,,la ,,lutte ,,pour ,,la ,,sant ,,du ,m,,me ,,auteur ,considrations sur la folie paralytique ,paris1 ,j4-,b4 ,baillire1 #ahgd4 ,article pilepsie du ,dictionnaire encyclopdique des ,sciences mdicales 7#ahhf74 ,pratique de l'antisepsie dans les maladies contagieuses 7,prix ,stansky1 de l',acadmie de mdecine74 ,j4-,b ,baillire1 diteur 7#ahib74 ,traitement de la ,tuberculose par la crosote 7,couronn par l',institut1 ,prix ,brant74 #a vol4 in-#h1 ,rueff1 diteur1 #ahid4 ,en prparation3 ,psychothrapie et ,morale religieuse4 ,dr4 ,,burlureaux ,,professeur ,,agr,g ,,libre ,,du ,,val-,,de-,,grace ,,la ,,lutte ,,pour ,,la ,,sant ,,essai ,,de ,,pathologie ,g,n,,rale ,,paris #aijh ,a ,,mon ,,cher ,,lucien ,,claude ,,en ,t,,moignage ,,de ,,ma ,,vive ,,affection ,,et ,,en ,,souvenir ,,de ,,nos ,,causeries ,m,,dico-,,philosophiques ,,pr,,face ,la lutte pour la sant qui fait le sujet de ce livre n'est pas celle qu'ont entreprise1 et que poursuivent avec un succs toujours plus marqu1 nombre de ligues et socits philanthropiques4 ,certes1 personne n'admire plus que moi l'effort gnreux de ces socits4 ,qu'il s'agisse de combattre la mortalit infantile1 ou de rpandre et de faire appliquer les rgles de l'hygine1 ou encore d'enrayer l'extension de ces trois plaies sociales1 la tuberculose1 l'alcoolisme1 et la syphilis1 ce sont l des campagnes infiniment bienfaisantes2 et je considre comme un honneur d'avoir pu1 modestement1 prendre ma part de quelques-unes d'entre elles4 ,mais ct de cette grande lutte collective1 il y a une autre lutte pour la sant1 tout individuelle1 qui se livre tous les jours dans la vie de chacun de nous4 ,celle-l est une forme de la loi universelle de la lutte pour l'existence4 ,sans cesse1 depuis l'instant o nous naissons1 notre organisme tend maintenir ou rtablir cet quilibre de ses forces que l'on appelle la sant2 et sans cesse une foule d'influences1 intrieures ou venues du dehors1 tendent dtruire cet quilibre1 minemment instable4 ,ces influences varient l'infini1 suivant l'ge1 le sexe1 l'hrdit1 les conditions de la vie3 mais toutes travaillent1 en nous1 la mme fin2 et l'on peut dire que l'histoire entire de notre vie physique n'est que l'histoire des pripties de la lutte incessante qui se droule entre elles et la tendance naturelle de l'tre persvrer dans son tre4 ,et si1 parmi ces influences hostiles notre sant1 beaucoup ont un caractre fatal et invitable1 s'il y a malheureusement beaucoup de causes de maladie contre lesquelles nous sommes dsarms1 il y en a aussi un trs grand nombre qui peuvent tre vites1 ou combattues victorieusement4 ,toute la mdecine1 en fait1 ne consiste qu' aider la nature dans sa lutte contre elles4 ,mais la mdecine est moins une science qu'un art4 ,de la multiplicit des circonstances1 de la diversit des esprits1 il rsulte que chaque mdecin1 quand il est parvenu un certain point de sa carrire1 s'aperoit que l'ensemble de ses observations et de ses rflexions l'a amen se faire une exprience propre1 personnelle1 des conditions gnrales de la lutte pour la sant et des moyens d'aider l'organisme la bien conduire4 ,c'est le fruit de mon exprience particulire que j'ai essay de recueillir et de prsenter1 dans le livre que voici4 ,de longues annes de pratique mdicale m'ont donn l'occasion de voir1 sous des aspects trs varis1 la naissance et l'volution de la maladie4 ,j'ai aussi vu l'oeuvre bien des mthodes de traitement1 anciennes et nouvelles4 ,pntr1 ds le dbut1 de l'importance de la tche qui m'tait confie1 je me suis efforc de ne subir aucun parti pris d'cole ni de doctrine1 de ne rien rejeter ni de ne rien admettre sans l'avoir contrl1 de borner toujours mon ambition empcher ou soulager la souffrance par tous les moyens1--que l'ide de ces moyens me vnt de moi-mme ou d'autrui1 qu'ils fussent ou non approuvs par les autorits du moment1 qu'ils appartinssent la thrapeutique d'hier ou celle de demain4 ,et maintenant1 ayant parcouru dj une grande partie de ma route1 il m'a sembl que j'avais le devoir de faire profiter les autres de tout ce que mon exprience1 ainsi acquise1 pouvait contenir d'intressant et d'utile pour eux4 ,c'est dire que ce petit livre s'adresse tout le monde4 ,je n'ai pas voulu en faire une thse scientifique1 mais plutt quelque chose comme ces ,conseillers de la ,sant que l'on tait assur de trouver1 autrefois1 au chevet du lit de nos grands-parents4 ,laissant aux ouvrages spciaux l'tude des maladies accidentelles1 de ces chocs extrieurs o notre organisme est sans cesse expos1 je m'en suis tenu aux diffrentes manifestations de ce que j'appellerai1 d'un terme gnral1 la maladie1 en entendant par l cette rupture de l'quilibre normal de nos forces1 cette dprciation plus ou moins complte de notre capital biologique1 qui se produit1 tt ou tard1 dans l'existence de chaque crature humaine1 et s'exprime par une varit infinie de symptmes morbides4 ,j'ai essay d'indiquer les principales causes qui1 aux diffrents ges1 depuis l'enfance jusqu' la vieillesse1 risquent de compromettre ou de dtruire la sant2 et surtout j'ai essay de montrer1 au fur et mesure1 par quels moyens ces causes peuvent tre vites1 ou leurs mauvais effets heureusement rpars4 ,plusieurs de ces moyens tonneront peut-tre le lecteur1 accoutum aux complications savantes de la mdecine d'aujourd'hui2 et leur simplicit mme lui semblera peut-tre avoir quelque chose de rvolutionnaire4 ,c'est un danger que j'ai prvu1 et que1 certes1 je n'affronte pas de gat de coeur4 ,mais il n'y a pas une ligne de mon livre qui ne drive1 la fois1 d'une exprimentation mthodique et de rflexions patiemment mries4 ,si jamais l'on peut tre sr de quelque chose1 en une matire aussi variable et aussi dlicate1 je suis sr de l'efficacit des avertissements et des conseils qu'on trouvera ici4 ,puissent-ils seulement tre entendus1 et porter leur fruit6 ,ce livre tait dj sous presse lorsque j'ai reu l'intressant ouvrage de mon confrre et ami le ,dr4 ,sigaud sur ,les ,origines de la maladie 7#a vol4 ,maloine1 #aijf74 ,je regrette de n'avoir pas pu en citer certaines pages qui s'accordent avec les ides que j'ai moi-mme exprimes sur plusieurs points1 et1 notamment1 sur le danger qu'il y a attacher trop d'importance aux symptmes en pathologie4 ,,la ,,lutte ,,pour ,,la ,,sant ,,premi,,re ,,partie ,,chapitre ,i ,,le ,,capital ,,biologique ,l'hypothse joue1 dans les progrs do toutes les connaissances humaines1 un rle considrable2 ce n'est une nouveaut pour personne1 mais cette vrit nous a t rcemment rappele1 et expose avec une clart nouvelle1 par le remarquable travail de ,m4 ,poincar1 intitul3 ,la ,science et l',hypothse4 ,il y est dmontr que ni les mathmatiques1 ni les sciences physiques ou chimiques1 ne pourraient exister si elles n'avaient pour point de dpart des hypothses4 ,il y a1 dit ,m4 ,poincar1 plusieurs sortes d'hypothses3 les unes sont vrifiables1 et1 une fois confirmes par l'exprience1 deviennent des vrits fcondes2 les autres1 sans pouvoir nous induire en erreur1 peuvent nous tre utiles en fixant notre pense2 d'autres enfin 7comme le postulatum d',euclide7 ne sont des hypothses qu'en apparence1 et se rduisent des dfinitions et des conventions dguises4 ,plus encore que les sciences dites exactes1 les tudes biologiques ont besoin du secours de l'hypothse1 car c'est d'elles que l'on peut surtout dire que nous n'y savons le tout de rien4 ,sans avoir aucunement la prtention de bouleverser les sciences biologiques1 mais simplement pour m'aider fixer ma pense1 je demanderai1 mon tour1 qu'on m'accorde une sorte de postulatum1 qui nous aidera nous rendre compte de la plupart des phnomnes de la biologie et de la pathologie4 ,voici ce postulatum3 ,je supposerai que chaque tre1 en naissant1 reoit un certain capital d'nergie vitale1 de la valeur et de l'emploi duquel dpendront et sa sant1 et sa longvit3 un capital donnant des intrts variables suivant chaque individu et suivant chaque priode de la vie4 ,j'ajouterai que ce capital peut tre1 toute priode de la vie1 amoindri par une cause accidentelle1 et que les intrts qu'il produit sont galement variables aux diverses priodes de la vie4 ,or1 cette hypothse tant accorde1 l'objet du prsent travail sera d'tudier1 d'un bout l'autre de la vie1 la meilleure manire de faire valoir ce capital1 et de le dfendre contre les influences qui ne cessent pas de le menacer4 ,ces influences sont ce qu'on appelle les causes morbignes1 et leurs assauts sont ce qu'on appelle les maladies4 ,l'homme malade est donc1 dans notre hypothse1 celui qui vient de subir une de ces diminutions de son capital biologique3 d'o il rsulte que1 avant d'tudier le malade1 et les causes morbignes1 nous devons d'abord envisager le capital initial1 et les causes qui en font varier la valeur4 ,considr au point de vue thorique1 c'est--dire en ngligeant les influences qui peuvent le faire accidentellement diminuer1 le capital initial est comparable la force qui lance un projectile dans l'espace4 ,or1 les mathmaticiens savent exactement quelle doit tre la courbe parcourue par le projectile1 du moment qu'ils connaissent la vitesse initiale et la masse4 ,et pareillement nous pourrions1 nous aussi1 prvoir la courbe que suivra la sant d'un sujet1 si nous pouvions connatre exactement le capital de vie qu'il apporte en naissant4 ,mais le fait est que1 chez les diffrents tres humains1 le capital initial varie dans des proportions si normes que nous ne pouvons gure nous flatter d'en avoir une notion prcise4 ,pour des causes que nous chercherons analyser1 il y a des tres chez qui le capital initial est nul3 ce sont eux qui meurent en naissant1 ou un ou deux jours aprs leur naissance1 sans maladies ni lsions apprciables2 tels certains enfants de syphilitiques1 qui meurent parce qu'il n'ont pas la force de vivre4 ,a l'autre extrmit de l'chelle se placent les aristocrates de la sant1 dous d'un capital norme1 et qu'on voit atteindre des ges avancs sans avoir jamais t malades1 sans avoir jamais pris de prcautions spciales pour conserver leur sant4 ,ainsi1 j'ai connu1 non comme mdecin1 mais comme ami1 un gnral mort quatre-vingt-douze ans1 et qui n'avait jamais t arrt par la moindre indisposition4 ,on peut mme dire qu'il est mort sans maladie2 il a tout simplement cess de vivre1 comme le boulet1 arriv la fin de sa course1 cesse de progresser et rentre dans l'immobilit4 ,entre ces deux extrmes se trouve une varit infinie d'intermdiaires2 et l'on peut dire qu'il n'y a pas deux personnes ayant le mme capital biologique initial4 ,cependant les diffrences dans le capital initial ne sont pas si grandes qu'on ne puisse1 tout au moins1 en dterminer les causes principales1 dont l'tude se trouve tre1 ainsi1 d'une importance majeure4 ,ces causes peuvent tre groupes sous trois chefs3 #a ,les influences hrditaires2 #b ,la valeur actuelle des gnrateurs au moment de la conception2 #c ,les influences qui ont pu atteindre le produit pendant la gestation4 ,,chapitre ,,ii ,h,r,,dit ,l'hrdit tient une place considrable dans tous les problmes de la vie2 et1 comme l'indique bien l'tymologie du mot hoerere1 7tre attach71 tout tre vivant est reli un long pass ancestral4 ,les vgtaux eux-mmes n'chappent point cette loi3 le souci des horticulteurs n'est-il pas de crer1 par de savants procds de culture et d'habiles slections1 des types capables de transmettre par hrdit certaines qualits dveloppes8 ,ils y arrivent jusqu'au jour o1 quand ils ont voulu trop profondment ou trop vite forcer la nature1 la plante revient son tat sauvage1 ou demeure strile pour avoir t trop surmene4 ,et les mmes observations sont familires aux leveurs qui cherchent perfectionner les races d'animaux domestiques4 ,hrdit est donc un terme de physiologie signifiant que la constitution organique1 la manire d'tre physique ou mentale1 se transmet des parents aux enfants ou aux descendants4 ,l'hrdit se rencontre partout2 c'est elle qui constitue les grands traits de caractre si diffrents de chaque race2 c'est elle qui fait que les vertus1 les vices1 les passions1 les haines1 se transmettent dans le sein des familles aussi bien que la beaut1 la couleur des yeux1 la taille1 etc4 ,souvent elle est directe1 c'est--dire qu'elle provient du pre ou de la mre2 parfois elle saute une ou deux gnrations2 d'autres fois1 enfin1 elle est indirecte3 c'est le type d'un parent de la ligne collatrale qui prend la place4 ,mais il est rare que1 dans le cours de la vie1 elle ne se manifeste pas d'une manire quelconque4 ,le rle de l'hrdit a t reconnu de tout temps4 ,dans son langage imag1 la ,bible nous dit qu'il a encore les dents agaces1 celui dont l'anctre de la septime gnration a mang des raisins verts4 ,si cette parole tait l'expression exacte de la vrit1 elle serait bien dcevante1 car elle paralyserait tous les efforts destins lutter contre les tares ancestrales4 ,mais dj ,ezechiel avait nergiquement protest 7chap4 ,,xviii7 contre la fatalit des tares hrditaires2 et la vrit est que l'influence de l'hrdit est modifie grandement par la tendance qu'a tout tre vivant retourner son type primitif1 comme aussi par les influences du croisement1 en vertu desquelles l'un des gnrateurs peut rectifier la tare transmise par son partenaire4 ,ce n'est que quand les deux gnrateurs ont les mmes tares que l'hrdit svit avec son maximum d'intensit2 et alors non seulement les tares s'ajoutent1 mais elles semblent se multiplier l'une par l'autre1 au point de rendre l'enfant incapable de soutenir la lutte pour l'existence2 ou bien1 s'il vit1 il n'a pas la force de transmettre la vie4 ,ainsi s'teignent les familles par les maladies hrditaires1 moins qu'un des membres de la race dchue1 revenant pour ainsi dire au type primitif1 ne porte en lui une force de raction insouponne1--hritage peut-tre d'un pass plus lointain1--qui lui permette de reconstituer la famille4 ,telles sont les considrations gnrales qu'il m'a sembl utile d'indiquer1 parce qu'il en pourrait sortir un grand nombre de conclusions pratiques pour qui sait rflchir4 ,mais il faut prsent que j'insiste sur quelques dtails plus particuliers4 ,d'abord1 l'hrdit de la longvit4 ,il est des familles o l'on meurt vieux1 de pre en fils4 ,on dirait des horloges remontes pour sonner peu prs le mme nombre d'heures4 ,il est d'autres familles o tout le monde meurt jeune1 sans cependant qu'on puisse incriminer des maladies spciales4 ,pourquoi8 ,force est bien de le dire1 nous ne le savons pas4 ,notons1 en passant1 combien sont errones les thories qui attribuent l'homme moyen une longvit moyenne1 calcule d'aprs l'poque de la soudure des piphyses1 ou d'aprs la dure de la croissance3 suivant les calculs de ,flourens1 cette moyenne devrait tre de cent ans4 ,mais c'est l une simple vue de l'esprit1 qui ne repose sur aucune observation srieuse4 ,certes1 on peut tablir des moyennes4 ,c'est sur des moyennes de ce genre1 et sur le calcul des probabilits1 que sont bass les statuts des compagnies d'assurance4 ,de mme1 il n'est pas draisonnable de supputer la longvit probable d'un individu donn1 quand on est en mesure d'apprcier son capital biologique et la faon dont il sait s'en servir4 ,mais dire que l'homme est bti pour vivre cent ans1 parce que1 dans les espces animales1 la longvit a cinq fois la dure de la croissance1 et que1 chez l'homme1 la dure de la croissance est de vingt ans1 c'est tablir une thorie sur des bases absolument fragiles4 ,plus importantes encore que la plus ou moins grande longvit des parents1 sont1 pour nous1 certaines particularits de leur tat pathologique1 qui retentissent d'une faon souvent trs profonde sur la valeur de leurs enfants4 ,on sait1 par exemple1 les influences nfastes de l'alcoolisme hrditaire1 qui non seulement restreint la natalit1 mais condamne ceux qui naissent une mort rapide4 ,la syphilis ne rduit pas la natalit2 au contraire1 elle semble la favoriser1 et tout le monde connat1 en effet1 de ces nombreuses familles fauches par la syphilis hrditaire4 ,en vain les gnrateurs s'obstinent mettre au monde de nouvelles victimes3 aucune ne survit1 moins qu'un traitement mdical bien compris ne vienne mettre fin cette lamentable situation #a4 ,note #a3 ,je ne puis m'empcher de reconnatre1 dans cette polynatalit des hrdo-syphilitiques1 une affirmation de ce qu'on serait tent d'appeler la loi de protection des faibles4 ,n'est-il pas remarquable1 en effet1 que1 dans la nature1 les tres sans dfense luttent par leur polynatalit contre les causes de destruction auxquelles les expose leur faiblesse8 ,voyez dans le monde animal4 ,les animaux puissants1 arms pour la dfense ou pour la lutte1 sont toujours de mdiocres gnrateurs2 l'lphant1 par exemple1 ne donne naissance qu' un nombre trs restreint d'individus1 la femelle porte longtemps2 mme remarque pour le lion4 ,au contraire1 les animaux sans dfense1 se multiplient avec une rapidit qui les rend parfois redoutables3 tels les lapins d',australie4 ,il a suffi d'un couple import par hasard dans cette colonie pour que ces animaux se soient multiplis au del de toute mesure4 ,a l'heure qu'il est1 ils constituent encore un flau pour l'agriculture4 ,c'est que le lapin est un tre faible1 qui n'a de moyens ni d'attaque1 ni de dfense1 ne sachant que fuir et se cacher4 ,dans l'espce humaine1 combien ne voit-on pas de ces couples admirablement bien assortis1 de sant parfaite1 et qui n'ont pas d'enfants8 ,nous ne parlons pas de ceux qui n'ont qu'un ou deux1 enfants2 car ici intervient un autre facteur1 la restriction volontaire2 mais de ces mnages exemplaires1 o la venue d'un enfant serait une joie1 et qui restent striles1 sans que rien dans l'tat des conjoints explique cette strilit4 ,au contraire1 des gnrateurs de mdiocre valeur1 au point de vue de la sant1 mettent au monde de nombreux enfants1 qui bien souvent constituent pour eux une richesse ngative4 ,ces malheureux portent le beau nom de proltaires 7proles1 race74 ,mais que dis-je8 la loi de protection des faibles s'tend l'infini4 ,pourquoi nat-il plus de femmes que d'hommes8 ,pourquoi tel couple ne donne-t-il naissance qu' des filles1 tel autre qu' des garons8 ,c'est que1 dans le premier cas1 la valeur biologique de la mre tait sensiblement infrieure celle du pre4 ,quand il y a une disproportion marque entre les deux gnrateurs1 l'enfant qui nat a le sexe du gnrateur qui vaut le moins4 ,quand un homme vieux et us pouse une jeune femme pleine de vie et de sant1 l'enfant qui natra de leur union sera presque toujours un garon4 ,dans le monde vgtal1 la mme loi de protection des faibles s'observe pour qui sait ouvrir les yeux4 ,voyez les plantes sans dfense3 elles pullulent partout1 on les trouve sous toutes les latitudes1 toutes les altitudes2 au contraire1 celles qui se dfendent1 ont ce qu'on appelle en botanique des aires trs limites4 ,dans le monde minral lui-mme1 on observe la mme loi3 les mtaux qui se dfendent sont des mtaux rares1 et c'est prcisment parce qu'ils sont rares et incorruptibles 7mais non incorrupteurs7 que l'homme les a pris comme reprsentant la valeur du travail4 ,l'or1 par exemple1 que rien n'attaque1 est plus rare que les mtaux qui s'oxydent facilement1 tels que le fer1 le cuivre4 ,le diamant inaltrable1 qui dfie l'injure du temps1 est d'une raret qui lui donne tout son prix4 ,c'est de cette loi de protection des faibles1 faisant contrepoids aux lois darwiniennes 7slection1 adaptation aux milieux1 etc47 que rsulte un quilibre presque stable dans le monde des tres crs4 ,la syphilis est un des principaux facteurs de dgnrescence4 ,on commence seulement connatre l'tendue de ses ravages4 ,on sait aujourd'hui qu'elle se transmet aux enfants2 qu'elle les fait mourir avant leur naissance1 ou le jour mme de leur naissance2 qu'elle se traduit plus souvent encore1 dans les deux premiers mois qui suivent la naissance1 par des accidents contagieux2 que1 dans les premires annes de la vie1 elle entrane la mort par mningite 7mningite spciale que l'on prend trop souvent pour une mningite tuberculeuse1 et qui serait justiciable d'un nergique traitement anti-syphilitique74 ,on sait aussi que1 dans les cas exceptionnels1 la syphilis des gnrateurs provoque1 l'ge de huit1 dix1 quinze ans1 des dystrophies1 parfois des accidents tertiaires 7pilepsie1 gommes1 etc473 mais ce sont l des curiosits scientifiques4 ,ce qu'on ne sait pas encore1 c'est dans quelle proportion la syphilis des parents diminue la valeur biologique des enfants en apparence bien ns1 c'est son influence sur les produits de la deuxime et mme de la troisime gnration4 ,c'est l la science de l'avenir#b4 ,note #b3 ,nous ne voulons pas insister davantage sur les mfaits de la syphilis1 envisage en tant que pril social1 mais nous ne pouvons laisser passer l'occasion d'appeler l'attention du lecteur sur les efforts tents pour faire connatre au grand public ces tristes vrits4 ,il existe une ,socit internationale de prophylaxie sanitaire et morale contre les maladies vnriennes1 sigeant ,bruxelles1 et ayant comme filiales des socits franaises1 allemandes1 etc41 qui toutes poursuivent un but commun3 faire connatre les mfaits des maladies vnriennes1 les teindre dans la mesure du possible et par tous les moyens possibles4 ,la socit franaise est certainement l'une des plus actives3 sous la vigoureuse impulsion de son prsident1 ,m4 le professeur ,fournier1 elle a dj fait beaucoup depuis cinq ans qu'elle est fonde4 ,elle a tudi la syphilis dans l'arme1 dans la marine1 les colonies1 dans les populations ouvrires2 la syphilis des nourrices et des nourrissons2 la syphilis et le mariage1 etc4 ,grce elle1 l'opinion publique commence s'intresser au redoutable problme1 on ose envisager en face la syphilis1 on ose prononcer son nom1 et tout fait esprer que l'action de la ,socit de prophylaxie sera au moins aussi utile que celle des ligues contre l'alcoolisme et la tuberculose4 ,car1 en ralit1 que peut-on contre l'alcoolisme8 ,rien tant qu'on ne modifiera pas nos lois et nos moeurs4 ,que peut-on contre la tuberculose8 ,presque rien1 tant qu'on ne changera pas notre tat social1 tant qu'il y aura l'affreuse misre et la promiscuit4 ,tandis qu'on peut beaucoup contre la syphilis1 maladie vitable s'il en fut1 maladie essentiellement curable4 ,mais il faut la faire connatre dans tous les milieux1 son danger provenant de l'ignorance4 ,c'est surtout contre cette ignorance que lutte la ,socit franaise de prophylaxie sanitaire et morale laquelle devraient tre affilis tous les gens de bien1 toutes les personne soucieuses de l'avenir de la nation4 ,l'hrdit tuberculeuse est-elle aussi redoutable qu'on se plaisait le dire8 ,non4 ,voil1 du moins1 ce qu'affirment la science exprimentale et l'observation des jeunes animaux issus de gnrateurs tuberculeux4 ,mais1 dans la pratique1 il serait sage de se conduire comme si la tuberculose tait hrditaire3 #a parce que les enfants de tuberculeux sont1 par cela mme qu'ils vivent dans un milieu contamin1 exposs la contagion#c2 #b parce que l'enfant1 s'il n'hrite pas do la tuberculose1 hrite incontestablement de la prdisposition devenir tuberculeux4 ,il ne nat pas tuberculeux1 mais il nat tuberculisable3 de sorte que1 au point de vue scientifique1 l'apprhension qu'avaient nos pres au sujet de l'hrdit de la tuberculose tait parfaitement lgitime4 ,note #c3 ,le souci de soustraire au milieu contamin les enfants de tuberculeux a inspir au professeur ,grancher une ide gniale3 c'est de prendre1 dans les familles de tuberculeux1 les enfants encore sains1 pour les faire lever la campagne dans des familles saines4 ,c'est ce que ralise l',oeuvre de prservation de l'enfance contre la tuberculose4 7,sige social1 #d rue de ,lille47 ,c'est une oeuvre scientifique1 puisque1 suivant le prcepte de ,pasteur1 elle cherche sauver la race en sauvant la graine4 ,c'est une oeuvre pratique2 elle a fait ses preuves1 et elle ne peut pas satisfaire au dixime des demandes des parents tuberculeux1 qui commencent comprendre la ncessit de se sparer de leurs enfants encore sains pour les confier des familles de braves gens dsignes par l'oeuvre1 surveills par ses mdecins1 et offrant toutes garanties de moralit4 ,cette ,oeuvre1 bienfaisante plusieurs titres1 est en outre conomique3 chaque pupille ne cote en effet qu'un franc par jour1 parce que tous les dvouements sont gratuits4 ,cette faible somme d'un franc1 bien employe1 sans aucune fuite1 sert ainsi les intrts de deux familles et sauve la vie d'un enfant4 ,l'hrdit du cancer est loin d'tre dmontre4 ,tout est obscur dans la question du cancer3 son tiologie1 ses modes de transmission1 ses varits d'volution2 et la thrapeutique se ressent de toutes ces incertitudes1 malgr les belles promesses de la srothrapie1 de la vaccination anti-cancreuse1 et de la radiothrapie4 ,en rsum1 l'hrdit est le principal facteur de la valeur biologique des individus4 ,chacun1 de par son hrdit1 nat avec une valeur diffrente3 l'invitable ingalit sociale existe non seulement le jour de la naissance1 mais le jour mme de la conception4 ,c'est encore l'hrdit qu'il faut attribuer la diffrente valeur des diffrents organes4 ,beaucoup naissent avec un organe plus faible que les autres1 de par la tare ancestrale2 et le clinicien doit tenir compte de l'existence de ces points faibles1 lorsqu'il se trouve en face d'un malade quelconque4 ,les organes qui subissent le plus notablement la tare hrditaire sont3 le systme nerveux1 le coeur1 et les reins4 ,a7 ,les tares nerveuses se transmettent avec une constance redoutable2 et c'est juste titre qu'on craint les alliances avec des sujets dont les parents sont entachs d'alination mentale1 ou de nervosisme exagr4 ,il ne faut pas1 cependant1 pousser cette terreur de l'hrdit nerveuse des limites excessives3 car1 ainsi que je l'ai dit1 nous devons compter avec une sorte de tendance naturelle en vertu de laquelle l'tre naissant est dbarrass de sa tare ancestrale2 l'hrdit n'est jamais absolument fatale4 ,et nous devons prvoir aussi les attnuations que peuvent amener les croisements4 ,ainsi l'hrdit nerveuse du pre peut trs bien tre attnue par le bon quilibre nerveux de la mre1 le croisement bien compris entranant une sorte de rgnration4 ,enfin1 il est certaines maladies nerveuses qui ne se transmettent jamais par hrdit3 telle la paralysie gnrale des alins4 ,de ce qu'un homme est mort dans un asile1 par le fait de la paralysie gnrale1 il ne faut pas conclure que ses descendants soient menacs de folie1 ou mme de tares nerveuses4 ,le paralytique gnral a pris la maladie uniquement pour son compte1 et il ne la transmet pas plus que ne transmettrait sa tare nerveuse un homme qui serait1 accidentellement1 empoisonn par le plomb4 ,tout ce qu'on peut dire du paralytique gnral1 c'est que1 neuf fois sur dix1 c'est un syphilitique1 et que sa descendance peut tre entache de syphilis au mme titre que la descendance d'un syphilitique quelconque4 ,b7 ,l'hrdit des cardiopathies est galement trs intressante tudier3 elle n'est pas assez connue4 ,il y a des familles dans lesquelles tous les membres succombent aux affections cardiaques4 ,c'est donc que1 l1 les enfants apportent1 en naissant1 un point de plus faible rsistance du ct du coeur4 ,chose curieuse3 dans ces familles1 la lsion cardiaque ne devient perceptible1 chez ses divers membres1 qu' des ges plus ou moins avancs4 ,vers trente ans1 l'un d'eux prouvera de l'arythmie1 suivie1 six ou sept ans plus tard1 de myocardite sclreuse4 ,un autre1 tout en ayant le coeur sain l'auscultation1 succombera par le coeur1 dans le cours d'une pneumonie4 ,la maladie tait au poumon1 et le danger au coeur 7,huchard74 ,un troisime membre mourra cinquante ans1 son quatrime accs d'angine de poitrine1 sans qu'aucun des trois ait jamais eu la moindre attaque de rhumatisme articulaire1 ou autre affection capable de dterminer des lsions cardiaques4 ,enfin un quatrime aura de la tachycardie paroxystique4 ,et tout cela parce que la mre des quatre enfants aura eu1 avant la naissance du premier1 le coeur touch accidentellement par le rhumatisme2 je connais mme une famille o l'hrdit remonte deux gnrations3 presque tous les membres de cette famille sont des cardiopathes4 ,c7 ,le rle de l'hrdit pathologique rnale mrite d'tre signal au mme titre4 ,on connat l'albuminurie hrditaire et familiale3 mais les rcents travaux de ,,mm4 ,castaigne et ,rathery 7#aijd7 ont dmontr1 en outre1 qu'une mre atteinte de nphrite donne naissance des enfants dont les reins sont moins rsistants aux infections et aux intoxications1 ou mme sont altrs au point d'entraner la mort ds les premiers jours de la vie4 ,de plus1 chacun nat avec une prdominance de tel ou tel systme organique4 ,chez les uns1 c'est le systme nerveux qui prsente un dveloppement hors de proportion avec les autres systmes organiques2 chez d'autres1 c'est le systme musculaire4 ,ni les uns ni les autres ne sont1 proprement parler1 des malades1 ni mme des candidats la maladie2 ils peuvent avoir un excellent capital biologique4 ,mais1 pour le faire valoir1 il ne faut pas commettre de fautes dans la direction leur conseiller4 ,et nous retrouverons cette importante donne quand nous parlerons des grands problmes de l'ducation4 ,est-ce encore l'hrdit qu'il faut attribuer cette singulire prdominance d'un des cts du corps sur l'autre que l'on observe chez la plupart des malades8 ,en gnral1 c'est le ct gauche qui est le plus faible2 c'est lui qui est le sige des nvralgies1 des pneumonies1 des misres varies que les malades accusent2 c'est lui qui est le plus faible au dynamomtre2 et tout le monde sait que la main gauche est1 en gnral1 moins habile que la main droite2 le langage courant traduit cette infriorit1 en faisant de gauche le synonyme de malhabile4 ,chez d'autres1 au contraire1 c'est le ct droit du corps qui est le sige de toutes les douleurs nvralgiques1 rhumatismales1 sans pour cela que ces malades soient gauchers4 ,j'avoue ne pas avoir recherch la part de l'hrdit dans cette rpartition ingale de l'influx nerveux1 que je ne fais que signaler en passant4 ,mais ce qui rsulte de tout ce que nous venons de voir1 et qui doit en former pour nous la conclusion pratique1 c'est que1 pour difficile que soit la connaissance prcise de l'hrdit d'un sujet1 peut-tre n'y a-t-il pas de point sur lequel l'attention du clinicien doive se porter plus soigneusement6 ,en prsence d'un malade1 notre premier effort doit tre de dterminer ce qu'il a pu recevoir de ses parents2 et les rsultats de cette premire enqute doivent toujours nous tre prsents l'esprit1 tout dans le cours de la vie pathologique du sujet1 mais surtout quand nous aurons diriger sa sant4 ,,chapitre ,,iii ,,conception ,l'influence de la valeur actuelle des gnrateurs1 au moment de la conception1 est peine souponne1 et le fait est qu'il serait bien difficile de la dmontrer2 elle doit tre1 cependant1 considrable1 et il y a tout lieu de croire que la valeur d'un individu natre varie du tout au tout selon qu'il a t conu dans de bonnes ou de mauvaises conditions4 ,depuis longtemps1 les mdecins protestent contre les voyages de noces4 ,on ne saurait trop faire campagne contre cette coutume1 tout au moins antihyginique4 ,considrez1 en effet combien s'accumulent les conditions dplorables pour la procration1 chez deux conjoints dont le systme nerveux a t mis l'preuve par les proccupations prmonitoires du mariage1 par la fatigue des journes consacres sa clbration1 par les motions insparables de cet acte important de la vie6 ,et voil ces jeunes gens qui1 aussitt aprs1 se pressent pour un voyage lointain1 qui s'exposent des fatigues de toute sorte1 la dplorable alimentation de l'htel1 qui s'infligent le souci de changer de rsidence tous les jours1 etc46 ,c'est dans ces conditions que1 sans recueillement1 la lgre1 ils accomplissent l'acte qui doit donner la vie4 ,dans d'autres milieux moins favoriss1 l'acte conjugal s'opre la suite de repas copieux1 dans des conditions non moins dplorables4 ,pour combien ne faut-il pas compter aussi l'motion de la jeune femme1 trop souvent surprise par les conditions nouvelles de l'existence qu'elle a adopte1 ou qui lui a t impose8 ,comme le disait le professeur ,pinard3 ,en plein ,x,xe sicle1 nous procrons comme les hommes des cavernes4 ,que faire tout cela8 ,c'est dj quelque chose que d'appeler l'attention sur un mal dont presque personne ne souponne l'importance1 en dehors du monde mdical4 ,les remdes viendront1 pour ainsi dire1 d'eux-mmes1 partir du jour o l'on connatra le danger4 ,appelons aussi l'attention sur un point dlicat3 sur la ncessit de faire l'ducation de la jeune fille1 pour qu'elle sache ce qu'est le grand acte de la procration4 ,je vois d'ici les mres franaises frmir1 et s'armer en guerre les bataillons de ceux qui confondent la pudeur avec la pudibonderie4 ,nul doute1 cependant1 qu'il y ait une rforme oprer dans nos moeurs1 cet gard1 et dans tous les milieux sociaux4 ,et pourquoi ne pas rappeler ce que dit la ,bible1 dans le livre de ,tobie1 chapitre ,,vii8 ,le fils du vieux ,tobie1 sur le conseil de l'ange ,raphal1 allait pouser ,sara1 fille de ,raquel1 laquelle avait vu mourir subitement ses sept premiers maris1 aussitt qu'ils s'taient approchs d'elle2 et1 pour lui viter pareil sort1 l'ange donnait au jeune homme les conseils suivants3 ,lorsque des personnes s'engagent tellement dans le mariage qu'elles bannissent ,dieu de leur coeur et de leur esprit et qu'elles ne pensent qu' satisfaire leur brutalit1 comme les chevaux et les mulets qui sont sans raison1 le dmon a pouvoir sur elles4 ,mais pour toi1 aprs que tu auras pous cette fille1 tant entr dans la chambre1 vis avec elle en continence pendant trois jours1 et ne pense autre chose qu' prier ,dieu avec elle6 ,la troisime nuit tant passe1 tu prendras cette fille1 dans la crainte du ,seigneur1 et dans le dsir d'avoir des enfants plutt que par un mouvement de passion1 afin que vous ayez part la bndiction de ,dieu4 ,dans le cours de la vie conjugale1 on ne prend pas1 pour procrer1 plus de prcautions qu' l'poque des premires ardeurs2 c'est galement une faute dont se ressent le produit de la conception4 ,il y aurait faire tout un trait sur l'hygine de la procration4 ,ce trait1 conu dans un esprit large1 libral1 scientifique1 qui tiendrait compte de tous les lments du problme1 c'est--dire non seulement du point de vue mdical1 mais aussi de l'lment passionnel1 rpondrait un vritable besoin4 ,et un chapitre1 et l'un des plus importants1 devrait y tre consacr au traitement prventif de la syphilis hrditaire4 ,combien d'hommes atteints de syphilis huit ans1 dix ans avant leur mariage1 ignorent les bienfaits d'un traitement spcifique1 qu'ils suivraient deux ou trois mois avant de se marier1 pour prserver leurs enfants de la terrible maladie6 ,combien peu de mdecins pensent instituer ce traitement prventif1 alors mme qu'ils savent que le gnrateur a eu la syphilis6 ,mais je ne sauvais m'tendre ici davantage sur ce sujet4 ,,chapitre ,,iv ,,gestation ,sur les influences qui atteignent l'enfant pendant la gestation1 nous n'avons aucune donne prcise fournir4 ,nous n'avons pas remarqu1 par exemple1 qu'une mre ayant eu une grossesse pnible1 voire mme des vomissements incoercibles1 donnt naissance un enfant plus spcialement faible2 inversement mme1 bien des femmes d'une sant mdiocre ont des grossesses superbes4 ,j'tonnai fort une malade1 un jour1 en lui disant qu'elle ne devait aller bien que pendant ses grossesses4 ,c'est qu'elle avait de la ptose abdominale1 et que la grossesse devait lui produire l'effet d'une sangle1 en soutenant les organes4 ,mais il n'est gure vraisemblable qu'un tat de sant aussi artificiel1 et aussi transitoire1 soit1 pour le produit de la conception1 un brevet de sant future4 ,par contre1 les maladies de la mre pendant la grossesse ont une influence bien connue sur la valeur de l'enfant natre4 ,quand elles ne provoquent pas l'avortement1 elles impriment l'enfant une tare4 ,j'ai observ1 cet gard1 un fait bien suggestif4 ,une jeune femme1 au quatrime mois de sa premire grossesse1 avait eu une appendicite si nettement caractrise que le confrre qui devait l'accoucher1 et moi-mme1 avions t sur le point de provoquer l'intervention d'un chirurgien4 ,la malade avait pu1 cependant1 tre traite mdicalement3 mais l'enfant1 n terme1 a prsent ds sa naissance une intolrance intestinale vritablement anormale4 ,une premire nourrice1 choisie par l'accoucheur1 lui a donn un lait qui a sembl trop fort1 car l'enfant a eu1 ds le deuxime jour1 de la diarrhe verte et des vomissements4 ,dans l'espace de quatre semaines1 trois autres nourrices1 toujours choisies avec le plus grand soin1 n'ont pas eu plus de succs3 chaque nouvelle nourrice1 vomissements1 fivre ardente1 diminution rapide du poids4 ,mais1 pendant qu'on cherchait grand prix des nourrices idales1 on tait bien oblig de donner l'enfant du simple lait de vache coup2 alors il allait mieux1 la fivre tombait1 le poids augmentait trs vite1 la vie revenait3 de telle sorte que1 aprs ces quatre tentatives d'allaitement par le lait de femme1 l'accoucheur me dit3 ,mais enfin1 pourquoi s'obstiner trouver une nourrice8 ,cet enfant a probablement un intestin extrmement dlicat1 cause de l'appendicite de sa mre pendant la gestation2 donnons-lui simplement du lait strilis coup6 ,et il eut raison2 grce d'infinies prcautions1 une surveillance mthodique1 l'enfant put tre lev4 ,il est bien clair qu'en rapportant ce fait je n'entends pas faire le pangyrique de l'allaitement artificiel3 je ne le cite que pour prouver comment la maladie d'un organe de la mre pourrait bien avoir une rpercussion sur le fonctionnement du mme organe1 chez l'enfant qu'elle porte en son sein4 ,ce que l'on sait encore1 c'est que les motions de la mre1 pendant la grossesse1 peuvent avoir un retentissement sur la qualit du produit4 ,et de l drive le devoir strict1 pour la socit1 de protger la femme enceinte4 ,quelques philanthropes l'ont bien compris2 mais cette notion n'a pas assez pntr dans nos moeurs1 et l'on peut dire que c'est un scandale1 pour une nation civilise1 de voir le peu qui est fait pour assister la femme enceinte1 pour lui pargner les soucis de l'avenir prochain et les fatigues des derniers jours de la gestation4 ,un mot1 enfin1 sur les enfants ns avant terme4 ,s'ils naissent avant terme par le fait de la maladie des gnrateurs1 de la syphilis par exemple1 leur valeur biologique est sensiblement rduite1 et peut mme tre rduite zro4 ,mais s'ils naissent avant terme accidentellement1 par exemple la suite d'une chute de leur mre1 ou d'une intervention obsttricale raisonne1 leur sort est beaucoup moins compromis qu'on ne le croit dans le public non mdical4 ,le tout est de leur assurer une temprature qui se rapproche de celle qu'ils avaient dans le sein maternel4 ,pour ce faire1 les inventeurs ont multipli les modles de couveuses artificielles4 ,ces appareils1 certes1 peuvent rendre des services2 mais il ne faut pas oublier qu'on peut trs bien s'en passer1 en prservant l'enfant du froid1 ce qui s'obtient3 #a en chauffant convenablement sa chambre1 et en l'entourant de boules d'eau chaude2 et #b en sachant l'alimenter ds sa naissance4 ,ce second problme est difficile2 pour le rsoudre1 il faut se rappeler une grande loi que nous retrouverons plusieurs fois dans le cours de cette tude1 et qui consiste proportionner la valeur nutritive de l'aliment1 et le nombre de prises alimentaires1 la puissance de l'estomac4 ,chez l'enfant n avant terme1 on donnera donc1 toutes les demi-heures1 une cuillere caf de lait1 coup de #b_/c d'eau bouillie sucre4 ,l'enfant va natre2 quel prjudice lui cause l'accouchement au forceps8 ,nous ne pouvons pas nous dfendre de redouter1 pour notre part1 la compression colossale qu'impose l'application du forceps la masse crbrale de l'enfant4 ,mais l'tude approfondie de cette question1 qui aurait pourtant de quoi intresser les neurologistes1 n'a pas encore t faite1 notre connaissance du moins1 d'une faon suffisante4 ,en tout cas1 on est en droit de considrer comme coupable une intervention au forceps faite pour gagner du temps1 ou pour faire valoir l'importance des soins obsttricaux4 ,,chapitre ,v ,,les ,,influences ,,morbig,,nes ,,et ,,les ,,symptomes ,,morbides ,l'enfant est n2 il vaut ce qu'il vaut4 ,personne ne le sait1 sauf dans les cas extrmes o il vient au monde avec des apparences tellement misrables que1 ds son premier vagissement1 son infriorit saute aux yeux2 c'est ce qui arrive chez les hrdo-syphilitiques1 et rien n'est aussi navrant que l'apparition du petit monstre aux lieu et place d'un enfant bien vivant1 attendu avec une lgitime impatience4 ,il faut avoir assist ce spectacle pour en comprendre la poignante horreur4 ,tout le monde1 sauf la mre1 s'accorde alors penser qu'il vaudrait mieux que l'enfant ne ft pas n4 ,mais1 en dehors de ces cas1 il est impossible de savoir le capital de vie que l'enfant apporte avec lui2 c'est son secret1 qu'il gardera pendant toute la dure de son existence1 mais que le mdecin parviendra cependant deviner en partie1 s'il sait fouiller l'hrdit de son malade et s'inspirer des quelques principes que nous avons esquisss grands traits dans le chapitre prcdent4 ,l'enfant est n3 toute sa vie1 dsormais1 va tre une lutte pour la sant1 une suite d'efforts1 volontaires ou instinctifs1 pour dfendre son capital naturel de sant contre les influences morbignes qui vont le guetter chaque pas4 ,ces influences morbignes1 que l'tre vivant va rencontrer sur sa route1 depuis le jour de sa naissance jusqu' la fin de sa carrire1 nous allons tout de suite les esquisser grands traits4 ,au dbut1 nous avions assimil1 pour les besoins de la thorie1 l'tre humain un projectile lanc dans l'espace avec une vitesse initiale dtermine2 mais1 tandis que le projectile parcourt une courbe mathmatique1 qu'on appelle une parabole1 la courbe volutive de l'tre humain est une courbe irrgulire qui flchit chaque fois qu'une influence morbigne survient1 puis remonte pour osciller de nouveau1 puis flchir dfinitivement partir d'un certain moment de la vie que nous appellerons le dbut de la priode de dclin1 et toujours avec des oscillations amplitude de moins en moins considrable1 jusqu'au moment o toutes les rserves se trouvent puises4 ,la mort peut encore interrompre brusquement la courbe volutive2 c'est ce qui arrive quand la brche faite au capital est irrparable1 soit cause de l'importance de l'assaut perturbateur1 soit cause de l'insuffisance des rserves1 ou bien quand ces deux influences se combinent2 et le nombre de leurs combinaisons est incalculable4 ,la varit des causes morbignes est elle-mme infinie2 mais la nature n'a qu'un nombre limit de moyens pour exprimer ses plaintes1 de sorte que les causes les plus varies peuvent se traduire par les mmes symptmes4 ,aussi accordons-nous relativement peu de valeur l'tude du symptme4 ,les symptmes s'associent de mille et une faons1 pour constituer autant dformes morbides diffrentes4 ,que dis-je8 ,il n'est pas deux malades qui se ressemblent1 ,ce n'est que pour la facilit de l'tude que les pathologistes ont cr des cadres posologiques2 mais on comprend assez que ces cadres devraient tre aussi lastiques que possible4 ,le vrai mdecin1 aprs s'en tre servi pour faire d'excellentes tudes1 ne craindra pas1 dans la pratique1 d'en faire abstraction1 de penser et d'agir comme si les cadres n'existaient pas4 ,et un moment viendra mme1 quand son exprience clinique sera suffisante1 o il aura tout intrt faire table rase des notions qu'il a pniblement accumules par un travail assidu et prolong2 tout comme l'architecte1 qui1 une fois la construction termine1 fait enlever les normes chafaudages qui avaient t ncessaires la construction de l'difice4 ,certes1 l'tude approfondie des symptmes morbides est indispensable au clinicien1 et l'on ne saurait apporter trop de soins connatre1 dans tous leurs dtails1 les divers troubles de la sant4 ,mais il y a un cueil3 c'est que1 la thorie du moindre effort s'appliquant naturellement l'esprit humain1 on a une tendance involontaire attribuer aux symptmes une influence pathologique qu'ils n'ont pas2 en d'autres termes1 ce qui n'est en ralit qu'une manifestation morbide devient1 trop aisment1 dans l'esprit du mdecin1 la cause de la maladie4 ,prenons comme exemple la constipation3 ce n'est en ralit qu'un symptme1 et qui peut se trouver chez une foule de malades diffrents4 ,nous ne parlons pas1 bien entendu1 de ceux chez qui elle est d'origine mcanique 7cancer du rectum1 de l'iliaque1 etc474 ,un mot cependant1 en passant1 pour dire que le mdecin a le tort de ne pas assez penser ces causes mcaniques1 et de traiter par des moyens mdicaux des malades dont une intervention chirurgicale aurait pu prolonger la vie ou attnuer les souffrances4 ,mais chez les malades qui ne sont pas tributaires de la chirurgie1 n'est-il pas vrai que la constipation est un symptme banal1 pouvant tre attribu une foule de causes8 ,parfois1 elle est due des lsions d'organes lointains1 par un mcanisme rflexe long circuit1 suivant l'ingnieuse expression de ,m4 ,mathieu 7appendicite chronique1 lsions utrines1 etc474 ,d'autres fois1 et plus souvent encore1 elle est due un trouble profond du systme nerveux1 qui1 avant l'apparition de la constipation1 avait traduit son malaise par des plaintes varies4 ,d'autres fois1 elle apparat brusquement1 en mme temps que l'entro-colite sa compagne1 la suite d'un choc brutal1 moral ou traumatique4 ,de plus1 tout le monde sait qu'elle peut tre due tantt un manque1 tantt un excs d'exercice musculaire4 ,les hommes qui ont besoin de beaucoup d'exercice1 s'ils n'en ont pas assez1 deviennent1 suivant les prdispositions hrditaires1 ou des crbraux1 ou des goutteux1 ou des lithiasiques1 mais toujours des constips3 et leur constipation disparat a partir du jour o l'on a trouv le dosage prcis de l'exercice qui leur convient4 ,inversement1 les hommes qui prennent trop d'exercice deviennent dyspeptiques et constips1 et le lit est leur meilleur laxatif4 ,enfin la constipation peut tenir une erreur de rgime1 soit l'abus du lait 7le cas est frquent71 soit l'usage abusif de la viande3 alors le rgime semi-vgtarien serait indiqu1 et il suffit de changer de rgime pour voir disparatre la constipation4 ,la constipation n'est donc qu'un symptme4 ,certes1 en vertu de la synergie des fonctions1 des rpercussions distance1 en vertu de ce principe que le systme nerveux abdominal a des relations intimes avec le systme nerveux central1 que1 d'une faon plus gnrale1 le trouble d'un dpartement quelconque du systme nerveux retentit sur les autres dpartements1 la constipation1 bien que symptomatique1 contribue dans une certaine mesure entretenir la maladie1 ne ft-ce que par la proccupation qu'elle cause au malade1 et qui peut dgnrer quelquefois en vritable obsession4 ,mais ce qu'il faut se rappeler1 quand on aborde le problme thrapeutique1 c'est que le systme nerveux est une chane sans fin4 ,or1 si l'on veut bien nous accorder que la solidit d'une chane est gale celle du plus faible de ses anneaux1 on comprendra l'importance qu'il y a rechercher quel est l'anneau le plus faible2 en d'autres termes1 quelle est la partie du systme nerveux qu'il faut viser et consolider1 pour gurir le constip mdical4 ,il n'y a donc pas de remde contre la constipation1 et1 pour l'atteindre1 il faut atteindre la maladie1 dont elle constitue une des manifestations les moins importantes et1 disons-le tout de suite1 les plus faciles faire disparatre4 ,oui1 duss-je sembler paradoxal1 j'affirme que la constipation est1 de tous les symptmes observs chez le constip mdical1 celui qui disparat le plus vite4 ,prenez un malade qui souffre1 depuis des annes1 de ces misres varies qu'on est convenu de dsigner sous le nom un peu vague de neurasthnie1 et parmi lesquelles la constipation joue un rle capital2 aprs enqute minutieuse1 trouvez la formule exacte de son rgime1 et par rgime je n'entends pas seulement le rgime alimentaire1 mais la rglementation minutieuse de sa vie1 le dosage de son exercice et de son travail crbral1 etc42 supprimez les agents thrapeutiques qui entretiennent la maladie 7douches froides1 exercice forc1 mdicaments varis1 dite lacte72 supprimez surtout les influences qui entretiennent le trouble nerveux de son intestin1 savoir les purgatifs1 lavages grande eau1 etc43 et vous serez tonn de voir la constipation disparatre1 avant mme toutes les autres misres4 ,le malade vous dira1 au bout de huit jours3 ,chose curieuse1 docteur1 je souffre encore de la tte1 de l'estomac1 du dos1 d'une faiblesse extrme1 mais je commence retrouver le sommeil1 et surtout je vous suis bien reconnaissant parce que ma constipation1 si rebelle1 est presque entirement vaincue4 ,je n'ai presque plus de peaux dans les selles1 et je commence reprendre confiance4 ,a partir de ce moment prcis vous tenez le malade1 il a en vous une foi aveugle1 et1 si vous continuez le soigner mthodiquement1 si surtout des influences trangres ne viennent pas contrecarrer la vtre1 si le malade est assez intelligent pour s'abandonner entirement votre direction1 vous lui rendrez1 peu peu1 la sant4 ,il aura des rechutes invitables3 mais lui annoncer l'avance ces rechutes1 c'est consolider sa foi4 ,il aura aussi des rechutes1 plus ou moins importantes1 chaque fois qu'il s'cartera de la ligne trace par vous3 s'il commet un cart de rgime1 un excs d'exercice1 ou s'il a une commotion morale1 l'odieuse constipation reparatra1 accompagne d'tat gastrique1 de douleurs abdominales1 de glaires sanguinolentes1 de fivre quelquefois2 mais ce sera pour le bien du malade1 si vous parvenez lui faire toucher du doigt la cause de cette rechute1 et lui faire comprendre que cette rechute tait vitable4 ,si nous prenions une autre manifestation morbide quelconque1 nous verrions qu'elle appartient1 de mme1 une foule d'affections4 ,le mal de tte1 par exemple1 ne se rencontre-t-il pas dans les cas les plus varis1 n'est-il pas produit par les influences les plus diverses8 ,heureusement pour les malades1 il n'est encore venu l'ide de personne de trouver un remde applicable tous les cas de mal de tte4 ,nous en connatrions un1 par hasard1 que nous nous garderions bien de le divulguer3 car1 si la mdecine du symptme est dtestable au point de vue de l'tude nosographique1 elle l'est encore plus au point de vue thrapeutique4 ,mais qu'on lise une monographie quelconque sur un symptme1 ou un ensemble de symptmes 7ce qu'on appelle un syndrome73 on y trouve toujours en germe la pathologie tout entire4 ,ainsi dans mon article ,epilepsie du ,dictionnaire ,encyclopdique1 j'ai essay de montrer combien il faut se mfier des cadres trop rigides1 si l'on veut avoir une conception nette de l'pilepsie1 et une thrapeutique utile des pileptiques4 ,de mme1 en lisant ces jours-ci une intressante tude du ,dr ,baraduc sur l'entro-colite et son traitement ,chatel-,guyon1 j'y voyais une conception qui se rapproche grandement de la mienne4 ,qu'on en juge par les quelques lignes que voici3 ,l'entro-colite muco-membraneuse est un syndrome clinique dpendant d'un trouble fonctionnel du grand sympathique abdominal1 des causes nombreuses et varies tant capables de retentir sur les plexus intestinaux et de troubler leur dynamisme4 ,mais aucune de ces causes n'est suffisante1 elle seule1 pour produire l'entro-colite4 ,il faut de toute