,proofreaders ,,les ,,joies ,,du ,,pardon ,petites ,histoires ,contemporaines ,,pour ,,la ,,consolation ,,des ,,coeurs ,,chretiens ,,par ,l',,auteur de la ,methode pour former l',enfance a la ,piete ,je n'ai pu achever ce petit livre sans essuyer plusieurs fois des larmes4444 ,x9999994 #ahia ,,avant-,,propos ,apres les joies de l'innocence1 il n'en est pas de plus douces1 de plus penetrantes que celles du repentir4 ,demandez a l'enfant coupable ce qu'il eprouve lorsque1 reconnaissant son ingratitude1 il vient se jeter en pleurant dans les bras de sa mere3 c'est un soulagement inexprimable1 une ivresse de bonheur444 ,ce bonheur n'est rien pourtant aupres de celui du pauvre pecheur qui1 fatigue de ses longs egarements1 renonce a sa vie mauvaise et vient se reposer dans le sein de ,dieu4 ,aussi1 n'existe-t-il pas non plus d'histoire plus attachante que celle des conversions4 ,plusieurs surtout1 accomplies presque de nos jours1 ont ete entourees de circonstances si extraordinaires et presentent un si poignant interet qu'on ne peut en lire le recit sans etre attendri jusqu'au fond de l'ame4 ,pages naives et sublimes1 tout impregnees de larmes et d'amour1 elles reveillent les sentiments les plus delicats1 les plus exquis2 rien ne ressemble davantage a un roman1 et toutefois1 on sent a merveille que rien n'est plus veridique4 ,c'est1 dirons-nous1 un roman divin3 les peripeties multipliees1 les scenes emouvantes ont la terre pour theatre1 mais le denouement n'a lieu qu'au ciel4 ,tels sont les exemples que nous allons rapporter dans ce ,recueil3 il faudrait pouvoir les mettre sous les yeux de tous les chretiens1 pour le profit qu'ils en retireraient et le charme que leur ferait gouter cette lecture4--,nous n'avons eu garde de reproduire ici les traits que l'on rencontre dans les ,annales de ,notre-,dame de ,lourdes1 de ,notre-,dame du ,sacre-,coeur1 et dans les ,recueils analogues2 on ne trouvera non plus aucune des ,biographies contenues dans les ,conversions les plus memorables du ,x,i,xe siecle4 ,nos recits ont un caractere plus intime et tout a la fois plus anecdotique3 et c'est la justement ce qui en augmente l'interet4 ,offert a toutes les ames chretiennes1 cet ouvrage s'adresse d'une maniere speciale aux jeunes gens4 ,personne n'a1 autant qu'eux1 besoin de ces manifestations eclatantes de la misericorde divine1 si propres a inspirer une confiance inebranlable4 ,qui connait les epreuves reservees a leur foi au sortir du college8 ,ou est-il d'ailleurs le jeune homme qui dans les longues annees d'une lutte incessante contre le respect humain et les plaisirs mauvais1 n'a jamais eu un instant de faiblesse8 ,ah6 puissent nos lecteurs se souvenir1 en ces moments critiques1 des modestes pages qu'ils vont lire aujourd'hui6 ,elles leur rappelleront qu'apres meme les plus lourdes chutes1 le coeur de ,dieu reste toujours ouvert pour les recevoir et que le plus grand malheur a craindre1 la plus funeste de toutes les fautes1 c'est le decouragement4 99 99 99 99 99 ,,les ,,joies ,,du ,,pardon #a4--,,le ,,capitaine ,,de ,,navire ,,et ,,le ,,mousse4 ,un capitaine de navire1 qui s'etait fait craindre et hair de ses matelots par ses imprecations continuelles et sa tyrannie1 tomba tout a coup dangereusement malade1 au milieu d'un voyage de long cours4 ,le pilote prit le commandement du vaisseau1 et les matelots declarerent qu'ils laisseraient perir sans secours leur capitaine1 qui se trouvait dans sa chambre1 en proie a de cruelles douleurs4 ,il avait deja passe a peu pres une semaine dans cet etat1 sans que personne se fut inquiete de lui1 lorsqu'un jeune mousse1 touche de ses souffrances1 resolut d'entrer dans sa chambre et de lui parler2 malgre l'opposition du reste de l'equipage1 il descendit l'escalier1 ouvrit la porte et lui demanda comment il se portait2 mais le capitaine lui repondit avec impatience3 ,qu'est-ce-que cela te fait6 ,va-t'en6 ,le mousse1 repousse de la sorte1 remonta sur le tillac4 ,mais le lendemain il fit une nouvelle tentative3 ,capitaine1 dit-il1 j'espere que vous etes mieux8--,o ,robert6 repondit alors celui-ci1 j'ai ete tres mal toute la nuit4 ,le jeune garcon1 encourage par cette reponse1 s'approcha du lit en disant3 ,capitaine1 laissez-moi vous laver les mains et le visage1 cela vous rafraichira4 ,le capitaine l'ayant permis1 l'enfant demanda ensuite la permission de le raser4 ,le capitaine y ayant encore consenti1 le mousse s'enhardit1 et offrit a son maitre de lui faire du the4 ,l'offre toucha cet homme farouche1 son coeur en fut emu1 une larme coula sur son visage1 et il laissa echapper ces mots en soupirant3 ,o amour du prochain6 ,que tu es aimable au moment de la detresse6 qu'il est doux de te rencontrer meme dans un enfant6 ,le capitaine eprouva quelque soulagement par les soins de cet enfant4 ,mais sa faiblesse devint plus grande1 et il fut bientot convaincu qu'il ne vivrait plus que quelques semaines4 ,son esprit fut assiege de frayeurs toujours croissantes1 a mesure que la mort et l'eternite se montrerent plus pres4 ,il etait aussi ignorant qu'il avait ete impie4 ,sa jeunesse s'etait passee parmi la plus mauvaise classe de marins2 non seulement il disait3 ,il n'y a point de ,dieu1 mais il agissait aussi d'apres ce principe4 ,epouvante a la pensee de la mort1 ne connaissant pas le chemin qui conduit au bonheur eternel1 et convaincu de ses peches par la voix terrible de sa conscience1 il s'ecria un matin1 au moment ou ,robert ouvrait la porte de sa chambre1 et lui demandait amicalement3 ,maitre1 comment vous portez-vous ce matin8--,ah6 ,robert1 je me sens tres mal1 mon corps va toujours plus mal2 mais je m'inquieterais bien moins de cela1 si mon ame etait tranquille4 ,o ,robert6 que dois-je faire8 ,quel grand pecheur j'ai ete6 que deviendrai-je8444 ,son coeur de pierre etait attendri4 ,il se lamentait devant l'enfant1 qui faisait tout son possible pour le consoler1 mais en vain4 ,un jour que l'enfant venait d'entrer dans la chambre1 le capitaine s'ecria3 ,robert1 sais-tu prier8--,non1 maitre1 je n'ai jamais su que l'oraison dominicale1 que ma mere m'a apprise4--,oh6 prie pour moi1 tombe a genoux1 et demande grace4 ,fais cela1 ,robert1 ,dieu te benira4 ,et tous deux commencerent a pleurer4 ,l'enfant1 emu de compassion1 tomba a genoux et s'ecria en sanglotant3 ,mon ,dieu1 ayez pitie de mon cher capitaine mourant6 je suis un pauvre petit matelot ignorant4 ,mon ,dieu1 le capitaine dit que je dois prier pour lui1 mais je ne sais pas comment2 oh6 que je regrette qu'il n'y ait pas sur le batiment un pretre qui puisse me l'apprendre1 qui puisse prier mieux que moi1 qui puisse recevoir la confession de ses peches et les pardonner en votre nom4 ,il croit qu'il sera perdu3 mon ,dieu1 sauvez-le6 ,il dit qu'il ira en enfer1 et qu'il sera avec les demons3 o mon ,dieu1 faites qu'il aille au ciel1 et qu'il soit avec les anges6 ,les matelots ne veulent pas venir vers lui2 quant a moi1 je veux faire pour lui tout ce que je pourrai2 mais je ne puis le sauver4 ,o mon ,dieu6 ayez pitie de mon pauvre capitaine6 ,je n'ai jamais prie ainsi auparavant4 ,oh6 aidez-moi1 mon ,dieu1 a prier pour mon pauvre capitaine6 ,alors1 s'etant releve1 il s'approcha du capitaine en lui disant3 ,j'ai prie aussi bien que j'ai pu2 maintenant1 maitre1 prenez courage4 ,j'espere que ,dieu aura pitie de vous4 ,le capitaine etait si emu qu'il ne pouvait s'exprimer4 ,la simplicite1 la sincerite et la bonne foi de la priere de l'enfant avaient fait une telle impression sur lui1 qu'il demeura dans un profond attendrissement1 baignant son lit de pleurs4 ,le lendemain matin1 quand ,robert entra dans la chambre du capitaine3 ,robert1 mon bon ami1 lui dit celui-ci1 apres que tu fus parti1 je tombai dans une douce meditation4 ,il me semblait voir ,jesus-,christ sur la croix1 mourant pour nos offenses1 afin de nous amener a ,dieu4 ,je m'elevai par mes prieres a ce divin ,sauveur1 et1 dans la grande angoisse de mon ame1 je m'ecriai longtemps comme l'aveugle3 ,jesus1 fils de ,david1 ayez pitie de moi6 ,enfin je crus sentir en mon coeur que les promesses de pardon qu'il a adressees a tant de pecheurs1 m'etaient aussi adressees2 je ne pouvais proferer d'autres paroles que celle-ci3 ,o amour6 o misericorde6 ,non1 ,robert1 ce n'est pas une illusion3 maintenant je sais que ,jesus-,christ est mort pour moi4 ,je sens que le sang de la croix peut aussi laver mes iniquites2 mes yeux s'ouvrent a la lumiere d'en haut en meme temps qu'ils se ferment pour la terre2 la grace de mon bapteme1 la foi de ma premiere communion1 rentrent dans mon coeur2 que ne puis-je recevoir ces sacrements que l',eglise accorde aux mourants pour leur passage a l'eternite1 vers laquelle ,dieu m'appelle6 ,l'enfant1 qui jusque-la avait verse bien des larmes en silence1 fut saisi dans ce moment d'une grande tristesse1 et s'ecria ,involontairement3 ,non1 non1 mon cher maitre1 ne m'abandonnez pas4--,robert1 lui repondit-il tranquillement1 resigne-toi1 mon cher enfant3 je suis peine de te laisser parmi des gens aussi depraves que le sont ordinairement les matelots4 ,oh6 puisses-tu etre preserve des peches dans lesquels je suis tombe6 ,ta charite pour moi1 mon cher enfant1 a ete grande2 ,dieu t'en recompensera4 ,je te dois tout2 tu as ete dans la main de ,dieu l'instrument de ma conversion2 c'est le ,seigneur qui t'a envoye vers moi2 ,dieu te benisse1 mon cher enfant6 ,dis a mes matelots qu'ils me pardonnent1 je leur pardonne aussi1 et je prie pour eux4 ,le lendemain1 plein du desir de revoir son maitre1 ,robert se leva a la pointe du jour2 et ayant ouvert la porte1 il vit que le capitaine s'etait leve et s'etait traine au pied de son lit4 ,il etait a genoux1 et semblait prier1 appuye1 les mains jointes1 contre la paroi du navire4 ,l'enfant attendit quelque temps en silence2 mais enfin il dit doucement3 ,maitre6--,point de reponse4--,capitaine6 s'ecrie-t-il de nouveau4 ,mais toujours meme silence4 ,il met la main sur son epaule et le pousse doucement3 alors le corps change de position et se penche peu a peu sur le lit2 son ame l'avait quitte depuis quelques heures1 pour aller voir un monde meilleur1 ou la grace d'un sincere repentir accordee a la priere permet d'esperer que ,dieu dans sa misericorde a daigne le recevoir4 99 99 99 99 99 #b4--,,une ,,nuit ,,dans ,,le ,,desert4 ,c'est du missionnaire lui-meme1 rapporte le marquis de ,segur1 que je tiens l'histoire suivante1 ou l'action de la ,providence se montre en assez belle lumiere4 ,il nous la raconta devant un nombreux auditoire d'hommes1 particulierement de jeunes gens1 qui l'ecoutaient avec une si religieuse attention1 que pendant les pauses de son discours1 on aurait entendu voler une mouche4 ,par humilite1 il parlait a la troisieme personne comme s'il se fut agi d'un autre4 ,mais je devinai bien vite1 a son accent1 que c'etait son histoire a lui-meme qu'il nous disait1 et quand je me trouvai seul avec lui apres la seance1 je l'obligeai de m'en faire l'aveu4 ,si je pouvais faire passer dans mon recit les flammes de sa parole1 telles qu'elles sortaient de sa bouche et de son coeur1 elles allumeraient dans les ames cet amour surnaturel de ,dieu et des hommes1 qui resume et renferme la loi et les prophetes4 ,c'etait l'heure qui precede le coucher du soleil4 ,l'ombre du missionnaire et de son cheval s'allongeait sur le sable endormi4 ,l'horizon s'empourprait comme aux lueurs d'un immense incendie4 ,la chaleur etait etouffante4 ,parfois1 a de longs intervalles1 une brise legere venue on ne sait d'ou1 passait comme une caresse de ,dieu et apportait au voyageur une sensation delicieuse3 alors1 il ouvrait la bouche et aspirait longuement l'air un moment rafraichi4 ,puis le souffle tombait vaincu par le feu qui regne au desert1 et l'immobilite ardente reprenait possession de l'etendue4 ,le missionnaire avancait1 pressant l'allure de son cheval1 pour arriver avant la nuit a la grande ville1 terme de son voyage4 ,car la nuit1 dans ces plaines d',afrique1 appartient aux fauves4 ,quand les premieres ombres descendent du ciel1 les premiers bruits des lions et des pantheres montent de tous les points du desert1 d'abord confus et lointains1 comme le gemissement du vent1 puis plus forts1 plus distincts1 semblables tantot au grondement sourd du tonnerre1 tantot a ses eclats rudes et dechires4 ,ce moment redoute approchait1 mais il n'etait pas encore imminent1 et le pretre de ,jesus-,christ avait bien une heure devant lui1 une heure de jour et de marche tranquille1 suffisante pour atteindre le port4 ,il etait arme1 il avait des provisions de bouche1 un flacon de rhum1 pour ranimer ses forces et tremper ses levres brulantes4 ,il priait1 il pensait1 cherchant a lutter contre la sensation etouffante de la solitude1 contre l'oppression de l'espace sans limites ou sa vue1 son coeur et son esprit se perdaient4 ,il avait beau percer de ses regards l'etendue1 il n'apercevait pas un etre vivant1 pas un mouvement1 pas meme celui du sable agite par le vent3 le vent dormait sur le sable1 d'un sommeil qui semblait eternel4 ,oh6 si la bonte de ,dieu mettait sur son chemin une de ses creatures1 un etre humain1 un frere1 quelle joie inonderait son coeur6 comme il volerait a lui6 ,avec quels transports il lui tendrait la main1 et le presserait dans ses bras6 ,mais helas6 il ne le savait que trop1 une rencontre en ces lieux1 ce ne serait qu'un danger de plus3 quand on trouve sur sa route un homme au desert1 au lieu d'un frere a embrasser1 c'est un ennemi a combattre2 c'est un de ces arabes pillards ou de ces ,europeens declasses1 bandits de la solitude1 detrousseurs de caravanes1 qu'il faut aborder1 non pas le salut aux levres1 mais le revolver a la main4 ,il se perdait en ces pensees1 et berce par l'allure monotone de son cheval1 il laissait flotter a l'aventure son esprit et ses guides1 quand tout a coup il se redresse sur ses etriers1 et d'un mouvement instinctif1 arrete sa monture4 ,qu'a-t-il donc apercu a l'horizon8 ,est-ce une illusion de ses sens8 ,n'y a-t-il pas la-bas1 bien loin1 quelque chose qui se remue8--,certainement1 il ne se trompe pas3 le point noir qui a frappe sa vue s'agite1 se rapproche1 grossit insensiblement4 ,c'est un etre vivant1 un animal ou un homme4--,un homme1 c'est un homme6 ,il le voit maintenant1 il distingue vaguement sa forme2 cet homme l'a vu1 lui aussi2 il est evident qu'il s'avance dans sa direction444 ,que faire6 ,quel parti prendre8 ,faut-il pousser son cheval au galop et se mettre hors de la portee de cet inconnu8 ,c'est le parti le plus sur1 mais est-ce le plus honorable8 ,si1 au lieu d'etre un voleur arabe1 cet homme etait un chretien1 un francais8 ,et quand meme il serait un coureur du desert1 un bandit1 est-ce le fait d'un missionnaire1 d'un apotre de ,jesus-,christ1 de fuir devant une creature humaine1 devant un de ceux pour qui le ,sauveur du monde est mort sur la croix8 ,l'hesitation du pretre n'est pas longue4 ,il attendra le frere qui vient au-devant de lui1 que ce soit ,cain ou ,abel4 ,l'hote du desert se rapproche de minute en minute1 il semble a la fois se hater d'accourir et lutter contre la fatigue4 ,le voila a une petite distance1 on dirait un spectre ambulant4 ,il est deguenille2 sa main tient un fusil2 ses yeux sont allumes de fievre1 de haine et de convoitise4 ,c'est indubitablement un brigand1 mais un brigand europeen3 c'est en tout cas1 un malheureux devore de besoin4 ,le pretre n'hesite plus3 il risque peut-etre sa vie1 mais il a la chance de secourir un miserable1 de sauver une ame4 ,apres tout1 c'est son metier de s'exposer a la mort3 le corps d'un missionnaire n'est rien2 l'ame d'un pecheur est d'un prix infini4 ,il descend de cheval1 jette ses armes a terre pour montrer a l'inconnu ses dispositions pacifiques1 et d'un pas tranquille et ferme1 va au-devant de lui4 ,l'autre etonne1 epuise1 s'arrete2 la surprise est plus forte que la haine2 mais la faim1 la soif devorante1 voila ce qui domine tout le reste4 ,le pretre le devine1 et1 sans parler1 lui presente ses provisions1 des fruits1 des dattes1 du rhum4--,du rhum6 ,c'est la force1 c'est la vie6 ,pour cette gourde de rhum1 le malheureux aurait tue son pere6 ,il etend la main1 saisit la gourde1 la porte a sa bouche1 la boit1 l'aspire a longs traits4 ,son visage se ranime1 son sang circule1 sa paleur mortelle fait place a une vive rougeur4 ,tout a coup1 il chancelle2 il a bu trop et trop vite1 il tombe tout de son long et demeure sur le sol1 inerte1 engourdi1 comme mort4 ,le missionnaire1 effraye1 se penche vers lui1 tate son pouls1 ecoute les battements de son coeur1 et respire2 ce n'est pas la mort1 c'est le sommeil bienfaisant et reparateur4 ,il le considere longuement2 a sa carnation1 a la couleur de sa barbe et de ses cheveux1 il reconnait un ,francais4 ,malgre les traces des passions et de la fatigue1 il croit lire sur ce visage devaste les vestiges d'une bonne race1 et son ame d'apotre se remplit de reconnaissance et de joie4 ,soudain1 il tressaille comme s'il sortait d'un reve4 ,le soleil va disparaitre1 et son orbe agrandi et rutilant est deja a demi cache4 ,encore quelques minutes et la nuit aura remplace le jour4 ,que faire de cet infortune que la ,providence a envoye sur sa route et dans ses bras8 ,le charger sur son cheval8 ,c'est impossible2 il connait le poids d'un corps qui s'abandonne4 ,le laisser la1 seul1 la nuit1 dans le desert1 expose aux dents des betes feroces1 a une mort sans consolations8 ,c'est plus impossible encore4 ,il n'y a pas a hesiter2 il attendra le reveil du pecheur1 sous la garde de ,dieu qui ne laissera pas inachevee l'oeuvre de sa misericorde4 ,il s'agenouille sur le sable1 pres de cet homme qu'il ne connaissait pas une heure avant1 et pour lequel il sacrifierait sa vie avec joie4 ,il souleve doucement dans ses mains la tete du dormeur1 la pose sur ses genoux1 et il entre en prieres4 ,la nuit est arrivee1 profonde1 solennelle1 ivre de silence et de solitude4 ,deux heures se passent ainsi1 sans qu'aucun des deux hommes ait fait un mouvement4 ,les etoiles se sont allumees les unes apres les autres et repandent sur l'ocean de sable une lueur mysterieuse et sacree4 ,les anges contemplent du haut du ciel ce spectacle plus beau que celui d'un ami veillant sur son ami1 d'une mere veillant sur son enfant1 le spectacle d',abel veillant avec amour sur ,cain3 tel1 au temps du sejour du ,fils de ,dieu sur la terre1 ,jesus priait dans les plaines de ,galilee aupres de ,judas endormi4 ,enfin1 l'homme se reveille4 ,il releve la tete1 ouvre les yeux et rencontre ceux de ce pretre a genoux qui le regarde avec une ineffable tendresse4 ,alors il se souvient1 il devine1 il comprend tout2 il se met a trembler des pieds a la tete1 comme ces possedes d',israel au moment ou le demon sortait de leur corps et de leur ame a la voix de ,jesus-,christ4 ,la haine est vaincue1 ,satan s'enfuit de cette ame pour n'y plus rentrer4 ,le bienheureux larron pleure1 il eclate en sanglots1 et1 sans prononcer une parole1 il se laisse tomber dans ,tes bras du missionnaire1 qui le presse sur son coeur en lui disant3 ,mon frere6 ,quand il eut mange1 le pretre le fit monter sur son cheval et marcha pres de lui1 priant toujours et ne lui disant rien1 pour le laisser tout entier a la grace divine qui parlait au fond de son ame4 ,ils arriverent a la ville sans rencontre facheuse4 ,le missionnaire fit coucher le prisonnier de sa charite dans son lit1 et dormit pres de lui sur quelques coussins4 ,demain1 lui dit-il1 vous me direz tout ce que vous voudrez4 ,aujourd'hui1 je ne veux rien entendre4 ,le lendemain1 l'homme lui raconta son histoire1 prelude de sa confession3 histoire terrible1 commencee par une jeunesse sans corrections et sans travail1 poursuivie dans le vice1 dans le crime1 et qui1 par un prodige de la misericorde divine1 s'achevait dans les larmes du repentir4 ,sa mere1 brave paysanne1 restee veuve de bonne heure1 l'avait impitoyablement gate pour epargner quelques pleurs a son enfance4 ,il avait ete a l'ecole1 parce qu'il l'avait bien voulu2 s'y etait instruit1 parce qu'il avait l'esprit vif et ouvert2 puis s'etait livre a la paresse1 au plaisir1 bientot au vice4 ,a dix-huit ans1 c'etait deja un mauvais sujet accompli4 ,il s'engagea par ennui1 pour connaitre la vie de la caserne1 et courir les garnisons4 ,puis1 le joug de la discipline gatant ses plaisirs1 il demanda une permission1 revint au village1 en deguerpit un matin avant le jour1 sans embrasser sa mere1 mais non sans l'avoir devalisee1 et ne reparut plus au regiment4 ,il passa aux ,etats-,unis1 y gagna une petite fortune qu'il depensa en folles orgies4 ,alors1 dans un acces de raison1 peut-etre de remords1 il quitta l',amerique pour l',algerie1 se remit a l'oeuvre1 et mena pendant quelque temps une conduite reguliere et laborieuse4 ,il commencait a se refaire de corps1 d'ame et de bourse1 quand le demon envoya sur son chemin un de ses anciens compagnons de debauche1 deserteur comme lui1 qui le reconnut1 chercha a l'entrainer de nouveau dans le vice1 et n'y pouvant reussir1 revela son passe et le perdit de reputation4 ,sa tete ne put resister a ce dernier coup4 ,puisque je ne puis etre un honnete homme1 se dit-il1 je serai un franc scelerat4 ,et il fit comme il avait dit4 ,il quitta la grande ville ou toutes les portes se fermaient devant lui1 s'enfuit au desert1 et demanda a la rapine et au meurtre des moyens d'existence4 ,bientot il se trouva a la tete d'une bande d'arabes1 qui detroussaient les passants1 les pelerins de la ,mecque1 et vivaient comme lui de brigandage4 ,mais1 par un reste de pudeur1 il ne s'attaquait qu'aux musulmans et evitait de verser le sang des europeens4 ,ses compagnons s'en apercurent1 et se revoltant contre lui1 ils le menacerent d'abandon1 meme de mort1 s'il continuait a epargner les chretiens4 ,il resista d'abord1 puis1 avec sa faiblesse et son emportement habituels3 ,eh bien6 s'ecria-t-il1 puisqu'il faut aller jusqu'au bout1 j'irai aussi bien et plus loin que vous4 ,une caravane vint a passer2 elle comptait des europeens et des musulmans4 ,il l'attaqua furieusement a la tete de ses hommes1 frappa a tort et a travers sur tout ce qui lui tombait sous la main4 ,parmi les victimes se trouvait un francais4 ,l'aspect de ce compatriote1 peut-etre assassine par lui1 le fit soudainement rentrer en lui-meme4 ,je suis un miserable4 se dit-il4 ,et laissant la ses compagnons occupes a depouiller les cadavres1 fou de remords1 epouvante de son ignominie1 il s'elanca comme un insense et se perdit bientot dans l'immensite du desert4 ,quand le missionnaire le rencontra1 il y avait trois jours qu'il errait a l'aventure1 maudit et desespere comme ,cain1 ne mangeant pas1 ne buvant pas1 ne sachant ce qu'il faisait1 ni ce qu'il voulait4 ,il etait a bout de forces1 quand il apercut le voyageur qui passait au loin sur son cheval4 ,pousse par un transport infernal1 il essaya de le rejoindre1 non pour le voler1 mais pour l'assassiner3 ,j'en tuerai encore un1 se dit-il1 et je me tuerai apres4 ,au lieu de la mort1 c'est la vie qui l'attendait1 et c'est dans les bras de la misericorde qu'il tomba4 ,tel fut le recit du criminel repentant3 le missionnaire1 le serrant plus tendrement encore sur son coeur1 se contenta de lui dire3 ,maintenant que je sais votre histoire1 votre confession sera courte et facile4 ,agenouillez-vous devant ,dieu1 mon fils1 et en son nom je vous pardonnerai tous les peches1 tous les crimes de votre vie entiere4 ,le pecheur se confessa avec des torrents de larmes1 et tandis que le pretre prononcait sur son front courbe jusqu'a terre les paroles sacrees de l'absolution1 il lui sembla que son passe s'engloutissait dans l'abime de la misericorde divine et qu'une vie nouvelle s'ouvrait devant lui4 ,ce que fut cette vie1 je l'ignore4 ,le missionnaire ne nous l'a pas dit4 ,mais qu'elle soit achevee ou qu'elle dure encore1 qu'elle se poursuive dans un labeur honnete ou dans les austerites d'un cloitre1 il n'est pas douteux qu'elle fut ou qu'elle sera jusqu'au bout une vie de repentir1 d'action de graces et d'amour penitent4 99 99 99 99 99 #c4--,,les ,,deux ,,freres ,deux freres entrerent en meme temps dans un college de ,france2 ils se ressemblaient si parfaitement quant a la taille et aux traits du visage1 qu'il fallait les avoir vus souvent pour les distinguer l'un de l'autre3 mais ils etaient bien differents de caractere3 l'aine n'avait presque aucun sentiment de religion2 le cadet etait d'une piete angelique4 ,on ne saurait imaginer tous les moyens que sa charite lui suggera pour gagner son frere4 ,c'etait peu pour lui de lui accorder ce qu'il demandait2 il allait au-devant de tout ce qui pouvait lui etre agreable2 il se privait1 en sa faveur1 de tout l'argent qu'on lui accordait pour ses menus plaisirs4 ,on leur donna a tous deux un costume neuf de tres grand prix2 l'aine1 en peu de temps1 mit le sien en mauvais etat2 celui du cadet etait encore tres propre4 ,ne sachant plus quel present faire a son frere1 il imagina de lui donner son habit4 ,vous etes mon aine1 lui dit-il1 il convient que vous soyez mieux habille que moi3 votre habit est gate2 si le mien vous fait plaisir1 je vous le donnerai1 on n'en saura rien chez nous4 ,l'offre est aussitot acceptee et l'echange fait4 ,quelques jours apres1 le pieux enfant appelle son frere et lui dit qu'il avait quelque chose a lui communiquer4 ,auriez-vous encore un habit a me donner8 lui dit celui-ci4 --,oui1 lui repond l'enfant1 et un bien plus precieux que celui que je vous ai donne dernierement2 allez demain a confesse2 reconciliez-vous avec ,dieu1 c'est lui-meme qui vous en revetira4 --,a confesse1 repondit l'autre1 vraiment j'y vais assez souvent2 si1 cependant1 il ne faut que cela pour vous contenter1 j'irai bien encore demain1 mais je ne vous garantis pas que j'en deviendrai meilleur4 --,promettez-moi au moins1 repliqua le cadet1 que vous ferez pendant deux jours quelques efforts pour le devenir4 ,l'aine le lui promit4 ,le lendemain1 ils allerent tous deux a confesse2 ils avaient le meme confesseur4 ,le cadet se confessa le premier1 et se retira devant le ,saint-,sacrement1 pour demander a ,dieu qu'il lui plut de toucher son frere4 ,l'aine raconta depuis1 qu'en entrant au confessionnal1 tout ce que son frere avait fait pour lui se presentant a son esprit1 il eut honte de lui-meme1 et ne fut plus maitre de retenir ses larmes4 ,il dit a son confesseur qu'il voulait bien sincerement se convertir et consoler son frere des chagrins qu'il lui avait causes jusqu'alors4 ,pendant toute sa confession1 il versa un torrent de larmes4 ,le cadet qui de l'endroit ou il etait1 l'avait entendu eclater en soupirs1 etait remonte dans son quartier1 comble de joie et benissant le ,seigneur4 ,un moment apres1 on vint le demander a la porte2 c'etait son frere qui se jeta a ses genoux1 et les arrosa de ses larmes1 lui demandant pardon de tous les sujets de mecontentement qu'il lui avait donnes et lui promettant de suivre1 a l'avenir1 aussi bien ses avis que ses exemples4 ,l'enfant1 ravi des dispositions de son frere1 se jeta a son cou1 et lui dit tout ce que sa charite put lui suggerer de plus tendre et de plus affectueux pour l'encourager4 ,le jeune homme demeura si ferme dans ses bonnes resolutions1 qu'en peu de temps1 il devint1 comme son frere1 un modele de vertu1 et ne se dementit jamais4 99 99 99 99 99 #d4--,,un ,,jeu ,,ou ,l',,on ,,gagne ,,le ,,ciel ,dans une petite ville de ,france vivait un officier retraite1 qui etait un excellent chretien4 ,personne devant lui ne se serait permis une parole inconvenante2 chacun venait lui demander conseil3 l'un le consultait pour l'achat d'une terre2 l'autre1 pour l'arrangement d'un proces2 tout le monde1 en un mot1 l'honorait1 le respectait et l'aimait4 ,lui-meme a raconte son histoire1 et elle merite d'occuper une des premieres places dans ce recueil1 car elle montre d'une maniere bien touchante que ,dieu se sert des moyens les plus inattendus pour ramener a lui les pecheurs et que sa misericorde est inepuisable a l'egard des ames de bonne volonte4 ,je ne date pas d'hier1 disait plaisamment notre officier1 vous vous en apercevez facilement a ma moustache et aux quelques cheveux qui me restent2 mais si je suis vieux et casse1 j'ai ete jeune et alerte4 ,j'avais dix-huit ans environ1 en #agib1 lorsque la grande guerre vint a eclater2 j'etais ardent1 j'avais adopte avec enthousiasme toutes les idees du temps4 ,je criais avec les autres1 et de bon coeur3 ,vive la fraternite ou la mort6 ,helas6 ce devait etre la mort ou la ruine pour bien du monde4 ,aussi1 des que j'appris que la ,france venait de commencer la lutte contre les etrangers1 mon parti fut bientot pris1 je m'engageai4 ,il faut vous dire1 avant d'aller plus loin1 que1 malgre les efforts de ma pauvre chere mere et de notre cure1 je ne croyais guere a ,dieu1 et encore moins au diable2 je m'amusais tant que je pouvais2 je passais1 parmi mes camarades de plaisir1 pour un bon garcon4 ,a vous parler franc1 j'etais un tres mauvais sujet2 mais parmi tous mes defauts1 j'en avais un qui me distinguait de tous mes compagnons1 je ne pouvais pas prononcer une phrase1 souvent meme une parole1 sans y ajouter un juron4 ,et ce n'etaient pas des jurons pour rire1 c'etaient d'affreux blasphemes qui devaient dans le ciel faire voiler les anges et pleurer les saints4 ,apres ce preambule1 necessaire pour bien faire comprendre la suite de mon histoire1 je la reprends1 et je tacherai de l'abreger le plus possible pour ne pas trop vous ennuyer4 ,me voila donc engage a dix-huit ans1 menant joyeuse vie et jurant tout le long du jour4 ,je vous fais grace de ma vie militaire1 elle a ressemble a celle de beaucoup de mes camarades1 qui n'ont pas laisse leurs os sur le champ de bataille2 je fus envoye a l'armee des ,pyrenees1 puis a l'armee de ,sambre-et-,meuse1 puis en ,italie1 puis en ,egypte1 puis partout enfin ou il y avait des coups a donner et a recevoir4 ,les annees1 l'experience1 deux blessures1 l'une recue aux ,pyrenees1 l'autre1 a ,austerlitz1 l'affreuse retraite de ,russie1 tout cela avait calme ma fougue1 m'avait rendu plus regulier dans ma conduite1 mais n'avait pu me corriger de mon defaut de toujours jurer4 ,mon avancement meme se trouva arrete par ce vice2 comme je savais lire et qu'on n'avait pas le choix alors parmi les lettres1 je fus rapidement officier2 mais une fois la1 mon malheureux defaut me joua bien des tours2 et souvent des generaux1 apres une affaire ou je m'etais bien conduit1 n'osaient pas m'avancer1 parce qu'ils trouvaient que j'avais trop mauvais ton pour arriver aux hauts grades militaires4 ,je les traitais bien de sacristains1 de calotins1 mais1 a part moi1 je leur donnais raison1 et pourtant je ne me corrigeais pas4 ,enfin1 #ahae arriva3 je fus licencie avec l'armee de la ,loire et je revins dans ma ville natale capitaine et decore4 ,apres les premieres joies de retrouver mes vieux amis1 mes vieux camarades d'enfance1 apres les premieres douceurs du repos et de la liberte1 a la suite de tant de privations et d'annees de discipline1 je commencais a trouver le temps long1 je fus au cafe et je mangeai ma demi-solde1 comme un egoiste1 entre une pipe et un jeu de cartes4 ,ma position1 mes campagnes1 mes recits me faisaient le centre d'un petit groupe de desoeuvres comme moi1 et1 par suite de mon habitude inveteree1 on y entendait plus souvent jurer que benir le nom de ,dieu4 ,malgre cela1 l'ennui me gagnait1 lorsqu'un matin1 je vois entrer dans ma chambre le cure de la paroisse4 ,j'etais si loin de m'attendre a pareille visite1 que ma pipe s'echappa de mes dents et vint se briser sur le plancher1 ce qui me fit pousser le plus gros juron de mon riche repertoire4 ,le cure ne se troubla pas pour si peu1 et1 prenant une chaise1 que je ne lui offrais pas1 il s'assit tranquillement3 ,bonjour1 ,m4 le capitaine1 me dit-il2 puisque vous n'etes pas venu me voir a votre arrivee dans ma paroisse1 il faut bien que je vienne vous chercher4--,je n'aime pas les cures1 lui repondis-je1 je ne les ai jamais aimes et je suis trop vieux pour changer maintenant4--,eh bien6 capitaine1 nous ne sommes pas du meme avis1 et1 avec un brave comme vous1 je n'irai pas par quatre chemins1 c'est precisement pour vous faire changer que je suis venu vous voir4 ,a peine le digne pretre avait-il fini sa phrase1 que je me levai comme un furieux1 et1 en jurant comme un possede1 je le mis litteralement a la porte4 ,le lendemain1 je me croyais a tout jamais debarrasse de pareille visite1 lorsque je vis encore entrer le cure4 ,ah6 par exemple1 c'est trop fort1 m'ecriai-je1 et je me levai pour le repousser de chez moi4 ,lui1 sans se troubler1 me dit avec beaucoup de douceur3 ,bonjour1 capitaine1 vous n'etiez pas bien dispose hier1 et je suis revenu aujourd'hui pour savoir si vous etiez plus en train de causer4 ,malgre mon apparence terrible1 je n'etais pas tout a fait mauvais au fond du coeur2 aussi1 ce sang-froid me desarma1 et adoucissant ma voix1 je lui repondis3 ,eh bien6 monsieur le cure1 puisque vous avez tant de plaisir a causer avec moi1 j'y consens1 mais a une condition1 c'est que vous ne me parlerez pas de vos momeries1 de vos eglises et de vos bedeaux4--,soit1 reprit le cure2 mais1 de votre cote1 vous vous engagez a me consacrer chaque jour une heure3 votre temps n'est pas compte1 et vous ne pouvez me refuser ce plaisir4--,accorde2 et pour repondre a votre politesse par une autre1 je vous avouerai que je m'ennuie tant1 que ce sera une distraction pour moi de causer avec un homme qui sait parler4 ,ma politesse n'etait pas tres polie1 mais le cure eut l'air de la trouver accomplie4 ,la connaissance ainsi faite devint bien vite intime2 l'heure que j'avais promise au cure me semblait de plus en plus courte1 et il m'arrivait souvent de la doubler et de la tripler4 ,mon venerable ami jouait au trictrac1 et j'aimais moi-meme extremement ce jeu2 aussi1 bientot chaque soir1 au lieu d'aller au cafe1 je prenais le chemin du presbytere1 et nous jouions avec un tel acharnement1 que la soiree se passait toujours trop rapidement4 ,le cure etait fidele a sa promesse2 il ne me parlait jamais de religion3 malheureusement1 de mon cote1 j'etais fidele a mes mauvaises habitudes1 et je prononcais bien peu de phrases sans les assaisonner de quelques grossiers jurons4 ,un soir ou le cure me battait a plates coutures1 je m'en donnais a coeur joie1 et jamais pareils blasphemes n'avaient retenti sous l'humble toit de notre pasteur4 ,il posa son cornet sur la table1 et1 me regardant bien en face3 ,je vous ai fait une promesse1 me dit-il1 a laquelle je suis fidele2 voulez-vous m'en faire une a votre tour8--,laquelle8--,c'est de ne plus jurer4--,mais c'est impossible1 voila plus de cinquante ans que j'ai cette habitude2 elle m'a empeche de faire mon chemin1 et vous voulez que j'y renonce3 rayez cela de vos papiers2 non pas que je le fasse maintenant par mechancete1 mais c'est devenu une habitude chronique4--,je ne pretends pas que ce ne vous sera pas difficile1 mais croyez-vous qu'il me soit facile de vous voir tous les jours1 sans vous parler de religion1 a vous1 qui en auriez tant besoin pourtant2 la partie n'est pas egale3 il me faut une compensation3 quand vous jurerez1 je vous parlerai de ,dieu4--,au fait1 vous pouvez avoir raison2 je n'en disconviens pas4--,puisque vous etes de si bonne composition1 je veux vous montrer que malgre ma robe1 je ne suis pas si noir que j'en ai l'air3 et vous permets1 toutes les fois que votre mauvaise habitude de jurer vous pressera1 de remplacer vos gras jurons par sapristi4--,je consens au marche1 repondis-je4--,et vous1 capitaine1 ajouta-t-il1 n'oubliez pas que1 si vous manquez a votre promesse1 je manquerai a la mienne4 ,je vis bien vite que j'avais fait un marche de dupe1 ou plutot que le bon cure savait bien ce qu'il faisait en me le proposant4 ,chaque jour j'oubliais l'innocent sapristi1 et je reprenais mon triste repertoire4 ,aussitot1 le cure me faisait un sermon en trois points1 et j'etais bien force de l'ecouter1 puisque c'etait dans nos conventions4 ,vous devinez facilement le reste3 a mesure que mon venerable ami me devoilait les beautes de la religion1 j'y prenais gout2 ce n'etait plus une punition1 c'etait devenu un besoin4 ,bientot1 je fus tout a fait converti2 mon excellent cure me fit approcher des sacrements2 maintenant je trouve mon bonheur a l'accomplissement de mes devoirs1 et il ne me reste de mon ancien etat que l'habitude d'assaisonner toutes mes phrases du fameux sapristi1 ce qui me fait appeler par tout le monde ici le capitaine ,sapristi4 ,si je raconte volontiers mon histoire1 c'est dans l'esperance qu'elle pourra detourner du mal1 et de la mauvaise habitude de jurer1 quelques personnes aussi coupables que je l'etais alors4#a ,note #a3 ,cite dans les ,petites lectures1 bulletin populaire des ,conferences de ,saint-,vincent-de-,paul4--,nous n'avons pu verifier nous-meme1 on le comprend1 l'authenticite des traits que nous avons puises dans d'autres ,recueils2 mais pourquoi la mettre en doute3 ,il est certain qu'il s'opere frequemment des conversions tout aussi extraordinaires que celle-la2 le pretre n'y prend meme plus garde dans les pays de foi1 tant il est souvent temoin de ces merveilles1 et elles restent un secret entre l'homme et ,dieu4 99 99 99 99 99 #e4--,,la ,,vengeance ,d',,un ,,etudiant ,,chretien4 ,sous ,louis-,philippe1 ecrit ,armand de ,pontmartin1 l'esprit d'irreligion regnait dans les colleges de ,paris4 ,il y avait pourtant des exceptions444 la plus originale et la plus touchante m'etait apparue sous les traits de ,paul ,savenay1 natif de ,guerande4 ,doue1 ou plutot arme d'une piete angelique et robuste tout ensemble1 il bravait le respect humain1 defiait la raillerie1 et il aurait mis au besoin tout l'entetement de sa race pour affronter la persecution et le martyre4 ,cette piete se revelait jusque sur son visage1 qui prenait une expression celeste au moment de la priere4 ,ainsi1 lorsque1 sur un signe de notre professeur indolent1 je recitais1 au debut et a la fin de la classe1 le ,veni ,sancte ,spiritus et le ,sub tuum praesidium1 c'etait pour presque tous les eleves1 le signal d'un concert charivarique d'eternuements1 de quintes de toux1 de pupitres disloques1 et de dictionnaires tombant a grand bruit4 ,paul ,savenay s'isolait de ce tapage1 et l'on pouvait suivre sur sa figure le sourire de la sainte ,vierge dont il implorait la protection1 et le contact de l',esprit-,saint qui l'effleurait de ses ailes4 ,cette piete fervente l'avait fait prendre en grippe par le plus mauvais sujet de la classe1 fanfaron d'impiete et de libertinage1 liseur et colporteur des livres de ,parny et de ,voltaire1 et pourtant ,breton comme ,paul2 mais entendons-nous1 ce ,breton-la1 nomme ,jacques ,fael1 etait un ,breton de contrebande4 ,on disait que son pere1 ,nantais d'origine1 avait pris part a quelques-unes des plus sanglantes scenes de la ,revolution1 s'etait enrichi en achetant des terres de ,vendeens1 puis ruine dans des speculations equivoques4 ,tout irritait ,jacques contre ,paul ,savenay2 un heritage de haine1 le retour des ,bourbons1 l'animosite instinctive du vice contre la vertu1 du mal contre le bien1 de l'atheisme contre la foi1 du diable contre le bon ,dieu2 mais ce qui l'exasperait le plus1 c'etait la douceur de ,paul1 sa patience inalterable que1 naturellement1 ,jacques taxait de lachete et d'hypocrisie4--,tu es donc un lache8 lui disait-il en lui montrant le poing4--,je ne le crois pas1 repondait ,paul avec un accent de resignation qui aurait desarme un tigre4 ,son persecuteur ne lui laissait pas un moment de treve1 et le harcelait de la facon qui devait le plus cruellement blesser cette ame tendre1 chaste1 exquise et pieuse4 ,non content de le traiter de cagot1 de ,basile1 de tartufe et de cafard4 ,jacques joignait le blaspheme a l'insulte1 le sacrilege a l'outrage4 ,il glissait de mauvais livres dans le pupitre de ,paul et lui jouait les plus vilains tours4 ,nous sumes plus tard que ses brutalites s'etaient parfois envenimees jusqu'aux voies de fait3 bourrades1 brimades1 coups de poing1 coups de regle3 un jour meme1 un coup de canif qui fit couler le sang4 ,la plupart des eleves feignaient de ne pas s'apercevoir de ces abominables violences4 ,quelques-uns avaient l'infamie d'applaudir avec des ricanements stupides4 ,jacques n'avait pas1 en somme1 l'air bien feroce2 mais etait grand1 bien decouple1 taille en athlete4 ,on le redoutait et il avait sa petite cour de complaisants et de flatteurs4 ,lorsqu'indigne de sa mechancete et attire vers ,paul ,savenay par d'irresistibles sympathies1 je risquais1 moi chetif1 quelques reproches3 ,tais-toi ou je t'assomme6 me disait cet enrage2 tais-toi1 mauvaise graine d'emigre6 ,j'aurais certainement eu ma part de ses injures et de ses coups1 si je n'avais trouve un admirable defenseur en la personne de ,gaston de ,raincy4 ,le martyre de ,paul ,savenay dura deux ans et pendant ces deux ans1 pas une plainte4 ,s'il versait en secret quelques larmes1 il ne pleurait pas sur ses souffrances1 mais sur les egarements de cette pauvre ame1 revoltee contre ,dieu4 ,un matin1 me rencontrant a la porte de ,saint-,sulpice1 et me croyant meilleur que je n'etais1 il me dit3 ,armand1 allons prier pour lui6 ,je lui repondis3 ,paul1 tu es un saint444 le