pice1 et d'autre "p avec le gt actuel1 n'aura ncessairem5t que les rides que lui inflig]a l'oeuvre dramatique elle-mme4 ,malheureusem5t1 elles s]ont nombreuses si l'art cont9ue1 comme la socit1 crotre en complexit et en htrognx4 ,,*apitre ,,xix ,lois re/rictives de la mise en scne4--,de la loi de proportion--,plans d'importance scnique4--,l',ami ,fritz4--,des repas de ?tre4--,application de la loi au matriel figuratif4 ,aprs avoir tabli les lois gnrales de la mise en scne1 n\s avons1 dans les *apitres prcd5ts1 exam9 les causes div]ses qui peuv5t les infl*ir4 ,n\s avons vu que t\tes ces dviations1 quelle qu'en ft l'importance1 drivai5t de pr9cipes e/htiques1 et qu'elles tai5t en ralit comme les rsultantes de plusieurs =ces composes4 ,p\r les lgitim]1 on ne peut jamais invoqu] le caprice et le gt de l'art p\r l'art4 ,la mise en scne n'a pas sa f9 en elle-mme2 la cause f9ale du drame e/ la cause =melle de la mise en scne4 ,en p>tant du texte d'une oeuvre dramatique1 on arrive aism5t tablir le m9imum de mise en scne ncessaire4 ,mais1 qu& on veut t5ir compte de t\tes les conditions de nature1 de g5re1 d'poque et de milieu1 qui peuv5t entran] de l>ges accroissem5ts de mise en scne1 tant s\s le rapport du p]sonnel que s\s celui du matriel figuratif1 on peut lgitimem5t se dem&] s'il n'y a pas des lois qui impos5t une limite cette ext5sion2 si1 en d'autres t]mes1 il n'y a pas1 dans *aque cas1 un maximum de mise en scne qu'il n'e/ pas p]mis arti/iquem5t de dpass]4 ,on s5t combi5 s]ait salutaire l'application de telles lois somptuaires1 une poque o le luxe de la mise en scne atte9t des proportions vritablem5t ru9euses4 ,or1 ces lois sembl5t en effet exi/]4 ,il en e/ deux surt\t qu'il p>at facile d'tablir ?oriquem5t et qu'obs]v5t d'ailleurs1 p> une intuition trs sre1 les ?tres encore s\cieux de la "q arti/ique4 ,ces deux lois ess5tielles sont3 la premire1 la loi de proportion1 que n\s tudi]ons dans le prs5t *apitre2 la seconde1 la loi d'app>5ce1 dont n\s rs]vons l'exam5 au *apitre suivant4 ,si n\s reg>dons d'abord avec att5tion un paysage1 n\s n\s ap]cevrons que la di/ance a p\r effet1 dans la nature1 de r5dre de mo9s en mo9s visibles les nombreux dtails de *aque objet et d'te9dre de plus eu plus l'clat de leurs c\leurs p> l'paississem5t progressif de la c\*e d'atmosphre2 si ensuite n\s exam9ons un tableau1 n\s v]rons que les pe9tres produis5t l'illusion de l'loignem5t1 d'une "p1 p> l'effacem5t des traits p>ticuli]s1 et1 d'autre "p1 p> la dgradation des tons4 ,mais1 si n\s transportions cette loi telle quelle dans la mise en scne1 elle ne s'appliqu]ait qu'aux dcorations1 o elle e/ en effet trs habilem5t obs]ve p> les pe9tres qui cultiv5t cette bran*e de l'art4 ,p\r en faire utilem5t l'application la mise en scne1 il e/ ncessaire de la trans=m]4 ,n\s ne considr]ons plus1 comme dans la pe9ture1 des plans de di/ance1 mais des plans d'importance scnique4 ,et n\s dirons que1 dans la mise en scne1 le f9i et la p]fection d'imitation des objets qui compos5t le matriel figuratif doiv5t tre proportionnels leur importance hir>*ique4 ,je pr5drai un exemple dans l',ami ,fritz4 ,le repas que l'on s]t au premi] acte ncessite un gr& nombre d'accessoires1 qui ont *acun une c]ta9e importance1 les uns p>ce qu'ils ont un rapport avec le texte1 les autres p>ce qu'ils s]v5t des comb9aisons scniques4 ,il faut donc obs]v] la loi de proportion4 ,la nappe1 sur laquelle l'att5tion des spectateurs e/ =mellem5t appele1 doit tre d'une imitation beauc\p plus p>faite que les autres p>ties du s]vice4 ,les dtails du repas ne doiv5t pas tre traits t\s avec le mme so91 ni atte9dre le mme degr de f9i1 c> ils ne sont pas t\s de/9s faire galem5t illusion4 ,la fume qui s'*appe de la s\pire rpond p> la p]fection d'imitation au jeu de scne qui ouvre le repas et sur lequel l'att5tion du spectateur e/ appele et ma9t5ue p5dant un c]ta9 temps4 ,mais1 aprs la s\pe1 t\te la suite du repas e/ compose d'accessoires de ?tre1 qui sont bi5tt relgus au deuxime et troisime plan d'importance p> la m>*e de l'action ?trale4 ,si n\s n\s transportons dans un autre ?tre1 la ,gat1 p> exemple1 n\s v]rons qu'au premi] tableau de la ,*>bonnire1 pice dans laquelle la mise en scne occupait le premi] rang1 la loi de proportion tait cep5dant obs]ve et exactem5t de la mme faon1 dans la disposition du banquet des fianailles4 ,la rgle e/ gnrale et on en tr\v]a l'application dans t\te mise en scne bi5 conue4 ,c'e/ a9si que sont rgls le repas de don ,cs> au quatrime acte de ,ruy ,blas1 celui d',annibal et de ,fabrice dans l',av5turire1 et celui de l'oncle et du neveu dans ,il ne faut jur] de ri54 ,si j'ai *oisi comme exemple un repas de ?tre1 c'e/ que la mise en scne en e/ t\j\rs prilleuse4 ,il ne faut insi/] que sur les dtails qui ont un li5 troit avec l'action2 ds que l'att5tion du public se dt\rne v]s quelque autre objet1 il faut que le repas s'efface et pr5ne f94 ,d'ailleurs l'obs]vation du temps exact n'e/ jamais ncessaire au ?tre4 ,comme dans la vie relle1 le spectateur p]d la notion du temps ds que son att5tion e/ dt\rne2 il p]d alors de vue ce concept ab/rait p\r lequel il ne possde pas d'unit de mesure absolue4 ,c'e/ cette loi de proportion qui p]met de simplifi] le matriel figuratif1 en ne se proccupant que des pr9cipaux objets qui le compos5t et en traitant les autres beauc\p plus sommairem5t et mme en les relguant p>mi la p>tie dcorative4 ,a9si1 si quelques livres d'une biblio?que sont de/9s j\] un rle spcial1 tre dplacs et replacs1 ils devront rellem5t figur] sur un rayon1 mais il ne s]a pas ncessaire que les autres p>ties de la biblio?que soi5t composes de livres vritables4 ,des dos de volumes pe9ts sur des rayons galem5t pe9ts con/itu]ont une imitation suffisante4 ,c'e/ ce que beauc\p de spectateurs ont pu obs]v] au second acte du ,m>quis de ,villem]4 ,dans un trophe d'armes1 t\tes n'auront pas beso9 d'tre relles1 si t\tes ne doiv5t pas veill] une gale att5tion dans l'esprit du public4 ,cette loi de proportion e/ s\v5t difficile appliqu] avec sagacit et montre avec quel so9 pralable il faut faire le d"p de t\t ce que doit compr5dre la p>tie dcorative et de t\s les objets qui doiv5t compos] le matriel figuratif4 ,cette loi emp*e la mise en scne de dgnr] en une exhibition inutile ou encombrante et ma9ti5t les yeux du spectateur sur les objets qui ont une relle importance4 ,un habile directeur de ?tre arrive a9si produire une illusion p>faite en ne *]*ant la p]fection d'imitation que p\r les objets qui doiv5t fix] l'att5tion du spectateur4 ,qu&1 p> exemple1 on exam9e ce po9t de vue la dcoration du premi] acte des ,rantzau1 on rem>que t\t d'abord une gr&e abondance dans l'ensemble dcoratif4 ,l'impression de l'intrieur du vieil in/ituteur alsaci5 e/ trs vive2 ri5 n'y manque de ce qui peut n\s racont] l'hi/oire de sa vie de famille et de travail1 depuis le b]ceau jusqu' la biblio?que et aux collections de papillons4 ,mais ce n'e/ l qu'une impression gnrale due au premi] aspect4 ,sitt que l'oeil exam9e la mise en scne p\r en tir] une induction sur le dveloppem5t de l'action1 t\t r5tre dans la dcoration pe9te2 et le matriel figuratif ne se tr\ve en ralit compos que d'un trs petit nombre d'objets4 ,l'excution des dcorations e/ donc prcde d'un travail trs dlicat o le gt et la sci5ce de composition ont galem5t leur "p4 ,,*apitre ,,xx ,de la loi d'app>5ce4--,de l'usage des lorgnettes4--,au ?tre1 le s5s du t\*] ne s'ex]ce jamais4--,seules les s5sations optiques sont directes4--,le ?tre ne n\s doit que des app>5ces4--,des co/umes et des toilettes des actrices4 ,la loi d'app>5ce e/ d'un g5re diffr5t et a une porte t\t autre4 ,elle e/ base sur ce fait important que1 dans les beaux-arts1 sur les c9q s5s que n\s possdons1 deux ne sont jamais ex]cs1 ce sont le gt et l'odorat1 et qu'au ?tre sur les trois s5s arti/iques1 la vue1 l'oue et le t\*]1 deux seulem5t sont appels j\] un rle4 ,les s5sations tactiles ne figur5t que comme des s5sations ord9airem5t associes des s5sations optiques1 et la sret de nos apprciations e/ au ?tre con/amm5t mise en dfaut p> la di/ance4 ,sans d\te la plup>t des spectateurs sont arms de lorgnettes qui combl5t en p>tie cette di/ance1 mais il n'y a pas s'arrt] cette objection2 c>1 s'il y a un fait c]ta91 c'e/ que la lorgnette e/ de/ructive du plaisir ?tral1 puisqu'elle a p\r effet de rompre l'illusion que l'on a eu quelquefois tant de pe9e produire4 ,la lorgnette e/ ncessaire p\r corrig] une infirmit de la vue et mme de l'oue2 p\r satisfaire un gt pla/ique1 s'il s'agit de la beaut des actrices1 ou1 un po9t de vue plus spcial1 p\r tudi] les jeux de physionomie d'un acteur4 ,en dehors de ces quelques cas1 je considre la lorgnette comme ess5tiellem5t contraire au plaisir purem5t arti/ique que n\s allons *]*] au ?tre4 ,ce po9t c>t1 je revi5s la loi d'app>5ce4 ,si n\s talons devant nos yeux1 une di/ance assez faible p\r que n\s puissions saisir les dtails des objets1 un morceau de m>bre1 de pi]re1 d'ivoire1 de bois1 de c>ton ou de toile1 de soie1 de vel\rs1 n\s rem>qu]ons que la vue de ces diffr5ts objets veille en n\s une f\le de s5sations tactiles qui1 mme sans que n\s les pr\vions directem5t1 n\s sont absolum5t indisp5sables p\r =mul] un jugem5t sur la nature relle des objets4 ,il semble que n\s les t\*ions1 et si n\s les t\*ions rellem5t les s5sations pr\ves s]ai5t plus =tes1 mais nullem5t diffr5tes de celles que la vue avait suffi dt]m9] en n\s4 ,or1 au ?tre1 le tact ne peut pas s'ex]c]1 et la di/ance e/ t\j\rs assez gr&e p\r que les s5sations tactiles associes aux s5sations optiques soi5t excessivem5t faibles1 c> ce ne sont que des rm9isc5ces4 ,la di/ance1 en effet1 ne n\s p]met pas d'apprci] le poli du m>bre1 la transp>5ce de l'ivoire1 la qualit fibreuse du bois1 la trame soyeuse des t(fes1 non plus que l'habilet du tissage ou du bro*age4 ,nos s5sations optiques se rduis5t au coloris des objets1 aux relations de tons entre les ombres et les lumires et la nature plus ou mo9s brillante ou mate des reflets4 ,n\s ne jugeons donc1 au ?tre1 des objets que p> leur aspect extrieur4 ,p> consqu5t1 p\r que notre illusion soit suffisante1 le ?tre ne n\s doit que des app>5ces4 ,a quoi s]virait-il de n\s montr] une colonne de m>bre1 si une colonne de c>ton pe9t n\s produit l'effet du m>bre8 ,a quoi bon rec\vrir des meubles d'une t(fe coteuse1 si une t(fe plus grossire produit un effet analogue8 ,du bois blanc habilem5t pe9t ne suffira-t-il pas reprs5t] nos yeux le meuble le plus prcieux8 ,qu'on le rem>que1 ce n'e/ pas l le rsultat d'une conv5tion pralable1 conclue entre le dcorateur et le public4 ,le ?tre n\s donne absolum5t t\t ce qu'il n\s doit1 des s5sations optiques exactes2 et comme n\s ne p\vons contrl] ces s5sations p> le t\*]1 il n'a pas se proccup] d'une v5tualit qui ne se produira pas4 ,un directeur in9tellig5t p\rrait seul avoir la fantaisie de satisfaire un s5s qui au ?tre ne s'ex]ce jamais4 ,on en a vu des exemples1 et jamais l'effet n'a rpondu l'att5te4 ,seule1 la ru9e e/ au b\t de ces essais aussi inutiles qu'extravagants4 ,d'ailleurs1 c'e/ prcism5t p>ce que la mise en scne e/ une fiction qu'elle e/ un art4 ,les co/umes1 eux aussi1 devrai5t obir la loi d'app>5ce4 ,on en ti5t compte1 sans d\te1 dans une c]ta9e mesure1 les hommes surt\t1 c> les femmes y rsi/5t ou plutt se rvolt5t contre elle4 ,mais e/-ce bi5 aux actrices qu'il faut repro*] leurs excs de toilette8 ,n'y a-t-il pas de la faute du public8 ,voyez dans une salle de spectacle t\tes les lorgnettes se dirig] sur l'actrice qui entre en scne1 l'environn]1 la dvisag]1 la pass] en revue dans t\tes les p>ties de sa p]sonne1 exam9] les mille dtails de sa toilette1 sign] sa robe du nom du plus habile faiseur1 faire l'inv5taire et l'e/imation de ses diamants et de ses d5telles4 ,du mom5t que le spectateur modifie les conditions de l'optique ?tral1 l'actrice e/-elle bi5 c\pable de viol] la loi d'app>5ce8 ,notez que ces sup]bes toilettes1 si vritablem5t belles et luxueuses qu& on les dtaille au grossissem5t de la lorgnette1 sont trs s\v5t d'un trs mdiocre effet qu& on les reg>de l'oeil nu1 c'e/--dire qu& on les replace dans les conditions optiques qui convi5n5t au ?tre4 ,c'e/ que l'art de la toilette la ville obx de t\t autres lois que l'art de la toilette la scne4 ,la toilette de ville e/ s\mise de trs prs la vue et la possibilit du t\*]2 la toilette de ?tre n'e/ faite que p\r n\s procur] une satisfaction du s5s de la vue1 affaibli p> la di/ance4 ,en sculpture et en pe9ture1 une oeuvre de/9e tre reg>de une di/ance de tr5te mtres e/ d'un travail absolum5t diffr5t de celle qui doit tre vue une di/ance de trois ou quatre mtres4 ,il en e/ de mme de la toilette des actrices3 un co/ume de ?tre doit1 p\r produire le mme effet qu'un co/ume de ville1 tre trait diffremm5t et exige des t(fes diffr5tes qui fass5t des plis plus l>ges et plus amples1 et qui p> consqu5t soi5t d'une autre qualit4 ,en outre1 les tons doiv5t tre plus francs et *oisis en vue de l'clairage spcial des ?tres2 les ornem5ts doiv5t tre d'un dess9 plus simple et d'une plus gr&e sobrit de dtails4 ,c'e/ s\v5t p> des moy5s contraires qu'on obti5t des effets analogues4 ,la mme toilette ne peut galem5t plaire le j\r dans le monde et le soir au ?tre2 elle ne peut non plus satisfaire galem5t deux spectateurs dont l'un la dtaille l'aide de la lorgnette et l'isole a9si de l'ensemble de la mise en scne1 et dont l'autre se cont5te de la reg>d] dans la p]spective ?trale4 ,une actrice intellig5te ne saurait hsit]4 ,mais le moy5 le plus sr de s\mettre les actrices aux conditions e/htiques de l'art de la mise en scne s]ait de ne pas leur faire support] les frais de leur toilette4 ,elles y gagn]ai5t assurm5t1 a9si que les conv5ances arti/iques4 ,la diffr5ce que l'on a tablie entre ce qu'on appelle le co/ume de ?tre et la toilette de ville e/ absurde et contraire la vrit arti/ique4 ,au ?tre1 il n'y a pas de toilettes de ville1 il n'y a que des co/umes de ?tre4 ,si la direction ne cons5t pas pay] t\s les co/umes1 au mme titre qu'elle fait les frais des dcors et des accessoires1 c'e/ elle qui e/ en p>tie responsable des fantaisies ru9euses que se p]mett5t les actrices4 ,t\tefois1 p>mi les causes de ce luxe exagr1 une des plus difficiles dtruire e/ prcism5t le gt de la socit actuelle1 je ne dirai pas p\r la toilette1 ce qui a exi/ de t\t temps1 mais p\r la div]sit de la toilette4 ,dans *aque mode gnrale *aque femme se taille une mode p>ticulire2 et les femmes de ?tre1 dans la position en vue qu'elles occup5t1 sont excusables de *]*] faire preuve d'un gt p]sonnel dont les spectatrices *]*5t dc\vrir la c>actri/ique1 s\v5t dans un b av\ d'imitation4 ,,*apitre ,,xxi ,rapports de la mise en scne avec l'espace et le temps1--,les ,dani*eff et l',oncle ,sam4--,du vrai et du vraisemblable4--,de la c\leur locale4--,prdom9ance des traits gnraux4--,les romantiques4--,le ,cid et ,bajazet4--,le ?tre de ,victor ,hugo4 ,l'esprit e/ relativem5t au temps dans les mmes conditions que la vue relativem5t la di/ance4 ,l'espace et le temps sont d'ailleurs deux concepts corrlatifs qui ne peuv5t s'expliqu] l'un sans l'autre4 ,on peut donc dire qu'une pice dont l'action se dr\le dans un milieu trs loign de celui o n\s vivons1 prs5te les mmes difficults de reprs5tation qu'une pice dont l'action a t place une poque de beauc\p antrieure la ntre4 ,nanmo9s1 il ne s]ait pas ju/e de dire simplem5t que dans ces deux cas la difficult e/ multiplie p> la di/ance ou p> le temps4 ,il e/1 en effet1 ncessaire de t5ir compte de la connaissance que n\s avons de ce milieu ou de cette poque1 et des rapports que les ides1 les moeurs1 les co/umes peuv5t avoir avec les ntres4 ,les tats-,unis1 p> exemple1 quoique plus di/ants de n\s que c]ta9s pays des bords du ,danube1 n\s (frirai5t des difficults de mise en scne beauc\p mo9s gr&es4 ,de mme l'hi/oire1 les ides1 les moeurs de l',a?nes de ,pricls n\s sont plus familires que celles des premi]s sicles de notre re1 et mme que celles de nos anctres directs4 ,il n'y a donc ri5 d'absolu dans les difficults que le temps ou la di/ance (fre la mise en scne4 ,c'e/ le plus ou mo9s d'in/ruction du spectateur1 l't5due de son savoir et l'ampleur de ses in=mations qui indiqu5t le po9t de vraisemblance auquel n\s devons n\s ef=c] d'atte9dre4 ,depuis un c]ta9 nombre d'annes1 les oeuvres traduites des romanci]s russes n\s ont fait connatre dans leurs dtails les moeurs de la ,russie1 et n\s ont initis des ides assez diffr5tes des ntres2 aussi a-t-on pu1 dans les ,dani*eff1 intress] le public franais un drame dont l'action n'aurait pu se dr\l] dans le milieu o n\s sommes habitus de vivre1 et l'on a pu arriv] une reprs5tation suffisamm5t exacte de moeurs1 d'ides et de s5tim5ts dans lesquels n\s ne s]ions pas entrs il y a c9quante ans4 ,dans l',oncle ,sam1 c'e/ la vie et1 disons le mot1 l'exc5tricit amrica9e qui ont t produites sur le ?tre1 et la mise en scne a pu se rappro*] de la vrit relative p> la connaissance que possde ou que croit possd] le public franais de ce c>actre amrica9 qui e/ celui d'un type n\veau dans l'humanit mod]ne4 ,mais qu'il s'agisse de mont] un drame dont l'action se dr\l]ait en ,turquie1 on pr\v]a des difficults presque insurmontables4 ,ce qu'on appelle la c\leur locale s]ait dans ce cas-l beauc\p plus nuisible qu'utile1 c> elle s]ait sans d\te en opposition avec l'ide que le public en gnral se =me des moeurs turques et du my/re qui ent\re la vie prive des femmes4 ,t\t le travail d'approximation que s]ait t5t de faire l'auteur laiss]ait le public froid et incrdule4 ,ce que n\s *]*ons dans le ?tre1 en dpit de l'cole rali/e1 qui a absolum5t tort sur ce po9t1 c'e/ une image des ides acquises et enregi/res p> notre esprit2 c'e/ le spectacle de passions analogues celles qui p\rrai5t n\s agit]4 ,le ?tre e/ donc en quelque sorte fond sur le transport de nos propres tats de consci5ce dans les p]sonnages du drame4 ,t\t ce qui n'e/ pas concevable p\r n\s-mmes n'e/ ni vrai ni vraisemblable nos yeux4 ,t\t le monde sait combi5 il n\s e/ difficile1 p\r ne pas dire impossible1 de concevoir des tres ayant un sixime1 un septime1 un huitime s5s1 ou des corps ayant mo9s ou plus de trois dim5sions4 ,il en e/ de mme des ides3 il n\s e/ impossible de concevoir *ez un autre des ides que n\s ne concevons pas en n\s4 ,on peut en donn] un exemple hi/orique frappant4 ,supposons qu'un pote n\s reprs5te ,pricls pleurant sur le tombeau du d]ni] de ses fils4 ,c]tes ce s]a un spectacle t\*ant si n\s ne voyons en lui qu'un pre1 en t\t semblable n\s1 se lam5tant sur la p]te d'un fils bi5-aim4 ,mais si l'auteur s'avise de faire de l'ar*ologie morale et veut n\s intress] au *agr9 p>ticuli] qu'a ress5ti ,pricls la p5se que son tombeau et ceux de t\s les ,alcmonides s]ai5t dsormais privs des honneurs et des rites hrditaires1 il e/ c]ta9 que le *agr9 de ce gr& homme1 dmesurm5t grossi d'un tr\ble sup]/itieux que n\s ne concevons plus1 n\s p>atra purem5t oratoire et ne n\s inspir]a aucune sympa?ie1 p> la raison bi5 simple que ce sont des s5tim5ts qui se sont te9ts en se trans=mant et qui n'ont auj\rd'hui aucune prise sur notre coeur4 ,ce que n\s v5ons de dire des s5tim5ts et des ides exprimes p> le drame e/ galem5t vrai de la mise en scne4 ,os]ait-on1 p> exemple1 dans la reprs5tation d'un drame ori5tal1 tal] nos yeux cet amalgame trange d'objets europens et d'objets asiatiques qui dp>e la vie des plus gr&s seigneurs1 ce mlange biz>re des modes sculaires de ,con/ant9ople et des modes les plus vulgaires de ,p>is8 ,de p>eilles disp>ates1 qui sont frqu5tes dans la vie ori5tale telle que l'a faite le cosmopolitisme mod]ne1 n\s *oqu]ai5t ce po9t que n\s ne p\rrions en support] la vue4 ,elles s]ai5t1 en effet1 en contradiction avec la reprs5tation que notre imag9ation n\s fait de la vie ori5tale1 et c'e/ cette reprs5tation-l que n\s doit le metteur en scne4 ,la c\leur locale n'a de prix que lorsque c'e/ celle-l mme que peut imag9] le spectateur4 ,si on s'+niait mont] un drame *9ois1 se dr\lant p> exemple ,pk91 il e/ clair que ce qu'il y aurait de plus simple s]ait de n\s montr] des kiosques1 des arbres1 des ,*9ois et des ,*9oises de p>av5t1 c> ce sont ceux-l seulem5t que n\s connaissons et qui ont nos yeux le plus pur c>actre *9ois4 ,or1 t\t ce qui n\s e/ trang] e/1 un degr quelconque1 un peu *9ois p\r n\s4 ,si donc on se dem&e quelle e/ la rgle gnrale qui doit prsid] la mise en scne d'une pice dont la difficult de reprs5tation provi5t de la di/ance ou du temps1 n\s dirons que cette rgle consi/e dans la prdom9ance des traits gnraux sur les traits p>ticuli]s1 aussi bi5 dans les ides et dans le langage1 ce qui e/ du doma9e du pote1 que dans la dcoration1 dans le matriel figuratif et dans les co/umes1 ce qui r5tre dans le doma9e du metteur en scne4 ,quelle que soit la di/ance ou quel que soit le temps1 d'ailleurs1 on desc5d du gnral au p>ticuli] en proportion de la connaissance que n\s possdons du milieu reprs5t4 ,en t\t cas1 il faut avoir le c\rage de rpudi] t\te manife/ation inutile et p> consqu5t inopportune de la c\leur locale4 ,le romantisme en a s+ulirem5t abus1 et c'e/ prcism5t cet abus qui e/ cause que les pices d'il y a c9quante ans ont si vite vieilli et sont auj\rd'hui s+ulirem5t dmodes4 ,c'e/ que prcism5t ce qu'on appelle la c\leur locale e/ plus qu'on ne p5se une "q de po9t de vue4 ,n\s n'avons jamais qu'une notion imp>faite de ce qui e/ loign de n\s p> le temps ou p> la di/ance1 et ce que n\s croyons tre une vrit absolue n'e/ jamais qu'une vrit relative1 fonde prcism5t sur nos gts1 sur nos ides1 sur nos vues actuelles4 ,on a abus un c]ta9 mom5t du moy5 ge et de la *eval]ie2 or1 ce qu'en #ahcj on croyait tre1 soit le langage1 soit l'esprit du moy5 ge1 n'e/ auj\rd'hui nos yeux que le langage et l'esprit de #ahcj4 ,n\s voyons le pass s\s un angle diffr5t4 ,si donc1 cette poque1 on s'tait cont5t de m>qu] le moy5 ge de traits gnraux1 ceux-ci aurai5t cons]v le privilge de n\s le r5dre peu prs tel que n\s p\vons encore le concevoir auj\rd'hui2 mais ce sont les traits p>ticuli]s qui ont gt le portrait et lui donn5t ma9t5ant un c]ta9 air de c>icature4 ,n'e/-ce pas1 en effet1 ce dfaut1 jo9t l'abus du pittoresque et de l'anti?se1 qui dj1 du vivant mme de ,victor ,hugo1 nuit l'oeuvre dramatique du pote1 en dpit de l'imag9ation potique qu'on admire dans ,h]nani1 cette oeuvre rayonnante de jeunesse et de passion1 en dpit de la p]fection littraire laquelle atte9t le /yle de ,ruy ,blas4 ,au contraire1 le ,cid et ,bajazet ont-ils vieilli8 ,ils n'ont pas auj\rd'hui une ride de plus qu'au j\r o ils ont p>u sur la scne4 ,le ,cid a p> lui-mme un effet reprs5tatif considrable1 mais ,corneille ne s'e/ pas ab&onn la c\leur locale2 ses hros sont m>qus de traits huma9s plus que p>ticulirem5t espagnols1 sauf en ce qui conc]ne l'honneur4 ,sans d\te l'enflure du /yle cornli5 ne correspond plus notre gt actuel1 mais elle e/ corrige p> la fran*ise de l'acc5t et p> la beaut morale des situations1 sur laquelle la re*]*e du pittoresque n'empite jamais4 ,quant ,bajazet1 qui ne devrait jamais quitt] p\r longtemps le rp]toire de la ,comdie-,franaise1 et que je ne puis jamais relire sans une pr(onde motion e/htique1 il devra son t]nelle jeunesse la prdom9ance des traits gnraux sur les traits p>ticuli]s1 ce qui e/ rem>quable dans un sujet qui aurait comport facilem5t un abus d'effets reprs5tatifs1 tirs de la vie ori5tale et des my/res qui plan5t sur les drames des h>ems1 abus dans lequel ne manqu]ait peut-tre pas de tomb] un auteur mod]ne4 ,quelle que soit la prdilection que j'pr\ve p]sonnellem5t p\r ,rac9e1 je ne crois cep5dant pas que l'on puisse dire que ,corneille et ,rac9e ai5t t de plus gr&s potes que ,victor ,hugo4 ,si donc ce n'e/ pas dans l'9galit de leur gnie potique que gt la diffr5ce de vitalit de leurs oeuvres dramatiques1 il faut en faire remont] la cause un excs de ri*esse dans l'imag9ation de ,victor ,hugo1 qui l'a entran un abus p]ptuel d'effets uniquem5t reprs5tatifs et une re*]*e purem5t pique du pittoresque et de la c\leur locale4 ,dans les prfaces ou les notes qui accompagn5t ses pices imprimes1 ,victor ,hugo se fait un mrite d'avoir puis une f\le de traits p>ticuli]s1 peu connus1 dans tel ou tel auteur espagnol ou anglais2 ce s]ait1 en effet1 un mrite p\r un hi/ori51 mais ce n'en e/ pas un p\r un pote dramatique4 ,ce que celui-ci doit au public1 ce sont des tres purem5t huma9s1 uniquem5t revtus1 s'ils sont trang]s1 de traits gnraux suffisants les faire reconnatre p\r tels4 ,aj\tons d'ailleurs1 p\r tre ju/e1 qu'une aussi va/e imag9ation1 nuisible au pote dramatique1 e/ l'ess5ce mme du gnie du pote pique2 et ,victor ,hugo en e/ encore ici un illu/re exemple1 c> le livre de la ,lg5de des sicles e/ un *ef-d'oeuvre1 auquel ri5 ne peut tre comp> dans la littrature franaise non plus que dans les littratures trangres4 ,si donc1 p\r en rev5ir l'objet de ce *apitre1 il s'agit de reprs5t] un milieu loign du ntre p> la di/ance ou le temps1 il s]a t\j\rs sage de se r5f]m] dans une mise en scne sobre et trs simple1 de se cont5t] d'une c\leur locale discrte et modre1 d'vit] la re*]*e des effets trop spciaux au milieu reprs5t1 enf9 de ne m>qu] l'oeuvre que des traits p>ticuli]s ncessits =mellem5t p> le texte lui-mme4 ,les co/umes doiv5t produire un effet d'ensemble1 avoir ce c>actre commun que n\s attribuons soit un pays1 soit une poque1 ne pas prs5t] de re*]*es inutiles d'orig9alit2 c> le public n'entre que trs difficilem5t dans les raisons des modes des anci5s ou des trang]s1 puisque ses gts sont auj\rd'hui totalem5t diffr5ts4 ,mais n\s t\*ons l un autre ordre d'ides qui a beso9 de quelques dveloppem5ts4 ,,*apitre ,,xxii ,vanit de t\te re*]*e ar*ologique4--,des diffr5ts /yles4--,les co/umes du ,misan?rope4--,le temps efface les traits p>ticuli]s4--,=mation des types arti/iques4--,de/ructibilit de la mise en scne4--,ncessit de dmont] les oeuvres classiques4--,des reprises4--,antony4--,la mise en scne e/ une cration arti/ique4--,erreur de l'cole rali/e4 ,t\t ce qu'il y a de spcial et de circon/anciel dans les milieux diffr5ts de celui o n\s vivons n\s *appe peu prs compltem5t4 ,si1 p\r pr5dre un exemple frappant1 n\s rev5ons un in/ant la ,*9e1 qui e/ p> excell5ce un pays exc5trique p> rapport l',europe1 on peut affirm] que nos yeux ne sont pas =ms rem>qu] les diffr5ces d'usages1 de moeurs et de co/umes qui c>actris5t les div]ses poques de son hi/oire4 ,de telle sorte que1 sur un million de spectateurs1 il n'y en aurait probablem5t pas un qui ft susceptible de saisir1 mille ans prs1 des diffr5ces dans les modes *9oises4 ,un tel exemple e/ de nature1 il semble1 n\s r5dre lgrem5t sceptiques relativem5t la valeur de la c\leur locale4 ,et1 en y rfl*issant1 on peut se dem&] si nos connaissances sont beauc\p plus t5dues en ce qui conc]ne t\te l',asie1 l',afrique1 l'gypte1 la ,grce elle-mme1 a9si que ,rome et surt\t les premi]s sicles de notre propre hi/oire4 ,t\t ce qui s'loigne de notre expri5ce actuelle p]d peu peu t\te prcision1 et mme de sa vraisemblance1 tellem5t que si on faisait pass] devant les yeux d'un homme de soixante ans une suite *ronologique de gravures reprs5tant les modes qu'ont depuis sa naissance successivem5t adoptes ses contempora9s1 il ne les reconnatrait pas p\r la plup>t et en reg>d]ait quelques-unes comme imag9es aprs c\p et t\t fait invraisemblables4 ,c'e/ p\rquoi1 dans la mise en scne d'une pice dont l'action se dr\le dans un autre temps1 t\te re*]*e trop prcise d'ar*ologie1 c'e/--dire portant sur un trop gr& nombre de dtails1 e/ non seulem5t inutile1 mais contraire la vraisemblance1 et n'a pas p> consqu5t un c>actre inconte/able de vrit4 ,sans d\te1 s'il s'agit du pass de notre propre race1 n\s possd]ons un ensemble de connaissances plus c]ta9es que s'il s'agissait d'un peuple trang]1 mme contempora94 ,un gr& nombre de spectateurs sont aptes di/+u] entre eux1 tant s\s le rapport de la dcoration et de l'ameublem5t que s\s celui des co/umes1 les /yles ,l\is ,,xiii1 ,l\is ,,xiv1 ,l\is ,,xv et ,l\is ,,xvi2 mais combi5 peu saurai5t tablir des diffr5ces dans les modes div]ses qui ont pu rgn] p5dant le c\rs de ces gr&es poques4 ,le public ne se *oque pas de diffr5ces qui1 p\r des contempora9s1 euss5t t mon/rueuses4 ,c'e/ a9si qu'en #ahgh1 la ,comdie-,franaise1 on a repris le ,misan?rope avec les co/umes faits en #ahcg p\r une reprs5tation de gala ,v]sailles et qui sont la mode de la m9orit de ,l\is ,,xiv1 bi5 que le ,misan?rope1 qui date de #afff1 et t\j\rs t j\ jusqu'alors en habits c>rs de la seconde moiti du sicle4 ,n\s1 hommes du ,x,i,xe sicle1 qui n\s piquons d'exactitude1 s\v5t plus que de raison1 en sommes-n\s *oqus8 ,et d'ailleurs1 combi5 de spectateurs song5t comp>] la date des co/umes avec celle de la pice8 ,la plup>t ignor5t sans d\te que les co/umes du ,misan?rope peuv5t faire "q4 ,mais bi5 mieux1 p5dant qu' la ,comdie-,franaise1 on j\e le ,misan?rope en manteaux c\rts1 on cont9ue le j\] l',odon en habits c>rs4 ,t\tefois1 comme l'exemple e/ contagieux1 un des acteurs a eu l'ide de j\] le rle d',aca/e en manteau1 comme rue de ,ri*elieu1 t&is que t\s les autres p]sonnages cons]v5t l'habit c>r4 ,or1 bi5 peu de spectateurs s'ap]oiv5t de ce qu'il y a de disp>ate dans ce mlange de modes qui ne sont po9t de la mme poque4 ,cep5dant1 n\s s]ions *oqus si on introduisait dans une comdie contempora9e en habits noirs un p]sonnage habill la mode de #ahcj4 ,c'e/ qu'avec le temps1 on ne s'atta*e qu'aux c>actres gnraux et qu'on nglige les diffr5ces1 p\rtant considrables1 qui naiss5t de la comp>aison des traits p>ticuli]s4 ,il va de soi que l'ide qui se =me en n\s des co/umes d'une poque e/ d'autant plus gnrale qu'elle repose sur un plus gr& nombre d'exemplaires pris1 soit dans un mme temps1 soit dans des temps successifs4 ,cette ide1 d'ailleurs1 nat en n\s1 comme t\te ide1 p> la runion des c>actres communs qui n\s frapp5t dans ce gr& nombre d'exemplaires4 ,il suit de l que l'ide que n\s avons du /yle d'une poque1 que n\s avons trav]se1 e/ gnrale et non p>ticulire1 et que1 lorsqu'il s'agit de mise en scne1 n\s devons ralis] dans la dcoration1 dans l'ameublem5t et dans les co/umes cette ide gnrale qui e/ seule intelligible p\r notre esprit et qui1 seule1 e/ p\r n\s la vrit4 ,en outre1 on peut rem>qu] que les ides p>ticulires des contempora9s1 se *angeant peu peu en ides de plus en plus gnrales mesure que leur po9t de d"p s'enfonce dans les brumes du pass1 il arrive un mom5t o elles se fix5t dans des types gnraux dsormais inv>iables1 au mo9s dans les prvisions actuelles1 et auxquels n\s devons rapport] t\t ce que n\s crons auj\rd'hui dans le b de reprs5t] telle ou telle poque passe4 ,ce sont donc1 dans ce cas1 ces types gnraux et inv>iablem5t fixs dont le ?tre n\s doit la reprs5tation fidle1 puisque eux seuls rpond5t aux =mes que le temps a imposes nos ides4 ,il y a donc un degr d'exactitude au del duquel la mise en scne devi5drait non seulem5t anti?trale1 mais mme anti>ti/ique4 ,une pice qu'on exhum]ait au b\t de c9quante ans1 dans les mmes dcorations et avec les mmes co/umes qu' sa premire reprs5tation1 n\s f]ait l'effet d'une vritable c>icature2 c>1 en bi5 des po9ts1 elle p\rrait se tr\v] en contradiction avec les types que le temps aurait =ms dans notre esprit4 ,ce qui prcde n\s amne donc deux consqu5ces importantes4 ,la premire e/ que1 lorsqu'une pice a f\rni sa c>rire et qu'on n'en peut prvoir une reprise pro*a9e1 il e/ dsirable de dtruire la mise en scne4 ,c'e/ d'ailleurs1 lorsqu'une pice quitte l'affi*e aprs avoir puis son succs1 l'effet de l'usure naturelle des *oses4 ,on ne peut emmagas9] l'inf9i des dcors dont on ne prvoit pas l'utilit pro*a9e1 et dont quelques-uns peuv5t tre fatigus et dtriors p> l'usage4 ,il en e/ de mme des co/umes4 ,la mise en scne se tr\ve donc dtruite ipso facto4 ,la seconde consqu5ce e/ que1 lorsqu'on repr5d une pice depuis longtemps disp>ue de l'affi*e1 il n'y a pas lieu de reproduire id5tiquem5t la mise en scne primitive4 ,sur le premi] po9t1 on p\rrait s'imag9] que la rgle ne s'impose po9t au rp]toire classique1 tragdies et comdies1 que la mise en scne en e/ immuable et si bi5 tablie qu'on n'y puisse espr] faire aucun *angem5t4 ,ce s]ait une erreur de p5s] a9si d'autant que1 p> suite de la rvolution qui1 v]s la f9 du sicle d]ni]1 a modifi l'art des dcorations et des co/umes1 la mise en scne de nos *efs-d'oeuvre classiques e/ t\te mod]ne4 ,elle a pu v>i] et1 en effet1 elle a s\v5t v>i et v>i]a encore4 ,s'il s'agit de pices grecques ou roma9es1 il e/ d'ailleurs vid5t que le po9t de vue d'o on a successivem5t jug l'antiquit s'e/ frquemm5t dplac1 et que la mme reprs5tation ne p\rrait satisfaire les spectateurs actuels1 aprs avoir satisfait ceux des deux d]ni]s sicles4 ,si donc il y a des traditions en ce qui conc]ne le jeu et la diction des acteurs1 il n'en saurait tre de mme des dcorations et des co/umes4 ,en outre1 les *angem5ts d'acteurs f9iss5t p> ncessit] une n\velle mise au po9t4 ,le gt du public1 v>iable d'une gnration l'autre1 se lasse peu peu du mme spectacle1 et il lui semble1 tort ou raison1 qu'en introduisant quelque v>it dans l'app>eil ?tral1 on p\rra se rappro*] d'un idal qu'en fait on n'atte9t jamais4 ,ces div]ses raisons font donc une loi de ne pas laiss] les