ncessit une prdisposition spciale du systme nerveux1 et plus particulirement du sympathique abdominal1 se troubler aux chocs qu'il reoit4 ,cette prdisposition ncessaire spciale1 le plus souvent hrditaire1 est l'apanage des neuro-arthritiques4 ,si l'auteur voulait bien avouer seulement que cette expression de neuro-arthritiques ne fait que dissimuler notre ignorance1 nous serions tout fait d'accord avec lui4 ,en rsum1 si le mdecin doit bien connatre dans tous leurs dtails1 sous tous leurs aspects1 dans leurs moindres nuances1 les manifestations morbides1 il doit surtout chercher leur pathognie1 et ne pas s'hypnotiser sur tel ou tel symptme4 ,en un mot1 il doit voir de haut pour voir loin1 condition toutefois de ne pas se perdre dans les nuages4 ,quelquefois1 tous les systmes organiques sont troubls la fois sous l'influence d'une cause morbigne4 ,c'est ce qui arrive1 par exemple1 la suite d'un choc traumatique violent1 ,on voit1 du jour au lendemain1 le bless devenir la fois dyspeptique1 dsquilibr abdominal1 constip avec entrite muco-membraneuse1 dsquilibr crbral2 et il peut rester longtemps dans ce misrable tat qu'on dsigne sous le nom d'hystro-neurasthnie traumatique4 ,la fivre typhode1 la grippe infectieuse1 impressionnent galement la fois1 tous les appareils de l'organisme1 des degrs divers4 ,tantt la sidration peut tre telle que le capital vital initial et les rserves antrieures se trouvent tout coup puiss3 c'est la banqueroute totale1 c'est la mort4 ,d'autres fois1 le capital et les rserves ne sont que profondment entams4 ,c'est la maladie grave1 aggrave encore par des mdications et des pratiques intempestives2 un moment donn1 le capital peut tre rduit si peu de chose1 que la moindre dpense suffit pour l'anantir4 ,le malade est une flamme vacillante que le moindre souffle peut teindre1 mais laquelle un savant dosage d'oxygne rendra1 peu peu1 la vie4 ,quand le capital est moins profondment atteint1 ou quand la cause morbigne est moins importante1 les troubles fonctionnels1 au lieu d'tre gnraliss1 atteignent plus spcialement tel ou tel organe3 l'organe le plus faible1 qu'il soit plus faible par le fait de l'hrdit ou par le fait d'une atteinte antrieure4 ,mais1 en vertu de la synergie qui existe entre tous les organes1 le trouble fonctionnel ne reste pas longtemps limit un organe ou un systme organique4 ,voyez le grand neurasthnique3 il est la fois dyspeptique1 entralgique1 crbral1 mdullaire4 ,quel est l'organe qui1 chez lui1 a t le premier atteint8 ,impossible de le dire1 aprs deux ou trois ans de maladie4 ,cependant une enqute bien conduite peut permettre souvent de reconstituer son histoire pathologique1 de voir par o la maladie a commenc1 quel tait le point initial4 ,et c'est de la connaissance de ce point faible initial que drivera1 en grande partie1 la thrapeutique4 ,le mdecin portera la plupart de ses efforts sur le point faible qu'il aura dcouvert1 sans ngliger1 cependant1 les perturbations secondaires attribuables la synergie des fonctions de tout tre vivant4 ,il arrive mme1 quand l'influence morbide est peu intense1 ou quand les rserves sont bonnes1 que le trouble de la sant ne se traduit que par un nombre trs limit de symptmes1 parfois mme par un seul4 ,ainsi il y a des migraineux qui n'ont que de la migraine1 des malades qui n'ont1 comme manifestation morbide que le symptme constipation1 d'autres qui n'ont que de la sciatique2 mais ces cas sont exceptionnels1 et1 en bonne clinique1 et surtout pour faire de la bonne thrapeutique1 il faut1 presque de parti pris1 les liminer1 et chercher au del de la manifestation monosymptomatique4 ,presque toujours1 alors1 ou trouvera que la maladie n'est monosymptomatique qu'en apparence4 ,de mme que1 dans une compagnie de chemins de fer1 une irrgularit dans le service1 minime en apparence1 dnonce1 si elle se renouvelle frquemment1 une mauvaise direction gnrale1 de mme1 en biologie1 il n'est pas d'indispositions insignifiantes1 si limites soient-elles tel ou tel organe4 ,l'apparition d'une douleur l'paule1 par exemple1 qui parat une affection bien locale1 est l'indice d'une perturbation plus profonde qu'on ne le croit du systme nerveux central4 ,nous venons de prononcer un grand mot1 et c'est toute une doctrine qui est contenue dans cette affirmation2 c'est que en effet c'est le systme nerveux central qui notre avis est le grand rservoir de l'nergie4 ,c'est par lui que nous vivons1 que nous nous mouvons1 et que nous sommes4 ,c'est lui qui dirige le fonctionnement de tous les organes1 de sorte que quand il est perturb1 il n'engendre pas seulement1 la nvrose1 la neurasthnie1 l'hystrie1 l'irritation spinale1 la folie1 la nvropathie gnralise1 etc41 mais encore les troubles de circulation vaso-motrice des diffrents organes4 ,en dernire analyse1 il est la clef de vote de la pathologie4 ,ses perturbations se traduisent par les symptmes les plus varis1 au point d'garer presque fatalement le diagnostic qu'on voudrait fonder sur eux seuls4 ,quelles que soient donc la forme1 la gravit1 l'apparence de la manifestation morbide1 c'est toujours le systme nerveux central qu'il faudra tudier1 c'est sur lui que devra porter le grand effort thrapeutique4 ,ce qu'il faut toujours voir1 c'est l'ensemble du malade et surtout la cause ou la srie de causes qui ont fait flchir momentanment son systme nerveux1 qui ont1 en d'autres termes1 diminu sa valeur biologique4 ,or1 comme nous l'avons dit1 ces causes sont multiples4 ,il en est qui appartiennent tous les ges1 mais d'autres qui appartiennent plus spcialement un ge dtermin4 ,pour mettre un peu d'ordre dans cette tude1 c'est d'aprs ce plan que nous passerons en revue les principales de ces causes morbignes4 ,nous les tudierons donc suivant l'ge de l'tre humain3 #a depuis le jour de la naissance jusqu'au sevrage2 #b du sevrage la pubert2 #c de la pubert l'ge adulte2 #d pendant l'ge adulte2 #e aux diffrentes phases du dclin2 #f pendant la vieillesse4 ,nous introduirons1 en outre1 des subdivisions1 suivant que les influences pathognes atteignent plus spcialement3 #a le systme nerveux digestif2 #b le systme nerveux musculaire2 #c le systme nerveux central4 ,enfin1 pour chaque ge de la vie1 nous mentionnerons les affections accidentelles qui portent atteinte la fois tous les systmes organiques3 nous voulons parler des maladies aigus 7rougeole1 scarlatine1 fivre typhode1 etc471 des intoxications 7syphilis1 intoxications alimentaires1 etc471 toutes affections qui1 par la brutalit de leurs assauts1 ont surtout attir l'attention des gens du monde et de beaucoup de mdecins1 mais qui1 en ralit1 ne constituent que la partie la moins importante de la pathologie1 surtout au point de vue thrapeutique4 ,la suite de ce travail dmontrera1 j'espre1 que cette formule n'est paradoxale qu'en apparence#d4 ,note #d3 ,certes1 quelques-unes de ces influences morbignes sont invitables et la prudence la plus vigilante n'en prserve pas l'tre vivant4 ,mais beaucoup seraient vitables3 ce sont celles qui constituent le domaine de l'hygine1 de sorte que notre travail1 en mme temps qu'il dessinera grands traits toute la pathologie1 effleurera forcment les problmes affrents l'hygine et a la thrapeutique1 en d'autres termes1 la gestion du capital4 ,l'hygine publique est la gestion de la fortune de la communaut1 l'hygine prive est la gestion de la fortune de chacun1 constitue essentiellement par le capital initial1 et par les intrts qu'il rapporte4 ,,chapitre ,,vi ,,de ,,la ,,naissance ,,au ,,sevrage 7,,pu,,riculture7 ,ainsi donc1 suivant que le capital sera fort ou faible et qu'il sera bien ou mal gr1 l'tre vivant sera sain ou malade1 donnera ou ne donnera pas son maximum de rendement1 fournira ou ne fournira pas la carrire qui lui tait originairement dvolue4 ,dans les premires annes de la vie1 la gestion du capital appartient tout entire aux parents4 ,bien peu savent lever leurs enfants2 et s'il est des connaissances qu'on devrait rpandre profusion dans tous les milieux sociaux1 ce sont celles relatives la puriculture1 d'autant que les rgles en sont simples et peu nombreuses1 ainsi que le dmontre le ,trait de ,puriculture du professeur ,pinard1 qui devrait tre entre les mains de toutes les mres de famille4 ,rien de plus simple1 d'ailleurs1 que cette science de la puriculture4 ,surveiller le repos de l'enfant1 ne pas l'exciter tout propos et hors de propos1 l'alimenter intelligemment1 lui pargner toute mdicamentation meurtrire1 le prserver du froid et des changements brusques de temprature3 et c'est tout4 ,si seulement on savait la manire d'conomiser les vies d'enfants1 on pourrait le faire dans les milieux en apparence les plus dfectueux2 c'est ainsi qu'au ,creusot1 grce aux incessants efforts de ,,mm4 ,schneider1 la mortalit des enfants au-dessous d'un an n'est que de #aaj p4 #ajjj1 alors que1 dans le canton de ,vaud1 renomm pour l'excellence de ses conditions hyginiques1 elle atteint #aee p4 #ajjj4 ,ce magnifique rsultat est d surtout l'lvation des salaires1 qui permet aux mres de se consacrer librement leur mission maternelle4 ,prs de #hj p4 #ajj des mres allaitent leurs enfants1 toutes font de la puriculture avant la naissance4 7,rapport de ,m4 le professeur ,pinard1 l',acadmie de mdecine1 #be juillet #aije47 ,il est bien vident que le capital initial ne suffit pour entretenir la vie que pendant quelques jours2 il a besoin d'tre sans cesse renouvel et augment1 pour permettre de faire des rserves1 de donner l'individu les moyens de vivre1 et1 plus tard1 de transmettre la vie son tour4 ,c'est l'aliment qui pourvoit ce besoin incessant2 et par aliment nous entendons non seulement ce qui entre dans le tube digestif1 mais aussi l'air1 que les anciens dfinissaient trs justement le pabulum vitae4 ,quand l'aliment pche par sa qualit1 par sa quantit1 par une rpartition vicieuse1 la maladie ne tarde pas natre2 c'est l la cause essentielle de toute la pathologie infantile4 ,et l'on ne saurait croire1 en vrit1 dans quelle mesure une mauvaise alimentation du premier ge retentit sur toute la vie pathologique de l'individu4 ,quelques mdecins le disent1 le crient mme1 mais c'est dans le dsert2 la plupart le nient1 ou passent indiffrents ct de cette vrit profonde4 ,quant aux gens du monde1 ils en souponnent peine l'importance4 ,la vrit est que1 quand un enfant a t mal nourri loin de sa famille1 quand il revient de nourrice avec un gros ventre1 on peut affirmer que1 toute sa vie1 il sera un valtudinaire4 ,quand1 pour obir aux injonctions d'un cnacle de gens incomptents1 ou quand1 pousse par son mdecin1 qui veut mettre l'abri sa responsabilit1 une mre consent abandonner les doux devoirs de la maternit et confier une nourrice l'enfant qu'elle aurait d allaiter1 quand cette nourrice en succdent deux ou trois autres1 sous des prtextes quelconques1 on doit tout craindre pour l'avenir de l'enfant4 ,il sera1 dans sa prime jeunesse1 un tre insupportable1 puis un colier de quatrime ordre1 dans son adolescence un rat1 incapable de payer sa dette au pays2 toute sa vie1 un malheureux4 ,ces considrations doivent tre prsentes l'esprit du clinicien qui1 se trouvant en face d'un malade quelconque1 arriv un ge quelconque1 doit chercher connatre ce que vaut ce malade4 ,on comprend donc l'importance du problme de l'alimentation dans la premire enfance4 ,en principe1 comme l'a bien dit ,m4 ,pinard1 le lait de la mre appartient l'enfant2 et si l'on veut faire quelque chose qui soit puissamment efficace et fructueux1 il est ncessaire1 il est indispensable de faire tout d'abord ce que demandait la ,convention1 et ce qu'ont ralis ,,mm4 ,schneider au ,creusot1 il faut permettre la mre de donner ce qu'elle possde4 7,rapport du professeur ,pinard l',acadmie1 juillet #aije47 ,mais si la mre ne peut absolument pas nourrir1 il faut recourir immdiatement l'alimentation artificielle1 soit avec le lait strilis du commerce1--dont l'innocuit est quotidiennement dmontre par les rsultats obtenus1 la ,goutte de lait de ,belleville1 au dispensaire trs habilement dirig par ,m4 le ,dr ,variot1--soit encore avec le lait de vache bien surveill1 frachement et proprement trait1 sucr1 plus ou moins tendu d'eau1 puis strilis dans la famille1 avec des appareils ,sosclet1 ou mieux encore avec l'appareil la ,tutlaire4 ,c'est ce dernier appareil qui est utilis cette ,goutte de lait de ,saint-,pol-sur-,mer1 qui pourrait servir de modle toutes les institutions du mme genre1 cause de la simplicit de son organisation4 ,fonde1 en #aijb1 par ,m4 ,georges ,vancauwenberghe1 maire de ,saint-,pol-sur-,mer1 l'aide d'un subside de trente mille francs mis sa disposition par un autre philanthrope1 cette ,goutte de lait a dj rendu d'importants services3 elle a fait tomber la maladie des enfants de #j #a an de #bhh p4 #ajjj 7c'tait le chiffre de mortalit infantile le plus lev de toute la ,france7 #ea p4 #ajjj4 ,la consultation des nourrissons a lieu tous les dimanches matin1 dans un local mis la disposition de l',oeuvre par la municipalit de ,saint-,pol-sur-,mer3 #abj enfants1 en moyenne1 sont prsents tous les dimanches4 ,les mres arrivent par sries1 et se runissent dans une grande salle chauffe o elles dshabillent leurs enfants4 ,elles pntrent successivement dans la salle de consultation4 ,chaque enfant est pes1 puis examin par le mdecin1 qui compare le poids actuel celui du dimanche prcdent1 l'inscrit sur la fiche individuelle du nourrisson1 et fixe le rgime pour la semaine qui va commencer4 ,toute mre reoit1 soit un important secours en nature1 si l'enfant est nourri au sein1--car on fait tout ce qu'on peut pour favoriser l'allaitement maternel1--soit des biberons de lait pasteuris1 si l'enfant est l'allaitement mixte ou artificiel4 ,le lait est distribu tous les jours au local de l',oeuvre4 ,chaque enfant l'allaitement artificiel a un double jeu de biberons et de paniers1 qui lui sont personnels4 ,en venant chercher les biberons prescrits1 la mre remet ceux que l'enfant a vids la veille4 ,un seul homme suffit pour assurer tout le service4 ,le lait est distribu gratuitement tous les enfants indigents4 ,fourni l',oeuvre son prix cotant1 il provient des tables du ,sanatorium de ,saint-,pol-sur-,mer1 o aucune vache n'entre sans avoir t pralablement soumise l'preuve de la tuberculine4 ,aussitt reu1 il est pasteuris suivant le procd ,coutant3 c'est--dire que1 dans le biberon mme o la mre devra l'utiliser pour son enfant1 le lait est port #ge1 puis les flacons sont brusquement refroidis par immersion dans l'eau4 ,ce refroidissement brusque a t rendu possible par la contexture mme du verre des flacons4 ,le lait ainsi trait a perdu tous ses microbes pathognes1 et1 l'inverse du lait strilis #aaj1 a conserv toutes ses proprits digestives et nutritives4 ,aprs la pasteurisation1 les biberons restent plongs dans des bacs remplis d'eau froide1 jusqu' la livraison aux mres4 ,la pathologie infantile est relativement simple4 ,faut-il donc1 comme on le propose de divers cts1 faire faire tous les tudiants en mdecine un stage dans les hpitaux d'enfants1 pour les initier aux mystres de cette pathologie8 ,remarquez que d'autres mdecins demandent un stage spcial pour l'tude des maladies vnriennes et cutanes2 d'autres encore un stage pour l'tude des maladies nerveuses1 sans parler de ceux qui voudraient un stage pour les maladie des yeux1 des organes gnito-urinaires4 ,pourquoi pas un stage1 aussi1 pour celles des oreilles et du nez8 et1 ce compte1 combien de temps dureraient les tudes mdicales8 ,tous ces stages successifs seraient excellents s'ils taient praticables2 mais ils auraient pour effet de restreindre plus que de raison le nombre des futurs mdecins1 et de remplacer la plthore mdicale actuelle par une anmie encore plus regrettable4 ,non1 ce qu'il faut apprendre l'tudiant1 c'est qu'il lui reste beaucoup apprendre1 c'est que toute sa vie de praticien ne sera pas trop longue pour savoir lire dans le grand livre de la nature4 ,mais il nous semble que1 pour ce qui concerne en particulier la pathologie des enfants1 un peu de bon sens1 beaucoup de prudence1 pas de mdicaments1 de la patience1 suffisent pour faire de bonne thrapeutique infantile1 quand1 par ailleurs1 on connat les lois gnrales de la pathologie4 ,sans tre spcialiste pour les maladies d'enfants1 je me rappelle avoir t appel en consultation1 en province1 pour un enfant de six mois soign par deux distingus confrres4 ,il avait1 depuis cinq jours1 une entrite aigu avec fivre1 amaigrissement rapide4 ,pendant les trois quarts d'heure que dura mon enqute1 je vis cet enfant passer successivement des bras de sa mre dans ceux de la nourrice sche1 puis dans ceux d'une tante affole1 le tout pour calmer les faibles cris qu'il avait encore la force de pousser4 ,j'appris que ce mange durait depuis deux jours1 que l'enfant avait pris du calomel1 trois fois de grands lavages intestinaux1 et qu'on l'alimentait toutes les heures1 grand'peine1 avec du lait strilis6 ,je proposai simplement de mettre cet enfant dans son berceau et de l'y laisser1 de lui appliquer sur le ventre un large cataplasme1 de le laisser la dite absolue pendant quatre heures puis de lui donner de l'eau pane1 et de le laisser dormir si le sommeil pouvait venir4 ,le lendemain1 la fivre avait cess1 l'enfant avait dormi2 j'autorisai alors1 toutes les heures1 le lait naturel1 crm et coup avec parties gales d'eau de riz2 je conseillai de ne pas trop dranger l'enfant1 de ne plus explorer son ventre4 ,le surlendemain1 il prenait du lait crm pur1 et j'appris qu'il avait retrouv sa gat4 ,un sommeil prolong mit fin la grave alerte1 et aussi la maladie1 qui avait failli rendre ,je pauvre enfant victime de soins trop empresss4 ,dans d'autres cas d'entrite cholriforme1 le grand secret de la thrapeutique consiste savoir rchauffer les enfants1 tout en les tenant la dite absolue pendant six ou douze heures1 puis au rgime avec restriction des liquides pendant deux ou trois jours4 ,avouons cependant que1 parfois1 les problmes de pathologie infantile sont trs difficiles rsoudre4 ,j'ai parl plus haut de cet enfant qui ne supportait aucun lait de femme1 pris en n'importe quelle quantit4 ,d'autres fois1 les enfants s'empoisonnent avec le lait mme de leur mre4 ,c'est1 tout simplement1 parce qu'ils en prennent trop la fois2 mais il faut quelquefois chercher longtemps pour trouver cette cause si simple4 ,on ne se figure pas le nombre d'enfants qui ont des indigestions chroniques1 parce qu'ils ne sont pas rationns1 surtout quand ils sont nourris par de plantureuses mercenaires qu'on ne sait comment tonifier1 dans la pense de donner plus de forces au prcieux rejeton4 ,dans certains cas1 mme1 le diagnostic des maladies des enfants est tellement difficile que les spcialistes se dclarent incomptents4 ,que d'erreurs de diagnostic commises propos des mningites6 ,et comment aussi interprter le cas suivant8 ,sans cause connue1 un enfant d'un an1 bien lev au sein maternel1 prouve un malaise insolite1 devient grognon1 refuse de prendre le sein1 a de la fivre4 ,les jours suivants1 la fivre augmente1 une pleur inquitante s'tend sur la face1 un amaigrissement rapide proccupe juste titre tout l'entourage2 puis1 au bout de quelques jours1 sans qu'on ait rien fait que de laisser l'enfant bien tranquille1 l'apptit revient peu peu1 la fivre diminue1 et tout rentre dans l'ordre4 ,divers confrres appels en consultation n'ont pas pu tiqueter cette maladie1 ni se prononcer sur son issue2 mais1 tous ayant eu le bon esprit de ne pas aggraver la situation par une mdication intempestive1 tout s'est termin pour le mieux1 et l'enfant a gard son secret4 ,la faute de ces insuffisances et de ces erreurs de diagnostic n'est pas aux mdecins1 mais aux difficults des problmes cliniques4 ,en les dnonant1 nous ne voulons nullement dnoncer la faillite de la science3 bien au contraire1 ce que nous voulons dire1 c'est qu'en thrapeutique infantile il faut avant tout de la sagacit1 et que1 dans certains cas1 il faut que le mdecin sache reconnatre son incomptence4 ,dans d'autres cas1 d'ailleurs1 la science prend une revanche clatante1 et c'est alors que le mdecin est en droit de se fliciter d'avoir fait de bonnes tudes de pathologie gnrale4 ,voyez1 par exemple1 cet enfant n terme1 et qui vient bien pendant les six premires semaines2 puis voici que1 tout en continuant prendre ardemment le sein1 sans avoir ni diarrhe1 ni vomissements1 son poids cesse d'augmenter2 il diminue de #bjj1 de #cjj grammes en quelques jours4 ,qu'est-ce dire8 ,mais c'est que l'enfant est un hrdo-syphilitique4 ,le traitement mercuriel1 sous forme de liqueur de ,van ,swieten1 de frictions mercurielles1 ou mieux encore d'injections de sublim la dose de #c #e milligrammes par jour1 fait merveille et rtablit entirement cet enfant4 ,nous avons dit plus haut combien souvent la mningite1 qu'on croit tuberculeuse1 et qui survient de deux cinq ans1 est d'origine syphilitique4 ,dj en #ahgb1 quand nous faisions nos tudes ,montpellier1 le regrett professeur ,fonsagrives nous disait qu'il avait sauv beaucoup d'enfants1 atteints de mningite tuberculeuse1 en leur donnant de l'iodure de potassium4 ,c'est1 sans doute1 qu'il s'agissait de mningites syphilitiques4 ,mais pour formuler un diagnostic de mningite syphilitique1 pour dpister l'hrdo-syphilis1 soit par l'examen de l'enfant1 soit par une enqute sur les parents1 ne faut-il pas que le mdecin ait beaucoup travaill1 beaucoup vu et beaucoup retenu8 ,son rle n'est donc pas inutile1 et si1 le plus souvent1 il doit se contenter de faire de l'expectation arme1 il peut1 dans beaucoup de cas1 rendre aux enfants malades des services inapprciables4 ,que dire d'un bain chaud donn1 en temps utile1 un enfant atteint de pneumonie2 de l'immersion alternative dans l'eau chaude et dans l'eau froide d'un enfant nouveau-n atteint de congestion pulmonaire1 sinon que1 dans certaines circonstances1 le mdecin opre ainsi de vritables rsurrections8 ,encore une fois1 nous ne voulons ni rabaisser le rle social du mdecin1 bien au contraire1 ni introduire dans l'esprit des jeunes confrres un scepticisme infcond3 ce que nous voulons1 c'est leur dire qu'il ne faut pas se spcialiser dans l'tude de la pathologie infantile1 et que1 pour bien soigner un enfant1 il faut savoir beaucoup1 mais surtout qu'il faut souvent savoir s'abstenir4 ,en rsum1 la pathologie de l'enfance1 tout en tant complique1 comme tout ce qui touche au problme de la vie1 nous semble tre relativement simple1 l'enfant n'tant1 pour ainsi dire1 qu'un tube digestif perc aux deux bouts4 ,plus nous allons voir l'tre humain avancer dans sa carrire1 plus vont devenir nombreux et compliqus les problmes de la vie4 ,le systme nerveux ne va pas tarder entrer en scne1 les mille et une conditions dfavorables qu'impose l'homme le milieu cosmique vont imprimer son capital biologique des dpenses qu'on ne peut certainement pas valuer mathmatiquement1 mais qui se traduiront par une diminution de sa valeur4 ,la vie ne va tre de plus en plus qu'une srie d'oscillations1 de luttes entre la tendance persvrer dans l'tre et les causes de destruction de l'tre vivant2 bref1 un tat d'quilibre instable1 la sant n'tant qu'un bel accident passager4 ,,chapitre ,,vii ,,du ,,sevrage ,a ,,la ,,pubert ,il est logique d'introduire une subdivision dans ce chapitre1 et d'tudier d'abord l'enfant de deux sept ans1 d'autant que1 cette priode de la vie1 il n'y a pas tenir compte de la diffrence des sexes4 ,i ,pendant cette priode1 la nutrition a son activit maximum1 l'enfant amliore son capital1 accumule les rserves2 mais il faut bien savoir qu'il a aussi des dpenses colossales4 ,combien d'influx nerveux doit tre dpens pour faire connaissance avec le monde extrieur1 pour apprendre le sens des mots1 la notion des distances1 etc46 ,on est effray en pensant au travail crbral que supposent ces acquisitions4 ,de l ce grand principe1 qu'il faut viter l'enfant toute fuite nerveuse inutile4 ,il faut presque se borner le faire boire1 manger1 dormir2 manger1 dormir et boire4 ,il faut avant tout1 que l'enfant de cet ge dorme beaucoup4 ,en aucun cas1 on ne devrait le rveiller4 ,pour dmontrer combien peu d'enfants ont leur dose optima de sommeil1 prenez au hasard un enfant de cinq ans1 laissez-le1 un premier jour1 dormir volont2 il s'octroiera douze heures de sommeil4 ,le lendemain1 il se rveillera aprs onze heures1 le surlendemain et les jours suivants aprs dix heures4 ,c'est donc que1 au moment prcis o l'exprience a commenc1 il avait un arrir de besoin de sommeil4 ,quant au problme de l'alimentation1 il est relativement simple1 et l'exprience des mres de famille rpond la plupart des indications4 ,l'enfant doit manger quatre fois par jour2 mais1 en gnral1 il mange trop vite4 ,les parents devraient1 pour leur usage personnel et pour le bien de leurs enfants1 se rappeler qu'il existe des glandes salivaires scrtant1 chez l'homme adulte1 #a #ejj grammes de salive par jour1 et que1 si une bonne digestion commence dans la cuisine1 elle se continue dans la bouche4 ,en ralit1 cet ge de la vie est celui o il y a le moins d'influences nocives2 et un peu de surveillance suffit pour que l'enfant se porte bien4 ,les maladies accidentelles elles-mmes voluent1 en gnral1 d'une faon bnigne1 quand elles ne sont pas troubles par une thrapeutique incendiaire4 ,de l la faible mortalit affrente l'ge que nous tudions1 dnonce par les tables qui servent de base aux calculs des ,compagnies d'assurances sur la vie4 ,quand l'enfant subit un choc accidentel quelconque1 scarlatine1 rougeole1 angine1 il se rtablit avec une rapidit contrastant avec la lenteur de la convalescence chez l'adulte1 et encore bien plus chez le vieillard4 ,voyez1 par exemple1 une angine herptique6 ,elle occasionne chez l'enfant de tumultueux symptmes3 de la fivre1 du dlire2 mais1 au bout de quatre jours1 tout rentre dans l'ordre1 et1 quatre jours aprs1 l'enfant parat aussi bien portant qu'avant4 ,chez l'adulte1 au contraire1 le mme nombre de points d'herps sur la gorge provoque un tat maladif moins tumultueux1 mais qui se termine par une convalescence de quinze jours un mois1 pendant laquelle il a besoin de soins1 ou tout au moins d'un repos1 qui ne sont nullement ncessaires l'enfant convalescent1 dou de plus d'lasticit4 ,a partir de sept ans s'esquisse1 chez certains enfants1 une diffrenciation qui ira s'accusant d'anne en anne4 ,un oeil attentif va percevoir si l'enfant appartient au type musculaire ou au type crbral4 ,le musculaire est cet enfant actif1 aimant jouer1 turbulent1 ne parvenant pas fixer son intention pour un quart d'heure de suite1 n'ayant1 par consquent1 aucun got pour l'tude telle qu'elle lui est impose4 ,le crbral est l'enfant rflchi1 n'aimant pas les jeux bruyants1 et dont l'esprit est en avance notable sur celui des enfants de son ge4 ,a chacun de ces deux enfants conviendrait une ducation diffrente2 malheureusement1 les ncessits sociales les soumettent1 l'un et l'autre1 la mme discipline pdagogique1--bien comprise1 il faut l'avouer1 pour les individus moyens4 ,mais si1 pour ces enfants moyens1 le systme pdagogique actuellement en vigueur s'approche autant que possible de la perfection1 il faut bien dire qu'il convient moins aux types extrmes que nous venons de mentionner4 ,le petit musculaire1 condamn de longues heures d'tude1 s'agite1 s'inquite1 devient de plus en plus dissip1 et ne tarde pas entrer dans la catgorie des enfants dits paresseux4 ,sa sant physique peut ne pas souffrir outre mesure du rgime compressif auquel il est soumis2 il grandit1 se porte bien en apparence2 mais son cerveau est1 pour ainsi dire1 fauss1 et ne donnera qu'un rendement infrieur4 ,chez le petit crbral1 au contraire1 l'ducation moyenne peut amener des troubles de la sant physique3 les rcrations bruyantes et agites1 imposes aprs les repas1 les longues promenades hebdomadaires1 l'insuffisance du sommeil1 une alimentation mal adapte son tube digestif1 trs vulnrable le plus souvent1 le fatiguent la longue2 et1 d'un enfant qui aurait pu donner les plus belles esprances1 la pdagogie officielle fait un tre malingre1 nerveux1 terreurs nocturnes1 en un mot un malade4 ,faut-il donc prconiser l'ducation individuelle8 ,oui1 dans les cas extrmes et dans des circonstances exceptionnelles4 ,une autre classe d'enfants chez lesquels l'ducation collective et le surmenage crbral impos par nos programmes amnent les plus fcheuses consquences1 pour le prsent et pour l'avenir1 c'est celle des enfants que l'hrdit n'a pas prpars au travail crbral4 ,tels ces fils de cultivateurs qui ont une longue hrdit terrienne1 et que leur intelligence htive semble dsigner comme particulirement aptes aux tudes suprieures4 ,ce sont1 quelquefois1 de trs brillants lves2 ils arrivent aux coles suprieures3 mais ils y arrivent malades1 et seront malades toute leur vie4 ,de l'ge de sept ans celui de la pubert1 les maladies accidentelles sont presque invitables1 cause de la promiscuit des enfants dans les coles2 mais elles sont1 en gnral1 de peu de gravit4 ,ce ne sont pas elles qui diminuent sensiblement le capital biologique individuel4 ,les fautes commises contre l'hygine alimentaire sont d'une bien plus grande importance4 ,combien on voit1 notamment1 de maladies aigus qui ressemblent plus ou moins la fivre typhode1 et qui sont dues des indigestions6 ,en gnral1 l'hygine alimentaire de l'enfant n'est pas assez surveille4 ,les enfants mangent trop vite1 comme nous l'avons dit plus haut2 et1 trs souvent1 ils mangent trop1 prcisment parce qu'ils mangent trop vite1 la sensation de faim n'tant pas calme par l'introduction brusque1 dans l'estomac1 d'une masse alimentaire mal labore4 ,d'autre part1 de trop nombreux parents1 oubliant que ce n'est pas ce qu'on mange qui profite1 mais ce qu'on assimile1 se figurent qu'il faut que l'enfant mange beaucoup pour se donner des forces2 et ce prjug amne chez l'enfant des intoxications chroniques qui retentissent sur son systme nerveux1 sur sa croissance1 jusqu'au moment o l'estomac surmen commence protester4 ,a partir de ce moment1 le cercle vicieux est tabli1 et1 si un rgime alimentaire bien compris n'est pas institu1 l'enfant devient un malade1 et restera malade indfiniment4 ,c'est ce que ,m4 le ,dr ,laumonier a trs bien expos dans un article du ,correspondant mdical de #aije3 ,voici des enfants qui sont1 en apparence1 bien portants2 ils mangent beaucoup1 sont gros et gras1 et bien que leur sommeil ne soit pas toujours aussi calme qu'il faudrait1 pourtant on ne peut1 premire vue1 les accuser d'aucun trouble vident4 ,cependant1 certains soirs principalement1 ils se montrent tantt plus nervs que d'habitude1 tantt plus abattus au contraire1 et si1 ce moment1 on prend leur temprature rectale1 on constate #ch ,c1 #che1 parfois mme #ci et au del4 ,cet accs fbrile est d'ailleurs passager2 le lendemain1 il n'y parat plus4 ,on ne lui attribue gnralement aucune importance1 et les parents se gardent bien1 pour si peu de chose1 de faire appeler le mdecin2 ils ont tort1 car cette fivre digestive est le symptme de troubles fonctionnels d'assez grande importance1 et qu'il est en consquence ncessaire de soigner ds le dbut4 ,ces enfants1 en effet1 ne restent pas toujours gras et de belle apparence3 peu peu leur apptit1 qui faisait l'admiration de leurs parents1 flchit2 et aussitt l'embonpoint et les belles couleurs disparaissent4 ,ils finissent ainsi par se transformer en enfants chtifs1 maigres1 ples1 ayant mauvaise haleine1 prsentant des alternatives de constipation et de diarrhe1 souffrant parfois de douleurs stomacales vives2 en un mot ce sont maintenant de vritables dyspeptiques4 ,or1 cette dyspepsie n'est que l'aboutissant fonctionnel extrme1 pour ainsi dire1 de troubles longtemps existants et dont les accs lgers de fivre digestive ont t l'un des premiers et des plus caractristiques symptmes4 ,il suffit1 pour s'en convaincre1 de suivre avec quelque attention l'volution progressive des phnomnes4 ,trs souvent1 les enfants qui manifestent ces accs fbriles ont t1 pendant leur premire enfance1 mal nourris1 sinon comme qualit du lait1 au moins comme quantit2 en d'autres termes1 leur ration a t trop copieuse4 ,puis1 aprs le sevrage1 ils ont t mis rapidement la nourriture commune de la famille2 ils ont mang de tout1 et trop2 parfois aussi on leur a laiss prendre l'habitude de boire du vin1 du caf4 ,peu peu1 ainsi1 ils sont devenus polyphages et polydipsiques4 ,c'est une grosse erreur de croire que l'enfant1--pas plus que l'homme1 du reste--ne mange qu' sa faim2 toujours1 ou presque toujours1 ce point de vue1 la limite est dpasse4 ,la quantit d'aliments ingrs est beaucoup plus une affaire d'habitude que de besoin rel1 comme le prouvent manifestement les rsultats du traitement impos ces petits malades4 ,quoi qu'il en soit1 le fait est qu'ils mangent trop1 dpassent ainsi les limites du pouvoir digestif de l'estomac1 dans lequel les aliments1 tant insuffisamment labors par les scrtions digestives1 stagnent et donnent lieu des fermentations anormales4 ,d'o1 d'une part1 l'insuffisance et l'puisement des glandes gastriques1 la dilatation et l'atonie stomacales1 et1 d'autre part1 la production des substances toxiques qui1 rsorbes1 entranent l'auto-intoxication et l'lvation thermique qui en est la consquence4 ,notons d'ailleurs1--et c'est l un point essentiel1--que la fivre digestive peut se produire et se produit ordinairement avant que l'puisement glandulaire et l'atonie ou l'ectasie gastriques soient compltement raliss2 elle coexiste plutt la phase de polyphagie et constitue un signe prodromique1 avertissant que la limite digestive est dpasse1 que l'estomac commence se fatiguer1 que l'auto-intoxication d'origine digestive est dj manifeste4 ,il est inutile d'insister ici sur les signes physiques divers de cet tat1 gros ventre1 clapotage ou ectasie gastrique1 gros foie444 etc41 ils sont bien connus et faciles mettre en vidence2 d'autres signes1 plus incertains1 dyspne1 terreurs nocturnes1 manifestations cutanes1 peuvent exister aussi1 qui compltent la signification des premiers4 ,passons donc et arrivons au traitement4 ,la premire indication est de rduire la ration alimentaire ce qui est strictement ncessaire l'enfant1 suivant l'ge1 le sexe1 le poids1 la taille1 et de composer cette ration d'aliments faciles digrer1 fournissant le minimum de fermentation1 tels que lait1 oeufs1 pain grill1 viande crue1 pure de lgumes4 ,sans en arriver au rgime sec1 qui a beaucoup d'inconvnients1 on rduira cependant le plus possible la quantit de la boisson1 constitue par de l'eau pure de bonne qualit ou des tisanes chaudes4 ,enfin1 en outre des mesures hyginiques gnrales1 on assurera la libert du ventre par des habitudes rgulires ou l'aide de quelques lavements tides1 mais sans en abuser4 ,,de ,,la ,,pubert ,a ,l',,age ,,adulte ,i4--,,chez ,,la ,,fille ,chez la petite fille1 l'apparition des rgles constitue un moment solennel dans l'existence4 ,la plupart des mres de famille le savent1 s'en inquitent1 mais ne connaissent pas les prcautions prendre4 ,ces prcautions consistent supprimer plus que jamais les fuites nerveuses4 ,ainsi1 il convient alors de diminuer le travail crbral1 le travail musculaire1 d'viter l'enfant les motions1 de la mettre l'abri de toutes les influences qui1 par action rflexe1 retentissent sur son systme nerveux 7indigestions1 coups de froid74 ,pendant les premires priodes menstruelles1 le repos presque absolu au lit s'imposerait1 si les rgles taient douloureuses ou trop abondantes2 et un repos relatif s'impose mme quand elles sont correctes4 ,ce qu'il faut bien savoir1 c'est que l'anmie qui accompagne1 en gnral1 cette priode de la vie n'est justiciable ni du fer1 ni du quinquina1 ni de la suralimentation2 ce qu'il faut pour la combattre1 ce sont les prcautions cites plus haut1 et1 par intervalles1 quelques injections de cacodylate de soude1 ou mieux1 de cacodylate de magnsie4 ,c'est l un des rares mdicaments capables de rendre des services1 la condition formelle qu'il ne soit pris ni par l'estomac ni par l'intestin4 ,une fois la menstruation tablie1 il ne faut pas s'inquiter outre mesure si1 pendant les premires annes1 les rgles ne viennent pas poques fixes1 et il faut se dclarer satisfait si elles ne sont ni douloureuses1 ni trop abondantes4 ,plus tard1 vers l'ge de dix-huit ans1 il est frquent de voir la sant des jeunes filles subir un assaut considrable1 qui se traduit par de la chloro-anmie1 avec tat nerveux1 suppression des rgles1 troubles dyspeptiques1 constipation1 etc4 ,les causes en sont multiples4 ,chez la jeune ouvrire1 c'est1 le plus souvent1 le surmenage physique1 la vie anti-hyginique des ateliers1 l'accumulation des privations4 ,dans d'autre milieux1 c'est le fait du surmenage intellectuel pour l'obtention des brevets4 ,mais1 plus souvent encore1 ce sont les causes morales qui portent atteinte au systme nerveux4 ,c'est une vocation contrarie1 une suite continue de petits malentendus avec la famille1 avec la mre en particulier4 ,la mre1 ne se dcidant pas s'apercevoir que sa fille grandit1 continue vouloir exercer sur elle une autorit despotique1 contre laquelle l'enfant se cabre en vain pendant de long mois1 et dont elle souffre de jour en jour davantage4 ,dans d'autres cas1 enfin1 c'est une passion contrarie1 un mariage dsir qui se trouve rendu impossible par la volont intransigeante des parents1 ou par des circonstances indpendantes de toute volont ou mme c'est un vague et obscur besoin du mariage3 pour suivre1 en somme1 les lois de la nature1 et donner satisfaction cette sorte d'instinct de la maternit qui se rencontre chez la femme depuis son plus jeune ge1 et se traduit1 dans la premire enfance1 par le besoin de la poupe4 ,quelle que soit la cause1 le mal se prpare sourdement2 puis1 un jour1 la maladie clate1 souvent la suite d'une affection aigu qui contribue faire tomber brusquement la force de rsistance du systme nerveux4 ,si varis que soient les symptmes par lesquels le mal se traduit1 la thrapeutique doit tre la mme4 ,elle consiste ne pas aggraver la maladie par une mdicamentation intempestive2 ce ne sont ni les pilules de fer1 ni le drap mouill1 ni la douche froide qui pourront faire du bien une jeune fille ainsi atteinte1 ni mme la suralimentation1 malgr l'anmie vidente4 ,non3 ce qu'il faut1 c'est chercher la cause de la maladie1 et la supprimer ou l'amoindrir autant que possible4 ,quand c'est le surmenage physique1 le repos absolu s'impose1 et la jeune malade arrive trs vite la gurison4 ,quand le surmenage physique n'est pas la seule cause invoquer1 rien n'est plus difficile que de doser le repos et l'exercice4 ,le plus souvent1 le repos relatif est de rigueur4 ,dans d'autres cas1 au contraire1 chez les musculaires en particulier1 un exercice modr1 et mme pouss assez loin1 peut produire d'excellents effets4 ,le mdecin1 appel se prononcer sur l'opportunit de ce moyen thrapeutique1 basera son jugement sur les rsultats de l'enqute qu'il fera au sujet du pass de la malade1 et il aura le droit de procder par ttonnements4 ,j'ajouterai que1 dans les cas graves o le repos absolu s'impose d'abord1 rien n'est plus difficile que de doser l'exercice ds que la malade est capable de le supporter1 mais le principe est de rester en de de ce que la malade peut donner4 ,quand la maladie de la jeune fille est due au milieu familial1 le remde essentiel est de le lui faire quitter4 ,malheureusement1 on attend souvent trop longtemps pour prendre ce parti radical2 on attend que la vie soit devenue impossible1 que la jeune fille ait perdu le sommeil1 les forces1 l'apptit1 et soit dans un tat d'excitation inquitant4 ,on l'isole alors dans une maison de sant ou d'hydrothrapie1 o on lui impose le plus souvent1 notre avis1 une squestration trop radicale4 ,car la priver de toute visite1 de toute correspondance1 la soumettre une discipline d'une svrit exagre1 nous semble vraiment excessif4 ,l'enfant se rvolte1 et ne tire de la cure d'isolement qu'un bnfice relativement restreint4 ,elle prend sur elle pour simuler la gurison1 et pour chapper la tutelle des mdecins2 elle sort avec les apparences de la sant2 mais elle n'est pas gurie1 et1 comme elle retombe dans le milieu familial hostile1 la maladie ne tarde pas renatre de ses cendres1 jusqu'au jour o une circonstance quelconque amne enfin un changement de vie radical1 qui la gurit4 ,le mieux ne serait-il pas1 quand c'est possible1 d'loigner l'enfant1 de temps autre1 du milieu familial1 ds qu'on s'aperoit que c'est lui qui est l'ennemi1 en la confiant soit une parente intelligente1 soit mme une garde bien choisie1 jusqu'au moment o on trouvera la marier1 chose qu'il ne faudra faire qu'aprs mre rflexion1 mais qui1 dans bien des cas1 est le remde par excellence8 ,pendant les absences de la jeune fille1 l'tat nerveux du milieu familial lui-mme se calme1 ce qui rend la vie commune acceptable par intermittences4 ,loin de nous1 cependant1 l'ide de porter atteinte l'esprit de famille en proposant pareille mesure2 nous ne la considrons que comme exceptionnelle et comme un pis-aller1 prfrable souvent la maison de sant1 et1 en dfinitive1 moins onreuse4 ,chez les gens peu fortuns1 on n'a pas la ressource de la sparation1 mme momentane4 ,heureusement1 chez eux1 les contacts entre parents et enfants ne sont pas incessants4 ,la jeune fille a toujours une certaine indpendance2 elle n'est pas soumise une tyrannie de tous les instants4 ,en outre1 son systme nerveux est moins vulnrable1 de sorte que l'influence nfaste du milieu familial est rarement une cause de maladie4 ,nous connaissons cependant de jeunes ouvrires dont la sant a fini par sombrer1 du fait du milieu dans lequel elles taient condamnes vivre3 pre alcoolique1 qui les battait au retour de l'atelier1 mre ou belle-mre acaritre1 frre dbauch1 etc4 ,la pauvre victime rsiste tant qu'elle peut1 jusqu'au jour o elle quitte avec clat la maison paternelle1 moins que1 victime rsigne1 elle ne voie peu peu s'effriter son capital nerveux4 ,elle devient ainsi une proie toute dsigne pour la tuberculose1 qui met fin ses misres2 souvent aussi sa dchance se traduit par l'apparition de la folie1 et l'asile d'alins lui ouvre ses portes4 ,d'autres fois1 avons-nous dit1 c'est une vocation contrarie qui met la jeune fille en tat de maladie4 ,il n'y a pas se le dissimuler1 quelle que soit l'opinion que l'on puisse avoir sur la lgitimit des vocations religieuses1 lorsqu'une vocation est sincre1 toutes les entraves qu'on lui apportera ne serviront de rien4 ,la jeune fille souffrira1 deviendra de plus en plus malade1 et force sera un jour de cder4 ,nous avons suivi plusieurs de ces drames intimes et ignors1 qui torturent mme les familles chrtiennes2 et le rsultat final a toujours t le mme3 la jeune fille a retrouv la sant ds qu'elle a eu gain de cause4 ,exemple4 ,une jeune fille de vingt-deux ans luttait respectueusement1 depuis trois ans1 contre sa famille1 pour obtenir l'autorisation d'entrer au ,carmel4 ,elle en tait arrive un degr avanc de maladie1 restant des huit et quinze jours sans garde-robe1 malgr l'hygine intestinale la plus soigne1 ne pouvant plus lire ni supporter une conversation2 elle maigrissait vue d'oeil1 et ne pouvait plus quitter son lit1 tant les forces physiques taient diminues4 ,gravement proccup de l'issue de cette maladie1 dont je connaissais la cause1 je crus remplir mon rle de mdecin en m'instituant l'avocat de la malade4 ,or1 ds qu'elle eut obtenu l'autorisation sollicite depuis si longtemps1--et que1 par parenthse1 elle avait cess de demander depuis un an1 pour ne pas torturer sa famille1--nous vmes la sant revenir avec une rapidit prodigieuse4 ,tous les organes inhibs se remirent fonctionner1 et1 un mois aprs1 la jeune fille entrait au ,carmel4 ,quelle ne fut pas notre stupfaction d'apprendre que1 le troisime jour1 elle lavait les escaliers grande eau1 pleine d'nergie et de bonne humeur6 ,quelque respectueux que l'on doive tre de l'autorit des parents1 il faut que cette autorit sache s'effacer devant la volont ferme1 rflchie1 bien arrte d'une jeune fille2 la justice le demande1 et ajoutons que l'intrt l'exige4 ,les mmes considrations s'appliquent au cas o une jeune fille veut1 envers et contre tous1 pouser le jeune homme de son choix4 ,certes1 neuf fois sur dix1 elle ferait mieux de suivre l'avis de ses parents1 qui ont l'exprience de la vie4 ,mais l'exprience est semblable un habit fait sur mesure1 et qui ne va bien qu' celui pour lequel il est fait4 ,aussi1 lorsque1 malgr les sages raisonnements1 la jeune fille s'obstine et s'entte1 estimons-nous qu'il faut lui cder aprs un dlai raisonnable4 ,on doit har la perscution1 de quelque part qu'elle vienne4 ,dans d'autres cas1 avons-nous dit encore1 la jeune fille est victime de son temprament1 qui ne trouve pas dans les joies de la famille une satisfaction suffisante3 elle prouve le besoin de se marier4 ,c'est alors aux parents l'aider dans son choix1 car cet tat d'me peut amener la maladie4 ,mais1 dans tous les cas1 la jeune fille malade doit1 avant de se marier1 subir un traitement mdical2 car elle n'a pas le droit de se marier en tat de maladie4 ,le mariage1 le plus souvent1 ne la gurirait pas4 ,or il faut bien savoir que1 au dbut de la vie conjugale surtout1 elle n'a pas le droit d'tre malade4 ,c'est donc une raison de plus pour la soigner avant le mariage4 ,en gnral1 d'ailleurs1 cette cure est des plus simples3 la cause de la maladie ayant disparu1 et le capital biologique n'tant pas encore gravement entam1 le rle de la thrapeutique se rduit peu de chose4 ,,ii4--,,chez ,,le ,,gar,,on ,chez le jeune garon1 de la pubert l'ge adulte1 les influences capables d'amener la maladie sont galement multiples4 ,signalons1 parmi les principales 3 ,i4 ,le surmenage scolaire2 ,,ii4 ,l'abus des sports2 ,,iii4 ,les dviations de l'hygine sexuelle 7habitudes solitaires et prmaturation74 ,i4 ,que faut-il penser du surmenage scolaire1 dont on a fait si grand bruit il y a quelques annes8 ,les brillantes discussions de l',acadmie de mdecine n'ont pas empch les programmes de se surcharger d'anne en anne2 et ils se surchargeront encore davantage1 cela est invitable1 c'est la loi mme du progrs2 vouloir aller contre1 c'est vouloir remonter le courant4 ,mais1 la vrit1 ce soi-disant surmenage ne nous effraie pas outre mesure1 car il faut compter3 #a avec les nouvelles mthodes d'enseignement1 suprieures celles d'autrefois2 #b avec une adaptation du cerveau des gnrations actuelles et futures un travail crbral plus considrable4 ,n'est-ce pas ce manque d'adaptation qui rend si dangereux le travail crbral chez les dracins dont nous avons dit un mot au chapitre prcdent8 ,est-ce dire que tout soit pour le mieux dans le meilleur des systmes pdagogiques8 ,non4 ,le jeune homme ne travaille pas trop1 mais il travaille mal1 il n'a pas le respect du temps4 ,en outre1 il ne dort pas assez1 et on n'a pas assez le respect de son sommeil3 du sommeil qui dompte tout1 suivant la forte expression d',homre4 ,un groupe de mdecins anglais vient de commencer une campagne de presse pour obtenir que l'lve des collges anglais puisse dormir plus longtemps4 ,ils avaient t prcds dans cette voie par le ,dr ,chaillou#e1 directeur de l'hygine d'un grand tablissement d'instruction1 qui ds #aijc1 a eu l'ide excellente d'installer1 dans le pensionnat1 ce qu'il appelle une chambre des dormeurs4 ,l1 les jeunes gens fatigus momentanment vont1 tout simplement1 se reposer suivant leurs besoins2 et jamais ils n'abusent de la permission4 ,il est vrai de dire que ce sont de grands jeunes gens1 candidats aux coles1 et que l'intelligente discipline gnrale de la maison est de nature prvenir tout abus4 ,note #e3 ,hygine1 exercices physiques1 et services mdicaux dans un grand collge moderne1 par le ,dr ,chaillou1 attach l',institut ,pasteur4 ,paris #aijc4 ,,ii4 ,abus des sports4--,si pour l'homme sain l'exercice est ncessaire la sant1 cet exercice1 lorsqu'il est pouss un degr excessif1 devient un facteur important de maladie4 ,l'exercice1 quand il est mthodique1 bien gradu1 peut tre pouss trs loin sans provoquer d'accidents2 c'est ainsi que1 chez les professionnels des cirques1 la sant se maintient excellente1 comme j'ai pu m'en rendre compte par une enqute faite chez ,barnum4 ,le mdecin attach la troupe de ,barnum jouirait d'une vritable sincure1 s'il n'avait pas compter avec les accidents d'ordre chirurgical4 ,mais1 remarquons-le1 les hommes du cirque sont slectionns1 ce sont des professionnels3 ils ne font pas autre chose que des tours de force2 toute leur activit1 physique1 intellectuelle1 est concentre sur ces questions d'exercice musculaire4 ,ajoutons que l'exercice est savamment gradu par des gens du mtier1 qui savent par exprience ce que c'est que l'entranement2 disons enfin que les gens des cirques observent une sage hygine2 ils savent que tous les carts se payent1 et ils sont1 tous gards1 d'une sobrit exemplaire4 ,tout autres sont les conditions dans lesquelles se trouve l'homme du monde qui fait du sport4 ,parfois il a une profession2 c'est donc sur les loisirs qu'elle lui laisse1 et souvent sur son sommeil1 qu'il prend le temps de faire les exercices qui le passionnent2 quand il n'a pas de profession1 il est rare qu'il ait la modration exemplaire signale plus haut1 et1 alors1 il ne dpense pas son influx nerveux qu'en exercice physique4 ,mais1 dans tous les cas1 le principal ennemi du sportsman1 c'est le sport1 c'est--dire l'mulation qui existe presque fatalement entre ceux qui s'occupent avec passion d'exercices physiques1 et qui fait que chacun d'eux veut devancer son voisin4 ,le bicycliste isol risquerait rarement d'arriver au surmenage2 ce qui le fatigue1 c'est de voyager en compagnie d'autres camarades1 cause de l'excitation qui se communique des uns aux autres1 et qui les porte tous donner plus qu'ils ne peuvent4 ,l'escrime1 souvent1 n'aurait pas sa raison d'tre1 sans le dsir de l'emporter sur ses partenaires2 de l le danger spcial de cet exercice4 ,si l'on veut bien se rappeler qu'il est pris1 en gnral1 dans un air confin1 qu'il exige une dpense considrable d'influx nerveux1 une tension permanente de l'esprit1 un excs de rapidit dans les mouvements1 on comprendra que c'est plus un exercice crbral qu'un exercice musculaire1 et que les gens qui croient se reposer du travail crbral en faisant de l'escrime sont bien vite dtromps4 ,le sage est celui qui1 dsirant se reposer du travail crbral par l'exercice1 s'attache aux exercices qui ne demandent pas d'attention1 aux exercices automatiques dans lesquels la moelle seule intervient2 marcher1 ou mieux encore courir suivant les bons principes1 scier du bois1 tourner une roue de pompe1 labourer1 ramer1 etc4 ,l'automobilisme tient le record parmi les exercices qui puisent le systme nerveux2 nous ne parlons pas1 bien entendu1 des hommes qui se servent de l'automobile comme d'un moyen de locomotion1 mais de ceux qui en font un moyen de distraction4 ,quelques-uns arrivent une mentalit toute spciale1 un tat de folie qui n'a pas encore reu de nom1 et qu'on pourrait appeler la folie de la vitesse3 quand ils sont sur leur machine1 ils ne voient que le ruban de route qui se droule devant eux1 le reste de la terre a cess d'exister4 ,ils ne voient point1 ils n'entendent