saint de ,guerande1 et c'est sous ce nom que je veux desormais te connaitre et t'admirer6 ,bientot1 je perdis de vue le persecuteur et sa victime4 ,jacques ,fael1 convaincu de colportage du ,compere ,mathieu et des ,chansons de ,beranger1 fut prie par le proviseur de ne pas revenir apres les vacances4 ,paul ,savenay1 qui se destinait a la profession de medecin1 quitta le college un an avant moi4 ,armand de ,pontmartin1 a cet endroit1 interrompt son recit pour expliquer comment il retrouva quelques annees plus tard ce vertueux jeune homme chez ,frederic ,ozanam4 ,ce dernier venait de fonder1 avec quelques amis1 les ,conferences de saint ,vincent de ,paul et il exposait aux jeunes messieurs reunis chez lui les moyens qui lui semblaient les plus propres a assurer le succes de l'entreprise4 ,tout a coup1 continue le narrateur1 ,ozanam regarde a sa montre et dit aux jeunes gens qui l'entouraient3 ,mes amis1 je suis un bavard4 ,agir vaut mieux que parler1 dans une crise comme celle-ci4 ,l'ennemi est toujours la2 le cholera vient a peine d'entrer dans sa phase decroissante444 ,nous n'avons pas une minute a perdre6 ,il distribua a ses ouvriers de la premiere heure la liste des malades qu'ils devaient visiter4 ,puis1 s'adressant a ,paul ,savenay3--,et vous1 ,paul1 lui dit-il1 votre premiere visite est toujours1 n'est-ce pas1 pour l'hotel ,racine8 --,oui1 mon ami1 repondit ,savenay2 oui1 encore aujourd'hui1 ajouta-t-il avec une emotion singuliere4 ,en ce moment1 ,ozanam le prit a part et lui dit tout bas quelques mots en me regardant4 ,il me sembla que ,paul ,savenay opposait une certaine resistance4 ,ozanam insistait en repetant a demi-voix3 ,pourquoi pas8 ,pourquoi pas8444 ,paul parut enfin se decider1 et se tournant vers moi3 ,veux-tu1 me dit-il1 que nous sortions ensemble8 ,nous sortimes3 ,ozanam habitait alors la rue de ,sevres1 et nous nous dirigions du cote de la rue ,jacob4 ,en descendant la rue des ,saints-,peres1 nous croisames une modeste voiture de louage1 qui gravissait assez lentement cette montee fort raide4 ,paul salua et me dit3 ,sais-tu qui est dans cette voiture8 ,mgr de ,quelen1 archeveque de ,paris4 ,comme hier1 comme demain1 il vient de l'hotel-,dieu1 et il va a l'hospice de la ,charite2 c'est ainsi qu'il se venge4 ,parmi ceux qu'il visite1 qu'il secourt et qu'il console1 on compterait par centaines les emeutiers de fevrier #ahca1 les pillards de l'archeveche et de ,saint-,germain-l',auxerrois1 ceux qui l'auraient egorge1 s'il etait tombe entre leurs mains6 ,nous arrivames au bout de la rue ,jacob2 ,paul s'arreta devant l'hotel ,racine1 moins poetique et moins elegant que son nom4 ,la1 il parut hesiter encore1 puis prenant son parti3 ,entrons1 me dit-il4 ,on sait ce que sont ces hotels d'etudiants4 ,nous montames quatre etages4 ,parvenus au quatrieme1 nous vimes une clef sur la porte1 n deg4 #gh1 ,paul entra sans frapper1 et me fit signe de le suivre4 ,un emouvant spectacle m'attendait4 ,sur un lit fort propre1 tendu de rideaux de toile verte1 je reconnus a l'instant ,jacques ,fael1 le persecuteur1 le bourreau de ,paul ,savenay4 ,il etait evidemment en convalescence2 mais sa paleur1 ses yeux cernes1 son visage amaigri1 prouvaient qu'il venait de subir l'horrible crise4 ,sa soeur1 vetue de noir1 etait debout a son chevet1 un rayon de soleil d'avril egayait la chambre4 ,en me voyant1 ,jacques poussa un cri de surprise2 puis1 brusquement1 presque violemment1 imposant silence d'un geste a ,paul1 qui voulait parler3 ,non1 vois-tu8 lui dit-il2 non1 ,paul1 tu ne veux pas que j'etouffe1 n'est-ce pas8 ,quand je devrais retomber malade1 il faut1 entends-tu bien8 il faut que notre camarade sache444 ce qu'il a deja devine6 ,il a ete le temoin de mes infamies1 de tes souffrances2 il faut qu'il apprenne ce qu'a ete la revanche du chretien contre le mecreant1 du saint contre le miserable4 ,tais-toi6 tais-toi6444 ,noemi1 dis-lui de se taire et de me laisser la parole6444 ,il y a un mois1 j'etais encore tel que tu m'as connu444 ,non1 ,armand1 j'etais pire3 impie1 athee1 mechant1 libertin1 mangeur de pretres1 corrompu jusqu'aux moelles4 ,le #bi mars1 jeudi de la mi-careme1 j'avais fait la noce avec quelques compagnons de debauches444 je rentre a minuit444 une heure apres1 je me tordais sur ce lit1 en proie a des convulsions effroyables444 ,la tete en feu1 le corps glace1 tous les symptomes du cholera444 et j'etais seul1 seul au monde444 ,ma soeur ,noemi1 au fond de la ,bretagne1 chez une vieille tante4441 mes parents morts4441 point d'amis444 le vice et l'impiete n'en donnent pas444 ,oui1 seul dans ce miserable hotel1 sur que1 si j'avais la force d'appeler1 l'hotesse epouvantee me ferait jeter sur un matelas1 et me crierait d'aller mourir dans la rue444 ,oh6 quelle nuit6 ,l'enfer anticipe1 moi qui ne croyais pas a l'enfer6444 ,tais-toi1 ,paul1 je t'en prie1 laisse-moi parler6444 ,a sept heures1 au paroxysme de mes tortures et de mon desespoir1 ma porte s'ouvre1 et je vois entrer ,paul ,savenay444 ,paul1 ma victime1 mon martyr6444 ,ah6 je crus d'abord a une apparition vengeresse444 ,mais non1 il avait sur les levres un sourire celeste2 dans le regard1 l'expression angelique du pardon444 ,il vint a moi1 me prit la main1 me dit quelques bonnes paroles2444 c'etait un miracle1 n'est-ce pas8444 --,non1 c'etait tout simple1 interrompit ,paul ,savenay4 ,je suis interne a l'hospice de la ,charite1 a deux pas d'ici444 ,le docteur ,recamier1 mon maitre1 m'avait charge de visiter tous les hotels de la rue ,jacob444 ,l'hotel ,racine etait sur ma liste et le hasard444 --,le hasard666 ,c'est donc toi maintenant qui nies la ,providence8444 ,pourquoi ne pas dire la verite tout entiere8444 ,tu etais delegue de la societe de ,saint-,vincent-de-,paul1 ou plutot du bon ,dieu1 pour me sauver1 pour me guerir1 pour me consoler1 pour faire de moi un honnete homme et un chretien6444 ,une heure apres1 poursuivit ,jacques1 en m'adressant de nouveau la parole1 j'avais tous les remedes necessaires1 et1 le soir1 sur ma demande1 il m'amena un vicaire de ,saint-,germain-des-,pres444 ,tu vois bien que c'etait le bon ,dieu6 ,pendant cinq jours1 ,paul ne m'a presque pas quitte4442 pendant cinq nuits1 il m'a veille444 ,puis1 lorsqu'il a reconnu que le danger etait passe1 il a ecrit a ma soeur ,noemi1 qui n'a pas perdu une minute444 et1 a present1 je suis le mieux soigne des convalescents1 moi qui m'etais cru le plus abandonne des agonisants et des damnes444 ,oh6 comment reconnaitre tant de bienfaits de la misericorde divine8 ,comment expier mes fautes1 mes impietes1 mes crimes8444 --,jacques1 reprit doucement ,paul ,savenay1 je t'ai deja dit que1 quand meme tu n'aurais eu1 avant de mourir1 qu'un moment1 si ce moment avait ete bien employe1 ,dieu t'aurait pardonne6444 ,et tu as une vie tout entiere6 --,mais toi1 ,paul1 mon sauveur1 toi qui m'as rendu tant de bien pour tant de mal1 comment reparer1 comment payer ma dette8444 ,comment meriter ton pardon1 ton amitie8444 ,en sortant de l'hotel ,racine1 je dis a ,paul3 ,tu te figures peut-etre n'avoir gueri qu'un malade444 ,eh bien6 tu te trompes2 tu en as gueri un autre1 et cet autre te serre la main#b4 ,note #b3 ,armand de ,pontmartin1 ,correspondant 7,extraits74 99 99 99 99 99 #f4--,,un ,,pere ,,converti ,,par ,,son ,,enfant4 ,on trouverait difficilement un recit plus touchant que celui qui nous a ete laisse par le heros de cette histoire1 heureux privilegie des misericordes divines4 ,j'ai ete eleve aussi mal que possible sous le rapport religieux1 non seulement dans l'ignorance de la verite1 mais dans le gout1 dans le respect1 dans la superstition de l'erreur1 et je quittai mes classes1 bien muni d'arguments contre ,notre-,seigneur et contre l',eglise catholique4 ,elevee comme moi1 aussi ignorante que moi1 ma femme etait beaucoup meilleure4 ,elle avait le sens religieux4 ,il se developpa lorsqu'elle devint mere2 et1 apres la naissance de son premier enfant1 elle entra tout a fait dans la voie4 ,quand je songe a tout cela1 j'ai le coeur remue d'un sentiment de reconnaissance pour ,dieu1 dont il me semble que je parlerais toujours1 et que je ne saurais jamais exprimer4 ,alors je n'y pensais point4 ,si ma femme avait ete comme moi1 je crois que je n'aurais pas meme songe a faire baptiser mes enfants4 ,ces enfants grandirent4 ,les premiers firent leur premiere communion1 sans que j'y prisse garde4 ,je laissais leur mere gouverner ce petit monde1 plein de confiance en elle1 et modifie a mon insu par le contact de ses vertus que je sentais et que je ne voyais pas4 ,vint le dernier4 ,ce pauvre petit etait d'une humeur sauvage1 sans grands moyens2 si je ne l'aimais pas moins que les autres1 j'etais cependant dispose a plus de severite envers lui4 ,la mere me disait3 --,sois patient2 il changera a l'epoque de sa premiere communion4 ,ce changement a heure fixe me paraissait invraisemblable4 ,cependant l'enfant commenca a suivre le catechisme1 et je le vis en effet s'ameliorer tres sensiblement et tres rapidement4 ,j'y fis attention4 ,je voyais cet esprit se developper1 ce petit coeur se combattre1 ce caractere s'adoucir1 devenir docile1 respectueux1 affectueux4 ,j'admirais ce travail que la raison n'opere pas chez les hommes2 et l'enfant que j'avais le moins aime1 me devenait le plus cher4 ,en meme temps1 je faisais de graves reflexions sur une telle merveille4 ,je me mis a ecouter la lecon de catechisme4 ,en l'ecoutant1 je me rappelais mes cours de philosophie et de morale3 je comparais cet enseignement avec la morale dont j'avais observe la pratique dans le monde1 helas6 sans avoir pu moi-meme toujours m'en preserver4 ,le probleme du bien et du mal1 sur lequel j'avais evite de jeter les yeux1 par incapacite de le resoudre1 s'offrait a moi dans une lumiere terrible4 ,je questionnais le petit garcon3 il me faisait des reponses qui m'ecrasaient4 ,je sentais que les objections seraient honteuses et coupables4 ,ma femme observait et ne disait rien2 mais je voyais son assiduite a la priere4 ,mes nuits etaient sans sommeil4 ,je comparais ces deux innocences a ma vie1 ces deux amours au mien2 je me disais3 ,ma femme et mon enfant aiment en moi quelque chose que je n'ai aime ni en eux ni en moi2 c'est mon ame4 ,nous entrames dans la semaine de la premiere communion4 ,ce n'etait plus de l'affection seulement que l'enfant m'inspirait2 c'etait un sentiment que je ne m'expliquais pas1 qui me semblait etrange1 presque humiliant1 et qui se traduisait parfois en une espece d'irritation4 ,j'avais du respect pour lui4 ,il me dominait4 ,je n'osais pas exprimer en sa presence de certaines idees1 que l'etat de lutte ou j'etais contre moi-meme produisait parfois dans mon esprit4 ,je n'aurais pas voulu qu'elles lui fissent impression4 ,il n'y avait plus que cinq ou six jours a passer4 ,un matin1 revenant de la messe1 l'enfant vint me trouver dans mon cabinet1 ou j'etais seul4 --,papa1 me dit-il1 le jour de ma premiere communion1 je n'irai pas a l'autel sans avoir demande pardon de toutes les fautes que j'ai faites et de tous les chagrins que je vous ai causes1 et vous me donnerez votre benediction4 ,songez bien a tout ce que j'ai fait de mal pour me le reprocher1 afin que je ne le fasse plus1 et pour me pardonner4 --,mon enfant1 repondis-je1 un pere pardonne tout1 meme a un enfant qui n'est pas sage2 mais j'ai la joie de pouvoir te dire qu'en ce moment je n'ai rien a te pardonner4 ,je suis content de toi4 ,continue de travailler1 d'aimer le bon ,dieu1 d'etre fidele a tes devoirs2 ta mere et moi nous serons bien heureux4 --,oh6 papa6 le bon ,dieu qui vous aime tant1 vous soutiendra1 pour que je sois votre consolation1 comme je le demande4 ,priez-le bien pour moi1 papa4 --,oui1 mon cher enfant4 ,il me regarda avec des yeux humides1 et se jeta a mon cou4 ,j'etais moi-meme fort attendri4 --,papa6444 continua-t-il4 --,quoi1 mon cher enfant8 --,papa1 j'ai quelque chose a vous demander6 ,je voyais bien qu'il voulait me demander quelque chose1 et ce qu'il voulait me demander1 je le savais bien6 ,et1 faut-il l'avouer8 j'en avais peur2 j'eus la lachete de vouloir profiter de ses hesitations4 --,va6 lui dis-je1 j'ai des affaires en ce moment4 ,ce soir ou demain1 tu me diras ce que tu desires1 et1 si ta mere le trouve bon1 je te le donnerai4 ,le pauvre petit1 tout confus1 manqua de courage1 et1 apres m'avoir embrasse encore1 se retira tout deconcerte1 dans une petite piece ou il couchait1 entre mon cabinet et la chambre de sa mere4 ,je m'en voulus du chagrin que je venais de lui donner1 et surtout du mouvement auquel j'avais obei4 ,je suivis ce cher enfant sur la pointe des pieds1 afin de le consoler par quelque caresse1 si je le voyais trop afflige4 ,la porte etait entr'ouverte4 ,je regardai sans faire de bruit4 ,il etait a genoux devant une image de la sainte ,vierge2 il priait de tout son coeur4 ,ah6 je vous assure que j'ai su ce soir-la quel effet peut produire sur nous l'apparition d'un ange6 ,j'allai m'asseoir a mon bureau1 la tete dans mes mains1 pret a pleurer4 ,je restai ainsi quelques instants4 ,quand je relevai les yeux1 mon petit garcon etait devant moi avec une figure tout animee de crainte1 de resolution et d'amour4 --,papa1 me dit-il1 ce que j'ai a vous demander1 ne peut pas se remettre1 et ma mere le trouvera bon3 c'est que1 le jour de ma premiere communion1 vous veniez a la sainte ,table avec elle et moi4 ,ne me refusez point1 papa4 ,faites cela pour le bon ,dieu qui vous aime tant4 ,ah6 je n'essayai pas de disputer davantage contre ce grand ,dieu qui daignait ainsi me contraindre4 ,je serrai en pleurant mon enfant sur mon coeur4--,oui1 oui1 lui dis-je1 oui1 mon enfant1 je le ferai4 ,quand tu voudras1 aujourd'hui meme1 tu me prendras par la main2 tu me meneras a ton confesseur1 et tu lui diras3 ,voici mon pere4 ,l'abbe ,,loth4 99 99 99 99 99 #g4--,,un ,,cadeau ,,inattendu4 ,dans une fonderie situee pres de ,paris1 il y avait un ouvrier qui avait recu autrefois une certaine education4 ,mais des revers de fortune l'avaient oblige a chercher du travail4 ,un jour1 il fit un faux pas1 tendit ses mains en avant pour amortir sa chute1 et sa main droite alla malheureusement s'etendre sur un morceau de fer rouge qui la brula jusqu'a l'os4 ,le malheureux subit l'amputation avec courage2 mais il ne souffrit pas avec un courage egal une infortune qui le privait1 lui1 sa femme et ses quatre enfants1 du pain quotidien2 ses plaintes s'exhalaient en affreux blasphemes4 ,informee de sa triste situation par une bonne-soeur de charite1 la comtesse 999999 se hata d'accourir4 ,elle prodigua avec ses secours les bonnes paroles1 multiplia ses visites1 ses cadeaux1 ses encouragements4 ,l'ouvrier la recevait froidement1 acceptait tout poliment1 remerciait sechement et1 des que la charitable comtesse avait franchi le seuil de la mansarde1 il se tournait vers sa femme et lui disait d'un ton railleur3 ,les visites de cette dame sont bien interessees1 j'en suis sur1 c'est en vue des prochaines elections qu'elle nous vient en aide4 ,tout en partageant les sentiments de son mari1 ,annette ne parlait pas comme lui4 ,elle faisait bonne mine a la comtesse afin que les dons en faveur de ses enfants fussent augmentes4 ,mais son coeur restait ferme1 et la genereuse bienfaitrice ne se faisait pas illusion sur les vrais sentiments de sa protegee4 ,noel arriva444 ,depuis quinze jours1 la machine a coudre ne cessait de faire entendre ses tics-tacs4 ,c'etait a ne pouvoir dormir1 durant la nuit entiere1 dans la maison4 --,qu'avez-vous donc a travailler ainsi1 ,annette8 demandaient les voisines4 ,nous allons vous conduire au ,pere-,lachaise#c1 bien sur6 si vous continuez a vous fatiguer ainsi4 ,note #c3 ,cimetiere bien connu1 le principal de la ,capitale4 --,c'est que voici bientot ,noel1 et je ne veux pas voir pleurer mes enfants comme l'an passe4 ,ils ont eu les mains vides pendant que les autres avaient les mains pleines de jouets et de bonbons3 cela m'a fendu le coeur et je leur ai promis que le ,noel de cette annee les dedommagerait4 ,je travaille pour tenir parole4 ,l'homme propose et ,dieu dispose4 ,notre ,annette travailla avec tant de precipitation qu'un beau soir sa machine a coudre cassa4 ,plus de travail1 plus de pain4 ,adieu les cadeaux de ,noel6 ,o malheur6 les enfants allaient pleurer444 ,l'ouvriere fit contre mauvaise fortune bon coeur3 elle porta vite son gagne-pain a la reparation2 mais on la fit attendre et on lui fit payer quinze francs6 helas6 --,quel guignon d'etre malheureuse6 murmurait la pauvre mere en pleurant4 ,ce ,noel allait etre1 bien certainement1 encore plus triste que celui de l'annee precedente4 ,la veille au soir1 les enfants mirent leurs petites chaussures sous la cheminee4 ,mille precautions furent prises pour les placer au bon endroit2 il y avait eu meme des contestations et des disputes entre eux a ce sujet4 ,le cadet n'avait pas craint de troubler l'ordre et de changer la topographie des souliers4 ,la soeur ainee1 qui s'en apercut en faisant une ronde a la derobee1 fit un tintamarre qui necessita l'intervention du papa et de la maman4 --,comme ils vont etre cruellement decus1 demain matin6 pensait ,annette avec angoisse4 ,mon coeur se fend de chagrin4 ,ce ne fut point sans peine que l'on decida les petits a aller se coucher3 ils restaient la1 bouche beante1 devant le tuyau de la cheminee qui subit vingt fois leur inspection4 ,ils auraient volontiers passe la nuit a attendre le petit ,jesus4 ,couches sur leurs pauvres matelas1 la discussion ne cessa point4 ,ils firent des projets1 des echanges2 ils jaserent1 se disputerent4 ,quand le silence se fut etabli1 ,annette dit a ,baptiste3 --,je n'ai rien a leur donner3 ma bourse est a sec4 ,pauvres petits6 ,annette et ,baptiste pleurerent en voyant l'etalage des chaussures des enfants4 ,tout a coup1 sans dire un mot1 ,baptiste se leva et sortit444 ,il passa devant les magasins etincelants de lumiere1 s'arreta aux splendides etalages4 --,passons1 dit-il1 je suis trop pauvre pour entrer la4 ,il porta ses pas du cote des petites boutiques en planches1 echelonnees le long des boulevards et bourrees de jouets4 ,avisant une boutique a treize sous1 il entra1 et s'approchant du patron1 il lui dit a l'oreille3 --,je suis un brave ouvrier1 j'ai quatre enfants2 une grande dame nous protege 7cet aveu lui coutait les yeux de la tete73 je voudrais bien avoir1 a credit1 quelque objet a bon marche4 ,monsieur1 vous pouvez voir444 je demeure a444 ,le patron ne le laissa pas achever4 --,la maison ne vend pas a credit1 ,monsieur444 ,inutile6444 ,a treize sous6 ,boutique a treize sous6444 ,bon marche sans exemple4 ,quand ,baptiste revint a la mansarde1 il etait exaspere et criait plus fort que jamais3 ,ah6 quel malheur d'etre pauvre6 ,les cloches de la messe de minuit sonnaient a toute volee et joyeusement4 ,annette entendit frapper a la porte2 elle courut ouvrir3 la comtesse entra4 --,quoi1 vous a cette heure8 --,oui1 j'ai pense a vos cheris444 ,je n'ai qu'un instant2 ma voiture est en bas qui m'attend pour me conduire a ,sainte-,clotilde ou je vais entendre la messe de minuit4 ,oh6 comme ils dorment d'un sommeil paisible1 ces chers petits enfants du bon ,dieu6 ,ils seront bien contents demain444 tenez1 voila pour eux4 ,la comtesse tendit un paquet1 et1 enveloppee de son manteau ramene autour d'elle1 descendit rapidement l'escalier4 ,un coup de couteau a travers une ficelle1 et le paquet eventre etala ses merveilles4 ,il y avait des poupees1 des pantins1 des dragees1 des oranges1 du chocolat1 des bonbons1 tout un assortiment de bonnes et belles choses a admirer1 a conserver1 a croquer4 ,baptiste et ,annette n'y voyaient plus3 ils pleuraient1 ils sanglotaient4 ,ces chers petits6 comme ils seront heureux au reveil6 ,les chaussures ne furent pas assez longues1 larges et hautes pour recevoir les dons du petit ,jesus3 le devant de la cheminee fut garni d'objets inconnus a la mansarde4 ,comment decrire la joie des enfants1 leurs exclamations1 leurs cris1 lorsque le jour fut venu6 ,annette et ,baptiste devoraient des yeux ces chers petits2 ils partageaient leurs transports et pleuraient de joie avec eux4 ,quand la comtesse revint1 ,baptiste lui dit1 les larmes aux yeux3 --,madame1 vous nous aimez puisque vous aimez nos enfants4 ,nous vous serons tous reconnaissants jusqu'a la mort4 ,huit jours apres1 ,baptiste1 ,annette et les enfants allaient a la messe de la paroisse4 ,la charite de la comtesse avait trouve le chemin du coeur4 99 99 99 99 99 #h4--,,les ,,trois ,,actes ,d',,un ,,drame ,,contemporain4 ,un dimanche matin1 on aurait pu voir1 il y a quelques annees1 deux personnes se rendant a l'eglise principale de leur localite1 vers l'heure de la grand'messe4 ,c'etaient ,m4 ,x999999 et son epouse1 tous deux imbus des prejuges de notre siecle et pleins de cette arrogante fierte qui distingue les parvenus sans religion4 ,ils n'allaient pas a la maison de ,dieu pour y prier1 mais bien pour s'y pavaner et y chercher un moyen de se distraire en meme temps qu'une satisfaction a leur vanite4 ,lorsqu'ils entrerent1 la messe etait commencee2 au lieu de se tenir dans le bas de l'eglise1 ils pretendent traverser les rangs1 examinent curieusement toute l'assistance1 se communiquent leurs impressions1 en un mot affectent le meme sans-gene que s'ils s'etaient trouves dans un concert ou une salle de spectacle4 ,a ce moment1 un pretre a cheveux blancs1 d'un aspect venerable1 quitte le choeur pour faire1 selon l'usage1 la quete parmi les fideles4 ,c'etait le cure de la paroisse1 qui jouissait de l'estime universelle grace a ses bienfaits et a ses vertus4 ,le digne ecclesiastique avait la douceur d'un pere1 mais il avait aussi la juste severite du ministre d'un ,dieu trois fois saint4 ,indigne de l'attitude inconvenante de ,m4 ,x999999 et de son epouse1 que leur toilette toute mondaine rendait plus revoltante encore1 peine surtout du scandale qui en resultait pour ses ouailles1 le pasteur ne put s'empecher de s'arreter un instant lorsqu'il arriva pres d'eux1 et il leur dit a voix basse1 mais d'un air grave3 ,oubliez-vous donc que vous etes ici dans la maison de ,dieu8444 ,puis1 il passa1 mais sa parole ne passa point1 elle demeura brulante sur le coeur de ,mme ,x9999991 et en fit jaillir jusque sur son front la rougeur de la honte et de la colere444 ,peu de jours s'etaient ecoules1 lorsqu'un jeune homme se presente au domicile du bon cure et demande a lui parler4 ,vainement lui objecte-t-on une occupation urgente1 qui rend l'entrevue pour le moment impossible2 il insiste vivement et justifie ses instances par les sollicitations d'un malade qui1 se tordant1 dit-il1 dans les etreintes de l'agonie1 l'appelle1 veut le voir1 lui parler1 ne voir et ne parler qu'a lui seul6444 ,le pretre est averti1 il abandonne tout pour porter au moribond les consolations de son ministere1 il hate le pas1 il court vers le domicile indique1 il arrive4 ,introduit dans l'appartement ou il etait attendu1 il cherche inutilement le lit du malade1 il n'y trouve qu'un homme a l'abord froid et glacial et une dame se prelassant sur un riche canape4--,on a devine ,m et ,mme ,x9999994 ,c'etait un lache guet-apens4 ,le seuil a peine franchi1 la porte se ferme a double tour derriere le vieillard4 --,puis-je savoir ce que cela signifie8 dit-il avec etonnement4 --,je vais vous l'apprendre1 repond ,x9999994 ,asseyez-vous4 ,le venerable pasteur s'assit machinalement1 sans rien comprendre a un pareil debut4 ,mme ,x999999 laissa percer sur ses levres un imperceptible sourire1 et son mari joua une dignite qui etait une contradiction flagrante avec le role qu'il s'imposait4 --,monsieur l'abbe1 dit-il1 nous reconnaissez-vous8 --,non1 dit le pretre2 cependant vos traits ne me sont point inconnus1 mais je ne saurais preciser444 --,c'est etrange1 fit ,x999999 avec une legere ironie2 eh bien6 monsieur1 j'aiderai vos souvenirs4 ,ministre d'une religion toute de charite1 comment qualifieriez-vous l'insulte qu'un homme inflige a un autre8 --,c'est une faiblesse1 dit le pretre4 --,et si cette pretendue faiblesse atteint encore son epouse8 --,c'est alors une lachete1 dit le vieillard1 de plus en plus surpris4 --,mais si cette lachete s'accomplit devant une foule nombreuse1 et dans un lieu repute sacre par vous et par les votres1 dans l'eglise meme3 que devient alors cette lachete8 --,cette lachete devient alors un sacrilege1 dit encore le venerable ecclesiastique1 dont l'etonnement n'avait plus de limite4 --,nous sommes parfaitement d'accord1 dit ,x999999 en echangeant avec sa femme un rapide coup d'oeil4 ,les dernieres paroles du pretre avaient entierement epanoui le visage de ,mme ,x999999 et elle souriait beatement sur son siege4 --,mais je ne sais vraiment pas1 monsieur1 dit le cure1 ou peuvent aboutir toutes ces questions2 daignez vous expliquer plus nettement1 je vous prie4 --,encore un point a eclaircir1 monsieur l'abbe1 et j'arrive au denoument4 --,quel chatiment doit donc etre inflige a l'homme lache et sacrilege qui a pu s'oublier ainsi8 --,le chatiment est1 dans ce cas1 monsieur1 l'expression de la vengeance1 et la vengeance n'appartient qu'a ,dieu6 --,ah6 je le regrette2 mais ici1 monsieur1 nous differons absolument de maniere de voir1 et il m'est avis que l'insulte doit necessiter ou de promptes excuses ou une juste expiation4 ,permettez-moi1 meme1 de n'admettre a cet egard que mon opinion seule4 ,et maintenant1 ajouta-t-il1 en quittant tout a coup le ton d'une discussion calme pour les formes brusques et peu courtoises de la colere et de la passion2 et maintenant1 ma femme et moi1 nous sommes les offenses1 et l'insulteur1 c'est vous6444 --,moi6 dit le pretre avec surprise sans doute1 mais toujours avec ce calme et cette dignite qui jaillissent d'une conscience pure2 moi6444 ,puis1 un souvenir illuminant tout a coup sa memoire3 ,oh6 monsieur1 poursuit-il d'un ton doucement ironique1 vous intervertissez etrangement les roles3 je sais a present de quoi il s'agit4 ,dieu m'a confie la garde de sa maison1 j'ai du la faire respecter1 et en vous rappelant1 ainsi qu'a madame1 la saintete du sanctuaire1 je n'ai fait qu'accomplir un devoir4 ,x999999 demeure un instant interdit1 en face d'une reponse aussi ferme3 mais peut-il etre vaincu1 lui1 par un pretre1 par un vieillard8444 --,monsieur6 s'ecrie-t-il avec violence1 vos paroles etaient une insulte1 et l'insulte veut l'expiation2 et saisissant un pistolet cache sous son vetement3 ,a genoux1 dit-il au vieillard1 a genoux6 et faites des excuses6#d ,note #d3 ,quelque incroyable et meme improbable que paraisse cette ,violence premeditee1 qu'on pourrait regarder comme une scene de roman1 ,l'auteur garantit l'authenticite du fait4 ,x999999 avait arme le pistolet et le tendait menacant vers la poitrine du vieux pretre4 ,mais il ne savait pas tout ce qu'il y a de noblesse1 d'energie1 d'invincible volonte dans un coeur sans tache1 dans une ame chretienne1 nourrie chaque jour du pain des forts4 ,il ne savait pas qu'abreuve du sang de son ,dieu1 le vieillard y retrouve les forces de la jeunesse1 le pretre l'heroisme qui fait les martyrs4 ,il ne le savait pas1 il ne le soupconnait meme pas2 s'il en eut ete autrement1 aurait-il pu consentir a affronter benevolement cette alternative1 ou d'etre le meurtrier d'un vieillard1 ou de subir la honte d'une mystification qu'il pretendait infliger lui-meme8 ,le saint pretre1 calme et impassible1 regarde fixement l'homme qui le menace1 et n'opposant a sa fureur qu'une sublime resignation3 ,monsieur1 dit-il1 le vieillard qui n'a plus que quelques jours a passer sur la terre ne doit pas redouter la mort2 et le pretre doit mourir plutot que de transiger avec sa conscience1 il ne saurait retracter un devoir accompli1 et il ne flechit le genou que devant son ,dieu6 ,et portant la main a son coeur3 ,frappez1 monsieur1 dit-il1 frappez6 ,dieu nous voit1 qu'il nous juge2 a lui seul appartient la vengeance6 ,ainsi que nous venons de le dire1 se trouvant dans la necessite ou d'etre meurtrier ou de subir la honte d'une defaite1 ,x999999 fut tout heureux de voir sa femme s'interposer et solliciter en faveur du vieillard un genereux pardon4 ,cette mediation tout a coup inspiree a ,mme ,x999999 diminua un peu ce qu'avait d'humiliant la position que son mari s'etait faite4 ,ne paraissant alors obeir qu'aux instances de son epouse1 il baissa l'arme et ne frappa point4 --,puisque vous ne voulez pas me tuer1 dit le cure1 souriant a demi1 soyez assez bon1 monsieur1 pour vouloir bien me rendre la liberte que vous m'avez ravie4 ,x999999 ouvrit la porte de son appartement1 non sans quelque embarras1 et le pretre1 ne laissant paraitre aucune emotion1 avec l'aisance d'un calme parfait1 se retira en s'inclinant4 ,un an apres1 jour pour jour1 le triste heros de cette aventure revenait1 a cheval1 d'un village voisin4 ,c'etait a la nuit tombante1 et le voyageur humait avec delices la fraicheur du soir4 ,apres une absence de huit jours1 il venait de regler quelques affaires et se hatait de rentrer au sein de sa famille4 ,le voyage jusque-la avait ete des plus heureux2 tout a coup1 arrive a un endroit ou la route decrit brusquement une courbe1 le contact inattendu d'une branche qui s'inclinait isolement sur le chemin effraye le cheval4 ,un ecart aussi prompt qu'imprevu renverse le cavalier4 ,par une circonstance funeste1 le pied de ,x99999999 demeure engage dans l'etrier et le tient suspendu aux flancs de sa monture1 balayant de son front ensanglante le sable et les cailloux de la route4 ,non loin de la se trouvaient quelques1 habitations1 ca et la eparses4 ,aux cris de l'infortune1 on accourt2 mais1 surexcite par le bruit qu'il entend et par la piqure incessante de l'eperon avec lequel il laboure lui-meme ses propres flancs1 le cheval redouble de vitesse et traine a travers les champs le corps mutile de son maitre4 ,on peut enfin l'arreter1 mais ,x999999 n'a deja plus le sentiment de sa propre existence4 ,ses vetements en lambeaux sont souilles de poussiere et de sang2 son visage1 horriblement defigure1 laisse apercevoir au front une blessure large et profonde4 ,transporte sous le toit d'un pauvre paysan1 il y recoit les soins les plus empresses1 mais la nuit qu'il y passa fut une nuit d'angoisses et d'atroces douleurs4 ,x999999 n'etait qu'a #c kilometres de chez lui1 et le lendemain1 sur l'assurance donnee par le medecin que le malade pouvait1 sans trop de danger1 a l'aide de certaines precautions1 franchir cette distance1 quelques amis le porterent sur une litiere1 et apres bien des difficultes1 parvinrent a le deposer mourant a son domicile4 ,malgre un repos absolu1 malgre la rigoureuse observance de toutes les prescriptions de l'art1 l'etat du malade devenait de plus en plus alarmant2 il n'y avait meme plus d'autre lueur d'esperance que celle qui ne nous abandonne jamais1 tant que l'objet de nos inquietudes ne nous est pas entierement ravi4 ,ses amis ne l'approchaient pas2 sa femme elle-meme ne venait aupres de lui qu'a de rares intervalles4 ,elle etait loin de s'illusionner sur la gravite du mal1 et quelques etincelles d'une foi non encore eteinte lui faisaient desirer pour son mari les secours de la religion2 mais1 partageant de ridicules prejuges1 elle n'osait manifester ce desir4 ,la difficulte s'aplanit de la maniere la plus inattendue1 et par celui-la meme dont on pouvait le moins l'esperer4 ,dans le cours de sa maladie1 ,x999999 etait souvent en proie au delire1 et souvent alors aussi on entendait s'echapper de ses levres un nom auquel se rattachaient pour lui de tristes souvenirs1 un nom qu'il ne semblait cependant prononcer qu'avec respect4 ,a ce nom se melaient encore des mots entrecoupes3 ,expiation6444 ,vengeance6444 ,et si le malade trouvait un peu de calme1 si la raison succedait au delire1 ce n'etait plus l'expression apparente du remords1 mais celle du repentir1 qu'articulait sa bouche4 ,a l'un de ces moments heureux1 mais rares1 ou une amelioration sensible s'etait produite dans l'etat de ,x9999991 il fit venir sa femme aupres de lui1 et apres quelque temps d'un secret entretien1 celle-ci le quitta le front presque joyeux1 comme si elle eut puise dans cet entretien meme une double esperance4 ,elle s'empressa donc de donner des ordres1 qu'elle recommanda d'executer sans aucun retard4 ,un moment apres1 le venerable cure que nos lecteurs connaissent deja1 se rendait aux instances de ,mme ,x999999 et franchissait de nouveau1 sans hesitation1 le seuil d'une demeure ou il avait recu naguere un si cruel outrage4 ,o religion sainte1 voila tes oeuvres6 ,ce saint vieillard a tout oublie1 tout pardonne1 et il vient consoler et benir1 il vient ouvrir le ciel a celui qui avait failli l'assassiner4 ,ce fut ,mme ,x999999 qui introduisit le pasteur aupres du moribond4 ,a l'aspect de ces cheveux blancs1 de ce front tout empreint d'une majeste simple et imposante1 sous l'influence de ce regard toujours grave1 toujours calme1 toujours bienveillant1 mille souvenirs surgirent spontanement dans l'ame de ,x9999991 et1 soulevant la tete avec effort1 il voulut s'incliner devant le noble vieillard4 --,est-ce bien vous1 monsieur1 dit-il d'une voix faible1 est-ce bien vous qui daignez venir jusqu'a moi8 --,oui1 c'est moi1 dit le pretre avec bonte4 --,je ne l'esperais pas1 monsieur4 ,pouvais-je l'esperer apres l'outrage dont je me suis rendu coupable envers vous8 ,puis1 apres un moment de silence3 --,ah6 monsieur l'abbe1 dites-le-moi1 venez-vous ici pour me pardonner ou pour me maudire8 --,mon fils1 le pretre ne maudit jamais1 il ne sait que benir4 ,je vous benis et je vous pardonne6 ,mme ,x999999 etait la4 ,a ces dernieres paroles1 son coeur s'emut1 ses larmes coulerent1 et1 pour eviter d'augmenter par son emotion l'emotion du malade1 elle quitta l'appartement avec discretion et prudence4 ,alors1 son epoux tournant vers le pretre un regard ou se peignaient tour a tour et la reconnaissance et l'admiration3 --,merci1 monsieur1 merci6 ,je mourrai maintenant moins malheureux1 puisque j'ai obtenu un pardon que je n'osais meme pas implorer4 --,ne parlons plus de moi1 repondit le ministre du ciel2 mon pardon n'est rien1 mon ami1 ou bien peu de chose2 je vous en apporte un autre1 autrement precieux1 autrement desirable1 celui de ,dieu lui-meme4 ,c'est lui qu'il faut aimer1 lui qu'il faut benir4 ,voyez6 jusque dans ses chatiments il se montre bon pere2 c'est lui qui a fait naitre en vous mon souvenir1 lui encore qui me conduit ici pour consoler votre souffrance4 ,que vos larmes montent jusqu'a lui1 voici l'heure de la reconciliation6 ,et le pretre s'approcha bien pres du lit du mourant4 ,dieu seul entendit les aveux du coupable et les paroles consolatrices du pretre4 ,ce que nous savons1 nous1 c'est que les aveux de l'un furent souvent interrompus pas des sanglots1 et que les paroles de l'autre furent accompagnees de douces larmes4 ,et quand ce secret entretien fut acheve1 le vieillard s'inclina plus pres encore du penitent et deposa sur son front pale le baiser de la paix4 ,le lendemain1 le vieux pretre revint aupres de son cher malade1 portant dans ses mains le gage du salut1 le sceau de la reconciliation4 ,le moribond1 avec la piete d'un chretien1 la foi vive d'un fidele1 s'unit intimement au ,seigneur1 et1 quelques heures apres1 il expira dans les sentiments d'une esperance1 d'une confiance illimitees1 car il allait vers ,dieu1 accompagne par ,dieu meme6 7,d'apres ,jules ,ducot47 99 99 99 99 99 #i4--,,le ,,remede ,,est ,,dur1 ,,mais ,,il ,,est ,,bon6444 ,quelques jours apres avoir termine sa station1 un missionnaire recut la visite d'un capitaine1 homme d'esprit1 droit et honnete1 qui entama la conversation sur les grandes verites chretiennes exposees dans les reunions precedentes4 ,j'ai bien la foi1 dit cet officier2 qui ne l'a pas8 ,il n'y a qu'un ignorant ou qu'un homme perverti qui soit de force a ne pas croire a l'eternite1 a ne pas croire en ,jesus-,christ et a nier la majeste de l',eglise4 ,dieu merci6 je n'en suis pas la4 ,cependant1 j'ai dans l'esprit je ne sais quoi de vague1 d'indefini qui m'empeche d'aller jusqu'a la pratique4 ,le bon missionnaire sourit1 et1 lui tendant la main3 ,mon capitaine1 lui dit-il1 bien des gens sont travailles de cette maladie4 ,voulez-vous en guerir8--,eh6 sans doute1 repondit l'officier8 ,quel livre faut-il lire8--,aucun4--,et comment1 alors1 m'instruirai-je8--,rien n'est plus simple4 ,seulement1 je crains bien que vous ne repoussiez le remede4 ,il est infaillible cependant4--,dites toujours4 ,peut-etre ne me fera-t-il pas si peur4--,eh bien6 mettez-vous a genoux et sans hesiter1 priez de tout votre coeur4 ,moi je vais me mettre a prier avec vous1 et puis444 je vous confesserai4--,me confesser6 repliqua vivement l'officier tout surpris2 mais c'est la precisement ce qui me parait inadmissible4 ,et il lanca cinq ou six phrases contre la confession4 ,le ,pere ecouta tranquillement1 puis lui dit3 ,vous voyez bien que vous avez peur1 j'en etais sur4 ,je vous aurais cru plus brave4--,mais je le suis4--,prouvez-le-moi donc1 ici a genoux4 ,en disant cela1 il s'agenouilla le premier4444 ,apres un peu d'hesitation1 le capitaine en fit autant4 ,le missionnaire recita a haute voix et du fond du coeur3 ,notre ,pere1 ,je vous salue1 ,marie1 et ,je crois en ,dieu2 puis un acte de contrition4 ,confessez-vous1 mon fils1 ajouta-t-il avec douceur et autorite4 ,dieu veut votre ame4 ,je vous pardonnerai tout en son nom4 ,le capitaine tout emu ne repondit rien4 ,le pretre se leva2 l'officier resta a genoux4 ,dieu soit beni6 dit le missionnaire4 ,et il s'assit pres du militaire1 l'encourageant si bien que son pauvre coeur ferme s'ouvrit a la grace de ,dieu et que1 quelques minutes apres1 l'absolution sacramentelle avait rendu a sa belle ame sa purete premiere4 ,l'officier resta longtemps a genoux444 il pleurait4 ,quand il se releva1 il se jeta dans les bras du ,pere4 ,oh6 quel remede6 s'ecria-t-il4 ,qu'il est dur1 mais qu'il est bon6 ,comme je vois clair a present6 je n'ai plus de doutes2 je crois tout2 je suis le plus heureux homme du monde6 99 99 99 99 99 #aj4--,,le ,,banc ,,de ,,famille4 ,vers dix-huit ans1 rapporte le heros de cette histoire1 je perdis mon pere et ma mere a quelques mois de distance1 et en les perdant1 je perdis tout4 ,un an ne s'etait pas ecoule que ma foi et mes moeurs avaient fait naufrage4 ,les moeurs d'abord1 la foi ensuite4 ,c'est toujours ainsi que les choses se passent4 ,je devins voltairien1 impie1 materialiste2 enfin1 comme vous dites aujourd'hui1 libre-penseur4 ,pousse par une logique satanique1 je conformai mes actes a mes nouvelles opinions4 ,moi1 le fils d'une famille de saints1 je ne mis plus les pieds a l'eglise ni a ,paques1 ni a ,noel1 ni a l'occasion d'un enterrement ou d'un mariage4 ,cette conduite fut justifiee a l'aide de propos impies et blasphematoires qui scandaliserent toute la paroisse4 ,le vieux cure qui m'avait fait faire ma premiere communion1 m'ayant ecrit pour me demander si je voulais garder a l'eglise mon banc de famille1 je ne daignai pas lui repondre et je cessai de le saluer4 ,dix-huit ans s'ecoulerent2 dix-huit ans que je voudrais effacer de mon existence au prix du temps que j'ai encore a passer sur la terre4 ,un trait vous dira quel homme j'etais4 ,un jour de ,paques1 fatigue d'entendre les cloches chanter a toutes volees dans leur langage l',alleluia1 exaspere de voir les chemins couverts d'hommes et de femmes en habits de fete se rendant a l'eglise1 je saisis une cognee de bucheron et j'allai attaquer par le pied un chene situe dans une de mes prairies qui bordait la route4 ,je voulais protester contre les superstitions populaires6444 ,deux ans apres ce bel exploit1 par un jour brulant d'ete1 une tempete epouvantable s'abat sur le bourg de ,saint-,maurice-les-,etangs4 ,une famille1 composee du pere1 de la mere et des trois enfants fut tuee par la foudre4 ,toute la paroisse se leva comme un seul homme et accompagna ces cinq cercueils a l'eglise et au cimetiere4 ,je suivis la foule4 ,l'impiete n'est pas toujours de saison4 ,on m'aurait1 ce jour-la1 jete des pierres1 si je m'etais abstenu d'assister aux funerailles1 ou si1 en y allant1 j'avais affecte de ne pas entrer dans l'eglise4 ,j'entrai donc et je fis comme les autres4 ,il y avait pres de dix-huit ans que je n'avais mis le pied dans la maison de ,dieu2 aussi etais-je embarrasse de ma personne au milieu de la foule qui remplissait1 ce jour-la1 l'eglise4 ,pendant que je cherchais un coin pour m'y cacher1 le sacristain vint a moi et me fit signe de le suivre4 ,je le suivis machinalement1 me demandant ce que ce bonhomme me voulait4 ,quelle ne fut pas ma surprise1 lorsqu'il m'ouvrit le vieux banc de ma famille1 toujours a sa place et toujours inoccupe1 comme si j'avais continue a payer a la fabrique la taxe annuelle6 ,je n'etais pas a la fin de mes etonnements4 ,le sacristain revint au bout de quelques minutes1 apportant une petite clef rouillee4 ,il me la remit en disant3 --,voici votre clef4 ,je me rappelai alors qu'il y avait dans notre banc un petit coffret scelle1 moitie dans le bois1 moitie dans la pierre1 ou ma pieuse mere mettait ses livres de prieres4 ,le coffret1 lui aussi1 etait a sa place2 je le reconnus1 je reconnus la clef4 ,j'ouvris1 pousse comme par une force surnaturelle4 ,quelle ne fut pas mon emotion1 en trouvant dans le coffret