oeuvres classiques s't]nis] dans le mme tat reprs5tatif4 ,aprs les avoir fait figur] un an ou deux au rp]toire c\rant1 il e/ bon de les dmont] compltem5t p\r la plup>t1 et d'att5dre quelque temps avant d'en faire une reprise4 ,d'ailleurs le procd qui consi/e r5\vel]1 les rles un un1 soit p> le moy5 de d\blures1 soit en utilisant les n\velles acquisitions du ?tre1 e/ utile s'il ne s'agit que de remdi] un accid5t imprvu ou de favoris] les dbuts d'un acteur2 mais en soi il e/ mauvais1 p>ce qu'il porte le tr\ble dans un ensemble habilem5t comb91 et p>ce qu'il ne p]met pas de plus l>ges corrections qu'autorise seule une n\velle mise en scne4 ,c'e/ a9si qu' l'heure actuelle il me p>at ncessaire de retir] ,phdre du rp]toire de la ,comdie-,franaise 7n\s en v]rons plus lo9 les raisons71 et d'att5dre un c]ta9 temps avant d'en faire une reprise tudie4 ,s'il s'agit1 non plus de pices grecques ou roma9es1 mais d'une oeuvre dramatique dont le sujet a t pris dans le monde contempora9 de l'poque o elle a p>u p\r la premire fois la scne1 il faut di/+u] si l'oeuvre e/ anci5ne ou mod]ne4 ,les pices qui dat5t d'une poque de l'hi/oire p\r laquelle le temps a fait son (fice1 en crant des types gnraux qui sont auj\rd'hui peu prs fixes1 sont plus faciles mont] p>ce que dj ces types ont t raliss sur la scne et que d'autres arts1 la pe9ture1 la gravure et la sculpture1 en ont en quelque sorte vulg>is la connaissance4 ,on a vu cep5dant1 p> l'exemple que n\s avons cit du ,misan?rope1 qu'il y a place1 mme dans ces cas-l1 p\r des c>ts considrables4 ,la difficult e/ quelquefois plus gr&e p\r des oeuvres mod]nes1 dans lesquelles il faut prcism5t ralis] p\r la premire fois des types qui comm5c5t se =m] dans notre esprit1 et dans lesquels il y a encore prdom9ance de traits p>ticuli]s1 v>iables dans la mmoire de *acun de n\s4 ,cette "q a t ju/em5t agite1 rcemm5t propos de la reprise d',antony4 ,c'e/ le cas de rem>qu] combi5 il e/ heureux que t\te mise en scne soit de sa nature de/ructible2 c> si p> impossible on avait cons]v celle d',antony et qu'on n\s l'et remise auj\rd'hui s\s les yeux1 on aurait pu sans d\te espr] piqu] jusqu' un c]ta9 po9t la curiosit d'une p>tie du public1 mais trs c]ta9em5t elle aurait produit un effet df9itif dsa/reux et aurait t contre le b qu'on s'tait propos et qui ne p\vait tre que celui de n\s t\*] et de n\s m\voir4 ,il n\s aurait t impossible de pr5dre au srieux une gravure de mode suranne2 et le ridicule du spectacle aurait t en n\s un ob/acle insurmontable l'pan\issem5t de la sympa?ie4 ,mais en fait la mise en scne d',antony n'exi/ait plus et il a fallu la recrer de t\tes pices4 ,la difficult tait prcism5t dans le gr& nombre de traits prcis et p>ticuli]s dont1 relativem5t cette poque peu loigne de n\s1 notre imag9ation e/ encore encombre4 ,il fallait1 p\r le co/ume d',antony1 vit] le ridicule auquel il ne prtait pas jadis et auquel il ne devait pas non plus prt] auj\rd'hui4 ,il fallait crer1 comme cela s'e/ fait1 de soi-mme et ins5siblem5t1 p\r des poques plus anci5nes1 un type gnral qui et le c>actre du temps sans tre le p]sonnage la mode de telle ou telle anne4 ,on devait donc avoir gr& so9 de ne pas feuillet] les gravures de modes1 les j\rnaux illu/rs1 mais de s'inspir] de portraits1 de bu/es1 de gravures1 c'e/--dire1 en un mot1 d'oeuvres d'art4 ,leur exam5 collectif devait (frir un c]ta9 nombre de c>actres communs et f\rnir les traits gnraux du type ralis]4 ,en t\t cas1 ce dont il fallait bi5 se pntr]1 c'e/ que le co/ume d',antony ne devait tre ni une copie ni une rm9isc5ce1 mais une cration au s5s arti/ique du mot4 ,a l',odon1 on n'a pas fait une tude suffisamm5t arti/ique de la mise en scne4 ,on a t\t simplem5t mod]nis le co/ume d',antony en modifiant la =me de ses collets1 de ses cols et de sa cravate2 on a t jusqu' lui p]mettre le gant ,d]by2 on a de mme mod]nis la coiffure des femmes et trop allong leurs robes4 ,t\tefois1 je reconnais qu'on a russi vit] le ridicule que n'et pas manqu d'excit] une rsurrection exacte des co/umes de #ahcj4 ,seulem5t on n'a pas russi1 ce qui dem&ait un ef=t arti/ique1 con/itu] le type ?tral d',antony4 ,aj\tons d'ailleurs que p\r cette pice t\s les dtails de mise en scne n'ont qu'une importance trs secondaire1 p> la raison qu',antony e/ un *ef-d'oeuvre1 qui re/]a tel au milieu des trans=mations scniques que lui impos]a le gt des gnrations successives4 ,la po/rit comm5ce seulem5t p\r cette oeuvre extraord9aire1 qui e/ de/9e tt ou t>d faire p>tie du rp]toire c\rant de la ,comdie-,franaise4 ,les types et les co/umes se fix]ont d'eux-mmes1 sans qu'il soit beso9 d'un travail critique rfl*i4 ,ce drame1 pa?tique et huma91 rajeunira de lui-mme mesure que la socit franaise vieillira4 ,en rsum1 la mise en scne e/ un art qui n'*appe pas aux conditions auxquelles sont s\mis les autres arts4 ,c'e/ une imitation visible et non dguise de la nature1 mais libre et syn?tique1 et p>tant cratrice1 et qui e/1 p> rapport aux *oses et aux tres pris comme modles1 ce que sont t\tes nos ides p> rapport aux objets ou aux phnomnes s\v5t innombrables qui ont contribu les =m] en n\s4 ,faire de la mise en scne une copie s]vile de la ralit s]ait d'abord une impossibilit matrielle1 et ensuite1 qu& le temps e/ un des facteurs de la "q1 un non-s5s arti/ique1 puisqu'elle s]ait en p]ptuelle contradiction avec les l5tes1 mais 9luctables trans=mations que les lois de l'esprit impos5t t\tes nos ides4 ,enf9 il faudrait que *aque objet du monde extrieur et une reprs5tation id5tique dans *aque c]veau huma94 ,quelques auteurs mod]nes qui se piqu5t d'une exactitude scrupuleuse se leurr5t eux-mmes1 p>ce qu'ils ne se r5d5t pas compte que ce qu'ils pr5n5t p\r la ralit n'e/ qu'une image et qu'une int]prtation de la nature1 modifiable suivant le tempram5t1 la con/itution physique et l'adaptation physiologique de *acun de n\s4 ,il faut reconnatre que la ralit e/ en soi quelque *ose qui *appe la c]titude huma9e1 et que p\r un mme objet il y a autant d'images diffr5tes de cet objet que d'obs]vateurs4 ,et1 en effet1 ce que n\s appelons ralit n'e/ en fait qu'une oeuvre d'art qui a p\r auteur l'arti/e que la nature a ca* au fond de *acun de n\s4 ,la prt5tion qu'a l'cole rali/e d'tre plus vraie que l'cole idali/e n'e/1 *ez beauc\p de ses adeptes1 qu'une infirmit intellectuelle qui consi/e croire les images qui se =m5t dans notre oeil plus ressemblantes que celles qui se =m5t dans l'oeil de nos semblables4 ,o la ?orie rali/e ou naturali/e repr5d de sa valeur et de son importance1 c'e/ lorsqu'elle n\s fait une loi de sub/itu] la vue directe et immdiate des objets leur vue indirecte et mdiate1 c'e/--dire de rep\ss] l'int]position1 entre la nature et n\s1 de tempram5ts arti/iques diffr5ts de notre propre tempram5t4 ,aj\tons que beauc\p de p]sonnes re/reign5t la vrit la p>ticul>it4 ,or une ide gnrale n'e/ pas mo9s vraie qu'une ide p>ticulire2 l'une s'applique un plus gr& nombre d'objets1 l'autre un plus petit nombre1 voil t\t4 ,un dcor reprs5tant un paysage ne s]a pas en contradiction avec la vrit p>ce qu'il laiss]a de ct un nombre plus ou mo9s gr& de dtails p>ticuli]s faciles con/at] dans tel ou tel paysage rel4 ,seulem5t1 il e/ une oeuvre arti/ique et correspond exactem5t1 p> son degr de gnralit1 ce qu'e/ une ide dans l'ordre intellectuel4 ,de mme un co/ume de ?tre doit tre une oeuvre d'art et n\s donn] l'ide du co/ume d'une poque1 ce quoi il p>vi5dra sans tre tel ou tel co/ume p>ticuli] de cette poque4 ,c'e/ d'ailleurs l un sujet que des pages aj\tes des pages n'puis]ai5t pas4 ,en ces matires1 il e/ inutile de *]*] conva9cre ceux qui ne se sont pas r5du compte de la manire syn?tique dont se =m5t les ides dans leur esprit4 ,n\s y revi5drons au surplus dans la suite1 qu& n\s n\s occup]ons plus p>ticulirem5t de la mise en scne des p]sonnages de ?tre4 ,,*apitre ,,xxiii ,de la reprs5tation des oeuvres classiques4--,du plaisir ?tral4--,de la s5sation du beau4--,analyse de cette s5sation4 ,j'aborde un sujet dont l'intrt ne le cde pas l'importance3 la mise en scne des *efs-d'oeuvre classiques de la littrature franaise4 ,sujet va/e1 qu'il faut s'empress] de limit]1 en c>tant autant que possible t\t ce qui dans l'tude e/htique de ces oeuvres dramatiques ne se rapporte pas la mise en scne4 ,ds les premires pages de ce volume1 n\s avons dit l'intrt suprieur qui s'atta*e la reprs5tation des oeuvres classiques4 ,elles m>qu5t le niveau suprieur o s'e/ lev le gnie franais1 ou mieux le po9t culm9ant qu'a pu atte9dre en ,france l'art dramatique1 s\s sa =me la plus simple et la plus svre4 ,p\r les potes1 c'e/ un exemple t\j\rs prs5t1 qui dom9e leurs ef=ts1 ne les laisse jamais satisfaits de leurs propres ouvrages et les p\sse dans la voie indf9ie du progrs4 ,corneille1 ,rac9e et ,molire s]v5t de consci5ce1 soyons-en srs1 ceux-l mmes qu'enivre la popul>it1 et que semble aveugl] le cont5tem5t de soi-mme4 ,ces reprs5tations ne sont pas mo9s salutaires au public2 et n'aurai5t-elles que le mrite de =m] et de purifi] son gt1 d'lev] et d'agr&ir son esprit1 qu'elles contribu]ai5t a9si la culture gnrale des lettres1 au ma9ti5 des bonnes moeurs et aux ins5sibles progrs de la civilisation4 ,c'e/ surt\t en se dem&ant comm5t les reprs5tations classiques =m5t et pur5t le gt qu'on met en vid5ce l'attrait qu'elles ont seules le privilge d'ex]c] et la raison secrte de l'empire qu'elles pr5n5t sur ceux qui ont une fois s5ti le plaisir p>ticuli] qu'elles procur5t4 ,depuis plusieurs annes j'ai assi/ un trs gr& nombre de ces reprs5tations1 et c'e/ un po9t que je me suis ef=c d'claircir1 en analysant mes propres impressions et en les comp>ant avec celles que me semblait pr\v] la salle t\t entire4 ,il e/ c]ta9 que les hommes ne vont *]*] au ?tre que des s5sations1 ce qu'en un mot n\s appelons du plaisir4 ,p]sonne n'entre la ,comdie-,franaise avec la prt5tion de se r5dre meilleur1 de =m] son gt1 d'lev] son esprit4 ,a cet g>d notre am\r-propre1 qui s\v5t se cont5te de peu1 n\s fait jug] notre esprit assez lev1 notre gt suffisamm5t dlicat et n\s entreti5t dans l'e/ime de n\s-mmes4 ,les salles de ?tre s]ai5t vides si elles ne devai5t se remplir que de p]sonnes qu'y amn]ai5t des motifs aussi l\ables4 ,non1 le mobile qui n\s p\sse au ?tre n'e/ pas aussi ds9tress qu'on le p5se2 n\s v\lons y gt] du plaisir dans t\te la =ce du t]me et y pr\v] des s5sations relles1 qui mett5t en moi notre organisme t\t enti]4 ,on se tromp]ait d'ailleurs si on croyait que n\s sommes ici en contradiction avec ce que n\s avons dit dans le comm5cem5t de cet ouvrage1 c> il y a un ordre de s5sations auxquelles on ne p>vi5t que p> un ef=t con/ant et une puissante application de l'esprit1 et que p> consqu5t la mo9dre di/raction emp*]ait de natre en n\s4 ,t\s les j\rs il peut n\s arriv] d'assi/] des comdies plus spirituelles ou plus amusantes que les comdies de ,molire1 des drames plus intressants ou plus poignants que les tragdies de ,corneille et de ,rac9e4 ,on outrepass]ait la vrit en v\lant pr\v] que t\tes les pices le cd5t en gaiet ou en =ce dramatique aux oeuvres classiques3 ce n'e/ pas vrai4 ,p\r moi1 j'av\e trs humblem5t1 m'tre s\v5t beauc\p plus amus c]ta9es pices du ,palais-,royal1 du ,vaudeville ou des ,v>its qu' la reprs5tation des ,femmes savantes ou du ,misan?rope2 et en dpit d'une rhtorique froide et g\rme il faut reconnatre que le rire1 le f\ rire mme1 e/ un plaisir que n\s re*]*ons et dont il ne faut pas rabaiss] la valeur4 ,de mme1 des drames de l',ambigu ou de la ,porte-,sa9t-,m>t91 j'ai pr\v des s5sations de piti1 de t]reur ou d'anxit beauc\p plus =tes que celles que m'ont jamais causes les hros ou les hrones des plus belles tragdies2 et ces impressions ont p\r n\s des volupts auxquelles n\s gtons avidem5t et qui n\s arra*5t des applaudissem5ts et des cris4 ,or ce qu'il faut bi5 compr5dre1 c'e/ que les s5sations que n\s font pr\v] les oeuvres classiques sont t\t aussi relles1 mais qu'elles sont d'un autre ordre1 et d'un ordre suprieur4 ,c'e/ donc prcism5t leur ralit qu'il faut mettre en vid5ce1 c> c'e/ p> leur ralit que ces j\issances arti/iques ont du prix p\r les hommes1 les attir5t et les sollicit5t avec une =ce qu'elles n'aurai5t pas si elles n'avai5t leur (frir qu'un semblant de plaisir idal et platonique4 ,or1 l'g>d de cette ralit1 il n'y a pas de d\te avoir4 ,qu& comm5ce une reprs5tation tragique les spectateurs sont d'abord simplem5t att5tifs1 les uns p>ce qu'ils se dispos5t un plaisir ineffable qu'ils connaiss5t1 les autres p> l'intuition qu'ils ont de ce plaisir1 un c]ta9 nombre enf9 p> respect1 p> conv5ance ou mme seulem5t p> imitation4 ,la plup>t n'entr5t que trs peu dans les raisons longuem5t dduites de l'exposition et ne s'atta*5t que mdiocrem5t aux prlim9aires de l'action4 ,mais peu peu l'intrt s'accrot1 mesure que la passion se dgage et que s\s le p]sonnage hi/orique ou lg5daire app>at le type huma9 cr et mis en scne p> le pote1 c'e/--dire mesure que l'art se manife/e et que le gnie du pote1 s'essayant un jeu div91 infuse dans les fantmes qu'il voque nos yeux la vie et t\tes les passions qui en font le *>me ou l'horreur4 ,alors1 p\r peu que la dcoration soit dc5te1 que le jeu et la dclamation des acteurs s'accord5t avec le texte potique1 il arrive un mom5t1 une scne1 une situation o l'art se manife/e s\s sa plus p>faite expression1 o t\s les moy5s si patiemm5t comb9s1 o t\s les ef=ts si longuem5t accumuls ab\tiss5t enf91 et o l'ide1 arra*e de l'esprit1 de l'me et des entrailles du pote1 se dgage de ses langes et se dresse nos yeux1 clatante de vrit et t\te palpitante de vie1 belle dans sa nudit sans dfauts comme l',anadyomne antique4 ,a ce mom5t un tr\ble pr(ond et dlicieux envahit notre tre t\t enti]1 une angoisse inquite1 haletante n\s tre9t1 p>eille l'motion de l'amant qui surpr5d un signe ador2 un beso9 d'air et d'espace inf9i semble n\s s\lev]1 comme ces rves qui n\s donn5t des ailes2 puis cette volupt trange et rapide succde un att5drissem5t qui se rs\t en l>mes1 et bi5tt la lassitude qui suit ce mom5t de plaisir suprme n\s p]met de mesur] la puissance de la commotion dont t\t notre tre a t branl4 ,or cette s5sation1 ce n'e/ pas la piti que n\s inspire ,iphignie qui n\s la donne1 ni la d\ble anxit de ,*imne1 ni l'en?\siasme contagieux de ,paul9e1 ni la rage d',h]mione2 non1 cette s5sation1 dont le dieu n\s sec\e aprs avoir sec\ le pote1 n'e/ autre *ose que la s5sation du beau1 c'e/--dire ce tr\ble presque sup]/itieux de /upfaction et d'admiration qui s'emp>e de n\s1 lorsque n\s voyons une bau*e faite de ma9 d'homme se revtir s\da9 des signes suprieurs de la vie dont la volont div9e a m>qu le front de ses cratures4 ,cela e/ si vrai que cette s5sation p\rtant si =te peut tre pr\ve1 id5tique dans t\s ses effets1 aussi bi5 la reprs5tation d'une comdie de ,molire qu' la reprs5tation d'une tragdie de ,corneille ou de ,rac9e1 ce qui ne se concevrait pas si on devait en *]*] la s\rce dans le pa?tique des situations1 au lieu d'y voir un effet de la puissance de la posie et du jaillissem5t de la vie1 en un mot une manife/ation du beau idal1 c'e/--dire du beau conu p> l'esprit et enf]m p> l'arti/e dans un simulacre huma94 ,c'e/ donc en rsum cette s5sation relle et t\t organique qui con/itue le plaisir p>ticuli] que n\s allons dem&] aux oeuvres classiques4 ,si elle p>at plus int5se la reprs5tation des oeuvres tragiques1 c'e/ que celles-ci exalt5t notre s5sibilit1 et1 comme d'une corde plus t5due1 n\s arra*5t des tressaillem5ts plus aigus4 ,cette s5sation ne se produit pas t\j\rs1 soit p> suite de nos dispositions p]sonnelles1 soit p> suite de celles des comdi5s4 ,mais qu& une fois on l'a ress5tie1 on en cons]ve un s\v5ir imprissable2 on con/ate en soi ce gt des gr&es oeuvres dont nombre de p]sonnes p>l5t sans le connatre1 et on se s5t en possession d'un plaisir ineffable qui surpasse de beauc\p celui que p\rrai5t n\s procur] les situations dramatiques les plus m\vantes4 ,qu& on s'ef=ce d'lev] et de purifi] le gt des jeunes g5s1 de leur ouvrir l'esprit1 de leur facilit] l'accs des oeuvres immortelles qui sont la gloire de l'esprit huma91 on travaille en df9itive 7que n'en sont-ils p]suads67 leur procur] des plaisirs rels1 des motions aussi vraies1 moralem5t et physiquem5t1 que t\tes celles auxquelles ils aspir5t et enf9 cette s5sation du beau1 qui e/ la j\issance suprme de l'tre huma9 et la raison d]nire de l'art4 ,mais les hommes1 ai-je beso9 de l'aj\t]1 sont de complexion diffr5te4 ,aux uns1 c'e/ la posie qui procure seule cette s5sation du beau2 aux autres1 c'e/ la pe9ture1 ceux-ci c'e/ la musique1 ceux-l c'e/ la nature4 ,dans le doma9e littraire1 on peut la ress5tir l'audition ou la lecture des oeuvres les plus div]ses1 et elle e/ d'ailleurs v>iable d'int5sit4 ,si je n'ai p>l que des *efs-d'oeuvre classiques1 c'e/ d'abord qu'eux seuls n\s font pr\v] cette s5sation dans t\te son intgrit et qu'ensuite je n'ai pas la prt5tion de jug] sommairem5t les criva9s et les potes de mon poque4 ,il me s]a p]mis t\tefois d'aj\t] que j'ai pr\v cette s5sation du beau la reprs5tation 7p\r m'en t5ir au ?tre7 de la plup>t des oeuvres d',alfr$ de ,musset1 dont le gnie sait dc\vrir et ouvrir cette s\rce de vie dont le jaillissem5t inonde notre me4 ,p\r conclure1 je dirai que c'e/ cette s5sation du beau qui e/ la raison des reprs5tations classiques1 et la ju/ification des subv5tions que l'tat accorde l',odon et la ,comdie-,franaise4 ,e/-il un b plus noble que celui de convi] un plaisir aussi p>fait et aussi pur un peuple rcemm5t affran*i1 mais libre1 hlas6 p\r le mal comme p\r le bi51 *app la discipl9e avant la f9 de son ducation intellectuelle et morale1 et port naturellem5t t\tes les satisfactions des s5s8 ,n'e/-il pas espr] que p>mi ce peuple1 ceux qui auront une fois gt et apprci un plaisir si dlicat se s5tiront mo9s entrans v]s des plaisirs grossi]s8 ,c'e/ l qu'e/ la moralit de l'art et la raison de son influ5ce sur la de/9e huma9e et sur la m>*e de la civilisation4 ,,*apitre ,,xxiv ,de la mise en scne tragique4--,ce qu'elle tait jadis en ,france4--,ce qu'elle tait *ez les ,grecs4--,notre imag9ation seule cre la mise en scne tragique4--,du c>actre gnral de la dcoration et des co/umes4--,la mise en scne n'e/ pas immuable4 ,n\s savons ma9t5ant quoi t5d5t les reprs5tations classiques1 le b qu'elles p\rsuiv5t et la s5sation suprme qu'elles s'ef=c5t de faire pr\v] t\s les spectateurs4 ,sans d\te1 t\s ne s5t5t pas le beau avec une =ce gale1 et ne sont pas d'ailleurs disposs ou prp>s subir le j\g du pote2 mais p> l'effet physiologique de la contagion1 qui se produit dans t\te f\le huma9e1 les plus indcis et les plus tides sont branls p> le spectacle de l'motion que leur donn5t les plus ard5ts1 et bi5tt il s'tablit1 entre ces spectateurs de t\t ge et de t\te condition1 une sorte de communion motionnelle1 qui fait qu'une salle t\t entire fond en l>mes au mme in/ant ou clate en applaudissem5ts4 ,il y a dans t\te oeuvre dramatique un ou plusieurs mom5ts psy*ologiques o doit se produire cette commotion1 qu'il ne faut pas confondre avec celle qui e/ due au pa?tique des situations4 ,elle se fait s\v5t s5tir ds le second acte1 et il suffit d'une ide1 d'un v]s1 d'un mot1 d'un ge/e1 d'un reg>d1 p\r dt]m9] ce jaillissem5t de vrit et de vie qui n\s atte9t en ple9e me4 ,mais1 dans les belles oeuvres1 ces deux commotions du pa?tique et du beau se rsolv5t enf9 en une seule1 qui se fait s5tir1 en gnral1 au quatrime acte1 aprs lequel il ne re/e plus au pote qu' apais] l'motion s\leve dans l'me du spectateur1 ram5] l'quilibre dans son esprit1 et lui laiss] du spectacle tragique une impression complte en soi1 dont le s\v5ir e/ de/9 s'associ] avec une ide de plaisir organique et de joie morale4 ,ce d\ble s\v5ir1 qui ret5tit longtemps au fond de n\s-mmes1 n\s dispose v5ir de n\veau sav\r] cette s5sation exquise2 et cette disposition e/ prcism5t la m>que d'un gt qui s'aiguise au s\v5ir et l'espoir d'un plaisir1 dans lequel se comb95t galem5t l'intellig5ce et la s5sibilit4 ,les mom5ts psy*ologiques dt]m9s1 et ils ne le sont gure d'une faon c]ta9e qu'aprs une suite de reprs5tations1 mo9s que des reprises antrieures ne les ai5t traditionnellem5t fixs1 t\t doit conc\rir faire produire au drame son ple9 et enti] effet4 ,il arrive assez s\v5t que les effets att5dus et prvus ne se manife/5t pas1 soit p> suite de la dfaillance d'un ou de plusieurs acteurs1 soit p> suite des dispositions du public ou de la composition de la salle4 ,d'autres fois1 il y a dplacem5t dans les po9ts de plus gr&e int5sit1 p> suite de la prpondrance inatt5due que le jeu d'un acteur donne l'un des p]sonnages4 ,en dehors du succs p]sonnel que recueille cet acteur1 il n'y a pas gnralem5t lieu de s'en flicit]2 c>1 si on admettait de p>eilles transpositions1 le succs des reprs5tations s]ait ab&onn au has>d4 ,le ?tre ne peut vritablem5t s'applaudir que lorsqu'aux mom5ts prcis les effets att5dus se manife/5t dans t\te leur intgrit4 ,dans ce cas1 assez frqu5t d'ailleurs dans une tr\pe d'lite comme celle de la ,comdie-,franaise1 on s5t longtemps d'avance se dess9] le succs2 il suffit au comm5cem5t de la reprs5tation d'une intonation p>ticulirem5t ju/e1 d'un ge/e d'une saisissante prcision1 p\r tablir entre la scne et la salle ce c\rant sympa?ique qui lectrise en mme temps les acteurs et les spectateurs4 ,le jeu des acteurs s'assure et s'h>monise1 leur voix pr5d des intonations *audes et puissantes2 ils sembl5t possds du gnie du pote dont les p5ses et les v]s fran*iss5t incessamm5t la rampe2 les spectateurs1 de leur ct1 s5t5t leur esprit se t5dre sans fatigue1 leurs s5s dev5ir plus subtils1 et leur coeur prt battre plus rapidem5t s\s l'tre9te du pote4 ,a mesure que la s5sibilit des spectateurs s'acc5tue1 les acteurs1 t\t en s5tant leur tre vibr] avec plus d'int5sit1 devi5n5t plus srs et plus matres d'eux-mmes2 ils se possd5t d'autant mieux que le public se possde mo9s2 et1 dans ces mom5ts dcisifs1 qu& les spectateurs sont en quelque sorte emports hors d'eux-mmes1 c'e/ la puissance sur soi-mme que se reconnaiss5t prcism5t les gr&s acteurs4 ,mais on conoit que p\r faire produire la reprs5tation d'une oeuvre classique t\t ce qu'elle doit donn]1 il faut une savante et m9utieuse prp>ation4 ,or exi/e-t-il ou a-t-il exi/ quelque "p un modle que n\s devions n\s ef=c] de reproduire dans la mise en scne tragique8 ,voil1 il semble1 la "q dont la rponse dt]m9]a la direction de nos ef=ts dans la prp>ation d'une reprs5tation ?trale4 ,eh bi51 on peut affirm] que ce modle n'exi/e et n'a jamais exi/ que dans notre imag9ation4 ,t\t d'abord1 si n\s remontons le c\rs de notre propre hi/oire littraire1 n\s v]rons comm5t ce modle imag9 a t long se =m] en n\s4 ,la mise en scne s'e/ bi5 l5tem5t p]fectionne et nos ides sur le co/ume dat5t peu prs de la f9 du sicle d]ni]4 ,le co/ume tragique tait jadis de pure fantaisie1 un mlange d'lm5ts mod]nes et anci5s1 un compos de plumes1 de vel\rs1 de soie1 le t\t s'ag5ant en =me de tunique l'antique1 retombant sur des cnmides respl5dissantes4 ,quant la dcoration et la mise en scne1 elles tai5t ce qu'elles p\vai5t au milieu des spectateurs privilgis qui encombrai5t la scne4 ,ce n'e/ donc pas sur notre propre ?tre que n\s p\rrions tr\v] le modle que n\s *]*ons4 ,p\vons-n\s espr]1 en remontant le c\rs du temps1 le r5contr] sur la scne tragique elle-mme o fur5t reprs5ts les drames de ,sophocle et d',euripide8 ,nos re*]*es ne s]ai5t pas c\ronnes de ce ct de plus de succs4 ,n\s n'avons que des ides assez confuses sur l'organisation des ?tres antiques2 et le peu que n\s en savons suffit p\r n\s dmontr] que dans l'antiquit la dcoration et le co/ume des acteurs tai5t en p>tie fantaisi/es et en p>tie hiratiques4 ,quant ce que n\s appelons la c\leur locale et la vrit hi/orique1 les anci5s ne s'en proccupai5t nullem5t4 ,d'ailleurs leurs p]sonnages tragiques app>t5ai5t un pass purem5t lg5daire et pique1 et tai5t en ralit des crations de leur imag9ation4 ,en p\vait-il tre autrem5t8 ,c'e/ prcism5t le c>actre de l'art d'tre un jeu1 et c'e/ p> l qu'il mrite de *>m] et d'embellir la vie4 ,comm5t donc ces mmes p]sonnages1 qui compos5t encore auj\rd'hui notre p]sonnel tragique1 pr5drai5t-ils nos yeux une consi/ance hi/orique qu'ils n'ont jamais eue8 ,ce qui n\s trompe1 et ce qui en cela fait le plus gr& honneur l'art1 c'e/ la vrit et la puissance des passions auxquelles les acteurs prt5t l'app>5ce matrielle de leurs corps4 ,il ne faut donc pas s'y mpr5dre3 il n'y a pas et il n'y a jamais eu de milieu hi/orique concordant expressm5t avec ces figures tragiques4 ,la mise en scne doit se compos] non pas avec ce qui a t ou ce qui a pu tre1 mais avec les images qui1 dans notre imag9ation1 =m5t et compos5t le monde antique4 ,quelque p>ti que n\s pr5ions1 quelles que soi5t les re*]*es savantes et ar*ologiques dont n\s n\s fassions guid]1 jamais notre scne1 avec ses p]sonnages de cration t\te potique1 ne n\s (frira un tableau vritable de la vie antique2 pas plus d'ailleurs que les p]sonnages hroques qu'ont pe9ts ,homre et ,es*yle n'ont jamais ressembl aux tres hi/oriques dont un savant mod]ne1 dans sa foi ard5te1 exhume les re/es ,mycnes et ,troie4 ,les ,grecs contempora9s de ,sophocle ne reconnatrai5t c]ta9em5t pas la tragdie du plus gr& de leur pote dans l',o$ipe roi qu'on j\e actuellem5t la ,comdie-,franaise4 ,elle e/ p\rtant une traduction aussi fidle que possible1 et la mise en scne en a t rgle avec un gt p>fait4 ,ils s]ai5t *oqus de voir les hros et les rois desc5dus de leurs co?urnes et ram5s la taille des m>*&s d',a?nes1 et de les ent5dre p>l] sans masques d'une faon aussi simple et aussi peu mlodique4 ,quant aux *oeurs1 ils se dem&]ai5t p> quelle ab]ration du gt on ose leur faire dclam] des /rophes sur une musique qui ne s'y adapte pas mtriquem5t4 ,c'e/ que les ,grecs concevai5t de leur propre antiquit une image t\te diffr5te de celle que n\s n\s en =mons1 et avai5t sur l'art tragique des ides trs diffr5tes des ntres4 ,ma9t5ant qu'ils sont dev5us eux-mmes l'antiquit1 ce sont eux qui n\s intress5t1 et1 la di/ance o n\s sommes d'eux1 n\s les confondons volonti]s avec leurs hros et avec leurs dieux mmes1 ce qui pr\ve bi5 que ce monde my?ologique1 hroque et hi/orique n'exi/e l'tat dcoratif que dans notre propre imag9ation4 ,cela n'emp*e pas d'ailleurs que la tragdie grecque et la tragdie franaise n'obiss5t au mme pr9cipe ess5tiel1 qui e/ la c>actri/ique du ?tre grec et du ?tre franais1 savoir la prdom9ance con/ante de l'ide sur le fait et du dveloppem5t moral sur l'acte matriel4 ,dans la mise en scne d'une oeuvre tragique1 il e/ donc sage d'ab&onn] t\te prt5tion une re/auration antique1 inutile et impossible4 ,on se p]drait immanquablem5t dans des essais aussi va9s que purils4 ,ce que l'on pr5d d'ailleurs s\v5t p\r des re/aurations ne sont que des c>icatures dcoratives3 c'e/ a9si qu'il y a quelques annes on avait une t5dance gnrale j\] dans des dcors de /yle pompi5 les tragdies dont l'action n\s reporte au del des temps hi/oriques de la ,grce4 ,il faut donc s'ef=c] d'effac] les traits p>ticuli]s et s'en t5ir aux gr&es lignes gnrales1 se cont5t] d'une ar*itecture simple et gr&e t\t la fois1 de hauts et svres portiques1 peu sur*>gs d'ornem5ts4 ,le va/e espace e/ de t\s les milieux celui qui convi5t le mieux la gr&eur tragique4 ,quant aux co/umes1 il faut non sans d\te s'en t5ir ceux dont se cont5te la /atuaire1 qui e/ l'art du nu p> excell5ce1 mais ne pas s'en c>t] de p>ti pris1 et s'en inspir]1 dans le *oix des tissus1 auxquels on doit dem&] de beaux plis sculpturals4 ,t\t en vitant la monotonie dans les c\leurs et la con/ante uni=mit des vtem5ts blancs1 on ne doit pas re*]*] des contra/es trop acc5tus1 ni ce b>iolage de tons crus auxquels il faut la brillante lumire de l'implacable soleil4 ,l'clairage plus que mdiocre de nos scnes mod]nes n'admet pas l'abus du /yle poly*rome4 ,en un mot1 c'e/ n\s1 hommes du ,x,i,xe sicle1 qui crons t\t cet app>eil ?tral p> la puissance de notre imag9ation2 n\s projetons au dehors de n\s et n\s objectivons les images du monde antique qui se sont =mes l5tem5t en n\s p> la contemplation des /atues1 des vases1 des mdailles1 des oeuvres des pe9tres de t\tes les coles et de t\s les temps1 p> le s\v5ir de t\t ce qui n\s a t f\rni p> l'enseignem5t et p> la lecture4 ,l'ide du monde antique e/ en n\s le rsultat d'une syn?se qui a comb9 en types gnraux t\s les lm5ts div]s qui se sont t\r t\r enregi/rs en n\s4 ,mais1 puisque t\t cet app>eil ?tral n'e/ que le produit de notre imag9ation actuelle1 il en rsulte que la mise en scne de nos oeuvres classiques n'e/ pas en soi immuable1 et qu'elle e/ susceptible de *ang] comme *ange de gnration en gnration l'image que les hommes se font du monde antique4 ,*acune de ces oeuvres doit donc1 aprs un c]ta9 temps1 tre retire du rp]toire1 p\r y rep>atre plus t>d dans un n\vel tat1 plus con=me aux ides n\velles4 ,n\s dirons de plus1 au sujet des co/umes1 que1 quelle que soit la vrit prsume de ceux que l'on *oisit1 ils ne peuv5t tre jugs et considrs "p de la p]sonne mme de l'acteur ou de l'actrice4 ,il e/1 en effet1 p5s] qu'une modification du co/ume s]a ncessaire *aque fois que le rle *ang]a de titulaire2 c> la premire loi du co/ume de ?tre1 c'e/ d'tre en rapport avec l'ge1 la /ature et l'air de la p]sonne qui doit le port]4 ,p\r produire un effet d'une puissance gale1 il e/ ncessaire que le co/ume *ange suivant l'app>5ce de l'acteur4 ,le po9t fixe1 immuable1 c'e/ l'effet produire2 ce qui e/ mobile et *angeant1 c'e/ le moy5 de produire cet effet4 ,n'e/-ce pas d'ailleurs la loi naturelle8 ,les femmes qui veul5t plaire n'aju/5t-elles pas leurs toilettes l'air de leur visage8 ,les acteurs et les actrices sont s\mis la mme loi4 ,la premire condition de tel co/ume e/ de donn] celui qui le porte un air maje/ueux1 et non d'tre priori de telle =me et de telle c\leur4 ,d'ailleurs1 au ?tre1 un acteur ne se sub/itue pas un autre1 il lui succde2 et il y a t\j\rs au mo9s dans l'aju/em5t du co/ume quelque dtail modifi]4 ,je ne p>le bi5 ent5du que des rles importants1 et je ne ti5s pas compte des cas =tuits ou de =ce majeure4 ,mais je me hte d'ab&onn] les gnralits1 c> je crois plus pr(itable de pr5dre un exemple p>ticuli]1 qui me f\rnira l'occasion d'agit] plusieurs que/ions intressantes et importantes p\r l'art de la mise en scne4 ,je vais donc pass] en revue la mise en scne de la ,phdre de ,rac9e1 telle qu'elle e/ rgle actuellem5t la ,comdie-,franaise4 ,,*apitre ,,xxv tude de la mise en scne de ,phdre4--,le dcor4--,comp>aison avec les ?tres des anci5s4--,de l'ornem5tation4--,du matriel figuratif4--,son influ5ce sur la composition du rle de ,?se4 ,si j'ai *oisi ,phdre1 ce n'e/ pas que cette tragdie (fre une occasion exceptionnelle d'tude et f\rnisse une plus ri*e moisson d'exemples que t\te autre2 c'e/ uniquem5t qu'au mom5t mme o je m'occupais de la mise en scne j'ai pu assi/] plusieurs reprs5tations de cette tragdie4 ,si t\te autre1 au lieu de ,phdre1 et fait p>tie du rp]toire c\rant c'e/ celle-l que j'eusse *oisie4 ,j'en pr(it]ai p\r agit] quelques que/ions gnrales mesure qu'elles se prs5t]ont4 ,p\r mettre un c]ta9 ordre dans l'ensemble des faits que n\s devons pass] en revue1 j'exam9]ai successivem5t le dcor1 le matriel figuratif1 les co/umes et les dispositions scniques2 et ce que je *]*]ai surt\t mettre en lumire1 c'e/ le rapport direct qu'a la mise en scne avec l'int]prtation du drame1 c'e/--dire son influ5ce sur le jeu et la diction des acteurs1 et p> consqu5t sur le rsultat f9al et total de la reprs5tation4 ,n\s comm5c]ons p> exam9] la dcoration4 ,la scne e/ ,trzne1 ville du ,ploponse4 ,telle e/ la seule indication porte p> ,rac9e en tte de ,phdre4 ,le ?tre reprs5te le pri/yle du palais de ,?se1 ent\r d'un portique colonnes leves4 ,l'aspect du dcor a de la gr&eur et convi5t l'action hroque du drame4 ,a trav]s la colonnade du fond1 on ap]oit une haute coll9e que c\ronn5t trois temples4 ,comme n\s n'avons que des ides =t confuses sur ce que p\vait tre la demeure d'un ,?se1 je ne f]ai aucune difficult d'accept] l'ar*itecture du dcor1 bi5 qu'elle pt conv5ir t\te autre tragdie grecque et mme une tragdie roma9e4 ,mais je fais peu de cas d'une exactitude ar*ologique qui n'e/ pas vrifiable2 et si l'on j\e d'autres tragdies dans ce mme dcor1 je n'y tr\ve ri5 blm]4 ,les ,grecs1 qui tai5t des arti/es1 j\ai5t en gnral leurs drames devant la faade d'un palais trois portes1 dcor banal et t\j\rs le mme2 la porte du milieu donnait accs dans l'app>tem5t du roi ou du matre du palais1 celle de droite dans l'app>tem5t consacr aux htes et aux trang]s1 celle de gau*e dans la p>tie du palais rs]ve aux femmes4 ,cette disposition clairait immdiatem5t le public sur le rang et le rle du p]sonnage qui p>aissait4 ,nos dcorations ont p]du cet avantage4 ,dans ,phdre1 les portes de gau*e et de droite donn5t accs dans les app>tem5ts4 ,celui de ,phdre e/ gau*e et celui d',aricie droite4 ,je ne f]ai cela aucune *icane ar*ologique1 bi5 que dans les maisons antiques l'app>tem5t rs]v aux femmes ait d tre dans une mme p>tie de la maison4 ,si l'ar*itecture me p>at heureusem5t approprie1 je ne saurais en dire autant de la toile du fond1 qui1 en df9itive1 reprs5te l'acropole d',a?nes1 ou une coll9e sa9te qui lui ressemble s'y