point3 ce sont des mangeurs de kilomtres1 ce ne sont plus des hommes4 ,et1 chose curieuse1 l'automobiliste n'a pas besoin d'mulation1 il se suggestionne lui-mme1 et devient le propre artisan de son dlire4 ,mais les dangers des sports deviennent encore plus considrables quand ils sont pratiqus par des organismes en voie de formation1 par des jeunes gens1 par des coliers4 ,or1 il y a quelques annes1 avait souffl un vent1 venu d',angleterre1 qui avait vritablement tourn la tte certains hommes s'occupant des problmes de pdagogie1--ou plutt qui avait affol l'opinion publique1 et les pdagogues subissaient le courant4 ,ce qu'il y a de certain1 c'est qu'on ne parlait plus1 dans les tablissements scolaires1 que de sports et de gymnastique4 ,la culture intellectuelle paraissait devoir tre mise au second plan4 ,mais on n'a pas tard voir qu'il y avait abus4 ,les excellents travaux du ,dr ,lagrange et du ,dr ,legendre1 l'intervention des mdecins dans la ,ligue des ,pres de ,famille1 ont mis un frein cet engouement1 qu'on ne rencontre plus que dans quelques institutions o l'on s'obstine imiter l'ducation anglaise1 sans se rappeler que nos petits ,franais ne sont pas des ,anglo-,saxons4 ,je me demande d'ailleurs si les petits ,anglo-,saxons eux-mmes de l'ge de douze et treize ans se trouveraient bien de faire des courses de #d et #e kilomtres au pas gymnastique1 sans progression et sans entranement pralable1 comme je sais qu'on en impose aux enfants dans les institutions dont je parle4 ,,iii4 ,dviations de l'hygine sexuelle4--,tous les pdagogues et tous les pres de famille soucieux de l'avenir de leurs enfants sont1 juste titre1 proccups de l'important problme de l'ducation sexuelle2 mais tous sont loin de le rsoudre dans le mme sens4 ,les uns estiment qu'il ne faut rien dire aux enfants1 ni mme aux jeunes gens2 les autres1 qu'il faut au contraire aborder le redoutable problme en face1 et le plus tt possible4 ,la vrit1 comme en bien d'autres circonstances1 se trouve entre ces deux extrmes4 ,il est bien certain qu'il faut que1 un moment donn1 le jeune homme soit averti des dangers qu'il court en s'abandonnant des aberrations de l'instinct gnsique1 ou encore l'usage prmatur des fonctions sexuelles1 et qu'il faut aussi qu'il connaisse de bonne heure le pril vnrien4 ,mais quels moyens employer pour l'instruire8 ,est-ce au pre de famille que revient ce rle ducateur8 ,oui1 s'il a suffisamment gagn la confiance de ses enfants1 et s'il se sent capable de cette mission dlicate2 dans d'autres cas1 c'est au mdecin de la famille que doit tre dvolu ce soin2 et1 dans les pensions1 lyces1 institutions1 c'est encore au mdecin de la maison1 et1 dans une certaine mesure1 ceux des professeurs qui vivent le plus avec les lves4 ,convient-il de donner ceux-ci un enseignement collectif8 ,la tentative a t faite1 rcemment1 dans plusieurs lyces de ,paris4 ,il faut avouer qu'elle est ardue1 mais les bons rsultats ont dpass toute attente4 ,cependant je suis avec ,m4 l'abb ,fonsagrives partisan plutt de l'enseignement individuel1 compris dans un sens libral1 sous forme de causerie du professeur avec un petit nombre d'lves4 ,jusqu'au moment o il est raisonnable d'aborder devant les enfants ces dlicats problmes1 le rle de l'ducateur doit se borner exercer autour d'eux une surveillance assidue1 et retarder le plus possible l'closion de l'instinct sexuel4 ,pour ce faire1 il faut imposer l'enfant de la fatigue physique1 la pousser au maximum de la tolrance1 dussent les tudes en souffrir momentanment4 ,c'est de la bonne conomie1 sans cependant qu'on doive verser dans cet abus des sports que nous avons dnonc plus haut4 ,ici se retrouve1 comme dans tous les problmes de l'hygine1 cette question de dosage1 de mesure1 qui comporte un nombre indfini de solutions1 d'aprs la varit des cas individuels4 ,les dangers que court l'enfant en s'abandonnant des aberrations de l'instinct sexuel sont moins grands que ne l'a dit ,tissot1 mais ils sont nanmoins considrables1 et le capital nerveux de l'enfant est vite entam par les habitudes vicieuses4 ,de l ces formes vagues de neurasthnie avec difficult pour le travail1 timidit maladive1 manque de confiance en soi1 cphale1 traits tirs1 yeux cerns1 amaigrissement1 amoindrissement de la valeur du sujet4 ,un mdecin clair ne s'y trompe pas4 ,il doit alors trouver moyen de prendre l'enfant part1 la fin de la consultation1 et lui dire brle-pourpoint1 en le regardant fixement3 ,mon ami1 je sais la cause de votre mal6 ,il faut ensuite provoquer quelques aveux discrets1 et la consultation doit se terminer par une promesse formelle de l'enfant de se corriger4 ,la psychothrapie1 en ce cas1 vaut mieux que les mdications pharmaceutiques les plus savantes3 elle manque bien rarement son effet et elle peut tre grandement aide1 dans certains cas1 par la psychothrapie hypnotique1 dont nous parlerons plus loin4 ,quant au danger que fait courir la prmaturation des fonctions sexuelles1 c'est chose certaine que tout usage de ces fonctions devient un abus1 tant que l'organisme n'a pas atteint son complet dveloppement4 ,l'tre humain ne devrait aborder l'acte destin perptuer la vie qu' partir du moment o il est1 lui-mme1 en pleine possession de toute sa vigueur physique4 ,jusqu' ce moment1 la continence n'est pas prjudiciable4 ,la question a t tudie fond1 et rsolue dans le mme sens par les moralistes et par les hyginistes4 ,la continence n'est presque pas pnible1 elle ne le devient que si des excitations factices ont veill de trop bonne heure l'instinct sexuel4 ,elle est recommandable au point de vue moral2 elle entretient1 chez le jeune homme1 ce sentiment qu'on ne saurait trop dvelopper1 le respect de la femme2 et1 vrai dire1 c'est elle seule qui le met srement l'abri des contaminations vnriennes4 ,le grand public commence connatre le pril vnrien1 et1 surtout1 oser en parler4 ,on ne saurait croire combien l'ingnieuse trouvaille de ,m4 ,brieux1 qui a dsign sous le nom d'avarie la plus redoutable des maladies vnriennes1 la syphilis1 a fait faire de progrs l'opinion publique4 ,le mot1 d'ailleurs1 mritait de faire fortune2 et nous aimerions aussi voir employer le terme de petite avarie pour dsigner la blennorragie1 dont les mfaits sont plus considrables que ne le croit le public1 et mme que ne le croient beaucoup de mdecins4 ,ce que le public ignore encore1 c'est l'ge auquel les jeunes gens sont le plus souvent contamins4 ,ainsi que l'a dmontr le ,dr ,ed ,fournier1 c'est beaucoup plus tt qu'on ne se le figure gnralement2 et non seulement ,paris1 mais partout1 ainsi que le dmontrent les statistiques de toutes les armes1 qui enregistrent beaucoup plus de maladies vnriennes la premire anne de service qu'aux annes ultrieures1 parce que1 parmi les malades enregistrs la premire anne1 figurent tous ceux qui taient contamins avant leur entre au rgiment4 ,nous ne saurions trop recommander ce sujet la lecture et la mditation de l'excellente brochure du professeur ,a4 ,fournier3 ,pour nos fils quand ils auront dix-huit ans4 ,en quelques pages s'y trouvent nettement indiques1 et sans aucune exagration1 la gravit du pril vnrien1 la conduite tenir pour l'attnuer quand on est atteint1 et pour l'viter4 ,cette brochure est bonne lire1 elle est ncessaire et suffisante aux confrenciers qui veulent rpandre la vrit4 ,nous n'avons pas insister ici sur les mfaits de la syphilis4 ,c'est toujours une maladie grave1 quelquefois elle est trs grave1 et cela ds les premiers mois qui suivent son apparition4 ,elle se traduit alors par les plus importants symptmes de la dchance organique1 cphale violente1 anmie aigu1 perte des forces1 albuminurie1 etc42 inutile de dire que1 dans ce cas1 elle fait subir au capital biologique un dchet norme4 ,heureusement le traitement mercuriel intensif est l pour rparer1 dans une certaine mesure1 le dsastre4 ,d'autres fois1 la syphilis amne chez le malade de telles proccupations morales qu'elle devient un danger imminent4 ,l'angoisse peut mme conduire au suicide4 ,il faut que le mdecin et le pre de famille connaissent cette syphilophobie1 pour rassrner la victime1 dans la mesure ncessaire4 ,mais dans tous les cas la syphilis1 cause d'amoindrissement norme de la valeur du sujet1 devra tre traite nergiquement1 ds le dbut et pendant un temps prolong1--au moins quatre ans1--par des traitements successifs4 ,chez la jeune fille1 la syphilis est galement redouter4 ,nombre de jeunes filles de la classe ouvrire connaissent tout ce qui est relatif aux questions vnriennes2 elles n'en ignorent que le danger4 ,c'est leur usage que j'ai crit nagure une petite brochure intitule3 ,pour nos filles4 ,les services qu'elle est appele rendre ne sont pas comparables ceux que rendra sa soeur ane1 l'excellente brochure du professeur ,fournier2 et si je la mentionne1 ce n'est certes point par une enfantine vanit d'auteur3 c'est que1 de divers cts1 on m'a affirm qu'il tait bon de la faire connatre4 ,,iii--,,causes ,,morbig,,nes ,,communes ,,aux ,,deux ,,sexes4--,,maladies ,,accidentelles ,c'est dessein que nous plaons ces observations la suite de l'tude consacre aux jeunes garons1 car les jeunes filles1 entoures de soins l'ge qui nous occupe1 ont relativement peu de maladies accidentelles4 ,chez le jeune homme1 au contraire1 plus ou moins mal surveill1 plus ou moins surmen par un travail crbral auquel son cerveau n'est pas encore compltement adapt1 ou par le travail musculaire1 pour lequel ses muscles1 encore en tat de dveloppement1 ne sont pas suffisamment prpars1 la flore microbienne trouve un excellent terrain de culture4 ,nous ne pouvons pas passer en revue la pathologie de cet ge2 faisons seulement remarquer que la maladie accidentelle ou bien tue l'individu1 ou bien laisse un reliquat dfinitif sur un organe quelconque 7endocardite du rhumatisme1 etc473 mais il est trs rare que1 cette priode de la vie1 elle amne l'amoindrissement prolong ou dfinitif de la valeur du sujet4 ,en d'autres termes1 souvent1 chez les jeunes gens1 l'affection aigu aboutit une convalescence franche1 sans branler l'organisme2 cet ge1 comme dans l'enfance1 l'organisme est dou d'une grande lasticit1 et rebondit facilement4 ,exception doit tre faite pour la tuberculose2 c'est1 par excellence1 la maladie de l'ge adulte4 ,contracte1 le plus souvent1 dans la plus tendre enfance1 elle sommeille jusqu'au moment o les mauvaises conditions de milieu1 la misre physiologique1 le surmenage1 mettent le terrain en tat de moindre rsistance4 ,de l son maximum de frquence de dix-huit trente-cinq ans4 ,de cette conception1 qui n'est pas encore classique1 mais qui commence pntrer dans les esprits1 grce aux travaux du professeur ,grancher1 et ceux de ,m4 le mdecin inspecteur ,kelsch1 sur la tuberculose dans l'arme1 dcoule la vritable prophylaxie de la tuberculose4 ,c'est en vain que l'on dpenserait beaucoup d'argent pour fonder des sanatoria2 le sanatorium ne convient qu'aux riches4 ,c'est peut-tre un bon instrument de cure3 srement ce n'est pas le meilleur1 et1 en tout cas ce n'est pas le meilleur instrument de la lutte contre la tuberculose en tant que maladie sociale 7,grancher74 ,voyez1 en effet1 ce qu'il faudrait pour qu'un sanatorium populaire donnt un rendement social apprciable6 ,il faudrait3 #a l'entre du sanatorium1 un dispensaire de dpistage pour ouvrir la porte aux seuls malades lgrement atteints2 #b pendant le sjour du malade au sanatorium1 une oeuvre de secours pour sa femme et ses enfants2 #c la sortie du sanatorium1 la double ration de repos et la demi-ration de travail pendant un temps presque illimit6 ,le ,congrs de la tuberculose de #aije a d'ailleurs sonn le glas sur les sanatoria populaires1 et les mdecins de tous les pays1 dans une heure de sens commun et de clart1 ont vot la mme formule3 ,en fait de tuberculose1 la prservation domine l'assistance4 ,nous serons moins svres dans notre apprciation des dispensaires3 ils peuvent rendre quelques services pour l'ducation populaire2 mais les vritables oeuvres de l'avenir1 on ne saurait trop le rpter1 sont les oeuvres de prservation1 celles qui arrachent un enfant sain d'un milieu contamin2 ce sont les oeuvres d'hpitaux marins1 pour les enfants atteints de tuberculose locale et non contagieuse2 ce sont les colonies de vacances1 etc4 ,ce sont1 surtout1 les diverses oeuvres sociales luttant contre la misre3 car la misre est le grand1 le plus grand facteur de la tuberculose4 ,,deuxi,,me ,,partie ,,chapitre ,i ,,maturit ,voici l'homme arriv l'ge adulte2 il est en pleine possession de tous ses moyens1 son capital a t progressivement amlior et lui rapporte de gros intrts2 il s'agit maintenant de l'utiliser1 de le faire valoir1 d'obtenir de lui son rendement maximum4 ,l're des mnagements est passe1 il faut tout prix que l'homme travaille et produise4 ,on l'alimentera en consquence3 la dpense tant considrable1 il faudra que l'aliment soit rparateur4 ,le point essentiel est de ne pas dpasser la dose des dpenses1 d'utiliser le capital1 mais non de l'amoindrir1 de chauffer la machine1 sinon blanc1 du moins la temprature maxima tolre1 pour ne pas l'user trop vite1 et surtout pour ne pas la faire clater4 ,il faut1 en somme1 que l'homme produise2 et1 s'couter vivre avec trop de prudence1 il ne ferait que s'empcher de mourir4 ,bien plus2 de mme qu'un capitaliste avis1 quand il possde beaucoup de fonds disponibles1 quand il a ce qu'on appelle de la surface1 n'a pas peur1 de temps autre1 de risquer une somme raisonnable dans une affaire qui n'est pas de tout repos2 de mme l'homme bien portant1 capital solide1 ne doit pas craindre1 certains moments1 de se dpenser un peu plus que ne l'exigerait la sage hygine1 la condition que l'effort ne soit ni trop excessif1 ni trop prolong1 et qu'une priode de repos succde cette priode de travail intensif4 7,de l la ncessit des vacances et du repos hebdomadaire74 ,soit1 dira-t-on1 nous acceptons le principe1 nous croyons qu'il est bon que l'homme actif1 intelligent1 bien portant1 donne de temps autre ce qu'on appelle un coup de collier1 quitte rparer sa dpense excessive par un repos plus ou moins prolong1 mais quel est le critrium8 quel signe reconnatrez-vous que l'homme n'a pas dpass la mesure de ses forces1 et qu'il ne court pas la banqueroute8 ,le principe gnral est qu'il faut arriver aux confins de la fatigue1 mais ne jamais atteindre la fatigue douloureuse4 ,quand il s'agit de travail musculaire1 le critrium est relativement facile trouver4 ,on est averti qu'on a dpass la mesure de ses forces par deux symptmes caractristiques3 la diminution d'apptit et la diminution de sommeil4 ,cette donne pourrait mme rendre de grands services aux chefs militaires1 dont l'idal1 trs lgitime1 est de faire produire la machine humaine son maximum de rendement1 sans puiser cependant les forces des soldats4 ,malheureusement1 quelques-uns d'entre eux confondent l'entranement et l'puisement2 ils arrivent avoir des troupes qui n'ont pas de valeur relle1 tout en ayant les apparences de la force4 ,ces troupes1 qui se sont prsentes sous le plus bel aspect des manoeuvres de quelques jours1 seraient incapables d'entrer en campagne et de supporter des fatigues prolonges4 ,si les chefs de corps avaient eu la prcaution de s'enqurir de la faon dont les soldats mangent1 ou de voir1 aprs une marche prolonge1 comment ils mangent1 de surveiller de temps autre le tonneau des eaux grasses1 qui recueille tous les restes des repas1 ils auraient vu que le travail excessif se traduit par une baisse dans l'apptit4 ,s'ils passaient1 le soir1 dans les chambres1 d'une faon inopine1 ils verraient qu' la suite de fatigues excessives les hommes ne dorment pas bien4 ,et rien ne les empcherait1 d'ailleurs1 de prendre parfois l'avis de leurs mdecins4 ,nous ne dissimulons pas la difficult du problme1 d'autant que1 chez l'homme qui a subi un entranement mthodique1 la sensation de fatigue disparat2 l'homme entran ne connat pas la fatigue4 ,l'puisement1 chez lui1 se traduit exclusivement par la diminution du poids1 de l'apptit et du sommeil1 comme aussi1 dans le milieu militaire en particulier1 par l'apparition des maladies dites accidentelles4 ,et si le problme est difficile tant qu'il ne s'agit que de dpenses musculaires1 il devient plus complexe encore quand il s'agit de dpenses crbrales4 ,voici un commerant oblig de brasser de grosses affaires4 ,il est rveill1 le matin1 par le tlphone voisin de son lit2 pendant toute la journe1 il n'a pas un quart d'heure de tranquillit2 il sent peser sur lui des responsabilits crasantes2 sa vie n'est qu'une srie d'inquitudes4 ,qu' ce surmenage incessant viennent s'ajouter des chagrins de famille1 etc41 voici notre homme qui1 tout d'un coup1 tombe dans la maladie4 ,le moindre prtexte suffit pour amener le dclanchement3 c'est une motion un peu violente1 c'est une perte d'argent1 c'est une maladie infectieuse plus ou moins lgre1 qui ouvre la brche1 et voil la maladie installe6 ,cet homme aurait-il pu viter le cataclysme8 ,a-t-il eu1 depuis dix ans qu'il surmne son cerveau1 un avertissement quelconque lui indiquant qu'il dpasse les limites de son lasticit1 et qu'il puise pleines mains dans un capital insuffisamment rpar chaque jour8 ,oui1 le plus souvent6 ,c'est1 par exemple1 un vertige qui est apparu1 un moment donn4 ,si cet homme avait tenu compte de ce qu'on pourrait appeler un avertissement sans frais1 il aurait immdiatement diminu le travail1 ou mme l'aurait suspendu pendant quelques jours4 ,mais il n'en a pas tenu compte1 il a pens que a passerait4 ,d'autres fois1 c'est une sorte d'endolorissement de la tte1 non pas passager1 mais permanent1 qui constitue l'avertissement1 avec bourdonnements de l'oreille gauche4 7,cette prdominance des bourdonnements gauche1 de la diminution de l'acuit auditive gauche1 se rencontre toutes les phases de la maladie47 ,d'autres fois encore1 c'est une sorte de sensation de fatigue permanente1 exagre surtout le matin1 avec diminution d'apptit1 constipation1 autrement dit avec les petits symptmes de la grande maladie4 ,il est tout fait exceptionnel que le krach se produise sans de tels phnomnes prmonitoires4 ,cela arrive1 cependant1 et c'est chez les natures les plus admirablement doues en apparence4 ,quand le sujet est soumis un surmenage intellectuel et musculaire la fois1 il ralise les conditions les plus parfaites pour arriver l'puisement rapide2 aussi ne saurait-on protester trop nergiquement contre le prjug des gens du monde1 qui se figurent que l'exercice musculaire repose du travail crbral1 et que le surmen crbral doit1 pour bien se porter1 faire de l'exercice1 de la bicyclette1 de la marche force1 ses moments disponibles4 ,c'est l une erreur norme dont la pdagogie commence faire justice4 ,certes il est des hommes1 admirablement dous1 qui peuvent supporter une dpense considrable la fois au point de vue musculaire et au point de vue crbral3 mais ce qu'il faut bien se rappeler1 c'est que1 ds que surviennent les premiers symptmes du surmenage1 on doit aussitt rduire la dpense totale1 et la dpense musculaire en particulier2 ce prix seulement on aura chance d'chapper aux griffes1 toujours prtes s'abattre sur nous1 de la maladie4 ,,chapitre ,,ii ,,caract,,res ,g,n,,raux ,,de ,,la ,,maladie ,plusieurs fois dj1 dans le cours de ce travail1 j'ai eu l'occasion de parler de la maladie1 sans prciser le sens exact que je donnais ce mot4 ,mais le moment est venu de tenter1 sinon une dfinition scientifique de la maladie1--dfinition aussi impossible que celles1 par exemple1 de la richesse1 de la vertu1 ou de la beaut1--tout au moins une explication sommaire de ce qu'est1 mes yeux1 cette chose indfinissable2 des principaux caractres qui lui sont propres2 et des traits qui la distinguent de ces manifestations pathologiques bien dtermines que l'on appelle communment les maladies1 et que j'appellerais volontiers des accidents1 par opposition la nature plus gnrale1 plus profonde1 et infiniment plus complexe1 de la maladie4 ,voici quatre personnes qui1 dans une mme aprs-midi1 se prsentent ma consultation4 ,ce sont quatre malades3 il ne faut pas tre grand clerc pour l'affirmer a priori4 ,mais voyons ce que nous enseignera l'tude dtaille1 et surtout rflchie1 de chacune de ces quatre personnes1 qui paraissent se ressembler aussi peu que possible1 et n'avoir l'une avec l'autre absolument rien de commun4 ,l'une est grande et forte1 l'autre petite et malingre2 l'une est obse1 l'autre d'une maigreur inquitante4 ,les souffrances que chacune accuse sonttout fait diffrentes1 de l'une l'autre2 les causes qui ont paru engendrer ces souffrances semblent opposes3 chez l'une l'excs de fatigue1 chez une autre l'excs d'oisivet1 etc4 ,essayons prsent d'approfondir un peu notre investigation4 ,ah6 ce n'est pas un mince travail que d'tudier un malade1 de fouiller son hrdit1 de le suivre depuis le jour de sa naissance1 voire mme de sa conception1 de noter tous les incidents pathologiques de son enfance1 de sa jeunesse1 de son adolescence1 d'apprcier son degr de sant pendant les priodes qui ont spar ces divers incidents1 de se reconnatre au milieu du luxe de dtails avec lequel il dcrit ses misres1 en un mot de reconstituer la fois le bilan complet de son tat prsent et le tableau du chemin qu'il a suivi pour y parvenir4 ,mais cette tude mticuleuse est ncessaire2 sans elle1 pas de diagnostic possible1 pas de traitement rationnel2 d'elle seule pourra rsulter la connaissance vritable du malade1 c'est--dire l'apprciation de ce qu'il vaut1 du point prcis o il en est dans son volution4 ,et j'ajoute que ce n'est que lorsqu'on a tudi ainsi des centaines et des centaines de malades que l'on commence avoir une ide nette de ce que c'est que la maladie4 ,voici donc une premire malade1 que je connais depuis cinq ans4 ,c'est une femme de trente-deux ans1 dont on devine ds le premier abord la vivacit d'intelligence1 et avec laquelle le mdecin comprend tout de suite1-- sa grande satisfaction1--qu'il va pouvoir causer utilement4 ,l'enqute m'apprend qu'elle a eu un capital initial excellent3 un grand-pre paternel mort soixante-quinze ans1 asthmatique1 la grand'mre paternelle morte quatre-vingt-quatre ans4 ,du ct de l'hrdit maternelle1 il n'y a pas non plus de tares transmissibles3 le grand-pre mort soixante-quinze ans1 la grand'mre vivant encore quatre-vingt-deux ans4 ,il est vrai que l'hrdit directe est peut-tre un peu moins parfaite4 ,le pre de ,mme ,x444 est mort cinquante-deux ans1 d'une affection crbrale1 aprs avoir toujours t trs nerveux4 ,la mre1 d'autre part1 un peu dlicate1 continue se bien porter1 la condition de s'couter vivre4 ,ce capital initial a t bien gr pendant les premires annes de la vie4 ,nourrie au sein1 ,mme ,x444 a pu supporter sans dommage apprciable divers assauts1 tels que la coqueluche1 la rougeole1 la varicelle4 ,a huit ans1 cependant1 s'est produit un pisode plus important3 une jaunisse1 qui a dur un mois1 et qui semble indiquer que le systme digestif tait1 chez cette malade1 le point faible4 ,un mdecin avis1 qui l'aurait suivie de prs depuis lors1 n'aurait pas manqu de remarquer qu'elle tait1 si l'on peut dire1 une candidate la dyspepsie4 ,toutefois1 jusqu' l'ge de vingt-six ans1 ,mme ,x444 n'eut aucun phnomne grave1 d'origine stomacale ou intestinale3 mais elle avait de petits symptmes1 un manque d'apptit entreml de fringales1 de la constipation1 etc444 ,et1 malheureusement pour elle1 ces petits symptmes ont pass inaperus4 ,l'enfant a t soumise1 dans un couvent1 l'alimentation des autres pensionnaires2 elle a mang vite1 par consquent mang mal2 bref1 rien n'a t fait pour mettre en bon tat son systme nerveux abdominal1 qui1 sans protestations graves1 fonctionnait dj d'une faon dfectueuse4 ,de onze vingt-six ans1 c'tait le systme nerveux crbral qui1 seul1 paraissait dfectueux4 ,ds l'ge de onze ans1 elle avait des tristesses vagues1 des ides de mort1 qui ne firent que s'accentuer4 ,a dix-sept ans surtout1 son entourage remarquait cet tat de mlancolie4 ,d'un caractre ingal1 la jeune fille ne travaillait qu' sa guise1 acceptant pniblement toute discipline4 ,a dix-huit ans1 la mort de son pre lui causa un violent chagrin2 et cet assaut branla si fortement son systme nerveux que1 six semaines aprs1 sans cause connue1 sans refroidissement pralable1 elle dut garder le lit pendant un mois1 pour une maladie qualifie rhumatisme mono-articulaire1 mais avec prdominance de symptmes nerveux graves 7angoisses cardiaques1 insomnies74 ,elle ne se remit vraiment de cette crise qu'un an aprs1 lorsque des projets de mariage oprrent en elle une sorte de drivation4 ,marie dix-neuf ans1 elle ne tarda pas retomber dans le mme tat nerveux1 auquel se joignirent des phnomnes nvralgiques 7nvralgie lombo-abdominale gauche71 apparaissant subitement1 et l'immobilisant pendant quelques heures4 ,puis vinrent des crises de nerfs1 le plus souvent nocturnes1 avec angoisses prcordiales terribles1 peur de toutes les maladies1 etc444 ,c'est dans ces conditions qu'elle devint enceinte2 et1 pendant la grossesse1 elle se porta admirablement4 ,mais1 aussitt aprs sa dlivrance1 l'estomac1 qui n'avait jusqu'alors traduit son malaise que par des phnomnes insignifiants1 entra dfinitivement en scne3 perte absolue d'apptit1 crampes1 gastralgie4 ,puis1 l'anne suivante1 ce fut le tour de l'intestin3 diarrhes frquentes1 incoercibles1 bientt apparition de selles noires1 survenant trois quatre fois par jour avec fortes coliques1 et qui durrent quatre mois4 ,a la fin de cette priode1 l'tat gnral tait des plus mauvais1 et la vie semblait vraiment compromise4 ,heureusement une anne passe dans l'isolement1 et suivie d'une cure dans un sanatorium de ,suisse1 enraya relativement le mal4 ,lorsque je vis la malade pour la premire fois1 un an aprs son retour de ,suisse1 voici les principales constatations que je pus faire3 ,cphale permanente1--picotement des yeux1--sciatique gauche survenant au moment des rgles1--inquitudes vagues1--peur de mourir subitement1--trois heures peine de sommeil dans les meilleures nuits4 ,l'estomac et l'intestin laissaient galement dsirer3 apptit nul1 alternatives de diarrhe et de constipation4 ,l'examen des organes me dmontra qu'il n'y avait rien la poitrine1 mais qu'au coeur existait un souffle1 au premier temps1 la base1 perceptible seulement dans la position horizontale2 ventre plat1 peu lastique1 sonorit basse et gale4 ,la malade1 qui pesait #ej kilogrammes dix-huit ans1 n'en pesait plus que #df4 ,voil donc une jeune femme qui a toutes les apparences extrieures d'une personne trs souffrante1 et dont la vie est empoisonne par une srie ininterrompue de misres varies4 ,et cependant l'histoire mme de ces misres prouve qu'il n'y a point chez elle d'organe particulirement atteint1 et que le capital biologique est1 au fond1 moins mauvais qu'il ne parat l'tre4 ,mon premier soin fut de la rassurer1 notamment sur l'tat de son coeur1 sur lequel un confrre un peu imprudent l'avait fort inquite4 ,je m'efforai ensuite de lui refaire un estomac1 par un rgime svre1 puis de plus en plus large4 ,je dirigeai son hygine musculaire1 intellectuelle et morale4 ,et ainsi1 aprs deux ans o je m'tais born1 en somme1 faciliter le retour l'quilibre du systme nerveux1 ,mme ,x444 se vit dlivre de la plupart de ses maux1 et ramene enfin une vie des plus supportables4 ,qu'avait-elle donc au juste8 me demandera-t-on ,elle avait1 sous une forme spciale1 ou plutt sous plusieurs formes1 ce que j'appelle la maladie4 ,sous toutes ces misres1 c'tait le systme nerveux qui1 chez elle1 flchissait4 ,tout son systme nerveux tait malade1 et chacun de ses centres1 tour tour1 avait accus le contre-coup de la dprciation de l'ensemble4 ,au moment o j'ai vu la malade1 le centre le plus atteint tait celui qui prside aux fonctions digestives2 mais1 si je m'tais limit ne soigner que celui-l1 toute ma peine aurait risqu d'tre perdue4 ,il fallait1 derrire les symptmes locaux1 atteindre le trouble gnral2 il fallait dpasser les incidents pour parer la maladie4 ,voici maintenant une autre malade1 ,mlle ,t4441 chez qui les manifestations morbides n'ont certainement rien de commun avec celles que je viens de signaler chez ,mme ,x444 ,c'est une jeune fille qui1 lorsque je l'ai vue d'abord1 en janvier #aija1 avait progressivement maigri1 en six mois1 de #ej #da kilogrammes1 sans autre cause connaissable que certaines influences morales4 ,elle ne se plaignait de rien1 ne se sentait pas malade2 et cependant elle l'tait1 puisqu'elle maigrissait sans cesse1 puisqu'elle avait le teint terreux et la peau rugueuse1 puisque ses rgles taient supprimes depuis un an4 ,pas de lsions organiques1 pas d'albumine1 ni de sucre3 mais toute l'apparence d'une grande malade4 ,pourtant1 aprs un examen plus approfondi1 j'augurai bien de l'avenir1 parce que le capital initial tait assez bon1 parce que ,mlle ,t444 n'avait pas eu de graves assauts dans son enfance1 enfin parce qu'elle tait jeune1 et malade depuis peu de temps4 ,et le fait est qu'un traitement trs simple1 mais bien suivi 7quinze heures de lit par jour1 puis douze heures1 #e repas par jour1 d'abord sans viande1 puis avec un plat de viande midi1 et #cj injections de cacodylate de magnsie71 amena un rsultat extraordinaire3 rapparition des rgles1 augmentation du poids1 disparition de la rugosit cutane1 relvement de l'apptit1 etc4 ,c'est que cette malade1 qui ne prsentait aucun trouble nerveux1 n'en tait pas moins une nerveuse4 ,toutes ses misres ne venaient1 comme chez ,mme ,x4441 que d'un branlement du systme nerveux2 quand ce systme se trouva modifi1 par le repos1 le rgime et la psychothrapie1 la malade gurit4 ,elle revint alors dans son pays2 six mois aprs1 elle allait trs bien1 mangeant de tout1 pesant #eh kilogrammes4 ,mais voici que1 dix-huit mois plus tard1 elle perd sa mre4 ,de nouveau le chagrin la mine sourdement2 elle redevient malade1 maigrit jusqu' #cg kilogrammes1 toujours sans accuser la moindre douleur1 et sans ressentir aucune souffrance4 ,un jour1 le #be dcembre #aijc1 elle est tellement puise qu'elle a une syncope grave1 et que son entourage est convaincu qu'elle va mourir4 ,j'avoue que moi-mme1 quand je la vis alors avec le ,dr ,c4441 je fus pouvant1 malgr la bonne opinion que j'avais de sa valeur biologique4 ,c'tait littralement un squelette 7#cd kil471 elle n'avait plus qu'un souffle de vie4 ,eh bien6 elle se ressaisit encore4 ,que dis-je8 ,en juin #aijd1 elle fit une pleuro-pneumonie4 ,deux mois aprs1 ds qu'elle fut transportable1 elle voulut venir ,paris1 et se soumit1 pendant trois mois1 aux injections d'huile crosote4 ,en octobre #aijd1 elle avait dfinitivement retrouv sa sant4 ,comment douter que toutes les souffrances de cette jeune fille aient t surtout d'origine nerveuse8 ,et cependant voil un cas o la perturbation du systme nerveux central s'est traduite par des phnomnes qui n'avaient rien de ce que les neurologistes constatent d'ordinaire4 ,et c'est bien le systme nerveux crbral qui tait en cause1 chez cette malade3 car ses deux grandes crises morbides n'ont absolument pas eu d'autre cause que le chagrin4 ,mlle ,t444 tait une nvrose sans manifestations nerveuses4 ,tout fait comme ,mme ,x4441 malgr la dissemblance des symptmes1 c'tait une malade1 c'est--dire une personne dont le capital nerveux s'tait trouv entam4 ,dans l'exemple suivant1 la maladie s'est traduite par des phnomnes cardiaques4 ,chaque fois qu'il y a eu chez le malade une dfaillance du systme nerveux1 c'est le coeur qui a cess de fonctionner normalement1 tel point que tous les mdecins qui ne connaissaient pas ,m4 ,z444 le traitaient infailliblement par la digitale et la cafine4 ,en ralit1 ,m4 ,z444 n'est ni un cardiaque1 ni mme un faux cardiaque3 c'est simplement un malade chez qui le systme nerveux qui prside aux mouvements du coeur est plus spcialement impressionnable4 ,depuis l'ge de vingt et un ans1 la suite d'un rhumatisme 7sans endocardite71 chaque fois qu'il y a eu un assaut quelconque dans la sant du malade1 le coeur a aussitt protest4 ,en #ahhf1 la suite d'une bronchite grippale1 je constatai1 pour la premire fois1 de l'arythmie1 et un souffle au #b;e temps1 la base du coeur4 ,depuis lors1 ce souffle persiste1 mais avec une telle ingalit que1 parfois1 il est imperceptible1 tandis que1 d'autres fois1 il est d'une nettet extrme3 si bien que plusieurs mdecins ont affirm une lsion de la valvule de l'aorte4 ,or1 je le rpte1 il n'y a pas de lsions3 ,m4 ,z4 n'a jamais de pouls bondissant1 et de nombreux tracs de pouls1 pris par le ,dr ,lagrange1 dmontrent qu'il n'y a pas d'insuffisance aortique4 ,quand ,m4 ,z444 va bien1 son coeur va bien3 quand il va mal1 quand il se surmne1 ou prouve une motion vive1 son coeur se fche1 et traduit son malaise par les manifestations les plus varies3 syncopes1 arythmie1 fausses angines de poitrine4 ,m4 ,z444 est un de ces hommes qui sont faits pour le travail intensif3 chez lui1 quelle que soit l'normit du travail1 il n'y a jamais de surmenage crbral2 mais c'est un sensitif1 que le surmenage motionnel guette tout instant4 ,en #ahih1 la suite d'motions vives1 tout son systme nerveux entre en rvolte3 le systme digestif 7dyspepsie1 constipation1 etc471 le systme nerveux central 7insomnie absolue1 tristesse1 pleur insolite1 puisement des forces74 ,en mme temps la glycosurie fait son apparition 7#aj grammes de sucre par litre74 ,enfin les troubles du coeur atteignent une intensit extrme et dfient tous les traitements classiques 7digitale1 spartine1 bromures1 etc474 ,dsirant me voir avant de mourir1 le malade me fit appeler le #bh avril #ahih1 et me raconta les soucis qui l'avaient accabl4 ,ces soucis taient1 sans aucun doute1 l'unique cause de la maladie3 une psychothrapie prolonge1 et accompagne d'un rgime alimentaire trs modr1 russit parfaitement remettre le malade sur pied4 ,les deux annes qui suivirent furent mme excellentes4 ,en #aija1 une petite grippe suffit pour ramener le trouble cardiaque1 avec mme1 cette fois1 un pouls bi-gmin4 ,mais une saison ,vichy1 sous la direction du ,dr ,lagrange1 produit un trs bon rsultat4 ,en #aijc1 ni le ,dr ,lagrange1 ni moi1 ne percevons plus le souffle coutumier4 ,mais voici qu'en #aijd1 la suite d'une nouvelle motion1 reparaissent l'arythmie1 le souffle1 la glycosurie3 de nouveau1 une saison ,vichy supprime tout cela4 ,en avril #aije1 enfin1 la suite de nouvelles contrarits1 l'branlement du systme nerveux se traduit par un lumbago1 mais surtout par une anesthsie de la main et de la joue droites1 qui effraie beaucoup le malade4 ,je le rassure encore1 je le renvoie ,vichy1 d'o il revient en parfait tat1 toujours jeune1 malgr ses cinquante-deux ans1 toujours avec une activit dvorante4 ,c'est que ce prtendu cardiaque1 comme les deux malades prcdents1 est simplement un malade1 avec cette particularit que c'est sur le coeur que se portent de prfrence1 chez lui1 les plus importantes manifestations de la maladie4 ,dans les trois observations que je viens de citer1 c'tait tel ou tel dpartement du systme nerveux qui manifestait plus spcialement les souffrances de l'tre entier1 et les priodes de malaise taient spares par des priodes de sant1 tout au moins relative4 ,voici maintenant un cas o tous les lments du systme nerveux sont tellement excits que la maladie revt les formes les plus diverses1 et sans qu'il y ait eu1 pour ainsi dire1 un seul jour de rmission1 depuis l'poque o le systme nerveux a t branl1--c'est--dire depuis l'ge de huit ans1--jusqu' l'ge de la cessation des rgles4 ,la malade dont je vais parler a t vraiment1 pendant plus de trente ans1 un parfait muse pathologique4 ,mais1 malgr mille misres qui se succdaient chez elle comme les figures d'un kalidoscope1 je n'ai jamais dsespr de sa survie1 ni de sa gurison1 cause mme de la mobilit et de la varit des manifestations morbides1 tant donn1 d'autre part1 l'intgrit des organes4 ,la maladie de cette personne a commenc huit ans1 la suite d'une fivre typhode grave4 ,pendant cinq ans1 elle ne s'est traduite que par des migraines trs intenses et trs frquentes2 mais ds l'apparition des rgles1 aux migraines se sont jointes des douleurs d'estomac et de la constipation4 ,vers l'ge de trente ans1 le systme nerveux crbral a manifest son trouble par des vertiges1 bourdonnements d'oreilles1 etc4 ,deux ans aprs1 c'est le tour de la moelle3 douleurs rhumatismales et nvralgies erratiques4 ,vers l'ge de trente-trois ans1 le systme nerveux cardiaque donne sa note dans le concert3 syncopes qui durent de dix minutes une demi-heure1 avec perte complte de connaissance4 ,en octobre #ahhi1 une crise gastralgique survient1 qui se prolonge pendant trois jours conscutifs4 ,l'anne suivante1 c'est une douleur intercostale gauche qui immobilise la malade pendant plusieurs jours2 mais1 par contre1 la tte est redevenue parfaitement libre1 les vertiges1 la cphale1 ont disparu4 ,en #ahic1 apparat une dermalgie qui occupe les deux bras4 ,puis voici que la fivre survient3 la malade a jusqu' #dj1 sans cause connue1 l'poque de ses rgles4 ,en #ahie1 se produit un tat de pritonisme1--avec douleurs trs vives dans l'estomac et le foie1 urines acajou charges d'urobiline1--qui semble mettre la vie en danger4 ,mais la malade sort de cette preuve2 et1 pendant les dix mois qui suivent1 elle maigrit1 trs heureusement1 de #ic #hg kilogrammes4 ,l'anne suivante fut trs bonne4 ,le sommeil revint1 l'estomac rentra dans l'ordre1 la malade put croire que ses misres allaient prendre fin4 ,mais voici que1 en #ahig1 la suite d'un coup de froid l'intestin son tour se met de la partie3 fausses membranes dans les selles1 coliques1 diarrhe et faux besoins d'exonration extrmement pnibles4 ,l'appendice mme parat touch3 il y a une douleur trs nette au point de ,mac ,burney4 ,un autre jour1 en #ahii1 le foie se trouble3 urines fonces1 selles dcolores1 fivre2 mais la menace ne persiste que quatre jours4 ,en #aijj1 ulcre de l'estomac1 vomissements noirs4 ,la mme anne1 je note une sorte d'inhibition du fonctionnement de la jambe droite1 qui1 un moment donn1 deux ou trois fois par mois1 refuse tout service1 au point que la malade tombe brusquement4 ,enfin1 cette mme anne1 se dclare un oedme des jambes1 disparaissant aprs la marche2--c'est l un phnomne que j'ai souvent observ chez les malades dits arthritiques4 ,cet tat lamentable s'est prolong jusqu'en #aijd2 la malade tait1 suivant son expression1 un faisceau de douleurs1 mais elle avait un excellent moral1 et restait sre qu'un jour ou l'autre elle reviendrait la sant4 ,or1 le fait est que1 depuis la fin de #aijd1 en mme temps que disparaissaient ses rgles1 l'tat gnral s'amliorait d'une faon surprenante4 ,aujourd'hui ,mlle ,x4441 absolument gurie1 dfinitivement dlivre de toutes ses misres1 promne joyeusement ses #aje kilogrammes et se dclare enchante de vivre4 ,c'est que1 mme dans ses preuves les plus douloureuses1 mme quand elle prsentait les symptmes les plus inquitants1 cette personne n'tait ni une hpatique1 ni une mdullaire1 ni une crbrale1 ni une gastrique1 ni une cardiaque1 mais simplement une malade manifestations crbrales1 mdullaires1 gastriques1 intestinales1 etc4 ,pendant les longues annes o je lui ai donn des soins1 toute ma thrapeutique n'a consist qu' essayer de dynamiser son systme nerveux1 et de le dynamiser tout entier1 sans presque chercher atteindre1 en particulier1 tel ou tel de ses centres qui semblait1 provisoirement1 le plus branl4 ,j'ai eu le bonheur de deviner que cette personne avait les apparences de trop de maladies pour en avoir la ralit2 et1 de fait1 quand son systme nerveux a retrouv l'quilibre1 la gurison de la vritable maladie a aussitt amen la gurison de toutes les pseudo-affections qui n'en taient que le contre-coup4 ,le trouble du systme nerveux central peut encore se traduire par les symptmes qui caractrisent1 de la faon la plus formelle1 des maladies organiques4 ,j'ai parl dj1 plus haut1 de ce malade qui avait toutes les apparences d'une lsion du coeur1 sans avoir le coeur ls4 ,on sait que1 par ailleurs1 ce qu'on appelle l'hystrie simule les maladies organiques les plus varies4 ,les hystriques peuvent prsenter les symptmes de la mningite1 de la grossesse1 voire mme des maladies les plus graves de la moelle pinire4 ,ainsi j'ai vu un jeune soldat qui offrait tous les signes de la sclrose en plaques4 ,aprs trois mois d'examen1 on a fini par le rformer2 or1 ce n'tait qu'un hystrique4 ,non pas que ce jeune homme ait t un simulateur3 car on ne simule pas les symptmes de la sclrose en plaques6 ,et quand je dis que ce n'tait qu'un hystrique1 j'exprime mal ma pense4 ,en ralit1 c'tait un malade4 ,je l'ai suivi pendant longtemps1 aprs son dpart du rgiment4 ,une fois rform1 il n'eut plus le moindre phnomne mdullaire2 mais il eut de la dyspepsie1 et j'ai su que1 dans son enfance1 il avait eu d'autres manifestations de ce que j'appelle la maladie4 ,ce n'est qu' une phase dtermine de sa vie1 quand il s'est agi pour lui de faire son service militaire1 que la maladie s'est traduite1 pendant quelques mois1 par ces troubles de l'axe crbro-spinal qu'on est convenu d'appeler hystrie4 ,je pourrais multiplier les exemples3 mais ceux que j'ai cits suffiront1 je crois1 donner une ide de ce que j'entends1 proprement parler1 par la maladie4 ,d'une faon gnrale1 je veux dire que la maladie embrasse tout le domaine pathologique qui n'appartient pas ce qu'on pourrait appeler les accidents--accidents qui vont depuis les fractures et les intoxications jusqu' des lsions d'organes 7cancer1 hmorragies crbrales1 etc471 en passant par toute la srie des affections microbes1 connus et inconnus4--,au-dessous de ces accidents s'tend une srie indfinie de troubles pouvant revtir toutes les formes et donner mme l'illusion de toutes les maladies organiques1 mais qui1 en ralit1 ne sont tous que d'origine nerveuse 7en donnant ce mot toute l'extension qu'il comporte71 ainsi que cela apparat clairement pour peu que l'on considre leurs causes1 leur marche et leur terminaison4 ,dans la maladie rentrent donc toutes les nvroses2 la folie quand elle n'est pas produite par des lsions du cerveau1 l'hystrie1 l'pilepsie dite idiopathique1 la neurasthnie1 les algies1 tous les troubles fonctionnels des divers organes1 tant que ces troubles fonctionnels n'ont pas amen de lsion des organes4 ,les mdecins voient quotidiennement la maladie sous une de ses formes prfres4 ,c'est la forme gastrique1 qu'on dsigne vulgairement sous le nom d' embarras gastrique1 synonyme d'embarras de diagnostic4 ,dans cette affection1 il ne faut pas croire que le systme nerveux soit indemne2 les malades prouvent de la cphale1 des vertiges1 souvent des bourdonnements d'oreille1 un tat de fatigue gnrale du systme musculaire1 de l'insomnie1 de la difficult pour lire1 pour supporter une conversation2 ils ne souhaitent que le repos et la tranquillit4 ,si on les leur accordait1 si une mdication perturbatrice n'intervenait pas1 si on graduait sagement leur alimentation1 il ne surviendrait1 en gnral1 aucune complication2 et aprs quinze jours1 un mois1 ils reviendraient peu peu la sant#f4 ,note #f3 ,la gurison1 souvent1 s'annonce chez eux par une crise urinaire4 ,les urines1 qui avaient t trs uraliques1 quelquefois mme urobilinuriques1 et rares1 deviennent1 d'un jour l'autre1 claires et abondantes4 ,en mme temps la temprature tombe1 pendant deux ou trois jours1 au-dessous de la normale1 le sommeil reparat1 l'apptit galement1 et tout rentre dans l'ordre4 ,dans d'autres cas1 la maladie volue sur le mode chronique2 et c'est pendant des mois et des annes que l'on voit tout le systme organique compromis dans son fonctionnement4 ,le systme nerveux1 l'estomac1 l'intestin1 laissent dsirer d'une faon peu prs gale4 ,c'est chez ces grands malades qu'on est en droit de se demander si c'est le cerveau qui tient sous sa dpendance les troubles nerveux de l'estomac ou de l'intestin1 ou si c'est l'inverse4 ,selon qu'on adopte telle ou telle manire de voir1 on adopte telle ou telle thrapeutique exclusive3 on s'acharne remdier aux troubles du systme nerveux1 en ngligeant les troubles digestifs1 ou inversement4 ,dans les deux cas on a tort4 ,pour faire de la bonne thrapeutique1 il faut la fois soigner le cerveau1 l'estomac1 l'intestin1 la moelle1 le malade entier1 en un mot1 tout en recherchant1 si possible1 quel est le systme le plus compromis et dont le fonctionnement laisse le plus dsirer4 ,c'est de la maladie ainsi comprise que je voudrais1 maintenant1 rechercher les causes les plus habituelles1 avant d'en indiquer1 dans ses grandes lignes1 le mode de traitement3 traitement qui doit tre toujours gnral1 puisque toujours la maladie1 mme quand elle ne se traduit que par des troubles locaux1 est1 par son essence1 d'ordre gnral4 ,quant au traitement particulier des maladies accidentelles1 il va sans dire que je n'aurai pas m'en proccuper dans ce travail4 ,,chapitre ,,iii ,,les ,,causes ,,de ,,la ,,maladie ,i4--,,causes ,,physiques ,je ne saurais songer suivre l'homme travers toutes les circonstances de sa vie qui compromettent sa valeur1 soit momentanment1 soit d'une faon dfinitive et irrmdiable4 ,elles varient l'infini2 l'homme heureux seul n'a pas d'histoire1 et l'homme heureux est un tre de raison1 qui n'existe pas dans la ralit4 ,mais1 d'une faon gnrale1 je puis faire remarquer que ce n'est pas le surmenage crbral1 ni le surmenage musculaire1 ni mme les vices d'alimentation1 le dfaut de confort1 l'aration insuffisante1 etc41 qui constituent les grands facteurs de la maladie3 c'est le surmenage motionnel1 c'est le chagrin1--l'influence psychique1 en un mot4 ,cependant les autres influences morbignes mritent une mention dtaille4 ,je les rapporterai aux trois chefs suivants3 ,i4 ,surmenage crbral4 ,,ii4 ,surmenage musculaire4 ,,iii4 ,alimentation dfectueuse ou insuffisante4 #a ,surmenage crbral4--,le cerveau est fait pour fonctionner1 comme le coeur est fait pour battre2 et il est bien rare que le travail crbral1 lui seul1 si excessif qu'il puisse paratre1 soit une cause de dtrioration profonde1 et surtout de dchance dfinitive4 ,c'est bien plutt un lment de survie prolonge4--,voyez cet crivain qui1 l'ge de soixante-dix-huit ans1 continue tonner le monde par les productions de son gnie2 il n'a jamais cess de travailler1 et il a pu faire les frais1 soixante-quinze ans1 d'une pneumonie qui1 cet ge1 est presque toujours fatale4 ,quel est donc son secret8 ,son secret1 c'est de n'avoir aucune proccupation trangre son travail2 c'est d'avoir une femme qui pense pour lui tous les dtails de la vie2 c'est d'avoir une excellente hygine morale1 la paix du coeur et de l'esprit4 ,bien plus nombreuses sont les victimes d'un travail crbral insuffisant1 et tout le monde sait que les dsoeuvrs sont bien plaindre4 ,ce sont des coupables1 puisqu'ils n'apportent pas l'oeuvre sociale le contingent d'efforts et de travail qu'ils lui doivent2 mais ce sont aussi des malheureux1 car la maladie les guette4 ,le dsoeuvr accidentel lui-mme1 habitu un travail crbral considrable1 s'il est condamn trop longtemps au repos de l'esprit1 sent qu'il lui manque quelque chose3 il perd son bon sommeil coutumier1 et a hte de reprendre le travail crbral1 qui lui est aussi ncessaire que l'air respirable4 ,quand1 cependant1 le travail crbral est pouss une limite vritablement excessive1 il amne aussi ce que nous avons appel la maladie1 c'est--dire la dtrioration1 quelquefois dfinitive ou prolonge pendant des annes4 ,on en voit des exemples chez les candidats aux coles1 l'internat1 l'agrgation1 etc4 ,on serait port croire1 a priori1 que1 dans ces cas1 la maladie atteint l'organe surmen2 c'est vrai quelquefois1 mais pas toujours1 mme quand elle est de cause crbrale1 elle peut trs bien revtir les symptmes de la dyspepsie1 de l'entrite1 tout comme si elle avait t produite par une intoxication4 ,il faut toujours en revenir aux notions que nous avons dveloppes au chapitre prcdent3 la notion des points faibles1 et la varit des manifestations par lesquelles l'organisme traduit le malaise caus par une influence dtermine4 #b ,surmenage musculaire4--,il n'amne qu'exceptionnellement la maladie4 ,chez le surmen musculaire1 quelques jours ou quelques semaines de repos suffisent pour remettre toutes les fonctions d'aplomb2 et l'on ne saurait se figurer le rendement dont est capable la machine1 quand1 par ailleurs1 il n'y a pas de fuites occasionnes par la dpense crbrale4 ,ainsi nous avons vu des ouvriers italiens produire un travail musculaire vritablement colossal1 tout en ayant une alimentation trs restreinte 7polenta1 macaroni1 gruyre1 viande une fois par semaine1 eau claire71 et ce1 sans le moindre prjudice pour leur sant4 ,ils se contentaient du salaire dit de famine1 salaire qu'on serait mal venu de proposer nos ouvriers franais4 ,il est cependant incontestable que le travail musculaire1 pouss de trop grands excs1 peut devenir une cause de maladie momentane1 et prparer le terrain l'closion des affections accidentelles4 ,nous en avons dj dit un mot propos de l'entranement dans l'arme1 et des sports chez les jeunes gens4 #c ,vices d'alimentation4--,ils jouent un rle important dans la pathognie de la maladie1 d'autant que1 en dehors des cas d'intoxication aigu1 ils n'agissent qu' la longue1 tratreusement1 insidieusement4 ,le plus souvent1 en effet1 l'estomac et l'intestin ne se rvoltent qu'aprs de longues annes de protestations presque silencieuses4 ,mais1 partir du jour de cette rvolte1 la maladie est constitue4 ,les symptmes d'ordre dyspeptique y tiendront le plus souvent la premire place1 ce qui n'est pas fait pour surprendre1 puisque c'est l'estomac qui a t1 dans ces cas1 le plus spcialement molest4 ,cependant1 dans certains cas1 les troubles dyspeptiques passeront l'arrire-plan1 au point d'garer compltement le diagnostic4 ,voyez cet hystro-pileptique qui n'a1 pour un examinateur superficiel1 que des troubles crbraux2 il peut trs bien se faire qu'il ait de l'pilepsie gastrique1 qu'on fera disparatre par un bon rgime4 ,dans ce cas1 les phnomnes gastriques taient au second plan pour le clinicien1 alors que1 pour le thrapeute1 ils doivent tre au premier plan4 ,si donc le clinicien veut tre bon thrapeute1 il doit se rappeler les grandes lois que nous avons dj formules3 s'il traite comme crbral un sujet dont la maladie a t provoque par des troubles alimentaires1 il fait fausse route2 de mme qu'il ferait fausse route en traitant comme dyspeptique un sujet ayant des misres gastriques1 intestinales1 hpatiques1 mais dont l'tat pathologique aurait t occasionn par du surmenage crbral1 mdullaire1 motionnel4 ,maintenant1 essayons d'expliquer comment l'alimentation dfectueuse retentit sur l'ensemble de l'organisme4 ,on a fait grand bruit1 ces derniers temps1 de l'auto-intoxication d'origine alimentaire2 et beaucoup de mdecins s'obstinent ne voir dans la maladie1 quelle qu'en soit la forme1 et surtout quand elle revt la forme nerveuse1 qu'une sorte d'empoisonnement de la cellule crbrale par les toxines alimentaires4 ,c'est l une hypothse assez commode1 et qui rend compte d'un nombre considrable de faits3 mais ce n'est1 en somme1 qu'une hypothse1 et ne pouvant pas tre dmontre par des observations vritablement scientifiques4 ,on pourrait tout aussi bien expliquer les phnomnes rapports l'auto-intoxication par