des livres dont ma mere se servait et ou elle m'avait fait lire souvent de si belles prieres6 ,ils etaient la1 a peine deteriores par le temps et l'humidite1 le ,formulaire de prieres1 l',ange conducteur1 l',imitation de ,jesus-,christ444 ,ma presence dans l'eglise et dans le banc de ma famille eut fait sensation en d'autres circonstances4 ,grace a la foule et a ces funerailles extraordinaires1 elle passa inapercue4 ,je pus1 non pas prier1--je ne savais plus le faire1--mais rever et reflechir comme si j'avais ete seul4 ,ayant ouvert l',imitation pour me donner une contenance1 j'y trouvai une feuille de papier detachee1 jaunie par le temps et le contact des doigts4 ,elle contenait une priere ecrite de la main de ma mere4 ,la voici3 ,oh6 mon ,dieu6 ne me punissez pas de ce que je n'ai pas assez de foi pour souhaiter1 comme la mere de saint ,louis1 de voir mon fils mort plutot que souille d'un seul peche mortel6 ,pardonnez a ma faiblesse4 ,conservez la vie et la sante de mon enfant4 ,gardez-le du malheur de vous offenser4 ,mais si jamais il s'egarait du chemin de la foi et de la vertu1 ramenez-l'y doucement et misericordieusement comme vous ramenates l'enfant prodigue a son pere6 ,vous devinez mon emotion4 ,des larmes1 que mon orgueil s'efforcait de retenir1 coulerent abondamment4 ,dire que je fus converti ce jour-la1 serait trop dire4 ,on ne brise pas aussi promptement avec dix-huit ans d'impiete4 ,mais si je ne fus pas converti1 je fus touche et ebranle4 ,des le jour meme1 j'allai remercier le venerable cure de ,saint-,maurice de m'avoir conserve mon banc de famille4 ,il me fallut insister pour rembourser a l'excellent homme les dix-huit annuites qu'il avait avancees pour moi au tresorier de la fabrique4 ,voyez-vous8 me dit-il1 bon sang ne peut pas toujours mentir4 ,on n'est pas impunement le rejeton d'une famille de saints4 ,je le savais1 moi1 qu'un jour ou l'autre vous viendriez occuper le vieux banc des ,chauvigny4 ,il ajouta1 en me prenant les deux mains et en me les pressant3 --,je vous en prie1 mon cher enfant1 puisque vous etes alle a l'eglise1 retournez-y4 ,vous consolerez les dernieres annees d'un vieux pretre qui honorait et aimait vos parents1 et qui en fut estime et aime4 ,que vous dirai-je de plus8 ,j'allai a la messe le dimanche suivant4 ,la grace de ,dieu fit le reste4 99 99 99 99 99 #aa4--,,la ,,lettre ,d',,une ,,mere4 ,un des premiers malades que je visitai a mes debuts1 disait un medecin chretien1 ce fut un jeune homme d'environ trente-cinq ans1 que le desordre avait prematurement conduit aux portes de la mort4 ,je m'attachai a ce malheureux1 et1 ne pouvant le sauver1 j'essayai d'adoucir ses souffrances4 ,froid1 silencieux1 strictement poli1 mon malade acceptait mes remedes et mes soins sans croire beaucoup a leur efficacite4 ,il aurait voulu dormir toujours et ne cessait de me demander de l'opium4 ,je rencontrai dans l'escalier de la maison un vieux pretre qui me dit3 --,monsieur1 j'ai entendu dire que vous etiez chretien2 rendez donc a ce malheureux jeune homme un service3 dites-lui quelques mots de ,dieu4 ,je lui ai fait1 sans resultat1 plusieurs visites4 ,il m'accueille poliment1 mais c'est tout4 ,je suis sur qu'une parole de vous ferait plus d'effet que toutes mes exhortations4 ,je promis d'essayer4 ,le lendemain1 je m'efforcai de faire causer mon malade et1 comme il s'y pretait d'assez bonne grace1 j'amenai la conversation sur le terrain religieux2 le jeune homme s'en apercut et me dit d'un ton ferme3 --,je vous en prie1 monsieur1 ne me parlez pas de religion2 je n'y crois pas4 --,vous croyez au moins a l'existence de l'ame8 --,je crois a l'opium1 dit-il en souriant1 et au sommeil4 ,et il prit la position d'un homme qui essaie de dormir4 ,a quelques jours de la1 je fis une seconde tentative1 qui tourna plus mal encore que la premiere4 --,ecoutez1 docteur1 me dit le malade1 j'ai etudie un peu de philosophie1 et j'en sais assez pour ne pas croire a l'existence de l'ame4 ,et il se mit a developper quelques-uns des arguments de l'ecole materialiste4 ,ces erreurs1 qui m'auraient choque dans la bouche d'un professeur eloquent1 me parurent1 dans cette mansarde et sur les levres de ce mourant1 revoltantes et monstrueuses4 ,je sortis navre4 ,cependant nous continuions1 le vieux pretre et moi1 a soigner1 sans plus de succes l'un que l'autre1 le corps et l'ame de ce malade4 ,le corps marchait a grands pas au tombeau4 ,l'ame s'en allait a la perdition eternelle4 ,un jour que je posais a ce jeune homme une ventouse1 j'eus besoin d'un morceau de papier2 j'apercus une espece de lettre posee a cote de son chevet1 je la pris et j'allais m'en servir lorsque le jeune homme me saisit brusquement la main et m'arracha la lettre4 ,un peu surpris1 je dechirai une feuille a un vieux livre et je fis mon operation4 ,le soir du meme jour1 je retournai voir mon client qui baissait de plus en plus4 ,je l'apercus tenant a la main et s'efforcant de lire la lettre que j'avais voulu bruler le matin4 --,docteur1 me dit-il1 voici la derniere lettre que ma mere m'a ecrite2 il y a un an qu'elle ne me quitte pas et je l'ai lue plus de cent fois2 je voudrais la relire avant de mourir2 mes mains tremblent et ma vue s'obscurcit3 soyez bon jusqu'a la fin1 lisez-moi tout haut cette lettre4 ,je pris la lettre et j'en commencai la lecture4 ,non6 jamais1 depuis1 je n'ai rien lu d'aussi tendre et d'aussi touchant4 ,c'etait ,monique ecrivant a ,augustin4 ,j'avais beau etre medecin1 je n'avais que vingt-six ans et je venais de perdre la meilleure des meres3 les sanglots etouffaient ma voix2 je sentais des larmes venir a ma paupiere4 ,je regardai le malade3 il pleurait silencieusement2 mes larmes se melerent aux siennes4 ,tout a coup je me levai et m'ecriai3 ,malheureux6 pouvez-vous croire que celle qui a ecrit une semblable lettre n'avait pas une ame8 ,il garda le silence et ses larmes coulerent plus abondamment4 ,le lendemain1 il fit appeler le vieux pretre et eut avec lui un long entretien4 ,le surlendemain1 j'appris qu'il avait recu les sacrements4 ,il vecut encore une semaine4 ,sa froideur polie n'etait qu'un masque cachant un coeur egare sans doute1 mais bon et genereux4 ,il mourut entre les bras du vieux pretre et les miens1 couvrant de baisers les pieds du crucifix et la lettre de sa mere4 99 99 99 99 99 #ab4--,,une ,,premiere ,,communion ,a ,,quatre-,,vingts ,,ans ,c'etait en juillet #ahge4 ,dans un petit village du canton de ,castillon1 diocese de ,bordeaux1 vivait un pauvre vieux menage octogenaire4 ,le mari etait un impie1 connu pour tel dans le pays2 il n'allait pas meme a la messe le dimanche4 ,helas6 il n'avait pas fait sa premiere communion4 ,la bonne femme1 au contraire1 avait toujours ete chretienne1 et1 avec l'age1 elle etait devenue tres pieuse4 ,bien des fois elle avait essaye de faire entendre raison a son mari1 qui l'aimait beaucoup2 mais des qu'elle abordait le chapitre de la confession et de la communion1 elle etait invariablement repoussee4 ,un jour elle tomba malade4 ,le medecin constata bientot la gravite du mal1 et engagea la bonne vieille a mettre ordre a ses affaires4 ,elle n'eut pas de peine a se resigner1 mais son pauvre mari etait comme atterre par la perspective de la separation4 ,il etait a moitie paralyse et cloue1 a l'autre bout de la chambre1 dans un grand fauteuil1 regrettant tout haut de ne pouvoir donner a la chere malade les soins que reclamait son etat4 ,la bonne femme etait1 elle aussi1 tres desolee1 mais pour un motif tout autre3 elle pleurait et priait1 profondement attristee de laisser derriere elle1 non converti et dans un aussi pitoyable etat de conscience1 celui qui avait ete le compagnon de fa vie pendant de si longues annees4 ,au moment de recevoir les sacrements1 elle tenta une derniere fois1 mais en vain1 de ramener son mari au bon ,dieu4 ,cependant celui-ci suivait avec angoisse les progres du mal ,quand il crut que les derniers moments approchaient1 il appela deux voisins et leur dit en sanglotant3 ,mes amis1 portez-moi aupres de ma pauvre femme pour que je l'embrasse avant sa mort et pour que je lui dise adieu4 ,le lit ou gisait la moribonde etait un de ces grands lits d'autrefois1 qui avancent dans la chambre et que l'on peut aborder des deux cotes4 ,en voyant approcher son mari1 la femme reunit ses forces et se tourne de l'autre cote4 ,on porte le vieil infirme de ce cote-la2 au grand etonnement de tous1 la femme se retourne1 en disant3 ,a quoi bon nous embrasser et nous dire adieu1 si nous devons ne pas nous revoir dans l'eternite8 ,le vieil incredule n'y tient plus4 ,il fond en larmes4 ,si6 si6 ma chere femme1 s'ecrie-t-il1 nous nous reverrons1 je te le promets6 ,je vais appeler ,m4 le cure tout de suite1 et je me confesserai4 ,n'aie pas peur2 je ne veux pas etre separe de toi pour toujours4 ,moi aussi1 je vais servir le bon ,dieu4 ,prie-le qu'il me pardonne4 ,on etait en pleine nuit1 et il etait trop tard pour faire venir immediatement le pretre4 ,mais1 des le matin1 on courut au presbytere4 ,venez1 vite1 monsieur le ,cure6--,comment6 repond celui-ci1 elle n'est pas morte8--,ce n'est pas pour elle1 mais pour son mari1 qui vous reclame pour se confesser tout de suite4 ,le cure accourt4 ,deja froide et sans mouvement1 la bonne femme vivait encore et avait sa pleine connaissance4 ,elle regardait fixement son mari1 a l'autre bout de la chambre4 ,en voyant entrer le cure1 un eclair de joie brilla dans ses yeux eteints1 et1 d'une voix mourante1 elle murmura3 ,je ne voudrais pas m'en aller avant de le voir converti4 ,le cure s'assied aupres du vieux mari2 la confession commence2 et1 au premier signe de croix1 l'heureuse femme rend le dernier soupir444 ,huit jours apres1 a la messe du second service funebre celebre pour sa femme1 le pauvre vieillard converti faisait sa premiere communion1 a la grande edification de toute la paroisse4 99 99 99 99 99 #ac4--,,la ,,soupape4 ,une actrice de ,geneve avait une petite fille de onze ou douze ans4 ,la mere1 tout oublieuse qu'elle etait pour elle-meme de ses devoirs religieux1 se souvint cependant qu'elle etait catholique et voulut que son enfant fit et fit bien sa premiere communion4 ,elle la conduisit en consequence chez l'abbe ,mermillod#e1 l'un des pretres les plus intelligents et les plus charitables de la ville1 et le pria de vouloir bien instruire et preparer sa petite fille4 ,le pretre la recut avec une bonte qui lui fit une vive impression1 et il fut convenu que sous peu de jours commenceraient les lecons de catechisme en presence de la ,mere4 ,note #e3 ,devenu depuis eveque et cardinal4 ,quelques jours apres cette premiere entrevue1 l'abbe ,mermillod1 revenant de la visite d'un pauvre malade1 passa dans le quartier et dans la rue ou demeurait sa petite eleve4 ,il sonna a cette porte peu habituee a des visites de ce genre1 et une servante vint ouvrir4 ,le pretre se nomma1 et la servante le pria d'entrer1 disant que sa maitresse avait donne ordre d'introduire ,m4 l'abbe toutes les fois qu'il se presenterait4 ,cette bonne fille avait pris la chose a la lettre2 elle conduisit l'abbe ,mermillod aupres de la dame1 laquelle etait a table avec une douzaine de convives1 tous acteurs ou actrices1 faisant bombance4 ,le pauvre abbe se trouva fort attrape et les convives aussi4 ,il voulut se retirer1 s'excusa de la malencontreuse obeissance de la servante2 mais la maitresse de la maison insista si fort pour qu'il voulut bien demeurer un peu1 et elle lui dit1 au nom de toute l'assistance1 des paroles si honnetes1 que force lui fut de demeurer et de prendre un siege4 ,la petite fille etait a table aupres de sa mere et a cote d'une autre actrice qui paraissait avoir a peine vingt-trois ou vingt-quatre ans4 ,l'abbe ,mermillod1 homme de coeur et d'esprit1 n'etait pas de ceux qui ont peur des pecheurs4 ,il comprit qu'a cette table1 au milieu de cette etrange compagnie1 il y avait a faire quelque bien et que la ,providence ne l'avait pas amene sans motif en pareil lieu4 ,il repondit donc le plus poliment qu'il put aux avances dont il fut l'objet1 et il se gagna bientot la sympathie des convives4 ,ne sachant de quoi parler1 il entra en conversation avec la petite fille1 et lui demanda si elle se preparait a bien faire sa premiere communion4 ,oui1 monsieur1 de tout mon coeur1 dit l'enfant4 ,mais voici une1 ajouta-t-elle en designant sa voisine1 voici une dame qui aurait a vous dire quelque chose et qui n'ose pas4 ,l'actrice rougit1 et avoua avec un peu d'embarras qu'elle desirait beaucoup donner a la petite sa robe blanche de premiere communion4 ,c'est la une bonne et aimable pensee1 reprit l'abbe2 mais il y aurait1 ,madame1 quelque chose de mieux encore1 ce serait d'imiter cette bonne enfant et de remplir comme elle vos devoirs religieux4 ,la pauvre actrice rougit de plus belle4 ,cela m'est malheureusement impossible1 dit-elle2 ma profession est mon seul gagne-pain et elle m'interdit la pratique de la religion2 et puis je n'ai pas fait ma premiere communion4 ,maintenant je suis trop agee4--,on n'est jamais trop age pour revenir a ,dieu1 repondit doucement le bon pretre2 et a votre age1 ,madame1 il n'est jamais impossible de quitter une profession pour en prendre une autre plus chretienne et meilleure4 ,ma foi1 ,m4 l'abbe a raison1 dit un acteur en riant1 et vous devriez bien vous confesser4 ,l'actrice ne repondit rien1 et la conversation devint bientot generale2 on interrogeait le pretre sur la confession1 sur la position des acteurs et actrices vis-a-vis de l',eglise2 de part et d'autre on ripostait vivement1 mais sans aucune aigreur4 ,le diner fini1 on se leva de table2 les fenetres de la salle donnaient sur un magnifique lac4 ,un bateau a vapeur vint a passer4 ,tenez1 messieurs1 dit l'abbe ,mermillod1 voici qui va vous faire parfaitement comprendre a quoi sert la confession4 ,vous voyez ce bateau a vapeur4 ,une force puissante fait mouvoir sa machine et le fait avancer rapidement2 mais cette force elle-meme est un danger1 un principe certain d'explosion et de destruction sans ce que l'on nomme la soupape de surete4 ,par cette soupape s'exhale le trop-plein de la vapeur1 et le bateau et les voyageurs sont en surete4 ,ainsi en est-il de nous tous4 ,nous avons en nous des forces puissantes qui sont nos passions2 a ces forces1 a ces passions il faut une soupape1 une ouverture sans laquelle nous sommes perdus4 ,eh bien6 cette soupape1 c'est la confession1 c'est la confidence sainte et pure que ,dieu nous a donnee comme le soulagement de nos coeurs1 comme la consolation et la purification de nos consciences4 ,aussi remarque-t-on dans les pays protestants ou infideles1 ou la confession est meconnue1 beaucoup plus d'alienations mentales1 beaucoup plus de suicides1 beaucoup plus d'accidents moraux1 que dans les pays ou l'on se confesse4 ,et l'abbe developpa cette these avec autant de force que de science1 en l'appuyant de nombreux exemples4 ,il prit enfin conge de la compagnie1 qu'il laissa toute charmee de son esprit et de sa bonte4 ,la jeune actrice le reconduisit jusqu'a la porte4 ,suivez donc ,m4 l'abbe jusqu'a l'eglise1 lui dit un des acteurs1 et allez vous confesser tout de suite4 ,cela vous fera du bien4--,je ne dis pas non1 reprit serieusement la jeune femme1 et je ne vois pas qu'est-ce qui m'en empecherait4 ,et sortant avec le pretre1 elle l'accompagna jusqu'a la porte d'entree4 ,se trouvant seule avec lui3 ,monsieur1 s'ecria-t-elle d'une voix tout etouffee de sanglots1 ,monsieur1 vous m'avez sauvee6 ,c'est la ,providence qui vous a envoye pour moi dans cette maison4 ,j'etais desesperee2 ce soir1 j'avais forme la resolution de me jeter dans le lac et d'en finir avec les douleurs de la vie2 il y a quelques jours j'ai ete sifflee sur la scene et je ne veux plus y reparaitre4 ,je n'avais plus de ressource1 plus d'amis sur la terre1 je voulais me tuer4 ,maintenant je veux me confesser1 je veux me confesser tout de suite6 ,le pretre calma avec douceur cette pauvre femme1 l'encouragea dans son bon propos4 ,il ajouta quelques conseils chretiens aux paroles qu'il avait dites pour tout le monde1 et la jeune femme prit une heure pour se rendre le lendemain au confessionnal4 ,grace a une energique volonte1 elle a quitte le theatre1 et est devenue une bonne et fervente chretienne4 99 99 99 99 99 #ad4--,,une ,,meprise ,,qui ,,porte ,,bonheur4 ,un soir de l'annee #ahee1 apres une laborieuse journee1 l'abbe ,baron#f1 alors vicaire a ,douai1 etait rentre dans sa modeste demeure et se reposait de ses travaux apostoliques en recitant l',office divin4 ,on vint frapper a sa porte2 il ouvrit1 et une petite fille se presenta devant lui1 le priant de passer1 le plus tot qu'il lui serait possible1 chez une pauvre dame qui se mourait et qui demeurait rue 9999991 n deg4 #bh4 ,le bon abbe voulut interrompre sa priere et se rendre aussitot avec l'enfant a l'adresse indiquee2 mais la petite messagere lui dit que la chose n'etait pas urgente a ce point1 et qu'on lui demandait seulement de ne pas remettre sa visite au lendemain1 de peur d'accident4 ,le pretre prit donc l'adresse de la malade et dit a l'enfant de le preceder et d'annoncer sa visite tres prochaine4 ,note #f3 ,c'est celui qui s'est immortalise a la guerre de #ahgj1 par son devouement heroique et les services eminents qu'il a rendus a l'armee francaise4 ,quand il eut termine la recitation de son ,office1 le pieux abbe se mit en route1 sans faire attention seulement qu'il pleuvait a verse et que le froid etait vif4 ,il s'agissait de sauver une ame1 de consoler une douleur2 qu'est-ce que le froid et la pluie devant un but pareil8 ,arrive dans la rue indiquee par l'enfant1 le pretre entra au n deg4 #ah1 convaincu que c'etait bien la le numero qu'on lui avait donne4 ,la maison etait pauvre2 il n'y avait pas de concierge4 ,le pretre monta l'escalier a tatons et frappa a la premiere porte qu'il trouva sous sa main4 ,un homme vint lui ouvrir et1 apercevant l'habit ecclesiastique1 entra dans une brutale colere1 repondit par trois ou quatre injures a la demande polie du charitable pretre1 qui s'informait si ce n'etait point ici la chambre de la pauvre femme malade1 et enfin lui ferma la porte au nez4 ,patient et doux comme le divin ,maitre1 le pretre frappa a la porte suivante1 ou il ne fut guere mieux accueilli4 ,il monta au second etage1 un petit garcon etait dans le corridor4 ,mon enfant1 lui dit le bon pretre1 pourrais-tu m'indiquer la chambre d'une pauvre dame qui demeure dans cette maison et qui est bien malade4 ,elle s'appelle madame ,gerard4--,il y a bien a la porte la-bas au bout du corridor une pauvre dame tres malade1 monsieur le ,cure2 papa disait meme qu'elle ne passerait pas la nuit2 mais il me semble qu'elle ne s'appelle pas comme vous dites4--,le nom importe peu4 ,fais-moi le plaisir de me conduire a sa porte4 ,et l'enfant le conduisit4 ,l'abbe ouvrit la porte1 entra dans la chambre4 ,aupres d'un lit ou etait en effet une femme malade a l'agonie1 etait assis un homme d'une cinquantaine d'annees1 qui se leva et parut fort etonne a la vue d'un pretre4 ,celui-ci le salua avec affabilite et lui demanda comment allait sa pauvre femme2 car c'est sans doute votre femme1 ajouta-t-il1 et vous etes monsieur ,gerard8444--,moi8 repondit brusquement le maitre de la chambre2 point du tout4 ,qui vous a dit de venir ici et de vous meler de nos affaires8--,mais on vient de m'envoyer chercher1 repartit le pretre fort etonne4 ,on m'a dit qu'une pauvre dame ,gerard1 malade a l'extremite1 m'envoyait querir pour recevoir les derniers secours de la religion4 ,si je me suis mepris de rue1 ou de maison1 ou de chambre1 il me semble du moins que la pauvre dame que voici n'a pas moins besoin de mon saint ministere4 ,c'est le bon ,dieu1 sans doute1 qui m'a conduit ici et qui a permis cette meprise4 ,oh6 oui1 ,monsieur6 murmura d'une voix affaiblie la pauvre mourante1 c'est ,dieu qui vous a conduit ici4--,point du tout1 dit le mari avec emportement4 ,voici plus de dix ans qu'un pretre n'a mis les pieds chez moi1 et vous ne confesserez pas ma femme2 elle est a moi1 melez-vous de vos affaires6--,vous vous trompez fort1 ,monsieur1 dit le pretre avec douceur et fermete4 ,votre femme est a ,dieu avant d'etre a vous1 et vous n'avez pas le droit de disposer de son ame4 ,si votre femme veut se confesser1 je la confesserai2 et mon devoir est de ne l'abandonner que si1 de sa propre volonte1 elle refuse mon ministere4 ,et s'approchant de la malade3 ,madame1 lui dit-il1 desirez-vous vous reconcilier avec ,dieu et mourir chretiennement8 ,la pauvre femme leva les mains au ciel et se mit a pleurer de joie4 ,c'est le bon ,dieu qui a tout fait1 dit-elle4 ,depuis plusieurs jours je prie mon mari d'appeler un pretre1 et il m'a toujours refuse4 ,je veux me reconcilier avec le bon ,dieu1 qui a eu pitie de moi4--,vous l'entendez1 ,monsieur8 dit le pretre en se tournant vers le mari3 veuillez pour quelques moments me laisser seul avec cette pauvre dame4--,et ces paroles furent prononcees avec tant de fermete et de resolution1 qu'il fut comme force de se retirer2 ce qu'il fit en grommelant4 ,voici1 ,monsieur1 ce qui m'a sauvee1 dit en pleurant la mourante4 ,et montrant au pretre un chapelet suspendu aupres de son lit3 ,j'ai eu la faiblesse de craindre mon mari plus que ,dieu1 et pour eviter des scenes1 j'ai depuis dix ou onze ans abandonne la pratique de mes devoirs religieux2 mais je n'ai jamais cesse de me recommander a la bonne sainte ,vierge4 ,tous les jours1 ou a peu pres1 j'ai dit un bout de mon chapelet1 et j'ai toujours conserve l'amour de la sainte ,mere de ,dieu4 ,c'est elle1 ,monsieur l'abbe1 qui vous amene a moi2 c'est elle qui sauve ma pauvre ame6444 ,profondement touche de cette scene attendrissante1 le bon pretre consola la malade1 l'aida a se confesser1 lui donna l'absolution de ses peches1 et lui dit1 en la quittant1 de se preparer de son mieux a recevoir le saint ,viatique et l',extreme-,onction1 qu'il allait chercher a la paroisse voisine4 ,en sortant1 il voulut serrer la main du mari qui la retira1 et qui rentra fort mecontent aupres de son heureuse femme4 ,l'abbe avait regarde dans son calepin l'adresse de la malade1 pour laquelle on etait venu le chercher1 et il avait vu qu'au lieu du n deg4 #ah1 c'etait le n deg4 #bh qui lui avait ete indique4 ,tout en benissant le bon ,dieu de son erreur bienheureuse1 il se hata d'aller a ce n deg4 #bh1 ou il trouva en effet la malade qui l'attendait4 ,il la confessa a son tour1 puis1 sans perdre de temps1 il alla reveiller le sacristain de la paroisse2 et prenant le ,saint-,sacrement avec les saintes huiles1 il revint aupres de ses deux malades2 mais quand il entra a son cher n deg4 #ah1 sa penitente venait d'expirer--,elle avait eu dans l'absolution sacramentelle le pardon de ses peches1 et la ferveur de sa bonne volonte avait sans doute supplee aux yeux du ,dieu de misericorde aux autres secours que le pretre lui apportait4 ,rempli de foi et de reconnaissance envers la sainte ,vierge1 refuge des pecheurs1 consolatrice des affliges1 le ministre de ,dieu termina aupres de l'autre malade ce qu'il avait a faire2 et c'est lui-meme qui a donne tous les details de cette touchante aventure4 ,elle montre une fois de plus quels tresors de benediction sont renfermes dans la piete envers ,marie1 et combien ,jesus est misericordieux pour ceux qui aiment sa ,mere4 99 99 99 99 99 #ae4--;,,heroisme ,d',,en ,,jeune ,,neophyte4 ,dans un emouvant recit1 le ,p4 ,hermann a raconte le bapteme et la conversion d'un de ses neveux1 ne comme lui dans la religion juive4 ,rien de plus edifiant que cette histoire1 dont les details semblent nous reporter aux premiers temps du christianisme4 ,il y a quelques annees1 dit-il1 un enfant1 alors age de sept ans1 vint avec son pere et sa mere1 tous les deux juifs comme lui1 me visiter au monastere des ,carmes1 pres de la ville d',agen4 ,c'etait a l'epoque des belles processions de la ,fete-,dieu4 ,on avait inspire a cet enfant une profonde horreur pour notre divin ,crucifie3 cependant la grace1 se repandant avec profusion du fond de l'ostensoir ou ,jesus daigne se cacher pour notre bonheur1 se rendit victorieuse de cette ame si naive1 si inaccoutumee a nos mysteres2 elle attira ce jeune coeur a son amour avec une si forte vehemence et une si forte douceur que l'enfant crut a la presence reelle de ,jesus-,christ dans le sacrement de son amour avant de connaitre aucune autre des verites de notre divine religion4 ,aussi1 a force de prieres et de supplications1 obtint-il l'insigne faveur de pouvoir revetir les ornements d'un de ces enfants de choeur qui1 pendant les processions du ,tres ,saint-,sacrement1 repandent des fleurs sous les pas de ,jesus-,hostie4 ,ravi de joies et de consolations celestes1 apres avoir rempli cette angelique fonction1 il courut a son pere3 ,o mon pere6 dit-il1 quel bonheur6 ,je viens de jeter des fleurs au bon ,dieu4 ,dans la bouche de ce petit enfant juif1 c'etait toute une profession de foi nouvelle444 ,le pere1 redoutant qu'on ne fit changer de religion a ce fils unique sur lequel reposait toute son affection1 le surveilla dorenavant et voulut repartir avec lui pour ,paris1 lieu de sa residence4 ,mais1 avant le depart1 un trait1 parti du coeur de la divine ,eucharistie1 avait frappe1 penetre1 presque renverse la jeune mere1 l'avait rendue chretienne et1 dans le plus profond mystere d'une nuit silencieuse1 celle-ci avait recu le bapteme et l',eucharistie des mains sacerdotales de son propre frere#g4 ,le jour suivant1 l',eveque lui donnait le sacrement de confirmation4 ,rien n'avait transpire de ce pieux secret et la famille se remit en route pour ,paris1 sans se douter qu'il y eut une chretienne dans son sein4 ,note #g3 ,le ,r4 ,p4 ,hermann1 qui raconte ce fait4 ,le jeune ,georges--c'est le nom de l'enfant--ne put oublier les saintes impressions que son ame avait puisees dans ces fetes chretiennes2 il en parla souvent a sa mere1 il la questionna1 et celle-ci1 heureuse de voir germer dans cette chere ame la semence de lumiere que la grace y avait jetee1 ne se fit pas prier pour developper dans son esprit1 avide de s'eclairer1 la connaissance de ce ,dieu d'amour1 de ce doux ,jesus qui a voulu naitre d'une fille de ,jacob et se faire homme pour sauver les brebis d',israel444 ,des ce moment1 en effet1 sa jeune intelligence et son coeur ardent n'etaient plus occupes que de la pensee et du souvenir de la divine ,hostie qui avait blesse d'amour son pauvre coeur1 et chaque soir1 apres s'etre assure que son pere etait endormi1 il rouvrait les yeux1 il se mettait a prier longtemps le doux ,enfant ,jesus et a bien apprendre son catechisme4 ,o mon ,jesus6 disait-il1 quand donc mon jeune finira-t-il8 quand donc pourrai-je vous recevoir dans la sainte ,communion et vous presser sur mon coeur6 ,ce qui le preoccupait vivement1 c'etait le changement qu'il avait remarque dans sa mere depuis ce voyage dans le ,midi2 il lui voyait d'autres habitudes1 d'autres demarches1 des principes et des gouts plus severes1 et un jour il lui dit3 ,mere1 si vous ne m'assurez que vous n'etes pas baptisee1 je le croirai4 ,la mere1 embarrassee1 ne sut que repondre4 ,ah6 maman1 reprit-il1 je le vois bien1 vous etes deja chretienne et j'espere que le bon ,jesus me reunira bientot a vous et que nous ferons ensemble notre premiere communion444 ,la mere1 tressaillant d'une emotion melee de joie et de crainte1 osa avouer a son fils qu'elle recevait son ,sauveur presque chaque matin444 ,alors l'enfant se mit a pleurer a chaudes larmes1 a sangloter1 a se jeter au cou de sa mere3 ,oh6 pourquoi ne m'avez-vous pas attendu8 ,au moins permettez-moi de me tenir tout pres de vous quand ,jesus sera dans votre coeur1 afin que je puisse embrasser avec respect ce divin ,enfant si aimable444 ,o mere bien-aimee1 je vous en supplie1 la prochaine fois1 gardez-moi quelque chose de votre communion2 une mere partage volontiers avec son enfant sa nourriture44 ,et le jeune enfant se rapprochait alors de sa mere et baisait avec respect ses vetements4 ,ce desir dura quatre annees tout entieres4 ,dire les sacrifices1 les efforts que dut faire ce pauvre enfant pour concilier l'obeissance qu'il devait a son pere avec sa foi vive1 sa preoccupation unique de devenir chretien1 d'apprendre a connaitre1 a aimer1 a servir ,jesus-,christ1 serait chose impossible4 ,ce fut un long martyre444 ,a onze ans1 ,georges assiste a la solennite d'une premiere communion dans sa paroisse4 ,il connait ,jesus1 il aime ,jesus1 il ne desire que ,jesus6444 son petit coeur est tout brulant de soif pour ,jesus4 ,il voit tous ses compagnons d'enfance1 ses amis1 s'approcher legitimement de la table sainte1 et lui1 il doit se cacher dans un coin obscur de l'eglise1 devorant ses larmes1 lancant a tous ces heureux enfants des regards d'une inconsolable et sainte jalousie6444 ,quelques mois apres cette fete de sa paroisse1 la mere m'ecrivait qu'elle ne pouvait resister aux larmes de son fils qui menacait d'aller demander le bapteme au premier pretre qu'il pourrait attendrir sur son sort4 ,on pesa murement toutes les difficultes de sa position vis-a-vis d'un pere cheri1 mais pour qui l'heure de la foi en ,jesus-,christ n'avait pas encore sonne et qui s'armait de toute son autorite pour empecher son fils de devenir chretien4 ,l'amour de ,jesus-,christ fut le plus fort1 et il fut decide que je viendrais en secret a ,paris4 ,il fallait le voir1 cet enfant1 lorsqu'il entra dans la chapelle1 conduit par sa mere6 ,celle-ci tremblait d'etre surprise dans cette pieuse soustraction a la surveillance paternelle4 ,avec quelle piete le petit ,georges se mettait a genoux1 calme1 heureux1 fort de sa resolution1 le visage rayonnant d'une sainte allegresse6--,que demandez-vous1 mon enfant8 lui dis-je alors4--,le bapteme4--,mais savez-vous bien que demain1 peut-etre1 on voudra vous contraindre a entrer dans la synagogue1 afin de participer a un culte aboli8--,ne craignez rien1 mon oncle1 j'abjure le judaisme4--,mais si l'on voulait avec menaces vous obliger a fouler aux pieds le ,crucifix1 en haine de notre divine religion8--,n'ayez pas peur1 mon oncle1 je mourrais plutot4 ,cependant1 ajouta-t-il1 si on me liait pieds et mains1 et si malgre mes cris1 ma protestation et ma resistance1 on me portait dans la synagogue et on placait mes pieds sur le visage du ,crucifix1 y aurait-il apostasie1 si ma volonte resistait8--,non1 mon enfant1 la volonte seule constitue le peche4--,alors1 je demande le bapteme4 ,de grace1 accordez-le-moi4 ,la ceremonie continue au milieu de la plus profonde emotion des assistants4 ,apres le bapteme1 vint la sainte messe1 et apres avoir faire descendre et recu mon ,dieu dans les transports de la reconnaissance1 je me retournai et montrai a l'heureux enfant l'objet de tous ses voeux1 de tous ses desirs4 ,jamais spectacle plus attendrissant n'avait frappe les regards de la foi chretienne6444 ,agenouille entre sa mere et sa marraine1 il aspira dans un divin baiser et recueillit dans son coeur ce doux ,jesus qui venait lui apporter tout son ciel avec lui444 ,rien ne troubla son bonheur1 pas meme la crainte d'etre surpris par son pere444 ,quelques semaines apres1 il communia encore pour la ,toussaint avec la meme allegresse1 et puis vint l'heure de l'epreuve4 ,son pere lui presenta un livre et lui dit3 ,faisons la priere4--,mon pere1 je ne puis pas prier dans ce livre des ,israelites4--,et pourquoi8--,je suis chretien1 je suis catholique4--,mon enfant1 tu te livres a un jeu cruel6 tu ne parles pas serieusement1 je pense4 ,du reste1 tu sais bien que ton bapteme ne serait pas valide sans le consentement de ton pere4--,pardon1 mon pere1 dans notre sainte religion catholique1 il suffit d'avoir l'age de raison et l'instruction religieuse pour etre baptise validement4 ,le pere dissimula d'abord sa violente irritation2 mais quelques jours apres1 il enlevait son fils1 partait avec lui et le conduisait dans un pays protestant1 a quatre cent cinquante lieues de sa mere4 ,tous les efforts qu'on fit pour decouvrir l'asile ou l'on avait relegue le pauvre enfant demeurerent inutiles4 ,on avait mis en mouvement toutes les autorites civiles et politiques pour le chercher2 mais comme il avait ete place sous un nom suppose dans un pensionnat dirige par des heretiques1 toutes les demarches furent sans succes1 et la mere resta seule444 et l'enfant1 comme ,daniel dans la fosse aux lions1 fut en butte a des assauts acharnes pour lui faire renier sa foi4 ,je voudrais revoir ma mere1 s'ecriait-il souvent en versant d'abondantes larmes4--,tu la reverras1 lui repliquait-on1 si tu abjures4--,oh6 non1 je suis chretien1 je suis catholique et je prefere tout souffrir plutot que de renoncer a ma foi4 ,et malgre cette heroique fidelite1 on ecrivait a la mere que son fils etait rentre dans les tenebres du judaisme4 ,mais elle avait confiance en ,jesus1 en ,marie1 en ,joseph1 elle n'en crut rien1 et ne sachant que devenir toute seule a ,paris1 elle alla se refugier a ,lyon1 ou elle fut accueillie par la marraine de son fils4 ,bien souvent1 on vit tomber ses larmes sur la ,table ,sainte ou elle venait puiser des forces dans la reception du ,pain quotidien1 de ce ,jesus pour l'amour duquel elle s'etait exposee a la cruelle separation de son fils unique4 ,trois mois se sont ecoules encore1 et une lettre venue du fond de l',allemagne lui dit3 ,venez1 votre fils est ici4 ,elle accourt1 et apres un penible et long voyage de plus de cinq cents lieues1 au moment ou elle apercoit sa famille1 elle s'ecrie3 ,mon fils6 ou est mon fils8--,votre fils1 vous ne le reverrez qu'apres avoir fait serment devant ,dieu que vous l'eleverez dans la religion juive et que vous ne manifesterez par aucun signe exterieur la religion catholique que vous avez embrassee4 ,apres quelques semaines d'une dechirante agonie1 le coeur du pere se laisse attendrir1 et il permet une entrevue en sa presence1 a la condition qu'il ne sera point question de religion4 ,le fils s'est jete au cou de sa mere1 celle-ci l'a baigne de ses larmes1 ils n'ont pu prononcer les doux noms de ,jesus et de ,marie2 mais dans une lettre1 ma pauvre soeur me disait3 ,il n'a rien pu me dire1 mais j'ai compris1 j'ai senti1 je suis sure qu'il est reste fidele4 ,oui1 j'ai senti dans ses regards1 dans ses tendres baisers que mon fils est toujours chretien4 ,mais le pauvre ,georges se trouva de nouveau prive du tresor pour lequel il avait affronte toute cette persecution religieuse3 il s'etait fait chretien pour pouvoir communier1 et voici que depuis la ,toussaint jusqu'a ,paques une severe surveillance l'avait empeche de se rendre a l'eglise et il se trouvait place dans une pension1 dans une ville ou il n'y avait pas un seul pretre catholique444 ,peut-on se figurer cette torture8444 ,plusieurs mois se passent encore4 ,un jour1 7jour secretement fixe d'avance71 il parvient enfin a se soustraire a la surveillance de ceux qui le gardent1 il va jouer dans un bois2 mais ce ne sont pas des fleurs ni des papillons qu'il cherche2 son regard emu attend un messager du ciel444 ,un monsieur passe pres de lui et le regarde avec un interet marque3 c'est bien lui4 ,savez-vous qui c'etait8 ,c'etait un pretre missionnaire que la mere du petit ,georges avait attendri sur son sort4 ,il s'etait deguise et etait venu se promener1 comme par hasard1 dans ce meme bois1 et le pauvre enfant put faire pour la premiere fois sa confession depuis son enlevement1 qui remontait a dix mois4 ,il la fit dans un bois1 a l'ombre d'un arbre protecteur444 ,mais ce n'etait pas tout3 comment communier8 ,le pretre dut repasser le fleuve 7l',elbe7 qui separait sa mission du lieu habite par le pauvre neophyte4 ,on pria1 on etudia le terrain1 et enfin1 quelques jours apres1 le missionnaire se deguisa de nouveau1 prit sur lui un petit vase d'argent renfermant tout le tresor des cieux1 la sainte ,hostie1 et s'embarqua sur un bateau a vapeur1 au milieu d'une foule stupide qui ne se doutait pas que ,jesus-,christ1 vrai ,dieu et vrai homme1 etait cache sur la poitrine de cet heureux pretre4 ,l'enfant avait pu s'echapper de l'ecole pour accourir dans la chambre de sa mere1 et la1 dans cette chambre ou il avait improvise un petit autel couvert de fleurs et de lumieres1 tous deux a genoux ils attendaient la visite si ardemment desiree du ,sauveur ,jesus en personne qui voulait bien condescendre a venir les fortifier dans leur exil4 ,enfin le pretre1 traversant sans obstacle tous les dangers de cette perilleuse entreprise1 arriva avec son depot precieux1 et dans ce pays sans foi1 dans cette ville sans pretre1 sans eglise catholique1 et dans cette modeste chambre1 l'enfant put accomplir le devoir pascal et s'unir a son ,jesus4 ,voici ce qu'il m'ecrivit quelques jours apres3 ,quand je me reveille la nuit1 o mon cher oncle1 pour penser a toutes les graces que le bon ,jesus m'a faites depuis que je suis ici1 loin de tout secours religieux1 quand je pense surtout a la communion que j'ai pu faire presque miraculeusement dans la petite chambre de maman1 je me mets a bondir de joie sur mon lit et a mordre ma couverture dans le transport de ma reconnaissance4 ,quelques mois apres1 il m'ecrivait encore3 ,nous sommes a la veille de ,noel1 et a l'approche de cette solennite la surveillance redouble pour m'empecher de recevoir mon ,dieu4 ,helas6 devrai-je passer ces belles fetes dans un douloureux jeune1 prive du pain de vie8 ,priez le saint ,enfant ,jesus que mon jeune finisse bientot4 ,il faut que je sois bien sage pour dedommager maman de ne pas se trouver a ,lyon pendant que vous y prechez4 ,ici se termine le touchant recit du ,p4 ,hermann4 ,depuis lors1 ,georges a ete rendu a sa mere1 et ils ne se sont plus separes4 ,le bon religieux revit1 trois ans apres lui avoir donne le bapteme1 cet enfant cheri qu'il ne cessa de diriger jusqu'a sa mort4 99 99 99 99 99 #af4--,,les ,,deux ,,amis4 ,il y a quelques annees1 en me rendant a ,paris1 raconte un homme du monde1 je me detournai de la route directe pour aller prier sur la tombe d'un de mes jeunes compatriotes1 ,alexis 9999994 ,descendu de voiture1 j'etais bientot arrive au cimetiere4 ,je me mis a le parcourir dans toutes les directions1 m'arretant devant chaque tombe1 lisant toutes les inscriptions sans pouvoir decouvrir le nom que je cherchais4 ,je commencais a desesperer d'y parvenir1 quand j'apercus un officier qui etait a l'extremite opposee4 ,j'allai droit a lui3 nous nous rencontrames pres d'une place ou la terre avait ete fraichement remuee2 au milieu1 une petite croix de bois apparaissait a peine entre quelques rares gazons4 ,nous echangeames un salut2 je prononcai le nom d',alexis4 ,c'etait mon meilleur ami1 dit-il2 vous le connaissiez donc8--,je suis entre ici pour chercher sa tombe et pour y prier4--,et voici precisement le lieu ou il repose4 ,ce mot dit1 il s'agenouilla2 j'en fis autant2 nos prieres s'elancerent a la fois du fond de nos coeurs vers le ciel4 ,quand nous fumes releves3 ,j'avais encore un autre desir1 lui dis-je1 et il est en votre pouvoir de l'accomplir4 ,vous etiez1 m'avez-vous dit1 l'ami intime d',alexis2 vous avez sans doute assiste a ses derniers moments2 ce serait une consolation pour moi que d'en entendre le recit de votre bouche4--,vous ne pouviez vous adresser mieux qu'a moi1 monsieur4 ,mais1 pour apprecier combien sa mort a ete belle1 il est necessaire de remonter plus haut4 ,je vous raconterai l'histoire de quelques annees de sa vie2 ce sera la mienne aussi4 ,nous sommes entres le meme jour1 ,alexis et moi1 a l',ecole militaire2 des notre premiere entrevue1 une secrete sympathie nous attira l'un vers l'autre4 ,nous eumes le bonheur d'entrer dans le meme regiment4 ,il eut ete difficile de se figurer deux caracteres mieux en harmonie que les notres4 ,graves1 serieux1 reserves1 nous prenions en horreur les plaisirs coupables4 ,nous ne trouvions aucun attrait pour les plaisirs bruyants4 ,nous ne quittions l'etude que pour discourir entre nous des matieres que nous venions d'apprendre1 et1 chose deplorable6 nous n'avions de foi qu'en nous-memes1 et toutefois1 sur ce point-la meme1 il y avait entre nous une grande difference4 ,alexis etait incredule1 moi j'etais impie4 ,s'il m'arrivait de tourner en derision des choses saintes1 cet excellent ,alexis me blamait2 il m'adressait des reproches severes1 bien que toujours affectueux4 ,l'hiver venu1 nous allames1 chacun de notre cote1 en semestre4 ,a notre rentree au regiment1 apres quelques paroles d'amitie echangees entre nous1 ,eh bien1 ,alexis1 lui dis-je en souriant1 as-tu fait tes ,paques avant de partir8--,non1 repliqua-t-il d'un ton sec qui indiquait assez que la question lui avait deplu4--,je veux parier avec toi1 repris-je1 que ta mere t'aura bien persecute pour cela4--,elle m'y a exhorte tendrement2 mais je lui ai dit que j'avais trop peu de foi pour bien communier1 et que1 grace a ,dieu1 j'en avais encore assez pour ne vouloir pas communier mal4 ,prenez patience et priez pour moi1 en attendant qu'il me soit possible de vous satisfaire3 ce jour ne tardera pas a venir1 je l'espere4 ,oui1 je l'espere6 repeta-t-il en se tournant vers moi et en appuyant fortement sur ce dernier mot4 ,en ce moment1 je ne sais quel genie infernal s'empara de moi3 sans respect pour l'amitie1 sans egard pour les lois de la politesse1 j'eclatai grossierement