mpr5dre4 ,trzne1 comme t\tes les villes grecques1 avait son acropole btie sur une m95ce qui dom9ait la ville4 ,le dcor n'e/ donc pas fautif en soi1 mais il peut dr\t] le spectateur en veillant dans son imag9ation le s\v5ir de l'acropole p> excell5ce1 qui e/ celle d',a?nes4 ,sans d\te le lieu de l'action e/ clairem5t indiqu ds le db de la tragdie3 ,le desse9 en e/ pris3 je p>s1 *] ,?ramne1 ,et quitte le sj\r de l'aimable ,trzne1 dit ,hippolyte en entrant4 ,mais prcism5t ces deux v]s et la toile du fond (fr5t au spectateur des associations d'ides contradictoires4 ,il y a donc l une modification ncessaire faire1 d'autant plus que dans la pice on p>le d',a?nes diffr5tes reprises1 et que p> suite cette toile de fond doit lgrem5t br\ill] les ides d'un c]ta9 nombre de p]sonnes4 ,l'ornem5tation du dcor consi/e pr9cipalem5t en /atues dont une seule s]ait utile1 celle de ,neptune4 ,comme gr&eur elle e/1 il e/ vrai1 la pr9cipale2 malheureusem5t elle e/ mal place1 relgue qu'elle e/ au fond droite1 sur un plan recul4 ,il s]ait donc dsirable qu'on la *anget de place1 et qu'on la mt1 p> exemple1 au premi] plan1 droite4 ,de la sorte1 lorsque ,?se invoque ,neptune1 l'acteur p\rrait s'adress] directem5t au simulacre du dieu1 et ne s]ait pas contra9t de lui t\rn] le dos1 comme cela a lieu actuellem5t1 tant admis qu'il e/ plus poli de t\rn] le dos un dieu qu'au public4 ,ce dplacem5t aurait en outre l'avantage de =c] l'enlvem5t d'un hmicycle dont n\s p>l]ons plus lo94 ,dans nos pices mod]nes1 *aque fois qu'un p]sonnage s'adresse la div9it1 il se t\rne v]s son image1 si celle-ci figure dans la dcoration4 ,il n'y a qu'un cas o l'acteur peut t\rn] le dos celui qu'il voque ou qu'il invoque1 c'e/ lorsque celui-ci e/ un fantme qui n'a de ralit que dans l'imag9ation du p]sonnage4 ,c'e/ alors p\r le public qu'on objective une app>ition qui e/ entirem5t subjective p\r le p]sonnage4 ,mais *aque cas doit d'ailleurs tre tudi en lui-mme4 ,je ne f]ai pas d'autre obs]vation en ce qui conc]ne la dcoration et je passe au matriel figuratif4 ,on sait ce qu'un homme d'esprit disait d'un di/ique qu'on v5ait de lui lire3 il e/ =t joli1 mais il y a des longueurs6 ,eh bi51 le matriel figuratif consi/e en trois siges et l'on peut dire qu'il e/ excessif4 ,a gau*e on a plac un fauteuil1 droite un tab\ret et un banc en =me d'hmicycle4 ,le premi] sige e/ indisp5sable1 c> c'e/ lui que les suivantes de ,phdre appro*5t de leur matresse1 lorsque1 son entre1 au premi] acte1 elle e/ prs de dfaillir4 ,le second peut tre admis2 et c'e/ lui qui s]vira ,?se1 si l'on croit1 ce qui e/ p\r moi un po9t d\teux1 qu'il soit ncessaire celui-ci de s'asseoir4 ,mais c'e/1 mon avis1 une faute de mise en scne que d'avoir in/all droite1 au premi] plan1 un banc en =me d'hmicycle4 ,on p\rrait t\t d'abord insi/] sur le peu de conv5ance ar*itecturale de cet hmicycle1 att5du qu'il n'e/ pas ncessit p> une =me p>ticulire du mur du pri/yle4 ,il n'e/ pas probable qu'un hmicycle ait jamais t plac de la sorte s\s un portique4 ,mais t\tes les raisons qu'on p\rrait faire valoir dans cet ordre d'ides ne s]ai5t que des raisons d'ar*itecte ou d'ar*ologue1 et p> consqu5t s]ai5t les plus va9es du monde1 si cet hmicycle tait impos p> la mise en scne et favorisait1 soit le dveloppem5t de l'action1 soit le jeu des acteurs4 ,or1 et c'e/ l la seule raison valable en fait de mise en scne1 cet hmicycle1 non seulem5t e/ inutile au dveloppem5t de l'action1 mais encore nuit au jeu des acteurs et a la plus fune/e influ5ce sur l'attitude de ,?se4 ,l'acteur1 en effet1 supposant qu'un sige e/ fait p\r s'en s]vir1 a la mal5contreuse ide de s'asseoir sur cet hmicycle4 ,malheureusem5t la =me semi-circulaire n'e/ pas favorable la svrit de l'attitude et favorise au contraire une c]ta9e1 non*alance qui manque de gr&eur au ?tre et nuit au c>actre maje/ueux que doit cons]v] ,?se aux yeux des spectateurs4 ,en outre1 en (frant a9si au hros un sige aussi dfavorable1 le metteur en scne devi5t en p>tie responsable de l'int]prtation dfectueuse du rle4 ,en dehors du c9quime acte1 o ,?se c\te le rcit de ,?ramne1 accabl et p> consqu5t assis1 il n'y a qu'un mom5t dans la tragdie o l'on puisse suppos] que ,?se pr5ne un sige2 c'e/ au comm5cem5t du quatrime acte4 ,qu& la toile se lve1 ,?se e/ assis 7p\r cela le sige sans bras suffit72 et cette attitude rsulte du s5tim5t qu'pr\ve le hros4 ,il vi5t d'ent5dre l'accusation porte p> ,o5one1 et il int]roge celle-ci1 mditant sur la cruaut de ce c\p du de/9 qui l'att5dait son ret\r dans son palais4 ,t\te cette premire p>tie de l'acte a un c>actre dlibratif qui p]met ,?se d'tre assis4 ,l'agitation du hros e/ int]ne et ne devi5dra en quelque sorte ext]ne que lorsque le s5tim5t qui l'anime1 de dlibratif qu'il tait1 devi5dra rsolutif4 ,or1 le disc\rs de ,?se pr5d dcidm5t le c>actre actif et rsolutif aux premi]s mots que lui adresse ,hippolyte4 ,le hros se dresse alors et jette son fils ce v]s qui l'accable3 ,p]fide6 oses-tu bi5 te montr] devant moi8 ,a p>tir de ce mom5t1 jusqu' celui o ,?se tombe sur son sige en appr5ant la mort de son fils1 jamais il ne doit plus s'asseoir4 ,le c\rr\x aveugle qui s'e/ emp> de lui1 l'exaspration n]veuse qui l'agite et qui s'*appe au dehors1 comme une flamme d'une f\rnaise ard5te1 a p\r premi] effet une trs =te t5sion musculaire qui s'oppose au fl*issem5t ncessaire l'action de s'asseoir4 ,pr5dre un sige c'e/1 p\r l'acteur qui j\e le rle de ,?se1 mettre son tat physique en contradiction avec l'tat moral du p]sonnage1 c> ce s]ait l'indice d'une dt5te dans la colre du hros4 ,si ,?se s'asseyait1 c'e/ qu'il rfl*irait2 et s'il rfl*issait1 il susp5drait les imprcations qu'il lance contre ,hippolyte4 ,si au quatrime acte il ne s'assi$ po9t1 c'e/ qu' la colre a succd l'inquitude1 n\veau s5tim5t qui ma9ti5t son agitation et appelle encore de n\velles d*>ges n]veuses sur le sy/me musculaire4 ,au lieu de ce jeu naturel1 dict p> l'tat physiologique de ,?se1 l'acteur qui remplit ce rle a le tort1 p5dant une p>tie de la scne avec ,hippolyte1 tantt de s'asseoir sur l'hmicycle1 qui le =ce une attitude ab&onne1 absolum5t contradictoire1 tantt de j\] deb\t sur la m>*e de l'hmicycle3 or ,?se1 dans l'tat d'agitation o il se tr\ve1 ne p\rrait support] d'tre a9si riv un aussi troit espace4 ,concluons donc que si on avait p5s que cet hmicycle ne pt s]vir on ne l'aurait pas plac au premi] plan2 il dnote1 p> consqu5t1 une fausse conception du rle de ,?se1 et c'e/ a9si que la mise en scne p\sse un acteur une f*euse int]prtation de son rle4 ,cet exemple e/ de nature1 il me semble1 faire saisir t\te l'importance de la mise en scne4 ,un objet1 insignifiant premire vue1 pr5d s\v5t une valeur considrable et agit alors fatalem5t sur le jeu des acteurs et sur l'effet gnral du drame4 ,les quelques rflexions que n\s inspir]a l'exam5 des co/umes n\s conduira la mme conclusion4 ,,*apitre ,,xxvi ,du co/ume tragique4--,accord du co/ume avec les pripties du drame4--,du co/ume de ,?ramne4--,l'uni=mit de co/ume concorde avec l'unit passionnelle d'un rle4--,du co/ume de ,?se4--,les accessoires doiv5t conv5ir au texte et l'action4--,du co/ume d',hippolyte4 ,la r=me du co/ume tragique comm5ce p> ,leka9 et ,mlle ,clairon a t a*eve p> ,talma4 ,auj\rd'hui1 t\te tragdie e/ j\e avec des co/umes qui sont c5ss reproduire ceux de l'poque laquelle se passe l'action4 ,il ne faut pas t\tefois1 a9si que n\s l'avons dj dit1 s'exagr] la vrit de ces co/umes1 qui n'e/ jamais que relative4 ,on atte9t une vraisemblance et une exactitude suffisantes qu& les images que l'on produit aux yeux des spectateurs s'accord5t avec les types qui se sont =ms dans l'imag9ation de la plup>t des hommes de notre temps4 ,t\te re*]*e d'ar*ologie e/ va9e si elle contr>ie l'ide que n\s avons des co/umes de telle ou telle poque4 ,les docum5ts sur lesquels on peut s'appuy]1 tels que /atues1 vases1 cames1 mdailles1 bas-reliefs1 pe9tures1 etc41 sont dj des oeuvres d'art1 c'e/--dire qu'ils ne n\s (fr5t qu'une vrit idale et des comb9aisons purem5t imag9atives4 ,si p> impossible on p\vait arriv] une vrit absolue et n\s reprs5t] nos tragdies dans les vritables co/umes des contempora9s de ,?se ou de ,pricls1 de ,t>qu9 ou d',augu/e1 n\s ne les tr\v]ions nullem5t ressemblants ceux que n\s propose notre imag9ation1 et l'arti/e en n\s rclam]ait avec raison contre ce mpris et cet oubli de l'idal4 ,qu'on ait encore et t\j\rs faire quelques progrs dans la composition et dans le port de ces co/umes de ?tre1 cela se conoit1 surt\t si on ne p]d pas de vue l'ess5tiel1 c'e/--dire l'h>monie gnrale4 ,on peut dire t\tefois qu' notre poque l'art du co/ume a atte9t un trs haut degr de p]fection1 et que s'il se commet quelques fautes de gt ce n'e/ jamais que dans des cas isols4 ,ce ne sont donc pas les co/umes en eux-mmes qui n\s (fr5t un sujet d'tude intressant1 mais le rapport du co/ume l'action et la situation des p]sonnages et son influ5ce sur le jeu des acteurs4 ,en se plaant ce po9t de vue1 on s'ap]oit bi5 vite que l'art du co/ume tragique a encore un progrs ncessaire faire p\r que la r=me soit complte et que la mise en scne s'accorde avec les conceptions dramatiques4 ,c'e/ prcism5t ce que n\s allons voir en exam9ant les co/umes de ,phdre4 ,il e/ admis que les co/umes de confid5ts sont faits d't(fes de c\leur1 et gnralem5t de tons bruns ou jaunes4 ,le blanc si$ aux gr&s rles et la p\rpre e/ p>ticulirem5t rs]ve aux rois4 ,dans ,phdre1 ,o5one et ,?ramne ont des co/umes appropris leurs conditions4 ,t\tefois celui de ,?ramne a un aspect un peu biblique1 qui convi5drait mieux un aptre qu'au g\v]neur d'un pr9ce grec4 ,?ramne p>at desc5dre d'une toile de ,p\ss94 ,mais ce n'e/ l qu'une critique peu importante4 ,le po9t plus intressant sur lequel je crois devoir appel] l'att5tion1 c'e/ sur la modification de co/ume qui s'impose ,?ramne au c9quime acte4 ,e/-ce vraim5t dans cet acc\trem5t flottant1 sans *apeau et sans armes1 que ,?ramne accompagnait ,hippolyte8 ,il semble qu'il vi5ne de faire une prom5ade idyllique aut\r du lac de ,gns>e?4 ,si on ne croit pas devoir adjo9dre son co/ume un *apeau de voyage et des armes1 il e/ au mo9s ess5tiel que1 lorsque b\lev]s et att]r il rep>at aux yeux de ,?se1 il porte son long et ample vtem5t de dessus relev et s]r la ce9ture4 ,cette modification de co/ume 7celle que j'indique ou t\te autre produisant un effet analogue7 concord]ait avec la srie des actes accomplis p> ,?ramne2 et1 lorsqu'il se prs5te devant les spectateurs1 son aspect seul indiqu]ait qu'il n'e/ pas demeur dans le palais1 et que1 p>ti avec ,hippolyte1 il a prcipit son ret\r p\r appr5dre ,?se la mort de son malheureux fils4 ,voil donc une modification de co/ume qui rsulte des pripties de la pice2 c> il e/ ncessaire que ,?ramne porte et cons]ve a9si la trace de l'vnem5t tragique auquel il a t ml directem5t4 ,si n\s passons l'exam5 du co/ume de ,?se1 n\s v]rons la m>*e de l'action exig]1 au contraire1 une uni=mit absolue1 sans modification aucune4 ,en soi1 ce co/ume ne me p>at appropri ni la situation ni au c>actre du hros grec4 ,qu& il entre en scne1 on e/ frapp de l'aspect magnifique de son co/ume1 surt\t de ses cnmides brillantes et de son casque cimi] que surmonte un pana*e clatant4 ,l'aspect n'e/ pas tel qu'il devrait tre4 ,si on n\s reprs5tait ,?se au c\rs d'un de ses exploits am\reux1 il ne saurait tre trop magnifiquem5t vtu2 mais ici il n\s app>at comme un mule d',h]cule1 un c\reur d'av5tures hroques1 un rude gu]ri]1 pe9e *app des prisons d'pire4 ,l'aspect de ,?se doit tre fru/e et f>\*e1 et ne pas veill] en n\s l'ide d'un ,agamemnon maje/ueux et glorieux2 il ne n\s app>at pas au milieu d'un camp1 ent\r de son peuple et escort de hros1 mais accompagn de quelques compagnons rudes comme lui1 portant la trace des rev]s qu'il vi5t d'essuy]4 ,ri5 dans son co/ume ne doit s5tir la p>ade4 ,son casque doit tre sans pana*e ni cimi]2 ses armes1 ses cnmides1 =tes1 d'un aspect plus solide que brillant4 ,p>-dessus sa tunique1 j'aim]ais lui voir une casaque de gu]re1 sur laquelle p\rrait alors flott] le royal manteau de p\rpre4 ,surt\t ce manteau devrait tre taill dans un tissu un peu pais1 af9 d'avoir l'aspect d'un vtem5t de campem5t1 propre aux embuscades et aux nuits passes dans les gorges sauvages des montagnes4 ,mais tel qu'il app>at au db de la pice1 tel il doit re/] jusqu'au dn\em5t4 ,une tragdie dome/ique l'att5d au seuil de son palais2 et l'ince/e se dresse devant lui1 sans lui laiss] le temps de la rflexion4 ,son aspect f>\*e doit d'ailleurs imprim] dans l'esprit des spectateurs une ide de rudesse inexorable2 or modifi] quoi que ce soit dans le co/ume s\s lequel il n\s app>at1 sub/itu] ce vtem5t de soldat un plus ri*e co/ume de roi1 ce s]ait en quelque sorte laiss] plan] l'espoir d'une magnanimit qui n'e/ pas dans son c>actre enti] et viol5t4 ,la m>*e de l'action exige donc l'uni=mit dans le co/ume de ,?se1 ce qui e/ admis d'ailleurs1 mais rclame qu'on en teigne t\s les clats4 ,le co/ume d',hippolyte ne me p>at pas prt] la critique2 il e/ ce qu'il doit tre1 jeune et lgant dans sa simplicit4 ,il consi/e uniquem5t dans une tunique de la9e blan*e4 ,mais il e/ un dtail sur lequel j'appell]ai l'att5tion de l'acteur *>g de ce rle1 et dont je dois p>l]1 puisqu'il se rapporte prcism5t la mise en scne4 ,hippolyte p>at deux fois1 son arc la ma91 notamm5t dans la premire scne1 lorsqu'il ouvre la tragdie avec ce v]s3 ,le desse9 en e/ pris1 je p>s1 *] ,?ramne4 ,c'e/ mme sans d\te ce v]s qui e/ cause de l'erreur4 ,hippolyte fait "p ,?ramne du desse9 qu'il a =m de p>tir la re*]*e de son pre1 et de p>tir sans dlai1 v\lant se s\/raire aux *>mes de la jeune ,aricie2 mais son *> n'e/ pas dispos1 ses *evaux ne sont po9t attels1 ses g>des ne sont po9t prts l'accompagn]3 t\s ces so9s reg>d]ai5t prcism5t ,?ramne1 son g\v]neur4 ,d'ailleurs ,hippolyte n'a po9t revtu le co/ume de voyage4 ,p\rquoi ds lors ti5t-il son arc la ma91 ses armes tant la d]nire *ose qu'il ce9dra ou qu'il pr5dra avant de mont] sur son *>8 ,j'aj\t]ai que cet arc e/ plutt une arme de *asse qu'une arme de gu]re et se tr\ve p> suite en contradiction avec ce v]s de la tragdie3 ,mon arc1 mes javelots1 mon *>1 t\t m'importune4 ,c'e/ donc une faute de mise en scne que de faire p>atre ,hippolyle un arc la ma94 ,si on v\lait n\s le montr] en t5ue de d"p 7ce qui e/ contraire la situation71 il aurait fallu lui mettre la ma9 une de ces lances que les vases grecs donn5t aux hros1 aux ,ajax et aux ,diomde4 ,,*apitre ,,xxvii ,rapport du co/ume avec la p]sonnalit4--,le co/ume doit s'accord] avec les tats psy*ologiques d'un p]sonnage4--,du co/ume de ,phdre4--,influ5ce du co/ume sur le jeu et sur la diction4--,les co/umes d',iphignie4 ,n\s arrivons l'exam5 du co/ume le plus important de la tragdie1 celui de ,phdre elle-mme4 ,n\s avons vu1 propos du rle de ,?ramne et de celui de ,?se1 que la v>it ou l'uni=mit de co/ume dp5d d'une loi qui a sa raison d'tre dans le dveloppem5t de l'action dramatique4 ,le rle de ,phdre n\s montr]a1 avec bi5 plus de =ce encore1 la ncessit d'a*ev] la r=me du co/ume tragique1 en l'associant en quelque sorte plus troitem5t aux m\vem5ts des passions4 ,dans le monde1 aussi bi5 que sur le ?tre1 le co/ume e/ une p>tie visible de n\s-mme2 c'e/ lui qui1 avec notre figure et nos ma9s1 compose notre aspect extrieur4 ,c'e/ a9si1 les ma9s et la figure nues1 mais c\v]ts de leurs vtem5ts habituels ou de co/umes de circon/ance1 que se fix5t dans notre s\v5ir t\tes les p]sonnes qui app>ti5n5t notre vie intime1 celle de notre me4 ,n\s ne les voyons jamais dans leur nudit sculpturale2 le nu e/ un tat s\s lequel n\s ne les connaissons p\r a9si dire jamais et s\s lequel1 le cas *ant1 n\s ne les reconnatrions pas4 ,*ez t\s les peuples civiliss1 qui ne viv5t po9t s\s des climats brlants1 le co/ume s'e/ sup]pos au corps1 n\s en voile les =mes1 un gr& nombre de m\vem5ts1 et se sub/itue lui dans les images qui se =m5t d'une faon durable dans notre esprit4 ,il e/ donc impossible que le co/ume n'ait po9t "p t\tes les modifications physiques et morales auxquelles n\s sommes s\mis incessamm5t4 ,et de fait il en e/ a9si4 ,un homme vif1 actif1 ne s'habille pas ou ne porte pas ses vtem5ts comme un homme l5t et p>esseux4 ,une femme p>e de sa dignit monda9e n'a pas le mme aspect extrieur que la mme femme1 s\s les mmes vtem5ts1 prte s'ab&onn] dans l'intimit l'entranem5t de son coeur4 ,son corps1 auquel sa fi]t donnait une sorte de rigidit1 ploie et ass\plit ces mmes vtem5ts s\s l'ef=t du m\vem5t passionn qui l'agite4 ,voici un homme1 il y a quelques heures correct dans sa t5ue d'homme du monde1 dont une nuit de jeu a pli et b\lev]s les traits3 e/-ce que ses vtem5ts ne port]ont pas la trace de son anxit fivreuse et ne pr5dront pas1 comme son visage1 un aspect dva/8 ,a plus =te raison la femme languissante et malade ne s'habill]a pas comme la femme qui re*]*e l'admiration des hommes et brave la jal\sie des autres femmes4 ,il e/ inutile d'insi/]1 c> ce sont l en quelque sorte des lieux communs4 ,il me re/e faire rem>qu] que1 prcism5t1 notre ?tre contempora9 ti5t gr& compte1 mme p>fois avec excs1 de ces nuances psy*ologiques de co/ume4 ,a la scne1 les comdi5s modifi5t leur co/ume selon les diffr5ts actes de la vie2 et les femmes1 soit qu'elles re*]*5t un effet de similitude ou de contra/e1 aju/5t les c\leurs de leurs robes celles de leurs p5ses4 ,aussi les p]sonnages y pr5n5t un c>actre rem>quable de vrit et de naturel4 ,comm5t se fait-il que dans la tragdie on n'ait pas davantage s5ti la ncessit d'aju/] l'aspect des p]sonnages aux div]s tats psy*ologiques qu'ils trav]s5t8 ,sans d\te1 il faut le faire avec une gr&e sobrit et ne pas se laiss] entran] l'unique reprs5tation de faits matriels qui j\5t un rle trs re/re9t dans la tragdie2 mais qu& un tat moral e/ de nature agir sur t\t l'tre1 l'unit absolue de co/ume peut tre p>fois un contres5s et avoir une influ5ce fune/e sur la composition d'un rle4 ,dans la tragdie de ,rac9e1 telle qu'on la reprs5te1 ,phdre e/ vtue d'une simple tunique ratta*e sur l'paule p> des agrafes1 s]re la taille p> une ce9ture et tombant jusqu'aux talons4 ,phdre e/ demi dcollete et ses bras sont nus jusqu'aux paules4 ,au premi] acte1 un simple voile de gaze e/ fix sur sa tte4 ,sauf le voile1 c'e/ le vtem5t qu'elle cons]ve p5dant t\t le c\rs de la reprs5tation4 ,en soi1 le co/ume e/ heureusem5t comb91 gracieux et en mme temps d'une lgante svrit4 ,mais1 nanmo9s1 l'aspect de ,phdre1 lorsqu'elle p>at sur la scne1 n'e/ pas tel qu'il devrait tre4 ,lorsque son *agr9 inquiet l'arra*e de son lit1 e/-ce bi5 l le co/ume d'une femme m\rante et qui *]*e m\rir8 ,phdre1 surexcite p> la p5se qui l'obsde sans trve1 agite p> la fivre qui la dvore1 a v\lu quitt] sa c\*e1 revoir la lumire du j\r1 peut-tre retr\v] quelques traces fatales de cet ,hippolyte dont le fantme habite sa p5se4 ,ses femmes obiss5t ce caprice imprieux d'une malade2 elles la lv5t1 ratta*5t ses *eveux avec des p+les d'or1 lui pass5t une l>ge et *aude tunique qui c\vre son c\1 ses paules et ses bras1 et elles l'envelopp5t d'une t(fe de la9e ample et moelleuse qui la c\vre entirem5t4 ,c'e/ mme cette pice d't(fe qui devrait remplac] le voile1 et que ,phdre devrait avoir ram5 sur son front4 ,cette ample pice d't(fe1 d'un c>actre bi5 antique1 ne j\e pas1 dans la mise en scne de nos tragdies1 le rle qui devrait lui app>t5ir4 ,les actrices tr\v]ai5t1 dans le maniem5t de cette drap]ie t\j\rs libre1 flottante ou s]re leur gr1 l'occasion de beaux plis ou de gracieux enveloppem5ts4 ,mais il faudrait appr5dre s'en s]vir et faire du port du co/ume antique une tude att5tive4 ,p\r en rev5ir ,phdre1 c'e/ a9si qu'elle doit sortir de son app>tem5t1 ple et enveloppe de la tte aux pi$s1 succombant dans sa faiblesse s\s le poids de sa coiffure et de ses vtem5ts4 ,l'importance de ce co/ume de ,phdre e/ beauc\p plus gr&e qu'un exam5 sup]ficiel ne p]mettrait de le croire4 ,dans un autre ouvrage1 dans le ,trait de ,diction que j'ai publi il y a deux ans1 j'ai insi/ sur la ncessit p\r un acteur de se compos] un extrieur physique en rapport avec le s5tim5t moral du p]sonnage qu'il reprs5te4 ,or1 n\s avons dit que le co/ume fait p>tie de notre aspect extrieur2 il faut donc le compos] de manire qu'il ragisse1 comme les traits du visage1 sur la diction et sur le jeu qui convi5n5t au p]sonnage4 ,dans son co/ume actuel1 ,phdre n\s app>at1 s\s ses c\leurs naturelles1 le c\ et les bras nus1 vtue d'une tunique lgre qui ne pse d'aucun poids sur ses paules3 or1 il e/ c]ta9 que l'actrice qui remplit ce rle ne se s5tira gne ou ret5ue dans ses m\vem5ts p> aucun ob/acle1 et que cet affran*issem5t de t\te entrave matrielle laiss]a sa p]sonne1 et p> suite ses ge/es et sa voix1 une lib]t qui =m]a contra/e avec la tri/e ralit de la situation dcrite p> le pote4 ,si1 au contraire1 l'actrice s5t le poids de sa coiffure1 si ses bras ont quelque pe9e s\lev] les plis du pallium qui l'enveloppe1 relev sur le sommet de la tte comme un voile2 si ses pas tran5t avec un c]ta9 ef=t la longue tunique qui desc5d jusqu' ses pi$s1 alors elle laiss]a naturellem5t retomb] sa tte2 sa dm>*e trahira la lassitude qui l'accable2 ses bras appesantis *]*]ont un appui sur les femmes qui l'accompagn5t2 ses ge/es s]ont l5ts et languissants1 et sa voix1 sa diction pr5dront le c>actre corrlatif de cet tat physique qu'elle aura incl9 v]s celui qui convi5t au p]sonnage de ,phdre4 ,avec un co/ume mieux appropri la situation1 l'actrice j\]a plus facilem5t son rle et le j\]a mieux4 ,ses ge/es s]ont plus r>es1 c> le petit ef=t qu'il lui faudra faire s]a un ob/acle suffisant la plup>t de ceux qui ne sont pas le fait d'une volont dt]m9e1 et ceux qu'elle aura la rsolution d'a*ev] s]ont d'un effet beauc\p plus saisissant1 p>ce qu'ils trahiront l'ef=t4 ,dans t\t le premi] acte1 ,phdre e/ s\s l'empire du mal qui la tue1 et l'actrice en exprim]a facilem5t t\s les s5tim5ts1 si elle a en quelque sorte revtu l'aspect extrieur du p]sonnage4 ,mais la f9 du premi] acte1 combi5 *ange la situation6 ,en appr5ant la mort de ,?se1 ,phdre re/e saisie1 immobile1 sil5cieuse1 ouvrant l'oreille aux p]fides conseils d',o5one1 qui ne vont que trop au-devant du c\pable espoir qui lui fait horreur4 ,au second acte1 elle n'e/ plus la femme m\rante1 qui1 t\t l'heure1 se tranait sur le seuil de son app>tem5t4 ,l'animation de la vie a de n\veau color ses j\es4 ,sa tte ne ploie plus s\s les tresses savantes d'une *evelure que s]re une b&elette d'or4 ,elle a quitt le pallium qui l'enveloppait et elle p>at sur la scne c\v]te seulem5t de cette tunique lgre qui laisse voir son c\ et ses bras1 nus jusqu'aux paules4 ,ici1 le co/ume de ,phdre1 tel qu'il e/ compos la ,comdie-,franaise1 a bi5 le c>actre qui lui convi5t4 ,il dcle1 *ez la femme1 l'espoir inav\ de t\*] peut-tre le f>\*e ,hippolyte4 ,le contra/e entre ce co/ume et celui du premi] acte prp>e la scne entre ,phdre et ,hippolyte1 et le jeu comme la diction de l'actrice en reoiv5t une animation immdiate4 ,en revtant ce n\vel aspect1 elle en pr5d le c>actre4 ,ses ge/es ne sont plus dsormais emprisonns dans ses voiles1 et c'e/ avec t\te la furie d'une femme embrase des feux de ,vnus1 qu'aprs avoir fait au fils de son p\x l'aveu de sa c\pable passion1 ram5e l'horrible ralit1 elle saisira le glaive d',hippolyte p\r le t\rn] contre elle-mme4 ,il e/ tonnant qu'on n'ait pas ds longtemps s5ti la ncessit des modifications qui s'impos5t dans le co/ume de ,phdre1 au premi] et au second acte4 ,la raison en e/ c]ta9em5t dans une fausse conception du co/ume tragique4 ,en v\lant p\ss] trop lo9 l'unit de co/ume1 on cre1 comme plaisir1 des contradictions entre l'aspect extrieur des p]sonnages et les s5tim5ts qui les font agir4 ,or1 au po9t de vue ?tral1 de telles contradictions entran5t une diction dfectueuse et des ge/es qui ne sont pas en situation4 ,entre l'aspect et le moral d'un p]sonnage1 il y a un li5 qu'il n'e/ pas p]mis de bris]2 c>1 au ?tre1 pr5dre l'aspect physique d'un tre huma9 c'e/1 p\r un acteur1 dispos] son me avoir le s5tim5t de l'tat moral du p]sonnage et se r5dre capable d'exprim] les passions qui l'agit5t4 ,si n\s n\s sommes t5du sur ,phdre1 cette tragdie n'e/ cep5dant qu'un exemple entre beauc\p d'autres1 qui n\s a p]mis de mettre en lumire une loi gnrale de la mise en scne1 relative au co/ume4 ,iphignie en ,aulide se ft aism5t prte des rem>ques non mo9s importantes4 ,la mise en scne de cette tragdie1 telle qu'elle e/ actuellem5t rgle la ,comdie-,franaise1 exig]ait de nombreuses corrections4 ,laissant de ct les dispositions scniques1 qui ne sont pas t\j\rs irrpro*ables1 je ne dirai que quelques mots des co/umes1 qu'on a tort de ne pas mettre d'accord avec la m>*e de l'action et avec la situation des p]sonnages4 ,au second acte1 ,clytemne/re et ,iphignie doiv5t port] des co/umes simples2 mais1 si ,clytemne/re1 qui ne quitte pas la t5te d',agamemnon1 cons]ve jusqu' la f9 le mme vtem5t1 il ne doit pas en tre de mme d',iphignie1 qui au troisime acte doit p>atre le front c\ronn de fleurs et enveloppe jusqu'aux pi$s d'un voile d'une bl\issante blan*eur1 dont au c9quime acte1 en s'ab&onnant aux ma9s des soldats1 elle se c\vrira le visage4 ,plus importantes encore sont les modifications qu'exig]ait le co/ume d',agamemnon4 ,on peut1 au premi] acte1 admettre et cons]v] celui qu'il porte actuellem5t4 ,c'e/ la nuit1 t\t dort dans le camp des ,grecs4 ,seul1 ,agamemnon veille dans sa t5te1 en proie l'insomnie2 il a db\cl sa cuirasse et dpos son casque et ses armes4 ,lo9 des yeux des soldats1 il e/ r$ev5u pre1 et s'ab&onne aux m\vem5ts gnreux de son me4 ,mais1 au second acte1 le j\r s'e/ lev2 ,agamemnon va p>atre aux reg>ds de l'arme1 et il ne le f]a que s\s l'app>eil imposant qui convi5t celui que les ,grecs ont nomm le roi des rois4 ,aut\r de ses jambes sont atta*es de ri*es cnmides que ma9ti5n5t des agrafes d'arg5t4 ,sa poitr9e e/ c\v]te d'une cuirasse1 =me de b&es de mtal1 alt]nativem5t d'or et d'aci] bruni4 ,trois dragons d'azur rayonn5t jusqu'au col4 ,son glaive1 brillant de cl\s d'or1 e/ r5f]m dans un f\rreau d'arg5t1 que s\ti5t un baudri] tissu d'or4 ,sur son front se pose un casque t9celant3 d'abondantes cr9ires s'*app5t des quatre cimi]s1 et l'aigrette qui le surmonte s'agite en ondulations t]ribles4 ,sur ses paules flotte la p\rpre des rois4 ,voil le co/ume homrique s\s lequel doit app>atre aux spectateurs le *ef suprme des ,grecs4 ,ce co/ume1 spl5dide et maje/ueux1 amortirait heureusem5t le trop juvnile clat de celui d',a*ille4 ,dans la sup]be scne du quatrime acte1 o les deux hros se mesur5t1 on aurait devant les yeux une scne digne de l',iliade4 ,s\s les dehors trompeurs d'une qu]elle de famille1 on v]rait app>atre une rivalit gu]rire1 prlude des longues diss5sions des ,grecs s\s les murs de ,troie4 ,cet app>eil =midable hauss]ait le gnie tragique de l'acteur2 et le spectateur aurait alors la s5sation ncessaire de l'ambition dmesure et de l'indomptable orgueil d',agamemnon4 ,aprs cette c\rte digression1 je revi5s ,phdre1 dont il me re/e exam9] quelques-unes des dispositions scniques1 en les ratta*ant une tude gnrale4 ,,*apitre ,,xxviii ,des salles de spectacle4--,de la scne4--,des zones invisibles4--,de la ligne optique4--,du lieu optique4--lm5ts de /atique ?trale4--,exemples4--,des m\vem5ts scniques dans ,phdre4 ,nos salles de spectacle sont extrmem5t dfectueuses4 ,les ?tres des anci5s leur tai5t sans d\te infrieurs s\s le rapport de l'ac\/ique1 mais ils tai5t con/ruits dans des conditions optiques trs suprieures1 att5du que le c5tre de conv]g5ce optique concidait presque avec le c5tre de figure4 ,dans nos ?tres1 si t\s les spectateurs tai5t assis et dirigeai5t leurs reg>ds1 comme cela s]ait dsirable1 normalem5t aux c\rbes p>allles des gal]ies et des loges1 il y aurait un gr& nombre d'entre eux qui n'ap]cevrai5t mme pas la scne4 ,si l'on suppose une ligne horizontale1 p]p5diculaire la rampe et passant p> le tr\ du s\ffleur1 et si l'on mne1 p> supposition1 un plan v]tical passant p> ce gr& axe du ?tre1 ce plan s]a dit le plan de symtrie optique4 ,c'e/ sur ce plan que se tr\v]ont les po9ts d'int]section des reg>ds des spectateurs de droite et de gau*e1 t&is que les reg>ds des spectateurs faisant face la scne lui s]ont p>allles4 ,mais en fait une p>tie des spectateurs pr5d une position oblique et t\s ceux qui occup5t le second rang des loges sont obligs de se lev] et de se p5*] d'une faon trs s5sible et trs fatigante4 ,il e/ impossible que la mise en scne ne ti5ne pas compte de la disposition de nos salles de ?tre et des conditions optiques dfectueuses dans lesquelles sont placs les spectateurs4 ,la scne e/ un trapze peu prs inv>iable dans le s5s de la l>geur1 mais trs v>iable dans le s5s de la hauteur et de la pr(ondeur4 ,a gau*e et droite sont deux zones1 qui sont plus ou mo9s invisibles1 celle de gau*e un c]ta9 nombre de spectateurs placs du ct gau*e1 celle de droite un c]ta9 nombre de spectateurs placs du ct droit4 ,ce qui dim9ue t\tefois un peu l't5due de ces zones1 c'e/ l'obliquit qu'on donne aux dcors et le frqu5t usage des pans c\ps4 ,le po9t de l'axe du ?tre situ devant le tr\ du s\ffleur e/ p> excell5ce le po9t de conv]g5ce optique4 ,quant aux spectateurs placs de face1 ils *app5t aux conditions mdiocres ou mauvaises dont se plaign5t ceux de gau*e ou de droite4 ,p\r eux t\tefois le po9t de conv]g5ce optique reprs5te encore une moy5ne de di/ance et d'obliquit4 ,ces dispositions tant reconnues1 supposons qu'un acteur1 plac au po9t de conv]g5ce optique1 s'loigne dans le s5s de l'axe du ?tre3 *aque pas l'loign]a des spectateurs et le s\/raira de plus en plus la lumire de la rampe2 si1 au contraire1 il m>*e1 soit gau*e1 soit droite1 p>alllem5t la rampe1 mesure qu'il s'avanc]a il se s\/raira aux reg>ds d'un nombre t\j\rs croissant de spectateurs1 selon qu'il se rappro*]a de la zone invisible de gau*e ou de droite2 s'il s'loigne obliquem5t1 les deux effets se compos]ont4 ,t\s les jeux de scne qui auront lieu sur un mme plan p>allle la rampe s]ont p>eillem5t clairs1 t&is que ceux qui auront lieu sur des plans de plus en plus reculs recevront une lumire proportionnellem5t dgrade1 ou pass]ont de la lumire de la rampe1 qui les claire de bas en haut1 s\s une g]be de lumire tombant du c9tre s\s un angle de #de degrs4 ,il rsulte donc des dispositions de la scne et des effets qui en sont la consqu5ce que la mise en scne doit tablir un rapport de valeur entre l'importance d'un jeu de scne et l'endroit du ?tre o il faut l'excut]1 et que dans une scne1 et p> suite dans un acte1 les positions relatives des p]sonnages sont lies l'importance qu'ils pr5n5t alt]nativem5t dans le dveloppem5t de l'action4 ,dans la plup>t des cas1 l'intuition1 le gt1 l'habitude suffis5t p\r dcid] si telle ou telle disposition fait bi5 ou mal2 mais s\v5t la "q mrit]ait d'tre tudie et s\mise au raisonnem5t4 ,p\r abrg]1 je donn]ai la ligne de conv]g5ce optique le nom plus c\rt de ligne optique4 ,quant au po9t de conv]g5ce optique1 c'e/ un po9t ma?matique situ l'int]section de l'axe du ?tre et d'une ligne p]p5diculaire cet axe1 passant devant le tr\ du s\ffleur4 ,ce po9t e/ le c5tre d'un c]cle1 auquel je donn]ai le nom de lieu optique1 qui a peu prs p\r diamtre le ti]s de la l>geur de la scne1 et dont t\s les po9ts galem5t clairs sont facilem5t accessibles aux reg>ds de t\s les spectateurs4 ,c'e/ le lieu scnique p> excell5ce1 d'o l'acteur ti5t le public s\s son empire et d'o sa voix porte sans ef=t jusque dans les pr(ondeurs de la salle4 ,posons ma9t5ant quelques pr9cipes gnraux de /atique ?trale4 ,dans t\te priptie ou dans t\t dn\em5t1 le p]sonnage en qui se rsume l'intrt doit tre plac dans le lieu optique1 le plus prs possible du c5tre optique1 ou t\t au mo9s sur la ligne optique si l'action l'exige4 ,a9si1 dans le dn\em5t de l',av5turire1 ,clor9de e/ sur la ligne optique1 t&is que les autres p]sonnages sont placs droite et gau*e de la porte p> laquelle elle va sortir4 ,au deuxime acte du ,misan?rope1 dans la scne des portraits1 ,climne occupe le c5tre optique2 mais au dn\em5t1 au c9quime acte1 c'e/ ,alce/e qui pr5d cette place1 t&is que ,climne e/ gau*e1 correspondant au gr\pe de ,phil9te et d',eliante qui occupe la droite4 ,dans l',ami ,fritz1 c'e/ sur la ligne optique que ,szel vi5t se jet] dans les bras de ,fritz4 ,dans les ,rantzau1 les deux frres vont au-devant l'un de l'autre et s'embrass5t au c5tre optique4 ,c'e/ encore sur la ligne optique que les soldats dpos5t le lit de ,mi?ridate m\rant1 etc4 ,qu& il y a dualit de p]sonnages1 les deux p]sonnages ou les deux gr\pes s'quilibr5t1 placs peu prs la mme di/ance de la ligne optique4 ,au troisime acte du ,m>quis de ,villem]1 celui-ci e/ droite van\i sur le canap1 et ,mlle de ,sa9t-,g5eix e/ gau*e devant la table de travail et le reg>de4 ,la toile tombe sur ce tableau qui e/ a9si trs bi5 pondr4 ,dans ces cas de dualit1 il y a quelques prcautions pr5dre4 ,a9si1 si l'on v\lait reprs5t] la mort du duc de ,guise1 et que l'on s'appliqut reproduire le tableau de ,paul ,del>o*e1 la mise en scne s]ait trs dfectueuse p> la raison que le corps du duc de ,guise droite1 et surt\t le roi qui s\lve la tapiss]ie gau*e s]ai5t dans les zones invisibles4 ,au ?tre1 on s]ait oblig de dispos] la scne autrem5t1 