l'irritation que provoque1 sur le plexus solaire1 un aliment dfectueux1 ou encore par l'irritation des extrmits nerveuses du pneumo-gastrique4 ,on sait que ce nerf tend ses ramifications sur le coeur1 l'estomac1 le poumon2 et on s'expliquerait ainsi les irradiations distance provoques par l'irritation stomacale3 la dyspne1 l'asthme1 les fausses cardiopathies1 etc4 ,quoi qu'il en soit1 les vices d'alimentation peuvent incontestablement provoquer1 eux seuls1 la maladie4 ,mais1 le plus souvent1 ils s'associent d'autres causes3 aux chagrins1 au surmenage1 la dbauche1 etc4 ,les vices d'alimentation peuvent1 leur tour1 se classer en quatre catgories distinctes3 ,i4 ,alimentation excessive en quantit4 ,,ii4 ,alimentation insuffisante en quantit4 ,,iii4 ,alimentation insuffisante en qualit4 ,,iv4 ,abus de l'alcool4 ,i4 ,alimentation excessive4--,nous ne voulons pas nous tendre ici sur les inconvnients1 vraiment assez connus1 de l'alimentation excessive4 ,disons seulement que l'alimentation excessive empoisonne peut-tre la cellule nerveuse par les toxines alimentaires1 mais que srement elle impose aux organes chargs de l'limination 7foie1 reins1 peau71 un travail exagr1 inutile1 et par consquent nuisible2 de l1 la longue1 le surmenage et les protestations de ces divers organes1 se traduisant de mille et une faons 7eczma1 urticaire1 gravelle1 etc474 ,cette manire de voir donne satisfaction aux partisans de l'auto-intoxication2 ou bien si l'on admet la thorie de l'irritation du pneumo-gastrique1 ou du plexus solaire1 on peut galement comprendre comment cette irritation1 presque permanente1 des nerfs de l'estomac par une alimentation incendiaire1 amne1 par action rflexe1 des troubles de coeur 7palpitations1 arythmie1 etc47 et du poumon 7asthme1 dyspne71 du cerveau et de la moelle1 voire mme des troubles cutans1 etc4 ,pourquoi1 d'ailleurs1 ne pas adopter les deux thories la fois8 ce ne serait1 en tout cas1 pas draisonnable4 ,mais1 dira-t-on1 quelle est donc la dose optima d'aliments qui convient pour entretenir la vie et pour rparer les dpenses incessantes de l'organisme8 ,elle doit varier1 videmment1 suivant le travail produit1 et suivant les individus4 ,tous n'ont pas le mme besoin d'alimentation1 pas plus que1 dans un rgiment de cavalerie1 tous les chevaux n'ont pas les mmes besoins1 bien qu'ils soient obligs aux mmes dpenses musculaires4 ,on a essay de fixer mathmatiquement ce qu'on appelle la ration d'entretien et la ration de travail2 et les diffrents chimistes qui se sont livrs ce calcul sont arrivs des chiffres qui variaient du simple au quadruple3 mais tous s'accordent pour dmontrer qu'il faut trs peu d'aliments pour subvenir la ration d'entretien1 et mme la ration de travail1 de l'homme4 ,la vrit est que nous mangeons1 presque tous1 trop1 et qu'il faut que la machine humaine soit bien admirablement construite pour qu'elle rsiste aux assauts quotidiens que nous lui imposons4 ,comme ce problme de la ration physiologique m'a toujours intress1 je me suis livr une enqute sur le rgime des ,chartreux2 et j'affirme que l'insuffisance apparente d'alimentation n'est pour rien dans leur morbidit4 ,ils ont beaucoup moins de jours d'indisponibilit que la plupart des autres hommes du mme ge1 meurent plus vieux1 et s'teignent sans maladie4 ,pareillement1 chez les ,trappistes1 le rgime fort svre n'est pas une cause de morbidit2 j'ai mme t tonn1 leur propos1 de voir la flexibilit de l'organisme humain1 et de constater qu'un homme habitu manger comme tout le monde pouvait1 d'un jour l'autre1 sans troubler sa sant1 passer au rgime ultra-restreint d'une ,trappe4 ,mais1 dira-t-on1 avez-vous tudi le rgime restreint chez les individus qui dpensent beaucoup8 ,oui1 je l'ai tudi dans l'arme#g1 et j'affirme1 au nom d'une exprience de deux annes1 pendant lesquelles je me suis occup de l'alimentation du soldat avec un colonel qui avait1 de ce grave problme1 tout le souci qu'il mrite1 que1 si le soldat franais1 le seul que je connaisse1 avait la quantit et la qualit des aliments auxquels il a droit de par les rglements1 et si ces aliments taient prpars comme ils devraient et comme ils pourraient l'tre dans toutes les garnisons1 sa nourriture serait tout fait suffisante4 ,elle n'est un peu au-dessous des besoins que pour les jeunes soldats1 pendant les trois premiers mois de la nouvelle existence qui leur est impose2 aussi les officiers soucieux de la sant de leurs soldats rservent-ils pour les nouveaux arrivants les boni qu'ils ont pu raliser sur les hommes dits de la classe4 ,note #g3 ,la vie du soldat en temps de paix 7,ann4 d'hyg4 et de mdecine lgale1 fvrier #ahij74 ,tout le monde1 du reste1 connat la sobrit des guides alpins1 qui1 non seulement1 les jours d'excursion1 se contentent d'une alimentation extrmement rduite 7quelques morceaux de sucre et des fruits secs71 mais1 en temps ordinaire1 mangent trs peu1 pour conserver leurs forces4 ,les professionnels du sport1 galement1 savent que la sobrit est la condition de leur succs4 ,autre exemple3 j'ai donn1 pendant plusieurs annes1 des soins une dame qui1 avec toutes les apparences de la sant1 tait constamment souffrante3 migraines1 eczma1 urticaire1 affections cutanes polymorphes1 palpitations1 dyspne1 insomnies1 caractre inquiet1 motivit exagre1 sensation de fatigue permanente1 tendance l'obsit1--et j'en passe1 pour ne pas faire le tableau complet de ce qu'on est convenu d'appeler la grande neurasthnie4 ,chose curieuse1 elle avait peu de phnomnes digestifs1 seulement de la constipation et des hmorrodes4 ,elle avait mme un vigoureux apptit1 bien qu'elle prt fort peu d'exercice4 ,en vain1 je m'acharnai diminuer son alimentation3 prcisment cause de cet apptit de premier ordre1 elle ne voulait pas entendre parler de rgime restreint4 ,mais voici que l'adversit s'abattit sur elle1 sous la forme de la ruine absolue2 elle en fut rduite ne plus manger que des pommes de terre cuites dans le four d'un petit pole en faence1 et des haricots2 un demi-litre de lait tait pour elle un grand extra4 ,or1 partir de ce jour1 elle alla bien4 ,toutes ses misres disparurent successivement1 en trois ou quatre mois1 y compris les misres nerveuses et les migraines2 et force me fut d'attribuer au seul changement de rgime la surprenante modification de sa sant4 ,car on croira peut-tre que1 presse par le besoin1 elle s'est mise marcher davantage1 pour chercher du travail1 ou pour se crer des relations8 ,non1 elle savait trop bien ce qu'il faut esprer des relations quand on est dans l'extrme dtresse2 et je lui procurai un travail sdentaire1 qui consistait faire des adresses sur des bandes1 pour un grand magasin de nouveauts4 ,on avouera que ce n'est pas1 non plus1 l'intrt palpitant de ce travail qui a pu modifier avantageusement sa mentalit4 ,en dehors de ses douze heures de travail quotidien1 elle avait des proccupations angoissantes1 qui auraient suffi pour branler un systme nerveux moins quilibr4 ,c'est donc bien uniquement1 toute analyse faite1 la restriction du rgime1 et cet lment seul1 qu'elle a d son retour la sant4 ,et je pourrais1 l encore1 multiplier les exemples3 mais aucun ne peut tre plus typique que celui que je viens de relater grands traits4 ,ceci tant1 j'aurai peu de choses dire de l'alimentation insuffisante4 ,,ii4 ,alimentation insuffisante en quantit4--,tout le monde connat les dsastres occasionns par les famines qui sont encore1 hlas6 trop frquentes en ,russie1 aux ,indes1 en ,algrie4 ,en ,france1 nous estimons que personne ne doit avoir une alimentation insuffisante1 et que c'est une honte pour une socit civilise d'avoir un seul de ses membres manquant du ncessaire4 ,nous n'hsitons pas proclamer que ce dshrit aurait1 dans ce cas1 le droit absolu de prendre ce qui est indispensable sa vie1 et cela sans tre mme tenu de le rendre si un jour la capricieuse fortune venait lui sourire4 ,c'est d'ailleurs la doctrine de l'glise1 nettement formule par saint ,thomas1 et trs bien explique dans un livre rcent 7,socialisme et ,christianisme7 de l'abb ,sertillanges1 professeur de philosophie l',institut catholique4 ,mais laissons l ces considrations d'ordre social1 renonons au dlicat plaisir qu'il y aurait errer dans les sentiers adjacents1 et reprenons notre grande route6 ,ce qui est sr1 c'est que le problme de l'insuffisance d'alimentation n'a pas souvent tre rsolu1 chez les gens bien portants2 notre tat social n'tant pas aussi dtestable que se plaisent le dire quelques pessimistes1 ou encore quelques jouisseurs1 qui semblent n'avoir pour but que de semer la haine par leurs discours et par leurs crits4 ,en ,france1 personne ne meurt de faim1 et bien peu de gens sont menacs d'insuffisance alimentaire1 tant donn le peu qu'il faut pour vivre et se bien porter4 ,l o le problme de l'insuffisance alimentaire devient1 pour le mdecin1 d'une douloureuse perplexit1 c'est quand il s'agit de malades ne pouvant ou ne voulant pas manger1 ne pouvant en apparence rien digrer1 vomissant tout ce qu'ils prennent1 arrivs au dernier degr de la consomption1 n'urinant presque plus1 restant des semaines entires sans aller la garde-robe1 ne dormant plus1 ne pouvant plus ni lire1 ni supporter une conversation1 ni penser4 ,tous les mdecins ont vu de ces grands malades sans lsions organiques1 auxquels il est trs difficile de faire du bien1 et auxquels on fait trop facilement du mal par une intervention intempestive4 ,est-il admissible que la vie persiste dans ces conditions dplorables1 et faut-il1 oui ou non1 forcer ces malades manger8 ,il est certain que1 parfois1 en brusquant la rsistance du systme nerveux1 en domptant sa rvolte1 on arrive des rsultats remarquables4 ,chez de grands nvropathes1 on est tout tonn de voir qu'une seule application de la sonde oesophagienne suffit pour faire renatre l'apptit1 et rendre l'estomac la tolrance qu'il avait perdue depuis longtemps4 ,le plus bel exemple dont j'aie souvenance1 cet gard1 est celui d'une jeune femme marie un capitaine au long cours4 ,ds le lendemain du mariage1 il l'emmenait en voyage de noces ,san ,francisco1 en passant par le dtroit de ,magellan1 sur un navire voiles4 ,pendant ce voyage1 qui dura six mois1 la jeune femme commena prouver divers symptmes morbides4 ,elle en arriva tre gravement atteinte1 et on dut la faire revenir1 par les voies les plus rapides1 de ,san ,francisco ,paris1 o elle dsirait se confier mes soins4 ,a son arrive1 je trouvai une vritable loque humaine1 ayant toutes les apparences d'une tuberculeuse avance2 l'auscultation ne rvlait cependant rien4 ,pendant les trois premires semaines de son sjour ,paris1 elle avait une inapptence absolue1 ne tolrait aucun aliment1 pas mme le lait coup1 et tait dvore par une fivre qui atteignait1 le soir1 #dd4 ,la temprature s'abaissait #dj le matin4 ,bien que la chaleur de la peau ft mordicante1 bien que la malade n'et aucun intrt me tromper puisque c'est de son plein gr qu'elle m'avait appel1 je me refusai croire la possibilit d'une fivre aussi ardente et aussi continue4 ,je m'attachai vrifier et faire vrifier avec le plus grand soin les indications thermomtriques2 elles taient parfaitement exactes4 ,c'est alors que1 en dsespoir de cause1 voyant que ni la quinine en injections ni les lotions fraches ne modifiaient cette temprature1 je me dcidai recourir aux lumires du ,dr ,babinski1 qui1 aprs examen1 me dit3 ,je ne trouve pas1 non plus1 de tuberculose1 il n'y a certainement pas d'impaludisme2 nous sommes donc en prsence d'une de ces hyperthermies comme on en rencontre chez les grandes hystriques4 ,mais le plus press est d'empcher cette femme de mourir de faim1 et1 puisqu'elle ne peut pas manger1 il faut la suralimenter par la sonde4 ,ainsi fut fait2 et1 aprs cinq repas assez copieux donns la sonde1 la malade retrouva l'apptit1 la fivre tomba1 le sommeil revint4 ,deux mois aprs1 elle pouvait quitter ,paris1 et1 vingt-huit mois aprs1 je recevais une lettre m'annonant la naissance d'un enfant4 ,suivant la formule traditionnelle1 la mre et l'enfant se portaient bien4 ,autre exemple4 ,quand j'tais au ,val-de-,grce1 le professeur ,delorme m'invita voir l'un de ses malades1 opr depuis dix jours1 et qui1 depuis1 ne voulait pas manger4 ,il tait guri de son opration1 n'avait aucune fivre1 aucune lsion organique1 mais il se refusait obstinment avaler quoi que ce ft4 ,c'tait probablement le choc opratoire qui avait produit une folie passagre4 ,ce qu'il y a de certain1 c'est qu'il maigrissait vue d'oeil4 ,je n'hsitai pas1 alors1 lui donner du premier coup1 par la sonde1 avec le plus de douceur et de bienveillance possible1 un repas complet2 ds le mme soir1 il demandait manger1 et1 s'tant mis digrer1 il tait guri4 ,huit jours aprs1 il sortait de l'hpital en trs bon tat4 ,nul doute encore que1 chez les alins1 il ne soit du devoir strict du mdecin de prolonger l'alimentation la sonde aussi longtemps qu'elle est ncessaire1 aprs s'tre toutefois bien enquis du fonctionnement du systme digestif4 ,il y a l de grosses difficults cliniques4 ,d'une faon gnrale1 cependant1 nous hsitons toujours employer ce moyen brutal qu'est la sonde oesophagienne2 le plus souvent1 quand l'alimentation est indique pour une grande neurasthnique qui ne veut ou ne peut pas manger1 nous la lui imposons par suggestion l'tat de veille4 ,mais l n'est pas encore la difficult vritable4 ,la vraie difficult est de savoir quel moment il faut alimenter4 ,la responsabilit du mdecin est1 quelquefois1 bien gravement engage dans ce problme4 ,s'il alimente tort1 soit la sonde1 ou mme par suggestion ou par persuasion1 il risque de donner sa malade une indigestion formidable1 avec fivre ardente et quelquefois collapsus2 il risque1 en d'autres termes1 d'puiser les lueurs de vie qui soutiennent l'existence de la malade4 tant donn ce que nous avons dit du peu d'aliments qu'il faut pour entretenir la vie1 et les risques redouter d'une alimentation intempestive1 nous croyons qu'il faut patienter le plus possible1 et ne donner ces malades que le rgime ultra-restreint1 sans se laisser mouvoir par la tyrannie de l'entourage1 toujours prt se figurer que la malade va mourir de faim4 ,et puis1 peu peu1 quand1 par une alimentation restreinte mais bien conduite1 on a t assez heureux pour vaincre l'intolrance gastrique1--et on y arrive toujours1--alors seulement on alimente plus gnreusement4 ,nous savons que ce n'est pas la manire de procder habituelle de nos confrres renomms pour le traitement des grandes nvroses2 mais nous ne pouvons pas admettre que tous les malades1 quel que soit le degr de leur maladie1 soient justiciables d'un mme procd thrapeutique1 et que1 aprs six jours de repos au lit et de rgime lact1 il suffise de leur dire3 ,mangez1 je l'ordonne6 pour qu'ils mangent et qu'ils digrent n'importe quoi4 ,ils mangeront peut-tre1 mais tous ne digreront pas4 ,,iii4 ,alimentation insuffisante en qualit4--,si l'insuffisance alimentaire quantitative joue1 dans la pathognie de la maladie1 un rle relativement minime1 il n'en est pas de mme de l'insuffisance qualitative2 et la dfectueuse qualit des aliments est un ennemi de tous les jours1 d'autant plus dangereux qu'on ne le souponne point4 ,on ne saurait croire combien les aliments les plus usuels sont frelats4 ,si une chimie bienfaisante permet1 par-ci par-l1 de dcouvrir quelques fraudes1 il est une chimie malfaisante qui fait tous les jours des progrs1 et qui nous empoisonne sans que nous nous en doutions4 ,bientt le dictionnaire des falsifications alimentaires atteindra le volume du ,bottin4 ,mais ce n'est pas tout3 les sciences physiques se mettent aussi de la partie1 et1 par les procds de conglation1 en particulier1 on arrive jeter sur les marchs des aliments de belle apparence1 mais qui deviennent toxiques avec une rapidit surprenante4 ,prenons1 titre d'exemple1 les poissons de mer4 ,je me souviens d'avoir t frapp1 dans un port de mer1 par la vue de gros blocs de glace que des pcheurs emportaient avec eux4 ,ces blocs ne me disaient rien qui vaille2 et j'appris1 en effet1 que ces pcheurs partaient pour huit ou dix jours1 et que1 au fur et mesure qu'ils prenaient du poisson1 ils le mettaient dans la glace3 de telle sorte que ce poisson congel arrive sur nos marchs avec bel aspect1 mais1 passant par cinq ou six intermdiaires avant de parvenir notre table1 il y parvient l'tat d'aliment toxique4 ,certains procds de strilisation sont galement vus d'un mauvais oeil par l'hyginiste4 ,pour les conserves de viande1 notamment1 on sait les proccupations bien lgitimes de l'autorit militaire2 et le problme vient seulement d'tre rsolu1 grce au zle d'une commission compose de nos plus distingus matres1 en hygine1 en chimie1 en bactriologie qui ont travaill pendant de longs mois4 ,le lait subit aussi mille et une tortures2 c'est pourquoi il est si souvent un breuvage meurtrier1 non seulement pour les enfants1 mais mme pour les adultes2 et c'est quelquefois parce qu'il est falsifi1 ou adultr spontanment1 qu'il est1 chez les malades1 d'un emploi si dlicat4 ,remarquez que nous disons3 quelquefois1 car le plus souvent1 si le lait n'est pas support par les malades1 ce n'est pas parce qu'il est altr1 c'est parce qu'il est trop riche en crme1 ou pris en trop grande quantit1 c'est aussi sans que nous sachions pourquoi4 ,le simple bon sens indique alors qu'il faut soit l'crmer1 ou s'en abstenir1 sans poursuivre le projet insens de vaincre l'intolrance des malades4 ,a cela on y arrive parfois1 quand le malade est complaisant1 mais le plus souvent on choue4 ,les aliments adultrs1 quels qu'ils soient1 poissons1 mollusques1 viandes1 provoquent des empoisonnements dont on nglige souvent de chercher la cause4 ,ils revtent parfois les apparences de la fivre typhode grave1 ou de la typhodette1 et1 entre ces deux extrmes1 toutes les varits cliniques se rencontrent4 ,d'autres fois1 ils empruntent le masque du cholra ou de la cholrine4 ,il va de soi que le traitement consiste attendre que l'conomie soit dbarrasse de ces poisons 7dite absolue d'abord1 puis tisanes et repos72 quant chercher favoriser l'limination des poisons par des purgatifs ou des vomitifs1 c'est trs lgitime en thorie1 mais1 en fait1 trs dangereux1 car on ajoute ainsi un lment de perturbation qui aggrave parfois grandement l'tat morbide4 ,ajoutons enfin que1 le plus souvent1 l'intoxication alimentaire n'occasionne qu' la longue la perturbation du systme digestif2 et c'est alors qu'il est si difficile de rapporter les effets directs et loigns de cette perturbation leur cause vritable4 ,,iv4 ,alcool4--,certes1 l'alcool et toutes les boissons distilles1 quelque pompeuse que soit l'tiquette de leur flacon rcepteur1 constituent un aliment meurtrier2 et nous leur faisons grand honneur en leur conservant le nom d'aliment4 ,c'est par dfrence pour la mmoire de ,duclaux1 qui a excit de si vives polmiques en crivant que l'alcool tait un aliment4 ,les ravages produits par l'alcoolisme sont de ceux que dplorent tout hyginiste et tout bon citoyen2 aussi ne saurait-on encourager trop les ligues contre l'alcoolisme1 les socits de temprance1 etc4 ,mais que peuvent tous ces petits efforts contre les vraies causes de l'alcoolisme1 qui se rattache aux conditions conomiques de la socit8 ,l'alcoolisme durera aussi longtemps que l'impt sur l'alcool1 qui1 au dernier exercice1 avait rapport l'tat #ceh #cib #jjj francs 7et dans ce chiffre ne sont pas compris les droits sur les vins1 cidres1 bires1 etc472 aussi longtemps que la puissance lectorale du marchand de vin2 aussi longtemps que le malaise de l'ouvrier1 pouss au cabaret par la destruction du foyer et l'insalubrit du logis444 ,et l'on ne peut mme s'empcher1 tout en souhaitant sincrement le succs des gnreux efforts des ligues anti-alcooliques1 de conserver un reste de piti pour les malheureux qui trouvent dans l'alcool un oubli momentan aux misres humaines4 ,c'est souvent leur malheur1 et non leur faute1 s'ils tombent dans la dgradation progressive qu'on dplore trop juste titre4 ,mais autant est lgitime la campagne contre les boissons distilles1 autant1 notre avis1 les boissons fermentes devraient trouver grce devant la rigueur des hyginistes2 et nous pensons que la ligue anti-alcoolique franaise1 pour ne parler que d'elle1 compromet d'une faon irrmdiable le rsultat qu'elle poursuit1 si elle continue proscrire les boissons fermentes4 ,qu'un intellectuel dyspeptique ne tolre pas une goutte de vin ses repas1 c'est chose possible1 et il fera bien de s'en abstenir2 mais proscrire le vin1 la bire1 le cidre1 c'est commettre une faute contre le bon sens4 ,il y a quelques annes1 on pouvait dire qu'un litre de vin reprsentait #ajj grammes de mauvais alcool2 mais depuis la surproduction des vignes franaises1 et depuis qu'on a diminu les droits d'octroi1 le vin est devenu une boisson hyginique1 quand elle est prise petite dose par des gens dont l'estomac n'est pas dlabr4 ,certes1 l'ouvrier charg de famille ferait mieux1 comme le lui conseillent les hyginistes en chambre1 de dpenser l'achat d'aliments azots1 ou hydro-carbons1 le franc qu'il dpense acheter du vin2 mais que deviendrait la vie si elle tait soumise aux tyrannies des thoriciens hyginistes8 ,pour les soldats1 en particulier1 il serait souhaiter que le vin entrt dans la ration rglementaire4 ,presque tous apprcient normment le vin1 et rien ne leur va plus au coeur que l'attention du chef qui leur octroie aimablement un quart de litre de vin4 ,malheureusement1 il ne faut pas songer avant longtemps introduire l'usage rgulier du vin dans l'arme1 cause de la dpense3 si l'on voulait se rappeler que1 chaque fois qu'on augmente d'un centime par jour la dpense du soldat franais1 le budget se trouve grev d'un million par an1 on mettrait fin du coup toutes les discussions1 plus ou moins intresses1 qui font perdre nos lgislateurs un temps prcieux4 ,un esprit chagrin pourrait nous rpondre que l'eau strilise que l'on donne aux soldats cote plus cher que le vin1 si l'on tient compte du prix d'achat des appareils strilisateurs1 du prix du combustible1 et surtout de la rpugnance invincible qu'ont les soldats boire cette eau cuite1 presque toujours tide malgr les soins qu'on met la refroidir aprs la strilisation2 mais nous aurions mauvaise grce nous associer ces critiques4 ,il ne faut dcourager les efforts de personne4 ,je m'empresse d'ajouter que1 si le vin est une boisson recommandable pour l'adulte valide1 chez le malade le vin et les autres boissons fermentes sont1 en gnral1 de vritables toxiques2 et c'est par la suspension du vin qu'il faut commencer le traitement de tous les dyspeptiques4 ,mais quand l'estomac a cess de protester1 quand il s'agit d'aider la reconstitution du systme nerveux1 le vin devient un adjuvant utile2 et non pas sous une forme pharmaceutique quelconque1 mais sous la forme de bon vin naturel peu acide 7bordeaux1 vin d',algrie1 du ,midi1 etc474 ,en rsum1 les erreurs de l'alimentation sont essentiellement regrettables1 comme le sont toutes les erreurs contre la vritable hygine2 elles entrent pour une bonne part dans la gense de la maladie2 mais elles ont t dnonces de toutes parts1 tudies fond1 tandis que les influences qui nous restent passer en revue agissent plus profondment encore1 d'une manire plus insidieuse et plus malfaisante2 et leur rle pathognique n'est1 en gnral1 pas apprci sa juste valeur4 ,nous voulons parler des influences morales4 ,,ii4--,,causes ,,morales ,ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on admet l'influence du moral sur le physique2 mais1 malgr les travaux de divers philosophes1 les mdecins en gnral ne connaissent pas encore assez cette influence du moral1 et ne lui attribuent pas assez d'importance4 ,en ralit1 elle joue un rle norme1 et dans presque tous les cas elle se rencontre1 pour qui sait la chercher4 ,malheureusement1 pour faire de semblables enqutes1 il faut beaucoup de temps1 il faut que le mdecin devienne le confident1 l'ami de son malade1 et qu'une regrettable suspicion de l'entourage ne l'empche pas d'accomplir son oeuvre4 ,il faut1 en outre1 que le mdecin ait des qualits de psychologue4 ,il doit savoir lire dans la pense du sujet1 deviner ce qu'on lui laisse entendre mots couverts4 ,chez l'adulte des deux sexes1 les causes morales de maladie sont multiples1 et peuvent tre rapportes aux quatre grands chefs suivants1 que nous classons par ordre d'importance effective1 sans aucune prtention psychologique3 #a ,pertes matrielles1 pertes de fortune1 pertes au jeu1 etc41 ambitions dues4 #b ,influences qui compromettent1 par une action lente et continue1 la quitude de l'me 7passions contraries1 chagrins d'amour74 #c ,inquitudes d'origine altruiste 7chagrins occasionns par l'loignement ou la perte d'tres aims74 #d ,choc moral et choc traumatique4 #a ,pertes matrielles4--,les pertes de fortune1 les changements de situation1 sont des facteurs moins importants qu'on ne se le figure d'ordinaire1 relativement l'closion de la maladie4 ,une fois le premier choc reu1 les victimes s'adaptent assez vite aux nouvelles conditions d'existence qui leur sont faites1 si elles n'ont pas1 par ailleurs1 s'alarmer pour leurs enfants1 et si elles sont pralablement bien portantes4 ,on pourrait paraphraser la pense d',horace1 en disant3 ,sanum et tenacem impavidum feriunt ruinae4 ,c'est ainsi qu'on a pu dfinir l'homme3 ,un tre qui s'habitue tout2 et c'est peut-tre la meilleure dfinition qu'on en ait donne4 ,mais il n'en est pas moins vrai que1 dans certains cas1 les perturbations dans la situation sociale1 les pertes d'argent1 provoquent des assauts considrables1--que le mdecin doit savoir deviner1-- capables de produire la maladie1 et surtout de l'aggraver quand elle existe dj un degr quelconque4 ,voyez ce diabtique qui1 d'un jour l'autre1 rend une quantit triple de sucre1 et cherchez bien3 c'est souvent parce qu'il a eu1 la veille1 une perte d'argent4 ,les pertes au jeu sont encore plus pathognes qu'une perte survenue accidentellement ou par imprudence2 c'est que le jeu1 en lui-mme1 a une influence morbide considrable4 ,le joueur1 en effet1 vit dans un milieu anti-hyginique2 il joue1 le plus souvent1 la nuit1 et se prive de sommeil2 en outre1 son surmenage motionnel est doubl de surmenage crbral2 bref1 la funeste habitude du jeu mrite une place d'honneur parmi les causes morales pathognes4 ,les ambitions dues ont beaucoup d'analogie avec les pertes au jeu4 ,ici l'enjeu1 au lieu d'tre une somme d'argent1 est un grade1 une dcoration1 un hochet quelconque1 auquel l'intress attribue quelquefois une importance qui nous fait sourire1 mais qui1 cependant1 lui tient grandement au coeur3 car tout est relatif dans la vie1 et l'ambition due aprs de longs efforts1 aprs des tentatives souvent rptes1 se traduit par l'apparition de la maladie4 ,qui ne connat1 dans son entourage1 un officier navr d'avoir prendre sa retraite sans avoir obtenu le grade ou la distinction rvs1 et qui fait le malheur d'une famille1 et son propre malheur1 au point d'en perdre la sant1 ou quelquefois la vie8 ,vanit des vanits1 disait le sage2 mais c'est de cette nourriture que vivent les hommes4 #b ,influences qui compromettent la quitude de l'me--,les unes agissent par leur continuit3 ce sont les coups d'pingles incessants dans un mnage o il y a incompatibilit d'humeur1 les petites querelles de famille quotidiennes1 l'impossibilit de fuir un milieu o l'on ne se sent pas l'aise4 ,c'est le fait d'tre souvent en butte aux taquineries ou aux caprices d'un chef avec lequel on ne s'entend pas1 d'avoir subir l'autorit malveillante d'un parent1 d'une mre4 ,la victime se trouve tiraille tout instant1 retenue1 d'un ct1 par la notion plus ou moins forte du devoir1 et1 d'un autre1 pousse la rvolte par les vexations1 relles ou imaginaires1 qu'elle subit4 ,ce supplice incessant finit par nerver1--c'est le mot qu'on emploie journellement1--autrement dit1 finit par amener la maladie1 un degr variable3 et l'une de ses formes les plus connues s'appelle le dlire de la perscution1 quand le trouble mental domine la scne morbide4 ,mais1 si l'on tudie de prs un perscut1 on verra bien vite qu'il n'est pas malade que de la tte2 il digre mal1 il est constip1 il maigrit1 il a souvent des battements de coeur1 de la dyspne1 la peau sche1 etc41 etc42 toutes ses fonctions sont en dlire4 ,tout est fou chez l'alin1 parce que l'alin n'est pas autre chose qu'un grand malade4 ,d'autres fois1 c'est une passion vive1 intense1 qui compromet l'quilibre de la sant4 ,la passion amoureuse mrite1 ce titre1 d'tre signale au premier rang2 nous en avons dit un mot dj1 propos de la jeune fille3 mais ici nous l'tudions dans sa forme ardente1 fougueuse1 la forme qu'elle revt chez l'tre adulte4 ,alors elle met le systme nerveux dans un tat d'rthisme1 d'hyperesthsie1 qui peut se traduire par la production de chefs-d'oeuvre1 comme le second acte de ,tristan et ,yseult1 ou comme la ,nuit d',octobre1 mais qui amne souvent1 chez celui qui en est victime1 une perturbation gnrale de la sant1 quand un obstacle d'ordre moral ou matriel empche cette passion de se satisfaire4 ,la victime perd alors le sommeil1 s'agite dans le vide1 est dans un tat d'inquitude mentale qui compromet les fonctions digestives2 l'estomac entre en scne1 le cercle vicieux s'tablit2 la maladie est constitue4 ,elle durera tant que durera sa cause1 ou qu'une savante hygine morale n'aura pas port le remde efficace4 ,bien souvent1 d'ailleurs1 le temps seul est le remde2 et il faut savoir attendre1 sans imposer au malade une mdication perturbatrice1 qui aggraverait son tat4 ,lorsque la victime est oblige de garder pour elle son secret1 sans pouvoir le communiquer un confident1 sa situation est encore plus lamentable4 ,souffrir en silence1 c'est deux fois souffrir2 de l l'importance que prend le mdecin1 lorsqu'il parvient inspirer confiance son malade et provoquer chez lui des confidences1 qui le soulagent plus que ne le feraient l'hydrothrapie ou l'lectricit4 ,combien de femmes sont malheureuses en mnage sans que personne s'en doute6 ,elles dissimulent avec un soin jaloux leur famille1 leurs amis les plus intimes1 les tortures quotidiennes4 ,et combien leur misre n'est-elle pas attnue quand elles peuvent confier leur chagrin un homme de bon conseil8 #c ,inquitudes d'origine altruiste4--,les inquitudes relatives la sant d'un tre cher sont souvent aussi une cause de neurasthnie1 et il n'est pas rare de voir les divers membres d'une famille devenir1 tour tour1 malades1 par le fait des proccupations et des fatigues qu'a causes l'atteinte d'un premier membre4 ,une mre qui1 comme je l'ai vu1 passe vingt jours et vingt nuits sans quitter le chevet de son enfant atteint de fivre typhode1 sera une malade lorsque l'enfant sera guri4 ,elle pourra peut-tre devenir1 son tour1 une typhodique2 mais1 mme si elle ne prend pas la fivre typhode1 sa sant sera branle pour longtemps4 ,de mme encore le fait d'avoir un enfant infirme1 qu'on voit du matin au soir1 empoisonne assez l'existence pour entraner1 quelquefois1 la maladie4 ,dans une famille bien unie1 la nvrose de l'un des membres branle tellement le systme nerveux des autres1 que la ncessit de la sparation s'impose4 ,la contagion de la nvrose n'est cependant pas une contagion au sens propre du mot2 mais1 en pratique1 on est souvent appel traiter le malade comme s'il tait contagieux1 dans son propre intrt et dans celui de son entourage4 ,le dpart des tres qui nous sont chers est un autre facteur important de maladie3--mme la sparation momentane1 7femmes de marins ou de militaires partant en campagne71--sans compter que le chagrin de la sparation se double1 en ce cas1 d'inquitude pour les dangers que va courir l'tre aim4 ,on voit alors la maladie survenir au bout de quelque temps1 revtir une forme quelconque1 avec des manifestations variant l'infini 7insomnie1 gastralgie1 phobies1 etc471 tous symptmes traduisant le malaise du systme nerveux central1 qui ne s'attnuera que quand la cause disparatra4 ,et mme1 une fois la cause disparue1 il pourra persister encore des mois et des annes1 parce que l'habitude morbide est prise1 parce que le systme nerveux a reu le choc4 ,la cellule continuera vibrer de travers1 comme la surface d'un lac continue tre agite bien longtemps aprs la chute de la pierre qui a troubl son repos4 ,quand la sparation est dfinitive1 le mal est plus profond encore1 et l'expression de vie brise est absolument juste4 ,la perte d'un tre cher atteint la vie dans ses sources profondes1 amoindrit1 d'un seul coup1 le capital biologique4 ,le malade tranera une existence plus ou moins lamentable1 et plus ou moins prolonge2 mais les moyens thrapeutiques les plus actifs ne le guriront pas4 ,seule une saine philosophie attnuera ses maux1 et le mdecin a surtout lui offrir une bonne psychothrapie4 ,le temps1 aussi1 devient un remde avec lequel il faut compter2 le rle principal du mdecin1 dans les cas de ce genre1 doit tre d'empcher l'organisme de s'effondrer1 pour permettre au temps d'accomplir son oeuvre rparatrice4 #d ,choc moral et choc traumatique4--,une motion violente1 quelle qu'en soit la cause1 peut galement amener la maladie sous une forme quelconque1 et parfois lui faire revtir immdiatement1 sans transition1 les formes les plus graves4 ,je connais un officier trs distingu1 et bien portant jusqu'alors1 qui1 tant l'cole de guerre1 fit une chute de cheval sur la tte4 ,aprs deux jours de perte presque complte de connaissance1 il recouvra successivement la parole1 la mmoire1 le mouvement1 les forces2 mais il tait devenu un malade4 ,depuis douze ans1 il trane une existence pitoyable4 ,ce ne sont pas seulement les fonctions crbrales qui sont atteintes1 chez lui2 elles sont mme relativement respectes1 il n'a que des vertiges1 des bourdonnements de l'oreille gauche1 des picotements dans les yeux1 de la difficult lire et causer4 ,au demeurant1 son intelligence est reste intacte3 mais toutes ses autres fonctions ont t perturbes4 ,il a des nvralgies erratiques1--plusieurs mdecins ont cru que c'tait un candidat l'ataxie locomotrice1--et surtout il a les troubles digestifs les plus varis 7gastralgie1 pesanteurs1 gaz1 ainsi que de l'entrite membraneuse avec alternative de constipation opinitre et d'une diarrhe qu'il est difficile d'arrter74 ,les forces sont tellement rduites qu'il peut peine faire deux ou trois kilomtres1 bien qu'il ait conserv les muscles d'un homme vigoureux4 ,chez ce type de malade1 atteint de ce qu'on appelle la neurasthnie hystro-traumatique1 ce sont les troubles digestifs qui sont au premier plan1 bien que le choc ait port sur la tte4 ,de mme une frayeur1 sans qu'il y ait eu de trauma vritable de la bote crnienne1 suffit pour amener le choc dterminant la maladie4 ,j'ai vu la ,salptrire1 autrefois1 une malade qui1 ds le dbut du sige de ,paris1 devint folle pour avoir vu clater un obus ses pieds4 ,on comprend donc qu'une srie d'motions et de frayeurs arrive au mme rsultat4 ,de l l'norme proportion d'alins observe aprs le sige de ,paris2 de l1 la multiplicit des cas de psychonvrose1 d'alination mentale1 signals dans l'arme russe pendant le cours de la guerre russo-japonaise4 ,jamais1 depuis que les hommes s'entre-tuent1 le systme nerveux des belligrants n'avait t soumis d'aussi dures preuves4 ,tous les facteurs morbides s'accumulaient1 chez les ,russes1 pour produire le dsarroi du systme nerveux4 loignement de la patrie1 voyage prolong en chemin de fer1 alimentation insuffisante1 manque de confiance dans les chefs1 menace incessante de surprise1 surmenage physique s'ajoutant au surmenage motionnel2 c'est plus qu'il n'en faut pour rendre malade le malheureux soldat ou officier russe1 pour peu qu'il soit prdispos par l'alcoolisme ou par l'hrdit nerveuse4 ,mais que faire contre un semblable tat de choses8 ,l'homme sens ne peut que dplorer l'inanit des efforts de tous les pacifistes4 ,ces maladies1 conscutives au flau qu'on appelle la guerre1 ne sont pas assez connues du monde extra-scientifique4 ,on se figure volontiers que1 quand la guerre a pris fin1 tout est fini4 ,il n'en est rien2 c'est pendant quinze et vingt ans que les nfastes effets d'une guerre se font sentir4 ,pendant vingt ans1 nous avons eu soigner des officiers qui avaient pris le germe de leurs maladies pendant la campagne de #ahgj1 et surtout pendant la captivit4 ,dans un cadre plus restreint1 nous voyons tous les jours l'influence du choc chirurgical sur la gense de la nvrose4 ,on commence connatre les psycho-nvroses conscutives aux grandes oprations3 mais c'est un point sur lequel il convient d'attirer l'attention1 pour modrer le zle chirurgical des oprateurs4 ,ils doivent savoir que1 quand l'opration est finie et bien finie1 tout n'est pas termin1 et que le patient1 sorti guri de leurs mains1 est quelquefois un malade qui restera tel pendant plusieurs annes4 ,le choc traumatique produit par l'intervention chirurgicale suffit pour expliquer ces accidents tardifs4 ,j'ai1 pendant longtemps1 donn des soins une dame qui1 d'une trs belle sant jusqu' trente-huit ans1 est devenue grande nerveuse1 avec anorexie1 amaigrissement1 etc41 immdiatement aprs une opration de tumeur bnigne du sein4 ,depuis lors1 elle est sans cesse proccupe de la rcidive possible d'une tumeur du sein1 et sa vie est empoisonne par des malaises de tout genre qu'elle n'avait pas avant l'opration4 ,il faut aussi savoir qu'une intervention chirurgicale1 mme de moindre importance encore1 d'importance ultra-minime1 peut mettre le systme nerveux dans un tat d'branlement durable3 c'est quand elle occasionne une violente douleur4 ,la douleur provoque une fuite nerveuse norme4 ,ainsi je connais une jeune fille1 de bonne sant antrieure1 qui est devenue neurasthnique immdiatement aprs des oprations sur les dents4 ,inutile de dire que1 quand les interventions chirurgicales sont pratiques sur des personnes dont le systme nerveux est dj branl plus ou moins1 elles deviennent une cause d'aggravation notable4 ,la seule crainte de l'opration possible suffit pour provoquer une aggravation de la nvrose4 ,est-il un mdecin qui n'ait pas vu accourir chez lui1 forant sa porte1 une cliente1 affole parce qu'elle a constat sur elle1 ou cru constater1 une tumeur du sein8 ,et c'est bien autre chose encore quand le diagnostic est douteux1 quand la malade va de chirurgien en chirurgien pour obtenir un avis ferme2 jusqu' ce qu'elle soit fixe sur son sort1 elle est dans un tat d'anxit que ne connaissent peut-tre pas assez les chirurgiens1 et qui devrait leur dicter leur conduite non pas seulement au point de vue opratoire1 mais au point de vue psychique4 ,personne plus que moi n'admire les chirurgiens4 ,leur sang-froid1 leur matrise d'eux-mmes1 leur habilet manuelle m'tonnent2 les merveilleux rsultats qu'ils obtiennent le plus souvent me font les considrer1 au total1 comme de vrais bienfaiteurs de l'humanit4 ,aussi ai-je l'espoir qu'ils ne m'en voudront pas si je me permets de faire remarquer que1 ct de beaucoup de bien1 ils font un peu de mal1 et un mal qu'ils pourraient ne pas faire s'ils connaissaient mieux les rpercussions qu'ont1 sur le systme nerveux1 leur intervention1 et aussi les soins qu'ils donnent leur malade aprs l'opration4 ,je voudrais ne les voir intervenir qu'en cas d'absolue ncessit1 se dfendre nergiquement contre les oprations qu'on pourrait appeler de complaisance3--comme celle qui a t pratique1 contre mon avis1 sur une malade qui se croyait atteinte d'appendicite chronique1 et qui n'tait que grande nerveuse4 ,cette malade avait dj appel1 malgr moi1 quatre chirurgiens qui n'avaient pas voulu oprer2 un cinquime se dcida le faire1 sans avoir de conviction absolue1 au sujet de l'existence d'une appendicite1 mais avec la persuasion que la malade1 dbarrasse de son obsession en mme temps que de son appendice1 recouvrerait la sant4 ,or il n'en fut rien3 l'appendice tait sain1 et la malade1 lgrement amliore pendant un mois1 par le fait du repos au lit1 du rgime svre1 de l'espoir qu'elle avait1 et que je fus le premier entretenir1 vit bientt son tat devenir pire qu'avant l'intervention4 ,je demanderai aussi nos confrres les chirurgiens de tenir le moins possible les malades en suspens pour savoir si l'on oprera1 et quel sera le jour de l'opration4 ,cette attente1 cette perplexit1 sont angoissantes au premier chef pour les personnes dj nerveuses4 ,et je leur demanderai1 enfin1 de ne pas1 si possible1 faire oeuvre mdicale aprs l'opration444 ,je sais bien que1 dans certains cas1 le chirurgien doit suralimenter et mme mdicamenter son opr1 au risque de lui fatiguer l'estomac1 et de compromettre les rsultats qu'une savante hygine alimentaire avait difficilement obtenus1 pendant les mois ou les annes qui ont prcd l'intervention4 ,l1 il y a force majeure2 et1 dans un cas semblable1 ,m4 ,campenon me disait qu'il savait bien faire de la mauvaise besogne1 mais il se comparait aux pompiers que n'arrte pas la considration de dgts limits1 quand il s'agit de sauver un immeuble4 ,mais1 le plus souvent1 l'opr gurirait sans intervention mdicale et sans champagne1 sans suralimentation1 sans mdicaments1 sans morphine1 sans purgatifs1 sans lavements1 et1 au sortir de la maison d'oprations1 son systme nerveux serait moins branl qu'il ne l'est4 ,il serait plus vite remis du choc traumatique invitable1 qui1 lui seul1 est un important facteur de dprciation de la valeur biologique4 ,pourquoi1 par exemple1 ce besoin de donner de la morphine aux malades1 et des doses effrayantes8 ,je sais bien qu'en gnral ces doses invraisemblables1--de #a #b centigrammes rpts deux fois par jour1--sont tolres1 pendant les premiers jours qui suivent l'opration1 parce que l'opr a une telle sidration du systme nerveux qu'il ne ragit pas au poison#h4 ,mais combien1 aussi1 ont des vomissements et des symptmes d'intoxication grave8 ,et plus fcheux encore est le rsultat quand le malade se met aimer l'odieux poison1 et devient morphinomane1--ce qui arrive quelquefois4 ,de grce1 rservez donc la morphine pour les cas exceptionnels de souffrance1 et n'en confiez pas l'administration une garde1 si bien intentionne et si intelligente que vous la supposiez2 vos malades n'en seront que plus vite guris6 ,note #h3 ,j'ai trait plus longuement ce sujet dans le ,bulletin de la ,socit ,thrapeutique1 novembre #aije4 ,ou bien encore cette habitude de purger les malades1 deux ou trois jours aprs l'opration1 de leur donner des lavements1 alors qu'ils auraient tant besoin de repos6 ,la constipation n'est-elle donc pas un symptme1 une manifestation1 presque invitable1 de l'branlement du systme nerveux provoqu par le choc opratoire8 ,laissez le systme nerveux reprendre son quilibre1 et la constipation disparatra d'elle-mme1 quand l'opr1 sollicit par son apptit spontanment renaissant1 recommencera manger4 ,et ne croyez pas que ce soit l de la thorie1 une simple vue de l'esprit d'un rveur qui n'a pas vu d'oprs6 ,la dmonstration a t faite pour moi1 d'une faon dcisive1 comme dans une exprience de laboratoire4 ,quand j'tais au ,val-de-,grce1 le professeur ,delorme a bien voulu m'associer aux longues recherches qu'il a faites pour provoquer la constipation chez ses oprs4 ,or1 de ttonnements en ttonnements1 il en tait arriv constiper tous les hommes ayant subir des oprations dans les rgions abdominales1 inguinales et crurales2 il vitait ainsi la souillure1 et1 par consquent1 le renouvellement des pansements4 ,et ce n'tait pas une constipation de deux ou trois jours qu'il provoquait1 mais bien de douze ou quinze jours4 ,chez un malade de mon service1 opr par lui pour une cure radicale d'hmorrodes1 la constipation a t entretenue pendant dix-huit jours4 ,j'ai demand rcemment ,m4 ,delorme s'il tait toujours fidle cette pratique2 il m'a rpondu affirmativement1 et il a bien voulu dresser pour moi une statistique de laquelle il rsulte que1 depuis le jour o il m'avait convi assister ses premiers essais1 en #ahhi1 il avait opr1 aprs constipation provoque1 tant au ,val-de-,grce qu' l'hpital de ,vincennes1 #afjj cures radicales de hernies1 #ej cures radicales d'hmorrodes1 #ejj varicocles1 #cj castrations1 #ejj oprations varies de la sphre inguino-gnito-prino-fessire1 enfin qu'il avait constip mthodiquement #ae hommes atteints de fractures de la cuisse1 pour que leurs appareils contentifs ne fussent pas souills4 ,c'est une partie de ces faits que ,m4 ,delorme a brillamment exposs la ,socit de ,chirurgie1 en #ahib4 ,il y a prsent une srie de #afj courbes thermiques1 dmontrant que la temprature n'a pas mont au-dessus de la normale1 pendant toute la dure de la constipation1 et que1 mme1 elle a souvent t abaisse un peu au-dessous de la normale 7#ij fois sur ces #afj observations74 ,dans quatre cas seulement1 elle a dpass la normale1 mais c'tait par le fait de maladies accidentelles3 intoxication iodoforme1 rhumatisme aigu1 congestion pulmonaire 7deux fois74 ,chez #aaj oprs de cures radicales1 il y eut parfois des coliques1 mais sans la moindre importance4 ,elles disparaissaient aprs l'mission spontane de gaz4 ,la langue1 saburrale les premiers jours1 reprenait bientt l'aspect normal2 l'apptit tait conserv chez la majeure partie des constips4 ,ds le troisime jour1 on leur donnait manger des potages1 des oeufs1 de la viande blanche1 du vin1 en vitant que les aliments capables de donner des dchets4 ,le sommeil restait bon1 le caractre ne laissait voir aucune modification1 la soif n'tait pas excessive1 et les analyses d'urines1 faites par le professeur ,burcker1 ont dmontr que l'conomie ne subissait1 du fait de la constipation provoque1 aucune influence nfaste4 ,la premire selle tait1 parfois1 facile et spontane2 d'autres fois elle tait pnible2 c'est ainsi qu'un malade ne put aller la garde-robe que le vingt-deuxime jour4 ,en vain avait-on essay sur lui les purgatifs1 les lavements1 depuis quatre jours2 ce n'est que quand on le fit marcher qu'il parvint aller la selle4 ,les selles suivantes taient habituellement aises1 et les fonctions de l'intestin reprenaient leur rgularit4 ,ma communication1 ajoutait ,m4 ,delorme1 pourrait avoir plus qu'un intrt clinique1 tant donne les thories qui ont cours sur l'importance et la frquence des intoxications intestinales4 ,mais je dsire rester exclusivement sur le terrain de la pratique1 et je conclurai en disant que1 chez les hommes adultes et sains surpris par un traumatisme chirurgical qui doit gurir par premire intention1 la constipation1 provoque pendant huit quinze jours1 n'a pas les inconvnients qu'on lui attribue gnralement4 ,je ne dirai pas par quels procds ,m4 ,delorme est arriv obtenir ces constipations prolonges1 si peu nuisibles aux oprs3 car ce serait sortir de mon sujet2 mais ce qui rsulte de cette trop longue digression1 c'est que la constipation de quelques jours1 survenant d'elle-mme et presque fatalement chez les oprs1 quels qu'ils soient1 ne doit pas proccuper les chirurgiens1 ni les entraner imposer leurs oprs des purgations qui1 fatiguant leur systme nerveux abdominal1 ont forcment un retentissement sur leur systme nerveux central1 et contribuent en faire des malades1 alors qu'au dbut ils n'taient que des blesss1 ou bien aggraver leur maladie1 quand ils taient dj des malades avant l'opration4 ,je n'ignore pas que1 d'autre part1 les accoucheurs affirment que la constipation est l'ennemi des femmes qui viennent d'accoucher4 ,je n'ose pas m'inscrire en faux contre cette opinion gnrale3 mais peut-tre serait-elle1 comme tant d'autres affirmations1 passible d'un procs en rvision4 ,,iii4--,,causes ,,accidentelles ,nous venons d'numrer les principales causes d'ordre psychique qui amnent la dchance1 totale ou progressive1 du capital vital de l'homme ou de la femme adultes4 ,ce sont elles qui1 combines ou non aux autres influences nfastes 7surmenage crbral1 surmenage musculaire1 alimentation dfectueuse1 etc471 provoquent le plus souvent la maladie4 ,mais1 d'autres fois1 comme chez l'enfant du premier ge1 comme chez l'adolescent1 la maladie1 chez l'adulte1 est provoque par une affection aigu qui le frappe en pleine sant3 telle la fivre typhode1 qui1 vritable intoxication1 surprend l'adulte dans le cours d'un tat d'quilibre irrprochable1 et qui1 chose curieuse1 parat tre d'autant plus grave que le sujet tait plus robuste4 ,la fivre typhode1 dis-je1 peut parfois provoquer la maladie4 ,ainsi1 je connais un homme de quarante-huit ans1 qui a vu sa sant irrmdiablement branle la suite d'une fivre typhode survenue l'ge de vingt ans4 ,mais le cas est rare2 souvent1 au contraire1 on observe qu'une fivre typhode1 survenant chez un individu malingre1 lui donne une sant1 pour la suite1 qu'il ne se connaissait pas jusqu'alors4 ,est-ce parce que1 jusqu'alors1 il surmenait son estomac1 et que la dite impose par la fivre typhode a remis l'organe en tat8 ,est-ce parce que1 jusqu'alors1 il se soumettait un exercice trop vigoureux pour ses forces1 et que la fivre typhode1 en lui imposant le repos1 a rectifi ses erreurs d'hygine musculaire8 ,est-ce enfin parce que la fivre1 en brlant ce que les anciens appelaient ses humeurs peccantes1 l'a dbarrass de ses produits d'auto-intoxication antrieurs l'affection aigu8 ,a vrai dire1 nous ne pouvons rien affirmer1 nous ne pouvons que constater le fait4 ,trop heureux serait celui qui pourrait connatre les causes de tous les phnomnes de la vie6 ,quant aux autres affections accidentelles3 rhumatismes1 pneumonies1 etc41 dans quelle mesure crent-elles1 de toutes pices1 la maladie8 ,nous pensons qu'elles ne la crent jamais1 et qu'elles ne font que l'aggraver3 car1 toujours la maladie prexistait4 ,pour contracter un rhumatisme1 une pneumonie1 une angine1 il faut dj que le systme nerveux se trouve dans un tat d'infriorit1 soit dfinitif1 soit momentan4 ,la premire condition pour ne pas prendre les maladies1 c'est de se bien porter4 ,mais il n'en est pas moins certain que l'affection accidentelle1 en intervenant1 imprime la maladie un essor plus ou moins vigoureux1 suivant l'importance de la cause pathogne accidentelle1 et aussi suivant la valeur pralable du sujet4 ,de toutes les affections accidentelles1 celle qui est le plus remarquable1 cet gard1 est la grippe4 ,la dchance post grippale est trs frquente1 et parfois d'une longueur invraisemblable4 ,on met des annes1 souvent1 se remettre d'une mauvaise grippe4 ,et cet ennemi est d'autant plus dangereux que1 loin de crer l'immunit1 il a une tendance revenir la charge2 or1 dans le cours de la maladie1 chaque atteinte de grippe fait faire un pas en arrire1 et compromet les rsultats pniblement acquis4 ,la grippe est l'ennemie personnelle des sujets capital dfectueux1 quelle que soit1 bien entendu1 la forme symptomatique de leur maladie4 ,c'est aussi dans la priode que nous tudions que se manifeste dangereusement la syphilis contracte vingt ans1 et insuffisamment soigne2 elle se traduit1 maintenant1 par de l'anvrisme de l'aorte1 des lsions du muscle cardiaque1 de la nphrite dont personne ne souponne la cause1 des ictus crbraux1 et toutes les manifestations de la syphilis tertiaire4 ,elle cre de toutes pices l'ataxie locomotrice et la paralysie gnrale1 ou du moins elle prdispose singulirement le terrain l'apparition de ces cruelles maladies1 d'volution fatalement progressive4 ,on commence connatre ses mfaits1 dans le monde des assurances1 