de rire4 ,mais je ne tardai pas a m'en repentir1 quand je vis quelle blessure mon indigne conduite avait faite a son coeur4 ,tu m'as fait de la peine1 me dit-il4 ,ce n'est pas bien444 je ne m'attendais pas a cela de ta part444 moi qui te croyais un si bon coeur444 ,tels furent ses reproches2 il y avait a la fois dans l'accent de sa voix et dans l'expression du regard qui l'accompagnait quelque chose de si profondement triste et douloureux1 que je fus saisi de confusion4 ,j'ai eu tort444 me pardonneras-tu8444 cela ne m'arrivera plus444 ,je ne pus en dire davantage2 lui1 aussitot 444 l'excellent homme6 de m'ouvrir ses bras1 dans lesquels je me precipitai3 notre amitie etait devenue plus etroite que jamais4 ,un jour1 nous etions alles ensemble a l'hopital visiter quelques-uns de nos soldats4 ,un de ces malheureux venait de rendre le dernier soupir4 ,c'est triste1 dis-je a ,alexis1 de voir un militaire mourir dans son lit comme une vieille femme4 ,je ne connais qu'une belle mort pour nous autres444 le boulet de canon6--,si on est prepare1 reprit-il2 car pour moi1 je ne connais pas de mort plus triste que celle qui vous frappe en traitre444--,je t'entends1 tu ne voudrais pas mourir sans confession444--,pauvre ami6444 ,ainsi donc1 incorrigible6444 ,tu m'avais cependant promis444 ,et apres un court intervalle de silence3 ,tu l'as dit1 je desire et je desire vivement ne pas mourir sans confession444 ,j'ai meme444 il faut que tu l'entendes de ma bouche444 j'ai pense que si je venais quelque jour a tomber malade1 je m'adresserais a toi pour aller chercher un pretre2 et je puis compter que tu me rendras ce service1 n'est-il pas vrai8 ,il remarqua la surprise que me causait une telle demande2 il insista3 ,tu me le promets1 mon ami8444 ,et il me tendit la main444 ,j'hesitai encore2 mais la pensee que mon refus affligerait ce bon ami l'emporta en ce moment sur toute autre consideration3 je pris sa main1 je la serrai dans les miennes2 je lui promis1 de mauvaise grace1 il est vrai1 ce qu'il me demandait2 mais il n'eut pas l'air de s'en apercevoir1 et il me remercia affectueusement4 ,des que le pauvre ,alexis fut atteint de la maladie dont il mourut1 je ne le quittai plus4 ,je m'etais etabli dans sa chambre2 le jour1 j'etais constamment a le garder2 je le veillai toutes les nuits4 ,un matin1 le medecin venait de faire sa visite accoutumee4 ,il avait remarque un grand changement en lui2 des symptomes facheux s'etaient manifestes2 ses traits etaient visiblement alteres4 ,alexis se tourna vers moi1 souleva peniblement sa tete appesantie et s'efforca vainement de parler2 ses regards inquiets m'interrogerent2 il me sembla qu'il me disait3 ,tu as oublie ta promesse444 ,et moi qui avais compte sur ton amitie6444--,j'y vais1 j'y vais6 ,je ne dis que ce mot1 et j'etais parti comme un trait4 ,en entrant chez le cure de la paroisse1 je me sentais combattu entre le sentiment de la piete fraternelle et je ne sais quelle mauvaise honte4 ,monsieur1 lui dis-je1 j'ai un ami dangereusement malade2 il m'a demande de vous aller chercher3 je n'ai pu qu'obeir2 car le voeu d'un ami1 et surtout d'un ami mourant1 est une chose sacree4 ,nous nous dirigeames vers la maison du pauvre malade2 j'introduisis le pretre dans la chambre1 et je les laissai seuls4 ,apres une demi-heure d'attente1 je fus rappele2 une ceremonie religieuse se preparait4 ,j'etais debout au pied du lit4 ,au moment ou elle commenca1 je deliberais en moi-meme si je garderais la meme attitude4 ,mais si je me comporte ainsi1 ne vais-je pas blesser le coeur de mon ami8444 ,je n'hesitai plus2 mon genou orgueilleux flechit1 et il resta ploye pendant tout le temps que le pretre fit les onctions sacrees4 ,et cependant1 a quoi pensais-je dans un tel moment8444 ,a prier8444 ,helas6 je n'en avais plus le souci2 j'etais a me demander comment un esprit aussi distingue que l'etait ,alexis put etre dupe de semblables momeries4 ,telles etaient les detestables pensees qui m'obsedaient2 voila en quel abime j'etais tombe1 o mon ,dieu6444 ,il ne restait plus qu'a accomplir une derniere ceremonie1 la plus importante de toutes4 ,le pretre ouvrit une boite d'argent2 il en tira avec respect une hostie consacree1 et la presenta au malade1 qui recueillit un reste de forces et se souleva pour recevoir son ,dieu4 ,je le regardai4 ,oh6 comment rendre l'impression dont je fus saisi a son aspect8 ,ses mains s'etaient jointes1 et elles s'eleverent au ciel1 et ses yeux aussi4 ,comme une glace limpide1 ils reflechissaient les plus belles vertus1 la foi1 l'esperance et l'amour444 ,je baissai la tete3 un sentiment inconnu1 nouveau1 avait traverse mon esprit2 penetre d'admiration pour mon ami1 j'en etais venu a rougir de moi-meme4 ,apres que le cure se fut retire1 ,alexis me tendit la main2 je l'arrosai de mes larmes4 ,mon ami1 dit-il1 je te remercie2 je n'avais pas attendu moins de toi6444 ,et1 apres une courte pause1 il ajouta3 ,je suis heureux maintenant6 ,qui pourrait produire l'accent avec lequel il prononca ses paroles8 444 ,ce n'etait pas l'accent d'un homme1 non3 si les anges ont une langue pour exprimer leurs pensees1 c'est ainsi qu'ils parlent4 ,je suis heureux6 ,pauvre jeune homme6 ,et il se voyait mourir a la fleur des ans1 lui1 dote des dons les plus precieux de l'esprit et du coeur1 lui1 cheri de ses amis1 adore de sa famille6 et il mourait loin de celle-ci1 il mourait lentement1 dans des souffrances aigues6 ,qui donc pouvait lui inspirer des sentiments semblables8444 ,qui8444 ,a la foi seule il appartient de repondre a cette question4 ,et la religion qui opere un tel prodige serait-elle donc un jeu d'enfant8444 ,non1 me disais-je1 elle est reellement divine444 ,il pressentait ce qui se passait au dedans de moi1 et il m'interrogea d'un regard2 je lui avouai tout en fondant en larmes4 ,mon ,dieu1 s'ecria-t-il1 je vous benis6 ,c'est maintenant que je puis le dire en toute verite et dans l'effusion de mon coeur3 ,je suis heureux6 ,pendant la premiere periode de sa maladie1 la douleur arrachait a ,alexis d'assez frequentes marques d'impatience2 maintenant1 pas un murmure1 pas une seule plainte4 ,il semblait que le ,dieu qui venait de descendre dans son sein y eut depose un tresor de douceur1 de resignation et de paix4 ,ainsi se passerent ses derniers jours4 ,vous n'exigerez pas1 monsieur1 que je m'etende davantage sur cette douloureuse catastrophe4 ,helas6 quand je m'y porte par la pensee1 les paroles me manquent pour rendre ce que je sens2 je ne sais plus m'exprimer que par mes larmes4 ,l'officier s'etait tu1 sa tete s'etait inclinee sur sa poitrine4 ,je respectai son silence4 ,il reprit la parole et continua3 ,apres que nous lui eumes rendu les derniers devoirs1 au retour de la ceremonie funebre je m'enfermai dans ma chambre et j'y restai jusqu'au soir4 ,a l'entree de la nuit j'allai chez le cure4 ,monsieur1 lui dis-je en entrant1 je viens vous remercier444--,et de quoi donc8 interrompit-il avec un accent gracieux2 je n'ai fait que mon devoir2 c'est la une des fonctions les plus essentielles de notre ministere1 et une des plus douces aussi quand nous trouvons des ames disposees a l'accueillir comme l'etait votre ami4 ,oui1 j'en ai la ferme conviction1 nous pouvons compter en lui un protecteur dans le ciel----,monsieur1 c'est a moi plutot a vous remercier444 ,je vois que vous ne soupconnez pas le veritable motif qui m'amene ici444 ,pendant que vous administriez les derniers sacrements a mon ami1 j'etais la 7vous vous le rappelez peut-etre7 a genoux au pied de son lit4 ,j'etais tombe a terre incredule2 je l'ai vu communier et je me suis releve chretien4 ,chretien6 qu'ai-je dit8 ,ah6 je ne le sens que trop1 je suis indigne de porter un si beau nom4--,je puis des ce moment vous le donner1 ce nom1 dit le pretre2 et me serrant tendrement entre ses bras3 ,oui1 mon frere6 mon cher frere6 quiconque veut sincerement revenir a ,dieu1 celui-la est reellement et dans toute la force du terme un chretien4--,maintenant1 mon ,pere1 j'avais un second but en venant vous voir4 ,j'ai prepare ma confession tout a l'heure1 et je vous prie de m'ecouter--,et1 sans attendre de reponse1 j'etais tombe a ses pieds4 ,que vous dirai-je de plus1 monsieur6 ,de ce jour date ma conversion444 99 99 99 99 99 #ag4--,,tel ,,est ,,pris ,,qui ,,croyait ,,prendre4 ,o ,jesus6 on me demande de parler1 de dire comment je suis redevenu chretien4 ,on m'affirme que c'est pour la gloire de votre ,sacre ,coeur444 ,des lors1 comment resister8444 ,je parlerai donc2 et puissent beaucoup de pecheurs que je connais1 qui sont mes amis1 dont l'ame m'est infiniment chere1 se convertir comme moi6 ,de ma premiere enfance il ne me reste que des souvenirs tres vagues2 cependant je vois toujours une grande image qui surmontait la statue de la ,vierge1 et devant laquelle ma mere me faisait prier3 c'etait ,jesus montrant son ,coeur4 ,cette image me fascinait en quelque sorte1 parce que ma mere me disait3 ,jesus te voit1 et si tu n'es pas sage1 il te chassera de son ,coeur4 ,le soir de ma premiere communion1 quand1 selon la coutume1 nous nous agenouillames pour la priere en famille1 je promis bien a ,jesus de l'aimer toujours3 en retour1 je lui demandai de me garder dans son ,coeur444 ,mais1 helas6 les passions l'emporterent bientot1 je le dis pour l'instruction des jeunes gens2 je fus victime de ces deux fleaux terribles qui1 de nos jours1 les font mourir presque tous a la vertu et a l'honneur3 les mauvaises compagnies et les lectures dangereuses4 ,a vingt ans1 j'etais le premier debauche de ma ville natale4 ,pendant trente ans1 j'ai entasse crimes sur crimes4444 ,je fus soldat1 et ,dieu sait la vie que j'ai menee6444 ,on m'envoya en ,afrique a cause de ma mauvaise conduite4 ,n'osant plus me montrer a ma famille1 j'y restai longtemps2 il fallut revenir cependant4 ,que faire8 ,me voila ouvrier errant1 cherchant de l'ouvrage de ville en ville1 oblige parfois de tendre la main1 couvert de honte4 ,j'etais descendu aux derniers degres de l'impiete2 je me trainais dans la fange des passions4 ,ah6 je rougis en ecrivant ces lignes4 ,mais c'est pour la gloire de votre ,sacre ,coeur1 o ,jesus6444 ,paray-le-,monial1 comme par hasard1 se trouve sur ma route4 ,la ville etait en fete2 des oriflammes brillaient aux fenetres2 des arcs-de-triomphe etaient dresses2 une foule immense remplissait les rues2 l'air retentissait d'un chant qu'il me semble entendre encore3 ,dieu de clemence1 o ,dieu vainqueur6444 ,surpris1 je m'adresse a une pauvre femme3 --,qu'est-ce donc1 lui demandai-je8 --,comment6 vous ne savez pas8 ,c'est le grand pelerinage444 --,ah6444 quel pelerinage8 pour quoi faire8 --,mais pour honorer le ,sacre ,coeur de ,jesus6 --,le ,coeur de ,jesus6 ou est-il donc8 ,peut-on le voir8444 --,vous savez bien que non2 mais il s'est manifeste a une religieuse de la ,visitation1 a la ,bienheureuse ,marguerite-,marie2 il lui a recommande de le faire honorer par les hommes4 --,ou est-elle1 votre ,visitation8 ,et1 sur les indications de la pauvre femme1 je me dirige de ce cote3 tous les sarcasmes1 lus dans les journaux de cabarets contre les pelerinages1 me revenaient a l'esprit2 je regardais avec ironie ces hommes qui marchaient gravement1 une croix rouge sur la poitrine2 et malgre tout cela1 j'eprouvais une certaine emotion4 ,en passant a cote d'un groupe de jeunes gens1 je fus meme frappe de ces paroles3 ,pitie1 mon ,dieu6 pour tant d'hommes fragiles ,vous outrageant sans savoir ce qu'ils font6 ,faites renaitre en traits indelebiles ,le sceau du ,christ imprime sur leur front4 ,j'arrive a la ,visitation2 je veux penetrer dans la chapelle2 mais elle etait pleine4 ,en attendant que la foule se fut ecoulee1 je regardais autour de moi2 a quoi pensais-je8 ,je ne m'en rends pas compte4 ,mes regards sont attires par de grands tableaux en toile blanche sur lesquels des inscriptions etaient gravees en lettres rouges4 ,je lis3 ,promesses de ,notre-,seigneur ,jesus-,christ a la ,bienheureuse ,marguerite-,marie4 ,je passe d'un tableau a l'autre1 c'etaient des phrases absolument vides de sens pour moi4441 des mots auxquels je ne comprenais rien3 grace1 ferveur1 misericorde1 tiedeur1 perfection6444 ,mais tout a coup une ligne me frappe3 ,je donnerai aux pretres le talent de toucher les coeurs les plus endurcis4 ,toute mon impiete me saisit4 ,toucher les coeurs les plus endurcis6 ,voila ce qu'ils ecrivent6444 ,eh bien6 nous verrons444 ,pourquoi ne pas essayer8 ,prenons-les au mot4 ,demandons un pretre444 ,quelle parole pourra bien lui etre inspiree pour toucher un coeur endurci comme celui-la8444 ,et je ricanais en me frappant la poitrine4 ,au meme moment1 une religieuse passait a cote de moi2 je me retourne brusquement3 --,je voudrais parler a un pretre1 a un pretre de ,paray-le-,monial4 ,elle m'introduit dans une petite chambre dont les murs1 blanchis a la chaux1 portaient des inscriptions noires2 je n'y fais pas attention4 ,j'avais ma fameuse phrase comme une arme invincible contre tous les pelerins du monde6 et je repetais en riant3 ,je donnerai aux pretres le talent de toucher les coeurs les plus endurcis4 ,que va-t-il me dire8 ,bientot1 un pretre entre4 ,nous sommes en face l'un de l'autre4 ,quelques secondes s'ecoulent444 ,il me regarde1 attendant que je lui parle4 ,moi1 je n'avais dans tout mon etre que l'impiete et l'ironie2 et pourtant un tremblement passager me saisit4 ,le pretre s'en apercoit3 --,eh bien6 mon ami1 me dit-il4 ,ce seul mot me rend tout mon aplomb et toute mon arrogance4 --,votre ami6444 ,ah6 vous ne me connaissez guere4 ,je n'ai pas la foi1 moi6 ,je ne crois pas un mot de tout ce que vous me dites1 et de tout ce que vous ecrivez4 ,appelez-moi excommunie1 mecreant1 paien1 tout ce que vous voudrez2 mais votre ami6 a d'autres444 ,longtemps je lui parle sur ce ton4 ,la phrase lue sur le tableau blanc retentissait a mes oreilles avec l'ironique question3 ,que va-t-il me dire8 ,le pretre etait devenu pale2 mais pas un geste d'indignation ne s'etait manifeste en lui4 ,sans repondre a mes propos impies1 il me fait de nombreuses questions4 ,je riais444 il le voyait bien2 mais il ne comprenait pas le signe de tete qui accueillait toutes ses demandes1 et qui voulait dire3 ,ce n'est pas cela6 ,j'etais vainqueur444 je triomphais4 ,j'allais eclater de rire et lui avouer tout444 quand1 soudain444 ah6 j'en fremis encore3 --,mon ami1 avez-vous toujours votre mere8 ,dieu6 quelle reaction se produit en moi6 ,coeur de ,jesus1 vous m'attendiez la6 ,mon coeur se fond3 les larmes jaillissent2 mon corps tremble4 --,ma mere6 vous me parlez de ma mere6 ,mais c'est vrai6444 le ,sacre ,coeur de ,jesus6444 ,oh6 je vois l'image devant laquelle je m'agenouillais petit enfant1 a cote de ma mere6 444 ,je relis ces lignes que sa main mourante m'a ecrites1 malheureux6 auxquelles je ne fis presque pas attention3 ,mon enfant1 je t'ecris de mon lit d'agonie2 je meurs du chagrin que tu m'as cause2 mais je ne te maudis pas1 parce que j'ai toujours espere que le ,sacre ,coeur de ,jesus te convertirait4 ,oh6 ma mere6444 ,tenez1 ,monsieur1 j'avais lu a l'entree de la chapelle que le ,coeur de ,jesus donnait aux pretres le talent de toucher les coeurs endurcis4 ,j'etais venu pour savoir ce que vous me diriez1 pour me moquer de vous4 ,je le sens2 vous m'avez converti4 ,le pretre etait tombe a genoux4 ,il priait et il pleurait4 ,quand j'entrai dans le sanctuaire du ,sacre ,coeur1 ce fut pour aller me prosterner dans un confessionnal4 ,ce fut1 quelques jours apres1 pour m'approcher de la ,table sainte4 ,et maintenant1 que tout cela soit pour la gloire de votre ,sacre ,coeur1 o ,jesus6 --,pretres6 aimez le ,sacre-,coeur1 et vous convertirez des ames4 ,meres de famille qui pleurez sur les egarements de vos fils1 priez pour eux le ,sacre ,coeur de ,jesus4 99 99 99 99 99 #ah4--;,,comment ,,on ,,obtient ,,on ,,miracle4 ,il y a quelques annees1--c'est un missionnaire qui raconte le fait1--j'avais dit en chaire quel es enfants pieux pouvaient convertir leur famille4 ,dieu permit qu'une enfant innocente et pure se trouvat dans mon auditoire2 son pere et sa mere l'aimaient comme une fille unique qui doit heriter d'une grande fortune2 c'etait leur bonheur1 leur joie1 leur amour4 ,le lendemain1 pres du saint tribunal1 je vis une enfant agenouillee comme un ange2 je l'ecoutai4 ,la pauvre enfant ne pouvait parler1 les sanglots etouffaient sa voix1 elle avait les larmes aux yeux4 --,mon pere1 vous avez dit que les enfants sages qui avaient une foi vive convertiraient leur pere et leur mere4 ,depuis que je vous ai entendu1 j'ai prie1 j'ai pleure1 mon pere et ma mere ne sont pas convertis4 --,mais1 ma pauvre enfant1 ce miracle1 je vous le promets4 ,il s'accomplira1 pourvu que votre foi soit constante4 ,et j'ajoutai3 ,je vais vous preparer moi-meme a la premiere communion4 ,elle revint les jours suivants1 le temps passa bien vite4 ,la pauvre enfant disait toujours3 ,mon pere1 le miracle ne se fait pas2 mes parents ne sont pas meme venus vous entendre4 ,la veille de la communion arriva4 ,apres avoir recu l'absolution1 la pieuse enfant se releve heureuse4 ,elle ne parlait pas2 dans le chemin elle rencontre une de ses jeunes compagnes et parentes1 qui l'embrasse avec effusion et lui dit3 ,quel bonheur6 mon pere et ma mere doivent communier demain avec moi4 ,alors la pauvre enfant devint triste1 et ses yeux se mouillerent de larmes4 ,son pere et sa mere l'attendaient cependant1 et ils se disaient3 ,comme elle va etre heureuse6 ,a la vue de ses yeux gonfles par les pleurs1 la mere la presse sur son coeur et lui dit3 --,mon enfant1 tu nous avais annonce que tu serais si heureuse la veille de ta premiere communion6 --,ma mere1 je suis malheureuse aujourd'hui4 ,et le pere1 temoin muet de cette scene1 ne put s'empecher de verser des larmes et de dire3 ,mon ,dieu6 que faut-il donc pour la rendre heureuse8 ,aussitot l'enfant quitte les bras de sa mere1 se jette dans ceux de son pere en s'ecriant3 --,o pere6 si vous vouliez6 --,mais1 ma fille1 nous ne vivons que pour toi2 dis-moi1 que faut-il faire8 --,c'est vous qui etes la cause de ma tristesse4 --,nous8 repond la mere4 --,moi8 repond le pere etonne4 --,helas6 reprit l'enfant4 ,j'etais heureuse il n'y a qu'un moment2 mais ma cousine est venue me dire3 --,tu ne sais pas1 ,berthe8 mon pere et ma mere communient demain avec moi4 ,alors je me suis dit pendant le chemin3 ,et moi1 demain1 je serai donc heureuse toute seule6 ,le pere et la mere n'y tinrent plus2 les larmes coulerent de leurs yeux4 ,ils embrasserent cet ange1 et lui dirent3 ,oui1 demain1 tu seras seule2 mais dans quelques jours tu renouvelleras4 ,alors nous serons heureux tous les trois4 ,le surlendemain1 ajoute le missionnaire1 l'enfant triomphante m'amenait son pere et sa mere en me disant3 ,mon ,pere1 vous aviez raison1 le miracle est fait2 nous serons1 dans quelques jours1 tous les trois unis a la ,table sainte et tous les trois heureux sur la terre4 99 99 99 99 99 #ai4--,,le ,,marquis ,d',,outremer4 ,le marquis d',outremer etait un vrai philanthrope4 ,il ne s'amusait pas a fonder ces oeuvres qui ne figurent guere que sur le papier et qui servent surtout a obtenir des decorations a leurs fondateurs4 ,il vivait de tres peu1 et ce qu'il eut pu employer de son superflu1 il preferait le donner aux pauvres1 qu'il aimait1 qu'il visitait assidument1 qu'il soignait lui-meme4 ,car1 dans sa jeunesse1 il avait etudie la medecine1 et le titre de docteur ne lui paraissait pas messeant a cote de celui de marquis4 ,son defaut1 c'etait d'etre non seulement incredule1 mais impie4 ,il avait une fille unique4 ,bien qu'il fut veuf et qu'il l'aimat avec une extreme tendresse1 ,eudoxie1 quand elle eut atteint ses vingt-cinq ans1 ayant manifeste le desir de se faire ,soeur de ,chante1 le marquis1 chose etonnante pour un libre-penseur1 n'y avait mis aucun obstacle4 ,il s'etait contente d'eprouver la vocation d',eudoxie par quelques mois d'attente4 ,il avait consulte les directeurs de sa fille1 et sa fille etait devenue fille de ,saint-,vincent de ,paul4 ,depuis un an1 on l'avait chargee de la pharmacie1 a l'hopital civil de ,castres4 ,pendant le cholera1 il passa bien des jours et des nuits1 cote a cote avec des pretres1 au chevet des malades4 ,jamais il n'entrava leur ministere2 car1 disait-il1 il ne faut pas enlever au pauvre monde ses consolantes illusions4 ,mais le devouement de ces bons pretres1 egal1 sinon superieur au sien1 n'entama pas seulement son ,credo de libre-penseur4 ,un matin du mois de janvier1 il revenait de chez l'une de ses plus pauvres pratiques4 ,le froid etait vif et le verglas si glissant qu'il eut fallu des patins pour cheminer d'un pied sur a travers les rues de la ville4 ,notre marquis-medecin glissa4 ,en cherchant a se retenir1 il se donna une entorse4 ,outre le verglas1 il faisait un affreux brouillard1 de sorte que notre homme gisait presque inapercu au coin d'une borne4 ,tout a coup1 de dessous une porte cochere1 sortit une bonne laitiere1 alerte et robuste1 comme on l'est a la campagne4 ,eh6 c'est vous1 monsieur le marquis8 dit-elle au pauvre patient4--,comment me connaissez-vous1 ma pauvre femme8--,comment je vous connais8 ,mais qui ne connait pas dans le quartier ,m4 le marquis d',outremer8444 ,eh6 qu'est-ce donc qui vous est arrive8 ,le marquis raconta son accident4 ,elle saisit le marquis et se mit en devoir de le porter elle-meme jusque chez lui4 ,par ce brouillard et ce verglas1 il y avait une bonne demi-heure de la borne a l'habitation du marquis4 ,pour oublier ce qu'il souffrait1 le porte dit a la porteuse3 ,qu'est-ce que je puis faire pour vous8 je vous promets de le faire1 si ce n'est materiellement impossible4--,monsieur le marquis1 vous etes pris4 ,ce que vous pouvez faire pour moi8 ,franchement1 je ne croyais pas avoir jamais l'occasion de vous le dire4 ,mais c'est de demander un pretre1 de l'ecouter avec votre coeur et de devenir bon chretien4 ,savez-vous que c'est un vrai scandale de voir un brave homme tel que vous du meme parti1 en religion1 que les debauches et les partageux8--,vous etes saint ,jean bouche d'or1 laitiere4 ,mais j'ai promis2 je tiendrai4 ,je ferai venir un pretre4 ,a lui1 par exemple1 de me convaincre4 ,j'assure d'avance que la besogne sera rude4--,et moi1 je promets qu'elle sera douce4 ,quand un homme loyal comme le marquis consent a entendre la parole de ,dieu1 qu'il ne se raidit point contre elle1 sa defaite est certaine1 cette bienheureuse defaite qui vaut mieux que toutes les victoires4 ,voyez-vous1 disait-il a l'abbe ,antoine1 a leur seconde entrevue seulement1 c'est une permission de ,dieu que l'on m'ait extorque cette promesse1 sans cela j'etais capable de mourir dans mon impiete4 ,pourquoi8 ,je n'en sais rien4 ,par esprit de contradiction4 ,vous peindrai-je la joie et la reconnaissance de ,soeur ,eudoxie8 ,elle ne put qu'ecrire a la bonne laitiere4 ,mais elle le fit avec une eloquence qui ravit et en meme temps confusionna la pieuse femme4 ,quant au marquis1 il ne tarissait pas4 ,lui qui avait toujours tant aime les oeuvres de misericorde1 il semblait qu'alors seulement il en eut decouvert l'esprit1 la raison d'etre1 la celeste origine1 et ce baume qui1 d'un coeur compatissant et chretien1 coule a la fois sur les plaies du corps et sur les plaies de l'ame1 et semble1 remontant vers sa source1 inonder le bienfaiteur lui-meme d'une suavite celeste4 ,c'est pourtant a vous que je dois tout cela1 disait-il4 ,que puis-je faire pour vous8--,oh6 monsieur le marquis1 est-ce que la joie de ramener une ame a ,dieu n'est pas une assez riche recompense1 surtout quand il s'agit d'une aussi belle ame8 ,un matin1 la pauvre laitiere vint trouver le marquis4 ,elle etait troublee et tenait une lettre a la main4 ,eh bien1 oui1 dit-elle1 si vous voulez me remercier1 priez ,dieu pour mon pauvre garcon qui est soldat en ,afrique1 et qui m'ecrit des choses navrantes444 ,je crains bien qu'il ait perdu la foi4 ,le marquis pria4 ,soeur ,eudoxie1 de ,castres fut envoyee a ,toulouse1 a l'hopital militaire4 ,l'hopital etait comble4 ,depuis huit jours1 il etait arrive d',alger un nombre considerable de soldats malades4 ,soeur ,eudoxie les soignait de son mieux4 ,elle en remarqua un entre autres1 tres jeune1 au sourire triste et doux3 il etait mine par les fievres d',afrique444 ,autre chose encore le devorait4 ,avec ce tact exquis de la ,soeur de ,charite1 qui est presque le tact d'une mere1 ,soeur ,eudoxie vit qu'il y avait la une blessure2 que cette blessure s'envenimait en devenant secrete1 que la confiance peut-etre allait la guerir4 ,un jour1 tout naturellement1 et sans que ,soeur ,eudoxie le lui eut demande1 le soldat lui raconta son ame4 ,il avait ete eleve chretiennement4 ,sa mere n'etait pas seulement pieuse3 c'etait une sainte4 ,enfin1 ,soeur ,eudoxie apprit le nom du jeune soldat4 ,c'est dire qu'elle redoubla d'efforts pour le ramener a ,dieu4 ,il y avait la une dette de reconnaissance filiale a acquitter4 ,un jour1 elle aborda le malade en ces termes3 ,je connais votre mere1 la bonne1 l'ardente1 la pieuse1 la charitable ,mme ,x444 ,elle a sauve mon pere doublement3 son corps1 d'abord1 puis son ame4 ,je voudrais essayer de me liberer envers elle4 ,vous seul pouvez m'en fournir les moyens3 faites comme mon pere4 ,je ne dirai pas de vous rendre a l'aveuglette1 mais de consentir a ecouter un bon pretre4 ,jacques1 que les raisonnements avaient trouve insensible1 se laissa emouvoir4 ,une fois le bon pretre a son chevet1 une fois cette voix entendue1 au fond de laquelle ,jacques ne pouvait meconnaitre la sincerite1 la tendresse1 la vraie charite1 l'obstacle fut leve4 ,il revint a ,dieu du fond du coeur4 ,jacques converti1 le calme de son ame reagit sur son corps4 ,la fievre tomba4 ,et il eut vite son conge de convalescence4 ,oh6 quelles douces larmes coulerent de tous les yeux1 lorsqu'il retrouva sa mere et le marquis6 ,et avec quels transports d'amour ils benirent ensemble les misericordes divines6 444 99 99 99 99 99 #bj4--,,la ,,plus ,,grande ,,victoire ,d',,un ,,vieux ,,general4 ,deux annees environ avant sa mort1 arrivee le #bd fevrier #ahde1 le general ,bernard1 marechal de camp de gendarmerie en retraite1 membre honoraire de la societe de ,saint-,francois-,xavier1 aborde1 peu d'instants avant la reunion1 le directeur des freres des ,ecoles chretiennes1 et lui frappant sur l'epaule avec une rudesse amicale3 ,tenez1 cher ,frere1 lui dit-il1 je suis un vieux gredin1 un pas grand' chose4 --,allons donc1 avec cette figure1 vous1 un brave dont le sang a coule sur nos glorieux champs de bataille1 vous ne sauriez etre ce que vous dites2 si vous vous accusiez d'etre un retardataire vis-a-vis du grand general de la-haut1 a la bonne heure2 mais vous lui reviendrez un jour ou l'autre1 et plus tot que vous ne pensez1 peut-etre4 --,franchement1 les conferences de notre ,societe1 ce que je vois ici comme ce que j'entends1 tout cela me remue4 ,mais444 c'est que444 c'est que444 pour en finir1 il y a la confession1 et1 comme on dit au regiment3 c'est le hic2 une batterie a enlever me ferait moins peur6 --,peur d'enfant1 mon general6 ,la confession n'est un epouvantail que de loin et pour ceux qui ne la connaissent pas4 ,elle ressemble a ces pretendus fantomes dont se sauvent les poltrons1 et sur lesquels il suffit de marcher pour qu'ils s'evanouissent2 ou mieux encore1 c'est comme une medecine qui parait amere au premier abord et qu'on trouve de plus en plus douce a mesure qu'on la goute1 sans compter qu'elle guerit infailliblement le malade444 qui veut guerir4 ,essayez seulement1 et vous m'en direz des nouvelles4 --,hum 444 hum 444 ,a la maniere dont vous en causez1 on croirait qu'il s'agit d'une partie de plaisir1 de quelque friandise delicieuse a nous proposer6 ,et pourtant 444 cette medecine1 dont vous me faites une peinture si seduisante1 me parait encore a moi une vraie medecine1 une medecine d'autrefois1 noire et effrayante444 ,mais voila la seance qui commence1 le commandant monte au fauteuil2 aux armes et chacun a son poste6 et moi dans ma guerite1 c'est-a-dire1 dans mon coin4 ,a quelques semaines de distance1 une apres-midi1 le ,frere directeur voit entrer dans la salle commune le general1 tout radieux1 et qui accourt lui presser les mains avec force3 ,oh6 cher ,frere6 s'ecrie-t-il1 une bonne poignee de main2 et tenez1 il s'en faut de peu que je vous embrasse6 je suis si heureux6 plus heureux que le jour ou j'ai recu la croix1 et ce n'est pas peu dire4 ,je crierais volontiers1 comme ce jour-la3 ,vive l'empereur6 ,savez-vous ce que j'ai fait ces jours-ci8 --,non1 mais je le soupconne a vos regards1 repondit le ,frere en souriant4 --,juste6 ,vraiment oui1 j'ai fait le grand pas6 tous les anciens comptes regles6 ,au diable le vieil homme6 ,oui1 cher ,frere6 j'ai suivi votre conseil2 je me suis confesse4 ,et que vous aviez bien raison3 ,ca n'est effrayant qu'a distance et pour des poltrons6 ,il suffit de commencer1 et ensuite rien de plus facile1 grace a ce bon cure4 ,voyez-vous1 a mesure que je parlais1 je sentais comme un poids qu'on m'otait par degres de dessus la poitrine2 ou encore1 j'etais comme un homme qui rejette un poison qui lui tournait sur le coeur et sent rapidement la sante revenir6 ,j'ai rajeuni de trente ans2 pour un rien je m'envolerais au plafond2 mais soyons sages et n'oublions pas que nous avons des cheveux blancs3 ne faisons pas rire vos ecoliers1 qui pourraient nous voir a travers les carreaux4 ,une fois encore1 cher ,frere1 je vous remercie1 car a votre conseil vous aurez joint1 je n'en doute pas1 les prieres4 ,le bon ,frere etait presque aussi heureux que le general1 et l'emotion de sa parole le prouva bien a celui-ci4 ,le brave militaire1 des lors1 n'en fut que plus assidu aux reunions de ,saint-,francois-,xavier1 qu'il edifiait par sa presence et qu'edifia davantage encore le recit de sa mort4 ,le general1 apres avoir accompli avec calme et recueillement tous les devoirs du chretien1 ordonna1 avant que le pretre se fut eloigne1 qu'on fit venir toute sa famille4 ,celle-ci arriva tout en larmes1 et chacun se mit a genoux dans la chambre mortuaire4 ,il eleva alors la voix et dit3 ,mes enfants1 je vous remercie de toutes les preuves d'affection que vous m'avez donnees1 et je vous prie de me pardonner les peines que j'aurais pu vous causer en cette vie4 ,apres un silence de quelques moments1 interrompu par les sanglots des assistants1 il reprit3 ,vous tous que j'aime1 je vous benis au nom du ,pere1 du ,fils et du ,saint-,esprit4 ,puis il inclinait la tete1 pendant qu'un dernier et paternel sourire glissait sur ses levres4 ,l'ame du juste etait devant ,dieu4 99 99 99 99 99 #ba4--,,le ,,bouffon ,,et ,,son ,,maitre4 ,un riche seigneur avait a son service1 suivant la coutume d'autrefois1 un bouffon charge de le distraire par ses plaisanteries4 ,un jour il le fit habiller a neuf des pieds jusqu'a la tete1 et lui mit en meme temps entre les mains une baguette de bouffon1 en lui recommandant expressement de n'en faire present a personne1 si ce n'est a un plus fou que lui4 ,le bouffon prit a coeur cet avertissement1 et pour bien de l'argent il n'aurait pas donne sa baguette4 ,quelque temps apres il arriva que le seigneur tomba mortellement malade4 ,alors il s'appreta a faire son testament2 mais1 comme dans ses bons jours il s'etait peu occupe des pauvres et avait encore moins reflechi aux quatre choses supremes1 c'est-a-dire a la mort1 au jugement1 au ciel et a l'enfer1 il n'en fit pas plus alors que par le passe2 il institua ses plus proches parents heritiers de tous ses biens2 quant a des aumones ou d'autres dispositions charitables1 il n'en fut point question4 ,pas un signe non plus pour la confession ni pour le saint ,viatique4 ,en attendant1 on pleurait et on gemissait dans le chateau1 a la pensee que le bon seigneur allait bientot quitter ce monde4 ,le bouffon1 averti de ce qui se passait1 courut droit a la chambre et au lit du malade1 et lui demanda d'un air triste3 ,maitre1 j'apprends que vous allez partir8 ,est-ce vrai8--,oui1 repondit le malade d'une voix a moitie brisee1 oui1 mon heure approche4--,ou voulez-vous donc aller8 ,les chevaux sont-ils deja equipes1 la voiture est-elle deja attelee8 ,et vous1 etes-vous tout pret a partir8--,je n'en sais rien4--,mais vous devez pourtant savoir a quelle distance vous allez1 et combien de temps vous resterez dehors8 ,est-ce un mois1 quinze jours1 ou toute une annee8--,je n'en sais rien4--,mais au moins reviendrez-vous8--,ah64444 peut-etre jamais6444--,ainsi1 repondit le bouffon d'une voix severe et convaincante1 avec un regard penetrant1 vous faites un si grand voyage que vous ne savez pas meme si vous reviendrez1 et vous ne faites pas un seul preparatif pour une route aussi longue et aussi dangereuse8 ,tenez1 prenez la baguette de fou1 ajouta-t-il en la posant sur le lit du malade1 car vous etes un bien plus grand fou que moi6 ,le malade commenca tout a coup a y voir clair2 il reconnut1 a sa honte1 que le bouffon n'avait jamais dit une verite plus grande4 ,et alors1 il fit distribuer beaucoup d'argent aux pauvres et se prepara a faire le voyage en chretien#h4 ,note #h3 ,cette anecdote1 deja ancienne1 est rapportee par ,guillaume ,pepin1 ecrivain ecclesiastique4 99 99 99 99 99 #bb4--,,un ,,episode ,,de ,,la ,,revolution4 ,pendant la crise la plus furieuse de la ,revolution1 quand ,robespierre etendait son sceptre de fer sur la ,france1 quand ,carrier se signalait par ses noyades a ,nantes1 ,lebon par ses massacres dans le midi1 et ,javogues par ses fureurs dans le ,forez1 la fermete courageuse des saints missionnaires de ces pays persecutes ne se laissait point abattre2 leur zele1 au contraire1 semblait acquerir de nouvelles forces a la vue des malheurs de ces contrees et des dangers qui planaient sur elles4 ,tandis que plusieurs confesseurs de la foi prodiguaient leur zele sur d'autres points du diocese1 ,m4 l'abbe ,coquet1 7mort en #ahde cure de ,rozier-en-,donzy71 avait choisi pour theatre de ses courses evangeliques le centre meme de la persecution1 ,feurs1 capitale du ,forez1 et l'intrepide proscrit poursuivait sa mission sublime sous les yeux pour ainsi dire de ,javogues4 ,on ne saurait raconter en detail tous les actes d'heroisme1 de devouement1 de sainte audace1 qu'il accomplit pendant cette periode de terrible memoire2 mais l'histoire suivante en donne une bien haute idee1 en meme temps qu'elle offre un exemple des plus etonnants de la misericorde divine4 ,un jour1 un envoye extraordinaire se presente dans le lieu de retraite du saint missionnaire4 ,une femme se meurt1 s'ecrie-t-il1 une femme bien pieuse1 bien devouee1 mais qui ne peut se resigner a mourir sans sacrements et qui exprime le plus vif desir de recevoir les secours d'un pretre pour obtenir le pardon de ses fautes ainsi qu'une mort tranquille4 ,l'abbe1 apres avoir ecoute l'envoye avec sa bienveillance ordinaire1 s'empressa de promettre les consolations de son ministere1 dont on reclamait l'assistance2 mais a peine le premier courrier avait-il disparu1 qu'un autre entre et s'ecrie3 ,monsieur l'abbe1 on vient de vous mander aupres d'une malade8 ,gardez-vous bien d'aller chez elle6 ,depuis longtemps les satellites de ,javogues1 qui vous epient1 ont appris la maladie de cette femme1 et ils ont decide entre eux de saisir le premier pretre qui se presentera4 ,reflechissez3 si vous etes pris1 au meme instant vous serez conduit a ,feurs et dans les vingt-quatre heures execute4 ,il y avait en effet de quoi reflechir3 mais quand le devoir parle au coeur d'un ministre de ,dieu lui-meme1 toute crainte est bientot dissipee1 et la decision ne se fait pas attendre4 ,quoi qu'il arrive1 se dit l'abbe ,coquet1 le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis2 je suis appele1 il faut partir444 ,le soleil n'etait pas encore couche2 le charitable pretre attendit encore quelques instants1 esperant1 aide du ciel et des ombres naissantes de la nuit1 parvenir plus surement a son but4 ,enfin le voila en marche2 couvert d'habits de paysan1 il s'avance dans la campagne4 ,tout est silencieux autour de lui3 les patres ont deja regagne leurs chaumieres1 et les craintes qu'on lui avait fait concevoir sont bien pres de s'evanouir dans son esprit rassure4 ,il s'approche de la demeure dont on lui a indique l'adresse2 toutefois1 avant d'entrer1 il jette un dernier regard autour de lui1 et lance des pierres dans les massifs d'arbres ou de verdure1 afin de s'assurer si personne n'est en embuscade pour le surprendre2 mais1 en fait d'ennemis1 il ne voit que quelques oiseaux effrayes qui sortent precipitamment de leur retraite ainsi troublee4 ,il se tourne alors du cote de la maison2 la solitude de l'interieur rivalise avec la solitude du dehors4 ,c'en est fait1 se dit-il en lui-meme1 tout danger a disparu2 on m'a trompe4 ,et1 ouvrant la porte cochere1 il traverse rapidement la cour4 ,a peine a-t-il franchi le seuil1 qu'un grand nombre d'hommes se jettent sur lui2 les baionnettes l'enserrent dans un reseau de fer1 et de toutes ces poitrines ou le coeur n'a plus de place s'echappent mille cris menacants3 ,nous te tenons enfin1 miserable6 ,assez longtemps tu nous as echappe2 cette fois tu n'echapperas plus4--,il faut le fusiller a l'instant6 crient les uns4--,non1 disent les autres2 a demain la guillotine6 ,conduisons-le a ,feurs3 les traitres et les brigands apprendront par sa mort ce qu'ils doivent attendre des vrais patriotes6 ,d'autres enfin ne s'en tiennent pas a ces brutalites et les rendent encore plus ameres par des imprecations1 par des blasphemes4 ,durant cette terrible scene1 l'abbe ,coquet gardait un profond silence et faisait interieurement le sacrifice de sa vie4 ,cependant1 a force de vociferations1 de trepignements1 d'agitation furibonde1 les poitrines a la fin s'epuiserent1 les cris cesserent4 ,le bon pretre saisit alors ce moment de calme pour adresser quelques paroles a cette horde sauvage4 ,mes amis1 leur dit-il1 je ne suis ni un traitre ni un monstre1 comme vous vous l'imaginez2 je n'ai jamais rien fait d'hostile ni contre le gouvernement ni contre le pays4 ,tout mon role se borne a porter secours aux infirmes1 aux malades1 a les consoler dans leurs maux1 a leur apprendre a bien mourir4 ,vous le voyez par cette femme qui languit sur son lit de douleur dans une chambre voisine4 ,je ne vous demande qu'une grace1 c'est de me laisser lui porter les dernieres consolations4 ,vous ferez ensuite de moi ce que vous voudrez4 ,un pareil discours etait fait pour attendrir les coeurs les plus durs4 ,va6 s'ecrie apres un moment de silence un de ces forcenes1 va6 nous te tenons1 tu ne nous echapperas plus4 ,l'abbe ,coquet entre donc dans la chambre de la malade2 il apercoit en meme temps une fenetre donnant sur le jardin2 il pourrait s'echapper par cette issue1 mas il n'a garde d'en profiter4 ,que je suis malheureuse6 s'ecrie la malade en le voyant s'avancer vers elle1 que je suis malheureuse d'etre la cause de votre captivite1 peut-etre de votre mort6 ,mais j'avais trop besoin de vos secours au moment si redoutable de la mort444 ,ne craignez rien du reste2 la sainte ,vierge1 que j'ai bien priee cette nuit passee et les nuits precedentes1 m'a fait comprendre qu'il ne vous serait fait aucun mal4 ,veuillez donc entendre ma confession et m'administrer les derniers sacrements4 ,depuis un instant le pretre etait dans l'exercice de cet auguste ministere1 quand les revolutionnaires1 se ravisant1 prennent la resolution d'entrer dans la chambre de la malade2 ils voulaient empecher le pretre1 leur captif1 de s'echapper par la fenetre dont nous venons de parler4 ,mais aussitot entres1 emus par tout ce qu'il y a de touchant dans l'administration des derniers sacrements1 ces hommes naguere si farouches tombent subitement a genoux et semblent plonges comme dans une extase4 ,d'autres arrivent1 ils sont terrasses de meme4 ,le pretre1 tout entier a ses fonctions sacrees1 aux exhortations qu'il adressait a la malade1 ne s'etait pas meme apercu de cette scene etrange4 ,les ceremonies terminees1 l'abbe ,coquet quitte le chevet de la mourante pour s'occuper de son propre sort4 ,allons1 mes amis1 dit le genereux martyr en s'adressant a ses bourreaux1 je suis a vous4 ,j'ai fait mon devoir1 disposez de moi1 je ne crains rien2 mon corps peut perir1 mon ame est dans les mains de ,dieu4 ,mais1 o surprise6 o merveilleux effet de la grace divine6 lorsque la victime croit marcher au supplice1 elle devient au contraire l'objet du plus beau triomphe que puisse ambitionner le coeur d'un pretre4 ,les bourreaux se taisent1 les menaces sont bien loin deja des levres qui les ont proferees2 la haine a fait place a l'amour1 l'impiete a la foi1 le crime au repentir4 ,tous ces tigres alteres de sang qui s'elancaient naguere sur le ministre de ,jesus-,christ comme sur une proie1 sont la a ses pieds1 renverses1 comme ,paul sur le chemin de ,damas1 par une puissance invisible1 et confessant a haute voix le ,dieu qu'ils osaient persecuter dans la personne de son representant sur la terre4 ,le croirait-on8 le chef de cette horde sanguinaire1 l'organisateur de ce guet-apens etait le fils meme de la pieuse femme qui achevait en ce moment sa paisible et sainte agonie4 ,le miserable1 loin d'adoucir1 de consoler les derniers moments de sa mere1 n'avait pas craint d'offrir en