soit qu'on rappro*t les deux gr\pes de la ligne optique1 soit qu'on obliqut la scne en plaant dans un pan c\p la porte dont le roi s\lv]ait la portire4 ,en rsum1 il y a t\j\rs une raison e/htique qui dans les dn\em5ts rappro*e ou c>te plus ou mo9s les p]sonnages de la ligne ou du c5tre optique4 ,il en e/ de mme dans les scnes successives2 c> *acune d'elles a en quelque sorte ses pripties et son dn\em5t4 ,on voit a9si que le ry?me scnique suit dans t\s ses m\vem5ts le ry?me e/htique1 et que les dplacem5ts des p]sonnages ne sont pas arbitraires4 ,il faut naturellem5t t5ir compte des rapports qui en*an5t les p]sonnages des objets fixes1 placs droite ou gau*e1 tels qu'un bosquet1 une table1 un canap1 un autel1 etc4 ,t\tefois1 dans ces cas-l1 il faut us] d'artifice autant que possible dans la disposition et dans la plantation du dcor4 ,dans ,il ne faut jur] de ri51 la scne *>mante du d]ni] acte entre ,val5t9 et ,ccile se passe sur un banc1 au pi$ d'une *>mille place malheureusem5t un peu trop prs de la zone invisible de gau*e4 ,il s]ait dsirable que l'on pt tant soit peu rappro*] la *>mille du lieu optique4 ,dans le d]ni] acte du ,monde o l'on s'ennuie1 trs habilem5t mis en scne1 les deux bosquets de droite et de gau*e sont le lieu de scnes pisodiques qui s'quilibr5t2 mais la scne entre ,rog] et ,suzanne se n\e et se dn\e dans le lieu optique4 ,il y a l une heureuse hir>*ie dans les effets4 ,je ne puis1 on le compr5dra1 qu'effleur] un sujet trs complexe dans lequel *aque cas dem&]ait tre tudi en lui-mme1 ce qui s]ait d'un dtail inf9i4 ,mais le peu que j'ai pu dire suffit montr] que le m\vem5t scnique1 la disposition et le balancem5t des gr\pes1 les modifications successives des plans qu'occup5t les p]sonnages con/itu5t un art qui s'appuie sur la connaissance psy*ologique du sujet4 ,il arrive s\v5t qu'une disposition scnique se tr\ve en contradiction avec la valeur relative des p]sonnages3 dans ce cas1 l'effet sur lequel on comptait ne se produit pas1 p>ce que la mise en scne a contr>i et amo9dri l'effet dramatique4 ,c'e/ p\rquoi le s5s p>ticuli] que les potes ont de leur oeuvre leur donne une autorit dont il ne faut pas s'affran*ir lgrem5t qu& il s'agit de rgl] la mise en scne2 et c'e/ p\rquoi l'in/9ct dramatique e/ de t\tes les qualits celle qui e/ la plus prcieuse dans un metteur en scne4 ,je revi5s ma9t5ant1 avant de clore ce *apitre1 la mise en scne de ,phdre1 qui me f\rnira l'occasion de prs5t] une application des pr9cipes de /atique ?trale4 ,la disposition scnique du premi] acte ne me p>at pas heureusem5t conue4 ,la place qu'occupe ,phdre1 gau*e de la scne et non lo9 de la zone invisible1 n'e/ nullem5t en rapport avec l'importance psy*ologique et dramatique du p]sonnage dans cet acte4 ,c'e/ d'ailleurs une faute1 mon s5s1 que de faire entr] ,phdre p> la gau*e et de la faire asseoir du mme ct1 de telle sorte que l'acte s'a*ve sans que le p]sonnage pr9cipal1 non seulem5t de cet acte1 mais encore du drame t\t enti]1 ait mis le pi$ sur le c5tre optique4 ,cette place gau*e e/ celle qui lui convi5dra au c9quime acte1 lorsqu'elle sort m\rante de ses app>tem5ts4 ,les mom5ts lui sont prcieux1 c'e/ p\rquoi ,phdre1 s\t5ue p> ses femmes1 s'affaisse sur le premi] sige gau*e qui se tr\ve sa porte4 ,au surplus ce mom5t1 et p> le fait seul qu'elle meurt et que1 s9on son corps1 son me et son esprit du mo9s quitt5t la scne1 t\t le poids du drame retombe sur ,?se qui alors occupe ju/em5t le c5tre optique4 ,mais la situation e/ absolum5t diffr5te au premi] acte4 ,si d'ailleurs mes s\v5irs me s]v5t bi51 il me semble que jadis ,ra*el v5ait occup] prcism5t le c5tre1 optique1 qui e/ la place psy*ologique de ,phdre1 et celle qui s'(fre elle le plus naturellem5t4 ,en effet1 ,phdre sort de ses app>tem5ts et veut revoir la lumire du j\r2 mais pe9e a-t-elle fait quelques pas1 s\t5ue p> ses femmes1 que ses =ces l'ab&onn5t4 ,c'e/ sur la ligne optique1 qu'puise et ne se s\t5ant plus1 elle s'arrte s\da9 et refuse d'all] plus lo94 ,ds lors1 il e/ inadmissible que ses femmes la tran5t jusqu' ce sige qui e/ gau*e1 lorsqu'il leur e/ si facile et si naturel de l'appro*]4 ,alors ,phdre se laisse all] sur ce sige v]s lequel elle n'aurait pas eu la =ce de m>*]2 et c'e/ a9si1 p> le jeu de scne le plus simple1 que ,phdre se tr\ve assise au c5tre optique1 conc5trant sur elle t\s les reg>ds des spectateurs de mme qu'elle conc5tre sur elle t\t l'intrt du drame4 ,comme on a pu s'en r5dre compte1 une gr&e p>tie de la sci5ce de la mise en scne consi/e dans l'oscillation des jeux de scne aut\r du c5tre optique ou droite et gau*e de la ligne optique4 ,c'e/ une sci5ce comp>able celle qui prside la composition et la disposition d'un tableau4 ,qu& il s'agit d'une scne complexe plusieurs p]sonnages1 auxquels s'aj\te une figuration nombreuse1 il faut dt]m9] le c5tre de gravit de la scne1 si je puis me s]vir de cette expression1 de faon qu'il se tr\ve le plus rappro* possible du c5tre optique4 ,on s5t bi5 d'ailleurs qu'il ne s'agit po9t ici d'quilibre entre des nombres1 non plus que d'une sorte d'quilibre visuel1 mais d'un quilibre moral et dramatique4 ,la mise en scne1 considre ce po9t de vue1 e/ non seulem5t un art1 mais une sci5ce dont le fondem5t e/ p\r a9si dire ma?matique4 ,t\s les arts se rejoign5t et ont p\r po9t de d"p commun les lois mmes de la nature4 ,un metteur en scne et un directeur de ?tre doiv5t donc possd] une connaissance t5due des pr9cipes des arts et surt\t de leurs fondem5ts sci5tifiques1 c> ceux-ci sont dans l'art ?tral et p>ticulirem5t dans la mise en scne d'une application con/ante4 ,p\r t]m9] p> un exemple qui illu/re la ?orie1 je f]ai obs]v] que la ,comdie-,franaise doit c]ta9em5t la compt5ce arti/ique de son adm9i/rateur actuel la p]fection de mise en scne qui depuis plusieurs annes fait l'admiration du public4 ,,*apitre ,,xxix ,de la figuration4--,de son rle actif4--,a?alie4--,de son rle passif4--,o$ipe roi4--,des m\vem5ts or*e/riques4--,des figurants de tragdie4--,rgles obs]v]4 ,a un po9t de vue gnral1 la figuration e/ s\mise aux lois qui rgl5t la disposition hir>*ique des p]sonnages sur la scne4 ,elle entre dans le ry?me scnique et conc\rt la composition du tableau dont presque t\j\rs elle occupe les d]ni]s plans4 ,il faut donc la trait] comme un pe9tre traite les masses1 c'e/--dire sacrifi] le dtail p>ticuli] l'ensemble4 ,si le metteur en scne se proccupe ju/e titre des places relatives que doiv5t occup] individuellem5t les p]sonnages du drame1 il a aussi s'occup] de gr\p] la figuration1 de la divis] en p>ties h>moniques1 de telle sorte qu'elle produise un effet gnral o s'efface t\te individualit4 ,sur la scne de l',opra1 ce qui rgit la composition des gr\pes1 c'e/ la rp>tition des voix2 mais1 dans une oeuvre dramatique1 il y a lieu de se proccup] de l'effet optique1 de l'importance des gr\pes p> rapport la situation et la m>*e de l'action1 et surt\t du rle qui e/ dvolu la figuration laquelle je donn]ai s\v5t le nom de *oeur1 qu'elle avait *ez les anci5s4 ,le rle du *oeur1 en effet1 e/ tantt actif1 tantt passif4 ,il e/ actif qu& la prs5ce du *oeur e/ un lm5t de l'action dramatique1 qu& il agit sur les p]sonnages du drame et qu'il impose une direction aux s5tim5ts moraux et aux passions qui les agit5t4 ,dans ce cas1 il faut obt5ir de la figuration une gr&e sobrit de m\vem5ts1 de ge/es et d'attitudes2 c> p\r le public l'intrt n'e/ pas dans le *oeur lui-mme1 mais dans le p]sonnage et dans son volution morale laquelle n\s assi/ons et laquelle n\s p>ticipons4 ,on peut cit] comme exemple le rle de la figuration au c9quime acte d',a?alie4 ,au mom5t o ,joad s'crie3 ,soldats du ,dieu vivant1 df5dez votre roi1 le fond du ?tre s'ouvre4 ,on ap]oit l'intrieur du temple et les lvites arms s'avanc5t sur la scne4 ,on a tort1 la ,comdie-,franaise1 de ne pas excut] entirem5t cette mise en scne4 ,le fond du ?tre devrait s'ouvrir d]rire le trne o e/ plac ,joas2 et le public devrait ap]cevoir1 jusque dans les d]ni]s plans du ?tre1 les masses nombreuses des lvites arms4 ,au lieu de cela1 on voit simplem5t entr] p> les cts un c]ta9 nombre de lvites t5ant un glaive la ma94 ,cette figuration manque de gr&eur et n'e/ pas de nature faire s5tir au public le poids dont la sa9te arme devrait pes] sur l'orgueil et sur la colre d',a?alie4 ,et ici ce sont bi5 les s5tim5ts p> lesquels passe ,a?alie qu'il faut n\s faire compr5dre et p>tag]4 ,un glaive la ma9 des lvites ne suffit pas2 il faudrait un app>eil plus =midable1 et surt\t vit] l'entre successive des lvites p> les bas cts4 ,au mom5t o le fond du ?tre s'ouvre et o l'on ap]oit les rangs presss des lvites hrisss d'armes1 le m\vem5t or*e/rique devrait consi/] en une m>*e d'ensemble1 de deux ou trois pas seulem5t1 de t\te cette tr\pe arme1 divise en deux gr\pes1 l'un gau*e1 l'autre droite du trne4 ,cette d\ble p\sse imposante agirait avec une puissance que d\bl]ait l'ensemble du m\vem5t2 et n\s p>ticip]ions au s5tim5t de surprise et d'effroi qui s'emp>e de l'esprit d',a?alie4 ,on peut d'ailleurs jug] de la puissance d'effet que possde un m\vem5t d'ensemble p> les ballets itali5s dont c'e/ peu prs le seul mrite4 ,qu& le *oeur e/ appel j\] un rle passif1 ce qui avait lieu en gnral *ez les anci5s1 la mise en scne dem&e plus de so9s encore et plus de sci5ce2 c>1 dans ce cas1 c'e/ le *oeur lui-mme qui devi5t le p]sonnage complexe auquel n\s n\s intressons et avec lequel n\s sympa?isons4 ,il exprime alors les s5tim5ts div]s qui doiv5t pass] dans notre me et n\s agit] comme lui-mme4 ,t\t le public p>ticipe la situation du *oeur1 et le triomphe du pote e/ de russir tr\bl] l'me du spectateur des mmes motions qui sont c5ses tr\bl] l'me des p]sonnages qui compos5t la figuration4 ,on en a un exemple saisissant dans l',o$ipe roi1 tel qu'on le j\e la ,comdie-,franaise o il e/ admirablem5t mis en scne4 ,au lev] du rideau1 le peuple e/ g5\x1 t5dant ses ma9s suppliantes v]s le palais d',o$ipe4 ,les s5tim5ts qu'il exprime et qui l'agit5t sont ceux-l mmes qui doiv5t pntr] dans notre me4 ,c'e/ donc de l'attitude de la figuration que dp5d l'impression que recevra le public4 ,cela dem&e une prp>ation savante1 et une trs gr&e svrit de discipl9e4 ,la difficult e/ d'ailleurs mo9s gr&e qu& le *oeur e/ en majorit compos de femmes2 c> la femme a une facult d'assimilation et d'imitation trs suprieure celle de l'homme4 ,le premi] so9 e/ de dt]m9] l'attitude du corps1 le m\vem5t des bras1 des ma9s1 et d'exig] que les reg>ds ne quitt5t pas le po9t fixe sur lequel ils sont dirigs4 ,on obti5t de la sorte l'attitude suppliante1 qui dt]m9e *ez les femmes ag5\illes une disposition morale con=me leur aspect physique4 ,a son t\r1 cette disposition morale se rfl*it et donne leur attitude celle ressemblance frappante avec la nature qui agit sur n\s p> une sorte d'influ5ce id5tique4 ,il s'tablit a9si1 *ez les femmes ag5\illes1 un d\ble c\rant qui va du physique au moral et qui ret\rne du moral au physique1 d\ble c\rant dont il ne faut qu'aucune di/raction vi5ne int]rompre le circuit4 ,le public subit1 comme n\s l'avons dit1 l'influ5ce du tableau qu'on compose p\r ses yeux1 et ses dispositions morales se con=m5t celles que les figurantes doiv5t leur propre attitude4 ,on voit que la sci5ce de la mise en scne a l un po9t de contact rem>quable avec la physiologie4 ,au d]ni] acte d',o$ipe roi1 le rle du *oeur e/ plus important encore4 ,il e/ rgl la ,comdie-,franaise d'une manire t\t fait rem>quable1 et les m\vem5ts de la figuration peuv5t s'y comp>] aux volutions savantes et mesures des *oeurs antiques4 ,le peuple de ,?bes e/ gr\p au fond du ?tre1 devant le palais d',o$ipe4 ,il vi5t d'appr5dre la mort viol5te de ,joca/e et d'ent5dre le rcit lam5table de l'att5tat d',o$ipe sur lui-mme4 ,le misrable1 en effet1 s'e/ enfonc dans les yeux une p+le d'or arra*e au cadavre de la re9e4 ,mais l'in=tun s'appro*e4 ,alors le *oeur s'branle1 entran p> ce m\vem5t de poignante curiosit qui p\sse les f\les au-devant des spectacles tragiques4 ,dans une suite de m\vem5ts successifs1 en quelque sorte musicalem5t mesurs1 le *oeur monte et envahit les m>*es du palais4 ,s\da9 l'effroi s'emp>e de cette f\le ds qu'elle ap]oit le malheureux que le public ne voit po9t encore1 et un m\vem5t de recul se dess9e1 h>monieusem5t mesur4 ,le peuple alors1 m>*e m>*e et en des temps gaux1 r$esc5d les degrs du palais1 s'c>tant devant un spectacle horrible2 et c'e/ lorsque le public a p>ticip ce d\ble s5tim5t de curiosit anxieuse et d'effroi qu'app>at le spectre aux yeux sanglants4 ,spectacle vritablem5t tragique1 mais qui n'e/ si gr& que p>ce que notre d\l\reuse sympa?ie a t pralablem5t veille p> les angoisses du *oeur qui se sont rp]cutes dans notre me4 ,voil de la vritable sci5ce de mise en scne4 leve ce degr1 la mise en scne e/ un art qui n'a ri5 envi] l'or*e/rique des anci5s1 et la ,comdie-,franaise e/ en cela gale1 si ce n'e/ suprieure1 aux ?tres d',a?nes4 ,*ez les anci5s1 le rle du *oeur tait bi5 plus considrable que ne l'e/ jamais *ez les mod]nes la figuration4 ,le *oeur fut d'abord le p]sonnage pr9cipal et p\r a9si dire unique du drame2 aprs ,es*yle1 l'poque de ,sophocle1 d',euripide et d',ari/ophane1 il cons]va encore1 s9on sa prpondrance dramatique1 au mo9s t\te sa magnific5ce et t\te sa puissance potique4 ,ce fut en lui que se rsuma t\j\rs la beaut du spectacle1 qui en fit l'attrait et qui con/ituait la difficult de la reprs5tation4 ,c'tait1 en effet1 dans les volutions du *oeur que consi/ait presque t\te la mise en scne4 crites suivant les lois et les mtres de la posie lyrique1 les /rophes tai5t danses1 mimes et *antes2 ou du mo9s1 p\r tre plus exact1 t&is qu'on les rcitait sur un ry?me musical1 on m>*ait en mesure en appuyant le rcit lyrique de ge/es appropris4 ,on conoit que la =mation d'un *oeur1 son in/ruction musicale et or*e/rique exigeai5t de longues tudes et de nombreuses rptitions4 ,auj\rd'hui1 c'e/ t\t le contraire2 le *oeur n'e/ qu'un accessoire1 et p>fois mme on le supprime sans beauc\p de faons4 ,c'e/ a9si que d]nirem5t1 l',odon1 une reprs5tation d',&romaque1 j'ai vu supprim] la figuration dans la d]nire scne du c9quime acte1 ce qui e/ absolum5t contraire au texte de ,rac9e1 ce qui nuit l'effet reprs5tatif de cette suprme scne et ce qui en outre entrane la suppression des quatre d]ni]s v]s de la tragdie4 ,c'e/1 en gnral1 qu& la pice e/ sue et prte tre j\e que l'on =me et que l'on faonne la figuration4 ,les figurants1 il e/ vrai1 n'ont plus rcit] les *oeurs de ,sophocle1 d',euripide et d',ari/ophane1 qui compt5t p>mi les plus beaux morceaux que n\s ait laisss la posie lyrique4 ,aussi le dommage e/-il mo9dre4 ,cep5dant p5dant longtemps les figurants ont dp> la tragdie franaise4 ,jadis1 on faisait gnralem5t avanc] les soldats1 grecs et les licteurs roma9s en une sorte de file indi5ne2 puis ils faisai5t front1 face au public1 comme nos conscrits sur le t]ra9 d'ex]cice4 ,or une m>*e de flanc e/ aussi dang]euse au ?tre qu' la gu]re1 c> le ridicule tue aussi bi5 et aussi srem5t qu'un b\let de canon4 ,et de fait1 le public accueillait presque t\j\rs ces pauvres licteurs d'un rire moqueur qui avait p\r premi] inconvni5t de dtruire son propre plaisir4 ,auj\rd'hui1 la tragdie e/ dans son ensemble beauc\p mieux j\e qu'autrefois1 mme que du temps de ,ra*el1 que n\s n'avons plus1 hlas6 ,la raison en e/ dans le so9 que l'on pr5d de ne confi] les rles secondaires qu' des acteurs capables de les t5ir dignem5t et aux prcautions qu'on pr5d p\r vit] aux figurants leur antique msav5ture4 ,voici ce sujet les deux prescriptions les plus importantes4 ,dans la tragdie1 premirem5t1 les soldats1 les g>des1 les licteurs doiv5t se prs5t] sur la scne en gr\pe irrgulirem5t s]r1 en ayant so9 d'vit] t\te disposition p\vant prs5t] l'app>5ce de files ou de rangs2 deuximem5t1 ils ne doiv5t jamais excut] un m\vem5t ayant une app>5ce de manoeuvre4 ,au surplus1 on n'aurait eu1 p\r dc\vrir cette rgle bi5 simple1 qu' reg>d] les mdailles antiques1 qui sont des objets d'art1 et comme tels en laiss5t ap]cevoir les procds4 ,or t\j\rs1 ds qu'il y e/ figur des soldats pi$ ou *eval1 que ce soi5t des licteurs1 des porte-t5d>ds1 des ar*]s ou autres1 ils sont =ms en gr\pes irrguli]s1 prs5tant une disposition arti/ique bi5 plus que militaire4 ,c'e/ l ce qu'il fallait imit]1 et ce qu'on s'e/ dcid faire p> intuition peut-tre plutt que conduit p> le raisonnem5t4 ,qu& un gr\pe de figurants1 soldats ou licteurs1 arrive sur la scne1 il doit se prs5t] vivem5t1 en ayant l'att5tion de ne pas pr5dre l'allure cad5ce du pas militaire1 et s'arrt] fran*em5t sans se proccup] de la rgul>isation des rangs2 s'il entre p> le fond et s'il doit faire face au public1 il faut que le m\vem5t soit un et jamais dcompos en deux m\vem5ts4 ,si le *oeur a dfil de flanc s\s les yeux des spectateurs1 il doit1 en s'arrtant1 cons]v]1 si c'e/ possible1 cette position et ne pas excut] le m\vem5t de front4 ,si l'on ne peut vit] ce m\vem5t1 il faut qu'il soit accompli librem5t et vivem5t p> *aque figurant1 sans que son allure semble lie celle de son vois94 ,moy5nant ces quelques prcautions1 on vit]a ce que jadis l'entre de ces figurants avait t\j\rs de ridicule4 ,il re/]a encore de gr&es difficults faire manoeuvr] un p]sonnel nombreux1 surt\t prs5t] dcemm5t au public une image de ce qu'on appelle le monde1 et figur] p> exemple une soire ou un bal4 ,on se heurte en quelque sorte des impossibilits1 c> on n'a pas la facult de donn] ses figurants la jeunesse1 la beaut et la di/9ction des manires4 ,on relgue bi5 la figuration dans les d]ni]s plans2 on en masque autant que possible la vue1 en ne la montrant que p> *appes2 mais il faut que le texte se prte ces subt]fuges4 ,on peut donc dsir] que les potes n'abus5t pas de ces reprs5tations qui sont de nature nuire leurs oeuvres4 ,dans les ?tres comiques1 on pr5d rsolum5t le taureau p> les cornes1 et l'on figure le bal le plus lgant au moy5 de six ou huit figurants pitrem5t habills4 ,le public se cont5te ici d'un signe abrg1 ce qui e/ possible dans un g5re o l'on ne re*]*e la vrit que dans l'hum\r et dans l'esprit du dialogue4 ,,*apitre ,,xxx ,des actes et des tableaux4--,confusion frqu5te4--,unit dramatique des actes4--,du ?tre espagnol1 anglais1 allem&4--,les *angem5ts de tableaux impliqu5t des *angem5ts vue4 ,dans les c9quante d]nires annes1 l'e/htique dramatique s'e/ modifie4 ,jadis l'action devait tre une1 se dr\l] dans le mme lieu p5dant l'unit de temps qui e/ le j\r de v+t-quatre heures4 ,l'action se divisait en gnral en c9q actes qui reprs5tai5t c9q mom5ts successifs4 ,t\tefois1 la rgle des trois units1 qui a fait c\l] des flots d'encre1 n'a jamais t respecte que *ez les ,franais4 ,*ez les ,espagnols1 *ez les ,anglais1 et enf9 *ez les ,allem&s1 les potes ne s'en sont jamais proccups4 ,entrans p> leur exemple1 les ,franais leur t\r ont bris cette triple entrave1 ou plutt ils n'en ont cons]v qu'une seule1 l'unit d'action4 ,on a si bi5 transgress l'unit de temps que p>fois1 en dpit de ,boileau qui le repro*ait au ?tre trang]1 un p]sonnage1 enfant au premi] acte1 e/ b>bon au d]ni]4 ,quant l'unit de lieu1 non seulem5t le lieu a pu *ang] d'acte en acte1 mais encore1 l'exemple1 de ce qui a lieu dans ,%akspe>e1 les diffr5tes scnes d'un acte se pass5t la plup>t du temps dans des lieux diffr5ts4 ,je ne m'arrt]ai pas discut] les lois de cette e/htique n\velle et en pes] les avantages et le mrite3 cela e/ compltem5t en dehors du sujet que je traite4 ,je n'ai m'occup] que de la mise en scne1 et en p>ticuli] de la reprs5tation des drames emprunts au ?tre des ,anglais1 des ,espagnols et des ,allem&s4 ,sur nos affi*es1 n\s voyons *aque in/ant annonc un drame en c9q actes et d\ze tableaux4 ,je dis d\ze p\r pr5dre un exemple quelconque4 ,con=mm5t aux pr9cipes de l'e/htique1 les d\ze tableaux devrai5t se rp>tir dans les c9q actes1 de telle sorte que la reprs5tation mt en lumire et impost l'esprit des spectateurs les rapports que doiv5t avoir entre eux les tableaux r5f]ms dans un mme acte4 ,or1 en gnral1 il n'en e/ absolum5t ri51 et il e/ facile de con/at] que si les spectateurs sav5t t\t in/ant quel tableau en e/ la pice1 ils p]d5t rapidem5t la notion des actes et sont dans l'impossibilit de dire quel acte app>ti5t tel ou tel tableau4 ,cela ti5t ce que les tableaux sont presque t\j\rs sp>s les uns des autres p> des entr'actes1 absolum5t comme s'ils tai5t des actes4 ,il n'y a que demi-mal qu& il s'agit de pices mod]nes1 o le mot acte et le mot tableau sont si frquemm5t confondus1 et o l'expression de c9q actes n'e/ qu'une phrasologie de conv5tion4 ,dans ce cas1 il faudrait mieux indiqu] simplem5t le nombre des tableaux1 comme dans ,nana ,sahib1 qui tait dnomm p> son auteur drame en sept tableaux4 ,mais1 alors1 p\rquoi pas drame en sept actes8 ,c'e/ un hommage tacite r5du l'antique division dramatique4 ,a9si n\s con/atons une confusion con/ante entre les actes et les tableaux1 et il e/ manife/e que p>fois on emploie le mot tableau uniquem5t p>ce que la dure p>at un peu petite p\r un acte1 ce qui e/ une trs mauvaise raison1 un acte n'ayant pas en soi de dure dt]m9e4 ,d'un autre ct1 la mme confusion clate qu& il s'agit de la reprs5tation des *efs-d'oeuvre trang]s4 ,hamlet e/ un drame en c9q actes et v+t tableaux2 ,o!llo1 un drame en c9q actes et qu9ze tableaux4 ,or1 p\r les adapt] la scne franaise1 ou modifie la physionomie de ces oeuvres p> la proccupation qu'on a de dim9u] le nombre des tableaux et d'vit] a9si des frais et des difficults de mise en scne4 ,c'e/ a9si que l',o!llo de ,m4 de ,gramont1 reprs5t il y a deux ans l',odon1 e/ dnomm drame en c9q actes1 huit tableaux4 ,on a fait une conomie de sept tableaux1 qui sont1 il e/ vrai1 les mo9s importants2 mais1 ce qui e/ plus grave1 c'e/ que l'on a modifi la division de l'action dramatique1 de telle sorte l',o!llo e/ dev5u une pice en huit actes4 ,il e/ clair ici que je ne m'en pr5ds pas l'auteur qui n'a fait en somme que se pli] aux exig5ces ?trales4 ,c'e/ donc la mise en scne que j'en ai4 ,un acte e/ une division dramatique qui doit avoir un comm5cem5t et une f91 dont t\tes les p>ties sont indissolubles1 et dont p> consqu5t la reprs5tation ne doit pas (frir de solution de cont9uit p\r les yeux1 puisqu'elle n'en (fre pas p\r l'esprit4 ,dans un entr'acte1 si c\rt qu'il soit1 un pote peut faire t5ir un temps quelconque si gr& qu'il soit4 ,en gnralisant le phnomne1 on peut dire que dans un temps rel inf9im5t petit n\s p\vons faire t5ir un temps imag9aire inf9im5t gr&4 ,on en a une preuve dans ce fait que dans une seconde de sommeil le rve fait entr] une suite considrable d'vnem5ts4 ,la dure des entr'actes e/ donc sans rapports avec le temps suppos c\l p> le pote et avec le nombre d'vnem5ts qu'il imag9e s'tre passs entre deux actes4 ,donc1 en allongeant un entr'acte1 n\s ne r5dons nullem5t plus plausible l'int]valle plus ou mo9s gr& de temps1 suppos c\l entre les deux mom5ts de l'action au milieu desquels il s'int]cale4 ,la dure d'un entr'acte n'e/ pas proportionnelle l'accroissem5t du temps4 ,voil une des faces du phnomne2 exam9ons l'autre4 ,qu& le rideau tombe1 l'esprit du spectateur1 dgag de l'tre9te du pote1 r$evi5t immdiatem5t libre4 ,il y a dans cette *ute du rideau1 dans cette disp>ition absolue du spectacle1 un signe manife/e de l'int]ruption de l'action dramatique4 ,une p>tie de cette action e/ ds lors accomplie1 et l'esprit du spectateur e/ prt fran*ir l'espace de temps que v\dra le pote1 mais non accept]1 qu& le rideau se relv]a1 une contigut entre les deux tableaux1 et une cont9uation1 aprs int]ruption1 du mom5t prcd5t de l'action4 ,un acte reprs5te une suite de s5sations troitem5t associes2 si donc1 entre deux tableaux app>t5ant un mme acte1 on int]cale un entr'acte1 on brise un anneau de la *ane des s5sations1 qui doiv5t se succd] sans int]ruption p\r se fondre dans une s5sation gnrale et totale4 ,l'esprit du spectateur e/ donc oblig de recon/ruire rtrospectivem5t la suite int]rompue de ses s5sations1 de rev5ir de lui-mme sur l'ide de f9 qui s'tait =me en lui3 au lieu d'un m\vem5t en avant1 il pr\ve donc1 non seulem5t un temps d'arrt1 mais encore un m\vem5t de recul4 ,l'action du drame1 au lieu d'avanc]1 rtrograde1 et l'impression de ral5tissem5t se fait s5tir notre esprit1 bi5 qu'elle ne rsulte pas des dispositions imag9es p> le pote4 ,c'e/ p> consqu5t1 dans ce cas1 la mise en scne qui e/ responsable de ce s5tim5t de l5teur qui n\s fait jug] s\s un j\r faux l'action in9t]rompue trace p> le pote4 ,c'e/ une impression que1 sans p\voir l'expliqu]1 j'avais s\v5t pr\ve1 qu& de temps autre on remontait sur une scne franaise un des drames de ,%akspe>e4 ,il me semblait que p> mom5ts l'action ne m>*ait pas et je n'tais pas lo9 d'en accus] le gnie dramatique du pote4 ,cep5dant la lecture me donnait une impression t\t autre4 ,mais1 ds que mon att5tion se porta sur la mise en scne1 je ne fus pas long dc\vrir que l'ennui1 prov5ant d'une action qui semblait trop l5te ou /agnante1 avait p\r vritable cause les procds de notre mise en scne appliqus aux drames de ,%akspe>e4 ,le ry?me et la mesure de l'oeuvre se tr\vai5t altrs1 absolum5t comme si dans une phrase musicale on et int]cal mal propos un temps de sil5ce4 ,je n'ignore pas que la division en actes des drames de ,%akspe>e e/ po/rieure au pote4 ,a cela on peut t\tefois rpondre que la reprs5tation devait =cm5t opr] la division des tableaux1 dont la rp>tition en c9q actes a t le rsultat d'un travail critique rfl*i1 peu de temps aprs la mort de ,%akspe>e1 et laquelle il e/ assez raisonnable de n\s t5ir4 ,en t\t cas1 il ne peut y avoir plusieurs manires galem5t bonnes d'opr] cette division4 ,au surplus1 dfaut de l'exemple de ,%akspe>e1 il re/]ait celui de ,goe! et de ,s*ill]1 et celui de ,%]idan dans le ?tre anglais4 ,p\r conclure1 je crois que l'on p\rrait procur] un plaisir dramatique trs vif aux spectateurs franais1 en montant sur nos scnes les plus belles oeuvres des ?tres trang]s1 espagnols1 anglais et allem&s1 la condition qu'on respectt la division gnrale et qu'on n'altrt pas l'intgrit de *aque acte p> l'introduction d'entr'actes entre les div]s tableaux qui le compos5t4 ,il faudrait dans ce b pr5dre le p>ti d'une mise en scne spciale et sommaire qui p]mt de faire vue1 entre les tableaux d'un mme acte1 t\s les *angem5ts de dcorations ncessits p> les *angem5ts de lieux4 ,grce la cont9uit du spectacle1 ces drames cons]v]ai5t leur physionomie propre1 l'action son allure relle et les diffr5ts mom5ts de cette action leur m>*e in9t]rompue4 ,dans ce sy/me1 il faudrait r5onc] t\te somptuosit de mise en scne1 autre que celle qui rsult]ait des dcorations pe9tes4 ,je ne vois pas o s]ait l'inconvni5t1 ces drames ayant presque t\s p> eux-mmes une puissance reprs5tative trs gr&e4 ,quant nos pices mod]nes1 il me p>at ncessaire que les auteurs mett5t un t]me la confusion qui dure depuis trop longtemps entre les actes et les tableaux1 et qu'ils rs]v5t le nom d'acte t\te suite de scnes =mant un t\t dramatique p>tiel1 t]m9 p> cette int]ruption du spectacle qu'on appelle un entr'acte4 ,dans ce sy/me1 qui e/ le seul logique1 il faudrait faire abngation de t\te mise en scne exigeant entre les tableaux un entr'acte p\r la plantation du dcor4 ,la vrit dramatique et la logique de l'action oppos5t donc des bornes naturelles l'exagration de la mise en scne4 ,c'e/ un fait important con/at]1 puisqu'il n\s montre que les progrs de l'art dramatique sont lo9 d'exig] un luxe disproportionn de mise en scne1 et que s\v5t c'e/ en s'effaant mode/em5t que la mise en scne mrite le nom d'art4 ,ce qui entrane s\v5t les potes1 c'e/ que les *angem5ts les plus compliqus n'exig5t d'eux qu'un trait de plume2 et que leur imag9ation lve ou r5v]se des palais avec une rapidit telle qu'elle n'altre en ri5 la contigut des diffr5ts mom5ts d'une action p>tielle qui p\r leur esprit re/e une et indissoluble4 ,l'art p\r eux n'e/ qu'un jeu de leur imag9ation2 et de mme qu'ils ne n\s doiv5t que l'app>5ce des tres1 de mme ils ne n\s doiv5t que l'app>5ce des *oses4 ,mais alors il ne faut pas que la mise en scne s'att>de remu] d'normes ma*9es2 il faut qu'elle se fasse al]te et quelque peu ferique p\r rpondre aux c\ps d'aile de l'imag9ation potique4 ,j'aj\t]ai une rem>que gnrale p\r clore ce *apitre4 ,les directeurs ont le dfaut de faire les entr'actes trop longs4 ,la plup>t du temps sans d\te le spectateur n'pr\ve qu'un ennui que dissipe le lev] du rideau2 mais quelquefois la longueur de l'entr'acte nuit l'effet dramatique4 ,je cit]ai comme exemple le drame d',antony4 ,si1 entre le second et le troisime acte1 a9si qu'entre le quatrime et le c9quime1 on n'int]calait qu'un entr'acte d'une ou deux m9utes1 ju/e le temps de *ang] les dcors p> des procds rapides1 on d\bl]ait la puissance du drame en ne laissant pas au spectateur le temps de rec\vr] son sang-froid et de se dgag] de l'tre9te du pote4 ,mais1 object]a-t-on1 au lieu de f9ir m9uit le spectacle f9irait onze heures3 on me p]mettra1 je p5se1 de mpris] absolum5t cette objection4 ,au surplus1 qu& je dis qu'entre deux actes1 lis p> le pa?tique d'une mme situation1 l'entr'acte doit tre rduit la plus petite dure possible1 ce n'e/ pas un conseil discutable que je donne1 mais une rgle indiscutable que j'nonce et qui s'impose au nom de pr9cipes arti/iques qui ne s\ffr5t pas d'objections4 ,,*apitre ,,xxxi ,de l'imitation de la nature4--,de la prs5tation et de la reprs5tation d'un phnomne4--,de la reprs5tation de la mort4--,t\te reprs5tation e/ conditionne p> l'imag9ation du spectateur4--,le jugem5t du public e/ subordonn l'ide qu'il se fait de la ralit4 ,l'auteur1 dans la mise en scne qu'il imag9e1 le dcorateur et le metteur en scne1 dans celle qu'ils ralis5t1 les comdi5s dans leur diction et dans leur jeu a9si que dans leurs co/umes1 ont ncessairem5t p\r lgitime ambition d'arriv] une ressemblance frappante avec la nature qui e/ leur modle4 ,t\t le monde en convi5t2 mais alors ne semble-t-il pas que cette direction imprime tant d'ef=ts div]s soit contradictoire avec le jugem5t dfavorable que l'on se croit en droit de port] sur la ?orie rali/e8 ,ou bi5 y aurait-il un degr d'approximation que l'art ne doive pas fran*ir8 ,n\s t\*ons l l't]nelle "q sur la nature et sur le b de l'art1 "q que je crois =t inutile de relev] dans ce petit ouvrage o elle ne p\rrait occup] qu'une place incid5te4 ,je la ramn]ai des proportions plus mode/es1 et je la limit]ai au sujet spcial que je traite4 ,je vais donc m'occup] de re*]*] jusqu' quel po9t le metteur en scne et l'acteur peuv5t p\ss] la p]fection de l'imitation1 et si1 dans les ef=ts qu'ils font p\r y atte9dre1 ils ne doiv5t pas tre dirigs p> une m?ode gnrale et un ensemble de rgles suffisamm5t prcises4 ,ce problme e/ dom9 p> un mot dont il faut bi5 compr5dre le s5s et la porte2 c'e/ le mot reprs5tation4 ,t\s les faits quelconques dont n\s sommes *aque j\r les tmo9s oculaires se prs5t5t n\s2 t&is que1 lorsque le s\v5ir de ces mmes faits n\s revi5t la mmoire1 ceux-ci se reprs5t5t notre esprit4 ,or1 entre la prs5tation et la reprs5tation d'un fait1 il exi/e une diffr5ce qui consi/e en ce qu'un nombre v>iable de dtails d'importance div]se1 plus ou mo9s bi5 obs]vs dans la prs5tation1 ne se retr\v5t plus dans la reprs5tation4 ,en outre1 si un mme fait se prs5te n\s diffr5tes reprises1 (frant *aque fois quelque v>it dans l'ordre ou l'int5sit des phnomnes1 il e/ clair que les reprs5tations successives que n\s aurons eues de ces faits semblables v>i]ont dans leurs c>actres p>ticuli]s1 mais se ressembl]ont dans leurs c>actres gnraux4 ,p> suite1 la syn?se de ces div]ses reprs5tations (frira donc notre esprit une n\velle reprs5tation1 rassemblant et fixant les c>actres communs de t\tes les reprs5tations antrieures et laissant dans le vague une masse flottante1 indcise de traits p>ticuli]s4 ,cette n\velle reprs5tation n'e/ autre *ose que l'ide que n\s avons acquise d'un c]ta9 ordre de faits4 ,pr5ons p\r exemple la reprs5tation de la mort1 qui e/ le phnomne naturel dont le ?tre n\s (fre le plus frquemm5t la reprs5tation4 ,il e/ peu de p]sonnes qui n'ai5t assi/ la mort d'un tre quelconque3 l'un a vu m\rir un vieill>d1 l'autre un enfant ou une femme2 celui-ci a vu tomb] des soldats sur le *amp de bataille1 celui-l a assi/ l'agonie de malades dans un hpital2 les uns ont obs]v la mort l5te ou viol5te d'animaux1 les autres la leur ont cause volontairem5t2 t\s enf9 ont vu les mmes phnomnes gnraux se reproduire dans des conditions extrmem5t v>iables4 ,si l'on aj\te ce nombre plus ou mo9s gr& d'expri5ces p]sonnelles la description si s\v5t faite de ce mme phnomne1 on compr5dra comm5t il s'e/ =m dans l'esprit de *acun de n\s une ide de la mort1 ide qui se compose des c>actres communs t\tes les prs5tations de ce phnomne suprme1 et qui p\r *acun de n\s e/ la mme dans ses traits gnraux et ne peut diffr] que p> un c]ta9 nombre de traits p>ticuli]s d'importance secondaire4 ,or1 c'e/ uniquem5t cette ide1 ou cette image 7ce qui revi5t au mme71 qui e/ seule arti/iquem5t reprs5table4 ,transportons-n\s dans une salle de ?tre o n\s assi/]ons un drame dans lequel un acteur ou une actrice doit n\s donn] le spectacle de la mort1 et exam9ons bi5 les conditions du problme scnique rs\dre4 ,l'acteur doit produire