et savoir que la syphilis n'est pas un brevet de longue vie6 ,d'un travail statistique fait par le ,dr ,rungberg pour une ,compagnie d'assurances1 il rsulte que l'ge moyen de la mort des syphilitiques assurs cette ,compagnie a t de quarante-trois ans et quatre mois1 et que1 au point de vue des causes de mort1 la syphilis vient immdiatement aprs la tuberculose4 ,,iv4--,,influences ,,morbig,,nes ,,sp,,ciales ,a ,,la ,,femme ,toutes les considrations que nous venons d'exposer peuvent s'appliquer galement l'un et l'autre sexe3 mais la femme a1 en outre1 le triste privilge de pouvoir tre frappe par des influences morbignes qui n'atteignent pas le sexe masculin1 et qui mritent d'tre tudies part4 ,la menstruation joue1 dans la vie de la femme1 un rle de premier ordre4 ,chez la femme trs bien portante1 son influence est peine perceptible1 mais chez la femme dj malade son influence est des plus nettes2 chez l'aline1 en particulier1 on observe d'une faon constante1 quelques jours avant les rgles1 une aggravation du dlire2 et1 chez l'aline qui semble gurie1 on ne doit prononcer le mot de gurison que quand deux priodes menstruelles se sont passes sans accident4 ,nous disons dessein deux priodes3 car si1 chez les grandes nvroses1 les troubles menstruels sont mensuels1 chez les malades moins atteintes ils nous ont sembl souvent ne survenir que tous les deux mois#i4 ,note #i3 ,il y a de grandes nerveuses chez qui la menstruation s'accompagne toujours d'une fivre ardente1 se prolongeant deux ou trois jours1 et bien capable d'garer le diagnostic4 ,chez la grande neurasthnique qui a encore ses rgles correctes1 on peut affirmer que1 douze jours avant l'apparition des rgles1 les misres nerveuses1 abdominales1 etc41 s'accentuent considrablement1 au grand dsespoir des familles qui1 ayant espr la gurison1 croient que tout est refaire4 ,mais il n'en est rien3 bientt tout rentre dans l'ordre1 quelquefois mme pendant les rgles1 partir du deuxime jour1 et1 le plus souvent1 immdiatement aprs la cessation de l'coulement4 ,les malades entrent alors dans ce qu'elles appellent leur bonne semaine4 ,le mdecin doit connatre ce dtail1 et avertir les malades et leurs familles de la rechute1 qui est invitable tant que la maladie bat son plein4 ,quand les grandes malades n'ont plus leurs rgles1 ce qui est frquent1 c'est d'un pronostic assez important2 et la rapparition des menstrues aprs deux1 trois1 ou six ans1 comme j'en ai vu plusieurs cas1 indique que la malade entre enfin dans la voie de l'amlioration1 alors mme qu'elle continue souffrir4 ,l'influence de la grossesse est non moins vidente4 ,nous avons dit qu'elle tait quelquefois salutaire1 parce que l'utrus dvelopp remplaait la sangle abdominale dfectueuse2 mais1 une fois l'utrus revenu son volume normal1 la paroi abdominale se trouve encore un peu plus flasque qu'avant2 et1 quand les grossesses sont rptes1 la ptose abdominale devient un des principaux lments de la maladie4 ,c'est alors qu'une ceinture bien faite1 avec ou sans pelote air suivant la forme du ventre1 peut rendre la malade d'inapprciables services4 ,mais1 entendons-nous bien3 la ptose n'est pas tout1 chez les ptosiques4 ,car enfin1 pourquoi les malades ont-elles de la ptose8 ,c'est parce qu'elles taient dj dsquilibres antrieurement1 c'est parce que la sangle que forment les muscles du ventre n'avait pas la tonicit normale4 ,si on avait soign la future ptosique en temps utile1 alors qu'elle n'avait encore que des troubles vagues du systme nerveux1 de l'estomac1 de l'intestin1 elle ne serait pas devenue ptosique1 elle n'aurait pas eu besoin de ceinture1 elle aurait pu avoir des grossesses multiples sans avoir de ptose4 ,de sorte que la ceinture1 cet instrument si merveilleux1 ne doit1 notre avis1 tre considr que comme un moyen thrapeutique d'attente4 ,ce qu'il faut1 c'est rgnrer la malade et lui permettre de se passer de ceinture4 ,on y parvient1 sauf quand la dchance est trop avance1 par une bonne hygine gnrale1 s'adaptant aux indications fournies par chaque individu4 ,chez les unes1 la ptose gurira par l'exercice1 chez les autres par le repos1 chez les unes par une saison ,vichy1 chez les autres par un rgime restreint1 chez toutes par la reconstitution du systme nerveux1 qui toujours laisse dsirer4 ,la ceinture abdominale1 pour en revenir elle1 ne sera employe que le moins de temps possible4 ,chez les femmes non surmenes musculairement1 on se trouvera bien de tonifier la sangle abdominale naturelle1 soit par les exercices de plancher de la gymnastique sudoise1 soit par la pratique du chant1 intelligemment comprise1 telle que l'enseignent les ,italiens4 ,nul doute que1 en utilisant la pression abdominale pour la pulsion de l'air1 on ne fasse la fois de la bonne thrapeutique abdominale et de l'excellent travail au point de vue du chant4 ,tous les chanteurs et mme toutes les chanteuses dignes de ce nom ont une force extraordinaire des muscles droits antrieurs2 en se contractant1 ils repoussent la main qui les comprime#aj4 ,note #aj3 ,il serait intressant d'inventer un dynamomtre spcial pour mesurer la force de ces muscles chez tous les malades4 ,ce dynamomtre donnerait des indications trs intressantes sur la valeur biologique1 car on peut dire que1 tant vaut la pression abdominale1 tant vaut l'individu4 ,on voit combien nous sommes loigns de l'opinion qui attribue la ptose abdominale toutes les misres des dyspeptiques1 des neurasthniques1 des malades qui souffrent de l'intestin1 etc4 ,une femme a de la ptose et mille misres varies3 une ceinture fait disparatre presque toutes ces misres1 c'est donc1 conclut-on que la ptose tait l'unique cause8 ,mais non2 c'est toujours la thorie du moindre effort applique au raisonnement humain4 ,la vrit est que la ptose est symptomatique1 que la ceinture ne gurit pas la malade1 ne fait que la soulager d'une partie de ses misres1 et qu'il faut dj tre malade pour devenir ptosique1--en dehors1 bien entendu1 des cas o la contention abdominale insuffisante serait due une ventration4 ,la ptose peut d'ailleurs n'tre que passagre4 ,il existe mme des ptoses qu'on pourrait appeler aigus1 si l'on nous permettait cette expression4 ,nous voulons parler de celles qui surviennent brusquement1 dans le cours d'une bonne sant1 la suite d'un coup de froid1 d'une motion violente1 d'une indigestion1 d'un empoisonnement1 d'une purgation4 ,d'un jour l'autre1 on voit le ventre s'effondrer1 se vider1 perdre son lasticit1 sa souplesse1 donner la sensation d'un amas pteux1 d'un chiffon mouill3 et l'exploration ne permet plus alors de noter ni le caecum1 ni le clon4 ,on peroit1 dans la fosse iliaque1 un gargouillement dont l'on enseigne tort qu'il appartient en propre la fivre typhode3 on ne le rencontre dans la fivre typhode que parce qu'on l'y cherche4 ,cet effondrement abdominal s'observe en outre1 dans presque toutes les maladies aigus4 ,il est toujours l'indice d'une sidration du systme nerveux abdominal2 et1 comme le systme nerveux abdominal n'est pas sans avoir des relations intimes avec le systme nerveux central1 l'effondrement en question est toujours l'indice d'un tat de maladie assez grave4 ,mais il peut n'tre que passager1 durer quinze jours1 trois semaines2 d'autres fois1 il dure deux trois mois1 dans certains tats subaigus2 puis1 peu peu1 on voit le ventre se ressaisir1 reprendre sa forme1 son lasticit1 renatre3 c'est le commencement de la gurison4 ,en mme temps que le ventre s'effondre et que survient la ptose aigu1 la sonorit abdominale subit des modifications extrmement intressantes4 ,le son devient uniforme1 tandis que1 l'tat normal1 ou ds que le ventre se ressaisit1 la percussion donne des notes diffrentes dans les deux fosses iliaques et sur la ligne mdiane4 ,le plus souvent1 c'est l'octave qu'on observe entre le ct droit et le gauche 7octave suprieure au ct droit74#aa ,note #aa3 ,cette exploration abdominale par la vue1 le toucher1 et la percussion1 donne les renseignements les plus prcieux sur la valeur digestive de chacun1 et des indications trs nettes sur le rgime alimentaire qu'il convient d'imposer3 rgime qui doit varier1 videmment1 d'un jour l'autre1 comme varient l'aspect du ventre et les sensations que donnent la palpation et la percussion4 ,ce sera la gloire du ,dr ,sigaud d'avoir su lire dans l'abdomen1 et d'avoir essay d'apprendre cette lecture ses contemporains4 ,mais1 il ne faut pas se le dissimuler1 l'exploration abdominale est chose trs difficile2 je la pratique depuis dix ans que j'ai la bonne fortune d'tre en relations scientifiques avec le ,dr ,sigaud1 et je vois mieux1 de jour en jour1 la difficult de cette tude1 en mme temps que j'en apprcie mieux toute l'importance4 ,laissons d'ailleurs la parole ,,mm4 ,sigaud et ,vincent1 qui rsument ainsi les donnes de l'exploration abdominale3 ,nous ne saurions trop affirmer que l'exploration mthodique de l'appareil digestif est1 pour le biologiste1 une source de faits inpuisable4 ,quelle varit de renseignements1 quelle prcision dans l'observation1 ne devons-nous pas attendre d'un procd la perfection duquel nous voyons concourir les donnes fournies1 presque simultanment1 par l'oue1 la vue1 le toucher8 ,ajouterons-nous que1 en raison de la nature spciale cavitaire de son tissu1 le tube digestif se modifie dans sa forme1 dans sa densit1 dans sa consistance1 sous les influences les plus lgres et les plus fugitives8 ,alors que1 chez un malade1 nous ne trouvons aucune modification du ct des appareils circulatoire1 pulmonaire1 nerveux ou rnal1 nous constatons toujours des signes positifs du ct de la sphre gastro-intestinale4 ,les oscillations vitales que les autres appareils organiques sont impuissants objectiver1 le tube digestif les enregistre avec une fidlit remarquable et une varit de nuances que l'on n'a point souponne jusqu'ici4 ,et toutes les modifications de forme et de volume1 d'lasticit et de rsistance du tissu abdominal1 toutes les variations de sonorit des membranes digestives1 ne sauraient tre considres comme des faits de valeur mdiocre inutilisable4 ,elles portent en elles-mmes un double enseignement3 elles traduisent1 d'une part1 les diverses modalits fonctionnelles du tube digestif1 d'autre part1 en vertu d'une loi sur laquelle nous allons revenir1 l'orientation gnrale des ractions de l'organisme correspond ces modalits digestives4 7,mmoire lu la ,socit de ,mdecine de ,gand1 #d avril #aije47 ,les intressantes tudes de ,,mm4 ,sigaud et ,vincent auraient encore tre compltes par l'tude de l'auscultation abdominale2 c'est l un chapitre de smiologie qui est tout entier faire1 et que je ne puis qu'indiquer aux travailleurs de l'avenir4 ,munis d'un bon stthoscope1 ils trouveront dans l'auscultation abdominale des renseignements d'une valeur insouponne jusqu' ce jour4 ,pour en revenir aux ptosiques1 une bonne sangle leur rend un service momentan qui n'est pas ddaigner4 ,elle les soulage3 mais ce qui les gurit1 quand il leur reste encore assez d'nergie vitale1 c'est un rgime appropri1 et du repos ou un exercice gradu1 suivant les cas4 ,le rgime devra tre celui qui donne le moins travailler l'estomac et l'intestin sidrs2 il devra donc tre liquide ou semi-liquide4 ,les prises alimentaires devront tre frquentes1--trs frquentes1 dans l'tat aigu4 ,quant au repos1 il s'impose2 les malades1 d'ailleurs1 en prouvent le besoin1 et c'est dans ce cas qu'on peut dire que le lit est le meilleur des agents thrapeutiques4 ,quand le ventre commence se ressaisir1 le rgime devra tre plus substantiel3 potages pais1 pures lgres prises toutes les trois heures en moyenne4 ,puis1 quand il a fait un nouveau progrs1 alimentation plus dense et moins frquente 7six repas en vingt-quatre heures1 dont un dans le courant de la nuit3 pures paisses1 macaroni1 riz1 poisson1 oeufs74 ,quand il est redevenu presque normal1 quatre repas par jour1 assez copieux1 presque gaux1 dont un avec viande non saignante4 ,enfin1 quand l'orage est pass1 quand le ventre a retrouv sa souplesse1 son lasticit et sa tension1 alors seulement il faut arriver aux trois repas3 celui du matin1 qui doit tre assez copieux 7caf noir1 oeuf ou viande froide72 celui de midi1 compos en gnral de trois articles3 #a macaroni1 ou pure1 ou pommes de terre en robe de chambre2 #b viande non saignante2 #c fromage1 peu de pain1 pas encore de vin1 un verre de liquide la fin du repas2 enfin le repas du soir1 plus lger1 comprenant aussi trois articles3 #a potage pais2 #b oeufs ou poisson2 #c fruits cuits4 ,telles sont les grandes lignes de la dittique des tats aigus ou subaigus4 ,en mme temps1 avons-nous dit1 le repos s'impose3 dans l'tat aigu un repos absolu au lit2 plus tard1 deux heures de lever sur une chaise longue1 entre les repas4 ,il faut faire longtemps manger les malades au lit2 puis1 jusqu' gurison complte1 repos horizontal aprs les repas2 et toujours beaucoup de sommeil1 mme diurne1 le sommeil diurne tant le meilleur agent provocateur du sommeil nocturne1 l'inverse de ce que l'on croit ordinairement4 ,on comprend combien1 dans cet tat d'quilibre instable1 une violente perturbation1 produite soit par une purgation1 soit par un vomitif1 soit par une alimentation trop htive1 peut tre dfavorable au malade4 ,,chapitre ,,iv ,,psychoth,,rapie ,nous avons1 maintenant1 suffisamment indiqu1 les causes diverses qui produisent la maladie4 ,mais cette tude mme n'a fait encore que mieux nous montrer le rle prpondrant que joue1 dans l'origine comme dans l'volution de la maladie1 l'branlement du systme nerveux4 ,et de l rsulte l'importance1 galement prpondrante1 d'une mdication destine remonter le systme nerveux3 mdication dont un des lments essentiels est cette psychothrapie qui1 depuis quelque temps1 a commenc proccuper vivement le monde mdical1 sans qu'on soit encore parvenu en fixer exactement le domaine et l'application4 ,a en croire un certain nombre de nos confrres1 franais et surtout trangers1 le psychothrapie serait simplement destine remplacer toute thrapeutique4 ,l'imagination1 d'aprs ces savants1 jouerait dans la production et le dveloppement des maladies un rle si norme1 qu'il suffirait de dcouvrir1 dans chaque cas1 le moyen de persuader aux malades qu'ils se portent bien1 pour leur rendre aussitt la sant4 ,la psychothrapie consisterait donc tudier1 ce point de vue1 l'tat d'esprit de chaque malade1 de faon pouvoir suffisamment s'emparer de sa confiance pour lui ordonner de se croire guri4 ,mais les plus rcents dfenseurs de cette doctrine avouent eux-mmes que les moyens de persuasion sont1 jusqu'ici1 trs difficiles trouver2 et je dois dire1 quant moi1 qu'une conception aussi simpliste de la thrapeutique me parat1 jusqu' nouvel ordre1 quelque peu fantaisiste4 ,oui certes1 la proccupation de l'tat d'esprit des malades1 et de ce qu'on pourrait appeler la cure morale1 doit tenir plus de place qu'elle n'en tenait1 hier encore1 dans la mdecine officielle4 ,mais j'estime que la psychothrapie peut faire mieux que d'imposer aux malades l'illusion1--toujours bien brve et bien fragile1--de se bien porter3 elle peut devenir un des agents les plus actifs et les plus prcieux de la gurison4 tant donne l'ide que nous nous faisons de l'origine nerveuse de la maladie1 voici1 notre avis1 la meilleure dfinition de la psychothrapie3 ,c'est l'ensemble des moyens d'ordre psychique par lesquels on amliore ou on reconstitue le capital nerveux4 ,son action s'tend3 #a toutes les dviations mentales2 #b un grand nombre de troubles somatiques1 tels que la constipation1 l'insomnie1 l'anorexie1 etc41 l'incontinence d'urine1 etc4 ,quant ses moyens d'action1 ils peuvent1 pour la facilit de l'tude1 tre diviss en deux grandes catgories3 #a ,moyens par lesquels on diminue les dpenses2 #b ,moyens par lesquels on augmente les recettes4 ,i ,,moyens ,,par ,,lesquels ,,on ,,diminue ,,les ,d,,penses ,il est une foule de malades qui gaspillent leur influx nerveux sans le savoir2 il faut leur apprendre l'conomiser1 leur dmontrer combien est fatigante1 pour le systme nerveux1 l'hsitation perptuelle1 leur enseigner l'utilit qu'il y a savoir prendre un parti dans les moindres circonstances de la vie4 ,il vaut mieux prendre un parti mdiocre immdiat qu'un parti plus sage aprs hsitation4 ,or1 pour savoir vite prendre parti et s'pargner la peine de remettre en discussion tous les motifs et mobiles qui doivent dterminer l'acte accomplir1 il y a un procd trs recommandable1 qui consiste simplement adopter des principes1 et se dire3 ,dans telle circonstance1 je ferai ceci1 dans telle autre je ferai cela2 et puis1 une fois le principe adopt1 y rester fidle1--sans cependant en devenir esclave4 ,car il ne faut pas que l'enttement remplace l'hsitation1 que l'ocan devienne terre ferme4 ,un petit moyen pratique recommander aux hsitants1 c'est de fixer1 sur un agenda1 tout ce qu'ils doivent faire dans la journe et les jours suivants1 puis1 une fois la chose crite1 d'excuter ponctuellement ce qui aura t arrt4 ,la volont parvient ainsi1 peu peu1 se discipliner1 en mme temps qu'on s'vite des pertes considrables d'influx nerveux4 ,d'une faon gnrale1 il faut inspirer aux malades le respect du temps1 leur faire comprendre que le temps1 c'est l'toffe dont la vie est faite1 et qu'il n'est pas permis d'en gaspiller une parcelle3 que c'est par le respect du temps qu'on trouve le moyen de faire une foule de choses utiles avec un minimum de dpense4 ,s'ils parviennent comprendre cette vrit1 ils trouveront eux-mmes1 peu peu1 un modus vivendi1 qui1 sans qu'ils s'en doutent1 leur fera faire des conomies de dpense nerveuse4 ,recommander aux malades de prendre des habitudes d'ordre1 de tout rgler dans leur vie1--les heures du lever1 du coucher1 des repas1 etc41--de donner chaque chose1 chaque proccupation1 la place et l'importance qui lui conviennent1 est encore un moyen de leur pargner les dpenses nerveuses inutiles1 et de faire de l'excellente psychothrapie4 ,appliquons ces ides gnrales un cas particulier4 ,voici une jeune fille atteinte de ce qu'on appelle la folie du doute2 ds son lever1 elle ne saura quelle robe mettre1 elle en essaiera trois ou quatre1 et finira par reprendre la premire2 elle passera deux heures faire sa toilette1 ne sachant si elle doit commencer par se coiffer ou par se laver les mains2 et toute sa journe se passera ainsi dans un tat vague d'anxit4 ,le soir1 la situation est plus pnible encore3 la malade ne parvient pas se coucher1 elle met deux heures pour se dshabiller1 s'interrompant tout instant pour confier un petit cahier une foule d'ides qui ont tortur son cerveau et qui n'ont pas pu prendre corps4 ,on dirait qu'elle cherche les fixer en les crivant4 ,j'ai chez moi plusieurs collections de petits registres qui sont tous inspirs par ce mme esprit4 ,or1 cette agitation strile1 continue1 occasionne une dpense crbrale norme4 ,si l'on veut bien tudier une malade de ce genre1 on verra qu'elle n'est pas malade que de la tte1 mais que tout est malade chez elle4 ,elle digre mal1 elle est amaigrie1 elle a des urines rares et charges alternant avec des urines claires et abondantes4 ,elle est mal rgle1 etc4 ,il lui faut donc1 avant tout1 un traitement gnral2 dont nous indiquerons plus tard les grandes lignes1 mais il lui faut aussi un traitement psychothrapique4--,et lequel8 ,la premire chose est de lui dire combien cette manire de faire est ridicule3 cela1 on n'aura pas de peine le lui faire admettre1 elle le sait trs bien2 le preuve1 c'est qu'elle cache son infirmit avec le plus grand soin tout son entourage4 ,puis il faut lui expliquer comment cette dpense nerveuse1 si strile1 la fatigue1 et entretient ou cause sa maladie physique4 ,enfin1 d'accord avec elle1 il faut lui tracer un plan de vie tel qu'au lieu de gaspiller ses forces elle les concentre1 pour les diriger dans un sens dtermin4 ,a l'une1 on fera apprendre une langue trangre1 l'autre on proposera une autre occupation1 non moins prcise4 ,le mdecin s'inspirera d'une foule de considrations d'ordre secondaire2 l'essentiel est qu'il atteigne son but1 qui est de discipliner la volont et d'viter la malade les pertes nerveuses1 par une bonne orientation de son activit4 ,nous avons pris l1 dessein1 un cas des plus difficiles gurir3 et cependant nous affirmons que la gurison y est possible1 quand1 la psychothrapie1 on joint un traitement somatique convenable et suffisamment prolong4 ,dans la manie aigu1 ou certaines phases de la paralysie gnrale1 dans tous les cas de dlire aigu occasionns par les maladies infectieuses1 l'influx nerveux subit des dpenses colossales2 les fuites se font de toutes parts4 ,la pense est si rapide1 chez le maniaque1 que l'aliniste expriment ne parvient pas la suivre4 ,les associations d'ides se font avec une telle rapidit que le malade n'a pas le temps de les exprimer1 et1 quelle que soit sa volubilit1 sa langue n'a pas un dbit gal celui de son cerveau4 ,la psychothrapie peut-elle tre utile des malades de ce genre8 ,oui1 mais1 vrai dire1 son rle est alors ngatif2 il faut savoir ce qu'il ne faut pas faire2 il faut ne pas s'acharner discuter avec le malade1 rectifier ses apprciations2 il faut1 en un mot1 laisser passer l'orage1 et se borner viter au malade toute cause d'excitation prochaine ou loigne4 ,il faut se rappeler1 surtout1 qu'une fois l'orage pass1 on aura longtemps encore user d'extrmes prcautions1 et mnager le cerveau fragile4 ,lorsque la fuite nerveuse1 au lieu d'tre dissmine1 est limite un point fixe1 la psychothrapie intervient d'une faon plus active4 ,voici un homme en proie une obsession3 une ide a envahi son cerveau1 il y pense nuit et jour1 en perd le boire et le manger4 ,toutes ses penses ont pour pivot l'ide matresse1 il en parle tous ceux qu'il estime pouvoir le comprendre1 il demande conseil1 s'agite en vain1 et1 ne trouvant pas de solution1 il s'puise4 ,faut-il1 dans ce cas1 essayer de boucher la fuite1 dire au malade qu'il ne doit pas penser ce qui le proccupe8 ,mais c'est lui demander l'impossible1 et le torturer inutilement4 ,il faut1 au moins une fois1 lui laisser exposer1 avec les plus amples dtails1 les causes de sa souffrance morale2 mais1 ceci fait1 pour acqurir sa confiance1 il ne faut presque plus lui permettre d'en parler1 et1 en change1 il faut lui trouver des drivatifs4 ,de mme que1 dans une hmorragie pulmonaire1 le mdecin bien avis fait une saigne gnrale1 qui arrte l'hmorragie1 de mme le psychothrapeute ne doit1 pour ainsi dire1 pas lutter contre l'ide obsdante1 mais faire natre des courants d'ides drivatifs2 en d'autres termes1 remplacer une ide morbide par une srie d'ides saines4 ,c'est la psychothrapie drivative4 ,un autre moyen d'conomiser les fuites nerveuses1 moyen employer dans les cas exceptionnels1 c'est de conseiller au malade l'acceptation du fait acquis1 en d'autres termes la rsignation2 c'est la psychothrapie sdative4 ,que le malade accepte le fait accompli1 qu'il cesse de se cabrer contre les circonstances qui ont produit ou qui entretiennent la maladie1 de se nourrir de son chagrin1 de se remmorer les causes morales qui l'ont amen2 et il s'vitera une fatigue nerveuse norme4 ,cette passivit produira sur lui l'effet sdatif d'une sorte de sommeil de la cellule nerveuse4 ,quand la rsignation1 au lieu d'tre pour ainsi dire passive1 est un acte volontaire en vertu duquel le patient accepte1 en toute libert1 sans restrictions1 sans protestations1 ses misres1 pour les offrir dans une intention quelconque1 elle devient tout le contraire de la passivit1 et dj elle rentre dans la deuxime catgorie des moyens psychothrapiques4 ,l'tude de cette rsignation active va donc nous servir de transition toute naturelle4 ,la rsignation ainsi comprise est un acte4 ,rpter plusieurs fois par jour qu'on se rsigne1 c'est faire1 plusieurs fois par jour1 acte de volont2 et encourager le malade accomplir cet acte de volont1 c'est faire de l'excellente psychothrapie reconstituante4 ,malheureusement1 cette rsignation active est la porte de peu d'initis4 ,elle suppose toute une doctrine philosophique3 la doctrine de la solidarit humaine1 de la rversibilit des mrites et des souffrances1 en un mot la doctrine du renoncement2 et peu de malades la connaissent4 ,aussi est-ce titre exceptionnel que les ressources de la rsignation active peuvent tre employes4 ,mais1 dira-t-on1 quel peut tre le rle du mdecin en face d'un malade qui va jusqu' voir dans la souffrance un bienfait8 ,on croirait1 a priori1 que le mdecin n'a qu' disparatre2 en fait1 il n'en est rien4 ,le mdecin doit rester son poste2 et tout en encourageant le malade dans cette voie1 en fortifiant sa volont1 il doit l'exhorter ne pas ngliger les moyens thrapeutiques que rclame son tat4 ,car enfin le rsign actif ne commet pas une erreur de logique en dsirant gurir et en acceptant les soins mdicaux4 ,s'il fait bien de se rsigner la souffrance lorsque celle-ci est invitable1 il est tenu1 au contraire1 de se rsigner aussi ce que veut pour lui la nature1 c'est--dire ne rien omettre pour reconqurir1 avec la sant1 la possibilit d'une vie plus active et plus utile4 ,ajoutons d'ailleurs que1 en fait1 le rsign actif est d'ordinaire le plus obissant1 le plus stable des malades1 le plus reconnaissant pour les soins mdicaux qui lui sont donns2 c'est le malade de choix4 ,,ii ,,moyens ,,par ,,lesquels ,,on ,,augmente ,,les ,,recettes ,la deuxime catgorie des moyens psychothrapiques comprend1 comme nous l'avons dit1 ceux qui ont pour but d'amliorer la part subsistante du capital nerveux4 ,on peut parvenir ce rsultat de deux faons3 #a ,en dynamisant ce qui reste du capital nerveux par une savante gymnastique de la volont4 7,l'homme ne vaut que par sa volont3 donc discipliner1 fortifier1 renforcer sa volont1 c'est lui rendre le plus grand des services47 #b ,en insufflant1 pour ainsi dire1 au malade un fluide nerveux tranger4 ,dans le premier cas1 on fait appel au libre arbitre du malade4 ,celui-ci devient le collaborateur du mdecin1 dont le rle se borne indiquer les procds de gymnastique de la volont et surveiller l'application4 ,dans le deuxime cas1 une volont trangre vient en aide la volont dfaillante1 ou insuffisante1 du patient4 #a ,gymnastique de la volont4--,il y a des procds d'ducation de la volont1--cette facult1 comme la mmoire1 comme l'attention1 tant susceptible d'tre amliore par une bonne gymnastique4 ,le principe gnral1 dans cette ducation1 c'est de procder lentement1 de ne pas demander au malade un effort qu'il serait incapable de fournir1 mais de lui demander1 au dbut1 un tout petit effort1 qui sera augment tous les jours4 ,ainsi nous invitons nos malades faire trois fois1 tous les matins1 trois mouvements dtermins des bras1 puis six1 puis douze1 puis d'en faire autant avec les membres infrieurs4 ,en ordonnant ces exercices1 nous comptons bien moins sur l'action utile de la gymnastique musculaire elle-mme que sur l'effort de volont que nous obtenons du malade1 avec son libre consentement4 ,dans le mme esprit1 nous envoyons certains de nos malades faire une gymnastique spciale1 tous les jours1 par tous les temps1 l'extrmit de ,paris1 aussitt qu'ils peuvent supporter la fatigue d'un dplacement quotidien4 ,l1 nous leur faisons faire la course en flexion1 exercice musculaire excellent1 qui1 bien gradu d'aprs des rgles prcises1 rgularise la circulation du sang1 les battements du coeur1 augmente la vigueur de tous les muscles1 en particulier des muscles inspirateurs1 et favorise1 par consquent1 l'acte respiratoire4 ,grce cette gymnastique1 on arrive1 au bout d'un mois1 faire courir pendant vingt minutes des malades qui ne marchaient pas1 ou qui ne croyaient pas pouvoir marcher#ab4 ,note #ab3 ,ajoutons que cette course ne provoque jamais d'essoufflement le principe de la mthode tant1 avant tout1 d'viter l'essoufflement par une progression sage et bien rgle dans la longueur et la rapidit du pas4 ,la mthode dont nous parlons a t institue par notre regrett ami1 le commandant de ,raoul1 qui avait fait des tudes trs srieuses1 thoriques au laboratoire de ,marey et pratiques pendant toute la dure de sa carrire militaire4 ,ce n'est pas le lieu de parler avec dtail de cette mthode d'entranement2 disons seulement qu'on ne se fait pas une ide1 dans le monde des gymnasiarques1 de la lenteur dans la progression imposer au coureur4 ,ainsi la vitesse du pas gymnastique de l'arme ne doit tre atteinte1 chez l'homme mme bien portant1 qu'aprs quinze minutes de course progressivement plus rapide4 ,c'est comme cela que l'on arrive obtenir le rendement maximum1 et que le pas gymnastique peut tre prolong trs longtemps sans fatigue4 ,de mme1 avant d'arriver la vitesse de six kilomtres l'heure1 c'est--dire au pas d'un homme qui marche vite1 il faut cinq minutes de course en progression4 ,si1 cette prudence dans la progression1 on joint le soin de faire respirer le malade en temps utile1 et de lui apprendre respirer1 on lui vite l'essoufflement4 ,mais si le coureur n'est pas essouffl1 par contre il est envahi1 au bout de vingt trente minutes1 d'une transpiration norme1 telle que la course en flexion a pour complment indispensable1 soit une friction sche avec changement de linge1 soit1 mieux encore1 une douche tide4 ,cette ncessit de la douche finale limite beaucoup l'emploi de la course en flexion1 et1 par parenthse1 l'interdit l'arme1 pour laquelle1 dans l'esprit du commandant de ,raoul1 elle semblait surtout indique4 ,nos malades1 au contraire1 trouvent toute facilit pour prendre la douche terminale1 puisque la course a lieu dans le jardin attenant la maison d'hydrothrapie d',auteuil1 qui est gracieusement mis notre disposition par le ,dr ,oberthur1 directeur de l'tablissement4 ,nul doute que cet exercice musculaire trs gradu1 sous la direction de moniteurs comptents1 que l'exercice pris au grand air1 dans la matine1 ne soient des facteurs importants dans l'excellent rsultat total que j'obtiens de ce que j'ai appel la dromothrapie2 mais j'estime qu'une grande part du rsultat utile revient cette gymnastique de la volont que le malade fait1 pour ainsi dire1 sans s'en douter4 ,il assiste tous les jours ses progrs1 il prouve un vague sentiment de contentement la pense qu'il a vaincu1 tous les jours1 une difficult nouvelle4 ,dt-on m'accuser de paradoxe1 je dirai que1 en imposant un malade la course en flexion1 fait-on surtout de la psychothrapie3 psychothrapie par exercice de la volont1 et aussi psychothrapie drivative1 puisqu'on les distrait en leur procurant un exercice qui devient vraiment une rcration1 aprs les trois ou quatre premiers jours4 ,le ,dr ,lagrange a trs justement insist sur l'utilit de l'attrait dans l'exercice physique4 ,or cet attrait manque absolument dans l'exercice de la gymnastique respiratoire4 ,cet exercice est souverainement ennuyeux1 et c'est chose rare que nos malades les plus obissants le continuent rgulirement plus de deux mois2 mais c'est prcisment pourquoi il est1 pour le psychothrapeute1 un agent de premier ordre1 puisqu'il exige un effort norme de volont4 ,aussi1 ce titre mme1 ne saurions-nous trop le recommander4 ,en outre1 il produit les effets les plus favorables sur la circulation et la nutrition2 c'est le seul moyen que je connaisse de faire disparatre ces rougeurs motives1 si dsagrables certains neurasthniques des deux sexes1 et qui ne s'observent pas seulement chez les timides1 car les personnes hardies et dcides leur payent aussi leur tribut4 ,quand cette infirmit arrive provoquer l'obsession de la rougeur1 la peur de rougir rend la vie sociale insupportable1 et mrite l'attention du clinicien1 d'ailleurs dsarm s'il n'emploie que les moyens classiques4 ,or1 si l'on tudie de prs ce symptme1 on voit qu'il s'accompagne1 presque toujours1 d'une perturbation respiratoire1 et quelquefois de sensations prcordiales2 et c'est1 sans doute1 parce que l'exercice en question rgularise la respiration1 qu'il est le meilleur traitement de la rougeur motive4 ,en tout cas1 le fait est certain1 je l'ai plusieurs fois observ4 ,mais comme ces exercices sont1 je le rpte1 extrmement dsagrables1 il faut savoir les graduer de faon ce que le patient ait au moins le plaisir d'assister ses propres progrs4 ,on arrive ainsi1 peu peu1 faire faire au malade des mouvements de respiration profonde pendant dix minutes1 matin et soir4 ,on ne saurait croire l'effet utile1 divers titres1 de cette gymnastique mthodique1 telle que les ,sudois l'enseignent1 c'est--dire faite d'aprs les vrais principes de la physiologie2 tandis que1 quand elle est enseigne1 ce qui arrive trop souvent1 par des instructeurs mal instruits1 elle trouble les phnomnes de la circulation1 et peut mme amener du vertige et de la syncope4 ,c'est donc un moyen puissant1 mais qu'il faut savoir manier1 comme toutes les autres armes de la thrapeutique4 ,il existe1 dans tous les ,instituts ,zander1 un appareil qui fait faire automatiquement d'excellente gymnastique respiratoire4 ,aux malades qui n'ont pas l'nergie de la faire simplement dans leur chambre sans le moindre appareil1 nous conseillerons les instituts mcanothrapiques4 ,on peut exercer la volont du malade1 et1 par consquent1 la fortifier1 par mille autres moyens1 qui seront inspirs par les diverses conditions de milieu1 d'aptitudes1 etc4 ,mais1 autant que possible1 il faut faire faire au malade un travail utile1 et dont il puisse facilement mesurer les progrs1 et surtout un travail qui ne demande pas une dpense1 soit crbrale ou musculaire1 excessive3 car alors on perdrait d'un ct ce qu'on gagne d'un autre4 ,il faut1 enfin1 se rappeler que le rle du psychothrapeute doit prendre fin un moment donn1 quand le malade a reconquis une puissance suffisante pour pouvoir voler de ses propres ailes4 ,on doit alors l'abandonner lui-mme1 mais non pas brusquement3 il faut1 si l'on nous permet cette comparaison1 que le mdecin imite le professeur de bicyclette1 qui soutient pendant un certain temps son lve1 puis l'abandonne momentanment1 sans qu'il s'en doute2 l'lve confiant continue pdaler1 se croyant soutenu1 jusqu'au moment o il est assez sr de lui-mme pour aller tout seul4 ,si le professeur le soutenait indfiniment1 l'lve ne ferait pas de progrs4 #b ,moyens d'augmenter artificiellement le capital nerveux insuffisant4--,dans les cas o la volont est tellement dfaillante que l'on ne saurait faire aucun fonds sur elle1 le mdecin peut essayer de fournir son malade un apport tranger d'influx nerveux3 il y arrive par le procd de l'hypnose4 ,rien ne m'tera la conviction que1 dans l'hypnose1 il y a une influence de l'hypnotiseur sur son sujet1 influence tant compris dans son sens tymologique 7fluere1 couler74 ,l'hypnotiseur envoie de l'influx nerveux1 il donne quelque chose de lui-mme2 il a une action personnelle2 et les mdecins qui prtendent le contraire1 qui disent que les passes peuvent tre remplaces par le braidisme1 par la fixation d'un objet brillant1 immobile comme une boule ou mobile comme un miroir alouettes1 ne me paraissent pas tre dans la vrit4 ,l'hypnotisme peut rendre de grands services dans les cas les plus varis2 non seulement il peut rectifier des ides errones1 faire disparatre les mauvaises habitudes1 les crises nerveuses1 etc43 il agit encore pour ramener chez le malade la quitude de l'esprit1 la confiance en soi-mme4 ,il modifie aussi les fonctions organiques4 ,rien n'est1 en effet1 plus facile1 chez un sujet hypnotisable1 et qui est bien en main1 que de faire disparatre des troubles dyspeptiques1 nvralgiques1 d'arrter des vomissements1 des mtrorragies1 de faire revenir les rgles1 le sommeil naturel1 de rgulariser les selles1 etc4 ,le malheur est que tous les sujets ne sont pas susceptibles de subir l'influence hypnotique1 et que1 prcisment1 ceux qui en auraient le plus besoin se trouvent tre rfractaires2 ainsi les alins1 les hallucins1 les grandes hystriques1 les malades atteints de dlire systmatis1 ne sont presque jamais hypnotisables4 ,l'hypnose est d'autant plus difficile obtenir qu'elle serait plus utile4 ,ainsi1 chez les alins1 nous avons vu notre excellent matre le ,dr ,a4 ,voisin s'acharner pendant des heures entires sans obtenir le moindre effet2 mais aussi quel triomphe quand1 d'aventure1 il russissait6 ,nous connaissons pour notre part de grands nerveux qui1 trs dsireux de pouvoir tre endormis1 sont alls1 sur notre conseil1 consulter tels ou tels confrres renomms pour leur habilet ou leur connaissance spciale de l'hypnotisme1 et toujours avec un insuccs complet4 ,c'est l une premire raison qui restreint grandement l'emploi de l'hypnose4 ,une deuxime raison qui doit le limiter1 c'est que1 quand on emploie l'hypnotisme1 on risque de se discrditer1 dans l'esprit du malade1 si on ne russit pas du premier coup1 et alors on le prive du secours qu'on aurait pu lui donner si on n'avait pas1 par une fausse manoeuvre1 perdu irrmdiablement sa confiance4 ,mais il existe des procds permettant de savoir si oui ou non le malade est hypnotisable1 de faon qu'on puisse ne marcher qu' coup sr1 et laisser de ct1 sans en avoir l'air1 les sujets non facilement hypnotisables4 ,un autre motif encore restreint l'emploi de l'hypnose3 c'est que celle-ci1 quand elle russit1 risque de devenir un moyen thrapeutique trop actif4 ,mme avec la plus grande prudence1 on ne parvient pas toujours en graduer les effets1 et le mdecin s'empare souvent par trop de l'esprit du malade1 au point que ce dernier ne peut plus rien faire sans son conseil4 ,j'ai connu un ingnieur des chemins de fer1 renomm pour sa svrit l'gard des infrieurs1 et nvropathe de grande marque4 ,son mdecin crut bien faire en le traitant par l'hypnose2 et il se trouva1 par hasard1 que c'tait un sujet de premier ordre4 ,un jour1 pendant le sommeil hypnotique1 le mdecin lui intima l'ordre d'avoir1 l'gard de ses infrieurs1 plus de bienveillance2 et voici que1 ds le lendemain1 les procds de cet homme l'gard de ces infrieurs se firent tellement bienveillants1 affables1 affectueux1 qu'il devint la rise de ses subordonns eux-mmes1 et un sujet d'tonnement pour ses chefs4 ,il ne parlait plus que de devoir social1 d'altruisme1 de solidarit humaine4 ,on le crut fou2 il ne l'tait pas1 mais il tait devenu tellement diffrent de lui-mme qu'il fallait aviser4 ,le mdecin1 averti de ce changement vue1 s'effora1 en plusieurs conversations1 de modrer le zle charitable du nophyte2 il n'y parvint pas4 ,le malade discutait avec lui les thories socialistes1 et serait devenu le pire des utopistes4 ,il fallut une nouvelle sance d'hypnose pour attnuer1 au point voulu1 les effets de la suggestion premire4 ,pourquoi employer un moyen aussi actif quand on peut s'en passer8 ,autant demander pourquoi l'ingnieur ne se sert pas de dynamite pour faire sauter une motte de terre4 ,pourquoi mettre un mors arabe un cheval qui ne demande qu' se laisser conduire8 ,rservons donc le mors arabe pour les cas o l'animal est indocile1 indomptable1 et rtif6 ,ajoutons que1 une fois produit l'effet obtenir1 le mdecin doit cesser de recourir l'hypnose1 sous peine de compromettre le rsultat final4 ,une fois le bless remis en selle1 on doit lui rendre la direction de sa monture4 ,pour bien faire comprendre ma pense1 je prendrai la comparaison suivante3 l'hypnose est la dfaillance du systme nerveux ce que l'opothrapie thyrodienne est l'insuffisance fonctionnelle du corps thyrode1 ce que l'opothrapie hpatique est l'insuffisance fonctionnelle du foie4 ,or1 de mme que le mdecin qui s'est servi de foie de porc pour remettre en tat un hpatique1 ne continue pas indfiniment l'emploi du foie de porc1 de mme le psychothrapeute doit cesser l'emploi de l'hypnose ds qu'il a obtenu le rsultat voulu1 c'est--dire ds qu'il a remis le malade en assez bon tat pour pouvoir compter sur sa collaboration consciente1 et lui demander un effort personnel de gymnastique psychique2 de sorte que quatre ou cinq sances suffisent1 dans la majorit des cas4 ,toutes ces considrations expliquent la raret des cas o l'hypnotisme est conseiller4 ,mais quant dire1 comme le font les adversaires irrconciliables de la thrapeutique par l'hypnose1 que quelques sances amnent1 chez le malade1 une perturbation d'esprit incurable1 que l'hypnotisme dissocie la personnalit normale du sujet 7,grasset71 aboutit la ruine dplus en plus complte de ce moi qu'on voudrait sauver 7,duprat71 c'est tout simplement noncer une erreur4 ,l'hypnotisme bien mani n'est pas si dangereux4 ,je n'ai vu qu'une fois1 dans le service de ,charcot1 l'hypnose amener chez un homme une violente attaque d'hystrie4 ,et dire1 avec certains scrupuleux1 que les pratiques de l'hypnotisme ont quelque chose de dgradant pour la dignit humaine1 parce que le mdecin qui impose sa volont au malade porte atteinte au dogme de la libert1 c'est noncer une erreur non moins absolue1 la suggestion hypnotique n'tant pas autre chose que la suggestion l'tat de veille pousse sa deuxime puissance2 ce compte1 on n'aurait plus le droit de donner un conseil4 ,enfin1 dire que les pratiques de l'hypnose sont mal vues dans le monde1 et discrditent le mdecin1 c'est affirmer une vrit1 mais qui ne nous toucherait en rien1 car le mdecin n'est responsable que devant sa conscience4 ,or1 nous le rptons1 sa conscience peut lui permettre1 accidentellement1 l'emploi des procds hypnotiques1 surtout s'il prend le soin de n'endormir les malades qu'avec leur assentiment formel1 et en prsence d'un tiers reprsentant la famille4 ,ajoutons enfin que le mdecin seul doit avoir recours ce procd thrapeutique2 et que ce mdecin doit agir uniquement pour le bien du malade1 sans la moindre proccupation trangre1 voire mme sans aucune proccupation scientifique4 ,conseils pratiques pour l'application des procds psychothrapiques4--,nous venons de passer en revue les moyens psychothrapiques par lesquels on peut amliorer le capital nerveux d'un malade4 ,mais un aperu thorique ne suffirait pas au praticien voulant employer la psychothrapie2 il semble donc utile de le complter par des considrations d'ordre tout fait pratique1 clinique1 suggres par une exprience personnelle4 #a ,il est un principe qui domine tous les autres2 c'est que1 pour faire de la bonne psychothrapie1 il faut soigner le malade non seulement avec toute son intelligence1 mais surtout avec tout son coeur4 ,le mdecin qui ne ferait que de la psychologie1 dmontant curieusement pice pice tous les rouages du cerveau de son malade1 pour chercher celui qui est dfectueux1 sans se proccuper avant tout d'tre utile1 ne ferait pas de bonne psychothrapie4 ,il lui faut tre bon mcanicien1 bon psychologue1 c'est entendu2 mais surtout il lui faut tre un homme charitable4 ,je sais que le mot charit sonne mal aux oreilles1 depuis qu'on ne parle plus que d'altruisme1 de solidarit1 etc4 ,le mot charit pourra disparatre du dictionnaire1 bien qu'il exprime autre chose que ses soi-disant synonymes2 mais la charit restera toujours au fond du coeur de l'homme1 et sera1 comme par le pass1 l'inspiratrice des actions gnreuses et vritablement utiles4 #b ,encore n'est-ce pas assez que le mdecin aime son malade4 ,s'il veut avoir sur lui une autorit morale effective1 il faut en outre qu'il ne soit pas press3 non seulement qu'il ne le paraisse pas1 mais qu'il ne le soit pas en ralit4 ,savoir se donner tout entier l'affaire prsente est la premire condition du succs1 en psychothrapie4 ,il faut que1 ds la premire entrevue1 s'tablisse entre le malade et le mdecin un courant de sympathie2 or ce courant ne peut s'tablir que si le malade sent que le mdecin s'intresse profondment lui1 et ne lui mnage pas son temps4 ,la premire consultation1 surtout1 doit pouvoir durer tout le temps ncessaire3 mieux vaudrait la remettre huitaine que de l'baucher si le temps matriel fait dfaut4 #c ,il faut encore que le mdecin sache couter1 c'est--dire laisser parler le malade aussi longtemps qu'il le dsire1 surtout pendant les premires consultations4 ,quelle que soit la prolixit1 la volubilit d'un malade1 il y a toujours intrt l'couter1 parce qu'on apprend toujours quelque dtail dont on pourra tirer profit3 si l'on agit de cette faon1 le malade1 par une sorte de discrtion inconsciente1 arrive1 aprs quelques entrevues1 ne plus abuser de la patience de son auditeur1 et se contente de rpondre aux quelques questions bien prcises qu'il lui pose4 ,une fois que le mdecin aura ainsi pris position1 les conseils qu'il donnera1 non seulement sur l'hygine mentale1 mais sur l'hygine alimentaire1 musculaire1 auront toutes chances d'tre suivis2 et ainsi tout concourra la gurison ou l'amlioration cherche4 #d ,un autre principe1 c'est de dire au malade la vrit dans la mesure du possible4 videmment1 s'il y a une lsion organique incurable1 le mdecin doit avoir la discrtion de se taire1 sauf dans les cas exceptionnels o le malade a des motifs srieux pour savoir la vrit entire4 ,mais le plus souvent il faut dire la vrit au malade1 lui dire trs franchement l'ide que l'on se fait de son tat1 la dure probable du traitement1 etc4 ,si1 cependant1 le traitement doit demander des annes1 comme il arrive trop souvent chez les malades capital restreint1 mieux vaut rester dans le vague1 et dire3 ,le traitement sera long1 un peu pnible1 mais la gurison est assure4 ,il faut encore1 ds les premires entrevues1 avertir le malade des rechutes possibles1 probables1 ou certaines3 si c'est une femme1 la prvenir que1 dans les douze jours qui prcderont l'poque menstruelle1 elle aura fatalement1 durant quelques mois1 une rapparition de toutes ses misres1 mais un degr de moins en moins marqu2 dans tous les cas1 avertir le patient1 s'il s'agit d'un tat grave1 que1 tous les deux jours1 il risque d'avoir une lgre aggravation1 puis1 quand son tat s'amliorera1 tous les trois jours1 puis tous les huit jours1 et ce1 en dehors de toute cause apprciable1 par le seul fait de cette tendance qu'a le systme nerveux protester d'une faon intermittente4 ,mais il faut1 en outre1 l'avertir que toute motion violente1 et surtout que toute infraction au rgime alimentaire1 musculaire1 crbral1 qui lui a t ou qui va lui tre prescrit1 se soldera invitablement par une rechute plus ou moins grave1 suivant la gravit de l'infraction1--une rechute qui1 chose curieuse1 ne se manifestera que le lendemain ou le surlendemain de l'cart commis2--l'avertir enfin qu'une affection accidentelle1 la grippe en particulier1 fera faire un pas en arrire d'autant plus grand qu'elle aura t plus grave1 et soigne plus tardivement2 donner1 par consquent1 au malade des conseils prventifs1 pour qu'il se mette1 dans la mesure du possible1 l'abri des affections intercurrentes1 et lui recommander de demander ou de prendre des soins immdiats1 en lui faisant bien remarquer que les affections accidentelles ne sont graves1 en gnral1 que lorsqu'elles ne sont pas bien soignes ds leur dbut4 #e ,le mdecin doit viter d'imposer au malade des prescriptions qui lui seraient plus pnibles que les malaises dont il se plaint4 ,il doit mme viter1 en gnral1 de multiplier ses prescriptions1 sans quoi il risque de dcourager le patient1 ou1 ce qui est pire encore1 de le rendre goste et hypocondriaque1 et d'entretenir sa maladie par le soin mme apport la combattre4 ,aussi bien la thrapeutique est-elle1 en gnral1 plus simple qu'on ne croit1 et les questions de rgime1 en particulier1 sont presque toujours faciles rsoudre4 ,ce dont il faut surtout tenir compte1 avant de formuler une prescription1 c'est de la mesure o il sera possible et facile1 au malade1 de l'appliquer4 ,pour ma part1 je n'arrte jamais un programme de vie sans l'avoir discut1 point par point1 avec le malade1 et1 si possible1 avec l'un des membres de sa famille4 ,je donne alors au malade une feuille o est marque la ligne de conduite suivre depuis l'heure du rveil jusqu' l'heure du coucher1 et o1 aux heures prescrites1 sont indiqus les menus des repas1 voire mme les livres lire4 ,j'ai soin1 en outre1 d'indiquer que tout ce qui n'est pas permis est dfendu1 en laissant entendre au patient que1 dans un avenir plus ou moins rapproch tout ce qui ne sera pas dfendu sera permis4 ,le malade1 pourvu de cette feuille directrice1 est averti qu'il doit s'en rapprocher le plus possible1 mais sans en devenir l'esclave4 ,on peut dire1 en principe1 qu'un traitement efficace de la maladie1 si grave qu'elle soit1 est toujours praticable1 quelles que soient les conditions de la vie sociale du malade4 ,mais il est des cas o ce traitement doit tre simplifi au maximum3 par exemple1 chez une mre de famille ayant des occupations multiples de toutes sortes4 ,il serait souverainement absurde de proposer cette malade un rgime ou des soins personnels qui l'empcheraient d'accomplir ses devoirs de tous les instants2 on doit se borner1 alors1 aux prescriptions les plus importantes1 en faisant comprendre la malade que l'on ferait mieux si les circonstances de sa vie n'taient pas un obstacle1 mais que1 en dfinitive1 le peu qu'on va faire sera dj trs utile1 et qu'on en sera quitte pour prolonger le traitement plus longtemps4 ,en fait1 les seuls vrais obstacles qui s'opposent un traitement mthodique proviennent de deux sources3 #a ,de l'absence de foi du malade1 #b de la mauvaise volont de son entourage4 #a ,il est des malades qui viennent nous consulter malgr eux1 sous la pression de leur famille1 avec l'ide bien arrte qu'ils vont prendre une consultation de plus1 tout aussi drisoire et inutile que les prcdentes4 ,il faut que le mdecin1 du premier coup1 comprenne la mentalit des sujets de ce genre2 avec l'habitude1 il peut tre fix ds les premires paroles changes1 voire ds le premier abord4 ,a lui1 alors1 de dployer toute sa puissance de suggestion4 ,s'il sait s'y prendre1 il peut arriver faire1 d'un malade irrductible en apparence1 l'tre le plus doux1 le plus confiant1 le plus obissant1 et il parvient alors des rsultats inesprs4 ,les choses se passent ainsi huit fois sur dix4 ,plus difficiles convaincre sont les malades qui n'ont pas d'nergie1 qui1 loin de se cabrer1 semblent des victimes soumises l'avance1 ou encore ceux qui1 dsabuss1 dsesprant de tout1 ne souhaitent que la mort4 ,en face de tous ces malheureux1 le mdecin ne doit pas se drober1 quelque souci que lui rservent les patients de cette sorte4 ,enfin1 plus difficiles encore sont les malades thories1 qui ont leur sige fait1 aprs avoir vu des mdecins de tous les pays1 suivi1 dans les sanatoria les plus varis1 les traitements les plus dissemblables2 qui connaissent toutes les dernires nouveauts sur les choses mdicales1 le discours de la veille l',acadmie de mdecine1 les livres qui vont paratre4 ,avec ceux-l1 rien faire4 ,le mieux1 pour ne pas perdre un temps prcieux1 est de leur dclarer de suite qu'on ne parviendrait pas s'entendre avec eux4 ,fort heureusement1 d'ailleurs1 ces cas sont assez rares4 ,ajoutons qu'il est des malades mentalit spciale qui commencent par dire toujours non1 ou le penser1 ce qui est encore plus grave4 ,la psychothrapie1 comme tous les agents thrapeutiques1 a compter avec ce que1 dans notre langage barbare1 nous appelons les idiosyncrasies4 #b ,l'autre obstacle1 beaucoup plus frquent1 provient de l'hostilit de l'entourage du malade4 ,on ne peut se faire une ide de l'influence nfaste qu'exerce cet entourage2 quelquefois il contrecarre ouvertement les opinions du mdecin1 discute sa manire de penser1 ses prescriptions2 le malade1 alors1 ne sait plus s'il doit