spectacle1 a ses yeux qui allaient se fermer1 les preparatifs d'un meurtre et du meurtre de son confesseur6444 ,mais la grace divine venait de toucher son coeur comme celui de ses complices4 ,les armes lui tombent des mains2 a son tour il implore le pardon du pretre qui avait vainement sollicite sa clemence4 ,qu'on juge de l'emotion de ce dernier4 ,il benit ,dieu en versant des larmes et recoit avec une joie inexprimable ces brebis perdues qui reviennent au bercail4 ,puis1 apres avoir entendu les aveux des coupables1 il fait descendre sur eux le pardon en prononcant les paroles sacramentelles1 et tous ensemble redisent les bontes infinies du ,dieu des chretiens pour lequel il n'est aucun crime sans misericorde1 si le pecheur est penetre d'un vrai repentir4 ,tous se separent alors en se disant adieu comme des freres1 et le missionnaire regagne sa retraite1 le coeur debordant de consolation et de reconnaissance4 99 99 99 99 99 #bc4--,,le ,,zele ,,recompense4 ,une personne tres pieuse avait un frere1 etudiant en medecine1 qui s'etait laisse entrainer par le torrent des mauvais exemples et avait renonce aux pratiques de la religion4 ,leur mere souffrait d'une maladie de langueur1 qui la conduisait peu a peu au tombeau4 ,mais ce qui la desolait1 c'est qu'elle se sentait impuissante a arreter le debordement d'impiete de son fils4 ,la fille1 qui comprenait l'etendue de la douleur de la pauvre mere1 et voyait son malheureux frere courir ainsi a la damnation1 s'approcha la veille de ,noel du lit de la malade3 ,maman1 dit-elle1 si je pouvais aller a minuit a la messe a ,notre-,dame-des-,victoires1 quelque chose me dit que l',enfant de la creche m'accorderait la conversion de mon frere4--,ma pauvre enfant6 qui t'accompagnerait8 ,je n'irai jamais plus avec toi a la messe de minuit4--,eh bien6 mon frere4--,ton frere6 y songes-tu8 lui qui eprouve une si grande horreur pour l'eglise1 qu'aux enterrements il ne veut pas entrer et attend a la porte1 esperes-tu qu'il te conduirait8--,j'essaierai de le decider4--,je ne demande pas mieux2 mais je crains que ton eloquence comme tes caresses ne soient inutiles4 ,l'etudiant en medecine recut de tres haut la proposition1 qu'il appela saugrenue4 ,tant de colere cependant denote ordinairement un reste de foi1 prisonniere de l'impitoyable libre-pensee4 ,sa soeur insista1 et1 vaincu par cette persistance1 vers minuit1 heure a laquelle un homme du monde n'aime pas a dire qu'il prefere se coucher1 l'etudiant la protegeait sur le chemin de la messe et s'installait aupres d'elle pour la proteger au retour4 ,la ceremonie fort belle de ,notre-,dame-des-,victoires paraissait l'interesser2 il regardait avec une sorte d'avidite ce spectacle oublie et ne s'ennuyait pas4 ,au moment de la communion1 il fut fort etonne2 tous defilaient pour se rendre a la sainte ,table4 ,on arriva a son rang1 les voisins sortirent1 sa soeur aussi4 ,il se vit seul4 ,le vide lui causa une impression etrange444 ,cependant sa soeur recevait l',enfant-,jesus en la creche de son coeur et le rechauffait de l'ardeur de sa priere pour le jeune incredule4 ,de son cote1 le libre-penseur1 pret a resister fierement aux sollicitations de tous les chretiens assembles dans l'eglise1 succombait sous le poids de l'isolement ou l'avaient laisse ses quelques voisins2 disons le mot3 il eut peur4 ,un souvenir d'enfance domina son esprit1 il tomba a deux genoux1 et une explosion de sanglots sortit de sa poitrine444 ,la jeune fille cependant revenait devotement2 elle voit cette abondance de larmes1 et son frere qui se penche a son oreille pour lui dire3 ,ma soeur1 sauve-moi6 ,un pretre6 je suis ecrase sous le poids de mon indignite6 ,un pretre6 un pretre6 ,ce fut sa soeur qui eut a moderer l'impatience de ce neophyte4 ,a l'issue de la ceremonie1 le pretre fut trouve1 et bientot le jeune homme embrassait sa mere1 en lui disant3 ,je vous rends votre fils4 ,on ne reposa point en cette belle nuit1 pas plus qu'a la creche de ,bethleem1 et a six heures du matin tous deux etaient revenus a la meme place en l'eglise de ,notre-,dame-des-,victoires4 ,au moment de la communion1 tous quitterent leur rang pour aller a la sainte ,table2 l'etudiant les suivait4 ,une jeune fille restait seule prosternee a deux genoux1 et le pave qui avait recu la nuit les larmes de repentir1 recevait encore des larmes2 mais c'etaient des larmes de joie4 99 99 99 99 99 #bd4--,,sagesse ,,et ,,folie4 ,vers l'annee #ahl#j1 vivait a ,clermont en ,auvergne un ouvrier serrurier1 travailleur habile et courageux1 mais qui malheureusement se livrait de temps en temps a quelques exces4 ,a la suite d'un ecart de regime1 qui l'avait rendu momentanement malade1 il passa une nuit fort agitee3 il eut un songe1 dans lequel sa soeur qui etait morte en religion lui apparut1 lui reprocha son inconduite1 et le conjura de revenir aux sentiments dont leurs parents leur avaient toujours donne l'exemple4 ,cette apparition lui fit une telle impression qu'il se leva1 se rendit a l'eglise la plus proche1 et1 comme elle etait encore fermee1 il se mit a genoux sur les marches et attendit l'ouverture des portes2 il entra alors1 entendit la messe1 s'adressa a ,m4 le cure et revint de nouveau apres son repas4 ,pendant les deux jours suivants il fit la meme chose3 le changement qui s'etait opere en lui parut si etrange que le maitre de l'auberge ou il logeait pensa qu'il avait affaire a un fou1 et pria le medecin de venir examiner son locataire4 ,aux interrogations du medecin1 l'ouvrier repondit3 ,monsieur le docteur1 je vous remercie de votre interet2 mais je me porte bien2 j'ai ete fou1 il est vrai1 je l'ai meme ete longtemps1 mais je suis gueri2 je le sens1 ,dieu merci2 je me trouve en possession de mon bon sens1 et puis j'ai un docteur que je vois tous les jours1 et que je vais encore aller trouver2 je vous demande la permission de ne pas en changer4 ,il revint a son auberge apres une derniere visite a l'eglise1 paya sa note1 fit son paquet et se mit en route pour ,paris1 ou1 marcheur intrepide1 il arriva en cinq jours2 la il se remit courageusement au travail2 debout avant le jour1 il n'allait a l'atelier qu'apres avoir entendu la messe1 et pendant une annee entiere il ne porta pas a ses levres une seule goutte de vin4 ,une autre epreuve l'attendait4 ,il s'etait fait une loi de ne pas travailler le dimanche1 les railleries ne purent triompher de sa resistance4 ,patrons et ouvriers conspiraient contre lui2 on lui remettait un travail soi-disant presse le samedi soir1 il offrait de travailler la nuit1 mais son offre etait repoussee2 il fallait passer a la caisse et regler son compte1 cela lui arriva dans douze ateliers4 ,ce fut alors qu'il rencontra une personne dont les sentiments pieux etaient conformes aux siens2 il l'epousa1 et se mit a travailler pour son compte4 ,dieu benit son travail et il parvint a se procurer une petite fortune4 ,etant alle dans une ville d'eaux thermales pour la sante de sa femme1 le genereux chretien s'y fixa et pendant huit ans prit part a toutes les oeuvres charitables4 ,entre dans la conference de ,saint-,vincent-de-,paul1 il s'adonna de tout son coeur au soulagement physique et moral des familles qui lui etaient confiees1 il ne remettait jamais d'un jour la visite a leur rendre et se montrait genereux a leur egard4 ,il s'enquerait1 a la fin de chaque seance1 de l'absence de ceux de ses confreres qui ne s'etaient pas presentes1 et se chargeait avec bonheur de leur porter leurs bons pour eviter tout retard dans la delivrance des secours4 ,les souffrances ne lui furent pas epargnees2 opere plusieurs fois de la cataracte sans succes1 il etait presque aveugle1 mais cette infirmite ne l'empechait pas de faire des courses nombreuses pour le service des pauvres1 ou de se trouver devant la porte de l'eglise avant qu'elle ne s'ouvrit2 c'etait une habitude qu'il ne perdit jamais2 il servait a genoux six ou sept messes tous les jours4 ,il s'eteignit1 il y a quelques annees1 dans une maison de charite de ,marseille au moment ou il se preparait a un acte de piete desire depuis longtemps3 un pelerinage a ,jerusalem4 ,on a retrouve dans des lettres ecrites par lui des preuves que l',imitation etait sa lecture favorite4 ,ce fervent chretien merite d'etre cite comme un modele de parfaite conversion4 99 99 99 99 99 #be4--,,le ,,terrible ,,article4 ,lors de mon dernier sejour en ,normandie1 raconte un medecin bien connu1 le maire d'une commune voisine de ,caen1 s'affichant depuis longtemps comme libre-penseur1 devint malade de la poitrine4 ,sa femme et sa fille1 personnes pieuses1 voyant que son etat etait menacant1 userent de toutes leurs industries pour obtenir qu'il laissat venir le pretre4 ,a la fin1 il leur dit3 ,eh bien6 soit1 faites-le venir1 votre cure2 mais avertissez-le que je lui dirai son fait4 ,les deux pauvres femmes allerent trouver le cure de la paroisse1 a qui elles rapporterent cette reponse4 ,il parut tres peu s'en effrayer1 car il les pria d'annoncer sa visite pour le lendemain4 ,le lendemain donc il se rendit chez le malade1 et fut immediatement introduit dans sa chambre4 ,il le trouva tenant a la main un journal4 ,monsieur le cure1 lui dit celui-ci a brule-pourpoint1 vous me surprenez relisant la loi ,ferry4 ,j'en etais precisement a l'article #g4 ,que pensez-vous de cet article8 --,je pense1 repliqua le cure1 apres un moment de reflexion1 que vous en etes egalement a un article qui devrait vous preoccuper bien davantage4 --,et cet autre article1 quel est-il8 --,je n'ose vous le dire4 --,parlez1 monsieur le cure1 parlez2 vous savez que je n'aime pas les mysteres4 ,et il appuya sur ce mot d'un ton tres significatif4 --,puisque vous l'exigez1 reprit le pretre1 je parlerai1 quoi qu'il m'en coute4 ,sachez donc que l'article auquel j'ai fait allusion1 c'est444 l'article de la mort4 ,et il se retira4 ,le libre-penseur savait bien qu'il etait gravement atteint1 mais il ne se croyait pas si pres du moment fatal4 ,la declaration du pretre le jeta dans la stupeur1 et1 grace sans doute aux prieres de son epouse et de sa fille1 la stupeur produisit l'effroi1 avec le desir de la conversion4 ,quelques jours apres1 il faisait appeler le meme pretre et se reconciliait sincerement avec ,dieu4 99 99 99 99 99 #bf4--,,le ,,trottoir4 ,vous ne sauriez concevoir le nombre et la variete des petits contentements que l'on eprouve dans la pratique de l'abnegation et de l'obligeance sur le trottoir1 dans les grandes villes et surtout a ,paris4 ,suivons celui-ci1 qui est des plus etroits4 ,un insolent vous voit venir1 et il indique par son attitude une certaine resolution a l'impolitesse4 ,vous descendez froidement1 et3 ,passe sans obstacle1 homme fort1 je triomphe de toi et de moi6 ,un peu plus loin1 une pauvre femme1 mal vetue et bien modeste1 vous voit venir aussi2 deja elle cherche la place de son pied sur le pave glissant4 ,vite vous la devancez444 ,un hommage a la pauvrete1 que tout le monde opprime ou dedaigne1 est chose bien louable4 ,plus loin encore1 le passage est scabreux3 sur la chaussee1 de la boue1 des paveurs1 un tombereau d'ordures suivi de plusieurs charrettes4 ,pour vous le peril et la souillure de la rue1 pour les autres le trottoir4 ,on a compris1 et on vous salue avec un air d'admiration et de sympathique reconnaissance4 ,ah6 nous oublions trop la fecondite merveilleuse des principes chretiens4 ,le moindre devoir rempli a des approximatifs imprevus qui naissent sous nos pas pour nous produire un surcroit de merite et un salaire de delicieux plaisirs6 ,vous ne vouliez etre que patient avec courage1 vous devenez tout de suite bienveillant sans effort2 puis votre bienveillance va se transformer en une sorte de vertu gracieuse qui determinera l'apparition d'une foule de charmants petits faits4--,le trottoir etait hier une arene ou votre orgueil subissait un pugilat onereux2 aujourd'hui1 c'est la plate-bande d'un jardin ou les fleurs s'epanouissent4 ,mon point de vue une fois accepte1 je defie que l'on trouve une situation et un lieu plus commodes pour acquerir le gout du devoir et s'y fortifier petit a petit4 ,tout en allant a vos affaires1 vous accomplissez1 une multitude d'actes vertueux qui laissent derriere vous une precieuse semence4 ,avec le droit1 vous semiez des cailloux2 avec le devoir1 vous semez de bons exemples4 ,de plus1 votre patience se fortifie1 et vous faites la conquete de l'humilite1 la plus belle des vertus4 ,il y a quelques annees1 pour me rendre a mon bureau1 je suivais chaque matin la rue du ,four4 ,tres souvent j'y rencontrais un homme dont le vetement indiquait un ouvrier a son aise4 ,nous nous croisions4 ,je descendais toujours du trottoir4 ,lui recevait l'hommage et continuait toujours de son pas vainqueur4 ,un matin1 la rue etait plus malpropre et plus obstruee que d'ordinaire4 ,il y avait vraiment du merite a ceder la belle place4 ,je voyais venir mon superbe ouvrier4 ,il crut que je ne m'executerais pas de bonne grace4 ,il souriait insolemment et se disposait a me faire obeir4 ,je me sacrifiai a propos1 sans hesitation1 mais non pas sans dignite4 ,cela le surprit4 ,il se retourna et me suivit des yeux1 jouissant de mes difficultes avec un air de bravade4 ,j'avais aussi tourne la tete2 son orgueil imbecile se brisa contre un regard fixe et froid que je maintins sur lui pendant quelques secondes4 ,je sentis qu'il m'en garderait rancune4 ,en effet1 le lendemain1 le surlendemain encore1 il me parut courrouce4 ,une resistance de ma part lui eut ete bien agreable6 ,il l'attendit en vain4 ,un des jours suivants1 la pluie se mit a tomber tout a coup4 ,la rue du ,four ressemblait a un de ces chemins vicinaux de la ,brie pouilleuse1 ou le paysan monte sur son ane ne se hasarderait pas l'hiver1 par crainte d'y perdre sa monture4 ,les pietons1 bien ou mal vetus1 les marchandes de noix ou de maquereaux se remisaient sous les grandes portes4 ,quoique muni d'un parapluie1 je fis de meme1 et je me melai a un groupe de pauvres gens qui attendaient la fin de la giboulee en geignant4 ,mon homme etait la6 ,nous nous regardames du coin de l'oeil4 ,il paraissait de mechante humeur1 et la pluie le contrariait evidemment plus qu'aucun de ses voisins4 ,je prononcai a son intention quelque phrase banale sur le temps4 ,il repondit1 comme se parlant a soi-meme3 --,oui1 un joli temps1 quand on est presse6 ,je suis attendu dans une maison1 a cent pas d'ici1 chez des bourgeois4 ,je voudrais y arriver propre1 et il faut que je reste la4 ,je vais peut-etre manquer une bonne affaire4 ,je devinai que mon parapluie lui faisait envie1 et me placant brusquement bien en face de lui3 --,monsieur1 lui dis-je en affectant une politesse souriante1 si vous etes attendu dans le voisinage1 prenez mon parapluie4 ,vous le renverrez par une domestique ou un concierge2 il vous suffira de remarquer le numero de la maison en sortant d'ici4 --,mais1 monsieur1 si j'allais garder votre parapluie8 ,vous ne me connaissez pas4 --,si1 si1 je vous connais4 ,l'ouvrier crut a une allusion sur ses arrogances passees envers moi4 ,il devint rouge4 ,je continuai du ton le plus aimable3 --,je vous connais aussi bien que vous vous connaissez vous-meme1 et je suis sur que vous me renverrez tout de suite mon parapluie4 ,le voila1 partez vite4 ,il se laissa faire4 ,au bout de dix minutes1 mon parapluie me revenait avec une bonne femme qui fit tres verbeusement la commission de reconnaissance4 ,je devais m'attendre a un changement radical dans les procedes de mon homme4 ,il guettait une premiere rencontre4 ,pour moi je tenais peu a une liaison au moins inutile4 ,a la premiere rencontre1 je passai vite4 ,il ne put que m'envoyer un beau salut1 que je lui retournai par un geste tres civil3 un salut d'egal a egal4 ,a partir de cette minime obligeance dont j'avais honore son caractere1 je remarquai que non seulement mon fier ouvrier descendait du trottoir a la hate pour me faire place1 mais encore qu'il avait renonce a ses anciennes pretentions2 car je m'amusais a l'etudier1 et je le vis plus d'une fois1 a distance1 ceder le pas avec un empressement semblable au mien4 ,il se christianisait sans le savoir6 ,les lois de ,dieu sont grandes6 ,le moindre acte impregne du sentiment chretien a quelquefois des consequences d'une etendue extraordinaire4 ,nous n'en sommes pas toujours temoins4 ,un dimanche1 par un beau jour de mai1 je me promenais de long en large sur la place ,saint-,sulpice1 en attendant la messe basse de neuf heures4 ,si peu que je fisse attention aux personnes qui passaient pres de moi1 il m'etait impossible de ne pas voir le profond salut que venait de m'adresser un promeneur4 ,ai-je besoin de dire que c'etait encore mon ouvrier8 ,sa confortable toilette l'avait transforme6 ,precisement parce qu'il me parut dispose a la discretion1 sinon au respect1 je l'abordai4 ,il avait le sourire fin4 ,il parlait peu4 ,ses paroles n'etaient point oiseuses4 ,j'usai les banalites de la conversation sans qu'il y repondit rien que des monosyllabes4 ,et puis je me tus4 ,le brave homme me declara alors que mon opiniatrete a descendre du trottoir1 pour lui ceder la place1 l'avait fort surpris1 fort intrigue1 et qu'en dernier lieu1 alors qu'il me supposait irrite enfin par sa bravade tout directe1 mon extreme obligeance au sujet du parapluie avait bouleverse son humble raison4 ,il me supposait un but1 un motif4 ,il cherchait1 il ne comprenait pas4 --,comment vous appelle-t-on8 lui dis-je4 --,jean4 --,c'est un nom favorable4 ,monsieur ,jean1 autrefois le trottoir de la rue du ,four etait pour vous l'instrument d'un orgueilleux despotisme4 ,chacun se sentait contraint de descendre a votre approche4 ,depuis que je vous ai prete mon parapluie444 --,ma foi1 monsieur1 depuis l'histoire du parapluie1 j'agis tout autrement4 ,j'ai eu l'idee de faire comme vous6 ,d'abord je suis descendu pour les femmes et pour les vieillards1 petit a petit je suis arrive a descendre pour tout le monde2 et1 vous ne le croiriez pas6 aujourd'hui1 si quelqu'un me previent1 cela me fait de la peine2 il me semble que l'on a mauvaise opinion de moi1 et que l'on me prend pour un homme d'un tres vilain caractere4 --,eh bien1 votre orgueil a fait place a l'esprit de douceur2 vous vous etes ameliore2 vous etes entre dans la bonne voie2 peut-etre irez-vous loin dans cette voie ou l'on ne recueille que des plaisirs1 tout en epurant et en grandissant son caractere4 ,mon but est atteint4 --,mais qu'est-ce que vous y gagnez8 ,qu'est-ce que cela vous fait8 ,je lui montrai l'eglise4 ,il me repondit par une grimace4 ,un banc etait la4 ,j'allai m'y asseoir4 ,sur un imperceptible signe amical1 le brave ,jean vint prendre place pres de moi1 non sans rire sous cape1 convaincu qu'il etait que j'allais le precher4 ,le precher6 je n'aurais eu garde4 ,il y a temps pour tout4 ,a chacun sa fonction1 d'ailleurs4 ,mon neophyte etait un homme de quarante ans1 un brave ouvrier2 son instinct le portait au bien assez directement2 avec lui il suffisait d'agir tres simplement4 --,monsieur ,jean1 je vous montrais du doigt l'eglise1 ou je vais aller entendre la messe tout a l'heure4 ,vous1 vous n'allez pas a la messe1 je le sais4 ,je l'ai compris a votre grimace4 ,mais vous irez un jour comme moi4 --,cela ne m'etonnerait pas trop4 ,vous avez deja fait un miracle a mon profit4 --,je n'ai pas toujours ete pieux2 je le suis devenu a l'aide de la reflexion4 ,il plut a ,dieu de decider mon retour par ce chemin4 ,mon seul merite est d'avoir obei a son impulsion3 nous ne saurions jamais1 en face de lui1 pretendre a un autre merite que celui de l'obeissance4 --,mais pour obeir ainsi1 il faut croire en ,dieu2 et il ne depend pas de nous de croire6 --,mon cher ,jean1 vous vous trompez4 ,sans vous rien dire de la grace1 ce qui ressemblerait a une predication1 je vous affirme qu'il depend de nous de croire4 ---,alors je n'y comprends plus rien4 --,compreniez-vous mon empressement a descendre du trottoir lorsque vous approchiez1 et l'offre de mon parapluie8 --,enfin1 monsieur1 est-ce que vous voulez me rendre devot8 --,ne riez pas4 ,vous etes bien devenu patient1 meme obligeant1 sur ce trottoir ou vous vous pavaniez en roi il y a six semaines4 --,oui1 c'est bien drole6 ,s'il y a un secret1 dites-le-moi4 ,par exemple1 je ne m'engage pas a rien faire de contraire a mes opinions4 --,ah6 vous avez des opinions6 ,dites-moi1 vous avez aussi de la loyaute8 --,pour ca1 je m'en vante4 --,cela suffit4 ,tant qu'une seule vertu catholique demeure dans l'homme1 elle peut devenir1 elle devient tot ou tard une fondation sur laquelle la ,providence divine rebatit tout l'edifice ruine4 ,ah6 vous etes loyal6 ,eh bien1 ,dieu vous connait1 il vous suit au travers du monde1 et il vous aidera4 --,mon cher monsieur1 vous tapez a bras raccourci sur tout ce qu'il y a dans ma tete4 ,pour un rien1 je me mettrais en colere4 ,mais je ne veux pas etre ingrat envers vous4 ,faites votre affaire2 cette fois-ci je vous ecoute tres serieusement4 --,bien4 ,une remontrance vous ennuierait2 vous hausseriez les epaules4 ,de longues explications religieuses et morales auraient a peu pres le meme resultat4 ,vous bailleriez dans le creux de votre main4 --,c'est vrai4 --,cependant1 si l'on vous disait3 ,la foi vous viendra1 a la condition d'un acte simple et loyal accompli en moins de dix minutes1 et qui n'aura pas d'autre temoin que ,dieu1 vous accepteriez la foi8 --,je l'accepterais444 ,je me levai2 l'ouvrier se leva4 ,nous marchames a petits pas en regardant l'eglise4 --,monsieur ,jean1 savez-vous encore votre ,pater8 --,oh6444 --,et pourriez-vous le reciter couramment8 --,oui1 quoique cela ne me soit pas arrive trois fois depuis ma premiere communion4 --,voici l'eglise devant nous4 ,entrez froidement4 ,si un murmure s'eleve dans votre esprit1 faites-le taire2 dites-vous3 ,j'ai promis d'etre loyal1 je dois etre loyal4 --,je le serai4 --,vous irez au benitier1 que les fideles assiegent quelquefois4 ,vous prendrez de l'eau benite4 ,vous ferez le signe de la croix lentement et la tete haute1 en homme de coeur qui a contracte une obligation et qui la remplit4 ,puis vous vous isolerez au milieu de la foule4 ,alors recueillez-vous l'espace d'une minute2 rappelez-vous la promesse qui vous engage et que vous etes tenu a degager strictement4 ,faites ensuite de nouveau le signe de la croix1 et debout1 une main dans l'autre main1 recitez le ,pater a voix basse1 doucement1 tres doucement4 ,vous ferez ensuite encore un signe de croix1 et vous sortirez de l'eglise4 --,apres cela8 --,rien4 --,je comprends4 --,pourquoi hesitez-vous8 --,c'est plus difficile que cela ne le parait4 --,moins difficile que de ceder la place sur le trottoir4 --,et si je faisais ainsi que vous me l'avez dit1 vous pensez448 --,je pense que cet acte bien simple sera un jour votre plus grand et votre plus beau souvenir4 ,mais si vous ne vous sentez pas maintenant l'energie et la loyaute necessaires 444 --,ah6 on ne doit pas remettre ces choses-la au lendemain4 --,adieu2 je vous predis que vous serez bientot un solide et fier catholique4 ,je lui serrai la main1 et je m'eloignai rapidement1 sans detourner la tete1 demandant a ,dieu de faire le reste4 ,pendant un mois1 loin de chercher ,jean1 je l'evitais4 ,mais ,paris est bien moins grande ville qu'on ne le pense4 ,jean m'avait guette1 m'avait suivi1 et il etait parvenu a connaitre mon nom et mon adresse1 plus avance en cela que moi1 qui ne savais de lui que son prenom de ,jean4 ,un matin je recois une lettre de faire-part4 ,il s'agissait d'un mariage pour le lendemain1 entre ,m4 ,marteau et ,mlle ,gilquin1 qui m'invitaient a assister a la benediction nuptiale4 ,des noms inconnus2 cela arrive de temps en temps4 ,on cherche4 ,est-ce mon boulanger1 mon fruitier1 mon epicier8 ,ici se rencontrait un obstacle bizarre3 ,m4 ,marteau exercait la profession de fabricant de formes pour chaussures4 ,je stimulai mes souvenirs3 aucune lumiere4 ,a la fin1 je remarquai que le fabricant de formes de chaussures avait1 entre autres prenoms1 celui de ,jean4 ,mais une observation de l'autre ,jean m'etait demeuree dans la memoire3 ,j'ai de petits enfants1 m'avait-il dit444 ,le ,jean du trottoir etait donc marie2 ce ne pouvait etre mon neophyte4 ,et cependant quelque chose me disait que ce devait etre lui444 ,mon incertitude cessa bientot4 ,je venais de diner3 j'allais sortir4 ,un timide coup de sonnette m'annonce un visiteur4 ,on ouvre4 ,j'ecoute le nom3 ,m4 ,jean ,marteau4 ,c'etait le mien6 c'etait mon ouvrier de la rue du ,four et de la place ,saint-,sulpice6 --,entrez1 monsieur ,jean1 asseyez-vous4 ,eh bien6 vous allez donc vous marier8 --,mon ,dieu1 oui1 monsieur1 demain4 --,mais il me semblait que vous etiez deja marie8 --,pas precisement4 ,si vous me le permettez1 je vous expliquerai la chose4 ,je vous ai adresse une lettre de faire-part avec l'espoir que vous viendrez a l'eglise1 parce que c'est vous qui avez fait mon mariage2 aussi est-ce surtout a cause de vous que j'ai fait imprimer des lettres de faire-part4 --,moi1 j'ai fait votre mariage8 --,certainement4 ,ah6 c'est un peu long a expliquer4 --,mettez-y le temps1 et ne trouvez pas mauvais que je rie d'abord1 a cette idee que j'ai fait votre mariage sans savoir ni votre nom1 ni votre profession1 ni votre adresse4 --,le bon ,dieu sait le nom et l'adresse de tout le monde4 ,il a eu sa belle part dans l'affaire4 ,l'honnete garcon etait emu4 ,il n'avait pas dit3 ,dieu1 mais le bon ,dieu4 ,je ne sentis jamais si bien la difference4 ,dieu1 ce n'est tres souvent que le terme plus ou moins banal des pantheistes et des philosophes1 qui en font1 au plus beau1 le synonyme de l',etre supreme des republicains de #ic4 ,le bon ,dieu1 c'est le terme de predilection des catholiques1 qui ne craignent pas d'afficher une foi naive de bonne femme ou de petit enfant3 des qu'un homme1 en parlant de ,dieu1 dit le bon ,dieu1 je vois le fond de son coeur et je puis lui tendre la main4 ,je tendis la main a ,jean4 ,je compris1 avec une joie intime1 que la providence de ,dieu avait fait murir le grain que j'avais seme4 ,me voila donc silencieux pres de mon cher visiteur1 dont le visage s'epanouit des les premiers mots de l'histoire qu'il va raconter4 --,monsieur1 avant notre rencontre de la rue du ,four et de la place ,saint-,sulpice1 j'avais des defauts insupportables4 ,j'ai le droit de les avouer1 puisque je ne les ai plus4 ,je me grisais quelquefois1 et je battais ma bonne femme de loin en loin4 ,vous m'avez enseigne la patience2 cela fut pour moi la meilleure des preparations4 ,ensuite1 vous m'avez pousse dans l'eglise au moment propice4 ,il en est survenu comme un miracle4 ,mais votre ,pater m'a fait passer1 je vous l'assure1 une rude journee6 ,pour tenir loyalement ma parole1 il m'a fallu plus de force et de courage qu'il ne m'en faudrait dans une lutte contre dix hommes4 ,vous avez oublie1 peut-etre8 --,je n'ai pas oublie1 et je vois que le ,pater a ete bien dit4 --,ah6 ,seigneur6 ,il faut que je l'aie dit comme on ne le dit jamais1 car en sortant de l'eglise1 voyez-vous1 je ne savais que devenir4 ,je me sentais moitie heureux1 moitie exaspere en dedans de moi4 ,tout a coup je me trouve1 a ma grande surprise1 en face de la maison que j'habite4 ,je croyais chercher un estaminet pour m'y etourdir1 et je revenais chez moi4 ,je monte1 j'entre2 je prends une chaise3 je ne dis rien4 ,ma femme me regarde1 et elle s'ecrie3 ,mon ,dieu6 ,jean1 est-ce que tu es malade8 ,le moyen1 apres cela1 de croire que le ,pater etait une petite chose insignifiante6 ,il m'avait si bien bouleverse1 que l'on me croyait malade4 ,je rassure ma femme2 je lui dis de s'asseoir pres de moi1 et je lui raconte ce qui venait de m'arriver4 ,vous pensez bien que je lui avais parle de vous souvent1 et qu'elle vous connaissait on ne peut mieux sans vous avoir jamais vu4 ,elle m'ecoutait1 sans souffler mot1 en ouvrant de grands yeux4 ,quand j'ai fini1 savez-vous ce que fait ma femme8 ,elle se prend a pleurer1 mais a pleurer de tout son coeur6 ,et moi1 ,jean1 un homme1 je fais comme elle4 ,cela ne m'etait peut-etre pas arrive depuis vingt-cinq ans4 ,enfin1 nous nous apaisons1 et je me trouve soulage3 petite pluie abat grand veut4 ,je voyais ma femme bien heureuse2 j'etais aussi bien gai1 bien heureux4 ,nous allons faire une promenade hors barriere avec les enfants4 ,vous vous souvenez que c'etait un dimanche8 --,je m'en souviens4 --,nous causions de vous1 de votre parapluie1 du trottoir1 de l'eglise1 des signes de croix que j'avais faits et que pour un rien j'aurais recommences toutes les dix minutes4 ,oui1 monsieur6 j'en eprouvais un tel besoin1 qu'en apercevant le calvaire de ,vaugirard1 le coeur m'a battu1 et j'ai double le pas comme malgre moi pour saluer le calvaire et faire le signe de la croix4 --,vous le lui deviez bien4 --,c'est vrai4 ,aussi1 est-ce justement ce que j'ai dit a ma femme4 ,nous etions1 vers cette epoque1 a la fin de mai1 car il me semble tantot que cela date d'hier1 tantot que cela date de dix ans4 ,le soir1 au retour de la promenade1 une eglise se rencontre devant nous4 ,on disait la priere du mois de ,marie4 ,nous entrons1 avec les petits4 ,et je vous recommence mon ,pater1 notre ,pater4 ,ah6 monsieur1 que je l'ai bien dit cette fois1 et que cela m'a fait de plaisir6 ,mes enfants1 me voyant prier1 priaient aussi d'une petite facon grave4 ,moi1 ,jean1 un ouvrier1 debout au milieu de ces enfants et de leur mere qui priaient dans l'eglise2 444pour la premiere fois de ma vie1 je me suis senti l'importance d'un pere de famille et d'un citoyen4--,je ne vous fatigue pas8 --,ho6444 --,enfin1 nous sommes rentres chez nous et j'ai promis que je ne me griserais plus1 et que je ne battrais plus jamais ma femme4 ,mais il y avait autre chose encore1 dont ma bonne ,francoise n'osait pas me parler2 nous etions maries a la ville1 mais pas a l'eglise4 ,maintenant1 mon cher monsieur1 vous en savez autant que moi4 ,j'etais ravi2 j'avais les larmes aux yeux4 ,jean riait de plaisir1 un peu d'orgueil1 et de l'air d'un homme qui est sur de se rendre infiniment agreable4 ,il n'avait pas fini4 --,vous voyez donc bien1 monsieur1 que c'est vous qui avez fait mon mariage1 et que je devais vous inviter a venir a l'eglise demain4 --,ah6 mon brave ,jean1 j'irai2 j'irai avec plus de satisfaction et plus d'empressement dix fois1 mille fois1 que si vous etiez un millionnaire ou un prince4 --,j'en etais bien sur4 ,mais je dois vous dire encore un petit mot4 ,nous marier a l'eglise1 c'etait la moindre chose2 nous avons fait mieux que cela4 ,moi1 je n'aime pas les demi-mesures4 ,devinez-vous1 ah8444 --,oui1 ah6 --,chut6 ,il ne faut pas toucher a ces affaires-la en riant2 vous le savez mieux que personne4 ,ma femme et moi1 nous avons communie ce matin1 et bien communie tous deux1 je vous le certifie4 ,ainsi1 vous aviez raison1 monsieur2 en me quittant sur la place ,saint-,sulpice1 il y a cinq semaines1 vous prophetisiez4 ,oh6 j'entends encore votre derniere parole3 ,jean1 je vous predis que vous serez un jour un solide et fier chretien6 ,je le suis6 mes enfants le seront comme leur pere6 ,nous causons encore un moment1 aussi attendris l'un que l'autre1 puis il me dit3 --,eh bien1 monsieur1 a demain donc4 ,le lendemain1 j'assistai a la messe du mariage4 ,il y avait peu de monde3 une dizaine de personnes et cinq ou six enfants4 ,je faisais1 avec tout le soin possible1 honneur aux maries par l'aristocratie de ma mise4 ,pour la premiere fois et la seule fois de ma vie1 je regrettai de n'avoir pas un ruban rouge et une croix a ma boutonniere6 ,apres la messe1 j'allai faire ma visite aux nouveaux epoux dans la sacristie4 ,on m'attendait evidemment4 ,je fus salue comme ne le fut jamais un personnage d'importance3 les enfants surtout me regardaient d'un air de veneration tres amusant4 ,mais voici ,jean en habit noir1 bien gante1 bien cravate1 chaussure parfaite1 une physionomie tellement digne1 que j'hesitais a le reconnaitre4 ,je lui serrai la main en ami1 et je voulus faire un petit discours affectueux1 un petit compliment d'homme du monde et de chretien4 ,notre emotion dura bien deux a trois minutes1 apres quoi chacun rentra en possession de sa liberte d'esprit4 ,j'ai pu dire a ces braves gens444 ,eh6 qu'importe ce que j'ai dit et comment cela finit6 ,et si j'acceptai d'etre un convive de la noce6 ,et ce que ,jean a fait depuis6 ,il est converti1 voila tout6 ,jean prospere1 sans hate2 ,jean s'attache bien moins a acquerir une fortune qu'a constituer une famille4 ,quand vous rencontrez sur le trottoir un luron de haute mine1 qui vous cede la place avec une politesse inusitee1 ce doit etre lui4 7,venet1 ,extraits47 99 99 99 99 99 #bg4--,,un ,,fils ,,qui ,,tombe ,,dans ,,les ,,bras ,,de ,,son ,,pere4 ,un jeune pretre attache a l',hotel-,dieu de ,paris est appele un soir pres d'un homme qui venait d'etre apporte tout meurtri1 tout sanglant1 a la suite d'une rixe de cabaret4 ,en proie a une surexcitation extreme1 le malheureux epuise le peu de force qui lui reste en maledictions et en blasphemes4 ,la vue du pretre ne fait qu'augmenter sa rage4 ,vainement le ministre du ,dieu de paix s'efforce de ramener a des sentiments meilleurs ce coeur ulcere2 son zele demeure impuissant et la prudence le force a mettre fin a des instances evidemment inutiles4 ,le pretre s'eloigne donc1 le coeur brise4 ,le lendemain matin1 il revient tout anxieux a l'hopital4 --,la nuit a ete terrible1 lui dit la bonne ,soeur qui a veille au chevet du miserable4 ,il n'a eu ni un moment de repos1 ni un moment de silence2 toujours des douleurs atroces1 toujours des blasphemes6 ,il n'y a pas plus d'une demi-heure qu'il est calme4 ,sa fureur s'est apaisee pendant qu'a la priere nous recitions les litanies du ,saint ,nom de ,jesus4 --,avant ma messe1 je vais le voir un instant2 ma ,soeur1 prions pour lui4 ,puis1 sur la pointe du pied1 l'abbe alla s'agenouiller pres du lit ou l'etranger etait couche444 ,il ne s'agitait plus1 et ses yeux etaient fermes4 ,mon ,dieu6 dit tout bas le charitable pretre1 prolongez ce calme pour que je puisse1 avec votre grace1 faire descendre dans cette ame quelques pensees de repentir et de confiance4 ,apres avoir dit ces mots avec une grande ferveur1 l'aumonier s'etait releve et allait se rendre a la sacristie4 ,il avait deja fait quelques pas dans cette direction lorsqu'il revint tout a coup vers le lit444 ,puis1 ayant pris dans son breviaire une image1 il l'attacha aux rideaux1 de maniere a ce que le blesse put la voir lorsqu'il se reveillerait4 ,cette image representait saint ,stanislas ,kostka en oraison devant une statue de la sainte ,vierge4 ,monte a l'autel1 l'aumonier avait peine a se defaire de la pensee du malade4 ,dans cette multitude d'etres souffrants1 combien n'y en avait-il pas de plus interessants que lui8 ,cependant c'etait celui-la qui le preoccupait le plus2 et1 durant le saint sacrifice1 il pria pour lui plus que pour les autres4 ,la messe terminee1 le pretre1 dans un grand recueillement1 faisait son action de graces1 quand une ,soeur1 celle a qui il avait parle le matin meme en entrant dans la salle1 vint lui dire d'un air radieux3 --,monsieur l'abbe1 il vous demande444 --,qui8 --,l'homme du numero #dh444 le furieux d'hier soir4 --,les fureurs lui sont-elles revenues8 --,oh6 non2 il est maintenant doux comme un agneau4 ,il vous demande444 --,que ,dieu soit beni6444 hatons-nous4 ,les voici tous les deux aupres du malade444 ,il ne s'agite plus1 il ne se tord plus sur son lit444 ,son visage n'est plus enflamme1 ses yeux ne lancent plus d'eclairs1 sa bouche ne blaspheme plus4 ,a demi assis sur sa couche1 il a les yeux fixes sur une image qu'il tient dans une de ses larges mains2 de l'autre1 il essuie la sueur froide qui ruisselle sur son visage444 ,sa preoccupation est telle qu'il n'entend ni ne voit le pretre et la ,soeur arrives pres de lui444 ,enfin l'inconnu1 levant les yeux1 eut comme un sourire de reconnaissance sur ses levres1 qui1 la veille1 ne proferaient que maledictions et blasphemes2 et1 d'une voix presque douce1 il demanda3 --,qui a attache cette image au rideau de mon lit8 --,c'est moi1 repondit l'abbe4 --,est-ce que vous me connaissez8 --,aucunement4 --,pourquoi donc avez-vous mis pres de moi l'image de saint ,stanislas8 --,parce que j'ai grande confiance en lui4 --,ah6444 vous n'avez pas eu d'autres raisons8444 ,c'est que moi1 ajouta-t-il en passant sa main sur son front1 c'est que moi aussi444 j'ai aime ce nom444 je l'aime encore444 ,a ces mots1 l'inconnu porta l'image a ses levres3 des pleurs jaillirent de ses yeux1 sa bouche s'entr'ouvrit4 ,mon ,dieu6 profera-t-il1 mon ,dieu6444 ,et ses convulsions de la nuit le reprirent4 ,moins violentes que celles de la veille1 elles ne durerent pas longtemps4 ,lorsqu'il fut redevenu plus calme1 il se mit a parler1 mais comme a lui-meme2 quoique ses yeux fussent grands ouverts1 il avait l'air de ne voir personne4 ,c'est etrange1 disait-il1 ce nom que je ne prononce plus444 je le trouve ici1 sur cette image444 et attache a mon lit444 ,quand ce pretre a donne la communion444 j'ai pu le regarder444 j'ai fixe mes yeux sur les siens4442 ils ressemblent a ceux que j'ai tant fait pleurer6444 ,hier1 j'ai blaspheme contre lui444 ,lui et sa robe noire me faisaient horreur6444 ,un tel changement s'est opere en moi pendant sa messe1 que1 si je le revoyais a present1 je le benirais4 --,me voici6 me voici6 s'ecrie l'abbe1 me voici pres de vous444 ,je ne sais pas qui vous etes1 mais jamais1 pour aucun malade apporte ici1 je n'ai ressenti au coeur autant de charite444 ,je donnerais ma vie pour sauver votre ame4 --,oh6 mon ame6444 ,si vous saviez combien je l'ai souillee1 vous ne penseriez pas a me sauver444 --,arretez6 au nom du ,sauveur ,jesus1 ne desesperez pas de la misericorde divine4 ,parlant ainsi1 le jeune pretre etait tombe a genoux pres du lit1 tenant les mains de l'etranger dans les siennes et les arrosant de ses pleurs4 ,apres quelques instants1 l'inconnu1 qui ne retirait pas ses mains de celles de l'aumonier et qui laissait couler d'abondantes larmes1 dit d'une voix plus calme3 --,voila plus de vingt-trois ans444 a ,nantes444 que j'ai abandonne1 que j'ai condamne aux privations1 au chagrin1 a la misere peut-etre1 ma femme et mon fils444 --,quoi6 s'ecria le pretre en se relevant et en se penchant sur l'inconnu1 vous avez une femme1 un fils6444 vous avez habite ,nantes444 ,ah6 encore un mot1 un seul mot1 je vous en conjure2 votre nom8 ,l'inconnu se nomme4 ,impossible de douter plus longtemps4 ,l'abbe ,stanislas n'est plus debout1 il est dans les bras1 sur le sein de son pere6444 ,les battements de leurs coeurs1 leurs larmes de joie se confondent4 ,mais1 il n'y avait pas de temps a perdre4 ,l'abbe parle d'un confesseur au pecheur repentant4 ,c'est vous que je choisis1 repond celui-ci2 je veux vous declarer tous mes crimes et vous dire combien mon odieuse conduite envers votre pieuse mere m'a rendu malheureux6 ,lorsque le pardon appele par son enfant descendit sur le coupable1 quelle ne fut pas la joie1 l'indicible bonheur et du pere et du fils6 ,le repentant pardonne respirait a l'aise1 le poids de ses peches ne l'oppressait plus2 et le pretre qui avait enleve ce poids repetait avec transport3 ,celui que je vois maintenant sur le chemin du ciel1 c'est mon pere6 ,oh6 ,seigneur1 soyez1 soyez a jamais beni6 99 99 99 99 99 #bh4--,,le ,,rosier ,,du ,,mois ,,de ,,marie4 ,papa1 disait une enfant de six ans a un ancien militaire qui1 nouveau ,cincinnatus1 occupait ses loisirs a cultiver ses jardins et ses champs1 donnez-moi ces jolies roses qui sentent si bon1 et dont la blancheur egale celle des lis4--,pour les effeuiller1 sans doute8 repondit le pere a l'enfant4--,non1 non1 repliqua celle-ci3 elles sont trop belles pour cela4--,mais qu'en feras-tu8--,c'est mon secret4--,ton secret6 ,le mot est risible444 ,et si je te donnais l'arbuste entier1 me devoilerais-tu cet important mystere8--,cher ,papa1 donnez toujours2 je vous dirai plus tard a qui je destine ces fleurs4--,a la tombe de ta pauvre mere1 sans doute8--,c'est bien pour ma mere444 mais444 pour ma ,mere du ciel4 ,en prononcant ces derniers mots1 la voix de l'enfant avait un accent si penetrant et si doux1 que le pere1 sans en avoir compris le sens1 en fut neanmoins profondement emu4 ,il s'avanca donc vers le rosier1 le detacha habilement de la terre1 et le remit entre les mains de sa petite fille1 qui s'eloigna aussitot1 emportant avec elle son cher tresor4 ,quand la bonne petite rentra au logis1 il etait deja tard4 ,son pere l'embrassa plus tendrement encore que de coutume et se retira dans sa chambre pour prendre un repos bien necessaire apres une journee employee a de rudes labeurs4 ,mais1 helas6 le sommeil ne vint point fermer ses paupieres3 une agitation febrile1 inaccoutumee1 s'etait emparee de son esprit3 les souvenirs d'un passe grossi d'orages revenaient a sa memoire et lui causaient un indicible effroi4 ,lui1 le brave guerrier1 le soldat intrepide1 que le bruit du canon et de la mitraille n'avait jamais fait palir1 eprouvait un saisissement inexprimable4 ,pour calmer ces cruelles angoisses1 vrai cauchemar de l'ame cause par le remords1 il se mit a balbutier quelques-unes de ces prieres qu'aux jours de son enfance il avait bien des fois redites sur les genoux maternels2 et les mots benis qui1 depuis