l'app>5ce de la mort1 et son art consi/e atte9dre un degr frappant de ressemblance4 ,mais de ressemblance avec quoi8 ,avec la mort d'un p>5t laquelle il aura assi/ dans sa famille ou d'un moribond d'hpital dont il aura p> scrupule t tudi] l'agonie8 ,nullem5t2 mais de ressemblance avec l'ide de la mort que possd5t les qu9ze c5ts spectateurs qu'il a devant lui4 ,si l'image qu'il voque devant t\te une salle e/ semblable dans ses c>actres gnraux l'ide que *acun se fait de la mort1 les qu9ze c5ts spectateurs dcl>]ont l'unanimit que le jeu de cet acteur e/ admirable de vrit1 ce qui s]a exact puisque l'art de l'acteur consi/e prcism5t objectiv] devant les yeux du spectateur l'image ou l'ide que celui-ci a dans l'esprit4 ,et son jeu1 qu'on le rem>que1 s]a d'autant plus vrai qu'il s]a mo9s rel1 c'e/--dire mo9s compliqu de dtails p>ticuli]s et spciaux1 non obs]vs p> la majorit des spectateurs4 ,si1 en effet1 un acteur s'+niait reproduire trait p\r trait telle faon extraord9aire de m\rir1 obs]ve p> lui-mme1 il s'expos]ait1 t\t en tant plus rel1 p>atre mo9s vrai1 c> l'image qu'il (frirait s]ait dissemblable celle qu'ont dans l'esprit la plup>t des qu9ze c5ts spectateurs4 ,n\s p\vons donc conclure que1 si le rel e/ le vrai dans la prs5tation des phnomnes1 il n'e/ pas t\j\rs le vrai dans la reprs5tation de ces mmes phnomnes4 ,or comme au ?tre il ne s'agit jamais que de la reprs5tation de la vie et de t\s les actes qui la compos5t1 ni l'auteur1 ni le metteur en scne1 ni les acteurs ne doiv5t s'atta*] reproduire la ralit1 mais seulem5t l'image qui e/ la reprs5tation idale du rel4 ,un acteur doit donc tre un obs]vateur de la nature1 non p\r transport] s]vilem5t ses obs]vations sur la scne1 mais p\r enregi/r] en lui t\s les traits communs dont se compose syn?tiquem5t l'ide ou l'image qu'il s'ef=c]a de reproduire4 ,c'e/ p\r cela que dans la c>rire du comdi5 l'intuition lui e/ d'un si gr& sec\rs2 c>1 aprs le travail inconsci5t de gnralisation qui se produit en lui1 cette facult d'introspection lui p]met d'avoir une vue trs nette de l'image intrieure qui s'e/ =me dans son esprit2 et c'e/ prcism5t cette vue trs claire des ides qui fait les gr&s comdi5s4 ,si l'un d'eux doit reprs5t] une scne de folie1 ira-t-il ,bictre tudi] un f\ p>ticuli] dont il s'ef=c]a de reproduire id5tiquem5t les airs1 les ge/es et t\tes les manies8 ,non pas2 mais il *]*]a dans une visite gnrale rassembl] dans sa mmoire les traits communs qui se retr\v5t dans t\s les f\s d'une mme catgorie2 surt\t il s'ef=c]a1 p> une att5tion t\te subjective1 de tir] des tnbres de son esprit l'ide qu'il se fait d'un f\ et de bi5 se pntr]1 p\r les reproduire1 des traits qui compos5t cette image idale4 ,c'e/ prcism5t dans la fixation de cette image subjective et dans la difficult de la trans=m] en une image objective que les comdi5s ont t\j\rs quelques progrs faire4 ,c'e/ cette image qui e/ le modle dont le ?tre n\s doit la plus frappante copie4 ,autrem5t1 s'il s'agissait au ?tre de ralit1 comm5t le public s]ait-il apte jug] de la vrit1 lui qui la plup>t du temps n'a pas directem5t obs]v cette ralit8 ,au contraire1 transportez-le au milieu de civilisations te9tes ou trangres1 dans un milieu populaire1 b\rgeois ou ari/ocratique1 talez devant ses yeux les crimes les plus mon/rueux1 les actes v]tueux les plus r>es1 il s'cri]a +num5t3 comme c'e/ nature6 comme c'e/ vrai6 et v\s1 potes et comdi5s1 v\s sav\r]ez cette manife/ation de son admiration1 et c'e/ p\r mrit] cet loge que v\s donnez t\tes vos =ces un travail qui s\v5t v\s tue4 ,or1 d'o le public ti5drait-il cette compt5ce que v\s lui reconnaissez1 s'il ne devait =mul] son jugem5t que d'aprs l'obs]vation p]sonnelle et directe du phnomne8 ,s'il a le droit de port] a9si l'loge ou le blme sur vos travaux1 sur vos conceptions et sur les rsultats de vos longues et pnibles tudes1 c'e/ qu'il rapporte la reprs5tation que v\s lui (frez l'ide qu'il se fait du phnomne et l'image qu'il possde en lui-mme2 et ce qu'il applaudit1 ce n'e/ pas la reproduction d'une ralit qu'il ne lui a pas t donn d'obs]v] directem5t1 mais le degr de ressemblance de l'image que v\s dess9ez ses yeux avec l'ide qu'il s'e/ =me du fait reprs5t4 ,,*apitre ,,xxxii ,de l'acteur4--,de la =mation subjective des images4--,rapport de la cration de l'acteur avec l'idal du public4--,t\te volution idale implique une modification dans l'image reprs5te4--,c'e/ la gnralit d'un phnomne qui ju/ifie sa reprs5tation4--,smilis4--,l'acteur doit vit] l'accid5tel4 ,le metteur en scne et l'acteur doiv5t donc s'atta*] bi5 dt]m9] les traits gnraux des tres dont ils doiv5t expos] aux yeux du public la reprs5tation ?trale1 et les c>actres communs de t\s les phnomnes p>ticuli]s qui compos5t l'ide qu'ils veul5t r5dre s5sible et visible4 ,dans t\te n\velle cration1 leur mrite consi/e1 surt\t p\r l'acteur1 dont l'art e/ plus fcond et plus p]sonnel1 am5] la reprs5tation scnique son po9t de p]fection1 c'e/--dire dt]m9] jusqu'o ils peuv5t p\ss] la ralisation de l'ide dont ils possd5t en eux l'image subjective4 ,a mesure que le temps s'c\le1 que les gnrations se succd5t1 il y a des images qui s'affaibliss5t et d'autres qui1 au contraire1 s'clairciss5t et se prcis5t4 ,les ides qui flott5t dans l'imag9ation des hommes sont semblables aux images que n\s t5ons dans le *amp de notre lorgnette et qui1 selon les dispositions relatives que n\s donnons aux foy]s des l5tilles1 se rappro*5t et se prcis5t ou s'loign5t en se diffusant4 ,le comdi5 doit donc s'ef=c] de bi5 disc]n] les traits dont se compos5t les ides des spectateurs2 et son ambition con/ante e/ de dc\vrir quelques-uns des c>actres communs1 si faibles qu'ils soi5t1 que ses prdcesseurs ont nglig de mettre en vid5ce2 enf9 de se r5dre compte des modifications que le temps ou des circon/ances p>ticulires ont apport ces ides4 ,c'e/ en ce s5s que le comdi5 doit t\j\rs tudi] la nature2 c> il e/ ncessaire qu'il comp>e1 le plus s\v5t possible1 la prs5tation et la reprs5tation des phnomnes1 af9 de disc]n] si les traits dont il revt ses imitations ont bi5 t\s le c>actre gnral qui s]a p\r t\s les spectateurs la m>que de la vrit1 et de dc\vrir peut-tre quelque trait n\veau qui soit de nature r5dre la ressemblance plus p>faite4 ,si1 p> suite de circon/ances =tuites1 les hommes d'une gnration ont t mme d'obs]v] plus s\v5t ou mieux que ceux qui les ont prcds un c]ta9 ordre de faits1 l'ide qu'ils en conoiv5t s]a s5siblem5t diffr5te de celle qu'en possdai5t les gnrations antrieures2 et le comdi51 s'il a de l'intuition et de la pntration1 ne se cont5t]a plus p\r les reprs5t] des traditions de mti]1 mais modifi]a son jeu de manire reproduire l'image actuelle et tr\v] sa ressemblance exacte4 ,supposons qu'une actrice1 ayant cr il y a v+t ans le rle d'une convulsionnaire1 dt de n\veau en crer un semblable auj\rd'hui1 devrait-elle se cont5t] de reproduire id5tiquem5t le jeu de scne qui lui a valu jadis un succs8 ,nullem5t1 c> les ides que n\s avons auj\rd'hui sur les nvroses sont s5siblem5t diffr5tes de celles que n\s avions il y a v+t ans4 ,on s'e/ beauc\p occup de cette "q2 les j\rnaux l'ont agite1 ont r5du compte avec =ce dtails des nombreuses expri5ces faites avec clat sur l'hy/rie2 et l'ide que n\s n\s faisons actuellem5t d'une convulsionnaire a des =mes plus nettes et plus accuses4 ,l'actrice devra donc procd] une n\velle mise au po9t1 aj\t] son jeu d'autrefois et le mettre en h>monie avec l'ide actuelle des spectateurs1 avec disc]nem5t1 d'ailleurs1 et sans exagration1 c> les ides huma9es n'ont que de l5tes volutions4 ,mais enf9 tel trait qui1 dans son jeu1 et p>u extravagant il y a v+t ans1 p>atrait auj\rd'hui vrai et naturel4 ,ce n'e/ pas la ralit cep5dant qui a *ang1 mais l'image idale qu'en possde l'esprit des spectateurs4 ,on voit en quels s5s div]s le tal5t d'un comdi5 peut t\j\rs progress] p> l'obs]vation2 c'e/ un art qui n'e/ jamais immobile1 mais qui se r5\velle con/amm5t et qui1 dans son volution1 suit les volutions des ides huma9es4 ,la m?ode de travail du comdi5 se rsume donc en deux po9ts3 premirem5t1 dt]m9ation des traits gnraux de l'image qui e/ la syn?se idale d'un ensemble de phnomnes p>ticuli]s et rels2 deuximem5t1 ret\r frqu5t l'obs]vation de la nature1 af9 de dc\vrir si l'exam5 comp> des phnomnes ne lui f\rnira pas quelque c>actre commun jusqu'ici nglig ou inap]u1 ou si1 dans les prs5tations =tuitem5t frqu5tes d'un phnomne1 la rapp>ition d'un trait p>ticuli] ne l'lve pas l'importance d'un trait gnral4 ,ce deuxime po9t e/ extrmem5t dlicat1 c> il e/ t\j\rs t5tant d'aj\t] quelque *ose au jeu de ses prdcesseurs ou de ses mules2 et c'e/ presque t\j\rs p> excs que p*5t les comdi5s1 p> suite de l'att5tion que plus que t\t autre ils apport5t l'obs]vation des phnomnes4 ,qu&1 dans le jeu d'un comdi51 un trait p>at contraire la nature1 on peut presque t\j\rs tre c]ta9 que ce trait a cep5dant t obs]v et pris sur la nature p> le comdi51 dont l'erreur a uniquem5t consi/ lui attribu] un c>actre gnral qu'il n'avait pas1 et p> consqu5t voqu] aux yeux des spectateurs une image diffrant p> excs de l'ide qui a pu se =m] dans l'esprit du plus gr& nombre d'entre eux4 ,voici entre autres un exemple4 ,dans un drame intitul ,smilis1 j\ rcemm5t la ,comdie-,franaise1 on voyait1 au premi] acte1 deux vieux amis1 l'un amiral1 l'autre comm&ant1 se retr\vant aprs une longue sp>ation1 tomb] dans les bras l'un de l'autre4 ,or les acteurs avai5t cru devoir aj\t] le bais] l'accolade1 bais] fran*em5t donn et reu1 et ent5du de t\s les spectateurs qui ne p\vai5t rprim] un s\rire1 tmoignage in/9ctif de leur tonnem5t4 ,c'e/ qu'en effet c'tait une faute de mise en scne de la "p des deux excell5ts comdi5s1 prov5ant prcism5t d'une judicieuse et relle obs]vation3 beauc\p de p]sonnes sav5t que les militaires et les m>9s ont l'in(f5sive habitude de s'embrass] frat]nellem5t qu& ils se retr\v5t dans leur c>rire av5tureuse4 ,mais les comdi5s avai5t eu le tort de relev] un trait p>ticuli] ne s'accordant pas avec l'ide gnrale que se =me le public de deux hommes qui se jett5t dans les bras l'un de l'autre4 ,l'embrassade1 en effet1 n'admet1 dans la vie relle1 que le simulacre du bais]1 qui aux yeux de la plup>t des hommes e/ un acte enta* d'un peu de ridicule4 ,voil donc une lgre faute de mise en scne qui a prcism5t p\r cause l'obs]vation exacte de la nature dans c]ta9s cas p>ticuli]s2 et la faute a consi/ dans la sub/itution d'une image p>ticulire l'image gnrale qui seule rpondait l'ide que se faisai5t du fait reprs5t les dix-huit c5ts spectateurs4 ,a un autre po9t de vue1 d'ailleurs1 on peut dire qu'au ?tre1 en dehors de c]ta9s cas p>ticuli]s1 comme p> exemple dans l'expression du s5tim5t filial1 le bais] n'e/ tolr que s'il e/ donn ou reu p> une femme4 ,en gnral1 les acteurs n'en doiv5t jamais faire que le simulacre4 ,le ,m>iage de ,fig>o n\s facilite la dt]m9ation de la limite au del de laquelle on *oqu]ait la bi5sance4 ,au c9quime acte1 lorsque ,*rub91 croyant embrass] ,suzanne1 embrasse le comte ,almaviva1 t\t spectateur att5tif ses propres impressions s'ap]cevra que la ralit du bais] s]ait *oquante si le rle de ,*rub9 tait rempli p> un homme1 et que si elle ne l'e/ pas1 c'e/ qu'il sait que s\s les traits et s\s le co/ume du page c'e/ une femme qui donne ce bais] l'acteur qui j\e le rle du comte4 ,la loi que n\s avons *]* lucid] sur la reprs5tation des ides n\s p]met d'expliqu] c]ta9s jeux de scne dont la porte soi-disant conv5tionnelle dpasse de beauc\p la porte absolue4 ,le mot de conv5tion1 dans ces cas-l1 ne me p>at cep5dant ju/e que si on lui donne uniquem5t sa signification vritable1 qui e/ celle d'accord entre les manires de voir1 et que si on n'y atta*e pas une ide d'arbitraire4 ,or1 l'accord entre les manires de voir n'e/ autre *ose que la possession commune d'une image gnrale id5tique4 ,dans le code du monde1 p> exemple1 un homme e/ considr comme outrag si un adv]saire ou un ennemi ose lev] la ma9 sur lui et il se battra p\r v5g] son honneur4 ,voil l'ide gnrale4 ,cep5dant il y aura des hommes qui ne se s5tiront outrags et qui ne se battront que s'ils ont reu rellem5t le s\fflet4 ,voil l'ide p>ticulire4 ,or le ?tre ne peut en t\te sret abord] que la reprs5tation de l'ide gnrale1 de telle sorte que1 si le cas p>ticuli] devait tre reprs5t1 il faudrait de la "p de l'auteur beauc\p d'habilet et de prp>ation p\r le faire admettre p> le public4 ,qu& n\s appr5ons qu'un m>i a tr\v un homme aux pi$s de sa femme1 ou qu'au mom5t o il e/ entr il a surpris cet homme embrassant la ma9 de sa femme1 n\s concluons avec c]titude que cette femme trahissait son m>i1 le plus ou le mo9s tant sans valeur relativem5t la conclusion morale4 ,on se s]t s\v5t1 dans ce cas1 du mot assez curieux de conv]sation crim9elle1 euphmisme qui n'e/ en somme qu'une ide gnrale1 trs suffisante dans l'espce1 et qui rpond p> consqu5t l'image gnrale1 la seule dont le ?tre n\s doive la reprs5tation4 ,dans la ralit1 au mom5t o le m>i app>at1 l'amant a pu tre surpris se livrant tels ou tels actes plus ou mo9s c>actri/iques2 mais ce sont l des cas p>ticuli]s et des circon/ances accid5telles qui n'aj\t5t ri5 au fait fondam5tal1 qui e/ la trahison de la femme4 ,ce n'e/ donc pas sans y avoir pr(ondm5t rfl*i qu'un acteur p\rra se croire p]mis d'aj\t] quelque trait p>ticuli] l'acte simple qui e/ la reprs5tation de l'ide gnrale4 ,on p\rrait cit] un plus gr& nombre d'exemples4 ,a9si1 dans la comdie1 qu& une jeune fille pleure elle porte son m\*oir ses yeux1 et son air a9si que le m\vem5t de sa poitr9e suffis5t dess9] l'image du *agr91 p>ce que ces diffr5ts traits sont gnraux et se retr\v5t peu prs dans l'expression de t\tes les d\leurs de l'me4 ,dans la ralit cep5dant que de traits p>ticuli]s et v>iables vi5n5t s'y jo9dre1 selon la nature de *acun1 l'abondance des sanglots et des pleurs1 les cris de timbres diffr5ts1 les m\vem5ts s\v5t dsordonns1 l'ab&on de soi-mme1 etc4 ,on f]ait galem5t de semblables rem>ques au sujet de l'expression de la joie1 o l'image gnrale suffit1 sans qu'on y aj\te les images disgracieuses qui dp>5t s\v5t les plus jolis visages4 ,mais il e/ inutile de multipli] ces exemples2 les deux que n\s avons *oisis plus haut suffis5t4 ,il faut mieux donn] rfl*ir que de t\t dire4 ,il e/ ju/e d'aj\t] que1 dans beauc\p de cas1 la dignit p]sonnelle du comdi5 doit entr] en ligne de compte2 mais c'e/ l une raison de s5tim5t qui me semble secondaire4 ,les raisons que n\s avons prs5tes sont arti/iques et comme telles de plus gr&e valeur4 ,,*apitre ,,xxxiii ,de la composition d'un rle4--,des traditions4--,de l'intuition et de l'introspection4--,dveloppem5t des images initiales4--,rapport ou contra/e entre les images initiales de diffr5ts rles4--,le ,demi-,monde4--,le ,g5dre de ,m4 ,poiri]4--,mademoiselle de ,belle-,isle4 ,dans les *apitres prcd5ts1 n\s avons p>l du jeu de scne1 en le considrant comme un acte isol1 dta* d'un ensemble dramatique ou comique4 ,n\s avons pris l'action dans un mom5t p>ticuli]4 ,n\s devons ma9t5ant exam9]1 au mo9s succ9ctem5t1 la mise en scne d'un rle et son rapport avec le dveloppem5t de l'action1 mais en n\s proccupant exclusivem5t de l'aspect du rle et en laissant de ct t\t ce qui t\*e la dclamation4 ,il n'y a1 dans les arts1 qu'un petit nombre de pr9cipes2 n\s ne devons donc pas ici re*]*] et r5contr] de lois e/htiques diffr5tes de celles que n\s avons dj mises en lumire4 ,ce qui1 d'ailleurs1 fait l'excell5ce d'une rgle1 c'e/ de ne pas tre re/re9te un fait spcial3 l'exigut du c]cle o se meut une rgle e/ un signe c]ta9 d'empirisme2 et1 dans ce cas1 la rgle pr5d le nom de procd4 ,les procds1 je l'accorde1 ont leur utilit et mme leur prix1 surt\t lorsqu'ils port5t ce beau nom de traditions1 usit la ,comdie-,franaise4 ,ds qu'une pice a f\rni une longue c>rire1 et lorsque des acteurs ont p>ticulirem5t brill dans c]ta9s rles1 il e/ trs comprh5sible que les n\veaux v5us1 qui plus t>d sont *>gs de repr5dre ces rles1 s'+ni5t reproduire les effets qui ont si bi5 russi leurs prdcesseurs4 ,la faon de dire ces rles et d'excut] tel ou tel jeu de scne1 de faire tel ge/e1 de pr5dre telle attitude1 de faire mme telle correction au texte1 etc41 donne donc lieu ce qu'on appelle des traditions1 soit que ces procds ai5t t scrupuleusem5t ns1 soit que le n\veau v5u ait pu se r5dre compte p> lui-mme du jeu de son prdcesseur1 soit qu'ils se soi5t uniquem5t transmis de mmoire4 ,il y a1 la ,comdie-,franaise1 un assez gr& nombre de jeux de scne qui n'ont pas d'autre raison d'tre1 et dont on se cont5te de dire p\r les ju/ifi] qu'ils sont de tradition4 ,en rsum1 la tradition e/ une expri5ce accumule dont il faut t5ir gr& compte4 ,il y a c]ta9es faons exquises de dire1 c]ta9s ge/es empre9ts d'une loqu5te gr&eur1 qui sont t\t ce qui n\s re/e des gr&s arti/es du pass4 ,t\tefois1 il ne faut pas que la tradition soit un esclavage1 c> n\s avons vu prcism5t que quelques rles peuv5t *ang] d'aspect avec le temps dans la mesure o les ides elles-mmes des spectateurs se modifi5t s\s l'influ5ce de circon/ances fatales ou =tuites4 ,il faut donc ma9t5ir la tradition au-dess\s de la rgle1 et se dgag] du procd ds qu'on vi5t s'ap]cevoir qu'il e/ en contradiction avec l'ide actuelle4 ,c'e/ donc ici la rgle qui n\s importe1 et ce sont uniquem5t les pr9cipes qui doiv5t n\s arrt]4 ,un ouvrage spcial sur les traditions cons]ves la ,comdie-,franaise s]ait d'un trs gr& intrt2 mais il ne p\rrait tre entrepris que p> quelque esprit att5tif1 app>t5ant depuis longtemps la maison de ,molire4 ,on p\rrait y jo9dre un assez gr& nombre de faits extraits de mmoires ou cons]vs dans les ouvrages qui conc]n5t l'art dramatique4 ,je s]ais1 quant moi1 absolum5t incompt5t en p>eille matire4 ,c'e/ donc l un sujet que je dois c>t] de ma r\te2 et je revi5s l'exam5 des pr9cipes1 auquel d'ailleurs doit seul s'atta*] un ouvrage ?orique4 ,si n\s passons d'un jeu de scne p>ticuli] au rle qui le conti5t1 n\s ne faisons que remont] de l'exam5 de la p>tie celui du t\t1 et un mom5t de rflexion suffit p\r conclure que t\s les jeux de scne1 t\tes les attitudes1 t\s les ge/es1 t\tes les inflexions doiv5t tre dans le c>actre du rle4 ,a c9quante ans1 on n'aime pas comme v+t-c9q1 ou1 si on e/ affect de la mme complexion am\reuse1 on e/ qualifi diffremm5t4 ,il y a telle occurr5ce o un magi/rat ne se conduira pas comme un militaire4 ,l'ducation1 l'in/ruction1 le comm]ce avec nos semblables n\s inculqu5t c]ta9es faons de p5s]1 de dire1 d'agir1 qui v>i5t suivant le milieu o n\s avons vcu4 ,il y a donc dans t\t rle un aspect p]man5t et p]si/ant dont le comdi5 doit se pntr]4 ,c'e/ ici que l'intuition1 au s5s exact et tymologique du mot1 pr5d une importance de premi] ordre4 ,si le comdi5 e/ bi5 d\1 il possde en lui-mme une ri*e collection d'obs]vations1 s\v5t inconsci5tes1 suites et sries d'images qui peupl5t son imag9ation4 ,a la premire connaissance qu'il pr5d du rle1 il obx un m\vem5t naturel t\t subjectif3 il reg>de en lui-mme1 et de cet exam5 intuitif rsulte une image initiale1 sur laquelle il conc5tre alors son esprit de t\te la =ce de son att5tion4 ,c'e/ l son modle2 il s'ef=ce d'en bi5 concevoir les =mes lum9euses1 qui se dess9]ont dans la *ambre noire de sa p5se4 ,de la cl>t de l'image dp5d5t la nettet et la srnit du jeu4 ,quelquefois l'image e/ l5te se =m]1 surt\t se complt]1 et quelques acteurs ont en quelque sorte beso9 de l'objectiv]2 il leur faut plusieurs rptitions p\r en port] la reprs5tation au po9t de p]fection qu'ils sont capables d'atte9dre4 ,quelquefois1 au contraire1 elle jaillit du c]veau sans ef=t1 et1 dans ce cas1 l'arti/e se s5t ds le premi] j\r absolum5t matre de son rle4 ,mais cette premire phase intuitive d'un rle e/ suivie d'une seconde phase plus laborieuse2 c> l'image app>ue l'esprit de l'arti/e n'e/1 si je puis m'exprim] a9si1 qu'une image c5trale1 aut\r de laquelle oscill5t un c]ta9 nombre d'images similaires1 correspondant aux diffr5ts mom5ts de l'action4 ,c'e/ la v>it qu'il s'agit ds lors d'introduire dans le rle sans en dtruire l'unit4 ,t\s les jeux de scne1 t\tes les attitudes1 t\s les ge/es1 t\tes les inflexions de voix ne sont et ne doiv5t tre que des ides secondaires1 drives de l'ide premire1 ou autrem5t des images en rapport de ressemblance avec l'image initiale4 ,t\t cela1 bi5 que ne prs5tant aucune difficult1 se compr5dra mieux encore au moy5 d'un exemple4 ,dans le ,demi-,monde1 si n\s mlions en reg>d le rle d',olivi] de ,jal9 et celui de ,raymond1 l'un homme du monde1 l'autre militaire1 il e/ clair que les comdi5s *>gs de ces deux rles ont immdiatem5t vu surgir leurs yeux1 des pr(ondeurs de leur esprit1 les images initiales de ces deux p]sonnages4 ,c'e/ alors que p\r t\s deux a comm5c un travail de dtail trs difficile et trs m9utieux1 consi/ant dduire de cette image intuitive t\te une srie d'images secondaires reproduisant t\j\rs la mme p]sonnalit4 ,ils n'auront jamais une attitude id5tique1 ,olivi] s'ab&onnant sans ef=t une aisance familire1 ,raymond g>dant t\j\rs une c]ta9e rectitude de ma9ti52 ils ne f]ont pas un ge/e semblable1 ni dans le mme m\vem5t2 ils ne s'assoiront pas1 ne se lv]ont pas1 ne m>*]ont pas de mme1 et ils ne p>l]ont pas sur des ry?mes similaires4 ,dans t\tes les pices1 t\s les rles ont a9si leur physionomie propre que l'acteur ne doit jamais p]dre de vue4 ,cela p>at t\t simple au spectateur qui ne p>at nullem5t s'en tonn]1 et qui n'y voit probablem5t aucune difficult4 ,sans d\te1 la composition du rle e/ relativem5t facile qu& la p]sonnalit des p]sonnages e/ nettem5t dt]m9e1 comme dans l'exemple que j'ai *oisi2 mais que le l5dema9 les deux mmes comdi5s ai5t remplir les rles de ,montmeyran et du m>quis de ,presle1 dans le ,g5dre de ,m4 ,poiri]1 la transition1 p\r ne pas tre brusque1 n'en s]a que plus dlicate2 et le spectateur1 s'il y p5se1 p\rra comm5c] s'ap]cevoir de t\te la difficult qui prside la mise en scne d'un rle4 ,montmeyran e/ un militaire comme ,raymond2 mais le second a f\rni une image initiale aux cont\rs un peu secs et tran*ants1 t&is que le premi] se rvle s\s les traits d'une image aux angles ad\cis4 ,la ressemblance entre les deux s]a surt\t dans une c]ta9e rectitude morale4 ,le m>quis de ,presle e/ un homme du monde comme ,olivi] de ,jal91 mais avec un peu plus de morgue et de hauteur2 il s'e/ mo9s u t\s les contacts de la vie1 et il a g>d la "p de prjugs qu',olivi] a1 ds longtemps1 *angs contre une aimable philosophie4 ,eh bi51 ces nuances qui diffr5ci5t les images initiales de ces rles1 il faut ne pas les laiss] p]dre2 elles doiv5t se retr\v] t\s les mom5ts de l'action1 dans t\tes les attitudes1 dans les mo9dres ge/es1 dans la faon d'entr] et de sortir4 ,que le surl5dema9 les deux mmes acteurs rep>aiss5t dans ,mademoiselle de ,belle-,isle1 s\s les traits du duc de ,ri*elieu et du *evali] d',aubigny1 voil encore des images initiales qui sont dans un c]ta9 rapport1 d'une "p1 avec le m>quis de ,presle et ,olivi] de ,jal91 d'autre "p1 avec ,montmeyran et ,raymond1 mais qui se di/+u5t cep5dant p> des nuances multiples d'une gr&e importance1 auxquelles s'aj\te la diffr5ce des poques1 des co/umes1 des milieux1 des c>actres hi/oriques1 etc4 ,on compr5dra1 ds lors1 que si l'intuition f\rnit aism5t aux comdi5s les images initiales de *acun de ces rles1 la rflexion1 l'tude1 la comp>aison leur s]ont ncessaires p\r arriv] laborieusem5t fix] t\tes les images drives1 dans lesquelles le spectateur doit t\j\rs retr\v] l'image initiale4 ,il semble rsult] de ce que n\s v5ons de dire1 sur la faon dont on procde la composition d'un rle1 que la premire qualit p\r un comdi5 e/ l'imag9ation2 accompagne de cette facult d'introspection qui lui p]met d'ap]cevoir et de dgag] les images subjectives inconsciemm5t accumules dans son esprit4 ,vi5n5t ensuite l'intellig5ce et le travail1 au moy5 desquels il p\sse la reprs5tation de ces images au degr dsirable de f9i et de ressemblance4 ,un jeune homme ou une jeune fille peuv5t avoir en p>tage un physique heureux1 une voix en*ant]esse1 une intellig5ce trs f9e1 et faire prsag] un comdi5 ou une comdi5ne de tal5t2 mais ils ne possd]ont pas de vritable gnie dramatique s'ils n'ont pas d'imag9ation et si p> consqu5t ils ne possd5t pas cette facult d'intuition qui en dc\le4 ,c'e/ p\rquoi les dbuts sont si s\v5t trompeurs2 on y fait montre de qualits *>mantes et mme suprieures1 mais le vritable comdi5 ne se rvle que le j\r o1 ab&onn de ses matres1 seul vis--vis de lui-mme1 il aborde la cration d'un rle4 ,c'e/ l que la facult matresse se dvoile ou se montre dcidm5t abs5te4 ,on ne s]ait pas emb>rass de cit] gr& nombre d'acteurs qui ont p>c\ru une c>rire honorable1 qui se sont mme di/+us dans leur emploi1 mais qui en ralit n'tai5t pas fatalem5t de/9s tre comdi5s1 et qui n'ont russi que grce la mise en oeuvre de qualits trs e/imables1 mais secondaires au po9t de vue de l'art et qui aurai5t pu tr\v] leur emploi dans t\te autre c>rire4 ,ces acteurs ti5n5t cep5dant une gr&e place et une place mrite dans l'hi/oire dramatique2 c> in/ruits1 att5tifs1 scrupuleux et t\j\rs gaux eux-mmes1 ils sont les g>di5s les plus fidles des traditions et =m5t ensuite les meilleurs pr(esseurs4 ,,*apitre ,,xxxiv ,aptitude j\] c]ta9s rles4--,de la p]sonnalit scnique de l'acteur4--,complexit et htrognx des rles mod]nes4--,leur influ5ce sur l'art dramatique et sur l'art ?tral4--,d=mation du tal5t de l'acteur4 ,si on exam9e un c]ta9 nombre de rles avec quelque att5tion1 on s'ap]cevra que les uns et les autres sont quelque degr semblables ou dissemblables entre eux1 et qu'ils peuv5t se rp>tir en div]ses classes plus ou mo9s sp>es les unes des autres4 ,a9si1 si n\s rev5ons aux exemples que n\s avons cits dans le *apitre prcd5t1 n\s tr\v]ons que les rles d',olivi] de ,jal91 de ,ga/on de ,presle et du duc de ,ri*elieu =m5t une c]ta9e classe et que ceux de ,raymond de ,nanjac1 de ,montmeyran et du *evali] d',aubigny en =m5t une autre4 ,dans *aque classe1 les rles ont entre eux quelque analogie1 quelque rapport plus ou mo9s pro*e1 quelque aff9it secrte1 t&is que d'une classe l'autre ce sont des dissemblances qui s'affirm]ont1 des oppositions plus ou mo9s =tes et plus ou mo9s saillantes4 ,p> consqu5t1 t\tes les images initiales1 qui sont les po9ts de d"p des rles d'une mme classe ayant quelques c>actres communs1 driv]ont t\tes d'une mme image plus lo9ta9e1 plus gnrale1 hir>*ie d'images absolum5t semblable la hir>*ie des ides4 ,ces images gnrales con/itu5t en quelque sorte des p]sonnalits complexes4 ,de mme on p\rrait divis] une agglomration d'hommes en gr\pes plus ou mo9s nombreux1 con/ituant des p]sonnalits complexes1 et dont t\s les membres aurai5t entre eux un c]ta9 air de p>5tage4 ,eu faisant encore un pas1 on p\rrait ds lors tablir une correspondance entre ces gr\pes d'tres huma9s et ces classes dans lesquelles n\s avons dit que se rp>tissai5t t\s les rles2 et l'on v]rait que le comdi51 en tant qu'homme1 app>t5ant quelque gr\pe1 porte en lui l'air de cette p]sonnalit complexe laquelle se ratta*e la si5ne propre1 et que p> consqu5t son aspect1 son image a quelque rapport avec l'image gnrale de laquelle se dduis5t les images initiales d'une srie plus ou mo9s nombreuse de p]sonnages de ?tre4 ,un acteur possde donc p> lui-mme une aptitude p>ticulire remplir c]ta9s rles4 ,c'e/ cette aptitude1 cette con=mit naturelle que consult5t surt\t les auteurs et les directeurs de ?tre qu& il s'agit de di/ribu] les rles d'une pice2 et l'importance en e/ tellem5t gr&e p\r le rsultat f9al1 qu'il arrive *aque in/ant aux auteurs1 en concevant et en crivant leurs pices1 de se compos] une tr\pe idale de comdi5s connus1 et1 bi5 mieux encore1 de con=m] l'image du rle qu'ils dess95t l'image p]sonnelle de tel ou tel arti/e4 ,bi5 ent5du il ne faudrait pas re/re9dre cette concordance entre un arti/e et un gr\pe de rles de simples similitudes physiques4 ,sans d\te le physique n'e/ pas sans importance1 mais en t\t cas il ne peut s'agir que du physique tel qu'il e/ modifi p> les conditions scniques1 et vu la lumire de la rampe1 dans la p]spective du dcor4 ,il e/ des acteurs que la scne gr&it1 d'autres qu'elle rapetisse2 mais c'e/ surt\t la physionomie que l'optique ?trale modifie pr(ondm5t1 ce qui se conoit aism5t1 puisque la lumire du j\r et celle de la rampe aviv5t les mmes traits en s5s inv]se4 ,mais cette concordance ti5t1 en outre1 la prdisposition n]veuse qui e/ la s\rce de la s5sibilit1 l'incl9ation morale1 la qualit et au timbre de la voix1 l'expression du reg>d et la pla/icit gnrale4 ,dans la mise en scne1 la di/ribution des rles e/ donc d'une importance capitale4 ,une faute dans cette di/ribution e/ en t\t po9t semblable celle que commettrait un musici5 qui se tromp]ait sur le c>actre physiologique des in/rum5ts et f]ait exprim] p> les hautbois ce qui ne peut l'tre que p> les trompettes1 ou v\drait =c] les cl>9ettes n\s faire pr\v] les mmes s5tim5ts que les violoncelles4 ,c'e/ cette mme concordance entre la p]sonnalit scnique d'un acteur et les rles du rp]toire qu'il e/ si important de dc\vrir qu& il s'agit d'un db4 ,on se trompe s\v5t1 soit que l'acteur ne donne pas t\t ce qu'il promettait1 soit que la scne modifie compltem5t son image ?trale4 ,qu& il s'agit de disc]n] le meilleur emploi qu'il s]a possible de faire de qualits moy5nes et tempres1 il vaut mieux *oisir de mode/es rles de db1 af9 de laiss] le tempram5t de l'arti/e se rvl] et s'affirm] peu peu4 ,qu& on croit avoir affaire un tempram5t p]sonnel d'une c]ta9e valeur1 il e/ prfrable de mettre l'arti/e aux prises avec un gr& rle1 dt ce premi] essai ne pas tre c\ronn de succs1 c> le contra/e mme1 entre le rle qu'il remplit et sa p]sonnalit scnique1 mettra celle-ci en ple9e lumire et lui p]mettra de s'affirm] au gr& j\r de la rampe4 ,dans ce cas1 mme aprs un db malheureux1 un directeur avis aura la c]titude d'avoir mis la ma9 sur un arti/e hors ligne et il aura du mme c\p dt]m9 v]s quels rles l'incl9e son tempram5t4 ,une tr\pe1 quelque nombreuse qu'elle soit1 prs5te t\j\rs des lacunes1 ce qu'on compr5dra aism5t aprs les explications qui prcd5t4 ,c'e/ p\rquoi il se prs5te dans l'hi/oire d'un ?tre des priodes p5dant lesquelles telle pice ne produit pas t\t l'effet qu'on en devrait att5dre et quelquefois ne peut absolum5t pas tre reprise4 ,s\v5t il se passe dix ans1 v+t ans mme1 p5dant lesquels un gr\pe de pices ne peut tre remont avec succs1 p> suite du manque d'un acteur d'un c]ta9 tempram5t4 ,cela se fait surt\t s5tir dans les pices mod]nes1 et cela ti5t l'htrognx des rles qui t5d et t5dra s'accus] de plus en plus4 ,l'art dramatique suit en cela l'volution de la vie mod]ne1 et de mme que dans le monde *acun pr5d une p]sonnalit de plus en plus di/9cte1 de mme dans le ?tre qui reflte le monde les rles augm5t5t en nombre mesure qu'ils se diffr5ci5t les uns des autres4 ,et mme1 c'e/ p> une sorte de t5dance philosophique in/9ctive que les auteurs se laiss5t si facilem5t all] compos] des pices entires p\r tel acteur ou p\r telle actrice4 ,ils pr(it5t habilem5t d'une p]sonnalit di/9cte et trs p>ticulire que leur (fre bnvolem5t la nature1 qu'ils s'+ni5t dvelopp] et p\ss] dans ses diffr5ts s5s1 et ils compos5t t\tes leurs pices en vue d'une p]sonnalit ?trale que le has>d probablem5t ne leur (frira pas une seconde fois4 ,c'e/ surt\t dans les ?tres de g5re que ce sy/me t5d prvaloir1 et on arrive rellem5t produire sur le public des impressions piquantes et orig9ales2 mais le dang] e/ dans la rptition trop s\v5t r5\vele du mme procd4 ,p\r arriv] satisfaire le public et p\r prv5ir en lui la satit1 il faudrait un peu plus s\v5t cass] et remplac] le j\j\ dont on l'amuse4 ,cette htrognx de l'art a p\r consqu5ce une diffr5ciation de plus en plus gr&e entre les images initiales des p]sonnages du ?tre mod]ne2 et1 p> suite1 un acteur devi5t de mo9s en mo9s apte remplir avec succs un gr& nombre de rles3 son image s'associe avec des gr\pes de rles de plus en plus re/re9ts4 ,d'o rsult]ait la ncessit d'accrotre indf9im5t le nombre d'acteurs composant une tr\pe de ?tre4 ,cette ncessit a p\r consqu5ce immdiate3 premirem5t1 la disp>ition des tr\pes de prov9ce2 deuximem5t1 la fusion en une seule de t\tes les tr\pes exi/ant ,p>is2 troisimem5t1 l'exploitation des ?tres de prov9ce p> les tr\pes de ,p>is4 ,la premire consqu5ce s'e/ auj\rd'hui entirem5t ralise3 les quelques tr\pes qui rsi/5t encore se ru95t ou se ru9]ont4 ,le mom5t appro*e o il n'y aura plus un seul ?tre de prov9ce vivant de sa vie propre4 ,la seconde consqu5ce se fait dj s5tir4 ,les acteurs1 p\r la plup>t1 ne contract5t plus que des engagem5ts temporaires1 qui se re/reign5t s\v5t l'exploitation d'une pice4 ,les acteurs pass5t d'un ?tre l'autre sans se fix] df9itivem5t4 ,les directeurs font des emprunts quotidi5s aux tr\pes de leurs confrres3 d'o nat une t5dance naturelle mettre en commun leurs ress\rces1 c'e/--dire leurs ?tres1 leurs capitaux1 leurs acteurs1 leurs dcors et leur matriel4 ,la troisime consqu5ce a port t\s ses fruits3 tr\pes d'hiv]1 tr\pes d't1 tr\pes de villes d'eau ou de villes de jeu1 t\tes s'organis5t ,p>is au moy5 des disponibilits exi/antes en p]sonnel et en matriel4 ,quelles sont ma9t5ant les consqu5ces de cette htrognx sur l'art ?tral4 ,produit de l'analyse1 elle p\sse les arti/es dans la voie de l'analyse4 ,les