donner sa confiance au mdecin ou l'entourage4 ,le plus souvent1 l'hostilit n'est pas franchement dclare4 ,mais c'est pis encore3 c'est alors une lutte sourde1 de tous les instants1 propos des moindres prescriptions4 ,le malade sent trs bien que le mdecin est dans le vrai1 qu'il a compris sa maladie2 il voudrait de tout son coeur suivre ponctuellement ses conseils3 mais l'entourage est l qui1 sans dire un mot1 proteste intrieurement et excute contre-coeur tout ce qui a t prescrit4 ,la position est des plus difficiles4 ,cette contre-suggestion1 qui s'exerce tout instant1 finit par diminuer la confiance1 si ncessaire1 que le malade avait tout d'abord2 les prescriptions ne sont qu' moiti observes4 ,ces tiraillements continus sont vritablement lamentables4 ,et que faut-il entendre par entourage8 ,c'est rarement le mari ou la femme1 c'est souvent la mre ou la belle-mre1 plus souvent encore des personnes qui touchent de moins prs au malade4 ,les plus dangereux ennemis sont ceux qui ont donner des soins immdiats2 ce sont les gardes1 qui protestent par un silence loquent1 ce sont surtout les domestiques4 ,de l la dure ncessit pour le mdecin d'tre bien avec tout le monde1 dans la maison4 ,quelquefois il s'en tire en expliquant avec bienveillance1 en un langage clair1 pourquoi il prescrit telle ou telle chose qui semble inutile ou dangereuse3 le repos1 alors que tout le monde voudrait que le malade ft de l'exercice2 le rgime restreint1 alors que1 pour rendre du sang au patient1 tout le monde voudrait qu'il prt du jus de viande ou des vins fortifiants4 ,mais1 le plus souvent1 la partie est perdue d'avance2 et c'est alors que le mdecin doit user de toute son autorit pour imposer l'isolement1 tandis qu'il et t quelquefois trs simple de gurir peu de frais le malade1 en le laissant chez lui4 ,quand on a la bonne fortune de s'tre gagn la confiance d'un malade1 et d'avoir conquis1 non la neutralit1--elle n'existe nulle part1--mais l'assentiment de l'entourage1 on a fait la moiti de la besogne2 il ne reste plus qu' surveiller l'application du traitement1 et surtout entretenir la foi du malade en sa gurison chance plus ou moins loigne4 ,pour remplir ce double but1 il faut que le mdecin ait avec le malade de frquents entretiens1 au cours desquels il doit lui expliquer1 dans la mesure du possible1 la raison de toutes ses prescriptions1 lui dmontrer ses erreurs d'interprtation1 et lui affirmer instamment1 quelles que soient ses dolances1 que la gurison est assure4 ,le rle du mdecin1 au dbut1 est souvent difficile4 ,il l'est1 par exemple1 chez les malades qui ont besoin du lit1 pendant les premiers temps1 pour calmer leur systme nerveux4 ,ne dormant presque jamais1 ces malheureux ont toutes les peines du monde rester au lit2 il faut leur faire bien comprendre que cette agitation1 ce malaise inexprimable qu'ils prouvent1 proviennent non du sjour au lit1 mais de l'excitation du systme nerveux2 que cette excitation disparatra dans huit ou quinze jours1 pour faire place une dtente de bon aloi1 avec sensation de fatigue norme1 mais non plus douloureuse1 avec sommeil rparateur1 retour de l'apptit1 disparition spontane de la constipation1 etc4 ,bref1 il faut les faire patienter2 cette phase exige1 le plus souvent1 des visites quotidiennes4 ,plus tard1 les visites pourront tre espaces3 il faut savoir se faire dsirer4 ,dans les cas graves1 il faut donner aux familles l'habitude de laisser le malade en tte--tte avec le mdecin4 ,l'influence de celui-ci est1 alors1 beaucoup plus active1 et les malades1 pouvant s'pancher en toute libert1 tirent un grand bnfice de la visite du mdecin1 qui ne tarde pas devenir leur ami4 ,c'est dans ces tte--tte que le mdecin doit insister pour faire de la suggestion optimiste et de la vritable psychothrapie1 d'aprs les principes que nous avons tudis antrieurement4 ,nous avons parl dj1 propos de la nvrose provoque par les causes morales chez les jeunes femmes1 du rle que le mdecin pouvait acqurir1 titre de confident de leurs misres3 ce rle est toujours difficile1 et quelquefois dangereux4 ,le besoin qu'prouve l'tre humain de pouvoir confier sa pense autrui est bien connu de tous les psychologues2 c'est lui qui pousse les criminels venir s'accuser d'un acte dont l'auteur aurait pu rester inconnu2 c'est lui qui1 chose invraisemblable1 a excit un de mes malades prendre sa femme1 en tant que sa meilleure amie1 comme confidente d'une passion amoureuse qui le rongeait4 ,on comprend donc combien un confident sr et discret peut rendre de services1 chez les malades de tout ge atteints de psycho-nvrose4 ,comme l'a dit le pote3 ,en se plaignant on se console1 ,et quelquefois une parole ,nous a dlivrs d'un remords4 ,mais il est des cas o la douleur humaine ne peut tre attnue par une confidence1 si intime qu'on la suppose4 ,alors1 la psychothrapie perd tous ses droits4 ,il est d'autres cas o elle est galement impuissante4 ,c'est quand le malade ne veut pas gurir1--s'il se complat dans son chagrin1 par exemple4--,ou bien encore on voit des malades qui ont pris l'habitude de se faire plaindre1 et qui1 inconsciemment1 ne veulent pas gurir2 dans leur gosme morbide1 ils mettent sur les dents tout leur entourage1 vritables vampires qui puisent jusqu'au bout la patience1 les forces1 les ressources pcuniaires de leurs proches1 sans avoir un clair de reconnaissance pour ceux qui se sacrifient ainsi1 ni pour le mdecin qui se dpense en pure perte4 ,rappelons-nous bien que ces malades terribles sont1 avant tout1 des malades1 et ont droit toute notre indulgence2 leur gosme froce n'est qu'un symptme morbide4 ,ainsi j'ai soign une dame qui1 avant d'tre malade1 tait exquise de bont1 de bienveillance1 de politesse4 ,or1 quelques mois aprs le dbut de sa maladie1 en mme temps qu'elle devenait dyspeptique1 constipe1 obse1 tout en ne mangeant presque pas1 grande malade en un mot1 son caractre se modifia et la fit devenir le tyran dont j'esquisse grand traits l'image4 ,aujourd'hui1 elle fait le dsespoir de tout le monde4 ,inutile d'ajouter qu'elle n'est pas hypnotisable4 ,chez ces malades1 la psychothrapie est impuissante4 ,si habilement manie qu'on le suppose1 elle choue quelquefois2 elle a cela de commun avec tous les autres agents thrapeutiques4 ,,psychoth,,rapie ,,et ,,probl,,me ,,religieux ,dans quelle mesure le mdecin peut-il utiliser1 comme moyen psychothrapeutique1 les ressources que peut fournir la foi religieuse8 ,grave question qui ne saurait tre traite avec trop de discrtion4 ,en principe1 le mdecin ferait mieux de laisser ce soin au prtre1 ou au pasteur1 ou au rabbin1 des manieurs d'mes plus habitus que lui ces dlicats problmes2 mais il est des circonstances o il ne peut pas se drober1 et il nous faut en dire quelques mots4 ,il est certain1 en tout cas1 que le mdecin ne doit jamais aborder1 le premier1 ces questions d'ordre philosophique et religieux2 ce n'est pas son rle1 et un zle immodr1 de sa part1 pour la dfense d'une doctrine philosophique quelconque1 pourrait tre1 et serait juste titre1 svrement juge4 ,mais1 d'autre part1 il doit s'attendre ce que1 pouss par un besoin presque inconscient1 le malade l'oblige entrer avec lui dans ce domaine4 ,cela arrive bien plus souvent qu'on ne se le figure3 le malade qui1 pendant ses douloureux loisirs1 a eu tout le temps d'apprcier l'inanit de toutes les ressources morales qu'on lui offre1 et la banalit des consolations habituelles1 qu'il n'accepte d'ailleurs qu' son corps dfendant1 se sent1 un moment donn1 proccup d'une faon insolite par les grands problmes de l'au-del1 de la destine humaine4 ,sans compter qu'il est envahi d'une crainte angoissante4 ,combien de fois n'ai-je pas entendu des malades me dire3 ,j'ai peur6 ,peur de quoi8 ,ils n'en savent rien2 ce n'est pas1 en gnral1 d'avoir quitter cette lamentable existence1 qui ne leur offre rien de bon2--encore que parfois1 sans qu'ils s'en doutent1 la voix sourde de l'instinct de conservation parle l en eux3 mais1 quoi qu'il en soit1 ils ressentent une peur vague1 animale2 et1 dans cette dtresse morale1 ils s'accrochent dsesprment tout ce qui peut leur donner du rconfort4 ,ces deux motifs expliquent le besoin qu'prouve souvent le malade d'aborder des problmes qui1 en tat de sant1 lui taient compltement indiffrents4 ,or1 avec qui les abordera-t-il8 ,est-ce avec la bonne religieuse1 qui rpondra toutes les questions par de petites dvotionnettes ou des pratiques tout fait en dehors des habitudes du malade1 des pratiques qui n'ont de raison d'tre que pour les fervents1 et qui risquent de rvolter l'esprit de ceux qui n'en comprennent pas le sens cach8 ,est-ce avec le visiteur plus ou moins press qui1 entrant en coup de vent prendre des nouvelles du malade1 et ne pensant qu' ses affaires pendant qu'il lui dtaille ses misres1 se borne lui rpondre3 ,patience6 si vous souffrez ainsi1 c'est qu'il pleut1 ou qu'il fait chaud1 etc48 ,trop heureux encore le malade1 quand ces visiteurs ne l'assassinent pas en lui parlant de leurs affaires personnelles1 alors que la victime n'a qu'une affaire qui l'intresse au monde6 ,vraiment1 tous ces consolateurs de passage feraient mieux de rester chez eux2 non seulement ils ne sont d'aucune utilit1 mais ils contribuent entretenir la maladie1 surtout quand ils se succdent prs du lit des patients4 ,chose curieuse1 les amis les plus intimes1 ceux qui dans le cours ordinaire de la vie recevaient les confidences les plus secrtes1 n'ont plus1 prs du malade1 le crdit antrieur4 ,cela tient en partie ce que l'amiti d'autrefois tait entretenue par des confidences rciproques2 or1 partir du jour o le malade a t srieusement touch1 il n'y a plus de rciprocit possible1 car les affaires de ses meilleurs amis ne l'intressent plus1 il ne s'intresse qu'aux siennes1 c'est--dire sa maladie4 ,le malade prendra-t-il1 comme confidents de ses graves proccupations1 les personnes de son entourage immdiat1 pre1 mre1 mari1 femme1 etc48 ,quelle mdiocre ressource6--,certes1 ce n'est ni le dvouement1 ni la bienveillance1 ni la tendre affection qui font dfaut aux membres de la famille2 mais le malade se garde bien de leur confier ses chagrins intimes1 d'abord par crainte de les alarmer1 et ensuite parce qu'il sait d'avance ce que pourront lui dire ces personnes1 qu'il connat de tout temps4 ,qui alors8 ,le prtre8 ,mais1 bien souvent1 le prtre n'a pas ses entres dans la maison2 et mme1 s'il s'agit d'un malade dont l'tat soit un peu inquitant1 la famille de celui-ci fait tout ce qu'elle peut pour retarder une visite qui risque de l'effrayer4 ,il sera bien temps d'appeler le prtre quand le malade sera sans connaissance6 ,que reste-il donc8--,le mdecin4 ,le besoin qu'a de lui le malade1 pour la sant de son corps1 lui donne une influence et une autorit morales suprieures celles mmes des parents ou des amis les plus respects4 ,c'est lui surtout que le malade est tent de confier ses doutes1 ses proccupations d'au-del1 ses vagues espoirs1 tout ce monde d'ides qui s'agitent en lui avec une abondance et une intensit inaccoutumes4 ,au mdecin1 donc1 d'tre la hauteur de sa tche1 sur ce domaine particulier de la psychothrapie1 dont l'importance est souvent capitale4 ,mais que doit-il faire8 ,en prsence d'un malade qu'il voit partag entre des restes de foi plus ou moins effacs1 et cet tat d'incrdulit1 active ou passive1 qui est aujourd'hui si commun2 en prsence d'un malade qui1 sans croire qu'il va mourir1 craint cependant de mourir1 et se demande avec angoisse si cette mort signifiera vraiment pour lui l'anantissement ternel1 ou bien s'il y a quelques chances qu'il retrouve ailleurs1 avec une vie nouvelle1 la socit de ceux qu'il a le plus aims sur cette terre2 en prsence d'un tel malade1 que doit faire le mdecin8 ,il faut que1 dans ces graves circonstances1 il ne perde jamais de vue que le malade est semblable un noy qui cherche se raccrocher la moindre branche de salut2 si donc il n'a lui offrir que de froides thories philosophiques1 aboutissant la dsesprance finale1 s'il est lui-mme bien convaincu que la mort signifie1 pour le malade1 la fin absolue1 et la sparation jamais d'avec ce qui lui est cher1 alors il fera mieux de se taire et de garder pour lui des doctrines qui1 en admettant mme qu'elles fussent exactes1 ne pourraient tre1 ici1 d'aucun rconfort4 ,ce dont le malade a besoin1 c'est de soutien moral1 c'est de foi1 c'est surtout d'esprance4 ,or1 o trouvera-t-il tout cela en dehors de la doctrine de celui qui a dit3 ,venez moi1 vous tous qui souffrez1 et je vous soulagerai8 ,l'influence utile de la religion est1 d'ailleurs1 reconnue par tous les mdecins qui se sont occups des maladies nerveuses2 et c'est avec plaisir que nous avons lu les lignes suivantes1 dans le livre du ,dr ,dubois#ac1 de ,berne1 qui cependant1 dans le reste de son ouvrage1 dveloppe avec complaisance des thories philosophiques fort loignes de l'orthodoxie chrtienne3 ,note #ac3 ,dr ,dubois4 ,les ,psychonvroses et leur traitement moral1 #aijd4 ,la foi religieuse pourrait tre le meilleur prservatif contre ces maladies de l'me1 et le plus puissant moyen pour les gurir1 si elle tait assez vivante pour crer1 chez ses adeptes1 un vrai stocisme chrtien4 ,dans cet tat d'me1 hlas6 si rare1 dans les milieux bien pensants1 l'homme devient invulnrable2 se sentant soutenu par son ,dieu1 il ne craint ni la maladie ni la mort4 ,il peut succomber sous les coups d'une maladie physique1 mais1 moralement1 il reste debout au milieu de sa souffrance1 il est inaccessible aux motions pusillanimes des nvross4 ,et1 plus loin1 la leon1 ,,xxxv3 ,ceux qui leur tournure d'esprit permet encore la foi nave trouveront un appui dans leurs convictions religieuses1 condition qu'elles soient sincres et vcues4 ,mais1 s'il en est ainsi1 est-ce que le devoir n'en rsulte pas1 pour le mdecin psychothrapeute1 d'encourager son malade dans ces convictions religieuses qui peuvent le rendre inaccessible aux motions pusillanimes des nvross8 ,dans les cas o la foi religieuse1 sans tre assez1 vivante pour crer un vrai stocisme chrtien1 subsiste encore1 et cherche vaguement se raviver sous l'enveloppe de l'indiffrence ou du scepticisme mondains1 est-ce que ce n'est pas une obligation pour le mdecin de l'y aider1 autant qu'il le peut8 ,voici donc le mdecin transform1 malgr lui1 en aptre4 ,mais nous ne craignons pas de le redire3 pour soutenir ce rle1 auquel il n'est pas prpar1 il a toujours besoin d'une discrtion extrme1 et il ne doit s'avancer qu' pas mesurs sur un terrain aussi dangereux4 ,,chapitre ,v ,,autres ,,agents ,,th,,rapeutiques ,la psychothrapie est la base du traitement1 pour les malades chez qui les troubles nerveux et mentaux prdominent4 ,dans les autres formes de la dchance du capital nerveux1 elle joue aussi un rle important2 de l les rsultats remarquables obtenus1 mme dans les maladies forme gastrique1 abdominale1 etc41 par quelques-uns de nos confrres1 qui arrivent1 en effet1 soulager et gurir un certain nombre de dyspeptiques et abdominaux1 tout en excluant systmatiquement toute proccupation de rgime alimentaire4 ,mais1 mon avis1 ces confrres tombent dans l'exagration2 mme s'il n'y a pas de troubles gastriques1 le rgime du malade doit tre surveill2 et plus forte raison quand l'estomac ou l'intestin protestent4 ,le rgime1 en ralit1 joue1 dans la thrapeutique des malades phnomnes intestinaux et gastriques1 un rle au moins gal celui de la psychothrapie4 ,erreur1 rpondent les psychothrapeutes outranciers3 lorsque vous faites du rgime1 lorsque vous imposez vos malades telle ou telle alimentation1 qui varie d'ailleurs d'une latitude l'autre1 d'une maison de sant l'autre1 les bons rsultats que vous obtenez sont dus1 exclusivement1 la psychothrapie que vous faites sans le savoir4 ,si le docteur un tel gurit beaucoup de dyspeptiques en leur donnant du macaroni sous toutes les formes1 ce n'est pas parce qu'il remet leur estomac en tat1 c'est simplement parce qu'il leur inspire confiance2 en fait1 il les gurit par suggestion1 et malgr le rgime4 ,car le rgime1 ajoutent-ils1 entretient plutt l'ide de maladie3 le malade s'auto-suggestionne chaque prise alimentaire1 et ce qui peut arriver de plus malheureux un nvropathe1 c'est de trouver un mdecin qui le soumette un rgime alimentaire1 quel qu'il soit4 ,cette opinion me semble absolument excessive4 ,je voudrais bien voir traiter1 par la psychothrapie seule1 telle ou telle jeune fille qui vomit tout ce qu'elle prend1 qui a des constipations de plusieurs semaines1 qui1 outre les troubles nerveux1 a des troubles digestifs mettant sa vie en danger4 ,qu'on russisse souvent gurir les malades sans rgime1 ou avec un rgime qui n'a rien de mthodique1 qui n'est en somme que la suralimentation1 dans une maison de sant1 c'est possible3 le changement de milieu1 l'loignement des causes qui avaient produit et entretenu la maladie1 l'influence salutaire indiscutable du mdecin1 expliquent ces miracles4 ,mais c'est une exception qu'on doit se garder de gnraliser2 et mon avis est qu'il faut toujours1 en mme temps qu'on fait de la suggestion1 instituer un rgime alimentaire appropri au fonctionnement de l'estomac et de l'intestin malades4 ,i ,r,,gime ,nous avons dj mentionn des cas o l'estomac et l'intestin1 atteints d'une sorte d'inertie1 se refusent tout travail1 et indiqu les symptmes physiques qui permettent d'affirmer cet tat d'inertie4 ,il est vident qu'alors il faut fournir cet estomac et cet intestin un travail frquent1 mais peu actif2 de l1 ncessit de la dite liquide dans les cas trs graves1 parfois mme de la dite absolue pendant vingt-quatre ou trente-six heures1 et de la dite semi-liquide dans les cas moins graves1 avec prises alimentaires toutes les heures1 ou toutes les deux heures1 suivant le degr d'inertie constat4 ,il n'est point ncessaire de varier l'infini le nombre des aliments4 ,je me rappelle un malade qui avait tout fait l'aspect d'un cancreux1 qui depuis deux mois maigrissait vue d'oeil1 ne digrait plus rien1 avait une constipation invraisemblable1 ne pouvait plus se traner1 ne dormait plus1 etc4 ,or1 il s'est admirablement trouv d'un rgime consistant s'alimenter exclusivement de ,revalescire4 ,je lui ai donn1 toutes les demi-heures1 pendant trois jours1 puis toutes les heures1 jour et nuit1 pendant trois autres jours1 puis toutes les trois heures pendant huit jours1 uniquement de la ,revalescire1 cuite dans du bouillon de lgumes et de poulet4 ,aprs ces deux semaines1 son estomac lui permit de tolrer d'autres potages1 puis des pures1 puis des oeufs et du poisson1 et enfin de la viande trois fois par semaine2 et il partit guri1 ayant augment de #bj kilogrammes en trois mois4 ,c'est que je faisais1 en mme temps1 de la psychothrapie6 me dira-t-on encore8 ,sans doute1 j'en faisais1 et j'ai mme d me dpenser beaucoup pour faire accepter ce rgime mon malade1 pour lui persuader qu'il n'avait pas une maladie incurable1 pour le faire rester ,paris1 dans les conditions d'installation mdiocre o il se trouvait1 etc42 mais j'affirme que ce n'est pas la psychothrapie qui l'a guri1 et que1 malgr la confiance qu'il avait en moi1 malgr toute l'autorit que j'exerais sur lui1 malgr le repos au lit1 si je lui avais donn manger ce qu'il mangeait auparavant1 si je l'avais mis au lait1 si surtout j'avais fait de la suralimentation1 ce malade n'aurait pas guri2 et la preuve en est que1 partir du premier mois1 sitt que je m'cartais du rgime mthodique1 et que1 pour essayer de gagner du temps1 je faisais un essai d'alimentation un peu substantielle1 cet essai1 si timide qu'il pt tre1 amenait invariablement un petit recul4 ,si cet essai avait t prolong1 il aurait srement amen une rechute4 ,inutile de dire1 aprs cela1 que la ,revalescire n'est nullement un spcifique4 ,tout autre aliment semi-liquide aurait amen le mme rsultat 7panade bien cuite et bien passe1 tapioca1 arrow-root1 phosphatine1 avnose1 aristose1 crme d'orge1 de riz1 etc7 ,dans d'autres cas d'inertie intestinale1 c'est au contraire le rgime ultra-sec qui convient mais pendant quelques jours seulement3 ,le rgime sec est d'un maniement difficile et doit tre trs vite remplac par le rgime restriction des boissons4 ,ces cas sont ceux o1 l'inertie1 se joint un lment spasmodique4 ,il faut alors donner au malade1 toutes les demi-heures d'abord1 puis toutes les heures1 pendant deux ou trois jours1 des aliments secs grignoter2 et ce rgime est spcialement indiqu chez les malades chroniques dont le capital est gravement atteint4 ,il est bien certain que la psychothrapie intervient assez peu dans ces cas1 et que1 si l'on fait fausse route1 si l'on donne un malade qui aurait besoin d'un rgime sec le rgime liquide1 ou mme semi-liquide1 il n'y a point de suggestion qui puisse empcher les fcheux rsultats d'une pareille erreur thrapeutique4 ,dans certains autres cas graves1 le malade maigrit1 semble ne pas pouvoir digrer1 et ne digre pas1 en effet1 simplement parce qu'il a peur de manger2 il s'auto-suggestionne lui-mme4 ,oh6 alors la psychothrapie fait merveille4 ,on doit donc forcer le malade manger1 et manger n'importe quoi1 pour lui bien dmontrer qu'il peut tout digrer4 ,mais je ne conseillerai jamais un mdecin d'essayer ce systme1 de prime abord1 chez un malade dont il n'aurait pas tudi de trs prs le fonctionnement gastro-abdominal2 il risquerait de compromettre gravement la situation du malade1 et la sienne propre4 ,d'une faon gnrale1 dans le doute1 mieux vaut procder avec une sage lenteur1 et se rappeler ce que nous avons dit du peu d'aliments ncessaire la conservation de la vie4 ,il nous est impossible de tracer1 mme grands traits1 les indications de rgime qui conviennent aux divers malades4 ,thoriquement1 le rgime doit varier d'un individu l'autre1 et mme d'un jour l'autre1 pendant toute la dure de la maladie4 ,mais1 en pratique1 les choses se passent plus simplement4 ,le principe gnral1 c'est qu'il faut faire manger souvent les malades1 sans attendre qu'ils aient des phnomnes spasmodiques 7tiraillements d'estomac1 billements1 etc471 et qu'il faut les faire manger ds le rveil1 et mme pendant la nuit pour assurer le sommeil4 ,la moiti d'un oeuf dur pris vers minuit1 aprs le premier rveil1 dans les cas o le rgime doit tre plutt sec1 une tasse de cacao dans les cas o le rgime doit tre plus liquide1 font mieux1 pour procurer le sommeil1 que la meilleure des prparations opiaces4 ,une seconde recommandation1 c'est de faire reposer les malades aprs avoir mang4 ,nous avons dj dit que1 dans les cas graves1 il faut qu'ils se couchent pour manger2 dans les cas moins graves1 la position horizontale aprs les repas s'impose1 et n'est pas moins ncessaire aprs le goter4 ,l'homme tout fait valide se trouve bien de faire1 aprs les repas1 un exercice modr2 et il y a aussi quelques dyspeptiques auxquels cet exercice est profitable3 mais c'est la grande exception4 ,et enfin1 il y a un prcepte que ni le dyspeptique ni l'homme bien portant ne doivent oublier3 c'est qu'il n'est pas bon de se mettre table immdiatement aprs un travail musculaire4 ,c'est ce qu'a parfaitement expliqu le ,dr ,lagrange1 dans ses remarquables travaux sur les exercices physiques2 et je ne puis mieux faire que d'y renvoyer mes lecteurs1 s'ils dsirent tre renseigns en dtail sur toutes les questions de l'alimentation dans ses rapports avec l'exercice4 ,,ii ,,moyens ,,accessoires ,outre le rgime1 il est encore un grand nombre de petits moyens thrapeutiques que la psychothrapie ne remplacera certainement pas4 ,il est trs simple1 en vrit1 de dire que1 si l'lectricit1 le massage1 la douche tide1 paraissent faire du bien aux malades1 c'est parce que ces agents provoquent des suggestions favorables4 ,mais c'est une conception par trop facile1 et qui se trouve dmentie par l'exprience4 ,tous ces moyens accessoires ont leur action propre1 indpendante de toute suggestion1 action quelquefois trs puissante2 aussi doivent-ils1 tout comme l'hygine alimentaire1 tre soumis un contrle srieux1 et ne pas tre employs tort et travers3 mais1 quand ils sont bien manis1 ils jouent un rle incontestable dans la thrapeutique4 ,le principe gnral1 c'est qu'il faut en user avec une extrme prudence1 et que1 dans le doute1 il vaut mieux s'en abstenir4 ,hydrothrapie4--,l'hydrothrapie froide est rarement indique2 on commence le savoir6 ,dans tous les cas graves1 alors que le capital nerveux est vraiment compromis1 elle peut occasionner des dsastres4 ,les mdecins alinistes qui1 autrefois1 faisaient de la douche froide la base du traitement de la folie1 y on tous entirement renonc3 la douche froide ne convient que dans les cas exceptionnels1 chez les malades ayant encore un excellent capital1 et auxquels on peut impunment soutirer une dose considrable d'influx nerveux4 ,je comparerais la douche froide la saigne faite chez les malades qui n'ont plus de pouls1 qui sont moribonds1 et auxquels une saigne peut parfois rendre le pouls et la vie4 ,c'est ce que nos pres appelaient la saigne dans les cas d'oppression des forces4 ,or1 pour pratiquer coup sr la saigne1 dans ces cas1 il fallait tre un virtuose2 et1 de mme1 il faut tre dou d'un doigt exceptionnel pour appliquer convenablement l'hydrothrapie froide1 chez les malades graves4 ,que dirai-je de la mthode ,kneipp8 ,les affusions1 les lotions1 le manteau espagnol1 etc41 ont une action moins brutale que la douche4 ,bien appliques1 ces pratiques peuvent rendre de grands services4 ,elles le peuvent surtout si le malade1 plein d'une foi aveugle1 et suggestionn par avance1 quitte son milieu pour aller les suivre1 s'il va1 comme les fervents de ,woerishoffen1 dans un endroit tranquille1 bien ar1 o son cerveau reste en jachre par le fait de l'horrible tristesse du milieu1 et s'il s'y soumet une alimentation plus raisonnable que celle qu'il avait chez lui4 ,tous ces lments entrent pour une part indniable1 dans les remarquables succs qu' obtenus ,mgr ,kneipp1 et qu'obtiennent encore1 un moindre degr1 ses successeurs et ses lves1 ,altkirch1 en particulier4 ,pour en revenir l'eau froide1 il ne faut pas1 de parti pris1 se priver de ses services1 mais se rappeler qu'elle ne doit tre employe que chez les malades qui ont encore beaucoup de ressort4 ,chez les malades de ce genre1 le maillot humide1 notamment1 constitu par un drap mouill et tordu tendu sur un lit et dans lequel le malade se jette1 est un procd souvent trs utile et la porte de toutes les bourses4 ,on entoure1 avec le drap1 le malade comme une momie1 en l'enveloppant ensuite de trois couvertures pralablement tendues1 sous le drap4 ,nous avons vu des malades1 qui ne parvenaient pas dormir1 trouver1 vingt minutes aprs qu'ils taient dans ce maillot1 un sommeil rparateur4 ,la dure des applications ne doit pas dpasser trois quarts d'heure2 et leur nombre peut sans inconvnients atteindre #hj1 employes quotidiennement1 mme pendant les rgles4 ,l'hydrothrapie tide trouve plus souvent ses indications4 ,le tub tide1 pratiqu dans la matine1 avec une infusion de tilleul et l'enveloppement dans une couverture1 est essentiellement sdatif1 si le malade prend soin de se recoucher sans s'essuyer4 ,le bain rpond aussi de nombreuses indications2 mais c'est un moyen beaucoup plus actif qu'on ne se le figure dans le monde4 ,il est des malades qui ne le supportent pas1 que le bain1 mme de cinq minutes1 nerve1 empche de dormir2 on doit tenir compte de cette susceptibilit1 et ne pas insister si le malade affirme que le bain lui est contraire4 ,les mdecins alinistes se trouvent quelquefois amens donner des bains de douze et de vingt-quatre heures3 c'est l une mdication trs active1 et difficile manier4 ,il arrive1 en effet1 que les malades ont des syncopes dans le bain2 c'est dire la surveillance qu'il faut exercer autour d'eux4 ,les bains de six heures conscutives sont journellement employs ,louche1 et avec grand profit1 pour les malades atteints de certaines formes d'eczma4 ,les eaux de ,louche ont peut-tre une qualit particulire1 qui rend tolrables ces bains prolongs2 ce qu'il y a de certain1 c'est que les bains de la mme dure avec de l'eau de ,paris1 comme on les employait autrefois l'hpital ,saint-,louis1 ne sont1 en gnral1 pas tolrs1 et qu'on a d rserver ce traitement pour les cas exceptionnels4 ,c'est galement une qualit particulire de l'eau qu'il faut invoquer pour expliquer la tolrance de certaines eaux minrales4 ,a ,badenweiller1 en particulier1 ,gastein1 ,nris1 les nerveux supportent des bains trs prolongs 7pendant une et deux heures71 alors que1 chez eux1 un bain d'un quart d'heure les mettrait dans un tat pitoyable4 ,il est cependant des malades qui ne supportent pas le contact de l'eau1 mme aux stations minrales que je viens d'indiquer2 les mdecins de ces stations auraient tort d'insister si1 aprs les deux ou trois premiers bains1 ils observaient une aggravation de l'tat maladif4 ,il faut bien savoir qu'il y a des malades dont on ne doit pas mouiller la peau4 ,l'application d'un cataplasme leur est odieuse1 un bain de pieds les rvolutionne1 ils prouvent le besoin de se laver la figure avec trs peu d'eau tide1 ou mme avec du cold-cream4 ,dira-t-on que ce sont l des phobiques8 ,il n'en est rien4 ,la vrit1 c'est que nous ne connaissons pas tous les degrs de susceptibilit du systme nerveux1 ractif d'une sensibilit invraisemblable2 et cette intolrance de la peau pour l'eau est symptomatique4 ,la preuve1 c'est qu'elle disparat en mme temps que les vertiges1 gastralgie1 constipation1 maux de tte1 et autres misres dont l'ensemble constitue la maladie4 ,mais1 aussi longtemps qu'existe cette intolrance1 le mdecin doit savoir la respecter1 et ne pas s'obstiner faire faire au malade l'hydrothrapie mme la plus mitige4 ,c'est dans ces cas que convient souvent l'application de la chaleur sche4 ,un sac en caoutchouc1 moiti rempli d'eau chaude1 appliqu sur l'estomac aprs les repas1 et1 le soir1 au lit1 pour chauffer les pieds1 est trs apprci de beaucoup de malades4 ,ce procd1 trs simple1 facilite la digestion1 surtout chez les malades spasmodiques4 ,cependant1 on ne doit pas le recommander dans les cas d'inertie4 ,dans ces cas1 c'est la compresse froide1 tendue sur le ventre1 recouverte de taffetas chiffon1 d'ouate1 et d'une ceinture de flanelle1 qui rend service au patient4 ,le sac d'eau chaude dont je viens de parler peut encore tre remplac par un sac en caoutchouc contenant un produit solide1 qui se dissout par la chaleur et abandonne1 en redevenant solide1 sa chaleur de fusion4 ,ces petits appareils1 connus sous le nom de dermothermes ou de dermophores1 ont l'avantage de garder pendant cinq ou six heures une chaleur gale4 ,ils ont1 par contre1 l'inconvnient d'tre un peu lourds2 aussi1 quand l'installation le permet1 leur prfrons-nous un tissu mtallique trs lger1 recouvert d'une enveloppe de soie1 et chauff par un courant lectrique #gj volts4 ,massage4--,ce que nous disons de l'hydrothrapie s'applique1 de point en point1 au massage4 ,le massage est un moyen violent qui ne devrait jamais tre pratiqu en dehors du mdecin4 ,employ mme lgrement1 il fatigue beaucoup certains malades4 ,le massage abdominal1 en particulier1 qui a t fort en honneur il y a quelques annes1 constitue un procd thrapeutique dangereux dans bien des cas2 il faut qu'il soit toujours pratiqu par une main exprimente1 c'est--dire avec la plus grande douceur4 ,il peut rendre alors quelques services1 lutter contre la paresse de l'estomac et de l'intestin2 mais il faut bien se rappeler que1 mme alors1 ce n'est jamais qu'un moyen tout fait accessoire4 ,les mdecins qui auraient la prtention de gurir la constipation par le massage abdominal exclusivement s'exposeraient un chec certain1 parce que la constipation n'est pas cause seulement par une inertie des muscles de l'intestin1 mais n'est que le symptme d'un tat gnral1 ainsi que nous l'avons dj expliqu4 ,les frictions de la peau rendent1 d'ordinaire1 au moins autant de services que le massage1 et sont d'une application plus facile1 puisqu'elles peuvent tre confies toutes les mains4 ,elles sont faites avec un gant de molleton1 jamais ou trs rarement avec le gant de crin2 seules les personnes bien portantes1 ou les malades ayant encore une grande somme de rsistance1 supportent la friction violente au gant de crin4 ,une bonne manire de faire la friction humide est la suivante3 ,mettre le malade tout nu dans une couverture de flanelle2 en extraire un des bras1 le frotter de bas en haut avec le gant imbib d'une solution alcoolique tidie2 ter ce gant1 le remplacer par un gant sec1 frictionner de bas en haut1 remettre le bras du malade dans la couverture2 s'emparer ensuite de l'autre bras1 et agir de mme4 ,frictionner successivement les deux jambes1 toujours de bas en haut1 puis faire asseoir le malade sur son lit1 lui frictionner le dos1 n'importe en quel sens1 l'tendre de nouveau1 travailler lgrement le devant de la poitrine sans toucher l'estomac ni au ventre4 ,l'opration doit durer dix minutes4 ,elle est recommander chez presque tous les malades1 mme chez ceux qui sont trs gravement touchs4 ,bien faite1 et comme nous venons de le dire1 elle n'est jamais dangereuse4 ,les bains de vapeur sont en gnral bien supports2 mais les prendre dans des tablissements spciaux expose une grande perte de temps1 et un refroidissement terminal4 ,mieux vaut les prendre domicile1 soit dans des botes portatives1 soit1 mieux encore1 au lit4 ,on peut1 dans ce cas1 utiliser la vapeur et l'air chaud manant d'une forte lampe alcool1 et conduites sous les couvertures du lit par un tuyau en tle4 ,mais un procd qui nous semble meilleur encore est le suivant3 dans des boites disposes ad hoc1 mettre deux briques bien chauffes1--appliquer une de ces botes aux pieds du malade couch1 une autre bote chacun de ses cts1 et attendre que la transpiration survienne4 ,elle arrive infailliblement1 avec une douce lenteur1 et ce systme permet3 #a de graduer la transpiration2 #b de ne pas mouiller les draps et les couvertures1 comme le fait l'air satur de vapeur qui sort d'une lampe alcool4 ,nous prconisons ces bains d'air sec chez les malades obses1 rhumatisants1 atteints d'algies1 de sciatique1 etc4 ,en thrapeutique1 il n'y a pas de menus dtails3 tout ce qui peut tre utile au malade doit tre l'objet de nos recherches2 et c'est le soin des dtails qui fait la force1 et1 disons-le franchement1 le lgitime succs de quelques-uns de nos confrres trangers4 lectricit4--,l'lectricit n'est pas1 non plus1 ngliger4 ,il est certain que les courants de haute frquence ont1 sur la nutrition en gnral1 et sur le systme nerveux en particulier1 une action trs puissante1 notamment chez les nerveux atteints de prurit anal 7,dr ,leredde71 et chez les malades envahis par une sensation permanente de froid4 ,mais c'est l un procd forcment limit1 cause des difficults d'installation et du prix de revient4 ,les applications faradiques ou galvaniques sur l'abdomen peuvent galement avoir leur efficacit2 mais c'est l un procd trs actif1 et qui1 fort heureusement1 n'est pas1 non plus1 d'un emploi facile4 ,le tabouret lectrique est souvent recommandable1 condition qu'on ne tire pas d'tincelles4 ,les machines statiques domicile sont des jouets qu'on peut concder aux malades2 qui sait cependant si le peu d'ozone qu'elles dgagent n'a pas une influence utile8 ,les bains lectriques constituent aussi un moyen puissant1 et1 par consquent1 difficile manier4 ,ce que nous avons dit des contre-indications du bain ne s'applique pas aux bains lectriques2 il est des cas o le bain lectrique1 bien appliqu1 rend d'excellents services3 tant vaut l'application1 tant vaut le moyen4 ,d'une faon gnrale1 on peut dire que le bain lectrique occasionne une courbature notable qui1 l'inverse de la courbature produite par l'excs d'exercice musculaire1 amne le sommeil4 ,ces bains ne devraient tre donns que tous les deux ou trois jours1 et sous surveillance mdicale trs exacte pendant toute la dure du bain4 ,dire qu'un pareil moyen agit par suggestion1 c'est noncer une affirmation qui n'a rien de scientifique4 ,injections hypodermiques4--,les injections hypodermiques constituent un des agents les plus utiles de la thrapeutique4 ,on peut rapporter aux trois chefs suivants leur action bienfaisante3 #a toute injection1 en tant qu'injection1 a une influence utile2 #b le mdicament inject a son action propre2 #c une part de suggestion s'attache l'emploi des injections4 ,i4 ,on sait1 depuis les remarquables tudes du ,dr ,chron1 que toute injection hypodermique1 quelle qu'elle soit1 pourvu que le liquide inject ne soit pas toxique1 produit un relvement momentan de la tension vasculaire1 se traduisant par une sensation de bien-tre1 de vigueur2 produit1 en un mot1 un effet dynamognique plus ou moins prolong1 ,suivant la dose injecte1 et suivant une foule d'autres conditions4 ,ainsi1 qu'on injecte de l'eau sale1 du liquide de ,brown-,squard1 de l'ocanine1 etc42 il y a toujours compter avec cette action particulire de l'injection en tant qu'injection sous-cutane ou intramusculaire1 en tant qu'agent modificateur de la pression sanguine4 ,de l l'utilit des doses massives de liquide1 comme aussi la vogue qu'ont eue1 pendant un certain temps1 les injections de srum artificiel1 dont la formule habituelle est #g grammes de sel marin pour un litre d'eau strilise4 ,malheureusement on sait1 depuis quelques annes1 que le sel n'est pas un agent indiffrent1 et qu'il peut devenir toxique chez les malades dont les reins ne fonctionnent pas trs bien4 ,il faut donc en user avec grande prudence4 ,depuis un an1 on fait beaucoup d'injections d'eau de mer strilise 7ocanine74 ,on donne de #cjj #ejj grammes de liquide1 et les promoteurs de ce nouveau mdicament en disent merveille3 il est possible que l'eau de mer soit un heureux mlange de substances utiles l'organisme4 ,je n'ai pas fait d'tudes sur ce sujet2 je dirai seulement que j'ai essay l'ocanine chez trois malades1 vus en consultation avec le ,dr ,marie1 sans rsultats apprciables4 ,il est vrai que nous ne leur donnions que des doses de #cj grammes par jour4 ,d'une communication sur ce sujet faite la ,socit de ,thrapeutique1 le #aa octobre #aije1 par le ,dr ,marie1 il rsulte que ces injections1 pratiques des doses plus fortes1 ont des effets vraiment importants chez les nerveux1 les alins1 et qu'elles n'ont pas les inconvnients graves des injections sales ordinaires1 si bien mis en lumire par ,m4 le ,dr ,hallion la mme sance de la ,socit4 ,l'eau de mer n'a donc pas dit son dernier mot1 et c'est probablement un des prcieux mdicaments de l'avenir1 comme le dit le ,dr ,r4 ,simon2 d'autant que les injections massives qu'on en fait agissent galement en tant qu'injections de liquide non toxique4 ,,ii4 ,il faut tenir compte de la nature du produit inject4 ,il existe1 certainement1 des mdicaments dous d'une action reconstituante sur le systme nerveux3 les glycrophosphates1 le cacodylate de soude et surtout de magnsie1 le srum de ,brown-,squard1 peut-tre la lcithine1 les phosphates1 etc4 ,loin de nous l'ide d'tudier l'action de tous ces mdicaments3 disons seulement un mot des principaux4 ,le cacodylate de soude est incontestablement un reconstituant de premier ordre2 on peut l'employer sans danger des doses beaucoup plus leves qu'on ne l'indique gnralement1 et j'ai publi1 la ,socit de ,dermatologie1 des observations prouvant la non-toxicit du produit1 ainsi que l'utilit des hautes doses longtemps continues1 dans certains cas exceptionnels#ad4 ,le plus souvent1 la dose indique par le professeur ,gautier1 de #aj centigrammes par injection1 est suffisante1 et il n'est pas ncessaire de renouveler plus d'une fois par semaine cette injection1 la condition de continuer le traitement pendant deux ou trois mois dans les cas moyens4 ,j'ai1 d'ailleurs1 fait une tude clinique dtaille de l'action des cacodylates de soude et de magnsie1 la ,socit de ,thrapeutique1 en #aijb1 en indiquant les trs rares contre-indications1 et en prcisant1 dans la mesure du possible1 les indications#ae4 ,le cacodylate de fer en injections rend aussi des services1 dans les cas exceptionnels o le fer est indiqu 7chez certaines jeunes filles anmiques1 chloro-anmiques73 mais quatre ou cinq injections de #e centigrammes1 faites raison de deux par semaine1 nous ont toujours sembl suffisantes4 ,note #ad3 ,considrations sur la mdication cacodylique1 in ,ann4 de dermatologie et ,syphiliographie1 #f mars #aijb4 ,note #ae3 ,bull de la ,soc4 de ,thrapeutique1 #bg mars #aija4 ,les injections orchitiques de ,brown-,squard1 aprs avoir eu un moment la faveur que l'on sait1 sont tombes dans un injuste oubli4 ,ayant eu la bonne fortune d'tre en relations personnelles et suivies avec le vnr matre1 de recueillir de sa bouche des aperus thrapeutiques de grande envergure1 que la mort ne lui a pas laiss le temps de vrifier et d'enseigner1 je reste convaincu qu'il faudra reprendre l'tude de l'action dynamognique du liquide de ,brown-,squard1 prciser les doses1 le nombre des injections1 etc4 ,ce travail n'a t qu'bauch par le grand initiateur4 ,d'ailleurs l'opothrapie1 en gnral1 nous semble une mthode pleine de promesses2 j'ai cit notamment1 la ,socit de ,thrapeutique1 en #aijd1 le cas d'une malade foie dfectueux arrive au dernier degr du marasme1 avec muguet dans la bouche1 qui a t comme ressuscite par l'emploi de trois lavements quotidiens prpars avec une macration de #bjj grammes de foie de porc1 frachement tu1 dans #cjj grammes d'eau bouillie4 ,cette dame1 une grande malade avec phnomnes nerveux et dyspeptiques anciens1 avait eu1 un moment donn1 une insuffisance hpatique2 son foie ne fonctionnait pour ainsi dire plus 7fivre intermittente hpatique1 urobiline dans l'urine1 etc472 au deuxime mois de cette complication1 elle tait arrive l'tat lamentable que j'ai indiqu1 quand nous emes l'ide de lui rendre ce qui manquait son foie4 ,le rsultat a dpass toute esprance2 trois heures aprs le premier lavement1 la malade avait des urines claires et abondantes2 huit jours aprs1 elle avait retrouv le sommeil et l'apptit1 les selles rgulires1 etc4 ,une fois l'orage pass1 le danger immdiat conjur1 il m'a encore fallu continuer soigner l'estomac1 le cerveau1 l'intestin1 la peau de ma malade3 mais1 trois mois aprs1 elle put aller achever sa convalescence dans le ,midi1 et1 depuis deux ans1 elle va presque bien4 ,la complication hpatique n'avait t qu'un pisode dans le cours de la maladie1 qui voluait depuis vingt annes4 ,d'une faon gnrale1 les prparations opothrapiques1 auxquelles un immense avenir semble rserv1 ne rendront tous les services qu'elles peuvent rendre que quand on trouvera le moyen de les donner par voie sous-cutane1 comme le faisait ,brown-,squard avec son liquide orchitique4 ,chez certains malades1 les prparations de strychnine par injections hypodermiques ont un effet trs utile3 mais il ne faut pas dpasser en gnral la dose d'un milligramme de sulfate1 ou mieux encore d'arsniate de strychnine1 ni faire plus de huit ou dix injections1 rparties sur trente jours4 ,nous avons dit combien la grippe est dangereuse pour les malades1 quels qu'ils soient4 ,c'est l'ennemie personnelle des neurasthniques4 ,de l1 la proccupation constante que nous avons de faire la guerre cette affection accidentelle1 de la couper ds ses dbuts4 ,or1 il m'a bien sembl trouver1 dans le cacodylate de gaacol1 un agent antigrippal spcifique1 sur lequel j'ai cru devoir appeler l'attention de mes confrres1 la ,socit de ,thrapeutique1 en janvier #aijf4 ,il est certain qu'une injection de cinq centigrammes de cacodylate de gaacol1 dans un gramme d'eau strilise1 et pralablement sature de gaacol1 fait merveille chez les gripps au dbut3 elle les gurit en quelques heures4 ,deux ou trois injections conscutives suffisent toujours pour couper la grippe1 mme quand elle n'est pas prise au dbut1 moins qu'il n'y ait de graves complications pulmonaires1 et1 mme alors1 le cacodylate de gaacol me semble trs recommandable4 ,il l'est aussi dans ces convalescences interminables de grippe qui rsistent tous les traitements4 ,dans les cas de grippe avec fivre1 voire mme avec pneumonie1 nous nous sommes trs bien trouvs de donner1 pendant trois ou quatre jours de suite1 des injections de quinine4 ,une seringue de ,pravaz de la solution suivante1 introduite profondement dans le muscle1 est trs bien tolre et n'occasionne jamais d'abcs3 ,chlorhydrate neutre de quinine #c grammes4 ,antipyrine #b -- ,eau distille #f -- ,ces injections de quinine ont aussi un effet merveilleux dans les nvralgies postgrippales1 qui sont quelquefois si tenaces1 et qui rsistent mme aux opiacs 7nvralgies sous-orbitaires1 sciatiques1 nvralgies intercostales74 ,je n'ai pas essay la quinine en dehors de ces suites loignes de la grippe1 cas de grippe aigu et de nvralgies postgrippales1--on ne peut pas tout faire1--mais je crois bien que la quinine petites doses1 donne en injections tous les malades dprciation nerveuse momentane1 aurait un effet dynamognique prcieux4 ,dans certains cas de douleurs nvralgiques trop pnibles1 les injections d'hrone sont indiques2 mais il faut savoir que l'hrone doit se manier doses trois fois moindres que la morphine2 en d'autres termes1 on ne doit jamais dpasser un milligramme d'hrone1 surtout chez les malades dont on ne connat pas la tolrance4 ,l'action antinvralgique de l'hrone nous a sembl suprieure celle de la morphine2 mais il faut bien se rappeler que l'hrone est un mdicament aussi dangereux que la morphine1 auquel les malades s'habituent1 et rserver son emploi pour les cas exceptionnels4 ,j'ai souvenir d'un malade chez lequel je me disposais1 contre-coeur1 employer l'hrone1 lorsque1 me ravisant1 je me demandai si la nvralgie crurale qui le torturait ne serait pas1 par hasard1 d'origine syphilitique4 ,or1 en reconstituant son histoire1 j'acquis la conviction que la syphilis tait vraiment en cause2 et une seule piqre de calomel eut raison tout jamais de cette nvralgie si pnible2 tant il est vrai que le mdecin doit toujours penser la syphilis1 quel que soit le malade qu'il a devant lui4 ,chez les adultes1 le traitement de choix de la syphilis tertiaire1 quelle que soit la manifestation syphilitique 7aortite1 gommes71 nous semble tre les injections mercurielles2 celles au benzoate sont douloureuses1 et donnent des nodosits dsagrables2 celles de biiodure en solution aqueuse sont trs douloureuses4 ,nous prfrons l'huile grise pour les cas moyens1 le calomel pour les grandes circonstances1 et l'huile au sublim1--dont nous avons donn la formule en #ahha la ,socit de ,dermatologie1--chez les syphilitiques puiss1 auxquels l'huile sert d'aliment4 ,et puisque nous parlons d'injections huileuses1 le moment est venu de dire un mot de nos travaux antrieurs sur l'action dynamognique de l'huile crosote1 en injections sous-cutanes dose maxima tolre4 ,nous les avons surtout employes et les employons encore chez les tuberculeux2 mais nous tions guid par une fausse conception thorique2 et si la crosote bien manie reste1--et restera longtemps1--le mdicament de choix chez les tuberculeux1 ce n'est pas parce qu'elle agit contre le bacille de ,koch1 comme antiseptique1 c'est parce qu'elle a une action non douteuse1 extraordinairement puissante1 sur le systme nerveux4 ,la crosote est1 en effet1 un agent dynamognique de premier ordre4 ,aussi les tuberculeux sont-ils loin d'tre les seuls malades qui puissent tirer parti de ce prcieux mdicament2 et si je ne craignais d'tre accus de paradoxe1 je dirais que ce sont eux qui en tirent le moindre bnfice1 cause de la difficult que prsente le maniement de la crosote chez ces malades1 toujours prts avoir la fivre4 ,l o les injections d'huile crosote font merveille1 c'est chez les pseudo-tuberculeux1 qui sont tellement dmolis par les troubles gastriques1 nerveux1 etc41 qu'ils ont l'aspect de phtisiques tout en ne l'tant pas4 ,chez eux1 la crosote bien manie rend1 en quelques jours1 l'apptit1 la force1 en un mot la vie4 ,le seul inconvnient de la crosote1 et qui restreindra longtemps son emploi1 c'est l'extrme difficult qu'il y a la manier4 ,pour ma part1 je me suis attach surprendre les moindres manifestations de l'intolrance1 et les dcrire minutieusement afin de permettre aux praticiens de ne jamais dpasser la dose utile2 appeler l'attention sur les intolrances accidentelles1 qui doivent faire immdiatement suspendre le traitement1 ou baisser la dose accepte les jours prcdents4 ,j'ai mme tellement insist sur les dangers de la crosote que quelques confrres m'ont accus d'avoir fait son procs2 mais la dynamite aussi est une arme redoutable1 ce qui n'empche pas que1 bien manie1 elle rende des services#af4 ,note #af3 ,dans les injections d'huile crosote1 il n'y a pas seulement que la crosote qui soit utile4 ,l'huile absorbe1 digre par la peau1 est un aliment de premier ordre1 et j'ai pu nourrir pendant un mois1 avec des injections sous-cutanes d'huile et des lavements aqueux1 un malade atteint d'ulcre de l'estomac4 ,un mois durant1 ce malade est rest la dite absolue1 ce qui a donn l'ulcre le temps de se cicatriser4 ,je lui faisais faire1 tous les jours1 une injection de #aej grammes d'huile convenablement prpare4 ,le danger des injections huileuses est la pntration de l'huile dans un vaisseau sanguin1 d'o peut rsulter une embolie qui peut tre mortelle2 mais j'ai indiqu le moyen de se mettre srement l'abri de tout accident grave4 ,le secret consiste bien connatre les moindres symptmes d'introduction de l'huile dans le torrent circulatoire1 et arrter l'injection ds l'apparition de ces symptmes4 ,rien n'est plus facile que d'arrter temps cette injection1 si on la fait avec la lenteur voulue2 mais cette lenteur n'est possible qu'avec l'emploi d'un appareil spcial1 fonctionnement automatique4 ,au reste tous ces points sont tudis dans mon livre sur le ,traitement de la tuberculose par la crosote4 ,,iii4 ,les injections hypodermiques1 quelles qu'elles soient1 agissent encore d'une autre faon4 ,en dehors des proprits particulires chaque mdicament1 et de l'action dynamognique reconnue toute injection sous-cutane et mme intra-musculaire1 elles agissent encore par suggestion4 ,elles font prendre patience au malade1 en attendant que les autres agents thrapeutiques1 qui visent l'hygine crbrale1 mdullaire1 gastrique1 intestinale1 cutane1 etc41 aient eu le temps de produire leurs effets4 ,car1 comme ces agents n'ont qu'une action lente1 comme ils ne procurent pas de rsultat immdiat1 le malade serait vite dcourag1 si on ne lui donnait pas du premier coup1 un remontant1 factice peut-tre1 mais certainement utile1 et ayant une action vidente1 rapide1 qui le fait patienter et lui inspire confiance4 ,la pratique des injections hypodermiques est galement utile au mdecin un autre point de vue3 elle lui permet d'apprcier trs vite le degr de confiance que lui accordent le malade et son entourage4 ,or1 de ce degr de confiance drive1 dans une notable mesure1 le rsultat thrapeutique final4 ,si le mdecin sent que son malade a foi en lui1 il dploiera1 pour lui venir en aide1 toutes les ressources de son intelligence et de son coeur2 dans le cas contraire1 il se sentira tout instant1 gn1 paralys1 inhib1 et il risquera de n'avoir pas toute la clairvoyance ncessaire4 ,de l l'importance qu'il y a1 pour lui1 valuer le degr de confiance qui lui est octroy4 ,eh bien6 pour