tant d'annees peut-etre1 jamais n'avaient effleure les levres du vieux militaire1 vinrent s'y placer en ordre les uns apres les autres1 et former ce tout sublime connu sous le titre d',oraison dominicale ou priere du ,seigneur 444 ,la priere6 ce cri du coeur1 cet elan de l'ame vers ,celui qui l'a creee1 qui l'aime1 qui veut et qui peut seul lui donner le bonheur1 est un de ces remedes efficaces et doux1 dont l'effet ne tarde pas a se faire sentir4 ,notre homme en fit la consolante epreuve4 ,un rayon d'esperance vint tout a coup dissiper les tenebres dont1 un instant auparavant1 son entendement etait enveloppe3 ,si je suis pecheur1 se disait-il1 si1 pendant de longues annees j'ai vecu en veritable paien1 en ennemi de ,dieu1 tout n'est pas perdu pour moi4 ,n'ai-je pas un petit ange a placer entre moi et la justice du ,seigneur prete a me frapper8 ,en pensant a son enfant1 l'ancien soldat s'endormit1 et un songe ravissant acheva de le calmer4 ,il se crut transporte dans un de ces temples majestueux eleves par le genie de la foi au ,dieu trois fois saint4 ,au bas du choeur1 a l'entree de la nef principale1 etait un autel etincelant de mille feux et surmonte d'une gracieuse statue de la ,vierge ,marie4 ,une foule de fideles montaient et descendaient les marches de l'autel1 deposant aux pieds de l'image veneree des fleurs et des couronnes4 ,une delicieuse harmonie ajoutait au charme de cette pieuse vision4 ,mais bientot la foule s'ecoula2 les chants cesserent2 les lumieres s'eteignirent2 la lampe du sanctuaire seule projetait ses vacillantes clartes sur le candide visage d'une petite fille qui s'avancait furtivement vers l'autel1 et y deposait un rosier charge de blanches fleurs4 ,ici le vieillard s'eveilla3 le secret de sa chere enfant venait de lui etre revele2 et quand1 le matin1 elle accourut joyeuse vers lui pour l'embrasser3 ,moi aussi1 lui dit-il en la prenant sur ses genoux1 j'ai un secret4 ,l'enfant sourit3 ,vous me le confierez1 ,papa8 dit-elle a son tour4--,non1 ma petite1 tu le verras4 ,le dernier jour du mois de mai #ahf4441 un militaire ayant sur sa poitrine le signe des braves1 s'approchait de la ,table sainte4 ,une jeune enfant le suivait du regard et semblait envier son bonheur4 ,quelques instants apres1 le pretre qui venait de celebrer les saints mysteres1 s'approcha de nouveau de l'autel1 et detacha d'un rosier1 place aux pieds de la sainte ,vierge1 une branche encore toute fleurie4 ,il la presenta ensuite au vieux guerrier1 qui la baisa respectueusement4 ,depuis cette epoque1 elle figure comme un trophee au dessus des armes appendues aux murs de sa demeure1 et1 chaque fois que les regards du vieillard se portent sur ce rameau desseche1 il murmure une priere a ,marie1 l'aimable et tendre refuge des pauvres pecheurs4 99 99 99 99 99 #bi4--,,la ,,statuette ,,de ,,saint ,,antoine4 ,eleve par une pieuse mere1 ,d9999991 officier aussi loyal que brave1 avait eu la foi1 mais la vie des camps et des casernes avait efface l'empreinte primitive de la religion et il en etait arrive a cette indifference froide et triste qui est une forme honnete de l'impiete4 ,son epouse1 restee maitresse pour elle-meme et pour sa fille de toutes les pratiques de la devotion1 n'en pleurait pas moins l'egarement de celui qu'elle aimait assez sur la terre1 pour ne pas vouloir en etre separee au ciel4 ,depuis longtemps deja1 ses prieres montaient toujours vers le ,ciel et imploraient l'appui de la ,reine des vierges4 ,rien ne venait la consoler4 ,un jour meme1 une nouvelle peine vint s'ajouter aux autres3 son mari lui avait appris qu'il etait franc-macon6 ,ce n'etait plus seulement l'indifference1 c'etait l'impiete reelle et notoire1 l'impiete publique et affichee4442 et1 en pensant a cela1 ,mme ,d999999 serrait sa fille sur son coeur comme pour la preserver d'un malheur1 ou peut-etre pour avoir recours a l'innocence de l'enfant1 contre le peril que courait l'ame du pere4 ,tout-a-coup1 ses yeux se porterent sur une statuette de saint ,antoine de ,padoue qui ornait sa chambre1 et une idee subite s'empara de son ame attristee444 ,mon enfant1 dit-elle a sa fille1 mon enfant1 il faut que tu pries beaucoup saint ,antoine pour obtenir de lui que ton pere retrouve ce qu'il a perdu6 --,qu'a-t-il donc perdu1 ma mere8 --,tu le sauras plus tard1 mais prie et444 n'en dis rien a ton pere4 ,le regard naif de la jeune fille se leva vers la statuette1 et ses levres s'ouvrirent pour laisser echapper ces paroles3 ,grand ,saint1 faites retrouver a mon pere ce qu'il a perdu4 ,en-ce moment la porte s'ouvrait1 et ,m4 ,d999999 venait avertir sa femme qu'il allait sortir4 ,il avait tout entendu et se demandait tout en marchant ce que cela pouvait bien etre4 ,qu'ai-je donc perdu1 se disait-il8 ,c'est sans doute ma femme qui aura egare quelque chose4442 mais quelle idee d'aller redemander cela a cette statue6 ,apres tout1 peu importe6 ,elle est si bonne epouse et si bonne mere6444 ,c'est egal1 il faut que je lui dise de ne pas s'inquieter1 car enfin si j'avais perdu une chose serieuse1 je le saurais bien4 ,comme on etait aux premiers jours de juin1 ,m4 ,d999999 jugea que la soiree assez belle lui promettait plus de jouissance a la campagne qu'entre les quatre murs de la loge4 ,une idee6 se dit-il en se frappant le front1 je vais chercher ma femme et ma fille et nous irons faire un tour a la campagne4442 mais qu'ai-je donc perdu8444 ,mme ,d999999 eut un sourire de bonheur et jeta un regard qui disait merci a saint ,antoine1 quand son mari vint lui dire son idee6 mais elle resta muette et se sentit rougir lorsqu'il ajouta3 ,dis donc1 est-ce que j'ai perdu quelque chose8--,pourquoi me demandes-tu cela8 repondit-elle4--,c'est que j'ai entendu la petite4 ,la conversation en resta la1 mais l'embarras de ,mme ,d999999 n'avait pas echappe a son mari1 et souvent encore il se demandait3 ,qu'ai-je donc perdu8 ,le #ab juin au soir1 ,mme ,d999999 se trouvait encore dans sa chambre avec sa fille1 et l'enfant redisait avec ferveur sa naive priere3 ,grand ,saint1 faites retrouver a mon pere ce qu'il a perdu6 ,mais enfin1 dis-moi donc ce que j'ai perdu1 s'ecria ,m4 ,d999999 en entrant violemment dans la chambre444 ,depuis huit jours1 je me le demande444 ,depuis huit jours1 cette pensee m'obsede444 ,tu fais toujours prier ta fille pour cela1 mais tu ferais bien mieux de me le dire1 car je saurais si cela vaut la peine de fatiguer cette enfant6 ,mme ,d999999 se leva1 en regardant son mari avec calme3 ,mon ami1 lui dit-elle1 serais-tu content de me quitter pour toujours8 --,ah6 pour cela non6 et si c'est pour cela que tu pries et que tu vas a l'eglise1 tu peux t'abstenir6 --,cependant1 mon cher ami1 si tu ne retrouves pas ce que tu as perdu1 il faudra nous quitter un jour4441 et pour toujours6 --,mais qu'est-ce donc8444 ,dis1 je t'en conjure4441 qu'ai-je donc perdu8 --,la foi444 la foi de ta mere6444 et je ne veux pas te quitter1 moi444 ,oh6 je ne le veux pas444 il faut que tu la retrouves6 ,et la pauvre femme pleurait1 pendant que1 sans ajouter un seul mot1 ,m4 ,d999999 sortait4 ,la foi1 disait-il1 la foi de ma mere444 de ma femme et de ma fille64 ,et pendant toute la nuit1 ,mme ,d999999 qui priait1 l'entendait marcher1 s'agiter et repeter souvent3 ,la foi444 la foi de ma mere6 ,le lendemain matin1 ,m4 ,d999999 entre sans rien dire1 dans la chambre de sa femme2 puis1 comme eveille par une idee subite3 ,est-ce que vous avez une fete aujourd'hui8 --,oui1 mon ami1 la fete de saint ,antoine de ,padoue4 --,ah6 le petit ,saint de la cheminee6 444 ,eh bien6 merci1 saint ,antoine6 ,et comme ,mme ,d999999 le regardait anxieuse444 ,oui1 oui1 ma femme1 s'ecria-t-il en ouvrant les bras1 oui1 c'est fait1 j'ai retrouve ce que j'avais perdu2--mais nous devons un beau cierge a ton petit ,saint1 allons le lui porter6 ,et quelques minutes plus tard1 le frere ,portier du couvent des ,franciscains appelait un ,pere pour confesser ,m4 ,d999999 qui avait retrouve la foi4 7,r4 ,p4 ,apollinaire47 99 99 99 99 99 #cj4--,,le ,,chemin ,,du ,,coeur4 ,un honorable ecclesiastique de ,paris venait d'etre appele pour confesser une vieille femme mourante dans une de ces maisons qui servent de refuge aux chiffonniers2 il entendit des cris plaintifs partir d'une chambre voisine et comme le bruit d'un corps qui tombe4 ,il s'y precipite et voit une femme etendue sur le carreau1 qu'un homme rouait de coups4 ,ah6 malheureux6 s'ecrie involontairement l'abbe4 ,l'homme se retourne1 et1 apercevant le pretre1 il lui dit3 ,que viens-tu chercher ici1 calotin8 ,tu vas passer par la fenetre4 ,et1 le saisissant par le collet et la ceinture1 il le souleve de terre et se rapproche de la fenetre4 ,c'etait au troisieme etage4 ,l'abbe avait conserve sa presence d'esprit4 ,rapide comme l'eclair1 un souvenir se presente a lui1 et sans paraitre emu1 il lui dit3 ,moi qui venais vous chercher pour porter secours a une pauvre voisine qui se meurt6 ,l'homme s'etait arrete2 il etait temps3 la fenetre ouverte n'etait plus qu'a un pas4 ,il repose l'abbe par terre en lui disant3 ,qu'est-ce que c'est8--,une pauvre femme qui se meurt sur un veritable fumier1 et je venais pour que vous m'aidiez un peu a la secourir4--,voyons4 ,et l'abbe le conduisit dans la piece contigue et lui montra une vieille femme etendue sur un miserable grabat couvert d'une paille infecte1 dans le paroxysme d'une fievre brulante1 a peine recouverte de quelques miserables haillons4 ,ah6 pauvre femme6 dit le chiffonnier dont la colere etait tout a fait tombee a cet aspect4--,je vais vous prier1 lui dit l'abbe en lui tendant une piece de #dj sous1 de me procurer deux ou trois bottes de paille fraiche pour qu'elle soit un peu moins mal4--,tout de suite4 ,et1 prenant la piece1 il s'elance1 descendant quatre a quatre les marches de l'escalier vermoulu4 ,a peine etait-il parti que toutes les portes du corridor s'ouvrirent1 et tous les habitants1 les femmes surtout1 y compris celle qui venait d'etre battue1 se precipitent en disant3 ,sauvez-vous1 monsieur l'abbe1 sauvez-vous vite pendant qu'il est loin4 ,il est aussi fort qu'il est violent1 et s'il vous retrouve ici1 il pourrait bien vous faire un mauvais parti4--,non1 non1 repondit l'abbe en souriant1 je resterai4 ,je l'ai entrepris4 ,il vaut beaucoup mieux que vous ne croyez1 et il faudra bien que j'en vienne a bout4 ,on l'entendit remonter4 ,chacun etait rentre chez soi1 fermant soigneusement sa porte4 ,il arrivait en effet1 charge de trois bottes de paille qu'il jeta a terre a la porte de la malade4 ,il en delie une1 etend la paille par terre1 et enlevant la pauvre infirme aussi delicatement qu'aurait pu le faire une soeur de charite1 il la pose dessus avec precaution4 ,ouvrant la fenetre1 il jette dans la rue1 sans trop de souci des ordonnances de police1 le fumier infect qui couvrait le grabat1 et le remplace par la paille fraiche des deux autres bottes2 il la recouvre de ce qu'il trouve de mieux dans tous ces haillons1 et replace sur son lit avec le meme soin la vieille femme1 qui le remercie par signes et surtout par l'air de satisfaction et de bien-etre avec lequel elle s'arrangeait sur sa couchette4 ,l'abbe l'avait regarde avec bonheur1 et des que tout fut fini1 lui prenant la main1 il lui dit3 ,tenez1 je gage que vous etes plus content de vous que si je vous avais laisse battre votre femme tout a votre aise4--,ah6 dame6 je ne dis pas2 et1 regardant la vieille voisine1 il ajouta3 ,pauvre femme1 je ne savais pas qu'elle fut si mal4--,vous etes un brave homme1 j'ai vu comme vous vous y preniez bien pour elle1 et avec quel soin4--,oh6 c'est qu'elle est si faible6--,je reviendrai la voir dans quelques jours1 et j'aurai bien du plaisir a vous voir4--,ah6 monsieur l'abbe1 dit-il en rougissant un peu2 et prenant la main que l'abbe lui tendait de nouveau3 ,excusez si j'etais bien en colere tout a l'heure4--,je n'y pense plus1 et a revoir4 ,cependant vous allez me faire une promesse4--,quoi donc8--,je reviendrai dans cinq a six jours1 et d'ici-la vous ne battrez pas votre femme4--,ah6 c'est qu'il y a des moments qu'elle m'impatiente4--,eh bien6 dans ces moments-la1 vous irez voir cette pauvre voisine444 ,c'est promis1 a revoir4 ,et sans attendre davantage1 il secoue la main du chiffonnier et se hate de partir4 ,il revint effectivement au bout de cinq jours1 et apres sa visite a la pauvre vieille1 qui lui raconta en pleurant combien son terrible voisin avait ete bon pour elle1 il entra chez lui4 ,en le voyant1 la femme se precipite vers lui en lui disant3 ,ah6 monsieur l'abbe1 vous m'avez sauve deux roulees4 ,le mari1 un peu confus1 ajouta3 ,ah6 oui1 les mains m'ont bien demange444 ,mais j'ai fait comme vous m'avez dit1 et je ne rentrais que quand la colere etait passee4--,vous le voyez1 dit l'abbe1 on peut toujours en venir a bout1 et je suis sur qu'apres ces deux fois vous avez trouve votre femme bien plus douce4 ,la glace etait rompue1 et l'abbe en profita pour parler un peu charite et amour du prochain4 ,nul n'avait mieux que lui1 qui prechait si bien d'exemple1 le droit d'en parler4 ,de la il passa un peu a l'amour de ,dieu1 et quitta le couple enchante1 emportant une nouvelle promesse de patience et celle d'une visite du mari4 ,sous cette grosse enveloppe il cachait un coeur intelligent et bon1 et il ne fut pas difficile a l'abbe de le ramener a ,dieu4 ,apres avoir ete la terreur de son quartier par sa force et sa violence1 il en devint le modele et l'apotre4 ,plus d'une fois il amena a l'abbe d'anciens camarades dont il avait determine la conversion4 ,un matin1 l'abbe se trouvait d'assez bonne heure a ,saint-,sulpice4 ,il le vit entrer et1 apres une courte priere1 s'approcher du tronc des pauvres1 y jeter quelque chose et se retirer precipitamment4 ,il le suivit1 et l'ayant rejoint dehors1 il lui demanda ce qu'il venait de faire4 ,le chiffonnier hesita a repondre1 mais1 certain que l'abbe avait tout vu1 il lui dit3 ,eh bien6 c'est l'argent de mon dejeuner que j'y ai jete4 ,autrefois je n'en ai que trop depense au cabaret4 ,j'ai donne des scandales1 vous le savez mieux que personne4 ,pour les reparer autant que je le puis1 je jeune quelquefois1 et comme il ne serait pas juste d'en tirer profit1 je viens jeter ici1 pour les pauvres1 l'argent que mon dejeuner m'aurait coute4 7,l'abbe ,mullois47 99 99 99 99 99 #ca4--,,le ,,nouvel ,,augustin4 ,un jeune homme du nom d',augustin1 emporte par ses passions ardentes1 etait tombe dans le desordre presque au terme de ses etudes4 ,ne connaissant plus ni frein ni regle1 il n'ecoutait meme pas sa mere et restait insensible a ses larmes comme a ses reproches4 ,par intervalles cependant1 le remords venait troubler la conscience du jeune libertin1 mais il tachait de s'etourdir davantage et se plongeait dans la dissipation4 ,soudain1 une maladie de poitrine se declara4 ,inquiete de le voir partir pour la capitale avec une toux opiniatre1 sa plus jeune soeur1 ,anna1 cacha1 sans le lui dire1 une medaille de la sainte ,vierge dans l'habit qu'il portait4 ,ce pieux stratageme fut sans effet sur lui4 ,loin de la3 ,on s'est donne une peine inutile1 ecrivit-il bientot2 je prie qu'on ne recommence pas1 mon tailleur a bien autre chose a faire qu'a decoudre des medailles4 ,les symptomes de la maladie ne tarderent pas a devenir inquietants1 et firent de rapides progres2 des crachements de sang menacaient d'etouffer tout a coup le malade4 ,ainsi la mort le pouvait frapper a toute heure3 pauvre ,augustin6 il n'etait pas prepare a paraitre devant ,dieu1 il ne songeait pas meme a s'y disposer4 ,un jour1 dans une entrevue qu'il eut avec sa soeur religieuse1 celle-ci lui avait dit avec tendresse3 ,mon cher ,augustin1 songe donc a mettre ta conscience en regle avec ,dieu2 moi qui t'aime tant1 je ne puis soutenir la pensee de te savoir loin de lui4 ,pour toute reponse1 le jeune homme avait serre avec emotion la main de sa soeur1 puis il avait cherche a changer une conversation qui semblait le fatiguer4 ,un autre jour1 une crise violente ayant fait apprehender que sa derniere heure ne fut arrivee1 sa mere avait fait prier l'aumonier1 premier depositaire des secrets du coeur de son fils1 d'accourir en toute hate4 ,l'aumonier s'etait presente sans retard avec sa douce parole1 son regard ami4 ,augustin n'avait voulu rien entendre1 et le vieillard s'etait retire les yeux pleins de larmes ameres4 ,mais pendant qu',augustin repoussait le ministre de ,dieu1 on priait pour lui dans les sanctuaires consacres a ,marie1 si bien surnommee l'esperance des desesperes3 l'heure du triomphe de la grace ne devait pas tarder a sonner4 ,soudain une crise affreuse se declare1 c'est le dernier avertissement du ciel4 ,surmontant alors sa douleur1 la mere d',augustin s'approche de son lit et lui dit avec amour3 ,mon fils1 je t'en supplie1 ne differe pas davantage2 si cette crise continue1 es-tu sur d'en supporter l'effort1 dans l'etat d'epuisement ou tu es8 ,courageuse mere1 pour sauver l'ame de votre enfant1 vous avez su triompher des faiblesses du coeur maternel2 mais aussi1 que votre ame abattue fut consolee quand le pauvre malade1 levant vers vous son regard mourant1 vous dit3 ,je le veux bien1 faites venir ,m4 le ,cure6 ,celui-ci arriva promptement1 fut recu a bras ouverts1 et commenca avec le jeune homme un de ces mysterieux entretiens dont le ciel seul connait le secret et qui rehabilitent les ames devant ,dieu4 ,quand le pretre sortit1 le malade etait calme1 une douce joie brillait sur son visage4 ,augustin1 qui depuis trois mois n'avait pour sa mere qu'une froideur glaciale1 triste fruit de son esprit aigri et chagrin1 l'appela pres de son lit et l'embrassa avec tendresse2 c'etait le temoignage de la reconciliation qu'il venait de cimenter avec ,dieu1 l'expression filiale de sa conscience tranquillisee4 ,a partir de ce moment1 le plus admirable contraste se fit remarquer dans le jeune malade2 on le voyait subir d'heure en heure l'influence de l'action celeste4 ,lui adressait-on des paroles de piete8 il les recevait avec reconnaissance4 ,lui faisait-on une lecture edifiante8 il l'ecoutait avec une douce attention4 ,les ,confessions du grand eveque d',hippone faisaient1 entre tous les autres livres1 ses plus cheres delices4 ,c'est mon histoire que je lis1 disait-il avec un pieux sentiment d'amour de ,dieu4 ,il contemplait avec bonheur la croix de ,jesus1 cherchant a participer a la vertu qui s'en echappe pour le chretien supportant sans se plaindre les plus cruelles douleurs4 ,il fit publiquement ses excuses a tous les membres de sa famille et aux personnes de la maison pour les scandales qu'il avait donnes1 et particulierement au venerable ecclesiastique dont il avait refuse le ministere quelques mois auparavant4 ,sa mort fut des plus edifiantes3 le pecheur etait devenu un saint4 99 99 99 99 99 #cb4--,,vaincu ,,par ,l',,exemple4 ,un enfant pieux etait place dans un tres mauvais atelier de tourneur2 c'etait veritablement pour lui un enfer4 ,pour comble de malheur1 le patron avait un contrat passe avec les parents et ne voulut pas entendre parler de rupture4 ,le jeune apprenti fut tente de se desesperer2 mais soutenu par les conseils de son confesseur1 il se resigna4 ,les attaques allaient toujours croissant4 ,enfin1 un dimanche1 le pauvre enfant vient se jeter dans les bras de l'aumonier1 et1 fondant en larmes1 lui fait part de ses nouveaux tourments2 il se plaint surtout d'un ouvrier qui s'acharne apres lui plus que les autres et le harcelle de ses impietes4 ,quel remede a cette situation8 ,un seul1 la priere6 ,priez pour la conversion de ce malheureux6 ,tout est possible a ,dieu4 lui dit le confesseur4 ,reste seul dans un petit sanctuaire1 l'enfant se prosterne devant une statue de la ,sainte ,vierge1 pleure a chaudes larmes et prie longtemps avec la plus grande ferveur4 ,le samedi suivant1 l'apprenti amenait aux pieds de l'aumonier du ,patronage le malheureux ouvrier sincerement converti1 autant par les prieres que par les bons exemples et la resignation de l'enfant4 ,peu de temps apres1 tous les deux s'approchaient de la sainte ,table1 combles de graces et de consolations4 ,cet ouvrier persevera dans son heureux retour et prit energiquement la defense du pauvre apprenti4 ,ce n'est pas tout4 ,quelque temps apres1 le patron lui-meme vint trouver le directeur du ,patronage1 lui avouant que l'exemple des vertus simples et modestes de son apprenti1 joint a des malheurs de famille1 avait profondement touche son coeur4 ,je me suis deja confesse a ,m4 le ,cure1 dit-il1 et j'y retourne ce soir4 ,demain je fais mes ,paques4 ,desormais je ne veux pas d'autres apprentis1 ni d'autres ouvriers que ceux du ,patronage4 ,jamais je ne travaillerai le dimanche1 jamais une mauvaise parole ne sera prononcee chez moi4 ,veuillez1 monsieur1 me considerer comme un des votres1 comme tout devoue a la religion et a la moralisation de la classe ouvriere4 ,ne faut-il pas dire apres cela que la priere et le bon exemple peuvent convertir les coeurs les plus endurcis8 99 99 99 99 99 #cc4--,,la ,,fille ,,du ,,franc-,,macon4 ,j'ai ete appele1 racontait en #ahfe un venerable religieux passioniste1 pour administrer un mourant a ,brooklyn4 ,c'etait un allemand1 que j'avais eu l'occasion de rencontrer plusieurs fois4 ,sa fille unique1 excellente catholique1 me prevint que son pere etait franc-macon et qu'il fallait exiger sa retractation4 ,apres avoir entendu sa confession1 je lui demandai s'il n'avait pas appartenu a quelque societe secrete4--,oui1 mon ,pere1 je suis franc-macon2 mais1 vous le savez1 en ,amerique1 cela n'est pas mal4--,c'est une erreur1 lui dis-je2 la franc-maconnerie est condamnee partout ou elle existe4 ,il vous faut donc retracter tout ce que vous avez pu promettre et me delivrer vos insignes4 ,le malade fit bien quelques difficultes1 mais il avait garde la foi1 et il signa la retractation que je redigeai3 puis il me fallut faire de nouvelles instances pour obtenir son echarpe1 son equerre et sa truelle d'argent1 son tablier de peau et son rituel1 renfermes dans une armoire pres de son lit4 ,je dus lui expliquer la necessite de se depouiller de tous ces objets s'il voulait faire preuve d'un repentir sincere et d'un retour efficace a l',eglise4 ,je sortais1 emportant les depouilles opimes1 et tout heureux d'avoir arrache son ame au demon4 ,la jeune fille m'attendait sous le vestibule3 ,eh bien6 dit-elle1 mon pere vous a tout remis8 ,tout1 n'est-ce pas8 ,il a fait la paix avec ,dieu8--,voyez plutot1 ma fille4 ,et je lui montrai les objets que j'avais a la main4 ,elle les prend l'un apres l'autre1 et puis1 d'un air triste1 elle dit3 ,non1 tout n'est pas la2 il n'a pas eu de peine a vous remettre ces insignes2 il lui en a coute davantage pour ce livre1 qui est particulier a son grade4 ,mais il y a encore autre chose4--,quoi donc8--,un ecrit dont j'ignore le contenu2 mon pere m'a recommande de le porter tout cachete apres sa mort au chef de sa ,loge4 ,ce doit etre quelque secret important4 ,je retourne pres du malade1 et je lui dis3 ,mon pauvre ami1 pourquoi me trompez-vous8 ,vous allez paraitre devant le tribunal de ,dieu2 croyez-vous echapper a sa justice8 ,vous avez encore quelque chose a me livrer4 ,le malade parut consterne2 je remarquai la paleur de son visage et le trouble de ses yeux2 puis il dit avec un certain embarras3 ,mais vous avez tout emporte1 je n'ai plus rien a vous livrer4--,non1 il y a un ecrit comme en font tous les francs-macons4--,c'est une erreur1 mon ,pere1 je n'ai plus rien4 ,je redoublai d'instances3 tout etait inutile1 le demon allait triompher4 ,j'employais tous les moyens que je croyais efficaces en telle occasion4 ,je n'obtins rien3 le malade niait1 ou ne repondait pas4 ,alors1 sa fille ouvre la porte et se jette a genoux au pied du lit3 ,oh6 mon pere1 de grace1 sauvez votre ame2 votre fille serait trop malheureuse4 ,vous dites que vous m'aimez1 prouvez-le maintenant4 ,le malade ne s'attendait pas a cette secousse3 les embrassements et les larmes de sa fille l'emeuvent2 elle lui prodigue les caresses les plus vives2 elle lui dit les paroles les plus tendres1 lui parle du ciel qu'il perd1 et le malade veut repondre3 ,tu sais que je n'ai rien de cache4 ,sa fille1 prenant un ton inspire3 ,ne mentez pas1 mon pere2 vous avez toujours ete franc2 que je ne rougisse pas de votre nom4 ,donnez au ,pere le papier que vous m'avez recommande de porter au venerable de la ,loge4 ,a ces paroles1 le malade pousse un cri2 puis1 faisant un effort1 il dit en soupirant3 ,non1 ma fille1 tu ne rougiras pas de ton pere4 ,tiens1 prends cette clef a mon cou1 ouvre le tiroir1 et donne au ,pere le papier qu'il renferme4 ,puis il tombe affaisse4 ,sa fille1 prompte comme l'eclair1 avait execute ses ordres et me remettait un pli cachete en disant3 ,victoire6 mon pere est sauve6 ,cette scene m'avait profondement touche4 ,le courage de cette fille me rappelait une chretienne des premiers siecles4 ,le malade vecut encore quelques heures1 et ses dernieres paroles etaient un acte de contrition1 en meme temps que de foi et d'esperance4 ,j'ouvris1 en presence de sa fille1 le pli cachete4 ,c'etait un serment signe avec du sang4 ,j'avais entendu parler de ce genre d'ecrits en usage chez les chefs de la franc-maconnerie2 mais quand je parcourus ce papier1 je n'en pouvais croire mes yeux4 ,c'etait le serment d'une guerre sans fin1 sans merci1 contre l',eglise1 la papaute et les rois2 avec les plus execrables maledictions s'il violait sa parole4 ,ce papier1 je l'ai remis entre les mains de l'archeveque1 afin qu'il put apprecier aussi bien que moi la malice infernale de la franc-maconnerie4 99 99 99 99 99 #cd4--,,un ,,voyage ,,de ,,cent ,,lieues ,,en ,,australie4 ,dans une de ses courses apostoliques au milieu des regions peu frequentees de l',australie1 ,mgr ,polding tomba malade et fut soigne avec un devouement admirable par une veuve4 ,le venerable prelat1 revenu a la sante1 lui fit promesse qu'a quelque epoque de l'annee et en quelque lieu qu'il fut1 il reviendrait1 a son appel1 lui administrer les derniers sacrements4 ,bien des saisons se passerent1 et une nuit d'automne arriva une lettre invitant l'archeveque a remplir la promesse faite a sa bienfaitrice qui se mourait4 ,sans hesiter un seul instant1 le digne prelat1 en depit de la rigueur de la saison1 se mit immediatement en route4 ,apres avoir bien marche des heures et des jours1 il arriva haletant et harasse a la maison qu'il etait venu chercher de si loin2 mais a son grand etonnement1 il trouva une solitude complete4 ,pendant que l'archeveque meditait ce qu'il allait faire1 son attention fut appelee soudain par le bruit de la hache d'un bucheron4 ,se dirigeant immediatement vers l'endroit d'ou partait le bruit1 il se trouva bientot en face d'un robuste ,irlandais4 ,mgr ,polding apprit de lui que la vieille dame1 craignant quelque retard de sa part1 s'etait decidee1 bien que mourante1 a aller chercher ailleurs des secours spirituels2 mais le bon ,irlandais ne put lui indiquer la direction qu'elle avait prise4 ,le prelat comprit qu'il serait completement inutile d'aller a sa recherche mais une inspiration lui vint4 ,il s'assit sur un tronc d'arbre1 et1 s'adressant au bucheron1 il lui dit3 ,eh bien1 mon brave1 apres tout1 je n'ai pas l'intention d'etre venu ici pour rien4 ,ainsi1 mettez-vous a genoux1 et je vais entendre votre confession4 ,l',irlandais commenca par s'excuser1 alleguant son manque de preparation1 le long laps de temps ecoule depuis sa derniere confession1 etc42 mais tous ces scrupules furent combattus par l'archeveque1 et le bucheron finit par s'agenouiller1 repentant et contrit2 pour recevoir l'absolution de ses fautes4 ,l'archeveque lui fit promettre d'aller communier le dimanche suivant1 et ils se separerent4 ,mgr ,polding avait a peine fait quelques pas qu'il entendit un profond gemissement4 ,il revint en toute hate et trouva son penitent mort1 ecrase par la chute d'un arbre4 ,combien n'est donc pas admirable la misericorde de ,dieu1 qui appelle ainsi un eveque a des centaines de lieues de sa residence1 par des chemins pleins de dangers et par le temps le plus rigoureux1 pour ouvrir les portes du ciel a l'ame d'un pauvre homme sur le point de comparaitre a son tribunal8 99 99 99 99 99 #ce4--,,rien ,n',,est ,,impossible ,a ,,dieu4 ,dans une antique cite des bords du ,rhin1 la femme d'un cordonnier1 qui vivait dans une extreme misere1 se rendit chez l'eveque1 pour lui demander secours et protection4 ,le prelat etait connu comme le consolateur de toute espece de souffrances3 les vieillards1 les veuves1 les orphelins1 les infirmes1 les aveugles1 tous ceux qui souffraient physiquement ou moralement1 approchaient de lui1 malgre sa haute dignite1 avec confiance et abandon4 ,quand l'eveque eut entendu les plaintes de la pauvre femme1 il lui dit amicalement1 mais cependant sur le ton du reproche3 ,je ne suis pas assez riche1 bonne femme1 pour vous donner l'aumone deux fois par semaine4 ,la pauvre femme repondit sans oser lever les yeux3 ,que ,votre ,grandeur daigne m'excuser2 mais mon mari est depuis longtemps alite et tourmente de si grandes douleurs6444 --,s'il en est ainsi1 s'ecria l'eveque1 je ne saurais vous refuser1 car1 pour des cas semblables1 j'ai toujours une somme en reserve4 ,je veux voir aussi votre mari et lui apporter quelques consolations spirituelles4 ,a ces mots1 la pauvre femme se montra inquiete et embarrassee3 ,que ,votre ,grandeur ne se derange pas444 ,mon mari a de singulieres idees4 --,malgre cela je realiserai mon projet1 interrompit serieusement l'eveque qui se figura que cette maladie attribuee au mari etait un pretexte pour obtenir un secours plus abondant4 --,il faut donc que je vous avoue franchement1 dit la pauvre femme tout en larmes1 que mon mari est si profondement irreligieux qu'il ne veut entendre parler d'aucun pretre4 --,cela ne m'empechera pas de l'aller visiter1 d'autant qu'il est1 je le vois1 doublement malade4 ,peut-etre1 humble instrument de ,dieu1 pourrai-je le ramener dans la bonne voie4 ,la pauvre femme courut avec le coeur inquiet pres de son mari2 il souffrait beaucoup1 elle n'osa lui annoncer la visite qu'il allait recevoir4 ,bientot apres1 la porte de la chambre s'ouvrit doucement1 et l'eveque entra4 ,il s'approcha avec bonte du lit de douleur et s'informa avec bienveillance des souffrances du malade2 il s'efforca de rechauffer le coeur du pecheur au foyer toujours brulant de l'amour divin et de le preparer au voyage de l'eternite4 ,mais le malade qui1 a la premiere vue de l'eveque1 etait devenu rouge de colere1 se montra tellement insensible a ce langage si doux et si eloquent1 que le bon pasteur se retira le coeur profondement afflige4 ,il avait deja franchi le seuil de la chambre1 lorsqu'il se retourna une derniere fois4 ,son doux regard rencontra celui de la femme attristee1 et il lui dit a voix basse3 ,ne desesperez pas1 vous savez qu'a ,dieu rien n'est impossible2 ne doutons pas de la conversion de votre mari4 ,si un heureux moment venait ou il desirat ma presence1 ne tardez pas a m'appeler1 serait-ce meme au milieu de la nuit4 ,votre mari est plus mal que vous ne pensez1 et chaque minute est precieuse pour le salut de son ame4 ,la nuit suivante1 a onze heures1 la pauvre femme arrivait toute haletante au palais de l'eveque4 ,elle tira vivement1 et a coups redoubles1 le cordon de la sonnette1 jusqu'a ce qu'enfin elle entendit le bruit des clefs et qu'elle apercut le domestique1 qui lui demanda avec impatience ce qu'elle pouvait vouloir a une heure semblable4 ,mon mari mourant demande ,monseigneur4 ,il reclame la grace qu'il daigne venir au plus tot4 --,y pensez-vous8 repondit le domestique2 comment pourrais-je troubler le sommeil de mon maitre1 dont la vie est si remplie et les fatigues si grandes8 ,votre mari1 je pense1 peut bien attendre a demain matin2 je ferai votre commission des le reveil de ,monseigneur4 --,ce sera trop tard1 soupira la pauvre femme4 ,pour l'amour de ,jesus1 ayez pitie de mon pauvre mari et annoncez-moi de suite4 ,sa ,grandeur m'a dit elle-meme de venir la chercher a toute heure1 meme au milieu de la nuit4 --,s'il en est ainsi1 repondit avec empressement le vieux et fidele serviteur1 je vais communiquer votre demande au chapelain de ,sa ,grandeur4 ,et il courut chez le chapelain1 qui lui ordonna de reveiller immediatement son maitre2 mais l'eveque n'etait pas dans sa chambre a coucher4 ,le domestique1 qui avait vieilli a son service1 l'alla chercher a la chapelle1 ou il savait qu'il passait en prieres une partie des nuits4 ,il le trouva1 en effet1 plonge dans de pieuses meditations devant l'image de ,jesus crucifie4 ,des que le bon evoque connut l'appel du malade1 il s'ecria avec une sainte joie3 ,combien je vous remercie1 mon ,dieu1 d'avoir exauce ma priere6 ,et immediatement il se mit en route1 traversa a pas presses les rues etroites et sombres1 monta rapidement l'escalier et vint s'asseoir au chevet du mourant1 qui le recut avec des larmes brulantes de repentir1 et avec une profonde emotion lui parla ainsi3 ,la nuit etait venue1 et j'avais deja passe plusieurs heures sans sommeil sur mon lit de douleur1 lorsque tout a coup mon coeur a eprouve une inquietude que je n'avais ressentie de ma vie4 ,j'avais compris quel affreux danger planait sur mon ame2 j'ai reconnu mes graves offenses envers ,dieu1 et1 en voyant combien il a toujours ete misericordieux pour moi1 j'ai ete epouvante du sort qui m'attendait si je paraissais en cet etat devant le souverain ,juge qui voit et qui sait tout4 ,j'ai songe alors a ma mere1 qui en mourant m'a recommande a la protection de la bienheureuse ,vierge ,marie4 ,je me suis adresse a cette ,mere celeste1 implorant sa protection aupres de son cher ,fils1 et bientot j'ai senti la consolation entrer dans mon coeur4 ,ma femme m'a rappele aussitot votre promesse de m'assister dans ce danger de mon ame et dans le peril de la mort444 ,le malade ne put continuer2 il retomba epuise sur son lit1 en proie a un profond evanouissement4 ,des qu'il eut repris l'usage de ses sens1 il deposa dans le coeur de l'evoque une humble confession generale1 et attendit avec impatience ce moment heureux dont il avait ete si longtemps prive1 ou lui fut presente le ,pain celeste qui remplit son ame d'une paix inexprimable4 ,il murmura d'une voix deja presque eteinte3 ,o ,dieu6 qui as fait pour moi de si grandes choses1 sois aussi misericordieux pour ma pauvre ame que tu le fus sur la croix pour le bon larron repentant4 ,le lendemain1 sa lutte avec la mort et la douleur avait cesse3 il etait passe a une vie meilleure4 ,le jour de la conversion de cet homme dut etre le plus beau jour de la vie d'un evoque2 car il ne saurait y avoir ici-bas de plus grande joie que la pensee d'avoir ramene un pecheur a ,dieu4 ,et ainsi1 en cette circonstance decisive pour le bonheur eternel d'une ame1 ce bonheur fut double2 c'est la le propre de toutes les oeuvres de misericorde3 elles sont la joie de ceux qui les accomplissent et de ceux qui en sont l'objet4 99 99 99 99 99 #cf4--,l',,amour ,,maternel4 ,dans une des principales villes du midi de la ,france1 un venerable ecclesiastique1 vicaire de paroisse1 fut soudainement appele vers le milieu de la nuit1 pres d'une malade qui1 lui dit-on1 se mourait1 privee tout a la fois des ressources materielles capables d'adoucir les souffrances de son corps1 et des sentiments religieux propres a soutenir l'energie de son ame1 profondement aigrie par la misere4 ,le digne pretre ne se fit point attendre4 ,sautant hors de sa couche et s'habillant a la hate1 il est bientot dans la rue1 se dirigeant avec son guide vers la demeure de la pauvre mourante1 a travers des tourbillons de neige dont une bise glaciale fouettait son visage4 ,il arrive1 gravit six etages et penetre au fond du plus mechant reduit que l'on puisse voir4 ,la1 sur un grabat fetide1 une malheureuse femme se debattait avec angoisse1 voulant et ne voulant pas mourir2 car a ses cotes dormait1 ensevelie sous d'informes haillons1 une petite fille qui la rattachait encore a la vie quand le malheur la pressait au contraire de quitter un monde devenu inhabitable pour elle4 ,un tel spectacle emut l'envoye de ,dieu jusqu'aux larmes1 et le frisson d'une pitie sincere parcourut tous ses membres4 ,que faire devant une pareille infortune8 ,comment ramener la paix et la joie dans une ame ainsi torturee1 toujours en presence d'une misere de plus en plus poignante1 de plus en plus irremediable8 ,tout autre qu'un pretre assurement eut recule devant une mission si difficile4 ,l'abbe ne se decouragea point2 il prit conseil de sa foi1 il prit conseil de son coeur1 et le plus doux triomphe couronna bientot ses intelligents efforts4 ,aux premiers mots sortis de sa bouche1 la malade avait brusquement detourne la tete1 a ses exhortations toujours plus tendres et plus pressantes1 elle opposait une indifference profonde1 un de ces sourires amers qui deconcertent les plus robustes esperances et attestent une incredulite systematique ou une ignorance absolue des verites chretiennes4 ,il fallait donc tenter un dernier assaut decisif2 c'est alors qu'une inspiration soudaine vint illuminer l'esprit du bon pasteur a la recherche de sa brebis egaree4 ,elle resiste a mes paroles1 se dit-il en lui-meme1 elle ne resistera pas sans doute aux saintes obligations de la maternite2 l'amour maternel mene a ,dieu1 qui aime si tendrement sa ,mere4 ,et1 saisissant l'enfant endormi dans un coin de la mansarde1 il le presenta a la mourante en lui disant3 ,sauvez votre ame1 vous sauverez celle de votre fille2 si vous devez la laisser orpheline ici-bas1 au moins gagnez le ciel pour la proteger et lui garder une place parmi les anges4 ,a la vue de cette innocente et douce creature qui lui tendait ses petits bras et sollicitait ses caresses1 la pauvre femme jeta un cri percant1 serra convulsivement son enfant sur sa poitrine haletante1 et1 au bout de quelques instants1 ses yeux desseches s'emplirent de larmes2 bienheureuses larmes qui emporterent avec elles toutes les barrieres que l'esprit de revolte avait placees entre son coeur et celui du souverain ,juge1 dont la main ne nous frappe ici-bas que pour nous guerir4 ,l'attendrissement qui ouvrait son ame aux plus nobles sollicitudes d'une mere1 l'ouvrit en meme temps a tous les sentiments chretiens qui donnent la resignation dans les souffrances et le courage dans l'adversite4 ,mon ,dieu1 s'ecria-t-elle pleinement soumise et consolee1 mon ,dieu1 que votre volonte s'accomplisse6 ,je vous fais volontiers le sacrifice de ma vie2 que tous les maux que j'ai soufferts soient autant d'infortunes epargnees a l'enfant qui doit me survivre4 ,et vous1 monsieur l'abbe1 ajouta-t-elle1 daignez1 je vous en conjure1 prendre soin de l'orpheline2 je vous la confie3 si vous acceptez ce depot1 je mourrai contente et rassuree4 ,l'abbe promit tout1 et la malade se confessa avec de grands sentiments de contrition4 ,l'amour maternel l'avait ramenee a l'amour de ,dieu4 99 99 99 99 99 #cg4--,,un ,,pecheur ,,moribond ,,assiste ,,par ,,un ,,pretre ,,mourant4 ,il y a une dizaine d'annees1 l'eglise de ,saint-,paul-,saint-,louis1 de ,paris1 avait parmi ses desservants un pretre qui se faisait remarquer par sa haute taille et son visage grave et basane4 ,a ses allures un peu militaires on devinait sans peine que ce pretre avait du porter l'epee1 et l'on ecoutait sans surprise l'histoire de ce brave officier de cavalerie1 qui vaillamment s'etait battu sous le commandement de don ,carlos1 l'avait suivi1 et enfin etait entre dans le sacerdoce4 ,ce pretre etait l'abbe ,capella4 ,apres etre reste quelques annees a ,saint-,paul-,saint-,louis ou il s'etait particulierement attire l'estime de tous1 ,m4 ,capella fut appele a une petite cure des environs de ,paris4 ,la1 il fut venere par ses bons et simples paroissiens1 presque tous jardiniers2 son caractere aimable et sa franchise militaire avaient vaincu tous les prejuges1 toutes les antipathies memes2 le bien que fit la son court passage1 est incalculable4 ,c'etait la veille de sa mort2 les derniers sacrements venaient de lui etre administres1 et il se recueillait dans son action de graces1 offrant au ,seigneur ses dernieres souffrances et son agonie qui allait commencer4 ,a ce moment une personne entra inopinement et s'approchant de lui3 --,monsieur le ,cure1 lui dit-elle1 un tel1 que vous connaissez bien1 est tres malade2 il va mourir2 nous sommes bien en peine1 car il ne veut recevoir aucun pretre4 ,ainsi1 quand ,m4 le cure est venu1 il lui a tourne le dos et ne veut pas l'entendre4 --,quel malheur6 un si brave homme1 fit ,m4 ,capella avec chagrin4 ,ah6 si moi-meme je n'eusse pas ete mourant1 peut-etre ne m'aurait-il pas si mal recu6 --,ah6 vous1 ,monsieur le ,cure1 il vous aime et vous venere trop pour cela6 ,mais helas6444 ,et elle se retira sans achever4 ,une pensee sublime vint au saint pretre2 se soulevant sur sa couche et joignant les mains3 ,mon ,dieu1 donnez-moi un peu de force6 s'ecria-t-il4 ,faisant alors un effort supreme1 il endossa une derniere fois ses vetements ecclesiastiques1 puis il dit1 d'un ton resolu1 aux amis qui l'entouraient3 --,soulevez-moi et portez-moi chez le malade4 ,frappes de stupeur1 pas un ne bougea4 ,ils ecoutaient cette voix expirante qui avait retrouve le ton du commandement pour faire une chose