images ou ides1 de gnrales qu'elles tai5t1 se dcompos5t en images ou ides p>ticulires2 celles-ci se diffr5ci5t les unes des autres p> des c>actres qui1 ngligs jadis ou habilem5t fondus dans l'ensemble1 s'accus5t et pr5n5t un relief inatt5du4 ,de l un travail incessant des comdi5s p\r mettre en saillie ces traits p>ticuli]s et spciaux2 de l1 la re*]*e du dtail et p> suite l'introduction de plus en plus frqu5te du rel4 ,dans la comdie de ,molire1 p\r pr5dre un exemple1 l'arg5t ne s'e/ pas encore inc>n dans un p]sonnage spcial2 mais au ,x,v,i,i,ie sicle n\s voyons se dess9] l'image du f9anci]4 ,auj\rd'hui cette image1 beauc\p trop gnrale p\r n\s1 s'e/ dcompose et n\s f\rnit les images du banqui]1 de l'ag5t de *ange1 du qu>t d'ag5t de *ange1 du b\rsi]1 du c\lissi]1 etc4 ,ce qui di/+ue ces p]sonnalits1 issues d'une p]sonnalit plus gnrale1 ce sont1 non des diffr5ces ess5tielles1 mais des diffr5ces de surface1 des dtails pris sur le vif de la socit actuelle1 des traits de moeurs p>ticulires4 ,l'esprit d'analyse du comdi5 e/ oblig de s'aff9]2 il creuse ses p]sonnages1 se met en obs]vation1 l'afft des types p>ticuli]s qui se crois5t s\s ses yeux2 et1 qu& il monte sur la scne1 il ressemble s\v5t tel que n\s v5ons de c\doy] une heure avant d'entr] au ?tre4 ,ce n'e/ plus le portrait l'huile1 pe9t l>gem5t1 qui doit la flamme de la vie au tempram5t de l'arti/e3 c'e/ l'implacable photographie qui f\ille les rides1 exagre les dfauts et grossit les plus *>mants dtails4 ,de l1 p\r le comdi51 nat une c]ta9e t5dance dev5ir c>icaturi/e1 t5dance qui s'affirme surt\t dans les ?tres de g5re4 ,en outre1 comme le nombre de reprs5tations des pices succs a dcupl1 et que telle qu'on aurait j\e autrefois une c9quanta9e de fois arrive s\v5t auj\rd'hui la trois-c5time reprs5tation1 il s'ensuit que cette rptition =ce des mmes rles t5d d=m] le tal5t de l'arti/e et trans=m] en traits p]man5ts des traits qui ne devrai5t tre que passag]s4 ,le comdi51 malgr lui1 sans d'ailleurs qu'il en ait consci5ce1 e/ la proie d'une p]sonnalit qu'il revt trop s\v5t et dont la nature compose se sub/itue peu peu p> l'habitude sa propre nature4 ,il arrive mme un mom5t o l'acteur a p]du t\te facult de cration n\velle1 et semble absorb dans un rle unique dont il ne p\rra dsormais se db>rass]1 c> il en a pris df9itivem5t la ressemblance1 la voix1 le port1 les allures1 les manires et jusqu'aux tics p>ticuli]s4 ,c'e/ la v5geance de l'art4 ,,*apitre ,,xxxv ,complexit de la mise en scne mod]ne4--,l',avocat ,patel92 ,b]tr& et ,raton2 ,pot-,b\ille2 la ,*>bonnire4--,invasion du rel4--,du procd4--,ret\r ncessaire au rp]toire classique4--,son influ5ce sur le tal5t des acteurs4--,ncessit des ?tres subv5tionns4 ,l'htrognx1 il faut en faire l'aveu1 conspire en faveur de l'cole rali/e4 ,je ne sais si celle-ci se r5d bi5 compte de l'arme puissante que les rvolutions de l'esprit remett5t entre ses ma9s4 ,on peut le croire1 c> elle p\sse furieusem5t l'envahissem5t de la scne p> le rel1 et elle n'y russit que trop bi54 ,cette anne1 on a remont la ,comdie-,franaise ,b]tr& et ,raton1 dont un des actes se passe dans le mode/e magas9 de soi]ies de ,raton ,burg5/af4 ,une dcoration pe9te suffit l'amoncellem5t modr des t(fes1 un comptoir de *ne s'tale sans orgueil1 un escali] de bois conduit au logem5t du gros m>*& de la ,c\r1 et dans la b\tique mme s'ouvre la porte de la cave3 mise en scne trs ju/em5t approprie au ?tre de ,scribe4 ,que n\s sommes dj lo9 cep5dant des trteaux sur lesquels1 dans l',avocat ,patel91 matre ,guillaume vi5t tal] ses pices de draps6 ,or la veille du j\r o v\s avez vu ,b]tr& et ,raton1 v\s aviez pu voir ,pot-,b\ille l',ambigu et admir] le magas9 des ,vabre avec son lgant escali] en spirale1 avec ses commis1 ses a*eteuses qu'un quipage rel att5d la porte2 et le l5dema9 v\s avez peut-tre vu la ,*>bonnire la ,gat4 ,l se tr\vait transplant et =mant dcor l'escali] monum5tal d'un des plus gr&s magas9s de ,p>is1 spectacle extraord9aire p\r les yeux1 prs5tant l'encombrem5t et l'affolem5t d'un gr& j\r de v5te1 la presse des a*eteurs1 la f\le des commis1 un talage savamm5t fait dans les rgles du g5re1 les comptoirs1 les caisses1 et1 dans l'angle de la dcoration1 un asc5seur1 inutile l'action1 mais montant et desc5dant alt]nativem5t dans sa l5te maje/1 et semblant tre l'organe respiratoire de ce ma/odonte indu/riel4 ,on se dem&e1 non sans inquitude1 o s'arrt]a la mise en scne8 ,sans d\te1 il y a des limites qu'elle ne p\rra fran*ir1 mais elle cont9u]a empit] de plus en plus sur le doma9e littraire et dj l'action qui relie t\s les tableaux d'un drame e/ tnue et bi5 fugitive4 ,un ob/acle qu'il lui faudra t\rn] e/ prcism5t la gr&eur de la scne4 ,en faisant mont] les humbles et les d%rits sur le ?tre1 en talant nos yeux les misres physiques et morales des d]nires classes de la socit1 elle ne p\rra rapetiss] la scne la taille d'une mans>de ou d'un b\ge4 ,quoi qu'elle fasse1 la *ambrette de ,j5ny ou la hutte du *iffonni] s]a t\j\rs plus gr&e que le salon d'un m9i/re4 ,t\tefois la complaisance du public e/ admirable1 et son imag9ation1 dont l'cole rali/e s]a =ce d'accept] le sec\rs1 cons5tira ram5] la gr&eur de la scne aux proportions que dsir]a l'auteur3 l'espace et le temps re/]ont t\j\rs au ?tre =cm5t conv5tionnels4 ,mais l'htrognx des rles cont9u]a s'acc5tu]1 et c'e/ l qu'e/ le dang] croissant de l'art dramatique2 c>1 si l'on veut appliqu] sa p5se suivre cette progression in9t]rompue1 on v]ra peu peu l'art desc5dre des hauteurs morales o rgn5t les ides gnrales1 s'abaiss] de plus en plus mesure que les images se revtiront de c>actres plus p>ticuli]s1 s't5dre t\tes les ralits1 s'mancip] de t\tes les conditions de rgle1 de *oix1 d'lection1 et all] f9alem5t s'absorb] et disp>atre dans la vie elle-mme4 ,c'e/ qu'en effet la croissance con/ante de l'htrognx a p\r limite extrme l'anantissem5t de l'art4 ,d'autres plus complaisants diront que ce s]a la vie qui1 en absorbant l'art1 en recevra une beaut n\velle4 ,c'e/ bi5 lo9 p\r dcid]4 ,mais d'ici l1 quoi qu'il arrive1 l'art dramatique aura ses j\rs d'preuve4 ,en ressortira-t-il rajeuni8 ,c'e/ une grave "q que n\s exam9]ons dans les d]ni]s *apitres de cet ouvrage4 ,n\s entrons pe9e dans la voie fatale1 et c'e/ d'hi] que l'antique homognx se dsagrge3 elle n'e/ pas encore rduite l'tat de p\ssire dramatique4 ,d'ailleurs1 si l'art n\veau e/ ple9 de dang]s1 il n'e/ pas t\j\rs sans *>mes1 et n\s n\s laissons volonti]s sduire de plus en plus p> t\s les traits1 si exigus qu'ils soi5t1 qui port5t l'empre9te de la vrit4 ,n\s-mme1 n\s n\s ap]cevons que notre esprit e/ mo9s homogne que celui de nos pres et qu'il e/ en proie l'esprit d'analyse4 ,n\s gtons donc un art que nos pres n'aurai5t pas apprci1 et1 en dpit de son infriorit1 n\s pr\vons des *>mes secrets pntr] dans les replis des tres et des *oses4 ,malheureusem5t l'app>5t et le matriel n\s di/rai5t de l'me huma9e3 trop p>tag] son coeur1 on abaisse l'ide que l'on se faisait de l'amiti4 ,au ?tre1 l'arti/e vise un b mo9s lev2 il a mis l'idal sa porte4 ,ml la f\le1 il imite ,malh]be qui allait tudi] sa langue au port au fo91 et1 la p\rsuite du rel1 il saisit la vrit p>t\t o il la r5contre1 dans les assommoirs aussi bi5 que dans les alcves des femmes p]dues4 ,c]tes il y fait des tr\vailles orig9ales2 et il met en saillie les c>actri/iques de t\s ces p]sonnages n\veaux dans le monde de l'art et jusqu' celles mme des mti]s les mo9s av\ables4 ,je ne mprise nullem5t l'ef=t de l'arti/e en quelque s5s qu'il s'ex]ce2 cet ef=t n'e/ ni va9 ni puril1 mais c'e/ l'hi/oire des *]*eurs d'or3 aprs avoir puis les m9es aux filons bl\issants1 ils tamis5t la p\ssire d'or mle au limon que *>ri5t les fleuves4 ,peu peu le mti] dramatique s'encombre de =mules qui vont en se compliquant de plus en plus1 et les rgles d'autrefois se rduis5t une f\le sans cesse grossissante de procds4 ,c'e/ l qu'e/ le dang] immdiat2 c> l'homme e/ l'esclave des *oses plus qu'il ne le croit4 ,son physique et jusqu' son moral1 jusqu' son intellig5ce1 sont des matires pla/iques qui pr5n5t aism5t la =me des m\les o il les enf]me4 ,le rel des pices mod]nes disloque le tal5t des comdi5s2 et quelques-uns g>d5t p]ptuit une s\plesse d'acrobate4 ,dans l'intrt de l'art mod]ne1 dans l'intrt mme des plaisirs du spectateur1 il e/ ncessaire de mettre un fre9 cette p\rsuite aveugle du rel1 et surt\t son influ5ce sur le ?tre4 ,or il y a un remde efficace la dgnresc5ce ?trale qui n\s m5ace2 et ce remde c'e/ le ret\r frqu5t au rp]toire classique4 ,n\s avons p>l plus haut de son influ5ce sur le gt public1 de son importance au po9t de vue du plaisir le plus pur qu'il n\s soit donn d'pr\v] au ?tre4 ,n\s n'y revi5drons pas2 mais il n\s re/e dire un mot de son influ5ce sur le tal5t des comdi5s et de son importance au po9t de vue du mti] dramatique4 ,si le lecteur a suivi avec quelque att5tion ce que n\s avons dit sur la manire dont l'acteur procde la composition d'un rle1 sur l'image initiale qui se dresse dans son esprit et sur t\te la srie d'images associes1 il se rappell]a que ces images s]ont d'autant plus m>ques de traits p>ticuli]s que le p]sonnage dont il revt la p]sonnalit e/ un type mo9s gnral4 ,en suivant le dveloppem5t hi/orique du ?tre1 qui se con=me aux rvolutions sociales1 on voit les types de ?tre se multipli] et se compliqu] mesure qu'on s'appro*e de l'poque actuelle1 et au contraire dim9u] et se simplifi] mesure qu'on remonte dans le pass4 ,plus les types sont gnraux1 et c'e/ le cas de la tragdie et de l'anci5ne comdie1 plus les images initiales sont gnrales4 ,p\r traduire sur la scne les p]sonnages classiques1 le comdi5 doit donc vit] de m>qu] son attitude1 son jeu1 sa diction de trop de dtails p>ticuli]s et c>actri/iques1 c> il n'a que =t r>em5t t5ir compte des rapports du physique ou du moral avec une fonction sociale1 une pr(ession dt]m9e1 une manire p>ticulire de vivre4 ,t\t le matriel1 t\t l'accid5tel et le circon/anciel de la vie relle n'entr5t que p\r =t peu de *ose dans la reprs5tation des p]sonnages classiques4 ,ce sont surt\t des passions hroques ou crim9elles et de gr&es in=tunes dans la tragdie1 des vices et des trav]s gnraux dans la comdie1 qui dem&5t tre traites syn?tiquem5t1 t&is que le ?tre mod]ne exige du comdi5 un esprit d'analyse t\j\rs en veil4 ,la tragdie de ,corneille et de ,rac9e et la comdie de ,molire comm&5t donc1 sans appuy] ici sur l'tude psy*ologique des rles1 une gr&e l>geur de diction1 une locution trs nette dgage des peu prs de la conv]sation c\rante1 une sci5ce du ge/e d'autant plus gr&e qu'il e/ plus r>e et qu'il a un rapport plus troit avec le texte potique1 une attitude qui n'a jamais le droit d'tre vulgaire ou qui1 dans l'emportem5t mme des passions1 ne doit jamais manqu] de dignit4 ,les acteurs qui abord5t ces rles sont obligs d'ex]c] sur eux une contra9te svre1 de matris] t\t m\vem5t qui p\rrait trahir leur p]sonnalit mod]ne1 de t5ir enf9 leur tre t\t enti] s\s la dp5dance de la passion dont ils pr5n5t le langage ou du c>actre gnral aux impulsions duquel se plie l'action dramatique4 ,l>geur1 simplicit1 sobrit1 mais prcision dans les effets1 telle e/ la loi de composition de t\s les rles classiques4 ,il n'y a pas de meilleure cole p\r les comdi5s2 et c'e/ l'influ5ce p]man5te de l'anci5 rp]toire qui fait la supriorit inconte/able de la ,comdie-,franaise sur t\s les autres ?tres4 ,t\r t\r1 entre les reprs5tations d'une pice mod]ne qui doit g>d] l'affi*e p5dant trois ou quatre mois1 *aque socitaire repr5d la tunique d',hippolyte ou les rubans v]ts d',alce/e1 re=me son corps1 son attitude1 sa dm>*e1 ses ge/es la svrit sculpturale de l'antique ou l'aisance ari/ocratique du gr& sicle1 et accorde de n\veau son oreille aux h>monies du v]s de ,rac9e ou aux l>ges m\vem5ts aism5t cad5cs de la prose de ,molire4 ,les comdi5s qui pass5t p> ces preuves se corrig5t a9si incessamm5t du manir1 du *]*1 des ge/es inconsci5ts et des dfauts de diction inhr5ts la conv]sation c\rante4 ,qu& ils abord5t les rles du ?tre mod]ne1 ils en l>giss5t les effets1 les hauss5t en quelque sorte d'un ton1 et ne sont pas sans influ5ce sur les auteurs qui criv5t p\r eux et qui p> suite lv5t leur idal et celui mme de la f\le qui les applaudit4 ,c'e/ p> le comm]ce qu'elle entreti5t avec les gr&s criva9s du ,x,v,i,ie sicle que la ,comdie-,franaise ma9ti5t dans sa tr\pe d'lite les belles traditions et les pr9cipes les plus levs de l'art dramatique1 qu'elle agit son t\r sur les productions de l'esprit1 et qu'elle ex]ce une influ5ce intellectuelle et morale1 non seulem5t sur la socit franaise1 mais encore sur l',europe entire et sur t\t le monde civilis4 ,c'e/ presque t\j\rs son cole1 au mo9s indirectem5t1 que se sont =ms les comdi5s qui vont sec\] le rire sur notre tri/e univ]s1 et pr\v] p> leur prs5ce sur t\s les po9ts du globe l'univ]salit de la langue franaise et le *>me encore triomphant de l'esprit franais4 ,concluons donc que dans notre socit dmocratique1 o le nombre tu]a l'idal1 s'il n'e/ conquis p> lui1 le ma9ti5 du rp]toire classique l',odon et la ,comdie-,franaise 7jo9t une r=mation urg5te de l'enseignem5t du ,cons]vatoire7 e/ en quelque sorte une mesure de rnovation sociale1 de relvem5t intellectuel et moral et de salut arti/ique4 ,mais ce n'e/ que p> de l>ges subv5tions qu'on peut leur impos] le ma9ti5 de ce rp]toire1 qui exige des sacrifices p]man5ts et d'incessants labeurs4 ,le j\r o le ,corps lgislatif1 dans un esprit d'ignorance ou d'aveuglem5t1 supprim]ait ou dim9u]ait seulem5t ces subv5tions1 il port]ait du mme vote un c\p fune/e l'art franais2 il assur]ait bref dlai l'envahissem5t de t\s les ?tres p> les adeptes les mo9s scrupuleux de l'cole1 rali/e et t>irait l'avance dans les yeux de nos enfants la s\rce des plus d\ces l>mes qui se puiss5t v]s] ici-bas4 ,ab&onnons cette p]spective heureusem5t lo9ta9e et repr5ons pi$ sur la scne4 ,rappelons que1 p>mi les acteurs qui1 en dehors de la ,comdie-,franaise1 =c5t l'admiration du public1 les meilleurs sont ceux qui1 au ,cons]vatoire ou l',odon1 ont eu le bonheur de trav]s] le rp]toire classique4 ,que ne peuv5t-ils all] de temps autre s'y retremp] librem5t1 y refaire leurs =ces1 s'y p]fectionn] dans l'art de bi5 dire2 et1 aprs avoir trop longtemps j\ un p]sonnage laid et vulgaire1 que ne peuv5t-ils1 comme ,m]cure1 s'en all] au ciel1 avec de l'ambroisie1 s'en db>b\ill] t\t fait6 ,,*apitre ,,xxxvi ,du rle de la musique au ?tre4--,la puissance musicale4--,le mlodrame4--,le vaudeville4--volution de l'art dramatique4--,la musique dev5ue un p]sonnage dramatique4 ,dans ce *apitre et le suivant je v\drais1 au po9t de vue de l'e/htique et de la mise en scne1 dire quelques mots du rle de la musique dans les reprs5tations ?trales4 ,la musique e/ en soi un art complet1 absolu1 comme la posie et comme la pe9ture1 et ce n'e/ pas naturellem5t de cet art1 considr dans son ensemble1 dont je puis avoir m'occup] ici1 non plus que des productions de cet art qui sont fondes sur le plaisir propre de l'oreille4 ,mais la musique ti5t dans son empire l'expression des s5tim5ts1 et en dehors du *>me qu'elle ex]ce sur l'oreille1 ou conjo9tem5t avec lui1 elle provoque dans t\t notre tre1 t\j\rs p> l'int]mdiaire de l'oreille1 un branlem5t qui se propage dans t\t le sy/me n]veux1 et qui dt]m9e en n\s des tats gnraux id5tiques ceux que n\s pr\vons dans la tri/esse1 dans la joie1 dans l'en?\siasme1 dans la langueur1 dans l'att5drissem5t1 etc4 ,associe en n\s-mmes avec t\s les s5tim5ts que notre me e/ capable d'pr\v]1 elle a le m]veilleux p\voir1 en n\s replaant dans les mmes conditions d'branlem5t n]veux1 de les rappel]1 de les faire r5atre en n\s1 de tr\bl] et de b\lev]s] t\t notre tre p> le m\vem5t qu'elle imprime aux ondes n]veuses qui le p>c\r5t4 ,bi5 des conditions contribu5t l'effet que produit sur n\s la musique3 la qualit des sons1 leur hauteur1 leur timbre1 les rapports mlodiques des sons successifs1 les rapports h>moniques des sons simultans1 le m\vem5t1 le ry?me1 etc4 ,mais ne considrons ici que la hauteur des sons2 le re/e s'y aj\te naturellem5t et multiplie ou affaiblit1 en t\t cas modifie pr(ondm5t l'effet produit p> la hauteur4 ,qu& n\s p>lons1 les syllabes successives que n\s prononons sont des hauteurs div]ses2 p\r y mont] ou p\r en desc5dre1 notre voix se trane rapidem5t de l'une l'autre1 et1 ne fran*issant pas d'un bond les int]valles qui les sp>5t1 ne se fixant d'ailleurs aucune des hauteurs qu'elle effleure1 ne n\s fait pr\v] que des s5sations sonores1 mais non musicales1 aucun des sons mis ne p\vant se rapport] exactem5t une gamme quelconque4 ,sans d\te c]ta9es voix n\s sembl5t et sont en effet plus musicales que d'autres2 sans d\te dans le langage d'un acteur1 et surt\t d'une actrice1 il passe in/antanm5t des syllabes qui ont une relle puissance musicale et n\s font tressaillir comme un c\p d'ar*et2 mais n\s devons voir ici le phnomne dans sa gnralit et n\s sommes fonds dire que1 dans le langage p>l1 les sons1 en dehors des ides qu'ils exprim5t1 ne n\s caus5t que des s5sations musicales trs lgres1 et p> consqu5t ne dt]m95t en n\s que des s5tim5ts trs fugitifs4 ,au contraire1 dans le *ant1 l'ef=t que fait le *anteur p\r t5ir le son une hauteur exactem5t musicale dt]m9e en n\s un branlem5t n]veux id5tique et correspondant et fait vibr] notre tre l'unisson de celui du *anteur4 ,a9si qu& la voix passe du langage p>l au *ant1 l'auditeur passe d'tats non p]si/ants et trs lgrem5t s5tis des tats p]si/ants et pr(ondm5t s5tis4 ,cela tant bi5 compris1 voyons quel tait jadis le rle de la musique dans les reprs5tations dramatiques4 ,deux g5res faisai5t alors un emploi con/ant de la musique1 c'tait le mlodrame et le vaudeville4 ,le mlodrame e/ un drame dont les situations pa?tiques sont annonces1 s\t5ues et r5=ces p> la musique4 ,c'e/ l'or*e/re seul qui fait ici l'(fice de multiplicateur4 ,qu& la situation e/ de nature faire pr\v] au spectateur un s5tim5t quelconque1 l'or*e/re s'en emp>e1 aj\te la s5sation pr\ve t\te la puissance musicale1 dt]m9e dans l'tre du spectateur un branlem5t n]veux1 jette l'me dans un tr\ble pr(ond et la ti5t s\s l'empire d'un s5tim5t assez int5se p\r qu'elle ne puisse se s\lag] que p> les l>mes du poids qui l'oppresse4 ,telle e/ l'e/htique du mlodrame4 ,la musique y vi5t donc en aide au pa?tique2 mais1 po9t important not]1 elle re/e compltem5t en dehors de l'action4 ,c'e/ un moy5 d'agir sur le sy/me n]veux du spectateur1 qui ne fait pas p>tie intgrante du drame2 et si1 p> impossible1 on p\vait concevoir un rapport entre un c\rant lectrique et les ondulations n]veuses corrlatives de nos s5tim5ts1 on p\rrait p>faitem5t dans les mlodrames remplac] l'or*e/re p> une pile lectrique4 ,dans le vaudeville1 l'union de la musique et de l'action e/ plus intime4 ,un vaudeville1 e/ une comdie mle de c\plets4 ,la musique y fait encore1 comme dans le mlodrame1 (fice de multiplicateur et d'amplificateur4 ,l'or*e/re s\ligne les situations qui t\rn5t au s5tim5t1 facilite aux acteurs le passage du langage p>l au *ant1 et en les accompagnant r5=ce leur puissance d'action sur l'me du spectateur4 ,quant aux p]sonnages1 lorsque la situation dt]m9e en eux l'app>ition d'un s5tim5t de tri/esse ou de joie1 le *ant qui succde *ez eux au langage p>l donne leur voix une qualit musicale corrlative de nos s5tim5ts1 et aj\te la valeur de l'ide1 exprime p> le c\plet1 l'expression int5se qu'un g5re aussi lg] ne comport]ait pas et que la musique aj\te sans transition1 sans ef=t1 p> l'effet seul de sa puissance propre4 ,dans le vaudeville1 la musique e/ donc un multiplicateur du s5tim5t qu'pr\v5t ou qu'exprim5t les p]sonnages4 ,mais1 qu'on le rem>que1 elle n'a aucun p\voir sur eux-mmes2 c'e/ un procd accessoire d'expression qu'emploie l'auteur1 aid du musici51 p\r donn] ses p]sonnages plus d'action sur l'me des spectateurs4 ,si la musique n'e/ plus ici1 comme dans le mlodrame1 en dehors du spectacle1 elle n'en re/e pas mo9s en dehors de l'action dramatique4 ,l'anci5 vaudeville tait presque t\j\rs une pice gaie1 aimable1 dans laquelle et l une po9te de s5tim5t1 ne de l'action1 tait habilem5t saisie p> l'auteur1 qui fixait ce s5tim5t dans un c\plet et au moy5 de la musique en multipliait l'effet4 ,puis le dialogue vif1 al]te repr5ait1 et le vaudeville cont9uait sans gr&e ambition littraire1 veillant a9si de temps autre la s5sibilit du public4 ,spectacle aimable1 sans fatigue1 plaisir ml d'un att5drissem5t dlicat et modr1 comme il si$ un public qui n'a pas beso9 d'tre violemm5t sec\4 ,la vie tait alors plus facile et plus unie2 le spectacle tait une rcration qu'on gtait innocemm5t1 un jeu dont on connaissait l'artifice et auquel on s'ab&onnait sans arrire-p5se1 p\r le plaisir du jeu lui-mme4 ,t\s les hommes qui sont au dcl9 de leur vie ont connu le vaudeville dans t\te sa gloire1 surt\t s'ils ont comm5c de bonne heure all] au ?tre1 et ont cons]v un s\v5ir ineffaable des d\ces motions qu'il leur a fait pr\v]4 ,et cep5dant sa gloire aussi a pass4 ,auj\rd'hui1 le vaudeville e/ mort jamais1 et ses quelques s\bresauts sont ceux d'une agonie qui se prolonge4 ,les hommes de ma gnration le regrett5t1 mais c'e/ en va9 qu'ils espr5t p\r lui un ret\r de =tune4 ,ce ne p\rrait tre que le rsultat d'une mode passagre4 ,le vaudeville a vcu2 et il ne ressuscit]a pas plus que le gnie dramatique de ,scribe4 ,mais d'o vi5t la disp>ition de ce g5re p>ticuli] de la littrature dramatique8 ,e/-elle due au has>d8 ,e/-elle le fait de la volont dt]m9e de quelques auteurs8 ,e/-ce p> caprice ou p> ennui que le public s'en e/ dt\rn8 ,je crois peu au has>d dans la de/9e des *oses et trs peu l'influ5ce des hommes sur l'volution de leurs ides et les modifications de leur gt4 ,n\s n\s dveloppons s\s l'empire de causes et de lois qui n\s *app5t1 et n\s savons auj\rd'hui1 p> exemple1 que nos langues1 quels que soi5t les ef=ts s\v5t contraires des savants1 naiss5t1 se dvelopp5t1 s'pan\iss5t et meur5t suivant des lois 9luctables4 ,c'e/ dans ce cas l'ignorant qui e/ l'in/rum5t inconsci5t de la nature1 et t\t ce que n\s p\vons savoir ou dev9]1 c'e/ que les races huma9es1 leurs ides1 leurs langues et leurs arts obiss5t comme t\s les tres1 comme les plantes elles-mmes1 dans leur l5te volution1 aux mmes causes premires et prs5t5t aussi leur poque de g]m9ation1 de croissance1 de floraison et de mort4 ,mais nulle "p ici-bas la mort n'e/ un anantissem5t dans le s5s exact du mot2 c'e/ une dissolution de p>ties1 une dsagrgation suivie d'une r$i/ribution des lm5ts suivant de n\velles comb9aisons1 en un mot1 une trans=mation de matire et un transport de =ces4 ,si donc le vaudeville a disp>u1 il faut y voir non une p]te absolue1 df9itive1 mais une trans=mation dans la matire pla/ique du drame et un transport a9si qu'une r$i/ribution n\velle de la =ce motionnelle4 ,et en effet1 le vaudeville a disp>u dans une volution de l'art dramatique mod]ne1 volution qui a consi/ en ce que la musique1 d'extrieure et d'trangre qu'elle tait1 e/ monte son t\r sur la scne et e/ dev5ue un p]sonnage du drame4 ,jadis la musique tait une puissance que le pote cons]vait dans la ma91 qu'il d*anait directem5t sur le spectateur1 r5=ant a9si les moy5s dramatiques1 et qu'il employait comme un rsonateur de/9 amplifi] et multipli] le pa?tique4 ,c'tait t\j\rs p> rapport au drame une puissance objective4 ,auj\rd'hui1 la musique e/ dev5ue une puissance subjective2 elle fait p>tie intgrante de l'action dramatique1 et le po9t o s'applique directem5t cette =ce motionnelle n'e/ plus dans l'me du spectateur1 mais dans l'me mme des p]sonnages du drame4 ,art plus pr(ond et plus lev1 puisque l'motion que provoque en n\s la musique n'e/ plus trangre l'action1 mais au contraire nat en n\s sympa?iquem5t du tr\ble qu'pr\ve l'tre mme du p]sonnage et de l'tat psy*ologique de son me4 ,il y a sans d\te cette rvolution de l'art une cause pr(onde1 qui semble tre la ncessit d'une imitation plus transc5dante de la vie et de l'tre huma91 au se9 duquel s'opre la fusion de t\tes les =ces physiques1 intellectuelles et morales4 ,l'art dramatique avait jusqu'alors s\/rait ses p]sonnages t\tes les =ces naturelles qui assig5t l'homme et les avait uniquem5t s\mis l'empire des ides4 ,la musique les s\met l'empire des s5sations4 ,la rvolution qui s'e/ opre ins5siblem5t et qui a fait pntr] la puissance motionnelle des sons dans le drame littraire semble de mme ordre que celle qui a fait pntr] la puissance imag9ative des ides dans le drame musical4 ,de telles rvolutions sont l5tes et ne se font pas p> de brusques *angem5ts vue4 ,dans la nature1 il en e/ de mme3 *aque g\tte d'eau qui tombe ne laisse pas de trace visible1 mais au b\t d'un c]ta9 temps on s'ap]oit que le roc le plus dur s'e/ creus s\s l'ef=t incessant des g\ttes d'eau4 ,dans l'art1 on ne peut suivre pas pas les progrs d'une volution1 mais on peut priodiquem5t mesur] le *em9 p>c\ru4 ,auj\rd'hui1 on en s]a frapp p\r peu que l'on porte son att5tion sur ce po9t1 il e/ inconte/able que la musique j\e un rle considrable dans nos pices de ?tre1 et qu'elle y app>at avec sa puissance propre4 ,tantt elle agit directem5t sur l'esprit d'un p]sonnage1 tantt elle prte sa voix son me mue et muette2 quelquefois1 acteur elle-mme dans le drame1 elle voque et dess9e nos yeux une image avec une puissance et une prcision vritablem5t magiques et que n'atte9drait pas un rcit littraire4 ,en un mot1 la musique e/ dev5ue une puissance dramatique2 et1 comme telle1 elle s'associe l'action1 y contribue p> l'motion qu'elle dveloppe dans le hros du drame1 et transporte2 en n\s l'motion laquelle il e/ en proie et que sa voix s]ait l5te ou impuissante exprim]4 ,mais t\j\rs elle fait p>tie intgrante du sujet2 elle en e/ en quelque sorte un p]sonnage impalpable et invisible4 ,c'e/ donc la faon dont les auteurs mod]nes compr5n5t la mise en scne de ce n\veau et potique p]sonnage qu'il n\s faut claircir autant que possible p> des exemples4 ,,*apitre ,,xxxvii ,de l'excution musicale4--,des rapports de la musique avec l'action dramatique4--,le ,monde o l'on s'ennuie4--,le ?tre de ,victor ,hugo4--,lucrce ,borgia4--,ruy ,blas4--,l',ami ,fritz4--,transport d'effet3 les ,rantzau4--,les ,rois en exil4 ,le premi] rsultat de cette rvolution e/htique a t de proscrire l'or*e/re des ?tres4 ,auj\rd'hui1 il a compltem5t disp>u de la ,comdie-,franaise1 de l',odon1 du ,vaudeville et du ,gymnase4 ,il n'a g>d sa place que dans les ?tres v\s encore au mlodrame et dans ceux o l'on cultive les g5res mixtes qui ti5n5t de l'oprette et de l'anci5 vaudeville4 ,la disp>ition de l'or*e/re entrane cette consqu5ce que1 lorsque la musique doit j\] un rle dans une pice1 ce sont les p]sonnages eux-mmes qui sont les excutants1 soit qu'ils *ant5t avec ou sans accompagnem5t1 soit qu'ils j\5t d'un ou de plusieurs in/rum5ts4 ,qu& je dis que les p]sonnages sont les excutants1 il faut aj\t] que s\v5t ils ne sont que les excutants app>5ts1 ce qui suffit naturellem5t si l'acteur1 qui e/ c5s *ant] ou j\]1 n'e/ pas sur la scne1 mais ce qui auj\rd'hui ne s]ait gure admis qu& l'acteur e/ en scne4 ,on le tolre encore qu& il s'agit d'un in/rum5t cordes1 lorsque1 p> exemple1 dans le ,m>iage de ,fig>o1 ,suzanne accompagne sur la guit>e la romance que *ante le page2 mais une actrice qui ne s]ait pas musici5ne ne saurait en gnral pr5dre un rle comportant l'excution d'un morceau de piano1 tel que celui de ,mlle de ,sa9t-,g5eix dans le ,m>quis de ,villem]4 ,dans ,b>b]9e1 le rle peut tre t5u p> une actrice n'ayant pas de voix1 puisque ,b>b]9e *ante hors de la scne et peut tre remplace p> une cantatrice4 ,il en e/ peu prs de mme du rle de ,franois ,i] dans le ,roi s'amuse4 ,le rle de la musique dans l'action dramatique e/ multiple1 mais t5d t\j\rs produire un effet d'accord ou de contra/e1 et mettre en vid5ce les s5tim5ts les plus secrets et les plus pr(onds de l'me huma9e4 ,n\s allons pass] en revue quelques exemples qui f]ont ressortir clairem5t l'emploi que les auteurs mod]nes ont fait de la musique1 soit dans le drame1 soit dans la comdie4 ,pr5ons les effets les plus simples1 d'abord1 ceux qui rsult5t uniquem5t du c>actre de la musique1 et de son rapport avec le s5tim5t d'un p]sonnage4 ,au premi] acte du ,monde o l'on s'ennuie1 lorsque le s\s-prfet et sa femme sont introduits et se tr\v5t seuls dans le salon de la du*esse de ,rville1 la jeune s\s-prfte s'appro*e du piano ouv]t et se met j\] un air d'oprette4 ,cet air e/ reprs5tatif1 p> son c>actre1 de l'humeur enj\e de la jeune femme et de la gaiet du n\veau mnage4 ,survi5t un dome/ique3 au mom5t d'tre surprise1 la s\s-prfte passe habilem5t de ce motif lg] un ?me de musique classique1 qui e/1 lui1 reprs5tatif du srieux affect que t\s deux croi5t devoir g>d] dans le monde o ils font leur entre4 ,voil donc immdiatem5t les deux p]sonnages connus du public p\r ce qu'ils sont et p\r ce qu'ils veul5t p>atre1 en mme temps qu'e/ p>faitem5t dt]m9 le c>actre du monde o va se n\] et se dn\] l'intrigue de la comdie4 ,la musique e/ donc ici *>ge de l'exposition dramatique et leve au rang de confid5t4 ,elle facilite s+ulirem5t l'auteur la mise en m>*e de l'action1 et vite aux p]sonnages l'ennui de faire et au public celui d'ent5dre l'expos de leurs s5tim5ts les plus intimes4 ,c'e/ d'ailleurs l un des rles les plus frqu5ts et des mo9s complexes de la musique4 ,dans la mme pice1 la jeune fille1 jal\se et n]veuse1 raye le piano d'un ge/e sec et fivreux2 et les s5tim5ts qui l'agit5t se dvoil5t in/antanm5t4 ,ici l'int]v5tion musicale passe au rle d'excitateur dramatique1 puisque c'e/ elle qui dvoile aux autres p]sonnages le tr\ble pr(ond de la jeune fille4 ,si n\s n\s transportons au c9quime acte d',h]nani1 au mom5t o da ,sol v\drait ent5dre s'lev] le *ant du rossignol au milieu de cette belle nuit nuptiale1 c'e/ le son inatt5du du cor qui rsonne au milieu de la solitude de la nuit et vi5t rappel] ,h]nani qu'il e/ l'heure de m\rir4 ,ici le cor a une signification exacte et dt]m9e3 c'e/ la voix mme de ,ruy ,gomez1 dont il voque l'image m5aante aux yeux des spectateurs4 ,c'e/ le cor qui d*ane la mort dans cette nuit promise l'am\r et qui prcipite le dn\em5t tragique4 ,mais on peut pe9e dire que dans ce d]ni] cas il s'agisse d'une int]v5tion musicale1 c> celle-ci e/ rduite un son4 ,les cas prcd5ts sont beauc\p plus nombreux au ?tre1 et se ramn5t t\s une jeune fille ou une jeune femme rvlant au public l'tat de son me p> le *oix de la musique qu'elle j\e ou de la romance qu'elle *ante4 ,les exemples que l'on p\rrait cit] sont innombrables4 ,dans t\s les cas1 la musique n'a pas d'influ5ce directe sur le spectateur2 elle puise sa puissance motionnelle dans l'me du p]sonnage qu'elle trav]se avant d'arriv] celle du spectateur4 ,victor ,hugo a eu ds longtemps l'intuition du rle n\veau qu'e/ appele j\] la musique au ?tre et l'a s\v5t introduite dans ses oeuvres dramatiques4 ,qui ne se s\vi5t de l'effet saisissant du ,de pr(undis qui glace d'effroi ,g5n>o et ses compagnons1 la f9 du fe/9 o ,lucrce ,borgia vi5t de leur faire v]s] du poison8 ,au premi] et au second acte de ,m>ie ,tudor1 la mme romance *ante p> ,fabiani1 qui s'accompagne sur une guit>e1 e/ employe comme une potique =mule d'am\r4 ,la musique e/ ici la c>actri/ique de la passion qui a jet ,fabiani aux pi$s de la re9e4 ,mais dans cet exemple la romance de ,fabiani1 quoiqu'elle rsulte physiologiquem5t de l'tat d'un coeur qui pr\ve le beso91 d'pan*] son bonheur1 ne j\e que le rle d'un ap>t musical et n'e/ en quelque sorte qu'une confid5ce faite directem5t au public4 ,dans ,lucrce ,borgia1 au contraire1 le ,de pr(undis ne n\s meut si pr(ondm5t que p>ce qu'il t]rifie les p]sonnages du drame4 ,voil le vritable emploi de la musique au ?tre4 ,n\s pr\vons sympa?iquem5t l'effroi de ,g5n>o1 mais c'e/ sur lui que tombe directem5t la s5sation musicale3 c'e/ dans son me que se j\e le drame affreux dont n\s att5dons1 haletants1 la priptie suprme2 et c'e/1 les yeux fixs sur lui et p>ticipant t\tes les poignantes motions qui le trav]s5t1 que n\s suivons d'une oreille att5tive les v]sets du *ant lugubre qui se rappro*e4 ,ruy ,blas1 au second acte1 n\s (fre encore un bel exemple d'int]v5tion musicale4 ,au mom5t o la re9e1 mue d'un am\r inconnu qu'elle s5t mont] jusqu' elle1 exhale en tri/es pla9tes l'ennui que lui caus5t sa solitude et son royal esclavage1 des lav&ires pass5t en *antant dans les bruyres et leurs voix qui meur5t en s'loignant jett5t dans son me des p>oles enflammes d'am\r4 ,considr en dehors de l'action dramatique1 le *ant des lav&ires n'aurait p\r le public que le *>me d'une posie ple9e de dlicatesse et de fra*eur et ne lui apport]ait qu'un plaisir purem5t potique et musical1 mais il devi5t d'une ineffable tri/esse en passant p> l'me de la re9e4 ,c'e/ sa propre motion1 croissant p5dant t\t le temps que dure la *anson des lav&ires1 qui se communique n\s sympa?iquem5t4 ,ce n'e/ pas la musique qui fait c\l] nos l>mes1 ce sont celles qui tomb5t g\tte g\tte des yeux et du coeur de la re9e4 ,n\s p\vons dj rem>qu] que la meilleure manire de mettre en scne la musique1 c'e/ d'en masqu] l'excution et de s\/raire les excutants aux yeux du public4 ,il ne faut pas1 en effet1 que l'excution musicale puisse n\s di/raire de l'motion que la puissance des sons musicaux n'e/ que