l'apprcier1 il n'y a pas de meilleure pierre de touche que l'injection hypodermique4 ,car si le malade et son entourage acceptent celle-ci aveuglment1 du premier coup1 sans mme demander la formule du liquide inject1 c'est toujours signe que le terrain est bon1 et que le malade acceptera avec la mme obissance les diverses prescriptions qui lui seront faites4 ,dans certains cas1 il est vrai1 le malade accepte1 non parce qu'il a confiance1 mais par une sorte d'inertie2 peu importe1 il acceptera avec la mme passivit les prescriptions qui lui seront faites1 et c'est l l'essentiel4 ,quand1 au contraire1 le malade1 ou surtout son entourage1 manifestent une curiosit inquite1 qu'on ne parvient pas satisfaire par une rponse banale1 quand ils expriment des apprhensions sur la nature et les effets du liquide inject1 on peut dire que le cas est mauvais1 ou tout au moins mdiocre2 et le mdecin aura beaucoup faire pour conqurir la confiance4 ,certes1 cette curiosit et ces apprhensions sont lgitimes1 et ce que nous disons ici ce n'est pas pour les empcher3 mais il n'en est pas moins vrai qu'elles constituent une sorte de suspicion1 que le mdecin a intrt connatre afin de travailler la faire cesser et d'tablir ainsi1 entre son malade et lui1 cette confiance rciproque qui est la condition indispensable d'un traitement efficace4--,or l'attitude des malades en face des injections qu'on leur propose constitue1 ce point de vue1 un excellent moyen de diagnostic moral4 ,parmi les autres moyens accessoires1 il nous faut dire un mot des applications locales1 rvulsives ou drivatives1 qui taient autrefois si en honneur1 et qui sont tombes dans un discrdit bien injuste4 ,vsicatoires4--,autant nous protestons contre les larges vsicatoires employs autrefois1 et qui1 chez quelques malades1 produisaient de la cystite1 chez presque tous une douleur pire que le mal qu'on voulait gurir2 autant nous continuons penser que le petit vsicatoire1 sous forme de mouche de ,milan1 ne doit pas tre ddaign4 ,chez les grands malades qui ont le systme nerveux sens dessus dessous1 une mouche1 applique derrire l'oreille1 peut faire un mal extrme et produit un tat d'agitation inconcevable1 non pas cause de la douleur insignifiante qu'elle provoque1 mais par le fait du trouble de circulation qu'elle produit distance4 ,ce seul fait suffirait prouver que l'application d'une mouche n'est pas indiffrente2 rien1 d'ailleurs1 n'est indiffrent en thrapeutique4 ,mais chez certains malades qui ont encore un bon capital nerveux1 la mouche1 applique derrire l'oreille droite1 de prfrence1 produit une sdation des plus remarquables1 amne le sommeil1 dissipe le malaise mental et les divers troubles innommables qui constituent l'tat nerveux2 c'est sans doute cause de l'infriorit fonctionnelle de la partie gauche du corps1--habituelle chez les malades1 ainsi que nous l'avons dit1--que la mouche applique derrire l'oreille droite produit ces effets favorables1 qu'elle produirait moins si elle tait applique gauche2 en tout cas1 c'est un fait d'observation4 ,de mme1 la mouche sur le creux de l'estomac peut amener1 si elle est applique trop tt1 ou dans les cas trop aigus1 une aggravation notable des troubles gastriques2 mais si elle vient son heure1 elle provoque un apaisement notable des troubles digestifs4 ,la mouche lombaire1 d'autre part1 est souvent l'un des meilleurs remdes apporter la constipation4 ,cette affirmation peut sembler singulire1 mais elle s'explique pour qui comprend l'origine1 presque toujours nerveuse1 de la constipation4 ,empltres4--,les applications d'empltres d'opium ne sont jamais dangereuses1 et font souvent le plus grand bien4 tant donne l'extrme susceptibilit d'un systme nerveux malade1 qui se laisse impressionner par les moindres influences1 ce fait n'a rien d'extraordinaire4 ,en tout cas1 j'affirme1 au nom d'une exprience prolonge1 qu'une mouche d'opium applique la tempe est souvent trs apprcie par les malades cphalalgiques1 qu'un empltre d'opium1 ou de cigu et de belladone1 laiss sur l'estomac pendant huit jours1 calme mieux1 ou du moins d'une faon plus continue1 les douleurs gastralgiques1 que ne le ferait une srie d'injections de morphine4 ,de mme1 l'empltre l'oxyde de zinc1 appliqu sur la colonne vertbrale1 immdiatement au-dessous de la premire vertbre dorsale1 sur une longueur de dix centimtres1 attnue singulirement certains phnomnes mdullaires dont se plaignent les malades1 en particulier les inquitudes dans les jambes qui sont si frquentes chez les grands neurasthniques4 ,tous ces moyens si simples ne sont donc pas ddaigner4 ,a eux seuls1 ils seraient insuffisants2 mais1 ajouts au rgime alimentaire1 au repos mthodiquement dos1 aux applications hydrothrapiques raisonnables1 et la psychothrapie1 ils amnent srement la gurison1 lorsqu'il reste assez de capital biologique pour que la lutte ne soit pas impossible4 ,purgatifs4--,nous usons trs peu des mdicaments fournis par la pharmacope1 pour ce motif bien simple que nous n'en avons pas besoin1 et que nous avons une crainte presque instinctive de tous ces agents thrapeutiques action violente et perturbatrice4 ,faut-il l'avouer8 c'est aussi parce que nous ne les connaissons pas4 ,rien n'est1 en effet1 difficile comme l'tude d'un mdicament4 ,j'ai mis1 quant moi1 des annes tudier l'action du bromure1 quand je m'occupais plus spcialement des maladies nerveuses et mentales2 et quand1 en octobre #ahih1 le professeur ,gautier a bien voulu me confier l'tude du cacodylate de soude1 la premire chose que je lui ai dite1 c'est qu'il me fallait au moins deux ans pour pouvoir lui donner sur cet agent thrapeutique une apprciation ayant quelque valeur4 ,enfin1 pour ce qui est de la crosote et du gaacol1 j'ai mis cinq ans en connatre l'effet4 ,comment1 alors1 avoir confiance dans des publications htives sur des mdicaments dcouverts de la veille8 ,et1 en ce qui est des mdicaments anciens1 ayant fait leurs preuves1 je rpte que1 en gnral1 je les redoute1 cause de l'extrme sensibilit des malades1 qui dpasse tout ce qu'on peut imaginer4 ,les purgatifs1 en particulier1 quels qu'ils soient1 m'inspirent une vritable terreur4 ,mais1 dira-t-on1 tous les jours nous les voyons employer sans dommage1 et mme avec une apparence de succs qui saute aux yeux6 ,leur emploi rpond d'ailleurs une indication bien rationnelle1 puisqu'il faut vacuer les rsidus de la digestion qui empoisonneraient l'conomie6 ,il nous faut rfuter ces objections en passant3 qu'on donne un purgatif un homme solide qui a un lger embarras gastrique1 il le tolrera1 et paratra mme s'en trouver bien2 mais c'est une erreur d'interprtation1 et si le purgatif ne lui a pas fait de mal apprciable1 c'est que tout est sain chez les hommes sains4 ,mais donner un purgatif un malade grave dont le systme nerveux est profondment atteint1 c'est provoquer chez lui des rflexes dont personne ne connat l'importance1 c'est quelquefois sidrer son systme nerveux abdominal4 ,c'est alors qu'on voit le ventre1 qui avait jusqu'alors une certaine tonicit1 devenir flasque1 inerte1 perdre toute raction2 l'intestin est alors inhib dans son fonctionnement1 et il faut quinze jours1 un mois1 pour qu'il se ressaisisse1 quand il se ressaisit4 ,mais1 dira-t-on1 que faut-il donc faire chez les malades constips8 ,la rponse est bien simple3 il ne faut pas s'occuper de leur constipation1 qui n'est qu'un symptme1 et il faut les soigner en tant que malades2 la constipation disparatra d'elle-mme4 ,le moment nous semble venu de protester une dernire fois contre les ides des gens du monde1 et des mdecins1 relatives la constipation4 ,nombreux sont les gens soi-disant bien portants qui sont atteints de constipation chronique4 ,quand nous disons bien portants1 c'est une faon de parler3 car1 en ralit1 les constips ne sont pas absolument bien portants4 ,mais il en est beaucoup qui vont et viennent1 vivent de la vie commune1 tout en ayant une constipation opinitre2 de plus il y a beaucoup de vrais malades qui vont moins mal quand ils sont constips4 ,une dame nous disait plaisamment1 ce sujet1 que son intestin avait horreur du vide4 ,tant que ces personnes ne sont pas atteintes de cette obsession spciale qui empoisonne la vie des constips1 elles tolrent leur infirmit sans se douter qu'elle existe4 ,mais malheur elles quand elles commencent se proccuper de leur constipation6 ,c'est partir de ce moment qu'elles rapportent la constipation les mille et une misres qui sont l'apanage des neurasthniques4 ,malheur elles1 surtout1 quand elles entrent dans la voie des soi-disant traitements de la constipation6 ,elles commencent par user du lavement simple1 tide d'abord1 puis trs chaud1 puis trs froid2 puis elles ont recours aux purgatifs doux1 aux purgatifs plus violents1 elles en arrivent aux grands lavages4 ,elles font tant et si bien qu'elles irritent leur intestin1 et qu' leur constipation anodine succde l'entro-colite membraneuse4 ,a partir de ce moment1 la vie leur devient insupportable et le cercle vicieux est tabli4 ,plus elles irritent leur intestin1 plus la constipation devient opinitre1 et1 pour lutter contre cette constipation opinitre1 elles irritent de plus en plus leur intestin4 ,l'obsession entre alors en scne1 elles ne pensent plus qu' leurs fonctions alvines1 la libert du ventre1 qu'elles disent tre la plus ncessaire des liberts4 ,elles donneraient la vie du genre humain pour obtenir une selle2 elles se prsentent la garde-robe plusieurs fois dans la journe1 sans succs ou avec des rsultats insignifiants1 et1 cette impuissance les affolant1 elles ont recours aux moyens les plus extraordinaires pour lutter contre l'odieuse constipation4 ,cet tat mental des constips mrite d'tre tudi de trs prs2 et toute thrapeutique qui ne cherche pas le modifier est1 par avance1 condamne l'impuissance4 ,la premire chose faire1 quand on se trouve en prsence d'un de ces constips obsession1 est de lui persuader que la constipation n'est pas l'ennemie1 n'est pas la cause immdiate de toutes les misres qu'il ressent1 qu'elle n'est au contraire qu'un symptme d'importance secondaire1 prouvant simplement qu'il y a quelque chose de dfectueux dans le fonctionnement du systme nerveux abdominal4 ,persuadez vos malades qu'il leur suffit d'aller la garde-robe tous les deux ou trois jours pour commencer1 que1 lorsqu'ils iront mieux1 ils iront quotidiennement2 invitez-les ne s'y prsenter qu'une fois par jour1 heure fixe1 en leur interdisant1 dans la mesure du possible d'y aller en dehors de l'heure rglementaire4 ,recommandez-leur de ne pas lutter contre la constipation1 mais bien contre le trouble nerveux dont la constipation n'est qu'un symptme1 et1 s'ils vous coutent1 si vous avez le don de les convaincre1 ils seront par cela seul moiti guris4 ,cependant1 comme il faut tenir compte de leur tat mental1 et un peu aussi de la mentalit de l'entourage1 on peut autoriser un petit lavement d'eau bouillie prendre le matin du troisime jour de prsentation inefficace1 l'heure rglementaire de la prsentation1 lavement qui sera gard cinq minutes seulement4 ,on peut encore1 si l'on croit devoir faire de grandes concessions1 permettre au malade1 le soir du troisime jour de prsentation inefficace1 un lavement d'huile1 non pas avec #bjj ou #cjj grammes d'huile1 mais avec quatre ou cinq cuilleres bouche d'huile pure1 lavement destin tre gard toute la nuit2 si l'on y ajoute une forte dose de suggestion1 ce lavement aura1 pour le lendemain1 un effet magique4 ,les pilules de belladone d'aprs la formule de ,trousseau sont galement recommandables2 elles ont tout au moins l'avantage de ne pas tre nuisibles4 ,mais un agent vritablement utile1 c'est le liquide orchitique de ,brown-,squard2 c'est de la bouche mme du savant professeur que je tiens ce renseignement1 et je me rappelle encore1 comme si c'tait hier1 le jour o il me disait ces paroles3 ,de tous les services que m'ont rendus moi-mme mes injections de suc orchitique1 celui que je place en premire ligne1 bien avant tous les autres1 c'est qu'elles m'ont guri d'une constipation opinitre4 ,et1 ajoutait l'illustre matre1 il faut avoir t1 comme moi1 tortur par la constipation pour savoir toutes les angoisses qu'elle occasionne4 ,or il faut remarquer que l'auto-suggestion n'a jou aucun rle dans la circonstance1 car ,m4 ,brown-,squard ne s'attendait pas le moins du monde cet effet des injections do liquide orchitique4 ,pour moi1 utilisant ce prcieux renseignement1 j'ai trait et je traite encore par les injections de liquide orchitique les grands neurasthniques atteints de constipation opinitre avec entro-colite4 ,eaux minrales4--,si nous donnons peu de crance aux mdicaments de la pharmacope1 nous croyons1 par contre1 que les eaux minrales constituent des agents thrapeutiques trs actifs4 ,voltaire1 qui ne respectait rien1 disait que les voyages aux eaux ont t invents par des femmes qui s'ennuyaient chez elles1 et ,diderot affirmait que1 en gnral1 les eaux sont le dernier conseil de la mdecine pousse bout4 ,on compte plus1 ajoutait-il1 sur le voyage que sur le remde4 ,tous les deux taient1 certes1 des hommes d'esprit1 mais ils parlaient l de choses qu'ils ne connaissaient point4 ,si incommensurable que soit la sottise humaine1 les eaux n'auraient pas joui1 depuis la plus haute antiquit1 et ne jouiraient pas du renom qu'elles ont encore1 si elles n'avaient pas vraiment une certaine efficacit4 ,certes1 dans les bons effets des cures minrales1 il faut compter1 pour une certaine mesure1 avec le changement de milieu1 l'influence agrable du voyage2 mais il ne faut pas oublier que cette influence1 utile quelquefois1 est quelquefois fcheuse4 ,aussi faut-il n'envoyer aux eaux que les malades qui ont encore beaucoup de ressort1 et dont le capital n'est pas srieusement compromis4 ,le changement de rgime alimentaire qui est impos aux malades1 dans les stations thermales1 leur est parfois favorable1 et peut avoir une part d'influence dans les bons rsultats obtenus4 ,nous savons1 en effet1 que1 un moment donn1 il est utile de ne pas se confiner dans un rgime alimentaire suivi depuis trop longtemps1 et aussi que1 dans certains cas1 il faut savoir brusquer l'estomac4 ,mais ce changement brusque1 qui souvent est utile1 peut tre dangereux1 au contraire1 quand le systme nerveux n'est pas de taille supporter le soudain assaut impos4 ,c'est ce qui arrive souvent aux stations minrales1 o le bon effet des eaux est1 en grande partie1 contre-balanc par la mauvaise hygine alimentaire4 ,de l l'utilit qu'il y aurait instituer1 dans toutes les villes d'eaux1 des tables de rgime comme il en existe dans toutes les maisons de sant bien tenues1 o chaque malade1 pour ainsi dire1 a le rgime alimentaire qui lui convient1 dos et surveill par le mdecin de l'tablissement4 ,rien de semblable n'existe1 malheureusement1 dans nos stations minrales1 parce que les mdecins n'y sont pas libres de tous leurs actes1 et ont compter avec les hteliers qui1 eux-mmes1 ont compter avec leurs chefs de cuisine4 ,a ,carlsbad1 on a bien essay de faire des tables de rgime2 et j'y ai vu moi-mme des menus imprims2 mais un bon nombre des mets qu'ils annonaient se sont trouvs n'exister que sur le papier4 ,a ,vichy1 par contre1 plusieurs mdecins sont arrivs imposer des tenanciers de pensions de famille l'obligation de donner aux malades des rgimes varis1 suivant les prescriptions mdicales4 ,quant aux indications des eaux minrales1 elles varient l'infini4 ,certaines eaux ont certainement une action prdominante sur tel on tel syndrome4 ,ainsi1 ce n'est pas du tout en vertu d'une erreur d'observation1 ou d'un engouement irrflchi1 qu'on attribue aux eaux de ,bagnoles de l',orne une action presque spcifique sur les troubles priphriques de la circulation 7varices1 hmorrodes1 phlbites74 ,les malades atteints d'hmorrodes1 par exemple1 voient srement1 ,bagnoles1 diminuer l'ensemble de leurs misres 7troubles nerveux1 dyspeptiques71 mais plus particulirement les misres locales causes par leurs hmorrodes4 ,de mme ,chtel-,guyon a une action non douteuse sur le symptme constipation1 action que n'a pas ,vichy1 qui1 au contraire1 favorise la constipation pendant la dure du traitement4 ,de mme1 les eaux de ,brides-les-,bains ont1 chez certains entralgiques1 convalescents d'appendicite1 etc41 une action vritablement spciale4 ,de mme encore1 dans l'obsit1 qui1 comme nous le verrons1 n'est qu'un des symptmes de la maladie1 elles ont une bienfaisance incontestable1 surtout si1 leur action1 on ajoute celle d'une gymnastique en montagne bien comprise et bien rgle4 ,les eaux de ,bagnres-de-,bigorre n'ont pas d'action spciale1 mais elles rendent de prcieux services aux nerveux fatigus4 ,celles de ,vichy sont absolument indiques chez les malades dont le systme nerveux digestif est en dtresse1 et la ,grande ,grille1 en particulier1 a une action d'une puissance extrme1 qui ne s'explique pas plus par la thorie des ions que par les thories chimiques1 mais qui est indiscutable4 ,et il ne s'agit pas l de psychothrapie ni de suggestion2 la ,grande ,grille a des effets qui lui sont propres1 et ,vichy est souvent un adjuvant dont on ne peut se passer4 ,mais il faut se rappeler que c'est une arme difficile manier1 comme toutes les armes puissantes1 et qu' ,vichy il ne faut envoyer que les malades ayant encore une grande force de rsistance vitale4 ,par contre1 il ne faut pas croire qu'on ne doive y envoyer que des dyspeptiques4 ,parmi les #cj ou #ce malades que j'y envoie1 chaque anne1 il y en a au moins une dizaine chez lesquels les symptmes crbraux prdominent1 condition1 bien entendu1 que ces symptmes ne soient pas en rapport avec des lsions organiques2 et ces malades se trouvent au moins aussi bien de ,vichy que ceux qui n'ont que des symptmes gastriques ou hpatiques4 ,autrefois1 on ne craignait pas d'envoyer ,bourbon-l',archambault les malades atteints de lsions organiques du cerveau ou de la moelle1 hmiplgiques1 congestifs1 etc4 ,depuis quelques annes1 la physionomie de cette station a chang4 ,il y a eu des accidents provoqus par l'eau chaude sur les malades artres friables2 et l'on se borne actuellement y envoyer les malades troubles mdullaires superficiels1 connus vulgairement sous les vocables de rhumatismes chroniques ou articulaires1 sciatiques1 nvralgies1 etc4 ,marienbad1 avec ses bains de boue1 ,franzenbad avec ses bains d'acide carbonique1 rendent aussi de grands services aux rhumatisants et aux obses sans lsions organiques apprciables4 ,seule1 la station de ,lamalou a gard le privilge de recevoir des malades lsions organiques nettement dfinies1 et dont nous ne nous occupons pas dans ce travail4 ,vittel et ,contrexville conviennent aux malades chez lesquels le trouble de la nutrition1 qui n'est1 en gnral1 qu'un trouble du systme nerveux1 se traduit1 sans que nous sachions pourquoi1 par la formation de calculs1 soit dans le foie1 soit dans les reins#ag4 ,note #ag3 ,pour supporter le traitement de ,vittel1 il faut avoir bon estomac1 cause de la quantit d'eau qu'on est oblig de boire4 ,de l le nombre relativement limit de malades qu'on peut envoyer ,vittel4 ,mais fouillez le pass de ces malades1 et vous verrez que1 longtemps avant d'avoir la gravelle1 ils ont eu de petits troubles crbraux1 ne ft-ce que des migraines1 de petits troubles cutans1 de l'obsit4 ,un beau jour1 une colique nphrtique les surprend1 et l'on se figure que c'est partir de ce jour qu'ils sont devenus malades4 ,il n'en est rien4 ,la colique nphrtique n'a t chez eux1 qu'un accident2 bien avant de l'avoir1 ils avaient1 mme du ct du rein1 de petites misres qui passaient inaperues3 du lumbago1 des urines charges de sable4 ,et si1 au moment o l'on s'est aperu de ces petits symptmes1 on les avait soigns mthodiquement1 par le repos ou l'exercice suivant les cas1 par telle ou telle hygine alimentaire1 telle ou telle pratique hydrothrapique1 telle ou telle hygine crbrale1 ils n'auraient pas eu de coliques nphrtiques1 et n'auraient pas eu besoin d'aller ,vittel4 ,mais1 ne cessons pas de le dire1 ils sont bien heureux de recourir au traitement bienfaisant de ,vittel pour se dbarrasser d'une des manifestations importantes de leur maladie1 au moins d'une faon temporaire4 ,ils doivent seulement se rappeler que ,vittel seul ne les gurira pas1 quand mme ils y retourneraient tous les ans4 ,les eaux arsenicales conviennent souvent nos malades2 la ,bourboule en particulier1 ,saint-,nectaire chez les enfants et les jeunes gens4 ,mais nous ne voulons pas faire une revue des eaux minrales franaises et trangres4 ,tout ce que nous voulons prouver1 c'est que les eaux minrales sont un agent thrapeutique de premier ordre1 un agent que tous les mdecins doivent connatre1 non seulement parce qu'ils voient dans les livres1 non seulement par ou-dire1 mais en se donnant la peine d'aller les visiter4 ,il n'est mme pas mauvais qu'ils gotent1 par eux-mmes1 aux diverses sources1 et qu'ils ttent parfois des bains4 ,ils ne tarderont pas voir que ce ne sont pas des agents indiffrents3 je leur recommande1 en particulier1 un bain ,salies-de-,barn1 forte dose d'eau sale4 ,aussi le monde mdical doit-il tre trs reconnaissant celui de nos matres1 le professeur ,landouzy1 qui a organis1 tous les ans1 des caravanes scientifiques pour visiter les eaux franaises2 quinze jours de voyage sous une bonne direction mdicale sont plus utiles que six mois de travail dans les livres4 ,on apprend ainsi connatre non seulement les eaux1 mais aussi les mdecins des stations1 parmi lesquels il en est beaucoup qui ont des ides gnrales trs intressantes sur la pathologie4 ,ces mdecins des villes d'eaux sont1 d'ailleurs1 pour les praticiens1 de prcieux collaborateurs1 quand ils veulent bien ne pas se borner prescrire les eaux en boisson1 les bains1 les douches1 etc41 et consentir faire1 en mme temps1 oeuvre mdicale vritable1 c'est--dire surveiller le rgime1 doser avec soin le repos et l'exercice1 et se souvenir que la psychothrapie ne perd jamais ses droits4 ,voyages4--,les gens du monde se figurent que les voyages font le plus grand bien aux malades en gnral1 qu' la suite d'un tat aigu1 par exemple1 ds que le malade est transportable1 il faut l'envoyer bien loin de chez lui1 et que1 dans les tats chroniques1 ce dplacement lointain est la condition sine qua non d'une gurison4 ,cette opinion est base sur une erreur d'interprtation4 ,il est certain qu'un homme bien portant se trouve trs bien d'un dplacement annuel1 et les vacances sont chose indispensable pour cet homme1 quels que soient son ge et sa situation4 ,il faut que1 au moins une fois par an1 l'homme bien portant mette1 pendant quelques jours1 son cerveau en jachre1 prenne l'exercice dont il a t en partie priv pendant le reste de l'anne4 ,ce temps consacr au repos crbral n'est pas du temps perdu1 c'est du temps bien employ4 ,les vacances sont galement ncessaires l'enfant qui travaille3 et par vacances nous entendons non seulement le repos crbral1 qui doit tre presque absolu1--ce qui1 par parenthse1 contre-indique l'usage des devoirs de vacances1--mais aussi1 autant que possible1 le changement de milieu1 ne ft-ce que pendant une trentaine de jours4 ,de l l'utilit des colonies de vacances1 que le professeur ,landouzy appelle des croisades de paix et de rdemption4 ,elles sont1 dit-il trs justement1 la premire ligne de dfense contre la tuberculose4 ,m4 ,plantet a fait sur ce sujet1 la demande de l',office central du travail1 un rapport des plus intressants et des plus complets1 publi dans la ,rforme sociale1 7#af juin et #a;er juillet #aije74 ,il rsulte de ce rapport que la ,france est en retard sur les autres pays1 sur le ,danemark1 l',angleterre1 la ,suisse1 l',allemagne1 la ,belgique2 que nous n'occupons1 en somme1 que le sixime rang dans la lutte des socits contre le dprissement de leur race4 ,cependant1 depuis #ahhb1 la ,france est entre dans le mouvement1 et les colonies scolaires franaises sont dj en nombre considrable3 il y a les colonies de la ville de ,paris1 #bf institutions prives parisiennes1 #dj comits de patronage s'occupant de procurer des vacances aux enfants pauvres de la capitale2 et des colonies semblables fonctionnant dans cinquante-six villes de ,france4 ,au total1 en #aijb1 #adjjj petits ,franais ont bnfici de ces institutions philanthropiques#ah4 ,note #ah3 ,dans l'intressant rapport de ,m4 ,plantet1 chacune de ces colonies est tudie avec des dtails suffisants pour qu'on puisse se rendre compte de son fonctionnement1 du prix de revient1 des rsultats obtenus4 ,dans un premier type1 les enfants sont logs en commun dans un mme local 7villas scolaires1 coles communales vacantes pendant l't1 proprits prives1 loues1 acquises1 spcialement amnages pour abriter une collectivit la campagne ou la mer74 ,c'est la colonie d'internat4 ,dans un second type1 les enfants sont confis par petits groupes de deux quatre au plus1 des familles de cultivateurs recommandables1 moyennant un prix dbattu1 dans les rgions rputes les plus saines4 ,c'est le placement familial4--,les deux systmes prsentent des avantages et des inconvnients qui sont analyss de trs prs dans le travail que nous signalons4--,en ce qui concerne la sant1 tous les rapports constatent la plus-value dans toutes les rgions1 en montagne1 en plaine1 la mer1 aussi bien dans les colonies collectives que dans les colonies familiales4 ,quant aux rsultats moraux1 tout dpend de la colonie et de l'esprit qui l'anime4 ,beaucoup pensent qu'il ne suffit pas de faire gagner de pauvres enfants une livre de graisse par semaine4 ,il y a mieux faire1 on peut raliser un bien plus durable3 il faut viser ce qu'ils rentrent meilleurs leur foyer4 ,dans certaines colonies1 un tel soin ne se devine gure4 ,dans d'autres1 au contraire1 c'est la pense dominante et le rve du directeur4 ,le tout est de savoir choisir4 ,non seulement l'homme bien portant1 mais celui qui n'est qu'un peu fatigu par le surmenage crbral1 et par les petites motions quotidiennes1 se trouve trs bien de changer d'air1 de milieu1 non seulement une fois par an1 mais mme chaque fois qu'il sent1 chez lui1 cette sorte de malaise crbral prmonitoire de la neurasthnie1 ou certains troubles digestifs mal dfinis qui prouvent que son systme nerveux abdominal n'est plus en fonctionnement parfait4 ,pour lui1 un dplacement de quelques jours est extrmement favorable4 ,o qu'il aille1 il verra son apptit renatre1 sa constipation disparatre1 la sant lui revenir4 ,que dis-je8 chez certaines femmes nerveuses1 mais au demeurant ayant encore un capital srieux1 l'unique fait de monter en chemin de fer produit des effets apprciables1 et1 le jour mme du dpart1 on les voit transformes4 ,elles laissent la premire station leurs phobies1 leurs inquitudes2 c'est un changement vue1 un vritable coup de thtre4 ,mais autre chose est l'hygine de l'homme bien portant1 ou du candidat la maladie dont le capital est encore presque intact1 et autre l'hygine du vrai malade4 ,voil ce que1 d'une faon gnrale1 les gens du monde ignorent4 ,ils s'obstinent1 malgr eux1 par le fait d'un faux raisonnement1 croire que ce qui fait du bien l'homme valide doit en faire encore plus l'homme malade4 ,un bon bifteck saignant est certainement utile un travailleur bien portant2 combien il doit tre plus utile un malade affaibli6 ,il va certainement lui rendre des forces4 ,donnons-lui donc de la viande saignante2 plus il en prendra1 plus vite il sera guri6 ,le malade proteste1 il affirme que la viande saignante lui fait du mal3 c'est gal1 qu'on lui en donne au moins autant que son estomac pourra en digrer1 ce sera toujours pour son bien6 ,on disait la mme chose1 autrefois1 pour le vin2 les gens intelligents commencent comprendre que le vin1 si utile un travailleur bien portant1 n'est pas un aliment hroque quand il est donn des malades1 mme sous forme de vins mdicamenteux4 ,de mme l'on raisonne pour l'exercice4 ,un exercice modr est utile aux gens bien portants2 il faut donc l'imposer au malade4 ,ce dernier a beau dire que la moindre marche le fatigue1 lui te le peu d'apptit et de sommeil qu'il avait encore2 c'est gal1 il faut qu'il marche6 ,on ne conoit pas qu'il doive rester la chambre1 du moment qu'il peut se tenir sur ses jambes4 ,le pauvre malade voudrait rester couch1 il sent que le lit lui est utile2 c'est encore l1 dit-il1 qu'il souffre le moins4 ,mais non1 il faut qu'il se lve6 ,le lit te les forces1 le lit constipe6 ,et plus le patient est soi-disant bien soign1 plus il a lutter contre ces prjugs1 qu'on parvient difficilement draciner mme dans les milieux intelligents4 ,il ne faut pas non plus1 dit-on1 laisser le malade dormir le jour1 sans quoi il ne dormira pas la nuit6 ,malheureux1 qui ne voulez pas comprendre que l'insomnie de votre cher malade tient une excitation de ses cellules crbrales1 et que le sommeil est le meilleur remde apporter cette excitation1 et que1 par consquent1 le sommeil du jour prdispose au sommeil nocturne6 ,quand donc aurez-vous une notion un peu prcise et raisonne sur la pathognie de tous ces troubles dont l'ensemble constitue la maladie8 ,c'est aussi par une faute grossire de raisonnement qu'on considre les voyages comme utiles aux malades4 ,encore une fois1 ils sont utiles aux gens bien portants1 et d'autant plus utiles qu'on se porte mieux1 parce qu'ils permettent l'homme dou d'un beau capital biologique de faire de ces petites avances dont nous avons parl dj1 de ces placements gros intrts qui augmentent sa fortune4 ,accidentellement1 il est vrai1 il peut se faire que le placement soit malheureux3 c'est ce qui arrive chez l'alpiniste qui aventure une trop grosse somme d'nergie1 et met quelquefois quinze jours se refaire d'une excursion par trop fatigante4 ,mais enfin1 en gnral1 on peut dire que1 chez les gens bien portants1 ces risques de dpenses exagres sont rduits trs peu de chose4 ,le malade1 au contraire1 est un indigent4 ,non seulement il ne doit pas dpenser tort et travers1 mais il doit parcimonieusement1 et avec un soin jaloux1 garder le peu qu'il possde encore1 et chercher faire des conomies4 ,si son indigence est momentane1 il se remettra assez vite flot4 ,si elle est dfinitive1 a fortiori devra-t-il chercher ne pas faire de fausses dpenses4 ,or1 il ne faut pas se le dissimuler1 pour le malade tout voyage est une dpense2 le changement d'habitudes1 le surcrot de fatigue invitable1 eux seuls1 occasionnent de la dpense nerveuse4 ,si c'est un grand malade1 le voyage peut mme le tuer1 comme il tue ces malheureux typhodiques qu'on est quelquefois oblig1 en campagne1 ou qu'on se croit oblig d'vacuer de longues distances1 sur des cacolets qui les secouent d'une faon lamentable4 ,ils arrivent quelquefois morts l'ambulance lointaine1 d'autres fois demi-morts2 mais toujours leur tat est extrmement aggrav4 ,si on avait pu les soigner sur place1 ou les vacuer trs petites journes1 dt-on les tenir privs des ressources de la thrapeutique1 et se borner leur faire deux lotions fraches par jour1 ils auraient eu bien plus de chances de gurir4 ,je l'affirme au nom d'une exprience personnelle1 faite pendant la campagne de ,tunisie4 ,mais1 sans parler des tats aigus qui contre-indiquent absolument tout long dplacement1 ne voyons-nous pas1 tous les jours1 des tats chroniques aggravs vue d'oeil par les longs trajets8 ,cet illustre malade qui traverse toute la ,russie pour aller au ,caucase1 dans le vain espoir de retrouver la sant1 et qui voit son tat s'aggraver sensiblement en route2 tous ces cardiaques1 ces albuminuriques qui vont aux eaux lointaines chercher la gurison promise1 et en reviennent bien plus fatigus que s'ils taient rests chez eux8 ,et les tuberculeux avancs6 ces tristes victimes des thories rgnantes et de la crainte de la contagion4 ,vous prenez l1 dira-t-on1 les cas extrmes1 et on commence comprendre que les grands dplacements ne sont pas favorables aux grands malades4 ,oui1 mais j'ajoute qu'ils ne sont pas1 non plus1 favorables aux malades moyens4 ,pour me faire comprendre1 voyez cette jeune femme nerveuse qui ne digre plus1 qui dort mal1 qui est constipe1 qui n'a pas ses rgles depuis six mois2 on se figure encore que1 en lui faisant quitter le climat brumeux du ,nord pour l'envoyer sur la cte d',azur1 on va lui faire le plus grand bien2 c'est une profonde erreur4 ,l'insolent ciel bleu du ,midi lui paratra odieux1 et1 aprs quelques jours1 elle souhaitera1 dans son for intrieur1 de quitter le dlicieux pays4 ,elle ne le dira pas1 pour ne pas torturer son entourage1 elle souffrira en silence2 et il peut mme se faire qu' la longue son tat s'amliore2 mais1 srement1 ce ne sera pas l'effet du changement de milieu4 ,et il peut bien se faire aussi que son tat s'aggrave assez pour que l'entourage se rende l'vidence1 et ramne grands frais1 et avec d'infinies prcautions1 la pauvre victime dans le milieu qu'elle n'aurait pas d quitter4 ,en ralit1 le voyage n'est utile que chez les gens qui paraissent n'en avoir pas besoin4 ,c'est pour bien faire comprendre notre manire de voir que nous exagrons1 dessein1 la formule de notre pense4 ,il est bien certain qu'entre le malade grave1 qu'on ne doit pour rien au monde dplacer1 et l'homme qu'on est convenu d'appeler bien portant1 et qui a tout intrt faire des voyages d'agrment1 il existe toute une srie d'intermdiaires auxquels les voyages peuvent rendre des services4 ,le changement radical de milieu1 si dangereux pour le malade grave1 peut tre utile l'individu qui n'est que sur la frontire de la maladie4 ,quitte avoir dans un htel une nourriture moins bonne1 moins hyginique1 moins adapte l'tat de son estomac1 un dyspeptique pourra se trouver bien de cette nourriture1 si1 en arrivant l'htel1 il laisse ses proccupations incessantes1 nervantes1 de ,paris4 ,comme toute chose humaine1 le dplacement peut avoir du bon et du mauvais1 et on ne peut formuler de rgles absolues pour les cas moyens2 c'est au mdecin1 s'il est consult1 peser le pour et le contre1 et donner les indications gnrales4 ,mais il y a quelques conseils qu'il devra donner toujours au malade4 ,c'est3 #a ,de ne pas voyager de nuit4 #b ,de s'interdire les changements journaliers de stations1 sauf dans les cas o1 pour une raison quelconque1 on est oblig de gagner les altitudes4 ,dans ce dernier cas1 il faut1 au contraire1 imposer au malade des stations intermdiaires1 car l'exprience dmontre que rien n'est prjudiciable une grande nerveuse1 par exemple1 comme le voyage en une seule traite de ,paris en ,engadine4 ,elle peut tre sre que1 en arrivant destination1 il lui faudra plusieurs jours pour s'adapter au nouveau milieu d'altitude1 pour faire son acclimatation2 pendant ces quelques jours1 elle aura un malaise extrme1 et1 en particulier1 de l'insomnie1 tandis que1 si elle s'tait arrte deux fois en route1 elle n'aurait pas eu payer ce tribut la dpression baromtrique4 #c ,de s'interdire le voyage matinal2 de ne pas croire que1 parce que le lever l'aube est favorable l'alpiniste bien portant1 il soit galement favorable aux neurasthniques qui ont besoin de leur sommeil matinal4 #d ,une prescription importante1 c'est encore de se reposer1 l'arrive destination1 pendant deux1 quatre jours1 suivant la valeur de l'individu1 pour rparer la dpense occasionne par le voyage4 ,ce repos sera plus ou moins complet1 suivant la gravit des cas4 ,en principe1 il vaut mieux pcher par excs que par dfaut de prudence4 #e ,pendant ces villgiatures1 le malade ne devra pas faire de sorties quotidiennes1 sous le fallacieux prtexte de s'entraner2 l'entranement convient aux gens bien portants1 mais le mot entranement doit disparatre du vocabulaire du malade4 ,certes1 le rle du mdecin est d'entraner le malade2 mais cet entranement1 que j'appellerai mdical1 doit tre tellement progressif et mesur qu'il n'a1 pour ainsi dire1 rien de commun avec l'entranement de l'homme bien portant et de l'homme de sport4 ,le malade ne devra faire un effort que tous les deux ou trois jours1 et profiter des jours intermdiaires pour se reposer4 ,ainsi il parviendra reconqurir des forces1 tandis que1 s'il espre s'entraner en dpensant tous les jours un peu plus de son misrable capital1 il ira droit la ruine4 ,on comprend aisment qu'un des facteurs importants du voyage est sa longueur4 ,le voyage autour du monde ne convient aucun malade2 on peut dire que1 en gnral1 il n'est pas ncessaire d'aller trs loin4 ,le malade parisien1 par exemple1 se trouvera mieux d'une villgiature ,montmorency que d'une lointaine expatriation4 ,on ignore trop l'extrme susceptibilit du malade au changement de milieu4 ,une simple promenade extra muros impressionne le malade parisien1 quelquefois en bien1 mais le plus souvent en mal4 ,combien connaissons-nous de personnes qui ne peuvent pas aller jusqu' ,versailles sans avoir1 au retour1 une vritable courbature1 une nuit de moins bon sommeil1 et1 les deux ou trois jours suivants1 une aggravation de tous leurs symptmes morbides8 ,leurs parents1 qui n'y comprennent rien1 prtendent que c'est affaire d'imagination4 ,mais non1 c'est un fait parfaitement explicable1 et le mdecin1 qui connat cette susceptibilit invraisemblable1 devrait se constituer l'avocat des patients1 au lieu de faire chorus avec la famille et d'accabler le malade de conseils intempestifs4 ,certes1 dans certains cas1 par une suggestion puissante1 en rveillant ce qui reste d'nergie latente au malade1 en faisant1 en d'autres termes1 de la psychothrapie rconfortante1 il pourra1 pour ainsi dire1 dynamiser le malade et lui donner la force de supporter non seulement le voyage de ,versailles1 mais un voyage relativement lointain1 et ce1 pour le plus grand bien1 car le malade reprend alors confiance en lui-mme4 ,mais1 avant de donner cette suggestion1 le mdecin doit bien tudier son sujet1 et savoir au juste ce qu'il vaut1 sous peine de lui nuire en lui demandant un effort au-dessus de ses forces4 ,nous ne nous dissimulons pas que rien n'est plus difficile que de connatre la valeur exacte d'un systme nerveux2 c'est presque impossible pour le mdecin qui voit le malade pour la premire fois4 ,dans le doute1 il vaut mieux ne pas imposer une fatigue qui risquerait d'tre prjudiciable2 on se repent rarement d'avoir t trop prudent4 ,un lment d'apprciation qui est d'un grand secours pour le mdecin1 en pareille occurrence1 c'est le dsir du malade lui-mme4 ,s'il ne dsire pas voyager1 s'il se dit fatigu1 il y a gros parier qu'il l'est en ralit4 ,le malade a toujours1 en effet1 une vague conscience de sa valeur1 et il faut tenir compte de son apprciation4 ,si1 au contraire1 il manifeste vivement le dsir de changer de milieu1 c'est qu'il sent vaguement qu'il a des rserves de force nerveuse ayant besoin d'tre utilises2 il a un sourd instinct qui1 en gnral1 le guide bien4 ,mais alors1 direz-vous1 le rle du mdecin est singulirement restreint2 il consiste s'enqurir plus ou moins discrtement des dsirs du malade1 et les transformer habilement en prescriptions mdicales8 ,a vrai dire1 ce serait encore de la psychothrapie2 mais nous ne concevons pas les choses de cette faon4 ,quelquefois1 il arrive que l'instinct du malade le guide mal2 il est dvoy par des auto-suggestions1 des prjugs ataviques1 dos thories plus ou moins scientifiques2 et le rle du mdecin est1 en ce cas1 de remettre tout au point1 de dmontrer son malade que son instinct1 dans telle ou telle circonstance1 le guide de travers2 que1 bien qu'il n'en ait pas envie1 il doit aller de l'avant2 et le mdecin mrite alors le beau titre de directeur de la sant4 ,la mer4--,les voyages la mer auraient d1 en bonne logique1 tre tudis la suite des cures thermales1 parce que1 en somme1 le bain de mer est un agent thrapeutique comparable aux bains d'eau sale qu'on va prendre ,rheinfelden1 ,salies1 ,arcachon1 ,mouthiers-,salins1 etc4 ,mais nous les plaons dessein la suite de l'tude des voyages1 parce que1 dans la pratique1 le bain de mer est plutt considr comme voyage d'agrment que comme traitement mdical4 ,cela est si vrai que le mdecin est rarement consult sur l'opportunit du traitement marin1 sur le choix de la plage3 et c'est tort4 ,d'autre part1 aux bains de mer1 le traitement n'est pas surveill comme il l'est dans les stations d'eau sale1 et c'est galement regrettable2 car la mdication par l'eau de mer est active1 et son emploi n'est pas indiffrent1 surtout lorsqu'il s'agit de malades impressionnables1 auxquels la moindre intervention fait du bien ou du mal4 ,les principaux conseils que nous ayons donner aux malades livrs eux-mmes1 la mer1 sont les suivants3 #a ,ne pas prendre de bains ds l'arrive1 et se reposer des fatigues du voyage1 comme nous avons dit qu'il fallait toujours le faire2 #b ,se rappeler que l'air marin a1 par lui-mme1 une action apprciable1 et qu'il n'est pas toujours utile de prendre des bains2 qu'on peut1 dans certains cas1 se contenter de stationner pendant plusieurs heures par jour au bord de la mer2 #c ,se rappeler aussi qu'une saison au bord de la mer constitue un vritable traitement minral4 ,il faut donc au moins un mois pour obtenir des effets srieux2 et1 par consquent1 il n'est pas raisonnable d'aller la mer pour huit jours2 c'est s'exposer la fatigue du voyage et de l'acclimatation sans aucun profit4 ,a fortiori1 ne doit-on pas prendre un bain de mer accidentel1 comme le font les maris qui1 par train spcial1 arrivent toutes les semaines aux plages voisines de ,paris1 et se croient obligs de prendre le bain traditionnel du dimanche4 ,ils ont contre eux la fatigue du voyage1 fait dans des conditions plutt fcheuses1 l'influence du changement brusque de milieu1 les trop douces motions du revoir conjugal1 et le bain de mer achve de leur soutirer une rserve d'influx nerveux4 ,le tout se solde1 parfois1 par un tat subaigu1 au retour1 qui reoit le nom d'embarras gastrique1 et auquel se joignent souvent des douleurs rhumatismales4 ,nous ne pouvons pas indiquer1 dans cette tude rapide1 les indications et contre-indications des bains de mer4 ,le principe gnral est qu'il ne faut pas en donner aux malades capital restreint1 et que1 en ralit1 ils conviennent surtout aux gens bien portants4 ,plus le capital est entam1 plus aussi il faudra de prudence dans l'administration du bain1 au point de vue de sa frquence et de sa dure4 ,tout ce qu'on peut dire1 c'est qu'il faut1 en gnral1 le prendre trs court1 cinq minutes en moyenne4 ,enfin1 il faut tenir compte des effets produits par les deux ou trois premiers bains4 ,s'ils amnent de l'insomnie1 c'est qu'ils sont trop prolongs1 ou trop frquents1 ou tout fait contre-indiqus4 ,il ne faut pas croire qu'on puisse s'y habituer1 et que1 si les premiers font du mal1 les suivants feront du bien4 ,d'une faon gnrale1 d'ailleurs1 l'organisme ne s'habitue pas ce qui lui est nuisible2 et les mdications1 quelles qu'elles soient1 ne doivent jamais faire de mal1 mme momentanment4 ,mais c'est l un point de doctrine dont la dmonstration nous entranerait trop loin1 et en dehors de notre plan4 ,,troisi,,me ,,partie ,,chapitre ,i ,,la ,p,,riode ,,de ,d,,clin ,nous avons dessein plac dans l'tude de l'homme adulte la plus grosse part de nos considrations thrapeutiques1 parce que1 vrai dire1 c'est l'ge adulte qui est le plus intressant au point de vue mdical comme au point de vue social1 et que c'est pendant cette priode de la vie que le mdecin peut faire le plus de bien au malade4 ,au contraire1 partir du moment o l'tre humain est arriv au sommet de sa courbe volutive1 et1 par consquent1 o il va dcliner1 l'importance des agents thrapeutiques se limite de plus en plus1 jusqu' aboutir zro quand l'homme arrive la fin de sa carrire4 ,dans les phases de la vie qui nous restent tudier1 la thrapeutique doit viser1 avant tout1 viter les dpenses de capital3 mais son rle pratique n'en reste pas moins trs apprciable2 et l'on ne sait pas assez combien une bonne direction mdicale pourrait prolonger l'existence de l'homme arriv la priode de dclin1 voire mme une tape avance de cette priode4 ,thoriquement1 la priode de dclin peut commencer le jour de la naissance4 ,c'est ce qu'on observe chez les enfants qui n'ont pas la force de vivre1 et qui meurent aprs deux ou trois jours4 ,a l'extrme oppos1 on voit des individus qui ne commencent dcliner qu' un ge trs avanc1 ou encore dont la vie est brutalement interrompue1 un ge relativement avanc1 par un accident1 avant que ne soit survenu le commencement de la priode de dclin4 ,c'est que ces hommes prodigieuse sant sont venus au monde avec un excellent capital initial1 que leurs parents ont su amliorer pendant la premire enfance1 et qu'ils ont ensuite amlior eux-mmes en s'interdisant toute dpense excessive1 ou en ne risquant qu' bon escient une certaine partie du capital1 pour lui faire rapporter davantage4 ,chez ces individus fortuns1 les affections intercurrentes ont1 comme nous l'avons dit1 peu de prise4 ,ces privilgis sont semblables l'homme qui a reu les dix talents et qui1 sachant les faire fructifier1 en rapporte dix autres1 et reoit encore1 en surplus1 une rcompense4 ,chez ces individus1 le dclin n'arrive que trs tardivement1 et ils peuvent atteindre soixante ans tout en restant jeunes de coeur1 de corps1 et d'esprit4 ,entre ces deux extrmes1 tous les intermdiaires sont possibles2 et nombreux sont les hommes qui commencent dcliner trente ans1 qui sont des vieillards quarante ans4 ,la plupart1 cependant1 commencent dcliner vers cinquante ans1 et se maintiennent tant bien que mal pendant quelques annes1 puis dclinent vue d'oeil partir de soixante ans4 ,malheur eux quand1 cet ge1 ils prennent une pneumonie6 ,d'ailleurs la moindre maladie accidentelle les dtriore pour plusieurs mois1 et l'on est tout tonn de la lenteur de leur convalescence4 ,c'est partir de ce moment que les tares organiques1 latentes jusque-l1 se rvlent1 que l'homme qui avait une endocardite avec laquelle il vivait en bonne intelligence1 et dont parfois mme il ne se savait pas atteint1 voit tout d'un coup son coeur devenir au-dessous de sa tche4 ,a la suite d'un coup de froid insignifiant1 d'une indigestion1 d'un excs alimentaire1 d'une motion violente1 d'une grippe qui paraissait bnigne1 il a de la dyspepsie1 des palpitations1 des intermittences du pouls1 puis un peu d'enflure des jambes2 toutes choses dont1 au reste1 le repos au lit suffit pour le dbarrasser cette premire fois1 parce qu'il n'est pas encore compltement us4 ,mais1 six mois aprs1 sous l'influence d'une cause semblable1 il a une nouvelle atteinte1 un peu plus de dyspne1 un peu de congestion de la base gauche du poumon1 ou quelquefois des deux bases1 un peu plus d'enflure des jambes2 et1 cette fois1 le repos au lit1 la dite lacte1 ne suffisent pas le remettre en tat4 ,la digitale est alors indique1 la dose de #aj centigrammes par jour en infusion dans #bjj grammes d'eau1 que le malade prendra de deux heures en deux heures1 jusqu'au moment o il aura une salutaire crise urinaire4 ,grce ce prcieux mdicament ainsi administr1 il fera encore les frais de cet assaut2 mais1 la fois suivante1 les mmes influences insignifiantes amneront l'affolement du coeur avec albuminurie1 et alors la dchance pourra tre irrmdiable4 ,il est certain que si1 dans l'intervalle de ces assauts1 notre homme s'tait cout vivre1 s'il n'avait rien laiss au hasard1 si une sage direction mdicale avait dos son alimentation1 son travail1 son sommeil1 s'il n'avait pas eu d'motions1 si1 pour conserver sa vie1 il avait1 en quelque sorte1 cess de vivre1 il aurait survcu plus longtemps et n'aurait pas eu sa deuxime atteinte2 mais ce qu'il faut bien se rappeler1 c'est que1 ds sa premire atteinte1 ses jours taient compts4 ,cette premire atteinte dnonait dj l'insuffisance de son systme nerveux1 incapable de donner au muscle cardiaque la force voulue pour faire son office de pompe aspirante et foulante2 le dclin1 qui avait peut-tre commenc quelques annes avant1 s'tait traduit ds le jour de ce premier accroc4 ,le dclin peut n'tre qu'apparent2 et les symptmes revtent parfois une gravit qui fait croire1 tort1 l'entourage qu'il existe une brche srieuse ou irrmdiable dans le capital vital du malade1 alors qu'il n'est touch que superficiellement4 ,c'est au mdecin qu'il appartient de faire un bon diagnostic1 d'o dcoulent et le pronostic et le traitement4 ,certes1 le problme est souvent difficile rsoudre1 et1 pour y arriver1 le mdecin n'a pas trop de toute sa finesse d'observation1 de toute son exprience1 de toute sa pntration4 ,c'est dans ces cas que la mdecine est vritablement un art1 et le mdecin un artiste1 appel utiliser de son mieux les donnes scientifiques que ses tudes antrieures lui ont fournies4 ,il aura naturellement1 pour l'aider dans cette tche1 l'examen physique du malade1 et1 en particulier1 l'exploration abdominale1 le ventre tant1 de tous les organes1 celui qu'on peut le plus facilement explorer1 par la vue1 le palper1 la percussion2 il aura1 pour l'aider1 l'analyse des urines1 trop souvent nglige4 ,il sera galement second par l'tude du pass3 il ne manquera pas de fouiller l'hrdit1 l'volution antrieure de la vie1 chez le sujet qu'il examine4 ,celui-ci a-t-il eu de grands assauts1 et s'est-il ressaisi compltement8 ,en ce cas1 c'est une prsomption en sa faveur3 ce pass prouve qu'il a une grande lasticit1 un capital srieux1 et qu'il est possible que1 dans la crise actuelle1 il rebondisse encore une fois4--,au contraire n'a-t-il jamais eu d'assaut important8 le problme devient alors plus difficile1 car le mdecin manque d'une base pour apprcier la valeur relle du capital4 ,aussi fera-t-il bien de rester dans une prudente rserve1 et si1 dans le cas prcdent1 il a t en droit de rassurer la famille malgr la gravit apparente de l'tat du malade1 dans le second cas1 au contraire1 il ne doit dire qu'une chose3 ,je ne sais pas4 ,pour ma part1 je me mfie beaucoup des hommes sant insolente1 n'ayant jamais eu besoin de soins1 que je vois brusquement atteints par une maladie accidentelle1 par la grippe en particulier4 ,me trouvant sur un terrain inconnu1 je me demande1 tout d'abord1 si leur capital tait aussi bon qu'il le paraissait1 et si la grippe ne va pas provoquer la faillite1 la dbcle4 ,ce sont l1 je le rpte1 des problmes cliniques extrmement difficiles rsoudre2 mais ils ont un grand intrt au point de vue du pronostic porter1 et du traitement instituer4 ,et cet intrt est immdiat3 car si le mdecin souponne1 chez son malade1 une altration profonde que ne traduit pas l'ensemble symptomatique1 il doit redoubler de prcautions1 sa surveillance doit tre incessante1 son zle doit prvoir les moindres incidents1 ne rien laisser au hasard4 ,il a alors lutter non seulement contre la maladie1 mais aussi contre le malade1 souvent indocile1 et contre les familles1 qui trouvent qu'on en fait trop1 qu'on prend trop de soins1 que le malade devrait se lever pour regagner des forces1 sortir pour se distraire1 reprendre une partie de ses occupations pour ne pas nuire sa carrire2 estimant1 in petto1 que le mdecin userait de discrtion en espaant davantage ses visites1 etc4 ,quoi qu'il arrive1 ce sont de mauvais cas pour le mdecin4 ,il est accus1 si le malade gurit1 d'avoir retard sa convalescence1 et1 s'il succombe1 de ne l'avoir pas bien soign4 ,car enfin1 un homme si bien portant6 et qui succombe la suite d'une grippe1 presque sans fivre6 ,srement1 c'est le mdecin qui est