impossible1 et ils crurent le cure dans le dernier delire4 ,prenez-moi1 repeta-t-il avec une supreme autorite4 ,une exclamation assourdie sortit de toutes les bouches4 ,mais le mourant1 dont l'heure de vie s'etait refugiee dans son inebranlable volonte1 presenta ses bras tremblants1 ses jambes inertes deja2 on lui obeit donc et soutenant avec precaution ce corps qui voulait reprendre la vie pour aller sauver une ame1 on le deposa sur une litiere4 ,ah6 mon ,dieu6 il va mourir en route6 s'ecria l'un des porteurs avec desespoir4 ,lui1 sans s'inquieter de ce qui se passait ou se disait autour de sa couche1 absorbe dans son heroique idee fixe1 donnait des ordres pour qu'on lui apportat ce qui etait necessaire a l'administration des sacrements4 ,quand tout fut pret3 ,en route1 et hatons-nous1 commanda-t-il4 ,on se mit en marche vers la maison du malade4 ,le pretre ne faisait entendre ni un cri1 ni une plainte1 ni meme un soupir dans ce chemin douloureux dont tout choc etait une angoisse1 mais il priait avec ferveur4 ,le voila pres du lit de cet autre mourant4 ,mon ami1 lui dit-il d'une voix entrecoupee1 nous allons tous les deux paraitre devant le bon ,dieu4 ,voulez-vous que nous fassions le voyage ensemble8444 ,moi1 je viens vous aider444 et vous apporter les secours de cette derniere heure444 ,un intraduisible cri echappa au malade1 et sans pouvoir articuler un mot1 il saisit la main de son pasteur et la porta a ses levres avec un mouvement d'adoration4 ,mon ami1 continua celui-ci1 le temps est court4442 confiez-vous a moi2 vous ne me refuserez pas de vous confesser1 n'est-ce pas8 ,le malade1 subjugue par cet heroisme de la foi1 fondit en larmes4 ,oh6 oui1 je veux me confesser a vous6 s'ecria-t-il4 ,un sourire du ciel passa sur les levres blanches du pasteur4 ,il fit un signe1 et le vide s'etablit autour des deux mourants4 ,bientot apres1 le ministre de ,dieu fit un dernier effort pour elever sa main au-dessus de la tete du pardonne1 et les paroles de l'absolution tomberent comme une rosee sur cette ame ressuscitee4 ,le pretre appela2 ,l',extreme-,onction6 demanda-t-il4 ,on lui apporta ce qui etait necessaire pour la reception du ,sacrement4 ,prenez mon bras1 et conduisez ma main1 dit-il a son aide4 ,et l'on conduisit cette main mourante1 se trainant refroidie deja1 comme une supreme benediction1 sur les membres du malade qui semblait se ranimer sous ce froid attouchement et sous les onctions de l'huile sainte4 ,quand tout fut acheve1 le pretre pencha sa tete alourdie vers celui qu'il venait d'administrer1 et dans un soupir de soulagement1 il dit tout bas3 ,au revoir1 mon ami6444 ,maintenant1 remportez-moi1 ajouta-t-il d'une voix eteinte4 ,nunc dimittis servum tuum1 ,domine1 secundum verbum tuum1 in pare6 ,puis sa tete tomba pesante sur sa poitrine2 ses bras fatigues se laisserent pendre2 ses yeux se fermerent3 et1 pendant cette lugubre route du retour1 on aurait cru qu'il n'existait plus1 si l'on n'avait vu ses levres remuer sous un souffle de priere4 ,peu apres1 on le deposa immobile sur son lit4 ,quelques heures plus tard1 il etait mort4 99 99 99 99 99 #ch4--;,,deux ,,fois ,,sauve6 ,il y a dans notre college1 rapporte un eminent ecrivain1 retracant ses souvenirs de jeunesse1 un pauvre abandonne qu'on appelle ,isaac4 ,comme son nom l'indique1 il est juif4 ,de plus1 il est orphelin et sans fortune4 ,la reprobation terrible qui pese sur sa race1 eloigne de lui jusqu'aux moins chretiens de nos camarades4 ,on le voit toujours dans le coin le plus desert de notre cour1 ou le poursuivent encore les injures et les railleries d'un age sans pitie4 ,cependant il est doux et semble resigne par avance a toutes les amertumes de la vie1 dont celles du college ne sont qu'un avant-gout4 ,quelquefois la nature l'emporte et le malheureux enfant eclate en sanglots2 il se cache le visage entre les mains et pleure des heures entieres4 ,depuis longtemps je pense a l'aborder4 ,je voudrais consoler un peu cette precoce affliction1 tenir compagnie a cette solitude prematuree2 mais je n'ose4 ,isaac n'est pas sans quelque sauvagerie2 ses malheurs et son abandon lui ont inspire la defiance4 ,quelques mechants coeurs1 comme il en est meme au college1 ont encore contribue a augmenter cette defiance1 en venant solliciter l'amitie de l'orphelin et en trahissant ensuite1 avec tous les secrets confies1 un coeur si desireux d'abord de se communiquer1 mais que l'infortune avait rendu susceptible a l'exces et incapable de se livrer deux fois4 ,l'autre jour1 une de ces tristes scenes qui se renouvellent trop souvent1 est venue ajouter de nouvelles douleurs a celles de celui que j'aime en secret4 ,je sortais du parloir au milieu de la plus longue de nos recreations2 tout a coup j'entends de grands cris4 ,je me hate1 j'arrive devant tous nos camarades rassembles4 ,ils etaient en grande agitation4 ,qu'y a-t-il8--,c'est ,isaac qui nous a denonces1 me repond le plus colere4 ,et il entame une longue histoire a laquelle chacun veut ajouter son trait4 ,c'etait encore une accusation banale et sans fondement4 ,les preuves abondaient1 la haine suggerait les plus detestables hypotheses a ces petites tetes mechantes et enflammees2 on accueillait tout1 pourvu que tout fut contraire a l'accuse4 ,tristes juges comme on en voit tant dans un monde qui n'a plus la jeunesse pour excuse6 ,isaac n'etait pas la1 mais bientot nous le vimes paraitre1 accompagne du superieur qui s'eloigna quelques secondes apres1 laissant le pauvre enfant en proie a la cruaute de ses ennemis4 ,oh6 ce mot de cruaute n'est pas trop fort4 ,on l'injuria1 et les injures bientot furent suivies de pierres4 ,un fils de boucher1 qui sans doute avait vu avec quelque profit son pere assommer des boeufs a l'abattoir1 s'elanca enfin sur lui et de ses gros poings lui mit la figure en sang4 ,j'etais pale d'indignation4 ,mon coeur battait vivement4 ,la colere finit par l'emporter1 la sainte colere1 et je m'elancai devant ,isaac3 ,vous etes des laches1 m'ecriai-je en lui prenant les mains1 et malheur au premier d'entre vous qui touchera a mon ami6 ,j'appuyai a dessein sur ce dernier mot1 je regardai les agresseurs d'un regard decide1 les poings fermes1 le pied en avant3 je leur semblai redoutable1 malgre ma petite taille2 ils se turent1 ils s'eloignerent en jetant au vent leurs dernieres insultes1 et l'un d'eux declara qu'il fallait mettre les deux juifs a la quarantaine4 ,ce mot de juif me fit beaucoup rougir1 malgre moi4 ,cependant je me remis de cette soudaine emotion et me penchai vers ,isaac4 ,il s'appuyait sur moi et semblait me sourire1 mais je le vis tout a coup chanceler1 puis tomber sans connaissance4 ,tant de douleurs l'avaient brise4 ,alors j'appelai a mon secours1 et comme personne ne venait a mes cris1 je rassemblai toutes mes forces1 je le pris dans mes bras et parvins a le transporter jusqu'a l'infirmerie4 ,il y fut pres d'une heure evanoui4 ,cependant l'affaire s'etait ebruitee4 ,le superieur arriva et me tendant la main3 ,vous etes un digne enfant1 me dit-il2 je sais tout et je veux desormais que vous me regardiez comme un ami1 comme un pere4 ,il ajouta en me montrant la croix3 ,mais voici l',ami celeste1 voici le ,pere qui vous recompensera mieux que moi de votre belle action6 ,il se retira1 en me permettant de rester aupres de mon nouvel ami jusqu'a sa complete guerison4 ,helas6 il ne savait pas que la maladie du pauvre enfant dut etre si longue4 ,le medecin vit bien tout d'abord que le cas etait grave et fit craindre une fievre cerebrale4 ,en effet1 les symptomes en eclaterent des le soir4 ,quinze jours apres1 le pauvre ,isaac etait encore a l'infirmerie1 mais il etait sauve4 ,j'avais obtenu la permission de le veiller une partie des nuits1 et la soeur de charite avait peine a m'arracher de ce chevet auquel il semblait que ma propre vie fut attachee4 ,ces nuits furent pour mon ame une source delicieuse de jouissances morales4 ,j'y pris une habitude presque monastique1 celle de lire en latin l'office meme de l',eglise1 et je n'ai pu depuis detacher mes levres de cette coupe trop meprisee de la liturgie catholique4 ,oui1 je me rappelle ces soirees d'ete1 alors que quelques rayons1 les derniers du jour1 venaient enflammer les vitres de l'infirmerie1 et qu'a genoux au pied du lit de mon ami en delire1 je suivais sur ce visage en feu les progres du mal ou cherchais a y demeler les esperances de la guerison4 ,une idee m'avait saisi des le premier jour1 idee si naturelle aux imaginations catholiques1 qu'il semble qu'elle soit la premiere a y naitre et la derniere a s'en retirer1 l'idee de convertir mon nouvel ami et de guerir en meme temps son corps et son ame egalement malades4 ,cette idee me poursuivait4 ,je ne pouvais m'empecher de penser que ,dieu n'avait pas permis1 sans quelque dessein secret1 qu'un innocent fut accable de tant de malheurs1 abreuve de tant d'injustices4 ,un jour donc qu',isaac s'etait endormi1 je m'armai d'une sainte audace et passai a son cou une petite medaille de la sainte ,vierge4 ,deja on avait place sous ses yeux1 en face de son lit1 un crucifix ou il devait lire tout le resume de notre foi eloquente4 ,la pauvre soeur redoublait de soins4 ,elle avait compris mon idee de conversion1 ou plutot l'avait eue avant moi1 mais elle eut craint de s'en attribuer le moindre honneur4 ,isaac fut enfin rendu a sa connaissance4 ,c'etait un dimanche3 les eleves etaient a la messe et l'on entendait tres distinctement dans l'infirmerie les chants de nos camarades et les harmonies de l'orgue4 ,la petite soeur et moi suivions notre messe aussi exactement que possible et priions de grand coeur tous les deux pour notre cher malade4 ,j'avais coutume de reserver pour l'instant de l'elevation mes plus vives prieres1 et je crois bien que la soeur faisait de meme4 ,ce jour-la nous fumes encore plus recueillis4 ,mais un petit bruit nous vint arracher a ce recueillement2 notre malade s'etait souleve1 il s'etait assis sur son lit et semblait ecouter avec ravissement un bel ,o ,salutaris1 que nos enfants de choeur n'avaient jamais si bien chante4 ,il souriait pour la premiere fois peut-etre de sa vie1 et ce sourire faisait du bien a voir1 quoique brillant sur un visage eteint et decharne4 ,nous n'osions nous lever1 mais il nous apercut1 porta les mains a son front comme pour recueillir ses idees1 reflechit quelques instants1 puis tout a coup s'ecria3 ,mon frere1 mon cher frere6 ,et je tombai dans ses bras4 ,nous pleurions tous1 et la soeur souriait a travers ses larmes4 ,mais ,isaac s'arreta tout a coup1 et se mit a fixer le crucifix que nous avions mis sous ses yeux4 ,il le regarda d'abord froidement1 puis ses yeux s'animerent1 l'amour penetra dans son regard2 il contempla alors l',homme-,dieu avec des yeux qui exprimerent toutes les nuances de la commiseration1 de la priere1 de l'adoration2 ses bras s'agiterent bientot et il les tendit vers ,notre-,seigneur2 enfin1 il ne put resister a la grace1 et un torrent de larmes sortit de ses yeux3 ,mon ,roi1 mon ,maitre1 mon ,dieu6 ,et se tournant vers moi3 ,tu ne sais pas que ,jesus et ,marie ont veille pres de moi pendant toute ma maladie8 ,ils etaient la1 je les voyais1 je touchais leurs mains1 j'entendais leurs voix4 ,oh6 je veux etre baptise6 ,je l'embrassai en pleurant et lui racontai combien j'avais desire ce moment4 ,ce jour-la meme1 nous eumes ensemble un entretien sur la foi4 ,la soeur savait mieux faire le catechisme que moi2 l'aumonier vient l'aider4 ,la convalescence d',isaac s'ecoula dans ces lecons qu'il semblait avoir deja recues de ,dieu lui-meme1 tant il s'elevait facilement aux plus difficiles de nos mysteres4 ,il avait meme sur nos dogmes des lumieres qui etonnaient l'aumonier et dont je profitai4 ,cependant le bruit de sa guerison s'etait repandu dans le college4 ,on avait bien change d'idees sur le compte des deux juifs1 et comme1 apres tout1 des coeurs d'enfants ne sont jamais profondement pervertis1 tous nos camarades s'etaient sincerement repentis d'une mechancete qui avait failli devenir si fatale4 ,tous les matins1 il en venait a l'infirmerie quelques-uns s'informer avec anxiete de la sante d',isaac4 ,les recreations etaient silencieuses1 les visages tristes2 quand on annonca qu'il n'y avait plus aucun danger pour le malade1 ce fut un jour de fete pour tout le monde4 ,on apprit en meme temps la miraculeuse conversion de notre ami et son bapteme1 qui eut lieu1 d'apres sa volonte1 le premier jour qu'il put faire quelques pas4 ,au sortir de l'eglise1 il alla revoir ses condisciples qui etaient devenus ses freres en ,jesus-,christ4 ,ce fut un spectacle touchant3 tous ces persecuteurs tomberent aux pieds de leur victime et solliciterent la benediction de celui qui tout a l'heure encore etait un catechumene et n'avait pas seize ans4 ,isaac1 ou plutot ,paul 7car je lui ai1 comme parrain1 donne ce nouveau nom71 ,paul les benit avec ses larmes et voulut tous les embrasser4 ,on sut qu'il etait pleinement chretien1 quand on le vit presser avec plus d'amour dans ses bras celui-la meme qui l'avait autrefois le plus cruellement persecute4 7,leon ,gautier47 99 99 99 99 99 #ci4--;,,dieu ,a ,,ses ,,elus ,,partout4 ,une actrice a adresse au ,p4 de ,ravignan le recit suivant de sa conversion1 une des plus admirables de notre siecle4 ,lorsque j'etais tout enfant1 ma mere se trouvait seule a ,paris1 sans argent1 sans etat1 sans protection4 ,elle n'avait pas cette religion qui fait supporter toutes les adversites que ,dieu nous envoie1 mais seulement une foi tres vive en ,marie4 ,des ma plus tendre enfance1 elle me fit dire cette petite priere que je n'ai lue dans aucun livre3 ,mon ,dieu1 je vous donne mon corps1 mon esprit1 mon coeur1 ma vie2 je me donne toute a vous4 ,faites-moi la grace de mourir plutot que de vous offenser mortellement4 ,ainsi soit-il4 ,vers l'age de cinq ans a peu pres1 j'allais tres souvent avec une vieille femme a la messe1 et surtout adorer ,jesus dans un sepulcre4 ,je rentrais a la maison1 malade d'avoir vu ,notre ,seigneur mort pour nous2 je pleurais4 ,ma mere grondait la vieille femme d'exciter a ce point ma sensibilite1 et meme elle ne voulut plus absolument que je retournasse a l'eglise4 ,j'etais tres fiere de m'appeler ,marie4 ,on me donnait le nom de ,josephine a la maison2 mais quand on me demandait comment je m'appelais3 ,marie1 repondais-je aussitot2 j'ai le nom de la ,vierge4 ,ma mere me mit au theatre a l'age de six ans pour apprendre a danser4 ,on la pria de me laisser jouer1 elle se laissa tenter4 ,je jouai1 j'eus un tres grand succes4 ,cependant j'entendais les petites filles parler de la premiere communion1 ma mere ne m'en parlait pas2 je voulais absolument la faire1 mais aucun pretre ne put m'y admettre parce que j'etais au theatre4 ,je priais toujours1 je travaillais sans cesse2 en dehors du theatre1 je faisais de petits ouvrages a l'aiguille que je vendais4 ,j'etais entouree de vices dans les femmes meme que j'aimais le plus2 je les plaignais4 ,ma mere m'avait donne des principes que la misere la plus affreuse n'avait pu detruire4 ,j'etais mal vetue1 je mangeais des pommes de terre1 mais j'etais heureuse avec ma mere4 ,je me disais3 ,dieu me voit1 lui2 il me trouve bien avec mon vilain chapeau2 il ne se moque pas de la pauvre ,maria4 ,car on se moquait de moi2 on me disait3 ,si vous vouliez1 vous auriez des cachemires4--,oui1 disais-je1 mais je ferais mourir ma mere de chagrin4 ,j'etais une des premieres du theatre1 par consequent tres admiree4 ,si je vous dis cela1 c'est pour que vous compreniez bien la haute protection de ma celeste patronne au milieu de ce gouffre4 ,ma mere tomba malade4 ,j'etais obligee de passer toutes les nuits1 je n'avais pas de domestique2 je jouais1 je repetais dans la journee2 je n'avais le temps d'apprendre mes roles que la nuit1 pres du lit de ma pauvre mere4 ,c'est ici que ,dieu a ete bon et indulgent pour moi4 ,j'avais fort peu d'appointements1 quoique premiere4 ,eh bien6 mon ,pere1 malgre cela1 pendant quatre mois et demi1 ma mere etant au lit1 depensant beaucoup d'argent que je n'avais pas1 je n'ai pas fait de dettes1 et je m'en suis tiree4 ,je devais tomber malade de fatigue et de chagrin1 pas du tout3 c'est que je priais ,dieu1 et ,dieu aide ceux qui prient de tout leur coeur4 ,la derniere nuit que je passai pres de ma mere1 je ne comprenais pas que ce fut l'agonie4 ,enfin sa derniere parole fut3 ,maria1 je t'aime6 et elle rendit le dernier soupir4 ,oh6 mon ,pere1 quelle nuit6 ,je n'avais pas quitte ma mere un seul instant de ma vie1 et je me trouvais a vingt ans1 seule1 sans parents1 sans soutien1 sans fortune1 sans ,dieu1 car je ne le possedais pas encore4 ,je jurai a ma mere1 sur ce corps inanime1 sur cette main qui m'avait benie1 que toujours je serais digne d'elle4 ,j'allais tous les jours au cimetiere ,montmartre1 et1 en rentrant1 je me mettais a genoux au milieu de ma chambre2 j'avais le portrait de ma mere la devant moi2 j'avais un ,christ qui avait ete pose sur son corps2 je baisais ce ,christ1 je baisais le portrait1 et ma vie se passait entre ces deux images4 ,enfin j'allai vous entendre1 mon ,pere2 vous eclaircissiez des idees confuses dans ma tete4 ,je suis bien ignorante encore en matiere de religion2 j'aime avec amour ,jesus et ,marie4 ,pourquoi8 comment8 je n'en sais rien2 je les aime et voila tout4 ,la seulement je compris ma position4 ,sainte ,vierge1 dis-je alors1 le theatre sans vous1 ou vous sans le theatre4 ,ah6 mon choix est fait4 ,mais pour arriver a vous1 o ,marie1 comment faire8 ,le dimanche de la ,quasimodo1 je vous vis de plus pres2 je m'etais mise au pied de la chaire4 ,je vais ecrire a ,m4 de ,ravignan1 dis-je2 il est impossible qu'il n'obtienne pas cette grace de ,mgr l'archeveque3 il faut que je communie4 ,je vous ecrivis1 mon ,pere1 vous savez le reste2 mais ce que vous ne savez pas1 c'est que mon esprit n'est plus le meme1 mon coeur non plus3 les pieuses femmes que vous m'avez fait connaitre ont change tout mon etre4 ,oh6 merci1 mon ,dieu6 merci1 mon ,reverend ,pere6 ,votre zele a tout fait4 ,j'ai communie1 c'est vous dire que je suis la plus heureuse des femmes1 et j'etais entouree de ,mmes de ,gontaut1 ,levavasseur et d',auberville4 ,ah6 autrefois je croyais aimer ,dieu1 mais non2 c'est lui qui m'aimait4 ,j'aimais ,marie1 mais ce n'etait pas de ce saint amour qu'elle a pour nous4 ,je ne sais pas ce que ,dieu me reserve2 mais s'il veut me rendre heureuse1 il peut m'envoyer tous les malheurs qu'il voudra3 je tacherai de les porter avec mon coeur qui est tout a lui4 ,si ,dieu me conserve cette foi qu'il m'a envoyee1 je peux tout faire pour lui4 ,aujourd'hui seulement je comprends les martyrs4 ,je vous demande pardon1 mon ,pere1 de la longueur de mon recit2 mais je ne suis pas tres versee dans l'art d'ecrire4 ,c'est pour vous obeir que je vous donne ces details4 ,en parlant de ma mere1 je ne m'arreterais point4 ,mon premier acte1 en sortant du theatre1 a ete une premiere communion4 ,dieu veuille qu'en sortant de cette vie je sois agenouillee a la sainte table6 ,a ,dieu1 a ,jesus1 a ,marie1 a ces dames1 a vous1 mon ,pere1 ma vie entiere4 ,maria4 ,la jeune actrice eut le courage de rompre completement avec le theatre4 ,apres six annees d'epreuves et de privations1 devenue mere de famille1 elle ecrivait au ,p4 de ,ravignan pour le remercier1 et elle ajoutait3 ,oh6 mon ,pere1 que de miseres6 que de maladies6 ,mais ,dieu etait au fond de mon coeur4 ,que de joies ignorees6 et c'est a vous que je les dois4 ,ah6 comme je plains ceux qui ne pensent jamais a ,dieu6 ,dans l'amour qu'il nous donne nous trouvons tout pour nos besoins d'ici-bas4 ,cette vie de l'ame a des charmes qu'on ignore si completement dans le monde6 ,priez1 mon ,reverend ,pere1 pour que mon ame reste toujours attachee a ce ,dieu de misericorde qui a daigne me prendre si bas6 ,ah6 que ma vie passee m'a eclairee sur l'amour de ,dieu pour ses creatures6 ,aussi1 je ne veux que ce mot dans mon coeur3 ,amour pour ,jesus dans la joie et la tristesse1 amour pour ,jesus6 ,cette ame seraphique se consuma rapidement dans un douloureux martyre3 l'ancienne actrice mourut en predestinee4 99 99 99 99 99 #dj4--,,la ,,rose ,,benite4 ,un dimanche vers les trois heures1 rapporte un homme du monde1 je passais rue de ,vaugirard1 a ,paris4 ,une pluie torrentielle inondait les rues et faisait chercher un abri aux malheureux pietons4 ,je regardais machinalement a droite et a gauche1 lorsque la petite eglise des ,carmes m'apparut comme lieu de refuge4 ,arrive dans la cour1 je vois son interieur tout resplendissant de fleurs et de lumieres2 une foule immense la remplissait1 et c'est a peine si je pus parvenir a me placer sous son portique4 ,quelle fete celebrait-on8 voila ce que je demandai a une bonne femme qui1 a genoux pres de moi1 egrenait son chapelet4 ,elle releva la tete d'un air etonne3 ,comment6 monsieur1 vous ne savez pas8 c'est la fete du ,saint-,rosaire1 et1 pour en conserver le souvenir1 les reverends peres vont distribuer a tous ceux qui sont dans l'eglise une rose benite4 ,j'ai une passion pour les fleurs et une predilection toute particuliere pour les roses2 je voulais profiter de celles que la ,providence semait 7avec intention peut-etre7 sur ma route3 elles sont si rares1 helas6 ,je suis le courant qu'un mouvement de chaises opere1 et je me trouve transporte je ne sais comment pres de la balustrade de l'autel4 ,le ,r4 ,p4 qui venait de donner la benediction1 en montait les degres4 ,il fit signe qu'il allait parler2 je me sentis attire vers lui par un sentiment que je ne pus definir3 son pale et noble visage inspirait le respect1 une joie toute celeste l'animait1 et l'immense quantite de bougies qui brulaient autour du tabernacle lui faisaient comme une aureole lumineuse4 ,son regard doux et penetrant se portait avec bonheur sur les nombreux fideles qui l'entouraient et l'ecoutaient4 ,il fit une allocution simple et touchante1 sans phrases preparees ni oratoires2 on sentait que c'etait le coeur qui debordait avec tous ses tresors1 la source qui coulait limpide et transparente pour chacun4 ,je vais vous distribuer de petites roses bien modestes1 dit-il1 parce que nous sommes pauvres4 ,vous les trouverez parfumees comme l'etait ,marie1 la reine du ciel1 et leur parfum vous penetrant1 vous desirerez lui ressembler4 ,vous les trouverez benites1 afin qu'elles apportent dans vos maisons la benediction de ,marie4 ,meres1 ornez-en le berceau de votre petit enfant pour le proteger4 ,femmes1 montrez-la a votre mari2 dites-lui qu'elle sera son predicateur1 son egide1 lorsqu'il devra vous quitter4 ,jeunes filles1 suspendez-la au ,christ place a votre chevet1 afin que votre premier regard1 la premiere elevation de votre coeur soient pour ,jesus et ,marie confondus dans un meme amour4 ,ce serait trop long de raconter les belles et bonnes choses que dit encore le reverend ,pere4 ,la distribution commenca2 lorsque je m'approchai pour recevoir ma rose1 un leger sourire se dessina sur les levres du religieux3 il semblait lire au fond de ma pensee ce mot hasard qui m'avait amene la4 ,je m'inclinai et sortis de l'eglise beaucoup plus grave que je n'y etais entre4 ,une fois dehors1 je me trouvai tres embarrasse3 je dinais en ville et j'avais dispose de ma soiree2 mais la pensee de porter dans une maison profane ma petite rose benite me fit rougir interieurement4 ,je rentrai chez moi1 je la suspendis au portrait de ma mere4 ,pauvre mere6 il me sembla qu'elle me regardait plus tendrement4 ,peut-etre etaient-ce ses prieres qui1 du haut du ciel1 avaient guide mes pas4 ,toujours est-il que j'etais reste chez moi par une force d'attraction plus puissante que ma volonte4 ,je passai mon temps a mediter sur les petites choses qui amenent souvent de grands effets4 ,je ne puis pas dire tout ce que je confiai de pensees tumultueuses a ma rose mystique3 c'etait presque une confession1 et la petite goutte de rosee benie qui reposait au fond de son calice etait le baume consolateur que j'appliquais sur les blessures orageuses de mon coeur4 ,qui sait1 murmurai-je en m'endormant1 si je ne retournerai pas dans cette eglise1 et si1 te tenant a la main1 je n'irai pas trouver ce bon religieux8 ,elle m'amene a vous repentant et converti6 lui dirai-je4 99 99 99 99 99 #da4--,,un ,,souvenir ,,du ,,bagne4 ,un religieux plein de zele1 qui venait de remplir son saint ministere aupres des forcats de ,rochefort1 le ,p4 ,lavigne1 ne pouvait se lasser d'admirer les merveilles de la grace sur ces pauvres ames si cheres au ,bon ,pasteur4 ,prechant dans la chapelle d'une ,maison religieuse1 a ,paris1 il racontait un fait admirable qui atteste l'etonnante bonte de ,dieu en faveur d'un pecheur penetre d'un sincere repentir4 ,il y a un homme1 dit-il1 dont le souvenir s'est empreint dans mon ame d'une maniere ineffacable1 un homme que je place au-dessus de tous les religieux et de toutes les religieuses3 c'est un saint que je venere1 et cet homme1 ce saint1 c'est un forcat4 ,un soir1 il vint me trouver au confessionnal1 et1 apres sa confession1 je lui adressai quelques questions1 comme j'avais assez souvent coutume de le faire avec ces infortunes4 ,cependant1 cette fois1 un motif plus particulier m'engageait a interroger celui-ci4 ,j'avais ete frappe du calme repandu sur ses traits4 ,je n'y fis pas d'abord grande attention1 car j'avais eu l'occasion de remarquer la meme chose chez plusieurs de ces malheureux4 ,neanmoins1 la precision avec laquelle il s'exprimait1 l'exactitude rigoureuse et le laconisme de ses reponses piquaient de plus en plus ma curiosite4 ,il me repondait sans affectation1 ne disant pas un mot inutile1 et n'allant jamais au dela de ce que je lui demandais4 ,aussi ce ne fut qu'en le poussant et en le pressant par mes questions1 que je parvins a savoir1 en quelques mots bien simples1 sa touchante histoire4 --,quel age avez-vous8 lui dis-je d'abord4 --,quarante-cinq ans1 mon pere4 --,combien y a-t-il que vous etes ici8 --,il y a dix ans4 --,devez-vous y rester encore longtemps8 --,a perpetuite1 mon pere4 --,quelle est donc la cause de votre condamnation8 --,le crime d'incendie4 --,sans doute1 mon pauvre ami1 vous avez beaucoup regrette d'avoir commis cette faute4 --,j'ai beaucoup offense ,dieu1 mon pere1 mais je n'ai point commis ce crime4 ,toutefois1 je suis justement condamne2 mais c'est ,dieu qui m'a condamne4 ,cette reponse piquant plus vivement encore ma curiosite1 je repris3 --,mais que voulez-vous donc dire1 mon ami8 expliquez-vous4 ,alors il me repondit3 --,j'ai beaucoup offense le bon ,dieu1 mon pere2 j'ai ete bien coupable1 mais jamais envers la societe4 ,apres une foule d'egarements1 le bon ,dieu toucha mon coeur4 ,je resolus de me convertir1 de reparer le passe2 mais depuis ma conversion1 il me restait une inquietude1 un poids enorme sur le coeur4 ,j'avais tant offense le bon ,dieu8 pouvais-je croire qu'il eut tout oublie8 ,et puis1 je ne trouvais rien qui fut de nature a reparer ces iniquites malheureuses de ma jeunesse1 et je sentais un besoin immense de reparation6 ,sur ces entrefaites1 un incendie eclata pres de ma demeure4 ,tous les soupcons tomberent sur moi2 on m'arreta1 et on me mit en jugement4 ,pendant la procedure1 je fus beaucoup plus calme que je ne l'avais jamais ete2 je prevoyais bien que je serais condamne1 mais j'etais pret a tout4 ,enfin arriva le jour ou on devait prononcer ma sentence4 ,le jury quitta la salle pour aller deliberer sur mon sort1 et dans ce moment1 il me sembla entendre une voix interieure qui me disait3 ,si je te condamne1 je me charge aussi de faire ton bonheur et de te rendre la paix4 ,a cet instant1 je ressentis effectivement une paix delicieuse4 ,les jures revinrent bientot1 apportant leur verdict1 qui me declarait convaincu du crime d'incendie1 avec circonstances attenuantes2 j'etais condamne aux travaux forces a perpetuite4 ,je fus oblige de me contenir pour ne pas verser des larmes1 qu'on aurait sans doute attribuees a tout autre motif qu'a celui du sentiment de bonheur que j'eprouvais4 ,on me conduisit a mon cachot1 et la1 tombant sur la paille qui me servait de lit1 je me mis a repandre un torrent de larmes si douces que l'homme le plus voluptueux aurait ete heureux d'acheter1 au prix de toutes les jouissances1 le seul bonheur de les verser4 ,une paix ineffable remplissait enfin toute mon ame4 ,elle ne me quitta pas pendant la route que je parcourus pour arriver au bagne1 et ne m'a jamais abandonne jusqu'ici4 ,depuis cette epoque1 je tache de remplir tous mes devoirs1 d'obeir a tout et a tous4 ,je ne vois dans ceux qui commandent1 ni le commissaire1 ni les adjudants1 ni leurs subalternes1 je ne vois que ,dieu4 ,je prie partout1 dans les travaux1 a la prison2 je prie toujours1 et le temps passe si vite que je puis a peine m'en apercevoir2 les heures s'ecoulent comme des minutes1 les jours comme des heures1 les mois comme des jours1 les annees comme des mois4 ,personne ne me connait2 on me croit condamne justement et cela est vrai4 ,vous ne me connaitrez pas non plus1 mon pere2 je ne vous dis ni mon nom ni mon numero2 priez seulement pour moi1 je vous en conjure1 afin que je fasse la volonte de ,dieu jusqu'a la fin4 99 99 99 99 99 #db4--;,,ce ,,que ,,le ,,zele ,,peut ,,inspirer ,a ,,un ,,enfant4 ,il y a quelques annees1 le ,careme etait preche dans une grande ville de ,france par deux saints missionnaires4 ,un soir1 tandis que la foule empressee se rendait a l'eglise1 la petite ,mathilde de ,c9999991 enfant de dix ans1 jouait sur le balcon de sa maison2 tout a coup1 poussee comme par une inspiration divine1 elle abandonne la poupee qu'elle tenait a la main et1 courant a son pere qui lisait un journal3 ,oh6 papa1 que je serais heureuse6444--,que faudrait-il pour cela1 mon enfant8--,je n'ose pas444 dites1 me l'accorderez-vous8--,oui1 ma fille6--,ah6 bon6 eh bien6 j'etais tout a l'heure sur le balcon et j'ai vu beaucoup de messieurs qui allaient au sermon2 il y en a meme plusieurs qui y conduisaient leurs petites filles2 et vous1 papa1 vous ne m'y menez jamais6 ,ce soir444--,tu veux que je t'y conduise1 n'est-ce pas8--,oui6 je le desire beaucoup4 ,bientot l'heureuse ,mathilde entrait dans l'eglise avec son pere4 ,il la placa pres d'une dame de sa connaissance1 parce que1 dit-il1 une petite fille ne reste pas avec les messieurs2 et444 faisant semblant d'aller du cote des hommes1 il sortit4 ,mathilde1 qui le suivait des yeux1 s'en apercut1 mais ne dit rien2 le lendemain elle voulut1 comme par un caprice d'enfant1 rester parmi les messieurs avec son pere4 ,le pretre charge de maintenir l'ordre1 voyant cette petite fille3 ,mon enfant1 lui dit-il1 ce n'est point la votre place4--,monsieur1 repondit-elle tout bas1 laissez-moi ici1 je garde papa6 ,m4 de ,c999999 entendit cette parole1 il fut emu et resta au sermon4 ,le bon ,dieu l'attendait1 et la grace1 se servant des paroles du predicateur1 penetra dans son ame4 ,il voulut aller tous les soirs au sermon2 il fit mieux1 il s'approcha de la sainte ,table le jour de ,paques4 99 99 99 99 99 #dc4--,,une ,,conquete ,,du ,,sacre-,,coeur4 ,dans une petite ville assez populeuse1 pres de ,liege1 une personne dirigeait un cafe1 ou elle s'efforcait bien plus de conquerir des ames a ,jesus-,christ que de grossir sa fortune4 ,on y voyait en abondance les publications les plus edifiantes1 les cadres et les scapulaires du ,sacre-,coeur4 ,cette propagande fut benie de ,dieu et devint le principe d'un grand nombre de conversions2 nous allons reproduire ici la relation de plus remarquable1 en conservant au style sa naive simplicite4 ,un jour1 la maitresse de la maison voit entrer chez elle un inconnu en haillons1 de haute taille1 ayant une longue barbe et une figure portant l'empreinte d'une profonde misere4 ,cet homme inspire a la zelatrice une grande compassion1 il lui semble que ,notre-,seigneur lui envoyait une ame a gagner4 ,j'ai toujours eu1 dit-elle1 le desir de faire du bien1 mais depuis que je suis zelatrice1 il me semble en avoir contracte l'obligation1 de sorte que cela me donne du courage pour vaincre ma timidite4 ,elle fit donc bon accueil a son nouvel hote1 qui ne disait pas un mot1 et le servit de son mieux1 en priant le ,coeur de ,jesus de l'inspirer4 ,croyant le moment favorable1 elle entama la conversation3 ,ne vous etonnez pas1 ,monsieur1 lui dit-elle1 de ce que je vais vous demander2 je fais cette question a toutes les personnes qui viennent ici1 et je vous vois1 je crois1 pour la premiere fois3 avez-vous fait vos ,paques8--,non1 repondit-il1 je ne fais pas mes ,paques1 je suis libre-penseur4--,mais ce n'est pas une religion1 cela4--,c'est ma religion a moi1 je n'en ai pas d'autre4--,n'avez-vous pas ete catholique autrefois8--,oui1 j'ai fait ma premiere communion2 depuis1 j'ai tout laisse3 j'ai quitte ma femme1 mes enfants1 j'ai ete en ,afrique444 ,je ne veux pas des pretres1 pas plus qu'ils ne voudraient de moi4--,au contraire1 ,monsieur1 ce serait un grand bonheur pour eux de vous ramener a ,dieu2 dans l',evangile1 n'y a-t-il pas la parabole de l'enfant prodigue ou le pere fete le retour de son fils8--,ne me dites rien1 repond-il avec animation1 je ne veux pas changer1 vous ne me convertirez pas1 vous dis-je2 pensez-vous mieux reussir que ma femme et mes enfants qui m'ont supplie de toutes les facons8 ,non1 vous ne me changerez pas1 je devrais parler a des pretres1 et je deteste les pretres2 quand ils arrivent1 je m'en vais d'un autre cote pour ne pas les voir4 ,il ajouta encore beaucoup d'autres choses contre la religion4 ,j'etais toute tremblante en l'entendant1 dit la zelatrice1 et je priais interieurement le ,coeur de ,jesus4 ,quand il eut fini1 j'allai chercher un scapulaire du ,sacre-,coeur4--,monsieur1 lui dis-je1 ne voudriez-vous pas1 avant de partir1 accepter ceci8 j'aimerais a vous le donner2 voyez1 l'image est bien belle4 ,lisez1 ajoutai-je1 ce qui est ecrit dessous1 ce sont de si bonnes paroles6 ,il le fait1 puis se leve et tenant le scapulaire des deux mains1 il le baise1 pleure et dit3 ,coeur de ,jesus1 je suis un des plus grands pecheurs1 oui1 un grand pecheur4 ,ses larmes coulaient en abondance1 l'emotion l'oblige a s'asseoir4--,un pretre6 dit-il1 je veux me confesser4 ,qui etes-vous1 pauvre femme1 pour me convertir ainsi8 car je suis converti4--,c'est le ,coeur de ,jesus qui a tout fait1 dit la zelatrice1 et elle le fait entrer dans une chambre voisine1 pendant qu'elle allait avertir le vicaire4 ,celui-ci vint aussitot1 s'entretint avec le pauvre pecheur1 puis l'engagea a se rendre a l'eglise pour preparer sa confession4 ,en y allant1 cet homme priait1 et des qu'il fut arrive1 il alla se prosterner au pied d'un autel de la sainte ,vierge2 il pleurait et disait a haute voix3 ,vierge sainte1 ayez pitie d'un grand pecheur qui vous demande sa conversion4 ,il fit le chemin de la croix1 et1 lorsqu'il fut arrive a la douzieme station1 il mit les bras en croix sans s'occuper des personnes presentes1 en disant3 ,jesus-,christ1 je vous demande pardon de mes peches1 oui1 de tous mes peches4 ,la contrition debordait de son ame1 il etait inonde par la grace4 ,il alla a la sacristie1 et1 quand il en sortit avec le pretre1 tous deux pleuraient4 ,il ne recut pas ce jour-la l'absolution3 on prefera lui laisser quelques jours pour se preparer4 ,il passa ce temps dans le recueillement1 vint prendre ses repas chez la zelatrice qui lui fournit des lectures pieuses pour occuper ses loisirs1 car il evitait meme de travailler pour ne pas se distraire des pensees de foi qui nourrissaient son ame4 ,lorsqu'il rencontrait le vicaire1 il lui serrait la main en lui exprimant son desir de recevoir l'absolution4 ,le temps d'epreuve fut abrege1 et la brebis perdue rentra dans le bercail du ,bon ,pasteur1 qui se donna a elle dans la sainte communion4 ,c'etait la seconde de ce nouvel enfant prodigue qui n'avait plus recu son ,dieu depuis cinquante ans4 ,il fut des lors un modele de piete1 et son exemple en ramena plusieurs qui travaillaient dans un atelier irreligieux ou il conduisit le pretre qui l'avait reconcilie avec ,dieu4 ,ah6 si tous les bons catholiques avaient le zele et le courage de cette genereuse chretienne1 combien de pauvres pecheurs seraient ramenes a la pratique de la religion6 ,le pretre1 helas6 n'a aucun moyen d'atteindre ces infortunes qui ne viennent plus a l'eglise et lui ferment leur porte4 ,qui les sauvera1 qui les arrachera aux flammes de l'enfer1 si les pieux laiques de leur entourage ne s'interessent pas a l'oeuvre de leur conversion1 la plus grande1 la plus capitale de toutes les oeuvres8444 99 99 99 99 99 #dd4--,,puissance ,,du ,,chapelet4 ,imbu des sa jeunesse des maximes de l'ecole voltairienne1 ,arthur ,grant etait impie2 mais son impiete n'avait rien du cynisme des libres-penseurs du siecle4 ,c'etait un impie de bon ton4 ,son education aristocratique1 l'amenite de son caractere1 la distinction de ses manieres le rendaient agreable dans le commerce du monde1 et le venin de son irreligion se cachait sous des dehors attrayants et des formes polies4 ,c'etait un majestueux vieillard a la figure noble1 dont la barbe blanche tombait a flots d'argent sur sa poitrine4 ,initie1 jeune encore1 aux mysteres absurdes de la franc-maconnerie1 apres en avoir subi les ridicules epreuves1 il avait ete promu au grade de chevalier kadosch4 ,c'etait un aimable viveur qui se faisait cherir dans son village1 dont il etait le plus riche proprietaire1 et en quelque sorte le seigneur4 ,il secourait les indigents et se faisait gloire d'etre philanthrope4 ,les glaces de l'age n'avaient pas encore eteint en lui les flammes des passions4 ,la corruption du coeur avait perverti son intelligence4 ,cependant sa fille1 ,irma1 gemissait en secret1 sur les dereglements et l'irreligion de son vieux pere4 ,on la voyait souvent repandre des larmes abondantes sur les marches de l'autel de ,marie1 a laquelle elle adressait de ferventes prieres pour sa conversion4 ,un zele missionnaire etant venu precher une retraite dans le village qu'habitaient ,irma et son pere1 la jeune fille1 sous les inspirations de la grace1 redoubla de ferveur et de supplications pour obtenir la conversion de celui qu'elle aimait de l'amour le plus tendre1 et resolut de tenter un effort supreme4 ,elle consulta le missionnaire sur les moyens a prendre pour convertir son vieux pere4 --,il faut prier1 mon enfant1 et prier sans cesse1 lui dit le saint pretre3 ne desesperez pas1 ,dieu est plus fort que le diable4 ,voyons1 quelles sont les habitudes de ,monsieur votre pere1 quel est son genre de vie8 --,il se leve tous les jours a neuf heures1 repond la jeune fille1 dejeune a dix1 se rend ensuite a un kiosque situe a un kilometre au couchant du village1 au pied d'une riante colline4 ,c'est la qu'il passe le reste de la journee1 se promenant dans son jardin ou s'enfermant dans son cabinet de travail4 --,j'en sais assez1 mon enfant4 ,pendant trois jours1 a onze heures et quart1 vous reciterez un chapelet pour la conversion de votre pere4 ,le lendemain1 apres s'etre livre aux occupations de son ministere1 le saint pretre s'acheminait vers le kiosque4 ,quand il fut a quelques pas du vieillard1 apres l'avoir salue gracieusement1 il s'arreta comme pour lui parler4 --,que signifie ceci1 monsieur l'abbe8 dit ,arthur etonne et presque fache4 --,monsieur1 je vous demande pardon si je vous ai offense1 repond le missionnaire2 mais la vue de votre jardin m'a charme1 je voulais vous adresser mes felicitations4 ,ce compliment adoucit le vieillard1 qui lui dit3 --,si je ne suis pas trop indiscret1 monsieur l'abbe1 puis-je vous inviter a m'accompagner a mon kiosque8 --,avec plaisir1 repondit le pretre4 ,et chemin faisant1 en parlant de la pluie et du beau temps1 on arriva au kiosque4 ,on entra dans le jardin1 on admira les fleurs1 les ombrages1 les bassins1 les berceaux de verdure1 les cascades1 et on penetra dans le pavillon4 ,le missionnaire1 que les travaux de son ministere appelaient au village1 prend conge du vieillard2 celui-ci1 charme de la simplicite1 de l'esprit et des manieres polies de l'abbe1 lui fait promettre de se retrouver le lendemain a la meme heure dans son pavillon4 ,irma avait recite son premier chapelet1 a l'heure prescrite1 avec une ferveur extraordinaire4 ,le lendemain1 le pretre etait fidele au rendez-vous4 ,et ,irma recitait son second chapelet avec la meme ferveur4 ,arthur et l'abbe se promenerent dans le labyrinthe1 sous les berceaux de noisetiers et les larges avenues de platanes1 et parlerent longuement de la litterature contemporaine et des nouvelles politiques4 ,le pretre1 en se separant du vieillard1 pour aller s'enfermer dans le confessionnal1 fut encore invite pour le lendemain4 ,le troisieme jour1 au moment ou la pieuse jeune fille commencait son troisieme chapelet1 le missionnaire se dirigea vers le kiosque4 ,il y fut accueilli par ,arthur1 avec une amabilite charmante et des marques de deference tout a fait exceptionnelles4 ,on entra dans le pavillon1 ensuite dans le cabinet de travail4 ,ce qui frappa les regards du missionnaire1 ce fut un prie-,dieu surmonte d'un magnifique crucifix d'ivoire1 pres duquel etait un tabouret4 ,le vieillard sourit4 --,vous comprenez1 monsieur l'abbe6 --,oui1 mon ami1 repond le pretre1 heureux de voir que ,marie avait favorablement accueilli les prieres d'une ame pure et