mdiatem5t de/9e faire natre en n\s4 ,et cela se conoit1 puisque l'intrt n'e/ pas1 en ce cas1 dans le p]sonnage qui *ante1 mais dans le p]sonnage dont les s5tim5ts s'pan\iss5t au contact de la s5sation musicale4 ,l',ami ,fritz n\s (frira encore un exemple rem>quable de l'emploi de la musique au ?tre1 emploi trois fois r5\vel et *aque fois d'une manire diffr5te4 ,au comm5cem5t du deuxime acte1 au mom5t du d"p des moissonneurs p\r les *amps1 se place la *anson de ,szel1 dont le *oeur repr5d le d]ni] v]s3 ,ils ne se v]ront plus6 ,le *ant de ,szel se tr\ve am5 naturellem5t dans la pice1 et cep5dant1 en dehors de l'effet t\*ant qu'il prp>e p\r la f9 de l'acte1 il n'(fre gure que l'intrt de l'excution musicale1 puisque ,szel e/ en scne2 et la ,comdie-,franaise cet intrt e/1 il e/ vrai1 trs vif p>ce que l'actrice qui remplit ce rle a une rem>quable diction1 aussi l>ge et aussi pure qu& elle *ante1 mme sans accompagnem5t1 que lorsqu'elle p>le4 ,nanmo9s1 cette premire scne de l'acte prp>e surt\t la d]nire4 ,en effet1 qu& ,szel ap]oit de lo9 la voiture qui emporte ,fritz1 ,fritz qui fuit p]du1 croyant gurir a9si son +urissable blessure1 elle tombe anantie sur un banc1 et au mme mom5t le *oeur des moissonneurs1 qui regagn5t l5tem5t la f]me1 fait ent5dre de n\veau le d]ni] v]s de la *anson de ,szel1 qui e/ ici d'une indicible mlancolie3 ,ils ne se v]ront plus6 ,ce *oeur ent5du dans le lo9ta9 semble le gmissem5t de la nature entire1 qui pleure le coeur bris de la pauvre fille et son bonheur dtruit4 ,que p\rrait dire ,szel et quelles p>oles vaudrai5t l'loqu5ce de cette phrase musicale1 qui arrive au public grossie de t\s les sanglots qui gonfl5t le coeur de l'ab&onne8 ,c'e/ l une belle f9 dramatique1 o1 il e/ vrai1 le s5tim5t l'emporte sur l'ide1 mais qui e/ con=me l'e/htique du drame mod]ne4 ,le premi] acte de l',ami ,fritz prs5te un emploi de la musique plus rem>quable encore1 p>ce qu'il e/ plus r>e3 il s'agit de l'motion produite uniquem5t p> un morceau de musique in/rum5tale4 ,aprs une m9utieuse exposition1 dont t\s les dtails font ressortir l'picurisme de ,fritz et son gsme de vieux g>on1 on s'e/ mis table1 et ce repas de g\rm&1 digne c\ronnem5t de t\te cette exposition1 un in/ant int]rompu p> l'arrive de ,szel1 se cont9ue1 les v9s les plus fumeux succdant aux plats les plus succul5ts1 lorsque s\da9 rsonne un c\p d'ar*et3 c'e/ le violon du bohmi5 ,joseph1 qui t\s les ans1 le j\r de la fte de ,fritz1 vi5t avec quelques-uns de ses compagnons excut] un morceau s\s les f5tres de son ami4 ,les trois convives s'arrt5t1 lv5t la tte et prt5t l'oreille la voix vibrante des in/rum5ts cordes4 ,a ce mom5t1 les dix-huit c5ts spectateurs qui empliss5t la salle s5t5t l'me de ,fritz s'ouvrir aux acc5ts pa?tiques des in/rum5ts voix huma9e1 et t\t ce qu'il a fait de bi51 de bon1 de ju/e dans sa vie remont] son coeur1 et le rp>] de sa beaut morale au milieu de cette scne de vulgaire s5sualit4 ,en mme temps1 l'me de ,fritz1 s\/raite s\da9 aux li5s matriels de son exi/5ce1 s'lve et s'unit1 dans une commune motion1 avec celle de ,szel que la belle musique fait t\j\rs pleur]4 ,l'att5drissem5t qu'pr\ve le public ne lui vi5t pas directem5t des in/rum5ts1 mais de la pr(onde motion dont ceux-ci tr\bl5t l'me de ,fritz et celle de ,szel4 ,c'e/ l un trs bel exemple du rle pa?tique que peuv5t remplir des in/rum5ts cordes dans le drame ou dans la comdie4 ,une autre pice des mmes auteurs1 les ,rantzau1 prs5te un curieux exemple de la musique employe comme ressort dramatique2 mais cette fois l'exemple e/ biz>re1 plus peut-tre qu'il n'e/ heureux4 ,la musique1 en effet1 y j\e un rle +rat et n'a d'autre mrite1 aux yeux de ,jean ,rantzau *ez qui se donne un petit conc]t improvis1 que celui d'tre un bruit dsagrable et agaant p\r ,jacques ,rantzau4 ,jean insi/e sur le b qu'il se propose et qu'il atte9t1 c> s\da9 la colre de ,jacques se traduit p> le vac>me de sa batteuse qu'il fait mettre en m\vem5t4 ,les auteurs se sont tromps sur la mise en oeuvre du ressort musical4 ,sans me proccup] de l'action du drame1 je dirai que c'e/ le tableau contraire qu'ils aurai5t d prs5t]4 ,l'intrt dramatique de la scne aurait d tre dans la colre de ,jacques ,rantzau1 et c'e/ le conc]t que lui donne son frre ,jean qui aurait d tre plac hors de la scne4 ,il y a eu transposition d'effets4 ,c'e/ l'agacem5t progressif de ,jacques que le public aurait d p>ticip]1 et non pas au conc]t qui n'a p> lui-mme aucun *>me musical et qui n'e/ qu'un ressort ayant prcism5t le dfaut d'tre trop app>5t4 ,ce qui doit t\j\rs tre mis au premi] rang1 s\s les reg>ds des spectateurs1 c'e/ le p]sonnage sur qui doit s'ex]c] l'action musicale4 ,je ne puis rsi/] au dsir de cit] un bel et d]ni] exemple1 tir d'une pice t\te mod]ne et ess5tiellem5t p>isi5ne1 les ,rois en exil1 que des susceptibilits politiques ont arrte trop tt p\r le plaisir de ceux qui s5t5t l'intrt arti/ique qu'(fr5t t\s les ouvrages de ,m4 ,daudet4 ,c'e/ j\r de gr&e soire *ez la re9e d',illyrie2 s\s l'app>5ce d'un bal1 il s'agit d'une runion politique o vont se pr5dre des rsolutions viriles4 ,on att5d le roi1 celui en qui se rsume les esprances de t\t un p>ti4 ,s\da9 sur l'escali] d'honneur1 suppos en dehors de la scne1 clate la m>*e nationale illyri5ne4 ,au son de cette musique gu]rire1 t\s les c\rages s'aff]miss5t2 les coeurs se hauss5t et vol5t au-devant de ce roi qui s'apprte tir] l'pe p\r ressaisir sa c\ronne4 ,c'e/ l'entre triomphale d'un hros1 d'un conqurant1 du reprs5tant et du sauveur de la mon>*ie4 ,t\t ce que les acc5ts de cet hymne national remu5t *ez la re9e et *ez ses fidles de beau1 de patriotique1 de *eval]esque voque dans l'imag9ation des spectateurs une figure noble et sans ta*e1 une sorte d'ar*ange royal prt c\p] les sept ttes de la ,rvolution de son pe flamboyante4 ,c'e/ aprs quelques in/ants remplis d'une ard5te esprance1 s\s t\s les reg>ds du public et s\s ceux de la re9e dj anxieuse1 que p>at enf9 le roi4 ,l'effet e/ f\droyant1 implacable4 ,*ri/ian1 le reg>d t]ne1 la dm>*e lgrem5t av9e1 entre1 inconsci5t de l'cr\lem5t df9itif de sa =tune royale1 hbt au milieu d'un dsa/re que ri5 ne peut plus conjur]4 ,l'effet de contra/e e/ irrsi/ible1 entre ce viveur fatigu1 ce protecteur de filles1 protg lui-mme p> des usuri]s1 et la figure de roi que la m>*e nationale illyri5ne avait annonce et p>e d'avance d'une hroque maje/4 ,aprs ce d]ni] exemple1 il ne n\s re/e plus qu' aj\t] quelques mots de conclusion sur ce sujet4 ,il ne s]ait pas impossible que l'introduction de la puissance musicale dans le drame mod]ne et p\r cause initiale une influ5ce g]manique4 ,mais1 en jug] d'aprs l',egmont de ,goe!1 le gnie allem& accorde la musique une puissance idale et imag9ative qu'elle ne peut avoir que dans l'opra o le pote y aj\te un s5s littraire4 ,le gnie franais1 fait ess5tiellem5t de cl>t1 n'a pas suivi le gnie allem& qui lui avait peut-tre suggr cette t5tative1 et p\r lui la puissance dramatique de la musique ne rside que dans la proprit qu'elle possde d'veill]1 de propag] et d'exalt] les s5tim5ts4 ,,*apitre ,,xxxviii ,dcad5ce de l'art dramatique4--,des conv5tions dans l'art classique4--,gr&eur de l'art idal4--,de l'volution dmocratique4--,c>actre de la s5sibilit du public4--,son jugem5t arti/ique4--,de l'cole rali/e4--,de l'esprit mod]ne4--,de l'individuel et de l'exceptionnel4--,causes d'avortem5t4 ,j'ai p>c\ru les diffr5tes phases du sujet que je m'tais propos4 ,sans d\te j'ai laiss beauc\p dire et je suis lo9 d'avoir puis une matire qui e/ de sa nature 9puisable4 ,cep5dant j'aurai peut-tre atte9t le b si j'ai pu faire compr5dre le s5s assez m>qu de l'volution de l'art dramatique et de l'art ?tral4 ,t\s les arts mod]nes1 a9si que t\tes les sci5ces1 ne cess5t de crotre en complexit et en htrognx4 ,la mise en scne ne peut que suivre ce m\vem5t1 malgr les va9es rclamations d'une rhtorique1 suranne1 dit-on1 avec laquelle je ne me s5s moi-mme que trop de li5s4 ,p> une habitude d'esprit1 ne de l'ducation et de l'in/ruction1 n\s accordons la tradition un empire et un pre/ige que ne lui reconnaiss5t pas ceux qui ne l'ont pas reue t\te =me des leons d'un matre1 ou ne l'ont pas puise dans l'tude des *efs-d'oeuvre des sicles passs4 ,il n'y a pas d'ent5te arti/ique possible entre un homme qui pr\ve des motions pr(ondes la lecture d',homre ou de ,sophocle et un homme qui n'a jamais connu leurs oeuvres que p> ou-dire1 ce qui cep5dant e/ dj un progrs sur l'ignorance absolue4 ,n\s assi/ons donc la dcad5ce c]ta9e de l'art1 dans la =me du mo9s que n\s avons t habitus lui reconnatre et s\s laquelle n\s l'avons aim1 respect et cultiv4 ,cet art tait le privilge d'une lite peu nombreuse qui1 ddaigneuse des spectacles vulgaires et ne re*]*ant que les s5sations exquises1 n'en respirait que la fleur et laissait tomb] le re/e en p\ssire4 ,t\t drame ou t\te comdie tait un conflit psy*ologique et moral et mettait en prs5ce des tres qui1 s\s des app>5ces relles1 n'tai5t qu'idalem5t vrais4 ,s\s les traits individuels que leur prtai5t les acteurs1 les p]sonnages de ?tre tai5t des types gnraux que la nature ne n\s (fre jamais et que l'esprit peut seul concevoir et se reprs5t]4 ,aussi le po9t de d"p ess5tiel de cet art transc5dant tait la conv5tion4 ,ce qui1 dans t\t drame et dans t\te comdie1 tait idalem5t vrai1 c'tai5t les v]tus1 les vices1 les c>actres ou les passions4 ,c'tait l que portait t\t l'ef=t de la cration arti/ique1 de l'obs]vation philosophique et de l'imag9ation potique2 et ces tres1 en quelque sorte ab/raits1 pr5ai5t alors une int5sit de vie morale d'une puissance extraord9aire et vritablem5t surhuma9e4 ,comp>s aux p]sonnages de ?tre1 les tres rels n'en p>aissai5t que des extraits incomplets et ina*evs1 pe9e bau*s4 ,jamais1 en effet1 l'humanit n'aurait pu les ralis] en enti]4 ,seule la posie p\vait crer de t\tes pices ces tres dont la nature avait p>pill t\s les traits sur des milli]s d'exemplaires huma9s4 ,mais quelle tait alors la gr&eur tragique ou la pr(ondeur comique du spectacle qu'(frai5t aux esprits1 longuem5t prp>s le compr5dre et le gt]1 la r5contre et le conflit de ces p]sonnages plus vrais que la ralit elle-mme6 ,l'intrt de ce jeu potique tait si puissant1 que le re/e tait de peu d'importance3 ce n'tait qu'une affaire de conv5tion df9itivem5t et pralablem5t rgle entre le pote et le spectateur4 ,qu'importe d'o vi5n5t et o vont ,scap91 ,lisette1 ,gronte1 ra/e et ,isabelle1 runis p> le caprice du pote dans un mme en*evtrem5t d'vnem5ts1 p\rvu que n\s riions des f\rb]ies de l'un1 de la malice de l'autre1 de la sottise de celui-ci1 et que n\s assi/ions au triomphe f9al des amants6 ,qu'importe qu'ils se r5contr5t ici ou l1 dans un dcor reprs5tant un app>tem5t ou une place publique6 ,c'e/ p> pure bont d'me que le pote daigne p>fois n\s appr5dre que la scne se passe ,naples ou ,p>is3 n\s n'avons que faire de le savoir1 puisque ce sont les mmes p]sonnages1 qu'il transporte son gr aux quatre co9s du monde4 ,qui songe repro*] ces p]sonnages de s'asseoir et de disc\rir au beau milieu d'une place publique8 ,qu'importe1 p\rvu que ces p]sonnages n\s bl\iss5t des t9celles de leur esprit1 que la vrit psy*ologique et que l'obs]vation morale naiss5t du *oc de leurs c>actres et du conflit o les engag5t leurs passions6 ,ce spectacle a le p\voir magique d'(frir nos mditations l'tre huma91 dgag de t\tes les ralits qui l'encombr5t et le masqu5t4 ,mais1 p\r s'y plaire1 il faut que l'esprit soit ds longtemps =m l'ab/raction et la syn?se1 et qu'il accorde au fait moral une supriorit con/ante sur le fait matriel4 ,en un mot1 il lui faut la foi1 une foi en quelque sorte inne1 p\r croire la vrit dgage du rel1 p\r tre conva9cu que la pe9ture de l'idal e/ l'unique raison d'tre de l'art4 ,les f\les qui mont5t des tnbres la lumire et qui des bas-fonds de l'humanit s'lv5t t\tes les j\issances d'une vie sociale suprieure ne sont pas prdisposes p> l'ducation1 p> l'in/ruction1 p> l'influ5ce hrditaire que les gnrations ex]c5t les unes sur les autres1 j\ir d'un art qui s'e/ dgag de la ralit1 c'e/--dire de ce qui leur semble tre t\te la vrit4 ,elles ne sav5t pas voir p> les yeux seuls de l'esprit et sont dom9es p> les s5sations directem5t p]ues p> les organes de l'oue1 de la vue et du t\*]4 ,t\j\rs en contact avec la ralit1 elles n'apprci5t les objets qu'un un1 les e/im5t p\r leur qualit visible ou tangible1 et1 ne s'levant pas aux classifications gnrales1 ne s'intress5t aux tres et aux objets que p> leurs traits individuels et p>ticuli]s4 ,comme cep5dant elles ont une s5sibilit trs vive1 d'autant plus vive qu'elle n'a pas t m\sse ou aff9e p> de frqu5tes motions e/htiques1 elles pr5n5t s\v5t plaisir aux spectacles tragiques ou comiques de l'art classique1 mais dans des conditions intellectuelles et morales t\tes p>ticulires4 ,elles ne sp>5t pas l'action tragique ou comique de la possibilit relle1 ramn5t les hros de la tragdie et les p]sonnages de la comdie dans le c]cle troit de leur vue immdiate1 et leur esprit en *ange s+ulirem5t les proportions1 en appliquant ces crations idales une sorte de compas de rduction4 ,elles s'intress5t non au dveloppem5t potique et moral des p]sonnages1 mais l'acte qu'ils accompliss5t2 non la vrit gnrale qu'ils reprs5t5t1 mais aux traits p>ticuli]s s\s lesquels la vrit se manife/e et au fait qui en e/ l'occasion4 ,leur motion au ?tre n'e/ jamais ou n'e/ que trs r>em5t e/htique3 c'e/ p\rquoi elles ne pleur5t pas exactem5t aux mmes endroits ni p\r les mmes causes1 et quelquefois1 dans la comdie1 ri5t fran*em5t d'un trait qui n\s s]re le coeur4 ,en un mot1 elles sont frappes de l'action tragique et en sont impressionnes comme elles le s]ai5t d'un drame de c\r d'assises4 ,une telle manire de compr5dre et de jug] les oeuvres dramatiques et d'en apprci] la moralit n'e/ sans d\te pas trs leve2 cep5dant elle n'e/ ni fausse ni inju/e3 on peut mme affirm] qu'elle e/ exacte et rig\reuse4 ,mais la vrit1 a9si vue s\s un angle troit1 n'e/ plus la vrit idale3 c'e/ en quelque sorte une vrit tangible et mesurable1 ne de l'obs]vation directe des faits1 de l'exam5 des objets et de la confrontation des tres p>ticuli]s qu'a runis un mme acte crim9el ou une mme situation comique4 ,ce n\veau public1 vi]ge d'motions e/htiques1 auquel s'adress5t auj\rd'hui les potes dramatiques1 n'e/ pas =m jug] une passion ou un c>actre en soi1 indp5damm5t du circon/anciel des faits2 mais il rapporte cette passion et ce c>actre son expri5ce p]sonnelle et actuelle1 et p\r apprci] ce que l'une a d'horrible et l'autre de ridicule n'a d'autre talon que la ralit4 ,ce n'e/ donc qu'en multipliant les traits p>ticuli]s1 d'obs]vation c\rante et j\rnalire1 qu'on lui procure la s5sation de la vrit et de la vie4 ,il e/ bi5 heureux que ,don ,juan1 ,t>tufe et le ,misan?rope soi5t crits1 c> un n\veau ,molire ne saurait concevoir auj\rd'hui s\s la mme =me ces comdies idalem5t huma9es et vraies1 mais dont les p]sonnages sont des types gnraux t\t fait en dehors de notre expri5ce p]sonnelle et de nos obs]vations quotidi5nes4 ,le public actuel s'intresse donc mo9s l'homme en gnral qu'aux hommes en p>ticuli]1 et ne conoit pas plus ceux-ci s\/raits t\tes les conditions de climat1 de race1 de tempram5t et de milieu social1 qu'il ne les conoit dgags des influ5ces extrieures1 des circon/ances et des faits4 ,c'e/ satisfaire ce n\veau beso9 intellectuel que s'+nie l'cole rali/e ou naturali/e4 ,n\s sommes encore au =t de la bataille que cette cole livre aux classiques et aux romantiques et dont les injures sont des deux cts les projectiles ord9aires4 ,n\s n'y aj\t]ons pas les ntres1 bi5 que l'cole rali/e ait s\v5t mrit les svrits de la critique en flattant les in/9cts les mo9s nobles de l'humanit et en pr5ant le succs d'une oeuvre d'art p\r la mesure de sa moralit4 ,mais les adeptes d'une cole quelconque sont des hommes1 c'e/--dire des tres ess5tiellem5t faillibles1 dont la vue e/ c\rte et le jugem5t born4 ,bi5 que la plup>t ai5t fait un emploi dplorable et p>fois peu recomm&able de leur facult d'obs]vation1 il e/ intressant de dgag] et de mettre en lumire l'ide qui les meut et laquelle ils ont obi inconsciemm5t1 et de dt]m9] la =ce gnratrice dont ils ne sont que des r\ages de transmission4 ,or1 on peut aism5t reconnatre que l'cole rali/e1 ses excs mis "p1 obx1 mais aveuglm5t et sans consci5ce du b f9al de l'art1 l'esprit qui g\v]ne le monde mod]ne4 ,la sci5ce s'e/ d'abord lance la conqute de l'inf9im5t gr&2 auj\rd'hui1 elle pntre dans l'inf9im5t petit4 ,aprs la syn?se audacieuse e/ v5ue l'analyse pati5te2 et n\s sommes l're des sci5ces et des arts microscopiques1 qui p\rsuiv5t la vie jusque dans ses retraites les plus secrtes et les plus ignores4 ,l'auteur dramatique ne fait donc qu'obir la t5dance gnrale qu& il f\ille les plis les plus ca*s de l'me huma9e et s\met son tude les f]m5ts de sa dsorganisation morale4 ,en mme temps1 les c\*es huma9es les plus pr(ondes1 entranes p> le gr& m\vem5t des rvolutions s'lv5t comme une cume la surface des socits et vi5n5t d'elles-mmes se plac] dans le *amp de ses obs]vations4 ,son oeil pati5t dcompose ces masses et s'atta*e aux c>actres p>ticuli]s qui diffr5ci5t ces millions d'individualits4 ,*acune d'elles e/ un n\veau monde1 complexe et complet en soi1 qui obx ses lois propres et relatives1 drives des lois gnrales et absolues4 ,p> suite1 le problme dramatique semble tre auj\rd'hui de mettre en relief1 non les c>actres communs et collectifs que ces individualits (fr5t un obs]vateur att5tif1 mais les c>actres p>ticuli]s qui de *acune font un tre di/9ct4 ,l'art rali/e vise donc l'individuel et p>tant l'exceptionnel1 d'o l'extrme difficult d'en obt5ir une reprs5tation1 t\te reprs5tation tant t\j\rs le rsultat d'un travail idal et d'une gnralisation4 ,c'e/ p\rquoi la n\velle cole v\drait ram5] l'art la prs5tation du rel1 sans se r5dre compte de ce que cette ambition a prcism5t de *imrique4 ,t\te oeuvre d'art ne peut tre qu'une reprs5tation du rel et p>tant e/ une cration idale3 il suffit p\r arriv] cette conclusion de ne pas raisonn] p> peu prs et de pr5dre les mots avec leur s5s exact4 ,une oeuvre dramatique1 conue selon les vises rali/es1 e/ uniquem5t une oeuvre dont l'idal e/ mo9s gnral et mo9s lev1 et que son infriorit seule rappro*e des donnes de la ralit c\rante et j\rnalire4 ,ce b1 quoique plus humble1 e/ cep5dant celui qui seul ju/ifie les prt5tions de l'cole rali/e4 tant donnes des passions huma9es1 qui sont de t\s les temps1 il s'agit de leur *]*] des motifs dans notre monde actuel et de les dvelopp] selon des raisons dduites des lois complexes des socits mod]nes4 ,ram5e a9si dans ces limites plus troites1 l'cole rali/e peut se df5dre et se ju/ifi]4 ,dans ses f\illes au fond de l'homme mod]ne1 et dans son tude directe de t\tes les *oses de la nature1 le ralisme tr\v]a la vie1 une vie int5se mle un m\vem5t v]tig9eux4 ,les limites sup]ficielles de l'art se tr\v]ont a9si recules2 et l'exploration mettra le pi$ sur quelques-unes des t]res encore peu f\les de l'humanit et de la vie4 ,le nombre des p]sonnages de ?tre s'accrotra considrablem5t1 et *acun d'eux ne n\s app>atra plus qu'avec son idal p>ticuli]1 c'e/--dire un idal ram5 la mesure de son intellig5ce1 de son dveloppem5t moral et de sa fonction sociale4 ,d'o la div]sit extraord9aire du spectacle1 ce qui e/ une sduction p\r l'esprit mo9s gnralisateur du public actuel4 ,aussi l'av5ir immdiat semble app>t5ir l'art n\veau4 ,il tait d'ailleurs fatal que l'app>ition de l'cole rali/e ou naturali/e ft syn*ronique l'pan\issem5t de l'esprit dmocratique dans les socits mod]nes4 ,mais t\te la p\sse furieuse de cette cole n'ab\tira qu' un avortem5t1 si elle s'enfonce de plus en plus dans l'analyse de matires au se9 desquelles la vie n'a jamais t et ne s]a jamais4 ,ce sont les manife/ations seules de la vie qui doiv5t faire l'objet de ce que l'cole appelle ambitieusem5t ses expri5ces4 ,la nature ne doit y entr] que p> ses rapports avec la vie1 et p> le rle passif qu'elle j\e dans le dveloppem5t de l'activit huma9e4 ,l'tude de la nature in]te1 de la matire en soi1 e/ donc une premire cause d'avortem5t que devra vit] l'cole rali/e4 ,une autre cause e/ le manque de contrle1 p>tant le manque d'intrt et de sympa?ie qu'(fre t\te manife/ation individuelle et exceptionnelle de la vie4 ,c'e/ p\rquoi1 mesure que l'analyse desc5dra dans l'inf9im5t petit1 l'intrt du spectateur dcrotra dans la mme proportion4 ,une troisime cause1 p>mi beauc\p d'autres que n\s p\rrions encore cit]1 e/ le dda9 irrfl*i de l'cole p\r la psy*ologie et p\r la morale4 ,il e/ p>ticulirem5t un po9t important sur lequel elle se trompe trangem5t4 ,l'intrt qu'elle p>at port] aux classes populaires "p d'un bon naturel1 je veux le croire1 mais l'entrane n\s reprs5t] trop s\v5t comme contradictoires l'lvation morale et l'lvation sociale1 t&is que ce sont1 en df9itive1 les exceptions mises "p1 les deux colonnes gales et p>allles qui support5t t\t l'difice de la socit et de la civilisation4 ,a ce dda9 de la psy*ologie se jo9t un am\r immodr p\r la physiologie4 ,t\t le monde sait que le physique ragit sur le moral2 c'e/ un sujet que ,cabanis1 au po9t de vue descriptif1 me semble avoir puis du premi] c\p4 ,malheureusem5t1 le naturalisme t5d remplac] l'tude psy*ologique p> la description du phnomne physiologique qui en e/ l'antcd5t4 ,or ce qu'on peut repro*] ce procd c'e/-d'tre absolum5t puril4 ,t\s ceux qui ont un in/ant rfl*i sur les conditions de la production arti/ique sav5t que la description physiologique e/ ce qu'il y a au monde de plus facile et de plus banal4 ,la difficult et l'intrt ne comm5c5t que lorsque l'arti/e entrepr5d l'tude du moral4 ,dans l'tat de la "q1 il e/ ncessaire que l'cole aborde le ?tre3 elle y tr\v]a peut-tre le salut1 c> c'e/ le ?tre seul qui la =c]a d'ab&onn] ses va9es prt5tions physiologiques et qui l'amn]a relev] son idal1 en lui imposant des gnralisations ncessaires4 ,en effet1 l'cole rali/e tr\v]a dans l'obs]vation des ralits vivantes plus d'lm5ts de drames et de comdies1 que de drames t\t composs et de comdies t\tes faites4 ,p\r con/ruire un drame ou une comdie1 il faut rassembl] ces lm5ts p>s1 les faire conc\rir une mme action1 et p> une logique svre1 qui ne rside que r>em5t dans l'esprit des tres rels1 m5] cette action d'un comm5cem5t une f94 ,cette ncessit ?trale s]a p\r l'cole rali/e un ret\r =c l'idal4 ,si celle-ci e/ assez s5se p\r jo9dre l'obs]vation rali/e la m?ode classique1 t\te psy*ologique1 elle assur]a le salut de l'art mod]ne1 en lui infusant une vie n\velle2 mais1 si elle rejette t\t compromis1 p> mpris irraisonn de l'idal1 elle us]a ses =ces des besognes m9uscules1 et l'art dsagrg se disp]s]a en p\ssire4 ,jusqu' prs5t1 l'cole hsite abord] le ?tre p> le press5tim5t qu'elle a d'*\] ou d'tre oblige d'ab&onn] ce que ses ?ories ont d'absolu4 ,t\tefois je crois des t5tatives pro*a9es1 c> laiss] le ?tre en dehors de sa sphre d'action s]ait p\r l'cole un aveu d'impuissance4 ,aprs avoir bataill sur les ouvrages avancs1 il lui faut donn] l'assaut au corps de place4 ,si l'expri5ce *\e1 elle s]a c\rte1 mais laiss]a p5dant assez longtemps l'art dans une trs gr&e confusion2 si elle russit1 elle r5\vell]a le ?tre1 en agr&issant en quelque sorte la sup]ficie dramatique2 et l'art1 bi5 qu'abaiss en dignit1 puisque son idal s]a mo9s lev1 entr]a cep5dant dans une priode de fcondit extraord9aire1 c> t\s les sujets traits depuis deux mille ans1 et quelques-uns satit1 repr5dront une vie n\velle p> suite de cette transfusion de sang mod]ne4 ,,*apitre ,,xxxix ,rle actuel de la mise en scne4--,la loi de conc5tration4--,du naturalisme mod]ne4--,de la puissance psy*ologique de la nature4--,la ralit e/ une cause =melle et non f9ale d'une volution dramatique4--,l',ami ,fritz4--,rapports de la mise en scne avec la conception potique4--,il ne faut jur] de ri54--,de l'imitation ?trale4 ,quel rle p>ticuli] e/ appele j\] la mise en scne dans cette volution de l'art dramatique8 ,c'e/ un po9t qu'il me re/e exam9]4 ,jusqu' prs5t1 il p>at y avoir beauc\p de confusion dans les ides de ceux qui se rclam5t de l'cole rali/e4 ,les ?tres sembl5t obir une t5dance dang]euse qui ne peut ab\tir qu' leur ru9e sans pr(it p\r l'art4 ,cette t5dance consi/e trans=m] la reprs5tation du rel en une sorte de prs5tation directe1 de telle sorte qu'ils *]*5t s'affran*ir du procd arti/ique de l'imitation et mett5t leur ambition n\s intress] la vue des objets eux-mmes4 ,a9si compris1 l'art de la mise en scne aurait sa f9 en lui-mme1 ce qui s]ait1 p\r qui rfl*it1 son anantissem5t1 c> il devi5drait1 ici1 l'art du pe9tre1 l1 l'art de l'ar*itecte1 l1 l'art du sculpteur1 l1 l'art du tapissi]1 etc41 mais il ne s]ait plus un art syn?tique obissant ses lois propres4 ,d'ailleurs1 dans cette direction1 les ef=ts s]ai5t hors de t\te proportion avec le peu d'intrt qu'(frirait l'atte9te du b4 ,la mise en scne1 en effet1 subit fatalem5t la loi de conc5tration1 en v]tu de laquelle l'att5tion du spectateur e/ ram5e et se fixe sur le p]sonnage huma94 ,ds que l'action dramatique veille en n\s la sympa?ie que n\s ress5tons p\r t\te d\leur ou t\te joie1 le dcor *appe rapidem5t notre att5tion1 et la mise en scne disp>at nos yeux4 ,elle n'e/ plus ds lors qu'un dang]2 c> la mo9dre discordance1 comme un c\p de baguette magique1 anantirait en un cl9 d'oeil t\t le *>me dramatique4 ,aussi arrive-t-il1 qu& n\s avons assi/ la reprs5tation d'une pice ayant agi avec quelque =ce sur notre me1 que n\s ne g>dons qu'un s\v5ir vague de la mise en scne1 ou que du mo9s elle ne n\s laisse qu'une impression d'autant plus gnrale que la figure du p]sonnage huma9 pr5d plus d'importance et de prcision dans notre s\v5ir4 ,c'e/ en somme le triomphe de l'tre huma9 sur la nature1 de l'intellig5ce sur la matire4 ,p> consqu5t1 l'art de la mise en scne ne peut avoir la prt5tion de pr5dre le pas sur l'art dramatique4 ,il ne le p\rrait qu'en annihilant celui-ci1 ce qui s]ait contraire sa propre de/9ation4 ,il doit donc lui re/] subordonn1 t\t en le suivant =cm5t et en se proccupant1 son exemple1 du c>actre individuel et p>ticuli] des objets qu'il voque nos yeux4 ,n\s avons d'ailleurs insi/ dj dans le c\rant de cet ouvrage sur la ncessit p\r la mise en scne d'adapt] les milieux aux types p>ticuli]s que re*]*e l'art mod]ne4 ,c'e/ une des conditions actuelles de la mise en scne4 ,mais la mise en scne peut-elle aspir] j\] un rle p]sonnel et actif dans l'volution du drame8 ,et1 s'il lui e/ p]mis d'envisag] une telle p]spective1 quelles sont les limites infran*issables imposes son ambition8 ,on e/ conduit envisag] ce rle de la mise en scne en reconnaissant la valeur1 en quelque sorte psy*ologique et morale1 qu'a prise la nature dans la littrature mod]ne4 ,t\te notre littrature drive en gr&e p>tie de celles des peuples grecs et des peuples lat9s3 elle a une orig9e t\te mridionale4 ,or1 dans les pays dvors p> une lumire ard5te1 la nature n'agit pas sur l'homme avec le *>me pntrant qu'elle a dans les pays du nord4 ,la transp>5ce de l'atmosphre1 la nettet des lignes1 l'galit des effets1 la coloration puissante des tons1 ne sembl5t pas s'associ] la mlancolie huma9e comme les paysages humides et crpusculaires du nord4 ,aussi t\s les arti/es1 t\s les potes ont nglig ou n'ont que lgrem5t indiqu cette association de l'homme et de la nature4 ,au ,x,v,i,ie sicle1 la nature arti/ique e/ factice3 ce ne sont que des paysages baigns dans la transp>5te lumire de l',attique4 ,ce n'e/ que v]s la f9 du ,x,v,i,i,ie sicle que l'homme a laiss son me s'ouvrir aux impressions pr(ondes de la nature et qu'il a associ celle-ci ses tats psy*ologiques4 ,mais auj\rd'hui t\te notre littrature e/ =tem5t empre9te de naturalisme4 ,il n'e/ donc pas tonnant que la dcoration ?trale et que la mise en scne ai5t eu l'ambition de se p>] de ce *>me pittoresque qui a sur n\s tant d'empire4 ,t\tefois1 cette ambition n'avait pas eu jusqu'alors de vise plus haute que celle de plaire directem5t aux spectateurs1 et de r5=c] la puissance dramatique en dirigeant sur nos yeux ses effets les plus romantiques4 ,comme la musique dans le mlodrame et dans le vaudeville1 la mise en scne n'avait eu jusqu'alors qu'un rle1 celui d'environn] le spectateur d'une sorte d'atmosphre passionnelle1 et de crer un milieu adapt l'motion ne du dveloppem5t de l'action dramatique4 ,la mise en scne a donc t jusqu' prs5t une =ce motionnelle de/9e agir directem5t sur le spectateur1 absolum5t comme dans le mlodrame une longue phrase *ante sur le violoncelle agit sur son sy/me n]veux et le dispose l'att5drissem5t4 ,eh bi56 sans r5onc] cette puissance du pittoresque que le dcorateur cont9u]a ex]c] directem5t sur les spectateurs et qui e/ en effet sa de/9ation1 la mise en scne peut-elle prt5dre j\] sur le ?tre le rle que la nature j\e dans notre vie actuelle8 ,comme la musique1 va-t-elle son t\r v5ir se ml] au drame1 en dev5ir aussi un des p]sonnages et conc\rir au dveloppem5t de l'action elle-mme8 ,sans d\te on ne peut comp>] la nature1 agissant directem5t sur n\s1 l'imitation de la nature qui n\s intresse ses procds arti/iques plus qu'aux phnomnes eux-mmes qu'elle reproduit nos yeux4 ,on ne peut non plus comp>] la mise en scne1 o t\t e/ factice1 la musique dont le ?tre ne modifie en ri5 les conditions et qui1 au ?tre comme dans la vie1 doit au *>me my/rieux des sons rels l'empire qu'elle ex]ce sur notre s5sibilit4 ,cep5dant la littrature1 mme avant qu'elle ft en proie au naturalisme1 t5ait compte dans une c]ta9e mesure de l'influ5ce des =ces de la nature sur la dcision huma9e et p>tant sur l'volution du drame4 ,et dans ce cas la mise en scne s'levait au rle d'une puissance my/rieuse1 suprieure la volont huma9e3 elle n\ait ou dn\ait le drame comme la fatalit antique4 ,le ?tre en prs5te de nombreux exemples4 ,a9si le voyageur1 au mom5t de quitt] l'aub]ge o il s'e/ mis l'abri1 e/ assailli p> la tempte3 le tonn]re se mle au bruit de la grle ou de la pluie2 le v5t rep\sse la porte avec viol5ce2 le voyageur1 =tem5t impressionn1 recule1 re/e et e/ assass94 ,c]tes1 c'e/ un art infrieur que celui qui met une volution1 qui ne devrait tre que passionnelle1 s\s la dp5dance de phnomnes cont+5ts4 ,cep5dant l'int]v5tion des =ces my/rieuses de la nature e/ dans ce cas t\t fait rem>quable1 en ce que l'illusion ?trale agit directem5t sur le p]sonnage du drame1 l'motion duquel s'associe le spectateur4 ,l'impression cause p> la mise en scne e/ donc en mme temps ress5tie p> le p]sonnage et p> le spectateur1 et celui-ci ne compr5drait pas que celui-l y re/t ins5sible4 ,cela ti5t sans d\te ce que la nature n\s impose sa puissance en la trans=mant en m\vem5t et en bruit1 d\ble phnomne dont la reprs5tation ne *ange pas le mode d'action4 ,quelle qu'en soit la raison d'ailleurs1 n\s sommes am5s con/at] que1 dans ce cas1 l'volution du drame e/ due une cause naturelle objective4 ,mais l'cole mod]ne a fait un pas de plus1 en *]*ant donn] l'volution dramatique une cause naturelle objective1 qui s'adresst celui de nos s5s qui e/ le plus arti/ique1 celui de la vue4 ,c'e/ l1 en ralit1 que comm5c5t les difficults4 ,n\s allons cit] un exemple o l'int5tion rali/e de l'auteur e/ ple9em5t ju/ifie1 ce qui n\s p]mettra de dduire les conditions e/htiques dans lesquelles le problme peut en gnral tre rsolu4 ,je pr5drai cet exemple dans le second acte de l',ami ,fritz1 et je rappell]ai aux lecteurs1 qui t\s connaiss5t la pice1 la fonta9e o ,szel vi5t puis] de l'eau1 eau vritable que le public voit c\l]4 ,quelques-uns ont critiqu1 tort1 mon s5s1 cette re*]*e d'un effet rel4 ,c'e/ la vue de l'eau qui veille *ez ,si*el le dsir de boire1 et c'e/ l'action de boire la cru*e que p5*e la jeune fille qui ramne la mmoire du rabb9 l'hi/oire t\*ante de ,rbecca et d',eliz]4 ,ici1 c'e/ trs ju/em5t que l'art ?tral s'associe activem5t une situation vritablem5t dramatique2 et si on tudie att5tivem5t l'en*anem5t de cette cause t\te objective l'effet dramatique qui en dc\le1 on v]ra que la prs5tation relle de l'eau dt]m9e une reprs5tation idale1 dans l'imag9ation de ,si*el et lui f\rnit la =me p>ticulire dont va se revtir sa p5se4 ,ce n'e/ pas l'eau qui suggre au rabb9 l'ide de sond] le coeur de la jeune fille2 elle ne lui (fre que le moy5 immdiat d'y p>v5ir4 ,la fonta9e1 qui procure nos yeux l'illusion de la ralit1 n'e/ donc pas la cause f9ale de la scne entre ,si*el et ,szel2 elle n'en e/ que la cause =melle4 ,s\s ce rapport1 cet emploi rem>quablem5t habile de l'illusion ?trale e/ un modle puisqu'il n\s p]met d'en dduire une loi importante de l'e/htique ?trale et dramatique1 que l'on peut =mul] a9si3 ,la ralit cont+5te ne peut jamais tre une des causes f9ales du drame2 elle ne peut en tre qu'une des causes =melles4 ,on ne peut ni] que la ralit1 en montant sur la scne et en v5ant y j\] le rle qui lui e/ propre et y ex]c] une influ5ce cont+5te1 ne contribue1 absolum5t comme cela se passe dans la vie1 modifi]1 div]sifi] et1 p> suite1 enri*ir la p5se potique en lui f\rnissant des =mes n\velles et imprvues4 ,deux mes mises et ma9t5ues en prs5ce1 en dehors de t\te influ5ce objective1 ne peuv5t *ang] que des ides purem5t psy*ologiques4 ,ces deux mes r5tr]ont dans les donnes plus exactes de la vie1 si elles puis5t dans la ralit ambiante une =me plus v>ie de