coupable6 ,il n'a1 pour se consoler1 que la conscience du devoir accompli4 ,et d'ailleurs il peut aussi se dire que1 dans d'autres cas1 on a attribu exclusivement ses bons soins ce qui tait d1 en grande partie1 la valeur du sujet2 il y a donc compensation4 ,en somme1 le mdecin qui se trouve en face d'un malade quelconque est appel rsoudre le problme suivant3 tant donns la valeur antrieure du malade ,a1 et le dchet que lui fait perdre la maladie ,b1 quelle est la valeur du capital restant ,a--,b8 ,le simple bon sens indique que cette quation ne peut pas se rsoudre par l'algbre1 puisque nous ne connaissons au juste ni ,a ni ,b4 ,aussi le mdecin ne doit-il jamais quitter le terrain1 relativement solide1 que lui fournit la science1 pour se perdre dans les abstractions4 ,il doit seulement se rappeler la parole d',hippocrate3 ,judicium difficile1 et faire de son mieux pour approcher le plus possible de la solution du problme1 qui1 sans tre d'ordre mathmatique1 a cependant une solution4 ,quand on fait ce qu'on peut1 on rend ,dieu responsable4 ,v4 ,,hugo ,existe-t-il1 du moins1 des symptmes permettant d'affirmer que l'homme a atteint l'apoge de son volution1 et est sur la pente du dclin8 ,eh6 non1 tant qu'il est bien portant ,il est videmment moins fort1 moins actif1 que pendant la priode de croissance1 il supporte moins les petits carts de rgime1 les fatigues1 il est plus vulnrable1 en un mot1 mais ce n'est pas un malade par cela seul qu'il est en priode de dclin4 ,s'il veut viter la maladie1 il le peut1 dans une1 certaine mesure1 en s'coutant vivre1 en surveillent son hygine quotidienne1 en ne faisant pas de fausses dpenses ou de dpenses exagres1 ou1 s'il est oblig d'en faire par hasard1 en les compensant aussitt par une exagration momentane de prudence4 ,bref1 la priode de dclin est la priode des prcautions4 ,l'homme en dclin devrait se rappeler qu'il faut tre de sa sant comme il faut tre de sa condition1 comme il faut tre de son temps4 ,en usant de ces prcautions1 il peut prolonger trs longtemps la dure de sa phase volutive1 et atteindre ainsi sans transition la vieillesse1 qui pourra1 si elle est galement bien surveille1 le conduire1 sans transition brusque1 la mort4 ,mais1 quelques prcautions qu'il prenne1 les circonstances de la vie sont telles que1 fatalement1 il rencontre sur son chemin des influences qui font baisser brusquement sa valeur4 ,quelles sont ces influences invitables8 ,ce sont toutes celles que nous avons dj tudies dans l'enfance1 dans l'adolescence1 et dans l'ge adulte3 erreurs d'alimentation1 causes morales surtout1 etc4 ,y en a-t-il cependant1 parmi ces influences1 qui soient plus spciales la priode de la vie que nous tudions1 la priode comprise entre cinquante et soixante-cinq ans8 ,chez la femme1 tout le monde admet que la mnopause produit des perturbations considrables2 la preuve1 c'est qu'on s'accorde appeler ge critique l'ge de la cessation des rgles4 ,la mnopause ramne souvent des troubles de sant qui avaient disparu depuis longtemps1 et amne quelquefois des troubles nouveaux1 tels que ces sueurs profuses dont se plaignent amrement les malades4 ,nous avons en vain essay contre elles l'emploi de l'opothrapie ovarienne1 et nous croyons que c'est un moyen non seulement inutile1 mais dangereux1 et que le mieux est de savoir attendre1 en mettant la malade un rgime restreint4 ,dans les deux sexes1 les motions morales jouent encore1 cet ge1 un rle considrable4 ,c'est une fille mal marie1 un fils qui fait le chagrin de sa famille1 c'est l'isolement au milieu d'indiffrents1 la perte des amis de la premire heure1 l'ge des dsillusions1 l'automne de la vie1 en un mot4 ,dans tous les cas1 les pratiques de la psychothrapie sont d'un incontestable utilit3 seules1 elles ne suffisent pas gurir un homme rendu malade par des influences morales2 mais1 associes aux autres agents thrapeutiques1 elles sont toujours d'une grande utilit et souvent d'une ncessit absolue4 ,j'ai plus fait en rconciliant avec son fils un pre que le chagrin avait terrass1 en lui dmontrant la ncessit et la lgitimit du pardon1 qu'en le traitant1 comme on le faisait depuis longtemps1 avec toutes les ressources de la pharmacope et des agents physiques4--,le fonctionnaire qui prend sa retraite1 et se voit brusquement condamn une oisivet force1 ne sait pas que faire de son temps4 ,en vain cherche-t-il1 dans la socit des hommes de son ge1 un remde son dsoeuvrement2 et quant esprer trouver chez les gens jeunes de sa famille un rconfort quelconque1 il n'y doit pas songer4 ,les plus jeunes ont leurs affaires1 et les affaires sont les affaires2 c'est tout au plus si la fille vient faire ses couches la maison4 ,bref1 une srie de chagrins multiples1 auxquels on est encore sensible1 sont l'apanage ordinaire de cette priode de la vie4 ,c'est cet ge1 aussi1 que se soldent1--car tout se paie1--les erreurs du pass1 les fautes contre l'hygine4 ,alors arrivent les traites imprvues1 et1 quand le capitaliste veut mettre de l'ordre ses affaires1 il s'aperoit trop tard que1 depuis plusieurs annes1 il ne s'est pas content de ses revenus et qu'il a corn son capital4 ,mais1 dira-t-on1 pouvait-il s'apercevoir de la mauvaise gestion de sa fortune8 ,c'est l'ternel problme du ,connais-toi1 toi-mme6 de la sagesse antique4 ,c'tait lui de voir que1 de temps autre1 il avait de ces petites dfaillances de sant qu'il traitait la lgre1 en leur attribuant des causes banales et qui auraient d tre1 pour lui1 des avertissements 7l'avertissement sans frais du percepteur74 ,il aurait d1 en homme bien avis1 rester toujours en de de ce qu'il pouvait donner4 ,mais enfin le mal est fait2 et il est encore temps1 sinon de le rparer compltement1 au moins de l'attnuer dans une notable mesure1 en se surveillant de prs1 et en ne laissant rien au hasard de ce qu'on peut lui enlever par prudence et par calcul4 ,certaines natures ultra-gnreuses ne s'aperoivent pas qu'elles dpensent plus qu'elles ne devraient le faire2 elles n'ont pas la bonne fortune de recevoir les petits avertissements que nous venons de signaler4 ,leur dbordante sant fait l'envie de tout le monde2 mais ces privilgis sont souvent des dshrits4 ,nous avons dit dj ce qu'il fallait en penser1 quand ils se trouvent aux prises1 brusquement1 avec une affection accidentelle4 ,malheur aussi l'homme qui1 cet ge1 se laisse entraner par un renouveau de passion sexuelle6 ,il s'impose des dpenses trop fortes pour sa rserve de sant1 surtout s'il en arrive forcer ses talents4 ,il faut aussi compter avec les aberrations de l'instinct sexuel1 assez frquentes cet ge2 et alors la neurasthnie vengeresse ne tarde pas s'installer1 sous une forme qui rappelle1 par sa brutalit d'apparition et la gravit des symptmes1 l'hystro-neurasthnie traumatique4 ,en effet1 du jour au lendemain1 cet homme1 vaillant jusqu'alors1 subit un vritable effondrement4 ,non seulement il perd tout d'un coup l'aptitude sexuelle1 ce qui est pour lui la source d'un grand chagrin1 mais il perd1 en mme temps1 l'apptit1 le sommeil1 les forces4 ,la constipation entre en scne2 des douleurs nvralgiques varies1--ou1 pour mieux dire1 des algies1 car la douleur ne suit pas le trajet des nerfs1 le torturent nuit et jour4 ,il a une sensibilit excessive de l'oue1 un rthisme de tout le systme nerveux1 qui devient comme une lyre cordes trop tendues que fait vibrer douloureusement le moindre souffle4 ,cet tat peut n'tre que passager1 si le malade a le bon esprit de s'en avouer lui-mme la cause dterminante et de la supprimer4 ,mais cela mme ne suffit pas toujours3 ,sublata causa1 non tollitur effectus4 ,le branle est donn la cellule nerveuse1 le systme nerveux1 longtemps patient1 s'est tout coup rvolt1 et il faut des mois et des annes de soins mthodiques pour lui rendre son quilibre4 ,c'est dire que1 pendant ces mois et ces annes1 le mdecin devra surveiller non seulement l'hygine sexuelle1 dont il n'est plus question1 mais l'hygine alimentaire1 donner les repas frquents que ncessite un estomac toujours sur le point d'entrer soit en tat paralytique ou en tat spasmodique2 une alimentation non excitante 7ptes1 pures71 sans vin1 et sans les toniques qui passent1 tort1 pour rveiller les forces4 ,le repos physique est galement indiqu4 ,c'est dans ces cas qu'un changement de milieu1 bien compris1 bien dirig1 peut tre utile divers titres4 ,d'abord1 il loigne la victime de la cause initiale de son mal1 ensuite il lui permet d'apprcier souvent les soins affectueux et tendres d'une femme momentanment nglige4 ,la psychothrapie joue aussi un rle norme dans le traitement de ces malades qui1 d'un jour l'autre1 sont devenus craintifs1 scrupuleux l'excs1 ayant peur de mourir1 tenaills par des remords d'une intensit morbide4 ,le mdecin anim d'un esprit large et charitable peut leur tre d'un grand secours1 en mettant toutes choses au point1 et en rassrnant leur conscience dans la mesure qui convient4 ,ce tableau de la maladie de l'ge critique1 chez l'homme1 n'a rien d'exagr4 ,nous avons observ plusieurs cas semblables1 o des hommes bien portants jusqu'alors ont pay cher leurs carts intempestifs4 ,le plus souvent1 les malheurs de ce genre arrivent chez des hommes qui1 auparavant1 n'taient pas dbauchs1 offraient mme le modle d'une vie exemplaire2 maintenus par des principes svres1 ils avaient t fidles la foi conjugale1 et1 alors mme qu'ils taient veufs1 ils taient rests fidles au del du tombeau2 et puis1 un beau jour1 une occasion se prsente et les surprend2 c'est une ,sapho quelconque rencontre en chemin de fer2 l'homme se trouve dsarm devant la tentation1 il succombe1 et1 une premire chute en entranant de nombreuses sa suite1 il devient enrag de vice4 ,aussi ne saurions-nous trop engager l'homme mr1 trop confiant en lui-mme1 veiller toujours1 car le pril est insidieux et les risques sont grands4 ,c'est l'ge que nous tudions que se manifestent les troubles prostatiques et urinaires1 rsultats tardifs de blennorragies mal soignes et considres comme une bagatelle par le jeune homme1 plutt fier d'avoir pris un brevet de virilit4 ,c'est vers cinquante-cinq ans que le rtrcissement du canal provoque des misres varies1 que nous n'avons pas dcrire ici1 mais qui finissent par amener la mort prmature si le chirurgien n'intervient pas4 ,ainsi s'explique l'absence de tout rtrcissement chez les hommes qui ont dpass soixante-cinq ans3 ceux qui avaient des rtrcissements sont morts avant cet ge4 ,c'est aussi vers l'ge de soixante ans que la prostate entre en scne4 ,certes1 les affections de la prostate ne sont pas toujours d'origine blennorragique2 mais elles sont1 plus qu'on ne le croit1 dues des erreurs dans l'hygine sexuelle4 ,quant aux autres affections capables de faire brusquement baisser le capital1 elles ne donnent lieu aucune considration particulire4 ,nous devons pourtant nous arrter encore1 en passant1 sur trois manifestations morbides spcialement frquentes l'ge en question3 le diabte1 l'albuminurie1 et l'obsit4 ,diabte4--,l'apparition du diabte est1 certes1 chose fcheuse2 mais le plus grand malheur qui puisse arriver un diabtique impressionnable1 c'est de trouver un mdecin qui lui annonce1 sans mnagements1 la fcheuse nouvelle4 ,a partir de ce moment commence1 pour le malade1 une incessante proccupation morale1 aggrave encore par un rgime alimentaire qui lui cause plus de dommages que le diabte lui-mme4 ,il est vrai de dire que1 depuis quelques annes1 les mdecins se sont un peu dpartis de la cruelle svrit qui1 autrefois1 les rendait redoutables aux diabtiques4 ,on veut bien admettre1 dsormais1 que le rgime des diabtiques comporte certains tempraments1 et que les pommes de terre en robe de chambre1 par exemple1 peuvent tre alloues1 voire mme en abondance4 ,mais il n'en reste pas moins vrai que la situation d'un diabtique1 trait d'aprs les principes classiques1 est encore loin d'tre rjouissante4 ,elle sera telle jusqu'au jour o l'on comprendra enfin qu'il n'y a pas deux diabtiques devant tre soigns par le mme rgime1 ou plutt qu'il n'y a pas de rgime du diabte1 le diabte n'tant qu'un symptme qui ne mrite pas qu'on s'acharne sur lui4 ,aux uns il faudra beaucoup de viande et du vin1 aux autres la dite lacte absolue pendant quelques jours1 et le rgime des potages au lait ensuite4 ,et entre ces deux extrmes1 toutes les combinaisons du rgime peuvent tre indiques4 ,le mdecin doit imposer le repos au lit absolu au diabtique qui maigrit et perd ses forces1 l'exercice modr dans les autres cas1 mais1 jamais d'exercice forc1 parce que le diabtique a toujours des combustions exagres1 comme le professeur ,a4 ,robin l'a trs lgamment dmontr4 ,on aura s'occuper aussi de l'tat mental du malade1 et ne pas ngliger la psychothrapie4 ,le diabte peut tre provoqu1 exprimentalement1 en touchant un point prcis du quatrime ventricule du cerveau2 et les diabtiques vraiment graves sont ceux qui le deviennent la suite d'une chute sur la tte3 ces deux faits prouvent assez l'importance des troubles du systme nerveux dans la pathognie du diabte1 et la ncessit de faire une grosse part aux soins moraux dans le traitement du diabtique4 ,albuminurie4--,l'albuminurie donne lieu des considrations de mme ordre4 ,comme le diabte1 elle est un symptme indiquant un tat de dtrioration gnrale de l'organisme2 c'est1 le plus souvent1 un symptme grave1 mais quelquefois aussi un phnomne sans grande importance4 ,tout le monde connat l'albuminurie de l'adolescence1 intermittente1 venant aprs la moindre fatigue4 ,on sait encore que le seul fait de se lever du lit et de procder aux soins de la toilette suffit pour provoquer l'apparition de l'albumine1 qui n'existait pas dans l'urine mise pendant que le sujet tait au lit3 c'est ce qu'on appelle l'albuminurie orthostatique ou physiologique1--terme dtestable1 parce qu'il n'y a pas d'albuminurie physiologique1 pas plus que de glycosurique physiologique4 ,cette albuminurie de peu d'importance survient toujours chez des sujets qui ne sont pas en bon tat de sant1 et indique1 par consquent1 qu'ils doivent tre tenus vue1 et soigns suivant les principes gnraux que nous avons dj noncs4 ,chez l'homme adulte1 la prsence de l'albumine dans l'urine est toujours d'un pronostic plus srieux4 ,parfois cependant1 l encore1 l'albuminurie n'est que transitoire1 et concide avec une dcharge d'acide urique par les reins4 ,si l'on ne soumet pas le malade ainsi touch au rgime lact absolu1 qui achverait de l'puiser1 si on le laisse au repos1 si on lui donne prendre un peu de benzoate de soude1 l'orage passe vite sans laisser de traces4 ,d'autres fois1 l'albuminurie1 sans tre transitoire1 est intermittente1 mme chez l'adulte4 ,nous connaissons un malade qui1 depuis quatre ans que nous le soignons1 a de l'albumine chaque fois qu'il monte cheval4 ,il peut faire jusqu' #bj kilomtres pied sans avoir d'albumine2 mais une seule promenade cheval fait rapparatre l'albumine et1 malgr la dose considrable rvle par l'analyse aprs l'exercice du cheval1 il est1 au demeurant1 bien portant en apparence1 et a une vie des plus actives4--,je connais aussi un mdecin qui a1 depuis des annes1 de l'albumine en permanence2 aprs s'en tre beaucoup inquit1 et avoir suivi divers traitements et divers rgimes1 il a fini par ne plus faire que de l'hygine gnrale1 manger raisonnablement1 viter le surmenage2 et il est1 en somme1 en aussi bon tat que possible4 ,j'ai cit1 dans une tude sur le ,cacodylate de ,soude que j'ai publie en #aija1 l'histoire d'une jeune malade ayant1 depuis #ahih1 la suite d'un coup de froid1 beaucoup d'albumine1 et laquelle j'ai donn des doses considrables de cacodylate1 en injections1 pendant un mois4 ,j'ai eu1 ce moment1 le bon esprit de ne pas attribuer exclusivement au remde la survie de la malade4 ,or1 elle s'est marie en #aijj3 depuis1 elle a cess toute mdication1 pour se borner prendre de la viande crue et beaucoup de repos4 ,elle a encore1 actuellement1 #c #d grammes d'albumine par jour1 et va trs bien4 ,on voit que tout est loin d'avoir t dit sur la valeur pronostique de l'albuminurie4 ,mais il n'en est pas moins vrai que1 le plus souvent1 la prsence de l'albumine chez l'tre humain1 l'ge que nous tudions1 est un symptme qui doit inspirer au mdecin des craintes srieuses1 surtout quand1 en mme temps que l'albumine1 il y a du sucre4 ,cette combinaison m'a toujours sembl tre un arrt de mort brve chance4 ,je dois ajouter que la situation de l'albuminurique sera encore aggrave si le mdecin s'obstine lui imposer le rgime dit des albuminuriques4 ,il n'y a pas de rgime des albuminuriques3 il y a le rgime qui convient tel ou tel albuminurique4 ,parfois le rgime lact fait merveille1 mais c'est rare2 en tout cas1 il ne faut pas le prolonger plus de quinze jours4 ,d'autres fois1 c'est le rgime des ptes1 plus souvent encore le rgime lacto-vgtarien1 qui1 combin au repos1 aide le malade sortir du mauvais pas1 au moins momentanment4 ,obsit4--,au mme titre que le diabte et l'albuminurie1 l'obsit appartient en propre la priode de dclin4 ,mais1 direz-vous1 il est des enfants et des adultes obses6 ,qu'importe8 ,c'est qu'ils ont commenc jeunes leur priode de dclin4 ,mais1 d'habitude1 c'est aux environs de la mnopause que l'obsit devient1 pour les femmes1 une torture de tous les jours4 ,nous n'avons pas en indiquer les inconvnients2 rappelons seulement que l'obsit tend toujours augmenter1 parce qu'elle interdit au malade l'exercice1 et qu'il s'tablit immdiatement un cercle vicieux4 ,dans les cas d'obsit o l'exercice serait utile1 l'obse qui est condamn en prendre de moins en moins1 devient de plus en plus obse4 ,mais il ne faut pas croire que l'exercice soit toujours utile aux obses4 ,l'obsit1 tant un symptme de la maladie1 est quelquefois entretenue par un excs d'exercice4 ,j'ai connu une jeune fille de vingt-huit ans1 trs obse1 qui1 aprs avoir consult des mdecins de diverses nationalits1 avait fini par suivre les conseils d'un empirique1 qui n'avait rien trouv de mieux1 pour la faire maigrir1 que de mettre sa mre en relations avec un commandant de chasseurs pied1 de faon que ces deux dames pussent suivre tous les exercices du bataillon4 ,au bout d'un mois1 la mre tait demi-morte1 et la jeune fille grossissait toujours4 ,sous l'influence de l'exercice1 elle mangeait davantage et buvait en consquence4 ,mais vint un jour o l'estomac1 fatigu par la suralimentation1 se mit protester2 c'est alors que je prescrivis le rgime ultra-restreint1 pendant quelques jours1 pour remettre l'estomac en tat1 le repos presque absolu pendant cette priode1 puis un rgime s'adaptant au fonctionnement de l'estomac et de l'intestin1 avec un exercice modr2 et voici que1 sous l'influence de ce traitement1 la malade vit diminuer son obsit1 et disparatre1 successivement1 d'autres troubles varis qui1 comme l'obsit1 taient symptomatiques6 ,il n'y a pas de rgime des obses3 il y a le rgime applicable tel ou tel malade atteint d'obsit4 ,le plus souvent1 le rgime restreint est indiqu2 d'autres fois1 il faut alimenter l'obse1 et rien n'est dangereux comme de le faire maigrir par insuffisance alimentaire4 ,il ne faut pas1 non plus1 le faire maigrir par l'emploi de la thyrodine4 ,je dois dire1 cependant1 que j'ai t surpris des rsultats excellents obtenus1 par la thyrodine1 chez un obse de vingt ans qui1 en six mois1 a vu son poids baisser de #aje #hj kilogrammes1 sans qu'il en soit rsult le moindre trouble pour la sant4 ,mais la thyrodine avait t manie par le ,dr ,polin avec une prudence extrme 7#b milligrammes par jour1 et pendant six mois conscutifs74 ,en gnral1 il faut se mfier de ce mdicament1 qui demande une surveillance mdicale sinon quotidienne1 du moins hebdomadaire2 il faut enfin se rappeler que l'hygine suffit toujours pour attnuer l'obsit au point d'en supprimer les inconvnients1 et aussi qu'il est toujours dangereux de faire trop maigrir un obse1 ou de le faire maigrir trop vite4 ,quand un obse maigrit trop vite1 son ventre tombe1 il est vrai2 mais c'est le commencement de l'effondrement4 ,son systme nerveux tombe aussi4 ,en y mettant le temps1 au contraire1 c'est--dire en ne brusquant pas la manire d'tre du sujet1 on peut toujours arriver des rsultats excellents4 ,j'ai commenc donner des soins il y a dix ans1 une dame de soixante-sept ans1 qui pesait #ig kilogrammes4 ,elle est arrive en dix-huit mois1 baisser1 avec une progression continue1 #gg kilogrammes444 ,depuis1 elle garde son poids et sa sant2 son dclin s'opre avec une lenteur telle qu'il est peine perceptible4 ,inutile de dire que l'hygine seule a fait les frais de la thrapeutique4 ,,chapitre ,,ii ,,la ,,vieillesse ,quelle que soit l'conomie qui ait prsid l'usage du capital biologique1 il n'est pas possible que quelques mauvais placements n'aient t faits1 dans le courant de l'existence2 que des chocs accidentels1 et indpendants de la volont1 n'aient1 diverses reprises1 brch le capital4 ,l'homme qui se condamnerait vivre seule fin de prolonger ses jours vivrait certainement trs longtemps1 mais la sentence d',horace lui serait applicable3 ,pour vivre1 il aurait perdu les raisons de vivre4 ,et propter vitam vivendi perdere causas4 ,d'autre part1 le capital diminue par le fait mme de la vie1 comme la vitesse initiale d'un projectile diminue progressivement par le fait de la rsistance de l'air4 ,enfin il vient un moment o le capital1 aprs avoir produit des intrts considrables1 ne donne plus que des intrts de moins en moins levs4 ,ce moment concide exactement avec la priode de dclin1 de sorte que1 partir de ce jour1 quoi qu'il fasse et sans qu'il s'en doute1 l'tre vivant s'appauvrit fatalement et progressivement4 ,il en arrive enfin n'tre plus qu'un mdiocre petit rentier2 et c'est alors la vieillesse4 ,vieillesse qui peut1 d'ailleurs1 survenir tout ge2 tmoin ces enfants qui ont l'aspect de petits vieillards1 comme on dit dans le langage courant2 ces hommes de quarante ans qui sont aussi des vieillards1 des loques humaines4 ,mais1 le plus souvent1 la vieillesse survient un ge plus tardif1 que1 pour le besoins de la cause1 nous fixerons1 par exemple1 soixante-cinq ans4 ,a partir de cet ge1 l'homme ne doit pas se borner1 comme le lui conseillaient les trois jeunes gens du fabuliste1 songer ses erreurs passes ,il peut mme encore avoir de longs espoirs et de vastes penses1 condition que ce ne soit pas pour lui1 mais pour ses arrire-neveux4 ,il peut1 en d'autres termes1 jouir de son exprience et s'efforcer d'en faire profiter les autres2 mais en se rappelant qu'il a atteint l'ge du repos1 des mnagements et des prcautions4 ,et de mme que1 dans la premire priode de la vie1 il appartient aux parents de mnager pieusement et de faire sagement fructifier le capital de l'enfant2 de mme1 cette dernire priode1 il est du devoir des enfants de veiller avec zle sur la frle existence dont ils ont la charge2 d'viter au vieillard toute fuite nerveuse1 tout chagrin1 tout souci1 tout cart de rgime1 et de le prserver contre toute intervention thrapeutique brutale4 ,quelles sont les influences qui compromettent d'une faon spciale le vieillard vivotant8 ,les influences psychiques sont beaucoup moins importantes que dans l'ge adulte4 ,quelques vieillards1 il est vrai1 gardent leur sensibilit et leur jeunesse de sentiments4 ,l'exprience de la vie ayant tempr la fougue de leurs jeunes annes1 leur ayant appris l'indulgence et la misricorde1 ils deviennent des tres exquis1 d'un commerce aussi agrable que profitable4 ,mais1 le plus souvent1 la sensibilit s'mousse1 et un gosme tranquille prserve le vieillard de toute motion nuisible4 ,apprend-il la mort d'un de ses contemporains1 ft-ce de son meilleur ami8 ,il en est bien un peu chagrin1 mais l'motion qu'il prouve est surtout goste1 cause de la crainte qu'elle lui donne de voir son tour arriver2 en somme1 elle est peu profonde1 et n'est pas comparable au chagrin poignant de l'homme adulte perdant un tre aim4 ,donc1 de ce ct1 peu de fuites nerveuses4 ,du ct du systme musculaire1 il n'y en a pas non plus4 ,le simple bon sens fait que le vieillard n'abuse pas1 en gnral1 de son restant de forces musculaires3 exception faite cependant pour les cas o des parents ou des amis mal aviss1 croyant bien faire1 forcent le vieillard se dplacer sans relche1 pour passer l'hiver dans le ,midi1 l't en ,suisse1 le printemps ailleurs4 ,combien ne serait-il pas plus sage1 en gnral1 de le laisser tranquillement chez lui1 dt-il ne pas quitter sa chambre8 ,j'ai longtemps donn des soins une vieille dame que ses enfants emmenaient en villgiature1 toujours malgr elle1 dans le centre de la ,france1 et ramenaient ,paris en octobre4 ,or1 aprs chaque voyage1 il fallait un mois de soins assidus et de prcautions pour effacer les traces de fatigue occasionne par le dplacement4 ,la vrit est que1 dans les cas exceptionnels1 le sjour hivernal dans le ,midi peut tre recommandable1 mais que1 d'une faon gnrale1 il faudrait se rappeler un peu plus le dicton populaire affirmant qu'on ne doit pas transplanter un vieux chne1 et qu'on devrait regarder deux fois avant de proposer1 et surtout d'imposer un vieillard1 soit un lointain changement de pays1 soit mme un changement d'appartement4 ,il faut1 en gnral1 tenir plus de compte qu'on ne le fait de son dsir1 qui est dict par un vague instinct de conservation et qui trompe rarement4 ,ce qui menace le plus le vieillard1 en dehors bien entendu des affections accidentelles1 ce sont les carts dans l'alimentation4 ,une indigestion qui1 chez un homme jeune1 se serait traduite par un lger tat gastrique1 amne chez le vieillard un effondrement colossal2 et1 pour peu que la thrapeutique intervienne d'une faon inopportune sous la forme d'un purgatif qui semble bien anodin1 la situation peut s'aggraver d'un jour l'autre4 ,il faut alors des semaines pour remettre en tat le systme nerveux boulevers4 ,imaginez un foyer prs de s'teindre1 o il ne reste plus qu'une petite flamme vacillante2 irez-vous l'alimenter par un soufflet de forge1 et charger le foyer de grosses bches de bois8 ,non1 vous mettrez sur la flamme1 avec d'infinies prcautions1 des brindilles de bois bien sec1 et c'est seulement ensuite que vous mettrez des fragments un peu plus volumineux1 pour arriver enfin la bche qui entretiendra la vie du foyer4 ,de mme chez le vieillard malade1 surtout quand il a des phnomnes gastriques1 prudence extrme dans l'alimentation1 frquence de l'alimentation1 et repos absolu3 c'est la base du traitement4 ,mais combien1 pour faire observer ces prescriptions si simples1 ne faut-il pas au mdecin d'nergie et de foi8 ,qu'on veuille donc bien se rappeler que le vieillard malade n'a besoin que d'une alimentation restreinte1 que ce n'est pas ce qu'il prendra qui lui sera profitable1 mais bien ce qu'il assimilera1 et que1 chez lui1 la puissance d'assimilation est extrmement minime6 ,lui-mme1 d'ailleurs1 il le dit1 il proteste1 plus ou moins nergiquement1 contre les menus qu'un zle mal clair s'ingnie lui proposer4 ,en dehors de ces tats gastriques passagers1 le rgime du vieillard doit tre1 en gnral1 peu substantiel4 ,il faut surtout qu'il mange peu le soir1 s'il tient avoir quelques heures de sommeil4 ,s'il prouve le besoin de se nourrir1 qu'il mange souvent1 plutt que beaucoup la fois4 ,mais on ne saurait croire combien certains vieillards ont peu besoin de manger4 ,j'ai eu longtemps pour patiente une vieille dame qui avait trop mang pendant toute sa vie1 et1 de ce chef1 avait eu une dyspepsie permanente accompagne de misres varies1 en tte desquelles venait la constipation4 ,de l obsession de tous les instants2 tant qu'on ne l'et pas mise exactement au rgime convenable1 elle fut torture par ce symptme1 restant huit ou quinze jours sans parvenir aller la garde-robe1 malgr les lavements1 les suppositoires1 le massage abdominal1 etc4 ,on avait d mme1 plusieurs fois1 recourir au curetage4 ,or je me dis1 un jour1 que le rgime relativement restreint que je lui avais impos tout d'abord n'tait peut-tre pas encore assez restreint4 ,comme elle n'avait jamais d'apptit1 et qu'elle ne mangeait que pour faire plaisir son entourage1 je fis avec elle une sorte de convention1 qui fut de restreindre1 sous ma surveillance1 son alimentation progressivement1 et dans la mesure extrme du possible4 ,aprs un mois de ttonnements1 ma collaboratrice et moi en tions arrivs la formule suivante1 que je transcris d'aprs mes notes3 #g heures matin1 une tasse th de caf au lait2 #aj heures1 une tasse caf de semoule au lait1 ou de panade1 ou de farine de ,hongrie1 ou de crme de riz1 ou de crme d'orge aux mmes doses1 et un peu de confiture avec lait2 ,midi1 un quart d'chaud2 #e heures1 caf au lait2 #g heures1 comme midi2 dans la nuit1 une tasse caf de lait4 ,ce rgime1 qui d'abord paraissait l'entourage absolument ridicule1 finit par tre accept quand on vit la malade reprendre1 progressivement1 du sommeil1 un peu de force1 un peu d'apptit1 et surtout quand on vit disparatre sa constipation4 ,ses fonctions s'excutaient1 en effet1 trs rgulirement tous les deux ou trois jours1 spontanment4 ,le rgime fut continu jusqu' sa mort1 qui survint trois ans aprs4 ,elle s'teignit sans souffrance l'ge de quatre-vingt-quatre ans4 ,je pourrais relater bien d'autres exemples semblables1 mais ils seraient tous calqus sur ce modle4 ,il est1 par contre1 des vieillards qui ont conserv un gros apptit3 il faut savoir le respecter1 tout en essayant de le modrer un peu1 du moment que la sant reste bonne4 ,pour en finir avec la question de rgime1 disons qu'un peu de vin gnreux1 tendu d'eau1 est1 en gnral1 une boisson excellente pour le vieillard1 bien portant ou malade2 et que le lait1 par contre1 lui est le plus souvent prjudiciable1 sauf dans les tats aigus ou subaigus prolongs4 ,quant aux affections accidentelles qui surviennent chez le vieillard1 et qui compromettent son reste de vie1 elles sont peu nombreuses1 et font1 nanmoins1 beaucoup de victimes4 ,la plus importante de toutes est la pneumonie4 ,c'est1 trs souvent1 une pneumonie d'origine grippale3 aussi ne saurait-on trop soigner la grippe ds son dbut1 chez le vieillard plus encore que chez l'adulte4 ,la pneumonie est insidieuse chez le vieillard4 ,elle ne se traduit que par un malaise gnral1 avec trs peu de phnomnes pulmonaires1 mais elle s'accompagne toujours de fivre4 ,si donc les familles savaient se servir du thermomtre1 on aurait des chances de porter secours aux malades en temps utile2 et alors une injection de cacodylate de gaacol1 quelques cachets de quinine1 une certaine dose de cognac ou de vin trs gnreux1 parviendraient1 dans bon nombre de cas1 le sauver2 tandis qu'en gnral1 quand on appelle le mdecin1 il est trop tard1 le mdecin ne peut plus faire que le diagnostic1 et prvenir la famille de la gravit de la situation4 ,les petites hmorragies crbrales viennent souvent compromettre la survie du vieillard4 ,ordinairement1 il chappe la premire atteinte1 mais il en sort tellement amoindri1 physiquement et intellectuellement1 qu'on peut dire qu'il a cess de vivre avant de mourir4 ,grce aux soins dont il est entour1 partir de ce moment1 il se survit lui-mme pendant quelquefois plusieurs annes1 jusqu' ce qu'il se dcide mourir aprs une deuxime ou troisime attaque4 ,quand aucune des causes graves ci-dessus mentionnes ne s'observe1 le petit rentier qu'est le vieillard continue vivoter plus ou moins longtemps1 jusqu'au jour o1 tout son capital et tous ses revenus tant puiss1 il cesse de vivre1 tout simplement parce qu'il n'a plus la force de vivre4 ,il s'teint alors et se repose comme le travailleur qui a fini sa tche4 ,c'est ce que traduit d'une faon1 trs profondment philosophique1 l'expression courante de dfunt1 la traduction littrale du mot latin defunctus tant3 ,celui qui s'est acquitt4 ,les privilgis sortent de la vie comme d'un banquet1 en remerciant leur hte4 ,heureux s'ils peuvent lguer une nombreuse postrit l'exemple de leur vie6 ,,fin ,,index ,,alphab,,tique ,albuminurie3--permanente2--son rgime4 ,alcool4 ,alimentation3 de l'enfant n avant terme2--du premier ge2--,gouttes de lait2--chez le petit enfant2--chez l'enfant du deuxime ge2--dfectueuse2 excessive2--ration d'entretien2--observation d'une malade gurie par le rgime restreint2--insuffisante en quantit2-- la sonde2--observation d'une malade fbricitante gurie par l'alimentation force2--insuffisante en qualit2--chez le vieillard4 ,aliments adultrs par les procds chimiques2 physiques4 ,auto-intoxication1 7,hypothse de l'74 ,avarie4 ,bains3 chauds dans les pneumonies2--prolongs2--de briques2--de vapeur2--lectriques2--de mer4 ,blennorragie1 ses dangers tardifs4 ,boissons3 fermentes2--distilles2--le vin chez l'homme bien portant2--chez le malade3--dans la ration du soldat2--eau strilise en usage dans l'arme4 ,cancer1 son hrdit4 ,capital biologique 7hypothse du74 ,causes morbignes3 ambitions dues2--passion amoureuse2--inquitudes2 --vie brise2--frayeur4 ,causes accidentelles4 ,chaleur sche 7dermotherme74 ,choc3 traumatique2--chirurgical2--moral4 ,coeur3 maladies du coeur--leur hrdit2--observation d'un faux cardiaque2--la priode de dclin4 ,constipation2--et entro-colite2--provoque chez les oprs2--son innocuit2--gurison par le repos2--dangers des purgatifs2--obsession de la constipation2--lavements d'huile2--injections de ,brown-,squard2--chez le vieillard2--,convalescence1 sa rapidit chez l'enfant4 ,course en flexion4 ,dclin3 ge de dclin2--pouvant n'tre qu'apparent2--problmes cliniques l'ge du dclin1 leur difficult4 ,diabte3 rgime2--traumatique1 sa gravit4 ,dyspepsie3 observation d'une malade avec prdominance de troubles dyspeptiques4 ,eaux minrales2--table de rgime2--de ,carlsbad2--,chatel-,guyon1 ,bagnoles1 ,brides1 ,vichy2--,vittel4 ,education3 chez la jeune fille2--chez le jeune homme2--de la volont2-- ,electricit2--bains lectriques4 ,empltre4 ,enfants3 prservation contre la tuberculose2--couveuses artificielles2--alimentation de l'enfant n avant terme3--le capital biologique de l'enfant doit tre cr par les parents2--puriculture2--alimentation du premier ge1 son importance pour toute la vie2--,goutte de lait2--pathologie infantile2--sa simplicit relative2--ses difficults2--ncessit du sommeil prolong2--mastication2--convalescence rapide2--enfants du type musculaire2--crbral2--du deuxime ge1 alimentation3--fivre digestive4 ,epilepsie4 ,exploration abdominale4 ,exercice3 difficult de le doser chez les jeunes filles nerveuses2 --dans un grand collge moderne2--chez les professionnels2--chez les jeunes gens 7danger des sports72--et entranement2--et gymnastique respiratoire2--,institut ,zander2--chez les obses4 ,fatigue2--et puisement4 ,fivre digestive des enfants2--typhode4 ,folie3 chez la jeune fille3--dlire de la perscution2--l'alination mentale et la maladie2--menstruation chez l'aline2--du doute2--obsession3--manie aigu4 ,frictions4 ,grippe1 son influence pathogne4 ,grossesse 7maladies de la mre pendant la74 ,hmorragies crbrales1 chez les vieillards4 ,hrdit3 tymologie2--gnralits2--protestation contre la fatalit des tares hrditaires2--de la longvit2--de la tuberculose2--du cancer2--des tares nerveuses1 #ae2--;de la paralysie gnrale1 #af2--;des maladies de coeur1 #af2--;des affections rnales1 #ag4 ,hydrothrapie3 froide1 #bbc2--tide #bbe2--maillot humide1 #bbe4 ,hypnose1 #ahi2--;chez les alins1 #aia2--ses dangers1 #aid4 ,hygine de la procration1 #ba4 ,hystrie 7simulant une maladie organique de la moelle71 #aad4 ,hypothse 7son rle dans la science71 #a4 ,injections3 action dynamognique de tout liquide inject1 #bcb2--;hypodermiques d'eau de mer1 #bcd2--;de cacodylate de magnsie1 #bce2--;de cacodylate de soude1 #bce2--;de gaacol1 #bch2--;de quinine #bci2--;d'hrone1#bci2--;de mercure1 #bdj2--;de morphine1 #bdj2--;huileuses1#bdj2--;d'huile mercurielle1 #bda2--;d'huile crosote1 #bdb2--;etsuggestion1 #bdd2--;injections de ,brown-,squard1 7constipation71 #cec4 ,influences morbignes1 gnralits1 #cj4 ,isolement 7en maison de sant1 ses dangers71 #gj4 ,jeune fille3 voyage de noces1 ses dangers1 #bj2--;ducation sexuelle--1 #ba2--menstruation--1#ff2--;despotisme de certaines mres1 #fh2--;difficult de doser l'exercice chez les jeunes filles nerveuses1 #ff2--;alination mentale--1 #ga2--vocation contrarie1 #gb2--mariage contrari--1 #gc2--utilit du mariage chez les jeunes filles nerveuses1 #gd2--surmenage scolaire--1 #ge4 ,jeune homme3 surmenage scolaire1 #ge2--ncessit du sommeil1 #gf2--;exercice chez les jeunes gens 7danger des sports71 #gh2 --exercice physique chez les jeunes gens1 #gi2 --ducation sexuelle1 #ha2--psychothrapie1 #hc4 ,ligue des pres de famille1 #hj4 ,longvit3 hrdit de la1 #h2--;humaine1 #i4 ,malade3 son entourage1 #bjd2--ne voulant pas gurir1 #bjg2--rgime des grands malades1 #bag2--n'osant pas manger1 #bbj2--;danger des voyages1 #bfg4 ,maladies3 accidentelles1 #db2--la maladie1 #id-ie2--petits symptmes de la maladie1 #ie1--la maladie et les maladies accidentelles1 #ig2--;causes morales1 gnralits1 #adb2--;causes accidentelles de la maladie1 #afb2--;du coeur la priode du dclin1 #bgi4 ,mariage3 contrari chez la jeune fille1 #gc2--son utilit pour les jeunes filles nerveuses et ses dangers1 #gd4 ,massage1 #bbh2--;abdominal1 #bbi4 ,mningite1 #ee4 ,menstruation3 utilit du repos1 #ff2--;chez l'aline1 #afe2--;chez la grande malade1 #aff2--mnopause1 #bif4 ,migraine1 #dj4 ,mort naturelle1 #caj4 ,nvrose 7sa contagion71 #adh4 ,obsit1 #big2--;exercice chez les obses1 #bih2--rgime chez les obses1 #bii4 ,obsession3 de la constipation1 #bea2--;de la rougeur1 #ahg4 ,observations3 d'une malade avec prdominance de troubles dyspeptiques1 #ii2--;d'une malade avec prdominance de troubles de nutrition1 #aje2--;d'un faux cardiaque1 #ajg2--;d'une malade suivie pendant trente ans1 chez laquelle presque tous les appareils ont t successivement atteints1 #aaj2--;d'une grande malade gurie par le rgime restreint1 #abh2--;d'une malade fbricitante gurie par l'alimentation force4 #acb4 ,oprs3 oprations de complaisance1 #aee2--morphine chez les1 #aef2 --rle mdical du chirurgien1 #aef2--purgation chez les1 #aeg2--;constipation provoque chez les1 #aeh4 ,opothrapie3 hpatique1 #bcf2--ovarienne1 #bhf4 ,paralysie gnrale1 hrdit1 #af4 ,pertes3 matrielles1 #adc2--;au jeu1 #add4 ,pneumonie3 bains chauds dans la2--chez le vieillard1 #cjh4 ,protection1 loi de protection des faibles1 #aj4 ,psychonvroses1 leur traitement moral1 #bac4 ,psychothrapie3 chez le jeune homme1 #hc2--savoir prendre un parti1 #age2--respect du temps1 #agf2--;drivative4 #ahj2 --sdative1 #aha2--reconstituante1 #ahb2--rsignation1 #ahb2--;foi religieuse1 #bjh2--;et problme religieux1 #baj4 ,ptse3 abdominale1 #afi2--;et ceinture hypogastrique1 #afg2--passagre1 #afi4 ,purgatifs et constipation1 #bdi4 ,rgime3 ration d'entretien1 #abe1--;des ,chartreux1 #abe2--;des ,trappistes1 #abe2--;des soldats1 #abg-adj2--;des guides alpins1 #abg2--observation d'une grande malade gurie par le rgime restreint1 #abh2--;en cas d'effondrement abdominal1 #agb2--;et suggestion1 #bae2--;des grands malades1 #bag2--monotone1 #bah2--sec 7ses dangers71 #bai2-- boisson restreinte1 #bai2--;et eaux minrales1 #bee2--;des diabtiques1 #bic2--;des albuminuriques1 #big2--;des obses1 #bii2--lact chez les vieillards1 #cjh4 ,repos3 dans les tats aigus1 #agc2--;cure de--1 #bje2--;constipation gurie par le--1 #bje2--;avant le repas1 #bba2--;aprs le repas1 #bbb2--;au lit1 #bfe4 ,sommeil3 ncessit du sommeil chez l'enfant1 #eg2--ncessit du sommeil chez les jeunes gens1 #gf2--;diurne 7ses bons effets7 #agc2--l'aliment favorise le--1 #bba2--;et repos au lit1 #bba4 ,sports1 chez les jeunes gens 7leur danger7 #gh4 ,suggestion et rgime1 #bae4 ,symptmes morbides1 #cb2--petits symptmes de la maladie1 #ie4 ,syphilis3 polynatalit1 #aj2--;et mningite1 #ab2--,socit de prophylaxie sanitaire et morale1 #ac2--ncessit d'un traitement pour prvenir la transmission hrditaire de la1 #bc2 --ge laquelle se contracte la--1 #hd2--manifestations tertiaires1 #afd2--;et assurances sur la vie1 #afd4 ,travail3 crbral insuffisant1 #aai2 --crbral excessif1 #aai2--musculaire excessif1 #aba2--ration de--1 #abe4 ,tuberculose hrdit1 #ac2--oeuvre de prservation de l'enfance contre la--1 #ad et #hi2--;dans l'arme1 #hg2--;et sanatorium populaire1 #ch2--;et dispensaire1 #hh4 ,vacances3 leur ncessit1 #bfa2--;colonies de--1 #bfb4 ,vsicatoires1 #bee4 ,vieillards3 voyages1 #cjd2--;alimentation1 #cjf2--;constipation1 #cjg2--pneumonie1 #cjh2--rgime lact1 #cjh2--;hmorragie crbrale1 #cji4 ,vin3 chez l'homme bien portant1 #aci2--;chez le malade4 #ada2 ,voyages3 de noces 7ses dangers71 #bj2--leur utilit chez les gens bien portants1 #bfa2--leur danger chez les malades1 #bfg2--;chez les vieillards1 #cjd4 ,,auteurs ,,cit,s ,dr ,,baraduc1 #cg4 ,,brieux1 #hc4 ,,brown-,,sequard1 #bcf4 ,dr ,,charcot1 #aid ,dr ,,campenon1 #aef4 ,dr ,,chaillou1 #gf4 ,dr ,,delorme1 #aeh4 ,dr ,,dubois1 #bac4 ,dr ,,duprat1 #aid4 ,,flourens1 #i4 ,dr ,,fonsagrives1 #ee4 ,,fonsagrives 7,abb71 #ha4 ,dr ,a4 ,,fournier1 #ac4 ,dr ,,ed4 ,,fournier1 #hd4 ,dr ,,grancher1 #ad4 ,dr ,,grasset1 #aid4 ,dr ,,huchard1 #ag4 ,dr ,,kelsch1 #hg4 ,,kneipp1 #bbd4 ,dr ,,lagrange1 #gi et #hf4 ,dr ,,laumonier1 #fd4 ,dr ,,legendre1 #hj4 ,dr ,,leredde1 #bca4 ,dr ,,mathieu1 #cc4 ,dr ,,pinard1 #ba et #de4 ,,plantet1 #bfb4 ,,poincare1 #a4 ,dr ,,robin1 #bic4 ,dr ,,rungberg1 #afd4 ,,sertillanges 7,abb71 #abe4 ,dr ,,sigaud1 #aga4 ,dr ,r4 ,,simon1 #bcd4 ,,vancauwenberghe1 #dh4 ,dr ,,variot1 #dg4 ,dr ,a4 ,,voisin1 #aid4 ,,table ,,des ,,matieres ,,pr,,face ,,premi,,re ,,partie ,,chapitre ,i ,,le ,,capital ,,biologique ,notre postulatum3 le capital biologique4 ,sa valeur variable selon chaque individu et selon chaque priode de la vie4 ,capital initial2 influences qui le font varier4 ,,chapitre ,,ii ,h,r,,dit ,dfinition de l'hrdit2 son rle4 ,hrdit de la longvit4 ,rle de l'hrdit dans l'alcoolisme2 la syphilis2 la tuberculose2 le cancer2 les tares nerveuses3 les maladies de coeur2 des reins4 ,,chapitre ,,iii ,,conception ,la valeur des gnrateurs au moment de la conception4--,loi de protection des faibles4 ,hygine de la procration3 ducation sexuelle de la jeune fille4 ,,chapitre ,,iv ,,gestation ,les influences qui ont pu atteindre le produit pendant la gestation4--,emotions1 misres physiologiques1 maladies de la mre pendant la grossesse4 ,enfants ns avant terme4 ,,chapitre ,v ,,influences ,,morbig,,nes ,,et ,,sympt,,mes ,,morbides ,la vie de l'tre humain peut tre figure par une courbe volutive3 les influences morbignes modifient cette courbe4 ,la mme influence peut se traduire par des symptmes varis2 et1 inversement1 des influences varies peuvent se traduire par le mme symptme 7ex43 constipation7 ou par le mme ensemble de symptmes 7ex43 pilepsie74 ,tous les systmes organiques peuvent tre troubls la fois4 ,le plus souvent1 c'est l'organe le plus faible qui traduit le malaise4 ,le systme nerveux est la clef de vote de la pathologie1 c'est lui qu'atteignent le plus les causes morbignes4 ,,chapitre ,,vi ,,de ,,la ,,naissance ,,au ,,sevrage4--,,pu,,riculture ,importance de l'alimentation du premier ge pour toute la dure de la vie4 ,le lait de la mre appartient l'enfant4 ,gouttes de lait 7de ,belleville1 de ,saint-,pol74 ,la pathologie enfantine est1 le plus souvent1 simple2 quelquefois1 de la plus grande difficult4 ,succs thrapeutiques chez les petits enfants atteints de syphilis1 de pneumonie4 ,,chapitre ,,vii ,,du ,,sevrage ,a ,,la ,,pubert #a ,chez l'enfant du deuxime ge4 ,ncessit du sommeil prolong1 d'une mastication parfaite4 ,les maladies accidentelles cet ge voluent vite1 sans convalescence4--,chez l'enfant de sept ans la pubert4 ,enfant du type musculaire 7hygine qui lui convient72 du type crbral4 ,les dracins4 maladies accidentelles chez l'enfant4 maladies trs souvent provoques par une alimentation dfectueuse4 ,,chapitre ,,viii ,,de ,,la ,,pubert ,a ,l',,age ,,adulte ,i4 ,chez la fille4--,prcautions prendre l'apparition des rgles4 ,chloro-anmie4 ,causes spciales de maladie3 --,a4 ,surmenage intellectuel4--,b4 ,causes morales 7despotisme de la mre1 vocation contrarie72 brevets3 mariage rendu impossible2 besoin du mariage4--,c4 ,surmenage musculaire4 ,quelle que soit la cause1 les symptmes sont les mmes1 mais le traitement varie avec la cause4 ,facilit relative de la gurison4 ,,ii ,chez le garon4--#a ,surmenage scolaire 7insuffisance du sommeil74--#b ,surmenage physique 7abus des sports1 de l'escrime1 utilit des exercices automatiques 7,ligue des pres de famille74--#c ,dviation de l'hygine sexuelle3 ducation sexuelle4 ,par qui elle doit tre donne4 ,enseignement individuel et enseignement collectif4 ,utilit de l'exercice pouss au maximum de la tolrance4 ,aberrations de l'instinct sexuel3 psychothrapie4 ,,iii4 ,causes morbignes communes aux deux sexes4--maladies accidentelles3 tuberculose 7le sanatorium1 les dispensaires1 oeuvres de prservation74 ,,deuxi,,me ,,partie ,,chapitre ,i ,,maturit ,l'homme doit travailler et produire4 ,ncessit des priodes de repos4 ,le coup de collier4 ,la fatigue4 ,l'entranement4 ,l'puisement 7ses signes prmonitoires74 ,surmenage crbral-musculaire 7ses signes prmonitoires4 ,la maladie4 ,,chapitre ,,ii ,,caract,,res ,g,n,,raux ,,de ,,la ,,maladie ,ce que c'est que la maladie4 ,manire d'tudier un malade4 ,quatre observations de patients atteints de la maladie sous ses diverses formes4 ,troubles fonctionnels pouvant simuler les affections avec lsions d'organes4 ,rle du systme nerveux central dans la pathognie de la maladie4 ,embarras gastrique4 ,,chapitre ,,iii ,,les ,,causes ,,de ,,la ,,maladie ,i4 ,causes physiques4--#a ,surmenage crbral1 travail crbral insuffisant4 ,la maladie due au surmenage crbral peut revtir des formes cliniques trs diverses4--#b ,surmenage musculaire4--#c ,vices d'alimentation4 ,gnralits1 auto-intoxication1 irritation4--,a4 ,alimentation excessive en quantit4 ,ration d'entretien4 ,rgime des ,chartreux1 des ,trappistes1 des soldats1 des guides alpins4 ,observation d'une grande malade gurie par le rgime restreint4--,b4 ,alimentation la sonde4--,c4 ,alimentation insuffisante en qualit4 ,adultration des aliments3 a7 par les procds chimiques1 b7 par les procds physiques4 --,d4 ,alcool4 ,boissons fermentes1 leur utilit4 ,boissons distilles1 leur danger4 ,,ii4 ,causes morales4--,leur importance prpondrante3 ,a4 ,pertes d'argent4 ,jeu4 ,ambitions dues4--,b4 ,influences compromettant la quitude de l'me4 ,passions4 ,incompatibilit d'humeur4--,c4 ,inquitudes d'origine altruiste4 ,sparation momentane1 dfinitive4--,choc traumatique3 a7 ,hystro-neurasthnie traumatique4 b7 ,choc chirurgical4 ,danger de l'intervention mdicale des chirurgiens4 ,danger de la morphine aux oprs4 ,des purgations4 ,constipation provoque chez les oprs1 ses avantages4 ,,iii4 ,causes accidentelles4--,fivre typhode4 ,grippe3 son grand rle pathognique4 ,syphilis4 ,,iv4 ,influences morbignes spciales la femme4--,menstruation4 ,grossesse4 ,ptse abdominale3 ,exploration abdominale4 ,,chapitre ,,iv ,,psychoth,,rapie ,dfinition4 ,ne pas s'exagrer l'importance de son rle #a ,son action s'tend aux dviations mentales4--#b ,a un grand nombre de troubles somatiques4--,a4 ,moyens par lesquels on diminue les dpenses d'influx nerveux3 savoir prendre parti2 avoir des principes2 le respect du temps2 des habitudes d'ordre4 ,application de ces prceptes4 ,un cas de folie du doute4 ,psychothrapie dans la manie aigu1 dans les obsessions4 ,rsignation passive et active4--,b4 ,moyens par lesquels on augmente les recettes4 #a ,gymnastique de la volont1 quelques procds pratiques 7gymnastique respiratoire1 gymnastique sudoise74--,moyens par lesquels on augmente artificiellement le capital insuffisant3 hypnose4 ,action personnelle de l'hypnotiseur1 indications du traitement par l'hypnose4 ,ce qui limite l'emploi de l'hypnose en thrapeutique1 c'est que3 #a ceux qui en auraient le plus besoin sont les plus difficiles hypnotiser4--#b ,c'est que c'est un moyen qui peut tre trop actif4 ,c'est un agent thrapeutique utile1 non dangereux1 s'il est bien mani2 le mdecin seul peut le bien manier4 ,conseils pratiques pour l'application des procds psychothrapiques4 --#a ,le mdecin doit soigner avec son coeur1 plus qu'avec son intelligence4--#b ,paratre ne jamais tre press4--#c ,ni mme tre press4--#d ,savoir parler au malade4--#e ,ne lui imposer que le strict minimum de prescriptions4 ,difficults du traitement psychothrapique3 #a ,absence de foi chez le malade 7malades thories mdicales4 ,malades qui ne veulent pas gurir74--,a l'hostilit de l'entourage4 ,le mdecin confident4--,psychothrapie et sentiment religieux4 ,,chapitre ,v ,,autres ,,agents ,,th,,rapeutiques #a ,rgime alimentaire 7les prescriptions dittiques n'agissent pas seulement par suggestion74 ,dite liquide4 ,rgime des potages4 ,rgime boisson restreinte4 ,de la frquence des repas4 ,du repos aprs et avant le repas4 #b ,moyens accessoires4--,a4 ,hydrothrapie3 froide1 exceptionnellement indique4 ,mthode de ,kneipp4 ,drap mouill4 ,hydrothrapie tide3 tub1 bain4 ,malades dont il ne faut pas mouiller la peau4 ,chaleur sche4 ,massage4 ,frictions4 ,bains de vapeur4 ,bains lectriques4 ,electricit4--,b4 ,injections hypodermiques4--#a ,influence utile de l'injection en tant qu'injection 7srum artificiel1 eau de mer74--#b ,action propre du liquide inject4 ,cacodylate de soude1 de magnsie1 de fer4 ,injections de ,brown-,squard4 ,strychnine4 ,cacodylate de gaacol dans la maladie post grippale4 ,quinine1 hrone et morphine1 leurs dangers4 ,injections huileuses3 a4 ,mercurielles4 b4 ,crosotes4 ,rle alimentaire de l'huile injecte4--#c ,des injections hypodermiques comme procd de suggestion4--,c4 ,vsicatoires4 ,empltres4 ,purgatifs4 ,etude de la constipation et des constips4--,d4 ,eaux minrales1 leurs indications4 ,les tables de rgime4 ,carlsbad4 ,vichy4 ,bagnoles4 ,brides4 ,vittel4 ,chtel-,guyon1 ,bourbon l',archambault1 etc4 ,les mdecins des eaux4--,voyages4 ,leur utilit chez les gens bien portants4 ,leur danger chez de grands malades4 ,prcautions prendre pour qu'ils soient utiles aux malades moyens4 ,la grande malade et le ciel de la ,cte d',azur4 ,voyage et entranement4 ,vacances4 ,colonie de vacances4--,f4 ,la mer4--,la cure marine4 ,le train des maris4 ,,troisi,,me ,,partie ,,chapitre ,i ,,la ,p,,riode ,,de ,d,,clin ,le dclin peut survenir tout ge4 ,exemples de limites extrmes4 ,les tares organiques4 ,les cardiopathies se rvlent4 ,le dclin peut n'tre qu'apparent 7difficult du diagnostic74 ,petits symptmes prmonitoires du dclin4 ,mnopause4 ,opothrapie ovarienne4 ,influences morales4 ,aberrations tardives de l'instinct sexuel4 ,age critique de l'homme4 ,forme que revt souvent la maladie cet ge4 ,traitement psychothrapique1 rgime1 prcautions4 ,le diabte4 ,rle du systme nerveux dans le diabte4 ,il n'y a pas de rgime du diabte1 ni mme des diabtiques4 ,albuminurie3 transitoire1 intermittente1 permanente4 ,pronostic variable4 ,il n'y a pas de rgime de l'albuminurie1 ni mme des albuminuriques4 ,obsit4 ,exercice chez les obses4 ,thyrodine4 ,il n'y a pas de rgime de l'obsit4 ,danger de l'amaigrissement rapide4 ,,chapitre ,,ii ,,la ,,vieillesse ,elle peut survenir tout ge4 ,influences spciales la vieillesse de l'homme g4 ,ncessit du repos et dangers des voyages4 ,alimentation restreinte4 ,accidents qui font mourir le vieillard4 ,de la mort naturelle4 ,,index4 ,,auteurs ,,cit,s4 ,,table ,,des ,,mati,,res4