innocente4 --,monsieur l'abbe1 dit ,arthur d'une voix vibrante1 j'ai longtemps combattu2 mais1 apres une lutte longue et terrible1 je m'avoue vaincu4 ,la grace triomphe2 vous avez devant vous un vieux pecheur qui renonce a ses egarements1 un impie qui reconnait et abjure les erreurs d'une philosophie menteuse4 ,oui1 la divinite de la religion catholique m'apparait dans toute sa splendeur4 ,comme ,augustin1 j'ai cherche le bonheur dans les vaines jouissances de la terre1 et1 comme lui1 je n'ai trouve le repos que lorsque je les ai eu foulees aux pieds1 et que les aspirations de mon coeur se sont dirigees vers le ciel4 ,tout n'est que vanite et affliction d'esprit1 dit avec raison l'auteur du livre de la ,sagesse4 ,mon pere1 je me jette entre vos bras3 aidez un pauvre naufrage a regagner le port2 ramenez dans le bercail sacre de l',eglise catholique une brebis errante et vagabonde2 purifiez-moi de mes souillures4 ,le pretre et le vieillard resterent longtemps embrasses2 des larmes abondantes coulerent de leurs yeux444 ,quelques jours apres1 quand fut cloturee la retraite1 on voyait agenouille a la ,table-,sainte1 a cote de sa fille rayonnante de bonheur1 le venerable vieillard1 dont le maintien noble1 pieux et modeste rejouissait une population eminemment chretienne qu'avaient autrefois attristee ses ecarts4 ,enfants1 si vos parents oublient le chemin de l'eglise1 s'ils se laissent entrainer par les seductions de l'erreur1 il depend de vous de les arracher a la fureur du dragon infernal1 de sauver ces ames pour lesquelles ,jesus-,christ est mort sur la croix4 ,la ,providence a place entre vos mains une arme puissante3 c'est la priere4 ,adressez-vous a ,marie1 qu'on n'invoque jamais en vain1 ,marie1 la ,mere de misericorde et le refuge des pecheurs4 ,elle touchera le coeur de vos parents bien-aimes et les amenera repentants aux pieds de son divin ,fils4 99 99 99 99 99 #de4--,,la ,,croix ,d',,argent4 ,une pauvre enfant du nom de ,jane1 errait un soir d'hiver dans les rues de ,londres par un froid glacial4 ,sans asile1 sans pain1 elle ne savait ou porter ses pas1 car son pere et sa mere etaient morts1 laissant l'infortunee dans la plus cruelle detresse4 ,tout a coup elle voit briller un morceau de metal entre deux paves de la rue2 elle le ramasse3 c'etait un petit crucifix en argent4 ,je vais aller le vendre1 se dit ,jane2 avec ce qu'on m'en donnera1 j'acheterai un peu de pain4 ,vite elle chercha une boutique d'orfevre1 et1 au coin d'une rue1 elle en vit une1 petite et faiblement eclairee4 ,jane entra4 ,une femme etait assise au comptoir1 vetue de deuil2 elle avait une figure d'une expression pure et pieuse2 elle leva sur la pauvre fille un bon regard1 et lui dit d'une voix douce3 ,que desirez-vous8 --,voulez-vous acheter ceci8 repondit brusquement ,jane1 en tendant le crucifix4 ,la femme le prit avec respect1 et jetant un coup d'oeil sur ,jane1 dont la figure malheureuse et sauvage ressortait sur ses vetements delabres1 elle lui dit3 ,ma fille1 nous achetons les objets d'or et d'argent2 mais1 dites-moi1 savez-vous ce qu'est ceci8 --,c'est de l'argent1 je le sais bien6 --,ce n'est pas la ce que je vous demande3 savez-vous quel est cet homme etendu sur la croix8 --,est-ce que je sais1 moi6 --,quoi6 pauvre enfant1 vous ignorez que cet homme est le ,fils de ,dieu1 qu'il est mort sur la croix pour nous sauver8 --,personne ne m'a jamais parle de cela4 --,vous ne connaissez pas ,jesus-,christ1 notre bon ,sauveur8 --,de quoi nous a-t-il sauves8 --,de l'enfer1 et il nous a ouvert le paradis4 --,je n'en savais rien4 ,la marchande regarda plus attentivement la pauvre creature debout devant elle3 elle embrassa d'un regard ce visage jeune et fletri1 ces vetements sordides1 et1 mal plus terrible1 cette stupeur de l'ame peinte sur ses traits4 ,sa charite s'emut1 ses entrailles de chretienne et de mere tressaillirent4 ,elle dit a ,jane3 ,avez-vous des parents1 une maison8 --,rien4 ,mon pere est mort sous un buisson1 loin d'ici2 ma mere est morte aussi4 ,comment suis-je venue a ,londres8 je n'en sais rien4 ,comment ai-je vecu8 je n'en sais rien non plus2 ce que je sais1 c'est que je voudrais bien etre au fond de la ,tamise1 car alors je n'aurais plus ni froid ni faim4 --,mon enfant1 dit la marchande1 et ce mot1 prononce avec une indicible bonte1 fit monter les larmes aux yeux de la pauvre ,jane1 mon enfant1 voulez-vous que je vous conduise dans une maison ou vous n'aurez plus ni faim ni froid et ou vous apprendrez a servir le bon ,dieu8 --,ni faim ni froid8 repeta ,jane2 ce sera donc le paradis8 --,non1 mais le chemin qui y conduit4 ,la marchande fit entrer dans sa boutique la pauvre fille1 lui donna a souper1 la revetit d'une robe neuve2 bientot ,jane dormait dans un lit sous ce toit hospitalier ou le ,pere celeste l'avait amenee4 ,quelque temps apres1 une des orphelines de la maison du ,bon ,pasteur1 de ,londres1 recevait le bapteme4 ,sa joie1 sa ferveur attendrissaient l'assemblee2 cette heureuse neophyte etait la pauvre ,jane1 qui avait pour marraine la bonne marchande1 l'instrument des misericordes du ,seigneur4 99 99 99 99 99 #df4--,,un ,,coup ,,de ,,filet ,,de ,,la ,,sainte ,,vierge4 ,en se rendant a l'une de nos stations thermales1 un officier superieur causait avec un compagnon de voyage3--,si nous nous arretions a ,lourdes8 lui dit ce dernier4--,pourquoi donc8--,nous y trouverions le pelerinage national4--,voila cinquante ans que je n'ai pas mis les pieds dans une eglise6444--,qu'a cela ne tienne1 tout se passe en plein air4--,alors1 c'est different4 ,ils s'arreterent a ,lourdes2 ils virent les ardentes prieres des pelerins4 ,elles etonnerent d'abord1 subjuguerent ensuite cette ame droite et loyale3 l'officier pria avec les autres1 aussi longtemps que les autres4 --,il fait chaud1 lui dit son compagnon2 si nous buvions un verre d'eau de la grotte8--,volontiers2 ce pretre-la m'a rendu tout reveur444 ,il reva1 il pria1 il monta jusqu'a la crypte1 il en redescendit priant et heureux4--,si vous voulez aller aux eaux1 dit-il a son compagnon1 allez-y2 moi1 j'ai trouve les miennes4 99 99 99 99 99 #dg4--,,une ,,conversion ,,en ,,mer4 ,le heros de cette histoire a rapporte lui-meme dans la lettre suivante la grace signalee dont il a ete l'objet4 ,apres avoir failli perir avec mon navire1 sur la barre de ,bayonne pendant l'ete dernier1 je me rendais de ,livourne a ,dunkerque et ,rouen1 lorsque le #bh decembre1 au matin1 je fus oblige de mouiller devant ,malaga1 ne pouvant y entrer4 ,bientot le temps devint affreux1 et1 des huit heures du matin1 toute la population massee sur les quais1 malgre une pluie torrentielle1 nous regardant chasser sur les ancres1 nous faisait comprendre quel peril nous menacait4 ,le pavillon fut mis en berne1 mais en vain3 ni remorqueur1 ni pilotes1 pas meme la canonniere de l',etat n'osaient se risquer a nous secourir2 ,dieu seul pouvait nous sauver4 ,impossible de se jeter a la mer3 nous aurions ete brises sur les rochers de la jetee en construction ou contre les recifs de la cote4 ,je pensai alors a ma mere1 je me rappelai le projet de me faire catholique que j'avais eu autrefois4 ,me jetant a genoux devant le vieux christ en bronze dominant le compas de route1 je priai avec foi le ,dieu des chretiens et ,notre-,dame de ,montenero1 dont j'avais visite1 le #h septembre dernier1 le pelerinage celebre1 en ,toscane4 ,la journee se passa en craintes2 la mer augmentait de furie1 et le fleuve1 en face de nous1 jetait devant le navire ses eaux jaunes debordees4 ,le consul de ,france1 qui avait tente l'impossible pour nous faire secourir1 nous ecrivit le soir au moyen d'une bouteille jetee dans les flots3 il nous avouait tristement que les autorites de ,malaga reconnaissaient l'impossibilite d'arriver jusqu'a nous1 en face d'une situation si perilleuse1 et qu'on attendrait que la nuit fut achevee pour prendre une decision4 ,pour moi1 cette decision c'etait la mort et la perte de mon navire6 ,je voulus mourir catholique romain2 je suppliai avec foi ,notre-,dame de la ,salette et je me sentis plein de courage4 ,mon equipage affole menacait de ne plus m'obeir2 il voulait filer les chaines et jeter le navire a la cote4 ,plein de confiance dans le secours de ,dieu et de la sainte ,vierge1 je resistai energiquement a tous et la nuit arriva4 ,les ouvriers qui couvraient la cote et le quai nous dirent1 dans leur ame1 adieu pour toujours444 ,je fis reposer successivement mes hommes1 et1 pensant a la mort1 je me tenais sur la dunette en priant ,dieu4 ,cette nuit fut epouvantable2 l'orage augmentant sans cesse de violence1 le navire se mit a talonner avec force1 et a chaque instant il etait menace de s'entr'ouvrir et de se briser sur la jetee en construction4 ,les malheureux marins raidissaient a chaque instant les chaines4 ,le jour arriva enfin1 mais pour nous montrer l'horreur de notre situation4 ,la foule garnissait les quais1 assistant1 emue et impuissante1 a ce terrible drame4 ,je pris un vieux catechisme1 oublie a bord par un marin1 je lus les ,litanies de la sainte ,vierge1 et je promis alors solennellement d'abjurer aussitot arrive en ,france et de me faire baptiser4 ,a huit heures1 apparut devant ,malaga un steamer2 malgre le decouragement de tous les matelots de l'equipage et contre leur avis1 je fis mettre le pavillon en berne et jeter a la mer une bonbonne renfermant une demande de secours2 je la placai sous la protection de la ,vierge4 ,la bouteille arriva a terre1 puis le steamer disparut au large4 ,ce fut alors parmi l'equipage un cri d'immense douleur3 toute esperance s'evanouissait444 ,pour moi1 j'esperais quand meme1 priant1 sondant l'horizon avec une longue-vue4 ,je promis un ex-voto a ,notre-,dame de la ,salette et a trois autres pelerinages4 ,toutefois1 je me preparai a mourir catholique et j'en placai la declaration ecrite de ma main sur ma poitrine4 ,tout a coup1 vers dix heures1 je decouvre une fumee noire dans le lointain3 j'entends un coup de sifflet strident1 et1 au milieu des vagues enormes qui nous couvraient1 le steamer qui apparaissait4 ,le navire sauveur1 detachant sa grande chaloupe1 nous envoie vingt-quatre hommes4 ,apres des peines inouies1 plusieurs fois sur le point d'etre engloutis1 ces braves finissent par nous accoster4 ,il etait temps2 nous allions attendre la mort dans la mature elevee1 car notre vaisseau etait sur le point de s'entr'ouvrir4 ,on sacrifia les ancres1 les chaines1 etc41 il fallait se hater4 ,le brave capitaine ,corno1 malgre une mer epouvantable1 manoeuvra tellement bien avec son enorme steamer1 qu'a midi il nous amenait dans le port4 ,nous etions sauves1 grace a la sainte ,vierge4 ,par une faveur providentielle1 le navire et la cargaison n'avaient aucune avarie4 ,aussitot a terre1 je me rendis a la cathedrale pour remercier ,dieu et ,notre-,dame et renouveler ma promesse d'abjuration4 ,en attendant que je puisse la realiser1 j'apprends ma religion dans un vieux catechisme oublie a bord444 99 99 99 99 99 #dh4--,,la ,,mort ,d',,un ,,septembriseur4 ,vers le milieu de l'annee #ahbf1 un homme du peuple1 alors sexagenaire1 tenait le petit hotel de ,dijon1 au n deg4 #baa de la rue ,saint-,jacques1 a ,paris4 ,atteint depuis longtemps d'une maladie grave1 il avait en vain appele a son secours les plus celebres medecins de la capitale3 le mal n'avait fait qu'empirer avec les annees2 enfin1 de violents acces de colere1 auxquels il se livrait presque tous les jours1 l'avaient rendu incurable4 ,cependant1 ne pouvant se resoudre a mourir1 il tenta un dernier essai en faisant demander le docteur ,descuret1 qui jouissait d'une grande reputation4 ,celui-ci1 voyant le malade a la veille de succomber1 se contenta de lui prescrire quelques legers adoucissements usites en pareille circonstance3 il ne comptait plus le revoir4 ,mais le lendemain1 vers six heures du soir1 on vint l'appeler encore2 cette fois ce n'etait point pour le vieillard1 mais pour sa femme1 que le miserable avait presque tuee dans un de ses emportements4 ,apres les premiers soins donnes a cette pauvre femme1 le docteur se disposait a se retirer sans avoir adresse une seule parole a l'incorrigible mari4 ,celui-ci le remarqua1 l'arreta par l'habit et lui dit d'un air piteux3 ,eh quoi6 monsieur le docteur1 vous vous en allez sans daigner seulement me regarder8--,pourquoi m'inquieter d'un malade qui fait l'impossible pour rendre mes soins inutiles8 ,au reste1 ajouta-t-il d'un ton severe1 vous avez grossierement injurie vos premiers medecins1 dont l'un vous a abandonne parce que vous avez meme ose lever la main sur lui4 ,ajoutez a ces ingratitudes la brutalite dont vous venez d'user envers votre femme1 et jugez si je ne dois pas faire comme eux4--,vos reproches ne sont que trop justes1 reprit le malade d'un accent penetre2 oui1 je suis bien coupable d'avoir maltraite ainsi ma femme2 mais aussi1 monsieur1 si vous saviez ce qu'elle exigeait de moi6 ,ne voulait-elle pas que je fisse appeler un pretre1 moi qui les ai toujours eus en horreur6--,l'intention de votre femme n'avait rien que de louable3 en vous proposant de mettre en paix votre conscience1 elle vous donnait une nouvelle preuve de son affection1 et si cela etait entierement oppose a vos idees1 vous deviez vous borner a un simple refus et non la frapper4--,mais enfin1 monsieur le docteur1 vous qui avez fait des etudes1 que feriez-vous si vous etiez a ma place et qu'on vous proposat pareille chose8--,moi1 je n'hesiterais pas a mettre en paix ma conscience1 d'abord par conviction1 en second lieu1 parce que le calme de l'ame contribue puissamment a alleger nos souffrances et meme a dissiper la maladie4--,c'est bien singulier1 qu'ayant fait des etudes1 vous ayez cette maniere de voir6--,au contraire1 mes convictions religieuses sont en grande partie le fruit de mes etudes4 ,le vieillard etait vaincu par ces paroles pleines de raison et de foi3 une lumiere soudaine avait frappe son esprit4 ,il venait de se reveiller en lui des idees1 des sentiments1 des remords qu'il avait etouffes peut-etre depuis bien longtemps1 car il avait vecu dans un temps de stupide delire ou les jeunes hommes de son age et les beaux esprits affichaient le plus insultant mepris pour toute pensee religieuse1 en disant3 ,la religion6444 c'est bon pour les enfants et les femmes4 ,ce prejuge infernal venait de s'evanouir a la parole du docteur1 et1 apres un instant de silence1 le malade dit d'un accent qu'on ne lui avait jamais connu3 ,eh bien6 qu'on fasse venir un pretre2 aussi bien1 depuis longtemps j'en ai lourd sur la conscience6 ,ici commence l'histoire touchante de sa conversion1 de sa douleur1 de sa reconnaissance1 de sa joie1 de sa confusion1 de son amour1 de son bonheur1 de son salut 444 ,ici1 nous allons voir comment ,dieu s'est servi d'une femme chretienne1 d'un medecin et d'un pretre1 pour faire d'un assassin un elu1 un saint6444 ,heureuse de ce changement subit1 la pauvre femme1 elle qui avait tant parle1 prie et souffert pour cette ame rebelle1 envoie a la hate chercher un des vicaires de la paroisse ,saint-,jacques4 ,a peine le vieillard l'a-t-il apercu qu'il lui dit d'une voix tremblante de honte et de remords3 ,tenez1 monsieur1 enlevez-moi ce coutelas que j'avais mis sous mon oreiller4--,que vous etes imprudent1 mon ami6 mais vous couriez risque de vous blesser6--,eh6 monsieur l'abbe1 je m'en etais arme pour vous le plonger dans le coeur1 si vous fussiez venu sans mon consentement444 ,oui1 ajouta-t-il devant tous les assistants1 en septembre #ic1 j'ai massacre dix-sept ecclesiastiques1 et peu s'en est fallu que vous ne fussiez le dix-huitieme6 ,mais rassurez-vous3 ,dieu a eu pitie de moi2 un regard de sa grace a suffi pour m'eclairer4 ,le vicaire1 stupefait autant que touche1 s'empare de l'enorme couteau3 puis il s'enferme avec le penitent pour laisser agir ,dieu sur cette ame dans le mystere du sacrement de la reconciliation4 ,jamais1 dans l'exercice de son saint ministere1 il n'avait goute des consolations comme celles qu'il trouva au chevet de ce malheureux qui avait ete jadis le bourreau de dix-sept de ses confreres1 et qui1 a l'heure de la grace1 parlait et agissait comme le bon larron de la croix4 ,deja le bon ,samaritain1 qui venait de guerir cette ame si profondement blessee par le crime1 se retirait en annoncant a l'heureuse famille qu'il allait apporter au converti les derniers sacrements de l',eglise1 quand tout a coup le vieillard s'ecria d'une voix etouffee par les sanglots3 ,revenez1 monsieur l'abbe1 revenez bientot aupres de moi2 j'ai bien besoin de vos consolations2 mais1 je vous en conjure1 n'approchez pas de mes levres le divin ,redempteur1 dont tout a l'heure encore je blasphemais le nom2 je suis trop indigne d'un tel bonheur6--,dieu est rempli de misericorde1 lui dit le vicaire profondement attendri2 on repare ses fautes quand on les pleure amerement1 et votre repentir me parait trop sincere pour que j'hesite a vous administrer les sacrements que reclame immediatement votre triste position4--,je les recevrai1 monsieur l'abbe1 puisque vous me l'ordonnez1 reprit le malade1 mais seulement apres avoir fait amende honorable devant ceux que j'ai autrefois scandalises par mes forfaits4 ,tandis que le vicaire part pour chercher le saint viatique1 le moribond fait appeler aussitot ses voisins1 temoins de sa vie criminelle1 ses anciens camarades1 les complices de ses fautes2 il leur demande1 avec larmes1 pardon des affreux exemples qu'il leur avait donnes1 surtout a l',abbaye et aux ,carmes1 lors du massacre des pretres2 puis il fait de meme envers sa femme1 un des instruments de sa conversion4 ,le pretre arrive portant l'auguste sacrement4 ,le vieillard1 deja glace par la mort1 se leve aussitot1 se met a genoux et recoit ainsi les derniers sacrements avec une piete angelique3 les traits de son visage baigne de larmes en etaient tout transfigures4 ,apres cette auguste action1 il reste toujours a genoux1 appuye sur le chevet de son lit1 tenant en main un crucifix1 qu'il couvre de ses baisers et de ses larmes4 ,son confesseur1 a plusieurs reprises1 l'engagea a se coucher1 vu sa grande faiblesse3 c'etait imposer a son coeur un penible sacrifice1 c'etait lui oter une trop douce consolation4 ,aussi l'exprima-t-il au pretre3 ,je sens1 dit-il1 qu'il ne me reste que peu d'instants a vivre2 je ne puis rien offrir a ,dieu que mes prieres et mes larmes2 laissez-moi du moins la consolation de mourir a genoux2 c'est faire bien peu pour expier tous mes crimes6 ,et il resta ainsi en priere3 son ame eclairee1 renouvelee1 sanctifiee1 paraissait comme dans une sorte d'extase4 ,vers minuit1 on entendit le moribond pousser un profond soupir2 il s'etait endormi dans le ,seigneur avec le calme d'un elu1 toujours a genoux et les levres collees sur le crucifix qu'il n'avait cesse d'arroser de ses larmes666 ,seigneur1 que vous etes admirable dans vos oeuvres6 qu'elles sont profondes vos voies1 qu'elles sont immenses vos misericordes6 7,l'abbe ,hoffmann1 ,extraits47 99 99 99 99 99 #di4--,,rencontre ,,providentielle4 ,au commencement de ce siecle1 un personnage assez marquant1 ,m4 de ,g9999991 etait tombe dans l'impiete la plus affreuse4 ,c'etait une sorte de frenesie d'irreligion4 ,le blaspheme sortait a chaque instant de sa bouche1 et il semblait n'avoir a coeur que de couvrir d'ignominie la sainte ,eglise et ses ministres4 ,un jour1 ,m4 de ,g999999 entend raconter que dans une petite ville voisine de son chateau1 on allait donner une mission4 ,sa malice sembla prendre un nouveau degre de perversite a cette nouvelle4 ,il se proposa de se rendre lui aussi a la mission1 et de suivre les exercices1 pour contrecarrer les missionnaires et pour empecher1 a force d'avanies1 le fruit qu'ils devaient en attendre4 ,on le vit donc arriver1 suivi d'une escorte de vauriens1 qui tous ensemble se rendirent a l'eglise paroissiale4 ,le chant des cantiques fut plus d'une fois interrompu par de grossiers lazzis et des rires indecents2 mais le silence s'etablit1 quand le ,pere superieur des missionnaires parut dans la chaire4 ,c'etait un homme de quarante ans environ1 au visage pale et amaigri1 aux traits expressifs1 au regard inspire1 tel en un mot que l',ecriture nous depeint les prophetes de l'ancienne loi4 ,il n'avait pas acheve l'exorde de son discours1 que deja ,m4 de ,g999999 l'avait reconnu4 ,c'etait un des compagnons de son enfance1 un des rivaux de ses etudes et qui lui avait dispute souvent avec avantage les couronnes academiques4 ,comment lui1 qui pouvait briller dans le monde et parvenir aux postes les plus importants1 avait-il pu se decider a embrasser la carriere pauvre et penible du ministere evangelique1 c'est ce que la tete frivole de ,m4 de ,g999999 ne pouvait expliquer4 ,il l'ecouta donc avec toute l'attention dont il etait capable1 et il trouva qu'il justifiait par son eloquence les hautes previsions de ses professeurs2 mais ses pensees n'allerent pas plus loin4 ,apres le sermon1 il renvoya ses amis et vint faire visite au missionnaire4 ,des qu'il se fut nomme1 le bon pere courut a lui1 et l'embrassant tendrement3 ,o mon ami1 lui dit-il1 que je suis heureux de vous voir1 et que je remercie ,dieu de vous retrouver avec des sentiments si chretiens6 sans doute vous avez toujours ete fidele aux preceptes de religion que nous avons recus ensemble8 ,et1 en vous livrant avec tant d'empressement aux premiers exercices de la mission1 vous voulez444 ,m4 de ,g999999 ne le laissa pas achever2 emporte par l'irascibilite de son caractere et par le sentiment d'impiete dont il s'etait fait une longue habitude1 il s'oublia1 jusqu'a lever la main sur le pretre du ,seigneur3 ,impertinent1 s'ecria-t-il avec l'accent de la rage1 garde pour d'autres tes sots conseils et ton insidieux proselytisme6 ,je venais te feliciter de ton eloquence hypocrite et non pas reclamer tes avis4 ,mais le missionnaire1 impassible et tranquille1 lui repondit avec cette douceur angelique que ,dieu peut seul inspirer a l'homme3 ,mon frere1 peut-etre1 il y a vingt ans1 quand j'etais encore dans le monde1 et que la religion ne m'avait pas appris a dompter mes passions1 peut-etre un pareil outrage eut-il coute la vie a l'un de nous1 et jete un damne de plus aux pieds de l',eternel2 mais ,dieu m'a fait depuis longtemps la grace d'etre chretien6 ,ma longue experience dans la conduite des ames me montre a quelle horrible extremite est descendue la votre3 o mon frere6 je tremble pour vous2 qu'allez-vous devenir8 ,mais deja ,m4 de ,g999999 etait aux pieds du pretre2 il baisait sa main en l'arrosant de ses larmes1 et il s'ecriait2 ,pardonnez-moi1 mon pere1 car je ne sais ce que je fais6 ,et il se tordait dans d'effrayantes convulsions1 jetant des phrases inarticulees1 des exclamations sans suite1 des accents de desespoir que l'oreille avait peine a saisir1 mais que devinait le coeur du missionnaire4 ,ou suis-je8444 ,quelle soudaine clarte brille a mes yeux8444 ,grace1 grace6444 ,et cet orage nouveau dans le coeur de l'impie1 cette tempete de la conscience1 frappait d'effroi le missionnaire lui-meme1 tout accoutume qu'il etait aux miseres humaines4 ,tout a coup1 reprenant la sublime autorite de son ministere3 ,relevez-vous1 mon fils1 lui dit-il1 relevez-vous1 deja le remords vous a fait chretien6 ,et ,m4 de ,g999999 se relevait tremblant1 ses genoux se derobaient sous lui4 ,le pretre l'emporta dans ses bras1 et le placant devant un prie-,dieu3 ,dans un instant1 mon fils1 toutes vos peines seront calmees4 ,puis la confession commenca4 ,trois heures entieres ils resterent enfermes ensemble2 l'on entendait du dehors de longs sanglots et d'etranges gemissements2 on n'aurait pu dire lequel versait de plus abondantes larmes1 ou du pretre ou du penitent4 ,tous deux confondaient leurs soupirs1 tous deux melaient l'expression de leur douleur1 tous deux s'humiliaient devant la grandeur du ,tres-,haut et benissaient ses misericordes4 ,m4 de ,g999999 etait justifie devant ,dieu4 ,il partit et ne voulut plus rentrer dans son chateau4 ,il se choisit en ville une modeste retraite2 et1 malgre les railleries de ses anciens amis1 il suivit avec une piete exemplaire toutes les predications et les moindres exercices de la retraite4 ,tous les jours il voyait le saint pretre1 et se confirmait dans la grace4 ,enfin1 le jour de la communion generale1 il eut le bonheur de s'approcher de la sainte table1 au grand etonnement de toute la ville1 dont il avait ete si longtemps le scandale et l'effroi4 99 99 99 99 99 #ej4--,,le ,,bon ,,fils ,,console4 ,un pieux jeune homme ecrivait la lettre suivante1 qui doit inspirer une bien grande confiance en saint ,joseph1 surtout lorsqu'il s'agit d'obtenir des graces de conversion4 ,j'ai recu cette annee un grand nombre de faveurs par la puissante intercession du glorieux ,epoux de ,marie4 ,la premiere a ete la conversion de mon excellent pere4 ,il ne s'etait pas confesse depuis plus de quarante ans4 ,il y avait une douzaine d'annees qu'il n'etait pas entre dans l'eglise paroissiale2 et1 pour comble de difficultes1 il etait plein de prejuges contre notre sainte religion qu'il n'avait jamais bien connue4 ,pour ramener dans les bras de ,dieu cette brebis egaree1 il fallait un grand coup de lumiere et de misericorde4 ,j'avais essaye de le convaincre par le raisonnement1 j'avais prie et fait prier beaucoup pour lui3 tout avait ete inutile4 ,il y a quelques semaines1 je me sentis presse d'aller solliciter aupres de saint ,joseph cette conquete si difficile4 ,c'etait la premiere fois que j'implorais du saint ,patriarche une faveur particuliere4 ,j'allai donc me prosterner devant sa statue1 et je lui promis que1 s'il m'accordait ce que je lui demandais1 j'aurais pendant toute ma vie une devotion toute speciale pour lui1 et que je m'efforcerais de repandre son culte autant que je le pourrais4 ,a peine ma priere terminee1 je me sentis la plus grande confiance4 ,je fis alors une premiere neuvaine avec toute la ferveur dont j'etais capable4 ,en meme temps1 j'ecrivis a mon pere pour tacher de le decider a porter un ,cordon de saint ,joseph que j'envoyai avec ma lettre4 ,il eut ete impossible de le lui faire accepter comme objet religieux2 mais1 a ma demande1 il consentit a le porter comme un petit souvenir de moi4 ,ma premiere neuvaine achevee1 j'en commencai une nouvelle1 et incontinent je pus me rendre ce doux temoignage que mon esperance n'avait pas ete vaine4 ,beni soit a jamais le tres bon et tres puissant saint ,joseph6444 ,la grace etait accordee4 ,des le commencement de cette seconde neuvaine1 je recus de mon pere une touchante lettre1 ou il m'exprimait1 en des termes brulant1 la joie et la paix qui inondaient son ame4 ,une lumiere nouvelle venait de briller dans son coeur et dans son intelligence4 ,le respect humain1 les objections et les prejuges contre la religion etaient tombes d'eux-memes1 et une petite occasion menagee par saint ,joseph s'etant presentee1 mon pere etait alle se confesser1 comme pousse par une main invisible4 ,le lendemain1 avec des sentiments ineffables de bonheur et de tendresse1 il recevait dans son coeur le ,dieu1 si plein de misericorde1 qui venait rejouir sa vieillesse1 comme il avait autrefois rejoui sa jeunesse4 ,la conversion a ete parfaite2 saint ,joseph ne fait pas les choses a demi4 ,depuis ce jour de benediction1 mon pere prit part a tous les exercices de piete de la paroisse4 ,tous ceux qui le connaissaient furent profondement edifies de cet heureux changement1 et declarerent qu'il avait fallu une main puissante pour operer cette merveille4 ,et cette main puissante1 c'est la votre1 o grand et tres-puissant saint ,joseph6 ,je vous remercierai pendant toute ma vie de cette grace signalee444 ,apres cela1 pourrait-on recommander avec trop d'instances aux jeunes gens la devotion envers saint ,joseph8 ,puissent-ils recourir a lui dans tous leurs besoins spirituels et ceux de leurs proches6 ,s'ils prient avec ferveur et perseverance1 ils ressentiront infailliblement les effets de sa paternelle protection4 99 99 99 99 99 #ea--;,,comment ,,on ,,retrouve ,,le ,,bonheur4 ,passant un jour sur la place des ,capucins1 a ,lyon1 une zelatrice du rosaire y vit une petite fille agee de six a sept ans1 qui1 apres avoir brise la glace d'une fontaine1 plongeait quelque chose dans l'eau4 ,la dame s'approcha et dit3 --,que fais-tu la1 mon enfant8--,je lave ma robe4--,quel est ton nom8--,marie4--,ou est ta mere8--,a ,loyasse 7cimetiere de ,lyon74--,et ton pere8--,il est malade et triste la-bas444--,eh bien6 conduis-moi a ta maison44 ,l'orpheline regarda l'inconnue avec une sorte de crainte1 puis1 rassuree sans doute par l'affectueux sourire qui repondait a son regard1 elle mit sa petite main glacee dans celle que lui tendait sa nouvelle amie1 et se dirigea vers une de ces affreuses demeures1 ordinairement habitees par le vice ou par le malheur4 ,arrivee au dernier etage1 l'enfant ouvre une porte et dit3--,papa1 voila une dame qui veut vous voir4--,me voir6444 moi6444 une dame6444 allons donc6444 ,c'est1 sans doute pour jouir du spectacle de ma misere6 ,je suis chez moi2 et1 bien que je sois pauvre1 malheureux1 je ne souffrirai pas que les riches viennent insulter a ma misere6 ,donc1 vous pouvez vous en aller1 s'ecria-t-il en designant du doigt la porte restee entr'ouverte4--,je venais vous offrir des secours1 murmura timidement la visiteuse1 un peu effrayee4--,je n'ai besoin de rien1 que de rester tranquille chez moi1 sans qu'on vienne se moquer de ma pauvrete1 reprend l'homme2 et il lance par la porte de la mansarde une piece de monnaie qui vient d'etre deposee sur la table4 ,il n'y avait rien a faire444 ,la charitable zelatrice embrassa la petite fille et lui dit tout bas3 ,viens me trouver quand tu auras besoin de quelque chose4 ,puis elle sortit4 ,plusieurs semaines s'ecoulerent sans que la douce ,marie reparut1 bien qu'on allat souvent1 pour l'y rencontrer1 a l'endroit ou on l'avait trouvee4 ,mme ,l1 l'apercut enfin1 un jour1 amaigrie et toute en larmes2 son pere1 qui manquait d'ouvrage et par consequent de pain1 l'envoyait mendier dans la rue4 ,elle l'emmena chez elle et lui fit raconter son histoire1 histoire bien simple et bien touchante1 imprimee dans son jeune coeur4 ,maman etait tres bonne2 soir et matin1 elle me faisait dire ,notre ,pere et ,je vous salue1 ,marie444 ,mon pere etait bon1 lui aussi1 alors2 mais depuis qu'ils ont emporte maman a ,loyasse1 il est devenu triste1 s'est mis a lire de grandes feuilles et ne parle plus de ,dieu ou des riches qu'en se fachant bien fort4 ,ce recit fut un trait de lumiere pour ,mme ,l4 ,elle fit promettre a la chere petite de dire1 tous les jours1 une fois1 ,notre ,pere1 et dix fois1 ,je vous salue1 ,marie444 pour obtenir que son pere devint tres heureux1 et la renvoya munie d'abondantes provisions4 ,un mois apres1 l'enfant revint chez sa bienfaitrice1 mais1 cette fois1 avec un visage tout joyeux3 ,madame1 dit-elle1 papa voudrait bien vous voir2 seulement il n'ose pas venir444 ,la difficulte fut vite tranchee2 ,mme ,l444 accourut a la mansarde1 et y trouva l'ouvrier4 ,si l'aspect du pauvre reduit etait le meme1 on lisait sur le visage du malheureux pere l'expression humble et douce du changement opere dans son ame4 ,madame1 dit-il avec respect1 je ne sais comment cela est arrive1 mais je ne peux plus me reconnaitre444 ,en entendant la petite reciter tant de fois son ,notre ,pere et son ,je vous salue1 je me suis d'abord impatiente1 parce qu'elle le repetait trop444 ,puis j'ai fini par le dire machinalement avec elle1 en me rappelant que ma pauvre femme le disait aussi444 ,alors1 j'ai pleure1 j'ai senti le regret de ma mauvaise vie1 et je me suis reproche mon insolence envers la dame qui a ete si bonne pour nous444 ,c'est pourquoi je voulais la voir1 pour lui demander pardon4 ,ce pardon fut accorde sans peine1 et ,dieu1 apres avoir purifie1 soulage la misere de l'ame et du corps1 par l'entremise de sa genereuse servante1 sauva aussi par elle le pere et l'enfant4 99 99 99 99 99 #eb4--,,le ,,souvenir ,,de ,,la ,,premiere ,,communion4 ,mous devons a un homme du monde le recit suivant1 qui contient plus d'une instruction utile et fournit un nouvel exemple des ineffables tendresses de la misericorde divine4 ,j'etais a ,paris en #ahda1 et je faisais partie d'une ,conference de ,saint-,vincent-de-,paul4 ,quelques-uns des jeunes gens qui la composaient avaient la pieuse habitude de visiter une ou deux fois par semaine les pauvres malades des hopitaux du quartier4 ,l'hopital ,necker1 dans la rue de ,sevres1 m'etait echu en partage4 ,je commencais toujours mes visites par la chapelle1 et j'allais demander au ,seigneur de benir l'oeuvre que1 pour l'amour de lui1 je venais accomplir1 d'accompagner de sa benediction les paroles1 les conseils que j'allais donner a mes malades2 et quand j'avais fini ma tournee dans les salles1 je venais encore en deposer le succes aux pieds de ce bon ,maitre4 ,je fus oblige de quitter ,paris au printemps1 et je me rappellerai toujours le trait touchant dont j'ai ete le temoin a ma derniere visite aux malades de ,necker4 ,la salle que je devais visiter ce jour-la etait confiee aux soins d'une ,soeur de ,charite vieillie dans cet admirable metier1 et non moins infatigable pour soulager les souffrances de ses malades que zelee pour le salut de leurs ames4 ,en arrivant1 j'allai1 selon mon habitude1 prendre les ordres de cette bonne ,soeur4 ,elle me recommanda specialement six ou sept malades3 l'un1 ,etienne1 nouvel arrive1 et encore inconnu d'elle2 l'autre1 comme moribond1 ayant besoin d'etre fortifie et console2 un autre comme ebranle deja1 et pret a se convertir1 etc4 ,et puis1 ajoute-t-elle1 allez donc au n deg4 #ci2 c'est un homme de trente-deux ou trente-trois ans1 poitrinaire au dernier degre1 qui sera mort dans trois jours4 ,j'ai eu beau faire1 je n'ai pu rien en tirer2 il m'a envoyee promener trois ou quatre fois1 et n'a jusqu'ici recu ,m4 l'aumonier qu'avec des paroles grossieres4 ,un de vos confreres de ,saint-,vincent-de-,paul1 qui l'a deja visite plusieurs fois1 n'a pas mieux reussi que nous4 ,il est probable qu'il vous enverra promener aussi2 mais enfin il ne faut rien epargner4 ,il s'agit ici de la gloire de ,dieu et d'une pauvre ame a sauver4 --,eh6 mon ,dieu1 ma bonne ,soeur1 repondis-je1 s'il m'envoie promener1 j'irai me promener1 voila tout2 cela ne me fera pas grand mal4 ,dites seulement pour ce pauvre homme un ,ave ,maria pendant que j'irai lui parler4 ,je fis ma visite2 et de lit en lit j'arrivai a mon n deg4 #ci4 ,je fus tout saisi en le voyant4 ,la mort etait peinte sur son visage4 ,trois ou quatre coussins le soutenaient assis sur son lit2 sa face etait have et d'un blanc jaunatre1 et son affreuse maigreur donnait a ses yeux noirs une apparence etrange444 ,je m'approchai de son lit4 ,il me regarda fixement sans rien dire4 ,je lui demandai de ses nouvelles3 ,la soeur m'a appris1 mon pauvre ami1 que vous souffriez beaucoup1 et qu'il y avait bien longtemps deja que vous etiez malade4 ,pas de reponse2 seulement le regard de mon homme devenait de plus en plus dur1 et il semblait me dire3 ,je n'ai que faire de vos condoleances2 donnez-moi la paix4 ,je fis semblant de ne pas m'en apercevoir3 ,souffrez-vous beaucoup en ce moment1 et pourrais-je vous soulager en quelque maniere8 ,pas un mot4 ,que voulez-vous1 mon pauvre enfant6 il faut faire de necessite vertu1 et offrir vos souffrances au bon ,dieu en expiation de vos fautes2 comme cela du moins elles vous seront utiles4 ,toujours meme silence et meme accueil4 ,la position commencait a devenir embarrassante4 ,l'oeil du malade etait de plus en plus menacant1 et je voyais le moment ou il allait me dire quelque injure444 ,la ,providence de ,dieu m'envoya tout a coup une inspiration4 ,je me rapprochai vivement du malheureux1 et je lui dis a demi-voix3 ,avez-vous fait une bonne premiere communion8 ,cette parole produisit sur lui l'effet d'une commotion electrique4 ,il fit un leger mouvement2 sa figure changea d'expression1 et il murmura plutot qu'il ne dit3 ,oui1 ,monsieur4 --,eh bien6 repris-je1 mon ami1 n'etiez-vous pas heureux dans ce temps-la8--,oui1 ,monsieur1 me repondit-il d'une voix emue2 et au meme instant je vis deux grosses larmes couler sur ses joues4 ,je lui pris les mains4--,et pourquoi etiez-vous heureux alors1 sinon parce que vous etiez pur1 chaste1 aimant et craignant ,dieu1 en un mot1 bon chretien8 ,mais ce bonheur peut revenir encore1 et le bon ,dieu n'a pas change6 ,il continuait a pleurer3 ,n'est-ce pas1 ajoutai-je1 que vous voulez bien vous confesser8 --,oui1 ,monsieur1 dit-il alors avec force2 et il s'avanca vers moi pour m'embrasser4 ,je le fis de grand coeur1 comme vous pouvez penser1 et je lui donnai quelques petits conseils pour faciliter l'execution de son bon dessein4 ,je le quittai ensuite1 et j'annoncai a la ,soeur le succes inespere de ma visite4 ,je ne sais ce qui s'ensuivit2 mais ce qui m'est reste profondement grave dans l'esprit ou plutot dans le coeur1 c'est la force merveilleuse de la misericorde de ,dieu1 qui changea en un instant1 et a l'aide d'une seule parole1 ce coeur si endurci6 ,le seul souvenir de sa premiere communion suffit pour convertir et probablement pour sauver ce pauvre malade1 heureux de l'avoir bien faite2 car s'il eut accompli1 comme plusieurs1 helas6 avec negligence1 ce grand acte de la vie chretienne1 le souvenir que je lui en rappelai n'eut fait sans doute sur son coeur qu'une impression insignifiante6444 ,ainsi le bien produit le bien1 et avec ,dieu rien ne demeure perdu4 99 99 99 99 99 #ec4--,l',,orpheline ,,et ,,le ,,veteran4 ,une pauvre orpheline avait ete recueillie par un vieux soldat qu'elle nommait son pere4 ,d'une piete simple1 mais serieuse1 elle s'etait attire une telle estime1 qu'il y avait autour d'elle comme une aureole de veneration4 ,le vieux soldat lui-meme s'etait laisse prendre a son influence4 ,il appelait sa petite orpheline1 sa petite sainte4 ,jamais il ne fumait devant elle1 il jurait encore moins4 ,la pieuse enfant etait arrivee a faire prier son pere adoptif1 ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps4 ,un jour qu'il passait devant l'eglise du village1 je ne sais quelle inspiration secrete le pousse a y entrer4 ,il va s'agenouiller dans un coin et commence son signe de croix4 ,mais tout a coup il s'arrete1 ses yeux ont rencontre une enfant qui1 recueillie au pied de l'autel1 les mains jointes1 parait comme dans une extase4 ,il regarde1 il reconnait sa fille4 ,la pensee lui vient aussitot qu'elle demande a ,dieu sa conversion2 elle lui a dit tant de fois que c'etait la l'unique objet de toutes ses prieres4 ,une larme monte de son coeur a ses yeux et coule le long de ses joues sur sa vieille figure cicatrisee4 ,cette larme est efficace et decide de son retour a ,dieu4 ,quelque temps apres1 aux ,paques1 le vieux militaire pleinement converti1 bien heureux1 communiait a cote de sa petite fille4 ,et1 comme1 au sortir de l'eglise1 quelques-uns de ses vieux camarades le regardaient etonnes3 ,vous ne vous attendiez pas a cela1 leur dit-il1 mais que voulez-vous8 ,je ne puis resister a la petite sainte1 elle convertirait le demon lui-meme1 si le demon pouvait etre converti4 ,voila l'influence de la vraie piete4 ,puisse-t-elle devenir le partage de tous ceux qui liront ce petit livre6 ,en meme temps qu'elle assurera leur propre salut1 elle les aidera merveilleusement a travailler au salut des autres6 ,,table ,,des ,,matieres4 ,,avant-,,propos #a4--,le capitaine de navire et le mousse4 #b4--,une nuit dans le desert4 #c4--,les deux freres4 #d4--,un jeu ou l'on gagne le ciel4 #e4--,la vengeance d'un etudiant chretien4 #f4--,un pere converti par son enfant4 #g4--,un cadeau inattendu4 #h4--,les trois actes d'un drame contemporain4 #i4--,le remede est dur1 mais il est bon4 #aj4--,le banc de famille4 #aa4--,la lettre d'une mere4 #ab4--,une premiere communion a quatre-vingts ans4 #ac4--,la soupape4 #ad4--,une meprise qui porte bonheur4 #ae4--;,heroisme d'un jeune neophyte4 #af4--,les deux amis4 #ag4--,tel est pris qui croyait prendre4 #ah4--;,comment on obtient un miracle4 #ai4--,le marquis d',outremer4 #bj4--,la plus grande victoire d'un vieux general4 #ba4--,le bouffon et son maitre4 #bb4--,un episode de la ,revolution4 #bc4--,le zele recompense4 #bd4--,sagesse et folie4 #be4--,le terrible article4 #bf4--,le trottoir4 #bg4--,un fils qui tombe dans les bras de son pere4 #bh4--,le rosier du mois de ,marie4 #bi4--,la statuette de saint ,antoine4 #cj4--,le chemin du coeur4 #ca4--,le nouvel ,augustin4 #cb4--,vaincu par l'exemple4 #cc4--,la fille du franc-macon4 #cd4--,un voyage de cent lieues en ,australie4 #ce4--,rien n'est impossible a ,dieu4 #cf4--,l'amour maternel4 #cg4--,un pecheur moribond assiste par un pretre mourant4 #ch4--;,deux fois sauve4 #ci4--;,dieu a ses elus partout4 #dj4--,la rose benite4 #da4--,un souvenir du bagne4 #db4--;,ce que le zele peut inspirer a un enfant4 #dc4--,une conquete du ,sacre-,coeur4 #dd4--,puissance du chapelet4 #de4--,la croix d'argent4 #df4--,un coup de filet de la sainte ,vierge4 #dg4--,une conversion en mer4 #dh4--,la mort d'un septembriseur4 #di4--,rencontre providentielle4 #ej4--,le bon fils console4 #ea4--;,comment on retrouve le bonheur4 #eb4--,le souvenir de la premiere communion4 #ec4--,l'orpheline et le veteran4