raisonnem5t et les lm5ts plus pro*a9s de leur loqu5ce4 ,t\tefois1 il e/ pe9e beso9 de faire rem>qu] que l'int]v5tion d'une cause objective ne peut tre admise1 que lorsqu'elle drive d'une possibilit antrieure4 ,elle ne doit tre1 en effet1 qu'une cause seconde2 c'e/ a9si que l'acte de v5ir puis] de l'eau la fonta9e1 dans l'exemple pris de l',ami ,fritz1 n'e/ qu'une consqu5ce de la condition de ,szel et du milieu o se dveloppe l'action2 il se ratta*e donc logiquem5t aux donnes mmes du pome dramatique4 ,bi5 diffr5te et mo9s ju/ifiable s]ait l'int]v5tion d'une cause objective1 si celle-ci tait une cause premire1 si1 p> exemple1 le c>actre de la dcoration devait pes] sur la rsolution du p]sonnage dramatique4 ,cela ne p\rrait se t5t] qu'en r5trant habilem5t dans les lois les plus c]ta9es de la mise en scne1 c'e/--dire en agissant pralablem5t sur le spectateur1 en concevant une dcoration capable1 p> la gr&eur1 la hauteur et la pr(ondeur de la scne1 a9si que p> des effets d'ombre ou de lumire1 de faire natre une impression morale1 que le spectateur transport]ait alors dans le p]sonnage4 ,un p>eil effet e/ t\j\rs alatoire1 puisqu'il dp5d des dispositions du public et de l'imag9ation des spectateurs4 ,c'e/ sur la scne de l',opra qu'on p\rrait et qu'on a pu employ] ce procd avec quelque scurit1 p>ce que l1 la puissance de la musique sur l'incl9ation morale du spectateur vi5t en aide la puissance pittoresque de la dcoration4 ,ce s]ait donc s'expos] de graves mcomptes que de v\loir lev] le pittoresque de la dcoration l'tat de ressort dramatique1 ou autrem5t1 de reg>d] le pittoresque comme une cause f9ale suffisante de l'volution dramatique4 ,il ne peut en tre qu'une des causes =melles4 ,n\s ab\tissons donc1 p\r l'ensemble dcoratif1 la mme loi que p\r t\t objet considr dans son influ5ce v5tuelle sur la m>*e du drame4 ,il e/ c]ta9 que1 dans t\te conception potique1 le monde extrieur1 rduit au milieu immdiat o s'agit5t les p]sonnages1 f\rnit ou peut f\rnir incessamm5t ceux-ci les causes =melles de leur langage4 ,la mise en scne peut-elle n\rrir l'ambition rali/e de r5dre visible au spectateur t\t ce qui1 dans le milieu objectif1 j\e le rle d'une cause =melle8 ,c'e/ le d]ni] refuge de l'cole n\velle4 ,p\r claircir cette "q1 pr5ons un exemple4 ,au troisime acte de ,il ne faut jur] de ri51 le dcor1 la ,comdie-,franaise1 reprs5te un bois sombre et sauvage4 ,les arbres qui mont5t jusqu'aux frises drob5t au spectateur la vue du ciel4 ,c'e/ une belle solitude nocturne4 ,voyons ma9t5ant la mise en scne imag9e p> le pote4 ,c'e/ un soir d't4 ,aprs une *aude j\rne1 l'orage clat4 ,qu& ,van ,buck et son neveu arriv5t prs du lieu o doit se r5dre ,ccile1 ,val5t91 en quelques mots1 esquisse la mise en scne3 ,la lune se lve et l'orage passe4 ,voyez ces p]les sur les feuilles1 comme ce v5t tide les fait r\l]4 ,enf91 dans la clairire o se r5contr5t ,val5t9 et ,ccile1 la mise en scne e/ conditionne p> le texte3 ,v5ez l1 o la lune claire444--,non1 v5ez l1 o il fait sombre2 l1 s\s l'ombre de ces b\leaux444 ,y a-t-il longtemps que v\s m'att5dez8--,depuis que la lune e/ dans le ciel444 ,vi5s sur mon coeur2 que le ti5 le s5te battre1 et que ce beau ciel les emporte ,dieu444 ,voyons1 savez-v\s ce que c'e/ que cela8--,quoi8 cette toile droite de cet arbre8--,non1 celle-l qui se montre pe9e et qui brille comme une l>me444 ,t\te cette scne1 comme on le voit1 e/ =tem5t empre9te d'un naturalisme ple9 de mlancolie4 ,auj\rd'hui1 au ?tre1 avec l'aide de la lumire lectrique1 la mise en scne p\rrait ralis] le paysage nocturne dcrit p> le pote4 ,au comm5cem5t de l'acte1 de l\rds nuages sombres pass]ai5t sur le ciel toil et sur la lune qu'ils obscurcirai5t4 ,enf9 les nuages1 en fuyant1 laiss]ai5t voir dans t\te sa puret un ciel pr(ond et toil1 au milieu duquel brill]ait le disque lunaire4 ,les arbres1 des b\leaux au feuillage lg]1 aux troncs clairs1 disposs p> b\quets1 laiss]ai5t le reg>d du spectateur se p]dre dans l'ocan des nuits4 ,le public p>ticip]ait a9si1 comme les p]sonnages du drame1 la vue de ces beaux effets de la nature1 qui sont1 en plus d'un endroit1 p\r ,val5t9 et ,ccile1 les causes =melles de leurs p5ses4 ,cep5dant1 c'e/ p> un motif de premi] ordre que la ,comdie-,franaise n'a pas d *]*] ralis] cette potique mise en scne1 en admettant1 p\r un mom5t1 qu'elle et pu avoir la p5se de le faire4 ,c'e/ qu'en effet1 ce dont on peut jug] p> c]ta9s dtails du dialogue 7je t'aime6 voil ce que je sais1 ma *re2 voil ce que cette fleur te dira1 etc471 qui sont incompatibles avec un dcor nocturne1 c'e/ qu'en effet1 dis-je1 la nature voque p> le pote e/ purem5t idale1 c'e/--dire conue p> son esprit1 et que la mise en scne dcrite p> lui n'e/ pas la pe9ture relle d'un effet vu et obs]v p> ses yeux4 ,dans la conception de cette scne1 ce n'e/ pas la vue d'un phnomne qui a dt]m9 l'ide1 mais1 au contraire1 l'ide qui a ram5 dans l'imag9ation du pote la reprs5tation d'un phnomne4 ,la ,comdie-,franaise a donc d *]*] l'ide gnrale du dcor au del des causes =melles de la p5se du pote2 et elle a plac ,val5t9 et ,ccile au milieu d'une solitude pr(onde1 qui r5dt possible au sducteur t\te t5tative de pr(anation et ft respl5dir l'anglique puret de cette jeune fille qui1 seule1 la nuit1 vi5t1 s]e9e et c&ide1 pos] son front sur la poitr9e de celui qu'elle aime4 ,le vritable orage qui s'apaise1 c'e/ celui qui s'tait s\lev dans le coeur de ,val5t91 et la vritable toile1 ce n'e/ pas celle que p\rrait allum] le metteur en scne dans le ciel de son dcor1 c'e/ celle de l'am\r qui se lve dans l'me purifie de ,val5t94 ,on voit donc combi5 l'effet gnral du dcor rpond mieux l'ide potique que les effets p>ticuli]s d'une mise en scne plus naturali/e4 ,cet exemple montre qu'il faut lire avec la plus gr&e att5tion l'oeuvre que l'on doit mettre en scne et dt]m9] la nature de l'inspiration de l'auteur4 ,s'il e/ s5sible que le pote a remont de l'ide au phnomne1 comme c'e/ le cas dans l'exemple prcd5t1 il ne faut pas prs5t] un ordre inv]se au spectateur1 et1 p> consqu5t1 la mise en scne doit laiss] l'ide seule se manife/] et veill] le phnomne dans l'imag9ation du spectateur1 comme cela a eu lieu dans celle du pote4 ,si1 au contraire1 il e/ s5sible que l'auteur a v\lu subordonn] la reprs5tation de l'ide la prs5tation du phnomne1 il faut s'ef=c] de ralis] la mise en scne dcrite p> lui4 ,il e/ clair que dans l',ami ,fritz1 sans l'eau qui c\le de la fonta9e1 la lg5de de ,rbecca n'a aucune raison de se reprs5t] la mmoire de ,si*el4 ,les cas o une mise en scne rali/e s'impos]a ne sont pas aussi frqu5ts ni aussi nombreux qu'on p\rrait le croire au premi] abord4 ,le plus s\v5t1 il s]a prud5t de s'en t5ir l'anci5ne conception dcorative qui ne re*]*e qu'un effet simple et gnral4 ,et cela p\r deux raisons d'ordre suprieur4 ,la premire1 c'e/ que l'impression que n\s cause la nature se ramne t\j\rs dans la ralit quelques s5sations trs simples1 telles que la prs5ce ou l'abs5ce de la lumire1 le m\vem5t ou le repos des objets1 le bruit ou le sil5ce1 le plus ou le mo9s de vapeur humide dans l'atmosphre1 le plus ou le mo9s de gr&eur ou de pr(ondeur1 etc4 ,t\t le surplus de nos impressions1 s\v5t trs complexes1 nat du rapport que ces s5sations simples ont avec l'tat moral de notre me4 ,il faut1 p> consqu5t1 dans la reprs5tation des effets de la nature ne pas t5ir compte de ce que1 prcism5t1 y mettra le spectateur1 p\r peu que l'action dramatique ait incl9 son me v]s tel ou tel tat psy*ologique4 ,c'e/ l une raison t\te philosophique4 ,la seconde raison a une porte e/htique laquelle j'ai dj fait allusion ci-dessus1 et sur laquelle j'appelle l'att5tion des p]sonnes qui se laiss5t trop facilem5t sduire p> les promesses de l'cole rali/e ou naturali/e4 ,qu& on transporte le monde extrieur1 objets ou phnomnes1 sur la scne1 on n'en donne naturellem5t qu'une copie1 qu'une imitation4 ,sur la scne1 on ne btit pas de vraies maisons1 on ne plante pas de vrais arbres1 on ne dr\le pas de vritables flots1 on ne p\sse pas dans le ciel de vrais nuages1 etc42 on ne n\s donne de t\tes ces *oses que des imitations4 ,or1 du mom5t que l'on ne prs5te pas au spectateur les objets rels qui1 selon le pote1 devrai5t avoir une influ5ce psy*ologique sur les p]sonnages du drame1 on ne peut pas compt] que les objets imits auront la mme porte1 att5du que l'att5tion du spectateur e/1 non pas attire p> la contemplation du phnomne naturel1 mais proccupe uniquem5t du phnomne arti/ique de l'imitation4 ,plus l'on compliqu]a la mise en scne1 plus on *]*]a reproduire avec exactitude les impressions de la nature1 plus l'on compt]a sur la p]fection dcorative p\r agir sur l'incl9ation morale des spectateurs1 et plus l'cole rali/e s'loign]a du b qu'elle p\rsuit2 c> l'esprit du spectateur1 sollicit1 p> des impressions optiques1 et s5sible t\te cration arti/ique1 s'atta*]a ob/9m5t ce qui lui (frira un intrt immdiat1 c'e/--dire l'art p>ticuli] de la mise en scne1 aux procds sci5tifiques ou autres de l'imitation1 et ne subira p> consqu5t pas l'influ5ce psy*ologique qu'on aura eu la prt5tion d'ex]c] sur lui4 ,dans ce cas1 c'e/ t\t simplem5t un art d'ordre infrieur qui pr5d le pas sur un art d'ordre suprieur4 ,,*apitre ,,xl ,l'cole naturali/e au ?tre4--,la ?orie des milieux4--,des milieux gnrateurs4--,des milieux cont+5ts4--,conjonction de l'idal et du rel4--,la ,*>bonnire4--,du rel dans la p]spective ?trale4--,le ,pav de ,p>is4--,le naturalisme impos]ait des conditions n\velles l'ar*itecture ?trale4--,l'cole rali/e devra t5dre r$ev5ir une cole idali/e4 ,a la vrit1 l'cole qui s'intitule naturali/e p>at avoir une gr&e prdilection p\r la =me du roman4 ,cela se conoit2 c> c'e/ l seulem5t que1 lorsque les p]sonnages n'agiss5t pas ou ne pr5n5t pas la p>ole1 un acteur1 et le pr9cipal1 rep>aissant en scne1 dcrit les beauts svres ou riantes de la nature1 la mlancolie des bois ombreux1 l'immobile maje/ des monts1 la pesante solitude des espaces ds]ts2 la my/rieuse circulation de la vie1 ses ardeurs et ses puisem5ts1 et en mme temps *]*e montr] le li5 sympa?ique qui ratta*e les tats psy*ologiques de l'tre huma9 t\s ces aspects de la nature4 ,cet acteur1 c'e/ le pote lui-mme1 dont l'me anime la nature inanime4 ,mais1 au ?tre1 les p]sonnages seuls ont le droit de s'adress] au public1 et le pote1 c'e/--dire le dmon/rateur psy*ologique1 e/ rduit au sil5ce4 ,la nature n'agit donc dans la mise en scne que p> ses effets simples et gnraux1 n'eng5drant *ez les spectateurs que des s5sations initiales1 simples et gnrales4 ,n\s arrivons a9si1 p> un autre *em91 la mme conclusion que dans le *apitre prcd5t4 ,au ?tre1 le pote1 prs5t mais sil5cieux1 n'y peut plus anim] la nature et lui insuffl]1 comme dans le roman1 une sorte de =ce passionnelle active4 ,c'e/ p\rquoi1 en abordant la scne1 l'cole naturali/e e/ contra9te d'ab&onn] t\te sa puissance descriptive1 et de sacrifi] la nature p\r s'atta*] aux effets huma9s et sociaux de la vie4 ,quelle e/1 s\s ce rapport et en quelques mots1 l'e/htique de l'cole8 ,si je vois ju/e1 la voici1 dgage des ?ories secondaires qui l'encombr5t et prs5te sans dnigrem5t avec t\te l'imp>tialit dont je suis capable4 ,on peut dire1 sans exagration1 qu'elle e/ t\t entire cont5ue dans la ?orie des milieux4 ,premirem5t1 les tres huma9s ne peuv5t s'ab/raire des milieux o ils sont ns1 o ils se sont dvelopps et qui dt]m95t leur mode de s5tir1 leur mode de p5s] et leur mode d'agir4 ,deuximem5t1 nulle action dramatique1 ne du conflit de passions huma9es1 ne peut s'isol] des milieux o elle se n\e1 se dveloppe et t5d sa f94 ,l'cole ne considre plus une passion en soi1 mais l'envisage dans ses diffr5ts modes et met son ambition traduire sur la scne1 dans t\te leur ralit complexe et relative1 les tats psy*ologiques et pa?ologiques des tres1 individuellem5t dt]m9s1 qui agiss5t s\s l'empire d'une passion4 ,ce qu'elle *]*e1 c'e/ donc une vrit plutt relative qu'absolue4 ,c'e/ p\r cela que n\s avons dit plus haut que l'cole agr&issait la sup]ficie de l'art1 en abaissant s5siblem5t l'idal4 ,on peut1 en effet1 accord] au ralisme le droit qu'il rclame de diffr5ci]1 p> exemple1 le mode d'aim] de l'homme du peuple de celui de l'homme du monde2 mais ds que la jal\sie arm]a d'un c\teau la ma9 de l'un et de l'autre1 elle devrait son t\r reconnatre que t\tes les di/9ctions sociales s'anantiss5t devant un fait pa?ologique purem5t huma94 ,l'art1 p>ti du p>ticuli] et du relatif1 doit donc ab\tir au gnral et l'absolu2 et p> suite le pote1 aprs avoir soigneusem5t pris ses types dans la ralit1 doit t5dre l'idal1 c'e/--dire dgag] l'tre huma9 de t\te contra9te sociale et db>rass] les passions des masques s\s lesquels cette contra9te les =ce se ca*] et se drob] aux reg>ds4 ,c'e/ le transport du relatif au ?tre qui fait la ri*esse de l'art mod]ne2 mais c'e/ seulem5t en dgageant l'absolu de ses donnes relatives que celui-ci assur]a ses productions une valeur gnrale et une porte psy*ologique univ]selle1 et leur donn]a l'esprance de vivre au del du temps prs5t4 ,en cela1 l'e/htique ?trale devra suivre l'e/htique dramatique4 ,si le pote a conduit rationnellem5t son oeuvre du relatif l'absolu1 la mise en scne devra s'ef=c] de ne pas contr>i] cette volution asc5dante4 ,on peut donc1 conclure que1 dans une oeuvre dramatique mod]ne1 la mise en scne devra ralis] avec le plus de so9 possible t\s les tableaux d'exposition1 ceux o s'accus5t le relatif des ides et des faits a9si que l'influ5ce des milieux sur les c>actres et sur les passions2 mais1 mesure que l'action s'appro*]a du dn\em5t1 elle devra de plus en plus sacrifi]1 soit dans les dcors1 soit dans les co/umes1 soit dans la figuration1 les traits p>ticuli]s qui faisai5t la ri*esse des premi]s tableaux1 et peu peu revtir un aspect gnral qui puisse s'h>monis] avec ce qu'a d'absolu et de purem5t huma9 l'explosion psy*ologique et pa?ologique des passions4 ,la seconde loi se rapporte1 comme n\s l'avons dit1 l'influ5ce cont+5te des milieux4 ,c'e/ l'aspect multiple et complexe de la vie que l'cole *]*e ralis] p> l'obs]vation de cette loi4 ,p\ssez la porte d'un tablissem5t public quelconque1 et dans la f\le des tres huma9s qui y sont runis1 que de drames et de comdies6 ,ici un beau drame d'am\r va natre1 t&is que l une folle comdie se dn\e2 dans le gr\pe pro*a9 un m>* honteux se conclut2 dans celui-ci un crime horrible se prp>e1 t&is que dans celui-l s'pan\iss5t la jeunesse et le bonheur4 ,une action tragique ou comique ne se dveloppe pas dans le vide1 mais elle se meut en trav]sant des milieux successifs1 qui s\v5t dt]m95t une modification dans la direction de sa trajectoire4 ,t\s ces tableaux n\s reprs5t5t la vie dans sa complexit et dans son htrognx actuelles2 ils =m5t le fond pittoresque sur lequel s'enlv5t en vigueur les p]sonnages de premi] plan4 ,si ce sont les p]sonnages qui disp>aiss5t1 il n'y a plus d'action dramatique2 mais si ce sont les tableaux qu'on s\/rait la vue1 on enlve au drame ce qui prcism5t lui donnait l'aspect saisissant de la vie4 ,en un mot1 un drame ne se pr(ile jamais ici-bas sur un fond neutre1 semblable ces fonds gris sur lesquels les pe9tres enlv5t vig\reusem5t un portrait1 mais sur des tableaux anims eux-mmes1 sur des lambeaux d'hi/oire huma9e et sociale qui sont s\v5t le comm5taire le plus loqu5t du drame1 soit qu'ils expliqu5t la fatalit d'un acte p> l'influ5ce du milieu trav]s1 soit que p> contra/e ils en accus5t plus =tem5t l'horreur4 ,de l se dduis5t la composition et la con/ruction d'une pice naturali/e4 ,il s'agit de pe9dre les diffr5ts mom5ts de l'action au milieu des tableaux anims o celle-ci s'e/ successivem5t transporte4 ,d'o la ncessit d'une mise en scne t\j\rs *angeante et v>ie4 ,c'e/ une succession de tableaux de g5re1 faits d'aprs nature1 t\s les degrs de la vie sociale1 depuis ses bas-fonds jusqu'aux c\*es suprieures4 videmm5t1 cette suite d'exhibitions1 s\v5t ple9es de m\vem5t et d'expression1 o le pittoresque atte9t une gr&e int5sit1 con/itue p\r les yeux et mme p\r l'esprit un amusem5t p>fois trs vif4 ,on arrive a9si r5\vel] et div]sifi]1 jusqu' les r5dre mconnaissables au premi] abord1 des drames peu prs aussi vieux que l'esprit huma94 ,pr5ez l',&romaque de ,rac9e1 v\s en p\rrez transport] l'action dans t\s les mondes1 depuis le plus raff9 jusqu'au plus abject1 et v\s p\rrez div]sifi] l'inf9i votre drame en faisant trav]s] vos p]sonnages les milieux les plus tranges4 ,sans d\te1 c'e/ prcism5t cette possibilit qui con/itue la critique du sy/me4 ,mais ici1 je ne critique pas1 j'analyse et j'expose les ?ories d'une cole1 en *]*ant au contraire les montr] dans leur j\r le plus favorable4 ,or1 ce que l'cole re*]*e p>-dessus t\t1 c'e/ l'exactitude des tableaux1 de/9e procur] au spectateur1 une s5sation trs int5se de la vie4 ,c'e/ donc ici qu'app>at la mise en scne1 dont les lois impos5t une limite aux prt5tions de l'cole4 ,ce qui n\s re/e donc exam9]1 c'e/ jusqu'o la mise en scne peut se prt] t\tes les exig5ces naturali/es4 ,je le f]ai trs brivem5t1 att5du que le lecteur1 arriv au d]ni] *apitre de cet ouvrage1 a son jugem5t =m sur les po9ts pr9cipaux qu'il n\s faut exam9]4 ,or1 en abordant la scne1 l'cole naturali/e r5contr]a1 sans p\voir la rs\dre1 une d\ble difficult dramatique et ?trale1 qui ne drive nullem5t de lois arbitraires ou de ?ories plus o mo9s conte/ables1 comme celle des trois units1 mais qui ti5t uniquem5t la /ructure de l'esprit et de l'oeil du spectateur4 ,cette difficult consi/e1 au po9t de vue dramatique1 dans la juxtaposition1 incohr5te p\r l'esprit1 de l'idal et du rel1 et1 au po9t de vue ?tral1 dans la juxtaposition incohr5te p\r l'oeil1 du vrai et du faux4 ,a9si1 d'une "p1 t\te reprs5tation idale dtruira l'impression trs vive que n\s aurait cause la prs5tation du rel1 ou rciproquem5t l'effet de la premire s]a dtruit p> celui que produira la seconde2 d'autre "p1 t\te opposition entre la ralit et la p]spective ?trale1 qui met en prs5ce le vrai et le faux1 anantira immdiatem5t l'illusion et rduira le rel l'imag9aire4 ,on peut aism5t f\rnir des exemples qui mettront en relief cette d\ble contradiction4 ,dans la ,*>bonnire1 un tableau reprs5tait une salle d'hpital4 ,l'aspect de cette salle nue1 blan*ie la *aux1 que g>nissai5t deux ranges de lits ent\rs de leurs rideaux blancs1 tait d'un ralisme vraim5t saisissant4 ,au pi$ du premi] lit1 droite1 une soeur1 veillait2 dans le lit tait t5due une moribonde1 dont le visage demi fracass tait rec\v]t d'un voile de gaze4 ,le tableau1 dans sa simplicit tragique1 causait une d\ble impression de piti et de t]reur2 et cette impression ne se ft pas efface si le drame n'et am5 dans ce tableau une reprs5tation de la mort et ensuite une reprs5tation de la folie4 ,ces deux reprs5tations ne peuv5t jamais tre qu'idales1 c'e/--dire conues et r5dues idalem5t p> la rduction =ce du temps ncessaire la succession des phnomnes morbides1 p> la prdom9ance des effets gnraux et p> l'effacem5t des traits p>ticuli]s4 ,or1 ds que l'idal surgissait au milieu du rel1 l'impression premire se dissipait immdiatem5t1 et l'esprit du spectateur1 db>rass de t\te angoisse1 s'intressait l'imitation arti/ique de la mort et de la folie4 ,dans ce tableau1 la mort et la folie tai5t1 contre le voeu de l'auteur mo9s poignantes que le dcor2 et p> consqu5t la ralit tragique de celui-ci avait dtruit d'avance l'effet que l'auteur devait att5dre de ce d\ble dn\em5t4 ,en outre1 la re*]*e de l'impression relle avait d'avance annihil t\t l'ef=t arti/ique des comdi5s4 ,la juxtaposition de la ralit emp*e donc l'illusion de se produire au mme degr que si le dn\em5t se pr(ilait sur un dcor de c>ton4 ,l'ide de juxtapos] l'art et la ralit e/ contradictoire et con/itue p\r l'cole naturali/e un ob/acle insurmontable4 ,celle-ci doit donc1 si elle veut re/] fidle ses ?ories1 ne jamais introduire de reprs5tation idale au milieu de tableaux fonds sur la prs5tation du rel4 ,p> consqu5t1 l'cole e/ condamne n'introduire dans ses tableaux qu'un m9imum d'action dramatique1 et c'e/ cela1 en effet1 qu'elle t5d de plus en plus4 ,les pices t\rn5t *aque j\r davantage des exhibitions de tableaux vivants et anims1 art infrieur1 s5suali/e et matriali/e1 mais surt\t trs born et qui ne peut f\rnir une longue c>rire4 ,dans le ,pav de ,p>is1 j\ la ,porte-,sa9t-,m>t91 un tableau reprs5tait l'intrieur d'un tunnel4 ,a un mom5t donn1 un tra9 de *em9 de f] trav]sait la scne l'arrire-plan4 ,je ne me s\vi5s pas bi5 au ju/e de la fable dramatique2 en t\s cas1 l'arrive du tra91 en tte duquel s'avanait la locomotive1 arme de ses feux r\ges comme de deux yeux s9i/res1 la dception du spectateur tait complte1 et ce *em9 de f] de c>ton frisait le ridicule4 ,c'e/ qu'en effet ce n'tait qu'un j\j\4 ,la locomotive et les voitures du tra9 n'avai5t que les dim5sions que leur imposait la p]spective ?trale1 et p> consqu5t elles tai5t trop petites p\r la di/ance relle4 ,dans la ,jeunesse du roi ,h5ri1 un des dcors reprs5tait un c>ref\r dans une =t1 et la p]spective habile donnait cette =t de va/es proportions4 ,s\da91 deux ou trois cavali]s db\*5t du fond1 suivis d'une meute de vrais *i5s3 immdiatem5t la =t devi5t un j\j\4 ,c'e/ ,gulliv] s'battant maladroitem5t dans un paysage de l'le de ,lilliput4 ,cette contradiction optique provi5t1 on le sait1 de ce que la pr(ondeur de la scne e/ en gr&e p>tie fictive4 ,voil encore un ob/acle que ne p\rra surmont] l'cole naturali/e4 ,il lui e/ donc int]dit de compos] des tableaux o doit clat] la contradiction qui rsulte de la juxtaposition d'tres s\mis la p]spective relle de la nature et d'objets s\mis la p]spective fictive des ?tres4 ,p\r abord] c]ta9es reprs5tations1 l'cole1 p\r tre consqu5te avec elle-mme et p\r ralis] quelques-uns de ses pr9cipes les plus *]s1 devra se rs\dre faire con/ruire des ?tres spciaux1 scnes rectangulaires trs pr(ondes1 dans lesquels le plan*] de l'or*e/re et du p>t]re s]a s5siblem5t lev1 et le plan*] de la scne ram5 l'horizontalit4 ,alors1 c'e/1 l'oeil seul du spectateur qui incl9]a t\tes les lignes des dcors au po9t de fuite1 et les acteurs1 en s'enfonant dans les pr(ondeurs de la scne1 s]ont p>t\t leur place et n'auront que les dim5sions qu'ils doiv5t avoir4 ,mais ce s]a en mme temps la f9 du ?tre p>l et le ret\r aux drames mims4 ,en rsum et p\r conclure1 l'cole naturali/e1 en abordant le ?tre1 se v]ra enf]me dans un c]cle trs troit1 dont il lui s]a arti/iquem5t et sci5tifiquem5t impossible de fran*ir les limites4 ,c'e/ p\rquoi n\s ne v]rons jamais se produire une pice naturali/e1 telle que les adeptes de l'cole l'imag95t dans leur navet e/htique4 ,e/-ce dire que les ef=ts de l'cole s]ont va9s et inutiles8 ,une telle conclusion s]ait inju/e et contraire la vrit4 ,p> la prs5tation du rel1 *aque fois qu'elle p\rra vit] la d\ble contradiction que n\s lui signalons dans ce *apitre1 l'cole rali/e p\rra agr&ir l't5due sup]ficielle de l'art ?tral1 de mme qu'elle p\rra agr&ir l't5due sup]ficielle de l'art dramatique en s'atta*ant la pe9ture des traits p>ticuli]s et des c>actres individuels4 ,ce s]a un rsultat qui n'e/ pas ddaign] et auquel elle s]ait sage de born] son ambition4 ,si elle vise un b plus lev1 elle devra alors modifi] ses pr9cipes2 et1 de mme que les sci5ces1 dans leur priode d'analyse pati5te1 n\rriss5t le long espoir d'une syn?se future1 de mme l'cole rali/e ne devra *]*] dans ses expri5ces actuelles1 dans l'tude des faits et des phnomnes1 que les lm5ts d'une idalisation future4 ,aprs la priode actuelle d'appr5tissage arti/ique1 qui n'tait pas inutile p\r corrig] les visibles dviations d'un art depuis trop longtemps traditionnel et conv5tionnel1 elle r$evi5dra son t\r une cole idali/e1 et c'e/ seulem5t alors qu'on p\rra dcid] si le n\vel idal de nos petits-neveux s]a d'un degr suprieur ou infrieur celui de l'cole classique1 et si la r\te d\teuse1 o n\s sommes auj\rd'hui engags1 aura conduit l'esprit franais un n\veau progrs ou une dcad5ce df9itive4 ,,table ,,des ,,mati,,res ,,pr,,face ,,*apitre ,,premi] ,le succs n'e/ pas la mesure de la valeur intr9sque d'une oeuvre dramatique4--,les v>iations de l'art correspond5t aux v>iations de l'esprit4 ,,*apitre ,,ii ,la valeur d'une pice ne dp5d pas de son effet reprs5tatif4--,ce n'e/ pas l'effet reprs5tatif qui a assur la r5omme du ?tre des ,grecs1 non plus que des ?tres trang]s et de notre ?tre classique4 ,,*apitre ,,iii ,de l'effet reprs5tatif idal dans un esprit cultiv4--,imp]fections de la mise en scne relle4--,sa ncessit p\r les esprits peu cultivs4--,la mise en scne idale e/ le modle et le po9t de d"p de la mise en scne relle4 ,,*apitre ,,iv ,rapports de la mise en scne avec la valeur d'une oeuvre dramatique4--,le peu d'app>eil des ?tres de prov9ce favorisait l'art dramatique4--,l'excs de mise en scne lui e/ nuisible4 ,,*apitre ,v ,re*]*es d'un pr9cipe physiologique auquel puiss5t se ratta*] les lois de la mise en scne4--,les impressions intellectuelles et les s5sations organiques s'annihil5t rciproquem5t4 ,,*apitre ,,vi ,de la f9 que se propos5t les beaux-arts4--,l'excs de la mise en scne nuit l'intgrit du plaisir de l'esprit4--,la lecture e/ la pi]re de t\*e des oeuvres dramatiques4--,la mise en scne e/ tantt une "q de gt1 tantt une "q d'habilet4 ,,*apitre ,,vii ,compt5ce littraire ncessaire un directeur de ?tre4--tablissem5t ?orique des frais gnraux de mise en scne4--,l'art dramatique exig]ait des vues longue porte4 ,,*apitre ,,viii ,la mise en scne e/ conditionne p> le nombre probable de spectateurs4--,grossissem5t p> les acteurs des effets reprs5tatifs4--,les actrices mo9s portes exagr] les effets4--,le ,monde o l'on s'ennuie4--,ncessit actuelle de plaire la f\le4--,abaissem5t de l'idal4--,comp5sation4--,utilit et devoir des ?tres subv5tionns4 ,,*apitre ,,ix ,la mise en scne ne doit pas p*] p> dfaut4--,de la cont5tion d'esprit du spectateur4--,la mise en scne ne doit pas propos] l'esprit de coord9ations contradictoires4 ,,*apitre ,x ,de la p]spective ?trale4--,contradiction du p]sonnage huma9 avec la p]spective des dcors4--,prcautions pr5dre p> le dcorateur et p> le metteur en scne4 ,,*apitre ,,xi ,la dcoration doit avoir une valeur gnrale et non p>ticulire un mom5t dt]m94--,modration dans l'emploi des moy5s accessoires4 ,,*apitre ,,xii ,la mise en scne e/ conditionne p> la logique de l'esprit4--,de la dcoration pe9te et du matriel figuratif4--,leurs relations avec le drame4--,leur action diffr5te sur l'esprit du spectateur4 ,,*apitre ,,xiii ,de la f9 ncessaire des objets composant le matriel figuratif4--,le ,misan?rope et les ,femmes savantes4--,le has>d n'e/ pas un ressort dramatique4 ,,*apitre ,,xiv ,de la s5sualit et de l'individualit dans le gt actuel4--,drogations aux pr9cipes4--,rapports de la mise en scne avec le milieu ?tral4--,c>actre d'un ?tre1 de son rp]toire et du public qui le frqu5te4 ,,*apitre ,,xv ,rapports de la mise en scne avec le milieu dramatique4--,pices o dom9e l'imag9ation4--,le ?tre de ,scribe4--,le ?tre de ,victor ,hugo4--,effet curieux obs]v dans ,quatre-v+t-treize4 ,,*apitre ,,xvi ,des pices o dom9e le s5tim5t4--,cas o les causes de l'motion sont subjectives4--,le ,m>iage de ,victor9e4--,cas o les causes de l'motion sont objectives4--,l',ami ,fritz4 ,,*apitre ,,xvii ,des pices o dom9e la fantaisie4--,c>actre de la fantaisie4--,le ?tre de ,m4 ,labi*e et de ,m4 ,meilhac4--,limites de la fantaisie4--,de la conv5ance dans la fantaisie4--,lili4--,pices d'ordre composite4--,ma ,cam>ade4--,les feries4 ,,*apitre ,,xviii ,rapports de la mise en scne avec le milieu social4--,la mise en scne se modifie comme la socit4--,types gnraux de l'anci5ne comdie4--,le ,t>tufe4--,complexit et htrognx de la socit actuelle4--,pla/icit ncessaire de la mise en scne4--,vieillissem5t rapide du ?tre mod]ne4 ,,*apitre ,,xix ,lois re/rictives de la mise en scne4--,de la loi de proportion4--,plans d'importance scnique4--,l',ami ,fritz4--,des repas de ?tre4--,application de la loi au matriel figuratif4 ,,*apitre ,,xx ,de la loi d'app>5ce4--,de l'usage des lorgnettes4--,au ?tre le s5s du t\*] ne s'ex]ce jamais4--,seules les s5sations optiques sont directes4--,le ?tre ne n\s doit que des app>5ces4--,des co/umes et des toilettes des actrices4 ,,*apitre ,,xxi ,rapports de la mise en scne avec l'espace et le temps4--,les ,dani*eff et l',oncle ,sam4--,du vrai et du vraisemblable4--,de la c\leur locale4--,prdom9ance des traits gnraux4--,les romantiques4--,le ,cid et ,bajazet4--,le ?tre de ,victor ,hugo4 ,,*apitre ,,xxii ,vanit de t\te re*]*e ar*ologique4--,des diffr5ts /yles4--,les co/umes du ,misan?rope4--,le temps efface les traits p>ticuli]s4--,=mation des types arti/iques4--,de/ruction de la mise en scne4--,ncessit de dmont] les oeuvres classiques4--,des reprises4--,antony4--,la mise en scne e/ une cration arti/ique4--,erreur de l'cole rali/e4 ,,*apitre ,,xxiii ,de la reprs5tation des oeuvres classiques4--,du plaisir ?tral4--,de la s5sation du beau4--,analyse de cette s5sation4 ,,*apitre ,,xxiv ,de la mise en scne tragique4--,ce qu'elle tait jadis en ,france4 ,ce qu'elle tait *ez les ,grecs4--,notre imag9ation seule cre la mise en scne tragique4--,du c>actre gnral de la dcoration et des co/umes4--,la mise en scne n'e/ pas immuable4 ,,*apitre ,,xxv tude de la mise en scne de ,phdre4--,le dcor4--,comp>aison avec les ?tres des anci5s4--,de l'ornem5tation4--,du matriel figuratif4--,son influ5ce sur la composition du rle de ,?se4 ,,*apitre ,,xxvi ,du co/ume tragique4--,accord du co/ume avec les pripties du drame4--,du co/ume de ,?ramne4--,l'uni=mit de co/ume concorde avec l'unit passionnelle d'un rle4--,du co/ume de ,?se4--,les accessoires doiv5t conv5ir au texte et l'action4--,du co/ume d',hippolyte4 ,,*apitre ,,xxvii ,rapport du co/ume avec la p]sonnalit4--,le co/ume doit s'accord] avec les tats psy*ologiques d'un p]sonnage4--,du co/ume de ,phdre4--,influ5ce du co/ume sur le jeu et sur la diction4--,les co/umes d',iphignie4 ,,*apitre ,,xxviii ,des salles de spectacle4--,de la scne4--,des zones invisibles4--,de la ligne opaque4--,du lieu optique4--lm5ts de /atique ?trale4--,exemples4--,des m\vem5ts scniques dans ,phdre4 ,,*apitre ,,xxix ,de la figuration4--,de son rle actif4--,a?alie4--,de son rle passif4--,o$ipe roi4--,des m\vem5ts or*e/riques4--,des figurants de tragdie4--,rgles obs]v]4 ,,*apitre ,,xxx ,des actes et des tableaux4--,confusion frqu5te4--,unit dramatique des actes4--,du ?tre espagnol1 anglais1 allem&4--,les *angem5ts de tableaux impliqu5t des *angem5ts vue4 ,,*apitre ,,xxxi ,de l'imitation de la nature4--,de la prs5tation et de la reprs5tation d'un phnomne4--,de la reprs5tation de la mort4--,t\te reprs5tation e/ conditionne p> l'imag9ation du spectateur4--,le jugem5t du public e/ subordonn l'ide qu'il se fait de la ralit4 ,,*apitre ,,xxxii ,de l'acteur4--,de la =mation subjective des images4--,rapport de la cration de l'acteur avec l'idal du public4--,t\te volution idale implique une modification dans l'image reprs5te4--,c'e/ la gnralit d'un phnomne qui ju/ifie sa reprs5tation4--,smilis4--,l'acteur doit vit] l'accid5tel4 ,,*apitre ,,xxxiii ,de la composition d'un rle4--,des traditions4--,de l'intuition et de l'introspection4--,dveloppem5t des images initiales4--,rapport ou contra/e entre les images initiales de diffr5ts rles4--,le ,demi-,monde4--,le ,g5dre de ,m4 ,poiri]4--,mademoiselle de ,belle-,isle4 ,,*apitre ,,xxxiv ,aptitude j\] c]ta9s rles4--,de la p]sonnalit scnique de l'acteur4--,complexit et htrognx des rles mod]nes4--,leur influ5ce sur l'art dramatique et sur l'art ?tral4--,d=mation du tal5t de l'acteur4 ,,*apitre ,,xxxv ,complexit de la mise en scne mod]ne4--,l',avocat ,patel92 ,b]tr& et ,raton2 ,pot-,b\ille2 la ,*>bonnire4--,invasion du rel4--,du procd4--,ret\r ncessaire au rp]toire classique4--,son influ5ce sur le tal5t des acteurs4--,ncessit des ?tres subv5tionns4 ,,*apitre ,,xxxvi ,du rle de la musique au ?tre4--,la puissance musicale4--,le mlodrame4--,le vaudeville4--volution de l'art dramatique4--,la musique dev5ue un p]sonnage dramatique4 ,,*apitre ,,xxxvii ,de l'excution musicale4--,des rapports de la musique avec l'action dramatique4--,le ,monde o l'on s'ennuie4--,le ?tre de ,victor ,hugo4--,lucrce ,borgia4--,ruy ,blas4--,l',ami ,fritz4--,transport d'effet3 les ,rantzau4--,les rois en exil4 ,,*apitre ,,xxxviii ,dcad5ce de l'art dramatique4--,des conv5tions dans l'art classique4--,gr&eur de l'art idal4--,de l'volution dmocratique4--,c>actre de la s5sibilit du public4--,son jugem5t arti/ique4--,de l'cole rali/e4--,de l'esprit mod]ne4--,de l'individuel et de l'exceptionnel4--,causes d'avortem5t4 ,,*apitre ,,xxxix ,rle actuel de la mise en scne4--,la loi de conc5tration4--,du naturalisme mod]ne4--,de la puissance psy*ologique de la nature4--,la ralit e/ une cause =melle et non f9ale d'une volution dramatique4--,l',ami ,fritz4--,rapports de la mise en scne avec la conception potique4--,il ne faut jur] de ri54--,de l'imitation ?trale4 ,,*apitre ,,xl ,l'cole naturali/e au ?tre4--,la ?orie des milieux4--,des milieux gnrateurs4--,des milieux cont+5ts4--,conjonction de l'idal et du rel4--,la ,*>bonnire4--,du rel dans la p]spective ?trale4--,le ,pav de ,p>is4--,le naturalisme impos]ait des conditions n\velles l'ar*itecture ?trale4--,l'cole rali/e devra t5dre r$ev5ir une cole idali/e4